Notice sur la stéarinerie
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- NOTICE
- SUR LA
- STÉARINERIE
- FRÉDÉRIC FOURNIER
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- PARIS
- IMPRIMERIE A. QUANTIN
- ANCIENNE MAISON J. CLAYE RUE SAINT-BENOIT, 7
- 187 8
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- NOTICE
- SUR LA STÉARINERIE
- DE MARSEILLE
- HISTORIQUE
- Cette fabrique est l’une des plus anciennes de l’Europe. Elle a été fondée en avril 1836 par Frédéric Fournier, avec le concours de M. de Milly, créateur de l’industrie stéarique. (Pièce justificative n° 1.) Frédéric Fournier est mort en 1851, avant d’avoir pu donnera sa création tout le développement quelle comportait. L’Établissement, géré par un ami dévoué de la famille Fournier, fut laissé de parti pris et pour répondre aux exigences de la situation, dans un état à peu près stationnaire jusqu’en 1863. A cette époque, les fils de Frédéric Fournier, arrivés à leur majorité, prirent la direction des affaires, et leur imprimèrent immédiatement le mouvement de progression qui a donné à leur Maison son importance actuelle.
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- La Maison est gérée par :
- MM. Louis Fournier (Félix), qui a été sept ans Juge au tribunal de commerce, et qui est aujourd’hui Président de la « Société pour la défense du commerce Marseillais (sorte d’union des chambres syndicales). »
- Édouard Fournier.
- L.-Jean Fournier.
- STATISTIQUE
- La Stéarinerie Fournier groupe autour d’elle un certain nombre de petits établissements qui en dépendent, bien qu’ils soient constitués avec des organisations distinctes : une Savonnerie, une Fabrique dolêo-margarine et une Fabrique de chandelles. Ils couvrent ensemble une superficie de 46,000 mètres carrés et occupent environ sept cents ouvriers. Néanmoins, l’Établissement le plus important de ce groupe est la Stéarinerie , qui vient de produire dans l’année 1877
- 4,195,881 kilogr. en bougies et. en acide stéarique. Cette production se décompose ainsi :
- 4,065,390 bougies.
- 130,491 acide stéarique.
- 4,195,881 kilogr.
- Sorti par acquits-à-caution... 2,840,559
- Sorti pour la consommation. . . . 1,355,322
- 4,195,881 k.
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- L’authenticité de ces chiffres est attestée par un certificat du Directeur de la Régie. (Pièce justificative n° 2.)
- Un autre fait qui donne bien l’idée de l’importance de l’Exploitation, c’est la consommation de la houille, qui a atteint environ 17,000 tonnes en 1877. (Certificat du Directeur de l’Octroi; pièce justificative n° 3.)
- PRODUITS EXPOSÉS
- PRODUITS COMMERCIAUX
- Les produits exposés sont :
- 1° Bougies stéariques;
- 2° Acide stéarique et acide palmitique ;
- 3° Chandelles;
- h° Glycérine industrielle distillée (premier jet de l’alambic) ;
- 5° Acide palmitique résultant directement de la transformation de l’acide oléïque par la potasse ;
- 6° Même produit distillé et pressé ;
- 7° Savon de ménage à base d’acide oléïque.
- PRODUITS DE LABORATOIRE
- 1° Acétate de potasse ;
- 2° Acide acétique ;
- 3° Alcool caprylique ; h° Acide hipomique; ?
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- 5° Acide palmitique pur;
- 6° Acide sébacique ;
- 7° Acide caproïque brut;
- 8° Hydrocarbure de la série Cn Ha + 2 ;
- 9° Paraffine.
- Ces produits, dont quelques-uns sont nouveaux, offrent un intérêt particulier par leur mode de génération et sont appelés à éclairer la question si importante des déchets de fabrication, et, partant, des rendements industriels.
- 1° et 2° L’acétate de potasse et l’acide acétique provenant de la transformation de l’acide oléïque par la potasse, sont obtenus en quantité assez grande pour devenir des produits commerciaux. Jusqu’à présent, l’acétate de potasse brut est détruit par calcination, pour régénérer le carbonate de potasse. Dans un avenir prochain sera résolue la question de savoir s’il y a opportunité à le purifier pour le transformer en produit commercial; ou bien à en retirer l'acide acétique; ou bien, enfin, à continuer la calcination dans des appareils qui permettent de recueillir l’acétone.
- 3° L’alcool caprylique n’est contenu qu’en petite quantité dans les hydrocarbures bruts fournis par la distillation des acides gras à l’aide de la vapeur surchauffée.
- A° Ce que l’on a étiqueté acide hipomique, fait partie d’une série d’acides actuellement à l’étude. L’un
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- des termes de cette série offre de grandes analogies avec l’acide hipomique de Meyer; mais leur identité n’a pas encore été constatée. Ges acides se trouvent à l’état de sels potassiques, dans les lessives ayant servi à la transformation de l’acide oléïque.
- 5° L’acide palmitique n’est là que pour constater la grande facilité qu’il y a à retirer cet acide pur des produits de la transformation.
- 6° L’acide sébacîque se trouve dans les eaux de distillation et dans les eaux de lavage de l’acide oléïque.
- 7° Acide caproïque brut. — La série complète des acides gras volatils accompagne les hydrocarbures provenant de la distillation. Les termes les plus élevés se trouvent dans les lessives de transformation et aussi dans les vieilles lessives de savonnerie.
- 8° Les hydrocarbures de la série Cn Hn+2 sont produits par l’action de la chaleur sur tous les corps gras, à une certaine phase de leur distillation. Leur identité avec les pétroles naturels a été signalée la première fois par M. Laurent, ingénieur de l’usine. M. Cahours, de l’Institut, a bien voulu examiner ces produits. Le résultat de ses recherches a confirmé l’opinion émise par M. Laurent.
- 9° Un des termes les plus élevés de cette série, la paraffine, est obtenu facilement et couramment, quoique en petite quantité, depuis qu’elle se concentre dans" les hydrocarbures qui se séparent de l’acide oléïque
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- pendant la caléfaction de l’oléate de potasse et sa transformation en palmitate.
- Enfin, toute une série d’acides gras volatils encore indéterminés et d’aldéhydes odorantes ont été recueillis trop tardivement pour pouvoir être classés et présentés en quantité suffisante. Nous espérons que, grâce au concours obligeant de plusieurs chimistes, nous serons à même de les faire connaître avant la clôture de l’Exposition.
- RÉCOMPENSES
- PRÉCÉDEMMENT OBTENUES
- Médaille de Bronze, Marseille, 18AA.
- — Or, Marseille, 1861.
- — Bronze, Londres, 1862.
- — Argent, Bordeaux, 1865.
- — Argent, Paris, 1867.
- — Or, Marseille, 1868.
- FAITS PARTICULIERS
- SUR LESQUELS L’EXPOSANT DÉSIRE APPELER L’ATTENTION DU JURY
- Le premier de ces faits, c’est Y accroissement consi-dêrable que VÉtablissement a pris depuis l’Exposition de 1867 : son importance a presque triplé. La Stéari-nerie Frédéric Fournier venait, à cette époque, en se-
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- conde ligne dans le classement des fabriques françaises. Elle vient aujourd’hui en première ligne, non-seulement en France, mais en Europe, et sa production annuelle en bougies stéariques est la plus forte production de France.
- Le second fait sur lequel l’exposant appelle l’attention du jury, c’est la part proportionnelle que prend la maison Fournier dans l’exportation totale des bougies françaises. Cette part est de plus de la moitié (52 pour cent). La valeur des bougies exportées de France durant l’année 1877 est de 9.713.000 fr. (Extrait du tableau des douanes; pièce justificative n° h.) Durant la même année, la maison Fournier a exporté 2.542.323 kilogr. de bougies stéariques, ce qui fait à 2 fr. le kilogr., base d’évaluation adoptée par la douane, une valeur de 5.084.600 fr. (Certificat du directeur des douanes de Marseille ; pièce justificative n° 5.)
- Cet Établissement serait donc, parmi tous les établissements rivaux, celui qui représenterait le mieux l’industrie française sur les marchés étrangers.
- Enfin, un troisième fait qui mérite d’être signalé, c’est la solidification de Vacide oléïque par la potasse et sa transformation en acide palmitique. Cette transformation est la nouveauté la plus saillante qui se soit produite dans l’industrie stéarique depuis l’Exposition de 1867.
- Connu depuis longtemps dans les laboratoires, ce procédé avait donné lieu à quelques tentatives indus-
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- trielles très-restreintes ; puis il avait été abandonné comme n’étant pas susceptible d’entrer dans le domaine pratique. MM. Fournier frères ont repris ces tentatives, et, dans ce but, ils ont associé à leur entreprise M. Ra-disson, qui avait déjà fait dans cette voie de remarquables recherches, et dont le succès a enfin couronné les efforts.
- La Maison exploite depuis trois ans le système Radisson dans une annexe de son usine, et chaque jour elle transforme 2 à 3.000 kilogr. d’acide oléïque en acide palmitique. La Stéarinerie a donc pris possession d’une manière définitive de ce nouveau procédé si important pour son avenir.
- En terminant ces quelques observations, l’exposant prie Messieurs les Jurés de vouloir bien remarquer que tous les chiffres qu’il fournit sont appuyés de pièces justificatives qui en établissent la rigoureuse exactitude; et ce fait mérite d’être pris en considération, en présence des exagérations nombreuses dont les notices de ce genre sont trop souvent entachées. Les originaux des pièces justificatives sont tenus à la disposition du jury par M. Lesueur, représentant de l’exposant.
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- INSTITUTIONS EN FAVEUR DES OUVRIERS
- SECOURS AUX MALADES
- 1° L’Établissement accorde gratuitement les secours du médecin et la fourniture des remèdes à tous les ouvriers malades ;
- 2° Quand l’ouvrier a deux ans de service et qu’il est marié, la maison lui donne un secours de 1 franc par jour;
- 3° Enfin, quand l’ouvrier a été blessé à l’usine dans l’exercice de son travail, la totalité de sa paye lui est maintenue pendant la durée du chômage.
- CAISSE D’ÉPARGNE
- La Caisse d’épargne est organisée d’après un système qui intéresse l’ouvrier aux bénéfices de l’industrie.
- Le taux de l’intérêt se décompose en deux parties :
- 1° Un taux fixe et minimum de h pour cent;
- 2° Un taux proportionnel aux bénéfices. (Cette seconde partie du taux de l’intérêt est annoncée comme devant être donnée chaque année à titre gracieux et non obligatoire. On évite par ce moyen l’inconvénient qu’il peut y avoir à fournir aux ouvriers le droit de discuter les comptes.)
- Le taux de l’intérêt distribué a été :
- En 1876. . En 1877. .
- 9 pour cent. 7 pour cent.
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- NOTES
- ET
- PIÈCES JUSTIFICATIVES
- i°,
- DATE DE LA CRÉATION DE L’USINE
- Acte authentique d’association entre M. de Milly et M. Frédéric Fournier (12 avril 1836).
- 2°
- CERTIFICAT DE LA RÉGIE (Copie)
- Extrait du compte de M. Frédéric Fournier, fabricant de bougies à Marseille.
- Le Directeur des Contributions indirectes des Bouches-du-Rhône, soussigné, certifie que les sorties en bougies et stéarines pendant l’exercice 4877, au compte de M. Fournier, fabricant de bougies à Marseille, s’élèvent à :
- 4.195.881 kil. 970 gr. Quatre millions cent quatre-vingt-quinze mille huit cent quatre-vingt-un kilogr. neuf cent soixante-dix grammes.
- Cette quantité se décompose comme suit :
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- 1.355.322 kil. 420 gr. Un million trois cent cinquante-cinq mille trois cent vingt-deux kilogr. quatre cent vingt grammes, livrés au commerce intérieur par laisser passer et sur lesquels il a été perçu : 406.687 fr. 96 (quatre cent six mille six cent quatre-vingt-sept francs quatre-vingt-seize centimes) d’impôt.
- 2.840.559 k. 550 gr. Deux millions huit cent quarante mille . cinq cent cinquante neuf kilogr. cinq
- cent cinquante grammes, livrés en franchise des droits à l’intérieur et à l’exportation.
- Marseille, le 9 avril 1870.
- Le Directeur,
- Signé : Gallepie.
- 3°
- CERTIFICAT DE L’OCTROI (Copie)
- Le Préposé en chef, directeur de l’Octroi de la ville de Marseille, certifie que, pendant l’exercice 1877, iha été pris en charge au compte de M. Frédéric Fournier, fabricant de bougies, la quantité de seize millions huit cent soixante-quinze mille neuf cent vingt (16.875.920) kilogrammes de charbon de pierre pour les besoins de son industrie.
- Marseille, le 12 avril 1878.
- Signé : Daviix.
- 4°
- CHIFFRE TOTAL DES EXPORTATIONS DE LA FRANCE EN BOUGIES STÉARIQUES
- Une lettre de M. le Directeur des douanes, répondant le 7 juin dernier à une demande adressée a l’Administration par M. Fré-
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- - H -
- déric Fournier, fixe a y.713.627 fr. la valeur totale des exportations en bougies stéariques de l’année 1877,
- 5°
- EXPORTATIONS DE LA MAISON FOURNIER
- Un relevé certifié conforme par M. le Directeur des douanes de Marseille arrête au chiffre de 2.542.323 kilogr., en valeur 5.084.600 fr., les exportations de bougies stéariques faites par la Maison dans le courant de l’année 1877.
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- RÉSUMÉ
- 1° Cette usine est la plus considérable des stéarineries françaises au point de vue de la production. (Production de 1877,
- 4.'195.000 kilogr. d’acide stéarique et de bougies.)
- »
- 2° Elle fait à elle seule plus de la moitié de l’exportation totfcle de la France en bougies stéariques. (Voir plus haut.)
- 3° Elle présente et recommande à l’attention du jury la nouveauté industrielle la plus saillante qui se soit produite dans la sléarinerie depuis 1867 (solidification industrielle de l’acide oléïque).
- 4° Enfin, les travaux de son laboratoire, ainsi que les institutions en faveur des ouvriers, méritent aussi quelque attention,
- 5° Tous les chiffres énoncés dans cette Notice sont absolument rigoureux et prouvés par des pièces justificatives.
- PAIUS. — impr j CLAYE — A, QuantiX et C”, rue St-Hmoîi — [OAP;
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