Revue générale des matières colorantes, de la teinture, de l'impression et des apprêts
-
-
- REVUE MENSUELLE
- Novembre 1938
- € ci
- 0
- 10
- o
- 0
- -
- 0
- 0
- F
- 4
- CI
- LOBANTES
- FONDÉE EN 1896
- Z ul J
- BLANCHIMENT
- TEINTURE
- RESSION
- PRETS
- DIRECTEUR:A.WAHL PROFESSEUR
- AU CONSERVATOIRE DES ARTS ET MÉTIERS ORGANE OFF/C/EL DE L'ASSOCIATION DES CHIMISTES DE L'INDUSTRIE
- président: Félix BINDER_trêsorier : G.MAIRESSE _______ SECRÉTAIRE:J.BESANÇON _______
- COMPAGNIE NATIONALEDE MATIÈRES COLORANTES ET MANUFACTURES DE PRODUITS CHIMIQUES DU NORD RÉUNIES
- ETABLISSEMENTS KUHLMANN
- SOCIÉTÉ ANONYME AU CAPITAL DE 320.000.000 FRANCS
- PRODUITS ORGANIQUES
- 145, Boulevard Haussmann, PARIS (VIII)
- ADRESSE Télégraphique: NATICOLOR 47 - PARIS TÉLÉPHONE : ELYSÉES 99-51 A 57
- REGISTRE DU COMMERCE SEINE N° 83.805 INTER : ÊLYSÊES 15 ET 16
- MATIÈRES COLORANTES POUR TOUTES LES INDUSTRIES COLORANTS GRAND TEINT POUR LAINE, COTON, SOIE, ETC. — COLORANTS DIAZOL LUMIÈRE - NAPHTAZOLS --SELS ET BASES SOLIDES :- COLORANTS SOLANTHRÈNE COLORANTS ACÉTOQUINONE
- Spécialités pour CUIRS, LAQUES, PAPIERS, FOURRURES, VERNIS, etc.
- PRODUITS AUXILIAIRES POUR L’INDUSTRIE TEXTILE
- Humidification, Mouillage, Dégraissage, Débouillissage, Dégommage, Teinture, Impression et Apprêts
- p.n.n. - vue 1/66
-
-
-
- mmimHNHHHMMIHIHIMIMIMHIHIHIHIMIIIZ
- ru »
- SOCIÉTÉ DES USINES CHIMIQUES
- RHONE - POULENC
- Société Anonyme au Capital de 100.000.000 de francs
- ........... 21, Rue Jean-Goujon — PARIS
- ( H H 5 A 0
- F 1
- H
- T 0 K H 0
- C
- T æ
- Acide salicylique
- Résorcine - Dichlororésorcine-Quinone Ortho et Paramidophénol
- Chlorure d’acétyle - Chlorure de benzyle Phénol 40/41° - Diméthylsulfate Acide paraoxybenzoïque
- Acide B. résorcylique - Acide anisique Acide orthocrésotinique
- Chloramine - Chloroforme technique Hyposulfite de soude - Sulfite de soude anhydre Bisulfite de soude liquide Permanganate de potasse Anhydride acétique - Acétines
- Monoéthanolamine-Triéthanolamine Orthophénylphénate de soude Chlorures d’éthyle et de méthyle
- (pour industries chimiques et machines à glace)
- Acétate de cellulose
- Solvants et Plastifiants Cellulosiques : Ether acétique - Acétate de butyle
- Alcool benzylique, Triacétine, Dichlorhydrine, Triphénylphosphate, Tricrésylphosphate * Celludol - Elastol
- Phtalates d’éthyle, de méthyle et de butyle Rhodoïd (matière plastique de sécurité)
- etc. . .
- Registre du Commerce : N° 104.380 (Seine)
- = H Kl
- p.n.n. - vue 2/66
-
-
-
- 42e Année
- Tome XLII
- Novembre 1938
- MATIE R ESCo 10 R ANTES
- DU BLANCHIMENT - DE LA TEINTURE - DE L’IMPRESSION ET DES APPRETS
- ORGANE OFFICIEL DE L’A. C. I. T.
- ABONNEMENTS : France, 150 fr. - Étranger (accord de Stockholm), 200 fr. - (Autres pays), 225 fr.
- ADMINISTRATION DE LA REVUE :
- Pour tout ce qui concerne la Publicité, s’adresser
- ELYSEE-BUILDING, 56, Faubourg Saint-Honoré
- Bureau 218 - Téléphone : Anjou 18-00
- A SOMMAIRE DE
- Chronique de l'A. C.1. .......... XLI à XLVHI !
- Matières Colorantes
- Ce que doit l’industrie textile à la mesure des couleurs, par M. le Chanoine Pinte, p. 401. ;
- Comptes-rendus des Sociétés Savantes, p. 407. Statistique des brevets allemands, p. 408. ! Varia, p. 409. 8 Informations, p. 410. 3 Revue économique, p. 410. 3 L’industrie chimique organique en Russie, p. 411. 3 Extraits de journaux étrangers, p. 412.
- Extraits de brevets français, p. 413. <
- Teinture-Impression $
- Le service des barques de teinture par l’intermédiaire d’un bac en 3 charge, par M. L. Bonnet, p. 415. !
- BUREAU ET SIÈGE DE L’A. C. I. T.
- (y adresser toutes communications)
- 28, Rue St-Dominique - Bureau n° 8 - PARIS-VIIe (Maison de la Chimie - Centre Marcelin Berthelot)
- NOVEMBRE
- Extraits de journaux étrangers, p. 417.
- Extraits de brevets français, p. 422.
- Nouveaux produits, p. 424
- Nouveaux colorants, p. 427.
- B'anchiment-Apprêts
- Les nouveaux procédés d’imperméabilisation des textiles, par M.
- Lenoir, p. 428.
- Extraits de journaux étrangers, p. 431.
- Extraits de brevets français, p. 434.
- Industrie Textile
- Extraits de journaux étrangers, p. 435.
- Revue économique de l’industrie textile, p. 438.
- Extraits de brevets français, p. 439.
- Résultats industriels, p. 440.
- Informations fiscales, p. 440.
- SOCIÉTÉ ANONYME
- DES
- DE
- SAINT-DENIS
- Capital : 50.000.000 de Francs
- Siège Social : 69, Rue de Miromesnil, PARIS (8e)
- KAKIS POUR CUVE VO,
- Pâte superfine pour l’impression et
- RO, 3V0 pour teinture
- par le procédé pigmentaire
- (PADDING PROCESS)
- Page de titre n.n. - vue 3/66
-
-
-
- DIASTAFOR
- Produit breveté S. O. D. G. Marque déposée
- DIASTASE AMYLOLYTIQUE de beaucoup la plus active et la plus économique
- Pour la préparation des MASSES D’ENCOLLAGE pour fils de chaîne
- Pour le DÉPAREMENTAGE CONTINU ou DISCONTINU de tous tissus, en vue du BLANCHIMENT, du MERCERISAGE, de la TEINTURE et de l’IMPRESSION Pour la préparation à toutes concentrations d’APPRETS à base des diverses fécules
- Le DIASTAFOR
- est la seule Diastase d’activité constante et de conservation absolument garantie
- Société Anonyme PROGIL, 50.000.888‘ de francs
- Siège Social : LYON, 10, Quai de Serin (4) Bureaux régionaux et Dépôts dans tous les Centres Textiles
- Marque déposée Procédés de Fabrication
- --—— et d’Utilisation brevetés
- • S. G. D. G.
- RAPIDASE
- Pour le Désencollage de tous tissus Pour la préparation de tous Apprêts et Encollages
- EST SYNONYME DE
- SIMPLICITÉ - RAPIDITÉ - SÉCURITÉ
- USINES OU NORD
- FIVES-LILLE — LILLE -FRESNES SUESCAUT
- BATINASE
- Le seul confit d’origine bactérienne
- donne des Peaux pleines
- et des Résultats constants
- SOCIÉTÉ RAPIDASE
- SECLIN (Nord), FRANCE
- Renseignements et Échantillons gratuits Agents et Dépôts dans tous les Centres Industriels
- LIE DE FIVES - LILLE
- POUR CONSTRUCTIONS MÉCANIQUES & ENTREPRISES
- Société anonyme au Capital de 75. 000.000Francs
- SIÈGE SOCIAL ET ADMINISTRATION
- --------7, Rue Montalivet. PARIS-----
- USINE OU CENTRE
- GIVORS —RHÔNE)-
- MATÉRIEL SPÉCIAL pour
- L’INDUSTRIE TEXTILE
- CHAUDIÈRES A VAPEUR - MATÉRIEL ÉLECTRIQUE Turbines à vapeur - Purgeurs - Compresseurs d’air Concassage, Broyage, Criblage et Manutention “ Dalbouze et Brachet ” Dépoussiérage « Arlod ”
- p.n.n. - vue 4/66
-
-
-
- CHRONIQUE DE L’A. C. I. T.
- N° 252 — Novembre 1938 — 28% Année
- _________________________________________________________ SOMMAIRE ______________________________________________________________________________________
- XVIIIe Congrès de l’A.C.I.T. à Lille.............................................................................................................. XLI
- La vie sociale de l’A.C.I.T. : Nouvelles inscriptions de sociétaires, Placements, Naissance, Distinctions....................................... XLVII
- ===========================================================================================================================================================================================================================================
- XVIIIe CONGRÈS DE L'A. C. I. T. A LILLE
- Minutieusement préparé par le Comité local d’Organisation, à la tête duquel se trouvaientles deux animateurs, le Chanoine Pinte et le Professeur Rolland, le XVIIIe Congrès de l’A.C.I.T. se déroula à Lille conformément au programme.
- Réception : Dès le jeudi 22 septembre une permanence installée dans les locaux de la Société Industrielle du Nord de la France, mis gracieusement à la disposition du Comité, recevait les Congressistes et leur remettait le programme, uneélégante brochure sur le Nord de la France due à la plume élégante du Chanoine PINTE, et l’insigne du Congrès aux Armes de Lille.
- Le soir, les salons du Carlton recevaient les Congressistes, joyeux de se retrouver entre amis ; des groupes sympathiques se formaient autour des tables et M. Rolland pouvait s’enorgueillir de 225 inscriptions de participation au Congrès.
- Visites et excursions : Le vendredi 23 septembre, dès 8 heures du matin, des autocars confortables emmenaient les Congressistes dans les diverses visites réparties suivant leur choix : l’Institut Mécaniques des Fluides, la Grande Brasserie, la Condition Publique de Roubaix, les Etablissements Peunel et Flipo de Roubaix, la Centrale Electrique de Comines, toutes visites fort intéressantes et où les visiteurs trouvèrent l’accueil le plus cordial et des explications techniques du plus haut intérêt.
- Le groupe des dames visitait les œuvres sociales des Etablissements Leclercq-Dupire à Wattrelos.
- A midi, les autocars se ralliaient sur la place de l’Hôtel-de-Ville de Roubaix et les Congressistes étaient reçus au Cercle de l’Industrie où les attendaient l’apéritif et un succulent déjeuner.
- Aussitôt après, on remontait en autocar et, par la campagne flamande, on se dirigeait vers les terrains sacrés de Notre-Dame-de-Lorette et de Vimy, pieux et intéressant pélerinage, au cours duquel M. le lieutenant Hivonnet, de l’Etat-Major, retraçait en termes sobres le martyre des innombrables héros qui pendant trois années se disputèrent cette « côte 165 » dominant les plaines de l’Artois et des Flandres.
- Après la visite de la Chapelle, de l’Ossuaire et du Cimetière, on alla jusqu’à Vimy se recueillir devant l’imposant monument des Canadiens et l’on rentra à Lille.
- Conférences : Le samedi matin 24 septembre, les affiches de mobilisation des spécialistes apportaient une hésitation, quelques camarades devant rejoindre
- leur poste, mais les autorités militaires consultées déclaraient qu’il n’y avait pas lieu d’interrompre le cours du Congrès.
- On se réunit alors à la Société Industrielle où M. G. Decoster, Président de la Société Industrielle du Nord, ouvrit la séance des conférences dans les termes suivants :
- Mesdames, Messieurs,
- Je tiens à vous souhaiter la bienvenue au seuil devotre XVIIIe Congrès. Je sais que votre Association compte tous ceux qui, dans notre beau pays de France, réalisent ce qui fait son renom en matière textile — teinture, impression, blanchiment, apprêts — et c’est la raison pour laquelle la Société Industrielle du Nord, de ce Nord si fier de son industrie textile, se trouve cordialement heureuse de vous accueillir.
- Toutes vos visites, conférences, réunions ont été soigneusement préparées par vos Présidents et vos Com mis-saires.
- Je leur ai ouvert notre immeuble avec joie et confiance, sachant qu’il y sera fait du bon travail.
- M. le Chanoine Pinte lui répondit en ces termes :
- Mes Chers Collègues,
- Des circonstances douloureuses, imprévues, m’ont dicté le devoir d’accepter la présidence de notre Congrès, et je ne m’y suis déterminé définitivement que sur l’insistance pressante et amicale de M. SACK et des membres du Conseil de l’Association des Chimistes de l’Industrie Textile.
- Ces circonstances, vous les savez sans doute : la maladie sérieuse, inquiétante de Mme BINDER, retient notre Président au chevet d’une épouse très chère.
- Tous, comme moi-même, vous compatissez à sa peine et voudriez l’alléger; puisse notre sympathie commune lui être un adoucissement et un réconfort dans sa dure épreuve.
- Je vous remercie, M. le Président de la Société Industrielle du Nord, de nous avoir offert l’hospitalité de votre maison ; le Congrès des Chimistes de l’A.C I.T. en pouvait-il trouver de plus adaptée à ses fins, puisqu’elle abrite dans ses murs, entre autres comités techniques, ceux de filature, de tissage, de chimie-teinture, en un mot, toute la technicité du textile.
- Nous avons entendu ici au cours des réunions mensuelles de ces comités les conférences des spécialistes les plus appréciés de notre Association et pour n’en citer que quelques-uns : Lagache, Toussaint, Rolland, Billot-Mornet ; ce sont des sujets du même genre que ceux qu ils ont traités que nous entendrons développer aujourd’hui par nos conférenciers. Nous acceptons donc, M. le
- p.r41 - vue 5/66
-
-
-
- XLIÎ
- Président, sur votre invitation, de nous considérer chez vous, chez nous.
- Voici qu’après Rouen, Lyon et Mulhouse, Lille a le plaisir et l’honneur de recevoir les Congressiste de l'A.C. I.T., et quand je dis Lille en m’adressant à des Chimistes du Textile, je n’en puis séparer dans ma pensée l’agglomération de Roubaix-Tourcoing.
- Fils de cette région industrielle que je connais bien, je puis vous assurer qu’elle vous accueille avec joie.
- Sans doute, la Providence ne l’a pas dotée des merveilles naturelles qui font l’enchantement des yeux et la délectation des âmes ; sans doute, son visage est austère et nous n’avons pu vous offrir, comme les villes favorisées que je citais tout à l’heure, les sites merveilleux dont votre mémoire a gardé de délicieuses impressions. Ce sont des souvenirs d’une autre qualité et peut-être plus durables que vous emporterez de cette région si riche en ressources naturelles, si laborieuse, que vous avez traversée hier; de votre pélerinage aux cimetières et aux tranchées de l’Artois, comme aussi du contact avec les gens de chez nous, énergiques et tenaces, mais gens de cœur.
- L’homme du Nord n’ayant pas proche de soi la tentation de s’évader, a fait du travail sa meilleure distraction. Il s’y donne avec toutes les qualités d’une race que le climat, les traditions et des siècles de lutte ont faite énergique jusqu’à l’acharnement, volontaire jusqu’à l’opiniâtreté.
- Cependant ces rudes qualités se trempèrent d’une certaine souplesse qui lui donne le sens de l’adaptation aux nécessités du moment. La consultation de l’Annuaire de la Chambre de Commerce de Roubaix est à ce sujet suggestive ; on reste étonné, après sa lecture, de constater combien nombreux et variés sont les champs d’activité de l'Industrie du Nord. Je vous fais grâce de leur longue énumération qui ressemblerait trop à quelque chose comme une apologie ou une sorte de plaidoyer « pro domo ».
- Car, toutes ces belles qualités ne sont pas sans défaut. C’est peut-être parce que sa personnalité est trop affirmée que l’industriel du Nord n’abandonne pas volontiers la direction effective de ses ateliers à des collaborateurs techniciens; qu’il ne recourt pas assez à leurs services. Et cependant, parce que sa vie se passe en luttes perpétuelles pour parer aux nécessités du jour et aux prévisions du lendemain, parce que la technique moderne qui conditionne en partie le rendement de l’industrie, évolue rapidement et que, en matière industrielle, comme en toute autre, qui n’avance pas recule, ne pourrions nous souhaiter qu’il apprécie davantage encore les services de l’ingénieur, lui fasse confiance et lui facilite sa tâche souvent ingrate de « metteur au point » !
- Encore faut-il, évidemment, que ce dernier rende les services espérés. Il ne le fera bien qu’autant qu’il possède à fond son métier, qu’il soit ordonné, patient et méthodique, qu’il joigne à un sens aigu de l’observation, un bon sens pratique.
- Ces qualités lui feront trouver à toute question posée une explication logique, c’est-à-dire une relation de cause à effet. Pour lui, toute explication trouvée permet decor-riger les erreurs passées, de prévoir les insuccès et d’en éviter la répétition en orientant vers une technique nouvelle un procédé que la pratique révèle imparfait.
- C’est la méthode des Pasteur, des Lechatelier, des Sabatier et de tous ceux qui ont fait progresser la technique industrielle. Nous ne procédons pas autrement dans nos Laboratoires de Recherches, lorsqu'il s’agitde déceler l’origine des défauts de fabrication.
- Sans fausse modestie, nous pouvons dire qu’ils sont
- nombreux dans notre Association, et qu’ils lui font honneur, les ingénieurs capables, expérimentés, consciencieux; et j’ai sur les lèvres les noms de quelques-uns d’entre eux qui assument, dans nos usines du Nord, de lourdes responsabilités à la plus grande satisfaction des chefs d’entreprise.
- C’est un spectacle réconfortant de voir réunis ici, coude à coude, patrons et ingénieurs, hommes d’étude et hommes d’action, chimistes de laboratoire et chefs d’atelier, disposés à se prêter un mutuel appui. Nos industries peuvent espérer de leur coopération amicale les résultats les plus heureux dans une amélioration continue des produits de leur fabrication, qui servira le bon renom déjà plusieurs fois séculaire de notre région textile.
- Et je laisse maintenant la parole à nos conférenciers ; vous les entendrez développer des sujets traitant des travaux théoriques qui préparent la solution des problèmes pratiques comme aussi des applications industrielles que ces travaux ont permis de réaliser.
- Les conférences scientifiques commencèrent par un lumineux exposé de M. BREUIL, des Etablissements Phillips et Pain, sur les eaux du Nord, leur composition et les moyens scientifiques et pratiques permettant d’obtenir pour toutes les applications industrielles une eau tout à fait pure.
- Puis Mlle Bossuyt parla de la résistance à la traction des fibres textiles, en illustrant sa conférence de projections de tableaux de démonstrations des expériences faites par elle sur le sujet.
- M. Delhalle nous entretint des procédés d’épilage des peaux de moutons, ou délainage, et spécialement de l’emploi des diastases en vue d’obtenir la fermentation nécessaire pour séparer le poil de la peau.
- L’Assemblée Générale de l’A.C.I.T. se tinta 11 h. sous la présidence de M. E. SACK, Vice-Président de l’A.C.I.T., qui retraça l’oeuvre du Conseil d’Administration depuis la dernière Assemblée.
- M. Georges Mairesse, Trésorier, rendit compte de la situation financière de l’Association.
- Enfin on procéda, suivant les statuts, à l’élection du nouveau Conseil d’Administration pour une période de trois ans.
- Dans ces conditions, la liste suivante (par ordre alphabétique) est proposée au vote de l’Assemblée :
- 1° M. Marcel Bader, Strasbourg.
- 2° M. Joseph Besançon, Vincennes (Secrétaire).
- 3° M. Félix Binder, Paris {Président).
- 4° M. Pierre BINDER, Bolbec.
- 5° M. Robert Blondel, Saint-Léger-du-Bourg-Denis
- {ancien Président de l’A.C .I. T'.).
- 6° M. Philibert DEcK, Mulhouse.
- 7° M. Emile DUHEM, Fontenay-sous-Bois.
- 8° M. Eugène LABBÉ, Saint-Clair-du-Rhône.
- 9° M. Oscar LERCANGÉE, Gand.
- 10° M. Frédéric Maillard, Paris.
- 11° M. Georges Mairesse, Paris {Trésorier de l’A.
- C.I.T.y
- 12° M. Georges Martin, Paris.
- 13° M. Ernest Meininger, Paris.
- 14° M. Jean NIEDERHAUSER, Creil.
- p.r42 - vue 6/66
-
-
-
- XLIII
- 15° M. le Chanoine Pinte, Roubaix (ancien Président, 1er Vice-Président de l’A.C. I .T P.
- 16" M. Jean Rolland, Lille.
- 17° M. Ernest Sagk, Paris (2e Vice-Président de l’A.
- C.I.T.}.
- 18" M. Edouard Sifferlen, Paris.
- 19" M. René Toussaint, Paris.
- 20° M. Jean Vallée, Paris.
- Un vote à mains levées confirme l’adoption de cette liste à l’unanimité (avis contraire nul).
- D’après ce vote, les sociétaires énumérés dans la liste ci-dessus sont nommés pour trois années membres du Conseil d’Administration del’A.C.I.T. leurs fonctions prenant date au 24 septembre 1938.
- La séance est levée à 11 h. 45.
- Après le déjeuner, reprise des conférences.
- Notre collègue, M. Jean Vallée, dans une causerie très humoristique et à la fois très scientifique, nous démontra qu’il n’y avait plus de colloïdes mais simplement un état colloïdal de la matière.
- Puis le Chanoine Pinte démontra le rôle de la mesure de la couleur et les résultats pratiques que l’on peut tirer de cette science.
- En terminant cette séance scientifique, le Chanoine Pinte adressa aux conférenciers tous ses remerciements.
- Visite à la Chambre de Commerce : A 17 heures, après avoir été photographiés sur le perron de l’IIôtel de la Chambre de Commerce, les Congressistes entrèrent à la Chambre de Commerce où ils furent reçus par M. Stahl, Vice-Président de la Chambre de Commerce délégué à ceteffet par le Président M. Pierre Thiriez.
- Le Chanoine Pinte fit les présentations et M. Stahl prononça le discours suivant :
- Monsieur le Président,
- Mesdames, Messieurs,
- M. le Président Thiriez s’était promis de recevoir personnellement les membres du XVIIIe Congrès de l’Association des Chimistes de l’Industrie Textile; il a été malheureusement obligé de s’absenter, et il m’a confié l’honneur de vous accueillir à sa place. C’est d’ailleurs là une mission dont je m’acquitte avec satisfaction, puisque j’ai passé ma vie active dans l’industrie chimique, au service des Etablissements Kuhlmann à Lille.
- C’est donc l’un des vôtres, Messieurs, qui vous souhaite la bienvenue dans ce Palais de la Bourse, centre des affaires de notre contrée, où la Chambre de Commerce de Lille se fait un devoir de recevoir les Groupements qui participent à l’activité industrielle et économique de la région.
- Vous tenez une place importante parmi les meilleurs auxiliaires de notre grande industrie textile ; et, en prenant connaissance du programme de vos communications, je me suis rendu compte que vos études s’étendent à tous les problèmes de la chimie moderne ; je sais que, dans vos laboratoires, tant des usines que des Facultés, vous ne cessez de creuser tous les procédés d’analyse qui intéressent les textiles régionaux, qu’il s’agisse de la laine, du coton, du lin, du chanvre, du jute et même de la rayonne.
- Que nous voilà loin de l’époque où la routine présidait, presque seule, aux diverses opérations de ces industries!
- Les industries textiles sont au premier rang de la production française. Elles ont chez nous de profondes racines, et doivent leur extension aux générations familiales de patrons qui les ont fondées et dirigées, dans un esprit de tradition, de persévérance et d’audace, ayant acquis lentement la technique indispensable, ainsi qu’à une main-d’œuvre spécialisée, elle aussi familiarisée de père en fils dans les métiers.
- Les Chambres de Commerce du Nord ont toujours suivi avec une attention avertie les progrès de l’industrie textile; elles l’ont soutenue avec ténacité et vigueur, soit en favorisant l’enseignement industriel et commercial, soit en présentant au Gouvernement leurs avis autorisés en matière de législation, de douanes, de transports ou de commerce extérieur, soit en faisant entendre des paroles de fermeté et de sagesse au cours des graves événements que fait parfois surgir l’agitation excessive des passions et des revendications.
- Nous appartenons, Mesdames et Messieurs, à une région où le travail a toujours été et reste à l’honneur; c’est le travail qui a créé, maintenu et développé la prospérité de notre territoire; et je me plais à espérer que la dangereuse mystique des loisirs, tant prônée à l’heure actuelle, se dissipera bientôt chez nous, devant les leçons de l’expérience, du bon sens et de la réalité.
- Vous tenez une place marquée, une place prépondérante, parmi ceux qui ont fait du travail l’égide de leur vie ; vous êtes de ceux qui savent que la France ne peut se relever que si elle retrouve l’énergie de se livrer à un labeur opiniâtre et incessant; et c’est en vous félicitant et en vous remerciant des nobles sentiments qui vous animent, qu’au nom de la Chambre de Commerce de Lille je forme les meilleurs vœux pour que vous retiriez de votre Congrès des résultats efficaces et féconds.
- *
- * *
- J’ajouterai que votre Congrès se déroule à un moment tragique, où la France, alliée à l’Angleterre, tend toute son énergie et toute sa volonté à éviter la guerre et à maintenir la paix, et alors que les événements laissent craindre l’irréparable. Tous les Français comprennent la gravité de la situation et ont le devoir de se rapprocher dans un même esprit d’union, de concorde, de confiance, de résolution et de cohésion absolue.
- Et à cet égard je me fais un devoir de rendre un spécial hommage à votre Président, M. le Chanoine Pinte, dont vous connaissez tous la splendide attitude pendant la guerre de 1914-1918, et qui, ayant pris l’initiative de tenir notre population au courant des événéments malgré l’oppression ennemie, sut remplir ce rôle avec autant de sang-froid que de courage et de simplicité.
- Réponse de M. le Chanoine Pinte au discours de M. Stahl:
- M. le Chanoine Pinte répondant au discours de M. Stahl lui dit combien il s’était félicité du choix de M. Pierre Thiriez, puisque M. Stahl, ancien administrateur des Etablissements Kuhlmann, chimiste par conséquent, était qualifié pour parler en connaissance de cause à des chimistes, comprendre leurs aspirations, leurs soucis, les « grandeurs et les servitudes » de leur belle profession.
- Il le pria d’être l’interprête de nos hommages auprès de M. Pierre Thiriez, rappelant qu’il était le grand industriel
- p.r43 - vue 7/66
-
-
-
- XLIV
- Lillois, élu par ses pairs, pour assumer les chargesetles responsabilités d’un mandat administratif lourd de soucis en ces temps difficiles, réalisant au plus haut point les qualités de l’homme du Nord, énergique jusqu’à l’acharnement, volontaire jusqu’à l’opiniâtreté et qui sut mettre ces rares qualités au service de l’industrie en danger dans les circonstances graves que personne n’a oubliées.
- C’est un grand honneur pour l’A.C.I.T. d’avoir été reçue par la Chambre de Commerce de Lille et le Président du Congrès en remercie les représentants avec effusion.
- M. Stahl fit ensuite visiter aux Congressistes les locaux de la Chambre de Commerce et ce tour du propriétaire leur permit d’admirer la splendide architecture de la salle des pas perdus sans aucune colonne de soutien, les diverses salles de réunion pour la bourse des valeurs et des matières premières, les organisations de bureaux commerciaux, le tout faisant le plus grand honneur à l’initiative et à l’esprit d’organisation des dirigeants de la Chambre de Commerce.
- La visite se termina par un vin d’honneur offert par la Chambre de Commerce.
- Banquet : A 20 heures les congressistes se retrouvèrent dans les salons de la Foire Commerciale où fut servi le banquet de clôture. M. G. DECOSTER présidait, entouré de MM. les Chanoines Pinte et LIÉVIN; de M. Bonneville, Conseiller de Préfecture, représentant M. CARLES, Préfet du Nord; M. Rousseau, Délégué par la Municipalité de Lille; M. Voreux, Président de la Chambre de Commerce de Roubaix et de nombreuses personnalités. Des dames, par leur présence, rehaussèrent l’éclat de cette soirée. A l’heure des toasts M. Decoster fit observer que malgré la tension diplomatique, les travaux du Congrès s’étaient effectués sous le signe du travail et de la paix, qu’ils serviront efficacement, puis il donna la parole au Chanoine Pinte qui prononça le discours suivant :
- Messieurs,
- Une voix plus autorisée que la mienne devait se faire entendre devant vous. A notre Président aimé revenaient la charge et l’honneur de vous adresser à tous un amical salut, en un discours que sa longue expérience, sa parfaite connaissance de notre métier, de la vie, des hommes, son attachement éprouvé à notre Association enfin, enrichissent toujours d’une sagesse précieuse.
- Vous savez la dure épreuve qui l’en empêche, la maladie qui frappe la compagne de toute son existence, les heures douloureuses et lourdes d’angoisse que notre vieil et cher ami passe en ce moment au chevet de celle qu’il ne veut pas voir s’en aller.
- Puisse-t-il, dans sa souffrance, puiser un réconfort,une douceur dans la pensée que tous les membres de notre Association participent, n’est-ce pas, à son calvaire et envoient de loin à leur chef, leur hommage d’affection, de compassion et de fidélité.
- Et voilà pourquoi, Messieurs, pris de court, remplaçant « au pied levé » celui qu’on remplace difficilement, je me vois ce soir obligé de vous offrir toutes mes excuses pour le discours sans art que je vous infligerai aujourd’hui. J’aurais voulu trouver des paroles fleuries, des phrases tout assaisonnées de sel attique, pour saluer Messieurs les Officiels :
- M. Bonnevill e, Conseiller de préfecture, représentant le Préfet du Nord;
- M. Rousseau, adjoint, représentant le Maire de Lille, MM. les Présidents de Chambres de Commerce ; M. G. Decoster, représentant M. P. Thiriez, président de la Chambre de Commerce de Lille; M. A. Voreux, président de la Chambre de Commerce de Roubaix; M. G. FLIPO, trésorier, représentant M. J. Joire, président ,de la Chambre de Commerce de Tourcoing;
- M. le Chanoine Liévin, doyen de la Faculté des Sciences de l’Université Catholique de Lille ;
- M. Chaleye, directeur de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts et Métiers de Roubaix.
- Les événements actuels nous ont privés de la présence de :
- M. le Général Doumenc, commandant la région du Nord ;
- M. l’Intendant Général LAMINE;
- M. le Chanoine Tillié, directeur de l’Institut Technique Roubaisien ;
- M. Box, directeur de l’Institut Colbert de Tourcoing; MM. les Présidents des Groupements Professionnels de la Teinture.
- Toutes ces personnalités nous avaient fait l’honneur d’accepter notre invitation, nous les en remercions.
- Votre présence à notre table, Messieurs, nous est un témoignage d’intérêt d’autant plus précieux que vos charges en les heures graves que nous vivons se révèlent particulièrement lourdes et absorbantes, nous le savons. Que vous ayez voulu, pour nous, vous arracher à vos préoccupations, nous est, en même temps qu’un honneur, un signe de sympathie particulièrement réconfortant.
- M. le Président de la Sté Industrielle du Nord, qui avez accepté la présidence d’honneur de notre Congrès, vous aussi, en ce jour, avez tenu à partager avec nous le pain et le sel. Présence indispensable pour un groupement comme le nôtre et que nous osions à peine espérer. Toute la reconnaissance cordiale de notre Association dès longtemps acquise à la Société que vous patronnez depuis peu, mais avec tant de compétence et de modestie à la fois, en sera pour l’avenir encore renforcée et accrue.
- Je salue avec joie votre présence parmi nous, cher M. Driessen, vieil et fidèle ami de l’A.C.I T. qui joignez à ce titre celui de représentant de la Fédération Internationale des Associations de la Chimie Textile et de la Couleur et de représentant de l'Internationaler Verein.
- Vous êtes de cet esprit que notre Cher Président de la Fédération, le Docteur Haller, exprimait lors de notre dernière réunion, en des paroles que vous et nous faisons bien nôtres : « Dans l’époque de contrastes aigus dans laquelle nous vivons, une association comme la nôtre, basée sur une compréhension mutuelle, une amitié cordiale et le désintéressement, ne peut avoir qu’une action bienfaisante. Et si notre but ne devait être que de montrer au monde actuel, déchiré par des oppositions politiques, que malgré les différences internationales, il y a encore des Associations bâties sur la confiance mutuelle et sur une cordiale amitié, chacun de nous pourra être fier d’être un membre d’une telle Association ».
- Et ces belles pensées de notre Président, m’amènent tout naturellement à remercier M. le Lieutenant HIVON-net d’avoir bien voulu, hier, guider nos passur cette terre d’Artois, Vimy-Lorette, but de notre pélerinage, d’avoir fait surgir pour nous de chaque motte de terre et ses champs noirâtres, des vols de souvenirs, de nous avoir dit
- p.r44 - vue 8/66
-
-
-
- XLV
- de quel haut prix fut payée la conservation du sol français.
- Cette visite du champ des martyrs de la guerre a pris pour nous tout son sens, et ce doit être sa meilleure récompense.
- Et vous aussi, M. le Président de la Chambre de Commerce de Lille, vous avez tenu, avec ceux de Roubaix et de Tourcoing, à nous apporter votre parrainage, comme à de loyaux et sûrs collaborateurs que nous rêvons d’être pour vous. Ce m’est une occasion de vous redire, en notre nom à tous, jusqu’oû vous pouvez compter sur nos efforts et notre dévouement tout comme nous savons pouvoir compter sur vous. Un récent passé d’agitation sociale a permis aux Présidents de Chambres de Commerce de notre région industrielle de se révéler ce que nous souhaitons qu’ils fussent : des chefs capables de prendre leurs responsabilités, de parler haut et ferme, mêmesous la menace des foules. Energie qui est pour nous et pour tout le pays, un réconfort et une assurance de salut.
- Je me tourne enfin vers vous, Messieurs les Présidents des groupements corporatifs textiles. Messieurs les Directeurs de nos écoles techniques, Messieurs des Universités, Messieurs de l’Armée. Et tout en vous remerciant de tout mon cœur d’avoir accepté notre invitation, je me permets de voir dans votre présence au milieu de nous tous un gage d’union, de solidarité morale, oserai-je dire.
- N’est-il pas heureux, n’est-il pas salutaire de voir unis autour d’une même table les représentants de tous les ordres, de toutes les forces morales les plus hautes et les plus sûres de la nation?
- J’en finis avec ces remerciements, trop longs et beaucoup trop brefs. J’omets volontairement tous ceux qui ont collaboré avec moi à l’organisation de ce Congrès. Sa réussite sera leur œuvre. Mais ils sont trop nombreux, trop modestes surtout, pour que je les nomme un à un et leur dise toute notre affectueuse gratitude.
- Ces collaborateurs cependant m’en voudraient et je m’en voudrais moi-même de n’en pas citer au moins deux: celui qui accepta d’être la cheville ouvrière de notre organisation et le fut de façon si heureuse : M. le Professeur Rolland, et celui qui depuis tant d’années se dévoue discrètement et de la même façon désintéressée, notre trésorier de l’A.C.I.T., M. Mairesse.
- J’unis dans une même pensée de reconnaissance tous ceux dont la générosité nous a permis de faire ce Congrès digne de notre belle région industrielle comme aussi ceux des industriels qui nous ont ouvert, de façon si désintéressée, les portes de leurs ateliers, ou montré dans leurs œuvres sociales annexes ce qui peut être tenté pour l’amélioration du sort des travailleurs.
- Je dois un merci spécial à M. Béra, dont les serviettes imprimées, petits chefs-d’œuvre de son industrie textile, jettent sur notre table une note originale et chantent à leur façon la poésie de notre métier.
- Je remercie enfin et de tout cœur, ceux qui nous ont préparé et servi ce matin la nourriture de l’esprit, les conférenciers que vous avez applaudis aujourd’hui.
- Et j’en aurais fini avec ce discours déjà trop long dont je m’excuse, s’il ne me restait un devoir encore : celui de nous présenter, de nous faire connaître, nous, notre Association et son esprit, à nos hôtes. J’aimerais qu’ils nous pénètrent davantage, qu’ils sachent les ambitions, les rêves, les difficultés, les combats, les grandeurs et les servitudes de notre âpre et beau métier d’ingénieur.
- Nous sommes, sans vanité aucune, une corporation dont l’influence s’est de jour en jour accrue. L’ingénieur chimiste est de plus en plus nécessaire dans l’atelier, l’usine,
- le laboratoire, en raison de la complexité chaque jour plus grande de nos méthodes de fabrication, de nos outillages, de nos moyens de contrôle des produits transformés.
- Et pourtant, soit dit sans amertume, les services de l’ingénieur ne sont peut-être pas toujours, chez nous, appréciés et rémunérés comme ils le mériteraient, parce qu’à première vue ils ne sautent pas aux yeux, parce que leur rendement n’est pas toujours immédiat et chiffrable. Et c’est là une erreur qui peut être préjudiciable à notre région.
- Car, outre son rôle de conseiller scientifique, qui commence à être connu et indiscuté, l’ingénieur — pour faire allusion au titre d’un beau livre — a un « rôle social », une mission d’union, une tâche d’agent de liaison, qui fait de lui un trait d’union entre les classes, un précieux élément de compréhension mutuelle, de bonne entente et d’ordre.
- A l’entreprise, sans doute, il apporte son devoir technique. Il dirige, corrige et améliore les fabrications. Il mesure les risques à courir, les possibilités de succès commercial et financier.
- Mais à côté, et surtout, il est souvent pour l’ouvrier d’abord, un conseiller et un guide. Il l’éclaire sur ses responsabilités, sur l’importance ignorée et capitale de sa collaboration, il lui fait mesurer tout ce qu’il attend de lui, simple manuel, tout ce qu’un simple geste d’ouvrier peut valoir de prospérité ou de désastres à l’entreprise. Il lui donne aussi conscience de la grandeur de sa fonction modeste. A côté, il écoute ses suggestions, ses idées, ses trouvailles et les utilise. Que d’améliorations d’outillage sont nées du bon sens simple et robuste d’un manouvrier! Il sait aussi comme un ami plus sûr et plus averti, le conseiller à l’occasion, lui parler de prévoyance, d’économie, de vie familiale et sage. Tout lui en est l’occasion. Les contacts sont constants tout au long de la journée. Et tout peut être l’occasion d’un mot sage, d’une leçon discrète, d’une orientation vers le bien. Les loisirs, les congés payés, la soirée du dimanche, les 40 heures, les soucis de famille, les petits conflits de ménage, l’éducation des enfants, les distractions des jeunes, le service mili-taire, le départ des réservistes, le chômage, la grève, la maladie, l’accident, la mort, à tout instant, à tout propos, l’ingénieur, le chef, peut glisser la parole qui éclaire, redresse, purifie, dirige.
- Belle mission que la nôtre pour qui l’envisage ainsi. Pour qui sait surtout trouver le cœur des hommes, se rappeler que le meilleur des sermons, le plus efficace des prêches, c’est la charité vécue. Pour qui sait voir autour de lui la misère matérielle ou l’angoisse morale d’un humble camarade, et, discrètement, fraternellement, ouvrir sa bourse et son cœur.
- Et quand lui parviendront, chose fréquente, des plaintes, des récriminations, des rancœurs, des révoltes, à lui de mesurer ce qu’elles ont de fondé, à lui de s’opposer vaillamment à des prétentions immodérées, à des appétits surexcités par des semeurs de tempêtes, et de dire courageusement, au risque de perdre temporairement des sympathies : ouvrier, ami, tout n’est pas possible.
- Il le pourra s’il s’est montré toujours un chef bon, juste, respectable. Il le pourra surtout, si, lorsque telle revendication lui aura paru juste, il n’a pas hésité à la présenter lui-même au directeur, au patron. Car c’est sou vent le rôle de l’ingénieur d’ouvrir les yeux a ses supérieurs.
- Eux ne voient que d’en haut. Lui, il touche de prèsàla réalité, aux hommes. Il sait les misères, les souffrances, les mérites. Il peut ainsi ramener les uns à moins d’aigreur et de révolte, les autres à plus de justice et de bonté.
- p.r45 - vue 9/66
-
-
-
- XLVI
- Puis-je, Messieurs, évoquer devant vous un de mes rêves ? Je vois à l’avenir notre corporation d’ingénieurs, de techniciens et même de contremaîtres, groupée, organisée en une troisième classe, un « état-tampon » entre les deux forces dont la dispute fait aujourd’hui notre inquiétude, un tiers-arbitre indépendant, siégeant au-dessus de la mêlée et ayant en cas de conflit sa parole à dire, sa parole écoutée et respectée, parce qu’on nous sait éclairés, documentés, et, somme toute, raisonnables et mesurés, parce qu’aussi, si l’on ne peut rien sans le travail, ni sans le capital, on ne peut rien non plus sans le technicien.
- Voilà le rôle de l’ingénieur. Voilà du moins ce qu’il devrait être — tâche exaltante, ingrate aussi car nous sommes peu nombreux, peu puissants. Mais, notre force, c’est d’être au confluent, au point vital. C’est par nous qu’on peut insuffler la vie à la matière, et l’idéal dans les masses, en même temps qu’on améliorera leur condition matérielle, sans bouleversement et sans révolution. Nous sommes un élément capital de l’entente des classes. Sans nous, elles ne pourraient que se heurter durement et s’opprimer tour à tour.
- L’édifice social de la production, on peut évoquer en y pensant, la voûte de nos cathédrales.
- Deux forces contraires s’opposent, et montent. Au faîte, une pierre, la clé de voûte. Sur cette simple pierre qu’elles soutiennent très haut, les deux forces s’appuient et s’équilibrent. Nous sommes un lien entre elles. Nous ne pouvons rien sans elles, ni elles sans nous.
- Et chacune d’elles ne peut rien, sans nous, ni sans l’autre. Trinité harmonieuse, indissoluble, qu’on n’ajamais tenté d’ébranler sans péril et qui seule peut assurer la sécurité et la prospérité générale.
- Voilà, Messieurs, la conception que l’ingénieur peut et doit se faire de son métier, de son sacerdoce. Car tout métier est un peu sacerdoce, n’est-ce pas, quand on le veut. Voilà ce qui l’encourage et le soutient dans sa bataille de chaque jour contre la matière et contre les hommes. Voilà ce qui devait être dit à vous tous, nos hôtes, officiers, professeurs, magistrats, hauts fonctionnaires, représentants officiels de l’industrie du pays, conviés aujourd’hui à notre banquet d’ingénieurs. Parce que, vous comme nous, pour qui le profit n’est pas une fin en soi, chargés d’âmes comme nous, arbitres comme nous, responsables des destinées humaines, vous deviez reconnaître en notre idéal, le vôtre, le seul qui, loin des luttes de classes ou de race, soit digne d’unir sur la terre l’effort des hommes de bonne volonté.
- M. Bonneville, représentant le Préfet du Nord, fit entendre la voix de l’amitié et de la Préfecture et présenta les hommages reconnaissants de l’Administration Préfectorale à M. G. Decoster, à M. le Chanoine Pinte età M. le Professeur Rolland; puis il rappela de quelle façon admirable le vaillant directeur du Laboratoire de la Condition Publique de Roubaix soutint le moral de ses compatriotes pendant la guerre.
- M. Rousseau, délégué par la Municipalité de Lille, en une improvisation spirituelle, dit son admiration pour les chimistes et remercia le Chanoine Pinte d’avoir défini si complètement le rôle social de l’ingénieur chimiste.
- M. Voreux, Président de la Chambre de Commerce de Roubaix, dit son admiration pour le chimiste, éminent, le grand animateur qu’est le Chanoine Pinte dont l’àme d’apôtre sait gagner tous les coeurs. S’il est
- vrai que « l’on a le chef que l’on mérite », les mérites des Congressistes doivent être grands pour avoir un tel chef.
- Il cite ensuite des passages de la petite brochure du Congrès qui décrit excellemment par la plume du Chanoine Pinte les âpres beautés de la région industrielle du Nord et les magnifiques vertus de ses ouvriers.
- Notre collègue hollandais, M. Driessen, représentant la Fédération Internationale des Chimistes du Textile et de la Couleur, apporte au nom des membres étrangers leur salut cordial et leurs chaleureux remerciements pourl’accueilquèleur réserve toujours l’A.C.I.T.
- « Nous devons trop, dit-il, à la collaboration scientifique internationale pour ne pas collaborer avec toutes les nationalités.
- « Malgré les divergences qui de temps en temps assombrissent le ciel politique, donnons à tous un bel exemple d’intelligence.
- « Estimons-nous les uns les autres, ainsi seront écartées bien des difficultés ».
- Notre collègue belge, M. Oscar Lergangée, qui vient d’être nommé membre du Conseil d’Administration de l’A.C.I.T., assure ses camarades français de la solide amitié de leurs confrères belges, qui s’inscrivent de plus en plus nombreux à l’A.C.I.T., et affirment que dans les heures difficiles que nous traversons, tous les cœurs belges battent à l’unisson des cœurs français.
- Puis M. G. Decoster prononce le discours suivant :
- Mesdames, Messieurs,
- Vous avez entendu d’aimables remerciements de votre Président, M. le Chanoine Pinte, aux organisateurs de cet important Congi ès, mais il n’a pas parlé de tout ce qu’il a mis de lui-même pour la réussite de ces splendides journées, pour la formation de cette atmosphère de bonne entente et de travail que nous ne quitterons qu’à regret, pour la hauteur de vues et l’élévation des idées qu’il a su nous inspirer par sa présence, le souvenir de ce qu’il a fait depuis si longtemps pour nous, sa parole vibrante et charmante.
- Je m'attendais bien à ce qu’il philosophe avec nous quelque peu et nous encourage à donner à notre travail quotidien toute sa valeur: l’admirable petite brochure que vous avez trouvée dans vos enveloppes, qu’il n’a voulu signer que de ses initiales, en y accolant celles de l’artiste sympathique qui l’avait relayé ici ou là dans l’élan de sa plume, nous en avait donné la promesse. Simple coup d’œil sur Lille-Roubaix-Tourcoing, puisque c’en est le titre, vous aura conté, Messieurs, les richesses de notre Nord, vous aura campé la silhouette de nos Cités, vous aura fait lire au fond du cœur de nos ouvriers du Nord, tenaces, observateurs, patients, vous aura fait voir la mission de nos patrons du Nord et de leurs proches collaborateurs, la grandeur de leur rôle, et pour les uns et les autres leur amour de la région, leur attachement à leurs institutions.
- Maintenant, vous aurez mieux fait que lire, vous aurez entendu: etc’est aussi avec une grande satisfaction que nous aurons entendu le verbe puissant de M, le Conseiller Bonneville, nous promettre pour la réussite de nos effoits l’encouragement attentif et constant des Pouvoirs Publics.
- p.r46 - vue 10/66
-
-
-
- XLVÎI
- Réussir dans nos efforts : Ah! comme je comprends, Messieurs, comment le Centre Technique qu’est la Société Industrielle du Nord s’apparente à votre puissante Association et comme je sais de quel cœur j’ai répondu à M. Rolland et à M. Pinte queje serai parmi vous ce soir. Notre Société Industrielle, Messieurs, a un rôle bien délimité et purement technique ; elle est une émanation depuis 1875 de la Chambre de Commerce de Lille, dont je vous apporte d’ailleurs ce soir le salut si cordial. Elle a comme rôle d’accroître la prospérité de l’industrie et du commerce par les efforts réunis de tous ses membres, par l’échange bienveillant qu’ils peuvent se faire de leurs lumières, par la diffusion des connaissances commerciales et industrielles.
- Des conférences, des communications comme celles que vous avez eues aujourd’hui, des observations en usine, des leçons de choses, ce sont les matériaux qui vous permettront peu à peu, ou d’un seul bond, de progresser, d’obtenir par le perfectionnement technique, de meilleurs prix de revient. Nous avons à faire face à une rupture d’équilibre due à la tendance de chaque peuple de vivre dans un système d’économie privée ; nous avons eu depuis 1936 à absorber des doses massives d’aménagements sociaux pour lesquels ne se présentaient pas des postes tellement à l’aise dans nos frais généraux ; n’est-ce pas par le perfectionnement technique, que nous élargirons nos débouchés par la réduction des prix ?
- Nos amis des pays voisins sont venus vous aider dans votre tâche et prendre aussi à votre contact des idéesqui leur seront utiles : nous les saluons ce soir avec toute notre cordialité.
- Voilà un exemple qu’on a déjà cité : BERLHELOT découvre l’acétylène et le mètre cube est à quelques milliers de francs ; MAQUENNE l’obtient par l’eau sur le carbure de baryum et le mètre cube est à quelques centaines de francs; Moissan prépare au four électrique le carbure de calcium avec de l’eau, le mètre cube d’acétylène est à quelques francs. Mais il faut le transporter en toute sécurité : Villard en rend possible la liquéfaction, mais il a des explosions terribles; M. Claude utilise sa grande solubilité dans l'acétone, et voilà le danger d’explosion bien atténué ; puis on le brûle avec de l’oxygène, en proportions convenables, et l’on atteint 4.000°, une température supérieure à celle de l’arc électrique avec une flamme dont les produits de combustion sont réducteurs. Et enfin, voilà un jeune ingénieur, M. Picard, qui invente son chalumeau. C’est la soudure autogène du fer.
- LA VIE SOCIALE
- NOUVELLES INSCRIPTIONS DE SOCIÉTAIRES
- Admissions : Sont admis comme Sociétaires :
- M. Johann Lanczer, Nieuwe Schoolweg, 24, à Enschede (Hollande), professeur à l’Ecole Supérieure du Textile à Enschede.
- M. Jean-Paul MARTINOT, 55, rue du Colonel-de-Bange, à Troyes (Aube).
- M. Emile MANNY, ingénieur chimiste E.C.M., pharmacien à Pont-Saint-Pierre (Eure), directeur de la Teinturerie de l’Andelle, à Pont-Saint-Pierre.
- M. Aimé CHOMBAR, 25 A, quai de l’Ouest, à Selzaete (Belgique).
- M. Sekisiro HARADA, n° 1656, Asadaku, Toyonakasi, Osakahu (Japon).
- Vous voyez les résultats de la recherche lente et patiente : La Société Industrielle a le rôle de susciter ces efforts.
- * * *
- Vous, Messieurs, c’est dans un domaine riant que vous exercez vos investigations : la teinture, l’impression, le blanchiment, les apprêts. Vous savez imprimer un menu délicieux, en couleurs solides, sur une serviette de très bonne main ! Vous êtes les partisans du beau linge empilé dans les armoire et qui fleure bon la toile ; vous faites les tissus cossus, mœlleux et chauds qui font sourire de l’inclémence du temps, vous tendez les tapis haute laine où l’on marche à pas feutrés, dans un silence impressionnant, ou ces tapis caoutchoutés plus modernes que nous voyions hier avec tant d’intérêt, vous avez les fils des linons et des batistes, vous leur gardez la note du lin ou y mêlez la note gaie des couleurs vives, vous avez le vert de nos prés, la teinte de nos grands arbres à l’automne, le bleu de notre ciel; vous faites le noir des deuils douloureux, vous faites la teinte exquise des lointains mystérieux, la joie claire des soleils d’été; ils savent aussi aviver la fierté des soldats qui voient, dans la soie brochée d’or, claquer au vent les trois couleurs.
- * *
- Je comprends, Messieurs, que vous aimiez votre travail et qu'il vous prenne tout entier.
- Et pour en avoir étudié, en ces précieuses journées, un meilleur aménagement, pour avoir voulu prendre dans votre effort de chaque jour une meilleure base de départ, soyez chaudement félicités d’avoir répondu à l’appel de vos vaillants Présidents.
- Ces différentes manifestations oratoires soulevèrent des applaudissements chaleureux et donnèrent lieu à des bans vigoureux en l’honneur des orateurs,
- En raison des circonstances, la partie musicale et la sauterie qui devaient terminer la soirée ont été supprimées, les Congressistes se séparèrent en se donnant rendez-vous au Congrès de Paris 1939.
- Nous devons remercier la presse régionale, notamment « Le Grand Echo », « La Croix du Nord », « La Dépêche », « Le Journal de Roubaix », pour le compte-rendu qu’ils ont fait du Congrès.
- G. M.
- DE L’A.C.I.T.
- M. Gérard DERVILLE, industriel, rue de Bradford, à Tourcoing (Nord).
- M. Pierre Bellouard, ingénieur chimiste, licencié ès-sciences, 10, cours Victor-Hugo, à Bordeaux.
- M. André Maffre, chimiste, 12, rue Galibert-Fer-ret, à Mazamet (Tarn).
- M. Maurice Coucke, 203, rue de la Mackellerie, à Croix (Nord).
- M. Joseph Soler, industriel, 142, avenue de Tombez, à Toulouse (Haute-Garonne).
- M. Léon RICORDEAU, 6, rue Emile-Dury, Waterloo, (Belgique).
- M. Philippe David, ingénieur E.C.P., 122, rue Saint-Maur, à La Madeleine (Nord).
- p.r47 - vue 11/66
-
-
-
- XLVÎII
- Présentations : Sont proposés comme Sociétaires :
- M. Jean CONDAMIN, 54, avenue de Saxe, à Lyon (Rhône), administrateur de la Société Chimiotechnic, 38, rue de l’Industrie, à Vénissieux (Rhône), médaillé militaire, croix de guerre, présenté par MM. le Chanoine Pinte et Jean Vallée.
- M. Joseph VANDEWYNCKELE, 92, rue Inkermann, à Roubaix, représentant de la Société Chimiotéchnic de Vénissieux, présenté par MM. le Chanoine Pinte et Jean Vallée.
- M. Léon CABAY ingénieur de l’Industrie Textile A. I.T.V., 50, avenue David, à Dolhain (Belgique), représentant en Belgique de la Société Chimiotechnic de Vénissieux, présenté par MM. le Chanoine Pinte et Jean Vallée.
- M. Rodolphe Moya, ingénieur E.N.A S., 219, rue Vendôme, à Lyon (3e), présenté par MM. J. Nieder-hauser et L.-J. Moya.
- M. François Di PASQUALE (nationalité italienne), 24, rue Gambetta, à Moreuil (Somme), contremaître de teinture à la Fabrique de Bonneterie Bouly, à Moreuil, présenté par MM. R. Watremez et II. Jany.
- Etablissements Phillips et Pain (département Epuration des eaux), 31, rue de la Vanne, à Montrouge (Seine), présentés par MM. le Chanoine Pinte et G. Mairesse.
- M. Oscar PENNEL, directeur de teinture et apprêts, 68, rue de la Station, à Auseghem (Belgique), présenté par MM. Paul Bourlon et G. Mairesse.
- M. Sylvain Hoerman, ingénieur technicien A.I.T. G. (Ecole Industrielle Supérieure de Gand), 32, boulevard Henri-Conscience, à Bruges (Belgique), attaché à l’agence de l'Imperial Chemical Industries Ltd., groupement matières colorantes, présenté par MM. Jérôme Ketels et G. Mairesse.
- PLACEMENTS
- Toutes correspondances concernant les placements doivent être adressées au bureau de TA.C.I.T. et non à l'A dministration de la Revue.
- Nous rappelons que le service de placement est exclusivement réservé aux membres de TA.C.I.T. et que les répo/ises aux offres d'emploi doivent parvenir sous enveloppe ouverte avec timbre pour leur transmission qui se fera avec toute la discrétion voulue.
- Offres d’emplois :
- N° 176. — Etablissement textile (feutres laine) recherche une chimiste femme ayant une dizaine d’années de pratique pour assurer direction et contrôle de teinture en bourre et en pièces, service machine à imprimer, contrôle des matières premières, analyse des laines, etc.
- N° 177. — On demande coloriste ayant longue pratique dans les teintures directes et diazotées, développées, sur fibres végétales, coton, lin, rayonne et acétate. Indispensable connaître également la teinture des tissus mi-laine.
- N° 178. — Importante fabrique de produits chimiques, recherche pour sa fabrication ingénieur chimiste spécialisé dans chimie des matières grasses. Connaissance suffisante de l’allemand nécessaire. Faire offre détaillée avec photo et indications sur situations remplies et prétentions.
- Demandes d’emplois :
- N° 94. — Technicien, ingénieur chimiste E.C.I.L., 10 ans de pratique teinture, blanchiment et apprêt soie naturelle, laine, rayonne, coton, lin, cherche place directeur ou chef de teinture.
- N° 95. — Ingénieur chimiste E. C. M., directeur coloriste, blanchiment, teinture etimpression (rouleau, film, aérographe) sur tous tissus et fibres; excellent organisateur, fabrication ultra-moderne et rationalisée; grande expérience matériel textile, cherche France ou Etranger situation en rapport avec ses aptitudes. Nationalité française; parle allemand, espagnol, portugais.
- N° 96. — Ingénieur chimiste, spécialiste impression, cherche associé ou commanditaire pour établir en pays sud-européen petite usine teinture et impression. Succès et bénéfices assurés.
- N. B. — Nous recommandons aux industriels qui recherchent de bons techniciens et praticiens de s’adresser au bureau de l’A. C. 1. T. qui les mettra en rapport avec des personnalités de valeur connaissant bien la partie.
- En outre, nous rappelons à nos sociétaires qu’ils doivent nous aider à placer leurs camarades sans situation en nous signalant d’urgence les places qu’ils sauraient vacantes.
- NAISSANCE
- Evelyne et Jacques VANZEVEREN annoncent la naissance de leur petite sœur Geneviève, ce qui nous permet de féliciter notre collègue M. J. VANZEVEREN et Mme Vanzeveren-Raulin, et de leur envoyer tous nos compliments affectueux.
- DISTINCTIONS
- Notre collègue, M. Frédéric MAILLARD, Ingénieur de l’Ecole Polytechnique, Professeur an Conservatoire des Arts et Métiers, pour les arts textiles, membre du Conseil d’Administration de l’A. C.I.T., vient de recevoir la croix de Chevalier de la Légion d’Honneur dans la promotion de l’enseignement technique. Nous lui adressons toutes les félicitations de l’A.C.I.T.
- D’autre part, Mme Jeanne Lanvin vient d’être promue au rang d’Officier de la Légion d’Honneur. Nos collègues n’ont certainement pas oublié l’accueil bienveillant qui a été réservé aux dames congressistes qui, lors du Congrès de 1937 à Paris, ont visité la maison Jeanne Lanvin, dont le Directeur, M. LABUSQUIÈRE, a présidé le banquet qui a clôturé notre XVIIe Congrès.
- C’est pour nous un agréable devoir que d’adresser à Mme Jeanne Lanvin l’expression de nos félicitations les plus sincères.
- p.r48 - vue 12/66
-
-
-
- MATIERES COLORANTES
- DU BLANCHIMENT, DE LA TEINTURE, DE L’IMPRESSION ET DES APPRÊTS
- NOVEMBRE 1938
- CONGRÈS DE L’A. C. I. T.
- (LILLE, 23-25 Septembre 1938)
- Nous publierons à cette place les Conférences et les Communications faites à ce Congrès. Nous commençons par celle de M. le Chanoine PINTE, ancien Président de l'A. C. I. T. Nous avons reçu les textes des Conférences faites par MM. Albert DELHALLE et E. BREUTL, que nous publierons dans notre prochain numéro.
- CE QUE DOIT L’INDUSTRIE TEXTILE A LA MESURE DES COULEURS
- par M. le Chanoine PINTE Directeur du Laboratoire de la Chambre de Commerce de Roubaix Vice-président de l'A.C.I.T.
- Des goûts et des couleurs, dit le proverbe, on ne discute pas. La sagesse populaire, une fois de plus, a raison. Elle avait pressenti depuis longtemps ce que les coloristes n’ont qu’à grand-peine établi scientifiquement : la couleur n’est pas une qualité objective, attachée à un corps. Elle est essentiellement subjective et variable suivant l'éclairage, l’heure, suivant aussi le regard qui perçoit.
- Appuyons nous, pour prendre notre essor, sur la plateforme solide des principes : la couleur est le résultat de trois facteurs :
- 1° Une source lumineuse.
- 2° Un corps qui en reçoive les rayons, et en réfléchisse ou transmette une partie.
- 3° Un œil qui à son tour reçoive ces rayons réfléchis.
- D’où ce paradoxe apparent : un corps nous paraîtra vert, par exemple, justement parce qu’il n’absorbera pas, dans la gamme des six colorations du spectre solaire, les radiations vertes. Les objets prennent à nos yeux la couleur des radiations qu’ils n’acceptent pas. El s’ils n’en acceptent aucune, ils sont blancs; noirs, s’ils les absorbent toutes et n’en réfléchissent aucune.
- Ainsi trois conditions régissent la couleur. Celle-ci se transformera donc en fonction de l’un ou de l’autre de ces trois facteurs.
- Que tout d’abord varie l’émission lumineuse de la source éclairante, et la couleur du corps éclairé en sera modifiée. Epicure l’avait déjà noté. Et tout de suite renaît pour nous le problème perpétuel qui se pose à l’homme : trouver une mesure stable, un étalon, un « mètre ». Il n’est de science que du mesurable.
- Pour la lumière comme pour tout le reste, l'homme se trouve plongé dans le variable, l’incertain, le mouvant. Il semblerait qu’on a voulu lui interdire de se raccrocher à rien de matériel. Tout appui, sous sa main, se révèle instable et précaire. Pour la lumière en particulier, quelle source lui assurera un débit uniforme et perpétuel, en quantité et en qualité surtout. Le moins instable de nos producteurs de rayons, le soleil, ne nous fournit déjà qu’une lumière essentiellement changeante et capricieuse suivant l’état du ciel et des nuages, l’épaisseur de la couche atmosphérique traversée variable avec chaque heure du jour. Un ciel pur, un clair matin, nous valent une surabondance de radiations violettes. Des brumes, l’approche du soir, raréfient ces radiations, et laissent dominer les rouges. Ne nous plaignons pas de trop de ces fluctuations. Elles nous valent les aurores d’un bleu cru, la gloire des couchants pourpres, et les splendeurs dorées des automnes. Mais ces magnificences, le chimiste et le teinturier les paient cher. Un même échantillon, suivant l’heure, pourra leur paraître de couleur très différente. Et c’est bien pourquoi M. Toussaint, pour établir sa « lampe jour », a commencé par définir un étalon : le « jour moyen », en disant qu’il appellerait telle une lumière sise à mi-chemin entre celle d’un ciel bleu très pur, et celle d’un ciel très couvert. Le principe de sa lampe est simple : elle consiste en une source de lumière stable, dont les radiations sont filtrées par trois groupes de verres colorés juxtaposés d absorption bien définie (bleu-violet, vert-jaune, orangé-rouge). Ainsi peut-il en augmentant les dosages en violet ou au contraire en rouge, obtenir diverses
- 2
- p.401 - vue 13/66
-
-
-
- 40% CE QUE DOIT L’INDUSTRIE TEXTILÉ A LA MESURE DES COULEURS
- lumières qui correspondent aux divers «jours »; la lampe qu’il offre aux échantillonneurs correspond, elle, au « jour moyen ».
- Examinons en second lieu l’objet lui-même qui réfléchira le rayon lumineux. Il constitue le second élément de la triade « couleur ». Cette couleur, nous l’avons vu, ne résulte que du faisceau des radiations réfléchies, repoussées, refusées par ce corps. Or deux corps d’absorption différente peuvent donner la même impression de couleur sous un éclairage donné. Mais que l’éclairage vienne à changer, et la couleur transmise sera toute différente.
- L’analyse colorimétrique qui permet de mesurer les radiations transmises par un échantillon, nous donne la clef de ce petit mystère. En portant en abscisses les six colorations fondamentales du spectre solaire visible par exemple et, en ordonnées, les intensités de transmission, on obtient une courbe de couleur, si la mesure de l’échantillon est faite par comparaison avec un blanc pur (c’est-à-dire qui réemet dans toute la gamme du spectre la totalité de la lumière reçue). Cette courbe, qui indique de o à 100, le dosage d’une couleur en violet, bleu, vert, etc... et le déséquilibre par rapport au blanc, donne de plus :
- i° Le « ton moyen » d’une couleur, obtenu en faisant la moyenne des six ordonnées et représenté dans le diagramme par un parallèle à l'axe OX. (La coloration la plus élevée au-dessus de celle droite est la « dominante »).
- 2° La « luminosité » d’une couleur qui n’est autre que son degré de clair foncé exprimé par le ton moyen.
- 3° La « pureté » d’une couleur d’autant plus grande que l’écart est plus grand entre la dominante et sa complémentaire.
- 4° Le « ton moyen critique » ; on sait que les courbes représentant des teintures et des concentrations en colorants différentes ne sont pas parallèles entre elles. Les courbes qui s’inscrivent au-dessus et au-dessous de celles représentant le maximum de pureté (ton critique) vont en s’aplatissant jusqu’à rejoindre la droite de côte 100 d’une part et l’axe OX d’autre part, pour des concentrations nulles ou infinies.
- Ce ton moyen est dit « critique » parce que, s’il représente le maximum de pureté d’une couleur, il signifie aussi son minimum de résistance à la lumière.
- Et maintenant, remplaçons dans la courbe de couleur, l’étalon blanc par un étalon coloré, nous obtenons alors une courbe d’échantillonnage. Mais comme les intensités de transmission de l’échantillon peuvent être supérieures ou inférieures à celle du type, on place la droite de côte 100 au milieu du diagramme.
- Les courbes de couleur et d’échantillonnage constituent pour le chimiste coloriste un instrument de travail précieux; nous verrons plus loin comment nous les utilisons pour résoudre les problèmes de couleur qui se posent au cours de nos travaux d’expertise.
- Les principes de cette analyse étant connus, prenons
- par exemple,deux gris. L’un, bien équilibré se révèle comme réfléchissant à peu près également toute la gamme du spectre. L’autre, au contraire, marque dans sa courbe un excès de bleu et un excès d’orange de même valeur. Nos deux gris en lumière du jour paraîtront identiques. Mais qu'on les examine sous une lumière artificielle, ou même par ciel couvert, pauvre en bleu violet, riche en orange et rouge, que se passera-t-il? Notre second gris ne pourra réfléchir que peu de bleu, puisqu’il en aura peu reçu. Mais il va réfléchir tout l’orangé rouge apporté par la lumière. Celle coloration n’étant plus exactement neutralisée par le bleu, complémentaire notre second gris déséquilibré prendra une nuance orangé rouge, et différera totalement du premier.
- Nous abordons ainsi le troisième élément de la couleur, l’œil. Sans l’œil, pas de couleur. C’est lui le transformateur, le traducteur qui recevant la vibration, la transpose en impression de couleur. Et sa traduction, n’est-ce pas, sera toujours, peu ou prou, une trahison. Inutile d’insister sur le Daltonisme, sorte de cécité permanente et plus commune qu’on le pense, à l’égard d’une ou plusieurs couleurs. Mais il est bon de rappeler que même l’œil normal peut subir de grandes variations d’acuité sous l’influence de la fatigue, — ou —, qui sait, même des passions. Ne dit-on pas couramment : « il a vu rouge »... ? Du reste, très scientifiquement, il est établi que pour l'un le champ de la vision des couleurs s’arrête au rouge, Landisque pour d’autres il s’étend plus loin vers l’infrarouge. Notre œil est un peu comme une harpe que la lumière vient caresser. Mais la harpe est hélas plus ou moins riche en cordes. Et la même lumière laissera tel instrument muet, quand elle éveillera encore chez l’autre de riches et profondes résonnances.
- Ne nous plaignons pas de ces inégalités. Certains lui doivent la joie de savourer mieux les rouges et les bleus d’un Rubens, les luminosités dorées d’un Rembrandt. Le génie du peintre, comme celui de l’écrivain, est là pour nous faire sentir ce qui est, et que nous ne pouvons comprendre. Quant à nous, hommes de Laboratoire, considérons que, pour notre froide science, il existe heureusement un appareil qui remplace notre œil, imprécis, influençable et qui à ses impressions subjectives substitue des données objec-lives, rigoureuses : la cellule photo-électrique.
- Ici, plus d’incertitude. La cellule traduit mécaniquement lumière par énergie. En supprimant les variations de l’un des facteurs de la couleur, — l’œil —, elle nous permet d’étudier scientifiquement et de mesurer les deux autres : la source lumineuse, et la façon dont le corps éclairé la réfléchit.
- Vous connaissez la façon dont cette cellule a été utilisée dans le photocolorimètre Toussaint. Voici quelques renseignements complémentaires sur le nouveau montage récemment adopté :
- Un faisceau de lumière blanche parallèle traverse des filtres colorés, se réfléchit ou se diffuse sur un échantillon solide, ou bien traverse un liquide, puis
- p.402 - vue 14/66
-
-
-
- CE QUE DOIT L’INDUSTRIE TEXTILE A LA MESURE DES COULEURS’ 403
- éclaire une cellule photoélectrique reliée à un galvano-mètre.
- La source est une lampe à incandescence dont on peut faire varier le voltage d’utilisation, à l’aide d’un transformateur à plots, pour modifier l'éclairement.
- Les filtres colorés, au nombre de 6, avec leurs bandes mono-chromatiques : rouge, orangé, jaune vert, bleu, violet, reproduisent si on les juxtapose, le spectre visible, sans superposition, ni trou.
- L’échantillon solide est présenté sous forme plane sur une fenêtre de 3o X 3o m/m (ou moins suivant le diaphragme) à côté d’un type de même forme servant d’étalon. Ainsi les lectures sont toujours relatives ce qui permet d’éliminer tous facteurs gênants dans la mesure.
- La cellule est à couche d’arrêt, protégée contre les infra-rouges parasites, et reliée à un galvanomètre spécial de grande sensibilité, à lectures faciles et très rapides, ce qui offre un grand intérêt pour la précision des mesures. Dans le circuit galvanomètre-cellule : aucune pile, aucune amplification. D’où la facilité d’entretien et d’utilisation.
- Grâce à la faible résistance du galvanomètre et à la construction de la cellule, les courants enregistrés sont exactement proportionnels aux quantités de lumière transmises par les échantillons.
- Par conséquent :
- Connaissant pour chacun des six filtres, le rapport de luminosités de l’échantillon et de l’étalon, on peut en déduire une courbe spectrale de l’échantillon ou une courbe d’échantillonnage en six points.
- L’expérience prouve que cette précision est nécessaire mais suffisante pour toute mesure industrielle.
- Courbes de couleur.
- Les courbes de couleur comme les courbes d'échantillonnage parlent à l’œil du coloriste comme une portée de musique chante à l’oreille du musicien.
- Elles lui sont d’un grand secours dans son travail d’échantillonneur, car elles lui permettent, quand il connaît les carences et les excès de couleur de son échantillon par rapport au type, de choisir le ou les colorants de correction et de définir le pourcentage de ces colorants d’addition; encore faut-il qu’avant la correction le ton moyen de son échantillon soit plus clair que celui du type, car toute addition de colorant a pour effet d’augmenter l’absorption, donc de foncer la couleur.
- Les tons moyens obtenus à partir des courbes de couleur, nous permettent de classer les nuances entre le blanc et le noir en passant par toute la gamme des clairs et des foncés.
- Ton moyen
- Blancs 100 à go
- Clairs ... 90 à 70
- Moyens . ... 70 à 3o
- Foncés . 3o à 10
- Noirs..................... lo à o
- Ce classement nous sert comme nous le verrons plus loin pour l’établissement des tolérances à la réception inscrites dans les Cahiers de charges.
- C’est un classement analogue basé sur les tons moyens, qui nous a été demandé récemment par un Syndicat des Teinturiers et que nous mettons au point actuellement. Le prix de vente de leurs teintures groupées par solidités et par profondeurs de tons s’établissant suivant la concentration en colorants, il leur importe de savoir sans discussion possible, dans quelles séries ils doivent ranger leurs nuances; la courbe de couleur qui nous donne leur ton moyen permettra facilement ce classement.
- Courbes d’échantillonnages.
- Un des problèmes les plus fréquemment posés au Laboratoire est la détermination de la concentration d’une livraison de colorants par rapport à celle d’un type de vente.
- Pour la résoudre, nous teignons le type à des concentrations définies, soit par exemple 0,9 %-i %-i, 1 % et l’échantillon à comparer aux mêmes pourcentages. L’interprétation des courbes d’échantillonnages obtenues au colorimètre nous permet de définir les différences en couleur d’une part et la concentration relative de l’échantillon par rapport au type d’autre part.
- Le problème de la définition des tolérances à l’acceptation d’une teinture comme aussi de la définition des écarts de ton et de couleur après exposition de cette teinture aux divers agents agressifs tels la lumière, le lavage, la sueur etc... se résoud par l’interprétation des courbes d’échantillonnage. Il nous a été posé par un intendant militaire de la façon suivante :
- « Je désire que les nuances des draps militaires « soient parfaitement « uniformes », c’est-à-dire aussi « conformes que possible d’une livraison à l’autre ou « d’un fournisseur à l’autre, à la couleur de mon type; « que cette conformité reste la même à la lumière « artificielle comme à la lumière du jour; qu’elles « possèdent le maximum de résistances générales et « plus spécialement à la lumière et au lavage. Comme « je n’ignore pas qu’il n’existe pas de teintures qui « soient absolument résistantes à ces divers agents, je « désire du moins que les nuances des diverses livrai-« sons virent sous l’influence de ces agents dans les « mêmes proportions et dans le même sens. »
- Nous nous sommes permis de faire remarquer que s’il est des cas où les différences sont tellement flagrantes à première vue qu’on puisse refuser une livraison sans plus ample examen, il est d’autres cas nombreux où l’appréciation devient si difficile que plusieurs observateurs ne sont plus du même avis; un juge de paix s’impose qui met tout le monde d’accord, c’est le colorimètre et une règle d’appréciation, c’est le Cahier des charges avec ses tolérances à la réception. Il y sera tenu compte à la fois du ton moyen, c’est-à-dire du clair-foncé, et des écarts de couleur.
- L’expérience prouve que la superposition exacte de la courbe d’échantillonnage sur celle du type est pra-
- p.403 - vue 15/66
-
-
-
- CE QUE DOIT L’INDUSTRIE TEXTILE A LA MESURE DES COULEURS
- tiquement impossible, d'où les tolérances à consentir.
- S’il n’y a pas d’écart de couleur, cette courbe vient s’inscrire en parallèle soit au-dessus de celle du type, si l’échantillon est plus clair, en dessous, s’il est plus foncé.
- Si la courbe de l’échantillon présente des dénivellations, le point haut marque la coloration dominante. Si elle comporte un point bas dans la complémentaire, la différence entre échantillon et type s’accentue, tandis qu’elle s’atténuerait si le point haut de la dominante se trouvait compensé par un point haut dans sa complémentaire; ces deux colorations donneraient, alors, réunies, une impression de gris se fondant dans la couleur. Dans les deux cas, la somme des écarts peut être sensiblement la meme en valeur absolue mais suivant le signe relatif des fautes composantes, la faute résultante saute aux yeux ou passe inaperçue.
- Cette faute s’accuse encore ou s’atténue suivant qu’elle s’est produite dans l’une ou l’autre des colorations du spectre et c’est pourquoi il y a lieu d’affecter chacun des écarts d’un coefficient de correction, suggéré par les observations de Gibson et Tyndall, qui tienne compte des variations de sensibilité de l’œil humain suivant les couleurs. Ces coefficients sont 1/2 pour le rouge et le violet, 1 pour l’orangé et le bleu et 3/2 pour le jaune et le vert. Ainsi, on interprète pour l’œil humain les mesures obtenues à l’aide de l’œil photoélectrique et transforme les écarts réels en écarts apparents.
- C’est à l’aide des deux données : ton moyen et écarts apparents par rapport à ce ton moyen que nous avons pu en collaboration avec M. Toussaint admettre des règles d’appréciation illustrées par la figure et le tableau suivant :
- TH
- 100
- D : Dominante
- C : Complémentaire
- K : Distance de la dominante au Ton moyen
- Nous lisons pour la figure : E écart réel entre le point figuratif de la dominante et le ton moyen.
- D : la dominante.
- G : la complémentaire de D.
- TM : Ton moyen.
- La complémentaire C peut se trouver dans un des intervalles suivants :
- C au-dessous de TM à une distance plus grande E que —
- 2
- G2 au-dessous de TM à une distance plus petite E que —
- 2
- C3 au-dessous de TM à une distance plus petite E que —
- C4 au-dessus' de TM à une distance plus grande
- E que —
- L’expérience nous permet d’admettre les écarts tolérances limites qu’on lira dans le tableau de la page suivante.
- Les différences de ton moyen sont évidemment plus sensibles dans les nuances claires que dans les nuances foncées et c’est pourquoi la sévérité en ce qui les concerne diminue à mesure que les nuances sont plus foncées.
- Quant aux écarts de couleur la sévérité croît avec l’éloignement de la complémentaire par rapport à la dominante. Comme pour les écarts de ton moyen, il faut tenir compte pour les écarts de couleur du clair-foncé de la nuance, ces écarts étant plus sensibles à l’œil dans le clair que dans le foncé.
- Nous appliquons couramment dans les expertises les règles énoncées ci-dessus et avons constaté que les jugements qui en découlent rallient généralement les parties en cause; elles n’ont d’ailleurs rien d’absolu et peuvent être modifiées dans le sens de tolérances plus ou moins larges suivant la sévérité des réceptionnaires.
- Dans l’appréciation de la solidité des colorants à la lumière, la courbe d’échantillonnage nous rend les plus grands services car elle permet de chiffrer la dégradation.
- Nous ne rappellerons pas, car nous avons suffisamment insisté sur ce point dans des communications précédentes, l’imprécision des conditions dans lesquelles se fait généralement l’exposition à la lumière et la façon empirique d’apprécier la dégradation. Pour nous, il n’y a pas des mois, des semaines, des jours d’exposition, mais un certain nombre de lux au cours du temps d’insolation.
- C’est encore la cellule photoélectrique qui dans notre insolamètre transforme ces lux en énergie électrique enregistrée par un compteur. Les conditions d’exposition sur cet appareil sont bien définies et automatiquement réalisées : présentation de l’échantillon perpendiculairement aux rayons d’un soleil franc, sans interposition de verres, élimination du «jour» sans
- p.404 - vue 16/66
-
-
-
- CE QUE DOIT L’INDUSTRIE TEXTILE A LA MESURE DES COULEURS
- 405
- Tableau des Tolérances
- 1" La dominante 1) et sa complémentaire C sont de part et d’autre du ton moyen T. M. ( blancs e — \ clairs. 2 < moyens Tolérance T. 1. /foncés ( noirs /blancs „0 „ — L clairs TOLÉRANC Écart entre T. M. & 100 e Limite Somme des écarts apparents par rapport à T. M.
- 4 6 8 10 12 4 6 8 10 12 4 6 8 10 12 4 6 8 10 12 4 6 8 10 12 6 9 12 15 18 8 12 16 20 24 10 15 20 2 5 30
- 2 4 moyens Tolérance T. 2. / foncés ( noirs 2° La dominante D et sa complémentaire C sont toutes deux au-dessus du ton moyen. / blancs 3°) e <- ) clairs 2 (moyens Tolérance T. 3. I foncés 1 noirs /blancs 4") e ~ ) clairs. 2 (moyens
- \ noirs.. .
- soleil etc... Le nombre de lux-heures étant atteint au cours d’une exposition plus ou moins longue, nous faisons la courbe de l’échantillon insolé par rapport au type non exposé; la somme des écarts dans chaque coloration nous donne un nombre qui représente en valeur absolue la grandeur de la dégradation. Et, comme l’altération de la couleur est plus ou moins sensible à l’œil suivant que le ton de l’échantillon éprouvé est plus ou moins foncé, on peut l’interpréter pour l’œil en affectant ce nombre d’un coefficient de correction dont la valeur est d’autant plus grande que l’échantillon est plus clair.
- Nous avons dit dans des communications antérieures ce qu'il faut penser de la valeur des types allemands de solidité à la lumière qui représentent, non pas la solidité spécifique des colorants choisis, mais celle de teintures réalisées à des concentrations différentes sans tenir compte du ton moyen critique. Cependant, parce que les chiffres de i à 8 exprimant la solidité à la lumière suivant la méthode de la Commission chimique allemande servent couramment à qualifier la solidité des teintures, nous avons exposé ces types dans les conditions décrites ci-dessus jusqu’à concurrence de 14.000.000 de lux-heures et avons tracé des courbes portant en abscisses le nombre de lux-
- heures et en ordonnées les grandeurs de dégradation; ainsi nous pouvons raccorder nos mesures, chiffrées à l’échelle allemande de i à 8. Pour une exposition de ces types à concurrence de 4.000.000 de lux-heures, — insolation suffisante pour décoller les colorants les plus solides — la grandeur de dégradation ne dépasse pas lo pour la solidité de degré 8 tandis qu’elle atteint 1.000 pour celle de degré i. Le classement des solidités est donc facile et permet d’éliminer du langage du teinturier les termes imprécis au moyen desquels on ne saurait donner une idée exacte de la résistance des teintures à la lumière.
- La même méthode de mesure s’applique pour toute altération de la couleur quels que soient les agents dégradants : lavage, sueur, acide etc.; il suffit que soient bien fixées une fois pour toutes les conditions dans lesquelles on traitera les échantillons : concentration des bains, température, durée de l’essai.
- Dans tous les cas de modification de la couleur on peut donc obtenir des mesures chiffrées.
- Problème qui relève encore de la courbe d’échantillonnage : la recharge des bains de teinture à la continue à mesure que la matière a absorbé une partie des colorants au cours de son passage. On le résond en établissant une fois pour toutes les courbes d’échan-
- p.405 - vue 17/66
-
-
-
- 406
- CE QUE DOIT L'INDUSTRIE TEXTILE A LA MESURE DES COULEURS
- tillonnage, par rapport au bain initial étalon, des bains plus ou moins épuisés après passage de x, puis de y, puis de z, etc. kilogs de matière. Ces courbes ont toutes des tons moyens plus clairs que celui de l’étalon.
- On détermine ensuite le poids des colorants d’addition nécessaires pour passer de i, puis de 2, puis de 3 à l’étalon.
- En teinture pratique, il suffit de faire périodiquement une prise d’essai, de construire la courbe, de voir comment elle se place dans le réseau de courbes ci-dessus et d’en détruire par interpolation les colorants d’addition nécessaires pour reproduire le bain initial.
- Mesure du brillant.
- Le brillant d’un objet équivaut à son pouvoir réflecteur; il est indépendant de la couleur et de la source éclairante; pour le mesurer, le photocolorimètre se transforme en photomètre, par suppression des filtres colorés.
- S’il est difficile d’apprécier à l’examen direct, et surtout de chiffrer, même approximativement, le brillant relatif de deux échantillons blancs pour lesquels la couleur n’intervient pour ainsi dire pas, l’appréciation devient impossible s’il s’agit d’échantillons teints. Dans ce dernier cas, en effet, la superposition de deux luminosités : brillant de la surface et clarté de la couleur interdit toute conclusion.
- Lorsqu’un faisceau de lumière vient éclairer un échantillon coloré brillant, il se décompose en deux parties : rayons blancs de réflexion et rayons colorés diffusés dans tous les azimuts au point d'incidence y compris l’azimut privilégié de réflexion. Pour comparer le brillant de deux échantillons, il faut donc éliminer la couleur.
- La mesure consiste à examiner successivement échantillon et étalon en lumière blanche sous les angles de diffusion et de réflexion; la différence entre les deux lectures obtenues pour l’échantillon rapportée à celle obtenue pour l’étalon donne le brillant de l’un par rapport à l’autre. Cette mesure du brillant nous a permis de résoudre nombre de problèmes industriels tels que :
- Modification du brillant et de l’affinité tinctoriale des cotons mercerisés suivant la variation des conditions de mercerisage; richesse des bains en soude caustique, température et surtout tension exercée sur les fils en cours de mercerisage (notre communication au Congrès de l'A.C.I.T. Bruxelles 1935).
- Efficacité des matages de rayonne par des procédés et des produits différents, soit en cours de filature, soit par application de pigments de matité sur les fils
- terminés (notre communication au Congrès de l’A.C.I.T.).
- Influence de la torsion sur le brillant du fil.
- Gain de brillant acquis par l’opération du gazage.
- Proportions optima d’un mélange de coton et de rayonne brillante coupée pour obtenir le maximum de brillant sans mercerisage et sans nuire aux autres qualités du fil.
- Cette mesure nous est également précieuse en expertise. De combien de défauts d’aspect ou de soi-disant mal uni ne rend-t-on pas responsable le teinturier, alors que souvent ces défauts sont imputables à la seule différence de réflexion des parties défectueuses; là où les rayons blancs de brillant diluent les rayons colorés de diffusion les parties apparaissent plus claires. Sans doute l’examen direct peut permettre de déceler l’origine de l’accident, mais pour juger il faut au moins déjà assurer une présentation correcte de l’échantillon à la lumière incidente et ceci hélas, n’est pas toujours réalisé; en faisant varier ensuite les angles d’incidence, on se rend compte que le défaut s’accentue ou s’atténue et l’on fait mieux ainsi la discrimination entre la luminosité due à lai couleur et celle due au brillant. Mais comme il est préférable de la mettre en valeur par la mesure. Nous y gagnons d’ailleurs l’avantage supplémentaire de nous entraîner, grâce à l’appareil, à mieux observer et à mieux corriger nos impressions en séparant tous les facteurs. Si bien que, finalement, l’expérience aidant, la cellule nous apprend à être prudents lorsque dans un examen où l’œil seul est en cause nous devons rendre un jugement.
- Ainsi, pour reprendre dans notre conclusion une idée que nous suggérions au début de cet exposé, l’étude de la couleur et de sa mesure, nous montre une fois de plus combien il est difficile à l’homme d’atteindre au fond des choses, de se faire sur ce qui l’entoure une certitude mathématique. Le mesurable seul peut servir à l’édification d’une science. Et on dirait que précisément ici la mesure, le mètre, nous ont été interdits. L’homme n’a rien à quoi se raccrocher. Il baigne dans le fuyant, le mouvant, l’instable. Tout autour de lui, s’écoule, change et passe. Tout s’oppose à la conquête d’une réalité stable et fixe qu’il lente cependant et réalise malgré tout, âprement, douloureusement, parfois. Et c’est là toute la grandeur de l’aventure humaine : écarter les fantômes et les voiles, atteindre et étreindre la vérité qui contient tout en elle, et qui, seule, nous permettra de faire plus juste, plus grand, plus beau.
- J. Pinte,
- Directeur du Laboratoire de la Chambre de Commerce de Roubaix,
- p.406 - vue 18/66
-
-
-
- COMPTES-RENDUS DES SOCIETES SAVANTES
- 407
- COMPTES-RENDUS DES SOCIETES SAVANTES
- SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE DE MULHOUSE
- Comité de chimie
- Séance du 3 juin 1938.
- 1. En ouvrant la séance, M. Battegay fait part de l’admission au Comité de Chimie de trois nouveaux membres : MM. Denivelle, Haller et Pascali.
- 2. Procédé photographique permettant la suppression de la retouche et l’obtention d’effets de flou. Pli cacheté n° 2 703 du 11 avril 19 2 7 deM. Marius Richard. Remis à l’examen de M. P. Braun.
- 3. Procédé de fabrication de la glycérine. Pli cacheté n° 2718 du 22 novembre 1927 de M. R. Strasser,
- Le texte manquant de précision, il a été décidé de demander des renseignements supplémentaires à l’auteur du pli et la présentation d’un texte nouveau.
- 4. Emploi de l’acide monochloracétique. Pli cacheté n° 2572 du 14 avril 1924 de M. Marius Richard.
- M. Kormann présente son rapport et demande la publication du pli suivi du rapport dans le Bulletin.
- Le Comité adopte les conclusions du rapporteur.
- 5. Préparation et conservation sans glace des couleurs diazotées en teinture et en impression. Pli cacheté n° 1322 du 19 mars 1902 de MM. Langer et Krusche.
- M. P. Hueber lit le rapport suivant :
- Dans le pli cacheté n° 1322 il est question d’une amélioration de la stabilité des couleurs diazotées à base de paranitraniline et d'alphanaphtylamine en teinture et en impression en remplaçant l’acétate de soude servant à la neutralisation de l’excès d’acide minéral par le phosphate de soude. Les auteurs se passent même complètement de glace et prétendent que les couleurs diazotées préparées d’après celle nouvelle formule se conservent facilement plusieurs jours à température ordinaire. Voici le résultat des essais comparatifs en teinture et en impression :
- La paranitraniline et l'alphanaphylamine diazotées d’une part, d’après la méthode ordinaire de diazotation (donc diazos neutralisés à l’acétate de soude et conservés entourés de glace) et d’autre part, d’après les indi-calions des auteurs (c’est-à-dire diazos neutralisés au phosphate de soude et conservés sans glace, lempéra-Lure 20° env.) ont été imprimés comparativement sur les mêmes tissus naphlolés jusqu’à décomposition des diazos. Après le 3" jour on constate une décomposition nette du diazo préparé d’après les indications de l’auteur et cela aussi bien en ce qui concerne l'alphanaph-lylamine que la paranitraniline alors que les diazos correspondants préparés d’après les formules habituelles, se sont maintenus aisément pendant 5 jours ; le 5° jours les diazos préparés d’après les indications des auteurs sont complètement décomposés.
- Les résultats de ces essais d’impression sont d’ailleurs confirmés par des essais comparatifs de teinture.
- La paranitraniline diazotée dans les conditions ordinaires et copulée en plein bain par foulardage du tissu préparé en s-naphtolate de soude a été conservée comparativement à la paranitraniline diazotée d’après les indications des auteurs, et copulée sur le même tissu naphtolé. Ces essais sont illustrés par les échantillons de la série B, où Bi représente la formule ordinaire de diazotation (neutralisation à l’acétate de soude et conservation en présence de glace), B2, la formule nouvelle neutralisée au phosphate de soude et conservée sans glace, et B3, la formule à l’acide sulfurique (en remplacement de l’acide chlorhydrique) conservée sans glace. Il résulte de ces essais qu'après 15 jours de conservation, l’échantillon C3 est le moins bon (formule à l’acide sulfurique — voir série C 1 à 3.
- Pour accélérer la décomposition des diazos, afin de mieux voir les différences de conservation, ceux-ci ont été coupés de la même façon. Un nouvel essai de copulation nous mène 15 jours plus tard au résultat illustré par les échantillons de la série D, où la différence de décomposition des diazos est encore plus prc-noncée. Le diazo le mieux conservé est celui qui est marqué Di et qui correspond à la formule ordinaire (donc neutralisation à l'acétate de soude et diazo conservé entouré de glace).
- Il résulte donc nettement de ces essais que, la neutralisation au phosphate de soude telle qu’elle est préconisée par les auteurs, ne présente pas d’avantage sur la neutralisation ordinaire à l’acétate de soude. Elant donné ce qui précède, nous concluons au dépôtdu présent pli aux archives en publiant le rapport qui l’accompagne au procès-verbal du comité.
- Le Comité, à l’appui des échantillons soumis, adopte les conclusions du rapporteur; le pli cacheté est donc déposé aux archives.
- 6. Nouvelle méthode pour démonter les leintures sur laine et coton. Pli cacheté n° 2693 du ii février 1927 de M. Ferdinand Huttner.
- M. C. Baur présente son rapport, illustré de nombreux échantillons et conclut à la publication dans le Bulletin du pli et de son rapport. Adopté.
- 7. Impression des colorants basiques comme réserve sous noir d’aniline. Pli cacheté n° 2230 de M. N. Wos-nessensky du 5 mars 1913.
- Le rapporteur, M. Musculus, fait remarquer que l’auleur s’est servi de la formule qu’il a mentionnée dans son pli n° 2228 pour la fixation des colorants basiques sans passage en émétique, c’est-à-dire d’une formule contenant le colorant basique, le lanin et l’émétique avec addition de résorcine pour maintenir la triple laque en solution. Cette couleur additionnée d’acétate de soude pour le jaune et le rouge et d’oxyde de zinc pour le bleu, donne des réserves colorées sous noir d’aniline.
- Les résultats obtenus sont loin d’atteindre la vivacité du procédé ordinaire. La solidité au lavage et au savon-
- p.407 - vue 19/66
-
-
-
- 408
- COMPTES-RENDUS DES SOCIETES SAVANTES
- nage n’est pas beaucoup meilleure comme vous pouvez en juger d’après les échantillons ci-joints,
- Le rapporteur conclut au dépôt aux archives, proposition adoptée par le Comité.
- 8. Fixation des couleurs au tanin par vaporisage sans passage en émétique. Pli cacheté n° 2228 de M. N. Wos-nessensky du 5 mars 1913.
- M. Musculus fait remarquer que ce travail a déjà été publié dans le Bulletin de 1914, p. 367 sous le titre « Labor omnia vincit » suivi d’un rapport de M. Bat-tegay, dans le but de concourir à l’article 26 du programme des prix.
- L’auteur avait été récompensé par une médaille de bronze.
- Il ressort comme indiqué ci-dessous que la priorité de ce procédé ne revient pas en réalité à M. Wosnes-sensky, mais aux chimistes de la Manufacture E. Zun-del, qui ont, dans le pli n° 2205, déposé le 27 septembre 1912, décrit un procédé identique, permettant de réaliser des résultats supérieurs. Cette priorité n'ayant pas été réclamée à l’époque, le prix a été attribué à M. Wosnessensky.
- Le rapport conclut au dépôt aux archives de ce pli.
- 9. Emploi de colorants basiques pour réserver les colorants au soufre. Pli cacheté n° 2229 du 5 mars 1910 de M. N. Wosnessensky.
- L’auteur se sert de résorcine pour maintenir la laque en solution, procédé qui a déjà été publié dans notre Bulletin de 1924, p. 278, par MM. Frossard et Mouette dans un pli cacheté datant du 19 novembre 1908, la résorcine jouant le rôle de fixateur par formation d’un produit de condensation avec le formol.
- La couleur préconisée par M. Wosnessensky comporte :
- 3o gr. colorant
- 60 gr. acide acétique
- 80 gr. résorcine
- 80 gr. tanin
- 80 gr. acide acétique
- 670 gr. chlorure de zinc 1/1 à la gomme — Kaolin
- 1.000 gr.
- Sur la demande du rapporteur, M. Musculus, le pli sera déposé aux archives.
- 10. Procédé de fixation des couleurs au tanin par un simple vaporisage sans avoir recours au passage en émétique. Pli cacheté n° 2205 de la Manufacture E. Zundel et Samuel M. Jones du 27 septembre 1912.
- Ce procédé basé sur le même principe que celui de M. N. Wosnessensky (voir ci-dessus et Bulletin 1914, p. 367-387), donne des résultats meilleurs tant au point de vue du rendement que de la stabilité des couleurs.
- D’autre part, ce pli, ayant été déposé le 27 septembre 1912, a le pas sur celui de M. Wosnessensky, daté du 5 mars 1913.
- Le rapporteur conclut à la publication du pli et du rapport dans le Bulletin.
- 11. Application des produits de condensation du formaldéhyde avec les phénols et les amines comme agents fixateurs en impression et en teinture. Pli cacheté n° 2211 de MM. L. Baumann, G. Thesmar, S. Jones et J. Demant du 13 novembre 1912.
- M. Musculus propose la publication de ce pli, suivi de son rapport.
- 12. Divers. — Prochainement seront fêtés les jubilés Urbain et Bertrand. A cette occasion le Comité de Chimie se joint au Conseil d’Administration de la Société Industrielle pour adresser aux illustres jubilaires ses vœux et l'hommage de son admiration.
- La séance est levée à 18 heures 3o.
- STATISTIQUE DES BREVETS ALLEMANDS
- Le nombre total des demandes et des brevets accordés sont en diminution depuis montre la statistique récemment publiée. environ 1930 comme le
- 1930 1931 1932 1934 Demandes 78.400 72.686 63.414 52.856 Brevets accordés 26.736 25.846 26.201 17.O11 Marques demandées 76.163 71.171 65.817 54.630 Marques accordées 50.200 4 9.000 44.500 3 7.000 1936 1937 56.163 57.139 16.750 14.526 56.621 52.538 35.3oo 30.000
- Ces marques sont intitulées D.R.G.M.S. (Deutsches Reichs Gebrauch Muster Schutz). Depuis 1877, année de la mise en vigueur de la loi, on a enregistré 2.041.407 demandes de brevets sur lesquelles on en a accordé 655.717. La classe qui a toujours été la plus importante est l’électrotechnique avec 8.805 demandes en 1937. Parmi les 57.139 demandes pour 1937, il y ena
- 8.629 venant de l’étranger dont 1.994 des E.-U., 1.205 de Suisse, 1.165 de France et i.o3o de Grande-Bretagne.
- Si on se place au point de vue particulier du blanchiment, teinture, impression, apprêts c’est-à-dire de la classe VIII, on a les chiffres suivants des brevets accordés : 557 (1930); 535 (1931); 510 (1932); 251 (1935); 272 (1936) et 238 (1937).
- p.408 - vue 20/66
-
-
-
- COMPAGNIE FRANÇAISE
- DE Produits Chimiques et Matières Colorantes de Saint-Clair du Rhône
- Société Anonyme au Capital de 12.000.000 de Francs
- Siège Social : 17, Rue du Helder, PARIS (9e)
- Direction Commerciale: 145, Bvard Haussmann, PARIS-8e
- Téléphone : ELYSÉES 99-51 à 57 - INTER-ELYSÉES 15 - Télégrammes : Indul-47-Paris
- Usine
- N°
- A, SAINT-CLAIR-DU-RHONE (Isère)
- Téléphone :
- 19 - GONDRIEU
- MARQUE DÉPOSÉE
- Adresse Télégraphique :
- FRANCOCHIMIE-CONDRIEU
- SPÉCIALITÉ de COLORANTS VÉGÉTAUX, Dérivés de l’Orseille, de l’Indigo et des Cochenilles et COLORANTS D’ANILINE, autorisés pour les denrées alimentaires
- Usine B, LA MOUCHE, 112, Av. Leclerc, LYON
- Téléphone : PARMENTIER 65-08 (2 lignes)
- Adresse Télégraphique :
- INDUL-LYON
- anciennem ent MANUFACTURE LYONNAISE DE MATIÈRES COLORANTES
- COLORANTS DIRECTS ou DIAMINE, MI-LAINE, au SOUFRE ou IMMÉDIATS BASIQUES, ACIDES, au CHROME, COLORANTS de CUVE
- PRODUITS POUR DÉMONTAGE ET RÉDUCTEURS
- HYRALDITE, HYDRONITE, HYDROSULFITE
- TOUS COLORANTS POUR TEINTURIERS - DÉGRAISSEURS
- Vente des PRODUITS de la :
- SOCIÉTÉ des Produits CHIMIQUES et MATIERES COLORANTES de MULHOUSE
- PRODUITS INTERMÉDIAIRES - MATIÈRES COLORANTES - COLORANTS pour FOURRURES SPÉCIALITÉ pour TEINTURE et IMPRESSION - MORDANTS et APPRÊTS PRODUITS ORGANIQUES de SYNTHÈSE - MUSCS ARTIFICIELS - AGENTS MOUILLANTS
- 3
- p.n.n. - vue 21/66
-
-
-
- MANUFACTURE
- de
- Cartes d’Echantillons
- POUR FABRIQUES DE BONNETERIE
- FILATURES, TISSAGES, TEINTURERIES
- ÉCHANTILLONNAGES DE LUXE
- G.
- 10, rue d'Enghien, PARIS (Xe)
- Téléphone : PROVENCE 34-60 R. C. Seine 77.647
- FONDATION EN 1868 PAR J. DUVINAGE
- Nous rendant fréquemment en province, prière de nous convoquer pour travaux spéciaux.
- p.n.n. - vue 22/66
-
-
-
- VARIA
- 409
- VARIA
- Le caoutchouc.
- La synthèse du caoutchouc qui, pendant une longue période de son histoire, était demeurée une curiosité scientifique et l’aboutissement de conceptions purement théoriques, est devenue depuis la guerre une réalité industrielle. L’idée de fabriquer une matière identique ou très voisine du caoutchouc naturel, avait conduit à un grand nombre de synthèses du carbure fondamental, l’isoprène dont la polymérisation donne une gomme semblable au caoutchouc.
- C’est au départ de l’isoprène ou méthylbutadiène que les Allemands ont réussi à produire le caoutchouc nécessaire à la confection des bandages d’automobiles, durant les hostilités, Mais c’était seulement un produit de remplacement qui n’avait pas la valeur du produit naturel. Depuislors, on a songé à utiliser des carbures non saturés semblablement constitués; le chlorobuta-diène ou plus simplement le butadiène lui-même. Les relations entre ces divers composés se trouvent expliquées par les formules :
- GH2=G—GII = CII2 CH2=GH—C=CIF
- CH3 Cl
- Isoprène ou Ghloroprène ou méthyl-a-butadiène chloro-a-butadiène
- CH2=CII—CII=CIF Butadiène
- Les deux derniers composés sont d’un accès plus facile et donnent une gomme résistant mieux à l’usure et moins perméable à l’huile. Ils utilisent le même point de départ : le carbure de calcium ou plus exactement l’acétylène. Aux Etats-Unis l’acétylène est poly-merisé en présence de chlorure de cuivre en vinylacé-tylène sur lequel on fixe HCL
- HCl
- CHSCH->CH2=CH—C=CH —» C1I2=CH C = GIF
- C1
- qui est polymérisé et donne le Duprène ou Neoprène de la Société du Pont de Nemours. En Allemagne, l’acétylène est hydraté en acétaldéhyde en présence de sels de mercure; l’aldéhyde se condense pour donner l’aldol de Würtz :
- CH=CH+H2O ^ CH3—CHO ^ CH3-CHOH -CH2 - CHO
- Celui-ci fixe II2 par réduction catalytique et, par déshydratation conduit au butadiène
- CH3-CH0H-CH2-GH20H->2H20+CH2=CH-CH.=CH2
- Le butadiène subit la polymérisation sous les influences les plus diverses, chaleur, durée, réactifs. Le plus actif pour la réalisation industrielle est le sodium métallique ; suivant les conditions de cette action la viscosité
- de la gomme présente de grandes variations. Le nom de Buna qui a été donné à ce caoutchouc synthétique indique son origine : Butadiène, Aalrium (sodium).
- Mais on peut produire la polymérisation par émulsion ce qui fournit un latex de synthèse; pour cela le butadiène est polymérisé, dans l’eau, en présence d’oléate de sodium par des catalyseurs spéciaux notamment les peroxydes. Enfin, si au butadiène on ajoute d’autres composés éthyléniques comme des éthers acryliques ou vinyliques, ces dérivés se condensent avec le butadiène pendant la polymérisation ce qui augmente considérablement la variété de la viscosité.
- Mais, si le caou tchouc synthétique pose des problèmes pratiques, son intérêt scientifique n’est pas moindre. Ainsi, on a pu montrer que la polymérisation du Buna se produit par la formation initiale d’un composé sodé de l’hydrocarbure. La démonstration est plus facile avec l’isoprène comme l’a montré Karl Ziegler, surtout en remplaçant le sodium par le lithium. C’est le composé organomélallique qui s’additionne les molécules de carbure car il se trouve « activé » et joue ainsi le rôle de catalyseur.
- Quant au caoutchouc naturel, son étude fait énormément de progrès depuis qu’on a observé que le caoutchouc étiré présente une structure cristalline aux rayons X et qu’on a ainsi pu mesurer les dimensions de ces cristaux en unités angstrôms (10-8 centimètre). Mais il s’agit évidemment de caoutchouc vulcanisé et la vulcanisation par le soufre est une réaction chimique entre cet élément et l’isoprène. Alors, on peut se demander pourquoi le caoutchouc vulcanisé acquiert les propriétés élastiques si particulières. Les longues chaînes de molécules polymerisées, adhérentes peuvent glisser les unes sur les autres par suite d’un effort mais les forces qui les relient les ramènent lorsque l’effort cesse. Ces questions ont été longuement étudiées du point de vue thermodynamique par Kurt Meyer et Mark (Chemislry and Industry, 1938, p. 439).
- Les Prix Nobel (Statistique).
- On sait que, par son testament, Alfred Bernhard Nobel qui mourut le 10 décembre 1896, laissa une somme considérable dont les intérêts devaient alimenter chaque année la fondation de 5 prix appelés Prix Nobel. Ces récompenses doivent être attribuées à des personnalités dont les découvertes ou les efforts ont été les plus marquants, quelle que soit leur nationalité, dans les domaines de la physique, de la chimie, de la physiologie, de la littérature; enfin le 5e prix est décerné pour récompenser les efforts pour le maintien de la paix. L’idée qui a dicté la fondation de ce prix est remarquable étant donné que le nom de Nobel est lié à l’introduction de la dynamite dans la pratique de la destruction.
- p.409 - vue 23/66
-
-
-
- 410
- INFORMATIONS
- C’est en 1901 que ces prix furent décernés pour la première fois, et il est intéressant de considérer les statistiques relatives à chaque pays. Si les cinq prix avaient été distribués chaque année, il y aurait eu 180 bénéficiaires, mais il est arrivé quelquefois que l’un d’eux n’a pas trouvé de titulaire, de telle sorte qu’en réalité il n’y en a eu que 160.
- Il y a quatre nations qui groupent le plus grand nombre de lauréats, qui se répartissent ainsi dans les deux sections :
- Sciences Littérature
- Allemagne.... 30 7
- Angleterre .... 16 7,5
- France 1 1,5 9
- Etats-Unis .... 10,5 7,5
- On constate la position dominante de l’Allemagne,
- pour les sciences et celle, plus modestement prépon dérante, de la France pour la littérature et la paix.
- Un autre point intéressant c’est la variation du nombre de lauréats dans le temps, exprimé en pour cent la part des principaux pays :
- Allemagne Angleterre France E.-U. Autres
- 1901-07 22,9 17,1 15,7 5,7 38,6
- 1901-17 23,3 12,0 15,3 6,7 42,7
- 1901-27 23,7 I 1,6 14,2 6,9 43,6
- 1901-37 23,1 14,7 12,8 11,25 38,15
- Enfin, le nombre des prix durant cette période de
- 36 ans a été de : Allemagne 37, Angleterre 23,5,
- France 20,5, Etats-Unis 18, Suède 10,5, Suisse 7,
- Hollande 6, Danemark 5,5, Autriche 5,5, Belgique4,5, Norvège 4,5, Italie 4,5, Indes 2, Pologne 2, Russie 2, Espagne 2, Canada 1, Irlande 1, Argentine 1, Hongrie 1.
- INFORMATIONS
- L'industrie chimique en Italie. — Le Ministre des Corporations a donné les autorisations pour les installations suivantes : A la Fabrica Lombardia Colori Anilina (Bergamo), la fabrication d’anhydride phtalique; à la Vetrocoke S. A., la fabrication d’oxyde d’éthylène, de glycol, de styrène et des polystyrènes.
- Lubréfiants synthétiques. — L’I. C. I. décrit, dans son brevet anglais 465.i65, la préparation de produits lubréfiants en condensant des carbures saturés chlorés avec les carbures aromatiques. Ainsi 65o parties de paraffine solide sont chlorées jusqu’à une teneur de 25,4 % de chlore et on les fait réagir avec io55 parties de benzène en présence de 70 parties de chlorure d’aluminium. Quand la réaction est complète il y a séparation en deux couches; la partie supérieure est décantée et filtrée à travers une couche de carbonate de sodium.
- Anhydride phtalique au départ du xyléne. — A la réunion de l’American Chemical Society à Milwaukee en Septembre, W. G. Parkes et C. E. Allard du Collège de Rhode Island a fait une communication sur l’oxydation catalytique du xylène en aldéhyde toluique et anhydride phtalique. Le catalyseur qui semble le plus convenable est le pentoxyde de vanadium.
- Acide butyrique de fermentation. — Le procédé de fabrication du bulanol et de l’acétone, par fermentation, imaginé par le D' Weizmann vient d’être modifié par le même auteur. Dans le brevet anglais 489.170 il en décrit le principe qui consiste à utiliser les liqueurs résiduelles d’où on a retiré l’alcool et l’acétone. Le liquide est neutralisé avec du carbonate de calcium et ensemencé avec une culture de ferment butyrique et l’acide séparé sous forme de son sel de calcium.
- Matières colorantes en Italie. — La Société A.C.N.A. (Azienda Coloranti Nazionali Affini) qui fabrique des matières colorantes et qui est dépendante du groupe Montecatini a porté son capital de 60 à 100 millions de lires :
- Crésol synthétique. — On signale que la Swann Chemical C° de Birmingham (Alabama) aux Etats-Unis va commencer prochainement la fabrication du para-crésol synthétique. Celui-ci étant destiné à la production de résines.
- L'industrie chimique en Pologne. — Les usines de produits azotés de Chorzow et Moscice ont entrepris la fabrication d’hypochlorile de sodium, ainsi que celle d’autres dérivés : monochlorobenzène, ortho-dichlorobenzène, l’hypochlorite de chaux.
- REVUE ECONOMIQUE
- Production française de benzol. — La production pour 1937 a été peu diflerente de celle de 1936 qui s’était élevée à environ 75.000 tonnes. C’est en 1929 que le chiffre le plus élevé avait été atteint avec 79.200 tonnes. La proportion qui échoit aux usines à gaz est d’environ un cinquième, les quatre cinquièmes proviennent des cokeries.
- Les importations de benzol en France se sont élevées 1 annee derniere a 5o. 100 tonnes. Quant à l’utilisation du benzol, on estime à i5.000 tonnes la consommation des industries chimique et pharmaceutique, à 3.000 celle des laques, 1.500 celle de l’industrie du caoutchouc, a 3000 celle des teinturiers dégraisseurs, etc.
- p.410 - vue 24/66
-
-
-
- REVUE ÉCONOMIQUE
- P
- L’industrie chimique aux Etats-Unis. — On a constaté dans l’ensemble un recul qui a affecté différemment les diverses industries. Certaines grandes sociétés ont vu leurs bénéfices diminuer comme par exemple, l'American Cyanamide C° dont les profits du 1er semestre 1938 se sont élevés à 500.000 $ contre 2,8 millions en 1987, Goodyear Tire and Rubbier C" a vu ses bénéfices passer de 8,1 à 1,6 millions de $, l’United Drugs C° a même enregistré une perte de 600.000 $ contre, en 1937, un bénéfice de 800.000 $ pour la période correspondante.
- On estime que le second semestre sera plus favorable. On signale notamment une recrudescence d’activité dans la rayonne. Ainsi les ventes de l’Industrial Rayon Corporation ont augmenté de 3o % en Juillet.
- La production des matières colorantes s’est élevée en 1937 à 122,2 millions de Ibs contre 119,5 millions en 1936.
- L’industrie chimique en Tchécoslovaquie. — L’industrie chimique a été établie dans ce pays il ya une centaine d’années, dans la région des Sudètes d’abord à Mâhrisch-Ostrau, puis près de Petrowitz et Aussig. C’est celle dernière localité qui est le centre le plus important avec le Verein für Chemische and Mélallur-gischen Produktion dont le siège est à Prague.
- •L’influence allemande dans cette entreprise a beaucoup diminué et la majorité des actions sont entre les mains de la banque Zivnoslenska de Prague. Le capital est de 75 millions de Kc mais il ne correspond aucunement au développement de l'affaire qui emploie environ 6000 personnes.
- L’entreprise d’Aussig a des intérêts dans la plupart des affaires de produits chimiques et de textiles de Tchécoslovaquie.
- Le Verein d’Aussig fabrique des colorants dont la production annuelle est estimée à 2000-2500 tonnes, mais qui est insuffisante pour couvrir les besoins du pays. On est obligé d’importer à peu près une quantité égale de colorants, dont la valeur, en 1935, atteignait 10,5 millions de R. Marks et 14-15 millions en 1936 et 1937. Les intermédiaires nécessaires sont aussi fabriqués à Aussig et, de plus, on en a importé 500 tonnes.
- Il existe en Tchécoslovaquie quatre fabriques de rayonne dont la production globale a passé de 2800 tonnes en 1935 à 4000 en 1937 ; elle couvre environ
- le tiers de la consommation. Les importations se sont élevées en moyenne, durant les trois dernières années à 14 millions de R. Marks tandis que les exportations s’élevaient à 1,1-1,7 millions de R. Marks.
- Gomme adragante en Turquie. — Les exportations turques vers les différents pays se sont élevées à :
- 1936 1937
- Allemagne 116.472 kgs 43.270 kgs
- Autriche — 3.946
- Belgique 7.445 11.153
- Tchécoslovaquie . . — 6.242
- France 24.000 42.972
- Angleterre .. . . 10.375 24.388
- Suisse 2.2 20 6.696
- Italie — 24.108
- Etats-Unis 12.248 17.879
- Matières Colorantes au Japon. — On a donné une estimation approximative de la production qui serait voisine de 20.000 tonnes. En 1937, le Japon a exporté environ 10 millions de kins de colorants (1 kin équivaut à 0,600 kgs), d’une valeur de 6.269.172 yens. Ces exportations se composaient de 347.935 kins de basiques, colorants directs i.i02.2i4 kins, colorants acides 2 2 2.896 kins, noirs sulfurés 5.712.650 kins, autres colorants sulfurés 140.795 kins, indigo synthétique 2.040.224 kins, autres colorants 486.365 kins. Les exportations ont dû subir des restrictions par suite de la guerre de Chine.
- Les importations se sont élevées à 3.761.805 kins d’une valeur de 16.927.861 yens, comprenant : colorants directs 1.188.035 kins, colorants pour cuve 288.940 kins, indigo synthétique 304.840 kins, basiques 291.587 kins, acides 550.535 kins, colorants pour mordants 800.986 kins, sulfurés 275.574 kins, colorants pour laques et vernis 14.375 kins. C’est l’Allemagne qui est le plus grand importateur avec une valeur de 12,3 millions de yen (6,9 millions en 1936), puis la Suisse avec 2,2 millions, la France avec 418.000 yens (370.000 en 1936). Cependant, les importations d’Angleterre et des Etats-Unis ont diminué respectivement de 16.800 yens à 14.500, et 2,3 millions à 1,9 million de yens. En 1937, les fabriques japonaises ont fourni 90 % des colorants consommés en quantité et 71,4 % en valeur.
- L’INDUSTRIE CHIMIQUE
- Si la totalité des exportations de l’U.R.S.S. présentent, pour 1937, un accroissement de 27% en valeur sur celles de l’année 1936, la part relative de l’industrie chimique a été en régression. Celle-ci représentait en 1936, environ 3,2 % des exportations totales, mais elles ne représentent plus que 2,6 % en 1937. Pour l’importation, la différence est encore plus nette puisqu’on 1936 elle comptait pour 5,9 % du total, alors que pour 1937 elle n’a plus atteint que 2,2%.
- ORGANIQUE EN RUSSIE
- C’est surtout dans les matières colorantes que le fléchissement a été sensible, la diminution des importations atteignant 70 %, les produits pharmaceutiques 85 % ; toutefois, l’importation des gros produits a été plus élevée.
- L’activité des laboratoires de recherches est attestée par un grand nombre de publications scientifiques et de demandes de brevets.
- Pour rester dans le domaine de la chimie organique
- p.411 - vue 25/66
-
-
-
- 412
- L’INDUSTRIE CHIMIQUE ORGANIQUE EN RUSSIE
- des colorants et des parfums, nous nous bornerons à quelques citations.
- Le dosage du phénanthrène a fait l’objet d’une communication de Iljinsky et Rosal dans les Comptes-Rendus de l’Académie des Sciences de l’U.R.S.S. en 1937. La transformation de la fi-choroanthraquinone en aminoanthraquinone a été décrite par Vorojtzof et Chkitine dans le J. Olochtch. Khim. d’août 1937. Celle-ci a été effectuée par Groggins et Stirton, en présence de composés du cuivre, mais la présence de ce métal ou de ses sels ne paraît pas nécessaire. Des naphtols AS dérivés du fluorène sont obtenus par Poraïkochitz et V. Perekaline dans Prom. Organ. Khim., 1937 en condensant le diaminofluorène avec les acides oxycarboxyliques. Par exemple, le diamino-2-7-fluorène est condensé avec l’acide p-oxynaphtoïque et ce naphlol permet d’obtenir des bleus et des noirs. La transformation du p-dichlorobenzène en p-chloro-phénol donne suivant Minaïew, Fedorof et Sarnit (Prom. Org. Khim., juillet 1937) des rendements de 85 %. Il faut opérer avec NaOH et du mélhanol à 2000 durant 24 heures. La fabrication de la vanilline a fait l’objet d’une communication de Wolynkin dans le Journal de Chimie Appliquée Pusse, 1938, p. 423 et également d’un brevet russe 50.437 du 17 mai ig36. Il s’agit de la synthèse connue qui consiste à traiter le gaïacol par de la formaldéhyde en présence de nitroso-
- diméthylaniline, mais qui n’est pas industrielle pour diverses raisons. En particulier, il faut un excès de formol ce qui provoque des réactions secondaires. On a trouvé que l’aluminium divisé catalyse favorablement la réaction et le rendement peut ainsi être élevé à 80 % du rendement théorique calculé sur le gaïacol consommé.
- Dans le même journal, Kirpjanow et Chortak décrivent un procédé pour la préparation d’acide maléique par oxydation catalytique du benzène. Le catalyseur recommandé renferme 70 % d’acide vana-dique et 3o % d’acide molybdique auquel on a ajouté 5 % d’oxyde de cobalt. Les vapeurs de benzine mélangées d’air passent sur le catalyseur chaufle à 400-4500 et placé dans deux chambres en série. Le rendement est de 85 % de la théorie.
- D’après des informations de Moscou, le commissaire de l’industrie lourde, Kaganowitch aurait déclaré qu’une des causes qui a empêché la réalisation du plan de 4 ans de ig37 consiste dans des actes de sabotage. Les effets de ces sabotages sont réparés progressivement, mais il reste encore beaucoup à faire. Le commissaire s’est exprimé en ces termes : « Il s’est trouvé davantage de saboteurs et d’espions dans l’industrie chimique que dans toute autre par suite de l’intérêt vital de celle industrie pour la défense nationale ».
- A. .
- EXTRAITS DE JOURNAUX ETRANGERS
- Constitution de quelques nouveaux Naphtols AS. — R.-L. DESAI et T.-N. METHA. — J. Soc. Dyers and Colorists, septembre ig38, p. 422.
- L’anilide de l’acide p-oxynaphtoïque a été décrit par Schôpff en i8g2 ; c’est le premier terme de la série des composants diazoïques connus sous le nom de Naphtols AS, dont le nombre s’accroît sans arrêt.
- La constitution de certains d’entre eux est connue et a été indiquée par divers auteurs, notamment par Diserens (P.G.M.C., ig36, p. 265) et surtout par Rowe et ses collaborateurs (voir Journ. Dyers and Colorists, t. 46, p. 227, ig3o; t. 42, p. 82, 1926; t. 5i, p. 287, 1935).
- La méthode d’analyse consiste à purifier le composé, puis à l’hydrolyser soit par l’acide sulfurique étendu bouillant à i4o° ou l’acide concentré au bain-marie (méthode de Rowe et Giles). L’hydrolyse alcaline fournit des resultats bien meilleurs et c’est ce procédé qui a été choisi maintenant. Il fut utilisé par Ueno et Suzuki dès 1934 pour établir la constitution des Naphtols AS-LT et AS-ITR et consiste à chauffer le naphlol avec NaOH à 5o% en autoclave à 2000, puis à entraîner l’amine par la vapeur et à précipiter l’autre constituant par un acide. On se rappelle que les Naphtols AS-LT et AS-ITR sont les arylides de l’acide
- p-oxy-naphloïque avec, respectivement, les deux bases.
- OC H3
- NU2 ch’A
- NH2
- A0CH3 et
- CV
- OCH3
- comme il a été relaté ici même (P.G.M.C., ig34, p. 307).
- Les nouveaux naphtols examinés ont été les Naphtols AS-LB, AS-SG, AS-SR, AS-LG et AS-L3G. Les trois premiers sont des arylides d’acides orthooxycarbazol-carboxyliques dont les constitutions ainsi déterminées sont les suivantes :
- Parachloranilide de l’acide hydroxy-3-carbazolcar-boxylique-2
- UII
- Naphlol AS-LB
- Cl
- p.412 - vue 26/66
-
-
-
- SOCIETE
- La garantie de la qualité est assurée par la marque :
- La plus importante fabrique française strictement spécialisée et indépendante pour :
- INDUSTRIELLE
- DES
- DÉRIVÉS DU SOUFRE
- TÉLÉPHONE : LILLE 19-04 CHÈQUES POSTAUX : LILLE N° 313-79
- R. du COMM. LILLE 26-681
- SOCIÉTÉ ANONYME AU CAPITAL DE 2.350.000 FRANCS
- Rue Pelouze, LOMME-lez-LILLE (Nord)
- ADRESSE TÉLÉGRAPHIQUE
- DERISOUFRE-LILLE
- CODES : BENTLEY
- A. B. C. 5' ÉDITION
- p.n.n. - vue 27/66
-
-
-
- Colorants GEIGY
- de réputation mondiale et appréciés dans toutes les branches de l’industrie
- NOUVELLE SPÉCIALITÉ:
- OLIVE ERIOCHROME BL pour la teinture de la laine grand teint, l’élément par excellence pour draps d’uniformes et militaires
- AUTRES SPÉCIALITÉS DE NOS FABRICATIONS:
- EXTRAITS, TANINS MATIÈRES TANNANTES — SYNTHÉTIQUES — PRODUITS AUXILIAIRES POUR L’INDUSTRIE TEXTILE, ETC.
- PRODUITS GEIGY S. A.
- HUNINGUE (Haut-Rhin)
- p.n.n. - vue 28/66
-
-
-
- EXTRAITS DE JOURNAUX ETRANGERS
- 413
- Paraanisidide de l’acide hydroxy-3‘-benzocarbazol-7-8-carboxylique-2'
- OH ___
- (Co-NX >OCH3
- (2 — NH — Y
- 8 I_______! 6|
- Naphtol AS-SG
- Méthoxy-4-méthyl-2-anilide de l’acide hydroxy-3'-benzocarbazol-7-8-carboxylique-2‘
- Naphtol AS-SR
- NH
- 5
- O
- 2
- O
- C____ s/
- ° \
- On voit que la base est la même que celle qui existe dans le Naphtol AS-LT.
- Quant aux deux autres Naphtols ils constituent des arylides de l’acide téréphtaloyldiacétique:
- Bis-diméthoxy-2-4-chloro-5-anilide de l’acide téréphtaloyldiacétique
- CI___ ___CI
- CFO< NH—CO—CH2—CO—CGH4—C0-CH2—CO—NH^ >OCIT®
- OCHS CHO
- Naphtol AS-LG
- Bis-Méthoxy-2-chloro-4-méthylanilide du même acide téréphtaloyldiacétique
- CHA__ ___CH3
- CK NH-CO—CH2—CO—CGH4—CO—CH2—CO—NH^ >
- OCH3 CH30
- Naphtol AS-L3G
- EXTRAITS DE BREVETS FRANÇAIS
- DIVERS
- Colorants du type cyanines. — J. D. Kendall. — B. F. 812.716, ii mai 1936.
- Ces colorants ont une constitution analogue à celle des cyanines, avec cette différence que la chaîne carbonée comporte un ou deux atomes d’azote. On condense une base azotée hétérocyclique ou ses sels quaternaires ayant un groupe amino ou imino en a ou Y, avec un sel quaternaire d’une base ayant un groupe aminovinyle, thioélher ou sélénoéther en a ou Y ou un sel de quinoléine substitué en 2 par un halogène. De nombreux exemples donnent la préparation de colorants agissant comme sensibilisateurs photographiques.
- Vernis colorés. — I. G. Farbenindustrie. — Addition 47.557, du 12 juin 1936 au B. F. 805.143.
- Dans le brevet principal on prépare des laques en faisant agir les sels ou les oxydes métalliques sur les acides sulfoniques des phtalocyanines. On a trouvé qu’on obtient des pigments susceptibles de donner des
- laques solides à la lumière, en traitant les phtalocyanines sulfonées par les colorants basiques.
- Dérivés des o-arylènedicyanures. — Imperial Chemical Industries. — 47.586 du 3i juillet 1936 au B. F. 763.993.
- On a trouvé que la transformation des orthodinitriles dérivés du benzène ou du naphtalène en phtalocyanines est facilitée quand on opère en présence de bases azotées comme la triéthanolamine par exemple. On obtient ainsi les phtalocyanines exemptes de métaux, à l’état cristallisé.
- Colorants. — I. G. Farbenindustrie. — B. F. 613.180, 7 novembre 1936.
- On fait réagir des dicyanures portant les deux groupes CN sur deux carbones voisins, sur les cétones en présence d’agents de condensation, particulièrement le chlorure d’aluminium. Par exemple, on chauffe la benzanthrone avec A1C13 et du phtalonitrile jusque 200°; il se forme un colorant vert. On peut remplacer la benzanthrone parun grand nombre d’autres cétones.
- 4
- p.413 - vue 29/66
-
-
-
- — 4.
- EXTRAITS DE BREVETS FRANÇAIS
- Colorants anthracéniques. — I. G. Farbenindustrie. — B. F. 813.468, 13 novembre 1936.
- L’acéanthrénone est condensée avec l’isaline en solution alcoolique alcaline et le composé formé :
- N c—coon
- C —C
- I |
- est fondu avec KOH; le produit vert obtenu teint le coton directement en vert.
- Colorants triarylméthiniques. — /. G. Farbenindustrie.
- — Addition 47.666 du 4 septembre 1935 au B. F. 790.564.
- On utilise des amines tertiaires renfermant le radical propionitrile; ceux-ci se préparent suivant 1’U.S.A.P. 1.992.615 en fixant le nitrile acrylique sur les amines primaires ou secondaires. Ainsi la triméthyl-1.3.3-méthylèneindolinealdéhyde condensée avec l'éthyl-phényleaminopropionitrile donne un colorant basique rouge.
- Vernis colorés. — I. G. Farbenindustrie. — Addition
- 47.675 du 10 juillet 1936 au B. F. 805.143.
- Extension de l’addition précédente citée plus haut; on teint la rayonne avec de la phtalocyanine cuivrique sulfonée et on passe en Bleu méthylène. La teinture est beaucoup plus lumineuse que celle obtenue par la méthode habituelle.
- Colorants. — I. G. Farbenindustrie. — B. F. 814.854, 12 décembre 1936.
- On condense des amines sulfonées avec des dérivés du dinitrobenzène sulfoné. Par exemple, on chauffe en milieu aqueux alcalin l’acide diméthylparaphény-lènediaminethiosulfonique avec le dinitrochloroben-zènesulfonate de sodium; le produit teint le cuir en brun.
- Phtalocyanines. — I. G. Farbenindustrie. — B. F.
- 814.820,
- Quand les noyaux benzéniques des phtalocyanines renferment des groupes acyle, les phtalocyanines ont
- une nuance bleue plus verdâtre. On utilisera par exemple le benzoyl-4-phtalonitrile ou dicyanobenzo-phénone. On l’obtient en sulfonant l'amino-4-benzo-phénone par l’acide chlorosulfonique, remplaçant NH2 par la réaction de Sandmeyer et 803H par fusion avec le ferrocyanure.
- Colorants. — I. G. Farbenindustrie. — B. F. 8i5.o88, 16 décembre 1936.
- Les phtalocyanines métallifères ou non réagissent avec les halogènes au sein d’un dissolvant et en présence ou en l’absence de catalyseurs. La nuance des colorants primitifs est déplacée vers le vert.
- Colorants. — I. G. Farbenindustrie. — B. F. 815.412, 24 décembre 1936.
- On prépare les phtalocyanines en chauffant les dini-triles d’acides orthodicarboxyliques avec les cyana-mides en présence de métaux.
- Colorants polyméthiniques. — I. G. Farbenindustrie. — B. F. 815.168, 18 décembre 1936.
- Ces colorants se préparent en condensant les composés hétérocycliques renfermant un groupe aldéhyde, avec des composés méthyléniques. Par exemple la mélhyl-2-indolinealdéhyde-5 est condensée avec la triméthyl-1.3.3-méthylène-2-indoline et donne un colorant basique violet. D’autres constituants donnent des colorants pour rayonne acétate.
- Produits fluorescents. — Etablissements Kuhlmann. — B. F. 815.84T, Ier avril 1936.
- La benzanthrone, son dérivé méthylé, la dibenzan-throne fournissent des composés possédant une forte fluorescence verte, quand on distille ces benzanthrones avec des poudres métalliques, comme celles de zinc, fer, nickel, magnésium ou de charbon actif, des oxydes alcalino-terreux etc. La distillation est effectuée dans un courant d’hydrogène, d’azote ou de CO2. Les produits obtenus exercent leur pouvoir fluorescent à la dilution de 1 pour 100.000.
- Colorants. — M. Szpilfogcl et E. Schirin. — B. F. 816.066, 7 janvier 1937.
- Les phtalocyanines sont transformées en colorants solubles par sulfonation avec l’oléum ou la chlorhy-drine sulfurique. Ces colorants teignent alors la laine, la soie et les fibres végétales.
- p.414 - vue 30/66
-
-
-
- LE SERVICE DES BARQUES DE TEINTURE PAR L’INTERMÉDIAIRE D’UN BAC EN CHARGE
- 415
- TEINTURE - IMPRESSION
- LE SERVICE DES BARQUES DE TEINTURE PAR L’INTERMÉDIAIRE D’UN BAC EN CHARGE
- par M. L. BONNET
- Le travail en continu présente sur le travail en discontinu des avantages dont ce dernier est privé par suite d’une insuffisance d’installation.
- L’adjonction d’un simple bac en charge dans un atelier de blanchiment ou de teinture, comble cette lacune, il donne les possibilités de traiter les pièces en boyau sur barques à tourniquet, à la manière des traitements sur métier parisien, pour ne citer que ce genre de machine.
- Il est bien illogique, après un débouillissage de pièces de coton par exemple, d’admettre de l’eau froide directement sur les pièces encore chaudes, une fois la barque vidée, et pourtant, niera-t-on que telle n’est pas la manœuvre dans toutes les teintureries, y compris les mieux installées au sens classique du mot?
- Mais ce mauvais traitement infligé aux pièces qui viennent de séjourner dans une lessive bouillante, toujours plus ou moins savonneuse, s’aggrave encore du fait que l’intervention d’une dose indispensable de carbonate de soude pour empêcher la dissociation hydrolytique sur fibre des substances savonneuses lors d’un premier rinçage constituant en réalité un désavonnage, subit toujours un contre-temps ou se produit trop tard.
- Effectivement, la barque étant vidée du bain de débouillissage, est remplie jusqu’à un certain niveau, quand ce n’est pas complètement, puis chauffée à la température voulue avant de recevoir les additions nécessaires.
- C’est à cause de cette manœuvre mal comprise que le bain préparé dans le but de désavonner et de parfaire le nettoyage de la fibre avant le rinçage proprement dil, ne peut agir au moment opportun et avec la régularité nécessaire, puisque, en plus, l’addition de produit (carbonate) à l’eau du bain est faite dans un volume de bain généralement faible, tandis que les pièces sont encore immobiles.
- Au contraire, lorsqu’on traite les pièces en continu, dans une série de bacs à roulettes, la suite des bains de nettoyage ou plus exactement la suite des contacts, envisagés aux points de vue ionique et thermique peut et doit être réalisée dans un ordre logique.
- Prenons un autre exemple : le déparementage- des tissus bonneterie indémaillables. La paraffine qui
- constitue entièrement ou presque la gaine protectrice des fils, ne s’élimine qu’à une certaine température au moins égale à 5o°C, correspondant au point de fusion de cet hydrocarbure, et indispensable à la mise en émulsion de ce dernier. Or, comme le travail est effectué sur barque à tourniquet, non muni d’une arrivée d’eau chaude, une partie de la paraffine se plaque sur les parois de la barque et sur une partie des pièces dans le voisinage de la vanne d’eau froide, au moment où l’on admet l’eau — froide — pour faire déborder obligatoirement le bain avant de l’évacuer. Si, par contre, ladite barque possédait une arrivée d’eau chaude et mieux encore une arrivée d’eau chaude additionnée d’un peu de carbonate de soude, l’émulsion de paraffine ne serait pas cassée lors du rinçage sur déparementage.
- Bien entendu, l’ouvrier chargé du service de la barque, se contente pour gagner du temps de rincer directement à l’eau froide, après avoir fait déborder le bain pour la forme. Et le traitement des pièces se poursuit en vue de les bien préparer à la teinture. En réalité les pièces se ressouilleilt de paraffine et l’on obtient ce que l’on appelle si élégamment des « taches de bac », admises comme inévitables à raison d’un pourcentage assez variable. Inutile d’ajouter que les pièces reconnues tachées, alors qu’elles sortent de l’apprêt, doivent être lavées à tel point que la teinture se dégrade profondément.
- Dans le dégraissage des pièces de laine, sur barque à tourniquet, le mal n’est pas moins grand, bien que les températures en jeu ne diffèrent pas autant que dans le nettoyage par débouillissage des pièces de colon ou de lin. La fibre de laine, on le sait, gonfle en bain alcalin tiède, elle se contracte brutalement au contact d’une eau froide dépourvue de l’alcalinité anti-hydrolytique. Le teinturier, à celle observation, rétorquera qu’il ne sache pas « avoir eu des ennuis en rinçant directement puisque utilisant de l’eau douce », mais il n’ajoutera pas que son eau douce est froide et non alcaline. Ce raisonnement est le point de départ d’irrégularités de dégraissage entraînant des défauts de teinture. Nous savons parfaitement que la substitution de sulfonales gras, non hydrolysables — avoir soin de choisir les produits — aux savons atténue,
- p.415 - vue 31/66
-
-
-
- 416
- LE SERVICE DES BARQUES DE TEINTURE PAR L’INTERMÉDIAIRE D’UN BAC EN CHARGE
- dans une certaine mesure, les mauvaises réactions d’un rinçage à dilution infinie et froid des pièces venant d’être baignées en solution chaude (la température de 45°C adoptée pour la plupart des dégraissages d’articles laine est située dans la zone d’effet thermique mal toléré par les fibres kératiniques).
- Voici, dans un autre ordre d’idées, quelques raisons d’installer un bac en-charge dans un atelier de teinture : au cours d’une teinture directe de pièces de rayonne ou de colon, à une température voisine du bouillon, le teinturier s’aperçoit que la nuance va être dépassée rapidement étant donnée la concentration actuelle du bain en colorant. Plus d’hésitation possible: il faut changer de bain et voilà diverses opérations s’enchaînant très mal et prenant un laps de temps trop grand : après la vidange de la barque, remplissage avec de l’eau froide qui saisit une partie des plis des pièces, puis le chauffage dont nul n’ignore la lenteur. Ici le bac en charge, dont le rôle secondaire, mais important, est de servir d’accumulateur d’eau chaude, sera immédiatement mis sur le chauffage intense, tandis que la barque se videra et l’on pourra remplir cette dernière avec une eau sinon à l’ébullition, du moins très chaude et dont on pourra encore rapidement élever la température en combinant le chauffage du bac fournisseur avec le chauffage de la barque réceptrice.
- Pareil cas se présente lorsqu’on doit démonter une teinture marbrée. L’expérience a démontré que la teinture n’ayant pas subi un contact brutal froid, avant d’être soumise à l’action d’un bain d’hydrosulfile chaud, se démonte mieux, phénomène que l’on peut expliquer par la conservation de l’état actuel de gonflement des fibres — aussi bien végétales qu’animales —; cet avantage comportant un gain de temps appréciable. Il est bien entendu que le bain de démontage sera monté de préférence dans le bac en charge, de manière à utiliser au maximum le produit réducteur par une répartition judicieuse.
- Ne poussons cependant pas à l’extrême l’usage du bac en charge, notamment en ce qui concerne le montage d’un bain de débouillissage, de blanchiment ou de teinture. Dans de tels cas, la logique commande de garnir les bains progressivement en vue d’une meilleure répartition des éléments actifs. Toutefois conseillons de mettre à contribution le bac en charge pour chauffer à l’avance sans causer de pointesà la chaufferie, l’eau de débouillissage ou de teinture d’un bac en fin de service et que l’on rechargera d’un nouveau lot de pièces. Ajoutons que l’on profitera de la température élevée del’eau pour procéder si nécessaire à l’épuration de l’eau sur place, soit par addition de carbonate ou de phosphate trisodique, par exemple (économie de fonctionnement de l’épurateur).
- En résumé, un bac en charge dans un atelier de blanchiment ou de teinture, permet de préparer des bains de désavonnage, de lisbordage (terme lyonnais) de rinçages chauds, de correction et d’accumuler de l’eau chaude en dehors des barques. Il est indispen
- sable pour la conduite rationnelle et pour la rapidité des traitements textiles.
- On ne trouve malheureusement pas de bac en charge dans les ateliers si bien installés soient-ils ; c’est d’autant plus regrettable que l’alimentation des barques par cet intermédiaire, assure un rendement satisfaisant aux installations mal comprises.
- Qu’entend-on maintenant par bac en charge ? Tout simplement un réservoir à eau que l’on trouve dans toutes les usines et aussi chez les marchands de ferraille ou encore une barque de teinture qu’on installe à un niveau supérieur d’un mètre environ à celui des barques de l’atelier. Une plate-forme ou un plancher accolé contre la base du bac facilite le service.
- Le bac en charge est alimenté en eau brute et en eau douce au moyen de conduites débouchant à son niveau supérieur ; il est chauffé par un tube de vapeur plongeant directement jusqu’à 10 cm. du fond (le serpentin n’est pas nécessaire ici).
- Pour relier ce bac en charge aux barques de blanchiment ou de teinture, le moyen le plus simple consiste à fixer à un ajutage débouchant à 1 cm. du fond du bac (espace restreint mais suffisant pour permettre la séparation, par décantation, des précipités qui peuvent se produire lors de la préparation des bains) un tuyau de caoutchouc robuste, bien entoilé, choisi avec le diamètre le plus grand possible, déterminant d’ailleurs le diamètre à donner à l’ajutage et d’une longueur égale à la distance du bac à la barque la plus éloignée à desservir. A l’extrémité libre du tuyau de caoutchouc, on fixe un crochet en fer peint avec un vernis au bitume, ou graissé, grâce auquel le tuyau est accroché à l’une des parois des barques à emplir, sans qu’on ait à le tenir constamment à la main.
- Il m’a été permis d’installer des bacs en charge, dans une teinturerie de pièces de laine, dans une blanchisserie de toiles de lin, dans une grande blanchisserie de linge (les barbottes étant reliées avec des bacs à solutions de lessives savonneuses, des bacs à eaux carbonalée et avec des réservoirs d’eau chaude et d’eau froide) dans une teinturerie de jersey et de tissus indémaillables et dans un atelier de blanchiment de soies, de crins et de pailles.
- En tous ces lieux, l’appoint de ce bac auxiliaire a contribué, non seulement à augmenter le rendement des barques, mais aussi à améliorer la qualité du travail. L'Office Textile construit actuellement un réservoir muni d’ajutages, d’une jauge et d’une vanne de vidange.
- Dans les autres ateliers, tels que salles de teinture en appareils mécaniques, teintureries d’écheveaux sur barques, de laine en bourre, etc., le bac en charge sert utilement d’accumulateur d’eau chaude. Il est le bienvenu des chauffeurs, car il permet d’éviter les pointes énormes aux chaudières à vapeur.
- L’installation du bac en charge comporte la protec-lion de ce dernier contre les pertes de calories par rayonnement. Un entourage en planches et un couvercle en bois suffisent la plupart du temps.
- p.416 - vue 32/66
-
-
-
- ETABLISSEMENTS
- KUHLMANN
- BRUN SOLANTHRENE N BR
- p.n.n. - vue 33/66
-
-
-
- 2
- 2
- urtout dans les
- au bouillon,à la chaux, aux acides et aux alcalis. Solutions absolument limpides. Stabilité du pouvoir mouillant.
- 3
- p.n.n. - vue 34/66
-
-
-
- EXTRAITS DE JOURNAUX ETRANGERS
- 417
- Je terminerai cette note par une observation au sujet des conduites d’eau des teintureries. Sauf à de très rares exceptions, les conduites sont trop étroites pour laisser passer un volume d’eau important et les barques sont immobilisées dix fois trop longtemps lors de leur emplissage. Les industriels lésinent toujours lorsqu’il s’agit d’installer des tuyaux à grande section. D’ailleurs on peut amener l’eau sous une très forte pression, le débit est encore dix fois trop faible lorsque les conduites ont un diamètre intérieur de 60 ou même de 80 mm. Si l’acquisition de tuyaux galvanisés est trop onéreuse, on peut se contenter de gros tubes en tôle bakélisée, construits à la façon des gouttières. Une grande teinturerie troyenne était, déjà vers 1900, équipée avec des tuyaux en zinc de 250 mm. de diamètre abouchés à de grosses conduites en fonte munies de vannes à boisseau. L’emplissage d'une barque de 3.000 litres n’exigeait que quelques secondes.
- La distribution d’eau par tubes en caoutchouc est à recommander, car elle simplifie le réseau des liaisons, du fait qu’un seul tube permet d’alimenter plusieurs barques. Mais le tuyau de caoutchouc peut être installé d’une manière fixe. On le trouve actuellement avec les sections de grandeur convenable. Enfin, il supprime les dangers dus à la formation de rouille, qui se manifestent surtout aux mises en route les lundis et surtout le lendemain des fêtes, par suite de l’immobilité des couches liquides à l’intérieur des conduites toujours plus ou moins rouillées.
- Par ces quelques réflexions je n’ai eu d’autre désir que celui de montrer l’utilité d'un dispositif auxiliaire que tous les ateliers de blanchiment et de teinture en pièce devraient posséder.
- L. Bonnet.
- EXTRAITS DE JOURNAUX ETRANGERS
- TEINTURE
- La teinture des tissus mixtes de laine et lanital. — Deutsche Farber-Zeitung, 74, n° 11 (i3 mars 1938).
- Malgré leur similitude de constitution chimique, la laine naturelle et la laine de caséine se comportent assez différemment au point de vue tinctorial. La teinture acide de la laine naturelle doit être effectuée au bouillon pour donner des nuances solides; par contre, le lanital se teint déjà en nuances foncées à des températures beaucoup plus basses. Aux températures supérieures à 5o°, la laine de caséine est assez délicate : elle tend à rétrécir fortement, et on observe un gonflement superficiel de la fibre, défavorable à la pénétration du colorant. La laine de caséine teinte en bain acide rétrécit et devient rêche au séchage.
- On peut éviter le gonflement du lanital en ajoutant de la formaldéhyde au bain de teinture; mais en opérant ainsi, la fibre une fois sèche a toujours un loucher rêche, même si on élimine l’excès de formaldéhyde par l’action de l’urée. On a préconisé un chlorage préalable des tissus mixtes, ce traitement ayant pour effet d’augmenter l’affinité de la laine naturelle pour les colorants acides, et de permettre ainsi une teinture à température assez basse. Mais le chlorage a l’inconvénient de jaunir la laine de caséine.
- Pour tourner ces difficultés, Langer recommande d’opérer comme suit : on nettoie d’abord la marchandise dans un bain savonneux ammoniacal, qui élimine les huiles d’apprêtage et empêche les fibres de devenir superficiellement gélatineuses. On passe ensuite le tissu dans un bain d’eau oxygénée légèrement ammoniacal, puis, après acidage, on passe au chlorage. Dans ces conditions, il ne se produit pas de jaunissement appréciable. La laine de caséine ayant subi ces traitements préalables présente cependant encore,
- après teinture, un toucher plus rêche que celui des fibres animales. C’est que le lanital possède une plus grande affinité non seulement pour les colorants acides, mais aussi pour les acides minéraux. Les acides du bain de teinture sont absorbés en plus forte proportion par la fibre de caséine. Il est recommandé de rincer après teinture avec des agents faiblement alcalins, tels que l’acétate de sodium, de manière à éliminer l’acide fixé, pour sauvegarder le toucher doux et laineux de la fibre.
- J. L.
- Contribution à la théorie de la teinture acide de la laine.
- (IVe Communication). Sur les phénomènes qui se déroulent dans la teinture de la laine avec les colorants Palatins. — W. ENDER et A. MULLER. — Melliand Textilberichte, janvier et février 1938, p. 63-67 °t I8i-I83.
- Parmi les colorants pour laine, un groupe de colorants azoïques qui contiennent du chrome fixé sous forme complexe dans la molécule, prend une place spéciale (colorants Palatins, colorants Néolane). Les avis sur la fixation de ces colorants sur laine sont assez partagés.
- Au point de vue tinctorial, ces colorants exigent une forte quantité d’acide sulfurique pour donner des teintures unies.
- La présence de chrome fixé sous forme complexe dans la molécule du colorant améliore notablement la solidité à l’eau et au lavage de la combinaison laine-acide colorant. Celle observation fit penser que le chrome de la molécule de colorant participait à la fixation du colorant sur la fibre. Cette nouvelle étude a pour but d’éclaircir la question de la fixation des colorants Palatins solides sur la laine.
- 5
- p.417 - vue 35/66
-
-
-
- oo
- EXTRAITS DE JOURNAUX ÉTRANGERS
- Les courbes de titration des acides colorants libres montrent que l’acide colorant, par l’introduction d’un groupe chrome (formation d’un complexe de chrome basique), a pris le caractère d’un ion hybride avec un groupe sulfo en excès. Lors de la titration, ce composé se comporte comme le sel acide d’un acide fort, avec une base faible (bisulfate d’ammonium). Plus la différence entre le degré de dissociation des groupes acides et celui des groupes basiques est grande, plus l’hydrolyse du « sel interne » est grande.
- Le schéma suivant illustre ces conditions :
- pas notablement de certains colorants acides ordinaires qui montent lentement (rouge foulon G, rouge anthra-cène acide G).
- D’après les mesures de diffusion effectuées par Valko (Oesterreichische Chem. Zeitung, 1937, n° 21), l’état d’agrégation des acides de colorants Palatins solides est, en moyenne de 1,2, donc à peine plus fort que celui des colorants acides ordinaires, comme l’orangé II ou l’azogrenadine S).
- Suivant Valko, le comportement spécial des colorants Palatins solides n’est pas en relation avec la
- 8
- lO .—0
- IIO 0H2 \/ O-------Cr O
- I A J
- SO3 S03
- Ion hybride
- 0H2 +/
- 0---Cr--O
- 7 HN =N_/
- Aux observations que l’on peut faire à l’aide des acides disulfoniques des colorants Palatins, on peut conclure que les conditions sont analogues pour les acides monosulfoniques. Mais, avec les acides mono-sulfoniques les recherches sont plus difficiles qu’avec les acides disulfoniques, parce que les premiers sont moins solubles dans l’eau que les seconds.
- Les acides de colorants Palatins solides sont donc, comme la laine, des corps amphotères, le groupe chrome est un groupe basique monovalent. Mais cette propriété complique l’étude des phénomènes de teinture. A la possibilité considérée jusqu’à présent, de la fixation des acides colorants sur laine, à savoir la fixation ionoïde (salification) entre les groupes sulfos des acides colorantset les groupes basiques de la laine et à la consolidation de cette liaison par des forces (adsorbantes) émises par d’autres groupes des deux composants, sont venues s’ajouter d’autres possibilités de fixation. Ces nouvelles possibilités de liaison sont la salification entre les groupes complexes de chrome basiques des acides colorants et les groupes carboxyles de la laine (liaison ionoïde, hétéropolaire) et en outre, la possibilité d’une formation de complexe entre le complexe chrome-acide colorant et laine (liaison homéopolaire ou de coordination).
- La vitesse de montée des acides de colorants Palatins solides est très faible, plus petite que celle des colorants acides qui montent lentement (colorants foulon), bien que le poids moléculaire des acides monosulfoniques de colorants Palatins solides ne soit en général pas plus grand que celui de beaucoup de colorants acides qui montent bien plus rapidement.
- Les acides disulfoniques des colorants Palatins solides montent bien plus rapidement que les acides monosulfoniques; sous ce rapport, ils ne se distinguent
- grosseur de particule et le rôle des ions hydrogène n’est pas d’influencer l’état d’association.
- La valeur de pH des solutions d’acides monosulfo-nique de Palatins solides est, il est vrai, assez élevée à cause du caractère d’ion hybride et de la mauvaise solubilité de ces acides colorants. Ce peut être la raison .pour laquelle ces colorants montent très lentement.
- L’abaissement de la valeur de pH des bains de teinture, par addition de HCl augmente, dans certains cas (en particulier pour les acides disulfoniques), la vitesse de montée. Par conséquent la valeur de pH plus élevée des solutions des acides monosulfoniques des colorants Palatins solides n’est pas la cause principale de ce que ces acides colorants montent moins bien que les acides disulfoniques de colorants Palatins solides.
- L’absorption d’acide sulfurique rétrograde d'autant plus que la laine fixe plus d’acide colorant. Ce phénomène est semblable à celui que l’on observe avec les colorants acides ordinaires.
- Si les acides colorants Palatins solides sont, d’une part, des ions hybrides (par exemple les acides monosulfoniques neutres, ou, en raison de leur faible hydrolyse, à réaction légèrement acide), mais, comme d’autre part, dans leur combinaison avec la laine, ils montent à la façon des colorants acides ordinaires seulement avec les groupes sulfos en formant un sel difficilement hydrolysable (irréversible), il faut quele complexe de chrome basique soit mis en liberté. Pour chaque groupe basique de la laine qui, par suite de la salification plus ou moins réversible, disparaît avec le groupe sulfo de l’acide monosulfonique de Palatin solide (c’est-à-dire qu’il n’est plus décevable avec l’acide sulfurique), un autre groupe basique, le groupe complexe de chrome paraît qui, il est vrai, ne présente plus de groupe sulfo comme anion dans la molécule
- p.418 - vue 36/66
-
-
-
- EXTRAITS DE JOURNAUX ETRANGERS
- 419
- d’acide colorant. Dans la teinture avec les acides disul-foniques de colorants Palatins solides, deux groupes basiques de la laine, ne sont remplacés que par un groupe chrome basique, lorsque les groupes sulfos du colorant réagissent avec les groupes basiques de la laine, en formant le sel laine-acide colorant difficilement hydrolysable.
- Les essais n’ont pas pu établir que les acides de colorants Palatins solides montaient sur la laine uniquement avec leurs groupes sulfos.
- On peut conclure que les acides de colorants Palatins se comportent autrement que les colorants acides ordinaires pour lesquels, seul le nombre des groupes sulfos de l’acide colorant, ou le nombre des groupes basiques de la laine est un facteur essentiel pour l’absorption quantitative du colorant, autrement dit là où la somme des équivalents d’acide colorant et d’acide sulfurique absorbé doit rester constant.
- L’acide colorant peut se fixer à la laine par le complexe de chrome de plusieurs manières :
- i. Salification entre le chrome basique et les groupes carboxyles de la laine;
- 2. Formation de complexe entre le chrome et la laine :
- a) avec intervention des groupes amino ;
- b) avec intervention d’autres groupes de la laine.
- En réalité, seule la formation de complexe est possible, car aux concentrations d’ions hydrogène utilisés (acide sulfurique N/io) les groupes carboxyles ne sont presque pas ionisés, alors que le chrome monobasique que renferme le colorant l’est fortement.
- L’ion hybride presque neutre des acides monosul-foniques de Palatins solides paraît se comporter comme un acide bibasique libre.
- Il est hors de doute que les groupes basiques de la laine prennent part à la formation du complexe laine-groupe chrome de l’acide colorant.
- En résumé, de cette dernière communication :
- Les acides colorants de Palatins solides sont des corps amphotères, des ions hybrides, avec du chrome basique monovalent.
- La vitesse de montée des acides monosulfoniques de Palatins solides est très petite, celle des acides disul-foniques de Palatins solides est sensiblement plus grande, approximativement de même ordre que la vitesse de montée des colorants acides ordinaires montant lentement (colorants foulon).
- L’addition d’acide minéral augmente, dans la plupart des cas, la vitesse de montée.
- De la détermination gravimétrique des quantités d’acide colorant absorbées par la laine, par teinture avec un excès d’acides colorants de Palatins solides libres et de la détermination des groupes basiques encore libres de la laine teinte, on a pu conclure :
- I. Que les colorants Palatins solides salifient avec leurs groupes sulfos les groupes basiques de la laine;
- 2. Que le chrome opposé, comme cation de l’ion hybride, au groupe sulfo dans la molécule d’acide
- colorant, forme un complexe avec la laine et ne peut plus être décelé comme groupe basique.
- 3. Que les groupes basiques de la laine participent à la formation de complexe entre la laine et le chrome, en perdant leur caractère basique (dissociabilité).
- 4. Que pour la formation de complexe entre la laine et le chrome, i/io seulement des groupes basiques de la laine en ont la faculté. Au-dessus de ce taux, les colorants Palatins solides ne montent plus que comme des colorants acides ordinaires avec le groupe sulfo « libre ». Les acides monosulfoniques de Palatins solides, qui n’ont pas de groupe sulfo « libre », ne continuent pas de monter.
- En outre, on a trouvé que le chrome des colorants Palatins solides a la faculté de former encore un complexe avec les colorants chromatables (colorants orthodioxyazoïques). Dans les teintures combinées avec de tels colorants, on n’obtient pas la couleur du mélange prévue, mais un virage de nuance propre au nouveau colorant formé.
- L. B.
- IMPRESSION
- Réserves préimprimées sous colorants d’indigosol. — F. NESTELBERGER. — Melliand Textilberichte, juillet 1938, p. 590-593.
- Les enluminures blanches et colorées de teintures avec les colorants d’indigosol présentenLun grand intérêt pour les coloristes, du fait que les indigosols se fixent avec une certaine facilité sur la fibre, permettent de travailler en continu avec un matériel simple et enfin parce qu’un grand nombre d’entre eux appartiennent aux colorants les plus solides. Le rongeage des teintures d’indigosol terminées est simple, lorsqu’il s’agit de ronger en blanc des fonds clairs bien ron-geables. Il est déjà plus difficile d’obtenir des résultats satisfaisants sur des teintures foncées et ne se rongeant pas bien, en particulier pour les enlevages colorés, car peu de colorants d’enluminage résistent au rongeage au leucotrope qu’on applique ici.
- Mais oh peut tourner ces difficultés et obtenir des effets similaires en empêchant les indigosols de se développer aux endroits à enluminer, au moyen de réserves. Le tissu préalablement foulardé avec le colorant indigosolet les additions, puis séché, est imprimé avec une couleur qui contient de l’alcali, un réducteur, ou les deux, après quoi on développe l’indigosol de la manière connue, par vaporisage ou par un bain. La composition de la couleur réserve permet d’additionner cette dernière de colorants d’enluminage qui se fixent dans ces conditions de travail et d’obtenir ainsi des effets colorés.
- Pour le réservage en couleur on recommande en premier lieu les colorants pour cuve, mais aussi les colorants Rapidogène et Rapide solide conviennent également bien. Les colorants basiques, substantifs et à mordant, à cause de leur faible solidité, ne sont employés que dans des cas spéciaux.
- p.419 - vue 37/66
-
-
-
- 420
- EXTRAITS DE JOURNAUX ÉTRANGERS
- Suivant le genre de travail, on désigne ce procédé de « impression de réserve » (surimpression de réserves), parce qu’on imprime la couleur réservante sur le tissu préalablement foulardé avec des indigosols. Ce procédé très appliqué dans la pratique, donne de bons résultats. Mais on peut opérer par voie inverse, c’est-à-dire imprimer d’abord la réserve, puis foularder avec indigosols. Bien qu’on obtienne les mêmes résultats dans les deux cas, le procédé par impression préalable de réserves est plus avantageux dans nombre de cas.
- Comme on le sait, les foulardages clairs de la plupart des indigosols peuvent être développés par le procédé au nitrite ou au chromate, sans séchage intermédiaire par un passage subséquent en acide. De celte façon on économise du travail et de la vapeur et on encombre moins la hot-flue. Naturellement, le tissu imprimé avec des réserves peut être traité de la même façon. Toutefois, lorsqu’il s’agit de teintures moyennes ou nourries (avec plus de 10 gr. d’indigosol par litre de bain de foulardage), il est avantageux de faire un séchage intermédiaire qui permet de mieux utiliser le colorant indigosol. En s’y prenant adroitement, on peut sans inconvénient abandonner pendant plusieursjours avant teinture, les pièces imprimées avec des réserves. On arrive de la sorte à constituer des lots plus importants et à utiliser rationnellement la composition pour le foulardage. Par contre, les pièces foulardées au préalable avec des indigosols, surtout lorsqu’on développe par le procédé vapeur doivent être imprimées le plus tôt possible avec les réserves, de façon à éviter le développement prématuré et par suite le brouillage des effets de réserve. Dans ce cas il faut foularder par petites parties.
- De plus, un certain nombre de colorants indigosols très substantifs, comme le vert Indigosol IB, le brun Indigosol IBB, etc. ne réservent pas d’une façon satisfaisante par le procédé d’impression de réserves, parce que le colorant non développé, se trouvant sous la réserve, ne se laisse éliminer qu’incomplètement à cause de sa grande affinité pour la fibre. Dans ce cas, préimpression de réserves est le seul moyen de réserver de tels colorants. Le meilleur mode de travail est réalisé ici par le procédé de foulardage au nitrite ou au chromate, sans séchage intermédiaire, parce que le peu de temps, qui s’écoule entre le foulardage et le développement par le bain acide, ne laisse pas au colorant indigosol la latitude de pénétrer la réserve et de teindre substantivement la fibre sous celle-ci.
- Dans la préparation des couleurs d’impression il faut éviter un trop grand excès de réserves trop facilement solubles, qui ferait couler ces dernières, surtout lors du foulardage des indigosols difficilement développables. Le Leucotrope W augmente l’action des réserves.
- Exemples de réserves blanches :
- Carbonate de soude calc.
- Rongalite C...........
- I II III
- 120 gr. j 20 gr. 120 gr.
- I00 gr. Go gr. 6o gr.
- Leucotrope W..........
- Eau...................
- Epaississant de colle et gomme induslr......... Blancde zinc(oxyde) i:i
- 13o gr. 170 gr. 120 gr.
- 5oo gr. 5oo gr. 5oo gr.
- i5o gr. i5o gr. 200 gr.
- et gomme industrielle est une demi-heure :
- L’épaississant de colle et gomme industrielle est préparé en faisant bouillir pendant une demi-heure :
- 200 gr. gomme industrielle en poudre avec 770 gr. solution de colle 1:10 et
- 3o gr. urée et portant à 1 kg.
- (L’addition d’urée a pour effet d’empêcher l'épaississant de se gélatiniser).
- On emploie les colorants indigosols, suivant leur aptitude à la réserve.
- Pour la réserve I : jaunes d’or Indigosol IGK, IRK ; orangé Indigosol HR; verts Indigosol IB, i3G; bruns Indigosol IBR, IRRD ; gris Indigosol IBL.
- Pour la réserve I ou II : jaune Indigosol V ; orangé brillant Indigosol IRK ; écarlates Indigosol IB, IIB ; rouge Indigosol IFFB ; vert-olive Indigosol IB.
- Pour la réserve II ou III : violets Indigosol pour impression IBBF, IRR ; Indigosols O4B, 06B, 0; bleus Indigosol pour impression IGG, IB.
- Pour la réserve III : rose Indigosol IR extra ; rose brillant Indigosol I3B ; violet Indigosol pour impression IRH.
- La plupart du temps, pour les réserves colorées aux colorants pour cuve, imprimées au préalable, la quantité d’alcali et de rongalite qu’elles contiennent pour la fixation, suffit pour le réservage. Il convient de remplacer complètement ou partiellement le carbonate de potasse par le carbonate de soude qui a moins tendance à couler. Pour renforcer la réserve, on peut ajouter encore de l’oxyde de zinc ou du kaolin. Lorsque la réserve doit être enluminée avec des colorants Rapides solides ou Rapidogènes, on ajoute à la couleur préparée normalement, comme pour l’impression directe, de 5o à 100 gr. par kilo d’oxyde de zinc ou d’hyposulfïle de soude. En coupant les réserves colorées il faut veiller à ce que les coupures contiennent encore assez d’agent réservant.
- Après l’impression, on vaporise, comme pour les réserves colorées aux colorants pour cuve, au vaporisage rapide (Malher-Platt) et en vapeur acide pour les réserves colorées avec des couleurs rapides solides ou rapidogènes. Les couleurs rapides solides peuvent aussi être vaporisées en vapeur neutre lorsqu’elles sont imprimées en combinaison avec des colorants pour cuve, seulement leur tonalité s’en trouve un peu ternie. Comme les impressions se ramollissent lors du vaporisage, ce qui influence les réserves, il est recommandé de faire sécher le tissu avant de le foularder. On peut opérer ce séchage sur tambours.
- Les pièces sont foulardées avec une solution d’indigosol, dont on règle la composition suivant le mode de développement adopté.
- p.420 - vue 38/66
-
-
-
- EXTRAITS DE JOURNAUX ETRANGERS
- P 12
- Solution de foulardage d’indigosol :
- Procédé au nitrite Procédé au chromate
- Colorant indigosol 1- 10 gr. 1- 10 gr.
- Eau chaude 500 gr. 5oo gr.
- Carbon, de soude calc. 1:10 4 gr. b gr.
- Adragante 60:1.000 50-250 gr. 50-250 gr.
- Nitrite de soude 1:2 20- 60 gr. —
- Solution dechromateneutre — 40-100 gr.
- porté à I lit. I lit.
- avec de l’eau froide. Température de foulardage de 20 à 25°C.
- La solution de chromate neutre se compose de :
- 150 gr. bichromate de soude crist.
- 710 gr. eau
- 14o gr. lessive de soude 38°Bé
- 1 kg.
- Les teintures claires d’indigosols, de par leurs solidités et leur bon marché, se prêtent particulièrement bien aux avantages que présente le procédé d’impression préalable de réserves.
- Une addition de Glyécine A ou de Fibrite D favo-rise la solubilisation et, par suite, l'utilisation des colorants indigosols difficilement solubles. On foularde à la température ordinaire, eu égard aux réserves. Or, comme ainsi l’affinité des indigosols substantifs se manifeste davantage, on en tient compte par l’emploi de solutions de recharge plus concentrées (consulter à ce sujet les cartes d’échantillons des fabriques d’indigosols).
- A mentionner également que la quantité d’oxydant (nitrite de soude, chromate neutre) que contient le bain de foulardage, se règle suivant le degré auquel se développe l’indigosol employé. Pour les indigosols : rose Indigosol IR extra, rose brillant indigosol I3B, écarlate Indigosol HB, violet-rouge Indigosol IRH, violet Indigosol IBBF, Indigosol 04B et 06B, qui présentent une certaine inertie à l’oxydation, on augmente la quantité d’oxydant, de façon à éviter le coulage et le cernage des réserves.
- On opère le foulardage en indigosols sur un foulard à deux rouleaux. On peut aussi bien passer les pièces dans le bain directement entre les rouleaux-exprimeurs (auquel cas, le rouleau inférieur trempe dansle bain). Pour le second mode de mattage (plaquage), il faut munir le rouleau inférieur du foulard d’un bom-bage, lorsque les rouleaux sont en métal, mais non lorsqu’ils sont revêtus de caoutchouc, car alors la rotation entraîne suffisamment de bain épaissi. Le plaquage du tissu avec la solution d'indigosol que l’on pratique aussi pour la teinture en uni, présente l’avantage de ne pas tenir compte de l’affinité des colorants lors de la garniture ou de la regarniture des bains. On sait aussi que, lors du foulardage, la concentration du colorant indigosol s’accroît dans les garnitures, par
- rapport au montage du bain, de la quantité de colorant qui a été absorbée substantivement.
- Celle quantité peut s’élever à 35 % pour les Indigosols très substantifs. Lorsque le bain est monté avec plusieurs Indigosols de substantivité différente, il faut tenir compte des quantités de colorant respectivement absorbées pour préparer la garniture du bain. 11 faut déterminer le taux de montée de colorants qui est également fonction de la qualité du tissu et de la durée de passage. A noter que, dans la teinture en uni, on remédie à cet inconvénient en élevant la température du bain de foulardage, ce qui a pour effet de diminuer le pouvoir de montée de la plupart des Indigosols. Egalement une teneur aussi faible que possible de la bassine du foulard diminue l’action de substantivité, par suite de la durée de passage plus courte et du renou-vellement plus fréquent du bain. Dans l’impression préalable de réserves on ne peut opérer que par ce dernier mode, à cause du ramollissement. On ne peut supprimer l’influence de la substantivité qu’en procédant suivant le maltage décrit ci-dessus. En additionnant convenablement le bain d’un épaississant (adra-ganle, farine de caroube, Tylose TWA 1.000) on peut régler la quantité de bain entraînée par le rouleau plongeur, de telle sorte qu’un faible excès seulement (nécessaire à un travail sûr) ne s’écoule des rouleaux presseurs. En outre du ménagement des réserves, par suite du contact bref avec le bain en excès, on empêche la montée substantive des Indigosols. On peut alors préparer le bain de foulardage à toute concentration qui convient pour les garnitures, même lorsque plusieurs Indigosols, de substantivité différente, sont en combinaison.
- Après foulardage ou maltage, on développe immédiatement par un bain d’acide sulfurique dilué (10 cc. d’acide 66°Bé par litre) à la température de 6o°C environ. On augmente la dose d’acide pour les Indigosols réfractaires au développement (jusqu’à 20 cc. au litre). Il faut tenir constante la concentration du bain d’acide pour assurer la régularité du résultat ; le tissu imprégné d’eau dilue constamment ce bain. A cet effet, on emplit le moins possible la bassine d’acide, on supprime l’exprimage et on fait arriver l’acide frais suivant le principe du contre-courant. La quantité plus élevée d’acide employée assure la régularité des nuances et une meilleure utilisation des colorants. La bassine en forme de V pour le développement des teintures d’indigosols, décrite par K. Stierwaldt (Melliand Textilbe-richte, 1936, p. 5o) constitue une solution à tous ces problèmes en question.
- Pour le développement au nitrite d’Indigosols sensibles à l’oxydation (bleu Indigosol IBC), ou lorsque les ateliers sont mal ventilés, on empêche l’apparition de vapeurs nitreuses en additionnant le bain d’acide de 5 à 10 gr. d’urée par litre. Or, comme le court passage en acide, dans la plupart des cas, ne suffit pas à développer complètement la nuance, on intercale un passage de pièces à l’air de 10 secondes environ, avant de donner le bain de carbonate subséquent. Ce dernier, à
- p.421 - vue 39/66
-
-
-
- 61 CI -
- EXTRAITS DE BREVETS FRANÇAIS
- raison de io gr. de carbonate de soude calciné par litre, à 50-6o°C, a pour but d’interrompe le développement. A cause de l’arrivée continuelle d’acide fournie par les pièces, il faut s’assurer que le bain de soude reste toujours alcalin après garniture. Après un bain de rinçage, les pièces sont savonnées au bouillon. Pour ce faire, un bain avec o,5 à i gr. d’Igépal W et 3 gr. carbonate de soude Solvay au litre convient parfaitement. Le savonnage a, non seulement pour but de développer complètement les réserves colorées, mais aussi d’éliminer totalement, des endroits réservés, l’indigosol non développé. Les traces qui resteraient, terniraient à la longue les réserves.
- De plus, le traitement subséquent en Igépal, qui enlève les particules de couleur simplement déposées sur la fibre, confère la solidité complète au lavage.
- Pour les teintures moyennes et foncées (avec plus de lo gr. de colorant au litre) on peut aussi, lorsqu’on les développe au nitrite et surtout par vaporisage, intercaler un séchage intermédiaire à la hol-flue ou sur
- tambours (dans ce dernier cas, il faut passer le tissu de telle sorte que ses deux faces viennent en contact avec les tambours sécheurs).
- Lorsqu’un séchage intermédiaire est indispensable, le procédé par impression préalable de réserves ne présente pas beaucoup d’avantages sur le procédé de surimpression de réserves, puisque, dans les deux cas, les marches de travail sont les mêmes, quoique pas dans le même ordre.
- En outre, dans le premier cas de réservage des Indi-gosols fortement substantifs (vert Indigosol 1B) crée des difficultés. Après séchage on continue de traiter comme ci-dessus, lorsque le foulardage est opéré par le procédé au nitrite. Les teintures foulardées par le procédé vapeur sont développées par vaporisage de 5 à lo minutes. Après le rincage on savonne à fond pour les raisons données précédemment.
- L’article est illustré d’échantillons teints et imprimés.
- L. B.
- EXTRAITS DE BREVETS FRANÇAIS
- TEINTURE
- Teinture de pelleterie, poils et plumes. — I. G. Farbenin-duslrie. — 2e addition 47.846, du 27 novembre 1936 au B. F. 775.459.
- Le brevet principal (voir R.G.M.C., 1935, p. 3i5) décrit l’emploi simultané de dérivés hydroxylés du naphtalène et d’amines aromatiques. Le premier certificat d’addition 45.135 (R.G.M.C. 1935, p. 470) préconise l’addition d’un agent à action capillaire. La nouvelle demande revendique l’emploi de dérivés dihydro-xylés substitués comme l'acétyl-4-dihydroxybenzène, avec l'aminodiphénylamine et un agent dispersant on obtient un gris-vert, avec le trichloracétyldioxybenzène, et la diaminonaphtalène-i .5 en présence d’isopropyl-naphlalène on a sur peau de lapin chromée un gris plein bleuâtre.
- Fils artificiels colorés. — Société des Textiles Chimiques du Nord et de l’Est. — B. F. 817.623, 13 mai 1936.
- On obtient des fils de rayonne viscose colorés en bleu vif en y incorporant des phtalocyanines, comme le Bleu Monastral Solide BS.
- Teinture avec colorants pour cuve. — Impérial Chemical Industries. — B. F. 817.786, 12 février 1937.
- On améliore grandement la teinture avec les colorants pour cuve, par l’adjonction de sels d’ammonium quaternaires de la formule
- alcoyle
- HOOC—Ar— NZx
- Dans celle-ci Ar est un noyau benzénique, X et X sont des alcoyles inférieurs, R est un reste d’une longue chaîne de 10 à 20 atomes de carbone et Y est un reste acide minéral. Ces nouveaux produits sont obtenus en traitant les éthers dialcoylaminobenzoïques par les sulfates d’alcoyles. Par exemple, on chauffe à 90-95°, le p-diméthylaminobenzoate de cétyle avec le sulfate de méthyle jusqu’à solubilité dans l’eau; recristallisé dans l’acétone, il fond à 112-113°. On utilise ce produit de la manière suivante :
- A une cuve formée de
- 0,53 parties hydrosulfite de sodium
- (poudre)
- 5,3 parties soude caustique
- 3,3 parties Vert Jade Calédone
- 1000 parties eau
- on ajoute 0,1 parties diméthylaminobenzoate-méthylsulfate de cétyle.
- On introduit les filés de coton (33 parties) et teint à 45° durant 3/4 d’heure puis on lève oxyde et savonne au bouillon pendant 20 minutes dans du savon à 2 %o-La teinture est caractérisée par son excellente pénétration, son unisson et la bonne montée en couleur.
- Masses colorées. — Société pour l’Industrie Chimique à
- Bâle. —B. F. 817.814, 13 février 1937.
- On utilise des colorants qui résultent de l’éthérification de colorants hydroxylés par des groupes facilement éliminables de telle sorte qu’on régénère le produit primitif par simple saponification. Exemple. Dans une solution de 15 parties d’acétylcellulose dans 90 parties d’acétone et 10 parties d’alcool mélhylique, on ajoute 0,75 parties d’une solution du produit de la
- p.422 - vue 40/66
-
-
-
- EXTRAITS DE BREVETS FRANÇAIS
- CO A
- réaction du sulfochlorure de l’acide métasulfobenzoïque sur le colorant azoïque : dichloraniline — o.anisidide de l’acide s-oxynaphtoïque dissous dans l’alcool méthy-lique. La solution claire jaune orangé est filée puis on abandonne pendant i heure dans de l’ammoniaque à 9 o/ 270 :
- Remarque. Le principe est celui déjà exposé dans le B. F. 815.575 (voir R.G.M.C. octobre 1938, p. 374).
- Teinture des fibres animales. — Société pour l'Industrie Chimique à Bâle. — B. F. 818.328, 24 février 1937.
- Il s’agit de la teinture, de la laine surtout, avec les complexes chromiques de colorants azoïques dérivés des acides o-oxyaminonaphtalènesulfoniques.
- Exemple. Dans un bain formé avec 3000 parties d’eau à 80-90° C, 4 parties d’acide sulfurique concentré, 2 parties du complexe chromique du colorant amino-naphtolsulfonique — B-naphtol (Noir Eriochrome) on entre 100 parties de laine en pièce. On porte au bouillon après 10 minutes et laisse monter durant 3/4 d’heure, on rajoute 4 parties d’acide sulfurique et introduit en 1/4 d’heure une solution de 2 parties du même complexe dans 20 parties d'eau, on chauffe ensuite au bouillon durant I-1/2 heure, lave, sèche et obtient un bleu-marine uni.
- Teinture et apprêt. — The Calico Prinlers’ Association.
- — B. F. 819.029, 10 mars 1937.
- Le traitement revendiqué a pour but d’augmenter la solidité des teintures des matières cellulosiques en même temps qu’il diminue le froissement et le rétrécissement. Pour cela les matières sont imprégnées avec une solution de formol et d’un acide sulfonique.
- Exemple. Un tissu de schappe viscose est imprégné avec une solution contenant 15 % de formol et 3,5 % d’acide o-aminophénolsulfonique, séché en air chaud 10 minutes à 6o° et séché. Le tissu résiste au froissement.
- Un taffetas rayonne viscose est imprégné avec une solution contenant 13 % de formaldéhyde, 2,15 % d’Ecarlate acide 4R et 1,7 % d’acide sulfurique, séché 2 minutes sur tambour chauffé à la vapeur, refroidi rapidement et laissé reposer 12 jours et finalement lavé et séché. Le colorant résiste à un savonnage prolongé, à chaud et le tissu résiste au froissement.
- Mordançage et teinture des fourrures. — Etablissements
- Kuhlmann. —B. F. 819.167, 16 juin 1936.
- On connaît la difficulté qu’on rencontre dans la teinture des fourrures jarreuses; les jarres ayant moins d’affinité pour les colorants et nécessitant une surteinture à la brosse. De plus ces teintures ne résistent pas au frottement. Or l’emploi du lactate de fer confère aux poils jarreux une excellente affinité pour les colorants. On peut alors obtenir en une seule opération des teintures foncées et solides. Exemple. Une peau de lapin blanc à longs poils, dénaturée et dégraissée comme habituellement est traitée pendant 12 heures
- à la température ordinaire dans un bain contenant, par litre :
- i gr. protolactate de fer
- 2 cc. acide acétique à 6° Bé
- On essore et teint durant 4 heures dans un bain contenant :
- o,3 gr. p-phénylènediamine
- 1,5 gr. p-aminophénol 0,32 gr. acide pyrogallique
- 21,2 cc. eau oxygénée à 12 vol.
- On essore, sèche et brosse les pointes avec une solution de :
- 9 gr. p-phénylènediamine
- 4 gr. p-aminophénol
- 300 cc. eau oxygénée à 12 vol.
- 700 cc. eau
- Une seule application suffît dans la plupart des cas et le lendemain on sèche, lustre et obtient une imitation de zibeline.
- IMPRESSION
- Préparations pour l’impression. — Société pour T Industrie Chimique à Bâle. — Addition 47.850 du 28 novembre 1936 au B. F. 813.856.
- Dans le brevet principal (voir R.G.M.C. 1938 p. 187) on a montré l’heureux effet que donne l’addition d’éthers ou d’amides, aux pâtes d’impression avec les colorants pour cuve et sulfurés. On a trouvé que certains acides sulfoniques et leurs amides peuvent conduire au même résultat; en particulier l’acide cymène sulfonique. Exemple. On mélange :
- 100 parties de Bleu Cibanone 3G double pâte
- 700 parties d’épaississant contenant dans 100 parties:
- 11 parties amidon de blé
- 17 parties d’eau
- 25 parties mucilage d’adragante à 6 %
- 20 parties, british gum
- 17 parties carbonate de potassium
- 10 parties glycérine.
- Les 800 parties du mélange ont été chauffées à l’ébullition pendant 1/2 heure, on y ajoute :
- i5o parties formaldéhyde sulfoxylate
- 5o parties chlorocymène sulfonate de sodium.
- Les impressions obtenues sont plus corsées que celles sans auxiliaire. L’auxiliaire est obtenu en chlo-rant le cymène à 50° par le chlore en présence de fer, puis sulfonant avec l’acide sulfurique concentré.
- Impression avec colorants pour mordants. — Durand et Huguenin. — B. F. 817.501, 9 février 1937.
- Le B. F. 770.437 (voir R.G.M.C., 1935, p. 138) décrit un procédé pour l’impression des fibres animales et
- p.423 - vue 41/66
-
-
-
- -12
- EXTRAITS DE BREVETS FRANÇAIS
- de cellulose régénérée dans lequel on ajoute aux pâtes d’impression de l’acide ou des éthers lactiques. On a trouvé que des résultats favorables sont obtenus par l’emploi du lactate de chrome comme mordant.
- Exemple. On imprime une soie naturelle ou viscose une pâte formée de :
- Chromocitronine R........................ 3o grs
- Eau..................................... 282 grs
- Tartrate de sodium....................... 3o grs
- Gomme arabique 1:1...................... 610 grs
- Lactate de chrome (14,7 % Cr203). 38 grs
- Urée..................................... Go grs
- 1000 grs
- On vaporise 45 minutes puis on lave à l’eau froide et sèche. On obtient des impressions jaunes qui, après rinçage à l’eau, ont un toucher souple; le tartrate de sodium peut être remplacé par le lactate.
- Impression avec colorants pour cuve. — I. G. Farbenin-dustrie. — B. F. 817.585, il février 1937.
- Dans l’impression des colorants pour cuve, sur fibres
- animales l’alcali caustique est nuisible ; on le remplace par les carbonates ou par l’ammoniaque. Un autre procédé consiste à ajouter un agent protecteur comme l’acide aminoacétique (voir B. F. 753. 141, R. G. M. C., 1934, p. 154). Les résultats sont bons mais la fibre ne reste pas toujours inattaquée. On a trouvé que l’on évite tous ces inconvénients en remplaçant totalement ou partiellement les alcalis par l'éthylènediamine ou ses homologues et analogues.
- Exemple. Le mélange de :
- 200 grs colorant 1356 Schultz
- 80 grs glycérine
- 50 grs eau
- 45o grs épaississant
- 150 grs éthylènediamine
- 70 grs formaldéhyde sulfoxylate
- 1000 grs
- est imprimé puis on sèche, vaporise au Mather-Platt et réoxyde puis on rince et, le cas échéant, on traite par une solution d’un humectant.
- NOUVEAUX
- SOCIÉTÉ NORMANDE DE PRODUITS CHIMIQUES (suite)
- Les Emplois de l'acide lactique.
- II. — L’ACIDE LACTIQUE POUR LA TEINTURE DE LA LAINE.
- C’est à son pouvoir réducteur vis-à-vis du bichromate (voisin de celui de l’acide formique), que l’Acide Lactique doit son emploi dans la teinture de la laine aux colorants à mordant et chromatables.
- L’Acide Lactique permet de fixer la presque totalité du chrome utilisable, augmente la solidité au foulon, donne des teintes plus vives et des noirs plus pleins, améliore le toucher qu’il rend plus doux, facilitant ainsi le tissage. En outre, lorsque le colon est mélangé à la laine, il ne risque pas, avec l’Acide Lactique, d’être affaibli comme il le serait par l’acide sulfurique.
- L’Acide Lactique est d’ailleurs recommandé par les fabricants de colorants dans leurs manuels pour la teinture sur laine mordancée ou par bichromatage ultérieur.
- Teinture sur laine mordancée
- Généralement, on utilise un bain contenant 1 à 4 % de bichromate de soude (suivant l’intensité de la nuance) et 1 à 5 % d'Acide Lactique 50 % avec souvent addition de 0,5 à 1 % d’acide sulfurique 66° Bé. En effet, comme théoriquement les 2/3 seulement de l'Acide Lactique sont nécessaires pour la réduction du bichromate, le dernier tiers ne sert qu’à saturer l'alca-
- PRODUITS
- li libéré et, dans ces conditions, on recommande souvent de remplacer partie de l’Acide Lactique par de l’acide sulfurique.
- On entre dans le bain à 45° C environ, monte à 100° en 1/2 heure de façon à avoir une précipitation progressive de l’oxyde de chrome et maintient l’ébullition 3/4 d’heure à 1 heure 1/2 ; puis, on rince et entre dans le bain de teinture.
- On conseille pour les :
- Nuances claires : Acide Lactique 50 % : 1 % ; Bichromate : 1 %.
- Nuances moyennes : Acide Lactique 50 % : 2 % Bichromate : 3 %.
- Nuances foncées : Acide Lactique 50 % : 3 % ; Bichromate : 4 %.
- Nuances foncées solides au foulon : Acide Lactique 50 % : 3 à 5 % ; Bichromate : 3 % ; Acide sulfurique 66° Bé : 1 %.
- L’Acide Lactique convient particulièrement pour la teinture de la laine au campêche sur mordant de chrome et de cuivre. Les noirs sont plus profonds et plus riches et l’épuisement du bain en campêche peut être amélioré jusqu’à près de 10 %.
- Quelques teinturiers qui utilisent encore la cochenille mordancent à l’étain en présence d’Acide Lactique dans un bain bouillant monté avec :
- Acide Lactique 50 %........................ 7 %
- Sel d’Etain ............................. 3,5 %
- Chlorure Stannique ........................ 3 %
- p.424 - vue 42/66
-
-
-
- NOUVEAUX PRODUITS
- 425
- Teinture par bichromatage ultérieur
- Parmi les colorants chromatables, pour tout le groupe des bleus au chrome à l’acide, l’addition d’Acide Lactique au bain de chromatage est indipensable, si l'on veut obtenir une bonne solidité au foulon et à la transpiration. On utilise des bains montés avec :
- Acide Lactique 50 %.................. 1 à 4 %
- Bichromate. .............................. là3%
- avec éventuellement :
- Acide Sulfurique 66° Bé.............. 1 à 2 %
- On fait bouillir 3/4-1 heure pour obtenir le développement complet de la nuance.
- L’Acide Lactique convient bien pour la teinture au chrome des feutres, les teintes devant être très solides au foulon ; en outre, il ne fait pas craquer l’encollage à base de gomme-laque des chapeaux mi-raides et raides et il évite ces dépôts blancs qui apparaissent dès exposition à la pluie sur les feutres mordancés en présence de crême de tartre.
- Réutilisation des bains
- Lorsqu’on a teint, puis chromate dans le même bain et que, pour gagner du temps, on veut le réutiliser immédiatement pour la teinture d’un nouveau lot, il faut auparavant détruire le bichromate non réduit. Par exemple, on fait bouillir la laine 1/2 heure dans ce bain après y avoir ajouté 2 % d’Acide Lactique 50 %. Le bichromate est transformé en oxyde de chrome qui se fixe sur la fibre. On refroidit à 50-60° et neutralise l’acide restant avec du carbonate de soude avant d’ajouter le colorant.
- Teinture par le procédé monochrome
- Certains colorants monochromes unissent difficilement en présence de sulfate de soude et on doit opérer avec 4-6 % d’acétate de soude. On peut éviter cette substitution de l’acétate au sulfate de soude, en opérant en présence d’Acide Lactique.
- 111. — L’ACIDE LACTIQUE POUR LA TEINTURE DE LA SOIE.
- L’Acide Lactique n’était presque pas utilisé jusqu’ici pour la teinture de la soie par suite de sa couleur brun foncé.
- Il est donc vraisemblable que la possibilité d’avoir un produit techniquement pur pourra faire choisir l’Acide Lactique par exemple dans la teinture de la
- soie aux colorants au chrome pour nuances solides au lavage et au foulon lorsque la question du brillant de la fibre est secondaire ou bien encore pour le coupage du bain de savon de grès.
- IV. — L’ACIDE LACTIQUE POUR LA TEINTURE DE LA RAYONNE A L’ACETATE.
- L’Acide Lactique est utilisé pour dépouiller le coton (ou la viscose) après teinture d’un tissu mixte acétate et coton (ou viscose) lorsqu’on a teint l’acétate en réservant l’autre fibre. On traite le tissu, après teinture, dans une solution chaude ou froide l’Acide Lactique dilué (W. Chase « Textile World », 71-557-558, 1927).
- V. — L’ACIDE LACTIQUE POUR LA TEINTURE DU COTON.
- Teinture aux colorants basiques
- Pour l’empâtage des colorants basiques, en vue d’obtenir une moindre solubilité recherchée dans certains cas, on remplace l’acide acétique par l’Acide Lactique.
- Citons également le procédé de teinture décrit par le « Textil Chemiker und Colorist » (1925, N° 23, page 179) qui consiste à former entre un colorant basique et du tanin dissous dans une solution d’Acide Lactique dilué, une laque directement utilisable :
- A) Solution de colorant basique :
- Rhodamine B extra..................... 10 à 20 %
- Acide Lactique 50 %................... 25 à 75 %
- Mélange de glycérine 25 parties, acide formique 10 parties, acide benzoïque 1 partie 36 à 108 %
- B) Solution de tanin :
- Acide Lactique 2 parties et tanin 1 partie................................... 38 à 145 %
- Pour l’emploi, on ajoute au mélange environ 10 % d’acide acétique.
- Noir d’aniline d’oxydation
- Dans la teinture des filés et des tissus de coton au noir d’aniline d’oxydation, il est nécessaire de réduire au minimum l’affaiblissement de la fibre et d’obtenir des noirs inverdissables.
- L’Acide Lactique qui, au séchage, ménage mieux le colon que l’acide chlorhydrique et qui favorise l’ortho-condensation de l’aniline en composés aziniques, trouve ainsi place dans de nombreuses formules de noirs d’aniline d’oxydation.
- p.425 - vue 43/66
-
-
-
- 426
- NOUVEAUX PRODUITS
- Le mélange type suivant peut servir de base aux formules de bain d’imprégnation :
- Aniline. ................................. 7 kg.
- Acide Chlorhydrique 22°Bé........ 4 kg.
- Acide Lactique 50 %••••................... 4 kg.
- Chlorate. ................................ 2 kg. 8
- Sulfate de Cuivre......................... 1 kg. 8
- L’emploi de VAcide Lactique est surtout à conseiller dans les installations ne comportant pas un long parcours de séchage.
- VI. — L’ACIDE LACTIQUE EN IMPRESSION.
- L’Acide Lactique, grâce à ses propriétés mouillantes d’acide-alcool, possède une très grande force de pénétration dans les fibres, aussi a-t-on cherché à l’utiliser en impression.
- En outre, comme il n’est pratiquement pas volatil, il remplace avantageusement l’acide acétique chaque fois que le colorant doit être maintenu à l’état dissous pendant le vaporisage.
- Dissolution des colorants basiques
- On peut :
- 1° Dissoudre le colorant dans l’Acide Lactique par digestion au bain-marie et mélanger la pâte ainsi obtenue à l’épaississant ;
- 2° Ou bien ajouter directement l’Acide Lactique à la pâte d’impression.
- Si l’hygroscopicité de l’Acide Lactique est un inconvénient pour l’impression du coton, elle est un avantage pour celle de la laine et de la soie.
- Impression des colorants pour cuve — Indanthrènes
- En impression directe, l’addition d’Acide Lactique à l’épaississant augmente la stabilité de l’impression avant oxydation/
- Impression au noir d’aniline
- Comme pour la teinture, la substitution d’une partie de l’acide chlorhydrique par de l’Acide Lactique ménage la fibre et donne un noir inverdissable. On utilise généralement pour une partie de chlorhydrate d’aniline et une partie d’aniline, une partie d’Acide Lactique 50 %.
- Impression de réserves sur noir d’aniline
- Le tissu est foulardé dans un bain d’imprégnation contenant par litre :
- Sel d’Aniline ............................ 60 gr.
- Aniline. • ............................... 50 gr.
- Ferrocyanure de Potassium............... 35 gr.
- Chlorate de soude......................... 35 gr.
- Acide Lactique 50 %....................... 50 gr. puis séché et imprimé avec la couleur réserve. Après séchage au petit Mather Plalt, on développe par traitement en bain chaud de chromate de soude, lave et savonne.
- Impression sur acétate de cellulose
- L’Acide Lactique peut être utilisé pour traiter localement des tissus d’acétate matés en teinture et produire des effets brillants et mats alternés.
- Sur le tissu d’acétate matifié en teinture par un des procédés connus, on imprime une pâte contenant une quantité convenable d’Acide Lactique. On sèche, vaporise et lave. Les parties imprimées se détachent en brillant sur le fond maté (Brevets français N° 604.786 et 660.022).
- VIL — EMPLOI DE L’ACIDE LACTIQUE EN BLANCHISSERIE.
- AcIDAGE DU LINGE DE COTON
- Le but principal de l’acidage est de supprimer le jaunissement du linge qui se produit principalement au cours du passage et qui est dû à l’alcalinité — impossible à éliminer complètement par rinçages — provenant, soit des savons et des agents de blanchiment, soit de l’eau épurée (bicarbonate de soude).
- L’Acide Lactique convient particulièrement bien pour l’acidage :
- 1° 11 n’affaiblit pas la fibre,
- 2° Il n’attaque pratiquement pas les métaux usuels à la température ordinaire. Cet avantage est important car certains agents acides utilisés attaquent légèrement le cuivre des appareils, ce qui provoque la formation de taches verdâtres au repassage.
- 3° Il se mélange instantanément à l’eau de rinçage.
- 4° Un excès accidentel s’élimine avec l’eau de rinçage et ne peut être nuisible,
- 5° Les lactales métalliques sont très solubles dans l’eau,
- p.426 - vue 44/66
-
-
-
- NOUVEAUX COLORANTS
- 427
- 6° L’Acide Lactique facilite l’enlèvement des taches de rouille.
- 7° Il est entraîné par la vapeur d’eau lors du repas-sage,
- 8° Il détruit les traces de chlore résiduel.
- 9° Il facilite la distribution du bleu d’azurage et son absorption par les fibres.
- 10° Il donne un apprêt particulier, légèrement craquant au linge et évite le peluchage.
- 11° Les blancs sont purs et les couleurs avivées.
- En pratique, l'Acide Lactique est ajouté à l’eau du dernier rinçage de façon qu’à la fin du traitement (3 minutes en moyenne), le bain soit encore légèrement acide, pH de 4,5 à 4.
- L’expérience a montré que ce résultat était généralement obtenu avec des doses d'Acide Lactique 50 % voisines de 0,05 à 0,1 % de l’eau de rinçage.
- (à suivre)
- NOUVEAUX COLORANTS
- Etablissements Kuhlmann.
- Bleu Diazol Lumière NaJN et N6J Circulaire 2'17.
- Bleu Marine Ciiromine NB
- Circulaire 207.
- Le Bleu Marine Chromine NB est un colorant à mordant destiné principalement à l’impression directe du coton et de la rayonne viscose. Il s’imprime avec addition d’acétate de chrome ou d’autres sels de chrome utilisés comme mordant d’après les formules habituelles. Après séchage, les impressions sont vaporisées une heure à 0,5 à i kg. de pression, puis rincées
- et savonnées à 70°C
- Bleu Marine Chromine NB.
- Le Bleu Diazol Lumière N.JN est un colorant direct de la série des « Diazol Lumière ». Il se rapproche comme nuance du Bleu Diazol Lumière N3J, mais s’en distingue par sa plus grande,vivacité. Il est d’autre part nettement plus violacé que le Bleu Diazol Lumière N4J et sera particulièrement apprécié pour la production de bleus assez soutenus, de bonne résistance à la lumière et de prix relativement avantageux.
- Le Bleu Diazol Lumière N6J, par sa nuance nettement plus verdâtre que celle du Bleu Diazol Lumière N4J, sera apprécié pour la production de verts vifs résistant bien à la lumière.
- Ces deux colorants sont de bon unisson, épuisent
- 1
- Bleus Diazol Lumière N2JN et N6J.
- Le Bleu Marine Chromine NB permet de réaliser d’une façon simple et économique des bleus marine vifs et corsés résistant bien à l’eau et au lavage. De nuance voisine, mais plus vif que le Bleu d'Alizarine NS, le Bleu Marine Chromine NB constitue un succédané moins coûteux de cet excellent colorant, lorsque les exigences de solidité à la lumière et au chlore ne sont pas trop sévères.
- Dans les dessins multicolores, le Bleu Marine Chromine NB peut être imprimé à côté des autres colorants à mordants, ainsi qu’à côté des colorants basiques. On peut aussi l’utiliser à côté des colorants Naphtazols Directs et Naphtazogènes qui se développent facilement dans ses conditions de vaporisage.
- Bien, se dissolvent facilement et sont à peu près insensibles aux eaux calcaires. Ils résistent bien aux alcalis, aux acides, au frottement, au fer chaud, à l’action des métaux et conviennent bien pour la teinture en appareil. Ils donnent tous deux des teintures facilement rongeables en blanc avec le Rongeol NC Extra.
- Les Bleus Diazol Lumière N2JN et N6J conviennent pour la teinture du coton et de la rayonne viscose brillante ou mate ; la marque N6J, en particulier, unit bien sur rayonne ayant tendance à barrer. Sur viscose mate, leur résistance à la lumière n’est pas sensiblement modifiée à l’état humide. Sur tissus-mixtes coton-viscose, la viscose est teinte en nuance plus foncée, mais de même tonalité que le coton.
- p.427 - vue 45/66
-
-
-
- 428
- NOUVEAUX COLORANTS
- Société pour l’Industrie Chimique à Bâle.
- Sous la désignation de
- Colorants Néocoton
- la Société pour l'Industrie Chimique à Bâle, lance un nouveau groupe de matières colorantes du plus haut intérêt pour l’impression des fibres végétales.
- Le premier avantage de ces colorants est d’être solubles à l’eau, leur fixation étant réalisée par un court vaporisage au Mather-Platt ou à la chaudière et par un traitement dans un bain de soude caustique diluée. Leur second avantage est de pouvoir être imprimés sans autre parallèlement à des colorants à la cuve et
- des colorants au chrome se fixant facilement et le troisième d’être miscibles entre eux.
- Le premier élément de la série des colorants Néocoton 1’
- Ecarlate Néocoton G
- vient d’être mis sur le marché. En plus des avantages déjà énumérés, cette marque se distingue par sa nuance vive et corsée en même temps que par ses très bonnes propriétés de solidités. Il y a lieu d’ajouter qu’à côté de l’impression directe, elle peut être appliquée sur foulard et enfin comme réserve sous Noir d’Aniline.
- Les colorants Néocolon seront appréciés non seulement pour les articles de grosse production, mais tout particulièrement pour la nouveauté.
- BLANCHIMENT - APPRÊTS
- . ... —
- LES NOUVEAUX PROCÉDÉS D’IMPERMÉABILISATION DES TEXTILES
- par J. LENOIR
- Ingénieur Chimiste E.P.C.I.
- On a pu enregistrer depuis quelques années des progrès sensationnels dans l’industrie textile et dans toutes les branches qui s’y rattachent. En ce qui concerne notamment les apprêts, on a vu apparaître de très intéressantes nouveautés (infroissabilité, apprêts permanents, immunisation contre les miles, etc...). Aujourd’hui, c’est l’imperméabilisation qui mériteune mention spéciale, car nous sommes peut-être dans ce domaine à la veille d’une véritable révolution.
- Notre Revue a publié l’an dernier (B.G.M.C., 1937, p. 206 à 216) de larges extraits d’une importante étude sur l’imperméabilisation des textiles, parue dans la Deutsche Fàrber-Zeitung sous la signature de Rudolf Buchheim. Cet auteur avait dressé un exposé assez complet de la question, telle qu’elle se présentait en 1936. Il insistait particulièrement sur les perfectionnements qui venaient d’être apportés au procédé d’imprégnation en un bain. Selon lui, le progrès le plus remarquable était constitué par les émulsions acides chargées électriquement, permettant l’imprégnation même dans un bain de teinture. Mais, tout en laissant prévoir de nouveaux développements, Rudolf Buchheim constatait que, dans le principe des procédés, il n’y avait pas eu grand changement depuis l’invention plus que centenaire de l’imperméabilisation au savon d’alumine, et l’apparition du procédé à un bain due à Schmieder (1825).
- Beaucoup de chemin semble avoir été parcouru depuis deux ou trois ans, puisqu’on peut parler maintenant de procédés d’imperméabilisation réellement nouveaux dans leur principe même. Il convient d’ajouter cependant que la plupart des récentes inventions n’ont pas encore été définitivement consacrées par la pratique. Un produit au moins a déjà fait ses preuves : le Vélan PF, que les lecteurs de cette Revue connaissent déjà (voir notamment B.G.M.C., juin 1938, p. 231). Les nouveaux brevets qui surgissent constamment, sur la question qui nous occupe, sont l’indice d’une évolution rapide. Et on , peut se demander si les anciennes méthodes d’imprégnation, aux corps gras et aux sels d’aluminium, ne sont pas appelées à disparaître dans un avenir assez proche. Il est probable néanmoins qu’elles survivront quelque temps, ne serait-ce que pour des raisons économiques. Il serait d’ailleurs injuste de passer sous silence les perfectionnements récents dont elles ont elles-mêmes fait l’objet; nous en dirons quelques mois.
- Avant d’aborder les nouveaux procédés, il n’est pas inutile d’indiquer brièvement par quel chemin on y a été conduit. Rappelons qu'il y a lieu de distinguer deux sortes d’imperméabilisations :
- i° Celle qui consiste à imprégner les tissus de façon à en obstruer complètement les interstices, les rendant ainsi imperméables à la fois à l’air et à l’eau ;
- p.428 - vue 46/66
-
-
-
- EcarlateNeocoton G
- es t. se
- premier élément d’une nouvelle classe de matières colorantes, les Néocoton, en instance de brevet.
- Les Néocoton sont destinés à l’impression des fibres végétales et des rayonnes cellulosiques.
- Leurs avantages essentiels sont:
- très bonne solubilité à l’eau
- excellente stabilité des couleurs d’impression
- fixation par simple vaporisage sans appareils spéciaux possibilité d’impression parallèlement aux colorants à la cuve, aux colorants au chrome et au noir d’aniline
- nuances vives, corsées et pures excellentes propriétés de solidité.
- Société pour l’Industrie Chimique à Bâle
- Usines succursales à St. Fons
- p.n.n. - vue 47/66
-
-
-
- ICI
- Pour obtenir un MATAGE sur un article de rayonne viscose et soie résistant au lavage et au nettoyage à sec, employez le
- FRACTOL A
- Par une application simple de
- BEDAFIN HN vous donnerez de la rigidité à vos tissus
- Pour tous renseignements s’adresser :
- aux Concessionnaires exclusifs :
- Éts S. H. MORDEN et Cie S. A. - 14, Rue de la Pépinière - PARIS (VIII)
- Téléphone: LABORDE 77-85 à 8 R. C. Seine 208705 B Télégramme: Armcoféra
- Pour la vente en Belgique : M. Jérôme KETELS, 246, rue Dieudonné-Lefèvre, Bruxelles
- M. 675
- p.n.n. - vue 48/66
-
-
-
- LES NOUVEAUX PROCEDES D’IMPERMÉABILISATION DES TEXTILES
- 429
- 2° L’imprégnation « poreuse » qui ne ferme pas les interstices des tissus, mais confère aux fibres la propriété de repousser l’eau. Ces tissus poreux qui ne se laissent pas traverser par l’eau dans les conditions normales sont dits hydrofuges. Ils présentent l’avantage de laisser passer l’air et la transpiration, ce qui est particulièrement important pour les étoffes destinées à l’habillement.
- La tendance actuelle est de plus en plus à l’imperméabilisation poreuse, non seulement pour des raisons d’hygiène, mais aussi parce qu’elle permet de mieux respecter la souplesse et le toucher des tissus. Comme on le verra plus loin, on se sert même maintenant du caoutchouc pour produire l’effet hydrofuge, alors que cette substance était surtout employée jusqu’ici pour l’imperméabilisation complète. Le procédé d’« hydrofugation » le plus pratiqué aujourd’hui encore est le traitement avec des corps gras et des sels d’aluminium. Ce genre d’imprégnation s’effectuait primitivement en deux bains : l’un contenant du savon, l'autre du for-miate ou de l’acétate d’aluminium. Ce mode opératoire étant relativement long et coûteux, on lui préféra ensuite le procédé à un bain, imaginé par Schmieder et considérablement amélioré depuis quelques années, D’autre part, après avoir longtemps utilisé comme corps gras le savon seul, on y a adjoint des émulsions de paraffine ou de cires, puis on a dans de nombreux cas supprimé le savon. Des procédés moins répandus consistent à imprégner les tissus, soit avec des corps gras seuls, soit avec des sels d’aluminium seuls (ces derniers étant hydrolysés sur la fibre).
- Si diverses soient-elles, ces méthodes ont ceci de commun, qu’elles consistent à déposer sur la fibre des corps hydrophobes. L’eau ne monte plus dans les canaux capillaires enduits de ces substances, et c’est ainsi que l’effet hydrofuge est réalisé. L’imprégnation ainsi conçue est devenue très facile depuis que l’on trouve dans le commerce des « agents d’imprégnation en un bain » composés essentiellement d’émulsions concentrées de paraffine additionnées de sels d’aluminium, qu’il suffit de diluer pour l’usage. Mais les apprêts hydrofuges réalisés de cette manière laissent encore à désirer à bien des points de vue, car ils communiquent plus ou moins aux tissus les défauts suivants : toucher rugueux, altération des qualités de drapé, chiffonabilité. Ils ont surtout le grave inconvénient de manquer de solidité au brossage, au lavage (surtout alcalin) et au nettoyage à sec. C’est ce qui a suscité de nouvelles recherches.
- Il est apparu à certains que les améliorations désirées pourraient difficilement être atteintes si l’on se contentait toujours de produire un film hydrophobe adhérent sur la fibre textile. Ceux-là se sont efforcés de rendre hydrophobe la fibre elle-même, en la combinant avec des réactifs appropriés. C’est le principe du procédé de combinaison chimique avec la fibre, mis en pratique dans la « vélanisation ». D’autres chercheurs ont eu l’idée de résoudre le problème en s’en tenant au dépôt d’un film hydrophobe, mais en utilisant pour cela des produits susceptibles de se polymériser sur la
- fibre même. La meilleure fixation obtenue dans ce cas est due à l’accroissement de grandeur moléculaire résultant de la polymérisation.
- Production de combinaisons chimiques AVEC LA FIBRE.
- La formation de combinaisons chimiques entre les fibres textiles et des corps gras peut être considérée aujourd’hui comme une nouveauté en tant que procédé pratique d’imperméabilisation; mais l’idée originale de la méthode remonte déjà à un certain nombre d’années. Ayant pratiqué l’imprégnation des textiles avec des corps gras, on devait logiquement songer à réaliser une combinaison chimique de ces corps avec les fibres, pour obtenir une meilleure fixation. On a tout d’abord pensé à estérifier par l’acide stéarique les fonctions alcool de la cellulose. L’estérification directe par l’acide étant trop difficile, l’emploi des anhydrides et des chlorures d'acides gras supérieurs paraissait s’imposer. C’est ainsi que l’on est arrivé au procédé Nathanson (D.R.P. 521.029, 542.186, 554.874, 572.613, 616.722) qui ne s’applique d’ailleurs pas seulement aux fibres cellulosiques, mais également aux fibres animales.
- Il est à noter que ce procédé était déjà mentionné dans l’article de Rudolf Buchheim ; mais cet auteur le considérait seulement comme un cas particulier d’imprégnation grasse, et contestait la réalité de l’estérification des groupes OII de la cellulose. Tout au plus admettait-il une action des chlorures ou anhydrides sur les groupes NH2 des fibres animales. Il est certain en tout cas que, si réaction il y a, cette réaction est très lente. Pour obtenir un effet durable d’imperméabilisation, il est nécessaire, après passage du tissu dans une solution de chlorure de stéaryle dans le tétrachlorure de carbone, par exemple, de laisser « mûrir » 6 à 8 heures à 60-90°. D’autres recettes indiquent même un traitement de 24 heures dans une solution à 5 % de chlorure de stéaryle. Un procédé analogue à celui de Nathanson (E. P. 417.067, Koreska) consiste à traiter la marchandise par une solution à 10% de chlorure de stéaryle dans la pyridine. Les inconvénients sont toujours les mêmes : lenteur de l’estérification, dont l’uniformité est problématique; difficulté de teindre les tissus ainsi traités, qui se trouvent immunisés contre les colorants solubles dans l’eau.
- Dans le procédé de vélanisation mis au point par l’I.C.I., on combine les fibres textiles avec des corps gras de même grandeur moléculaire que ceux des procédés précédents, mais selon un mécanisme assez différent. Le point de départ est ici non plus l’acide, mais l’alcool — par exemple l’alcool stéarique —dont on prépare l’éther chlorométhylé, qui est ensuite fixé sur la pyridine. On obtient ainsi le chlorure d’oclodé-cyloxymélhylpyridinium
- p.429 - vue 49/66
-
-
-
- 430
- LES NOUVEAUX PROCÉDÉS D’IMPERMÉABILISATION DES TEXTILES
- C'est ce sel d’ammonium quaternaire que l'on appelle Vélan PF (voir R. G. M. C., décembre 1937, p. 516). Il a la propriété de se combiner aisément avec les libres végétales et animales, ainsi qu’avec les rayonnes. Il peut être appliqué aux marchandises textiles sous toutes les formes et à tous les stades de fabrication, même après teinture ou impression. On imprègne simplement la fibre dans un bain préparé avec une dispersion aqueuse de Vélan PF. Dans le cas de la cellulose, par exemple, il se forme la combinaison
- CI8H37 —0—CH2 —N—O—Cellulose
- La fibre à cet état n’est pas encore hydrofuge, mais pour lui faire acquérir cette propriété, il suffit de la soumettre à un court chauffage à 100-150°, qui a pour effet de libérer la pyridine en donnant finalement une combinaison du genre : C18H37—O—CH2—0—Cellulose (stéaroxyméthylcellulose).
- Avec les fibres animales la réaction doit être différente, mais le résultat final est pratiquement analogue. L’eflet hydrofuge obtenu avec le Vélan PF est permanent au blanchissage et au nettoyage à sec, et les propriétés textiles générales ne sont nullement altérées. Ce produit a même en outre l’avantage dejouer le rôle d’adoucissant.
- On trouve des composés analogues dans le U.S.P. 2.051.843 (Gôlle), qui indique par exemple pour l’imperméabilisation de la rayonne un traitement dans un bain chauffé à 4o° et préparé en mélangeant : une solu-lion à 2 gr./lit. de chlorure d’octodécylpyridinium, une solution à gr./lit. d’hexadécylsulfate de sodium et une solution à 1 gr./lit. d’octodécylsulfale de sodium.
- A côté des méthodes précédentes d’estérification ou d’éthérification, il y a lieu de mentionner celles qui consistent à transformer la cellulose en urélhanes du
- type : Cellulose —O—CX , par l’action des esters NHR isocyaniques de formule générale R—N=C=O. Le principe de celle méthode est dû à Goissedet (E. P. 130.277, de 1919), ct son utilisation pour rendre les textiles hydrofuges a fait l’objet de plusieurs brevets récents. D’après le B. F. 805.591 (Farberei A. G., Vor-mals Stolte, Missy Succ.) le traitement se fait en deux temps : on passe la marchandise dans une solution très étendue (o,5 à 1 %) de l’isocyanate dans l’essence minérale ou le benzène; puis on fait subir un court chauffage à 100-14o° de façon à provoquer la réaction avec la cellulose. Les esters isocyaniques employés doivent contenir au moins 10 atomes de carbone. Sont cités entre autres les isocyanates d’hepladécyle normal, d’undécyle, d’hénéiscosyle et un isocyanate naphté-nique tiré d’un pétrole roumain.
- Le procédé du B. F, 806.i55 de l’I. G. est tout à fait
- semblable. On y applique aux fibres végétales ou animales les isocyanates ou les isothiocyanates de formules générales :
- R-X—N=C=0 R-X—N=C = O
- Hal R—X—N=C=S
- dans lesquelles R représente un radical aliphatique ou isocyclique, Xun radical quelconque servant de liaison et Hal un halogène. Les principaux exemples comportent l’emploi de l’isocyanate de stéaryle ou de l’isocyanate dibromolaurique. L’imprégnation se fait dans les solutions organiques ou dans les émulsions aqueuses de ces produits; on passe ensuite en rouleaux exprimeurs, puis on sèche à une température qui doit atteindre dans certains cas 150°.
- L’effet hydrofuge obtenu par ces procédés est excellent et résiste bien au blanchissage; les propriétés tinctoriales des fibres ne sont pas affectées défavorablement. Il faut toutefois avoir soin de maintenir les concentrations, la durée et la température entre certaines limites, si l’on veut éviter une dégradation de la fibre. Dans un autre brevet (B. F. 811.825) l’I. G. préconise un traitement préalable de la cellulose par l’oxyde d’éthylène, qui faciliterait l’estérification par les isocyanates ou même par les chlorures d’acides. Ce traitement préalable s’effectue, par exemple, en agitant le tissu, pendant 8 heures, dans une solution d’oxyde d’éthylène dans le tétrachlorure de carbone. On opère ensuite avec les isocyanates comme il a été dit ci-dessus.
- Un autre procédé de combinaison chimique avec la fibre, breveté par l’I. G. (E. P. 460.602) rappelle un peu le procédé Nathanson. Mais il ne s’agit plus ici de chlorures d’acides : le chlore labile qui intervient dans la réaction occupe une position différente. On traite le matériel fibreux par les esters célylique ou stéarique de l'acide chlorocarbonique. Avec la cellulose, par exemple, on a une réaction du genre :
- Cellulose-OH+GI— COOR
- — Cellulose— 0—COOR+HIC1
- Pour éviter une dégradation de la fibre par l’acide chlorhydrique qui prend naissance, on ajoute un peu de pyridine au bain d’imprégnation, constitué par exemple d’une solution à 0,5% de chlorocarbonale d’octodécyle dans le tétrachlorure de carbone. Après passage de la fibre dans cette solution, on la sèche une heure à 90°. Ce procédé est surtout indiqué pour les fibres cellulosiques, avant ou après teinture, mais peut aussi s’appliquer aux fibres animales. Le matériel acquiert par ce traitement, en même temps qu’un toucher doux, un effet hydrofuge résistant au lavage.
- Le B. F. 806.944, également de l’I. G., est à rapprocher du précédent. On y traite les textiles par des
- p.430 - vue 50/66
-
-
-
- EXTRAITS DE JOURNAUX ETRANGERS
- 431
- esters carboniques ou des uréthanes à poids moléculaire élevé, de formules générales respectives :
- y C
- O
- 0
- /NH.R.
- CO(
- OR2
- dans lesquelles R, et R2 représentent des radicaux organiques dont l’un au moins est aliphatique à longue chaîne. Les produits proposés : carbonates de cétyle.
- d'oléyle, de dioclodécyle, octodécyloxyacétyluréthane, etc. s’obtiennent par l’action des esters chlorocarbo-niques sur des alcools ou des amines. Le traitement des textiles s'effectue de la même façon que dans le brevet précédent, avec cette différence qu’il n’y a pas besoin de pyridine dans le bain, puisqu’on n’a pas d’acide à neutraliser. En revanche, il peut être nécessaire d’ajouter un dispersant. L’effet obtenu est analogue.
- (A suivre).
- EXTRAITS DE JOURNAUX ETRANGERS
- Détérioration de la rayonne par le blanchiment. — H. J.
- HENK. — Kunstseide und Zellwolle, juillet 1938, p. 244-245.
- La détérioration de la rayonne lors du blanchiment est due le plus souvent à une forte oxydation allant jusqu’à la formation d'oxycellulose. Elle peut être localisée ou générale. Une formation régulière d’oxy-cellulose peut résulter d’une concentration trop forte et d’une température trop élevée du bain de blanchiment, ainsi que d’une durée de blanchiment trop longue et d’un bain de blanchiment trop long.
- L’oxycellulose se forme dans le blanchiment à l’eau oxygénée lorsque l’alcalinité des bains qui conditionne le dégagement d’oxygène est trop forte. La présence de calalyles (composés de cuivre, de cobalt, de fer, de nickel et de manganèse) dans les bains donne lieu à un dégagement intense d’oxygène qui peut attaquer les fibres.
- Les rayons ultra-violets de la lumière solaire possèdent aussi une action catalytique, de sorte qu’il faut protéger la marchandise à blanchir contre la lumière directe du soleil. Les sels neutres (chlorures, chlorates) en petites quantités, n’ont aucune action.
- La formation locale d’oxycellulose s’explique par le fait que les parties de fibre attaquées contenaient des catalytes (taches d’huiles souillées de particules métalliques).
- La décomposition catalytique des solutions d'hypo-chlorite est plus forte en milieu acide qu’en milieu alcalin. Il ne faut pas trop se fier à l’affirmation qu’il ne se forme pas d’oxycellulose, lors du blanchiment à l'hypochlorite en milieu alcalin, car l’on sait que les oxycelluloses, étant solubles dans les alcalis, s’éliminent de la fibre au moment de leur formation et ne sont plus décelables. Outre les ions hydroxyle, les carbonates de calcium et de magnésium (éléments de dureté de l’eau) agissent comme anticalalytes.
- Lorsqu’on décèle la présence de catalyseurs dans les bains de blanchiment, il convient de travailler à température plus basse et d’augmenter la quantité de stabilisateurs ajoutée, tout en diminuant l’alcalinité. L’addition de stabilisateurs n’a aucun effet si l’on ne réduit pas l’alcalinité.
- L’attaque des fibres par les acides, exception faite de celle résultant de projections d’acide, se produit,
- dans le blanchiment aux hypochlorites, lorsqu’on élimine insuffisamment l’acide hypochloreux qui, par perte d’oxygène donne de l’acide chlorhydrique, ou lorsque le rinçage sur l’acide est insuffisant. On élimine les restes d’acide hypochloreux par une addition de bisulfite ou d'hyposulfite de soude au bain d’acide. Pour la neutralisation subséquente, un bain d’ammoniaque est indispensable.
- Un surblanchiment a aussi comme conséquence de provoquer des inégalités en teinture, dues, maintes fois, à un blanchiment inégal. Il peut aussi conduire à un jaunissement rapide de la fibre blanchie, dont l'apparition peut être provoquée aussi par la décomposition de pigments, par des traces de corps gras ou des restes de savon sur la fibre, par l’emploi d’eau contenant du fer ou du manganèse, par l’élimination incomplète de l’acide hypochloreux et autres acides et finalement par un désencollage incomplet.
- Lorsque des fibres sont attaquées, il y a lieu de rechercher si la cause est d’origine chimique. Les oxy-celluloses réduisent la solution neutre d’argent en donnant une coloration brune et une séparation d’argent colloïdal. On détermine le degré de l’attaque par l’indice d’argent. Celle méthode permet d’établir (au moyen de l’indice d’argent) si le mal uni d’une teinture a été provoqué par les irrégularités du blanchiment.
- On opère un contrôle semblable par réduction de la liqueur de Fehling et détermination de l’indice de cuivre. La recherche des oxycelluloses par le bleu méthylène repose sur leur propriété d’attirer fortement les colorants basiques et de repousser les colorants acides. Une recherche purement qualitative est basée sur la coloration jaune que produit le réactif de Nessler sur les oxycelluloses.
- Si l’on présume que les détériorations sont de nature catalytique, il faut rechercher les métaux agissants. Pour déceler le cuivre on humecte un bout de fibre de l’acide chlorhydrique et on le plonge avec un fil de platine dans la flamme d’un Bunsen. Une coloration bleue ou verte de la flamme indique la présence de cuivre. Le fer donne une coloration rouge avec la solution de sulfocyanure d’ammonium : le manganèse une coloration bleue avec l’acétate de benzidine.
- Mais, comme les hydrocelluloses agissent aussi
- p.431 - vue 51/66
-
-
-
- 432
- EXTRAITS DE JOURNAUX ETRANGERS
- comme réducteurs, il faut établir si l’attaque de la fibre est due à une oxydation exagérée ou à une action d’acide. En recherchant l’acide minéral libre, on détermine indirectement la formation d’hydrocelluloses. Dans ce but, on place des fibres entre du papier de tournesol et du papier au rouge Congo, on humecte d’eau distillée, on entoure le tout de papier filtre et on comprime pendant quelques minutes. Une coloration bleue du papier au Congo indique la présence d’acide minéral, le rougissement du papier de tournesol peut être dû à des acides organiques employés pour l’avivage. Si la présence d’acide minéral est démontrée on fait bouillir, si nécessaire, des fibres avec de l’eau distillée de façon à rechercher dans la solution, l’acide qui a causé l’attaque hydrolytique. Une méthode directe pour cet examen d’altération de fibre est celle de II. A. Thomas, consistant à traiter un échantillon de fibre par une solution de sulfate ferreux. Toutes les oxycelluloses possèdent un groupe carboxyle, dont l’hydrogène est remplacé par le fer du sulfate ferreux. Le complexe qui se forme donne une coloration bleue avec la solution de ferricyanure de potassium. Les hydrocelluloses, elles, sont caractérisées par un groupe aldéhyde, en sorte qu’aucune réaction ne peut se produire avec la solution de sulfate ferreux et, en fait, on ne perçoit presque pas de coloration. En outre, les hydrocelluloses se caractérisent des oxycelluloses par leur affinité pour les colorants basiques, tandis qu’elles se teignent avec les colorants substantifs plus fortement que les oxycelluloses.
- L. B.
- Le lin dans la teinture des vêtements. — R. ALT. —
- Deutsche Fârber-Zeilung, juin 1938, p. 317-318.
- Le blanchiment du lin est difficultueux et long, car la fibre contient de i5 à 3o% d’impuretés. On opère dans des cuves en bois ou en grès, le chauffage étant assuré par des serpentins en plomb. Après un bon lavage, la marchandise est débouillie avec 3 % de carbonate de soude et i,5 % de lessive de soude, pendant 4 à 5 heures. Ce traitement est répété avant chlorage. L’emploi de certains produits auxiliaires facilite l’élimination des impuretés. Au second débouillissage on compte la moitié de la lessive de soude.
- Après un bon rinçage, on chlore avec 5 gr. de chlore actif par litre, pendant 1-1 heure 1/2. Ensuite on acide à l’acide chlorhydrique et addition de bisulfite de soude, pendant plusieurs heures. Le bisulfite aide le blanchiment, en même temps qu’il sert d’antichlore. Ensuite on rince et on débouillit à nouveau avec 3 % de carbonate de soude et addition d’un adjuvant. Là-dessus on procède à un blanchiment de plusieurs jours sur le pré.
- On écourte souvent le blanchiment par un traitement en eau oxygénée, soit qu’on ajoute un peu de peroxyde de sodium, dans le bain de débouillissage, soit en traitant spécialement la marchandise. Lorsqu’on
- opère dans le bain de débouillissage, on monte au bouillon en deux heures seulement, de manière que l’oxygène puisse agir suffisamment au préalable. Le bain à part est monté approximativement comme suit :
- 2 gr. carbonate de soude
- 0 gr. 75 peroxyde de sodium et
- 5 gr. de silicate de soude, par litre de bain.
- On traite la marchandise pendant 6 à 10 heures dans ce bain, tandis que la température est poussée lentement jusqu’à 6o°C. Après rinçage, le premier cycle des opérations est terminé.
- Pour les autres séries de traitements, on diminue les quantités de soude et d’hypochlorite, de même que la durée ; par contre, on augmente du double la quantité de peroxyde de sodium et de la moitié celle de silicate. Une fois le degré de blanc désiré obtenu, on rince à froid et à chaud, puis on savonne et on bleute. On termine par un nouveau rinçage et un acidage en acide organique faible.
- Le procédé Korte, I. G., de blanchiment est basé sur la chloruration en bain d’hypochlorite fortement acide, des pectines du lin, la fibre ne subissant aucune attaque. Il donne moins de perte de poids et ménage mieux la fibre que les autres traitements habituels.
- Quant aux vêtements et aux rideaux usagés, on les débouillit lentement dans un bain alcalin de savon, Burmol (hydrosulfi te), sulfonale d’alcool gras, que l’on chauffe lentement au bouillon. Les pièces fortement tachées sont traitées en bain de chlore acidulé. Les tissus d’ameublement, qui ne nécessitent pas de lessivage, sont teints directement en colorants directs solides à la lumière. En général, les articles de lin doivent être teints en nuances solides, teinture qui ne revient pas trop cher, puisque la fibre lire bien les colorants (Indanthren, Indigosols, naphtols, bleu hydrone).
- Dans la teinture en pièce, la pénétration offre souvent des difficultés. C’est pourquoi on travaille de préférence par pigmentation au foulard. Mais ce procédé ne peut être appliqué dans la teinture des vêtements, Pour les nuances claires, on emploie les Indigosols, pour les nuances moyennes et foncées vives : les Indan-thren, pour les rouges : les naphtols, les nuances ternes sont teintes en colorants au soufre et le bleu en bleu hydrone. Pour ces deux derniers procédés, on teint au faible bouillon.
- Les Indigosols sont teints par le procédé au nitrite, en bain court avec une forte proportion de sel.
- On n’apprête que les tissus légers. Comme adoucissants, on emploie les mêmes produits que pour le coton.
- Les pièces de plusieurs mètres sont finies à la calandre chauffante. Les vêtements sont repassés humides sous une toile.
- L. B.
- p.432 - vue 52/66
-
-
-
- Avez-vous dans votre assortiment
- les Jaunes NAPHTOL AS les plus solides à la lumière?
- NAPHTOL AS
- Indanthren
- NAPHTOL
- AS-LG AS-L3G
- pour BARQUE, APPAREIL et JIGGER
- NAPHTOL
- AS-L4G
- pour la TEINTURE en PIÈCE
- et PIMPRESSJON-RONGEANT
- I. G. Farbenindustrie Aktiengesellschaft . Frankfurt (Main) 20
- Pourlavente en France: »Sopi« Société pour l’Importation de Matières Colorantes et de Produits
- Chimiques, 32 & 34, Rue Galilée, Paris (16e)Téléphone: Kléber 93-40
- Pourlavente en Belgique: »G. M.C.« La Générale des Matières Colorantes, Produits Chimiques et Pharmaceutiques, Société Coopérative, 66, Avenue du Port, Bruxelles. Téléphone : 26, 49,10-26, 49, 13
- p.n.n. - vue 53/66
-
-
-
- PRODUITS SANDOZ
- SOCIÉTÉ ANONYME AU CAPITAL DE 3 MILLIONS DE FRANCS
- 15, Rue
- Galvani
- PARIS (17e)
- R. C. Seine 212.835 B
- TÉLÉGRAMMES
- SANDOZAS-PARIS 74
- TÉLÉPHONE :
- ÉTOILE 49-10 et 49-11
- Seuls concessionnaires
- pour la France des :
- Fabriques de Produits Chimiques Sandoz
- COLORANTS pour
- ADJUVANTS et PRODUITS AUXILIAIRES
- POUR TOUS LES EMPLOIS DANS L’INDUSTRIE TEXTILE
- A LOUER
- LES SAVONNERIES RÉUNIES DE BOULOGNE ET ST-DENIS
- S. A. R. L. — Capital : 1.200.000 francs recommandent à votre attention leurs fabrications exclusives :
- Savon extra pur sans résine
- LAMELLES AMBRÉES 94 % d’huile SAVONS EN LAMELLES 94% d’huile d'oléine, de pulpe d’olive de coco
- Savon de Dégraissage pour Couleurs « LE SAREMBO »
- Savon de Benzine pour Détachage « LE BENZILOR »
- Solvants mouillants « RICIOL »
- 36 et 40, rue de Landy, La PLAINE-SAINT-DENIS Téléphone : _____ R. C. Seine
- Plaine 07-06 SONIS-FRANCE 10.764
- p.n.n. - vue 54/66
-
-
-
- EXTRAITS DE JOURNAUX ETRANGERS
- CO
- CO
- Quelques mots sur l’apprêtage des tissus loden. — ANONYME. — Klepzig's Textil-Zeitschrift, janvier 1938, p. 48-49.
- Presque toujours on fabrique les tissus de loden avec des laines teintes et mélangées, dans les coloris olive et vert foncés, en les apprêtant en molletoné ou en lainé.
- Pour les bonnes qualités de tissu, on emploie de la laine-mère se feutrant bien, que l’on mélange parfois de laine renaissance. Pour les qualités inférieures, on utilise surtout de la laine renaissance, avec de la laine-mère plus ou moins fine. On obtient un tissu loden moins perméable à l’eau avec une couverture lainée plus résistante à l’eau, en mélangeant des quantités plus ou moins grandes de laine d’alpaga, dont les poils longs et glissants favorisent spécialement cette imperméabilité du tissu.
- Les tissus lourds sont tissés avec liaisons croisées et les tissus légers avec liaisons draperie.
- La réalisation de la chaîne et des duites doit être telle que le foulage soit rapide.
- L’apprêt des tissus loden est relativement facile. Les pièces sont nopées superficiellement et rentrayées grossièrement, puis elles sont foulées directement en gras (sauf dans le cas où la chaîne est encollée avec de l’amidon), c’est-à-dire sans être dégraissées au préalable. On foule sur fouleuse à cylindres. En présence d’un bon ensimage, on emploie de la lessive de carbonate de soude à 3-3,5° Bé. Si la solution n’agit pas suffisamment, on ajoute un solvant approprié, mais il ne faut jamais forcer en carbonate. Les pièces qu’il est recommandable de coudre en double, doivent tourner pas trop mouillées, ni trop sèches. De plus, lorsqu’elles subissent un lainage subséquent, il importe de les fouler avec un peu moins de longueur et un peu plus de largeur que ne le prévoient les règles du foulage, car le lainage allonge un peu les pièces et les resserre en largeur. Après foulage, les pièces sont lavées en boyau avec toutes les précautions désirables, de manière à éliminer en une fois toutes les impuretés du tissu. A la suite du lavage, les pièces sont essorées, ou mieux, sucées; celles qui sont apprêtées en molleton sont fixées à la machine, pendant 20 à 25 minutes dans de l’eau chauffée à 4o-5o°C, puis on les enroule fortement. On les abandonne sur rouleau pendant la nuit, de manière à fixer le brillant. On les sèche ensuite seulement. Dans le but de bien répartir l’humidité, on change l’enroulement des pièces environ deux heures avant le séchage. Eventuellement, on carbonise après le lavage. Après avoir neutralisé le tissu, on le passe à la machine à bouillir.
- Après séchage, les molletons loden sont tondus, vaporisés fortement, pressés à la cuvette ou mieux aux plateaux et enfin décatis à la machine. Avant d’être expédiées, les pièces sont abandonnées en plis dans un endroit humide.
- Quant aux lodens lainés, on les traite sur la machine à bouillir, après lavage ou après carbonisage, mais on ne les enroule pas; on les essore ou on les suce, puis
- on les laine, soit à la carde, soit au chardon. Les tissus ne sont pas détériorés avec les nouvelles cardes métalliques, ainsi qu’on le prétend parfois, d’autant moins que les cardes attaquent plus progressivement que les chardons. Après le grattage proprement dit, on donne un passage à la carde pour mettre au trait et, sur cette dernière cardeuse, on finit de carder les pièces en pleine eau, puis on les enroule sur rouleaux pour les y abandonner pendant la nuit. Afin de bien répartir l'eau dans le tissu, on tourne les rouleaux environ deux heures avant le séchage. On fait alors sécher les pièces. Au lieu d’une carde pour mettre au trait, il est préférable de se servir de brosses qui assurent un meilleur lissage du poil.
- Le cardage en pleine eau n’imperméabilise pas le tissu. Aussi imprègne-t-on ce dernier d’un imperméabilisant, aussitôt après ce grattage (lorsqu’on ne décatit pas après séchage), ou lors du grattage en remplaçant l’eau par une solution de produit imperméabilisant. Ensuite, les pièces sont abattues et séchées aussitôt, après avoir été sucées ou non. Pour conférer un beau brillant au tissu, il faut, après séchage, le brosser en pleine vapeur, puis le presser et le décatir, enfin le laisser refroidir sur rouleau de décatissage (une nuit).
- On brise l'effet de décatissage, en reprenant le tissu à la machine à laver en eau courante pendant 20 à 3o minutes, puis on le laine en pleine eau. On peut imperméabiliser lors de celle opération. Après séchage, le tissu est encore pressé légèrement, puis décati et enfin abandonné pendant quelque temps en plis en un endroit frais.
- Les tissus loden mi-laine sont lissés avec des fils de chaîne en colon teints ou non teints et des fils de trame en laine de basse qualité ou en laine renaissance mélangés de coton. On peut teindre les fils de coton en ajoutant un colorant direct dans le bain de foulage. D’ailleurs, du fait que les parties végétales se couvrent ainsi, on emploie ce procédé avec les lodens pure laine dans le but d’éviter le carbonisage.
- Comme les lodens mi-laine ne feutrent que faiblement, ce qui rend difficile l’obtention d’une belle couverture molleton, on est obligé de lainer l’endroit du tissu avant foulage. Ce lainage doit être effectué avec soin, ne pas être trop poussé de façon que le tissu ne s’affaiblisse pas lors du foulage.
- On peut ne pas gratter les lodens lainés à poil; il suffit d’en gratter légèrement le côté extérieur. Après lavage, les lodens mi-laine sont traités comme les qualités pure laine, mais sans être décatis, ni pressés; il suffit de les passer à la décatisseuse-finisseuse.
- Souvent on améliore le toucher et la main des lodens mi-laine et des lodens laine de qualité inférieure en les gommant. Ce gommage n’est réalisable pour les lodens à poils que si les produits permettent d’opérer en même temps l’imperméabilisation.
- Les lodens apprêtés en molleton sont gommés sur machine à bouillir. Après gommage, il faut sécher le tissu le plus rapidement possible.
- L. B.
- p.433 - vue 55/66
-
-
-
- 434
- EXTRAITS DE BREVETS FRANÇAIS
- EXTRAITS DE BREVETS FRANÇAIS
- AGENTS AUXILIAIRES
- Dérivés d’amino acides. — J.-R. Geigy. — B. F. 815.634, 14 octobre 1936.
- On fait réagir sur les amines primaires, secondaires ou tertiaires, aliphatiques, araliphatiques, hydro-aromatiques, etc. les composés de la forme
- R
- hal. Cnlhn—CO—X
- R'
- où R est un alcoyle ayant plus de 6 atomes de carbone, R' un cycloalcoyle, un aralcoyle ou un aryle. Ces amides sont obtenues en faisant agir un acide gras halogéné ou son chlorure sur les amines NH—R—R’. Ce sont des agents mouillants, des produits qui améliorent la solidité des teintures, qui démontent les teintures sur Naphtols AS, etc.
- Humectants. — I. G. Farbenindustrie. — B. F. 816.667, 2I janvier 1937,
- On sulfone les amides d’acides gras non saturés, comme par exemple l'orthotoluide de l’acide oléique. On le sulfone par le monohydrate au sein du trichloréthylène. Le pouvoir humectant est supérieur à celui de l'anilide oléique.
- Mouillants. — J.-R. Geigy. — B. F. 816.959, 25 janvier 1937.
- On prépare les dérivés hydroxylés des di et triphé-nylméthanes par les moyens habituels, condensation d’aldéhydes sulfonées avec les phénols. Ce sont des agents de grande activité capillaire. Par exemple, on condense la benzaldéhyde orthosulfonée avec les butyl (tert.) phénols, crésols.
- Agents auxiliaires. — I. G. Farbenindustrie. — Addition 47.851 du 5 novembre 1936 au B. F. 731.405.
- Le brevet principal a décrit les produits de condensation des acides aminés aliphatiques avec les éthers chlorocarboniques d’alcools aliphatiques ou cycloali-phatiques. Dans cette addition on utilise les éthers chlorocarboniques des alcools résiniques comme la colophane, les produits de réduction catalytique des acides abiélique, copalique, etc. Les acides aminés sont la sarcosine, le glycocolle, l’alanine, etc.
- APPRÊTS
- Apprêt permanent. — Imperial Chemical Industries. — B. F. 816.387, 15 janvier 1937.
- Le procédé consiste à rendre permanents les apprêts formés avec l'amidon, en les traitant avec des composants de la formule
- R—X—CHN (tert.)-Y dans laquelle N (tert.) représente une base tertiaire susceptible de former un sel quaternaire, Y est l’anion d’un acide donnant naissance à un sel. Exemples : on
- traite une toile de coton à 100°, par une pâte d’amidon contenant 10 p. d’amidon de maïs dans 90 p. d’eau. On tord, presse ou essore et sèche. On foularde à température ambiante cette matière amidonnée, dans une solution contenant 1 p. de chlorure de méthyloxymé-thylpyridinium dans 99 p. d’eau. On la tord, sècheau-dessous de 40° et durant 3o minutes à 105°. La matière traitée possède un apprêt raide et lisse qui résiste au repassage.
- On imprègne une toile de coton à 100° avec une pâte d’amidon contenant 10 p. d’amidon de pomme de terre et i p. de cétoxyméthylpyridinium dans 89 p. d’eau, on exprime et sèche pendant 10 minutes à 120".
- On traite à 50° une nappe damassée en lin à l’aide, d’une pâte d’amidon contenant 10 p. de fécule de pomme de terre, 6 p. d’une émulsion aqueuse de paraffine à 14% et 1 p. de chlorure d’octadécyloxy-méthylpyridinium dans 183 p. d’eau. On exprime et sèche à 6o°, puis pendant 15 minutes à 105°. Le tissu possède un fini raide, lisse et plaisant outre qu’il est hydrofuge et ces qualités résistent au repassage.
- On traite les deux faces d’une toile de colon par une pâte d’amidon chaude contenant 10 p. de fécule de pomme de terre et 2 p. de Rouge Monolite solide R dans 88 p. d’eau, on exprime et sèche. On foularde la matière à la température ambiante, dans une solution de I p. de chlorure d’ocladécyloxyméthylpyridinium dans 99 p. d’eau, on exprime, sèche au-dessous de 4o° et chauffe pendant 1/2 heure à 105°. Le tissu a un fini raide, coloré qui résiste au repassage et le pigment reste adhérent lors du lavage.
- Apprêt textile. — G.-I1. Vulliet-Durand. — B. F. 816.47 1, 14 avril 1936.
- On substitue, dans les apprêts, la mannane aux amylacés, à l’algine, à la gélatine, etc. La mannane se retire des racines de plantes de la famille des amor-phophallus, plus particulièrement de la plante appelée Konnyaku. Les branches séchées, des racines sont moulues et la poudre est lavée dans un bain contenant 1,7% de borax et 1 % de carbonate d’ammoniaque pendant 24 heures et on essore. La mannane est ensuite oxydée par un moyen quelconque et donne une solution homogène. Le procédé utilise le persulfale d’ammoniaque.
- Tissus raidis. — I. G. Farbenindustrie. — B. F. 818.775, 6 mars 1937.
- On utilise des émulsions aqueuses de composés de poids moléculaire élevé, formant des pellicules. De tels produits sont constitués par des chlorures polyviny-liques ou d’autres dérivés polyvinyliques. Exemple : on imprègne un tissu de colon en foulardant dans une émulsion aqueuse d’acétate polyvinylique à 20 % et on sèche. On combine à d’autres feuilles ou nappes de tissu, la feuille intermédiaire ainsi traitée en les pressant à chaud.
- p.434 - vue 56/66
-
-
-
- EXTRAITS DE JOURNAUX ETRANGERS
- 435
- INDUSTRIE TEXTILE
- EXTRAITS DE JOURNAUX ETRANGERS
- Le mouillage des fibres cellulosiques. Comment est absorbée l’humidité. — TECHNOLOGIST. — Textile Mercury, 31-12-37 et 7-1-38.
- Le mouillage du coton ou de la rayonne par immersion dans l’eau, le conditionnement des marchandises textile par exposition à l’air humide sont des traitements d’une banalité telle, que l’on en oublie combien sont peu connus les phénomènes qui se produisent à l’intérieur de la fibre au cours de ces opérations. Lorsqu’une fibre de colon est plongée dans l’eau, on peut observer deux changements particulièrement bien visibles au microscope. On constate d’abord une augmentation considérable d’épaisseur sans changement appréciable dans le sens de la longueur, puis on voit apparaître à la surface des bulles qui semblent sortir de la fibre même. Sans être nécessaire à la formation de ces bulles, la présence de soude caustique dans le bain permet de les mettre mieux en évidence.
- On ne peut d’ailleurs déduire de ce simple examen que l’air est déplacé de l’intérieur de la fibre par l’eau qui y pénètre : il existe dans la surface de la libre de coton de nombreuses cavités, et les bulles d’air pourraient provenir de ces dernières. Cependant, la porosité de la fibre de colon a été établie par Clegg (1). Mesurée par les méthodes usuelles, la densité de celle fibre est de 1,50 à 1,53 ce qui correspond à un volume spécifique de o,63 cc. par gr. Or, on peut également calculer le volume spécifique en mesurant l’aire de la section droite de fibres de poids connu. On trouve de celle manière une valeur sensiblement plus élevée : de l’ordre de 0,96 à 1,10. Si l’on admet que la différence entre les volumes spécifiques déterminés par les deux méthodes correspond à l’espace des pores, on en déduit que ce dernier représente de 37 à 41 % du volume des fibres ordinaires de colon. La porosité serait d’autant plus grande que le colon est plus grossier. Il est évident que celle porosité doit jouer un rôle important dans l’absorption de l’eau.
- Comment expliquer l’existence des pores du coton? On sait que, selon une théorie généralement admise, chacune des fibres est constituée de nombreuses fibrilles tordues les unes autour des autres de la même façon que les fibres sont tordues ensemble pour former un fil. Le sens de torsion des fibrilles est d’ailleurs renversé périodiquement, tous les quelques tours. Il y a lieu de supposer que l’espace compris entre les fibrilles est occupé par de l’air, d’où la porosité de la fibre de coton. En outre, les fibrilles cellulosiques ne sont pas continues tout le long de la fibre de coton, mais offrent en quelque sorte l’aspect d’une ligne poin-tillée. La longueur des éléments constitutifs (crislal-
- liles) dépend des traitements chimiques subis par le coton. Les acides et les oxydants ont généralement pour effet de raccourcir les crislalliles.
- Considérons maintenant ce qui se passe lorsque de l’eau est absorbée. On peut admettre que, venant se placer dans l’espace inter-fîbrillaire, l’eau forme d’abord une couche monomoléculaire à la surface des fibrilles (voir schémas A et B, fig. 1). Il est possible que les molécules d’eau se fixenl également entre les crislalliles (schémas C et D). L’absorption continuant, il peut se former ensuite des couches moléculaires
- A
- ih
- n
- Tg®
- 10 $
- Pi '
- Fig. 1
- 0- O0— 00—-----co
- —------ex» - Qi» - ce
- o------—00' —000 0
- doubles, puis multiples. A mesure que croît le nombre de couches, l’espace contre les fibrilles doit augmenter pour s’y accommoder, ce qui expliquerait le gonflement diamétral d’une fibre de colon qui absorbe de l’eau. D'autre pari, l'accumulation de molécules d’eau aux extrémités des cristalliles devrait provoquer un accroissement de longueur plutôt qu’un gonflement diamétral.
- On peut maintenant essayer de contrôler ces conceptions par le calcul, lorsque l’on est en possession de certaines données concernant la grandeur d’une molécule d’eau, les dimensions des crislalliles (déterminées par des mesures aux rayons X) et le gonflement observé. Ce dernier a été soigneusement mesuré par Collins (2), pour différents degrés d’humidité. La fig. 2, due à cet auteur, représente le gonflement relatif (pourcentage d’accroissement de l’aire de la section) en fonction de l’humidité relative. On voit que lorsque celle-ci passe de o à 100 %, l’aire de la section augmente de 42 %, soit un accroissement de diamètre de 19% environ. Lorsqu’une fibre est complètement mouillée par immersion dans l’eau, ces accroissements sont respectivement de 4get 22,2 %. D’autre part, Urquhart
- p.435 - vue 57/66
-
-
-
- 436
- EXTRAITS DE JOURNAUX ETRANGERS
- et Williams (3) ont étudié l’absorption de l’humidité par un colon préalablement débouilli. La fig. 3, qui résulte de leurs travaux, représente le pourcentage d’humidité présent dans le coton, en fonction de l’humidité relative.
- Avec ces données, et connaissant la grandeur d’une molécule d’eau (environ 3,8Xio-8 cm.), Walker (4) a fait le raisonnement suivant. Si l’on admet qu’il se forme à la surface de chaque fibrille une couche mono-
- 60
- 40
- 100
- 20 60
- Fig. 2
- 20
- moléculaire d’eau, la distance qui sépare deux fibrilles parallèles adjacentes s’augmente de l’épaisseur de a molécules (2X3,8=7,6 U.A.). Or on sait qu’une fibre de colon comprend environ 33 couches concentriques de fibrilles, dont chacune correspond à un jour de croissance de la fibre. L’augmentation totale de diamètre de la fibre est donc de 2X33X7.6=5oo U.A., soit 0,4 %. l’épaisseur moyenne d’une fibre étant de 125.000 U.A.
- 24
- 16
- 100
- 20 60
- Fig. 3
- D’après les résultats expérimentaux mentionnés ci-dessus, cet accroissement diamétral de o,4 % correspond à une augmentation de 3,6 % de l’humidité relative dans l’air où est exposée la fibre, et une absorption d’eau de 1,1 à 1,2 %. Mais une couche monomoléculaire répartie sur la surface des fibrilles ne représente que 0,42 % d’eau. 11 y a donc 0,8 % d’écart entre les quantités d’eau calculée et observée. Ainsi est miseen évidence l’existence d’une surface interne supplémentaire pouvant absorber l’eau. Walker suggère que celle surface doit se trouver aux extrémités des cristallites. En supposant que les cristallites constituant les fibrilles mesurent 5o U.A. d’épaisseur et i5o U.A. de longueur, une couche monomoléculaire aux extrémités compterait en effet pour 0,8 % d’eau. Mais il n’y a pas
- nécessairement le même nombre de couches moléculaires à la surface des fibrilles et aux extrémités des cristallites. En fait, il est admis que le nombre de couches est plus grand à la surface des fibrilles. On aura une idée assez exacte de la répartition de l’eau à l’intérieur d’une fibre de colon exposée dans une atmosphère à 100 % d’humidité relative, en considérant qu’il se forme 48 couches moléculaires à la surface des fibrille et une seule aux extrémités des cristallites. L’humidité absorbée totale se monte ainsi à ;
- 48X0,42 -p 0,8 = 20,8%
- Eau à la surface Eau aux extr. des fibrilles des cristallites résultat qui concorde remarquablement bien avec la valeur trouvée expérimentalement : 20,7 %.
- Quand une fibre de coton est plongée dans l’eau, puis centrifugée complètement, on trouve qu’elle retient environ 5o % d’eau, donc beaucoup plus que dans le cas où la fibre est simplement exposée dans une atmosphère saturée d’humidité. Ce résultat, qui découle des expériences de Coward et Spencer (5) semble difficile à expliquer si, comme on le croit, la répartition intérieure de l’eau est du même type que dans le cas pré-cédent. D’autres considérations doivent cependant intervenir ici. En premier lieu, on a tendance à admettre qu’une partie de l’eau ainsi absorbée est attachée aux groupes hydroxyles (011) de la cellulose. On sait que la formule de la cellulose peut s’écrire [CgILO^OIQs]”. D’après Sheppard et Newsome (6) et Peirce (7), les premiers 5 à 7% d’eau seraient ainsi fixés chimiquement, tandis que le reste de l’eau absorbée se répartirait à la surface des fibrilles et aux extrémités des cristallites, comme il a été dit.
- Celte théorie de l’influence des groupes OH trouve une certaine confirmation dans le fait que les celluloses acélylées (rayonne acétate) absorbent moins d’eau que le colon. Si l’acétylation est très poussée, la molécule de la cellulose est profondément modifiée. Mais, tant que la teneur en groupes acétyl ne dépasse pas 20 %, on peut admettre que la structure normale de la cellulose est respectée.
- Le tableau suivant montre dans quelle mesure l’humidité absorbée dépend du degré d’acétylation :
- Teneur en acétyl Teneur en humidité du coton pour :
- humidité relative 20 % humidité relative 40 %
- 0,00 % 2,83 4,5o
- 2,9 1 2,44 3,89
- 9’97 1,66 2,83
- 14,57 c3g 2.46
- 21,87 °’9° 1,80
- Pratiquement, on constate que même le triacétate de cellulose absorbe encore tellement l’humidité que l’importance relative des groupes OH apparaît vraiment minime au point de vue de l’absorption.
- p.436 - vue 58/66
-
-
-
- EXTRAITS DE JOURNAUX ETRANGERS
- 437
- Il serait d’ailleurs utile de connaître rigoureusement la quanti té d’eau qui peut être retenue à l’intérieur d’une fibre. Malgré la puissance de la centrifugation effectuée par Coward et Spencer, on peut se demander si la totalité des 5o % d’eau retenus étaient réellement à la surface de la fibre. A ce point de vue, les travaux de Tankard (8) sont précieux. Cet auteur a déterminé l’eau présente dans le coton humide par une méthode tout à fait différente et très ingénieuse. Il saturait le colon d’une solution d’hyposulfite de sodium, puis le pressait de façon à enlever progressivement la solution. Le colon retenant l’eau, mais non l’hyposulfite, la concentration de ce sel était plus élevée dans la solution éliminée par pressage que dans la solution primitive. On peut représenter par des courbes ces variations de concentration, et en déduire par extrapolation la quantité exacte d’eau qui serait retenue par le coton, s’il était possible d’exercer une pression suffisante pour enlever complètement l’hyposulfite. Cette méthode a donné les résultats suivants, pour différentes fibres cellulosiques :
- Fibre Molécules d’eau présentes par groupe C0H1005
- Coton ordinaire.. 0,49
- Coton mercerisé et séché. . 0,75
- » » non séché 1,00
- Lin. 0,55
- Lin mercerisé et séché I,o5
- » » non séché I,o5
- Rayonne viscose o>97
- » » mercer. par KOII
- et séchée M7
- Rayonne viscose Lilienfeld . . . . . .. 1,10
- On voit qu’une fibre de coton ou de lin semble retenir 1/2 mol. d’eau par groupe C6H10O5, et que celle proportion est doublée si la fibre est complètement gonflée par mercerisage ou par dissolution suivie de régénération. Le séchage paraît d’ailleurs détruire plus ou moins cet effet du mercerisage.
- Dans son état naturel, une fibre cellulosique serait donc susceptible de se combiner chimiquement avec 0,5 équivalent d’eau, — et, dans son état de gonflement maximum, avec 1 équivalent d’eau. Que cette absorption d'eau soit le résultat d’une combinaison chimique, c’est en effet la conclusion qui paraît s’imposer lorsque l’on compare les chiffres obtenus avec le lin et le coton. Il serait difficile d’admettre que des fibres de structures aussi différentes se comportent d’aussi semblable façon, s’il s’agissait d’une simple adsorption physique. On ne voit pas très bien cependant comment expliquer, avec celle idée de combinaison chimique, la plus forte absorption des fibres mercerisées. Il faudrait admettre que le mercerisage provoque la formation des groupes hydroxyles supplémentaires.
- Quoi qu’il en soit, ces résultats expérimentaux
- montrent que l’afflux de l’eau à l’intérieur d’une libre de colon immergée est dû pour une large part à une affinité chimique entre cellulose et eau. L’eau qui pénètre se fixe à la surface des fibrilles et aux extrémités des crislalliles ; il s’ensuit un gonflement diamétral considérable et un léger allongement. Si la cellulose humide est un nouveau composé chimique, et non un simple mélange de cellulose et d’eau, on comprend l’accroissement de plasticité et de réactivité chimique du coton mouillé.
- J. L.
- Bibliographie.
- (1) J. Text. Inst., 14, p. 489 T, 1923.
- (2) J. Text. Inst., 21, p. 313 T, 1930.
- (3) J. Text. Inst , 15, p. 559 T, 1924.
- (4) Text. Res., 7, p. 229, 1937.
- (5) J. Text. Inst., 14, p. 28 T, 1923.
- (6) J. Phys. Chem., 33, p. 1817, 1929.
- (7) J. Text. Inst., 20, p. 133 T, 1929.
- (8) J. Text. Inst., 28, p. 264 T, 1937.
- La combinaison de la laine avec les acides. — Deutsche
- Farber-Zeitung, 73, n" 43, 24 octobre 1937.
- Du fait des groupes basiques qu'elle contient, la laine possède la propriété d’absorber les acides minéraux en formant avec eux une combinaison chimique. Celle réaction est soumise aux lois stoechiométriques, et on sait depuis longtemps que la quantité d’acide absorbé, quelle qu’en soit la nature, ne peut dépasser un maximum qui correspond à la saturation. Pour 100 gr. de laine sèche, ce maximum est d’environ o,o85 équivalents-grammes d’acide. Une laine immergée dans une solution d’un acide absorbe donc de ce dernier la quantité correspondante, à la condition toutefois que l’acidité soit suffisante, c’est-à-dire que le pH ne dépasse pas 1,3. Si le pli est plus élevé, la quantité d’acide fixé décroît constamment à mesure qu’on se rapproche de la neutralité. En effet, d’après Elôd, la formation d’un sel de la protéine de la laine suppose une activation suffisante des groupes basiques, activation qui n’est complète qu’en milieu fortement acide.
- D’après la théorie chimique de la teinture de la laine, universellement admise aujourd’hui, la teinture acide résulte également d’une salification des groupes basiques de la laine, par les acides-colorants. Les proportions dans lesquelles se combinent les colorants acides avec la laine ont fait l’objet d’un certain nombre de travaux, ces dernières années. Les plus remarquables sont ceux de Ender et Müller, qui ont préparé les acides libres de plusieurs colorants connus, et les ont purifiés par lavage à l’alcool et recristallisation. Si l’on fait agir sur la laine des solutions décinormales de ces acides-colorants, on constate qu’ils sont absorbés beaucoup moins rapidement que les acides minéraux. A la température ordinaire, il faudrait des semaines, voire même des mois, pour atteindre la saturation. Maison peut arriver plus vite à l’équilibre en opérant à plus haute température, au-dessus de 5o°. Dans aucun cas la détermination des quantités de colorants absorbées
- p.437 - vue 59/66
-
-
-
- 438
- EXTRAITS DE JOURNAUX ETRANGERS
- ne doit pas être effectuée par titration potentiomé-trique, à cause des parcelles de laine détachées à température élevée, qui adsorbent de l’acide-colorant et fausseraient les résultats, en faisant conclure à une proportion de colorant combiné supérieure à la réalité.
- Pour avoir le plus possible de précision, les auteurs ont déterminé gravimétriquement les quantités de colorant absorbées, et ont d’autre part titré à l’acide sulfurique les groupes basiques encore libres de la laine. On a ainsi la possibilité de distinguer si une absorption de colorant correspond à une fixation chimique ou s’il s’agit seulement, du moins en partie, d’une adsorption. En effet, la somme des équivalents acides combinés avec la laine doit toujours atteindre la valeur constante de 0,085 environ. Il a été observé qu’à 50° la plupart des acides-colorants ne montent encore que très lentement sur la laine; par contre, à 90°, ils arrivent presque tous à la saturation en un très court espace de temps.
- La formation plus ou moins complète de la combinaison entre la laine et l’acide-colorant dépend du degré d'hydrolysabilité de cette combinaison. La stabilité de celle dernière détermine la solidité au lavage de la teinture. Les produits de salification de la laine par les acides minéraux étant très hydrolysables, leur formation n’a lieu qu’aux bas pH. Mais il n’en est pas de même avec les acides-colorants organiques. Les
- colorants peuvent encore se combiner à des pH assez élevés, dépassant même le point isoélectrique de la laine (pH 4,9). Mais dans ce cas la laine, par suite de sa constitution ampholère. peut fixer en même temps de l'alcali. Il en résulte que les teintures effectuées dans ces conditions ont une mauvaise solidité au lavage : car l’alcali qui se sépare sous l’action de l’eau élève le pli du bain et provoque une hydrolyse plus forte de la combinaison laine-colorant.
- Ces considérations éclairent d’une lumière nouvelle la teinture de la laine en bain neutre et l’amélioration de la solidité au lavage par acidage subséquent. On admettait jusqu’ici que, dans la teinture en bain neutre, le sel-colorant était adsorbé tel quel par la fibre et qu’ensuile, sous l’action de l’acide, la libération de l’acide-colorant permettait la formation d’une combinaison plus stable de ce dernier avec la laine. Mais, d’après les idées de Ender et Müller, l’acide-colorant serait déjà combiné chimiquement en bain neutre, et l’amélioration de solidité au lavage du fait de l’acidage serait due à d’autres causes. La combinaison de la laine avec l’alcali, qui prend naissance en même temps en milieu neutre, serait détruite par l’acide, et du même coup se trouverait annihilée l’influence défavorable d’une solution alcaline sur la combinaison laine-acide colorant.
- J. L.
- REVUE ECONOMIQUE DE L’INDUSTRIE TEXTILE
- Production de cocons frais en 1937
- Voici les chiffres pour la production des principaux pays :
- Production de cocons
- Pays (en 1.000 kg.)
- 1937 1936
- Bulgarie 1.640 372
- France 641 674
- Grèce 3,002 2.718
- Italie (*) 31.950 32 322
- Corée (S) 14.504 14 883
- Corée (T) 8.243 .8 169
- Japon (S) 170.640 154 212
- Japon (T) 139.625 I55.664
- Syrie et Liban I . 1 5 I 956
- Totaux 371.396 370.970
- (S) Cocons de Printemps. (T) Cocons d’été-automne (*) Donnée approximative, relative ; à la quantité de graines
- distribuées aux éducateurs.
- Rapports présentés au Syndicat Cotonnier de l’Est
- M. Victor Tenthorey, président du syndicat, note que l’industrie cotonnière se trouve prise dans une nouvelle crise déclenchée au cours des derniers mois de 1937 et accentuée dans le premier trimestre de 1938.
- « Si, en effet, dit M. Tenthorey, l’indice de production de notre industrie, après avoir dépassé 90 % en avril 1937, est revenu aujourd’hui, en avril 1938, à -7 % en filature et à 80% en lissage, sans tenir compte des établissements complètement arrêtés, il ne faut pas perdre de vue que le même phénomène peut être observé dans tout le secteur non protégé de l’industrie française ; seuls les groupes du gaz, de l’électricité et des mines présentent une augmentation d’activité, de sorte que l’indice général de la production tombe de 91 en avril 1937 à 83 en avril 1938, coefficient inférieur à la moyenne mensuelle de chacune des quatre dernières années ».
- Origines de la crise actuelle.
- Après avoir indiqué que sur le marché colonial l’évolution du commerce du coton avait été assez satisfaisante, le président souligne qu’il n’en a pas été de même sur le marché étranger. Si, sur ce dernier marché, les ventes ont baissé dans'des proportions considérables, il faut attribuer cet état de choses à deux causes :
- 1° Causes d’origine interne : charges fiscales, charges sociales, limitation de la production (nos prix de revient atteignaient, jusqu’à une époque récente, un niveau sensiblement plus élevé que celui des pays étrangers. Il suffit de se souvenir que l’Etat prélève à
- p.438 - vue 60/66
-
-
-
- REVUE ÉCONOMIQUE DE L’INDUSTRIE TEXTILE
- 439
- lui seul plus de 4o % du revenu national pour des fins improductives dans leur plus grande part, et que la seule loi des 4o heures nous handicape de plus de i5 %, pour justifier déjà celle première conslalalion).
- a" Causes d’origine externe, pour lesquelles le rap-port s’exprime ainsi :
- « Nous nous trouvons, du côté de l’étranger, en présence, d’une part, dans bien des cas, d’une fermeture à peu près totale du marché à nos produits; d'autre part, des difficultés considérables du transfert des créances qui en rendent le recouvrement aléatoire, quant à son délai, et même quant à son montant ».
- Parlant du marché intérieur, M. Tenthorey dit :
- « Toutes réserves étant faites sur l’exactitude des chiffres dont nous allons nous servir et étant entendu que ces chiffres doivent surtout être pris comme ordre de grandeur et dans leur valeur comparative, nos estimations nous ont permis de calculer la production du lissage de colon français depuis un certain nombre d’années et, parlant de cette base, d’en déduire les quantités absorbées par le marché intérieur par simple soustraction des quantités exportées.
- « En 1913, la production totale devait s’élever, Alsace non comprise, à 1.600.000 q. m.
- « En 1929, elle était tombée à 1.565.000 q. m.
- « Et en 1937 à 1.263.000 q, m.
- « Sur ces bases, le marché intérieur qui absorbait en 1913 : 1.100.000 q. m., soit environ 69 %, n'en prend
- plus que 895.000, soit environ 57% en 1929, et 883.000 (70 %) en 1937. »
- Quant à la production, le rapport précise : « Si nous tenons compte que depuis un certain nombre d’années et même au plus fort de la crise et du chômage, nous avons toujours eu un déficit de main-d’œuvre de l’ordre minimum de 12 à 15%, nous devons en conclure qu’au cours de l’année 1929 l’activité de l’industrie cotonnière a atteint son maximum possible ».
- « Pour équilibrer notre production et notre écoulement, dit le président du syndical, nous nous trouvons en présence de deux problèmes à résoudre : maintien de nos débouchés intérieurs et coloniaux ; développement de nos débouchés extérieurs. Pour parer, enfin, aux à-coups inévitables qui peuvent se produire dans notre alimentation, un troisième problème reste à résoudre, la discipline de notre production ».
- Le président développe chacun de ces chapitres et note à propos des 4o heures :
- « 11 est à craindre que, si le régime actuel est maintenu pour l’avenir, nous ne voyions rapidement, pour les raisons précitées, la consommation normale de notre marché intérieur s’établir à un niveau nettement inférieur à celui que nous avons indiqué plus haut et qu’après avoir résolu les difficultés auxquelles nous avons fait allusion, des obstacles d’autre nature, résultant de l’application de la loi des 4o heures, ne viennent entraver la reprise de nos affaires extérieures ».
- EXTRAITS DE BREVETS FRANÇAIS
- Matières collantes. — I. G. Farbenindustrie. — B. F. 816.370, i5 janvier 1937.
- On utilise les alcoylolurées mélangées à des agents durcissants. Comme alcoylolurées on entend la méthyl et la diméthylolurée, obtenues par l’action du formol sur l’urée et comme durcissants, des acides ou des sels acides ou des sels ammoniacaux. On délaye 100 parties de diméthylolurée avec 100 grs d’eau puis ajoute 20 parties de chlorhydrate d’ammoniaque à 15 %; cette pâte est appliquée sur le bois, on met le placage, presse et chauffe à 100°.
- Matières collantes. — Henkel et Co. — B. F. 816.967, 28 janvier 1937.
- On peut obtenir des solutions collantes en dissolvant les acides ou les sels des éthers sulfoniques de polysaccharides comme les acides sulfoniques des éthers de la cellulose ou de l’amidon.
- Sulfate d’alumine...........
- Acide tartrique.............
- Eau...................... . .
- Ammoniaque..................
- 100 à 300 grs
- 3o à 70 grs
- 750 grs
- 80 à 250 cc.
- On l’emploie pour rendre ignifuges le papier, le bois, les étoiles.
- Amollissants. — I. G. Farbenindustrie. — B. F. 819.777,
- 6 mars 1937.
- On a trouvé que les acétals d’hydroxyalcoylaryléthers sont aisément préparés en faisant réagir des sels alcalins de composés hydroxyaromatiques sur les acétals d’alcools aliphatiques halogénés, ou bien en faisant réagir les aldéhydes sur les hydroxyalcoylaryléthers. Ils constituent d’excellents agents amollissants pour les pellicules de revêtement.
- Solutions ignifugeantes. — Etablissements Bouillon. — B. F. 817.985, 21 décembre 1936.
- Généralement les liquides destinés à provoquer l’ignifugation renferment des sels de bore qui servent à former un enduit vitrifié. Ici on utilise des sels d’alumine, par exemple :
- Ruban adhésif. — Marathon Paper Mills C" (E. U.).
- B. F. 819.34o, 17 mars 1937.
- Il s’agit d’un ruban destiné à recouvrir les tiges de plantes, plus spécialement des fleurs et composé par un ruban enduit de caoutchouc et de paraffine.
- p.439 - vue 61/66
-
-
-
- INFORMATIONS FISCALES
- Désencollage. — P. J. Stierlin. - B. F. 819.306, 17 mars 1937.
- On se sert pour le désencollage, le blanchiment des textiles, du composé d’addition de l’urée avec l’eau
- oxygénée 3.(CO.N2II4) + H2O2 qui est solide et cristallisé. Le désencollage est facilité avec des solutions de la concentration de 0,25 à 2 grs par litre, à la température de 45-55°.
- RESULTATS
- Mines et Textiles
- Uue assemblée extraordinaire avait été convoqué pour le 17 juin, à l’issue de l’assemblée ordinaire, en vue de statuer sur la réduction du capital social dans le but d’amortir certains postes figurant à l’actif du bilan ; sur l’échange corrélatif des actions en circulation ainsi que sur une nouvelle réduction du capital social par remboursement en espèces d’une somme égale sur chaque action.
- Les comptes de l’exercice 1937 qui ont été présentés à l’assemblée ordinaire se soldent par un déficit de 3.500 fr. contre 5.049 fr. pour l’exercice précédent, après 255.000 fr. d’amortissements et provisions diverses, contre 359.405 fr. en 1936.
- Société Anonyme des Anciens Ets Riboud Frères
- Lyon. — Une assemblée extraordinaire tenue à Lyon a décidé que le capital social serait réduit d’une somme de 2 millions restituée aux actionnaires à raison de 500 francs par action et ramené à 1 million par la diminution de la valeur nominale des actions de 750 à 250 fr. chacune.
- INDUSTRIELS
- Société Anonyme de Blanchiments, Teintures et Impressions
- Lyon. — L’assemblée ordinaire, tenue le 30 mai à Lyon, sous la présidence de M. Charles Gillet, a approuvé les comptes de l’exercice clos le 31 décembre 1937 se soldant par un bénéfice de 4.024.947 fr. Le dividende, qui ressort à 33 fr. 31 brut, a été mis en paiement le 15 juin.
- Société de l’Industrie Textile
- Les comptes de l’exercice 1937 se soldent par un bénéfice de 7.760.603 fr. contre 6.551.390 fr. pour l’exercice précédent.
- Soieries Tête d’Or
- Lyon. —- L’assemblée ordinaire, tenue à Lyon récemment, a approuvé les comptes de l’exercice 1937, se soldant par un bénéfice de 190.003 fr. Le dividende, fixé à 8,5 %, soit 17 fr. brut par action, sera mis en paiement à raison de 1 fr. 01 net au porteur.
- INFORMATIONS FISCALES
- CALENDRIER FISCAL EN NOVEMBRE 1938
- Contributions directes
- Du 1er au 10. — Paiement au percepteur par les employeurs et débirentiers de l’impôt afférent aux traitements, salaires, rentes viagères, émoluments et honoraires versés en octobre à des personnes domiciliées hors de France.
- Envoi au Directeur des Contributions Directes du relevé des intérêts, dividendes et autres produits de valeurs mobilières payés au cours du mois précédent (décret du 8 juillet 1937, art. Ier).
- Du P'' au 30. — Paiement d’un tiers des impôts compris dans les rôles mis en recouvrement en octobre : paiement de la quote-part échue sur impôts de mise en recouvrement intérieur.
- Dénonciation du forfait (bénéfices commerciaux) pour les contribuables assujettis à ce régime.
- Le Gérant : R. BREUILLER.
- Enregistrement
- Du 1er au 10. — Impôt sur les coupons de valeurs mobilières étrangères non abonnés et de fonds d’Etats étrangers (personnes qui font profession de recueillir, encaisser, payer ces coupons).
- Du 10 au 15. — Impôts sur les opérations de Bourse (banquiers, agents de change, etc...).
- Du 1er au 24. — Taxe sur le chiffre d’affaires (banquiers, changeurs, marchands de biens).
- Du 25 au 30. — Impôt sur les opérations de Bourse (banquiers, agents de change, etc...).
- Contributions indirectes
- Du 1er au 24. — Paiement des taxes uniques perçues sur dépôt d’un relevé mensuel.
- Fiduciaire de France, 12, rue de Penthièvre, Paris
- - Les Impressions Scientifiques — Corbeil
- LAATIONI
- p.440 - vue 62/66
-
-
-
- FABRIQUE DE PRODUITS CHIMIQUES DE THANN ET DE MULHOUSE S.A. Siège Social : THANN (Haut-Rhin) Usine à THANN et NANTERRE (Seine) et POTASSE ET PRODUITS CHIMIQUES S. A. Siège social et Usines THANN (Haut-Rhin) Tous les acides minéraux et leurs sels. Oxyde de Titane pour apprêts, encollage et impression sur rongés. Potasse Caustique et Carbonate de Potasse, tous titres. Tous les produits chlorés minéraux et organiques. Bromure d’ammonium pour tissus ignifuges. Acide laurique C. 1 —. Oenanthol (Aldéhyde C. 7). Alcools cétyliques. Amidure de Sodium pulv.
- ACÉTATE DE SOUDE
- ACIDE ACÉTIQUE
- ANHYDRIDE ACÉTIQUE
- et tous produits de la distillation du bois
- Fie 1 AMPITTE CAnge 20, Rue Dumont-d'Urville, PARIS-16e - Tél.: PASSY 09-33 à 35
- — EAIDI H= ri VI VS -------------------------------------------- Usines à PRÉMERY (Nièvre) -----------------
- A LOUER
- BEYCOPAL
- PAIX & Cie
- 64, Rue La Boëtie PARIS
- Téléph. : ÉLYSÉES 98-80
- FABRIQUE et VEND
- dans les meilleures conditions et aux meilleurs prix
- Les PRODUITS Auxiliaires Du Textile pour le débouillissage, le blanchiment, la teinture, les apprêts, le dégraissage, le mouillage, etc...
- p.n.n. - vue 63/66
-
-
-
- WEGELIN, TETAZ & C.
- Société Anonyme
- MULHO USE (Haut-Rhin)
- MANUFACTURE DE Matières Colorantes et Produits Chimiques pour Blanchiment, Teinture, Impression et Apprêts
- LAQUES SPÉCIALES pour enlevage aux oxydants et 1
- - aux réducteurs COULEURS HYDROSULFITE LAQUES et COULEURS pour réserve sous Noir aniline 1
- COULEURS pour doublures
- COULEURS SOLIDES en pâte et en poudre pour impressions
- --------- aux mordants métalliques
- Jaunes d’Alizarine - Viridoline - Chromindazines Rouges azarol - Noirs réduits - Noirs Naphtol
- Eau oxygénée, Mordants métalliques, Sulforicinales, Bisulfites.
- PRODUITS SPÉCIAUX pour le mouillage, le décreusage, le désuintage et le détachage de toutes fibres textiles.
- SAVONS A BENZINE liquides et solides.
- VERNIS pour cylindres de filatures.
- ENDUITS pour courroies.
- AGENTS DANS LES PRINCIPAUX CENTRES INDUSTRIELS
- SOCIÉTÉ
- et tes ACTARIES EIRCTRIOUES FUGINE
- Capital: 220.000.000 frs
- 10, Rue du Général-Foy — PARIS (VIIIe)
- Chlorates de Potasse et de Soude Peroxyde de Sodium Eau Oxygénée Électrolytique 100 volumes Perborate de Soude Chlorure de Chaux Soude Caustique Tétrachlorure de Carbone Mono et Paradichlorobenzène Benzine Cristallisable Toluène, Xylène
- Téléphone : LABORDE 12-75, 12-76, 12-77 Inter Laborde 5
- Adresse Télégraphique : TROCHIM-PARIS
- | DURAND & HUGUENIN S.A. BÂLE
- I DANSLES COLORANTS AU CHROME: K nouvelle série des
- | NOVOCHROMES
- • Impression sur coton, rayonne et tissus mixtes
- de ces fibres avec
- CHROMATE DH.
- Impression sur soie, rayonne, laine et tissus mixtes de ces fibres et de coton avec
- I MORDANT UNIVERSEL ET FIXATEURS
- Fixation par court vaporisage
- COLORANTS POLYACÉTYLES
- pour l'impression des tissus mixtes contenant de la rayonne acétylée
- (SUISSE)
- DANS LES INDIGOSOLS:
- nouvelles marques
- EXTRA SOLIDES
- pour l’application en impression directe, en enlevage et en réserve
- Avantages unanimement reconnus par les teinturiers UNISSON, PÉNÉTRATION, SOLIDITÉ GRAND TEINT
- Emploi recommandé spécialement dans les
- CAS DIFFICILES
- de teinture en général ou de foulardage en
- NUANCES CLAIRES :
- Fils retors, coton perlé, fil de viscose, popeline chemise, tissus mixtes, tissus de lin et tricots
- Procédé de teinture sur barque en un seulbain
- FIXATEUR CDH
- pour fixation rapide sur coton et rayonne
- FIXATEUR WDHL
- pour fixation
- sur laine
- MORDANT UNIVERSEL pour l’impression des colorants au Chrome sur toutes fibres, ces dernières conservant leur souplesse
- MORDANT pour SOIE SF pour la teinture solide des colorants au chrome sur soie naturelle
- DEHAPANE O
- Solvant remarquable pour Indigosols et colorants au chrome.
- p.n.n. - vue 64/66
-
-
-
- COMPAGNIE NATIONALE DE MATIÈRES COLORANTES ET
- MANUFACTURES DE PRODUITS CHIMIQUES DU NORD RÉUNIES
- Etablissements KUHLMANN
- SOCIÉTÉ ANONYME AU CAPITAL DE 520.000.000 FRANCS
- J - PRODUITS ORGANIQUES 1M sumeg. Pies
- 145, Boulevard Haussmann
- TÉLÉPHONE: ELYsÉEs 99-51 à 57 PARIS (VIIIe) Télégrammes: NATICOLOR 47-PARIS
- INTER 15 et 16 . .. __ Registre du Commerce Seine N° 83.805
- Usines à VILLERS-SAINT-PAUL (Oise) — OISSEL (Seine-Inférieure)
- Pour la teinture en pièce de draperies laine en nuances grand teint :
- NOIR AU CHROME ACIDE NRS
- BLEU MARINE NÉOCHROME NB
- BLEU MARINE NÉOCHROME NR BRUN AU CHROME RÉSERVE N BRUN AU CHROME RÉSERVE NR
- Tous ces colorants réservent les libres végétales
- p.n.n. - vue 65/66
-
-
-
- Usines de Saint-Denis
- SOCIÉTÉ ANONYME
- 2/
- MATIERES COLORANTES ET PRODUITS CHIMIQUES
- DE
- SAINT-DENIS
- Téléphone : LABORDE 71-41 à 71-44 Inter-Laborde 35
- Capital : 50 millions de francs
- Siège social : 69, rue de Miromesnil, PARIS (8e)
- Adresse télégraphique :
- REIRRIOP-PARIS
- dendEa'icadEEz-mS
- MATIÈRES COLORANTES POUR TOUS EMPLOIS
- Colorants basiques — acides
- — directs
- — au soufre
- — mi-laine
- Colorants toutes fibres
- — pour fourrures
- — pour cuve
- Naphtazols
- Colorants dérivés des naphtazols
- PRODUITS CHIMIQUES ORGANIQUES
- Solvants organiques
- Nitrobenzine
- Huile et sel d’aniline
- "Dérivés benzéniques
- — napbtaléniques
- — anthracéniques
- Beta Naphtol
- PRODUITS SPÉCIAUX POUR L’INDUSTRIE ou CAOUTCHOUC
- TOUTES SPÉCIALITÉS pour les INDUSTRIES UTILISANT le LATEX
- "Latex concentré SD 60
- Echantillons et renseignements techniques sur demande
- Le» Impressions Scientifiques, Corbeil (S.-et-O.).
- p.n.n. - vue 66/66
-
-