- Accueil
- > Catalogue général
- > Bédel, Louis (17..-1843?) - Traité élémentaire du parage et du tissage mécanique du coton ...
Traité élémentaire du parage et du tissage mécanique du coton : à l'usage des directeurs, contre-maîtres, employés de tissage et des fabricants
-
-
- p.n.n. - vue 1/204
-
-
-
- p.n.n. - vue 2/204
-
-
-
- p.n.n. - vue 3/204
-
-
-
- TRAITE dadsaasrean DU PARAGE ET DU TISSAGE MÉCANIQUE
- DU COTON.
- p.1 - vue 4/204
-
-
-
- p.2 - vue 5/204
-
-
-
- fegP E
- DU PARAGE BT III TISSAGE
- DU COTON,
- A L’USAGE
- Des Directeurs, Contre-maîtres, Em-ployés de tissage et des Fabricants,
- PAR
- LOUIS BEDEL, EX-DIRECTEUR DE TISSAGE ,
- ET ÉMILE BOURGART, DIRECTEUR EN CHEF DE LA FILATURE ET DU TISSAGE MÉCANIQUE D'AUGS-ROURG , EX-ÉLÈVE DE L'ÉCOLE CENTRALE DES ARTS ET MANUFACTURES DE PARIS.
- Médaille d'encouragement accordée par la Société industrielle de Mulhouse , à M Émile Bourcart.
- MULHOUSE,
- IMPRIMERIE DE P. BARET, place de la bourse, 2.
- eo we co
- --- 913139.
- ,V ‘.Y, / Cy ‘
- C ;
- Page de titre 3 - vue 6/204
-
-
-
- p.4 - vue 7/204
-
-
-
- ê ;
- e
- 3
- s
- M a h S $ 5 e e m M o 2
- Le Tissage consiste dans l’art de croiser entre elles des matières filamenteuses, unies et souples, pour en former des tissus propres à nos divers besoins.
- L’ensemble des fils formant une étoffe quelconque, se compose de chaîne et de trame. Les fils de chaîne suivent le sens de la longueur, ceux de trame celui de la largeur de l’étoffe. Pour se rendre compte d’une étoffe et en faciliter les calculs et la confection, on admet une unité de division des fils de la chaîne, appel-lée Portée. La portée se compose ordinairement de 40 fils; ainsi, une toile dite de 75 portées, a en chaîne 75 x 40 ou 3,000 fils, non compris les fils doubles, formant les lisières, qui sont, selon leur finesse, au nombre de 8,16 ou 24 de chaque côté du tissu. Chaque fil de trame se nomme Duite.
- Une étoffe est plus ou moins serrée ou claire, fine ou grossière, selon que le degré de rapprochement ou de finesse des fils qui la composent, est élevé ou bas.
- p.5 - vue 8/204
-
-
-
- VI
- La bonté et la beauté d’un tissu consistent : 10 dans le choix bien entendu de la matière que l’on emploie ; 2° dans la disposition convenable et proportionnée des fils de chaîne et de trame, et 3° dans le soin ingénieux qui aura été apporté dans la confection, soit manuelle, soit mécanique, de l’étoffe.
- Mon but, dans ce Traité, est d’enseigner spécialement l’art de préparer et de tisser le coton avec les moyens mécaniques ordinaires, et sanctionnés par l’expérience pratique.
- Divisé en trois parties, il traite, dans la première, de la description du montage et du réglage des machines, de leur production et de la manipulation spéciale à chacune d’elles ; dans la deuxième, de la fabrication en général et des différents calculs et raisonnements y ayant rapport ; et, enfin dans la troisième, de la comptabilité administrative, suivie des meilleurs règlements en usage, avec des remarques essentielles sur la conduite d’un tissage mécanique.
- p.6 - vue 9/204
-
-
-
- TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE DU PARAGE ET DU TISSAGE MÉCANIQUE Du CoToN.
- PREMIÈRE PARTIE.
- DES MACHINES.
- Les machines principales composant un tissage mécanique sont : le Bobinoir, l’Ourdissoir, la Machine à parer et le Métier à tisser.
- Celles du système dont la description va suivre, sortent des ateliers de MM. André Koechlin et Comp., à Mulhouse, et se recommandent par leur bonne et solide construction.
- /
- CHAPITRE Ier.
- DU BOBINOIR.
- Le Bobinoir est la machine qui sert à mettre sur bobines en bois, les fils de chaîne, provenant de la filature; ces bobines pleines sont ensuite livrées à l’Ourdissoir.
- Cette machine, quoique du reste très-peu compliquée, exige néanmoins quelque soin dans son montage et réglage; nous allons en donner la description et faire ensuite les remarques nécessaires à son fonctionnement parfait.
- p.7 - vue 10/204
-
-
-
- Description du Bobinoir de 144 broches (PL. 1re, fig. 1 et 2).
- A Bâtis de la machine (les mêmes lettres indiquent les mêmes pièces dans les deux figures).
- B Tambour en fer-blanc donnant le mouvement aux broches.
- C Poulies motrice et folle de 11 1/2 p. de diam. sur 2 de larg.
- D Traverses en bois.
- E Id. dans lesquelles sont fixées les crapaudines des broches.
- F Balancier.
- G Arbre surmonté de petites poulies transmettant le mouvement de va-et-vient vertical au balancier F.
- H Levier décrivant un arc de cercle formé par l’excentrique J, et communiquant le mouvement de va-et-vient circulaire à l’arbre G.
- J Excentrique.
- K Petite poulie de renvoi de l’arbre G.
- L Petite tringle à vis servant à régler la course du balancier F.
- M Pignon de 22 dents, fixé à l’arbre du tambour B.
- N Roue intermédiaire de 86 dents.
- O Pignon de 18 dents, fixé à la roue N.
- B Roue de 176 dents communiquant le mouvement à l’excentrique fixé sur le même tourillon.
- Q Perche cylindrique, recouverte de peluche, servant à tendre le fil et à en arrêter le duvet.
- R Planche à laquelle sont fixés les collets des broches.
- S Supports à coulisse de la planche R.
- a Broches.
- a' Bobines.
- b Noix des broches.
- e Fuseau à embrocher la chaîne.
- d Petites spirales en fil de fer, dans lesquelles passe le fil.
- e Fourchettes à fente très-fine, servant à arrêter les boutons ou grosseurs du fil qui y passe.
- p.8 - vue 11/204
-
-
-
- co
- I
- f Petite tringle à vis.
- Dans le montage de cette machine il faut observer toutes les conditions nécessaires à une bonne marche; c’est-à-dire placer la machine bien en équerre avec la transmission et parfaitement de niveau.
- La machine étant montée, on procède au réglage, qui s’opère de la manière suivante :
- On donne à l’excentrique J la position verticale, la pointe en haut et la concavité en bas. Le levier H est fixé au bâti, de manière qu’il ait la position horizontale lorsque l’excentrique a opéré un quart de révolution.
- Les cordes à boyau, ou les chaînettes, sont attachées aux petites tringles du levier et des balanciers, ainsi qu’aux poulies de l’arbre G, de manière que les balanciers soient élevés juste à la hauteur de l’esquive inférieure des bobines.
- Pour donner la course convenable aux balanciers, je prends la longueur du centre du levier au centre du galet fixé dessus, que je porte sur une ligne horizontale a, b, en c. De ce point, comme centre avec le rayon moyen de l’excentrique, je marque sur la perpendiculaire les points d, e, par lesquels je tire deux lignes indéfinies à partir du point a. Entre ces deux lignes je porte la distance f, g, équivalant à la hauteur entre les deux esquives de la bobine a'. Le point h est celui où doit être fixée la petite tringle f. On voit aisément que, plus on éloigne la tringle f du centre du levier, plus on augmente la course des balanciers, etc.
- d f
- e 0
- p.9 - vue 12/204
-
-
-
- — 10 —
- Au moyen des petites tringles à vis f, on élève ou on abaisse les balanciers, suivant la nécessité.
- Le mouvement des balanciers peut être donné d’une manière simultanée ou alternative, par la disposition des cordes sur les poulies de l’arbre G. Lorsqu’elles se croisent en-dessous, il est alternatif; si, au contraire, on fixe une corde au-dessus et l’autre au-dessous, le mouvement est simultané. Quoique celui-ci ait le désavantage de fatiguer davantage la machine et d’exiger plus de force motrice, je le préfère néanmoins à l’autre, en ce qu’il permet de régler la course des balanciers avec plus de précision, au moyen d’une latte, bien droite, posée sur chaque balancier, et sur laquelle je place le niveau d’eau, qui m’indique où je dois lâcher ou raccourcir.
- La forme bombée ou convexe, que l’on donne aux bobines, est la plus avantageuse, en ce qu'elle permet d’y mettre le plus de coton possible sans craindre d'éboulement , et en outre elles se dévident plus facilement à l’ourdissoir.
- Comme la forme des bobines dépend de la construction de l’excentrique, je donne (planche 3e, fig. 1") le tracé d’un excentrique pour bobines convexes.
- a, b, est une ligne horizontale indéfinie, sur laquelle je porte a, h, longueur du centre du levier à la tringle verticale. Par le point h, je passe une perpendiculaire f, g, hauteur de la course à donner aux balanciers ; je tire ensuite, à partir de a, les lignes a, f et a, g ; à partir de h, je porte la distance de la tringle au centre du galet h, c. Par ce point descend la perpendiculaire d, e, prolongée indéfiniment et sur laquelle se trouve le centre o, de l’excentrique à former et qui peut être plus ou moins éloigné de e, selon la grandeur que l’on veut donner à l’excentrique.
- De e à d passent 8 cercles, se rétrécissant par moitié vers c. Pour trouver les points par où devront passer ces cercles, je divise d, e en 60 parties égales, que je répartis sur cette ligne, comme il suit : de e à 1,9 parties ; de 1 à 2, 8 parties ; de 2 à 5, 7, et de 5 à 4, 6 parties. A partir du point c, je porte le même
- p.10 - vue 13/204
-
-
-
- — 11—
- nombre de parties vers d, en augmentant la distance d’un cercle à l’autre d’une partie ; en sorte que c, d, étant égale à c, e, recevra le même nombre de cercles.
- Les broches devant toutes être exactement verticales sur les machines, je vérifie leur position, en tirant au-dessus une ficelle bien tendue; chaque broche est vérifiée au moyen du fil à plomb, suspendu à cette ficelle.
- Avant de faire marcher la machine au moteur, il est toujours bon de l’essayer à la main, en fixant une manivelle sur l’arbre principal, pour s’assurer que toutes les pièces sont bien fixées et fonctionnent bien. Pour éviter que les broches ne tournent point en sens inverse l’une de l’autre, on donne à toutes les cordes la même direction , et comme ci-dessous , en remarquant qu’une seule corde conduit 4 broches.
- Calculs de la vitesse et de la production théorique d'un Bobinoir de 144 broches.
- Vitessse de la poulie du renvoi............ 134 tours par min.
- Diamètre.................................... 10 pouces.
- Diamètre de la poulie motrice............. 11 1/2 pouces.
- Vitesse de la poulie c et du tambour B .. 117 tours. Diamètre du tambour B 5 pouces.
- Id. des noix b.............................. 13 lignes.
- p.11 - vue 14/204
-
-
-
- 1
- I
- Vitesse des broches..................... 540 tours.
- Id. du pignon M....................... 117 tours.
- Nombre de dents....................... 22
- Id. de la roue N......... 86
- Id. du pignon 0........................ 18
- Id. de la grande roue P ... 176
- Vitesse de l’excentrique J.................. 5,06
- D’après l’expérience, un tour d’excentrique développe, sur une bobine vide ordinaire, un fil de 12 mètres de longueur, et sur bobine pleine..................... 40 id.
- 52 mètres.
- En prenant la moyenne..................... 26 mètres.
- Le nombre de tours d’excentrique.......... 5,06 Le numéro du fd pour 1 kilog............. 60,000 mèt.
- Et la production pour 1 heure ou.......... 60 minutes.
- Je trouve qu’elle est de kilog. 0,07956 pour une broche et de kilog. 145, 20 déca. par machine et par jour de 12 1/2 heures de travail.
- En pratique, la production n’est que de 75 à 80 kilog. par jour et par machine soignée par 4 ouvrières. Cette production pourrait être augmentée de 10 à 15 kilog., en augmentant de 2 le nombre des ouvrières, et c’est ce que je conseille de faire là où il n’y a point pénurie d’ouvriers et lorsque la main-d’œuvre est à bon marché. La quantité et la bonne production y gagnent.
- p.12 - vue 15/204
-
-
-
- — 13 —
- CHAPITRE II.
- DE L’OURDISSOIR.
- L’Ourdissoir est la machine sur laquelle se forme le rouleau, ou 8e partie, qui sert à composer la chaîne entière sur la Machine à parer.
- Le coton mis sur bobines, est placé dans un grand cadre, divisé en plusieurs compartimens parallèles ; chaque bobine tourne librement sur une broche en fer, qui lui sert d’axe.
- Dans le dessin que je donne de cette machine, le cadre n’est point représenté, par la raison qu’on peut lui donner à volonté, et selon le besoin, une dimension plus ou moins grande.
- Description de ÏOurdissoir (planche 2e).
- A Bâti en fonte.
- B Poulies motrice et folle de 11 1/2 pouces de diamètre sur 2 de largeur.
- C Tambour donnant le mouvement par friction au rouleau D.
- D Rouleau recevant le coton.
- EE'E" Rouleaux d’appel parfaitement cylindriques.
- F Support à coulisse, dans lequel joue l’axe du rouleau D.
- G Tringle de pression à laquelle est suspendu le poids S et agissant aux deux extrémités de l’axe du rouleau D.
- H Détente ou guide-courroie.
- J, J' Cadres des peignes ouverts a a'.
- K Traverse de bois, sur laquelle sont fixées de petites lattes b, b', b", b1", formant des rainures parallèles, dans lesquelles descendent, avec les fils, les tringles en fer que l’ouvrière place en travers pour chercher l’extrémité d’un fil cassé; cette opération se fait en tournant à rebours le rouleau D.
- L Levier fixé à la traverse K, ayant au milieu une roue à rainure dans laquelle se trouve la ficelle c, faisant friction sur le rouleau E par le poids P.
- p.13 - vue 16/204
-
-
-
- M Pignon de 44 dents engrenant la roue N de 90 dents, fixée sur l’arbre du tambour C.
- Pour que cette machine atteigne bien son but, il est essentiel que les trois rouleaux d’appel E, E, E" soient, ainsi que le tambour C, parfaitement cylindriques. Il est avantageux de recouvrir ces rouleaux d’une étoffe foncée et bien tendue. Cela ôte un peu le duvet et augmente la tension du fil qui s’enroule plus serré sur l’ensouple. Le poids de pression S, pour les N08 50 et au-dessus , doit être de 9 kilog. au moins ; on augmente de 1 à 5 kilog. pour les N0' plus gros.
- Le rentrage de cette machine s’opère en passant l’extrémité de chaque fil par les dents des peignes a, a', en entamant toujours chaque compartiment par le bas jusqu’à celui du milieu, où l’on prend alors immédiatement en haut le fil de la bobine qui se trouve à côté, et on continue à rentrer en descendant. Le reste se rentre comme le commencement, c’est-à-dire de bas en haut. Le rentrage opéré, on ramène tous les fils par leur extrémité sur l’ensouple et l’on pose ensuite à sa place le rouleau E', qui en avait été ôté avant l’opération.
- Lorqu’on se sert de fils doubles retors pour les lisières, il est bon de leur faire faire un tour entier autour du rouleau E'', car, si leur tension n’était pas plus forte que celle des fils simples, ils deviendraient lâches sur la machine à parer.
- Calculs de la vitesse et de la production théorique de l'Ourdissoir.
- Vitesse de la poulie de transmission....... 154 tours. Diamètre...................................id.................................................................8 pouces.
- Id. de la poulie motrice................... 11 1/2 pouces.
- Vitesse de la poulie motrice................. 95,7 tours. Nombre de dents du pignon M............ 44 dents.
- Id. de la roue N............................ 90 dents.
- Circonférence du tambour C................. 1,21 mètres.
- p.14 - vue 17/204
-
-
-
- — 15 —
- Vitesse à la circonférence p. min...... 55,42 mètres.
- Nombre de fils pour un 75 pouces....... 579
- Numéro du fil par kilog....................... 60,000 mèt.
- En une heure ou............................ 60 minutes.
- La production théorique pour une heure serait de 20,99 kilog. et pour 1272 heures de travail consécutif, de .... 262,56 kilog.
- De toutes les machines de tissage, l’ourdissoir est la plus ingrate; car c’est à peine si la production réelle égale un tiers de son produit théorique. Les meilleures ouvrières ne livrent guère plus de 80 kilog. par jour, dans les conditions indiquées plus haut.
- Il est d’usage, dans les bons établissements, de remplacer dans le cadre tous les restes de bobines par des bobines pleines, avant de couper le rouleau. Ce mode a l’avantage de diminuer de beaucoup le nombre de rattaches ; car, celles-ci tombant presque toutes sur les premiers tours du nouvel ensouple, ne se reproduisent plus dans le courant de la chaîne. De son côté, l’ouvrière, n’étant pas obligée d’arrêter sa machine pour chaque bobine vide, gagne beaucoup de temps, d’autant plus qu’elle peut remplacer par un retors, les nœuds coulants qu’elle serait obligée de faire plus tard.
- p.15 - vue 18/204
-
-
-
- CHAPITRE III.
- DE LA MACHINE A PARER.
- (SYSTÈME ÉCOSSAIS.)
- C’est sur cette machine que s’opère le collage, ou parage de la chaîne, opération la plus difficile et la plus importante du tissage. Aussi doit-on y apporter toute l’attention possible ; car une chaîne mal parée a, outre l’inconvénient d’arrêter beaucoup le tisserand, celui de ne produire qu’une marchandise médiocre et très-coûteuse. J’indiquerai plus loin les précautions à prendre, ainsi que les moyens à employer pour arriver à bien parer.
- Description de la Machine à parer (planche 4e, FIG. 1).
- AA Bâtis réunis au milieu par un tourillon à vis, sur lequel joue le balancier H.
- B Arbre moteur.
- B' Poulie mobile, fixée au côté opposé sur l’arbre B.
- B Id. donnant le mouvement aux ventilateurs, au moyen de courroies croisées et ouvertes.
- B Pignon de 22 dents.
- C Arbre à manivelle.
- DD Arbre communiquant le mouvement, par des roues d’angle, à l’arbre E.
- E Arbre sur lequel sont fixés les excentriques B.
- F Bielle jouant sur l’arbre à manivelle C.
- G Epée décrivant un arc de cercle et donnant le mouvement de va-et-vient horizontal aux brosses JJ, au moyen de tringles en fer.
- H Balancier supportant le mouvement des brosses.
- II' Tringles sur lesquelles s’opère le va-et-vient des brosses.
- JJ' Galets percés, glissant sur les tringles II' et liés ensemble
- p.16 - vue 19/204
-
-
-
- — 17 —
- par une lanière, qui, dans sa course, les entraîne, ainsi que les brosses, en sens inverse.
- K Cylindre de pâte, parfaitement cylindrique et recouvert de drap très-fort; il reçoit un mouvement de l’arbre E, par l’intermédiaire de roues et de pignons.
- L Cylindre de pression.
- M Tringle et poids de pression, agissant sur le cylindre L.
- N Compteur denté, mu par une vis sans fin taillée sur l’axe prolongé du cylindre K.
- O Ressort recourbé, auquel se trouve une sonnette qu’un tourillon, fixé au compteur, fait vibrer à chaque révolution, pour prévenir l’ouvrier qu’il a à marquer sa coupe.
- P Pièce en bois dur, servant à maintenir la verticale du balancier H et le maintenir à distance des bâtis.
- Q Support à colonne, fixé sur le plancher et sur lequel sont boulonnées les crapaudines des arbres DD.
- R Roue de 65 dents; sur le même axe se trouve un pignon de 22 dents, engrenant avec
- S Roue de 65 dents, et sur son axe un pignon de 15 dents, engrenant avec
- T Roue à friction de 80 dents ; cette roue a intérieurement un plateau garni de cuir très-épais, contre lequel elle frotte. Le plateau étant fixé sur l’axe qui tient, par la fourche o, le rouleau de chaîne, on augmente ou diminue la tension de la chaîne, en serrant plus ou moins l’écrou i.
- V Ensouple de chaîne.
- VV Ventilateurs.
- X Bâche contenant le parement.
- K Bâtis des rouleaux ourdis.
- a, a', a’, a". 1er, 2e, 5e & 4e rouleaux ourdis, formant la moitié de la chaîne.
- b, b’, b", b". Supports à levier, pressant sur les rouleaux au moyen de brides en cuir et de poids
- c. Peigne ouvert, entre les dents duquel passent les fils par paire.
- 2
- p.17 - vue 20/204
-
-
-
- 00 v--
- d. Baguettes séparant les fils des rouleaux ourdis ; les fils du rouleau a" passent en dessus, ceux du rouleau a en dessous et ceux de a' et a’ entre les deux baguettes.
- e. Planchettes en cuivre, percées d’autant de trous qu’il y a de fils sur les rouleaux ourdis.
- f. Peigne d'enverjure ; il y passe un fil entre chaque dent : celles-ci sont soudées par deux, aux 2/5 de leurs extrémités et d’un côté seulement ; l’autre reste libre jusqu’au bout et sert à former l’enverjure.
- g, g. Rouleaux à jour, sur lesquels passent les fils au sortir du peigne d’enverjure.
- h, h. Petits rouleaux en bois, sous lesquels passe la chaîne, afin de l’exposer plus longtemps à l’action du vent et de la chaleur.
- i. Ecrou en cuivre, qui maintient la roue T contre le plateau frotteur.
- j. Traverse.
- k. Excentriques en fonte, élevant et abaissant le balancier et les brosses.
- 1. Mentonnets en bois dur, fixés à la traverse du balancier et glissant sur les excentriques k.
- m. Cloison en planches pour garantir le fil, encore sous les brosses , de l’action du ventilateur.
- n. Levier servant à soulever le cylindre de pression L, lorsque l’ouvrier veut rattacher un fil cassé et le faire suivre avec son camarade.
- o. Fourche en fer forgé, retenant l'ensouple de chaîne.
- p. Traverse en bois, fixée sous la pièce J' et supportant la brosse inférieure.
- q. Tringles fixées à la traverse p et donnant la course aux brosses , par l’épée G.
- r. Traverse à laquelle est boulonnée la cloison m.
- p.18 - vue 21/204
-
-
-
- — 19—
- Du montage de la Machine à parer et de son réglage.
- Cette machine étant considérée comme la plus importante, la plus compliquée et, j’ajouterai, la plus chère des machines de tissage, j’entrerai dans quelques détails sur son montage et sa mise en train, qui, je l'espère, intéresseront tout praticien et ceux qui voudront le devenir.
- Après avoir déterminé , d’après le plan, la place que doit occuper la machine, je tends sur le plancher une ficelle formant une perpendiculaire au milieu de la poulie du renvoi. Cette poulie se trouvant à l’étage inférieur, je détermine au plafond , au moyen du fil à plomb, le point où sera percé de part en part un petit trou. C’est sur ce trou que passera la ficelle. Si l’on avait à monter plusieurs machines sur la même ligne, on fixerait les bouts de la ficelle à quelques mètres au-delà des poulies extrêmes. Ayant déterminé ainsi une ligne parfaitement droite, on devra placer les bâtis en parallèle exact à cette ligne, de sorte que le milieu entre les poulies folle et motrice, tombe juste sur le centre de la ficelle.
- Les bâtis AA étant assemblés par le milieu et réunis par les traverses r et j, on fixe aux bâtis les traverses supportant l’arbre B.
- A l’extrémité de cet arbre, vers les poulies, on fait passer par son centre le fil à plomb, qui tombe sur un point de la ligne parallèle à la machine, par lequel on tire une perpendiculaire, qui servira à vérifier si cet arbre est bien d’équerre avec les bâtis ; dans le cas qu’il n’y soit pas, on réglera en conséquence les traverses qui le supportent.
- Pour mettre la machine de niveau, on place de chaque côté sur les coussinets des cylindres K, des règles bien droites, sur lesquelles on applique le niveau d’eau ; on nivelle dans le sens de la longueur, en posant, en travers sur ces deux règles, une autre règle, ou latte, sur laquelle on pose de même son niveau. On ne fixe la machine au plancher que lorsqu’elle est bien d’é-
- p.19 - vue 22/204
-
-
-
- O
- GI
- querre et de niveau dans tous les sens. Cela étant fait, on règle de même les coussinets des arbres B, C et E, dans lesquels ceux-ci sont ensuite placés; puis viennent les arbres DD, qui seront placés de manière que la ligne de leurs axes, prolongée, rencontre celle des arbres C et E. On fixe sur ces supports la bâche X, puis on pose dans leurs coussinets les cylindres K et L. S’ils n’entraient pas juste, c’est que les bâtis sont trop ou pas assez écartés ; on y remédie, en limant un peu les pieds des traverses r et j, dans le premier cas, et en intercalant des morceaux de cuir ou de plomb entre les traverses et les bâtis, dans le second cas.
- Les autres pièces se posent à peu près dans l’ordre suivant : les supports des peignes d'enverjure f, les supports de l'ensouple avec le frottoir T, la pièce en bois P, les deux balanciers H, la cloison m, la traverse en bois p; elle est posée en diagonale, en tirant en sens inverse les pièces J', que l’on ramène ensuite à leur première position, lorsque l’écrou est entré dans la traverse; puis vient l’épée G, à laquelle on fixe , avec son tourillon, la tringle g, que l’on boulonne également à la traverse p.
- Avant d’engrener et de fixer les roues et pignons, on donne aux arbres et autres pièces les positions que je vais indiquer?
- L’arbre C doit avoir ses coudes droits ; dans cette position, la bielle F tiendra l’épée G, également en ligne verticale.
- Les excentriques K devront se trouver d’un côté en ligne directe au-dessus de l’arbre E et en dessous de l’autre côte de la machine.
- Les galets J, J doivent se trouver de chaque côté, l’un au-dessus de l’autre, vers le milieu des tringles I, I. La machine se mettant en mouvement, ils s’écartent l’un de l’autre et reviennent au même point à chaque demi-révolution de l’arbre C. On peut augmenter ou diminuer leur course, selon que l’on rapproche ou qu’on éloigne la bielle F du centre de l’épée G.
- Les bâtis K, garnis de leurs rouleaux, sont montés et fixés parallèlement à la ficelle tendue sur le plancher, en observant
- p.20 - vue 23/204
-
-
-
- — 21 —
- de les placer de manière que les esquives de rouleaux se trouvent dans la même ligne que les dents et les trous extrêmes des peignes et planchettes.
- La machine ayant fonctionné pendant quelque temps à vide pour se roder, et après avoir garni les cylindres K & L de bandes de drap mouillé, de la largeur de 15 à 48 centimètres, dont on les entoure en spirales , en tendant fortement les bandes, qui, après l’opération, sont consues soigneusement ensemble avec de la soie, on procède au rentrage, qui s’opère comme il va être dit.
- On commence par le 1" fil à gauche du rouleau a'", que l’on fait passer, entre les deux premières dents du peigne ouvert, dans le 1er trou de la lre ligne au haut de la planchette et entre les premières dents soudées du peigne d’enverjure; vient ensuite le 1er fil du rouleau a', qui passe avec son camarade du rouleau a'" dans le peigne ouvert et entre dans le 1er trou de la lra ligne du 5e compartiment de la planchette, et dans la dent non soudée à côté du 1er fil, en formant avec celui-ci la première paire. La seconde paire est composée du 1er fil du rouleau a" et de celui de a, qui passent ensemble dans la 2 broche du peigne; ils entrent, l’un dans le 1er trou de la lrc ligne du 2e compartiment et dans la 2e dent soudée du peigne d’enverjure, et l’autre dans le 1er du 4e compartiment et dans la 2e dent non soudée. Les 4 fils suivants sont entrés dans les peignes comme les 4 précédents et passent dans les 1er8 trous des 2es lignes des 4 compartiments, toujours dans la même ligne verticale. La machine étant bien rentrée, les 4 derniers fils des rouleaux devront se trouver dans les 4 derniers trous de la 2e ligne des compartiments, et le dernier fil du rouleau a dans les 2 dernières broches non soudées du peigne d’enverjure.
- La vérification s’achève en prenant des baguettes minces, que l’on passe entre les fils de chaque rouleau, en les ramenant près du peigne ouvert, qui est examiné avec soin ; pour vérifier la planchette, on passe, une à une, trois baguettes en-deçà du peigne, par les ouvertures que l’on forme avec les baguettes qui
- p.21 - vue 24/204
-
-
-
- t N
- se trouvent au-delà. Comme les compartiments intérieurs de la planchette ne sont pas faciles à vérifier, on pourra s’en rapporter aux deux compartiments du haut et du bas; s’ils sont justes, les autres le seront également. On passe entre les 2e et 5e compartiments de la planchette, une baguette, que l’on rapproche vers le peigne d'enverjure, où tous les fils sur la baguette devront être dans les dents soudées, et ceux en-dessous dans les dents non soudées.
- Afin que les fils résistent mieux à la manipulation du rentrage, il est bon de les parer à la main sur une longueur de quelques mètres.
- On peut accélérer le rentrage pour les autres machines, en parant des demi-chaines de la longueur de 5 à 6 mètres, sur des ensouples que l’on place sur le métier à rentrer (planche 5e, fig. 2), en ayant soin d'enverjer exactement le côté que l’on aura paré ; cela se fait en sortant de ses supports le cadre avec le peigne f, que l’on élève à une certaine hauteur, en formant une ouverture entre les fils des 1er et 2e compartiments, qui sont arrêtés par la soudure, et ceux des 3e et 4°, qui descendent jusqu’à la base des dents ; on passe entre eux une baguette dite d’enverjure.
- En répétant cette opération, mais en sens inverse, en abaissant le peigne f, on forme une autre ouverture par laquelle on passe la 2e baguette, et l’enverjure est achevée. On lie les extrémités des baguettes entre elles avec de la ficelle, afin que les fils ne s’en déversent point. Cette enverjure sert de guide pour le rentrage de la planchette et du peigne f. On se sert, pour la planchette, d’un petit crochet rond et un peu pointu, d’un diamètre assez petit pour pouvoir passer par les trous de la planchette ; pour le peigne, le crochet est plat. Se guidant d’après les baguettes d’enverjure, on placera les fils par paire dans le peigne ouvert c.
- Le rentrage étant terminé sur le métier, on porte le tout soigneusement sur la machine, où on appond les uns après les autres les rouleaux ourdis, comme cela se fait, pendant le cours du travail, pour un rouleau vide. Les baguettes étant rappro-
- p.22 - vue 25/204
-
-
-
- Ml
- c G
- i
- chées du peigne c, on verra que tous les fils sur la ire baguette appartiennent aux rouleaux a'" et a", et ceux en-dessous à d, a. On commence par appondre le rouleau a’", en prenant le 1er fil sur la baguette et dans la l,c dent ; le 5e fil dans la 3e dent sur la baguette appartient au 2e du rouleau , que l’on appond, en observant de sauter une dent à chaque fil. Lorsqu’un rouleau est appondu, on le pose sur des lattes mises en long sur la machine , jusqu’à ce qu’on soit arrivé au dernier, qui reste en place après l’opération. Les autres sont remis les uns après les autres sur le bâti.
- Les fils parés, dits premiers, appartiennent au côté de la machine qui s’enroule le premier sur l'ensouple U ; les seconds ou derniers appartiennent à l’autre côté et s’enroulent sur les premiers. Les uns et les autres ont leur enverjure particulière, qui sert au rentrage du harnais et du peigne à tisser.
- Composition du Parement.
- i
- Le parement, ou colle, que l’on emploie dans les parages mécaniques, est de qualité plus ou moins bonne, selon le choix plus ou moins bon des matières qui servent à sa composition et du soin que l’on aura mis dans sa préparation.
- Pour parer les chaînes ordinaires en No 26 à 32 , le parement qui offre le plus d’avantages est celui qui est composé dans les proportions suivantes :
- Pour 50 litres d’eau, prenez 5 kil. de fécule de pommes de terre et 500 grammes de léiocome (amidon ou fécule grillée). Faites dissoudre dans l’eau, amenée dans une chaudière chauffée à la vapeur ou au feu, à une température de 60 à 65° Réaumur, environ 100 gr. de sulfate de cuir (vitriol bleu). Prenez de cette eau en quantité suffisante pour délayer convenablement la fécule et le léiocome mélangés dans un baquet ; lorsqu’on aura bien délayé le tout et broyé les parties consistantes avec la main, on versera petit à petit ce liquide dans la chaudière, en remuant
- Fh
- p.23 - vue 26/204
-
-
-
- a
- I
- vivement le tout avec une spatule, pour empêcher que la fécule ne se coagule trop vite en s’isolant d’une partie de l’eau ; puis on pousse le liquide à une ébullition modérée, en remuant constamment jusqu’à parfaite cuisson. Le temps nécessaire à une bonne cuite est d’environ une heure; elle se reconnaît lorsque le parement est devenu limpide, clair et filant, et lorsqu'après en avoir pris une petite quantité entre le pouce et l’index, il montre une légère consistance. L’épreuve se fait sur la machine, en frottant quelques fils avec les doigts, en sens inverse du brossage. Si le parement est de bonné qualité, ils resteront sensiblement lisses; s’il est mauvais, il tombera et les fils deviendront velus. On y remédiera, dans ce cas, en ajoutant pour la même quantité d’eau quelques hectogrammes de léiocome et 50 à 60 gr. de sulfate de cuivre, qui a, outre la propriété de dissoudre les petits globules de la fécule, celle de conserver plus longtemps à la colle ses qualités. Je conseille de mettre, dans tous les cas, cette dernière dose de sulfate de cuivre pour la dernière cuite, qui sera faite le soir, afin que ce qui en restera encore dans les bâches et les tonnes puisse servir sans inconvénient le lendemain, en l’y mélangeant avec du parement frais.
- La présence du sulfate de cuivre dans les toiles pour l'impres-sion, nuit à certaines couleurs, ce qui rendait Messieurs les fabricants d’indiennes peu disposés pour ces sortes de toile ; mais on est parvenu, depuis quelques années , par de meilleurs procédés dans le blanchiment, à extraire entièrement ce sel, ou au moins à le rendre inactif, en l’unissant à des bases, en sorte qu’il n’est plus à craindre pour le fabricant éclairé.
- Un autre parement, avantageux également pour les grosses toiles de coton, les percales et jaconats fins, est composé de farine de froment et d’eau. Dans une tonne contenant 80 litres d’eau, on délaie 25 kil. de bonne farine, en exposant ce mélange, pendant huit jours, à une température continuellement douce. On aura soin de le remuer tous les jours, pendant quelques minutes, avec une spatule en bois; après ce temps, on le
- p.24 - vue 27/204
-
-
-
- 1
- I
- 0o
- GM
- fera bouillir lentement, pendant une demi-heure à trois-quarts d’heure, et on s'en servira ensuite sur la machine.
- Du Chauffage.
- La température de la salle devra varier selon l’état hygrométrique de l’air. Par un temps sec, 21 à 22 degrés suffisent pour sécher convenablement les N03 de chaîne ordinaire, 26 à 32; par un temps humide, il faudra 2 à 3 degrés en plus. Pour les Nos plus fins, il faudra diminuer, et pour les gros, il faudra augmenter de quelques degrés la température.
- Le système de chauffage le plus avantageux est ici le chauffage à la vapeur. Outre qu’il n’expose point aux incendies, il conserve plus d’élasticité au fil; tout en le séchant, et ne le rend pas aussi sec, aussi rude que par le chauffage à air chaud. On obtient également plus vite le degré de chaleur que l’on désire et il est plus facile à maintenir et à régler. La vapeur est conduite sous chaque machine, entre le peigne d’enverjure et la planchette, par deux tuyaux transversaux, en cuivre, chacun de 8 centimètres de diamètre, qui abouchent par des coudes soudés sur le tuyau longitudinal de la salle et passent dans des conduits de 19 centimètres de profondeur sur 16 de largeur, pratiqués dans le plancher. Ils déchargent leur eau de condensation dans un seul tuyau, qui se trouve à l’étage inférieur. Les ventilateurs agissant immédiatement au-dessus, forment un courant d’air échauffé, qu’ils lancent contre les fils.
- Sur les couloirs de ces tuyaux se trouvent des couvercles doubles à charnières, qui sont ouverts ou fermés, selon que l’on a plus ou moins besoin de chaleur.
- Calculs des vitesses et de la production théorique de la Machine à parer.
- Vitesse de l’arbre de la transmission.. = 134 tours par min..
- p.25 - vue 28/204
-
-
-
- Diamètre de la poulie sur transmission = 592 millimètres. Id. id. sur la machine.. — 598 »
- Vitesse de la poulie B .............. =132 tours par min.
- » des poulies B".............. =152 »
- Diamètre id. .............................. 245 millimètres.
- Id. des poulies sur les ventilateurs 80 »
- Vitesse des ventilateurs............... = 404 tours par min.
- » du pignon près de la poulie motrice........................ ,............. 152 »
- Nombre de dents de ce pignon........... 57
- Id. de la roue sur l’arbre C........... 109
- Nombre de tours de l’arbre C............. — 44.8 qui équivaut également au nombre de coups de brosse donnés de chaque côté de la machine.
- Les roues d’angles sur les arbres C, D, E sont toutes de 45 dents.
- Le pignon à l’extrémité de l’arbre E, est de 18 dents.
- Vitesse de ce pignon........................ 44. 8 tours.
- La roue intermédiaire................. 80 dents.
- Le pignon qui se trouve sur l’axe de cette roue ................................... 22 dents.
- La roue fixée sur le cylindre K....... 104 dents.
- La vitesse de ce cylindre........»• • • • — 1.98 tours p. m.
- Vitesse du pignon B“....................... 152 tours.
- Nombre de dents............................. 22
- Id. de la roue B ...................... 65
- Id. du pignon sur le même axe .. 22
- Id. de la roue S....................... 65
- Id. de dents du pignon sur le même axe................................. 15
- Id. de la roue à friction T............ 80
- Vitesse de la roue à friction............ 5.02 tours p. m.
- p.26 - vue 29/204
-
-
-
- — 27 —
- Le cylindre K faisant...................
- avec une circonférence de...............
- il développera..........................
- Ces 685 millim. de chaîne, développés
- en
- 1,98 tours, 0,546 millim. , 0,685 m/m. p.m une minute, rece-
- vront pendant le même temps 44,8 coups de brosse, soit pour 27 millim. (1 pouce), =985 = 25,37 pouces =*3= 1.76 coups de brosse par pouce ou par 27 millim.
- Le compteur N ayant 158 dents, j’aurai, pour la longueur d’une coupe, la circonférence du cylindre K,
- 0,546 millim. x 158 =47.75 mètres.
- Produit. La production de la machine, en supposant qu’elle marchât continuellement, serait, pour une heure, de 0,685 x 60 = 41,100 mètres; et pour 12 1/2 heures, de 41,1 x 12 1/2 = 515,75 mètres, qui, multipliés par 12, me donnent °i,” mètres = 127 coupes pour le produit théorique d’une quinzaine, ou 12 jours de travail.
- De cette quantité, il y a à déduire 8 à 10 p. % pour le temps d’arrêt causé par l’appondage des rouleaux, l’enverjure et la coupe des chaînes, ainsi que par plusieurs fils brisés à la fois ; ce qui oblige l’ouvrier à arrêter sa machine. On ne peut donc compter plus de 114 à 116 coupes, en moyenne, de produit réel par machine et pour douze jours de travail.
- Avec ces vitesses, un ouvrier formé pourra, même en travaillant un fil qui ne serait pas de première qualité, produire convenablement ; par contre, si on a à sa disposition de très-bons ouvriers, ainsi que de très-bons filés, on pourra, sans inconvénient , faire marcher les machines à 140 jusqu’à 145 tours par minute. Je ne conseillerais pas de dépasser cette dernière vitesse, par la raison que l’on est obligé d’augmenter, presque dans la même proportion, la température de l’atelier; ce qui nuirait trop à la santé des ouvriers.
- Si, pour une cause quelconque , on désire donner moins de développement au cylindre de pâte, sans changer les poulies, on met à la place du pignon de 18 dents, fixé sur l’arbre E,
- p.27 - vue 30/204
-
-
-
- ce GNl
- un pignon plus petit de quelques dents. Le fil, dans ce cas, recevra un plus grand nombre de coups de brosse sur une longueur donnée ; il en recevra moins, si le pignon est plus grand. Lorsqu’on ne changera que de 2 dents , en plus ou en moins, le susdit pignon, on pourra se dispenser de changer le tirage de la friction T; mais si on veut dépasser ce nombre, il faudra mettre sur l’arbre B un pignon proportionnel à celui qui sera mis sur l’arbre E. Exemple: On veut parer du N° 12 dans une salle où la majorité des machines sont garnies avec du N° 30, sans rien changer à la température ni à la vitesse des ventilateurs. Ce fil étant plus du double plus gros, il faudra, pour le faire sécher, l’exposer à l’action du vent et de la chaleur ; on remplace, à cet effet, le pignon de 18 dents sur E, par un autre de 15 dents : quel sera le nombre de dents du pignon qu’il faudra mettre à la place de B”, qui en a 22 ?
- 18 : 15 :: 22 : x = 18 dents.
- Il existe aux Etats-Unis des machines à parer, où le fil, après avoir passé sous les brosses et subi l’action du ventilateur, perd le reste de son humidité, en passant, avant d’être reçu sur l'ensouple , sur des cylindres en cuivre creux, chauffés à la vapeur. Ces machines marchent avec une très-grande vitesse et produisent par jour de 12 1/2 heures, jusqu’à 50 et 60 coupes, de 25 yards (23 mètres) de longueur, en chaîne N° 14. Cette production serait environ le quadruple de ce que nous fournissent nos machines; mais j’observerai que les chaînes, parées selon cette méthode, ont beaucoup de défauts, qui, s’ils devaient tous être réparés sur le métier à tisser, arrêteraient beaucoup le tisserand. Cela ne peut donc être applicable que pour des tissus très-ordinaires, qui s’adressent à un consommateur moins difficile pour la qualité que pour le prix.
- p.28 - vue 31/204
-
-
-
- — 29 —
- Remarques sur les défauts qui peuvent se présenter au Parage, et moyens de les éviter.
- 1re Remarque. Une chaîne sera mal parée si les fils ne sont pas assez tendus sur la machine ; il faudra avoir soin de serrer toujours convenablement l’écrou du frottoir et donner autant de pression sur les rouleaux que les fils pourront en supporter.
- 2e Remarque. Si la machine a un côté plus lâche que l’autre, c’est qu’il y aura un cylindre qui développe plus que l’autre ; il faudra entourer le cylindre, du côté où les fils sont le plus tendus, d’un ou deux tours de calicot, pour rétablir l’équilibre. Cela peut aussi provenir d’une pression inégale sur les rouleaux et les cylindres L.
- 3e Remarque. Si le parement était un peu faible, on ôterait les poids de pression sur les cylindres, en augmentant en même temps la température de l’atelier, afin d’enlever le surcroît d’humidité qui imprègne le fil. Il s’imprégnera aussi plus, en descendant le porte-fils près de C.
- 4° Remarque. Lorsqu’il y aura dans la chaîne des places faiblement parées, cela peut provenir de la négligence du pareur, qui aura laissé la colle s’épuiser dans les bâches, sans la renouveler à temps. Elles se produisent également, lorsque la machine aura été arrêtée assez longtemps pour que les fils se soient séchés, sans avoir eu leur duvet suffisamment couché par les brosses. L’ouvrier devra alors, avant de mettre sa machine en activité, humecter les fils, au moyen d’une brosse à main, imbibée d’eau pure ; ensuite il garnira cette brosse de colle, qu’il répandra d’une manière homogène sur tous les fils, à partir de la planchette jusqu’aux cylindres. Pour cette opération, il sort la planchette d’un de ses supports et la couche à plat, afin que tous les fils puissent être atteints. Engrenant ensuite sa machine, il donnera encore quelques coups de brosses, du peigne d’enverjure à la planchette.
- 5e Remarque. Si la chaîne était seulement mal parée aux lisières, cela provient le plus souvent de ce que l’ensouple est trop
- p.29 - vue 32/204
-
-
-
- — 30 —
- longue. Les fils de lisières ayant trop de place, s’enroulent sur un diamètre qui n’augmente pas dans la proportion des autres fils de la chaîne ; ils deviennent par conséquent trop lâches et sont mal brossés. Comme les dents du peigne d'enverjure, par où passent les fils de lisières, sont écartées du double des autres, il faudra nécessairement que l’ensouple soit un peu plus étroite que ce peigne; car deux fils retors ou parés ensemble prendront moins de place que deux fils simples parés séparément. Outre cela, ces mêmes fils ayant eu trop d’espace à remplir sur l’ensouple, se développeront moins que les autres au métier à tisser et seront soumis à une tension d’autant plus forte, que la trâme, par son retrait, tend à les rapprocher vers le centre de l’étoffe ; ils ne résisteront que difficilement au frottement du peigne, devenu plus considérable. Le pareur devra, aussitôt qu’il s’aperçoit que les fils doubles deviennent lâches, enrouler avec eux de petites bandes de papier sur les côtés de l’ensouple.
- 6e Remarque. Afin d’obvier aux inconvénients énumérés à la remarque précédente, je conseillerai de donner aux rouleaux, peignes, planchettes etensouples, les dimensions suivantes :
- Pour des calicots 3/4 ou 90 centimètres de large, confectionnés dans des peignes et harnais de 975 millim., les rouleaux a, a' auront 978 millim.; les peignes ouverts et les planchettes 975, les peignes d’enverjure 975 et les ensouples de chaîne 970 millim. Chaque pareur aura une mesure bien exacte, avec laquelle il vérifiera l’écartement des esquives de l’ensouple avant de la mettre sur la machine,
- 7e Remarque. Le matin, avant'de commencer, on fera bien d‘ôter le parement de la veille aux deux extrémités des bâches, que l’on remplacera par du parement frais, dans la crainte que les deux mélangés ne collent trop faiblement les fils de lisières.
- 8e Remarque. Lorsque la courroie fixée aux pièces J, J, n’est pas assez tendue, les brosses agissent par saccades et couchent ' mal le duvet du fil ; il faudra y rémédier, en déboulonnant un des supports des tringles I, 1, que l’on rapproche assez de l’autre
- p.30 - vue 33/204
-
-
-
- co
- I
- pour pouvoir raccourcir convenablement la courroie. On l’écarte ensuite pour le fixer à sa place, au moyen d’un chevalet (planche 4e, fig. 5), ayant aux extrémités deux arcs de cercle, qui s’adaptent sur les petites poulies de la courroie. L’arc a est rivé à la pièce qui forme l’écrou, tandis que la tige à vis c tourne librement avec une tête entaillée dans l’arc b.
- 9e Remarque. Le pareur devra, autant que possible, ôter les grosseurs, boutons, fils simples ou coupés, qui auront passé inaperçus aux bobinoirs et ourdissoirs, et il prendra garde surtout de laisser courir un fil cassé, sans le rattacher immédiatement, afin d’éviter le collage de deux fils réunis, ainsi que les fausses-rattaches (hœeffter), qui arrêtent beaucoup le tisserand et lui font faire des défauts dans sa marchandise.
- 10e Remarque. Il devra également s’abstenir, lorsqu’un ou plusieurs fils casseront sous les brosses, de les rattacher pendant la marche, en posant un bout de la brosse sur l’épaule ; car il y aurait une certaine longueur de fils privés du nombre de coups de brosse nécessaire pour les rendre lisses. Dans ce cas, ce qu’il convient le mieux de faire, lorsqu’on ne veut pas arrêter trop souvent la machine, c’est de rattacher un fil paré au fil qui s’enroule sur l’ensouple : on passe ce fil dans le peigne et la planchette, s’il en est sorti, et l’on cherche l’autre extrémité du fil cassé, au moyen de son camarade, en isolant celui-ci des autres fils ; ce qui formera une ligne ouverte sous les brosses, par où l’on passe son fil, qui sera rattaché à l’autre bout, entre les cylindres et le mouvement des brosses, qui l’auront empêché de franchir cet espace.
- 11e Remarque. Il faudra faire prendre les fils par les brosses aussi près que possible des planchettes, en ne laissant que l’espace nécessaire pour y passer la main et afin qu’elles atteignent tous les fils convenablement. On les réglera de manière que la brosse inférieure prenne, près de la planchette, tous les fils des trois rouleaux a, a et a", et la brosse supérieure ceux des deux rouleaux a" et a".
- 12e Remarque. Chaque machine doit avoir deux paires de
- p.31 - vue 34/204
-
-
-
- 32 —
- brosses de rechange, qui seront lavées et tenues près de la machine chaque fois que celles qui fonctionnent seront ôtées; ce qui aura lieu toutes les demi-heures, pour un fil duveteux et malpropre , et seulement tous les 5/4 d’heure ou toutes les heures pour un coton net. Les cylindres de pression seront, de temps à autre, au moyen d’une brosse rude et de forme concave, débarrassés des impuretés qu’ils auront reçues du fil et du parement. Tous les 8 ou 15 jours, au plus, les cylindres de pâte et de pression seront sortis de leurs coussinets, pour être lavés proprement, ainsi que les bâches à parement.
- 15e Remarque. Les fils, à leur passage au travers des planchettes et peignes d’enverjure, y laissent du duvet et quelques parties de parement qui durcissent et forment des croûtes ; on lavera ces croûtes, au moyen d’une brosse mouillée, avant de faire l’enverjure de la chaîne, ainsi qu’à midi et le soir avant de partir.
- 14e Remarque. A chaque révolution du compteur, le pareur imprimera, avec de la couleur bleue ou rouge, deux marques près du peigne d’enverjure, à distance de 10 centim. l’une de l’autre et seulement sur un côté de la chaîne. Pour conserver aux coupes une longueur uniforme, il devra, au commencement d’une nouvelle chaîne, reculer le compteur de 4 à 5 dents; ce qui lui permettra de donner une marge de 50 à 40 centim. au-delà de la dernière coupe de la chaîne coupée, et une autre de 80 à90 centim. à la nouvelle chaîne. Cette distance égale à peu près celle de l'en-souple au peigne sur le métier à tisser.
- 15e Remarque. Le nombre de coupes mises sur un ensouple varie entre 6 et 12; on devra autant que possible le fixer sur toutes les machines. Si on avait beaucoup de faibles tisserands, il faudrait, à la moitié de la chaîne, former une enverjure avec de la ficelle.
- p.32 - vue 35/204
-
-
-
- CHAPITRE IV.
- DU RENTRAGE ET DE L’APPONDAGE DES CHAINES PARÉES.
- L’opération qui suit celle du parage, est le rentrage de tous les fils d’une chaîne dans les lisses du harnais et les dents du peigne à tisser. La chaîne, mise sur un métier en bois A, A (planche 3°, fig. 2), est retenue par une corde, dont une extrémité est fixée à la traverse sous l'ensouple, et l’autre est tendue par un poids. On remplace les baguettes d’enverjure par des bâtons ronds ad a" et a'", que l’on entre ensuite dans les bras B, percés de trous pour les recevoir. Un enfant, assis en dehors du métier, passe, par la première boucle à gauche de la lame N° 1 du harnais, un petit crochet rond, qu’il présente à un second enfant assis dans l’intérieur sur la planche C. Celui-ci lui donne, pour l’attirer dans la boucle, le premier fil sous le bâton a; le deuxième fil est pris sous le bâton a" et est rentré de la même manière dans la troisième lame: ces deux fils, formant la paire, entrent ensemble dans la même dent du peigne. Le troisième fil est pris sur le bâton a à côté du premier, qu’il croise, et entre dans la deuxième lame ; enfin le quatrième fil sur le bâton a" vient dans la quatrième lame et forme, avec le 3e, la seconde paire dans le peigne ; les autres fils sont tous rentrés dans le même ordre dans le harnais.
- Avant de rentrer le peigne, on sortira les bâtons de la chaîne, en enfilant à leur extrémité des ficelles qui les remplaceront pour conserver l’enverjure qui pourrait être nécessaire au montage sur le métier à tisser, et on posera, en la renvidant, l’ensouple sur le banc C. Le peigne sera alors mis et soutenu droit entre les 2' et 3e lames, par l’enfant, qui passera un crochet aplati entre chaque dent, pour recevoir de l’autre les fils par paire. Il est essentiel, pour la célérité du rentrage du peigne, que l’enfant qui manie le crochet ait l’ongle de la main gauche un peu long, afin
- p.33 - vue 36/204
-
-
-
- I e
- qu’il puisse prendre aisément, les unes après les autres, les dents du peigne. Le rentrage du peigne commence du côté où on a fini le harnais, c’est-à-dire à la droite, quand on se trouve devant le métier. Lorsque 3 ou 400 fils seront rentrés, il faudra les nouer ensemble par moitié, pour empêcher qu’ils ne sortent de leur place.
- L'appondage consiste à réunir l’un à l’autre tous les fils d’une nouvelle chaîne, à ceux d’un équipage déjà rentré; les baguettes d'enverjure, que le contre-maître aura soin de laisser dans les fils à la dernière pièce de l’ensouple, seront remplacées par les petits bâtons b, b’ du bras D. L’ouvrier assis sur le banc C, nouera d’abord séparément les extrémités de quelques cents fils de l’équipage et de la chaîne et il réunira ensuite les deux nœuds à sa ceinture, au moyen d’une ficelle à nœud coulant. Il prendra les fils de la chaîne dans le même ordre qu’au rentrage , c’est-à-dire que les fils enverjés par a étant les premiers, devront se trouver dans les lames 1 et 2 du harnais et seront appondus aux fils sous le bâton b ; ceux de a' appartiennent aux lames 3 et 4 ou aux fils qui se trouvent sur b'. Le cadre C, fixé au métier, sert à soutenir le peigne. Après l’opération on défera une enver-jure, en sortant les bâtons b, b , et on reculera le harnais, lame par lame, au-delà des rattaches , ainsi que le peigne.
- Il faut, à deux ouvriers adroits, pour rentrer une chaîne 75 portées, environ 4 heures de temps ; tandis qu’il ne faut, pour appondre la même chaîne, que 2 1/2 à 5 heures à un seul ouvrier.
- Lorsqu’il arrivera que l’un ou l’autre des fils de la paire manquera à l’enverjure, il faudra le remplacer par un fil paré, que l’on fixera par un flot à ses voisins sur l’ensouple ; quand ce nœud arrivera aux baguettes d’enverjure, sur le métier à tisser, le tisserand l’ouvrira pour y ajouter une seconde rattache , jusqu’à ce que l’extrémité du fil manquant se présente.
- Il peut aussi arriver que deux fils, dont l’un a refusé l’enverjure , se trouvent ensemble, soit dessus, soit dessous l’un des
- p.34 - vue 37/204
-
-
-
- bâtons a, a" : on en sortira alors l’un d’eux, que l’on fera croiser avec son voisin.
- Je ferai remarquer, pour l’intelligence de ces opérations, que les fils sous le bâton a, appartiennent aux rouleaux a” et a" du côté gauche de la machine à parer, lorsqu’on se trouve devant la poulie ; ceux en-dessus viennent des rouleaux a et a du même côté. Il en est de même des fils croisés par le bâton a", appartenant au côté droit de la machine.
- Le rentrage , pour le tissu croisé à 4 marches et 4 lames, diffère de l’uni, en ce que dans celui-ci on saute une lame entre chaque paire de fils, tandis que dans l’autre les fils sont rentrés par ordre naturel des lames 1,2, 3 et 4. Les fils 1 et 2 forment la 1re paire dans le peigne, les fils 3 et 4 la 2e paire, et ainsi de suite. Quant aux bâtons formant l'enverjure, on les prend dans l'ordre qui a été indiqué pour l’uni.
- CHAPITRE V.
- DU MÉTIER A TISSER MÉCANIQUE.
- C’est sur cette machine que la chaîne, unie à la trame, se transforme, sous la conduite d'un ouvrier, en un tissu quelconque. Le métier à tisser recevant son mouvement, comme les autres machines, par l'intermédiaire d’une courroie, l’ouvrier n’a qu’à en surveiller la marche, qu’il interrompt, soit pour remplacer dans la navette la trame épuisée, soit pour réparer ou prévenir un défaut dans la marchandise. Outre un réglage consciencieux et entendu de la part du contre-maître, l’ouvrier devra apporter, de son côté, toute l’intelligence, l’activité et le soin nécessaire à la formation d’un tissu parfait et exempt de défauts. Nous enseigne-
- p.35 - vue 38/204
-
-
-
- — 36 —
- rons aux uns et aux autres les moyens de tirer de celte machine le meilleur parti possible.
- Description du Métier à tisser, mouvement en dessous à double fouet.
- (Les mêmes numéros indiquent les mêmes pièces dans les deux dessins, pl. 5e, fig. 1 et 2.)
- Fig. 1. Bâtis en fonte du métier, et 1' une traverse en forme d’arc de cercle au-dessus de la machine.
- » 2. Traverses servant à maintenir l’écartement des bâtis.
- » 5. Traverse en fonte supportant la chasse et oscillant dans
- les supports fig. 4, fixés aux bâtis.
- » 5. Arbre coudé, ou vilbrequin.
- » 6. Poulies folle et motrice.
- » 7. Volant formant une pièce avec la poulie motrice.
- » 8. Pignon de 55 dents sur l’arbre coudé.
- » 9. Roue de 110 dents, engrenée par le pignon fig. 8 et
- fixée sur l’arbre fig. 10.
- » 11. Petits arbres des fouets.
- » 12. Fouets fixés contre les arbres fig. 11 ; à leur extrémité se trouve attachée une lanière en cuir fig. 15, ainsi qu’au taquet fig. 14, celui-ci glissant dans la rainure fig. 14' et retenu verticalement par la tringle fig. 20, qui le traverse par le haut, chasse la navette fig. 15 hors la boîte, lorsque le porte-galet fig. 16, fixé sur l’arbre fig. 10, vient soulever, par son galet fig. 17, le mentonnet fig. 18, en faisant décrire au fouet un arc de cercle qui donne le mouvement à la navette. Après chaque coup, le fouet es ramené, par la pesanteur du mentonnet, contre la pièce en fonte fig. 19, garnie de cuir.
- » 21. Tourillon supportant la tringle fig. 20 et contre lequel vient buter le taquet, après chaque coup.
- » 22. Cames recourbées, fixées aux deux extrémités de la tringle
- p.36 - vue 39/204
-
-
-
- fig 23 et appuyant par l’effet du ressort fig. 25, sur le doigt fig. 24, contre une langue mobile de bois dur fig. 26, jouant à un bout sur la broche fig. 27, qui traverse la boîte de chasse fig. 28. Lorsque la navette entre dans la chasse, elle presse contre la joue en fonte à coulisse fig. 29, et contre la langue, qu’elle fait sortir de l’entaille, et soulève le doigt fig. 24, par l’intermédiaire de la came recourbée, et permet au battant ou chasse, fig. 50, d’agir au-delà des arrêteurs fig. 67 et 68.
- 51. Bielles montées à coussinets sur les deux coudes de l’arbre fig. 5 et joignant aux épées de chasse fig. 52 par des tourillons.
- 55. Chapeau à rainure, sous lequel se trouve le peigne fig. 54, qui repose également dans une rainure pratiquée dans le battant.
- 55. Petit arbre suspendu à l’arc fig. 1' par de petits supports fig. 57, et sur lequel sont fixées les petites poulies fig. 56 qui retiennent par le haut, au moyen de lanière et de ficelles, le harnais fig. 58. .
- 59. Double excentrique fixé sur l’arbre fig. 10; il forme, en pressant alternativement les deux galets, fig. 42, des marches fig. 40, l’ouverture du harnais et de la chaîne.
- 41. Support des marches, fixé à la traverse derrière le métier.
- 43 Petites tringles à vis, retenues dans la coulisse, à l’extrémité des marches, par de petits tourillons ; elles traversent des lattes de bois fig. 44, auxquelles le harnais est attaché par-dessous, au moyen de fortes ficelles.
- 45. Ensouple de chaîne, retenue par une corde enroulée, soit sur l’esquive, soit sur l’arbre, et à laquelle est attaché un poids fig. 46, formé de demi-esquives ou ron-
- p.37 - vue 40/204
-
-
-
- — 38 —
- déliés, que l’on ôte ou qu’on ajoute à volonté pour diminuer ou augmenter la tension des fils de la chaîne. L’autre extrémité de la corde est nouée à la traverse, ou mieux, à une latte vissée au plancher et faisant ressort.
- » 47. Rouleau porte-fils.
- » 48. Chaîne enverjée de deux baguettes retenues à distance des harnais par des ficelles.
- » 49. Tempions ou templets garnis de petites dents, qui prennent les lisières de la toile pour maintenir les fils de la chaîne sur la largeur du peigne, au moment où ils reçoivent la duite.
- » 50. Poitrinière sur laquelle passe la toile fig. 51, avant de s’enrouler sur le rouleau fig. 52.
- » 53. Crochets retenant les deux extrémités de l’axe du rouleau de toile ; à l’une des extrémités de cet axe est calée une roue fig. 54, engrenée par le pignon fig. 55, adapté à la roue à rochet fig. 56, qui tourne avec lui sur le même tourillon fixé au bâti.
- » 57. Encliquetage à angle droit, balançant sur le tourillon des roues 55 et 56 ; à l’une de ses branches se trouve le poids percé fig. 58, et à l’autre le rochet courbé fig. 59.
- » 60. Petites tringles brisées , dont les extrémités sont retenues par des tourillons, sous le rochet fig. 59, et à la pièce en fer forgé à coulisse, fig. 61, fixée entre l’écrou et la roue fig. 9. Cette pièce, faisant excentrique, attire, à chaque révolution, le rochet, qui prend un certain nombre de dents de la roue, retenue pendant ce temps par les cliquets fig. 59'. Dès que les tringles se détendent, le contre-poids fig. 58 agit alors et ramène le rochet à sa place primitive, en avançant la roue d’autant de dents qu’il en a prises en reculant. Celle-ci, par l’intermédiaire du pignon fig. 55 et de
- p.38 - vue 41/204
-
-
-
- — 39 —
- la roue fig. 54, fait enrouler insensiblement la toile sur le rouleau fig. 52. Si l’encliquetage est bien réglé d’après la tension de la chaîne et l’épaisseur de la duite, le tirage cessera de se faire sentir dès que la navette marchera à vide ; néanmoins, lorsque cela arrivera, il faudra lâcher un peu la toile, en soulevant les cliquets fig. 59' qui correspondent, au moyen d’une lanière ou chaînette, au rochet fig. 59.
- » 62. Guide-courroie réuni au manche à ressort fig. 65, par la petite tringle fig. 64.
- » 65. Support du guide-courroie, sur lequel se trouve la base de l’arrêteur à coulisse fig. 67 et dont la tête repose sur le support fig. 65. Lorsque les doigts fig. 24 ne sont pas soulevés, l’un d’eux tombe sur l’arrêteur à coulisse, dont il pousse la tête contre le manche fig. 65, qui sort de l’entaille du support fig. 66 en dégrenant la machine.
- » 68. Arrêteur fixe, boulonné au bâti.
- Montage des Métiers à tisser.
- Les métiers à tisser étant ordinairement placés par paire, en regard l’un de l’autre, on les distingue par métier de droite et métier de gauche. Le métier de droite a le volant et les poulies fixés près du collet de l’arbre ; celui de gauche a son arbre prolongé de la largeur des deux poulies, de manière que, placés tous deux dans la même ligne, le métier de gauche ait ses deux poulies en dehors de celles du métier de droite.
- L’apparence assez simple de cette machine, est cause peut-être qu’on a souvent négligé son montage, en le confiant trop exclusivement à la routine ; il est cependant bien essentiel de la placer exactement de niveau et d'équerre, afin d’assurer son fonctionnement parfait et prévenir l’usure ou le bris précoce de beaucoup de ses parties.
- Supposant que l’on ait à garnir deux salles de métiers, les
- p.39 - vue 42/204
-
-
-
- uns, au rez-de-chaussée, recevant le mouvement en-dessus, les autres, au 1er étage, étant mus en-dessous par la même transmission. Je tirerai d’abord sur le plancher des salles, des lignes transversales , qui seront déterminées par le fil à plomb, que l’on fait passer par le centre aux deux extrémités de chaque arbre de transmission. Ces lignes serviront de parallèles pour le front de 8, 10 ou 12 métiers à tisser, selon que l’on aura 4, 5 ou 6 métiers de chaque côté de l’arbre transversal.
- Au-dessus de chaque ligne de métiers, on tend fortement une ficelle parallèle au mur ou à l'arbre longitudinal ; elle coupera , pour la ire salle et la Are ligne, le tambour à environ 575 mi-limètres du bord et tombera sur le bord extérieur de la poulie folle de l’arbre de droite, entre le volant et la poulie fixe de l’arbre de gauche. La seconde ficelle, sous le même tambour, se trouvera à 125 millim. seulement de l’autre bord. Pour les métiers de la 2e salle, les ficelles seront tendues à distances inverses des bords du tambour, qui sera ainsi divisé par section de 25 cent., espace plus que suffisant pour le jeu de deux courroies d’une paire de métiers. La longueur des tambours étant de 100 centim., ils feront donc mouvoir quatre lignes de métiers, comme il suit. Les courroies des Are et 2e lignes de la 2e salle prennent la i-e et la 5e section à partir du mur; celles des mêmes lignes du rez-de-chaussée, occupent les 2e et 4e sections du tambour. On fait prendre à dessein les courroies de la salle supérieure sur la 1” section, par la raison que les murs diminuant d’épaisseur d’étage en étage, on ménagera ainsi, au rez-de-chaussée, un espace assez grand, entre le mur et les métiers, pour donner passage à l’ouvrier. Cet espace étant de 60 cent. environ, suffira pour l’une et l’autre salle.
- Pour donner l’écartement convenable entre les métiers, on fera deux calibres, l’un de 50 cent., marquant l’espace d’une poitrinière à l’autre, et le second de 55 cent., pour la distance derrière le métier, de l’axe d’une ensouple à l’autre.
- Il faudra placer les métiers de manière qu’ils se trouvent à
- p.40 - vue 43/204
-
-
-
- égale distance du milieu de la fenêtre, afin que le jour se répartisse également sur les deux lignes transversales. Après avoir fait ce qui vient d’être dit, on les mettra d’équerre, en tendant sous chaque ligne de métiers une ficelle parfaitement parallèle à la ligne déjà déterminée de l’arbre transversal, et on disposera la machine de manière que le fd à plomb, passant par les centres des arbres fig. 5 et 10, tombe juste sur le milieu de la ficelle, tout en ayant soin de se tenir dans la ligne longitudinale et aux écartements dont il a été fait mention plus haut. Le métier étant bien d’équerre, on mettra d’aplomb les bâtis, la poitrinière et la chasse, au moyen du niveau d’eau, puis il sera fixé solidement au plancher, par de fortes vis à bois.
- Le rouleau de toile, le porte-fils et toutes les ensouples seront mis sur le tour pour être vérifiés; car s’ils n’ont pas été faits de bois très-secs, ils se seront courbés ou jetés plus ou moins, et causeraient des irrégularités dans la marchandise s’ils n’étaient soigneusement repris au tour.
- Avant de fixer définitivement les métiers de la seconde salle au plancher, on marquera au crayon la place qu’ils occupent, et on fera percer par le charpentier les trous des courroies que cette opération obligera de déplacer. Il lui sera déterminé exactement, par le tracé ci-dessous, les points par où passeront les courroies ouvertes et croisées, afin de prévenir le perçage de trous faux dans le plancher et les solives.
- B'
- ' 9
- p.41 - vue 44/204
-
-
-
- — 42 —
- EXPLICATION.
- A Tambour, ou poulie de la transmission.
- B & B Poulies des métiers.
- C Plancher.
- D E Distance du centre des poulies au plancher.
- F G Distance du plafond au centre du tambour.
- HJ Distance de l’endroit où devra être percé le trou de la courroie, au centre des poulies, déterminé sur le plancher par le fil à plomb.
- c Courroie ouverte et c1 courroie croisée.
- La grandeur des trous sera déterminée par la course des courroies sur les poulies et par leur épaisseur.
- Réglage du Métier à tisser.
- Les mouvements principaux du métier sont : la course de la navette, le mouvement de va-et-vient de la chasse, le balancement du harnais par les marches et le double excentrique, et enfin le renvidage de la toile sur le rouleau par l’encliquetage.
- Pour régler le coup de navette, on se place devant la machine, en attirant vers soi le battant jusqu’à la limite de sa course (ce point sera marqué avec le calibre), et on continue le mouvement jusqu’à ce que la chasse s’en soit éloignée d’environ 55 à 60 milim. Le porte-galet devra, dans ce moment, toucher le mentonnet de l’arbre de fouet, dont il ne prendra que les 3/4 au plus, à partir de l’extrémité de cette pièce.
- Il faudra donc observer de ne pas mettre trop bas dans leurs supports les petits arbres, car le galet prenant le mentonnet trop loin de son bord, amortirait la vivacité du coup et empêcherait la navette d’arriver assez à temps dans l’autre boîte, pour presser sur la langue, ce qui ferait arrêter la machine.
- Si, au contraire, l’un des supports ou tous les deux élèvent trop l’arbre des fouets , la navette partira avec une trop grande violence, surtout si la lanière du fouet est un peu plus courte, et le moindre obstacle qu’elle rencontrera la fera sauter hors
- p.42 - vue 45/204
-
-
-
- — 43 —
- de la chasse. Le coup de navette étant bien réglé, les porte-galets auront, l’un, une position inclinée sous l’horizontale, l’autre s’élèvera un peu au-dessus de cette ligne, lorsque le métier sera au repos.
- On fixera les excentriques sur l’arbre, de manière qu’en soulevant les marches contre eux, elles se trouvent toujours à égale hauteur après chaque demi-révolution.
- L’encliquetage est provisoirement réglé avec le plus grand tirage possible, ce qui a lieu en éloignant le tourillon, qui tient les petites tringles brisées, le plus loin que l’on peut du centre de l’arbre, afin que les pièces qui le composent, puissent se roder ainsi que les autres parties de la machine, que l’on fera marcher à vide pendant quelques jours avant d’y monter la chaîne.
- Du montage de la Chaîne sur le Métier à tisser.
- Si on désire faire une marchandise serrée et dont la chaîne se fonde bien avec la trame, c’est-à-dire non pairée, ou donnera entre le porte-fils, la chasse et la poitrinière, les rapports de hauteur suivants : le porte-fils de 7 à 8 cent. plus haut que la poitrinière et celle-ci de 2 à 2 1/2 cent, au-dessus de la chasse. Pour plus de facilité et d’uniformité dans ces dispositions, on résumera ces différences de niveau sur une règle surmontée
- d’un fil à plomb, qui indiquera les pièces qu’il faudra relever ou abaisser.
- Chaque contre-maître aura un calibre-niveau semblable, ou modifié selon la marchandise qu’il devra faire.
- p.43 - vue 46/204
-
-
-
- — 44 —
- Pour une toile claire, avec peu de duites en trame, on descendra la chasse dans les coulisses des épées, de 5 ou 6millim. Si on la désire claire et pairée dans la chaîne, on relevera au contraire la chasse de 1 à 1 1/2 centim. au-dessus de la ire hauteur, ou bien on diminuera d’autant la hauteur de la poitrinière et on descendra le porte-fils de 1 1/2 ou 2 cent.
- J’observerai, en passant, que, pour faire cette espèce de marchandise , on pourra parer les chaînes plus légèrement que pour un tissu serré, par la raison que les fils n’étant pas inclinés vers la chasse, ils auront à subir un effort moindre à leur ouverture par le harnais ; et, en général, pour une toile tissée légère, les fils de la chaîne sont toujours moins fatigués.
- Pour le croisé et dans les façonnés, où la chaîne doit ressortir davantage que la trame, on donnera à la chasse la même hauteur que pour une toile pairée, et on descendra le porte-fils au moins jusqu’au niveau de la poitrinière, et même au-dessous s’il est possible.
- Les ficelles sont attachées au harnais immédiatement au-dessous de leurs poulies respectives. Aux petites poulies fixées en dehors des grandes, sont suspendues les deux premières lames du harnais, retenues par le bas, par la marche de gauche. Les deux autres lames sont retenues par les deux plus grandes poulies et par la marche de droite. Ce ficelage forme les toiles unies.
- Le métier étant au repos, le harnais devra être droit et juste sur toute sa longueur, et ses deux parties également tendues; on s’en assurera , en faisant faire un tour à l’arbre vilbrequin, ou un demi-tour aux excentriques, ce qui ramènera le harnais à la même position, s’il est bien réglé. Comme il doit être suspendu à une hauteur telle, que les fils, passant dans les boucles, celles-ci soient partagées par le milieu de leur hauteur, s’il arrive qu’un côté du harnais mal attaché, fasse faire un angle aux fils, soit de bas en haut, soit de haut en bas, on lâchera les ficelles du côté de l’angle et on resserrera de l’autre.
- La tension du harnais ne sera point poussée trop loin, car cela
- p.44 - vue 47/204
-
-
-
- — 45 —
- gênerait l’ouvrier pour le rentrage des fils cassés, dans les boucles, et fatiguerait trop les équipages ainsi que la chaîne.
- On noue ensuite le commencement de la chaîne à une baguette placée sur la poitrinière et attachée à l’ensouple de toile par 3 ou 4 ficelles ; puis on passe les deux baguettes d’enverjure dans la chaîne, en abaissant les deux premières lames du harnais pour former l’ouverture entre les premiers et les derniers fils. La seconde baguette sera passée entre l’ouverture formée par l’abaissement des deux dernières lames.
- Après avoir lissé quelques centimètres de toile, on réglera l’encliquetage et le poids et contre-poids sur l’ensouple, d’après le nombre de duites que l’on voudra faire entrer dans la chaîne, sur une longueur de 6,767 m/m., ou un 1/4 de pouce , pied de roi, portée en carré sur la base d’une loupe.
- Si la toile devient plus serrée qu’on ne le veut, on ôtera une ou plusieurs rondelles du poids de l’ensouple, ou bien on augmentera la course des tringles brisées, en éloignant le tourillon qui les retient, du centre de l’arbre. On aura aussi recours, mais avec réserve, à la boule fixée sur le levier, en l’écartant davantage du centre de ce levier. Si les fils de trame ne se rapprochent pas assez, on fera l’inverse de ce qui vient d’être dit.
- Afin d’obtenir un tissu régulier, il faudra s’assurer constamment si la toile se forme toujours avec le nombre de duites voulu; car le diamètre du rouleau de toile augmentant, tandis que celui de l’ensouple de chaîne diminue, il se fera, dans les duites, des variations, soit en plus, soit en moins, qu’il sera nécessaire de corriger. Comme le poids de l’ensouple reste le même, si la boule n’agit pas trop fortement sur l’encliquetage, les fils de la chaîne augmenteront de tension sous le coup du battant, au fur et à mesure que l’ensouple diminuera, elles duites se serreront davantage. Si, au contraire, l’action de la boule se fait trop sentir, l’encliquetage tirera avec une vitesse croissante à la circonférence du rouleau de toile, et le nombre de duites diminuera. Il peut arriver encore, que, si la navette marche à vide et que le fil
- p.45 - vue 48/204
-
-
-
- I
- reprenne avant que le tisserand ait arrêté la machine et soulevé les cliquets, il se formera des entre-deux, ou places très-claires, dans la toile; ce qui n’aura pas lieu, lorsque l’encliquetage sera réglé de telle sorte qu'il agisse seulement avec l’aide de l’action du peigne contre la duite.
- L’encliquetage à moufle, dont on se sert avec succès dans quelques établissements, a l’avantage de ne dépendre absolument que du coup de peigne et d’être très-facile à régler. Je ne le conseille néanmoins que pour le tissage d’étoffes légères.
- Pour donner une tension convenable à la chaîne, dans l’intérêt de la qualité et de l’uniformité dans la largeur et longueur des toiles, je me sers d’un petit instrument, fait de bois dur ou de métal, pour vérifier la tension sur tous les métiers.
- J
- A '
- A Plaque ou régie suspendue à la poitrinière du métier par les petits points F et appuyant par le bas contre le rouleau de toile.
- B Branche attachée intérieurement à la règle A et à laquelle est fixé un quart de cercle gradué C.
- D Poids d’un kilog. suspendu-à C et pressant la pièce E contre la toile. Les degrés de l’arc étant numérotés à partir de la branche B, on cherchera sur quelques métiers bien réglés, le degré moyen de leur tension, qui servira à vérifier les autres métiers. Si on faisait différents articles, il faudrait chercher cette moyenne pour chaque sorte.
- p.46 - vue 49/204
-
-
-
- 1 I
- Du Métier à tisser, croisé à quatre marches.
- Le métier pour étoffe croisée, diffère du métier ordinaire dans quelques parties donnant le mouvement aux lames du harnais : un pignon de 40 dents, fixé vers le milieu de l’arbre vilbrequi, engrène une roue de 160 dents, montée à côté des quatre excentriques, sur un canon dans lequel tourne l’arbre fig. 10. A l’arc de cercle au-dessus du métier, se trouvent suspendus à deux doubles crochets, deux petits arbres à poulies, retenant les lames du harnais qui se meuvent chacune séparément.
- La première lame est attachée aux petites poulies du 1" arbre porte-harnais et à la 4e marche.
- La 2' lame aux petites poulies du 2e arbre et à la 5e marche.
- La 5e lame aux grandes poulies du 1er arbre et à la 2e marche.
- Et enfin la 4e lame aux grandes poulies du 2e arbre et à la lre marche à partir de votre gauche.
- La justesse des lames se réglera en ôtant l’anneau qui retient le canon, que l’on glissera de côté sur l’arbre avec les excentriques et la roue. On soutient les quatre marches à une hauteur qui partagera en deux parties égales la foule des excentriques, et on les fixe à cette position, au]moyen de deux lattes, liées solidement au râteau; puis on serre convenablement, au moyen des petites tringles et des ficelles, les marches aux lames, qui seront également ficellées juste par en haut. On ramène ensuite, après avoir délivré les marches de leurs liens, le canon à sa position au-dessus des marches et on le dispose de telle sorte que le 4e excentrique, formant croix avec les autres, presse le premier sur la 4e marche, puis le 5e sur la 3°, et ainsi de suite.
- Les baguettes d’enverjure sont mises lorsque les marches sont encore libres, en abaissant de la main les lre et 5e lames pour le passage entre les fils de la 1re baguette, puis les 2° et 4e pour la seconde.
- p.47 - vue 50/204
-
-
-
- — 48 —
- De la vitesse et du produit théorique du Métier à tisser.
- Vitesse de la transmission........... 82 tours p. minute.
- Diamètre du tambour.................. 0,380 millim.
- Id. des poulies du métier............. 0,500 millim.
- Soit..... 103. 8 tours de poulie
- ou autant de coups de navette par minute.
- Pour connaître la quantité de produit en mètres, dans un jour de travail, nous aurons :
- Le nombre de coups de navette multiplié par 00 minutes et par le nombre d’heures de travail ; le produit sera divisé par le nombre de duites, ou fils de trame, sur un pouce ou 27 millim., multiplié par 37 pouces, ou longueur du mètre. Le quotient résultant donnera le nombre de mètres du produit théorique du métier, en un jour de travail.
- Exemple : Combien de mètres pourrait-on produire en un jour de 12 1/2 heures, d’un tissu formé avec 25 duites au 1/4 de pouce, soit 100 sur un pouce , en supposant que le métier fonctionne sans interruption avec une vitesse de 105 coups de navette à la minute ?
- Réponse. 103X009,72 T = 20,87 mètres.
- • Pour avoir la production réelle, on réduira de 20 à 25 °/ la production théorique, si on a à sa disposition de bons filés et de bons ouvriers. Dans le cas contraire, 50 et même 40 °/ de réduction sur le produit théorique, ne sera pas trop exagéré. La vitesse plus ou moins grande avec laquelle on fera marcher les métiers , dépendra de leur bonne construction, du réglage , de la qualité des chaînes parées et de l’habileté des ouvriers. Lorsqu’on se trouvera dans de bonnes conditions, on pourra faire battre 105 coups et plus, sans préjudice pour la qualité du produit. J’observerai cependant, que, pour le commencement de la mise en train d’un tissage mécanique, on fera bien de ne pas dépasser la vitesse de 90 coups à la minute. Ce n’est
- p.48 - vue 51/204
-
-
-
- =
- qu’à fur et mesure que les ouvriers se formeront et seront habitués à leurs machines, que l’on augmentera insensiblement la vitesse. A chaque changement de vitesse, on redoublera de soin dans la surveillance des ateliers, et de sévérité à la réception de la marchandise. Si, malgré ces précautions, on remarquait de l’amoindrissement dans la qualité sur l’ensemble des toiles, on diminuerait, sans hésiter, la vitesse, en attendant un moment plus propice.
- CHAPITRE VL
- DES ACCESSOIRES DE TISSAGE.
- Les différents objets faisant partie intégrante d’un tissage mécanique, sont appelés accessoires de tissage. Je vais m’occuper des principaux d’entre eux.
- Du peigne à tisser.
- La largeur du peigne se calcule d’après la largeur de l’étoffe que l’on veut confectionner, en y ajoutant 8 °/o de cette largeur, lorsqu’on lisse à trame mouillée, et seulement la moitié, ou 4 %, lorsqu’on tisse à trame sèche. Ces proportions s’appliquant aux calicots ordinaires, on les augmentera de 3/4 à 1 1/2 % pour les toiles fines; elles seront au contraire diminuées d’autant pour les grosses toiles.
- La hauteur, ou foule intérieure, des dents du peigne sera calculée d’après la finesse de la chaîne, le jeu du battant et l’ouverture du harnais. Elle sera de 60 millim. pour les toiles
- 4
- p.49 - vue 52/204
-
-
-
- — 50 —
- fines, de 65 pour les moyennes, et de 70 à 75 millim. pour les grosses toiles de coton.
- On aura la hauteur entière des dents en ajoutant 25 millim. à la hauteur intérieure.
- Un peigne sera bien conditionné, lorsque les dents seront toutes bien droites, également distantes les unes des autres et ne se devançant pas. Lorsqu’on appuyera avec les doigts sur quelques dents, en leur faisant faire une légère courbe par le milieu, elles devront, après les avoir lâchées, se remettre à leur première position. Si, au contraire, elles restent courbées, c’est qu’elles sont trop molles ou mal liées à leurs extrémités.
- On se sert de peignes liés avec du fil poissé, et d’autres liés avec du fil de laiton et soudés avec un alliage de deux parties d’étain anglais sur une de plomb. Je-donne la préférence aux derniers, parce qu’ils sont plus solides et se laissent mieux réparer que les autres.
- La durée d’un peigne bien fait, doit être de 2 1/2 à 3 ans; il aura servi à confectionner 160 à 180 pièces de 48 mètres.
- Du Harnais.
- Le harnais aura exactement la largeur du peigne, afin de maintenir les fils de la chaîne dans la rectiligne horizontale. Chaque lame portera, sur le liseron supérieur, des divisions égales à la moitié du nombre de portées, et chacune d’elles contiendra 20 lisses ou maillons. On donnera 17 à 22 centimètres de foule entre les liserons du harnais. Cette foule devra être égale sur toute la longueur et on maintiendra les liserons, pendant le tricotage, à l’écartement voulu, au moyen de calibres très-justes. Les numéros de fils de coton retors que l’on emploie , sont : pour les comptes élevés, les N08 60 à 80, à 6 ou 9 brins; pour les ordinaires, les Nos 30/32, à 9 brins, et 12 ou 15 brins pour les comptes 45 portées et au-dessous.
- Pour donner une plus grande durée aux harnais, on enduit
- p.50 - vue 53/204
-
-
-
- s
- &
- — 51 —
- les lisses de colle d’amidon ou de farine de froment fermentée, que l’on recouvre ensuite d’une couche de vernis.
- La colle se compose de 4 kilog. d’amidon pour 12 litres d’eau; on fait dissoudre dans l’eau chauffée 4 morceaux de colle de Cologne, puis on y verse l’amidon, préalablement délayé , et on soumet le tout à une légère ébullition, en remuant constamment. Ce parement s’applique à froid sur les lisses bien tendues, et par petites quantités, au moyen de deux brosses à main. Après avoir bien brossé et séché, on emploie à chaud le vernis suivant :
- Faites chauffer à petit feu, pendant une demi-heure, 4 kilog. d’huile de lin et mettez-y ensuite 1 ou 2 oignons coupés en quartiers, avec 50 décag. de minium. On laisse encore chauffer légèrement le mélange pendant environ 2 heures et on s’en sert immédiatement en imbibant, au moyen d’une petite brosse ou pinceau, les boucles du harnais paré, et on brossera ensuite avec des brosses douces et sèches.
- Dans un harnais ainsi préparé, on doit pouvoir faire 60 à 80 coupes et plus, de 48 mètres de longueur.
- On se sert avec avantage, depuis quelque temps, de harnais faits avec des maillons de verre ou de fil de fer étamé. Ils présentent , par leur longue durée, et quoique leur confection revienne assez chère, une notable économie sur les autres, faits entièrement de coton.
- Je recommande de faire un triage rigoureux des maillons, avant de s’en servir, en écartant ceux qui seront trop faibles ou mal conformés.
- :
- De la Navette.
- La navette mécanique ordinaire est faite de buis ou d’autre bois dur et dense. Ses dimensions sont, pour la longueur, y compris les deux pointes en acier trempé, de 550 à 540 millim., sur 50 de hauteur et 40 millim. de largeur.
- Lorsqu’on emploiera d’autre bois que le buis, on le fera trem-
- p.51 - vue 54/204
-
-
-
- — 52 —
- per pendant quelques jours dans de l’huile de lin ou d'olives tiède, afin que les pores du bois s’en pénètrent; ce qui l’em-pêchera de se jeter par l’humidité, et rendra les navettes plus lourdes.
- J’estime à 20 % en plus la valeur d’une navette de buis sur une navette de charme, d’acacia, etc. Lorsqu’on ne pourra pas établir celles-ci bien meilleur marché que celles de buis, on accordera la préférence à ces dernières, attendu qu’elles durent plus longtemps, sont moins sujettes à s’écailler et brisent moins souvent les fils de la chaîne.
- Pour qu’une navette marche bien, elle devra avoir ses patins bien parallèles, ses pointes fixées et ajustées soigneusement sur le bois et exactement dans la même ligne; le côté qui glisse contre le peigne, un peu plus fort et plus lourd que l’autre; et, enfin, elle ne devra présenter aucune partie rude au toucher, ni aucune aspérité quelconque sur toute sa surface. La brochette doit être retenue ferme et droite par la goupille qui en traverse la tête trempée, et par le ressort qui presse sur le bas de celle-ci. La tige, ou plume, faite avec du fil de fer bien étamé, dure plus longtemps que faite, comme ordinairement, de fil de laiton.
- La durée moyenne des navettes est de 5 à 6 mois, au plus.
- Des Tempions.
- Les deux ou trois tempions prenant les lisières de la toile, devront être dans un rapport exact avec la largeur du peigne ; car, s’ils sont plus étroits, les fils de lisières seront souvent rompus par la chute du peigne, ce qui arrêtera beaucoup le tisserand , et lui fera faire de mauvaise marchandise; s’ils sont plus larges, à chaque coup du battant, les dents du peigne froisseront les fils de la chaîne, au lieu de tomber directement sur la trame, et finiront par les briser. Enfin, s’ils sont de largeur inégale, les inconvénients ci-dessus se reproduiront et il se formera en outre des inégalités sur la toile, lorsque l’ouvrier avancera l’un des lampions , surtout s’il appuie un peu fortement dessus. Afin de
- p.52 - vue 55/204
-
-
-
- 1
- I Or C.
- ménager le peigne , et dans l’intérêt de la régularité du tissu, l’ouvrier devra avancer un tempion chaque fois qu’il pourra le placer, à 15 millim. pour les étoffes fines et serrées, et à 25 ou 50 millim. pour les étoffes claires et grossières.
- Du Taquet.
- Le Taquet est fait de peau de taureau ou de bœuf, non tannée. Après avoir mis une peau sortant de l’abattoir, pendant 4 à 5 jours dans une cuve contenant un lait de chaux, on la retire pour la corroyer et la soumettre ensuite à un lavage de plusieurs heures dans l’eau courante ; puis, elle est étendue fortement dans tous les sens, sur un châssis exposé à l’air et au soleil, pour la faire sécher. Lorsqu’on voudra s’en servir, elle sera humectée légèrement, afin qu’elle se laisse couper facilement avec les différents emporte-pièces dont on se servira pour les diverses parties qui composent le taquet. Ces pièces sont réunies ensemble, pour être serrées fortement entre deux plaques en ' fer forgé, traversées aux extrémités par deux vis à écrou , de la forme suivante :
- p.53 - vue 56/204
-
-
-
- — 54 —
- Les six petits trous qui traversent de part en part les deux branches, servent pour le passage de la mèche à percer et des pointes qui la remplacent. On rive sur l’étau la seconde tête des pointes, qui servira à maintenir solidement entre elles les pièces de cuir, et on taille ensuite proprement le taquet, au moyen d’un couteau à deux manches, ou d’une scie mince. Celui qui sera chargé, dans l’établissement, de la confection des taquets, devra avoir un emporte-pièce pour le pied qui entre dans la rainure de la chasse, et une mesure exacte pour le perçage du trou qui reçoit la tringle.
- Des Courroies.
- Le cuir que l’on emploiera pour les courroies, devra être bien tanné, uni et ferme, sans trop de raideur ; il ne devra point se crevasser lorsqu’on le pliera fortement sur lui-même et présentera à la coupe une teinte brune uniforme.
- La largeur des courroies, pour bobinoirs, ourdissoirs et machines à parer, sera de 50 millim., et de 45 pour métiers à tisser.
- De la Pompe à mouiller les cannettes.
- On se sert, dans les tissages mécaniques qui travaillent à trame mouillée, de différentes espèces de pompes. Celle à laquelle j’accorde la préférence, est la pompe inventée par M. Kohler, fils, du Vieux-Thann; elle présente, sur les autres pompes, une notable économie de main-d’œuvre et d’entretien, et a en outre l’avantage de mouiller uniformément une grande quantité de trame à la fois. Une de ces machines à simple piston, semblable au croquis ci-contre, peut alimenter 350 à 400 métiers.
- p.54 - vue 57/204
-
-
-
- — 55 —
- K
- s
- 'LJ
- A Caisse en fonte, fermée très-juste par le couvercle B.
- C Corps de pompe, adapté solidement à la caisse A, dans laquelle il fait le vide.
- D Tuyau en fonte, servant de communication entre la caisse et le réservoir en bois E. Ce réservoir est à moitié rempli d’eau au savon vert, maintenue tiède par le tuyau de vapeur J, descendant à quelques centimètres du fond.
- E Robinet du tuyau D et communiquant au robinet F de la pompe, par l’intermédiaire des roues d’angle G. Ces deux robinets s’ouvrent et se ferment, à l’inverse l’un de l’autre, par le manche H.
- K Bielle mue par une manivelle fixée à l’arbre moteur, élevant et abaissant le piston.
- p.55 - vue 58/204
-
-
-
- — 56 —
- L Tiges parallèles fixées au corps de pompe et servant à maintenir la verticale du piston.
- M Eprouvette indiquant que l’air se raréfie dans la caisse et prévenant qu’il faut arrêter la marche du piston, ce qui arrive après environ 100 coups.
- Les cannettes, embrochées sur de petits fuseaux en laiton battu ou en fer étamé, sont mises, au nombre de 15 à 20, dans des boîtes en fer-blanc, percées sur les côtés et dans le fond, de trous de 3 à 5 millim. de diamètre. La caisse A étant remplie par ces boîtes posées convenablement les unes sur les autres, on en ferme l’ouverture avec le couvercle B et l’on commence à faire le vide ; après quoi, on ouvre le robinet E', en même temps que le robinet F se ferme, pour empêcher l’eau, qui entre dans la caisse, de pénétrer dans le corps de pompe.
- Cette opération répétée une ou deux fois, suffit pour pénétrer entièrement d’eau les cannettes les plus dures. Le couvercle étant ôté, on sort les boîtes, que l’on pose, avant de les distribuer, sur le couvercle ou grille de la caisse E, pour les faire égoutter.
- CHAPITRE VII.
- REMARQUES SUR DIFFÉRENTS DÉFAUTS QUI SE PRÉSENTENT, A LA RÉCEPTION, DANS LES TISSUS. — INDICATIONS DES CAUSES D’OU ILS PROVIENNENT.
- ire Remarque. Pour qu’une toile écrue soit de bonne qualité, il faut, outre la régularité des fils de chaîne et de trame, qu’elle présente une souplesse ferme au toucher. Si le toucher en était rude, cela proviendrait d’une chaîne trop parée ; ce qu’il faudra éviter, en diminuant la force du parement que l’on em-
- p.56 - vue 59/204
-
-
-
- — 57 —
- ploie, ou en augmentant la pression des cylindres sur la ma-chine à parer. Un parage trop léger a l’inconvénient opposé, c’est-à-dire qu’il donne à la marchandise, surtout quand on emploie de la trame peu torse, une apparence de mollesse, qui déplaît à beaucoup d’acheteurs.
- 2° Remarque. Les lisières étant soumises, pendant la manutention , à la plus grande fatigue, devront être garnies de tous leurs fils, comme dans l’intérieur de l’étoffe. L’ouvrier qui en aurait laissé dehors une partie, sera puni ou réprimandé
- 5e Remarque. Les nids, ou fenêtres, sont des défauts qui se forment dans la toile, lorsqu’un ou plusieurs fils brisés se posent en travers des autres, entre le harnais et le peigne, et empêchent les fils pris de s’ouvrir; ce qui oblige la trame de passer, soit en-dessus, soit en-dessous, sans former le croisé du tissu. Dans ce cas, l’ouvrier sera tenu de défaire, sur le métier même, toutes les duites nécessaires pour faire disparaître ces défauts.
- 4e Remarque. Il en sera de même pour l’espèce de nids, appelés pas de chat, formés par quelques fils de chaîne retenus ensemble aux baguettes d'enverjure, par un nœud, que le tisserand n’aura pas ouvert assez à temps pour empêcher leur trop grande tension ; soit que ce nœud s’ouvre de lui-même ou qu’il soit défait par l’ouvrier, il arrivera que ces fils, d’abord trop tendus, deviennent tout à coup trop lâches et débordent petit à petit sur la surface de la toile.
- 5° Remarque. Si la première baguette d’enverjure, à partir du harnais, n’est retenue que par un poids léger, elle pourra être entraînée par un nœud ou un bouton retenant deux fils, assez près des lames, pour qu’au moment de leur ouverture la tension des fils soit augmentée jusqu’à ce que la baguette soit remise à sa place primitive. Cela formera dans la toile un ruban plus serré, puis, à côté, un autre beaucoup plus clair que le reste. On préviendra en partie les défauts de cette remarque et de la précédente , en attachant simultanément celte ba-
- p.57 - vue 60/204
-
-
-
- I ce 10
- guette aux bâtis, par deux ficelles, qui limiteront sa course, et par un poids, qui la retiendra près de l’autre par le milieu.
- 6e Remarque. Les entre-deux ou clairs se présenteront par la faute de l’ouvrier, lorsqu’il n’aura pas eu soin d’humecter la toile sur la poitrinière et devant le peigne, chaque fois qu’elle se sera séchée, ou qu’il aura négligé de reculer le rouleau de toile après la marche à vide de la navette, et encore lorsqu’il aura appuyé trop fortement en avançant les tempions.
- 7e Remarque. Si les tempions sont un peu longs, ils déchireront facilement les lisières ; il faudra, au moment de les étendre, s’assurer que la toile a été préalablement mouillée avec une éponge ou du déchet imbibé d’eau pure.
- 8° Remarque. On habituera le tisserand à livrer sa marchandise exempte de toute espèce de taches et débarrassée de tous les bouts de fils et bouchons de trame qui lui donneraient mauvaise apparence. On aurait tort de croire qu’en exigeant, même rigoureusement, ce qui vient d’être dit, la quantité de production en souffre d’une manière sensible. Je suis persuadé que c’est un puissant moyen, au contraire, de former l’attention et l’activité de l’ouvrier, qui, une fois habitué à éplucher sa toile pendant la marche des machines, finira par produire bien et beaucoup, en peu de temps.
- 9e Remarque. Les défauts dans la marchandise, qui peuveut provenir du métier et dont le contre-maître aura à répondre, sont : l’irrégularité des duites, lorsque le tirage et la pression n’auront pas été réglés assez souvent; les rubans clairs, ou entre-deux, qui se répètent de distance en distance : ils proviennent de ce que le harnais n’est pas attaché assez haut pour que le battant ne puisse frotter contre les fils de la chaîne. Ils se présenteront encore si l’ensouple, les rouleaux de toile et porte-fils tournent mal ronds.
- 10e Remarque. Si les excentriques ne sont pas droits , que les lames du harnais soient inégalement suspendues, la marchandise deviendra irrégulière et de mauvaise apparence, surtout s’il y a
- p.58 - vue 61/204
-
-
-
- — 59 —
- des lames qui fassent faire des angles aux fils, en les appuyant contre le battant ou le chapeau du peigne.
- 11e Remarque. Lorsque dans la toile on remarquera, à distances à peu près égales, de petites raies entre les fds de chaîne, elles proviendront d’une ou deux lames dont la foule n’est pas égale à celle des autres lames du harnais.
- 12e Remarque. Un peigne mal rentré, ayant des broches vides, ou 1, 5 ou 4 fds entre deux dents, formera des raies ouvertes dans la longueur de la toile, ou des raies dont les fds seront beaucoup plus rapprochés que les autres fds de la chaîne. Le contre-maître devra, au montage de la chaîne sur le métier, s’assurer si le rentrage a été bien exécuté et cherchera, avant de l’abandonner aux soins de l’ouvrier, à remédier aux défauts qui pourraient s’y trouver ; sinon, il fera rentrer de nouveau le peigne à partir de l’endroit où se trouve l’erreur.
- 15e Remarque. Les mêmes défauts se présenteront à peu prés dans l’étoffe, lorsqu’il y aura des dents froissées ou courbées. Elles seront immédiatement remplacées par le contre-maître ou le peignier. Si elles ne sont pas trop endommagées, on les redressera au moyen d’une lampe à esprit de vin, que l’on tiendra sous un côté de la soudure, pour la liquéfier et permettre aux dents courbées de se redresser.
- Pour les peignes poissés, le redressage des dents s’opérera au moyen d’un petit crochet, entaillé de l’épaisseur des dents.
- p.59 - vue 62/204
-
-
-
- — 60 —
- CHAPITRE VIII.
- NETTOYAGE ET GRAISSAGE DES MACHINES.
- Les machines devront toujours être maintenues dans le plus grand état de propreté possible. De ces soins et d’un graissage convenable dépendra beaucoup la conservation et la bonne marche des machines. On accordera aux ouvriers, pour le nettoyage , à midi et le soir, au moins un quart-d'heure de temps avant que le son de la cloche ne les appelle au dehors. Si, pour une cause quelconque, le moteur continue à marcher, on donnera le signal d’arrêter les machines, au moyen d’une clochette portative.
- Les ouvriers devront utiliser ce temps pour débarrasser le duvet, la crasse, etc., qui s’assemblent sur les coussinets ou pièces qui fatiguent le plus. La bobineuse aura soin de nettoyer ses broches et leurs crapaudines et collets ; le pareur, les tringles des brosses et tous les coussinets des arbres ; le tisserand nettoiera, outre les coussinets, les petites tringles des taquets et sortira les boutons ou impuretés qui se déposent dans la rainure, au fond de la chasse.
- Tous les samedis on donnera aux bobineuses, ourdisseuses. pareurs et tisserands, au moins une heure pour nettoyer entièrement leurs machines. Lorsqu’on fera laver les cylindres et les bâches, on accordera une demi-heure en plus aux pareurs.
- Les surveillants s’assureront si les ouvriers font convenablement ce qui leur a été prescrit, et puniront ceux qui auraient abandonné leur machine et leur place sans les avoir bien nettoyées.
- De trois en trois mois les contre-maîtres démonteront chaque machine , à tour de rôle, pour s’assurer des pièces qui auraient besoin d’être réparées ou rechangées, et vérifieront en même
- p.60 - vue 63/204
-
-
-
- — 61 —
- temps le niveau de la machine. Ils feront nettoyer proprement toutes les pièces et les bâtis avant les assembler.
- Le graissage des machines devra avoir lieu avec soin et économie. On fera bien de le confier, dans chaque salle, à une seule personne, placée sous la surveillance du contre-maître de salle, qui lui délivrera l’huile nécessaire, par portions mesurées.
- On comptera, par jour et pour les différentes machines, les quantités d’huile suivantes : pour un bobinoir de 144 broches, 125 grammes, dont 85 pour les broches; pour un ourdissoir, 20 grammes; pour une machine à parer, 105 grammes, et 12 grammes pour un métier à tisser.
- Les pareurs auront, fixés près des mouvements des brosses, de petits réservoirs d’huile en fer-blanc, dans lesquels ils puiseront, avec une petite spatule, les quelques gouttes nécessaires pour le graissage, souvent répété, des tringles et des galets; aux tisserands, on fixera à l'une des poitrinières de deux métiers, un seul réservoir d’huile pour le graissage des tringles polies des taquets et de l’arbre porte-lisses suspendu à l’arc du métier.
- Un homme leste et adroit alimentera d’huile un assortiment de machines préparatoires pour ùn tissage de 6 à 700 métiers, et deux hommes semblables suffiront pour un pareil nombre de métiers à tisser. Ce mode de graissage ayant lieu, en grande partie, pendant la marche des machines, présente sur l’ancien, où chaque ouvrier avait une burette d’huile à sa disposition , une notable économie de temps et d’entretien des machines.
- On emploiera, pour le graissage des machines, de préférence l’huile d’olives, parce qu’elle a la propriété, étant pure, de ne point se durcir aux collets des arbres et aux coussinets, comme cela arrive souvent lorsqu’on se sert d’autres espèces d’huile, qui, en outre, contiennent des acides, attaquant plus ou moins le fer et le cuivre, usent très-vite les machines et exigent une plus grande force motrice.
- p.61 - vue 64/204
-
-
-
- — 62 —
- Pour la transmission de mouvement et le moteur, on pourra se servir avec avantage de l’huile de pieds de bœuf, qui contient une graisse plus compacte et plus rafraîchissante que l’huile d’olives, et qui convient très-bien pour le graissage de forts arbres tournant avec une grande vitesse. La quantité nécessaire, lorsqu’on aura un moteur hydraulique, est d’environ 10 grammes par jour et par métier, soit, pour 500 métiers à tisser et machines accessoires, environ 5 kilog. On ajoutera la moitié en sus lorsqu’on aura la vapeur pour moteur.
- CHAPITRE IX.
- MACHINES ACCESSOIRES ET FORCE MOTRICE NÉCESSAIRES POUR L'ALIMENTATION D’UN TISSAGE MÉCANIQUE DE 300 MÉTIERS.
- La production des métiers à tisser étant sujette à varier, soit en plus, soit en moins, il faudra toujours se pourvoir d’un assez grand nombre de machines de préparations, afin qu’elles soient à même de suffire dans toutes les circonstances, sauf à en laisser chômer quelques-unes lorsqu’il y aura trop grande avance de produits ; ce qui arrive en tissant des articles avec beaucoup de duites en trame.
- Ainsi, 5 bobinoirs de 144 broches, 5 ou 6 ourdissoirs et 12 machines à parer, suffiront amplement pour alimenter 500 métiers à tisser, en faisant marcher ces diverses machines avec les vitesses indiquées dans le cours de cet ouvrage.
- Lorsqu’on voudra établir un tissage mécanique, on se rendra d’abord compte de la force motrice dont on peut disposer et du nombre de machines que l’on pourra faire mouvoir conve-
- p.62 - vue 65/204
-
-
-
- — 63 —
- nablement avec cette force. Dans ce cas, on ne comptera pas plus de 10 à 12 métiers à tisser par force de cheval-vapeur ; les frottemens des machines accessoires et de la transmission de mouvement y étant compris.
- Il faut donc, pour un tissage mécanique de 300 métiers, une force motrice de 25 à 50 chevaux dynamiques ou vapeur. (Le cheval-vapeur compté à 75 kilog., élevés à 1 mètre enl".)
- Les roues hydrauliques ne rendant que les 60 à 70 % de leur effet théorique, et les machines à vapeur que les 50 à 60 centièmes de ce même effet théorique, on devra y faire attention lorsqu’on donnera une commande au constructeur, en demandant toujours le nombre de chevaux pour la force nécessaire en effet utile.
- p.63 - vue 66/204
-
-
-
- p.64 - vue 67/204
-
-
-
- 10 C
- 1
- DEUXIÈME PARTIE.
- DE LA FABRICATION EN GÉNÉRAL.
- La Fabrication des tissus comprend la connaissance parfaite des éléments qui entrent dans leur bonne confection. Cette connaissance sert, dans le choix des filés, pour la qualité et la finesse convenables à chaque sorte d’étoffe ; elle indique , d’après les données de l’expérience, les proportions qui doivent exister entre les fils de chaîne et de trame, dans leurs dispositions, soit de rapprochement, soit d’écartement, les plus propres à la formation de bons et beaux tissus ; et, enfin, elle permet au fabricant de se rendre compte d’avance de la quantité de filés nécessaire à chaque article, d’établir ensuite son prix de revient, qui, étant comparé au prix de vente, lui fera voir l’avantage ou le désavantage qu’il en obtiendra par sa confection.
- Le travail et l’expérience pratique donnent au fabricant, ou au chef dirigeant, les connaissances et l’habileté nécessaires pour tirer de l’établissement qu’il conduit tout le parti possible.
- Dans cette deuxième partie de mon ouvrage , je tâcherai, par des théories et des calculs raisonnés, de faciliter au commençant l’un et l’autre des points énumérés, et j’ose croire que le praticien exercé y puisera de nouvelles connaissances, qui pourront lui être profitables.
- DU CHOIX DES FILÉS.
- Le fabricant devra constamment tenir à avoir à sa disposition une bonne qualité de filés, de préférence à une qualité médiocre ou mauvaise, quand même il devrait payer celle-là sen-
- p.65 - vue 68/204
-
-
-
- siblement plus chère; car il regagnera amplement, sur une moins forte quantité de déchet et sur une plus grande et meilleure production , la différence de 4 et même 6 % du prix d’achat d’une qualité à l’autre. Afin de le mettre à portée d’apprécier lui-même la matière qu’il achète et de juger comparativement sa valeur, je vais énumérer les qualités et les défauts qui caractérisent les filés pour chaîne et trame mécaniques.
- DE LA CHAINE MÉCANIQUE.
- La Chaîne mécanique se livre en bobines ou fuseaux, ayant à leur base un petit tube en papier, qui sert à en maintenir l’ouverture; cette ouverture, qui traverse intérieurement toute la longueur de la bobine, se maintiendra convenablement si celle-ci est de forme régulière et ferme: dans le cas contraire, elle s’obstruera aisément et donnera beaucoup de déchet au bobinoir. Il faudra toujours se méfier de bobines difformes et molles ; car, si ces défauts proviennent ordinairement de l’inhabileté ou de la négligence du fileur, ils peuvent aussi avoir pour cause un fil trop faible et dont la préparation a été mal ordonnée ou soignée.
- La vérification du fil se fait en dévidant successivement plusieurs longueurs de dessus les bobines, que l’on examine une à une, en tenant les extrémités de chaque longueur de fil entre le pouce et l’index de la main gauche et de la droite. On essaie d’abord sa torsion en rapprochant l’un vers l’autre, mais sans les lâcher, les deux bouts du fil, pour lui permettre de se tordre sur lui-même vers le milieu ; si les vrilles qui se sont formées ne sont pas nombreuses et s’ouvrent facilement sous la tension que l’on donne au fil, la torsion sera convenable; si elle est trop forte, les vrilles seront nombreuses et serrées et s'ouvriront difficilement ; si elle est trop faible, il se formera peu de vrilles, le fil sera mou, peu élastique et cassera sous une légère tension; il cédera d’autant plus facilement, si, outre le peu de torsion, il est composé de filaments faibles ou très-courts.
- Les filés pour chaîne devront, en général, être très-uniformes,
- p.66 - vue 69/204
-
-
-
- — 67 —
- ronds, forts, élastiques, peu duveteux et exempts de boutons ou croûtes , provenant d’un coton mal épluché ; on se méfiera des grosseurs qui s’amincissent à la tension , des simples ou parties minces et faibles , des applatissements du fil, des coupures des vrilles, etc. Tous ces défauts se présenteront au simple examen des fuseaux ou pendant le cours de la fabrication, à laquelle ils nuisent beaucoup, tant sous le rapport de la quantité que de la qualité du produit. Comme la totalité de ces défauts proviennent de la filature et par des causes différentes, il en sera, chaque fois qu’ils se présenteront, pris note exacte, afin d’être en mesure de pouvoir faire au filateur les remarques nécessaires, pour le mettre à même de les prévenir à l’avenir.
- DE LA TRAME MÉCANIQUE.
- La Trame mécanique se livre également en bobines ou can nettes, mais de forme plus petite que les fuseaux de chaîne. Ces cannettes devront être soigneusement formées et très-dures ; les fils bien croisés ou tricotés entre eux : car, sans cela , elles se dévideront mal de dessus la navette et ne résisteront pas au choc qu’elles subissent avec celle-ci à chaque coup ; elles causeront beaucoup de retard au tisserand, si leur forme est molle et vicieuse , et donneront, outre cela, une trop grande quantité de déchet.
- Le fil de trame peut être et est généralement inférieur en qualité au fil de chaîne, quant à la force, l’élasticité et la torsion, parce qu’il n’a pas à éprouver autant de frottements, de fatigues, que celui-ci. Néanmoins, la trame devra être propre, soyeuse et exempte de coupures, d’inégalités, de boutons , de vrilles, etc., défauts qui pourraient se répéter dans la marchandise et lui donner une apparence irrégulière et mauvaise.
- La trame tissée à sec devra avoir un peu peu plus de torsion que celle que l’on mouille auparavant, car elle ne possède pas oute la force élastique que l’humidité donne en partie à celle-ci. Si on remarque dans les tissus à trame sèche une trop grande
- p.67 - vue 70/204
-
-
-
- oo ©
- I
- quantité de vrilles, on les évitera en majeure partie , en faisant passer les cannettes à la vapeur, comme cela se fait pour les fuseaux de chaîne. Cette opération a lieu le plus souvent dans les filatures, mais je conseille au tisseur qui peut disposer d’une à deux atmosphères de vapeur, de la faire exécuter dans son établissement ; cela lui évitera une perte de 2 à 3 % d’humidité que contient le fil, quand on l’achète vaporisé. Le coton, placé convenablement dans des boîtes en fer-blanc, percées de trous , est mis dans une solide caisse en bois ou en tôle, fermant le plus hermétiquement possible; à cette caisse sont fixés deux tuyaux à robinet, dont l’un sert à faire entrer la vapeur dans la caisse, et l’autre, se trouvant au fond, sert à l’échappement de l’air remplacé par la vapeur et à l’écoulement de la condensation.
- On laisse la vapeur environ 15 à 20 minutes dans la caisse, pour lui permettre de pénétrer le fil entièrement; le couvercle est ensuite relevé et on en sort les filés, que l’on fait lentement sécher pendant quelques jours, lorsqu’ils sont destinés au bobinage. La trame pourra être employée de suite, si on en est pressé.
- L’action de la vapeur sur le fil a l’avantage de coucher une partie du duvet, d’augmenter son élasticité, de prévenir les vrilles et de disposer la chaîne à bien s’imprégner de parement sur la machine.
- VÉRIFICATION DU NUMÉRO DES FILÉS DE COTON.
- On fera bien de s’assurer, avant l’achat, et même pendant la fabrication, de l’exactitude dans les numéros du fil que l’on travaille; car il importe également pour la beauté des étoffes et l’avantage du fabricant, qu’on ait à sa disposition des filés réguliers dans les numéros comme dans la qualité.
- Le mode de vérification du numéro du fil employé communément, a lieu sur le dévidoir et la romaine. La lanterne du dévidoir pour numéros français, a une circonférence de 1,428 millim.
- p.68 - vue 71/204
-
-
-
- 1 I
- S
- A l’extrémité de son axe, se trouve une vis sans lin, qui fait mouvoir une roue de 70 dents, à laquelle est adaptée une goupille, qui agit sur un ressort résonnant avec bruit à chaque révolution de la roue, ou après 70 tours de la lanterne, qui a alors reçu le nombre de tours nécessaire pour former une ou plusieurs éche-vettes de 100 mètres de longueur.
- On embroche ordinairement sur le dévidoir 10 bobines, donnant 10 échevettes de 100 mètres chacune. Ces 10 échevettes réunies forment un écheveau de 1000 mètres, qui, porté sur la romaine, indiquera le nombre nécessaire d'écheveaux semblables pour pèser 500 grammes ou 1/2 kilog. ; ce nombre sera égal au numéro du fil.
- Lorsque l’épreuve n’a lieu que sur 5 bobines, on fait faire deux tours à la roue, ou bien, on divisera par 2 le nombre indiqué par les 500 mètres, et on obtiendra le numéro réel du fil. Dans le cas assez rare où on ne ferait l’épreuve que sur une seule bobine , on tâcherait d’en dévider 500 mètres, si la bobine le permet, ou si non, on établirait le numéro de la manière suivante : 200 mètres de fil indiquent 140 à la romaine, le numéro réel sera 1000 m. : : 200 m. ; 140 : « = 28.
- Si un écheveau de 1000 mètres du N° 1, égale en poids 500 grammes, 40 écheveaux ou 40000 mètres ayant le même poids, seront du N° 40 et 1000 mètres de ce numéro pèseront 220= 12,5 grammes ; et 400 mètres indiquant N° 100 à la romaine ou N° 40 réel, pèsent 100 = 5 grammes.
- On voit par ce qui précède, que, si l’on veut connaître le poids en grammes ou le numéro d’un écheveau, il faudra diviser 500 grammes par le numéro ou par le poids de l’écheveau.
- Dans le cours de la fabrication on pourra souvent avoir besoin de chercher exactement le poids du coton dont on connaît le numéro; je donne ci-après un tableau qui indique le poids d’un écheveau de chaque numéro.
- p.69 - vue 72/204
-
-
-
- — 70 —
- Poids en grammes, que doit peser l’écheveau, depuis le N3 1
- jusqu’à 100.
- Nos POIDS en GRAMMES. Nos POIDS en GRAMMES. Nos POIDS en GRAMMES. Nos POIDS en GRAMMES.
- 1 500,000 26 19,231 51 9,804 76 6,579
- 2 250,000 27 18,519 52 9,615 77 6,494
- 3 166,667 28 17,857 53 9,446 78 6,410
- 4 125,000 29 17,241 54 9,259 79 6,329
- 5 100,000 30 16,667 55 9,091 80 6,250
- 6 83,333 31 16,129 56 8,928 81 6,173
- 7 71,429 32 15,625 57 8,772 82 6,098
- 8 62,500 33 15,152 58 8,621 83 6,024
- 9 55,556 34 14,706 59 8,475 84 5,952
- 10 50,000 35 14,286 60 8,333 85 5,882
- 11 45,455 36 13,889 61 8,197 86 5,814
- 12 41,667 37 13,514 62 8,065 87 5,747
- 13 38,462 38 13,158 63 7,936 88 5,682
- 14 35,714 39 12,821 64 7,812 89 5,618
- 15 33,333 40 12,500 65 7,692 90 5,556
- 31,250 41 12,195 66 7,576 91 5,495
- 17 29,412 42 11,905 67 7,463 92 5,435
- 18 27,778 43 11,628 68 7,353 93 5,376
- 19 26,316 44 11,364 69 7,246 94 5,319
- 20 25,000 45 11,111 70 7,143 95 5,263
- 21 23,809 46 10,869 71 7,042 96 5,208
- 22 22,727 47 10,638 72 6,944 97 5,155
- 23 21,739 48 10,417 73 6,849 98 5,102
- 24 20,833 49 10,204 74 6,757 99 5,051
- 25 20,000 50 10,000 75 6,667 100 5,000
- Si l’on avait besoin d’un degré de finesse supérieur au N° 100, du N° 110 ou 120, par exemple, il faudrait, pour trouver le poids d’un écheveau, chercher, dans la table des nombres, 55 ou 60, qui indiquent des numéros de moitié moins élevés, et prendre la moitié des poids qui y correspondent; ainsi l’écheveau du N° 110 pèserait en grammes 4,545, et celui du N° 120, 4,167.
- L’application la plus utile de ce tableau a lieu pour vérifier, d’une manière sûre et sur une grande échelle, les numéros de
- p.70 - vue 73/204
-
-
-
- chaîne dont on se sert. Je recommande le procédé suivant particulièrement aux tisseurs qui trouvent dans les numéros de leurs filés des différences telles, qu’ils ne peuvent point se rendre compte exactement du numéro moyen du fil qu’ils emploient.
- On donne à l'ourdisseuse, pour chaque rouleau qu’elle veut commencer, une bobine garnie du nombre d’écheveaux nécessaire pour remplir un rouleau avec les autres bobines du casier. Sur l’esquive de cette bobine sera collée une étiquette, portant le nombre de 1000 mètres qu’elle contient et le Nu du fil, trouvé à la romaine. Le rouleau étant garni et toutes les bobines du casier ayant fourni une longueur semblable au fil échantillonné, on déterminera, d’après le nombre des bobines, la somme de leurs longueurs et le poids net trouvé du rouleau ourdi, le numéro moyen de tous les fils qui le composent.
- Exemple. On a un rouleau pesant net kilo 38,75 et composé de 379 fils : quel est le numéro moyen de ces fils, si la bobine échantillonnée était du N° 50 et contenait 6000 mètres ou 6 écheveaux?
- Solution. D’après la table, un écheveau du N° 30 = 16,667 grammes ;
- 6 écheveaux = 16,667 x 6 = 100 grammes ;
- 579 fils x 100 = 37,90 kilos, poids du rouleau si tous les fils étaient du N° 30; mais comme il dépasse ce poids, le numéro moyen sera donc au-dessous du N° 50 et est égal a —39=5=29.0, ou encore :
- 58,75 : 57,90 ::30:« =29. 5 Numéro moyen.
- Observation. Si le poids du rouleau est inférieur au poids résultant du calcul, c’est que le numéro moyen des fils est plus fin que le fil échantilloné. La manière de le calculer reste néanmoins la même. Ce mode de vérification possède, outre l’avantage de se rendre exactement compte du numéro des filés de chaîne, celui de donner aux rouleaux ourdis une longueur égale. En faisant rentrer ou appondre en même temps, huit de ces rouleaux sur la machine à parer, ils devront finir ensemble et permettront d’é-
- p.71 - vue 74/204
-
-
-
- G
- ) I
- viter les rattaches partielles des rouleaux dans les pièces, en les disposant, si cela se peut, entre deux coupes. Ces rattaches, lorsqu’elles sont grosses et mal faites, arrêtent le tisserand et nuisent plus ou moins à l’impression correcte des tissus.
- DES NUMÉROS ANGLAIS COMPARÉS AUX NUMÉROS FRANÇAIS.
- Il pourra arriver que l’on ait besoin de comparer un N° anglais au N° français correspondant, et vice-versa ; je vais d’abord expliquer le système de numérotage des filés de coton adopté en Angleterre, et donner ensuite un tableau comparatif des N0’. La circonférence du dévidoir anglais est de 1 1/2 yard, ou 54 pouces anglais, qui égalent 1,3716 mètre. 80 tours de la lanterne forment un lays ou échevette; chaque lays est séparé par un gros fil qui est mis autour ; 7 lays réunis font un hank, ou écheveau , formé par 560 révolutions de la lanterne et ayant une longueur de 840 yards, ou 2520 pieds anglais, qui sont égaux à 560 x 1,3716 mètre = 768,096 mètres.
- Le nombre de hanks qu’il faut pour une livre, est désigné par le N° du fil, comme cela a lieu pour les numéros français : ainsi le N° 40 est celui dont 40 hanks pèsent juste 1 liv. anglaise, avoir du poids, ou 0,4554 grammes.
- p.72 - vue 75/204
-
-
-
- — 73 —
- TABLEAU
- pour réduire les Numéros anglais des fils de coton en Numéros français.
- Nos ANGL. Nos FRANÇAIS. Nos ANGL. Nos FRANÇAIS. Nos ANGL. Nos FRANÇAIS. Nos ANGL. Nos FRANÇAIS.
- 1/4 0,212 29 24,554 60 51,10 91 77, »
- 1/2 0,423 30 25,504 61 51,90 92 77,92
- 3/4 0,635 31 26,24 62 52,70 93 78,76
- 1 0,846 32 27,20 63 53,50 94 79,60
- 2 1,693 33 28, » 64 54,4 95 80,55
- 3 2,540 34 28,90 65 55,2 96 81,40
- 4 3,368 35 29,30 66 56,1 97 82,24
- 5 4,233 36 30,60 67 56,9 98 83,09
- 6 5,080 37 30,64 68 57,8 99 83,94
- 7 5,930 38 31,30 69 58,6 100 84,78
- 8 6,773 39 31,90 70 59,3 110 93,25
- 9 7,620 40 33,90 71 60,1 120 101,73
- 10 8,470 41 34,80 72 61,2 130 111,17
- 11 9,313 42 35,70 73 62,» 140 119,64
- 12 10,160 43 36,50 74 62,9 150 128,11
- 13 10,990 44 37,40 75 63,3 160 136,58
- 14 11,854 45 38,20 76 64,6 170 145,05
- 15 12,700 46 39,10 77 65,4 180 153,52
- 16 13,547 47 39,90 78 66,2 190 161,99
- 17 14,394 48 40,80 79 67,1 200 169,50
- 18 15,240 49 41,60 80 67,7 210 177,97
- 19 16,087 50 42,30 81 68,5 220 186,44
- 20 16,934 51 43,30 82 69,4 230 194,91
- 21 17,781 52 44,20 83 70,2 240 203,48
- 22 18,627 53 45,90 84 71,1 250 211,85
- 23 19,474 54 46,10 85 71,9 260 220,32
- 24 20,361 55 46,70 86 72,8 270 228,79
- 25 21,168 56 47,60 87 73,6 280 237,26
- 26 22,014 57 48,40 88 74,5 290 246,73
- 27 22,861 58 49,30 89 75,3 300 254,25
- 28 23,708 59 50,20 90 76,2
- p.73 - vue 76/204
-
-
-
- I
- DISPOSITIONS ET PROPORTIONS DES FILS POUR LA FORMA-TION DE TISSUS CONVENABLES.
- La différence qui existe entre les numéros des fils de chaîne et de trame, est ordinairement de 10 numéros pour les calicots destinés à l’impression. Cette différence augmente dans la proportion de la finesse des fils; ainsi, si l’on emploie dans les chaînes N0’ 26, 28 et 50, de la trame N0’ 56, 58 et 40, on se servira pour les chaînes fines en Nos 60, 70, 80 et 90, de trame Ne 80, 95 ou 100, 110 et 120.
- Le nombre de fils en trame est alors de 1, 2, 5 et même 8, 10 plus élevé qu’en chaîne, sur un quart de pouce. Ces différences de numéros et de duites donnent aux tissus, par la légère torsion et la soyeuseté de la trame, une apparence polie et souple, qui convient très-bien pour recevoir les couleurs de l’impression.
- Pour les calicots destinés au blanc ou à la teinture, les cretonnes , les cotonnades ou toiles de ménage, on n’observera point ces proportions; ces étoffes devront, autant que possible, être carrées, c’est-à-dire qu’elles contiendront autant de fils en trame qu’en chaîne, et qu’il n’y aura que peu ou point de différence entre les numéros de chaîne et de trame.
- Afin de faciliter au fabricant la composition d’articles qui pourraient être demandés par la consommation, je donne, dans la table ci-jointe, la nomenclature de plusieurs étoffes composées dans différentes proportions de nombre et de grosseurs de fils, qu’il pourra imiter avec toute sécurité de réussite.
- Explication et application de la table. La largeur du peigne est donnée d’après la largeur uniforme des étoffes tissées, soit à trame sèche, soit à trame mouillée, et qui est de 90 centim., ou 5/4 de l’aune.
- Le retrait en largeur, après le blanchiment d’une toile à trame sèche, est proportionnellement le double d’une même toile à trame mouillée. On y fera attention, lorsqu’on entreprendra
- p.74 - vue 77/204
-
-
-
- TAILE DE PROPORTIONS
- Observées entre les Numéros et le nombre des fils de chaîne et de trame, dans la composition des Tissus de coton suivants.
- Nos d'ordre. LARGEUR PORTÉES. NUMÉROS de NOMBRE DE FILS EN TISSÉ A TRAME mouillée ou sèche. NOM DES ÉTOFFES. DESTINATION ET EMPLOI.
- du PEIGNE. de la TOILE.
- CHAINE. TRAME. CHAINE. TRAME
- 1 960u/m 3/4,90c/m 56 6 6 11 10 mouillée. Cretonne double. Blanc et mi-blanc pour domestiques.
- 2 965 » )) 58 10 10 11% 11 » Cretonne. Id.
- 3 956 » » 40 28 52 12 12 sèche. Mousseline grosse. Blanc pour rideaux et doublures.
- 4 965 » » 45 12 12 15 15 mouillée. Cretonne. Blanc et mi-blanc.
- 5 965 » » 45 14 14 15% B » » Id.
- 6 965 » » 50 15 15 15 15 B » ,Id. pour linge de ménage.
- 7 965 » » 55 15 15 16% » B » Ecru et mi-blanc pour la troupe.
- 8 970 » » 56 22 26 17 18 » Calicot. Blanc et teinture.
- 9 965 » » 57 16 16 17% 17 » Cotonnade. Id. pour draps de lit.
- 10 965 » » 62 18 16 18% » » )) Id. id.
- 11 940 » » 60 26 56 18 » sèche. Calicot. Impression et teinture.
- 12 940 » » 65 28 » 19 » » » Impression.
- 13 970 » » 65 » 52 19% 20 mouillée. » Id.
- 14 970 » » » » 58 » 22 » » Id.
- 15 965 » » 66 20 20 20 20 » Cotonnade. Blanc pour chemises.
- 16 970 » » 70 26 56 21 22 » Calicot. Blanc et impression.
- 17 970 » » 72 28 58 213/, 25 » » Impression.
- 18 970 » » » » » » 26 B » Blanc et teinture en rouge.
- 19 970 » » 75 50 40 223/4 24 » » Impression.
- 20 975 » » )) )) 58 » 26 B » Rouge.
- 21 975 » » 78 54 42 25% » B » Impression.
- 22 975 » » 80 » 46 24 » » Percale. Id.
- 25 954 » » » 60 80 B 24 sèche. Mousseline. Blanc apprêt batiste.
- 24 954 » » » 80 100 » » » B Id. et impression.
- 25 975 )) » » 54 42 » 28 mouillée. Percale. Blanc.
- 26 975 » » 82 » 44 25 25 » » Impression.
- 27 978 » » 85 58 44 25% 26 » » Id.
- 28 978 » » 86 56 52 26 28/50 » » Id. et blanc.
- 29 980 » » 90 44 60 27 29/51 » » Id. id.
- 50 985 » » 95 70 100 29 52 B Jaconat. Id. id.
- 51 985 » » » 80 110 » 56/8 B » Id. id.
- 52 985 » » » 85 116 » 54/6 » » id. id.
- 55 985 » » 100 90 120 50% 58/40 » » Id. id. (
- PAGE 74.
- p.n.n. - vue 78/204
-
-
-
- ! :
- "I* ---
- % i
- - J
- r :
- *
- SSmKSSSSSSSSEmhSS!
- 11 ( 11 | All I J 4
- p.n.n. - vue 79/204
-
-
-
- I
- 29
- un article avec trame sèche, qui devra avoir, après le blanchiment, la largeur d’un article tissé à trame mouillée; c’est ce que l’on obtiendra, en donnant au peigne la largeur qu’il devrait avoir si on tissait à trame mouillée. Dans ce cas, le tisseur aura du désavantage, car il obtiendrait avec la même quantité de coton, sur une pièce de 48 mètres, un mètre et plus dans la longueur, en tissant à trame mouillée. A moins qu’on ne fasse des articles très-légers, ou qui seront employés en écru, on accordera toujours la préférence à ce dernier mode, en extrayant le plus d’eau possible des cannettes.
- Pour établir un article quelconque de ce tableau, le No 13, par exemple, en 65 portées, on fera les calculs suivants : 65 x 40 = 2600 fils, auxquels sont ajoutés 32 fils doubles pour les lisières, ce qui fait 263 2fils, empeignés sur 97 centim. et 1300 dents.
- Les rouleaux d’ourdissoirs contiendront “g = 329 fils, dont 2 fils doubles de chaque côté, et passeront dans un peigne ouvert, de 325 dents sur 977 millim. (Voir lro Partie, les remarques, p. 30). Les peignes ouverts de la machine à parer, auront le double de dents du peigne d’ourdissoir et le quadruple de fils, ou 1316 fils dans 650 dents sur 975 millim. Les planchettes auront également 1300 trous pour autant de fils, dont 8 seront doubles de chaque côté. Les peignes d’enverjure contiendront 1300 dents sur 973 millim. et l’écartement entre les deux esquives de l'ensouple de chaîne, sera de 970 millim.
- CALCUL DE LA QUANTITÉ DE FILÉS NÉCESSAIRE DANS UNE PIÈCE DE COTON.
- Pour calculer le poids du coton nécessaire dans une pièce quelconque, on obtiendra d’abord celui de la chaîne, en multipliant le nombre de fils qu’elle contient, par la longueur de la pièce, augmentée de 3 à 6 %, selon l’étoffe; le produit égalant la longueur totale de tous les fils, sera divisé par le double du nombre de mille mètres du numéro employé, et on obtiendra pour quotient le poids net de la chaîne en kilo-
- p.75 - vue 80/204
-
-
-
- — 76 —
- grammes. Le déchet que l’on ajoute à ce poids, pourra être compté à 2 ou 3 % environ. Le poids de la trame est égal au nombre de duites contenues sur un quart de pouce multiplié par 4, par la largeur du peigne, par 57 pouces ou longueur du mètre et par la longueur de la pièce ; le produit de ces quantités, divisé par le double de mille mètres du numéro du fil, indiquera le poids net en kilog. de la trame employée, auquel on ajoutera 5 à 5 % de déchet. Les deux poids de chaîne et trame réunis, ainsi que le déchet, donneront le poids du coton nécessaire dans une pièce.
- 1er exemple. Quel est le poids du fil nécessaire pour une pièce de 48 mètres, de l’article cretonne double, N° 1 de la table ?
- Solution. 56 portées X 40 = 1440 fils + 16 fils de lisières = 1456 fils de chaîne; leur longueur égale
- 48 mèt.+6°/. de retrait =51 mèt. X 1456=74256 mèt. = 6,19 ko 12000 Le déchet compté à 5 % = »,185
- Poids de la chaîne = 6,575 k° 10filsx4x0,96centim. x57pc5x48mèt. =19008 mèt. = 5,684
- 5 % de déchet = »,284
- Le poids de la trame = k° 5,968 et l’ensemble = 12,545 k° déchet compris.
- 2e exemple. Quel est le poids du coton nécessaire dans l’article calicot N° 17 ; la pièce tissée ayant 48 mètres de longueur? Solution. 12 portées x 40+52 fils doubles=2912 fils ; 48 mètres, plus 4 % de retrait ou 50 mèt. x 2912 = 145,600 mèt. = 2,60 ko 2 % de déchet en chaîne = »,05 25 x 4 x 0,97 x 57 x 48 = mètres — 2,08 5 % de déchet en trame = »,06
- Le poids total du coton = 4,79 k°
- 3e exemple. Quel est le poids des filés nécessaires dans l’article jaconat N° 55, pour une pièce de 48 mètres ?
- p.76 - vue 81/204
-
-
-
- — 77 —
- Solution. 100 x 40+ 48 fils de lisières =4048 fils, 48 met. + 2 % TQQ
- de retrait soit 49 met. x 4048—0— 1,10 k° de chaîne N° 90. 160,000
- 2 °/ de déchet = »,02 » moy. des duites
- 39 x 4 x 0,985 x 37 X 48 =220000=1,14 k’de trame N° 120.
- 2 1/2 % de déchet =», 05 »
- Ensemble de filés chaîne et trame =2,29 kilogrammes.
- Je ferai remarquer, à l’égard des trois exemples précédents, que le retrait de 6, 4 et 2 % dans la chaîne, convient aux étoffes composées d’après ces proportions de filés et de duites. Ce retrait a lieu par les courbes que forment tous les fils d’une chaîne autour de chaque duite de trame : il sera d’autant plus prononcé que les duites seront plus rapprochées et de fil plus gros. Si l’article N 1 du 1er exemple était fait avec 12 ou 15 fils en trame, au lieu de 10 fils, on ne se tromperait guère en comptant 8 % de retrait, au lieu de 6.
- La trame, au moment où elle se dévide hors de la navette, éprouve une tension égale à celle d’un fil sur le dévidoir; elle est prise dans cet état par les fils de la chaîne, sur toute la largeur du peigne qui la maintient tant qu’il presse contre elle-
- Une fois abandonnée à elle-même par le peigne et les tem-pions, elle tend à se rétrécir à partir du dernier tempion au rouleau de toile. Ce retrait en largeur de la toile, est d’autant plus considérable, que la tension de la chaîne est plus forte, que la trame est plus fine et plus serrée. La distance plus ou moins grande entre les tempions et le rouleau de toile, la trame plus ou moins mouillée , influent également en plus ou en moins sur le retrait de la toile.
- COMPOSITION D’ÉTOFFES DANS DES LAIZES DIFFÉRENTES DE CELLE 3/4, INDIQUÉE DANS LA TABLE.
- Si on voulait faire un article quelconque dans un compte semblable, mais sur une largeur différente de 5/4, on établi-
- p.77 - vue 82/204
-
-
-
- rait par proportions le nombre de portées et la largeur du peigne de l’article projeté. On désire, par exemple, établir en 4/4, ou 120 centimètres, l’article N° 20, compte 75 portées ; quel sera le nombre de portées et la largeur nécessaires à cette laize ? Solution : 90 cent. 75 pées : : 120 : x = 100 pées pr 120 c. ou 4/4.
- 90 — *. 97 c. ; ; 120 : c= 129,53 centim. pour la largeur du peigne, ou encore
- 100 : 8 ; : 120 ; « = 9,6 centim. à ajouter à la largeur de la toile pour obtenir la largeur du peigne. (Voir Ar Partie, page 49.)
- L’article 4/4 aura donc 100 portées dans le compte 75 et sera confectionné dans un peigne de 129,6 centimètres. Par la raison que plus une toile est large, plus elle résiste à la tension en longueur et se retire proportionnellement moins en largeur, on pourra supprimer les 6 millim. et donner au peigne juste 129 centim.
- Le temps n’est peut-être pas bien éloigné où l’on parera et tissera à la mécanique le coton filé teint; je vais donc d’avance donner au tisseur mécanique un petit aperçu des règles admises dans le tissage à la main du coton teint, pour le calcul et la composition des siamoises, mouchoirs, etc.
- En tissage mécanique, l’unité de compte, ou la portée, égale, comme on sait, 40 fils, et le nombre de portées contenu dans un tissu 5/4, indique le compte dans lequel l’étoffe a été confectionnée. Dans la fabrication des tissus de couleurs, cette unité est de 100 fils au lieu de 40, et le compte se détermine alors d’après le nombre de 100 fils qui se trouvent sur la largeur de l’aune, ou 120 contimètres; ainsi le compte 50, par exemple , correspond à 5000 fils sur 4/4, ou 120 centimètres.
- Pour les autres laizes, la proportion existe de même, c’est-à-dire que les comptes 28, 50, 40, etc., auront sur une largeur de 100 centim., un nombre de fils moindre d’un 6e, puisque 100 sont les 5/6 de 120, ou 2550 fils pour le compte 28 ; 2500 pour le compte 50, 5550 environ pour le compte 40.
- p.78 - vue 83/204
-
-
-
- — 79 —
- Le fabricant qui tient plus ou moins aux laizes, augmente ou diminue de 40 à 50 fils le nombre des fils de chaque laize. On trouvera, dans le tableau suivant, la moyenne des fils, employée ordinairement dans les différentes laizes d’après le compte.
- TABLEAU
- du nombre des fils qui entrent en moyenne dans la chaîne, suivant le compte et pour les laizes les plus usitées dans les tissus de couleurs.
- COMPTES. LAIZES.
- 65 Centim. 75 Centim. 400 Centim. 110 Centim. 120 Centim. 150 Centim.
- 24 Fils. 1,300 1,500 2,050 2,250 2,400 3,000
- 26 1,400 1,600 2,200 2,400 2,600 3,200
- 28 1,500 1,750 2,350 2,550 2,800 3,450
- 30 1,600 1,850 2,500 2,700 2,950 3,650
- 32 1,750 1,950 2,600 2,900 3,150 3,900
- 34 1,900 2,200 2,900 3,200 3,500 4,400
- 36 2,000 2,300 2,550 3,100 3,400 3,750 3,700 4,600
- 40 2,200 3,400 4,030 5,000
- 50 2,800 3,200 4,300 4,700 5,150 6,400
- Dans ce tableau, les fils de lisières sont compris. Lorsqu’on voudra savoir à quel nombre de portées de 40 fils correspond l’un de ces comptes, on le trouvera par la proportion suivante. Si le compte 28, par exemple, égale 2800 fils sur 120 centim., il n’aura sur 90 centim. que 90 ; 120 : 2800 : =2100 fils, qui, divisés par 40, donnent 52 1/2 portées du compte admis en tissage mécanique.
- MÉTHODE POUR CALCULER LE NUMÉRO ET LE POIDS DU COTON DANS UNE PIÈCE, D’APRÈS UN ÉCHANTILLON DONNÉ.
- Lorsqu’il est soumis au fabricant exercé un échantillon de toile, n’appartenant pas à son genre de fabrication actuelle, il reconnaît, après l’avoir examiné plus ou moins attentivement,
- p.79 - vue 84/204
-
-
-
- co ©
- 1
- 1
- avec ou sans loupe, le compte et, à très-peu de chose près, les numéros de chaîne et trame dans lesquels il a été composé. Néanmoins, l’œil même le plus habitué peut se tromper, et on fera bien, dans la crainte de mal réussir, de se contrevérifier par la méthode que je vais indiquer.
- Si l’on a à sa disposition une pièce d’échantillon entière, ou plusieurs mètres, la vérification par le calcul sera facile. Après s’être assuré que l’étoffe n’est point humide, on pèse exactement la pièce d’échantillon sur une balance ou bascule très-juste. Du poids trouvé on retranchera, pour la colle qui est restée dans l’étoffe, environ 6 à 8 %, selon que celle-ci sera faiblement ou fortement parée, ce dont on s’assure par le toucher. Le poids restant est le poids net du coton employé dans la pièce, déchet non compris, et servira à trouver le numéro moyen du fil. On compte à cet effet le nombre de fils qui se trouvent au 1/4 de pouce en chaîne et en trame, et on détermine séparément leur longueur, comme il a été dit précédemment; la somme des deux longueurs, divisée par le poids en livres de 500 grammes, donnera le N° moyen du fil de la pièce. En divisant par le poids en kilog., le quotient donne le N° moyen double du fil.
- Exemple. Une pièce calicot pour impression, de 48 mètres de longueur, sur 90 centim. de large, pèse kilog. 5,05. On trouve 21 3/4 fils au 1/4 de pouce en chaîne, et 25 fils en trame; quel est le poids et le N° du coton employé, le parage de la pièce n’étant ni fort ni faible ?
- Solution. Le poids de la pièce = kilog. 5,05 — 7 °/ de colle = ko 4,70 poids net du coton.
- La chaîne contient 21 3/4 X 1X 33 1 = 72 portées ou 2912 fils lisières comprises ; 48 mètres, plus 4 % de retrait =
- 50 mèt X 2912 fils = 145600 mètres de chaîne. 25x4x0,97 c. X 37 pX 48 mèt. = 158154 » de trame.
- La somme des longueurs = 505754 mètres, qui, divisés par k° 4,70 X 2 ou 9,40 livres = 52,51 N° moyen.
- p.80 - vue 85/204
-
-
-
- I
- I
- Sachant que, dans les calicots pour impression, la trame est habituellement de 10 Nos plus élevée que la chaîne, on obtiendra les numéros de chaîne et de trame en soustrayant et en ajoutant 5 au N° moyen. Le résultat donne 27 1/2 pour la chaîne et 57 1/2 environ pour la trame.
- En faisant la preuve avec ces Nos, on trouve 145,600 = kil. 2.665 chaîne 27 1/2
- 55,000 '
- 58—0 = » 2.108 trame 57 1/2,
- kil. 4.775, indiquant un poids plus élevé que le poids réel de la pièce, par la raison que la différence du poids de la chaîne au poids de la trame est proportionnellement plus forte que la différence qui existe entre les longueurs des deux fds. En augmentant d’un demi-N0 les N0’ de chaîne et de trame, on obtiendra
- 100,10% _ C ()•()
- 70,000 = " 2.08 traîne 58,
- kil. 4.68, poids réel, à 2 décag. près.
- Le déchet de 2 % ajouté au poids de la chaîne = kil. 2.65 et celui de 5 % id. id. trame = » 2.14
- donnent le poids du coton nécessaire dans la pièce = kil. 4.79
- Lorsqu’on ne pourra opérer que sur un petit échantillon, on se rendra compte de son poids en le suspendant à la romaine : le chiffre marqué par l’aiguille indiquera le nombre nécessaire d’échantillons semblables pour peser 1 livre ou 500 grammes. Ceci étant connu, ainsi que les dimensions de l’échantillon, on détermine le nombre de mètres pesant 1 livre, en multipliant la longueur de l’échantillon par le chiffre indiqué à fa romaine. Pour connaître ensuite le poids d’une pièce, on divise sa longueur par le nombre de mètres nécessaire pour une livre, et on obtient au quotient le poids de la pièce, dont il reste à déduire le poids du parement, pour avoir le poids net du coton.
- 6
- p.81 - vue 86/204
-
-
-
- G O
- Dans le cas où l’échantillon ne serait, qu’une fraction de la largeur de l’étoffe, on en calculera la surface carrée, que l’on multiplie par le chiffre de la romaine; le produit donnera la quantité de surface carrée nécessaire pour une livre. Cette surface est ramenée à la longueur en mètres, par la largeur voulue de l’étoffe prise pour diviseur ; ce qui permet de continuer l’opération comme précédemment.
- 1er Exemple. Un échantillon cretonne de 90 centim. (55 1/4 pouces) de large, sur 0,10 centim. de long, indique 56 à la romaine; il a 14 fils au 1/4 de pouce en chaîne, et 15 fils en trame. Quel est le poids et le N° du fil pour une pièce 5/4, de 48 mètres de longueur, faite d’après cet échantillon ?
- Solution : 0,1 em. X 56m. = 5.60 mètres pour 500 gr.
- 3.60 = 15.55 liv. de 500 gr. P' la pièce, dont on déduit 6 % p la colle= 00.80
- Reste 12.55 liv. pour le poids net du coton; la pièce étant tissée avec de la grosse trame, nous ajouterons 5 °/ à la longueur de 48 mètres pour le retrait, soit 50,40 mètres. La chaîne contient "X1233 1 = 46 1/2 portées ou 1880 fils, lisières comprises. La longueur du fil = 1880 X 50,40=94,752m. La longueur du fil de trame = 15x4x965x37x48=102,850“.
- Ensemble, 197,582“. 197 -89
- • 12/83 = 15,8 N° moyen. Le N° du fil est de 15/16 en chaîne et trame, et le poids nécessaire
- 194 752
- = 31,000 — 3,056 kil. pour la chaîne N° 15/16,
- et 102,830 = 5,215 » » trame No 16,
- 2,000
- ensemble, 6,269 kil., ajoutant 5 % en moyenne de déchet, = 0,219 »
- mètres.
- kil. 6,488, poids nécessaire dans une pièce de 48
- p.82 - vue 87/204
-
-
-
- — 83 —
- 2e Exemple.. Un échantillon de calicot, ayant 18 centimètres en longueur et largeur, ou 5,24 décim. carré, pèse 124 à la romaine ; il a 22 fils en chaîne et 26 fils en trame. Quel est le poids et le N° du fil pour une pièce 5/4, de 48 mètres de longueur, faite d’après l’échantillon ?
- Solution : 34.24X 124 = 4ra,01c,76 pour une livre, ou
- 4be = 4,464 mètres de 90 centimètres de large
- 13a; = 11077 liv. - 7 •I. de colle = 10 liv. ’ ou 5 ke, poids net du coton pour la pièce tissée sur 48 mètres. 48 mètres de chaîne + 4 % de retrait = 50 mètres de chaîne.
- 22x*X0331/2 = 75 p- ou 2952 fils, 52 fils de lisières compris.
- 2952x50 = 147,600 mètres dans la chaîne, 26x4x97x57x48 mètres = 179,162 » » trame;
- ensemble, 526,762mètres = 52,676, numéro moyen. ---------------
- 10 livres, ou 28 pour chaîne & 57/8 pour trame.
- La preuve donne 147,600 = kil. 2.65 * D6,000
- ensemble, kil. 5.01, ou 10 livres, et en moyenne 5 % de déchet, » 0.15
- kil. 5.16 pour le poids du coton dans une pièce de 48 mètres, déchet compris.
- Si l’on avait à se rendre compte d’un échantillon tissé dans des proportions telles, que l’on conçût des doutes sur l’exactitude des Nos trouvés au moyen des calculs précédents, on en déviderait quelques cents mètres de la trame, que l’on pèsera à la romaine. Connaissant par ce procédé le N° du fil de trame, on en déduira, facilement celui de la chaîne, d’après le poids de l’échantillon encore entier et les longueurs des deux fils.
- p.83 - vue 88/204
-
-
-
- s ce
- Pour faciliter et accélérer les calculs sur les étoffes, le lecteur pourra consulter les deux tableaux qui vont suivre. Le premier, pour la chaîne, indique le nombre de portées, correspondant sur différentes largeurs, au nombre déterminé de fils de chaîne, qui se trouve sur un quart de pouce Le second , pour la trame, indique le nombre de mètres, correspondant à un nombre de duites, donné sur un quart de pouce, en diverses largeurs et pour un mètre de toile. (Voir pages 85 et 86.)
- p.84 - vue 89/204
-
-
-
- TABLEAU
- indiquant les portées contenues dans différentes largeurs de toile d’après le nombre de fils sur un quart de pouce.
- NOMBRE DE FILS au 1/4 de pouce 5/8 75 cent. ou 274/2 ps 3/4 90 cent. ou 33d/4ps 7/8 1.05 c. ou 38 3/4ps 4/4 1.20 c. ou 441/4ps 9/8 1.35 c. ou 49 3/4 ps 5/4 1.50 c. ou 554/2ps 6/4 1.80 c ou 664/2 7/4 2.10 c. ou 771/2 p 8/4 2.40 c. ou 881/2
- 10 27 % 33 39 44 50 56 67 78 89
- 10 ‘/ 29 35 41 46 52 58 70 81 93
- 11 30 37 43 49 55 61 73 85 97
- 11 7» 32 38 45 51 57 64 76 89 102
- 12 33 40 47 53 60 67 80 93 106
- 12 % 34 42 48 55 62 69 83 96 110
- 13 36 43 50 57 65 72 86 101 114
- 13 % 37 45 52 59 67 75 89 105 119
- 14 38 47 54 62 70 78 93 108 124
- 14 "/a 40 48 56 64 72 80 96 112 128
- 15 41 50 58 66 75 83 100 116 133
- 15 'A 43 52 60 69 77 86 103 120 137
- 16 44 53 62 71 80 89 107 124 142
- 16 14 45 55 64 73 82 91 110 128 146
- 17 47 56 66 75 85 94 113 132 150
- 17 ’A 48 58 68 77 87 97 116 136 155
- 18 50 60 70 80 90 100 120 140 159
- 18 'A 51 61 72 82 92 102 123 143 163
- 19 52 63 74 84 95 105 126 147 168
- 19’A 54 65 76 86 97 108 129 151 173
- 20 55 67 78 89 100 111 133 155 177
- 20'A 56 68 79 91 102 114 136 159 181
- 21 58 70 81 93 105 117 140 163 186
- 21 ’A 59 71 83 95 107 119 143 167 190
- 21 3/4 60 72 84 96 108 120 144 169 192
- 22 61 73 85 97 110 122 146 170 195
- 22 ’A 62 75 87 100 112 125 149 174 199
- 23 63 77 89 102 115 128 153 178 203
- 23 ’A 65 78 91 104 117 130 156 182 208
- 24 66 79 93 106 120 133 159 186 212
- 24 ’A 67 81 95 108 122 136 163 190 217
- 25 ‘ 69 83 97 111 124 139 166 194 221
- 26 72 •«6 101 115 129 145 173 202 230
- 27 74 90 105 119 134 150 179 209 239
- 28 77 93 108 123 139 156 186 217 247
- 29 80 96 1 12 128 144 161 192 224 256
- 30 83 100 1 16 132 149 167 ’199 233 265
- 31 85 103 120 137 154 172 205 240 274
- 32 88 106 124 142 159 178 212 248 283
- p.85 - vue 90/204
-
-
-
- — 86 —
- Explication. La première colonne verticale du tableau indique le nombre de fils sur 1/4 de pouce, depuis 10 jusqu’à 52. Les autres colonnes marquent le nombre de portées, qui correspond sur la même ligne horizontale au nombre de fds déterminé dans la lre colonne et pour les largeurs de 5/8, 5/4, 8/4, etc. Si on a, par exemple, 17 fds au 1/4 de pouce en chaîne, dans une pièce 5/4, et qu’on veuille trouver le nombre de portées correspondant à cette largeur, on suit horizontalement, de gauche à droite, la ligne où se trouve le nombre 17, dans la première colonne, jusqu’à la colonne verticale 5/4, où l’on trouve 56 portées ; si on voulait confectionner ou calculer l’étoffe en 4/4, on voit qu’il faudrait 75 portées ou 5000 fds sur cette largeur, non compris les fds de lisières.
- Il existe un petit instrument qui remplace en partie, pour quelques largeurs, le tableau ci-dessus. Il est composé d’une loupe montée sur un plateau en cuivre, circulaire et tournant sur un axe élevé au centre, ou disque. Le verre se règle au-dessus de petits cercles de diamètres différents, percés dans le plateau ; chacun de ces cercles correspond à une largeur particulière : 5/4, 7/8 , 4/4 & 5/4. Le nombre de fds trouvé sous chaque diamètre , multiplié invariablement par 5, donne le nombre de portées nécessaires pour la largeur sur laquelle la loupe a été arrêtée.
- M. Louis Bedel avait fait exécuter un instrument de ce genre, dont j’ai fait hommage à la Société industrielle de Mulhouse. Dans cet instrument, les diamètres sont tels, que le nombre des fils de chaîne, qu’on trouve x 100, donne le nombre total des fils de chaîne pour toutes les largeurs indiquées sur la loupe ; en outre, cette loupe a l’avantage sur les autres d’indiquer les fds comptés sur un plus grand diamètre.
- p.86 - vue 91/204
-
-
-
- 4 s = B e e
- De la longueur de la Trame sur un mètre de toile, avec différentes duites et largeurs de peigne.
- LARGEURS de LA TOILE. LARGEURS du PEIGNE. DUITES AU QUART DE POUCE.
- 10. 11. 12. 15. 14. 15. 16. 17. 18. 19. 20. 21. 22. 23. 24. 25. 26. 27. 28. 50. 52. 54. 56. 58. 40.
- cen:. 5/8 ou ..75 cent. 0.81 mètres 1198 1317 1437 1557 1677 1797 1916 2036 2156 2276 2396 2515 2635 2755 2876 2996 3115 3234 3355 3596 3836 4076 4316 4555 4795
- 3/4 » .. 90 0.97 1435 1579 1722 1866 2009 2153 2296 2440 2584 2727 2871 3014 3158 3301 3445 3588 3732 3876 4019 4306 4593 4881 5168 5455 5743
- 7/8 » 1,05 1.13 1671 1838 2005 2173 2341 2508 2675 2842 3009 3177 3343 3511 3677 3845 4011 4180 4347 4514 4681 5015 5350 5684 6018 6353 6687
- 4/4 » 1,20 1.29 1909 2100 2291 2482 2672 2863 3054 3245 3436 3627 3818 4009 4200 4391 4581 4772 4963 5154 5345 5727 6109 6491 6872 7254 7636
- 9/8 » 1,35 1.45 2146 2360 2575 2789 3004 3219 3433 3648 3862 4077 4292 4506 4721 4935 5150 5365 5579 5794 6008 6438 6867 7296 7725 8154 8584
- 5/4 » 1,50 1.61 2382 2621 2859 3097 3335 3574 3812 4050 4289 4527 4765 5003 5242 5480 5718 5957 6195 6433 6671 7148 7624 8101 8578 9054 9531
- 6/4 » 1,80 1.93 2856 3142 3427 3713 3998 4284 4570 4855 5141 5427 5712 5998 6284 6569 6855 7141 7426 7712 7997 8569 9140 9711 10,282 10,853 11,424
- 7/4 » 2,10 2.25 3330 3663 3996 4329 4662 4995 5328 5661 5994 6327 6660 6993 7326 7659 7992 8325 8658 8991 9324 9990 10,656 11,322 11,988 12,654 13,320
- 8/4 » 2,40 2.57 3803 4183 4564 4944 5325 5705 6085 6466 6846 7226 7607 7987 8367 8748 9128 9509 9889 10,269 10,650 11,410 12,171 12,932 13,692 14,453 15,214 00..)
- =e SNAW
- Usage et application. Ce tableau sert à calculer la trame de toile tissée à trame mouillée ou à trame sèche ; seulement, dans ce dernier cas, la toile devra dépasser de 2 à 8 centimètres la largeur indiquée dans la première colonne verticale. Si cela n’était pas et que l’étoffe à trame sèche présentât, au contraire, l’une des largeurs de la première colonne, on déduirait alors 4 % de la longueur indiquée au tableau.
- Quelles sont, par exemple, les longueurs du fil de trame dans deux pièces 3/4 , tissées à trame sèche, ayant toutes deux 48 mètres de longueur & 24 duites au 1/4 de pouce; mais l’une a 95 centimètres de largeur et l’autre 90 centimètres seulement? Réponse : 3445 X 48 = 165,560 mètres pour la première, et 165,560 mètres — 4 % = 158,746 mètres pour la seconde. (Voir 1" Partie, page 48, et 2e Partie, page 74.)
- p.n.n. - vue 92/204
-
-
-
- p.n.n. - vue 93/204
-
-
-
- ; 7a g/
- m
- f y
- 1
- il
- Àï |
- Les différents rayons de la loupe sont pour :
- Mètres.
- 5/8 = 0,0057
- 3/4 = 0,0047
- 7/8 = 0,0052
- 4/4 = 0,0060
- 9/8 = 0,0067
- 5/4 = 0,0076
- 6/4 = 0,0087 7/4 = 0,0105 8/4 = 0,0120
- DU PRIX DE REVIENT, OU FAÇON DES TOILES TISSÉES A LA MÉCANIQUE, CONNAISSANT LE PRIX DES FILÉS.
- Après avoir calculé, en kilogrammes ou en livres, la quantité de coton filé, en chaîne et trame, nécessaire pour un article quelconque , on se rendra facilement compte du coût de la matière employée.
- Le prix de revient de la pièce entière s’obtient par l’addition des dépenses qui s’y rattachent, telles que la main-d’œuvre, les
- p.87 - vue 94/204
-
-
-
- co Oo
- intérêts du capital engagé , l’amortissement ou moins value des machines et bâtiments, l’assurance, les contributions, les frais d’entretien , de chauffage , d’éclairage, etc.
- Les frais généraux sont la réunion de tous les frais autres que la main-d’œuvre et le coût de la matière première.
- Ce n’est, du reste, qu’au bout de plusieurs années de travail qu’il sera possible à un fabricant de connaître exactement le prix de revient de sa marchandise ; car les premiers inventaires pèchent ordinairement par l’inexactitude des chiffres de frais d’entretien, chauffage, éclairage, etc., etc. Ce n’est donc qu'a-près le deuxième ou troisième inventaire que l’on connaîtra exactement le chiffre de façon qui se rattache à chaque pièce de la marchandise que l’on fabrique ; ce qui permet alors aisément de calculer le bénéfice ou la perte que l’on éprouve avec les variations du prix de vente ou d’achat.
- Si le tisseur se trouvait engagé à la confection d’un article composé de plus ou moins de duites, ou différent de portées et numéros de chaîne et trame, que celui qu’il tisse habituellement (soit qu’on lui ait limité d’avance le prix qu’on lui paiera, soit qu'on le laisse libre sur ce point), il devra pouvoir se rendre compte, par les calculs, du prix auquel il peut établir cet article.
- Il est naturel que plus une toile sera claire et plus l’ouvrier produira d’aunes ou de mètres, et, qu’au contraire, moins il produira pour des toiles serrées ; la façon par pièce diminuera donc en raison inverse de la qualité et en raison directe de la quantité de pièces produites.
- Le tableau ci-après contient la production, en 12 1/2 heures de travail d’un tissage de 500 métiers, dans différentes duites, et la dépense répartie pour chaque pièce.
- Dès qu’un fabricant pourra exactement, après deux ou trois inventaires, connaître son prix de façon, je lui conseille fortement d’établir un tableau de ce genre, qui lui facilitera beaucoup les calculs et leur donnera une grande exactitude.
- p.88 - vue 95/204
-
-
-
- — 89-
- TABLEAU
- de production journalière et annuelle de 300 métiers mécaniques, dans différentes duites, avec les dépenses de main-d œuvre et frais généraux, répartis par pièce de 48 mètres de longueur.
- Les calculs sont basés sur une production de 90 pièces par jour, ou 27,000 pièces par an, qui ont coûté 150,660 francs de frais de fabrication, ou fr. 5,58 par pièce.
- (Les frais de fabrication sont la somme de tous les autres frais.)
- u E 5 A PRODUCTION DE 1 MÉTIER en PRODUCTION DE 300 MEP* en MAIN-D’ŒUVRE pour FRAIS GÉNÉRAUX pour FAÇON par PIÈCE.
- une pièce. l'année.
- — 1 jour. 12 jours. 1 jour. 300 jours. 1 pièce l'année.
- mètres pièces. p ères fr. c. francs. fr. c francs fr, c
- 15 23,» 5 3/4 143 43000 1.98 85140 1.90 81700 3.88
- 16 21,3 53/3 133 40000 2.05 82000 2. » 80000 4 05
- 17 20,» 5 125 37500 2.12 79500 2.12 79500 4.24
- 18 19,2 4 3/4 120 36000 2.19 78940 2.20 79200 4.39
- 19 18,» 4 112 33500 2.27 76045 2.37 79395 4.64
- 20 17,20 4 74 107 32000 2.35 75200 2.47 79040 4.82
- 21 16,40 4 7- 102 30500 2-43 % 74115 2.58 78670 5.01
- 22 15,60 3 7s 97 29100 2.51 72791 2.71 78590 5.22
- 23 15,» 3 74 94 28200 2,59 % 72520 2.80 78400 5.39
- 24 14,40 3 1/ 90 27000 2.68 72360 2.90 78300 5.58
- 25 13,80 3 86 25800 2.78 71724 3.» 77400 5.78
- 26 13,20 3 74 82 24600 2.88 70848 3.10 76260 5.98
- 27 12,70 3 '/g 79 23700 2.99 70763 3.26 77260 6.25
- 28 12,10 3 76 22800 3.10 70680 3.40 77520 6.50
- 29 11,80 2 15/x6 72 21600 3.23 69768 3.56 76900 6.79
- 30 11,20 2 74 70 21000 3.35 70350 3.68 77280 7.03
- Explication et application. Connaissant la production d'un métier avec 24 duites au 1/4 de pouce, on obtiendra, par une simple règle de trois, la production pour un nombre quelconque de duites, moindre ou supérieur au chiffre pris pour base.
- p.89 - vue 96/204
-
-
-
- — 90 —
- Ainsi, sachant qu’avec 24 duites on produit 14,40 mètres par jour, on désire savoir combien on pourrait produire de mètres de toile ayant 20 duites au 1/4 de pouce,
- 20 : 24 : : 14,40 mètres *. x = 17,20 mètres ; avec 28 duites, nous aurions de même
- 28 * 24 ; 114,40 ; x = 12,30 mètres, et ainsi de suite.
- Pour les toiles légères, la production en pratique se rapporte exactement au calcul, quoique le tisserand soit obligé de couper plus souvent sa marchandise ; la compensation a lieu du côté des fils de chaîne , qui, marchant plus légèrement, se brisent moins souvent.
- Pour les toiles très-fortes, il faudra, pour obtenir le chiffre pratique, diminuer de 2, 5/10 le chiffre théorique de production par métier ; car, dans le tissage de ces sortes d’étoffes, les diffi-cultés et les arrêts se présentent en grand nombre.
- Le fabricant doit toujours, autant que les circonstances le permettent, se tenir à des articles courants et faciles à fabriquer, et n’entreprendre de changements, qui sont toujours coûteux, surtout lorsqu’ils ont lieu dans la chaîne, que lorsqu’il y est forcé ou qu’il y trouve un avantage certain ; comme, par exemple, dans le cas suivant.
- On fait, sur 500 métiers, un article 75 portées de 24 fils de trame au 1/4 de pouce, sur lequel on gagne net, par mètre, 0f'-,05c-, ou fr. 1.44 par pièce, et fr. 58880 sur 27000 pièces fabriquées par an. Un autre article , en 65 portées et 17 fils au 1/4 de pouce, se vendant aussi couramment que le précédent, mais avec 2 1/2 centimes seulement de bénéfice net par mètre, présentera-t-il de l’avantage ?
- Solution :
- Le premier article donne fr. 0,05 x 48 m. = fr. 1,44 bénéfice par pièce, ou fr. 58880 sur 27000 pièces par an.
- Le deuxième article donne fr. 0,021/2 x 48 = fr. 1,20 par pièce, ou fr. 45000 net sur 57500 pièces par an.
- Le deuxième article présente donc annuellement fr. 6120 de
- p.90 - vue 97/204
-
-
-
- — 91 —
- plus de bénéfice que le premier, quoique celui-ci soit payé 1/2 centime par mètre de plus que le second ; ainsi on accordera la préférence à ce dernier, parce qu’en somme il rapporte plus au fabricant par la plus grande production.
- Le tableau précédent (page 89) sert aussi à établir les prix à payer aux ouvriers qui font des articles différents les uns des autres.
- Exemple. Si, pour des24 fils, on paye , en moyenne, fr. 2,10, primes comprises, de façon , et que l’on désire connaître le prix qu’on aurait à payer, dans la même proportion, pour des 17 fils, on agira comme il suit : Un tisserand produit dans 12 jours, sur un métier avec 24 duites au 1/4 de pouce, 3 pièces 28 mètres, pour lesquelles il reçoit : 3 pièces 7/12 X fr. 2,10 = fr. 7,21 ; celui qui tisse des 17 fils au 1/4 de pouce, a livré 5 coupes dans le même temps et doit recevoir la même somme de fr. 7,21, ou fr. 1,44 par coupe.
- MOYENS DONT PEUT DISPOSER UN DIRECTEUR POUR AUGMENTER LA PRODUCTION SANS NUIRE A LA QUALITÉ.
- Quoiqu’il existe une infinité de causes servant à l’augmentation de production, qui sont indépendantes du directeur, ce dernier peut cependant, avec de l’intelligence et de la volonté, et surtout s’il possède entièrement la confiance et l’estime de ses inférieurs , arriver à une production qui dépasse celles que l’on voit ordinairement dans les établissements que l’on peut appeler bien conduits.
- Le principal est, d’abord, de faire une belle et bonne marchandise , sans avoir égard , en aucune façon, à la quantité ; ce n’est qu'après s’être convaincu, par l’examen scrupuleux de la marchandise , que ses ouvriers sont assez exercés pour qu’en les excitant un peu, la qualité n’en souffrira point, et que la différence dans la livraison des pièces est très-grande entre les premiers et les derniers jours de la semaine, qu’il (doit songer à
- p.91 - vue 98/204
-
-
-
- pousser à la quantité ; car il peut, d’après cela, être sûr que les ouvriers ne travaillent pas, en général, pendant certains jours, comme ils le devraient.
- Pour parvenir à les corriger de ce défaut, très-nuisible aux intérêts de l’établissement, il commencera par se faire donner la liste de ses contre-maîtres de section et le nombre de métiers que conduit chacun d’eux, afin de déterminer la quantité de pièces que doit fournir chaque section en une quinzaine. On détermine cette quantité par la production des payes précédentes, à laquelle on ajoutera, d’abord, 2 ou 3 décimètres par métier et par jour, en augmentant graduellement, de quinzaine en quinzaine, jusqu’à ce que le but soit atteint ; ce qu’on reconnaîtra à la régularité des livraisons et à une notable augmentation dans la production. Pour être sûr d’obtenir une grande augmentation, il sera bon, en commençant, de donner aux contre-maîtres des primes extraordinaires.
- Dès que le travail augmentera, le directeur fera appeler près de lui, les uns après les autres, chaque contre-maître de section et lui indiquera le nombre de pièces qu’il est obligé de livrer, en lui recommandant d’apporter tous ses soins et son activité pour que ce nombre soit atteint sans nuire à la qualité. Il lui fera remarquer les différents points sur lesquels il devra porter le plus son attention et son travail, et l’autorisera à promettre des primes extra aux deux premiers ouvriers de sa section qui gagneront le plus (je dis « qui gagneront le plus, » parce que l’on ne peut pas donner des primes à l’ouvrier qui fait le plus de pièces, ce nombre variant avec la qualité de la marchandise), et à punir ceux qui auront gagné trop peu par leur paresse ou par négligence. L’ouvrier étant ainsi intéressé, par ces primes, à faire beaucoup, pourrait facilement négliger la qualité ; il est donc urgent, tout en fixant aux contre-maîtres de section un certain nombre de pièces à livrer, de ne pas le porter trop haut et de donner, par contre, aux contre-maîtres des primes pour la qualité. Ainsi, par exemple, chaque contre-maître ayant
- p.92 - vue 99/204
-
-
-
- — 93 —
- 48 métiers (ce que je considère comme le maximum de métiers que doit pouvoir soigner un bon contre-maître), aura, je suppose, 2 francs par jour, fixes, et s’il produit, avec sa section, 200 pièces non punies par la personne chargée de repasser les pièces, il aura une prime de 5 francs, ou plus, suivant les localités; si l’on voit que la qualité reste la même, on pourra , par la suite, encore forcer la quantité, en donnant, par exemple, 5 ou 10 centimes au contre-maître par pièces non tarées qui dépasseront les 200 pièces qu’il doit forcément livrer pour avoir sa prime.
- Si, pendant plusieurs quinzaines consécutives, l’un ou l’autre des contre-maîtres était resté en arrière , quoiqu’il se trouvât dans les mêmes conditions que ses confrères, ce serait une preuve qu’il lui manquerait alors l’habileté ou la volonté nécessaires pour conduire le nombre de métiers qui lui est confié ; on devra, ou le remplacer, ou lui donner un aide, ou bien encore lui retrancher un certain nombre de ses métiers.
- L’auteur a déjà différentes fois employé les moyens dont il vient de parler et en a toujours obtenu des résultats excessivement avantageux; c’est donc avec une entière confiance qu’il les recommande à messieurs ses collègues.
- Pour qu’un directeur de tissage puisse facilement se procurer le respect, l’obéissance et l’amitié de ses contre-maîtres, ce qui est la base de l’ordre et de la bonne marche d’un établisssement, il fera bien de les réunir, tous les dimanches matin, pour causer avec eux des circonstances qui ont eu lieu pendant le courant de la semaine écoulée, des défauts qui se seront présentés dans la marchandise, et des mesures à prendre pour les éviter.
- Il apprendra, par ce moyen, à bien connaître ses bons contremaîtres et, par ces conversations, il formera ceux qui en ont besoin : il pourra lui-même souvent trouver, dans les idées de ses inférieurs, quelques bonnes applications à faire; en outre, il aura l’avantage d’être tenu bien plus au courant de ces mille détails qui arrivent, pendant la semaine, en fabrication, et qui passent
- p.93 - vue 100/204
-
-
-
- — 94 —
- inaperçus à ses yeux , n’ayant souvent pas toujours le temps de s’en occuper pendant les jours de travail.
- Le directeur fera bien de faire, une demi-heure après la sortie des ouvriers, une ronde de nuit avec le portier ou un garde, pour s’assurer que tout est en ordre et qu’il n’y a pas d’étincelle dans les salles ; s’il ne veut pas faire cette ronde lui-même, il en chargera le contre-maître dans lequel il aura le plus de confiance.
- Comme il est indispensable, pour un établissement qui tient à faire de la bonne marchandise, de ne pas changer trop souvent d’ouvriers, je conseille à tous les fabricants d’adopter le système de payer tous les 15 jours et principalement de ne payer que 8 jours après le samedi de clôture de la paye. De cette manière, l’ouvrier a au moins toujours 6 jours de bon au bureau, et ne peut pas quitter comme il veut, à moins de faire le sacrifice d’une semaine de travail. Je ne puis assez recommander cette manière de payer, que j’ai appris à apprécier dans plusieurs établissements qui s’en sont parfaitement trouvés.
- Je pense faire plaisir à mes lecteurs, en donnant un aperçu du personnel nécessaire,
- 1° A un tissage de 500 métiers.
- 2° A un tissage de 720 métiers.
- TISSAGE DE 300 MÉTIERS.
- 1 Directeur.
- 1 Premier contre-maître qui repassera également la marchandise.
- 8 Contre-maîtres de section.
- 2 Commis au bureau de réception.
- 1 Faiseur de peignes.
- 1 Contre-maître pareur.
- I Laveur de brosses.
- 1 Chauffeur de pompe à vapeur.
- 1 Contre-maître serrurier.
- 2 Serruriers.
- p.94 - vue 101/204
-
-
-
- — 95 —
- I Tourneur.
- I Forgeron.
- 1 Frappeur.
- 180 Tisserands.
- 15 Pareurs, dont 1 pourra passer les bobines à la vapeur, si elles n’y ont pas déjà passé à la filature.
- 4 Mouilleuses de cannettes.
- 2 Balayeuses.
- 6 Journaliers pour la cour et le séchage des pièces.
- 2 Auneurs.
- 1 Portier.
- 1 Garde de nuit.
- 4 Tricoteuses de harnais.
- 8 Rentreuses et rappondeuses.
- N. B. Les tisserands étant obligés d’éplucher et nettoyer eux-mêmes leurs pièces, nous n’avons pas besoin d’éplucheuses.
- 12 Bobineuses.
- 6 Ourdisseuses.
- 1 Menuisier.
- I Charpentier.
- 2 Graisseurs.
- 1 Homme pour cuire le parement.
- 1 Homme soignant le moteur.
- TISSAGE DE 720 MÉTIERS.
- 1 Directeur.
- 2 Premiers contre-maîtres.
- 19 Contre-maîtres de section.
- 1 Contre-maître pareur.
- 4 Commis au bureau de réception.
- 1 Commis au parage.
- 1 Contre-maître de bobinage, ourdissage et rentrage, etc.
- 2 Faiseurs de peignes.
- p.95 - vue 102/204
-
-
-
- — 96 —
- 1 Menuisier fabricant les navettes.
- 2 Laveurs de brosses.
- 1 Chauffeur de pompe à vapeur.
- 5 Chauffeurs pour l’éclairage au gaz.
- 1 Contre-maître serrurier.
- 3 Serruriers.
- 2 Tourneurs, dont un en bois.
- 1 Forgeron.
- 1 Frappeur.
- 520 Tisserands.
- 26 Pareurs.
- 4 Graisseurs, dont 3 graissent continuellement les métiers à tisser et machines à parer.
- 8 Mouilleuses de cannettes.
- 4 Filles qui portent les cannettes aux tisserands.
- 3 Balayeuses.
- 9 Journaliers pour la cour et le séchage des toiles.
- 4 Auneurs, dont l’un sépare les différentes qualités de toiles qui rentrent.
- 2 Repasseurs de toiles.
- 1 Portier.
- 3 Gardes de nuit.
- 8 Tricoteuses de harnais.
- 20 Rentreuses et rappondeuses.
- 28 Bobineuses.
- 15 Ourdisseuses.
- 2 Menuisiers.
- 1 Charpentier.
- 2 Hommes pour cuire le parement.
- 1 Homme qui passe les bobines à la vapeur.
- 4 Apprentis contre-maîtres (Fden=Knupfer).
- I Sellier.
- 1 Homme soignant le moteur.
- p.96 - vue 103/204
-
-
-
- — 97 —
- Je terminerai cette seconde partie en donnant un modèle de règlement d’ouvriers, dans un tissage quelconque ; chaque chef d’établissement pourra s’en servir comme base, en y apportant les changements qu’il jugera à propos d’y faire. Pour donner à un pareil règlement un puissant appui, il est indispensable de le faire approuver et contre-signer par l’autorité municipale.
- RÈGLEMENT DES OUVRIERS DU TISSAGE.
- Article Premier.
- Tout ouvrier qui sera admis dans nos ateliers, sera soumis à une épreuve de 15 jours, pendant lesquels il est libre de partir; après ce temps il est obligé de s’engager pour le mois, du jour où il a été reçu.
- Cette obligation se renouvelle, après ce terme, pour les 6 mois suivants, si l’ouvrier ne dénonce pas un mois d’avance , c’est-à-dire au bout du 5° mois. Si l’ouvrier quitte sans dénonciation, il perd tous ses droits sur ce qu’il pourrait avoir de bon sur sa paye.
- Article II.
- L’ouvrier sera tenu de travailler tous les jours de l’année, à l’exception des dimanches et fêtes ordonnées par la loi. Toute absence pendant les jours de travail sera punie d’une amende, si l’ouvrier ne peut pas prouver, par un certificat du médecin, qu’il était malade. Cette amende consistera dans le double de ce que l’ouvrier aurait gagné s’il n’avait pas été absent.
- Article III.
- Les heures de travail sont affichées dans les salles. Dans le cas de chômage, occasionné par un événement imprévu dans la transmission ou par toute autre cause, l’ouvrier sera tenu de tra-7
- p.97 - vue 104/204
-
-
-
- — 98 —
- vailler toute la nuit, sous la condition, néanmoins, qu’il ne pourra, sans sa volonté, être tenu de travailler plus d’une nuit par semaine.
- Article IV.
- Une demi-heure avant l’ouverture des salles, les ouvriers en seront prévenus par le son de la cloche. Une demi-heure après, on sonnera, pour la seconde fois, pour l’entrée des ouvriers au travail.
- Un quart-d’heure après, la porte sera fermée ; de ce moment les ouvriers devront être rendus à leur poste.
- L’ouvrier qui arrivera trop tard, ne pourra plus être admis et sera soumis à l’amende fixée dans l’article 2.
- Article V.
- Dix minutes avant la sortie des ouvriers, ce qui sera annoncé par quelques coups de cloche, ils seront tenus de nettoyer leurs machines, sous peine d’une amende équivalente au tiers de la journée.
- Article VI.
- Pendant l’heure du dîner, aucun ouvrier ne pourra rester dans la salle. S’il arrivait un arrêt, par suite de dérangement dans la transmission, il lui est défendu d’aller dans une autre salle que la sienne ; il devra rester auprès de son métier, sous peine d’une amende équivalente à une demi-journée.
- Article VII.
- Il est défendu au portier, sous peine d’amende, de laisser sortir les ouvriers pendant les heures de travail, à moins d’une permission spéciale écrite du directeur.
- Article VIII.
- Si un étranger demande à parler à un ouvrier, le portier fera prévenir le contre-maître de la salle où travaille cet ouvrier, et fera attendre à la porte le visiteur, jusqu’à ce que l’ouvrier soit arrivé. Il est défendu au portier de laisser entrer dans la fa-
- p.98 - vue 105/204
-
-
-
- — 99 —
- brique, les personnes qui n’ont rien à y faire. Les ouvriers, qui se permettraient d’introduire des étrangers, sous quelque prétexte que ce soit, seront punis de 2 jours de travail.
- Article IX.
- Aucun ouvrier ne devra toucher à son métier, si ce dernier est dérangé ; il est tenu d’appeler le contre-maître, sous peine d’une journée d’amende.
- Article X.
- Chaque ouvrier est responsable des outils ou objets qu’il a reçus ; s’il en perd, on les remplacera à ses frais.
- Article XI.
- S’il arrive un dommage quelconque dans une salle de travail et que l’auteur refuse de se nommer, tous les ouvriers qui sont dans cette salle, seront mis à l’amende, jusqu’à ce que le coupable soit connu.
- Article XII.
- L’ouvrier qui livrera de la mauvaise marchandise, subira une amende proportionnée aux défauts trouvés.
- Article XIII.
- Le samedi de chaque semaine, on fera un grand nettoyage, après lequel le directeur fera l’inspection des machines ; il punira les ouvriers dont les métiers sont mal tenus ou mal nettoyés.
- Article XIV.
- Le tarif de façon et les primes pour les ouvriers seront affichés dans les salles. Les ouvriers sont tenus de s’y soumettre.
- Article XV.
- Les ouvriers seront payés tous les 15 jours; néanmoins ils ne recevront leur salaire que lorsqu’ils auront une semaine de travail en sus de bon au bureau.
- Article XVI.
- Il est défendu de fumer dans l'enceinte de la fabrique; le cou-
- p.99 - vue 106/204
-
-
-
- 1 sa
- — 100 —
- trevenant sera puni d’une amende, et renvoyé, si cela lui arrivait une seconde fois.
- Article XVII.
- Tout ouvrier qui serait dans un état d’ivresse, sera renvoyé chez lui et marqué comme absent.
- Article XVIII.
- Il est défendu de déposer des ordures dans les escaliers ou dans la cour; les lieux d’aisance devront être tenus proprement. L’ouvrier convaincu de les avoir salis, sera soumis à une amende de 50 centimes, en faveur de la personne chargée de les nettoyer.
- Article XIX.
- Tout ouvrier qui touchera à l’appareil d’éclairage ou au chauffage, sans ordre, sera mis à l’amende d’une journée de travail et en outre responsable du dommage qu’il peut avoir causé.
- 1
- Article XX.
- Pour éviter tout danger de feu, les ouvriers ne pourront éteindre eux-mêmes leurs becs de gaz ou leurs lampes , que sur l’ordre de leur contre-maître. Les lanternes des ouvriers seront munies de chandelles et ne pourront être allumées que chez le portier, sous peine d’une amende d’une journée de travail.
- Article XXL
- Il est enjoint au portier de visiter à la sortie tous les ouvriers, aussi souvent qu’on le juge nécessaire ; chaque ouvrier devra s’y soumettre, tant dans l’intérêt de son chef que dans celui des honnêtes ouvriers, sur lesquels on pourrait avoir de faux soupçons.
- Article XXII.
- L’ouvrier qu’on surprendra jeter des bobines ou du déchet dans les lieux d’aisance ou dans l’eau, sera puni d’une amende de 2 journées, en faveur de celui qui l’aura dénoncé. En général, tout ouvrier qui découvrira et prouvera au bureau une malveillance ou une infidélité commise par un de ses camarades, re-
- p.100 - vue 107/204
-
-
-
- — 101 —
- cevra une récompense proportionnée à la gravité du fait, et son nom restera caché.
- Tout ouvrier convaincu de vol, même de peu de valeur, sera sur-le-champ renvoyé, sans qu’il puisse prétendre au moindre salaire de ce qu’il peut avoir de bon au bureau ; son nom ainsi que la circonstance du vol seront affichés pendant 15 jours dans toutes les salles. Lorsque le vol commis sera important, le coupable sera livré entre les mains de la justice.
- Article XXIII.
- Il est défendu, sous peine de 5 francs d’amende, d’entrer ou de sortir autrement que par la porte, dans l’enceinte de la fabrique.
- Article XXIV.
- Tout ouvrier qui manquera au respect ou aux égards qu’il doit à son supérieur, sera puni, suivant la gravité du cas, d’une amende de 1 à 5 jours de travail.
- Article XXV.
- En retour des soins et de la protection paternelle que les chefs de l’établissement doivent aux ouvriers, ces derniers devront leur promettre fidélité et activité, et ils devront avertir leurs chefs, s’ils découvrent un dommage ou mauvais coup tenté contre la prospérité ou la tranquillité de l’établissement.
- Article XXVI.
- Le présent règlement sera affiché dans toutes les salles, pour qu’aucun ouvrier ne puisse prétexter de son ignorance.
- Celui qui déchirera ou salira volontairement ce règlement, sera immédiatement renvoyé et son salaire lui sera retenu.
- p.101 - vue 108/204
-
-
-
- Q
- O
- DU PAREMENT.
- Quoique M. Louis Bedel ait déjà parlé, dans sa première partie, du parement et du vernis de harnais , je crois faire plaisir à mes lecteurs, en revenant sur ce chapitre d’une manière plus explicite et en y ajoutant des tableaux de proportions, qui serviront à abréger les calculs qu’il faudrait faire pour des marmites à cuire la fécule, de capacités différentes.
- La bonté et la beauté de la toile et la quantité que fournit un métier à tisser, dépendent en grande partie de la bonté du parement qu’on emploie.
- Le parement se compose, comme on l’a déjà dit précédemment, de fécule de pommes de terre, qu’on fait bouillir dans de l’eau et qu’on mélange avec une certaine quantité de sulfate de cuivre, de sulfate de zinc ou de sulfate de soude.
- Beaucoup de fabricants y ajoutent encore une certaine quantité de Léiocome.
- On reconnaît que la fécule de pommes de terre est de bonne qualité et sèche, lorsqu’elle est très-blanche et dure, en petits morceaux et lorsqu’on la broyé entre deux doigts, elle doit s’y fondre pour ainsi dire, en faisant entendre un petit craquement, tel que celui de la neige.
- Le sulfate de cuivre doit être préféré dans le mélange, étant celui de tous les sulfates qui agit le plus fortement. Il empêche, plus que les autres, la pourriture des pièces longtemps emmagasinées, aide beaucoup le parement à pénétrer les fils de chaîne, et prend également un bon quart-d’heure de moins pour la cuisson du parement, par la raison que les parties farineuses sont plus vite dissoutes au moyen de ces sulfates.
- Nous donnons ici un tableau de proportions pour la composition du parement, supposant une bonne qualité de fécule bien sèche.
- p.102 - vue 109/204
-
-
-
- — 103 —
- TABLEAU
- de proportions pour la composition du parement.
- QUANTITÉ QUANTITÉ QUANTITÉ
- d'eau. de sulfate de cuivre ou de zinc. de FÉCULE. d'eau. de sulfate de cuivre ou de zinc de FÉCULE. d'eau. de sulfate de cuivre ou de zinc de FÉCULE.
- litres. grammes. livres. litres. grammes livres. litres. grammes. livres.
- 20 0,075 4,65 60 0,231 14,15 15,12 100 0,387 23,25
- 25 0,095 5,81 65 0,251 105 0,407 24,42
- 30 0,114 6,97 70 0,270 16,38 110 0,426 25,58
- 35 0,134 8,14 75 0,290 17,45 115 0,446 26,74
- 40 0,153 9,30 80 0,310 18,61 120 0,465 27,90
- 45 0,173 10,47 85 0,329 19,77 125 0,485 29,06
- 50 0,193 11,63 90 0,348 20,93 130 0,504 30,22 31,38
- 55 0,212 12,89 95 0,368 22,09 135 0,524
- Voici de plus deux tableaux de proportions pour la composition du parement avec différentes fécules.
- Fécule bonne qualité, séchée fortement.
- QUANTITÉ QUANTITÉ QUANTITÉ
- d'eau. de sulfate. de fécule. d'eau. de sulfate. de fécule. d'eau de sulfate. de fécule.
- litres. grammes. livres. litres. grammes. livres. litres. grammes. livres.
- 50 0,070 6,94 130 0,180 18,06 290 0,403 40,28
- 5.5 »,077 7,64 135 »,188 18,76 300 »,417 41,67
- 60 »,084 8,33 140 »,194 19,45 310 »,431 43,06
- 65 »,091 9,03 145 »,202 20,15 315 »,439 43,85
- 70 »,098 9,72 150 »,209 20,84 320 » ,445 44,45
- 75 » ,110 10,42 155 »,216 21,54 325 »,452 45,14
- 80 »,120 11,11 160 »,222 22,23 330 »,459 45,84
- 85 »,121 11,81 200 »,278 27,77 335 »,465 46,53
- 90 »,125 12,50 210 »,292 29,16 340 »,472 47,23
- 95 »,132 13,20 220 »,306 30,55 345 »,480 47,92
- 100 »,139 13,89 230 »,320 31,94 350 »,487 48,62
- 105 »,146 14,59 240 » ,338 33,33 555 »,493 49,31
- 110 »,153 15,28 250 »,347 34,72 360 »,500 50,01
- 115 »,160 15,98 260 » ,361 36,11 365 »,507 50,70
- 120 »,167 16,67 270 »,375 37,50 370 »,514 51,39
- 125 »,174 17,37 280 »,389 38,89 375 »,521 52,09.
- 1 i
- p.103 - vue 110/204
-
-
-
- I
- I — g
- Fécule bonne qualité, médiocrement séchée.
- QUANTITÉ QUANTITÉ QUANTITÉ
- d'eau. de sulfate. de fécule. d'eau. de sulfate. de fécule. d'eau. de sulfate. de fécule.
- litres. grammes livres. litres. grammes. livres. litres grammes. livres.
- 50 0,070 7,64 130 0,180 19,82 290 0,403 44,23
- 55 »,077 »,084 8,40 135 »,188 20,58 300 o,417 45,75
- 60 9,24 140 »,194 21,34 22,10 310 o,431 47,27
- 65 »,091 10,08 145 »,202 315 »,439 48,73
- 70 »,098 10,92 150 »,209 22,86 320 o,445 48,79
- 75 »,110 11,76 155 »,216 23,62 325 o,452 49,55
- 80 »,120 12,60 160 »,222 24,38 330 o,459 50,40
- 85 »,121 12,98 200 »,278 30,55 335 o ,465 51,17
- 90 »,125 13,74 210 »,292 32,07 340 o,472 51,93
- 95 »,132 14,50 220 »,306 33,59 345 o,480 52,69
- 100 »,139 15,26 230 »,320 35,11 350 o,487 53,45
- 105 »,146 16,02 240 »,338 >>,347 36,63 355 »,493 54,21
- 110 »,153 16,78 250 38,15 360 o ,500 54,97
- 115 o,160 »,167 17,54 260 o,361 39,67 365 o,507 55,73
- 120 18,30 270 o,375 41,19 370 o,514 56,52
- 125 »,174 19,06 280 o,389 42,71 375 o,521 57,28
- Le meilleur parement ordinaire que je connaisse, est le suivant : pour 500 litres d’eau, 25 à 26 k° de fécule,
- k° 1,50 de Léiocome ,
- »,25 sulfate de cuivre.
- Je ne me permettrai pas de porter un jugement quelconque sur la meilleure manière de cuire le parement, Messieurs les fabricants les plus éclairés n’étant pas d’accord sur ce point ; plusieurs m’ont assuré que la cuisson au feu nud offrait beaucoup plus d’avantage et ne brûlait pas le parement, lorsqu’on avait soin de remuer bien constamment pendant la cuisson et surtout quand on nettoyait parfaitement la chaudière avant d’y verser la fécule et l’eau, et que de plus on en graissait, avant de commencer l’opération, toute la surface intérieure.
- Quoiqu’il en soit, je crois qu’une bonne cuisson à la vapeur est toujours plus régulière et quoique peut-être elle soit plus lente, elle me paraît avoir de l’avantage sur la cuisson au feu
- p.104 - vue 111/204
-
-
-
- Manière de cuire le parement à la vapeur.
- nud, quand ce ne serait qu’à cause de la marmite, qui ne se brûle pas aussi vite que dans ce dernier cas.
- — 105 —
- Lorsque la grande marmite est bien nettoyée, on y verse, je suppose, les 500 litres d’eau, en y mélangeant de suite k° 0,25 de sulfate de cuivre, et on commence à laisser entrer la vapeur ; pendant ce temps on mélange, dans un cuveau ou seille, la fécule et le léiocome. Aussitôt que l’eau de la grande marmite est tiède, on en verse dans le mélange de léiocome et de fécule, en ayant soin de broyer le tout aussi bien que possible avec les mains, pour que la fécule ne s’attache pas au fond du cuveau ; on ajoute toujours de l’eau tiède, jusqu’à ce que la fécule soit entièrement dissoute et alors on verse le tout dans la grande marmite. Lorsque l’eau de celle-ci a atteint un degré de chaleur tel, qu’on puisse à peine le supporter en y mettant la main, il faut, dès ce moment, remuer le tout sans discontinuer, avec un battoir qui plonge jusqu’au fond, pendant une demi-heure consécutive; après quoi, on peut se permettre seulement de petites pauses. Après une cuisson d’une heure environ, on commencera à apercevoir de petites filaments; lorsqu’on prendra entre les doigts cette masse liquide, et que le liquide deviendra légèrement collant , alors le parement aura atteint le degré de cuisson voulu : si l’on continuait plus longtems à chauffer, le parement deviendrait mauvais. Il faut avoir soin, au bout de 5/4 d’heure de cuisson, de voir souvent si le parement est déjà cuit convenablement; car il peut arriver que la chaleur varie d’un jour à l’autre et par conséquent le parement se fait quelquefois en 5/4 d’heure, d’autrefois il faut 5/4 d’heure. On doit avoir soin , pendant toute la cuisson, de ne pas couvrir la marmite, pour que la vapeur puisse s’évaporer.
- Voici, d’après ce procédé, un tableau de proportions pour le parement.
- She crwscre, EE, - £
- p.105 - vue 112/204
-
-
-
- — 106 —
- LITRES. FÉCULE. LÉIOCOME. SULFATE DE CUIVRE.
- kil. déca. kil. déca. kil. déca.
- 50 4,166 0,1250 0,041
- 100 8,33 »,25 »,083
- 150 12,50 »,37 »,125
- 200 16,66 »,50 »,166
- 250 20,08 »,62 »,208
- 300 25, » »,75 »,250
- 350 29,16 »,87 »,291
- 400 33,33 1. » » ,331
- VERNIS DE HARNAIS.
- Le vernis de harnais sert à conserver les harnais au moins six fois plus de temps qu’ils ne se conserveraient s’ils n’en avaient pas ; ce vernis n’est fixé que sur les boucles de harnais.
- La meilleure recette de vernis que je connaisse, est la suivante :
- Recette de vernis pour harnais.
- On prend 9 liv. huile de lin,
- 1/2
- 1/2
- 1/2 1/2 1/4
- litharge d’argent, sucre de saturne, mastic fin (résine de lentisque), térébenthine vénitienne, ognons.
- Manière de procéder.
- On commence par cuire, pendant trois-quarts d’heure, très-lentement sur un feu de charbon de bois, les oignons dans l’huile de lin, puis on y ajoute, par petite portion, le litharge d’argent, en laissant cuire lentement ce mélange un quart-d’heure environ ; ensuite on y verse, par toutes petites doses et avec beaucoup de précaution, le sucre de saturne. Après quelques minutes on y ajoute le mastic et enfin la térébenthine, en ayant soin de ne pas verser ces deux dernières matières avant que l’eau ne soit
- p.106 - vue 113/204
-
-
-
- un peu refroidie au degré d’eau tiède. Il faut avoir soin de remuer , d’un bout de l’opération à l’autre, constamment le mélange, et si, par hasard, il commençait à bouillir et à augmenter par conséquent de volume, il faut immédiatement ôter la marmite de dessus le feu. En dernier lieu, il ne faudra jamais poser la marmite, qu’on retirera du feu, sur la terre humide, sur une pierre ou sur la neige ; car le vernis ne manquerait pas de monter à la surface : on pose la marmite ordinairement sur une planche.
- Emploi du déchet de parement.
- Pour pouvoir bien parer les fils de lisière, on ne doit pas laisser le même parement trop longtemps dans la bâche, surtout celui qui se trouve aux extrémités, parce qu’il a toujours servi plus longtemps et qu’enfin le meilleur parement reste au milieu ; tous les matins on devra donc sortir le parement aux deux bouts de la bâche. On pourra vendre ce déchet de parement aux tissages à la main, si l’on a soin préalablement de le faire passer à travers un tamis de 2 à 5 m/m.
- Un second débouché pour ce parement tamisé existe chez les teinturiers, qui s’en servent pour apprêter leurs lustrines.
- Dans un tissage mécanique de 24 machines à parer, ce déchet peut rendre environ 500 francs par an.
- Emploi du déchet de chaîne parée.
- (Extrait d’une note envoyée par l’auteur a la Société industrielle de Mulhouse, le 5 Août 1842.)
- On entend par déchet de chaîne parée, les fils de chaîne parés trop courts pour que le pareur ou le tisseur puisse s’en servir ; ou bien encore ceux qui sont tellement noués ou entremêlés, qu’on ne peut plus les démêler; ou bien encore le commencement de tout rouleau paré au rentrage et rappondage; et enfin le commencement et la fin de chaque rouleau sur métier à tisser. Tout
- p.107 - vue 114/204
-
-
-
- co o -
- ce déchet de chaîne parée forme, dans un tissage de 7 à 800 mé-tiers, un total de 1000 k° environ par an, qu’on a pendant longtemps considérés comme ayant une valeur nulle.
- L’établissement de filature et tissage mécaniques d'Augsbourg a essayé d’en faire des cordes à emballer, voir même des cordes à tambour pour Mule Jenny. Ces dernières, quoique très-durables, ont cependant présenté un inconvénient : c’est qu’étant trop raides et manquant par conséquent d’élasticité, elles rendaient le ren-vidage plus pénible; par contre, comme cordes à emballer, l’établissement d’Augsbourg n’a eu qu’à s’en louer et les a reconnues supérieures, pour la force et la durée, aux meilleures cordes d’étoupe.
- Manière de procéder.
- On férance (hechelt) le déchet de chaîne parée de la même manière que le chanvre, en ayant soin de le démêler aussi légèrement que possible. Le cordier en filera, comme pour le chanvre, un brin préparatoire de un millimètre de diamètre environ, dont la torsion sera de droite à gauche. On prend 4 de ces brins, qu’on retordra légèrement ensemble, en sens inverse, de gauche à droite, et enfin 4 de ces brins principaux, qu’on réunira en tordant de droite à gauche fortement ; au moyen de quoi l’on obtiendra une belle corde de 16 m/m. de diamètre environ.
- Quant au déchet qui reste dans le féran (Hechel), on en fait également des cordes pareilles ; seulement elles sont d’une qualité un peu inférieure, quoique très-durables.
- Manière de procéder.
- Ce déchet, qui reste dans le féran, ainsi que le déchet de chaîne parée qui est trop court, est traité et considéré comme l’étoupe (23erg).
- Le cordier filera, comme pour le chanvre, un brin très-peu tordu, de 5 à 6 m/m. de diamètre, et tordu de droite à gauche;
- p.108 - vue 115/204
-
-
-
- — 109 —
- quand on en aura filé assez pour le nombre de cordes que l’on veut faire, on plongera ces brins préparatoires, pendant 2 à 5 heures, dans un mélange de parement et d’eau pour les amollir; après quoi, au moyen d’une poignée de crins de chevaux ou d’un morceau de laine, on en exprime l’humidité d’un bout du brin à l'autre: ce qui couche en même temps les petits bouts de fils dont le brin est hérissé sur toute la longueur; puis on réunit 4 de ces brins préparatoires principaux, qu’on tord également de droite à gauche, et l’on obtient une corde de 15 à 16 m/m. de diamètre.
- p.109 - vue 116/204
-
-
-
- p.110 - vue 117/204
-
-
-
- — ni —
- TROISIÈME PARTIE.
- DE LA COMPTABILITÉ.
- De la bonne comptabilité d’un tissage, de l’ordre qui y règne, et de la meilleure et plus simple manière de tenir les écritures, dépend une partie de la prospérité d’un établissement; il est essentiel de pouvoir se rendre, à chaque instant, compte des affaires qu’on fait, et du prix de revient de chaque article fabriqué.
- Je me bornerai, pour plus de simplicité, à donner les formulaires ou modèles de livres et livrets dont on a besoin pour l’ordre et la bonne marche intérieure d’un tissage mécanique.
- Je commencerai : 1° par la comptabilité du parage, 2° par celle du tissage et du bureau principal de réception, et enfin 3° je terminerai par un aperçu d’inventaire général.
- TRICOTEUSES DE HARNAIS.
- Les tricoteuses de harnais seront payées à la pièce.
- Dans les tissages un peu considérables, où l’on emploie beaucoup de harnais, il est bon d’avoir toujours une de ces tricoteuses à la journée, pour réparer les harnais usés. Le prix de façon à payer par harnais, composé de 4 ailes, dépend du nombre de portées qu’il contient. Il est clair que plus ce nombre est grand, plus la façon doit augmenter, et vice versa. La main-d’œuvre variant d’un endroit à l’autre, nous ne pouvons pas donner un tarif de façon à payer par harnais. Messieurs
- p.111 - vue 118/204
-
-
-
- S1
- les fabricants pourront facilement l’établir eux-mêmes, sachant qu’une tricoteuse ordinaire peut tricoter
- en 1 jour en 75 portées 2 harnais.
- id. 65 id. 2 1/2id.
- id. 50 id. 3 id.
- id. 45 id. 51/4id.
- Chaque tricoteuse aura un livret, comme le modèle suivant l indique, et qui portera, sur le dos de la couverture, le numéro d’ordre de la tricoteuse. A la fin de la paye, on additionne les différentes sommes partielles de façon, dans la colonne des francs et centimes, et le total, qui est le gain de l’ouvrière par quinzaine, se transporte dans le livre de paye du parage.
- p.112 - vue 119/204
-
-
-
- Modèle 1.
- LIVRET DE TRICOTEUSE.
- DATE. PORTÉES. FAÇON par PIÈCE. PRIMES. AMENDES.
- MOIS. JOURS 45. 50. 55. 65. 75.
- • fr. c. fr. c. fr. c.
- p.113 - vue 120/204
-
-
-
- — 114 —
- RENTREUSES ET RAP PONDEUSES.
- Les rentreuses et rappondeuses seront également payées à la pièce, et le prix de façon dépendra aussi du nombre de portées du rouleau à rappondre ou à rentrer. Chaque rentreuse ou rap-pondeuse aura un livret tel qu’il suit {modèle II}, qui portera sur le dos de la couverture son nunéro d’ordre.
- Chaque fois que l’ouvrière aura rappondu un rouleau, il lui sera inscrit, avec la date, par le contre-maître de parage, dans les petits établissements, ou par celui de bobinage, quand l’établissement est assez grand pour que ce dernier soit indépendant du contre-maître de parage; à la fiai de la paye, on additionne le gain de l’ouvrière, qu’on porte alors dans le livre de paye du parage.
- Le contre-maître de bobinage ou de parage aura également un livret, où il inscrira les rouleaux qu’il donne aux rappondeuses, avec la date.
- Le formulaire se trouve ci-après {modèle III}.
- La façon se déterminera facilement, sachant qu’une rappon-deuse rappond en 1 jour en 75 portées 4 rouleaux, id. 65 id. 5 id. id. 55 id. 51/2id.
- id. 45 id. 6 id.
- p.114 - vue 121/204
-
-
-
- LIVRET DE RENTREUSE ET DE RAPPONDEUSE.
- Modèle II.
- DATE. N° d’ordre. PORTÉES. FAÇON par PIÈCE. PRIMES. AMENDES. TOTAL.
- MOIS. JOURS. 43. 50. 55. 65. 75.
- fr. o. fr. C* fr. c. fr. c.
- p.115 - vue 122/204
-
-
-
- LIVRET DU CONTRE MAITRE DE BOBINAGE.
- Modèle III
- a H
- DATE. No d’ordre. No du MÉTIER. PORTÉES. FAÇON par PIÈCE. PRIMES. AMENDES. TOTAL.
- MOIS. JOURS. 43. 50. 55. 65. 75.
- fr. C. fr. c. fr. c. fr. c. (
- Q Z L
- p.116 - vue 123/204
-
-
-
- — 117 —
- BOBINAGE.
- Après que les bobines de chaîne ont été passées à la vapeur, on les donne aux bobineuses, qui sont également payées au poids, en leur inscrivant le poids de la chaîne qu’on leur délivre, plus la date. Quand elles ont fini de bobiner celte chaîne, on leur inscrit de nouveau sur le même livret le poids qu’elles livrent; la différence, en moins, du poids qu’elles rapportent , avec celui qu’elles ont reçu, représente le déchet produit au bobinoir. (Voir le formulaire des livrets de bobineuses, modèle IV).
- N. B. Il est entendu, pour une et toutes fois, que les livrets portent sur le dos de la couverture leur numéro d’ordre.
- Pour déterminer la façon à payer par k° aux bobineuses, il suffira de savoir qu’une bonne bobineuse doit bobiner 24 ko de chaîne 27/28 par jour.
- Les bobinoirs de 144 broches ont ordinairement 4 bobineuses et peuvent par conséquent produire 96 kos par jour et par métier.
- C’est au moyen de ces livrets que se fait la paye, à la fin de la quinzaine, dans le livre de paye du parage.
- p.117 - vue 124/204
-
-
-
- LIVRET DE BOBINEUSE.
- Modèle IV.
- DATE. NUMÉRO POIDS POIDS FAÇON par KILO. PRIMES. AMENDES TOTAL.
- MOIS. JOURS- de la caisse. du fileur. du fil. TARE. NET. BRUT. NET.
- kil. déc. kil. déc. kil. déc. kil. dée fr, c. fr. c. fr. c. fr. c.
- ?
- (4
- p.118 - vue 125/204
-
-
-
- — 119 —
- A la fin de la paye, on transporte tous les livrets dans le rencontre de bobinage, dont je donne ici le formulaire {modèle F).
- Il est clair que plus le numéro de chaîne sera fin et plus le prix de façon devra augmenter, par la raison qu’il faut alors une plus grande quantité de filé par k°, et au contraire le prix de façon diminuera pour les gros numéros.
- Chaque bobineuse a une caisse dans laquelle sont ses bobines de chaîne filée, et une seconde caisse pour ses bobines en bois, pleines ou vides. On lui pèse un certain nombre de bobines dont elle a besoin ; par exemple : on pèse 120 bobines vides dans la caisse d’une bobineuse; le poids donné sera la tare. De plus, on pèse les filés qu’on lui donne, et quand la bobineuse livre, on déduit la tare du poids total qu’elle rapporte ; et il faut que le poids net de chaîne bobinée qu’elle livre, soit égal au poids de chaîne qu’on lui a livré, moins le déchet produit par le bobinage.
- p.119 - vue 126/204
-
-
-
- Modèle V.
- RENCONTRE DE BOBINAGE.
- DATE. NUMÉROS POIDS DATE. NUMÉRO LIVRÉ NET. RETOURNÉ NET. PRIX de FAÇON. DÉCHET. SURPOIDS prorenant do l’humidité. OBSERVATIONS.
- du bobinoir. de l’ouvrier
- MOIS. JOURS. de la caisse. du fileur. du fil. —Thhr NET. ~8 TOTAL. MOIS JOURS.
- kil. déc. kil. déc kil. déc. kil. déc fr. c. kil. déc. kil. déc
- C
- » 5.
- p.120 - vue 127/204
-
-
-
- — 121 —
- OURDISSAGE.
- Les ourdisseuses sont payées au poids également. Elles reçoivent, dans une caisse, un certain nombre de bobines pleines provenant du bobinage; on pèse le tout et on obtient le poids brut. Quand l’ourdisseuse a fini d’ourdir son rouleau, elle le livre; on lui pèse le rouleau plein, en en déduisant la tare, qui se trouve marquée, au moyen de numéros en fer rougis au feu, sur le plat des rondelles de l’ensouple. On voit par là qu’on ne peut pas se rendre, à chaque livraison , ou chaque jour, exactement compte du déchet produit à l’ourdissage ; c’est un inconvénient auquel on ne pourrait remédier qu’en cherchant, chaque fois qu’on donne à l’ourdisseuse sa tâche, combien il lui faudrait de kilogrammes de chaîne pour remplir convenablement son rouleau ourdi, et de plus, s’il y avait un reste de chaîne sur les bobines, on ne pourrait plus s’en servir, ou il faudrait tout repeser la fois suivante. On conçoit combien ce travail serait long et minutieux. Presque tous les établissements se bornent donc à se rendre compte du déchet aux ourdissoirs, seulement au bout de l’année, lorsqu’ils font l’inventaire; alors, en pesant 10 ou 100 bobines en bois, vides, ils connaissent le poids des bobines vides que contient chaque ourdissoir , et en pesant toutes les bobines, plus ou moins pleines, sur chaque ourdissoir et déduisant le poids trouvé précédemment des bobines vides, on obtient le poids net de la chaîne qui se trouve sur les cadres d’ourdissoirs.
- Une bonne ourdisseuse peut ourdir par jour, en chaîne 27/28, 60 kilog. net ; il est clair que plus sa chaîne sera fine et plus la façon augmentera, et vice versa.
- D’après ces données, Messieurs les fabricants pourront établir facilement leur tarif d’ourdissage.
- Le formulaire des livrets d'ourdisseuses est le suivant {modèle VI).
- 8
- p.121 - vue 128/204
-
-
-
- Modèle VI.
- LIVRET D’OURDISSEUSE.
- DATE. POIDS NUMÉRO POIDS
- MOIS. JOURS. BRUT. des BOBINES VIDES. DU FIL. du ROULEAU NET.
- kil. déc. kil. déc. kil. déc.
- FAÇON par KILO. PRIMES. AMENDES. TOTAL.
- fr. o fr. c- fr. c. fr. c.
- — N 1 Es
- CNaM
- p.122 - vue 129/204
-
-
-
- 1
- N
- I
- !
- i
- — 123 —
- Quant au rencontre d’ourdissage, je vais en donner le formulaire {modèle VII), en supposant un établissement ayant 12 ourdissoirs.
- Quand l’ourdisseuse a livré son rouleau ourdi, le contre-maître colle sur le plat de la rondelle d’ensouple un petit carré en papier, sur lequel est marqué :
- o2 OUICINEs )• O O O O O
- Le numéro d’ordre.
- Le numéro de l’ourdissoir.
- Le poids net de chaîne en kil.
- Le nombre de portées. La date de la livraison.
- No d’ordre No d’ourdissoir Poids net kil. Portées Mètres déca.
- Le 18
- !
- quelques fabricants voulaient, en outre, connaître chaque
- fois le nombre de mètres de chaîne que possède chaque rouleau ourdi, on procéderait comme nous l’avons indiqué précédemment, dans notre 2e partie, page 71, et l’on ajouterait encore dans cette étiquette carrée, le nombre de mètres de chaîne sur chaque rouleau.
- Quand, au bout de la quinzaine, les livrets d'ourdisseuses correspondent avec le rencontre d’ourdissage, on inscrit la paye des ourdisseuses dans le livre de paye du parage, dont nous donnerons plus tard le formulaire.
- "es
- fe 2
- nmif.s Ps.
- p.123 - vue 130/204
-
-
-
- RENCONTRE URDISSAGE.
- Modèle VII
- DATE NUMÉRO NUMÉRO DES OURDISSOIRS 1 POrDS DES FILÉS. 1 FAÇON par KILO. DATE. MACHINE à PARER. OBSERVATIONS.
- MOIS. JOURS. du rouleau. du fil. 1. 2. 3. 4. s. 6. 1 8. 9. 10. 11. 12. MOIS. JOURS
- kil. déc kil. déc kil. déc. kil. déc. kil. déc. kil. déc. ki. il. déc. kil. déc. kli, déc kil, déc. kil. déc fr. c (
- a
- p.dbl.124 - vue 131/204
-
-
-
- E
- PARAGE.
- Les pareurs travaillent à la pièce, et sont payés à tant la coupe. Toutes les fois qu’une coupe est finie, ce qui a lieu lorsque le compteur de la machine sonne, le pareur imprime sur la chaîne, aussi près que possible de l'ensouple parée, sa marque, qui consiste dans le numéro de sa machine.
- La couleur à employer pour ces marques, est un mélange d’une demi-livre de bleu de Prusse avec une livre de craie blanche, broyés ensemble, et mêlés avec de l’eau.
- Messieurs les fabricants pourront établir leurs tarifs de parage en partant des données suivantes , qui sont les nombres de coupes qu’un pareur peut parer en 1 jour, en portées différentes, sur machines système écossais.
- En 75 portées, un pareur peut faire par jour
- 11 1/2 coupes à 12 coupes de 50 aunes.
- 65 » 15
- 55 » 15 1/2
- 50 » 15 1/2
- 45 » 15
- Les livrets des pareurs sont faits d’après le formulaire suivant (modèle VIH).
- p.126 - vue 132/204
-
-
-
- LIVRET DE PAREUR.
- Modèle VIII.
- MOIS.
- DATE.
- JOURS:
- o
- kil. dée
- POIDS
- NET.
- TOTAL
- kil. déc.
- MOIS.
- DATE.
- JOURS.
- COUPES.
- PRIMES.
- AMENDES
- fr c.
- TOTAL.
- fr.
- 81
- NOMBRE des
- par quinzaine.
- FAÇON par COUPE.
- du
- ROULEAU
- N°
- du
- ROULEAU
- fr. c.
- fr. c.
- p.127 - vue 133/204
-
-
-
- Il est bon que le contre-maître de parage tienne aussi un registre du parage, qui sera tracé d’après le formulaire modèle IX, pour pouvoir voir d’un coup-d’œil où et quand passe chaque rouleau de chaîne parée, le pareur qui l’a paré, le nombre de portées qu’il possède, le nombre de coupes, le jour où il a été rappondu ou rentré, sa sortie au tissage et enfin le numéro du métier à tisser qui le travaille. Le formulaire de ce registre est assez clair pour que je puisse m’abstenir de plus amples détails.
- De plus, le contre-maître du parage ou le commis du parage (quand l’établissement est considérable , il est urgent de donner au contre-maître de parage un commis pour ses écritures) tiendra également un rencontre de parage (voir à la page suivante, modèle A'); et ce n’est que lorsque les livrets des pareurs, le registre du parage et le rencontre de parage sont bien d’accord, qu’on peut faire la paye et l’inscrire sur le livre de paye du parage en général.
- Le rencontre n’est autre chose que l’extrait des rouleaux et des coupes déjà inscrits sur le registre; ainsi, c’est d’après le registre, qui en est la base , qu’on inscrit le rencontre du parage et les livrets de pareurs ; le livre de paye se fait au moyen du rencontre de parage ou des livrets de pareurs.
- p.128 - vue 134/204
-
-
-
- Modèle IX.
- REGISTRE DU PARAGE.
- DATE.
- NOMS
- DES PAREURS.
- PORTEES.
- Nos D’ORDRE NOMBRE de COUPES.
- des MACHINES des ROULEAUX
- à parer. parés.
- TOTAL des COUPES.
- A été rappondu ou rentré.
- MOIS. JOURS.
- N° DU MÉTIER à rappondre ou à rentrer.
- MOIS
- JOURS.
- LIVRÉ
- AU TISSAGE.
- Au MÉTIER à tisser. OBSERVATIONS.
- 2
- p.129 - vue 135/204
-
-
-
- RENCONTRE DE PARAGE.
- FORMULAIRE DI
- Modèle X.
- DATE. N° d’ordre du rouleau. NUMÉROS DES MACHINES ET NOMBRE DE COUPES PAR ROULEAU PARÉ. TOTAL. OBSERVATIONS.
- MOIS. JOURS. 1. 2. 3. 4. 5. G. 7. 8. 9. 10. H. I 11 1 | 13, 11. 15. 16. 17. 18. 19. 20. 21. 22. 23. 24.
- /
- p.dbl.130 - vue 136/204
-
-
-
- S
- Les rouleaux de chaînes parées sont, à leur livraison, munis sur la rondelle d’ensouple, d’un second petit papier, ayant ordi-nairement la forme d’un ovale, et qu’on colle avec de la gomme, dans les intervalles en bois que laissent les rondelles à jour de l'ensouple.
- Sur ce papier, le contre-maître écrira :
- 1° Le numéro d’ordre du rouleau paré.
- 2° Le numéro de la machine à parer.
- 3° Le nombre de coupes.
- 4° Le nombre de portées de cette chaîne.
- 5° Le numéro du métier qui aura rappondu ou rentré cette chaîne.
- 6° La date de la livraison du rouleau.
- / N°
- Machine No Coupes Portées
- Métier No
- s Le
- VK 18
- Lorsque les livrets, au bout de la quinzaine, sont tous calculés, tant pour les bobineuses, que pour les ourdisseuses, ren-treuses, tricoteuses, rappondeuses, pareurs et journaliers (les journaliers seront marqués sur un petit livret ordinaire, où chaque jour on s’assurera de leur présence); on inscrit le tout sur le livre de paye du parage, dont nous avons fait mention plusieurs fois déjà, et dont nous donnons également ici le formulaire (mo-
- p.132 - vue 137/204
-
-
-
- LIVRE DE PAYE DU PARAGE.
- Modèle XI.
- DES OUVRIERS.
- NOMS
- kil. déc.
- POIDS-
- COUPES.
- FAÇON.
- fr.
- PRIMES.
- fr.
- AMENDES
- C.
- PARTIELLES
- SOMMES
- TOTAUX.
- fr.
- S, /
- P
- - —......— CNAN
- NB. Dans la colonne des totaux, on ne met que les sommes, 1° du total du bobinage ; 2° id. de l’ourdissage ; 3° id. du parage ; 4° id. des rentreuses, rappondeuses , etc.
- SALAIRE par JOUR.
- fr. c
- JOURNÉES de TRAVAIL
- Nos d’ordre
- p.133 - vue 138/204
-
-
-
- — 134 —
- Pour faciliter l’inventaire que chaque fabricant doit faire tous les ans une fois au moins, je conseillerai à tout directeur de tissage de tenir une espèce de journal de bobinage, d’ourdissage, de parage, et de ce que le parage a livré au tissage : ce sera une récapitulation qu’il faudra faire pour chaque quinzaine.
- RÉCAPITULATION DU BOBINAGE.
- On récapitule ce que, pendant la quinzaine précédente, le bobinage a reçu de chaîne filée en tout.
- Ce qu’on a donné de chaîne à bobiner aux bobineuses, et enfin le nombre de kilog. qu’elles ont livrés au magasin.
- Le formulaire pour le bobinage est le suivant [modèle XII).
- Modèle xn. FORMULAIRE DU BOBINAGE.
- DATE. MOIS. JOURS REÇU de la FILATURE. LIVRÉ au BOBINAGE. REÇU du BOBINAGE.
- kil. dée. kil. déc. kil. déc
- p.134 - vue 139/204
-
-
-
- — 135 —
- RÉCAPITULATION DE L’OURDISSAGE.
- On calcule combien , pendant la quinzaine, on a ourdi de rouleaux en portées différentes, en ayant soin de mettre les portées dans leurs colonnes respectives ; puis on les ajoute dans la colonne du total. (Voir le formulaire suivant, modèle XIII.)
- Modèle XIII.
- FORMULAIRE DE L'OURDISSAGE.
- s O 6 *8 =
- vi M [ S & o 1-0 g
- a o 6 8 S
- o O 6 s
- gi 6 -
- 2 6 •O "d
- a 2 -“1 si 2 a o a — a a 2 Q 1 u. Ch P o
- 1 o f S ' S
- p.135 - vue 140/204
-
-
-
- — 136 —
- RÉCAPITULATION DU PARAGE.
- On ajoute ensemble le nombre de coupes en mêmes portées, produites dans la quinzaine, et, dans la colonne du total, on place la somme totale des coupes produites. (Voir le formulaire suivant, modèle XIV).
- Modèle XIV. FORMULAIRE DU PARAGE.
- = O H 8, 5 O O
- v E S A | . S 3 Es 0
- -*i o & 5 •
- 0 3 s •
- gi I- 3 (
- 275 I- e 2 3 -
- E 2 G u. co U) 9
- 1 d 0
- p.136 - vue 141/204
-
-
-
- — 137 —
- RÉCAPITULATION DE LA LIVRAISON AU TISSAGE.
- On ajoute le nombre de coupes en mêmes portées, qu’on a livrées au tissage, et la somme générale des sommes partielles par portées s’inscrit au total.
- Le formulaire est ci-après, modèle XV.
- | H H B -
- Modèle xv. FORMULAIRE DU TISSAGE.
- = O H 3 s o
- u. a « E E s 205 8. (
- o s Q
- o S & S o •
- si 8
- 20 S -
- a Z N 2 5 o p — P. a — — a on ce S 9
- 1 u | O S
- 9*
- p.137 - vue 142/204
-
-
-
- ~ 138 —
- INVENTAIRE D’UN PARAGE.
- Pour faire l’inventaire du parage, bobinage, ourdissage, etc., on procédera de la manière suivante :
- On commence par faire le relevé de la chaîne provenant de la filature, qui se trouve être en magasin.
- BOBINAGE.
- La veille du jour d’inventaire (qu’on fera bien de choisir un samedi, afin de n’être pas obligé de chômer), on a soin, pour simplifier la manutention, de bobiner entièrement, ou de couler à fond les bobines à moitié pleines, de manière qu’il ne reste plus rien sur les bobinoirs ; les bobines pleines des bobineuses seront pesées et portées sur l’inventaire, ainsi que la chaîne provenant de la filature.
- Pour pouvoir évaluer la valeur du poids de chaîne bobinée par rapport à celui de chaîne filée, nous dirons qu’on peut compter que 1 kilo. de chaîne 52 bobinée vaudra 8 centimes de plus que 1 kilo, de chaîne filée ; 1 kilo, de chaîne 28 bobinée vaudra 6 cent, de plus que 1 kilo, de chaîne filée.
- OURDISSAGE.
- On compte les bobines pleines dans les caisses des ourdisseuses et on les pèse, en en déduisant la tare; cette tare s’obtient facilement, en pesant, une fois pour toutes, un certain nombre de bobines vides, qui servira de base pour ces tares: ordinairement, 25 de ces bobines vides pèsent 1 kilo. Néanmoins, comme les bobines diffèrent toujours plus ou moins dans chaque établissement, il faudra les peser et ne pas admettre mon chiffre pour chaque tissage. Pour avoir exactement le poids de la chaîne sur les cadres d’ourdissoirs, on devrait peser toutes les bobines qui s’y trouvent; mais comme on peut admettre que, sur la 10e partie des bobines, on a à peu près déjà une moyenne, on se trompera de très-
- p.138 - vue 143/204
-
-
-
- peu en pesant seulement sur chaque ourdissoir la 10° partie des bobines sur cadre ; c’est-à-dire, s’il y a 560 bobines sur le cadre (ce qui forme un 72 portées), on pèsera 56 bobines et on multipliera ce poids par 10, en déduisant la tare, comme nous l’avons dit plus haut : on aura ainsi le poids net de la chaîne sur les cadres d’ourdissoirs. On ajoutera ce poids à celui de la chaîne trouvée sur les bobines pleines ; s’il se trouve des rouleaux d'ensouples au 1/4, à 1(2,ou aux 5/4 pleins (ce qu’on cherchera autant que possible à éviter, en coulant à fond), on pèsera sur une bascule romaine le poids de ces rouleaux, en en déduisant la tare qui est brûlée sur les rondelles d’ensouples, comme nous l’avons déjà dit une fois.
- On pourra estimer que 1 kilo. de chaîne 52 ourdie vaut 5 1/2 centimes de plus que 1 kilo, de chaîne 52 bobinée ; 1 kilo, de chaîne 28 vaut 2 1/2 centimes de plus que 1 kilo, de chaîne 28 bobinée.
- On aura soin, avant l’inventaire, de faire apporter au magasin de bobines vides toutes celles qui le seront, tant sur ourdissoirs que sur bobinoirs.
- MAGASIN DE BOBINES.
- On compte les bobines pleines et les bobines vides, sur lesquelles il y a toujours à dessein un certain reste de chaîne (l’expérience a démontré qu’une fois que les bobines étaient dévidées à un certain point, la chaîne se cassait facilement, à cause de la vitesse avec laquelle les bobines presque vides sont obligées de tourner et de la résistance qu’elles offrent en tournant ; c’est pourquoi on laisse toujours un reste sur ces bobines) ; on pèse le tout ensemble et on en déduit la tare, comme nous l’avons vu pour les bobines d’ourdissage.
- MAGASIN DES ROULEAUX OURDIS.
- On fait la somme des différentes qualités portées de rouleaux qu’on a ourdis pendant l’année, ce qu’on trouvera facilement par
- p.139 - vue 144/204
-
-
-
- I O
- le livre de récapitulation dont nous avons parlé, page 135; et, en général, pour l’inventaire du bobinage et de l’ourdissage, je ne pense pas qu’il soit nécessaire de dire qu’il faut ajouter aux poids trouvés, tant en chaîne bobinée qu’ourdie sur métiers, les poids de chaîne bobinée et ourdie pendant l’année, et qui se trouvent dans les récapitulations, pages 134 et 135. On y ajoutera les coupes de qualité ou portées différentes qui sont en réserve en magasin, puis on en fera le relevé, en procédant de la manière suivante :
- Si l’on a déjà fait plusieurs inventaires, on ajoutera : 1° le poids des rouleaux ourdis qui étaient l’année précédente sur les machines à parer ; 2° le poids des chaînes ourdies qui se trouvaient l’année précédente en magasin ; 3° ce qui a été ourdi pendant l’année, et on retranchera de cette somme le poids de la chaîne ourdie sur machines à parer, plus le poids de la chaîne ourdie qui se trouve en magasin le jour où l’on fait l’inventaire. Ce reste, ou la différence de ces deux sommes, nous donne la quantité de chaîne ourdie pendant l’année ; et, comme chaque qualité de chaîne ourdie, ou portées de chaîne ourdie, devra être traitée séparément, on obtiendra ce que pendant l’année on a réellement ourdi de chaîne dans les portées différentes. On saura également par ce relevé combien on a ourdi de coupes en portées différentes et en total.
- PARAGE.
- On pèse, au moyen de la bascule romaine, tous les rouleaux ourdis sur machines à parer, en en déduisant la tare. On ajoute les différentes qualités ensemble, d’où l’on tire combien en tout on a de kil. de chaîne ourdie de chaque qualitée ou portées sur machine , et on ajoute ces poids à ceux qu’on a trouvés sur les machines d’ourdissage. On tâche autant que possible de couler à fond, la veille de l’inventaire, les rouleaux d'ensouple parés; mais si cela ne peut pas avoir lieu, on considérera la chaîne parée
- p.140 - vue 145/204
-
-
-
- I
- --=
- sur l’ensouple comme si elle était seulement ourdie, et on la pè
- sera comme celle-des rouleaux d'ourdissoirs.
- MAGASIN DES ROULEAUX DE CHAÎNE PARÉE.
- Nous avons vu dans le livre de récapitulation de la livraison au tissage, page 157, que, chaque quinzaine, on inscrivait le total des rouleaux parés qui vont au tissage; on n’a qu’à ajouter ce qui restait en magasin l’année précédente avec ce qu’on a envoyé pendant l’année au tissage, et en retrancher ce qui reste de coupes parées, actuellement en magasin, et l’on aura le nombre de coupes livrées au tissage pendant l’année. Nous évaluerons ce que vaut 1 kilo, déchaîné parée par rapport à 1 kilo, de chaîne ourdie , de la manière suivante:
- 1 k° chaîne 52 parée vaut environ 24 c. de plus que 1 k° chaîne ourdie,
- 1 » id. 28 » id. 20 » id. id.
- Pour aider les personnes chargées de faire l’inventaire d’un parage et en même temps pour leur en faciliter la mise sur papier, nous donnerons, dans les pages suivantes, le résumé d’un inventaire quelconque de parage, qui a été fait dans un établissement de tissage ; on verra qu’en procédant comme nous l’indiquons , l’inventaire se fera très-facilement.
- p.141 - vue 146/204
-
-
-
- Inventaire du
- EONNAGE.
- 5
- Il restait l’année précédente en magasin . Reçu de la filature pendant l’année.. Surpoids du bobinage......................
- (provenant de l’humidité si les chaînes sont passées au tissage seulement à la vapeur.)
- Il restait l’année précédente sur machines et sur bobines......................... Reçu du bobinage.......................
- kil. déc.
- 470 79
- 25021 71
- 225 48
- 1084 93
- 22754 91
- SU
- POIDS.
- TOTAL. PORTÉES. POIDS. TOTAL.
- kil. déc. kil. déc. kil, déc.
- Livré au bobinage pendant l’année.. 22531 43
- Reste aujourd’hui en magasin 961 07
- 23715 98 Reçu du bobinage 22754 91 23715 98
- OURDIS SAGE.
- Nous avons ourdi pendant l’année .. 75 750 20
- 72 1421 30
- 71 7143 95
- 70 447 20
- 68 293 55
- 64 9714 15
- 1 62 602 »
- 61 748 55
- 50 47 25
- 45 1088 20
- 22256 35
- Sur machines et sur bobines 1151 20
- Déchet et perte en poids par le séchage 432 29 1583 49
- 25839 84 25839 84
- •
- 2 O
- p.dbl.142 - vue 147/204
-
-
-
- Reçu de l’ourdissage ..
- Suite de l’Inventaire du
- 9 S 5
- MAGASIN DES
- ROULEAUX OURDIS.
- A
- Il restait l’année précédente en magasin ... ......................».
- PORTÉES. POIDS. TOTAL.
- kil, déc kil. déc.
- 75 147 50
- 72 656 90
- 71 1745 10
- 70 426 40
- 68 221 85
- 65 700 70
- 64 845 55
- 62 206 60
- 50 223 45
- 45 507 40
- 1 — 5481 25
- 21256 55
- 26757 60
- Il reste aujourd’hui
- Délivré au parage pendant l’année
- en
- PORTÉES. POIDS. TOTAL.
- • . 75 kii. 654 déc. 20 kii. déc.
- 72 1617 05
- 71 8624 85
- 70 873 60
- 68 515 40
- 65 700 70
- 64 9967 15
- 62 462 15
- 61 710 25
- 50 192 35
- 45 252 50 24550
- . . 75 245 50
- 72 461 15
- 71 264 20
- 64 592 55
- 62 546 45
- 61 58 50
- 50 78 55
- 45 165 50 2187 60
- 26757 60
- (
- 10
- O
- p.dbl.144 - vue 148/204
-
-
-
- Suite de l’Inventaire du
- au
- 5
- PARAGE.
- PORTÉES. POIDS. TOTAL.
- Il restait l’année précédente sur machines à parer 72 71 70 65 64 62 61 50 45 kil. déc. 535 25 1527 80 168 35 169 » 1191 80 136 25 156 55 97 70 175 95 kii. 5950 24550
- Livré au parage du magasin des rouleaux ourdis
- 28506
- déc.
- 45
- 45
- No du FIL. u w E e e COUPES. CHAINE EMPLOYÉE.
- POIDS. TOTAL. par COUPES.
- Paré pendant l’année. 32 28 » » 52 28 » 52 28 » 14 75 72 71 70 68 65 64 62 61 50 45 259 892 4589 277 235 252 5424 565 542 201 516 kil. déc. 466 20 1766 16 8948 55 517 99 580 70 448 56 9456 07 547 50 915 98 281 40 1284 84 kil. déc. 25013 95 kil. déc 1 80 1 98 1 95 1 87 1 62 1 78 1 743 1 50 1 69 1 40 2 49
- Il reste aujourd’hui sur machines 75 72 71 68 64 61 45 13552 147 40 125 05 827 65 159 45 2004 65 115 40 114 90 5492 50
- 28506 45
- 2 9
- p.dbl.146 - vue 149/204
-
-
-
- ====
- SB
- Suite du l’Inventaire du
- au
- 16
- WM—
- MAGASIN DES ROULEAU! DE CHAINES PARÉES.
- PORTÉES- COUPES. TOTAL u •w H e O Oh COUPES. TOTAL des COUPES. N» du FIL. TOTAL.
- L’année précédente il restait en magasin Reçu du parage pendant l’année 72 71 70 65 64 V • 62 61 51 50 45 22 631 25 208 557 8 16 99 28 49 1641 13552 15195 Livré au tissage pendant l’année.... Il reste aujourd’hui en magasin.... 75 72 71 70 68 65 64 62 61 51 50 45 75 72 71 68 64 62 61 51 45 235 866 4723 300 171 460 5460 514 429 51 229 591 15629 1564 kil. déc.
- 24 48 497 64 521 59 129 48 174
- 15195
- Bib.
- CNAM
- p.dbl.148 - vue 150/204
-
-
-
- — 150 —
- Il résulte de l’inventaire dont nous venons de donner un aperçu, qu’on a employé en chaîne
- N-32, ko 1394.40
- En » 28, » 22334.71
- En » 14, » 1284.84
- Total ko 25013.95
- Il est également essentiel de donner à chaque qualité différente de toile tissée, une lettre différente; ainsi les
- 75 portées, par exemple, auront la lettre A.
- 72 id. id. id. B.
- 71 id. id. id. C.
- etc., etc. Par l’inventaire annuel, il sera facile de pouvoir se rendre compte du nombre de pièces de chaque qualité différente qui s’est tissé pendant l’année.
- On fera bien de tenir un petit carnet, pour savoir ce qu’on emploie de fécule et de léiocome par quinzaine et par conséquent par an, et ce qu’on emploie, pour chaque coupe, de fécule et de léiocome.
- Nous donnons, modèle X VI, le formulaire de ce carnet.
- p.150 - vue 151/204
-
-
-
- CARNET POUR LA FÉCULE ET LE LÉICOME
- Modèle XVI
- I
- DATE. POIDS. DATE. POIDS.
- MOIS. JOURS. FÉCULE. LÉIOCOME. MOIS. JOURS. FÉCULE. LÉIOCOME. TOTAL par 4 Baine
- kil. déc kil. déc. kil. déc. kil. déc. kil. déc. he
- 23
- p.151 - vue 152/204
-
-
-
- Gr N
- DU TISSAGE.
- Assez généralement, et surtout dans les établissements peu considérables, la trame provenant de la filature se délivre au fur et à mesure que le tisserand en a besoin, sans la peser préalablement. On sait que ce mode de livraison ne laisse pas que d’avoir un grand inconvénient, surtout lorsqu’on n’est pas certain de la moralité des ouvriers. Je crois qu’il est nécessaire de tenir un contrôle journalier de ce qu’on délivre; outre l’avantage qu’on obtiendra effectivement de ne pas pouvoir être trompé grossièrement , cette mesure tiendra toujours l’ouvrier sur le qui vive et l’empêchera souvent d’exécuter son mauvais dessein. Après avoir calculé, déchet compris, ce que chaque métier, ou chaque article nécessite de trame, on pèse, au bureau de réception du tissage, la quantité nécessaire au tisserand pour une pièce. Chaque tisserand aura une petite caisse en bois, avec une séparation au milieu pour ses 2 métiers; la caisse aura un cadenas, dont il aura la clef pour empêcher qu’un autre tisserand ne puisse lui soustraire des cannettes.
- L’ouvrier devra terminer sa pièce sans avoir besoin d’un complément de trame : cela l’engagera surtout à soigner ses cannettes, de manière à faire le moins de déchet possible; à la livraison de la pièce, on regarde si elle contient le nombre de duites nécessaires et si l’ouvrier rapporte, outre sa pièce, encore quelques bobines de reste, ce qui prouve qu’il a fait peu de déchet, il recevra une petite gratification.
- Nous donnons ci-après, modèle XVII, le formulaire du rencontre de trame aux tisserands. Ce rencontre sera tenu dans les grands établissements de 6 à 800 métiers, par exemple, par une personne qui n’aura point d’autre occupation ; dans les petits établissements , la même personne pourra soigner également la livraison des toiles provenant des tisserands.
- Dans le rencontre modèle XVII, nous supposons que le tissage
- p.152 - vue 153/204
-
-
-
- est alimenté par sa propre filature et que la trame est livrée dans les mêmes boîtes en fer-blanc, dans lesquelles livrent les fileurs : ce qui nous donne l’avantage de connaître le fileur qui fournit chaque métier à tisser; en outre, les cannettes ne sortant pas de la boîte se conservent mieux et donnent par conséquent moins de déchet au tissage; de plus, il y a économie de main-d’œuvre.
- p.153 - vue 154/204
-
-
-
- — 154 —
- Lorsque le tisserand, soit par manque de soin , soit par malveillance , soit par toute autre cause, n’a pas assez de trame pour finir sa pièce, il en cherche une seconde fois; ce qu’on marque également dans le rencontre ainsi que dans le livret du tisserand, en ayant soin de mettre ce dernier à l’amende, suivant la gravité du cas. Quand il rapporte sa pièce finie, on déduit ce qui lui reste de trame de ce qu’on lui a livré et on inscrit la trame employée pour cette pièce, dans la colonne respective du rencontre et du livret du tisserand.
- Je recommande cette manière de contrôler la trame, parce que j'ai eu occasion d’en apprécier les avantages pendant longtemps. La balance, pour peser les cannettes, sera une balance ordinaire à deux branches, dont l’une portera une petite caisse en fer-blanc, sans couvercle, et dont le fond s’ouvre à charnière pour vider les cannettes dans la boîte du tisserand.
- RÉCEPTION DES TOILES.
- Il est indispensable d’avoir, pour repasser les toiles, un homme capable, connaissant tous les défauts de la marchandise et les ruses des ouvriers, mais surtout il doit être impartial. Lorsque la pièce aura des défauts, il fera venir l’ouvrier et son contremaître de section ; c’est lui qui fixera l’amende méritée pour les défauts causés par le tisserand. Si le défaut provient du mauvais réglage du métier même, il appellera le contre-maître en chef, qui punira le contre-maître de section.
- La pièce étant finie, le contre-maître de section devra marquer, sur le bout et au crayon, le No du métier à tisser, plus le N° d’ordre de la pièce tissée, avec l’ensouple de chaîne parée derrière ce même métier.
- Le tisserand livre sa pièce au bureau de réception ; le commis qui la reçoit, l’inscrit dans le livret du tisserand et dans le livre de réception des toiles , qu’il tient exclusivement dans les grands établissements, et où il inscrit le nombre de portées, le N° d’or-
- p.154 - vue 155/204
-
-
-
- — 155 —
- dre de la pièce de la quinzaine, le N° du métier et la trame employée dans chaque pièce.
- Il reconnaîtra, par les chefs différents, le nombre de portées tissées pour chaque article et, outre cela, comme contrôle, il pourra voir le nombre de portées de la pièce livrée, au haut de chaque page du livret des tisserands, lesquelles sont marquées par le contre-maître du parage, lorsqu’il livre une ensouple parée au tissage. En outre, on pourra d’un simple coup d’œil voir le N° de la trame pour chaque article et le nombre de duites au 1/4 de pouce.
- Les deux formulaires suivants sont ceux du livre de réception des toiles {modèle XVIII) et du livret des tisserands {modèle XIX).
- p.155 - vue 156/204
-
-
-
- Modèle xvm. LIVRE DE RÉCEP PION DES TOILES.
- DATE. PORTÉES. 75. 72. 70. 65. 62. 55. 50. 45.
- N° DE LA TRAME. 45 36
- MOIS. JOURS. DUITES AU 1/4 DE POUCE. 25 23 •
- N° d’ordre par quinzaine. N° DU MÉTIER. kil. déc. kil. déc. kil. déc. kil. déc. kil. kil. déc kil. déc kil déc. kil. déc kil. déc kil déc» kil. déc kil. déc. kil. déc. kil. déc. kil. déc
- / _ 1
- p.dbl.156 - vue 157/204
-
-
-
- LIVRET DES TISSERANDS.
- MOIS.
- DATE.
- JOURS.
- 1re FOIS.
- 2me FOIS.
- de coupes le
- fr.
- PRIX.
- Portées
- PRIMES.
- AMENDES.
- TOTAL.
- en ce
- Modèle XIX.
- N° D’ORDRE
- DE LA PIÈCE par 13aine
- TOTAL
- DE LATRAME employée.
- s 3 t A
- kil. déc.
- kil. déc.
- kil. déc.
- Métier N'
- Ensouple N°
- DÉLIVRÉ EN TRAME
- AU TISSERAND.
- fr. c.
- fr. c.
- fr. c.
- p.158 - vue 158/204
-
-
-
- — 159 —
- A la fin de la paye, lorsque les pièces inscrites dans les livrets des tisserands correspondent à celles du livre de réception, on les inscrit par section sur le livre principal de l’entrée des toiles1, tenu par le premier commis du tissage ; c’est d’après ce livre d’entrée des toiles qu’on inscrit la paye dans le livre à ce destiné.
- Le formulaire de l’entrée des toiles est ci-après [modèle XX).
- On inscrira, sur chaque page de ce livre d’entrée, le nom du contre-maître de section et le produit partiel de chaque métier dans la quinzaine, et par les additions le produit total de la section par jour, et enfin le produit total de la section par quinzaine. Les nombres de 1 jusqu’à 15 sont les jours de la quinzaine et sont nécessairement ici ad libitum.
- Quand les pièces livrées sont inscrites, on les repasse sur la table à repasser les toiles ; après quoi le repasseur marque au crayon, sur le bout de la pièce, la lettre représentant la qualité de la marchandise.
- Dans les tissages à trame mouillée, on transporte de là les pièces au grenier ou dans un séchage quelconque, pour les sécher; après quoi, on les aune en marquant l’aunage au crayon sur le milieu de la pièce déjà pliée. A partir de ce moment, on a soin de séparer les différents articles qu’on fabrique.
- Tous les jours on devra également faire porter, autant que possible, dans le magasin principal, les pièces aimées de la veille, pour en débarrasser le magasin de réception. Les pièces qui partent du magasin de réception , seront inscrites dans Un livre dont on trouvera plus loin le formulaire (modèle XXI).
- p.159 - vue 159/204
-
-
-
- i n Modèle xx. LIVRE DE L’ENTRÉE DES TOILES.
- N d’ordre des métiers. NOMS DES CONTRE-MAITRES de section. DATE DE LA LIVRA $ON. TOTAL par MÉTIER. PRIX. AMENDES. GRATIFICATIONS. OBSERVATIONS. “Bib,s, Cun /
- 1. 2. 3. 4. s. 6. 8. 9. 10. 11. 12. 13.
- / ! fr. o. fr. c. fr c. 11
- p.dbl.160 - vue 160/204
-
-
-
- LIVRE DE RECEPTION DES TOILES.
- Modèle XXI
- DATE. MOIS. JOURS. No D’ORDRE DE L’ANNÉE des pièces. N° DU MÉTIER. POIDS DE LA TRAME employée. AUNAGE. QUALITÉS DE TOILES. TOTAL DES PIÈCES.
- kil. dée mètres. cent.
- p.162 - vue 161/204
-
-
-
- — 163 —
- Quand les livrets des tisserands s’accordent avec le livre de réception des toiles, on inscrit le tout dans le livre principal de l’entrée des toiles, comme nous l’avons dit précédemment, par section, et de là on l’inscrit sur le livre de paye du tissage. Quand l’établissement possède plusieurs salles, on fera bien d’avoir un livre de paye pour chaque salle; nous en donnons ci-après, le formulaire (modèle XXII).
- On y inscrit le numéro d’ordre de l’ouvrier pendant la quinzaine, en prenant une section après l’autre, puis le nom de l’ouvrier, les journées pour ceux qui ne travaillent pas à la pièce, le nombre de pièces que chaque ouvrier a tissées pendant la quinzaine, le prix de façon, les primes ou gratifications, le total de ce qu’il a gagné, les amendes, les déductions , le gain total véritable et enfin le total général de ce que chaque section a gagné.
- Lorsque la paye est achevée pour les salles de tissage et de parage, on fait, soit sur le livre de parage, ou sur un de ceux du tissage, ou bien encore sur un livre à part, la récapitulation générale de ce qu’on a payé en tout pour le tissage et parage par quinzaine.
- Ces livres sont portés au caissier, qui prépare d’avance le salaire de l’ouvrier, dans de petites boîtes, d’ordinaire en fer-blanc, et qui sont numérotées ; chaque contre-maître de section aura une boîte en bois, dans laquelle se trouveront autant de petites boîtes en fer-blanc qu’il a d’ouvriers sous ses ordres. De cette manière, le caissier a le temps de préparer à son aise la paye, et, le samedi chaque contre-maître peut, en 5 minutes, payer facilement ses ouvriers.
- Dans chacune de ces boîtes se trouve un petit billet, sur lequel est écrit le compte de l’argent que l’ouvrier reçoit, avec les amendes, primes ou déductions ; si ce dernier trouve que son compte n’est pas exact, il devra présenter, le lundi de réclamation , le billet qu’il a reçu dans sa boîte en fer-blanc, sinon il ne peut lui être fait droit à la moindre réclamation de ce genre.
- p.163 - vue 162/204
-
-
-
- PAYE DU
- AU
- Modèle XXII.
- NUMÉRO
- DÉDUC- TOTAUX
- NOMS
- TOTAL
- PRIX. PRIMES. TOTAL. AMENDES.
- TIONS.
- PARTIELS.
- DES OUVRIERS.
- D PIÈCES
- d’ordre. du métier.
- NÉES
- NOMBRE de
- p.164 - vue 163/204
-
-
-
- — 165 —
- Pour faciliter l’inventaire annuel d’un tissage, et, surtout encore, comme moyen de contrôler le parage, je conseillerai à Messieurs les fabricants de faire faire toutes les quinzaines, par leur premier commis, au bureau de réception du tissage, une récapitulation du bobinage, ourdissage, parage et du tissage. Je donne, ci-après, le formulaire du livre de récapitulation du bobinage [modèle XXIII).
- Nous supposons que l’établissement en question n’emploie que 3 numéros différents de chaîne, par exemple, Nos 14, 28 et 32, et nous prendrons la Are quinzaine de Janvier 1845. Le commis principal au tissage ira, le dimanche, après la fin de la paye, au parage, et là il inscrira ce que le bobinage a reçu, pendant la quinzaine, de la filature en chaque numéro de chaîne : il en notera le total dans la colonne respective ; de plus, ce qu’on a livré pendant cette quinzaine au bobinage, ce que le bobinage a livré, le sur-poids et le déchet, tel que nous le montre le formulaire.
- p.165 - vue 164/204
-
-
-
- Modèle XXIII.
- LIVRE DE RECAPITULATION DU BOBINAGE.
- DATE. - REÇU DE LA FILATURE.
- MOIS. JOURS. Ro DE Li CHAINE 14. Ro DE Li CHAINE 28. Ku DE Li CHAINE 32. TOTAL.
- 1843. Janvier i 1-13 kil. déc. kil. déc. kil. déc. kil. déc.
- LIVRÉ
- au
- REÇU du
- DÉCHET.
- BOBINAGE.
- BOBINAGE.
- 6
- 8
- kil. déc.
- kil. déc.
- kil. déc.
- 2
- p.166 - vue 165/204
-
-
-
- — 167 —
- Il fera de la même manière la récapitulation de l’ourdissage, pendant la quinzaine écoulée ; il inscrira d’abord ce qui reste en magasin de rouleaux ourdis, puis ce qui a été ourdi pendant la quinzaine et enfin ce qui a été livré au parage. Le formulaire de ce livre est le suivant (modèle XXIV).
- Modèle xxiv. LIVRE DE RECAPITULATION DE L'OURDISSAGE.
- 2 S e • we U. s o
- h g S Ê 2 O 6
- • E O H 6 8
- s t 52 pe © w ce S • = ° 65 -
- à E < c. & M d oo X • 3
- 1 u 1 c • 1 9 co
- ri ) E < < ) X O 1 2 | © = co —, .R 00 • ve S s
- p.167 - vue 166/204
-
-
-
- — 168 —
- Pour la récapitulation du parage, il inscrira le nombre de coupes qu’il y avait en magasin au commencement de la quinzaine , le nombre de coupes parées dans cette quinzaine, le total de ces coupes, le nombre de coupes livrées au tissage, le reste en magasin, et enfin le total de ces deux dernières colonnes, ainsi que le représente le formulaire suivant {modèle XXV).
- TOTAL.
- COUPES.
- RECAPITULATION DU PARAGE.
- TOTAL.
- COUPES.
- PARÉES.
- JOURS*
- 1-13
- Modèle XXV.
- DATE.
- MOIS.
- 1843. Janvier
- en magasin.
- en MAGASIN.
- LIVRÉES au tissage.
- p.168 - vue 167/204
-
-
-
- - 169 -
- Pour la récapitulation d’une quinzaine au tissage , on inscrira la trame reçue de la fdature (nous supposons également que l’établissement emploie 5 numéros différents de trame pour ses articles, par exemple, Nos 14, 56, 45) ; le total des numéros différents ; ce qu’on a livré au tissage en numéros différents, et le total de ces numéros, voir le formulaire ^modèle XXVI).
- Enfin je donnerai encore le formulaire du livre de récapitulation de la production par quinzaine et de la trame employée pour le nombre des pièces tissées pendant ce temps, en numéros différents et au total. (Voir modèle XXVII.)
- C’est au moyen de ces divers livres de récapitulation que se fait annuellement l’inventaire général, de la manière la plus simple et sans aucune peine ; je répète que cette tenue en partie double, des livres de récapitulation du bobinage, ourdissage et parage, est très-recommandable comme moyen de contrôler le contre-maître du parage ou le commis du parage et le commis au bureau de réception du tissage.
- Ayant déjà donné précédemment la manière de procéder à l’inventaire du parage en général, je me bornerai à donner la mar-*che à suivre pour faire l’inventaire du tissage proprement dit, en y ajoutant l’inventaire du tissage, que j’ai déjà donné, quant au parage; et enfin je terminerai par un aperçu d’inventaire général où le bobinage, ourdissage, parage et tissage seront réunis et que j’ai pris au bout de 6 mois de travail dans un grand établissement du continent.
- p.169 - vue 168/204
-
-
-
- Modèle XXVI
- RÉCAPITULATION D UNE QUINZAINE AU TISSAGE.
- DATE. TRAME REÇUE DE LA FILATURE. LIVRÉ AU TISSAGE.
- MOIS. JOURS. NUMÉROS DE LA TRAME. TOTAL. NUMÉROS DE LA TRAME. TOTAL.
- 14 36 43 14 36 45
- 1843 Janvier 1-13 kil. déc. kil. déc. ? kil. déc. kil. déc. kil. déc. kil. déc. kil. déc. kil déc..
- 0
- (2
- p.170 - vue 169/204
-
-
-
- RECAPITULATION DE LA PRODUCTION PAR QUINZAINE.
- Modèle XXVII
- DATE. NOMBRE DE PIÈCES TISSÉES par quinzaine. TRAME EMPLOYEE.
- NUMÉROS DE TRAME.
- MOIS. JOURS. TOTAL.
- 14 36 43
- 1843 Janvier 1-13 kil. déc. kil. déc. • kil. déc. kil. déc.
- p.171 - vue 170/204
-
-
-
- — 172 —
- MANIÈRE DE PROCÉDER A L’INVENTAIRE D’UN TISSAGE.
- On extrait des livrets de tisserands le nombre des coupes qui se trouvent encore sur les métiers, en ayant soin de réunir les différents articles dans leurs colonnes respectives.
- Si l’on a déjà fait un inventaire précédent, on ajoute le nombre de coupes que le parage a livré au tissage, au nombre des coupes qui se trouvaient sur les métiers lors de l’inventaire précédent : on retranche de cette somme celle des coupes qu’on a actuellement sur métiers èt on aura le Doit des coupes. Si l’on n’a pas encore fait d’inventaire, il est clair qu’on ne comptera que le nombre de coupes que le tissage aura reçu du parage pendant l’année écoulée.
- On se fera un petit tableau, par porteés, d’après les articles qu’on fabrique, en ajoutant pour chaque article le numéro de trame employée; sachant combien un tisserand reçoit de trame pour chaque article, on fera le relevé par article de la trame qui reste dans la boîte et sur les pièces non achevées de chaque tisserand (on considérera la trame, dans les pièces non finies, comme étant encore en bobines dans sa boîte).
- On retranchera les sommes de ces différents numéros de trame actuellement sur métiers, de celles qui se trouvaient l’année précédente sur métiers (toujours en supposant qu’on a déjà fait un inventaire) ou en magasin; ces sommes, ajoutées aux sommes de la trame reçues de la filature pendant l’année, donneront la consommation véritable. Il est clair que si l’on n’a pas encore fait d’inventaire, on retranchera seulement les sommes de ces différents N08 de trame actuellement sur métiers, de la trame reçue pendant l’année de travail écoulée, et on obtiendra ainsi la consommation. Divisant le poids de cette trame par le nombre de coupes fabriquées, on obtiendra le poids de la trame par coupe.
- p.172 - vue 171/204
-
-
-
- — 173 —
- Il va sans dire que le nombre de coupes parées doit se rapporter constamment avec le livre de réception des toiles.
- Je donne ici, pour le tissage, la suite du formulaire d’inventaire que j’ai donné précédemment pour le bobinage, ourdissage et parage.
- p.173 - vue 172/204
-
-
-
- Inventaire du Il restait sur métiers, l’année précédente 75 portées 79 coupes. 72 » 520 » 70 » 172 » 68 » 140 » 65 » 412 » 64 » 1160 » 62 » 50 « 61 » 78 » 51 » 12 » 50 » 185 » 45 » 72 » Total 2880 coupes. Keçu du magasin de rouleaux 72 » 5589 » 70 » 500 » 68 » 171 65 » 460 » 64 » 5460 » 62 » 514 « 61 » 429 51 » 51 » 50 » 229 » 45 » 591 » au 18
- U « E-ce © A COUPES. Nos de TRAME. DE1TES au 1/4 de pouce. TRAME EMPLOYÉE. par COUPES. POIDS TOTAL. TOTAL des COUPES
- lissé pendant l’année .... este sur métiers 75 72 70 68 65 64 62 61 51 50 45 75 72 70 68 65 64 62 61 51 50 45 124 5775 465 181 856 4717 555 461 47 569 579 45 56 » 45 56 50 45 56 14 56 14 25 22 25 25 22 19 25 22 14 21 14 kil. déc. 197 90 9522 15 850 55 265 10 1459 95 8580 85 456 75 710 25 150 85 444 11 978 74 kil. déc. 1 51 1 65 1 78 1 46 1 70 1 77 1 56 1 54 5 21 1 20 2 58 kil. déc. 25597 16 15707 2802
- 190 556 7 150 16 1905 29 46 16 . 45 84 •
- Total 15629 » Coupes
- Coupes 16509. 16509
- p.dbl.174 - vue 173/204
-
-
-
- Suite de l’Anventaire d
- au
- og
- II restait sur métiers, l’année précédente , kil. déc ToraL. en trame, N° 45 358 10 » » 56 1542 88 » » 30 2707 48 » » 15 224 28 4832 74 Il restait en magasin » » 45 80 30 » » 56 120 60 » » 50 194. 20 » » 15 56 » 451 10 Reçu de la filature » » 45 560 » » » 56 15465 » » » 50 8802 72 » ‘ » 15 1200 » 24027 72 Reste actuellement sur métiers, kil. déc. Total, en trame, N° 45 78 67 » » 56 600 » » » 50 5012 85 » » 15 210 48 : 5902 » Reste en magasin » » 56 1561 47 » » 50 510 70 » » 14 120 25 1992 40 Ajoutant le poids de la trame tissée pendant l’année.... 25597 16
- 29291 56 29291 56
- R1 kil, déc. Total. En trame N- 45 998 40 » 56 15128 48 » 50 11704 40 » 14 1460 28 29291 56 «É. kil. déc. Tissé en trame No 45 919 75 » 56 12967 01 » 50 8580 85 » 14 1129 57 sur métiers » 45 78 67 » 56 600 » . » 50 5012 85 » 14 210 48 en magasin » 56 1561 47 • » 50 510 70 » 14 120 25
- 29291 56 29291 56
- 12
- p.dbl.176 - vue 174/204
-
-
-
- Inventaire «‘uunn ‘M‘i
- du 26 Décembre 184
- DOIT. B 01 kil. déc.
- En magasin au 26 Décembre 1841 ...................... ' 727 40 Reçu de la filature au 25 Juin 1842........... 71775 76 Surpoids provenant de l’humidité.............. 1282 67 73785 85
- age de 320 métiers 9 tu 25 Juin 1842.
- AGE. AVOIR. kil. déc.
- Bobiné au 25 Juin 1842 ...................... 72824 76 En magasin à nouveau........................... 961 07
- 73785 83
- OURDI
- Reste en magasin et sur bobines au 26 Décembre 1841. 741 15 Reçu du bobinage 72824 76
- 73565 91
- Ourdi au 25 Juin 1842 ............................... 69684 65
- Reste en magasin et sur bobines....................... 1151 20
- Perte par l’humidité et déchet........................ 2750 06
- 73565 91
- MAGASI
- En magain au 26 Décembre 1841 ................... 1508 55
- Ourdi au 25 Juin 1842 .......................... 69684 65
- 71193 20
- Délivré au parage.................................... 69005 60
- En magasin à nouveau..............................: 2187 60
- 71195 20
- p.dbl.178 - vue 175/204
-
-
-
- DOIT.
- Sur machines, au 26 Décembre 1841 ........................ 3495 12
- Reçu de l’ourdissage..................................... 69005 60
- 72498 72
- BALANCE P’
- Filés non parés au 26 Décembre 1841 ........... 6470 22
- Reçu de la filature........................... 71775 76
- 78245 98
- AGE. paré en ko déc Portées 75 aunes 50 chaîne 52 moyenne 1.68 pièces 220 » 75 » 52 » » » 1.80 » 259 » 72 » 50 » 28 » 1.84 » 2566 » 72 » 52 » » » 1.96 » 12527 » 70 » 52 » » » . 1.90 » 1527 » 68 « 52 » 52 » 1.67 » 1287 » 65 » 32 » 28 » 1.76 » ' 4705 » » « 30 » » » 1.64 » 640 » 64 » 52 » » » 1.75 » 9974 » 62 » 32 » 52 » 1.28 » 946 » 61 » 32 » 28 » 1.59 » 1485 » 51 » 32 » 14 » 2.78 » 117 » 50 » 52 » 28 » 1.59 » 509 » » » 50 » » » 1.50 » 557 » 45 » 52 » 14 » 2.34 » 917 » 41 » 32 » 42 » 0.78 » 249 AVOIR. 569 40 465 50 4555 44 24154 91 2520 47 2150 » 8282 05 1049 60 17254 02 1213 71 2555 85 526 25 707 69 724 50 2145 90 196 15
- Pièces 37885 68269 02 5492 50 757 20
- 1 °/ de déchet
- ÉCHET DE CHAINE. Reste en filés non parés au 25 Juin 1842
- 72498 72
- 7792 57 68269 02 2184 59
- Employé pour 57885 coupes
- 1 1/2 °/ déchet fait au bobinage, ourdissage et parage ..
- 78245 98
- p.dbl.180 - vue 176/204
-
-
-
- DOIT.
- BALANCE DECOUPES PARÉES.
- AVOIR
- En magasin au 26 Décembre 1841 Paré au 25 Juin 1841 75 portées. » 1026 479 1505 Livré au tissage au 25 Juin 1842. En magasin 75 portées. » 1481 24 1505
- En magasin 72 » 177 Livré 72 » 14525
- Paré » 14695 214870 En magasin » 545 14870
- En magasin 70 » . 22 Livré 70 » 1549
- Paré )) 1527 1549 En magasin . » 1549
- En magasin 08 » 206 Livré 68 » 1429
- Paré » 1287 1495 En magasin » 64 1495
- En magasin 65 » 659 Livré 65 » 5984
- Paré » 5545 5984 En magasin » 5984
- En magasin 64 » Livré 64 » 9455
- Paré » 9974 9974 En magasin » 521 9974
- En magasin 62 » 84 62 971
- Paré » 946 1050 En magasin » 59 1050
- En magasin .. 61 » 51 61 1587
- Paré » 1485 1516 En magasin )) 129 1516
- En magasin 51 » 6 Livré 51 » 75
- Paré » 117 125 En magasin » 48 125
- En magasin 50 » 175 Livré 50 » 1241
- Paré » 1066 1241 En magasin » 1241
- En magasin 45 » Livré 45 » 745
- Paré » 917 917 En magasin )) 174 917
- En magasin 41 » 12 Livré 41 » 261
- Paré » 249 261 En magasin » 261
- 40265 40265
- p.dbl.182 - vue 177/204
-
-
-
- Coupes 40263
- Coupes 40265
- |
- 12
- Livré au 25 Juin 1842, au tissage
- Reste en magasin à nouveau.......
- I
- II
- En magasin au 26 Décembre 1841
- Paré au 25 Juin 1842 ........
- 58699
- 1564
- 2578
- 57885
- x
- I I 1 a
- p.dbl.184 - vue 178/204
-
-
-
- - Tl •AGE.
- DOIT. > AVOIR.
- Sur métiers au 26 Déc. 1841.. en 75 portées. 191 Tissé au 25 Juin 1842 .. en 75 portées. 1561
- Reçu du parage au 25 Juin 1842. » 1481 1672 Sur métiers » 111 1672
- Sur métiers 72 » 598 Tissé .. 72 » 15498
- Reçu » 14525 14925 Sur métiers » 1425 14925
- Sur métiers 70 » 165 Tissé .. 70 » 1502
- Reçu • » 1549 1512 Sur métiers » 10 1512
- Sur métiers 68 » 519 Tissé 68 » 1655
- Reçu » 1429 1748 Sur métiers » 115 1748
- Sur métiers 65 » 1265 Tissé .. 65 » 7241
- Reçu » 5984 7247 Sur métiers » 6 7247
- Sur métiers 64 » Tissé .. 64 » 7869
- Reçu ..... » 9455 9455 Sur métiers : • • » 1584 9455
- Sur métiers 62 » , 551 .. 62 » 1276
- Reçu » 971 1522 Sur métiers » 46 1522
- Sur métiers 61 » 158 Tissé .. 61 » 1424
- Reçu » 1587 1545 Sur métiers » 121 1545
- Sur métiers 51 » Tissé ... 51 » 65
- Reçu » 75 75 Sur métiers % » 10 75
- Sur métiers 50 » 410 Tissé . . 50 » 1648
- Reçu » 1241 1651 Sur métiers » 5 1651
- Sur métiers 45 » 45 » 672
- Reçu » 745 745 Sur métiers » 71 745
- Sur métiers 41 » 50 .. 41 » 511
- Reçu » 261 511 Sur métiers » 511
- 42202 42202
- p.dbl.186 - vue 179/204
-
-
-
- DOIT.
- . AVOIR
- Sur métiers au 26 Décembre 1841.................. 3505
- Reçu du parage au 25 Juin 1842.................. 58699
- Tissé au 25 Juin 1842..................................... 58702
- Sur métiers id............................................. 3500
- 42202
- 42202
- MAGASIDES TOILES.
- Tissé au 25 Juin 1842..
- pièces 58702
- Sorti en magasin.... En magasin à nouveau
- I+ IC 19 co 10. 1. O CN 10.
- pièces 58702
- pièces 58702
- COMPT DE TRAME.
- • kil. déc. kil. déc.
- Reste en magasin et sur métiers au 26 Déc. 1841 1258 97 75 portées 1561 pièces 44/45 trame k° 1.65 2576 65
- Reçu de la filature au 25 Juin 1842 . 62051 25 72 » 15478 » 35/56 » » 1.75 25520 80
- » du magasin 4619 52 70 » 1502 » » » » 1.70 2554 75
- 68 » 1655 » 45/44 » » 1.50 2555 90
- 65 » 7241 » 55/56 » » 1.65 - 11955 25
- 64 » 7881 » 50 » » 1.75 15801 57
- 62 » 1276 » 45/44 » » 1.57 1749 10
- 61 » 1426 » 55/56 » » 1.65 2555 »
- 51 » 65 » 15/14 » » 5.25 210 12
- 50 » 1648 » 38 1.25 2062 51
- 45 » 678 s 15/14 « » 2.98 2021 79
- 41 » 511 » 50 » » 1. » 511 79
- 58702 pièces. 65471 01
- • En magasin et sur métiers 1521 10
- 11/4 % déchet 917 41
- 67909 52 67909 52
- p.dbl.188 - vue 180/204
-
-
-
- — 190 —
- Les accessoires, dont on a tant besoin dans tout établissement de tissage, ne doivent pas être négligés non plus; on fera bien de se tenir un livre où l’on notera ces différents accessoires que le tissage recevra, avec la date, le nom du marchand, le prix du coût, et les observations sur la qualité fournie.
- Il arrive fréquemment qu’un ouvrier, renvoyé pour faute grave, se représente quelques années ou même quelques mois après sa sortie dans un établissement, sans qu’on puisse se ressouvenir de la cause pour laquelle il a été renvoyé; pour obvier à cet inconvénient, je conseillerai à tout chef d’établissement de tenir un registre où sera inscrit le nom de l’ouvrier, sa demeure, la date de son entrée, celle de sa sortie, et la cause de son départ. Ce registre a en outre l’avantage de faire connaître la demeure des ouvriers, dont on peut également avoir quelquefois besoin, et je ne doute pas que si chaque établissement industriel donnait ses soins à un pareil registre, la police de la ville ne fût beaucoup soulagée dans les recherches quelle fait très-souvent en pure perte.
- J’en donne le formulaire ci-après {modèle XXVIII}.
- p.190 - vue 181/204
-
-
-
- Modèle XXVIII.
- REGISTRE D’INSCRIPTION DES OUVRIERS.
- DATE
- DE L’ADMISSION. NOMS ET PRÉNOMS. PROFESSION. AGE.
- ANNÉE. MOIS. JOUR.
- DEMEURE DATE DE LA SORTIE. TEMPS qu’il est resté chez nous
- ACTUELLE ANNÉE. MOIS. JOUR. ANNÉE. MOIS. JOURS.
- CONDUITE
- et cause
- DU DÉPART.
- p.191 - vue 182/204
-
-
-
- — 192 —
- Je termine mon petit ouvrage en rappelant de nouveau que le but que je me suis proposé, est surtout de le faire servir de base à un traité plus détaillé sur le tissage mécanique ; j’espère néanmoins que mes lecteurs auront trouvé quelque intérêt à le lire, et que cela les engagera à mettre également sur papier le résultat de leurs observations pratiques, par suite de quoi le tissage mécanique ne pourra manquer de faire de rapides progrès et d’arriver à une perfection qu’il n’a pas encore atteinte.
- p.192 - vue 183/204
-
-
-
- A g I 8 1 s
- I I 8 1 8 B g S 8 8 8 8 g 8 8 i 5 1
- m R P H 5 S 3 a > w M H' S s 702
- Pages
- Introduction...................................................... v
- PREMIÈRE PARTIE. — DES MACHINES. ... 7
- Chapitre Ier. Du Bobinoir......................................... 7
- Description du Bobinoir de 144 broches (Pl. 1, fig. 1 et 2)....... 8
- Montage et réglage du Bobinoir.................................... 9
- Théorie du tracé d’un excentrique pour bobines convexes (Pl. 3.
- fig-1)........................................................... 10
- Calculs de la vitessse et de la production théorique d’un Bobinoir de
- 144 broches....................................................... Il
- Chapitre II. De l’Ourdissoir..................................... 13
- Description de l’Ourdissoir. (Pl. 2.) ........................... 13
- Du rentrage des fils dans les peignes............................ 14
- Calculs de la vitesse et de la production théorique de l’Ourdissoir... 14
- Chapitre III. De la Machine a parer. (Système écossais.)........ 16
- Description de la Machine à parer (Pl. 4, fig. 1)................ 16
- Du montage de la Machine à parer et de son réglage............... 19
- Du rentrage des peignes et planchettes........................... 21
- Composition du parement.......................................... 23
- Du chauffage..................................................... 23
- 13
- p.193 - vue 184/204
-
-
-
- I
- 194 —
- Pages
- sap
- a
- aeenrss
- Calculs des vitesses et de la production théorique de la Machine à parer..........................................................
- Remarques sur les défauts qui peuvent se présenter au Parage, et moyens de les éviter...........................................
- Chapitre IV. Du Rentrage et de l’Appondage des chaînes
- PARÉES ........................................................
- Chapitre V. Du Métier a tisser mécanique....................... Description du Métier à tisser, mouvement en dessous à double fouet
- (PI. 3, fig. 1 et 2).................... Montage des Métiers à tisser................ Réglage du Métier à lisser.................. Du montage de la Chaîne sur le métier à tisser.. Du Métier à tisser, croisé à quatre marches..... De la vitesse et du produit théorique du métier à tisser...... Chapitre VI. Des Accessoires de tissage...... Du Peigne à tisser..........................:.................
- Du Harnais....................................................
- De la Navette....................................... Des Tempions........................................ Du Taquet........................................... Des Courroies.................................................
- De la Pompe à mouiller les cannettes...........................
- Chapitre VII. Remarques sur différents défauts qui se pré-
- sentent A LA RÉCEPTION, DANS LES TISSUS. — INDICATION DES CAUSES D’OU ILS PROVIENNENT..............................
- 19 OC
- 29
- 33
- 35
- 36
- 39
- 42
- 43
- 47
- 48
- 49
- 49
- 50
- 51
- 52
- 53
- 54
- 54 .
- Chapitre VIII. Nettoyage et graissage des Machines ........ (
- Chapitre IX. Machines accessoires et "force motrice néces- .
- SAIRES POUR L’ALIMENTATION D'UN TISSAGE MÉCANIQUE DE 300
- MÉTIERS..................................................... (
- DEUXIÈME PARTIE. — DE LA FABRICATION EN
- GÉNÉRAL................................
- Du choix des filés....................
- De la chaîne mécanique................
- De la trame mécanique.................
- Vérification du numéro des filés de coton
- 56
- 60
- 62
- 20
- O
- 65
- 66
- 67
- 68
- p.194 - vue 185/204
-
-
-
- — 195 —
- Pages
- Table du poids en grammes que doit peser l’écheveau, depuis le N° 1 jusqu’à 1Ü0..................................................... 70
- Des numéros anglais comparés aux numéros français.................. 72
- Tableau pour réduire les numéros anglais des fds de coton en numéros français.......................................................... 73
- Dispositions et proportions des fds pour la formation de tissus convenables ....................................................... 74
- Table de proportions observées entre les numéros et le nombre des lils de chaîne et de trame, dans la composition des tissus........ 74
- Explication et application de la table............................. 74
- Calcul de la quantité de fdés nécessaire dans une pièce de coton.... 75
- Composition d’étoffes dans des laizes différentes de celle 3/4, indiquée dans la table.............................................. 77
- Tableau du nombre des fds qui entrent en moyenne dans la chaîne, suivant le compte et pour les laizes les plus usitées dans les tissus de couleurs....................................................... 79
- Méthode pour calculer le numéro et le poids du coton dans une pièce, d’après un échantillon donné...................................... 79
- Tableau indiquant les portées contenues dans différentes largeurs de toile d’après le nombre de fds sur un quart de pouce.............. 85
- Explication de ce tableau.......................................... 86
- Tableau de la longueur de la trame sur un mètre de toile, avec différentes duites et largeurs de peigne. — Usage et application de ce tableau.............................................,............. 86
- Tableau de la loupe indiquant les lils comptés sur un plus grand diamètre.......................................................... 87
- Du prix de revient, ou façon des toiles tissées à la mécanique, connaissant le prix des filés........................................ 87
- Tableau de production journalière et annuelle de 300 métiers mécaniques , dans différentes duites, avec les dépenses de main-d’œuvre et frais généraux, répartis par pièce de 48 mètres de longueur.... 89
- Explication et application de ce tableau........................... 89
- Moyens dont peut disposer un directeur pour augmenter la production sans nuire à la qualité.......................................... 91
- Personnel d’un tissage de 300 métiers.............................. 94
- Id. de 720 id............................................. 95
- Règlement des ouvriers du tissage.................................. 97
- p.195 - vue 186/204
-
-
-
- — 196 —
- Pages
- Observations sur le parement................................... 402
- Tableau de proportion pour la composition du parement.......... 403
- Id. id., avec fécule bonne qualité, séchée fortement. 403
- Id. id., id., médiocrement séchée. 104
- Manière de cuire le parement à la vapeur....................... 405
- Tableau de proportion pour ce parement......................... 406
- Vernis de harnais ..........:...................................406
- Emploi du déchet de parement................................... 407
- Id. de chaîne parée............................. 407
- TROISIÈME PARTIE. — DE LA COMPTABILITÉ.. 444
- Tricoteuses de harnais....................................... 444
- Formulaire d’un livret de tricoteuse (modèle 1)................ 443
- Rentreuses et rappondeuses..................................... 444
- Formulaire d’un livret de rentreuse et rappondeuse (modèle II).... 445
- Id. du livret du contre-maître de bobinage (modèle III).... 446
- Bobinage.................................................... 447
- Formulaire d’un livret de bobineuse (modèle IV).................448
- Id. du rencontre de bobinage (modèle V)..........................420
- Ourdissage.................................................. 424
- Formulaire d’un livret d’ourdisseuse (modèle VI)................ 422
- Etiquette de rouleau ourdi..................................... 423
- Formulaire d’un rencontre d’ourdissage (modèle VII)...... 424 et 425
- Parage......................................................... 126
- Formulaire d’un livret de pareur (modèle VIII) ................ 427
- Id. du registre de parage (modèle IX).................... 429
- Id. du rencontre de parage (modèle X) ........... 430 et 431
- Id. du livre de paye du parage (modèle XI).......... 433
- Récapitulation du bobinage......................................434
- Formulaire du bobinage (modèle XII).......................... 434
- Récapitulation de l’ourdissage................................. 435
- Formulaire de l’ourdissage (modèle XIII) ..................... 135
- Récapitulation du parage....................................... 136
- Formulaire du parage (modèle XIV)........................ 436
- Récapitulation de la livraison au tissage...................... 437
- p.196 - vue 187/204
-
-
-
- — 197 —
- Pages
- Formulaire du tissage {modèle XV)..................................... 137
- Inventaire d’un parage, bobinage, ourdissage.......................... 138
- Magasin des bobines................................................... 139
- Id. des rouleaux ourdis................................................. 139
- Parage................................................................ 140
- Magasin des rouleaux de chaîne parée.................................. 141
- Inventaire du bobinage et de l’ourdissage.................... 142 et 143
- Id. du magasin des rouleaux ourdis.................144 et 145
- Id. du parage...................................... 146 et 147
- Id. du magasin des rouleaux de chaîne parée........ 148 et 149
- Formulaire du carnet pour la fécule et le léiocome {modèle XVI}... 151
- Du tissage.............................................................152
- Formulaire du rencontre de trame aux tisserands {modèle XVII} ... 153
- Réception des toiles........................................... ... 154
- Formulaire du livre de réception des toiles {modèle XVIII}. 156 et 157
- Id. du livret des tisserands {modèle XIX}................ 158
- Id. du livre de l’entrée des toiles {modèle XX}.........160 et 161
- Id. du livre de réception des toiles {modèle XXI}....... 162
- Id. du livre de paye pour chaque salle {modèle XXII}....164
- Id. du livre de récapitulation du bobinage {modèle XXIII}. 166
- Id. id. de l’ourdissage {modèle XXIV}. 167
- Id. id. du parage {modèle XXV}...........168
- Id. id. d’une quinzaine au tissage {modèle XXIV}.......................................................170
- Id. id de la production par quinzaine et de la trame employée pour le nombre de pièces tissées pendant ce temps, en numéros différents et au total {modèle XXVII} 171
- Manière de procéder à l’inventaire d’un tissage....................... 172
- Formulaire d’inventaire pour le bobinage, ourdissage, parage et tissage ........................................... «............. 174 à 187
- Id. d’un registre des ouvriers {modèle XXVIII}......................... 191
- FIN DE LA TABLE.
- p.197 - vue 188/204
-
-
-
- — 198 —
- ERRATA.
- Page 142. Inventaire du bobinage, au total, lisez: 23,839. 84, au lieu de : 25,839. 84.
- Page 151. Au titre du formulaire, modèle XVI, au lieu de : LÉICOME,
- lisez: LÉIOCOME.
- p.198 - vue 189/204
-
-
-
- p.n.n. - vue 190/204
-
-
-
- p.n.n. - vue 191/204
-
-
-
- 3
- «
- ]
- 3
- I
- E
- Lel, > = 5
- 5 /
- 1 te
- V-
- 3-
- 1 t
- ?
- !
- FD a
- - S) 15)”
- ha -Nsdh
- 0
- 6
- pl.1 - vue 192/204
-
-
-
- pesprrngagesgcrya
- -ereresnt—
- p.n.n. - vue 193/204
-
-
-
- TJ
- 2
- S
- °e s
- — /
- 7
- NSE/ 9 =
- K 's v 1 i h
- N N
- pl.2 - vue 194/204
-
-
-
- p.n.n. - vue 195/204
-
-
-
- pl.3 - vue 196/204
-
-
-
- p.n.n. - vue 197/204
-
-
-
- pl.4 - vue 198/204
-
-
-
- p.n.n. - vue 199/204
-
-
-
- pl.5 - vue 200/204
-
-
-
- p.n.n. - vue 201/204
-
-
-
- .....
- — .i
- n I r _12
- 01 w
- p.n.n. - vue 202/204
-
-
-
- p.n.n. - vue 203/204
-
-
-
- p.n.n. - vue 204/204
-
-