- Accueil
- > Catalogue général
- > Laussedat, Aimé (1819-1907) - Sur plusieurs résultats remarquables obtenus par la métropho...
Sur plusieurs résultats remarquables obtenus par la métrophotographie
-
-
- p.n.n. - vue 1/8
-
-
-
- SÜR PLUSIEURS RÉSULTATS REMARQUABLES OBTENUS PAR LA MÉTROPHOTOGRAPHIE,
- Par M. le colonel LA U SS ED AT.
- 7
- Mes chers Collègues,
- Je ne saurais avoir la prétention de vous tenir tont àjfalt
- au courant des progrès incessants de la métrophotographie. Cette tâche est d’ailleurs merveilleusement remplie, ainsi que je vous l’ai dit à différentes reprises, par un savant autri-
- chien des'plus distingués, M. le professeur Édouard Dolezal,
- qui vient d’être appelé récemment à l’enseignement de la Géodésie et de la Photo gramme trie au Polylechnicum de Vienne. Il se trouvera là désormais en contact immédiat avec Je Dr José-Maria Eder, dont l’Annuaire cpie nous possédons dans notre bibliothèque contient les renseignements auxquels je fais allusion.
- Le Dr Eder lui-même, dans la nouvelle édition de son Histoire de la Photographie si pleine d’érudition (*), mentionne cette branche en en faisant pressentir toute l’importance. Mais je n’insiste pas, car il me serait aisé de vous prouver que les vulgarisateurs de notre science sont aujourd’hui légion dans tous les pays civilisés.
- Je vais donc simplement mettre sous vos yeux plusieurs résultats qui confirment ceux que je vous ai déjà fait connaître et dont quelques-uns dépassent les prévisions les plus hardies. Vous pouvez d’abord examiner les spécimens de restitution de plans, coupes et élévations de monuments qui sont exposés dans la salle et qui vous donneront une idée de la tâche considérable entreprise, depuis 20 ans, à l’Institut
- (') Hofrath Dr J.-M. Eder, Geschichte der Photographie. Drilte günzlicli ùmgearbeilet und vermehrte Auflage. Wilhelm Knapp, Halle a. S., igo5.
- p.1 - vue 2/8
-
-
-
- photogrammétrique de Berlin, créé et dirigé par le savant Dl Meydenbauer.
- Je n’entre dans aucun détail sur la méthode géométrique à laquelle on a eu recours pour accomplir cette œuvre qui comprend à l’heure actuelle le relevé de 835 monuments existant dans 185 localités différentes, en Allemagne, dans les pays annexés et même à l’étranger. Cette méthode n’est autre chose que la solution du problème inverse de celui de la perspective, connue et même pratiquée bien avant la découverte de la photographie, mais que celle-ci a rendue infiniment plus facile, plus complète et plus rigoureuse. Nos excellents architectes français ne l’ignorent pas et ont même été des premiers à s’en servir. Mais c’est seulement dans ces derniers temps que l’un d’eux, M. Le Tourneau, chargé de missions en Grèce, en a fait un usage méthodique dont il a tiré le plus grand parti.
- Je vous ai déjà montré d’assez nombreuses cartes photo-topographiques exécutées en différents pays. J’ai pensé toutefois que vous verriez encore avec intérêt quelques-unes de celles que j’ai reçues récemment et qui se rapportent à des contrées particulièrement difficiles à explorer.
- Voici, par exemple, celle du Mont Gervin exécutée à
- l’échelle de — et qui fait partie de la carte officielle de 2aooo 11
- l’Italie à cette même échelle. Les éléments en ont été-recueillis en 1890 par l’un des collaborateurs de l’excellent ingénieur Pio Paganini qui, depuis près de 20 ans, a fait adopter la Métrophotographie par l’Institut géographique militaire de Florence, Je pourrais vous en montrer bien d’autres, celles du Splügen, du Gran Paradiso, etc., exécutées toutes avec autant d’exactitude que de rapidité. Je me bornerai à vous présenter comme illustration l’une des vues du Gran Paradiso reproduite en héliogravure et qui vous donnera une idée de la multiplicité des détails relevés sur chacune des épreuves que, par aucune autre méthode, on ne parviendrait à réunir, à moins d’y consacrer un temps incomparablement plus considérable.
- De l’Italie, voulez-vous me suivre au Canada. Nous voici dans les monts Selkirk (Selkirk range), au delà du versant occidental des montagnes rocheuses, pays de glaciers très
- p.2 - vue 3/8
-
-
-
- — 3
- boisé sur les pen tes, si pittoresque qu’on lui à donne le nom de Suissë canadienne. Je me contente de vous montrer un
- fragment de la magnifique carte à l’échelle de—> avec
- ° O T boooo
- courbes de niveau espacées de 3om en 3om, représentant une étendue superficielle de plus de 25ookm2, levée en deux campagnes, 1901 et 1902, de quatre mois chacune, par trois habiles opérateurs. Leur chef, M. Arthur O. Wheeler, continue depuis bien des années, sous la direction de l’arpenteur général M. E. Devilles, à montrer que la Métrophotogra-phie seule est en état de triompher de toutes les difficultés du sol et du climat, dans des contrées à peine explorées auparavant et de l’accès le plus difficile.
- J’avais encore espéré vous montrer aujourd’hui la carte des environs de la célèbre cité d’Ephèse en Asie Mineure,
- construite à l’échelle de —^— (d’après 3oo vues prises par le
- 2i)000 ' 1 11
- capitaine autrichien Schindler) par M, Ignace Tschamler, qui a déjà exécuté la belle carte du Mont Argée, en Gappadoce, que j’ai mise sous vos yeux l’année dernière. Cette carte, accompagnée d’un certain nombre de vues, m’est annoncée dans une lettre de M. Tschamler datée du 3o mars, mais elle ne m’est pas encore parvenue. Ce sera pour une autre occasion.
- J’arrive au sujet le plus imprévu et en même temps le plus délicat, celui de l’étude des formes des vagues de la mer et de tout ce qui se rapporte au phénomène de la houle si important à connaître pour les navigateurs et pour les constructeurs de navires.
- Depuis que les bateaux à vapeur ont remplacé les navires à voiles, on a été en effet frappé de ce fait que le roulis avait augmenté et l’on a pensé que la forme de la coque devrait être modifiée en se guidant sur la forme des vagues, leur hauteur, leur profondeur, leur vitesse. L’amiral Paris et l’un de ses fils, lieutenant de vaisseau, ont laissé sur ce sujet des indications précieuses obtenues avec la plus grande ingéniosité, mais restées encore imparfaites à cause de l’insuffisance des instruments imaginés à cet effet.
- En s’adressant à la photographie, on a fait un grand pas en avant et l’on peut dire déjà que le but est bien près d’être atteint.
- p.3 - vue 4/8
-
-
-
- Je suis obligé, faute de temps, de condenser en peu de mots l’exposé de la méthode qui a été suivie par M. le professeur W. Laas, de Charlottenburg, au cours d’un voyage entrepris de septembre 1904 à février 1906, sur le cinq-mâts Preussen de la Maison Læisz, de Hambourg, dans l’Atlantique et le Pacifique, le long des côtes méridionales de l’Amérique et sur les côtes occidentales de l’Afrique et de l’Europe.
- L’auteur reconnaît qu’il n’a pas été favorisé, qu’il n’y a pas eu de grosse mer et que, par suite, les résultats sont encore incomplets; mais il n’y a pas moins là une première et curieuse expérience qui mérite d’être signalée, répétée et imitée.
- La méthode qui a servi à déterminer les points remarquables d’une vague, au même instant, est celle des parallaxes. La parallaxe résulte pour chaque point de l’aspect différent de ce genre de paysage, sur des vues simultanées prises des extrémités d’une base convenablement choisie et déterminée sur l’un des bords du navire.
- On a même eu recours, dans certains cas, à deux bases consécutives et à trois chambres noires que l’on pouvait déclencher à la fois électriquement, au moment opportun.
- Ces appareils et leur installation ont exigé une étude particulière et je vous montre par projection les modèles proposés par leDr Pulfrich, dont le stéréo-comparateur que vous connaissez déjà, mais que je vous montre encore, a servi à évaluer les parallaxes aved une extrême précision.
- Je ne saurais mieux faire, en terminant ces trop courtes explications, que.de vous montrer des vues de vagues prises dans les circonstances que l’on a jugées favorables et l’un des résultats obtenus et traduits par une sorte de petite carte sur laquelle les vagues avec leur relief sont représentées comme si elles étaient solides, à la manière des cartes topographiques.
- Enfin j’ajoute que, sans cesser de s’intéresser à l’étude des vagues, les marins et les hydrographes de différents pays emploient les vues photographiques pour relever les côtes des îles et des continents, reprenant ainsi la tradition de l’illustre Beautemps-Beaupré. Les chambres noires que je vous ai montrées par projection ont même été exécutées à léna pour être embarquées à bord du navire allemand La
- p.4 - vue 5/8
-
-
-
- 0
- Planète, qui doit entreprendre (peut-être est-il déjà parti) un voyage d’exploration dans les mers australes.
- Laissez-moi souhaiter, mes chers collègues, que nos architectes, nos ingénieurs et nos marins ne se laissent distancer dans aucune des branches que je viens de vous signaler.
- J’ai d’ailleurs la satisfaction de reconnaître que plusieurs de nos jeunes compatriotes, parmi lesquels, indépendamment de M. Le Tourneau, l’un de nos collègues, M. l’enseigne de vaisseau Le Mée et M. le capitaine du Génie Saconney, ont déjà donné l’exemple en utilisant avec beaucoup d’habileté la vieille méthode des intersections dans des reconnaissances faites en mer.
- (Extrait du Bulletin de la Société française de Photographie, n° 8, i5 avril 1906.)
- p.5 - vue 6/8
-
-
-
- PARIS. — IMPRIMERIE GAUTHIER-VILLARS, 38472 Quai des Grands-Augustins, 55.
- p.6 - vue 7/8
-
-
-
- p.7 - vue 8/8
-
-