De l'apprêt des tissus de laine peignée
-
-
- p.n.n. - vue 1/478
-
-
-
- : 1
- :
- -
- ... c. ct
- I dn, .. is .. i
- p.n.n. - vue 2/478
-
-
-
- p.n.n. - vue 3/478
-
-
-
- 1
- Maison DEHAITRE
- Le Sachê, Virvaire & Ce
- INGÉNIEURS E. C. P., CONSTRUCTEURS
- CD e (3 E O o 2 CD
- PARIS (XVIII®)
- MATÉRIEL SPÉCIAL
- POUR
- L'APPRET DES TISSUS
- DE
- LAINE PEIGNÉE
- GRILLEUSES au GAZ et à la PLAQUE.
- MACHINES à FIXER et à DÉGORGER.
- FOULARDS PARISIENS. CRABBING.
- LAVEUSES au LARGE. DÉGRAISSEUSES.
- LAVEUSES en BOYAUX. CARBONISAGE.
- EXPRIMEUR au LARGE. ESSOREUSES-SUCEUSES. RAMES CARBONISEUSES. HOT-FLUES.
- ESSOREUSES CENTRIFUGES. ESSOREUSES au LARGE.
- RAMES SÉCHEUSES.
- RAMES VAPORISEUSES. SÉCHEUSES à TAMBOUR. ÉTEND AGES CONTINUS. APPAREILS ÉLARGISSEURS. PALMER à FEUTRE. FOULARDS GOMMEURS. APPAREILS de DÉCATISSAGE. COLONNES.
- PRESSES CONTINUES. PRESSES HYDRAULIQUES. FAUSSES PRESSES. CHAUFFE-CARTES. DOUBLEUSES. PLIEUSES.
- ENROULEUSES.
- APPAREILS DE TEINTURE
- pour Laines en Bourre ou en Bobines ESSOREUSES — SÉCHOIRS
- DE L’APPRÊT DES TISSUS DE LAINE PEIGNÉE.
- —
- p.1x1 - vue 4/478
-
-
-
- COMPAGNIE FRANÇAISE
- DES
- EXTRAITS TINCTORIAUX & TANNANTS
- SOCIÉTÉ ANONYME AD CAPITAL DE 7.500.000 FRANCS
- SIÈGE SOCIAL : 83, Boulevard de Strasbourg
- LE HAVRE
- ------= o= ------------
- Extraits de Campêche, Cuba, bois rouge et Fustel liquides, solides et cristallisés :
- Pour la teinture de la soie, la laine, la laine artificielle, le coton, le cuir, les fourrures, le papier, les plumes, le bois, le feutre, etc., et pour la fabrication de l’encre et du noir réduit. ---________
- SPÉCIALITÉS :
- HÉMATOLS
- en pâte et en cristaux, seuls produits pouvant remplacer avantageusement le bois de Campêche.
- HÉMATINE et GHRYSOHEMMATINE cristallisées pour la teinture et la charge de la soie.
- NOIR O H n° 1 et n° II pour la fabrication des laques.
- LES ÉTABLISSEMENTS
- POULENC FRÈRES
- SECTION DES PRODUITS ET APPAREILS DE LABORATOIRES
- 122, Boulevard Saint-Germain, PARIS Produits ' Chimques Purs Liqueurs titrées — Colorants spéciaux pour la Micrographie et la Bactériologie
- Verrerie ordinaire
- Verrerie de Bohême
- Verrerie d’Iéna
- Verrerie soufflée
- Verrerie jaugée
- Quartz opaque et transparent
- ol
- Balances
- Microscopes
- Appareils de chauffage
- Electrolyse
- Métallographie
- INSTALLATION COMPLÈTE DE LABORATOIRES Pyromètres thermo-électriques
- Lampes à vapeur de mercure — Fours électriques — Thermomètres en quartz
- p.1x2 - vue 5/478
-
-
-
- 3
- Usines DE KEUKELAERE a Gand
- Société Hnonyme
- Rue de Bruxelles, 147, GAND (Belgique)
- Téléphone no 380 — Adr. télégr. : Autoteinte, GAND
- Machines à Teindre toutes les Fibres Textiles
- Bourre - Echeveaux - Bobines - Cannettes, ete.
- Le cliché ci-contre représente notre
- Machine à Teindre la laine peignée en bobines, à pots mobiles.
- AVANTAGES :
- FEUTRAGE de la laine impossible. Unisson parfait. Possibilité de faire varier le nombre de bobines à teindre par opération, suivant l’importance des parties.
- Main-d’œuvre réduite.
- ;
- obpbtta ""e .2
- AUTRES SPÉCIALITÉS :
- SÉCHOIRS MÉCANIQUES “INTÉGRAL”
- BOBINOIRS = CANNETIÈRES
- MACHNES à humidifier, ^ncei' et Ouvrir les Matières en bourre
- MACHINES A VAPEUR
- POULIES - TRANSMISSIONS
- p.1x3 - vue 6/478
-
-
-
- WATRIGANT& FILS
- 80, Quai de la Basse-Deule, ILLE (fiord)
- Extraits pour la peinture
- CAMPÊCHE en pâte rouge remplaçant le Bois dans toutes ses applications.
- EXTRAITS divers de CAMPÊCHE, de BOIS JAUNE, de SUMAC, de GRAINE de PERSE, de BOIS ROUGE, de FUSTEL, etc.,, etc. Fabriqués en pâte, à l’état sec, à l’état cristallisé.
- PRODUITS SPECIAUX pour IMPRESSIONS des TISSUS
- a » M 2 « «
- à MARQUETTE-LEZ-LILLE
- à PONT-VERT (Cher)
- ATELIERS DE CONSTRUCTIONS MÉCANIQUES
- J. CLERG -RENAUD
- L.VON - 15, Houte de Vaulx - L.VON
- CONSTRUCTION SPÉCIALE DE TOUT MATÉRIEL
- POUR
- TEINTURE - IMPRESSION - APPRÊT [MOIRE- GAUFRAGE - PLISSAGE - DÉCOUPAGE, etc. Des améliorations continuelles maintiennent tous modèles dans un état de supériorité marquée.— Plus de dix-huit brevets en exploitation. — Prix exceptionnels.
- PRESSES HYDRAULIQUES et à VIS avec ou sans plateaux chauffeurs (récentes modifications).
- RAMES CONTINUES à pinces automatiques, haute production pour tous tissus (organes déposés).
- RAMES CONTINUES à parcours multiples.
- RAMES CONTINUES spéciales pr soieries.
- RAMES DERAILLEUSES CONTINUES brevetées S. G. D. G. (Plus de 60 références en France et à l’Etranger). ,
- DEROMPEUSES à TORSADES METALLIQUES brevetées S. G. D.G. (Rendements supérieurs à tous systèmes connus. — Plus de 200 références).
- BAIGNAGES à TAMBOUR MOBILE brevetés S. G. D. G. Emplois multiples.
- FOULARDS et CALANDRES de tous systèmes. Derniers perfectionnements.
- ENROULAGES en LARGE, brev. S. G. D. G.
- DOUBLEUSES mécaniques très rapides pour tous tissus, brevetées S. G. D. G.
- DERAILLEUSES FIXES, brevetées S. G. D.G.
- ESSOREUSES à vapeur et électrique.
- MACHINES à FLAMBER et à GRILLER (nouveaux systèmes).
- MACHINES à DECOUPER, à ENCOLLER et à GAUFRER.
- POLISSEUSES ordinaires et sur appui.
- MACHINES à CUIRE. - LUSTREUSES.
- Toutes machines quelconques pour le PLISSAGE, le MOIRAGE, le GAUFRAGE, la TEINTURE et ('IMPRESSION INSTALLATION COMPLÈTE d'USINES pour TEINTURE, APPRÊT, etc.
- p.1x4 - vue 7/478
-
-
-
- 5
- Société Française "LA TDPT."
- CAPITAL DE 500.000 FRANCS
- Siège social : 76, rue d'Anjou
- - PARIS •
- —=......*— —
- “La Horgine"
- ^olle végétale imputrescible pour l'encollage 2es fils de chaîne coton, lin, jute et laine.
- GPour l'apprêt des tissus de coton, lin, ! jute, laine.
- 'Pour V imperméabilisation des toiles, etc.
- qIP emploi De " La Norgine” augmente le rendement moyen des métiers à tisser.
- (Elle communique du brillant, tout en faisant adhérer les charges aux tissus.
- (Elle donne de la souplesse et du velouté.
- (Elle peut remplacer en totalité ou en partie l'emploi de divers corps grâces.
- g
- p.1x5 - vue 8/478
-
-
-
- 6
- VV HENRI VANDAMME
- ROUBAIX - 26, Rue du Luxembourg, 26 - ROUBAIX
- SPÉCIALITÉ DE
- MACHINES PRÉPARATOIRES pour TISSAGE
- — ..go Q— -—
- DEVIDOIRS.
- BOBINOIRS pour BOBINOTS à VOLETS.
- BOBINOIRS à TAMBOURS FENDUS. MÉTIERS à GAZER.
- CANNETIÈRES.
- COCONNEUSES.
- MACHINES à DOUBLER. OURDISSOIRS CLASSIQUES.
- OURDISSOIRS SECTIONNEES à GRAND et à PETIT TAMBOUR.
- ENCOLLEUSES à AIR CHAUD. ENCOLLEUSES à TAMBOUR. ENCOLLEUSES PAREUSES. DRESSEUSES.
- ÉPEUTISSEUSES.
- MACHINES à MÉTRER, Etc.
- DEMURE-BOUDIN
- Rue des Tournelles, 57
- = LYON - mONPLAISIR =
- Fabrique de Dextrine, Gommeline
- Léiogomme, British gum
- Amidon grillé
- "Collitine", produit spécial pour apprêt
- — - »oso* --
- F eculer ie et Hmidcnrerie à JURE(Loire)
- p.1x6 - vue 9/478
-
-
-
- 7
- Groupe Teinture
- 1
- de l’Assoeiation des Anciens Élèves de l’École Nationale des Arts Industriels de Roubaix
- Président d'honneur : MM. H. LAGACHE.
- Président : DUROT-ROMAIN.
- Vice-Président : Charles MULLAERT
- Secrétaire : Jules WIBAUX.
- Trésorier : Louis GOUTTER.
- Bureau de Placement. — Le « Groupe Teinture » se met à la disposition des industriels pour leur fournir des praticiens aptes à s’occuper de tous les genres de de l’industrie tinctoriale et à remplir tous les emplois.
- Conférences techniques. — Des conférences techniques sont faites périodiquement sur tous les sujets d’actualité et permettent aux praticiens de se documenter sur les procédés les plus récents. Des comptes rendus sont publiés dans l’organe de l’Association, la Revue Textile et des Arts Industriels.
- S’adresser pour tous renseignements :
- à M. Henri LAGACHE, 7, Rue de l’Ermitage, à ROUBAIX
- ou Cottage des Glycines, Rouges-Barres, Mareq-en-Barœul (Nord)
- p.1x7 - vue 10/478
-
-
-
- 8
- J. DUBRUNFAUT
- INGÉNIEUR - CHIMISTE
- & - RUE DE L’OUEST - O
- RO U(Nord) -- =*= --
- Glycérines industrielles.
- Produits pour encollages et apprêts des fils et tissus en tous genres.
- Caséines pour Apprêts
- Caséines pour tous Encollages et spécialement de ceux sur métaux , ou devant résister à l’humidité. .
- Caséines insolubles
- et , solubles. /.
- m , Société
- . pour la Fabrication de la "Lactalbumine" à Sains-du-Nord
- Téléphone n° 19
- Adresse :« LAITERIE-SAINS-DU-NORD ”
- p.1x8 - vue 11/478
-
-
-
- 9
- Xslo (.4
- HlanufactureLyonnaisedeTatièros Colorantes
- «saraavcrsrareenesssaonnnart -
- ----- LYON -------------
- CONCESSIONNAIRE DES BREVETS DE
- Léopold CASSELLA & G. m.b.H.
- (Francfort-s ur-le-Mein)
- Agences et Dépôts dans tous les centres industriels
- COLORANTS POUR COTON :
- Couleurs Diamine teignant directement, sans mordançage préalable.
- Couleurs solides Diamine teignant directement, sans mordançage préalable Couleurs Immédiates. — Tous les colorants basiques.
- Paranitraniline, Nitrazol, Eosine, Bleu Isamine.
- COLORANTS DE CUVE :
- Bleus Hydrone G. et R,, brevetés s. g. d. g.
- Violets Hydrone B. et R., brevetés s.g.d.g.
- Bleu noir Hydrone G., breveté s. g. d. g.
- Jaune Hydrone G., breveté s.g.d.g.-Olives Hydrone B. et G., brevetés s.g.d.g-
- Bruns Hydrone OG et OB, brevetés s. g. d. g.
- Hydrosulfite concentré poudre.
- COLORANTS POUR LAINE :
- Tous les colorants acides :
- Noir Naphtylamine, Noir Alphanol, Ponceau, Bleu solide, etc.
- Colorants acides unissant facilement :
- Cyanol, Lanafuchsine, Jaune acide solide, etc.
- Couleurs d’Alizarine se teignant à l’acide et d’une solidité remarquable à la lumière:
- Cyanol d'Alizarine, Violet Cyanol d’Alizarine, Vert brillant d’Alizarine.
- Colorants acides, solides au foulon.
- Couleurs Anthracène au chrome § pour la laine Couleurs chromate Anthracène | “ grand teint ”
- COLORANTS POUR MI-LAINE :
- Couleurs Diamine, couleurs mi-laine, couleurs solides mi-laine, couleurs Duatol.
- Colorants pour impression sur coton, laine, mi-laine, soie, mi-soie et pour impression Vigoureux.
- Colorants rongeables pour coton, laine, mi-laine, soie.
- Colorants pour la teinture de la soie, mi-soie, soie artificielle et pour la teinture des vêtements.
- Colorants pour la Chapellerie.
- Toutes les Couleurs pour cuir, papier, jute, paille, laques, etc., etc.
- Correspondance : 6, Quai des Brotteaux, 6. — Télégramme : Indul-LYON
- Hyraldite pour enlevage. Hyraldite Z pour décolorer
- p.1x9 - vue 12/478
-
-
-
- 10
- En vente à la Librairie H. DUNOD et E. PINAT, Éditeurs
- 47 et 49, Quai des Grands-Augustins, PARIS
- LA GRANDE INDUSTRIE TINCTORIALE
- Par Francis-J.-G. BELTZER, ingénieur-chimiste EXPERT-CONSEIL, ANCIEN DIRECTEUR D’USINES
- In-8° (16X25) de xxIV-1030 pages, avec 99 figures
- Broché............ 30 fr. | Cartonné............... 32 fr.
- Considérations générales sur la construction, l'installation et l’aménagement des ateliers de teinture. Traitement des textiles : de provenance minérale; de provenance végétale. Le coton. Blanchiment. Apprêts. Mercerisage. Teinture. Matières colorantes. Teinture des cotons et des fibres végétales. Teintures substantives. Teintures adjectives. Teinture sur mordants. Essais des matières colorantes. Opérations mécaniques et économiques pour le blanchiment et la teinture. Le lin. Le chanvre. Le jute. La ramie. Le papier et la pâte à papier. La paille, le bois, etc. Fleurs. Matières diverses d'origine végétale. Textiles de provenances animales. La laine. La soie. La soie marine. Les poils et les pelleteries. Les plumes. Les peaux et les cuirs. Matières diverses, d’origine animale. Textiles artificiels. Savons, encres, vernis, etc. Bibliographie. Index alphabétique (22 pages).
- COULEURS ET COLORANTS DANS ^INDUSTRIE TEXTILE
- Par l’Abbé VASSART
- In-8° de 168 pages, avec figures..................... 6 fr.
- Couleurs : génération, classification. Couleurs complémentaires. Contraste des couleurs. Harmonies. Application aux arts. Colorants. Solidité des nuances. Les tissus de valeur.
- TRAITÉ DE LA COULEUR
- Au point de vue physique, physiologique et esthétique, comprenant l’exposé de l’état actuel de la question de l’harmonie des couleurs
- Par A. ROSENSTIEHL, docteur ès sciences
- PROFESSEUR AU CONSERVATOIRE NATIONAL DES ARTS ET MÉTIERS In-8° (16X25) de xvi-278 pages, avec 56 figures et 14 planches coloriées.. 20 fr.
- Les trois significations du mot couleur. Différence entre le mélange des matières et le mélange des sensations. Description de l’appareil. Dégradation du blanc et des couleurs vers le noir. Définition des couleurs, mélange des sensations. Mélange des matières colorantes avec matières incolores blanches ou noires. Influence de l’éclairage sur la couleur. Phénomènes des couleurs complémentaires. Mélange des matières colorantes. Théorie de trois couleurs primaires. Les constructions chromatiques. Cercle chromatique de Che-vreul. Théorie des trois sensations fondamentales. Table des couleurs selon la théorie des Young. Diagramme de Maxwell. Moyens divers de produire la sensation colorée. Photographie des couleurs. Conditions d’harmonie des couleurs. Accommodation. L’art. Harmonie des couleurs. Coloris dérivés de deux couleurs franches complémentaires. Le .coloris est destiné à faire partie d’un ensemble. Coloris dérivés de plus de deux couleurs,_
- LA TEINTURE AU XIX' SIÈCLE
- En ce qui concerne la laine et les tissus où la laine est prédominante
- Par T. GRISON, chimiste-teinturier
- 3e édition.—Nouveau tirage.— 2 vol. in-8° (17X26) de vin-318 et 358 pages, avec dessins de machines et nombreux échantillons.
- Reliés............................................... 60 fr.
- LA TEINTURE DU COTON
- Par E. SERRE, ingénieur-chimiste
- PROFESSEUR A L’ÉCOLE PRATIQUE DE'COMMERCE ET D’INDUSTRIE DE ROANNE Jn-16 (13 X21) de x-292 pages, avec 62 figures et 9 planches. Cartonné... 5 fr.
- L’eau et les produits utilisés en teinture. Acide sulfurique. Soude. Sulfure de sodium. Chlorures. Savon. Caractères des principaux sels employés en teinture. Le coton. La teinture du coton en écheveaux. Couleurs végétales, extraits de bois. Colorants substantifs ou diamine. Méthode de fixage des colorants substantifs. Couleurs immédiates. Colorants basiques. Couleurs développées sur fibre. Couleursd’alizarine. Colorants de cuve. Couleurs d’indanthrène. Teinture du coton en bourre. Teinture de coton .mercerisé. Teinture du coton en pièces. Impression des tissus de coton. Apprêts des tissus de coton. Couleurs artificielles.__________________________________________________________________
- TRAITÉ THÉORIQUE ET PRATIQUE DE TRIAGE, PEIGNAGE ET FILATURE DE LA LAINE PEIGNÉE
- Par Paul LAMOITIER, chef de travaux à l’École de Filature de Fourmies
- In-8° (16X25) de xII-476 pages, avec 254 ligures... 25 fr.
- Mécanique et électricité. Origines, caractères, production de la laine brute. Marchés. Régions manufacturières. Division du travail. Triage de la laine. Peignage. Préparation de la filature. Etude du renvideur. Etude du contenu. Les fils de fantaisie.
- wsescocsas
- p.1x10 - vue 13/478
-
-
-
- 11
- H. SCHIRP
- ATELIERS DE CONSTRUCTIONS MÉCANIQUES
- VOHWINKEL (auparavant à BARMEN-U) (ALLEMAGNE)
- "1 MACHINES r
- POUR LA
- CARBONISATION des CHIFFONS
- ET FABRICATION DE LA
- LAINE RENAISSANCE
- Tambour à GarbonSGr -ETfIlocN6US8S, etc.
- APPAREILS MECMwuqUEs à TEINDRE POUR TOUTES LES MATIÈRES TEXTILES
- Garnitures de Douves et Pointes EN VRAC
- pour tous les systèmes d’Effilocheuses
- Apparelluniversel,-Sëcher.«Carboniser
- tout produit textile
- SPÉCIALITÉ DEPUIS PLUS DE 50 ANS
- p.1x11 - vue 14/478
-
-
-
- VVE HENRI VANDAMME
- ROUBAIX - 26, Rue du Luxembourg, 26 - ROUBAIX
- SPÉCIALITÉ DE
- MACHINES pour TEINTURE et APPRÊTS
- .........—... 90 02 ——
- MACHINE à VISITER & MESURER. LAVEUSE SIMPLE ou à PRESSION. FOULARD à DONNER
- L’APPRÊT HUMIDE.
- CONTINU à DÉGRAISSER LA PIÈCE.
- CONTINU à FOULARDER et FIXER.
- MACHINE POUR L’ÉPAILLAGE CHIMIQUE.
- MACHINE à BRISER les TISSUS.
- MACHINE à BROSSER.
- MACHINE à FIXER à L’ÉTAT HUMIDE.
- SÉCHOIR DE 1 à 3 RANGS DE CYLINDRES.
- FOULARD GOMMEUR.
- RAMEUSE SIMPLE.
- RAMEUSE DÉCATISSEUSE.
- RAME COUVERTE
- à RAMER et à SÉCHER.
- MACHINE à SUBLIMER
- & VAPORISER.
- MACHINE à DOUBLER les TISSUS.
- MACHINE à CARTONNER
- & DÉCARTONNER.
- PRESSE CONTINUE.
- MACHINE à PLIER & MÉTRER.
- MACHINE à ENROULER
- SUR PLANCHETTE, Etc.
- DIASTAFOR
- Extrait pur de Grains à haute concentration diastasique
- APPRÊTS
- BLANCHIMENT
- TEINTURE
- IMPRESSION
- Préparation des apprêts
- RAPIDITÉ - ÉCONOMIE cto SIMPLICITÉ
- Désencollage rapide et total
- EFFICACITÉ
- Pour tous renseignements, s’adressera la CIE FSE du DIAMALT, 11, Place des Vosges, PARIS - Usine à RIS-ORANGIS (Seine-&-Oise), Et à la BADISCHE ANILIN & SODA-FABRIK, 3, Cité Paradis, PARIS.
- p.1x12 - vue 15/478
-
-
-
- 13
- FarbWerke Yorm. eister, Lucius 81 Brüning
- Société anonyme au capital de 45 Millions de Francs
- Usines Principales à IIOECIIST-suP-MEIN (Allemagne) Usine à MOSCOU (Russie), même Raison Sociale
- Usine à CREIL (Oise)
- le COULEURS l’ANILINE
- Couleurs d’ Aniline et d’Alizarine, (Indigo (Synthétique. Colorants (Hélindone pour la Cuve.
- Colorants à l’acide et au Chrome pour ^aine.
- Colorants directs et au (Soufre pour Coton.
- Colorants mi-laine, etc...
- Colorants pour (Savons.
- produits Chimiques.
- Agent pour le NORD de la FRANCE :
- Louis BALL, 237, Rue Solferino - LILLE
- TÉLÉPIIONE : 523
- Adresse télégraphique : BALLOUIS-LILLE
- p.1x13 - vue 16/478
-
-
-
- ATELIERS aFONDERIESdeREIMS
- SOCIÉTÉ ANONYME — CAPITAL 500.000 FRS.
- Anciennement PASQUIER, HERTZOG, MATHIEU, HUMBERT
- Fondée en 1849
- 2, Rue de Mulhouse, à REIMMS
- TÉLÉPHONE 329 Télégrammes : MÉCANOTEXTIL-REIMS
- S CONSTRUCTION DE MACHINES SPÉCIALES £ =s BREVETÉES S. G. D. G. ms
- — pour Lavage, Séchage, Épaillage et Apprêt des Matières textiles SS “ brutes et ouvrées “
- = LÉVIATHANS, LAVEUSES, FOULERIES, ESSOREUSES a, BROYEUSES, MESUREUSES , BATTEUSES as
- — CHARGEUSES AUTOMATIQUES, DÉTORDEUSES c ET ÉTIREURS MÉCANIQUES, DÉCATISSEUSES, etc., etc. 8
- S Rameuses et Sécheuses à récupération totale g
- S de très grandes productions et très économiques a
- S03 SÉCHOIRS POUR TOUS PRODUITS a _ bruts ou manufacturés C ee DEMANDER NOS NOTICES ILLUSTRÉES c eowreriesenerseeaeraaew--isieremruam
- FABRIQUE le CARTONS LUSTRÉS el iis
- POUR SATINAGES et Apprêts de tous Tissus
- COUCHES de PRESSE SIMPLES et RELIÉES
- CARTONS JACQUARD
- *----------—
- CH. CLOSSET & cie
- Frascati Verviers Est
- p.1x14 - vue 17/478
-
-
-
- ct
- Succursale Française de L'ACTIEN-GESELLSCHAFT
- für
- ANILIN-FABRIKATION
- Anciens Établissements Lucien PICARD & CIE
- à SAINT-FONS (Rhône)
- ------- . . =tp : . =-----------------
- SPÉCIALITÉS POUR LAINE. — Noirs pour laine, Noirs réservant le coton, Nérols, Indocyanine, Orthoeyanine, Bleus remarquablement solides à la lumière.
- COLORANTS ACIDES DIVERS. — Ponceaux, Orangés, Jaunes, Bordeaux, Carmin Guinée, Rouge solide de Guinée, Jaune solide de Guinée, solides à la lumière. ,
- - PRODUITS SOLIDES AU FOULON. — Bleus, Bruns, Jaunes, Rouges, Métachrome, Rouges pour drap, Noirs au chrome, Bleus solides au chrome, Bruns solides au chrome.
- SPÉCIALITÉS POUR COTON. — Colorants grand teint, Noirs au soufre, Verts au soufre, Bruns au soufre, Bleus au soufre, Jaune et Orangé au soufre, Thiocachous, Bleus naphtogène, Bleus purs Zambèze, Rouge Zambèze. Colorants directs en toutes nuances, Colorants basiques (tirant sur tanin), | Colorants mi-laine, mi-soie, jute, lin, chanvre, bois, papier.
- SPÉCIALITÉS POUR LA FOURRURE.— Ursols P-D-DB-2G-4R. Gris d’Ursol imitant la nuance taupe.
- SPÉCIALITÉS POUR CUIR ET MÉGISSERIE. — Noirs pour cuir au chrome, Brun parisien, Noirs et Bruns Phénix.
- ACIDE PICRIQUE — EXTRAITS VÉGÉTAUX
- COLORANTS POUR L’ALIMENTATION
- SECTION PHARMACEUTIQUE
- DICHLORURE DE BENZOL. — Puissant spécifique pour la destruction des mites, vers et autres insectes. — Recommandé pour la conservation des tissus, tapis, fourrures et filés de laine cardée.
- REPRÉSENTANTS DANS TOUS LES CENTRES INDUSTRIELS
- Échantillons, Imitations et tous renseignements sur demande
- — Adresse télégraphique et postale: ANILINE-St-FONS (Rhône) — mersresysueesenrererseosserssorecants
- p.1x15 - vue 18/478
-
-
-
- 16
- N S S 2 0 2 < fl b fl
- N 0 0 1
- U) w fl
- Mlatières Golorantes et Produit "
- DE SAINT-DENIS
- MARQUE DE FABRIQUE
- Établissements A. POIRRIER et G. DALSACE
- CAPITAL : 4.375.000 FR.
- PARIS - Rue Lafayette, 105 - PARIS
- Succursale à LYON, rue de Sèze, 43
- 4 USINES à Saint-Denis et Bessèges
- , 'PRODUITS et COULEURS DERIVES du GOUDRON de HOUILLE Aniline et chlorhydrate d’Aniline, Benzols, Toluènes, Benzines, Mirbane, Niobé, Essence d'Amandes amères,Naphtols, Naphtylamines, Résorcine, Paranitraniline, Nitrobenzine, Naphtionate de soude, etc.
- Couleurs d’aniline, basiques et acides. Couleurs au chrome, solides pour laine. Couleurs au soufre, Cachous de Laval.
- Noir Vidal, Noir Saint-Denis, Noir et Gris autogènes, Thiocatéchines, Thiobruns, Bleus et Olive au soufre, etc. Couleurs directes pour coton, mi-laine, mi-soie.
- ORSEILLE ET EXTRAIT
- Cudbear, Indigotine, Carmin d’Indigo, etc. PRODUITS CHIMIQUES
- Acide muriatique pur et ordinaire, Acide nitrique, Sulfate de soude aiguillé, anhydre, calciné et médicinal, Sulfate et Chlorure de zinc, Sulfure de sodium, Barèges pour bain, Bisulfate de soude, Nitrite de soude, Alun, Alumine et sulfate, etc.
- Sulforicinates d’ammoniaque et de soude. PRODUITS PHARMACEUTIQUES Analgésine, Phénédine, Acétanilide, a et ,3 naphtol, Résorcine, Phtaléine du phénol.
- HORS CONCOURS AUX EXPOSITIONS
- X. MULLER-FICHTER
- Ingénieur- Constructeur
- THANN (Alsace)
- Fonderies et Ateliers de Constructions Mécaniques
- CHAUDRONNERIES de FER et de CUIVRE
- SPÉCIALITÉS
- Machines pour Blanchiment, Teinture, Impression et Apprêt pour tissus, coton et laine
- Oxydations continues — Cuisines à couleurs et d’apprêts Presses hydrauliques simples et chauffées - Presses continues
- TRANSMISSIONS DE MOUVEMENTS EN TOUS GENRES Manufacture de caoutchouc et draps cretonnés pour machines à imprimer
- p.1x16 - vue 19/478
-
-
-
- 0.G.HAUBOLD U",G.m.D.M.
- CHEMNITZ (Allemagne)
- -== Maison fondée en 1837 ==
- ENVIRON 1.000 OUVRIERS
- --- ' ' D=-------
- ÉTABLISSEMENT le PLUS ANCIEN et le PLUS GRAND du Continent pour la construction spéciale de MACHINES & MATÉRIEL COMPLET pour le Blanchiment, la Teinture et l’Apprêt de Tissus en TOUS GENRES et des filés.
- SPÉCIALITÉ de Rames, Palmers, Sécheuses, Cylindres, Merceriseuses pour Tissus et Filés de la dernière perfection.
- MIATÉRIEL GOMPLET pour Papprêt du Cuir artificiel et pégamoïd. ---------=--- tp=-------
- ESSOREUSES de tous systèmes
- et ESSOREUSES par aspiration
- PROSPECTUS ET DEVIS SUR DEMANDE
- p.1x17 - vue 20/478
-
-
-
- O
- Société Anonyme des Produits Fréd. BAYER & C flers-par-croix (Nord)
- Adresse télégraphique : BAYER-CROIX-NORD Téléphone Nos 102 et 292 du réseau de Roubaix.
- AGENCES DANS TOUS LES CENTRES INDUSTRIELS
- ...... ......== = =-------------------
- Articles pour l’Apprêt et le Dégraissage :
- TÉTRAPOL
- VÉRAPOL
- SAVON MONOPOL
- HUILE de SAVON MONOPOL
- SAVON TÉTRAPOL
- A LA BENZINE
- AMYLOSE
- Renseignements détaillés et Échantillons sur demande eeeyegercsyagegnrpesreyyreesrsergremprermgexgrarcerggsegeygrgersergsrergrereeesseygprnesemeeemercmsrnueeremgerereroneryesgemrwaernterea ------“amleastsseremmericisetreeianaesmtraisedesisedemtmcickicnssimsimieieanbieimisassmcaitars
- Société pour l'Industrie Chimique à Bâle
- Lyon
- Usine-
- Fabrique de Couleurs d’Aniline, Pyrogène, à la Cuve, etc., et de Produits pharmaceutiques
- = COLORANTS CIBA = et CIBANONE
- Colorants à la cuve d’un emploi facile, de nuances brûlantes et d’une solidité exceptionnelle à la lumière, au lavage, au chlore et à l’usage : pour la TEINTURE du COTON et de la LAINE, ainsi que pour l’IMPRESSION sur COTON
- SPÉCIALITÉS :
- COULEURS PYROGENE (Colorants ausnufre)-COULEURS AU CHROME SOUDES
- En outre :
- COLORANTS DIRECTS, ACIDES & BASIQUES en toutes nuances
- ------REPRÉSENTANTS ET DÉPÔTS SUR TOUTES LES PLAGES D’INDUSTRIE.
- La fabrication et la vente de nos produits pour la RUSSIE se trouvent entre les mains de la
- Société Pabianiçoise pour l’Industrie Chimique à Pabianice (Pologne Russe)
- Dépôt à LODZ Bureau à MOSCOU
- Cartes d’Échantillons. Recettes et Renseignements sur demande
- p.1x18 - vue 21/478
-
-
-
- 19
- Eingetragene
- 3 VUE PRISE EN 1902
- FONDÉE EN 1861
- /OWTeeri WpI Pulerase | J | I Schutzmarke.
- < Hannover jEaosn.set, AO. . / -
- E. de HAËN
- Chemische Fabrik “LIST" G. m. b. H.
- à SEELZE près HANOVRE
- PRODUITS
- CHIMIQUES
- POUR 7//——0///17777
- BLANCHISSERIES
- TEINTURERIES
- IMPRESSIONS
- APPRÊTS etc.
- Acétate d’Alumine.
- — de Baryte.
- — de Chaux.
- — de, Chrome.
- — d’Étain.
- — de Fer.
- — de Magnésie.
- — de Nickel.
- Acétine.
- Acide chromique.
- — éthyltartrique.
- Aluminate de Baryte.
- — de Soude.
- Alun de Chrome.
- — de Fer.
- Arséniate et Arsénite de Potasse.
- Arséniate et Arsénite de
- Sodium.
- Chlorate d'Alumine.
- — de Baryte.
- Chlorure d’Alumine.
- de Chrome;
- — de Cuivre.
- de Manganèse.
- de Zinc.
- Ferricyanure de Sodium.
- Fluorure de Chrome.
- — d’Etain. Formiate d’Alumine.
- de Chrome.
- Lactate de Chrome.
- — d’Étain.
- Nitrate de Cadmium.
- — de ,Cobalt.
- Oxalate d’Étain. Perchlorure de Fer. Phosphate d’Ammoniaque.
- Pyrophosphate de Soude. Sel d’Antimoine.
- Sulfate de Cadmium.
- — de Cérium.
- — de Chrome.
- — de, Cobalt,
- — d'Etain.
- — de Plomb.
- — de Manganèse.
- Sulfite d’Alumine.
- — de Chrome.
- — de Potasse.
- Sulfoacétate d’Alumine.
- Tous les Sulfocyanures.
- Tannate de Soude.
- Tungstate de Soude.
- Vanadate d’Ammonium.
- Etc., etc.
- PRIX COURANT ET PRIX SPÉCIAUX SUR DEMANDE
- p.1x19 - vue 22/478
-
-
-
- 20
- RYO-CATTEAU
- INCENIEUR GIVIL E, C. P.
- Téléphone 3.31 Rue Pellarf, 25 Téléphone 3.31
- à ROUBAIX (Nord)
- 16 Médailles d’Or aux Expositions Universelles — PARIS — ANVERS Président du Jury, Exposition de Tourcoing 1906
- GRAND PRIX. Exposition de Roubaix 1911
- SPÉCIALITÉS
- DE
- Machines préparatoires
- POUR
- TISSAGE. FILATURE RETORDAGE et BONNETERIE
- p.1x20 - vue 23/478
-
-
-
- DE L’APPRÊT
- DES
- TISSUS DE LAINE PEIGNÉE
- p.r1 - vue 24/478
-
-
-
- p.r2 - vue 25/478
-
-
-
- DE L’APPRÊT F/N2
- DES
- TISSUS DE LAINE
- PEIGNÉE
- PAR
- Henri LAGACHE
- LICENCIÉ ÈS SCIENCES PHYSIQUES ET CHIMIQUES LICENCIÉ ÈS SCIENCES MATHÉMATIQUES INGÉNIEUR CIVIL
- EXPERT DE LA CHAMBRE DE COMMERCE DE ROUBAIX
- PROFESSEUR DU COURS DE BLANCHIMENT, TEINTURE, IMPRESSION ET APPRÊTS A l’école nationale des arts industriels de roubaix
- . C- • :c 1“ ; = ( 2 —l nyi *
- F)
- a 2* =.
- f ï . s cl.
- '5 Ps
- PARIS
- H. DUNOD ET E. PINAT, ÉDITEURS
- 47 et 49, Quai des Grands-Augustins
- 1914
- Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés pour tous pays.
- Page de titre r3 - vue 26/478
-
-
-
- p.r4 - vue 27/478
-
-
-
- PRÉFACE DE L’AUTEUR
- Ce n’est pas sans appréhension que nous offrons au public notre ouvrage sur V Apprêt des tissus de laine peignée, travail qui doit être suivi du complément indispensable, VApprêt de la draperie.
- Mais si des critiques peuvent être adressées à ce travail, du moins aurons-nous la satisfaction d’avoir comblé un vide, car la littérature française ne renferme, pour ainsi dire, aucune publication de ce genre.
- Nous n’avons certes pas la prétention d’avoir découvert les procédés employés dans l’apprêt. Nous nous efforçons, au contraire, en puisant largement dans des documents que tout le monde peut se procurer, de montrer que les procédés employés sont connus en principe depuis une époque reculée, et, qu’en somme, cette industrie ne fait qu’appliquer des errements anciens. Nous avons tenté d’expliquer les opérations essentielles de Vap-prêt et d’en faire une théorie qui permettra, nous l’espérons, d'améliorer les résultats obtenus, et même d’arriver à des méthodes nouvelles, car nous montrons que des pratiques anciennes ont été supprimées, alors qu’elles mériteraient d'être étudiées de plus près.
- L’apprêteur est, encore de nos jours, considéré avec raison comme un routinier. Car il y a bien des choses qui ne peuvent s’expliquer clairement, comme tout ce qui est lié intimement à l’une de nos sensations. Ce qui fait l’habileté de l’apprêteur, c’est la sensibilité et la délicatesse de son toucher, qui lui permettent de juger ce qui manque à une étoffe pour lui donner la main demandée. Cette habileté professionnelle sera toujours néces-
- p.r5 - vue 28/478
-
-
-
- VI
- PRÉFACE DE L’AUTEUR
- «aire, et elle ne pourra s’acquérir qu’en travaillant et en manipulant un grand nombre de tissus dans les ateliers, puis en déterminant, par la manutention, les modificalions apportées par les différents traitements appliqués. Nousallons mêmeplusloin, et nous pensons qu'un bon apprêteur devrait commencer à se former dans les triages de laine où il apprendrait à discerner les diverses variétés de laines par le tact et autres caractères physiques dont la connaissance fait la réputation des bons acheteurs. Il est bien évident que cet apprentissage rendrait les plus grands services à l'apprêteur, car il lui permettrait de s’expliquer bien des anomalies qui se présentent dans le travail et qui sont provoquées par la composition différente des matières employées à la fabrication des étoffes.
- En dehors de la question des opérations proprement dites, il en est une autre qui doit attirer l’attention de l’apprêteur et dont l’importance est telle qu’elle prime souvent la première : c’est celle de l'organisation intérieure de l’usine et de l’amélioration du rendement des machines. Les usines d’apprêt emploient en effet un matériel très compliqué, qui exige une consommation énorme de vapeur, soit pour le chauffage proprement dit, soit pour le traitement lui-même. Il en résulte que le chef-d’usine, le directeur de tels établissements doivent être aussi des ingénieurs habiles, sachant tirer de toute machine le meilleur résultat possible. Or, des expériences nombreuses, des déterminations de prix de revient, des essais comparatifs ont été faits dans diverses circonstances et ont donné lieu à des rapports disséminés dans différentes publications, parmi lesquelles nous citerons en première ligne, le Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse.
- Nous avons voulu rassembler tous ces documents, qu'ils intéressent directement les tissus de laine, ou qu’ils concernent l’in-dustrie de l’indiennerie et du blanchiment du coton. Nous avons jugé que l’on pourrait d’abord tirer des indications précieuses des essais qui ont été ainsi exécutés et, qu’en tout cas, ils renseignent sur les meilleures méthodes à adopter quand on se trouve en présence d’un problème semblable.
- Nous aussi avons insisté, autant (pie possible,sur la construction des machines et sur la constitution des organes qui servent à régler les appareils. Bien souvent, en effet, on voit, dans les
- p.r6 - vue 29/478
-
-
-
- PRÉFACE DE LAUTEUR
- VII
- usines, employer un métier d’une manière peu rationnelle, précisément parce que l’apprêteur ne connaît pas assez le principe qui se trouve appliqué.
- Nous avons enfin évité, autant que faire se pouvait, de donner des formules toutes préparées sur les procédés d’apprêt, car le travail varie selon les circonstances, la nature et la contexture du tissu écru comme celles du tissu fini. Nous tenons, en effet, à bien faire comprendre que ce traité ne peut être qu’un guide, mais qu’il ne peut nullement remplacer la pratique que l’on acquiert parmi travail long et méthodique.
- Le traité des apprêts des tissus de laine peignée doit être suivi de celui de la draperie. C’est pour cette raison que nous avons laissé de côté des opérations excessivement importantes, le foulage, le lainage et le tondage. Ces opérations seront étudiées avec tous les développements qu’elles méritent et il était inutile de faire des redites qui auraient alourdi l’ensemble.
- Nous espérons que l’essai que nous venons de faire sera accueilli avec bienveillance et nous nous considérerons comme déjà suffisamment récompensé si l’on veut bien étudier notre travail et nous communiquer les critiques que l’on croirait devoir lui opposer.
- . II. Lagache.
- Cottage des Glycines,
- Rouges-Barres (Marcq-en-Barœul).
- (Nord.)
- p.r7 - vue 30/478
-
-
-
- p.n.n. - vue 31/478
-
-
-
- DE L’APPRÊT DES TISSUS DE LAINE
- PEIGNÉE
- HISTORIQUE
- DE L’EMPLOI DES TISSUS DE LAINE
- II est bien certain que la confection des vêtements constitua l’une des industries qui sollicitèrent les premiers efforts de l’humanité. Tant qu’il vécut à l’état sauvage, l’homme dut imaginer des armes pour se défendre contre les fauves, et des abris pour lutter contre les intempéries. Il apprit à utiliser la dépouille des animaux qu’il devait sacrifier pour sa subsistance, et parvint à donner aux peaux des qualités spéciales par une préparation convenable. Il reconnut aussi les propriétés particulières que possédaient les substances végétales, et dut commencer par employer des feuilles pour obtenir des vêtements grossiers. C’est ainsi qu’il remarqua que quelques plantes donnaient aisément des lianes flexibles d’une grande solidité, qu’il froissa et tordit pour augmenter leur souplesse et accroître leur résistance. Il parvint à réunir plusieurs lianes pour en faire un fil continu et sut bientôt les transformer en nattes et en cordages, imaginés bien avant la découverte de la filature proprement dite. Mais toutes ces applications renfermaient en germe les principes qui furent ensuite appliqués dans l’industrie textile à son enfance. On découvrit ainsi, il y a des siècles, les substances les plus propres à être transformées en tissus, et ce sont ces mêmes substances que l’usage a consacrées depuis un temps immémorial.
- Quel espace de temps s’est-il écoulé pour que toute cette industrie fut constituée au point que nous indiquent les écrits anciens qui sont parvenus jusqu’à nous? Il fallut évidemment une longue suite de siècles.
- L’homme, aux mœurs sauvages, dut être conduit par son instinct à se constituer en société. Alors les besoins de chacun s’accentuèrent, la civilisation, tout à ses débuts, créa des habitudes qui s’augmentèrent avec
- APPRÊT DES TISSUS DE LAINE.
- 1
- p.2x1 - vue 32/478
-
-
-
- 2 APPRET DES TISSUS DE LAINE PEIGNÉE
- le temps, et ce furent ces exigences qui, réclamant des objets de plus en finis, favorisèrent les progrès de l’industrie. Puis il fallut des siècles et des siècles pour que ces perfectionnements devinsent plus sensibles ; il fallut enfin que l’homme apprit à exposer ses pensées et à les fixer par l’écriture. De toute cette époque primitive, on ne peut rien savoir. Les seuls renseignements qui soient arrivés jusqu’à nous sont les travaux des anciens philosophes, et les incriptions que l’on a découvertes sur les mouvements mis au jour parles fouilles entreprises dans le but de ravir au passé des éléments de son histoire.
- Les indications que nous retrouvons dans les livres profanes et sacrés que nous ont légués les temps anciens, après avoir échappé par miracle à toutes les causes de destruction, sont malheureusement fort incomplètes, car tous ces ouvrages ont été écrits par des poètes, par des philosophes qui signalent les faits qui les ont frappés dans des récits merveilleux d’où nous ne pouvons conclure, que par déduction, ce qui se passait à cette époque reculée.
- Et tous ces récits antiques démontrent que l’usage des étoffes était déjà répandu, qu’on savait tisser les tissus les plus délicats comme les plus somptueux et que leur emploi était tellement général, leur fabrication si connue, qu’on ne trouve jamais que quelques indices sur les procédés employés. C’est ainsi que les recherches sur la haute antiquité utilisent principalement les récits merveilleux d’Hérodote et d’Homère, qui ont su embellir des charmes de la poésie les descriptions qu’ils ont faites. A chaque instant dans Y Iliade et VOdyssée, Homère donne la description des tissus les plus brillants. Nous ne citerons que le merveilleux ouvrage de broderie où Hélène représente les grands combats que les Troyens et les Grecs livrent pour elle sous les yeux mêmes du dieu Mars, et le magnifique tapis que cette princesse voudrai t qu’Hécube plaçât sur les genoux de Minerve pour engager cette déesse à éloigner des murs de Troie l’invincible fils de Tydée.
- Citons encore les tapis, les tapisseries, les manteaux, les tuniques, d’un éclat et d’une finesse admirables, que Priam destine à la rançon d’Hector.
- Ainsi donc, dix siècles avant l’ère chrétienne, on savait fabriquer des étoffes de tous genres et les décorer de façon à satisfaire au luxe le plus raffiné.
- On a d’ailleurs retrouvé des échantillons de tissu dont l’origine est encore bien plus reculée dans la nuit des temps. Une fouille faite au Caucase en 1880 a mis à jour une série de tissus imprimés dont les archéologues font remonter l’existence à plus de deux mille ans avant l’ère chrétienne. De même, en 1878, Théodore Graff a trouvé dans les pyramides d’Egypte des tissus imprimés qui remontent à la même époque.
- p.2x2 - vue 33/478
-
-
-
- HISTORIQUE DE L’EMPLOI DES TISSUS DE LAINE 3
- Quelques-uns, qui figurent au Musée Oriental de Vienne, consistent en des sortes de robes qui servaient à ensevelir les morts.
- Le musée de Glasgow possède également des spécimens de bandelettes teintes en bleu qui étaient destinées à envelopper les momies.
- L’ouvrage le plus ancien que l’on connaisse, le Rayamana (histoire ou conte en sanscrit de Rama, poème de Valkimi), fait aussi de nombreuses mentions sur les étoffes et les vêtements colorés, et sur la manière dont on représente, sur les monuments égyptiens, les robes parsemées de raies en zigzag.
- Les premières notions précises sur les procédés de fabrication nous viennent de Pline qui, dans son Histoire universelle, étudia les arts et en donna des descriptions qui démontrent que les connaissances des anciens étaient très développées et que certaines d’entre elles sont même tombées dans l’oubli.
- A quand remonte la découverte des différents arts? Pline attribue la tissanderie aux Égyptiens; la ligne et les filets, à Arachné; les fuseaux pour filer la laine, à Closter, son fils; les foulons, à Nicias, de Mégare; les souliers, à Tikens, de Béotie; les bottes, aux Cariens; la broderie ainsi que les voilures, aux Phrygiens ; l’huile et la meule pour broyer les olives, à l’Athénien Ariste.
- Il parle des tapis de laine à couleurs et à dessins mélangés connus bien avant Homère ; il remarque que les Gaulois et les Parthes bordaient ces tapis de manière différente. Il attribue aux Gaulois l’invention des matelas bourrés de laine ; celle des gausapes et des omphimales, c’est-à-dire des étoffes veloutées d’un seul côté, et des deux côtés, ainsi que celle des ceintures velues, aux Romains de son temps; les étoffes rases et la frise, à l’époque d’Auguste ; les brochés en or, à celle du roi Attale, d’où ils tirèrent le nom d’attaliques. Il signale que les tapisseries par excellence venaient d’Alexandrie, les étoffes tricotées, des Gaules; les plus belles broderies, de Babylone où avaient été travaillées ces fameuses couvertures de lits à coussins qui, du temps de Caton, furent vendues 800.000 sersterces et que Néron acheta 4 millions de sers-terces.
- Que reste-t-il donc à découvrir pour les temps modernes si nous laissons de côté les moyens de production plus rapides et plus perfectionnés? Et encore les progrès du machinisme, qui ont répandu l’usage de toutes les étoffes dans toutes les classes de la société, qui ont démocratisé les productions de toutes les industries en général et de l’industrie textile en particulier, les progrès du machinisme n’ont-ils été rapides que depuis l’invention de la machine à vapeur, soit il y a un siècle et demi seulement.
- Ainsi donc l’industrie des étoffes se trouvait déjà, avant l’ère chré-
- p.2x3 - vue 34/478
-
-
-
- 4 APPRÊT DES TISSUS DE LAINE PEIGNÉE
- tienne, dans un état de perfection remarquable, et les procédés employés étaient probablement analogues aux procédés modernes. Comment procédait-on exactement? On n’en sait rien au juste, car les descriptions qui concernent les arts textiles sont tout à fait superficielles. Pline ne dit-il pas, en parlant de la teinture, qu’il néglige d’en décrire les procédés, -car il ne s’agit pas d’un art libéral?
- Ce qui est certain, c’est que les anciens appliquaient des procédés qui nous sont complètement inconnus.
- Nous ne concevons pas la fabrication et l’usage de ces barques de terre cuite que la disette du bois fit inventer aux Égyptiens. Quel est le procédé de fabrication de ces feutres qui, au dire de Pline, résistaient au fer et qui rendaient les laines insensibles à l’action du feu? Qu’étaient ces étoffes qu’on faisait teindre pour les renouveler quand elles avaient perdu leur duvet par l’usage et dont on ne savait voir la fin? Qu’était la robe royale à tissu onduleux qu’avait portée Servius Tullius (578 av. J.-C. ), ouvrage de Tanaquille, reine de Rome, et qu’on voyait encore dans le temple de la Fortune au temps de Marcus Varron (116-27 av. J.-C.).
- De celle de ces prétextes ou robes dont fut vêtue la statue de la Fortune et qui durèrent l’espace de cinq cent soixante ans sans avoir perdu de leur couleur ni souffert de la teigne?
- Comment se sont donc formés tous ces arts si utiles à l’humanité? On ne peut que faire des conjectures et imaginer les phases successives qui ont amené les perfectionnements qui se réalisèrent.
- Comme nousl’avons dit, les hommes primitifs durent se servir d’abord de lianes flexibles fournies par le règne végétal et apprirent à les lier les unes aux autres en les tordant ensemble de manière à former un fil grossier avec lequel on pût fabriquer des nattes et des filets. Comment fut trouvé le procédé de rouissage qui permet d’isoler du lin, du chanvre et de quelques plantes analogues, une filasse avec laquelle les mêmes procédés fournirent des tissus d’une grande finesse? On ne sait, car tous les auteurs citent les toiles de lin comme étant d’un très grand usage dans l’antiquité.
- C’est au moyen du lin que Pline fait parcourir les mers et rapprocher les continents. Il s’émerveille du rôle utilitaire de cette fibre qui permet d’établir la communication réciproque des différentes parties de l’univers ; mais en même temps, les dangers de la navigation lui arrachent des imprécations contre la culture de cette plante si utile.
- Le lin était déjà estimé pour sa blancheur dès la guerre de Troie. Longtemps avant, les prêtres égyptiens, hébreux et indiens avaient adopté les robes blanches de fin lin comme un symbole de la candeur et de la dignité du sacerdoce. Tous les agrès de la flotte des Grecs élaient de lin. Les Babyloniens, suivant Hérodote, portaient des tuniques de
- p.2x4 - vue 35/478
-
-
-
- HISTORIQUE DE L’EMPLOI DES TISSUS DE LAINE 5
- lin. L’habillement des Égyptiens était de lin; ce peuple eut la laine en horreur; il la regardait comme malsaine et fit intervenir la religion pour en interdire l’usage. Ils proscrivirent des temples comme profane la dépouille arrachée aux animaux.
- Les plus anciennes statues de l’Égypte sont habillées de lin. On retrouva sur les anciennes momies d’hommes et d’oiseaux, des bandelettes, les unes en toiles de lin, les autres en toile de coton, preuve que ce dernier textile avait été aussi utilisé par les Égyptiens dès les temps les plus reculés.
- Les toiles lin-coton des Égyptiens, très précieuses, furent longtemps réservées aux gens de distinction. C’est par une robe d’une semblable étoffe que Pharaon annonça le haut rang auquel il élevait Joseph. Moïse dit que Dieu, en punition des persécutions de Pharaon, y frappa le lin de sa malédiction; ce législateur défendit aux Juifs de porter les habits tissés de laine et de lin, mélange de luxe sans doute de son temps. Chez les Hébreux, le Pontife portait des habits de lin avec ornements d’or, d'hyacinthe et de cramoisi. De même les anciens Grecs portaient des vêtements de lin.
- Les anciens savaient aussi mettre en œuvre le coton et en fabriquer différents tissus, depuis ceux qu’ils appelaient des brouillards jusqu’aux voiles des navires, capables de résister aux vents les plus impétueux. Tout ceci indique une industrie déjà bien perfectionnée dans l’antiquité.
- L’usage de la laine se perd aussi dans la nuit des temps. Moïse, Homère et tous les anciens auteurs font mention des nombreux troupeaux qui formaient la richesse principale de quelques peuples et de quelques rois. Ils nous parlent de l’usage de les tondre et de l'emploi de leurs laines en vêtements. Furent-elles filées ou feutrées dans le principe? L’histoire n’en laisse rien soupçonner, d’où l’on peut conjecturer de la très haute antiquité de l’une ou l’autre pratique. Cependant il semble bien que le feutrage dut être antérieur à la filature.
- Les hommes des temps anciens, vivant au milieu de leurs troupeaux, durent remarquer que les laines se feutraient naturellement lorsqu’ils se couchaient sur elles, d’où l’idée d’utiliser pratiquement cette propriété spéciale.
- C’est ainsi que Pline signale que les Anciens feutraient les laines avec le concours des acides pour composer des feutres si épais qu'on sait à peine aujourd'hui en fabriquer de semblables. Déjà, du temps des patriarches de la Genèse et des héros de l'Iliade, les étoffes étaient teintes de toutes les couleurs, ornées et enrichies de tout ce que la nature et l'art pouvaient fournir au luxe. On voit Pénélope, Calypso, Circé et jusqu’à la femme, la sœur et les filles d’Auguste s’occuper à filer, fabriquer et broder des étoffes.
- p.2x5 - vue 36/478
-
-
-
- 6 APPRÊT DES TISSUS DE LAINE PEIGNÉE
- Hésiode (800 av. J.-C.) écrit déjà : « Alors, en hiver, aie soin de te revêtir d’étoffes de laine et d’une longue robe, enveloppe-toi d’un drap épais et bien fourni, si tu ne veux trembler sans cesse et frissonner au froid. Couvre tes pieds de bons souliers de cuir de bœuf, garnis de fourrure en dedans. Lorsque le froid sera plus violent, fais-toi un manteau de peau de chèvre, cousu de nerfs de bœuf pour te défendre de la pluie, et mets un chapeau capable de te préserver la tête de l’humidité. »
- Strabon (commencement de l’ère chrétienne) nous apprend qu’on fabriquait à Padoue des couvertures de lit et de grosses étoffes velues de chaque côté. Il ajoute que l’habillement de la plupart des Italiens provenait des laines grossières de Ligurie. Du temps de César, l’Espagne fournissait au commerce des laines et des étoiles fines, ainsi que du fil de lin et des toiles fines; la Scandinavie et autres pays (du Nord envoyaient des peaux et des laines ainsi que du chanvre et du lin. Sous les empereurs, on établit des manufactures de laine à leur profit, et celles des Gaules eurent leur célébrité. On faisait surtout, au temps de Gallien, beaucoup de cas des draps d’Arras pour l’habillement militaire.
- L’art de filer la laine et le lin, connu très anciennement en Egypte, fut apporté en Grèce par Cécrops, ce qui fit croire dans la suite que les Athéniens étaient les inventeurs de l’art de fabriquer les étoffes de différentes matières. Athènes fut longtemps renommée par toute la Grèce pour son habileté pour la tissanderie. Son territoire, les soins inconnus de nos jours qu’on y prenait des troupeaux, lui fournissaient les laines les plus estimées.
- La soie ne fut connue en Occident qu’après bien des siècles. On retira d’abord des Indes les étoffes de soie. Ce n’est que beaucoup plus tard que vinrent les soies non travaillées. C’est sous l’empereur Justinien qu’on en connut le procédé de production. Des moines lui rapportèrent des Indes des œufs de ver à soie et des graines de mûrier. Cet empereur répandit les uns et les autres dans la Grèce et en établit des manufactures dans ses principales villes. Roger, ensuite, revenant de Terre-Sainte et passant en Grèce, introduisit ces procédés en Sicile et en Calabre, d’où la soie et le mûrier se propagèrent lentement dans le reste de l’Italie, l’Espagne et enfin en France ; sous le règne de Louis XI s’éleva la première manufacture de soieries, trois siècles après celles de Sicile par Roger et plus de mille ans après celles d’Athènes, de Thèbes et de. Corinthe par Justinien.
- Telle était la situation de l’industrie textile dans l’antiquité. Mais, à la suite de l’invasion des Barbares et de la chute de l’empire romain, les différents pays de l’ancien monde devinrent le jouet de guerres continuelles. Les bienfaits de la civilisation furent bientôt anéantis ; tout retomba dans la barbarie, et la source des renseignements est complète-
- p.2x6 - vue 37/478
-
-
-
- HISTORIQUE DE L’EMPLOI DES TISSUS DE LAINE 7
- ment tarie. Il faut remonter jusqu’après dix siècles de l’ère chrétienne pour avoir une idée de ce qui se fabriquait alors.
- D’ailleurs les historiens ne se sont jamais beaucoup occupés des questions industrielles. Ce n’est que dans ces dernières années que des chercheurs ont examiné les règlements qui étaient appliqués dans les diverses corporations, et l’étude de ces documents lève les voiles du passé et permet de se rendre un compte plus exact des méthodes qui furent employées pendant le moyen âge. C’est ainsi que l’on constate avec surprise que bien des procédés qu’on croyait modernes étaient appliqués il y a des siècles.
- Le commerce et l'industrie ayant été complètement ruinés dans le monde entier, pendant l’époque de barbarie, dans le but de suppléer autant que possible à la difficulté des échanges, les gens fortunés établirent des fabriques particulières. Nous citerons entre autres celle que Charlemagne fonda dans son propre palais et celle que, d’après les actes de l’ordre de saint Benoît, on établit dans le monastère de Saint-Basole. On donnait alors à ces établissements le nom de gynécées^ parce qu’ils étaient généralement sous la direction des femmes serves.
- Cette situation, qui élevait nécessairement à un prix inabordable les étoffes fabriquées sous un tel régime, dura jusqu’aux Croisades. A cette époque une révolution complète s’opéra dans l’industrie et le commerce du continent, car les Européens, grâce à ces expéditions lointaines, retrouvèrent en Asie, ce berceau des civilisations primitives, les traces des sciences et des arts et en recueillirent les précieux débris. Les croisés apprenaient à Damas la fabrication des damassés; en Orient, la fabrication du camelot dont les échantillons excitèrent l’admiration de la reine Marguerite. On rapporta également d’Orient l’usage du lin, de la soie, des moulins à vent. C’est précisément pendant les Croisades que les Vénitiens fondèrent leur puissance. Leurs flottes se chargèrent des approvisionnements de nos émigrations ; leur commerce s’enrichit, les arts s’établirent chez eux et se répandirent bientôt dans le reste de l’Italie. En 1338, on comptait à Florence 200 manufacturiers qui fabriquaient, dit-on, 70 à 80.000 pièces de drap par an.
- C’est également pendant les croisades que se prépara le premier essai de réglementation des métiers en France et qu'Étienne Boileau, prévôt des marchands de Paris sous saint Louis, publia son fameux Livre des métiers de Paris, dans lequel il rassembla tous les règlements en usage dans les différentes corporations. Ceci prouve bien que les arts et métiers avaient fini par progresser, malgré les guerres continuelles, pour se constituer peu à peu en communautés.
- A la fin du xve siècle, le commerce maritime est toujours entre les mains de Venise, qui continue à nous apporter les marchandises
- p.2x7 - vue 38/478
-
-
-
- 8
- APPRÊT DES TISSUS DE LAINE PEIGNÉE
- d’Orient pendant qu’elle-même exporte ses tissus, ses cristaux et autres marchandises. Le transport se fait en grande partie parla mer Rouge, et des caravanes de chameaux font le transbordement dans l’isthme de Suez à Alexandrie d’où elles arrivaient à Venise par la Méditerranée.
- C’est alors que Christophe Colomb découvre l’Amérique et que, un peu plus tard, Vasco de Gama réussit à doubler le cap de Bonne-Espérance et trouve une route entièrement maritime pour aller aux Indes. Alors le centre d’activité des peuples est déplacé : ce n’est plus la Méditerranée, qui va servir de lien entre le nouveau et le vieux monde, c’est l’Atlantique, et aux anciens navigateurs vont succéder les Portugais, les Hollandais, les Français et les Anglais. Les Pays-Bas, grâce à leurs puissantes corporations, organisèrent une industrie des lainages excessivement florissante, qui fit la richesse de Gand, Bruges, Anvers et Louvain.
- Les Anglais des premiers siècles étaient déjà possesseurs de nombreux troupeaux de moutons.
- Dès le vme siècle on retrouve des règlements sur la reproduction des bêtes à laine. Mais les ravages causés par la barbarie et aussi par les bandes de loups qui infestaient le pays empêchent le développement -de cet élevage jusqu’au xive siècle. A cette époque l’Angleterre expédiait en Flandre jusqu’à 100.000 sacs de laine de 364 livres.
- Les Flamands fournissaient au reste de l’Europe les étoffes de laine. Ce n'est qu’au xvc siècle, sous le règne d’Henri VII, que les Anglais sentent l’avantage de manufacturer eux-mêmes leurs laines et de perfectionner la qualité de leurs toisons. Fleuri VII d’Angleterre, exilé en Flandre, en rapporta les manufactures qu’il avait vues si florissantes. Les Pays-Bas seuls savaient satisfaire au luxe, mais l’Angleterre possédait déjà les laines les plus belles. Et comme, vers cette époque, les persécutions du duc d’Albe chassaient les artisans de Hollande, ceux-ci, bien accueillis parla reine Elisabeth, contribuèrent puissamment au développement de l’industrie des lainages en Angleterre.
- En France, les progrès de l’industrie furent surtout favorisés par Henri IV. Ce dernier comprit l'importance qu’il y avait à transformer les produits de l’agriculture. Il encouragea la fabrication des toiles et celle des draperies ordinaires, il ordonna la plantation de mûriers, fit imiter les tapisseries de Flandre, établit la fabrication des dentelles et attira des ouvriers dans tous les genres d’industries. Il mit fin aux guerres religieuses en signant l'édit de Nantes (1598), qui accordait aux protestants la liberté de conscience.
- Vint alors le siècle de Louis XIV et la protection des manufactures par Colbert. On lui doit l’établissement des Gobelins qui fabriqua les draps les plus fins et les plus beaux qu’on eût jamais faits en France.
- p.2x8 - vue 39/478
-
-
-
- HISTORIQUE DE L’EMPLOI DES TISSUS DE LAINE 9
- Nicolas Cadeau établit la fabrication des draps fins façon de Hollande, sous le nom de manufacture de Sedan. Colbert attira à grands frais le Flamand Joffe van Robais, qui installa la fabrication de draps fins d’Abbeville. En même temps les règlements de Colbert furent appliqués aux manufactures du Languedoc, de Tours, de Paris, Lyon, Amiens, Rouen, etc., et on sut attirer une foule d’artisans qui nous apportèrent les procédés employés dans les centres les plus prospères.
- Malheureusement tant d’efforts devaient devenir superflus. Louis XIV, après lamortde Colbert tombé en disgrâce, révoqua l’édit de Nantes (1685) : 200.000 protestants, dont la plupart étaient les artisans que nous avions attirés, sortirent de France pour échapper aux persécutions. Ils rapportèrent dans leur pays les richesses dont nous les avions comblés et répandirent partout l’instruction qu’ils avaient reçue. La Saxe, la Prusse, toute l’Allemagne s’enrichirent de nos dépouihles ; la Hollande, l’Angleterre récupérèrent au centuple ce qu’ils avaient pu perdre.
- Heureusement Louis XIV répara en partie le mal qu’il avait fait, par de nouvelles créations. Richelieu avait institué l’Académie française ; Louis XIV compléta la pensée de ce grand ministre en fondant l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres (1663), l’Académie des Sciences (1666), celle de Peinture et Sculpture (1667) et celle d’Architecture (1671). Grâce aux travaux de l’Académie des Sciences, l’industrie put réparer en partie les pertes cruelles qu’elle avait faites par la révocation de l’édit de Nantes et se reconstitua peu à peu.
- Au xvnie siècle, l’industrie des lainages était florissante dans une bonne partie de l’Europe. Mais une véritable révolution se produisit dans l’industrie lainière, au moment où l’on appliqua au filage de la laine les méthodes.industrielles dues aux découvertes des Highs et desArkwight pour le coton. En même temps apparaissait le machinisme, et grâce à la vapeur, les procédés mécaniques s’introduisirent dans toute la technique en fournissant le moyen de produire dans des conditions économiques les combinaisons les plus compliquées et les traitements les plus parfaits.
- p.2x9 - vue 40/478
-
-
-
- p.2x10 - vue 41/478
-
-
-
- CHAPITRE 1
- DES PROPRIÉTÉS DE LA LAINE AU POINT DE VUE DE L’APPRÊT
- Les tissus de laine présentent les qualités les plus précieuses et forment des variétés en nombre considérable, par suite de propriétés tout à fait spéciales et qu’on ne rencontre que dans les fibres textiles de même nature, les poils et duvets.
- Les fibres animales, la laine, les poils et la soie sont composés d'une matière analogue à la corne et ayant la même composition que les matières protéiques ; tandis que les fibres végétales sont composées d’un noyau de cellulose plus ou moins imprégné et recouvert de matières incrustantes. Mais, alors que la laine et les poils se rapprochent plus comme constitution des matières albuminoïdes (albumine, caséine, fibrine, productions épidermiques) et renferment du soufre, la soie a une composition analogue à celle des tissus à gélatine et, comme eux, se trouve exempte de soufre.
- C’est à la présence du soufre dans la laine qu’on attribue différents phénomènes constatés souvent. Par exemple, l’odeur caractéristique des bains de teinture serait due au dégagement d’une combinaison sulfurée qu’on peut déceler au papier à l’acétate de plomb, quand on fait fait bouillir la laine avec l’eau. C’est également au soufre qu’est due la formation de taches noires quand on sèche la laine sur le cuivre, ou le jaunissage de la laine par vaporisage.
- La laine chauffée à 100° pendant deux heures ne laisse dégager ni ammoniaque ni émanation sulfureuse, c’est-à-dire ne présente aucun indice de désorganisation; à 130°, elle donne de l’ammoniaque et, vers 150°, une émanation sulfureuse sans dégagement sensible de gaz insoluble dans l’eau. Ceci indique que dans le traitement et l’apprêt des étoffes de laine une température de 110° à 120° ne peut occasionner aucun inconvénient, en supposant qu’aucune substance nuisible ne vienne modifier ces résultats.
- De plus, la laine et les poils sont des fdaments pleins, tandis que les
- p.2x11 - vue 42/478
-
-
-
- 12
- APPRÊT DES TISSUS DE LAINE PEIGNÉE
- fibres végétales sont des tubes creux. Cette différence de contexture explique pourquoi les tissus de laine ont un toucher caractéristique qui ne peut être obtenu avec les autres fibres textiles. Le tissu de lame a un toucher élastique, il offre une résistance à la compression, résistance encore augmentée par les vrillements et les ondulations ; la laine fournit des tissus qui ont de la main, comme on dit, et ont proportionnellement plus de poids pour une même épaisseur. Tandis que les étoffes de coton, composées de tubes creux, cèdent à la pression et donnent un toucher plus mou, moins de nerf et de plombant.
- Si on examine les filaments selon une coupe transversale, on constate la présence de deux et même trois séries de cellules différentes :
- 1° Les cellules extérieures ou marginales en forme d’écailles;
- 2° L’écorce intérieure ou substance corticale, dont les cellules sont en forme de fuseaux. Ces cellules ont plus d’affinité pour les couleurs qué les écailles;
- 3° Les cellules médullaires, qui se composent de cellules formant la moelle de la fibre.
- Les praticiens admettent souvent que les cellules médullaires renferment une certaine quantité de matière grasse naturelle à qui serait due en grande partie la douceur caractéristique du toucher de la laine. Cependant il semble bien que cette idée soit fausse, puisque la laine peignée industrielle ne renferme pas plus de 0,75 0/0 de matière grasse, et que d’ailleurs le procédé de dégraissage aux dissolvants volatils s’est maintenant répandu dans divers centres industriels.
- Si on examine la laine suivant sa longueur au microscope, on constate qu’elle est recouverte d'écailles qui s’emboîtent les unes dans les autres et qui présentent des aspérités plus ou moins prononcées selon les espèces. Les poils ont une conformation semblable à celle de la laine, mais les écailles, au lieu d’être bien ouvertes, sont à peine distinctes. Dans les mérinos, les écailles sont en forme d’entonnoirs et entourent complètement la fibre {fty. 1).
- La laine est mauvaise conductrice de la chaleur et de l’électricité ; c’est pourquoi les vêtements de laine s’opposent aux échanges de calorique. Elle est employée aussi bien pour se garantir des rigueurs de l’hiver que pour se protéger des cha-
- Fig. 1.
- ga
- leurs torrides dans les pays tropicaux.
- Mais ce qui fait que ce textile est le plus hygiénique, c’est qu’il possède un pouvoir hygrométrique considérable. Le taux de reprise normale de la laine est de 18,25 0/0, tandis que pour le coton il n’est que de 8,50 0/0. Autrement dit, la laine peut absorber un poids d’eau considérable sans que son toucher paraisse humide. D’un autre côté, la laine, formée
- p.2x12 - vue 43/478
-
-
-
- DES PROPRIÉTÉS DE LA LAINE AU POINT DE VUE DE L’APPRÊT 13 de filaments pleins, a une-densité apparente plus considérable que celle du coton ; aussi les tissus de laine conviennent-ils surtout pour confectionner les vêtements de dessous, en contact avec la peau. Les flanelles de laine peuvent emmagasiner une grande quantité de sueur sans produire d’action désagréable; tandis que les vêtements de coton sont rapidement saturés et donnent une sensation de mouillé non seulement désagréable, mais aussi dangereuse au point de vue hygiénique.
- D'ailleurs l’humidité qui se trouvedans la laine modifie complètement ses propriétés physiques. La laine sèche paraît roide et dure en même temps qu’elle devient de plus en plus cassante. Aussi, en fabrication, a-t-on toujours soin de restituer une certaine quantité d’humidité à la fibre trop sèche, pour lui donner plus de solidité et un toucher plus agréable. Les matières de laine, les fils qui sortent du séchoir, sont, pour cette raison, toujours exposés à l’air humide avant d’être empaquetés. Dans l’apprêt, on emploie des machines à humecter, et les colles sont fréquemment à base de substances hygrométriques, telles que glycérine, glucose, chlorure de calcium et magnésium, etc.
- La substance de la laine (et de la soie) est en même temps bien plus élastique que celle du coton. Ceci se constate facilement au dynamomètre, l’élasticité ou l’allongement avant rupture est bien plus considérable. Aussi a-t-on l'habitude, pour reconnaître un fil de laine d’un fil de coton, de vérifier comment il se comporte à la rupture : un fil de coton casse net et s’allonge peu, tandis qu'un fil de laine se laisse plus ou moins étirer avant de rompre.
- Les filaments de laine éprouvent en même temps des variations de longueur qui sont en rapport avec l’état hygrométrique de l’air : c’est là le principe de Yhygromëtre à cheveu. Les poils s’allongent par l’humidité et raccourcissent par la sécheresse.
- La ductilité ou allongement qui se produit avant rupture est à peu près constante pour toutes les variétés de laine et égale à 1/10. La ténacité des brins fins est proportionnellement plus grande que celle des gros brins. De sorte que l’on peut approximativement admettre les règles suivantes :
- La résistance des brins de laine est en raison inverse de la surface de leur section. .
- Leur ductilité ou allongement est proportionnelle à leur longueur.
- Leur élasticité est en raison directe de leur finesse et du nombre de leurs vrillements, et en raison inverse du diamètre de leur brin et du nombre de leurs spires par unité de longueur. (Alcan.)
- Nerf de la laine. — Le nerf de la laine représente sa ténacité ou résistance à la rupture. Une laine est dite nerveuse si elle est résistante.
- p.2x13 - vue 44/478
-
-
-
- 14
- APPRÊT DES TISSUS DE LAINE PEIGNEE
- Crochet lie la laine. — La laine n’a pas., comme nous l’avons dit, une surface lisse ; mais elle semble recouverte d’écailles plus ou moins nombreuses et plus ou moins proéminentes. Les poils ont exactement la même contexture que les filaments de laine, sauf que les écailles sont moins accentuées. C’est l’accentuation plus ou moins grande des écailles de la laine qui fournit ce qu’on appelle le crochet et qui est cause de la sensation ou titillation qui se produit au contact de la fibre avec la peau. On conçoit que ce crochet de laine doive avoir un rapport avec les propriétés de la fibre ; c’est ainsi que l’examen au microscope a donné pour le nombre de dentelures au centimètre :
- Laine d’Allemagne.................
- — d’Australie....................
- — de Leicester...................
- — Port-Philippe...................
- — du Cap.......................
- — de Buenos-Ayres...............
- 1.080 à 1.120
- 960
- 720
- 1.000
- Généralement le nombre de dentelures varie avec le pouvoir feutrant. Ainsi, par exemple, la laine d’Allemagne, qui est peut-être la laine la plus fine et la plus douce que l’on puisse trouver et qui possède en outre un pouvoir feutrant extrêmement développé, ne contient pas moins de 1.080 à 1.120 dentelures au centimètre. La laine d’Australie, autre laine de qualité supérieure et à bon pouvoir feutrant, en contient environ 960, tandis que la laine de Leicester, à pouvoir feutrant comparativement inférieur, n’en contient que 720.
- On pourrait croire d’après ces chiffres que le degré de propriété feutrante d’une laine peut se déduire de la structure que son brin révèle au microscope. En général, on trouve en effet que cette propriété est plus développée dans les laines qui renferment un grand nombre de dentelures, mais les exceptions sont nombreuses. La laine du Cap, par exemple, quoique fine de brin et remplie de dentelures, ne foule que modérément. Examinée au microscope, la fibre possède tous les caractères d’une laine à propriétés feutrantes développées, tandis qu’en réalité elle n’est que de deuxième ordre à cet égard. Si l’on ne se basait que sur le nombre de dentelures, les laines de Port-Philippe et de Buenos-Ayres devraient avoir des propriétés feutrantes semblables, tandis qu’elles sont complètement dissemblables sous ce rapport. La laine Port-Philippe est presque sans pareille au point de vue feutrant, tandis que le peu de propriété feutrante de la laine de Buenos-Ayres est pour ainsi dire proverbial.
- Cela nous montre bien que ce n’est pas seulement le nombre des écailles de la laine qui détermine la propriété du feutrage. D’ailleurs il est
- p.2x14 - vue 45/478
-
-
-
- DES PROPRIÉTÉS DE LA LAINE AU POINT DE VUE DE L’APPRÊT 15 bien connu que les poils, quoique recouverts également d’écailles, ne se feutrent pas si on ne leur fait subir au préalable l’opération du secrétage. Il faut donc qu’il y ait dans la laine d’autres circonstances pour expliquer les différences signalées plus haut. Ce qui montre bien qu’il en est ainsi, c’est qu’une laine fatiguée, une laine effilochée par exemple, est loin de posséder le même pouvoir feutrant que la laine mère, et cependant sa constitution n’a pu être profondément modifiée.
- Il faut en première ligne tenir compte du crochet de la laine, c’est-à-dire de la forme de la dentelure et de ses aspérités, en même temps que de sa solidité; c’est à cause de ces aspérités que les filaments de laine comprimés les uns aux autres s’accrochent et restent liés. Cette observation est excessivement importante au point de vue de la filature delà laine cardée et peignée. Et au début du travail on obtient la liaison des mèches par des systèmes de frottoirs. Dans l’industrie on cherche avant tout les laines qui ont du crochet, car les diverses opérations de la filature et du tissage sont alors facilitées. Le choix des laines dépendra également des qualités du tissu qu’on veut obtenir. Une laine d’un bon pouvoir feutrant est indispensable pour draps lisses, taupelines, castors, moscowas et autres articles similaires, dans lesquels la contexture du tissu est complètement cachée par le foulage et présente l’apparence d’un feutre. Les laines courtes d’Angleterre, telles que les Norfolk et Southdown, ne pourraient servir à fabriquer ces étoffes ; ne possédant que peu de propriétés feutrantes, elles conviennent mieux à la fabrication des tissus dans lesquels le foulage est secondaire; aussi ces genres de laines sont-ils recherchés par les fabricants de flanelle.
- Vrillement de la laine. — La laine présente une autre qualité précieuse qui la différencie des poils en général, c’est qu’elle est plus ou moins vrillée ou ondulée. Quelques variétés de laine sont à peine ondulées sur leur longueur, on leur donne le nom de laines lisses. D’autres le sont extrêmement et offrent une quantité de spires d’autant plus grande par unité de longueur que les brins sont plus fins. Cest ainsi que le nombre de vrillements peut mesurer la finesse.
- 1° Haute finesse 2° Belle finesse 3° Finesse médiocre.. 4° Finesse inférieure. LONGUEUR en centimètres ÉPAISSEUR en millimètres NOMBRE DE SPIRES par longueur N 0 M B R E DE SPIRES au centimètre
- 5,6 6 8 8 0,013 à 0,020 0,020 à 0,025 0,025 à 0,0313 0,0313 à 0,050 56 à 75 48 à 52 44 a 48 40 à 46 10 à 13,57 8 à 8,66 5,5 à 6 5 à 5,77
- p.2x15 - vue 46/478
-
-
-
- 16 APPRÊT DES TISSUS DE LAINE PEIGNÉE
- Finesse de la laine. — La laine est produite par un bulbe qui se trouve dans le tissu cellulaire placé sous la peau. Selon la grosseur de l’orifice, sa forme et sa direction,les filamentsproduits ont une finesse plus ou moins grande, sont plus ou moins longs et plus ou moins vrillés. Il est évi-dentquela grosseur du passage sera engénéralen rapport avecl'épaisseur de la membrane ou de la peau qui en forme les parois. Cette épaisseur varie avec les races. De là, l’échelle étendue des finesses dans une même partie de poils ou de laine, et de là aussi les efforts constants quand il s’agit de produire des laines fines et courtes, pour perfectionner les petites races dans les meilleures conditions. Il faut que la finesse ne soit pas obtenue aux dépens de la ténacité, de la perfection, dont le caractère le plus certain est l’homogénéité.
- Aussi des expériences nombreuses ont été effectuées dans tous les pays pour améliorer les races par croisement avec des races à bonne laine, les mérinos principalement, dans les pays où la population est relativement peu dense ; tandis que, parla suite, on chercha des races avantageuses aussi bien pour la laine que pour la viande, races qu’on obtient par le croisement avec les moutons réputés d’Angleterre, le Dishley. D’où l’obtention de laines qu’on désigne dans le commerce sous le nom de croisés.
- Mais, quels que soient les soins apportés à l’élevage, on ne peut empêcher que la toison soit irrégulière. La peau est plus ou moins épaisse sur les différentes parties du corps, ce qui produit d’abord des laines de finesses variables ; et ensuite, pendant l’existence du mouton, certaines parties de la toison sont plus ou moins fatiguées et altérées. D’où la nécessité d’un triage pour arriver à la perfection du travail.
- La laine dite agneau est la meilleure qualité de laine fournie par une bergerie sous le rapport de la finesse et de la qualité de mèche ; elle tire son nom de ce que la tonte est faite quand le mouton a six mois environ. La seconde tonte, qui est un peu plus commune et plus forte de brin, est faite quand l’agneau a atteint l’âge d’un an. Toutes les tontes ultérieures, désignées sous le nom de toisons, sont généralement moins fines que les deux premières.
- Pour produire des fils de titrage élevé, il faut employer des laines à brins fins; pour les cardés, 30.000 mètres au kilogramme ou les peignés 60.000 mètres au kilogramme on emploie : laine de Silésie, Saxe, Port-Philippe, Sydney et certaines laines du Cap.
- Pour produire des numéros moins gros, 5 à 10.000 mètres au kilogramme et quelquefois 15 000 mètres, la finesse du brin ne joue plus un rôle essentiel. Il est plus important d’avoir une laine de nature saine et de brin résistant tel que croisé de la Nouvelle-Zclande. Cette laine est quelquefois mélangée, dans la fabrication des lainages fantaisie, à des
- p.2x16 - vue 47/478
-
-
-
- DES PROPRIÉTÉS DE LA LAINE AU POINT DE VUE DE L’APPRÊT 17 laines cheviol ou à des laines d'écouailles. Pour les étoffes à bas prix, on mélange à la laine une certaine quantité de mungo.
- Le diamètre des laines varie de 1/25 à 1/65 de millimètre.
- Longueur de mèche. — Généralement les laines fines ont une mèche courte, mais il y a de nombreuses exceptions. Une laine longue, forte, saine, quoique d’un prix élevé, est en somme la plus économique dans la fabrication des fils peignés. L’emploi d’une laine défectueuse donne, comme résultat, un fil imparfait et une augmentation de déchets. Dans la fabrication du cardé au contraire, une laine à courte mèche est préférable, pourvu qu’elle possède les qualités feutrantes exigées.
- Élasticité. — La laine possède des propriétés élastiques très développées qui caractérisent le toucher particulièrement agréable des tissus qu’elle permet d’obtenir. Lorsqu’on comprime dans la main une poignée de laine, le flocon tend toujours à reprendre son volume primitif; il fait ressort et vient comprimer toute la surface de la paume. D’où le nom de main donné à l’impression que nous ressentons. Aussitôt la compression terminée, la laine se dilate et reprend son volume initial. Ce sont ces propriétés élastiques qui font employer la laine pour la confection des matelas. Demême dansles machines d’apprêt, dans les machines d’impression, on emploie les feutres de laine à cause de leurs propriétés élastiques.
- Cette élasticité résulte de plusieurs phénomènes. D’abord la fibre elle-même est pleine et élastique comme du caoutchouc. Puis la laine est naturellement vrillée et ondulée et du même coup acquiert un ressort nouveau. Aussi, à cause de ces propriétés élastiques de la laine (et du coton, mais à un degré bien moindre), les filaments tendent à revenir à leurs formes naturelles, si on les a déformés, comme dans la filature et le tissage par exemple, c’est-à-dire que les fils tendent à se détordre et à se redresser.
- Elargisseuses. — Les propriétés élastiques de la laine dépendent d ailleurs considérablement de son état hygrométrique. Une laine sèche est cassante ; tandis qu’une fibre humide, ou mieux encore une laine mouillée, prend une élasticité considérable et peut s’allonger facilement sans rompre. Aussi cette propriété est-elle usitée d’une manière constante dans les apprêts des tissus de laine. On procède souvent à l’enroulage de la laine mouillée, en tirant au large pour l'allonger; les métiers élargisseurs opèrent sur la laine humide pour faciliter l’étirage et l’élar-8issement fictif. Et cette laine dilatée, puis séchée, a perdu une grande partie de ses propriétés élastiques primitives. Le tissu conserve ses
- APPRÊT des tissus de LAINE.
- 2
- p.2x17 - vue 48/478
-
-
-
- 18 APPRÊT DES TISSUS DE LAINE PEIGNÉE
- dimensions fictives, à moins que la laine ne reprenne une plus grande élasticité qui lui permettra de rentrer de nouveau ; cela se produira si la laine redevient humide, si on la plonge dans un bain, ou si on l’hu-mecte à la vapeur. L’usage du tissu suffit pour amener ce résultat, inconvénient qu’on évite en draperie en lui faisant subir l’opération dite du décatissage.
- Plasticité de la laine. — Mais une propriété essentielle de la laine (des fibres textiles en général à un degré plus ou moins grand), c’est la plasticité. Les propriétés de la laine, à ce point de vue, la rapprochent absolument de la corne dont la composition est d’ailleurs voisine. On sait que la corne, légèrement chauffée dans un bain-marie, se ramollit au point qu’elle peut alors se mouler, se laminer et même se souder (fabrication des objets de corne). De même pour la laine mouillée ou vapori- -sée, la plasticité est d’autant plus grande que la température est plus élevée.
- Nous utilisons journellement ces observations pour notre toilette. La coiffure se fait aisément quand la chevelure a été mouillée ou lubréfiée.
- Nous avons vu qu'on traite la laine humide dans les élargisseuses parce que les propriétés élastiques sont plus développées; et en séchant, le tissu conserve la forme qu’on lui a donnée lorsqu’il était plastique.
- C’est à cause de la plasticité et de l’élasticité de la laine que l’on peut expliquer la différence profonde qui existe entre le lainage à sec et le lainage humide. Dans le lainage à sec, les filaments sont plus cassants ; sons l’action de la machine à lainer, les filaments étirés et ensuite abandonnés se recroquevillent en formant un duvet laineux frisé. D’ailleurs une partie de ces filaments sont rompus et fournissent du déchet.
- Dans le lainage humide, il n’en est plus de même. Les filaments sont devenus élastiques et plastiques. Sous l’action delà carde, ils s’allongent et se couchent sur le tissu et leur direction est uniforme. Dans le premier cas, la laineuse fait l’effet d’une brosse puissante; dans le deuxième cas, on obtient une sorte de velours dont le poil est couché et dont les filaments ont une direction parallèle.
- Dans la filature de la laine, le boudin, amené à l’épaisseur voulue pour obtenir le numéro que l’on désire, reçoit finalement une torsion plus ou moins énergique au métier à filer. Mais cette torsion donnée à sec a tendance à se détruire. Aussitôt que le fil est détendu, et que les filaments peuvent obéir aux forces élastiques qui s’exercent sur elles, il se vrille. On doit encore fixer le fil par le même principe que dans l’élargis-seuse. On donne à la laine des propriétés plastiques dans la forme définitive qu’elle doit avoir, puis on sèche. Le fixage du fil de laine se fait tout simplement par le vaporisage des canettes.
- p.2x18 - vue 49/478
-
-
-
- DES PROPRIÉTÉS DE LA LAINE AU POINT DE VUE DE L’APPRÊT 19
- Dans la fabrication des tissus crêpés et bosselés, qui ont eu une si grande vogue pendant un moment, l’objectif poursuivi est tout à fait différent. On cherche à augmenter le vrillement, la contraction de certains fils de chaîne ou de trame de façon à produire des reliefs dont la forme varie à l’infini. On emploie des fils fortement tordus et qu'on ne fixe pas. Le crêpage ou vrillement se produit alors naturellement aussitôt que le fil est immergé dans un bain quelconque et de préférence acide.
- Dans la filature du cardé on s’efforce au contraire de conserver à la laine toutes ses propriétés initiales; on l’a d’ailleurs peu étirée et peu tordue; les fils sont restés imprégnés d’ensimage. De sorte que l’opération du fixage n’a plus aucune utilité et est même nuisible pour la suite des opérations.
- Traitements qui utilisent la plasticité de la laine. — Fixage des étoffes peignées. — Comme nous le savons, la filature n’a pu produire de fils qu’en associant régulièrement les filaments, puis en les tordant; le tissage a produit la liaison des fils de chaîne et de trame par enchevêtrement. Il est donc nécessaire de fixer toutes les sinuosités des fils pour qu’ils ne puissent plus se déplacer pendant les manipulations de teinture. Ceci est d’autant plus important que la contexture des tissus comporte des brides ou des flottés plus grands, c’est-à-dire que les fils sont reliés par moins de points de liaison. Aussi on utilise également une opération excessivement importante en apprêt, c’est le fixage.
- On humecte les filaments pour les rendre plastiques, on leur fait prendre exactement la position qu’ils doivent occuper et dans cette situation on les laisse refroidir lentement ou brusquement. La laine, ainsi fixée comme on dit, se trouve dans une situation semblable à celle de l’acier trempé, qu’on ne peut ramener à l’état d’acier doux qu’en le réchauffant à une température supérieure à celle de la trempe. De même dans le fixage, la laine a reçu une sorte de trempe qu’on ne peut corriger qu’en la réchauffant de nouveau à une température supérieure.
- Si donc on veut que le fixage résiste à toutes les manutentions, il suffit qu'il soit suffisant pour toutes les opérations usitées en teinture. Or toutes ces opérations se font au maximum au bouillon : c’est pourquoi le fixage des étoffes de laine peignée se fait à l’eau bouillante.
- Le tissu, désencollé et dégraissé ou nonselon les cas, est immergé dans un bain d’eau bouillante, et on le soumet alors à une tension en long et en large tout en redressant les lisières et en leur donnant une forme bien rectiligne. Si on veut brillanter, on soumet le tissu tendu à l’action d une pression plus ou moins considérable. Dans ces conditions, chaque fil de chaîne et de trame prend la place qu’il doit occuper dans le tissu, ces fils se moulent exactement selon les sinuosités du tissu ; par la tension
- p.2x19 - vue 50/478
-
-
-
- 20 APPRÊT DES TISSUS DE LAINE PEIGNÉE
- on donne au tissu la largeur maximum qu’il peut occuper de façon à ce que tous les plis soient effacés. Les fils de laine ayant ainsi pris leur position régulière et normale, ou bien on refroidit lentement le tissu, ou bien on le refroidit brusquement, en maintenant l’ensemble dans la forme qui vient de lui être donnée. Tous les brins se trouvent fixés, les torsions comme les ondulations, et on peut alors manœuvrer les étoffes dans les bains de teinture, sans crainte de déformer l’armure ou de faire subir au tissu un rétrécissement exagéré. Le fixage n’est pas absolu, le tissu rentre toujours plus ou moins, mais il y a une différence considérable avec le tissu non traité.
- Ébrouissage. — Le fixage se faisait anciennement par l’opération qu’on désignait sous le nom d'ébrouissage. Le tissu désencollé, dégraissé et mouillé, était enroulé en le tendant fortement en long et en large sur un axe ou roule en bois. Il fallait que cet enroulage fût fait bien droit de façon à ce que les lisières se superposassent exactement, et la tension avec laquelle on procédait à l’enroulage dépendait des genres de tissus et devait être réglé pour éviter le moirage. On entourait les pièces enroulées dans un manchon de laine ou de coton. La cuve à ébrouir était portée au bouillon, on arrêtait la vapeur et on disposait les roules sur leurs supports, soit horizontalement, soit verticalement, on ajoutait de l’eau bouillante pour que les roules fussent complètement immergés, et on laissait le tout pendant quelques heures. Quand toute la masse était bien chauffée uniformément, on enlevait les roules et les laissait refroidir lentement jusqu’au lendemain en déplaçant les roules pour que l'eau ne séjournât pas toujours du même côté de la pièce.
- Métiers à fixer. — Aujourd’hui on opère plus rapidement et plus pratiquement dans les métiers à fixer. Le principe de ces machines est le suivant : Le tissu parcourt un chemin sinueux dans une cuve d’eau bouillante, de façon à ce que toute la marchandise soit chauffée bien uniformément; pendant toute l’opération, des embrayages et des systèmes à élargir tendent l’étoffe en long et en large en ayant soin que la pièce soit à droit fil. Puis on fait arriver à la continue le tissu dilaté et plastique dans une cuve d’eau froide où il y a refroidissement brusque.
- Mais ce système de fixage, qui est général aujourd’hui, ne donne pas un apprêt aussi agréable que l’ébrouissage et le lent refroidissement.
- Le même procédé est employé pour défroisser et déplisser les étoffes qui ont reçu un traitement énergique en boyau, comme après dégor-geage ou après foulage. Ainsi, par exemple, après foulage, les pièces sont enroulées à l’eau tiède au foulard double, en tendant fortement en long et en large. Le tissu plastique se laisse étirer facilement et l’enrou-
- p.2x20 - vue 51/478
-
-
-
- DES PROPRIÉTÉS DE LA LAINE AU POINT DE VUE DE L’APPRÊT
- ci
- Iage terminé, tous les plis sont serrés et comprimés. Si alors on laisse refroidir lentement, le tissu a tendance à se contracter, d’où une sorte de repassage qui enlève tous les plis et cassures du foulon.
- Fixage du filé et du peigné. — La même opération de fixage avant teinture se fait également sur la laine filée et sur la laine peignée.
- La laine filée est mochée ou entillée pour empêcher le vrillement des fils, chacun d’eux étant ainsi maintenu tendu. La laine peignée est fixée en bobines telles qu’elles arrivent du peignage, on plonge dans l’eau bouillante, on laisse quelque temps, puis on enlève et on laisse refroidir lentement à l’air. Le fixage se fait avant toute opération de teinture ; il permet en même temps d’humecter uniformément les filaments et de les disposer aux opérations ultérieures.
- Apprêt sublime. Brillant intachable. — La production de l’apprêt sublime et du brillant intachable s’explique encore aisément par la plasticité de la laine.
- Le brillant d’un tissu est produit parla portion de lumière qui, tombant sur ce tissu, se réfléchit régulièrement. Si les filaments de laine sont disposés irrégulièrement comme dans un tissu cardé, si ces filaments ont conservé leur vrillement et leurs ondulations, la quantité de lumière réfléchie est faible, le brillant est peu intense. Si au contraire, comme dans un tissu peigné, les filaments sont disposés parallèlement, la réflexion se fait plus régulièrement et par suite le brillant du tissu est plus parfait. On peut juger tout de suite de la différence d’aspect, si on compare un flocon de laine avec un ruban de peigné.
- Colonne de sublime. Décatissage sec. — L’apprêt sublime est surtout appliqué aux tissus peignés, traitement ras ; on passe à la colonne les pièces séchées ou essorées. Le vaporisage à la colonne, fait avant teinture, sert de fixage ; tandis qu’après la teinture, ce vaporisage sert d’apprêt.
- Le tissu est enroulé sur un axe en cuivre perforé entouré d’un dou-blier; le tissu enroulé est lui-même enveloppé dans une couverture. La question de l’enroulage est très importante; il ne faut pas le faire très serré pour éviter le moirage. Pour les tissus qui ont tendance à moirer, on enroule dans un doublier.
- L’enroulage terminé, on dispose l’axe sur un ajutage ad hoc et on lance de la vapeur jusqu’à ce qu’elle sorte du tissu en abondance. On comprend ce qui se passe dans ces conditions, le tissu devient plastique et est comprimé, le grain s’aplatit uniformément et la surface devient d’un brillant indestructible.
- p.2x21 - vue 52/478
-
-
-
- t9 9
- APPRÊT DES TISSUS DE LAINE PEIGNÉE
- C’est précisément parce qu’un effet semblable se produit dans l'ébrouissage que celui-ci n’est plus guère employé aujourd’hui. Car on observe que les tissus ont alors tendance à semoireret à lustrer. On comprend de même pourquoi l’ébrouissage doit se faire avec précaution. Il faut absolument éviter de superposer les roules les uns sur les autres, car les parties en contact se trouvent plus fortement comprimées, ce qui produit des barres qui ne deviennent visibles qu’en teinture et qu’il est impossible de faire disparaître.
- Apprêt intachable. — De même dans l’apprêt des draps cardés fins comme l’amazone, on arrive à produire un apprêt brillant intachable par un procédé semblable. L’apprêt se fait dans ce cas avant teinture et après teinture. La pièce est foulée fortement avant teinture, puis on procède au lainage humide. Dans ces conditions, les filaments très extensibles se laissent tirer hors de la toile du tissu sans se rompre, et ils se couchent régulièrement dans un sens déterminé. Mais, par la dessiccation, ces filaments seraient bientôt redressés et emmêlés. Aussi, pour fixer le poil, après l’avoir régularisé par la tonte, on le brosse à la stric-queuse et on le soumet au vaporisage. Le même traitement est effectué plusieurs fois avant teinture, et est recommencé de nouveau après teinture jusqu’à ce que la toile soit uniformément et suffisamment garnie.
- Dans ces derniers temps, le dispositif employé pour faire ce vapo-, risage a été modifié. Au lieu de faire traverser à la vapeur la couche de tissus du dedans au dehors, on la fait passer du dehors au dedans en faisant une forte aspiration dans l’axe du rouleau, qui est alors placé dans un autoclave. On comprend dans ces conditions que les spires du tissu se trouvent fortement comprimées les unes sur les autres par la pression de la vapeur et par suite le traitement est plus parfait. De plus, il est facile d’opérer un traitement d’intensité croissante, car on peut commencer avec une pression de moins de 1 kilogramme (puisqu’il y a le vide) pour aller jusqu’à telle limite que l’on désire.
- Pour éviter le refroidissement lent du rouleau du tissu, on a imaginé différents dispositifs consistant généralement à faire passer à travers l’étoffe un courant d’air soit avant, soit pendant le déroulage.
- Remarquons qu’en somme ces appareils agissent d’après le même principe que la presse hydraulique, sauf que la pression s’exerçant en chaleur humide et non en chaleur sèche, le résultat est plus rapide et plus parfait.
- On dit que le brillant obtenu est intachable parce que la pluie peut tomber impunément sur une étoffe ainsi apprêtée sans laisser aucune trace. Tous les filaments sont en effet fixés invariablement à la place
- p.2x22 - vue 53/478
-
-
-
- DES PROPRIÉTÉS DE LA LAINE AU POINT DE VUE DE L’APPRÊT 23
- qu'on leur a donnée. On n’a pas un brillant factice comme celui qui est obtenu par l’emploi d’une colle d’apprêt et de presses; sous l’action de l’eau de pluie, la colle est dissoute, d’où, par dessiccation, production d’une tache mate du plus mauvais effet.
- Décatissage humide. — Potting. — Le potting permet d’effectuer sur une étoffe le traitement le plus énergique qu’il soit possible. Dans ce cas, on fait intervenir la pression, la chaleur sur les filaments placés dans une masse d’eau en circulation. Outre l’effet de fixage qui se produit dans ces conditions, il y a un travail d’épuration de l’étoffe qui concourt puissamment au résultat définitif.
- La pièce est enroulée sur un axe perforé qu’on dispose horizontalement sur un ajutage placé dans une cuvette. L’axe est mis en relation avec une canalisation dans laquelle on peut faire circuler à volonté de l’eau, de la vapeur, séparément ou simultanément. La pièce étant ainsi disposée, on met en marche la pompe centrifuge qui produit une circulation d’eau froide à travers l’étoffe, puis au bout d’un certain temps on ouvre le robinet de vapeur qui échauffe progressivement le liquide jusqu’au bouillon A ce moment, on écarte le liquide et on vaporise : on a ainsi obtenu le maximum de fixage à la température la plus élevée. On procède alors en sens inverse au refroidissement progressif du rouleau. On fait arriver un peu d’eau qui se trouve aussitôt portée au bouillon. Quand la cuvette renferme assezde liquide pour la circulation, on arrête la vapeur, l’accès de l’eau froide persistant, la température va en s’abaissant progressivement jusqu’au moment où le refroidissement est complet. L’opération est alors terminée.
- Des cassures en teinture. — Lorsqu’on tire un tissu d’un bain chaud, il faut absolument éviter qu’il reste en chiffon pendant le refroi-dissement, parce que tous les plis se refroidissant plus vite, se trouvent fixés et qu’on ne peut ensuite les effacer qu’en fixant à une température plus élevée. Autrefois, aussitôt que la pièce était levée, on la lisait au large, c’est-à-dire que deux ouvriers étendaient bien le tissu sur la largeur de façon à redresser les plis, et à éventer la pièce et disposaient celle-ci en plis réguliers sur une table. Aujourd’hui on lise encore au large quand c’est nécessaire ; mais, après teinture, on opère plus rapidement. On abat l’étoffe teinte dans un chariot qu’on mène à la barque de rinçage et on jette la pièce tout d’un coup dans la barque. Toute la surface se trouve ainsi refroidie régulièrement et par suite les cassures ne peuvent plus se produire.
- Mais il est des cassures qui sont plus dangereuses parce qu’on ne peut plus les effacer : ce sont celles qui se produisent quand le même pli vient
- p.2x23 - vue 54/478
-
-
-
- 9 H-
- APPRÊT DES TISSUS DE LAINE PEIGNÉE
- toujours se présenter entre deux rouleaux dans le travail en boyau tel qu’il se fait au dégraissage et au foulage de certains articles. Aussi, on recommande aux ouvriers qui surveillent les crécelles et les foulons de déplacer les plis et d’ouvrir les coutures constamment.
- Dans le foulage des draps, on a trouvé un moyen commode d’effacer ces plis : c’est de coudre les lisières et d'en faire une sorte de boyau. Celui-ci est imprégné d’une solution de savon et devient ainsi moins perméable aux gaz ; de sorte que l’air emprisonné forme une sorte de ballonnet contre la planche de débrayage, ballonnet qui efface à chaque tour les plis qui s’étaient formés par le passage sous le cylindre et le sabot.
- D’autres fois les cassures se produisent à cause de la contexture du tissu et de la nature du textile; les mi-laines, par exemple, et les articles mohairs et en laine dure cassent facilement ; on doit alors les traiter au large pour diminuer les accidents.
- Flammage. — Enfin un accident qui peut s’expliquer de la même façon concerne les flammages que l’on constate quand une pièce de laine sort d’un appareil où la chaleur intervient, comme par exemple le grillage, le parisien ou le crabbing. Si le tissu faudé en plis n’est pas suffisamment rafraîchi, si le tissu arrive à chaud et est posé en las, toutes les parties qui sont exposées à l’air auront tendance à barrer en teinture.
- De même que les rouleaux de tissus obtenus en enroulant à chaud et qu’on laisse refroidir lentement doivent être à l’abri des courants d'air. Les frappures d’air donnent en effet des plaques plus foncées, parce que, disent certains praticiens, la laine a été oxydée; c’est plutôt parce que le refroidissement a été plus rapide et irrégulier sur les spires extérieures.
- Foulage et rentrage. — Le foulage et le feutrage sont des propriétés tout à fait spéciales à la laine et aux poils et dans lesquels interviennent les différents facteurs que nous avons passés en revue. La théorie du foulage généralement admise est celle de Monge.
- Observations de Monge {Annales de Chimie, 1790). — (Monge n’avait pas pu constater les écailles des poils et de la laine avec les instruments grossissants de son temps. Il avait cependant deviné la structure particulière de ces fibres.)
- « Si d’une main l’on prend un cheveu par la racine et qu’on le fasse glisser entre les deux doigts de l’autre main, de la racine vers la pointe l’on n’éprouve presque aucun frottement, aucune résistance et l’on 'entend aucun bruit ; mais si, en le prenant par la pointe, on le fait de même glisser entre les doigts de l’autre main de la pointe vers la racine, n éprouve une résistance qui n'avait pas lieu dans le premier cas, et il
- p.2x24 - vue 55/478
-
-
-
- DES PROPRIÉTÉS DE LA LAINE AU POINT DE VUE DE L’APPRÊT 23 se produit un frémissement sensible, perceptible au tact et qui se manifeste encore par un bruit à l’oreille.
- « On voit que la contexture de la surface du cheveu n’est pas la même de la racine vers la pointe que de la pointe vers la racine, et qu’un cheveu, lorsqu’il est pressé, doit éprouver plus de résistance pour glisser et prendre un mouvement progressif vers la pointe que pour glisser vers la racine ; mais, comme c’est cette contexture elle-même qui fait l’objet de ce présent mémoire, il est nécessaire de la confirmer encore par quelques expériences.
- « Si, après avoir saisi un cheveu entre le pouce et l'index, on fait glisser les doigts alternativement l’un sur l’autre et dans le sens de la longueur du cheveu, le cheveu prend un mouvement progressif dans le sens de la longueur, et le mouvement est toujours dirigé vers la pointe. Cet effet ne tient ni à la nature de la peau des doigts, ni à sa contexture; car si on retourne le cheveu de manière que la pointe soit à la place de la racine et réciproquement, le mouvement a lieu en un sens contraire, c’est-à-dire qu’il est toujours dirigé vers la même pointe.
- « Il se passe donc ici une chose tout à fait analogue à ce qui arrive dans un certain jeu des enfants de la campagne lorsqu’ils introduisent un épi de seigle entre le poignet et la chemise, les pointes de barbes en dehors ; dans les différents mouvements des bras, cet épi, en s’accrochant tantôt à la peau, tantôt à la chemise, prend un mouvement progressif, recule et arrive bientôt à l’aisselle. Or il est évident que cet effet est produit par les barbes même de l’épi, et principalement par les aspérités de ces barbes qui, étant toutes dirigées vers la pointe, ne permettent le mouvement que du côté par lequel l’épi tenait à la tige. Il faut donc qu’il en soit de même du cheveu et que sa surface soit hérissée d’aspérités qui, étant toutes couchées les unes sur les autres du côté de la pointe, ne permettent de mouvement que du côté de la racine.
- « Un nœud serré fait au milieu d’un cheveu est très difficile à défaire par un procédé direct à cause delà ténuité de l’objet; mais si l’on couche le cheveu dans le pli de la main de façon à ce qu’il soit placé dans le prolongement du petit doigt et que, après avoir saisi le cheveu en fermant la main,on frappe du poing une douzaine de coups sur le genou, les aspérités d’une des branches du nœud étant dirigées en sens inverse des aspérités de l’autre branche, chacune de ces branches recule peu à peu, l'une dans un sens, l'autre dans le sens contraire, le nœud s’ouvre ; et en introduisant une épingle dans l’œil qui s’y forme, il est très facile d achever de le défaire.
- « Ces observations, qu’il serait superflu de multiplier davantage, sont toutes rapportées sur le cheveu pris pour exemple; mais elles ont
- p.2x25 - vue 56/478
-
-
-
- 26 APPRÊT DES TISSUS DE LAINE PEIGNÉE
- également lieu pour les crins, pour les brins de laine et en général pour les poils de tous les animaux.
- « D’après cela, il est facile d’expliquer pourquoi le contact des étoffes de laine sur la peau est rude, tandis que celui de la toile est doux ; car les aspérités des brins de laine, quelque flexible que soit d’ailleurs chaque brin en particulier, en s’accrochant à la peau, fait éprouver une sensation désagréable, à moins qu’on y soit accoutumé ; tandis que les fibres ligneuses lisses dont la toile est composée ne peuvent faire éprouver rien de pareil. On voit encore que la qualité malfaisante de la laine pour les plaies n’est occasionnée par aucune propriété chimique et qu’elle vient uniquement delà conformation des brins ; les aspérités s’accrochent aux fibres qui sont à découvert, les irritent, les déchirent et occasionnent de l’inflammation. »
- Le foulage de la laine s’explique par cette constitution spéciale, et par ce fait que la laine est plus ou moins molle et ondulée, les laines fines les plus feutrantes étant aussi les plus tourmentées.
- D’après ce qui vient d’être dit, sous l’action des chocs, ou de la pression, ______________. le filament de laine doit subir un mou-
- •—-—-—-—-—• vement progressif dans le sens de la
- flèche, de la racine vers la pointe (fg. 2).
- Quelles que soient donc les actions mécaniques que l’on fasse subir à un lot de laine, tous les filaments auront tendance à prendre un mouvement défini, et par suite des ondulations du filament, l’extrémité de celui-ci parcourt un chemin compliqué et vient enlacer une série de filaments voisins; de sorte que bientôt il se forme une masse inextricable qui acquiert une consistance de plus en plus ferme ; il s’est formé un feutre.
- Mais ceci ne suffit pas pour expliquer toutes les particularités du foulage, puisque nous avons vu que certaines variétés de laine, bien que munies d’un nombre d’écailles considérable, ne foulent pas ou plutôt foulent difficilement.
- De même les poils ne permettent généralement pas d’obtenir des chapeaux de feutre sans préparation spéciale. On admet que cela provient de ce que ces poils ne sont pas ondulés et que, par conséquent, ils ne peuvent pas se mêler intimement. Chacun d’eux se déplace bien comme il a été expliqué ; mais ils glissent simplement les uns sur les autres sans s’enchevêtrer. Pour arriver à les fouler, on doit procéder à l’opération du sécretage des peaux qui consiste à brosser ces peaux, après les avoir éjarrées, avec une solution de nitrate de mercure de façon à ce que les deux tiers seulement de la fourrure soient humectés. On fait ensuite sécher en plaçant deux peaux, poil contre poil. Dans ces conditions, il
- p.2x26 - vue 57/478
-
-
-
- DES PROPRIÉTÉS DE LÀ LAINE AU POINT DE VUE DE L’APPRÊT 27 se produit une réaction chimique mal connue. Il se peut que la pointe du poil, qui est déjà plus souple, se trouvant plus attaquée, acquiert plus de flexibilité ou plus de plasticité en même temps que les écailles s’ouvrent davantage. Quoi qu'il en soit, après cette opération, le poil foule en donnant des feutres bien serrés.
- Il semble donc, d’après cela, que la plasticité naturelle de la laine concourt également à l’opération du foulage. Ce qui paraît le démontrer, c’est que le foulage est facilité par l’intervention de la chaleur humide.
- Pour fouler la laine, on humecte les tissus d’une solution alcaline (urine fermentée), et de préférence, d'une solution concentrée de savon de foulage, car ces alcalis augmentent précisément la plasticité. La chaleur qui se produit dans l’opération est aussi très utile; et d’ailleursles alcalis, qui ont la propriété de faire friser la laine, augmentent du même coup la facilité avec laquelle se forment les feutres.
- Les acides, au contraire, ont plutôt tendance à contracter la laine et à fermer les écailles. On a pris des brevets (Depouilly) pour obtenir des tissus de laine crispés par impression ou immersion dans des solutions acides, de même qu’on réalise les mêmes effets sur coton à l’aide de la soude caustique. Ceci fait comprendre qu’on n’emploie le foulage acide que dans certaines conditions, pour fouler des fantaisies, par exemple quand on veut éviter le coulage des nuances. Et cependant, d’après Pline, « les anciens foulaient la laine en l’imbibant de vinaigre, ce qui produisait des feutres si durs qu’ils résistaient aux coups d’épée ».
- Dans le foulage des poils pour la fabrication des chapeaux de feutre, on foule au contraire toujours en acide sulfurique. Il est vrai que l’on opère alors en solution diluée bouillante. Il se peut que dans ce cas cette température élevée soit indispensable pour obtenir ce résultat, à cause des propriétés peu feutrantes des poils, et il est évident que, dans ces conditions de température, les solutions alcalines ne peuvent être employées.
- L’emploi d’un excès de solution de savon est nuisible dans le foulage des draps; le foulage d’un tissu trop humide donne un tissu spongieux. Ceci s’explique facilement ; les fibres de laine, surchargées d’eau, ne peuvent obéir à l’action des pressions et percussions ; l’emmêlement se fait mal et par suite le feutre n’est pas clos. C’est pourquoi, c’est une sage précaution d’essorer à fond et même de sécher avant foulage. Et le savon de foulage doit présenter comme propriété essentielle une grande solubilité dans l’eau. Dans ces conditions, on peut incorporer à l’étoffe une quantité de savon suffisante pour que tous les filaments soient bien lu-bréfiés sans qu’il y ait excès de liquide. Lorsqu’on comprime à la main une pièce qui est au foulon, il ne doit sortir de l’étoffe que de la mousse et pas de liquide.
- Toutes les circonstances qui ont altéré la laine, soit au sujet de sa con-
- p.2x27 - vue 58/478
-
-
-
- Q0 G
- APPRÊT DES TISSUS DE LAINE PEIGNÉE
- formation, soit au point de vue de ses propriétés plastiques, diminuent également le pouvoir feutrant. Les laines renaissance, les laines teintes et surtout celles qui ont été fixées ou mordancées en chromate se feutrent plus difficilement. Or,dans ces laines, les écailles ont été arrachées dans l’effilochage et les fibres ont été plus ou moins énervées. Ce qui s’explique plus difficilement, c’est que la laine chlorée ou broméene se foule plus; ce qui porte à admettre que les écailles de la laine ont été plus ou altérées par ces traitements.
- Ce qui vient d’être dit au sujet du foulage explique ce qui guide l’industriel pour le choix des laines cardées ou des laines peignées. Les premières sont destinées à la fabrication des draps fins : il faut donc autant que possible prendre des laines fines qui sont généralement les plus frisées et les plus ondulées et qui, par conséquent, feutrent facilement. Dans les opérations de la filature,on se gardera de toute opération mécanique qui pourrait redresser ces filaments; on les disposera d’une manière irrégulière dans le fil de façon à ce que les liaisons, l'enchevêtrement des fils de chaîne et de trame soit plus facile. On évitera toutes les opérations d’étirage et de doublage,qui ne peuvent s’effectuer qu’en tirant sur les filaments et les redressant. Le passage à la carde est d’ailleurs facilité par l’addition d’une grande quantité d'ensimage ou de lubré fiant à base d’huile d’olives ou d’oléine généralement. On donne aux boudins de la carde une certaine cohésion par un système de frottoirs à buffle, et on finit la filature en donnant une torsion suffisante dans un métier à filer. On ne fabrique donc ainsi qu’un fil grossier, irrégulier, renfermant 15 à 20 0/0 d’huile, dont les filaments sont à peine fatigués. C’est ce qu’on appelle un fil cardé.
- Pour la fabrication du fil peigné, l’objectif poursuivi esttout différent. On veut obtenir des tissus à armure visible et bien régulière que souvent on ne foule pas ou peu. On choisit donc des variétés de laine à fibres longues, parce qu’elles sont peu vrillées et qu’elles foulent peu, comme les Buenos-Ayres par exemple ; et on les soumet à des opérations compliquées de filature. On redresse, on tend tous ces filaments pour détruire les ondulations; puis, pour obtenir plus de régularité dans le fil, on les soumet au peignage, pour séparer les fibres plus courtes ou blousses qui fouleraient davantage. Après le peignage, le fil est débarrassé de toutes ses impuretés et de son ensimage par le passage à la lisseuse. En filature on ensime légèrement 2 à 3 0/0 et on continue comme pour toutes les fibres en général.
- Feutrage en teinture. — Le mot feutrage reçoit en teinture plusieurs significations qu’il ne faut pas confondre. Nous avons vu que le foulage appliqué aux tissus, et surtout aux tissus cardés, les transforme
- p.2x28 - vue 59/478
-
-
-
- DES PROPRIÉTÉS DE LA LAINE AU POINT DE VUE DE l’aPPRÉT 29 en feutres. Mais on désigne plutôt sous le nom de feutras les articles obtenus directement par le foulage de nappes de matières textiles (laine ou poil), sans passer par la filature et le lissage, et dans ce cas, l'emmêle-ment des fibres pour obtenir des masses compactes et résistantes est souvent désigné sous le nom de feutrage.
- Tandis qu’en teinture on emploie souvent la même expression pour désigner la transformation qui se produit dans les tissus qu’on fait séjourner trop longtemps dans les bacs lorsqu’on ren- ---------- .— contre une difficulté quelconque à les mettre à l'échan---------\ tillon. Ces pièces feutrées ont perdu leur souplesse et leur----r toucher caractéristique. Elles ont l’apparence de tissus en ---- | libres ligneuses.-----------------------------------------------| |
- Nous nous trouvons ici précisément dans les conditions — — de foulage en présence d’un essai de liquide; le poids des I I filaments est devenu trop considérable pour que leur déplacement soit aussi facile.
- Mais faction de plasticité se produit; les filaments, qui avaient auparavant des écailles et du crochet, deviennent cylindriques, les écailles se soudant au corps de la fibre. Leur constitution les rapproche alors des poils, mais de poils épais {fig. 3).
- Action de la chaleur et de l’humidité sur la laine. — D’après ce que nous avons dit précédemment, nous voyons que la chaleur et l’humidité vont jouer un rôle capital dans l’apprêt des tissus de laine. Et en somme toutes les opérations de l’apprêt font combiner ces deux agents avec la pression.
- Influence de l’humidité. — Les propriétés des fibres textiles en général, sous l'influence des agents physiques, sont identiques à celles d’un grand nombre de corps, et ces propriétés ont été utilisées depuis longtemps autour de nous pour un grand nombre d’applications. Qui n’a observé les modifications qui se produisent dans le bois sous l’mnfluence de l’humidité ou de la sécheresse ? Chacun sait que le bois joue, qu’il se gonfle à l’eau et se contracte en se séchant.
- La laine et les poils (comme le coton et la soie) exposés à l’humidité augmentent de poids, et, si leurs brins sont vrillés, ils se dévrillent plus ou moins et s’allongent.
- La quantité d’humidité absorbée varie avec l’état de pureté de la laine et la forme qu’elle affecte. Elle est en général plus grande pour la laine en suint que pour la laine dégraissée, et elle diminue successivement si on opère sur du fil ou sur de l’étoffe. Chevreul a obtenu les nombres suivants pour 100 parties de laine séchée dans le vide.
- p.2x29 - vue 60/478
-
-
-
- • -
- 30 APPRÊT DES TISSUS DE LAINE PEIGNÉE
- ABSOLUMENT SÈCHE A L’AIR SATURÉ D’HUMIDITÉ a 18» C.
- Laine mérinos en suint 100 182,40
- — — 100 139,71
- — — pure 100 138,14
- Fil de laine 100 134,57
- Drap de laine feutré 100 132,75
- II en résulte que le poids d’une étoffe varie continuellement et que les facteurs qui interviennent sont la température et l’état hygrométrique de l’air.
- M. Th. Schlœsing fils {Société d'encoivragement pour Vindustrie, 1893, p. 718) a constaté que l’influence de la température sur la quantité d’eau absorbée est relativement faible pour un même état hygrométrique; tandis que la température s’élève de 12 à 35, l’état hygrométrique restant 0,51, le taux d’humidité de la laine diminue à peu près de 14 à 130/0. Cette faible influence de la température est assez digne d’attention. Elle n’est d’ailleurs pas particulière aux textiles; on l’a déjà reconnue pour la terre végétale et le tabac.
- Voici, représentées dans le schéma, les variations d’humidité absorbée dans les différents textiles dans l’air plus ou moins humide à la température de 24° {fig. 4).
- -i.oo
- Fig. 4. — Humidité 0/0 de matière sèche à la température de 24° C.
- 0,0
- S &r
- S
- 0.6
- S tS
- S
- 5
- 10
- o
- 0, 9
- 0.8
- 0,4
- 0,3
- 20
- Influence de la chaleur sèche et de la chaleur humide sur les fibres animales. — Nous avons ici encore des constatations fréquentes, qui nous permettront facilement de prévoir ce qui va se passer.
- Les personnes ornées d’une coiffure frisée se défrisent par l’humi-
- p.2x30 - vue 61/478
-
-
-
- DES PROPRIÉTÉS DE LA LAINE AU POINT DE VUE DE L’APPRÊr 31 dité, tandis que la frisure augmente par la sécheresse. Les planches exposées à une source de chaleur se gondolent.
- La fabrication du bois courbé consiste à le soumettre à une source de chaleur qui le courbe plus ou moins.
- La frisure au fer chaud produit une déformation rendue plus ou moins stable.
- Toutes ces observations sont appliquées aux apprêts.
- Exposé à un courant d’air chaud par l’une des extrémités, on voit le brin de laine ou le poil se tourmenter, se tortiller ou se contourner plus ou moins, ce qui est provoqué par la mauvaise conductibilité de la laine ; les mouvements sont d’autant plus sensibles que le brin est plus ténu et la température plus élevée.
- L’action de la chaleur sur la laine sèche ou humide est utilisée dans l’apprêt à la presse- continue ou à la presse hydraulique. L’action de la pression est facilitée par la chaleur humide. Dans la presse hydraulique, l’action persistant pendant plusieurs heures, l’effet est plus permanent. Le tissu est aminci et lustré, et, s'il est recouvert d’un duvet couché, celui-ci est fixé dans une surface plane qui possède alors du lustre.
- Action des acides et des alcalis sur la laine. — La laine est une substance dont la sensibilité est excessive aux divers réactifs. Ses propriétés chimiques sont assez développées, et c’est sur ces réactions que sont fondés les procédés de teinture. La laine Lire les acides, les alcalis, les sels solubles ou insolubles qui se trouvent dans les bains, d’où des précautions spéciales à prendre dans la manutention. Toute action inégale suffit pour provoquer des défauts à la teinture.
- Tels sont le flammage provoqué par le grillage, le piquage des tissus mal désencollés, les barrages provoqués par des tissus enroulés chauds et serrés d’une manière quelconque, les frappures d'air, etc., etc. Une simple tache d’eau vaporisée (tache de vaporisage), l’eau qui goutte des plafonds donnent un défaut; les pièces mouillées qui séjournent sur les chevalets produisent des défauts de lisière.
- On conçoit donc que d’énormes précautions doivent être prises pour que tous les filaments de laine aient un traitement absolument uniforme.
- D’un autre côté la laine, à cause de ses propriétés chimiques très développées, absorbe toutes les substances qu’elle rencontre dans les bains de teinture, les acides, alcalis, sels calcaires, etc., et ceci contribue encore à des précautions spéciales dans certaines circonstances : D’abord, parce qu’il ne faut jamais négliger de tenir compte des actions qui peuvent résulter, au point de vue apprêt, des substances ainsi absorbées dans la laine, ensuite, parce qu’il peut se former des réactions secondaires assez curieuses.
- p.2x31 - vue 62/478
-
-
-
- w
- L©
- APPRÊT DES TISSUS DE LAINE PEIGNÉE
- Ainsi par exemple, si on manœuvre la laine dans un bain d’épaillage composé d’un mélange d'acide chlorhydrique et sulfurique, la composition du mélange acide se modifie, parce que la laine ne tire pas autant l’acide chlorhydrique que l’acide sulfurique.
- De même les substances qui existent dans la laine avant certains traitements se trouvant fixées plus ou moins énergiquement, peuvent occasionner des accidents. L’élimination des sels renfermés dans les encollages, celle des acides qui se trouvent dans les laines teintes ou blanchies est assez délicate et nécessite donc des soins particuliers si bonne veut rencontrer plus tard des difficultés. Et comme, outre les propriétés chimiques, les propriétés physiques de la laine, sa porosité, sa plasticité et sa constitution facilitent l’emprisonnement mécanique par adhérence, on voit qu’il faudra, pour épurer une laine, combiner souvent l’action chimique et l’action mécanique, dans ce qu’on désigne sous le nom de dégorgeage.
- Les plus grandes précautions doivent être prises quand on traite la laine dans des bains alcalins. Aussi, les bains de dégraissage sont-ils employés à température aussi basse que possible quand il s’agit de laines douces. Les bains de carbonate de soude, qu’on n’emploie pas à une concentration supérieure à 2° B., sont chauffés, dans ce cas, à 30-33°. Si on dépasse cette température, plus ou moins, la laine s’altère; elle semble dans le bain plus douce qu’auparavant; mais, aussitôt qu’elle est rincée, elle prend un toucher d’autant plus dur que la température est plus élevée. Aussi la température des bains alcalins peut servir à donner un apprêt, et on emploiera des bains plus chauds lorsque la douceur et la souplesse ne sont pas en jeu.
- Les alcalis caustiques sont beaucoup plus dangereux. Une solution bouillante marquant 8° B. dissout complètement la laine en quelques minutes. Aussi pendant longtemps la soude caustique fut complètement proscrite du travail des laines. Mais, depuis l’introduction des procédés de mercerisage, ces craintes se sont dissipées. On sait qu’on peut traiter, pendant quelques minutes, la laine par la soude caustique concentrée, sans l’altérer, si on prend la précaution de refroidir le bain dans le voisinage de de même que les bains alcalinisés à la soude caustique ne sont pas dangereux à tiède. Mais il n’en est pas de même si on sèche sur un bain caustique. Quelque faible que soit cette causticité, le brin est attaqué et jaunit; les écailles sont fondues et les propriétés caractéristiques de la laine sont détruites.
- Nous rappellerons que le traitement de la laine à la soude caustique a été généralisé dans ces derniers temps pour la production des zibelines, des tissus crispés, peau de soie, etc. La laine mercerisée présente d’ailleurs l’avantage de fournir des nuances plus corsées en teinture.
- p.2x32 - vue 63/478
-
-
-
- DES PROPRIÉTÉS DE LA LAINE AU POINT DE VUE DE L’APPRÊT 33
- La laine résiste au contraire à l'action des acides d’une manière remarquable, et c’est précisément cette résistance qui est utilisée dans le procédé d’épaillage chimique. Mais, de ce que la laine ne semble pas attaquée par l’épaillage, on ne peut pas conclure qu’elle reste intacte. On constate que les laines épaillées se teignent mieux que les autres laines; ceci provient probablement de ce que le désacidage après le carbonisage n’est pas parfait. — L’action des acides sur la laine a été utilisée dans différents brevets. En particulier les brevets Depouilly reposent sur ce que la laine (et la soie) se contracte dans des bains acides d’une certaine concentration, tandis que le coton ne rentre pas.
- De même des brevets ont été pris pour l’obtention d’effets de camaïeux sous l’action des acides. En voici deux extraits :
- Effets a deux couleurs sur laine par surimpression d’acide sulfurique par M. Grandmougin (Zeits. Farb. Ind., 1906, p. 223). — MM. Becke et Beel ont décrit (DBP 168.113) un procédé pour modifier l’affinité de la laine, lequel consiste à imprimer sur le tissu de l’acide sulfurique.
- W. Massot (Zeits. angew. Chemie, 1906, p. 1041 et 1089). — Un procédé pour modifier les propriétés tinctoriales de la laine sans nuire à la fibre consiste à la traiter par l’acide sulfurique plus concentré que 62° B., à froid, pendant un court espace de temps, puis par de l’acide de force décroissante. La laine perd par ce traitement presque complètement sa facilité de s’unir aux couleurs pour laine ordinaire, mais augmente à un haut degré celle de s’unir aux couleurs basiques.
- On conçoit donc que si à une irrégularité de concentration de l’acide vient se joindre l’action d’une température élevée, il n’est pas surprenant que l’opération de l’épaillage chimique, qui, théoriquement, est si simple, donne lieu à des difficultés d’exécution considérables. D’où les défauts de carbonisage qui font le désespoir de bien des apprêteurs.
- APPRÊT DES tissus DE LAINE.
- 3
- p.2x33 - vue 64/478
-
-
-
- CHAPITRE 11
- CLASSEMENT DES LAINES AU POINT DE VUE DE LEUR DESTINATION
- Selon l’article que l’on veut obtenir, il y a une première question à résoudre, celle du choix de la laine qui lui convient. C’est le rôle du fabricant, qui doit concilier les exigences de la fabrication en même temps que la nécessité d’arriver à un prix de revient déterminé. De sorte que, si l’on peut indiquer dans ses généralités les genres de laine les plus convenables, une infinité de combinaisons sont en réalité employées sans que l'apprêleur soit renseigné sur ce qui s’est passé.
- D’un autre côté, des perfectionnements ont été apportés à l’élevage du mouton : des croisements ont été effectués qui rendent de moins en moins tranchées les démarcations qui existaient autrefois; et comme, d’autre part, les toisons renferment des qualités très diverses de fibres, un second facteur dépendra de la façon dont est effectué le triage. Celui-ci dépend des ordres qui sont donnés au trieur ; lorsqu’il s’agit de lots importants, on peut pousser le triage de façon à obtenir jusqu’à cinq ou six qualités différentes, tandis que, pour des parties moins fortes, on doit se contenter de trier deux ou trois qualités seulement.
- Quoi qu’il en soit, d’après Alcan, on peut classer les laines d’après les indications suivantes :
- Les brins les plus fins, les plus courts et les plus régulièrement vrillés seront toujours appliqués à la plus belle draperie lisse. Moins vrillés, un peu plus longs et plus gros, ils seront convenables pour les articles nouveauté, moins foulés que la belle draperie unie. Lorsque le nombre de spires devient moindre encore et que la longueur du brin augmente, ils deviennent propres aux tissus ras. Enfin, si les filaments atteignent de grandes longueurs, une grosseur, une ténacité et un brillant sensibles, ils trouvent leur place marquée dans une seconde catégorie d’articles ras, spécialement réservés aux laines dites longues.
- p.2x34 - vue 65/478
-
-
-
- CLASSEMENT DES LAINES AU POINT DE VUE DE LEUR DESTINATION 35
- Chacune de ces catégories peut être rapportée à un ou plusieurs types excellents pour les définir d’une façon plus nette : les belles laines extra de la Saxe électorale donnent l’idée des qualités les plus parfaites de la première spécialité ci-dessus dénommée. Les excellentes laines de la Brie, du Berry et de la Russie sont les plus recherchées pour la seconde, les lainages ordinaires et nouveautés. Les toisons si renommées de la Bourgogne, des environs de Chartres et certaines catégories d’Australie sont les plus avantageuses pour la troisième ; et les laines longues nerveuses et brillantes de Lincoln, de Leicester, de Cotswald, etc., et de diverses contrées de l’Angleterre représentent le type par excellence de la quatrième, qui emploie exclusivement les laines longues. Remarquons que cette classification, qui date de 1865, n’est plus observée bien fidèlement. L’élevage du mouton s’est répandu en Afrique et en Amérique principalement. Puis les procédés d’apprêts ont été complètement modifiés depuis lors. Jusqu’à cette époque, les tissus n’étaient apprêtés que par des moyens mécaniques; le gommage des pièces était sévèrement défendu par les règlements. Au contraire, on fait usage maintenant de colles d’apprêt renfermant des adoucissants qui modifient complètement le toucher des laines. De sorte qu’on obtient des apprêts souples même avec des laines ayant une certaine dureté de toucher.
- C’est ainsi que nous voyons des expressions employées en apprêt et perdant tout à fait leur signification primitive. Les cheviottes étaient primitivement des tissus obtenus avec la laine anglaise de ce nom ; tandis qu’on désigne généralement ainsi des tissus peignés qui ont été foulés pour être couverts et qui ont un toucher assez dur, tandis que les Thibet, qui étaient obtenus primitivement avec le poil de chèvre et donnaient des tissus très doux, désignent maintenant un apprêt souple correspondant aux cheviottes.
- DES DIFFÉRENTES VARIÉTÉS DE LAINE EMPLOYÉES DANS LES LAINAGES
- La qualité des laines varie énormément avec les soins apportés dans l’élevage du mouton, le climat, la nature du sol. Et, comme par le croisement, on est arrivé à implanter les races les plus convenables dans des conditions déterminées, les laines présentent aujourd’hui encore des caractères distinctifs selon leur provenance. Il est vrai de remarquer que, dans les toisons, on rencontre des laines fines et des laines grosses, de sorte que, selon les soins apportés au triage, on trouve des mèches dont la destination peut être différente.
- p.2x35 - vue 66/478
-
-
-
- 36
- APPRÊT DES TISSUS DE LAINE PEIGNÉE
- Laines d'Allemagne. — Les laines d’Allemagne, de Saxe et de Silésie tiennent le premier rang au point de vue de leur finesse et de leurs qualités générales. Elles ont toutes deux des propriétés éminemment feutrantes ; leur fibre est fine et frisée, leur brin court, résistant, élastique; leur couleur est estimée. Ces laines sont surtout recherchées pour la fabrication de la draperie surfine où le tissu est soumis à un foulage prolongé, draps fins, et étoffes fines d’apprêt drapé.
- Laines d’Australie (ou d’Océanie). — La haute réputation acquise par les Australies provient de la douceur extraordinaire et de la souplesse qu’elles donnent aux tissus. Les laines Port-Philippe, Sydney et Adélaïde sont les trois meilleures laines d’Australie (fg. 5).
- O CÉANIE
- GRAND OCÉAN
- 8
- Fig. 5. — Laines d’Australie.
- | L*
- AUSTRALIE: t t a. l ûirch'fT/t » I
- Laine Port-Philippe. — Convient à la production des fils les plus fins cardés et peignés. Quoique cette laine ne soit pas aussi fine que celle de Saxe, elle se file aisément et produit un fil satisfaisant. La mèche est solide et d’une longueur suffisante. Sa blancheur la fait estimer. Elle feutre facilement et peut par conséquent servir à la fabrication d’étoffes nécessitant un foulage prolongé.
- Laine Sydney, qui est importée de Port-Jackson (Nouvelle-Galles du Sud), possède habituellement une fibre fine et une mèche de longueur moyenne ; mais elle manque quelquefois de solidité. Quelquefois aussi sa
- p.2x36 - vue 67/478
-
-
-
- CLASSEMENT DES LAINES AU POINT DE VUE DE LEUR DESTINATION 37
- couleur laisse à désirer ; elle contient des mèches jaunes, ce qui empêche la teinture en nuances claires. Elle possède des propriétés feutrantes développées et peut être employée avantageusement à la fabrication des étoffes drapées.
- Laine Adélaïde. — Ne peut supporter une comparaison favorable avec les Port-Philippe et les Sydney. La fibre n’a qu’une finesse modérée, la mèche n’est pas régulière et la couleur est défectueuse. Cependant elle feutre assez bien et trouve son emploi dans la fabrication des étoffes de laine cardée et peignée.
- Laine Van Diemen. — Vient de l’île Tasmanei, possède de nombreuses qualités. Elle est fine, son brin est long et solide, elle est d’un blanc pur et brillant et elle foule avec une facilité remarquable. Elle s’emploie pour le peigne et la carde.
- Laine de Nouvelle-Zélande. -- A une fibre d’une finesse modérée, une mèche saine et d’une longueur moyenne, une couleur et des propriétés feutrantes satisfaisantes. Comme elle donne généralement un toucher plein et solide dans les tissus, elle est recherchée pour mélanges avec des renaissances. On l’emploie également pour la fabrication des fils, cardés et peignés, destinés à la vente.
- Laines d’Afrique (fig. 6). — Laine du Cap. — Provient du Cap
- de Bonne-Espérance, a un brin fin, mais généralement court et d’une
- solidité insuffisante. La laine, qui vient de la partie orientale de cette colonie, quoique améliorée depuis quelques années, contient une quantité de jarres. Si ces jarres ne sont pas enlevées soigneusement, on obtient un tissu défectueux, car ils ne se teignent pas comme la laine. Les propriétés feutrantes de cette laine sont médiocres, mais sa blancheur est estimée. On l'em
- S AFRIQUE
- / Ô $
- Fig. 6. — Laines d’Afrique.
- ploie généralement dans la fabrication des châles et autres étoffes qui ne demandent que peu de feutrage. Quelquefois aussi on la mélange
- avec des laines de brin solide et élastique, lorsqu’on veut obtenir des fils fins pour retors.
- États barbaresques, du nom de la population primitive, les Berbères:
- Tripoli, Tunisie, Algérie, Maroc.
- p.2x37 - vue 68/478
-
-
-
- 38
- APPRÊT DES TISSUS DE LAINE PEIGNEE
- AMÉRIQUE
- DU
- \ SUD
- 8 cs
- . sE $ 8 C *
- Laines d’Amérique (fg. 7). — Laine Buenos-Ayres. — A généralement un brin fin, mais elle est sale et remplie de gratterons. Elle manque aussi d’élasticité et de solidité et ne foule que médiocrement. Cette laine s’emploie en grande quantité comme laine à peigne. On doit lui faire subir l’opération de l'épaillage chimique.
- Laines d’Europe. — Laine d’Odessa. — Est une laine de Russie très importante ; son brin est solide, d’une finesse moyenne et sa couleur est d’un blanc de lait, ce qui la fait employer quelquefois dans la fabrications d’articles fantaisie. Les laines d’Australie et d’Odessa donnent un bon résultat en mélange. La laine d’Odessa convient à la fabrication de nombreux genres de lainages nouveautés.
- Laines anglaises. — Elles comprennent deux genres distincts : les laines longues ou brillantes et les laines courtes:
- Les laines de Lincoln et de Leicester sont les laines brillantes les plus importantes. Elles ont un brin long, brillant, soyeux et solide ; comme elles sont suffisamment fines, elles conviennent à une grande variété de fils peignés. La laine de Leicester a une fibre un peu plus courte que le Lincoln, mais le brin n’est pas aussi doux ni aussi brillant. .
- Les laines courtes sont représentées par les South Down, Hampshire, Oxford, Norfolk Downs, ainsi que les cheviots du pays de Galles, de Shetland et d’Irlande.
- La South Down est une des laines les plus estimées. Quoiqu'un peu dure et cassante, elle possède un brin assez fin ; son pouvoir feutrant n’est que modéré. Les variétés les plus courtes de cette laine sont cardées et servent à la fabrication des flanelles et autres lainages légers, tandis que les qualités les plus longues sont peignées.
- La laine du Hampshire ne diffère guère de la laine précédente que par un brin un peu plus long et plus grossier, tandis que celle L'Oxford Downs est plus commune encore, mais manque quelque peu de force et d’élasticité. La laine cheviote est d’une bonne qualité moyenne, son brin est d’une longueur suffisante, son toucher est doux, sa fibre est saine et solide, sa couleur est brillante et se comporte bien au foulon. On l’emploie dans de nombreuses variétés d’articles fantaisie en cardé et en peigné.
- p.2x38 - vue 69/478
-
-
-
- CLASSEMENT DES LAINES AU POINT DE VUE DE LEUR DESTINATION 39
- La laine du Prince de Galles, dont le brin n’est ni frisé, ni fin, est employé principalement pour les flanelles fabriquées dans cette principauté. La laine de Shetland ressemble à la précédente; on s’en sert surtout pour la fabrication d’articles tricotés, tels que châles et foulards de laine.
- Laines de France. — Les laines de Gaule étaient renommées au temps des Romains ; mais elles dégénérèrent complètement et, au xive siècle, les laines de France étaient tout à fait inférieures.
- Vers 1760, le célèbre naturaliste Daubenton réussit, par une élève judicieuse et par des croisements avec des béliers mérinos d’Espagne, à améliorer les types indigènes. La ferme modèle de Rambouillet, établie vers cette époque, adopta ses principes et un troupeau de moutons superfins obtenus du gouvernement espagnol, en 1786, fut l’origine de l’amélioration de nos belles races de la Bourgogne, de la Normandie, de la Brie, de la Beauce, etc.
- Les laines fines de France sont recueillies en Brie, en Berry, en Beauce et aux environs de Versailles et de la Bourgogne. Leur fibre est nerveuse, leur toucher est doux. Les brins courts servent à la fabrication de la draperie, les brins longs sont peignés.
- Les laines intermédiaires de Champagne, de Roussillon, du Poitou, de la Provence sont moins régulières et plus dures de brin que les précédentes. Elles sont employées dans la draperie commune, les flanelles et les couvertures.
- Les laines communes de Bourgogne, de la Picardie, de la Lorraine, de la Sologne, du Béarn ont un brin long et dur. Elles servent à la fabrication des couvertures, des lisières, etc., et comme laines à matelas.
- Outre la laine, on emploie encore le duvet de certains ruminants, comme :
- Mohair, — Provient de la chèvre angora ; poil brillant, apparence soyeuse, d'une longueur de 12 à 15 centimètres et légèrement ondulé; sa couleur est d’un blanc laiteux. En combinaison avec des fils cardés, le mohair sert à la fabrication des astrakans. On l’emploie aussi en quantité dans les peluches, où sa présence donne au poil, dont la hauteur peut varier de 3 à 12 millimètres, un lustre recherché.
- Alpaga. — La laine alpaga provient d’un mouton du Pérou nommé lama. Elle possède, comme le mohair, une fibre douce et longue, mais moins soyeuse. On l’emploie principalement à la fabrication d’étoffes pour robes. Sa couleur est blanche, brune, beige ou noire.
- p.2x39 - vue 70/478
-
-
-
- 40 APPRÊT DES TISSUS DE LAINE PEIGNEE
- Cachemire. — La chèvre du Thibet est couverte de touffes feutrées, de poils noirs ou brun foncé sous lesquels croît un duvet d’un gris tirant sur le brun que l’on sépare avec soin ; ce duvet est le cachemire du commerce. C’est avec cette matière si douce que l’on fabrique les magnifiques châles connus sous le nom de châles cachemire.
- Gingerline. — La gingerline est un fil grossier en poil de chameau servant à faire les lisières de certains tissus cardés, les amazones par exemple.
- Déchets et effilochages. — Binasses. — Les blousses sont les déchets de peignage. Ce sont des matières dont les qualités sont un peu inférieures à celles de la laine mère dont on les a tirées.
- Les effilochages de chiffons donnent deux sortes de matières : les mungo et les schoddy. Les mungo sont les effilochages des étoffes foulées, tandis que les schoddy proviennent de l’effilochage des chiffons genre couverture, cache-nez, bas et tricots.
- Le pouvoir feutrant d’un mungo dépend de la nature de la laine qui a été employée à la fabrication du drap effiloché. Si cette laine foulait avec facilité, le mungo conserverait une partie des propriétés de la matière primitive. Les shoddys, quoique plus longs de fibres que les mungos, ne foulent pas aussi facilement, car les laines employées à la fabrication des chiffons dont on les extrait ont généralement peu de propriétés feutrantes.
- Extract. — On désigne ainsi le résultat de l’effilochage des chaînes coton sans détruire la matière végétale.
- Bourres et tontisses. — Déchets provenant du lainage, foulage ou de la tonte des tissus.
- Remarquons qu’on distingue dans le commerce des laines mortes de ce que l’on appelle les laines vivantes, selon qu’elles proviennent de la tonte d’animaux vivants ou bien qu’elle est séparée, ordinairement par le procédé de l’épilage, de la peau de moutons morts. Les laines mortes, qui ont perdu beaucoup de leurs qualités, se distinguent commercialement par les dénominations suivantes :
- Laines de peaux § Non lavées après l’épilage.... Pelades de boucherie ( Lavées............................. Écouailles
- Laine de peaux d’animaux morts de maladie... Morilles
- p.2x40 - vue 71/478
-
-
-
- CHAPITRE III
- DU TRAVAIL DE LA LAINE EN FABRICATION
- Tête
- 1 Epaule
- 2
- 2
- Flanc
- Flanc
- Dos
- 2
- 2
- Fig. 8. — Toison d'un mouton.
- Pendant les différentes transformations de la laine dans le but de fabriquer les tissus qu’ilfaudra apprêter, il y a diverses opérations qui nécessitent l’intervention de substances étrangères qu’il faudra ensuite éliminer.
- C’est pourquoi il convient de dire quelques mots de ces différentes opérations.
- Du triage (fig. 8). — La première opération que l’on fait subir aux laines est le triage.
- Les extrémités, pattes et queue, c’est-à-dire les bords de la toison sont particulièrement communes.
- Elles sont séparées et forment les débor-dages. Puis se présentent des mèches
- quelquefois assez fines, comparativement aux précédentes, mais dont la nuance jaune ne permet que la teinture en noir : elles constituent un deuxième lot confondu avec les premières lorsque ces jaunes sont trop communs. Certaines mèches (sous le ventre et sur les flancs de l’animal) semblent ne pas devoir être séparées des meilleures parties en rai-son de leur finesse, et sont cependant mises à part pour former un troi-
- p.2x41 - vue 72/478
-
-
-
- 19
- APPRÊT DES TISSUS DE LAINE PEIGNÉE
- sième lot, le lot des paiUeux, dont le nom indique suffisamment le caractère. Un quatrième lot est formé de ce qui a reçu le nom de crottin; ce sont des filaments tellement liés avec l’ordure du mouton qu’ils doivent être soumis à un écrasement énergique et à un désuintage spécial avant de recevoir une destination. Une fois débarrassé de ces différentes parties, si faciles à reconnaître que l’extraction en est souvent confiée à un aide, la toison passe au triage proprement dit.
- Là cesse toute classifisation absolue, car le nombre de choix ne dépend pas seulement de la nature et des qualités des laines, mais aussi des habitudes de la maison où s’opère le triage et des tissus que doivent constituer ces laines.
- Toutefois, les choix, dont le nombre exagéré cause une dépense inutile, dont le nombre restreint est un préjudice sérieux, en conduisant à l’emploi pour les fils ordinaires de parties beaucoup plus fines, peuvent être ramenés à trois principaux ; un premier choix formé des parties extra ; un deuxième choix, ou choix moyen, et un troisième composé des mèches les plus communes; un quatrième et un cinquième choix qui ne doivent jamais être volumineux, si la laine est de bonne nature, sont les lots des lisières et des parties jarreuses. Des filaments trop gros pour donner d’autres fils sont employés aux lisières, et le jarre nuirait au tissu en le hérissant de ses pointes dures et luisantes.
- Outre ces choix, le trieur est quelquefois obligé de mettre de côté des parties de toison dont la laine a été feutrée d’une manière accidentelle et ne peuvent être laissées avec les parties saines de la toison.
- TRIAGE DES TOISONS
- ire catégorie : Flancs et côtés de l’épaule.
- 2e — Chignon, arête supérieure du dos et bas des hanches.
- 3e — Jarrets jusqu'aux hanches et aux genoux.
- 4e — Sous le cou.
- 5e — Partie postérieure et supérieure de la queue, naissance du dos.
- 6e — Partie pailleuse récoltée sur la tête, parties sous-ventrales et entre les cuisses jusqu’aux fesses.
- Filature. — La laine étant triée, on la soumet alors au désuintage et dégraissage dans des léviathans afin d’éliminer les poussières, sables, crottins qui se trouvent emprisonnés dans la toison et agglutinés par la suintine; puis on procède à l’ensimage, ou lubréfiage des filaments, indispensable pour permettre à la laine de supporter les fatigues de la carde.
- L’ensimage est à base d’huile d’olives, de colza, d’arachides ou
- p.2x42 - vue 73/478
-
-
-
- TRAVAIL DE LA LAINE EN FABRICATION
- 43
- oléine. On prépare des ensimages de nature complexe, mais qui renferment le plus souvent une huile émulsionnée à l’aide de savon, glycérine et quelquefois d’un produit agglutinant comme la gélatine ou le lichen. La proportion d’ensimage à employer varie suivant sa nature et celle de la laine. On emploie pour les peignes 2 1/2 à 4 0/0, et pour les laines cardées 15 à 23 0/0.
- La filature de la laine se divise en trois genres : les peignés, les cardés et les mixtes. Dans la filature du peigné, on opère le cardage et le peignage dans les établissements connus sous le nom de peignage. Et les étirages étant terminés, le peigné passe à la lisseuse qui le dégraisse complètement. La filature du peigné consiste alors à procéder à des étirages successifs, et qui s’effectuent souvent en ensimant légèrement les rubans de peigné (1).
- Tandis que la filature du cardé livre un fil qui est chargé des 15 à 25 0/0 de matières grasses employées primitivement, les fils peignés ne renferment ordinairement que 2 à 3 0/0 de matières étrangères.
- Tissage. —Les fils obtenus sont alors, selon les cas, doublés ou non par retordage. Les fils de chaîne, qui doivent supporter toutes les résistances pendant le tissage et pendant l’usage du tissu sont plus tordus. Les fils de trame sont toujours plus floches, car fonction est de remplir le tissu et de lui donner du corps. Si l’on tient compte de ce fait et aussi de ce que les laines employées ou les mélanges sont différents en chaîne et en trame, il n’est pas étonnant que le teinturier rencontre souvent des difficultés pour teindre uniformément les étoffes. De même, dans la préparation de l’apprêt, il faudra toujours tenir compte de ces observations pour obtenir un traitement uniforme.
- Les fils peignés simples et retors sont ordinairement soumis au vaporisage pour les fixer. Puis on procède alors à la préparation de la chaîne, ou à l’ourdissage, puis à l’encollage.
- Encollage et parage. — L’encollage ou le parage de la chaîne sont deux opérations identiques, qui ne se distinguent que par la consistance de la colle ou apprêt employé.
- Le parage emploie une colle de fécule assez épaisse avec laquelle on brosse les fils de manière à les enduire seulement d’une manière superficielle. Dans l’encollage, la colle est plus liquide et s’applique au foulard. On encolle quelquefois le coton en écheveaux à l’aide de la gélatine ; mais souvent aussi on procède à l’encollage à la fécule.
- Les encollages ont une composition excessivement variable. L’une des plus simples consiste en un bain de gélatine chaude marquant 10-11° B.
- (1) Le mixte et le carde sont obtenus en supprimant le peignage du’ruban.
- p.2x43 - vue 74/478
-
-
-
- 44
- APPRÊT DES TISSUS DE LAINE PEIGNÉE
- Ou bien on emploie une colle à base de fécule ou de dextrine, renfermant des adoucissants, glycérine ou savon, des lubréfiants, suifs, cire et des antiseptiques, sulfate de zinc ou sulfate de cuivre.
- La chaîne ainsi imprégnée d’encollage est séchée sur des appareils-de formes diverses, puis on procède au remettage et enfin au tissage proprement dit.
- Comme le désencollage des étoffes est une opération très importante dans l’apprêt, nous donnerons une série de formules d’encollages usités pratiquement. Nous connaîtrons mieux ainsi les substances qu'il faudra plus tard éliminer.
- FORMULES D’ENCOLLAGES DE A. DUBOIS
- 1° Encollage d'une chaîne écrue. — Tout l'encollage doit tomber à l'apprêt.
- Eau..................................... 1 00 litres
- Fécules de pommes de terre................. 108,000
- Dextrine................................ 0 ,500
- Glycérine............................... 0 ,250
- Savon Monopole.......................... 1 ,500
- Sulfate de zinc ou d’alumine............ 0 ,200
- 2° Laine teinte. — Charge de 4 à 10 0/0. — Les tissus
- n’ont pas besoin d’un
- lavage à fond, une partie de l'encollage sert comme apprêt.
- Eau..................................... 100 litres
- Fécule........................................ 10*5,000
- Dextrine...................................... 0 ,500
- Glycérine..................................... 0 ,100
- Cire végétale................................. 0 ,150
- Sulfate de zinc ou d’alumine.................. 0 ,200
- 3° Laine teinte dont on veut effectuer le lavage à fond et donner ensuite un toucher très doux. — Cheviotte.
- Eau........................................ 100 litres
- Fécule...................................... 11*5,000
- Dextrine...................................... 0 ,500
- Glycérine.................................... 0 ,100
- Savon Monopole............................... 1 ,500
- Graine de lin................................ 0 ,750
- La graine de lin est cuite à part. On emploie 1*8,500 à 2 kilogrammes de graine de lin pour deux seaux d’eau. Le jus est mélangé à l’eau employée de l’apprêt.
- 4° Laines que l'on veut charger un peu, cheviotte par exemple, charge 10 à 20 0/0.
- Eau......................................... 100 litres
- Fécule...................................... 13K5,000
- Dextrine ..................................... 0 ,500
- p.2x44 - vue 75/478
-
-
-
- TRAVAIL DE LA LAINE EN FABRICATION
- 20 wr
- Glycérine........................................... 0*8,250
- Sulfate de zinc ou d’alumine............ 0 ,250
- Paraffine........................................... 0 ,500
- 5° Encollages pour charges de 30 à 40 0/0.
- Eau...................................................... 100 litres
- Fécule..................................................... 13K5,000
- ........................................................... 1 ,000
- Kaolin..................................................... 2 ,000
- Glycérine.................................................. 0 ,250
- Savon Monopole............................................. 2 ,000
- Sulfate de zinc............................................ 0 ,250
- Paraffine.................................................. 0 ,900
- Des armures fondamentales. — Les tissus se divisent en deux
- grandes classes : les tissus unis et les façonnés, ou tissus brochés. Dans toutes ces étoffes, le même motif se reproduit continuellement
- dans le sens de la chaîne ou dans le sens de la trame, de sorte qu’il suffit de connaître une de ces répétitions pour avoir une idée de la contexture de l’étoffe. Le mode de contexture constituant le modèle le plus petit qui se repète constamment, est désigné sous le nom d’armure.
- Les tissus unis peuvent tous se rapporter à une combinaison variable de quatre armures fondamentales, qui sont la toile, le sergé, le Casimir et le satin.
- Pour représenter les armures, on se sert ordinairement d’un papier quadrillé ; les rangées verticales représentent les fils de chaîne ou simplement les fils; les rangées horizontales, les fils de trames ou duites.
- Les carrés hachurés représentent les liaisons dans lesquelles le fil de chaîne passe au-dessus de la trame. Autrement dit, les parties hachurées représen
- tent les parties de Fl0 9. _ Armure toile, la chaîne visibles à
- l’endroit et les parties blanches représentent les portions de la trame visibles à l'endroit. On voit que l’armure dans l’exemple précédent est constitué simplement par deux fils et deux duites : c’est ce qu’on appelle l’armure toile {fig. 9).
- Armure sergé. — L’armure sergé est composée de 3, 4, 5, etc., fils et de 3, 4, 5, etc., duites. On a alors ce qu’on appelle des sergés de 3, 4, 5.
- p.2x45 - vue 76/478
-
-
-
- 46
- APPRÊT DES TISSUS DE LAINE PEIGNÉE
- On distingue les sergés par la chaîne ou les sergés par la trame selon
- qu’à l’endroit c’est la chaîne ou la trame qui est visible en grande partie.
- Fig. 10. — Sergé de 5 par la trame.
- Dans un sergé de 5 par la trame, par exemple, la duite passe au-dessus de quatre fils et en dessous du cinquième; mais le point de liage saute chaque fois d’un fil, ou, comme on dit, le décochement est de 1 (fil). Selon que le décochement se fait à droite ou à gauche, il se produit dans le
- tissu des rayures inclinées vers la droite ou vers la gauche (fg. 10).
- Dans les sergés par la chaîne, la duite passe, au contraire sous tous
- les fils moins un, et sur ce dernier. Le sergé de 3 par la chaîne se désigne particulièrement sous le nom de prunelle (fg. H).
- On peut remarquer que l’envers d’un sergé par la chaîne est un sergé par la trame ; et si la rayure est à droite à l’endroit, elle est dirigée à gauche à
- Rayure à gauche.
- Rayure à droite.
- Fig. 11. — Prunelle.
- l’envers. Donc, contrairement à ce qui se passe pour la toile, l’envers et l’endroit du tissu dans un sergé ne se ressemblent pas.
- Casimir. — Les casimirs renferment toujours un nombre pair de fils et de duites. La duite passe au-dessus de n fils et au-dessous de n fils, le décochement étant de 1. On dit qu’on a un Casimir de n. Par exemple un Casimir de 4 sera représenté
- Fig. 12. — Casimir. T
- par la figure 12.
- Si, à l’endroit, les rayures vont à gauche, l’envers représente de même
- un Casimir de 4 dirigé à droite.
- L’envers est donc semblable à l’endroit, sauf que la direction des croisures sont opposées.
- Salins. — Les satins sont composés de duites disposées comme dans les sergés. La seule différence c’est que, si le rapport d’armure
- »
- •
- •
- 7
- •
- 1
- Satin de trame.
- Fig. 13. — Satins.
- Satin de chaîne.
- porte sur 8 fils de chaîne ou sur 8 fils de trame par exemple, autre-
- ment dit si on a un salin de 8, le décochement n’est pas de 1 fil, mais
- p.2x46 - vue 77/478
-
-
-
- TRAVAIL DE LA LAINE EN FABRICATION
- 47
- d’un nombre de fils premier avec 8, soit de 3 ou de 5. De même que pour les sergés, il y a des satins de chaîne ou des satins de trame, selon que c’est la chaîne ou la trame qui forme la plus grande partie de la surface visible à l'endroit (fig. 13).
- L’envers d’un satin de chaîne est un satin de trame et inversement. Donc l’envers ne ressemble pas à l’endroit.
- Rapport de chaîne, rapport de trame. — Dans les figures précédentes, les dessins donnent un agrandissement de l’aspect du tissu en supposant que les fils de chaîne et de trame soient du même numéro. Mais, en fabrication, il n’en est pas ainsi, et l’on donne une multitude
- d’aspects à la même armure tout simplement en combinant des fils et des trames de numéro convenablement choisis. Les
- figures sont alors contractées plus ou moins sur la longueur ou sur la largeur, d’où des apparences tout à fait différentes. Pour tenir compte de .ces modifications on donne en fabrication ce qu’on appelle la réduction en chaîne ou en trame, c’est-à-dire le nombre de fils ou le nombre de duites qu’il y a par unité de longueur, soit le centimètre, soit le quart de pouce. Si l’on prend un satin de chaîne avec une forte réduction de la chaîne (élé
- Fig. 14.— Satin chaîne.
- I. Ü Si
- ment visible à l’endroit) (fig. 14), on remarque
- que les portions de trame qui restent à l’endroit forment un pointillé
- insignifiant qui est d'autant plus réduit que les longs flottés de chaîne, en s’étalant, viennent complètement cacher le point de liage. C’est pré-
- cisément très usité dans les satins qui ne laissent voir que la chaîne ou la trame.
- De même pour la toile, par exemple si la réduction est différente pour la chaîne et pour la trame, l’élément le plus
- Fig. 15. — Côtes transversales obtenues avec l’armure toile.
- réduit devient de plus en plus important à l’endroit qui prend un aspect tout à fait different. Par exemple, si la chaîne est beaucoup plus réduite que la
- trame, le tissu se présentera avec de grosses côtes transver
- sales (fg. 15). Et si on fait alterner des duites fines avec des duites plus
- fortes, on obtient des saillies espacées par des parties plates.
- Nombre des croisures des sergés et des batavias. —
- Les sergés et les batavias forment des qualités de tissus qui sont déter-
- p.2x47 - vue 78/478
-
-
-
- OC a.
- APPRÊT DES TISSUS DE LAINE PEIGNÉE
- minées par le nombre de croisures à l’unité de longueur. Si n est le nombre des fils ou de duites au rapport d’armure, si f est le nombre de fils à l’unité de longueur choisie (centimètre ou quart du pouce) et d le nombre de duites à la même unité de longueur, le nombre de croisures à l'unité de longueur K sera donné par la formule :
- nk = Vd2 + f2.
- Embuvage de la chaîne et de la trame. — La question de l'embuvage des fils présente, au point de vue de l’apprêt et de l’apparence du tissu, la plus grande importance. Cet embuvage dépend de la tension donnée à la chaîne sur le métier et de la façon dont on incor-
- Fig. 16. — Tissage à pas ouvert ou pas fermé.
- pore la duite, c’est-à-dire si on travaille à pas ouvert ou à pas fermé. Si l’on travaille à pas ouvert, la duite vient se placer dans la chaîne en s’ondulant peu, de cette façon l’influence de la chaîne sera augmentée à l’endroit ; tandis qu’en opérant le tissage à pas fermé, c'est-à-dire
- quand le mouvement des lames a commencé, la trame prend une forme différente, elle emboit davantage comme la chaîne également, mais en même temps la portion de la trame que couvre l’endroit devient plus importante (fig. 16).
- D’un autre côté, le fabricant, pour réaliser des effets particuliers combine des armures qui présentent un embuvage différent. Il sera très important en apprêt que tous ces fils soient traités d’une façon parfaite si l'on ne veut pas que des tiraillements se produisent dans l’étoffe, occasionnant des cassures et des plis.
- Armures dérivées. — Les armures fondamentales peuvent être modifiées de différentes façons pour obtenir des résultats spéciaux. On peut tout d’abord, au lieu d'employer des réductions différentes, utiliser
- des fils de chaîne ou de trame de même numéro mais faire mouvoir deux fils en même temps, ou faire passer deux duites par le même chemin. Dans ce dernier cas, la lisière aura pour but de faire les liaisons particulières pour fixer ces deux duites voisines.
- Si, dans l’armure toile, on double les duites, on aura le gros de Tours ; le tissu se présente avec des côtes transver
- Fig. 17.
- Gros de Tours.
- sales (fig. 17). — Cette armure est usitée dans la fabrication des étoffes désignées sous le nom de cotelines ou popelines.
- Le Reps s’obtient au contraire en doublant les fils ; il se forme des
- p.2x48 - vue 79/478
-
-
-
- TRAVAIL DE LA LAINE EN FABRICATION
- 49
- cannelures longitudinales qu’on désigne aussi sous le nom de Chambord (fg. 18).
- Enfin, si on double les duites et les fils, on atteint les nattés (fig. 19). Il est évident que la préparation de tels tissus
- nécessitera des
- Fig. 18. — Reps.
- Fig. 19. — Natté.
- soins tout particuliers. Les fils et les duites ne sont pas solidement retenus dans leur
- Fig. 20. — Diagonale.
- position, ils flottent, et par conséquent auront tendance à donner des
- .•euipngbuoi
- . so
- s
- 2
- - § - ? — &
- Fig. 21. — Chevron.
- à gauche, on obtient les chevrons [fig. 21).
- cassures ou à s’érailler.
- Les serges et les batavia se combinent de mille façons différentes pour donner toutes sortes de diagonales (fig. 20).
- De même si l’on s’arrange pour que les diagonales
- soient dirigées tantôt à droite, tantôt
- APPRÊT des tissus DE LAINE.
- 4
- p.2x49 - vue 80/478
-
-
-
- APPRÊT DES TISSUS DE LAINE PEIGNEE
- Corkserews. — Ce genre d’armures a été largement employé, depuis un certain nombre d’années, pour la fabrication d’étoffes de laine peignée et plus spécialement d’étoffes pour complets et pantalons. Le succès remarquable des tissus corkserews n’a eu d’égal que celui des
- étoffes Casimir. On fabriquait autrefois avec la même armure des étoffes de laine cardée.
- On voit que cette armure
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 n 12 13
- Satin de 13 par la chaîne, decochement 8.
- Fig. 22. — Corkscrew.
- i
- - ***80-c*{
- . Satin de 9 par la chaîne.
- L c 0e to
- est tout simplement un satin, sauf que le point de liaison trame est reporté sur 2-3 duites suivant la dimension de la croisure {fig. 22).
- Bandes transversales et longitudinales. — Il est facile d’obtenir toute une combinaison d’étoffes en divisant la chaîne en séries
- de fils avec lesquels on exécute une armure différente. On obtiendra
- A B A B
- Fig. 23. — Bandes longitudinales.
- ainsi une série de bandes longitudinales A, B, A, B (fig. 23). Mais il est important de choisir des armures qui emboivent également, ou bien, il faut avoir plusieurs ensouples. On combinera par exemple des bandes de serge à droite avec des bandes de serge à gauche. Un article qu’on emploie très souvent s’obtient par la combinaison de bandes de satin chaîne avec des bandes de satin trame ; ou bien des rayures de batavia avec des nattés ou des cannelés.
- De même, on peut avec deux systèmes de marche
- différents produire des bandes transversales ou des carreaux. C’est ainsi que dans le linge de table, les combinaisons pour produire les damiers fournissent ce qu’on appelle le linge damasse, et que des combinaisons analogues en laine, mais en broché, produisent les damas.
- p.2x50 - vue 81/478
-
-
-
- TRAVAIL DE LA LAINE EN FABRICATION 51
- Tissus doubles. — Enfin pour obtenir des tissus particulièrement épais, comme par exemple?pour les paletots d’hiver, ou des tissus fourrés, on emploie souvent des tissus double chaîne ou double trame. Le principe de cette fabrication consiste en somme à fabriquer en même temps, sur le même métier, deux tissus. La chaîne renferme par exemple deux fois le nombre de fils nécessaires.
- Les fils pairs sont tissés avec une première trame supérieure, et les fils impairs, avec une deuxième trame inférieure. Il se forme donc deux tissus superposés. Mais, de temps en temps, des fils de la chaîne supérieure se baissent sous les duites inférieures de sorte que les deux tissus sont complètement liés l’un à l’autre. Le tissu supérieur qui forme l’endroit est composé des matières les plus chères ; le tissu qui est à l’envers et qui sert uniquement à donner du poids et de l’épaisseur est formé de matières inférieures souvent chaîne coton, trame renaissance.
- Tissus façonnés. — Les tissus unis précédents peuvent s’obtenir sur les métiers à main ou sur les mécaniques d’armures. Mais aussitôt que la contexture devient plus compliquée, on doit utiliser les métiers Jacquart; d’où le nom de tissus façonnés Jacquart, tissus brochés, qu’on leur donne. Tous ces tissus sont caractérisés par des flottés de fil ou de trame encore plus grands que dans les tissus unis. Très souvent le fond est formé par un effet de chaîne, tandis que le dessin est produit par un effet de trame.
- Effets de torsion dans les rayures et les chevrons. — Si en tisse deux pièces avec des fils d’un même lot de laine, filés au même numéro, mais tordus différemment, ces deux étoffes, quoique tissées avec la même armure, présentent.une apparence bien distincte.
- Si nous prenons un chevron, la direction
- parties A et B est opposée {fg. 24). En A, le cordon va de gauche à droite, en B, il va de droite à gauche. Comme on emploie la même armure pour les deux sections, on pourrait croire que, sauf pour leur direction, les cordons seront iden
- des sillons dans les deux
- A B
- Fio. 24. — Effet de torsion dans les rayures.
- tiques. Ce n’est pas le cas, car on constate
- clair et accentué ; dans
- une différence marquée entre les deux bandes. Dans l’une, l’effet de diagonale est l’autre, il est maigre et peu distinct. Puisque nous savons que les deux
- rayures sont formées par la même armure, le Casimir par exemple, la cause de la différence d’effet des croisures A et B est facile à saisir. On
- constate que, si la chaîne est formée de tors gauche, le cordon qui se
- p.2x51 - vue 82/478
-
-
-
- Ut
- LU
- APPRÊT DES TISSUS DE LAINE PEIGNEE
- dirige à droite, comme en A, est plus accentué que celui qui se dirige à gauche, comme en B. Ce qui montre que quand la torsion du fil est
- contraire à la direction du sillon, ce dernier est net et bien défini ; tan
- Fig. 25. — Tors gauche et tors droit.
- dis que lorsque la torsion du fil et le sillon vont dans le même sens, la croi-sure est peu accentuée. La différence des deux bandes du chevron provient de ce que, dans une section A, le sens du cordon est contraire à la torsion du fil, tandis que dans l’autre section B, le sillon et la torsion ont la même direction (fig. 25).
- On a donc les règles suivantes :
- 1° Si le sens des spires des filés est opposé au sens des sillons, la croisure est nourrie et bombée;
- 2° Si les spires ont la même direction que les sillons, la croisure est
- maigre et mal définie ;
- 3° Si la chaîne est composée de fils de deux torsions ourdies fil à fil,
- l’influence de la torsion est nul, l’effet de la croisure n’est ni développé
- ni amoindri. Soit un satin de chaîne de 8 ; si on donne à la chaîne un
- tors gauche et à la trame un Lors droit, les spires chaîne et trame développent un sillon clair défini et bien nourri (fig. 26).
- UG*.UG - 0o
- Fig. 26. — Effet de torsion dans les rayures.
- Dans une taupeline, au contraire, qui doit avoir un endroit uni et sans grain, on emploie au contraire des fils de chaîne et des fils de trame qui sont tordus dans le sens du sillon, disposition qui s’oppose au développement net et défini de la croisure.
- Des salissures qui se forment sur l’étoffe pendant le tissage. — Le tisserand doit suivre constamment le travail de son métier. Chaque fois qu’une rupture de fil se produit, il faut qu’il fasse une rattache. Si des défauts de tramage ont lieu, il faut détramer la par-
- p.2x52 - vue 83/478
-
-
-
- TRAVAIL DE LA LAINE EN FABRICATION 53
- tic irrégulière. Cela ne se fait pas sans qu’il y ait des salissures et des taches de graisse plus ou moins chargées de cambouis. Puis il se peut que le métier marche mal, que des interruptions soient fréquentes, soit parce que la matière est mauvaise, soit parce que l’atelier est trop sec. Alors il arrive que pour remédier à ces causes d’arrêts, le tisserand graisse sa chaîne de diverses façons.
- Une cause fréquente d’accidents pour le teinturier, c’est précisément l’emploi dans ces circonstances de savon de paraffine. Comme le fil est ciré irrégulièrement, la matière grasse pénètre plus ou moins profondément, et dans ces conditions résiste aux opérations de dégraissage. De sorte qu’il arrive souvent que le défaut ne devient manifeste qu’aux apprêts, c’est-à-dire à un moment où il devient irréparable.
- DIVISION DES LAINAGES
- Tissus ras.
- 1° Tissus unis pure laine. — Mérinos, mousseline de laine, cachemire d’Ecosse, stoffs, reps, barège pure laine, satin de Chine.
- 2° Tissus façonnés pour gilets, damas, ameublement.
- 3° Châles tartans et brochés.
- 4° Velours laine uni ou imprimé. — Pannes, peluche unie ou frisée, velours d’Utrecht.
- 5° Tapis. — Tapisserie, moquette.
- 6° Articles laine mélangée avec coton, lin, soie, alpaga, chèvre, cachemire, etc. — Orléans, Cobourgs, alpagas, barèges, lastings, gaze, grenadine, méfieuse, mozambique, foulard, tissus pour ameublement.
- 7° Tissus veloutés ou fourrés.
- 8° Bonneterie.
- 9° Dentelles de laine.
- Tissus foulés.
- 1° Feutres. — Feutres simples.
- Feutres mixtes ou combinés (combinaison d’un feutre et d’un tissu de laine).
- Feutres piqués. — Les nappes sont cousues transversalement et longitudinalement par des fils également feutrables.
- Fils feutrés.
- 2° Tissus foulés.— Tissus lisses unis.— Draperie proprement dite. Tissus duveteux à poil couché. — Couvertures, peluches, castorine, molletons, sealskins, etc.
- Tissus à poils debout ou velours.
- p.2x53 - vue 84/478
-
-
-
- 54
- APPRÊT DES TISSUS DE LAINE PEIGNÉE
- Tissus ratines garnis d’un duvet vrillé et boutonneux obtenu par le ratinage.
- Tissus façonnes dits nouveautésplus ou moins foulés, réalisés par une combinaison de fils simples et doublés différemment tordus, soit par des entrelacements ou variation d’armures, soit encore par l'emploi de fils de nuances différentes.
- Mérinos. — Les mérinos sont des étoiles de laine pour châles et vêtements de femme dont les centres de fabrication sont en France
- Fig. 27. — Mérinos.
- croisures contenues
- Reims et le Nord. Les fils employés dans leur fabrication sont en laine mérinos peignée provenant principalement de France, Australie et Amérique du Sud en numéros 80-100 pour la chaîne et 90-160 pour la trame. La réduction comporte 20-30 fils au centimètre en chaîne et 50 à 120 duites. L’armure est un croisé ou batavia (fg. 27).
- X La qualité du tissu s’indique généralement par la réduction en chaîne et le nombre de cotes ou
- dans une certaine longueur, ordinairement le quart du pouce, mesuré perpendiculairement à leur direction.
- Si K est le nombre de croisures par unité de longueur, fet d le nombre de duites etde fils contenu dans la même unité de longueur, mle rapport d armure, soit 4 dans le cas des mérinos, on a :
- h: 8
- f
- d
- mK = + d2.
- D où la règle pratique suivante : porter sur deux côtés d’un angle droit des longueurs égales à d et f au moyen d’une échelle arbitrairement choisie. Puis mesurer à la même échelle la distance qui sépare ces deux points et diviser par m (4 pour les mérinos, 3 pour les cachemires). Le quotient donne Le nombre de croisures cherché (fg. 28).
- Fig. 28 — Calcul du nombre de croisures dans les mérinos et les cachemires.
- -515.
- re
- ©
- A
- 4
- 3 en
- a.
- Da
- c3 9
- Les fabricants pour lesquels ces problèmes se poseront fréquemment pourront se construire un petit appareil composé d’une équerre ABC et d une règle Eh. Les deux branches seront divisées en parties égales et graduées, et la règle sera munie de divisions quatre fois plus grandes s’il s’agit de mérinos et trois fois plus grandes si on fabrique des cachemires.
- p.2x54 - vue 85/478
-
-
-
- TRAVAIL DE LA LAINE EN FABRICATION
- CX ex
- Cachemire d’Inde. — Le cachemire d’Inde forme une étoffe dont
- on se sert particulièrement pour vêtement de deuil élégant. La dénomination de cachemire d'Inde s’applique principalement au beau tissu
- croisé, uni, que l’on fabrique avec le duvet pur de la chèvre du Thibet. Néanmoins cet article se fait en diverses qualités (fig. 29).
- La contexture est un batavia 2 et 2; ce procédé d’entrecroisement donne à l’étoffé une très grande souplesse et un toucher très agréable. Il importe beaucoup de ne pas oublier qu’à l’endroit, la croi-sure se dirige de gauche à droite X . C’est sur cette face en effet que la bride de trame subit une légère détorsion, s’épanouit et acquiert un bombé
- Fig. 29. — Cachemire d’Inde.
- qui n’existe pas sur l’autre face, c’est-à-dire du côté où la croisure va à
- gauche * .
- La fabrication du cachemire d’Inde donne naissance à différentes qua
- lités commerciales dont voici les éléments de fabrication.
- CACHEMIRE ü’iNDE
- A. — Article gros.
- B. — Article moyen.
- C. — Article fin.
- D. — Article extra-fin. — Dans ce dernier cas la chaîne cachemire est tellement peu résistante qu’on est obligé de la consolider avec un fil de grège.
- QUALITÉ du tissu PROVENANCE des fils pour chaîne SIMPLE OU- 2 bouts retors TITRAGE des fils kilom. au kilog. NOMBRE des fils au centim. NOMBRE des fils en dent du peigne TITRAGE métrique et provenance de la trame NOMBRE des croisures au centim. LARGEUR delà pièce au peigne
- A Australie ou Cachemire peigné ' Simple ou n° 56 2 bouts retors 28 28 2220 100 3 56 Laine dite de Mauchamp ou Cachemire 2° et 3° qualité ,83 8 100 139cm. à 140cm.
- B Type moyen Id. Simple 56 42 24100 3 56 Cachemire ire qualité 32 13 100 140 cm.
- C Type fin Id. Simple 63 à 70 =s 3 70 Cachemire ire qualité 28 16100 141 cm.
- D Type extra-fin Cachemire et soie grège faiblement retors 84 . à 112 a# 3 123 Cachemire qualité supérieure — 64 26 100 à , 44 41 •— 100 135cm.
- p.2x55 - vue 86/478
-
-
-
- APPRÊT DES TISSUS DE LAINE PEIGNÉE
- On fabrique également des châles avec le tissu cachemire d’Inde, batavia uni. On leur donne 206 centimètres, lisières comprises.
- Le retrait de ces diverses étoffes enlevées du métier et surtout après teinture est de 15 à 20 0/0. Mais on parvient à les remettre à la laise demandée par la consommation à l’aide des élargisseuses.
- On fabrique aussi à Reims, depuis 1878, un tissu qu’on appelle cachemire d'Inde, qui a pour chaîne un fil simple n° 80-90 (par 700 mètres, c’est-à-dire qu’il faut 80-90 écheveaux de 700 mètres pour faire 1 kilogramme) et pour trame un mélange de laine et de poil de chameau produisant une jarre sur le tissu. Le numéro de cette trame varie de 70 à 90 (par 700 mètres) suivant la force du tissu. La réduction chaîne est de 28 fils au centimètre ; la réduction trame est de 24 à 36 duites au centimètre. La laise est généralement de 120 à 150. Ce tissu légèrement foulé est duveteux à l’endroit. Il a eu une grand vogue comme nouveauté.
- Cachemire d’Ecosse. — Étoffe pour vêtement de femme. On teint cet article en couleurs très variées et principalement en noir pour deuil. La contexture est un sergé de 3 30).
- L’endroit est celui où la trame domine et où la croisure va à droite X.
- ÉLÉMENTS DE FABRICATION DU d’ÉCOSSE. TISSU TOUT LAINE.
- A 1 0 D E F
- CHAINE PEIGNE ET PIQUAGE NOMBRE TRAME NOMBRE LARGEUR DES PIÈCES
- FIL SIMPLE FIL SIMPLE
- -——gomwv—. de croisures
- No par d’échets nombre du 700 Nombre de dents Nombre de fils No par nombre d’échets du au 1/4 Largeur Désignation
- au kilogramme au pouce en dent 700 au kilogr. de pouce métrique usuelle
- 70 à 72 20 3 60 100 10 11 PIÈGES IN ÉGRU
- 30 2 12 13 .120 5
- 130 4
- 21 3 63 110 110 14 15 101 9
- 70 à 80
- 32 2 64 120 130 16 17 110 8
- 91 4
- 18
- 100 4
- 78 à 80 21 3 63 140 19
- 20 76 3
- 145 22 90 4
- 80 à 84 20 3 63 150 150 24 26 65 2
- 160 28 76 3
- p.2x56 - vue 87/478
-
-
-
- TRAVAIL DE LA LAINE EN FABRICATION 57
- Fig. 30. — Cachemire d’Écosse.
- Les cachemires d’Écosse se vendent d’après leur qualité, déduite principalement du nombre de leurs croisures. Les laines employées pour la chaîne proviennent de France et d’Australie. Celles qu’on emploie pour la trame, soit pures, soit mélangées, sont de France, Australie, Montevideo et Buenos-Ayres.
- Le retrait en largeur après tissage est de 8 à 10 0/0; après teinture, il est de 20 à 25 0/0, selon la qualité des matières employées pour la trame.
- Flanelles. — On désigne sous ce nom une famille de tissus ordinairement en laine cardée, tirés à poil légèrement et quelque peu foulés. On distingue dans
- le commerce deux grandes catégories : les flanelles proprement dites et les tartans.
- Les flanelles proprement dites sont celles dont la production est la plus considérable. Ce sont des tissus légers, dont les uns sont lisses comme la mousseline, d'autres croisés des deux côtés comme le mérinos, d’autres croisés à l’endroit seulement comme le cachemire d’Ecosse. Tous sont en laine peignée ou cardée, mais le plus souvent cardée. Leur principal emploi est pour le vêtement destiné à être porté sur la peau et qui font en quelque sorte partie du linge de corps (gilets, camisoles, etc.). L’aspect de ces tissus est le plus variable : les uns (comme les flanelles frisées) sont rudes et grossiers ; les autres (comme les flanelles mousselines) ont une grande finesse et une extrême douceur. Chaque sorte a d’ailleurs son mérite et sa valeur propres soit au point de vue de la durée, soit pour telle ou telle destination qui lui est plus spécialement assignée ; l’une doit se recommander par la douceur et la chaleur qu’elle porte; 1 autre, parce qu elle exerce sur la peau une légère excitation. Par les mêmes motifs, les conditions de fabrication diffèrent: ainsi tantôt la chaîne est de laine peignée et la trame de laine cardée; tantôt on emploie la laine cardée pour la chaîne et la trame. Telle sorte nécessite l’emploi de la laine d’Allemagne, telle autre l’emploi de la laine de France, tandis que, plus ordinairement, on ne fait usage que de la blousse de ces diverses laines.
- Les flanelles dites domets, chaîne coton, trame cardée, ne sont pas employées aux mêmes usages que les flanelles pure laine; elles servent pour doublures, pour gilets à mettre au-dessus de la chemise, etc. Leur consommation est assez restreinte, mais leur bas prix en facilite la vente.
- Les flanelles tartans servent pour doublures, manteaux, robes, gilets, jupes, robes de chambre, etc. Leur fabrication dérive de celle des tartans écossais, tissus à grands carreaux de diverses couleurs (rouges verts, bruns nuancés de bleu servant à faire des plaids, des jaquettes, robes,
- p.2x57 - vue 88/478
-
-
-
- 58 APPRÊT DES TISSUS DE LAINE PEIGNÉE
- écharpes, etc. Mais on les fait beaucoup plus légères et on les varie à l’infini par une foule de combinaisons différentes de lignes et de couleurs. On fait ces sortes d’étoffes lisses ou croisées, c’est-à-dire par l’armure taffetas ou par l’armure sergé.
- Napolitaine. — Tissu lisse, non foulé, de laine cardée, qui se teint en pièce et dont on fait des vêtements pour dames. Malgré son nom, ce tissu est de création française ; il a pris naissance à une époque où l’usage du mérinos, déjà général, avait donné le goût des étoffes souples et légères. Reims, qui produisait des flanelles pour l’exportation, s’en étant trouvé engorgé, un négociant eut l’idée de les teindre en couleurs unies sans les fouler et de les livrer au commerce sous le nom de mérinos uni ou de napolitaine ; il obtint un succès complet.
- L’armure la plus employée est le taffetas.
- Escot. — L’escot est une étoffe croisée en laine peignée, qui n’est ni foulée, ni feutrée et qui est fabriquée exactement comme le mérinos. Seulement, pour le mérinos, on emploie des laines douces, tandis que pour pour l’escot, on emploie des laines dures. L’armure de l’escot est donc un casimir 2 et 2. Le centre de fabrication était Amiens. Cet article ne se fabrique presque plus.
- Mousseline de laine. — La mousseline de laine est une étoffe de laine dure qui se fabrique absolument comme la mousseline de coton.
- La mousseline de coton est un tissu armure toile dont la réduction comprend ordinairement autant de fils en chaîne qu’en trame, bien que certains fabricants, pour rendre le tissu plus beau, mettent parfois un fil de trame déplus au centimètre. Les numéros de fils employés pour cette trame sont de 5 à 10 plus fins que pour la chaîne. La largeur de ces tissus est des plus variables, depuis 90 centimètres jusqu’à 2,40, ces dernières laises étant employées pour rideaux.
- Damas et Lastings. — Les damas de soie ou de laine étaient des étoffes que l’on tirait de la ville de Damas avant qu’on sût les fabriquer en France.
- Les damas de laine sont composés d’une chaîne et d’une trame en fil simple. La laise varie de lm,30 à lm,37 après teinture ; la réduction est alors de 26 à 28 fils au centimètre, et de 36 à 40 duites au centimètre. Peigne de 13 à 14, broches à deux fils au centimètre.
- L’armure est un satin de 8 décochement de 3. Le fonds est formé par un satin chaîne ; le façonné se fait par la trame.
- Dans certains damas plus serrésen compte chaîne et en compte trame,
- p.2x58 - vue 89/478
-
-
-
- TRAVAIL DE LA LAINE EN FABRICATION
- 59
- on emploie pour contexture le satin de 13 décochement 5. On a ainsi un satin carré. Le satin carré a la propriété de couvrir parfaitement le pointage, il donne au tissu façonné un magnifique relief qui semble un velouté du plus bel effet.
- Lastings. — Tissu ras, croisé en laine peignée. L’armure est celle d’un satin 5 de chaîne. Les largeurs ordinaires sont O111,70 pour pantalons et 0m,85 pour l’article meubles.
- Dans le lasting-luxor, on emploie une chaîne mérinos et une trame en bourre de soie.
- Satins. — Les tissus établis d’après ces armures présentent des aspects tout différents, lorsque la réduction de la chaîne est égale à celle de la trame ou quand la réduction de l’élément qui domine à l’endroit est plus forte que celle de l’autre élément. Dans le premier cas le tissu paraît constitué par des brides formées par la chaîne ou par la trame et coupées par les points de liage bien apparents et régulièrement dessinés à la surface. Si, dans un satin trame, la chaîne était noire et la trame blanche, on obtiendrait un tissu blanc régulièrement pointillé de points noirs. L’envers du tissu présenterait l’effet inverse; il formerait un satin par la chaîne noire et pointillé de blanc. C’est ce genre de satin dont on fait usage dans la fabrication des tissus damas et damassé, dans lesquels le fond est en satin chaîne et le dessin, en satin trame ; l’envers est semblable à l’endroit, sauf l’inversion des effets.
- Dans le deuxième cas, en supposant un satin par la trame, les duites peuvent être fortement serrées les unes sur les autres, de sorte que les points de liage de chacune d’elles se cachent sous les flottés des voi
- sines : les brides qui couvrent l’endroit ne sont plus contrariées par les
- liages et semblent en quelque sorte tressées les unes avec les autres. La réflexion de la lumière se fait plus directement et l’éclat du tissu s’en trouve augmenté. La même chose a lieu pour les satins par la chaîne, dont les fils sont très rapprochés les uns des autres en même temps que la réduction en trame est relativement faible. On adopte toujours cette manière pour les salins en soie ou en laine (satins de Chine) et pour les satinettes coton.
- Fig. 31. — Chambord.
- Chambords. — Tissus de laine de belle qualité pour robes de deuil fine l’on fabrique à Amiens et à Roubaix. Il est à côtes longitudinales produites par effets de trame et il a l’aspect d’un reps. Quelquefois on lait retordre la laine de la chaîne avec un fil de soie grège 31).
- p.2x59 - vue 90/478
-
-
-
- 60
- APPRÊT DES TISSUS DE LAINE PEIGNEE
- Coteline. — Rayures transversales obtenues par effet de chaîne
- Fig. 32. — Coteline.
- (Âg- 32).
- Couvertures. — La laine la plus recherchée pour les belles couvertures blanches est celle qui jouit d’une blancheur éclatante comme les laines de Russie, d’Australie etde Saxe. Le tissage se fait presque toujours croisé, rarement lisse et l’étoffe écruc a jusque 3m,50 de large. La matière employée est du cardé de gros numéro.
- Castorine. — Etoffe pour vêtement
- d’homme, drap très fort et très solide dont la contexture est le sergé de 3. Le poil de castor mêlé à la laine de Ségovine fournit le tissu connu
- sous le nom de castorine.
- Molletons de laine. — Est une étoffe de laine douce, chaude et moelleuse, légèrement foulée, tirée à poil soit des deux côtés, soit d’un seul et ayant l’apparence d’une flanelle épaisse. Les laines légères conviennent à la fabrication de ce tissu dont le caractère essentiel est une certaine qualité spongieuse. On foule les molletons au savon, mais pendant trois quarts d’heure au plus, afin de concilier la beauté de l’étoffe avec l’élasticité moelleuse qui lui est propre. Ils se fabriquent en France à Sommières (Gard), Castres et Mazamet (Tarn), à Beauvais, etc. Ils sont unis ou croisés et sont employés habituellement en blanc pour camisoles, jupes de dessous, doublures de vêtement, etc.
- Anacoste. — Étoffe de laine à double croisure que l’on fabrique à Amiens et aux environs. On l’emploie pour robes de religieuses, costumes de bains de mer, etc.
- Velvets (velventines). — Les velvets sont en général composés d’une chaîne coton et d’une trame laine neuve ou mélangée de déchets (Shoddy}, qui sont foulés pour les faire feutrer sensiblement sur la largeur.
- p.2x60 - vue 91/478
-
-
-
- CHAPITRE IV
- TRAITEMENT RAS
- Nous avons vu que le fabricant, pour réaliser un effet déterminé, c’est-à-dire une armure, doit tenir compte d’un certain nombre de considéra-rations, sur lesquelles d’ailleurs l’apprêteur est plus ou moins renseigné et ceci, a priori, ne semble pas bien rationnel, bien qu’il semble difficile qu’il en soit autrement. Car, l’apprêteur étant celui qui finit la marchandise, qui lui donne son aspect caractéristique et marchand, il semble qu’il serait logique qu’il soit au courant tout au moins des circonstances qui peuvent influer sur la teinture et l’apprêt.
- Il est à craindre que cette situation persiste toujours, car, le fabricant ne tient pas à faire connaître les détails de sa fabrication, et, au contraire, il exige que tout ce qui le concerne soit tenu secret, de crainte de favoriser la concurrence.
- La fabrication des lainages se fait ordinairement de deux manières distinctes qui, au point de vue de l’apprêt, concourent au même résultat. Ou bien le fabricant crée de toutes pièces de nouveaux articles, ou bien il doit reproduire un article déterminé. Dans le premier cas, il prépare des bandes de tissu, dans lesquelles il combine des chaînes ourdies d’une manière bien déterminée avec une trame, dans des conditions également bien définies selon le résultat à obtenir. Puis ces bandes sont envoyées à l’apprêteur qui les teint et les apprête dans des conditions indiquées d’avance. De sorte que ces nouveautés remises aux voyageurs donnent finalement lieu à des ordres qu’il s’agit d’exécuter.
- Ainsi, dans tous les cas, le problème de la fabrication à résoudre consiste à imiter un type fourni. S’il s’agit d’une création nouvelle, tous les éléments de fabrication sont connus a priori, tandis que s’il s’agit d'imiter un article existant, le fabricant doit d’abord expertiser son type.
- Le fabricant détermine d’abord la nature des laines les plus convenables pour la fabrication ; mais en même temps un facteur important inter-
- p.2x61 - vue 92/478
-
-
-
- 62 APPRÊT DES TISSUS DE LAINE PEIGNEE
- vient, c’est le prix de revient. Il y a ici une première source de difficultés pour l'apprêteur ; il se peut que le cours de la matière ayant subi des fluctuations, le fabricant substitue à une laine, d’une origine et d’une qualité déterminée, une autre d’un prix moins élevé. Mais il arrive souvent aussi, que la filature n’est plus aussi facile et que, par suite, la même réduction en chaîne et en trame ne peut se réaliser, en même temps que le toucher et la main sont modifiés. L'apprêteur a alors les plus grandes peines à obtenir des tissus qui soient absolument conformes aux types.
- Quoi qu’il en soit, le fabricant détermine d’abord les numéros des fils de chaîne et de trame, et ces numéros de fil le renseignent immédiatement sur la qualité de laine à adopter. Selon qu’il s’agit de tissus souples ou de tissus durs, selon les nuances qu’il faudra appliquer sur ces étoffes, selon qu’il faut réaliser des effets brillants ou mats, selon enfin que les tissus doivent plus ou moins rentrer à l’apprêt, le fabricant en conclut que la laine la plus convenable doit avoir telle ou telle provenance, ou que tel mélange conviendra.
- Les torsions à communiquer aux fils sont également déterminées, puis, d’après la réduction du type en chaîne ou en trame, le fabricant en déduit la composition de la chaîne et le réglage du métier pour le dui-tage de l’étoffe. Les conditions, dans lesquelles se feront l’ourdissage et le tramage, peuvent être plus ou moins modifiées selon les cas ; car la largeur de la chaîne est un peu supérieure à celle du tissu, celui-ci rentrant sous l’effet de la tension de la trame ; et d’ailleurs le tissu rentrera toujours plus ou moins en teinture, et le fabricant peut donner à l’apprê-Leur des ordres pour que celte contraction soit augmentée encore, soit par le dégorgeage, soit par le foulage. Dans ces conditions, le fabricant pourra obtenir un tissu plus clos, plus épais par l’apprêt spécial qu’on lui fera subir.
- La chaîne est donc préparée sur une largeur convenable ; sa longueur varie avec l’embuvage provoqué par l’armure et avec la manière de tisser, à pas ouvert ou à pas fermé. Puis cette chaîne ourdie est encollée. Cet encollage est une source de nouvelles difficultés pour l’apprêteur. Chaque fabricant a ses formules d’encollage qu’il varie selon les articles, et, dans toutes ces compositions, il ne se préoccupe que de faciliter sa fabrication sans se rendre compte des difficultés qui peuvent se présenter pour éliminer les colles; et souvent même, elles renferment des produits nuisibles au résultat final et dont l’emploi pourrait être facilement supprimé. C’est sur ce point surtout qu’il devrait y avoir plus de contact entre, la fabrique et la teinture, car il serait facile d’éviter nombre de contestations qui surgissent. De même que dans la fabrication des fantaisies, bien des difficultés seraient résolues, si les industries intéressées
- p.2x62 - vue 93/478
-
-
-
- TRAITEMENT RAS 63
- pouvaient se mettre d’accord sur les solidités exigées pour les différents traitements réclamés par la fabrique.
- Toutes ces questions préliminaires résolues, vient maintenant la fabrication. La chaîne doit recevoir une tension qui dépend du genre de tissu à produire, et même, régulièrement, tous les fds de chaîne devraient avoir la même tension, ce qui n’est pas réalisable et introduit un nouveau défaut de fabrication. Puis lesduites lancées dans la chaîne doivent être plus ou moins pressées les unes contre les autres de façon à produire la réduction voulue en trame ; si cela n’est pas réalisé, on obtiendra plus tard les barres de trames ; si les fils de chaînes sont soumis à une tension différente, il peut se produire des tiraillements dans l’étoffe qui se rippe. Le tissu obtenu, les fils de chaîne prennent une forme ondulée et se trouvent liés d’une manière plus ou moins intime selon la contexture. Si les brides sont longues, ou si plusieurs fils de chaîne ou de trame ont le même chemin, le tissu a tendance à se déformer. Malgré la souplesse de la laine, les fils ondulés ont tendance à se redresser et à se déplacer. D'où, comme nous l’avons vu, la nécessité de fixer toutes ces ondulations ou, comme on dit, de fixer l’étoffe dans la situation qu’a voulu lui donner le fabricant, malgré les nombreuses manutentions qui sont nécessaires pour le désencollage, le dégraissage, la teinture qui précèdent l’apprêt proprement dit.
- Le tissu qui sort du métier a déjà un aspect analogue à celui du tissu fini, mais combien différent. Il a un toucher carteux provoqué par l’encollage; il est raide, sans brillant et sans main. Il est plus ou moins déformé, car les tensions sur les différents fils sont inégales ; il se gondole et les lisières sont godaillées ; puis le grain ressort à peine, car les ondulations des fils tendent à les redresser et il n’y a pas contact entre la chaîne et la trame. Il y a en outre autour des fils de chaîne et de trame du duvet qui nuirait à l’effet final ; de sorte qu’on doit faire disparaître le duvet préexistant qui nuirait à la teinture, puis le duvet qui s’est formé pendant le dégorgeage et la teinture du tissu; souvent, pour que ce duvet soit plus facilement accessible, on le relève par une brosse ou par une laineuse et on finit par un passage à la tondeuse. L’élimination du duvet avant teinture commence ordinairement la série des opérations : c’est le grillage; tandis que l’élimination du duvet après teinture se fait à la tondeuse.
- Nous avons vu que les nécessités de la filature et du tissage, en même temps que la manutention sur les métiers, ont apporté sur les étoffes des matières étrangères qu’il faut absolument éliminer, d’abord pour que la teinture soit possible et ensuite pour pouvoir donner l’aspect exigé. Aussi procède-t-on à deux opérations capitales dans le traitement des tissus de laine : le désencollage et le dégraissage ou dégorgeage.
- p.2x63 - vue 94/478
-
-
-
- 64
- APPRÊT DES TISSUS DE LAINE PEIGNÉE
- On voit ainsi qu’avant la teinture il y a une série d’opérations : grillage, fixage, désencollage, dégraissage, qui se font d’ailleurs dans un ordre variable selon le résultat à obtenir et qui constituent ce qu’on désigne en pratique sous le nom de traitement humide ou de préparation ou simplement traitement.
- Après le traitement humide, on procède à la teinture. On obtient ainsi des étoffes qui n’ont pas leur caractère définitif. Malgré les précautions prises, et selon d’ailleurs que le teinturier a eu plus de peine pour arriver à la conformité, le tissu s’est plus ou moins feutré, les fils se sont toujours un peu déplacés et, en même temps, du nouveau duvet s’est produit qu’il faut enlever. On commence par tondre ; puis on redresse les lisières et on donne au tissu une surface bien unie et plus ou moins brillante par des opérations qu’on désigne sous le nom d'apprêt. Les opérations d’apprêt sont absolument identiques à celles que la ménagère utilise couramment dans le travail du linge domestique. On imprègne l’étoffe d’une composition ou apprêt variable, selon le résultat à obtenir, puis on humecte l’étoffe et, par l’action d’une pression combinée à l’action de la chaleur, on obtient une surface lisse : le tissu est alors terminé et est prêt à la vente.
- Comment ont pris naissance ces différents traitements? Cela se perd dans la nuit des temps. Les anciens utilisaient principalement les draps et, d’après les connaissances qui nous ont été transmises par les écrits des savants de l’antiquité, on connaissait déjà avant l'ère chrétienne, le dégraissage, le foulage, le garnissage et la presse. D’ailleurs l’emploi de ces différents procédés pour le blanchissage domestique démontre qu’il s’agit de coutumes dont l’usage remonte à une époque reculée. Seuls le fixage, le grillage et le tondage sont d’origine moins lointaine.
- La fabrication des tissus ras est plus récente. Il paraît que, déjà au xve siècle, elle était considérable en France et en Picardie. Elle aurait été introduite par les Flamands, et dès le xvie siècle l’exportation des étoffes peignées avait pris une certaine importance. Mais on était loin des productions actuelles, la filature se faisait à la main, et il est évident que la fabrication ne pouvait prendre de l’extension qu’avec l’invention des machines à filer ainsi que par l’introduction de la machine à vapeur. Ces machines furent une conséquence des découvertes qui avaient été faites dans la filature du coton, machines qui furent inventées vers la fin du xvme siècle. Les premiers essais de filage mécanique de la laine datent de 1812, et les progrès accomplis ne furent vraiment extraordinaires qu’après l’invention des premières peigneuses mécaniques qui datent de 1816. C’est de 1820 à 1826 que les fils de laine peignée commencèrent à entrer largement dans la fabrication. C’est de ce moment que date la prospérité de Roubaix-Tourcoing et, en 1843, le département du
- p.2x64 - vue 95/478
-
-
-
- TRAITEMENT RAS
- 65
- Nord comptait déjà 230.000 broches pour la filature de la laine peignée.
- Nous voyons donc que l’industrie des tissus ras prit un essor remarquable après la Révolution. C’est après la Révolution que furent supprimées les maîtrises et jurandes et que les grandes découvertes firent leur apparition dans tous les domaines de nos connaissances. D’ailleurs, ce n’est qu’à partir de ce moment que la liberté régna souverainement sur l’habillement et le costume et que les tissus de toutes natures se démocratisèrent en pénétrant dans toutes les couches de la société.
- Des progrès immenses furent réalisés dans l’industrie textile ; la main-d’œuvre humaine fut remplacée par des machines automatiques plus parfaites. Et souvent, chaque pas en avant fait dans la voie du progrès, fut la cause d’émeutes de la part des classes ouvrières, qui craignaient que l’apparition de ces nouvelles machines ne vînt leur enlever leurs moyens d’existence, alors qu'au contraire le bien-être et le confortable ont pénétré partout. Les mouvements de révolte, que nous voyons encore se produire actuellement, ne sont donc pas particuliers à notre époque ; c’est un fait constant que les plus grandes découvertes, celles qui ont une influence indiscutable sur les progrès de la civilisation, ne furent pas admises sans protestations, ni sans luttes.
- Dans le domaine des apprêts, des progrès ont été également réalisés au point de vue mécanique ; mais les principes essentiels même des procédés n’ont guère été modifiés, de même que les métiers mécaniques n’ont fait que réaliser les transformations exécutées dans la filature au fuseau et à la quenouille ou au rouet. Avant de faire constater les perfectionnements qui se sont introduits dans le traitement des tissus ras, nous commencerons par indiquer les méthodes qui étaient employées autrefois. Nous retrouverons dans les règlements anciens des renseignements précieux sur les méthodes qui étaient adoptées. On commence depuis peu seulement à fouiller dans les archives des anciennes villes manufacturières, et l’étude de tous les documents, qui sont mis au jour, promettent des surprises. On s’aperçoit en effet que des procédés qu’on croyait modernes étaient appliqués anciennement et par suite que le principe était connu, il y a longtemps déjà.
- Après avoir reproduit des documents tirés des règlements, nous passerons à l’époque où la machine à vapeur fut introduite dans l’industrie et où la machine remplaça la main-d’œuvre chaque fois que cela fut possible. Nous nous reporterons vers 1860, période qui constituera pour nous une transition avec l’installation moderne.
- APPRÊT DES tissus DE LAINE.
- 5
- p.2x65 - vue 96/478
-
-
-
- J
- CHAPITRE V
- DE LA FABRICATION ET DE L’APPRET SOUS L’ANCIEN RÉGIME DES RÈGLEMENTS
- Nous avons dit précédemment que l’industrie avait élé complètement ruinée pendant les périodes de barbarie qui suivirent la chute de l’empire romain. Néanmoins les diverses fabrications se continuaient et les méthodes qui avaient été léguées à la suite des siècles se maintenaient, bien qu’aucune trace de cette industrie ne se retrouve plus. Pendant la féodalité, tous ces artisans, qui étaient livrés aux exactions de toutes sortes, durent se réunir pour se défendre et constituèrent ainsi les corporations qui firent accepter l’étendue de leurs droits et de leurs devoirs dans les règlements. Or ces règlements ont maintenu l’industrie comme figée dans un moule rigide : ils empêchèrent les perfectionnements de se produire, mais aussi présentèrent l’avantage de conserver aux objets fabriqués une qualité fixe. Aussi, l’étude des anciens règlements est-elle précieuse pour les modernes, car elle permet de se rendre compte de l’ancienneté de procédés qu’on a souvent tendance à considérer comme récents. C’est précisément pour celte raison que nous avons voulu indiquer les procédés imposés à toute la fabrique et dont on ne pouvait se départir sous les peines les plus sévères. Celte époque était l’inverse de la présente, les secrets de fabrique n’existaient guère puisque les procédés à employer étaient décrits minutieusement et dans les moindres détails.
- Cardage de la laine. — La nature des laines employées dans l’ancienne fabrication était indiquée avec tout autant de précision que les autres détails de fabrication. Souvent, pour les articles de qualité moyenne et inférieure, on devait utiliser les laines récoltées dans la région. Tandis que, pour des tissus de qualité supérieure on devait employer selon les cas des laines tirées d’Espagne, d’Angleterre ou de Hollande.
- Les laines d’Espagne destinées à la carde étaient lavées à la main et
- p.2x66 - vue 97/478
-
-
-
- FABRICATION ET APPRÊT SOUS L’ANCIEN RÉGIME DES RÈGLEMENTS 67 triées sur les lieux d’origine mêmes. Les laines de Hollande réservées au peignage arrivaient brutes en France. Enfin, les laines d’Angleterre étaient lavées à dos et expédiées en toisons et sans choix. Les seules laines qui sortaient d’Angleterre étaient des laines à peigne, car il était défendu sous des peines très graves de vendre les laines à carde. Il est vrai de dire qu’autrefois comme aujourd’hui on violait les lois, puisque, dans certains règlements français, on imposait précisément ces laines anglaises prohibées.
- Les préparations nécessaires pour obtenir la laine cardée étaient les suivantes :
- Plusage en suint ;
- Lavage ou dégraissage ;
- Battage ;
- Plusage en maigre ;
- Ensimage ;
- Cardage.
- Quelle que fût la laine achetée par le fabricant, et indépendamment du choix et des lavages opérés parle vendeur, on procédait toujours au plusage avant de la laver de nouveau.
- Pluser la laine, c’était l’éplucher, la dégager des impuretés. On ouvrait les balles, ôtait l’emballage et nettoyait la partie extérieure. Après quoi des ouvriers, prenant la laine par petites poignées, enlevaient les pailles et autres substances : celte opération constituait ce qu’on appelait le plusage en gras; on en profilait pour faire un triage. Après ce plusage, on procédait au mélange des laines pour les qualités inférieures, car, pour les autres qualités de tissu, tout mélange était absolument défendu. On étendait les laines sur une grande surface et on les battait légèrement pour mélanger les flocons.
- Lavage ou dégraissage. — Les qualités les plus basses se lavaient en eau courante; d’autres se dégraissaient à l’eau chaude, les plus fines se dégraissaient à l’urine ou au suint.
- Dans le premier cas, on écharpissait les flocons et les plaçait dans des paniers plongés dans une eau claire et courante ; on les froissait légèrement jusqu’à ce qu’ils cessassent de dégorger.
- Le dégraissage en suint ou à l’urine se faisait en chaudière, puis on rinçait en eau courante. Pour le dégraissage à l’urine, on employait un seau d’urine pour sept seaux d’eau.
- La laine lavée était mise à égoutter vingt-quatre heures dans des paniers à claire-voie. On prenait alors la laine par poignées qu’on battait dans les mains, et la plaçait sur de grandes perches disposées en treillage. Quand elle était sèche d’un côté, on la jetait à bas pour la
- p.2x67 - vue 98/478
-
-
-
- 68
- APPRÊT DES TISSUS DE LAINE PEIGNÉE
- retourner, on la battait de nouveau dans les mains et l’étendait ainsi successivement jusqu’à dessiccation parfaite.
- Lorsque les laines devaient être teintes avant filature, on procédait à la teinture à la sortie du lavoir.
- Battage. — Les matières bien sèches passaient au battage, qui avait pour but d’ouvrir la laine et de la purger de ses ordures. On l’étendait sur des claies en corde assujetties à un châssis et placées sur un pied qu’on entourait de voliges pour éviter le mélange de la bonne laine qui pouvait s’échapper avec les ordures qui tombaient au travers de la claie. On enlevait de temps en temps les voliges pour recueillir les ploquettes qui s’étaient détachées. Ces ploquettes étaient des flocons de filaments très courts ne s’employant que pour des draps très communs ou pour la fabrication des chapeaux. On retirait communément 1 gros de plo-quette par livre de laine (1 livre = 128 gros). La poussière, le sable, la laine morte séparés par le battage, on plusait de nouveau la laine.
- Plusage en maigre. — La laine était portée aux ouvriers dans de grandes corbeilles. Ils la prenaient par poignées et la déposaient sur une claie placée sur leurs genoux. Ils écharpissaient, ouvraient les flocons, retiraient les brins de laine grossière et même les flocons jaunes. Les flocons de rebut ou gros s’employaient comme les ploquettes dans la fabrication des draps communs. On retirait 3 onces de gros par livre de laine (1 livre = 16 onces).
- Ensimage. — On employait pour l’ensimage 1 livre d’huile pour 4 livres de laine. Celle-ci était étendue par parties de 30-40 livres dans une auge ou baquet de 6 pieds carrés et d’un pied de hauteur. On l’arrosait avec les doigts trempés dans un vase d’huile. Lorsque la moitié de l’ensimage était employée, on retournait la laine et recommençait. On retournait avec des fourches pour bien mélanger, puis l’ouvrier prenait la laine par petites parties, la mettait sur son genou, la tirait à plusieurs reprises et la démêlait pour être en état d’être droussée.
- Cardage. — Uroussettes. — Pour carder la laine, on employait d’abord de grandes cardes ou droussettes qui se subdivisaient elles-mêmes en :
- Ploqueresse pour ébaucher le travail ;
- Etoqueresse pour mieux ouvrir ;
- Repasseresse pour finir le démêlage.
- Les grandes cardes avaient 10 pouces sur 6 (fig. 33). Le cardage se finissait avec de petites cardes. Les petites cardes pour trame avaient 10 pouces 1/2 sur 2 pouces 10 lignes, celles pour chaîne, 10 pouces 1/2 sur 2 pouces. Les cardes à laine étaient rembourrées, c’est-à-dire garnies de tonlure de drap, connue sous le nom de noppes ou bourre tontisse, de telle manière
- p.2x68 - vue 99/478
-
-
-
- FABRICATION ET APPRÊT SOUS l’aNCIEN REGIME DES RÈGLEMENTS 69
- que les cardes de dessous étaient un peu plus chargées vers la pointe que vers le talon et celles du dessus, au contraire, un peu plus vers le talon que vers la pointe, parce que c’étaient les parties qui fatiguaient le plus. La laine dont on se servait ainsi pour
- bourrer les cardes était, bien entendu, de la même couleur que celle que l’on se proposait de carder ; la bourre était entassée bien ferme à l’aide d’un peu d’huile. L'ouvrier assis sur le baudet frottait sur la
- Pou de
- Fig. 33. — Cardes.
- droussette fixe une poignée de laine qui s’engageait entre les dents. Il retirait ce qui pouvait être de trop, posait la seconde droussette et tirait à lui en descendant et en appuyant, ce qu’il répétait cinq à six fois. Il enlevait la laine de la droussette mobile, rabattant de la main gauche ce qui en débordait des deux côtés, la retournait et lui donnait neuf à dix coups jusqu’à ce que la cardée fut unie. Il faisait ainsi 40, 50, 60 cardées d'une livre de laine huilée.
- Le cardage aux petites cardes se faisait avec les mêmes soins que pour le droussage. Il n’en différait que par le plus de délicatesse des instruments et parce qu’il se faisait sur les genoux.
- On tenait la carde de dessous de la main gauche et on la posait sur le genou gauche ; on saisissait avec la main droite la carde de dessus et on les manœuvrait comme précédemment. Apres avoir donné trois tours de cardé, on dégageait la laine, puis avec le dos de l’une on roulait sur l’autre le feuillet en lui donnant la forme d’un cylindre pour obtenir ce qu’on appelait boudins, plaques ou loquettes. Avec 1 livre de laine droussée, on pouvait faire 500 loquettes.
- Filature du cardé. — Rouet. — La Pileuse, debout devant son rouet, tenant de sa main gauche une loquette, en tirait une petite partie qu’elle attachait vers le milieu de la pointe de la broche; puis, faisant tourner la roue de la main droite, elle tirait et élevait la main gauche en laissant échapper la laine sans trop la serrer et en quantité convenable.
- Quand elle avait fait une aiguillée aussi longue que l’étendue de son bras le permettait, elle arrêtait la roue, lui donnait un petit mouvement en sens contraire pour détourner les premières spires trop serrées, puis elle renvidait et recommençait la même manœuvre tant que la loquette lut épuisée; elle soudait alors une autre loquette et continuait de la même façon.
- Les fils de chaîne et de trame s’obtenaient ordinairement en faisant trois aiguillées par loquette; mais le fil de chaîne était plus tordu que le fil de trame. En dévidant le fil obtenu, on produisait ce qu’on appelait les perots pour la trame, les e'chets pour la chaîne.
- p.2x69 - vue 100/478
-
-
-
- 70
- APPRÊT DES TISSUS DE LAINE PEIGNEE
- Peignage de la laine. — Le peignage désignait comme aujourd’hui l’opération usitée pour préparer les laines longues et lisses ; le fil de laine peignée était désigné sous le nom de étain ou estain.Les opéra-rations successives nécessaires pour produire l’étain étaient les suivantes :
- Épluchage;
- Battage ;
- Épluchage ;
- Dégraissage ;
- Écharpissage ;
- Ensimage pour peignage à sec (au beurre pour peignage humide) ;
- Peignage ;
- Lavage ;
- Repeignage;
- Relavage.
- On ouvrait les toisons, émêchait les pointes grossières et triait ; en même temps qu’on effectuait ces diverses opérations, on écharpissait la laine. La laine ainsi préparée était alors battue, qu’elle ait été ou non lavée à dos. Puis on recommençait l’épluchage.
- Si la laine avait été lavée à dos, on passait directement à l’ensimage après le battage sans la relaver dans le cas où on se proposait de la peigner à l’huile. Cette opération consistait à étendre la laine bien battue, épluchée et ouverte sur une planche propre; on l’arrosait d’huile d’olive à la dose d’une pinte de Paris pour 24 livres de Paris et à la tourner, frotter et manipuler pour que toute la partie fut également imprégnée.
- Si la laine n’avait pas été lavée à dos ou après la tonte, ou encore même dans ces derniers cas si on voulait travailler plus proprement et presque toujours quand on voulait peigner au beurre, on dégraissait à fond dans deux bains de savon tiède. On tordait et peignait mouillé.
- Peignage. — Le peignage se faisait avec des peignes spéciaux à deux ou trois rangées de longues dents qu’on faisait chauffer légèrement dans un pot muni d’un peu de charbon de bois pour faciliter le travail.
- Sur la partie supérieure de cette sorte de chaufferette se trouvait un pot pour fondre le beurre ; sur le côté des ouvertures permettant d’engager les dents des peignes.
- Deux poteaux étaient disposés de chaque côté de la chaufferette pour que deux ouvriers puissent travailler en même temps. Ces ouvriers, assis sur un trépied lorsqu’ils peignaient, se levaient et restaient debout en tirant la laine du peigne.
- On fichait dans le poteau, à environ 4 pieds du sol, un crochet sur lequel on fixait les peignes qui étaient ainsi solidement maintenus. Les aiguilles formaient un plan vertical à la portée de l’ouvrier {fig. 34).
- p.2x70 - vue 101/478
-
-
-
- FABRICATION ET APPRÊT SOUS L’ANCIEN RÉGIME DES RÈGLEMENTS 71
- Le peigneur était assis en face du poteau, à portée du pot à feu, et avait de l’autre côté un baril qui renfermait la laine à peigner bien épluchée, bien écharpie, ouverte et ensimée si elle devait être peignée à l’huile, ou seulement encore humide du lavage si elle devait être peignée au beurre. Le peigneur prenait un des peignes qui chauffaient
- d’une main et de l’autre une petite poignée de laine qu’il passait peu à peu dans le peigne
- Fig. 34. — Peigne.
- en tirant toujours à lui, et répétait cette opération jusqu’à ce qu’il ne lui restât plus de laine en main. Il en reprenait et continuait de même tant que le peigne fût suffisamment garni. Il remettait le peigne au feu, la pointe des broches en dedans du pot et la partie garnie de laine en dehors; il retirait l’autre peigne et le chargeait comme le pre-mier. Prenant alors les deux peignes, l'un de chaque main, il présentait le plan des broches de l’un, dans une situation à peu près perpendiculaire au plan des autres, et insérant le dernier alternativement en différents sens et à plusieurs reprises dans la laine dont l’autre était chargé, il la faisait passer de l’un à l’autre jusqu’à ce qu’elle fût bien ouverte et que toutes les fibres tendissent à devenir parallèles. C’est à ce moment que le peigne, qui restait seul chargé de laine, se plaçait sur la patte ou broche et qu’on en tirait la laine, les deux mains serrées contre les broches, entre le pouce et l’index et relâchant pour reprendre de nouveau le plus près du peigne possible. On tirait ainsi la laine sous forme d’une barre de 3 à 4 pieds de long suivant la laine, cette barre devant être claire, nette et d’une épaisseur bien uniforme.
- Ce qui restait dans le peigne, après le premier peignage, et qu’on nommait entre-deux ou retiron, pouvait encore se repeigner pour donner une seconde sorte qu’il fallait mettre à part. Mais le second tirage ne séparait plus que du peignon commun, uniquement propre aux étoffes grossières.
- On posait les barres les unes sur les autres au nombre de 4, 6, 8. On les roulait ensemble pour faire des boulets lorsque la laine ne devait plus être repeignée. Dans ce dernier cas, l’ouvrier ne rabattait pas les barres et au lieu de les mettre en boulets, il les laissait en pelotes.
- Dans le peignage au beurre, on en employait 6 onces pour 20 livres de laine. On fondait le beurre dans une écuelle placée sur le chapiteau. L ouvrier y trempait un peu de laine qu’il tenait à la main pour en charger le premier peigne. L’humidité de la laine (celle-ci était, comme nous l avons dit, simplement essorée), jointe à la chaleur du peigne, favorisait l’écoulement du beurre qui était bientôt disséminé partout. La
- p.2x71 - vue 102/478
-
-
-
- 72 APPRÊT DES TISSUS DE LAINE PEIGNEE
- laine séchait assez dans cette opération du peignage pour être mise en teinture aussitôt après. Le premier peignage s’appelait brifauder, bisto-quer la laine.
- Après teinture, on relavait la laine au savon et on recommençait le peignage avec plus de soins.
- La battée de 20 livres diminuait d’environ 3 à 4 livres. Un peigneur employait ordinairement une demi-journée pour brifauder et un peu plus d’un jour pour peigner à fond, soit deux jours pour les deux peignages.
- On finissait généralement par un dernier dégraissage avant filature. La laine mise en boulets était séchée à l’étendage, puis on la portait au plioiroùonla disposait pour la remettre aux fileuses. La quantité de laine qu’on prenait dans la main pour la plier se nommait garotte ou moche ; ces garottes ou moches se mettaient en bottes qu’on nommait bouchons.
- Filature de la laine peignée. — On filait généralement la laine peignée à la quenouille. La quenouille, d’environ 3 pieds de longueur, était terminée en fourche ou en croissant pour y attacher la laine. Celle-ci, repliée sur la quenouille, était contenue, serrée vers le bas par une bande de cuir assez ferme et par un bûton fendu qui contenait la bande à ses extrémités et qu’on rapprochait au fur et à mesure que la laine se vidait.
- L’ouvrière, assise devant son rouet, passait le bas de la quenouille dans sa ceinture et la couchait sur sa poitrine diagonalement de gauche à droite, en forme de baudrier. Puis ayant évidé sa matière sur un bout de fil resté et qui sortait du bout de la broche, elle tirait la laine d’une main, tournait le rouet de l’autre, et le fil s’allongeait, se tordait et se roulait en même temps sur la bobine.
- Les filés très tordus tendaient à se détordre ; on les fixait soit en plongeant les bobines dans l’eau chaude et les dévidait après dessiccation ; soit en dévidant serré, tendant les échevaux, les trempant dans l’eau et enfin les séchant.
- L’ourdissage de la chaîne se faisait par les mêmes moyens que ceux que nous utilisons. On dévidait, on doublait et ourdissait au moulin à retordre et la fabrication se faisait comme aujourd’hui, sauf que tous les métiers étaient mus à la main ou par moteur hydraulique. Les chaînes étaient encollées, en passant successivement les portées qui constituent le tout dans un bain de gélatine.
- p.2x72 - vue 103/478
-
-
-
- FABRICATION ET APPRET SOUS L’ANCIEN REGIME DES RÈGLEMENTS 73
- DE LA FABRICATION
- On divisait autrefois la fabrication des lainages en grosse draperie et petite draperie. La grosse draperie comportait la fabrication de toutes les étoffes drapées fines ordinaires, communes et grossières; ces étoffes étaient tout entières ou seulement partiellement composées de laine cardée; elles étaient soumises au foulon qui les drapait. Les principaux centres de fabrication étaient, pour la draperie fine, les Gobelins, Sedan, Abbeville, Louviers, Elbeuf, Rouen et Darnetal. La draperie commune provenait de Châteauroux, Romorantin, du Dauphiné (Vienne), de Troyes.
- Sous le nom de petite draperie, on désignait la fabrication de toutes sortes d’étoffes rases ou sèches, unies ou croisées, dont la laine qui la composait était tout entière peignée. Ces tissus, qui passaient ou non au foulon, rentraient peu et ne drapaient pas. Ce sont précisément les tissus de cette catégorie que nous classons aujourd’hui dans le traitement ras qui nous intéressent. Tous ces articles étaient aussi désignés sous le nom de Sayeterie, ainsi appelés parce que le fil de sayette, fait de laine peignée et filée au petit rouet composait seul la chaîne. Les principaux centres de fabrication étaient la Picardie, la Flandre, la Champagne, le Maine et l’Auvergne.
- Les étoffes de petite draperie se divisaient en deux catégories :
- ÉTOFFES A PAS SIMPLE
- 1° Camelots laine. ) Étoiles qui grai-Camelots mi-soie. } naient par la
- Camelots poil. ) trame.
- 2° Baracans ; Étoffes qui grainaient par la chaîne.
- 3' Etamines dontles unes ne grainaient pas, les autres grainaient un peu par l’un des deux moyens et quelque fois par les deux.
- 4° Tamises Duroy et autres étoffes dont le fil demandait à être aplati par l’apprêt.
- ÉTOFFES A PAS CROISÉ
- Serges : Serges d’Aumale.
- — de Blicourt.
- — du Rhône.
- — de Minorque.
- Calemandes.
- Prunelle.
- Turquoise.
- Basin.
- Grain d'orge.
- Silésie.
- Malborough, etc., etc.
- Camelots. — Les camelots étaient tissés avec une chaîne doublée et retorse ; on employait pour la chaîne les filets moins tordus, réservant pour la trame le fil plus tordu. Toutes les matières étaient teintes en fil. La chaîne se composait de 1.500 à 1.800 fils pour une largeur de 5/8 <1 aune (0,74). Outre les camelots de laine ordinaire qui se faisaient
- p.2x73 - vue 104/478
-
-
-
- v
- gai
- e
- 74
- APPRÊT DES TISSUS DE LAINE PEIGNEE
- touj ours à Amiens à chaîne simple assez passablement torse mais jamais retorse, il s’en faisait une autre espèce très grossière désignée improprement sous le nom de baracan, où l’on doublait et l’on triplait même la trame.
- On fabriquait à Lille beaucoup de sortes de camelots de laine en couleurs unies, rayées, jaspées comme à Amiens : mais on les y variait de plus dans les largeurs et on en tissait un grand nombre en écru pour être teints en pièce.
- Les plus larges des camelots, de 3/4 et d’environ 1 aune (mesure de France) étaient peu connus hors de Flandre; ils étaient légers, communs et à bas prix, et se consommaient principalement en habillements de femme.
- Les camelots de largeur ordinaire (7/12 d’aune), connus sous les marques distinctives de quatre (*), quatre et demi, ou cinq barres, se tissaient tantôt en couleurs et tantôt en écru.
- Les camelots mi-soie étaient composés d'une chaîne retorse comprenant un fil de laine du pays plus fin et mieux choisi que pour le camelot laine et d’une soie organisée de 30-36 deniers. Le nombre de deniers représentait alors le nombre de brins de cocons qui se dévident en même temps pour faire un fil. L’organsinage consistait à doubler deux de ces fils et à les virer ensemble.
- La trame était un fil du pays bien choisi et d’une filature peu torse.
- Les camelots poil étaient composés d’une chaîne de Tourcoing plus ou moins fine et d’une soie organsinée retors ensemble; la trame était composée de deux fils de poils de chèvre retorse ensemble.
- Baracans.—La matière se teignait en brut. La chaîne était filée plus grosse et plus torse que la trame, puis elle était doublée et retorse fortement et à deux fois. La trame plus fine et moins torse était duitée mouillée. On tissait 2 et 2 fils levés et baissés.
- Étamines. — On fabriquait autrefois un grand nombre d’étamines.
- Étamines unies. — La chaîne était formée d’un fil de laine peigné retors avec une soie organsiée de 30-32 deniers, le tout teint en écheveau avant retordage. La trame était composée d’un fil de laine peignée teinte et repeignée avant filature.
- Étamines virées. — Le fil de chaîne était teint,puis doublé avec une
- (1) Rappelons qu’en 1785 la fabrication était libre, mais qu’on distinguait les marchandises réglées et celles qui ne l’étaient pas. Les premières faites en observation des règlements devaient renfermer un nombre de fils déterminés de qualité et de numéro fixés sévèrement par ce règlement. La marque était une sorte de garantie fournie par l’Etat.
- p.2x74 - vue 105/478
-
-
-
- FABRICATION ET APPRÊT SOUS l’aNCIEN REGIME DES RÈGLEMENTS 75 soie à 32 deniers, teinte aussi,mais dans une nuance différente. La trame était teinte après filature.
- Crépon façon d’Alençon. — La chaîne était formée d’un fil de laine viré avec deux, trois et quatre fils de soie. La trame était un fil de laine du pays plus ou moins fin, à peu près comme la chaîne, mais moins lors.
- La soie était ordinairement du crû du Languedoc, et connue dans le commerce sous le nom de poil d'Alais. Elle est toujours teinte à une nuance différente de celle de la laine. Non seulement elle jaspait, mais aussi elle glaçait en proportion de sa qualité. Comme cette soie était peu torse et qu’elle était seulement virée avec le fil de laine, elle ressortait et tranchait sur le fond. La trame était toujours teinte de la couleur du fil de laine de chaîne.
- Crépon d’Angleterre dit Castignette. — Le crépon d’Angleterre ne différait pas en chaîne du crépon d’Alençon quatre soies, mais la trame était pure soie en deux fils retors ensemble, toujours également teinte de la couleur du fil laine, le plus souvent en brun, mais tranchant sur la couleur soie.
- Étamine glacée. — Chaîne pure soie de 2 fils organsinés de 30 deniers faisant aussi 4 brins teints et retors ensemble. La trame était un fil de bouchon teint et peigné.
- Toutes ces sortes d’étamines se fabriquaient en une largeur d’une demi-aune (0,59) et sur environ 60 aunes de longueur (70 mètres), sauf celles d’Alençon, qui ne se faisaient que sur 40 aunes. Le nombre de fils en chaîne variait de 900 à 1.200 dans les ordinaires, et de 1.200 à 1.500 dans les fines. Elles s’employaient surlout en habillements de femmes et quelquefois aussi en habits d’hommes.
- On faisait aussi une sorte d’étamine qu’on nommait simplementcrépon, de pure laine du pays à quelques fils de lin près, semés çà et là dans la chaîne par rayures et dessins quelconques. Le crépon se fabriquait en blanc, à fil simple, chaîne et trame, celui de la chaîne très tors à la filature ou retors au moulin. On teignait en pièces. Cette étoffe avait de la fermeté à cause du tors du fil de chaîne; mais, comme elle se fabriquait toujours à très bon compte, elle ne servait guère que de doublure.
- Reims faisait aussi des étamines de diverses sortes, laine peignée en chaîne et en trame, la chaîne très torse, la trame plus ouverte. Le voile n’était qu’une étamine fine.
- Tamise.— La tamise était obtenue avec une chaîne et une trame simples très torses, la trame un peu moins que la chaîne. Le rapport de
- p.2x75 - vue 106/478
-
-
-
- 76
- APPRÊT DES TISSUS DE LAINE PEIGNÉE
- se
- ÉTOFFES CROISÉES
- dt
- chaîne était égal au rapport trame. Il ne fallait pas de grain à la tamise, car elle était destinée à recevoir un apprêt brillant. La largeur de la tamise était de 27 pouces (0,729), le nombre de fils de chaîne d’environ 1.300 à 1.400; la matière était presque égale en chaîne et en trame.
- Duroy. — Le Duroy était un tissu analogue à la tamise plus forte en compte, puisque la chaîne était composée de 1.000 à 1.100 fils sur une largeur de 18 pouces 1/2 (0,50).
- Serges. — La serge d’Aumale se fabriquait en 0m,82 de large pour revenir après teinture à 0m,74; celle de Blicourt en 0“,693 pour revenir après les apprêts à O'n,S9.
- La chaîne et la trame étaient en peigné, 1.500 à 1.600 fils pour la serge d’Aumale, 1.200 à 1.500 pour celle de Blicourt. On tisse ordinairement à trame mouillée, l’armure était un sergé de 4.
- Les serges d’Aumale s’employaient beaucoup en meubles et en doublures teintes et apprêtées. On en imprimait ainsi une certaine quantité.
- La serge de Rome était croisée des deux côtés, autrement dit c’était un Casimir 2 et 2. La serge de Minorque était un sergé de 4 par la trame; la chaîne était fine doublée et bien torse, la trame était obtenue en virant quatre bouts de fil ouvert.
- Calemandes. — La calemande était un sergé de 5 par la chaîne. On la fabriquait en blanc unie ou à côtes sur une largeur de 0in,69. On distinguait les sortes de calemande par des fils de couleur qu’on tissait près de la lisière et du chef. Celles dites des :
- 2 barres étaient composées de 2.000 fils
- 3 — — 2.300 —
- 4 — — 2.600 —
- 5 — — 2.800 —
- 6 — — 3.000 —
- 7 — — 3.200 —
- Chaque fil était double et retors; la trame simple moins torse lissée, mouillée et ferme. Les calemandes étaient destinées à rester en blanc ou à être teintes en couleurs fines et beaucoup en couleurs claires. Le centre de fabrication était Roubaix.
- Prunelle. — La chaîne était composée de deux fils de Tourcoing superfins doublés et fortement retors. La trame était une soie du Lan-
- p.2x76 - vue 107/478
-
-
-
- FABRICATION ET APPRÊT SOUS L’ANCIEN RÉGIME DES RÈGLEMENTS 77
- guedoc organsinée, doublée et virée en trois, quatre ou cinq fils suivant sa grosseur, ce qui faisait six, huit ou dix brins. Le nombre de fils en chaîne était de 2.000 à 2.400 sur une largeur de 20 pouces (0m,54). Une chaîne de 43 aunes ne devait pas dépasser 11 livres, celui de la trame soie était de 1 livre 1 /2 à 2. L’armure employée était le sergé de 3 par la chaîne. On fabriquait de même toute une série de tissus que nous représentons ci-dessous par leurs armures.
- Turquoise (fg. 35). — Chaîne double retorse, trame simple et mouillée, 4 lames.
- Fig. 35. — Turquoise.
- Basin [fig. 36). — 4 lames, Casimir 2 et 2.
- FIG. 36. — Basin.
- Fig. 37. — Grain d’orge
- Grain d’orge [flg. 37). — Trame double virée, 8 lames.
- Malborough [fig. 38). — Chaîne fil souple retors. Trame simple moins torse, 16 lames.
- Silésie {fig. 39).
- Fig. 38. — Malborough.
- Fig. 39. — Silésie.
- APPRÊT DES TISSUS RAS
- Nous avons trouvé différents documents relatant les procédés employés sous le régime des anciens règlements pour les apprêts des étoffes. Nous relatons ces renseignements tels qu’ils sont parvenus et sans rien changer aux explications qui sont données. On sera surpris de constater combien sont anciennes la plupart des opérations usitées de nos jours. On remarquera de même que certaines théories exposées avec
- p.2x77 - vue 108/478
-
-
-
- 78
- APPRÊT DES TISSUS DE LAINE PEIGNÉE
- complaisance par quelques praticiens ne sont pas précisément modernes (1).
- APPRÊT ORDINAIRE
- Les étoffes se fabriquaient autrefois en écru ou, comme on disait, en blanc, et en fantaisie, c’est-à-dire en matières teintes avant ou après filature.
- Préparation des écrus. — La première précaution qu’il fallait prendre pour les écrus était de les parfaitement dégraisser avant la teinture et l’apprêt. On disait que la graisse s'étendait à la teinture, qu’elle ternissait les couleurs et tachait l’étoffe, qu’elle ressortait à la chaleur des apprêts, gâtait les cartons de presse, et ceux-ci à leur tour d’autres étoffes dans l’apprêt desquelles on les employait. Les serges d’Aumale, de Blicourt et quelques autres étoffes fabriquées à la campagne, étaient les plus sujettes à ces inconvénients, par l’usage où étaient les ouvriers de graisser les rots avec l’huile de lampe et de travailler malproprement.
- Il fallait souvent beaucoup de travail pour détremper et extraire les matières grasses durcies dans ces étoffes, et ce dégorgeage présentait pour certains genres d’apprêts de graves inconvénients : il détordait les fils, en dilatait les parties, les incorporait les unes aux autres, autrement dit, il foulait l’étoffe. Si la serge d’Aumale et de Blicourt était destinée à l’impression, ce léger foulage n’en valait que mieux, car l’étoffe eût été trop sèche autrement; mais, si elle devait avoir du grain, du lustre ou de la fermeté, ce qui exigeait un fil tors distinct et écrasé, tous ces inconvénients y étaient contraires. Cependant, quand une étoffe était mal fabriquée, encore valait-il mieux en rapprocher les fils et couvrir les défauts par le foulage que de les laisser paraître.
- Dégraissage. — Il fallait donc dégraisser les étoffes sans les fouler. On y procédait de diverses manières et toujours dans des piles fort légères. La méthode usitée à la campagne, rarement parfaite, n’évitait presque jamais l’inconvénient de fouler l’étoffe : on était toujours obligé, lorsqu’il s’agissait de couleurs claires et de blancs blanchis (c’est-à-dire écrus à blanchir), d’avoir recours à un nouveau dégraissage. Ce procédé consistait à prendre de la terre grasse, à la détremper et à la verser en plus ou moins grande quantité dans la pile. On y battait l’étoffe jusqu’à ce qu’elle parût dégraissée ; on lui donnait alors de l’eau en plein, on la relirait et on la renvoyait sans la faire sécher. On recommandait au fabri-
- (1) Encyclopédie Diderot et d’Alembert : Manufactures, par Roland de La Platrière.
- p.2x78 - vue 109/478
-
-
-
- FABRICATION ET APPRÊT SOUS L’ANCIEN RÉGIME DES RÈGLEMENTS 79
- cant d’exiger que les pièces lui fussent ainsi remises mouillées, parce que les foulonniers les étendaient, les roulaient même autour des arbres pour les faire sécher; et lorsque les étoffes étaient ainsi appliquées sur des chênes et même des pommiers, des poiriers, elles se couvraient de taches qu’il était très difficile de faire disparaître.
- Un procédé de dégraissage plus efficace consistait à employer l’urine seule ou mélangée à un peu de fiente de cochon ou de crottin de mouton. On faisait d’abord un léger foulage seulement pour bien imbiber l'étoffe du liquide dégraissant. On laissait l’étoffe jusqu’à ce que la fermentation qui s’y établissait attaquât les matières grasses sans nuire aux matières textiles. Le temps nécessaire pour obtenir ce résultat était de huit, dix, douze heures en été, dix-huit, vingt, vingt-quatre heures en hiver.
- On remettait alors l’étoffe dans la pile, avec le bain dont on l’avait imprégnée et on l’y travaillait quelque temps; on vidait la pile et on rinçait en pleine eau. Au lieu d’urine seule ou mélangée comme nous l’avons dit, on n’employait souvent que du savon tiède.
- Le dégraissage s’opérait bien aussi avec un bain de surge, c’est-à-dire avec de l’eau dans laquelle on avait dégraissé la laine en toison, non lavée avant la tonte (eau de suint). C’est ainsi qu’on en usait à l’égard des serges de Saint-Lô, qu’on foulait aux pieds dans de grandes auges en bois creusées en forme cylindrique. Un autre procédé qu’on préconisait à cause de sa simplicité et qui cependant n’était pas employé, consistait à mettre dans la pile du son en quantité plus ou moins grande et de l’employer avec un peu d’eau tiède d’abord. Ce procédé permettait, paraît-il, de dégraisser parfaitement toutes sortes d’étoffes sans les durcir et sans altérer aucunement les couleurs si elles étaient teintes.
- Pour enlever les taches fortement incorporées, durcies dans l’étoffe et qui résistaient à la terre à foulon, comme le cambouis par exemple, certains dégraisseurs employaient le jaune d’œuf délayé sur la tache. Il se formait en frottant une écume savonneuse qui entraînait au lavage les matières grasses de quelque nature qu’elles fussent et sans plus d’altération sur les couleurs que l’eau seule n’était capable d’en produire.
- Apprêt des blanchis. — Lorsque l’étoffe était bien dégraissée et dégorgée en rivière, on la séchait, on la grillait et on la mettait en teinture. Si la pièce était destinée à être blanchie, il convenait de la griller avant le dégrais. Remarquons que, dans tous les cas, même pour les écrus destinés à la teinture, il aurait mieux valu commencer par le grillage, mais les ouvriers prétendaient que l’étoffe était alors plus difficile à dégraisser; que la graisse plus recuite, plus desséchée se détachait avec plus de peine. D’autres disaient que cela était faux, surtout si l’on pro-
- p.2x79 - vue 110/478
-
-
-
- U Jim-J
- H
- 80 APPRÊT DES TISSUS DE LAINE PEIGNÉE
- cédait au dégraissage, l’étoffe encore chaude du grillage. Les pores de la matière étaient plus ouverts, la graisse était prête à entrer en dissolution, elle se combinait plus facilement avec la terre ou le savon, et elle s’échappait plus rapidement que dans l’autre méthode (1).
- Ainsi donc, pour procéder au blanc fin, on donnait un léger foulon d’une seconde eau de savon, on dégorgeait en rivière, on laissait égoutter sur chevalet. On passait alors au bleu, fleur d’indigo qu’on délayait dans une petite quantité d’eau, on faisait égoutter une bonne heure et on mettait au soufre pendant cinq à six heures.
- Au sortir du soufroir, on lavait en rivière, on mettait au blanc d’Espagne et en même temps au bleu qu’on délayait ensemble dans l’eau claire. On envoyait au soufre une seconde fois, on lavait dans une légère eau de savon et faisait sécher. Pour terminer, on passait àl’étendage au corroi, et de là à la calandre ou à la presse ou à l'un et à l’autre, suivant l’apprêt à obtenir.
- Bien que le procédé précédent fût le meilleur, on employait souvent une méthode plus rapide, mais moins parfaite. Pour les blancs ordinaires, on se contentait de soufrer en premier lieu l’étoffe, même sèche, et quelque mal dégraissée qu’elle fût (nous avons dit que la pièce rentrait chez le fabricant après être passée par le foulon; le blanchiment était alors pratiqué par une autre corporation, celle des teinturiers). On la passait alors en bain de craie, lavait et dégorgeait à fond en rivière; puis on la passait ou non en bleu, la séchait au grand air, soufrait une deuxième fois et enfin terminait par une légère eau de savon pour lui enlever l'odeur du soufre. Le dernier bain de savon donnait en même temps de la douceur et enlevait le toucher dur et âpre que lui avait communiqué le soufre.
- Apprêt des écrits. — On ne considérait point, autrefois, comme nous l’avons déjà dit, le dégraissage comme faisant partie du travail des apprêteurs. Leurs fonctions commençaient au débouilli des étoffes. Toutes les étoffes roses y étaient soumises, sauf quelques sortes d’étamines de la fabrique d’Amiens dont l’apprêt était particulier, et les tamises qu’il était inutile de bouillir, puisque ces étoffes réclamaient de la fermeté et du lustre plus que de la douceur. Autrement dit, à celte époque, le débouilli jouait le rôle important qu’a pris aujourd’hui le fixage.
- Grillage et rasage. — Le grillage à la plaque ne commença guère à être appliqué en France qu’à l’époque à laquelle nous nous reportons.
- (1) Il est curieux de constater que la même discussion existe toujours et que départ et d’autre on entend encore dans les ateliers des arguments analogues.
- p.2x80 - vue 111/478
-
-
-
- FABRICATION ET APPRÊT SOUS L’ANCIEN RÉGIME DES RÈGLEMENTS 81 Ce fut un sieur Price, apprêteur à Londres, qui vint s’installer à Amiens en 1772, s’associa avec un nommé Flesselle et y apporta des procédés d’apprêt des étoffes rases complètement nouvelles, basés sur l’emploi du grillage à la plaque.
- Toutes les serges d’Aumale, de Blicourt, de Rome, de Châlons, les calemandes unies, les prunelles, les tamises, les durois, etc., étaient fabriquées en écruet sujettes au grillage. Les calemandes à côtes, les calemandes damassées, les malboroughs, les basins à côtes, les montforts et autres étoffes façonnées, étaient également grillées. Il n’y avait que les étoffes à grains telles que les camelots, toutes les sortes d’étamines camelotées ou baracanées, depuis le crépon et le voile, jusqu’à l’étamine du Mans, les barocans, etc., qu’on ne grillait pas. Les matières, déjà devenues sèches à cause de leur forte torsion, le seraient devenues plus encore par le grillage. Ces étoffes loin d’acquérir le moelleux qu’on cherchait à leur donner, eussent été plus rudes au toucher et plus tranchantes à l’user.
- Le grillage se faisait à la plaque ou au corroi ou étendoir, machine du plus grand usage dans toutes les sortes d’apprêts.
- Corroi ou étendage {fig. 40). — Le corroi consistait en un assem
- blage très solide de quatre piliers verticaux à hauteur d'appui, entretoi-sés haut et bas par des traverses horizontales. Aux deux extrémités et
- au-dessous du plan horizontal supérieur que formait ce cadre étaient disposés des rouleaux sur lesquels s’enroulaient et se déroulaient les étoffes. Plusieurs cylindres
- et bai res de bois et de Fio. 40. — Corroi ou étendage.
- fer, les uns mobiles, les
- autres fixes, étaient distribués au travers de ce cadre à des hauteurs différentes pour que l’étoffe s’embarrât, se déplissât et s’étendît parfaitement. S’il s’agissait de corroyer l’étoffe dans des conditions spéciales qu’on indiquera, on ajoutait deux barres de fer posées horizontalement près du sol, pour supporter un feu de charbon très ardent, sur lequel on passait et repassait quelques fois l’étoffe.
- Lorsqu’on ne voulait que griller l’étoffe, la raser à l’esprit-de-vin, on employait une petite gouttière, demi-cylindrique, de cuivre étamé remplie d’alcool. On la plaçait un peu en avant très près et au-dessous d’un rouleau mobile qu’on tournait, reculait ou approchait selon les besoins. La flamme de l’esprit-de-vin brûlait complètement le duvet. On aurait
- APPRÊT DES TISSUS DE LAINE.
- 6
- p.2x81 - vue 112/478
-
-
-
- 82 APPRÊT DES TISSUS DE LAINE PEIGNEE
- pu adapter une brosse relevant le poil avant la rampe, et une autre brosse ou un couteau peu tranchant pour faire tomber les poils brûles.
- Pour donner le mouvement aucorroi et faire passer l’étoffe du cylindre garni à l’autre, on adaptait dans l’axe de celui-ci une roue dentée qui engrenait dans une lanterne que l’ouvrier faisait tourner avec une manivelle. Un balancier facilitait et réglait l'uniformité du mouvement.
- Débouilli des étoffes écrues. — Les étoffes étaient enroulées, fortement serrées, sur un rouleau de bois blanc de 3 à 4 centimètres de diamètre, au corroi et à froid. On les enveloppait d’une triple toile, et on plaçait les rouleaux verticalement près les uns des autres dans une chau dière pleine d’eau qu’on avait pris la précaution de faire bouillir et d’écumer. On laissait bouillir pendant une heure et demie, et on s en tenait à cette opération si l’on travaillait des étoffes légères, faciles à pénétrer, comme les serges d’Aumale, de Blicourt,les camelots ecrus,etc. ; mais les serges de Rome, de Minorque, les calemandes prunelles, basins à côtes grains d’orge et autres étoffes d’une fabrication serrée devaient être bouillies une seconde fois. On déroulait les pièces et les enroulait à nouveau et on changeait les bouts, le chef devenant la queue et par cette nouvelle opération les tissus étaient également pénétrés. On avait soin de faire bouillir d'abord les pièces destinées aux couleurs foncées, les noirs, les bruns, bleu de roi, vert de Saxe, parce que la crudité des bains les ternissait toujours un peu. On passait les dernières, les pièces pour couleurs claires et vives. Après le débouilli, on laissait les pièces refroidir sur le rouleau même et on les livrait ainsi pour être mises en teinture. On recommandait de ne les laisser enroulées que le temps nécessaire au refroidissement pour éviter les fermentations.
- Débouilli des étoffes de couleur. — Les étoffes Lissées teintes étaient
- apprêtées de bien des façons différentes.
- Avant de procéder au débouilli des étoffes fantaisie (ou à 1 opération qui la remplaçait), on devait soigneusement les visiter pour noter les taches que les ouvriers pouvaient y avoir faites en travaillant. On enlevait ces taches avec de la craie de Briançon pulvérisée, à l’aide d’un fer chaud et d’un papier buvard interposé. On employait le savon de Gênes avec succès quand les couleurs pouvaient en supporter l’action.
- On bouillait les camelots comme nous l’avons indiqué précédemment;
- mais on avait parfois employé des couleurs si délicates, des nuances si légères qu’on avait raison de craindre l’effet du bouilli. Les uns trempaient le camelot à l'eau chaude, d’autres à l’eau tiède, ceux-ci à l’eau froide ; ceux-là ne faisaient que l’asperger. Quand on mouillait en plein, comme il était d’un usage général, on posait la pièce sur une lisière,
- p.2x82 - vue 113/478
-
-
-
- FABRICATION ET APPRÊT SOUS L’ANCIEN REGIME DES RÈGLEMENTS 83 puis peu après sur l’autre et quand on jugeait le tissu également pénétré et l’eau égouttée, on faisait sécher.
- Corroi à chaud. — On passait alors au corroi au brasier ardent, le camelot y prenait du corps et s’y nourrissait. Malheureusement on abusait souvent et on allongeait d’une manière excessive.
- A Lintz, au lieu de faire passer l’étoffe au-dessus du brasier ardent, on employait un cylindre creux en cuivre de 8 pouces de diamètre dans lequel on mettait des boulons de fer rouge. De cette manière la chaleur était plus égale et desséchait moins l’étoffe en même temps que l’opération était plus régulière. Mais en général le camelot était peu graine.
- Calandre. — Après l’action du corroi à chaud et serré, on laissait ainsi l’étoffe sur le rouleau pendant vingt-quatre heures ou plus; on la portait à la calandre où elle était remise de nouveau sur un rouleau de 4 à 5 pouces; on arrêtait le bout de pièce avec un fil sur les lisières et la mettait sous la calandre qui n’aurait su être trop chargée, de même que les étoffes trop serrées sur le rouleau pour soutenir l’effet du poids considérable qui les comprimait. La calandre n’écrasait cependant pas le grain, mais elle le roulait en différents sens et adoucissait l’étoffe. On donnait ainsi tant de tours de calandre qu’on le jugeait nécessaire (1).
- Dès que la pièce commençait à s’ébouler, on la retirait, la déroulait et si elle n’était pas assez calandrée, onia remontait sur le rouleau et la travaillait de nouveau autant qu’il était nécessaire. Si on ne l’eût pas retirée aussitôtl’éboulage, il s’y serait formé des plis et des tiraillements qui eussent déformé, coupé ou déchiré le tissu.
- Presse. — L’opération de la presse était essentielle dans ces apprêts. Chacun avait sa petite pratique et tous en faisaient grand mystère. Les uns humectaient un peu les étoffes avant de les presser; d’autres n’y mettaient rien et pressaient à sec.
- On pliait par feuillets les pièces bien étendues par le corroi, qui produisait l’effet de la rame sur les draps. On y mettait des cartons à l’endroit et à l’envers, les vieux à l’envers et les neufs à l’endroit; les plus fins les plus durs, les plus lisses et les plus brillants pour les étoffes glacées; d’infiniment plus mous et sans lustre pour les étoffes dont le grain devait être conservé, se nourrir et même se lustrer en pénétrant dans le carton. Avec les premières on employait une très grande cha-
- (1) Remarquons que de nos jours la calandre a été complètement supprimée des apprêts des tissus de laine, nous ne savons pour quelle raison. Elle continue à être employée dans l’apprêt des tissus de lin et de coton. Il ne faut pas confondre avec le calendrage qui s’applique par les presses.
- p.2x83 - vue 114/478
-
-
-
- 00
- APPRÊT DES TISSUS DE LAINE PEIGNÉE
- leur et une très forte pression; avec les secondes, une chaleur et une pression moindres.
- On rangeait en pile sous la presse les étoffes cartonnées. On en mettait vingt-cinq à trente de 30 aunes les unes sur les autres en intercalant entre chacune une plaque de fer forgé ou battu de 3 à 4 lignes d’épaisseur (7 à 9 millimètres) et chauffée au rouge. On tempérait l’effet trop violent des plaques sur les étoffes en les séparant par une planche et quelques gros de carton. Il aurait mieux valu que ces plaques eussent une température telle qu’on ne fût pas obligé d’y mettre des planches.
- On serrait la presse avec un levier et on laissait les pièces en repos pendant douze à quinze heures. Il était mieux de les laisser complètement refroidir.
- On rechangeait les étoffes, c’est-à-dire qu’on les repliait et on cartonnait de nouveau, de manière que les plis de la première presse tombassent entre ces cartons de la deuxième pour y être aplatis, pressés et lustrés comme les autres parties. On pressait une seconde fois en opérant comme pour la première.
- Telle était la méthode généralement appliquée, mais cette méthode subissait autrefois comme aujourd’hui diverses modifications selon les cas.
- Apprêt des baracans. — Lebaracan, qui était une étoffe tissée teinte, plus serrée et plus dure que le camelot, devait se traiter différemment.
- Au sortir du métier de tisserand, on l’étendait sur un banc de tondeur, on relevait le poil avec une vieille carde et on le tondait avec des forces. En Angleterre et en Allemagne, on ne tondait pas le baracan, mais on le brûlait. On avait tenté cette dernière opération en France, mais on s’aperçut que quand la filature et la fabrication n’étaient pas bien égales, les imperfections s’en découvraient davantage. On croyait aussi que le grillage rendait le tissu plus sec et on revint ainsi à l’usage de la tonture.
- Le baracan passait delà aux épointeuses, épotoyeuses,wo^QwsQS, pour en tirer, avec les pinces, toutes les ordures, les nœuds, les bouillons qui s’y rencontraient. Ce nopage se faisait d’ailleurs pour toutes les étoffes qui devaient être mises en presse ou passées au cylindre, à moins qu’elles ne fussent destinées à être teintes en maron foncé, noir, brun foncé, bleu de roi et autres.
- On foulait ensuite le baracan à la terre grasse. L’on s’en tenait à un simple reviquage(1) pour le purger de la graisse et des ordures qu’il pouvait renfermer. On le corroyait pour l’étendre et le tenir en largeur,
- (1) Réviquer une étoffe, c'était lui donner un bain de terre plus léger et moins prolongé que pour le dégraissage du drap.
- p.2x84 - vue 115/478
-
-
-
- FABRICATION ET APPRÊT SOUS L’ANCIEN RÉGIME DES RÈGLEMENTS 85 et on le faisait bouillir dans la chaudière, sur le rouleau, comme il a été dit précédemment, pendant deux heures. On retirait le rouleau, on le mettait debout dans un coin de l’atelier et on l’y laissait jusqu’à ce que l’étoffe fût refroidie. On prenait soin, quand on mettait plusieurs rouleaux dans la chaudière, que les couleurs des différences pièces ne pussent s’altérer les unes les autres.
- Onreviquait encore l’étoffe, on la rebouillait de nouveau très serrée, en ayant soin de changer les bouts; on le repassait au corroi à chaud. De là on passait à la calandre et enfin à la presse.
- Emploi de la colle d'apprêt. — Amiens fabriquait un baracan beaucoup plus gros, plus fort, plus dur encore que le précédent qui se tissait en blanc pour être teint en pièce, et qu’on consommait principalement en Normandie et en Bretagne en capotes à l’usage du peuple. Le baracan se débouillissait deux fois successivement en changeant de bout, on le faisait reviquer, puis teindre.
- Après la teinture, avant qu’il fût complètement sec, on l’aspergeait d’une eau chaude dans laquèlle on faisait dissoudre une petite quantité de colle forte d'Angleterre. On le corroyait à chaud et on plaçait cinq à six pièces croisées les unes sur les autres au-dessus d’une chaudière d’eau pure qu’on faisait bouillir, on couvrait le tout d’une couverture grossière; la vapeur pénétrait les étoffes et étendait la colle; après quatre à cinq heures on les faisait sécher et l’apprêt était fini).
- D’autres faisaient simplement dissoudre de la gomme arabique dans de l’eau chaude. Ils y trempaient le baracan, le faisaient sécher et le corroyaient.
- Les Anglais faisaient bouillir sur les buhots ou bobines, les fils de chaîne du baracan avant de l’ourdir; maisils n’évitaient pas le grippage auquel il avait tendance beaucoup plus que le nôtre. Il était aussi plus sec, plus sujet à se couper et à se graisser, sans doute parce qu’ils ne le reviquaient pas ni le débouillissaient comme nous le faisions.
- Apprêt de la tamise et autres tissus. — L’apprêt de la tamise avait pour but de donner au tissu plutôt de la fermeté et du lustre que de la douceur. Aussi était-il inutile de la faire bouillir. C’était la même raison qui rendait inutile l’emploi de la calandre.
- On fabriquait toujours la tamise en blanc, on se contentait de les corroyer à sec et à froid après la teinture, puis de les presser.
- (b Remarquons que les colles étaient usitées exceptionnellement et constituaient plutôt une falsification. On signalait déjà à cette époque des fabrications étrangères qui produisaient toutes sortes de tissus, sous tous les noms (Sedan, Louviers, Elbeuf, van Robais) avec des matières de qualité inférieure en quantité insuffisante. Les tissus étaient de plus fortement ramés. Alors, pour maintenir les tissus, et augmenter leur Poids on les gommait.
- p.2x85 - vue 116/478
-
-
-
- 86
- APPRÊT DES TISSUS DE LAINE PEIGNEE
- II en était de même de toutes les étoffes croisées fabriquées en blanc, sauf quelques différences. •
- Les serges d’Aumale et de Blicourt se corroyaient aussi à froid après la teinture, puis étaient pressées. Les prunelles se corroyaient à chaud et se calandraient seulement.
- La calemande se corroyait à chaud et se pressait. Les turquoises, les serges de Rome, de Minorque, doubles croisés, etc., se corroyaient et se pressaient,
- Les grains d’orge, les basins à côte, et de même toutes les étoffes armu-rées en écru devaient être simplement corroyées et pressées pour ménager le grain.
- Voici, d’autre pari, quelques renseignements sur les apprêts exécutés dans certains centres où des dispositifs spéciaux étaient employés, dispositifs qu’il est important de signaler puisqu’ils peuvent encore recevoir des applications intéressantes.
- Apprêt des étamines du Mans. — Bappelons que les étamines avaient en chaîne un fd laine et soie retorse dont la soie était teinte en écheveaux. Au sortir du métier, on portait l’étamine au bureau defabrique pour y recevoir le plomb; de là elle passait chez le dégraisseur.
- Composition du bain de dégraissage. — Le bain était composé de lessive neuve et de lessive vieille mélangées par parties égales. La lessive neuve se faisait dans une chaudière contenant environ 400 à 300 pintes (1). On la remplissait d’eau, on allumait le feu sous la chaudière et on la portait au bouillon. On y mettait dix boisseaux de cendres(2), on faisait bouillir pendant quatre heures, puis on laissait déposer. On vidait ensuite cette lessive dans une seconde chaudière, dans une troisième et enfin dans une quatrième, en tirant chaque fois au clair.
- La lessive vieille ou bourgeoise était celle qu’on achetait chez les particuliers qui faisaient la lessive et la vendaient 4 sols la seille ou seau contenant 14 à 15 pintes.
- Il y avait dans l’atelier une chaudière contenant environ 20 seaux sous laquelle il y avait toujours un-feu modéré. On remplissait cette chaudière de lessive moitié vieille, moitié neuve ; on y mettait 4 à 5 livres de savon noir et un morceau de savon blanc d’une livre ou d une livre et demie pour adoucir le bain ; et à mesure qu’on consommait du bain, on remettaitdela lessive et du savon à .proportion. il entrait communément 2 livres de savon noir et 2 livres de savon blanc par pièce d étamine, tant
- (1) 3 pintes du Mans faisaient 4 pintes de Paris.
- (2) Le boisseau du Mans pesait 30 livres.
- p.2x86 - vue 117/478
-
-
-
- FABRICATION ET APPRÊT SOUS l’aNCIEN RÉGIME DES RÈGLEMENTS 87 pour la dégraisser que pour la dégorger au moulin, en supposant toutefois qu’on ne fût pas obligé de la repasser.
- Ustensiles. — L'on versait la lessive dans la pièce avec un petit seau à anse de bois qui pouvait contenir trois à quatre pintes.
- La table sur laquelle était disposée la pièce à dégraisser était longue, garnie d’un rebord, élevée de 22 pouces (0",60) et un peu inclinée à un bout qui se terminait en bec pour conduire le bain sortant de la pièce dans un seau. Le bain ainsi recueilli était renversé dans la chaudière.
- On employait un battoir de 14 pouces de long, 1 pied de large, 3 pouces d’épaisseur du côté du manche et allant en diminuant vers l’autre bout
- qui n’avait que 2 pouces. Le manche avait à peu près 18 pouces de Ion
- gueur. Ce battoir pesait de 18 à 24 livres (fig. 41). Le dégraisseur avait devant lui une planche en forme •et de la largeur d’un tablier, dans le milieu de la
- Fig. 41. — Battoir.
- quelle se trouvait une pièce de bois rapportée assez épaisse et creusée au milieu. Après chaque coup de battoir, le bout du manche venait dans cette encoche, ce qui donnait à l’ouvrier la facilité de l’enlever en formant un arc-boutant.
- Il y avait aussi des moulins à eau pour faire ce dégraissage comme avec le battoir. La seule différence était que la pièce, au lieu d’être posée sur une table, était placée sur une cuve plate, un peu inclinée sur le devant, et percée pour que la lessive coulât dans une seille. Un arbre commandé par une roue hydraulique faisait lever alternativement deux pilons terminés par un battoir. L’opération se faisait également bien par l’une et l’autre machine, plus vite cependant au moulin; mais ce dernier était sujet à tous les inconvénients des machines hydrauliques, comme les grandes eaux, la sécheresse et les réparations fréquentes et coûteuses.
- Le moulin à dégorger était construit comme sont les autres moulins à foulon : c’était une cuve de 2 pieds 2 pouces en carré (0m,70) et en profondeur dans laquelle venaient frapper deux maillets ou foulons.
- Dégrais. — Pour dégraisser une pièce d’étamine on la pliait en deux, puis on la roulait de façon à ce que les deux bouts réunis fussent dehors; elle présentait un pied de surface qu’on appelait carre ; on la mettait alors tremper dans un bain de vieille lessive dégourdie, reste du dernier bain, qui se trouvait imprégné de savon. Après quoi, le dégraisseur posait la pièce debout sur une lisière, versait dedans plein le petit seau de bain, la remettait à plat et lui donnait sept à huit coups de battoir, alternativement sur une moitié et sur l’autre ; la largeur du battoir ne
- p.2x87 - vue 118/478
-
-
-
- 88 APPRÊT DES TISSUS DE LAINE PEIGNEE
- faisait guère plus de la moitié de l’étamine; puis il la remettait debout sur l'autre lisière, versait dedans également la petite seille pleine de bain et la battait après avoir changé la carre de surface : il recommençait jusqu’à dix à douze fois cette opération. Il déroulait alors la pièce pour la rouler dans l’autre sens et remettre en dedans ce qui était dehors, il recommençait encore dix a douze fois cette opération et le dégraissage était terminé.
- Dégorgeage en blanc. — On portait ensuite l’étamine au moulin à dégorger; on mettait quatre à cinq pièces dans la cuve; on arrosait toujours ces pièces avec une eau de savon blanc ; il en fallait une livre environ par pièce, on faisait ainsi tourner trois à quatre heures à l’eau de savon et une demi-heure a trois quarts d heure à l’eau claire, ce qui suffisait pour la dégorger.
- Étendoirs. — L’étamine était après cela portée aux étendoirs. Les étendoirs avaient environ 160 pieds de long (51m,84). Ils étaient formés de poteaux placés à 4 ou 5 pieds de distance les uns des autres, à 6 pieds d’élévation régnait une traverse garnie de plusieurs crochets rivés et tournant. On assujettissait le bout de pièce dans sa largeur à un bâton que 1 on attachait avec des cordes à ces crochets. On accrochait ensuite l’autre bout de pièce monté aussi sur un bâton à la traverse régnante le long des poteaux de l autre extrémité de l'étendoir, de façon à ce que l étoile restait étendue en 1 air dans toute sa longueur et sa largeur. On en rangeait ainsi plus ou moins suivant la largeur de l'étendage en laissant 1 pied environ entre chaque pièce. Le fond de l’étendoir était un gazon, afin qu’en cas d’accident les pièces ne puissent se gâter.
- Épreuve. — La pièce séchée, on la pliait et la reportait au marchand qui l éprouvait pli par pli pour juger si elle était parfaitement dégraissée ('). Cette épreuve se faisait en poudrant chaque pli avec une terre jaune très fine et très sèche avec le bout des doigts, on frappait dans plusieurs endroits du pli puis on secouait. Toutes les places où il s’était attaché de la terre étaient mal dégraissées ; dans ce cas on la renvoyait au dégraisseur. Si cela se présentait d’un bout à l’autre, ce dégraisseur était obligé de la repasser, c’est-à-dire de recommencer toute l’opération. S’il n’y avait que quelques taches, il se contentait de les frotter avec du savon blanc, puis il versait quelques seilles de lessive et les rebattait au battoir en proportion du besoin. Le mauvais lavage des laines mettait quelquefois dans la dure nécessité de repasser jusqu’à trois fois, ce qui faisait toujours tort à la qualité de l’étoffe. Dans tous les cas,.
- p) Inutile de dire que cette épreuve serait tout aussi intéressante à exécuter dans nos. usines modernes.
- p.2x88 - vue 119/478
-
-
-
- FABRICATION ET APPRÊT SOUS L’ANCIEN REGIME DES RÈGLEMENTS 89 on ne pouvait repasser une pièce, tout ou partie, sans la dégorger, comme nous l’avons dit, en faisant tourner le même temps et avec la même quantité de savon.
- Chardon. — La pièce bien dégraissée et bien dégorgée était remise entre les mains des chardonneurs. Cette opération se faisait en passant le bout de la pièce sur un rouleau attaché au mur. On lui donnait huit à dix tours avec de vieux chardons, et trois ou quatre tours de chardons neufs pour lui donner ce duvet dont l’étranger était si jaloux.
- Débouilli. — Cette opération faite, on montait la pièce ferme sur un rouleau de bois de 3 à 4 pouces de diamètre. Sur ce rouleau se trouvait une rainure dans laquelle on passait le bout de l’étoffe et qu’on y maintenait à l’aide d'une vergue ou verdillon qu’on y faisait entrer, on mettait la pièce toute montée sur son rouleau dans une chaudière pleine d’eau chaude au point d’y tenir à peine la main ; on l’y laissait pendant deux heures après lesquelles on la retirait pour la liser une et souvent deux fois. Par la façon dont s’exécutait ce lisage, la pièce se trouvait, comme enverra plus loin, remontée sur un autre rouleau. On le remettait dans la chaudière à la même température, on la laissait quatre ou cinq heures, levait et laissait trente-six heures sur le rouleau pour refroidir.
- Suivant la grandeur de la cuve on mettait une certaine quantité de rouleaux à la fois. Quand on travaillait des pièces fines pour mettre en couleur, on prenait la précaution de les envelopper avec une serpillière sur le rouleau pour empêcher les taches.
- La pièce bien refroidie, on la déroulait, on la portait toute mouillée au bureau des marchands pour y recevoir le plomb de vu pour noir; elle était alors remise au teinturier pour être guédée et mise en noir.
- Teinture. — Le procédé de teinture était exécuté comme l’exigeait le règlement à la cuve au pastel pour guède, à la couperose et noix de galles pour bruniture.
- Avant d’expliquer les opérations qui suivaient la teinture, disons un mot sur la façon de conduire le lissage.
- Lisoir. — Le lisoir ou dressoir était un carré de 3 pieds et demi de long sur 2 pieds 10 pouces de largeur (1,134 X 0m,898) composée de quatre forts poteaux de 3 pieds 3 pouces de hauteur, assemblés dans le bas par quatre traverses de 2 à 3 pouces, et à 2 pieds et demi de terre dans le haut, par quatre autres traverses de 5 à 6 pouces de largeur. Chaque poteau était échancré dans le haut pour recevoir les tourillons des rouleaux qui devaient être posés à chaque bout du dressoir; et dans le milieu du carré long il y avait cinq barres assemblées de 2 pouces de lar-
- p.2x89 - vue 120/478
-
-
-
- 90
- APPRÊT DES TISSUS DE LAINE PEIGNÉE
- geur et placées à un demi-pouce environ les unes des autres. La traverse du milieu était ronde. A la traverse d un des bouts au derrière du
- dressoir, il y avait de chaque côté une courroie de 1 pouce et demi de
- Fig. 42. — Lisoir ou dressoir.
- large desquelles, à chacune, pendait un poids de 20 livres (fg. 42).
- Lisage en blanc. — Pour liser une pièce d’étamine on faisait entrer le tourillon du rouleau sur lequel était montée la pièce dans les échancrures des poteaux de derrière où étaient attachées les courroies. On prenait le bout de pièce qu’on passait sur la pre
- mière, la troisième et la cinquième barre et sous la deuxième et quatrième. On conduisait le bout jusqu’au deuxième rouleau où on l’assujettissait au moyen de la rainure et du verdillon.
- Il fallait quatre hommes pour liser une pièce ; l’un tournai L le rouleau de devant pour rouler l'étamine, ce qui déroulait en même temps la pièce de l’autre rouleau, derrière le
- quel un second homme contenait la pièce bien ferme avec les deux mains, car elle ne l’était pas suffisamment par les deux courroies ; et pendant ce temps, deux autres hommes tiraient les lisières des étamines, chacun de leur côté, à mesure qu’elles passaient, pour ramener à la laise et en même temps décrisper l’étoffe. En hiver, lorsqu’il faisait bien froid, on mettait dans le milieu du carré, au-dessous de l’étamine, un réchaud, dans lequel il y avait un feu modéré pour éviter qu’elle ne gelât et ne se rompît.
- Revenons à la suite des opérations.
- Dégorgement en noir. — Le teinturier, après avoir tiré la pièce de la chaudière et lui avoir donné l’évent, la lavait à la rivière, puis il la renvoyait au dégraisseur. On la remettait au moulin à dégorger où elle tournait à l’eau claire pendant une heure et demie. On la roulait ensuite
- p.2x90 - vue 121/478
-
-
-
- FABRICATION ET APPRÊT SOUS L’ANCIEN RÉGIME DES RÈGLEMENTS 91
- comme pour le dégrais, c’est-à-dire sans rouleau, versait dedans de l’eau chauffée au point d’y tenir la main, et la battait au battoir pendant environ un quart d’heure en versant de temps en temps de l’eau chaude, tantôt par une lisière, tantôt par l’autre et en changeant la carre comme on le faisait pour le dégrais. On arrivait ainsi à faire sortir le teint au point que le tissu rendait de l'eau claire. Après quoi le dégraisseur remettait la pièce à l’étendoir.
- Épluchement. — Quand la pièce était bien sèche, des femmes l’épluchaient et la nettoyaient avec des pinces et des verges pareilles à celles dont on se servait pour les draps, à la réserve que les pinces, au lieu d’être pointues, avaient un demi-pouce de large. On tirait avec soin toutes les pailles, ordures, fils et autres corps étrangers qui pouvaient s’y trouver; après cela, on la remontait sur un rouleau pour la liser en noir.
- Lisage en noir. — Cette opération était la même que celle du lisage en blanc, à la réserve que, comme la pièce était sèche, l’ouvrier qui tournait le rouleau de devant pour remonter la pièce arrosait avec une poignée d’hysope et de l’eau l’étamine qui était dans le carré pour donner aux liseurs la facilité de l’étendre et de la décrisper. Cette opération demandait beaucoup d’attention pour ramener l’étamine à sa largeur et la rendre bien unie.
- Four. — La pièce, par l’opération du lisage, se trouvait toute remontée sur un rouleau ; on l’enveloppait de papier, on la recouvrait ensuite avec une serpillière bien attachée aux deux bouts du rouleau, et on la mettait ainsi dans un four chauffé au même degré que quand on a tiré le pain. On mettait une quantité de rouleaux proportionnelle à la grandeur du four, on les y laissait cinq heures, les retirait et les lisait encore une fois. On remettait au four le même temps, après quoi on sortait les pièces et laissait trois jours sur le roule pour les refroidir.
- Presse. — Les pièces de couleur, au lieu d’être mises au four, passaient à la presse comme des draps, avec cette différence que les plaques étaient modérément chaudes et placées seulement entre de vieux cartons; on laissait vingt-quatre heures en presse. Mais la presse n’était presque pas employée pour les étamines du Mans, car presque toutes étaient teintes en noir par suite de la difficulté de trouver des laines assez blanches et assez unies pour faire des couleurs.
- Pliage. — L’étamine ainsi apprêtée, on la pliait au bronchoir, traverse en bois d’une aune, garnie de trois broches, l’une à chaque bout, l’autre au milieu, dans lesquelles on enfilait le bord de la lisière. Ces broches
- p.2x91 - vue 122/478
-
-
-
- 19
- APPRÊT DES TISSUS DE LAINE PEIGNEE
- étaient un peu coudées en remontant, très longues, fines et pointues. La pièce se trouvait ainsi pliée et année en même temps. On la retirait des broches et on achevait de la plier sur une table. On la portait au bureau des marchands pour y recevoir le plomb de contrôle, et elle était alors prête à la vente.
- Apprêt lies étoffes de Reims. — Les burats, buratés, étamines et voiles se trempaient à l’eau tiède pendant une nuit. On les foulait aux pieds, ce qu’on appelait saboter. On les battait ensuite jusqu’à ce que l’eau en sortit claire, on les teignait et les livrait mouillées à l'ap-prêteur.
- Les petites étoffes qui tendaient à. se draper comme le raz de Castor, le maroc, le croisé, se foulaient à la terre grasse ; quelquefois même on faisait subir cette opération à l’étamine, du moins on les faisait toujours reviquer. Les flanelles, qui n’étaient que de petites serges, se mettaient au foulon et à la rame. On gommait les Raz de Castor, Maroc, croisés, buratés et les étamines rayées en les aspergeant avec de l’eau dans laquelle on avait fait dissoudre de la gomme arabique et qu’on faisait couler à travers un linge ; on les battait au battoir et les posait sur le feu jusqu’à ce que la gomme les eussent pénétrées partout et qu’elles fussent presque sèches ; on les mettait en cartons chauffés, et les pressait deux, trois ou quatre fois, serrant peu la première afin que l'excé-dent de colle ne sortît par les côtés. Il aurait été préférable de gommer en chaudière et beaucoup mieux de n’en pas employer du tout.
- L’étamine de Reims, après la teinture, se vergettait (épaillage) et s’étendait trois à quatre fois au corroi à chaud et ensuite on la mettait bruire. Celte opération se donnait avec plus de précautions que celle que nous avons indiquée plus haut. On exposait également les rouleaux chargés chacun d’une pièce à la vapeur de l’eau bouillante d’une chaudière d’environ 6 pieds sur 8 d’ouverture. On les couchait sur des barres ou grilles de bois posées horizontalement au-dessus de l’eau. On plaçait les premières sur le même plan à quelque distance les uns des autres. On posait un second plan de rouleaux qui croisaient sur les premiers. On garnissait ainsi le haut de la chaudière de plusieurs rangs. On prenait garde que l’étoffe ne touchât la chaudière, on recouvrait le tout d’une grosse toile en plusieurs doubles et par dessus d’un couvercle en cuivre qui fermait bien la chaudière. On faisait bouillir l’eau pendant quelque temps et laissait ensuite tomber le feu. Cette opération donnait du corps, du grain, de la fermeté et du lustre à l’étoffe. Elle obviait de plus à l’inconvénient de gripage auquel l’élamine eût été d’autant plus sujette qu’elle n’avait pas été débouillie avant teinture. Mais il est à observer qu’on ne l’employait que pour celles de ces étoffes qui étaient
- p.2x92 - vue 123/478
-
-
-
- FABRICATION ET APPRÊT SOUS L’ANCIEN RÉGIME DES RÈGLEMENTS 93 teintes en noir, qui était la couleur la plus ordinaire ; les autres nuances se seraient altérées ou ternies (1).
- Apprêt des étamines, alençons et autres étoffes de ce genre qui se fabriquaient à Amiens. — La même raison qui a fait varier l'apprêt des camelots a apporté quelques changements dans le traitement de ces étoffes. On les lavait, on les battait primitivement en pleine eau et on les faisait sécher. On s’en tint ensuite à les asperger et à les laisser quelque temps en tas pour qu’elles s’humectassent également. On les lustrait, on les corroyait à chaud à plusieurs reprises jusqu’à ce qu’on vît bien sortir et s’élever la vapeur de l’humidité. On faisait ainsi aller et venir la pièce dont on augmentait la tension pour la bien étendre, la tenir en largeur et les lisières égales ; pour cela on chargeait les rouleaux de poids qu’on suspendait à des cordes passées à leurs extrémités. Roulées serrées, on couvrait chaque pièce de ces étoffes de feuilles de papier et on mettait au four. Le four ou étuve était une petite chambre de 3 ou 4 pieds en carré sur environ 6 pieds d’élévation. Elle était garnie, à plusieurs étages, de barres de bois sur lesquelles on posait horizontalement les rouleaux. On mettait un feu de charbon, un brasier ardent sur le sol de l’étuve ; on retournait les rouleaux, on les changeait de place et d’étage jusqu’à ce que les pièces fussent également frappées de chaleur, que les impressions qu’elles avaient reçu fussent à peu près les mêmes pour toutes. On fermait alors le four et on y laissait les étoffes jusqu’au lendemain, plus longtemps si on le voulait. On retirait les rouleaux, les mettait debout et on y laissait l’étoffe pendant deux, trois, quatre jours; on la déroulait alors et la pliait.
- Plus la couleur des soies employées dans la fabrication des castignettes, des alençons, etc., était délicate, plus on avait à craindre l’effet de l’humidité et plus on était réservé à cet égard, c’est-à-dire moins on les mouillait. Ces étoffes plus légères, moins nerveuses que le camelot, étaient plus susceptibles encore de s’allonger, de s’altérer au corroi à chaud ; il fallait bien les étendre, mais il ne fallait forcer en aucun cas et à l’égard d’aucune étoffe.
- Quelques personnes faisaient presser après cet apprêt : les étoffes acquéraient par cette opération toute la fermeté et toute la douceur dont leur légèreté les rendait susceptibles.
- Apprêt anglais. — Cet apprêt si propre à toutes les étoffes rases, supérieur à tout ce qui existait, était inconnu en France en 1773, lorsque
- (T) On ne peut nier l’analogie de ce procélé avec celui du sublime employé de nos jours et auquel il a probablement donné naissance.
- p.2x93 - vue 124/478
-
-
-
- 94 APPRÊT DES TISSUS DE LAINE PEIGNÉE
- le sieur Price, apprêteur de Londres, l’apporta à Amiens où il l’exerça seul avec son associé Flesselles.
- L’apprêt anglais consistait dans la manière de faire ou répéter le cartonnage, de presser et represser les étoffes, opérations sans lesquelles il ne résultait que placage, mollesse, lustre inégal et couleur terne. Tandis que le résultat de cet apprêt était de donner aux tissus de la douceur, de la fermeté, de l’éclat et du brillant.
- Personne, avant l’arrivée du sieur Price en 1772, ne savait que la base d’un bon apprêt était un parfait dégraissage, que ce dégraissage, pour les étoffes écrues, devait être précédé du grillage, que l’un et l’autre devaient précéder la teinture. On ignorait l’art de raser ou tondre les étoffes ; l’idée d’en griller le poil au moyen de la plaque chaude n’avait jamais été proposée par personne.
- La série des traitements n’était pas toujours la même pour toutes les sortes d’étoffes ; mais la suivante était applicable au plus grand nombre. Au sortir du métier, avant toute autre opération, on grillait les étoffes en blanc (sauf, comme nous l’avons dit, les camelots, les étamines de tous genres et les baracans). On les dégraissait alors, on les lavait, on les blanchissait, on les teignait et on les faisait sécher. Pour l’apprêt, on les cartonnait, les pressait, décartonnait et recartonnait pour represser. C’est ainsi qu’on procédait pour le plus grand nombre de tissus ras et secs unis ou croisés.
- Pour quelques autres étoffes, au lieu de les presser, on se contentait de les calandrer. Pour un plus grand nombre, on les calandrait avant de les presser.
- Nous avons vu que le grillage devait précéder toute autre opération, et qu’il était favorable que les étoffes écrues fussent dégraissées immédiatement après le grillage (1). En effet, l’étoffe étant chaude, y était dans un état qui en rendait plus prompte et plus complète l’union aux corps gras qu’on y ajoutait et qui en facilitait 1 extraction au lavage. Le dégraissage des étoffes rases devait être parfait, mais prompt pour qu’il n’en résultât aucun foulage. Aussi était-il rare qu’il ne restât quelques traces des huiles tenaces qu’on employait dans le peignage des laines communes. Alors ces corps gras ressortaient par taches à la pression chaude et forte des presses ; ce vice, ordinairement caché sous les apprêts ordinaires, se montrait toujours par l’apprêt anglais. En même temps les cartons étaient graissés et tachaient toutes les étoffes de couleur et on ne pouvait plus les utiliser que pour les noirs.
- (i) Nous rappelons que nous ne faisons que transcrire les anciens documents qui nous sont parvenus sur les apprêts et que nous n’adoptons pas toutes les théories admises. Il est important de remarquer que les explications qu’on donnait autrefois ont souvent cours encore dans nos ateliers modernes.
- p.2x94 - vue 125/478
-
-
-
- FABRICATION ET APPRÊT SOUS L’ANCIEN REGIME DES RÈGLEMENTS 95
- Après avoir grillé les pièces, on les dégraissait à fond, les lavait, blanchissait et teignait avec toutes les précautions que nous avons relatées plus haut. Venaient alors les opérations destinées à apprêter et glacer les étoffes.
- A l’égard des étoffes rases, sèches, nettes fabriquées en couleurs, et auxquelles on voulait conserver le grain ; comme les camelots, on ne les dégraissait point, ne les lavait point, ne les mouillait ni ne les grillait. On les passait cependant pour les tenir en largeur et en effacer les plis, sur la plaque chaude, non celle de fonte, mais sur une plaque de cuivre de même forme, d’environ 1 ligne d’épaisseur (2mm,2) s’adaptant sur la première (fig. 43). Mais cette opération ne de
- Fig. 43.—Plaque à griller disposée pour étendre les étoffes.
- vait se faire qu'après la première presse et avant la seconde, à moins qu’on ne voulut presser qu’une seule fois.
- On pouvait porter cette plaque à la température la plus élevée supportée par le tissu, mais il fallait ménager l’action suivant la nature des couleurs, car il en était de très sensibles, qu’une grande chaleur eût altérées, comme le gris de lin, prune de Monsieur, ponceau, etc., et la plupart des couleurs fausses.
- Si, au lieu de camelot ou autre étoffe simple grainée ou parfaitement rase, on avait à étendre des basins à côtes, des montforts au autres étoffes brochées, croisées ou non, mais très fournies de matière, et qui n’étaient pas dans le cas d’être pressées, quoiqu’elles aient été grillées au début, on les passait deux fois et même trois fois sur la plaque très chaude pour donner du lustre à la figure, tandis que le fond restait mat.
- Cette manière très efficace d’étendre les étoffes et d’en effacer les plis n’avait aucun des inconvénients du corroi chaud tel qu’on le pratiquait partout où l’on jugeait la chaleur nécessaire pour cette opération. Le feu nu chauffait très irrégulièrement; il altérait bien plus sensiblement les couleurs, souvent le tissu, tandis qu’il était beaucoup de parties de l’étoffe qui n’en recevaient presque aucune impression. La chaleur de la plaque ne crispait pas comme la chaleur rayonnante, car elle était partout égale. Lorsque la plaque était trop chaude et qu’on était pressé par le travail, on avait une seconde plaque de cuivre qu’on mettait sur la première et qui bientôt prenait le degré de chaleur convenable.
- Cartonnage. — Parfaitement sèches, passées au corroi pour les étendre, quelquefois même mises à la rame et ensuite calandrées, les pièces étaient cartonnées d’envers et d’endroit. On opérait comme pour la draperie, sauf que les étoffes rases, étant étroites, n’étaient pas dos-
- p.2x95 - vue 126/478
-
-
-
- 96
- APPRÊT DES TISSUS DE LAINE PEIGNEE
- sées. On metlait souvent d’aussi beaux cartons à l’endroit qu’à l’envers.
- Lorsqu’on avait cartonné une quantité de pièces suffisante pour garnir une presse, on formait la pressée pour un temps variable, on retirait les pièces de la presse, les rechangeait et on les repressait. Puis on les pliait, on les pointait et les enveloppait d’un papier blanc et léger en ayant soin de laisser sortir et prendre le chef qui devait porter l’empreinte du lieu, celle du fabricant et le sceau du gouvernement. On les ficelait, les emballait et les expédiait.
- On pressait les étoffes lorsqu’elles étaient séchées. Il fallait cependant en excepter celles qui étaient teintes en noir et quelquefois celles qui étaient teintes en bleu de roi ou en couleur brune. Si ces étoffes étaient trop sèches, on les arrosait légèrement avec un goupillon avant l’opération de la calandre. Ou, pour les pièces qu’on ne calandrait pas, on les laissait après l’arrosage en tas les unes sur les autres pendant vingt-quatre heures pour que l’humidité se répartît d’une manière régulière. On les pressait un peu humides, ce qui détériorait rapidement les cartons.
- Tous ceux qui voulurent imiter les Anglais à l’époque où nous nous sommes reportés, étaient convaincus que le brillant, le glacé de ce nouveau genre d’apprêt ne pouvait être obtenu que par l’emploi de colles, de gommes, de cire même, et tous ces agents furent essayés sans succès.
- ares
- Presse. — La presse vide et sa vis ouverte au plus haut était garnie dans le fond d’un carton grossier très épais sur lequel on posait à plat une plaque de fonte chaude sortant de la boîte du fourneau. On la couvrait d’un gros carton et de plusieurs cartons usés. On mettait sur ces cartons une première pièce d’étoffe cartonnée, puis une nouvelle plaque chaude entre deux gros cartons ou plusieurs mauvais cartons ; une seconde pièce cartonnée et ainsi de suite jusqu’au haut de la presse, soit 12, 15, 18, 25 pièces.
- Lorsque la pile était formée, on mettait des cales de même hauteur pour achever de remplir la presse, on faisait descendre la vis avec un levier à mains, puis avec un grand levier de fer, sur lequel on mettait successivement trois, quatre, cinq et jusqu’à six hommes. Enfin on substituait un levier beaucoup plus fort au précédent, et, avec une machine à serrer, deux hommes donnaient une pression plus forte que ne le pouvaient faire cinquante hommes avec de simples leviers.
- Pour donner à la chaleur la facilité et le temps de pénétrer également partout, on ne serrait point la pressée tout de suite autant qu’elle pouvait l’être et qu’on se proposait de le faire définitivement. La chaleur se propageait, ouvrait l’étoffe et la dilatait tout en la séchant; ce n’était qu’après que ceteffet sensible s’était manifesté qu’il convenait de serrerla
- p.2x96 - vue 127/478
-
-
-
- FABRICATION ET APPRÊT SOUS L’ANCIEN RÉGIME DES RÈGLEMENTS 97 pressée avec la dernière force. Pour les apprêts glacés, on exerçait la plus grande pression possible, car plus la pressée était serrée, plus l’apprêt était beau et durable.
- On laissait ainsi en presse vingt-quatre heures; le mieux eût été de laisser le tissu se refroidir complètement. Au bout de ce temps, on les rechangeait,comme nous l’avons dit, avec la même attention que pour les draps en tendant l’étoffe sur les cartons pour en effacer les premiers plis et les lustrer également à leur tour.
- Les étoffes grenées s’arrangeaient et se pressaient de la même manière que les étoffes à glacer, avec celte différence que les cartons n’étaient pas glacés, qu’ils étaient même un peu mous pour que le grain, loin d’être écrasé, pût pénétrer dans la pâte et y laisser son empreinte. On serrait aussi moins la presse pour ces sortes d'étoffes. On pressait de même les pannes ou peluches unis ou à côtes, avec une chaleur douce et une force modérée, et des cartons mous et non glacés pour que le poil puisse s’émousser et s’aplatir sans s’écraser.
- S’il était question de moirer à la presse une étoffe de laine, (ce qui n’arrivait guère que pour des baracans et pour quelques camelots gros grains) suivant sa largeur, on la doublait ou ne la doublait pas ; on la pliait carrément en ayant l’attention de ne rien introduire dans les plis d’endroit qui devaient se moirer, et de mettre d’envers un carton pour que l’étoffe fût moirée d’une part et glacée de l’autre. On ne pouvait moirer que des étoffes à pas simple, non seulement parce que les étoffes croisées ont moins de grain, mais parce qu’elles sont plus liées et qu’elles ne peuvent s’atteindre, se surmonter, rouler les unes sur les autres pour ondoyer.
- Apprêt des pannes on peluches poil. — La chaîne et la trame de ces pannes était en pure laine, le velours était en poil de chèvre, d’où le nom de panne-poil. Les pannes se fixaient par un procédé spécial sur lequel nous voulons attirer l’attention, et c’est pourquoi nous le signalons.
- Après la fabrication, et avant tout autre apprêt, les pannes devaient être débouillies. La manière de faire cette opération sur la panne diffé-rait à quelques égards de celle qu’on appliquait sur les autres étoffes.
- On jetait les pannes dans une chaudière d’eau bouillante, on les y laissait tremper jusqu’à ce qu’elles fussent pénétrées et parfaitement imbibées. On les déposait dans un baquet à l'extrémité d’un corroi, Plon les roulait fortement toutes mouillées, et pendant cette opération, deux ouvriers, avec de fortes brosses, en relevaient le poil, d’abord contre le rouleau, puis le couchaient en sens opposé, afin que, saisi par la pression du rouleau, il se tînt toujours couché dans le même sens.
- APPRÊT des tissus DE LAINE. 7
- p.2x97 - vue 128/478
-
-
-
- 98 APPRÊT DES TISSUS DE LAINE PEIGNÉE
- Lorsqu’on faisait tout simplement débouillir et corroyer cette étoffe comme les autres,il en résultait beaucoup de directions, de divergences dans le poil qui ondoyait et réfléchissait les couleurs diversement.
- Les pièces ainsi roulées, on les faisait bouillir comme les autres étoffes pendant deux heures. On appelait, dans la fabrique, cette façon de procéder, bouillir à la grecque. On laissait les pièces refroidir sur roule et on les portait à la teinture.
- Après teinture, on faisait dégorger et reviquer les pannes, et on les remettait au tondeur qui les faisait sécher et les tondait avec les mêmes outils que pour les draps. On les corroyait ensuite à chaud ; là finissait le traitement des bonnes qualités.
- Les pannes pour impression se faisaient simplement bouillir, teindre, sécher et imprimer. A l’égard des basses qualités, on finissait en presse ce qui couchait et plaquait le poil; mais il fallait alors prendre la précaution d’employer des cartons mous, comme il a été indiqué plus haut.
- p.2x98 - vue 129/478
-
-
-
- CHAPITRE VI
- TRAITEMENT DES TISSUS RAS TEL QU’IL EST DÉCRIT
- VERS 1860
- Reportons-nous maintenant à un siècle plus tard. Nous avons vu précédemment les traitements qui se sont conservés longtemps intacts sous l’influence des anciens règlements. L'origine de toutes les opérations usitées dans le travail ne peut être déterminée, car nulle part on ne trouve aucune indication à ce sujet. Pendant l’intervalle de temps que nous franchissons, tout s’est transformé. La vapeur a établi son empire, et grâce à elle, on put faire mouvoir des machines puissantes et le travail manuel fut peu à peu effectué par des mécaniques plus ou moins compliquées. L’industrie textile a marché aussi à pas de géant, on a réalisé mécaniquement le filage du coton et de la laine et les tissus peuvent être fabriqués dans des conditionséconomiques tout à fait spéciales. Sur tout cela a passé la Révolution, qui a renverséles anciennes barrières, le peuple, devenu libre, a pu satisfaire ses besoins et la consommation a augmenté. Poussée par cette nécessité, l’industrie se concentra, d’immenses ateliers furent constitués et l’importance même de ces installations permit de réaliser de nouveaux progrès dans la construction de machines plus perfectionnées.Nous allons voir le même phénomène se produire en teinture et apprêts, la machine a remplacé la main-d’œuvre partout où il était possible de le faire ; maison était encore forcé de demander beaucoup à la main de l’ouvrier.
- PRÉPARATION OU TRAITEMENT HUMIDE
- Nous avons dit que le traitement a pour but de préparer le tissu à la teinture, de diminuer l’action du feutrage et d’éliminer toutes les substances nuisibles qui ont été employées pour faciliter le tissage. C’est également dans le traitement qu’on enlève le duvet par un moyen qui est
- p.2x99 - vue 130/478
-
-
-
- 100
- APPRÊT DES TISSUS DE LAINE PEIGNÉE
- un peu énergique, le grillage. Les diverses opérations usitées dans le traitement se font d’ailleurs dans un ordre variable selon le genre d’article et selon le résultat à obtenir.
- Le traitement se divise en deux grandes classes, selon qu’il s’agit de laines douces et mates ou de laines dures et brillantes, et selon aussi la contexture du tissu. Nous avons fait comprendre qu’il y a d’autant plus de précautions à prendre que le tissu est plus lâche, c’est-à-dire selon que le tissu renferme des brides et des flotés plus long, comme par exemple dans les tissus brochés. Les tissus de laine douce étaient traités principalement en boyaux, tandis que les autres tissus, plus sujets à se cassurer, étaient traités au large. Les machines employées vers 1869 étaient basées sur les mêmes principes que celles que nous employons aujourd’hui; mais la nécessité de produire plus vite et de donner des traitements plus parfaits a conduit à des perfectionnements très importants dans le matériel comme nous le verrons plus tard.
- Les marchandises arrivant en teinture étaient visitées, vérifiées et bordées, puis classées selon leurs dimensions, leur qualité, le genre de traitement à donner et leur nuance.
- Magasin aux écrus. — On classait les pièces par genres de tissu, on procédait à leur visite et on les mesurait. On marquait au crayon les numéros d’ordre, le métrage, la largeur, et le visiteur inscrivait les mêmes indications sur le registre d’entrée.
- Brodeuse. — On brodait les indications ci-dessus sur le chef de pièce; puis on les classait par qualité d’étoffes et par genre.
- Vérification des tares. — On vérifiait s’il y avait des tares et on les marquait par des sonnettes. Les défauts étaient signalés sur un livre spécial et devaient être réparés avant de mettre les pièces en œuvre.
- Grillage. — Le grillage se faisait à la plaque, et le grilleur faisait dérouler l’étoffe à la main, en s’arrangeant pour lui donner une vitesse uniforme [fig. 44).
- D’où toute une manutention qui n’existe plus aujourd’hui. Les gril-leurs, recevant les pièces du magasin aux écrus, les classaient par largeurs et par qualités, selon qu’ils devaient subir le même traitement à la machine à griller. On lisait au large et on accouplait les pièces par paquets de deux ou trois, et faisait les coulures au moyen d’aiguilles en fil de fer, en ayant soin que l'endroit se trouvât du côté convenable; puis on enroulait sur un roule à claire-voie, garni d’une toile assez longue pour passer sur les bascules du grillage. On disposait alors le roule sur la machine à griller, on y mettait un frein, on faisait la cou-
- p.2x100 - vue 131/478
-
-
-
- TRAITEMENT DES TISSUS RAS TEL Qu’iL EST DÉCRIT VERS 1860 104
- ture avec la toile d'un deuxième roule, etun ouvrier faisait tourner ce der
- nier roule, jusqu’au moment ou la couture arrivait à la hauteur de la plaque; on abaissaitles bascules, et on appelait l’étoffe d’un mouvement uniforme. Il fallait donc que l’ouvrier fit tourner son roule d’appel d’autant moins vite que ce roule était plus garni. Le nombre de passages à la
- 81 ille use var iait se- Fio. 44. _ Grilloir a plaques.
- Ion la perfection du travail qu’on voulait obtenir et par suite selon la qualité du tissu.
- Fig. 43. — Flambeuse au gaz de Tulpin.
- oet
- h. 3.
- -1
- 1 illli
- . aA .
- XrAli 501 cy .
- Voici des indications générales sur ce travail :
- 1° ÉTOFFES DE LAINE DOUCE
- Mérinos 18 à 20 croisures........................... 6 tours
- — 15 à 17 — 5 —
- — 12 à 14 — 4 — — 9 à 11 — 3 —
- 5 à 8 — ....................... 2 —
- p.2x101 - vue 132/478
-
-
-
- 102
- APPRÊT DES TISSUS DE LAINE PEIGNÉE
- Mérinos chaîne coton Cachemire d’Écosse..
- 6
- 2
- à à
- 7 tours
- 3 —
- 2° ÉTOFFES DE LAINE DURE
- Stoffs brochés et unis...................
- Satins brochés et unis....... Satins de Chine.............. Amazone...................... Chambord..................... Grains de poudre........................
- Alpagas..............................
- Damas et Lastings.......................
- Escots..................................
- 2 3
- 4
- 3
- 3
- 3
- 3
- 3
- 2
- à à
- a à à à à à
- a
- 3
- 4
- 5
- 4
- 4
- 4
- 4
- 4
- 3
- Il fallait prendre des précautions pour que le grillage fût bien uniforme. Il arrivait souvent que la plaque n’était pas à la même température sur toute sa longueur. Il fallait alors changer de place les rouleaux de tissus au lieu de faire un va-et-vient.
- Après grillage, on déroulait les pièces en leur donnant un parcours assez long pour qu’elles fussent complètement refroidies.
- Remarquons que c’est vers cette époque que les machines à griller commencèrent à se perfectionner et qu’on vit apparaître la première machine utilisant la flamme du gaz, la grilleuse de Tulpin. Nous trouvons d’ailleurs dans les « Usines de Turgan » [fig.46) une série de vues de l’importante usine Boutarel, actuellement Tugot-Chappal à Clichy, vues qui donnent une idée de l’installation des ateliers de teinture à cette époque.
- Désencollage, dégraissage et fixage. — Le désencollage se faisait à l’eau tiède dans des bains d’eau chauffés à 25°; il fallait éviter de chauffer à une température plus élevée de crainte de cuire les encollages dans l’étoffe (1). On pouvait faciliter cette dissolution de colles par une légère eau de soude (n° 4) et 3 eaux tièdes.
- Quant au dégraissage, il s’exécutait avec un bain de carbonate de soude chauffé au tiède. L’addition de savon facilitait le dégorgeage mais n’était pas indispensable. On devait dégraisser à basse température les laines douces tandis que les laines dures pouvaient être traitées à plus haute température et même au bouillon, ce qui augmentait la fermeté du tissu (2). Les tissus de laine douces étaient dégorgées en boyau et fixées par le vieux procédé de l’ébrouissage ; tandis que les étoffes
- (') Explication d’atelier qui a toujours cours aujourd'hui et qui est inexacte dans le fond.
- (2) Après le dégraissage on procédait au dégorgeage proprement en rinçant dans de l'eau alcaline d’abord, puis à l’eau pure.
- p.2x102 - vue 133/478
-
-
-
- Dégorgeage.
- Grillage.
- Varlope.
- Atelier des noirs.
- Manique.
- Rivière anglaise.
- Atelier d’épaillage.
- Métier d’apprêt.
- [FIG. 46. — Vues de différents ateliers des usines Boutarel, prises vers 1870. (Les grandes usines de Turgan.)
- I
- If
- P
- P.
- ' n: w •
- 4
- 9: •,
- | i
- 1* 0
- • d s, .
- ‘ ire h * ... . hi
- æs Le.:
- n."
- )) i
- B ..7
- p.2x103 - vue 134/478
-
-
-
- 104 APPHÊT DES TISSUS DE LAINE PEIGNÉE
- susceptibles de se casser étaient dégorgées au foulard et fixées par le vaporisage à la colonne. L’emploi de cette colonne était un perfectionnement dont on ne connaît pas l’auteur et qui dérivait probablement du moyen employé à Reims pour le traitement des étamines.
- Toutes ces opérations se faisaient à l’aide de bains de dégorgeage absolument analogues à ceux qu’on emploie encore aujourd’hui.
- Bain de savon. — Dissoudre au bouillon :
- 40 kilogrammes de savon dans 400 litres d’eau.
- 1 seau de 10 litres correspondait donc à 1 kilogramme de savon.
- Bain de soude 10° B. — Dissoudre environ :
- Soude .......................
- Litres d’eau bouillante
- Bain de panama :
- Soude....................
- Panama effiloché
- 8 kilogrammes
- 100 —
- 100 kilogrammes
- 25 —
- On faisait d’abord bouillir l’écorce de panama dans 500 à 600 litres d eau, pendant vingt-cinq à trente minutes, puis on ajoutait le sel de soude et, après dissolution, on amenait à 10° B. Laisser reposer du jour au lendemain et tirer au clair.
- Cette solution pouvait être employée pour le dégorgeage d’étoffes en laine dure et pour toutes celles qui devaient recevoir un traitement énergique en un seul bain, telles que les chaînes-colons.
- S
- C
- 8
- I c
- .S
- ‘o
- Fig. 47. — Laveuse en boyau.
- Traitement en boyaux. Laines douces. — Le dégorgeage au boyau se faisait dans une machine absolument semblable à nos crécelles ou laveuses, qui remplaçait les vieux moulins et qu’on désignait d’ailleurs-
- p.2x104 - vue 135/478
-
-
-
- TRAITEMENT DES TISSUS RAS TEL Qu’iL EST DECRIT VERS 1860 J 05 sous le même nom de foulons (fig. 47). Le tissu passait par un guide, puis était appelé entre des rouleaux de 0m,50 de diamètre; il était ensuite attiré par une petite tournette et tombait enfin sur une planche inclinée qui en facilitait le glissement.
- La machine était commandée par courroie et alimentée d’eau froide ou d’eau chaude. Un robinet de vapeur permettait de chauffer les bains à volonté.
- Les bains de dégraissage et les bains de soude étant conservés, on envoyait la pièce au dégorgeur, puis aux rinceurs, en ayant soin, après avoir abattu d’une barque, de liser deux fois au large pour effacer les plis et éventer la pièce.
- Dégraissage A pour (rois pièces mérinos pesant 33 kilogrammes. — Dégraissage. — Bain de savon et de carbonate n° 1 :
- Eau à 250 .................................... 580 litres
- Cristaux de soude............................. 12 kilogrammes
- ou sel de soude, 48,250, soit 50 lit. soude
- 10° B.
- Savon blanc de Marseille...................... 1 kilogramme
- 1
- Soit 10 litres solution de savon —•
- 10
- Après chaque passe de trois pièces, on ajoutait :
- Carbonate de soude 10° B............................... 12 litres
- Savon................................................ 6 —
- Le bain devait marquer 2 1/2 à 3° B. On ne devait pas manœuvrer moins de vingt minutes et plus d’une heure. Le temps variait selon que l’on voulait faire rentrer plus ou moins les étoffes. En assemblant les pièces, on prenait la précaution de faire des coutures à petits points afin d’éviter de former des bourrelets qui eussent donné naissance à des cassures.
- Les pièces étaient abattues et recevaient un dégorgeage dans le bain suivant.
- Dégorgeage. — Bain de carbonate, n° 2 :
- Eau chauffée à 30°............................ 570 litres
- Cristaux de soude............................. 12 kilogrammes
- ou sel de soude 4k8,230, soit 50 litres solution à 10° B.
- Après chaque passe de trois pièces au foulon, on ajoutait :
- Carbonate à 10° B.................................... 10 litres
- afin de maintenir le degré du bain.
- p.2x105 - vue 136/478
-
-
-
- 106
- APPRÊT DES TISSUS DE LAINE PEIGNEE
- Bain de carbonate de soude n° 3 :
- 13 litres
- Carbonate à 10° B
- Rinçage. — On opérait comme dans le procédé A.
- Lisage au large. — Le dégorgeage ainsi terminé, on abattait et on lisait deux fois au large. On profitait de ce lisage au large pour noter les avaries et les indiquer par des sonnettes. Si les pièces n’étaient pas assez rentrées, on les renvoyait au dégorgeage.
- Dégraissage C. — Pour les articles à fouler, ainsi que pour les laine et soie, on employait un bain plus chargé en savon.
- Il ne devait pas peser moins de 2° B. et plus de 3° B., selon que l’on avait des pièces plus ou moins fortes. On tournait le même temps que sur le premier bain.
- Dégraissage B. — Ce dégraissage était usité pour les articles qui nécessitaient moins de précautions. On faisait en même tempsle dégraissage et le dégorgeage.
- Le temps qu’on laissait dans ce bain variait avec les étoffes : il était compris entre quarante minutes et une heure et demie.
- Après chaque passe de trois pièces pesant 33 kilogrammes, on ajoutait :
- Eau à 30°................................... 550 litres
- Cristaux de soude.......................... 36 kilogrammes
- Ou 125,750 sel de soude, soit 150 litres solution à 10°.
- Rinçage. — Le tissu abattu était renvoyé aussitôt aux barques de rinçage. Celles-ci étaient garnies d’eau chauffée à 35° jusqu’aux 2/3 de la barque. On entrait les pièces et on embrayait. Quand les pièces avaient tourné sept à huit minutes, on ouvrait la soupape de vidange et on laissait tourner jusqu’au moment où la circulation des pièces était entravée par le manque d’eau. On arrêtait alors la machine. Quand la barque était complètement vidée, on faisait arriver de l’eau chaude, et aussitôt que le niveau le permettait, on remettait en marche en laissant arriver l’eau à 35° jusqu’à la hauteur du trop plein de la barque. On arrêtait l’eau et on vidait à nouveau. On faisait ainsi quatre eaux, avec cette différence qu’on ne vidait pas avant d’abattre. Le dernier rinçage était ainsi prêt pour la passe suivante.
- p.2x106 - vue 137/478
-
-
-
- TRAITEMENT DES TISSUS RAS TEL QU’lL EST DÉCRIT VERS 1860 107
- Bain de savon et carbonate n° 3 :
- Eau à 23°................................................... 590 litres
- Carbonate 10° B...................................... 3 seaux
- Soit 2*5,400 sel de soude.
- Savon dissous................................................. 4 seaux
- Soit 4 kilogrammes.
- Après chaque passe de trois pièces, on ajoutait:
- Savon dissous........................................... 10 litres
- Carbonate à 10°........................................... 6 litres
- Il ne fallait pas manœuvrer moins de vingt minutes et pas plus d’une heure, selon que l’on devait rétrécir plus ou moins et selon les qualités.
- Enroulage. — Les pièces dégorgées au foulon (crécelle) s’étaient
- plissées. Aussi fallait-il enlever les cassures par un apprêt spécial qui
- s’obtenait par le métier à enrouler {fig. 48).
- Les enrouleurs assemblaient les pièces par paquets de dix à douze, et faisaient des coutures à l’aide d’aiguilles de cuivre.
- / i i i
- Fig. 48. — Enrouloir.
- Le métier à enrouler se composait d’une barque renfermant de l’eau chauffée à une température déterminée, 55° le plus souvent, quelquefois au bouillon. Le tissu passait sur un embrayage et sur une élargisseuse, puis, après s’être imprégné d’eau, venait s’enrouler sur un roule en bois. On avait soin d’enrouler les lisières bien régulièrement, et deux ouvriers liraient l’étoffe au large autant que possible. La pièce enroulée, on attachait le bout avec une épingle en cuivre, puis on la laissait refroidir jusqu’au lendemain, en veillant à ce que les roules fussent bien isolés les
- uns des autres.
- Souvent on faisait ce même apprêta deux reprises différentes, en chan
- geant les bouts, afin que le traitement fût absolument régulier.
- Ébrouissage. — Les pièces enroulées et refroidies étaient recouvertes d’enveloppes en laine ou en coton (cette opération se faisait au moment du dernier enroulage).
- D’autre part la cuve à ébrouir (cuve en bois de 2,30 de haut et lm,30 de diamètre) était remplie aux 2/3 d’eau bouillante. Les roules étaient hissés à l’aide d’un treuil et descendus dans la cuve aussi droits que possible. Ils ne devaient pas être serrés dans la cuve. On les tirait au bout
- p.2x107 - vue 138/478
-
-
-
- 108 APPRÊT DES TISSUS DE LAINE PEIGNÉE
- de deux heures et on les disposait les uns à côté des autres, adossés à un mur sans se toucher. Après trente, quarante minutes, on retournait les roules bout pour bout et on continuait à les retourner d’heure en heure jusqu’à ce que les pièces fussent froides.
- Déroulage. — Les pièces étaient enfin déroulées, puis envoyées à l’égouttoir où elles étaient vérifiées et disposées à la teinture, si elles étaient sans défaut.
- Les pièces dégorgées ne devaient pas rester sur les chevalets de l’égouttoir plus de quatre à cinq jours en été et huit jours' en hiver. On ne devait pas les mettre non plus en piles trop élevées pour éviter qu’elles ne s’échauffassent.
- Traitement au large des étoffes de laine dure et en général des tissus qui avaient tendance à donner des cassures. — Le traitement de ces étoffes se faisait au foulard. On
- employait des foulards simples pour
- Fig. 49. — Fouit rd double.
- le dégorgeage des étoffes légères et des foulards doubles pour le dégorgeage des étoffes plus fortes.
- Les foulards doubles étaient composés d’une paire de cylindres en fonte munis d’une toile surmontés d’une paire de cylindres en bois (fig. 49).
- Les foulardiers lissaient les pièces bien droit, puis ils faisaient des paquets de deux ou trois pièces.
- Ils attachaient les pièces à la toile du cylindre A, puis les enroulaient autour du rouleau de fonte en faisant passer dans le bain dont la composition était déterminée selon le traitement. Une fois le paquet enroulé sur A, ils attachaient le bout libre à la toile de B et enroulaient sur ce
- dernier. Le tissu qui avait été ainsi enroulé successivement sur A, puis sur B, avait, comme on disait, reçu un tour de foulard. On donnait sur
- chaque bain un plus ou moins grand nombre de tours selon l’effet que l’on désirait produire. Le nombre de tours terminé, on enroulait sur un deuxième foulard pour donner le second bain et ainsi de suite
- • Fig. 50. — Batterie de foulards pour le traitement au large.
- Pour avoir un traitement économique, on
- plaçait à la suite les uns des autres un nombre de foulards égal au
- p.2x108 - vue 139/478
-
-
-
- TRAITEMENT DES TISSUS RAS TEL Qu'iL EST DÉCRIT VERS 1860 109
- nombre des bains à donner. Le plus souvent, il y avait trois foulards doubles, ce qui représentait en somme un grand foulard avec six paires de roules et trois bacs. Voici un exemple du traitement que l’on obtenait par ce moyen {fty. 50).
- Premier foulard. — Désencollage et dégraissage. — Bain de carbonate de soude n° 2. — On garnissait le foulard avec :
- Eau............................................ 570 litres
- Cristaux de soude............................. 12 kilogrammes
- Ou 4*s,250 de sel de soude, soit 50 litres solution à 10°.
- On ajoutait pour chaque pièce suivante :
- Carbonate à 10° B. pour les pièces ordinaires.......... 2 litres
- Pour les pièces fortes............................... 21it,50
- Le bain était chauffé à 70°. On donnait quatre tours.
- Deuxième foulard. — Dégorgeage. — Carbonate de soude n° 4 :
- Eau............................................ 550 litres
- Cristaux de soude................................ 7 kilogrammes
- Soit 218,500 sel de soude ou 30 litres solution à 10°.
- Chauffer au bouillon.
- Après chaque pièce foulardée dans ce bain, ajouter:
- Carbonate à 10°........................................ 1 litre
- On donnait deux tours.
- Troisième foulard. — Rinçage. — Rinçage en eau bouillante. Deux eaux.
- Enroulage. — Le traitement terminé, on enroulait les pièces, une à une, sur un roule en bois. On attachait le bout de l’étoffe avec des épingles en cuivre et on les laissait refroidir jusqu’au lendemain, après quoi on déroulait.
- Déroulage. — Pendant ce déroulage, on procédait à la visite et on marquait tous les défauts par des quintes.
- Vaporisage à la colonne. — Les pièces étaient enroulées ordinaire-ment par paquets de deux sur un axe en cuivre perforé muni d une toile.
- p.2x109 - vue 140/478
-
-
-
- APPRÊT DES TISSUS DE LAINE PEIGNEE
- 110
- Dégraissage B
- Dégraissage A
- 1. Manœuvrer au carbonate n° 3
- temps
- 2.
- BOYAU
- TRAITEMENT EN
- N’ G
- N» 7
- No 5
- No 3
- Grillage.
- Tondre.
- Grillage.
- Tondage.
- Ebrouissage.
- »
- »
- »
- TRAITEMENT AU FOULARD
- 3.
- bouillon, 3 tours. Rinçage à l’eau bouillante, 2 eaux.
- Dégraissage.
- Enroulage.
- Désencollage.
- Ebrouissage.
- Grillage.
- Dégraissage.
- Enroulage à 50’ G.
- Dégraissage. Ebrouissage ou enroulage à 100" C.
- Désencollage.
- Grillage.
- à 35°.
- Liser
- 1. Désencollage.
- 2. Grillage.
- 3. Ebrouissage.
- 4. Dégraissage.
- 5. Enroula-lage à 50’ G.
- 4. Laisser refroidir jusqu’au lendemain.
- Dégraissage.
- Enroulage à 100’ C.
- ou ebrouissage.
- Désencollage.
- Ebrouis-sage.
- Dégraissage.
- Enroulage à 50’ C.
- Dégraissage.
- Enroulage à 50" G.
- E
- 1. Dégorgeage au foulard. Carbonate n° 2 à 70", 4 tours.
- 2. Carbonate de soude n° 4 au bouillon, 2 tours.
- 3. Rinçage au foulard au bouillon, 2 tours.
- 4. Laisser refroidir jusqu’au lendemain.
- D
- 1. Dégraissage B (1 dégraissage).
- 2. Carbonate n° 4 au
- C
- 1. Dégrais- ( 1. Dégraissage, sage B. ! 2. Rinçage.
- 2. Rinçage au foulard, 3 eaux bouillantes, 2 tours.
- 3. Laisser refroidir jusqu’au lendemain.
- On recouvrait le tissu d’enveloppes en coton, on attachait les bouts du doublier, puis on vaporisait. Le vaporisage durait vingt à vingt-cinq minutes, temps nécessaire pour que la vapeur sorte de haut en bas à travers toute l'étoffe.
- On déroulait les pièces, on leur faisait parcourir un espace suffisant pour qu’elles fussent complètement refroidies et on envoyait en teinture.
- Les exemples que nous avons donnés précédemment représentent une marche générale. Mais il est évident que l’on pouvait modifier l’ordre des opérations et que, selon l’ordre adopté, on arrivait à des résultats différents. Ce sera d'ailleurs une question qui sera discutée au sujet des procédés modernes.
- Les traitements suivis à la fin du xixe siècle peuvent être classés de la manière suivante qui résument la question, d’après Th. Grison:
- 1. Bain de carbonate de soude et savon n° 1 à 25°. Laisser tourner plus ou moins longtemps. En tout cas, pas moins de 20 minutes et pas plus d’une heure.
- 2. Foulonner au carbonate de soude n° 2 à
- 30°. Faire tourner le même qu'au premier bain.
- 3. Rincer au foulon dans 5 eaux Abattre au cinquième rinçage, au large deux fois.
- à 25°, marcher plus ou moins longtemps selon que l’on veut rentrer plus ou moins. En tout cas, pas moins de 40 minutes et pas plus de 1 heure ‘/2.
- Rincer au foulon dans quatre eaux à 35°.
- Liser deux fois au large.
- p.2x110 - vue 141/478
-
-
-
- TRAITEMENT DES TISSUS RAS TEL QUIL EST DÉCRIT VERS 1860 111
- F
- 1. Dégorgeage au foulard en carbonate n°2à 40°; trois tours.
- 2. Rinçage au foulard en eau bouillante; deux tours.
- 3. Laisser refroidir jusqu’au lendemain.
- G
- 1. Dégorgeage au foulard, carbonate n° 3 à 35°; un tour.
- 2. Dégorgeage au foulard, carbonate n° 2 à 40°.
- 3. Rinçage au foulard en eau à 50°; un tour.
- 4. Laisser refroidir jusqu’au lendemain.
- TISSUS DE LAINE DOUCE. -- TRAITEMENT EN BOYAU.
- 1 MÉRINOS CHALES MÉRINOS CACHEMIRE d’égosse CHALES CACHEMIRE D'ÉCOSSE MOUSSELINE DE LAINE CHALES MOUSSELINE DE LAINE
- Qualités 1° Qualités n° Qualités n° Qualités n° Qualités 1° Qualités n°
- 1 1 1 IV 1 IV 1 IV 1 V 1 V
- 2 1 2 III 2 IV 2 V 2 III 2 V
- 3 II 3 V 3 V 3 Vf 3 V 3 VI
- 4 V 4 VI 4 VII 4 VI
- 5 VI 5 VI
- TISSUS DE LAINE DURE. — TRAITEMENT EN LARGE.
- DAMAS ET LASTINGS
- I. D. — Séchage. — Grillage.
- 2. Tondre. — E.
- 3. Grillage. — D.
- 4. Grillage. — C.
- 5. Grillage. — E.
- CHAMBORD
- 1. Enroulage à 60°. — Grillage. — C. — Ebrouissage.
- 2. Tondre. — C.
- 3. V.
- 4. V.
- SATINS DE CHINE
- 1- Griller. — G.
- 2. Griller. — Enrouler au bouillon. — G.
- 3. Griller.—Enrouler au bouillon. — G.
- 4. Tondre. — Enrouler au bouillon. — G.
- STOFFS UNIS
- 1. Dégraissage. — B. — Vaporisage. — Gril-lage.
- 2. VH. — Vaporisage.
- 3. Vif.
- CATELINES
- I. Griller. — E.
- 2. Griller. — E.
- GRAINS DE POUDRE
- 1. Griller. — E.
- 2. Griller. — E.
- SATINS DE LAINE DOUCE
- 1. G. — Griller.
- 2. Enrouler au bouillon. — G.
- 3. Tondre. — F.
- SATINS AMAZONES
- 1. Enrouler à 100°. — Griller. — C. — Vaporisage.
- 2. Griller. — G. — Vaporisage.
- 3. Tondre. — G. — Vaporisage.
- p.2x111 - vue 142/478
-
-
-
- L9
- APPPÊT DES TISSUS DE LAINE PEIGNEE
- CHALES BROCHÉS
- 1. Griller. — D.
- 2. Griller. — E.
- SATINS BROCHÉS
- 1. E. — Vaporiser. — Griller.
- 2. D. — Griller.
- 3. Tondre. — E. — Vaporiser.
- STOFFS BROCHÉS
- I. G. — Grillage.
- 2. Tondre. — C.
- 3. Grillage. — G. — Vaporisage.
- Teinture (fg. 50 bis). — La teinture a réalisé depuis l’époque dont nous
- parlons des progrès immenses. Les couleurs artificielles venaient d’appa
- raître de sorte que l’on était réduit le plus souvent aux procédés anciens
- Fig. 50 bis. — Atelier des noirs.
- A Al,.”
- 9' ;
- a -
- . ; T 1=f-, f.
- H :
- wnmm.g
- de teinture avec les couleurs naturelles. Les procédés de mordançage à l’alumine et à l’étain étaient généralement en usage et on conçoit que des précautions spéciales devaient être prises. Aussi pour obtenir les nuances délicates, supprimait-on le grillage pour le remplacer par une tonte, et les procédés de désencollage et de dégraissage avaient alors
- une fort grande importance. Puis, comme nous allons le voir, les procédés d’apprêt n’avaient pas la perfection qu’ils ont pris aujourd’hui.
- L’on n’employait pas encore d’une manière générale les colles d’apprêt qui auraient permis à l'apprêteur de corriger les défauts qui s’étaient produits et d’adoucir ou de durcir les étoffes à volonté.
- Au contraire les procédés de teinture produisaient toujours de la rai-
- deur et donnaient un toucher rèche, ce qui nécessitait des traitements très variables pour conserver autant que possible la douceur et la main des tissus souples. De là, la pratique constante d’enrouler les étoffes et de les laisser refroidir lentement; tandis que, pour les étoffes dures, on prenait moins de précaution et, après le va
- Fig. 51. — Rivière anglaise.
- L.
- V
- P - \
- 1 -i |
- i"
- / jit8‘t t=l , Tosom.. »
- porisage à la colonne, on refroidissait rapidement en déroulant à l’air.
- Lavage après teinture. — Les pièces conformes à l’échantillon étaient
- abattues, lisées au large et envoyées au rinçage. Le lavage se faisait
- p.2x112 - vue 143/478
-
-
-
- TRAITEMENT DES TISSUS RAS TEL QU IL EST DÉCRIT VERS 1860 113
- souvent en attachant les pièces à des piquets plantés dans un cours d’eau rapide, ou bien on lavait les couleurs fines au baquet, les grosses couleurs à la rivière anglaise ^g. 51). On essorait et on séchait à l’air ou à l'étente ou au cylindre (Ag. 62).
- On mettait ensuite les pièces au crochet pour les visiter et on classait les tissus
- "7
- par couleurs. FIG. 52. — Séchoir à cylindres.
- Épincetage. — Après la visite, on procédait à l’épincetage à la main, comme cela se fait encore aujourd’hui (fig. 53) et on envoyait à la tondeuse.
- Fig. 53. — Épincetage, lités fines, de douze à dix-huit.
- 1j, ..,5. A :
- *PPry
- -%
- n0
- Tondeuse. — La tondeuse cylindrique avait remplacé partout les anciennes forces. On donnait un nombre de coupes variable selon la qualité des tissus. Les mérinos de qualité ordinaire recevaient six à huit coupes, et les qua-
- APPRÊTS
- Les opérations principales qui constituaient l’apprêt étaient le doublage, l’arrosage et le métier d’apprêt.
- Doublage. — Le doublage consistait à plier les tissus en deux sur la largeur, l’endroit dehors de façon à ce que les lisières fussent l’une contre l’autre. On avait soin de vérifier si ce doublage se faisait à droit fil. Puis un ouvrier plaçait la pièce doublée sur une longue table, et la tirait pour la plier en plis réguliers, en ayant soin de bien régulariser les 2 lisières.
- . Lorsque toutes les pièces étaient doublées et pliées en paquets de 2 à 3 selon leur longueur on les attachait au moyen de coutures et à chaque bout du paquet on fixait une toile de 5 à 6 mètres de longueur.
- APPRÊT des tissus de laine. 8
- p.2x113 - vue 144/478
-
-
-
- 114 APPRÊT DES TISSUS DE LAINE PEIGNÉE
- Humectage. — Les paquets de pièces étant disposés en avant de l’humecteuse, on attachait la toile à un enroulage. L’eau provenant d’un réservoir élevé était projetée par un tuyau percé de trous sur une toile métallique qui donnait naissance à un brouillard d’eau. Les pièces s’enroulaient en recevant cette pluie qui était aussi répartie conformément. La machine était manœuvrée à la main, et l’ouvrier donnait au tissu une vitesse plus ou moins grande selon qu’il devait humecter plus ou moins.
- Apprêt. — Premier tour. — Le métier d’apprêt était simplement composé de 3 cylindres creux qui pouvaient être chauffés plus ou moins (fig. 54).
- Le premier tour d’apprêt consistait à enrouler les pièces convenablement serrées pour étendre uniformément l’eau. On obtenait ce résultat.
- d.es.
- foe
- . -
- . .. »j V ! t -.
- Fig. 54. — Ancien métier d’apprêt.
- en chauffant peu ces cylindres, assez cependant pour que l’eau se transformât en vapeur humide. Ce premier tour se faisait lentement pour que les ouvriers aient bien le temps de régulariser les lisières et pour que l’enroulage ait lieu à droit fil. Il fallait en même temps tirer sur l’étoffe pour lui donner la même largeur dans toute son étendue. C’était donc l’ouvrier apprêteur lui-même qui devait en même
- temps mettre le tissu à droit fil, c’est-à-dire tirer
- plus ou moins sur les lisières, élargir l’étoffe et appliquer exactement les deux lisières l’une sur l’autre pour que le dossage fût bien régulier.
- « Le mérinos ou le cachemire placé à l’arrière du métier contourne les cylindres, et au moment où il quitte le dernier, il est reçu par la main de deux ouvriers assis de chaque côté de l’appareil ; leur fonction est plus compliquée qu’il ne semble au premier abord ; ils doivent tendre l'étoffe et l’étirer régulièrement pour la maintenir à sa largeur, contrairement à l’effet des cylindres dont la traction étire l’étoffe en longueur. L’un d’entre eux ayant un doigt passé entre les deux lisières les ramène sans cesse l’une vers l’autre pour les faire coïncider avant l’enroulage
- sur le roule; pendant ce temps, son compagnon surveille le pli médian
- p.2x114 - vue 145/478
-
-
-
- TRAITEMENT DES TISSUS RAS TEL QU’iL EST DÉCRIT VERS 1860 115
- pour faire le dos et en assurer la régularité. Cette opération très simple en apparence demande une très grande force dans les doigts; on ne peut obtenir de bons et durables apprêts qu’à l’aide d’ouvriers habiles et très expérimentés; les bons apprêts ne sont pas dus à la valeur réelle des tissus, mais à l’habileté et à l’intelligence de l'apprêteur » (TURGAN).
- Quand les pièces étaient enroulées, on les laissait en repos une heure ou deux.
- Deuxième tour d’apprêt. — Le deuxième tour d’apprêt s’opérait à une température plus élevée que le premier : non seulement ou conduisait les pièces à droit fil, mais de plus on devait encore tirer sur l’étoffe en largeur à mesure qu’elle s’enroulait, de façon à ce que les deux lisières, d’un côté, et le milieu de la pièce, de l’autre, fussent enroulés très droit et que l’étoffe conservât une largeur égale dans toute son étendue. Ces soins devaient se continuer pendant tous les enroulages au métier d’apprêt.
- Les tissus subissaient plus ou moins de tours selon leurs espèces et selon qu’ils étaient plus ou moins fins. Les tissus ordinaires recevaient de trois à quatre tours ; tels étaient les mérinos et les étoffes de Roubaix de qualité commune. La chaleur des cylindres d’apprêt devait être en rapport avec le nombre de tours que l’étoffe subissait; c’est-à-dire que si l’étoffe nécessitait trois tours pour être bien apprêtée, il fallait qu’après ces trois passages, elle conservât assez d’humidité pour que la laine ne perdît rien ni de sa souplesse ni de sa douceur, ce qui serait arrivé certainement, si on avait chauffé trop ces cylindres au point de sécher la pièce en deux tours, le troisième s’opérant sans humidité dans l’étoffe. Pour un bon apprêt, il était donc d’une grande nécessité de gouverner le chauffage des cylindres avec beaucoup de soins, afin que la laine pût conserver l’état hygrométrique indispensable à sa souplesse.
- Il était certaines étoffes qui avaient besoin d’un apprêt qui ne leur donnât pas de brillant; tels étaient les mérinos chaîne coton. Ces étoffes recevaient un arrosage plus abondant, de manière à ce qu’après quatre ou cinq tours d’apprêt, elles étaient encore assez humides pour que les frottements ne pussent les lisser et les rendre brillants. Il fallait autant Que possible qu’elles prissent l’aspect du drap, plus un toucher moelleux et lourd à la main.
- Les mérinos chaîne coton communs recevaient quatre tours d’apprêt et les qualités fines cinq à sept tours ; ils devaient rester au moins quarante-huit heures, enroulés sur les roules d’apprêt, dans un local frais ou dans des caves autant que cela se pouvait, pendant les temps secs et chauds.
- Les qualités communes de mérinos, de cachemire d’Écosse et des autres étoffes recevaient trois tours, les qualités fines quatre à cinq
- p.2x115 - vue 146/478
-
-
-
- 116 APPRÊT des tissus DE LAINE PEIGNÉE
- tours. On les laissait également refroidir quarante-huit heures sur les roules au repos avant de les dérouler.
- Les tissus unis et brochés qui avaient besoin d’un brillant,tels que les satins de Chine, amazones Chambord, stofs unis et brochés, mousse-line de laine, satin broché, damas, laslings etc., recevaient trois à cinq tours selon leur finesse et devaient être laissés au moins vingt-quatre heures avant d’être déroulés.
- Déroulage. — Lorsque les pièces s’étaient refroidies doucement par un repos de deux ou trois jours dans une cave, elles étaient déroulées avec beaucoup de soins et, selon les cas, elles passaient à la presse ou étaient envoyées directement au pliage.
- Presse hydraulique à chaud. - La presse hydraulique avait remplacé l’ancienne presse à vis. Les tissus qui devaient recevoir un complément d’apprêt à la presse pour obtenir du brillantetparaitre plus minces étaient mis en carton. Les pièces ainsi encartonnées étaient mises en presse. Entre chaque pièce, on mettait un carton épais, au-dessus de ce carton une plaque de tôle mince, sur ceux-ci des plaques en fonte chauffées convenablement et sur les plaques chaudes encore une plaque de tôle et un carton épais, puis une autre pièce, on continuait ainsi jusqu’à ce que la presse fût complètement garnie ; puis on donnait la pression nécessaire pour que les pièces fussent suffisamment serrées et on laissait refroidir jusqu’au lendemain.
- Les tissus légers, tels que mousseline de laine, stoff broché et uni, satin broché et les chaînes-coton étaient mis en presse une fois seulement. Mais les étoffes qui avaient besoin d’un fort apprêt, tels que damas lastings, flanelles et les brochés de qualité fine, recevaient deux pas-sagesala presse ; au deuxième tour, on changeait les plis déplacé pour que les endroits de la pièce qui n’avaient pas reçu l’action de la presse entre les cartons s’y trouvassent au deuxième passage.
- Toilette des pièces. — Les pièces refroidies étaient décartonnées, puis on les mettait au crochet pour y former des plis de 1 mètre de longueur. On les repliait ensuite en trois pour faire un paquet bien conditionné. Les pièces qui étaient reconnues bien faites étaient mises en plateau et fortement serrées à la presse à froid avant d’être livrées au commerce.
- Les pièces, qui devaient être transportées à de grandes distances, étaient enroulées sur planchettes,puis enveloppées de papier et expédiées.
- Telles étaient les opérations usitées pour le traitement des tissus ras, il y a seulement une cinquantaine d’années. Voici d’ailleurs, d’après Alcan, la méthode usitée à la fois à Reims et à Paris.
- p.2x116 - vue 147/478
-
-
-
- TRAITEMENT DES TISSUS RAS TEL Qu’iL EST DECRIT VERS 1860 117
- APPRÊT DES TISSUS RAS
- TYPE MÉRINOS VERS 1860
- SYSTÈME DE PARIS
- 1. Grillage à la plaque.
- 2. Dégraissage au carbonate de soude et dégorgeage à la laveuse.
- 3. Rinçage et lavage complet à l’eau tiède.
- 4. Passage de l’étoffe à la machine à foularder pour déplisser et sécher le tissu.
- 5. Teinture et lavage.
- 6. Essorage et séchage à l’étendage.
- 7. Épluchage et nettoyage.
- 8. Tondage par un plus ou moins grand nombre de coupes.
- 9. Arrosage par pluie fine pour humecter.
- 10. Passage sur le métier d’apprêt.
- 11. Pliage et pressage à froid.
- SYSTÈME DE REIMS
- 1. Grillage à la plaque.
- 2. Apprêt au bruissage par l’ébullition de la pièce se mouvant 1 à 2 heures sous une certaine tension dans l’eau bouillante.
- 3. Dégraissage à la laveuse.
- 4. Teinture.
- 5. Étendage et séchage.
- 6. Tondage.
- 7. Humectage.
- 8. Passage sur le métier d’apprêt.
- 9. Pliage.
- On voit que, d’après cet auteur, le bruissage n’aurait pas encore été employé à Paris à cette époque, tandis que Reims l’utilisait déjà depuis très longtemps. Ce qu’il y a de certain, c’est que Turgan ne signale pas cette opération si importante dans sa description de l’usine Boutarel.
- Apprêt des tissus ras brochés genre chale (Alcan). — 1° Epincetage avec de petites pinces pour enlever les corps étrangers, boutons, irrégularités, etc.;
- 2° Lavage à l’eau tiède pour épurer l’étoffe et raviver les couleurs ;
- 3° Equarrissage du tissu sur une table métallique creuse, bombée, chauffée à l’intérieur afin d’établir la pièce à ses dimensions régulières ;
- 4° Découpage à l’envers par une tondeuse longitudinale des brides formées par la partie brochée au tissage;
- 5° Coupes à l’endroit à la tondeuse transversale pour enlever le duvet.
- 6° Développement du grain à l’endroit et du brillant à l’envers par une pression énergique à la presse hydraulique avec interposition de cartons lisses sur l’une des faces et à grains sur l’autre.
- p.2x117 - vue 148/478
-
-
-
- 118 APPRÊT DES TISSUS
- APPRÊT DES TI!
- TRAITEMENT DES
- Traitement K
- 1. Dégorger au foulard, au savon et carbonate n° 5 à 35°, 2 tours.
- 2. Dégorger au foulard. Carbonate n° 2 à 35, 1 tour.
- 3. Foularder au carbonate n° 3 à 40°,
- 1 tour.
- 4. Foularder au carbonate n° 4, au bouillon, 1 tour.
- 5. Rincer au foulard, 3 eaux bouillantes.
- 6. Enrouler, laisser reposer jusqu’au lendemain.
- Satins laine et soie
- N° 1. Traitement K.
- No 2. Traitement L.
- TRAITEMENT
- TRAITEMENT DES MÉ
- N» 1
- 1. Désencollage au foulon, carbonate n° 4, 15 minutes.
- 2. Rinçage au foulon, 4 eaux à 35°. Liser 2 fois au large.
- 3. Enrouler au bouillon. Laisser refroidir jusqu’au lendemain.
- 4. Enrouler au bouillon une deuxième fois.
- 5. Séchage.
- 6. Grillage.
- 7. Dégraissage au foulon A.
- 8. Enrouler à 50°. Laisser reposer jusqu’au lendemain. Enrouler une deuxième fois.
- DE LAINE PEIGNÉE
- SUS MÉLANGÉS
- LAINE ET SOIE
- Traitement L
- 1. Dégorger au foulard, carbonate n° 4 à 35, 1 tour.
- 2. Dégorger au foulard, savon et carbonate n° 5 à 35°, 1 tour.
- 3. Dégorger au foulard, carbonate n° 2 à 35°, 2 tours.
- 4. Rinçage au foulard, 3 eaux bouillantes.
- 5. Enrouler, laisser refroidir jusqu’au lendemain.
- TISSUS CHAINE SOIE
- No 1. Enrouler en eau bouillante; laisser refroidir jusqu’au lendemain.
- 2. Griller mouillé.
- 3. Traitement K.
- 4. Sécher.
- 5. Griller une deuxième fois.
- N° 2 1. Griller.
- 2. Enrouler à 25.
- 3. Ébrouir 2 heures.
- 4. Traitement K.
- DES MI-LAINE
- NOS CHAINE COTON
- No 2
- 1'. Désencollage au foulon, 3 eaux à 35°. Liser 2 fois au large.
- 2. Enrouler.
- 3. Ébrouissage à 80, 2 heures.
- 4. Séchage.
- 5. Grillage.
- 6. Dégraissage A au foulon.
- 7. Enrouler à 50.
- p.2x118 - vue 149/478
-
-
-
- TRAITEMENT DES TISSUS RAS TEL Qu’iL EST DÉCRIT VERS 1860 119
- N» 3
- 1. Tondre.
- 2. Enrouler au bouillon. Enrouler une deuxième fois.
- 3. Dégraissage A au foulon.
- 4. Enrouler à 50.
- N» 4
- 1. Grillage.
- 2. Enrouler au bouillon. Enrouler une deuxième fois.
- 3. Dégraissage A au foulon.
- 4. Enrouler à 50°. Enrouler une deuxième fois.
- TRAITEMENT DES STOFFS CHAINE COTON
- N» 1
- 1. Dégorgeage au foulon, savon et carbonate n° 1 à 30, 45 minutes.
- 2. Foulardage carbonate no 2 à 40°, 2 tours.
- 3. Rinçage au foulard, 3 eaux bouillantes.
- 4. Enrouler.
- 5. Séchage.
- 6. Grillage.
- N° 2
- 1. Enrouler à 30.
- 2. Ébrouissage 2 heures.
- 3. Dégorgeage au foulon, savon et carbonate n° 1 à 30, 45 minutes.
- 4. Foularder en carbonate n° 2 à 40, 2 tours.
- 5. Rinçage au foulard, 3 eaux bouillantes.
- 6. Laisser reposer jusqu’au lendemain.
- N» 3
- 1. Enrouler en eau bouillante.
- 2. Dégorgeage au foulard, carbonate n° 3 à 50°, 3 tours.
- 3. Rinçage au foulard, 2 eaux bouillantes.
- 4. Laisser refroidir jusqu’au lendemain.
- 5. Séchage.
- 6. Grillage.
- TRAITEMENT DES CHAINES COTON
- N« 1
- 1. Dégraissage A.
- 2. Rinçage au foulard, 3 eaux bouillantes.
- 3. Laisser reposer jusqu’au lendemain.
- 4. Griller mouillé.
- N° 2
- 1. Griller.
- 2. Dégorger au foulon, carbonate n° 2 à 35.
- 3. Rinçage au foulard, 2 eaux à 50°.
- 4. Enroulageàlacolonne.
- 5. Vaporisage20minutes.
- N»
- 1. Foulardage au carbonate n° 2, au bouillon, 2 tours.
- 2. Rinçage au foulard, 2 eaux bouillantes.
- 3. Enrouler sur la colonne.
- 4. Vaporisage 20minutes.
- 5. Grillage.
- traitement des chambords Chaîne coton
- 1. Dégorgeage au foulon, carbonate n° 2.
- 2. Rinçage au foulard, 2 eaux bouillantes.
- 3. Enroulage sur la colonne.
- 4. Vaporisage20minutes.
- 5. Griller mouillé.
- TRAITEMENT DES ORLÉANS Chaîne coton
- 1. Foulardage en carbonate n° 4 au bouillon.
- 2. Foulardage en eau bouillante.
- 3. .Vaporisage 20minutes.
- 4. Grillage.
- TRAITEMENT DES COBOURGS Glacés
- 1. Grillage.
- 2. Foulardage en carbonate n° 4 au bouillon, 2 tours.
- 3. Rinçage au foulard, 1 eau bouillante.
- 4. Vaporisage à la colonne, 20 minutes.
- p.2x119 - vue 150/478
-
-
-
- 120
- APPRÊT DES TISSUS DE
- LAINE PEIGNÉE
- 7
- TRAITEMENT
- DES
- BARÈGES
- 1.
- 2.
- 3.
- 4.
- 5.
- 6.
- Grillage.
- Dégorgeage au foulard, savon et carbonate n° 5 à 30°, 2 tours..
- Dégorgeage au foulard, carbonate n° 2 à 35, 2 tours.
- Rinçage au foulon, 4 eaux à 35.
- Enroulage.
- Ébrouissage, 3 heures à 60.
- 1.
- 2.
- 3.
- 4.
- 5.
- 6.
- 7.
- N» 2
- Rincer au foulon, 2 eaux à 35. Liser au large.
- Ébrouissage, 3 heures à 70.
- Séchage.
- Grillage.
- Dégorgeage au foulard, savon et carbonate n° 5 à 30, 2 tours.
- Dégorgeage au foulard, carbonate n° 2 à 35, 1 tour.
- Rinçage au foulard, 3 eaux à 50. Laisser enrouler.
- N" 3
- Rinçage au foulard, 2 eaux à 35.
- 2. Enrouler sur eau bouillante.
- 3. Dégorgeage au foulard, carbonate n° 2 à 40, 2 tours.
- 4. Rinçage au foulard, 2 eaux à 45. Laisser refroidir jusqu’au lendemain.
- 5. Séchage.
- 6. Grillage.
- BARÈGES POUR NOIR
- Rinçage au foulard, 2 eaux à 30.
- 2. Enrouler à 30.
- 3. Ébrouir 3 heures au bouillon.
- (Les Orléans chaîne coton noir se traitent comme les barèges pour noir.)
- Les barèges demandent à être traités avec beaucoup de précautions pendant les diverses manutentions, parce que le tissu s’éraille au moindre frottement. Il faut donc avoir soin de n’employer que des foulons et foulards légers qui ne tiraillent le tissu en aucun sens afin d’éviter de déranger les fils qui le composent.
- p.2x120 - vue 151/478
-
-
-
- p.2x121 - vue 152/478
-
-
-
- p.2x122 - vue 153/478
-
-
-
- CHAPITRE VII
- TRAITEMENT RAS TEL QU’IL EST APPLIQUE ACTUELLEMENT
- Nous avons vu comment s’effectuait le traitement des tissus ras avant 1870. Les procédés employés étaient utilisés dans l’industrie depuis une origine qui disparaît dans la nuit des temps. Nous avons une relation de Pline, et on a retrouvé à Pompéi les ruines d’un atelier de foulage et dégraissage qui démontrent que l’on connaissait le dégorgeage, le foulage, le lainage, la tonte, l’étendage et la presse déjà au commencement de F ère chrétienne.
- Mais depuis, des progrès immenses ont été réalisés, dont le point de départ est la Révolution. La liberté de fabrication est donnée à tous, les maîtrises, jurandes, corporations sont supprimées, l’usage des vêtements et la nature des étoffes employées ne sont plus astreints à aucune réglementation; puis enfin, se sont accomplies les merveilles provoquées par l'invention de la machine à vapeur. Le machinisme s’introduit dans l’industrie et les outils deviennent plus puissants, leur rendement de plus en plus parfait.
- Mais, nous pouvons remarquer qu’à l’époque où nous nous sommes arrêtés, la main-d’œuvre, dans les teintures et apprêts, était encore considérable. Les progrès qui vont se réaliser pour arriver à l’époque actuelle, ont précisément pour objectif la diminution de la main-d’œuvre et la création de machines pouvant remplacer le travail manuel des ouvriers. Nous avons vu par exemple combien était complexe le travail de l’apprêteur. Nous possédons maintenant les machines qui exécutent les manutentions qui nécessitaient autrefois des ouvriers très expérimentés. Nous citerons les rames élargisseuses, les rames à mettre à droit fil, les machines à dosser, les machines à encartonner et à décartonner, etc. C’est que l’objectif poursuivi dans toutes nos grandes usines, c’est la grande production, et cette production a peut être
- p.2x123 - vue 154/478
-
-
-
- 124 PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- amené la réduction ou même la suppression de certains traitements qui jouaient un rôle important autrefois.
- Parmi les opérations en usage en 1870, il en est quelques-unes dont l’origine n’est pas bien déterminée; c’est celle du fixage par ébrouissage ou par vaporisage à la colonne. Gomment ont-ils été introduits en apprêt? Nous n’avons aucun document qui nous l'indique. Ces procédés d’ébrouissage et de vaporisage se sont perfectionnés de nos jours et ont amené l’usage des appareils à fixer et des machines pour le décatissage à sec et le décatissage humide, c’est-à-dire le crabbing, la colonne et le potting.
- Mais les découvertes et transformations qui sont tout à fait modernes, consistent dans l’application généralisée des colles d’apprêt, le procédé de l’épaillage chimique, l’essorage, le grillage au gaz, les machines à sécher et tout le matériel d’apprêt employé aujourd’hui et qui n’existait qu’à l’état rudimentaire avant 1870.
- Des raisons qui déterminent l’ordre des opérations à adopter dans un traitement. — Nous avons vu, dans les exemples que nous avons donnés, que le traitement se compose d’une série d’opérations identiques qui peuvent s’effectuer dans un ordre variable. De même, actuellement, le traitement se compose d’opérations qui sont utilisées de diverses façons selon le but à poursuivre. Tout dépend du genre de tissu, puis du résultat à obtenir et aussi du prix de revient, car on a tout intérêt à employer la manutention la plus économique.
- Si l’on traite des étoffes de laine douce, et qu’on veuille les faire rentrer (flanelles par exemple), il faudra opérer le dégraissage à la laveuse et, en même temps, éviter l’emploi de toute opération, comme le grillage, l’ébrouissage ou le vaporisage à la colonne. On constate en effet qu’une laine se foule bien mieux avant qu’après l’action d’une haute température. Pour le vérifier, il suffit de prendre trois pièces de mérinos, d’en tondre une, de griller la seconde et d’ébrouirle troisième, puis de dégorger ensemble les trois pièces; on constatera que la pièce tondue rentre facilement, que la pièce grillée rentre beaucoup moins et que la troisième foule peu. Cette expérience montre naturellement les moyens à employer pour les pièces qui doivent perdre peu ; dans ce cas, il faut employer la chaleur; pour les pièces qui ne doivent pas perdre plus de 3 ou 4 centimètres en largeur, on les fera griller et ébrouir ou fixer.
- Pour les tissus de laine douce, le grillage a tendance à durcir la laine. On peut donc lui substituer la tonte, et cela est même une précaution à prendre pour les tissus qui doivent être teints en une nuance délicate, comme les crèmes, les roses et les bleus ciel ; tandis que les tissus de laine dure, prennent plus de main par le grillage; et si l’on grille humide
- p.2x124 - vue 155/478
-
-
-
- TRAITEMENT RAS TEL QU’lL EST APPLIQUÉ ACTUELLEMENT 125 la laine acquiert du brillant, car il se forme alors une sorte de vaporisage à l’état tendu.
- Au point de vue du dégraissage, les bains qui ménagent le plus la douceur de la laine sont ceux de savon et de carbonate employés à 25° (dégraissage A). Un bain de carbonate de soude agit plus énergiquement, et donne de la dureté si on en augmente la température.
- A quel moment doit-on faire le grillage? Il est évident que l’encollage emprisonne une certaine quantité de duvet, qui devient libre aussitôt qu’on a éliminé la colle. Par conséquent, on devrait tout au moins avoir désencollé la pièce avant de la griller. Et, comme le dégraissage garnit plus ou moins le tissu, il semble bien, qu’au point de vue de l’élimination du duvet, le grillage devait être réalisé après le traitement humide, à condition de le faire suivre d’un rinçage à l’eau pour enlever les poussières carbonisées et pour que la pièce soit bien humectée avant d'être envoyée à la teinture. D’ailleurs, l’action de la chaleur sèche sur les encollages et les ensimages n’est pas bien étudiée. Dans les ateliers, on dit que la colle est cuite dans l’étoffe et qu’elle devient ainsi plus difficile à éliminer; cela ne paraît pas bien établi. On sait en effet que les matières amylacées se transforment, à haute température, en amidon grillé, plus soluble. La colle et la gélatine résistent dans les mêmes conditions que la fibre lainière elle-même. Ce qui pourrait plutôt se produire, c’est la décomposition des sels qu’on a l’habitude d’ajouter aux encollages, et il est démontré en particulier que les chlorures de zinc, de magnésium, d’aluminium sont capables de détériorer fortement les articles mi-laines au grillage.
- D’un autre côté, les matières grasses sont susceptibles d’éprouver des modifications encore mal connues. Quand on voit utiliser dans la teinture du rouge turc sur coton, les réactions qui se produisent dans les matières grasses pour les fixer, et dans le procédé Steiner, appliquer l’action de la chaleur sèche pour produire ces mêmes modifications, on peut se demander s’il n’y a pas là une influence nuisible. Il est vrai que l’action de la chaleur a une durée si courte qu’il ne faut peut-être pas exagérer l’influence du grillage.
- Quoi qu’il en soit, dans un procédé rationnel, le grillage devrait être exécuté après une partie du traitement humide ; il nécessiterait un séchage supplémentaire de l’étoffe, et c’est uniquement pour éviter ce séchage supplémentaire que nous voyons, dans les procédés modernes, toujours commencer par le grillage, la tonte avant Tapprêt n’étant pour ainsi dire plus jamais appliquée. De sorte que les traitements suivis aujourd’hui correspondent en somme aux traitements 5 et 6, que nous avons indiqués page 110, c’est-à-dire qu’on procède au fixage avant le dégraissage ou après le dégraissage. Le fixage avant le dégraissage re-
- p.2x125 - vue 156/478
-
-
-
- 126
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- présente le traitement le plus rationnel. On a désencollé l’étoffe, et aussitôt que possible on fixe le tissu pour qu’il ne s’éraille ni ne s’abîme, pendant le dégraissage, comme pendant la teinture. Mais d’un autre côté, on a également intérêt à éliminer les matières grasses avant de procéder au fixage. De sorte que les opérations s’effectuent ordinairement dans l’ordre suivant : grillage, désencollage, dégorgeage, fixage.
- Si l’on doit procéder au carbonisage chimique, les mêmes discussions recommencent pour savoir à quel moment cette opération doit s’exécuter. Et, dans ce cas encore, on rencontre des praticiens, partisans de faire le carbonisage après le grillage et, d’autres, préférant carboniser à la fin du traitement humide.
- Le dégorgeage au foulard est moins parfait que le dégorgeage à la laveuse. On sait en effet que, dans le dégorgeage, la compression du tissu pour l’essorer a peut-être plus d’importance que les réactions chimiques de saponification. Le passage du tissu entre les roues de la crécelle est très efficace; tandis que ce travail d’expression est beaucoup moins parfait dans le foulard. Aussi les bains alcalins sont-ils employés à une température plus élevée dans ce dernier cas; on fait usage du carbonate n° 4 au tiède ou au bouillon. De même les rinçages au foulard se font au bouillon ; de sorte que l’enroulage et le déroulage produisent alors une sorte de fixage.
- Nous avons vu employer deux procédés de fixage, l’enroulage de la pièce dilatée et chaude et le refroidissement lent; ou l’enroulage de la pièce mouillée et froide, le vaporisage et le refroidissement rapide. Le passage à la colonne fixe mieux que l’ébrouissage, puisque l’opération se fait à une température plus élevée; en même temps il donne du brillant. C’est pourquoi on préconisait autrefois l’ébrouissage pour les étoffes de laine douce, et le vaporisage pour les étoffes de laine dure.
- Aujourd’hui le procédé employé participe des deux anciens (la colonne de sublimé étant toujours usitée). On dilate l’étoffe en la chauffant dans de l’eau portée à une température plus ou moins élevée, comme dans l’ébrouissage, maison refroidit brusquement comme dans le vaporisage. Il paraît que la douceur et la souplesse sont ainsi moins bien ménagées que dans le vieil ébrouissage.
- Magasin aux écrus, visite, brodage. — La première opération à l’arrivée de la marchandise à l’usine, c’est la reconnaissance des pièces.
- On reconnaît les pièces en pointant leur numéro sur la note que le client a remise en même temps. Si tous les numéros concordent bien avec la note de remise ou de disposition, on applique d’abord un numéro d’ordre qui est celui de l’apprêteur et qui servira à faire recon-
- p.2x126 - vue 157/478
-
-
-
- TRAITEMENT RAS TEL QU’IL EST APPLIQUÉ ACTUELLEMENT 127 naître la pièce dans toute la manutention. Ainsi, en admettant une remise de pièces dont le détail suit.
- FABRIQUE DE TISSUS DE LAINE ET MI-LAINE DUBOIS Frères et Cie
- Remis à Teinturerie Roubaisienne 6 pièces dont le détail suit : le 2 mai 1912
- Nos N»
- d’ordre du client
- 1 5.842 50m Drap 150“m pour Noir noir, apprêt souple, rendre 140
- 2 3.251 52m — 148°“ — Noir moyen, — — — 140
- 3 8.712 100“ Mousseline 2/3r“ — Noir bleuté, — ordinaire, — 60
- 4 2.831 801 — 2/3c“ — Grenat échant0", — glacé, — »
- 5 4.720 85m Mérinos 120°“ — Noir, — Saxe, — 112
- 6 8.931 90m Cachemire 5/4'“ — Noir, — Français, — 120
- Le numéro d’ordre de l’apprêteur devra être mis sur la note ou disposition de teinture, et celle-ci sera donnée immédiatement au magasinier des écrus, qui doit fairé broderies pièces avant leur mise en œuvre. On portera le numéro d’ordre à l’encre rouge sur la note du client à côté du numéro correspondant delà pièce. Ainsi, quand le magasinier prendra la pièce n° 2831, il cherchera sur sa note ce numéro et écrira sur le chef de la pièce, avec un gros crayon d’abord, les initiales du client, ensuite le numéro d’ordre, le numéro marchand et une lettre indiquant si la pièce est pour noir, pour couleur foncée ou pour couleur claire. On brodera par exemple N pour noir, C pour clair et F pour les grosses couleurs ou couleurs foncées; puis enfin on indique encore la largeur écrue.
- Ex. :
- D. F. G. 4 2831 C. 65.
- Si la pièce doit être foulée, on mettra, à côté de la largeur écrue, la largeur à rendre après traitement.
- Pour crayonner la broderie, le magasinier posera la pièce sur une petite bascule sensible, et lorsque le crayonnage sera terminé, il vérifiera la largeur écrue et le poids qu’il devra inscrire sur la note de teinture. Le poids servira au teinturier pour la dose des mordants nécessaires, et la largeur pour que l’apprêteur sache, en recevant la pièce, combien elle a perdu pendant les dégorgeages et la teinture.
- La pièce crayonnée est remise à la brodeuse qui passera sa broderie dans les traces de crayon indiquant les numéros et les marques, de façon à ce que ces marques restent visibles pendant toute la durée de la manutention jusqu’à la sortie du tissu.
- La pièce brodée est passée à la machine à métrer pour vérifier l’exactitude du métrage et pour signaler au client les différences qui en valent la peine, de façon à ne pas être obligé de supporter des différences de
- p.2x127 - vue 158/478
-
-
-
- 00
- 61 =
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- métrage en moins, si on s’apercevait d’une erreur après manutention. On doit également noter les avaries et défauts avant de mettre la pièce en traitement. La note de disposition est alors remise au bureau pour être inscrite sur le livre d’entrée.
- Le brodage des étoffes de laine se fait généralement avec un fil de coton, afin que les inscriptions restent bien visibles pendant toute la manutention. Lorsqu’il s’agit de tissus qui doivent être carbonisés, on ne peut plus employer de coton qui ne résisterait pas à cette opération; mais on brode alors à la soie généralement. Des essais ont été faits avec le fil d’amiante, mais une difficulté résulte du manque de finesse de cette matière.
- Dans quelques usines on a cherché à supprimer le brodage. On préfère coudre au chef un bout de doublier en coton sur lequel on imprime, avec une encre à base de noir d’aniline, les indications utiles au personnel. Ce procédé est plus expéditif et par suite intéressant à signaler.
- p.2x128 - vue 159/478
-
-
-
- CHAPITRE VIII
- GRILLAGE
- Nous avons vu qu’en 1773, Price, apprêteur à Londres, avait apporté à Amiens les procédés anglais en usage pour l’apprêt des tissus ras et en particulier le grillage à la plaque. Nous avons trouvé d’ailleurs, à la même époque, quelques renseignements sur le grillage à l’alcool au corroi. Il est probable que ces procédés de grillage ne se répandirent pas et qu’ils tombèrent même dans l’oubli, puisqu’il faut remonter à trente ans plus loin pour avoir quelques indications sur cette opération si importante. Voici en effet ce que nous lisons dans le dictionnaire de Lami :
- « C’est à Rouen, vers 1810, qu’on a appliqué pour la première fois le grillage aux tissus; on s’aperçut alors que l’impression sur calicot était plus parfaite lorsqu’une partie du duvet était enlevée, et on imagina de faire passer le calicot sur un cylindre de fonte rougi à blanc qu’on tournait constamment. Cette opération fut adoptée plus tard, en 1813, par les imprimeurs d’Alsace, qui substituèrent au cylindre une plaque de fonte convexe ; puis, en 1820, par les teinturiers d’Amiens, pour leurs velours de coton et leurs tissus de laine; enfin, en 1840, parles teinturiers de Paris, pour les tissus de laine.
- « A eette époque, M. Molard, sous-directeur du Conservatoire des Arts et Métiers de Paris, eut l’idée de flamber l’étoffe au moyen de la flamme du gaz. Cette idée ne fut mise en exécution qu’en 1847 par un Anglais, Samuel Hal, qui construisit une machine qui fut adoptée à Paris, Lille et Rouen pour les toiles et calicots.
- « En 1826, M. Descroizilles fils imagina le grillage à l’alcool enflammé. Sa machine fut usitée quelque temps à Tarare et Saint-Quentin pour les tulles et tissus légers. Ce ne fut qu’en 1860 que M. Cooke, de Manchester, imagina une nouvelle manière de griller au moyen d’un mélange de gaz et d’air atmosphérique. Cette machine, modifiée et
- APPRÊT DES TISSUS DE LAINE. 9
- p.2x129 - vue 160/478
-
-
-
- 130
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- construite en France par Tulpin de Rouen, eut un grand succès. M. Blanche, manufacturier à Puteaux, installa en 1873 une grilleuse qui est aujourd’hui généralement employée en France et en Allemagne ; elle est basée sur le principe du chalumeau, un courant d’air forcé produit la combustion du gaz. » (Lami.)
- MACHINES A ROUSSIR
- Grillage à la plaque. — Le grillage à la plaque est encore usité aujourd’hui pour certains articles, bien qu’il ait perdu beaucoup de son importance. C’est que le résultat qu’il produit n’est pas du tout sem
- 1 Y
- Fig. 55. — Machine à griller avec cylindre rotatif.
- blable à celui du grillage au gaz. Ce dernier étant produit par une flamme projetée dans le tissu, fouille celui-ci plus ou moins et le creuse. Tandis que, dans le grillage à la plaque, l’action s’exerce suivant une surface plane ; le creusage de l’étoffe est moins prononcé. Le grillage à la plaque sera donc tout à fait utile si on doit éviter que l’action du grillage puisse atteindre des parties qu’il faut respecter, dans le velours par exemple.
- D’un autre côté, par suite du contact de l’étoffe avec une plaque métallique rougie, la surface de la laine est portée à une température plus
- p.2x130 - vue 161/478
-
-
-
- GRILLAGE
- 131
- élevée, il se produit une sorte d’apprêt qui est utilisé pour brillanter
- certains tissus, les alpagas, par exemple. Le brillant produit par le grillage est plus accentué, si on grille l’étoffe plus ou moins humide.
- Dans les premières machines à griller à la plaque, on utilisait un cylindre rotatif dont la surface était portée au rouge (fig. 55). On préférait cette forme de la surface pour avoir plus de régularité dans la température ; mais il y avait
- Fig. 56. — Plaques de machines à roussir.
- un inconvénient, c’est que le contact avec l’étoffe était moins bien garanti, et on préféra plus tard que la partie chauffée restât immobile. On remplaça le cylindre par une plaque courbe, puis par une plaque demi-sphérique qui permet plus facilement de régler le grillage, car le contact du tissu et de la plaque peut se faire sur une surface plus ou moins grande {fig. 56).
- Le grillage à la plaque doit être bien réglé pour donner un travail parfait. Il faut d’abord que toute la surface de la plaque soit chauffée
- d’une manière régulière, ce qui présente des difficultés. Le gril-leur doit ensuite régler la vitesse du tissu, sa tension et l’étendue de la surface de contact.
- On ne doit jamais griller à la plaque les tissus qui ont des lisières molles, car il se produirait des marbrures qui deviendraient plus marquées à la teinture.
- En Angleterre, les Fig. 57. — Ancien, grilloir à main. .
- tissus alpaga noirs sont grillés après teinture sur des plaques de cuivre chauffées au rouge vif pour avoir un brillant tout à fait solide. On grille la pièce humide on produit donc un apprêt en même temps qu’un grillage.
- Dans les premières machines, le grilleur déplaçait l’étoffe à la main,
- p.2x131 - vue 162/478
-
-
-
- 132 PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- (fg. 57), il imprimait une vitesse constante au tissu, malgré que le cylindre enrouleur augmentât constamment de diamètre; il réglait le déplacement pour que le grillage soit complet sans altération de l’étoffe.
- —
- ë n
- ;’ a pmn vae
- Fig. 58. — Grilleuse à deux plaques avec mouvement progressif et plieuse pour velours (F. Dehaître).
- 1
- I
- Il fallait, après le grillage, procéder au déroulage et éventer le tissu
- afin de le refroidir complètement et uniformément.
- Dans les machines modernes, tout le travail se fait automatiquement
- (fg. 58). Le tissu est appelé d’un mouvement uniforme par un système
- .. .
- C, " CI & II:
- Fig. 59. — Machine à griller à double plaque fixe de Mather et Platt.
- de deux rouleaux dont la vitesse peut être réglée à volonté ; la tension de l’étoffe s’obtient par un embarrage; une brosse relève le duvet avant le passage sur la plaque. Et enfin, le tissu chemine sur un parcours assez long pour être complètement refroidi et vient se fauder en plis
- p.2x132 - vue 163/478
-
-
-
- GRILLAGE 133
- à l’avant de la machine. De telle sorte qu’un seul ouvrier grilleur peut surveiller l’arrivée et la sortie de la pièce.
- Les grilleuses à plaques, qui avaient presque complètement été remplacées par des grilleuses à gaz, sont de nouveau utilisées dans le traitement ras, car le résultat n’est pas identique au flambage, comme nous l’avons expliqué. Et différents perfectionnements ont été introduits.
- Voici, par exemple, deux modèles de grilleuses à plaque de Mather-Platt ; dans le premier modèle, il y a deux plaques par four [fig. 59) ; les gaz de la combustion pénètrent dans la première plaque et sortent par
- Fig. 60. — Machine à griller avec traverse brevetée de Mather et Platt.
- à changer à chaque instant la
- Fig. 61. — Traverse brevetée de Mather et Platt.
- la seconde. De celte façon il se produit une dessiccation de lapièce avant le grillage proprement dit. L’intensité du grillage se règle en élevant ou abaissant le cadre qui supporte la pièce.
- Un autre perfectionnement consiste ligne de contact du tissu avec les plaques grilleuses {fig. 60 et 61). Au lieu que le contact soit établi par un simple cadre qu’on soulève plus ou moins, l’appareil est muni d’une glissière dans laquelle se trouvent les guides des tissus. Ces guides reçoivent un mouvement alternatif. De celte façon, tous les points de la plaque sont successivement utilisés, et par conséquent le grillage se fait à
- une température plus élevée que dans le grillage à plaque ordinaire. En effet, dans ce dernier système, le tissu étant tangent toujours suivant la
- p.2x133 - vue 164/478
-
-
-
- 134 PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- même génératrice de la plaque, la partie qui travaille dans le grillage se trouve à une température plus basse.
- Grillage électrique pour tissus. — On a cherché, dans ces derniers temps, à réaliser le grillage électrique, qui théoriquement fournirait des avantages considérables sur le grillage à la plaque (fig. 62).
- Fig. 62. —Grilleuse électrique.
- Le principe consiste tout simplement à faire rentrer, comme résistance dans un courant électrique, une plaque qu’il est ainsi très facile de porter à une température que l’on pourra régler à volonté. Il suffit en effet d’intercaler un rhéostat de façon à faire varier l’intensité du courant comme on l’entend. La température de la plaque est absolument constante pour une même intensité du
- —w - 1 courant. Ce principe a été appliqué as-
- sez anciennement, puisque M. Scheurer F1«. 63. -Barre de grilleuse R ott signale déjà 1882 des résultats défectueux obtenus par le grillage électrique provenant de ce qu’on employait un électrode en platine, qui se déformait sous l’influence de la chaleur et produisait par suite un grillage irrégulier (fig. 63).
- La société anonyme l'Electro-Textile, 149, rue de Rome, à Paris, a éprouvé les mêmes difficultés dans ses premiers essais, et, pour éviter ces inconvénients, elle utilise des barres électriques à forte section donnant lieu à des déformations moindres sous l’action de la haute température à laquelle elles se trouvent portées, comme sous le poids du tissu. On fait usage actuellement de barres enferro-nickel disposées pour permettre la libre dilatation. Un aspirateur refoule au dehors les produits de la combustion. La quantité de chaleur perdue par radiation est évidemment bien moins importante que dans le grillage à la plaque, puisque le rapport des surfaces incandescentes est de 7 à 100.
- La barre est portée sur toute sa longueur à une température uni-
- p.2x134 - vue 165/478
-
-
-
- GRILLAGE
- 135
- forme, variable à volonté, ce qui n’existe pas dans les anciennes gril-leuses à plaques. On emploie bien entendu du courant à basse tension, puisque l’énergie du courant transformée en chaleur est représentée par la formule RP et est, par conséquent, proportionnelle au carré du nombre d’ampères. On emploie ordinairement un courant d’environ 1.500 ampères à 10 volts par mètre de longueur de barre, soit une dépense de 15 kilowatts-heure.
- Fig. 64 — Grilleuse électrique combinée avec une machine plieuse.
- La grilleuse électrique présente beaucoup d’avantages sur la grilleuse à plaque, et en premier lieu, celui de la propreté et de l’hygiène. Le prix de revient du grillage dépend du prix du courant électrique ; celui-ci n’est d’ailleurs consommé que pendant la durée du travail, puisque à l’arrêt il suffit d’ouvrir l’interrupteur, et qu’à la mise en route la plaque est portée au rouge en quelques instants.
- La grilleuse proprement dite est combinée d’une façon quelconque avec des mouvements d’enroulage ou de pliage; nous donnons la figure d une installation avec mouvement de plieuse et mouvement différentiel permettant de régler l’appel du tissu à volonté {fig. 64).
- p.2x135 - vue 166/478
-
-
-
- 136 PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- DU FLAMBAGE
- Le flambage des tissus n’est pas arrivé à l’état de perfection qu’il a atteint de nos jours sans subir une série successive de perfectionnements.
- Grillage à la flamme de coke (fig. 65). — Ce mode de grillage consiste en un feu de coke muni d’une cornue C. Un ventilateur force
- Fig. 65. — Grillage à flamme de coke.
- l’air à travers le coke et donne une flamme d’oxyde de carbone qui vient griller le tissu AB. Une hotte enlève les produits de la combustion et du grillage.
- L’inconvénient de ce système est que le tissu est difficilement grillé d’une manière régulière et uniforme. Il y a d’ailleurs un dégagement énorme d’acide carbonique et d’oxyde de carbone qui incommode les ouvriers.
- Grillage à l’alcool. — C’est le grillage à l’alcool qui est le véritable précurseur du grillage au gaz. Nous avons vu qu’on le signalait déjà à la fin du xvine siècle.
- On a commencé par faire couler l’al
- cool dans une petite gouttière placée au-dessous d’un cylindre qui entraînait l’étoffe ; ce système, un peu rudimentaire, fournissait une
- flamme irrégulière et donnait lieu à une grande dépense d’alcool.
- Puis, on employa une espèce de lampe à niveau constant, dont le ré
- servoir métallique communiquait, par un tube horizontal, avec une multitude de petits becs qui produisaient une flamme mince ininterrompue , qui avait pour on-gueur la largeur de
- Fig. 66. — Grillage à l’alcool.
- 2.7.60.6020
- . lu... iî_J1..-0--.1..1_i. .. J. -
- la pièce. Comme, à mesure que le bec métallique d’une lampe à alcool
- s’échauffe, il s’opère une distillation qui tend de plus en plus à grandir
- p.2x136 - vue 167/478
-
-
-
- GRILLAGE
- 137
- la flamme, au point que souvent on ne peut plus la maîtriser, le réservoir et le tube étaient entourés d’une couche d’eau froide qui se renouvelait sans cesse (fig. 66).
- Enfin M. Descroizilles, de Rouen, imagina un appareil plus perfectionné qui a fait le sujet d’un rapport présenté à la Société indus-
- trielle de Mulhouse (1827, p. 259) [flg. 67). La flamme est fournie par deux tuyaux en plomb D,D, qui sont percés sur toute leur longueur, à la partie supérieure, de petits trous munis chacun d’une mèche d'amiante. Ces tubes communiquent avec un réservoir d’alcool disposé de telle sorte que ce liquide ne s’écoule qu’au fur et à mesure que le tube se vide. Une boîte d’aspiration B communique par le tube P avec une pompe d’aspiration qui conduit les gaz dans une cheminée ; par suite de cette disposition la flamme passe au travers du tissu T.
- T
- FIG. 67. — Grillage à l’alcool de Descroizilles.
- D’après le rapport indiqué ci-dessus, cette machine exigeait le concours de trois ouvriers quand elle était mue à la main, et de deux seulement si elle l’était par moteur. Deux minutes suffisaient pour griller une pièce de 32 à 35 mètres. La production d’une journée de douze heures était de 400 à 500 pièces et la consommation d’environ 1 litre d’alcool pour 25 pièces. Le rapporteur fait d’ailleurs remarquer que cet appareil est particulièrement applicable aux étoffes légères, mousselines, etc., à mailles peu serrées; mais qu’il fatigue les toiles dç coton partout où il y a des défauts.
- Flambage au gaz.— Le flambage à l’alcool n'a pas été de longue durée. Ceux qui l’entreprirent à litre d’essai revinrent bientôt au grillage à la plaque, et ce n’est que beaucoup plus tard que l’on recourut de nouveau au flambage en utilisant alors la flamme du gaz d’éclairage.
- L’idée du grillageai! gaz revient à M. Mollard (‘) (1840), sous-directeur
- f1) M. Levy-Spinera, dans son rapport sur la flambeuse Scheurer, Rott et C“ (1893), signale qu’il a obtenu de l’obligeance de M. le colonel Laussedat, directeur du Conservatoire des Arts et Métiers, l’autorisation de copier une note sans date appartenant aux Archives de cet établissement et écrite de la main de M. Mollard ainé :
- « Pour raser le poil des étoffes et produire l’efet du grillage et même des forces du toudeur, on pourrait employer une flamme à essence de térébenthine, à esprit de vin, à huile, etc., animée par un éolipyle et dirigée contre l'étoffe placée à la distance convenable, et mise en mouvement par deux tambours ou tout autre moyen.
- « Il faudrait chercher la position et la vitesse : je dis position, parce qu'il serait préférable, je pense, de faire arriver la flamme presque parallèlement à la surface de 1 étoffe, que de la conduire perpendiculairement sur la pièce à griller ; et en supposant
- p.2x137 - vue 168/478
-
-
-
- 138
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- du Conservatoire des Arts et Métiers; mais elle ne fut réalisée qu’en 1847 par l’Anglais Samuel Hall, qui employait du gaz hydrogène ; on substitua ensuite le gaz d’éclairage en conservant la même disposition que Hall.
- Les tubes D, D‘, alimentés de gaz, sont percés d’une multitude de
- Fig. 68. — Flambeuse de Hall.
- C
- 1
- petits trous. Au-dessus se trouvent des tubes horizontaux CG', qui sont mis en communication avec une machine aspirante. Les brosses HH' rélèvent la duvet, et II' sont des frottoirs garnis de futaine ayant pour but d’éteindre les étincelles que l’étoffe pourrait entraîner [fig. 68).
- Mais cette machine présentait de graves inconvénients qui l’ont fait abandonner. Le tissu, passant sur la flamme, arrêtait la com
- bustion comme le fait la toile métallique dans la lampe Davy ; il en résultait une grande perte de gaz non brûlé, des dépôts de noir de fumée sur les étoffes et une mauvaise odeur difficile à enlever.
- Dès 1860 (Rapport de M. Jules Meyer sur les machines à flamber : B. S. I. M., 1867) M. Cooke de Manchester a livré à l’industrie un appa-que le gaz hydrogène pût produire un bon effet, cette opération serait très économique.
- « La meilleure manière d’animer la flamme serait de faire passer du gaz oxygène de l’air dans de petits conduitsaplatis, occupant le centre des mèches de la lampe, qui serait inclinée, pour que la flamme puisse atteindre la surface de la pièce, qui monterait ou descendrait verticalement.
- « Ces draps, légèrement humectés et passés à la calandre à chaud, prendraient un très bel aspect. »
- Il est permis, écrit M. le colonel Laussedat, de faire remonter la date de cette note à une époque antérieure à 1811, d’après les termes fort explicites d’un passage de la Société d’Encouragement pour l'industrie nationale (1818, t. XVII, p. 317), où sont rappelés les droits de priorité de G.-P. Mollard en ce qui concerne le grillage des tissus par la flamme du gaz hydrogène :
- « M. Mollard, ancien directeur du Conservatoire des Arts et Métiers, nous communiqua, il y a sept à huit ans, l’idée qu’il avait eue d'appliquer la flamme du gaz hydrogène au grillage des tissus unis et cannelés. Il imagina, et fit établir à cet effet, un petit appareil, aussi simple qu’ingénieux, analogue à celui que nous venons de décrire, mais qui nous semble plus parfait, en ce que l’étoffe, au lieu de passer directement au-dessus de la flamme, dans une position horizontale, était dirigée de haut en bas contre la flamme qui vient la lécher, pour ainsi dire. La rapidité du mouvement qu’il est nécessaire de donner au tissu établit un courant d’air tel, que la flamme s’incline et ne produirait que peu d’effet, sans la précaution de faire venir l’étoffe à sa rencontre. M. Mollard a, de plus, adapté à sa lampe, près des petits orifices qui laissent échapper le gaz, un courant d’air artificiel produit par un soufflet à vent continu, qu’on règle à volonté ; par ce moyen, la flamme est sans cesse dirigée contre le tissu, et le grillage s’opère avec beaucoup de rapidité et de célérité. »
- p.2x138 - vue 169/478
-
-
-
- GRILLAGE ! 139
- reil de grillage dont le principe est tout différent du précédent parles caractères suivants :
- 1° La flamme n’agit qu’à la surface du tissu afin de le décreuser beaucoup moins.
- 2° L'emploi d'un mélange de gaz et d'air, ce qui rend la combustion plus complète, tout en produisant une flamme plus intense.
- Ce sont ces deux perfectionnements qui ont rendu pratique le grillage au gaz. Dans l’ancienne méthode, qu’on avait du reste généralement abandonnée, la flamme traversait le tissu, le creusait et souvent même en altérait la force. De plus la combustion était incomplète, du noir de fumée se déposait dans l’étoffe.
- ti
- Yt
- tat, — t. . win---t e —le.
- Fig. 69. — Flambeuse au gaz de Tulpin.
- M. Tulpin, de Rouen (fig. 69), construisit un peu plus tard une machine basée sur les mêmes principes, mais avec plusieurs perfectionnements très importants dont les avantages sont les suivants :
- 1° On peut griller deux fois le même côté du tissu avec une seule flamme et un seul passage et quatre fois avec deux flammes ;
- 2° On peut flamber deux fois l’endroitet deux fois l’envers en un même passage.
- La flamme vient lécher la pièce tangentiellementsur ses deux faces, le sommet de la flamme étant tout à fait libre. La pièce est guidée pardeux bouleaux en cuivre qu’on peut rapprocher ou éloigner selon les cas, ce Qui permet de régler l’intensité du grillage. Comme la pièce d’étoffe forme une sorte de chambre au-dessus de la flamme, on est obligé d’enlever les produits de la combustion à l’aide d’un ventilateur. Un autre ventilateur a pour but de mélanger au gaz une quantité d’air suffisante pour avoir une combustion complète. Le mélange ne peut se faire que dans le tuyau au moment de la combustion, et comme la pression du
- p.2x139 - vue 170/478
-
-
-
- 140
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- gaz n’estque 10 à 12 millimètres d’eau, la pression de l’air injecté doit être assez faible pour ne pas refouler le gaz.
- Les diviseurs FF' ont pour but d’étaler les flammes et de les appliquer contre les tissus. De chaque côté de la machine, se trouvent des plaques mobiles articulées qui viennent s’ajuster contre les extrémités des derniers becs, de façon à ce que l’aspiration des hottes n’ait lieu que sur la largeur de flamme employée.
- La vitesse du grand ventilateur était réglée de la manière suivante :
- Pour machines grillant lm,80 et au-dessus.... 1.200 tours
- — — — au-dessous de lm,80........... 800 —
- Le réglage du grillage peut s’obtenir de différentes façons : tout d’abord la vitesse à imprimer à la pièce; elle variait de 36 à 68 mètres à la minute. Le minimum de vitesse était employé pour les tissus lorts de laine ou de coton; la moyenne, pour les tissus légers, jaconas, etc.
- Le second réglage important était le mélange d’air et de gaz. — Des expériences faites sur cette machine, il résulte qu’il valait mieux régler l’appareil pour avoir une flamme légèrement éclairante. Il est probable que ce fait provient de ce que, en augmentant trop la pression de l’air, on avait tendance à refouler le gaz d’éclairage.
- Enfin, le troisième moyende réglage consislaità faire varier la distance du tissu à la flamme. Nous avons vu que le
- FrG. 70. — Disposition des brûleurs dans la grilleuse Tulpin.
- tissu est guidé par deux rouleaux B et C qu’on peut approcher plus ou moins : c’est évidemment à la partie la plus rétrécie A (point qui traverserait une ligne passant à travers les deux axes B et C) que le contact avec la flamme est le plus grand.
- Il est donc essentiel de chercher à produire en ce point la partie la plus chaude de la flamme. On y arrive facilement en élevant ou abaissant la ligne des brûleurs D (fig. 70). L’écartement qu’on peut donner aux roulettes est de 2 à 3 millimètres poul
- ies cretonnes, calicots, percales, etc., et de 4 millimètres pour les ja
- conas et autres tissus légers.
- Une série d’essais, faits chez MM. Steinbach-Kœchlin et Cie avec une machine de 2 mètres de large (pouvant griller deux pièces ordinaires en même temps), a donné une dépense de 1.331 litres de gaz pour 1.000 mètres de percale. La vitesse était de 36 mètres à la minute, soit un rendement de 4.320 mètres à l’heure (pour une double largeur).
- p.2x140 - vue 171/478
-
-
-
- GRILLAGE
- *
- Expériences comparatives entre le grillage à la plaque et le grillage à la machine de Tulpin (B. S. I. M., 1867, p. 533) ('). — Sur le grillage à plaque, on marchait à la vitesse de 60, 75 mètres à la minute, selon la nature du tissu. On roussit ainsi 2.700 mètres de toile en une heure, soit 30.000 mètres de tissus de coton par journée de dix heures.
- Les frais étaient :
- . . (Houille. 17kilogr.à3f,05.... 0f,52 Mise en train . „ , . , „ 2 . ’ , ( Bois.... 7 kilogr. a 3 francs.. 0,21 Pendant le travail § Houille. 140 kilogr. à 3f,05 4,27 de la journée ( Bois.... 33 kilogr. à 3 francs.. 1
- 6f,00
- Main-d’œuvre, 3 hommes et 4 enfants........................ 8 ,40
- Usure du fer............................................... 4 ,50
- 185,90
- Le prix de revient du grillage de 100 mètres de toile était donc 0f,063. Les pièces ne sont flambées que d’un seul côté, tandis que, sur la machine de Tulpin, on peut par un seul passage griller quatre fois la même face, ou deux fois l’endroit et deux fois l’envers. On peut flamber 3.000 mètres de tissu à l’heure, consommant 4.480 litres de gaz, soit, en onze heures, 33.000 mètres dè toile et 49.600 litres de gaz. La main-d’œuvre pour une journée de douze heures était de 4,53; le prix de revient du grillage est ainsi :
- Main-d’œuvre................................................... 4f,55
- 49.600 litres de gaz à 0f,30 le mètre cube...................... 14 ,90
- Soit..................... 195,45
- pour 33.000 mètres, ce qui revient à 0f,059 pour 100 mètres.
- Le prix de revient du flambage au gaz est donc légèrement inférieur a celui du grillage à la plaque, et le résultat est bien supérieur. Toutes les parties du tissu sont en effet flambées également, tandis que, dans le grillage à la plaque, les pièces, et surtout les étoffes serrées, étant d’une tension inégale, particulièrement aux lisières qui sont flottantes, n’adhèrent pas au feu et sont par cela même inégalement roussies.
- Machine Blanche. — Flambage des tissus de laine peignée, mérinos, cachemire. — Les machines à flamber de Tulpin furent employées tout d’abord pour le traitement des cotonnades et des indiennes..
- Elles furent ensuite appliquées aux tissus de laine peignée. Un rap-
- (1) Note de M. Justin Schultz. Rapport de M. Jules Meyer.
- p.2x141 - vue 172/478
-
-
-
- s.
- 9
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- port savamment étudié, fait en 1878 par M. Poirrier, à la Société industrielle de Reims (Bulletin de la Société industrielle de Reims, tome X, n° 48), nous fait connaître que la première machine livrée, en 1863, ne fonctionna que beaucoup plus tard, par suite des imperfections de construction et des difficultés que l’on rencontra dans son emploi.
- La condition essentielle d’un grillage bien fait sur le mérinos est que la croisure soit bien dégagée, bien nette, sans que le tissu se trouve attaqué; jusqu’en 1866, cette machine ne put atteindre ce double résultat, et ses dispositions générales n’étaient favorables ni à la manutention des pièces, ni à la surveillance du travail.
- Les rampes de gaz étaient souvent obstruées par la poussière de laine grillée, ce qui obligeait l’ouvrier à se glisser en dessous dans une position peu commode pour s’assurer de leur fonctionnement régulier ou pour les nettoyer.
- La disposition de la machine avec ses bottes d’aspiration ne permettant pas à l’ouvrier de voir la marche du tissu, il ne pouvait se rendre compte de l’effet du grillage et des irrégularités qu’après un grand parcours quand le tissu sortait de la machine.
- Lorsqu’il survenait un moment d’arrêt, les petits rouleaux, servant de guide à la pièce pour la rapprocher des flammes, brûlaient le tissu et causaient des avaries de quelques mètres.
- La disposition générale de la machine et des brûleurs nécessitait des nettoyages sérieux et répétés, surtout lorsqu’on grillait des pièces destinées à des couleurs claires ou fines.
- M. Poirrier a essayé successivement sur cette machine des brûleurs à trous et des brûleurs à fente ; tout en ne constatant pas de différences dans le grillage, il donnait la préférence aux brûleurs à fente, parce qu’ils offraient une plus grande facilité de nettoyage.
- Aujourd’hui, les anciennes machines à flamber ne sont plus employées, on les a remplacées par les machines à griller, système Blanche et Descats-Leleux, qui se sont également substituées aux machines à flamber le coton.
- Les anciennes machines ne peuvent que flamber le tissu, et n’enlèvent que les filaments qui jaillissent à la surface; les pieds de ces filaments intercalés entre les fils subsistent toujours.
- Dans les tissus de coton, ces filaments produisent un velouté peu sensible, à l’exception toutefois des satinettes en couleurs unies où ils donnent des ombres suivant le sens de l’inclinaison.
- Dans les tissus de laine peignée, ces filaments nuisent beaucoup plus à l’aspect et à la préparation du tissu ; quand le tissu n’est pas complètement dépouillé, les filaments se feutrent pendant les opérations du dégorgeage et de la teinture et produisent un aspect terne; le grain
- p.2x142 - vue 173/478
-
-
-
- GRILLAGE
- 143
- n’est pas net, les parties garnies de filaments absorbent une plus grande quantité de matières colorantes et forment des ombres, des nuances mates ; le coloris est sans vigueur.
- En 1873, M. Blanche, teinturier-apprêteur à Puteaux, qui avait conservé le grillage à plaque à cause des difficultés du grillage par la machine Tulpin, chercha à construire une nouvelle machine et inventa sa nouvelle rampe (fg. 71). Les inconvénients de l’ancienne machine à flamber étaient évités, les organes avaient été relativement simplifiés, la conduite et la surveillance devinrent faciles. La flamme est obtenue par application du principe du chalumeau du bijoutier. On obtient ainsi une
- Ig •
- A.
- ».
- Fig. 71. — Machine à griller, système Blanche.
- intensité de flamme qui se rapproche de la température de la plaque, ce qui permet de dépouiller le grain des tissus de laine peignée; et la machine, appliquée aux tissus de coton, put faire des pièces de moleskine Qu’on faisait passer précédemment à la plaque.
- Au sujet de ce perfectionnement très important, des revendications de priorité ont surgi. Dans un pli cacheté déposé à la Société industrielle de Mulhouse, le 31 octobre 1882, il est indiqué que MM. Scheurer, Rott et Gle avaient employé, au commencement de l’année 1870, une machine a flamber à gaz, composée de deux rangées de becs Bunsen, ayant une grande analogie avec les brûleurs des grilles à analyse utilisés dans les laboratoires. Vers 1876, M. Abert Scheurer aurait eu l’idée de remplacer les becs Bunzen par des chalumeaux pareils à ceux des gaz hydrogène et oxygène employés également depuis longtemps dans les laboratoires et qui produisent des températures beaucoup plus élevées. Quoi qu’il
- p.2x143 - vue 174/478
-
-
-
- 144
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- en soit de ces revendications, la machine à griller moderne est toujours attribuée à Blanche (1).
- La rampe Blanche est composée d’une série de tubes méplats juxtaposés et assemblés sur un châssis dont les tubes de distribution d’air
- Fig. 72. — Rampe Blanche.
- et de gaz sont à la partie inférieure. L’un de ces tubes porte des tourillons pour l’articulation de la rampe ; les autres communications sont obtenues par des tubes de caoutchouc (fg. 72).
- Les brûleurs sont aplatis à la partie supérieure ; l’orifice de sortie du gaz est d’environ un demi-millimètre ; la tubulure d’arrivée du gaz débouche à la partie inférieure du brûleur; l’arrivée de l’air s’opère par un tube conique effilé dont la section est réduite de 1 à
- 3 millimètres, et demi ; il dépasse celui du gaz d’environ 80 millimètres de manière à projeter l’air sur le gaz au moment de la sortie et à lui donner de la pression, comme dans le chalumeau du bijoutier.
- Réglage de la lampe. — On règle les brûleurs séparément avant la mise en marche du tissu, toutes les flammes doivent être de même hauteur et de même intensité; quand la flamme est courte, c’est qu’il n’y a pas assez de gaz ou trop d’air; lorsque la flamme est longue et. qu’on ne voit pas d’auréole, il y a trop de gaz ou pas assez d’air.
- Pour bien régler une rampe, il faut d’abord régler un bec; on prend ensuite chaque bec séparément, et on ne l’abandonne qu’après avoir obtenu une complète similitude de flamme.
- Le même réglage s’obtient beaucoup plus facilement sur les rampes Descats-Leleux que nous verrons plus loin, puisqu’il suffit d’agir sur deux robinets pour arriver à un mélange convenable d’air et de grillage.
- La rampe est alimentée par le gaz d'éclairage à la pression ordinaire des villes, 15 à 20 millimètres d’eau. L’air est comprimé par une pompe fixée sur un bâti latéral ; l’entraînement du tissu se fait par un mouvement progressif qui peut agir sur la pompe; mais il est préférable, quand on le peut, de prendre la commande de cette pompe sur la transmission principale; on évite ainsi, dans la marche du tissu, les petits ralentissements produits par le mouvement alternatif de la pompe.
- La pompe fait 60 à 80 révolutions par minute. L’air se prend en dehors de la salle, afin de ne pas aspirer les poussières de grillage; il est refoulé dans un réservoir cylindrique dont le volume est calculé pour
- (O Voir plus loin les essais sur la machine Scheurer, Root et Cio, page 161.
- p.2x144 - vue 175/478
-
-
-
- GRILLAGE
- 145
- que les coups alternatifs de la pompe n’aient pas d’influence sur la régularité de la flamme. Ce réservoir est muni d’un manomètre pour indiquer la pression et d’une soupape pour la régulariser.
- Distance de la rampe au tissu. — Suivant la nature des tissus et l’intensité de flamme nécessaire pour le grillage, on fait varier la proportion d’air et de gaz par les robinets principaux; la composition en moyenne doit être telle que la flamme soit vigoureuse, bleue, verdâtre, et bien tranchée comme auréole.
- La distance de la rampe au tissu est généralement de 15 à 18 milli-mètres; on peut la faire varier par la vis des supports.
- Suivant le genre de tissus et l’intensité de la flamme, le tissu doit passer à 1 millimètre ou 2 au-dessus de la pointe visible de la flamme qui en est la partie la plus chaude. Si on descend plus bas, la flamme, s’épanouit, le grillage est moins intense, son action s’étend sur une plus grande surface ; les filaments extérieurs sont grillés, mais ceux qui sont entre les fils sont difficilement atteints.
- La rampe est articulée sur des supports ; elle peut se renverser pour s’isoler du tissu, tout en restant allumée.
- Pendant le grillage, elle peut être diamétrale ou tangente au rouleau placé au-dessus et sur lequel passe le tissu. Pour bien fouiller et dépouiller le grain, la rampe doit être diamétrale, le rouleau assez élevé pour faire agir la pointe des flammes.
- Si, au contraire, on veut produire un effet similaire à celui de la tondeuse, la rampe sera amenée en avant par les vis de réglage disposées à cet effet, La flamme sera tangente et montera le long de la pièce.
- Dans les nouvelles machines, le rouleau qui est au-dessus de la flamme peut être refroidi par circulation d’eau; mais cette disposition n’est pas toujours adoptée.
- Quelques teinturiers préfèrent que ces rouleaux restent chauds pour sécher les tissus de coton ou de laine, qui ont séjourné en magasin et qui sont humides. Une partie de la vapeur s’échappe sur la première rampe et le grillage se termine sur la deuxième rampe.
- Quand on augmente la pression ou la quantité d’air, le grillage devient plus énergique; il s’affaiblit au contraire quand on augmente la quantité de gaz.
- Cet effet s’observe en grillant une pièce. Tous les becs étant bien réglés, le grillage étant en activité, on ferme sur un seul bec le petit robinet d’air en laissant ouvert le robinet de gaz. On constate alors que la partie du tissu qui passe au-dessus du bec privé d’air n’est pas suffisamment grillé, bien que ce bec produise une flamme très longue et dépense plus de gaz que les autres becs. C’est l’effet qui se produisait
- APPRÊT des tissus DE LAINE. 10
- p.2x145 - vue 176/478
-
-
-
- co
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- avec les anciennes machines à flamber, l’air que l’on ajoutait par un ventilateur ne lui donnait pas de pression, la flamme restait molle et ne dardait pas.
- Lorsqu’on grille des tissus mérinos ou cachemire qui, en écru, sont dossés, le pli est souvent fortement formé; il ne peut s’aplatir suffisamment par la tension et l'embarrage. Il faut alors réduire un peu l’intensité du bec qui est au-dessous de la cote, afin de ne pas atteindre la partie saillante. On peut aussi réduire l’intensité des becs pour réserver les lisières légères de quelques tissus.
- Vitesse du tissu. — La poulie motrice du mouvement progressif fait 75 tours à la minute. Son diamètre est de 0m,320; la largeur de la courroie 65 millimètres.
- La vitesse ordinaire du tissu est de 35 mètres à la minute, soit une pièce de 100 mètres en trois minutes. Mais dans les machines à deux, trois et quatre rampes, cette vitesse peut atteindre 50 mètres à la minute et même davantage.
- Dépense de gaz. — La dépense de gaz par mètre de rampe est d’environ 2.500 litres à l’heure en moyenne. Pour une machine de 2ra,30 à deux rampes, on installera un compteur de quatre-vingts becs ou 11 mètres cubes à l’heure.
- Les tubes d’arrivée de gaz et branchement auront 50 millimètres intérieur. Il est arrivé souvent que les gaziers chargés de ces installations se branchaient sur des conduites trop faibles ; les machines n’étaient pas suffisamment alimentées et le rendement était diminué.
- Arrêt du travail. — Lorsqu’on doit arrêter le travail du grillage, on assemble sur la dernière pièce un doublier qui reste sur la machine et qui sert de mise en train pour les suivantes.
- Le rouleau conducteur, qui est au-dessus de la rampe, n’est pas très chaud dans la partie où s’applique le tissu ; mais comme, sur les bords, on doit laisser un ou deuxbecsouverts pour les irrégularités des lisières, ces parties du rouleau sont plus chaudes et, lorsqu’on arrête la machine, après avoir renversé la rampe, l’ouvrier doit rassembler le tissu ou le doublier au centre de la machine pour l’isoler de ces parties brûlantes (1).
- Rampes Descats-Leleux [fig. 73 et 74). — Les machines à griller Blanche ont reçu de notables perfectionnements par l’addition de la rampe du système Descats-Leleux.
- Cette rampe est formée de deux flasques en fonte rabotées et assemblées
- (!) Instructions sur les machines à griller, par F. Dehaître.
- p.2x146 - vue 177/478
-
-
-
- 147
- GRILLAGE
- Fig. 73. — Machine à griller à une rampe Descats-Leleux. (F. Dehaître.)
- Fig. 74. — Machine à griller à parcours raccourci, avec deux rampes à flamme unique, système Descats-Leleux.
- rë I she
- K
- Al si i •
- S
- (, meet lcevk
- p.2x147 - vue 178/478
-
-
-
- 148
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- formant un réservoir unique ; elle est montée sur deux tourillons pour avoir l’articulation comme dans l’ancien système.
- La rampe est ouverte dans toute sa longueur et forme une seule ligne de flamme d’une faible épaisseur, d’une nuance uniforme et d’une même hauteur. On règle la largeur à utiliser au moyen de registres à coulisse qui interceptent la sortie du mélange.
- L’arrivée du gaz et de l’air se fait par l’un des tourillons. Un tube central amène l’air à la pression du réservoir, le gaz passe dans une tubulure concentrique au tube d’air et l’enveloppe. L’air comprimé du tuyau central agit sur ce gaz ; il l’aspire et le comprime pour donner l’intensité de la flamme, tout en fournissant l’oxygène nécessaire à cette combustion forcée {fig. 88).
- La rampe Descats-Leleuxa l’avantage d’être d’un réglage plus facile et plus rapide que l’ancienne rampe Blanche ; les irrégularités produites parles intervalles des becs et leurs différences d’intensité disparaissent.
- Le gaz est aspiré par la disposition du souffleur d'air, et l’on peut employer le gaz des villes pendant le jour, même à une pression de 1 centimètre.
- Les tissus de coton sont souvent garnis de fils, boutons qui s’enflamment en passant sur les rampes; ils se consument lentement et ils formeraient des trous si on ne les éteignait pas.
- Les machines pour griller le coton ont donc quelques dispositions spéciales; sur les rouleaux au-dessus des rampes et sur lesquels passe le tissu, on superpose des cylindres compresseurs en fer, qui sont maintenus par des leviers, afin de se prêter aux coutures et aux différentes épaisseurs; les flammèches sont déjà étouffées. Ensuite le tissu est mouillé à son passage entre les cylindres entraîneurs de la commande qui sont placés à la partie supérieure de la machine. Le rouleau principal est humecté par un rouleau inférieur qui plonge dans un réservoir d’eau alimenté à un niveau constant.
- Quelques industriels préfèrent un passage en vapeur dans une caisse placée entre le bâti principal et les colonnes.
- Dans les blanchisseries, le tissu sortant du grillage va souvent directement au clapot pour être mouillé. On évite ainsi tous les accidents qui peuvent résulter d’une flammèche enfermée dans un pli de pièces, la combustion s’y faisant lentement presque sans air et sans apparence, le trou s’agrandit et le tissu s’enflamme quand on l’enlève.
- Quoique ces accidents soient très rares avec les machines Blanche et Descats-Leleux, parce que la combustion est plus complète; il est néanmoins nécessaire de les prévoir dans une installation et d’isoler le grillage des autres bâtiments.
- Lorsque les pièces.de laine et de coton, mais surtout de coton, ont
- p.2x148 - vue 179/478
-
-
-
- GRILLAGE
- 149
- séjourné longtemps en magasin, elles sont souvent assez humides pour gêner le grillage; le passage sur la première flamme a peu d’action, celle-ci ne peut atteindre que l’extrémité des filaments ; il se forme une buée de vapeur qui la repousse ; ce n’est qu’à la deuxième ou troisième rampe que le grillage peut s’opérer.
- Pour ne pas diminuer la production de la grilleuse et améliorer le travail, quelques industriels ont placé, avant l'embarrage, un cylindre sécheur de 1 mètre de diamètre,qui est chauffé à la vapeur. Ce cylindre, commandé par courroie, est de la largeur de la machine.
- Grillage endroit et envers en un seul passage, une rampe sur chaque face.
- Grillage sur une face.
- Passage successif sur quatrè rampes.
- Grilleuse spéciale pour soieries avec enrouleurs à mouvements réversibles.
- Fig. 73. — Dispositions diverses adoptées pour le grillage des tissus (F. Dehaître).
- p.2x149 - vue 180/478
-
-
-
- O 20
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- Fig. 76. — Barre angulaire pour grillage des tissus cardés.
- =
- Emploi de la grilleuse. — On emploie des machines à griller à une, deux, trois rampes. Grâce à des rouleaux de détour, on peut à volonté griller l’endroit ou l’envers (fg. 75).
- Pour griller les tissus en laine peignée, mérinos, cachemire, nouveautés, on emploie une pression d’air de 20 à 60 centimètres; soit 20 à 30 centimètres pour les mousselines, mérinos légers, et 40-60 centimètres pour les cachemires, les doubles chaînes et les matelassés.
- Pour griller les tissus de coton, d’impression, calicots pour blanchiment, la pression moyenne est de 0,80 à 1 mètre d’eau. Pour les tissus moleskinés, articles pour reliures, la pression peut aller jusqu’à 1m,50 à 2 mètres. Dans ce cas on emploie le manomètre à mercure. C’est M. Wallon, de Rouen, qui, le premier, a employé cette haute pression.
- Dispositions diverses (E. Dehaitre). — Au lieu de rouleau-guide, on peut employer la barre angulaire A, qui permet de griller d’une façon irréprochable les étoffes en laine cardée, article d’El-beuf, des couleurs les plus délicates avec un plein succès. Grâce à cette disposition, la flamme peut pénétrer jusqu’au pied des filaments et les griller complètement (fg. 76).
- Machine à flam-berles (issus avant blanchimentaune rampe avec appareil de guidage à parcours multiples (Société alsacienne) (fg. 7 7 ). — La nouvelle grilleuse de la Société Alsacienne qui figurait à l’Exposition de Liège et à celle de
- Roubaix est munie d’un guide qui fait passer quatre fois le tissu dans la même flamme. Ce guide creux est constamment refroidi par un courant d’eau. Grâce à des rouleaux de détour convenablement disposés, on peut
- p.2x150 - vue 181/478
-
-
-
- 1: #
- GRILLAGE
- F1G. 77. _ Machine à flamber les tissus à une rampe, avec appareil de guidage à parcours multiples de la Société Alsacienne de Constructions mécaniques.
- p.2x151 - vue 182/478
-
-
-
- Hs O 9
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- à volonté griller quatre fois la même face du tissu ou deux fois l’endroit et deux fois l’envers. La flamme projetée sur l’ajutage vient atteindre les quatre plis, ce qui donne évidemment une meilleure utilisation du calorique. De plus l’étoffe, formant des plis aigus, est disposée pour être atteinte à fond et les sillons peuvent être plus facilement fouillés complètement.
- On discutait beaucoup cette machine; certains prétendaient que le résultat ne doit pas être supérieur à celui fourni par une rampe ordinaire, puisque pratiquement la flamme s’étale plus ou moins sur l’étoffe, et que la surface couverte dans la nouvelle grilleuse n’est pas supérieure (fig. 78). D’autre part on prétendait aussi que l’action comburante de la flamme devait être fortement diminuée après
- Fig. 78. — Effet de la flamme dans la rampe , . . . — , . .
- à parcours multiples, le premier contact. Cependant il
- faut remarquer que, pour bien griller, le dard du chalumeau doit être normal à l’étoffe et que la flamme ne doit pas s’étaler, condition qui est presque établie dans la nouvelle rampe.
- La grilleuse a trouvé des applications dans l'indiennerie principalement. Elle comporte à l’avant, après l’embarrage, un tambour sécheur et à l’arrière, un foulard et une brosse pour étouffer les flammèches. Le changement de vitesse est obtenu par un système de cônes de poulies.
- Machine à flamber au gaz par flammes aspirées de Félix Binder ^flg. 79) {B. Société industrielle de Mulhouse, 1898, p. 294). — Nous avons vu queles premiers modèles de machines à flamber les tissus étaient basés sur l’aspiration de la flamme à travers l’étoffe. Ce système fut ensuite abandonné, car l’opinion générale était qu’il creuse davantage les tissus. M. F. Binder, dans sa nouvelle machine, prétend que cette affirmation est inexacte, quand l’opération est bien réglée. Tout dépendrait de l’intensité de la flamme et de la vitesse de la course. Celle-ci doit être doublée dans cette nouvelle machine, qui est construite par Mather Platt.
- M. Félix Binder a vérifié dans ses essais préliminaires que le procédé d’aspiration des flammes donnait de bons résultats à la condition d’éviter réchauffement de l’appareil. Ce serait au fait d’avoir négligé cette précaution que serait dû l’insuccès des premières machines à flamber munies d’aspirateurs.
- p.2x152 - vue 183/478
-
-
-
- GRILLAGE
- 153
- En 1816 Samuel Hall appliqua pour la première fois au flambage le
- a ell—. go
- Fig. 79. — Machine à flamber au gaz par flammes aspirées de Félix Binder.
- principe de l’aspiration des gaz à température élevée à travers les mailles
- Fig. 80. — Machine à griller à deux rampes, système Félix Binder.
- du tissu. Il déposa une demande de brevet le 3 novembre 1817 et obtint un privilège en 1823. Hall opérait avec la flamme de l’alcool.
- p.2x153 - vue 184/478
-
-
-
- 154 PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- Plusieurs brevets ont été pris depuis cette époque :
- 1823 : BryanDonkin;
- 1829 : Caroline Descroizilles imagina une grilleuse à alcool que Paul Descroizilles perfectionna en y appliquant une cheminée d’aspiration ;
- 1856 : Leck et Miller appliquèrent l’aspiration à une flamme de gaz brûlant de haut en bas;
- 1887 : la question fut reprise par C. Sayles, à Pawtuckel, et Otis E. Drown, à Lincoln (Rhode-Island), de manière à flamber les tissus à l’endroit et à l’envers.
- La machine à griller Binder consiste tout simplement à aspirer les gaz de la rampe à travers l’étoffe par un ajutage traversé par un courant d’eau froide. Toute la chaleur de combustion étant utilisée pour le grillage, celui-ci peut s’effectuer avec une course beaucoup plus rapide, et la dépense de gaz est réduite de 260 à 160 pieds cubes à l’heure en même temps que le travail est plus parfait (813,91 à 313,30) (fg. 80).
- Des accidents qui peuvent se produire dans le grillage. — Le grillage ayant pour objet dé faire disparaître le duvet des étoffes, il est utile de rechercher les accidents qui peuvent se produire. En premier lieu, il semble que dans le flambage des étoffes celles-ci sont soumises à l’action d’une température élevée et que des accidents secondaires sont possibles. Il est donc nécessaire de déterminer à quelle température peut être portée l’étoffe pendant le grillage pour pouvoir ensuite conclure sur les réactions qui peuvent s’engendrer avec la laine ou avec les impuretés renfermées dans l’étoffe, si, comme cela se fait souvent, le grillage est la première manutention.
- Nous avons vu qu’une étoffe, à l'étatécru, peut renfermer des matières grasses provenant de l’ensimage et des produits d’encollage composés d’un produit agglutinant (gélatine, amidon, fécule, dextrine, glucose), d’un adoucissant (glycérine, matières grasses, cires, paraffine, etc.), et d’un antiseptique (sulfate de cuivre, sulfate de zinc, sulfate d’alumine, et chlorure de calcium, de magnésium, de zinc, etc.).
- « Si tous les fabricants sont unanimes pour reconnaître la nécessité de faire subir à la plupart des tissus qu’ils consacrent à l’impression, l’une ou l’autre des opérations, grillage ou flambage, ils ne le sont pas sur le moment le plus opportun pour y procéder. Les uns, soutiennent qu’il est plus rationnel de griller ou flamber les étoffes après les opérations de blanchiment, qui se composent d’opérations chimiques ou mécaniques, à la suite desquelles un nouveau duvet et des brins de fil réapparaissent toujours ; d’autres, partageant la même opinion, la fondent sur ce fait d’une autre nature et dont nous croyons pouvoir contester l’exactitude, qu’en soumettant à l’opération du grillage ou du flambage les toiles
- p.2x154 - vue 185/478
-
-
-
- GRILLAGE
- 155
- écrues qui sont toujours plus ou moins chargées de graisses, ces matières grasses se fixent intimement sur l’étoffe et résistent alors aux opérations les plus énergiques du blanchiment. Pour être fixé à cet égard, nous avons soumis aux opérations du blanchiment deux morceaux de calicot huilé pour rouge turc, mais dont l’un seulement avait été préalablement grillé; et celui-ci, s’étant beaucoup mieux et beaucoup plus promptement blanchi que l’autre, nous en concluons que, dans ce cas au moins, l’opération du grillage est loin d’avoir une fâcheuse influence sur les toiles écrues. Il est néanmoins des circonstances où elle est très nuisible, c’est lorsque par accident ces tissus sont imprégnés de préparations de fer et d’alumine décomposables dans les conditions de température où le grillage s’opère, parce que les oxydes ferriques et alumi-niques devenant indifférents se fixent intimement au tissu. L’oxyde aluminique présente cependant moins d’inconvénient sous ce rapport, attendu qu’il conserve sa modification isomérique, tandis que l’oxyde ferrique réductible par des opérations ultérieures peut être appelé à jouer le rôle de mordant.
- « Il est enfin des fabricants et, en général, ce sont ceux qui exécutent le mieux les impressions au rouleau, qui donnent un grillage à leurs toiles avant de les blanchir, puis, quand le blanchiment est terminé ou sur le point de l’être, les font passer à la tondeuse et quelquefois même, selon la nature de l’étoffe, les flambent afin de faire disparaître même le lin duvet. » (Persoz.)
- Tout ce qui vient d’être dit pour le coton s’applique exactement aux lainages. On fait précéder toutes les opérations, du flambage ; mais il est évident qu’il vaudrait mieux faire ce grillage après la préparation car la chaleur peut faire subir des modifications mal connues aux impuretés. Et quand on veut obtenir des articles absolument rasés, on recommence l’opération après le fixage; quelquefois, quand on veut obtenir des apprêts particulièrement brillants sur mohair ou alpaga, on grille même encore après teinture. L’effet de brillant est plus accentué avec le grillage à la plaque qu’avec le grillage au gaz, et le brillantage de l'étoffe est encore plus accentué si on opère humide.
- Rappelons que le grillage a tendance à durcir la laine et qu’il diminue ses propriétés feutrantes. De sorte que si, dans une opération, on doit faire rentrer davantage une étoffe, il vaut mieux griller après le dégraissage et le fixage.
- Parmi les accidents les plus fréquents causés par le grillage, nous citerons le flammage. Le flammage est produit pour toute action calo-rifique irrégulière qui s’exerce sur le tissu. Il est donc indispensable que la flamme de la rampe soit bien régulière, ainsi que le mouvement d appel du tissu, et il est surtout important que l’étoffe soit bien refroi-
- p.2x155 - vue 186/478
-
-
-
- 156
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- die avant d’être déposée en plis. S’il n’en est pas ainsi, les plis refroidissent plus vite que le corps de l’étoffe, et nous savons que cela suffit pour que la pièce marbre en teinture. Aussi dans la plupart des machines, la course du tissu après les rampes est-elle aussi longue que possible afin qu’il soit complètement rafraîchi avant d’être faudé en plis. Il y aurait peut-être une précaution plus simple à prendre : c’est de fou-larder en eau les pièces grillées et de les enrouler pour les disposer ensuite au traitement qui suit.
- Un mémoire excessivement intéressant a été déposé à la Société industrielle de Reims en 1877, nous en reproduisons ci-dessous les conclusions.
- De l'influence du grillage sur la teinture des tissus méri-nos par Poirrier aîné (Mémoire déposé à la Société industrielle de Reims, t. X, 1877-1879). — Grillage à la plaque. — Il donne aux étoffes un brillant qui, généralement, convient peu aux mérinos, pas du tout aux chaînes cotons ; aussi n’est-il plus en usage que pour les articles satins et brochés, auxquels il donne un brillant indestructible qui leur convient si bien et que, pour cette raison, on grille après le dégorgeage etquand ils sont mouillés.
- La plaque étant plus chaude à un bout qu’à l’autre, le côté plus grillé sera plus foncé en teinture. On peut essayer de réparer le mal en regrillant les pièces teintes en noir. Quant aux pièces teintes en couleurs, il n’y a d’autres ressources qu’à les mettre en noir. La plaque possède encore le sérieux inconvénient de ne. pas atteindre les portées et les lisières molles ; il se produit des marbrures que le revirage (grillage après dégorgeage) seul peut atténuer assez pour que le mal n’ait pas de conséquences graves.
- Les résultats du grillage à la plaque ont constamment prouvé que :
- 1° Le grillage, en général, donne à la laine plus d’affinité pour la teinture ; la dépense de matières tinctoriales est un peu moins importante dans la plupart des cas, en noir surtout;
- 2° Les nuances des pièces grillées sont nourries, la matière colorante pénètre mieux;
- 3° L’action de la plaque sur la fibre de laine est plus énergique que celle de la machine à gaz.
- On n’a pas constaté que le grillage durcit l’étoffe.
- Une demi-pièce grillée a économisé une demi-heure de vapeur et de main-d’œuvre.
- Une demi-pièce grillée après le désencollage et le dégorgeage a absorbé un peu moins de matière colorante que celle grillée avant.
- Le tissu grillé ou non grillé se trouve aussi bien teint, tranché, uni, et
- p.2x156 - vue 187/478
-
-
-
- GRILLAGE
- — s
- il n’existe d’autre différence que celle des tons, des nuances. La différence, après teinture, entre les deux parties d’une pièce grillée l’une sur colle, l’autre après désencollage et dégorgeage, est à l’avantage de la pièce grillée sur colle ; le grillage est plus énergique.
- Grillage au gaz sur machine Blanche. — Le grillage au gaz peut donner des coups de flamme dans le sens de la trame, qui ne forme en quelque sorte qu’une large tache, comme celle que produirait sur le linge le talon trop chaud d’un fer à repasser.
- Le grillage au gaz exerce peu d’action sur la fibre de laine, lorsque ce travail est bien fait, et les effets sur la teinture sont peu considérables dans ce cas, à moins qu’il ne s’agisse des flammages dont il a été question et qui prennent en plus foncé à la teinture.
- Le retrait en largeur est à peu près le même qu’avec la plaque ; la perte de poids vient surtout de la perte de l’eau hygrométrique.
- Conclusions. — 1° Une même pièce dont la moitié était grillée sur colle à la plaque et l’autre moitié non grillée se comportent à la teinture aussi bien comme nuance tranchée et bien unie; mais la partie grillée absorbe un peu moins de matières colorantes que celle qui ne l’est pas, et il faut un peu plus de temps à cette dernière pour arriver au même ton de la nuance;
- 20 Une même pièce grillée, moitié sur colle à la plaque et moitié après le désencollage et le dégorgeage, se teint également bien ; mais cette dernière moitié est plus claire que l’autre ;
- 3° Le grillage active la prise de la teinture et celui à la plaque arrive plus vite au même ton de la nuance que celui au gaz;
- 4° La coexistence de la colle favorise l’opération du grillage par rapport à la teinture, en donnant aux tissus plus d’affinité pour les matières colorantes, et le grillage n’exerce aucune influence sur les diverses espèces de colles ;
- 5° Le grillage sur colle au gaz exerce une influence moins sensible sur l’ensemble des nuances que celui à la plaque, et les différences variables entre les nuances sont peu marquées entre les parties grillées et les parties non grillées ;
- 6° Le grillage fait après le désencollage n’a pas beaucoup d’effet sur l’ensemble des nuances. L’expérience paraît démontrer que les nuances foncées gagnent un peu par le grillage sur colle, et les nuances claires semblent se comporter d’une manière indifférente dans les divers modes de grillage.
- De l’affaiblissement de la chaîne dans certaines opérations et en particulier dans le grillage (Guillemot LT., 1886,
- p.2x157 - vue 188/478
-
-
-
- 158 PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- p. 124). — Ces recherches d’une grande importance ont été entreprises sous la direction de la Société industrielle de Mulhouse.
- Vers 1882, MM. Schaeffer et Lalance avaient constaté, dans des tissus de satinette, un affaiblissement sensible de la chaîne ; cet affaiblissement se produisait tantôt à droite, tantôt à gauche, mais toujours d’un seul côté pour une même pièce.
- On crut un instant que cela provenait du grillage. Mais on s’aperçut bien vite qu’il ne pouvait en être ainsi. En effet, si cet accident provenait d’un ralentissement dans la course, le défaut se constaterait dans toute la largeur aussi bien en trame qu’en chaîne. S’il était dû à une construction défectueuse de la rampe, l’accident se produirait toujours du même côté et la trame eût été ainsi endommagée.
- M. W. Grossetête fit des expériences pour déterminer la température qu’un tissu de coton peut subir sans que sa solidité en soit diminuée. Il plaça des échantillons de tissu dans des flacons de verre remplis de graviers pour assurer la répartition de la température et les plongea dans des bains d’eau, d’huile, de paraffine chauffés à 100°, 150°, 180°, 210° G. Les échantillons furent ensuite essayés au dynamomètre comparativement à d’autres échantillons qui n’avaient pas été chauffés. On constata que jusqu’à 150° ils conservent toute leur résistance ; à 180°, l’affaiblissement est sensible; à 210°, il est considérable.
- Il détermina ensuite à quelle température le tissu est porté quand on le grille. Pour cela, M. Grossetête fit maintenir un thermomètre appliqué sur le tissu au moment où il sort de la flamme en prenant toutes les précautions possibles pour le protéger contre le refroidissement. Le thermomètre marqua 70°. Pour contrôler cette expérience, il fit placer entre deux chefs cousus ensemble de petites plaques de cire de 1/2 millimètre d’épaisseur. Après le passage dans la machine, la cire était à peine fondue. L’expérimentateur conclut que la température du tissu pendant le grillage n’avait pas dû dépasser 100° et que ce n’était pas au flambage qu’on pouvait attribuer l’accident.
- M. Albert Scheurer fit à son tour de nouvelles expériences. Des échantillons de tissus, les uns écrus, les autres débouillis, d’autres entièrement blanchis furent exposés dans l’eau surchauffée à 140, 150, 160, 170° C. et furent maintenus pendant des temps variables une heure, deux heures, quatre heures et huit heures. Chaque expérience faite dans chaque condition donna lieu à dix essais dynamométriques. Les conclusions furent les suivantes :
- A 150° une immersion de 8 heures n'affaiblit pas le tissu
- A 160° — — 8 heures affaiblit considérablement
- il semble donc qu’il y ait une température critique voisine de 160 à
- p.2x158 - vue 189/478
-
-
-
- GRILLAGE 159 laquelle le tissu ne peut résister pendant un temps considérable sans être atteint. ,
- Des essais faits à l’air libre ont donné des résultats qui se rapprochent des précédents.
- Il faut remarquer que la durée de l’action a une grande importance. Ainsi les expériences de M. Scheurer montrent qu’une température de 170° C., si elle n’agit que pendant une heure sur le tissu, n’en détruit pas la fibre et ne l’affaiblit même que fort peu. Si l’on songe que, dans le flambage, l’action de la température ne se produit que pendant un quart de seconde environ, on peut affirmer en toute sécurité qu’une machine qui donnerait une température de 170° C. serait absolument inoffensive.
- Des expériences ont été faites pour déterminer à quelle tempéra fuie le coton pouvait résister pendant un temps très court. Une première expérience fut faite en plongeant un morceau de coton dans un bain d’étain fondu au moment où le liquide, commençant à se refroidir, les premiers indices de cristallisation se manifestaient. Le tissu fut immédiatement recouvert d’une couche d’étain solide qui, au bout d'une demi-seconde, se liquéfia au contact du bain. On peut dire qu’à ce moment la température approchait de 228° C. Or une immersion d’une seconde dans ces conditions n’affaiblit pas le tissu.
- Dans une autre expérience, un échantillon de satinette fut plongé dans un bain de plomb. Comme dans le cas précédent, le métal, après s’être déposé en couche solide, se redissout et, à ce moment, la fibre de coton est soumise à une température voisine de 350°. Si la durée de l’immersion est de une seconde, cette température a été subie pendant un quart de seconde. L’expérience répétée plusieurs fois montre que les échantillons sont indemnes.
- M. Scheurer essaya de plus de déterminer, le plus exactement possible, la chaleur du tissu pendant le grillage. Il reconnut qu’une dissolution contenant :
- Eau.......................................................... 1.250 p.
- Acide tartrique...........................;..................... 90 p.
- Chlorate de potasse...................................... 43 p.
- Aniline........................................................ 150 p.
- Ferricyanure de potassium............................... 53 p.
- abandonne à 80 un précipité vert, à 100 un précipité noir. Un tissu, trempé dans cette dissolution et séché, prend instantanément les mêmes couleurs aux mêmes températures et roussit vers 120-130.
- Plusieurs échantillons ayant reçu cette préparation furent flambés sur des machines de deux systèmes différents; l’un reçut une faible coloration verdâtre, un autre prit une teinte uniformément noire, un troi-
- p.2x159 - vue 190/478
-
-
-
- 160
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- sième enfin, passé sur une machine de même système que la précédente, mais à une vitesse probablement moindre, devint également noir ; de plus quelques stries de couleur roussâtre se montrèrent çà et là. Ainsi, dans le cas le plus défavorable, le tissu avait éprouvé une température de 120°, mais dans quelques parties seulement.
- Donc la cause des accidents signalés ne provient pas du grillage.
- M. Scheurer pensa que cela pouvait provenir des produits chimiques employés dans certains parements. Il fit de nouveaux essais ; des échantillons furent foulardés dans différentes solutions salines en variant le degré de concentration (10, 23, 50 grammes par litre), puis séchés à l’air. Ces échantillons furent ensuite soumis à des températures de 110, 120, 130, 140° C. pendant une heure. Pour cela ils étaient introduits dans un cylindre en cuivre, muni d’un couvercle en bois traversé par la tige d’un thermomètre indiquant la température de l’air à l’intérieur. Ce tube était chauffé au bain d’huile. Les substances employées furent les chlorures de zinc, de calcium, de magnésium, les sulfates de zinc, de magnésie.
- A 100°, le chlorure de zinc à 10 grammes au litre affaiblit considérablement ;
- A 50 grammes, il détruit entièrement le tissu.
- Chlorure de calcium : n’agit pas au-dessous de 140, et son action ne paraît pas être en rapport avec la quantité de sel.
- Chlorure de magnésium: agit moins fortement que le chlorure de zinc, mais affaiblit le tissu.
- Sulfate de zinc: à partir de 120° produit une action destructive.
- Sulfate de magnésie: ne donne pas de résultats certains.
- Les essais ont été recommencés sur la machine à flamber. Ces essais montrèrent d’une façon certaine l’action nuisible du chlorure de zinc. Les échantillons traités dans la solution:
- A 10 grammes au litre ont perdu plus de 130/0 de leur force
- A 20 — — perte supérieure à 20 0/0 — —
- A 50 — — tissu entièrement détruit
- Le mélange de chlorure et sulfate de zinc produit un affaiblissement de 20 0/0. Le chlorure de magnésium ne donne pas de résultat appréciable, ce qui ne prouve pas son innocuité. Nous avons vu qu’il exerce une action corrosive quand la température élevée est maintenue quelque temps.
- Dans le cas étudié, M. Scheurer trouva dans la chaîne du zinc, du magnésium et des chlorures. Aussi attribua-t-il l’accident à ces sels. La place variable sur le tissu provenait, à son avis, d’un défaut dans les cylindres du métier à gommer ou d’un serrage irrégulier.
- p.2x160 - vue 191/478
-
-
-
- GRILLAGE
- s
- D’après ce qui vient d’être dit, une première série d’accidents qui peuvent se produire sur les articles chaîne coton proviennent des réactions secondaires dues aux encollages. Une autre série d’accidents qui se fait encore est due au manque de régularité de l’action du grillage, soit que la plaque soit plus chaude vers une lisière que vers l'autre, soit que la flamme ne soit pas bien réglée. C’est précisément le grand avantage de la rampe Descats-Leleux d’être à l’abri de ces inconvénients. Les parties les plus grillées sont teintes en plus foncé. Aussi faut-il faire attention que la pièce elle-même reçoive l’action de la haute température d’une manière régulière. Des faux plis sont marqués et les lisières molles sont causes d’accident pour le grillage à la plaque, accidents dont on diminue l’importance en recommençant le grillage après le fixage.
- DÉTERMINATION PRATIQUE DES CONDITIONS QUI PEUVENT AMÉLIORER LE RENDEMENT DES FLAMBEUSES A GAZ
- Par M. Lévy Spira {B. S. I. M., 1893, p. 179, et 1901, p. 197).
- Comme rapporteur du comité de mécanique, M. Lévy-Spira a eu à expérimenter à diverses reprises les perfectionnements apportés aux flambeuses et a dressé des rapports dans lesquels nous retrouverons nombre d’indications utiles, et qui, de plus, nous renseigneront sur les méthodes à adopter quand on voudra déterminer le rendement d’une grilleuse. Tous les travaux qui se trouvent relatés dans ces rapports sont relatifs généralement aux tissus de coton. Si donc les conclusions ne s’appliquent pas entièrement aux tissus de laine, du moins pourrons-nous en tirer quelque avantage dans le cas spécial où nous nous sommes placés.
- Machine à flamber au gaz de MM. Scheurer Rolt et Cie. — Nous avons vu que Blanche avait breveté en 1873 sa rampe à gaz qui apportait un perfectionnement sensible à la première machine à griller pratique, celle de Tulpin.Plus tard, intervenait la rampe Descats-Leleux qui complétait heureusement la découverte de. Blanche et qui est maintenant généralement employée.
- Or, le 31 octobre 1882, était déposé un pli cacheté à la Société industrielle de Mulhouse, par MM. Scheurer Rott et Cie, qui appliquait en somme le même principe que celui de la rampe Descats-Leleux. Ce pli cacheté, ouvert en 1893, donna lieu au rapport documenté dont nous extrayons ce qui suit.
- APPRÊT DES TISSUS DE LAINE. 11
- p.2x161 - vue 192/478
-
-
-
- 162 PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNÈS
- Voici d’abord le pli cacheté relatif à une nouvelle disposition de la machine à flamber :
- « Thann, le 26 octobre 1882.
- « Nous employons, depuis plus de six ans, une flambeuse au gaz qui donne d’excellents résultats; cette machine ne diffère de la flambeuse au gaz ordinaire, ou de celle de M. Blanche que par la disposition des becs qui sont ici de véritables chalumeaux, c’est-à-dire que le gaz, arrivant dans l’enveloppe extérieure du bec, reçoit de l'air fortement comprimé par un petit tuyau central ; le mélange des deux gaz ne se fait donc qu’extérieurement au bec, autrement dit, la flamme est fortement soufflée, et, dès lors, à une très haute température. L’air comprimé est fourni par un ventilateur Roots. Il est refoulé dans un réservoir d’environ 200 litres de capacité sur lequel se trouve une soupape réglée de façon à ce qu’elle ne s’ouvre que sous une pression de 40 centimètres d’eau. Le ventilateur doit être assez puissant pour que la soupape soit toujours plus ou moins ouverte, et que la pression de l'air reste toujours régulière dans le réservoir pour l’obtention d’une flamme uniforme. Le gaz, de son côté, passe par un rhéomètre de Giroux qui lui conserve une pression constante. La consommation de gaz est beaucoup plus forte qu’avec les autres flambeuses ; elle atteint 400 litres par 100 mètres de tissu. Néanmoins, nous donnons à cette machine la préférence sur toutes les autres flambeuses, à causede la perfection du résultat. »
- Historiqueetdescription sommaire de la flambeuse. — MM. Scheurer Rott et Cie ont employé, au commencement de l’année 1870, une machine à flamber au gaz composée de deux rampes de becs Bunzen, ayant une très grande analogie avec les brûleurs des grilles à analyses, utilisées dans les laboratoires.
- Le brûleur, au lieu de former une seule pièce avec son couronnement, était composé du tube à mélange, sur lequel se trouvait vissée une tête de bec en bronze, ce métal se détériorant et se déformant moins vite que le cuivre (fg. 81).
- Les deux rampes à gaz, de dix becs chacune, étaient installées sur une ancienne machine à griller à l’alcool, système Descroizilles. Le tissu à flamber circulait autour des flammes comme dans la machine de Tulpin, et les produits de la combustion étaient rejetés au dehors à l’aide d’un ventilateur.
- Une bassine, remplie d’eau, placée à la sortie de la machine, servait à éteindre les duvets enflammés qui pouvaient encore exister après le passage de la pièce entre deux rouleaux, ayant pour but d’écraser ces flammèches.
- p.2x162 - vue 193/478
-
-
-
- GRILLAGE
- 163
- Cette machine marchait à la vitesse d’environ 65 mètres par minute, et consommait 140 à 150 litres de gaz par 100 mètres de tissu, et le flambage revenait, main-d’œuvre comprise, àOfr. 06 par 100 mètres.
- 1
- I
- Fig. 81. — Flambage au gaz, système Scheurer, Rott et G1”. Ancien bec Bunzen.
- La pression du gaz étant en général assez faible, les brûleurs Bunzen produisaient des flammes peu énergiques, et le gaz prenait quelquefois feu à la sortie du petit ajutage.
- Ces faibles pressions sont d’ailleurs insuffisantes pour amener, dans la colonne du mélange, la quantité d’air nécessaire à une combustion complète.
- Malgré ces défauts, cette machine a fonctionné pendant quelques années; mais, vu l’imperfection des résultats obtenus, et les besoins
- p.2x163 - vue 194/478
-
-
-
- 164
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- toujours croissants de la fabrication, on a dû l'abandonner définitivement en 1876.
- Vers cette époque, M. A. Scheurer a eu l’idée de remplacer les becs
- pareils à ceux à gaz hydrogène et
- Bunzen, par des becs chalumeaux
- Fig. 82. — Nouveau bec à chalumeau.
- pel du tissu, sont plus éloignées des
- oxygène, employés également depuis longtemps dans les laboratoires et qui produisent des températures beaucoup plus élevées. Ce sont ces mêmes chalumeaux qui existent encore sur la machine actuelle.
- Chaque rampe se compose de trente chalumeaux, placés côte à côte, et formant une ligne de feu ininterrompue sur le tissu (fig. 82). Le tuyau central du chalumeau reçoit de l’air comprimé et le gaz est aspiré par la partie annulaire. La pièce circule aussi comme dans la grilleuse Tulpin, avec cette différence que les roulettes en fer autour desquelles se fait l'ap-flammes.
- Le tissu flambé passe dans une caisse à vapeur pour éviter tout accident. Une hotte en tôle recouvre les rampes à gaz et un ventilateur aspire les produits de la combustion (fig. 83).
- Nous dirons en passant que la caisse à vapeur ne présente pas, de loin, autant de sécurité que la bassine à eau, employée fréquemment dans le même but; il est prudent, quand on s’en sert, de faire passer les pièces flambées directement au clapot à chaux ou à la machine à laver.
- Les chalumeaux, grâce à la haute température développée, permettent de traiter à une vitesse relativement grande, les tissus les plus difficiles à flamber.
- On a employé encore dans les essais de flambage, deux autres rangées de petits becs, basés sur le même principe que les becs primitifs de Blanche ^fig. 84), et qui avaient été construits par M. Gebauer. Celui-ci n’utilise dans sa machine que de petits ventilateurs à force centrifuge à faible pression. MM. Scheurer, Bott et Cie injectent dans ces becs de l’air à haute pression fourni par le même ventilateur Boots qui alimente les deux rampes à chalumeaux, et sont parvenus, de cette façon, à en augmenter l'effet utile.
- p.2x164 - vue 195/478
-
-
-
- GRILLAGE 165
- Ces rampes, d’une intensité moindre, sont suffisantes pour flamber
- -I
- -1
- I
- I
- Si
- "Î
- 1 i
- —J
- !
- Fæzn
- r °17F
- 1,
- Coupe transversale d’une rampe Gebauer.
- Coupe transversale d’une rampe à chalumeaux.
- N \
- • N *2
- . .y—— NG i
- 3 >. — i
- 2 .i
- x -O
- N
- \ \
- Fig. 83. — Installation de la flambeuse, système Scheurer-Rott et Gie.
- 7 i P--- r Caisse : A i ! à i\i A vapeur d d
- es tissus légers, et ajoutées aux rampes à chalumeaux; elles complètent le flambage de certains tissus. Elles seraient d’ailleurs avantageusement
- p.2x165 - vue 196/478
-
-
-
- 166
- PROCÉDÉS ET_MATÉRIEL MODERNES
- remplacées par celles de Blanche, ou de préférence parcelles de Descats-
- 0, S
- Fig. 84. — Bec Blanche.
- Leleux (fg. 85).
- Humidité absorbée par les pièces qui séjournent en magasin. — Pour nous rendre compte de l’humidité absorbée par les pièces en magasin, nous avons fait l’essai suivant :
- Nous avons séché à fond cinq pièces de satinette, en magasin depuis une huitaine de jours, d’un métrage total de 416 mètres, et nous avons constaté les poids suivants, avant et après séchage, le 6 février 1893.
- Poids avant séchage..................... 356,300
- Poids après séchage..................... 32 ,500
- Perte............. 2kE,800
- soit 8,61 0/0 du poids après séchage ou 7,93 0/0 du poids avant séchage.
- Nous les avons remises au magasin des écrus situé au premier étage, et nous avons constaté les
- poids suivants du 7 au 28 février 1893 :
- 7 Février 1893 328,800 18 Février 1893 .... 34*8,600
- 8 — 33 ,050 20 — .. .. 34 ,700
- 9 — 33 ,200 21 — . . . . 34 ,750
- 10 — 33 ,400 22 — . . . . 34 ,750
- 11 — 33 ,900 23 — 34 ,750
- 34 ,400 24 — .... 34 ,750
- 15 — 34 ,500 25 — .... 34 ,750
- 16 — 34 ,550 27 — 34 ,800
- 17 — . 34 ,550 28 — .... 34 ,800
- Fig. 85. — Rampe Descats-Leleux.
- « a.
- A la date du 28 mars, nous les avons mises au rez-de-chaussée du même bâtiment, atelier humide où se trouvent installées des machines à laver.
- p.2x166 - vue 197/478
-
-
-
- GRILLAGE
- 167
- Voici les augmentations de poids constatées du 1er mars au 17 mars :
- 1er Mars 1893 358,000
- 2 — 35 ,100
- 3 - - - 35 ,200
- 4 — 35 ,250
- 6 — 35 ,350
- 7 — 35 ,400
- 8 — 35 ,500
- 9 — 35 ,500
- 10 Mars 1893................... 338,500
- 11 — 35 ,500
- 13 — 35 ,550
- 15 — 35 ,600
- 17 — 35 ,700
- 20 — 35 ,750
- 25 — 35 ,839
- À partir de ce moment, le temps étant devenu très sec, les pièces ont diminué de poids. Nous avons arrêté les essais.
- En résumé, les cinq pièces de satinette en magasin contenaient pri-mitivement 2*5,800 d’humidité, soit 7,93 0/0 du poids primitif. Elles ont repris au magasin des écrus :
- 34*8,800 — 328,500 = 2-8,300 ou
- et en tout :
- 7,07 0/0
- CO oe _0 oo cc o CO 19 G II co ( CO OC © O e
- 10,15 0/0
- Intensité relative des deux sortes de rampes de la flambeuse d e MM. Scheurer, Rott et Cie. — Pour déterminer cette intensité rela" tive, nous avons fait flamber, à la même vitesse, cinq pièces cretonnelte (calicot 75 x 26) et cinq pièces satinette à l’aide des deux rampes chalumeaux, et 10 pièces de même fabrication avec les deux rampes Gebauer, et nous avons noté les poids de ces pièces avant et après flambage. Voici les résultats obtenus :
- Métrage total Poids écru avant flambage. Poids écru après flambage. Perte 5 PIÈCES CRETONNE!TE 5 PIÈCES SATINETTE
- 2 rampes chalumeaux 2 rampes Gebauer 2 rampes chalumeaux 2 rampes Gebauer
- 420m,l 47 kg, 200 45 ,000 419m 47^,500 46 ,400 421m,3 388,650 36 ,500 42lm,5 38k8,200 37 ,000
- 2K5,200 1*5,100 28,150 1*6,200
- En faisant abstraction du poids très minime du duvet disparu, et en nous rappelant que la perte en poids provient surtout de l’humidité contenue dans les pièces en magasin, on peut conclure que l’intensité de la flamme des rampes à chalumeaux est beaucoup plus considérable que celle des autres. Aussi dénommerons-nous les premières, feux forts, et les secondes, feux faibles.
- p.2x167 - vue 198/478
-
-
-
- 168
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- On emploie par exemple :
- 1° Deux feux forts pour le flambage de la cretonnette (73 X 26) ;
- 2° Deux feux forts et deux feux faibles pour la satinette ;
- 3° Deux feux faibles pour la mousseline de l’Inde (batiste 28/24, etc.), et en réglant convenablement les robinets de gaz et d’air, on arrive à flamber, à la vitesse moyenne d’environ 90 mètres par minute, les tissus les plus variés.
- Nous donnons ci-joint un tableau représentant les moyennes observées en flambant cinquante ou cent pièces à la fois.
- OOOOOOOOOOOOO
- -gto* 1009-09
- CONSOMMATION EN GAZ, POUR 100 MÈTRES DE
- Satinette ordinaire, 87 portées, 50 fils...
- Cretonnette au calicot 75 X 26.............
- Satins à bandes............................
- Flanelle coton façonnée....................
- Popeline...................................
- Reps.......................................
- Calicot 21 X 23............................
- Cretonne 18 kilogrammes....................
- Gaze.......................................
- Batiste 25 X 25............................
- Mousseline de l’Inde au batiste 28 X 24 ...
- Mousseline à pois..........................
- Organdis...................................
- TISSU
- 500 litres
- 358 —
- 312 —
- 220 —
- 217 —
- 204 —
- 199 —
- 178 —
- 170 —
- 154 —
- 151 —
- 90 —
- 43 —
- Dans le tableau ci-contre nous donnons les résultats plus détaillés de ces essais, avec l’indication des pressions de l’air et du gaz pendant la marche de la flambeuse.
- Avec la diversité des tissus flambés, la consommation moyenne du gaz ne dépasse guère 250 litres par 100 mètres, et le prix de revient du flambage peut se chiffrer comme suit, en admettant du gaz à 0 fr. 25 le mètre cube :
- Gaz par 100 mètres de tissu..
- Main-d’œuvre, flambage seul
- Total..
- 0f,063
- 0 ,009
- 0f,072 par 100 mètres
- En ajoutant la main-d’œuvre relative aux couturières, le coût total du flambage est de :
- 0f,063 + 0f,017 = 0f,080 par 100 mètres.
- Dans les travaux publiés dans le B. S. I. M. (tome XXXVII, p. 533), le prix de revient du flambage avec la machine de Tulpin a été trouvé égal à 0 fr. 059 par 100 mètres pour les toiles et jaconas, en consommant du gaz à 0 fr. 30 le mètre cube.
- p.2x168 - vue 199/478
-
-
-
- NATURE DES TISSUS
- Satinettes ordinaires (87 portées, 50 fils)..........................
- Cretonnettes (calicot 75 X 26).... Satins à bandes................... Piqués molletonnés (flanelles coton façonnées.........................
- Popelines.........................
- Reps..............................
- Calicot (21 X 23).................
- Cretonnes, 18 kilogrammes.........
- Gazes.........................;...
- Toile parisienne (batiste 25/25)... Mousselines de l’Inde (batiste 28/26) ...........................
- Mousselines à pois................
- Organdis..........................
- 1 s Fr PRESSION EN MILLIMÈTRES D’EAU 30 BECS 10 BECS
- E 2e _—— — • PRESSION DU GAZ par par
- 53 5 RAMPE RAMPE
- C == RAMPES GEBAÜER RAMPES CHALUMEAUX f CHALUMEAUX GEBAUER
- a • — . ———-—-—- - ~———
- a .. Gaz consommé Gaz consommé
- 5 o i 1re Rampe 2' Rampe ire Rampe 2' Rampe se Giroud — par heure et par heure et
- Z O = s — ~ 1 — s —
- O S.. par
- N F Gaz Air Gaz Air Gaz Air Gaz Air Avant Après par par par
- litres mètres — — — — — — — — — — — rampe litres bec litres rampe litres bec litres
- 500 88 30 66,7 30 74 7 326 3 326 50 42 38 358 » » » »
- 358 90 » » • » 5 315 3 315 58 52 50 315 9.678 322 » »
- 312 89 » ) » » 3 296 2 296 55 52 50 297 8.333 277 » »
- 220 88 31 73 51 78 » » )) » 57 56 55 283 » » 5.846 584
- 217 88 44 113 45 118 » » » » 52 50 48 307 » » 5.755 575
- 204 91 43 116 44 122 :) » » » 50 48 47 302 » » 5.602 560
- 199 89 38 166 50 175 » » » » 57 55 55 287 » » 5.329 532
- 178 91 29 120 37 121 » » » » 57 54 42 291 » )) 4.891 489
- 170 87 25 108 39 112 » » » » 55 53 42 294 » » 4 441 441
- 154 89 17 76 35 83 » » » » 58 55 55 302 4.117 411
- 151 88 22 145 34 159 » » » » 67 62 37 290 3.984 398
- 90 73 1 Rampe Gebauer » » » » » » » » » » 3.972 397
- 43 77 1 Rampe Gebauer » » » » » » » » » » 2.226 222
- GRILLAGE 169
- p.2x169 - vue 200/478
-
-
-
- 170
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- En employant du gaz à 0 fr. 23 comme dans nos essais, le prix de revient aurait été de :
- Pour 33.000 mètres de tissu
- Pour 100 mètres de tissu
- Main-d’œuvre...................
- Gaz (49.600 litres à 0f,25)
- Total. .
- o to *.
- co t- &e
- oe O or
- OOcO -H ©1 —,
- — 0 JO
- ©.. © O O O
- Nous ferons observer en passant : 1° que ces derniers comptes ont été établis d’après la production d'une journée, et ceuxde la maison Scheurer, RottetCie, d’après celle d’une année entière; 2° que le flambage obtenu à l’aide de la machine de Tulpin laissait beaucoup à désirer.
- Diminution du poids des pièces par le flambage. — Nous avons entrepris quelques essais pour déterminer la perte de poids des pièces par le flambage en employant un ou plusieurs feux. Voici les résultats trouvés :
- Poids en écru Poids après flambage Perte Soit 0/0 du poids avant flambage. No 1 5 PIÈCES SATINETTE 1 feu fort No 2 5 PIÈCES SATINETTE 2 feux forts , No 3 5 PIÈCES SATINETTE 2 feux forts 2 feux faibles N° 4 10 PIÈCES SATINETTE 1 feu fort
- 38kg, 100 37 ,100 368,900 34 ,900 37^,600 34 ,700 74k8,100 71 ,200
- 1ks,000 2,62 0/0 2kg,000 5,42 0/0 25,900 7,71 0/0 28,900 3,91 0/0
- N° 4. — 10 PIÈGES SATINETTE
- »
- Poids écru.............................................
- Poids après flambage avec un feu fort..................
- Première perte.........................................
- Soit 0/0 du poids avant flambage.......................
- Poids après un deuxième flambage, 1 feu fort, 2 feux faibles.................................
- Deuxième perte.........................................
- Soit 0/0 du poids avant séchage........................
- Perte totale pour 2 feux forts et 2 feux faibles....
- 74-8,100 71*5,200 2,90 0/0 3,91 0/0
- 6818,000 35,200
- 4,32 0/0
- 8,23 0/0
- Ainsi que nous l’avons fait remarquer, ces pertes de poids ne proviennent évidemment pas du duvet enlevé par le flambage, mais bien de l’humidité que renferment les pièces en magasin depuis quelque temps.
- p.2x170 - vue 201/478
-
-
-
- GRILLAGE
- i
- 171
- Influence de l’état hygrométrique des tissus sur l’efficacité du flambage. — On a, de tout temps, recommandé de sécher les pièces avant flambage. Plusieurs constructeurs ont même ajouté des tambours à sécher à l’entrée de la grilleuse. Voici le résultat de quelques essais faits en vue de déterminer l’influence de l’état de dessiccation des tissus sur le flambage.
- Poids en écru..............
- Poids après séchage et avant flambage................... Flambage...................
- No 1 N» 2 No 3
- 74kg 10 PIÈCES Sj 74kg TINETTE 74kg
- 68*8,500 68k5,500 (n’ont pas été séchées avant flambage)
- 2 feux forts t feu fort et 2 feux forts et 2 feux
- 1 feu faible faibles
- Les premières pièces sont les meilleures; il n’y a pas sensible entre les secondes et les troisièmes.
- Dans un deuxième essai, nous avons comparé 10 pièces séchées avant flambage et flambées avec deux feux forts faibles, à 10 autres pièces satinette, séchées à fond, mais un feu fort et deux feux faibles.
- Ci-dessous le détail de ce deuxième essai :
- de différence
- satinette non et deux feux flambées avec
- A. 10 pièces satinette, métrage total 831m,l, poids écru Après un premier flambage avec un feu fort.
- Poids..........................................
- Vitesse du flambage......................
- Gaz par 100 mètres.......................
- 88m,250
- 240 litres
- a) Après un deuxième flambage avec un feu fort et deux feux faibles.
- Poids...................................................
- Vitesse du flambage Gaz par 100 mètres..
- 86 mètres
- 345 litres
- Après un séchage à fond sur une machine à 15 cylindres.
- Poids.....................................................
- Vitesse du séchage
- 8 a
- G
- h. 10 pièces satinette, même fabrication, métrage total 833m,5, poids écru.................................................................
- Après séchage à fond sur une grande machine à sécher à 15 cylindres de 0m,60 de diamètre, pression de la vapeur 28,500 ; vitesse du séchage 27m,47 par minute.
- Poids.................................................................
- Perte
- © o -
- co Nd a*
- a te
- M
- {
- O co tc M
- CO co
- O. O _09
- 8
- 8 to M 1-
- O o o c CD co
- N M
- 2 co
- p.2x171 - vue 202/478
-
-
-
- 172 PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- b] Après flambage, un feu fort et deux feux faibles.
- Poids......................................................... 68*5,500
- Vitesse du flambage.................... 86 mètres
- Gaz par 100 mètres.................... 345 litres
- Nota. — Les deux flambages a et b (un feu fort et deux feux faibles) sur les deux séries de 10 pièces chacune, ont été faites consécutivement et sans arrêter la machine en commençant par les pièces préalablement séchées. C’est pour cela que nous avons trouvé même vitesse et même consommation de gaz.
- Les pièces préalablement séchées et flambées avec un feu fort et deux deux faibles sont, au point de vue du flambage, beaucoup plus propres que les pièces non séchées et flambées avec deux feux forts et deux feux faibles.
- Résumé. — 1° Les pièces séchées préalablement à fond et flambées du même côté (endroit) ;
- a) Avec un feu fort et deux feux faibles ;
- b} Avec deux feux forts sont beaucoup mieux flambées que les pièces non séchées et flambées avec deux feux forts et deux feux faibles, c’est-à-dire que le séchage à fond remplace, avec avantage, une forte rampe à chalumeaux.
- Les 10 pièces satinette séchées à fond avant flambage n’éprouvent par le flambage qu'une diminution de poids extrêmement faible, 100 grammes pour 10 pièces.
- Détermination de la surface de chauffe d’une machine à sécher, nécessaire pour obtenir la dessiccation à fond des tissus à flamber. — Nous avons détaché d’une manique à 15 cylindres, un ensemble de 3 cylindres de 0m,600 de diamètre, que nous avons fait tourner à la vitesse la plus faible à laquelle nous puissions arriver avec notre installation, soit 37 tours par minute ou 68,57 de production. A cette vitesse, nous avons obtenu les résultats ci-dessous en faisant passer 10 pièces satinettes sur les tambours chauffés avec de la vapeur à 2*6,500 à quatre reprises successives.
- POIDS DES TISSUS ÉCRUS
- Avant séchage 7218,600
- Après le 1er séchage.... 68 ,200 1 perte 4*8,400 soit 86,27 0/0
- — 2e — .... 67 ,600 2e — 0 ,600 — 11,76
- — 3e — .... 67 ,500 3° — 0 ,100 — 1,96
- — 4° — .... 67 ,500 4e — 0 ,000 — 0,00
- Perte totale en eau évaporée 5k8,100 99,99 0/0
- p.2x172 - vue 203/478
-
-
-
- GRILLAGE
- 173
- Poids d’une pièce écrue avant séchage............... 7-8,260
- — — après — ............ 6 ,750
- Eau contenue................ 0k8,510 ou 7 0/0
- Un autre essai a donné 8,41 0/0.
- Le premier séchage avec 3 cylindres de 0m,600 ayant 1 mètre de largeur.
- 3 X 3,14 X 0,60 = 52,652
- de surface de chauffe brute, à la vitesse de 68m,57 par minute, n’a enlevé que 86,27 0/0 de l’eau hygrométrique de tissu. La vitesse de 90 mètres par minute, à laquelle nous flambons, nons entraînerait donc d’après cela, pour obtenir une dessiccation à fond des tissus en question à une bien grande machine à sécher; en d’autres termes, pour économiser une rampe à gaz (ou 200-250 litres par pièce de satinette par exemple), on arriverait à une machine coûteuse, encombrante, sujette à de sérieux frais d’entretien, et l’on se demande s’il ne serait pas préférable de mettre une rampe de plus et de ne pas sécher à l’aide d’un tambour avant flambage.
- C’est en effet ce que la pratique paraît avoir consacré, et l’on trouve peu de flambeuses au gaz combinées avec des machines à sécher.
- Essais de rendement sur la machine à griller de M. Félix
- Binder par M. Lévy-Spira (B. S. I. M., 1901, p. 197). — La
- S
- Sortie
- §
- 1
- Fig. 86. — Rampe d’aspiration et ventilateur aspirant de la flambeuse F. Binder.
- a, arrivée de l’eau froide. — g, sortie des produits de la combustion. — R, roulette pour régler la hauteur du tissu à flamber. — R‘R‘, registres à coulisse et à crémaillère avec volant de réglage.
- flambeuse qui a servi aux essais est une ancienne machine à flamber de
- Scheurer, Lauth et Cie, à deux rampes à chalumeaux, modifiée d’après
- p.2x173 - vue 204/478
-
-
-
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- le système de M. F. Binder, par MM. Mather et Platl, concessionnaires du brevet (fig. 86).
- Les rampes à chalumeaux ont été remplacées par des rampes Descats-Leleux, et on aspire les flammes à travers l’étoffe.
- O o
- Gaz
- Fig. 87. — Rampe Descats-Leleux, petit modèle.
- TT, tourillons permettant d’éloigner la flamme du tissu en cas d’accident. — L, place du levier de renversement des rampes.
- La rampe Descats-Leleux n° 1 (fig. 87) est un petit modèle, d’environ 6 litres de capacité ; la rampe n° 2 (fig. 88) est le modèle habituel dont la capacité est de 12 litres. La fente, bien calibrée, a dans les deux rampes
- 231822
- III
- Fig. 88. — Rampe Descats-Leleux, grand modèle.
- un demi-millimètre de largeur sur lm,040 de largeur. La longueur de cette fente peut être réglée, selon la largeur du tissu, à l’aide de deux registres à coulisse, reliés au tuyau aspirateur. L’installation générale est représentée par la figure 89.
- Dans tous les essais, on a flambé un seul côté, soit l’endroit du tissu à imprimer.
- Les calicots 75/26 et les satinettes, demandant dans l’industrie des toiles peintes à être flambées avec un soin particulier, nous avons fixé, avant de faire nos expériences, et pour ces tissus en particulier, les différents éléments de l’opération, de façon à obtenir le meilleur flambage possible. Nous avons pris, comme terme de comparaison, deux pièces du même genre et de même fabrication, flambées sur une machine à deux rampes à chalumeaux, qui fonctionne à notre satisfaction depuis 1876.
- Nous avons admis, comme production moyenne, 90 mètres par minute, production recommandée par M. Binder. C’est également la production de notre machine à chalumeaux depuis vingt-cinq ans.
- Après quelques essais préliminaires, nous avons déterminé successivement les points suivants :
- 1° La pression de l’air dans le réservoir ;
- p.2x174 - vue 205/478
-
-
-
- GRILLAGE
- 175
- 2° La distance entre la rampe et le tissu ou le tuyau d’aspiration.
- Nous avons également étudié l’influence de la vitesse du ventilateur aspirant ou du vide.
- Ces points établis, nous avons déterminé expérimentalement la consommation de gaz par 100 mètres de tissu, flambés avec ou sans aspiration, en modifiant certains éléments pour ne pas affaiblir les tissus les plus légers ; nous n’avons pas fait varier la vitesse du tissu, et avons trouvé plus commode de modifier l’intensité de la flamme pour flamber les différents tissus, lourds et légers.
- =%%%%%%%%%%4%%%%%%%%m%%%%%
- Fig. 89. — Machines à flamber à deux rampes Descats-Leleux, par flammes aspirées, système F. Binder.
- ©
- ©
- 0’
- H
- B’
- A', rampes Descats-Leleux. — BB', tuyaux aspirateurs système F. Binder. — C, ventilateur Roots, fournissant l’air comprimé. — D, Réservoir d’air muui d’une soupape régulatrice de la pression. — E, F, G, H et H', conduites d’air alimentant les mêmes rampes. — M, ventilateur aspirant les flammes. — N, caisse à vapeur. — 0, manomètre à eau indiquant la pression de l’air dans le réservoir D. — O', manomètre à eau indiquant la pression du gaz. — O", manomètre à eau indiquant la pression du mélange d’air et de gaz de la rampe. — O”', manomètre à eau indiquant le vide dans lé tuyau aspirateur. — P, thermomètre à azote indiquant la température des produits de la combustion à la sortie de l’aspirateur. — P', Thermomètre à mercure indiquant la température à la sortie du ventilateur aspirant.
- Les différents systèmes de flambage brunissent tous, plus ou moins, les tissus, mais très légèrement. Nous avons examiné comparativement ces tissus au point de vue de la résistance :
- 1° Avant flambage ou à l’état écru ;
- 2° Après flambage ;
- 3° Après blanchiment.
- La recherche des températures des produits de la combustion ont également fait l’objet de quelques essais.
- Nous nous sommes aussi occupés de l’influence du séchage préalable sur la qualité du flambage et sur la consommation du gaz, ainsi que de l’utilité de la circulation d’eau dans la double enveloppe du tuyau aspirateur et de l’intensité relative de la flamme dans les différentes flambeuses, et nous avons finalement comparé nos résultats avec ceux relatés dans le mémoire deM. Binder.
- p.2x175 - vue 206/478
-
-
-
- 176 PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- Pression de l’air dans le réservoir du ventilateur Roots fournissant l'air comprimé aux rampes à gaz. — Nous avons commencé les essais sur la machine transformée par le système de M. Binder, avec une pression d’air dans le réservoir, égale à 290/300 millimètres d’eau, pression employée à notre machine à chalumeaux, avec un écartement de 18 millimètres entre la rampe et l’aspirateur, écartement indiqué par les constructeurs. Dans ces conditions, les résultats n’ont pas été en faveur de la machine Binder, en n’employant qu’une rampe Descats-Leleux avec aspiration.
- En utilisant deux rampes avec aspiration, les résultats ont été presque bons, mais la consommation de gaz a été naturellement plus élevée.
- A la suite de ces essais préliminaires, nous avons successivement augmenté la pression de l’air que nous avons portée à 600-630 millimètres d’eau.
- Les 75/26 sont devenus aussi bons que sur la machine à chalumeaux. Quant aux satinettes, une seule rampe avec aspiration n’a pas produit l’effet demandé ; mais avec des satinettes séchées à fond, la qualité du flambage a été reconnue bonne avec une rampe à aspiration.
- Nous avons également essayé de travailler avec 790/830 millimètres de pression : les pièces flambées n’ont pas été meilleures. Avec 630 millimètres dépréssion, nous avons réalisé une économie sérieuse de gaz en séchant les pièces avant de les flamber. Ainsi les satinettes qui consommaient 323/345 litres de gaz pour 100 mètres sur la machine à chalumeaux ne consommaient plus que 110 à 120 litres sur la machine à une rampe avec aspiration dans ces dernières expériences.
- Nous relatons ici, trois essais entrepris dans le but de déterminer l’influence de la pression de l’air. On a flambé chaque fois 20 pièces de calicot 68/20, de 122 mètres chacune, soit métrage total, 2.440 mètres.
- Poids de la pièce, 11 kilogrammes; de 100 mètres, 9 kilogrammes.
- ESSAI No 1 ESSAI N» 2 ESSAI N» 3
- Pression de l’air Gaz consommé par 100 mètres... Pression moyenne du gaz — de la rampe.. Vide Température dans le tuyau d’aspiration 530mm 991it,7 48mm 38mm, 7 A7mm 150, 170, 172 174 630mm 1071,3 52mm 47mm 17mm 230, 235, 255 258 730mm 1371it,2 48mm 54mm {4mm 4 223, 235, 265 371, 380
- Qualité du flambage : Les pièces n° 1 sont un peu moins bonnes que les n° 2 et celles-ci un peu inférieures au n° 3 ; mais les pièces n» 2 étaient suffisamment flambées.
- La pression 600/630 ayant donné des résultats satisfaisants, nous
- p.2x176 - vue 207/478
-
-
-
- ‘ GRILLAGE
- 177
- nous sommes arrêtés à cette pression, pour faire tous les tissus flambés jusqu’à présent avec deux rampes Descats-Leleux sans aspiration. Nous avons, après une série d’expériences, réduit cette pression à 300 millimètres pour les tissus légers et d’autres tissus ne demandant qu’un flambage peu énergique.
- Influence de la vitesse du ventilateur aspirant sur la qualité du flambage.— Voici quatre essais faits dans le but d’étudier cette question.
- Les deux premiers essais se rapportent chacun à 20 pièces de calicot 75/26, de même fabrication, mesurant 1.800 mètres, flambées avec une rampe Descats-Leleux, aspiration et admission d’eau froide, les 20 premières avec une vitesse du ventilateur de 2.500 tours; les 20 dernières, avec une vitesse de 3.000 tours.
- La qualité du flambage, bien qu’on ait consommé 135 litres de gaz pour 100 mètres de tissu pour les premières, et 1261,6 seulement pour les dernières, est en faveur de ces dernières qui sont également plus brunes.
- < J i . 17 + 17 + 16 q- 16
- vide moyen observe dans le 1er cas : -------------,--------— 16,
- 4
- „ 26 + 26 + 26 + 26
- — — 2e — : -----------—---------—— — 26.
- 4
- Les troisième et quatrième essais, faits chacun sur 20 pièces de calicot 68/20, métrage total 2.440 mètres, gaz consommé 112 litres et 111 litres, vitesses 3.000 et 2.500 tours, n’ont pas donné, au point de vue de la qualité de flambage, de différences sensibles.
- En présence de ces résultats, nous avons adopté dans nos essais 2.500 tours pour la vitesse du ventilateur aspirant.
- Distance entre la rampe et l'aspirateur. — Pour déterminer l’écartement entre la rampe et l’aspirateur, la plus favorable au flambage, nous avons fait quelques essais préliminaires en admettant la distance indiquée sur le plan du constructeur, soit 18 millimètres et une pression d’air de 290/300 millimètres d’eau, admise depuis des années pour notre flambeuse à chalumeaux.
- Voici les résultats obtenus :
- 1er Essai. — En flambant, dans les conditions ci-dessus, des calicots 73/26 avec une rampe Descats-Leleux avec aspiration, nous avons obtenu un flambage moins parfait que sur notre machine à deux rampes chalumeaux.
- 2° Essai. — En employant deux rampes Descats-Leleux avec aspira-
- APPRÊT DES TISSUS DE LAINE. 12
- p.2x177 - vue 208/478
-
-
-
- 178 PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- tion, les pièces flambées étaient naturellement plus propres, mais moins glabres que celles traitées sur la flambeuse à chalumeaux.
- 3e Essai. — a) Flambé des 75/26 sur la machine à chalumeaux ;
- J) Flambé des 75/26 sur la machine Binder à une rampe.
- c) Flambé des 75/26 sur la machine Binder à deux rampes.
- Les 75/26 flambés sur la machine Binder sont un peu meilleures que sur la machine à chalumeaux.
- 4e Essai. — Flambé trois fois 10 pièces satinette dans les mêmes conditions que les 75/26 du troisième essai, mais préalablement séchées à fond.
- Au point de vue de la qualité du flambage, les satinettes flambées sur la machine Binder sont un peu moins bonnes ‘ mais la différence est peu sensible. Quant au flambage sur la machine Binder avec une seule rampe, leur flambage est insuffisant, ne peut être comparé à celui de notre machine à chalumeaux.
- Les consommations de gaz dans les 3e et 4e essais sont données ci-dessous :
- GAZ PAR 100 MÈTRES DE TISSU
- DESIGNATION DES TISSUS MACHINE SYSTÈME BINDER MACHINE à 2 RAMPES CHALUMEAUX
- 1 RAMPE DL avec aspiration ? RAMPES DL avec aspiration
- Calicots 75/26 Satinettes 72“‘,41 66 ,66 13611,78 117 ,85 318lil,96 325 ,59
- 5e Essai. — Les pièces satinette du 4° essai ont été flambées avec 2 rampes D. L. et aspiration, la distance verticale entre la rampe et le tuyau d’aspiration étant égale à 18 millimètres. Nous avons réduit cette distance à 13 millimètres dans le nouvel essai.
- Nous avons flambé 10 pièces satinette 27/48 de même fabrication que précédemment. On a obtenu les résultats suivants:
- 1° Les pièces flambées avec cet écartement sont au moins aussi bonnes, sinon meilleures que les satinettes faites avec deux rampes chalumeaux ;
- 2° La quantité de gaz consommé a été de 1.215 litres pour dix pièces de 84 mètres, soit 144,64 par 100 mètres (essai précédent 117m,85).
- Ainsi l’abaissement de la rampe d’aspiration ou le passage de la pièce dans la zone bleue de la flamme a sensiblement amélioré le flambage.
- 6e Essai. — Flambé sur la machine Binder, mais sans aspiration, avec
- p.2x178 - vue 209/478
-
-
-
- GRILLAGE
- 179
- une rampe Descats-Leleux, inclinée vers la roulette qui se trouve à l’entrée de la machine, distante de 43 millimètres de cette roulette, 10 pièces organdis 82/18 de 106 mètres {fig. 90).
- Gaz employé...... Soit par 100 mètres
- Fig. 90.
- ?
- 89 o
- 555 litres
- 5211,35
- 3 $
- 7e Essai. — Flambé 10 pièces organdis de même fabrication et de même longueur que dans le 6e essai, sur l’ancienne machine avec une rampe Gebauer {fig. 91).
- Gaz employé..... Soit par 100 mètres
- 600 litres
- 56111,60
- Ces pièces sont moins bien flambées que celles de la machine Binder.
- 8e et 9e Essais. — Flambé sur la machine à une rampe Binder et sur la vieille machine à deux rampes Gebauer, 10 pièces percale 80/26 de 90 mètres.
- Gaz employé
- Soit par 100 mètres de tissu
- Rampe Binder ....
- Rampes Gebauer. .
- 895 litres
- 1.195 —
- 991,44
- 132,77
- Les pièces flambées sur les rampes Binder sont meilleures que les autres, et le gaz consommé est moindre.
- Jusqu’à présent, nous avons flambé sur la nouvelle machine avec une pression de 280/290 millimètres d’eau. Les essais qui vont suivre ont été faits en portant cette pression à 600 millimètres. Cette pression a beaucoup amélioré le résultat du flambage, des satinettes particulièrement.
- En augmentant encore cette pression et la portant à 790/830 milli-mètres, la quantité de gaz a sensiblement augmenté, et la qualité de flambage est devenue moins bonne.
- p.2x179 - vue 210/478
-
-
-
- 180
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- Résumé des essais de 1
- TABLEAU 1 -
- AVEC ASPIRATION SANS A
- IRATION
- DÉSIGNATION DES TISSUS o U c Q o en o & - UN O 2 — “ g 2 - oo = s . s - o s “ 88 8 ® u -C o U. S
- Sm 2. S O A ME Sa Q. 2 a 80288 dSEs — ‘d CC-0 o o S 0 8 S8-3 c n ® 9 g g -o -0 d 88 a s ET s « a co & 5
- E ox S • S 0o de « c © o “s- U. "O nda.— 0 O O 2 8 ® 8 d = q
- S, O — 2 E “ do C ' w 8 E 0-2 O- o o H “g SS, s 892oe gl n a H P 12 u ® S g S a .2 a c O > J 02SAS o o 88 o -O © 3 os OP S8 c 3 O.. 9 S a (.2 A
- 2 z g C œ CL O Cs UUriie O-, E co -8 “ • o c Cd — d C) . C . d d 9 §
- Q I AAi O CL C Q £ £
- kilogr. litres litres mètres litres litres mètres
- COTON
- 1 Calicots 15/26 10.800 1 121 5 112 8 93 630 48 1 44 9 22 9 2 0103 197.9 93,6
- 2 Satinettes 8.300 1 119 9 109 8 91 2 630 528 454 224 2 223 7 205,9
- 3. Organdis 2 600 1 22 3 21,2 93 6 306 5 54 4 6 5 24 5 1 36 1 33,2 91,9
- 1 4 Calicots 20/20 9 100 1 109 115 7 1 00 2 630’ 49 1 43 4 19’3 2 192 5 190.9 91,2
- 5. Satins, reps, satinettes.. • » 1 113 99,9 8 8 630 52,6 28,4 23’7 » » ‘ » 99 »
- 6. Tissus légers divers » 1 43,4 40,4 91,7 300 52,7 11,1 24,9 1 50 45,9 90
- 7. Piqués 13.800 1 123,4 107,5 86 7 630 48 7 47 3 24 5 2 235 4 216,8
- 3. Jaconas fin 4.100 1 53 48 6 91 5 300 52 8 16 7 26,7 1 48 2 44,1 02,1 Q,
- 9. Flanelle coton 18.050 1 73,3 65,4 8 9 7 3 00 52 5 22,1 23,3 1 84 9 73,1 v1 o- 0
- 10. Reps 26.400 1 119 108,7 90 9 660 531 43 8 221 2 239’5 242 01,0
- 11. Jaconas 3.000 1 55,3 52,8 95,4 300 58 2 18’ 30’ 1 50 6 48,3 00 9 4 Qr y
- 12. Rayé fantaisie 5.150 1 50,7 47,2 92 2 300 51 3 14 8 27 1 69 1 62,1
- 13. Piqué long 16 250 1 127,3 114,4 89 630 48’ 7 39 7 18 5 2 259 219, ? vU , 0
- 14. Percales 8.400 1 121,8 112,1 9 1 7 63 0 53’ 41 5 17’ 2 237 220,8 04,0 0o
- 15 Toile à voile 26.600 1 117,5 104,4 88 630 49 5 29’5 23 , » » •o
- 16. Puces légères et lourdes » 1 64,5 » » » » » » » » » »
- diverses
- 17. Cretonne 16 kilogr 16.050 1 72,7 69 1 94 5 300 52 3 24 2 21 5 2 139 130,8 94
- 18. Calicots 19/19...7 7.500 1 79 75,2 94 300 53,531’ 21 6 » » »
- 19. — 19/21 6.200 1 73 73,8 100 630 48,3 27 23’ » » » , »
- 20. Ratiste 25/25 4.700 1 75,3 71,2 94,4 300 51,2 22,3 26,5 1 72,1 68,3 94,6
- 21. Façonné pour robes 10.000 1 72,4 66,9 92,3 300 50 24,5 35 1 76,6 70,4 92,3
- LAINE
- 22. Mousseline de laine 7.160 1 26,7 25 93,3 300 52,5 7,3 25,5 1 36,5 32,5 ,88,1
- LAINE ET SOIE
- 23. Mousseline laine, ra- 7.450 1 32,6 29,1 88,9 300 54,7 7,724,8 1 33,3 29,8 89,5
- yures soie
- SOIE
- | 24. Satin soie 4.000 1 83,1 71 8 86 3 300 50 5 25 35 1 83,1 71,8 86 3
- MI-SOIE
- | 25. Satin chaîne soie 8.800 1 72 67,1 92 300 55 20,4 24,5 1 81,9 73,3 87
- p.2x180 - vue 211/478
-
-
-
- Gaz consommé
- sai
- GO OO CO OO co co CD eolodltSlolbOdllblcolc CD CD CD CD =* O cO GO DO s* ycO,SoOo=IMOSy<PC O' CO ce — W CD 00*C— t CD o> s Production de la flambeuse par minute 1 1
- CO co 6.3 co coco CO 0 03C03SCCOc 00O> 8 8 8 8 888 8888888888888 Pression moyenne de l’air
- eiz Ci Gc oe A. oc 5*OrOrOeOd.Oe orOt- — oo H- co co oo s s © ycO>000>0900v110>c c. ©otSooO0cOCO-I-IUOtt Pression moyenne du gaz
- KO ro ts — GO CO L tPOItSNSOECTGE t . . -I -1 CO or H- Oc s s LO yyOODOCO0o0o9 co co cce &©00o0tO> oc oe co Pression moyenne dans la rampe
- • E 3 -I ol1Sr — NESro = y v v S % $ co $ • ****>0>>0000•c- c or or GO CO *- co or Avec aspiration G CD on 13 o. Ce 1 = B \ Q N 6 2 1 g P | 1 $ 3 -
- LStS to ro ILS C5Oc co CO CD LO — s v s S V*•> V*-I>>>>0*1•00 c or *- or-ICo Sans aspiration
- os CO Oc Ge ce - —**. OO © © -J CO CD — . "" S0occI., o - — — O-) Différences 0/0
- OO co t ----1 COUO-to t co L O 1 OC y ‘O IO SVlyyOOC00yEy H — O -J *0- -I co co *- co tn Avec aspiration / 3 B
- oo co co co --I o> oc oo - or co CO co CD O. DO s s CD SssCOO*OyOsOss S . w v w • - ••> 3 CD co— COD-1 — —* “ Sans aspiration
- . — — — L t — — — t t — CD CD OO bOCO CO OOCcO-*cO-1 LO CD PO o Y © ©-O•*O> S.***O>S0-0$05coOcOc ib- oo *O> oo *- — -7 O *-*-* Températures moyennes CD E 9 C g 9 o’ 1 ta t s "O D- (]- § z un H a p 5 s S = —
- — — — — co w- to CD ©O0COOO[ s V Oc S 5* V*>0>CC*0VNO> =- o&&R—o Maximum
- oo coowoUScl % % Oc • SSV• S>>-IOM-I-I>*A*. - *- 00 oo t oo co co Minimum
- to U) LO to 1ISSEI — — — — — — Oc ~ co 1 OcO-I O0HC1.9-Oo-IO0cCM- U U • gw 00 PUaUBeSmeHmOGmO 2 8 qOo 88,P80890528028578888 5' B' Bm> en 21lo82dossc 8888288883 o _ en o028 g? 2582080-82800308 SA O. •2E 2. S o., dBdoaarsi cin —-.859 2. 5g SE SE 20.°8œ88B c506w.809 go E 2.0 0 2 8 ocoso S-E: 0og © P d d S o h. — ( MO L=— CD s . ho e+~ • ui s, D h CD t .0 •O1S. CD .° O o U.t O. g ®S•5 F:E. “ 9 B eg. ’ O . 2. 2. o o S 8 • • P 09 O CD 3 9 P 9 5 d® ( ? 8 ! O on G S 2 G M O an O o
- e
- am
- age
- GRILLAGE
- p.2x181 - vue 212/478
-
-
-
- 182 PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- 10 Essai. Flambé sur la machine à chalumeaux des satinettes préalablement séchées.
- Gaz consommé par 100 mètres......................... 346lit 22
- 11° Essai. — Flambé sur la machine Binder à une rampe avec une pression de 630 millimètres.
- Gaz consommé par 100 mètres......................... 1101it,71
- 12e Essai. — Flambé sur la machine Binder à une rampe et une pression d’air de 790/830.
- Gaz consommé par 100 mètres.................................................. 1401it,47
- 13e Essai. — Des essais de flambage ont été faits en faisant varier la
- distance de la rampe et de l’aspirateur.
- CALICOT 75/26 CALICOT 68/20
- Distee de la rampe à l’aspirateur.... Gaz consommé, par 100 mètres 27 mm 1/9 13211,4 8mm 126111,8 13mm 1191it,9 8mm 121IU,3 9 {mm 127111,3 97mm 12011,2
- Qualité du flambage. Semblables à cel es obtenues avec 13”"”. Moins bonnes. Les pièces que les 8mm d'écal lambées sor autres, sau ’t. t aussi bon celles obt nés les unes enues avec
- Conclusions. — Nous maintiendrons donc l’écartement de 13 millimètres pour tous les essais que nous ferons par la suite.
- Essais de rendement. — Consommation de gaz. — Nous basant sur ce qui précède, nous avons entrepris un certain nombre d’essais de rendement sur des tissus de coton, laine, soie, laine et coton et mi-soie. Ces essais sont résumés dans le tableau suivant.
- Les essais sont au nombre de 144, et se rapportent à 25 sortes de tissus dont le métrage est de 691.069 mètres, soit environ 7.000 pièces de 100 mètres en chiffres ronds.
- Nous avons pu, en variant l’intensité de la flamme, diviser les tissus, suivant les besoins de la fabrication, en deux grandes catégories.
- 1° Les tissus flambés avec 630 millimètres d’eau au réservoir ;
- 2° Les tissus flambés avec 300 millimètres d’eau au réservoir.
- L’examen du tableau indique que pour les tissus flambés, dans le temps, avec deux rampes Descats-Leleux sans aspiration et avec 630 millimètres de pression, l’économie de gaz a été très sérieuse en employant
- p.2x182 - vue 213/478
-
-
-
- GRILLAGE
- 183
- l’aspiration. La rampe grand modèle et la rampe petit modèle n’ont pas donné de différences sensibles. L’économie a varié entre 41,77 0/0 et 50,84 0/0 et a été en moyenne de 46,93 0/0 pour les tissus suivants : calicots 75/26, satinettes, calicots 20/20, piqués, reps, piqués longs, percales, toiles à voile.
- Nous avons également flambé des tissus légers avec une rampe Descats-Leleux et avec aspiration ; ces tissus étaient flambés pour ainsi dire double face, mais n’étaient pas affaiblis. Les organdis et autres tissus du même genre, que M. Binder conseille de flamber sans aspiration, ont pu être flambés avec aspiration en prenant certaines précautions pour ne pas affaiblir les tissus; dans ces conditions, l’économie de gaz n’a pas été sérieuse 1.
- D’autres tissus, ne demandant qu’un flambage de peu d’énergie, et flambés précédemment avec une rampe sans aspiration, ont pu l’être également avec aspiration et 300 millimètres de pression au réservoir ; mais ces tissus n’ont pas donné non plus (la cretonne 16 kilogrammes excepté, flambée dans le temps avec deux rampes sans aspiration) d’économie de gaz.
- Il est probable que si on avait pu travailler avec 630 millimètres de pression et augmenter encore la vitesse de la machine, l’économie de gaz eut été également importante pour ces derniers tissus ; mais il est difficile de dépasser pratiquement la vitesse de 90 mètres, et nous avons dû nous résigner à maintenir cette dernière vitesse et à diminuer l’intensité de la flamme en réglant convenablement les robinets d’air et de gaz suivant la nature, la perméabilité, le poids, etc., des tissus.
- Le duvet des pièces grattées n’est pas atteint ni altéré par la flambeuse.
- Intensité des flammes dans les différents systèmes de flambeuses. — Ne disposant pas de moyen direct pour évaluer la température des flammes, nous avons pesé les pièces avant et après flambage, et nous avons supposé l’intensité proportionnelle à la quantité d’eau hygrométrique enlevée par le flambage, toutes les autres conditions étant les mêmes. Cette hypothèse est exacte en négligeant le poids du duvet brûlé, poids qui est de bien minime importance. Voici les différents essais qui ont été faits dans ce but.
- On détermina d’abord si le flambage avec une rampe Binder enlève toute l’eau hygrométrique des pièces.
- (1) Extrait du mémoire de M. Binder : « La ventilation doit être arrêtée quand on flambe des tissus très légers, tels que les organdis, les barèges, les cristallines. Dans ce cas, le tirage naturel de la flamme suffit à produire l’effet voulu. »
- p.2x183 - vue 214/478
-
-
-
- 184
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- Premier essai : 20 pièces de calicot 20/20
- 1) Poids avant flambage....... 228*8,930
- 2) Poids après flambage....... 2225,600
- Perte de poids... 618,350 ou 2,77 0/0 du poids écru
- 3) Poids après séchage à fond. 215k8,000
- Nouvelle perte... 7 600 ou 3,32 0/0 —
- Perte totale... 13K8,950 ou 6,09 0/0 —
- Deuxième essai : 30 pièces de calicot 20/20
- 1) Poids avant flambage....... 3425,900
- 2) Poids après séchage........ 3225,400
- Perte de poids... 2015,100 ou 5,87 0/0 du poids écru
- 3) Poids après flambage....... 321*5,600
- Nouvelle perte... 0 800 ou 0,23 0/0 —
- Perte totale... 20*5,900 ou 6,10 0/0 —
- Troisième essai : 30 pièces de calicot 20/20
- 1) Poids avant flambage....... 3428,000
- 2) Poids après flambage....... 331*8,800
- Perte de poids... 108,200 ou 2,98 0/0 du poids écru
- Ainsi donc :
- 2 77 + 2 98
- Le flambage avec une rampe Binder a enlevé. "-----.—‘— — 3,32 du poids écru
- Le séchage à fond avant flambage — 5,87 —
- Et le flambage après séchage à fond — 0,23 —
- Une autre série d’essais faits chacun avec 10 pièces de calicot 73/26 a donné :
- Perte de poids par séchage à fond.................... 5,85 0/0 du poids écru
- — avec une rampe Binder................. 2,47 — — avec deux rampes Binder sans aspiration 3,58 —
- Flambage après séchage avec une rampe Binder....... 0,00 — — — avec deux rampes Binder sans aspiration 0,44
- Les expériences faites dans le temps sur des calicots 75/26 flambés sur l’ancienne machine à deux rampes à chalumeaux et deux rampes Gebauer avaient donné le résultat suivant :
- Poids de l’eau enlevée par deux rampes chalumeaux seules........................................... 4,66 0/0 du poids écru
- Poids de l’eau enlevée par deux rampes Gebauer seules. 2,32 —
- p.2x184 - vue 215/478
-
-
-
- GRILLAGE 185
- On peut donc classer comme suit l’intensité des diverses flambeuses.
- Nombres proportionnels
- Pertes 0/0 avec deux rampes Gebauer....... 2,32 0/0 du poids écru 50
- — avec une rampe Binder........... 2,47 — 53
- — avec deux rampes Descals-Leleux. 3,58 — 77
- — avec deux rampes à chalumeaux. 4,66 — 100
- La dessiccation seule (à fond) a donné lieu à une diminution de 5,85 0/0 du poids de l’écru, ce qui permet de juger de l’importance de l’état hygrométrique avant flambage.
- Influence du séchage préalable sur la qualité du flambage et sur la consommation du gaz. — Si l’on se rappelle que les tissus en magasin peuvent contenir jusqu’à 8 et 10 0/0 d’humidité, on comprend toute l’importance qu’aurait un séchage complet sur le flambage, au double point de vue de la perfection du résultat et de l’économie de gaz. Malheureusement, la vitesse avec laquelle marchent actuellement les flambeuses au gaz (90 mètres à la minute) ne permet de réaliser pratiquement sur la machine même le séchage à fond. Le tambour à sécher dont les flambeuses sont (quelquefois munies n’enlève, vu leur faible surface de chauffe et la grande production des machines à flamber, qu’une fraction minime de l’eau hygrométrique des tissus.
- Malgré cela, nous avons fait quelques recherches pour déterminer l’influence d’un séchage à fond, en nous servant de la machine à aspiration.
- Nous ne séchons réellement à fond, sur un grand tambour à sécher isolé, séparé de la flambeuse, que la satinette qui demande un flambage parfait, que nous n’obtenons pas sur la machine à une rampe Binder, et que nous n’observons pas non plus avec deux rampes à chalumeaux.
- Grâce à ce séchage puissant, nous sommes successivement arrivés, avec les différents systèmes de flambeuses que nous avons eu l’occasion d’étudier, aux résultats suivants :
- Consommation par 100 mètres
- 1. Machine à deux rampes à chalumeaux et deux rampes Gebauer.............................................. 500 litres
- 2. Machine à deux rampes à chalumeaux et 0. Gebauer, avec séchage préalable............................... 335 —
- 3. Machine à une rampe Descats-Leleux avec aspiration (Binder) sans séchage............................... 132 —
- 4. Machine à deux rampes Descats-Leleux sans aspiration sans séchage......................................... 233 —
- 5. Machine à une rampe Descats-Leleux sans aspiration avec séchage........................................ 2101it,8
- 6. Machine à une rampe Descats-Leleux avec aspiration (Binder) et avec séchage............................. 119 —
- p.2x185 - vue 216/478
-
-
-
- 186
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- Les systèmes 3 et 4 donnent un flambage insuffisant; les systèmes 5 et 6 donnent toute satisfaction. Les systèmes 1 et 2 avaient donné dans le temps également un beau résultat.
- Voici quelques essais donnant les résultats obtenus sur calicots 73/26 et sur satinettes 27/48.
- CONSOMMATION DE GAZ PAR 100 METRES DE TISSU
- Calicots 75/26 :
- Litres
- 1. 1 2. 1 rampe DL sans séchage avec aspiration . 148 i <27,5 i Les pièces du 2e essai sont bien plus proprement flambées que les premières.
- — avec — —
- 3. 1 4. 2 rampe DL sans séchage avec aspiration . 120 . 221,3 | Viennent en 3e ligne les moins bien flambées, les
- -— sans — sans —
- 5. 1 6. 2 — avec — avec — 100,6 ( 165,7 ’ mieux flambées viennent en 2° ligne.
- — avec — sans —
- Satinette ;
- 7. 1 rampe DL sans séchage avec aspiration . 132,2 ’
- 8. 2 sans — sans — 233,4 | En 3’ ligne les moins bien
- 9. 1 flambées, les meilleures
- — avec — avec — 119 7 arrivent en 2e ligne.
- 10. 2 — avec — sans — 210,8 ’
- 11. 1 12. 2 — avec — avec — 111,4 / Pas de différence sensible.
- — avec — sans — 246,6 (
- Température des produits gazeux aspirés par le ventilateur et utilité d’une circulation d’eau froide dans la double enveloppe du tuyau aspirateur. — Pour déterminer la température des gaz de la combustion (mélangés d’air extérieur), à la sortie du tuyau aspirateur placé au-dessus de la rampe Descats-Leleux, nous avons percé un trou dans le tuyau en fonte reliant l’aspirateur au ventilateur, et nous avons introduit dans l’axe de la partie horizontale de cette communication, un thermomètre à azote gradué jusque 600°. Nous avons flambé successivement, et chaque fois 10 pièces de calicot 75/26 :
- 1° En admettant de l’eau dans la double enveloppe;
- 2° En supprimant cette eau;
- 3° En supprimant celte eau et en élargissant à l’aide des tiroirs de réglage la fente de l’aspirateur de 50 millimètres.
- Les températures constatées successivement dans ces trois cas ont
- O
- G o
- 20 t,
- O o o O 20 O O QO CO o o o 288 o o o ©0G ©21 o* o' o — G{C -0
- -
- Qu’on admette de l’eau ou non, les températures ont été très variables,
- p.2x186 - vue 217/478
-
-
-
- GRILLAGE 187
- ces variations paraissant provenir de l’espace très variable, laissé libre par la pièce à flamber.
- En déplaçant d’un coup de 50 millimètres les crémaillères de réglage, de façon à élargir la fente de l'aspirateur, cette température qui était de 72° a été rapidement portée à 180 et même 195°. Le flambage sans admission d'eau a duré 17 minutes, et nous n’avons rien remarqué d’anormal pendant le flambage (•).
- Nous avons continué nos expériences en faisant un essai de plus longue durée, soit 1n8m15s en flambant 67 pièces de calicot 22/26 mesurant 6.231 mètres avec une rampe avec aspirateur et sans eau.
- Les températures observées ont été les suivantes :
- 185° 182° 180° 200° 215° 200° 205° 212° 105°
- 218° 210° 208° 227° 230° 225° 230°
- c’est-à-dire que les températures ont haussé graduellement, mais sans
- que nous ayons rencontré d’autre anomalie dans le flambage.
- Les 3eet Cessais faits dans les mêmes conditions (sans eau) avec :
- a) 50 pièces de reps mesurant 4.050 mètres de longueur.
- b) 100 — de satinette — 8.400 — —
- ont donné les chiffres ci-après :
- Températures
- Reps................. Durée 42minl/2 188-190-198-204-194-201-191-224-277
- Satinettes.......... Durée 1n29min 297-303-352-430-510-525
- à partir de ce moment, la graduation du thermomètre étant insuffisante, nous n’avons pu noter les températures toujours croissantes.
- Le vide avait baissé de 17 à 14 millimètres pendant le flambage des satinettes et nous avons remarqué, d’autre part, qu’au fur et à mesure que la température s’élevait, le vide baissait et le flambage devenait de plus en plus imparfait, ce qui concorde en grande partie avec les observations de M. Binder, et il est probable que des essais de longue durée eussent donné les mêmes résultats.
- En faisant un dernier essai en flambant comme dans le 3°, 50 pièces de reps de même qualité et de même longueur, mais avec de l’eau, les températures n’ont varié qu’entre 153° et 178°, tandis que, sans eau, ces températures ont varié entre 188° et 277°.
- (1) « En n’admettant pas d’eau, dit M. Binder dans son mémoire, l’appareil (le tuyau d'aspiration) s’était échauffé peu à peu jusqu’à la température du rouge sombre; en même temps l'effet du courant d’air s’affaiblissait graduellement, la flamme commençait à vaciller et finalement faisait des soubressauts qui marquaient le tissu de bandes horizontales inégalement flambées. »
- p.2x187 - vue 218/478
-
-
-
- W III E D 3 B B o o o o - co to — i 111. CD ïï • • • . g co co co co R, x Ot oc CO 2 — oe -j 3 — OC Cs -J Os g ve -1 co
- RÉSUMÉ
- Essai n° 1, chaîne ...
- — n° 2, — ...
- — n° 3, — .. •
- — n° 4, —
- 2 9 s B o — O 85 • X O co 00 — = oc #- co to = ©c-lc or *- CO 14) —
- c CO CO s s s y y s s s y y co co co co co oO CO o CO CO co co o oc o co 1 Écru avant flambage 2
- t© C. LO CO — y s » g s s S s s y LO to t4) to LO — H- LO O OS LD O 14) 14) to LD H- O oe - 7
- c oe S y » y s y s y s s » CO CO CO CO CO O CO oe co co co co O 00 f Avec machine à chalumeaux 2 8 CM
- to o CO CO ± s s s s y s s s 14) LD to 14) to to O>0>0>co0> 14) 14) 14) 14) — 14) O O -= deux feux forts ro
- CO CO or y s » L s s s » CO CO CO CO CO 9 CO CO CO co O O CO CS s Nouvelle machine à deux rampes Descats-Leleux sans aspiration 1 * w 3 M 1
- tS LO © y s 2 s » s s s s s 19t5751515tS Ce •- - H- 15 — 14) 14) i 4) LD H f co 3 • [
- — q2 s « a s s y s » - y co co co co co H oe OC H oc co oe CO CO CO CO oe 14) CTS — F Nouvelle machine à une rampe Descats-Leleux avec aspiration z 2 3 E K
- 12 co CO s s s s = y s - s s 1©151S1S1S1S1S1S1StS O0toOI00 0co— i * 3 P1 on 0 on
- to o 0o oe CO —! co co o LO LO o LO LO o oe to LD co o 12 to O CO to 14) CO ro ©15 00 9 29 LD LD CO LD O —I O — £> % > — 35 5
- to - E LO to 00 o LD oc LD 00 — LO LO LO o O OC to to o to LD o 14) to LD LD ro 14) LD OO+coocoOo E - 3 (]-on w on S 2
- t© O - » oe CO 1515StS OOotOo C 28 48 LO oe 19 to O 1818121218 KD LD LD 14) LD oe 00 OO O- E. 2 co 2 2 w 3 H
- t© 00 or co LO CO LO ©O S LO CO oe LD to LO O OC to LO LO LO LO to LO LO CC <C CC C3 CC cC <C <C CO 14) to LD — — O OO E- 3 î
- to to LD LD 14) s W to LO — CO LO — — to co co CO — B Écru avant flambage z
- — D to co c‘ LO LO co — — co LO LO — — 14 LD S — co — LD LD se. Ancienne machine à chalumeaux un feu faible (Gebauer) % 9 92 2 9 an
- -C oe LD 14) 14) - © o LO — co & H—- to L4) CO O O 14) LD LD LD — E Nouvelle machine à une rampe Descats-Leleux sans aspiration 2 to 5 OO
- — Ge 14) 14) co o LO 5 © 1 — — C — CO — — O CO CO F —— —— — — 14) O K. Nouvelle machine à une rampe Descats-Leleux avec aspiration 2 1 2 D P1 (
- TABLEAU IV
- 188
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- p.2x188 - vue 219/478
-
-
-
- GRILLAGE
- 189
- TABLEAU V
- ESSAI DE RÉSISTANCE SUR LE CALICOT 75/26 •
- DE 6 centimètres)
- APRÈS BLANCHIMENT
- ÉCRU \ APRÈS BLANCHIMENT
- APRES FLAMBAGE
- No 1 No 2 N» 3 4 1 2 3 4 1 2 3 4 1 2 3 4
- 1 2 3 30 30 33 32 33 33 35 35 37 38 34 36 29 36 32 35 34 34 33 35 31 40 40 38
- Chaîne Cha’n Chaîne Chaîne 30 30 32 32 38 33 38 41 35 35 38 34
- 9 10 10 10 4 32 32 35 33 31 36 35 35 31 41 40 39
- 10 11 10 10 5 32 34 36 36 30 33 31 35 33 38 34 38
- 10 12 11 12 6 30 33 35 39 28 32 33 37 33 38 38 38
- 8 12 10 11 7 30 35 35 34 31 32 32 33 35 40 35 35
- 11 12 10 11 8 32 35 33 36 31 33 35 36 31 36 37 39
- / 10 11 10 9 30 30 36 36 29 31 35 31 32 39 39 40
- 9 10 12 10 10 30 32 36 39 31 33 35 35 32 39 38 40
- 9 10 11 10 11 32 32 33 36 30 33 35 37 35 40 34 36
- 10 9 11 11 12 33 33 35 34 30 31 30 38 35 39 34 39
- y 11 10 11 13 30 31 36 36 28 35 35 35 34 35 37 34
- 11 10 11 10 14 34 36 36 38 29 31 34. 35 34 35 37 39
- y 11 11 10 13 34 33 35 37 33 34 35 35 30 39 38 39
- U 11 10 9 16 30 34 31 37 32 34 33 36 35 39 37 38
- 11 Q 9 10 8 17 26 33 32 36 25 30 32 36 35 37 34 35
- y 12 1 0 11 11 10 18 30 31 33 35 31 30 37 33 35 38 35 36
- 10 10 12 19 28 32 34 39 28 35 34 35 31 42 35 41
- 12 11 11 9 9 10 9 20 29 30 32 33 30 34 32 33 35 36 34 39
- 9 9 10 10 665 755
- 8 10 10 12 Totaux.... 615 654 690 722 596 660 671 700 770 726
- 193 210 207 206 Moyennes. 30,75 32,7 34,5 36,1 29,8 33 33,55 35 33,25 38,5 36,3 37,75
- 9,65 10,5 10,35 10,3 Largeur des échantillons essayés 91 89 90,5 86,5 90 89 90 87. 81 82 81 80
- Écru Blanchi LÉGENDE EXPLICATIVE
- 12,1 9,6 Essai n° 1 , tissus non séchés et flambés avec 1 rampe et avec aspiration
- H,7 10,3 — n° 2 — — 2 — sans
- 11,3 10,3 — n° 3 — séchés 1 — avec
- 11,4 10,3 — n° 4 ? séchés 2 sans
- p.2x189 - vue 220/478
-
-
-
- 190 PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- Les températures observées1 sont résumées dans le tableau n° 3, ainsi que les températures maxima et minima.
- Essais de résistance avant et après flambage. — Tous les systèmes de flambeuses brunissent plus ou moins les tissus; mais cette teinte brunâtre n’a aucune influence fâcheuse sur leur solidité.
- Nous avons fait 4 séries d’essais :
- 1° Avec une rampe Descats-Leleux avec aspiration et sans séchage préalable ;
- 2° Avec deux rampes Descats-Leleux sans aspiration et sans séchage préalable ;
- 3° Avec une rampe Descats-Leleux avec aspiration et avec séchage préalable ;
- 4° Avec deux rampes Descats-Leleux sans aspiration et avec séchage préalable, qui prouvent que les nuances observées ne présentent pas de différence sensible.
- Les diverses pièces flambées ont été examinées par M. A. Scheurer qui les a classées comme suit :
- 1° Les moins brunes sont les pièces flambées sans aspiration et avec séchage ;
- 2° Viennent en second lieu les pièces flambées avec aspiration et avec séchage;
- 3° Viennent en troisième lieu les pièces flambées sans aspiration et sans séchage;
- 4° Les plus brunes sont les pièces flambées avec aspiration et sans séchage.
- Quant aux résistances comparées avant flamblage, après flambage, et même après blanchiment, on trouvera le résultat des essais dynamométriques sur les 75/26 et sur les organdis dans les tableaux n° 4 et n° 5 précédents.
- (1) Il y aurait lieu d’étudier l’importance des chaleurs perdues et on pourrait, peut-être, les employer soit au séchage des tissus à flamber, soit au chauffage préalable de l’air ou du gaz ou de leur mélange.
- p.2x190 - vue 221/478
-
-
-
- GRILLAGE
- 191
- RÉSUMÉ DES ESSAIS CI-DESSUS
- NUMÉROS ÉCRU APRÈS FLAMBAGE APRÈS BLANCHIMENT APRÈS BLANCHINENT CALCULS en tenant compte du retrait
- MOYENNES LARGEUR MOYENNES LARGEUR MOYENNES LARGEUR
- kilogr. centimètres kilogr. centim. kilogr. centimètres kilogrammes
- 1 30,75 91 29,80 90 33,25 81 29,59
- 2 32,70 89 33 89 38,50 82 35,47
- 3 34,50 90,50 33,55 90 36,30 * 81 32,49
- 4 36,10 86,50 35 87 37,75 80 34,91
- Totaux.... 134,05 131,35 145,80 132,46
- Moyennes.. 33,51 32,83 36,45 33,11
- Ces différents essais prouvent que ni le flambage sans aspiration, ni le flambage avec aspiration n’affaiblissent les pièces traitées.
- Discussion des résultats trouvés et conclusions. — Si nous examinons nos tableaux de rendement, et si nous notons la consommation de gaz par 100 mètres de tissu, avec aspiration et sans aspiration, en flambant avec 630 millimètres de pression au réservoir, nous pouvons en extraire les chiffres suivants :
- DÉSIGNATION DES TISSUS GAZ CONSOMMÉ PAR 10» MÈTRES DIFFÉRENCE
- sans aspiration avec aspiration 0/0
- Calicot 75/26 Satinettes Calicot 20/20 Piqués Reps Piqués longs Percales Totaux Moyennes litres 210,3 223,7 192,5 235,4 239,5 259 237 litres 121,5 119,9 109 123,4 119 127,3 121,8 41,77 46,40 43,16 47,57 50,31 50,84 48,60
- 1.597,4 228,2 841,9 120,3 328,65 46,95
- A comparer avec le tableau suivant, extrait du travail de M. Binder.
- p.2x191 - vue 222/478
-
-
-
- 192
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- DÉBIT DU FLAMBAGE EN UNE HEURE DE TRAVAIL A DEUX CHEFS.
- DÉSIGNATION des TISSUS SUR DEUX RAMPES DESCATS-LELEUX sans aspiratien 2 a y— O = E 3 S S..E . 88 e — e a 3 v SUR UNE RAMPE DESCATS-LELEUX avec aspiration E a SaÂg
- Longueur en mètres Volume dugar consommé en litres Longueur en mètres Volume du gaz consommé en litres 2. . a -O C V
- s
- i) Calicots et tissus d'été du
- même poids, façonnés... 5. C40 7.361 146 12.600 4.530 36
- 2) Tissus d’hiver, flanelle
- coton (boumazie) et simi-
- laires façonnés, grattés à
- l’envers 5.320 7.928 149 10.080 4.813 48
- 3) Satinettes, satins Jac-
- quart piqués, Reps 5.040 8.494 168 10.500 5.663 54
- 4) Tissus lourds pour meu-
- ble momie, reps, toile à
- voile Moyennes 4.620 » 8.777 » 190 163 10.080 » 5.663 » 56 48 •
- M. Binder arrive au tableau ci-dessus, qui résume, d’après son mémoire, la moyenne du rendement de plusieurs essais comparatifs effectués à diverses époques. Nous y avons ajouté les deux colonnesindiquant le gaz consommé par 100 mètres de tissu sans aspiration et avec aspiration et les moyennes. Ces essais, faits au gaz de naphte, n’ont pas donné les mêmes résultats que les nôtres faits avec le gaz d’éclairage ordinaire ou gaz de houille.
- Il résulte de notre tableau que l’économie de gaz réalisé en flambant les différents genres de tissus désignés ci-dessus sur la machine à flamber système Binder, avec aspiration, a varié entre 41,77 0/0 et 50,84 0/0, et a été en moyenne de 40,95 0/0.
- Grâce aux renseignements puisés dans le B. S. I. M., et à quelques essais faits dans le temps dans l’établissement Scheurer, Lauth et Cie, nous pourrons, non pas faire l’historique du rendement des flambeuses, mais au moins nous rendre compte des progrès réalisés depuis 1866, époque à laquelle ces machines se sont répandues dans l’industrie.
- p.2x192 - vue 223/478
-
-
-
- GRILLAGE
- 193
- DIFFÉRENTS SYSTÈMES DE FLAMBEUSES AU GAZ GAZ CONSOMMÉ PAR 100 MÈTRES DE TISSUS
- TOILES ET CALICOTS 75/26 JACONAS PERCALES
- Gaz par 100 mètres Produ lion par minute Gaz par 100 mètres Production par minute Gaz par 100 mètre Production par minute
- litres mètres litres mètres litres mètres
- Machine de Tulpin.... Machine à 2 rampes de 148 58/59 127 58/59 133 36
- becs Bunzen Machine à 2 rampes 138 65 — — — —
- chalumeaux Machine à rampe Des-cats-Leleux sansaspi- 358 90 — — — —
- ration Machine à rampe Des-cats-Leleux avecaspi-ration, système Bin- 222 90 90 90 237 90
- der 123 90 90 90 121 90
- Ces chiffres montrent qu’on est arrivé, depuis une trentaine d’années, à augmenter considérablement la production des flambeuses au gaz, et à faire de grandes économies de gaz tout en améliorant la qualité du flambage.
- En terminant, nous félicitons vivement M. Binder, d’avoir eu l’heureuse idée de reprendre le principe de Hall, qui appliqua, dès 1816, à sa flambeuse au gaz, un appareil faisant le vide au-dessus de la flamme, et aspirant celle-ci à travers les mailles du tissu.
- Ce système fonctionne, à l’exclusion de tout autre, et depuis plus de six mois, chez MM. Scheurer, Lauth et Cie, pour tous tissus à blanchir et à imprimer.
- Examen des rapports de M. Lévy-Spira, ingénieur de la maison Scheurer, Lauth et Cie, par M. Eugène Bœringer (B. S. I. M., 1904). — Faisons d’abord remarquer : 1° qu’il n’existe pas de procédé rigoureux pour comparer les résultats des différentes manières de griller. On juge à l’œil si le grillage est bien fait, ou plus ou moins satisfaisant ; 2° qu’il est impossible de régler mathématiquement la quantité de gaz à consommer pour obtenir le résultat demandé, et qu’il arrive souvent qu’un grillage aurait pu être suffisant avec une consommation de gaz un peu moindre ; 3° que les pièces de même sorte pouvant contenir plus ou moins d’humidité, on est obligé de consommer les quantités de gaz exigées pour les cas défavorables, si l'on ne veut pas risquer des parties de pièces mal flambées.
- Les chiffres indiqués dans les rapports de M. Lévy-Spira n’ont donc APPRÊT DES TISSUS DE LAINE. 13
- p.2x193 - vue 224/478
-
-
-
- 191
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- pas et ne peuvent avoir une rigueur absolue; ils indiquent seulement les résultats pratiques obtenus avec une quantité de gaz donnée.
- Nous relevons dans le premier rapport les consommations suivantes :
- Satinettes, 87 P, 50 fils Calicots, 75 P, 26 fils Batistes, 28 P, 24 fils CONSOMMATION PAR 100 MÈTRES NOMBRE DE RAMPES
- 500 litres 358 — 151 — 2 feux forts et 2 feux faibles. 2 feux forts. 2 feux faibles.
- Vitesse du flambage : lm,50 par seconde.
- De là, on déduit :
- 1 feu fort = F = 358 = 179 litres, 2
- , 3,
- 1 feu faible = f = — = 73 litres,
- et pour la satinette :
- 2F+2/ = 358 + 151 = 509 litres,
- ce qui correspond bien au chiffre indiqué dans ce cas.
- On a trouvé d’autre part, concernant le séchage avant le flambage, les résultats suivants :
- 1° Satinettes, séchées avant grillage; grillées avec deux feux forts :
- Poids humide.............................. 718,00 Perte par le séchage...................... 5*8,50
- soit 7,43 0/0 grillées avec deux feux forts.
- 2° Satinettes séchées avant grillage, mêmes poids grillées avec un feu fort et un feu faible ;
- 3° Satinettes non séchées avant grillage, mêmes poids, grillées avec deux feux forts et deux feux faibles.
- Le n° 1 donne les meilleurs résultats ; les nos 2 et 3 sont sensiblement semblables.
- Désignons par S le nombre de litres de gaz que le séchage remplace par 100 mètres de tissu satinette.
- Le n° 1 a consommé...... — n° 2..................—..................................
- — no 3 — .......
- S + 358
- S + 179 + 175 = 5 + 254 litres 358 + 151 = 509 litres
- p.2x194 - vue 225/478
-
-
-
- GRILLAGE 195
- d’où on tire :
- S = 509 — 251 = 255 litres, soit 50 0/0.
- En remplaçant S par sa valeur dans le n° 1, on a :
- S + 358 = 255 + 358 = 613 litres,
- ce qui explique que le n° 1 est mieux grillé que les deux autres.
- Rien ne prouve que le n° 1 n’aurait pas été suffisamment grillé en brûlant moins de 613 litres de gaz, et en effet, un autre essai fait en séchant et en grillant avec un feu fort et deux feux faibles, soit avec une consommation de 385 litres, a donné un très bon résultat; un peu moins de gaz aurait, sans doute, encore suffi.
- La quantité de gaz qui sort d’une rampe ne peut évidemment varier que si l'on modifie l'un ou l’autre des deux éléments qui constituent le débit d'une rampe, savoir la section d’ouverture de la rampe, et la vitesse d’écoulement du gaz. Comme la section reste constante, il ne reste que la vitesse, et celle-ci est fonction de la pression. Nous reviendrons tout à l’heure sur cette question.
- Pour déterminer la surface des tambours sécheurs, M. Lévy a séparé 3 cylindres de 0,60 de diamètre d'une machine à sécher de 15 cylindres marchant à environ 37 tours. La production était de 68“,57 à la minute, avec une pression de vapeur de 28,560. On a passé des satinettes contenant 7 0/0 d’eau, et on a obtenu, après chaque passage, les résultats suivants :
- 1er passage, évaporation............. 86,27 0/0 de l’eau contenue
- 2e — — 11,76 —
- 3e — — 1,96 —
- 4e — — 0,00 —
- 99,99
- Si l’on avait voulu avoir les mêmes résultats avec une production de 90 mètres au lieu de 68,n,57 à la minute, il aurait fallu :
- 390
- .. = 3,93 cylindres
- 68,5/
- ou 4 en chiffres ronds.
- Comme le quatrième passage n'a plus rien donné, une machine à séchera 12 cylindres suffirait pour sécher à fond des satinettes marchant à une vitesse de 11,50 à la seconde.
- Essais faits sur la machine Binder.— Les essais faits par M. Lévy-Spiramontrent que dans une certaine limite, et pour certains genres de
- p.2x195 - vue 226/478
-
-
-
- 196 PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- tissus, le flambage est d’autant meilleur que l’on peut mieux faire passer la flamme à travers le tissu, ce qui s’obtient en augmentant la pression et rapprochant la rampe de l’aspirateur. Pour les tissus légers, où l'on ne peut pas agir avec une aussi forte pression, et dans lesquels il n’y a pas d’humidité, l’économie du système Binder disparaît.
- Ceci prouve que le séchage de la pièce est produit plus facilement en aspirant les gaz chauds à travers la pièce, que quand ces gaz sèchent simplement le tissu, et ce résultat était à prévoir.
- Le flambage réel, c’est-à-dire la destruction du duvet, ne commence que quand ce duvet est sec et chaud. Le résultat peut se produire sans que la pièce soit sèche de part én part, car il faut un certain temps pour que l’humidité puisse, par capillarité, reparaître à la surface et humecter le duvet; mais il nous paraît néanmoins certain qu’une pièce absolument sèche sera plus régulièrement et par suite mieux flambée qu’une pièce qui ne serait que superficiellement sèche.
- Si la quantité de gaz nécessaire au flambage varie d’un tissu à un autre, cela tient évidemment à la contexture et au poids du tissu, car le poids du duvet à enlever ne joue qu’un rôle absolument insignifiant. De la contexture, dépend la facilité plus ou moins grande qu'a l’eau de s’évaporer, et du poids, dépend la quantité d’eau renfermée dans le tissu (eau qu’il faut presque complètement évaporer) et le nombre de calories nécessaires pour amener la pièce à une température déterminée.
- Nous sommes absolument persuadés qu'il faut la même quantité de gaz pour flamber n’importe quel genre de pièces, quand ces pièces sont sèches et qu’elles sont amenées à la grilleuse à une température que nous estimons devoir être 100° au moins. Dans ces conditions, pour brûler le duvet, il n’y a plus qu’à l’amener (c’est-à-dire un poids absolument insignifiant d’une matière très inflammable) à une température suffisamment élevée pour que la combustion puisse avoir lieu, et en réalité, une allumette enflammée suffirait pour cela ; aussi en estimant qu’il faut 20 litres de gaz pour 100 mètres de tissu, nous avons la conviction d'être bien au-dessus de la vérité.
- Toute la question est donc de savoir, si, tout compte fait, il y a avantage à sécher les pièces à fond avant le grillage ou plus ou moins parfaitement par le grillage.
- Il faut pour cela que nous nous rendions compte du coût du séchage par le gaz et par la vapeur.
- M. Scheurer-Kestner dans son ouvrage : Pouvoir calorifique des combustibles, dit à la page 157 : « La chaleur de combustion du gaz d’éclairage provenant de la distillation de la houille en vase clos est très variable. Elle dépend, non seulement de la nature du combustible, mais de la
- p.2x196 - vue 227/478
-
-
-
- GRILLAGE
- 197
- rapidité de la distillation et de la température à laquelle elle a été accomplie. La chaleur de combustion du gaz d’éclairage est comprise entre 5.200 et 6.300 calories par mètre cube, il n’est pas possible de la représenter par des moyennes. »
- D’après les travaux de M. Witz pour une même usine et pour un même combustible, les différences peuvent osciller entre 4.719 et 5.425 calories ; d’après M. Bueb-Dessau, le gaz d’éclairage d'une même ville et dans la même journée, peut varier de 20 0/0.
- Sainte-Claire Deville a montré que la combustion du gaz est d’autant plus complète qu’elle s’effectue dans les régions les plus chaudes de la flamme. La température réelle de la combustion est bien inférieure à celle fournie par le calcul et, de plus, elle parait dépendre de la pression sous laquelle la combustion a lieu.
- Pour la houille contenant 8.000 calories, nous pourrons bien en trouver 5.000 dans la vapeur produite, mais comme les machines à sécher ne rendent guère que 50 0/0, nous admettrons 2.500 calories utilisables par kilogramme de houille à 25 francs la tonne, soit 0 fr. 025 les 2.500 calories, ou 0 fr. 01 les 1.000 calories. Si le gaz vaut 0 fr. 25 le mètre cube, pour 4.000 calories utilisables, les 1.000calories coûteront:
- 0f,25 X 1.000
- 4.000
- O
- et le séchage au gaz par rapport au séchage à la vapeur, coûtera, en ne tenant compte que du coût des calories, 6,25 fois plus cher que la vapeur.
- Nous obtenons ainsi le tableau suivant :
- Gaz à 0f,25...................... 6,25 fois plus cher
- — 0f,20...................... 5 —
- — 0f,15...................... 3,75 —
- — 0r,10...................... 2,5
- Ces chiffres servent d’indication, car ils varieront évidemment, suivant la qualité du gaz brûlé et le prix de la houille ; ils n’ont rien d’absolu. Il est facile de déterminer le nombre de calories nécessaires pour l’évaporation de l’eau hygrométrique, et pour chauffer le tissu à 115° par exemple.
- Admettons 600 grammes d’eau par 100 mètres, ou 7 kilogrammes de tissu sec, il faudra :
- Pour l’eau................. 08,600 (606,5 X 0,3 X 100) = 382 calories Pour le tissu.... 7k5,00 X 0,50 X 115 = 400 —
- Total............................ 782 calories
- en admettant que la capacité calorifique du coton soit de 0,500.
- p.2x197 - vue 228/478
-
-
-
- 198 PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- Il faut à peu près le même nombre de calories pour chauffer la pièce que pour évaporer l’eau.
- En séchant sur une machine spéciale, séparée de la grilleuse, pour ne pas arrêter la grilleuse, il faut une certaine avance de pièces, d’où refroidissement qui devient encore plus considérable, parce que l’étoffe se déploie dans l’air pour entrer dans la machine à griller.
- Admettons, avec M. Lévy, qu’en flambant avec la machine à chalumeaux, on consomme, en moyenne, 250 litres de gaz par pièce de 100 mètres.
- Avec la machine Binder, on économise 30 0/0 de gaz pour certains tissus ; avec d’autres tissus, cette économie se réduit; pour d’autres, enfin, l’économie devient nulle.
- Admettons, ceci n’est qu’une hypothèse, que dans un établissement, l’emploi de la machine Binder procure une économie moyenne de 20 0/0 de gaz; la consommation serait réduite de 0,20 X 250 = 50 litres de gaz et deviendrait 200 litres.
- Nous avons admis précédemment une consommation maximum de 20 litres de gaz pour le flambage, quand la pièce est préalablement séchée et présentée chaude à la grilleuse. Dans ces conditions, le séchage moyen devra économiser 200 — 20, soit 180 litres de gaz.
- Cherchons le coût du séchage parla vapeur en admeltant600grammes d’eau par 100 mètres de tissu.
- La machine à sécher, rendant 50 0/0 pour évaporer 0*8,600 d’eau, il faudra 1*g,200 de vapeur qui, à 3 francs les K 00 kilogrammes, donnera une dépense par 100 mètres, de :
- 0l,012 X 3 fr. = Of,OO36.
- Une machine à griller produit facilement 100.000 pièces par an, soit environ 333 pièces par jour qui, à une vitesse de 90 mètres à la minute, représentent environ six heures de travail effectif.
- Comparons maintenant le coût des deux séchages. D’une part, nous économisons en moyenne 180 litres de gaz, et le séchage à la vapeur nous coûte O fr. 0036 par pièce de 100 mètres. Suivant le prix du mètre cube de gaz, nous aurons :
- Différence avec le prix de la vapeur.
- -c68. 388353 O O O O O O O O O O 20 co ( - —< GO 38885 O O O O O II II II II il 0 O 20 o G'GIP--O o O O O XXXXX S
- Z* I I I I s o
- Si nous estimons l’intérêt, l’amortissement et les frais supplémen-
- p.2x198 - vue 229/478
-
-
-
- GRILLAGE
- O.
- --
- mentaires d’une machine à sécher, à 20 0/0 pour une production annuelle de 100.000 pièces.
- Avec du gaz à 0f,25, on peut dépenser.................. 20.700 francs
- — 0f,20, — 16.200 —
- — 0r,15, - 11.700 —
- — 0f,12, — 9.000 —
- — 0f,10, — 7.000 —
- Une machine à sécher de douze cylindres de 0,600 de diamètre, timbrée à 6 kilogrammes, coûte un peu moins de 9.000 francs. Nous pouvons donc conclure, en admet tant nos chiffres comme exacts, que le séchage à la vapeur ne devient intéressant que, quand du gaz, contenant 3.000 calories, coûte plus de 0 fr. 12 le mètre cube, et que, par conséquent, en employant du gaz à l’eau, il ne faut pas faire d’avant-séchage.
- Reprenons maintenant la question des rampes servant à brûler le gaz.
- Comme nous le disions, il y a deux éléments qui concourent à la consommation du gaz : la section de la rampe et la vitesse d’écoulement des gaz. La température des gaz est plus élevée quand les gaz brûlent, sous une pression plus forte. Quand la combustion d’un corps quelconque, solide, liquide ou gazeux, est complète, la quantité de chaleur est toujours la même, pour la même quantité de combustible, quelles que soient les circonstances de la combustion. Il résulte de là que, pour une même consommation de gaz, il y a avantage à diminuer la section de la rampe, et à augmenter la pression de l'air, car, quoiqu’on n’obtienne pas plus de calories, on obtient une température de combustion plus élevée.
- Pour évaporer l’eau et pour chauffer le tissu, il est absolument inutile, pour ne pas dire nuisible, d’avoir une haute température, et celle de la vapeur convient mieux.
- Il n’en est pas de même pour brûler le duvet, ce qui exige une température élevée. /
- Chacun sait qu’un corps au rouge cerise ne peut allumer la fumée d'une lampe, d’une chandelle, etc. On admet que la cerise naissant correspond à 800°, la cerise à 900°, et la cerise claire à 1.000°.
- D'après Péclet, pour le gaz d’éclairage qu’il a expérimenté, la température maximum calculée était de 1.477°. M. Schlœsing a pu fondre du fer au moyen du gaz d'éclairage, brûlé avec de l’air dans certaines conditions. On sait que la température de fusion du fer n’est pas évaluée à moins de 1.500 ou 1.600 degrés, suivant l’état moléculaire.
- Il est évident que, si au lieu de supposer ces substances à la tempéra-
- p.2x199 - vue 230/478
-
-
-
- 200 PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- ture de zéro, on les porte à la température T, la température maximum de la combustion sera augmentée de T, bien entendu, si les conditions supposées pour la dissociation ne sont pas changées. Le chauffage préalable du gaz et de l’air amènerait probablement une assez grande complication dans l'installation.
- Examinons maintenant la vitesse d’écoulement du mélange de gaz et d’air.
- Quand la température est à 15° environ, et que la pression ne dépasse pas un mètre d’eau, on peut se servir de la formule :
- V 10 E,
- V, vitesse d’écoulement ;
- E, excès de pression du gaz comprimé sur le milieu où se fait l’écoulement, mesuré en mètres d’eau.
- Si nous prenons les chiffres relatifs aux pressions constatées dans la rampe de la machine Binder, nous voyons que pour 100 mètres de 68P 20 fils flambés, on a :
- No 1 No 2 N° 3 PRESSION DANS LE RÉSERVOIR PRESSION DANS LA RAMPE GAZ CONSOMMÉ
- 530mm 630 730 38mm, 7 47 54 99lil,7 107 ,5 137 ,2
- Nous remarquons d’abord une énorme perte de charge entre le réservoir et la rampe.
- La rampe dont on s’est servi a 1/2 millimètre d’ouverture, soit une section de 0m2,0005 (5 centimètres carrés).
- Le débit est donc :
- Q = vos,
- c, coefficient de contraction = 0,65.
- On a donc :
- Q = V X 0,65 X 0m2,0005 = 0,000325 V.
- Pression
- No 1 0m,0387 V = 24™,9 Q = 811,0925
- N 2 0 ,0470 V = 27 ,5 Q = 8 ,9375
- N° 3 0 ,0540 V = 29 ,4 Q — 9 ,5550
- par seconde et par 100 mètres de tissu, en 66,66.
- p.2x200 - vue 231/478
-
-
-
- 19 —
- GRILLAGE
- PRESSION DE LA RAMPE VOLUME TOTAL CALCULÉ GAZ BRULÉ MESURÉ VOLUME D’AIR PAR DIFFÉRENCE RAPPORT ENTRE LES VOLUMES d’air ET DE GAZ
- No 1 .. 38mm,7 5391,4 9911,7 439,7 4,41
- No 2 .. 47 595 ,7 107 ,5 488,2 4,54
- N° 3 .. . 54 636 ,9 137 ,2 499,7 3,64
- La différence entre les rapports d’air et de gaz de l’essai n° 3 provient de la difficulté de régler mathématiquement les deux volumes, car c’est à l'aspect de la flamme qu’on règle les deux débits. M. Witz, pour ses essais calorimétriques de gaz, employait 6 volumes d’air pour un volume de gaz, et comme un manque d’air aurait été nuisible à ses essais, il est probable que ce volume d’air est trop fort. Nous pensons que pour le grillage, un litre de gaz mélangé à 4 lit. 3 d’air donne un bon mélange.
- Pour obtenir le maximum de température qui correspond aux proportions de gaz pour les grilles la combustion est complète, il faut régler par tâtonnement le débit de gaz d’éclairage et d’oxygène au moyen de robinets. A cet effet, on est guidé par les apparences que présentera une lame de cuivre qui est léchée par les flammes. Cette lame noircira en s’oxydant lorsque la flamme contient un excès d’oxygène, par suite de la formation d’oxyde de cuivre ; on augmentera alors le débit de gaz d’éclairage jusqu’à ce que la flamme commence à se montrer réductrice à l’égard de la croûte formée à la surface du cuivre. Par cet artifice très simple, on règle convenablement l’émission des gaz au moyen des robinets.
- Comme nous l'avons vu, il existe une très forte perte de charge entre le récipient et la rampe. Elle est constante en effet.
- 530
- 38,7
- II
- C.
- co
- il
- ©
- 8(:
- Nous avons émis l’opinion que la pièce sèche et chaude n’exigerait pas plus de 20 litres pour flamber le duvet. Voyons les volumes et les pressions correspondant à ce débit. Comme nous lavons dit, il faut chercher à réduire la section de la rampe le plus possible. Si nous admettons un quart de millimètre pour l’ouverture, avec un coefficient de contraction • — 0,63, la section corrigée sera :
- <t>S = 0m2,0001623. '
- Le volume de gaz à brûler étant de 20 litres par 100 mètres, en admettant 4.5 fois autant d’air, il faut fournir un volume de 110 litres de
- p.2x201 - vue 232/478
-
-
-
- t9 o t©
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- mélange d’air et de gaz en 66se,66. Soit par seconde :
- La vitesse sera donc :
- ce qui correspond à une pression de rampe de 6,23 millimètres, et une pression au récipient de:
- 6,25 X 13,5 — 85 millimètres.
- Si l'on peut obtenir une rampe bien égale ayant moins de 1/4 de millimètre de fente, cela vaudra évidemment mieux.
- Ayant moins de pression, il sera peut-être utile de prendre quelques précautions pour bien mélanger l'air et le gaz, soit avec des tuyaux
- concentriques ou des canaux parallèles, les sectionsd’air étant quatre fois plus fortes que celles du gaz.
- La pièce étant présentée à la grilleuse sèche et bien chaude, la flamme aura une direction rasante et en
- 3 Q.
- S C S §
- FIG. 92.
- h
- sens contraire de la marche du tissu. Pour conserver à la pièce sa chaleur pendant son
- parcours, depuis la sécheuse jusqu'à la flambeuse, on l'enfermerait dans une gaine renfermant une plaque de vapeur (fig. 92).
- Conclusions sous réserve de l'exactitude de nos hypothèses.— Nous pouvons conclure : 1° Que l'avant-séchage donne un séchage plus régulier, mais qu’il doit faire partie de la flambeuse ;
- 2° Qu’au point de vue de la dépense, l’avant-séchage ne sera avantageux que quand les 5.000 calories de gaz coûteront au moins 0 fr. 12, soit 0 fr. 024 les 1.000 calories, et qu'il sera d’autant plus avantageux (pie le gaz sera plus cher ;
- 3° Que cette manière d’opérer ne peut ni fatiguer ni creuser les tissus mêmes les plus légers ;
- 4° Qu’un seul et même réglage suffit pour tous les tissus, et qu’ils peuvent tous-être flambés à la même vitesse.
- p.2x202 - vue 233/478
-
-
-
- CHAPITRE IX
- TRAITEMENT HUMIDE DÉGRAISSAGE, DÉGORGEAGE, FIXAGE
- Le traitement humide, ou comme on dit le traitement, est constitué par une série d’opérations capitales, pour le résultat définitif. Et pour comprendre toute l'importance de ces opérations préliminaires, il suffit d’examiner ce qui se passe dans le traitement crêpé, où d’ailleurs tout a été combiné pour accentuer les modifications qui se produisent quand on opère sans précaution.
- Les tissus crêpés sont des tissus légers dans lesquels la chaîne est fortement tordue et n’a pas été fixée en filature. Les (ils de la chaîne sont maintenus par l’encollage qui les recouvre. Mais, si on vient à opérer le désencollage,le tissu se crispe immédiatement. La torsion exagérée qui a été donnée en filature a tendance à se détruire, les fils se gondolent et se frisent, de même que les sinuosités imposées par le tissage sont redressées, et le tissu prend l’aspect particulier qui lui a fait donner le nom de tissu crêpe ou bosselé. Et ce qu’il y a de curieux, c’est que l’opération qui favorise le crispage est précisément celle qui provoque la dissolution des encollages, c’est-à-dire l’emploi d’une solution acide et chauffée jusqu’au bouillon et qu’on ne voit ordinairement effectuer le désencollage de cette façon que dans le traitement de ce genre de tissu.
- La préparationdestissus peignés consiste précisément à s’arranger pour effectuer le désencollage et le dégraissage sans que les fils de chaîne et de trame puissent rentrer ou crisper ni se détordre, et pour que le tissu reste intact pendant la teinture qui va aussi utiliser des bains acides. Ce résultat est obtenu par ce qu’on appelle le fixage, qui est basé, constitué comme nous l'avons déjà dit, sur une sorte de trempe des filaments de laine. Evidemment la torsion des fils dans les tissus est toujours bien inférieure à celle des crispés sauf cependant, par exemple, dans les tissus voile; les fils ont déjà été fixés en filature et par suite ont perdu
- p.2x203 - vue 234/478
-
-
-
- 201 PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- en partie leur tendance à se dévriller. Mais il pourrait se produire encore d’autres défauts, les fils n’ont pas exactement la même tension dans la chaîne ou dans la trame ; ils sont emprisonnés plus ou moins solidement; aussi est-il très important que le fixage soit fait d’une manière complète, si l’on veut éviter que le tissu ne grippe et que la lisière ne présente des ribaudures. 11 est évident aussi que le traitement doit être d’autant plus énergique que le tissu est plus lourd et par suite que son élasticité est plus grande.
- Le fixage diminue aussi la capacité feutrante de la laine; les tissus peuvent être manutentionnés en teinture sans cassurer, ou plutôt cas-surent moins facilement et rentrent beaucoup moins. De sorte que, dans le traitement des tissus peignés, on a l'habitude de fixer plus légèrement mais de fixer même les tissus à fouler, tandis que les tissus cardés sont immédiatement traités au dégorgeage, car on doit généralement laisser rentrer ces tissus pour obtenir plus d'épaisseur.
- Actions chimiques et mécaniques usitées dans le dégor-geage. — Le désencollage a pour but de dissoudre les colles employées pour donner plus de résistance à la chaîne. Le dégraissage a pour but d’enlever les ensimages et les matières grasses qui ont été introduites dans les encollages ainsi que les salissures qui ont été emprisonnées dans l’étoffe pendant la manutention au tissage. Or toutes ces substances qui se trouvent ainsi accumulées dans l’étoffe peuvent être divisées de la manière suivante :
- 1° Colles, fécule, gélatine, lichen.
- 2° Matières grasses : Produits d’ensimage, produits ajoutés dans l'encollage pour faciliter le glissement des fils dans les laines et dans le rot ;
- 3° Produits divers, ajoutés pour assouplir l’encollage ou pour faciliter l'émulsion des corps gras, glycérine, glucose, savon ;
- 4° Sels employés comme antiseptiques, borax, sulfate de zinc, de cuivre, d’alumine, etc.;
- 5° Salissures de toutes natures, taches de cambouis, sueur, poussières de filature et tissage, poussières métalliques provenant des métiers.
- Toutes ces substances doivent être éliminées avant de procéder à la teinture et au fixage. Et des soins apportés à faire cette épuration, résultent les bons résultats qu’on obtiendra plus tard pour la teinture et les apprêts.
- Le nettoyage de la laine se fait en plusieurs phases et nécessite des précautions particulières. Souvent, les pièces sont visitées après le grillage, ou en tout cas avant dégraissage, pour enlever les taches de cambouis. Ces taches sont constituées par des graisses modifiées qui
- p.2x204 - vue 235/478
-
-
-
- TRAITEMENT HUMIDE, DÉGRAISSAGE, DÉGORGEAGE, FIXAGE 205 résistent au dégraissage proprement dit, ou, comme on dit, qui ne sont plus saponifiables. On peut les frotter avec une solution de savon qui suffira souvent à détacher les parties superficielles; ou bien on opérera de préférence comme les teinturiers dégraisseurs qui emploient les. propriétés détersives du savon benzine. Dans ces derniers temps, on a lancé des produits possédant une forte action d’épuration, comme le tétrapole ou dissolution du savon monopole dans le tétrachlorure de carbone.
- Tous ces différents produits, appliqués sur les taches, les ramollissent et facilitent leur expulsion dans les opérations mécaniques du dégor-geage.
- La première opération utilisée consiste à traiter par l’eau tiède : c'est ce qu’on désigne sous le nom de désencollage. Par ce trempage, les produits solubles s’éliminent et les parties gommeuses sont enlevées.
- Seulement, il y a lieu de prendre des précautions pour dissoudre les colles. Tous ces produits agglutinants doivent être laissés tremper quelque temps de façon à ce qu’ils se gonflent, en s’hydratant, et, après cette modification, ils peuvent être facilement enlevés. Autrement dit, il faut, pour solubiliser les encollages, employer les mêmes précautions que pour préparer ces mêmes encollages. Pour dissoudre la gélatine, on la fait tremper dans l'eau, puis on chauffe; de même les matières amylacées se gonflent dans l’eau, puis se délayent sous forme mucilagi-neuse. C’est exactement celle précaution qu’il convient de prendre pour faire le désencollage, et le meilleur procédé consiste à humecter dans un foulard double, puis à laisser reposer pendant quelque temps; dans ces conditions, l’encollage s’étant fortement amolli s’éliminera beaucoup plus facilement dans le trempage, la dissolution s’opérera beaucoup plus rapidement.
- Très souvent, le désencollage se fait avec de l’eau rendue légèrement alcaline par la soude. Dans ces conditions, l’étoffe s’humecte beaucoup plus facilement, et la présence des alcalis favorise l’attaque des matières amylacées et des matières gélatineuses. La soude provoque en même temps la décomposition des sels ; et les hydrates précipités se trouvant dans la masse des encollages, tomberont en même temps que ces encollages.
- La dissolution des gommes et des gélatines est bien plus facile que celle des fécules ; d'autant plus que ces dernières ne donnent pas une dissolution véritable, mais de l’empois. Et il est de règle, parmi les praticiens, qu’on ne doit pas chauffer trop fort les bains de désencollage, si l’on ne veut pas saisir les colles et les cuire, comme on dit, dans le tissu.
- Cela n’est pas admissible, car la préparation des encollages se fait précisément en chauffant les matières d’apprêt à l’autoclave. Mais
- p.2x205 - vue 236/478
-
-
-
- 206 PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- l’explication du praticien a pour but de donner la raison des accidents qui ont été constatés, et qui doivent plutôt se produire de la manière suivante. Les encollages ne sont pas distribués sur les fils de chaîne d’une manière absolument régulière ; puis les frottements ont fait tomber plus ou moins de ces colles, qui sont souvent superficielles ; et enfin les parties de chaîne sont tantôt à la surface du tissu et tantôt dans l’épaisseur de celui-ci. De même le tissu peut se composer de plusieurs chaînes ou de plusieurs parties de chaînes qui n'ont pas été encollées de la même façon.
- Il est évident, dans ces conditions, que si on opère le désencollage dans un bain trop chauffé, surtout avec une eau corrigée à la soude, les parties qui sont désapprêlées les premières sont soumises à nu à l’action de l’eau de soude et sont attaquées avec une énergie variable. Et comme, d’autre part, les fils se déplacent toujours plus ou moins, des parties qui étaient dans le corps du tissu viennent émerger à la surface, et on observe finalement des effets de nuances piquées à la teinture.
- D’unaulre côté, si le désencollage est insuffisant, même si on l’exécute à basse température, il peut encore en résulter d’autres défauts. Les parties qui sont encore encollées résistent plus aux opérations du dégraissage et du fixage, et tout le traitement devient irrégulier.
- On conçoit donc de quelle importance est le désencollage des tissus. Et comme de tous les encollages, c’est l’encollage à la fécule qui résiste le plus; comme, par raison d’économie, c’est encore l’un de ceux qui est le plus employé, il est indispensable, dans un apprêt, de pouvoir se rendre compte si ce désencollage est complet ou non. Or il existe un moyen excessivement simple de vérifier si le tissu renferme encore des traces de fécule et d’amidon, c’est d'employer l’eau iodée.
- Pour préparer ce réactif, on dissout environ 10 grammes d’iodure de potassium dans 1 litre d’eau, puis on ajoute environ 1 gramme d’iode. On obtient une solution marron qu’il suffit de verser sur le chef du tissu à examiner. La présence de matières amylacées est décelée aussitôt par une coloration bleue provoquée par la formation d’iodure d’amidon. La réaction doit se faire sur le tissu refroidi et débarrassé autant que possible du bain alcalin qui l’imprègne.
- Le problème de l’élimination des fécules joue également un rôle prépondérant dans l’impression, puisque l'impression se fait en immobilisant les produits nécessaires au développement des laques dans un épaississant à base de matières amylacées, et qu’il faut après le fixage enlever tous ces épaississants et les produits inutiles. Il en résulte que, dans ce cas, le dégorgeage doit être surveillé avec autant de soins que pour les étoiles de laine. Là aussi, on emploie des moyens chimiques
- p.2x206 - vue 237/478
-
-
-
- TRAITEMENT HUMIDE, DÉGRAISSAGE, DÉGORGEAGE, FIXAGE 207 et mécaniques, et ces derniers, en particulier, sont plus énergiques encore que pour les tissus de laine, car les étoffes en coton sont moins sujettes à s’altérer.
- Un procédé chimique utilisé en impression pour l’élimination des matières amylacées est le maltage, procédé qui peut rendre les plus grands services dans le traitement des étoffes de laine.
- Le maltage des étoffes consiste à les manœuvrer dans un bain à 60° renfermant environ 1 kilogramme de malt concassé par hectolitre. Le malt renferme un principe spécial, doué de propriétés mystérieuses parce qu’il a été engendré par la nature, la diastase, qui a la faculté de dissoudre la fécule en la transformant en glucose. On a lancé dans le commerce, dans ces derniers temps, un produit qui renferme la diastase à l’état concentré, c’est le diastafor. C’est l’agent le plus recommandable pour le désencollage des étoffes, agent dont l’emploi commence d’ailleurs à se répandre.
- Le dégraissage a pour but de transformer des matières grasses sapo-nifiables en savon. Le dégraissage ne peut donc s’exercer que sur les graisses saponifiables. Les graisses dites non saponifiables, comme les huiles de graissage, la paraffine, les cires, etc., ne se dissolvent pas. Elles ne disparaissent que sous les actions mécaniques et tout dépend alors de la façon dont elles sont incorporées dans l’étoffe. De sorte qu’il peut arriver très bien qu’elles résistent au dégraissage et, c’est là un accident de la plus haute importance, puisque les conséquences de ce mauvais dégraissage n'apparaîtront qu’après l’apprêt.
- La saponification des matières grasses se fait sous l’action des alcalis. Or l’emploi des alcalis sur les marchandises de laine doit se faire avec précaution, puisque la laine est attaquable. Les alcalis caustiques sont exclus, et on n’utilise que des bains de carbonate de soude à 2° B. chauffés à 30-33° G. La saponification engendre des savons, et l'on a remarqué depuis longtemps qu'un vieux bain de dégraissage marche mieux qu’un bain neuf. D’où le procédé habituel qui consiste à employer du savon et du carbonate de soude. La température à laquelle on porte ces bains et leur concentration dépendent évidemment des circonstances. Si on dégraisse à la laveuse, où les réactifs agissent pendant vingt-cinq à trente minutes, on aura soin de manœuvrer au tiède. Tandis que, dans le traitement au foulard qui se donnera aux laines plus dures et pour des tissus brillants, on pourra augmenter la température du bain, et souvent on le porte au bouillon parce que, dans ce cas, faction ne dure que quelques minutes et que le traitement se fait par imprégnation.
- Quoi qu’il en soit, le dégraissage terminé, on procède alors au dégor-geage proprement dit, dans le but d’éliminer les produits solubles ainsi que les produits insolubles qui ne sont plus alors emprisonnés dans
- p.2x207 - vue 238/478
-
-
-
- OC o
- 61
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- l’agglutinant. Comme le tissu est alors imprégné de savon, les précautions les plus grandes doivent être prises, et il faut surtout veiller à la bonne qualité des eaux. C’est précisément pour corriger les impuretés calcaires qui existent dans l’eau que les premiers rinçages se donnent à la soude. Et ce n’est qu'après quelques bains de soude qu’on finit à l’eau sans addition.
- Il est évident qu’il serait préférable d’employer exclusivement des eaux parfaitement épurées. Dans les installalions modernes, on utilise uniquement des eaux provenant d’un épurateur quelconque. Les anciens épurateurs à la chaux fournissent facilement, lorsqu'ils sont bien conduits, de l’eau à 4-5° hydrotimétriques. Cette eau n’est pas suffisamment pure pour éviter des accidents, puisqu’elle est susceptible de couper encore 400 à 500 grammes de savon au mètre cube. Un procédé tout à fait récent et qui donne toute sécurité consiste dans l’emploi de la permutite. Le procédé à la permulite est un peu plus coûteux que celui à la chaux, mais il fournit de l’eau absolument exempte de toute impureté calcaire. Malgré cette pureté, il est toujours indiqué de commencer les premiers rinçages sur soude, car, en solution diluée, le savon fournit un liquide légèrement opalin : il tend à se décomposer en savon acide insoluble et en savon alcalin qui reste en solution.
- Il arrive donc très souvent dans l’industrie que l’on ne peut utiliser qu’une eau de qualité médiocre. Depuis longtemps les praticiens ont su trouver la méthode la meilleure pour pallier aux défauts inévitables de dégorgeage qui en résulteront. Tant que la solution est bien savonneuse, les savons calcaires ou insolubles qui se sont formés restent émulsionnés et se déposent difficilement. Mais, si on vient à diluer le bain, ces émulsions se séparent et il se forme des précipités visqueux qui adhèrent alors énergiquement sur la matière textile. Le défaut est aggravé si on n’emploie pas de l’eau absolument exempte de calcaire, puisque de nouveaux précipités se forment et augmentent d’autant l’état d’agrégation de ce qui s’est produit antérieurement. Aussi, pour arriver à écarter les bains savonneux, recommande-t-on souvent de faire arriver l’eau sous un mince filet, une quantité équivalente de bain étant en même temps rejetée au dehors. Le bain se dilue peu à peu, sa température ne s’abaisse que d’une manière très progressive; souvent même on rince à l’eau tiède, ce qui est préférable encore, et bientôt le bain est assez allongé pour qu’on puisse le vider complètement et commencer les rinçages proprement dits.
- Les mêmes précautions doivent être prises, chaque fois qu’on doit désavonner une étoffe, comme, par exemple, après le foulage. On procède quelquefois sur le foulon même, et on fait déverser très lentement de l’eau dans la pièce toujours entraînée par le mouvement de la machine.
- p.2x208 - vue 239/478
-
-
-
- TRAITEMENT HUMIDE, DÉGRAISSAGE, DEGORGEAGE, FIXAGE 209 Autrement dit, on s’efforce de rester aussi longtemps que possible sur un liquide savonneux pour profiter de ses propriétés émulsionnantes. Il arrive souvent, quand on rince avec de l’eau bien corrigée, que l’on procède à une pratique défectueuse. La pièce d’étoffe, au fur et à mesure qu’elle se débarrasse de son bain, conserve néanmoins un toucher doux, qui fait supposer qu’elle renferme toujours des corps gras. Et pour terminer les rinçages, on conseille quelquefois de finir sur une eau dure ou même sur une eau acidulée. La laine perd aussitôt son toucher, elle devient plus âpre, plus rude, caractère qui fait supposer que le dernier bain a eu une action bien plus énergique. Il n’en est rien; si le tissu a été mal désavonné, on a coupé le savon dans l’étoffe, et on a ainsi supprimé toutes chances d’améliorer le résultat. Il faut exclusivement employer de l’eau douce dans tout le traitement, et le dernier bain doit être supprimé : il n’a rien enlevé, au contraire; son rôle a été plutôt nuisible.
- Un autre perfectionnement considérable a été apporté dans les procédés de dégraissage par l’introduction, dans le traitement, du savon monopole et autres produits analogues comme le saposel. Ces savons sont à base d’acides gras sulfones à un degré déterminé. Le savon monopole est fabriqué avec des acides sulforiciniques, polysubstitués ; le saposel avec l’acide oléique sulfoné. L’acide sulforicinique ainsi obtenu est plus substitué que celui qui est employé dans la fabrication des sulforicinates.
- Ces acides gras, sulfonés dans des conditions déterminées, fournissent des savons qui ne précipitent plus par les sels calcaires, ni par les acides faibles, ou plutôt qui ne fournissent avec ces composés que des liquides opalescents. On comprend facilement que l’emploi exclusif de tels détersifs évite les inconvénients résultant de l’emploi d'eaux plus ou moins calcaires. Malheureusement leur solution mousse beaucoup moins, condition qui paraît essentielle aux praticiens pour faire dégorger les impuretés. Aussi conseille-t-on souvent un mélange de savon ordinaire avec le savon monopole.
- Enfin un procédé qui donne d’excellents résultats consiste à utiliser les propriétés particulières de quelques substances végétales renfermant de la saponine : tels sont le bois de Panama et le sapindus, par exemple. Des décoctions de ces produits présentent la propriété de solubiliser les graisses, et on les emploie très souvent pour le traitement des fantaisies, car les couleurs sont beaucoup moins attaquées.
- Remarquons d’ailleurs que les procédés de dégraissage utilisés pratiquement sont plus ou moins poussés selon le genre de nuance qu’il s’agisse de produire. Il faut dégraisser à fond toutes les petites nuances, les bleus ciel, les loses, les crèmes et les gris perle, car du dégraissage APPRÊT DES TISSUS DE LAINE. 14
- p.2x209 - vue 240/478
-
-
-
- 210
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- dépend la facilité d’unisson en teinture. Pour les grosses couleurs, ce dégraissage est déjà simplifié; au lieu d’un bain de savon et carbonate de soude, on emploie ce dernier agent seul ou additionné d’ammoniaque. Et les nuances foncées et les noirs ne sont, pour la plupart du temps, que désencollées et fixées; on supprime complètement le dégraissage par raison d’économie, la teinture s'effecluant d'une manière régulière, malgré l’imperfection du traitement.
- Quelques tissus, selon leur composition ou selon leur armure, présentent l’inconvénient de cassurer facilement quand on les traite en boyaux. Je citerai, par exemple, les tissus mohair, les alpagas composés de laine brillante et les articles dans le genre du reps. Dans ce cas, pour éviter tous les accidents qui pourraient se produire, on procède au dégraissage dans la laveuse au large, les opérations successives étant conduites absolument comme dans la laveuse en boyaux.
- Si les opérations nécessaires à la dissolution des impuretés semblent aisées à réaliser au point de vue théorique, il n’en est plus de même au point de vue pratique. C'est que d'abord les enduits sont gélatineux et qu’ils recouvrent les filaments de façon à ne pouvoir s'attaquer que superficiellement. Puis, toutes ces impuretés sont emprisonnées dans la masse du tissu et souvent aussi incorporées dans les filaments textiles qui sont plus ou moins poreux. Si l’on se contentait de placer les tissus dans les différents bains que nous avons indiqués, le nettoyage serait tout à fait imparfait. Il faut renouveler les surfaces en contact avec les réactifs et permettre à ceux-ci de pénétrer le plus intimement possible dans le corps de l'étoffe. Bref, il faut utiliser les mêmes méthodes qui sont employées depuis une époque très reculée par nos ménagères ; nous voyons constamment autour de nous que le nettoyage du linge ne peut se réaliser qu'à grand renfort de frottement et de battage. De même industriellement les opérations mécaniques sont indispensables.
- Seulement, ces opérations mécaniques ne sont pas supportées aussi facilement par les lainages que par les cotonnades. Nous savons en effet que la laine se foule sous l'action des chocs, surtout en solution alcaline, de sorte qu’on utilise différentes machines dont l’emploi correspond à des résultats tout à fait différents; mais, dans toutes ces machines, le principe du dégorgeage consiste d’abord, à comprimer les tissus pour les expurger du liquide qu’ils renferment, de façon à ce qu’en arrivant de nouveau dans le bain, les matières s’abreuvent encore pour être de nouveau essorées. Les mouvements de liquide qui se produisent ainsi de dehors en dedans, puis du dedans au dehors, accélèrent la dissolution des impuretés, de même que, pour dissoudre une substance quelconque, on l'agite dans son dissolvant. Chaque particule, chaque parcelle de dépôt, en s’attaquant, devient visqueuse à sa surface, et le frotte-
- p.2x210 - vue 241/478
-
-
-
- TRAITEMENT HUMIDE, DEGRAISSAGE, DÉGORGEAGE, FIXAGE 211 ment du liquide entraîne celle partie visqueuse et facilite les réactions. On a aussi constaté que les liquides projetés sur une étoffe . ou qui glissent sur celle étoile ont une puissante action déter- () sive. C’est ainsi qu’une pièce, qui tourne sur un roule d’appel à une vitesse suffisante, entraîne une nappe liquide qui, en redescendant, contribue puissamment au nettoyage (fiy. 93).
- De même, dans beaucoup de machines, on projette le bain sur —— l'étoffe; il se produit ainsi une action mécanique très avanla- w geuse pour l’épuration finale.
- , . F‘IG.93.
- Pour réaliser ces différents effets, on employait, autrefois que la draperie était uniquement utilisée, d’abord le foulage aux pieds, puis le dégorgeage aux piles. De même maintenant dans le traitement
- O o o O o
- El g. 94.
- Laveuse en boyau ou crécelle.
- de peigné on utilise souvent le dégorgeage en boyau dans la laveuse Carcère, qu’on appelle, à Roubaix, crécelle.
- La laveuse en boyaux (fig. 94) se compose d’un bac en bois dont les
- p.2x211 - vue 242/478
-
-
-
- 19 t9
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- dimensions dépendent du nombre de brins qu’on doit y traiter. Le tissu est entraîné et comprimé entre deux rouleaux de bois de hêtre, de 0,450 de diamètre, tournant à une vitesse de quarante-cinq tours; il parcourt ainsi environ 60 mètres à la minute, c’est-à-dire que la couture repasse toutes les minutes sous les roules. A l’avant, un râtelier sert à séparer les brins des différentes pièces en traitement. Dans quelques machines,, ce râtelier est mobile autour d’un axe et vient agir sur un appareil de débrayage quand les étoffes sont emmêlées.
- A l’arrière, un peu au-dessus de la sortie, se trouve une tournette dont la vitesse à la circonférence est un peu supérieure à celle du tissu. Dans ces conditions, celui-ci est toujours dégagé du roule inférieur, et vient tomber sur le fond de la laveuse, formant une surface courbe, cequi facilite le glissement des plis sur les parois et empêche les éraillures. La pièce, avant de remonter vers les roules, est attirée par un rouleau de détour, qui la dégage et évite son frottement contre les parois.de l'avant, ce qui empêche tout accident. — Le rouleau-supérieur est placé sur coulisseaux mobiles, fixés sur des leviers à bascule, ce qui permet de supprimer instantanément la pression et d’engager les brins dans la machine à la mise en route.
- Le passage successif du boyau entre les roules de la laveuse exprime celui-ci et contribue ainsi au dégorgeage. Mais il se produit en même temps du foulage, le tissu se garnit plus ou moins; de sorte que ce traitement ne sera donné que pour les tissus qui doiventconserver une apparence mate, avoir une garniture plus ou moins fournie et qui doivent rentrer en préparation.
- Au contraire, si l’on veut obtenir des étoffes plus brillantes, s’il faut que le tissu soit plus laminé ou bien si le tissu a tendance à cassurer,
- Fig. 95.
- le traitement humide se fait à la machine à dégraisser au large ; la pièce circule dans des bains différents; et en passant d’un bain dans le suivant, elle est exprimée par le laminage entre deux rouleaux entre lesquels on exerce une pression plus ou moins considérable (fig. 93). Seulement ce système présente une perfection plus ou moins grande, selon les cas. Le plus souvent, les rouleaux A et B sont en fer et munis d’une toile. La pression n’est pas élastique; elle sera plus ou moins parfaite. De telle sorte qu’une amélioration sensible a été apportée en utilisant des roules plus épais, garnis d’une enveloppe
- de caoutchouc. Dans ce cas, l’expression est plus complète et atteint toutes les parties, malgré le manque d’uniformité qui existe nécessairement dans l’étoffe.
- En tout cas, dans les métiers à dégraisser à la continue, les pièces
- p.2x212 - vue 243/478
-
-
-
- TRAITEMENT HUMIDE, DEGRAISSAGE, DEGORGEAGE, FIXAGE 213
- serpentent au large dans les différents réactifs; cette circulation détermine un premier effet par le frottement avec le bain; puis, en passant d'un bac dans le suivant, il y a expression plus ou moins complète. Les surfaces sont mises à nu elles réactions se font plus activement.
- Mais ces machines présentent un inconvénient. Tout d’abord elles ne fonctionnent que si les cylindres sont bien centrés et d'une surface par
- faitement régulière ; puis le liquide exprimé s’écoule suivant les parois du roule B, et le tissu se charge aussitôt d’une partie du bain qu’on voulait éliminer. C’est là un inconvénient qui est en partie supprimé
- dans la laveuse, puisque les brins sont relevés parla tournelle et que le bain exprimé peut être évacué au dehors, si on le désire (fig. 96).
- Dans ces derniers temps, la maison Hannart a préconisé une machine qui semble intéressante à ce sujet. L’aspiration du bain se fait par des suceuses ; l’essorage est complet et le bain est complètement écarté.
- Le troisième procédé pour effectuer les actions mécaniques du dégorgeage consiste à opérerait foulard. Nous avons vu que, avant
- Fig. 96.
- 1870, on opérait au foulard double. Pendant l'enroulage, on exerçait sur le tissu une pression qu’on variait selon les articles. Par le passage suc
- cessif entre les roules se produit, à chaque révolution, l’expression du bain
- et par suite on réalise de cette façon un dégorgeage énergique.
- Mais en même temps il se produit un apprêt spécial, toulà fait comparable à l’apprêt de la calandre, qui est usité pour la toile, mais d’une intensité bien plus grande ici, puisque la laine, humectée d’eau chaude et même bouillante, est devenue plastique. Les spires du tissu se moulent les unes sur les autres, la surface s’amincit et se régularise, l’étoffe est devenue brillante.
- Remarquons que les foulards employés aujourd’hui pour le traitement des peignés sont ordinairementdes foulards simples. Leur effet est moins intense que celui des foulards doubles, où l’on établissait un mouvement de va-et-vient jusqu’au moment où l’opération était complète. Déplus les produits dégorgés retombent dans le bain alors qu’on aurait intérêt à les écarter. Puis, comme dans le cas que nous avons examiné ci-dessus, la pilede tissu, à peine essorée, s’abreuve aussitôt des produits dégorgés, ce qui n’est pas rationnel pour un travail bien conduit.
- On voit donc que les opérations de désencollage, de dégraissage et de dégorgeage peuvent se faire par trois procédés bien distincts donnant des résultats différents. Si l’on opère au foulard, il se produit un fixage en même temps qu’un brillantage de l’étoffe. Ce traitement convient aux
- p.2x213 - vue 244/478
-
-
-
- t9
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- tissus à armure bien nette, dans lesquels on recherche le brillant. Dans le traitement au large à la continue, l’effet de calandrage est supprimé, l’armure est bien lisse, mais le brillant est moins prononcé. Enfin, s’il s’agit d’avoir une étoffe dont la surface est mate, qui doit être plus ou moins garnie et qui doit recevoir une action de foulage, on procédera à la laveuse. On finira, si c’est nécessaire, parmi léger foulage, afin de faire rentrer aux dimensions réclamées par les clients. Mais dans tous les cas, pour les armures peignées, on a soin de procéder à un fixage pour éviter de déranger les fils et aussi pour empêcher les cassures en teinture.
- Le dégraissage et le dégorgeage étant maintenant terminés, y a-t-il un moyen pratique de voir si ce traitement est fait d'une manière convenable? Malheureusement il n’y a rien autre chose qu'une analyse, qui d’ailleurs est très délicate. Les praticiens, qui ont le sens du toucher très développé, peuvent bien se rendre compte si le tissu a delà souplesse,s’il ne donne pas la sensation de poisseux, ni aucune rudesse; on fait aussi tordre un échantillon et on vérifie si l’eau se dégage comme d’une éponge exprimée et sans perler. Rappelons qu’aulrefois on projetait de la poudre colorée et on constatait si elle disparaissait en battant l’étoffe. Mais tous ces caractères sont relatifs. Et c’est précisément ce qui fait l’importance énorme du traitement humide. Quelquefois un défaut de préparation se constate à l’apprêt: c’est dans le cas où le fabricant a employé dans son encollage ou dans son ensimage des matières grasses non saponifiables, la paraffine par exemple. Mais souvent la cause du défaut a été introduite par le dégraissage, surtout par l’emploi d'eau calcaire ou à cause de mauvais rinçages. Alors l’accident ne se manifeste qu’aprèsun long magasinage, lorsque les graisses qu’on a laissées dans la laine ont ranci ; etdans ce cas alors, les dommages sont souvent considérables, car le traitement a été défectueux pendant tout le temps qu’il a fallu pour constater le défaut. Aussi, tous les moyens qui permettront de fournir en préparation des eaux aussi pures que possible amélioreront considérablement les résultats du traitement des étoffes de laine.
- Fixage. — Les opérations du fixage suivent ordinairement soit le désencollage, soit le dégraissage. Tout dépend du traitement qui doit être donné. Le vieux procédé d’ébrouissage n’est plus guère employé; il faut maintenant des procédés plus expéditifs. Quant au procédé de vaporisage à la colonne, il est toujours usité ; seulement on le donne rarement après le dégorgeage,sauf pour les salins de Chine,par exemple. On l’utilise plutôt après teinture comme opération d’apprêt.
- Les procédés de fixage consistent toujours à humecter le tissu dans de l’eau portée à une température variable ; puis le tissu, rendu ainsi plastique et extensible, est élargi et allongé autant que possible ; les fils
- p.2x214 - vue 245/478
-
-
-
- TRAITEMENT HUMIDE, DÉGRAISSAGE, DÉGORGEAGE, FIXAGE 215 de trame sont bien régularisés, le tissu, mis à droit fil ; et tout étantainsi disposé, on trempe la laine en la faisant arriver dans l’eau froide ou tiède. Pour obtenir ce résultat, différents dispositifs ont été employés, et l’un de ces dispositifs est une simplification du vieux procédé d'ébrouis-sage, avec cette différence que, dans la plupart des procédés employés maintenant, on remplace le refroidissement lent après enroulage par le refroidissement rapide. Ce premier système est la
- Machine à fixer les tissus en laine peignée, mérinos, cachemire, etc., système Blanche, Pierron et F. Dehaître (1889) (fg. 97). — — La machine est disposée d’abord pour dissoudre le parement qui entre dans une proportion de 8-100/0, puis exécute le fixage proprement dit. Le désencollage se fait à l’eau chauffée à 40-50°; le fixage se fait dans un bac porté à une température variable 70-80".
- Fig. 97. — Machine à fixer les tissus en laine peignée, mérinos, cachemire, etc., système Blanche, Pierron et F. Dehaître.
- La machine se compose de deux bacs renfermant chacun un appareil rotatif destiné à enrouler les tissus. Le premier bac, qui sert pour le désencollage, se sature assez rapidement de colle; on renouvelle le bain deux fois par jour et, pour le remplissage, on utilise une partie du bain qui se trouve dans le deuxième bac. On achève de remplir ce bac avec de l’eau corrigée à la soude. Le second bac renferme également de l’eau portée à la température à laquelle on veut opérer le fixage.
- Chaque cuve est munie d’un appareil rotatif composé de deux disques assemblés avec six rouleaux. Sur chacun de ces rouleaux, on enroule une
- p.2x215 - vue 246/478
-
-
-
- 216 PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- pièce après l’avoir fait passer dans un embarrage pour maintenir une tension régulière.
- Dès qu’un rouleau est complètement garni, on fait avancer l'appareil rotatif de 1/6 de tour à l’aide de manettes ; dans ces conditions le rouleau est immergé dans le bain et un arbre vide se présente à 1 enroulement.
- Chacun des rouleaux est muni à ses extrémités de petits freins à vis qui s’opposent à la rotation des axes pendant l’immersion et qui permettent de donner une certaine tension au moment du déroulage.
- Le mouvement de rotation est transmis au rouleau récepteur à l’aide d’une commande agissant progressivement et d’un manchon d’embrayage les mécanismes actionnent aussi le rouleau du second bac par l’intermédiaire d'une chaîne de galle.
- En quittant le premier bac pour le second bac, le tissu passe sur un rouleau-guide auquel on peut substituer un appareil élargisseur quelconque.
- Une manœuvre semblable à la précédente est effectuée à la seconde opération, de telle sorte qu’en comptant cinq minutes pour l’enroulement d’une pièce, celle-ci séjourne ainsi pendant trente minutes dans chacun des bacs avant d’être dirigée vers l’exprimeur.
- Les rouleaux sont disposés pour recevoir deux pièces de 100 mètres, mais la pratique a démontré qu’il est préférable de ne traiter qu’une pièce à la fois; on évite ainsi des irrégularités qui pourraient se produire sur les lisières.
- Au sortir du second bac, chaque pièce descend dans un réservoir contenant de l’eau tiède, puis ensuite, entre les rouleaux exprimeurs du foulard ; la pression varie suivant la nature des tissus et le degré d’essorage qu’on veut obtenir.
- Lorsque la première pièce commence à sortir de l’exprimeuse, le travail se poursuit d'une manière continue : ainsi pendant l’enroulement d’une pièce au désencollage, une seconde passe du premier au deuxième bac en même temps qu’une dernière sort delà machine. L’appareil produit donc 1.200 mètres à l'heure, chaque pièce ayant séjourné une heure dans les deux bacs.
- Fixage au foulard. — Un procédé très employé à Roubaix pour fixer les peignés consiste à opérer sur foulard. On a alors une batterie de foulards dans lesquels on fait successivement les opérations nécessitées pour le traitement. Nous avons la même disposition que celle que nous avons indiquée, pour le traitement au foulard avant 1870, sauf qu’au-jourd’hui on emploie surtout des foulards simples.
- Les foulards étant placés les uns après les autres, on fera sur le pré-
- p.2x216 - vue 247/478
-
-
-
- TRAITEMENT HUMIDE, DÉGRAISSAGE, DÉGORGEAGE, FIXAGE 217 mier, par exemple le désencollage en eau tiède légèrement alcalinée ; les deux bacs qui suivent font le dégraissage au savon, le quatrième bac un
- rinçage sur soude, puis des rinçages à l’eau, des passages en eau bouil
- lante, et enfin fixage en eau froide. Souvent ces bacs sont agencés pour pouvoir combiner le traitement de diverses façons.
- L’enroulage d’une pièce de 100 mètres ou de paquets de trois ou quatre pièces se fait en cinq à six minutes; au moment de l’enroulage, on
- exerce sur les roules supérieurs, une pression plus ou moins énergique tandis qu’au contraire la pression est diminuée ou même le rouleau presseur est soulevé durant le déroulage. De sorte que, pendant l’opération, une tension plus ou moins forte s’exerce sur la chaîne et donne
- lieu à un fixage plus ou moins énergique.
- Crabbing [fig. 98). — Une machine qui dérive de la précédente est le crabbing. Cette machine convient spécialement pour la préparation des tissus de laine et mélangés; elle se compose également de trois foulards
- Fig. 98. — Machine à dégraisser et à fixer dite « Crabbing » pour dégorger, nettoyer, laver et brillanter les tissus de F. Dehaître.
- fue
- avec une disposition spéciale permettant de faire varier la pression, ou même de la supprimer, selon que l’on procède à l’enroulage ou au déroulage. Seulement, le crabbing permet de manœuvrer comme on le faisait sur les foulards doubles. On peut, par exemple, désencoller d’abord sur le foulard 1, puis sur le foulard 2,de revenir alors en 1 en eau bouillante ou
- chaude, puis en 2 sur eau bouillante également et enfin de fixer sur le
- p.2x217 - vue 248/478
-
-
-
- 00 G
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- troisième foulard garni d'eau froide. Le tissu peut être enroulé avant de passer au crabbing, et à la sortie de l'appareil on peut enrouler sur les colonnes de sublimé et finir par un vaporisage du tissu humide.
- On voit donc que le crabbing diffère surtout du foulard ordinaire par la commande de roules. Ceux-ci sont munis d'embrayages qui permettent l’enroulement en avant comme l’enroulement en arrière ; mais souvent, dans les usines, l'on cherche à uniformiser le travail, et on préfère alors les appareils à cinq ou dix foulards dans lesquels le tissu avance constamment, sans jamais rebrousser chemin.
- Fixage au parisien (fig. 99 et 100). — Un autre procédé pour fixer les tissus au large, c'est le foulard parisien ou, comme on dit à Roubaix, le parisien. Dans ce métier, il n’y a plus d'enroulage. Le tissu désencollé passe successivement dans une série de bacs dans lesquels se trouve de l’eau bouillante ; le fixage se fait à l’eau froide dans le dernier bac. Il est évident que ce foulard peut être employé aussi pour faire le traitement complet. On peut, par exemple,accoupler deux parisiens :le premier servira au désencollage et au dégraissage, le deuxième audégorgeage et au fixage. On obtient ainsi des métiers très longs, dans lesquels le traitement est entièrement fait.
- On simplifie souvent la construction du parisien et, au lieu de quatre, cinq ou six compartiments distincts, on n’en emploie plus que trois. Le parisien perfectionné se compose de deux grands bacs en tôle galvanisée de 2 mètres de longueur sur 1‘,850 de largeur. Un troisième bac semblable de 1 mètre de longueur seulement complète l’appareil.
- A l’intérieur de ces bacs, on dispose des rouleaux de détour en fer, agencés sur des supports en fonte, sept exprimeurs et deux rouleaux en fonte de 0",180 de diamètre sur 1‘,70 de table avec axes en aciers, pres-sionspar leviers et contrepoids avec leviers pour enlever la pression, sont répartis sur ces bacs. A l’avant de chaque exprimeur se trouve disposé un élargisseur formé d'une vis en fer avec pas à droite et pas à gauche, et tournant en sens inverse de la marche du tissu, pour éviter la formation de plis dans l'étoffe. Tous ces exprimeurs tournent exactement à la même vitesse ; ils sont commandés par un arbre longitudinal avec pignons dangle La commande générale se fait à l’arrière par engrenages droits avec poulie fixe et poulie folle et débrayage. A l’entrée, on dispose un embarrage et un rouleau de détour ; à l’arrière, un rouleau d'appel avec mouvement de plieuse.
- On alimente chaque bac par un collecteur de distribution d’eau, et sur les deux premiers bacs se trouve une canalisation de vapeur qui permet de les porter à la température la plus convenable. Des appareils de vidange et des trop-plein permettent de conduire l'opération comme on
- p.2x218 - vue 249/478
-
-
-
- Bme
- Fig. 99. — Foulard multiple pour dégorger et dégraisser les tissus dit parisien.
- [0o 8
- Fig. 100. — Foulard parisien à 6 compartiments de F. Dehaitre.
- TRAITEMENT HUMIDE, DÉGRAISSAGE, DÉGORGEAGE, FIXAGE 219
- p.2x219 - vue 250/478
-
-
-
- 1 ô
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- le désire et de renouveler l'eau avec une rapidité plus ou moins grande. Le parisien perfectionné travaille absolument comme la machine précédente.
- Cuve à dégommer et à rincer au large (fg. 101). — Au lieu de deux parisiens, on emploie, très souvent aussi, les machines à laver au large, semblables à celles qui sont employées dans les ateliers d’im-pression pour le dégorgeage des étoffes imprimées. Et quand on veut un traitement tout à fait complet, on continue même deux machines à laver qui renferment environ dix bacs, ce qui permettra d’opérer un désencollage et un dégraissage absolus.
- F
- eagt R wor
- . :
- 3-
- Fig. 101. — Cuve à dégommer et à rincer au large.
- La cuve à dégommer au large se compose de cinq compartiments en forte tôle galvanisée et comprend à l’avant deux cornes d’embarrage en fonte portant, à la partie supérieure,un rouleau de détour,et en dessous, un embarrage à deux barres mobiles actionné par une roue à vis sans fin, puis une barre élargisseuse.
- Le premier compartiment en tôle galvanisée de 1 mètre de longueur sur 1 mètre de profondeur renferme une course de tissu sur douze rouleaux de détour en cuivre jaune de 1,70 de table. Les rouleaux supérieurs sont immergés, et le niveau du bain est maintenu constant par un trop-plein placé au-dessus. La cuve est de plus munie d’une soupape de vidange et d’un chauffage par barbotage.
- À la sortie de ce premier compartiment se trouve une vis élargisseuse à filets divergents placée à proximité d'une paire de rouleaux altracteurs. A l'avant de cet attracleur est disposé un tube rinceur à double jet alimenté par un jet de vapeur permettant de rincer à l'eau chaude sous pression. Le rouleau supérieur de l’attracteur est revêtu de caoutchouc demi-dur, avec pression par leviers et contrepoids et levier à came pour enlever la pression.
- p.2x220 - vue 251/478
-
-
-
- TRAITEMENT HUMIDE, DÉGRAISSAGE, DÉGORGEAGE, FIXAGE 22
- Les cinq compartiments sont ordinairement composés de la même-façon.
- A la sortie se trouve un mouvement de plieuse à balancier qui faudele tissu en plis.
- Si on conduit le dégraissage et le fixage avec deux machines conjuguées, la première est réservée au dégraissage et au rinçage, le fixage se fait sur la seconde.
- Le traitement dans ces longs métiers ne produit évidemment pas le même résultat que celui qui est fait par enroulage et surtout par enroulage sous pression. Ce dernier fournit, comme nous l’avons dit, un apprêt spécial, et les tissus acquièrent du brillant.
- Mais l’enroulage présente quelquefois des inconvénients et ne peut être utilisé en toutes circonstances ; des étoffes se moirent facilement, comme par exemple les mohairs; de même les armures à relief, comme les reps, les diagonales, les côtes de cheval, sont mieux conservées, puisqu’elles ne sont pas écrasées, et les reliefs du tissu sont plus apparents. Aussi, dans quelques établissements qui ne possèdent pas ce métier, on donne au foulard quelques rouleaux seulement pour faire le désencollage, le dégraissage et on rince, puis on passe aussitôt au parisien ou bien on donne quelques foulards pour commencer le fixage, on dégraisse et dégorge en boyaux et finit le fixage au parisien.
- Métier Haunart. Dégraisseuse à suçoirs (fig. 102). — Brevet 369.798 du 15 septembre 1906. — C’est précisément à ce métier à dégraisser et à fixer au large que MM. Haunart frères ont apporté un perfectionnement indiscutable en intercalant entre chaque bac, avant les rouleaux, qui ne servent plus maintenant qu’à opérer la traction de l’étoffe, des suceuses à vide. Les rouleaux ne servant plus qu’à appeler les tissus, la pression peut être réduite et par conséquent le traitement peut se faire sans danger, comme nous l'avons expliqué précédemment.
- La machine comprend deux cuves de dégraissage A et B [fig* 103) dans lesquelles le tissu circule en serpentant. A la suite des cuves de dégraissage, viennent les cuves de rinçage E, dont le nombre peut varier à volonté. Finalement le tissu arrive sur un enrouloir F. Des suçoirs sont disposés entre chaque bac, suçoirs qui sont en relation avec une machine à vide quelconque, et un système de lames flexibles permet de réduire la largeur de la fente exactement à la largeur de l'étoffe.
- Lorsque le tissu, imprégné du bain de dégraissage, circule dans les cuves A et B, on dispose les suceuses pour récupération du bain. Pour cela, les liquides aspirés tombent dans un réservoir O, en communication avec les suceurs et, par suite, renfermant de l’air à la même pression. Grâce à un niveau d’eau G, on juge quand le récupérateur est rempli de
- p.2x221 - vue 252/478
-
-
-
- 61 G 61
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- bain savonneux et on le fait retourner dans la circulation par un moyen mécanique quelconque.
- Le plus souvent, la machine à dégraisser se compose de quatre grands bacs et de deux petits.
- Le premier bac sert à mouiller les pièces en eau chaude carbonatée pour les rendre alcalines, décomposer tous les sels qui peuvent exister dans l’encollage et, par suite, éviter la formation de savons insolubles.
- s. enm: Pi
- h iI.
- .o
- Fig. 102. — Dégraisseuse à suçoirs, système Hannart.
- A la sortie de ce premier bac, la pièce passe sur le premier suceur et est essorée complètement. Par suite, les impuretés qui se sont dissoutes, les colles et les matières grasses qui commençaient à se saponifier sont complètement séparées. Rien ne viendra salir le bain qui suit, et ainsi l’essorage du tissu a facilité les opérations qui vont suivre.
- Le deuxième bac sert au passage au savon et est divisé en trois compartiments, avec un suceur à vide à chaque compartiment ; ces trois suceurs sont branchés sur un même collecteur, aboutissant au réservoir dans lequel on fait le vide.
- Les troisième et quatrième bacs servent au rinçage en eau corrigée au carbonate de soude, avec disposition de circulation méthodique d’eau en
- p.2x222 - vue 253/478
-
-
-
- |||17
- TRAITEMENT HUMIDE, DEGRAISSAGE, DÉGORGEAGE, FIXAGE
- M
- C. .O. :
- N
- J (o)
- TTTN IIII GGG-
- Fig. 103. — Dégraisseuse à suçoirs de Hannart.
- —
- p.2x223 - vue 254/478
-
-
-
- 19
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- cascade entre les deux bacs. A la suite de ces deux bacs, se trouve un suceur qui élimine la plus grande partie du savon restant dans l’étoffe, quand elle arrive dans les deux derniers bacs, de faible capacité, servant au rinçage en eau courante avec disposition méthodique de lavage en cascade.
- La machine fonctionne à raison de 1.383 mètres à l’heure, soit 133 pièces de 100 mètres en 10 heures.
- La succion dans la machine Haunart peut se faire par éjecleurs de vapeur; mais alors la consommation de vapeur est énorme. On peut simplifier en employant une machine à vide quelconque.
- Les bains de savons aspirés par les suceuses sont renvoyés dans la machine à l’aide d’une pompe rotative. On voit donc que l’on peut réaliser une grande économie des drogues employées puisque les bains successifs se salissent à peine.
- Rame fixeuse immergée système Ch. Laval (fg. 10 i). — Toutes les machines qui précèdent, présentent d’une manière générale le même inconvénient. La traction du tissu se fait suivant la chaîne seulement; par conséquent on étire les étoffes sur leur longueur et on contracte la largeur. Autrefois les ouvriers Liraient au large pendant l’enroulement ou la circulation ; de nos jours où la question de production est capitale, on a bien tenté d’intercaler des appareils élargisseurs. Mais, outre que ces élargisseuses étirent plus ou moins la laise, il arrive le plus souvent que le tissu se contracte aussitôt qu’il sort des appareils élargisseurs, de sorte que le résultat final est tout à fait relatif. Aussi, dans un certain nombre de traitements, quand l’on demande de rendre un tissu teint à la même laise que le tissu écru, on éprouve de grosses dificullés, et on doit alors élargir à l’apprêt, ce qui n’est qu’un palliatif, d'autant plus qu’en élargissant alors on énerve le tissu et on perd sur la longueur.
- La rame immergée de Laval permet d’éviter tous ces inconvénients. Le tissu est encadré sur une rame à pinces, puis est immergé. Dans ces conditions, la laine devient éminemment élastique ; on peut élargir sans risquer d’énerver l’étoffe, et comme on peut mettre à droit fil, on a un fixage absolument parfait.
- D’après les constructeurs, les avantages qu’offre la machine sont les suivants :
- 1° Sur des tissus mérinos qI cachemire laine, on peut parfaitement don-ner en largeur 98/100 teint avec 104-106 écru ou bien 118/120 teint avec 126/128 en écru et, dans ce cas, il n’est plus nécessaire de tirer au large à l’apprêt.
- La largeur donnée est fixe et ne bouge plus en magasin; il n’y a pas de
- p.2x224 - vue 255/478
-
-
-
- APPRÊTS DES TISSUS DE LAINE
- L
- J i
- 588888888888888885
- Fig. 104. — Rame fixeuse immergée, système Laval, construite par F. Dehaître.
- p.2x225 - vue 256/478
-
-
-
- 226 PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- perle en longueur, et ces tissus si délicats ne portent aucune trace d’énervement, ce qui arrive fréquemment, tout en donnant des largeurs moindres avec les moyens ordinaires et a des conséquences déplorables pour les teinturiers apprêteurs, qui sont souvent obligés de reprendre les parties énervées ;
- 2° On obtient également sur les mérinos et cachemires et autres tissus, avec la rame fixeuse immergée, laise pour laise, de façon qu’avec 100centimètres de largeur en écru on rend d’une manière stable 98/100 et avec du 120 écru on rend 118/120 teint. L'Henrietta et tissus mélangés similaires se traitent admirablement sur cette machine;
- 3° On évite le moirage dans les articles où ce défaut se produit presque infailliblement en employant les moyens ordinaires, tels que les biarritz, les reps et certaines armures;
- 4° Dans les armures à dessins à relief, les côtes de cheval, les dessins ressortent beaucoup mieux que par les moyens ordinaires, et jamais il n’y a de réappliquage à craindre, ce qui permet de traiter notamment ameublement en toute sécurité.
- Dans les dentelles ou articles similaires, les fds se fixent admirablement et ne bougent pas à la teinture, donc aucun effet de feutrage toujours à redouter avec les moyens ordinaires;
- 5° Pour la laine cardée, on peut couvrir d’autant plus les tissus que sans inconvénient on peut recourir au surfoulage, et dans une large proportion : car lesdits tissus, étant ensuite passés à la rame fixeuse élargis-seuse, sont ramenés à la largeur demandée, et non seulement alors on obtient un foulage exceptionnel, un bon toucher, mais la largeur obtenue résiste ensuite aux effets du décatissage, et il n’y a plus de retrait à craindre ni en longueur ni en largeur ;
- 6° La flanelle ainsi traitée devient infeutrable et peut supporter tous les lavages en conservant sa constitution première, avantage de la plus grande importance, surtout lorsqu’il s’agit de certains articles comme la flanelle pour gilets, l'article Lawn Tennis et autres similaires.
- Il est évident que ce procédé de fixage est le meilleur qu’il soit possible d’employer pour les tissus qui ne demandent pas de lustre et pour ceux dont on doit conserver le relief. Le principal inconvénient qu’on reproche à cette machine, c’est que sa production est assez faible et son encombrement un peu fort. Puis, il peut se produire des taches aux lisières par les épingles ou les pinces dans lesquelles elles sont engagées, bien que ce ne soit pas un obstacle véritable, car on peut employer des organes en bronze inattaquable.
- Traitement à la laveuse. — Les machines que nous avons passées en revue jusqu’à présent ont pour but de traiter les tissus au large,
- p.2x226 - vue 257/478
-
-
-
- TRAITEMENT HUMIDE, DEGRAISSAGE, DÉGORGEAGE, FIXAGE 227
- pour éviter autant que possible les contractions et développer le brillant et l’armure du tissu.
- Mais le rôle de l'apprêteur est de satisfaire aux goûts de la clientèle, et tantôt on préfère des tissus lisses, brillants, tantôt, au contraire, il
- faut des traitements mats, à surface plus ou moins garnie. De plus, selon les dispositions prises par le fabricant, le tissu doit plus au moins rentrer sur la largeur et sur la longueur pour obtenir un résultat représenté par un type.
- S’il s’agit donc d’un tissu peigné mat, plus ou moins duveteux, on dégomme et on fixe légèrement pour éviter les cassures, puis on procède au dégraissage à la laveuse. On donnera un ou deux bains selon l’intensité du duvet et, si cela n’est pas suffisant, on finit par un léger foulonnage. Ce n’est qu’à ce moment qu’on revient au traitement indiqué, on finit par le fixage au parisien, qui a pour but, en même temps, d’effacer les plis qui se sont produits dans le traitement en boyau. Mais il ne s’agit jamais que d’un foulage tout à fait léger 4-5 0/0; pour les articles qui auraient tendance à casser, on adople le même principe, mais on dégorge dans des laveuses au large.
- La laveuse ou crécelle qui est employée aujourd’hui est absolument identique à celle que nous avons vue en 1870. Mais, au lieu d'employer
- une cuve parallélépipédique avec paroi inclinée, pour faciliter le glissement du tissu, on / adopte la cuve dont la section est indiquée ci- / contre (fg. 105). On a aussi l’avantage de ré- / duire le volume des bains. Sur la laveuse se / trouvent deux roules pesants, en hêtre, d’en- viron 0m,50 de diamètre qui ont pour objet le dégorgeage de l'étoffe. Le travail se conduit ab- Fia-unëaveuSouPe solument comme nous l’avons indiqué dans la première partie; sauf que, si l’on veut exagérer le foulage, on essore sur le bain de dégraissage et lise au large pour enlever les lisières roulées, puis on envoie au foulon.
- Quelquefois, surtout dans les laines et cotons, où l’on a intérêt à garnir davantage l’étoffe pour lui communiquer plus le loucher de la laine, on donnera un léger passage à la laineuse avant tout traitement.
- Les tissus sont séparés sur la laveuse par les branches du râtelier, et on fait tourner un temps suffisant, soit environ une demi-heure, sur savon et soude, numéro 1, puis sur bain de soude numéro 2, puis on rince à fond. Si l’on veut éviter les cassures qui se forment dans la laveuse, on peut changer de bout au milieu de l'opération. Le tissu qui, par la traction exercée par les rouleaux, s’est plissé et tordu en un sens déterminé, a tendance à prendre un mouvement opposé et
- p.2x227 - vue 258/478
-
-
-
- 228 PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- finit par se détordre complètement (même observation pour le foulon).
- Ledégorgeage et les rinçages terminés, on abat, lise deux fois au large, puis on essore et on fixe d’une manière quelconque, au parisien par exemple.
- Si on doit passer par le foulon après avoir dégorgé au foulard, on donne un bain de dégraissage (n° 1 ou n° 3) à la laveuse, on abat, lise au large et essore. Puis on foule pour rentrer dans les limites indiquées. Il est bien entendu que la laise doit être de 1 à 2 centimètres déplus que ne le réclame le client pour tenir compte des contractions à la teinture. On abat, lise au large, renvoie à la laveuse pour finir les dégor-geages; de là on passe au fixage et on finit par un essorage. Le traitement humide est alors terminé.
- Traitement des cardés. — Dans la plupart des teintureries et apprêts, robes, on fait toujours un peu de cardé, dont le traitement sera indiqué à l’article foulé. Dans ce cas, les opérations usitées habituellement sont les suivantes :
- Pas de grillage;
- Désencollage au foulard, trois bacs ;
- Épaillage si nécessaire;
- Dégraissage et dégorgeage à la laveuse ;
- Fouloir si nécessaire ;
- Désavonnage à la laveuse;
- Passage au parisien;
- Essorage.
- Des perfectionnements à apporter dans les procédés de dégorgeage. — Les procédés de dégorgeage consistent, comme nous l’avons vu, à écarter les substances étrangères rendues solubles parmi traitement préalable approprié. Or il est facile de montrer que les procédés usités habituellement ne permettent d’obtenir un tel résultat qu’avec une grosse dépense d’eau.
- Les produits solubilisés et qui salissent le bain restent emprisonnés en même temps dans l’étoffe dans une proportion qui dépendra de la dilution du bain. EL il vaut mieux pour dégorger les étoffes employer des bains courts, souvent répétés, que des rinçages avec un bain volumineux.
- Si nous laissons de côté les phénomènes d’attraction qui peuvent se produire, on peut admettre que la proportion des impuretés emportés dans une étoffe est en rapport direct avec le volume du bain qui reste dans celle-ci après l’essorage. Si nous supposons, par exemple, que l’action des rouleaux laisse dans les tissus un poids d’eau égal à deux
- p.2x228 - vue 259/478
-
-
-
- TRAITEMENT HUMIDE, DÉGRAISSAGE, DÉGORGEAGE, FIXAGE 229 fois celui de l’étoffe, on pourra se rendre compte de l'effet des bains successifs par un calcul très simple.
- Supposons que la proportion des impuretés à éliminer soit de 5 0/0 et qu’on opère avec des bains allongés correspondant à vingt fois le poids du tissu. Pour 100 kilogrammes d'étoffe, le bain de dégraissage sera de 2.000 litres et, après essorage aux rouleaux, le tissu renfermant encore 200 litres de bain, emprisonne un poids de matières égal à :
- Le premier bain de rinçage laissera à son tour une égale proportion, soit :
- , 200 200
- 5kg x-----x--------
- 2 000 x 2 000
- et si on donne trois bacs de rinçage, il restera finalement dans l'étoffe une quantité égale à :
- ..____ 200 . 200 . z 200 . 200
- 3— 2 000 — 2 000 — 2 000 — 2 000*
- soit :
- pour une consommation de G mètres cubes d’eau pour les rinçages.
- Supposons maintenant que dans un autre système de dégorgeage, on emploie des bains quatre fois plus courts, soit de 500 litres seulement. On verra facilement que chaque bain successif ne laissera qu’une pro-200 portion de 500 des impuretés qui existent encore dans l’étoffe. Dans ces conditions, après n rinçages, la quantité de ces matières qui reste encore est représentée par :
- . 200 , x /2\n
- 5kg X----X - I 2 000----5)
- et on calcule facilement qu’en faisant seulement huit rinçages, c’est-à-dire en ne dépensant que 4 mètres cubes d’eau, la proportion des impuretés tombe à :
- & 5
- I Gt X co
- 3%
- O\8
- 5) = 085,32.
- Ainsi donc avec un volume d’eau plus restreint, le tissu est dégorgé plus à fond.
- p.2x229 - vue 260/478
-
-
-
- 230
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- Fig. 106. — Laveuse méthodique.
- On peut facilement obtenir pratiquement ce résultat par un procédé tout à fait différent de celui qu’on emploie généralement, et qui consiste à utiliser le lavage méthodique. La laveuse se composerait d’une série de bacs plus petits, munis chacun d'un trop-plein et recevant de l’eau pure directement {fty. 106). Les impuretés enlevées seraient aussitôt écartées au dehors, et dans ces conditions on obtiendrait le nettoyage à volume réduit. Remarquons que, dans les machines à laver les étoffes imprimées, on emploie souvent le bat-
- tage mécanique, dont le rôle efficace est indiscutable.
- p.2x230 - vue 261/478
-
-
-
- CHAPITRE X
- CARBONISAGE
- Jusque vers 1836, nos manufactures de drap et de tissus ras en laine étaient alimentés par des matières premières qui venaient d’Europe. Les toisons, en dehors du suint, des produits de la concentration de la sueur, ainsi que des poussières, sables, crottins que le dégraissage élimine facilement, renfermaient relativement peu de pailles.
- Elles en contenaient cependant en tout temps et quelle que soit leur provenance, une proportion assez notable pour nécessiter à certaines périodes du travail une épuration spéciale désignée sous le nom d'épin-cetage ou d'ép outillage. Car, pendant toute la manutention en filature et Lissage, la laine se charge soit de poussières, soit de débris de toute nature, et aussi de filaments provenant des cordes du harnat.
- L’époutillage consistait en une sorte d’épilage pratiqué à la main, avec une petite pince, dans le but d’extraire les débris végétaux dits pailles ou poutils de l’étoffe de laine. Un brossage au moyen d’un balai de bouleau ou autre débarrassait la pièce de ces débris. Pour réparer les défauts produits inévitablement, on procédait ensuite à l’opération du rentrayage.
- L’emploi de la laine, la moins chargée en apparence, ne pouvait dispenser de répéter celle opération généralement jusqu’à trois fois, à des périodes diverses de transformation. On n'atteignait en effet l’épuration complète qu’en multipliant le traitement de façon à ne laisser rien échapper.
- Epincetage.— Lorsqu’une étoffe de drap rentre du métier à tisser, elle n’est pas marchande et renferme à sa surface un grand nombre de pailles, boutons, bouts de fils doubles, etc. On chargeait autrefois un certain nombre de femmes très exercées de faire disparaître ces défectuosités par l’opération désignée sous le nom d’épincetage. Cette opération exigeait une attention soutenue. Il s’agissait, en effet, de n’enlever du drap que ce qui peut nuire à la vente. Il fallait donc avoir soin de ne
- p.2x231 - vue 262/478
-
-
-
- 61 co G
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- rompre aucun fil de chaîne, ni occasionner de déchirures dans le tissu, et savoir lorsqu’on avait arraché quelques fils, rapprocher les parcelles déchirées de manière qu’on ne puisse apercevoir de défaut dans l’étoffe. Pour certains draps très fins, cette opération avait une telle importance qu’on la recommençait jusqu’à trois fois, d’abord après le tissage, puis en gras ou en eau, et enfin après l’apprêt. On terminait l’épincetage en secouant le drap et en le brossant fortement afin d’enlever de la surface du tissu les morceaux de fils qui y étaient restés et qui se seraient de nouveau fixés au foulage si on avait négligé de les enlever.
- Épontillage. — L'épontillage était l’opération identique à l'épince-tage qu’on renouvelait d’une manière générale après le dégraissage du drap. On s’est servi en effel de corps gras pour ensimer la laine, et la chaîne a été encollée. Lorsqu’on a extrait ces matières du tissu pour l’opération du dégraissage, les époutis ou défectuosités du tissu apparaissent plus nettement. C’est alors qu’on procédait au second épincetage ou époutiage qui ne faisait que compléter le premier.
- Épeutissage. — On désignait sous ce nom l’épincetage lorsqu'on le faisait mécaniquement. Le principe de l’épeutisseuse, dont l’inven-tion est due à David Labbey, en 1847, repose sur l’emploi d’un organe spécial, nommé peigne, consistante n une ou deux lames d’acier, à denture très fine, montées en lames de rabot sur un châssis en bois ou en métal, évidé au milieu pour livrer passage aux nœuds rasés par l’outil : la denture est ordinairement de 0m,003 de profondeur et variable de douze à vingt-deux dents par centimètre, en raison des tissus à traiter. En passant sur ce peigne, l’étoffe se débarrasse des irrégularités, fragments de fils et de fibres plus ou moins apparents restés dans l’étoffe.
- Dans un grand nombre d’usines, ces procédés sont maintenant remplacés par l’épaillage chimique; on ne fait plus guère l’épincetage en apprêts que pour les pièces chargées de peu d’impuretés.
- Le temps nécessaire à cette besogne accessoire était naturellement variable avec le degré de pureté de la laine ; mais on peut l’estimer à une durée moyenne de cent vingt à cent cinquante heures pour un drap de 30 à 40 mètres de longueur. M. Alcan, dans son Traité du travail des laines, t. II,page 43, dit qu’en 1866, pour épinceteràlamain 1.500 kilogrammes de tissu, il fallait deux cent cinquante journées de travail, résultat auquel on parvenait dès 1872 par l’épaillage chimique, avec 13 kilogrammes d’acide sulfurique ou chlorhydrique, 6 chevaux-vapeur et le concours de quatre ouvriers. Il en résultait un ralentissement forcé dans la fabrication, joint à une dépense directe assez élevée, quoique ce travail incombât exclusivement à des femmes.
- p.2x232 - vue 263/478
-
-
-
- CARBONISAGE
- 69 0 Gl
- Parmi les nombreuses transformations opérées dans l’industrie textile, l’épeutissage résista au progrès jusqu’à l’apparition de l'épaillage chimique en 1868, tandis que toutes les autres branches de la fabrication des tissus de laine s’étaient modifiées au point de vue de la production, de la perfection du travail et de la diminution de main-d’œuvre.
- L’introduction en Europe sur une échelle toujours croissante des laines exotiques du Cap, de l’Amérique du Sud, de l’Australie, des États bar-baresques vint encore compliquer singulièrement cette question. Ces laines étaient en effet souillées de nombreux débris végétaux, tels que chardons ou autres substances.
- Il fallait dès lors renoncer à l'usage de ces nouvelles laines, excellentes d’ailleurs, ou trouver un nouveau mode d’épuration, l’épincetage habituel devenant impossible en présence d'une aussi forte quantité de pailles à enlever.
- On fut naturellement conduit à l’épluchage préalable appliqué à la matière première. Des femmes et le personnel des prisons furent d’abord occupés à cette besogne d’une lenteur impossible ; mais cette lenteur même s’opposait à ce que les nouvelles laines pussent se répandre, et l’on fut ainsi amené à chercher des moyens plus prompts et plus économiques.
- L’invention d’une machine à égrateronner ou à échardonner fut bientôt la conséquence de ces recherches. Une seule de ces machines faisait le travail de trente personnes au moins. Les constructeurs de cette première machine étaient MM. Syres et Ogden, Huddersfield (Angleterre).
- Ils livrèrent cette machine à M. Auroux, à Elbeuf. Les constructeurs envoyèrent un monteur pour la mettre en route ; mais les ouvrières et ouvriers prétendirent que cette échardonneuse allait leur enlever leur travail. Il s’ensuivit une émeute que l’on ne put étouffer qu’en faisant venir de la troupe de Rouen, et trois cents à quatre cents arrestations furent nécessaires pour calmer l’effervescence.
- De cette première égratteronneuse, M. Auroux n’a pu tirer aucun parti. Il se trouva en butte au mauvais vouloir des fabricants. Les teinturiers ne voulaient pas. teindre la laine, car ils ne voulaient pas répondre du déchet en teinture et en fabrication. Les filateurs disaient qu’on leur donnait non de la laine, mais de la bourre et qu’ils ne pouvaient tirer aucun parti de cette matière. M. Auroux fut obligé de se débarrasser de sa machine, et il n’exista pas d’autre échardonneuse, en France, de 1816 à 1855.
- C’est l’Exposition de 1855 qui montra le parti que l’on pouvait tirer de cette égrateronneuse pour l’emploi dans l'industrie textile des laines chardonneuses de Buenos-Ayres, et, en 1872, il pouvait exister en France 3.000 machines à échardonner. On voit qu’il a fallu dix ans pour que ce
- p.2x233 - vue 264/478
-
-
-
- 234
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- progrès fut adopté par l'industrie ét jusqu’en 1855-1857, la laine Buenos-Ayres continua à être épluchée à la main par des femmes ou dans les prisons. Nous avons souvent l’occasion de constater combien il est difficile de faire adopter un perfectionnement. Les mêmes difficultés se reproduiront au sujet de Dépaillage chimique.
- L’usage des échardonneuses est maintenant général ; des systèmes perfectionnés (Morel, Harmel) permettent aujourd’hui une élimination assez complète des chardons dans les peignées. Mais les cardés obtenus avec les blouses sont toujours pailleux, de même qu'au début (1847) les laines renfermaient toujours des débris de chardons en grand nombre.
- Dans les entrefaites, vers 1850, une nouvelle industrie s’était introduite en France ayant pour but d’effilocher les chiffons de laine pour en produire une nouvelle fibre textile, la renaissance. Et aux débuts de celle industrie, il fallait trier les lots pour en tirer tout ce qui n’était pas laine. On enlevait à la main les ourlets, les coutures, pièces, reprises, etc., etc. Ce travail préparatoire présentait de grosses difficultés et était très onéreux. Puis il fallait rejeter tous les I issus à chaîne croisée, tels que laine et coton. El l’on se trouvait en présence de difficultés semblables à celles que présentaient les laines chardonneuses, sauf qu’il fallait ici trouver un moyen pratique d’éliminer le coton de la laine.
- Épaillage chimique. — Des essais furent entrepris dans diffé-rentes conditions, et c’est ainsi que germa l’idée d’utiliser l’action des acides minéraux sur le colon. Celle idée, qui ne fut d’ailleurs pas appliquée de suite, pas plus que l'échardonneuse ne réussit à s’implanter du premier coup, donna naissance à une série de brevets qui furent déposés dans un court intervalle de temps; mais ces brevets avaient en vue surtout le traitement des chiffons, matière de valeur inférieure pour laquelle il n’était pas nécessaire de prendre des soins. On est généralement d’accord pour attribuer à Izart et Leloup la première application pratique d’épaillage chimique à l’aide d’acide chlorhydrique gazeux d’après un brevet pris le 2 mai 1854. Il existe bien une antériorité, c’est celle du brevet anglais Penton et Crone du 12 août 1853; mais ce brevet n’a pas été pris en France. Puis, à partir de ce moment, on voit paraître toute une série de brevets dans lesquels on utilise l’action des acides minéraux sous différentes formes et de différentes façons. Voici la série de brevets qui ont été déposés avant le frézonnage, question qui nous intéresse.
- 1. 12 août 1853. —Brevet anglais PENTON et Grone. — Perfectionnements dans les moyens de séparer la laine du coton ou autres matières mélangées de manière à la réutiliser (ce brevet n’a pas été pris en France).
- p.2x234 - vue 265/478
-
-
-
- CARBONISAGE
- 19 oe
- — Immerger la laine dans un bain contenant un acide minéral, acide sulfurique, acide nitrique, acide chlorhydrique, ou un mélange — et l’exposer à une haute température. — Ou exposer à l’action de la vapeur du gaz développé par un de ces acides. — Laver ensuite à l’eau renfermant de la chaux, de l'urine ou de l'ammoniaque.
- 2. 2 mai 1854. —Izart Cousins et LELOUP. — Brevet français n° 19.675 pour un nouveau procédé pour détruire, au moyen de l'acide chlorhydrique dans toutes les matières lainières soit à l'état primitif, soit tissées, soit à l'état de déchets de fabriques, soit à l'état de chiffons d'étoffes, ou de gras, toutes les matières végétales quelles peuvent contenir. — Humecter les matières dans l’acide chlorhydrique tiède, puis sécher dans un séchoir chaud, laver à fond; ou humecter les laines et les soumettre à l’action des gaz acide chlorhydrique et sécher.
- 3. 12 décembre 1854 . — M. Julion. — Patente anglaise n° 2.621 pour un procédé de séparation des fibres végétales dans les tissus mélangés (brevet pas déposé en France). — Imprégnation avec un acide minéral, acide sulfurique, nitrique ou chlorhydrique, ou d’un acide organique. Chauffer ensuite dans une chambre portée à 120° C.
- 4. 26 décembre 1855. — Brade. — Brevet français 25.909 pour un moyen de débarrasser la laine des fibres végétales avec lesquelles elle se trouve mêlée dans les tissus. — Dans ce brevet on indique pour la première fois la nécessité d’un agent protecteur. On plonge les tissus mixtes dans une solution aqueuse suffisamment concentrée de sulfate de zinc; puis, après imprégnation, on plonge dans l’acide sulfurique plus ou moins étendu d’eau et on sèche. — On peut aussi employer un bain composé d'acide sulfurique et de sulfate de zinc.
- 5. 7 mai 1856.— G. Martin et A. Newmann.— Brevet anglais nr' 1.070 pour la séparation de la fibre animale d'avec les fibres végétales. — Immerger d’abord la marchandise dans une solution de savon ou de matière grasse, ou dans une solution de sel neutre. — Sécher. — Immerger dans l’acide.— Sécher de nouveau.
- 6. 17 septembre 1856. — A. Newmann. — Renouvellement de la patente ci-dessus, qui fut déposée en France le 11 juillet 1857 sous le numéro 32.940. — Le procédé repose sur une double immersion : 1° Imbi-bition dans une dissolution d'un sel, alun, sulfate d’alumine, sulfate de zinc, chlorure d’étain, acétate de plomb ou acétate d’alumine, mais on donne la préférence aux sels d’alumine — 1 à 5 parties de sel dans 100 parties d’eau;
- 2° Dissolution composée de 1 1/2 à 7 1/2 parties de savon dans 100 parties d’eau suivant la force de la première solution. — Température 30-35°;
- p.2x235 - vue 266/478
-
-
-
- 236
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- e
- 3° Dissolution d’acide sulfurique ou autre, 1 à 5 parties d’acide concentré dans 100 parties d’eau ;
- 4° Séchage à 95°;
- 5° Battage.
- 7. 23 mai 1861. — ConuÉ. —Brevet français 49.970. Procédé pour détruire, sans altérer la laine, les chardons qui y sont mêlés. — Imbiber la laine pendant deux heures dans un bain d’alun ; plonger pendant plusieurs jours dans l’acide sulfurique, puis laver et sécher, à une température convenable.
- Remarquons que le brevet revendique le carbonisage à froid.
- 8. 29 mai 1858. — Leblond. — Brevet n° 36.777. Procédé pour détruire chimiquement les corps étrangers à la laine dans les laines et déchets de laine. Les matières sont d’abord soumises à un bain d’acide sulfurique dilué. On les presse et on les vaporise.
- 9. 17 septembre 1866. — Philibert S. SCHLOSSER. — Brevet français 72.941 pour un procédé ayant pour but de séparer le produit animal du produit végétal dans les tissus-chiffons ou toute autre matière les renfermant. — Disposer les matières dans une chambre à carboniser, chauffer et faire arriver le gaz acide chlorhydrique.
- S
- On voit donc que, depuis 1851, apparaissent toute une série de brevets; mais, comme nous l’avons expliqué, ces brevets concernent plutôt les déchets et les effilochages. Et l’idée d'appliquer une réaction chimique d’une aussi grande intensité sur la laine, conduit à celle du pré-servateur, ce qui indique bien qu’on considérait l’épaillage comme une opération dangereuse.
- D’ailleurs les inventeurs du procédé, Izart et Leloup, après de nombreux essais pour appliquer industriellement l’épaillage chimique aux chiffons, avaient été forcés de fermer leur usine, tant les difficultés qu’ils rencontrèrent, pour faire adopter leurs laines carbonisées, étaient grandes. Il paraît qu’au début les fabricants ne consentaient à recevoir les laines de renaissance que clandestinement. Mais peu à peu le procédé se répandit et, vers 1867, on connaissait l’épaillage chimique des chiffons et des blousses des laines de Buenos-Ayres.
- Mais, on était loin de soupçonner que le même procédé pût s’appliquer aux tissus,car on supposait que la marchandise serait fortement altérée. D’ailleurs,, en ce moment, l’épaillage des laines brutes ne donnait pas encore entière satisfaction : il fallait toujours effectuer l’épincetage final de l’étoffe. D’où la recherche de procédés permettant d’éviter cet épincetage et l'invention des cache-poutils, qui consistaient en une sorte de teinture qu’on appliquait à la main. Joly avait imaginé, en 1855, un
- p.2x236 - vue 267/478
-
-
-
- CARBONISAGE
- 237
- moyen plus expéditif pour cacher les poutils par teinture. Ce procédé consistait à mordancer les pailles. La pièce à époutier passait dans un bac renfermant le mordant, puis elle recevait une pluie de teinture desservie par une pomme d’arrosoir. Malheureusement, ce procédé n’arrivait pas à son heure, la teinture des pailles présentait encore des difficultés, qui sont résolues aujourd’hui, grâce aux progrès réalisés en fabrication de matières colorantes.
- On essaya de carboniser après le cardage ou le peignage des laines, mais cette méthode ne paraît pas avoir reçu d’application sérieuse. C’est Frezon qui, le premier, a l'idée, par son brevet du 18 février 1867, d’appliquer l’épaillage chimique aux étoffes, qui le met en pratique dans un grand nombre d’établissements et qui réussit à le faire adopter immédiatement, contrairement à ce qui se passa pour l’échardonnage et l’épaillage des chilfons.
- A cette époque on était toujours persuadé que le traitement de la laine présentait des dangers, et pour les tissus plus que pour les chiffons, l’emploi d’un préservateur semblait indispensable. Frézon, l’inventeur ou plutôt le vulgarisateur de l’épaillage chimique en pièce, avait cédé sa découverte à Delamolte et Faille, qui avaient pris le brevet en leur nom, mais qui le rétrocédèrent plus tard à Frézon.
- 10. 18 février 1867. — Delamotte et Faille, teinturiers affréteurs a Reims. — Brevet français pour un système propre à détruire les matières végétales dans les laines brutes, fils et toutes matières textiles animales.— Le procédé Frézon consiste à passer les tissus de laine à épailler dans un bain chauffé à 60° C. garni avec de l’alun, sulfate d’albumine, sulfate de zinc, chlorure d’étain, acétate de plomb, acétate d'alumine, ou préférablement le mordant d’étain dit mordant de Frézon. On passe ensuite dans un baquet renfermant une matière savonneuse quelconque. Enfin les tissus ainsi préservés sont imprégnés d’un agent destructeur des matières végétales, parmi lesquels on recommande l’acide sulfurique, puis on essore et on sèche.
- Frézon installa et fit fonctionner le procédé d’épaillage ou le frézon-nage à Elbeuf, Reims, Roubaix. Et quand on tient compte des difficultés et des accidents qui se produisent encore de nos jours, il est évident que rien qu’à ce point de vue, Frézon a eu le plus grand mérite. En particulier, à Roubaix, celui qui pratiqua le premier l’épaillage chimique fut M. Henri Mathon. Le succès même de l’épaillage chimique démontra bien que l’opération était pratique, et du même coup, la concurrence étant excitée, surgirent de nombreux procès en contrefaçon qui donnèrent lieu à de nombreuses expertises et contre-expertises.
- C’est ainsique les experts assistèrent à une application pratique du pro-
- p.2x237 - vue 268/478
-
-
-
- QC CO 61
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- cédé chez M. Bourguignon à Donchéry, près de Sedan, le 1er mai 1872 Celte opération s’effectuait de la manière suivante :
- ire Opération :
- Alun.................................................. 5 kilogram mes
- Eau à 66° C....................................... 1.000 litres
- Foularder les pièces pendant 20 minutes.
- 2e Opération :
- Savon............................................. 1.500 grammes
- Eau à-............................................ 1.000 litres
- Laisser 25 minutes.
- 3e Opération :
- Bain neuf d’acide sulfurique marquant 5°,5 B. à -34° G. pendant une demi-heure. Essorer.
- 4e Opération :
- Sécher à l’étuve chauffée à 98° C.
- C’est alors qu’on mit au jour tous les brevets qui concernent l'épail-lage chimique. Et si l’on ne peut nier la similitude du frézonnage avec le brevet Newmann, il n’en est pas moins vrai que l'épaillage des tissus est l’œuvre de Frézon. En tout cas, les contre-experts et les experts' furent amenés à discuter les détails du procédé, et on établit d’abord (car les défendeurs se contentaient du passage en acide sulfurique et avaient supprimé les premiers bains) que le préservateur était absolument inutile et que l’épaillage se fait aussi bien sans préservateur qu’avec; mais les expériences démontrèrent le rôle essentiel de Yessorage, et, en même temps, que la durée du séchage et la température du carbonisage doivent être en rapport intime avec la composition des bains. C’est ainsi que des essais pour déterminer dans quelles conditions les tissus sont altérés ont donné les résultats suivants :
- LIMITE DE CONCENTRATION DE L’ACIDE EMPLOYÉ DANS L'ÉPAILLAGE CHIMIQUE
- TEMPÉRATURE du carbonisage DOSES D’ACIDE pour un séjour de 2 heures à l’étuve DOSES D’ACIDE pour un séjour d’une 1/2 heure à l’étuve
- 80° J10° 150° pour 100 litres d'eau 1 litre 1/2 à 4 litres 1/2 1 litre à 3 litres 1/2 litre à 1 litre pour 100 litres d’eau 3 litres à 7 litres 1 litre 1/2 à 4 litres 1/2 1 litre à 1 litre 1 /2
- Si ces limites sont dépassées en dessus, il y a altération de la laine
- p.2x238 - vue 269/478
-
-
-
- CARBONISAGE
- 9 &3
- tandis qu’en dessous des chiffres indiqués, l'épaillage est imparfait. Ces expériences montrent bien que l’essorage va jouer un grand rôle dans l’épaillage chimique ; car si cet essorage est mal fait, si le tissu se trouve humecté de quantités variables d’acide, on se trouvera dans des conditions irrégulières d’épaillage et la laine sera plus ou moins altérée, c’est-à-dire qu’il y aura production de flammes de carbonisage ; il peut même y avoir altération complète et destruction de la laine.
- Car, si la laine n’est pas sensiblement affectée par l’épaillage, on ne peut pas dire qu’elle soit absolument intacte. D’ailleurs, on a constaté depuis longtemps que les laines épaillées se teignent mieux que les laines non épaillées par les couleurs acides; et le traitement par l’acide sulfurique a été utilisé pour produire sur laine des effets de camaïeux.
- W. Massot {Zeits. angew. ‘Chemie, 1903, p. 1041) donne un procédé pour modifier les propriétés tinctoriales de la laine sans nuire à la fibre, qui consiste à la traiter par l’acide sulfurique plus concentré que 62° B. pendant un court espace de temps, puis par un acide de force décroissante. La laine perdrait par ce traitement presque complètement la faculté de s’unir aux couleurs pour laine ordinaire, mais acquerrait à un haut degré celle de s’unir aux couleurs basiques.
- M. Prudhomme {R. C. M. C., 1898, p. 209) montre que la laine bouillie une heure avec de l’acide sulfurique à 2 0/0 se teint mieux en couleurs acides et basiques. MM. Becke et Beil ont pris un brevet, DRP 168.113, pour produire des effets à deux couleurs sur laine par impression d’acide sulfurique.
- Toutes ces observations démontrent donc une chose évidente : c’est que la présence de l’acide sulfurique disposé irrégulièrement sur l’étoffe, augmentée de l’action de la température élevée, suffit amplement pour expliquer le mal uni des pièces carbonisées, accident qui est encore aujourd’hui la terreur des apprêteurs. Et cet accident est encore si fréquent que, dans bien des établissements, on a dû se résoudre à carboniser après teinture, ce qui conduit à des difficultés d’un autre genre : impossibilité de livrer conforme.
- On comprend, d’après cela, quelles seront les précautions essentielles à prendre pour arriverait carbonisage régulier. Il faut tout d’abord que l’imprégnation soit bien régulière et que chaque filament soit imbibé d’un bain de même composition. Il faut donc que le tissu soit préparé à s’humecter uniformément, que toutes les substances qui peuvent empêcher ce traitement uniforme soient éliminées, d’où la grande discussion qui n’a pas encore reçu de sanction aujourd’hui : doit-on seulement désencoller, ou faut-il désencoller et dégraisser? Autrement dit, faut-il carboniser en gras ou l’étoffe dégraissée? Puis la pièce ainsi apprêtée doit tirer un bain de composition constante, d’où la nécessité de
- p.2x239 - vue 270/478
-
-
-
- 240 PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- sécher avant imprégnation. Après l’imprégnation, vient l’essorage et c'est là la partie la plus délicate de l'opération, puis enfin le séchage et le carbonisage. Le séchage doit être obtenu aussi rapidement que possible si l’on veut éviter que le liquide (devenu plus fluide par l’élévation de température) ne subisse des déplacements et donne encore une distribution irrégulière de l’acide. ‘
- Aussi, dans les installations modernes, la pièce imprégnée du bain d’épaillage est d’abord essorée à fond à l’essoreuse, puis souvent ensuite l’essorage est régularisé par le passage au large entre deux rouleaux exprimeurs. La pièce pénètre dans la cuve à carboniser divisée en deux compartiments. Dans le premier compartiment, se fait le séchage où l’on adopte une ventilation aussi énergique que possible ; tandis que, dans le deuxième compartiment, se fait l’épaillage proprement dit qui demande la température la plus élevée possible.
- L’expérience démontre que, quand la laine a perdu son eau hygrométrique, il suffit de cinq minutes et d'une température de 110° pour obtenir la destruction complète du gratteron. En aucun cas, la température doit dépasser 120°; la laine subirait un commencement de détérioration, qui se traduit par une couleur jaune roux plus ou moins prononcée, souvent aussi par une diminution de solidité de la fibre. Il est donc d’une grande importance de diminuer autant que possible la température de la carbonisation.
- Comme liquide d’épaillage, on emploie sur pièce soit l’acide sulfurique, soit l’acide d’épaillage fourni par les usines de produits chimiques et composé d’un mélange d’acide chlorhydrique, sulfurique et de sulfate de zinc. Nous voyons ici une réminiscence de l’emploi des préservateurs dont la première mention fut faite en 1855 par Brade. De même que dans l’épaillage des cardés, les uns préconisent l’épaillage en gras, car la graisse de l’ensimage fonctionnerait comme le préservateur de Frezon.
- Le produit spécial fabriqué par la maison Eycken et Leroy (1) s’obtient en dissolvant du vieux zinc dans l’acide sulfurique dilué, puis ajoutant de l’acide sulfurique, de l’acide chlorhydrique et de l’eau pour amener le liquide à la même concentration.
- La composition moyenne de ce liquide est la suivante :
- Degré Baumé.................................................... 25,02
- Zinc............................................................ 2,67
- Acide sulfurique............................................... 18,28
- Acide chlorhydrique............................................. 7,87 S 0 ; H 2 Rapport de - ...................................................................................................... 2,23 ri Gl
- (1) Usines de produits chimiques de Wasquehal.
- p.2x240 - vue 271/478
-
-
-
- CARBONISAGE 241
- Pour employer cet acide d’épaillage, on le dilue à 7° B. environ, et on y passe les étoffes.
- A-t-on intérêt à carboniser en gras ou vaut-il mieux carboniser les tissus dégraissés? Nous avons dit que les praticiens ne sont pas d’accord sur cette question. Les uns prétendent que l'épaillage en gras facilite le dégraissage, les autres prétendent au contraire, que cet épaillage en gras fixe les matières grasses en les rendant inattaquables au bain de dégraissage. Il semble bien que la première opinion soit la plus fondée, car l’action de l’acide sulfurique est employée couramment pour transformer les matières grasses en dérivés sulfonés solubles ou pour opérer la saponification sulfurique. Il est possible que les réactions soient plus complexes dans le carbonisage, qu’il puisse y avoir des transformations plus profondes des acides gras avec formation de composés mal définis. Le seul inconvénient vérilable qu'on ait à craindre, c’est que le tissu gras s’humecte plus difficilement et d’une manière moins régulière, car les ensimages agissent comme réserves.
- Il arrive aussi que les tissus sont mal désencollés et qu ils abandonnent au bain d’épaillage une certaine quantité de fécule qui se transforme bientôt en dextrine et glucose. Le bain ainsi chargé de matières organiques a tendance à se caraméliser quand on arrive à la manique, d’où production de taches, de zébrures, qui ont fait croire à leur influence pernicieuse. Cependant il faut bien remarquer, que ces taches sont une preuve que le travail a été irrégulier, soit que l'imprégnation a été mal faite, ou que l’essorage n'a pas été uniforme, ou enfin que le séchage ne s’est pas produit de la même façon partout. Car, même si le tissu est imprégné régulièrement d’un bain chargé de matières organiques, si la caramélisation se produit, la teinte doit être répandue uniformément, et il n’y a aucune raison pour expliquer ce flammage. D’ailleurs les taches qu’on constate ainsi à la sortie du four à carboniser ne correspondent pas d’une manière certaine à celles qui se produisent à la teinture. Il est évident cependant qu’il serait préférable de conduire le travail pour que le désencollage fût absolument parfait.
- Un autre inconvénient qui peut se produire résulte de la composition du liquide d’épaillage. Il provient de ce que la laine immergée dans le bain d’épaillage ne tire pas les différents éléments qui le composent de la même façon. On a constaté qu’il s’appauvrit en acide chlorhydrique. De sorte que, si on veut toujours le remettre exactement dans le même état, on doit de temps en temps ajouter de l’acide fumant.
- Les pièces sortant de la carboniseuse renferment un acide concentré et par suite avide d’humidité. Aussi doit-on traiter ces pièces aussi vite que possible pour pulvériser les pailles carbonisées et désacider les étoffes. Il ne faut pas les laisser en plis, attendu que dans ces conditions,
- APPRÊTS DES TISSUS DE LAINE.
- 16
- p.2x241 - vue 272/478
-
-
-
- 212 PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- les lisières, les plis extérieurs, s’humidifient plus que le corps du tissu, ce qui est une nouvelle cause de flammage à la teinture. Enfin les pièces doivent être refroidies complètement quand la machine les a faudées en plis. • i • i
- Les pièces désacidées peuvent alors suivre le traitement qui doit leur être appliqué.
- Le broyage des pailles etle désacidage nécessitent également quelques précautions pour être effectués correctement. Le broyage des pailles carbonisées sera d’autant plus rapide que le tissu sur lequel on opère est plus sec ; si on laisse au gratteron le temps de reprendre de l humidité, il se brisera et se détachera moins rapidement. Le mieux est donc de faire le broyage aussitôt après le passage à la carboniseuse ; on pourrait même disposer la broyeuse en quelque sorte dans cette dernière, tout à fait la sortie de la laine. On pourrait même faire passer dans la broyeuse un courant d'air chaud d’une origine quelconque. Le broyage des pailles se fait le plus souvent à l’aide d'une fouleuse à sec ou de cylindres cannelés.
- Le broyage terminé, vient l'opération du désacidulage. Un lavage a l’eau enlève la plus grande partie des produits d’épaillage. Mais il ne suffit pas pour écarter complètement l’acide. On ne doit donc pas perdre de vue que la laine ainsi traitée renferme toujours de l’acide sulfurique.
- Si cet acide pouvait gêner dans les opérations ultérieures, il faudrait désaciduler en eau légèrement alcaline. On emploie le plus souvent une • solution de soude à 1 ou 2 0/0 et il est prudent de vérifier que l’acide est neutralisé par un essai au tournesol.
- Un phénomène particulier se produit pour les laines carbonisées. D’abord on constate qu’elles donnent en teinture des nuances plus foncées. Mais, chose curieuse, les laines carbonisées donnent une bonification au conditionnement. Elles ne renferment en moyenne que 11 0/0 d’humidité.
- Voici des chiffres qui ont été recueillis au conditionnement de la Chambre de commerce de Roubaix.
- p.2x242 - vue 273/478
-
-
-
- CARBONISAGE
- 243
- FILS CARBONISÉS FILS GAZÉS
- perte A l’étuve BONIFICATION perte A l’étuve BONIFICATION
- à 18,25 0/0 à 18,250/0
- 10.431 0/0 5.917 8 854 0/0 7.780
- 11.186 5.023 7.712 9.130
- 11.227 4.974 8.638 8 035
- 10.483 5.856 8.632 8.042
- 10.697 5.602 9.300 7.252
- 9.740 6.732 10.345 6.019
- 10.635 5 677 10.956 5.294
- 10.839 5.434
- 11.443 4.721
- 11.122 5 099
- 10.717 5 578
- 10.981 5.265
- 10 948 5.304
- 10.454 5.890
- Carbonisage des tissus avec lisières de coton. — Il arrive souvent que l’on doive carboniser des pièces qui ont des lisières de coton. Le procédé qui est employé généralement consiste à imprégner d’acide toutes les parties qu’il faut carboniser, en préservant les lisières. Or il est assez difficile avec le procédé d’imprégnation à la continue de réserver ces lisières. C’est pourquoi le procédé le plus suivi consiste à neutraliser celles-ci après l’imprégnation.
- On y arrive en faisant tomber sur les lisières avant l’entrée dans la carboniseuse une solution alcaline quelconque. On emploie souvent l’ammoniaque. L’ammoniaque, grâce à sa volatilité, neutralise complètement l’acide; mais elle produit la neutralisation d’une bande irrégulière plus ou moins large, et en même temps elle est d’un emploi désagréable pour les ouvriers, à cause de ses émanations. D’un autre côté, il arrive très souvent que les pièces ainsi traitées en écru ne se teignent pas d’une manière uniforme, d’où la nécessité de teindre avant l'épaillage et d’employer par conséquent des teintures qui résistent à cette opération.
- On préconise aussi, pour obtenir le même résultat, l’emploi de silicate de soude à 10° B. Mais il est évident que celui-ci présente des inconvénients. Il y a formation de silice qu’il est ensuite très difficile d’éliminer. On utilise aussi la soude. Tous ces agents présentent le même inconvénient de produire une auréole. Il serait peut-être plus rationnel d’employer un mélange de soude et d'acétate de soude qu’on rendrait légèrement visqueux par addition de gomme ou de dextrine et qu'on pourrait appliquer par une sorte de petit foulard dont la largeur serait un peu supérieure à celle de la lisière ^fig. 107).
- p.2x243 - vue 274/478
-
-
-
- t9
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- L’avantage de celte préparation, c'est que la laine serait encore à
- réaction
- acide (mais acide organique), et les difficultés de teinture seraient probablement amoindries.
- Comme l’emploi des lisières coton a pour but principalement de réserver des lisières en teinture, il serait facile de généraliser l'emploi qui a été fait de fil d’amiante, comme pour la broderie. On aurait ainsi des éloffes qui résisteraient à l’épailiage sans qu'aucune précaution soit nécessaire.
- Fig. 107. — Foulard à réserver les lisières.
- Mode opératoire. — Le carbonisage.des tissus de laine se fait généralement à l’acide sulfurique ou à l’acide pour épaillage. Comme nous l’avons expliqué, cet épaillage s’exécute après une épuration plus ou moins complète,
- mais en tout cas après le désencollage et un humectage complet de l’étoffe, précaution indispensable pour que celle-ci s’imprègne uniformément. Puis les avis sont partagés pour déterminer s’il faut dégraisser avant ou après le carbonisage ; il est évident que le procédé le plus rationnel est de dégraisser complètement l'étoffe. On est ainsi certain que les huiles d’ensimage ne pourront pas faire réserve, les bains d’épaillage ne se chargeront pas de matières étrangères, et leur composition restera uniforme. On constate en effet, comme nous l’avons dit, que si on emploie l'acide d’épaillage (SOH2, HCI, ZnO), les proportions qui existent entre les différents éléments ne persistent pas. Mais on n’a pas déterminé si c’est la laine qui tire les substances du bain d’épaillage ou s’il s’agit d’une neutralisation.
- Selon le genre d’article et le traitement à faire subir au tissu, on choisit de même le moment le plus convenable pour faire le carbonisage. Pour les tissus à traitement ras, c’est après la préparation : car tous les fils sont fixés à leur place, et rien ne gêne au point de vue de l'attaque des pailles. Pour les tissus foulés, il vautmieux faire le carbonisage avant le foulage ; car les pailles et gratterons se trouvent plus aisément perceptibles; ils sont emprisonnés moins solidement et leur destruction est plus facile. Le reproche qu’on attribue quelquefois à cette façon de procéder, c’est que la laine carbonisée peut perdre en partie ses propriétés feutrantes.
- Quoi qu’il en soit, la pièce préparée pour le carbonisage, il faut l’imprégner régulièrement d’un bain de composition uniforme si on veut un résultat régulier, ou bien il faut corriger le bain pour maintenir cette constance. Le plus simple serait donc de se'cher avant carbonisage, mais, par raison d’économie, le plus souvent on se contente d’essorer à fond.
- Le bain d’épaillage est ordinairement un bain d’acide sulfurique
- p.2x244 - vue 275/478
-
-
-
- CARBONISAGE
- 19 ce
- marquant 4 à 6° B. (poids spécifique 1,029 à 1,045). L’imprégnation se fait soit en boyau dans une laveuse, soit au large. Si on opère au large, on a soin de donner une course assez longue pour que tous les filaments soient bien humectés, et on ferait même bien de prendre la précaution de foularder deux fois successivement, surtout s'il s’agit de drap ou de tissus lourds.
- Le brevet français 407.273 de R. Jahr (fig. 108) (1910, p. 320) a été pris précisément pour avoir une imprégnation parfaite, au large, des tissus épais. Le tissu passe dans deux cuves à acides 1 et 2 et peut revenir vers le premier bac si l'imprégnation n’est pas suffisante, l'arbre moteur pouvant tourner dans les deux sens, grâce à une courroie droite croisée.
- g
- Fig. 108. — Appareil à acideret à carboniser de R. Yahr.
- 5 et 6 sont deux appareils plieurs; 7 et 8 deux rouleaux de traction et de guide, reliés à la commande et dont les dispositifs d’arrêt sont déclanchés. au moment de la marche arrière du tissu.
- 9 et 10 sont deux roues à augets qui projettent le liquide acidulé sur les plis del’étoffe au moment où celle-ci pénètre dans les cuves; 11 et 12 sont deux paires de rouleaux, 11 servant au transport du tissu dans les cuves, 12 servant à retirer le tissu et à l’exprimer. L’étoffe est ensuite conduite dans le four à carboniser 14 en passant au-dessus du sécheur par aspiration 13.
- On voit donc qu’il y a des précautions à prendre pour l’imprégnation, et c'est pourquoi on la fait souvent en boyau à la laveuse. La pièce tournant un temps qu’on peut prolonger autant qu’il sera utile on peut être ainsi certain que les phénomènes de diffusion sont complets et que le bain absorbé est d’une composition constante. On abat alors la pièce et on fait passer entre des rouleaux exprimeurs qui font retourner dans le bac l’excédant de bain ; souvent on déplisse les boyaux dans une détor-dense et on essore dans des essoreuses spéciales pour acide sulfurique. Le panier de la turbine est plombé ou en caoutchouc durci afin d’être complètement inattaquable parle vitriol ou l’acide chlorhydrique.
- Malgré le passage à la turbine et un essorage parfait, le tissu n’est pas
- p.2x245 - vue 276/478
-
-
-
- 246
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- imprégné uniformément. Et si après l’essorage on se contente, comme on le fait souvent, de liser au large et d’engager dans la carboniseuse, on risque fort d’avoir des tissus mal unis, marbrés ou zébrés, tout simplement parce que la distribution de l’acide n’est pas régulière.
- Aussi, dans les meilleures installations, après avoir foulardé en boyau et essoré, on recommence l'imprégnation au large dans un foulard. La première opération servait à humecter le fil uniformément, la deuxième sert à répartir l’acide régulièrement.
- Fig. 109. — Machine à carboniser pour tissus et feutre, avec chambre séparée de chauffage.
- L’appareil à essorer au large devra bien entendu travailler régulièrement. Autrement dit, il faut surveiller sa construction, le parallélisme des axes et le centrage des roules. Or, il est toujours difficile avec des roules en bois d’atteindre ce résultat d’une manière parfaite. Un grand perfectionnement consiste à employer les rouleaux garnis de caoutchouc, de même qu’on a préconisé dans ces derniers temps les suceuses à vide.
- Lorsque l'essorage au large est terminé, le tissu pénètre dans la carboniseuse proprement dite. Souvent le séchage se fait sur des mani-ques et, pour éviter que la température ne s’élève trop, on alimente les cylindres de la manique avec de la vapeur détendue. Le séchage à la manique présente des inconvénients. Le métal est attaqué plus ou moins et peut donner des taches; d’un autre côté la transmission du calorique ne se fait pas régulièrement dans l’épaisseur du tissu, puisque celui-ci n’est pas régulier. Aussi, dans la plupart des installations, on utilise un hot-flue (fig. 109). Dans la machine Dehaitre, par exemple, la carboniseuse est munie d’un changement de vitesse pour régler la course selon le poids du tissu. La chambre est divisée en deux grands compar-
- p.2x246 - vue 277/478
-
-
-
- CARBONISAGE
- 217
- timents : l'un sert pour le séchage : l’air aspiré du dehors, refoulé sur un réchauffeur tubulaire, circule autour de la pièce puis est écarté par la cheminée. Le débit et la surface de chauffe sont réglés pour que les pièces soient complètement sèches à la sortie de cette première chambre.
- Les tissus pénètrent alors dans la deuxième chambre où se fait le carbonisage ; dans cette chambre le ventilateur aspire l'air chaud, le refoule dans le réchauffeur tubulaire, puis de nouveau dans la chambre à carboniser. De telle sorte que c’est toujours le même gaz qui suit le même trajet; par suite la température peut s’élever davantage, elle a tendance à devenir égale à celle de la vapeur.
- A. la sortie de la machine, les tissus sont faudés en plis encore chauds. Nous avons dit précédemment que c’est à ce moment que l’on devrait broyer les pailles carbonisées, et que même la broyeuse devrait faire suite à la carboniseuse ou tout au moins être chauffée. Cela n’existe généralement pas ainsi. Les tissus sortant de la carboniseuse sont laissés plus ou moins longtemps avant d’être envoyés à la broyeuse, et c’est là certainement une nouvelle source d’accidents.
- Le broyage des pièces épaillées se fait le plus souvent dans un foulon à cylindres en fonte où on fait tourner pendant quinze à vingt minutes, après quoi on procède au désacidulage à la laveuse avec de l’eau légèrement alcaline par la soude, puis à l’eau pure. On continue ensuite le traitement selon le résultat qu'on veut obtenir.
- Ainsi que nous l’avons expliqué, la plupart des défauts produits dans l’épaillage chimique proviennent d’une imprégnation irrégulière ou d’un séchage irrégulier. Aussi toutes les précautions doivent-elles être prises pour avoir cette uniformité, aucun moyen ne doit être négligé, et celui qui donne encore les meilleurs résultats est l’essorage du tissu au large avec des rouleaux de caoutchouc. Le moindre défaut,dans l’installation, un nœud dans une roule en bois, par exemple, suffit pour provoquer des accidents. Un rouleau fendu ou présentant des cavités, laisse évidemment sur l’étoffe des traces plus chargées du liquide d’épaillage, traces qui deviendront plus foncées à la teinture — un rouleau mal centré, ou dont la surface ne soit pas tout à fait cylindrique, donnera de même des défauts. Aussi, même quand on emploie des rouleaux avec enveloppe de caoutchouc, faut-il les relever quand la machine arrête. Sans quoi ils s’ovalisent et produisent des imperfections dans le travail. Souvent, dans les usines, on prend la précaution de les repasser au tour pour plus de sécurité.
- Un autre inconvénient qui peut se produire, résulte de la formation de gouttes d’eau par la condensation de la vapeur sur les parois de la machine. Il peut arriver même que ces gouttes d’eau provoquent la •destruction complète du tissu, et on voit parfois le tissu épaillé sortir
- p.2x247 - vue 278/478
-
-
-
- 248
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- du four d’épaillage criblé de trous. Cet effet particulier s’explique par un effet de capillarité. La goutte d’eau qui tombe sur l’étoffe presque sèche, refoule le bain qui imprègne le tissu. Il se forme une auréole qui apparaît en plus foncé, ce qui indique une altération plus profonde et qui suffit quelquefois pour réduire le textile en poussière.
- Le séchage doit aussi être surveillé ; il faut absolument que le liquide s’évapore régulièrement. Or cela peut ne pas se produire sur les appareils à chauffage par contact, comme les maniques, et c’est la circulation de l’air chaud qui donne les meilleurs résultats.
- Il arrive très souvent que des industriels rencontrent les plus grandes difficultés pour obtenir un épaillage régulier. On ne peut que rarement constater si la pièce est bien chargée uniformément du produit chimique qui agit comme épaillant. On pourrait cependant souvent suivre le travail d’une manière plus complète, si on prenait la précaution, par exemple, de colorer le bain d’épaillage. 11 suffirait, par exemple pour les pièces destinées à être teintes en noir ou en nuances foncées, de colorer le bain avec du carmin d’indigo, et chaque fois que le tissu sortira de l’épaillage avec des zébrures, des barres ou des défauts d’unisson quelconque, on pourra se rendre compte de l’endroit où ces irrégularités se sont produites. Évidemment les taches se déforment pendant la course du tissu, le liquide subit des déplacements qui dépendent de la vitesse et de la trajectoire parcourue; mais on aura des indices suffisants pour apporter promptement le remède à une situation souvent très onéreuse.
- Sécheuse carboniseuse à tournettes pour draperie légère {fig. 110). — Nous prendrons comme exemple de machine, la sécheuse carboniseuse à tournettes de Dehaître.
- La carboniseuse se compose d’abord d'unfoulardd'épaillage chimique comprenant une cuve en bois doublée de plomb avec soudure autogène, munie de cinq rouleaux de détour en pichtpin, montés sur axes en bronze phosphoreux spécial résistant aux acides. Ces axes sont disposés sur des châssis en bois avec coussinets en bronze phosphoreux également.
- A l’avant du bac, se trouve un dispositif d’embarrage ; à la sortie, une barre déplisseuse en bronze à filets divergents, se trouve en face d’un exprimeur à deux rouleaux en fonte de 0,400 de diamètre, dont l’inférieur est garni d’une chemise en bronze phosphoreux de 12 millimètres d’épaisseur, et le supérieur, d’une chemise de caoutchouc spécial de 12 millimètres. Ces deux rouleaux sont montés sur une paire de bâtis en fonte avec forte pression par leviers et contrepoids. En cas d'arrêt, une vis de relevage permet d’isoler les deux rouleaux. La commande du foulard, qui s’exerce sur le rouleau inférieur, est relié au mouvement
- p.2x248 - vue 279/478
-
-
-
- CARBONISAGE
- es wr G
- de la sécheuse, pour que la longueur du tissu foulardé corresponde exactement au débit de la sécheuse.
- La sécheuse est divisée en deux compartiments indépendants : le premier servant au séchage de l’étoffe, le second au carbonisage proprement dit. L’appareil est disposé pour carboniser 500 mètres de tissu, en lm,60 de largeur pesant environ 400 grammes au mètre. — Le système de chauffage doit donc être suffisant pour évaporer 100 kilo-
- i L
- |
- I !
- H
- & t
- 5 s
- Fig. 110
- Sécheuse carboniseuse à tourneltes pour draperie légère de F. Dehaître.
- Poulie db commandé z 25 tours
- grammes d’eau à l’heure, en supposant que l’essorage laisse dans le tissu environ 50 0/0 de son poids d'humidité.
- La machine se compose d’une carcasse métallique de 61,30 de hauteur, 6m,50 de longueur et 2,10 de largeur. Cette carcasse est construite en fer à U, de façon à pouvoir être close par une maçonnerie en briques sur les quatre faces et au plafond. Des portes vitrées au nombre de cinq sont disposées sur le bâti, afin de pouvoir pénétrer dans l’intérieur de la machine.
- Le premier compartiment destiné au séchage est muni de deux cloisons en tôle formant trois chambres distinctes, dans lesquelles le tissu
- p.2x249 - vue 280/478
-
-
-
- tÔ OG O
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- voyage en sens invers du courant d’air qu’on y insuffle. A la partie supérieure et à la partie inférieure se trouvent dix tournettes en tôle, avec fonds en fonte et arbre en fer de {,80 de longueur sur O1”,180 de diamètre.
- Le second compartiment est destiné au carbonisage proprement dit, •et on y fait circuler constamment le même air (pii est appelé par un ventilateur et refoulé après être passé dans un réchauffeur tubulaire. Ce compartiment n'est plus divisé qu’en deux chambres et est muni de huit tournettes inférieures et de sept tournettes supérieures disposées comme les précédentes.
- Toutes ces tournettes sont supportées par des paliers extérieurs qui permettent le graissage sans craindre de lâcher l'étoffe. Pour qu’elles appellent le tissu exactement de la même façon, elles sont commandées par le même arbre avec des engrenages coniques. Les tournettes supérieures et les tournettes inférieures sont reliées par un arbre vertical, qui leur donne la même vitesse angulaire.
- Des rouleaux de détour assurent la circulation de l’étoffe.
- A l’entrée de la sécheuse se trouve un embarrage et une barre élar-gisseuse; à la sortie, un mouvement de plieuse. —La commande générale de la machine se fait par mouvement progressif avec débrayage instantané et renvoi par cône, commandant le foulard exprimeur.
- Pour le chauffage on utilise deux appareils tubulaires. — Le premier, destiné à chauffer l’air de la sécheuse, est d’une surface de chauffe de 80 mètres carrés pour de la vapeur à 7 kilogrammes; le second utilisé pour la chambre de carbonisage à 40 mètres carrés de surface de chauffe.
- Installation d'un épaillage chimique par séchage à la hot flue et à la manique. — Un autre dispositif qui permet d'obtenir de bons résultats est celui de la figure lit.
- Le tissu dégraissé est imprégné dans le bain d’acide par un passage en boyau dans une laveuse où il circule onze fois, etreçoit à chaque passage l’action des 2 rouleaux presseurs. A la sortie du bac de laveuse, le boyau arrive dans un squeezer disposé pour recueillir le bain d’épail-lage exprimé. Le tissu tombe alors dans un bac, où il s’accumule pour éviter des efforts de traction dans le cas où les diverses machines ne marcheraient pas exactement à la même vitesse.
- L’étoffe est appelée dans une déplisseuse, puis dans un foulard à imprégner au large qui donne une distribution tout à fait régulière du liquide acide. Le séchage préalable se fait dans une hot (lue divisée en deux compartiments, et le tissu sec se carbonise finalement sur une manique verticale.
- p.2x250 - vue 281/478
-
-
-
- 3 b # # :
- I # B
- 4
- s s
- Transmission principale 45 tours par min
- /
- /
- /
- i\ /
- #
- / /
- / /
- 7
- HE
- / /
- Fig. 111. — Épaillage chimique par séchage à la hot-flue et à la manique.
- CARBONISAGE
- p.2x251 - vue 282/478
-
-
-
- L9
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- Épaillage des tissus teints. — On peut aussi procéder à l’épail-lage chimique après teinture; on évite ainsi tous les accidents que nous avons signalés, mais il faul alors employer des colorants grands teints, et ceci n'est possible que dans quelques circonstances, car alors le prix de façon augmente considérablement. D’ailleurs la teinture aux aliza-rines ne peut s’appliquer qu'à des tissus d'une solidité suffisante, dont le poids au mètre soit déjà assez fort. Car le fixage du colorant se fait par deux opérations, le mordançage et la teinture, et des tissus délicats ne peuvent supporter facilement le bouillon prolongé qu'il faut ainsi appliquer. D’un autre côté l’échantillonnage devient plus délicat ; aussi,dans notre région, ne procède-t-on de celte façon pour la robe que quand on ne peut faire autrement.
- Incinéralion des tissus. — Le procédé d’épaillage chimique provoque la destruction non seulement des pailles et des chardons, mais de toutes les substances végétales indistinctement. De sorte que, dans certains cas on produit des effets spéciaux en intercalant en fabrication des fils de coton qu’on fait disparaître par l’épaillage qu’on désigne alors sous le nom d'incinération.
- Le procédé d’incinération est fréquemment utilisé pour des articles en mohair. On peut ainsi employer en fabrication un fil retors colon et mohair assez solide pour résister aux efforts du métier à tisser. Après incinération, on obtient une étoffe d’une grande légèreté qu'il ne serait pas possible de produire directement.
- FABRICATION DE LA LAINE RENAISSANCE
- Épaillage au gaz acide chlorhydrique. — Un autre procédé d’épaillage fréquemment utilisé est l’épaillage au gaz acide chlorhydrique. Il est à peu près exclusivement employé pour la fabrication des laines renaissances ou pour l’échardonnage chimique des laines brutes. Comme ce procédé pourrait également avoir beaucoup d’intérêt pour l’épaillage des étoffes, nous donnerons la description des machines employées pour la laine effilochée [fabrication IL Schirp (Barmen. U.)].
- Effilochage. — Les chiffons triés selon leur qualité sont d’abord effilochés. Pour obtenir de meilleurs résultats, les chiffons sont ensimés à l’aide d’un mélange d’eau et d'oléine.
- Les chiffons ensimés sont étalés sur une toile sans fin qui les conduit à un tambour batteur ^fig. 112). La vitesse de la toile sans fin peut être
- p.2x252 - vue 283/478
-
-
-
- CARBONISAGE
- 19 c
- modifiée à l’aide de trains d’engrenage. Les chiffons passent entre deux cylindres alimenleurs cannelés, dont le supérieur est pressé par levier et contrepoids; de sorte que les chiffons sont maintenus et ne sont déchirés que peu à peu.
- Le tambour a 0",530 de diamètre (sans les pointes) et une largeur de 0m,435 ; il fait 909 à 1.000 révolutions par minute. La forceabsorbée par la machine est de 5 à 6 HP. Elle produit 200 kilogrammes à 400 kilogrammes de chiffons par heure. Les flocons qui se forment étant entraînés par la force centrifuge, il y a séparation avec des parties de chiffons qui ont échappé à l’effilochage.
- Fig. 112. — Effilocheuse pour chiffons de drap, thibet, flanelle, etc.
- La laine effilochée est ensuite dégraissée et lavée dans une laveuse quelconque (fig. 113) ou dans un léviathan, après quoi on procède à l’épaillage proprement dit.
- Les déchets de laine sont placés dans un tambour rotatif dans lequel on effectue tout d’abord la dessiccation,puis on procède au carbonisage proprement dit,qui s’obtient simplement en faisant arriver du gaz acide chlorhydrique à haute température. Le gaz acide peut être obtenu par l'action de l’acide sulfurique sur le sel marin ; mais le plus souvent on procède à la vaporisation de l’acide muriatique du commerce dans un récipient en fonte ou retorte placé dans un foyer. Onaadoplé différentes formes de l'appareil à carboniser, car on éprouve des difficultés pour avoir un joint parfait entre la retorte et le tambour, ce qui donne lieu à des dégagements de vapeurs d’acidesqui rendent le travail désagréable.
- p.2x253 - vue 284/478
-
-
-
- 234 PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- D’un autre côté, le récipient en fonte placé au-dessus d’un foyer et recevant l’acide muriatique toujours au même endroit se détériore rapidement, d’où des réparations coûteuses qu’on a cherché à éviter par différents artifices.
- Fig. 113. — Machine à laver à deux râteaux avec double fond.
- On a commencé par employer une retorte avec une pièce de rechange dans le fond. Celle pièce reçoit l’acide, elle est au-dessus du foyer; c’est elle qui se détériore le plus vite. On peut la remplacer en conservant le reste de la machine.
- Fig. 114. — Tambour à carboniser avec retorte fixe et pièce de rechange.
- Retorte fixe avec pièce de rechange [flg. 114). — La retorte B en fonte d’une qualité supérieure est complètement entourée par le feu.
- L’acide muriatique tombe goutte à goutte du réservoir en grès V par l'entonnoir t sur le fond de la retorte et juste sur la pièce à rechanger c.
- p.2x254 - vue 285/478
-
-
-
- CARBONISAGE
- 0 205 G'I
- Cette pièce c peut être aisément remplacée en quelques minutes. La retorle souffre beaucoup moins et peut rester en service bien plus longtemps, jusqu’à un an.
- La retorte peut être remplacée en quelques heures.
- Le gaz acide chlorhydrique se rend dans le tambour par le tuyau li. L’anneau de féglage u presse la couronne de caoutchouc s sur la couronne de grès qui est visée à l’arbre du tambour i. Cet anneau de grès tourne avec l’arbre de façon à ce que le joint soit bien étanche. Le tuyau h peut être facilement enlevé et remplacé quand il est rongé par l’acide.
- Retorte tournante. — Malgré cet artifice, il y avait encore des réparations fréquentes, et les joints n’étaientpas étanches, d’où l’idéed’em-ployer une retorte participant au mouvement du tambour (fig. 115). De cette façon, le joint est supprimé et tous les points de la surface de la retorte sont soumis à une action identique. Par conséquent l’usure se trouvant distribuée sur toute la circonférence de la retorte, celle-ci pouvait faire un plus long usage. C’est ainsi que ces relortes tournantes peuvent être employées un an et demi à deux ans contre environ un an pour la retorte fixe. D’un autre côté il est bien plus facile de changer de retorte, puisqu'il suffit d’enlever quelques boulons.
- yante 11te
- 1aX
- Fig. 113. — Tambour à carboniser avec retorte rotative et deux foyers.
- Tambour à carboniser avec retorte rotative et deux loyers (fig. 115). — La retorte rotative B est fixée à l’axe creux i du tambour rotatif A et tourne avec celui-ci avec une vitesse de 2 1/2 à 3 tours à la minute. Sous la retorte se trouve le foyer d; la retorte se trouve ainsi chauffée sur toute sa surface, et par suite elle est attaquée
- uniformément. Les gaz du foyer d se rendent directement à la cheminée.
- L’arrivée de l’acide muriatique se fait par un puiseur g à fermeture
- p.2x255 - vue 286/478
-
-
-
- 256 PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES automatique qui est entraîné par la retorte. Par son mouvement de rotation, le puiseur g se garnit d'une petite quantité d’acide qui tombe dans la retorte et s’évapore quand le puiseur se relève. La fermeture automatique du puiseur empêche toute émanation de gaz; ceux-ci se rendent intégralement dans le tambour à carboniser A, d’où une économie considérable d’acide.
- Le tambour pentagonal A est mis en mouvement à l’aide d’une courroie; le mouvement de rotation) n’exige qu’une dépense de un demi à un cheval. Le tambour est garni intérieurement de crochets qui empêchent la formation de pelotes. Les parois sont perforées près de q, afin que les poussières puissent lomber dans une fosse L,qui n’est pas en contact avec le feu et peut être vidée facilement. Les gaz usés et la vapeur d’eau provenant de l’acide muriatique (l’acide muriatique renferme 22 0/0 d'HCl et 78 0/0 d’eau) s’échappent également par ces trous dans la maçonnerie qui entoure le tambour et sont évacués par un canal souterrain dans la cheminée.
- Le tambour est chauffé par un second foyer qui envoie les gaz brûlés dans une tuyauterie en fonte, afin que la suie ne vienne en contact ni avec le tambour ni avec les chiffons. Le tambour possède une porte de chargement qu’on amène devant une ouverture pratiquée dans la maçonnerie et fermée elle-même par une seconde porte. On procède alors au remplissage ou à la vidange de l’appareil.
- On charge l'appareil de 300 à 900 kilogrammes de chiffons. On commence par sécher la marchandise, séchage qui est accéléré par le tuyau O, mis en communication avec la cheminée qui sert d’aspirateur. Le séchage dure une heure à une heure et demie. C’est après le séchage qu'on fait arriver l’acide dans la retorte pour opérer le carbonisage, qui dure de une heure à une heure un quart. On voit donc que l’opération complète demande deux à trois heures, selon la proportion d’humidité contenue dans les chiffons.
- Les frais de carbonisage s’établissent comme suit :
- POUR 1.000 A 2.000 KILOGRAMMES DE CHIFFONS EN 12 HEURES
- Main-d’œuvre (2 ouvriers desservant en même temps la
- batteuse)..................................................... 76,50
- 150 kilogrammes de charbon de première qualité................ 2 ,75
- 70 à 75 litres d’acide muriatique 21-22° B.................... 4 ,00
- 1/2 à 1 cheval de force....................................... 1 ,25
- Amortis1 de l’appareil en 10 ans = 3.000 jours (10.000f). 3 ,35
- Réparations, huile,'etc.......................................... 1,15
- Coût pour 1.100 kilogrammes...... 206,00
- pour 100 — ...... lf,85
- p.2x256 - vue 287/478
-
-
-
- CARBONISAGE 257
- POUR 2.000 KILOGRAMMES DE CHIFFONS EN 12 HEURES
- Main-d’œuvre (2 ouvriers et 3mé desservant en même temps la batteuse)................................ 7,50
- 250 kilogrammes de charbon de première qualité............. 5 ,00
- 100 à 150 kilogrammes d’acide................................ 7 ,00
- 1/2 à 1 cheval de force...................................... 1 ,25
- Amortissement de l’installation (12.000f).................... 4 ,00
- Réparations, huile, etc...................................... 1 ,25
- 2.000 kilogrammes contre....... 266,00
- 100 — ............. lf,30
- L’encombrement de la machine est de 8 à 9 mètres de long, sur 6m,3 à 7,3 de large et 3m,3 à 4,30 de haut.
- Les canaux de chauffage sont souterrains, l’appareil est entièrement libre de tous les côtés.
- La poussière obtenue par le batteur se vend en moyenne à raison de 10,30 les 100 kilogrammes, ce qui couvre, pour les chiffons mi-laine, plus de la moitié des frais de carbonisage.
- Fig. 116. — Carboniseuse à un seul foyer.
- Tambour à retorte tournante, à parois perforées, avec un seul foyer (fig. 116). — Larétorte B fonctionne comme dansle cas précédent. L’avantage de la nouvelle disposition, c’est que le foyer qui chauffe la retorte chauffe également le tambour. Pour cela on dispose des tuyaux de chauffage qui se trouvent en avant et en arrière du tambour, en laissant le bas complètement libre, de sorte que les poussières qui tombent viennent peu en contact avec ces tuyaux.
- Les parois du tambour portent des perforations, par où s’échappent les poussières. Le remplissage et la vidange se font comme ci-dessus.
- On garnit de chiffons, puis on commence
- par effectuer le séchage préalable. Pour cela on conduit le feu dans le foyer d, jusqu’à ce que l’on arrive au feu de coke clair. Pendant cette préparation, les fumées sont conduites directement à la cheminée, en ayant soin d’ouvrir le registre de communication. On ferme alors ce registre et on fait fonctionner le ventilateur V. Celui-ci aspire les gaz par le tuyau O et les refoule dans les tuyaux p, puis par les tuyaux q et r dans ce tambour. Les gaz et l’humidité se dégagent finalement dans l’espace qui entoure le tambour et qui est enveloppé de maçonnerie, pour aboutir enfin à la cheminée par un canal souterrain. Quand
- APPRÊT DES TISSUS DE LAINE. 17
- p.2x257 - vue 288/478
-
-
-
- 238
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- le séchage est terminé, on peut, à l'aide d’un registre, envoyer directement les gaz dans la cheminée sans les faire passer dans le tambour. Le système de tuyaux de chauffage est suffisant pour que le carbonisage puisse s’opérer.
- On laisse alors couler goutte à goutte l’acide dans la relorte. Les poussières formées tombent sur le plancher z. Quand le carbonisage est terminé, on ouvre le registre .s, toute la fumée va dans la cheminée et l’appareil est débarrassé de ses vapeurs acides. On arrête le tambour; on le place dans la position convenable pour opérer la vidange, on débarrasse la chambre z de ses poussières, puis on vide l’appareil et on le regarnit pour recommencer.
- Dans tous les systèmes de carbonisage qui ont un foyer en dessous du tambour, de la marchandise tombe toujours quand on vide, ou quand on remplit, d’où production de fumée et de flammes dangereuses et qui, en tout cas, nuisent à la marchandise.
- Pour le service de l’appareil, il suffit de un à deux ouvriers, selon la grandeur du tambour; on ne consomme que 75 à 150 kilogrammes de coke avec dépense de force de 1 à 2 chevaux. Les réparations sont peu importantes et ne nécessitent qu’un arrêt de quelques heures par an.
- L’encombrement est de 7m,5 à 9 mètres de long, 6™,5 à 8 mètres de largeur et 3m,5 à 4m,5 de hauteur.
- On peut également carboniser à l'état humide, c’est-à-dire la marchandise qui a été préalablement mouillée à l’acide sulfurique, comme dans les machines suivantes.
- Tambour perforé pour carboniser à l’état humide (fg. 117). — Le tambour perforé B, qui se trouve dans la maçonnerie,
- Fig. 117. —
- Tambour perforé pour sécher et carboniser à l’état humide les déchets de chiffons.
- tourne lentement comme dans les installations précédentes, et les poussières de carbonisage tombent sur la tôle b, dans un espace ne contenant ni tuyaux^ ni foyer.
- Les marchandises à carboniser ont été trempées dans un bain d’acide
- p.2x258 - vue 289/478
-
-
-
- CARBONISAGE
- 19
- S
- sulfurique dilué à 3-7° B, puis essorées et introduites dans le tambour pour êtré séchées et carbonisés. Le nouveau dispositif consiste dans le procédé employé pour faire ce séchage et utiliser le calorique.
- On allume le foyer f et on laisse la combustion s’opérer tant que le coke brûle clair. Pendant ce temps les fumées sont envoyées directement à la cheminée par K en fermant le registre s. Dès que les fumées sont claires, on ouvre le registre a et on ferme le registre K; les deux ventilateurs v etv‘ aspirent l’air qui traverse le foyer, en laissant le registre s plus ou moins ouvert, les gaz brûlants passent ensuite dans la chambre
- à poussières 1, puis en 1. Dans la chambre 1 se trouvent deux tuyaux, communiquant aux ventilateurs vel v,. Le ventilateur v refoule les gaz brûlés par le côté q, et le ventilateur v, par le côté de sorte que le tambour est traversé par deux courants d’air chaud opposés.
- Le tuyau y, est disposé pour pouvoir être facilement enlevé en vue de prendre des échantillons sans arrêter le tambour. Au lieu de deux ventilateurs v et on peut n’en disposer qu’un seul fournissant son courant dans un tube débouchant des deux côtés du tambour (fig. 118). L’air chaud qui a traversé la mar. (—) chandise se rend à la cheminée par le canal souterrain r. (L J)
- On peut d’ailleurs régler la température de l'air refoulé Fr , dans le système en ouvrant le registre a plus ou moins et ouvrant en même temps plus ou moins la porte t. On peut ainsi arriver à régler la température de 175° et plus à la température ambiante.
- Quand le séchage ou le carbonisage ont été effectués, on ferme le registre a et on ouvre la porte t, pour amener de l’air froid à travers la
- marchandise. Quand le refroidissement est suffisant, on ouvre la porte de la maçonnerie et on amène la porte du tambour en face. Avant d’ouvrir la porte du tambour perforé, on enlève la poussière qui se trouve sur le sol b, puis on vide et on remplit de nouveau l’appareil sans que les ouvriers soient incommodés par la poussière ou par la chaleur.
- Encombrement............... 7m,50 à 9 mètres de long
- 6m,50 à 8 mètres de large
- 3 mètres à 4 mètres de hauteur
- Force motrice.............. 1 à 2 HP Main-d'œuvre............... 2 ouvriers Consommation de coke....... 75 à 150 kilogr. par journée de 12 heures
- Les ventilateurs refoulent 140 à 250 mètres cubes d’air par minute; suivant la grandeur du tambour, on sèche en trois quarts d’heure à une heure un quart 150 à 750 kilogrammes de déchets ; et on peut carboniser 150 à 750 kilogrammes de chiffons en une heure trois quarts.
- p.2x259 - vue 290/478
-
-
-
- 260
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- Appareil H. Schirp pour sécher et carboniser les chiffons (fig. 119). — Enfin voici une dernière forme d’installation où le carbonisage se fait dans une sorte de séchoir. Un dispositif particulier permet de faire traverser la matière par de l’air chaud, soit de haut en bas, soit de bas en haut.
- Pour travailler de bas en haut, ouvrir S,, S,,S,et fermer 82, S2, S,. Les gaz du foyer passent dans une chambre à poussière v.
- S3
- r
- S3
- S4
- Fio. 119. — Appareil Schirp pour sécher et carboniser les chifons.
- Si on veut travailler de haut en bas, on ferme S,, S2, et on ouvre S3 et S,.
- On peut aussi employer de l’air échauffé indirectement. Pour cela on ferme S, ; les gaz chauds circulent alors autour des tuyaux c pour se rendre à la cheminée K. Les tuyaux sont traversés par de l’air frais en ouvrant le registre s.
- Une autre disposition de la carboniseuse est donnée par la fig. 120.
- Broyage des pailles. — Le broyage des pailles se. fait dans un shaker (fig. 121), tambour dont les parois sont formées d’une forte toile métallique, et muni de crochets à l’intérieur. L’appareil est entouré de toutes parts par une cloison où une porte est réservée pour le remplissage et la vidange.
- Le chargement et le déchargement se font comme dans le tambour à carboniser, le mouvement de rotation étant un peu plus rapide. Les
- p.2x260 - vue 291/478
-
-
-
- lC lo-S S
- Fig. 120. — Carboniseuse à claies.
- p.2x261 - vue 292/478
-
-
-
- G co 61
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- poussières tombent sous le tambour sans se répandre dans l’atelier et peuvent être foulement enlevées.
- La marchandise carbonisée, entraînée lentement dans le tambour, se
- soulève pour retomber ensuite. Il en résulte que les fibres souffrent peu ;
- Fig. 121. — Machine à broyer les pailles des chiffons carbonisés dite Shaker.
- elles conservent leur longueur naturelle sans se déchirer. Les morceaux de chiffons ne se mélangent pas aux fils, ce qui facilite le triage.
- On construit le tambour pour recevoir des charges de 250, 350, 500 kilogrammes de chiffons carbonisés. Le remplissage et la vidange ne demandent qu'envi-ron quinze minutes, et au bout de trente à quarante minutes, les chiffons sont bien nettoyés et prêts à être lavés.
- L’encombrement nécessaire est de 5,n,50 de
- longueur sur 4m,50 de largeur et 3 à 4 mètres de hauteur. La force motrice absorbée est de 1/2 à 1 cheval.
- Il est toujours recommandable de placer le shaker près du tambour à
- carboniser pour faciliter le travail.
- L’épaillage à l’acide chlorhydrique des tissus n’est pas utilisé, car on éprouve de grandes difficultés à construire des appareils étanches; mais il est probable qu’il pourrait être d’une grande utilité au point de vue unisson. On a constaté cependant que l’action du gaz est diflérente, suivant qu’il est sec ou humide.
- Il paraît agir plus brutalement quand il est humide ; si l’on épaille un tissu déjà teint, la couleur est altérée comme dans le procédé à l’acide sulfurique, mais plus énergiquement; lorsque le gaz est sec, les couleurs sont respectées. La laine absolument sèche est difficilement pénétrée par le gaz sec, et il y a une juste moyenne à observer pour l’effet le plus convenable.
- Epaillage par les sels métalliques. Tissus chimiqués. Broderies chimiques.— Jusqu'ici l’épaillage par les dissolutions
- p.2x262 - vue 293/478
-
-
-
- CARBONISAGE
- 263
- salines n’a jamais été mis en application que sur la laine en pièce ou sur la laine brute teinte. Dans ces derniers temps, on a utilisé ces mêmes sels pour la préparation des tissus dits chimiques.
- Il existe toute une série de sels qui peuvent être employés pourl’épail-lage et qui ont reçu plus ou moins d’applications selon les circonstances .
- Le chlorure d’aluminium elle phosphate acide de calcium en solutions à 6°B., le chlorure de magnésium à 10° B. épaillent à 115°.
- Le sulfate d’alumine, le sulfate de zinc, le chlorure de zinc peuvent épailler chimiquement; mais, pour exercer une action complète, il faudrait élever la température au point d’altérer la laine. C’est précisément parce que ces sels ont une action moins intense qu’on les désigne souvent sous le nom de sels pour épaillage blanc, parce que les matières végétales ne sont pas carbonisées, elles sont seulement rendues friables.
- Le grand avantage de celte méthode est d’éviter l’action brutale des acides employés directement. La nuance est mieux préservée, mais l’effet sur la paille est bien inférieur à celui obtenu parles deux méthodes précédentes. 11 est cependant suffisant si on a soin de battre la pièce à la sortie de la sécheuse. La matière végétale, étant incomplèlement détruite, se pulvérisera bien mieux si elle est parfaitement sèche. L’expérience prouve qu'une pièce passée dans la fouleuse à sec au sortir de la sécheuse et quand elle est encore chaude, se débarrasse de ses pailles en quinze à vingt minutes. Si l'on passe à la fouleuse une pièce semblable sortie de la sécheuse depuis une demi-journée, il faudra la faire tourner pendant trois à quatre heures au moins pour obtenir le même résultat.
- Le broyage terminé, ou procède au rinçage à l'eau acidulée (3 à 4 pour mille), afin de dissoudre facilement les sels basiques ou insolubles qui ont pu se former.
- Broderies chimiques (B.F., 399-329 : Casella et Cie, 1910, p. 157). — Les broderies chimiques sont obtenues d’après deux procédés: dans l’un, on brode dans un tissu de laine ou de soie qu’on détruit ensuite à l’aide d'une solution aqueuse, concentrée et bouillante de potasse ou de soude caustique, de sorte que la broderie est débarrassée de son fond. Ce procédé est coûteux et empêche l’emploi de tous les colorants qui, par l’action de cette solution bouillante de soude ou de potasse caustique, changent de ton et sont totalement ou partiellement démontés.
- Dans l’autre procédé, la broderie est faite sur tissu de coton imprégné préalablement d’acide sulfurique dilué ou d’une solution de chlorure d’aluminium et séché ensuite à la température ambiante. La broderie étant faite, le fond est détruit à une température de 80-90° si on a employé de l’acide sulfurique, ou à 140-130° si on a employé du chlorure d’aluminium. Ce procédé présente divers inconvénients. Il arrive que l’impré-
- p.2x263 - vue 294/478
-
-
-
- w} O G1
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- ------------
- ----------------
- gnation attaque le fond déjà avant ou pendant la broderie, et il en résulte des irrégularités dans le dessin. D’autre part, dans beaucoup de cas, le canevas n’est détruit qu’incomplètement et les débris noircis sont difficiles à éliminer et tachent les broderies. En outre les fils de la broderie même sont quelquefois attaqués et la nuance modifiée.
- En ajoutant au bain d’imprégnation une substance qui augmente la viscosité, on obtient ainsi une imprégnation plus uniforme, et son effet carbonisant ne se produit pas à froid, mais bien à chaud, sans toutefois s’étendre soit à la broderie elle-même, soit à la coloration de celle-ci. En raison de l’apprêt que cette substance donne au canevas, on peut employer des tissus plus légers, ce qui permet de réaliser une économie et d’autre part de faciliter la carbonisation.
- Pour augmenter la viscosité de la solution pour l’imprégnation, on peut employer particulièrement le glucose, en outre la dextrine, l'amidon et d’autres épaississants.
- Comme substance carbonisante, c’est le sulfate d’aluminium qui se recommande en premier lieu. En carbonisant la fibre, il ne la noircit pas, de sorte que les débris ne se voient presque pas. On peut du reste aussi employer le chlorure d’aluminium, de l’acide sulfurique et d’autres substances carbonisantes, soitseules, soit en mélange avec l’acide sulfurique.
- Exemple. — On dissout séparément 150 grammes de sulfate d’alumine et 250 grammes de glucose ; on mélange les deux solutions et on porte le tout à 1 litre. Suivant les cas, on peut employer des solutions ' plus ou moins fortes. Le tissu de coton préalablement débouilli au carbonate de soude est immergé pendant un quart d’heure dans le liquide carbonisant à une température ne dépassant pas 30° C. Il est ensuite exprimé légèrement et séché, tendu horizontalement, à 39°-40°. On peut aussi appliquer le liquide carbonisant à la brosse.
- La destruction du tissu après broderie est effectuée en le chauffant à l’étuve à 140o-150° C. La durée de cette opération dépend de la concentration du liquide carbonisant.
- p.2x264 - vue 295/478
-
-
-
- CHAPITRE XI
- PRÉPARATION DES TISSUS
- Maintenant que nous avons passé en revue les diverses opérations qui constituent le traitement mouillé des tissus ras et peignés, nous pouvons expliquer rapidement comment il s’opère.
- Ce traitement varie suivant les circonstances, selon le tissu et selon le type qu’il faut reproduire. Nous avons dit comment opère la fabrication. Elle fabrique un type et, suivant la destination du tissu, celui-ci devra être remis avec une armure plus ou moins nette et plus ou moins de brillant ou, au contraire, avec une apparence duveteuse et l’aspect plus ou moins mat. — Sur les indications du fabricant, l’apprê-teur a choisi un traitement particulier, et ce type a servi à prendre des commissions qu'il s’agit maintenant de reproduire aussi exactement que possible.
- Or, la reproduction du type, qui semble simple à priori, présente en réalité de grosses difficultés, qui nécessitent du contremaître de préparation une grande pratique, afin de pouvoir obvier aux particularités diverses qui se présentent. Il arrive souvent en effel que des pièces ayant subi une préparation donnée, quelques-unes aient pris une apparence différente, soit que les torsions des fils aient été légèrement différentes, soit parce que la réduction en chaîne ou en trame n’a pas été mathématiquement identique. Or, sur un lot de pièces ayant ainsi reçu un traitement déterminé, le fabricant choisit celle qui lui semble d’une apparence meilleure, et c’est elle qu’il donne comme référence pour un traitement particulier, alors qu’en réalité la majeure partie des autres tissus s’est comportée d’une manière différente. Et c’est précisément là une des grosses diflicultés que rencontre l’apprêteur.
- Quoi qu’il en soit, le contremaître de préparation, qui a un type à reproduire, en conclut le traitement qui lui permettra d’arriver à un résultat. Les dimensions du tissu écru et celles qui sont demandées en tissu teint sont pour lui aussi des indications sur le mode opératoire.
- p.2x265 - vue 296/478
-
-
-
- Fig. 122. — Installation générale des foulards et des parisiens pour le traitement humide de la robe.
- 266 PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- Si le type remis est à armure bien nette et si l’étoffe est brillante, il doit procéder à un fixage énergique et à un traitement complet au foulard, avec pression pendant l’enroulage. Ce traitement est suivi d’un passage ou de deux passages au parisien pour achever de fixer complètement l'armure. Avant et après le fixage, on a soin d’enlever complètement le duvet qui couvre les fils et qui nuirait à l’aspect du tissu, surtout qu’à la teinture, le duvet prend plus de colorant et que ce duvet étant susceptible de feutrer donnerait à la surface du tissu un aspect terne.
- Dans ce cas on donne le traitement complet qui s’effectue soit au foulard, soit au métier continu.
- Dans le traitement du foulard, on emploie souvent le dispositif suivant : (fig. 122).
- Les foulards sont disposés par deux groupes de cinq. Ceci permettra de se servir des dix foulards pour le traitement lisse, ou seulement d’une batterie de cinq s’il s’agit des genres mats.
- Ces bacs sont garnis de la manière suivante :
- Tissus à grain net et brillant.
- A. Griller l’endroit;
- B. Griller l’envers ;
- C. 1° Bain de soude à 40° pour le désencollage. Ecoulement constant ;
- 2° Bain de soude à 40°. Écoulement constant;
- 3° Bain de savon bouillant ;
- 4° Bain de savon bouillant;
- 3° Bain d'eau froide ;
- A la sortie du bac d’eau froide, le tissu est faudé en plis.
- 6° Bain de savon bouillant ;
- 7° Bain de soude pour rinçage sur le savon;
- 8° Eau bouillante;
- 9° Eau bouillante ;
- 10° Eau froide.
- Le tissu est faudé en plis.
- 1er parisien. — 5 bacs d’eau bouillante, 1 bac d’eau froide.
- Le tissu est faudé en plis.
- p.2x266 - vue 297/478
-
-
-
- PRÉPARATION DES TISSUS
- 267
- 2e parisien. — 5 bacs d’eau bouillante, 1 bac d’eau froide.
- Le tissu est faudé en plis.
- D. Séchage à la manique ;
- E. Grillage.
- Les pièces sortant du grillage sont cousues en paquets de deux ou trois pièces pour former des rubans de 100 mètres, puis on enroule sur le premier foulard en faisant reposer le roule de pression sur le roule de commande qui plonge dans le bac. L’enroulage dure environ quatre minutes lorsqu’il marche à une vitesse de 23 mètres à la minute environ. Le tissu enroulé, on enlève la pression et on engage le bout dans le deuxième foulard, et ainsi de suite. La composition des bains est identique à celle que nous avons donnée en signalant le traitement avant 1870. On garnit les foulards en soude et en savon après chaque passage de trois pièces.
- Dans le traitement en continu, on commence par enrouler sur un foulard double en bain tiède de soude, puis on laisse enroulé le plus longtemps possible, une demi-heure au moins. Dans ces conditions, les encollages se trouvent ramollis et leur dissolution se fait beaucoup plus rapidement. Le métier à dégraisser et à fixer à la coutume se compose d’une dizaine de bacs. Entre chaque bac se trouve un système exprimeur quelconque, soit deux roules avec pression à contrepoids, soit, comme dans le système Hannart, des suceuses à vide, ou encore des rouleaux de caoutchouc dont la pression élastique permet une expression complète. Les premiers bacs renferment la solution de dégraissage 1, les seconds bacs, le rinçage sur savon avec la solution 2, puis trois bacs de rinçages à l'eau. Viennent enfin trois ou quatre bacs renfermant de l’eau bouillante et le dernier renfermant de l’eau froide. Le tissu est faudé en plis à la sortie de la machine. Pour avoir un traitement plus complet, on peut mettre deux machines à la suite l’une de l’autre.
- Genre mat. — S’il s’agit au contraire d’un tissu duveteux à aspect mat, il faut fixer, pour empêcher les déplacements de fils de chaîne et de trame, les éraillures et les cassures.
- On ne donne pas de grillage, on passe tout de suite au traitement humide.
- On commence par effectuer le désencollage, un commencement de dégraissage et un commencement de fixage. Pour cela on passe le foulard dans quatre bacs.
- 1° Bain de soude ;
- 2° Bain de savon;
- 3° Bain de savon ;
- p.2x267 - vue 298/478
-
-
-
- 268 PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- 4° Bain d’eau froide.
- Le tissu ainsi fixé légèrement est alors dégraissé complètement à la laveuse. Selon la nuance à obtenir, on donnera un ou deux bacs, soit un bain de savon numéro 1, puis un bain de soude numéro 2 ou seulement un bain de soude numéro 3. Le dégraissage effectué, on abat dans des paniers, puis on lise deux fois au large pour éventer et pour redresser les lisières roulées. Ce lisage au large sert en même temps de visite, et tous les défauts qui peuvent exister sont signalés. Si l’apprêt est suffisant, on passe directement au dégorgeage, sinon on foule légèrement pour arriver à la laise. On commence par essorer, puis on entre dans le foulon, on arrose de savon et on foule le plus souvent pendant vingt minutes environ, car il ne s'agit que de serrer les fils et d'avoir un tissu plus compact. On reste environ 1 centimètre en dessus de la laise à obtenir en fini pour tenir compte des contractions qui se produisent en teinture.
- Le foulage terminé, on abat, lise au large comme précédemment, on mètre le tissu, puis on dégorge à fond dans la laveuse. On abat et on envoie au parisien pour finir le fixage. Après quoi, on essore et on passe à la teinture.
- Traitement ordinaire. — Le tissu est lisse, mais moins brillant que le genre précédent. Le traitement est identique au premier, sauf qu’il est moins énergique.
- 1. Grillage.
- Dégommage en soude.
- _ _ 2 savons.
- 2. Foulard, 5 bacs , , ,
- ) 1 soude. ( 1 eau froide.
- 3. Parisien.
- Traitement de cardé. — Les cardés doivent être carbonisés. On effectue le carbonisage après avoir désencollé les pièces. C’est dans ce cas que l’on rencontre quelquefois des difficultés considérables à la teinture. Aussi arrive-t-il que, pour arriver à des pièces bien unies, on fasse le carbonisage après la teinture en ayant soin d’employer des •couleurs solides au carbonisage. Le traitement est alors :
- Dégommage en laveuse eau à 30° C. ;
- Essorage ;
- Épaillage chimique ;
- Désacidage à la laveuse ;
- Dégraissage à la soude en laveuse ;
- Dégorgeage-;
- p.2x268 - vue 299/478
-
-
-
- PRÉPARATION DES TISSUS 269'
- Essorage ;
- Foulage au savon ;
- Désavonnage en eau de soude à la laveuse;
- Rinçage ;
- Essorage.
- On ne peut fixer au parisien parce que le tissu serait attendri.
- Popeline mohair. — Le mohair se cassure très facilement, et en même temps il ne peut être traité au foulard, parce qu’il moire rapidement. Le brillant est développé par le grillage à la plaque, et souvent on est forcé de procéder au carbonisage pour éliminer les filaments étrangers qui donneraient mauvaise apparence à l’étoffe.
- 1° Grillage au gaz ;
- 2° Parisien. Dégommage avec savon et alcali ;
- 3° Dégraissage au large à la laveuse ;
- 4° Parisien pour fixer ;
- 5° Sécher, griller au gaz
- 6° Grillage à la plaque, nombre de passes suffisant pour développer le brillant ;
- 7° Épaillage chimique ;
- 8° Désacidage. Essorage.
- Laine et coton. — On cherche dans les laine et coton à donner le toucher laine. Donc on a intérêt à produire un duvet de la trame. Souvent, avant toute opération, on donne quelques traits à la laineuse pour développer ce duvet.
- Pas de grillage.
- Fixage au foulard. Cinq bacs : dégommage. Deux bacs savon, un bac soude, un bac eau froide.
- Un bain à la laveuse.
- Pas de parisien.
- Cardé laine et coton. — Même traitement que pour cardé pure laine, sauf qu’on supprime l’épaillage.
- Exemples de quelques traitements. — Armure, noir mor-danté. — Grillage au gaz.
- Dégommage en soude et dégraissage au savon, au foulard.
- Rinçage.
- Dégraissage à la laveuse 2 0/0 savon, 2 0/0 soude.
- Dégorgeage en soude en laveuse.
- Rinçage en laveuse.
- p.2x269 - vue 300/478
-
-
-
- 270 PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- Passage au parisien.
- Séchage.
- Grillage au gaz.
- Sergé. — Dégommage en soude à 40° et dégraissage au foulard.
- Fixage au parisien.
- Tresse. — Dégommage et dégraissage au foulard parisien.
- Épaillage chimique.
- Désacidage en laveuse.
- Parisien.
- Cheviotte, noir mordanté.— Dégommage et dégraissage au foulard.
- Laveuse 2 0/0 savon, 2 0/0 soude.
- Passage en soude.
- Rinçage.
- Passage au parisien.
- Drap confection. — Dégommage et dégraissage au foulard.
- Dégraissage à la laveuse.
- Abattre sur savon et foulage.
- Désavonnage en soude.
- Lainage.
- Popeline. — Grillage au gaz.
- Dégommage au foulard avec soude.
- Rinçage.
- Pour nuances claires, on donne encore:
- Dégraissage en savon 2 0/0.
- Dégorgeage en soude.
- Fixage au parisien.
- Popeline mohair. — Grillage au gaz.
- Dégommage à 40.
- Dégraissage en savon et passage en soude en laveuse au large.
- Rinçage.
- Fixage au parisien.
- Satin peigné. — Dégommage au foulard.
- Dégraissage en savon à la laveuse.
- Passage au parisien.
- Séchage.
- Grillage au gaz.
- Satin cardé non foulé. — Dégommage à la laveuse.
- Essorage.
- p.2x270 - vue 301/478
-
-
-
- PRÉPARATION DES TISSUS
- 271
- Epaillage chimique 10° B.
- Désacidage.
- Dégraissage avec 4 0/0 de soude.
- Rinçage.
- Passage au parisien.
- Satin cardé foulé. -— Foulon après dégraissage.
- Passage au parisien ensuite.
- Le traitement varie bien entendu selon les circonstances. On ne peut pas donner de règles fixes. Voici cependant la série d’opérations qui sont données le plus souvent pour les différents genres de tissus.
- Traitement 1. — 1° Grillage ;
- 2° Foulard, 5 bacs ;
- 3° Parisien ;
- 4° Dégraissage en boyaux pour nuances claires; 3 bains : savon, carbonate de soude et rinçage pour foncés, 2 bains ;
- Rincer, abattre, turbiner.
- 5° Parisien ;
- 6° Turbiner à fond;
- 7° Manique;
- 8° Teinture.
- Pour noirs et foncés, on supprime souvent le dégraissage en torse, et on passe de 3 à 5.
- Ce traitement s’applique aux articles suivants :
- Armure royale. — Pas de pression pour ne pas écraser le grain.
- Cachemire. — Pas de pression ni d’allonge au foulard.
- Chevron ordinaire. — Pas de pression au foulard, allonger au parisien.
- Coating. — Pas de pression au foulard.
- Drap de Paris. — Allonger au parisien.
- Diagonale. — Pas allongerai! parisien.
- Natté ordinaire.
- Ottoman {peigné}. — Pas allonger au parisien.
- Popeline.
- Etamine. — Pas de pression et pas de tension au foulard.
- Granité. — Allonger au parisien.
- Mérinos ordinaire. — Pas allonger.
- Sergé ordinaire. — Allonger au parisien.
- Tresse anglaise^
- Articles laine et coton. — Pas griller.
- Popeline laine et coton. — Pas griller.
- Jacquart laine et coton. — Pas griller.
- p.2x271 - vue 302/478
-
-
-
- 272 PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- Toile laine et coton. — Pas griller.
- Cheviot ordinaire.
- Casimir ordinaire. — Allonger à la manique.
- Traitement 2pour brillant. — 1° Grillage.
- 2° Foulard, 4 bacs eau bouillante, 1 bac eau froide, pression pour brillant ;
- 3° Parisien;
- 4° Dégraissage en boyaux, pour clairs 3 bains, pour foncés 2 bains ;
- 5° Parisien;
- 6° Turbine ;
- 7° Vaporisage à la colonne ;
- 8° Turbine ;
- 9° Manique ;
- 10° Teinture.
- (Pour noirs et foncés, on supprime 4.)
- Armures ordinaires. — Pression au foulard pour brillant.
- Armures laine brillante. — Forte pression au foulard.
- Croise's ordinaires. — Pas de pression au foulard, allonger pour relever le grain.
- Satin ordinaire.
- Satin Jacquart.
- Satin de Chine. — Forte pression au foulard.
- Traitement 3. — 1° Grillage ;
- 2° Foulard, 4 eaux bouillantes, 1 bac d’eau froide ;
- 3° Dégraissage au large ;
- 4° Parisien ;
- 5° Turbine ;
- 6° Teinture.
- Biarritz. — Pas de pression au foulard pour éviter le grippage et l'éraillage; pas allonger au parisien.
- Laine et soie.
- Confection mohair. — Pas de grillage, beaucoup de pression au foulard .
- Traitement 4. — 1° Grillage ;
- 2° Foulard, 4 bacs avec pression :
- 1. Eau de soude à 35-40° ;
- 2 )
- ( Savon bouillant ;
- 3.
- 4. Eau de soude à 45°.
- Enrouler jusqu’au lendemain.
- p.2x272 - vue 303/478
-
-
-
- PRÉPARATION DES TISSUS 273
- 3° Dégraissage en torse, clairs 3 bains, foncés 2 bains. Rincer à fond;
- 4° Parisien, 2 passes, allonger ;
- 5° Turbine;
- 6° Manique ;
- 7° Teinture.
- Damas mohair.
- Mohair. — Traitement ordinaire; pas griller, pas enrouler.
- Côte de cheval.
- Traitement 5. — 1° Grillage.
- 2° Parisien, 2 passes ;
- 3° Dégraissage en torse, clairs 3 bains, foncés 2 bains; rincer à fond;
- 4° Parisien;
- 5° Turbiner à fond ;
- 6° Manique sans allonge ;
- 7° Turbine.
- Pointillé, coton réservé. — Pas de grillage.
- Toile. — Ne pas foularder, le tissu demande à rentrer.
- Taffetas.
- Voile.
- Traitement 6. — 1° Grillage;
- 2° Parisien, 2 passes;
- 3° Dégraissage au large, clairs 3 bains, foncés 2 bains ; rincer à fond ;
- 4° Parisien ;
- 5° Turbine;
- G0 Manique ;
- 7° Teinture.
- Epinglés laine et soie.
- Reps. — Pas de tension au parisien.
- Alpagas. — Pas griller.
- Pacha.
- APPRÊT DES TISSUS DE LAINE.
- 18
- p.2x273 - vue 304/478
-
-
-
- CHAPITRE XII
- DES APPRÊTS, — ESSORAGE, - ÉLARGISSAGE
- Nous avons vu qu‘avant1870l‘apprêt consistait en un simple repassage. Toutes les opérations se faisaient à la main. On commençait par doubler les pièces, en mettant l’endroit dehors ; puis on les humectait ; on les laissait enroulées quelques heures, et on donnait les tours d’apprêt. C’est pendant ces tours que l’on produisait un vaporisage progressif, les ouvriers devaient dosser le tissu, l’élargir, le mettre à droit fil, toutes manutentions excessivement délicates. Puis les tours d’apprêt donnés, on passait à la presse.
- Ce sont toujours ces mêmes opérations qui sont effectuées aujourd’hui, sauf qu’au lieu d'un simple humectage, on donne un bain d’apprêt qui vient corriger d’une manière factice le loucher du tissu. C’est là une modification excessivement importante, qui a permis à la fabrique d’avoir à tenir moins compte de la provenance de la laine; on donne aux tissus du plombant, de la souplesse souvent aussi du poids; de sorte qu’on a pu dire que l’on ajoute au tissu de la laine d'apprêleur qui vient modifier complètement l’apparence, sans ajouter à la qualité de l’étoffe, bien au contraire. Toutes les opérations qui suivent sont faites mécaniquement et ont donné naissance à un matériel très coûteux, quifournit facilement des résultats qui dépendaient autrefois exclusivement de la main-d’œuvre. Actuellement, la réussite de l’apprêt dépend du choix judicieux de la colle d’apprêt convenant à l’article ; et le directeur d’apprêt se contente de conduire la cuisine des colles et de préparer les mélanges, puisque tout le reste du traitement s’effectue mécaniquement par des machines qui remplacent complètement les anciens ouvriers apprêteurs.
- Pour faire comprendre les opérations générales qui sont utilisées dans l’apprêt, nous prendrons le matériel qui est proposé par F. Dehaître, en 1889, pourle travail en continu des étoffes.
- Installation Dehaitre (1889). — Les tissus provenant de la teinture et qui sont conformes à l’échantillon sont essorés, séchés, le plus
- p.2x274 - vue 305/478
-
-
-
- DES APPRÊTS.' -- ESSORAGE. --- ÉLARGISSAGE 275
- souvent à la manique, puis ils sont conduits à la visite avant l’apprêt.
- La disposition à la teinture se fait à l’aide d’un livre portant toutes les indications de la note du client concernant la teinture. C’est la copie du livre d’entrée, moins les observations qui ne regardent pas la teinture. Ainsi la pièce qui portera brodée sur le chef :
- D. F. G. 4 2.831 C 65
- sera envoyée sur le tréteau qui se trouve devant le baquet des grenats, puisque le livre de teinture porte la mention de grenat.
- Le teinturier reconnaît les tissus au moyen d’une carte portant le numéro de la pièce et un échantillon de la nuance à obtenir: la carte doit porter en outre le poids de la pièce pour savoir la quantité de mordant à mettre dans le bain.
- Chaque pièce reconnue et classée doit être pointée sur la carte par une marque de convention, soit par une croix ou quelque autre signe connu de tout le personnel de la maison; la carte de teinture devra porter au dos la date de l’arrivée de la pièce à la teinture, de façon à ce que l’on puisse toujours voir si le teinturier ne la laisse pas en retard. Aussitôt que les pièces sont teintes, le teinturier dépose sa carte d’échantillon dans une petite boîte où le visiteur vientla prendre tous les soirs, afin de marquer la production de l’atelier pour la journée et pour faire l’échantillonnage à la visite de la teinturerie. Toutes les cartes de teinturesont conservées et mises dans un casier par ordre de numéro, afin de servir de référence quand un client disposera de nouveau, dans une nuance qu’il a déjà donnée et dont il ne lui resterait plus d’échantillon. Ces cartes doivent être faites sur du carton mince et un peu plus fort que du papier pour pouvoir résister à l’humidité de la teinture.
- Séchage. Visite. Epincetage. — Lorsque les pièces sont teintes et lavées, elles sont essorées, puis séchées et visitées. Chaque pièce venant du séchoir est visitée attentivement de façon à ne pas laisser passer de taches de teinture ou du mal uni. Dans ce cas, on rend ces pièces au teinturier qui devra les reprendre et égaliser les nuances en même temps que se conformer à l’échantillon qui a été remis avec la carte de teinture. Les pièces reconnues bonnes et conformées sont données aux tondeuses si elles doivent avoir un traitement ras, et aux apprêts si le traitement est foulé ou brut. Chaque pièce est sortie sur le livre de visite au moment où elle va aux tondeuses ou aux apprêts de façon à toujours savoir où elle se trouve. Si la pièce est rendue à la teinture pour être retouchée, on écrira sur la carte ainsi que sur le livre de visite le motif qui la fait refuser. Le visiteur doit tenir un petit carnet sur lequel
- p.2x275 - vue 306/478
-
-
-
- 276
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- sera inscrit le nombre de pièces visitées dans la journée ainsi que le nombre des pièces refusées ou bonnes.
- Tondeuse et velouteuse. — La tondeuse a pour but de raser les brins de laine qui se sont levés sur les fils pendant leur passage dans les dégorgeages et la teinture et qui aux apprêts se colleraient à la pièce et nuiraient à la netteté du grain du tissu. Les pièces foulées ne se tondent pas. Après la tondeuse, ces pièces sont données aux apprêts.
- L'atelier des tondeuses n’a pas besoin de livre, le passage des pièces s’y faisant rapidement et sans y séjourner; la sortie du livre de visite est d’ailleurs l’entrée aux tondeuses, de même que l’arrivée au livre des apprêts en est la sortie. Les pièces apprêtées, selon les articles ou demandes des clients, qui doivent être veloutées, doivent revenir à l’atelier des tondeuses; la velouteuse fournissant de la bourre ne peut se placer ailleurs.
- Apprêt. — Les machines d’apprêt peuvent alors être considérées comme formées de la manière suivante pour fournir les différents traitements [fig. 123):
- 1° L’apprêt humide au moyen d’un foulard;
- 2° Un commencement de séchage, si cela est nécessaire, par le passage du tissu dans une chambre chaude à rayonnement ou sur deux ou trois tambours à vapeur disposés ad hoc ;
- 3° L’élargissement, ou remise au large des tissus et redressement de la laise au moyen d’une machine Palmer, ou, dans certains cas, d’un élargisseur spécial ;
- 4° Un premier apprêt de finissage obtenu par le passage de l’étoffe entre la surface extérieure d’un grand tambour chauffé à la vapeur, et un doublier en feutre ou en toute autre substance marchant d’une manière continue à la surface du tambour;
- 5° Un enroulage spécial sur tube perforé avec un mécanisme disposé sur le même métier d’apprêt ;
- 6° L’étoffe ainsi enroulée est vaporisée à la colonne, ce qui donne au tissu la souplesse, la main, en un mot le plomb, suivant l’expression adoptée par les praticiens ;
- 7° Après le vaporisage à la colonne et le déroulage vient la mise à la laize par la rame finisseuse;
- 8’ Puis vient le passage à la presse continue pour l’apprêt des feutres, de la draperie articles de Sedan, Elbeuf, laine cardée, nouveautés, etc. ; où la presse continue à feutre sans fin, pour le traitement des laines peignées, fantaisies, nouveautés, articles de Reims, Roubaix, etc. ;
- 9° A la sortie de la presse continue, l’étoffe est doublée, dossée et pliée à l’aide de la machine à former et fixer le dos des tissus doublés ;
- p.2x276 - vue 307/478
-
-
-
- Fig. 1*2). Métier combine pour l appret en continu, comprenant un foulard gommeur, une sécheuse, une élargissense Palmer et un tambour à feutre sans fin accouplés et marchant en continu. F. Dehaitre.
- g
- 1
- P
- — s
- EEnet £
- 1
- 1
- i
- ) lei ni-
- y
- inune UEyE aseldi
- ïgi
- PF a -o
- DES APPRÊTS. — ESSORAGE. — ÉLARGISSAGE
- 6
- p.2x277 - vue 308/478
-
-
-
- 278 PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- 10° Les tissus sont alors mis en baguettes et envoyés à la presse hydraulique.
- Visite et pliage. — Lorsque les pièces sont apprêtées, elles sont visitées comme après la teinture et finalement, elles sont pliées pour être expédiées.
- Les pièces sont renvoyées sur plis ou roulées sur planchettes, selon la demande du client.
- Sortie des marchandises. — La sortie des pièces se fait de la manière suivante :
- Lorsque les pièces qui sont apprêtées sont reconnues bonnes, le chef de pliage les met en piles séparées par qualités, en ayant soin de tenir toutes les étiquettes pendantes.
- T.’employé du bureau prend le livre d’entrée et vient à la sortie. A mesure que le chef de pliage lui appelle un numéro d’ordre, il pointe ce numéro sur le livre et répond par le numéro du négociant, ceci pour s'assurer qu’aucune erreur ne s’est glissée dans le brodage de la pièce malgré le contrôle (car il arrive quelquefois qu’une pièce se casse sur le bout dans la couture par suite d’une tension trop forte ; il faut alors la rebroder) et pour éviter le double emploi. A mesure que les pièces sont sorties, on les inscrit sur le brouillon des factures, et lorsque toute la sortie est faite, le brouillon retourne au bureau pour faire la facture, qui devra être remise au client avec sa marchandise. Aucune livraison ne doit se faire sans le numéro de la facture, ce qui permet au client de pointer sa marchandise à l’arrivée et au teinturier de savoir tous les jours la somme des débits qu’il fait, afin de se rendre compte de sa situation à chaque inventaire mensuel.
- On voit aussi que le matériel actuel a été réalisé en quelques années. Depuis lors les procédés généraux et les machines n’ont pas changé de principe. On a amélioré considérablement les détails de construction. Nous allons successivement examiner les différents genres de machines, comme nous l’avons fait pour le traitement humide ; nous laisserons de côté le matériel qui intéresse surtout la draperie, matériel que nous examinerons plus tard.
- ESSORAGE
- Les procédés d’essorage primitivement utilisés ressemblèrent à celui qu’emploient nos ménagères encore aujourd’hui. On tordait à la main, puis on employa la cheville.
- p.2x278 - vue 309/478
-
-
-
- DES APPRÊTS. --- ESSORAGE. -- ÉLARGISSAGE 279
- Faure el Rouget de Lisle inventèrent pour le linge le filet à tordre, qui
- permettait d'arriver au même résultat sans fatiguer la marchandise
- 124).
- Plus tard on employa le squeezer ou essoreuse à deux rouleaux. Dans celte machine l’exprimage est insuffisant, et dans bien des cas la marchandise est tiraillée, ce qui provoque des accidents.
- Le squeezer [fig. 125) se compose de deux forts bâtis dans lesquels on dispose une paire de rouleaux de 0,350 de diamètre. Le rouleau inférieur fixe reçoit directement la commande par un arbre muni d’une poulie fixe et d’une poulie folle; le rouleau supérieur repose sur des coulisseaux
- Fig. 124. —Filet à tordre.
- mobiles sur lesquels s’exerce une pression plus ou moins forte par un système de leviers et contrepoids. Les rouleaux peuvent être construits de différenles façons; ils peuvent être tous deux en fonte, ou tous
- deux en bois de hêtre ; on emploie aussi des rouleaux de fonte garnis d’une chemise de cuivre ou encore de coton cardé. Une lunette dirige le tissu en boyau sous la paire de rouleaux, mais, avec cette lunette, les rouleaux seraient bientôt creusés aux parties qui travaillent. Aussi prend-on la précaution de lui donner un mouvement de va-et-vient qui permet de conserver aux rouleaux leur forme cylindrique.
- Il était tout naturel qu’on ait cherché à utiliser pour l’essorage le principe du panier à salade. C’est ce principe qui donna naissance à une succession de types différents, qui aboutirent finale-ment à notre essoreuse centrifuge.
- Penzoldt est le premier qui prit un brevet en 1836.
- Celle première machine destinée à l’essorage du linge était la copie exacte du panier à salade. Elle se composait d’un cylindre en fer-blanc de 20 centimètres de diamètre environ, que l’on faisait tourner autour d’un axe horizontal mu par une manivelle (fig. 126).
- p.2x279 - vue 310/478
-
-
-
- O 00 61
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- En 1837,Penzoldt prend un nouveau brevet; il fait tourner l’arbre verticalement à l’aide d’une corde et d’une poulie de renvoi. A cet arbre
- Fig. 126. —Essoreuse de Penzoldt.
- 1o S
- était fixé un tambour renfermant la marchandise.
- En 1838, Caron parvint à construire une petite machine de 0m,50 de diamètre pour MM. Blanc et Cie, apprêleurs de châles à Paris; puis on construisit des essoreuses de plus en plus grandes. La vitesse d'une machine de 1 mètre de diamètre, contenant 100 kilogrammes d’étoffe de coton, n’était alors que de 400 à 450 tours par minute. Caron eut alors l’idée d’appliquer à la machine un mouvement pro
- gressif pour lequel il prit un brevet en 1839; il parvint ainsi à porter la vitesse à 1.500 tours pour les essoreuses de 1 mètre de diamètre.
- Comme on le voit dans le schéma de cette machine {fig. 127), l'arbre moteur portait une série de poulies qui commandaient des engrenages dont le diamètre allait en diminuant. Si avec la fourche on faisait glisser
- la courroie successivement de droite à gauche, on communiquait au panier de l’essoreuse une vitesse croissante.
- C’est ce Caron qui est le fondateur de la maison Pierron et Dehaître, maison de construction qui passa successivement aux mains de Martin, puis de Pierron pour devenir finalement la firme Pierron et Dehaître, en 1867. Elle prit alors, dans la construction des ma
- "I, at
- FERNAND DEHAITRE] fH—-PARIS-il III
- Fig. 127. — Essoreuse toupie de Carron.
- chines d’apprêt, une
- influence qui est universellement connue. Faisons remarquer que cette maison a conservé son ancienne réputation dans la construction des essoreuses de tout genre.
- En 1863, Gaudron inventa le collier graisseur et, en 1877, Albert
- p.2x280 - vue 311/478
-
-
-
- DES APPRÊTS. — ESSORAGE. ---- ÉLARGISSAGE 281
- Duruflé proposa une essoreuse qu’on peut charger d'une manière continue par une ouverture pratiquée à un bout d’un panier conique, les matières essorées sortant d’une manière continue à l'autre extrémité.
- Les premières machines, tout en apportant un perfectionnement considérable pour le séchage, présentaient quelques inconvénients.
- Il y eut plusieurs accidents, rupture de panier et explosion. Puis la commande par engrenage, outre qu’elle devenait onéreuse, donnait naissance à un bruit assourdissant qui faisait donner à ces machines le nom de diables. On disait diabler ou essorer les soies. Un dernier perfectionnement consiste à remplacer la commande par engrenages par la commande par friction, qui du même coup résolut les difficultés qu’on avait rencontrées au début. L’une des premières machines à friction est celle de Tulpin en 1872 (fig. 128). Il utilisait une poulie de friction en cuir
- Fig. 128. — Galet, cône on toupie de friction.
- el pouvait donner au panier un mouvement progressif par un système semblable à celui qui est appliqué dans toutes les machines à vitesse variable.
- En 1872, à peu près à la même époque, apparaît aussi l’essoreuse au large de Tulpin, machine qui fut perfectionnée par Varinet de Sedan, en 1881, et construite depuis lors par Dehaître.
- Les essoreuses sont installés avec commande au-dessus, ou commande en dessous, les deux systèmes présentant leurs avantages. Dans les essoreuses à arcades, l’arbre moteur se trouve mieux supporté, tandis que le panier est en porte-à-faux dans la commande par le bas ; mais alors le panier peut être chargé bien plus facilement.
- On construit des essoreuses de tout diamètre, mais la vitesse tangen-tielle de ces essoreuses est calculée pour être toujours la même, car la force centrifuge est égale à mN'1. C’est ainsi qu’on s’arrange pour que
- p.2x281 - vue 312/478
-
-
-
- CM 00
- 31
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- la vitesse tangentielle
- soit égale à 2.500 mè
- tres à la minute, 2.800 mètres au maximum (!).
- Les essoreuses doivent, autant que possible, être chargées bien régulièrement, de façon à ce que le centre de gravité tombe sur l’axe. Dans ces conditions, l’arbre fatigue à peine. La rotation doit se faire sans trépidation et sans bruit, sans quoi la machine est mal réglée. Il ne faut pas qu’on puisse bouger l’arbre en le basculant. Pour arriver
- I
- Fig. 129. — Pivot et coussinet à rattrapage de jeu de l’essoreuse.
- à ce résultat, les essoreuses sont montées avec coussinet conique réglable. Il faut toujours ajuster ce coussinet jusqu’à ce que le jeu ait disparu, tout en s’assurant que l’arbre tourne régulièrement.
- Quand on constate que le panier n’est pas complètement immobile, lorsqu’on cherche à l’ébranler, il faut aussitôt régler l’essoreuse par la manœuvre du coussinet de rattrapage de jeu. Pour cela, il suffit de visser l’écrou supérieur qui imprime à ce coussinet un mouvement de des
- cente et le met en contact avec l’arbre; puis on serre l’écrou inférieur de
- façon à ce que toute vibration devienne impossible 129).
- (!) Pour une vitesse à la circonférence de 2.500 mètres à la minute, il faut donner au panier un nombre de tours indiqué dans le tableau suivant :
- Essoreuse, panier de 0'",600 de diamètre. 1.325 tours —................—...............0...........,700..........—... 1.135.— —................—...............0...........,800..........—..... 995...— —................—...............1...........,000..........—..... 795...— —................—...............1...........,200..........—..... 665...—
- On essaie, dans les ateliers, les paniers à une vitesse d’épreuve supérieure. 3.000 mètres à la circonférence. Pour que les paniers résistent aux efforts qu’ils supporteront dans ces conditions, il faut qu’ils soient construits solidement; il faut qu’ils soient frettés et cerclés. Si par économie on emploie des paniers d’une construction plus simple, il n’est pas prudent de dépasser la vitesse circonférentielle de 2.000 mètres.
- p.2x282 - vue 313/478
-
-
-
- DES APPRÊTS. — ESSORAGE. — ÉLARGISSAGE
- 283
- Instruction pour la pose, la mise en marche et l'entretien des essoreuses Dehaitre. — En général, toutes les machines, et surtout les essoreuses, marchant à grande vitesse, demandent de bonnes fondations. On ne doit rien négliger pour obtenir ce résultat, car on diminue ainsi dans de notables proportions les frais d’entretien qui deviennent, pour ainsi dire, insignifiants.
- Une essoreuse mal scellée ne peut prendre de vitesse et produit des trépidations tellement violentes qu’il y aurait danger à continuer. Suivant les cas, le massif des fondations est fait en pierre, en brique ou en béton.
- L’essoreuse à friction est généralement installée sur une pierre de fondation. On l’établit sur un terrain solide recouvert d’une bonne couche de moellons de 20 à 30 centimètres. La pierre ou le massif en briques, ou le béton étant installé, on garnit l’extérieur avec de la maçonnerie et du béton de façon à ne former qu’un monolithe. Le sol est recouvert soigneusement avec du ciment et du bitume pour empêcher les infiltrations dans les fondations. Pour fixer les essoreuses avec des paniers de 70 centimètres et au-dessus, les boulons devront traverser le massif et être fixés sur un croisillon en fer établi sous le massif comme le représente la figure 130. Le croisillon est composé de deux barres en fer en U montées l’une sur l'autre et réunies par un boulon. En montant
- #........------.....-
- Fig. 130. — Installation d’une essoreuse.
- ?
- 3 g
- -9 s § f
- le massif, on réservera, au moyen d’un tuyau en zinc ou de planchettes, les trous libres autour des boulons, ceux-ci ne devant être définitivement scellés qu’une fois l’essoreuse bien dégauchie à sa place.
- Pour l’installation, il suffit de se mettre de niveau suivant le dessus de la poulie de frein et ensuite parallèlement avec l’arbre de commande.
- Mise en marche et entretien. — Avant la mise en marche, on doit verser de l’huile dans le godet graisseur qui est fixé sur la cuve; ce
- p.2x283 - vue 314/478
-
-
-
- 1©
- 00
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- godet alimente la poêlette de la crapaudine, qui contient de 1 à 4 litres d’huile, suivant les dimensions de la machine.
- Le coussinet supérieur se graisse par le centre de l'arbre vertical dans les essoreuses se graissant à la main et par la partie supérieure de la douille pour les essoreuses munies de graisseurs compte-gouttes; l’huile
- Fig. 131. — Coupe d’une essoreuse.
- sse
- NNANNNN
- ayant servi s’écoule dans le réservoir formé parla poulie du frein qui est creuse. Pour opérer la vidange, on démonte une vis à tête fraisée, avec garniture en cuir, se trouvant à la partie inférieure de cette poulie [fig. 131).
- L’arbre horizontal tourne dans 'des paliers avec réservoirs destinés à recevoir l’excédent d’huile; pour opérer la vidange, on enlève les chapeaux des paliers. La transmission par friction triple la vitesse de rota-
- p.2x284 - vue 315/478
-
-
-
- DES APPRÊTS. — ESSORAGE. — ÉLARGISSAGE 285
- tion du panier; par suite la poulie de commande doit faire un nombre de tours égal au tiers de celui qu'on veut utiliser.
- Le frein sera graissé au contact avec du suif, et on doit éviter de le serrer trop vivement pour ne pas brûler le cuir intérieur.
- Fig. 132. — Essoreuse à arcade.
- Pour les freins à came, il faut régler l’écrou de serrage de façon que, lorsque le frein est desserré, les mâchoires ne viennent pas frotter la poulie du frein.
- L’huile contenue dans la poêlette doit être renouvelée après un certain temps de marche; pour cela il faut démonter l essoreuse; voici comment on s’y prend {fig. 132) :
- Après avoir enlevé l’arbre horizontal, on desserre l écrou de 1 arbre
- p.2x285 - vue 316/478
-
-
-
- CD 00 CM
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- vertical ; le coin en papier est emmanché raide, mais il suffit de le chasser en dessous avec un maillet ou un pieu de bois sur lequel on frappe.
- Le frein se démonte en desserrant l’écrou inférieur de l'axe et le bouton d’articulation. Les boulons fixant l’arcade sont ôtés. On enlève alors l’arcade et ensuite le panier avec l’arbre vertical, et la poêlette de la cra-paudine se trouve à découvert.
- Pour la mise en route il faut, avant l’embrayage, donner au panier et à la main quelques impulsions dans le sens de la marche et embrayer progressivement jusqu’à la vitesse moyenne.
- On doit éviter, dans les temps d’arrêt, de laisser le plateau en pression sur le coin en papier, ce qui produirait un plat. Le cône doit toujours être parfaitement essuyé; ne jamais y mettre de corps gras, de résine ou autre adhérent. S’il se produit des glissements, frotter le cône avec de la craie ou du blanc d’Espagne.
- Le plateau de friction doit également être tenu très propre et n’avoir jamais de corps gras à sa surface.
- La vis opposée à l’embrayage fait pression sur un ressort en caoutchouc qui est dans l’arbre horizontal et qui est destiné à isoler la friction lorsqu’on a débrayé le grand ressort.
- Lorsque l’essoreuse est munie d’un couvercle, bien observer le sens de la marche, qui assure le serrage de l’écrou maintenant le couvercle en
- e-
- Fig.133.— Pivot d’essoreuse avec ses rotules.
- position.
- Le pivot de l’essoreuse est terminé par une rondelle en acier très dur et souvent, pour diminuer le frottement, on intercale deux ou trois rondelles appelées rotules. Dans ces conditions, si le graissage est bien fait, la rotation du panier se fait sur un point, ce qui diminue considérablement le frottement. Mais il arrive, lorsque le graissage est insuffisant, que les rotules s’échauffent au point de se souder les unes aux autres, et alors l'esso-reuse tourne avec difficulté {fig. 133).
- D’autres fois les rotules cassent et par la rotation se pulvérisent bientôt en endommageant rapidement le pi
- vot qu’il faut alors charger. C’est pour éviter tous ces accidents que le graissage présente tant d’importance.
- La commande se fait par poulie et courroie ou par moteur direct ou par moteur électrique. On peut aussi accoupler deux tambours afin d’utiliser la force vive qui est dans le panier au moment de l’arrêt. Les machines sont munies d’un frein et, parmi ceux-ci, le frein Corsol présente beaucoup d’intérêt.
- Les freins ordinaires sont composés d’une lame d’acier recouverte intérieurement d’une couche de cuir et qui vient exercer sur une douille
- p.2x286 - vue 317/478
-
-
-
- DES APPRETS. -- ESSORAGE. -- ELARGISSAGE
- 287
- une pression que l’ouvrier règle à volonté. Le turbineur doit maintenir
- constamment le levier du frein jusqu’au moment où le panier s’arrête complètement et, pour éviter toul accident, cette pression doit s’exercer
- progressivement. Si l’on opère trop brusquement, il se produit un échauf-fement plus intense en même temps que la machine peut être bloquée et occasionner des accidents.
- Dans le frein Corsol, on renverse simplement un levier qui par l’effet d’une came, vient exercer une pression rendue élastique par l’intervention d’un ressort à bou
- din. Dans ces conditions, l’ouvrier a les mains entièrement libres; il peut vaquer à d’autres occupations, et en même temps les échauffements sont impossibles {fig. 134).
- On ne saurait prendre
- — PARIS — FREIN CORSOL
- Fig. 134. — Frein Corsol.
- trop de précautions dans le travail de l’essoreuse. La marchandise doit être bien tassée dans le panier. Il arrive parfois qu'un bout de pièce reste en dehors du panier, et on a vu des ouvriers être entraînés dans la machine et être victimes d’accidents épouvantables.
- Essorage des pièces sans plis ni cassures, système Varinet. — Varinet, le grand apprêteur de Sedan, a imaginé l’essorage des draps au large pour éviter les plis et cassures. On essore une pièce à la fois; la pièce reste sur son roule et se place dans une sorte de berceau central {fig. 135). ’
- La pièce ainsi introduite dans une alvéole est maintenue par des courroies et, pour empêcher tout mouvement transversal, on peut faire mouvoir de l'extérieur deux fonds mobiles qui immobilisent l’étoffe exactement dans l’axe de la machine. On comprend que si on ne prenait cette pré-caution, tout le poids serait porté d’un côté de l’essoreuse, celle-ci fati-
- p.2x287 - vue 318/478
-
-
-
- i
- Fig. 136. — Essoreuse horizontale au large pour draps et velours.
- r
- A fa
- Fig. 133. — Essoreuse au large, système Varinet.
- p.2x288 - vue 319/478
-
-
-
- DES APPRÊTS. — ESSORAGE. — ÉLARGISSAGE 289 guerait beaucoup et on pourrait craindre des ruptures sous l’influence de la force centrifuge.
- Essoreuse horizontale ou au large (fig. 136). — Pour les velours, il faut encore prendre plus de précautions pour éviter les frois-sures. On a alors proposé l’essoreuse horizontale au large, qui a été plus tard remplacée par l’essoreuse par le vide que nous indiquons plus loin.
- Dans l’essoreuse au large pour velours et peluches, le tissu s’enroule au large sur le cylindre intérieur, et on l’essore en augmentant la vitesse de rotation. Il y a donc, sur l’arbre, une double commande par poulies fixe et folle. Après l’essorage, on retire le tissu par déroulage sur un enrouloir placé à l’avant.
- Essoreuse à régulateur compensateur de Burghardt frères. Note par II. Théodore Schlumberger [B. S. I. M., 1881, p. 56). — Cette essoreuse {ftg. 137) présente sur les autres machines semblables les avantages suivants :
- 1° Application dans le panier d’un régulateur compensateur ramenant le centre de gravité du panier chargé dans l’axe de l’arbre ;
- 2° Disposition du coussinet supérieur et de la boîte à crapaudine permettant à l’arbre de l’essoreuse de prendre toutes les inclinaisons. Cette
- disposition est obtenue au moyen de six bielles reliant le coussinet à six tampons de caoutchouc. La crapaudine est hémisphérique à sa base et repose sur une capsule de même forme;
- 3° Suppression de tout organe de transmission au-dessus du panier ;
- Fig. 137. — Essoreuse à régulateur compensateur de Burghardt frères.
- 4° Disposition générale de la machine permettant de visiter sans dé montage la boîte à crapaudine et par suite le pivot et les rotules;
- 3° Suppression des fondations.
- APPRÊT DES TISSES DE LAINE.
- 19
- p.2x289 - vue 320/478
-
-
-
- CT
- CTI
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- SS
- Tous les industriels qui emploient des essoreuses savent combien ces machines, en raison du travail que l’on en attend et de la grande vitesse à laquelle elles tournent demandent de soins, non pas seulement comme conduite, mais aussi comme entretien.
- Tous les constructeurs d’essoreuses s’attachent donc, et avec raison, à établir des paniers parfaitement équilibrés et bien centrés, et c’est de ce degré de perfection que dépend en grande partie le bon fonctionnement des machines et l’on obtient dans ce cas une marche à vide sans chocs.
- Mais les conditions changent en travail normal. Aussi un panier mal chargé (et c’est presque toujours le cas quand les matières à essorer ne sont pas liquides) donne lieu à des chocs dont la violence croît avec la vitesse. Ces chocs peuvent amener la rupture de l’arbre et le mâtage des coussinets. Dans le premier cas, les pièces projetées au loin peuvent compromettre la vie des hommes de service. Dans le second cas, on est dans la nécessité de changer assez souvent les coussinets qui ne sont pas toujours à rattrapage de jeu.
- Le régulateur compensateur annule en partie et dans une certaine limite les inconvénients précités en ce que les anneaux qui le composent, et dont le diamètre extérieur est plus grand que l’arbre sur lequel ils sont emmanchés, se déplacent continuellement et ont tendance, en marche, à se mettre du côté où le panier est moins chargé. Le panier, lors de la mise entrain, marche comme une toupie qu'on vient de lancer; la disposition élastique du coussinet supérieur et celle de la boîte à crapaudine se prêtent bien à ce mouvement rotatif oscillatoire; les anneaux prennent peu après la position qu’ils doivent occuper, et quand l’essoreuse a conquis sa vitesse normale, le panier tourne parfaitement rond.
- Par suite de ces modifications, les fondations souvent très coûteuses que l’on est obligé de faire pour les machines similaires deviennent complètement inutiles.
- Tous les organes de transmission sont au-dessous du panier. L’arbre reçoit son mouvement au moyen d’une courroie. Ce genre de transmission est préférable à la friction généralement employée, parce que l’humidité des locaux où fonctionnent ordinairement les essoreuses, jointe à l’huile projetée sur la friction par les arbres animés d’une grande vitesse, sont deux causes de glissement, et le nombre de tours que l’on croît transmettre au panier est souvent illusoire.
- L’absence de tout bâti ou transmission au-dessus du panier prévient la projection de l’huile sur les matières à essorer,facilite le chargement, et permet enfin d’appliquer sur la cuve fixe, un couvercle empêchant les ouvriers de toucher au panier pendant la marche. Ces essoreuses sont fixées sur un cadre en bois, lequel cadre repose sur le sol sans aucun scellement ni ancrage.
- p.2x290 - vue 321/478
-
-
-
- DES APPRÊTS. --- ESSORAGE. — ÉLARGISSAGE
- 291
- Nous ajouterons que tout est prévu pour visiter facilement le pivot de l'arbre. Il suffit à cet effet de soulever, au moyen d’un palan, le panier avec son arbre. La'boîleàcrapaudinequi repose sans fixation quelconque dans une capsule hémisphérique, peut être enlevée et visitée sans difficulté. Le bâti inférieur présentant trois grandes ouvertures facilite beaucoup cette vérification.
- Ces essoreuses peuvent être établies à moteur à vapeur direct, ou bien elles peuvent recevoir le mouvement d’une transmission au moyen dune courroie.
- Couverture des essoreuses. — De graves accidents, entraînant des incapacités permanentes de travail et même la mort, survenaient assez fréquemment au début de l’emploi des essoreuses. C’était principalement lorsque le panier avait été, ou négligemment chargé, ou trop bourré, qu’un écheveau ou un bout de tissu venait ressortir de l’essoreuse sous l’action de la force centrifuge et saisir un bras ou une jambe. Depuis l’application du frein à ruban, les ouvriers sont moins tentés de chercher à arrêter le panier au moyen de bâtons ou à la main, manœuvre qui avait engendré des accidents non moins graves.
- Actuellement on peut considérer le travail aux essoreuses comme dépourvu de danger une fois que ces machines ont été munies de couvercles. Ces couvercles en bois ou en métal reposent sur la cuve des essoreuses et restent par suite fixes pendant la marche du panier. Les plus simples sont en bois et en deux pièces; l’une des moitiés est boulonnée sur la cuve, tandis que la seconde, qui doit pouvoir être déplacée pour le chargement et le déchargement, est reliée à la première au moyen de charnières, ou bien est tout à fait libre et, dans ce dernier cas, elle porte deux liteaux dont les extrémités libres viennent se placer sous la première moitié de façon à empêcher tout soulèvement pendant la marche. On fixe des poignées aux portions mobiles des couvercles pour en faciliter le déplacement. Pour les essoreuses de grand diamètre mues par le dessous, on trouve avantage à employer deux volets pouvant se rabattre sur les portions du couvercle qui sont boulonnées à la cuve.
- Essoreuse au large par aspiration (fig. 138). — Un autre système d’essorage qui a reçu des applications dans l’industrie textile est celui qui est employé dans la papeterie pour essorer la feuille de papier avant de la sécher. Elle consiste tout simplement à faire passer l’étoffe au-dessus d’un réservoir fendu dans lequel on fait le vide (1).
- Ce procédé fut employé en premier lieu pour essorer les peluches et
- (1) Le premier brevet déposé pour l’essorage par aspiration est celui de M. Demerliac (BF. 319-818, 21 mars 1902).
- p.2x291 - vue 322/478
-
-
-
- 292 PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- les velours ; puis on tenta diverses applications sur les autres étoffes. Il ne fournit de bons résultats qu’avec les étoffes épaisses. Les tissus légers laissent passer une trop grande quantité d’air.’Le vide peut être obtenu par une pompe aspirante ou par un éjecteur de vapeur. Il faut limiter la fente d’aspiration à la largeur du tissu. M. Hannart place simplement une lame de cuivre ou d’acier qui est appliquée sur la fente par la pression atmosphérique {fig. 139). M. Fol-liot propose de faire le joint en appliquant sur le tissu un rouleau de caoutchouc qui épouse la forme de la surface tout en remplaçant le frottement de glissement par le frottement de rou-
- &
- s en
- —
- Fig. 138- — Essoreuse au large par aspiration .
- de J. Valençon. lement.
- L’essoreuse au large de J. Valençon est disposée de telle sorte que le chef et la queue de la pièce sont essorés comme le corps même du tissu. On adapte sur la machine un système de commande qui permet de faire varier la vitesse . 2. —.....-SS..— ,
- de l’étoffe selon son épaisseur. ________________________________________ Pour que toute la pièce subisse
- 1 . . Fig. 139.
- l’effet de l’aspiration, un tablier
- sans fin la maintient constamment dans le voisinage de la fente. Le récipient dans lequel s’accumulent les eaux essorées se vide automatiquement et, selon les cas, le tissu à la sortie de la machine est enroulé ou faudé en plis.
- Dans la suceuse Dehaître (fig. 140), un perfectionnement a été apporté par l’emploi d’une rampe à fentes multiples. Le rendement de la suceuse pour les tissus épais est le même que celui de l’essoreuse centrifuge. Pour les tissus légers, la rampe est munie d’un dispositif à feutre sans fin qui marche avec le tissu et le recouvre pour éviter les rentrées d’air à travers l’étoffe. La disposition alternée des fentes de succion permet l’essorage d’articles très légers sans crainte de les voir aspirés dans la rampe.
- Dans cette machine, la pièce essorée est enroulée de telle sorte que la vitesse d’appel reste constante malgré l’augmentation de diamètre du rouleau d’appel au fur et à mesure qu’il se charge d’étoffe. Pour cela, un levier appuie constamment sur le rouleau de tissu et déplace un galet
- p.2x292 - vue 323/478
-
-
-
- DES APPRÊTS. — ESSORAGE. — ÉLARGISSAGE 293
- de friction sur un plateau, de façon à ce que son point de tangence soit juste à la même distance du centre que le levier lui-même. Ce dispositif très ingénieux et très simple pourrait être appliqué à toutes les machines d’apprêt.
- Fig. 140. — Essoreuse suceuse au large par aspiration avec rampes à fentes multiples de F. Dehaître.
- Rendement des différents systèmes d’essorage. — Il résulte d’un mémoire de Rouget de Lisle [Bulletin de la Sociétéd'Encouragement, t. L, p. 294) qu’un poids d'étoffe représenté par 100 de
- Flanelle Calicot Soie Toile de lin
- retient après tordage un poids d’eau égal à
- 200 100 95 75
- qu’après l’action d’une presse puissante, ces quantités sont réduites à :
- 100 60 50 • 60
- «t qu’après l’essorage, elles sont seulement de :
- 60 35 30 25
- p.2x293 - vue 324/478
-
-
-
- 9 co
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- Pour obtenir ces résultats, le panier de la turbine ayant 0m,80 de diamètre tournait à une vitesse de 500 à 600 tours par minute, soit de 1.200 à 1.500 mètres à la circonférence.
- D’autres expériences ont été faites par M. William Grossetète (B. B. I. M., 1866) sur le rendement des essoreuses.
- QUANTITÉ D’EAU RENFERMÉE DANS LES PIÈCES SORTANT DE L'ESSOREUSE
- i
- Calicot 60 P...........
- Calicot 70 P...........
- Percale................
- .......................
- Mousseline de laine.... ....................... Piqués ................
- TISSU SEC POIDS par pièce MÉTRAGE MOYEN EAU OBSERVATION
- par pièce par 100m par kg. de tissu sec
- 7kg,290 110m 5kg,804 5kg ,270 0k8,726
- 8 ,330 104 7 ,697 7 ,370 0 ,920 Chaque essai
- 5 ,480 80 3 ,920 4 ,900 0 ,697 a été fait
- 3 ,280 104 2 ,500 2 ,500 0 ,762
- 4 ,430 100 3 ,390 3 ,390 0 ,434 sur 6 pièces
- 6 ,400 101 3 ,000 2 ,977 0 ,469 à la fois
- 6 ,900 76 3 ,000 3 ,940 0 ,434
- Dans les essoreuses on ne dépasse pas une vitesse à la circonférence de 2.500 mètres à la minute. On sait en effet que la force centrifuge est proportionnelle au carré de la vitesse, et on risquerait une rupture du panier si on augmentait par trop le nombre de tours. C’est ainsi que la vitesse angulaire d’une turbine diminue au fur et à mesure que le diamètre augmente. D’ailleurs le liquide pour s’échapper ne doit vaincre que son poids et son adhérence au tissu, et il est inutile d’exagérer.
- On compte ordinairement que la puissance absorbée pour faire tourner une essoreuse ne dépasse guère 1 à 2 chevaux. Cette puissance est surtout dépensée pour la mise en route, et dans quelques machines on accouple deux paniers afin d’utiliser pour la mise en route de l’un d’eux la force vive accumulée par le second.
- Détermination de la durée maximum de l'essorage par William Grossetète (B. S. M., 1866, p. 132). — On conçoit facilement que l’état d'humidité dans lequel les pièces arrivent au séchage influe beaucoup sur la durée et le prix de l’opération. II est intéressant de savoir à quelle limite il convient de pousser l’essorage pour que le prix n’en soit pas supérieur à celui du séchage.
- Pour résoudre cette question, M. Grossetète a déterminé par une série d’essais quelle quantité d’eau perdaient les tissus dans l’essoreuse pendant chaque minute.
- p.2x294 - vue 325/478
-
-
-
- NUMÉROS d’ordre 4 2 3 4 6 7 NOMBRE de PIÈCES 6 6 11 12 6 6 9 LONGUEUR TOTALE mètres 664,80 628,50 1.179,50 1.184,10 633,50 622,80 903,80 TISSU total kilogr. 46,35 50,20 37 30,80 36,60 27 25 BEC des 100'" kilogr. 6,97 7,98 3,13 2,60 5,77 4,33 2,76 POIDS EAU ABSORBE total kilogr. 85,45 78,20 67 59,20 79,40 41 54 E PENDANT des 100m kilogr. 12,88 12,44 5,63 4,99 12,52 6,53 5,96 LE LAVAGE par kg. de tissu sec kilogr. 1,85 1,56 1,80 1,92 2,17 1,51 2,16 1 kg. 29 28 28 28 39 22 32 2 kg. 17 12 10 6,8 11,6 5 6,5 P( 3 kg. 4,2 4 2,5 2 2 2,9 2,7 1,6 )IDS 4 kg. 2 2 1,6 1,5 1,3 0,5 1 DE 5 kg. 1,5 1,5 1,5 1 0,7 0,3 0,8 L’EA 6 kg. 1 1 1,3 0,5 0,7 0,5 0,6 U E kg. 1 0,9 0,8 0,5 0,6 0,4 0,6 sso 8 kg. 0,9 0,9 0,5 0,4 0,5 0,2 0,5 RÉE 9 kg. 0,7 0,7 0,4 0,3 0,4 0,1 0,3 PENI 10 kg. 0,6 0,6 0,4 0,3 0,3 0,5 0,1 ANT 11 kg. 0,5 0,4 0,3 0,3 0,4 » 0,7 CH 12 kg. 0,4 0,4 0,3 0,2 0,5 » )) AQUI 13 kg. 0,3 0,2 0,2 0,3 0,4 » » MI 14 kg-0,3 0,3 0,2 0,2 0,3 )) » NUTI 15 kg. 0,3 » 0,4 0,1 0,3 » » 16 kg. 0,40 » 0,20 0,15 0,10 » » 17 kg- » 0,30 0,45 0,30 » »
- NUMÉROS d’ordre POIDS DE L’EAU ENLEVÉE PAR L’ESSORAGE POIDS DE L’EAU RESTANT DANS LE TISSU APRES ESSORAGE PORTÉES DESIGNATIC NUMÉRO DES FILES N DES TISSUS NOMBRE DE FILES AU 1/4 DE POUCE DESIGNATION
- total par 100m total par 100m chaîne trame chaîne trame DES TISSUS
- 1 2 3 4 5 6 7 kilogr. 60,10 52,90 48,90 43,20 60,30 32,20 44,71 kilogr. 9,02 8,41 4,14 3,65 9,51 5,16 4,94 kilogr. 25,35 25,30 18,10 16,00 19,10 8,80 9,30 kilogr. 3,81 4,02 1,53 1,35 3,01 1,41 1,02 60 3/4 70 3/4 73 3/4 61 3/4 60 3/4 47 3/4 39 ( laine ( soie 27/29 27/29 60 55 27/29 36 36 » 36/38 36/38 100 80 36/38 50 50 350 18 22 22 18 18 13 24 » 20 21 20 16 16 18 24 » Calicot id. Jaconas id. Calicot Laine mérinos Châles
- DES APPRÊTS. —- ESSORAGE. — ELARGISSAGE
- p.2x295 - vue 326/478
-
-
-
- 296
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- L’appareil employé faisait environ 1.000 tours. Les panier étaient :
- Hauteur.
- Diamètre
- dimensions du
- 0m,40
- 0 mètre
- Il avait été construit par Tulpin aîné, de Rouen. Pour chaque essai, il était chargé autant qu’il peut l’être dans les conditions ordinaires et on l’arrêtait seulement quand la quantité d’eau essorée devenait insignifiante; dans cet état le tissu tordu entre les doigts ne laissait plus voir aucune trace d’eau.
- Le tableau de la page précédente contient les résultats obtenus dans cette série d’expériences.
- Il est évident que ces nombres n’ont rien d’absolu ; la vitesse de la machine, l’état d’humidité des pièces mêmes, leur arrangement ont de l’influence sur le résultat. Toutefois nous ferons remarquer que, pendant la dernière minute, la quantité d’eau écoulée est toujours plus grande que pendant la minute précédente; cela tient à ce que, au moment où la vitesse diminue, l’eau que la rotation retenait contre les parois de l’appareil vient s’ajouter à celle qui s’échappe du tissu.
- Voyons maintenant quel est le coût d’une minute d’essorage. On peut l’établir de la manière suivante :
- Force motrice absolue 1 HP........
- 1 homme à l’essoreuse.............
- Intérêt et amortissement à 15 0/0...
- Entretien et graissage............
- Total pour 12 heures.........
- pour 1 minute..........
- 1 ESSOREUSE
- 2 ESSOREUSES
- 2f,75 5f,50
- 2 2
- 1 ,25 2 ,50
- 0 ,45 0 ,90
- 6f,45 105,90
- 0 ,0895 0 ,151
- Ainsi donc, pour deux hydroextracteurs, le prix serait de 0,0755 par minute, et quel que soit l’état des pièces la dépense augmente proportionnellement à la durée de l’opération.
- A l’étendage, nous verrons plus loin que 1 kilogramme de charbon évapore 1*6,72 d’eau; il en résulte que l’évaporation de 1 kilogramme d’eau coûte 0fr,12 en ne tenant compte que du combustible. On devra donc arrêter l’essorage au moment où 1 kilogramme d’eau coûtera 0fr,12 7 5
- c’est-à-dire quand en une minute on n’entraînera plus que 19 — 0kB,625, dans le cas où on aura deux extracteurs, cas le plus favorable. Avec un seul extracteur, on devra s’arrêter quand la quantité d’eau atteindra
- p.2x296 - vue 327/478
-
-
-
- DES APPRÊTS. — ESSORAGE. — ÉLARGISSAGE
- 297
- 01,740. En se reportant au tableau, on verra combien de temps doit durer l’opération.
- Dans le cas de la manique, il est moins exact de ne compter que le combustible, car évidemment la vitesse de la machine augmente et par suite la main-d’œuvre diminue sensiblement à mesure que les tissus seront moins chargés d’eau. Cependant comme nous le verrons, le combustible est le principal élément du coût comme pour l’étendage ; par suite ses variations auront le plus d’influence. Or, dans la manique, 1 kilogramme de charbon évapore 3*8,09 d’eau; la dépense pour évaporer 1 kilogramme d’eau est donc de 01,071. Il en résulte que l’essorage devra cesser quand la machine n’extraira plus que 018,946 d’eau.
- D’après ces chiffres, l’essorage ne devrait jamais dépasser sept minutes, ni s’arrêter avant cinq minutes pour des machines qui seraient dans les mêmes conditions que celles qui ont servi pour faire ces expériences : dans la pratique on est assez loin de ces limites.
- p.2x297 - vue 328/478
-
-
-
- MACHINES A ÉLARGIR LES TISSES
- La plupart des machines employées en travail continu exercent une traction sur le sens de la chaîne et par suite ont tendance à contracter le tissu dans le sens de la trame. Il est donc nécessaire souvent de tirer
- Fig. 141. — Barre divergente.
- sur les lisières pour élargir. Le même résultat est obtenu à l’aide d’un certain nombre de dispositifs dont l’effet est plus ou moins parfait.
- L'une des machines les plus simples consiste dans l’emploi des barres divergentes élargisseuses en tous genres, en bois ou en métal, qu’on place, à l’entrée des foulards des métiers à fixer et autres (fig. 141). On emploie aussi des tiges métalliques filetées dans les deux sens et tournant en sens inverse du tissu, mais ces élargisseuses ont tendance à
- érailler le grain de l’étoffe.
- Un autre système inventé par Coyot, qui l’appliqua en Normandie dès 1830 (fig. 12), se compose d’un petit bâti, sur lequel est adapté l’ensemble de l’appareil composé de deux cônes cannelés, placés de façon à faire entre eux un angle de 150° environ. Cha-
- Fig. 142. — Coyot.
- fi
- que cône fait avec le tissu un angle de 15°, les cannelures étant perpendiculaires à l’axe des cônes. La rotation des deux appareils produit le même effet que les barres élargisseuses. On désigne cet appareil sous le nom de son inventeur Coyot.
- p.2x298 - vue 329/478
-
-
-
- DES APPRÊTS. --- ESSORAGE..-- ELARGISSAGE
- 299
- Un système plus compliqué est celui des rouleaux elargisseurs à lames mobiles, dû à Ducommun de Mulhouse {fig. 143). Il se compose de fragments de cercles mobiles garnis d’entailles. Un excentrique fixé sur l’arbre de l’appareil déplace ces cercles, lesquels sont au maximum de
- Fig. 143. — Rouleaux élargisseurs à lames.
- 5
- rapprochement quand la pièce s’y engage et au maximum d’écart quand celle-ci sort de l’appareil. Il n’y a évidemment que la moitié du cercle utilisé, puisque les bandes doivent être ramenées à leur minimum d’écart.
- Autoextenseur Laval (fig. 144). — L’autoextenseur de Laval possède un mouvement indépendant de celui du tissu et a une vitesse
- Fig. 141. — Autoextenseur de Laval.
- variable à volonté afin d’obtenir depuis le maintien intégral de la largeur du tissu jusqu’au plus grand degré d’extension possible.
- Il se compose de deux chaînes sans fin, formées de maillons légèrement arrondis et cannelés à leur partie supérieure. Ces deux chaînes marchent en sens inverse, toutes les deux partant du centre et se dirigeant vers l’extérieur.
- Si donc on fait passer un tissu en contact avec la surface supérieure
- p.2x299 - vue 330/478
-
-
-
- 300 PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- des chaînes, ce tissu sera tiré dans les deux sens à partir de son centre vers chaque lisière, perpendiculairement aux fils de chaîne, ce qui produira l’élargissement désiré. Cet élargissement sera obtenu, quel que soit le sens du passage du tissu, de telle sorte qu’on peut faire passer le tissu aller et retour sur le même élargisseur. Une disposition de guides automatiques permet de maintenir toujours le tissu au centre de l'élargisseur.
- Extenseur système Tachon (fg. 145). — L’appareil se compose de deux éléments symétriques formés chacun de deux disques superposés dont l’inférieur tourne sur axe vertical et le supérieur sur un prolongement incliné du même axe, de manière à ce que les deux disques ne viennent en contact que sur un point de leur circonférence (fg. 146).
- K
- Fig. 145. — Nouvel appareil étendeur, système Tachon pour tenir les tissus au large (F. Dehaître).
- Le tissu est pincé sur ses deux bords entre les disques dont l’écartement est réglé en conséquence et dont les points de contact ont été
- Fig. 146.
- amenés un peu en avant de la ligne des centres. Les disques marchant à une vitesse un peu supérieure à celle du tissu le serrent progressivement et l’étirent plus ou moins suivant la position donnée au point de contact.
- En dehors de ces appareils extenseurs il y en a d’autres qui servent à détordre les boyaux
- et à les mettre au large. Voici deux exemples de ces machines.
- Détordeuse pour ouvrir à la main les tissus légers et délicats. —Le tissu ouvert peut être enroulé ou faudé en plis à la sortie de la machine.
- p.2x300 - vue 331/478
-
-
-
- DES APPRÊTS. — ESSORAGE. — ÉLARGISSAGE 301
- Ouvreuse à vis et à batteurs pour mettre automatiquement au large les tissus en boyaux (fg. 147). — Les plis sont
- Fig. 147. — Ouvreuse à vis et à batteurs dite Scutcher, pour mettre automatiquement au large les tissus sortant en boyaux; (F. Dehaître.)
- détordus par deux batteurs, puis le tissu est ouvert sur deux élargis-
- seurs à vis. Son fonctionnement est parfait à condition de laisser toujours au brin une longueur libre de 12 à 18 mètres, entre le départ de la pièce et l’entrée dans les batteurs.
- Le Scutcher se compose de deux batteurs en bronze commandés par engrenages qui déplissent le tissu. Un appareil de guide-pièces automatique à balancier maintien L le tissu dans l’axe de la machine, et deux rouleaux élargisseurs à lame de cuivre en spirale, commandés par poulie à friction, ont pour but d’effacer les plis. Le tissu est enfin attiré par une paire de
- Fig. 148. — Détordeuse, appareil pour ouvrir les pièces à la main pour tissus légers et délicats.
- rouleaux attracteurs.
- La machine peut être accouplée pour marcher en continu
- avec un appareil qui lui délivre le tissu en boyaux,
- comme l’esso-
- p.2x301 - vue 332/478
-
-
-
- 302 PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- reuse, pour arriver au large, par exemple sur une machine à sécher.
- On peut également employer la détordeuse (fig. 148), qui serait très utile pour ouvrir, par exemple, les pièces provenant des laveuses et des foulons et qui sont souvent aujourd'hui lisées à la main.
- Machine à élargir de Paul Heilmann [B. S. I. M., 1868, p. 375). — Le principe de la machine Heilmann (/îg. 149) consiste en rouleaux de fonte superposés ayant pour longueur de table, la largeur du tissu, et présentant une série de cannelures perpendiculaires à leur axe. Les cannelures sont disposées de telle sorte que les saillies de l’un des rouleaux entrent dans les creux de l’autre. Des vis de réglage manœu-vrées par une manivelle permettent de régler l’écartement de ces deux rouleaux et de les déplacer parallèlement à leur axe.
- L’un de ces rouleaux est muni d’une enveloppe en caoutchouc qui l'entoure totalement et est fixéeauxdeux extrémités, vers les tourillons du rouleau, de façon à rester bien tendue sur la surface des cannelures lorsque le rouleau qui le porte est dégagé. Ceci posé, on conçoit que si on applique un des rouleaux contre l’autre, le manchon en caoutchouc sera étiré dans le sens de sa longueur, et si le tissu est placé entre les deux cylindres, la propriété du caoutchouc d’être très adhésif aura pour conséquence l’étirage du tissu dans le sens de sa largeur. Plus on rapprochera les 2 rouleaux, plus la longueur du tissu entre les cannelures devra augmenter, car les points pincés ne glisseront pas sensiblement; en augmentant cet effet,on arrive aisément à la rupture du tissu par une série de lanières parallèles aux fils de chaîne.
- Il est indispensable de bien embarrer le tissu qui va s’engager dans la machine afin de le soumettre à une tension en long. On comprend que dans cette action des deux cylindres, il y a laminage de l’enveloppe en caoutchouc et par suite traction en long exercée sur le tissu. Cet effet sera d’autant plus énergique que l'épaisseur du caoutchouc sera plus forte; le laminage a pour effet de faire tourner peu à peu l’enveloppe sur le roule qui le porte. Si l’on n'avait pas pris de précautions spéciales dans le but de pouvoir permettre cette marche du caoutchouc autour du rouleau, la machine n’aurait pu fonctionner. M. Heilmann a adopté en conséquence une disposition qui permet le glissement sans dérangement de la chemise sur le rouleau.
- Dans certains cas, on peut adopter deux rouleaux cannelés recouverts chacun d’un manchon (fig. 150). M. Heilmann dit dans ses notes que ce mode conviendra lorsqu’il s’agit de tissus très délicats, mais qu’il a l’inconvénient d’être à travail égal plus coûteux comme usure du caoutchouc. Dans bien des cas, on emploie l’appareil dans le but de briser
- p.2x302 - vue 333/478
-
-
-
- /
- /
- / / / /
- Fig. 149. — Machine à élargir de M. Paul Heilmann.
- p.2x303 - vue 334/478
-
-
-
- C.S o
- H
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- l’apprêt des tissus et aussi pour leur donner un léger lissage en même temps que pour les élargir.
- Des expériences pratiques ont montré qu’un tissu de coton de 80 centimètres de largeur peut être élargi de 25 à 30 millimètres, deux passages donnent 50 à 60 millimètres. Il paraît prudent de ne pas dépasser 30 millimètres pour un premier passage. Après ces deux opérations, l’élargissement subsiste après l’apprêt, mais n’est plus que le quart environ de l’effet obtenu primitivement. La machine n’a aucune influence sur la longueur lorsque le tissu a été convenablement embarré.
- Fig. 150. — Machine à élargir et à briser l’apprêt à tabliers en caoutchouc.
- Les manchons doivent être remplacés tous les trois mois. Ils pèsent 25,300 et coûtent 10 à 11 francs.
- Élargisseurs Palmer [fig. 151). — L’Américain Palmer a inventé
- un système qui s’est généralisé et qui consiste à saisir le tissu aux lisières puis à l’élargir.
- L'élargisseur Palmer se compose de deux disques dont le diamètre varie de 0m,70 à 1 mètre, montés à coulisse sur un banc en fonte de lm,10 de largeur posé sur des pieds en fonte. Un chariot à coulisse,
- p.2x304 - vue 335/478
-
-
-
- DES APPRÊTS. — ESSORAGE. — ÉLARGISSAGE
- 305
- manœuvré par vis et volant, permet de placer les disques à la largeur des tissus à traiter. Un dispositif à vis sans fin agissant sur des secteurs permet d’obliquer les disques pour donner l’élargissement voulu.
- Les disques sont munis d’une couronne en caoutchouc sur lesquelles viennent s’appliquer une paire de chaînes cote de mailles, en acier nickelé, avec galets de détour. Des tendeurs à vis servent à pincer les lisières du tissu sur les disques en caoutchouc,afin de soumettre les tissus à un étirage. Un jeu de tubes en laiton maintient le tissu entre les disques
- Fig. 151. — Palmer enrouleur de F. Dehaître.
- Palmer, quel que soit leur écartement. La commande se fait par poulie fixe et poulie folle, avec système de débrayage.
- Les machines Palmer peuvent être employées isolément avec enroulage ou plieuse à la sortie, ou en connexion avec une machine d’apprêt quelconque.
- La même machine s’établit maintenant avec pinces ou même simplement avec courroies, qu’on tend de façon à pouvoir exercer une tension aussi forte que l’on veut [fig. 152).
- Pour l’élargissement des toiles, coutils, tissus croisés et autres tissus forts, on emploie une autre modèle {fig. 153).
- Il se compose de deux disques de lm,10 de diamètre en fonte garnis de caoutchouc sur leur jante et sur lesquels les lisières du tissu se-trouvent fortement pincées par deux courroies sans fin et garnies de
- APPRÊT DES TISSUS DE LAINE. 20
- p.2x305 - vue 336/478
-
-
-
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- 30G
- Fig. 152. — Machine à élargir les toiles et les tissus forts.
- D PATENT.
- =e a
- Fig. 153. — Machine à élargir et à égaliser de Gebauer.
- p.2x306 - vue 337/478
-
-
-
- DES APPRÊTS. — ESSORAGE. — ÉLARGISSAGE
- 307
- caoutchouc. Ces courroies sont guidées]par quatre galets de détour et
- passent sur deux galets tendeurs montés avec vis de tension.
- Le tout est fixé sur un châssis en fonte pouvant se déplacer à volonté,
- suivant les laises et s’obliquer pour obtenir l’élargissement demandé. La machine est pourvue d’un embarrage à l’entrée, d’un mouvement de plieuse ou d’enroulage à la sortie. La commande se fait par poulies fixe et folle avec débrayage.
- Élargisseuse F. Gebauer (fig. 154) (B. F., 421131). — Les tissus qui doivent être élargis viennent embrasser une ou plusieurs barres élargisseuses formées par des cylindres cannelés dont les axes sont cintrés. Ces cylindres a, a,, b, bt, b2, c, c,, c2, sont re-
- Fig. 3.
- FIG. 1. — Vue de face.
- Fig. 2.
- Fig. 154. — Élargisseur Gebauer.
- liés les uns aux autres par des entraîneurs et tournent sous l’action des tissus embarrés dans les élargisseuses. — Les éléments a, b, c, sont pourvus soit d’un filetage d’un pas uniforme, soit d’un filetage à pas progressif.
- p.2x307 - vue 338/478
-
-
-
- 308
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- On varie l’intensité d’action de la machine en changeant la position des barres élargisseuses et par suite la portion de la surface du tissu enroulée sur les cylindres tendeurs.
- La figure 3 montre l’application d’un tel dispositif de réglage à une machine à cinq barres élargisseuses, les différents tendeurs a, b, c, d, e, pouvant être placés à des écartements variables. Pour obtenir ce résultat, les différentes rangées de cylindres sont reliées les unes aux autres par des vis de pas différents, commandées par roues d’engrenage, vis sans fin, roue hélicoïdale et volant. La rangée d est fixe, tandis que les rangées a, b, c, e sont à support réglable. Pour cela, les vis sont pourvues en h, i, k, l de filetages de pas différent, et elles sont reliées l'une à l’autre au moyen des engrenages m, n. On emploiera, par exemple, pour a une vis à droite à trois filets, pour b, une vis à gauche à deux filets, pour e, une vis à droite à un filet, tandis que la rangée d reste immobile. Le déplacement des coussinets des rangées a lieu à l’aide d’un arbre o, d’une vis sans fin p, d’une roue hélicoïdale q et du volant r. En rapprochant les barres élargisseuses, on augmente l’action de la machine.
- Rouleau élargisseur à grand rendement de M. C. Montel (B. F., 423933) (fig. 155).—Ce rouleau est du genre dans lequel le mouvement d’élargissement est provoqué par deux poulies à gorge a, disposées
- Fig. 155. — Rouleau élargisseur à grand rendement de M. G. Montel.
- à chaque extrémité du rouleau. Ces poulies, qui pivotent sur deux pointeaux b portés par une douille fixe c, peuvent être inclinées à volonté sur l’axe du rouleau au moyen de vis de réglage d. Le rouleau est constitué par deux ou un plus grand nombre de tambours e, dont les jantes, munies de rainures, servent de guide à des réglettes <, qui à cet effet sont munies de galets g qui en rendent le glissement plus doux. Les réglettes /‘portent à une de leurs extrémités un galet sphérique h s’introduisant dans la gorge de la poulie a. Les réglettes ont leurs galets alternativement engagés dans la gorge de l’une ou l’autre poulie, et lors de la rotation du rouleau par rapport aux poulies qui sont fixes on obtient un mouvement de translation alternatif des réglettes, deux réglettes consécutives devant
- —
- p.2x308 - vue 339/478
-
-
-
- DES APPRÊTS. — ESSORAGE. — ÉLARGISSAGE
- 309
- toujours se déplacer en sens contraire et suivant une amplitude convenable, conditions que l’on détermine en réglant l’inclinaison des poulies a sur l’axe des rouleaux au moyen des vis d.
- Contrairement aux dispositions généralement adoptées dans les élar-gisseuses de ce genre, les réglettes sont recouvertes par des palettes en bois i qui régnent sur toute la longueur du rouleau. Les pièces d’étoffe, en reposant sur plusieurs palettes successives sont soumises à des efforts de traction en sens inverse, qui produisent l’élargissement du tissu dans les mêmes conditions que les rouleaux ordinaires.
- Pour faciliter la rotation du rouleau, celui-ci est monté sur roulements à billes. A cet effet, l’axe/autour duquel il tourne est fixé avec les douilles e qui supportent les poulies a et il porte des cônes réglables k. Les moyeux des tambours c sont fixés sur des cuvettes? reliées par un corps tubulaire m. Ces cuvettes reçoivent des billes n qui sont maintenues par les cônes k. Dans ces conditions, le rouleau fonctionne avec beaucoup de douceur.
- Appareils destinés à maintenir les étoffes dans l’axe des machines à apprêter. — Il est souvent important de régler la four-niture des machines d’apprêt de façon à ce que les étoffes passent régulièrement dans le milieu des métiers. Pour obtenir ce résultat, il faut souvent que deux hommes soient placés à l’entrée de la machine et tendent les lisières pour que la marche de l’étoffe soit bien régulière. On emploie divers dispositifs qui permettent d’obtenir le même résultat par un moyen purement mécanique.
- L’un des plus simples est le système à balancier. Le tissu vient passer sur une tige légèrement courbée, fixée par un axe situé un peu en dessous du milieu du balancier, de façon à ce qu’elle puisse osciller comme le fléau d’une balance. Lorsque le tissu entre régulièrement dans la machine, le balancier reste en équilibre; mais aussitôt que le tissu se déplace vers un côté de la machine, le fléau s’abaisse, et la lisière, qui s’est approchée du centre de la machine se trouve retenue, de sorte qu’elle a bientôt tendance à se remettre à sa place régulière. Voici quelques systèmes qui ont été proposés pour remplacer le balancier.
- Guide automatique de M. Thiébaut (B. F., 293249) (fg. 156). — Un cylindre en bois a est terminé à ses deux extrémités par un manchon creux b tournant fou sur l’arbre du cylindre a. A l’intérieur de ce manchon se trouve un frein réglable c monté sur un petit manchon d qui porte également un taquet e à l’extrémité duquel est fixée une corde / s’enroulant sur un tambour g claveté sur l’arbre r. L’autre bout de cette corde est fixé au support h du rouleau mobile sur des glissières
- p.2x309 - vue 340/478
-
-
-
- 310
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- CL
- N
- ()
- Fig, 156, — Guide automatique de M. Thiébaut,
- p.2x310 - vue 341/478
-
-
-
- pièce à coulisse R, dans laquelle se meut le contrepoids S.
- N dont le mouvement de rota-0. Le châssis F est relié à la
- Fig. 157.
- Guide de M. A. Schmidt.
- E
- B
- "w
- DES APPRÊTS. — ESSORAGE. — ÉLARGISSAGE
- 311
- i. L’ensemble de l’appareil est équilibré par des contrepoids j ou par des ressorts.
- Lorsque le tissu à guider, en déviant, vient se poser sur le tambour b, il le fait tourner autour de l’arbre r, le frein se trouve entraîné et par suite le taquet e. La corde est tendue et freine le tambour g, ce qui oblige le rouleau à descendre le long de la glissière i. Le tambour a se trouvant incliné, le tissu reprend sa place, le frein se desserre et tout se remet en position normale.
- Guide de M. A. Schmidt (D. P., 98804) (fig. 157). — Le principe employé dans ce guide consiste à chercher à obtenir l’équilibre stable entre la tension résultant de l’action de l’étoffe tendue sur les rouleaux guides et la pression du contrepoids S.
- 8 s
- Le tissu A passe entre deux rouleaux B et C après avoir été tendu uniformément par les élargisseurs D et E. Les rouleaux B et C sont fixés dans les châssis F dont les pivots sont mobiles dans une pièce métallique en forme de fer à cheval J. Le ressort M presse le rouleau G contre B ; celui-ci est plus court que C, mais sur le même axe est fixé le disque tion est ralenti par la bielle régulatrice
- p.2x311 - vue 342/478
-
-
-
- 312 PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- En supposant qu’une machine d’apprêt soit munie des deux fournisseurs, les lisières des tissus seront guidées par eux. Lorsque la marchandise se meut dans le sens de la flèche, le contrepoids est déplacé du côté gauche et par suite le châssis F a tendance à s’incliner de ce côté. L’appareil est réglé pour que le châssis reste horizontal tant que les lisières ne touchent pas le disque mobile N; aussitôt que ce contact a lieu, il en résulte une tension subite des lisières entre les deux rouleaux parce que le mouvement de rotation de N est ralenti parla friction du levier O. Par suite l’axe du châssis est incliné par rapport à la direction du mouvement du tissu, les lisières quittent le disque N pour se placer entre B et C et F reprend sa position horizontale.
- Rame à élargir, redresser et mettre à droit fil (fig. 158). — Un dernier groupe de machines qui peuvent être employées pour élargir les tissus est formé par la série des rames. Ces rames élargisseuses ont pris les mêmes perfectionnements que ceux qui ont été successivement
- . .. ' n.
- -
- jilP T qerd ewig
- Fig. 158.
- rame à pinces automatiques ou machine à élargir,
- I
- redresser et remettre à droit fil de F. Dehaître.
- apportés aux rames sécheuses et décalisseuses. On les construit à picots ou à pinces, avec réglage automatique de prise de lisière. L’un des chemins peut être actionné directement par un volant, de sorte qu’il est toujours facile, en cours de travail, de remettre le tissu à droit fil. Ces rames sont peu employées comme métiers à élargir simples ; on ne les utilise réellement que pour le séchage après l’apprêt.
- La rame à élargir et à remettre à droit fil à pinces automatiques se compose de quatre rouesàrochets destinées à l’entraînement de chaînes et qu’on dispose sur un bâti à une distance variable. C’est ainsi par exemple
- p.2x312 - vue 343/478
-
-
-
- DES APPRÊTS. — ESSORAGE. — ÉLARGISSAGE.
- 313
- qu’on construit des rames qui ont 8m,50 d'axe en axe des rames pouvant traiter des tissus de 1 mètre à 1,60 de largeur.
- Une paire de chaînes à maillons articulés sur le plan horizontal est composée de pinces automatiques en bronze avec roulettes de réglage automatique de prise de lisières. La chaîne est mise en mouvement par des galets de détour et de commande. Un mécanisme de tension par ressort réglable donne aux chaînes toujours la même rigidité. Les maillons se déplacent dans des chemins en fonte avec brisures à l’avant pour donner l’obliquité nécessaire à l’élargissement du tissu. Les chemins sont portés par des vis avec commande par pignons et par volant à main pour la mise en largeur.
- Un dispositif spécial permet la remise à droit fil par l’avancement d’une chaîne par rapport à l’autre. Des guides spéciaux sont disposés pour l’ouverture des pinces à l'arrière. Le tissu à la sortie, après s’être dégagé des pinces, est enroulé. La commande se fait par mouvement progressif avec débrayage instantané.
- p.2x313 - vue 344/478
-
-
-
- CHAPITRE XIII
- MACHINES POUR LE SÉCHAGE
- Autrefois le séchage des tissus se faisait le plus souvent à l’étendage. Les pièces étaient simplement suspendues dans d’immenses salles chauffées ou non. Quelquefois on suspendait les pièces au crochet, et pour la draperie, on attachait les pièces par les deux lisières, de façon à pouvoir tendre l’étoffe et l’allonger.
- Ce sont ces moyens primitifs qui ont donné lieu aux différents systèmes, maintenant en usage, et dans lesquels la dessiccation s’effectue sans qu’il y ait contact avec une surface métallique chauffée.
- On avait essayé, pour améliorer le système en usage jusqu’alors, de suspendre les tissus par une lisière à une courroie munie de crochets, qui pénétrait dans une chambre chauffée. En 1834, J. Risler propose l’emploi de deux courroies sans fin, garnies de pointes à la distance de 10-12 pouces. On peut voir dans cette première machine l’origine des rames à picots. C’est en 1856 qu’on voit apparaître les premières rames fixes et rames continues construites en France et en Angleterre. A cette époque, les maniques étaient employées en Angleterre et en Normandie.
- Avant l’emploi de la vapeur, on utilisait, pour sécher les étoffes, les calorifères comme moyen de chauffage, et les premières rames qu’on construisit appliquaient la chaleur rayonnante.
- Les pièces étaient tendues sur des chaînes munies de picots, et l’on faisait mouvoir en dessous, sur un chemin de fer, un chariot qui portait un brasier. Un système analogue est toujours en usage pour les soieries (fg. 159).
- L’introduction de la vapeur a bien amélioré l’installation des séchoirs, tout en apportant un nouveau procédé de séchage, celui par contact.
- Les procédés de séchage des tissus peuvent se diviser en trois catégories :
- p.2x314 - vue 345/478
-
-
-
- MACHINES POUR LE SÉCHAGE
- 315
- 1° Les procédés par contact;
- 2° Les procédés de séchage des pièces tendues librement : ces procédés se divisent eux-mêmes en deux catégories : 1° les hotflues, et 2° les rames, ces dernières ayant pour but d’effectuer en même temps un déraillage, la mise à la laise et à droit fil. Dans le procédé par contact,
- on emploie le plus généralement la vapeur comme agent de chauffage ; tandis que dans les hotflues, le chauffage peut se faire par insufflation d’air chauffé d’une manière quelconque, ou par rayonnement de chaleur emmagasinée dans les plaques de vapeur ou dans des tuyaux à ailettes. Quand on emploie un courant d’air chaud, on peut utiliser, pour chauffer l’air, les calorifères de tous systèmes. C’est évidemment le procédé le plus éco
- Fig. 159. — Rame chauffée au coke.
- nomique, d’autant plus que le calorifère peut être alimenté par des combustibles de faible valeur. Dans un certain nombre d’usines, on avait ainsi installé, autrefois, des calorifères permettant de brûler, par exemple, les résidus épuisés de campêche. On pourrait aussi dans bien des cas, récupérer des chaleurs perdues pour la production d’air chauffé à une température peu élevée.
- QUANTITÉ DE CHALEUR ÉMISE PAR DES TUYAUX HORIZONTAUX DE 200 MILLIMÈTRES DE DIAMÈTRE DANS LESQUELS CIRCULE DE LA VAPEUR A 100° (d’après péclet).
- NATURE DU MÉTAL UNITÉS DE CHALEUR émise par heure et par mètre carré VAPEUR A 100“ condensée par heure et par mètre carré à 537 calories par kilogr.
- Fonte 785 18,460
- Tôle 811 1 '510
- Tôle plombée 435 0 ,812
- Tôle polie 408 0 '759
- Cuivre rouge 367 0 ,687
- Laiton 379 0 ,706
- Zinc 379 0 ,706
- Etain 376 0 ,700
- Mais, dans les installations modernes, qu’il s’agisse de maniques, hotflues ou rames, le chauffage se fait le plus souvent à la vapeur; et en
- p.2x315 - vue 346/478
-
-
-
- 316
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- particulier, dans les puissantes rames qu’on voit dans les ateliers d’apprêts des draps épais, l’air chaud est produit dans un réchauffeur tubulaire. De toutes façons, et quel que soit le système employé, le calcul de la surface de chauffe est en rapport avec la quantité d’eau qu’on veut évaporer à l’heure, et pour augmenter le rendement d’une machine à sécher, il faut en même temps augmenter sa surface de chauffe. Le calcul de la surface de chauffe est facilité par le tableau précédent.
- Les moyens employés pour augmenter la surface de chauffe ont consisté à utiliser les plaques de vapeurs que les tissus au large viennent effleurer sans les toucher; puis sont venus les tuyaux à ailettes dont il est fait mention pour la première fois en 1883 {Bull. S. I. M., p. 575. Ed. Deny).
- DIAMÈTRE INTÉRIEUR des tuyaux DIAMÈTRE EXTÉRIEUR des ailettes POIDS APPROXIMATIF au mètre linéaire SURFACE DE CHAUFFE par mètre linéaire DIAMÈTRE CORRESPONDANT des tuyaux unis donnant la même surface de chauffe ÉCARTEMENT 1 des ailettes
- millimètres millimètres kilogrammes mètres carrés millimètres millimètres
- 45 145 30 0,8124 270 40
- 45 145 37 1,1900 370 25
- 60 170 40 1,0670 330 40
- 60 170 53 1,5100 570 25
- 70 170-190 45-50 1,3490 430 40
- 70 170-190 61 2,0000 630 25
- 80 200 60 1,4025 460 40
- 80 200 72 2,0900 660 25
- 90 220 70 1,6640 550 40
- 90 220 85 2,5000 790 25
- 100 205-220-250 60-80 2,1275 700 40
- 100 205-220-250 100 2,2200 1.000 25
- 110 250 100 2,1575 720 40
- 110 250 118 3,2000 1.100 25
- 120 280 120 2,5805 860 40
- 120 280 144 3,9300 1.200 25
- 150 300 130 2,7600 920 40
- 150 300 155 4,1400 1.300 25
- Maniques. — Les maniques sont les machines à sécher les plus simples et les plus économiques. Mais elles sont infiniment inférieures, au point de vue de l'apprêt, aux hot-flues et surtout aux rames avec air soufflé. Aussi, dans les teintureries en pièces, fait-on tous les séchages avant l’apprêt, à la manique, et finit-on l’apprêt sur les rames élargis-seuses et finisseuses pour profiter des avantages de ce dernier système.
- Les maniques peuvent être disposées de mille façons diverses, horizon-
- p.2x316 - vue 347/478
-
-
-
- 1,
- LSReSt.s andr. 5)2)).
- Rxcrsl
- he wec
- /-:rN n Cga Se ' ’ EOg
- p Iri'
- E.
- Fig. 160. — Machine à sécher à cylindres sur un rang et rouleaux de détour pour sécher par contact sur une face.
- MACHINES POUR LE SÉCHAGE
- p.2x317 - vue 348/478
-
-
-
- 318 PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- talement, verticalement. On peut s’arranger pour que le tissu ne touche les cylindres qu’à l’envers ou à l'envers et l’endroit (fig. 160 et 161).
- Les cylindres doivent être timbrés et sont disposés pour permettre une évacuation rapide de l’eau condensée : ils sont également munis de reniflards pour les rentrées d’air. Dans le système le meilleur, le bâti est indépendant des cylindres ; la tuyauterie de vapeur et les purges sont complètement à l’extérieur, et, souvent, l’entrée et la sortie de vapeur se font du même côté.
- Pour produire des machines plus économiques, on les construit aussi
- Fig. 161. —Machine à sécher avec bâti de fer. F. Dehaître.
- avec bâtis creux. Dans ces conditions, il se produit des dilatations, il faut donc que le bâti soit monté à dilatation et il faut surveiller la disposition des presse-étoupe. Dehaître préconise l’emploi de la boîte Louppe à coussinet réglable qui permet de maintenir toujours les tourillons au centre du tambour et d’obtenir ainsi des garnitures étanches, un bon engrénement des cylindres, une marche douce et facile de la machine, les portées étant facilement accessibles.
- Les maniques sont commandées par un mouvement progressif à friction permettant de régler la vitesse selon le genre des tissus.
- Comme exemple de manique, nous citerons la machine à sécher verticale à seize tambours {fig. 162). Les cylindres à sécher sont en cuivre rouge, premier choix, double laminage soigneusement agrafé et brasé;
- p.2x318 - vue 349/478
-
-
-
- 1
- MACHINES POUR LE SÉCHAGE 319
- et ils portent des fonds en fonte et assemblés par frettes posées à chaud, tournées après le montage avec le cuivre refoulé en bout. Ces tambours, conformément à la loi, sont essayés à la presse hydraulique à une pression double de celle qu’aura la vapeur.
- P t L.
- 4
- -r la
- Ë ( ne Fe LBioje.
- y : i -: 4Œ
- -
- si
- MPXBE ii
- E
- q
- CY Iy
- P-
- T C 4 1 -
- 7
- ^3
- ry . aore
- ii
- E 1 199 •
- L’un des fonds porte intérieurement, venu de fonte, un double ramasseur pour l’évacuation automatique de l’eau de condensation en marche (Âg. 163 et 164). L’autre fond porte un trou de poing pour visite intérieure, un reniflard à ressort pour rentrée d’air et un robinet de vidange.
- Fig. 162. — Grande machine à sécher verticale à seize cylindres.
- F
- p.2x319 - vue 350/478
-
-
-
- 1 i —
- I i i i i i i i
- I
- |
- J' I
- _ i
- IBS!
- •qMMMMuuMdffil:!lill
- IIMJill I IlRegagetose iiimn sm
- Fig. 163. - Double ramasseur d’eau pour l’évacuation automatique de l’eau de condensation en marche de F. Dehaitre
- 320 PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- Chaque cylindre est de plus muni d’une couronne dentée, taillée et divisée à la machine pour la commande.
- Le bâti est plein, et une tuyauterie de vapeur et de purge en cuivre rouge avec raccord sert à fournir la vapeur et à l’écoulement des eaux condensées; celles-ci doivent, bien entendu, être recueillies avec soin ; elles fournissent une provision d’eau chimiquement pure.
- A l’avant de la machine se trouve un embarrage et, si cela est nécessaire, un élargisseur à barre divergente. Des rouleaux de détour permettent au tissu de serpenter le long de la machine. A l’arrière un rouleau d’appel avec rouleau presseur monté sur levier pour se soulever facilement au passage des bouts de pièce. Enfin la pièce est fau-dée par un mouvement de plieuse à balancier, commandé par plateau à manivelle avec rouleaux distributeurs superposés en bois ou en cuivre.
- La commande générale se fait par un mouvement progressif à plateau et galet de friction commandant par pignons coniques et roues droites chacun des groupes de cylindres.
- La figure 163 représente une ma-nique horizontale à bâtis tubulaires. Les bâtis sont en fonte en forme tubulaire, formant conduites de vapeur et de purge. Ils sont montés sur plaques d’assise en fonte et solidement entretoisés entre eux. Les tambours sont fixés au bâti par l’entremise de châssis-boîtes système Louppe,dont les coussinets de bronze sont réglables en hauteur, au fur et à mesure de l’usure. Les paliers sont à graissage automatique par bagues et possèdent
- p.2x320 - vue 351/478
-
-
-
- MACHINES POUR LE SÉCHAGE
- 321
- ùn réservoir à huile avec niveau et vidange, de façon à éviter l’usure des fusées et à assurer une marche douce et régulière de la machine.
- Les cylindres sont montés horizontalement sur deux rangs et commandés entre eux par des engrenages. Les plaques d’assise forment égouttoirs pour recueillir les produits huileux qui peuvent s’échapper. La commande est progressive
- Purgeur ai
- ’un cylin
- avec vitesse d’appel réglable à volonté. La disposition représente la combinaison avec un foulard d’apprêt, un élargisseur Palmer, la vitesse de chacune de ces machines étant rigoureusement égale à celle de la manique elle-même.
- La maison Mather et Platt Limited a breveté une valve d’évacuation très intéressante pour les tambours de maniques (fig. 166). Cette figure représente le presse-étoupe perfectionné pour l’axe du cylindre APPRÊT des tissus DE LAINE.
- 107
- 21
- 'apprêt e
- ubulaires CO:
- un foi
- née a'
- anique horizontal
- largisseur Palm
- =
- 1 !
- » f
- L
- p.2x321 - vue 352/478
-
-
-
- 322 PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- ainsi que la valve d’évacuation distinée à éviter les accidents provoqués par le vide.
- Lorsqu’on emploie les valves ordinaires fixées sur le fond du cylindre, des accidents peuvent provoquer l’écrasement du tambour, si le reni-flard vient à être calé. Avec le système proposé, le danger est réduit au minimum.
- La figure 1 représente la valve en état de fonctionner comme une valve ordinaire; le levier étant ainsi disposé, le ressort force la soupape
- a 9
- Fig. 166. — Valve d’évuacation brevetée de Mather et Platt.
- Fig. 2.
- Fig. 3.
- à rester sur son siège. Si on tourne la manette dans le sens de la figure 2, la valve est ouverte et garde cette position tant qu'on ne bouge pas le levier. La valve peut être placée sur le presse-étoupe ou sur le fond du tambour. Si on l’ouvre après que la machine est arrêtée, la vapeur s’échappe, et on évite ainsi les condensations trop considérables d’eau, condensations qui donnent naissance à des coups d’eau quand on remet en route. Et à ce moment on doit prendre la précaution de laisser les valves ouvertes de façon à ce que l’air puisse s’échapper. Quand la vapeur commence à se dégager, on ferme et, dans ces conditions, le tambour prend rapidement sa température normale.
- p.2x322 - vue 353/478
-
-
-
- MACHINES POUR LE SÉCHAGE
- 323
- Les essais de séchage sur manique montrent qu’on peut admettre que 1 kilogramme de charbon évapore 3 kilogrammes d’eau.Il y a une grande perte par les fonds des cylindres, d’autant plus que les maniques sont généralement installées dans des ateliers nus et souvent aussi au milieu d'un atelier quelconque. Or, comme nous le verrons, le séchage est une des opérations les plus coûteuses,et on compte qu’une pièce de 30 mètres de robe coûte en teinture et apprêts 57 kilogrammes de charbon. Il serait donc rationnel d’enfermer les maniques dans une chambre close et d’y faire une ventilation suffisante pour entraîner l’humidité. L’atmosphère ambiante pouvant d’ailleurs être portée à 60° (1 mètre cube d’air à 60 peut absorber 1058‘,84), le volume nécessaire serait absolument réduit. Il , serait d’ailleurs facile de se rendre compte de l’état hygrométrique de l’air qui s’échappe.
- F. Dehaître avait proposé en 1889 un procédé breveté de séchage combiné par contact et par rayonnement. Ce procédé consistait à enfermer la manique dans une chambre maintenue à 60°, en y insufflant de l’air chauffé par un moyen quelconque, l’entrée et la sortie des tissus se faisant à l'extérieur.
- Avec cette installation la production serait doublée et l’on pourrait produire le séchage avec un nombre moindre de cylindres.
- Hot-flue. — Les hot-flue sont des appareils dans lesquels le séchage se fait sans contact. L’installation est semblable à celle des anciens étendages, sauf que le séjour des étoffes y est considérablementdiminué par suite d’une ventilation énergique.
- Les hot-flue sont chauffées par calorifères, par plaques, par tuyaux à ailettes ou par l’air chaud.
- Les hot-flue sont surtout employées dans les ateliers d’impression. On ne les voit pour ainsi dire jamais dans les teintureries et apprêts, et on ne rencontre jamais le chauffage par plaques de vapeur, qui présenterait cependant beaucoup d’intérêt. Nous donnerons comme exemple la hot-flue, rame de la Société alsacienne de constructions mécaniques (fg. 167).
- La machine se compose d’un foulard à plaquer où se fait l’imprégnation avec un bain de nature quelconque. Avant de s’engager dans la sécheuse, le tissu passe dans un appareil compensateur afin de prévenir tout accident résultant de ce que les deux machines combinées ne marcheraient pas exactement à la même vitesse. Le tissu arrive ensuite à la rame où deux hommes emprisonnent les lisières dans les picots de deux chaînes sans fin ; il serpente dans la machine, se dégage des aiguilles et finalement est faudé en plis.
- Pendant tout son trajet l’étoffe chemine dans le voisinage de plaques
- p.2x323 - vue 354/478
-
-
-
- Fig. 167. — Hot-flue-rame à plaques et à air chaud combinés pour grande production de la Société alsacienne de constructions mécaniques.
- 324
- IIAI 3
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- p.2x324 - vue 355/478
-
-
-
- MACHINES POUR LE SÉCHAGE
- 325
- de vapeur qui agissent par rayonnement.De plus un ventilateur chasse de l’air froid à travers un réchauffeur, et cette ventilation produit rapidement la dessiccation.
- Rames. — Lesramessont principalement utilisées pour élargir les étoffes de laine peignée, traitement ras, redresser les lisières et mettre la trame à droitfil. C’est pourquoi on les emploie plutôt comme moyen d’apprêt que pour le séchage proprement dit. Tandis que dans le traitement de la draperie, où les étoffes plus lourdes se comporteraient mal à la manique et durciraient, on fait usage presque généralement de la rame pour le séchage.
- Dans un grand nombre d’ateliers, le tissu est séché à la sortie de teinture pour subir les premières opérations de l’apprêt, la tonte. On passe alors au gommage au foulard et on sèche à la manique. Le tissu ainsi gommé et séché est conduit alors à la rame élargisseuse qui l’amène à peu près à la laise réclamée par le client, et on fixe par vaporisage à la colonne de sublimé. Et comme l’étoffe peut avoir quelque peu rentré, on termine l’opération sur la rame finisseuse, qui donne définitivement la largeur voulue.
- Il est évident qu’on peut arriver plus rapidement au même résultat, en faisant suivre le foulard à gommer d’une rame à déraillage et redressement du fil, qui remplace, comme action, la manique et la rame élargisseuse.
- Les rames ont été dotées dans ces dernières années de perfectionnements considérables. Les unes sont à parcours unique,d’autres à plusieurs parcours. Le chauffage se fait par divers moyens, tuyaux à ailettes ou réchauffeurs d’air. Les unes sont complètement ouvertes ou closes dans une chambre, ce qui permet une meilleure utilisation du combustible; et les plus perfectionnées présentent des parois latérales mobiles, de sorte que la chambre de séchage est toujours ramenée à la largeur de l’étoffe et que tout le courant d’air chaud lancé dans l’appareil est en contact avec le tissu et produit un travail effectif.
- La vitesse du tissu peut être modifiée par l’emploi d’une commande à vitesse variable. Car, dans une installation déterminée, le courant d’air chaud ne peut évaporer qu’un poids constant d’eau, et ce poids est réparti évidemment sur un métrage plus ou moins long, selon que le tissu est plus ou moins lourd. Pour augmenter la production d’une machine, il faut absolument augmenter dans la même proportion sa surface de chauffe. On peut y arriver en partie en augmentant la vitesse du ventilateur, car on sait que la quantité de chaleur abandonnée par un chauffage quelconque dépend de l’afflux de l’air. Mais l’augmentation ainsi produite ne peut dépasser une certaine limite, l’air refoulé se trou-
- sime
- p.2x325 - vue 356/478
-
-
-
- co
- 61
- 9
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- vant alors chauffé à une plus basse température, facteur qui agit en sens contraire sur le rendement. Le courant d’air chaud doit d’ailleurs être divisé dans la rame, les veines ne doivent pas être trop épaisses, sans quoi elles ne prendraient pas une température uniforme à cause de la mauvaise conductibilité du gaz.
- Dans les premières machines, le tissu était guidé par des courroies en cuir dont la surface avait été garnie d’aiguilles ; puis on est arrivé à remplacer ces courroies par des chaînes à maillons plus rigides et auxquelles on peut donner rigoureusement la même vitesse de translation. Et depuis quelques années on emploie les chaînes à pinces à prise de lisière automatique avec lesquelles on produit un travail plus parfait, tout en réduisant la main-d’œuvre. De même on a inventé divers systèmes de prise automatique de lisières, qui s’appliquent à toutes les machines dans lesquelles le tissu doit être traité au large.
- Rame vaporiseuse à picots {fig. 168). — La ramevaporiseuse ou élargisseuse se compose d’un bâti de 8 mètres d’axe en axe des rames des chaînes et d’une largeur telle qu’on puisse traiter des étoffes de lm,60 de
- Fig. 168. — Rame vaporiseuse ou décatisseuse à picots.
- laise. A l’arrière, sur l’arbre commandé par un mouvement progressif à vitesse variable, se trouvent deux rochers de commande qui entraînent les chaînes à maillons démontables ; à l’avant, ces chaînes tournent sur des galets de détour portés sur un arbre qui peut être déplacé légèrement pour assurer leur tension. Les chaînes sont ordinairement composées de
- maillons en acier avec platines en bronze nickelé et aiguilles en acier.
- p.2x326 - vue 357/478
-
-
-
- Fig. 169. — Petite rame à pinces automatiques ou machine à élargir, redresser et remettre à droit fil de F. Dehaître.
- S
- MACHINES POUR LE SECHAGE
- W LS
- Elles se meuvent dans des sortes de rails ou chemins creux en fonte chauffés à la vapeur pour éviter les condensations d’eau et les taches. Les chemins en fonte sont eux-mêmes supportés par des tiges filetées à droite et à gauche, qu’on fait mouvoir à la main par volant et pignons coniques pour la mise en largeur.
- A l’entrée de la rame se trouvent des guides spéciaux pour présenter les lisières aux aiguilles. Les hommes chargés de conduire l’étoffe l’élargissent et présentent les lisières aux brosses de clouage. Le tissu arrive alors au-dessus d’une bassine de vaporisage qui l’humecte légèrement, puis se sèche vers l’arrière où se trouvent des tuyaux à ailettes. Le tissu sec arrivant à l’extrémité de la rame est dégagé par un rouleau de dépiquetage ; il est attiré par un rouleau qui le conduit finalement à un mouvement de plieuse à balancier.
- La commande générale se fait par un mouvement progressif avec débrayage instantané.
- Rame à vaporiser, élargir et remettre adroit fila pinces automatiques (fig. 169). — La rame à pinces automatiques est une machine de 8 mètres de longueur d’axe en axe des roues et pouvant
- porter des tissus de lm,60 de largeur et en dessous. Les chaînes sont à maillons articulés dans le plan horizontal et sont composées de pinces en bronze avec platines en cuivre et roulettes de réglage automatique de prise de lisières. Elles sont assemblées au moyen de rivets en fer emboutis.
- Les chaînes circulent sur le plan horizontal dans une paire de chemins
- p.2x327 - vue 358/478
-
-
-
- Fig. 170. — Différentiel pour la remise à fil droit des rames à pinces automatiques, < système F. Dehaître.
- Légende. — A, arbre de commande. — B, chemin des pinces. — C, support de la vis sans fin de commande du différentiel. — D, support-guide de l’arbre vertical. — EE, axes des pignons L et L'. — FF', pinces automatiques. — G, vis sans fin de commande du différentiel. — H, roue à vis sans fin, représentée en coupe, montrant les pignons LL' montés dans cette roue. — I, rochet de détour des pinces. — J, roue d’angle, calée sur lerochet I, commandé par L et L'. — K, roue d’angle calée sur l’arbre vertical. — LL', pignons, fous sur les axes EE'.
- fl
- 328
- PROCÈDES ET MATERIEL MODERNES
- en fonte soigneusement rabotés; ces chemins creux sont pourvus d’un tube de chauffage pour éviter les condensations de vapeur dans les pinces. Les chaînes sont actionnées à l’arrière avec des rochets de commande et et tendues, à l’avant, par des galets de détour avec mécanisme de tension par ressorts et par vis.
- IIIIUIIIIIIIIIII
- Les chemins sont supportés par des écrous, portés eux-mêmes sur des vis filetées pas à droite, pas à gauche pour la mise à la largeur désirée. Ces vis sont actionnées par des pignons d'angle au moyen d’un arbre longitudinal commandé par poulies fixe et folle ou simplement à la
- p.2x328 - vue 359/478
-
-
-
- MACHINES POUR LE SÉCHAGE
- 329
- main. Les vis d'élargissement sont maintenues à chaque extrémité par des bâtis en fonte entretoisés par une poutrelle qui soutient le milieu de la vis pour en empêcher le fléchissement.
- A l'entrée de la rame, les chemins présentent une brisure pour donner l’obliquité nécessaire à l’élargissement du tissu ; cette obliquité est réglable à volonté par un volant à mains.
- Dans un second compartiment est disposé un vaporisateur avec couvercle réglable en largeur pour humidifier le tissu pendant l’élargissement. Enfin le dernier compartiment dans lequel les chaînes sont devenues parallèles reçoit le chauffage d’une batterie de tuyaux à ailettes disposées transversalement et chauffant le tissu par rayonnement.
- La remise à droit fil s'obtient facilement par une disposition spéciale qui permet à l’ouvrier, au moyen de la manœuvre d’un simple volant à main, de faire avancer ou reculer une des chaînes par rapport à l’autre, pendant la marche même de la machine.
- Le différentiel pour remise à droit fil de Dehaître est très simple, comme le représente la figure 170. L’arbre de commande A commande par roues d’angle le pignon conique K calé sur l’arbre vertical. Ce pignon transmet son mouvement aux roues coniques L et L‘, folles sur un arbre fixé dans la roue à vis sans fin H. Celle-ci étant calée en temps ordinaire par lavis sans fin G met en rotation la roue d’angle J calée sur le rochet de détour des pinces I, de sorte que les chaînes sont ainsi entraînées. Mais, si l’on veut déplacer une lisière, on commande par une manette à main la vis sans fin G, et on donne ainsi à volonté, à la chaîne correspondante, un mouvement d’avance ou de recul. On conçoit que l’on peut facilement si l’on veut, avec ce différentiel, transformer une rame ordinaire en rame dérailleuse, destinée à briser l'apprêt et à bien isoler les fils de chaîne et de trame.
- On arrive ainsi à redresser parfaitement les tissus, ce qui, au point de vue de l’apprêt, offre un avantage considérable.
- Des guides spéciaux sont disposés à l’avant et à l’arrière pour l’ouverture des pinces.
- Rame continue à deux étages et parois latérales mo-biles. — Ces rames à étages ont été spécialement étudiées en vue d’une utilisation rationnelle de l’air chaud au séchage des tissus, pendant que ces derniers sont tendus au large par des chaînes à aiguilles ou à pinces.
- A cet effet chacun des étages est pourvu de chicanes en tôle assurant une circulation méthodique de l’air chaud en sens inverse de la marche du tissu avec buses de distribution amenant un nouvel afflux d’air chaud aux étages au fur et à mesure que l’air se sature d’humidité.
- Les cloisons extérieures, fermant les étages, suivent le mouvement de
- p.2x329 - vue 360/478
-
-
-
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- 330
- Fig. 171. — Rame continue à deux étages ou quatre parcours, à parois latérales mobiles, limitant la chambre chaude à la largeur du tissu traité.
- -Ae] eeyl
- ROrkis or@E m ", 38 ; -11 - 5110..: i thoen - = . .. Il thete waHk
- mise en largeur des chemins, li-mitant ainsi la chambre chaude à la largeur même du tissu traité et évitant par suite les pertes dues aux espaces inoccupés de la chambre de la rame. Nous verrons plus loin que ce principe n’est pas nouveau puisqu’on signale déjà des essais effectués sur une rame à parois latérales mobiles en 1884.
- Les chaînes sont, selon les cas, à picots avec platines en bronze nickelées et aiguilles d’acier ou à pinces à ressort en bronze s’ouvrant et se fermant automatiquement à l’entrée et à la sortie de la rame. La rame peut être combinée pour marcher en continu avec un foulard d’apprêt, un appareil d’étirage en longueur et une série de cylindres sécheurs, soit à l’entrée, soit à la sortie, suivant le genre de tissus à traiter et la production à obtenir.
- La rame continue à deux étagés aux quatre parcours est construite pour traiter des tissus dont la largeur varie de 0m,300 à 2 mètres. La vitesse d’appel du tissu est de 15 à 50 mètres à la minute avec une dépense d’énergie de 8 à 12 chevaux.
- La chambre chaude (fig. 117) est composée de 4 compartiments de 2m,50 environ donnant une longueur totale de 10m,50 d’axe en axe des roues à chaîne. A l’entrée se trouve un compartiment incliné de 3m,50, pour l’engagement et la mise en largeur de l’étoffe. Les chaînes circulent dans des chemins en fer dressés et ra-
- p.2x330 - vue 361/478
-
-
-
- MACHINES POUR LE SÉCHAGE
- 331
- botés avec contre-chemins empêchant le renversement. Elles sont mises en mouvement par des rochets de commande et des rochets de détour avec mécanisme de tension par contrepoids. Les arbres de ces rochets tournent dans des paliers avec coussinets en bronze à graisseurs automatiques. Les chemins sont portés sur des traverses en fonte munies de galets de roulement se déplaçant sur les entretoises des bâtis. Ils sont manœuvrés au moyen d’écrous sur des vis filetées pas à droite, pas à gauche pour la mise en largeur. Celle-ci se fait automatiquement sur toute la longueur de la rame, au moyen .d’une commande mécanique par pignons, poulies fixe et folle.
- Les faces latérales des chemins sont fermées par des panneaux en tôle, suivant la mise en largeur de la chambre chaude.
- Le compartiment oblique d’entrée peut se rétrécir à volonté pour obtenir l’obliquité voulue pour l’élargissement du tissu. Une règle graduée placée à l’entrée des chemins parallèles indique la largeur du tissu.
- A l’entrée se trouve une disposition spéciale pour l’introduction du tissu dans les pinces et le bloquage des volets, si on emploie des chaînes à pince automatique. Un mouvement de plieuse délivrant le tissu de la rame permet de la fauderen plis. La partie supérieure et la partie inférieure de la rame, ainsi que les faces avant et arrière, sont fermées par des panneaux en tôle.
- La commande se fait par un mouvement progressif à plateau et galet de friction avec débrayage automatique. Le chauffage de la rame est assuré par un appareil tubulaire timbré à 6 kilogrammes et dont la surface de chauffe dépend de la production à obtenir. Un ventilateur soufflant produit la circulation de l’air chaud, qui est distribué au moyen de conduites en tôle dans les différents parcours du tissu.
- Appareil (l’introduction électrique pour rameuses, sys-
- tème Weisbach (Chemnitz). — Dans la plupart des rames à pinces ou à picots, il est nécessaire de placer deux ouvriers pour guider l’entrée de la pièce et surveiller la prise des lisières par les pinces ou les aiguilles.
- Le système à pinces automatiques présente déjà un perfectionnement ; mais l’entrée du tissu n’est pas rendue automatique. L’appareil d’introduction électrique de Weisbach a résolu
- Fig. 172. — Appareil d’introduction électrique système Weissbach.
- la question d’une manière parfaite et permet la suppression complète de toute main-d’œuvre.
- p.2x331 - vue 362/478
-
-
-
- 332
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- Le principe adopté consiste à présenter, à l’entrée de la machine, un chemin triangulaire disposé pour que les deux chemins parallèles soient toujours exactement à la largeur du tissu, quelle que soit d’ailleurs la position de ce dernier. Pour obtenir ce résultat, les deux parois de chemins sont indépendantes, contrairement à ce qui existe dans les autres rames, et chacune est actionnée par une vis sans fin. L’appareil possède deux touches oscillantes en forme de leviers à angle, qui sont fixées aux parois d’entrée de la machine et dont la branche supérieure trébuche légèrement au-dessus du centre de rotation D.
- Deux appareils semblables, mais travaillant indépendamment, se trouvent aux deux côtés de la machine.
- La figure 172 représente schématiquement l’entrée d’une rameuse avec l’appareil Weisbach breveté. La figure 173 montre la disposition du tissu en marche correcte. La ligne pointillée OU figure les aiguilles ou les plaquettes de pinces de la chaîne. Y indique la distance normale de la lisière à la partie qui sera prise dans l’appareil. Dans ces conditions, la touche W s’appuyant contre la lisière, la languette Z se tient au milieu des contacts CetC..
- La pièce vient-elle à dévier vers l’extérieur, comme le représente la figure 174, la distance Y, augmente et dans une machine ordinaire, la prise des lisières se ferait trop avant. Tandis que dans la machine Weisbach, la touche W étant repoussée vers l’extérieur, la languette Z vient s’appliquer sur le contact inférieur Ct, ce qui produit la ferme
- ture d’un circuit électrique (fig. 176) et actionne l’accouplement électrique K..
- Aussitôt la roue à gorge R se met en mouvement, le chemin porte-chaîne se meut vers l’extérieur jusqu’à ce que la distance Y soit redeve-
- p.2x332 - vue 363/478
-
-
-
- T
- MACHINES POUR LE SÉCHAGE
- 333
- nue normale. La touche W reprend sa position antérieure, la languette 2 s’écarte du contact et le courant électrique est interrompu.
- La figure 175 représente le cas où la lisière tend à s’échapper de l’action des chaînes. La touche W suit la lisière dès que celle-ci commence à dévier, et par suite de ce déplacement la languette 2 vient sur le contact supérieur G. Ce contact ferme un autre circuit [fig. 176), l’accouplement électrique K est alors en action, et la roue à gorge R tourne en sens inverse. Le chemin de la chaîne se déplace jusqu’à ce que la distance Y redevienne encore une fois normale.
- Fig. 176. — Introducteur de Weissbach. Mise automatique des chemins à la largeur du tissu.
- 8
- o
- Les avantages de cet appareil sont les suivants :
- 1° Les organes de contact ou conducteurs du courant sont assez éloignés du tissu pour ne pouvoir se salir ;
- 2° Les touches de l’appareil ne s’appuyant que très légèrement contre le tissu, n’enlèvent pas de colle, même sur les tissus fort apprêtés;
- 3° Grâce au contact très léger des touches et des lisières, il n’y a pas de tension, ni de déformation de tissu ;
- 4° Le contrôle de l’appareil est facile, tous les organes étant bien visibles pendant la marche ;
- 5° L’appareil peut être actionné soit par courant alternatif, soit par courant continu ;
- 6° La consommation de force est très minime; l’appareil n’exige qu'en-viron la moitié de l’énergie nécessaire pour une lampe à incandescence de J 6 bougies.
- p.2x333 - vue 364/478
-
-
-
- 334
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- Guideur et introducteur pneumatiques, système Kay et Foxwell (flg. 177). — Les appareils pneumatiques, système Kay et Foxwell, peuvent s’appliquer sur toutes les rames de toutes constructions, aussi bien à pinces automatiques qu’à pinces ordinaires, ou à picots, simples ou à parcours, avec ou sans déraillage.
- L’emploi de ces appareils dispense entièrement du guidage de la pièce par les ouvriers. Ce travail se fait d’une façon plus régulière et plus sûre, et l’on obtient une production plus grande avec des lisières plus régulières et un minimum de tares. On évite notamment la production de lisières roulées.
- Fig. 177. — Guideur et introducteur pneumatique, système Kay et Foxwel construit par F. Dehaître.
- .
- ch.
- y
- i .
- / l I
- Ces guideurs et introducteurs brevetés se composent de deux parties distinctes, le guideur étant, à lui seul, une machine indépendante.
- Le tissu passe par ce guideur pour arriver à l’appareil introducteur, dont les supports sont boulonnés sur les bâtis de la rame, s’élargissant ou se rétrécissant avec elle suivant la largeur du tissu à ramer. Le but de ce guideur est de mettre le tissu bien au centre de la rame, ce qu’il faut à 5 ou 6 millimètres près.
- Ensuite l’introducteur s’empare du tissu, le guide et l’introduit avec une précision allant jusqu’à 3 millimètres sur les picots ou dans les pinces de la rame, assurant à celle-ci une alimentation parfaite.
- Le tissu ainsi guidé entre sans plis et tout droit avec lisières parfaitement ouvertes; ceci permet à l’ouvrier, au lieu de porter son attention
- p.2x334 - vue 365/478
-
-
-
- MACHINES POUR LE SECHAGE
- 335
- constante sur l’entrée de la pièce, de surveiller le fonctionnement général de sa machine et en même temps de faire quelque autre travail, par exemple de veiller à ce que sa machine soit alimentée régulièrement d’apprêt, etc.
- Les deux appareils, guideur et introducteur, sont construits avec têtières portant des rouleaux de guidage, dont quelques-uns sont actionnés au moyen d’air comprimé. Lorsque la lisière passe à travers ces rouleaux, elle vient en contact avec un taquet animé d’un mouvement de bascule, qui règle l’admission de l’air, et met en action ou hors d’action les rouleaux du guidage, selon que l’exige la position de la lisière du tissu.
- Ces appareils demandent peu d’attention et sont tout à fait sûrs. La pression nécessaire pour la marche des appareils ne dépasse pas 2 kilogrammes par centimètre carré et est réglable entre 0NE,700 et 2 kilogrammes.
- RENDEMENT DES DIFFÉRENTS GENRES DE SÉCHOIRS
- Nous avons dit que la question des appareils à sécher présente la plus haute importance, car le séchage revient à un prix assez élevé. On ne saurait donc trop chercher à diminuer ce prix de revient. C’est pourquoi nous allons relater des expériences qui ont été faites, en faisant remarquer que les prix du charbon et de la main-d’œuvre, ainsi que les rendements, ont été améliorés; mais en tout cas, les corrections seront faciles à faire.
- Rendement d’un calorifère par William Grossetête (B. S. I. M., 1866, p. 132). — Le calorifère servait à chauffer une salle d’impression avec de Vair humidifié. La surface de chauffe était de 19 mètres carrés. L’air froid était amené par un canal en maçonnerie dont la section était de O"12,756. Il s’échappait par un canal au milieu duquel était disposé un réservoir rempli d’eau pour humidifier l’air. On mesurait simplement le poids d’eau vaporisée. Voici les résultats constatés pendant deux jours d’observation :
- p.2x335 - vue 366/478
-
-
-
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- 336
- 1" JOUR 2e JOUR
- Air dans le calorifère MAXIMUM MINIMUM MOYEN MAXIMUM MINIMUM MOYEN
- — . ( entrée... Température | sortie. ... 3°,5 93 — 1° 64° 10,9 83° 40 84° 10,5 63° 3°,2 74°
- Volume à 0,760 19.241m3,917 24.822^.073 12.613m3,104 16970kg904.
- Poids
- Air introduit dans le foyer •
- Température | sorte?.:: 3°,5 325° — 1° 260° 10,9 292° 4° 292° 10,5 250° 30,2 268°
- Volume à 0,760 1.250m3,535 A6/3kg,190 1996m3 937
- Poids 1. 373kg970
- Poids de l’eau évaporée.. Poids de houille brûlée.. Proportion 0/0 de scories. Durée de l’observation... 14k8,900 1298,040 11kg,300 5h 25' 7 kilogrammes 80 kilogrammes 14k8,300 3h 30'
- Nota. — Le volume d’air est donné à l’aide d’un anémomètre.
- De ces nombres, on tire les résultats suivants :
- Calories absorbées par l’air. — — par l’eau évaporée. Total : Effet utile........ Calories produites par la combustion.. Différence : Perte Effet utile 1er JOUR 2e JOUR
- 478.496 7.735 274.016 4.550
- 486.231 1.015.802 278.566 629.760
- 529.571 47 0/0 351.194 44 0/0
- Le rendement moyen du calorifère essayé serait donc de 45 1/2 0/0, chiffre que nous appliquerons à l’étendage.
- Rendement d’un séchage à T’étendage par W. Grosse-tête. — L’étendage dans lequel on fit des essais avait les dimensions, suivantes :
- Largeur.................
- Longueur................
- Hauteur totale..........
- Hauteur jusqu’aux lattes...
- Capacité totale.........
- 4m,970
- 11 ,500 17
- 14 ,500 971m3,635
- p.2x336 - vue 367/478
-
-
-
- MACHINES POUR LE SECHAGE
- 337
- Deux de ces faces seulement étaient exposées à l'air. C’étaient des murs en maçonnerie de moellons, épais de 0,90 à la base et de 0,n,20 à la partie supérieure. Ces murs avaient une surface de 280 mètres carrés ; ils étaient percés de sept fenêtres, dont la surface totale étaitde 12 mètres carrés, soit 4,3 0/0 de la surface totale des murs.
- Les deux autres faces étaient des murs de refend, l’un mitoyen avec un autre étendage, l’autre faisant partie de la cage d’escalier. Sous le rapport du rayonnement extérieur, ce séchoir pouvait être considéré comme étant de bonnes conditions. En appliquant la formule indiquée par Péclet, on trouve, en effet, que les pertes par les parois n’entraient que dans la proportion de 3,3 0/0.
- e
- Quantité d’eau enlevée au séchage. — On pesa, au sortir de l’hydro-extracteur, un certain nombre de pièces, puis après dessiccation. On obtint les nombres suivants :
- QUANTITÉ d’eau RENFERMEE DANS LES PIÈCES ESSOREES
- A LHYDROEXTRACTEUR
- Calicots 60 P........
- — 70 P.........
- Percales............. Jaconas.............. Laines (mousseline) . ..................... Piqués ..............
- TISSU sec poids par pièce MÉTRAGE moyen par pièce EAU par 100™ par kg de tissu sec OBSERVATION
- 7k8,29 8 ,33 5 ,48 3 ,28 4 ,43 6 ,40 6 ,9ii 110m 104 80 104 100 101 76 5k8,804 7 ,667 3 ,920 2 ,500 3 ,390 3 ,000 3 ,000 5ks,270 7 ,370 4 ,900 2 ,400 3 ,390 2 ,977 3 ,940 0kg,726 0 ,920 0 ,697 0 ,762 0 ,434 0 ,469 0 ,434 Chaque essai a été fait sur 6 pièces à la fois
- Essai de consommation. -— Pendant que les pièces sèches de la veille étaient enlevées et pliées, on allumait le feu et les pièces humides étaient successivement étendues; à mesure qu’elles séchaient, on les remplaçait par d’autres humides. De cette façon le séchage était continu.
- Au sortir de l’étendage, les pièces étaient classées par sortes. On les mesurait et à chaque sorte de tissu on appliquait le poids d’eau indiqué dans le tableau ci-dessus, et on avait ainsi approximativement le poids d’eau à évaporer. La houille brûlée était du tout venant de Rouchamp. Les essais furent poursuivis pendant une quinzaine et donnèrent les résultats suivants :
- APPRÊT DES TISSUS DE LAINE.
- 22
- p.2x337 - vue 368/478
-
-
-
- ESSAIS FAITS CHEZ MM. DOLFUS, MIEG ET c’e
- NOMBRE ET NATUI E DES PIÈCES HOUILLE BRÛLÉE t r, O M TEMPÉR/ AIR EXTÉRIEUR TURE AIR INTÉRIEUR
- DATES e © O co t Q g X) U. HD 23 A en *Q C co - en O G c en Q 6 2 8 S o o S Z Q c C a s on o EAU CONTENUE Total Scories 0/0 ce M o 2 0 “ > •a < — c © M 2 C c r, 2 • > M = CC - 2 § 6 Z * Maximum Minimum o -0 Q co Q 3 Q O 0 © ÔD c C Q :0 g 3 c en (D Q .S c œ g J o U) ©. Q s cd o d o U.
- 1864 26 Xhre . .. 27 — 28 — 29 — 30 — 31 — 2 Janvier. 3 — 4 6 — 7 — 9 — 29 1/2 40 88 42 16 33 39 35 1/2 67 4 18 52 98 80 34 56 42 90 30 50 49 16 27 28 2 » )) » » » )) 1 2 » » » 1 1 11 4 » 4 3 » 3 » 19 1 8 36 25 14 27 16 32 42 24 14 57 118 74 62 81 100 90 80 77 106 80 78 205 1/2 240 205 207 168 237 186 186 1/2 230 168 152 172 mètres 19.230 23.741 20.870 20.379 16.838 23.046 19.056 18.572 20.133 17.556 15.535 17.628 kilogr. 842 1.103 807 807 749 1.050 804 803 900 792 683 726 kilogr. 550 610 600 470 510 545 525 376 470 464 350 351 12,1 10,1 15,2 10 » 10,1 » 10 11 )) 12 12 kilogr. 1,53 1,80 1,34 1,71 1,47 1,92 1,53 2,15 1,91 1,70 1,95 2,07 16 16 14 14 14 14 13 12 13 11 11 11 — 7 1/2 - 7 1/2 — 3 — 6 1/2 - 1/2 — 1 — 1 + 3 + 1 + 6 + 3 + 7 — 13 1/2 - 14 — 6 - 10 — 8 1 /2 — 4 — 4 — 3 ' — 9 1/2 + 2 1 ; 2 + 1/2 — 2 1/2 83 78 85 90 38 31 33 32 26 28 23 24
- 2.357 232.584 10 066 5.821 11,4 1,72
- 338 PROCEDES ET MATÉRIEL MODERNES
- Donc 1 kilogramme de houille contenant 11,40 0/0 de scories a évaporé en moyenne 1*8,72 d’eau.
- p.2x338 - vue 369/478
-
-
-
- MACHINES POUR LE SÉCHAGE 339
- Or un kilogramme de houille employé produit 7.872 calories, le calorifère n’en utilisant que 45,50/0, soit 3.581 calories.
- Chaleur introduite.......................................... 3.581 calories
- Chaleur utilisée 1%5,70 X 658 (?)........................... 1.118 —
- Perte........................ 2.463 calories
- L'effet utile est donc réduit à 31,3 0/0.
- Prix de revient de rétendage. — Le personnel de l'étendage se composait de :
- Un contremaître;
- Deux ouvriers au bas de l’étendage;
- Deux ouvriers en haut de l’étendage;
- Un manœuvre portant les pièces de l’essoreuse pour les conduire à l’étendage; cet homme desservait deux étendages; on ne compta que la moitié des appointements, soit la moitié d’une quinzaine :
- COUT DU SÉCHAGE A L’ÉTENDAGE
- Bâtiments, amortissement, intérêt, 10 0/0. Entretien 2 0/0 Main-d’œuvre Combustible 5.821ks à Soit pour 2.357 pièces séchées TOTAL PAR PIÈCE PAR PIÈCE de 100m 0/0
- 755,60 15 ,12 161 ,70 128 ,64 0f,032 0 ,006 0 ,068 0 ,054 0f,032 0 ,006 0 ,070 0 ,055 20f 4 42 ,2 33 ,8
- 381f,06 0f,160 0f, 163 1006,0
- On voit que les éléments les plus importants, dans ce prix de revient, sont la main-d’œuvre et le combustible.
- Un autre essai, fait du 12 au 28 décembre 1855, chez MM. Dolfus Mieg, a donné lkg,300 d'eau vaporisée par kilogramme de houille et d'un prix de revient de 0fr,176 par pièce de 100 mètres.
- Essai du rendément de séchage sur une manique par W. Grossetête. — Toutes les pièces étaient essorées au squeezer et le poids d’eau laissé par ce mode d’essorage avait été déterminé a priori sur vingt pièces- On avait ainsi trouvé :
- p.2x339 - vue 370/478
-
-
-
- 340
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- QUANTITÉ D’EAU RENFERMÉE DANS LES PIÈCES PASSÉES AU SQUEEZER
- Jaconas. Organdis Percales Piqués 60 P 16/17 fils G. F Brillantes POIDS du tissu sec MÉTRAGE moyen EAU CONTENUE OBSERVATIONS
- par pièce par pièce de 100 mètres par kg de tissu sec
- 3k^,30 2 ,43 5 ,56 6 ,93 7 ,15 6 ,57 8 ,35 6 ,66 104m 104 80 76 110 111 105 101 45,047 2 ,850 4 ,808 6 ,570 6 ,770 7 ,500 8 ,500 6 ,080 3k8,880 2 ,740 6 ,010 8 ,640 6 ,140 6 ,708 8 ,048 6 ,000 18,244 1 ,176 0 ,863 0 ,948 0 ,947 1 ,141 1 ,018 0 ,912 Chaque essai a été fait sur 20 pièces à la fois
- La manique était composée de quinze tambours en tôle mince dont les dimensions étaient :
- Diamètre.................................
- Longueur ................................
- Surface latérale.........................
- Surface totale...........................
- Surface totale fonds compris 4,047 X 13. ..
- . GT t- © 202 — -= © 3. 202 o o - ç ci c a a s a m CO ** 8
- Cette manique était alimentée par une chaudière spéciale pour laquelle l’eau et le charbon étaient mesurés directement.
- La durée totale des essais a été de 40”.23 minutes; pendant ce temps on y a fait passer 222.239 mètres de tissu; la vitesse moyenne des tambours a donc été de 25 tours à la minute, soit 5.500 mètres de tissu à l’heure. Le résultat des essais est indiqué dans le tableau ci-contre.
- Dans ces expériences, on voit que le rendement de la chaudière a été de 6kg,579 d’eau évaporée par kilogramme de charbon. Cette chaudière n’avait pas de réchauffeur; elle était donc dans des conditions tout à fait ordinaires. La moyenne des pressions était 3'1/2, t = 140; donc le générateur n’était d’un effet utile que de 57 0/0.
- D’un autre côté, nous voyons que, pour évaporer 1 kilogramme d’eau, la machine en a condensé 1*8,868, d’où il résulte que la chaleur utilisée par la machine n’est que de 53 0/0 de celle qui est introduite, déduction de la chaleur enlevée par l’eau condensée, qui s’échappe bouillante.
- Cette perte de 47 0/0 peut s’expliquer ainsi: les fonds des cylindres forment une surface de 83,03, soit 13 0/0 de la surface totale ou 15 0/0. de la surface latérale, c’est-à-dire de la surface réellement utile. D’un autre côté la machine est placée dans un local où l’air se renouvelle, d’où
- p.2x340 - vue 371/478
-
-
-
- Essais de rendement des maniques. — Résultats obtenus
- P. 340 bis.
- EAU
- DATES DURÉE NOMBRE ET NATURE DES PIÈCES LONGUEUR POIDS TOTAL POIDS TOTAL HOUILLE BRULEE ÉVAPORÉE SUR LA CHAUDIÈRE ÉVAPORÉE SUR LA MACHINE CONDENSÉE DANS LES CYLINDRES NOMBRE DE TOURS PRESSION dans la
- DE L’ESSAI TOTALE des tissus eau ' 1 Par kilogramme de houille Par kilogram me de houille Par heure Par kilogr. Par heure moyen MACHINE
- Mousseline de laine Percales Organdis Jaconas Brillantes Piqués 1G/17 Fils C. F. Toile Velours Calicot secs contenue Poids total Scories 0/0 Nature Totale Contenant la proportion naturelle de scories Réduite à 10 0/0 de scories Totale Contenant la proportion normale de scories Réduite à 10 0/0 de scories et mètre carré Totale d’eau évaporée et mètre carré
- 1858 19 Janvier. 20 — 15h 15h » )) » 25 87 20 312 334 )) » 54 60 )) )) )) » 425 574 6 » » » mètres 84.512 96.675 kilogrammes » » kilogrammes 3.603,20 5.137,80 kilogr. 1.708 1.600 » » 5 a £ S d 'S kilogr. » » kilogrammes » » kilogrammes » » kilogrammes 3.603,20 5.137,80 kilogrammes 2,100 3,140 kilogrammes » » kilogrammes 3,900 5,570 kilogr. » » kilogr. » » kilogr. » » kilogr. 9,9 11,4 2 1/2 - 3 1/4 Echappement avec régulateur
- 21 — 15" » 277 88 218 » 90 » )) 394 » )) 91.379 » 4.405 2.200 » ai — 2 2 )) » » 4.405 2 » 4,770 » » » 10,7 3 Échappement
- 22 15" » » 76 231 » 95 » » » » 491 82.840 )> 3.829,10 1.600 )) - » » » 3.829,10 2,300 » 4,150 » » » 9,7 2 1 2 libre
- 60" 355.406 16.975,10 7.108 16.975,10 2,380 4,590 10,4
- 29 Mars .. •10" 5' 81 200 100 » » » 195 » » » » 56.145 2.994,98 2.983,69 880 20 5.558 6,315 7,104 2.983,69 3,395 3,819 4,878 5.558 1,863 9,093 25,3 2 1/2
- 30 — 31 — 1 Avril . .. 9" 57' 9h 57' 10" 28' )) 81 » 230 )) 32 » 171 13 250 168 65 » 57 » » » 7 60 148 47 30 288 » )) » » » » » » 54.180 65.541 46.373 2.756 2.685,78 3.188,06 2.928,34 2.892,36 3.279,67 900 900 1.240 18,8 20,5 23,3 e C P ce c 5 - 9 a — C 3 — 2 5.474 4.993 6.555 6,082 5,542 5,286 6,741 6,272 6,202 2.928,34 2.892,36 3.279,67 3,253 3,213 2,6 13 3,605 3,639 3,106 4,878 4,812 5,172 5.474 4.993 6.555 1,869 1,729 1,998 9,081 8,311 10,330 24,7 30 20 2 1/2 2 1 2 2 1/2 1 Échappement , avec , régulateur
- 40" 25' 162 462 284 483 57 7 452 318 222.239 11.624,82 12.084,06 3.920 20,6 22.580 5,806 6,579 12.084,06 3,090 3,502 4,935 22.580 1,865 9,204 25
- APPRÊT DES TISSUS DE LAINE.
- p.2x340bis - vue 372/478
-
-
-
- p.n.n. - vue 373/478
-
-
-
- MACHINES POUR LE SECHAGE
- 341
- une condensation sensible sur les fonds. Enfin le tissu emporte un certain nombre de calories. Ce diminuer les pertes.
- Dans le tableau sont consignés aussi les résultats d’essais faits, en 1858, sur deux machines à sept tambours en cuivre dont les dimensions étaient:
- pendant toutes les précautions étaient prises pour
- Diamètre.................................. 0m,50
- Longueur.................................. 2m,55
- Surface totale ... ........................ 4m2,39
- Surface latérale........................... 4m2,20
- Ces deux machines avaient donc une surface totale de 61m2,46. Elles étaient à bâtis pleins avec circulation extérieure. Leur longueur permettait d’y passer trois pièces en même temps, et ensemble elles ont pu sécher 5.923 mètres de tissus divers. Nous ne donnons ces résultats qu’à titre de renseignements ; nous manquons de détails nécessaires pour pouvoir les comparer à ceux des derniers essais.
- Prix de revient du séchage à la manique. — Le personnel se composait de :
- Un surveillant pour les deux machines;
- Deux enfants pour élargir les pièces ;
- Deux ouvriers ou plieurs ;
- Un surveillant classant les pièces sèches.
- Dans ces conditions le prix de revient s’établit ainsi :
- TOTAL
- PAR PIÈCE
- PAR PIÈCE DE 100m
- Bâtiment et machine.
- Intérêt et amortissement 10 0/0.......
- Entretien.............................
- „ , „ ( Ouvriers, 4 journées 24f.
- Main-d'œuvre | Force motrice .HP,',
- Combustible 3.920 kilogrammes de combustible dont il faut déduire 286 kilogrammes équivalent de la chaleur restée dans22.580 kilogrammes d’eau bouillante.
- 9f,60 4
- 67 ,20
- 80 ,30
- Total pour 2.225 pièces..........
- 0f,0043 0 ,0018
- 0 ,0302
- 0f,0043 0 ,0018
- 0 ,0302
- 0 ,0360
- 0f,0723
- 0,0360
- 0f,0723
- O O O
- 2? 20? P.
- co G — o o
- * 29
- Comme dans le cas de l’étendage, la main-d’œuvre et le combustible forment une fraction considérable du prix de’revient.
- p.2x341 - vue 374/478
-
-
-
- 342 PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- Essai de rendement sur deux rames ordinaires à picots avec chauffage à plaques par M. Lévy (S. I. M. 1883, p. 535), chez MM. Scheurer Rott et Cie à Thann (fig. 178).
- Longueur des plaques : environ 40 mètres.
- Surface du tambour : 3m2,70.
- ire machine 2e machine
- Longueur.......................................... 28m,80 32m,50
- Largeur........................................... 1m,75 lra,75
- Surface occupée.................................. 50m2,40 56m2,86
- Hauteur........................................... 2m,50 2m,50
- Fig. 178. — Essai de rendement sur rame à picots avec chauffage à plaques.
- Pendant les essais les deux rames étaient alimentées directement par une chaudière à vapeur.
- Houille employée........... .
- Scories........................
- Eau alimentée à 40°............
- Rendement brut.................
- Rendement en houille pure......
- 592 kg. Ronchamp tout venant
- 107 kg. soit 18,41 0/0
- 4.207 kg. 47
- 4 207
- 592 = 7,10 (eau à 40)
- *.207 = 8,71 (eau à 40)
- +83
- Pression pendant la durée des essais : 48,132 pression effective
- Production en 9" 25 de travail : 150,06 pièces de 100 mètres, composées de cotonnades à bleuter, satins à savonner, tissus ordinaires à mettre en apprêt simple
- Température de la salle.................................. 50-60° C.
- Poids des pièces avant l’apprêt.......................... 1 .144*8,60
- après — ........................ 1.145 ,50
- Poids de l’apprêt........................................ 1.037 ,300
- Eau évaporée.......... 1.144,60 + 1.037,30 — 1.145,50 = 1.036k5,40
- Vapeur employée pour évaporer 1 kilog. d’eau Durée des essais.......................
- Nombre de mètres par rame et par heure....
- Nombre de kilogramme de tissu par rame et par heure..............................
- Apprêt liquide absorbé par 100 kilogrammes de tissu...............................
- Eau évaporée par 100 kilogrammes de tissu
- 48,059
- 9123 — 565 minutes
- II
- 8
- = 60k8,77
- 9018,64
- 90 ,65
- p.2x342 - vue 375/478
-
-
-
- MACHINES POUR LE SÉCHAGE
- PERSONNEL DES DEUX RAMES
- 343
- Deux hommes à la sortie............................. 1 Une couturière pour les deux machines.. j Quatre petites filles pour accrocher les 16fr. 55 par our pièces.............................................. I 1 "
- Deux petites filles pour surveiller si les i pièces ne se décrochent pas.............. )
- Essais sur deux rames circulaires à picots chez MM. Scheurer, Rott et Cie, à Thann, par M. Lévy, en juin 1881. — Ces rames sont disposées comme suit (fig. 179):
- Fig. 179. — Essai sur rame circulaire à picots.
- 1° Un tambour avant sécheur placé à la suite de la machine à apprêter.
- 2° Rame proprement dite, qui est composée d’un tambour entraînant deux chaînes sans fin à picots ou plutôt deux lames minces garnies de pointes fines en acier, permettant au tissu d’être en contact presque direct avec la surface métallique;
- 3° Un petit tambour pour sécher les lisières.
- DIMENSIONS PRINCIPALES 1” RAME 2' RAME
- Diamètre des tambours avant {m,500 10,750
- Diamètre des grands tambours rames 2 ,500 3 ,000
- Diamètre des petits tambours pour lisières 0 ,600 0 ,800
- Longueur des machines complètes 12 ,000 12 '500
- Largeur des machines complètes 2 ',600 2 ,100
- Emplacement occupé 31m2,200 26m2,250
- Hauteur 3 ,500 4m,Ô00
- Pression de la vapeur pendant 5 essais :
- ire rame...... Petit tambour : 4kg 1/4 Grand tambour : 1k8 1/2
- 2e — ......... — — 1 1/4 — -- 2
- Surface de chauffe 21m2,500
- p.2x343 - vue 376/478
-
-
-
- 344
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- COMPTE RENDU DE DEUX SÉRIES D’ESSAIS :
- Houille employée : Ronchamp tout venant Scories, poids total Scories 0/0 1” SÉRIE 2" SÉRIE MOYENNE
- 876kE 145 16 ,55 5.952 6 ,79 8 ,14 9h 342 pièces 19/17-19/21 2.684kg 2.610 ,80 2.525 ,65 2 ,356 1.900m 149*5,41 97 ,27 94 ,10 846ks 141 16 ,66 5,804 6 ,86 8 ,23 9h 384 pièces 19/17 2.991k8,30 2.588 ,70 2.525 ,20 2 ,298 2.133m,33 166*5,18 86 ,54 81 ,41 D » » » )) >> » » » 2.325*5,423 2 ,327 2.016m,66 1575,64 91 ,90 89 ,25
- Eau alimentée à 35° Rendement brut (eau à 35°) Rendement en houille pure (eau à 35°)... Durée des essais Production par pièces de 100 mètres.... Poids des pièces avant l’apprêt Poids des pièces après l’apprêt Poids de l’apprêt liquide employé Poids de l’eau évaporée Poids de vapeur pour évaporer 1 kilogramme d’eau Production moyenne en mètres par rame et par heure Production moyenne en kilogrammes par rame et par heure Apprêt liquide absorbé par 100 kilogr. de tissu
- Eau évaporée par 100 kilogrammes tissu sec
- Personnel des deux rames circulaires. — Une couturière pour les deux machines ;
- Deux ouvrières à l’entrée des machines à apprêter ;
- Quatre petites filles à l’entrée des rames ;
- Deux ouvriers à la sortie ;
- Main d’œuvre totale par jour: 150,35.
- Essai sur la rame à pince de Welter, chez MM. J. Heil-mann et Cie, industriels à Mulhouse, par M. Lévy 180) (S. I. M., 1883,p.533). — Cette machine est une demi-rame et une demi-hot-flue. En effet la pièce, quittant la machine à apprêter, et avant de s’engager dans les pinces, parcourt librement au-dessous du plan des pinces environ 20 mètres en passant au-dessus et en dessous d’une première ligne de tuyaux à ailettes. En sortant des pinces, la pièce à sécher a encore deux autres parcours libres au-dessus de la rame, soit environ 40 mètres de parcours libre sur 50 mètres de parcours total.
- La rame proprement dite est du système connu à pinces formant deux chaînes sans fin se mouvant horizontalement et ne présente pas de disposition spéciale. Une apprêteuse ordinaire mue par friction est placée en tête de la rame et à la sortie, la pièce est faudée en plis.
- Quant au chauffage, il est composé de deux rangées de tuyaux à
- p.2x344 - vue 377/478
-
-
-
- Fig. 180. — Rame à pinces continue (table 1 mètre) de M. T. Welter, constructeur à Mulhouse.
- p.2x345 - vue 378/478
-
-
-
- -
- 346 PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- ailettes en fonte disposées en serpentin. De plus, il existe à la sortie un tambour d'appel en cuivre, dont le but est de compléter le séchage des lisières prises dans les pinces. On peut, à volonté, sécher à l’aide de ce tambour dont la surface de chauffe est très faible relativement à celle des tuyaux, 1/50 environ. Toute la rame se trouve enfermée dans une chambre spéciale à parois en bois.
- L’air sec arrive de l’extérieur au moyen de carnaux pratiqués sous la rame, lèche les tuyaux à ailettes en s’échauffant, une température assez élevée (un thermomètre plongé entre les tuyaux à ailettes marque 80°).
- L’air humide est évacué à l’aide de cheminées d’appel disposées au-dessus de la chambre. Le tirage des cheminées d’appel est réglé au moyen de valves, et celui des cheminées d’air sec, à l'aide de registres.
- Dimensions de la rame :
- Table....................................................... 1"
- Longueur de la ligne des pinces d’axe en axe...... 10m
- Longueur totale............................................ 14“
- Hauteur totale..................................:......... 2,513
- Largeur totale............................................ 3m,30
- Emplacement occupé........................................ 46m2
- Surface de chauffe :
- Nombre de tuyaux à ailettes............................... 80
- Surface de chauffe de ces tuyaux.......................... 82m2
- Surface de chauffe du tambour en cuivre................... lm2,70
- Surface de chauffe totale................................. 83m2,70
- Personnel :
- 1 ouvrier pour coudre les pièces.
- 1 ouvrier pour guider les pièces à l’entrée de la machine à apprêter.
- 4 ouvrier pour guider les pièces à l’entrée de la rame.
- 1 ouvrier à la sortie de la rame. l ouvrier pour porter l’apprêt, régler la machine et enlever les pièces sèches.
- Essai :
- Durée totale du travail effectif................................. 6146m
- Eau condensée recueillie....................................... 1.386k8
- Pression moyenne de la vapeur...................................... 4*8,25
- Quantité d’apprêt employé........................................ 491*8,75
- Pièces apprêtées : Avant apprêt Après apprêt
- 10 pièces cretonne A mesurant 979m,8 pesant 125%5,0 134ks,0
- 10 — — B — 985 ,9 — 123 132
- 10 — — G — 994 ,1 — 125 • 136
- 10 — — D — 991 ,8 — 123 ,5 133 ,2
- 3 .951“,5 496k8,5 535k8,2
- p.2x346 - vue 379/478
-
-
-
- MACHINES POUR LE SÉCHAGE
- 347
- Eau évaporée : 496,5 + 491,75 — 535,20 ................. 453k=,05
- Poids de l’eau évaporée.................................. 453k8,5
- Vapeur à 48,5 employée............................... 1.386k5
- Prodziction de la rame : Durée de l'essai 406 minutes
- Longueur des pièces.................................... 3.966m,60
- _ , 3 966m,60 X 60 _
- Production a 1 heure--------------—------- —......... 586m, 19 406 pesant738,62 avant apprêt.
- Production en 10 heures................................ 5.861m,90
- pesant 125,56 les 100 mètres.
- Eau évaporée par 100 kilogrammes de tissu............ 91k8,24
- Essais sur la rame à air chaud des ateliers de Dessau Cottbus fonctionnant chez MM. Schaeffer, Lalance et Cie à Pfastatt. par M. Levy (E.C.P.) {B. S. I. M., 1884, p. 400) (fig. 18). — Ces essais ont été pour répondre à un prix proposé par la Société industrielle et dont voici l’énoncé :
- « Pour sécher ces tissus dans les fabriques d’indiennes, on emploie :
- « 1° Des tambours à sécher chauffés à la vapeur ;
- « 2° Des rames avec ou sans tambours sécheurs ;
- « 3° Des étendages;
- « 4° Des hot-flue ou chambres chaudes continues. Chacun de ces systèmes présente des inconvénients.
- « Le tambour coagule trop vite l’apprêt, qui reste à la surface sans bien pénétrer les fibres.
- « La rame produit peu, coûte cher d’entretien, de main-d’œuvre et de chauffage.
- « L’étendage laisse sur le tissu des marques visibles partout où les pièces touchent les barres.
- « Le hot-flue produit des plis et est d’un service difficile. L’industrie trouverait de sérieux avantages dans un appareil produisant autant qu’un tambour et sans plus de main-d’œuvre ni beaucoup plus de place, livrant un tissu droit, exempt de plis comme la rame et ne coagulant pas plus l’apprêt que l’étendage ou le hot-flue. Le bas prix de l’installation devrait être aussi pris en sérieuse considération. »
- Description de la rame. — La rame Cottbus-Dessau est une rame à air chaud, à retour de chaîne, composée de 4 parties principales :
- 1 ° Le séchoir qui comporte un châssis rectangulaire mobile, à largeur variable.
- 2 ° L’appareil d’entrée de l’étoffe et l’appareil de sortie ou plieur, commandés par une série d’engrenages.
- p.2x347 - vue 380/478
-
-
-
- Coupe transversale par GH
- Vue du côté, coupe.
- Vue extérieure.
- 6.
- E il yas
- **7777" i
- H
- II
- II
- IS
- II
- Coupe transversale par RS
- Plan et coupe horizontale par JKLMNP.
- Fig. 181. — Rame à air chaud et à retours de chaîne. Machine à ramer et à sécher les tissus de coton et autres étoiles des ateliers de construction Dessau Cottbus.
- 348 PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- p.2x348 - vue 381/478
-
-
-
- MACHINES POUR LE SÉCHAGE
- C. co
- 3° Les 2 ventilateurs E,E, placés à une certaine hauteur.
- 4° Le calorifère D, placé sous le sol et à gauche de la machine.
- 1° Séchoir. — Le séchoir qui avec les appareils d’entrée et de sortie, formera la machine proprement dite, a une longueur de dix mètres. La hauteur est d’environ trois mètres. Quant à sa largeur, elle est surbor-donnée à celle du tissu à sécher et est un peu plus grande que cette dernière. La largeur maximum du châssis est environ double de sa largeur minimum.
- Des rails horizontaux en fonte h, courant parallèlement aux cloisons longitudinales à l’intérieur du séchoir, servent à guider les différents brins des chaînes sans fin. L’écartement des cloisons et des rails y attenant est variable et peut être réglé, suivant la largeur du tissu, à l’aide de vis sans fin et de pignons montés sur des arbres filetés. Tout le système glisse sur un cadre en bois.
- Les roues d, qui portent une denture en acier, servent à entraîner les 2 chaînes sans fin qui passent successivement sur les disques de renvoi e et t non dentés.
- Le support des diamètres des disques e et t et des roues d à la longueur des chaînons est calculé de façon à assurer la plus grande régularité de tension du tissu dans le sens de la largeur.
- A chaque extrémité du séchoir, le tissu passe sur un tambour en deux parties se recouvrant l’une l’autre, fixées chacune à un des disques e de renvoi et par cela même susceptibles de s’écarter l’une de l’autre en même temps que les disques dont elles dépendent.
- Les maillons de la chaîne sans fin sont en fonte malléable, reliés entre
- eux à l’aide de tourillons en acier et sont garnis de plaquettes en portant des picots (fig. 182).
- Les retours de chaîne doivent être montés suivant la disposition vetée par Heilmann-Ducoum (avril 1879) (fig. 183).
- On peut régler à la main l’écartement des rouleaux t suivant la
- bois
- bre-
- ten-
- sion transversale exigée par le tissu et cela en dégrenant un pignon indé-pendamment des rouleaux e etd;ce derniers étant solidaires des cloisons suivant le mouvement transversal qu’on peut leur imprimer.
- L’équipage des quatre rouleaux e est susceptible de recevoir un mouvement de transport parallèle dans le but de tendre la chaîne sans fin dans le sens de sa longueur, si cela devient nécessaire et sans interrompre le travail. Tous les coussinets et engrenages de la machine se trouvent à l'extrémité du séchoir et sont par cela même facilement visitables.
- Des séparations horizontales x en tôle, formées de deux parties se recouvrant et pouvant glisser l’une sur l’autre, fixées chacune à une des cloisons longitudinales a, brisent le courant d’air chaud et le forcent à
- p.2x349 - vue 382/478
-
-
-
- 330 PROCÉDÉS ET MATERIEL MODERNES
- parcourir de bas en haut tout l’appareil. Des tringles de 1er boulonnées à l’une des parois et traversant l’autre à frottement doux supportent de place en place ces chicanes.
- Is s
- Coupe AB.
- 1
- I I
- I exl cxl
- &l
- col ea
- t, I , Ol
- --------I ex -
- ZD T
- Dans chacune des cloisons transversales fixes m et m' du séchoir sont aménagées dans des portes (une dans la cloison avant et trois dans la cloison arrière) permettant d’examiner la marche de la pièce à l’intérieur de l'appareil.
- Les cloisons longitudinales a portent chacune et dans le même but
- p.2x350 - vue 383/478
-
-
-
- MACHINES POUR LE SÉCHAGE
- 351
- deux fenêtres .s à double vitrage occupant toute la hauteur de la pièce.
- Les cloisons formant le pourtour de section consistent en cadres métalliques garnis de bois et recouverts extérieurement de tôle mince. Des hygromètres et des thermomètres sont disposés à l’intérieur du séchoir près des fenêtres. Un indicateur de vide est adjoint à l’appareil.
- Fig. 183. — Disposition des maillons brevetée par HIeilmann-Ducommun pour éviter la rupture du tissu aux retours de chaîne.
- Appareil d'entrée et plieur. — Ces appareils, ainsi que les mouvements qui les commandent, sont placés en avant du séchoir et prennent une longueur de 2 à 3 mètres environ. Ainsi qu’il a été dit plus haut, l'écarte-ment des rouleaux situés à la partie supérieure des cloisons h est indépendante de celui des autres rouleaux e et d. Les paliers de ces rouleaux font corps avec les rails v et e et en règlent l’écartement qui dépendant ainsi de celui du rouleau t. Les rails e et v sont articulés à l’aide d’axes verticaux en 6- et j aux rails bb.
- A droite des paliers h et i se trouve l’axe principal. L’extrémité de cet arbre supportée par une chaise faisant corps avec le palier 8 porte une vis sans fin engrenant avec une roue à dentelure hélicoïdale qui met en mouvement les roues d.-
- Le déplacement des cloisons longitudinales se produit soit à la main, à l’aide d’une roue d'engrenage p et de ses pignons, soit à l’aide d’une courroie montée directement sur n ; des roues hélicoïdales engrènent avec ces vis sans fin qui portent l’arbre g et communiquent leur mouvement aux axes f filetés en sens contraire à leurs extrémités.
- La vitesse imprimée à la machine peut être augmentée ou diminuée par l’application de la courroie sur les différents étages du cône.
- 3° Ventilateurs. — Les ventilateurs aspirent l’air humide. Deux courants d’air léchant chacun une des faces du tissu sont produits par ces deux ventilateurs aspirants. Ces courants marchent en sens contraire du tissu qui traverse le séchoir de haut en bas. De cette façon les
- p.2x351 - vue 384/478
-
-
-
- 332 PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES parties les plus humides se trouvent en contact avec de l’air chaud chargé de beaucoup de vapeur d’eau et qui est sur le point d’être expulsé, tandis qu’à la partie inférieure de l’appareil, les parties presque sèches se trouvent en présence d’air chaud renfermant très peu d’humidité.
- Ces ventilateurs produisent en même temps dans le séchoir un vide relatif qui empêche l’air chaud de se répandre dans le local.
- Diamètre extérieure des ailettes......................... 0m,800
- Largeur intérieure de l’enveloppe.......................... 0 ,450
- Nombre de tours.......................................... 700 à 800
- 4° Calorifère. — Au-dessous du séchoir ou le plus près possible de celui-ci se trouve le calorifère. Il est composé de tuyaux à ailettes en fonte reliés par des raccords coudés. Leur extrémité pénètre dans le calorifère par une ouverture pratiquée dans le plancher qui recouvre celui-ci. Deux autres ouvertures situées à la partie inférieure du séchoir conduisent l’air chaud du calorifère à la machine et sur les deux faces du tissu. Ces ouvertures ont 0m,970 sur 0m,200.
- Le séchoir est de huit parcours et occupe environ 10 mètres de longueur, 2 mètres de largeur et 3 mètres de hauteur. La longueur engagée de la machine est de 80 à 85 mètres.
- EXPÉRIENCES FAITES LÉ 8, 9 ET 29 MAI 1884
- Moyenne
- Température de l’air extérieur............................
- Température de l’air à l’entrée du calorifère....... Degré psychrométrique de l'air à l’entrée du calorifère.
- Température de l’air chaud à la sortie du calorifère....
- Température à l’intérieur du séchoir près des fenêtres
- en haut en bas.
- de gauche
- Température de l’air dans le canal d’évacuation du
- ventilateur avant.....................................
- Degré psychrométrique de l’air dans le canal d’évacuation avant.................................................
- Température de l’air dans le canal d’évacuation du ventilateur arrière......................................
- Degré psychrométrique de l’air dans le canal d’évacua-
- tion du ventilateur arrière...........................
- Vide à l’intérieure du séchoir en hauteur d’eau.......
- Vitesse moyenne de l’air à l’entrée du premier ventilateur .................................................
- Débit correspondant..........................................
- — tE
- - CS 00 OÙ ic — 0 GO a - C
- o o o o o o o o o oE S col
- OO O GO O G CO — GO 20 30 GO Os
- - G0 - 1- -cO C GO Co GO GO - G
- p.2x352 - vue 385/478
-
-
-
- MACHINES POUR LE SÉCHAGE
- 353
- Moyenne.
- Vitesse moyenne de l’air par seconde à l’entrée du — deuxième ventilateur................................... 17m,73
- Débit correspondant........................................... 2,518
- Vitesse d’entrée de l’air à l’entrée du calorifère........ 2m,84
- Débit correspondant........................................ lm3,193
- Pression moyenne de la vapeur............................... 1k8,63
- Poids de la vapeur employée................................ 1.535kg
- Nombre de pièces séchées...................................... 68,2
- Longueur avant séchage.................................... 5.261m
- Poids des pièces avant séchage............................ 1 .259k8,2
- Poids des pièces après séchage.............................. 704k8,9
- Force absorbée par le moteur et les transmissions......... 5HP,44
- Force absorbée par la rame seule.......................... 1HP,72
- Force absorbée par les deux ventilateurs seuls............ 3HP,81
- Durée effective du séchage.................................. 9h 1/2
- Eau évaporée en kilogrammes............................... 5548,25
- Production à l’heure en mètres............................ 556“,80
- Production en 10 heures de travail effectif............... 5.568m
- Eau évaporée par 100 kilogrammes de tissu sec............. 78k8,92
- Vapeur employée pour vaporiser 1 kilogramme d’eau
- (sans la force motrice).................................... 2k8,773
- Production à l’heure en kilogrammes de tissu.............. 748,180
- Poids de l’eau évaporée en 10 heures de travail effectif. 5858,10
- Vapeur employée pour sécher 100 mètres de tissu..... 29ks,669
- Vapeur employée pour la production de 10 heures........... 1.619kg
- Vapeur condensée, chauffage compris, par mètre carré de surface de calorifère et par heure de séchage réel, (surface de chauffe)................................ 1k8,124
- Les anémomètres employés sont du système Combes, construction A. Demichel, successeur de Salleron, et portent les numéros 606, 608 et 610.
- La formule qui donne à l’aide de ces instruments la vitesse du courant gazeux est
- V — a 4- b X n,
- n est le nombre de tours exécutés par les ailettes en 1 seconde. a et b sont deux constantes dont les valeurs numériques sont :
- N° 606.................. a — 0,233
- No 608...................... 0,145
- No 610...................... 0,246
- b = 0,0904
- 0,0745
- 0,1014
- Diamètre des tuyaux d’aspiration des
- ventilateurs............................
- Section des deux tuyaux d’aspiration des ventilateurs........................
- Section d’entrée d’air au calorifère ...
- APPRÊT DES TISSUS DE LAINE.
- 0m,425
- 0m2,14179
- 0m,650 X 0m,647 = 0m2,42055
- 23
- p.2x353 - vue 386/478
-
-
-
- wh 20 0
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- Observations. — En examinant ces résultats, on est frappé par les deux points suivants :
- 1° La différence de température et d’état hygrométrique entre les deux courants gazeux à la sortie du séchoir.
- Le premier courant correspondant au ventilateur avant est plus froid et plus humide que le deuxième. La raison est facile à trouver en suivant la marche de ces courants ; c’est que le premier lèche le tissu sur une plus grande longueur que l’autre.
- 2° il y a une grande disproportion entre le volume d’air entrant dans le calorifère et la somme des débits des deux ventilateurs. Cela provient de ce que la caisse qui forme le séchoir proprement dit n’est pas étanche. Il y a des rentrées d’air : 1° par les fentes pratiquées dans la face avant pour l’entrée et la sortie de la pièce ; 2° par les portes ; 3° par les cloisons longitudinales ; 4° par les canaux d’aspiration en partie en bois; 5° par le plancher qui recouvre le calorifère, etc., etc. ; les rentrées ont d’ailleurs été constatées sur place. Il en résulte une moins bonne utilisation de l’air chaud.
- En comparant ces résultats à ceux obtenus antérieurement, on a le tableau suivant :
- MACHINES DIVERSES VAPEUR employée p. évaporer 1 kg. d’eau PRESSION effective de cette vapeur en kilogr. PRODUCTION à l’heure en kilogr. de tissu POIDS D'EAU évaporée à l’heure
- Rame de Rames continues modèle courant. Rames circulaires Rame à air chaud et retour de chaîne. 3.059 4.059 2.327 2.725 (sms la fores motrice de ventilateurs) | 3.700 (avec la force motrice de . ventilateurs) 4,25 4,13 4,13 1,54 » 73,62 60,77 157,64 74,11 » 66,95 55,03 140,30 62,77 »
- QUANTITÉ DE VAPEUR EMPLOYÉE EN TENANT COMPTE DE CELLE QUI CORRESPOND A LA FORCE MOTRICE ABSORBÉE PAR LES VENTILATEURS
- 1° Vapeur employée pour sécher 100 mètres de tissu...............
- 2° Force motrice pour une journée de 10 heures de séchage effectif avec une production de 6.838 mètres ou environ 11 heures de marche des ventilateurs (11 à 14 kilogrammes de vapeur par cheval-heure) :
- 3,81 X 11 X 14 = 5865,74 pour 6.838 mètres
- ci © tn 20 Gl
- ou par 100 mètres............................................................. 8k5,580
- Total..................... 33k8,604
- p.2x354 - vue 387/478
-
-
-
- MACHINES POUR LE SÉCHAGE
- :0 203 CO
- soit avec un rendement de 7 kilogrammes de vapeur par kilogramme de charbon :
- -co c C
- = 5 kilogrammes de houille pour séchage de 100 mètres.
- RENDEMENT DES VENTILATEURS ASPIRANTS
- Prenons les chiffres obtenus le 8 mai :
- Section des 2 tuyaux d’aspiration des ventilateurs................. 0m2,14179
- Vitesse de l’air aspiré par le 1er ventilateur...................... 18m,9438
- — — — 2e — ........................ 19 1064
- Total............ 38m,0522
- Moyenne......... 19m,02
- Débit du 1er ventilateur.....................................
- — 2e — ...................................
- O o GO O cC. i 05 col s a
- GE (N
- oe B ©5
- c oe
- Débit moyen par seconde 2m36975 soit 2m3700.
- Rendement utile :
- V X Akg,3
- " ——22 X 192
- MV2 c, — 2,70 X {8,300 X 192 _
- 2=— 2------------------= —2 x 9,8088— = 64,59 kilogrammëtres.
- Force réelle absorbée..................... 3 HP 81 pour les 2 ventilateurs
- ou :
- 3817 75 = 142,87 kilogrammètres.
- 64 59
- Rendement utile : —2 — 45 0/0.
- 142,87 ‘
- RENDEMENTS DU CALORIFERE ET DU SECHOIR (D'APRÈS LE 8 MAl)
- Température moyenne de l’air à chauffer................................ 1906
- — — — à la sortie du calorifère................. 74 1
- Différence................ 5405
- Volume d’air à la rentrée du calorifère.........
- Eau évaporée 569*5,25 en 9 heures 1/2 soit......
- lm3,172 par seconde
- 59,992 à l’heure
- Vapeur employée pour le chauffage............. — — — séchage...................
- Total ...........
- 220 kilogrammes
- 1.303 kilogrammes
- 1.523k8 en 9 heures 1/2
- ou 160 kilogrammes à l’heure.
- Pression moyenne de la vapeur : 18,67 = lat,62 (114°).
- Quantité de chaleur absorbée pour chauffer l’air:
- 1 993 B 4^6 914
- 1“3,172 X 3.600 X 0,2379 X 54,5 X— ' -) — ’ ’ — 65.873ca1,56.
- ’ (1- t) 1.072
- p.2x355 - vue 388/478
-
-
-
- 356 PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- Quantité de chaleur dépensée :
- 160 x (606,5 + 0,3 x 114) = 102.603e,20 d ? . , ... 65.873,56 _ Renckment du calorifère : = 64 0/0. 104.000,40
- Rendement du séchoir :
- On a évaporé à l’heure 598,92 d’eau exigeant : 59,92 X 637e = 38.169eal,04.
- Nombre de calories réellement employées : 102.603cal,20.
- _ , 38169.04
- Rendement du séchoir : --- — 37 0 0. 102 603,20
- PRIX DE REVIENT DU SÉCHAGE
- 1° Intérêt et amortissement (5 0/0 intérêt et 5 0/0 amortissement, soit 10 0/0);
- prix d'installation :
- Rame..................................... 18.000 fr. Installations diverses..................... 2.500 Machine à vapeur.................................•...........................7.500
- Bâtiment................................... 4.000
- 32.000 fr.
- Intérêt et amortissement par an........ 3.200 fr.
- • 900
- Soit par jour de travail ' 2. • = 10f,65.
- 2° Entretien :
- L’entretien, éclairage, graissage, etc., compris peut être évalué à 3 0/0 du prix d’installation.
- Entretien par an................................. 960 fr.
- Soit pal1 jour 960 = 3f,20.
- 3° Main-d'œuvre :
- Le personnel de la rame se compose de :
- 10 Un surveillant pour 3 séchoirs, soit 1/3 de journée à 40 francs pour 12 jours, soit 12*%3 = 15,10 par jour | 4,40
- 2° 2 ouvriers à lf, 50 par jour....................... 3 francs /
- (Le surveillant met sur machine les pièces à sécher, enlève les pièces sèches, soigne le moteur et s’occupe également de deux autres séchoirs qui sont dans le même local.)
- p.2x356 - vue 389/478
-
-
-
- moyenne
- 29k8,669
- ©
- co H
- .09 co O
- O
- MACHINES POUR LE SÉCHAGE 357
- 4° Combustible :
- 1° Vapeur par pièce de 100 mètres pour le séchage seul (productioi en 10 heures, 5.567 mètres).......................
- 2° Force motrice :
- a) Pour le chauffage, trois quarts d’heure de marche de la machine et des ventilateurs, soit 5,44 + 3,81 = 9ch,25 à 14 kilogrammes de vapeur par HP........................ 97kg 125
- b) Pour le séchage proprement dit :
- 5eh,44 + 3,81 -f- 1,72 = 100h,97,
- qui correspond à une consommation de vapeur,
- pour 10 heures de travail effectif 10,97 X 10 X 14. 1.535*5,800
- Total............. 1.632k5,925
- Soit pai' pièce de 100 mètres 1632,923 — 55,67 .....................
- Total par pièce..............
- En résumé, par jozir :
- Pour séchage........................ 1.619k8 )
- Pour force motrice................ 1.633k8 ) ota 3.23258 de vapeur
- 3 252
- ou 7 = 464 kilogrammes de charbon.
- Si nous comptons le combustible à 25 francs la tonne de houille transformée en vapeur (ce prix comprend la main-d’œuvre des chauffeurs, l’entretien des générateurs, 1 intérêt et 1 amortissement), le combustible coûte par jour :
- 1010925
- Séchage ~ ‘1 000 =.......................... 55,80
- 1 633 X 25
- Force motrice 7X 1 000 =............. 5,80
- Total............. 145,60
- bo —
- 20
- PRIX DE REVIENT PRIX DE REVIENT TOTAL PAR JOUR PRIX RE REVIENT PAR PIÈCE DE 100” 0/0
- ! Bâtiments et machines, intérêt et amortissement Entretien 3 0/0 Main-d’œuvre Combustible (tous frais compris) . 10465 3 ,20 4 ,10 H ,60 0f,1913 0 ,0575 0 ,0736 0 ,2084 365,04 10 ,83 13 ,87 39 ,26
- Total pour 5.567 pièces 29f,55 0f,5308 1005,00
- p.2x357 - vue 390/478
-
-
-
- CHAPITRE XIV
- APPRÊT DES ÉTOFFES EN CONTINU
- Nous avons vu que, vers 1870, la plupart des opérations s’exécutaient manuellement et par conséquent exigeaient une longue manutention tout en fournissant des résultats imparfaits.
- A l’Exposition universelle de 1889, on possédait déjà tout le matériel pour faire l’apprêt en continu, et voici les machines préconisées à cette époque par Dehaître pour arriver à ce résultat :
- « La nécessité de faire vite, bien et à bon marché, qui s’impose si souvent dans toutes les questions industrielles, se fait encore plus vivement sentir dans tout ce qui concerne l’apprêt des étoffes classiques, c’est-à-dire d’une grande consommation.
- « Ces étoffes subissent actuellement une nombreuse série d’opérations qui grèvent les apprêts de finissage d’une forte main-d’œuvre et qui ne laissent souvent à l'apprêteur qu’un bénéfice extrêmement réduit et un travail plus ou moins bien exécuté.
- « C’est ce qui m’a conduit à étudier un système d’apprêt et de finissage qui se rapproche le plus possible d’une série d’opérations continues, supprimant une grande partie de la main-d’œuvre ordinaire tout en donnant un meilleur résultat, et j’ai alors adopté les dispositions d’appareils ci-dessous décrites dont l’expérience a déjà confirmé toute la supériorité dans plusieurs ateliers d’apprêt importants.
- « Un premier groupe de machines réalise :
- « 1° L’apprêt humide au moyen d’un foulard ;
- « 20 Un commencement de séchage, si cela est nécessaire par le passage du tissu dans une chambre chaude à rayonnement, ou sur deux ou trois tambours à vapeur disposées ad hoc;
- « 3° L’élargissement ou remise en laise des tissus et redressement de la trame à l’aide d’une machine Palmer, ou dans certains cas d’un élargisseur à lames spécial ;
- p.2x358 - vue 391/478
-
-
-
- APPRÊT DES ÉTOFFES EN CONTINU 359
- « 4° Un premier apprêt de finissage obtenu par le passage de l’étoffe entre la surface extérieure d’un grand tambour (chauffé à la vapeur) et celle d’un coursier mobile en feutre ou en toute autre substance marchant d’une manière continue avec la surface du tambour ;
- « 5° Un enroulage spécial sur tube perforé avec un mécanisme disposé sur le même métier d’apprêt.
- « L’étoffe ainsi enroulée sur ce tube est ensuite vaporisée à la colonne, ce qui donne au tissu la souplesse, la main, en un mot le plomb, suivant l’expression adoptée par les praticiens.
- « Nouvelles presses à chaud continues à pression hydraulique. — C’est toujours en vue de l’apprêt continu que j’ai combiné ces types de presses à chaud continues à pression hydraulique.
- « Ces machines permettent d’exécuter pratiquement en continu l’opération de la mise en presse.
- « Elles remplacent pour un grand nombre de tissus, en raison de la pression considérable que l’on peut exercer entre des surfaces polies et chauffées, les anciennes manipulations si coûteuses de la mise encarte, de la mise en presse et du désencartage.
- « J’ai deux types principaux de presses à chaud continues à pression hydraulique.
- « l°La presse à chaud continue pour l’apprêt du feutre, de la draperie articles de Sedan, Elbeuf, laine cardée, nouveautés, etc., etc. ;
- « 2° La presse à chaud continue à feutre sans fin pour le traitement des laines peignées, fantaisies, nouveautés, articles de Reims, Roubaix, etc.
- « La supériorité de ces machines sur leurs devancières réside dans leur puissance, leur solidité à toute épreuve et dans leur construction hors ligne.
- « Aussi ces presses fonctionnent-elles d’une façon irréprochable, la pression hydraulique s’exerçant sur la cuvette et non sur le cylindre, qui tourne dans deux coussinets fixes, est toujours uniforme sur toute la largeur du tissu, ce qui ne peut avoir lieu dans les machines où, au contraire, la pression s’opérant sur le cylindre ne peut être régulière sur les deux lisières du tissu. La pression est réglable à volonté, et l’on peut en varier la puissance suivant le genre d’apprêt à donner aux étoffes. En faisant varier également le degré de chaleur de la cuvette et du cylindre et en modifiant la vitesse, on obtient ainsi un grand nombre d’apprêts différents suivant le genre de tissus traités.
- « Un mouvement progressif ou par cônes suivant la puissance de la presse permet d’accélérer ou de ralentir la marche du tissu suivant l’effet à obtenir.
- « Le tissu peut être doublé, plié ou enroulé à la sortie de la machine et subir un refroidissement par une ventilation spéciale.
- p.2x359 - vue 392/478
-
-
-
- 360 PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- « Nos cylindres et cuvettes en fonte spéciale sont timbrées conformément à la loi. L’ouvrier absous les yeux, tous les appareils indicateurs de la pression et du'degré de température dans la cuvette et dans le cylindre, et il peut régler aisément ces divers éléments afin d’obtenir le résultat demandé.
- « Dossage et pliage. — Le tissu passe ensuite selon les besoins sur un deuxième groupe de machine composé de :
- « 1° Un appareil de doublage mécanique pour la pièce d'étoffe livrée directement ensuite à :
- « 2° Un appareil à former le dos du tissu doublé tout en l’apprêtant de la même manière sur chaque demi-largeur, puisque chaque face du tissu doublé passe semblablement entre des feutres sans fin et des tambours;
- « 3° Une table de pliage sur laquelle le tissu est amené en continu et que l’on peut disposer avec un appareil à plier à la baguette ordinaire.
- « Dès lors les trois opérations de doublage, du dossage et de pliage se font également d’une manière continue comme s’étaient faits sur le groupe pércédent : l’apprêt humide, le commencement du séchage, l’élargissage de l’étoffe, le redressement de la trame, le premier apprêt de finissage, l’enroulage, le vaporisage et le passage à la presse.
- « En examinant avec soin cette disposition d’appareils brevetés, les industriels reconnaîtront facilement la grande économie de main-d’œuvre et le travail parfait qui en sont la conséquence.
- On voit, dans cette installation préconisée par Dehaître, le souci de suivre pas à pas les opérations telles qu’elles s’effectuaient à la main. Mais on a introduit des modifications importantes. Comme nous l’avons expliqué, les opérations commençaient par le passage à la machine à humecter, de façon à faire intervenir l’eau qui agit puissamment sur les propriétés plastiques de la laine et va permettre au tissu de se mouler sous les actions mécaniques qu’on exercera sur lui. On a maintenant remplacé l’humectage par le foulardage en bain d’apprêt. Ce bain d’apprêt agit comme correctif du toucher. La main du tissu peut être modifiée à volonté, et la distinction tranchée entre les tissus à laine douce et les tissus à laine dure devient moins importante (fig. 184).
- Dehaître fait passer ensuite le tissu dans une hot-flue ou une manique dont l’effet devient équivalent au premier tour d’apprêt. Le vaporisage commence, l’humidité se répartit uniformément et les propriétés plastiques de la laine se trouvent améliorées par un phénomène d’hydratation. La pièce arrive alors sur le grand cylindre à sécher, dont l’effet est celui du deuxième tour d’apprêt. Mais, dans l’ancien système, le tissu était enroulé chaud de façon à être soumis à des actions mécaniques qui aplatissaient l’étoffe et la fixaient. Dans la machine Palmer, cet
- p.2x360 - vue 393/478
-
-
-
- ai
- ' Li grhoem hes..
- H tel S 9
- “H
- 2e fi
- yi
- s
- E
- -
- gl Spaka
- » f
- g
- Aadgla "ahe
- . 2), , d.
- a"
- J
- (iak f rsan. mNTSuse ” Bh, seckSskny . pepsnurhe
- APPRÊT DES ÉTOFFES EN CONTINU
- Flo. 184. — Métier combiné pour l’apprêt en continu, comprenant un foulard gommeur, une sécheuse, une élargisseuse Palmer et un tambour à feutre sans fin accouplés et marchant en continu. F. Dehaître.
- 361
- p.2x361 - vue 394/478
-
-
-
- 362
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- effet spécial est obtenu à l’aide du doublier. Le tissu est maintenu tendu par ce feutre, et le vaporisage qui se produit au contact du tambour donne le même effet de repassage. D’ailleurs le système à élargir qui se trouve à l’avant remplace avantageusement l’étirage que réalisait l’apprêteur d’une manière si pénible.
- Puis, dans l’ancien procédé, les roules de tissus étaient mis à refroidir lentement pour compléter l’apprêt; dans la machine Dehaître, ce refroidissement est obtenu d’une manière rapide.
- L’action particulière qui se reproduisait à chaque tour d’apprêt, lorsqu’on laissait les roules se refroidir lentement n’est plus réalisée, que d’une manière insuffisante. Le repos des cylindres de tissus chauds et humides avait certainement une grosse importance pour le résultat final. On obtient plus rapidement un résultat identique, en enroulant sur colonne de sublimé, puis vaporisant. On a appliqué dans ce cas pour l ’apprêt des tissus teints un traitement que nous avons vu fréquemment utilisé dans le traitement humide.
- Les tours d’apprêt, l’élargissage et la mise en droit fil ayant été réalisés d’une manière continue, Dehaître cherche de même à transformer la presse à chaud par un procédé plus rapide. On emploie alors un système qui était déjà usité dans l’impression et dans lequel on fait intervenir un principe différent : c’est la friction. Dans les presses continues pour tissus de laine, on exerce une friction énergique entre deux surfaces métalliques chaudes. La partie à brillanter frotte sur une cuvette polie. On produit ainsi un effet semblable à celui du fer à repasser dans l’apprêt du linge. Mais l’action de ces presses ne peut pas être comparée à celle des presses hydrauliques. De sorte qu’aujourd’hui on emploie successivement les deux machines pour l’apprêt des tissus ras. La laine est une fibre trop élastique pour qu’une pression énorme, mais passagère, puisse forcer les filaments à conserver la forme qu’on leur a donnée. Mais cette friction énergique, surtout si elle s’effectue sur un tissu légèrement humide, donne un apprêt glacé qui convient dans certains cas. Cet apprêt glacé doit toujours être fixé par une presse hydraulique, car, dans cette dernière machine, les actions s’exerçant sur la laine chaude et pendant la durée du refroidissement donnent lieu à un apprêt bien plus stable.
- Quoi qu’il en soit, après la presse, le tissu est régularisé, sa contexture est redevenue normale, la chaîne et la trame sont perpendiculaires, et la largeur est devenue uniforme par suite du passage dans l’élargisseuse. C’est à ce moment qu'on procède au dossage, opération qui est devenue aujourd’hui entièrement mécanique.
- Le dossage terminé, on passe à la mise en carte pour finir par une presse hydraulique.
- p.2x362 - vue 395/478
-
-
-
- APPRÊT DES ÉTOFFES EN CONTINU 363
- Ces premières machines, qui consistaient en somme à suivre pas à pas l’ancien procédé d’apprêt, ont été par la suite modifiées et simplifiées. Le principe qui guide dans l’apprêt est resté le même. Mais les machines sont devenues plus indépendantes, de façon à ce que plus de liberté soit laissée à l’apprêteur. Celui-ci peut à volonté faire passer ses pièces sur toute la série de machines ou bien il peut accentuer un traitement spécial en faisant passer deux fois la même étoffe sur la même machine, ou, si cela convient, supprimer au contraire un des traitements. Mais les différents types de machine actuellement en usage étaient déjà employés en 1880; on les a seulement améliorés, et grâce à la division du travail qu’on a pu effectuer, il y a amélioration au point de vue du résultat aussi bien que dans la production.
- De sorte que le finissage des étoffes rases tondues consiste actuellement dans la série des opérations suivantes :
- 1° Gommage ;
- 2° Séchage incomplet à la manique;
- 3° Passage à la rame élargisseuse;
- 4° Apprêt sublimé à la colonne ;
- 5° Rame finisseuse;
- 6° Presse continue avec ou sans feutre sans fin ;
- 7° Dossage ;
- 8° Chauffage des cartons et mise en carte;
- 9° Presse hydraulique;
- 10° Décartonnage;
- 11° Mise en baguette ou enroulage sur planchette;
- 12° Toilette.
- Il arrive de plus que l’apprêteur doive réaliser certaines opérations qui sont moins courantes ; telles sont, par exemple, le dérompage des tissus trop chargés, l'humectage et le décatissage à la table.
- GOMMAGE
- FOULARDS A GOMMER
- Le gommage est l’opération essentielle qui a pour but de corriger le toucher du tissu et qui, en même temps pour les peignés ras, donne le fini de la marchandise en agglutinant tous les filaments des fils de chaîne et de trame. Le gommage correspond à l’apprêt du linge tel qu’on l’exécute encore sous nos yeux par des procédés qui remontent certainement à une époque reculée.
- p.2x363 - vue 396/478
-
-
-
- =H co C
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- Nous voyons les ménagères composer un apprêt le plus souvent à base d’empois d’amidon, dans lequel on incorpore une matière grasse ou cireuse telle que le suif, le blanc de baleine ou de la cire, et aussi des sels particuliers qui influent sur le résultat final, tel que le borax. Le linge, empesé et séché, est humecté pour lui permettre de céder à l’action du repassage, qui a pour but d’enlever les plis et d’obtenir une surface plane et brillante. Nous avons ici l’image de toutes les opérations qu’on effectue pour apprêter toutes les étoffes à surface lisse en général.
- Dans l'apprêt des lainages, on imprègne également d’une colle d’apprêt, on sèche imparfaitement ou bien on humecte, si cela est nécessaire, pour passer finalement aux presses qui fonctionnent comme le fer à repasser. Le principe du repassage consiste en effet dans l’application d’une pression par l’intermédiaire d’une surface métallique brillante et chauffée. Remarquons que nous voyons souvent les femmes de ménage frotter leur fer avec un peu de suif pour que le frottement se fasse plus aisément.
- Matières d’apprêt. — On n’emploie le plus souvent dans l’apprêt des lainages que des colles solubles ; les empois et les mucilages sont plutôt employés pour la confection des apprêts chargés destinés aux tissus végétaux.
- Les meilleures colles sont à base de gélatine et de glycérine et quelquefois glucose; mais le cours de plus en plus élevé de la glycérine a fait chercher des succédanés, de sorte que l’on a tenté dans ces derniers temps l’emploi des dextrines et des gommes solubles.
- Une difficulté qui s’est présentée, c’est celle qui a trait à la charge des tissus de laine. La glycérine et le glucose donnent déjà une charge à cause de leur pouvoir hygrométrique. On a aussi proposé l’emploi de sels déliquescents, le chlorure à magnésium, le chlorure de calcium et celui de l’acide borique et du sulfate de soude; mais il y a dans l’emploi de ces sels un danger, c’est que, par suite des alternatives de sécheresse et d’humidité, ils grimpent et forment des efflorescences ; ou encore le tissu poudre et marque à l’ongle. Il est connu qu’une certaine quantité de sels cristallisables peuvent être dissimulés dans une quantité suffisante de colloïdes. C’est là le principe qui, en sucrerie, empêche d’extraire la totalité du sucre, une partie restant incristallisable dans la mélasse. Mais à une quantité déterminée de glycérine, glucose ou gélatine correspond une limite de sels qu’on ne peut dépasser. De sorte qu’il est arrivé à quelques teinturiers des désagréments très onéreux pour avoir voulu forcer la dose de sels chargeants. On ne peut dans les lainages employer les mêmes produits de charge que dans les cotonnades,
- p.2x364 - vue 397/478
-
-
-
- APPRÊT DES ÉTOFFES EN CONTINU
- 20 co
- 99
- car, dans ce dernier cas, l’apprêt couvre complètement la contexture du tissu, tandis que, dans les tissus de laine, on cherche à conserver l’aspect obtenu au tissage et le toucher caractéristique de la laine.
- Colles et gélatines. — Les gélatines sont des produits de transformation de certains tissus de l’organisme animal et notamment de l’osséine et de la peau. Sous l’influence de l’ébullition avec l’eau, ces tissus se transforment en produits solubles, plus ou moins rapidement, selon leur état d'agrégation. Outre la colle d’os et la colle de peau on connaît encore la colle de poisson ou iehtyoceUe, dont les applications industrielles sont bien moins importantes.
- La peau des animaux jeunes se dissout beaucoup plus vite que celle des animaux âgés. C’est ainsi que l’on met à part les déchets de veau qui fournissent une colle plus blanche. La membrane interne de la vessie natatoire de certaines espèces d’esturgeons, communes dans les Ileuves de Russie, se dissout déjà à 20-28° C.
- La colle de peau et la colle de poisson sont connues depuis fort longtemps. Pline les mentionne, ce qui prouve que les Romains en connaissent les propriétés et la préparation.
- Quant à la colle d’os, Papin, réfugié en Angleterre, avait réussi à la préparer dès 1681, en traitant les os par l’eau dans la marmite de Papin. Il songeait à préparer ainsi une substance alimentaire très économique et d’une grande ressource pour la classe ouvrière et les hospices.
- Charles II, à qui Papin soumit son projet, paraissait disposé à donner suite à cette idée si remarquable, lorsque, jetant les yeux sur ses chiens, il aperçut au cou de l’un d'entre eux une requête par laquelle ils demandaient plaisamment qu’on ne les privât point de ce qui leur revenait de droit, et Charles II, préférant ses chiens à ses sujets, repoussa la demande de Papin.
- Les idées de Papin furent adoptées par un chanoine de Rouen dont le nom est perdu et qui prépara des aliments accommodés au moyen de la gélatine extraite des os, nourrissant ainsi à ses frais un grand nombre de malheureux (Girardin).
- Puis tout fut oublié, et ce n’est qu’un siècle plus tard que les travaux de Hérissant, de Duhamel, Proust, Jeand'Arcet père, Grenet de Rouen, rappelèrent l’attention sur ces anciennes tentatives. Joseph d'Arce fils posa en 1810 les bases de l’industrie actuelle et fit connaître les deux procédés qui sont encore suivis aujourd’hui : extraction de la gélatine par la vapeur d’eau à 106°; dissolution des matières minérales par l'acide chlorhydrique et transformation du résidu en gélatine.
- p.2x365 - vue 398/478
-
-
-
- 366
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- Colle de poisson ou ichtyocolle. — La colle de poisson est constituée par la membrane interne de la vessie natatoire de plusieurs espèces d’esturgeons très communes dans le Volga et autres fleuves qui se jettent dans la mer Noire et dans la mer Caspienne. On plonge la vessie natatoire dans l’eau froide pour la ramollir et en détacher la membrane extérieure. La membrane interne est ensuite roulée en tortillons auxquels on donne la forme d’une lyre ou d’un cœur ; ou bien on la plie simplement en carrés, en plaques ou en feuilles. On blanchit la matière encore humide à l'aide de l’acide sulfureux et on la sèche.
- On connaît dans le commerce la colle de Russie, c’est la première qualité; la colle de Cayenne qui arrive en morceaux épais comme la main, mais qu’on prépare en feuilles, en grands et petits cordons, notamment en Allemagne; la colle en livres et en tablettes préparée en Hollande et en Angleterre avec les intestins de la morue ; la colle en rubans nommée queue de rat, faite avec la vessie natatoire de la morue ; c’est celle-ci que les limonadiers emploient pour la clarification du vin.
- Pour dissoudre la colle de poisson, on la divise avec un marteau ou un pilon, on l’arrose d’eau froide dans laquelle elle se gonfle peu à peu; après vingt-quatre heures, on la malaxe avec la main, on l’étend peu à peu d’eau et on la passe à travers un linge.
- La colle de poisson est soluble dans l’eau; elle se combine avec le tannin, l’acide gallique et plusieurs oxydes métalliques en formant des précipités insolubles. Les acides coagulent la colle de poisson, qui entraîne alors avec elle toutes les substances tenues en suspension dans le liquide.
- La colle de poisson est surtout réservée maintenant pour donner du lustre et de la consistance aux étoffes de soie, aux rubans, aux gazes, pour l’application des couleurs minérales et des laques sur tissus en guise d’albumine. On en fait un mastic dit ciment diamant pour recoller les fragments de porcelaine et de verre ; on l’obtient en ajoutant à une solution de cette colle un peu d’alcool et de solution alcoolique de résine ammoniaque ou de résine mastic.
- On l’emploie aussi pour monter les pierreries, contrefaire les perles fines, et autrefois elle était seule utilisée pour le collage des boissons fermentées et la confection des gelées alimentaires ; mais on lui substitue aujourd’hui avec économie les belles qualités de colle de Flandre, dont nous allons parler.
- Colle de peau ou colle forte {Dictionnaire de Wurtz). — Les diverses substances qu’on emploie dans la fabrication des colles portent le nom de colles matières. On emploie les déchets de peaux fraîches non tannées, bœuf, vache, veau. Les tanneurs, qui traitent beaucoup de
- p.2x366 - vue 399/478
-
-
-
- APPRÊT DES ÉTOFFES EN CONTINU 367
- veau, mettent les rognures à part, car elles donnent une colle plus blanche.
- Les rognures sont chaulées par le tanneur, puis mises en tas ou déposées dans une citerne ayant une évacuation.
- Ces rognures arrivant chez le fabricant de colle, sont chaulées de nouveau; il est utile de leur faire subir un premier lavage avant cette opération de chaulage, afin d’enlever les produits chimiques de toutes sortes employés en tannerie. Ces rognures sont laissées en tas; on les enlève au fur et à mesure des besoins pour la fabrication de la colle. Les peaux sont alors lavées à grande eau dans des laveuses spéciales pour éliminer la chaux. Puis on lave à l’eau acidulée, on rince et on blanchit si cela est nécessaire.
- On emploie aussi des rognures sèches provenant de Mazamet et surtout d’Amérique (Anvers). On a soin alors de faire tremper ces rognures plusieurs semaines avant de leur faire subir les diverses opérations.
- L’extraction de la colle est une opération assez délicate. On sait en effet que la gélatine se modifie assez promptement lorsqu’on maintient sa solution à l’ébullition ; elle perd la propriété de se prendre en gelée par refroidissement et donne naissance à des produits très solubles dans l’eau et même déliquescents. Il est donc important de soustraire aussi vite que possible les solutions de gélatine à l’action d’une température élevée et, pour cela, de ne soumettre à la cuite que des matières de même nature, afin qu’elles se dissolvent dans le même espace de temps.
- On emploie une chaudière à double fond chauffée à feu nu ou à la vapeur. On commence par la remplir aux deux tiers d’eau bien limpide et tiède,puis on y verse les colles matières en quantité telle qu’elles dépassent la chaudière de 10 à 15 centimètres, on porte alors vivement la température jusqu’au bouillon; les matières s’affaissent petit à petit en se dissolvant; bientôt elles sont complètement submergées; à ce moment, il se produit une écume colorée, graisseuse,qu’on enlève avec soin ; on continue à chauffer à une douce ébullition, en brassant fréquemment et en soutirant tous les quarts d’heure quelques seaux de liquide qu’on verse de nouveau dans la chaudière de manière à avoir un produit bien homogène. On continue à opérer ainsi jusqu’à ce que le liquide soit assez chargé de gélatine, ce dont on s’assure en prélevant un échantillon et le laissant refroidir dans une soucoupe de porcelaine ; lorsqu’il se prend en gelée par refroidissement, la fin de la cuite est arrivée. On arrête le chauffage, on laisse déposer pendant une demi-heure, puis on coule doucement au moyen d’un robinet placé sous le faux fond dans la chaudière de clarification préalablement chauffée à 100°. Après un repos de quatre à cinq heures, on fait écouler le fond
- p.2x367 - vue 400/478
-
-
-
- 368 PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- chargé de dépôt, puis, quand la solution arrive bien limpide, on la reçoit dans des moules en la faisant passer à travers un tamis fin.
- Pendant le refroidissement, on charge la chaudière avec de l’eau chaude en quantité moindre que la première fois, et on opère comme précédemment.
- Enfin on fait une troisième cuite et, si la liqueur n’arrive pas à un degré de concentralion suffisant, on y ajoute les déchets de colle des opérations précédentes. Il vaut mieux opérer ainsi qu’évaporer les solutions trop faibles, car cette évaporation altère toujours les produits. La solution provenant de la troisième cuite est beaucoup plus impure que les autres ; on la clarifie en y ajoutant de l’alun en poudre ou du sulfate de zinc, quelquefois de la chaux ou du biphosphate de chaux.
- La méthode que nous venons de décrire ou méthode des produits fractionnés donne trois espèces de colles différentes :la colle de premier soutirage est très peu colorée, transparente, inaltérable à l’air ; elle possède une très grande ténacité; elle correspond au type connu sous le nom de colle de Flandre ou colle de Hollande. Lesecond soutirage fournit encore une colle de très bonne qualité, quoique inférieure à la première. Enfin, le troisième soutirage donne un produit plus coloré, moins transparent et moins tenace, supérieur cependant aux colles façon de Givet.
- La méthode des produits fractionnés ayant pour but de fournir des colles fines, emploiedesmatièresde premierchoix, des rognuresde peaux, de parchemin, 'de velin, de cuir blanc, de peaux d’anguilles, etc. La grénétine du nom du fabricant Grenet, de Rouen, qui constitue une des plus belles colles fortes connues, est préparé par ce procédé dans lequel on n’utilise, paraît-il, que des matières fraîches, des peaux de jeunes animaux, des cartilages de veaux, etc.
- La colle de Cologne, qui se distingue par sa blancheur et son pouvoir adhésif, est préparée, d’après Dullo, avec des matières premières qui, après l’échaulage, sont passées au chlorure de chaux; on emploie pour 200 kilogrammes de matière, 1 kilogramme de chlorure de chaux; après une demi-heure, on acidulé le bain avec de l’acide chlorhydrique, on laisse agir encore pendant une demi-heure; puis on lave et on porte à la chaudière d’extraction ; on suit la méthode des produits fractionnés.
- Colle de Givet. — Il existe une autre méthode de fabrication, qui consiste à ajouter aux colles matières toute la quantité d’eau nécessaire à leur dissolution et à prolonger l’ébullition jusqu’à ce que cette dissolution soit opérée : cette méthode, d’origine anglaise, fournit les colles genre Givet,qui sont beaucoup moins estimées que les colles de Flandre et qui sont rarement complètement insolubles dans l’eau froide. Elle
- p.2x368 - vue 401/478
-
-
-
- APPRÊT DES TISSUS DE LAINE.
- = 1o o © O O 00 = > 5 B B 2 C 2295 5: OO oo QO * * 2 2 2 9
- oo = — co — 0o o: TEMPÉRATURES DE L’AIR EXTERIEUR Moyennes
- 1© o © J'5 co co 1x0 1x0 — © JxO J© co CJ . o Température moyenne $5. P. c O B h. • c, 2 o: 8 5 c ing SUs 5.8=
- 1x0 — 00 O QO o 00 to *- Degré psychrométrique Moyennes
- t© o o o. — 99 -! - TEMPÉRATURE DE L’AIR CHAUFFÉ à la sortie du calorifère. Moyennes
- O 00 o o o En bas Moyennes 1 o. P ( P t- 23 on 2- s & g g. 2 g 3 CB- 5 K. 5. CD OA >—3 1 ? ES 1 3n "S.
- +. to O OO - — - co C: cc co En haut Moyennes
- — — - Température Moyennes ( B p 3 5 Bo, 298 C P en g a - 2 $ CDe.r Boc S. B P E E O - S • 5 " 5 5 2 3 & 7 D 2 - o C = 53 s* • 2 w o H C • • M C G 2
- (o S 1x0 to 1x0 Degré psychrométrique 1 Moyennes
- c. © to -1 989 or to co Température 1 Moyennes
- t9 2! 1x0 1x0 1x0 4- OC - "oo o. ) Degré psychrométrique Moyennes
- t© o (O oo -1 1x0 1x0 1x0 0915 VIDE A L’INTÉRIEUR DU SÉCHOIR en millimètres d’eau
- mod cn CD os" O C CE.— « OHC s. B S 2 POC P CP 30 U = to = to = to 6. C: bo g - S . 9 & 30 38 Tours de l'anémomètre par minute. Moyennes 1 J W 3 i 5 • en s ~ B % • 9 S en
- t5 O B B 05 1 0o — -I io to oo oo ÿ 1x0 — — O0 Vitesse moyenne de l’air 1 par seconde. Moyennes
- 8 — = — B — = = = *cc1c— 01090915 Tours de l’anémomètre par minute. Moyennes : 1 s F = B
- tO o B E 5,9 1*2 et — 00 Ê — ce —} C. c. S # co "1x0 I. o o — Vitesse moyenne de l’air par seconde. Moyennes
- *1to ° 00 ° © ° — = = *800 80 9% 0P 09 C Tours de l’anémomètre par minute. Moyennes B 2 en — I 9 O 2 3 • C o S H • B
- g g ^05 t o 6 C. O to 00 oo oe : 1 co 1x0 1x0 © "o L, O —I co Vitesse moyenne de l’air par seconde. Moyennes
- 8 o )— - — oc 21 o. O0> Pression en kilogrammes Moyennes « " § -o P 11 t 33 ” ( b œ 2 en o & " 2
- & § - — or oc or H{o O ce ce Poids de l’eau recueillie Moyennes
- io 00 - to oe R 8 Nombre Totaux m 2 en 3 8
- to -1 — # — — - OC o O. O Longueur avant séchage Totaux
- to -I & -} LO ot 1x0 1x0 1x0 ce oo o to o oe Avant séchage Totaux h 5 en
- 1x0 # = 8 al 8 -! . S or "1x0 Après séchage | Totaux
- or oc or Par le moteur et les transmissions & E s = m 5 S co w-m
- L, L 1x0 io 16 Par la rame seule
- 'oo 0o ce oo - Par les deux ventilateurs seuls
- 1x0 co 00 to 1x0 co o co 1x0 DURÉE EFFECTIVE DU SÉCHAGE en heures. Totaux
- - or o Oc o 1x0 1x0 L! 85 15 S. OC OO cO g i EAU ÉVAPORÉE EN KILOGRAMMES Totaux
- ce 3 00 co Ci or -058 288 PRODUCTION A L’HEURE EN MÈTRES
- S & Oc — oo — o ooco PRODUCTION EN 10 HEURES de travail effectif en mètres
- 1x0 — CC 00 o is - O-oo ! P . -} ce -1 O 1x0 o‘ EAU ÉVAPORÉE PAR 100 KILOGRAMMES de tissu sec
- to s?0 -) — ce o t© -1 1x0 : 1x0 00 4 to to to ce co oc 2 o: ce — — io — oc GO VAPEUR EMPLOYÉE POUR ÉVAPORER 1 kilogramme d’eau (sans force motrice) PRODUCTION A L’HEURE EN KILOGRAMMES de tissu
- oe ce o ex ot JxO !- co —{ 00 co POIDS D’EAU ÉVAPORÉE A L’HEURE en kilogrammes
- oc -) 00 oc oe oe 5 oo Jo ~I ex — POIDS D'EAU ÉVAPORÉE EN 10 HEURES de travail effectif
- S: 2; -1 ce S o ±: Oc.- NOMBRE DE MÈTRES SÉCHÉS A L’HEURE
- : 8 o. oo co -i Ci e: + oo — et ixo le ce 1x0 8 — - Oo —1 8 — ce ce NOMBRE DE MÈTRES SÉCHÉS EN 10 HEURES de ti avait effectif VAPEUR EMPLOYÉE POUR SÉCHER 100 mètres de tissu VAPEUR EMPLOYÉE POUR SECHER la production en mètres de 10 heures de travail effectif
- 12 73 — 3 — VAPEUR CONDENSÉE, CHAUFFAGE COMPRIS par mètre de surface du calorifère et par heure de séchage réel (S = 144"2)
- Résumé des essais.
- P. 368 bis.
- p.2x368bis - vue 402/478
-
-
-
- p.n.n. - vue 403/478
-
-
-
- APPRÊT DES ÉTOFFES EN CONTINU 369
- consomme surtout les rognures de Buenos-Ayres et de Mazamet. C’est ainsi que se fabrique souvent la colle d’apprêt.
- Les colles fortes ordinaires brunes, quelquefois presque noires, sont préparées avec les matières les plus ordinaires: viande de cheval, pieds de bœuf, pannes de lard, têtes et pieds de mouton, etc. Dans les pays maritimes, on utilise la chair de poisson.
- La colle forte n’étant en définitive que de la gélatine impure, peut évidemment servir à la fabrication de gélatine pure ; il suffit de la dépouiller des substances étrangères qui l’accompagnent. On réussit, par exemple, en faisant digérer pendant deux jours de la colle forte avec trois fois son poids de vinaigre, décantant le liquide acide pour enlever le vinaigre chargé de toutes les impuretés, lavant à l’eau froide pour éliminer les dernières traces d’acide, puis dissolvant et coulant sur des lames de verre.
- Colle de déchets de cuirs. — Dans ces dernières années, on est même arrivé à employer les déchets de cuir. Le procédé O. Rich consiste à traiter le cuir à deux reprises différentes pour des solutions de soude caustique; les liqueurs alcalines acidifiées sont de nouveau propres au tannage, et le résidu, lavé à l’eau, est traité comme colle matière.
- D’après Stenhouse, le cuir d’empeigne, préalablement traité à la chaux donne 25 0/0 de colle quand on le chauffe avec de l’eau souspression ; le cuir de semelle n’en fournit pas.
- Ruthay recommande le procédé suivant : laisser macérer le cuir dans l’eau jusqu’à ce qu’il, commence à s’y manifester une légère fermentation; le mettre pendant vingt-quatre heures en contact avec une solution d’acide sulfureux (D = 1,033).11‘,2 de cuir exigent 2,5 d’acide ; laver à l’eau et recommencer le traitement à l’acide sulfureux. La matière animale se dissout dans l’eau à 43’ et fournit une gélatine incolore (Ann. de Chimie et de Pharmacie, t. XLI, p. 236).
- Procédé indiqué dans le Polyt. Notizbb, 1863, p. 78. —Chauffer pendant une heure de 80 à 100° 50 kilogrammes de déchets de cuirs avec 0*6,750 d’acide oxalique dissous dans 12 litres d’eau; lorsque la dissolution est effectuée, ajouter 15 litres d’eau et 5 kilogrammes de chaux à l’état de lait. Sous ces influences, le cuir se transforme en une bouillie qu’on tamise et qu’on laisse exposée humide à l'action de l’air jusqu’à destruction complète du tannin, ce qui exige trois ou quatre semaines ; on enlève la chaux par l’acide chlorhydrique, et après lavage, on cuit. 100 kilogrammes de cuir donnent 90 kilogrammes et même 103 kilogrammes de colle forte.
- APPRÊT DES TISSUS DE LAINE.
- c1
- p.2x369 - vue 404/478
-
-
-
- 370 PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- Colle d’os. — La colle d’os à laquelle on réserve plus spécialement le nom de gélatine est fabriquée avec des matières premières très diverses, d’où il résulte une grande variété de colles.
- Les principales matières employées dans cette formation, classées d’après leur valeur au point de vue de la blancheur de la gélatine,sont :
- 1° Les déchets de fabrication des boutons ou dentelles ;
- 2° Les cornillons, os qui garnissent l’intérieur des cornes de bœufs et les os de la tète des bœufs; rendement 22 à 24 0/0;
- 3° Les têtes de cheval ;
- 4° Les têtes de mouton ;
- 5° Les autres parties osseuses de ces animaux ; rendement 14à 15 0/0.
- Pour les gélatines incolores destinées à l’alimentation, on ne prend que les os des bœufs, ceux des autres animaux donnant un produit généralement plus trouble et plus coloré, en conservant une odeur de suif.
- Il existe deux procédés pour l’extraction de la gélatine :
- L'acidulation et la cuisson en autoclave.
- Gélatine d’acidulation. — Les os renferment en moyenne 40 0/0 de matières animales et 00 0/0 de substances minérales; dans ce procédé on commence par dissoudre la partie minérale pour l'isoler de l’osséine.
- On choisit de préférence pour cette fabrication les os les plus tendres et les plus poreux, afin que l’attaque se fasse plus rapidement et que la consommation de l’acide soit aussi minime que possible. Les os bien sains et dégarnis des parties charnues sont cassés ou divisés mécaniquement et bouillis avec l’eau pour enlever la graisse qu’ils renferment. Puis on les soumet, tels quels ou préalablement blanchis sur pré, au traitement à l’acide, qui consiste à les immerger en totalité dans de l’acide à 6° B. Il n’est pas indifférent d’employer de l'acide plus concentré, car il dissout la matière organique elle-même.
- L’opération est effectuée dans des auges siliceuses ou dans des barques en bois doublées de plomb. Elle dure de huit à douze jours et doit avoir lieu à une basse température, à l'abri du soleil, car sans cela, on n’éviterait pas l’attaque de la matière organique.
- Ce premier traitement est fréquemment suivi d'un second, dans lequel on emploie de l’acide beaucoup plus faible, 2 à 3 centièmes au plus. La consommation totale de l’acide à 22°B. est sensiblement égale au poids des os mis en travail.
- Les eaux acides servent pour de nouvelles opérations jusqu’à leur complète saturation. On les utilise, soit pour la fabrication de phosphate précipité, soit pour l’extraction du phosphore.
- Après l’acidulation, les os ont complètement changé d’aspect; ils sont devenus mous, flexibles, translucides. On lave l’osséine à l’eau de ma-
- p.2x370 - vue 405/478
-
-
-
- APPRÊT DES ÉTOFFES EN CONTINU
- 371
- nière à éliminer l’acide, on plonge pendant quelques jours dans de l’eau de chaux claire, puis on lave à grande eau et on sèche la matière pour la conserver jusqu’à la cuite. Cette dessiccation paraît nécessaire; elle a sans doute pour but de déterminer la carbonatation de la chaux, peut-être aussi de modifier les matières albuminoïdes qui pourraient ultérieurement troubler la limpidité de la gélatine. Quelques fabricants blanchissent l'osséine avant de la cuire en l’exposant sur pré.
- Pour la cuite, on doit prendre les mêmes précautions que pour les colles fortes. Le premier jus ne doitpas être chauffé à plus de 70-80° C.; le deuxième jus peut être chauffé un peu plus.
- Les jus d'osséïne sont beaucoup plus fermes que les jus de colle d’os; ils se prennent en gelée à 2-3° B. et se coupent en feuilles à 5 ou 7° N.
- Les gélatines sont transparentes, presque blanches ; les qualités les plus réputées sont tout à fait incolores.
- Gélatine d'autoclave ou colle d'os. — D’Arcet a reconnu que la gélatine commence à se décomposer seulement au-dessus de 106°, ce qu’on constate par un dégagement d'ammoniaque; aussi la cuisson ne doit-elle pas se faire à une température plus élevée.
- On emploie les os de cuisine les plus communs. Les os sont dégraissés souvent maintenant à l’aide de dissolvants volatils. Ils sont placés dans des autoclaves et on les vaporise. La vapeur se condense dans les pores des os et hydrate l’osséine; après avoir vaporisé pendant une demi-heure, on lance une charge d’eau bouillante, qui entraîne la gélatine formée. Afin d’arriver à une solution assez concentrée, on emploie une batterie de quatre à cinq autoclaves, et le jus du premier autoclave est amené sur le deuxième, troisième, etc., autoclave de façon à s’enrichir. Les jus sont ensuite concentrés à 15-18° B.
- On n’extrait par ce procédé que 15 0/0 de gélatine environ; mais le résidu est très propre à la fabrication du noir animal.
- La colle d’os est d’un aspect brun foncé ; elle est assez limpide, mais elle dégage une odeur assez forte à la cuisson : c’est la qualité la plus commune de toutes les colles animales.
- Moulage. Découpage et séchage des colles en plaques. — Les dissolutions gélatineuses clarifiées, obtenues dans les différents procédés, sont coulées à travers un tamis fin dans des moules en bois doublées de zinc.
- Les dimensions de ces moules sont de lm,40 X 0m,20 X 0m,12, on leur donne une forme légèrement évasée pour faciliter la sortie du pain. Les moules sont portés dans des ateliers dallés, frais, où on les y laisse jus-
- p.2x371 - vue 406/478
-
-
-
- 372 PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- qu’à ce que les liquides soient pris en gelée, ce qui demande quinze à dix-huit heures.
- A ce moment, on porte le moule au séchoir, on le renverse, puis au moyen de fils de laiton, on coupe le pain par tranches d’égales dimensions.
- Les plaques de colles sont disposées sur des filets de chanvre dont les mailles ont O"1,02 de largeur; on étage ces filets, supportés par des châssis, les uns au-dessus des autres et on les expose soit en plein air, soit dans des séchoirs à air libre, en retournant les plaques plusieurs fois par jour. Quand la dessiccation est assez avancée, on la finit dans une étuve modérément chauffée. Il ne reste plus alors qu’à les lustrer, ce qui se fait en trempant les plaques dans de l’eau chaude, les frottant avec une brosse mouillée et les exposant pendant quelques heures à l’étuve.
- La dessiccation de la gélatine est une des opérations les plus délicates de cette fabrication. Si le temps est trop humide, la dessiccation se fait mal; si la température est trop élevée, la colle se liquéfie et traverse les mailles; si au contraire la température descend au-dessous de 0°, elle se fendille. Le brouillard pique la colle et lui ôte de sa valeur; un simple orage suffit quelquefois pour la faire tourner, même lorsqu’elle est sur les filets depuis plusieurs jours. Pour ces diverses raisons, la fabrication de la colle n’est possible, dans nos pays, que pendant huit à neuf mois.
- Colle au baquet. — Pour ces différentes raisons, les fabricants de colle qui se trouvent sur place préconisent l’emploi de la colle au baquet. Celle-ci est avantageuse quand on peut l'employer aussitôt, ce qui est précisément le cas des apprêteurs.
- Cette colle au baquet se dissout immédiatement, tandis que la gélatine doit être trempée au moins vingt-quatre heures d’avance. Seulement ces colles présentent un inconvénient, c’est qu’elles peuvent être facilement falsifiées.
- Les colles au baquet renferment 15 0/0, 20 0/0 de colle forte proprement dite.
- Essai des colles et gélatine. — D’après ce qui vient d’être dit, les colles et gélatines peuvent varier considérablement dans leurs qualités, quand bien même elles seraient obtenues avec les mêmes matières premières, puisque les propriétés d’une gélatine dépendent de la cuisson. Il est donc essentiel de pouvoir déterminer la valeur d’une gélatine, problème très complexe et qui n'est d’ailleurs pas résolu.
- On peut distinguer les colles de peaux et les gélatines d’acidulation, des colles d’os en laissant un échantillon tremper vingt-quatre heures dans l'eau froide : la colle d’os fond peu à peu et se dissout, tandis que
- p.2x372 - vue 407/478
-
-
-
- APPRÊT DES ÉTOFFES EN CONTINU 373
- les autres colles ne font que se gonfler en absorbant 4 à 5 fois leur poids d’eau.
- En général, une bonne colle doit être d’un brun clair bien uniforme; elle ne doit pas présenter de taches; elledoitêtre brillante, claire, transparente, dure et cassante. Lorsqu’on cherche à la courber, elle doit se briser bien nettement en présentant une cassure vitreuse et brillante.
- Un procédé pour déterminer la quantité de glutine renfermée dans une colle, consiste à la précipiter par le tannin. On dissout un échantillon de colle dans 20 fois son poids d’eau bouillante. Dans la solution on ajoute une solution de tannin au 1/20. Le précipité de tannate est recueilli sur un filtre taré et séché. Le poids final indique la quantité de glutine sachant que 43 de glutine s’unissent à 47 de tannin.
- Un autre procédé pour analyser la colle consiste à faire un dosage d'azote.
- Un essai très important au point de vue de l’apprêt consiste à déterminer le pouvoir adhésif. Voici le procédé usité dans les arsenaux allemands.
- On fait bouillir ensemble 250 grammes de colle et 500 grammes d’eau. On attend que le mélange aitperdu lamoitié deson poids. Puis on réunit avec la colle ainsi préparée, deux petites baguettes de bois obtenues en coupant par le milieu un morceau de bois ayant 420 millimètres de long sur 40 millimètres de côté. Les deux baguettes ont donc 210 millimètres de long (fig. 185).
- Lorsqu’elles sont collées ensemble, on les laisse sécher pendant soixante-douze heures à 20°; puis dans l’une des moitiés du morceau, on fait un trou au milieu et à la distance de 180 millimètres
- © ° s
- Fig. 185. — Pouvoir adhésif des colles.
- du joint. Par ce trou, on passe un boulon qui supporte à son extrémité un plateau de balance. Le morceau est fixé par son autre extrémité et des poids sont ajoutés dans le plateau jusqu’à ce que la rupture se produise au point collé; ce dernier se trouve à quelques millimètres seulement du point où est fixé le bois. Le poids de rupture, qui doit être au moins de 70 kilogrammes, indique la qualité de la colle essayée.
- Méthode Lipowitz. — On fait dissoudre 5 grammes de colle dans 45 grammes d’eau bouillante, puis le tout est abandonné dans un vase en verre pendant un jour à la température de 18° jusqu’à ce que la prise en gelée soit parfaite.
- Les bords de ce verre peuvent recevoir une petite lame en fer-blanc mm
- p.2x373 - vue 408/478
-
-
-
- 374
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- percée en son milieu d'un trou par lequel passe un fil de fer p que sur-
- monte un entonnoir n.
- A l’extrémité de ce fil se trouve une petite plaque
- Fig. 186. — Essai des colles par la méthode de Lipowitz.
- ou capsule bombée en fer-blanc dont la partie convexe est tournée du côté de la dissolution et vient s’appuyer sur celle-ci (fig. 186).
- Le fil de fer et la capsule qu’il supporte pèsent 5 grammes; il en est de même de l’entonnoir, qui peut en outre recevoir jusque 50 grammes de plomb en grenaille.
- Lorsque la dissolution de colle est bien prise, on fait glisser le fil de fer jusqu’à ce que la capsule soit tangente à la masse gélatineuse, puis on introduit des grenailles de plomb dans
- l’entonnoir. La capsule, au bout d’un certain temps, pénètre dans la gelée et, d’après le poids de plomb que l’on a dû ajouter pour cela, on
- peut estimer à peu près quelle est la qualité de la colle.
- Propriétés. — La gélatine se présente sous forme d’une masse amorphe transparente, à peu près incolore, dure etcassante, neutre aux réactifs, saveur nulle ou faiblement douceâtre. Elle est insoluble dans l’alcool et l’éther, l’eau la gonfle à froid sans la dissoudre en formant une gelée qui se dissout à chaud pour se reformer à froid. Les solutions de gélatine précipitent par l’alcool.
- Longtemps bouillies avec l’eau, les solutions de gélatine perdent la propriété de se prendre en gelée par refroidissement.
- La composition de la gélatine est :
- C..................................... 50,1
- Il................................. 6,6
- Az.................................... 18,3
- S.................................. 0,14
- Le tannin précipite la gélatine en formant des composés imputrescibles. L’alun et le sulfate ferrique ne précipitent la gélatine qu’autant qu’on ajoute de l’alcali pour former des sels basiques.
- Les acétates neutres et basiques de plomb ne donnent pas de précipité (distinction avec la gomme).
- Le cyanure jaune, le sulfate de cuivre ne donnent pas de précipité.
- Le bichlorure de mercure donne un trouble avec les solutions de gélatine ; ce trouble qui, au début, disparaît par l’agitation, devient persistant par addition d’un excès de réactif.
- Un courant de chlore précipite les solutions gélatineuses sous forme de flocons et de filaments blancs imputrescibles, insolubles dans l’eau et l’alcool, solubles dans les alcalis et renfermant du chlore (7 à 8 0/0).
- p.2x374 - vue 409/478
-
-
-
- APPRET DES ÉTOFFES EN CONTINU 375
- Le sulfate de cuivre el un alcali fournissent des colorations variant du bleu violet au rose suivant la proportion plus ou moins grande de sulfate de cuivre (réaction du biuret).
- Plusieurs sels (chlorure de sodium, sel ammoniac, salpêtre) ou des acides étendus (acide nitrique, acide acétique) ajoutés à une solution tiède de gélatine, lui font perdre la propriété de se prendre en gelée par refroidissement sans l’altérer chimiquement (colle forte liquide),
- Emploi de la formaldéhyde. — La formaldéhyde possède la propriété excessivement curieuse de coaguler et de rendre insoluble la gélatine, la colle, la caséine et autres matières albuminoïdes. Gegner observa le premier en 1893 cette réaction de la formaldéhyde sur la gélatine, et Hauser constata ensuite que la gélatine ainsi coagulée ne peut plus être liquéfiée à quelque température que ce soit. Une quantité insignifiante de formol suffit pour produire cette transformation, et la gélatine coagulée n’en laisse plus percevoir la moindre trace. La première application pratique de ce procédé est celle du brevet Reissner et Hauser, n° 18.237 (1893), en photographie.
- En 1896, Knecht le propose pour insolubiliser l’acide lanuginique, puis on appliqua la coagulation à l’aldéhyde formique pour imprimeries poudres métalliques et les pigments. Le procédé consiste à épaissir la poudre métallique avec une solution de gélatine à 20 0/0, à imprimer ce mélange à 110-120° F. (43-49° G.), à sécher et foularder légèrement dans une solution à 1 0/0 de formaldéhyde commerciale à 40 0/0 étendue 400 fois. On sèche dans des étuves bien closes pour éviter l’action irritante de la formaldéhyde sur les ouvriers.
- On proposa ensuite de fixer à la formaldéhyde par vaporisage. On vaporise au Mather-Platt. Les vapeurs sont produites en faisant tomber goutte à goutte la formaline sur une plaque chaude qui est reliée à la chambre de vaporisage par un tube et un tuyau percé de trous.
- M. Camille Schœn (brevet anglais n° 13.916 de 1897) revendique l’emploi de la combinaison de formaldéhyde avec l’ammoniaque ou le bisulfite de soude qui reste sans action sur les solutions de gélatine ou de caséine, mais que le vaporisage décompose. On ajoute un peu de carbonate de soude pour favoriser celte décomposition.
- M. Millar, dans son procédé pour fabriquer la soie artificielle à la gélatine, la rend insoluble en exposant quelques jours dans une chambre dans laquelle on dispose un récipient de formaldéhyde.
- Action du bichromate. — Une autre réaction intéressante pourrendre la gélatine insoluble est celle de la lumière sur la gélatine bichromatée. C’est elle qui est utilisé dans la photographie au charbon.
- p.2x375 - vue 410/478
-
-
-
- 376
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- La gélatine en solution se putréfie très facilement. C’est précisément sur des bouillons de gélatine que l’on opère pour étudier le développement de telle ou telle bactérie. Ceci fait comprendre qu’il faut prendre les plus grands soins de propreté pour tout le matériel qui sert à la cuisson des apprêts. Il est recommandé, quand un fond de cuve ou un cuvelot dégage une mauvaise odeur, de ne pas y ajouter de colle nouvelle. Il faut rejeter la colle putréfiée et laver le récipient à l’acide ou au chlore avant de le remplir de nouveau.
- Applications. — La colle matière, en feuilles ou en baquet, s’emploie pour les apprêts des tissus de laine et mi-laine; elle donne un louchera la fois souple et plein. On fait de très beaux apprêts de pure laine avec des bains de gélatine additionnés d’une petite quantité de glycérine. Cette colle, étant tout à fait soluble, pénètre dans les filaments en même temps qu’elle les lustre et colle les parties duveteuses qui ont échappé à la tondeuse. Si on emploie des colles en plaques, il faut les laisser tremper vingt-quatre heures à froid, puis on chauffe pour les dissoudre. On prépare généralement un bain à 8° B., que l’on coupe ensuite suivant les cas.
- Glycérine. — La glycérine est un résidu de la saponification des matières grasses. Les applications de la glycérine ont tellement augmenté qu’on la recueille dans une série de fabrications qui la laissaient perdre autrefois. On peut utiliser les lessives provenant de la fabrication de savon genre Marseille. Mais elle renferme alors une grande quantité de sels minéraux. Pendant longtemps on n’a employé que le résidu de la fabrication de l’acide stéarique; mais, aujourd’hui, on a répandu de plus en plus le procédé à la déglycérination des huiles destinées à la fabrication des savons mous de ménage.
- C’est le procédé de saponification calcaire et la distillation des eaux glycérineuses par la vapeur surchauffée qui fournit la plus grande quantité de glycérine et le produit le plus pur ; tandis que la saponification sulfurique a pour effet de décomposer une partie plus ou moins grande de la glycérine selon la plus ou moins grande habileté avec laquelle est conduite l’opération. Dans le premier cas, on obtient une quantité de glycérine à 30° B. égale à 6,5 ou 8 0 0 de la graisse employée; dans le deuxième cas, on n’obtient que 4,5 ou 5 0/0.
- Le procédé à la chaux fournit une eau glycérinée à 5 ou 6° B. contenant un peu de savons calcaires ; on la neutralise par l’acide sulfurique. Inversement les eaux glycérinées généralement colorées et fortement impures de la fabrication sulfurique sont neutralisées par la craie ou le carbonate de baryte. Les eaux glycérinées sont filtrées et ensuite éva-
- p.2x376 - vue 411/478
-
-
-
- APPRÊT DES ÉTOFFES EN CONTINU 377
- porées à 20-25° B. On obtient ainsi la glycérine brute souillée de graisses non décomposées, d’acides gras, de matières colorantes et de sulfate de chaux. Elle renferme une quantité de cendres variant de 0,3 à 1,3 0/0.
- Glycérine raffinée. — On étend la glycérine à 10° B., on neutralise à la chaux s’il y a encore de l’acide sulfurique, et on décolore en faisant bouillir avec du noir animal. Comme on ne peut concentrer à l’air la glycérine sans la colorer, on opère dans des appareils à vide. Il est souvent nécessaire de la faire bouillir encore une fois avec du charbon animal et de filtrer.
- Glycérine distillée. — Le véritable procédé pour obtenir la glycérine pure consiste à la distiller dans un courant de vapeur d’eau. On évapore la glycérine à aussi basse température que possible jusqu’à ce qu’elle ait une densité de 1,15; on y introduit ensuite pendant plusieurs heures un courant de vapeur à 100 ou 110°, de façon à entraîner toutes les impuretés aisément volatiles. On chauffe ensuite la glycérine en continuant à y faire passer de la vapeur surchauffée à 170-200°; à 200°, elle distille en même temps que la vapeur.
- Propriétés. — Concentrée dans le vide, la glycérine est un liquide incolore, inodore, à saveur sucrée, très hygrométrique, pouvant cristalliser en petites aiguilles dans un mélange réfrigérant.
- La glycérine est soluble en toutes proportions dans l’eau et dans l’alcool; elle est insoluble dans l’éther et dans le chloroforme. Elle dissout un grand nombre de corps organiques et minéraux, les gommes, les sucres, l’albumine, les matières colorantes.
- Sous l’action de la chaleur, la glycérine passe en partie inaltérée; mais une portion se décompose en donnant de l’acroléine, des acides carbonique, acétique, des carbures d’hydrogène.
- Traitée par l’acide nitrique, elle donne de la nitroglycérine. Les acides donnent des éthers glycériques, acétine, formine, etc.
- Procédés pour reconnaître la glycérine. — La glycérine peut se distinguer de la plupart des produits d’apprêt par le fait qu’elle est soluble dans l’alcool. Seuls, le sucre et le glucose présentent la même propriété. Mais tandis que la solution alcoolique de glycérine reste claire par addition de son volume d’éther, les solutions des sucres précipitent dans les mêmes conditions. — Une autre réaction s’appuie sur ce que la glycérine s’évapore complètement si on la chauffe à 170-180°.
- La réaction suivante, due à Semer et Lowe, permet de déceler de très petites quantités de glycérine. On ajouteau liquide à examinerdela soude jusqu’à faible réaction alcaline; on y plonge ensuite une perle de borax
- p.2x377 - vue 412/478
-
-
-
- 378 PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- et après un contact de quelques instants, on chauffe au chalumeau ; une coloration verte de la flamme indique la présence de glycérine.
- TABLEAU D’HYDRATATION DE LA GLYCÉRINE ADOPTÉ PAR LE SYNDICAT
- ANGLAIS ET ALLEMAND
- DEGRÉS BAUME à 15° C. DENSITÉ . EN VOLUME EN POIDS
- GLYCÉRINE EAU GLYCÉRINE EAU
- 4 1.028 100 899,90 12 88
- 6 1.043 » 551,15 18,40 81,60
- 8 1.056 » 382,75 24,80 75,20
- 10 1.074 » 276,40 31,21 68,80
- 12 1.091 ) 207,70 37,60 62,40
- 14 1.107 » 161,70 4 4 56
- 16 1.125 » 121 50,40 49,60
- 18 1.142 )) 97,20 56/0 43,20
- 20 1.161 » 74,50 63,20 36,80
- 22 1.180 » 55,50 69,70 30,40
- 24 1.200 » 40 76 24
- 26 1 220 » 27,25 82,40 17,60
- 28 1.24 » 16,20 88,90 11,10
- 30 1.263 » 6,50 95,20 4,80
- Réaction de Schiff et Caro. — On utilise la propriété que possède l’acroléine de colorer en rouge une solution de rosaniline décolorée par l'acide sulfureux. ,
- Pour exécuter l’essai, on concentre la solution de glycérine dans une petite capsule de porcelaine; lorsque le volume se trouve ramené à 5-10 centimètres cubes, on ajoute environ 1 gramme de sulfate acide de potassium pulvérisé; on môle le tout ensemble et on évapore à sec. On introduit le résidu dans un tube de verre vert de 8 à 10 centimètres de longueur qu’on ferme au moyen d’un bouchon muni d’un tube à dégagement et on fait plonger ce dernier dans un tube à essai renfermant de l’eau.
- On chauffe : l’acroléine se dégage. On ajoute dans le tube quelques gouttes de réactif de Schiff. Il faut, avant de verser et après avoir versé le réactif, agiter la solution. La coloration nese développe que lentement; elle n’atteint son maximum qu’après un repos de quinze à vingt minutes, Si la solution aqueuse s’était échauffée,il faudrait refroidir avant d’ajouter le réactif, car ce dernier devient rouge par la chaleur en l’absence de toute aldéhyde.
- Le sucre, le glucose, l’amidon, la dextrine, la gélatine, l’albumine l’acide stéarique et l’acide oléique ne donnent pas de réaction semblable; mais les hydrates de carbone diminuent la sensibilité de la réaction, parce que les produits de la distillation avec le bisulfate empêchent la
- p.2x378 - vue 413/478
-
-
-
- APPRÊT DES ÉTOFFES EN CONTINU
- 379
- coloration de se produire. Lorsqu’il y a du sucre, il faut commencer par éliminer ce corps ; à ceteffet on évapore la solution en présence d’hydrate de chaux et de sable et on évapore à sec puis on reprend par un mélange de 2 parties d’alcool pour 1 partied'éther.
- Essai des glycérines brutes et raffinées. — La glycérine brute est brune ou jaune; sa densité est d’au moins 1,230 à 15° C. La glycérine brute provenant des savonniers a quelquefois une densité plus élevée en raison des chlorures qu’elle renferme. Sa couleur est jaune, brune ou noire; elle possède une odeur caractéristique désagréable. La réaction au tournesol est alcaline ou acide, mais jamais neutre.
- fa glycérine raffinée a ordinairement une densité de 1,250 à 15° C. La couleur varie du brun foncé et même du noir au blanc suivant son degré de purification. L’odeur des acides gras, si elle la conserve, est très faible.
- La glycérine distillée n’a pas d’odeur ou possède une légère odeur de brûlé qui rappelle celle de la poudre. Elle a un goût caractéristique d’ail. Le goût et l’odeur n’existent cependant réellement qu’avec la glycérine distillée de qualité supérieure.
- La réaction est neutre ou à peine acide.
- Distinction d’une glycérine brute d’une glycérine raffinée ou distillée. — On chauffe un échantillon de 10 grammes jusqu’à ce qu’il s’enflamme et on pèse le résidu. La glycérine raffinée ou distillée laissent un résidu charbonneux de 0,5 0/0 rarement au-dessus et jamais de 1 0/0 La glycérine brute laissera des résidus qui s’élèvent jusqu’à 10 0/0.
- La glycérine raffinée donne des cendres (Wamwright), qui atteignent rarement 0,1 0/0, jamais 0,2 0/0, tandis que la glycérine provenant des savons peut donner jusqu’à 14 0/0 de cendres.
- La glycérine est très employée dans les apprêts des tissus de laine. Grâce à son pouvoir hygrométrique, elle est utilisée pour la charge. Elle peut en effet facilement absorber son poids d’eau. Mais les résultats de charge qu’elle fournit en pratique sont très variables : tout dépend de la dessiccation et aussi de l’état hygrométrique de l’air.
- Les glycérines brunes possédant une odeur désagréable, on la masque souvent par une essence odorante quelconque ; la plus employée est l’essence de mirbane.
- Parmi les propriétés les plus importantes de la glycérine, il faut citer celle qu’elle possède d’empêcher la cristallisation des sels métalliques. C’estce qui fait qu’on emploie, pour charger les étoffes de laine, l’acide borique, le chlorure de magnésium, le sulfate de soude, l’acétate de plomb, etc. Mais il ne faut pas exagérer dans l'emploi de ces sels, car si
- p.2x379 - vue 414/478
-
-
-
- CO 00 C
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- on dépasse la limite convenable, les sels grimpent et viennent former des efflorescences sur les étoffes.
- Dans ces derniers temps, la glycérine ayant augmenté de prix d’une façon considérable, on a proposé diverses compositions toutes à bases de sels hygrométriques, mais qui sont incapables de procurer les mêmes avantages que la glycérine, et surtout la douceur et la souplesse de l’apprêt. Voici quelques-unes de ces compositions :
- SUCCÉDANÉ DE GLYCÉRINE :
- Matières minérales........................ 0,34 0/0
- Alumine et fer............................ 0,033 0/0
- Magnésie.................................. 0,036
- Glucose................................... 23,62
- Glycérine................................. 26,38
- SUBSTITUT DE GLYCÉRINE :
- Mucilage insoluble......................... 0,239
- Chlorure de magnésium....................... 11,624
- Gomme soluble ou glycérine................. 2,762
- Eau......................................... 85,375
- 100,000
- GLYCÉROGÈNE :
- Matières minérales.......................... 0,29
- ........................................... 19,99
- Glucose...................................... 19,89
- Glycérine.................................... 21,38
- Eau.......................................... 38,45
- 100,00
- On emploie aussi des combinaisons renfermant des sels déliquescents
- comme l’acétate ou le formiate de potasse.
- Gommes artificielles ou dérivées des matières amylacées. — Comme nous l’avons déjà dit, on n’emploie pour l’apprêt des lainages que des colles solubles ; aussi, d’une manière générale, exclut-on les matières amylacées, les fécules et les amidons qui couvriraient l’étoffe et donneraient trop de raideur, alors qu’on recherche ordinairement la douceur et la souplesse. Ce n’est que dans quelques cas que l’on emploie quelques mucilages, comme la graine de lin par exemple, et encore ces produits spéciaux n’interviennent-ils qu’en petite quantité.
- Mais, si les amidons et fécules n’ont pas d’emploi, il n’en est pas de même de leurs produits de transformation, excessivement importants, et qui fournissent facilement des solutions gommeuses et limpides, susceptibles par suite de se substituer aux colles et gélatines.
- p.2x380 - vue 415/478
-
-
-
- APPRÊT DES ÉTOFFES EN CONTINU
- 381
- C est en 1811 (Ch. Kopp, B. S'. I. M., 1889, p. 170) que Vauquelin constata pour la première fois que l’amidon chauffé à une certaine température se transforme en un corps gommeux soluble dans l’eau froide, la dextrine; pendant que Kirchhoff, la même année, obtenait un sucre, la dextrose ou glucose, en chauffant l’amidon avec l’acide sulfurique. En 1818, Th. de Saussure montre qu’un empois d’amidon, abandonné à la décomposition spontanée, forme trois substances, le glucose, la dextrine et l’amidon soluble.
- L’amidon soluble a été étudié en 1840 par Jacquelin, puis par Béchamp; il fut isolé en 1874 par Musculus pour la première fois. Il a été préparé en chauffant l’empois d’amidon à 150°. Salmon, en 1885, l’a préparé en faisant bouillir l'amidon avec l’acide sulfurique à la température de 110°; il a obtenu une poudre blanche, insoluble dans l’eau froide, soluble dans l’eau chaude. La solution concentrée dépose par refroidissement la majeure partie du corps; évaporée, elle donne un résidu translucide, cassant; elle ne réduit pas les sels de cuivre, l’iode la colore en bleu.
- Les seconds produits dérivés de l’amidon sont les dextrines. Musculus, en 1845, a montré que, par le malt, la saccharification se produit d’une manière progressive en donnant quatre maltodextrines, savoir : trois achroodextrines a, [3, Y et l'érythrodextrine. Il regarde l’amidon comme ayant une molécule complexe qui se simplifie progressivement en donnant :
- (C12H20010)0+ 2 H20 = (C121120010)3 + 2C®H1203, Amidon. Érythrodextrine. Maltose.
- (CI2120010)3+ 2 H20 = (CI2H20010)4 + 2C6H1203,
- a-achroodextrine.
- (CI2H20010)1 + 2120 = (CI2H20010)3+ 2 C6H1203, a-achroodextrine. -achroodextrine.
- et ainsi de suite pour arriver finalement à :
- (C12H20040)2 +2H20 = CI2120010 + 2C®H1203, r-achroodextrine. Dextrine. Maltose.
- Les quatre maltodextrines n’ont aucun intérêt pour l’industrie, car elles ne se trouvent pas dans la saccharification par les acides, qui s’opère sans polymérisation et qui fournit la dextrine ordinaire C‘2H2010, soluble dans l’eau froide, en donnant une solution gommeuse qui ne réduit pas la liqueur cuivrique; l’iode la colore en marron, elle est insoluble dans l’alcool. Remarquons que ces produits doivent retenir l’attention, maintenant que les emplois du diastafor se généralisent et que la préparation des colles par l’apprêt eu r consiste en somme à saccharifier les fécules par la méthode de Musculus.
- p.2x381 - vue 416/478
-
-
-
- 382 PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- Lorsque les agents saccharifiants agissent plus longtemps, la transformation des dextrines s’effectue à son tour, et donne le produit ultime de la saccharification ou glucose. Si l’agent employé pour produire la transformation est un acide minéral, on obtient la série des glucoses industriels; si au contraire la saccharification est produite par le malt (diastafor, etc.), on produit le maltose, sucre qui présente les mêmes propriétés que le glucose ordinaire. Remarquons qu’au fur et à mesure que ces diverses réactions se produisent, on arrive à des produits dont le pouvoir épaississant diminue, et les glucoses en particulier fonctionnent au point de vue apprêt, à peu près comme la glycérine, sauf qu’au lieu de l’onctuosité fournie par la première, le glucose donne un toucher plus poisseux.
- Enfin, dans ces dernières années, on est arrivé à produire de nouvelles substances épaisissanles, en transformant l’amidon en éthers particuliers et imitant en quelque sorte, ce qui a été réalisé dans l'industrie de la cellulose, puisque l’on sait que ces deux substances sont isomériques.
- Amidon soluble. — Ch. Kopps (1889) a examiné les produits delà fabrique A. Schumann, àDüttlenheim. Ils sont obtenus en traitant l’amidon par l'acide sulfureux sous pression, et selon la durée de l’action forment quatre types destinés à des applications distinctes. Ces types sont bien des amidons solubles à différents degrés de transformation, car ils sont colorés en bleu par l’iode, réaction caractéristique. Ils ne sont qu'imparfaitement solubles dans l’eau froide (sauf un type, la tragantine translucide), mais parfaitement solubles dans l’eau chaude, et fournissent un liquide poisseux tout à fait limpide et même gommeux pour les types les plus avancés.
- Le premier type a sa place marquée dans l'industrie des apprêts fins, tels que ceux pour dentelles, mousselines, tuiles et étoffes de soie.
- Le second type est un épaississant pour limpression des couleurs sur tissu et sur papier, en lithographie, et pour la fixation des poudres métalliques, pour remplacer les empois d’amidon, les amidons grillés et la british gum.
- Le troisième type dit tragantine estime poudre d’une blancheur éclatante, neutre, sans odeur en partie soluble dans l'eau froide, mais très soluble dans l’eau chaude, étendue au pinceau à une densitéde 13-20° B. elle prend un beau luisant et a un pouvoir adhésif et collant prononcé.
- Par ses propriétés, ce produit rend beaucoup de services dans la fabrication des pastilles, des dragées et en général pour toutes les consommations de bouche.
- Le quatrième type de la tragantine transludice, type complètement
- p.2x382 - vue 417/478
-
-
-
- APPRÊT DES ÉTOFFES EN CONTINU 383
- soluble dans l’eau froide. Il se rapproche beaucoup des gommes, mais reste cependant sur la limite des amidons solubles.
- La fabrication de l'amidon soluble se fait par différents procédés qui se divisent en deux classes principales : la transformation est effectuée par l’action des acides sur les matières amylacées où l'on emploie des agents oxydants.
- Les principaux brevets reposant sur l'action des acides sontlessuivanls :
- Brevet Verneisel (E. P., 12020). — On traite la matière amylacée (1000. kgrs)à60°C. par une solution diluée d'acide sulfurique (1.000 litres) contenant 2 0/0 d’acide sulfurique, et on maintient à 50-53° jusqu’à ce que la transformation soit complété, ce qui demande 12 à 15 heures.
- Brevet Blumer (B. F., 322206). — On traite l’amidon dans une chaudière à double paroi, avec 1 0/0 d’un acide volatil (acétique, formique) dilué à 10 0/0. La température s’élève, on la maintient deux heures à 90-100° C. Il distille des vapeurs acides que l’on condense pour les réutiliser. La température est ensuite portée à 115° G., et maintenue pendant 4 heures.
- Le produit formé donne avec l’eau à 60-70’une solution épaisse, mais claire, donnant encore la réaction bleue avec l’iode. Avec l'amidon de bonne qualité et l’acide formique, on a un produit d'un blanc pur.
- La Calico Printers Association Limited (B. F. 338889) soumet l’amidon à l’action d’un acide à l’état de gaz, de vapeur ou de liquide pulvérisé dans un convertisseur, tournant lentement dans des coussinets. Ce convertisseur est en bois, ou en métal doublé avec un métal résistant à l’acide; il est enfermé dans un local chauffé à une température convenable. On emploie pour 90 kilogrammes d’amidon 750 grammes d’acide chlorhydride de préférence ; mais on pourrait aussi utiliser l’acide sulfurique, l’acide sulfureux ou l'acide azotique.
- L'amidon est d’abord desséché à 55° G., puis introduit dans le convertisseur chauffé à 55-65°. On introduit l’acide et laisse réagir pendant une heure.
- On obtient ainsi une poudre soluble dans l’eau bouillante, mais non dans l’eau froide. La solution se prend en gelée par refroidissement.
- On peut fabriquer de la dextrine dans le même appareil, en élevant alors la température à 75-100°. On peut saturer l’excès d’acide emprisonné dans le produit au moyen de vapeurs ammoniacales, mais cela n’est généralement pas nécessaire.
- Parmi les procédés basés sur l’emploi des agents oxydants, nous pouvons citer les suivants :
- p.2x383 - vue 418/478
-
-
-
- 384
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- La Vosgeline, brevetée par M. Brueder etCie (B. F., 279661), s’obtient en oxydant la fécule en milieu alcalin par l'hypochlorite dépotasse. 100 ki-logrammes de fécule sont traités à froid avec 8-10 litres d'hypochlorite de potasse pendant quelques heures; on laisse déposer, décante, sèche d’abord à 50°, puis à l’étuve entre 60 et 100° G., suivant la transformation que l'on veut produire. Le produit, délayé dans l’eau chaude, s’épaissit d’abord puis se liquéfie pour donner des solutions semblables à celles de la gélatine.
- Si le traitement, au lieu de se faire en milieu alcalin, s’opère en milieu acide., on n’obtient pas du tout le même résultat. Aussi, lorsqu’on opère sur des substances comme l’amidon de maïs, qui renferme toujours de l’acide sulfureux, il faut d’abord les traiter par un alcali, de préférence le peroxyde de sodium.
- En faisant subir à un amidon soluble obtenu par un moyen analogue une transformation spéciale, la maison Mabbaux et Camell, de Lyon, fabrique des iso-gumsqui se présentent avec des caractères analogues aux gommes végétales et qui fournissent des apprêts brillants.
- Dans le brevet de M. O. Bredt G0 (B. F., 336090), on oxyde parle permanganate de potasse. Pour 100 kilogrammes de fécule, on emploie 130 kilogrammes d’une solution de permanganate à 2 0/0, puis on rince, décolore par le bisulfite de soude, lave et sèche.
- Le procédé de M. Ashworth (E. P., 19720): on chauffe à 30M0° les matières amylacées avec des chlorates et des acides, ou bien avec des chlorates et des agents catalytiques, comme le chlorure de vanadium ou le sulfate de cuivre.
- C’est à cette même classe qu’appartient l’amidon soluble oxydé de M. A. Duverger. Cet amidon soluble s’obtient en mélangeant la fécule ou l’amidon de maïs avec une quantité exactement dosée de persels. A la cuisson, l’oxygène actif se dégage, solubilise et liquéfie la matière amylacée sans aucune production de dextrine.
- L’amidon oxydé soluble est délayé dans l’eau froide, puis on chauffe jusqu’à ce que la masse ait pris l’aspect sirupeux. Les solutions, ayant tendance à rétrogradation, s'épaississent par refroidissement, mais la colle reprend sa fluidité en élevant sa température.
- Tous ces apprêts à base d’amidon soluble pourront prendre une certaine importance dans l’apprêt des lainages, car leur pouvoir épaississant est sensiblement plus prononcé que celui de la dextrine, et ils sont absorbés facilement par les étoffes à cause de leur solubilité.
- Féculose (A. Traquan, J. Society Chem. Ind., 1909, p. 288). — La féculose est un éther acétique de l’amidon obtenu par l’action de l’acide
- p.2x384 - vue 419/478
-
-
-
- APPRÊT DES ÉTOFFES EN CONTINU
- 385
- acétique glacial sur l’amidon. L'amidon doit être desséché de manière à ne plus renfermer que 3 à 4 0/0 d'humidité. La réaction doit être limitée à un produit insoluble dans l’eau froide, de manière à ce que l’excès d'acide puisse être facilement enlevé au moyen de lavages par décantation.
- Les poids d’amidon et d’acide doivent être égaux : on obtient un mélange fluide qui peut être bouilli lentement, et après deux à trois heures, on lave à l’eau froide. On a cherché à diminuer la proportion de l’acide, mais il en faut au minimum 10 0/0 du poids de l’amidon pour obtenir des produits convenables. Pour des produits spéciaux, on peut employer un mélange d’acide acétique et formique.
- Le produit brut renferme 4 à 5 0/0 d’acide non combiné qu’on pourrait saturer par un alcali; mais ce procédé donne naissance à des sels qui peuvent être gênants, et le mieux est de laver par décantation. Comme matières amylacées, on peut employer la fécule de pomme de terres’ l’amidon de maïs, riz, tapioca, sagou, etc.
- Le produit commercial a été dénommé féculose. Il se distingue de l’amidon ordinaire, parce qu’il donne des solutions homogènes limpides qui ne se prennent pas en gelée par le repos. Les pellicules obtenues en versant un peu de la solution sur une plaque de verre sont transparentes et flexibles et valent celles que donne la gélatine la plus pure. La solution ne réduit pas la liqueur de Fehling et se colore en bleu par l’iode. Elle est précipitée par l’alcool ou par les solutions concentrées de certains sels, comme l’amidon soluble ordinaire, et réagit aussi facilement avec la diatase. La féculose lavée est neutre ou légèrement acide et ne renferme que 1 à 4 0/0 d’acide acétique par molécule en Cc.
- Au point de vue de l’emploi, la féculose est un succédané idéal de la gélatine et des gommes végétales. Dans l'apprêt, ses propriétés de vrai colloïde lui permettent de donner du brillant et de la main aux fibres textiles, filés ou pièces. Comme elle est formée de pellicules excessivement minces, les couleurs brillantes, comme les rouges et les jaunes, ne sont pas altérées et semblent même gagner en intensité. Pour les colons légers, où on n’emploie pas d’adoucissants, 500 grammes de féculose donnent le même résultat que 1.500 à 2.000 grammes de dextrine dans 5 litres d’eau. On l’emploie aussi avec l’amidon pour donner de la souplesse et de la pureté à l’apprêt. La féculose donne d’excellents résultats pour les toiles de lin, les dentelles et l’apprêt des soies.
- Dextrines. — Les dextrines industrielles se fabriquent par deux procédés distincts : le grillage et la saccharification par les acides. Le procédé à la diastase n’est pas appliqué industriellement pour l’obtention de la dextrine, mais il est constant en brasserie, par exemple, et c’est sur la même réaction que repose le maltage des étoffes.
- APPRÊT DES TISSUS DE LAINE.
- 25
- p.2x385 - vue 420/478
-
-
-
- 386
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- Le procédé par grillage fournit X amidon grillé, le léiogomme ou fécule grillée et le british gum ou amidon de maïs grillé.
- L’amidon grillé doit être fabriqué à une température qui ne dépasse pas 200°. Malgré les perfectionnements introduits dans le mode de torré-faction, le produit obtenu offre toujours une coloration jaunâtre, et ses solutions sont foncées, grave inconvénient pour l’apprêt des étoffes. L’amidon peut être d’ailleurs plus ou moins grillé et renfermer par conséquent une proportion variable d’amidon inattaqué. Son pouvoir épaississant est d’autant plus faible qu’il est plus grillé, ce qui se conçoit, puisque la transformation est plus ou moins complète.
- Le leiogomme ou fécule grillée se rapproche beaucoup de l’amidon grillé par ses qualités, mais elle est plus gommeuse. Elle se vend plus ou moins grillée, mais elle convient .mieux le plus fortement grillée : elle donne alors une solution presque limpide.
- Dext fines préparées par les acides. — Sous les noms de dextrine, gomméline, gomméïne, gomme Tissot, gomme Lefèvre, gomme double, gomme indigène, etc., on trouve dans le commerce différents épaississants préparés avec la fécule et quelquefois mêlés à d’autres épaississants. Ils diffèrent du léiogomme et de l’amidon grillé par une nuance beaucoup plus claire et sont quelquefois incolores comme la gommeline, ou légèrement jaunâtres comme la dextrine. Ces produits se préparent soit d’après le procédé de M. Payen en humectant la fécule d’acide nitrique, d'acide chlorhydrique, d’acide lactique, étendus d’eau, séchant à l’air, puis à l’étuve pour chasser toute trace d’acide : soit par l’action désagrégeante de l’eau bouillante contenant quelques centièmes d’acide sulfurique ou de diastase. (La vosgeline est préparée en chauffant en en autoclave la fécule avec une solution de chlorure de chaux.)
- La dextrine pure est blanche, d’une saveur fade un peu sucrée; soluble dans l’eàu en toutes proportions, elle forme un liquide épais, filant et visqueux. Elle est insoluble dans l’alcool, qui la précipite de ses solutions aqueuses en flocons amorphes. Elle dévie fortement à droite le plan de polarisation. L'acide nitrique chaud la transforme en acide oxalique sans mélange d'acide mucique (distinction avec les go mm es \
- Les solutions ne précipitent les acétates neutres ou basiques de plomb qu'après addition d'ammoniaque ; elles ne précipitent pas par les sels ferriques, mais par le chlorure d’étain.
- L’iode les colore en violet ; elle réduit à la longue une solution chaude de liqueur cuivrique (distinction avec les gommes).
- Apprêts obtenus par l’emploi du diastafor, brimai, etc. — Dans ces dernières années, on a répandu l'usage, chez les apprêteurs, de dias-
- p.2x386 - vue 421/478
-
-
-
- APPRÊT DES ÉTOFFES EN CONTINU
- 387
- tases du malt, obtenues sous une forme concentrée et permettant d’effectuer soi-même la saccharification des matières amylacées, pour obtenir des apprêts divers. Ces produits sont le diastafor et le brimai.
- Extrait, d’après un procédé breveté de malt, préparé spécialement à cet effet, le diastafor forme une masse sirupeuse, renfermant à l’état concentré les enzymes spéciaux qui produisent les transformations des amidons. Le diastafor se dissout facilement et entièrement dans l’eau chaude; il ne renferme ni alcali, ni excédent d’acide, ni matières grasses et n’a aucune action sur les fibres végétales ou animales, ni sur les colorants.
- En agissant sur l’amidon, le diastafor et le brimai le transforment successivement en amidon soluble, puis en dextrine et enfin en maltose. Ces phases ne se succèdent pas, elles se produisent, dans une certaine mesure, simultanément jusqu’à saccharification complète de l’empois. L’action liquéfiante se fait le mieux vers 60°-70°; elle est détruite par l’ébullition, de même que par l’action des acides et des alcalis.
- Il en résulte que ces produits peuvent rendre de très grands services dans le désencollage des étoffes. Il suffit pour cela de manœuvrer le tissu dans une solution de 1/2 à 2 kilogrammes de diastafor par hectolitre d’eau, à la température de 40 à 75° C. On laisse réagir tant que les encollages sont complètement dissous, ce qui demande au moins vingt minutes. Le plus simple est de traiter au jigger dans un bain aussi court que possible, et de laisser enrouler quelque temps sur le bain de diastafor, après quoi on rince à fond. Lorsqu’il s’agit d’encollages très alcalins, on fait passer d’abord la marchandise dans un bain faible d’acide acétique, puis on rince et opère comme précédemment.
- Pour les tissus fantaisie, il n’est pas prudent de les enrouler, car on risque des rappliquages. Dans ce cas on procède à la laveuse, en tournant pendant quarante-cinq minutes dans un bain chauffé à 30-35° G. et garni de 1 à 5 kilogrammes de diastafor par mètre cube.
- On peut également préparer des masses d’apprêt, en ayant soin d’arrêter faction saccharifiante du diastafor, aussitôt qu’on a obtenu la consistance voulue. On obtient ainsi une colle végétale composée d’amidon soluble, de dextrine et d’un peu de maltose dont les propriétés dépendent évidemment du mode de préparation. A ce moment on porte à l’ébullition afin d’empêcher que les réactions ne continuent. On ne doit ajouter ni alcalis, ni acides, avant que la transformation soit accomplie.
- Le mode opératoire est des plus simples : Bien délayer la farine d’amidon dans de l’eau, chauffer jusqu’à formation d’un empois homogène, ajouter le diastafor préalablement dissous à l’eau tiède, brasser jusqu’à ce que la masse soit transparente et liquide et porter à l’ébullition afin d’arrêter l’action du diastafor.
- p.2x387 - vue 422/478
-
-
-
- Ix
- 388
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- Il faut remarquer que les diverses sortes d’amidon se transforment en empois à des températures différentes. Nous indiquons, ci-dessous, ces diverses températures, la colonne A contenant les températures de gonflement manifeste, la colonne B les températures auxquelles commencent
- —
- la transformation en empois, la colonne transformation complète :
- C enfin, les
- températures de
- Amidon de seigle...............
- — de riz.......................
- — d’orge.................
- — de maïs................
- — de pommes de terre...
- — de froment.............
- A B c
- 45° 50° 55°
- 54° 59° 62°
- 38° 58° 63°
- 50° 55° 63°
- 46° 59° 63°
- 50° 65° 68°
- Lorsqu'on emploie des farines dont la transformation en empois se fait au-dessus de 65°, il faut pousser à T ébullition, puis, avant d'ajouter le diastofor, ramener la masse à 65°.
- Lorsqu’on doit ajouter des produits adoucissants ou des produits de charge, on commence par effectuer la transformation en dextrine ainsi que nous l’avons expliqué, puis on ajoute les ingrédients habituels et on porte au bouillon. La cuisine terminée, on ajoute un antiseptique tel que le chlorure de zinc, l’acide phénique ou la formaline.
- Voici un exemple d’apprêt pour tissu robe.
- Pour 10 litres d’eau, on emploie 0*8,500 de fécule de pommes de terre. On chauffe à 65° C pour transformer en empois. On ajoute alors 20 à 30 grammes de diastafor et on arrête la vapeur pendant dix minutes. On porte rapidement à l’ébullition et on emploie l’apprêt amené de 2 à 6° B.
- Glucoses. — Les glucoses sont les produits ultimes de la saccharification des matières amylacées et de la dextrine.
- La saccharification à l’acide fournit la glucose ou dextrose employé par les apprêteurs; la saccharification par le malt fournit la maltose. Le dédoublement de la dextrine se fait d’après la formule :
- eo o CM = & G
- II o CI “I (N + © Œ Cl o
- Cette constitution delà dextrose a reçu en 1887 une confirmation éclatante par la synthèse réalisée par Tischy et Tafel en la dérivant de l’acroléine. Ils donnent à ce sucre la constitution suivante :
- CH2OH . CHOH . CIIOH . CHOH . CO . CH2OH.
- aes
- . On délaye la fécule dans l’eau et on fait couler le lait obtenu, par petites portions, dans de l’eau acidulée bouillante et l’on continue à chauffer. On vérifie que la transformation est complète, soit par le réactif à l’iode
- p.2x388 - vue 423/478
-
-
-
- APPRÊT DES ÉTOFFES EN CONTINU 389
- qui ne doit plus donner de coloration, soit en additionnant une prise de six fois son volume d’alcool; il ne doit plus se produire de précipité.
- La réaction terminée, on neutralise par la craie, on laisse déposer, on décolore en filtrant sur du noir animal, puis on concentre, on fabrique ainsi les produits suivants :
- Glucose liquide ou sirop de cristal blanc, liquide épais marquant 45° B. limpide comme l’eau la plus pure, d’une parfaite finesse dégoût et absolument neutre ;
- Glucose ordinaire ou glucose massée, tablettes ou blocs coulés dans des caisses.
- Ces deux produits industriels renferment encore de la dextrine, le sirop un peu plus de 15 0/0, le glucose massé un peu plus de 10 0/0. Ces quantités de dextrine ne peuvent être éliminées, sans que les types perdent leur consistance. Ainsi le sirop se prendrait en masse solide déjà à 40° B. si la quantité de dextrine qu’il renferme descendait au-dessous de 15 0/0.
- Le glucose est soluble en toutes proportions dans l’eau bouillante ; l’alcool le dissout aussi, mais moins facilement que le sucre de canne. Cette réaction permet de le distinguer facilement de la dextrine. La solution additionnée d’alcalis caustiques ou d’alcalino-terreux, sont très altérables sous l’influence de la chaleur; elles brunissent en donnant de l’acide glucique et apoglucique. Le glucose ne précipite pas par le sous-acétate de plomb, mais il y a précipité si on ajoute de l’ammoniaque.
- Le glucose réduit les sels ferriques et réagit sur la liqueur cuivrique bouillante, en donnant aussitôt un précipité d’oxydule de cuivre caractéristique.
- Le glucose présente, comme nous l’avons dit, des propriétés similaires à celles de la glycérine au point de vue de l’apprêt : c’est un produit hygroscopique, qui intervient par suite pour donner de la main aux étoffes ; mais le toucher produit est inférieur ; si on augmente la dose, il devient poisseux.
- Gommes. — On distingue quatre espèces de gomme :
- 1° Les gommes solubles (arabique, Sénégal et Salabreda) ;
- 2° La gomme adragante;
- 3° La gomme de Bassora;
- 4° La gomme du pays.
- Gommes solubles. — Les gommes arabique et de Sénégal sont dures, plus ou moins blanches ou rousses et en morceaux irrégulièrement arrondis de grosseur variable. La gomme du Sénégal est généralement en fragments plus volumineux que la gomme arabique; elle est aussi
- p.2x389 - vue 424/478
-
-
-
- 390
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- plus hygroscopique et plus colorée. La gomme arabique a si peu d’affinité pour l’eau qu’elle se brise sans peine, sous l’influence de la sécheresse, en sorte que la friabilité est son caractère le plus saillant.
- La gomme arabique se dissout plus aisément dans l’eau et donne une solution moins acide; ce qui la rend essentiellement apte à l’épaississage des mordants clairs ainsi que des couleurs délicates ; mais ses solutions sont plus rapidement coagulées par les sels métalliques basiques que celles de la gomme du Sénégal.
- Quant à la gomme de Salabreda, qui est généralement de la plus grande blancheur, et sous forme de vermicelles contournés, elle donne une solution d’abord incolore, mais qui brunit si rapidement à l’air que peu d’heures suffisent quelquefois pour lui donner l’aspect d’une dissolution de réglisse.
- Les gommes solubles sont sécrétées par différentes espèces d’acacia, qui croissent en Arabie, en Égypte et au Sénégal et dont les principales sont : l'acacia vera (Arabie, Afrique, Égypte et Sénégal), A. arabica (Arabie et Inde).
- La solution des gommes se fait, pour ainsi dire, en toutes proportions, bien que lentement, surtout si elles ne sont pas pulvérisées. Le liquide obtenu est visqueux, filant, épais, homogène et transparent. Les diverses sortes de gommes solubles sont presque exclusivement composées d’un principe immédiat appelé arabine, mélangé à une petite quantité d’un sel de chaux à acide organique, de chlorure de calcium, de chlorure de potassium et d’acétate de calcium,
- D’après les recherches de Frémy, l’arabine serait un gummate de chaux renfermant 2 à 3 0/0 de chaux. Cette chaux ne peut être éliminée que par l’intervention d’acides énergiques, tels que les acides sulfurique et oxalique, l’acide gummique devenu libre passe ordinairement à l’état d’une modification insoluble, l’acide métagummique. Celle-ci, sous l’influence simultanée de la chaleur et d’une petite quantité d’hydrate de potasse, repasse à sa modification soluble, l’acide gummique, dont la combinaison calcaire représente l’arabine naturelle.
- L’arabine est précipitée de ses solutions par l’alcool. Les sels ferriques, le nitrate de mercure, le sous-nitrate et le sous-acétate de plomb la coagulent; le précipité renferme des gummnates métalliques.
- Les solutions de gomme soluble dévient à gauche le plan de polarisation de la lumière ; abandonnées à elles-mêmes, elles se changent en glucose au bout d’un temps assez long ; elles prennent assez rapidement une réaction acide ; il faut . remarquer que l’eau de gomme bouillie ne fermente plus.
- L’ébullition prolongée avec les acides minéraux étendus donne également lieu à la transformation glucosique.
- p.2x390 - vue 425/478
-
-
-
- APPRÊT DES ÉTOFFES EN CONTINU
- 391
- Les gommes solubles ne réduisent pas la liqueur cuivrique, mais elles acquièrent cette propriété lorsqu’elles sont chauffées avec de l’eau à 150-160° en vase clos.
- Les acides végétaux qui précipitent la chaux donnent dans l’eau de gomme des dépôts très sensibles, observés lorsque ces acides interviennent dans la préparation d’une couleur ou d’un apprêt. M. Daniel Kœchlin a fait sur l’emploi de la gomme arabique quelques observations qu’il est utile de signaler au point de vue particulier de l’apprêt des étoffes (B. S.I. M., 1844, p. 323). Il fait remarquer que l’on a observé depuis longtemps que, dans certaines circonstances qu’on ne s’est pas expliqué, en épaississant avec de l’eau de gomme les mordants d’acétate d’alumine, d’acétate de fer ou leur mélange, et imprimant à la planche sur tissu de coton, il s’opère quelquefois une combinaison si intime entre les bases métalliques, la gomme arabique et le tissu, que par les opérations du débouillissage, la gomme reste en totalité adhérente à la toile qui en conserve une très grande raideur et donne des teintures défectueuses.
- D’après des essais, cette réaction ne se produit qu’avec des eaux de gommes vieilles et fermentées. La présence des mordants est nécessaire pour produire cet effet, qui n’a plus lieu avec la gomme fermentée seule.
- Pour éviter en pratique ces inconvénients où M. Kœchlin conseille les pratiques suivantes que l'appréteur fera bien d’appliquer :
- 1° Ne préparer que de petites provisions d’eau de gomme ;
- 2° Ne pas laisser de dépôt dans la cuve quand on veut préparer de nouvelles gommes ;
- 3° Pour éviter la fermentation, ajouter 10 grammes de cristaux de soude par kilogramme de gomme, cette addition ne présentant aucun inconvénient pour les usages ordinaires ;
- 4° On pourra aussi faire subir une longue ébullition à l’eau de gomme, mais ce moyen est dispendieux ;
- 5° On fera bien d’épaissir directement avec la gomme pulvérisée.
- Essai des gommes (mémoire publié par M. Sacc, B. S. I. M., t. XXXVIII, p. 107). — Les gommes Salabréda et Sénégal sont quelquefois mélangées à des gommes insolubles ; elles se gonflent alors beaucoup dans l’eau sans donner de liquide limpide. Cette altération est facile à reconnaître lorsqu’on dissout la gomme en gros morceaux et non en poudre, parce qu’alors toute la partie insoluble reste sous forme de masses volumineuses bien agglomérées et très visibles.
- Le degré de viscosité est une des qualités les plus importantes à déterminer, car les frais de fabrication augmentent avec le défaut de viscosité. On mesure la viscosité au moyen des viscosimètres.
- Un des plus simples se compose d’un entonnoir à douille étirée en pointe effilée. On verse la solution de gomme faite toujours dans les
- p.2x391 - vue 426/478
-
-
-
- 392
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- mêmes proportions et on note la durée de l’écoulement; elle est d’autant plus grande que la gomme épaissit davantage.
- M. Ochs a imaginé un viscosimètre qui sert généralement à Mulhouse (fig. 187). Il se compose d’un cylindre en fer-blanc de 9 centimètres de
- Fig. 187.
- Viscosimètre de M. Ochs.
- haut sur 45 millimètres de diamètre fermé à une de ses extrémités par un fond plat percé d’un trou central de 4 millimètres. A 7 ou 8 centimètres plus bas est un poids porté par deux branches de fil de liaison reliés au cylindre. Il a pour but de le maintenir verticalement dans le liquide et de le solliciter à s’enfoncer dans l’épaississant à mesure que celle-ci s’introduit par l’orifice du fond plat. Plus une couleur est mince, plus le viscosimètre s’y enfonce vite et plus elle est visqueuse ou épaisse, plus il faut de secondes pour atteindre le même but.
- En gardant en notes pour les mêmes couleurs et les mêmes impressions, les nombres de secondes nécessaires, on ar
- rive à des résultats d’une constance parfaite.
- Il ne faut pas perdre de vue que le degré d’épaisseur d’une solution et par conséquent la viscosité varient avec la température ambiante. Les expériences doivent donc toujours se faire contradictoirement avec une gomme type et à une température constante et moyenne (15° C.). On emploie des dissolutions de 250 grammes de gomme dans 500 d’eau.
- Viscosimètre de M. Heilmann. — Le viscosimètre de M. Heilmann se compose de deux cylindres creux, verticaux en verre disposés l’un à côté de l’autre. Dans chacune de ces éprouvettes, dont l’une contient de l’eau pure, et l’autre, le liquide à examiner, peuvent descendre deux sphères métalliques suspendues à des fils qui passent sur deux poulies mobiles, les sphères sont partiellement équilibrées par des contrepoids. Les deux liquides ayant la même viscosité, les boules descendraient avec la même vitesse, si leurs dimensions et leurs poids différentiels étaient égaux. Ces deux conditions doivent être remplies. Si, au contraire, on opère, d’une part, avec de l’eau et, de l’autre, avec une solution de gomme, la seconde boule descendra d'autant moins vite que la solution est plus épaisse. Par conséquent la rotation de la seconde partie sera d’autant moins avancée. Une disposition convenable arrête les deux poulies en même temps à peu près au moment où la boule du cylindre à eau est arrivée au bas de sa course. Il suffit alors de lire sur la graduation tracée sur le cercle de la poulie située du côté du liquide visqueux à quel degré correspond un repère fixe placé en face.
- L’usage de cet appareil exigerait évidemment la construction de tables donnant, pour chaque espèce d’épaississant, la proportion de matière dissoute qui répond à une division déterminée du cercle de la poulie.
- p.2x392 - vue 427/478
-
-
-
- APPRÊT DES ÉTOFFES EN CONTINU
- 393
- Gomme adragante. — Elle est produite par une astragale qui croît dans les provinces septentrionales de la Perse, de l’Asie Mineure et de l’Arménie.
- On la vend en filets vermiculés ou en plaques avec des élévations arqués ; elle est blanche ou jaunâtre et contient toujours des grains de fécule. Sous l’influence de l’eau, la gomme adragante se gonfle beaucoup en donnant un liquide épais mucilagineux, sans néanmoins se dissoudre. Elle est composée d’environ 50 0/0 d'arabine soluble, le reste est de la bassorine ou plutôt de l’acide métagummique insoluble ou tout au moins un principe analogue, qui est susceptible de se dissoudre sous l’influence de la chaleur et des alcalis. L’ébullition très prolongée de la bassorine avec l’eau suffît pour la rendre soluble.
- Dans les applications de la gomme adragante, on l’abandonne vingt-quatre heures à froid, puis on la fait cuire quatre à six heures jusqu’à ce que le liquide épais soit bien homogène et liant.
- Pour 1 litre d’eau, on emploie 60 à 100 grammes de gomme adragante. La solution est épaisse, presque incolore, mais elle n’a pas beaucoup de cohésion.
- Elle est peu employée pour la préparation des apprêts et est surtout utilisée en impression.
- Gomme d'Inde. — Depuis 1883 M. J. Meyer (B.S.I.M., 1887, p. 80) a réussi à employer les gommes d’Inde en les rendant solubles par une cuisson en autoclave. Préparées ainsi, elles constituent un épaississant supérieur comme rendement à la gomme du Sénégal.
- M. Meyer signale en outre qu’en cuisant la gomme sous pression avec 1 0/0 de chaux caustique, on obtient un épaississant plus filant et se conservant beaucoup mieux que celui qu’on obtient en la dissolvant dans l’eau bouillante, ou en la cuisant à 100° dans une chaudière ouverte.
- Les gommes d’Inde furent offertes en 1884 d’une manière fortuite dans le commerce. Elles servaient, surtout en raison de leur bas prix, à être mélangées frauduleusement à de bonnes gommes. Les gommes d’Inde qui constituent plusieurs espèces (gomme de Calcutta, de Bombay, de Sydney) se présentent en larmes ou en morceaux transparents de grosseur variable. Elles sont généralement assez blanches et se reconnaissent facilement par leur faible solubilité, même à chaud.
- En abandonnant pendant plusieurs jours des morceaux de cette gomme avec de l’eau, elle se gonfle sans se dissoudre, et il se développe un mucilage gélatineux dépourvu de viscosité. On les rend solubles par cuisson d'une demi-heure en autoclave.
- La gomme d'Inde, ainsi dissoute et desséchée à 45-50° C., reprend ses
- p.2x393 - vue 428/478
-
-
-
- 394
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- propriétés primitives ; elle redevient insoluble et se gonfle simplement au contact de l’eau, même bouillante.
- M. Horace Kœchlin {B. S. I. M., 1893, p. 115) observe qu’on peut dissoudre les gommes d’Inde en chauffant quatre heures au bain-marie à 80°, 400 grammes de gomme concassée, 1 litre d’eau, 60 centimètres cubes d’eau oxygénée à 12 volumes.
- On peut obtenir un bon épaississant en chauffant pendant une heure au bouillon : 500 grammes graine de lin, 1.000 centimètres cubes d’eau, 250 centimètres cubes d’acide acétique, 8 à 10 centimètres cubes d’eau oxygénée 12 volumes.
- Mucilages divers. — Algine (,B. S. I. M., 1898, p. 1000). — L’algine s’extrait des varechs provenant des côtes de Norwège. Ces algues contiennent 25 0/0 du sel de chaux d’un acide dénommé algique dont le sel de soude présente la propriété de donner une solution gommeuse. La préparation de l’acide algique est très simple et ne nécessite pas le concours de la chaleur ; cela explique le bas prix de cette substance. On traite les algues séchées par un lavage méthodique à l’acide sulfurique à 3 0/0; les sels minéraux entrent en dissolution. L’acide algique, mis en liberté, est ensuite traité par une lessive de sel de soude très diluée ; on filtre et on acidulé, l’acide algique se précipite sous forme de pâte, sa décoloration se fait au moyen du chlorure de chaux. Le sel de soude de cet acide peut être rendu transparent par ébullition avec du sang de bœuf.
- Lichen. — Ce n’est que le fucus crispus séché (sorte de goémon abondant sur les côtes de Bretagne et de Normandie).
- La préparation du lichen pour les apprêts est très simple ; il suffit de le laisser gonfler dans l’eau froide ou tiède pendant vingt-quatre heures et de le laisser digérer à l’ébullition soit dans une chaudière ordinaire, soit mieux à l’autoclave. Une solution à 5 0/0 est très visqueuse et se prend par refroidissement en une gelée très ferme.
- Le pouvoir épaississant de ces matières est très grand, et elles pourraient même remplacer la gélatine au besoin, n’était l’odeur particulière qu'elle communique aux marchandises lorsqu'on l’y dépose en grande quantité et le manque de gonflant qu’elles présentent.
- Haï Thao (J.-J. Heilmann, N. I. R., 1875, p. 263). — Le Haï Thao ou gélose se tire d’une algue qu’on trouve en abondance en Cochinchine et dans l’île Maurice. Il est sans saveur et sans odeur. Il est insoluble dans l’eau froide, mais il s’y gonfle, devient blanc et entièrement transparent, cassant et se remplit de bulles d’air. Il commence à se dissoudre partiel-
- p.2x394 - vue 429/478
-
-
-
- APPRÊT DES ÉTOFFES EN CONTINU
- 395
- lement dans l’eau à 75° ; la dissolution ne devient complète que par ébullition prolongée. Par le refroidissement elle se prend en une gelée translucide, tremblotante et d’un gris jaunâtre ayant de la ressemblance avec celle de la gélatine. A 1/100 cette gelée est très épaisse ; elle est sans action sur le papier de tournesol bleu ou rouge.
- Le Thao se dissout à froid et en fortes proportions dans l’acide sulfurique, l’acide nitrique et l’acide chlorhydrique concentrés ; l’eau le précipite de ces dissolutions. Les mêmes acides étendus ne le dissolvent pas. Il est insoluble dans les alcalis, qui agissent sur lui à peu près de la même façon que l’eau froide. Il ne se dissout pas non plus dans l’alcool froid ou bouillant.
- Le thao employé seul et sans bleu a pour effet de jaunir le tissu. Même avec bleu il lui communique une teinte un peu verdâtre.
- A1/100, il produit un apprêt souple, peu fort, qui donne plutôt du corps que de la raideur à la toile. L’apprêt, dans cette proportion, revient à 0fr,10 le litre. La dextrine à 50 grammes au litre donne moins de force au tissu que le thao à 1/100. A 100 grammes au litre (soit 6 centimes au litre), la dextrine donne davantage de force. La fécule à 2 grammes par litre donne plus de raideur que le thao à 1/100. Mais la dextrine comme la fécule rend le tissu plus sec et plus dur et garnit moins le fil que le thao. Une addition de glycérine au thao donne un apprêt bien plus souple et plus moelleux. Une addition de talc donne encore plus d’onctueux à la toile.
- Le thao, dans les conditions actuelles, produit un apprêt plus souple et plus moelleux et il a surtout pour effet de resserrer le grain de la toile et rendre celle-ci moins creuse. Le thao ne pourrait s’employer qu’à chaud, car les apprêts sont décomposés par refroidissement et deviennent trop épais pour être travaillés. Mais comme cette décomposition ne consiste qu’en une séparation du thao avec l’eau, les apprêts peuvent resservir en les faisant chauffer à nouveau.
- Emploi dans les apprêts de l’alguensine de M. Martineau et du thao français de M. Stenfort (J.-J. Heilmann, B. S./. R., 1877, p. 473). — L’alguensine doit provenir de la dessiccation d’une décoction aqueuse de plantes marines, tandis que le thao français paraît être la plante même réduite en poudre plus ou moins fine et contenant encore de la cellulose. Aussi l’alguensine se dissout facilement dans l’eau bouillante et ne laisse qu’un résidu insignifiant provenant d’une poussière saline qui recouvrait les plaques. Le thao français exige au contraire, pour se dissoudre,une ébullition prolongée,surtout si l’on a laissé des grumeaux se former dans le bain,et il se produit un dépôt brunâtre très abondant qui est de la cellulose.
- p.2x395 - vue 430/478
-
-
-
- 396 PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- Employés comme apprêts, l’alguensine et le thao français donnent à dose égale des résultats à peu près analogues. Ils communiquent aux tissus de la force tout en lui laissant de la souplesse et sans la raideur qu’on obtient avec la fécule et l’amidon. Malheureusement le dépôt qui se forme dans le thao français est un empêchement sérieux pour son emploi dans les apprêts.
- Les dissolutions d’alguensine et du thao français s’altèrent assez rapidement et se couvrent de moisissures, tandis que celles du haï thao se conservent intactes pendant un temps très long. Ils ont cependant sur celui-ci l’avantage de pouvoir se travailler à froid, vu qu’ils fournissent une gelée qui reste filante et qui prend moins de consistance par refroidissement. Si, dans l’état où ils se trouvaient en 1877, ils ne pouvaient être employés dans les apprêts, on a obtenu cependant des résultats satisfaisants en les mêlant à d’autres épaississants.
- Ly-cho ou gomme marine (J. Riber, B. S. I. R., 1877, p. 476). — Diverses espèces d’algues marines fournissent des principes gommeux et gélatineux, qui sont employés depuis fort longtemps en Chine et dans es Indes ; le fucus crispus, le thao français d’Aubry Leconte (1875) et de Stenford ; le ly-cho ou gomme marine, l'alguensine de Martineau, de Saint-Porchaire.
- Le ly-cho, comme le thao français peuvent, à une dose de 50 grammes pour 1.000 grammes d’eau, fournir un mucilage ressemblant à une eau d'adraganthe cuite à raison de 100 grammes pour 1.000 grammes d’eau mais n’ayant pas la viscosité de cette dernière. Les dissolutions de thao et ly-cho s’obtiennent facilement avec la plupart des bains et des mordants employés dans la fabrication de l’indienne. Les sels de plomb les coagulent promptement. Elles sont, au contraire, coagulées beaucoup moins vite que les autres épaississants usités, par l’action des sels de chrome et de bichromate de potasse. Elles séparent de leur dissolution les violets d’aniline, la fuchsine, la safranine, tandis qu’elles n’ont pas la même action sur les bleus et verts d’aniline ni sur l’éosine. Elles se mêlent sans inconvénient avec les eaux de gomme du Sénégal, de dex-trine, de gomme adragante, et peuvent, par ces additions, fournir des épaississants plus gommeux.
- L’alguensine se comporte comme le thao et le ly-cho avec la plupart des agents chimiques ; lorsqu’il s’agit d’impressions mates, peu ouvragées, elle pourrait, employée seule ou mêlée avec d’autres épaississants, entrer en concurrence avec le ly-cho et le thao comme remplaçant de la gomme adragante.
- Tragasol (J. Soc. dyers and colour., 1909, p. 77). — Les fèves du caroubier, qui sont très employées dans les pays méridionaux pour lanour-
- p.2x396 - vue 431/478
-
-
-
- APPRÊT DES ÉTOFFES EN CONTINU
- 397
- riture du bétail et des chevaux, renferment environ 85à 86 0/0 d’une matière gommeuse, d’une nature visqueuse spéciale. Ce mucilage gommeux s’extrait industriellement et se vend sous le nom assez mal trouvé de gomme tragasol qui rappelle celui de gomme adragante. Les bandelettes des momies et autres étoffes d’origine égyptienne, dans un état de conservation parfaite, ont dû être apprêtées avec un corps analogue, sinon identique, comme semblent le montrer l’analyse chimique et divers essais.
- L’analyse des fèves a donné :
- Cendres............................ 0,92 0/0
- Cellulose .......................... 0,24
- Matière gommeuse................... 86,00
- Humidité........................... 2,29 à 22,06
- L’humidité varie avec le temps et les conditions de conservation.
- Les cosses des fèves ayant été enlevées, les fèves sont partagées en deux à la machine. Le germe doit être enlevé sans quoi le mucilage fermente facilement. La gomme est extraite par un traitement de quarante-huit heures à l’eau bouillante sous pression. Rendue suffisamment soluble par ce traitement, elle est filtrée à travers des sacs de forte soie qu’on soumet à l’action d’une presse. On y ajoute un antiseptique convenable et la refroidit, puis la met en tonneaux où elle forme une gelée solide, qui est le produit commercial, le tragasol.
- Le tragasol serait un hydrate de carbone, renfermant 0,39 0/0 d’azote, ce qui correspond à 2,4 0/0 d’albuminoïde à l’état sec. Sa composition est :
- C................................................ 43,51
- H................................................. 6,23
- 0................................................ 48,38
- Az.......................................... 0,39
- Cendres..................................... 1,49
- D’après Stocks et White, ce serait une pectine ; d’après Bocou, une galactane-mannose. On n’obtient pas avec le tragasol de véritable solution, car il n’est que peu soluble dans l’eau, qu’il absorbe en gonflant. Les auteurs ajoutent à la gomme son volume d’eau chaude, qui est absorbée en quelques minutes. On chauffe doucement le mélange et à 80°, on ajoute de l’eau par petites quantités, en remuant bien.
- Le tragasol présente la propriété très spéciale d’entrer, du moins en apparence, en combinaison intime avec les amidons et diverses matières grasses et semble donc tout indiqué pour les apprêts. Si l’on met une petite quantité d’une solution concentrée de mucilage dans un vase à fond plat, il se produit une pellicule presque transparente et solide, très
- p.2x397 - vue 432/478
-
-
-
- 398 PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES flexible et extensible. Ce film renferme relativement peu de matière solide :
- Humidité............................... 66,5 0/0
- Matière solide........................ 33,5
- Le tragasol étant bon marché, et possédant les propriétés énumérées plus haut, a trouvé des applications étendues dans beaucoup d’industries textiles, cuirs, lingerie, papiers, parements, taches, et comme pellicules pour remplacer le celluloïd et le mica. Il trouvera son emploi pour le linge de table et autres articles dont l’apprêt se fait actuellement à l’amidon.
- L’apprêt à l’amidon colle aux rouleaux, ce qui n’arrive pas au tragasol.
- Les meilleurs résultats ont été obtenus en employant un mélange de 1 partie de mucilage de tragasol et de 7 parties d’eau. À ce mélange on peut aussi ajouter de l’amidon de maïs, dont la proportion ne doit pas dépasser 0,5 0/0 en poids, dans la plupart des cas 0,25 0/0 étant suffisant.
- Si l’on tient à avoir un apprêt plus ferme que souple, on pourra employer le mélange suivant, où chaque ingrédient est compté en pour cent du poids total de l’eau employée :
- Tragasol....................... 10 à 20
- Amidon de riz..................... 0,25 à 2
- China clay........................ 2 à 4
- Cire du Japon..................... 0,05 à 0,01
- Une autre recette recommandable est :
- Tragasol........................ 25
- Amidon de maïs.................. 2
- China clay...................... 2
- Cire du Japon................... 0,1
- Le tragasol peut aussi s’employer pour l’apprêt des mousselines. Pour les bâches, on se sert d’un mélange de tragasol, huile de lin, litharge, et l’on donne ensuite un traitement à l’acétate ou au sulfate d’alumine, à l’acétate de plomb, etc.
- Le tragasol, extrêmement élastique, peut s’appliquer aux cuirs, soit sur le côté fleur, soit sur le côté chair. Il remplace dans ce cas la mousse d’Islande ou autres mucilages avec avantage; car, tout en étant un peu plus cher, il donne des résultats très supérieurs, grâce à ce qu’il ne reste pas à la surface et pénètre à l’intérieur du cuir. Comme le tragasol entre en combinaison intime avec les amidons, on peut l’employer aussi en mélange avec lui. Enfin l’emploi du tragasol pour les cuirs teints rend la couleur plus résistante au frottement.
- p.2x398 - vue 433/478
-
-
-
- APPRÊT DES ÉTOFFES EN CONTINU
- 399
- Produits de charge. — Il arrive souvent que l’on doive réaliser la charge des tissus de laine, ce qui présente les plus grandes difficultés. On n’emploie en effet dans l’apprêt des tissus de laine que des colles ou des adoucissants solubles, et non comme dansl'apprêt des tissus de coton des colles et épaississants compacts. Aussi, si dans ceux-ci on peut facilement dissimuler des substances solides insolubles, indispensables d’ailleurs pour donner le corps nécessaire, il n’en est plus de même pour les lainages.
- Un des premiers procédés pour les lainages consiste à charger un apprêt composé alors d’un agglutinant comme la colle et d’un adoucissant comme la glycérine. Mais on ne peut ainsi dépasser une certaine limite assez faible d’ailleurs, 3 à 10 0/0. Aussi est-on forcé d’ajouter des sels solubles et autant que possible déliquescents : on emploie dans ce but du sulfate de soude pour de faibles charges, ou du chlorure de calcium, du chlorure de magnésium, du chlorure de zinc, du chlorure de baryum, quelquefois de l’acétate de plomb. Les chlorures de magnésium et de zinc présentent l’inconvénient d’agir comme épaillants, et des accidents peuvent se produire dans les laines et.coton. Déplus ces sels métalliques ne peuvent être employés qu’en proportions relativement faibles, car ces apprêts marquent à l’ongle ; et de plus, en magasin humide, les sels peuvent grimper etvenir former des efflorescences à la surface de l’étoffe.
- On a également proposé les composés qui résultent de l’action de l’acide borique sur la glycérine. On cuit parties égales de glycérine et d'acide borique et l’on croit généralement qu’il s’est formé aussi deséthers boriques. Mais il n’en est rien, et le mélange se comporte comme une solution d’acide borique présentant les mêmes inconvénients que les autres charges minérales.
- Cuisine des apprêts. — La cuisine des apprêts doit être tenue dans un état de propreté excessive. Tous les ustensiles qui sont employés pour la manutention et les chaudières qui servent à la cuisson doivent être nettoyés à fond après chaque opération. Car les différents bains employés fonctionnent comme des bouillons de culture et sont sujets à éprouver diverses fermentations et putréfactions. Or on sait que toute parcelle de matière en décomposition sert de ferment et ensemence aussitôt les liquides avec lesquels elle est en contact. De sorte que, d’une façon générale, un bain d’apprêt ne doit jamais être préparé que dans des récipients ne renfermant plus trace de colle ancienne et qui, par suite, peut être corrompue.
- On doit préparer des décoctions séparées de différentes substances qui doivent composer l’apprêt. On dissout donc à part le produit agglutinant, colle, gomme ou dextrine, le produit adoucissant, glucose, gly-
- p.2x399 - vue 434/478
-
-
-
- 400 PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- cérine et le produit chargeant, sels métalliques si cela est nécessaire. Toutes ces solutions doivent être amenées à la même concentration, ce qu’on vérifie le plus ordinairement à l'aréomètre Baumé. Il vaudrait mieux vérifier la richesse de l’agglutinant par un viscosimètre. Selon les articles, on préparera ensuite l’apprêt en mélangeant les divers composants selon le résultat à obtenir et, une fois l’apprêt type obtenu, on l’étendra selon la force de l’apprêt qu’on veut réaliser.
- C’est ainsi qu’on peut, pour simplifier, préparer une série d’apprêts classés par des lettres A, B, C, D et qui seront apprêt sec, apprêt mi-souple, apprêt souple, apprêt chargé, lesquels seront constitués par exemple par des mélanges renfermant des quantités croissantes de glycérine ou d’adoucissant. L’apprêt D serait, dans cette nomenclature, l’apprêt chargé. Tous les apprêts ainsi préparés seraient amenés au même degré Baumé 7 ou 8° ou mieux au même degré de viscosité.
- L’apprêteur en examinant les pièces qui viennent de la teinture, sait qu’il doit employer la marque A,B,C,D, selon la demande du client. Il lui suffira, d’après le toucher du tissu, d'après son poids, de faire préparer des bains à 1,2,3, ..., 5, 6, 7°, c’est-à-dire composés d’une quantité déterminée d’eau et d’apprêt tout composé. Si l’apprêteur prend la précaution de noter pour chaque article la composition de son apprêt, par une indication telle que C. 5 par exemple (ou apprêt souple C à 5° B.), il lui sera très facile de reproduire à un moment quelconque un article qui a été fourni précédemment. Au lieu de cela, les gommeurs se reposent le plus souvent sur la routine qu’ils ont de leur métier, ce qui se traduit par des erreurs et par des retouches plus ou moins fréquentes.
- D’une façon générale, la densité de l’apprêt est en raison inverse du poids du tissu. Plus un tissu est léger, plus il exige d’apprêt, autrement dit, ce qui manque en laine, on le restitue encolle ou, comme on dit, en laine d'apprêteur.
- La cuisson des apprêts revient donc à préparer des solutions, à 7° B., des divers ingrédients qui entrent dans la colle, et cette dissolution se fait d’une manière simple puisqu’il s’agit de produits solubles. Dans certains cas, il y a cependant des précautions à prendre. Pour dissoudre la gélatine en plaques, il faut la laisser tremper pendant vingt-quatre heures dans l’eau froide ; puis on la chauffe dans une bassine à double fond.
- Pour dissoudre la dextrine, on saupoudre le bain et on chauffe.
- La gomme doit être pulvérisée au moulin, puis dissoute dans une bassine à double fond et portée à l’ébullition, afin que la solution soit moins sujette à s’acidifier et à fermenter.
- La gomme adragante doit être mise à tremper dans l’eau froide, puis elle est cuite pendant vingt à trente minutes.
- p.2x400 - vue 435/478
-
-
-
- APPRÊT DES TISSES DE LAINE.
- W
- OO 000 OO
- OO 000 OO
- O s O
- Fig, 188. — Cuisine à couleurs de la Société Alsacienne de constructions mécaniques, S
- APPRÊT DES ÉTOFFES EN CONTINU
- p.2x401 - vue 436/478
-
-
-
- 61 O wt
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- Le lichen doit être mis à tremper pendant quarante-huit heures, puis cuit de préférence à l’autoclave.
- La cuisson peut se faire dans des marmites ordinaires; mais la batterie avec malaxeurs, telle qu’on l’emploie en impression, donnerait évidemment de meilleurs résultats (fig. 188), quand on emploie les produits
- mucilagineux.
- Les cuisines des fabriques d’indienne sont composées de bassines à double fond, chauffées à la vapeur et pouvant pivoter autour d’un axe.
- Fig. 189. — Machine à tamiser les couleurs.
- Les bassines les plus ordinairement utilisées sont comme celle qui est figurée sans malaxeur. Si l’on veut mélanger et délayer pendant la cuisson, on emploie l’un ou l’autre des deux systèmes qui sont figurés sur le dessin et qui permettent même, dans le cas où on n’emploie pas d’épaississant soluble, d’avoir des colles bien homogènes.
- Les colles cuites et «amenées à leur dilution doivent être ensuite tamisées soit à la main, soit dans les machines à tamiser à brosse ou par le vide.
- Dans la machine à
- tamiser par brosse [fig. 189) la colle est placée dans un tamis muni d’un mouvement circulaire autour de son centre. Ce tamis est constamment
- frotté par une brosse qui décrit un mouvement cycloïdal et force la pâte à se filtrer.
- L’appareil à tamiser de Rosensthiel (fig. 190), se compose d’un récipient en fonte à la partie supérieure duquel se trouve un entonnoir recevant la colle et terminé par deux tamis superposés facilement démontables pour le nettoyage.
- On fait le vide dans l’appareil au moyen d’un aspirateur à jet de vapeur et la matière aspirée passe à travers les tamis et tombe dans un réci-
- p.2x402 - vue 437/478
-
-
-
- APPRÊT DES ÉTOFFES EN CONTINU 403 pient mobile placé à l’intérieur. Le couvercle de l’appareil, facilement -démontable, permet de retirer le récipient intérieur une fois l’opération terminée.
- L’appareil peut être, si les conditions d’installation le permettent, relié au condenseur d’une machine à vapeur, ce qui supprime alors l’éjecteur spécial à faire le vide.
- Les différents ingrédients étant ainsi dissous, on prépare les mélanges qu’on conserve pour l’emploi dans des récipients marqués.
- Les principaux mélanges que l’on emploie pour l’apprêt des lainages sont :
- Gélatine, glycérine ;
- Gélatine, glucose, glycérine;
- Gélatine, dextrine, glycérine ;
- Gélatine, glycérine, chlorure de magnésium ;
- Gélatine, dextrine, huile soluble;
- Gélatine, graine de lin, glycérine ;
- Gélatine, lichen, glycérine.
- -SLvg , oh" >
- Gommage. Le gommage ^IG- 190. — Appareil à tamiser les couleurs . , . , ._, , par le vide de M. Rosensthiel. se tait en plein bain ou a la per-rotine. Le gommage en plein bain s’exécute au foulard universel.
- Le foulard universel ou perrotine (fg. 191), disposé pour apprêter en plein bain ou à l’envers, est construit ordinairement sur lm,60de largeur de table. Il comprend ordinairement un cylindre en fonte de 0m,200 de diamètre, garni d’une chemise en cuivre jaune de 12 millimètres gravée mille points et un cylindre supérieur en fonte de même diamètre garni d’une chemise en caoutchouc dur de 12 millimètres. Un mouvement de va-et-vient commande la racle, munie également d’une garniture de caoutchouc et qui égalise la quantité d’apprêt emportée par le rouleau gravé. Pour cela, celui-ci plonge plus ou moins dans la colle d’apprêt, la bassine étant pourvue d’un mouvement de relevage par vis sans fin, crémaillère et volant. La bassine en cuivre à double fond est chauffée à la vapeur.
- La pression entre les deux rouleaux est réglable; elle s’exerce par leviers à bascules et contrepoids avec mouvement de relevage.
- Le tissu, passant entre les deux cylindres et recevant la pression du cylindre supérieur garni de caoutchouc s’imprègne à l’envers de la ma-
- p.2x403 - vue 438/478
-
-
-
- 404 PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- tière d’apprêt entraînée par la gravure du cylindre inférieur. On obtient ainsi un garnissage d’envers sans plaquage d’endroit.
- Fig. 191. — Foulard d’apprêt à deux rouleaux pour apprêts envers ou plein bain.
- La machine est munie de tous les perfectionnements indiqués par
- -
- I
- $ i i
- Fig. 192. — Foulard universel de F. Dehaître.
- la pratique. Elle est munie de dispositifs de déroulage, d’un embar-
- rage réglable, d’une barre déplisseuse divergente. La commande gé-
- p.2x404 - vue 439/478
-
-
-
- APPRET DES ÉTOFFES EN CONTINU
- 405
- nérale se fait- par mouvement progressif avec débrayage par came.
- Le foulard universel doit son nom aux dispositions spéciales de sa construction, qui permettent de faire sur une seule et même machine diverses opérations d’apprêt qui nécessitent ordinairement chacune un foulard spécial. L’examen des schémas figurés ci-contre permet de se rendre compte des diverses opérations que l’on peutexécuter avec cette machine en disposant les passages du tissu ainsi qu’il est indiqué (fg. 192).
- Le rouleau inférieur peut tourner dans le sens de la marche du tissu dans les apprêts exprimés ou en sens inverse de la marche du tissu dans les apprêts raclés, le tissu se trouvant dans ce cas appuyé par deux rouleaux de détour. Remarquons que ces apprêts raclés se font surtout sur tissus de coton.
- Séchage sur gommage. — Le séchage des pièces gommées se fait le plus souvent sur manique disposée à la suite du foulard à gommer. La vitesse de la manique doit être réglée pour que la pièce soit presque complètement sèche, et un bon dispositif consiste en ce que le rameur puisse guider la pièce à droit fil. Quelques apprêteurs disposent à l’avant de la rame, sous le tissu, un appareil d’éclairage quelconque, une lampe à incandescence, par exemple, qui permet de voir à travers l’étoffe si la trame est bien parallèle aux cylindres de la manique.
- Rame élargisseuse. — Nous avons vu que dans les anciens procédés employés pour apprêter, les apprêteurs devaient apporter tous leurs soins pour que le tissu soit élargi et dossé d'une manière régulière. Le tissu,séché progressivement après avoir été humecté,était tiré fortement pour que sa largeur soit régularisée. Aujourd’hui ce travail se fait d’une manière automatique et bien plus pratique en même temps que plus parfaite à l'aide de la rame élargisseuse. Et comme on arrive assez facilement à dépasser la largeur du tissu tel qu’il vient de la teinture,comme malgré le fixage, le tissu a plus ou moins rentré et qu’il s'est godaillé, on donne à la rame une laise plus forte en se basant sur la ductilité de la laine. Mais il est bien entendu que l’on ne peut dépasser la limite d’élasticité qui est, comme nous l’avons vu, d’environ 10 0/0.
- Souvent l’élargissage se fait en deux temps; on commence sur la rame élargisseuse, et comme cet élargissage n’est pas fixé, on passe à la colonne de sublimé, qui donne en même temps un brillant intachable. Puis on finit l'opération pour mettre à la laise définitive sur la rame finisseuse.
- Les rames élargisseuses sont composées de deux chemins, dont une partie est articulée et permet de saisir le tissu sur les lisières. Le tissu
- p.2x405 - vue 440/478
-
-
-
- 406
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- est vaporisé à l’entrée de la machine afin de s’humecter et devenir ainsi plus élastique. Les rails allant en s’écartant, la laise est obtenue et le tissu étant séché dans la fin du parcours, l’élargissage se trouve maintenu tant que le tissu restera sec (fig. 193).
- On emploie des rames à picots ou des rames à pinces. Les premières
- Fig. 193. — Élargisseuse.
- laissent des traces sur les lisières, ce qui permet de reconnaître le traitement qui a été donné. C’est pourquoi on emploie de préférence aujourd’hui des rames à pinces avec prise de lisière automatique. Un mouvement
- de déraillage permet de faire avancer une chaîne par un mouvement indépendant mû à la main, de remettre la trame à droit fil et de corriger les défauts qui se sont produits dans les manutentions.
- Les lisières des tissus épais ayant subi une dessiccation insuffisante passent sur un tambour de manique pour que l’évaporation soit complétée.
- Colonne de sublimé (fig. 194). — Les tissus provenant de l'élar-gisseuse sont accouplés de façon à former des paquets de 300 mètres environ, puis on les porte à l'enrouloir de façon à enrouler en même temps que le tissu un doublier sur un axe perforé garni d’une chemise. Le rouleau est alors transporté à l’aide d’un appareil de levage sur le pot de vaporisage, et on ouvre la vapeur jusqu’à ce que toute la marchandise soit complètement traversée.
- On transporte alors le tissu sur un dérouloir, et souvent celui-ci est disposé pour sécher complètement le doublier, qui peut être employé aussitôt à une nouvelle opération.
- Après le passage à la colonne, le tissu est séché à fond sur la rame finisseuse où elle mise à sa laise définitive.
- Apprêt intachable {fig. 19a). — Cet appareil a pour but de fixer
- par vaporisage les tissus de laine et mélangés de façon à obtenir qu’ils ne rentrent plus à la coupe et à la confection, et de plus de donner à ces mêmes tissus un apprêt spécial qui les rend intachables à l’eau et à l'ac-lion du fer à repasser.
- Ce traitement diffère du décatissage ordinaire sur colonne, dit apprêt sublime, en ce que, par l’action duvide et de la pression, on force la vapeur à traverser le tissu de l’extérieur vers l’intérieur et à le pénétrer intimement dans toutes ses parties.
- L’appareil comprend un récipient autoclave horizontal à double paroi chauffée à la vapeur, dans lequel on introduit, au moyen d’un chariot
- p.2x406 - vue 441/478
-
-
-
- |
- 11
- Machine a enrouler les tissus sur colonne.
- (2
- Pot de vaporisage surmonte d une colonne en position de fonctionnement.
- Machine a dérouler les tissus après vaporisage.
- Fig. 194. — Vaporisage au large sur colonne dit « Apprêt sublime » de F. Dehaître.
- APPRÊT DES ÉTOFFES EN CONTINU
- 407
- p.2x407 - vue 442/478
-
-
-
- 408 PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- spécial,la pièce de tissu préalablement enroulée par les moyens ordinaires sur une colonne de vaporisage.
- La colonne porte,sur l’un des tourillons, un ajutage qui s’adapte dans le fond de l’autoclave et fait communiquer l’intérieur de la colonne avec l’appareil à faire le vide.
- L’autoclave étant préalablement chauffé,pour éviter les condensations on fait le vide dans l’appareil et on injecte la vapeur dans l’intérieur de l’autoclave.
- Par l’effet du vide et par la pression, la vapeur est forcée de pénétrer de l’extérieur du tissu enroulé à l’intérieur de la colonne perforée.
- Fig. 195. — Appareil à vaporiser ou décatir pour rendre les tissus intachables fonctionnant par le vide et la pression de vapeur de F. Dehaître.
- Le tissu se trouvant fortement appliqué par la pression contre la colonne perforée, la vapeur est obligée de le traverser intimement dans toutes ses parties.
- L’opération du vaporisage ne dure qu’une ou deux minutes et ne peut altérer les couleurs. La vapeur étant absolument sèche ne mouille pas et ne tache pas. On réalise de plus une économie importante de vapeur sur les autres procédés.
- Le vide peut être obtenu de différentes manières : le procédé le plus simple consiste dans l’emploi d’un récipient dans lequel on condense brusquement la vapeur par une injection d’eau froide.
- L’appareil peut être également conjugué avec une pompe à vide à piston qui permet après vaporisage de refroidir les tissus sur la colonne, soit à l’intérieur de l’autoclave dont on a préalablement ouvert la porte, soit après l’avoir posée sur un chevalet indépendant.
- p.2x408 - vue 443/478
-
-
-
- CHAPITRE XV
- PRESSES
- PRESSES CONTINUES
- L’emploi de la friction pour brillanter les étoffes est connu depuis très longtemps, et Bardel signale en 1802 {Bulletin de la Société d'encouragement pour l'industrie nationale, 1802, p. 88) qu’on se sert pour lustrer les étoffes de trois rouleaux solidement ajustés dans un bâti et placés les uns au-dessus des autres. Celui du milieu est en cuivre ou en fer fondu, il est creux et reçoit dans son intérieur des boulons de fer chauffés au degré convenable. Les deux autres sont en bois ou en papier; pour la soie, on n’emploie qu’un seul rouleau de papier et deux de métal.
- M. Leroy décrit de même, en 1827 {Bulletin de la Société d'encouragement pour l'industrie nationale), une machine à lustrer les étoffes en indiquant la théorie de cette machine.
- Les deux principales conditions à remplir pour donner le lustre, qui résulte de l’aplatissement des fils, sont de présenter bien carrément les tissus à la pression, et de donner à la surface pressante qui doit immédiatement appuyer sur le tissu le poli le plus vif que le corps dont on se sert peut recevoir. Le concours d’une légère humidité ou de la chaleur est nécessaire pour accomplir cette opération; et lorsque le duvet du tissu est très élastique, ce qui est le cas pour les matières animales, l’action pressante doit se prolonger un certain temps avec le degré primitif d’intensité qu’on lui a donné : on obtient cet effet au moyen de presses ordinaires ou hydrauliques, en interposant entre chaque couche de tissu des cartons lustrés et des plaques métalliques chauffées.
- Les matières végétales prennent en général le lustre instantanément et à la suite d’une pression de très courte durée. Les machines employées à cet usage sont composées d’un nombre plus ou moins grand de rouleaux entre lesquels on fait circuler l’étoffe. Pour la bien lustrer et lui donner la fermeté nécessaire, il faut employer à la fois pression, frottement et chaleur. Ces trois effets sont obtenus à l'aide d’une machine très
- p.2x409 - vue 444/478
-
-
-
- 410
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- simple qui consiste en trois rouleaux superposés dont l’un est en cuivre ou en fer forgé et les deux autres en bois (fig. 196). Si tous les cylindres étaient métalliques comme dans les laminoirs, leur inflexibilité réciproque couperait l’étoffe; il a donc fallu combiner, avec un cylindre très dur, d’autres cylindres qui fussent susceptibles d’une certaine flexibilité. Les rouleaux de bois dont on se servait pour cet usage ont le défaut de se déformer et de ne pas résister aux efforts qu’ils éprouvent. Les cylindres en papier réunissent à l’avantage de soutenir pendant plusieurs années un travail journalier, celui de donner aux étoffes un lustre plus parfait.
- On voit donc que les calandres sont employées dans l'ap-196 prêt des tissus de coton et de lin depuis une époque reculée. L’application des presses continues dans l’apprêt des lainages est plus récent. On pourrait employer, et on emploie quelquefois la calandre ordinaire dans laquelle on fait intervenir la pression et la friction, la friction pouvant d’ailleurs être plus ou moins intense ; mais dans les presses habituelles on opère simplement par friction.
- Les presses se divisent en deux grandes catégories : les presses continues sans feutre et les presses continues avec feutre. L’emploi du feutre donne une pression plus élastique; le coursier ayant la même vitesse que le cylindre, il n’y a plus pour ainsi dire de friction. Aussi utilise-t-on cette presse pour tous les tissus légers et à mailles susceptibles de se déformer, et ceux sur.lesquels on ne veut développer que peu de brillant. Les tissus avec effets de tissage au broché seront également moins aplatis et ressortiront mieux sur le fond du tissu.
- Dans la presse sans feutre, il y a au contraire une friction énergique; la cuvette doit être absolument lisse pour donner plus de brillant, et le cylindre doit au contraire produire assez d’adhérence pour entraîner l’étoffe. Aussi donne-t-on une surface mate à ce tambour tout en l’em
- pêchant de salir l’étoffe.
- Un moyen simple pour mettre en état un cylindre trop poli consiste à le chauffer et à l’humecter avec de l’eau acidulée qui ronge la surface et lui permet d’adhérer suffisamment avec les étoffes à apprêter.
- Les presses sans feutre sont sujettes à se détériorer facilement. Le
- moindre corps dur, entraîné avec l'étoffe, un clou, une épingle emprisonnée dans le tissu suffisent pour érailler et graver la cuvette qui ne peut être employée qu’après avoir été retaillée. Aussi a-t-on eu l’idée d’intercaler une surface facilement renouvelable et qui ait en
- Fig. 197.
- même temps des avantages comme production de brillant à cause de son
- p.2x410 - vue 445/478
-
-
-
- PRESSES CONTINUES
- h.
- poli. C’est ainsi qu’on a l’habitude d’adjoindre aux presses sans feutre des plaques de maillechort à libre dilatation {fig. 197). Ces plaques sont en effet simplement boulonnées sur une face de la cuvette et appliquées sur celles-ci par l’effet du cylindre presseur. Avec cette installation tout accident qui se produit en cours de travail ne nécessite que le remplacement de la plaque de maillechort, soit une dépense d'environ 100 francs.
- La cuvette et le cylindre sont creux et disposés pour être chauffés à
- la vapeur par des tuyauteries séparées (fig. 198). Ces appareils sont munis de tout ce qu’il faut pour évacuer l’eau condensée et pour les rentrées et sorties d’air, soit purge, reniflard, souffleur, etc.
- Le cylindre et la cuvette doivent être appliqués l’un sur l’autre avec une pression variable, réglable à volonté.
- Dans les premières machines, la pression était appliquée sur l’axe du cylindre et, par suite même de ce dispositif, la cuvette était fixe, tandis que le cylindre devait permettre le passage des
- Fig. 198. — Disposition du cylindre et de la cuvette d’une presse.
- I s]
- épaisseurs, ce qui nécessitait un léger mouvement de jeu. Ce dispositif est tout à fait défectueux au point de vue de la stabilité de la machine, et la commande du cylindre était imparfaite.
- Aussi, dans les machines modernes, le cylindre est fixé dans un solide bâti et la transmission étant faite par des organes fixes ne donne plus lieu à aucun accident et n’ont plus aucune action sur la pression de la cuvette. La cuvette est mobile et c’est sur celle-ci que s’exercent les différents appareils de pression.
- Dans la machine à leviers (fig. 199), la pression se transmet par une série de deux leviers qui multiplient la puissance de la charge.
- La pression qui s’exerce entre le cylindre et la cuvette peut être supprimée en faisant manœuvrer le levier A qui soulève les contrepoids P.
- L’inconvénient de la pression à contrepoids, d’abord, c est qu elle n est pas assez puissante et ensuite que rien ne prouve que les pressions soient absolument égales sur les deux lisières.
- On a amélioré considérablement les presses en faisant intervenir la
- p.2x411 - vue 446/478
-
-
-
- 412
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- pression hydraulique. Dans ce cas le principe que les pressions se transmettent intégralement dans tous les sens exige tout simplement que la surface des pistons qui correspondent aux deux lisières soit identique.
- On arrive facilement à maintenir une action constante en adaptant sur la pompe un accumulateur de pression. Enfin il est très facile d’adapter
- Fig. 199. — Pression par leviers et contrepoids.
- P
- un système automatique qui empêche la pression de s’élever au-dessus de ce qui a été prévu.
- Dans la presse, l’alésage de la cuvette n’étant pas concentrique avec celui du cylindre, il y a à l’entrée et à la sortie un coincement progressif de l'étoffe entre le cylindre et la cuvette qui se termine à la partie cen
- trale où se fait le contact. Nous pouvons donc dire qu’en réalité la pression ne s’exerce que sur la ligne médiane de la cuvette, le tissu étant progressivement engagé entre cette cuvette elle cylindre jusqu’à la pression maximum.
- Dans ces conditions, on peut dire que la pression de 50.000 kilogrammes, s’il s’agit d’une presse de ce type, s’exerce par centimètre linéaire de largeur de la cuvette. Par conséquent, si nous supposons du tissu de 1 mètre de largeur, il recevra une pression de 500 kilogrammes par centimètre linéaire. Cette observation indique comment on doit régler la pression sur la largeur de l’étoffe, si on veut produire un effet identique.
- La vitesse de marche des presses à chaud est d’environ 8 mètres de tissu par minute.
- La presse continue [flg. 200) sans feutre, force 10.000 kilogrammes à pression hydraulique de lm,60 de largeur de table, se compose d’un cylindre en fonte spéciale à grain serré, tourné et poli de 0m,500 de diamètre avec tourillons rapportés et disposition de chauffage à la vapeur. Ce tambour est timbré à 4 kilogrammes et est muni d’une tubulure en bronze et d’un presse-étoupe pour entrée de vapeur et sortie d’eau condensée pour le même tourillon.
- Ce cylindre est porté par deux paliers à large portée montés sur un bâti en fonte convenablement entre toisé.
- Sous le cylindre se trouve une cuvette en fonte alésée et polie, chauffée à la vapeur et revêtue d’une feuille de maillechort montée à dilatation libre dans le sens de la marche. Un sommier en fonte supporte la cuvette
- p.2x412 - vue 447/478
-
-
-
- PRESSES CONTINUES
- *
- W
- et reçoit l’action de deux pistons hydrauliques appliquant la cuvette contre le cylindre.
- 8 ! «1 i
- L il ! I i I VL
- i Po I 2_r
- "T I
- I i
- ol ©l C| i
- -1
- f
- . 1-----.
- .-260,
- %|
- 3
- 8
- 10
- 0--* L
- I i i
- Fig. 200. — Plan d’installation d’une presse à chaud sans feutre F. De-haître. Pression 40.000 kilogr.
- A l’avant de la presse se trouve ment de plieuse. Sur la cuvette manomètres indiquant la pression
- un embarrage, à l’arrière un mouve-et sur le cylindre sont disposés des et la température de la vapeur. Une
- p.2x413 - vue 448/478
-
-
-
- 2.
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- pompe d’injection hydraulique mue à la main agit sur un accumulateur et est munie d’un robinet d’arrêt.
- La commande se fait par roue dentée sur le cylindre ; un contre-arbre est actionné par une poulie fixe et poulie folle avec système de débrayage.
- Presse à chaud continue, à feutre sans fin avec pression par leviers et contrepoids (fg. 201). — Les machines avec feutre sans fin sont disposées d’une manière absolument identique, sauf les rouleaux de détour conduisant le feutre sans fin. L’un de ces rouleaux
- Fig. 201. — Presse à chaud continue à cuvette, avec pression par leviers et contrepoids.
- de détour est appliqué par pression d’un levier à contrepoids, de façon à ce que le feutre ait exactement la même vitesse que le tissu. On peut ainsi passer à la presse continue tous les tissus légers sans en déformer le grain.
- A l'avant de la presse se trouve un embarrage avec barre déplisseuse à filets divergents. Un rouleau de détour tourne dans un coussinet mobile et réglable à volonté, afin d’assurer une tension constante du feutre. La pression qu’on peut obtenir avec la presse hydraulique peut varier de 10.000 à 50.000 kilogrammes.
- Presse continue à pression élastique la Roubaisienne (fig.202). — La Roubaisienne permet d’apprêter dans les meilleures con-
- p.2x414 - vue 449/478
-
-
-
- PRESSES CONTINUES 415
- ditions les étoffes légères pour robes, lainages et mélangés, soieries, bonneterie, etc.
- Le cylindre en fonte polie, chauffé à la vapeur, s’applique sur la cuvette par l’entremise de ressorts puissants, au moyen d’une pression à vis réglable par volant avec rondelles élastiques interposées.
- Un coursier en toile coton monté sur rouleaux de détour permet de soutenir le tissu dans son passage entre le cylindre et la cuvette. Ce dou-blier force le tissu à envelopper le cylindre à la sortie de la cuvette, utilisant ainsi la majeure partie de la surface du cylindre.
- Le rouleau de détour monté sur leviers à bascules et contrepoids vient
- Fig. 202. — Presse continue à pression élastique pour l’apprêt des tissus robes, lainages, mousselines, soieries, nouveautés, dite « la Roubaisienne ».
- encore appuyer le tissu contre le cylindre et complète ainsi le repassage ou apprêt donné par le passage du tissu entre le cylindre et la cuvette et son application par le doubler sur la surface chaude et polie du cylindre.
- La machine est pourvue à l’avant d’un embarrage et d’un vaporisateur pour humidifier légèrement le tissu; un débrayage avec barre de commande permet à l’ouvrier de commander la marche tout en restant à l’avant de sa machine ; un mouvement de plieuse reçoit le tissu à l’arrière.
- La machine peut également fonctionner sans coursier.
- Il est évident que l’action de la presse est puissamment aidée par l’in-
- tervention d’une certaine quantité d’humidité. Aussi dispose-t-on dans
- p.2x415 - vue 450/478
-
-
-
- 416
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- quelques machines, à l’entrée de la presse, un système de vaporiseur quelconque. On peut de même disposer un système de brosses simples ou doubles pour brosser l’endroit et l’envers du tissu avant le passage à la presse. Cette disposition concerne plutôt les métiers pour draperie.
- Enfin, toujours pour la draperie (amazone), dont les lisières sont plus épaisses que le corps du tissu, on emploie un dispositif de cuvette et cylindre déplaçables de façon à ce que l’axe de la pièce se trouve dans le centre de la pièce. On a aussi une pression égale sur toute la largeur de la pièce et les lisières passent en dehors et par suite ne sont plus écrasées ni cirées.
- PRESSE HYDRAULIQUE ET FAUSSES PRESSES ROULANTES
- L’emploi de la presse dans les apprêts remonte à une époque reculée. On a retrouvé à Pompéi les ruines d’un atelier de dégraisseur qui avait pour fonction le nettoyage et le blanchiment des draps. On voit figurer une presse à vis qui servait à finir le traitement et à donner aux étoffes un aspect marchand.
- On peut remarquer que ce traitement devait se faire à froid sans aucune interposition. Cependant on connaît depuis assez longtemps l’influence de la chaleur pour le développement du cali ou le brillant des étoffes. Déjà, en 1601, les gardes du corps de la draperie de Paris avisèrent ce corps d’ouvrir les yeux sur les suites pernicieuses de l’inapplication des règlements de 1508 et de 1560 contre l’emploi de tables en fer et de fourneaux propres à catir les étoffes à chaud. Ils en demandèrent et en obtinrent la confiscation devant le prévôt de Paris avec condamnation aux amendes portées dans lesdites ordonnances. Savary, qui rapporte ce fait dans son Dictionnaire du commerce, rapporte ce qui suit :
- « L’affaire fut longtemps discutée, le procureur du roi, entendu dans ses conclusions, quantité d’expériences faites par les plus habiles ouvriers en présence des magistrats, et après avoir pris l’avis des principaux corps de la draperie ; il fut ensuite ordonné que, dans la huitaine, les fourneaux, presses et platines de fer saisis, seraient rompus avec défense aux propriétaires de s’en servir sous les peines portées aux ordonnances. Cette sentence fut publiée dans tout le royaume par les ordres de Henri IV, et les ordonnances de 1508 à 1580 remises en vigueur. »
- On remarquera que ces engins en fer, en airain, ces fourneaux et ces
- p.2x416 - vue 451/478
-
-
-
- PRESSES HYDRAULIQUES
- 417
- presses confisqués et brisés constituent précisément le principe appliqué aujourd’hui avec beaucoup de succès. Nous avons ici un nouvel -exemple de l’intransigeance des règlements et des obstacles apportés aux perfectionnements de l’industrie.
- Il faut remonter jusqu’en 1773 pour avoir quelques indications sur l’emploi des presses et des cartons chauffes, introduits en France par un apprêteur anglais, Price, qui introduisit les apprêts anglais et en particulier le grillage, à Amiens, où il s’associa à un nommé Flesselle.
- Les pièces étaient encartonnées et placées dans une presse à vis. Sur
- Fig. 203. — Machine à doubler ou dosser les tissus avec mouvement progressif de plieuse.
- A
- le fond de la presse, on mettait un carton grossier très épais sur lequel on plaçait une plaque de fonte chauffée. On la couvrait de cartons et on mettait sur celte première couche une pièce encartonnée, des cartons grossiers, une nouvelle plaque chaude et ainsi de suite. La pile formée, on plaçait des cales pour achever de remplir la presse, puis on serrait au moyen d’une mécanique quelconque.
- C’est là une disposition que l’on rencontre encore dans quelques usines; mais, au lieu d’une presse à vis, on se sert généralement d’une presse hydraulique dont la puissance est incomparablement plus grande.
- Le tissu est d’abord dossé [fig. 203), l’endroit mis dehors, puis on met en cartons glacés chauffés soit dans un four à chauffer les plaques à la vapeur, soit à la machine continue à feutre sans fin pour chauffer les cartons.
- Les pièces de tissu mises en cartons sont placées sur une fausse presse APPRÊT DE TISSUS DE LAINE. 27
- p.2x417 - vue 452/478
-
-
-
- i Fie OO
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- à chariot qu’on amène sous la presse hydraulique où on les soumet à une pression de 100.000 à 200.000 kilogrammes. Les pièces chargées et comprimées sont fixées à l’aide d’un verrou, et on laisse le tout refroidir lentement jusqu’au lendemain {fig. 204).
- Pour arriver à produire la pression considérable qui s’exerce sur les tissus, on fait usage de pompes hydrauliques de diverses puissances permettant d’obtenir dans la presse hydraulique des pressions s’élevant jusqu’à 450 kilogrammes par centimètre carré de piston. Le plus souvent on dispose sur le même bâti deux pompes mues par moteur distinct ou par poulie. L’une de ces deux pompes est à gros piston, l'autre à petit piston,
- Fig. 204. — Presse hydraulique et fausses presses roulantes pour l’apprêt des tissus.
- 2 11
- FERNAND DEHAITRE • “Q-PARIS-c
- Par exemple la pompe numéro 3 tourne à 340 tours par minute :
- Course. Débit à la min.
- Diamètre du gros piston........ 40 millim. 70 millim. 8 litres
- — du petit piston.............. 30 — 70 — 41t 1/2
- Il est excessivement utile d’intercaler un accumulateur. Cet accumulateur de pression permet de reproduire exactement les mêmes opérations dans les mêmes conditions, tandis que les observations du manomètre hydraulique sont plus ou moins sujettes à erreur.
- L’ancien système utilisé pour chauffer les piles de tissu présentait un grand inconvénient, c’est que les plis de l’étoffe n’étaient pas portés à la même température. On préfère aujourd’hui intercaler des cartons chauf-
- fés tous également et, pour obtenir ce résultat, on emploie la machine à chaufferies cartons d’apprêt (fg. 205). Cette machine se compose d’un
- p.2x418 - vue 453/478
-
-
-
- PRESSES HYDRAULIQUES
- 419
- cylindre en cuivre rouge élamé de 0",800 de diamètre sur 1m, 10 de largeur, monté sur fond en fer forgé solidement entretoisé et [timbré à 3 kilogrammes. Ce cylindre est muni d’un ramasseur d’eau condensée, d’un robinet de prise de vapeur et de tous les appareils de sûreté exigés par la loi : soupape de sûreté, manomètre, reniflard. Il est porté par deux tourillons en fonte avec presse-étoupe pour entrée de vapeur et sortie d’eau condensée. Il est commandé par vis sans fin, et poulies fixe et folle avec débrayage.
- Si
- si
- Fig. 205. — Machine continue à feutre sans fin pour chauffer les cartons d’apprêt de F. Dehaitre.
- Un feutre sans fin avec rouleaux de détour et rouleau de tension sert à entraîner les cartons qui s’échauffent et acquièrent par un seul passage la température nécessaire pour donner un bon apprêt. Une table sert pour l’engagement des cartons, une autre pour la réception.
- Presse hydraulique. — La presse hydraulique est une conséquence directe du principe de Pascal d’après lequel, dans un fluide, les pressions se transmettent intégralement dans tous les sens. Cette importante application avait été imaginée, en 1603, par Pascal, mais elle n’est devenue industrielle qu’en 1796, quand Bramah eut inventé les cuirs emboutis.
- La presse hydraulique se compose d’un cylindre A{fig. 206), dans lequel se meut un piston plongeur B. La tête de ce plongeur supporte un plateau mobile P sur lequel se 'place la matière à comprimer. Le cylindre
- p.2x419 - vue 454/478
-
-
-
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- Fig. 206. — Presse hydraulique.
- 420
- repose sur un sommier relié par quatre tirants en fer avec un second sommier dont la face inférieure sert de plateau fixe. Les tirants servent en même temps de guides au plateau mobile. On refoule de l’eau dans le cylindre à l’aide d’une pompe dont le tuyau s’adapte en X. Cette eau
- déplace le plongeur et l'oblige à exercer sur la machine une pression égale à l’effort exercé sur le piston de la pompe multiplié par • le rapport entre les sections du plongeur et du piston.
- Le cylindre ou pot de presse est ordinairement en fonte. Le plongeur est en fonte évidée intérieurement, lorsque son diamètre est considérable ; il doit être tourné et calibré parfaitement sur toute sa longueur afin de diminuer, autant que possible, les frottements. Ce cylindre est alésé avec le même soin sur toute la longueur de la saillie intérieure qui sert de guide au plongeur et dans laquelle est ménagé l’évidement où se loge la garniture, dite de Bramah, du nom de l’ingénieur anglais qui l'a imaginée. Cette garniture est formée parmi cuir embouti en forme d’U ; l’eau qui passe autour du plongeur pénètre dans le vide annulaire du cuir et le force à s’appliquer, d’une part, contre la paroi de l’évidement, de l’autre, contre la surface extérieure du
- plongeur ; la fermeture est automatique et son étanchéité toujours en rapport avec la pression. Le remplacement de la garniture oblige à sortir complètement le plongeur; on évite quelquefois cet inconvénient en plaçant l’évidement au sommet du cylindre et en le fermant à l’aide d’un anneau fixé avec de forts boulons.
- Les sommiers de presse sont en fonte avec hautes nervures, en forme
- p.2x420 - vue 455/478
-
-
-
- PRESSES HYDRAULIQUES
- 421
- parabolique, suivant les profils d’égale résistance. Le plus souvent le sommier inférieur est fondu à part du cylindre et percé d’une lunette qui reçoit ce dernier. Le plateau est à nervures radiales, généralement six ou huit. Il porte latéralement des ergots qui le guident entre les tirants.
- Pour refouler l’eau dans le cylindre de la presse, on emploie une petite pompe aspirante et foulante que l’on nomme pompe d'injection. Dans les pompes d'injection, la résistance du piston augmente au fur et
- N, ve
- Fig. 207. — Pompe d’injection de presse hydraulique avec son désamorceur.
- I
- à mesure que la pression s’élève. Avec un piston de petit diamètre, l’opération durerait trop longtemps; avec un piston plus fort, elle serait bientôt arrêtée, parce qu’il faudrait exercer sur le levier un effort démesuré. On obvie à cet inconvénient en employant une pompe d’injection à deux corps ayant des pistons de diamètre différent. On commence la compression avec les deux pistons et on l’achève avec le plus petit grâce à un dispositif qui désamorce la première quand la pression a atteint une certaine limite. Il en est de même d’ailleurs pour le petit piston quand on a obtenu la pression maximum de la pompe qui s’élève à 300-350 kilogrammes par centimètre carré. Le désamorceur (fig. 207) est formé d'un petit piston qui est maintenu soulevé par un contrepoids et
- p.2x421 - vue 456/478
-
-
-
- 61 G wi
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- un levier dont le point de rotation h est fixé sur le fond de la bâche. Lorsque la pression dans la presse atteint la limite voulue, le piston / s'abaisse et soulève le contrepoids, de sorte que la soupape d’aspiration ne s’applique plus sur son siège, ce qui arrête le fonctionnement de la pompe. En desserrant la vis k, on ouvre le retour d’eau vers la bâche pour opérer le dépressage.
- Accumulateurs hydrauliques (fg. 208). — Il est souvent utile que les pompes puissent fonctionner d’une manière continue, tandis que les presses fonctionnent en-.fini semble ou isolément. A cet
- Fig. 208. — Accumulateur hydraulique renverse.
- Si Es, Ai
- effet on emploie les accumulateurs, où les pompes foulent et d’où l’eau se rend aux presses. Ce sont des presses hydrauliques à longue course, chargées d’un poids très considérable, suspendu à la tête du piston par des tirants. On guide la course de la charge par des galets roulant entre des arbres verticaux.
- La figure 208 représente un accumulateur renversé, le cylindre portant le plateau a qui soutient la charge C. Le guidage est fait par un prolongement du piston qui est fixé sur la plaque de fondation. Il est nécessaire d’assurer par des étais latéraux c la verticalité de la tige de guidage et d’établir une fondation suffi-sammentrésistante. La charge peut se composer de disques en fonte, ou bien on établit sur
- le plateau inférieur un réservoir cylindrique en tôle, dans lequel on amoncelle le plus régulièrement possible des ferrailles, ou que l’on remplit de béton. La communication avec la tuyauterie est établie par le conduit e.
- On établit toutes les communications des pompes, presses et accumulateurs, au moyen de tuyaux de petit diamètre intérieur et fort épais, de préférence en cuivre et sans soudure.
- p.2x422 - vue 457/478
-
-
-
- PRESSES HYDRAULIQUES 423
- Lorsque l’accumulateur arrive au haut de sa course, et soulève un contrepoids dont l’action est renvoyée par des poulies à un autre poids situé dans la bâche, ce dernier, en s’abaissant, soulève les soupapes d’aspiration et arrête le refoulement. Dès que l’accumulateur s’abaisse, les soupapes retombent en place et les pompes donnent de nouveau. Pour le cas d’accident, on perce en f un trou de sûreté par lequel l’eau s’échappe si l'accumulateur est en danger d'être chassé trop haut. On doit disposer des sommiers g, g en bois tendre pour recevoir la charge de l’accumulateur dans le cas de rupture, ou même seulement de fuite importante.
- Pour éviter des ruptures par les fortes gelées, il est bon d’additionner l’eau d’un peu de par de l’huile, ce qui a l’avantage de maintenir tous les cuirs en bon état.
- Fausses presses roulantes {fig. 204). — Un grand perfectionnement a été apporté dans les presses hydrauliques usitées dans les a te-liers d’apprêt par l’introduction des fausses presses roulantes. Autrefois la presse hydraulique était immobilisée; les pièces de tissu encartonnées et pressées devaient rester sur la machine jusqu’à complet refroidissement. La presse ne pouvait donc fournir qu’un travail
- glycérine. Dans certaines usines, on remplace l’eau
- Fig. 209. — Chariot de presse.
- 38
- 3
- 8
- } ‘+ s 1 .9, 3 ?
- P
- . | E y 8 8 t ,
- restreint. Aujourd'hui une même presse hydraulique sert à comprimer autant d’étoffe que l’on veut. Pour cela les pièces encartonnées sont
- p.2x423 - vue 458/478
-
-
-
- 9
- —
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- empilées sur des fausses presses, munies de roues mobiles dans des rails {fig. 209) ; les fausses presses peuvent elles-mêmes être transportées sur les diverses voies qui sillonnent l’atelier d’encartage, grâce à un chariot transbordeur (fig. 210), qui dessert une presse hydraulique.
- Quand une fausse presse est garnie de tissu, on la fait rouler pour l’amener sur le chariot transbordeur, et on l’amène à la presse hydrau-
- Ch x5 O
- Fig. 210. — Chariot transbordeur.
- 3, 1%o 1©
- lique, on roule la fausse presse entre les plateaux et on fait agir le piston pour avoir une presse plus ou moins forte selon les articles. Les colonnes de la fausse presse sont munies de rainures (fig. 211), dans lesquelles on passe des étriers lorsque le serrage est obtenu. On effectue le dépressage, on retire la fausse presse, et la presse hydraulique peut être employée de nouveau. La puissance d’une presse atteint souvent 200.000 kilogrammes s’exerçant sur un plateau de 0m,800 sur 1 mètre.
- Presse hydraulique avec plaques à vapeur (fig. 212). — Pour éviter l’emploi des cartons chauffés, on a eu l’idée de proposer des
- p.2x424 - vue 459/478
-
-
-
- i
- i
- 640
- i
- L i i
- L.
- TTTII
- E.
- Pression maxim. Pression par cmq. Diam. du piston. Course du piston.
- Fig. 211. — Installation d’une presse hydraulique avec chariot de presse de MM. Delattre et Paulus.
- 8898 e g ? ?
- s 39303
- Yers pompe de compres.
- §:
- p.2x425 - vue 460/478
-
-
-
- CO o.
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- presses hydrauliques avec plaques de vapeur. On revient en somme au
- système primitivement appliqué, intercaler des plaques métalliques chaudes, mais le chauffage est obtenu dans ce cas par un moyen perfec-
- tionné. Les plaques sont creuses
- E
- Fig. 212. — Presse hydraulique avec à vapeur.
- et alimentées de vapeur par une tuyauterie articulée munie de genouillères en bronze. Elles sont soudées à la forge et ne présentent aucun danger de taches d’eau.
- Ces machines peuvent être refroidies rapidement par un courant d'eau froide dans les plaques creuses. On a de même proposé des presses avec plaques chauffées par l’électricité. Toutes ces machines présentent l’inconvé-nient d’être beaucoup plus chères, d’autant plus que l’em-ploi des fausses presses n’est plus possible.
- Les étoffes destinées à la presse sont, selon les cas, encartées sur toute la largeur ou après avoir été dossées. Comme généralement on ne veut de lustre qu’à l’endroit, on double les étoffes en mettant l’endroit dehors, de façon à ce que celte surface seule reçoit l’action des cartons de presse.
- On peut faire le dossage à la main, mais le plus souvent on emploie un type quelcon
- que de machine à doubler et dosser (fig. 203).
- La machine se compose d’une table triangulaire avec bec de doublage en bronze. Un galet, commandé avec une sangle par poulie et volant, sert à régler la superposition exacte des plis de doublage.
- Le tissu, après avoir été doublé, passe entre deux rouleaux en fonte destinés à former le dos ou pli du milieu, puis il est tiré par un attrac-leur qui le renvoie à un appareil à balancier qui le faude en plis.
- p.2x426 - vue 461/478
-
-
-
- TOILETTE
- 427
- Cette machine double les tissus avec une rectitude parfaite; sa manœuvre est simple et facile. Elle possède un mouvement progressif. La production est d’environ 20 pièces à l'heure.
- On règle l’action de la presse en employant des cartons plus ou moins chauds et en faisant varier la presse. Plus la température est élevée, plus la pression est considérable, plus le glacé est important, en même temps que le tissu est plus aplati. Si donc l’on veut peu de brillant, et si on veut conserver à l’étoffe de l’épaisseur, on emploie des cartons froids, et on supprime même la presse, en se contentant de laisser la pile de tissu livrée à elle-même.
- Les tissus reçoivent le plus souvent deux coups de presse hydraulique. Il est en effet indispensable que les plis soient pressés, sans quoi ils manqueraient de lustre et marqueraient sur le reste de l’étoffe. On remet donc en baguettes en ayant soin de changer les plis et on recommence la même opération.
- Décartonnage. — Après la presse, on procède au décartonnage, qui se fait soit à la main, soit à la machine, et on procède finalement à la toilette.
- Toilette. — On commence par plier en plis réguliers à la dimen
- sion réclamée par le client. Cette mise en baguette peut se faire à la main, comme la mise en cartons pour presse hydraulique, soit à la machine à baguetter de Dauver-gne. Le paquet de tissu est alors lié avec du bolduc et enveloppé dans une chemise de papier.
- Pour l’exportation, les pièces doivent être enroulées sur plan
- Fig. 213. — Machine à enrouler les tissus sur planchette.
- chettes [fig.-213), liées, puis enveloppées. Souvent, avant de faire la toilette, on procède au mesurage de la pièce sur machine à mesurer dont le fonctionnement s’explique aisément.
- Inventaire et reconnaissance des pièces. — Il doit être
- fait tous les mois un inventaire de tout ce qu'il y a dans les magasins :
- p.2x427 - vue 462/478
-
-
-
- OO G ai
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- drogues, charbon, pièces en manutention par ateliers, etc. Il est certain que cet inventaire ne peut pas être tout à fait exact, mais il permet de se rendre compte approximativement de la situation et de la marche d’une usine, en même temps qu’il facilite la reconnaissance des pièces.
- Pour se rendre compte de la valeur d’une pièce en manutention selon l’atelier et le degré d’avancement où elle se trouve, il faut que le livre de paie des ouvriers soit tenu de façon à ce que l’on sache ce que coûte la main-d’œuvre de chaque atelier, ce qui, ajouté aux autres frais, donne à très peu de chose près la valeur de la manutention déjà accomplie.
- Lorsque les dispositions ont été copiées sur le livre d’entrée, elles sont collées sur un livreà souche (c’est-à-dire dans un livre ayant des souches d’environ 0'",03) pour pouvoir coller les notes de disposition.
- Ce livre devra servir à la sortie pour la vérification et l’échantillonnage de la marchandise et afin de s’assurer que toutes les recommandations du client ont été suivies avant de livrer les pièces. Aussitôt cette vérification faite, le livre doit retourner au bureau et ne devra jamais aller
- dans l’atelier (à part vérification de sortie).
- Ces deux livres sont formés par des feuilles détachées que l’on ajoute au fur et à mesure des rentrées des pièces et, lorsqu’ils sont complets, on fait une reliure. On maintient ces feuilles ensemble au moyen de deux petites plates-bandes serrées par deux vis (fg. 214).
- Le livre de disposition de teinture est fait de la même façon et en
- général tous les livres de l’atelier.
- p.2x428 - vue 463/478
-
-
-
- RÉGLAGE DU LIVRE D’ENTRÉE ET DE SORTIË.
- DATE de SORTIE NUMÉRO d’ordre de la MAISON NUMÉRO du CLIENT MÉTRAGE POIDS DÉSIGNATION de la MARCHANDISE LARGEUR écrue DÉSIGNATION des COLORIS DÉSIGNATION de la RÉFÉRENCE OBSERVATIONS’
- Dubois
- < IVL al Lol < Frères et Cie
- Mai 10 1 5.842 50m 22kg Drap Jacquette. ... — hiver 150cm Noir noir Apprêt souple, tenir 140
- — 12 2 3.251 52m 48k8. 148cm — moyen — bleuté ordinaire
- — 9 3 8.712 100m 6k8,8 Mousseline 2/3 2/3 120cm — ordinaire — 60
- — 10 4 2.834 80m 5kg,2 Grenat Echantillon
- — 11 5 4.720 83m I4k°. Mérinos Noir
- — 9 6 8.931 90m 135,3 Cachemire d’Ecosse 5/4 Noir
- RÉGLAGE DU LIVRE DE DISPOSITION DE TEINTURE.
- DATE de DISPOSITION NUMÉRO de la MAISON NUMÉRO du CLIENT MÉTRAGE ÉGRU POIDS DÉSIGNATION des TISSUS LARGEUR DÉSIGNATION des COLORIS NUMÉRO de la RÉFÉRENCE OBSERVATIONS
- A-*-/ 7 )•OL. Frères et C"'
- Mai 3 1 5.842 50 22kg Drap Jacquette .... 150cm Noir noir
- — 4 2 3.251 52 48kg — hiver 148cm — moyen
- -3 3 8.712 1008 6» Mousseline 2/3 — bleuté ordinaire
- — 3 4 2.831 80 52 2/3 Grenat Échantillon Mal uni ( à reteindre)
- — 4 5 4.720 85 14kg Mérinos 12Ôcm Noir
- T 6 8.931 90 153 Cachemire d’Ecosse 5/4 Noir
- RÉGLAGE DE LIVRES
- 429
- p.2x429 - vue 464/478
-
-
-
- REGLAGE DE LA VISITE DE TEINTURE.
- DATE de L’ÉPAILLAGE DATE de la SORTIE NUMÉRO D’ORDRE de la MAISON NUMÉRO d'ordre du NÉGOCIANT MÉTRAGE ÉCRU DÉSIGNATION de la MARCHANDISE LAISE NUANCE OBSERVATIONS
- - /> - L CI C CU
- 5 1 5.842 50 Drap Jacquette 150 Noir noir
- 5 2 3.251 52 — Hiver 148 — moyen
- 4 3 8.712 100 Mousseline 2/3 bleuté
- 4. . .. 6 4 2.831 80 2/3 Grenat Echantillon Mal uni (à reteindre)
- 5 5 4.720 85 Mérinos 120 Noir
- 5 6 8.931 90 Cachemire d’Ecosse. 5/4 Noir
- RÉGLAGE DU LIVRE DES APPRÊTS.
- DATE de l’apprêt NUMÉRO de la MAISON NUMÉRO du CLIENT MÉTRAGE ÉCHU DÉSIGNATION ’ de la MARCHANDISE LAISE NUANCE OBSERVATIONS
- 2 Mai 1912, Dubois 1 Frères e
- 6 1 5.842 50 Drap Jacquette 150 Noir noir Apprêt souple pr. 140
- 6 2 3.251 52 — Hiver 148 — moyen — — 140
- 4 3 8.712 100 Mousseline 65 — bleuté — ordinaire 60
- 6 4 2.831 80 — 65 Grenat — glacé 60
- 6 5 4.720 85 Mérinos 121 Noir Saxon 112
- 6 6 8.931 90 Cachemire d’Ecosse. 126 Noir — Français 120
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- p.2x430 - vue 465/478
-
-
-
- TABLE DES MATIÈRES
- HISTORIQUE DE L’EMPLOI DES TISSUS DE LAINE
- CHAPITRE 1
- DES PROPRIÉTÉS DE LA LAINE AU POINT DE VUE DE L’APPRÊT
- 1 Pages.
- Nerf de la laine............................................................... 13:
- Crochet de la laine..-........ ................................................. 14
- Vrillement de la laine............................................................ 15
- Finesse de la laine............................................................... 16
- Longueur de mèche................................................................ 17
- Elaslicilé...................................................................... 17
- Elargisseuses................................................................... 17
- Plasticité de la laine.......:.................................................... 18
- Traitements qui utilisent la plasticité de la laine. — Fixage des étoffes peignées. — Ebrouissage. — Métiers à fixer. — Fixage du filé et du peigné. — Apprêt sublimé, brillant intachable. — Colonne de sublimé, décatissage à sec. — Apprêt inta-chable. — Décatissage humide, potting. — Des cassures en teinture. — Flammage......................................................................... 19
- Foulage et feutrage. — Observations de Monge. ................................... 24
- Feutrage en teinture........................................................... 28.
- Action de la chaleur et de l'humidité sur la laine. — Influence de l’humidité. — Influence de la chaleur sèche et delà chaleur humide sur les fibres animales.. 29
- Action des acides et des alcalis sur la laine..................................... 31
- CHAPITRE II
- CLASSEMENT DES LAINES AU POINT DE VUE DE LEUR DESTINATION
- Des différentes variétés de laine employées dans les lainages.
- Laines d’Allemagne............................ :.................................. 36
- Laines d’Australie.— Laines Port-Philippe. — Laines Sydney. — Laine Adélaïde. — Laine Van Diemen —Laine de Nouvelle-Zélande 36
- Laines d’Afrique. — Laines du Cap. — Etats barbaresques........................... 37
- Laines d'Amérique. — Laines ...................................................... 38
- p.2x431 - vue 466/478
-
-
-
- 432
- TABLE DES MATIERES
- Pages.
- Laines d'Europe. — Laines d’Odessa. — Laines anglaises. — Laines de France.. 38
- Mohair....................................................•...................: 38
- Alpaga....................................................................... 33 Cachemire........................................................................ 40 Gingerline..................................................................... 40
- Déchets et effilochages. —Blousses. — Mungo et shoddy. — Extract. — Bourres et tontisses........................................................................ 40
- CHAPITRE III
- DU TRAVAIL DE LA LAINE EN FABRICATION
- Du triage....................................................................... 41
- Filature........................................................................ 42
- Tissage..................................................................... • 43
- Encollage et parage............................................................ 43
- Des armures fondamentales..................................................... 45
- Armure toile................................................................... 45
- Armure sergé................................................................... 43
- Casimir........................................................................ 46
- Satins......................................................................... 46
- Rapport de chaîne. —Rapport de trame......................................... 47
- Nombre de croisures des sergés et des botavias................................. 47
- Embuvage de la chaîne et de la trame.......................................... 48
- Armures dérivées............................................................... 48
- Corkscreus..................................................................... 50
- Bandes transversales et longitudinales.......................................... 50
- Tissus doubles................................................................... 51
- Tissus façonnés................................................................ 51
- Effets de torsion dans les rayures et les chevrons.............................. 51
- Des salissures qui se forment sur l'étoffe pendant le tissage.................... 52
- Division des lainages............................................................ 53
- Mérinos......................................................................... 54
- Cachemire d’Inde............................................................... 55
- Cachemire d’Ecosse............................................................... 56
- Flanelles. — Flanelles proprement dites. — Flanelles tartans..................... 57
- Napolitaine...................................................................... 58
- Escot............................................................................ 58
- Mousseline de laine............................................................. 58
- Damas et Lastings. ............................................................. 58
- Satins......................................................................... 59
- Chambords ..................................................................... 59
- Cotelines........................................................................ 60
- Couvertures................................................................... 60
- Caslorines........'............................................................. 60
- Molletons de laine............................................................... 60
- Anacoste......................................................................... 60
- Velvets (yelventines}............................................................ 60
- CHAPITRE IV
- TRAITEMENT RAS
- p.2x432 - vue 467/478
-
-
-
- TABLE DES MATIÈRES 433
- CHAPITRE v
- DE LA FABRICATION ET DE L’APPRÊT SOUS L’ANCIEN RÉGIME DES RÈGLEMENTS
- Pages.
- Cardage de la laine. — Pluser la laine. — Lavage ou dégraissage. — Battage. —
- Plusage en maigre, — Ensimage. — Cardage. — Filature du cardé, rouet. ..... 66
- Peignage de la laine. — Peignage. — Filature de la laine peignée................ 70
- De la fabrication............................................................. 73
- Camelots.................................................................... 73
- Baracans.................................................................... 74
- Etamines. — Etamines unies. — Etamines virées — Crépon façon d'Alençon. —
- Crépon d’Angleterre dit Castignelte. — Etamine glacée........................... 74
- Tamise................................................... .................... 75
- Durog......................................................................... 76
- Etoffes croisées............................................................. 76
- Serges.......................................................................... 76
- Calemandes.................................................................. 76
- Prunelle...................................................................... 76
- Turquoise..................................................................... 77
- Basin........................................................................... 77
- Grain d'orge.................................................................. 77
- Malborough...................................................................... 77
- Silésie......................................................................... 77
- Apprêt des tissus ras.......................................................... 77
- Préparation des écrits. — Dégraissage.......................................... 78
- Apprêt des blanchis........................................................... 79
- Apprêt des écrits. — Grillage et rasage. — Corroi ou étendage. Débouilli des étoffes écrues. — Débouilli des étoffes dérouleur. — Corroi à chaud. — Calandre. — Presse................................................................... 80
- Apprêt des baracans. — Emploi de la colle d'apprêt.............................. 84
- Apprêt de la tamise et autres tissus............................................. 85
- Apprêt des étamines du Mans. — Composition du bain de dégraissage. — Ustensiles..
- — Dégrais. — Dégorgeage en blanc. — Etendoirs. — Epreuve. — Chardon. — Débouilli. — Teinture. — Lisoir. — Lisage en blanc. — Dégorgement en noir.
- — Epluchement. — Lisage en noir. — Four. — Presse. — Pliage... ............ 86
- Apprêt des étoffes de Reims................................................. 92
- Apprêt des étamines, Alençons et autres étoffes de ce genre qui se fabriquaient à Amiens......................................................................... 93
- Apprêt anglais. — Cartonnage. — Presse.......................................... 93
- Apprêt des pannes et peluches poil...................-.......................... 97
- CHAPITRE VI
- TRAITEMENT DES TISSUS TEL QU’IL EST DÉCRIT VERS 1860
- Préparation ou traitement humide............................................... 99
- Magasin aux écrus.............................................................. 100
- Brodeuse........................................................................ 100
- Vérification des tares.......................................................... 100
- Grillage........................................................................ 100
- Désencollage, dégraissage, fixage. —Bain de savon.............................. 102
- Traitement en boyaux, Laines douces............................................. 104
- APPRÊT DES TISSUS DE LAINE. 28
- p.2x433 - vue 468/478
-
-
-
- 434 TABLE DES MATIERES
- Pages.
- Dégraissage A. — Dégraissage. — Dégorgeage. — Rinçage. — Lisage au large...... 105
- Dégraissage B................................................................. 106
- Dégraissage C............................................................. 106
- Enroulage. — Ebrouissage. — Déroulage......................................... 107
- Traitement au large des étoffes de laine dure et en général des tissus qui avaient tendance à donner des cassures. — Premier foulard, désencollage et dégraissage. — Deuxième foulard, dégorgeage. — Troisième foulard, rinçage. — En-roulage. — Déroulage. — Vaporisage à la colonne.............................. 108
- Exemples de différents traitements .............................................. 110'
- Teinture. — Lavage après teinture. —Epincetage. — Tondeuse.................... 112
- Apprêts....................................................................... 113
- Doublage.................................................................... 113
- Humectage................................................................. 114
- Apprêt. — Premier tour d'apprêt. — Deuxième tour d’apprêt. — Déroulage. —
- Presse hydraulique à chaud. — Toilette des pièces............................ 114
- Apprêt des tissus, type mérinos............................................... 117
- Apprêt des tissus ras brochés, genre châle (Alcau).......................... 117
- Apprêt des tissus mélangés.................................................... 118
- Traitement des tissus laine et soie........................................... 118
- Traitement des mi-laines. — Traitement des mérinos chaîne coton. — Traitement des étoffes chaîne coton. — Traitement des chaînes coton. — Traitement des Chambords. — Traitement des Orléans. — Traitement des Cobourgs. — Traitement des Barèges........................................................ 118
- 7
- LIVRE II
- PROCÉDÉS ET MATÉRIEL MODERNES
- CHAPITRE VII
- TRAITEMENT RAS TEL QU’IL EST APPLIQUÉ ACTUELLEMENT
- Des raisons qui déterminent l'ordre des opérations à adopter dans un traitement. 124
- Magasin aux écrus, visite, brodage.................................... 125
- CHAPITRE VIII
- GRILLAGE
- Machines à roussir...................................................... 130
- Grillage à la placque.................................................. 130
- Gritleuse électrique pour tissus................................................ 134
- Du flambage............................................................. 135
- Grillage à la flamme de coke............................................ 136
- Grillage à l’alcool................................................... 136
- Flambage au gaz.................................................... 137
- Expériences comparatives entre le grillage à la plaque et le grillage à la machine deTulpin................................................................ 141
- p.2x434 - vue 469/478
-
-
-
- TABLE DES MATIERES
- 435
- Pages.
- Machine Blanche. — Flambage des tissus de laine peignée, mérinos, cachemires, etc. — Distance de la rampe au tissu. — Vitesse du tissu. — Dépense de gaz. — Arrêt du travail................................................... 141
- Rampes Descats-Leleux. — Emploi de la grilleuse.................................. 146 Dispositions diverses.............................................................................................................................................................................................. 150
- Ma:chineà flamber les tissus avant blanchiment à une rampe, avec appareil de guidage à parcours multiples................................................. 150
- Machine à flamber au gaz par flammes aspirées de M. Félix Binder................. 152
- Des accidents qui peuvent se produire dans le grillage.......................... 154
- De l'influence du grillage sur la teinture des tissus mérinos. — Grillage à la plaque. — Grillage au gaz sur machine Blanche. — Conclusions.................. 156
- De l’affaiblissement de la chaîne dans certaines opérations et, en particulier, dans le grillage.................................................................. 157
- Détermination pratique des conditions qui peuvent améliorer le rendement des flambeuses à gaz................................................... 161
- Machine à flamber au gaz de MM. Scheurer Rott et C1". — Historique et description sommaire de la flambeuse. — Humidité absorbée par les pièces qui séjournent en magasin. — Intensité relative des deux sortes de rampes de la flambeuse de MM. Scheurer Rott et Gie. — Diminution du poids des pièces parle flambage. — Influence de l'état hygrométrique des tissus sur l’efficacité du flambage. — Résumé. — Détermination de la surface de chauffe d’une machine à sécher, nécessaire pour obtenir la dessiccation à fond des tissus à flamber. 161 Essais de rendement sur la machine à griller de M. Félix Binder. — Pression de l’air dans le ventilateur Roots fournissant l’air comprimé aux rampes à gaz. — Influence de la vitesse du ventilateur aspirant sur la qualité du flambage. — Distance entre la rampe et l'aspirateur. — Essais de rendement, consommation de gaz. — Intensité des flammes dans les différents systèmes de flambeuses. — Influence du séchage préalable sur la qualité du flambage et sur la consomma-tion du gaz. — Température des produits gazeux aspirés par le ventilateur et utilité d’une circulation d’eau froide dans la double enveloppe du tuyau aspira
- teur. — Discussion des résultats trouvés et conclusions............................ 173
- Examen des rapports de M. Lévy-Spira, ingénieur de la maison Scheurer Laulh et C*. — Essais faits sur la machine Binder. — Conclusions sous réserve de l’exactitude de nos hypothèses................................................. 193
- CHAPITBE IX
- TRAITEMENT HUMIDE. DÉGRAISSAGE. DÉGORGEAGE. FIXAGE
- Actions chimiques et mécaniques usitées dans le dégorgeage................. 204
- Fixage. — Machine à fixer les tissus en laine peignée, mérinos, cachemires, etc., système Blanche, Pierron et F. Dehaitre. — Fixage au foulard. — Crabbing. — Fixage au parisien 214
- Cuve à dégommer et à rincer au large..................................... 220
- Métier Haunarl. Dégraisseuse à suçoirs.................................. 221
- Rame fixeuse immergée, système Laval.......................................... 224
- Traitement à la laveuse................................................. 226
- Traitement des cardés................................................... 228
- Des perfectionnements à apporter dans les procédés de dégorgeage........... 228
- CHAPITRE X
- CARBONISAGE
- Epincetage................................................................ 231
- Epoutillage.......................................................’......a . 232
- p.2x435 - vue 470/478
-
-
-
- 436 TABLE DES MATIÈRES
- Pages.
- Epeutissage................................................................... 232
- Epaillage chimique......................................................... 234
- Carbonisage d<’s tissus av ~c lisières de coton..............................T. 243
- Mode opératoire.............................................................. 244
- Sécheuse carbooiseuse à tournettes pour draperie légère......................... 248
- Installation d'un epaillage chimique par séchage, à la hot-flue et à la manique. 250
- Epaillage des tissus teints....... :......................................... 252
- Incinération des tissus....................................................... 252
- Fabrication de la laine renaissance........................................... 252
- Epaillage au gaz acide chlorhydrique............................................ 252
- Effilochage..................................................................... 252
- Retorte fixe avec pièce de rechange............................................. 254
- Retorle tournante............................................................. 255
- Tambour à carboniser avec retorte rotative et deux foyers....................... 255
- Tambour à retorte tournante à parois perforées avec un seul foyer............... 257
- Tambour perforé pour carboniser à l'état humide................................. 258
- Appareil H. Schirp pour sécher et carboniser les chiffons....................... 260
- Broyage des pailles........................................................... 260
- Epaillage par les sels métalliques. Tissus chimiqués. — Broderies chimiques..... 262
- CHAPITRE XI
- PRÉPARATION DES TISSUS
- Tissus à grain net et brillant............................................... 266
- Genre mat................................................................. 267
- Traitement ordinaire......................................................... 268
- Popeline mohair............................................................ 269
- Laine et coton........................................................... - • 269
- Cardé laine et coton........................................................ 269
- Exemples de quelques traitements. — Armure,noir mordante. — Sergé. — Tresse.
- — Cheviotte, noir mordanté. — Drap confection. — Popeline. — Popeline mo-
- - hair. _ Satin peigné. — Salin cardé non foulé. — Satin cardé foulé. — Traitement I. — Traitement 11 pour brillant. — Traitement 111.— Traitement
- IV. — Traitement V. — Traitement VI........................................ 269
- CHAPITRE XII
- DES APPRÊTS. ESSORAGE. ÉLARGISSAGE
- Installation Dehailre (1889). — Séchage, visite, épincetage. — Tondeuse et velouteuse. — Apprêt. — Visite et pliage. — Sortie des marchandises............. 274
- Essorage.................................................................... 278
- Instruct ions pour la pose, la mise en marche et l’entretien des essoreuses. DehaiIre.
- Mise en marche et entretien................................................. 283
- Essorage des pièces sans plis ni cassures, système Varinet................... 287
- Essoreuse horizontale ou au large.......................................... 289
- Essoreuse à régulateur compensateur de Burghardt frères. Note par M. Théodore Schlumberger 289
- Couverture des essoreuses.................................................... 291
- Essoreuse au large par aspiration............................................ 291
- Rendement des différents systèmes d'essorage................................. 293
- Détem^inalim de la durée maximum de l'essorage, par M. W. Grossetéle......... 294
- p.2x436 - vue 471/478
-
-
-
- TABLE DES MATIERES 437
- Pages.
- Machines à élargir les tissus....................................... 298
- Autoextenseur Laval................................................... 299
- Extenseur système Tachon.............................................. 300
- Détordeuse pour ouvrir à la main les tissus légers et délicats.................... 300 Ouvreuse à vis et à bat leurs pour mettre automatiquement au large les tissus en boyaux ............................................................. 301
- Machine à élargir de Paul Heilmann......... :...........'............... 302
- Elargisseurs Palmer ................................................. 304
- Elargisseuse F. Gebauer.............................................. 307
- Rouleau élargisseur à grand rendement de M. C. Montel................... 308
- Appareils destinés à maintenir les étoffes dans l'axe des machines à apprêler. 309
- Guide automatique de M. Thiébaut........................................ 309
- Guide de M. A. Schmidt................................................. 311
- Rame à élargir, redresser et remettre à droit fil.................................. 312
- CHAPITRE XIII
- MACHINES POUR LE SÉCHAGE
- Maniques............................................................... 316
- Hot-flues............................................................. 323
- Rames‘.................................................................. 325
- Rame vapoinseuse à picots ............................................ 326
- Rame à vaporiser, élargir et remettre à droit fil à pinces automatiques. 327
- Rame continue à deux étages et à parois latérales mobiles............... 329
- Appareil d’introduction électrique pour rameuses, système Weissbach............ 331
- Guideur et introducteur pneumatiques, systèmes Kay et Foxwell........... 334
- Rendement des différents genres de séchoirs. — Rendement d'un calorifère par
- M. William Grossetéte............................:.................... 335
- Rendement d'un séchagg à l’étendage par W. Grossetéte. — Quantité d’eau enlevée au séchage. — Essai de consommation. — Prix de revient de l’étendage.... 336
- Essai durendement de séchage sur une manique par M .W. Grossetéte : Prixde revient du séchage à la manique......................................... 339
- Essai de rendement sur deux rames ordinaires à picots avec chauffage à plaques parM. Lévy chez MM. Scheurer Rott et C'" à Thann................... 342
- Essai de rendement sur deux rames circulaires à picots, chez MM. Scheurer Roll et Cie, par M. Lévy................................................ 343
- Essai sur la rame à pinces de Welter chez MM. J. Heilmann et Cie, industriels à Mulhouse, par M. Lévy............................................. 344
- Essais sur la rame à air chaud des ateliers de Dessau-Cotibus fonctionnant chez MM. Schaeffer, Lalance et C'°, à Pfastalt, par M. Lévy. — Description de la rame. — Séchoir. — Appareil d’entrée et plieur.— Ventilateurs. — Calorifère. — Observations. — Prix de revient du séchage........................ 347
- CHAPITRE XIV
- APPRÊT DES ÉTOFFES EN CONTINU
- Gommage. Foulards à gommer........................................... 363
- Matières d'apprêt....................................................... 364
- Colles et gélatines.............................................................. 365
- Colle de poisson ou ichtyocolle......................................... 366
- Colle de peau ou colle forte......................................... 366
- p.2x437 - vue 472/478
-
-
-
- 438
- TABLE DES MATIÈRES
- Pages.
- Colle de Givet................................................................. 368
- Colle de déchets de cuir....................................................... 369
- Colle d'os...................................................................... 370
- Gélatine d'acidulation......................................................... 370
- Gélatine d'autoclave ou colle d'os.............................................. 371 Moulage, découpage et séchage des colles en plaques............................................................ 371 Colle au baquet.................................................................. 372
- Essai des colles et gélatines. — Méthode Lipowitz. — Propriétés. — Emploi de la formaldéhyde. — Action du bichromate. — Applications......................... 372
- Glycérine. — Glycérine raffinée. — Glycérine distillée. — Propriétés. — Procédés pour reconnaître la glycérine.— Réaction de Schif et Garo. — Essai des glycérines brutes et raffinées.— Distinction d’une glycérine brute, d’une glycérine raffinée ou distillée..........................................'............... 376
- Gommes artificielles ou dérivées des matières amylacées. — Amidon soluble. — Vosgcline. — Féculose. — Dextrines. — Apprêts obtenus par l’emploi dudiasta-for, brimai, etc. — Glucoses................................................. 380
- Gommes. — Gommes solubles. — Essai des gommes. — Gomme adragante. — Gomme d’Inde................................................................. 389
- Mucilages divers. — Lichen. — Haï-Thao. — Emploi dans les apprêts de l’alguen-sine de M. Martineau et du thao français de M. Stenfort. — Ly-cho ou gomme marine. — Tragasol.......................................................... 394
- Produits de charge............•................................................ 399
- Cuisme des apprêts............................................................... 399
- Gommage......................................................................... 403
- Séchage sur gomme............................................................... 405
- Rame élargisseuse............................................................... 405
- Colonne de sublimé............................................................. 406
- Apprêt intachable................................................................ 406
- CHAPITRE XV
- PRESSES
- Presses continues............................................................... 409
- Presse à chaud continue, à feutre, sans fin avec pression par leviers et contrepoids.. 414
- Presse continue à pression élastique, la Roubaisienne............................ 414
- Presse hydraulique et fausses presses roulantes................................. 416
- Presse hydraulique............................................................. 419
- Accumulateurs hydrauliques.................................................... 422
- Fausses presses roulantes....................................................... 423
- Presse hydraulique avec plaques à vapeur....................................... 424
- Décartonnage................................................................... 427
- Toilette........................................................................ 427
- Inventaire et reconnaissance des pièces........................................... 427 Réglage du livre d’entrée et de sortie............................................ 429 Réglage de la visite de teinture. 430
- Réglage du livre des apprêts................................................... 430
- TOURS, IMP. DESLIS FRÈRES ET cie, 6, RUE GAMBETTA.
- p.2x438 - vue 473/478
-
-
-
- H. DUNOD et E. PINAT, Libraires-Editeurs
- 47 et 49, quai des Grands-Augustins, PARIS (VIe)
- Traité théorique et pratique de triage, peignage et filature de la laine peignée, par Paul LAMOITIER, chef de travaux à l’École de filature de Fourmies. In-8° 16 X 25 de xn-476 pages, avec 254 figures.................. 25 fr.
- Mécanique et électricité. Origines, caractères. production de la laine brute. Marchés. Régions manufacturières. Division du travail. Triage de la laine. Peignage. Préparation de la filature. Etude du renvideur. Etude du contenu. Les fils de fantaisie.
- La teinture du coton, par E. Serre, ingénieur-chimiste, professeur à l’École pratique de commerce et d’industrie de Roanne. In-16 13X21 de x-292 pages, avec 62 figures et 9 planches. Cartonné.......................... 5 fr.
- L’eau et les produits utilisés en teinture. Acide sulfurique. Soude. Sulfure de sodium. Chlorures. Savon. Caractères des principaux sels employés en teinture. Le coton. La teinture du coton en écheveaux. Couleurs végétales, extraits de bois. Colorants substantifs ou diamine. Méthode de fixage des colorants substantifs. Couleurs immédiates. Colorants basiques. Couleurs développées sur fibre. Couleurs d'alizarine. Colorants de cuve. Couleurs d’indanthrène. Teinture du coton en bourre. Teinture de coton mercerisé. Teinture du coton en pièces. Impression des tissus de coton. Apprêts des tissus de coton. Couleurs artificielles.
- Teinture et apprêts des tissus de coton, par Léon Lefèvre, ingénieur-chimiste. In-8° 16 X 25 de 264 pages, avec 48 figures et 10 planches. 10 fr.
- Teinture. Historique. Tissus de coton divers. Traitement préparatoire. Machines et appareils Mordants. Matières colorantes : naturelles, artificielles, astringentes, minérales. Essais. Colorimétrie. Apprêts : Machines et appareils : précédant la teinture, après la teinture. Substinces. Epaississants. Genres et modes divers d’apprêts.
- Manuel alphabétique de l’industrie ducuir, par J. Schmidt et A. Wagner, traduit de l’allemand par R. Goulon, ingénieur-chimiste. Grand in-8° 18X28 de 336 pages, avec 131 figures. Cartonné...................................... 25 fr.
- Agitateurs. Méthodes analytiques. Blanchiment du cuir. Brossage. Chagrinage. Chaulage. Chèvre. Chien et chat. Chrome. Colorants. Courroies. Dongola. Echarnage. Essoreuses. Etirage. Glacés. Graisses. Lavage. Lustrage. Maroquin. Mégisserie. Mettre au vent. Moutons et agneaux. Peaux d’importation. Pelleterie. Poncer. Refendre. Repassage. Séchage. Séchoirs. Sellerie. Semelles. Suint. Tannage. Matières tannantes. Tonneaux. Vache, veau, etc.
- Essais du cuir dans ses applications industrielles, par H. Boulanger, industriel. In-4° 22 X 28 de vm-503 pages, avec 201 figures et 8 pl. 18 fr.
- Courroies en cuir. Cuirs tannés à l’écorce de chêne. Cuirs chroms. Modifications apportées à la résistance des cuirs par leur conditionnement et leur préparation. Essais des cuirs par flexion circulaire. Du cuir vert. Etude microscopique de la texture de la peau.
- Industrie des poils et fourrures, cheveux et plumes, par Fr.-J.-G. Beltzer, ingénieur-chimiste. In-8° 16 X25de xvi-262 pages, avec 83 figures. Broché, 12 fr. 50; cartonné 14 fr.
- Généralités sur l’examen des poils et fourrures. Généralités sur la préparation des peaux ou cuirs pour fourrures. Les laines. Teinture des peaux en laine. Teinture au « plonger ». Les poils proprement dits et les fourrures. Poils et peaux de carnassiers. Poils et peaux de rongeurs. Poils et peaux de ruminants, des pachydermes, des marsupiaux, des insectivores, des chéiroptères, des quadrumanes. Lustrage ou teinture à la brosse. Installation d’une usine de préparation de lustrage et de teinture des peaux de lapin ou de. lièvre. Les cheveux, les soies, les crins, les épines et les piquants. Plumes des rapaces, des passereaux, desgrimpeurs, des gallinacés, des coureurs, des échassiers, des palmipèdes. Apprêts. Blanchiment et teinture des plumes, j
- Couleurs et colorants dans l’industrie textile, par l’abbé Vassart.
- In-8° de 168 pages, avec figures.............................................. 6 fr.
- Couleurs : génération, elassification. Couleurs complémentaires. Contraste des couleurs Harmonies. Application aux arts. Colorants. Solidité des nuances. Les tissus de valeur.
- p.n.n. - vue 474/478
-
-
-
- La grande industrie tinctoriale, par Francis-J. -G. BELTZER, ingénieur-chimiste, expert-conseil, ancien directeur d'usines. In-8° 16 X 25 de XXIV-1.030 pages, avec 99 figures. Broché, 30 fr. ; cartonné...................... 32 fr.
- Considérai ions générales sur la construction, l’installation et l'aménagement des ateliers de teinture. Traitement des textiles : de provenance minérale ; de provenance végétale. Le coton. Blanchiment. Apprêts. Mercerisage. Teinture. Matières colorantes. Teinture des cotons et des libres végétales. Teintures substantives. Teintures adjectives. Teinture sur mordants. Essais des matières colorantes. Opérations mécaniques et économiques1 pour le blanchiment et la teinture. Le lin. Le chanvre. Le jute. La ramie. Le papier et la pâte à papier. La paille; le bois, etc. Fleurs. Matières diverses d'origine végétale. Textiles de provenances animales. La laine. La soie. La soie marine. Les poils et les pelleteries. Les plumes. Les peaux et les cuirs. Matières diverses d’origine animale. Textiles artificiels. Savons, encres, vernis, etc. Bibliographie. Index alphabétique.
- Traité de la couleur au point de vue physique, physiologique et esthétique, comprenant l’exposé de l’état actuel de la question de l'harmonie des couleurs, par A. ROSENSTIEHL, docteur ès sciences, professeur au Conservatoire national des arts et métiers. In-8° 16 X 23 de xvI-278 pages, avec 56 figures et 14 planches coloriées.......................................... 20 fr.
- Les trois significations du mot couleur. Différence entre le mélange des matières et le mélange des sensations. Desciiption de l'appareil. Dégradation du blanc et des couleurs vers le noir. Définition des couleurs, mélange des sensations. Mélange des matières colorantes avec matières incoloi es blanches ou noires. Influence de l'éclairage sur la couleur. Phénomènes des couleurs complémentaires. Mélange des matières colorantes. Théorie des trois couleurs primaires. Les constructions chromatiques. Cercle chromatique de Chevreul. Théorie des trois sensations fondamentales. Table des couleurs selon la théorie de Young.Diagramme de Maxwell. Moyens divers de produire la. sensation colorée.Photographie des couleurs.Conditions d’harmo-nie des couleurs. Accommodation. L'art. Harmonie des couleurs. Coloris dérivés de deux couleurs franches complémentaires. Le coloris est destiné à faire partie d'un ensemble. Coloris dérivés de plus de deux couleurs.
- La teinture au XIXe siècle en ce qui concerne la laine et les tissus où la laine est prédominante, par T. Grison, chimiste-teinturier. 3e édition. Nouveau tirage. 2 vol. in-8° 17 X 26 de VIII-318 et 358 pages, avec dessins de machines et nombreux échantillons. Reliés...................................... 60 fr.
- Fabrication des colles animales, par Victor Cambon, ingénieurdes Arts et Manufactures. ln-8° 14 X 23 de 216 pages, avec 50 figures. Broché, 6 fr. ; cartonné..................................................................... 7 fr. 50
- Généralités sur les colles. Traitement des os. Traitement des bouillons. Coulage, coupage et séchage de la colle. Traitement des sous-produits. Essais des os et des colles. Organisation d’ensemble d une fabrication de colle.
- La distillation des résines et les produits qui en dérivent, par Victor Schweizer. Traduit de l’allemand par Henri MURAOUR, chimiste. In-8° 14 X 23 de 241 pages, avec 67 figures. Broché, 7 fr. 50; cartonné.................... 8 fr. 75
- Utilisation des résines. Les térébenthines. Copals et succin. Le gaz de résine. L'huile de résine. Graisses pour voitures. Les savons de résine ou résinâtes. Couleurs de résinâtes. Les lustres, fabrication du noir de fumée. Noir obtenu par calcination. Encres d’imprimerie. Encres'diverses à base de noir de fumée. Encres pour machines à écrire. Encres à tampon. Exportation et importation. Bibliographie.
- Guide de l’acheteur de caoutchouc manufacturé, par Pierre PELLIER, ingénieur-chimiste. In-8° 14X22 de vi-340 pages, avec figures. Broché,9fr.; cartonné.................................................................... 10 fr. 50
- Caoutchouc brut. Propriétés physiques du caoutchouc. Travail mécanique du caoutchouc. Succédanés du caoutchouc. Vulcanisation. Propriétés du caoutchouc vulcanisé. Propriétés chimiques du caoutchouc vulcanisé. Procédés divers de régénération du caoutchouc vulcanisé. Articles divers en caoutchouc. Analyse du caoutchouc brut. Analyse du caoutchouc vulcanisé.
- Les caoutchoucs artificiels, par L. VENTOU-DUCLAUX, ingénieur au laboratoire d'essais de l’A. C. F. In-8° 14 X 22 de viu-114 pages.............. 3 fr. 75
- Caoutchoucs synthétiques. Régénération du caoutchouc. Dérésinification des caoutchoucs. Factices et succédanés.
- p.n.n. - vue 475/478
-
-
-
- p.n.n. - vue 476/478
-
-
-
- p.n.n. - vue 477/478
-
-
-
- p.n.n. - vue 478/478
-
-