- Accueil
- > Catalogue général
- > Gavoty de Berthe, Jean-François (1733-1812) - Manuel du fileur-cordier, par demandes et ré...
Manuel du fileur-cordier, par demandes et réponses
-
-
- p.n.n. - vue 1/165
-
-
-
- p.n.n. - vue 2/165
-
-
-
- 1 ' 7
- J à
- -a j s "
- Si 2 ). j.
- SA,
- wos
- aes
- a ' I
- “he
- PMe
- 4
- p.n.n. - vue 3/165
-
-
-
- MANUEL
- D U
- FI LEU R-CORD 1ER
- p.1 - vue 4/165
-
-
-
- p.2 - vue 5/165
-
-
-
- MANUEL—
- D U 7237
- FILEUR - CORDIER,
- PAR DEMANDES ET RÉPONSES.
- Egalement utile aux Agriculteurs du chanvre, aux Navigateurs, Armateurs, Ingénieurs et Entrepreneurs de Mécaniques, relativement aux ouvrages qui exigent des cordages d’une grande résistance.
- Par GAVOTY.
- De l’Imp, de Pelletier, père et fils, rue du Petit-Lion Saint-Denis, N,° g.
- U.
- ~Stuv
- A PARIS,
- !
- OO P
- Page de titre 3 - vue 6/165
-
-
-
- - te Ept -C& iaztlne
- PE
- 2 l'r C
- —
- )
- a
- p.4 - vue 7/165
-
-
-
- INSTITUT
- DE FRANCE,
- CLASSE DES SCIENCES PHYSIQUES ET MATHÉMATIQUES.
- Le Secrétaire perpétuel pour les Sciences Mathématiques , certifie que ce qui suit est extrait du procès-verbal de la séance du lundi 9 octobre 1809.
- Nous avons été chargés par la Classe, MM. Perier, Sané et moi, de lui rendre compte du Manuel du Fileur-Cordier, que M. Gavoty , fondateur des Sparteries en France, lui a présenté pour avoir son suffrage, sur un ouvrage destiné à l’instruction publique, sur un art très-intéressant.
- En commençant ce Rapport, nous croyons devoir rappeller ici celui que nous avons fait , MM. Deyeux , Levêque et moi, du Traité de L’Art de la Corderie maritime perfectionné , du même auteur; production importante que nous considérons comme ayant servi de base au Manuel du Fileur-Cordier, que nous nous proposons de faire connaître à la Classe dans un certain détail.
- A 1
- p.5 - vue 8/165
-
-
-
- 11 paraît que depuis l'an 13, que parut le Traité de la Corderie , M. Gavoty a fait de nouvelles recherches sur le perfectionnement de toutes les parties qui composent l’ensemble de cet art. Il a reconnu par expérience que le filage du chanvre en fil propre au commettage des cordages et cables , n’était point en usage dans tout l’Empire , selon les règles prescrites par l’art; et tant que les fileurs ne seraient pas instruits des règles de leur profession , les ports impériaux ne pourraient pas gréer les vaisseaux avec de bons cordages.
- A cet égard , M. Gavoty nous apprend que les Ports et Arsenaux de la Marine ne sont proprement, quant à la Corderie , que des Colonies continentales, puisque les ouvriers qui y sont employés, appartiennent à l’intérieur de la France.
- En effet, quand le besoin des ports augmente, le Gouvernement ordonne une levée de F ileurs-Cordiers dans les départe-mens; et quand le besoin des Ports diminue, les fileurs retour-nentdans leurs foyers jusqu’à ce qu’on les rappelle.
- C’est donc dans les départemens qu’il faut établir l’instruction sur les règles du filage; et pour cet effet M. Gavoty entre dans tous les détails d’une instruction facile et éclairée par des explications et des développemens qui rendent le Manuel du F ileur-Cordier intéressant par sa division en sept chapitres , qui mettront ainsi le Fileur-Cordier à portée de connaître tout ce qu’il doit savoir sur la constitution et l’état naturel du chanvre, sur sa culture , son rouissage, son broyage ou teillage , son peignage , son filage, et enfin sur le commettage des fils en forme de cordages ou cables.
- CONSTITUTION DU. CHANVRE.,,
- M.Gavoty commence son traité parla constitution du chanvre, en introduisant un professeur dans une des Corderies impériales avec des élèves qui, en répondant aux demandes qu’il leur fait, essayent de faire connaître en quoi consiste cette constitution.
- Ils nous disent que l’élasticité de la fibre du chanvre provient
- p.6 - vue 9/165
-
-
-
- de la couche fine et légère d’une espèce de résine dont elle est imprégnée. Ils ajoutent ensuite que l’élasticité et les ressorts des fils sont connus depuis long-tems; mais que la cause de ces effets! n’ayant pas été connue ni développée jusqu'à présent comme il convenait, on n’a pas pu diriger les manipulations du chanvre d’une manière qui convienne à la résistance du fil-à-quarré.
- Si l’on dépouille le chanvre de sa résine , il ne restera qu’un duvet blanc sans élasticité et sans énergie ; cependant on pourra filer quelques mètres; mais si le fil rompt, il n’en résultera que l’inertie et l’impuissance d’un fil dont on ne pourra faire aucun usase. o
- D’après lés principes établis sur la constitution du chanvre, le fil-à-quarré d’un chanvre rude et dur doit être tordu avec modération , pour ne pas trop contribuer à l’augmentation de son élasticité. D’ailleurs, un tortillement qui ne serait pas proportionné à cet effet élastique , ne pourrait que diminuer la force de la fibre , tandis que le fil d’un chanvre doux , peu élastique , doit au contraire recevoir une torsion propre au commettage. Delà, il s’ensuit que si le chanvre peu élastique exige un plus grand tortillement et le commettage au tiers de raccourcissement , il faut tordre moins le chanvre élastique , et ne commettre son fil en cordage qu’au quart. '
- La résine est le conservateur de la composition des cordages et des cables exposés aux intempéries du tems et à l’action de l’eau. L’élasticité et les ressorts des fils n’ayant lieu que par la conservation de cette résine , les cordages alors ont la force de résister à l’action pour laquelle on les emploie.
- CULTURE DU CHANVRE.
- M. Gavoty , dans ce chapitre, s’occupe à distinguer les cultures des chanvres doux et flexibles , rudes et durs, d’après la nature des terres et des climats. Ainsi , les terres douces , substan-cielles et un peu humides produisent des chanvres doux et flexibles; mais aussi ces végétaux pourrissent assez promptement.
- A 2
- p.7 - vue 10/165
-
-
-
- Les terres fortes et sèches produisent des chanvres rudes et durs, aussi ces végétaux résistent-ils plus long-tems à l’action destructive de l’eau.
- Les chanvres du Nord ne sont doux et flexibles que parce que leur résine est relative aux terres humides et à l’atmosphère du Nord ; aussi ces chanvres pourrissent-ils assez promptement dans l'eau.
- Les chanvres de France, du Piémont et de l’Italie, sont plus ou moins rudes et t.urs , selon la nature des terres plus ou moins sèches et selon l’atmosphère plus ou moins chaud. Delà, il s’ensuit que leur résine acquérant plus ou moins de fermeté, ces chanvres se conservent plus ou moins long-tems.
- D’après les expériences auxquelles l’un de nous a assisté, nous savons que les chanvres de France , y compris ceux du Piémont et d’Italie , se conservent mieux dans l’eau que les cordages commis avec des chanvres de Pétersbourg et de Riga qui y pourrissent assez promptement. La cause de cette différence consiste en ce que la libre du chanvre venu dans le midi, est douée d’une résine plus ferme et plus propre à résister aux intempéries que celle du Nord qui est plus légère, et conséquemment moins opposée à la pénétration de l’eau.
- Le chanvre dur des contrées du Midi et le chanvre doux du Nord, sont tous deux de bonne qualité, quand ils sont manipulés suivant leur constitution et les règles de l’art. Mais quand on ne connaît ni la constitution , ni la cause de l’élasticité de sa fibre, on est sujet à plusieurs erreurs.
- Les chanvres doivent donc être manipulés d’après cette connaissance et suivant les principes de l’art, sur lesquels insiste M. Gavoty Delà . il s’ensuivra que le chanvre dur et élastique sera manipulé suivant des procédés différens de ceux qu’on emploiera pour le chanvre doux et flexible De cette naturelle distinction , il résultera qu’on obtiendra toujours les grands avantages que
- p.8 - vue 11/165
-
-
-
- procurent les chanvres durs et élastiques. Car si on les manipulait uivant la pratique arbitraire, on courrait risque d’affaiblir leur force sans les rendre ni plus doux , ni plus flexibles.
- Nous le reposons. Parce que nous avons dit jusqu’ici, on a dû concevoir que le chanvre n’avait réellement de résistance que par sa résine ; qu’ainsi il fallait nécessairement la lui conserver dans les manipulations auxquelles on le soumettait.
- D’un autre côté , il est également prouvé par expérience, que le chanvre dépouillé de sa résine se réduirait à un duvet blanc semblable à du coton, sans en avoir la résistance, de telle sorte que, plongé dans l’eau, ce duvet devient une belle pâte à fabriquer du papier, mais non susceptible de donner un fil qui ait une certaine force.
- ROUISSAGE , ESPADAGE ET PEIGNAGE DU CHANVRE.
- Dans les trois articles du rouissage , de l'espadage et du peignage , M. Gavoty remarque constamment que toutes les opérations doivent être assorties auxdifférens états delà constitution des chanvres durs et élastiques , 'doux et flexibles.
- Ainsi, les chanvres dont la résine est altérée par l’excès du rouissage, perdent considérablement de leur force, parce que, comme nous l’avons dit, c’est la résine qui consolide toute la résistance de la fibre du chanvre. Celui qu’on a roui au-delà du degré convenable, devient véritablement tendre et doux t et par la suite, il se trouve bouchonneux , cotonneux , ce qui produit beaucoup d'étoupes et étoupillons; dans ce cas, la fibre du chanvre rompt facilement dans le courant de la filature, tandis que le chanvre qui n’a été roui qu’au dégré convenable, estnéces sairement plus dur et plus élastique et par conséquent plus résistant.
- Si nous passons à l’espade, nous devons remarquer que si dans une corderie on espade avec soin les chanvres et qu’on y fasse l’éloge de cette préparation , dans une autre corderie on condamne cet instrument à l’oubli, comme étant de fait préjudi-
- p.9 - vue 12/165
-
-
-
- ciable à la fibre du chanvre ; et si l’on demande l’explication de la cause de ce préjudice, on répond que l’espade déchire et énerve le chanvre, et produit une augmentation considérable de déchet.
- L’espade ne rend doux et flexibles les chanvres qui étaient durs et élastiques, qu’aux dépens de leur résine. Si cet espade polit et adoucit les chanvres, c’est la preuve de la destruction d'une partie de l’élasticité de leur fibre dont elles étaient redevables à la bonne qualité de leur résine, et que les coups répétés de Fespade ont en partie détruite.
- Nous trouvons cette incertitude d’opinion dans M. Duhamel, page 154. Il nous dit: «Le ressort des fils est nécessaire pour » commettre du bitord.... I1 faut donc profiter de la force élas-» tique pourfaire qu’ils restent tortillés. L’élasticité des fils est » donc nécessaire pour faire une corde. »
- Ailleurs, on est surpris de voir, page 63 , « que plus le » chanvre est affiné, plus on l’a rendu flexible; plus on a » détruit son élasticité, plus il est devenu propre à faire d’ex-m cellentes cordes. »
- Quant aux peignages des chanvres, voici les principaux procédés qui les concernent. Les chanvres destinés pour la confection des fils , doivent être divisés en
- Premier brin, de la longueur de 4 pieds ;
- Second brin, de 10 à 20 pouces;
- Et Eloupillon , depuis 3 jusqu’à 9 pouces.
- Les premier et second brins doivent être dépouillés de chène-vottes et de toutes parties qui se trouveraient bouchonneuses, cotonneuses et étoupillonneuses.
- Les chanvres durs et élastiques , comme le sont en général les chanvres de France d’excellente qualité, seront coupés à trois pieds et demi ou à quatre et demi, ainsi qu’on le pratique sur les dents de peigne à fiir.
- p.10 - vue 13/165
-
-
-
- ( II )
- Ces parties, ainsi divisées, seront seulement peignées à fond sur l’ébauchoir pour redresser les brins entrelassés et les dépouiller des étoupes.
- Les brins qui n’excéderont pas 20 pouces de longueur, resteront entre les dents de l'ébauchoir, et le premier brin qui est la partie essentielle pour le fil-à-quarré , étant resté dans la main du peigneur, sera ensuite mouché sur le peigne à finir, afin de le purger des étoupes qui pourraient y être restées.
- Nous n’entrerons pas dans le détail des manipulations qui concernent le second brin et les étoupillons, enfin le peignage des chanvres doux et flexibles.
- Le fil-à-quarré intéresse trop la Marine pour ne pas employer tous les moyens qui peuvent concourir à le rendre le plus résistant possible.
- Le chanvre dur et élastique, comme le chanvre doux et flexible, sont dans leur constitution tous deux de bonne qualité, mais ils doivent avoir chacun un emploi distinct. Pour obtenir donc du chanvre rude, dur et élastique, la résistance qui émane de sa constitution, il faut le manipuler suivant son état; et si on le traite de la même manière qu’un chanvre doux , tendre et flexible, on s’écarte de ce que la nature elle-même a physiquement prescrit.
- Les cables et les cordages des manœuvres dormantes doivent être commis avec du chanvre dur et élastique , et les cordages des manœuvres courantes ne doivent l’être qu’en chanvre doux et flexible.
- Il faut donc , pour le bon gréement des vaisseaux, employer des chanvres durs et élastiques, et des chanvres doux et flexibles.
- La dureté et l’élasticité dans les chanvres sont les effets précieux de leur résine qui résiste à l’eau, ce qui est très-utile aux cables, aux haubans, rides et galaubans. La douceur et la flexibilité des
- p.11 - vue 14/165
-
-
-
- chanvres tendres , sont la preuve d’une résine plus légère qui doit faciliter infiniment les mouvemens prompts et actifs des manœuvres courantes.
- DU FILAGE DU FIL-A-QUARRE.
- Sans entrer dans le détail des trois sortes de fil-à-quarre routiniers que fait connaître M. Gavoty , en joignant leurs dessins circonstanciés, nous croyons devoir donner la description raisonnée du fil-à-quarré traité selon l’art. Ce fil n’a ni mèche, ni boursouflure. On ne trouve pas à la partie ouverte plus d’épaisseur qu’aux autres. On sent que les brins concourent tous à une résistance mutuelle; tandis que celle des fils routiniers ne réside que dans les filamens qui composent leur mèche et qui ne concourent en aucune manière à la force du fil.
- Quand l’ouvrier ne connaît point les principes du filage, il croit bien faire en donnant à son fil beaucoup de tors pour le rendre bien ferme et bien rond. Mais il ne sait pas que ce filage est vicieux et nuit à la force du fil. En effet, la partie du fil qui est à hélices un peu allongées , est la seule qui soit douée d’une certaine résistance. Il résulte donc de cette manière de filer, que la partie à boursouflure n’est à proprement dire qu’un chanvre inutile.
- Quand les brins du chanvre sont molettés , prolongés, serrés et tendus également au degré convenable , le fil est sans mèche.
- Le caractère d’un bon fil-à-quarré est dans la juste pression des filamens, dans leur tension égale et dans leur torsion modérée. Delà, il s’ensuit que leurs hélices sont un peu allongées, parfaitement égales et bien décrites sur toute la longueur du fil. C’est cette qualité qu’on nomme le vrai fil-à-quarré coulé. L’on n’a pas besoin de le détordre pour se convaincre qu’il est sans mèche , ni boursouflure.
- Un bon fil doit avoir encore d’autres perfections. S’il a été moletté à cinq lignes et demi, cette circonférence doit être conservée jusqu’à son achèvement.
- p.12 - vue 15/165
-
-
-
- Ce fil doit être , outre cela, débarrassé de chénevottes, ainsi que des parties bouchonneuses, cotonneuses, et étoupillonneuses ; enfin il doit être parfaitement uni et bien serré, de telle sorte que les brins se trouvant ainsi rapprochés les uns des autres , ne forment plus qu’un même corps.
- L’excès de tortillement est aussi préjudiciable que l’excès de molesse ; il faut donc, comme nous l’avons dit, un terme moyen, celui qui produit des hélices un peu allongées et bien décrites. Ce fil sera, comme on voit, bien nourri dans sa torsion uniforme et non molasse.
- Du COMMETTAGE DES CORDAGES BLANCS.
- Comme dans notre rapport du 3o vendémiaire an 13, nous avons suivi une grande discussion sur les différentes sortes de cordages, sur le poids et la charge du quarré , sur le commettage et la répartition du raccourcissement, d’après la méthode de M. Duhamel, comparativement aux règles de l’art sur tous ces objets, nous y renvoyons pour nous occuper ici du commettage théorique d’une aussière , d’un cable , d'un touron , conformément aux principes adoptés par M. Gavoty, d’après la constitution du chanvre. Il y fait usage d’une nouvelle échelle qui ne laisse rien à désirer sur la connaissance du tortillement de toutes les parties qui composent l’aussière , les cables et les tourons dont nous allons faire connaître l’organisation.
- Nous commencerons par celle d’un cable de 24 pouces de circonférence.
- Ce câble est composé de trois cordons qui forment ses trois muscles»
- Chaque cordon est composé de trois tourons, en tout neuf tourons, et chaque touron est composé de 256 fils. Pour que le cable ait une certaine flexibilité, il faut que ses fibres et muscles soient souples et capables de se prêter à tous les efforts qu’ils au-
- p.13 - vue 16/165
-
-
-
- ront respectivement à faire , lors de l’emploi du cable noué à une ancre, ou d’un grelin, ou d’une aussière employée aux rouets d’une caliorne, ou employée à embrasser par un double tour l’arbre d’un cabestan. Pour cet effet, les fils sont fabriqués de la droite à la gauche ; les tourons sont tordus de la gauche à la droite', les cordons sont commis de la droite à la gauche', enfin, le cable est commis définitivement de la gauche à la droite.
- Par cette admirable combinaison , pas assez connue, toutes les parties qui composent le cable sont devenues souples et propres à se prêter mutuellement à tous les efforts auxquels est soumise chaque partie, selon la place qu’elle occupe.
- Pour faciliter l’intelligence des procédés du commettage , et de l’organisation d’un cable, et d’un de ses tourons de 256fils-à-quarré de la circonférence de cinq lignes et demie , M. Gavoty a joint à son traité une troisième planche dont l’inspection convaincra, avec celle des deux autres , combien il importe que/les fils soient tous à-peu-près du même diamètre , à pression , tension et torsion uniformes et à hélices un peu allongées et bien décrites.
- Plus il est prouvé par nos deux Rapports que M. Gavoty a fait une étude raisonnée des principes de l’art de la Corderie, plus il s’est mis en état de les faire connaître à ceux qui pratiquent cet art, plus nous sommes convaincus qu’il doit être encouragé à publier le Manuel du Fileur—Cordier dont les principes ne sauraient être trop-tôt répandus, non-seulement dans les ports, mais encore dans les départemens qui ont mêmes besoins d’instruction, auxquels M. Gavoty nous paraît pouvoir également satisfaire par son Manuel.
- Nous ajouterons que ce sera par la suite à M, Gavoty à qui nous devrons la connaissance détaillée de la constitution du chanvre dans ses états, ainsi que des conséquences importantes
- p.14 - vue 17/165
-
-
-
- qu’on peut en tirer relativement à leur filage et à la fabrication de toutes les sortes de cordages.
- Faitàl’Institut, le 9 octobre 1809. Signé à la minute, Péri ER,
- SANÉ, DESMAREST, Rapporteur.
- La classe approuve le rapport et en adopte les conclusions.
- Certifié conforme à Voriginal,
- A Paris, ce 12 octobre 1809.
- Signé, Del ambre.
- p.15 - vue 18/165
-
-
-
- -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------—— ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
- I
- ; 2
- *
- ( P
- K g
- p.16 - vue 19/165
-
-
-
- peroaazyasssancussonsroasssrsasarsauaas
- PRÉFACE.
- A‘IV*nnn ~Avo von Mo’ a/:
- A vant de publier un traité complet sur l’art de la corderie , j’ai pensé qu’il serait utile de faire connaître d’abord les principes de filature ; c’est de cette première opération que dépend essentiellement la perfection des cordages en général ; et pour donner au Manuel du fileur-cordier toute la clarté et l’étendue nécessaire et propre à former des élèves dans cet art, et faire disparaître les vices de l’ancienne méthode, j’ai cru devoir le rédiger sous forme de dialogue. Ce genre de diction a d’ailleurs l’avantage de conduire graduellement l’ouvrier d’une opération à l’autre, et de l’instruire en même-tems des causes qui le font agir. Une fois la bonne méthode établie, on ne peut la pratiquer sans une connaissance parfaite des règles qui l’ont produite. C’est aux maîtres d’atelier à la perpétuer pour le bien public , et pour leur intérêt
- particulier.
- B i
- p.17 - vue 20/165
-
-
-
- ( 18 )
- Ce petit ouvrage est d’autant plus nécessaire dans les corderies du commerce, qu’il n’en existe aucun qui puisse diriger même l'ouvrier quelqu'intelligent qu’il soit dans son art ; l’ouvrage in-4o. de M. Duhamel , destiné à l’usage des ports maritimes , est trop volumineux et trop cher , pour que l’ouvrier de l’intérieur de la France puisse se le procurer : d’ailleurs la méthode de l’auteur n’est pas basée sur le principe constitutif du chanvre,et sur la cause des ressorts de son élasticité dont la connaissance est absolument nécessaire à l’ouvrier. La routine arbitraire pratiquée dans toutes les corderies, ne peut dériver d’un art qui est indivisible. Un art est fondé sur des règles; les règles sont relatives aux matières; la nature des matières dépend de leurs principes constitutifs; et c’est la connaissance de ces principes qui détermine la manière d’employer ces matières. L’établissement de ces règles dépend donc de cette connaissance parfaite, et ce sont ces règles qui constituent l’art.
- Le célèbre académicien qui s’est occupé de cet art si essentiellement utile au grand art de la navigation, et aux mécaniques civiles
- p.18 - vue 21/165
-
-
-
- ( 19 )
- et militaires , n’a pas fait sentir que les ports et arsenaux de la marine devraient être regardés, quant aux arts civils, comme des colonies continentales, alimentées par tous les départemens ; il est constant que les ouvriers employés dans les ports et arsenaux , appartiennent à l’intérieur de la France , et que quand ils y ont travaillé pendant quelque tems, on ne saurait guère leur refuser un congéde quelques mois. Ces ouvriers rentrés dans leurs foyers , obtiennent facilement la permission dese rendre ensuite dans le port le plus voisin de leur arrondissement, et leur remplacement est fait par des fileurs qui ne connaissent également que leur pratique routinière , et des mains desquels ne sortent que des fils à boursouflure et mèche, d’une résistance inférieure à celle des fils selon les règles.
- L’économie des chanvres est l’objet d’une des sollicitudes du Gouvernement. L’établissement. des règles du peignage et du filage dans l’intérieur de l'Empiie y mettra le terme.
- Lorsque le Gouvernement forme le projet d’un grand armement , on commence toujours par ordonner dans les départemens
- ct
- A
- p.19 - vue 22/165
-
-
-
- ( 20 )
- une levée considérable de fileurs qu’on envoie dans les ports, pour y préparer le fil-a-quarré dont on a besoin. Ces fileurs qui ne connaissent pas les règles, ne font que du fil , comme il est dit plus haut , à boursouflure et mèche, qu’on est obligé d'em-ployer au commettage des cordages destinés au gréement des vaisseaux. On ne peut établir dans les arsenaux maritimes un chantier de jeunes fileurs , selon les règles de l’art, parce qu’un jeune homme de quinze ans n’a point encore le poignet assez fort pour donner les justes pression, tension et .torsion qu’il faut à un fil-à-quarré de cinq à six lignesde circonférence, sur plus de mille pieds. Il faut donc aux arsenaux militaires des ouvriers instruits dans leur profession.
- L’apprentissage des élèves-fileurs, est fixé à trois ans dans les corderies du commerce , et ces trois ans ne sont employés qu’à leur faire filer des étoupes; ce n’est qu’à l'age de dix-neuf à vingt ans , qu’on leur fait faire du fil-à-quarré.
- L’instruction des élèves ne peut donc appartenir qu’aux maîtres des corderies particulières , par des motifs convenables à leurs
- p.20 - vue 23/165
-
-
-
- ( ?1 )
- propres intérêts, d’autant plus que pendanc le tems de leur instruction, ces élèves sont obligés de travailler gratuitement; il ne pourrait en être de même dans les corderies impériales. Ces grandes manufactures sont trop en activité pour entretenir en permanence des chantiers d’instruction sur le filage. Au surplus, il est des momens où cinquante fi-leurs suffisent aux besoins d'un port, et d’autres où cinq cents fileurs sont insuflisans.
- De manière que si ces départemens fournissent aux besoins d’un port quatre ou cinq cents fileurs pour des objets pressans , et que si ces fileurs ne connaissent que leur pratique routinière , le port ne peut pas pour cela suspendre un armement très pressé pour mettre en apprentissage ces fileurs pendant plusieurs mois. On est donc obligé d’employer ces fileurs routiniers dès leur arri-vée:de-la, la perpétuité de cette pratique préjudiciable et l’impossibilité de gréer les vaisseaux de Sa Majesté avec des cordages plus menus, plus légers et plus résistans. Il est constant que quinze fils , selon l’art, ont le double de résistance de quinze fils, selon la pratique routinière.
- p.21 - vue 24/165
-
-
-
- ( 22 )
- Le perfectionnement des arts civils est dans les attributions du ministère de l’in-térieur : c’est donc dans les corderies répandues sur toute la domination de l’Empire, où il faut porter des soins paternels, et faire connaître aux maîtres cordiers , par une instruction facile et précise, la constitution du chanvre et les règles du peignage , du filûge et du commettage , inconnues jusqu’à ce moment, afin d’extirper dans sa racine la pratique routinière qui remonte aux siècles les plus reculés.
- Le perfectionnement du filage du chanvre, sera, non-seulement du plus grand avantage pour les cordages propres au gréement des vaisseaux, mais encore pour ceux nécessaires à la navigation intérieure, heureusement ang-© 2 0
- mentée depuis le règne de sa Majesté Impériale , jalouse de favoriser les progrès de l’agriculture , des sciences , des arts et du commerce.
- C’est lorsque les besoins de la marine se feront sentir , qu’on trouvera dans les dépar-temens des légions reconnaissantes de bons fileurs qui s’empresseront de se rendre où les besoins de l’Empire les appelleront.
- p.22 - vue 25/165
-
-
-
- ( 23 )
- Enfin, il importe d’autant plus d’effectuer ce perfectionnement qu'il conduira à diminuer d’un tiers le poids énorme des cordages dont on grée les vaisseaux (1) ; et pour prévenir ces préjudices incalculables à la navigation intérieure et extérieure de l’Empire, et pour bien graver dans la mémoire de l’ouvrier les règles de l’art, je n’ai rien vu de plus utile qu’une instruction dialoguée , divisée en sept chapitres :
- 1°. Delà constitution naturelle du chanvre;
- 2°. De sa culture ;
- 3°. De son rouissage;
- 4°. De son broyage ;
- 5°. De son peignage ;
- 6°. De son filage ;
- 7°. Enfin du commettage.
- Je vais donc me livrer à ce travail , en tachant de me rendre succinct et précis, afin que le dialogue réunisse à l’utilité la simplicité dont la nature indique les règles.
- On ne doit pas être surpris que j’aie pu
- ( I ) Ce poids énorme, depuis le tillac jusqu’au dessus du centre de gravité, est, plus ou moins , de 600 quintaux : ce poids sera réduit à 400,
- p.23 - vue 26/165
-
-
-
- ( 24 )
- dans un cours d’instruction de cinq mois consécutifs à la corderie impériale du port de Toulon , en 1806, sous la préfecture ma-ritime de M. le général Emeriau, rendre les élèves capables de répondre aux demandes qui vont leur être faites.
- p.24 - vue 27/165
-
-
-
- 2*"
- MANUEL
- D U
- FILEUR - CORDIER,
- DIAL OGUÉ,
- Sur la constitution du Chanvre, sa culture 3 et les règles de l’art de la Corderie.
- ------=--a9sssGboss-----------
- CHAPITRE 1.
- CONSTITUTION DU CHANVRE. •
- • - -meorrecenevirmases-
- Le Professeur.
- Lorsque la plante du chanvre est mûre et arrachée , dans quelle partie en sont placées les fibres ?
- L E s Elèves.
- Dans la partie qu’on nomme écorce qui enveloppe la chénevotte , espèce de gros chalumeau blanc , qui est le soutien de la plante dans son état de végétation.
- Le Professeur,
- Ce serait donc dans cette écorce que se trouveraient toutes les parties constitutives et naturelles du chanvre : donnez-en la preuve physique.
- Les Elèves.
- Lorsque la plante est mûre et arrachée, la constitution du chanvre consiste dans la chénevotte , l’épidenne, le parenchyme, les fibrilles et fibres longitudinales, le gluten, enfin dans une espèce de résine (2) dont les fibres sont imprégnées. On nomme vulgairement ces fibres Jilasse du chanvre.
- Les fibres longitudinales sont formées par une espèce de duvet de la longueur de quelques lignes ;
- ( 2 ) Gluten et Résine dont la découverte a échappé aux Auteurs qui se sont occupés du chanvre et de l’art de lacorderie.
- p.25 - vue 28/165
-
-
-
- chaque partie de ce duvet est soudée aux deux bouts de l’un à l’autre parle gluten dont nous venons de parler; de manière qu’une fibre longitudinale de 6 à 9 pieds et plus , contient un nombre considérable de fibrilles ou duvet; mais le gluten pouvant se dissoudre ' et diviser à l’infini la fibre longitu-dinale , la nature qui ne fait rien d’imparfait, a couvert cette libre d’un bout à l’autre d’une couche fine et légère de résine, capable de la garantir pendant quelque tems de l’action destructive de l’eau.
- Lorsque les tiges du chanvre ont été soumises à la macération dans un routoir , et que la putréfaction en a décomposé l’épiderme et le parenchyme, on les en retire pour les laisser sécher, et il ne reste plus alors sur la chénevotte que les fibres longitudinales pénétrées du gluten et de la résine.
- La chénevotte se trouvant brisée par la broye , alors la constitution du chanvre se réduit à son gluten et à sa résine qui consolident toute la force des fibres.
- Le Professeur.
- Aucun des auteurs des ouvrages sur le chanvre , ne nous a fait connaître sa constitution ni la cause qui rend la fibre des végétaux élastique.
- M. Duhamel nous dit sur l'élasticité et les ressorts du fil-à-quarré, aux pages 150 et 151 : que si un fl de caret tendu et abandonné à lui- même perd à l'instant 3 par l'effet de son élasticité, presque tout le tortillement qu’on lui a donné 3 deux autres semblables fls3 commis enfi bitord, chaque partie conserve son tortillement3 et les deux parties restent en équilibre l'une à l'autre (3).
- Page 164: que le chanvre mol doit être un peu
- (3) Pour concevoir l’effet de cet équilibre, il faut nécessaire-ment l’expliquer: c’est parce que les fils sont tortilles de droite à gauche, que leur élasticité les oblige à se détordre de gauche
- p.26 - vue 29/165
-
-
-
- ( 27 )
- plus tortillé què le dur. Que le ressort des fils est nécessaire pour commettre du bitord, et qu’il serait impossible d’en commettre avec des fils qui ne seraient pas plus élastiques que le sont des fils de plomb.........il faut donc profiter de la force élastique pour faire qu’ils restent tortillés, l'élasticité des fils est donc nécessaire pour faire une corde de chancre q de-là il s’ensuit qu’il faut d’autant plus tordre le fil de caret, que le chancre dont il est composé, est moins élastique, je m’explique : il y a des chancres si roides, si ligneux, qu’ils acquièrent beaucoup d’élasticitépar le moindre tortillement ; au contraire, il y en a de si mois qu’il les faut tortiller dacantage pour leur faire acquérir l’élasticité qui leur est nécessaire pour se commettre.
- A ces remarques savantes, il ne manque que l’explication de la cause qui opère cette élasticité du chanvre, si nécessaire au commettage, et si importante à connaître.
- Cette élasticité émanant de la constitution de la matière qui forme le sujet du présent chapitre, vous ne pouvez vous dispenser de faire connaître ici la découverte que nous avons faite de la cause qui rend élastique la fibre des végétaux et l’application que nous en avons faite, pour servir de base aux règles de l’art de la corderie.
- Instruisez-nous de la cause qui rend le chanvre plus ou moins élastique.
- Les Elèves.
- Pour faire connaître la cause de l’élasticité de la
- à droite ; mais quand deux fils sont noués et réunis par un toupin , leur force élastique les entraîne à se tortiller par des hélices de gauche à droite, ce qui forme entre les deux fils un équilibre parfait, puisque ces deux forces sont en opposition entr'elles; 1 Alt; gHü forme l'équilibre des deux fils simples, dont est composé
- p.27 - vue 30/165
-
-
-
- (23)
- fibre et de ses ressorts, nous diviserons notre réponse en cinq parties.
- 1°. Cause de V élasticité de la fibre du chancre et des ressorts du fil lors de sa confection.
- L’élasticité de la fibre de chanvre provient de la couche fine et légère de résine dont elle est imprégnée.
- L'élasticité et les ressorts des fils dont on peut se convaincre , sont connus depuis long-tems ; mais la cause qui en a été ignorée jusqu’à présent, à empêché de diriger les manipulations du chanvre d’une manière convenable.
- 2°. Preuce de T élasticité et des ressorts du fil produite par la résine dont les fibres sont pénétrées.
- S’il arrive qu’un ouvrier en filant, se trouve a une longueur de 5 brasses, et que son fil ait le malheur de rompre à 25 brasses , les fibres ou chanvre de la partie rompue reprennent avec une violence extrême, leur état naturel, et le sur-plus du fil se double, se vrille en coques, et se retord avec une impétuosité surprenante.
- 3°. Preuce de V inertie du fil lorsque le chancre est dépouillé de sa résine.
- Si nous dépouillons notre chanvre de sa résine, il ne nous restera qu’un duvet blanc sans élasticité et sans énergie. Nous pourrons en filer quelques brasses, mais si le fil rompt, il n’en résultera que l'impuissance d’un fil inutile.
- 4° 1 or tille ment de fil et commettage des cordages en chancre dur, et chancre doux.
- D’après vos règles basées sur la constitution du chanvre , nous nous sommes convaincus que le fil-a-quarré d’un chanvre rude et dur, doit être tortillé avec modération , pour ne pas trop exciter son élasticité, parce qu’un tortillement qui y serait
- p.28 - vue 31/165
-
-
-
- (
- i
- »
- ad f . (sdi
- 8
- ( 29 )
- disproportionné , ne pourrait que diminuer la force de la fibre j tandis que le fil d’un chanvre doux peu élastique 3 doit au contraire recevoir une torsion propre au commettage. De-là il s’en suit que si le c hanvre peu élastique exige un plus grand tortillement et le commettage au tiers de raccourcissement, il faut tordre moins le chanvre élastique, et ne commettre le cordage qu’au quart.
- 5°. Avantage résultant de la conservation de la couche de résine .dont la fibre du chanvre est douée.
- La résine est la préservatrice de la décomposition prompte des cordages exposés aux intempéries et à l’action de l’eau. C’est la conservation de cette résine qui consolide l’élasticité et les ressorts du fil, et qui donne aux cordages la force dont le chanvre est susceptible.
- "i-ngrazezcacusazerezorezwezazzvsvrsisszznmozsacxaqzsememaorssoatrrrasamgenoemetasameroasy
- C H A P I T R E 1 f.
- CULTURE DU CHANVRE.
- Le Professeur.
- M. Duhamel nous dit , page 23 : 1°. les terres trop fortes ou trop sèches ne donnent jamais une filasse bien douce ; elle est trop ligneuse, et par-conséquent dure et cassante. Au contraire, si le terrein est trop aquatique , l’écorce du Chanvre qu’on y aura recueilli, sera herbacée, tendre, et aisée à rompre 3 ce qui la fait tomber en étoupes. Ce sont donc les terre in s doux , substancieux et médiocrement humides qui donnent de la filasse douce , flexible et forte, qui sont les meilleures qualités.
- 2.° Quand les années sonthaleuses, la filasse est
- p.29 - vue 32/165
-
-
-
- ( 30)
- dure ; au contraire elle est souple et quelque-fois tendre , quand les années sont fraîches et humides.
- 3.° Quand le Chancre a trop resté sur pied, les fibres longitudinales de l’écorce sont trop adhérentes les unes aux am iesj la F liasse brute / orme de larges rubans qu’on a bien de la peine à refendre, sur-tout rers le pied, c’est ce qu’on exprime en disant qu’une queue de Chancre a beaucoup de pattes ; c’est 1e défaut de tous les Chancres femelles qu’on a été obi gé de laisser trop long-tems sur pied pour y mûrir leurs semences. Au contraire, si l’on arrache le Chancre trop vert, l’écorce étant encore herbacée, il y a beaucoup de déchet, et la filasse n’appoint de force
- , 4- Le Chanvre qui a été semé trop clair, a l ecorce épaisse, dure, noueuse et ligneuse, au lieu que celui qui a été semé assez dru , a l’écorce fine.
- Expliquez-nous ces causes d’une manière simple, mais conforme aux produits naturels.
- Les Elèves.
- Nous allons diviser notre réponse en huit parties , afin de la rendre plus instructive.
- 1°. cause qui rend le chancre doux et flexible, ou plus ou moins rude et dur.
- Les terres douces, substantielles et aquatiques rendent le chanvre doux et flexible , comme Je sont les joncs, les osiers , les saules, etc.; mais ces végétaux pourrissent promptement dans l’eau.
- Les terres dures , fortes et sèches rendent le chanvre rude et dur , comme le sont le Spart, le Chêne du midi, l'If, etc.; aussi ces végétaux résistent plus long-tems à l’action de l’eau.
- 2". Comparaison des Chancres du Nord, acec ceux de France} d’Italie et d’Espagne.
- Les chanvres du Nord ne sont doux et flexibles
- p.30 - vue 33/165
-
-
-
- os
- que parce que leur résine est relative aux terres humides et à l’atmosphère du Nord ; aussi ces chanvres pourrissent promptement dans l'eau.
- Les chanvres de France , d’Italie et d’Espagne sont plus ou moins rudes et durs , selon la nature des terres plus ou moins sèches , et selon l’atmos-phère plus ou moins chaud ; de-là il s’en suit que leur résine acquiert plus ou moins de dureté; mais aussi ces chanvres se conservent plus long-tems dans l’eau.
- 3°. Cause qui rend les Chanvres de France, d’Italie et d’Espagne , plus résistibles à l’action de l’eau que ceux du Ford.
- D’après les expériences auxquelles nous avons assisté, nous avons remarqué que les cordages en chanvre des pays méridionaux se conservent mieux dans l’eau que les cordages confectionnés avec des chanvres du Nord qui y pourrissent plus promptement.
- La cause de cette différence procède de ce que la libre du chanvre méridional est douée d’une résine plus dure et plus résistible aux intempéries humides, que celle du chanvre du Nord qui est plus légère et plus douce, et conséquemment moins opposante à la pénétration de l’eau.
- 4°. Chanvre semé clair, et Chanvre semé dru.
- Le chanvre semé clair a la faculté d’étendre ses racines et de profiter de son aisance; toutes les parties qui le constituent sont de fait bien nourries : ses fibres acquièrent une grande résistance.
- Le chanvre semé dru a nécessairement ses raci
- ( «
- nes croisées et entrelassées ; il se trouve par-là priv ‘ d’une suffisante nourriture ; et cette privation 1 rend maigre et étiolé , conséquemment faible , doux, bouchonneux et étoupillonneux.
- 5°. Chanvre arraché vert, et Chanvre arraché mûr.
- Le chanvre arraché vert est le moins bon, par-
- p.31 - vue 34/165
-
-
-
- ( 32 ) ce qu’il n’a pas acquis le degré de maturité nécessaire ; aussi, il est fin , doux, faible et étou-pillonneux.
- Le chanvre arraché lors de sa maturité, a ses feuilles sèches, et est un des meilleurs pour la cor-derie , si toutes fois il n’a pas été semé ni trop clair, ni trop dru, dans une terre purement et simplement substantielle et bien amandée.
- 6°. Instruction sur le Chanvre arraché vert.
- Un chanvre arraché un peu vert est comme un fruit cueilli avant sa maturité. Le gluten et la résine sont les sucs du chanvre vert. Pour que le chanvre soit de bonne qualité, ces sucs doivent mûrir et se dessécher dans les fibres de la plante.
- 70. Chancre male, et Chancre femelle.
- Le chanvre mâle a ses fibres ordinairement courtes ; elles sont de trois à quatre pieds , douces et fines , par la raison que la plante mûrit et se desséche dès qu’elle a répandu sa poussière fécondante.
- Le chanvre femelle a ses fibres de six à neuf pieds et plus et sont très-résistantes.
- 8°. Avantage qui résulterait, si l’on n arrachait le Chancre femelle qu après la maturité de ses graines.
- Le chanvre femelle serait le meilleur pour la corderie , si l’on n’avait pas l’usage de mettre ses tiges dans des fosses , dès qu’il est arraché , pour parla fermentation, en faire mûrir ses graines. Cette fermentation altère et détériore les parties qui constituent le chanvre, et le bout des tiges en souffre le plus.
- La filasse de ce chanvre produit ordinairement lors du peignage, une augmentation d'étoupillons qu’on attribue a un trop grand rouissage. Celte
- p.32 - vue 35/165
-
-
-
- ( 33 ) détérioration de matière est causée par la fermentation dont nous venons de parler. Il serait donc avantageux qu’on n’arrachât les plantes du chanvre femelle qu'après la maturité du chénevis; la filasse en serait plus belle et plus résistante ; il en résulterait en outre pour le cultivateur un avantage réel, celui de conserver sainement les fibres , le gluten et la résine dont le poids diminue en raison du degré de fermentation que l’on fait subir aux tiges , pour en faire mûrir leurs semences.
- LE Professeur.
- On prétend que le chanvre du Nord est le plus doux et le plus fin de tous les chanvres , conséquemment préférable à celui du Midi qui est rude, dur et cassant ; telle est l’opinion de M. Duhamel qui nous dit, page 48: Le Chanvre de Riga, de Bergues } de Kœnigsberg} est sans contredit le plus, doux et le plus fin de tous les chanvres.
- Auparavant page 32, il dit: Le Chanvre du Midi est sec j dur et rude au toucher. ... .il se redresse par une force élastique, comme le feraient nombre de petits ressorts.
- Il est incontestable que quand le chanvre est fin, moelleux , souple, doux au toucher, peu élastique, et en même temps difficile à rompre, il est certain, dis-je, qu3il doit être regardé comme le meilleur ; mais si le chanvre est rude , dur et élastique , quand même il résisterait beaucoup par l’épreuve dont nous parlons , on peut être certain qu’il donnera toujours des cordes beaucoup plus faibles que celles qui auront été faites avec du chanvre qui aurait rompu plus aisément par l’épreuve en question, et qui d'un autre côté serait fin et souple comme, de la laine.
- Page 77. Nous avons essayé inutilement d’affiner le chanvre de Lan ion, autant que celui de Riga; si pour cela nous l'avons beaucoup espadé, f erré,
- p.33 - vue 36/165
-
-
-
- ( 34 )
- peigné, lourmenté, nous avons occasionné un déchet énorme sans pouvoir parvenir à Vaffiner, et à lui procurer la molesse et la douceur de celui de Riga, il ne jaut donc pas se proposer de procurer à ces ciianvresW^nQ^la souplesse des autres, mais seulement de leu r en donner le plus qu'il est possible, sans produire beaucoup de déchet, en les peignant un peu plus que les autres, et en les passant sur le fer et sur le frottoir.
- Faites connaître à cet égard le résultat des" manipulations des chanvres selon les règles de l’art.
- Les Elèves.
- Le chanvre dur du Midi, et le chanvre doux du Nord sont tous deux de bonne qualité, quand ils sont manipulés selon leur constitution et les règles de l’art. Les savans des derniers siècles sont excusables de n’avoir pu rectifier les erreurs de leurs prédécesseurs, parce qu’ils ne connaissaient pas la constitution du chanvre.
- Les chanvres doivent être manipulés selon leur état naturel: le chanvre dur et élastique doit donc l’être d’une manière différente de celle du chanvre doux et flexible; car si on le manipule selon la pratique arbitraire, on affaiblira sa résistance sans le rendre ni plus doux ni plus flexible.
- Le Professeur.
- On prétend qu’il y a des chanvres qui sont ligneux; M. Duhamel nous dit, page 82 : JXous avons J ait remarquer que T écorce du chanvre était d'abord tendre et herbacée, que peu-à peu les fibres qui la formaient, acquéraient de la solidité et devenaient ligneuses ; mais nous avons fait observer aussi que, soit par la trop grande maturité de la plante, soit par la nature duterrein, ou par la chaleur de la saison, cette écorce devenait quelquefois ligneuse;
- p.34 - vue 37/165
-
-
-
- ( 35 )
- il s’en trouve qui l’est à un tel excès3 qu’elle en est cassante, et alors le chanvre se rompt pour peu qu’on le torde entre les doigts. Il est rarement aussi cassant que nous venons de le dire , mais souvent il est sec , dur et rude au toucher. Si, après l’avoir pelotonné entre les mains , ou après en avoir tordu entre les doigts, on Vabandonne à lui-même, il se redresse par une force élastique , comme le Je-raient nombre de petits ressorts (4).
- Page 36 : Le chanvre cueilli un peu vert, et dont les fibres de l’écorce n’étaient pas encore devenues très-ligneuses, étaient plus souples que les autres ; mais ces chanvres doux , pour être trop herbacés , sont aussi plus aisés à pourrir que les chanvres rudes et très-ligneux ; on convient assez généralement de cette proposition dans tous les ports : celui de Riga, par exemple, que nous prouverons faire des cordes très-fortes , passe pour pourrir plus promptement que les chanvres de Bretagne ( 5 ).
- Expliquez-nousla cause qui peut rendre le chanvre comme ligneux.
- Les Elèves,
- Nous allons prouver qu’il n’est pas possible qu’il y ait de chanvre ligneux.
- Preuve de ce qu’il n’y a point de chanvre ligneux et explication de la cause qui lui en donne l’apparence.
- Le chanvre du Midi peut être rude , dur et élastique ; c’est la nature du sol et du climat qui le rend
- (4) II eût été bien utile que M. Duhamel eût fait des recherches pour découvrir la cause de cette élasticité et de ces petits ressorts; cette découverte l’aurait conduit aux plus grands succès.
- (5) Pourquoi le chanvre de Riga pourrit - il plus promptement que celui de Bretagne? l’auteur aurait du en chercher la cause; il eût par cette découverte basé sa méthode sur la constitution du chanvre.
- C 2
- p.35 - vue 38/165
-
-
-
- tel ; mais c’est une erreur de croire qu’il soit ligneux.
- La plante du chanvre ne peut être du genre des ligneuses , par la raison qu’elle n’est point vivace. Sa chénevotte , qui n’est qu’un tuyau tendre et léger, ne peut être assimilée au bois , et ses fibres ne peuvent être ligneuses.
- Nous allons, pour l’intérêt du cultivateur, faire connaître la cause qui, en apparence, rend certains chanvres comme ligneux.
- D’abord on a la mauvaise habitude, avant de faire rouir le chanvre, de l’exposer au soleil pendant plusieurs jours, pour en faire sécher les feuilles. L’est par cette exposition que l'écorce de la plante devient sèche et dure comme du bois. Cette pratique est préjudiciable aux fibres : le rouissage s’opère infiniment mieux et plus promptement, quand le chanvre est mis dans leroutoir 48 heures apres qu'il a été arraché dans l’état de maturité; mais quand il est arraché vert et desséché au soleil, il faut beaucoup plus de tems pour que l’eau puisse pénétrer dans l’intérieur de l’écorce. Si l’eau est courante, la putréfaction de l’épiderme et du parenchyme est plus longue à s’opérer. De manière que si on enlève du rouloir ces plantes , avant le degré de décomposition utile , les fibres restent enveloppées des parties dont elles auraient du cire dégagées. Ce chanvre imparfaitement roui, est plus difficile à broyer. Aussi, quelque soin que le broyeur puisse apporter , pour le dépouiller des chénevottes , il en reste toujours des parcelles qui le rendent encore plus défectueux ; la broye ne peut enlever aux fibres les parcelles de l’épiderme et du parenchyme qui y restent jointes , et qu’on peut remarquer sans le secours d’une loupe. Ces parcelles rendent aussi les fibres dures , et qui plus est, comme ligneuses ; et ce n’est pas à la qualité de la terre qui a produit ces chanvres, mais à un rouissage imparfait qu’il faut en attribuer ce défaut; et si l’on met de ce chanvre dans l’eau avec du chanvre doux
- p.36 - vue 39/165
-
-
-
- ( 37 )
- et ilexible , ils seront a l’instant tous deux aussi doux et aussi moelleux l'un que l’autre. C'est ce qui prouve que cette fibre , quoique dure, n’est point ligneuse, mais viciée de parcelles fines et légères de paren-chyme et d'épiderme qui s'imbibent d’eau avec la même facilité que la libre elle-même.
- Le Professeur.
- M. Duhamel nous fait connaître la disposition or-ganique d’une tige de chanvre , 17; il dit : les tiges du chanvre sont creuses intérieurement, ou remplies d'une moelle tendre ; sur cette moelle se trouve un bois tendre et f ragile, et c’est ce qu'on appelle la chêne cotte, sur laquelle est une écorce assez mince, composée de fibres qui s'étendent suivant la longueur de la tige -, cette écorce est assez adhérente à la chénerotte, et les fibres longitudinales qui la composent} sont jointes les unes aux autres par un tissu vésiculaire ou cellulaire : enfin le tout est recouvert par une membrane très-mince, qu'on peut appeler l’épiderme.
- Cette définition est imparfaite ; elle n’instruit pas de la constitution physique de la tige du chanvre; donnez-nous en une qui y soit conforme.
- Les Elèves.
- Notre réponse va être divisée en deux parties.
- 1°. Définition de la tige du Chanvre.
- La tige du chanvre est couverte d’une écorce qu’on ne saurait guère diviser qu’en deux parties.
- La partie intérieure qui enveloppe à juste apposition la chénevotte , contient un parenchyme léger et des fibres longitudinales qui sont liées les unes aux autres par des fibrilles infiniment fines et délicates.
- La partie extérieure est une pellicule fine , qui sert d’enveloppe a une chair légère, de couleur vrete
- p.37 - vue 40/165
-
-
-
- ( 38 ) adhérente a la partie intérieure parenchymenteuse et fibreuse.
- Cette partie extérieure est appelée l’épiderme ; et comme elle doit conserver tout ce qu’elle enveloppe , la nature l’a couverte d’une espèce àl humus rude au toucher, et résistant sans doute, non-seulement aux intempéries , mais encore à la morsure des animaux.
- I ouïes ces parties sont vivifiées par une sève qui produit des sucs glutineux et résineux 3 comme le sont en majeure partie les végétaux par des vaisseaux déférens et utricules.
- Les filamens du chanvre encore herbacé ne forment qu’un duvet blanc ; mais ce duvet se colore et devient fibrille par la croissance de la plante.
- Le gluten , dont nous venons de parler , soude ces fibrilles les unes aux autres, pour en composer les fibres longitudinales qui sont elles-mêmes consolidées dans leur longueur par une couche de résine infiniment légère.
- On voit par cette définition que les fibres longitudinales sont liées à côté les unes des autres par de petites fibrilles très-légères et non par un tissu vésiculaire ou cellulaire ; car si cela était ainsi que le dit M. Duhamel, le rouissage ne pourrait s’opérer pour décomposer ce tissu, qu’en détruisant en même-tems les fibres longitudinales. Nous ne connaissons que le thymelée lagetta qui croit à la Jamaïque et à Saint-Domingue , dont la tige et les branches sont enveloppées d’une écorce qui est composée de nombre de tuniques filamenteuses représentant le tissu cellulaire ; aussi, on ne saurait, peigner cette sorte de filasse , et il en serait de même du chanvre , s’il avait un tissu cellulaire ou vésiculaire.
- préparation du chancre doit être relative à sa constitution.
- On a du concevoir parce que nous avons dit jusqu’ici , que la résine du chanvre en consolide la résis-
- p.38 - vue 41/165
-
-
-
- ( 39 )
- tance ; il faut donc nécessairement la lui conserver dans les manipulations auxquelles on le soumet.
- Nous avons dit plus haut que le chanvre dépouillé de sa résine devenait duvet blanc , semblable au coton, sans en avoir sa. résistance : nous avons plongé de se duvet dans l’eau, il est devenu pâte à papier très-bel le.
- Nous devons aussi observer que les liquides alka-lins et corrodans sont les destructeurs de la résistance du chanvre.
- C II A Pl T R E U !.
- ROUISSAGE DU CHANVRE.
- x Le Professeur.
- M. Duhamel nous dit , page 17 : ce qji on se propose} enlenant le chancre dans l’eau } est défaire en sorte que l’écorce se détache plus aisément de la chénecotte } et de détruire l’épiderme et une partie du tissu cellulaire (6), qui lient les unes avec les autres les fibres longitudinales j tout cela se produit par un commencement de pourriture } c’est pourquoi il est dangereux de tenir t\op long-temps le chancre dans l’eau j car alors il rouit trop ; c’est - à - dire , que l’eau n’a pas seulement agi sur l’épiderme et sur les plus petites fibres (7), mais qu elle a de plus altéré les fibres longitudinales (8), en un mot, le
- ( 6 ) Nous avons démontré à la page 38 que le chanvre n’a ni tissu cellulaire, ni vésiculaire.
- (7) Le Rouissage ne doit s’opérer que sur l’épiderme, sur la chair verte et le parenchyme. Si l’eau doit agir sur les plus petites hbres, pourquoi n’agirait-elle pas sur les libres longitudinales?
- (8) Non seulement les libres longitudinales seraient altérées mais encore leur résine et leur gluten.
- p.39 - vue 42/165
-
-
-
- (40)
- chanvrè est trop pourri} et en ce cas, la filasse n'a plus dejorce ( 9 ): au contraire , quand le chanore na pas été assez long - temps dans l’eau, l’écorce leste adhérente a la chenerotte, la filasse est dure, élastique , et on ne la peut jamais bien affiner (10). Il y a donc un milieu à garder, et ce milieu ne dépend pas seulement du temps qu’on laisse le chanvre dans l’eau, mais encore de la qualité de l’eau, de la chaleur de l air, et de la qualité du chanvre (I1); celui qui a ete éleve dans une terre douce , qui n’a point manqué d’eau, et qu’on a cueilli un peu vert, est plutôt^ roui que celui qui a crû dans une terre Joi i e ou sec he , et qu’on a laissé beaucoup mûrir ( i 2);
- Page 18 : J’ai mis à rouir du chanvre dans différentes eaux , et il m’a paru que la filasse de celui qui avait été roui dans T eau croupissante, était plus douce que celle du chanvre qu’on avait roui dans / eau courante ; mais la filasse contracte dans les eaux qui ne coulent point, une couleur désagréable qui ne lui cause à la vérité aucun préjudice, car elle n en blanchit que plus aisément ( 13); cependant cette couleur déplait, et la filasse en est moins mar-
- . (9,) La cause de ce que la fibre n a plus de force procède de l’altération de sa résine.
- (ro) Il est donc nécessaire de connaître le dégre utile de rouis-sage , et cependant on ne le voit nulle part dans cet-ouvrage.
- (II) A ces vérités il ne manque que la connaissance et l’indication du degré du rouissage. Le froid retarde et la chaleur provoque le degré de maturité des fruits, comme le dégré de putréfaction des parties dont le chanvre doit être dégagé. il faut donc observer le travail de la nature pour en faire la découverte.
- ( 12) Un chanvre arraché un peu vert doit en effet pourrir plus promptement; mais quand il ne subirait qu’un rouissage modéré , sa qualité n en serait pas moins mauvaise. Voyez l’instruction page 32. " ’
- (13) L eau croupissante est ordinairement en putréfaction : il faut donc de l’attention pour le chanvre qu’on y met rouir. Mais
- p.40 - vue 43/165
-
-
-
- ( 41 )
- chan de ; cs est pourquoi on fait passer, autant qu on le peut, au travers des routoirs un petit courant d'eau qui renouvelle celle du routoir, et qui empêche qu elle ne se co rrompe (14).
- J'ai encore essayé de faire bouillir du chanvre dans de l’eau, espérant que je parviendrais à le mettre en peu de temps dans le même état qu’il est au sortir du routoir ; mais quand après avoir bouilli pendant plus de dix heures , on le retirait de l’eau pour le laisser sécher, il n était point du tout en état d’être tillé; il est vrai que lors qu’on le tillait tout chaud et tout mouillé, l’écorce se détachait aisément, mais elle restait comme un ruban, le tissu cellulaire n’étant pas détruit (15), les fibres longitudinales restaient jointes les unes aux autres, on ne pouvait les séparer et il était impossible de bien affiner la fibre (16).
- On a, coutume de juger que le chanvre a été suffi-sam ment roui, en éprouvant si l’écorce se lève aisément et de toute sa longueur de dessus la chénevotte; outre cela il faut avouer que la grande habitude des paysans qui cultivent le chanvre , les aide beaucoup si l’on ignore le degré de rouissage nécessaire , bientôt la résine dont la filasse est imprégnée, en sera altérée par une couleur désagréable quine lui cause , nous dit-on , aucun préjudice, carelle n’en blanchit que plus aisément. Cela est dans l’ordre des choses; mais quand on ne connaît pas la cause de cet avantage apparent, et préjudiciable au fond , on est excusable. Le blanchissage des toiles sur lu prairie ou dans une chaudière, ne s’opère qu’en détruisant la résine du chanvre dont les toiles sont composées. Voilà la cause de ce qu’une toile blanchie n’a pas la même durée d’une toile crue.
- (14) L’eau croupissante est en corruption : un petit courant d’eau ne peut que diminuer proportionnellement cette corruption.
- (15) Nous avons déjà dit que le chanvre n’a point de tissu , faire bouillir les tiges du chanvre, cuit, à la vérité , l’épiderme et le parenchyme; mais leur décomposition ne peut s’opérer que par la putréfaction.
- (16) Les libres étant enveloppées de l’épiderme et du paren-ch) me, il n’est pas étonnant qu’on n’ait pu les peigner.
- p.41 - vue 44/165
-
-
-
- (42)
- a ne lui donner que le degré de roui qui lui convient • cependant il s y trompent quelque fois } il m3a paru qu il y avait des provinces où l’on était dans V usage constant de rouir plus que dans d’autres (17).
- Toutes ces citations doivent faire remarquer que le rouissage mérite une attention particulière puisque le salut du navigateur n’est que dans la bonne qualité du chanvre qui compose les-cordages et les voiles des vaisseaux.
- Un rouissage routinier est d’autant plus préjudiciable, qu’on ignore que le chanvre contient une résine qui est le seul agent de sa résistance et de sa duree. On doit clone faire ensorte que cette résine si precieuse ne soit point d’abord détériorée par un rouissage arbitraire. r
- Indiquez-nous donc la qualité de l’eau la plus convenable au rouissage , et le degré de putréfaction auquel il faut retirer le chanvre du routoir , afin de n en point altérer la résine, le gluten et la fibre.
- Les Elèves.
- Nous diviserons notre réponse en deux parties:
- 1°. Dégré du Rouissage.
- L’EAU courante conserve quelques jours la tige du chanvre ; mais l’eau ayant exercé son action sur toutes les parties qui en composent l’écorce, peu à peu l epiderme , la chair verte et le parenchyme se gonflent, deviennent en pâle, entrent en putréfaction-quelques petits vers éphémères y prennent naissance et alors le rouissage est au dégré nécessaire. . Les fibres qui enveloppent la chénevotte, restent imprégnées de leur gluten et de leur résine} mais si Ion n avait pas 1 attention de retirer les tiges du rou-loir des le lendemain de l’apparition des petits
- vers
- (17) Lorsque la constitution du chanvre et le dégré de rouissage utile seront publiés ,les cultivateurs, pour leur propre intérêt, persectionneront le rouissage du chanvre. 1 ‘
- p.42 - vue 45/165
-
-
-
- ( 43 )
- la putréfaction attaquerait la résine et le gluten , et la libre se trouverait détériorée. Nous ne pouvons déterminer le nombre de jours nécessaires pour produire la décomposition utile; il dépend delà température de l’atmosphère : la chaleur la provoque, tandis que le froid en est le préservateur; ainsi le nombre de jours est relatif à la température de chaque pays. -
- L’eau dormante , ayant par elle-même un léger degré de putréfaction , elle aide beaucoup à la putréfaction de l’épiderme , de la chair verte et du parenchyme ; mais il faut en suivre avec plus de soin les progrès de la décomposition.
- L'EAU CROUPISSANTE ne vaut rien pour le chanvre, parce qu’elle opère par la putréfaction qu’elle en-gendre promptement, la décomposition de l'épi-derme , celle de la chair verte et du parenchyme, et bientôt la résine , le gluten et la fibre en sont altérés.
- Cette eau donne à la filasse la couleur d’un brun terne et désagréable, parce qu’elle a altéré sa résine , et par cette cause, la fibre ne peut qu’en blanchir plus aisément au préjudice de sa résistance.
- 2°. Défaut des chanvres trop rouis.
- Les chanvres dont la résine est altérée par l’excès du rouissage, perdent considérablement de leur force, parce que , comme nous l’avons déjà dit, c’est la résine qui consolide toute la résistance de la fibre.
- Le chanvre qu’on a laissé rouir au-delà du dégré nécessaire, devient véritablement tendre et doux; mais par la suite (18) il se trouve bouchonneux , cotonneux et étoupillonneux, ce qui produit beaucoup de poussière (19), des étoupes et étoupillons, et la fibre rompt facilement ; tandis que le chanvre qui n’a été roui qu’au dégré convenable , est nécessaire-
- ( 18 ) Par le travail de la nature sur tous les corps.
- (19) Effet de la décomposition de la résine altérée par un trop grand rouissage.
- p.43 - vue 46/165
-
-
-
- ( 44)
- ment plus dur et plus élastique, mais aussi il est plus résistant,
- La dureté et l’élastivité des chanvres ne sont dus, comme nous l’avons démontré , qu’à la bonne qualité de leur résinequ’il est indispensable de leur conserver.
- Détruire donc cette dureté et élasticité par un trop grand rouissage , ou par des manipulations de frotte-mens, ou par des procédés chymiques , ou par du savon verd ou noir , c’est s’induire soi-même en de grandes erreurs, et détruire en même-tems la sagesse du travail combiné par la nature.
- BbeeAnscsaerssezstzsesseessasassersraserxneeszrasayzrasscsrarsetcanseen
- CHAPITRE IV.
- BROYAGE DU CHANVRE.
- Le Professeur.
- Quoique le broyage soit de peu d’importance, rendez-nous compte cependant des remarques que vous auriez pu faire sur ses effets.
- Les Elèves.
- La broie produit une filasse dégagée en partie de celles qui se trouvent trop rouies, parce qu’elles se réduisent dans l’engrenage en étoupillons.
- La broie du chanvre qui n’a pas reçu le dégré de décomposition nécessaire, divise la filasse qui se trouve en rubans et pattes, et pulvérise en partie l’épiderme et le parenchyme imparfaitement décomposés , avantage que la broye a sur le teillage. (20) Or , le teillage a l’avantage de ne point entrelasser les brins du chanvre les uns dans les autres; mais le bro-
- (20) Le teillage n'est usité que dans les pays où l’on cultive peu le chanvre.
- p.44 - vue 47/165
-
-
-
- ( 45 )
- yeur peu affecté de ce grand défaut, rassemble ses poignées de chanvre broyé, en forme de queues , et ensuite il en compose des ballots; à l’ouverture de ces ballots , lors du peignage, il en résulte un déchet considérable qu’on ne peut attribuer qu’à la pression des brins croisés qui se trouvent mêlés dans les queues.
- Pour éviter l'entrelassement des brins, et même pour rendre nos chanvres infiniment plus beaux, il faudrait les dégager de la terre et de la poussière qui se trouvent dans les queues ; pour cet effet , le broyeur devrait être tenu, avant de former les queues , de passer son chanvre broyé dans un redressoir de quatre rangs , chacun de six dents de fer de 12 à 15 pouces de longueur, carrées par le bas et en pointes; ces dents seraient placées en quinconce, écartées les unes des autres de deux pouces , non compris leur épaisseur qui serait par le bas de 7 à 8 lignes.
- Les chanvres du nord ont leurs brins en droite ligne , ils semblent avoir été passés dans un redressoir : que nos broyeurs fassent usage de leur intelligence , le redressoir ne sera pas nécessaire.
- CHAPITRE V
- ESPADAGE ET PEIGNAGE DU CHANVRE.
- - - - oD) em-T----------—
- ESPADAGE,
- Le Professeur.
- M. Duhamel nous dit, page 64 : La préparation que le cordier donne au chanvre, e&t de l’espader. Il pourrait par d'autres manœuvres
- p.45 - vue 48/165
-
-
-
- ( 46 )
- procurer au chanvre les mêmes avantages qu’il lui. donne en le frappant avec le tranchant d’une palette de bois sur le bout d’une planche qui est dressée verticalement j mais soit qu’on ait remarqué que cette opération qu’on appelle espader, produise moins de déchet que toute autre, soit qu’on la croie moins coûteuse , c’est la seule qu’on emploie dans les ports pour commencer à affiner le chanvre et le débarrasser de ses chêne vott es , encore est - elle négligée dans plusieurs corderies (21).
- .Après avoir expliqué le travail des ouvriers^ comment ils espadent le chanvre, nous avons prouvé que cette préparation le nétoie mieux de ses chéne-vottes que toute autre préparation connue , et quelle sépare très -bien les fibres longitudinales du tissu vésiculaire et de Vépiderme qui les unissent ; en un mot, quel’espade est très-propre à nettoyer et affiner le chanvre ; ensuite nous avons détruit les reproches qu’onfaità cetteprépara tion, en faisant voir qu elle n occasionne qu’un déchet nécessaire , que bien loin d’énerver le chanvre, elle lui donne cette souplesse et cette douceur qui est absolument nécessaire pour en faire de bonnes cordes.
- Et à la page 63, il dit :
- Seconde objection.
- Uespade énerve le chanvre.
- Il y en a qui prétendent qu’il est dangereux de trop affiner le chanvre, qu’il en devient plus faible et moins propre à faire de bonnes cordes.
- C’est une erreur des plus pernicieuses pour la corderiez on la trouvera combattue dans tout cet ouvrage , ainsi je me contenterai de prier qu’on prête une singulière attention aux raisonnemens et
- (21) En effet le port de Toulon n’espade pas ses chanvres, pour n’en pas diminuer leur résistance,
- p.46 - vue 49/165
-
-
-
- ( 47 )
- aux expériences qne nous rapporterons pour prouver que plus le chanvre est affiné, plus on la rendu flexible, plus on a détruit son élasticité, plus il est devenu propre à faire d’excellentes cordes.
- T R O T S T E M E OBJECTION,
- On conviendra qu’il faut espader les chanvres de Francemais comme les chanvres du Nord sont doux } il est inutile de leur donner cette préparation.
- Nous convenons qu’il est bien plus nécessaire d’espader les chanvres de France que ceux de Riga^ mais nous nous sommes assurés par bien des expériences qu’il était très - avantageux d’espader les chanvres du Nord.
- .Ainsi nous croyons qu’il faut espader tous les chanvres : mais ceux qui sont rudes ou chargé s de ché-nevottes doivent être espadés avec beaucoup plus de soin et d’attention que ceux qui sontfins et bien nets.
- Nous avons remarqué dans, diffeiens voyages chez l’étranger, que si dans une corderie on espade avec soin les chanvres et que si l’on y fait l’éloge de cette préparation , dans une autre corderie on n'espade pas et l’on condamne cet instrument à l’oubli, comme étant de fait préjudiciable à la fibre du chanvre. Et si l’on demande l’explication de la cause de ce préjudice , on répond : l’espade» déchire et énerve le chanvre et produit une augmentation de déchet.
- La diversité d'opinion surl’espadage entre les maîtres cordiers, est un de ces objets trop majeurs et trop dignes de l’attention, pour ne pas le discuter ; démon-trez-nous l’effet physique que peut produire l’action del’espade sur la fibre du chanvre.
- Les Elèves.
- Voici notre réponse en trois parties :
- 1.° Effet que peut produire l’action de l’espade sur la fibre du chanvre.
- Nous avons déjà fait remarquer que le chanvre
- p.47 - vue 50/165
-
-
-
- ( 48 )
- n’avait réellement de résistance que dans sa résine ; la préparation avec l'espade qu’on lui fait subir dans quelques ports de l’Europe, ne peut que lui préjudicier par la raison que:
- Les chanvres du Nord ne sont doux. et flexibles que parce que leur résine est relative aux terres humides et à l’atmosphère du Nord: aussi ces chanvres pourrissent-ils promptement.
- Les chanvres du Midi sont au contraire plus ou moins durs et élastiques , selon la nature des terres plus ou moins sèches , et selon l’atmosphère plus ou moins chaud. Delà il s’ensuit que leur résine acquiert plus ou moins de dureté et d’élasticité; mais aussi ces chanvres se conservent plus long-tems dans l’eau.
- Conséquemment, il est essentiel de conserver au chanvre sainement sa résine si nécessaire, non seulement pour la résistance des cordages, mais encore pour leur conservation dans l’eau.
- Nous avons déjà prouvé que la résine est le seul agent de la mobilité d’un chanvre qui a reçu un tortillement ; que si on le dépouillait en partie de cette résine, son élasticité diminuerait proportionnellement, et qu’un fil sans élasticité ne pourrait se commettre. Si l’on a donc l'intention dans T espadage de détruire V élasticité du chanvre , certes, il n’y a rien qui puisse mieux atteindre ce but que l’action violente des frottemens qu’opèrent les coups répétés de l’espade , puisque la résine doit nécessairement se pulvériser en partie, et adoucir par ce moyen la fibre. Mais c’est une erreur de croire que celte'préparation puisse donner plus de résistance aux chanvres ; ce n’est qu’aux dépens de leur résine que l’espade les rend doux et flexibles; et ce n’est qu’en détr usant une partie de l’élasticité de leurs fibres, qu’elle les polit et les adoucit : les coups répétés de l’espade pulvérisent en partie la bonne qualité de la résine qui constitue cette élasticité.
- p.48 - vue 51/165
-
-
-
- (49)
- 2 .° Contradiction dans le traité de M. Duhamel, sur l’élasticité du chancre.
- Aux pages 27 et 47 de ce dialogue, il est rapporté les remarques suivantes de cet auteur ; il dit, page 154 :
- Le ressort desJils est nécessaire pour commettre du bitord, et il serait impossible d’en commettre avec des fils qui ne seraient pas plus élastiques que le sont des fils de plomb.....Il faut donc profiter de la force élastique pour fa ire qu’ils restent tortillés, l’élasticité des fis est .donc nécessaire pour faire une corde.
- Et à la page 63 il dit : plus 1e chancre est affiné, plus on l’a rendu flexible, plus on a détruit son élasticité, plus il est devenu propre à faire d’excellentes cordes.
- Cette contradiction, échappée à l’auteur, exige des réflexions.
- 3 .° Résumé sur la consercation de la mobilité du chanvre élastique, lorsqu’il a reçu un tortillement.
- Loin de soumettre le chanvre à des préparations nuisibles à sa constitution, nous devons nous attacher essentiellement aux manipulations convenables , afin de lui conserver toute la résine dont la nature l’a gratifiée. Cependant il ne serait pas à désirer que cette substance précieuse et nécessaire à la conservation des cordages employés dans l’eau, fût distribuée avec la même égalité à tous les chanvres; il serait peut-être utile qu’il se trouvât des chanvres assez chargés de résine, pour nous dispenser de passer dans le goudron le fil destiné aux cordages du gréement des vaisseaux. Le goudron, comme on sait, en séchant, rend les cordages roides et durs, inconvénient qui retarde et gêne les manœuvres toujours promptes dans leurs exécutions. Enfin la nature prévoyante en tout, a distribué ses bienfaits avec égalité sous toutes les
- D 1
- p.49 - vue 52/165
-
-
-
- ( 50 )
- régions : nous y trouvons des chanvres doux et flexibles pour la fabrication des toiles, et des chanvres durs et élastiques pour le commettage des cordages. Ne détruisons donc pas ces bienfaits ! aussi le port de Toulon n’a jamais espadé , ni les chanvres durs et élastiques de France et d’Italie, ni les chanvres tendres et doux du Nord, quoi qu’on n’y connût pas la cause physique du préjudice résultant de l’espadage dont nous venons de parler.
- PEIGNAGE.
- L E P R OFESSEUR.
- M. Duhamel nous dit dans son traite : Il ne faut pas trop peigner les chancres doux} niais un chancre grossier, dur, rude et ligneux doit . être beaucoup plus peigné et tourmenté, pour lui procurer la souplesse et la douceur qu il faut cju il ait afin de le rendre propre à faire de bonnes cordes.
- Cet auteur n’ayant pas basé , comme nous l’avons déà dit , sa méthode sur la constitution et sur la cause de l’élasticité et des ressorts du chanvre , n’a pu observer que la manipulation du peignage devait être subordonnée à la qualité et à l empioi des matières.
- Avant d’entrer dans aucun détail sur le peignage, dites-nous : quel est le fil le plus utile pour le com-mettage des cordages nécessaires a la navigation?
- Les Elèves.
- C’est le fil de cinq à six lignes de circonférence qu'on nomme dans les ports fil de caret.
- Le Professeur
- l’usage des corderies maritimes et de la plus grande partie de celles du commerce étant de fi er a la ceinture et non ^Xaflouse^ quelles sont les manipulations et division du chanvre dans le peignage , selon les règles de l’art ?
- p.50 - vue 53/165
-
-
-
- ( Si )
- Les Elèves.
- Le peignage du chanvre destiné pour la confection du fil doit être divisé en :
- Premier brin, de la longueur de 2 à 4 pieds.
- Second brin, de 10 à 20 pouces.
- Et étonpillon, depuis 3 jusqu’à 9 pouces.
- Les premier et second brins doivent être dépouillés des parcelles de chénevottes et de toutes les parties qui se trouveraient bouchonneuses, coton-lieuses et étoupillonneuses.
- Le PROFESSEU R.
- Dites-nous quels sont les procédés du peignage; Les Elèves.
- Le procédé du peignage dépend de l’état naturel et de celui où se trouve le chanvre, en voici les règles :
- Règles du peignage du chanvre dur et élastique beau, et du chanvre doux et flexible, un peu chénevotté et chargé de parties bouchonneuses etc. Les chanvres durs et élastiques s comme le sont en général les chanvres de France, d’excellente qualité , sans être chargés de parties chénevottées et bouchonneuses, de la longueur de 6 à 9 pieds et plus, comme le sont ordinairement les chanvres femelles > seront coupés à 3 pieds et demi, où à 4 ou à 4 et demi, ainsi qu’on le pratique sur les dents du peigne à finir.
- Ces parties ainsi divisées, seront seulement peignées à fonds sur l'ébauchoir, pour redresser les brins entrelassés et les dépouiller des étoupes.
- Les brins qui n’excéderont pas 20 pouces de longueur, resteront entre les dents de l’ébauchoir, et le premier brin qui est la partie essentielle pour le fil-a-quarré, étant resté dans la main du peigneur , sera ensuite mouché sur le peigne à finir , afin de le purger des étoupes qui pourraient y être restées.
- P 2
- p.51 - vue 54/165
-
-
-
- ( 52 )
- Voilà l’opération qu’exige cette excellente qualité de chanvre pour en extraire le premier brin dont on forme des poignées pliées en deux , qu’on entortille pour conserver l’arrangement des brins dans leur peignage.
- Les étoupes qui sont restées dans les peignes à ébaucher et à finir, en seront retireés; ouïes passera de nouveau dans l’ébauchoir, et ensuite elles seront mouchées sur le peigne à finir. Les brins de 10 à 20 pouces qu’on nomme second brin , resteront dans la main du peigneur, et les parties de 3 à 9 pouces qu’on appelle étoupillons } seront retenues par les dents des peignes.
- Voilà également l'opération nécessaire pour dégager le second brin des étoupillons.
- Quant à ces étoupillons dont la longueur est de 3 à 9 pouces , on en reconnaît aujourd’hui trop bien l'utilité pour nous en occuper. Il nous suffit d’observer qu’on peut en commettre des cordages dont la résistance est. d’après nos expériences, d’environ la moitié de celle des cordages de premier brin.
- Le chancre doux et flexible} chargé de parcelles de chénevottes et de parties bouchonneuses , sera également coupé, comme il a été dit, et ces parties ainsi divisées seront d’abord peignées à fonds sur l’ébauchoir, pour redresser les brins croisés et les dépouiller, autant que possible, des parcelles de chénevottes et des parties défectueuses. Les brins qui n'excéderont pas 20 pouces , resteront dans l'e-bauchoir. Le premier brin étant resté dans la main du peigneur et ne se trouvant pas assez dépouillé des parties chénevottées , bouchonneuses et coton-neuses , sera passé deux fois sur le peigne à finir, pour le purger définitivement des parties défectueuses.
- Voilà le premier brin qui résultera du peignage du chanvre doux et flexible, mais chargé de parties prejudiciables à la filature.
- p.52 - vue 55/165
-
-
-
- ( 53 )
- Les étoupes qui sont restées dans les peignes, en seront retirées , passeront de nouveau dans l’ébau-choir , et ensuite pendant deux fois sur le peigne à finir. Les étoupillons delà longueur de 3 à 9 pouces resteront dans les peignes , et les parties de second brin, de la longueur de 10 à 20 pouces, dans la main du peigneur.
- Pour atteindre le peignage, selon les règles, du chanvre en premier brin, destiné à la confection du fil-à-quarré , il faudrait qu’il y eût dans les ateliers un peigne à dents intermédiaires entre celles de l’ébauchoir et celles du peigne à finir , pour que, quand on n’a dans une corderie que des chanvres tendres , doux et flexibles , chargés de chéne-vottes , de parties bouchonne uses , cotonneuses, étou-pillonneuses , et de brins quelquefois singulièrement entrelassés , on pût passer ces chanvres au peigne intermédiaire.
- Le fil-à-quarré intéresse trop la marine pour ne pas employer tous les moyens qui peuvent concourir à le rendre le plus résistible possible.
- Discours du Professeur.
- Nous avons remarqué dans différentes corderies chez l’étranger que les peignes , ou sérans , ne sont pas uniformes et que le peignage n’est point relatif a l’état naturel du chanvre. On peut même dire que cette manipulation varie d’une corderie à l’autre; et que chaque maître d’atelier prétend que sa méthode est la meilleure.
- Le chanvre dur et élastique, comme le chanvre doux et flexible, sont, dans leur constitution, tous deux de bonne qualité ; mais ils doivent avoir chacun un emploi distinct, comme le bois de chêne dur d’avec le bois de chêne tendre. La nature bienfai-
- sante et prévoyante nous cache et nous présente ses dons sous plusieurs enveloppes, c’est à nous de les pénétrer. Pour obtenir donc du chanvre rude,
- p.53 - vue 56/165
-
-
-
- ( 54 )
- dur et élastique la résistance qui émane de sa constitution , il faut le manipuler selon son état; et si on le manipule de la même manière qu’un chanvre doux, tendre et flexible , on s’écarte de ce que la nature elle-même a physiquement prescrit.
- Les cables et les aussi ères des manœuvres dormantes doivent être confectionnés avec du chanvre dur et élastique, et les cordages des manœuvres courantes ne doivent l’être qu’en chanvres doux et flexibles.
- Il faut donc pour le bon gréement des vaisseaux employer des chanvres durs et élastiques et des chanvres doux et flexibles.
- La dureté et l’élasticité dans les chanvres rudes sont les effets précieux de leur résine qui est résis-tible à l’action de l’eau, ce qui est utile aux cables et aux haubans , rides , étais et galaubans.
- Et la douceur et la flexibilité des chanvres tendres sont la preuve d’une résine plus légère , ce qui doit faciliter infiniment les mouvemens prompts et actifs des manœuvres courantes.
- CHAPITRE VT.
- FIL A G E’.Jil-à-ciiiarré.
- U —P— " ----------
- Le Professeur.
- De toutes les remarques que nous avons faites dans le cours de nos voyages, tant en France que chez l’étranger , il en est qui ont été l’objet de nos profondes réflexions et qui ont excité vivement l'intérêt que nous avons toujours pris au sujet que nous traitons aujourd’hui, entr'autres celles dont nous allons parler. Si dans une corderie, on nous a fait l’éloge de la beauté et bonté du fil-a-quarré que nous avons vu faire, lorsqu’il était dur comme
- p.54 - vue 57/165
-
-
-
- (55)
- du bois , rond comme s’il eut passé dans la filière, et tortillé à ne pouvoir l’ouvrir; dans une autre corderie , on nous disait avec bonne foi : Nos Jils de caret seront toujours plus ou moins parfaits ; ils seront tantôt à brins tendus également, tantôt inégalement et en mèche. C’est perdre son tems et se constituer en dépense pour chercher à atteindre la perfection, lorsqu’on sait que la main de l’ouvrier n’est point un moule.
- Tout préjudiciables que sont certains usages consacrés dans les établissemens et ateliers de tous genres , nous n'avons pas cherché à indisposer leurs sectateurs qui ont toujours une propension à manifester leur aversion envers ceux qui n’ont, en témoignant le désir de la repression et de la perfection, que celui du bien. Nous nous sommes bornés à énoncer que nous n’étions en opposition qu’au système des auteurs qui ont traité delà matière que nous agitons, et à la pratique des corderies en général qui malheureusement n’est fondée ni sur la constitution du chanvre , ni sur les règles de l’art.
- A l’égard de la corderie du port de Toulon, nous ne pouvons qu’en faire le plus grand éloge ; il n’en sera pas de même de son filage, parce-qu’on n’a nulle part le talent de commettre des cordages d’une résistance supérieure, quand le fil qu’on emploie, n’est pas uniforme et qu’il s’en trouve à boursouflure et mèche.
- Les fileurs de ce port et de tous les autres ports de l’Empire , appartiennent , comme nous l’avons déjà dit, aux départemens où l’on n’exécute le filage qu'arbitrairement , sans principes, sans méthode, sans connaissance de la constitution du chanvre et des règles de l’art.
- Ce n’est donc point dans les Arsenaux Impériaux qui sont toujours dans la plus grande activité , où les fileurs qu’on y fait venir, doivent faire leur apprentissage.
- p.55 - vue 58/165
-
-
-
- (55)
- Les entretiens fréquens que j’eus, en l’an 1806 , avec M.le général Emeriau, Préfet maritime à Toulon, sur tout ce qui pouvait contribuer au perfectionnement de l’art delà corderie, objet de ma mission, fixèrent son attention, entr'autres celui sur la cause qui s’opposait à ce que ce port eût des fileurs parfaitement instruits selon les règles de l’art, comme nous venons de le démontrer.
- Comme tou' ce qui tend au plus grand bien, notamment celui de la marine , est continuellement le sujet des méditations de M. le général, Préfet, rien ne le stimule d’avantage que le désir d’y concourir par tous les moyens qui peuvent dépendre de ses lumières et de sa sagacité. Animé de ce sentiment , il fut donc dans sa sagesse de vouloir se convaincre de ce que j’avais avancé , afin d’apporter un remède salutaire au mal, s’il était possible ; et il fit en conséquence établir un chantier d’instruction pour le filage , sous la surveillance de mes deux anciens élèves de l’an 7, et m’en confia la direction.
- Ce chantier d’instruction fut composé de six jeunes fileurs , âgés d’environ 20 ans , auxquels je donnais régulièrement et journellement des leçons ; dans deux mois et demi ils filèrent à égale gros-» seur , sans boursouflure , ni mèche.
- Ils furent remplacés par six autres, de l’âge de 25 à 40 ans, et qui atteignirent le filage selon l’art, eu moins d’un mois et demi.
- Six autres fileurs, de l’âge de 25 à 55 ans, leur succédèrent , et en moins d’un mois devinrent parfaits.
- Mais bientôt la majorité des premiers et seconds élèves qui avaient acquis le perfectionnement du filage, obtint des congés nécessités pour se rendre dans leurs départemens; ils, furent remplacés par d’autres fileurs qui n’avaient pas reçu les mêmes
- p.56 - vue 59/165
-
-
-
- ( 57 )
- leçons, et cet inconvénient que j’avais prévu , rendit celle instruction peu profitable au port.
- Celte instruction fut-elle permanente, elle sera toujours d’un faible secours pour les ports, tant que l’on ne prendra pas de mesure pour obvier à l’inconvénient dont je viens de parler.
- C’est donc à M le général Emeriau que le gouvernement doit l’établissement d’instruction pour le filage, qui avait été formé momentanément au port de Toulon. Si nous devons cet hommage à la vérité, nous le devons aussi à sa gloire et à son amour pour les progrès des arts utiles à la marine impériale.
- Le Professeur aux Elèves.
- En vous faisant connaître la pratique routinière de toute l’Europe pour le filage, notre but a été de vous instruire par nos démonstrations du préjudice incalculable qui résultait de ce défaut de méthode et de règles. Vous êtes parvenus à confectionner du fil-a-quarré , selon les règles de l’art. En effet , vous avez conçu que le moule du bon filage n’était point dans la main, mais dans l’intelligence de l’ouvrier instruit de l’art de sa profession.
- Expliquez-nous ce qu’on doit entendre par fil de caret.
- LES Elèves.
- Pour comprendre ce qu’on entend par fil de caret, nous croyons devoir rapporter ici les propres expressions de M. Duhamel, page 96: c'est un petit cordon qu on appelle dans les cor décrié s ,Jil de Caret} pour le distinguer du filjin qui sert, ou à J aire les toiles , ou à coudre.
- Nous pensons que le nom le "plus convenable est Jil-à-quarré, c’est-à-dire, fil à commettage , et c’est à tort que l’on dit fil de caret, mot qui ne dérive point du tout du quarré qui est l’instrument du com-mettage et qui est précisément l’étymologie du fil
- p.57 - vue 60/165
-
-
-
- ( .58 )
- soit dit de caret. Lequarre est un traîneau à roues ou sans roues , absolument nécessaire pour diriger le degré du commettage.
- Le Professeur.
- Faites-nous la description des trois sortes de fils-à-quarré routiniers.
- Les Elèves.
- La voici en trois parties :
- DESCRIPTION DES FILS-A-QUARRÉ ROUTINIERS.
- Ire. Sorte ( Voyez A, dans la planche IIe. )
- C’est un fil parfaitement rond et dur , à brins serrés et roulés verticalement à l’axe, formant mèche. En l’ouvrant, il présente une excessive boursouflure roulée , dans le centre de laquelle on voit une mèche dont les hélices sont rapprochées.
- Les brins qui enveloppent cette mèche et qui forment boursouflure, en détortillant le fil, sont im-puissans par leur excessif tortillement qui produit dans les efforts du cordage un grand allongement en cette partie. Ces brins ne servent qu’a grossir le fil-a-quarré à 5 ou 6 lignes de circonférence, lorsque la artie résistante qui est la mèche , n’a que deux ignés et demie ou trois lignes au plus. Ainsi tous les brins de la boursouflure sont un chanvre inutile. Ce fil n’a donc que la moitié de la résistance qu’il devrait avoir.
- 11e. Sorte ( Voyez B , dans la planche II.e )
- C’est un fil assez régulier en apparence, mais il contient boursouflure inégale et mèche. Ces défauts proviennent en partie de ce que l’ouvrier, au lieu de tenir le poignet dont les doigts de la main droite serrent les brins du fil, horisontalement au fil et à la lanière qui l’alimente , le tient perpendiculairement, et forme le centre d’un zède : le pouce de la main et le fil en forment la partie du haut, et le petit doigt et la lanière, celle du bas. Cette manière de filer
- p.58 - vue 61/165
-
-
-
- A — R.
- FIL - A- Q U ARRE Jedun /a Ié%0do da ûfrTicrj-. /"LEwope.?.
- Ces / son de l Crcor/erence de J. é A. ,
- Echelle E
- : n Cn
- S
- S
- s N
- §
- $
- §
- 1 i
- M
- 3 - 3
- € è
- \
- i t
- 1 il
- &
- il
- 8.L.
- SI
- 1 R >
- $
- &
- I s 98 0 59 1î h AxP8 S Î4h.
- 889 E. Sin & s. §.Sas & RNA8s 883
- 8 n h & - g 1 8 s § •. §- S.
- 8 8. S s SErs) s. Ê 5 § s S: §-S 1 8. K §88 y .8.
- 383 . $ $ § 8 8 a.} 8 & S. 8., ) 8 §‘s
- S.A -8 $
- S
- ART DU FILAGE
- D./Zd 7ic7ice<.f allongéw:ouvotéd,onvodgue éw 4 /laneru concourenbà ane rézdzce wore, Cvey~epto* . elecodudouble de l du /d d Boursouflre eb ALécXe,
- D S
- §
- :
- t è
- pl.2 - vue 62/165
-
-
-
- p.n.n. - vue 63/165
-
-
-
- ( 59 )
- réduit la résistance du fil aux brins qui composent la mèche.
- IIIe. Sorte ( Voyez C, dans la planche II.e)
- Cette troisième sorte de fil routinier est à hélices un peu rapprochées , et contient boursouflure égale et mèche.
- L’usage de filer à la ceinture exigeant de plier les brins en deux parties , il s’ensuit que si ces deux parties ne sont pas tendues également, celle qui le sera le plus, formera mèche centrale à hélices un peu allongées; et la partie qui le sera le moins , se tortillera extérieurement à hélices plus courtes et cachera la mêshe qui est la seule partie résistante.
- Le Professeur.
- Faites-nous la comparaison du fil-à-quarré , selon les règles de l’art, avec les fils routiniers.
- Les Elèves.
- Notre réponse va être divisée en deux parties:
- 1°. Comparaison du filage selon Vart j ( voyez 1) dans la planche IIe. ) , arec le filage routinier ( A , B, C. )
- Le fil, selon l’art, n’a ni boursouflure ni mèche ; en le détortillant , on ne voit pas plus d’épaisseur à la partie ouverte qu'aux autres; on sent, en. tendant cette partie détortillée , que les brins concourent tous à une résistance mutuelle; tandis que celle des fils routiniers n’est que dans les filamens qui composent leur mèche : les filamens qui couvrent en boursouflure cette mèche, ne concourent en aucune manière à la résistance du fil.
- Un cordage commis avec de pareils fils routiniers , n’a de force que dans la partie des fils qui forment mèche. Cette partie-ci, dans les efforts du cordage soumis à la puissance du cabestan , supportera, elle seule, le poids du fardeau, et en y succom-
- p.59 - vue 64/165
-
-
-
- ( 60 )
- bant, entraînera la rupture de la partie du fil qui en-veloppe la mèche.
- La résistance du fil, selon l’art, est donc du double de celle du fil, selon la pratique routinière.
- 2°. Préjudice du fil routinier.
- Quand l’ouvrier ne connaît point les règles du filage , il croit bien faire de donner à son fil beaucoup de tors, pour le rendre bien dur et bien rond, ce qui produit des hélices roulées sur une mèche à hélices un peu allongées ; il ignore que ce filage est vicieux et préjudiciable. En effet, la partie du fil qui est à hélices un peu allongées, est la seule résistante ; elle supporte d’abord tout le poids du fardeau et succombe au terme de son entier allongement, lorsqu'en mêmé-tems la partie du fil à hélices roulées , n’est qu’au tiers ou à la moitié du sien ; et le contre-coup de la rupture lui fait subir le même sort, c’est-à-dire, le cordage rompt en deux teins consécutifs.
- Il résulte donc de cette manière de filer que la partie à boursouflure n’est, proprement dit, rien de plus qu’un chanvre inutile, qui, en grossissant le fil , ne sert qu’à abuser de la bonne-foi et au fond cause infiniment de préjudice.
- Le Professeur.
- Faites-nous connaître maintenant l’art du filage. Les .Elèves.
- Nous allons vous satisfaire.
- ART DU FILAGE.
- Fil-à^quarré ou à commettage , de 5 à 6 lignes de circonférence.
- Quand les brins du chanvre sont molettes, prolongés , serrés , tendus également au degré convenable, le fil est sans mèche.
- Il ne peut y avoir de mèche sans boursouflure.
- p.60 - vue 65/165
-
-
-
- ( 6' )
- Ce défaut majeur disparaîtra des corderies, quand les ouvriers seront instruits.
- Si, pour nourrir son fil, on est obligé d’ajouter avec la main gauche de nouvelles pincées de brins, il faut, pour qu’elles s’engrènent solidement dans le centre , que tous ces brins soient tendus au même dégre.
- Si tous ces brins sont plus ou moins tendus , la partie qui le sera le plus , se tortillera à longues hélices et formera mèche centrale; et la partie qui le sera le moins , se tordra extérieurement à courtes hélices sur cette partie centrale ; le fil sera cependant beau en apparence, mais en l'ouvrant, il se trouvera en mèche et boursouflure.
- Le caractère du bon fil-à-quarré est dans la juste pression des fi 1 amen s , leur tension égale, et dans leur torsion modérée, qui est celle entre les excès du trop et du trop peu ; delà il s’ensuit que les hélices sont un peu allongées , parfaitement égales et bien décrites sur toute la longueur. C’est cette qualité que nous nommerons le vrai fil-à-quarré coulé (22): : l’on n’a pas besoin de le détortiller pour se convaincre | qu’il est sans mèche et sans boursouflure.
- Pour atteindre ce perfectionnement dans la confection du fil-à-quarré de 5 à 6 lignes sur une longueur de plus de 900 pieds, nous ne voyons rien de plus facile que de filer en lanière , ou ruban , de 9 a 10 pouces de prolongement.
- La main gauche, en formant avec dextérité ce ruban à brins tendus également, a la faculté d'oter | les corps étrangers qui pourraient se présenter, sans arrêter la main droite (23) et de faire couler uniforme-
- ( 22 ) C’est-à-dire, qu’on a fait couler le tortillement d'une I manière égale.
- (23) Les doigts de cette main serrent les brins au dégré I convenable, et ces doigts et leur paume sont enveloppés d'une I lisière de drap qu’on nomme paumelle.
- p.61 - vue 66/165
-
-
-
- ( 62 )
- ment le tord sur ce ruban. De manière que cette main avançant vers la ceinture, le corps recule nécessairement d’autant que la main avance, et se trouve toujours éloignée de la ceinture deoà 10 pouces , pour donner une facilité prompte à la main gauche de continuer le ruban toujours de la même longueur et épaisseur. Ainsi de ruban en ruban, le fil se prolonge avec un égal tortillement , et l’ouvrier arrive au bout de la filerie, satisfait de son intelligence qui a garanti son fil des défauts résultans de la pratique routinière..
- Un bon fil doit avoir encore d’autres perfections: S’il a été moletté à 5 ou 6 lignes , cette circonférence doit être conservée jusqu’à son achèvement.
- Le fil doit être pur* fié de chénevottes, ainsi que des parties bouchonneuses, cotonneuses etc. Il doit être parfaitement uni et bien serré : les brins se trouvant ainsi rapprochés les uns des autres, ne forment plus qu’un seul et même corps.
- L’excès de tortillement est aussi préjudiciable que l’excès de faiblesse. 11 faut donc à cet égard, comme nous l’avons dit, un terme moyen , celui qui produit des hélices un peu allongées et bien décrites.
- Le fil doit encore être bien nourri dans sa circonférence , uniforme et non molasse.
- Les hélices courtes ou rapprochées, réduisent la force du fil à peu-près à celle du fil à boursouflure et mèche. Un cordage rompt, lorsque la torsion du palan serre à un tel point les helices courtes qu’elles n’ont plus la faculté de se soulager par l’allongement ; c’est ce que vous nous avez fait remarquer dans nos expériences sur des cordages qui avaient été commis , les uns avec des fils routiniers , et les autres avec des fils selon l’art. I es fils des cordages routiniers à courtes hélices, s’échauffant par la pression de leur trop grand tors lors de la torsion, et par les eflorts du cabestan, rompaient
- p.62 - vue 67/165
-
-
-
- : J 7
- ( 63 )
- avec moins d’allongement ; tandis que ceux des cordages , selon l’art, à hélices un peu allongées, se réunissaient plus aisément , se comprimaient, se resserraient, enfin, ayant la faculté de se soulager en masse , arrivaient au terme de leur entier allongement, et leur résistance ne pouvait être que supérieure.
- Le Professeur.
- Il y a long-tems que nous avons fait des remarques sur l’opération suivante :
- Sur l’usage où l’on est de livarder le fil- à-quarré , en sortant de la main de l’ouvrier.
- Il est certain que le poliment superficiel donne aux ouvrages en métaux , marbres et bois , un éclat agréable ; mais quant à un fil-à-quarré , destiné aux plus grands efforts, ce poliment avec la livarde , exige des réflexions. Pour les faciliter, nous devons faire connaître l’effet de cette sorte de poliment.
- D’abord expliquez-nous si un fil poli peut être plus résistant qu’un fil rustique, c’est-à-dire tel qu’il sort de la main de l’ouvrier.
- Les Elèves.
- Un fil confectionné selon les règles, est neuf; tandis que celui qu’on a poli, est au quart usé sur sa superficie.
- Le Professeur.
- Mais la pression des tourons qui composent la livarde, dépouille le fil qui la traverse longitudinalement , des parties de chénevottes qu’il ne devrait pas avoir. Ces corps hétérogènes préjudicient infiniment à la résistance des cordages : Quel serait donc le moyen d’éviter l’opération de la livarde ?
- Les Elèves.
- Ce moyen est prescrit par l’art que vous nous avez démontré. Nous savons qu’on ne doit pas coin-
- p.63 - vue 68/165
-
-
-
- ( «4 )
- mettre lés cordages destinés aux mécaniques et au gréement des vaisseaux, avec des fils chéne-vottés et étoupillonneux ; si dans les peigneries on se conformait aux règles , on n’aurait pas besoin de livarder , puisque les chénevottesresleraiententre les dents du seran intermédiaire dont nous avons parlé à la page 53.
- Le Professeur.
- L’opération de la livarde rend, nous dit-on , le fil beau , uni, poli , doux et flexible ; mais ces avantages si séduisans pour le cordier , comme pour le consommateur, sont-ils capables de compenser la détérioration que peut éprouver le fil en passant avec force et avec une très-grande vitesse dans l'entortillement des tourons qui composent la livarde ?
- Qu’avez-vous remarqué dans les expériences que nous avons faites, pour votre instruction?
- Les Elèves.
- Le fil sort de la livarde avec chaleur et fumée, quoique cette livarde n’ait que 18 pouces de longueur : eh ! que serait-ce si elle était du double !
- Le Professeur.
- Expliquez-nous clairement le préjudice qui peut résulter de ces frottemens.
- Les Elèves.
- Cette question exige les réflexions suivantes:
- 1°. La chaleur et la fumée provenant des frotte-mens du fil dans la livarde, sur une longueur de 18 pouces seulement, indiquent le dessèchement provoqué et nuisible à la matière qui compose le fil.
- 2°. Le chanvre par lui-même est déjà très-sec et élastique.
- 3°. Cette élasticité est produite par la résine dont la fibre est enduite ; elle donne à cette fibres les res^
- p.64 - vue 69/165
-
-
-
- ( 65 )
- so7~ïs de la mobilité, provenant des efforts du premier tortillement que reçoit le fil, et dont l’art profite pour mettre en équilibre les parties qui com-composent un cordage.
- 4°. Il ne serait pas possible de commettre une sonde marine avec des fils qui n’auraient aucune élasticité, c’est - à- dire , sans engrenage et sans un équilibre dans ses tourons; un tel cordage ne serait qu’un corps sans âme : cette sonde plongée dans la Mer, s’imbiberait d'eau; elle y resterait peut-être en filasse, ou n’en serait retirée que dans un état à ne pouvoir servir une seconde fois.
- 5°. Des fils-a-quarré dont la partie extérieure est affaiblie dans son élasticité par des frottemens , ou des chanvres mois , exigeront un plus grand tortillement pour en former un touron. Nous avons déjà démontré cette vérité à la page 28.
- 6°. Un cordage en chanvre mol, ou peu élas'ique, est d’une plus faible résistance et d’une m ndre durée.
- 7°. La cause qui exige des hélices un peu all n-gées, est en ce que les chanvres rudes et durs sont doués d’une résine plus résistible aux frottemens, que les chanvres mois.
- 8°. Enfin, tous les frottemens superflus dans les manipulations sont proscrits par l’art, tels que ceux de ferrer, frotter, espader, piler, tourmenter, livarder, etc.
- Le Professeur.
- Ces vérités nous engagèrent à faire préparer des livardes moins tortillées, que nous fimes enduire intérieurement avec de la cire'jaune. Quel effet produisirent ces nouvelles livardes ?
- L E S E L È V E S.
- Le fil dans sa pression et frottemens modérés ; trouvant dans l’intérieur de la livarde un corps gras,
- E 1
- p.65 - vue 70/165
-
-
-
- onctueux et ami du chanvre , s’en saisissait et en sortait avec une douceur q ni bonifiait sa qualité.
- Le Professeur.
- Mais nous sentîmes que la cire jaune était trop chère pour en faire usage dans les corderies du commerce, quoique cette onction ne pouvait augmenter le prix des cordages que de six francs par quintal.
- Nous cherchâmes alors d’autres moyens pour atteindre le même but. Nous ne trouvâmes rien de plus économique qu’une mixtion à peu-près semblable à la poix dont les cordonniers font usage, qui est composée de résine et de très-peu de suif de cire et d’huile.
- Les fils oints de notre mixtion acquéraient, il est vrai, une grande résistance; mais aussi il pouvait en résulter un inconvénient lors de leur commettage.
- Dans toutes les opérations quelconques, l’observateur qui en rend compte, ne doit jamais laisser à désirer.
- Expliquez-nous la cause de notre crainte , ainsi que l’antidote que nous y appliquâmes avec succès.
- Les Elèves.
- Pour rendre intelligible notre explication, il faut que nous entrions préalablement dans un détail indispensable :
- 1°. Quand les tourons ont reçu le degré de tortillement utile, on place entr'eux le toupin qui doit diriger le commettage.
- 2°. Ce toupin ne peut produire ce qui est nécessaire que par la force de la manivelle du quarré et la juste /balance dans le travail des manivelles du chantier.
- 3°. Cette opération exige beaucoup de bras et plus encore d’activité dans les efforts de pression et de
- p.66 - vue 71/165
-
-
-
- ( 67 )
- sujétion du toupin,ce qui produit des frottemens violens sur les tourons ; de-là il s’en suit un échauf-fement inévitable, non-seulement dans les rénu-res du toupin, mais encore sur la partie des tourons qui se réunit et se commet.
- 4°. Cet échauffement pouvait dilater le corps gras (la mixtion) dont nous avions enduit les fils, cette dilatation arrêter le cours du toupin dans son recul, et nous mettre dans le plus grand embarras.
- 5°. Enfin, pour prévenir tout inconvénient, nous frottâmes les rénures du toupin avec du savon blanc, avant de le placer, et nous eûmes encore l’attention de mettre en avant un enfant qui, avec un morceau de savon, en frottait les tourons de distance en distance. Au moyen de ces précautions le recul du toupin continua d’être proportionné à l’activité de la manivelle du quarré et de celles du chantier.
- La propriété du savon est connue dans la corde-rie : on sait qu’elle affaiblit réchauffement dans les frottemens , et qu’elle facilite au toupin un cours régulier ; notre expérience eut le plus grand succès.
- Le Professeur.
- Comme la base de notre mixtion est la résine,' il nous semble entendre réclamer les personnes qui prétendraient que la résine , la cire et l’huile sont aussi pernicieuses au chanvre que le goudron l’est aux cordages.
- Cette opinion enracinée dans quelques ports de l’Europe, fût-elle fondée, la nature à qui nous devons tout,ne nous indique-t-elle pas des antidotes pour corriger ce qui peut nuire ?
- Il eût été bien utile que les auteurs qui ont traité du chanvre, eussent fait connaître la cause de l’élasticité de sa libre ! on ne serait pas dans l’erreur sur les bons effets de la cire et de l’huile, si
- p.67 - vue 72/165
-
-
-
- ?
- r.
- ( 68)
- on les employait avec l’antidote convenable ( la résine ).
- Un cordier nous dit sérieusement : T^ofre antidote est la résine : eh bien! Je voudrais, jnoi cordier que le goudron ne contînt ni résine, ni huile, Démontrez-nous succinctement la propriété de la résine et du goudron.
- Les Elèves.
- I
- Voici le résultat de nos réflexions :
- 1°. La force du chanvre est due à l’espèce de résine dont la fibre est imprégnée.
- 2°. C’est à la faveur de cetle résine que les chanvres du Midi résistent plus long-tcms aux frottemens que ceux du Nord, par la raison que ces chanvres-ci sont beaucoup plus doux, conséquemment leur résine est moins résistible.
- 3°. Le goudron dont on enduit le fil, est le conservateur des cordages.
- 4 . La constitution du goudron est un compose naturel de phlegme et de substance résineuse, dont partie est réduite en huile essentielle.
- 5°. Enlever au goudron sa résine et son huile, c’est lui enlever sa puissance imposante qui empêche l’eau de pénétrer dans les fils d’un cordage.
- 6°. Une mixtion composée de résine, de cire jaune et d’huile d’olive, ne saurait nuire au chanvre , parce qu’elle aurait la propriété d’indissolubilité.
- 7°. Enfin la poix préparée est reconnue utile aux cordonniers , ainsi que la cire l’est aux bourreliers et aux couturières. Nous ne voyons pas donc de causes qui puissent exclure ces substances de la corderie.
- Le Professeur.
- On prétend que le goudron de Bordeaux est chargé d’une résine âcre et d’huile caustique.
- p.68 - vue 73/165
-
-
-
- ( 69 )
- Déduisés-nous les moyens convenables pour adoucir le goudron , quand sa qualité est trop desséchante.
- Les Elèves.
- La nature offre sous toutes les régions des correctifs pour adoucir le goudron, quand sa résine est trop âcre, et son huile trop caustique. Que les cordiers de l’Empire se livrent, pour leur propre intérêt, un instant à leurs réflexions, ils reconnaîtront que les différentes qualités de goudron et les correctifs résine et huile d’olive méritent leur confiance; et s’ils apprécient l’élasticité et les ressorts du fil, ils parviendront, non-seulement à (Tendre le goudron, de quel pays qu’il soit, conservateur des cordages, mais encore à readre leurs livardes propres à ne plus endommager leur fil.
- Le Professeur.
- Nous allons terminer ce chapitre par un objet des plus intéressans , relativement aux fils qui composent les cordages employés pour haubans, rides, étais et galaubans.
- Expliquez-nous la cause qui détend les haubans, quand les cordages sont neufs, sur-tout lors d’une bourrasque.
- Les Elèves.
- Nous allons faire ensorte de rendre notre répons® aussi intéressante que la question.
- Cause qui détend les haubans, sur-tout lors d’une tempête»
- Nous avons remarqué dans nos expériences sur des cordages confectionnés avec des fils routiniers que, si la partie extérieure contenait une plus grande quantité de brins en boursouflure que la partie intérieure qui formait mèche, cette partie - ci rompait bientôt, et la partie extérieure ne se trouvant
- p.69 - vue 74/165
-
-
-
- ( 7° )
- lus gênée, allongeait jusqu’à son dernier ressort d'é-asticité , selon la tension qu’éprouvait le cordage, et rompait enfin sous la puissance supérieure.
- Cet allongement forcé dans les efforts du fil routinier nous donne clairement la cause qui détend les haubans, rides, etc., Sur-tout lors d’une bourrasque.
- On ne s’aurait donc faire trop d’attention à ce qu’il ne soit employé que des cordages commis avec des fils à brins d'une égale pression , tension et torsion , à hélices un peu allongées et bien décrites. Il suffit de détortiller six pouces d’un des bouts du cordage ; et si les fils ont des boursouflures, on doit mettre le cordage au rebut.
- sumascorraneunaynsenereraseasassasenaarceeasaemasanamaseuorrar
- CHAPITRE VII.
- COMMETTAGE DES CORDAGES BLANCS.
- Le Professeur.
- Dans les derniers siècles, on pensait que le commettage des cordages était d’une nature si simple et si facile , qu’il ne méritait pas l’attention des savans qui s’occupaient des recherches sur les progrès des sciences et des arts. Aussi les navigateurs se plaignaient-ils en vain de la mauvaise qualité des cordages qui gréeaient leurs vaisseaux : si leurs haubans, étais et galaubans se détendaient, les mâts vacillaient et ils succombaient sous la violence de la tempête ; si le vaisseau, dans ce malheureux état, devenait le jouet des ondes agitées, il était englouti; si dans le mouillage l’ancre dérapait, ou le cable rompait, le cordier n’avait jamais tort : point de moyens connus alors pour mettre à profit les avantages qu'offrait la bienfaisance de la nature sur la constitution du chanvre !
- p.70 - vue 75/165
-
-
-
- Dans le siècle précédent, un célèbre physicien ( M. Duhamel-Dumonceau , inspecteur-général de la marine, dont nous avons déjaparlé) , frappé en 1722 , des plaintes des officiers de la marine sur les évene-mens malheureux occasionnés par la rupture des cordages, s’occupa des moyens d’y remédier; son humanité l’engagea à consacrer plus de quarante ans de sa vie à des recherches et des expériences , pour atteindre le perfectionnement de l’art de la corderie. Son traité -4°., ire. édition 1727 , et seconde édition , Paris, 1769 , constatent ses recherches.
- Cet académicien nous a donné les premières notions d’un art qui était encore pour ainsi dire dans les ténèbres , notions propres à stimuler et encourager ceux dont les dispositions et les talens peuvent conduire à des recherches qui puissent faire atteindre le dernier dégré de perfection d’un art aussi majeur qu’utile aujourd’hui à la marine de sa Majesté Impériale et Boy ale , Protectrice de la liberté des mers.
- Ce ne fut que quelqaes années avant 1769, que je m'appercus dans un des principaux ports maritimes de la France, que les règles de l’art de la corderie n’étaient point basées sur la constitution du chanvre, qui me parurent absolument ignorées. Dès-lors je crus devoir me vouer entièrement à l’étude d’un objet qui était de la plus grande importance.
- Je me rendis donc dans quelques ports de l'Es-pagne, de l’Angleterre et autres: par-tout je ne trouvai qu’une pratique routinière et idéale; partout je vis que l’on n’avait aucune notion des vraies règles de l’art. Ce ne fut que quand mes travaux et mes recherches ne me laissèrent rien à désirer que je m’occupai de les mettre au jour, j’aurai rempli ma tâche , lors que les règles que je propose et que j'établis seront adoptées.
- Avant de nous livrer aux demandes que nous
- p.71 - vue 76/165
-
-
-
- ( 72 )
- axons à faire à nos élèves, sur le présent chapitre yErnoUsyciterons quelqaes paragraphes de l’ou-vraged e.M. Duhamel, afin que les Physiciens du qx-neuvieme siècle puissent apprécier les observations qui seront faites. ouserva
- LE PROFESSEUR Aux Elèves.
- Nous allons faire lecture de quelques passages du traité de la corderie. Concentrez vos réflexions, et communiquez-nous vos remarques par des notes seulement sur les objets qui pourraient vous paraître contraires aux règles de l’art.
- Voici les expressions de M. Duhamel :
- IXTR1 T du traité de M. Duhamel, seconde édition 1769.
- préface.
- ve remarquai, en faisant mes -premières tournées dans les ports , que presque tous les officiers se plaignaient des cordages qf on y fabriquait.
- JXos manœuvres sont sipesantes qu elles surchargent le haut des vaisseaux ; c’est fatiguer excessivement, dues équipages que de leur donner à manier des cordages si lourds , si durs, et si roides ; ils exigent plus de force pour les faire rouler dans les poulies, qu un en faut pour vaincre les résistances, à chaque instant il se forme de ces espèces de nœuds que les marins appellent Coques , et par cet accident des poulies sont quelquefois brisées, des matelots es-tropiés , et les opérations sont toujours retardées ; leur grosseur présente une telle surface au vent, qu il est impossible que la marche des vaisseaux n en soit ralentie et la dérive augmente quand on coin t au plus près ; encore si, en augmentant la grosseur des cordagesj on les avait rendu assezforts pour ne point rompre ; mais quantité de cordages, tels que les tournée ire s > les rides de haubans, les bra-
- p.72 - vue 77/165
-
-
-
- ( 73 )
- gués des affûts rompent souvent dès le commencement de la campagne, cet accident est même quelquefois arrivé à des manœuvres principales.
- Ces plaintes presque générales des officiers sur un aride aussi important pour la marine, ni engagèrent à examiner avec une attention particulière toutes les opérations du cordier. La première chose qui ni étonna , fut devoir que chaque cor-derie suivait des usages particuliers auxquels elle applaudissait, condamnant les pratiques des autres corderies. Ici on espadait, là on proscrivait cette opération comme dangereuse ; je trouvais des peignes beaucoup plus fins dans une corderie que dans une autre ; les uns ne fabriquaient qu'une espèce de fil, d'autres en faisaient de trois ; le dégré de tortillement 3 tant des fis que des cordages, n'était pas non-plus uniforme. Je tentai de reconnaître la cause de ces variétés que je trouvais dans desmanufactures semblables , où pour toutes sortes de raisons, je devais m'attendre à une uniformité parfaite ; mais si pour cela je questionnais ceux qui passaient pour être les plus habiles dans l’art du cordier, ils me répondaient froidement qu’ils suivaient les usages établis depuis long-tems dans leur atelier 3 et qui ils croyaient préférables à tous autres........
- Tous ces cordages étaient cependant fabriqués pour le service du même souverain ; ils étaient destinés à la garniture des mêmes vaisseaux, qui devaient souvent naviguer et combattre sur les mêmes mers; en un mot, ils devaient servir aux mêmes usages, ils étaient faits à peu-près avec les mêmes matières, et néanmoins ils étaient différents pour la façon dont ils avaient été fabriqués. Si une pratique était démontrée bonne dans un port, pourquoi ne la regardait-on pas comme telle dans les autres ? Le peu de solidité des ré-
- p.73 - vue 78/165
-
-
-
- (74 )
- panses qu’on faisait à cette question, servit du moins à me faire appercecoir que cet art fournissait plusieurs doutes qu’il serait utile d’éclaircir par de bonnes expériences. Convient-il d’es-pader le chanvre ? Le doit-on beaucoup peigner ? Lequel est le plus avantageux de filer gros ou fin , à la ceinture ou à la quenoqille ? à quel point convient-il de tordre le fil et les cordes? Quand je commençai à travailler sur l’art du cordier, je croyois que mon travail se bornerait à me mettre en état de prononcer sur des pareilles questions ; et comme elles ne me paraissaient pas en grand nombre , je comptais être bientôt satisfait ; mais à mesure que j’acquérais des connaissances, il se présentait à mon esprit de nouveaux, sujets de doutes ; et cet art qui au premier coup d’œil m’avait paru extrêmement borné, devint, étant examiné avec
- esrsere aese =remesr
- plus d’attention , beaucoup plus vaste et plus étendu que je ne croyais ; et je m’apperçus bientôt que, sans faire des systèmes de pure théorie, et sans rien proposer qui n’eiit été confirmé par l’expérience, je pouvais rendre mon sujet intéressant, et l’enrichir de recherches curieuses dignes de Lattention des lecteurs qui cherchent à s’instruire. Quant à l’importance de la matière, on sait qu’il est impossible de se passer de cordages pour la marine, pour le génie, pour l’artillerie , et pour la plupart des machines qui j sans le secours des cordes , seraient, pour ainsi dire 3 des squelettes dénués de muscles, et incapables de produire aucun effet.
- Plus j’appercevais de découvertes à faire dans l’art de la corde rie, plus il me paraissait mériter une étude suivie, mais aussi plus le travail que j’avais entrepris devenait pénible. Il n’était plus question de se bornera la résolution de quelques problèmes ; il s’agissait de prendre la chose dans son
- p.74 - vue 79/165
-
-
-
- ( 75 )
- principe, de suivre le cordier dans toutes ses opérations , et de refondre, pour ainsi-dire , tout son art pour rasservir à des règles certaines..........
- Sur les différentes espèces de cordages.
- Page 14.5 : Nous nous proposons de suivre la fabrique des différentes espèces de cordages, d'examiner ce qui peut les rendre défectueux, et de donner les moyens de remédier en tout ou en partie aux defauts qu'ils ont ordinairement, pour parvenir à augmente r la fo rce des co rdes.
- En général on distingue deux espèces de cordages , les uns qu'on peut nommer simples, parce que par une seule opération on convertit les fils en corde. On appelle en terme de corderie ces cordages qui ne sont commis qu’une seule fois des aussières.
- L'autre espèce de cordages , qu'on peut appeller des cordages composés, est jormèe d'aussières ou cordages simples qu'on commet les uns avec les autres, c'est-à-dire qu'on les réunit ensemble par le tortillement ; ces sortes de cordages s'appellent en terme de corderie, des grelins, et on verra qu'ils sont commis deux fois.
- Ces deux espèces de cordages se subdivisent en un nombre d'autres qui ne différent que par leur grosseur et par l'usage qu'on en fait pour la garniture des vaisseaux.
- La plus petite et la plus simple de toutes les aussières, qui n est composée que de deux fis, s'appelle du bitord; une autre un peu plus grosse, qui est composée de trois fils, se nomme du merlin.
- Pour donner par degré une idée de la corderie, nous commencerons par traiter de la fabrication de ces petites ficelles, parce qu'elles sont les plus simples, ce sera, le sujet de ce chapitre septième. Dans le huitième nous traiterons des aussières qui sont composées de trois tourons. Le neuvième
- p.75 - vue 80/165
-
-
-
- renfermera ce qui regarde les aussières qui sont composées d’un plus grand nombre de tourons. Nous traiterons dans le dixième des grelins et des cables (I):
- Sur l’usage des Manuelles dans le
- COMMETTAGE.
- Page 206 : lorsque les pièces de cordages sont
- Observations des Elèves.
- ( T ) Selon M. Duhamel , il y a deux espèces de cordages , et selon les règles de l’art, il y en a trois , puisque chaque espèce est d’un commettage différent.
- La première espèce est un commettage simple ;
- La seconde est un commettage combiné ;
- Etla troisième est un commettage combiné et composé.
- Le commettage simple concerne les ficelles de deux fils, nommées bitord’, et les ficelles de trois fils nommées merlin.
- Ce commettage est simple , puisque le tortillement du fil dans la première opération , s’exécute dans le même sens du filage, c’est-à-dire, de droite à gauche et le commettage de gauche à droite.
- Le commettage COMBINÉ concerne les aussières qui sont composées de 3 ou 4 tourons, et chaque touron depuis deux jusqu’à 24 fils et audessus.
- Ce commettage est combiné, parce que le tortillement du fil, dans la première opération, est en sens opposé à son filage, c’est-à-dire de gauche à droite, et le commettage de droite à gauche.
- M. Duhamel a confondu le commettage des aussières qui est combiné avec le commettage du bitord qui est simple ; et n’a pas remarqué que ces
- p.76 - vue 81/165
-
-
-
- ( 77 )
- fort longues, et elles le sont presque toujours pour la marine y la grande manivelle du quarré ne pourrait pas communiquer son effet d’un bout à l’autre
- Suite des Observations des élèves deux commettages étaient différens : le tortillement du fil pour en commettre du bitord^ est dans le même sens du filage, et celui pour en commettre des aus-sières, est dans un sens contraire à celui du filage. De manière que le bitord est commis de la gauche à la droite et l’aussière de la droite à la gauche : ces deux commettages sont donc tout-à-fait distincts.
- Et le commettage combiné et composé concerne les grelins ou cables qui sont composés de trois cordons, chaque cordon de trois lotirons, et chaque touron depuis deux jusqu’à 200 fils et au-dessus.
- Ce commettage est non-seulement combiné, mais encore composé de 9 tourons en 3 cordons. Le tortillement des 9 tourons formés séparément de trois en trois, est exécuté en sens opposé à celui des fils qui composent les tourons, c’est-à-dire le fil étant tortillé de la droite à la gauche, comme nous venons de le dire, les lotirons des cables comme ceux des aussières , sont tortillés de la gauche à la droite. La réunion des trois tourons, pour en composer un cordon, s’opère au moyen d’une torsion de la droite à la gauche, et la réunion des trois cordons , pour en composer le grelin ou le cable, s’exécute par un tortillement définitif de gauche à droite. Ainsi ce genre de commettage, comme l’on voit, est combiné et composé.
- Il faut observer que le grelin n’est rien de plus qu’un petit cable, de la circonférence de 4 jusqu’à 9 pouces, et le cable depuis dix jusqu’au dessus
- p.77 - vue 82/165
-
-
-
- ( 78)
- de la pièce ; c'est pourquoi un nombre d'hommes, plus ou moins considérable , suivant la grosseur du cordage, se distribue derrière le toupin, et à l’aide des manuelles , ils travaillent de concert avec ceux, de la manivelle du quarré à commettre la corde, ouj comme disent les cordiers, à faire courir le tors que donne la manivelle du quarré ( II ).
- Sur le poids et la charge du quarré.
- Page 222 : Nous avons fait faire avec dufiltout-àfait semblable deux aussières pareilles, qui toutes
- Suite des Observations des élèves.
- de 24 pouces. Comme le commettage en est le même, il ne sera question à l’avenir que du câble.
- Voilà les trois sortes de cordages utiles aux mécaniques et à la navigation. L’auteUr du traité dont-il s’agit fait bien connaître dans le cours de cet ouvrage ses autres expériences en archigrelins et en aussières commises en garrochoirs ; mais il est inutile d’entrer à cet égard dans aucun détail, parce que ces sortes de cordages sont d’une résistance inférieure à celle des cordages ordinaires.
- Nous prouverons , quand le cas l’exigera, qu’on ne compose pas les cables avec des aussières , par la raison qu’un cordage définitivement commis ne peut recevoir un second commettage, sans faire éprouver aux parties qui le composent des efforts superflus qui ne peuvent qu'affaiblir la résistance du cordage.
- (II) Le résultat de l’opération des manuelles peut être juste avec le degré du raccourcissement; mais il peut aussi être en même-tems préjudiciable à la résistance du cordage, par l’impossibilité qu’il y a de répartir avec égalité cette manuella-
- p.78 - vue 83/165
-
-
-
- ( 79 )
- deux étaient commises au tiers, mais la charge du quarré était différente pour l'une et pour l'autre ; si l'on avait suivi l’usage du eordier, on aurait mis, y compris le poids du quarré, 550 livres.
- Pour une de nos aussières nous avions augmenté ce poids de 200 livres , ce qui faisait 750 livres , et pour l'autre nous l'avions diminué de 200 livres ; ainsi le poids du quarré n'était que de 350 livrerez la différence de la charge du quarrépour ces deux cordages était de 400 livres'. c'était la seule, car
- Suite des Observations des élèves.
- tion sur une longueur de plus de 135 brasses : quelques tours de manuelle de plus dans une partie du cordage et quelques tours de moins dans une autre partie, peuvent bien balancer la somme du rac-courcissement; mais balanceront-ils la résistance de la partie qui aura reçu un excès de tortillement préjudiciable avec l’autre partie qui n’aura pas réçu la tension nécessaire ? Ce défaut ne dérive pas seul du commettage d’un cable : si le tou-pin arrive aux palombes, lorsqu’en même-tems le quarré devrait arriver au terme des 120 brasses que le cable doit avoir, il se trouve à 121 ou 123 brasses ; alors on continue, selon l’usage, l’opération des manuelles, et le quarré arrive enfin aux 120 brasses. Cette torsion subséquente qui comprime l’une ou les deux brasses , ne provenant pas de l’élasticité des cordons qu’aurait du donner le tou-pin , disparaîtra ; le cable reprendra sa longueur de 121 ou 122 brasses, et son commettage aura été imparfait.
- Lors qu’une aussière ou un cable de 120 braises, qui doit avoir son fil ourdi à 160, est commis au quart, il faut que son toupin arrive aux palombes, en même-tems que le quarré arrive à fa longueur des 120 brasses. Comme les opérations
- p.79 - vue 84/165
-
-
-
- CO
- O
- chaque bout de ces cordages pesait, poids moyen , 7 livres n onces 4 gros ; voyons quelle a été leur jorce.
- Chaque bout de cordage dont le quarré ri avait été chargé que de 350 liv. , a porté... 5425 liv.
- Et chaque bout du cordege dont le quarréavait été chargé deqSo livresyn a. pu porter, jorce moyenne, plus de 4160.
- On voit par cette expérience combien il est dan-gereux de trop charger le quarré (III), mais il
- Suite des OBSERVATIONS des élèves.
- du commettage sont différentes , il faut mettre dans leur exécution de la précision, afin que le tortille-ment définitif se fasse avec égalité sur toute la lon-gueur de l’aussière ou du cable. Pour cet effet dans nos expériences nous avons fait usage avec succès de l’échelle que notre professeur a établie, et que nous devons ici faire connaître : voyez la planche 111e.
- (III) Il est aussi dangereux de charger trop, comme de ne pas donner au quarré le poids qu’exige Je cordage que l’on commet. Le poids du quarré est le régulateur du commettage, comme le balancier et le peson sont les régulateurs de la pendule et de la romaine.
- Il était intéressant dans cette expérience. de faire connaître le poids précis qui convenait au commet-tage dont il s’agissait. Nuas pensons que les poids de 350 et 750 livres sont contraires a l’art, et qu’il fallait s'entenir au poids de 550 livres , selon l’usage du cor-dier, ou faire comparativement une troisième expérience de cordages, au commettage des quels le poids du quarré eût été de 35o, de 550 et de 750 livres.
- p.80 - vue 85/165
-
-
-
- s
- E
- 55
- ‘4 pour commettre le s Cordages au quart , le Fil ourdi a-160 Brasses .
- C,
- | f î .ENO 5.°2x sS le
- vin.
- « s S | .8
- P i
- S
- I • §
- S
- 8 .E
- s ne
- - — j’
- 1 •
- 1
- ( s S
- s I .à s :
- 8 S
- è s 4
- E s s
- 10 tO
- o
- C O.
- >o o tD Ox C» o g
- £ o
- [
- •>
- %
- &
- 8 .
- &
- ' &
- 1
- 84; N S s • 3 t S EN S’ 201 5 N
- 1
- 38 NENS3 s"x, SS* SEST s.} I;
- : 1
- * £
- : t
- 8 c
- : 8
- S i s § S s I
- S
- I & -0l s
- k.g i
- -8 S è
- *E
- Ê s i|
- 60 Brasses . Au s si or e . ( Jiayue avancement da quréo08P,PM ls 8 Jon( 13 brarser / C/uu^ite revu/ d fo/yun esl i/o 33 puds, 4 poitec.f, 4. 3 /n /e,r 133 f>raJ./3 ef / Autsiere e /roiaic comnu<re a i2o bra^je^-.
- CABLE Coni^>o<fe de 9 ümronr en 3 ( or</o/i.r Cordon : ( /t ayite' avancem 3 du audrre' e.i'3 dune bra<rMi Zo 8 ^on3 8 brasves . 37/0^110 reeu/ da Zounin e^r/ c/o 7 b/'oj'j'e.i' 4 8 7vn& z.36‘ breares el l Cordon Je 3roiz»e> acÂene a 128 brusrer.
- Assemblage des o trois Cordons . C/iayue avancemen au yuarre est (7une Z/iwe, lo 8 /on/ 8 rasved • C/iayue reçu/ t/u /oiann e^t de ib' /wtMiw, 7eo' 8 /vit/128 braj'i'ei' e/ / CABLE e /rott-ve comnw a 12<> rav ver /or/t/Ze unt^èrotem1. uitr bou/e <ra /ont^uettr.
- /Bib, Cnad
- gbhs8s t’e’s Ss 9.3 Ss s 5.88 s 8 §s s S3r E $ S
- . 333 S a 14. < r 3
- 3338 §E § I
- 8.8 oN.
- -8 s S 6% Nc s
- Pour un ( ordon.
- 1
- S
- Cordon .
- II.
- s
- » s & &
- I
- K § s § ' g !
- C
- PoU/ en. co7f^/>(,'re,' zon Cor <lon
- s
- E
- I
- k
- & f
- VIII .
- | il i i i 111 1 1 1 1 “ 1 1 ! T~ 1" 11 1 1 i 1 i ! !
- 1
- S**mUT*TTo 1 1 1 1 1
- = i--" r = i i =i t = Et 1 1
- V 2
- 1 11 [ Il l a 1 1 1
- == 1 .... =lt - —
- W(te -c_ 1. -X - 1
- vin. VII. MI. y. i 1 1 1 1— 1 1— IV. — A— nr. n. I F r • — 1 ... — —T 11 il F=-=== i i i i i — T “T —
- 3 ( ordond pour , en co/njooj'er l
- Calile .
- "1 i /
- camees””
- * -1 — — —
- —-— wtt 1
- uecrdbtu ulum
- 1 -—_ 1
- —— 722o%x X22 -
- ! z0 &o 3o 0 5 6 7^ 8o 90 200 uo 120
- pl.3 - vue 86/165
-
-
-
- p.n.n. - vue 87/165
-
-
-
- convient de rapporter ici quel est l’usage de la plupart des maîtres cordiers ; il y en a qui mettent sur le quarré le double du poids du cordage (IV) , par exemple s’ils veulent commettre un cable de i2 pouces de circonférence , sachant qu’un cordage de ce Pie grosseur et de 120 brasses de longueur} pese à peu-près 8400 à 3500 liv.} ils mettront sur le quarré 6800 livres , d’autres diminuent un douzième ; et ils mettront sur le quarré 6235 livres; à Rochefort on met
- sur
- Suite des Observations des élèves.
- Ces cordages notant que de cinq brasses de longueur et du poids de 7 livres 11 onces 4 gros, le poids delà pièce entière de 120 brasses, était de 185 livres 4 onces.
- Le commettage d’un cordage de 120 brasses, du poids de 185 livres , exige, selon les règles de l’art, que la charge du quarré triple ce poids 5 elle sera de 555 livres , alors la résistance de ce cordage sera de.................................6105 liv,
- Si l’on n’a donné au quarré que la charge de 35o livres, celle diminution a beaucoup affaibli la tension et a produit un cordage lâche dont la résistance a été réduite à .... .............5^25 liv.
- Si au contraire on a donné au quarré une charge de 760 livres, cet excès a augmenté considérablement la tension et la torsion, et a réduit, comme on vient de le voir dans M. Duhamel, la résistance à . . . •.................. liv.
- Il faut donc dans le commettage des règles positives.
- ( IV ) Erreur de la part des cordiers : il faut le triple,
- F 1
- p.81 - vue 88/165
-
-
-
- (82 )
- sur le quarré le poids de la pièce, plus la moitié de ce poids, ainsi supposant toujours que le cable de 12 pouces pèse 3400 livres, ils chargent le quarré de 51oo livres : assurément cette méthode ne fatigue pas tant les fils que la précédente, et nous l'avons f réquemment suivie dans nos expériences.
- Néanmoins il nous a paru que quand les cordes étaient moins longues, elles se commettaient très-bien en n ajoutant que le tiers ou le quart au poids de la corde ; ainsi dans le cas dont il s’agit, si la corde n’avait que 60 brasses de long, on pourrait ne mettre sur le quarré que 4533 livres, ou même si elle était encore plus courte, 3825 livres suffiraient (V); néanmoins après plusieurs expériences que nous avons faites à ce sujet, nous avons reconnu qu’il siffisait d’éviter les excès comme de charger le quarré de presque le double du poids de la pièce , et qu’on pouvait suivre la méthode de Rochefort, sur-tout pour les cordages qu’on ne commet pas bien serré ; car ayant fait commettre un cordage au quart avec 1e quarré plus chargé qu’à l’ordinaire au tiers, le quarré étant moins chargé qu’à l’ordinaire, le cordage commis au quart s’est trouvé le plus fort, ce qui prouve qu’il y a plus d’avantage pour la Jorce des cordes de diminuer de leur raccourcissement, que de diminuer de la charge du quarré (VI).
- Sur
- Suite des Observations des élèves.
- (V) Autre erreur : le câble de 12 pouces de la longueur de 120 brasses et du poids de 8400 livres, exige un quarré du poids de 10,200 livres.
- Un cable de 3o br. , du poids de 85o liv. , exigera également un quarré du poids de 10,200 liv.
- (VI) n est toujours dangereux de s’écarter
- p.82 - vue 89/165
-
-
-
- ( 83 )
- Sur LE COMMETTAGE ET LA RÉPARTITION DU RACCOURCISSEMENT.
- Page 3*24 : Si l’on prenait des aussières ordinaires pour en faire un grelin , comme les fis qui composent ces aussières se seraient déjà raccourcis d’un tiers de leur longueur} et que pour câbler ces aussières il faut qu’elles souffrent encore un raccourcissement, il s’ensuit qu’un tel grelin serait commis au de-là d’un tiers.
- Beaucoup de cordiers suivent cette pratique : s’ils veulent faire un grelin qui ait 120 brasses de longueur y ils ourdissent les fis à 190 brasses ; en virant sur les lourons , ils les raccourcissent de...................................... 3o brasses
- en commettant les tourons} ils les raccourcissent de.......................... 20
- 5o brasses en
- *.- ------------------. --- ...-----------------
- Suite des Observations des élèves.
- des règles que l’art a établies. Si un cordage de 120 brasses, du poids de 185 livres, exige un quarré de 5SS livres, et que sa résistance soit de plus de 6105 livres, un cable du poids de 8400 livres, exigera un quarré chargé de 10,200 livres, et sa résistance sera de plus de...............112,200 livres.
- Si un cordage de 120 brasses , du poids de 185 livres, n’est commis qu’au moyen d’un quarré de 35o livres, sa résistance sera réduite à 5^i5 livres, conséquemment, la résistance d’un cable du poids de 3400 livres, commis avec un quarré du poids de 6235 livres , sera réduite à.,.............................. 99,700
- Perte . ............... 12,600 livres.
- T a
- p.83 - vue 90/165
-
-
-
- go
- de l’autre part ..................... . . 5o brasses
- en virant sur les cordons, ils les raccourcissent de ........................ 10 enfin en cablant, ils les raccourcissent
- encore de...................... ... 10
- ainsi le total du raccourcissement est de ... ............................ 70 brasses
- qui tétant retranche'es de 190 brasses, le grelin reste de 120 (VII).
- C’est là, l’usage le plus commun , néanmoins quelques, cordiers ne commettent leurs grelins , comme les aussières, et dans cette rue s’ils veulent avoir un cordage de 120 brasses, ils ourdissent leurs fils à 10 brasses ; en virant sur les tourons pour les mettre en état d’être commis en cordons, ils les raccourcissent de.......................... . .. 30 br.
- en commettant les tourons , ils les raccourcissent de..................................13
- en, virant sur les cordons pour les disposer à être câblés, ils les ^raccourcissent de . . .....................................9 enjin en cablant, ils les raccourcissent encore de......................................................................... •.8
- le totaldu raccourcissement se monte à. . .. 60 br.
- weanucnanenibalkns qui font précisément le tiers de la longueur à laquelle on avait ourdi les fis ; si on les retranche
- Suite des Observations des élèves.
- ( VIT ) L’art fixe le commettage au quart. Supposons qu’on ait raison de commettre au tiers; et faisons dans ce cas la comparaison des deux me-
- p.84 - vue 91/165
-
-
-
- ( 85 )
- de 180, il restera pour la longueur du grelin 120 br. (VIII).
- Depuis que nous avons fait des expériences à Dochefort, le maître cordier commet ses grelins un peu moins qu’au tiers ou aux trois dixièmes^ comme on le va voir par l’énumération des différons rac-courcissemens qu’il a coutume de leur donner.
- Il
- Suite des Observations des élèves.
- thodes pour le commettage de deux grelins dont les fils seront ourdis à 190 brasses.
- Pratique arbitraire, audessusdu tiers. Règles de l’Art, au tiers.
- Raccourcissement des tuurons . 3o br. Commettage des tourons. . • 20 Tortillement des cordons. . . 10 Commettage du grelin .... 10 ! 70 Longueur du grelin 120 19 br- IeOrasoountTinis b. p. p Tortillement des faisceaux. 12. 3. 4 Elasticité des tourons ... 12. 3.. 4. Réun. des tourons en cor- dons 12. 3. 4 Elasticité aux cordons. . . 12. 3. 4 Tortill. définitif du grelin. 12. 3. 4 63. 1. 8 Longueur du grelin. . . . 126. 3. 4 190 br. easzoekezoxnaonanenana
- L’excès du tortillement du fil dans la pratique ar-bitraire est comme on le voit ci-dessus’, de 4 brasses 3 pieds 4 pouces , et l’on voit également que les autres opérations sont contraires à l’art, puisqu’elles préjudicient au commettage, conséquemment à la résistance du grelin.
- ( VIII ) Voici la comparaison des deux méthodes
- p.85 - vue 92/165
-
-
-
- x
- CO
- II ourdit ses fis à 190 brasses, il raccourcit ses tourons de.............»................ 38 brasses en les commettant en cordons............12 en tournant sur les cordons.............10 en commettant le grelin................. 6
- ciu,and la pièce est finie................ 2__________
- 68 brasses
- senenrareoovoocanmoneervoseencozssex.ml qui étant retranchées des 190 brasses, il reste pour
- Suite des Observations des élèves. pour deux grelins dont les fils seront ourdis à 180 brasses.
- Pratique arbitraire, au tiers. Règles de l’Art, au tiers.
- Tortillement des faisceaux . • 12 br. Elasticité des tourons 12 Réun. des tourons en cordons . 12 Elasticité aux cordons .... 12 Tortillera, définitif du grelin. 12 60 Longueur dn grelin 120 180 br.
- Commettage des tourons . . . 13 Tortillement des cordons . . . 9 Commettage du grelin 8 60 Longueur du grelin.. . . . 1 20 180 br.
- A cet égard la balance est juste extrinsèquement , mais fausse intrinsèquement : les fils, suivant la pratique arbitraire, ont un excès de tortillement de 6 brasses; le commettage des tourons a une brasse de tortillement de plus ; les cordons ont trois brasses de moins, et le commettage du grelin n’a que les deux tiers du nécessaire. L’on voit que par ce commettage il n’y a point de force respective dans les parties qui composent le grelin.
- p.86 - vue 93/165
-
-
-
- ( 87)
- la longueur du cable,§122 brasses (IX).
- Il il est pas douteux que le petit nombre de cor-diers qui suivent cette méthode ne fassent des grelins beaucoup plus Jorts que les autres (X) ; mais on peut faire mieux encore, en ne commettant les grelins quau quart ou au cinquième, et en ce cas on pourra suivre à peu-près les règles suivantes.
- Règle pour commettre un grelin au quart.
- On ourdira les fils à 19 brasses ; en virant sur les t aurons, on les raccourcira de ... 12 brasses en commettant de........................... 11 en virant sur les cordons,.............de . . . . 12 .... 1/2
- enfin en cablant, de........................12
- raccourcissement total.....................47 bra- 1/3
- sasruasstsorscrra.n
- reste pour la longueur du grelin 142 brasses f plus
- Suite des Observations des élèves.
- ( IX ) Cette 3e. pratique aux trois dixièmes de raccourcissement, est trop contraire à l’art pour nous en occuper; il nous suffit d’observer que les deux brasses de tortillement données à la pièce après qu’elle a été finie, sont infructueuses, comme nous l’avons démontré page 79, puisqu’elles ne proviennent pas du cours du toupin : alors l’ancre tournant sur elle-même dérapera, et le vaisseau sera en danger de naufrager.
- (X) Ces grelins sont d’une courte durée par l’excessif tortillement du fil et le mauvais commettage, ce qui exige l'attention des savans.
- p.87 - vue 94/165
-
-
-
- (88)
- -plus long qu'à l'ordinaire de 22 brasses 1/2 ( XI ). Règle
- Suite des Observations des élèves.
- (XI) Nous allons comparer cette méthode avec celle de l’art.
- Méthode de M. Duhamel , au quart. Règles de l’Art, au quart.
- brasses. Raccourcissem. des tourons. 12 Commettage des tourons. . . 11 Tortillement des cordons. « .12-1/2 Commettage en cablant . . . 12 47-1/2 Longueur du grelin .... 142-1/2 190 br. brasses. Tortillement des faisceaux . .9-1/2 Elasticité’ des tourons. . . . .9-1/2 Réun. des tourons en cordons . 9-1 [2 Elasticité aux cordons . . . .9-1/2 Tortill. définitif du grelin . . . 9-I /2 47- 1/ Longueur dn grelin .... 142-1/2 10 b r wnsazvuavnaae;
- Le total respectif du raccourcissement est bien uniforme, mais le tortillement des parties qui composent le cable ou le grelin, suivant M. Duhamel , n’est pas réparti selon les règles du commettage. Il est échapé à ce célèbre auteur de dire que les faisceaux devaient être tortillés en sens opposé à la confection du fil, et d’une manière suffisante, pour que les faisceaux puissent devenir tourons. Ensuite, cestourons, qui vont se réunir pour composer les cordons, doivent avoir autant d’élasticité que la réunion leur en fait perdre en sens opposé , afin que leurs forces antagonistes puissent faire la solidité de chaque opération.
- Des faisceaux devenus tourons , qui ne recevront qu’un tortillement de 12 brasses,ne peuvent avoir
- p.88 - vue 95/165
-
-
-
- co
- RÈGLE pour commettre UN GRELIN AU 5.me
- il faudra ourdir les fils à 19 brasses, on les raccourcira en virant sur les tourons de . . . 10 br. en commettant les tourons, de.......9
- en virant sur les cordons , de ......10
- enfin en cablant} de.............. 9
- 38 br.
- reste pour la longueur du grelin 152 brasses , plus long quià l’ordinaire de 32 br. (XI T); ainsi pour commettre toutes sortes de grelins au quart, il faut commencer par diviser la longueur des fis par quatre , si cesjils ont 190 br., on trouvera au quotient
- 47 br. a fl/qui expriment tout le raccourcissement que les fis doivent éprouver. Ensuite
- Suite des Observations des élèves
- 12 brasses de cablage, parce qu’une partie se trou-vantpar ce moyen sans force respective, le cable serait doux , flexible et de peu de durée.
- Pour que toutes ces parties soient dans un équilibre respectif, les 47 brasses 1/2 de tors doivent donc être divisées en 5 parties , chacune de 9 br. et demie :
- Les faisceaux seront tortillés pour
- devenir tourons,. . de la gauche à la droite.
- Les tourons pour devenir élastique, seront tortillés. ...... . de la gauche à la droite.
- Les tourons réunis pour devenircor—
- dons , seront tortillés . . . . . de la droite à la gauche.
- Les cordons pour devenir élastiques, seront tortillés . « de la droite à la gauche.
- Enfin la réunion des cordons pour composer le cable ou le grelin, seront définitivement tortillés. . . de la gauche àla droite.
- (XII) La manière dont nous avons démontré plus haut la division du commettage justifié l'inutilité et
- p.89 - vue 96/165
-
-
-
- ( 90 )
- Ensuite y comme il y a quatre opérations pour Jaire un grelin ( XIII), il faut diviser ces 47 braises 1/2 par quatre (XIV ). On trouvera au quotient 59 pieds 9 pouces qui doivent être employés à chaque raccourcissement y et on met si l’on veut} la traction de 9 pouces en augmentation du tortillement des cordons, ce qui jait que le grelin s’entretient mieux commis ; pour plusieurs de nos expériences nous avons même diminué du tortillement des deux premières opérations y et nous avons augmenté proportionnellement le tortillement des deux dernières.
- Alégard des grelins commis au cinquième , on divise la longueur des fis par cinq , et ce qui se trouve au quotient par quatre.
- Pour nous assurer de l’expérience des raisonne-mens que nous venons de faire dans les articles pré-cédons y nous avons consulté l’expérience (XV).
- _______________ -----___ h. VP**
- Fin des Observations des élèves.
- le peu de solidité de celui-ci.
- (XIII) Erreur : dans le commettage d’un cable ou d’un grelin il y a cinq opérations.
- (XIV) Autre erreur : il faut diviser ces 47 br. et demi de raccourcissement en cinq parties égales , comme il est démontré dans les trois tableaux plus haut.
- ( XV ) Cette expérience serait utile à répéter dans un port maritime, sur deux cordages respectifs , coupés chacun en deux parties égales : une soumise à la puissance du cabestan et de la romaine ; et l’autre à un travail et à des frottemens journaliers, jusqu’à la rupture d’une des deux parties. Voilà ce que les progrès de l’art et le salut du navigateur exigeraient sans doute.
- p.90 - vue 97/165
-
-
-
- (91.)
- Le Professeur.
- Expliquez-nous les trois sortes de commettages dont (vous avez rendu compte page 76, d’une manière plus instructive.
- Les Elèves.
- Les explications que vous nous demandez, exigeant un travail méthodique , nous diviserons notre réponse de la manière suivante.
- Commettage I.er, des ficelles.
- Les ficelles ordinaires ne sont composées que de deux ou de trois fils-à-quarré , et chaque fil prend alors le nom de touron.
- La ficelle de deux fils est nommée , comme nous l’avons déjà dit, bitord \ et celle de trois fils 2 merlin,
- On ourdit le fil sur une longueur d'environ 3o brasses, suivant le dégré du tortillement qu’il a reçu lors de sa confection ; cinq brasses , plus ou moins, sont consommées pour le commettage, ordinairement de 25 brasses.
- Commettage.
- Les fils seront accrochés par un de leurs bouts aux molettes du chantier, et par l’autre bout à un émerillon attaché à un cordeau tenu par un ouvrier, qui obéit peu-à-peu aux efforts du tortillement , au moyen duquel le raccourcissement s’opère jusqu’au degré nécessaire.
- Le fil destiné au commettage des ficelles doit donc subir ce nouveau tortillement, pour qu’il puisse acquérir l’élasticité qui doit le rendre capable de se commettre. De manière que ce nouveau tortillement s’opérera dans le même sens du filage) et au moyen de ce surcroît de torsion, 1®
- p.91 - vue 98/165
-
-
-
- fil prend le nom de touroh\ alors on place un tou-pin à deux ou trois rénures , entre les deux ou trois tourons qui doivent composer la ficelle , pour en diriger le commettage en sens opposé au tortillement du fil, c’est-à-dire de la gauche à la droite.
- Instruction sur l’ourdissage des fils qui doivent composer les cordages quelconques.
- Nous observerons ici , non-seulement pour le commettage des ficelles, mais encore pour celui des aussières et des cables, que les fils doivent être allongés , ourdis et accrochés aux molettes ou aux manivelles du chantier par leur bout à rebrousse-poils , afin que l’autre bout, qui est la tête du fil, soit accroché en avant, et où , par le moyen du toupin, le commettage commence.
- Cette première attention de la part du commetteur, dans toutes les opérations délicates qu’exige un bon commettage , rend la ficelle , oulaussière, ou le cable infiniment moins poilleux, puisque le toupin comprime sur les fils les petites fibrilles qui ne se trouveraient pas engrenées. Dans les corderies de l’intérieur de l'Em-pire, comme dans celles sur les côtes maritimes, ou n’a pas cette attention ; aussi, leurs cordages sont plus ou moins poilleux , parce que les fils qui composent un touron , sont ourdis et accrochés au chantier indistinctement par la tête du fil, ou par le bout qui termine le filage, ce qui produit nécessairement un effet contraire dans le tortillement du touron. Tandis que si les fils étaient tous accrochés en avant du chantier par leur tête, le cordage serait sans duvet et plus uniforme.
- Le commettage s’opérant en face du quarré, la tête des fils doit être accrochée aux manivelles du quarté; voilà pour quoi l’art prescrit de commettre les cordages par le bout dont les fils ont été
- p.92 - vue 99/165
-
-
-
- (93)
- commencés. Il est intéressant que les jeunes oom-metteurs n’oublient point cette instruction.
- Commettage II.e, des AUSSIÈRES.
- C’est pour trouver le moyen de rendre les fils souples et capables de se prêter chacun en leur particulier, selon la place qu’ils occupent dans le touron, que ce commettage est combiné afin dévi-ter que les tourons qui composent l'aussière, deviennent roides et durs.
- Caractère du jil-à-quarré.
- Les fils doivent être d’une circonférence égale dans toute leur longueur, et les brins qui les composent , doivent être à pression , tension et torsion uniformes , à hélices un peu allongées, égales, et sans boursouflure ni mèche.
- Voilà les qualités requises du fil destiné au commettage des aussières et des cables.
- Instruction sur le commettage d’une aussière.
- Aussière de 27 fils. Ce nombre de fils sera divisé en trois parties , ou faisceaux de neuf fils chacun. Comme 9 fils ne peuvent se placer tous extérieurement, il faut nécessairement qu’il y en ait un au centre, et que les huit autres enveloppent le fil central.
- Aussière de 72 fils. Chaque faisceau sera de 24 fils qui organiseront le faisceau de la manière suivante : ,
- 1 fil au centre, formant axe ;
- 8 fils formeront le i.er orbe a près le fil central;
- 15 fils formeront le 2.°, ou orbe extérieur.
- 24 fils.
- p.93 - vue 100/165
-
-
-
- ( 94 )
- Aussière de 138 fils, Chaque faisceau sera de 46 fils qui l’organiseront comme il suit :
- 1 fil central, ou axe :
- 8 fils formeront le premier orbe)
- 15 fils formeront le second)
- 22 fils formeront le troisième, ou orbe extérieur*
- 46 fils.
- -- *
- Pour que le faisceau qui doit devenir touron, s’organise de la manière dont nous venons de faire la description, il faut, comme nous l’avons déjà dit, que tous les fils soient d’une même circonférence sur leur longueur et selon l’art. S’il en était autrement, l’ordre d'organisation serait interrompu; la partie du fil maigre se tortillerait davantage et deviendrait encore plus petite ; tandis que la partie plus grosse se tortillerait infiniment moins ; de-là il résulterait une aussière informe et d’une résistance inférieure. Il est donc précieux que tous les fils qui doivent composer un cordage quelconque , aient les caractères dont nous venons de parler.
- Ourdissage,
- Une aussière qui sera commise au quart de raccourcissement , de telle circonférence qu’elle soit, sera ourdie en trois faisceaux égaux dans leur nombre de fils, et parfaitement tendus au même degré de longueur de............................ brasses
- Le quart du raccourcissement est de... 40
- L'aussière sera de la longueur de. ... 120 brasses.
- Gercrpusussrrurcnnacimanana
- Répartition du raccourcissement»
- Pour le tortillement des 3 faisceaux, en sens opposé à la torsion du fil, afin qu’ils deviennent tQurQns, ce
- p.94 - vue 101/165
-
-
-
- ( 95 )
- qui réduira leur longueur à 146 br. 2/3 ; . 13 br. 1/3 Pour le tortillement dans le même
- sens , afin que les tourons acquièrent
- le degré d’élasticité qu’ils doivent
- perdre lors de leur commettage , et
- la longueur des tourons se trouvera
- réduite à 133 brasses 1/3............. . 13 . . 1/3
- Pour le tortillement définitif dans
- la réunion des trois tourons , afin
- d’en composer l'aussière qui se trou-
- vera faite et parfaite au dégré de
- longueur de 120 brasses............. . . 13. . 1/3
- 40 br.
- kroxatiknnr iiii m ni sawan
- Poids du quarré.
- Les 138 fils, de la circonférence de 5 à 6 lignes de la dernière aussière dont nous avons parlé plus haut, pèseront environ 5 livres chaque fil, ensemble 690 livres.
- Ce poids porté au triple, le quarré sera d’environ ............................... 2000 livres
- OPÉRATIONS DU COMMETTAGE^
- Opération l.re, Ourdissage.
- L’aussière que nous allons commettre sera composée de 138 fils, en trois tourons ou faisceaux, chacun de 46 fils de la longueur de 160 brasses, pour être commis au quart de raccourcissement, ce qui réduira cette longueur à 120 brasses.
- Les trois faisceaux seront accrochés, par leur bout à rebrousse-poils (voyés l’instruction page 92 ), aux trois palombes des manivelles du chantier, et par l’autre bout,, qui est la tête du fil, aux
- p.95 - vue 102/165
-
-
-
- (96)
- trois manivelles duquarré, dont le poids sera en tout d’environ 2000 livres.
- Opération US, Tortillement des faisceaux pour devenir tourons.
- La torsion primitive du fil étant de la droite à la gauche, le nouveau tortillement du fil en masse par faisceau , sera opéré en sens contraire, c’est-à-dire de la gauche à la droite , afin que les fils , comme nous l’avons déjà dit page 92 , deviennent souples et capables de se prêter à tous les efforts et contours qu’exige la place qu’ils occupent dans le faisceau. Chaque manivelle sera tournée par deux ou trois ouvriers , à cause du poids du quarré de 2000 livres.
- C’est à la faveur de cette opération que les trois faisceaux sont devenus tourons par des hélices un peu allongées, de la gauche à la droite , au terme de la consommation de 13 brasses 1/3 de raccourcissement, et le quarré se trouvera arrivé au degré de l’échelle de 146 brasses 2/3.
- Opération IIIe, Tortillement des touronspour qu'ils puissent acquérir le dégré d‘élasticité nécessaire.
- Les trois tourons seront séparément tortillés dans le même sens de la gauche à la droite , afin qu’ils acquièrent le degré d'élasticité qu’ils doivent perdre dans leur réunion, lors du commettage de l'aussière.
- Ce tortillement qui sera de 13 autres brasses 1/3 de raccourcissement, se trouvera opéré , lorsque le quarré arrivera au terme de 133 brasses 1/3.
- Ces trois tourons ainsi tortillés tout-a-la-fois sur le même chantier et avec le même quarré," se trouveront parfaitement uniformes en circonférence, ' torsion et longueur,
- p.96 - vue 103/165
-
-
-
- (97)
- Opération IV^., Commettage.
- Les trois tourons resteront accrochés par un bout aux trois palombes des manivelles du chantier , et leurs bouts opposés seront accrochés à une seule manivelle du quarré qui sera manœuvrée par six ouvriers. Ensuite on placera dans cette partie-ci, entre les trois tourons , un toupin à trois rénures , dans lesquelles chaque touron prendra place jusqu’à la moitié de sa circonférence. Le toupin étant percé diamétralement, sera assujetti horisontalement , au moyen d’un boulon de quatre pieds de longueur, soutenu par deux ouvriers de chaque côté.
- -Le tout ainsi disposé, la manivelle du quarré sera mise en activité de la droite à la gauche pour produire le commettage. Les trois manivelles du chantier vireront dans le même sens de 11 or-sion des tourons de la gauche à la droite, .fin de rétablir la torsion qu’ils perdront en se réunis-sant par un commettage de la droite à la gauche , comme nous venons de le dire. Le toupin produisant des hélices régulières , ses deux longues li-vardes seront en tortillées sur la partie commise, sans cependant trop les serrer, pour ne pas arrêter le recul du toupin. A mesure que cet instrument avance vers le chantier , le quarré s’approche proportionnellement du terme de 120 br. de l’échelle.
- C’est dans cet te opération que le commetteur doit donner la preuve de son intelligence. Pour que son commettage soit selon l’art, il faut qu’il ait l'altention de tirer une ligne en craie blanche sur le tréteau le plus proche du chantier, qui soutien! les trois tourons sur lesquels cette marque, en ligne diamétrale , sera également tracée.
- Si l’action des manivelles fait avancer vers le chantier la marque des tourons, c’est parce qu’elles
- G 1
- p.97 - vue 104/165
-
-
-
- (98)
- tournent trop vite : alors on fait ralentir leuractivité, et la marque des tourons rentre dans la ligne diamétrale du treleau ; cette ligne forme la parfaite harmonie qui doit régner entre le tortillement des lourons du côté du chantier et leur commettage qui s’opère du côté du quarré.
- Si au contraire la marque sur les tourons sort de la ligne du treteau et avance vers le quarré, c’est parce que les manivelles du chantier ne tournent pas assez vite ; alors on rétablit l’accord qui doit régner entre toutes les parties.
- C’est lorsque le toupin est arrivé aux trois palombes des manivelles du chantier, en même-tems que le quarré arrive au degré de l’échelle, planche 3.e, de 120 brasses, que le commettage est régulier, et que l’aussière est parfaite.
- Résumé,
- Le commettage dont nous venons de rendre compte ne saurait avoir atténué la force du fil par les raisons que voici :
- 1°. Le fil dans sa confection est tortillé de la droite à la gauche \ ourdi et divisé en trois faisceaux de la longueur de 160 brasses; il a été de nouveau tortillé en masse , mais en sens opposé , c’est-à-dire de la gauche à la droite, pour le rendre souple et capable de se prêter aux efforts du tortillement qui a converti les faisceaux en tourons. Cette opération a diminué leur longueur de 13 br. 1/3, de manière que les tourons se sont trouvés de la longueur prescrite de 146 br. 2/3.
- 2°. Les tourons ont été ensuite tortillés de nouveau dans le même sens de leur formation, pour leur faire acquérir l’élasticité qu’ils devaient perdre et qu’ils ont effectivement perdue dans le commettage, ce qui a réduit leur longueur à 133 br. 1/3.
- p.98 - vue 105/165
-
-
-
- •‘SLX
- } 1
- î
- ( 99 )
- 3®. Enfin , la réunion des tourons en une aussière ; s’est opérée par un tortillement définitif, également de 13 brasses 1/3, mais en sens contraire à la torsion des tourons, c’est-à-dire de Icl droite à ld gauche, ce qui les a rendus souples et capables de se prêter aux efforts de leur réunion et de leur commettage en une aussière faite au dégré précis de 120 brasses»
- Ce commettage, comme l’on voit, est combiné, puisque le tortillement respectif de chacune des parties qui composent l’aussière , est de 13 br, 1/3 , toujours en opposition d’une partie à l’autre , ce qui les met en un équilibre parfait ; et cet équilibre forme la clef du commettage. Donc , toutes les parties ont concouru mutuellement en masse au commettage de l’aussière , comme elles concourront aux avantages de la résistance.
- Instruction sur le commettage des aussière s, selon la pratique des corderies de l’Europe,
- Le commettage des aussières , selon la pratique dans toute l’Europe, varie d’une corderie à l'autre , et chaque chef d’atelier prétend que sa méthode est la meilleure.
- Dans un port, on ourdit le fil à 180 brasses, on commet au tiers de raccourcissement, reste 120 br. pour la longueur de l’aussière. Les 60 br. de raccourcissement sont réparties, savoir :
- 40 br. pour le tortillement des tourons.
- 20 br. pour le tortillement définitif qui produit l’aussière.
- 60 brasses.
- Et dans un autre port , on ourdit le fil à 160 br., on commet au quart, reste 120 br. pour la longueur de l’aussière. Les 40 br. de raccourcissement sont
- G 2
- p.99 - vue 106/165
-
-
-
- ( ICO )
- reparties de la manière suivante :
- 20 br. pour le tortillement des tourons ,
- 20 . . pour le tortillement définitif du commettage.
- 40 brasses.
- =
- Ces deux pratiques tout-à-fait différentes, blessent les règles de l’art.
- Suivant la première, on fait subir au fil et aux tourons un trop grand tortillement, ce qui ne peut qu’affaiblir la résistance de l'aussière; et par la seconde on diminue de 6 brasses 2/3 le tortillement qu’il faut aux tourons pour se commettre, et on augmente en même-tems de 6 brasses 2/3 la torsion du commettage, ce qui le réduit au cinquième, et le rend de peu de durée.
- COMMEI T A g e IIIe., des Cables,
- Les cables sont composés de 3 cordons , et chaque cordon de 3 tourons , en tout 9 tourons.
- Leur commettage ne saurait s opérer utilement avec des aussières , ainsi qu’on le prétend. Si cela était les cables seraient roides et durs, parce que ces aussières subiraient un second tortillement ; delà il résulterait deux commettages, ce qui serait contraire à l’art; car des fils qui seraient commis deux fois, se trouveraient considérablement affaibls.
- 1 es aussières et les cables ne doivent subir que le même degré de raccourcissement qu’exigent les onérations de torsion et de commettage. Ce rac--Durcissement est réparti dans les aussières en trois narties parfaitement égales, et dans les cables en cinq comme nous l’avons démontre ci-devant, pages 85,86, 88. Ainsi, les parties qui composent
- p.100 - vue 107/165
-
-
-
- un cable , ne doivent pas subir un plus grand raccourcissement que celles qui composent une aussière.
- Les cables ne doivent donc pas être composés d’aus-sières , mais de cordons, et les cordons, de tourons.
- Les aussières et les cables sont des corps achevés, parce qu’ils ont subi le tortillement déjinitij appelle commettage.
- Les cordons et les tourons ne sont point des corps achevés, parce qu’ils n’ont pas reçu l'opération définitive.
- Règles du commettage des cables.
- Les cables seront commis au quart de raccour-cissement. S’ils sont de la circonférence de 24 pouces, ils contiendront 2804 fils, plus ou moins , de 6 lignes ou environ , en trois cordons , et chaque cordon de 3 tourons , chacun de 256 fils.
- Les fils sont tortillés,...........de la droite à la gauche.
- Les faisceaux , le seront,.........de la gauche à la droite.
- Les faisceaux devenus tourons, le seront, pour être élastiques,..............de la gauche à la droite.
- Les tourons dans leur réunion, pour devenir cordons , le seront. .... de la droite à la gauche
- Les cordons, pour devenir élastiques dans le commettage, le seront. . . delà droite à la gauche*
- Enfin , les cordons, pour produire le
- cable, le seront définitivement . . de la gauche à la droite.
- Les 2804 fils seront allongés et ourdis en 9 faisc., chacun de 256 fils , sur une longueur de • . . 160 br.
- Le commettage au quart consommera ... 40
- Longueur que devra avoir le cable. ... 120 br
- Réparti.
- p.101 - vue 108/165
-
-
-
- ( 102 )
- Képariition du raccourcissement
- Pour le tortillement des fils divisés en 9faisceaux , afin de les convertir en neuf tourons , le raccourcissement dans cette opération, sera de..........8 brasses.
- Idem, des 9 tourons pour leur faire acquérir le dégré d’élasticité qu’ils doivent perdre lors de leur réunion, pour en composer les cordons. . .. 8
- Idem, des 9 tourons dans leur réunion , de trois en trois , pour en composer un cordon. ....... 8
- Idem , des 3 cordons séparément, afin de leur faire acquérir le dé-gré d élasticité qu’ils doivent perdre lors de leur réunion, pour en composer le cable . . ..............8
- Enfin le tortillement complémentaire ou commettage parla réunion des trois cordons qui produiront le cable , ce qui consommera..............8
- Raccourcissement des . ..........- . 40 brasses.
- On est en usage dans les ports maritimes de former l’un après l’autre, les trois cordons qui composent un cable; c’est parce qu’il est impossible d'établir , à côté l'un de l’autre, trois chantiers qui exigeraient un nombre considérable d’outils et d’ouvriers pour tortiller tout-à-la-fois les 9 tourons, qu’on divise ces 9 tourons en trois parties égales. Ainsi l’ourdissage des 2804 fils doit être divisé en trois parties , et chaque division subdivisée en trois faisceaux, chacun de 256 fils. Et dans le cas où l'on n’aurait point trois manivelles de la
- p.102 - vue 109/165
-
-
-
- (103)
- force nécessaire , on tortillera les trois lotirons, l’un après l’autre, pour en composer un cordon; et ainsi de suite pour les deux autres.
- Poids du quarré.
- Chaque touron étant de 256 fils, du poids d'envi-ron 6 livres l'un, le touron pesera . • • 1536 liv.
- Ce poids exigera un quarré , tout compris , de . . .. ,....................4600 liv.
- Chaque cordon peseta............. 4600 liv.
- Ce poids de 4600 liv. exigera un quatre de _13800liv.
- Les 9 tourons réunis en trois cordons pour en composer le cable , pèseront ensemble environ...................... 13800 liv.
- Le quarré sera en tout du poids de. . . 41400 liv.
- Organisation d’un touron de *156 fils de 5 à 6 lignes de circonférence.
- L’organisation d’un touron de 256 fils confec-tonnés selon le caractère que nous avons décrit page 98 , est de la manière suivante ;
- 1 fil central, ou axe ,
- 8 fils formeront le 1er. orbe central, 15 le 2e ,
- 22.............le 3e,
- 28.............le 4e ,
- 35.............le 5e,
- 42.............le 6e,
- 49.............Ie T,
- 56 ......... le 8e , ou orbe extérieur.
- — ------ - -t
- 2 56 fils.
- aosarenenaranaeree Ml ma
- Pour ne pas répéter, nous invitons le commet-teur de ne pas oublier les observations que nous
- p.103 - vue 110/165
-
-
-
- avons faites à cet égard à la page 98.
- OPÉRATIONS DU COMMETTAGE.
- Opération J,re, ourdissage
- . ’ . ; »
- Nous avons observé plus haut que les trois cordons qui composent un cable de 24 pouces, ne pouvaient être formés que l’un après l’autre ; ainsi cette première opération, comme les subséquentes, sera répétée deux fois.
- Le cable étant composé de..............2804 fils
- Chaque . cordon sera de................ 768
- Et chaque touron de............• . . . 256
- Les 768 fils d’un cordon seront divisés en trois faisceaux qui,chacun de 256 fils, seront allongés, ourdis et accrochés par un bout , à rebrousse-poils, aux trois manivelles du chantier, et par l’autre bout, qui est la tête du jil ( voyez l’instruction page 92 ) aux trois manivelles du quarré dont le oids en tout sera d’environ 4608 livres; et dans e cas, comme nous l’avons déjà observé, qu’on ne put tortiller les tourons que l’un après l’autre, le quarré sera seulement du poids de 4600 livres.
- Opérât ion IIe., tortillement des trois faisceaux pour qu ils deviennent tourons.
- Ce tortillement sera exécuté en sens opposé à celui du filage; S'il l’était dans le sens du fil , c’est-à-dire de la droite à la gauche, comme nous l’avons observé page 6 , la grandeur des hélices ferait faire des t florts considérables aux fils de l’extérieur ; ferait perdre. en même-tems, aux fils de l’intérieur de leur tension progressivement jusqu’à l’axe; produirait des vrilles et des coques, et il en résulterait des tourons extrêmement durs, roides et imparfaits, quand même
- p.104 - vue 111/165
-
-
-
- on chargerait le quarré au dessus des règles. Dans ce cas il y aurait à craindre une rupture , parce que les fils du centre ne se trouvant point tendus, ceux de l’extérieur supporteraient seuls toute la résistance du quarré, et ferait succomber sous sa puissance les fils de l’intérieur.
- Pour prévenir cet inconvénient, il faut tordre les faisceaux de gauche à droite, afin que les fils se détortillent selon la place qu’ils occupent, et qu’ils puissent ensuite , non-seulement s’allonger et acquérir le dégré de souplesse et de tension nécessaires , mais encore se retordre en même-tems jusqu’au dégré qu’exige la même place qu’ils occupent. Par ce détortillement progressif dans les fils, depuis l’extérieur jusqu’au centre , et le retortille-ment également graduelles faisceaux sont devenus tourons selon les règles de l’art ; ce qui a consommé 8 brasses des 160 de la longueur des tourons qui se sont trouvés réduits à 162 brasses.
- Opération IIT.e , Tortillement des 3 tourons pour leur faire acquérir le dégré d’élasticité qu els doivent perdre, lorsqu on les réunira pour en composer un cordon.
- Les trois tourons seront tortillés l’un après l’autre, comme nous l’avons dit, dans le même sens de la gauche à la droite, afin de leur faire acquérir le dégré d’élasticité qu’ils doivent perdre dans la réunion qui les destine à composer le cordon.
- Ce tortillement sera de huit brasses de raccourcissement. ; de manière qu’ils se trouveront réduits alors à la longueur de 144 brasses.
- Opération IV. , Tortillement des trois tourons dans leur réunion,pour en composer un cordon.
- Les trois tourons seront, par un de leurs bouts
- p.105 - vue 112/165
-
-
-
- o
- réunis à une seule manivelle du quarré, et par l’autre bout ils resteront accrochés aux trois palombes des manivelles du chantier. On mettra alors le toupin à trois rénures, entre les bouts des tourons réunis à la manivelle du quarré, dans les-quelles rénures se placeront les tourons. Le toupin , pouvant vaciller , sera solidement attaché sur un petit chariot léger en charpente , à quatre roues , et rapproché le plus près possible du quarré où ce même toupin sera conduit dès qu’il aura com- \ mencé la formation du cordon ; et ses livardes seront entortillées sur la partie qui aura fait reculer le toupin vers le chantier, lorsqu'en même-tems le quarré aura avancé dans sa juste proportion.
- Le tout ainsi disposé, la manivelle du quarré sera mise en activité de la droite à la gauche, c’est-à-dire en sens contraire au tortillement des tourons, afin qu’ils deviennent doux et flexibles, et les trois manivelles du chantier tourneront de la gauche à la droite, qui est le sens de la torsion des tourons.
- On doit donc sentir que la torsion de la droite à la gauche, se fait aux dépens de celle des tourons , afin qu'ils puissent facilement se prêter aux contours de la réunion qui en forme le cordon ; mais en meme-tems les manivelles du chantier tournent selon le tortillement des tourons de la gauche à la droite, pour rétablir la perte qu’ils subissent et pour les entretenir dans leur précédente torsion. Au sur-plus nous renvoyons aux pages 96 à 98.
- Par cette 4°. opération le raccourcissement des tourons, pour en composer un cordon, a consommé huit brasses ; et le cordon s’est trouvé à la longueur de 136 brasses, lorsque le toupin est
- p.106 - vue 113/165
-
-
-
- ( 107 ) .
- arrivé aux palombes en même-tems que le quarré arrivait au degré 136 de l’échelle, planche 3e.
- Opération Vé, Tortillement du cordon pour lui faire acquérir le dégré d’élasticité qu’il devra perdre, lors du commettagefu cable:
- Le cordon sera tortillé dans le même sens qui l’a formé, c’est-à-dire de la droite à la gauche, afin de lui faire acquérir le dégré d'élasticité qui lui est nécessaire, pour opérer sa réunion avec les deux autres cordons, et ensuite le cable dont il s’agit.
- Ce tortillement qui doit produire cette élasticité , diminuera le cordon de huit brasses , ce qui le réduira, dans sa perfection, à 128 br.
- 1 .es deux autres cordons ayant été ainsi formés, on procédera au commettage.
- Opération VLe, Commettage.
- Les trois cordons seront accrochés par un de leurs bouts aux trois palombes des manivelles du chantier, et les autres bouts seront réunis et accrochés à une seule manivelle du quarré. On chargera ce quarré de 41,400 livres, y compris son poids; le chariot à quatre roues, qui devra soutenir et conduire le toupin aux palombes, sera rapproché le plus près possible du quarré; les manivelles du chantier vireront dans le sens du tortillement des cordons, c’est-à-dire de la droite à la gauche , lorsqu’on même-tems la manivelle du quarré tournera de la gauche à la droite. C’est donc par le détortillement des cordons, comme on le voit, que le. commettage se formera; mais les manivelles du chantier fourniront aux cordons une continuation de tortillement jusqu’à leur entière réunion. Ce travail n’exigera pas de grands efforts de la part des manivelles, parce que le détortil-
- p.107 - vue 114/165
-
-
-
- ( 108 )
- lementqui provient de l’élasticité des cordons, facilite l action des manivelles , ainsi que le recu-Jement du toupin et la marche du quarré. Ce qui exige de grands efforts aux manivelles, c’est de tenir les cordons dans l’état de pression et de tension qu’ils doivent avoir, et de donner au commettage un degré de torsion uniforme à toute la longueur du cable, c’est-la le grand talent.
- Nous avons remarqué dans les corderies que les manivelles ne sont jamais assez suffisantes pour y placer le nombre de bras nécessaire pour les met-tre en activité. Alors on est obligé de recourir à lui expédient , celui d employer 3o ou 40 hommes, plus ou moins, pour pouvoir, avec des manuelles, achever de tordre la partie du cable dont le tou-pin s'éloigne, en continuant la réunion des cordons JuSqu aux palombes. Il résultera de cette opération que le toupin et le quarré ayant été ainsi facilites dans leur marche, cet accord correspondra, comme 128 est a 8 , ou 16 à 1 ; alors le cable se commettra parfaitement.
- Le tout ainsi dispose , on place le toupin entre les trois cordons : toutes les manivelles sont mises en activité. La réunion des trois cordons commence à se former en commettage, et s’il est selon l’art, on conduit alors avec soin le toupin dessus le cha-riot : là il est amarré, et ses livardes sont entortillées sur la partie commise, sans pourtant être trop serrées, pour qu’elles ne puissent pas gêner la marche du toupin , quoique ses rénures soient frottées avec du savon blanc. Le toupin ayant alors avancé de quelques pieds vers le chantier , le quarré n’a fait qu un mouvement proportionnel.
- Le commetteur s'étant conformé à ces intructions, ainsi qu'à celles des pages 96 à 98, le commettage s’est opéré de la manière suivante :
- p.108 - vue 115/165
-
-
-
- O
- \
- Le chariot qui porte le toupin, a avancé vers le chantier, et le quarré est arrivé au dégré fixé par une marche lente et très-régulière , puisqu’elle n’a été que de huit brasses, pendant le tems que le toupin en a reculé 128 , pour arriver aux palombes. Le cable s’est donc trouvé parfaitement commis à 120 brasses, longueur que prescrivent les opérations dont nous venons de rendre compte, et la planche 3.e de l’échelle, représente les opérations et le commettage du cable.
- Le Professeur.
- Nous allons terminer nos demandes par le sujet suivant: M. Duhamel nous dit page 177: tous les jils qui composent un touron sont dans différons degrés de tension, lorsque le touron est tortillé, ils résisteront donc inégalement au poids qui les chargerait , c’est un défaut qui devient d'autant plus considérable que les tourons sont plus gros et plus tortillés.
- Après avoir fait envain nombre d’expériences pour corriger ce défaut, M. Duhamel les termine en disant, à la page 187 : Ainsi nous croyons qu’il faut s’en tenir à la méthode ordinaire 3 et nous allons suivre le cordier dans ses autres opérations.
- En réfléchissant sur cette remarque, nous nous croyons fondés à vous demander de faire connaître l’organisation du cable de 24 pouces de circonférence que vous venez de commettre théoriquement, en expliquant les efforts mutuels des fils qui composent ses tourons.
- • Le s Elèves.
- Pour rendre notre réponse intelligible sur une question d’autant plus difficile à résoudre qu’elle
- p.109 - vue 116/165
-
-
-
- C 110 )
- est neuve , nous allons la diviser en deux parties:
- Ie. Organisation D’UN Cable de 24 pouces de circonférence.
- Un cable est composé de trois cordons qui for
- ment ses..............................3 muscles ;
- Chaque cordon est composé de 3 tourons , en tout 9 tourons qui forment ses .... .....................9 fibres ;
- Et chaque touron est composé de 266 fils , en tout 2804 fils qui forment ses........................2804 fibrilles.
- Pour que le cable ait de la flexibilité, il faut que ses fibrilles , fibres et muscles soient souples et capables de se prêter à tous les efforts qu’ils auront respectivement à faire , lors de l’emploi du cable noué à une ancre. Pour cet effet :
- Les fils sont tortillés .. de la droite à la gauche, Les tourons le seront.. de la gauche à la droite, Les cordons........ de la droite à la gauche, Lutin , le Cable .... de la gauche à la droite, Par cette admirable COMBINAISON méconnue, toutes les parties qui composent le cable sont devenues souples et capables de se prêter mutuellement à tous les efforts auxquels est soumise chaque partie, selon la place qu’elle occupe ; il est [vraiment malheureux pour LE GRAND ART DE LA NAVIGATION, que cette re-marque précieuse ait échapé à la sagacité des auteurs qui ont traité de l’art de la corderie dans le siècle dernier.
- 11°. Organisation d’un Touron.
- Les 2.56 fils qui composent un touron , ont été our-dis et tendus également sur une longueur de 160 br., et étaient tortillés uniformément au degré de pression tension et torsion prescrit par l'art.
- p.110 - vue 117/165
-
-
-
- p.n.n. - vue 118/165
-
-
-
- PlnchelV.Page III.
- Fils, /%.Z
- N 3 i
- I I
- DÉTORTILLEMENT
- ORGANISATION O2x Touron.
- CXwl-
- CABLE
- ORGANISATION
- Echelle dane pan pouce E
- .N., Cs to t & S, s s 5,. S %
- Tour ou s./bres.
- Cordons.MuscZec,
- Axe..... 17 Orbe 2^...... ........ 4me , .. .
- 5° ...
- me 7...... One....
- §> S
- I
- S d % o s
- 9
- > < 7
- < 3 ‘s
- $ s
- pl.4 - vue 119/165
-
-
-
- .1|
- 7
- ..
- h. (e
- * 12 ,7 Tt,
- e.e
- :
- , 21
- t
- p.n.n. - vue 120/165
-
-
-
- Si ces fils, dans la torsion dutouron , avaient conservé la même pression, tension, torsion et longueur qu’ils avaient lors de-leur ourdissage, le louron serait devenu extrêmement dur et roide.
- Avec de pareils tourons , il serait difficile de faire décrire à un cable une ligne parabolique, sans que la partie des fils des tourons du côté extérieur , ou convéxe , ne rompit par gradation jusqu’à l’axe.
- On doit sentir que la partie intérieure, ou concave, doit rentrer en elle-même, lorsque la partie convexe a la faculté de l’extension; mais si cette extension n’existait pas, le cable, dans ses tourons, éprouverait des ruptures graduelles de l’orbe extérieur , jusqu’à l’orbe qui clôt le fil central. Il s’en suit donc delà que, lors de la torsion des tourons, les fils extérieurs ont éprouvé un détortillement proportionné, et cependant moins sensible graduellement , à compter du second orbe , après celui de la circonférence , jusqu’à l’axe ; et d’orbe en orbe la souplesse des fils s’est opérée par leur détorsion et rétorsion en masse ( voyez à cet égard ce que nous avons dit aux pages 93 jusqu'à 108) , alors tous les fils soutiennent harmonieusement l'effort commun, depuis le fil central jusqu’à l’orbe extérieur.
- Pour faciliter l’intelligence de notre réponse et faire connaître d’un seul coup d’œil le commettage et l’organisation d’un cable et d’un de ses tourons de 2.56 fils, de la circonférence de cinq à six lignes, nous joignons ici , une 4, planche. On s’y convaincra combien il importe que les fils soient tous à-peu-près du même diamètre , et à pression, tension et torsion uniformes , ainsi que l’art le prescrit.
- Le Professeur.
- Je terminerais ici ce Manuel, comme il est annoncé par la derniere demande aux Elèves, pag. 109
- p.111 - vue 121/165
-
-
-
- ( ”2 )
- si, dans le cours de l’impression, je n’eusse éprouvé de nouvelles contrariétés, propres à me faire renoncer pour toujours à l'achevement d'une tâche qui , depuis plus de 40 ans , est l’objet de mes travaux , et qui est d’autant plus utile aujourd’hui qu’elle intéresse essentiellement les armées navales de sa Majesté Impériale et Royale.
- Il n’appartient qu’au premier corps de savans de ma patrie à prononcer sur mes recherches et mes succès.
- ,L
- Personne n’ignore que les cordages commis d’après les règles de l’art que j’ai perfectionnées par mes diverses découvertes, sont l’âme du grand art de la navigation, lors des tempêtes et des bourrasques.
- Il n’y a que les sectateurs delà routine arbitraire, ou ceux qui n’ont point étudié le travail de la nature sur la constitution des corps, qui puissent révoquer en doute cette grande vérité et improuver le perfectionnement des règles que j’ai établies. Mais , dans ce cas , ce n’est pas en calomniant l’établissement d’une nouvelle méthode qu’on la déprécie , on doit par une réfutation convenable et régulière, proposer des moyens préférables à ceux que j’ai établis. Jeter le vernis de la dépression sur un ouvrage sans le discuter, sans le combattre, et sans avoir a lui opposer l'avantage d’une supériorité quelconque, c’est manifester le langage de la satyre qui se détruit par le fait.
- Je me permettrai d’avancer, dans cette occurrence, que mon Manuel du hleur - Cordier renferme tout ce que doit savoir un maître d’atelier de corderie, cet ouvrage n’est point un traité complet.
- Un traité complet sur le perfectionnement de l’art de la corderie , que je me propose de mettre au jour, n’est que du ressort des savans et des administra-
- p.112 - vue 122/165
-
-
-
- ( 113 )
- fions des ports maritimes, relativement à la con-naissance qu’ils doivent avoir de la résistance des cables , de l’art de les goudronner, et relativement à d’autres connaissances de la dernière importance» pour la marine.
- Tant que l’on ne sentira pas la nécessité de concilier la manipulation du chanvre avec la constitution du goudron, tant que l’on n’emploiera pas les moyens d’y parvenir, les règles du commettage des cordages avec des fils passés dans le goudron, resteront dans l’obscurité où elles se trouvent.
- Un traité sur un art si peu connu , si étendu et si pénible , et sur lequel les auteurs qui jusqu’à ce jour en ont traité, n’ont donné que des notions ou des règles imparfaites , exige de la tranquilité , de l’encouragement et non des entraves suscitées , comme celles auxquelles je suis en butte depuis dix ans que je fais connaître mes recherches et mes découvertes.
- On a cru faire rentrer dans le néant mon Manuel du Fileur-Cordier} en lui opposant aujourd’hui l’invention d’une mécanique pour filer le chanvre et fabriquer les cordes, par un savant d’Orléans. Voici les propres expressions des deux personnes qui m’en ont entretenu , et mes observations à ce sujet.
- Sur le projet d’un savant, d’Orléans y d’établir des mécaniques économiques pour jiler le chanvre et fabriquer les cordes, dans une salle de peu d’importance,
- il y a quelques mois qu’une personne me dit : » Votre ouvrage ne présente pas des idées bien neu-» ves sur l’art de la corderie. On s’occupe , en ce » moment, des mécaniques inventées par un savant » d'Orléans, propres à filer le chanvre et à fabriquer » les cordes; par le moyen de ces mécaniques, cette
- H
- p.113 - vue 123/165
-
-
-
- ( 114 )
- » sorte de fabrication n’exigerait qu’une salle de peu » d’importance, ce qui permettrait d’abattre les édi-» fices immenses des corderies dans les ports im-» périaux, parce qu’ils nécessitent une dépense con-» sidérable pour leur entretien ; et les expériences » du savant d’Orléans ayant eu le plus grand suc-» cès, elles seraient répétées à Anvers.
- En effet, j’ai appris depuis que ce savant d’Orléans a obtenu des rapports favorables , et que ces rap-ports présentent les avantages suivais :
- » 1.° Le métier-à-bobine inventé par M. Le Roi , » d’Orléans, pour filer le chanvre en fil-à-quarré , » de 5 à 6 lignes de circonférence , produit un tiers » de résistance de plus que le fil-à-quarré provenant » du métier-à-molette portant crochet, qui est en » usage dans les ports maritimes.
- » 2.° La dépense de main-d’œuvre dans la fila-D ture au métier-à-bobine, n’est pas plus considéra-» ble que celle dans la filature au métier-à-crochets.
- » 3.° Si l’on compare la dépense de la construc-» tion et de l'entretien des bâtimens des anciennes » corderies avec les bâtimens de la nouvelle cor-» derie qu’on propose, l’avantage économique de la » filature au métier-à-bobine est évident.
- » 4.° Les deux corderies de Brest contiennent en-» semble six roues ou métiers-a-molettes et cro-» chets , qui occupent 84 fileurs ; en comparant la » valeur de ces deux bâtimens avec celle d’une salle » 'propre à recevoir les métiers-à-bobines , on con-» viendra qu’il résulte un avantage majeur en faveur » de la nouvelle méthode.
- » 5.° La salle qui contiendra 84 métiers à bo-» bine exigera seulement une longueur de 106 pieds » sur 24 de largeur ; en y comprenant 24 pieds de
- p.114 - vue 124/165
-
-
-
- |
- 1
- 1
- *3 ***{
- AAR8
- longueur de plus pour placer les motetrs, le bâtî-ment pour l’exécution de la nouvelle métho le, aura environ 130 pieds de longueur, ce qui est sans doute plus économique que les 1200 pieds de longueur qu’a chaque bâtiment des anciennes corderies , d’où il résulte que la nouvelle corderie économise les huit neuvièmes de la dépense qu'entraîne l’ancienne.
- » 6.° Enfin , il est vrai que le m tier-à-bobine et à pédale n’est pas exactement perfectionné , mais rien n’est plus facile que d'établir un moteur pour plusieurs métiers, alors l’économie sera incalculable.
- R É P
- Sur ces six
- O N S E
- PARAGRAPHES.
- I.er
- Le métier-à-bobine inc enté par M. Le Roi, d’Orléans > pour filer le chancre en fl - à-quarré, de 5 à 6 ignés de circonférence , produit un tiers de résistance de plus que le fl-à-quarréprocenant du métier à molettes portant crochets , qui est en usage dans les ports maritimes.
- L'art de la corderie prescrit des règles dans les manipulations du peignage , du filage et du commettage; ces règles sont basées sur la constitution et état naturel des chanvres.
- Ceci posé: Que le filage du chanvre en fil - à -qu irré soit opéré avec un métier-a-molettes et crochets, ou avec un métier-à-molettes et bobines, les fils qui'en résulteront doivent avoir une égale organisation et configuration.
- |
- p.115 - vue 125/165
-
-
-
- ;
- 4
- er,.
- ( 116 )
- Si l’on nous dit simplement : que Vun de ces deux fils est plus résistant d’un tiers que l’autre , nous sommes fondés à faire remarquer, que lefilage n’a pas été opéré uniformément et conformément aux règles de l’art.
- On aurait donc du faire la description du fil résultant de chaque métier, pour qu’on eût pu corriger le défaut de l’un des deux fils , sans laquelle on ne peut asseoir aucun jugement sur l’avantage -dont on parleil fallait conséquemment une seconde expérience.
- Le métier-à-molettes et à crochets est celui dont on se sert dans les ports maritimes, et qui est celui de l’art, parce qu’il est simple, peu dispendieux et n’est nullement embarrassant ; il joint de plus à l'é-conomie l’activité qui est si nécessaire dans une cor-derie toujours pressée par des arméniens urgens.
- Ce métier n’est composé que d’une roue pleine, d’environ 3 pieds de diamètre sur 4 ou 5 pouces d’épaisseur, qui est mise en activité par un forçat. Cette roue est adaptée à deux poteaux : l’un soutient un demi-cercle boisé, d’environ 4 pieds de diamètre, dit siége-à-molettes 9 où sont placées 12 molettes-à crochets, afin qu’un pareil nombre de fileurs puisse y accrocher leur lanière.
- Le filage s’opère en longueur, c’est-à-dire, l’ouvrier qui file , s’éloigne du métier ( mieux dit chan* lier} , en reculant, ce qui lui donne la facilité de nourrir son fil au même degré de 5 à 6 lignes de circonférence , et de lui donner une pression , tension et torsion uniformes. Ce fil achevé sur une longueur de 800 à 900 pieds , est immédiattement décroché , et on le fait passer dans l'auge-à-goudron ; de la on le roule sur un touret. En ouvrant ce fil il doit se trouver sans boursouflurç çt sans mèche ;
- P.
- p.116 - vue 126/165
-
-
-
- ?
- )
- 1
- s’il s’y en trouvait, le fil serait sans doute mis au rebut, par la raison que sa résistance serait réduite de moitié : un câble d’assurance ne doit pas être commis avec des fils qui n’auraient que la moitié de la résistance dont le chanvre est susceptible.
- On peut également filer le chanvre en fil de 5 à 6 lignes de circonférence, en se servant d’un métier construit d’une autre manière, et composé de même d’une roue qui mettrait en activité un même nombre de 12 molettes, mais avec la seule différence que les 12 crochets seraient remplacés par 12 grandes bobines, pour que 12 ouvriers pussent filer le chanvre, pendant qu’ils seraient assis} puisque leur fil, à mesure qu’il se formerait, se déviderait sur la bobine ; mais cette manière si avantageuse de filer pour la fabrication des toiles, ne saurait être adoptée pour le fil destiné au commettage des cordages, parce qu’il en résulte plusieurs défauts au fil, et des inconvéniens majeurs qu’il n’est pas possible d’éviter.
- L'art proscrit dans une corderie maritime toute opération qui peut atténuer ses règles, et causer en même-tems l'entravement de l’activité qu’exige ordinairement un armement pressé.
- Un fil-à-quarré confectionné avec cette sorte de métier-à-bobihe s ne saurait avoir une circonférence uniforme et un même degré de pression, tension et torsion depuis son commencement jusqu’au bout qui le termine : La cause physique de ce défaut est même dans le plus ingénieux métier-à-bobine.
- L’ouvrier qui file au métier- à-crochets , a la faculté de conserver le dégré de torsion qu’on lui a prescrit, ses yeux se portant toujours sur une longueur de 15 à 20 pieds ; s’il s’apperçoit que son fil reçoive plus de torsion qu’il ne faut, il recule promp-tement son poignet, et la torsion devient nécessai-
- p.117 - vue 127/165
-
-
-
- ( 118)
- rement uniforme, puisque le fil qui tourne toujours avec vitesse, est tendu sur une grande longueur; tandis que si son fil se trouvait dévidé sur une bobine, il serait impossible de corriger ce premier défaut. La bobine est donc le grand moyen que propose M. Le Roi ; il est excusable parce qu’il paraît que l’art de la corderie maritime lui est inconnu, Quand on connaîtra la cause de l’élasticité et les ressorts du chanvre dont j'ai fait la découverte, on s’appesantira un peu plus sur les règles du filage que l’art prescrit.
- /
- Le second défaut est celui de l’inégalité de la circonférence , de la pression des brins , de leur tension et de leur torsion ; cette inégalité augmente en raison du poids du fil , relativement à sa grosseur , à-fur-et-mesure qu’il se dévide sur la bobine , ce qui ralentit peu-à-peu l’uniformité prescrite au tourneur de la manivelle de la roue. Je dois cependant observer que le savant d’Orléans n’a pas présenté une mécanique-à-roue et à plusieurs bobines. On n’a parlé que d’une roue ordinaire à pédale.
- Le troisième : l’ouvrier filant sous la puissance d’un crochet, tient son fil bien tendu depuis le crochet jusqu’à la longueur de 900 pieds, ce qui le facilite de donner constamment la pression et la tension qui sont nécessaires sur toute la longueur; si au contraire il filait sur un métier-a-bobine , le fil s’y déviderait, et l’ouvrier n’aurait plus la meme facilité de tenir toujours son fil bien tendu, puisque la grande tension qu’exige un fil de la grosseur de 5 a 6 lignes de circonférence, ferait rompre à chaque instant l'un des bras ou épinglier de la bobine , ou bien il faudrait que cet épinglier fût en fer; en ce cas , il en résulterait un autre inconvénient digne de réflexion , et que je dois expliquer : Le commencement du fil sur une longueur d’environ trois pieds,
- p.118 - vue 128/165
-
-
-
- ( 119 )
- enfre dans Vécubier de la broche, vulgairement ap-pellé trou- central au bout de la broche, sur une profondeur d’environ 9 lignes , qui se termine par un trou diamétral, ce qui forme deux trous (qui n’en font pourtant qu’un ) , l’un à droite et l’autre à gauche. C’est par l’un de ces trous que le fil sort en équerre , et qu’il est dirigé de biais par l'épin-glier à côté d’un de ses crochets , et de la le bout du fil est conduit sur la bobine où on l’attache. De manière que le moteur étant mis en activité, la broche qui enfile l'épinglier, la bobine et la molette tournent à-la-fois avec une grande vitesse , puisque la broche sert d’axe; alors le fil qui a déjà les trois pieds de longueur dont nous venons de parler est continué, se prolonge et s’entortille sur la bobine ; voilà le travail du métier-à-bobine.
- Cette invention qui honore son auteur, n’est propre qu’au filage du chanvre pour le fil de tisserand, parce qu’il n’exige aucune force ; c’est là l’ouvrage des bonnes ménagères.
- Mais il n’en est pas de même d'un fil-à-cordier, parce qu’il exige de la force pour opérer la pression des brins, ainsi que leur tension et torsion, afin de pouvoir en former un fil de 5 à 6 lignes de circonférence; tels arrondis que puissent être les bords ou parois extérieurs et intérieurs de l'écubier , et tels polis que soient les petits crochets de l’épinglier, la tension ferme du fil qui court en équerre et de biais avec grande vitesse sur ces corps de fer, ne peut que causer des frottemens préjudiciables à la résistance du fil; et s’il se trouvait dans le fil une parcelle de chénevotte , lors de sa sortie en équerre de l’écubier, le fil romprait.
- Filage au sicge-à-molettes-et-crochets : quoique, de cette manière , le fil soit soutenu dans sa longueur, par des traverses sous lesquelles sont placés
- p.119 - vue 129/165
-
-
-
- des petits crochet s arrondis et polis, il n’éprouve aucun frottement, parce que le filage est opéré horisontale-ment, depuis lesmolettes-à-crochets jusqu’à 900 pieds de longueur où il se termine. Ce fil, dans sa confection , ne change point de place , il ne fait que tourner en s’allongeant , et n’éprouve aucun frottement. Ce fil ainsi confectionné en longueur, peut être inspecté d’un bout à l’autre par le contre - maître de l’atelier. 31 ne peut en être de même d’un fil qui se roule sur une bobine, ou petit touret, à-fur-et-mesure que l’ouvrier le forme, c’est précisément cette dernière manière de filer qui tend à perpétuer dans l’Empire la routine qui, comme je l’ai démontré dans cet ouvrage , est si préjudiciable à la marine.
- Le 4.e défaut serait de faire perdre beaucoup de tems aux ouvriers qui fileraient sur des métiers-à-bobine , et ces bobines encombreraient totalement le chantier.
- Le 5e. défaut serait d’une autre nature : un fil qui est sur une bobine, ne peut passer dans le goudron sans être préalablement allongé, par la raison qu’il serait goudronné à rebrousse-poils, ce qui préjudicierait à sa résistance; et d’un autre côté il en résulterait un inconvénient insurmontable; en voici la cause physique :
- Le fil, en sortant de l’auge-à-goudron , passe dans les hélices d’un bout de cordage qu’on appelle Uvarde, pour l’essuyer et lui ôter la trop grande quantité de goudron dont il peut être pénétré; après avoir subi cette opération , et avant d’être roulé sur un touret, il passe dans une seconde livarde. Ces deux opérations ne laissent au fil que l’impression du goudron, comme je l’ai déjà dit ; et la pression de ces li-Tardes dégage le fil du tortillement superflu qu’il
- p.120 - vue 130/165
-
-
-
- I— C "b
- avait nécessairement auparavant. L’action bienfaisante du goudron comprime les fibres les unes sur les autres , et le superflu de torsion dont je viens de parler, se porte sur la partie du fil qui n'a pas encore passé dans le goudron et va se perdre par un détortillement utile , au bout du fil que tient l’ouvrier qui l’a filé.
- On doit donc sentir que si ce restant de fil ne se trouvait pas tendu sur toute sa longueur, et qu’il couvrit une bobine, le superflu de torsion ferait vriller le fil qui se formerait en coques; ces difformités se doubleraient, se tripleraient les unes sur les autres et envelopperaient la bobine ; mais cet inconvénient frapant , attaché à la bobine , disparait, si l’on tend le fil sur toute sa longueur : dans ce cas-ci, il faut toujours un atelier de 900 pieds de long.
- Enfin , si le corps du génie maritime n’avait pas senti et prévu toutes ces difficultés qu’on ne pouvait vaincre , et s’il avait pu trouver le moyen de faire filer le fil-à-quarré de 5 à 6 lignes , sans tous ces défauts et sans tous ces inconvéniens , il y a long-tems que les mécaniques-à-bobines seraient établies dans les corderies des arsenaux maritimes.
- Le célèbre M. Duhamel qui a fait autorité jusqu’à présent , s’est lui-même occupé de cet objet ; il eut desiré trouver les moyens de substituer aux sièges-à-crochets , le rouet ordinaire , car il me disait il y a plus de 35 ans : « il y a long-tems que j’ai es-» sayé d’employer dans les ports le rouet-a-bobine , » mais des difficultés sans nombre m’obligèrent de » renoncer à ce projet.
- On lit dans son traité’, pages 10c et 101 , la confirmation de son objection, qui est ainsi conçue : « Le » fil de carret est trop gros pour être dévidé sur des » bobines que le rouet ferait mouvoir , c’est pour-
- p.121 - vue 131/165
-
-
-
- » quoi les molettes n’ont point de bobines et les fi-» leurs reculent à mesure que leur fil se tord , mais » a force de reculer ils gagnent le bout de la filerie, » ayant fait un fil d’environ cent brasses de lon-» gueur il faut alors dévider ce fil sur quelque » chose , et c’est à quoi servent les tourets qui , » comme l’on voit, ne sont autre chose que de gran' » des bobines. ®
- Les expériences du port de Toulon sur cet objet majeur , datent depuis longues années : ses derniers essais sont de l’an 10 à l’an 12.
- On a établi en ce port une grande machine qui, mise en activité par trois forçats, fait mouvoir 100 bobines de chanvre filé pour la fabrication des toiles-à-voile , par un pareil nombre de forçats. Maison a envain et très-inutilement essayé d’employer cette machine pour le filage du chanvre en fil-a-quarré. On ne put applanir les difficultés qui s’opposaient à l’exécution de cette invention.
- Peu de tems après un artiste de l’intérieur de la France proposa au même port des expériences pour la confection du fil-a-quarré par le moyen du mé-tier-à- bobine. C’est au sujet de ce métier-a-bobine qu on lit, dans les annales des arts et manufacture s par O reilly , tome 15, page 330, ce qui suit . « i lans » le rouet ordinaire, le fil, à mesure qu’il est formé, » s enroule sur une bobine qui participe au mouve-» ment de rotation de la broche. Mais il ne suffit » pas, comme on pourrait le croire, d’augmenter > les dimensions du rouet pour l’employer à faire » du fit de carret : dans ce cas, les poids de la » bobine vide et de la bobine chargée, diffèrent » assez pour faire varier sensiblement la résistance » produite par le moment d’inertie de la masse à » mouvoir : il faudrait donc augmenter la force mo-» trice par degrés correspondans à l’accroissement » de cette résistance , afin de conserver à la broche
- p.122 - vue 132/165
-
-
-
- ( 123
- » la vitesse constante d’où résulte l’uniformité de » torsion du fil.
- §. II.e
- La dépense de main - d'œuvre dans la fila-lure au mé tier-à-bobine n'est pas plus considérable que celle dans la filature au métier-à-crochets.
- Nous croyons au contraire que la dépense de main-d’œuvre dans la filature au métier-a-bobine, est infiniment plus considérable que celle qu’entraîne la filature au métier-à-crochets , je vais le démontrer par la comparaison suivante:
- Un atelier de filerie , suivant l’usage des ports maritimes, contient 4 roues ou chantiers, chacun de 12 crochets, ensemble 48 crochets qui occupent 48 fileurs.
- Pour balancer ces 48 crochets , il faut 48 mé-tiers-a-bobine qui puissent occuper le même nombre de 48 fileurs , selon la nouvelle méthode.
- Les 4Roues ou chantiers d’un atelier actuel des ports, peuvent s'établir pour une somme de............«................ 400 fr.
- Tandis qu’on n’établira pas les 43 métiers-à-bobine, ou gros Rouets, propres à filer du fil-à- quarre de 5 à 6 lignes de circonference, pour une somme de. ... 2400 fr.
- Des rouets à grosses bobines exigent un nombre considérable de bobines de rechange-, réduisons ce nombre à 20 bobines par rouet, il en faudra donc 960 ; mais des bobines propres à contenir du fil de deux lignes de diamètre sur une longueur d’environ 900 pieds, coûteront au moins 70 centimes pièce, les 960 forment une dépense de.............................................. 720
- 3120 f.
- Economie en faveur des sièges-à-crocheis des ports, .. 2720
- 3120 f.
- ' Un
- p.123 - vue 133/165
-
-
-
- s. III.®
- 1
- ( 124 )
- Un ouvrier filant sous la puissance d’un des crochets du chantier selon Part de la CORDERIE , convertit dans la journée , 5 à 6 livres de chanvre de 1.er brin, en 10 ou 12 fils-à-quarré de 5 à 6 lignes de circonférence , chacun de 800 à 900 pieds de longueur, et ces fils , à mesure qu’ils sont achevés , entrent immédiattement dans l'auge-à-goudron , et vont se rouler sur un touret qui, quand il a reçu la quantité de fils qu’il doit contenir , est du poids de 5 à 600 livres.
- Chaque chantier - à - crochets pour 12 fileurs , produit par jour au moins 600 livres de fils qu’on goudronne à - fur - et - mesure de leur confection.
- Ainsi, ce travail si économiquement combiné , réunit tout à-la-fois le repos du fileur après avoir achevé son fil, et l’activité qu’on met à le goudronner.
- Une nouvelle machine, outre le désagrément d’être compliquée, n’atteindra jamais la simplicité du siège* à-crochets adopté par les savans des derniers siècles, et continué jusqu’à ce jour.
- Si l’on compare la dépense de la construction et de l’entretien des bâtimens des anciennes corderies avec les bâtimens de la nouvelle corde rie qu’on propose , l’avantage économique de la filature au métier-à-bobine est évident.
- On a vu dans ce qui précède que l’avantage qui résulte des opérations du siège-à-crochets , est proportionné à l’importance des bâtimens des anciennes corderies ; la réponse au paragraphe suivant va justifier la préférence que l’ancienne méthode doit avoir, à tous égards, sur celle qu’on propose.
- p.124 - vue 134/165
-
-
-
- to es
- —
- §. IV.e
- Les deux corderie s de Brest contiennent ensemble 6 roues ou métiers-à-molettes et crochets qui occupent ^fleurs; en comparant la valeur de ces deux bâtimens avec celle d’une salle propre à recevoir les métiers-à-bobine , on conviendra qu’il résulte un avan-tage majeur en faveur delà nouvelle méthode. Nous allons démontrer l’erreur de cette assertion. La corderie de Brest occupe ordinairement environ 200 fileurs ; ses deux bâtimens contiennent donc ensemble 16 roues au lieu de six.
- Le rez-de-chaussée de ces bâtimens est destiné au commettage des aussières et des cables. Le fil qui les compose doit être ourdi sur une longueur de 900 pieds; au dessus de ces ateliers de commettage sont les fileries. Les pavillons de chaque bout des deux bâtimens forment les ateliers de peigneries et les magasins du chanvre et du fil confectionné.
- L’art prescrit de ne commettre les cables et autres cordages qu’à l’abri des intempéries , pour éviter que la matière ne soit endommagée. L’ardeur du soleil et le vent sont aussi pernicieux au commettage d’un cable que le sont à la résistance de la fibre du chanvre la pluie et la gelée.
- Le bâtiment de la corderie du port de Toulon contient, savoir : au rez-de-chaussée sur sa largeur trois ateliers de commettage ; au dessus la filerie divisée également sur la largeur en trois ateliers composés chacun de 4 roues. Chaque roue est sous un siège de 12 molettes-à-crochets , ensemble 48 crochets ; de manière que les 3 ateliers contiennent 144 crochets pour 144 fileurs ; à l’un des bouts de chaque filerie , c’est-à-dire en avant des ateliers , sont
- p.125 - vue 135/165
-
-
-
- ( 126 )
- placés trois auges - à - goudron et 18 tourets, consé-quemment une auge à goudronner et 6 tourets pour chaque atelier. Les deux pavillons du bâtiment sont employés , savoir : le rez-de-chaussée de l’un pour le grand magasin du fil confectionné ; le premier et le second étage pour les deux peigneries. L’autre pavillon est entièrement employé pour la manufacture de toiles-à-voiles.
- Ainsi, comme l’on voit, les édifices des Corderies impériales honorent leurs auteurs.
- La dépense de leur entretien est bien au-dessous des grands avantages que ces édifices procurent à la marine.
- Il serait seulement à desirer pour la plus grande prospérité de la navigation, qu’on voulût bien se persuader que la résistance des cordages n’est point, ni dans leur circonférence , ni dans les métiers-à-bobines , mais dans la connaissance de la constitu-lion et état naturel du chanvre , dans la connaissance de son rouissage , et dans l’observation des règles de l’art.
- En l’an 4 , je fis connaître ma découverte sur le moyen de rendre doux et flexible le chanvre qui pourrait se trouver imparfaitement roui. Rien ne convient mieux à cette opération que le savon blanc de Marseille; atténué ou par du son de froment , ou par des racines de mauves ou de guimauves, il a la propriété de détacher de la fibre du chanvre les parcelles de l’épiderme et du parenchyme, sans altérer même la résine dont la fibre est pénétrée ; on ne pût disconvenir de l’efficacité de ce moyen.
- Peu d’années après, les papiers publics retentirent, d’une nouvelle découverte sur le moyen de Rouir le chanvre en deux heures de lents, en toutes sai-
- p.126 - vue 136/165
-
-
-
- sons et sans en altérer la qualité. C’était à la faveur du savon - verd, liquide, que l’auteur employait, qu’on voulait faire regarder son procédé comme préférable à tous les autres.
- Cet auteur sans doute pouvait avoir de bonnes intentions , mais il était dans 1 erreur.
- Je crus donc pour le grand art de la corderie et le salut des armées navales, devoir faire connaître par un mémoire, ce qui pourrait résulter de l'emploi du savon-verd pour faire rouir le chanvre ; je ne peux mieux le démontrer qu’en rapportant ce que j’en ai dit dans ce mémoire :
- « Le savon-verd et liquide est prohibé aux tein-» turiers en soie, laine et fil, par l’article 71 de leurs » statuts du mois d’août 1669, par la raison que » ce savon est fabriqué avec de \ huile de poisson, » de la potasse , de la fleur de chaux , de la coupe-» rosej de l’eau-forte , etc.
- « La résistance des cordages et des cables dé-» pend de la première préparation qu’on donne au » chanvre, après sa récolte , pour le mettre en » filasse.
- t
- « Si malheureusement le chanvre dont ont été fa-» briqués les toiles-à-voiles et les cordages d’un vais-» seau, avait été préparé avec des acides corrodans, » ces acides n’exerceraient leur action que jusqu’à » ce qu’ils eussent entièrement décomposé le chanvre. » Il résulterait de là qu’en moins de quelques mois » la garniture du vaisseau tomberait en lambeaux » et ce désastre le rendrait bientôt le jouet des » vagues.
- Le 3o vendémiaire an 13 , un journal-périodique annonça une nouvelle manière de fabriquer les cor-
- p.127 - vue 137/165
-
-
-
- H L CO
- dages, par un cordier de Londres. Peu de tems après , me trouvant au port de Toulon , on m’en-tretint de cette nouvelle manière de fabriquer les cordages qu’on regardait comme sublime. Je ne pus alors me dispenser de gémir sur l’ignorance de cet anglais , et de le réfuter publiquement, 84 exemplaires de cette réfutation furent remis aux administrations du port. Je crus parla devoir démontrer que l’on ne connaissait pas mieux en Angleterre les règles de l’art de la corderie que dans tout le reste de
- Le journaliste termine ainsi son annonce exaltée en faveur de M. MITTCHELL , qui est le nom de l’auteur : « La torsion cylindrique employée par M. Mit-» chell , a l’avantage de donner plus d'uniformilé à » la confection du cordage, puisque tous les tours » sont faits dans le même sens , tandis que le mouve-» ment est renversé dans la fabrication ordinaire.
- M. Mittchell prétend, avec sa torsion cylindriquey qu'en tournant toujours dans le même sens3 son cordage acquiert plus d'uniformité} et que le mouvement est renversé dans le commettage ordinaire.
- Cet Anglais a probablement cru qu’un cordage fabriqué suivant cette nouvelle méthode, devait rester accroché par ses deux bouts , car autrement, il eut pensé qu’en le décrochant, les fils reprendraient avec violence leur primitif état naturel, et que conséquemment il n’y aurait plus aucune forme de cordage, parce qu’il faut que dans le commettage d’un cordage il y ait entre toutes les parties qui le composent , un tortillement en sens opposé , pour former l’équilibre dans leurs efforts qui concourent harmonieusement au détortillement : deux forces antagonistes sont donc la clef du commettage, telles sont les règles de l’art.
- s* v.
- p.128 - vue 138/165
-
-
-
- La salle qui contiendra 84 métiers-à-bobines^ exigera seulement une longueur de 106 pieds sur de largeur, en y comprenant 24 pieds de longueur de plus pour placer les moteurs le bâtiment pour l'exécution de la nouvelle méthode aura environ 130 pieds de longueur ; ce qui est sans doute plus économique que les 1200 pieds de longueur qu'a chaque bâtiment des anciennes corderies. Il résulte de cette comparaison que la nouvelle corderie économise les huit-neuvièmes de la dépense qu entraîne l'ancienne.
- En effet , 84 métiers-à-bobines pour 84 fileurs et 1680 bobines de, rechange, n’exigeront qu’une longueur de 130 pieds sur 24 pieds de largeur.
- Mais si les besoins du port augmentent, ou qu'un armement pressé nécessite l’emploi de 200 fileurs , il est très-clair qu’il faudra 200 métiers et 4000 bobines de rechange qui exigeront une longueur de 325 pieds , ajoutons - y les ateliers de peigneries , les magasins du chanvre et des fils confectionnés , elle se trouvera portée à plus de 650 pieds de longueur ; on ne sera pas moins obligé de commettre les aussières et les cables en plein air, conséquemment aux intempéries des saisons qui, ainsi que l’ardeur du soleil et le vent , sont , comme nous l’avons déjà observé, tout-à-fait contraires et préjudiciables au commettage des cordages : rien ne détend plus aisément un faisceau de fils ourdis et tendus, qu’un petit vent courant dans un atelier de commet-tagé.
- Les bâti mens des corderies de Brest, de Roche-fort et de Toulon ont bien une longueur chacun d’environ 1200 pieds; mais en déduisant les pavillons.
- p.129 - vue 139/165
-
-
-
- ( 130 )
- il reste pour la filerie dans le premier étage une longueur de 95 à 1000 pieds, et la même longueur au rez-de-chaussée pour le commettage des cordages.
- Si donc , comme nous venons de le dire , les cordages et surtout les cables, ne peuvent se commettre qu’à l’abri des intempéries , on ne peut faire supporter au filage seul la dépense du bâtiment de la corderie , lorsqu’il contient également l’atelier du commettage, ceux de la peignerie et les magasins des chanvres et des fils confectionnés.
- Ces bâtimens réunissent à l’utilité l’économie la mieux entendue du génie maritime, et conséquemment tous les avantages qu’on peut desirer.
- s. VI.
- Il est vrai que le métier-à-bobine et à pédale n’est pas exactement perfectionné, mais rien n est plus facile que f établir un moteur pour plusieurs métiers , alors l’économie sera incalculable.
- C'est aux savans à prononcer sur la proposition qu’on leur fait d’adopter un métier qu’on avoue être imparfait, mais qui pourra ne l’être plus, à la faveur d’un moteur dont on ne connaît pas l’avantage ni le mérite, puisqu’il n’a pas encore vu le jour. J’observe seulement qu’un moteur de plusieurs machines se trouverait souvent dans l’inertie que causerait le relâchement des courroies.
- Il est facile d’établir un moteur pour une machine qui contient plusieurs bobines ; mais il n’en est pas de même pour des bobines qui finissent par former masse. La rotation procédant de ce même moteur, ne pourrait être constamment régulière , en raison du fil de 5 à 6 lignes de circonférence qui augmente progressivement le poids des petits tourets ou grosses bobines qui doivent cependant toujours tour-
- p.130 - vue 140/165
-
-
-
- ( )
- ner avec la même vitesse. On doit donc sentir parla la difficulté , ou pour ainsi dire l’impossibilité d’établir le moteur sur lequel on fonde tout le succès du métier qu’on projose, et qui serait pourtant utile pour le filage du fil-à-quarré destiné aux cordages blancs, mais tout-à-fait préjudiciable à la résistance du même fil destiné à être goudronné.
- Sur le projet d'établir une mécanique pour fabriquer les cables dans une salle de peu d'importance.
- On ne fabrique pas les cables, on les commet tout à-la-fois sur la longueur qu’ils doivent avoir Ainsi, cette salle de peu d'importance doit être au moins de 300 mètres de longueur.
- On peut, il est vrai, fabriquer avec une mécanique à fuseaux dans une salle de peu d'importance un beau cordon de lustre, mais non le cable d’assurance du vaisseau-impérial-l' Austerlitz de 118 pièces de canon , qui a 24 ou 3o pouces de circonférence ( 8 D. 1210—) , 160 brasses d’ourdissage ( 259 mètres 8720), et qui est du poids d’environ 15000 livres ( 7342 kil. ). ,
- L’art de la corderie prescrit des règles: ces règles sont relatives à la constitution du chanvre , conséquemment les outils , les instrumens . les mécaniques sont toujours subordonnés aux règles de l’art. Je m’en rapporte au jugement des savans.
- Si je dois, je l’avoue , ma persévérance dans les efforts que j’ai faits pour vaincre les difficultés que 1 2
- A t % f a
- p.131 - vue 141/165
-
-
-
- CS t
- l’on m’a opposées, à mon amour pour le bien de ma patrie , à mon zèle pour le perfectionnement de l’art de la corderie que j’ai toujours regardé comme l’âme DU GRAND ART DE LA NAVIGATION, je la dois aussi au Programme de l’Institut de France que je n’ai cessé de consulter. Les paragraphes que je vais en citer justifieront que rien ne pouvait mieux m'encou-rager que ce qu’ils ont pour objet, et l’on ne sera pas surpris de l’aveu que je fais que mon Manuel du Fileur-Cordier en est le fruit.
- Extrait du Programme de V Institut de France pour la continuation de la description des arts, Séance publique du 15 vendémiaire an FII.
- Page 1.re : « L’Institut National est chargé par » la loi qui l’organise, de continuer la description » des arts, commencée par l’Académie des Sciences. » 11 annonce au public que ce travail va être repris : » il invite les sa vans et les artistes à concourir à sa » perfection.
- Page 3e. : » Il est question d’établir un système » qui embrasse l’universalité des arts 5 et l'expéri-» ence a trop de fois appris combien il est témé-» raire de prétendre ordonner un système avant de » connaître parfaitement chacunes des parties qui » doivent y entrer. Dans quelque science que ce soit, » il faut recueillir les faits avant de s’occuper de la » partie sistématique : ici pareillement, il faut dé-» crire chaque art en particulier avant de s’occuper » d’en placer la description dans le lieu qui lui con-» vient. L’Institut se contentera donc de présenter » à ses membres et aux personnes qui voudront » concourir avec eux à la description des arts, quel-» ques observations générales propres à les guider » dans leurs travaux.
- p.132 - vue 142/165
-
-
-
- sale
- |
- 5
- ( 133 )
- Page 4. : « T. Un premier point essentiel est de » considérer, dans l’art que l’on se propose de dé-» crire , qu’elle est la science sur laquelle ses fon-» demens reposent d’une manière plus spéciale , » afin d’indiquer à ceux qui veulent l’exercer les » sources où ils doivent puiser les élémens de leurs » connaissances et étudier les principes de leurs » opérations.
- Page 5. : « V. Il sera joint à ce programme un » tableau des arts qui ont été précédemment décrits » et de ceux qui restent à décrire.
- Page 14: « Etat, par ordre alphabétique, des » arts dont la description n3a pas été pu-» bliée par VAcadémie des Sciences} et doit » entrer dans la continuation entreprise par » VInstitut.
- A.
- B.
- Page 15 : » Blanchiment des toiles.
- C.
- Page 15: » Chanvre ( préparation, filage du)
- Page 16 : » Corderie de fils de chanvre ou d’autres plantes.
- F.
- Page 17 : » Filature en général.
- » § •
- G G • ç
- 28022 ;
- —
- (
- 5 ’
- Mes Recherches sur le chancre et l'art de la Corderie.
- Constitution des arts quelconques.
- Je suis obligé de répéter ici : un art est fondé sur
- p.133 - vue 143/165
-
-
-
- ( 134 ) . 1
- des règles; les règles sont relatives aux matières, la nature des matières dépend de leurs principes cons-titutifs ; et c’est la connaissance de ces principes qui détermine la manière d’employer ces matières. L'Etablissement de ces règles dépend donc de cette connaissance parfaite, et ce sont ces, règles qui constituent l’art.
- Matériaux,
- Je me suis conformé aux instructions du programme de l’Institut dans mes recherches et travaux, pour rendre utile le Manuel du 7 ileur-Cor-dier sur ce que doit savoir le maître de l’atelier où l’on manipule le chanvre.
- J’ai donc rassemblé dans cet ouvrage des matériaux ; mais il n’appartient qu’aux savans de les placer méthodiquement selon l’ordre du programme.
- CHANTRE.
- T.e chanvre : matière première dans la fabrication des toiles ;
- Matière première dans le commettage des cordeaux , aussières et cables.
- Le chanvre est donc de deux qualités distinctes qui méritent d’être connues du cultivateur et de tous ceux qui séraucent , filent et emploient le chanvre ouvré.
- Ces deux qualités sont :
- L'une de chanvre tendre, doux et flexible, pro-pre a la fabrication des toiles.
- L’autre de chanvre rude , dur et élastique, propre au commettage des cordages.
- Pour que cette distinction fut sensible, il était
- p.134 - vue 144/165
-
-
-
- ( 135 )
- nécessaire que je fisse connaître, non-seulement la constitution et l’état naturel des chanvres de l'Europe septentrionale et méridionale, mais encore leur culture, leur rouissage et broyage ou treillage.
- Il est constant que les chanvres du Nord sont en général tendres , doux et flexibles , et que ceux du Midi sont roides., durs et élastiques.
- Il est constant encore que les chanvres sont plus ou moins pesans et forts, et plus ou moins résistibles aux frottemens et à l’action de l’eau.
- Il était donc indispensable de développer et mettre au jour la cause de ces différences sensibles qui existent dans les chanvres.
- L’article chanvre ainsi décrit, sera en même-tems utile au cultivateur , au broyeur , au séranceur, au fileur, au fabriquant et au blanchisseur de toiles, et au cordier.
- ART DE LA CORDERIE.
- L’art de la corderie ne peut être fondé que sur la constitution du chanvre , conséquemment les règles du peignage, du filage et du commettage doivent être basées sur cette constitution , avec la même distinction que l’on fait des bois : les uns sont propres pour la charpenterie et menuiserie, et les autres pour le charronage , sculpture , etc.
- La science de la corderie émane de la combinaison des règles du commettage qui est divisé en trois classes distinctes, savoir :
- 1 .° Commettage simple} pour les ficelles et les cordeaux ;
- 2 .° Commettage combiné3 pour les aussières ;
- 3 .° Enfin , commettage combiné et composé 3 pour les grelins et les cables. Etablis.
- p.135 - vue 145/165
-
-
-
- Etablissement majeur à faire dans tout l’Empire français pour ies règles du filage du Chanvre destiné à l’art de la Corderie.
- D’après le programme dont je viens de parler, c’est aux savans que je crois devoir soumettre la question-suivante :
- » Un art peut-il être ainsi qualifié , si ses » règles ne sont point basées sur la constitu-» lion et état naturel de la matière qui le » constitue?
- La matière propre à l’art de la corderie est le chanvre qui est plus ou moins roide , dur et élastique , ou tendre , doux et flexible, selon le sol et le climat où il a été récolté.
- Aucun auteur de l’Europe , comme je l’ai dit, n’a fait connaître la constitution du chanvre , ni expliqué 4a cause de l’élasticité et des ressorts de sa fibre. Ce défaut de connaissance a jeté les cordiers dans de grandes erreurs , et leur a fait pratiquer , non des règles qu’ils ignoraient, mais une routine arbitraire, c’est-à-dire variable et préjudiciable. Ils ont cru que les chanvres des pays méridionaux, en général, roi-des , durs et élastiques , étaient d’inférieure qualité. D’un autre côté , la résistance des cordages variait et était toujours au dessous de la force dont le chanvre peut être susceptible , parce que les règles de l’art n’étaient pas basées sur la constitution du chanvre.
- L’art de la corderie avait donc besoin qu’on s’occupât de son perfectionnement.
- Enfin, pour pouvoir se convaincre de cette vérité, et pouvoir résoudre la question dont il s’agit, il faut nécessairement connaître :
- 1.° La constitution naturelle des chanvres que j’ai
- p.136 - vue 146/165
-
-
-
- ( 137 )
- démontrée dans mon Manuel du FHeur - Cordier-,
- 2 .° Le traité de M. Duhamel, in-4.°, 1.re édition 1727 et 2.e édition, Paris 1769.
- Et 3.° Le travail de la nature sur la constitution et l’organisation des corps flexibles.
- Avec cette connaissance on ne pourra se dispenser de faire le raisonnement suivant :
- La nature prévoyante en tout a distribué ses bienfaits sous toutes les Régions : dans l’une nous y trouvons des chanvres tendres, doux et flexibles pour la fabrication des toiles ; dans l’autre des chanvres roides , durs et élastiques pour le commettage des cordages.
- Ces différons avantages nous prescrivent donc de manipuler et d’employer les chanvres selon leur constitution et leur état naturel , afin de ne pas détruire , par des manipulations contraires, les bienfaits du créateur.
- Nous devons donc aussi distinguer la qualité des chanvres avec autant de discernement que nous en apportons dans la manipulation et l’emploi des bois, des fers , pierres , etc. et nous devons consulter en même-tems le travail de la nature sur l’organisation des corps flexibles et des corps inflexibles , pour pouvoir établir les règles de Y art de la corde rie.
- Après avoir fait ces examens et ces recherches, on se trouvera en état d’établir les principes subséquens:
- 1 .0 Un art quelconque est fondé sur la constitution de la matière qui lui est propre.
- 2 .0 L’art de la corderie exige de plus des connaissances physiques : les fils qui composent un touron d'aussière ou de cable, doivent être tendus et tors selon la place qu’ils occupent, afin qu’ils puissent con-
- p.137 - vue 147/165
-
-
-
- courir mutuellement à leurs efforts en masse dans une moufle ou sur l’arbre d’un cabestan. Si les fils étaient tendus et tors uniformément le concours mutuel ne s’opérerait pas , la partie appuyée en concave ne concourrait point aux efforts, et celle qui est convexe romprait promptement. Il s’ensuit de-là qu’il faut des connaissances parfaites sur les règles du commettage qui sont puisées dans le travail de la nature.
- La question importante dont il s’agit se trouve résolue implicitement dans le rapport de l'Institut de France, du 9 octobre 1809, sur le Manuel du Fileu r- Co rdie r.
- De cet ouvrage dérive l’instruction suivante :
- Avantage pour l’Empire français résultant de l’établissement des Règles sur le filage du chancre destiné aux cordages , selon l’instruction du Manuel du Fileur - Cordier approuvé par l’Institut de France.
- La France consomme , au plus bas possible par an, un million de quintaux (48,960,000 k. ) de chanvre qu’on convertit en cordages pour la navigation extérieure et intérieure, et pour les ouvrages civils et militaires , ce qui , à 45 francs le quintal, plus ou moins, (48 k. 9600) de chanvre forme une dépense annuelle de............................46,000,000 fr.
- Gkserstscescsrerreasi
- Ces 1,000,000 de quintaux de chanvre par an , produisent en cordages de i.er brin, à 64 pour cent , 640,000 quintaux ( 26,433,000 k. ) de cordages, ci....................640,000 q.* de cordages.
- Résultat de ma méthode.
- Les cordages auront le double de la résistance des cordages de l’an-
- p.138 - vue 148/165
-
-
-
- HH
- C \
- de ci-contre........................ cienneméthode, et moitié moins de leur poids; de manière que si un cordage de cette ancienne méthode de 120 brasses (194 mètres 9040, du poids de 60 liv. ( 29 k. 8700 ) , rompt à 1200 liv. ( 587 k. 4000 ), un semblable cordage commis selon ma méthode, ne rompra qu’à 2400 liv. (1174 k. 8000 ); un autre du poids de 3o liv, ( 14 k. 6850), doit rompre à la moitié de cette résistance qui est de 1200 livres; ainsi, 3o livres de chanvre de ï.er brin , filées selon l’art, ont autant de force que 60 liv. filées selon la pratique arbitraire, ce qui est démontré dans la planche H.° du Manuel du Fileur-Cordier.
- Réduisons à un tiers de moins le poids des nouveaux cordages, leur résistance sera encore d’un tiers plus forte que celle des cordages de l’ancienne méthode dont le poids est d’un tiers de plus.
- On employera donc un tiers de moins des 540,000 quintaux de cordages mentionnés ci-dessus, ce tiers s’élève à .... ....................
- 540,000 q.* de cordages
- QQ 0 o o O 'h 50 00 6 0 o E,
- Cordages selon la nouv. methode .. . 360,000 q . (17,622,000 k.)
- Pour obtenir ces 360,000 quintaux de cordages de i.er brin, selon ma méthode, il ne faudra que 514,286 quintaux (25,174,382 k.) de chanvre, au lieu d’un million de quintaux suivant l’ancienne méthode , qui, à 45 francs le quintal (48 k. 9500), font. ............................23,142,870 fr.
- Ces 514,286 quintaux de chanvre produiront en
- p.139 - vue 149/165
-
-
-
- ( '4° )
- cordages de 1.er brin , à 70 pour cent, les 360,000 quintaux de cordages mentionnés en l’autre part.
- Comparaison des deux méthodes.
- L’ancienne consomme
- par an, au plus bas possible , en chanvre. . . . T, 000,000 de Q.x à 45 f. .45,000,000 fr.
- La nouvelle ne consommera que.......... 514,286. .. idem . . . 28,142,870
- Economie en chanvre .. . 485,714. Q.*a45 f. . 2i,857,i3of.
- Les règles établies dans le manuel du Fileur-Cor-dier assurent, non-seulement l’économie démontrée ci - dessus, mais encore les avantages suivans , sans parler même des intructions pour la culture , le rouissage, le broyage et le filage du chanvre.
- 1 .° Une plus grande résistance des cordages, ce qui est précieux lors des tempêtes et bourrasques ;
- 2 .0 Un tiers au moins de diminution dans le poids des cordages (*);
- 3 .° La manœuvre des vaisseaux plus active;
- E 4.° Soulagement des matelots dans les manœuvres, surtout lors des tempêtes ou lors des combats;
- 5 .° Plus de solidité dans les haubans, rides, étais et galaubans ;
- 6 .° Plus de solidité aussi dans les cables qui ne
- (*) Un vaisseau de 74 canons exige 680 quintaux ( 33,236 k. ) de cordages au-dessus de la ligne de flottaison , non-compris le poids de ses cables et de ses grelins. Cet énorme poids de 680 quin-taux au-dessus du centre de gravité , occasionne des bricoles considérables qui empêchent de porter si bien la voile, de mieux pincer le vent, et de se mettre et de soutenir dans un combat , au-dessus de celui de l’ennemi. La nouvelle méthode réduira ce poids à 454 quintaux, et les cordages auront un tiers de résistance de plus,
- p.140 - vue 150/165
-
-
-
- ( Mi )
- seront plus sujets à faire déraper l’ancre lors des vagues agitées ;
- 7.° Enfin, une économie au moins par an de 485,714 quintaux ( 23,775, 699 kilog. ) de chanvre qui reflueront sur les manufactures de toileries , comme je viens de le démontrer.
- ! • G G •
- TL y a près d’un siècle qne le perfectionnement de l’art de la corderie a été le sujet des discussions académiques.
- M. Duhamel a, le premier en France, fait ouvrir les séances des académies sur cet important objet ; M. de Reaumur et M. de Musschenbroeck, célèbre physicien hollandais, ont traité de cette matière intéressante , ainsi que bien d’autres savans de l’Europe.
- Le même M. Duhamel , sur l’article où l’on examine si la force des cordes surpasse la somme des fils qui les composent, après avoir discuté cet objet, le termine, page 225 , en ces termes :
- « Voilà les raisons spécieuses de ceux qui pensent » qu’une corde composée de plusieurs fils , est plus » forte que la somme des forces des fils qui la com-» posent.
- « M. de Reaumur a combattu et réfuté ce senti-» ment par des expériences; M. de Musschenbroeck, » après avoir cité les expériences de M. de Reaumur, » a combattu ce même sentiment par des raisons » mécaniques ; nous renvoyons pour les expériences » de M. de Reaumur, aux Mémoires de l’Académie » des Sciences , et pour les raisons mécaniques de * M. de Musschenbroeck, à son traité intitulé : in-
- p.141 - vue 151/165
-
-
-
- ( 142 )
- I
- » troductio ad cohœrentiam corporum firmorum ; » nous ne pourrions rapporter le travail de ces deux » célèbres physiciens , sans beaucoup allonger ce » traité , ainsi nous nous contenterons de rassembler » ici les raisons que nous avons de penser que le tor-» tillement affaiblit nécessairement les cordes. »
- On voit que tous ces auteurs n’ont pu se mettre, d’accord sur les vraies règles de ce grand art.
- il était donc réservé à l’Institut de France de tracer, par son programme, la route qu’il fallait prendre pour parvenir à ce perfectionnement, et de fermer la discussion académique, si toutes fois j’ai été fidèle observateur de ses principes.
- p.142 - vue 152/165
-
-
-
- ooococcooccooooo
- Fractions. 33-33333
- L) cl OO 0OCE
- TT C 02800
- S
- co
- s • - t.0 ovo - bin O 01
- O • ' = L C :
- • OHHe-coo+O oSo co EaP O1O O > Q
- co - Décagrames |
- A .8 ©OancoH vac tw 1 O0o0 Fi o101
- qen e • B -I O F *
- I •i' Hectogrames
- .• HHHCtNl - O - -O -F0o P-o1 + Os Cco CC Kin 0101
- Q. — — -
- 9 HKc+GS-crsG Goc ooPo6wO 1
- H HHC -OsO-20 D\C 20. TOOcSOC t .0. ct Kilo rames. ........ HHcsO- Ss+oo t ( 17, «+ G
- C... EHAI*O*O-rOO5
- . EHqEFE
- - | | s - o °0 Foo 6
- O Î 2 E 3
- O. 6 O O .... --5
- O., E 1
- c S
- C - « H ci co OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO
- • - £ 01.00000000000000
- O • HCI vn O0000O0000O
- Ri j cl co 0,00.000 i - 45 ** 2
- p.143 - vue 153/165
-
-
-
- ( 144)
- Rapport de l’ancienne mesure avec la nouvelle.
- Mesure ancienne. Mesure nouvelle.
- Brasse ® a in Pied h 8 & F Pou. M ds 0 Lig. • § 8 g CD* “e co C q 0 E ’ 5 md c en 2 ep-ct ( C
- 1. 2. 3. 4. 5. 10. 20. 3o 40. 50. 100. 200. I. 2. 3. 4. 5. 10. 15. 20 25 50. 100. 150 200. 250. 500. TOOC. 1. 2. 3. 4. 5. 6. 12. 1 2. 3 4- 5 6. 12 > • • . . . . . . 1. 2993. . 1. 6242. . 3. 2484. . 4. 8726. . 6. 4968. . 8. 1210. .16. 2420. .32. 4840. .48. 7260. .64. 9680. .81. 2100. 162. 4200 324. 8400 • • • 1. 0828 1. 3535 1. 6242 3. 2484 6. 4968 9. 7452 1. 1279 1. 3535 2. 7070 5. 4140 8. 1210 2 255-5/6 4. 511-4fb 6. 767-3/6 9, 023-2/6 -
- p.144 - vue 154/165
-
-
-
- TABLE.
- PAJ*‘**At,
- Rapport de l’Institut de "France , sur le Manuel du Filenr-Cordier.................................Page 5.
- Préface de cet Ouvrage.............................17.
- CHAPITRE l.C1
- Constitution du chanvre............................25.
- Aucun des Auteurs des ouvrages surle chanvre, n’a fait connaître sa constitution, ni la cause qui rend la libre des végétaux élastique............................. 26.
- Cette élasticité émane de la constitution de la matière . . 27.
- Cause de l’élasticité de la fibre du chanvre et des ressorts du fil lors de sa confection 28.
- Preuve de l’élasticité et des ressorts, du fil produite par la Résine, dont les libres sont pénétrées...........28.
- Preuve de l’inertie du fil lorsque le chanvre est dépouillé de sa Résine .......................................28.
- Tortillement du fil et commettage des cordages en chanvre dur et en chanvre doux. .........................28.
- Avantage résultant de la conservation de la couche de résine dont la fibre du chanvre est douée...............29.
- CHAPITRE II.
- Culture du chanvre.................................29.
- Cause qui rend le chanvre doux et flexible, ou plus on moins rude et dur.............................. 30.
- Comparaison des chanvres du Nord, avec ceux de France, d’Italie et d’Espagne. . ............................
- Cause qui rend les chanvres de France, d'Italie et d'Espagne plus résistibles à l'action de l’eau que ceux du Nord . . 3r
- Chanvre semé clair , et chanvre semé dru..........3l
- Chanvre arraché vert, et chanvre arraché mûr..........
- Instruction sur le chanvre arraché vert . . ........32
- Chanvre mâle, et chanvre femelle .....................
- Avantage qui résulterait si l’on n'arrachait le chanvre femelle
- qu’après la maturité de ses graines ...............3a
- p.r1 - vue 155/165
-
-
-
- aee
- whe
- On prétend que le chanvre du Nord est le plus doux et le plus lin de tous les chanvres , conséquemment préférable à celui du midi qui est rude, dur et cassant..............
- Le chanvre dur du Midi et le chanvre doux du Nord sont tous deux de bonne qualité, quand ils sont manipules selon leur constitution et les règles de l'art................
- On prétend qu’il y a des chanvres ligneux............... Preuve qu’il n’y a point de chanvre ligneux, cause qui lui en donne l’apparence.................................... Définition de la tige du chanvre........................
- 33
- 34
- 34
- 35
- La préparation du chanvre doit être relative à sa constitution. 38
- CHAPITRE III.
- Rouissage du chanvre . ...........
- Degré du Rouissage.
- L’eau courante ..... .............
- L’eau dormante......................
- L’eau croupissante..................
- Défaut des chanvres trop rouis......
- [CHAPITRE IV.
- Broyage du chanvre
- CHAPITRE V.
- ESP AD AGE ET PEIGNAGE DU CHANTRE.
- Espadage •.............•..............................
- Effet que peut produire l’action de l’espade sur la libre du chanvre............................................
- Contradiction dans le traité de M. Duhamel, sur l’élasticité du chanvre............................................
- Résumé sur la conservation de la mobilité du chanvre élastique , lorsqu’il a reçu un tortillement . . •........
- Peignage..............................................
- Règles du peignage du chanvre dur et élastique , beau , et du chanvre doux et flexible, un peu chénevotté et chargé
- C. NO
- 42
- 43
- 43
- 43
- 44
- &
- 47
- 49
- 49
- 50
- p.r2 - vue 156/165
-
-
-
- 5 H
- de parties bouchonneuse , etc,........................ • 5 e
- Discours du Professeur..........................» . . 53
- CHAPITRE VI.
- FILAGE.............................................. 54
- Etymologie du fil-à-quarré............................57
- Description du fil-à-quarré routinier • •......... . 58
- Comparaison du filage selon l’art, avec le filage routinier. . . 59
- Préjudice résultant du fil routinier..................60
- Art du filage.........................................60
- Sur la pratique delivarder le fil-à-quarré, en sortant delà main de l’ouvrier.................................. 63.
- Cause qui détend les haubans, surtout lors de la tempête. . • 69
- C H A PIT R E VII.
- Commettage des cordages blancs........................70
- EXTRAIT du traité de M. Duhamel, in-^° , seconde édition, 1769.
- Fragment de la préface •..............................72
- Sur les différentes espèces de cordages...............75
- Observation I.s des Elèves . . .......................76
- Sur l’usage des manuelles dans le commettage..........76
- Observation II. des Elèves.........................». 78
- Sur le poids et la charge du quarré...................78
- Observation III.c des Elèves .........................80
- Observation IV.C idem............................... or
- Observation V. idem................................... 82
- Observation VI.e idem............................... 82
- Sur le commettage et la répartition du raccourcissement . . 83
- Observation VII." des Elèves ..........................84
- Observation VIII.• idem................................85
- Observation IX. idem............................. • 87
- Observation X.C idem .... .......... 87
- p.r3 - vue 157/165
-
-
-
- jv
- Règle pour commettre un grelin au quart .... page 87
- Observation XI.« des Elèves.........................83
- Règle pour commettre un grelin au cinquième.........89
- Observation XII.c des Elèves. .....................89
- Observation XIII." idem...............................
- Observation XIV. idem...............................90
- Observation XV. idem................................ . 90
- COMMETTAGE 1.er,DES FICELLES.
- Ficelles........................................... 91
- Commettage..........................................91
- Instruction sur l’ourdissage des fils qui doivent composer les cordages quelconques. .....................! . 92
- COMMETTAGE II.”, DES AUSSIERES.
- ....................................................93
- Caractère du ...........................................
- Instruction sur le commettage d’une ..................
- Ourdissage du fil...................................94
- Répartition du raccourcissement..................... . 94
- Poids et charge du quarré......................... 95
- Opération du Commettage.
- Opération I.Te , ourdissage.............................
- Opération II.e , tortillement des faisceaux pour devenir tourons.......................................... .96
- Operation III.", tortillement des tourons pour qu’ils puissent acquérir le dégré d’élasticité nécessaire..............
- Opération IV. , commettage. ........................97
- Résumé. ........................................... 98
- Instruction sur le commettage des aussières, selon la pratique des corderies de l’Europe ..........................99
- COMMETTAGE III.6, DES CABLES.
- Cables. . ...................................... 100
- Règles du commettage............;..................101
- Répartition du raccourcissement.................. 103
- p.r4 - vue 158/165
-
-
-
- Poids et charge du quarré......................... page 103
- Organisation d’un touron de 256 fils de 6 lignes de circon-• — c)
- Opération du Commettage.
- Operation I.'e, ourdissage . ,.........................104
- Opération II.*, tortillement de 3 faisceaux pour qu’ils deviennent .........................................’ • 104
- Opération III.e, tortillement de 3 tourons pour leur faire acquérir le dégré d’élasticité qu’ils doivent perdre lorsqu’on les réunira pour en composer un cordon. . ... . . 105
- Opération IV.c, tortillement de trois tourons dans leurre-union , pour en composer un cordon................... . 105
- Opération V.c , tortillement d’un cordon pour lui faire acquérir le dégré d’élasticité qu’il devra perdre lors du commettage du cable............................... . . . 107
- Opération VI." , commettage . . , . ...................107
- Instruction importante.
- On prétend que les fils qui composent un touron sont dans différons dégrés de tension , lorsque le touron est tortillé ; ils résistent inégalement au poids qui les charge , c’est un défaut, nous dit-on qui devient d’autant plus considé-dérable que les tourons sont plus gros et plus .tortillés. 109
- Réflexion sur ce prétendu défaut...........................119
- Organisation d’un cable.......................................
- Organisation d’un touron. . ...............................110
- Sur la cause qui a donné lieu au supplément du Manuel du ...................................................III
- Sur le projet d’un savant, d’Orléans, d’établir des mécaniques économiques pour filer le chanvre et fabriquer les cordes , dans une salle de peu d’importance...............
- Réponse sur les six paragraphes de ce projett relatifs au flage
- I.cr................................................ . 115
- Réponse............................................... 115
- p.r5 - vue 159/165
-
-
-
- vj
- Citation de M. Duhamel sur le rouet-à-bobine . . . , 121
- Expérience au-port de Toulon sur le rouet-à-bobine. page 122
- Citation d’un savant sur ces expériences. •................122
- S.II.............................................123
- Réponse •........................................123
- S. III...........................................124
- Réponse..........................................124
- S- IV............................................125
- Réponse..........................................125
- Ma découverte sur le moyen de rendre doux et flexible le chanvre imparfaitement roui.........................126
- Découverte sur le moyen de rouir le chanvre en deux heures de tems . . . . ........................126
- Extrait de mon mémoire à cet égard.................127
- Nouvelle manière de fabriquer les cordages par un cordier de Londres..........................................
- Observation sur cette nouvelle manière de fabriquer. . .
- §. V................................................
- Réponse . . l ..............
- $. VI. . .... ......................................
- Réponse . . . ............................
- 128
- 129
- 129
- 130
- Réponse sur la mécanique dont il est question pour fabriquer les cables dans une salle de peu d’importance. . . 131
- Extrait du programme de l’Institut de France pour la description des arts.............................................
- * * * * • . • • • » 101101/ E3D)
- Mes recherches sur le chanvre et l'art de la corderie,
- Constitution des arts 'quelconques..........................
- Matériaux. . ...............................................
- Chanvre. . .......................................• . • 134
- Art de la corderie................................: . • 135
- p.r6 - vue 160/165
-
-
-
- Etablissement MAJEUR à faire dans tout l’Empa-e Français pour Les règles du filage du chanvre destiné à l’art de la corder ce.
- Question à résoudre..................................136
- AVANTAGE pour l’Empire Français résultant de l’Etablissement des Régies sur le filage du chanvre destiné aux cordages , selon l'instruction du Manuel du Fileur-Cordier, approuvé par l’Institut de France.
- Tableau...................................................138
- DISCUTION entre MM. Duhamel, de Renumuret d: Mus-schenbroeck , sur l’article où L’ou examine si la force des cordes surpasse celle des fils qui les composent. . . . 141
- Rapport de l’ancien poids avec le nouveau.................143
- Rapport de l’ancienne mesure avec la nouvelle.............144
- p.r7 - vue 161/165
-
-
-
- ERRATA.
- Page 9- lig. 2. uivant lisez suivant
- Pag. 9. lig. 9. réduirait lisez réduisait
- Pag. 10. lig. 27. toutes parties lisez toutes les parties
- Pag. 12. lig. 23. endus lisez tendus
- Pag. 14. lig. 26. qui ont mêmes lisez besoins qui ont les mêmes besoins
- Pag. 28. lig. 10. à empêché lisez a empêché
- Pag. 28. lig. 15. aune longueur lisez à une longueur
- Pag. 28. lig. 29. tortillement de lisez fil tortillement du fil
- Pag. 37. lig. d.IC vrete lisez verte
- Pag "O’ 61. lig. 21. nommerons lisez nommons
- Pag. 65. lig. 16. touron lisez touron.
- Pag. 65. lig. 19. m ndre lisez moindre
- Pag. 97. lig. 27. cet te lisez cette
- Pag. 104. lig. 18. 4,608 lisez 13,800
- Pag. 115. lig. 8. qu’à lisez qu’a
- Pag. 118. lig. 21. d’une roue Usez d’un rouet
- Pag. 132. lig. 25. chacunes lisez chacune
- p.n.n. - vue 162/165
-
-
-
- p.n.n. - vue 163/165
-
-
-
- 2
- "e
- . seste —
- S
- 1!
- "GUat soritt je
- p.n.n. - vue 164/165
-
-
-
- p.n.n. - vue 165/165
-
-