Annales du Conservatoire des arts et métiers
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- ANNALES
- DC
- CONSERVATOIRE
- DES ARTS ET MÉTIERS.
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- 39$îP — PARIS, IMPRIMERIE GAUTHIER-VILLA R S, 53, Quai des Graûds-Augustios.
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- ANNALES
- DU
- CONSERVATOIRE
- DES ARTS ET MÉTIERS,
- PUBLIÉES PAR LES PROFESSEURS.
- 3* SÉRIE. — TOME III.
- PARIS,
- GAUTHIER-VILLARS, IMPRIMEUR-LIBRAIRE
- DU CONSERVATOIRE NATIONAL DES ARTS ET MÉTIERS,
- Quai des Grands-Augustins, 55.
- 1001
- fToua droits réservés.)
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- ANNALES
- CONSERVATOIRE
- DES ARTS ET MÉTIERS.
- COURS PUBLICS & GRATUITS DE HAUT ENSEIGNEMENT
- OU CONSERVATOIRE NATIONAL OES ARTS ET MÉTIERS.
- PENDANT I/ANNÉE 1900-190J.
- Géométrie appliquée aux Arts (les lundis et jeudis, à neuf heures du soir). — M. A. Laussedat, professeur; M. P. IIaag, professeur suppléant.
- Géométrie de la sphère. — Globe céleste et planisphères. — Étude des phénomènes astronomiques. — Instrument d’observation. — Mesure du temps. — Cadrans solaires, horloges et chronomètres. — Calendrier. — Photographie et speclroscopie célestes. — Applications de l’Astronomie â la Géographie et à la Navigation.
- Géométrie descriptive (les lundis et jeudis, à sept heures trois quarts du soir). — M. E. Rolché, professeur. l.a perspective cavalière, la charpente et la statique graphique.
- Mécanique appliquée aux Arts (les lundis et jeudis, à sept heures trois quarts du soir). — M. J. Hirsch, professeur.
- La Mécanique à VExposition de 1900. — Progrès généraux de la Mécanique. — Généraleurs et machines à vapeur. — Moteurs thermiques. — Machines hydrauliques. — Appareils divers.
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- 6 PROGRAMME DES COURS POUR l'aNXÉE 19OO-I901.
- Constructions civiles (les lundis et jeudis, à neuf heures du soir). — M. J. Pillet, professeur.
- F/art dans la construction. Principes d’architecture. — I. L’œuvre architecturale; sa préparation, sa réalisation.— La pensée; la science; l'art. — La phrasique; l'organique; la plastique.
- II. Éludes critiques. — Murs et moulures. — Portiques et ordres. — Salles, plafonds et voûtes. — Escaliers. — Soubassements et alliqucs. — Combles et couronnements, etc.
- III. Principes de composition des édifices. — Exemples divers.
- Physique appliquée aux Arts (les lundis et jeudis, à neuf heures du soir). — M. J. Violle, professeur.
- Acoustique. — Mouvements vibratoires. — Production et propagation du son. — Intervalles musicaux. — Tuyaux sonores. — Cordes, verges, membranes, plaques, cloclies. — Voix humaine. — Plionographe.
- Optique. — Miroirs, prismes, lentilles. — Instruments d'optique. — Interférences. — Diffraction. — Polarisation. — Radiations diverses. — Photographie. — PhoLométrie.
- Électricité industrielle (les mercredis et samedis, à sept heures trois quarts du soir). — M. Marcel Deprez, professeur.
- Étude des lois fondamentales de l'électricité et du magnétisme au point de vue spécial de leur application à l’industrie. — Lois de la transmission de l’énergie sous toutes ses formes au moyen de l'électricité- — Appareils destinés à la mesure des grandeurs électriques. — Théorie générale des machines destinées à produire un courant électrique au moyen dfun travail mécanique ou inversement.
- Chimie générale dans ses rapports avec l’Industrie (les mercredis et samedis, à neuf heures du soir). — M. É. Jlxg-fleisch, professeur.
- Métaux. — Généralités sur les métaux; classification des métaux; combinaisons des métaux avec les métalloïdes et combinaisons salines: alliages. — Histoire particulière des métaux utiles : modes d’extraction, propriétés, combinaisons diverses, notions analytiques. — Applications industrielles des métaux el des combinaison.- métalliques.
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- PROGRAMME DF.S COURS POUR LAXXÉK tgoo-lgoi. 7
- Chimie industrielle (les mardis et vendredis, à neuf heures du soir). — M. É. Fleurent, professeur.
- Industries basées sur l'utilisation des matières animales. — I. Emploi alimtntaù'e. — Viandes, poissons et œufs. — Composition et procédés de conservation. — Laiterie et fromagerie.
- II. Utilisation industrielle. — Graisses animales : extraction. — Bougies et savons. — Industrie des peaux : tannerie, mégisserie et hongroyage, chamoiserie, etc. — Colles et gélatines. — Engrais animaux. — Dcchets divers : os, laines, poils, etc.
- Métallurgie et Travail des métaux (les mardis et vendredis, à sept heures trois quarts du soir). — M. U. Le Verrier, professeur.
- Procédés et appareils servant au travail des métaux : forgeage à la presse et au marteau, laminage, étirage, emboutissage, etc. — Machines-outils.
- — Construction des fours métallurgiques.
- Chimie appliquée aux industries de la Teinture, de la Céramique et de la Verrerie (les lundis et jeudis, à sept heures trois quarts du soir). — M. V. de Luynes, professeur. Matières colorantes naturelles et artificielles : Indigo, alizarinc, méthodes de synthèse. — Élude chimique des fibres. — Teinture, impression. — Mordants, réserves, rongeants. — Différents genres d’impression. — Papiers peints.
- Chimie agricole et Analyse chimique (les mercredis et samedis, à sept heures trois quarts du soir). — M. Th. Schlœsing, professeur; M. Th. Sciiloêsing fils, professeur suppléant.
- Atmosphère. — Étude des éléments de l'atmosphère intéressant la nutrition végétale. — Fermentations.
- Sols. — Constitution des sols agricoles, propriétés physiques; phénomènes chimiques et microbiens dont les sols sont le siège. — Détermination de la composition des sols.
- Analyse. — Méthodes géométriques. — Analyse appliquée à diverses matières agricoles.
- Agriculture (les mardis et vendredis, à neuf heures du soir). — M. L. Grandeau, professeur.
- L’Agriculture des deux mondes à l’Exposition universelle. — Étude des divers pays : superficie, population, régime de la propriété. — Répartition et modes des cultures principales. — Production. — Consommation.
- — Commerce. — Le bétail et ses produits.
- Institutions agronomiques. — Enseignement agricole. — Associations agricoles, elc.
- Progrès réalisés par l'agriculture. — Période décennale ifyo-jgoo.
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- 8 PROGRAMME DES COURS HOIR l’aXXÉE >900-1901,
- Filature et Tissage (les mardis el vendredis, à sept heures trois quarts du soir). — M. J. Imbs, professeur.
- Tissus en armures unies et façonnées. — Tissus façonné? proprement dits. — Façonnés par armures, façonnés par couleurs. — Mise en carte. — Mécaniques Jacquard. — Cartons. — Velours unis, velours façonnés. — Gazes., tulles, dentelles. — Tricots de trame et de chaîne.
- Économie politique et Législation industrielle (les mardis et vendredis, à sept heures trois quarts du soir). — M. É. Levasseur, professeur.
- Travail et Capital, les deux facteurs de la production de la richesse.
- — Force el matière. — L'homme: intelligence, art et science, éducation.
- — L’épargne el la capitalisation, les machines. — L’organisation du travail, liberté et association. — L’inventaire de la richesse.
- Économie industrielle et Statistique (les mardis et vendredis, à neuf heures du soir). — M. André Liesse, professeur.
- Circulation des richesses. — L’Échange: Analyse des éléments généraux. — Le commerce. — Historique.
- Conditions matérielles des échanges : Les débouchés. — Voies el moyens de transport. — Routes. — L’industrie des chemins de fer dans les principaux pays: organisation, exploitation, etc. — Les transports dans les villes. — Navigation intérieure et maritime. — Influence économique de la transformation des moyens de transport eide communication.
- Art appliqué aux métiers (les mercredis et samedis, à neuf
- heures du soir). — M. L. Magxe, professeur.
- If appel des principes de composition artistique : Le style moderne. — Exemples tirés du travail des métaux et du mobilier.
- Travail de la terre: Poteries tendres et males. — Faïences émaillées. — Grès. — Porcelaines. — Céramique architecturale.
- Travail du verre ; Verres soufflés, coulés, moulés. — Gobeleterie. — Verres colorés en masse et verres émaillés. — Vitraux. — Mosaïques.
- Travail des tissus : Chaîne et trame. — Décoration par tissage des étoffes de costume et d’ameublement. Damas, velours, décor par impression. — Rroderle. — Dentelles. — Tapisseries de haute et basse lisse. — Tapis.
- Décor du livre: Caractères. — Gravure sur bois et sur cuivre.-- Enluminure. — Application des procédés de la Photographie. — Reliure.
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- Histoire du travail, cours fondé par la ville de Paris ( les mercredis, à sept heures trois quarts du soir, et dimanches, à dix heures trois quarts du malin). — M. G. Renard, professeur.
- Histoire sociale de la vapeur. «— Applications qui en ont été faites, d'une part, aux chemins de fer et aux bateaux, d’autre part, au machinisme industriel et agricole. — Répercussions économiques, politiques, morales, artistiques, littéraires quelles ont eues Jusqu'à nos jours.
- Assurance et prévoyance sociales, cours subventionné par la Chambre de Commerce de Paris (les samedis, à sept heures trois quarts du soir, et dimanches, à neuf heures cl demie du matin). — M. L. Mabilleal, professeur.
- Le problème des retraites ouvrières.
- Droit commercial (les mercredis, à neuf heures du soir). — M. É. A LG la ve, chargé de cours.
- Les sociétés par actions. — Formes nouvelles de la propriété. — La . mobilisation. — Transformation sociale. — Droits des actionnaires et des obligataires. — Les bourses et les opérations de bourse. — Leur rôle dans le monde nouveau.
- Économie sociale (les samedis, à neuf heures du soir). — M. P. Beauregard, chargé de cours.
- Caisses d'épargne : Leur organisation en France et à l’étranger ; questions actuelles. *
- L’assurance : Principes de l'assurance, sociétés de secours mutuels, caisses de retraite, assurances contre les accidents, sur la vie, contre le chômage forcé.
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- LISTE GÉNÉRALE
- CONFÉRENCES PUBLIQUES ET GRATUITES
- AL' CONSERVATOIRE NATIONAL DES ARTS ET METIERS.
- 17 février. — Les paquebots modernes, par M. de Chasselocp-Lacbat, ingénieur civil, vice-président de ia Ligue maritime française.
- »4 février. — Paris-salubre, par M. É. Trêlat, professeur honoraire au Conservatoire national des Arts et Métiers, directeur de l’École spéciale d’Architecture.
- 3 mars. — La sécurité dans les chemins de fer, par M. A.
- Moutier, ingénieur des Services techniques de l’exploitation des Chemins de fer du Nord.
- io mars. — La Télégraphie sans fil, par M. Broca, professeur agrégé à la Faculté de Médecine de Paris.
- 17 mars. — L’Aérostation à l’Exposition de 1900, par M. le commandant Paul Bénard, sous-directeur de l’Établissement d’Aérostation militaire.
- 2$ mars. — Les moteurs à gaz, par M. Gustave Richard, ingénieur civil des Mines, agent général de la Société d’Encou-ragemeot pour l’Industrie nationale.
- 3i mars. — Le bâtiment de combat, monographie du cuirassé T « Iéna », par M. Charles Ferrand, ingénieur en chef de la Marine.
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- LISTE GÉNÉRALE DES CONFÉRENCES PUBLIQUES ET GRATUITES. 11
- La prévention des accidents du travail, par M. U. Mamt,
- ingénieur des Arts et Manufactures, directeur de l'Association des industriels de France contre les accidents du travail.
- 27 janvier.— i° La prévention des accidents du travail. — Son importance. — Action de l'initiative privée. — Associations contre les accidents de fabrique. — Musées d’hygiène industrielle.
- 20 Principes généraux de la prévention des accidents. —
- Aménagements des ateliers. — Machines-outils.
- 10 février. — i° Protection des moteurs. — Moteurs à vapeur. — Emplacement. — Communication avec les ateliers. — Protection des organes. — Mise en marche du volant. — Arrêt rapide du moteur. — Moteur à gaz. — Moteurs hydrauliques.
- 20 Protection des transmissions. — Arbres horizontaux et verticaux. — Échelles de service. — Poulies. — Engrenages.
- 24 février. — i° Protection des courroies. — Leur maniement. — Leur montage sur les poulies. — Monte-courroies fixes et portatifs. — Arrêt rapide des transmissions.
- 20 Machines à meuler et à aiguiser. — Appareils de levage.
- 10 mars. — Protection des machines à travailler le bois. — Scie à ruban. — Scie circulaire. — Couteau diviseur. — Chapeau de sûreté. — Raboteuse. — Dégauchisseuse. — Toupie.
- 24 mars. — i° La protection dans les industries textiles. —Métiers à tisser. — Garde-navette.
- a® Protection contre les éclats etlespoussières. — Lunettes d’atelier. — Masques respirateurs. — Dispositifs de ventilation.
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- LES
- GRANDES INDUSTRIES CHIMIQUES
- A L'EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1900;
- Par M. É. FLEURENT,
- Professeur de Chimie industrielle au Conservatoire national des Arts et Métiers.
- INTRODUCTION ('}.
- On a coutume de dire du siècle qui s'achève qu’il est celui de la vapeur et de l'électricité. Si c’est là une vérité incontestable, il est également injuste de ne pas ajouter qu'il est aussi celui de la Chimie. Jusque vers l’an 1700, celle-ci n'avait été qu’un fatras de recettes vraies ou bizarres, formulées en style ampoulé par les alchimistes, laissant les composés connus sans lien commun. Au commencement du mu* siècle, l’esprit fertile de Stahl, renouvelant les écrits de Becher, essaya bien de réunir en un corps de doctrine les divers phénomènes observés dans les réactions des produits minéraux, mais la théorie qu’il érigea, fruit d'une observation basée seulement sur la connaissance extérieure et qualitative des faits, ne devait avoir qu’un succès sans lendemain. Elle ne put résister, en effet, aux coups que l'introduction de la balance dans
- Cette étude a paru, en articles, au couranl <lô l'année 1900, dans la Réforme économique. Je la redonne ici eu la complétant par quelques tableaux et aperçus nouveaux qui n'avaic-nl pu trouver place dans ce travail écriLun peu au jour le jour, et qui permettront de se faire une idée exacte de l'état actuel des grandes industries chimiques.
- É. P.
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- L'RE.N'T.
- le laboratoire permit de lui porter, et l’on peut dire que c’est du jour où l'instrument de mesure servit exclusivement de contrôle aux conflits de la matière, que date l’avènement de la science chimique. Cet avènement, c’est à notre compatriote Lavoisier qu’on le doit, et, au moment où nous allons essayer de fixer les progrès résultant de la révolution dont il fut le chef, nous devons saluer cette grande figure, dont les savants illustres que notre siècle a produits ne sont que les héritiers.
- Ce n’est pas sans intention, et par conséquent par un simple sentiment de reconnaissance, que le nom de Lavoisier tombe ici sous ma plume. Je ne perds pas de vue le but des quelques études dont je commence aujourd’hui la publication, et c’est précisément parce que je me sais placé en face de praticiens que, recherchant la leçon profitable que peuvent dégager les richesses accumulées à l’Exposition universelle de 1900, je me sens porté, tout d’abord, à communiquer à mes lecteurs quelques réflexions générales, que je pourrais inscrire ici comme un titre de thèse dont les descriptions qui suivront seront les meilleurs arguments.
- Avant 1772, date à laquelle Lavoisier déposa à l’Académie son Mémoire sur l’augmentation de poids des métaux par la calcination, ce n’étaient pas les observateurs qui avaient manqué à la Chimie, c’était la méthode d'observation. Dans cette voie, les leçons de Descartes étaient restées lettre morte. On se perdait en conceptions métaphysiques qu’on développait ensuite dans un langage plus ou moins imagé, sans s’occuper si ces conceptions, s’adaptant à plusieurs faits connus, expliquaient, en même temps, certains autres faits correspondants. L’examen extérieur des réactions chimiques suffisait et l’on ne cherchait en aucune façon à pénétrer leur nature intime. Un tel mode de travail, consistant à mettre constamment en jeu l’imagination plutôt que les faits, ne pouvait avoir aucune fécondité.
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- LES GRANDES INDUSTRIES CUUIIQCBS A L*EXPOSIT(OX DE HJ 00. l5
- Ce sera l’éternel honneur de Lavoisier d'avoir changé com-plèiemeni ce système, d'avoir montré qu'il faut d’abord, en Chimie comme ailleurs, observer rigoureusement les phénomènes avant de les ériger en corps de doctrine, d’avoir, en un mot, créé la méthode expérimentale, qui est le seul critérium de la vérité. Lavoisier fut donc un initiateur et c’est à ce titre qu’il est le véritable fondateur de la Chimie moderne.
- Cela étant dit, il ne faudrait pas croire cependant que la science chimique doit se renfermer exclusivement dans l’examen, purement matériel, si je puis m’exprimer ainsi, des réactions des corps entre eux; si l’on s’en tenait là,on se tromperait singulièrement. La connaissance des réactions sert de base aux conceptions de l’esprit, en même temps qu’elle leur sert de mesure : les faits seuls sont immuables; les théories les relient entre eux, conduisent à de nouvelles découvertes, sont remplacées par d’autres théories, quand un fait nouveau vient à se trouver en contradiction avec les premières, et ainsi de suite, le progrès, comme résultat, suivant toujours une marche ascendante.
- Au laboratoire, et c’est là que je voulais en venir, le chercheur s’appuie donc constamment, sans parti pris, sur la théorie qui le guide et l’expérience qui le fixe; depuis Lavoisier, tous les savants que le xix« siècle a produits se sont inclinés devant cette règle intangible, et c’est pour cette raison qu’a pu se constituer, si rapidement, ce vaste ensemble de connaissances minérales,organiques, biologiques, qui forment aujourd'hui le domaine de la Chimie, et dont, il y a cent ans, on soupçonnait à peine l’existence.
- Si j’ai tenu à exposer ces principes, c’est parce que, s’appliquant aux phénomènes d’ordre purement scientifique, je voudrais montrer qu’ils ne sont pas incompatibles, au contraire, avec les phénomènes d’ordre industriel, en donnant à cette expression son acception la plus générale.
- Je disais, tout à l’heure, qu’au laboratoire les chercheurs
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- LF.CREXT.
- depuis Lavoisier ont été constamment pénétrés de cette idée que la théorie et l’expérience doivent s’éclairer mutuellement. Nous savons tous qu’au courant de ce siècle, en industrie, en agriculture, celte vérité est loin d'avoir été admise généralement. Nous avons, au Conservatoire des Arts et Métiers, une œuvre de Dalou qui symbolise ingénieusementcette remarque. Au pied du monument du grand agronome Boussingault, la Science, un livre à la main, exhorte un agriculteur robuste à arracher les ronces qui recouvrent sa terre; l’agriculteur jette sur la Science un regard méprisant en ayant i’air de dire : « Que me veut cette étrangère? »
- Certes, en industrie comme en agriculture, cet état d'esprit disparaît de plus en plus ; mais il n’est pas mort complètement, et souvent, dans mon laboratoire, j’entends encore répéter la vieille formule : « Il y a loin de la théorie à la pratique! » ce qui sous-entend qu'il y a loin de l’expérience du laboratoire à l’expérience industrielle, ou que les lois qui président à l’une et à l’autre ne sont pas tout à fait les mêmes.
- Rien n’est plus faux que cette affirmation; tous les progrès industriels et agricoles accomplis depuis cinquante ans le démontrent péremptoirement, et il ne serait pas possible, certainement, de citer un seul exemple d’un procédé, étudié sérieusement dans le laboratoire, qui n’ait, si les conditions économiques en permettent l’emploi, donné industriellement les résultats observés quand, bien entendu, on en a conduit attentivement l’établissement.
- 11 y a, assurément, quand on passe du laboratoire à l’usine, une part d’inconnu qui lient à la question de masse et aux actions secondaires qu’on ne peut le plus souvent pas saisir quand on opère sur de petites quantités, mais cette part d’inconnu elle-même ne résiste pas à l’investigation scientifique, et le chimiste, après quelques observations bien faites, sait rapidement en tenir le compte qu’il convient.
- L’histoire n’est plus à faire des procédés industriels montés, abandonnés, puis repris lorsque s’est trouvé le savant capable d’en vaincre les inconvénients primitivement reconnus; j’aurai l’occasion d’en rappeler bientôt quelques-uns et
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- tBS GRANDES INDUSTRIES CHIMIQUES A L EXPOSITION DE 1900. 17
- celle observation vienl, plus que n’importe quel argument, à l'appui des idées que je soutiens.
- Cette observation va plus loin encore, elle prouve que partout où la Science a sa place marquée, elle doit intervenir comme un conseil nécessaire, indispensable, sous peine de mettre rapidement l'industriel ou l'agriculteur qui s’en affranchit en état d'infériorité sur ses concurrents.
- Dans Tordre industriel, nia conclusion, fruit du raisonnement et de l'observation la plus générale, est donc la même que dans l’ordre scientifique pur. Nous connaissons tous, et je le rappelais tout à l’heure, ce qu’ont été, grâce à l'unité de méthode, les progrès scientifiques accomplis au courant de ce siècle; nous allons, maintenant, pénétrer dans l’Exposition et c’est en prenant comme base la conclusion que je viens de formuler que nous examinerons, dans chaque nation importante, les grandes industries qui y sont représentées.
- Si nous arrivons, comme j’espère le montrer, à nous rendre compte que les industries les plus perfectionnées sont précisément celles qui ont su employer le mieux le contrôle scientifique; que les nations qui font journellement dans celte voie les progrès les plus sensibles sont aussi celles qui savent faire le meilleur usage des connaissances acquises et des professionnels qui détiennent ces connaissances, nous aurons tiré, de notre examen, une observation qui devra nous servir de guide dans l’avenir et qui sera ce que nous pourrons appeler la leçon de VExposition de 1900.
- Je donnerai à ces éludes la division qui préside à mes leçons du Conservatoire des Arts et Métiers, savoir : i° Industrie des produits chimiques; a® Industries basées sur l’ulilisatiou des matières végétales; 3° Industries basées sur l'utilisation des matières animales. Bien entendu, j’insisterai surtout sur les industries les plus importantes.
- Le prochain article sera consacré à l'examen de la grande industrie des produits chimiques.
- 3* Série, t. ///. a
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- 1.
- L'INDUSTRIE DES PRODUITS CHIMIQUES.
- Au premier rang des industries que nous devons examiner, par sa qualité plutôt que par la valeur totale comparative de ses objets, se place la fabrication des grands produits chimiques. La raison en est simple. En effet, la transformation des matières premières diverses en produits manufacturés, transformation qui donne naissance aux différentes industries développées dans un pays, ne se fait pas simplement à l’aide des opérations manuelles ou mécaniques, quelle que soit la variété de celles-ci; il y faut en outre, le plus souvent, pour ne pas dire toujours, l’intervention d’agents chargés, soit d’opérer les modifications successives que l’objet initial doit subir au cours du travail, soit d’éliminer de cet objet certaines impuretés qui le souillent ci l’empêchent de pouvoir revêtir, immédiatement, la forme sous laquelle il sera livré plus tard à la consommation. Ces agents, auxiliaires indispensables du fabricant, sont désignés sous le nom général de produits chimiques, et l’on conçoit maintenant pourquoi c'est par leur examen que nous devons commencer. Ces produits sont nombreux, mais tous, industriellement, n’ont pas la même importance; les uns sont d’origine minérale, les autres d’origine organique. Pour ne pas perdre de vue le but que je veux poursuivre, c’est à l'étude des grandes industries chimiques seules que je bornerai mon travail.
- La grande industrie chimique minérale a passé, dans le courant de ce siècle, par deux phases bien distinctes; une troisième se dessine nettement aujourd'hui; l’Exposition actuelle les montre toutes les trois en présence, il est donc intéressant de les examiner successivement; je le ferai aussi simplement que possible.
- A l'origine, et cette origine nous reporte seulement au
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- LES GRANDES INDUSTRIES CHIMIQUES A L'EXPOSITION DE IguO. I<J
- commencement de ce siècle, la gronde industrie chimique minérale fui basée sur la production de l’acide sulfurique ai lo fabrication du carbonate de soude par te procédé de Leblanc. Cette situation se maintient encore dans des usines importantes de France, d'Angleterre et d’Allemagne, et il est facile d’examiner comment elle répond aux besoins les plus importants de l’industrie en général.
- L’acide sulfurique, cet agent chimique si puissant, se produisit d’abord par l'oxydation, au moyen de l'acide azotique, de l’acide sulfureux obtenu par la combustion du soufre de Sicile. Aujourd’hui, ce soufre est remplacé par la pyrite, sulfure de fer pur ou plus ou moins cuivreux qu’on trouve en abondance en Espagne, en Portugal, et en France dans la vallée du Rhône. L’oxydation de l’acide sulfureux se fait dans de grandes chambres de plomb sur la construction desquelles il est inutile d'insister. Cet acide obtenu permet de préparer tous ses sels : sulfate de fer, de cuivre, sulfate d’alumine, aluns, etc.
- Réagissant sur le chlorure de sodium ou sel marin, il donne du sulfate de soude et de l’acide chlorhydrique. Cedernier acide, à part certains cas, est fort peu utilisé directement, il sert surtout à la production du chlore.
- Traité en effet par le bioxyde de manganèse, il donne du chlorure de manganèse et du chlore qu’on utilise à la production des chlorures dits décolorants ou hypochloriies de chaux (chlore), de soude (eau de Javelle), de potasse (eau de Labarraque).
- Le chlorure de manganèse restant comme résidu, traité dans des conditions particulières (procédé Weldon) par la chaux en présence de l’air, régénère le bioxyde de manganèse qui peut ainsi rentrer en travail indéfiniment.
- L’acide chlorhydrique peut aussi céder le chlore qu’il contient, grâce à la réaction indiquée par Deacon, et dont les travaux de Hurler, de Ko!b et de Hargreaves ont achevé de réaliser l’application. Cette réaction consiste à utiliser la transformation du chlorure cuivrique e» oxychlorure par l’action de la chaleur en présence de l'air : le chlorure cuivrique contient deux atomes de chlore, un de ces atomes se dégage
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- quand il passe à l'état d'oxychlorure ; mais celui-ci, en présence du gaz chlorhydrique, repasse à l'état primitif, dégage de nouveau le chlore qu’il a fixé, et ainsi de suite, le sel de cuivre servant d’une façon continue à l'extraction du chlore de l’acide qui se dégage des fours à sulfate.
- Le sulfate de soude, produit par l’action de l’acide sulfurique sur le sel marin, traité par le charbon et la craie ou carbonate de chaux, donne du carbonate de soude, du sulfate de chaux et du sulfure de calcium. C’est la réaction que Leblanc imagina, à la Pin du siècle dernier, lorsque les grandes guerres de la Révolution nous eurent privés delà soude naturelle que nous lirions de la Hongrie, de l’Espagne et de l’Égypte. On sait quels sont les services que rend le carbonate de soude (cristaux de soude) dans la fabrication des savons, de la verrerie fine, ainsi que dons différents usages domestiques et industriels tels que le blanchiment et le décreusage des fibres textiles et pape-tières. Le résidu de celte fabrication, sulfate et sulfure.de calcium, la charrée, comme on l’appelle, a été longtemps inutilisé; on sait aujourd’hui extraire le soufre qu’il contient d’une façon satisfaisante, quoique encore un peu imparfaite, et ce soufre rentre en fabrication concurremment avec la pyrite, en tôle de la batterie productrice d’acide sulfurique.
- Si j’ajoute que des résidus de pyrite, après combustion, on peut retirer le fer et le cuivre par les procédés de la Métallurgie, on voit qu’en somme la vieille industrie chimique a su, au courant de ce siècle, faire un usage bien compris de la Science, puisqu’elle ne laisse sans emploi aucun résidu de valeur, et cela explique, comment, malgré les procédés nouveaux qui la battent en brèche depuis un certain temps déjà, elle se maintient encore fort bien portante.
- Le Tableau suivant en donne d’ailleurs une idée :
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- LES GRANDES INDUSTRIES CHIMIQUES A L’EXPOSITION DE 1900. 21
- 18S; 1895.
- Soude Soude à Soude Soude a
- Leblanc, l’ai nmooiaque. Leblanc. l'ammoniaque.
- Tonne*. Tonnes. Tonne».
- Angleterre .. 380000 52000 340000 (81000
- Allemagne .. 565oo 44000 40000 210000
- France .. 70000 07000 20000 i5oooo
- États-Unis » 1100 20000 80000
- Autriche-Hongrû 3. 39000 1000 20000 70000
- Russie 0 » IOOOO 5oooo
- Belgique .. 6000 3oooo
- Bien entendu, l’industrie ainsi établie permet Panncxion de la fabrication de tous les produits secondaires et notamment des engrais chimiques, suifate d'ammoniaque et superphosphates, de l’acide azotique et des produits qui en dérivent, par le contact à chaud du salpêtre (nitrate de soude) importé du Chili et de l'acide sulfurique.
- En ce qui concerne la fabrication de l'acide sulfurique, il me faut signaler l'importance de plus en plus grande que prend en Allemagne l'utilisation du procédé Winkler, dont l'invention remonte à l’année 1875. Ce procédé consiste dans l'union directe de l’acide sulfureux, produit par la combustion des pyrites, avec l’oxygène, au contact de l’amiante platiné. Jusqu’en ces derniers temps, cette combinaison n’avait été utilisée que pour la production de l’anhydride sulfurique nécessaire à la fabrication de l’acide fumant dit de Xordfiaa-sen. Depuis 1889, la Société Badische Andin und Soda-Fabrtk, de Ludwigshafen-sur-Khin, a apporté à la méthode de Winkler des perfectionnements tels qu elle permet la production directe de l’acide sulfurique moins concentré. De là, suppression complète de l’acide azotique et des chambres de plomb. Plusieurs grandes usines allemandes sont également entrées, à l’aide de brevets spéciaux, dans celte voie nouvelle.
- Ainsi qu’011 le voit par ce qui précède, la première forme
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- aa K. FLErREXT.
- sous laquelle se montre à nos yeux l'industrie des produits chimiques minéraux a pour pivots principaux la fabrication de l’acide sulfurique et de la soude*
- En iS-a.Hargreaves et Robinson installèrent en Angleterre un procédé permettant d’employer directement l’acide sulfureux, provenant de la combustion du soufre ou des pyrites, à la production du sulfate de soude, en faisant réagir ce gaz sur le sel marin en présence de l’oxygène de l'air et de la vapeur d’eau*
- C'était là le premier coup de pioche donné dans le vieil édifice chimique, puisque ce procédé permettait de supprimer la fabrication de l’acide sulfurique, en réalisant comme économie l'emploi de l’azotate de soude (salpêtre du Chili) à la production de l’acide azotique necessaire à l'oxydation de l’acide sulfureux.
- Ce n'était la cependant qu’une solution incomplète, quant à la fabrication du carbonate de soude.
- La même année, Solvay, reprenant le procédé breveté en 1855 par Schlœsing et Rolland, réalisait la production directe de ce sel, créait cette magnifique usine de Dombasle, près Nancy, qui à elle seule fabrique annuellement 3ôooo tonnes de cristaux de soude et 20000 tonnes de soude et sels caustiques (production totale 170000 tonnes environ) et dont les ramifications devaient bientôt s'étendre en Angleterre, en Allemagne, en Belgique et en Russie. Avec ce procédé l'industrie chimique entre dans celte deuxième phase que nous devons maintenant examiner.
- La soude fabriquée par le procédé Solvay est connue sous le nom de soude à lammoniaque. Elle est obtenue de la manière suivante : On sature de gaz ammoniac une solution de sel marin et l’on traite le tout dans des appareils appropriés par un courant d’acide carbonique à la pression de 1 7 à 2 atmosphères. Dans ces conditions, il se forme du bicarbonate d'ammoniaque, qui, réagissant sur le sel marin, donne, par doub’e décomposition, du bicarbonate de soude et du chlorhydrate d'ammoniaque.
- Le bicarbonate de soude, soumis à l’action de la chaleur, perd une molécule d’acide carbonique qui rentre en travail,
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- LES GRANDES IXOi'STRIES CHIMIQUES X L'EXPOSITION DE 19OO. 23
- ci donne du carbonate de soude sec qu’on peut vendre directement ou sous la forme de cristaux après l'avoir fait dissoudre et recristalliser.
- Quant au chlorhydrate d'ammoniaque, il peut être utilisé de deux façons. Si on le traite par la chaux, il dégage l'ammoniaque qu’il contient, ammoniaque qui est à nouveau employée à la saturation de la solution de chlorure de sodium et donne du chlorure de calcium.
- Mais ce chlorure de calcium est un produit presque sans valeur.
- SI, au contraire, on traite le chlorhydrate d'ammoniaque par la magnésie, on obtient encore d’un côté l’ammoniaque libre, mais on a comme résidu du chlorure de magnésium, qui, par calcination en présence de l’air, dégage le chlore qu’il contient et qui, dès lors, permet l'annexion à l’usine de la fabrication des chlorures décolorants (Procédé Schlœsing).
- Les Tableaux suivants montrent l’importance de la production Solvay par rapport à la production totale de soude et donnent la variation du prix de la tonne de ce produit depuis trente ans.
- Production Production
- totale. Solvay.
- Prix
- de la tonne dcsoudc(i;.
- 1864-G8 372000 3oo
- 1869-73 330000 2600
- 1874-78 323000 20000
- 1879-83 f*75000 90 300
- 1884 88 800 000 9.85 000
- 1889-93 1023000 485000
- 1891-98 1 >5oooo 680000
- 1899-1900... 1200 000 900000
- 18G9-73....... 280
- 1874-78....... 280
- 1879-83....... 170
- 1881-88....... 1*0
- 1888-92..... 1 iô
- 1892-90....... 110
- 1897-1900... 100
- Telle est la deuxième forme sous laquelle nous rencontrons
- (’) En 1S10, la soude brute Leblanc valait >5oo'r la tonne: en i$33, le prix variait encore de •J3or“ ii
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- é. FLEURENT.
- aujourd'hui, à côté de la première, la grande industrie de la soude.
- L’emploi du courant électrique, dont l'utilisation a fait, depuis une quinzaine d’années, de rapides progrès, se présente maintenant à nous comme la troisième source d’énergie utilisable a la production des composés chimiques. Cette source peut se manifester sous deux formes distinctes : énergie calorifique, énergie chimique.
- L’arc lumineux, jaillissant entre deux charbons, possède une température très élevée; captée dans des fours spéciaux, dits fours électriques, cette température, qui atteint 35oo degrés, a fait faire à la Métallurgie des progrès Immenses, dus aux travaux brillants de M. Moisson. 11 n’entre pas dans le cadre de ce travail de les examiner. Mais, à côté de la production de métaux que l’on ne connaissait jusqu'ici qu'à titre de curiosité ou seulement par leurs combinaisons, Tutilisalion de la chaleur de l’arc a conduit à la production de composés nouveaux, dont le carbure de calcium est le type, carbure qui, entre les mains de M. Butlier, a donné naissance à cette belle industrie de l’acétylène, si intéressante au point de vue de l’avenir de l’éclairage.
- Le courant électrique qui se manifeste à travers le conducteur qui réunit les bornes d'une pile, dirigé, dans des conditions convenables, à travers de l'eau, des solutions salines, des solutions acides, produit des effets chimiques dont un grand nombre ont reçu déjà des applications industrielles importantes.
- La production de l'oxygène et de l’hydrogène par décomposition de l’eau acidulée; la production des persulfates de potassium et d'ammonium : la production du chlore libre et de la soude et par conséquent des chlorures décolorants par l'élecirolvsedu chlorure desodium en solution; la production du chlorate de potasse par i'clcctrolyse à chaud du chlorure de potassium; la fabrication du permanganate de potasse par l’électrolyse d’une solution de manganate de potasse; la fabrication des bichromates ; la production de certaines couleurs minérales, ccruse, vermillon, etc., de certains produits organiques tels que l'iodoforme et le bromofurme; d’autres, encore, sur lesquelles je n’insiste pas, montrent que l’in-
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- LES GRANDES INDUSTRIES CHIMIQUES A l’I'XPOSITION DE lÿOO. î5
- dustrie chimique, basée sur l'emploi du courani électrique, est depuis quelque temps déjà sortie de l'enfance et qu’elle s'apprête à lutter sérieusement contre ses deux rivales. Mais le piix de revient actuel du courant électrique lui impose des conditions spéciales dont la plus importante est la recherche à bon marché de la force motrice. C'est ce qui fait que les usines électrochimiques sont toutes installées dans les pays montagneux où les chutes d’eau se rencontrent en abondance. Sous ce rapport, la Suisse et la France sont particulièrement favorisées. Ces vallées de nos Alpes dauphinoises, depuis la première installation faite par M. Gall à Soinl-Michel-de-Maurienne, pour ses procédés de préparation des chlorates, se couvrent d'usines, et actuellement on évalue à près de 70000 chevaux, la force utilisée pour la fabrication des composés chimiques et des métaux au moyen de l’électricité.
- Telles sont les trois formes que revêt, actuellement, l'industrie des produits chimiques, formes bien intéressantes, on le voit, et qui toutes trois, actuellement, se disputent le marché du monde. De ces trois modes de travail, lequel l'emportera définitivement? bien imprudent serait celui qui voudrait, aujourd’hui, tirer l'horoscope de l'un ou de l'autre. 11 ne faut pas oublier, en effet, que les usines dont nous nous occupons sont, en réalité, de vastes laboratoires ayant à leur tête des savants éprouvés, toujours sur la brèche, luttant par conséquent presque à égalité. Mais la fée Électricité nous a habitués à tant de surprises, elle est si jeune encore pour nousquoique déjà bien vieille, qu'on peut saluer son entrée dans la carrière et se demander si là, comme ailleurs, elle n’est pas l’espoir de l’avenir.
- Pénétrons, maintenant, dans l’Exposition et examinons, dans chaque nation importante, les produits exposés par les trois formes d’industrie que je viens d’examiner. Je n’entends pas, aujourd'hui, émettre une opinion sur la supériorité de
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- Tune ou de l'autre de ces nations : ce sera l’objet d'un article en forme de conclusion. Je veux seulement indiquer à mes lecteurs les vitrines de quelques exposants dont les produits viendront, comme une véritable leçon de choses, compléter les développements qui précèdent et les fixer d’une façon plus nette dans leur esprit.
- L’exposition des produits chimiques est située au Champ-de-Mars, dans le palais qui longe l’avenue de SuflVen, non loin de la galerie des Machines, aujourd'hui palais de l'Alimentation. J’engage les visiteurs à suivre, au rez-de-chaussée, toute l’allée centrale jusqu’à la classe du papier et à prendre, à gauche, l’escalier qui conduit au premier étage et au-dessus duquel est inscrit le litre : Produits chimiques et pharmaceutiques. Iis se trouveront alors dans la section française qui s’étend transversalement jusqu’au côté opposé.
- L’emplacement réservé à nos produits nationaux ne me paraît pas très favorable; il n’a pas permis, en effet, la condensation nécessaire pour apprécier d’un coup d’œil la puissance que notre industrie défend si vaillamment; de plus, l'organisation elle-même laisse à désirer par un abandon de méthode inexcusable chez des hommes de science; les catégories se mêlent un peu trop et il en résulte une difficulté d'examen qui frappe les personnes compétentes, à plus forte raison les profanes, et qu’on ne rencontre dans aucune des sections étrangères.
- Quoi qu'il en soit, la vieille industrie est représentée là par la Société de Saint-Gobain, Chauny elCirey; le visiteur pourra y suivre la transformation du soufre ou de la pyrite en acide sulfurique, du sel marin en sulfate et carbonate de soude, de l'acide chlorhydrique en chlorures décolorants et chlorates, du nitrate de soude en acide azotique, etc. Au sommet de la vitrine ils y verront un appareil portant ce titre : Cellule pour le procédé Hargreaves. C'est là le commencement de l’introduction de l'Électrochimie dans la vieille usine : le procédé Üargreaves consiste, en effet, à électrolyser le sel marin pour en extraire le chlore d'un côté, la soude caustique d’un autre, soude qui, dons l’appareil même, et par le passage continu d’un courant d'acide carbonique, se transforme en
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- LES GRANDES INDE STR J ES CIIIUIQEES A I.'EXPOSITIOX DE l <,<*>. TJ
- carbonate. Lïnduslrie des engrais chimiques occupe aussi une large place dans celte vitrine.
- D'autres grandes maisons : la Société Malétra, de Rouen; Kuhlmann, de Lille, etc., sont aussi représentées en cet endroit, mais je n’y insiste pas; je ne juge pas, en effet, les expositions différentes, j'en choisis une comme type à l'appui de mon raisonnement.
- Tout près, on verra, occompogné de produits qui font fui, le plan en relief de l’usine de Dombasle, qui représente ici le procédé delà soude à i ammoniaque, usine puissante bâtie sur les salines de l’Est, qui occupe 1600 ouvriers, avec batteries de chaudièresde 3ooochevaux commandant 65 machinesà vapeur.
- De ce point, les visiteurs verront surgir du rez-de-chaussée, vers le plafond du palais, une haute colonne en fonte, formée de tronçons superposés, avec agitateur, ressemblant à une colonne à distiller. C’est la colonne Mallet, puissant auxiliaire de l’industrie des engrais ammoniacaux : c’est dans cette colonne en effet, que, mélangées à un lait de chaux et ruisselant du sommet à la base où elles sont chauffées par la vapeur, les eaux ammoniacales du gaz d'éclairage, les eaux vannes, etc., abandonnent leur ammoniaque que l’on transforme ensuite en sulfate au moyen de l’acide sulfurique.
- J'engage les visiteurs à parcourir ensuite les galeries du premier étage et à admirer quelques expositions particulières sur lesquelles je ne puis insister : tartre et acide taririque et citrique, résines et vernis, couleurs minérales, raffinage du soufre, brome et iode extraits des cendres de varechs, et à examiner, dans la section autrichienne, l’exposition de la grande industrie chimique qui me parait fort en progrès; il»y retrouveront les traces de la lutte que je signale au cours de cet article.
- Redescendant l'escalier et traversant sans s’arrêter la classe du papier, on rencontrera, en revenant vers le palais de l’Alimentation, l’exposition russe, à coté de l’exposition anglaise, très importante, et enfin l’exposition allemande.
- Je prie le lecteur, désireux de s’instruire à la clarté des faits, de pénétrer dans celte exposition qui, ici, est collective et de s’y arrêter un instant, il y trouvera cette condensation, celle méthode de groupement qui manque à la section
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- française»défaut qui nuilà son importance réelle. J’espère qu’il en sortira convaincu de la puissance d'organisation et de travail de noire rivale et de la nécessité de voir pénétrer chez nous un peu de ces qualités qui ont si puissamment contribué, depuis i$6«, à son essor industriel et commercial. Dans celte exposition se trouve un monument élevé à la gloire des mines de Sirassfurt, monument dont le piédestal est fait de sel extrait de la mine : on sait que c’est de cette mine qu’on relire, outre le chlorure de sodium et différents autres produits, les engrais potassiques dont s’alimente l'agriculture européenne et dont je dirai un mot plus loin.
- Une mention spéciale doit être faite aussi : i* de la préparation des gaz liquéfiés : chlore, ammoniaque, acide sulfureux et acide carbonique, expédiés en siphons métalliques; c'est une fabrication qui n'existe pas chez nous en dehors de celle de l’acide carbonique extrait des cuves de fermentation; a0 de la poterie, genre Doulton, que l’on rencontre aussi dans In section anglaise, résistant aux acides et que l’industrie allemande sait façonner en objets : pompes, colonnes à distiller. si nécessaires à certaines industries chimiques.
- Notons, également, que la machine à air liquide, de Linde, fonctionne dans celte exposition.
- Si le visiteur veut maintenant remonter au premier étage, longer derrière le Château d’eau l’exposition de l'Électricité» il trouvera, en tournant à droite avant de rentrer dans le palais de rAlimeniaiion (classe 2ï), l’exposition de la Société d’Électrochimie, usine de Vallorbe (Suisse), et Saint-Michel-de-Maurienne (Savoie), avec les magnifiques produits qu’elle fabrique : chlorates, persulfates, permanganate de potasse, etc., et la belle exposition de la Société des carbures métalliques, Société qui, d’ici à quelques jours, dans l’annexe de la classe 24, près de la grande cheminée de l’avenue de La Bourdonnais, fabriquera, sous les yeux du public, du carbure de calciumdans un four électrique de dimensions industrielles.
- Les principaux sels de potasse extraits des mines de Strass-furl sont :
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- US GRANDES INDUSTRIES CHIMIQUES A LEXPOSITION DE 1900. 29
- 1* La sylvine, chlorure double de potassium et de sodium;
- 2• La carnallite, chlorure double hydraté de potassium et de magnésium ;
- 3* La schœnite, sulfate double hydraté de potassium et de magnésium ;
- 4* La kiesérile, sulfate hydraté de magnésium;
- 5° La kaînite, mélange de sulfate double de potassium et de magnésium et de chlorure de magnésium ;
- 6° La polyhalite, mélange de sulfate hydraté de calcium, de magnésium et de potassium.
- Ces sels, désignés primitivement sous le nom àe sels encombrants (Abrau/nsal-e),sonl soit vendus tels quels, soit traités pour en retirer le chlorure de potassium à 80 pour 100 de pureté; 75 pour 100 de la masse totale sont ainsi vendus pour être utilisés par l'agriculture du monde entier, les 20 pour 100 restant sont réservés à l'industrie chimique et en particulier à la fabrication du carbonate de potasse parle procédé Leblanc, à la production du chlore, etc. Le Tableau suivant indique la quantité de sels divers expédiés en 1898 :
- Chlorure de potassium à 80 pour 100............. 1779S3
- Sulfate de potasse à 90 pour 100................ 17781
- Sulfate double de potassium et de magnésium
- calciné à 48 pour ioo............................. n>535
- Sulfate duuble de potassium et de magnésium
- cristallisé à 40 pour 100........................... 914
- Sels calcinés pour engrais............................ 3190
- Kiesérile calcinée et pulvérisée....................... 728
- Kiesérile en blocs................................... 19934
- Kaînite et sylvine................................. 1006226
- Carnallite et kieséritc minière...................... 67982
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- II.
- INDUSTRIES BASEES SOR L'OTILISATION DES MATIÈRES VÉGÉTALES.
- MATIÈRES COLORANTES-
- Faire l’hisloire des matières colorantes artificielles utilisées aujourd’hui et des matières premières qui servent à leur fabrication, matières qui, par leur origine, se rattachent aux matières végétales, serait vouloir faire l’histoire de la Chimie organique elle-môme depuis un demi-siècle; histoire bien intéressante, il est vrai, et qui serait la vérification même de ce que je disais précédemment, car elle montrerait à tout instant, en même temps que la fécondité des conceptions théoriques, l’application industrielle suivant immédiatement la découverte du laboratoire. Je ne veux pas tenter de faire cette histoire, ici surtout; je ne puis, cependant, m’abstenir de consacrer quelques lignes à cette industrie si puissante, certain que mes lecteurs me sauront gré de les avoir initiés à plusieurs détails spéciaux que, sans doute, ils ignorent.
- C’est en i856que Perkin fabriqua, au moyen de l’aniline, la première matière colorante violette artificielle, connue sous le nom de mauvdinc. Depuis cette époque, le nombre des produits similaires est devenu si considérable qu’il faudrait, en une classification raisonnée, plusieurs volumes pour les décrire.
- Tous ont pour base de fabrication la distillation de la houille en vase clos, distillation qui aboutit à la production du gaz d’éclairage, des eaux ammoniacales et du goudron et, enfin, du coke ordinaire ou métallurgique.
- Nous avons vu, dans notre dernier article, ce que deviennent les eaux ammoniacales entre les mains des fabricants d’engrais. Nous savons ce que devient le coke.
- Quant au goudron, soumis à la rectification, il donne naissance à cinq carbures d’hydrogène principaux, dont trois sont
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- liquides : la benzine, le toluène et le xylène, dont deux autres sont solides: la naphtaline et l'anthracène, carbures qui,soumis aux diverses réactions par voie d’addition ou de substitution que le chimiste soit aujourd’hui produire presque à volonté, donnent naissance à ces difiérentescouleursdont les unes teignent la soie, les autres, la laine, les autres, enfin, le coton.
- L’industrie des matières colorantes artificielles est d’origine française et anglaise; cependant, actuellement elle est, pour plus des deux tiers, aux mains de l’Allemagne. Un coup d’œil jeté sur l’Exposition, dans la classe des produits chimiques, suffira pour se rendre compte de cette réalité. Dans la section française, on remarquera quelques vitrines dont l’une, seule, a une importance sérieuse : c’est celle de la Société des matières colorantes de Saint-Denis (Établissement Poirrier et Dalsace), établissement dans lequel ont clé réalisées un grand nombre de découvertes qui font grand honneur à la Science et à l'Industrie françaises.
- Si l’on pénètre ensuite, par l’allée centrale, dans le salon de l'exposition des produits chimiques allemands, on se trouvera en face des matières premières et des produits colorants fabriqués par nos concurrents. Ici encore, ces produits sont classés avec un ordre et une méthode remarquables; ils remplissent plusieurs grandes vitrines et ils donneront au visiteur l’idée exacte de la variété presque infinie des matières qui peuvent entrer aujourd’hui dans la cuve du teinturier.
- La découverte de ces matières colorantes a détrôné à peu près la culture des plantes tinctoriales; la garance, notamment, a cédé le pas à l’alizarine artificielle. Ce qu'on sait moins, parce que cela date de trois ans à peine, c’est que la synthèse de l’indigo est devenue industrielle en Allemagne et que, d’ici peu, ce nouveau produit fabriqué remplacera, si l’on n’y prend garde, les produits naturels venant d’Asie, d'Egypte ou d’Amérique.
- La fabrication des matières colorantes a suivi en Allemagne une marche croissante depuis 1874- A cette époque, l'importance de sa fabrication était de 3o millions de francs; elle dépasse aujourd’hui 80 millions de francs, le nombre de kilo-
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- grammes produits ayant subi une augmentation plus que proportionnelle, puisque les prix par unité ont baissé de six dixièmes à peu près. L'exportation s’élève à 70 millions de francs environ. Celle production, en y comprenant celle de composés organiques divers, se fait dans 48 usines occupant près de 20000 ouvriers sur 4‘100° qu’emploie {‘industrie chimique en général.
- D’où vient cet essor considérable? On peut dire que, en dehors des qualités pratiques que présente l’industriel allemand, de son opiniâtreté dans la lutte, facteurs qui ne sont pas négligeables, les progrès que je signale plus haut sont dus à l’introduction du personnel scientifique dans l’usine. Nulle part, cette introduction ne s’est faite avec tant d’à-propos et l’on peut dire qu’en Allemagne môme, à ce sujet, c’est la branche d’industrie que nous examinons en ce moment qui a donné le signal aux autres industries chimiques et leur a servi de modèle.
- Tout d’abord, l’industrie des matières colorantes a su s’assurer, en abondance et à bas prix, la matière première. Tandis qu’en Angleterre et en France, nous fabriquions notre coke métallurgique, sans récupérer, à la sortie, le goudron et les eaux ammoniacales qui se dégagent, en Allemagne, sur le carreau de la mine, on élevait, de i88oà i883, des fours nouveaux, dans lesquels cette récupération permet l’extraction en grand des carbures dont j’ai donné plus haut l’énumération; plus de 3ooo de ces fours fonctionnent actuellement dans les pays d’ouire-Rhin et ils ont permis de subvenir en grande partie aux besoins sans cesse croissants de l’industrie, aux dépens des importations anglaises et françaises.
- Cela étant, les industriels allemands savaient attirer et conserver chez eux les chimistes que formaient, depuis longtemps déjà, sur l imitation de celui de Liebig, les laboratoires de toutes les universités allemandes. Ce personnel scientifique se trouvait là à point donné et je ne puis mieux faire pour donner une idée de l’importance qu’il a pris dans celte branche particulière d’industrie que de citer les chiffres suivants : La Société par actions pour la fabrication des couleurs d’aniline de Berlin occupe trente chimistes; la Société badoise de Lud-
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- wigshafen en occupe cent seize, dont deux comme directeurs ; la Société des Matières colorantes de Ilœcbst en occupe cent, etc.
- C’est ce personnel, constamment occupé de l’étude des problèmes nouveaux que soulève la marche vers le progrès, qui a conduit l’industrie allemande des matières colorantes à la conquête de la prépondérance que nous lui reconnaissons; puisse cet exemple profiter à nos compatriotes et les persuader que les sacrifices que l’on fait à la Science sont de ceux dont on ne tarde pas à recueillir les fruits.
- DISTILLATION DES BOIS.
- Je voudrais dire quelques mots simplement de la distillation des bois. C’est une de nos industries nationales qui subit, depuis une vingtaine d’années, une crise qui va sans cesse en augmentant et qui la force à une évolution intéressante de son mode de travail.
- La distillation des bois, par chauffage en vase clos, donne naissance au charbon de bois, à de l’acide pyroligneux et à du goudron. Il n*y a pas longtemps encore, le charbon de bois représentait, dans cette fabrication, une valeur importante; le goudron, au contraire, était une quantité plutôt négligeable. Depuis que la houille, le gaz, le pétrole et ses dérivés ont pris, petit à petit, une grande place dans les moyens de chauffage domestique, lé charbon de bois a perdu son rang de produit principal et, dans les usines bien conduites, ainsi que nous le montre l'Exposition de 1900, le goudron, au contraire, est tiré de l’oubli pour donner naissance à une utilisation intéressante au point de vue des produits pharmaceutiques.
- L’acide pyroligneux, distillé sur de la chaux, donne du méthylène ou alcool méthylique, et de l'acétate de chaux. Celui-ci, traité par l’acide sulfurique, régénère de l’acide acétique. Si on le distille à feu nu, l’acétate de citoux donne de l’acétone.
- L’acide acétique sert à fabriquer, par double décomposition, les acétates de fer, d’alumine et de chrome, employés comme mordants dans la teinture à l’alizarine.
- 3* Série, t. III. 3
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- L'acétone, ajouté au méthylène, dans la proportion de a5 pour ioo, sert à la constitution du méthylène type régie, nécessaire à la dénaturation des alcools. Traité dans des conditions spéciales, il donne naissance au chloroforme et à l’iodoforme.
- Il y a là, comme on le voit, matière à une industrie importante.
- Aujourd'hui, ainsi que je le disais précédemment, le goudron est distillé et, entre autres produits importants, donne la créosote pure et du gaïacol cristallisé, dont la pharmacie fait un usage de plus en plus grand pour le traitement des maladies de poitrine.
- Dans l'exposition française des produits chimiques, l’usine Lambioue, de Prémery (Nièvre), représente le type de l'industrie moderne, telle que je viens de la décrire sommairement. Le visiteur suivra avec intérêt, dans sa vitrine, la succession des produits extraits de l’acide pyroligneux et du goudron. En ce qui concerne ce dernier produit, l'importance qu'il occupe est démontrée clairement par la diversité des préparations pharmaceutiques qui y sont représentées.
- L’industrie de l'Allemagne, dans cette voie, me paraît plutôt inférieure. Mais nous sommes tributaires de celle nation pour les colonnes en grès nécessaires à la fabrication rapide et économique de l’acide acétique cristallisable. C’est dommage, car, réellement, la fabrication, en France, de grès semblable n'est pas impossible. Il ne s’agit, pour y arriver, que de quelques éludes successives à poursuivre.
- ESSENCES PARFUMÉES.
- L’industrie de la parfumerie comprend deux parties bieti distinctes : la production des essences parfumées, la fabrication de liquides alcooliques, de pommades, dans lesquels les essences produites sont mélangées à doses soigneusement calculées, et constituent ces produits d’odeur si délicate, dont la variété est, pour ainsi dire, infinie, que la coquetterie fémi^ nine recherche de toute antiquité. Sous ces deux rapports, tant par sa situation géographique qui permet sur sés côtes
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- du Midi la culture des fleurs les plus recherchées que par le goût spécial qui est propre au génie de notre race, l’art de la parfumerie est essentiellement français. Mais nous n'avons ici à nous occuper que de la production des essences, qui seule est industrielle.
- L’industrie des essences parfumées se présente aujourd’hui sous deux formes bien distinctes : i* l'utilisation des fleurs, des feuilles et des bois à la production des essences naturelles; 20 la fabrication des produits synthétiques.
- Extraire le parfum des plantes en général : soit par distillation au sein de l’eau, ce parfum se séparant sous la forme d’une huile plus lourde ou plus légère que le liquide aqueux; soit à l’état de liquide alcoolique par macération à chaud avec une graisse qui, insoluble dans l’alcool, abandonne ensuite, par battage avec celui-ci, le produit parfumé qu'elle a dissous au contact de la fleur; soit à l'état de pommade, par enfleurage comme on a dit, par contact à froid de la fleur avec la graisse préparée spécialement à cet effet; telle est la forme ancienne de l’industrie des parfums, celle qui, dans le département des Alpes-Maritimes seul, représente une valeur annuelle de plus de 12 millions et qui, grâce ou climat de notre pays, grâce aussi à celui de l’Algérie, pourra toujours lutter contre la concurrence étrangère tant que ceux qui en sont les maîtres suivront les progrès journaliers de l’agriculture.
- Mais la Chimie a donné à cette vieille industrie une concurrente que, malheureusement, jusqu’ici, nos industriels n’ont pas prise assez au sérieux, aussi bien aux dépens de leur commerce intérieur que de leur commerce d’exportation. Cette concurrente, c'est la fabrication des produits de synthèse, c'esi-à-.dire des produits artificiels possédant le parfum des produits naturels.
- Ces produits sont de deux ordres :
- Ce sont d’abord des produits chimiques nettement définis, liquides ou cristallisés, tels que la vanilline, qui remplace la tanille; l’héliotropine, mélange de vanilline et de pipéronal remplaçant l’héliotrope; Tionone, qui remplace la violette; le citral, qui remplace l'essence de citron ; le bergamiol, qui rem-
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- place l'essence de bergamote; l’aldéhyde anisique, qui remplace l’aubépine, le musc artificiel» etc.
- Mais, à côte de ces produits, dont la fabrication est aujourd’hui industrielle, d’autres sont faits par une voie synthétique toute différente.
- Les essences parfumées naturelles sont des mélanges variables de différents produits : carbures, alcools, éthers, aldéhydes, acétones, dont la composition est bien connue aujourd’hui, grâce aux travaux de nombreux savants. On peut donc, dans certaines conditions, prendre ces composants obtenus séparément et, les mélangeant ensuite dans les proportions convenables, reproduire telle essence que l’on voudra. Si ces composants sont extraits à bon compte d’essences ordinaires dont la valeur est faible; si, au contraire, l’essence qu’on veut reproduire a une valeur assez grande, on conçoit que l’opération puisse laisser derrière elle un large bénéfice. C'est là, bien entendu, une synthèse indirecte, mais qui n’en est pas moins, commercialement parlant, excessivement intéressante.
- Faut-il le dire, ce sont encore les industriels allemands qui ont compris toute l’importance de ces produits synthétiques, et ce sont eux qui, grâce aux chimistes qu’ils ont intéressés à leur fabrication, ont fait faire les plus grands progrès à la connaissance scientifique des parfums. Une maison de Leipzig, la maison Schimmel, est depuis longtemps à la tête de ce mouvement, et elle détient, aujourd'hui avec quelques autres, dans le commerce général des parfums, une place excessivement importante.
- Par pure coquetterie nationale, sous prétexte que les parfums synthétiques n’ont pas la finesse des parfums naturels, nos fabricants ne veulent pas entrer dans la voie qui leur est ainsi tracée. Ils ont grand tort. D'abord parce qu’ils se laissent enlever certains marchés qu’ils pourraient conquérir, et* ensuite, parce qu’ils se laissent créer entre leurs clients actuels et leurs concurrents, un contact qui finira par leur être funeste.
- Certes, il y aura toujours des bourses capables de payer très cher les produits naturels supérieurs en qualité que la France sait produire; mais il faut bien songer que les petites
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- LES GRANDES INDUSTRIES CHIMIQUES A L’EXPOSITION DE l$00. 3ÿ
- bourses, elles aussi, demandent de plus en plus l’accès à la satisfaction des besoins esthétiques, qu’elles sont les plus nombreuses, et que leur clientèle, aussi bien dans notre pays que dans les pays exotiques, ira à ceux qui, avec une qualité peut-être inférieure, offrent néanmoins leurs produits à un prix plus abordable pour elle. Si nos industriels, se renfermant dans une fierté qui, au point de vue commercial, est tout à fait déplacée, ne veulent pas le comprendre, ils auront tort et l’avenir le leur montrera bientôt.
- On aura beau faire et beau dire, ici comme ailleurs, la Science fait faire à l'humanité son évolution vers le bonheur accessible au plus grand nombre; qu’on s’en réjouisse ou qu’on s’en afflige, c’est la loi; bien folle est l’industrie qui, incapable de l’effort nécessaire, s'expose, comme on l’a dit, à avoir la vie courte afin de l’avoir bonne.
- L’industrie des parfums naturels est représentée dans la section française des produits chimiques par la maison Pillet et d’Enferl qui expose les diverses essences de fleurs, de plantes et de bois odorants dont le commerce fait usage. Non loin d’elle, la maison de Laire expose un grand nombre de produits synthétiques; cette maison est à peu près la seule, en France, qui se livre à ce genre de fabrication.
- La collectivité des fabricants allemands expose des produits en grand nombre, dans une classification qui achèvera d’instruire le lecteur de ces lignes. Mes informations me permettent de dire que la plus grande maison allemande, la maison Schimmel, qui, par ses essences imitées de néroli (fleur d’oranger), de jasmin et dylang-ylang, se livre à la synthèse indirecte des essences parfumées, n’est pas représentée dans la vitrine. C’est regrettable; mais il est probable que cette maison, si (1ère, à juste titre, de son importance, n’a pas voulu exposer sous une forme anonyme.
- MEUNERIE ET BOULANGERIE.
- La meunerie est une industrie purement mécanique; elle extrait des grains des céréales, du blé en particulier, la farine que le boulanger transforme en pain. Celte transformation
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- est basée sur les phénomènes qui s’accomplissent, à l’intérieur de la masse soumise au pétrissage, pendant une fermentation spéciale et pendant la cuisson : c’est par là que le travail de la mouture se rattache aux industries chimiques basées sur rutilisation des matières végétales.
- Ici encore, et pour suivre la méthode rationnelle, avant d'appliquer à la matière première les procédés de travail nécessaires, il importe que nous en connaissions bien la nature. Quelle est donc la constitution physique, histologique comme on dît, quelle est ensuite la composition chimique du grain de blé? car c’est, bien entendu, de lui seul que j’entends m’occuper ici.
- L’examen extérieur-fait reconnaître le groin de froment comme formé par la réunion de deux lobes, séparés par un sillon profond. Une coupe longitudinale faite sur ce grain le montre constitué : i° par une enveloppe extérieure colorée, formée par l’assemblage successif de diverses parties : péricarpe, testa, endoplèvre et assise digestive; par le germe nécessaire à la reproduction de la plante; 3* par une masse blanche interne, friable, qui prend le nom d'amande farineuse ou d'albumen.
- Les travaux les plus récents ( » ) montrent que l’amande farineuse représente 83 pour îoo du poids de grain environ.
- Extraire à l’état pur ces 83 pour roo de farine, tel est le problème que les hommes se sont posé depuis un temps immémorial; l’existence des tamis chez les Égyptiens, chez les Romains, chez les Gaulois, le pro.uve surabondamment, ainsi que les perfectionnements apportés a ces appareils depuis ces temps reculés jusqu’à nos jours.
- Est-il juste qu’il en soit ainsi? C’est la Science qui va nous répondre.
- L’enveloppe du grain de blé, le son comme on l’appelle, contient des matières azotées, hydrocarbonées et minérales, matières qui en font, à la vérité, un aliment complet. Mais cette vérité, pour l’homme du moins, n’est qu'apparente; si,
- O) Aimé Girard et lî. Fleurent, Recherchés sur la composition des blés tendras {Ridietm du Ministère de VAgriculture, iSm; N-
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- en effet, les animaux, les ruminants surtout, par suite de la perfection et de la longueur de leur appareil digestif, digèrent et assimilent parfaitement ces matières, il n'en est pas de même de l’appareil humain, qu’elles traversent sans transformation et par conséquent sans utilisation appréciable, ainsi qu’Aimé Girard l’a montré. Bien plus, l'introduction du son dans la farine nuit à la qualité du pain, car l’assise digestive apporte avec elle des diastases particulières, oxydases qui donnent la couleur bise, céréaline qui, solubilisant l’amidon, rend la mie grasse, compacte et, par conséquent, indigeste.
- Les mêmes observations se renouvellent pour le germe; bien plus, outre la céréaline, celui-ci contient une huile, de propriétés laxatives, qui s’oxyde facilement, communiquant dès lors à la farine l’odeur caractéristique de la roncidilé.
- Pour ces raisons, le son et le germe doivent être rejetés du compost alimentaire de l’homme ; il est vrai qu'ils apporteraient quelques matières minérales utiles, mais ce faible apport est négligeable en présence des propriétés nuisibles communiquées à la pâte par les produits spéciaux qui les accompagnent.
- Ces vérités scientiliques sont de date assez récente; leur découverte est due, pour la plus grande partie, aux travaux de Mège-Mouriès et d’Aimé Girard; elles montrent combien déjà, en 1782, Parmentier avait raison d’écrire : « Le son fait du poids et non du pain. Ce n’est donc pas une économie de faire entrer le son en substance, quelque divisé qu’on le suppose, dans la composition du pain, non seulement parce qu’il ne nourrit pas, mais encore à cause des obstacles qu’il apporte à la fabrication de cet aliment. Le son excite l’appétit et passe en entier tel qu’on l'a pris sans être digéré, en sorte qu’il est prouvé qu’une livre de pain où il n’y a pas de son sustente davantage qu’une livre et un quart de pain avec du son. »,
- Les Tableaux suivants, qui donnent la valeur alimentaire des farines et paius de ces farines obtenues au moyen des cylindres et des meules métalliques appliqués à la mouture du même blé, montrent péremptoirement la supériorité des farines blanches obtenues a l’aide du premier système.
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- 60',.’ 70%. 74%. 60%. 70%. 78'/..
- Humidité............. 12.860 12.600 12,920 i3.Sfo i3.8«o 13,700
- G(uleo................ 8,060 8,3$o 8,700 8,190 8,710 8,680
- Matières grasses.... 0,960 1,110 1,160 1,170 i,3io t,3io
- Ddhris................ o,i38 0,242 0,267 0/126 o/83 o,54o
- Humidité..........
- Matières azotées totales.............
- Acide phosphorlque
- total.............
- Acide phospliorique diminuédclaquan-tité apportée par les débris........
- 34.600 34,600 35,6oo
- 7,270 7,3.0 7,240
- 0,164 0,174 0,182
- 0.162 0,170 0,178
- Oc mtUlGs uw'ialliqnc».
- 60%. 70%. 78%.
- 36,600 36,600 36,600
- 7,000 7,120 7,090
- 0,199 0.232 0,235
- O.192 0,223 0,226
- Ainsi, lo théorie scientifique est donc ici également en accord complet avec la pratique qui consiste à chercher à extraire, à l’état aussi pur que possible, les 83 pour 100 de farine que le grain de blé contient. Tous les perfectionnements apportés aux engins de mouture et de blutage aussi bien qu’à leur mode de travail, depuis la fin du siècle dernier, notamment, jusqu’à nos jours, montrent que le meunier a dû se plier constamment aux exigences d’une clientèle désireuse de consommer du pain de plus en plus blanc.
- Aussi, quand, au moyen des campagnes de presse qui se renouvellent de temps en temps au gré d’intérêts divers, campagnes que l’on base sur des observations dont la valeur n’est qu’apparente, on veut nous faire consommer des quantités plus ou moins grandes de son en évoquant le pain dont se nourrissaient nos pères, on fait injure à la vérité historique en meme temps qu’à la vérité économique. Les besoins des hommes, dans cet ordre d’idées comme ailleurs, ont entraîne les progrès de la Mécanique, et si, il y a cinquante ans, il n’a pas clé ijuestion, partout comme aujourd’hui, du pain blanc
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- que nous connaissons, c’est par une raison loule semblable à celle qu'on peut exprimer en disant qu'on n’a pas pu songer à rétablissement des lignes de chemins de fer avant l'invention de la locomotive.
- Certes, le pain contenant une certaine quantité de débris de l’enveloppe et du germe peut, à cause de ses propriétés laxatives, convenir à certains estomacs fatigués ou paresseux, mais il traverse trop rapidement l’appareil digestif pour pouvoir être assimilé en totalité et présenter par conséquent des qualités nutritives égales à celles du pain blanc: ce dernier reste l’aliment de l’homme sain et c'est donc à juste titre qu'il a conquis la faveur populaire; l’Exposition universelle de 1900 montre au surplus que, dans toutes les nations, la situation qu’il occupe n’est pas près de disparaître.
- L’exposition française et étrangère de la meunerie est disséminée dans le palais de l'Alimentation, ancien palais des Machines. Disons, de suite, que nos constructeurs français y tiennent une place très honorable à côté de leurs concurrents étrangers.
- On sait que l'industrie de la meunerie a passé, en France, notamment depuis 1884» Par une transformation complète.
- Jusque-là, la mouture du blé était faite entre des meules rayonnées, l’une fixe, l'autre courante, construite par un assemblage de carreaux de ce grès que l’on trouve en abondance à La Ferté-sous-Jouarre. On verra des échantillons de ces meules dans l’exposition Dupety et Cie, et dans une ou deux autres, mais on peut dès aujourd’hui en saluer la disparition.
- Tous les engins de mouture, quels qu'ils soient, ont pour but de fendre d’abord le grain suivant le sillon, puis d'ouvrir chacun des deux lobes ainsi séparés, d'étaler le son et de gratter la farine qui lui est adhérente. L’idéal à poursuivre, dans cette voie, est d’obtenir ce travail sans choc, de façon à ne pas briser le germe, à ne pas pulvériser l'enveloppe, et à faire ainsi que la farine seule traverse les soies des bluteries.
- O11 peut dire que la meule n’a jamais répondu complètement
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- à ce desideratum, et c’est pourquoi, le jour où le public s’est mis à demander des produits de plus en plus blancs, que la concurrence étrangère seule fournissait, ayant reçu tous les perfectionnements qu’on pouvait lui apporter, elle devait disparaître des moulins français.
- Cette disparition, cependant, ne se Ül pas sans tâtonnements. De 1870 à 1884, nos exportations de farines étaient tombées de 2000000 quintaux à 760000, tandis que nos importations passaient de 45ooo à 000000 quintaux. — Pareille situation ne pouvait durer et, à la suite de l’expérience dirigée par Aimé Girard, et dans laquelle on mit en comparaison le système utilisé depuis vingt ans déjà en Hongrie et le moulin à meules de pierre, expérience qui montra nettement la supériorité du premier système, on vit se faire rapidement chez nous une transformation complète de l’outillage employé jusque-là. Depuis celte époque, les engins de mouture ont subi des modifications importantes, qui, toutes, ont tendu à en adoucir la marche, de façon à obtenir de la farine de plus en plus blanche, cl l’on peut dire qu’à ce sujet l’Exposition de 1900 marque un réel progrès sur celle de 1889.
- Le système actuel de mouture, d’origine hongroise, comporte d’abord un nettoyage aussi complet que possible du grain : passage au tarare, au trieur de graines, à l’épierreur, à la ramonerie qui nettoie la surface du grain, à l’épointeuse qui enlève les barbes, etc. Quelquefois aussi, le grain est lavé à l’eau; H peut être aussi fendu dans des appareils spéciaux et brossé ensuite, pour enlever préalablement le germe et les poussières déposées dans le sillon. C’est là un travail important à faire subir au grain avant mouture, et qui s’exécute dans une série d’appareils que je ne puis décrire ici et qu’on verra fonctionner dans les différentes usines installées à l'Exposition,
- Le grain propre est soumis à une série de broyages successifs, cinq à huit suivant les cas, qui ont pour but de fendre le grain, s’il ne l’est déjà préalablement, puis de l’ouvrir et d’étaler progressivement le son, tout en le grattant, ce grattage aboutissant à la production d’une petite quantité de farine et d’une quantité aussi grande que possible de gruaux; c’est ce qu’on appelle la mouture haute ou ronde, par opposition à
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- la mouture basse qui donnait du premier coup, par suite du rapprochement des meules, beaucoup de farine et peu de gruaux.
- Cette moulure s’exécute entre des cylindres à cannelures hélicoïdales, tournant à vitesse différentielle. On a dit souvent, et un savant distingué, M. Müntz, a répété lui-môme, il y a quelque temps, dans un rapport qui a fait un certain bruit et sur lequel je me prépare à revenir ailleurs, que les cylindres du moulin actuel agissent comme de véritables laminoirs qui ne font qu’écraser le grain. C’est là une erreur contre laquelle il faut protester énergiquement. L’étude cinématique du mouvement des deux cylindres, en présence du grain qu’ils entraînent entre leurs surfaces, montre au contraire — et le regretté Grandvoinnet a faitlà-dcssus une étude irréfutable — que le cylindre rapide a pour effet d’ouvrir le grain, en se servant du cylindre lent comme point d’appui, tout en le piochant progressivement à l’aide des cannelures dont il est revêtu. Cette mouture et ce piochage se font avec le minimum de chocs et c’est là l’avantage des appareils à cylindres sur tous les autres appareils de mouture, même de ceux qui sont connus depuis cinquante ans et qu’on essaie de rajeunir aujourd’hui.
- Les gruaux obtenus au broyage sont, dqns des appareils ditssasseurs, débarrassés des fragments d’enveloppe qu’ils ont entraînés. Le principe du sasseur est celui-ci : sur un tamis, de dimensions choisies, on fait glisser les gruaux impurs et l’on imprime à ce tamis un mouvement rapide de va-et-vient. Dans ces conditions, il se fait un classement par ordre de densité : les fragments d’amande, plus lourds, restent sur le tamis et le traversent, tandis que les fragments d’enveloppe, plus légers, cheminent à la partie supérieure de la masse vers la sortie où ils s’échappent sous la forme de sons légers.
- Les gruaux purs sont soumis à un écrasement entre des moulins dits convertisseurs, analogues à ceux du broyage, mais formés de cylindres en fonte polie ou en porcelaine, et donnent, par écrasement, de la farine que la bluterie est appelée à séparer.
- On a dit que les cylindres utilisés actuellement pour la
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- mouture ne pouvaient extraire du grain de blé une quantité de farine aussi grande que celle extraite au moyen des meules. C’est là encore une erreur aussi grande que celle que j’ai relevée précédemment et qu’il importe de ne pas laisser répandre. Avec les cylindres, on peut aussi bien obtenir 60, 70 que 80 pour 100 du poids du grain, cela, bien entendu, aux dépens de la pureté de la farine, mais j'ai montré plus haut qu’à taux égal d’extraction — quel que soit ce taux, bien entendu — la farine de cylindres est toujours plus blanche et plus pure par conséquent que la farine obtenue à l’aide de n’importe quel engin.
- C’est le tamis de soie, la bluterie comme on l’appelle, qui est chargée de séparer la farine des produits du broyage et du convertissage. En 1889, l’Exposition montrait ces bluleries constituées par des tamis hexagonaux ou cylindriques, tournant à des vitesses plus ou moins grandes, recevant à une extrémité le produit à traiter, tandis qu’à l’intérieur,des brosses ou des batteurs, tournant eux-mêmes plus ou moins rapidement, projetaient ces produits contre la toile et forçaient les parties de finesse correspondante à la traverser.
- On retrouve encore quelques-unes de ces bluleries à l’Exposition de 1900, mais à l’étal d’exception. Elles sont de plus en plus remplacées aujourd'hui par des bluleries planes, circulaires, carrées ou rectangulaires, dans lesquelles on s’est efforcé de reproduire, aussi fidèlement que possible, le mouvement du tamis à la main.
- Les bluleries hexagonales ou centrifuges présentaient, en effet, au point de vue de l’obtention des farines blanches, de graves défauts : la marchandise, frottée ou projetée contre la soie par les brosses ou les batteurs, subissait un travail forcé qui entraînait le passage de nombreuses impuretés; de plus, la surface du tamis n’était, dans ces appareils, que fort incomplètement utilisée. Dans les bluleries planes, au contraire (plansichlers), l’avancement des produits se fait doucement, sans pression trop énergique, et suivant des courbes qui augmentent de beaucoup la surface utilisée et, par conséquent, le rendement; on conçoit que c’est là une qualité importante pour un appareil chargé d’élimiucr, autant que possible, les
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- impuretés, et cela explique la faveur dont il jouit auprès des meuniers.
- Je conseille aux visiteurs d'examiner dans la section française : les installations de MM. Teisset, Vv* Brault et Chapron, de Chartres, et de MM. Rose frères, de Poissy, dans lesquelles ils rencontreront et verront fonctionner les appareils les plus modernes que je viens de citer. L’éloge de ces deux maisons françaises n’est plus à faire.
- Au courant du siècle qui va s’ouvrir, le progrès que devra utiliser l’industrie meunière sera, pour répondre à la fois aux conditions économiques du travail moderne et aux exigences scientifiques qui servent de base à la production rationnelle de la farine, de fabriquer plus avec un outillage à peu près égal, cet outillage provoquant, sur les diverses parties du grain, un échauffement aussi faible que possible. Sans examiner, comme je l’ai fait au Congrès international de la meunerie, cette question sous toutes ses faces, on peut dire que l’un des moyeus qu’on peut utiliser pour réaliser, au moins en partie, ce desideratum, consiste dans la recherche d'appareils nouveaux, basés sur un principe différent de ceux actuellement employés. Dons cet ordre d’idées, le broyeur dit record exposé par la maison Rose frères, de Poissy, présente un essai extrêmement intéressant. Dans cet appareil, le grain est projeté a grande vitesse contre des broches en forme de virgules, à inclinaison variable, en même temps qu’un puissant courant d’air aide au refroidissement de la boulange. De cette façon, on supprime les trois premiers passages du broyage. On obtient ainsi une masse de semoules qui subissent le traitement ultérieur ordinaire, et deux passages suffisent ensuite pour curer complètement le son.
- La maison Robinson, de Uochdale (Angleterre), a également une magnifique exposition, ce qui, du reste, n’étonnera personne.
- La Suisse, à l'extrémité du palais de l’Alimentalion, nous montre les engins de construction remarquable des maisons Buhler, d’Uzwill, et Wegmann, de Zurich, avec ses convertisseurs en porcelaine. Une mention toute spéciale doit être faite pour la maison DaveriOi de Zurich. Le moulin de laoquin-
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- taux par vingt-quatre heures qu'elle fait fonctionner sous les yeux du public, est un véritable bijou de construction, d’ordonnancement et donne bien l'idée de ce que peut être le moulin moderne : une succession de véritables salons, dans lesquels le blé circule des appareils de nettoyage aux broyeurs, des broyeurs aux tamis diviseurs, de ceux-ci aux sasseurs, puis aux convertisseurs, aux bluteries planes et à la chambre à farines, tout cela à l’abri de l’air, sans perte par conséquent, le collecteur retenant, au surplus, toutes les poussières ténues qui se forment dans les divers appareils, et en sont extraites au moyen d'un conduit d'aspiration. C'est le triomphe de la propreté.
- Une visite à la section allemande, placée près de la salle des Fêtes, du côté de l’avenue de Suflren, montrera .par les expositions de Giesecke, de Konegen et Seck, de Dresde, que, là encore, nos concurrents sont passes maîtres dans l’art de la construction mécanique.
- Enfin, le long de l’avenue Lamoite-Piquet, l'exposition collective des meuniers hongrois montrera l’importance que l’industrie meunière occupe sur les bords du Danube et tous les soins que l’on apporte là-bas à la mouture de ces grains qui donnent des farines de gruaux dont la réputation n’est plus à faire.
- Je dirai quelques mots seulement de la boulangerie. Contrairement à la meunerie, l'industrie de la transformation de la farine en pain est restée dans une routine incompatible avec les idées modernes. On sait en quoi consiste l’art du boulanger : pétrir la farine avec de l'eau, en lui ajoutant du sel et un ferment alcoolique (levain ou levure), souffler la pâte afin de l’aérer et de faciliter ensuite la fermentation, la tourner, c’est-à-dire lui donner la forme voulue, l’abandonner à la fermentation qui, remplissant la masse d’une myriade de bulles d'acide carbonique, donnera à la mie la porosité nécessaire, cuire enfin cette pâte fermentée; telle est la succession des opérations qui s’exécutent dans le fournil.
- C’est là un travail dur et pénible et que l’on s’étonne encore,
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- avec les progrès de la Mécanique, de voir accomplir par les mains seules de l’ouvrier. Il y a déjà longtemps, cependant, que l’on a songé à remplacer le pétrissage à bras par le pétrissage mécanique, et nous possédons, au Conservatoire des Arts et Métiers, le pétrin imaginé à cet effet par Parmentier.
- Depuis, de nombreux inventeurs ont calculé soigneusement des appareils dans lesquels la pâte se délaie, se frase et se souffle aussi bien que par les mains de l'homme. Mais les ouvriers boulangers, malgré toutes les tentatives faites depuis longtemps, repoussent ces solutions, par suite de cette erreur économique, qui leur fait croire que par l'emploi de la machine, leur salaire diminuera. C’est le contraire qui est la vérité, car il est aujourd’hui démontré que l’habileté trouve toujours un salaire plus rémunérateur que la force brutale. Ici encore la Mécanique apporte à l’ouvrier la conservation de la santé en même temps que la propreté nécessaire à la fabrication de tous les produits de l’alimentation, cl ce n’est pas là, pour la consommation, une quantité négligeable. Le prix du pain n'est pas en rapport avec le bas prix du blé et de la farine, cela lient aux frais de main-d’œuvre qu’entraîne la panification ; on se rendra compte des progrès qui restent à accomplir dans cette voie quand on saura qu’alors que la mouture de ico1* de blé coûte en moyenne if,,5o, la production des »ooks de pain que ce poids de blé représente revient à 9fr,4°> c’est-à-dire à sept fois plus.
- Si les boulangers ne veulent pas bientôt comprendre qu'il est temps pour eux de se grouper, de cesser, dans leur corporation, la division trop grande du travail, de faire, en un mot, de la boulangerie une véritable industrie avec toutes les économies que la fabrication en grand permet de réaliser, ils auront tort; et quand de puissantes Sociétés, qui, avec les nécessités et les idées modernes* ne sauraient tarder à se créer, auront enlevé leur clientèle, il sera trop tard et le mal, pour eux, sera irréparable.
- Dans la section française, à laquelle, seule, dans ce cas, je renverrai le visiteur, on trouvera un grand nombre de modèles de pétrins mécaniques. Tous sont exposés, à côté des appareils de meunerie, dans le palais de l’Alimentation. Je signale
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- tout particulièrement les pétrins Deliry, Lotz, Dathis et la pétrisseuse continue Somasco en usage dans l'armée.
- La construction des fours a fait elle-même de grands progrès au point de vue de l’utilisation de la chaleur et, par conséquent, de la diminution du combustible. Tous les types sont représentés : fours au bois à chauffage sur la sole, fours à foyer extérieur chauffés au coke, fours mixtes, etc., construits par les maisons Biabaud, Berl, Perret, Bolvin. de Paris, Lamou-reux> de Joinville (Haute-Marne), Marolle, de Chartres, etc.; ils donnent, à côté des pétrins mécaniques, l’idée de ce que sera bientôt la boulangerie moderne.
- SUCRERIE DE BETTERAVES.
- Au premier rang des industries agricoles que la Chimie, au courant de ce siècle, a amenées à un haut étal de perfection, il faut, sans contredit, placer la sucrerie. A la fin du siècle dernier, le sucre de cannes valait 4ff le kilogramme; aujourd’hui, impôt déduit, bien entendu, ce prix s'est abaissé au-dessous de ofr,3o, c’est-à-dire dans le rapport de i4 à i. On voit, par ces chiffres, combien il est intéressant de fixer les étapes que l’industrie sucrière a franchies pour accomplir celté révolution véritable.
- C’est en 1747» que Margraf, de Berlin, isola pour la pretaière fois, à l’état cristallisé, le sucre de la betterave et qu'il montra son identité avec le sucre de cannes, seul connu jusque-là. Cette découverte était du domaine purement scientifique. C’est en 1787, qu’Achard, descendant d'une famille française réfugiée en Allemagne apres la révocation de l'Édit de Nantes, reprit les études de Margraf, et c’est en 1796 qu’il fondas Cunern, en Silésie, la première fabrique de sucre européenne.
- Cette tentative industrielle échoua et c’est en France que, grâce aux recherches nécessitées par le blocus continental, Benjamin üelessert fabriqua en 181a, dans son usine de Passy. le premier pain de ce produit qui joue dons l’alimenta-
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- lion humaine un rôle si important. Dès i8i3, on comptait en France 334 installations agricoles produisant annuellement 4 millions de kilogrammes de sucre.
- Mais la fin des guerres de l’Empire causa, avec la rentrée du sucre colonial, un préjudice profond à l'industrie indigène. Malgré tout, grâce aux efforts de Chaptal, de Delessert, de Mathieu de Dombasle, de Crespel-Delisse, celle-ci ne succomba pas; en >838, elle fournissait plus du tiers du sucre consommé en France, et depuis ceue époque, sauf quelque temps d’arrêt, elle a effectué des progrès incessants. Ces progrès, je ne puis les suivre dans tous leurs détails; il faudrait pour cela me livrer à un véritable cours de technologie, je me contenterai de les exposer dans leurs grandes lignes et ils nous conduiront, naturellement, à l’état actuel que présente notre industrie sucrière en passant par les états comparatifs qu’elle présentait aux expositions universelles de 1878 et de 1889.
- Le sucre n’existe pas à l’état pur dans le jus de la betterave, il y est accompagné d’impuretés particulières, matières albuminoïdes, phosphates, oxalates, chlorures, nitrates, etc., alcalins et alcalino-terreux. Séparer autant que possible ces impuretés de manière à obtenir un jus dons lequel, par une concentration suffisante, le sucre pourra êLre amené à l’état de cristallisation : tel est le problème qui se pose et dont la résolution, depuis le commencement du siècle jusqu'à nos jours, a passé par trois phases que nous allons examiner successivement.
- Dans la première phase, qui, pour notre pays du moins, s’étend de l’origine à l’année 1884, tous les efforts des inventeurs ont porté sur les améliorations destinées aux appareils d’extraction directe du jus de la racine, à la purification chimique de ce jus et au travail du jus purifié.
- Au début, la betterave, transformée en pulpe au moyen de râpes, abandonnait sous des presses ordinaires ou mieux sous des presses hydrauliques le jus qu’elle contient. C’était un travail lent et discontinu, défectueux et coûteux surtout, 3* Série, t. lit. 4
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- puisqu'il nécessitait l'emploi de !\o personnes au moins pour le travail journalier de iooooo*®. En i865, la presse continue de Poisot fit son entrée dans l'usine, suivie bientôt de la presse Champonnois et de la presse Dujardin. L'introduction de la presse continue fut un grand progrès pour la sucrerie, puisque, en même temps qu’elle diminuait les frais de main-d'œuvre, elle permettait, par une imbibition et une pression nouvelle, de ne laisser dans la pulpe finale que 3 pour 100 de sucre, au lieu de 5 pour too. Ce système d’extraction s’est continué en France jusqu'en 1884.
- Pour purifier le jus direct de la betterave, Achard y ajoutait de l’acide sulfurique; c’était là un procédé dangereux, car quelques millièmes d’acide en excès suffisent pour détruire rapidement le sucre qu’on veut extraire. Mathieu de Dom-basle, Chaptal, et enfin Dubrunfaut, vers i8a5, ajoutèrent de la chaux, en même temps que l’acide sulfurique, afin de détruire l'excès d’acidité. En 1849, Rousseau employa la chaux seule, l'acide carbonique étant appelé ensuite à précipiter le surplus de celle-ci. Ce procédé dit de défécation marquait un progrès sensible sur les précédents. II fut employé jusqu’en 1809, époque à laquelle Perrier et Possoz, en France, Jelinek, en Autriche, firent connatlre le procédé dit de double carbonatation, encore utilisé aujourd’hui.
- On sait en quoi consiste ce procédé : ajouter au jus une proportion convenable de chaux, entraîner de cette façon les impuretés dans des combinaisons insolubles, précipiter ensuite l’excès de chaux combiné au sucre au moyen de l’acide carbonique. L’opération se passe en deux temps. Dans le premier on n’ajoute pas toute la chaux nécessaire et l’on carbonate à une température qui passe progressivement de 6o° à 8o° et 85*. Dans le second, on ajoute la quantité complémentaire de chaux, et l’on carbonate à une température qui croit depuis 85° jusqu’à l’ébullition.
- Ce travail donne naissance à des boues calcaires, des écumes comme on dit, qu'il faut séparer du jus sucré. Primi" tivement, on se servait pour cela de poches filtrantes. Howard imagina d’opérer par pression sur des filtres pincés contre des châssis. Les travaux de Danck et de Trinks perfectionnèrent
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- cetie idée et permirent de donner au filtre-presse la forme générale qu’il possède encore aujourd’hui.
- Les jus sortant des poches ou des filtres-presses sont légèrement troubles et colorés. En 1812, Derosne eut l'idée d’appliquer à la clarification et à la décoloration des jus les propriétés du noir animal découvertes par Figuier. Jusqu’en 1828. on employa ce produit en poudre, concurremment avec l'albumine ou le sang qu’on coagulait à l’ébullition, le magma formé étant séparé du liquide au moyen de manches en toile qu’on pressait ultérieurement. C'est à la suite des travaux de Payen que Dumont construisit ses cylindres ouverts, de à 6m de hauteur, dans lesquels le jus coloré trouble circulait tout simplement au contact du charbon animal en grains. Ce dernier, après avoir servi un certain nombre de fois, était revivifié par une nouvelle calcination en vase clos. Plus tard, les filtres ouverts furentemployés concurremment avec les filtres fermés. Celte situation a duré jusqu’en i885.
- Lorsque le jus est ainsi purifié, clarifié et décoloré, il doit aller à l’évaporation. Primitivement, cette opération avait lieu à l’air libre et à feu nu, dans des bassines, et le liquide amené à consistance sirupeuse était abandonné ensuite à la cristallisation.
- C’est là une méthode défectueuse : à la pression ordinaire, en effet, et dans Jes conditions précédentes de chauffage surtout, le sucre s’altère, se caramélise et cela d’autant plus, en présence des impuretés non éliminées, que la liqueur va se concentrant peu à peu. On dépensait de ce fait 4ook« de charbon environ pour le travail de ioook* de betteraves.
- En 1828, Moulfarine et Pecqueur eurent l’idée d’évaporer les jus dans des bassines chauffées par des serpentins de vapeur. C’était un progrès, qui devint très sensible en 1840, avec l’introduction de la machine à vapeur et des chaudières à évaporer dans le vide, imaginées par Iloward et qui, depuis 1800, fonctionnaient en Angleterre. De 4°°ks de charbon, la quantité employée tombe à 25ok*.
- Enfin, en i852, Milieux créa les appareils à effets multiples, et le triple effet s’installa dans toutes les usines où nous le rencontrons encore aujourd'hui, avec quelques
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- modifications, sur lesquelles je reviendrai dans un ins-
- On sait ce qu'on entend par ces mots : évaporation à triple effet. Tout d’abord, il est bon de dire que cette évaporation a lieu à une pression inférieure à la pression atmosphérique, ce qui a pour effet d’abaisser la température d’ébullition et de diminuer en même temps l’altération du jus. Si, maintenant, on accouple trois chaudières ou caisses, reliées entre elles de manière que le jus qui entre dans la première puisse passer dans la deuxième et de celle-ci dans la troisième, que les vapeurs produites dans la première puissent chauffer lejus contenu dans la deuxième, et les vapeurs de la deuxième chauffer lejus contenu dans la troisième, qu’enfin une pompe à vide aspire les vapeurs produites dans la troisième caisse, on conçoit qu’il s’établira dans chacun des compartiments, par suite de l’aspiration et des condensations de vapeur, un vide partiel qui sera plus grand dans la troisième caisse, plus faible dans la première et moyen dans la deuxième. Il s’ensuit que le liquide qui remplit la première chaudière bouillira à la température de 85° par exemple, tandis que dans les deux suivantes la température d’ébullition s’abaissera respectivement à 75° et à 56*; lejus sera dès lors soumis à une température d’autant plus faible qu’il sera plus concentré. L’appareil ainsi disposé a donc pour effet de diminuer les causes de caramélisation du sucre en même temps que la quantité de vapeur nécessaire au travail, puisque la chaleur dépensée pour le chauffage de la première caisse est employée en même temps au chauffage des deux autres.
- Le jus sortant du triple effet constitue déjà un sirop. Il est concentré dans le vide, dans une chaudière spéciale, dite chaudière à cuire, où le cristal se forme. La masse qui sort de la chaudière à cuire prend le nom de masse cuite; elle est composée de cristaux de sucre baignant dans une eau mère qui constitue ce qu’on appelle le sirop d égout.
- C’est vers i85o que la cuite en grains, remplaçant l’ancienne cuite au filet dans laquelle le cristal se formait par refroidissement, pénétra dans les usines. En même temps Seyrig imagina et Cnil propagea l’emploi de la turbine qui, par l’appli-
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- cation de la force centrifuge, permet la séparation du grain de sucre de l’égout qui l’enveloppe.
- L’égout qui s’écoule contient encore du sucre cristallisable; ii est soumis à une série d’évaporations, d’abandons au refroidissement dans des bacs spéciaux nommés emplis, de turbinages qui ont pour but de séparer à l'état plus ou moins coloré cette proportion de sucre. Le travail des emplis, donnant les sucres de deuxième, de troisième et même de quatrième jet, dure plusieurs mois. Lorsque les impuretés organiques et minérales accumulées dans les sirops d’égout ont acquis une proportion telle que le sucre refuse de cristalliser, l’égout final constitue ce qu’on nomme la mélasse.
- Telle est l'histoire rapide des perfectionnements apportés à l'industrie du sucre durant les soixante-quinze premières années de ce siècle ; c’est sous cette forme que cette industrie se présentait, dans notre pays du moins, à l’Exposition universelle de 1878.
- A cette époque', c’était déjà une autre allure qu'avait revêtue l’industrie sucrière d’oulrc-Rhin. Tout d’abord, alors que nous ne produisions que des betteraves riches à 10 et u pour 100 de sucre dont nous extrayions difficilement 5 à 6 pour ioo, l’agriculture allemande produisait des racines riches à i5età 17 pour 100 dont l’industrie extrayait 10 et n pour 100 de matière sucrée. De plus, le procédé d'extraction du jus adopté en Allemagne était totalement différent du nôtre. De ce fait, en 1884, la production française était passée du premier rang au troisième.
- C’est la loi de 1884 qui, fixant le prélèvement de l’impôt non plus sur le sucre fabriqué, mais sur la betterave elle-même, vint redonner à notre industrie sucrière un nouvel essor. Rapidement nos cultivateurs surent produire des racines très riches en sucre, et les fabricants, rejetant le matériel des presses continues, surent eux-mêmes, au moyen de la batterie de diffusion, extraire de ces racines le double de ce qu'ils extrayaient quelques années auparavant.
- C’est Mathieu de Dombasle qui, en. i83o, avait eu le premier
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- l’idée de découper la betterave en tranches minces et de soumettre ces tranches à une série de lavages méthodiques pour en extraire le sucre qu’elle contient. Mais c’est Robert, de Seelowilz, en Autriche, qui donna au procédé de Dom-basle la forme qu’il revêt encore aujourd’hui en créant la batterie de diffusion. On désigne ainsi une série de grands vases métalliques, au nombre de 13 à i4, dont la capacité peut varier de i5u à 2Ôbl, réunis entre eux à travers des réchauffeurs; dans ces vases disposés soit sous une forme circulaire, soit sous une forme rectiligne, on place la betterave découpée en lanières ou cossettes et I on fait circuler, d’une façon méthodique, de l’eau chaude qui, entrant en un point à l’état pur, sort, à l'extrémité opposée, aussi riche en sucre que l’est le jus même de la betterave. Mais si le sucre se dissout, en vertu des lois de l'osmose, les impuretés incris-tallisables, telles que les matières albuminoïdes, restent enfermées dans les cellules de la plante, de telle sorte que le jus de diffusion obtenu présente un degré de pureté bien supérieur à celui du jus direct et qu’il peut abandonner, à l’état cristallisé, une quantité de sucre beaucoup plus grande.
- C'est là un point capital, et il est de nature à expliquer le succès rapide obtenu par la diffusion aussitôt après le vote de la loi de 1884.
- Un perfectionnement important suivit presque aussitôt le précédent : je veux parler du remplacement des filtres à noir animal par les filtres mécaniques. Dès i885, Puvrez fabriqua, à l'aide d’un tissu croisé spécial, de grandes poches qu’on disposa dans des caisses fermées, l'ouverture de la poche étant, par exemple, reliée à une tubulure latérale. On conçoit que, si, par cette tubulure, on envoie dans la poche, sous une pression de 1® à im,5o, unliquide trouble, celui-ci, en traversant le tissu, abandonnera à la surface les matières qu’il tient en suspension et se répandra parfaitement clarifié à l’intérieur de la caisse.
- Dès 188-, la maison Breitfeld-Danek, de Prague, perfectionna ce système en disposant dans les caisses non plus une seule, mais une série de poches facilement nettoyables, reposant sur des surfaces métalliques ondulées servant de
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- conducteur au liquide clair, celui-ci se rendant ensuite à un collecteur général. Le travail du filtre était ainsi considérablement multiplié.
- Depuis celle époque, les filtres Danek, modifiés dans leurs détails par quelques inventeurs, ont partout remplacé les filtres à noir et diminué ainsi le prix de revient du sucre en supprimant l'achat du charbon animal et le travail coûteux de revivification.
- C’est avec ces modifications importantes que l’industrie sucrière s’est présentée à l’Exposition universelle de 1889.
- En ce qui concerne le matériel, dans son allure générale, les perfectionnements effectues depuis 1889, et que l’on peut constater à l'Exposition actuelle, sont peu importants. C’est dans l’usine même, aussi bien dans l’utilisation de la vapeur produite aux générateurs que dans le travail de la masse cuite, qu’il faut aller chercher la nature des progrès accomplis.
- Ces progrès, ce sont surtout les conditions économiques modernes de la production qui les ont commandés. Sans traiter ici (cequi m’entraînerait trop loin) la question des sucres, je puis dire que, surtout à cause de l’impôt élevé qui frappe cette denrée, la consommation du sucre sur l’ancien continent est à peu près stationnaire depuis quinze ans. Dans tous les cas, elle a peu progressé depuis i885, tandis que la production est passée, en France, de 400000 tonnes à 730000 et, en Allemagne, de 1155000 à 1720000 (1898-1899). Partout, aussi bien en Europe qu’aux colonies, on constate une augmentation constante de la quantité de sucre extraite de la canne et de la betterave.
- Dans ces conditions, il est facile de concevoir que la supériorité sur les marchés importateurs doit revenir à la nation qui, à frais de transport égaux, produit le kilogramme de sucre au plus bas prix de revient. Pour prendre un exemple, la France et l’Allemagne, qui ont des primes à l’exportation à peu près de même valeur, sont dans ce cas vis-à-vis de l'Angleterre, qui ne produit pas de sucre.
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- Or, quelles sont les conditions qui peuvent influer sur le prix de revient d’un produit? Il y en a deux principales : i° le prix de la matière première; 20 ses frais de manipulation.
- La matière première ici est la betterave. L’abaissement de son prix d’achat est du domaine agricole : produire, sur un hectare, un poids de racines plus grand, ces racines étant elles-mêmes plus riches en sucre qu’elles ne le sont aujourd’hui, les frais de production restant inférieurs à la plus-value de la recette : tel est, dans celte voie, le desideratum à poursuivre. Ce qui se passe en Allemagne, où la récolte en sucre par unité de surface est plus élevée qu’en France, nous montre que ce n'est pas là une utopie.
- C'est surtout en diminuant la durée de la compagne, c’est-à-dire en extrayant aussi vite que possible tout le sucre contenu dans la betterave; c’est aussi en récupérant toutes les chaleurs perdues de l'usine que l'on peut obtenir la seconde solution du problème posé. Dans celle voie, de nombreux progrès ont été réalisés depuis 1889.
- Tout d’abord, ce n’est plus simplement à triple effet que se fait le travail d’évaporation des jus; c’est à quadruple, quintuple, et même sextuple effet. Dans ces conditions, on produit, à 1 io° et à 100% dans les deux premières caisses, des vapeurs dont l’excès est utilisé à réchauffer tous les jus de l’usine. De ce fait, la quantité de charbon nécessaire au travail de 10001* de betteraves est tombée, dans les usines perfectionnées, à 7a*»; il ne dépasse pas, dans tous les cas, 1 iok», alors qu’avant 1889 *1 variait de 97** à i8oks.
- Pour diminuer la durée de la campagne, on a pensé que l’augmentation de la pureté des jus serait un puissant auxiliaire; aussi a-t-on vu naître une série de procédés, dont un seul, celui de l’emploi de l’acide sulfureux, en diminuant la viscosité de la masse cuite, a rendu de véritables services. L’électrolyse des jus directs a été essayée et appliquée, mais l’électricité est encore actuellement un produit trop cher, et c’est l’avenir qui est chargé d’en rendre l’emploi plus pratique.
- Actuellement, c’est donc le mode de travail de la masse cuite
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- qui seul a permis de diminuer, d’une façon certaine, les frais de la main-d’œuvre, en supprimant totalement le travail des emplis, c’est-à-dire en donnant, presque d’un seul coup, tout le produit utile de la betterave : sucre blanc et mélasse. Je ne puis pas entrer dans les détails des procédés divers actuellement employés dans ce but; qu'il me suffise de dire qu’ils sont basés soit sur la rentrée directe des égouts à la cuite et la préparation seule d'un second jet, soit sur le travail de cristallisation rapide des égouts, et sur la refonte, dans le sirop vierge, du sucre légèrement coloré qu’on en extrait, sucre qu’on retrouve ensuite, après la cuite directe, à l’état cristallisé blanc. Ces procédés sont combinés avec la cristallisation en mouvement dans des malaxeurs ouverts ou fermés.
- Il n’y a donc plus aujourd’hui, si on le veut, de travail des emplis, destiné à extraire des sucres de deuxième, troisième et quatrième jet : la campagne commencée en octobre se termine, de cette façon, le i*r janvier au plus tard, ou mieux presque aussitôt après que la dernière betterave a passé au coupe-racines.
- Des opérations rendues plus rapides, telles que la double carbonatation continue, facilitent encore cet état de choses. Bien entendu, pour celle production rapide il faut une quantité de matériel plus élevée, mais l’emploi de ce matériel est favorisé par les progrès de la Mécanique et surtout par l'utilisation de l'énergie électrique et ne nécessite pas, comme on le sait aujourd'hui, une augmentation proportionnelle des frais de main-d'œuvre.
- L'exposition du matériel de sucrerie se trouve dans le palais de l’Alimentation. Seule, la France y est représentée d’une manière très importante. En entrant dans le palais par l’avenue La Bourdonnais, on apercevra sur la droite les expositions de la Compagnie de Fives-Lille et de la Société Française de Constructions mécaniques (anciens Établissements Cail). Entre ces deux expositions, on trouvera celles de la
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- maison Maguin, de la Société de Constructions mécaniques de Saint-Quentin, de la maison Mollet-Fontaine, etc., etc., et, derrière, celles de la maison Philippe, Letaud, etc.
- Ces deux dernières sont spéciales aux filtres mécaniques; mais, dans les autres, on pourra étudier tous les appareils divers : coupe-racines, diffuseurs, chaudières à carbonater, à évaporer, à cuire, malaxeurs, turbines, etc., qu’on rencontre actuellement dans les sucreries diverses. J’attire particulièrement l’attention sur l’appareil à quintuple effet qui surmonte l’exposition des anciens Établissements Cail, et sur la chaudière à cuire verticale à corps tubulaire, ainsique la chaudière horizontale destinée à faire office de cinquième caisse d’un quintuple effet, exposée par la Compagnie de Fives-Lille.
- Les autres nations, sauf la Hollande, la Belgique et la Russie, se sont abstenues; mais notre exposition nationale est réellement de qualité supérieure, et elle satisfera pleinement tous les visiteurs.
- J’engage cependant ceux que la question intéresse à franchir la salle des Fêtes et à admirer, dans la section autrichienne, l’exposition de l’Association des Fabricants de sucre: là, ils feront connaissance complète avec la betterave et ses maladies parasitaires, en même temps qu’ils trouveront la collection des modèles dè machines usitées dans les fabriques de sucre de ce pays.
- Dans l’étude précédente, j’ai essayé de fixer les conditions dans lesquelles se présente actuellement sous nos yeux l’industrie de l'extraction du sucre de betterave. La raffinerie elle-même n’est pas sans avoir subi, depuis 1889, une transformation qu’il est intéressant de préciser. Cette transformation est à la fois d’ordre intérieur et d’ordre économique.
- A l’intérieur de l’usine, des modifications importantes ont été apportées au travail des sirops obtenus au moyen de la refonte des sucres bruts. Tout d’abord au clairçage à la vapeur, qui a pour effet d’éliminer en grande partie la mélasse adhérente aux cristaux, est venue s’adjoindre la filtration mécanique: toutes ces opérations ont pour effet de diminuer, dans
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- de notables proportions, les quantités de noir animal nécessaires à la décoloration du jus.
- Mais la nouveauté la plus intéressante consiste dans la disparition de plus en plus sensible du pain de sucre tradiiionnnel et dans son remplacement par les plaquettes et les lingots qu’on débite ensuite très facilement en ces morceaux réguliers que la consommation réclame.
- On sait comment a commencé cette industrie dite du sucre mécanique : le pain était d’abord, à la scie, coupé en plaquettes et ces plaquettes elles-mêmes recoupées en lingots et ensuite en ces petits parallélépipèdes d’aspect connu. Cette manipulation donnait lieu à un fort déchet.
- Aujourd’hui, c’est dans la turbine même, celle-ci étant munie d’un moule à compartiments disposé à cet effet, qu’a lieu la fabrication des plaquettes. La masse cuite, sortant de la chaudière, y est coulée, débarrassée de sirop, claircée è la manière ordinaire, les cristaux se soudant à eux-mêmes et donnant une masse qu’on démoule et qui achève de prendre sa solidité par un court séjour à l’étuve de dessiccation.
- Deux de ces turbines sont exposées dans le palais de l’Alimentation : l’une, la turbine Adant, par la maison Mollet-Fontaine; l’autre, qui est une modification heureuse de la précédente, dite turbine de Schrœder, par la Compagnie de Fives-Lille.
- Quelquefois aussi, le moulage des cristaux de sucre est effectué au moyen d’une machine munie d’un cylindre dont la périphérie porte, en creux et régulièrement disposées, des lingotières dont la section est exactement celle que l’on veut obtenir après le cassage. Cn dispositif spécial comprime les cristaux dans la lingotière, démoule ensuite le lingot formé qui, finalement, est étuvé et débité.
- D’autres dispositions peuvent être adoptées pour ce moulage.
- Le Compagnie de Fives-Lille expose actuellement une machine à cylindre analogue à celle que je viens de décrire sommairement et qu’on pourra examiner avec intérêt.
- Ces modifications sont intéressantes, d’abord parce qu’elles suppriment le travail long et coûteux des greniers à pains et,
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- ensuite, parce que le débit des plaquettes et des lingots en morceaux réguliers se fait très facilement, très rapidement aussi, avec le minimum de déchet.
- L’industrie de la raffinerie subit en ce moment aussi une décentralisation très importante au point de vue économique. Le raffinage tend à s’échapper des mains de quelques Sociétés qui, jusqu’ici, en détenaient le monopole, pour être effectué par les fabricants de sucre eux-mêmes. Dix-sept fabriques-raffineries sont actuellement installées pour ce travail. Elles produisent, soit directement, à partir de la betterave, et à l'aide d’un travail de purification très soigné, du raffiné blanc, soit des sucres bruts qui sont refondus et traités ensuite à la méthode ordinaire.
- Je n'ai rien à dire de l’industrie de la sucraterie, c’est-à-dire l’industrie de l’extraction du sucre resté dans la mélasse. En France, à part deux installations, cette industrie n’existe pas. On sait, en effet, que notre régime fiscal des sucres est tel qu’il y a plus d’intérêt pour le fabricant à vendre à la distillerie la mélasse qu’il fabrique que de traiter cette dernière par les procédés d’osmose ou par les procédés à la chaux, à la baryte ou à la strontiane, qui fonctionnent régulièrement en Allemagne.
- Pour être complet, cet aperçu sur l’étal actuel de l’industrie sucrière devrait aussi envisager le côté économique de la question. Je ne saurais le faire, étant donné que je m'occupe ici surtout du côté technique des diverses fabrications. J'ai fait connaître ailleurs et très longuement mon opinion à ce sujet (•). Celte opinion, après un examen complet, peut se résumer à ceci : les primes payées à l’exportation ne sauraient à elles seules garantir l’avenir de la production sucrière; celle-ci est fortement menacée, en effet, sur les marchés étrangers,
- (1 ) Revue de Physique et Chimie et de leurs applications industrielles. décembre iS^) et janvier 1909.
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- d’une part par la pléthore de fabrication qui se manifeste partout, d’autre part par l’invasion prochaine du sucre de canne; en présence de ces faits, il y a lieu de préparer l’abolition des primes en diminuant l’impôt qui frappe le sucre et en relevant de ce fait la consommation intérieure.
- DISTILLERIE.
- Je voudrais maintenant dire quelques mots de la distillerie. Bien entendu je ne ferai pas de différence entre ce qu’on appelle distillerie agricole et distillerie industrielle. En effet, les procédés employés par l'une et par l'autre sont les mêmes; il n’y a entre elles que des différences d’ordre de grandeur.
- Les opérations de la distillerie sont simples. Elles consistent principalement : i° à traiter soit directement des jus sucrés, des moûts, comme on dit, jus de betteraves ou de raisin, mélasses diluées, soit des produits renfermant de l’amidon, grains, pommes de terre, que l’on saccharifie par le malt ou par les acides; a0 à transformer le sucre existant ou formé dans ces moûts, en alcool, au moyen de la levure; 3° à distiller le produit ou vin résultant de la fermentation.
- Examinons rapidement les progrès accomplis dans ces trois ordres d’idées depuis 18S9.
- En ce qui concerne le travail de la betterave, un mouvement se dessine nettement : celui de l'extraction du jus sucré par diffusion, remplaçant le procédé des presses hérité de la sucrerie. On obtient de cette façon un jus plus dense, capable par conséquent de donner plus d’alcool par unité de volume : delà un travail plus rapide et partant plus économique.
- La distillation des vins n’a pas de progrès à faire; sa production est subordonnée à la valeur de la récolte annuelle du raisin.
- Malgré les travaux d’Aimé Girard, l’alcoolisation de la pomme de terre ne s’est pas développée en France; elle ne représente guère que •jooobl à 8ooohl sur •* millions d’hectolitres de production annuelle.
- L’industrie de la préparation des grains maltés destinés au
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- développement de lu diastase nécessaire à la saccharification de l’amidon a subi d'importants changements; je m’y arrêterai en parlant de la brasserie.
- On sait qu’il y a plusieurs façons de transformer l’amidon en sucre : l’une consiste à mettre le grain malté en suspension dans l’eau à une température voisine de 60®; dans ces conditions, la matière azotée soluble connue sous le nom de dta~ stase, développée au cours de la germination, agit sur l’amidon et le transforme en maltose fermentescible; une autre consiste à cuire le grain au contact d’un acide, sulfurique ou chlorhydrique, de façon à le convertir en glucose.
- line troisième méthode est née au cours de ces dernières années et elle a déjà reçu des applications importantes. Le docteur Calmettes, directeur de l’Institut Pasteur de Lille, a fait l’élude du produit vendu sous le nom de levure chinoise ou japonaise, qui sert dans les pays de l’Extrême-Orient à la fabrication des eaux-de-vie de riz. Il en a isolé une moisissure désignée sous le nom d'Amylomyces Rouxii, qui a la propriété, à une température convenablement choisie, non seulement de saccharifier l’amidon, mais aussi de transformer en alcool le sucre formé. Celte étude a entraîné l’industrie vers l’emploi des mucédinées autres que V Amylomyces et dont les propriétés saccharifiantes, grâce aux travaux de Pasteur et de ses élèves, étaient déjà connues. MM. Collette et Boidin ont, comme conséquence, fait breveter un procédé nouveau d’alcoolisation des grains qui est appliqué aujourd’hui dans quelques distilleries françaises et belges et sur lequel on pourra, à l’Exposition, dans le palais de l’Alimentation, avoir auprès des auteurs tous les renseignements désirables.
- Ce procédé est très élégant, mais il est d’application trop nouvelle pour que je me permette d’insister sur les promesses qu’on a faites en son nom. Je dirai simplement qu’il consiste à prendre le grain cuit sous pression au contact de l’eau, à liquéfier l’empois d’amidon formé par une petite quantité de malt (2 pour 100), à stériliser ensuite la masse obtenue, puis, dans des conditions parfaitement déterminées, à y développer une mucédinée désignée sous le nom de Mucor j3. Celte culture achevée, on ajoute au magna résultant un peu de levure;
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- celle-ci se développe à son lour et, travaillant en symbiose, fait fermenter le sucre que la mucédinée forme aux dépensée l’amidon du grain. Finalement, et en prenant toutes les précautions d’asepsie nécessaires, on obtient un vin qu’il n’y a plus qu’à distiller. Économie de malt, rendement de 39 litres d’alcool par 100*« de maïs, tels sont les avantages indiqués par MM. Collette et Boidin, avantages qui, bien entendu, et toujours d’après eux, sont d’une valeur supérieure au surcroît de dépense occasionné par la mise en œuvre du procédé.
- L’opération de la fermentation même des moûts sucrés a fait des progrès sensibles depuis 1889. Les idées de Pasteur et de son école pénètrent de plus en plus dans l’usine, et l’emploi des levures pures, la surveillance attentive des cuves en travail, les propriétés de certains antiseptiques, notamment de l’acide fluorhydrique, si bien étudiées par le Df Eliront, contribuent actuellement pour une large part à l’amélioration du prix de revient de l’alcool.
- Quant aux appareils à distiller et à rectifier, ils n’ont reçu, depuis 1889, que des améliorations de détail. Mais on tend de plus en plus à associer ensemble les deux opérations de distillation et de rectification de manière à obtenir, en une opération unique, tout l’alcool contenu dans les moûts après fermentation. C’est de cet effort nouveau que témoigne, dans tous les cas, l’Exposition actuelle.
- La France, seule, est représentée dans le palais de l’Alimentation par des appareils à distiller.
- La distillation-réctification continue occupe une place importante, grâce aux magnifiques installations de MM. Egrot, Oranger et Guillaume, de M. Barbet et de la maison Crépelle-Fontaine. M. O. Perrier expose aussi, et pour la première fois, ses appareils continus basés sur la distillation des vins et la condensation des divers produits à température constante.
- Les appareils à distiller, à rectifier, opérant séparément le travail des vins et des flegmes, ont aussi à l’Exposition une large place; les colonnes des types Savalle, Collette, Cham-
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- ponnois, etc., se rencontrent, en effet, dans les installations de la Compagnie de Fives-Lille, de MM. Varein et Defrance, de M. Barbier, etc.
- Une mention spéciale doit être faite pour la distillerie agricole exposée par MM. Egrot, Granger et Guillaume, à l'entrée du palais, 8U pied du vaisseau de la maison Menier. Cette installation, destinée à la diffusion de la betterave ou du topinambour, avec travail aux levains purs, est un modèle de ce que doit être la petite usine moderne de production d’alcool.
- En somme, l’industrie de la distillerie a suivi en France, depuis 1889, un mouvement ascensionnel intéressant. Ce mouvement s’accentuera encore si, comme il faut l'espérer, d’une part, par l’amélioration des appareils d’utilisation, d’autre part, par la facilité qu’il est nécessaire d'accorder à la dénaturation, les emplois industriels de l’alcool parviennent à se multiplier.
- BRASSERIE.
- En 187a, la quantité de bière fabriquée en France s’élevait à 7i3i3i3w;en 1898, cette quantité s’est étendue à 9 ô^ôiô111: augmentation, 2 4*5 3o3hl.
- En 1872, nous importions 279 ogS11* de bière étrangère, valant 12 58ig24fr; celte importation a passé par un maximum en 1881, 1882 et i883, où elle a atteint le chiffre moyen de 4i3 837hl valant *8622671^; elle n’est plus aujourd'hui que de 120 826bl valant 9 06195ofr.
- Ces chiffres suffiront, à eux seuls, pour montrer les progrès que, depuis trente ans, l'industrie de la brasserie a accomplis dans notre pays. Ces progrès sont entièrement dus à l’influence et aux découvertes de Pasteur et de son école : il n’est pas sans intérêt de montrer ce qu’est aujourd'hui cette industrie, qui fabrique les produits de grande qualité qu'on peut déguster dans le palais de l'Alimentation, à l'Exposition universelle de 1900.
- La matière première de la brasserie est l’orge, qui sert à
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- fabriquer le malt. Autrefois, le brasseur préparait lui-même tout le malt dont il avait besoin. Aujourd'hui il s’est créé de grandes malteries qui vendent aux distillateurs et à un grand nombre de brasseurs le produit qui leur est nécessaire.
- On sait en quoi consiste le travail du malleur : mouiller l’orge pour lui faire absorber une certaine proportion d'humidité, puis l'abandonner, dans des conditions particulières, à la germination. Deux systèmes sont concurremment employés pour favoriser celte germination.
- Dans le premier, le grain mouillé est étendu, en couche de ia«* à ao*m d’épaisseur, sur le sol de caves ou de hangars demi-obscurs, et là, constamment retourné à la pelle par les ouvriers, il développe librement sa gemmule et ses radicelles.
- Mais cette façon de faire nécessite l’utilisation de grandes surfaces, un ouvrage manuel considérable et qui, comme tout ouvrage manuel de ce genre, n’est jamais parfait; de plus, elle ne permet pas de travailler pendant la période de chaleur. Aussi il ne faut pas s’étonner qu’un second mode de travail entièrement mécanique, et désigné sous le nom de maltage pneumatique, tende actuellement à se répandre de plus en plus.
- On connaît deux formes de maltage {meumatiquc : l’une, utilisée surtout en France, est due à M. Saladin, ingénieur à Nancy; l’autre, très répandue en Allemagne, est due à Nicolas Galiand, dont les premiers essais, dans une brasserie des environs de Nancy également, remontent à i8;o.
- Dans le système Saladin, l’orge trempée est déposée, sur une épaisseur de 8ocm, dans des cases traversées de bas en haut par un courant d’air humide, et dans lesquelles se meuvent des pelleteurs à vis chargés de ramener constamment les couches profondes à la surface.
- Dans le système Galiand, la germination de l’orge est faite au moyen d’un tambour mobile en tôle, faisant un tour en quarante minutes, muni sur la couronne extérieure de six canaux parallèles en tôle perforée, et d’un tube central, également en tôle perforée. Les canaux, par l'intermédiaire d’une chambre ménagée sur le fond, communiquent avec le conduit d’arrivée de l’air humide, tandis que le tube central est en
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- relation avec un aspirateur. Le grain trempé est placé dans la partie comprise entre les canaux et le tube central et l’on comprend comment, par l’agitation continuelle à laquelle il est soumis, et au contact de l’air humide qui le traverse, sa germination peut se poursuivre d’une façon régulière.
- Je dois interrompre un instant ma description pour fournir à mes lecteurs quelques renseignements sur l’emplacement de l’exposition du matériel de brasserie. Ce matériel est compris dans la classe 55, située dans le palais de l’Alimentation. La France seule y est représentée par quatre installations, dont deux surtout ont un caractère très important et qui, toutes, sont situées vers la droite lorsqu'on pénètre dans le palais par l’avenue de La Bourdonnais.
- Dans l’exposition générale, si belle et si intéressante, de la Compagnie de Fives-Lille, on pourra examiner le tambour de germination de Galland, dont je viens de donner une description sommaire.
- Je n'insiste pas sur l’exposition de la maison Carpentier, de Paris, qu’on trouvera un peu plus loin et qui est plutôt une exposition de chaudronnerie.
- Mais j’engage vivement les personnes que la question intéresse à s’arrêter le long de la salle des Fêtes pour examiner le matériel exposé par M. Diebold, de Nancy, et au premier étage et à l’entresol, immédiatement au-dessus, celui de la Société strasbourgeoise de Constructions mécaniques, établie maintenant à Lunéville.
- Dans cette dernière exposition, on pourra suivre le travail d’une case de germination du système Saladin.
- Je reprends maintenant l’ordre régulier de ma description.
- Lorsque le praticien reconnaît que la germination de l’orge est suffisamment avancée, il l’arrête par un passage à la tou-raille. On nomme ainsi un édifice spécial composé d’un foyer situé au rez-de-chaussée, et dont les gaz chauds traversent les plafonds de deux étages superposés. Le grain mallé commence sa dessiccation sur le plancher supérieur, puis il est redescendu sur le plancher inférieur où il rencontre une température plus élevée et où son travail s’achève. Sur ces pian-
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- chers, et pour accélérer la dessiccation, des pelleteurs mécaniques travaillent constamment la couche.
- Dans l'exposition de M. Diebold, un verra le modèle du plancher d’une touraille avec un pelleteur très habilement combiné. Un pelleteur fonctionne également dans la partie réservée à la Société strasbourgeoise.
- Lorsque le malt a été touraillé,on le débarrasse, au moyen d’un crible rotatif, de ses radicelles ou touraiilons et il est prêt à servir à la fabrication de la bière.
- L’opération du maltage a pour but : i° de développer une diastase spéciale, la cytase, qui, rongeant les parois cellulaires de l’amande farineuse, met à nu les granules d'amidon; a* de produire en même temps la diastase découverte par Payen, mélange d’amylase et de dextrinase, chargée, à la température comprise entre 55° à 70°, en présence de l’eau, de transformer l’amidon en un mélange de dexlrine et de maltose.
- C’est par l’opération du brassage que débute {'utilisation du malt moulu ; elle correspond à une véritable saccharification et elle peut être pratiquée de façons différentes.
- Dans la première, on opère par infusion. C’est la méthode ancienne encore usitée dans le nord de la France, en Belgique et en Angleterre. Dans la seconde, importée d’Allemagne et d’Autriche, on opère par décoction. Enfin, l’introduction d'un appareil dit macérateur permet d’apporter, à cette dernière méthode, certaines modifications.
- Pour la compréhension de ce qui suit, je prendrai comme type le système d'appareils combinés par M. Diebold et la Société strasbourgeoise.
- M. Diebold expose une installation de salle à brasser tout à fait remarquable comme construction. La cuve matière filtrante, placée à la partie supérieure, de forme circulaire, avec son système d’agitation, de piochage et d’évacuation de la drèche, de soutirage par tubes qu’on peut nettoyer et stériliser à volonté, répond à toutes les indications actuelles de la Science. La chaudière à houblonner, pouvant, à cause de
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- l’hélice ou vagueur qui tourne sur le fond, servir aussi de chaudière à trempes ou à maisches, ne le cède en rien comme construction à la précédente.
- Si nous opérons par infusion, nous utiliserons ces deux chaudières de la façon suivante : Dans la cuve matière, nous enverrons, à l’aide d’un hydrateur spécial, une bouillie épaisse, la salade, comme on l’appelle, faite de malt moulu et d’eau et marquant 35°-4°9 de température; puis nous recouvrirons d’eau bouillante de façon à porter la masse à 58«-6o% température que nous maintiendrons pendant une heure en faisant fonctionner l’agitateur. Nous soutirerons par le faux fond perforé et nous enverrons le liquide clair dans la chaudière à houblonner. Sur la drcche nous projetterons une nouvelle quantité d'eau bouillante, telle que la température soit portée à 68°-7o°, nous maintiendrons ce degré pendant une demi-heure, nous soutirerons de nouveau le liquide, que nous réunirons au premier et nous évacuerons le résidu solide qui servira à la nourriture du bétail.
- Le brassin sera ainsi totalement réuni dans la chaudière à cuire ou à houblonner.
- Si nous opérons par décoction, cette dernière chaudière recevra d’abord un autre emploi, comme on va le voir :
- Dans la cuve matière, nous ferons, en un seul coup, la salade avec la totalité du malt et de l’eau tiède, nécessaires au brassin. Puis nous prélèverons, après une demi-heure, le tiers de la masse; nous l’enverrons dans la chaudière à cuire, et là, faisant fonctionner le vagueur, nous le porterons à l'ébullition en prenant quelques précautions sur lesquelles il serait trop long d'insister; puis nous le refoulerons dans la cuve matière. Le contenu de celle-ci sera, de ce fait, porté à la température de 5o#-55°. Dès que le mélange est terminé, une deuxième opération, en tous points semblable à la précédente, est effectuée; elle a pour effet de porter la température à 6o°-65°. On laisse alors reposer le mélange, puis on soutire le tiers environ du liquide clair, on le réchauffe à l'ébullition, on le retourne à la cuve matière dont la masse, totale de ce fait, se trouve portée à ^0^5°. On fait ainsi deux trempes épaisses(Dickmaische) et une trempe claire (Lauiermaische).
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- C’est seulement après un repos de trente à quarante minutes que le brassin clair est réuni dans la chaudière à houblonner et que la drèche est évacuée.
- Si le macérateur cylindrique horizontal de la Société strasbourgeoise est annexé aux deux chaudières de M. Diebold, on fera la salade comme précédemment dans cet appareil, on portera la masse à 6o°, on en évacuera les deux tiers dans la cuve matière, puis le dernier tiers, étant porté à l’ébullition, ira rejoindre ensuite les précédents, ce qui élèvera la température finale à 70^-75°.
- Je n’insiste pas sur le lavage et le piochage des drèches, lavage qui donne un liquide sucré servant à la préparation de la petite bière, cela m’entraînerait trop loin.
- L’exposé succinct que je viens de faire ne serait pas complet si je ne disais que, depuis un certain nombre d’années, le malt est remplacé en partie par des gruaux de riz et de mais, non maltés, bien entendu. Dans la méthode par infusion, ces produits, ces grains crus, comme on les désigne, sont cuits à part pour empoisser l’amidon; dans la méthode par décoction, ils sont introduits dans les trempes épaisses ou dans le macérateur travaillant à l'ébullition. En France, on emploie 10 à 20 pour 100 de ces grains crus par rapport au poids de malt; en Amérique, cette proportion s'élève jusqu'à 4° pour 100. On conçoit que cette pratique apporte à la fabrication une large amélioration dans le prix de revient, car elle supprime en partie le travail du malt, en même temps que la richesse en amidon du riz et du maïs permet d’augmenter si l’on veut, pour un même poids de grain total, la quantité de bière fabriquée.
- Lorsque le brassin, le moût, comme on dit, est rendu dans la chaudière à cuire, il est porté à l’ébullition, additionné de la quantité de houblon nécessaire et maintenu à cette température pendant un temps suffisant. Cette opération a un double but : communiquer à la bière l’amertume qu’exige le consommateur, ramener, par évaporation, le brassin au volume fixé.
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- La durée de celle ébullition est variable avec la pratique de chaque brasseur : elle oscille entre deux, six et même dix heures quelquefois. L’ébullition prolongée est mauvaise. Il est démontré, en effet, que les bières cuites trop longtemps en présence du houblon possèdent une amertume prononcée dont la recherche atteste le faux goût du consommateur. Les bières, après deux heures d’ébullition au maximum, possèdent, au contraire, le parfum et la saveur caractéristiques du houblon, et voient leur pouvoir de conservation augmenté.
- On ne saurait trop insister sur ce fait, en France surtout, où le consommateur croit que l’amertume prononcée caractérise l’emploi du houblon, tandis qu’au contraire, il sert à masquer facilement l’utilisation, par le fabricant, des succédanés très amers, dont l’emploi est considéré comme une falsification.
- Lorsque l’ébullition est terminée, le moût houblonné est passé sur un tamis qui relient les cônes de houblon et soumis au refroidissement. Ce refroidissement peut être fait lentement jusqu’à la température de 4$°, mais il doit être très rapide quand on passe de 45° à la température de mise en levain a lin d'éviter l’évolution des ferments nuisibles. C’est ce qui explique l’emploi des bacs plats à grande surface suivis du travail des réfrigérants tubulaires.
- Aujourd'hui, et toujours par application delà théorie pasteurienne, on tend à faire toutes ces opérations à l’abri de l'air. Pour cela, on envoie le moût dans des bacs entièrement clos, dans lesquels on injecte soit de l’air préalablement filtré, soit de l’air qui circule à travers des filtres de construction appropriée.
- C'est ainsi que M. Diebold expose un compresseur à air filtré et que la Société strasbourgeoise montre un bac fermé recevant de l'air filtré à travers un cloisonnement en coton du système 51 ô lier.
- Cette aération a aussi pour effet de donner au moût la quantité d’oxygène nécessaire à révolution de la levure.
- En sortant du bac, Je moût ruisselle sur un système tubu-
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- taire en cuivre dont les tubes sont traversés par un courant d'eau froide, si la mise en levain se fait à 14° ou i5°, et d'eau froide d’abord et d'eau glacée à la partie inférieure, si la température de fermentation est voisine de o\ Ce ruissellement à l’air termine l'oxygénation du moût.
- La Société strasbourgeoise expose un magnifique modèle de cette sorte de réfrigérant; on en trouvera d’autres modèles dans l’Exposition, car on sait que la réfrigération du lait, du moût de raisin, se fait aujourd'hui dans des conditions analogues.
- La fermentation du moût houblonné, destiné à transformer le mallose en alcool, se fait par deux méthodes différentes, caractérisées par les levures qui y président :
- La fermentation haute, qui se poursuit à une température pouvant varier de i4° à 3o°, a été autrefois la seule employée en France ; aujourd'hui, excepté dans le nord de la France et dans quelques petites installations, elle a fait place à la fermentation basse, qui se poursuit à la température voisine de o°.
- La première est réservée au procédé par infusion, la seconde au procédé par décoction.
- Le moût obtenu par infusion, houblonné et refroidi, est mis en levain dans de grandes cuves, puis entonné dans des fûts où sa fermentation tumultueuse s'accomplit en vingt-quatre ou quarante-huit heures, le levain qui s’écoule par la bonde étant recueilli pour les opérations ultérieures. Puis les fûts sont bondés, et la fermentation complémentaire charge la bière en acide carbonique en môme temps que le liquide s’éclaircit. En quinze jours, trois semaines au maximum, la bière peut être livrée à la consommation.
- L’emploi du procédé de fermentation basse est un grand progrès pour notre pays, et c’est l’invention de la machine à glace qui a aidé à le réaliser. C’est le procédé employé en Allemagne et en Autriche, c’est lui qui nous a permis de fabriquer ces bières de grande marque qui éliminent petit à petit de France les produits d’outre-Rhin.
- Le moût houblonné, refroidi à 0% mis en levain, est intro-
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- du il dons des cuves placées dans des caves-glacières ei il » est maintenu à basse température, soit au moyen de nageurs à glace, soit au moyen de circulation d'eau glacée à traversées serpentins. La première partie de la fermentation s’y poursuit lentement, la levure, à cause de sa grande densité, se maintenant toujours sur le fond. En quinze jours, elle est terminée. On entonne alors le liquide dans de grands foudres, qu’on ferme hermétiquement et qu’on abandonne dans des caves-glacières, à la fermentation complémentaire, pendant quatre et môme six mois.
- C’est seulement après cette époque que la bière est finie et qu’elle peut être consommée.
- Un procédé nouveau, connu sous le nom de procédé P/au-dler, et qui, basé sur l’aération continuelle du moût et l’aspiration continuelle également de l’acide carbonique formé, a fait son apparition il y a quelques années en Amérique et a reçu déjà son application en Allemagne, tend à réduire à trois semaines la durée totale du travail par décoction et fermentation basse; je ne puis que le signaler en passant.
- En ces dernières années on a vu aussi se répandre dans l’in-dustriedela brasserie unepraiiqueetdesappareilsquisontpour beaucoup dans lesderniers progrès qu'elle a accomplis: je veux parler des appareils de filtration de la bière et des appareils de soutirage à contre-pression. C’est Enzinger, de Worms-sur-Rhin, qui a créé, en 1878, les premiers appareils de filtration. Aujourd’hui, l’emploi des filtres est devenu général et il n’y a pas lieu de s’étonner qu’il y ait à l’Exposition une demi-douzaine d’installations relatives à cette opération importante.
- L’exposition de la fabrique de filtres et d’appareils pour brasserie (ancienne maison Enzinger), reste la plus importante. Elle est située dans la section allemande, au premier, pavillon de l’avenue de Suffren. Dans la section française, à côté de l’installation Diebold, M. Cirier-Povard expose les appareils brevetés par Slockheim. On pourra là se rendre compte de leur fonctionnement. Je n’y insiste pas. Je tiens à
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- dire seulement que tous ces appareils ont pour but : i° de dépouiller complètement la bière, qu’on met en fûts ou en bouteilles, de ses impuretés solides : levure, faux ferments, etc., ce qui en garantit la conservation chez le consommateur, en filtrant le liquide à travers une masse de pâle à papier ; de faire celte opération soit sous pression d’air, soit sous pression d’acide carbonique, ce qui permet à la bière de pouvoir être consommée immédiatement, puisqu’elle conserve ainsi tout le gaz qui, par son dégagement au tirage définitif, provoque cette mousse qui décore si élégamment le bock que nous consommons.
- Je ne dois pas non plus oublier les appareils de pasteurisation qui ont pour but, en chauffant les bouteilles pleines à la température de 6o° à 70% de garantir la bière contre les maladies microbiennes qui l*auaquent si facilement pendant son séjour dans la cave du consommateur.
- L’Exposition actuelle montre que nous possédons en France des constructeurs capables de rivaliser avec n’importe quels concurrents allemands ou autrichiens. En particulier, M. Die-bold, de Nancy, dont la maison n’est fondée que depuis 1892, mérite une mention particulière pour toutes les installations brillantes qu’il a faites dans les brasseries de l’est de la France et en Algérie. Mais la brasserie française aurait tort si, usant de ce matériel, elle oubliait les principes scientifiques qui doivent présider à sa fabrication. Elle a, comme je le disais, en ces dernières années surtout, fait de grands progrès, mais il lui en reste d’autres à accomplir.
- L’examen des chiffres que je citais en commençant montre, en effet, que l’importation des bières étrangères représente encore i3 pour 100 de la fabrication française. Ces mêmes chiffres montrent également que si, depuis 1884, celte importation en hectolitres a diminué de 66 pour 100, en valeur, la diminution n’est que de 5o pour 100, puisqu’elle est encore de 9 millions, contre i85ooooofr; ce qui veut dire que ce sont-surtout des bières étrangères de grande qualité qui arrivent en France en ce moment.
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- La brasserie française peut nous affranchir de ce tribut payé à l’étranger, lorsqu’elle le voudra. Pour cela, il faut qu’elle se pénètre bien de cette idée, qu’il y a, parmi les consommateurs, des connaisseurs autres que le bon snob qu’elle se plaît à meure constamment en avant et qui déguste, sans s’en apercevoir, do la bière française vendue sous une dénomination bavaroise quelconque. Je faisais l’année dernière, chez un brasseur, cette constatation que, sur trois bières qu’il me faisait déguster et qui auraient dû être à peu près identiques, il n’y en avait pas une de comparable à l’autre. L’analyse chimique montrait que l’une marquait 4*,5 alcooliques, tandis qu’une autre atteignait 6°,3. C'est un fait qui est loin d’ètre isolé; pour une brasserie donnée, n’importe lequel de mes lecteurs peut se payer le luxe de cette constatation.
- La caractéristique des bières bavaroises, par exemple, réside précisément dans la conservation de l'identité, d’une fabrication aux suivantes. C’est à cette identité perpétuelle que le fabricant français doit tendre, et comme aujourd'hui il est facilement maître de la pureté de sa levure et, par conséquent, de la caractéristique de sa fermentation, c'est à la fabrication du malt et aux opérations du brassage qu’il doit donner toute son attention. Le jour où le brasseur s’efforcera de produire la germination de l’orge et le touraillage dans les mêmes conditions, le jour où, par des trempes conduites pendant un temps et à des températures toujours les mômes, il produira des moûts contenant toujours des proportions sensiblement égales de maltose et de dexirine, il sera en complet accord avec les principes scientifiques et il conservera à ses produits, après un houblonnage et une cuisson soignés, la fixité qui, pour tous les produits de consommation, est la caractéristique des marques supérieures.
- CIDRERIE.
- L’industrie de la préparation du cidre est localisée dans les départements du nord-ouest de la France. La quantité produite est variable avec les années; on a couiume de dire qu’il
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- y a successivement une année avec pommes ei une année sans pommes; c’est ce qui fait que la production annuelle atteint quelquefois 3o millions d'hectolitres et qu’elle descend aussi parfois au-dessous de 10 millions.
- Jusqu’en ces derniers temps, la fabrication du cidre était une spécialité de la ferme, mais depuis un certain nombre d’années on a vu se fonder dans quelques villes de Normandie, de Picardie, etc., de grands établissements dits brasseries de cidre qui travaillent en grand les pommes achetées chez les paysans normands et bretons.
- Deux méthodes sont actuellement mises à la disposition de ces grands industriels et l’Exposition les montre toutes les deux côte à côte, dans le Palais de l’Alimentation, en face des* comptoirs de débit de la bière.
- La première méthode, qui n’est que l’extension de celle usitée à la ferme, consiste à broyer les pommes des différentes saisons de manière qu’on ne puisse pas reconnaître la chair d’avec la peau, à soumettre à la pression la pulpe, soit pure, soit après addition d’eau, afin d’obtenir un jus que la fermentation transforme en cidre.
- L'installation démonstrative exposée par la maison Simon frères, de Cherbourg, donne une idée de ce travail rendu industriel. A côté des broyeurs et outres appareils bien connus de celte maison, on y verra l’outil le plus important de la cidrerie, c’est-à-dire la presse continue, permettant de travailler i2oook* à i8oookf de pommes par jour, dont l'étude et l’exécution font le plus grand honneur aux savants ingénieurs qui i’ont conçue.
- La seconde méthode est l’application du principe de traitement actuel de la betterave, mais à la température de i8° à ao° seulement. Les pommes, découpées en cossettes, sont jetées dans des bacs en bois communiquant entre eux et, là, soumises à une diffusion méthodique au contact de l’eau. Le jus soutiré fermente ensuite à la manière ordinaire.
- M. Briet, qui est l’inventeur du procédé de diffusion de la pomme, expose un diffuseur de 9 bacs pouvant produire ioo1'1 de cidre par jour. On pourra donc l’examiner dans ses détails à l’Expo.-ition.
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- Tous les spécialistes ne sont pas d’accord sur les qualités comparatives du cidre de diffusion et de pression. Les expériences poursuivies pendant trois années successives à l’École nationale d’agriculture de Rennes par MM. Séguin et Pailheret semblent cependant prouver que, tout en étant plus économique, ce qui n’est pas douteux, le travail par diffusion peut donner un cidre en tout point identique à celui qu’on obtient par l'ancien travail de broyage et de pression.
- A côté de ces expositions, on trouvera les appareils de U maison Mabille, qui sont trop connus pour qu'il y ait lieu d’v insister.
- PAPETERIE.
- Pour terminer cette étude sur l’industrie des matières végétales, je voudrais dire quelques mots de la papeterie. La production de celle-ci est liée au développement intellectuel de l'humanité et il n’y a pas lieu de s’étonner qu’elle ait, dans certains pays, atteint un développement considérable. Ce sont les États-Unis qui sont à la tête de ce mouvement pour le monde entier. En Europe, c’est l’Allemagne qui occupe le premier rang des pays producteurs de papier avec843ooo tonnes de production annuelle. Puis viennent l’Angleterre avec 412000 tonnes, la France avec 35oooo tonnes, l’Italie avec 200000 tonnes et la Russie avec 108000 tonnes.
- Je 11e veux pas faire ici l’historique, si intéressant, de la fabrication du papier, cela m’entraînerait trop loin ; je veux seulement montrer que le développement de cette industrie, qui l’a conduite à l’état sous lequel elle se présente aujourd'hui, est dû à deux causes principales : l’invention de la machine à papier et l’emploi des succédanés du chiffon.
- Jusqu’à la fin du siècle dernier, la fabrication de la pâte à papier, à l’aide du chiffon, s’était faite au moyen des moulins à pilons, et la transformation de la pâte en feuilles avait lieu par l'intermédiaire d’une forme, sorte de treillis métallique que l'ouvrier plongeait dans la cuve et retirait recouvert d’une légère épaisseur de matière qui, faisant prise, donnait naissance après diverses manipulations : mise sur feutres, passage
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- les grandes industries chimiques a l/EXPOSITION de 1900. 7; à la presse, encollage à la gélatine, à un papier de grande qualité. Ce mode de travail n’a pas disparu et aujourd'hui tous les papiers de luxe et les papiers administratifs sont encore fabriqués de cette façon. Ils présentent, en effet, grâce à la cellulose pure de chiffons, toile et colon, avec laquelle ils sont faits, une garantie de durée que ne possèdent pas ceux obtenus à l’aide des méthodes modernes.
- Mais, malheureusement, le prix de revient du produit ainsi fabriqué est assez élevé, la production journalière ne peut pas atteindre des proportions importantes, et dès la fin du siècle dernier, le développement de l’imprimerie, s’accordant avec la demande de plus en plus grande du livre et des imprimés de toute nature, entraînait pour la papeterie la recherche de perfectionnements nouveaux. C'est un Français, Robert, qui, en 1780, construisit à Essonnes la première machine à fabriquer le papier continu. Cette machine fut perfectionnée par Donkin, Anglais du comté de Kent, et marchant de modifications en modifications elle est arrivée à la forme qu’elle possède aujourd'hui.
- Celte forme, il n’entre pas dans mon rôle de la décrire; je me contenterai de dire qu’elle comprend : un épurateur à secousses qui reçoit la pâte raffinée et, arrêtant les dernières impuretés qu’elle peut contenir, la déverse en nappe mince à la surface de la toile métallique où elle s’égoutte d’abord, prend corps par le passage sur des aspirateurs et entre les rouleaux d’une presse humide pour, finalement, aller se sécher sur un nombre variable de cylindres, traversés par un courant de vapeur, et s’enrouler sur une bobine.
- Trois machines à papier sont exposées, au Champ-de-Mars, à côté de l’exposition des produits chimiques, et celle de la maison Darblay, d’Essonnes, dont la réputation n’est plus à faire, et dont tout le monde a pu admirer le fonctionnement, donne l’idée de ce qu’est aujourd’hui cet outil moderne. Cette machine, dont la largeur utile est de im,85, peut marchera une vitesse de 90“ à la minute, ce qui correspond à une production d’environ 3oo journaux grand format.
- La machine exposée par MM. Escher, Wyss et Cle, de Zurich, a i",,6o de largeur utile, sa vitesse peut atteindre 80® à la
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- minute. Celle exposée par M. Füllner, de Warmbrün (Allemagne), a am, 3o de largeur utile el peut marcher à iaom — on m’a même affirmé i5o"* — à la minute.
- Ces machines, bien entendu, peuvent également marcher à des vitesses moindres et même à une vitesse de quelques mètres à la minute, suivant les conditions du travail. Je n’ai pas besoin d’en dire plus pour faire comprendre combien le mécanisme doit en être équilibré pour que la feuille puisse passer, sans se déchirer, par tous les stades de la solidité. La machine à papier est devenue un outil de précision.
- Malgré tous les perfectionnements qui font amenée à i’état actuel, la machine à papier n’aurait pas suffi à répondre aux besoins de l’imprimerie, surtout depuis un demi-siècle, ou, tout au moins, Je développement de celle-ci en eût été paralysé si un autre facteur n'était intervenu.
- Au début de la papeterie, en Chine et chez les Maures, c’est aux matières neuves : fibres de mûrier, de bambou, de lin et de chanvre, qu’on s’était adressé pour obtenir la matière première nécessaire. Ce n’est que vers le xn* ou le xin* siècle que l'on s’est adressé aux déchets des matières fabriquées et que le chiffon est intervenu. Mais le chiffon n’est pas une matière inépuisable; il est devenu bientôt d’un prix relativement élevé, et vu sa rareté, on a cherché à le remplacer. C’est un Français encore, Léorier-Delisle, qui, vers 1760, dans son usine des Buges, près de Montargis, a eu l’idée de revenir aux matières neuves, et l’on peut dire que, grâce à lui, dans cet ordre d’idées, il n’y a plus rien à innover. Nous possédons, en effet, au Conservatoire des Arts et Métiers, une collection des papiers de Léorier-Delisle, pour lesquels ce dernier a utilisé les fibres de tous les végétaux possibles : paille, bois, roseau, genêt, racines diverses, de guimauve, de chiendent, feuilles de bardane, d’artichaut, etc. Mais, depuis cette époque, une sélection est intervenue et le nombre des succédanés du chiffon est aujourd’hui limité au bois (tremble, bouleau, peuplier, pin et sapin divers), à la paille, au sparte et à l’alfa.
- La paille, simplement travaillée en fosse avec de la chaux, perdant ainsi une partie de ses gommes incrustantes, donne
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- ces papiers jaunes qui servent comme emballage, en particulier chez les épiciers et les bouchers. Mais, lessivée à la soude et blanchie au chlorure de chaux, elle produit, comme le sparte et l’alfa, des fibres blanches, très solides, donnant naissance, par le feutrage, à d’excellent papier. La paille seule est employée en France. En effet, bien que notre colonie d’Algérie soit la productrice principale de l'alfa et du sparte (qui ne sont que deux variétés d’une même plante), les conditions du transport par fer sont telles, chez nous, que la papeterie anglaise, qui reçoit cette matière première presque entièrement par eau, peut seule l’employer économiquement. Cela est regrettable, car les papiers d’alfa sont très beaux et très solides.
- Mais c’est surtout l’emploi des bois qui a permis à la papeterie de fabriquer ces papiers à bon marché dont l’industrie du livre, du journal, des publications de toutes sortes a largement bénéficié. Le bois est utilisé sous deux formes. Dans la première, il subit un dccreusage à l’autoclave, en présence du bisulfite de chaux, et il donne ainsi naissance à une belle fibre qui, blanchie, fait ensuite d'excellents papiers de toutes sortes. Dans la seconde, imaginée par Wœlter, en i84<>, le bois est simplement usé à la meule, sous un courant d'eau, et donne naissance à une poudre légère qu'on incorpore aux pâtes fibreuses. La pâte de bois, défibrée et blanchie, est connue sous le nom de pâte de bois chimique ou aussi, simplement, de cellulose; la pâte deboisuséàla meuleprend le nom de pâte de bots mécanique. MM. Darblay et fils, d'Essonnes, montrent, à l'Exposition, une installation de la fabrication du bois mécanique.
- C’est surtout depuis une trentaine d’années qu’on a pris l’habitude d’incorporer les bois mécaniques aux fibres diverses, pour remplacer les charges minérales qui intervenaient généralement. De nos jours, celte incorporation a pris des proportions énormes, permettant de produire des papiers dont le prix descend jusqu’à aofr les ioov*. C’est là un grand avantage pour le bon marché, mais un grand dommage pour la qualité ; le bois mécanique, en effet, qui n’est que du bois en réalité, a tous les défauts de celui-ci; par suite, les papiers
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- qui le contiennent jaunissent vite, s’oxydent et se détruisent rapidement.
- Les œuvres que nous ont léguées nos ancêtres, imprimées sur papier à la forme, de qualité irréprochable, que les siècles passés savaient produire, nous arrivent aujourd’hui parfaitement en étal d’être feuilletées et étudiées: on peut prédire à l’avance que, grâce à l'introduction du bois mécanique, il n’en sera pas ainsi, dans l'avenir, pour un grand nombre de nos publications contemporaines.
- III.
- INDUSTRIES BASÉES SUR L’UTILISATION DES MATIÈRES ANIMALES.
- J’ai peu de choses à dire des industries basées sur l’utilisation des matières animales : les unes, en elîet, sont des industries fort limitées, trop connues pour qu’il y ait lieu d’y insister; les autres sont basées sur des principes qui varient peu avec les années et se présentent, par conséquent, à l’Exposition de 1900 avec leur figure ancienne.
- LAITEBIE.
- La laiterie et les industries qui en dérivent tiennent une large place à l’Exposition. Annexées à la ferme, les principes de propreté, développés par l’école de Pasteur, tendent à y pénétrer de plus en plus. L’écrémeuse en est devenue l’outil indispensable. Mais cela n’est pas suffisant. La fabrication du beurre est restée, quant à l’application des principes scientifiques, à peu prés stationnaire dans notre pays : la découverte des ferments spéciaux qui donnent à la crème les qualités dont le beurre bénéficiera dans la suite commence à peine à être utilisée en France. En Danemark, il n’en est pas ainsi : on cultive ces ferments d’une manière semi-industrielle et on les introduit chez le fermier, qui les ensemence dans la crème qu'il laisse ensuite mûrir avant de la baratter. C’est
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- ce qui donne au beurre danois les qualités qui nous créent une si grande concurrence en Angleterre.
- Les qualités des divers fromages sont dues, elles aussi, au développement de mucédinées et de ferments spéciaux dont la connaissance exacte, pour chaque type, rendrait de grands services à l’industrie de la fromagerie. C’est une élude à peine ébauchée et qui, pour les fromages à pâte sèche et à pâte cuite, donne lieu actuellement à de grandes discussions. II n'en est pas de môme pour les fromages à pâte molle comme le Brie et le Camembert. M. Georges Roger, de La Ferté-sous-Jouarre, vient, en effet, d’isoler la mucédinée, Pénicillium candidum, et les deux microbes, Bacillus firmitatis et Micro-coccus meldensis, qui président à la maturation de ces produits. M. Roger a créé toute une technique d’ensemencement de ces ferments qu'il est du plus grand intérêt de voir se propager chez tous les fromagers soucieux de leur fabrication et de la rémunération de leur travail.
- BOUGIES ET SAVONS.
- Je ne dirai rien de l’industrie des bougies et des savons. Ses procédés et son outillage n’ont pas varié. La savonnerie marseillaise a conservé son importance, comme on peut s'en rendre compte en visitant la section des produits chimiques. Quant à la stéarinerie, elle est toujours à la recherche d’un procédé de transformation de l’acide oléique, qui est liquide et que, par conséquent, elle ne peut utiliser, en acide concret; mais aucun des procédés préconisés jusqu’ici n’est devenu industriel.
- Cette industrie est d’ailleurs battue en brèche par toutes les autres industries de l'éclairage : électricité, pétrole, acétylène, alcool, qui ont toutes les faveurs du gouvernement, tandis que la bougie reste frappée d’un droit (droit d’accise, 3o,r par iook«, — octroi pour Paris, 24fr) qui représente 33 pour 100 de la valeur des bougies de qualité supérieure et 5o pour 100 des bougies bon marché. En présence de cet état de choses. H n’y a pas lieu de s’étonner que le nombre des stéarineries et mouleurs de bougies diminue tous les jours. Il était de i3o;
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- en 189$, il n'était plus que de 764 en 1897. Esl-il bien juste de sacrifier ainsi une industrie aussi essentiellement française?
- CUIRS ET PEAUX.
- Il faut donner un bon point à l’industrie des cuirs et des peaux, qui commence à sortir un peu de chez elle et à se confier à la Science. Une École de tannerie vient d’être annexée à la Faculté des sciences de Lyon; une section spéciale va être annexée également à l'École de commerce qui va ouvrir ses portes à Milhau.
- Les progrès accomplis en ces derniers temps parla tannerie sont de deux sortes : d’une part, toutes les opérations du travail des peaux vertes et des cuirs : écharnage, ébourrage, dérayage, cœursage, palissonnage, sciage, mise au vent, etc., sont devenues mécaniques. On trouvera, à côté de la section des produits chimiques, au Champ-de-Mars, dans l’exposition de M. Krempp (ancienne maison Lutz) notamment et de quelques autres constructeurs, toutes sortes de machines qui répondent à ces besoins et sont d'un mécanisme intéressant.
- D'autre part, In tannerie tend à diminuer considérablement la durée du tannage qui de quelques mois, et plus d'une année même, suivant la nature des peaux à travailler et la qualité des cuirs à obtenir, peut être ramenée à quelques jours: l’emploi des acides sulfurique et lactique, conséquence des éludes faites sur le rôle des microbes dans le travail des trains, des petains et des confits, l’emploi des sels de chrome (réduction de l'acide chromique imprégnant la peau par rhyposulflte de soude, emploi des sels acides et de l’alun) et le travail dans des solutions concentrées de tannin, après traitement de la peau par le formol, ont donné dans cette voie d’excellents résultats.
- Les os, les déchets de tannerie servent à la préparation de la colle forte et de la gélatine. Notre fabrication de colle forte est assez florissante et nous en exportons de grandes quantités en Allemagne et en Angleterre. Mais c'est l’Allemagne qui est la grande productrice de toutes les belles gélatines blan-
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- LES GRANDES INDUSTRIES CHIMIQUES A L’EXPOSITION DE IQOO. 83
- ches destinées à l'alimentation et à la préparation, si importante aujourd’hui, des glaces photographiques.
- IV.
- CONCLUSION.
- Dans l’article qui servait d’introduction aux éludes que je termine aujourd'hui, j’écrivais les lignes suivantes que je demande la permission de rappeler : « Si nous arrivons, » comme j’espère le montrer, à nous rendre compte que les » industries les plus perfectionnées sont précisément celles » qui ont su employer le mieux le contrôle scientifique; que b les nations qui font journellement dans cette voie les pro-» grès les plus sensibles sont aussi celles qui savent faire le t meilleur usage des connaissances acquises et des profes-» sionnels qui détiennent ces connaissances, nous aurons » tiré de notre examen une observation qui devra nous servir » de guide dans l’avenir et qui sera ce que nous pourrons b appeler la leçon de l'Exposition de 1900. »
- Cette leçon, c’est en comparant l’état actuel de nos industries à l’état actuel des industriesdes nations rivales, telles que l’Angleterre, l’Allemagne, les États-Unis, notamment, que nous devons la tirer. Elle apparaît alors dans l’examen des causes qui ont présidé, au courant de la dernière moitié de ce siècle, au développement de l’industrie et du commerce allemands. Tous les publicistes ont, cette année, en face de l'Exposition qui vient de fermer ses portes, renouvelé le cri d’alarme qui a été jeté, il y a déjà longtemps, par des hommes éminents, et il peut paraître superflu de revenir sur ce sujet. Je demande cependant la permission d'en dire quelques mots à mon point de vue personnel.
- Et, tout d’abord, il convient, pour se foire une opinion exacte sur cetiequestion, de ramener l’exposition générale allemande à ses justes proportions. Pour tout esprit impartial, il est évident, en elfet, que cette exposition a été organisée disciplinairement, c’est-à-dire que les exposants ont été triés sur le volet
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- et que les installations particulières, comme les installations collectives, ont été établies avec cetie idée dominante : éliminer de force tout ce qui peut paraître inférieur. L’Allemagne, en un mot, et pour me servir de l’expression de M. Yves Guyot qui m’a paru fort juste, a voulu montrer, au monde entier, dans toutes les branches de son activité nationale, sinon le caractère qu’elle n‘a pas toujours, du moins celui qu’elle voudrait avoir. En faisant celte constatation, je n’ai pas l'intention d’adresser un reproche au peuple allemand; au contraire, il a fait preuve, là, d’un esprit de solidarité que nos industriels, le cas échéant, feront bien de reprendre à leur compte. Malgré tout, il faut bien, avant de prononcer un jugement, se mettre en garde contre tout ce qu’une pareille organisation peut montrer de factice, quant à l'organisation économique d'un pays. Elle tend, en effet, à faire croire que tout y existe à l’état de grande prospérité, de supériorité incontestable sur ce qu’il y a de similaire chez les autres nations voisines, alors que ce l’on ne voit pas peut, lorsqu’on en connaît la valeur, changer considérablement cet aspect.
- Ces restrictions, d'une part, étant faites, on peut, d’autre part, et en face de l’Allemagne que montrait l’Exposition, faire quelques constatations intéressantes. Bien qu’il n’entre pas dans le cadre que je me suis imposé de parler d'autre chose que des objets de ma compétence, je puis bien dire que, de l’avis de tous les hommes du métier, en ce qui concerne les industries d'art en général, céramique, ameublement, peinture, etc., l’Allemagne a occupé une place honorable, mais bien inférieure à la nôtre. Il me sera permis, à mon tour, relativement au matériel des grandes industries agricoles, d’exprimer la surprise de n’avoir pu comparer à nos belles installations de sucrerie, de distillerie et de brasserie les installations similaires des constructeurs allemands qui, dans cette voie, s’étaient abstenus. J'ai recherché la cause de cette abstention; on m’a dit qu’elle résidait dans le manque d’emplacement. J’avoue que cette raison ne m’a pas paru suffisante.
- Si nous pénétrons maintenant dans l’Allemagne même, nous pouvons faire aussi quelques réflexions intéressantes.
- Le catalogue allemand, qui ne tarit pas d'éloges sur la situa-
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- lion de toutes les industries du pays, constate que, depuis cinquante ans, il s’est fait un transport complet dans les différentes branches de (a population. En 1849,011 comptait que la population de l'Allemagne se répartissait en sept dixièmes d'agriculteurs et trois dixièmes de non-agriculteurs; en 1883. le recensement accuse déjà dons celle répartition un notable changement : 4a,5 pour 100, soit près de la moitié seulement de la population, s'occupent d'agriculture, et, en 189Î, ce chiffre est descendu 6 39 pour 100, la majorité ayant passé à l’industrie clan commerce. Certes, l'émigration vers les pays d’outre-mer marque un mouvement rétrograde, mais le catalogue n’en dit pas moins : « Quoi qu'il en soit, l’agriculture continue à souffrir de cette perte d’ouvriers. Le vif de la question n’est plus aujourd’hui autant dans l'émigration et dans le mouvement de l'Est à l’Ouest que dons l'absorption par les villes de la population rurale. » Et, pendant ce temps-là, le nombre des installations industrielles augmente sans cesse. En 1894, on comptait 5;58 usines de produits chimiques divers; en 1898, on en comptait 6589, soit une augmenta lion de 831, c’est-à-dire plus de aoo par année. Ces faits ont forcément, sur la situation économique industrielle de l'Allemagne, des répercussions qui déjà sc font sentir: plusieurs Chambres de Commerce signalent l'avilissement des prix sur le marché intérieur, les dividendes de certaines exploitations diminuent, les débouchés sc limitent et le commerce avec les colonies est loin de s'ètre développé. Pour remédier à ces inconvénients, on voit surgir de toutes parts les associations de catégories de producteurs destinées à ne pas laisser les prix de vente des produits à l'intérieur descendre au-dessous d’un certain niveau et à limiter au besoin la production. Mais est-ce là un remède bien efficace contre Ja pléthore de fabrication? Il est permis d'en douter.
- Dans le Moniteur officiel du Commerce, AI. de Noyelle. secrétaire-archiviste de l'ambassade de Fronce, dit que l’on commence à se préoccuper beaucoup, en Allemagne, du manque d'argent; d'une part, en effet, c’est le gouvernement de l’Empire qui a besoin de grands capitaux pour l'accroissc-nicnl de la Hotte; c'est aussi la Prusse, pour son projet de
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- canal intérieur; c'est enfin l'industrie, dont les besoins augmentent sans cesse. El, dès lors, si l'on tient compte de toutes les réflexions que je viens de faire, faut-il entrevoir l’avenir actuel de la prospérité allemande avec l’optimisme du catalogue? N’v o-i-il pas lieu de penser qu’une période d’arrêt se prépare, dont nos industriels auraient tort de ne pas profiter? Pour ma part, je suis porté à le penser. Dans tous les cas, je ne suis pas de ceux qui, considérant la partie comme perdue, conseillent 6 nos industriels de s'incliner; je crois, au contraire, qu’ils peuvent, s’ils le veulent, non seulement garder leurs positions, mais encore reconquérir en partie celles qu’ils ont perdues. Je voudrais maintenant et encore une fois montrer par quels moyens.
- C’est M. La ut!) qui le premier, dans son rapport adressé au Ministre du Commerce à la suite de l’Exposition de 1878, a attiré l'attention des Pouvoirs publics et des industriels français sur les progrès rapides de l’industrie allemande des produits chimiques. Son appel a abouti à la création de l’École de Physique et de Chimie industrielles, qu’il dirige si habilement aujourd’hui à la suite du regretté Paul Schüizenbergcr. Depuis cette époque, de nombreux savants ci publicistes se sont occupés du môme sujet, ont recherché les causes de l’accroissement de la richesse allemande, et ceux de mes lecteurs que la question intéresse plus particulièrement s'instruiront avec plaisir à la lecture de VSssor commercial et industriel du Peuple allemand, de M. Blondel; de Y Industrie chimique, de M. Haller, et du récent Ouvrage de M. Trillal, Y Industrie chimique en Allemagne. De toutes les causes énumérées dans les Ouvrages dont je viens de donner les titres, je n’en veux ici retenir qu'une, qui, pour moi, est la dominante; j’y ai déjà iiisistc précédemment et je demande encore la permission d’y revenir avec quelques considérations appuyées sur des chiffres qui, à eux seuls, valent un enseignement.
- Examinons d’abord la variation du commerce d’exportation
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- de l’Angleterre, de la France, de l’Allemagne et des États-Unis depuis 1S60 :
- En million? de francs.
- 1SC0. im 1*30. 1895.
- Angleterre........ 3 4oo 55;5 664.5 5635
- France............ 2277 3468 3?53 3374
- États-Unis........ 1647 4291 43$o 4037
- Allemagne......... 1748 3619 4108 4280
- Ce Tableau montre que notre commerce d’exportation est passé du second rang au quatrième, le commerce allemand avant, au contraire, passé du quatrième ou second rang.
- Voyons maintenant la variation du commerce général de i885 à 1895 :
- 1885. 1895. Augmentation.
- Angleterre.... i3ooo 14372 1572 millions de francs.
- France....... 7176 7194 18 »
- Allemagne.... 7139 9588 2429 »
- États-Unis.... 6123 7697 1073 »
- Ce Tableau montre qu’alorsque notre pays est resté stationnaire, le commerce général allemand a augmenté de 33 pour 100 de ce qu’il était en i885.
- En ce qui concerne les produits chimiques fabriqués, de 1891 à 1S98, la variation du commerce général allemand a été la suivante (en millions de marks) :
- 1891. 1898.
- Importations........ 109769000 104627000
- Exportations........ 254918000 339213000
- Ce rapide développement est pour la plus grande partie du à l’organisation scientifique de l’industrie allemande. C’est en >827, à Giessen, que Liebig fonda le premier laboratoire d’enseignement de la Chimie; depuis cette époque, le nombre des laboratoires est allé sans cesse en s'accroissant, et ils ont produit un personnel technique, dont, à l’encontre de ce qui s’est passé en France, les industriels ont su, principalement au courant de ces trente-cinq dernières années, tirer un mer-
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- SS É. FLECHENT.
- veilleux parti. C’est Que, il fout bien le dire, à deux points de vue très importants, l'industriel allemand diffère considérablement de l'industriel français. Le premier, de tout temps, a professé un profond respect pour l'homme qui détient une portion de science; le Herr Doctor est, partout, en Allemagne, considéré comme un personnage important; je sais bien que nous nous moquons un peu de celle importance poussée parfois a l’excès, mais est-ce que nous n’exagérons pas, nous-mêmes, un peu trop dans l’autre sens? Il est facile d'en donner une preuve. Lorsque Hoffmann fonda, en 1867, à Berlin, la Société Chimique allemande, immédiatement les industriels la fréquentèrent, et aux relations simplement personnelles succéda un véritable contact intime avec les savants. En France, pareil essai fut tenté par Scheurer-Kestner. Sur sa généreuse initiative, on fonda, à la Société Chimique de Paris, une section de Chimie industrielle. Faute de membres, cette section n*a jamais fonctionné.
- A un autre point de vue, l'industriel allemand possède encore un caractère tout dilférent de l’industriel français. Celui-ci est absolument convaincu qu'il doit paver son médecin, même s'il meurt de ses soins; son chirurgien, même s'il reste estropié; quant à faire les frais d'un chimiste, c'est une autre «flaire. Avant de s’y résoudre, il y faut de la réflexion; il y a d’abord des si et des mais, puis la théorie et la pratique, la balance du doit et de l’avoir; et enfin, quand tout cela est résolu, l’industriel vient trouver le professeur cl lui lient ce langage: «Pourriez-vous me procurer unchimiste, très instruit, ayant déjà delà pratique, pas trop jeune, marié si c'est possible, pouvant en même temps s'occuper des machines, de la construction des bâtiments? etc., etc... J'ai une fabrication en détresse, les Allemands font ccci, font cela; je voudrais,en un mol, quelqu’un de sérieux qui pùt me faire gagner beaucoup d’argent.» — « Bon, je vois ce qu’il vous faut; mais, avant d’aller plus loin,quels sont les appointements que vous comptez donner? » — « Eh bien, voilà : je n’avais jamais eu de chimiste, c’est un gros sacrifice que je vais faire; par conséquent, je lui donnerais cent cinquante francs par mois pour commencer; plus lard, si tout va bien, etc., etc. »
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- LES GRANDES INDUSTRIES CHIMIQUES A L’EXPOSITION DE lf)00. $9
- Ne riez pas : si tous les industriels français me lisaienr, il y en a encore beaucoup, aujourd'hui, qui reconnaîtraient ce dialogue.
- En général, l’industriel allemand est tout autre. 11 est convaincu que les services rendus par l’homme de science sont toujours d’une valeur supérieure à celle des sacrifices qu’on fait pour lui. Aussi ne lésine-l-il jamais en face de celte dépense spéciale. Il est facile de le prouver. Les laboratoires d’essais mécaniques, physiques et chimiques créés à Berlin sur l’initiative du Gouvernement et qui trouvent la majeure partie de leurs ressources dans la rémunération de leurs travaux parles intéressés, vivent sur un pied seigneurial. Parlerai-je des laboratoires de l’Institut des fermentations, richement subventionnés. et qui peuvent alimenter la brasserie et la distillerie des levures qu'ils ont sélectionnées? Et j’irai plus loin, en citant le fait suivant qui ne date que d’une année à peine. Vivement intéressée par les travaux faits en France, par Aimé Girard et par moi sur l’analyse des grains et des farines, l’Association des meuniers allemands a immédiatement basé sur ces méthodes l’instilution d'un laboratoire qu’elle a installé à l’École supérieure d’Agriculture de Berlin. Au Congrès international de la .Meunerie, en réponse à la communication de M. Noël sur le lavage des blés, le Président de cette Association pouvait dire : « Nous avons établi depuis l’année passée une station d'essais par tous les systèmes de traitement des grains. Nous examinerons ce que vous avez dit et je me ferai un plaisir d’en faire un rapport dans votre organe la Meunerie française. » J’ai visité cette année cette station d’essais; elle a douze mille marks de subvention annuelle, fait payer ses essais, et l’Association des Meuniers va dépenser 5oooofr pour la construction d’un moulin d’expériences. A côté de cela, je dirai que mon laboratoire, où je traite toutes les questions de Chimie industrielle, a un budget annuel de 3ooo,r. Et je citerai un passage d’une lettre q uej’ai reçue hier matin. 11 s'agit d’essais dont les dépenses peuvent s'élever, au grand maximum, à 5oofr, pour une industrie importante dont on se préoccupe beaucoup en Allemagne : « Notre Chambre syndicale n’a pas assez de ressources pour vous charger de faire des recherches. »
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- Irai-je plus loin, citeroi-je le laboratoire de la verrerie d’Iéna qui a fait faire tant de progrès à la verrerie allemande? les laboratoires de la Badische Anilin, de la Société de Hoecht, des différentes usines de parfumerie, qui ont porté si haut l’industrie des matières colorantes et des parfums artificiels? Je crois que c’est inutile et qu’il me suffira, pour montrer aux fabricants français l’usage que leurs concurrents allemands savent faire de la science chimique, de copier, dans le livre de II. Trillat, le Tableau suivant qui donne la quantité des chimistes employés dans différentes catégories d’industrie :
- Fabriques. Chimistes.
- Grande industrie chimique (acides,
- alcalis, etc,)............................ 3; i54
- Fabriques d'engrais artificiels.......... 3i 65
- Distillation du pétrole..................... 14 38
- Préparations chimiques inorganiques. 68 188
- Préparations organiques ( matières colorantes)................................. 43 71a
- Qu'on s’étonne, après cela, de l’essor de l’industrie chimique allemande? Certes, elle a fait des sacriûces, mais nos industriels peuvent aujourd’hui en mesurer les résultats.
- Ici s’arrête ma lâche. Que le lecteur me pardon ne les critiques un peu amères que je viens de formuler et qu’il soit bien convaincu qu’elles sont inspirées par le profond désir que j’ai de voir notre pays approprier à son génie national les moyens de travail qui ont si bien réussi à nos concurrents d’outre-Rhin. S'ils doutaient encore de la vérité de ma thèse, je leur poserais les deux questions suivantes : N’est-ce pas depuis qu’elle applique les découvertes de Pasteur que la brasserie française a fait ces immenses progrès que je constatais récemment? N’est-ce pas en faisant un accueil empressé aux techniciens que la sucrerie a su tirer tout le parti possible de la loi de î884’?
- C’est sur ces deux constatations que je veux terminer.
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- LES GRANDES INDUSTRIES CHIMIQUES A l'EX POSITION DE l<)00. 91
- Certes» notre enseignement chimique, depuis dix ans, s’est considérablement développé; plus nombreux deviennent, chaque jour, les industriels qui, dans notre pays, se pénètrent des idées nouvelles. Mais il ne faut pas que ce mouvement se dessine simplement : il faut qu’il s’accentue et qu’il devienne général. Je le crois fermement, rien n'est perdu. Que les capitaux cherchent, dans l'industrie, Pintérêt qui actuellement leur fait défaut, que l’industrie à son tour n’hésite pas à faire à la Science les sacrifices nécessaires, et les bases seront jetées d’un édifice dont, dans peu de temps, on pourra mesurer la grandeur.
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- CONSEIL D'ADMINISTRATION DU CONSERVATOIRE NATIONAL DES ARTS ET MÉTIERS.
- RAPPORT
- DE LA COMMISSION D ENQCÊTE
- LABORATOIRES OFFICIELS D’ESSAIS
- BERLIN, MUNICH, DRESDE, VIENNE ET PRAGUE.
- Dans sa séance du mercredi 20 juin 1900, le Conseil d’ad-minisiration du Conservatoire national des Arts et Métiers a chargé une Commission d'enquête d'établir un Rapport d’ensemble sur les Laboratoires publics d'essais mécaniques, physiques, chimiques, et de machines existant à l’étranger.
- Il a désigné pour faire partie de celte Commission :
- MM. Léon Bourgeois.......
- Adolphe Carxoi.......
- Marcel Depre/........
- Jules Violle.........
- Commandant Hartmann .
- ce dernier devant remplir les fonctions de rapporteur.
- Le Conseil a émis l avis qu'il importait d’être lixé le plus lot possible sur les Laboratoires allemands de Berlin-Chariot -tenbourg, et il a, en conséquence, prié M. le Ministre du Commerce d’accorder les crédits nécessaires à l’envoi de la Commission d'enquête en Allemagne.
- Le Ministre a informé le Conseil d’administration, par lettre en date du 29 juin 1900, qu'il approuvait celte proposition, et
- Président; Vice-Président ;
- t Membres,
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- ÿi CONSEIL D’ADMINISTRATION DU CONSERVATOIRE.
- qu’il ouvrait à la Commission un crédit de aooorr (porté ultérieurement 5 3o4ofp) prélevé sur le budget du Conservatoire.
- La Commission a procédé à son enquête du iC au 29 juillet.
- Elle était accompagnée de deux membres de la Commission technique, MM. Kœnigs et Fleurent, dont le concours avait été accepté avec empressement par le Président de la Commission.
- M. Zack, chef d’atelier du cours de Mécanique expérimentale à la Sorbonne, avait été adjoint à la mission en qualité d’interprète.
- Enfin, M. le Ministre des Affaires étrangères, sur la demande de M. le Président Léon Bourgeois, avait bien voulu inviter les agents diplomatiques delà France en Allemagne à faciliter, autant qu’ils le pourraient, les opérations de la Commission.
- La Commission n'a pas limité son enquête aux Laboratoires officiels de Berlin-Charlottenbourg; elle a visité, en outre, ceux de Dresde, Prague, Vienne et Münicli.
- Le présent Rapport a pour objet de fournir au Conseil d'administration des renseignements généraux sur le but, l’organisation et le fonctionnement de ces Laboratoires étrangers, en même temps que d’en dégager des indiquions utiles pour la constitution du Laboratoire public d’essais, créé au Conservatoire par le décret du 19 mai 1900.
- Il est divisé, à cet effet, de la manière suivante :
- Première Partie. — Description des Laboratoires visités.
- Deuxième Partie- — Examen comparatif des Lab aratoires publics d’essais existant en : tance et en Allemagne.
- Troisième Partie. — Examen des solutions en présence pour la création d’un Labora oire public d’essais au Conservatoire.
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- RAPPORT Slï
- LABORATOIRES
- 'essais.
- PREMIÈRE PARTIE.
- description des laboratoires OFFICIELS D'ESSAIS DE BERLIN, MÜXICH, DRESDE, VIENNE ET PRAGUE.
- I. — LABORATOIRES DE BERLIN.
- Cinq Établissements de mesures et d’essais, chargés chacun d'un genre particulier de travaux, et indépendants les uns des autres, sont concentrés à Berlin-Charlottenbourg.
- Deux de ces Établissements dépendent de l'Empire. Ce sont :
- i° Le Physikalisch technische HeichsanslaU ou Institut physico-technique impérial ;
- 2° La Kaiserliche normal-aichungs /Commission, ou Commission impériale officielle de vérification.
- Les trois autres Établissements appartiennent au royaume de Prusse ; ce sont :
- i# Le Konigliche mechanisch-technische Versuc/isanstaft, ou Laboratoire royal d’essais mécaniques techniques ;
- 2* Le Konigliche chemisc/itechnische Versuchsanstalt, ou Laboratoire royal d'essais chimiques techniques;
- 3° Le Maschinen-Laboraiorium, ou Laboratoire de machines.
- La Commission d’enquête a visité en détail ces divers Établissements officiels, dans lesquels, elle se plaît à le reconnaître, l'accueil le plus obligeant lui a toujours été réservé.
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- conseil d’administration du conservatoire.
- ffi
- A. — Établissements relevant de l'Empire.
- î. — Institut physico-technique impérial.
- L Insülul physico-technique comprend deux Divisions distinctes. dont le but est le suivant :
- La première Division est chargée d'exécuter les recherches de Physique pure qui exigent, comme instruments et matériel, des dépenses que ne pourraient pas supporter, en général, les particuliers ou les Laboratoires d'enseignement.
- La deuxième Division est à la disposition du public et des autorités pour la vérification et pour l'étalonnage des instruments de mesure appartenant au domaine de la Physique, à l’exception de ceux qui sont soumis au règlement du Service des poids et mesures.
- L'Institut est situé à Charlottenbourg. Il a etc fondé en 1887 avec Helmholtz pour president, et il a pris, d'année en année, une extension croissante.
- D’abord dans des constructions provisoires, il a été définitivement installé dans des bâtiments affectés spécialement à sa destination, la première Division en 1890, la deuxième en 1897.
- Le terrain sur lequel est édifiée la première Division est une donation de Werner Siemens, d'une valeur de 000000 marks. Les dépenses d’installation se sont élevées à 6S55oo marks pour les constructions, et à i4o3io marks pour l’ameublement et l'achat des instruments, soit en tout à 1 325810 marks.
- En ce qui concerne la deuxième Division, il a été dépensé 1 760500 marks pour l'acquisition du terrain, et les frais de construction, >5189 marks pour l’ameublement et les machines, soit en tout 270S7S5 marks.
- La dépense de premier établissement des deux Divisions a donc atteint un total de4<>346o5 marks, c'csi-à-dire un peu plus de 5 millions de francs.
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- rapport sir les laboratoires officiels d’essais. 97
- Les deux Divisions de l’Institut physico-iechnique sont établies dans des bâtiments séparés au milieu d'un vaste jardin.
- Le Président, actuellement M. le Professeur Kohlrausch, est en même temps Directeur de la première Division; il est assisté d’un Directeur spécial pour la deuxième Division. Il a sous ses ordres un personnel de 80 personnes, composé de membres, d’assistants, d’employés et d’ouvriers.
- Un Conseil d'administration (Kuratorium) est chargé de la haute direction scientifique, technique et administrative de l'Institut. II comprend un Président et des membres nommés pour cinq ans par l’Empereur. Le Président de l’Institut en fait partie de droit.
- En principe, le Conseil ne se réunit qu’une seule fois par an. Il lui est rendu compte des travaux et des dépenses de l’année précédente; il arrête le programme des recherches pour l’année suivante, ainsi que le projet de budget ; il examine les propositions qui lui sont soumises par le Président de l'Institut au sujet du personnel.
- Première Division. — Nous avons dit précédemment que la première Division, d'ordre exclusivement scientifique, était entièrement consacrée à des recherches de Physique pure.
- Elle est partagée en trois sections: la première pour la chaleur, la deuxième pour l’optique, la troisième pour l'électricité.
- Son installation a été visitée par la Commission avec un vif intérêt; mais, étant donné que les services dont elle est pourvue ne font pas de déterminations pour l’industrie, et qu’il ne saurait être question, du moins pour l’instant, d’annexer une institution du même genre au Laboratoire public d’essais du Conservatoire, il ne paraît pas utile d’entrer dans plus de détails à son sujet. M. Violle a bien voulu établir une Note au sujet de l’organisation de celte Division et des études qui y sont en cours. Cette Note est annexée au présent Rapport. {Annexe I.)
- La Commission fera remarquer seulement que la première Division de l’Institut impérial physico-technique de Chariot-tenbourg constitue un remarquable Laboratoire central de
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- CONSEIL D ADMINISTRXTIOX
- CONSERVATOIRE.
- ‘J*
- recherches, largement doté, et libéralement subventionné, fonctionnant sous une direction unique, avec un programme arrêté chaque année, d’après les besoins généraux de la Science et de l’Industrie.
- Nous n’avons rien d’analogue en France.
- Deuxième Division. — La deuxième Division comprend cinq laboratoires :
- i* Le Laboratoire 3“
- de mécanique de précision ;
- d’électricité;
- de chaleur et pression ;
- d’optique;
- de chimie.
- Les déterminations de ces Laboratoires font l’objet de certificats officiels ayant un caraclère légal.
- Ces certificats sont de deux sortes : les certificats d’exactitude (Beglaubigungsscheine) et les certificats d’étalonnage ( Priijungsscheine ).
- Les certificats d’exactitude sont spéciaux aux objets qui sont compris dans les tolérances fixées par les règlements, et pour lesquels, en outre, il y a certitude que les tolérances ne seront pas dépassées en service courant.
- Les certificats d’étalonnage sont attribués aux autres objets, avec une Table donnant la valeur des corrections dont il faut tenir compte dans leur emploi.
- Le laboratoire de Mécanique de précision effectue toutes les déterminations de mesures de longueur qui ne relèvent pas de la Commission officielle des poids et mesures. Il dispose b cet effet d’appareils de précision, en particulier d’un grand comparateur.
- La vérification des diapasons et l’étalonnage des vis lui incombent également.
- Le Laboratoire d*Électricité est divisé en trois Sections :
- La première pour l’étalonnage des instruments de mesure,
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- RAPPORT SCR LES LABORATOIRES OFFICIELS D'ESSAIS. 99
- la vérification des compteurs électriques et l‘essai des machines;
- La seconde pour la détermination des constantes des accumulateurs et des piles-étalons, les résistances et le matériel d’isolement;
- Enfin la troisième pour les mesures magnétiques.
- M. Marcel Deprez expose, dans une Note jointe au Rapport (Annexe //), les opérations que le Laboratoire d’Électricitéest en mesure d’effectuer avec son installation actuelle, ainsi que les méthodes qu’il emploie.
- Ces opérations sont principalement :
- La mesure des résistances;
- L’étalonnage des voltmètres, ampèremètres, compteurs d’électricité, wattmètres, pour les courants continus et alternatifs.
- Quant aux mesures concernant la puissance elle rendement industriel ou la caractéristique des dynamos et des transformateurs, le Laboratoire ne peut y procéder que pour des machines d’une puissance peu considérable.
- Le matériel comprend notamment des accumulateurs à grande surface, dont chacun peut produire plus de 100 ampères, et au moyen desquels on obtient des courants atteignant jusqu’à 8000 ampères.
- Les courants continus nécessaires à la charge des accumulateurs sont donnés par une machine à courants continus à 4 pôles, mise en mouvement à l’aide d’une machine à vapeur de 3o chevaux environ.
- Les courants alternatifs sont engendrés par une machine à 6 pôles Siemens etHalske, dont les circuits induits se prêtent à de très nombreuses combinaisons permettant de produire à volonté des courants alternatifs simples, ou biphasés, ou triphasés.
- Le Laboratoire de Chaleur et Pression comprend trois Sections :
- La première pour l'étalonnage et la vérification des thermomètres et des pyromètres;
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- ioo conseil d’administration du conservatoire.
- La deuxième pour la vérification des manomètres et des baromètres;
- La troisième pour le contrôle des appareils d’Abel destinés à l’essai des pétroles et des huiles pour la douane.
- La première Section se décompose en plusieurs services:
- i® Le service des thermomètres de premier ordre, comme les thermomètres étalons;
- Le service des thermomètres pour usages scientifiques et pour laboratoires, comprenant notamment les thermomètres pour hautes et pour basses températures;
- 3° Le service des py rom êtres, avec la vérification des éléments thermo-électriques Le Chatelier. Plus de tooo de ces éléments, provenant de la maison Heraeus, de Hanau, ont été contrôlés jusqu'ici par l'Institut et sont munis d'un certificat;
- 4® Le service des thermomètres médicaux. La Commission a examiné en détail l'organisation de ce service; une seule pièce de moyenne grandeur suffit pour toutes les opérations qu’il comporte, et le matériel se compose de quelques appareils seulement, d'une valeur approximative de i5oofr, tant pour le chauffage des thermomètres a 36°, 3g0 et 4'°» et leur comparaison avec l’étalon, que pour la gravure des traits de contrôle et l’apposition de la marque de vérification.
- Ce service est assuré par quatre employés.
- Nous ajouterons que les thermomètres d’usage domestique (thermomètres de fenêtre, de chambre, de bains, etc.), sont aussi l’objet d’un contrôle; mais ce contrôle se fait à Ilmenau (Saxe), dans un Laboratoire qui dépend, au pointée vue technique, de la deuxième Division de l'Institut de Charlottenbourg. Cet Établissement vérifie environ 4oooo thermomètres par an.
- La Section de Chaleur et Pression a aussi dans ses attributions la vérification des alliages fusibles pour les appareils de sûreté des chaudières.
- Le Laboratoire dOptique, sectionné aussi en plusieurs services — dioplrique, pholométrie, saccharimétrie, — occupe
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- RAPPORT SIR LES LABORATOIRES OFFICIELS D'ESSAIS. loi
- une dizaine de pièces et possède un outillage très complet.
- Le service des essais photométriques est particulièrement bien installe.
- Le Laboratoire de Chimie se borne à effectuer les éludes et les analyses qui lui sont demandées par les différents services de l'Institut.
- Travaux exécutés en 1899. — Chaque année, le Président de l'Institut physico-technique soumet au Conseil d’administration un Rapport détaillé sur les recherches et les essais exécutés Tannée précédente par les deux divisions.
- Un résumé des indications contenues dans le Rapport de 1899, au sujet des opérations de la deuxième Division, fera ressortir l'importance des laboratoires qui la composent.
- I. Le Laboratoire de Mécanique de précision a effectué 200 déterminations, parmi lesquelles :
- 20 étalonnages de règles divisées;
- 3i vérifications de diapasons;
- i5 études de dilatation sur des règles en acier nickel pour pendules astronomiques ;
- 35 étalonnages de vis.
- II. Le Laboratoire d’Électricité a eu à satisfaire à 677 demandes, dont
- 3o3 pour des instruments de mesure ;
- >46 pour l’essai d’appareils et de machines;
- 11 pour des matériaux isolants et conducteurs;
- 35 pour des essais magnétiques.
- III. Les objets vérifiés, contrôlés ou étalonnés par le Laboratoire de Chaleur et Pression ont compris :
- 16329 thermomètres, dont 14910 thermomètres médicaux;
- 116 appareils pour la mesure de la viscosité des liquides;
- 81 appareils d'Abel pour l’essai des pétroles:
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- INÎSTRATIOX
- CONSERVATOIRE.
- xy appareils pour l'essai de l'inflammabilité des huiles minérales;
- 4 manomètres;
- 35 baromètres;
- 116 éléments Le Chatelier:
- 5o alliages fusibles pour appareils de sûreté.
- Sur les 16329 thermomètres soumis au Laboratoire, 4o85 ont été rejetés comme défectueux, ce qui démontre péremptoirement Tintérét qui s’attache à la vérification de ces instruments.
- IV. Les essais photométriques du Laboratoire dOptique ont porté sur :
- 92 lampes étalons d’Hefner:
- 207 lampes à incandescence ;
- 3oo corps pour lumière à incandescence ;
- 42 becs & acétylène;
- 57 divers.
- Recettes provenant des essais. — Les essais que la deuxième Division de l’Institut fait pour Je public donnent lieu à des taxes, fixées, pour chacun d’eux, par rinstruclion technique qui le réglemente.
- Quand, pour une opération d'un genre spécial, la taxe n’est pas prévue à l’avance, on rétablit à raison de 3 marks par heure de travail pour le personnel scieutifique, et de i«S5o pour le personnel technique.
- Les recettes totales ont été, pour la deuxième Division, de :
- 15279 marks en 1893-94;
- 33444 » «898-99;
- 4o33j » 1899-1900.
- Elles se décomposent de la manière suivante pour les quatre principaux Laboratoires de la Division :
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- (APPORT
- LES LABORATOIRES OFFICIELS D'ESSAIS.
- z.
- Mécanique de prw»*» 1602I 1760 iikuS »3*5<»
- H- Électricité
- 111. ^ Thermomètres médl- «5<>9 n1". 939s iu8J 4«>9 4396 , Son compris les Iher-. 10076' momèlres contrù- j 5iqs( lés à llmenau. 584o| 3543
- et 1 Autres thermomètres. Pression.! Autres instruments..
- Ces chiffres meiiem en évidence le développement continu des laboratoires de la deuxième Division.
- Budget annuel. — Le montant des taxes n’est pas perçu par l’Institut pbysico-lechnique, qui dépend, au point de vue administratif, de la Chancellerie de l’Empire, et n’a pas les privilèges qui découlent, pour le Conservatoire des Arts et Métiers, du bénéfice de la personnalité civile.
- Ce montant serait d’ailleurs insuffisant pour subvenir aux dépenses des deux Divisions. Comme conséquence, l'Institut reçoit sur les fonds de l’Empire un budget soumis chaque année au vote du Reichstag. Ce budget augmente constamment; il était de 272000 marks en 1894; il s’élève, en 1900, à 3336o4 marks, dont 60000 sont destinés à l'acquisition d’instruments.
- II. — Commission impériale officielle de vérification.
- La Commission officielle de vérification est réservée en principe aux opérations de contrôle et d’étalonnage des instruments affectés à divers services publics de l’Empire, comprenant notamment :
- Le service des poids et mesures;
- 2® Le service de la douane et des contributions indirectes.
- Elle prépare, pour le premier de ces services, les Instructions détaillées concernant les mesures de longueur, les
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- 104 CONSEIL d’administration- dit conservatoire.
- poids, les balances, les compteurs à gaz, les aréomètres, les sacchariinèlres, les mesures de capacité, dont les tonneaux, les appareils gradués de Chimie, etc.
- Elle veille à la confection des étalons et les délivre aux Bureaux de vérification de l’Empire; elle détermine les méthodes que ces Bureaux doivent employer et contrôle l’exécution uniforme des règlements.
- Sa compétence ne s’étend pas toutefois à la Bavière, qui a conservé l’autonomie pour son Service des poids et mesures.
- La Commission a des attributions analogues pour le Service de la douane.
- En ce qui concerne la régie, elle opère la vérification des appareils destinés au contrôle de l’eau-de-vie, du vinaigre, des liqueurs, des sirops, des vins, etc.
- Elle agit de même pour les instruments de mesures afférents aux distilleries, et rédige les Instructions techniques relatives à l’emploi de ces instruments ainsi que les Tables de réduction qu’ils comportent.
- En même temps qu’elle constitue ainsi un Office impérial chargé de la direction et de la surveillance technique des services publics, la Commission officielle de vérification est ouverte aux sociétés savantes, aux établissements d’enseignement et même aux particuliers pour tous les travaux de précision dont ceux-ci peuvent avoir besoin.
- Elle fonctionne, à cet égard, comme les autres Laboratoires d’essais.
- La Commission officielle de vérification a été fondée en 1869 au moment où, sur l’initiative du Gouvernement français, une Commission internationale s’est réunie à Paris, avec mission d'établir, pour les mesures de longueur et de poids, des prototypes absolus et d’en dériver des copies destinées à servir de prototypes nationaux aux Étals ayant adhéré au système métrique.
- La nouvelle institution avait pour mission d’assurer la conservation des prototypes attribués à l’Allemagne et de meure en concordance avec eux toutes les mesures de l’État.
- On sait que, pour les mesures de longueur, rétablissement
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- RAPPORT SUR LES LABORATOIRES OFFICIELS d’e$SAI$. xo5
- du prototype international a exigé plusieurs années de travaux incessants. Ce n’est qu’en 1889 que les efforts combinés de la Section française du mètre et du Comité international, substitué par la Convention diplomatique de 1875 à la Commission de 1869, ont abouti à la réalisation définitive de ce prototype qui a été sanctionné, la môme année, par la Conférence générale des délégués des Gouvernements, et qui est devenu ainsi, depuis ce moment, l’étalon fondamental du système métrique.
- Par suite, la Commission officielle de vérification, chargée de poursuivre, dès sa constitution, l’introduction du système métrique en Allemagne, a été conduite à instituer des prototypes provisoires. La valeur des nombreux travaux métro-logiques qu’elle a exécutés dans ce but est affirmée par ce fait qu’elle avait alors pour directeur M. Fœrster qui était, en même temps, et est encore président du Comité international des poids et mesures.
- En raison de ces travaux, et comme conséquence aussi du concours qu’elle a été appelée à prêter de tout temps au service de la douane et de la régie, ainsi qu’à l’administration municipale de Berlin, la Commission de vérification a pris, d’année en année, une extension de plus en plus grande, et son importance est devenue telle que les locaux de l'Observatoire de Berlin, où elle avait été établie tout d'abord, sont devenus insuffisants et qu’on s’est vu dans la nécessité de lui attribuer une installation nouvelle, créée spécialement pour elle, àCharlotlenbourg.
- Le personnel de la Commission comprend : 1 directeur, 24 assistants techniques et environ 10 employés.
- Les bâtiments dans lesquels elle vient d’être transportée, à Charlottenbourg, ont coûté 806000 marks; ils contiennent 90 pièces de service.
- Le budget de la Commission est de 167070 marks pour *900-1901; il se décompose comme il suit :
- Dépenses pour le personnel............ 138470
- Dépenses de matériel................... *7000
- Entretien des bâtiments................. 1600
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- io6 conseil d’administration de conservatoire.
- La Commission fonctionne sous le contrôle d'une Assemblée (Plenar- Versammhing) qui se réunit une, deux ou trois fois par an, et dont font partie, outre quelques membres de la Commission, des savants, des industriels et des agents supérieurs du service administratif.
- Un rapport rend compte, tous les ans, des opérations relatives à la vérification des poids et mesures dans tout l’Empire (la Bavière exceptée).
- Les travaux scientifiques des membres de la Commission sont publiés dans des communications (Mülheilungen) présentant le plus grand intérêt.
- La Commission impériale de vérification comprend plusieurs Sections :
- r La Section des mesures de longueur;
- 2* La Section des poids et des instruments de pesage;
- 3* La Section des aréomètres, alcoomètres, compteurs à alcool, etc.
- Les deux premières Sections sont dotées d’un matériel de premier ordre pour leurs déterminations. La Commission d’enquête a remarqué notamment le grand comparateur universel qu’on s’occupe actuellement d’installer dans une salle dont les dispositions sont minutieusement étudiées en vue d’assurer à cet instrument une stabilité parfaite, et d’apporter aux opérations de comparaison toutes les facilités désirables-
- Quelques-uns des appareils de ces deux Sections ont été envoyés à Paris, où ils ont figuré dans l’exposition collective allemande de l’Optique et de la Mécanique de précision.
- Il y a lieu de faire observer, toutefois, que la Commission de vérification de l’Empire allemand ne s’est préoccupée jusqu’ici, pour les mesures de longueur, que de la question des règles à traits. Or, si les règles à traits sont indispensables pour les besoins de la Science, qui se sert de graduations pour ses éludes les plus importantes, l'Industrie, de son côté, est obligée de recourir, d’une façon presque exclusive, à des règles à bouts pour ses étalons.
- La Commission ne dispose d’aucun appareil pour la détermination de la longueur de ce genre de règles, et, se bornant
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- RAPPORT Sl'ft LES LABORATOIRES OFFICIELS B’eSSAIS. ÏO7
- jusqu’ici à la Métrologie commerciale et scientifique, elle n'est pas entrée dans la voie de la Métrologie industrielle.
- La troisième Section effectue les opérations les plus variées; en particulier, elle étalonne les instruments destinés aux mesures chimiques, comme burettes, éprouvettes, ballons, etc., mais seulement quand ils sont d’un modèle officiellement autorisé en Allemagne; le nombre des ustensiles de ce genre, qui ont été contrôlés en Allemagne depuis cinq ans, dépasse 80000.
- Cette Section contrôle également les compteurs à alcool de Siemens, servant à doser les eaux-de-vie et alcools dans les distilleries, ainsi que les appareils au moyen desquels les échantillons sont prélevés.
- La Commission a déjà poinçonné plus de 600 compteurs à alcool et plus de 4°° appareils à échantillons; elle exerce en outre l'inspection générale technique de ce matériel.
- Depuis 1891, la troisième Section est chargée aussi de vérifier les appareils officiels servant à déterminer la qualité des grains.
- Elle établit les nécessaires de la douane. Enfin elle assure, dans toutes les inspections du Service de la vérification des poids et mesures, le contrôle des compteurs à gaz, ainsi que celui des tonneaux.
- L’Allemagne a retiré de nombreux avantages des travaux de la Commission officielle de vérification, surtout pour le développement du Service administratif des poids et mesures.
- Chez elle, la vérification porte non seulement, comme chez nous, sur les mesures de longueur, les poids, les instruments de pesage, les mesures de capacité employées ordinairement dans le commerce, mais aussi sur les mesures de longueur de précision, les poids et les balances de précision.
- A cet effet, les Bureaux qui ont besoin de procéder à ces vérifications sont dotés du matériel nécessaire; toutefois, dans le cas des mesures de longueur, la précision qu’on peut obtenir dans les Bureaux de vérification ne dépasse pas le Tïït»de millimètre et, pour aller plus loin, il faut s’adresser à
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- 10$ CONSEIL D'ADMINISTRATION DC CONSERVATOIRE.
- la Commission officielle qui obtient le de millimètre avec ses comparateurs.
- B. — Établissements relevant du royaume de Prusse.
- I. — Laboratoire royal d'essais mécaniques techniques.
- Le Laboratoire d'essais mécaniques a été fondé en 1871, comme établissement officiel d’essais, dans le local qu’il occupe actuellement au milieu du jardin de l'École technique supérieure ( Technische Hochschule) de Charlollenbourg; il est à la disposition du public pour les essais de résistance et d'élasticité des métaux et des autres matériaux de construction, ainsi que pour les essais physiques et chimiques des huiles et des papiers.
- H effectue aussi des recherches spéciales pour Industrie. Il est le conseil attitré des Administrations publiques et privées pour l'expérimentation des constructions intéressant b sécurité publique, ainsi que pour la réglementation des conditions de leur emploi.
- Accessoirement, il est utilisé depuis quelques années pour l’enseignement de l’École technique supérieure, à laquelle il est annexé administrativement, et les étudiants de la division des mécaniciens de l’École y sont admis quelques heures par semaine.
- Le Laboratoire a pris un développement très rapide, elles bâtiments qu'il occupe ne suffisent plus à l’exécution de tous les travaux dont il est chargé.
- Le personnel du Laboratoire a la composition suivante: 1 directeur, actuellement M. Mariens, bien connu par ses éludes de Métallographie, 4 chefs de section, 18 assistants,
- :*0 aides, des secrétaires, copistes, mécaniciens, ouvriers, etc-, en tout 74 personnes.
- Il est organisé en quatre sections :
- i° La Section de l’essai des métaux, pour toutes les épreuves de traction, compression, flexion, torsion, choc, etc.
- 20 La Section de l’essai des huiles pour la détermination des
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- RAPPORT SCR LES LABORATOIRES OFFICIELS D'ESSAIS. IO9
- propriétés physiques ei chimiques des matières de graissage {dilatation, viscosité, degré d’inflammabilité des huiles minérales, indice de réfraction, résidu à température donnée, frottement, etc.)*
- 3° La Section de l’essai des papiers, fils, tissus, etc.
- 4° La Section de l’essai des matériaux de construction autres que les métaux, pour la recherche de la résistance et des autres propriétés physiques des pierres, briques, ciments, plâtre, bois, verre, coton, bitume, etc.
- Ces différentes Sections sont pourvues des machines et des appareils les plus perfectionnés, dont l’énumération est donnée par une Instruction officielle sur le Laboratoire d’essais mécaniques.
- Une traduction de cette énumération est jointe au Rapport (Annexe III).
- L’attention de la Commission, a été particulièrement retenue par l’importance des machines d’essai de la Section de l'essai des métaux. Cette Section dispose, notamment pour la traction, de 5 machines, dont deux de 5o tonnes, deux de 100 tonnes et une de 5oo tonnes. Celte dernière est la plus puissante des machines de traction existant en Europe. Elle permet d'essayer des pièces à la traction ou à la compression jusqu'à 16® de longueur.
- La mesure des déformations est obtenue au moyen d’appareils de précision, parmi lesquels le dispositif à miroir de Bauschinger a été particulièrement remarqué. Les machines sont en général pourvues d’appareils enregistreurs.
- Un outillage spécial a été créé par M. Martens pour l'étude de l’influence de la température des métaux sur leur résistance et leur élasticité.
- La Section dispose d’une collection d’appareils microphotographiques.
- Grâce à ce matériel, le Laboratoire d’essais mécaniques de Charlouenbourg a pu effectuer de nombreuses et importantes recherches sur l’élasticité des matériaux et sur les lois qui régissent leurs déformations.
- La Section des métaux et celle des matériaux de combustion ont, comme annexes, des Ateliers munis de tous les * Série, t. ni. s
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- no CONSEIL D'ADMINISTRATION DC CONSERVATOIRE.
- appareils accessoires que nécessite la préparation des éprouvettes.
- Un Règlement, intitulé Instruction relative aux essais exécutés par le Laboratoire royal d’essais mécaniques techniques, contient des renseignements détaillés sur les conditions générales auxquelles sont soumis les essais, comme forme des échantillons, tarifs, etc.
- Les demandes qui sont produites au Laboratoire doivent indiquer le genre d'épreuves à exécuter et préciser les points sur lesquels les recherches doivent porter, ainsi que les propriétés à déterminer.
- Un tracé est imposé pour les éprouvettes, dans le cas des métaux; le Laboratoire se charge aussi de les préparer, moyennant un supplément de prix minime.
- La variété des travaux de la Section des métaux est accusée par ce fait que l’Instruction classe les essais en 419 numéros. Pour donner une idée de la valeur des taxes, nous dirons qu'un essai à la traction et à la compression, avec détermination de la limite d’élasticité et de la charge de rupture, revient à iafr,5o jusqu'à 3o tonnes, à i6fr jusqu’à 100 tonnes, et à 3;fr,5o jusqu'à 5oo tonnes. Il n’est demandé que oofr pour un essai de charge debout ou de flambage jusqu'à 5oo tonnes; le prix le plus élevé est de g3fr,75 et s'applique à un essai de fonte, comprenant 3 épreuves de flexion, 6 de traction, 6 de compression et 6 de choc.
- Travaux exécutés en 1898-1899. — D'après le Rapport publié en 1899 par le Laboratoire d’essais mécaniques, la Section de l’essai des métaux a reçu, en 1898-1899, 295 demandes qui ont donné lieu à 4* ta recherches, comprenant notamment :
- (833 essais de traction,
- 829 essais de compression et de flambage, 142 essais de flexion, i65 essais de torsicn,
- 179 essais de choc,
- 4 essais de forgeagc,
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- LABORATOIRES OFFICIELS DESSAIS.
- 3o6 essais do pliage.
- *4 essais de poinçonnage,
- 10 essais d’emboutissage, i5 essais de cisaillement,
- -xj essais de frottement,
- 27 essais de dureté.
- Les principales recherches exécutées en 1899 par la Section des métaux ont porté :
- Sur la résistance des billes en acier;
- Sur la résistance à l'oxydation de divers fils d’acier;
- Sur la forme à donner aux corps des rivets;
- Sur des tuyaux de caoutchouc armés de fil enroulé, au point de vue de leur résistance à des pressions intérieures;
- Sur la résistance et le mode de fermeture des bouteilles métalliques destinées à contenir des gaz à haute pression;
- Sur les cadres de bicyclettes.
- Cette Section a été appelée à fixer les prescriptions de police pour la construction des marches d'escaliers en pierre artificielle.
- Elle a vérifié et taré un certain nombre de machines de traction, à la demande d’usines et d’administrations.
- La deuxième Section (huiles) a exécuté 56i essais.
- La troisième Section (papiers) a reçu 43?, demandes d’administrations et 383 de personnes privées : 1 ;58 épreuves ont été effectuées.
- La quatrième Section (matériaux de construction) a eu à instruire 4o3 demandes qui ont occasionné *3839 recherches.
- Chaque essai donne lieu à un certificat officiel qui, comme ceux de l'Institut physico-technique, a un caractère légal.
- La Commission d’enquête a versé aux Archives du Laboratoire public du Conservatoire un dossier contenant les divers modèles de certificats délivrés par l’Établissement de Charlot-tenbourg, avec les imprimés qui sont employés pour la correspondance et la comptabilité relatives aux essais. Le total s’élève à i?8 pièces.
- Les recettes du Laboratoire d’essais mécaniques se sont élevées pour 1899 à 10000 marks. Ces recettes proviennent
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- lia CONSEIL D’ADMINISTRATION DI- CONSERVATOIRE.
- des taxes dont les essais individuels sont l’objet, en même temps que de la rétribution exigée des étudiants de l'École technique supérieure pour l’usage des machines et appareils d’essais. Le Laboratoire, qui n’a pas non plus la personnalité civile, ne bénéficie pas de ces recettes; elles sont versées dans la caisse de l’École.
- Dans ces conditions, il est attribué au Laboratoire, sur le budget de l’École technique, une subvention annuelle, qui est, en 1900-1901, de i45ooo marks.
- En réalité, si l’on tient compte des 1 iôoco marks de receues des quatre sections, l’ensemble de leurs dépenses effectives ne dépasse pas 3oooo marks.
- Nous ajouterons que, dans sa séance du 0.9 janvier 1898,1e Reichstag a émis l’avis qu’il y avait lieu de créer, pour les essais mécaniques, un établissement impérial. Mais l’opposition des États du Sud dans le Conseil fédéral a fait échouer ce projet; il parait d’ailleurs certain, d'après les renseignements fournis à la Commission, que l'État prussien réussira à vaincre cette opposition, et que le Laboratoire impérial d’essais sera créé sous peu d’années à Berlin ou dans les environs. En attendant, il est indiqué dans le budget d'Empire pour l'exercice 1900-1901 que l’exécution des recherches dont le Laboratoire impérial aurait été chargé peut être confiée à l’Établissement royal de Charlottenbourg, moyennant attribution des frais sur le budget de l’Empire. Les prévisions s’élèvent à 223000 marks pour les bâtiments, machines et aménagements, et à 16600 marks pour les dépenses annuelles.
- Étant donné le besoin urgent d’un premier groupe de recherches (éludes des matériaux à employer pour les conduites de vapeur à haute pression), le Reichstag a voté cette année 100000 marks, dont i3ooo pour constructions nouvelles, 79000 pour achats de machines, et 8000 pour les dépenses de la première année.
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- RAPPORT
- lATOIRES OFFICIELS d’e
- 11. — Laboratoire royal d’essais chimiques techniques.
- Le Laboratoire royal d’essais chimiques est annexé à l’École des Mines (Bergakademie) qui se trouve à Berlin. Il constiluc un établissement indépendant, en tout ce qui concerne le service public des essais; mais ii relève administrativement de l'École des Mines, et il en dépend, en tant que laboratoire d’enseignement.
- Son installation et le matériel dont il est pourvu lui permettent de faire toutes les analyses des matières employées par l’Industrie.
- Il comprend trois sections :
- a. Matières inorganiques,
- b. Matières organiques,
- c. Encres.
- Ces Sections ont effectué en 1898-1899 55o analyses, dont 5g pour des établissements de l’Empire, 146 pour des établissements royaux, 345 pour des particuliers.
- La première Section est comprise dans ce total pour 365 essais, la deuxième pour 161, la troisième pour
- Commission royale. — Le Laboratoire d’essais mécaniques et le Laboratoire d’essais chimiques dépendent, au point de vue technique, d’une Commission royale de six membres, comprenant des représentants des trois Ministères, du Commerce, des Travaux publics et de l’Instruction publique.
- Cette Commission royale a pour mission de veiller à ce que les deux Laboratoires soient toujours en mesure d’effectuer les essais nécessaires aux besoins de l’Industrie.
- Les Directeurs lui soumettent des Rapports trimestriels et un Rapport d’ensemble de fin d’année sur les opérations effectuées dans leurs Laboratoires.
- La Commission confère de temps en temps avec les principaux industriels et techniciens du pays pour avoir leur avis sur le fonctionnement des Laboratoires et, le cas échéant, sur les dispositions à adopter pour l’améliorer.
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- ' CONSEIL D’ADMINISTRATION DU CONSERVATOIRE.
- J)epuis l’année i863, la Commission publie des Annales, comportant par année 6 a 8 livraisons sous le titre MUtheil-ungen aus den KonigUclien lechnichen Versucfisanstal-ten. Ces Annales sont consacrées à des éludes techniques et au compte rendu des expériences les plus intéressantes.
- III. — Laboratoire de machines.
- Le Laboratoire de machines est consacré, en principe, à l’enseignement de l’École technique supérieure de Chariot-tenbourg, dont il est une annexe. Il ne constitue donc pas à proprement parler un laboratoire d’essai de machines; mais il se maintient en rapport constant avec l’industrie privée et il effectue pour elle des recherches ainsi que des essais.
- La création de ce Laboratoire, qui remonte seulementài8g6, est due surtout à l'impulsion du professeur Riedler, qui lui a fait don, dès sa constitution, de plusieurs machines d’une valeur de iSoooo francs environ. En même temps, des établissements industriels, comme la maison Borsig de Berlin, ont contribué à son installation. Le Ministre de l'Instruction publique, de son côté, a affecté une somme de aooooomarks à la construction du Laboratoire.
- Le personnel comprend, outre le Directeur, M. le Professeur Josse, un ingénieur, 5 chauffeurs, 4 mécaniciens et a électriciens.
- Le budget annuel n’a été jusqu’ici que de ioooo marks, il sera porté à a5oooà partir de 1901.
- M. Josse a donné une description complète du Laboratoire de machines dans un Mémoire intitulé Mittheilungen aat dem Maschinen-Laboratorium der Kœniglichen technichen Hochschule.
- Celle description peut se résumer comme il suit: le Laboratoire se compose d’un bâtiment contenant 3 chaudières, et d’une vaste salle de machines, de 55-" de longueur sur io" de largeur.
- Des moteurs installés à demeure dans cette salle ont, dans leur voisinage, des fondations en fonte sur lesquelles on peu1 fixer les machines à expérimenter.
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- RAPPORT SIR LES LABORATOIRES OFFICIELS D’ESSAIS. Il5
- D’autre part, des canalisations de vapeur, d’eau et d’air comprimé, munies de branchements de distance en distance, sont établies en vue de l’essai des moteurs.
- Cette organisation permet d'aborder des recherches très variées pour l’industrie, en même temps qu'elle répond à toutes les nécessités de l’enseignement. Aussi le Laboratoire a-l-il'pu déjà procédera des essais importants, notamment sur les machines suivantes :
- Machine combinée à vapeur d’eau et d’acide sulfureux;
- Pompes de mines à grande vitesse;
- Élévateur à émulsion d’air;
- Compresseur d’air à marche rapide.
- Une Note annexée au présent Rapport ( Annexe IV) fournit des renseignements plus complets sur les machines et les travaux de ce Laboratoire.
- n. — LABORATOIRES DE DRESDE.
- Il n’existe pas, à Dresde, de laboratoires ouverts aux essais des particuliers; mais l’École technique supérieure possède pour son enseignement un Laboratoire d’essais mécaniques et un Laboratoire de machines qui sont bien outillé» tous deux.
- Un projet est à l’étude pour leur agrandissement; d’après les renseignements recueillis auprès des professeurs chargés de la direction de ces Laboratoires, une somme très importante (i million de marks) sera prochainement consacrée à leur extension. Les nouveaux Laboratoires sont appelés à avoir le même fonctionnement que ceux de Charlottenbourg, et procéderont aussi à des essais pour le public.
- III. - LABORATOIRES DE MUNICH.
- La Bavière participe aux dépenses que nécessite le fonc-lionnementde l’Institut physico-technique de Charlottenbourg, et elle n’a pas, par suite, d’établissement analogue; mais elle
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- Il6 conseil d'administration dc conservatoire,
- a tenu à conserver l’autonomie de son Service des poids et mesures, et elle a été conduite à organiser, sur son budget, une Commission officielle de vérification, spéciale pour l’État bavarois. Il en résulte d'ailleurs que les mesures bavaroises ne sont pas acceptées dans les outres pays de l’Allemagne; les Instructions établies par la Commission impériale de Berlin-Charlottenbourg mentionnent celle exclusion.
- La Commission de vérification du royaume de Bavière dispose, à Munich, d’un local assez vaste dans les bâtiments de l'Académie; mais elle est loin d’avoir l'importance et le développement de la Commission impériale; elle n’a pas de matériel d’études*et de recherches. Elle conserve seulement les types et les étalons du Service royal des poids et mesures, et ne procède qu’à un nombre limité de déterminations portant surtout sur les poids et les instruments de pesage.
- Elle est dans l’obligation de s’adresser à la Commission impériale pour les opérations de mesure et d’étalonnage qui exigent l'emploi de comparateurs ou de balances de haute précision.
- Un Laboratoire d’essais mécaniques est annexé à l'École technique supérieure de Munich; il date de 1876 et est bien connu par les remarquables travaux de Bauschinger, sur l'élasticité et la résistance des corps solides; mais l’installation de ce Laboratoire est incomplète: les machines qu'il renferme sont, en général, d’un type ancien; c’est d’ailleurs plutôt un Laboratoire d’études et d’enseignement; ii ne procède qu’à peu d’essais pour l’extérieur.
- Aucune comparaison n’est possible, ni comme installation, ni comme activité, entre le Laboratoire de Munich et celui de Charlottenbourg.
- L’École technique supérieure renferme aussi un Laboratoire de machines, fondé par le Professeur Lînde en 1891, un Laboratoire d’Électriciié, et un Laboratoire de Chimie.
- Ces Laboratoires sont, comme le précédent, consacrés presque exclusivement à l’enseignement et aux recherches des professeurs. Les industriels peuvent cependant s’adresser à l’École technique pour effectuer des essais, mais seulement à titre exceptionnel.
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- RAPPORT
- LABORATOIRES OFFICIELS d’i
- IV. — LABORATOIRES DE VIENNE.
- La question des Laboratoires publics d’essai n’a pas reçu, en Autriche, de solution intégrale comme en Allemagne; elle y est toutefois assez avancée.
- i* Il existe, à Vienne, une Commission impériale de vérification, à peu près aussi complètement organisée que celle de Berlin-Charloitenbourg, et fondée également en 1869. Cette Commission dispose d’un local spécial assez vaste, et de bâtiments bien construits dans un faubourg de Vienne; son installation est tout à fait remarquable en ce qui concerne le service des comparateurs et celui des balances de précision.
- Elle s’occupe aussi de la vérification des compteurs d’électricité, et de celle des compteurs à eau.
- Pour ses divers services, l’Établissement est pourvu d’une machine à vapeur, dont les trépidations toutefois viennent troubler les opérations de mesures de précision.
- La Commission officielle de vérification de l’Empire d’Autriche répond au môme but, et a les mômes attributions que la Commission similaire de l'Empire allemand. Elle fait également des déterminations pour les établissements et les particuliers;
- a0 Divers Laboratoires d'essais sont mis à la disposition du public par le Musée impérial et royal des Arts industriels, KK. Techno/ogischen gewerbe-Museum, école importante de Vienne, dirigée par M. Exner, Commissaire général de l’Autriche à l’Exposition de 1900.
- CetÉtablissement est doté de quatre Laboratoires principaux, dont l’outillage, quoique moins complet que celui des Laboratoires de Berlin, se prête néanmoins à la plupart des essais courants.
- Ces Laboratoires sont les suivants :
- I. Laboratoire pour l'essai mécanique des papiers et Pour leur analyse chimique.
- La valeur du matériel est de a84« florins.
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- I iS CONSEIL D’ADMINISTRVriON DC CONSERVATOIRE.
- Ei) 1899, il s’est produit 60 demandes qui ont donné lieu à i56 certificats. Le produit des taxes a été de 994 florins.
- II. Laboratoire pour l’essai des matériaux de construction et des éléments de machines.
- Ce Laboratoire comprend des machines de traction, compression, flexion, choc, etc., ainsi que des appareils pour l'essai des huiles.
- Son matériel a coûté environ j475t florins. Il a été fait, en 1899,708 essais qui ont produit la somme de 2575florins.
- III. Laboratoire d'Essais chimiques.
- Depuis l’ouverture de ce Laboratoire, en octobre 1887, jusqu'au iw janvier 19^0, 4%o certificats ont été délivrés.
- Le nombre des opérations a clé, en 1899, de 3171 ayant donné lieu à 467 certificats.
- Le matériel du Laboratoire a une valeur de 11586 florins; les taxes se sont élevées à 4f 17 florins.
- IV. Laboratoire d'Électricité technique.
- Ce Laboratoire est le plus important de l’Établissement. Son matériel a une valeur de près de 24000 florins. Il a reçu,en 1899, 91 demandes portant à 099 le nombre des certificats délivrés.
- Les déterminations ont porté sur les objets et instruments suivants : lampes à incandescence, appareils de mesure, compteurs d’électricité, conducteurs, isolants, accumulateurs, dynamos, électro-moteurs, etc.
- De plus, il a été exécuté des essais photométriques. Les recettes du Laboratoire ont été de 1845 florins en 1899.
- Il convient d’ajouter qu’une des sections de l’enseignement du Musée d'Arts industriels, celle de l’Industrie des métaux, quoique n’ayant pas de laboratoire, fait des déterminations pour l'industrie : elle procède à des essais sur place dans les usines, par exemple pour le rendement des machines, et délivre des certificats.
- Un Laboratoire d’essai pour l’industrie de la bière est resté
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- RAPPORT StR JLBS LABORATOIRES OFFICIELS D ESSAIS. 119
- annexé à l'École jusqu’en 1894; il faisait jusqu'à 700 essais par an.
- On construit en ce moment de nouveaux bâtiments pour l'agrandissement des Laboratoires existants.
- 3° L’Autriche ne possède pas d’institution analogue à l'Institut physico-technique de l’Allemagne; mais, comme on l a vu par ce qui précède, beaucoup des essais effectués par cetÉtablissement sont confiés au Musée des Arts industriels de Vienne. Il en est ainsi notamment pour toutes les mesures électriques et pour la Photométrie.
- Nous dirons enfin que l’École technique supérieure de Vienne, vaste établissement de premier ordre, possède un Laboratoire d’essais mécaniques bien installé, surtout pour les études d’élasticité et pour la traction des métaux. Mais ce Laboratoire ne sert qu’à l’enseignement.
- V. - LABORATOIRES DE PRAGUE.
- Il existe à Prague deux Écoles techniques supérieures, l'une pour les étudiants de langue allemande, l’autre pour les étudiants tchèques.
- La Commission d’enquête n’a pu visiter que la première de ces deux Écoles, qui n’a pas une très grande importance.
- Elle a été frappée de ce fait que néanmoins cette École est pourvue d’un Laboratoire d’essais mécaniques, comprenant une machine de traction avec enregistreur, une machine de torsion, et les principaux appareils nécessaires à l'essai des pierres, ciments, etc.
- Ce Laboratoire est d'ailleurs exclusivement affecté à renseignement, et ce n’est q^exceptionnellement que l'Industrie obtient d’y faire exécuter des essais.
- Il résulte de cet exposé que la Commission d'enquête a trouvé à Berlin et à Vienne des Laboratoires officiels d’essais organisés en vue de donner satisfaction aux demandes profiles par le public et les autorités.
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- lao conseil d'administration du conservatoire.
- Mais les Laboratoires de Berlin seuls embrassent à peu près tous les genres d’essais. Ils présentent celte particularité qu’ils sont, en général, indépendants les uns des autres et qu’ils s’occupent cependant de déterminations de nature différente, comme si leurs travaux dérivaient d’un plan d’ensemble.
- Leur état actuel ne provient pas de l'accroissement pro. gressif d'institutions qui, peu importantes au début, se sont développées lentement par suite de leur fonctionnement même.
- Ils ont tous été créés, en une fois, à peu près tels qu’ils sont aujourd’hui, au moyen de crédits de premier établissement, votés, suivant le cas, par le Reichstag allemand ou par le Landtag prussien.
- Toutes les Divisions et Sections qui les composent sont dirigées par des spécialistes compétents assistés d'un personnel exercé, et dotés d'un matériel perfectionné.
- Aucun d’eux ne jouit du bénéfice de la personnalité civile. Leurs recettes sont loin de couvrir les dépenses exigées par toutes les recherches et les études corrélatives d’un service d'essais.
- Ils figurent, chaque année, pour des sommes importantes, les uns sur le budget de l'Empire, les autres sur le budget de la Prusse.
- En chiffres ronds, les cinq Laboratoires de Bcrlin-Charlot-tenbourg représentent un capital d’environ 10 millions de francs. Leur budget annuel dépasse i million.
- C’est sans contredit dans le concours prêté par les Laboratoires de Berlin-Charlottenbourg à l’industrie allemande, eo même temps que dans l’organisation éminemment pratique des Écoles techniques supérieures, pourvues, elles aussi, de laboratoires adaptés à leur enseignement, qu’il faut voir la cause première de l’essor si rapide et si brillant de l’industrie chez nos voisins.
- La Commission ne peut mieux faire que de communiquer au Conseil l’opinion émise à ce sujet par les Allemands eui-mêmes, dans le Catalogue de l'exposition collective allemande (Tinstruments d'Optique et de Mécanique de précision.
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- BAPPORT SU!
- LABORATOIRES OFFICIELS D’£SS\IS.
- Ce document s’exprime en ces termes :
- Au commencement du xixm* siècle, la Mécanique de précision était beaucoup plus avancée en France et en Angleterre qu'en Allemagne....
- Ces pays fournissaient presque exclusivement les instruments scientifiques du monde entier....
- Ce n’est que depuis une vingtaine d’années que le Gouvernement allemand s’est occupé du relèvement de la Mécanique de précision dans le pays, mais il l’a fait d’une façon si marquée que la situation de la Mécanique allemande fut brusquement changée, tout à son avantage.
- Les subsides et l’appui moral accordés par les autorités aux arts et aux sciences durant la dernière période de trente ans, la création de nombreux laboratoires de Physique et de Chimie... mirent laMécanique allemande en face de sérieux problèmes.
- Le plus grand appui dans les problèmes que la technique de précision allemande est appelée à résoudre est donné par l’Institut physico-technique impérial. Grâce à cet Institut, les horizons se sont élargis, et les grands services qu’il a rendus ont déjà porté leurs fruits....
- La Commission officielle de vérification commence aussi à faire sentir son influence favorable sur la Mécanique allemande, avec l’introduction da système métrique des poids et mesures.
- Les nombreux conseils et les nombreuses indications que la Mécanique allemande doit aux travaux de la Commission officielle de vérification firent qu’elle put collaborer d’une façon marquée à l’introduction du système des poids et mesures en Allemagne ainsi qu’à l’étranger. C’est ainsi qu’elle a eu l’occasion de construire des comparateurs de haute précision, des machines à diviser, des appareils pour la mesure exacte des longueurs et des épaisseurs, enfin des balances de la plus grande sensibilité.
- De cette façon, la Mécanique allemande s’est beaucoup perfectionnée et a énormément gagné en production. L’installation du Bureau international des poids et mesures, du pavillon de Breteui!, provient en grande partie d’ateliers allemands....
- H résulte de tous ces travaux que la Mécani jue de précision a acquis actuellement une situation marquée sur 1? marché du monde....
- Aussi, grâce aux patientes et longues recherches de la Commission officielle de vérification, de l’Institut physico-technique, et de la verrerie (Tléna, la fabrication allemande des thermomètres a pris un essor consi-d&able et domine actuellement le marché du monde. On achète partout •es thermomètres allemands, avec une confiance d’autant plus grande ‘Pj’ils peuvent tous être accompagnés d'un certificat de vérification de TÉtat.
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- d’administratiox
- DU CONSERVATOIRE.
- L'Institut pour le contrôle des thermomètres à Ilmenau en examine annuellement environ 40000, et l’Institut physico-technique impérial à peu près 16000.
- La renommée de la Mécanique et de l’Optique allemandes correspond à leur importance économique.
- En 1898 il fut exporté :
- Instruments d’Astronomie, d’Oplique, de Mathématiques de Physique,d’Electrici lé 118900 8975000
- Verre brut pour l’Optique.................. 114900 6j5ooo
- Verres optiques (verres pour lunettes, lorgnons, stéréoscopes'....................... ai4aoo 3i3gooo
- Longues-vues terrestres, jumelles de théâtre, de campagne, pince-nez et lunettes.................................... 33goo 1016000
- Totai.
- 601900 i4s65ooo* ou 17818750"
- Depuis 10 ans, le chiffre de l’exportation a presque triplé.
- Cette citation met en lumière les avantages que les institutions d'Etat visitées parla Commission d'enquête ont procurés à l’Allemagne pour la Mécanique de précision.
- Il en a été de même pour les constructions métalliques, les machines, l’électricité, les produits chimiques, et les résultats obtenus par nos voisins à l’Exposition de igoo démontrent surabondammentTinfluence heureuse des Laboratoires publics d’essais sur le développement général de leurs diverses branches d'industrie.
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- RAPPORT SCI
- LABORATOIRES OFFICIELS D-ESSAIS.
- DEUXIÈME PARTIE.
- examen COMPARATIF DES LABORATOIRES D’ESSAIS EXISTANT EN FRANCE ET EN ALLEMAGNE.
- D’après ce qui précède, l’Allemagne possède un ensemble de Laboraioires officiels d'essais, qui bien que n’ayant pas encore alteinl tout leur développement, répondent déjà aux besoins industriels les plus courants.
- Le décret du 19 mai 1900, en confiant au Conseil d’administration du Conservatoire la mission d’organiser un Laboratoire d’essais, a déjà reconnu, par ce fait même, qu’il était loin d’en être ainsi chez nous.
- Un parallèle entre ce qui existe en Allemagne et ce que nous avons en France permettra de préciser nos lacunes.
- i# Nous n’avons pas l’équivalent de la deuxième Division de l’Institut impérial physico-technique de Charlottenbourg.
- Abstraction faite des laboratoires de nos grandes Écoles nationales, universitaires et municipales, dont quelques-uns sont remarquablement organisés, mais qui tous sont exclusivement consacrés à l’instruction des élèves et aux recherches des professeurs, abstraction faite aussi du Bureau international de Breteuil, qui procède à l’étalonnage des vis et des thermomètres de premier ordre, mais qui n’a pas assez de personnel pour pouvoir donner satisfaction à toutes les demandes qui lui sont adressées, il n’existe en France de Laboratoire public ni pour les déterminations afférentes à la Mécanique de précision et à l’Optique industrielle, ni pour la vérification des baromètres, manomètres et thermomètres.
- Les thermomètres médicaux même ne sont pas contrôlés. La France est peui-éire le seul grand pays d'Europe qui ne
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- 1*4 CONSEIL D’ADMINISTRATION DC CONSERVATOIRE.
- se soit pas encore préoccupé de celle importante question.
- L’État n’a pas non plus de Laboratoire pour l’essai des machines et des instruments de mesure électrique. Mais, ici, l’initiative privée, directement intéressée à cette vérification,! créé l'organisme nécessaire. Le Conseil sait que le Labora. toire central d'Électricité, fondé à Paris, par la Société internationale des électriciens, sous l’impulsion de M. le Vice-Président Mascart, avec l’appui de l’État et le concours de U ville de Paris, est affecté à ce genre d’essais.
- 2° Nous avons dit que la Commission de vérification de l'Empire allemand comprenait, en tant qu’office impérial, deux sections distinctes, une Section de Métrologie proprement dite, s’occupant en même temps de déterminations pour les particuliers, et une Section de Contrôle des instruments de la douane et des contributions indirectes.
- En France, le second de ces services est assuré par le Ministère des Finances lui-même, qui a créé et entretient sur son budget, un Laboratoire dirigé par notre collègue M. de
- D’autre pan, le Bureau International de Breteuil est à la disposition des Sociétés savantes et des constructeurs d'instruments de précision, pour l’étalonnage des règles à traits, ainsi que pour la détermination de la longueur des étalons à bouts, dans une mesure insuffisante toutefois,comme nous l’avons fait remarquer précédemment, et en se limitant strictement aux déterminations d’ordre scientifique.
- Mais, par contre, à l’exception du Bureau de vérification des alcoomètres et des densimèlres, créé à Paris en i883 par le Ministère du Commerce, en exécution de la loi da 7 juillet i88t, rendant exclusivement obligatoire l’emploi de l’alcoomètre centésimal de Gay-Lussac, nous n’avons pas de service analogue à l’importante Section de Métrologie de la Commission impériale allemande de vérification.
- Le Bureau National des poids et mesures, qui semble avoir été institué dans le même but queceue Commission,ne possède ni installation, ni personnel, ni matériel. Il en est demêmede la Commission de Métrologie usuelle qui est une délégation
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- RAPPORT SUR LES LABORATOIRES OFFICIELS d’essais. 1*5
- du Bureau National, et qui, à ce titre, se trouve chargée d’examiner les diverses propositions du commerce, en matière d'instruments de mesure et de balances. Cette Commission ne dispose pas non plus d’un établissement, où elle puisse faire les déterminations réclamées par le Service de la vérification. Elle n’a pu être admise jusqu’ici à employer pour les besoins de ce Service le Laboratoire de Métrologie que la Section française du mètre possède au Conservatoire, et dont les instruments, comparateurs, etc., se trouvent ainsi inutilisés.
- Comme conséquence, les étalons du Service des poids et mesures sont confectionnés directement par les Bureaux centraux des cinq circonscriptionsde vérification, etle seul contrôle quien soit fait est confié aux soins du Conservateur des collections du Conservatoire.
- L’absence d’un Laboratoire officiel de Métrologie nous a fait négliger jusqu’ici des questions essentielles, étudiées depuis longtemps et résolues, pour la plupart, en Allemagne, en particulier celle de la vérification des mesures de précision, des compteurs à gaz, des compteurs à eau, des tonneaux, etc.
- II se trouve ainsi que la France, qui a pris, il y a cent ans, l'initiative du Système métrique, n’est pas en état d’en poursuivre aujourd’hui le perfectionnement. Elle est distancée, à cet égard, par des pays qui, comme l’Allemagne, ne se sont ralliés à notre système national qu’il y à trente ans.
- 3® Nous avons dit que le Laboratoire royal d’essais mécaniques techniques de Charlottenbourgétait en mesure deprocéder à deux sortes do déterminations : d’une part, il soumet individuellement à tous les genres d’épreuves qui lui sont indiquées les éléments destinés à entrer dans les constructions, et détermine leur valeur intrinsèque; d’autre part, il expérimente l'assemblage de beaucoup de ces éléments dans les conditions mômes de leur emploi.
- Nous n’avons pas en France de Laboratoire qui soit installé pour ce dernier genre d’opérations, dont l’intérêt est cependant considérable, en ce qui concerne par exemple le ciment armé, ®ais il existe, soit à Paris, soit en province, plusieurs Laboratoires ouverts au public pour l’appréciation de la valeur 3* Série, t. ///. 9
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- /administration du conservatoire.
- 126 CONSEIL D
- absolue des fers, aciers, pierres, etc., considérés en eux-mêmes, et indépendamment de leur destination.
- Ce sont principalement:
- r. Pour les métaux et les autres matériaux de construction le Laboratoire actuel du Conservatoire des Arts et Métiers; des Laboratoires d’enseignement, comme ceux de l'École nationale des Ponts et Chaussées à Paris, eide l'Institut industriel du Nord de la France à Lille.
- 1. Pour les papiers, le Laboratoire de la Bourse de Commerce de Paris.
- a. Nous nous étendrons peu sur le premier de ces Laboratoires dont linsuffisance est bien connue du Conseil. Nous dirons seulement que les machines et appareils dont il est doté ne peuvent rendre que peu de services pour la plupart; leurs indications manquent de précision; aucune d’elles n’est mue mécaniquement. La plus forte machine de traction est de a5 tonnes; la limite élastique des éprouvettes ne peut être appréciée. Quant au personnel, il est réduit à quelques agents seulement, qui ont d’ailleurs en même temps d’autres fonctions dans le Conservatoire.
- D’après les renseignements fournis par M. Masson au Congrès international des méthodes d’essai des matériaux de construction,dans une Notedemai 1900 dont nous joignons un extraits ce Rapport (Annexe F),en raison des renseignements qu’elle contient sur l’état actuel du Laboratoire, le nombre des séries d’essais effectués en cinq ans, de 1890 à i899,aétéde262ets’est appliqué à 2296 échantillons, ce qui correspond en moyenne par an à 53 demandes et à 459 échantillons. Celte indication suffit à montrer le peu d’importance de ce Laboratoire, si oa la rapproche surtout des renseignements donnés précédemment au sujet des 3oooo essais annuels du Laboratoire de Charloltenbourg.
- b. Le Laboratoire d’essais mécaniques de l’École nationale des Ponts et Chaussées présente un certain développement Il est installé au dépôt de l’École, avenue d’iéna, n° 3, et comprend trois Sections, l’une pour les pierres naturelles et artificielles, l’autre pour les chaux et ciments, la troisième pour les métaux. Les deux premières Sections sont «sseï
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- RAPPORT SI'R LES LABORATOIRES OFFICIELS O'ESSAlS. HJ
- bien organisées et outillées ; il n’en est pas de même de la Section .des métaux, qui ne comporte qu'une machine de traction de 60 tonnes, avec quelques appareils auxiliaires et qui, pour cette raison, est assez rarement utilisée.
- Une circulaire de M. le Ministre des Travaux publics, en date du i4 avril i883, a précisé, dans les termes suivants, les essais que le Laboratoire est autorisé à faire pour Je public :
- J’ai reconnu que des abus pourraient se produire si le Service des essais était mis sans restriction à la disposition du public. J’ai décidé qu’à l’avenir les demandes... qui paraîtront avoir un but exclusivement commercial seront repoussées. Le Laboratoire ne sera autorisé à instruire que les demandes présentées par les ingénieurs, ou celles qui, produites par un particulier, auront été appuyées par un ingénieur, comme se rattachant à l’intérêt général des travaux publics.
- Il résulte de celte décision que le Laboratoire des Ponts et Chaussées est un organe d'exécution d’un service public, et d’instruction — outillé surtout d’après sa destination. Son fonctionnement comme Laboratoire public d’essais est soumis à des conditions qui le ferment en réalité à l’industrie.
- Ce Laboratoire doit recevoir prochainement une extension considérable. L’aliénation des terrains de l'avenue dTéna est décidée en principe, et un accord est intervenu entre le Ministre des Finances et le Ministre des Travaux publics pour que, sur le produit de l’opération, une somme de 900000* à un million soit attribuée à l’École des Ponts et Chaussées à l’effet de construire un nouveau Laboratoire dans l’ancienne caserne des Cent-Gardes, à Sèvres, dont le terrain lui serait en même temps concédé à titre gratuit. Les projets et devis sont achevés depuis quelque temps déjà.
- Mais, quelque développement qui lui soit donné, le Laboratoire de l’École des Ponts et Chaussées ne pourra que conserver son fonctionnement actuel; il ne constituera pas plus qu’au-jourd’hui un laboratoire réservé exclusivement aux essais de l’industrie privée, comme le Laboratoire qu’il s’agit de créer au Conservatoire.
- c* Comme Établissement d’enseignement doté d’un Laboratoire d’essais mécaniques acceptant de faire des essais
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- ia8 CONSEIL d’administration du conservatoire.
- pour le public, nous citerons encore l’Institut industriel du Nord de la France, à Lille. Ce Laboratoire est peut-être plus complet que celui des Ponts et Chaussées, comme machines de traction, appareils pour l’essai des tuyaux, machines à essayer les huiles, etc. Mais les observations dont ce dernier vient d’être l'objet lui sont de tous points applicables; il ne peut être considéré comme Laboratoire industriel.
- d. Le Laboratoire de la Bourse de Commerce, créé récemment pour l'essai des papiers, en raison de l'intérêt de ce genre de déterminations et de l'impossibilité reconnue de les faire exécuter soit au Conservatoire, soit dans un autre établissement, possède un outillage perfectionné qui lui permet d’effectuer les opérations suivantes :
- { dynamométriques,
- Essais........< à la perforation,
- ( de résistance au chiffonnage et au froissement.
- Déterminations
- de l’épaisseur et du poids par unité de surfeoe,
- des cendres,
- de la nature du collage,
- de la nature des fibres,
- du pouvoir absorbant des buvards,
- des acides libres et du chlore.
- Il est donc complet et répond à tous les besoins de l’industrie du papier.
- En réalité donc, sauf pour l’essai des papiers, nous n’avons pas de Laboratoire public d’essais mécaniques.
- 4* Pour être complet, un Laboratoire d’essais de machines doit comprendre :
- a. L’essai, dans le laboratoire même, des moteurs et des machines ne dépassant pas une certaine importance;
- b. L’essai, dans les usines, des moteurs qui ne peuvent être étudiés qu'après montage définitif, des générateurs, etc.;
- e. L’essai des locomobiles, automobiles, etc.
- Ces essais ayant pour objet, non seulement de fournir des
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- RAPPORT SCR LES LABORATOIRES OFFICIELS D’ESSAIS. 129
- données précises sur les qualités des machines et appareils, tels qu'ils sont livrés par les constructeurs à leur clientèle, mais encore de déterminer les conditions les plus avantageuses de leur emploi;
- d. L’essai, la vérification et le tarage des ressorts, dynamomètres, indicateurs, etc. ;
- e. L’essai des combustibles;
- /. Enfin, des recherches systématiques tendant au perfectionnement des machines existantes, et, en même temps, l'expérimentation des inventions nouvelles.
- Ni l'Allemagne, ni la France ne possèdent de laboratoire remplissant toutes les conditions de ce programme; mais, dans les deux pays, des Sociétés se sont préoccupées de venir en aide à la petite et à la moyenne industrie pour les essais les plus essentiels, comme celui des générateurs, et pour la détermination de la qualité des combustibles. Chez nous, l’Association parisienne des propriétaires d’appareils à vapeur, et les associations similaires de Lyon, Marseille, Nantes, Lille, Bordeaux, Amiens, Rouen, Montpellier, Reims, reconnues depuis longtemps d’utilité publique, ont été fondées dans ce but qu elles ont atteint d’une manière assez satisfaisante.
- Il n’en est pas de même pour l’essai des moteurs, que ces Associations ont cherché depuis à comprendre dans leurs opérations. N’ayant pas de laboratoire, elles n'ont pu réussir à donner à ce service l’importance qu’il comporte, et l’on ne saurait se contenter de leur intervention pour les essais de machines, pas plus que pour le tarage des indicateurs et des dynamomètres.
- L’Allemagne ne paraît pas avoir plus que nous un service organisé d'essais des machines industrielles, mais elle a l'avantage d’avoir créé dans ses Écoles techniques supérieures, et notamment à Charlottenbourg, des Laboratoires d’enseignement, appelés à effectuer en même temps des recherches pour les constructeurs. Nous n’avons rien d'analogue, ni au Conservatoire, ni dans nos grandes Écoles industrielles.
- Il a bien existé jadis au Conservatoire, dans l’église du Prieuré, un Laboratoire de Mécanique destiné à l’essai des machines de l’industrie ainsi qu’à l’examen des propositions
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- «3o conseil d'administration du conservatoire.
- des invenieurs. Mais ce Laboratoire, créé de i$5a à 1854, a
- disparu en i883 ei il n’a pas été remplacé.
- Le Congrès de Mécanique appliquée de 1889 a émis un vcbu unanime en faveur de la reconstitution de ce Laboratoire. Rien n'avait été fait jusqu'à ces derniers temps pour donner satisfaction à ce vœu. Les dispositions du décret du 19 mai dernier paraissent avoir été considérées par les membres du Congrès de 1900, comme devant enfin aboutir à la constitution du Laboratoire réclamé de toutes parts depuis si longtemps.
- 5* En ce qui concerne les essais chimiques, il n’y a pas en France de Laboratoire officiel délivrant des certificats pourvus d’un caractère légal, mais divers établissements publics et privés sont mis à la disposition des particuliers.
- L’École supérieure des Mines a, comme institution annexe, un Bureau d’essais placé sous l’autorité de l'administration de l’École et dirigé actuellement par le professeur de Docimasie, notre collègue M. Carnot. Ce Bureau exécute gratuitement l'analyse des substances minérales qui lui sont présentées, à la seule condition que la connaissance de leur composition chimique puisse avoir une utilité réelle, soit pour la Science ou l’industrie, soit pour l’hygiène publique, l’agriculture, etc. Il est largement mis à contribution par l'industrie métallurgique et minière; il a examiné, en 1899, 1068 échantillons et, par suite, quoique limité à un genre particulier d'analyses, il a eu une activité plus gronde que les trois Sections réunies du Laboratoire de l’École des Mines de Berlin.
- Le Laboratoire municipal de la ville de Paris s’occupe plus spécialement de tout ce qui intéresse l’alimentation.
- Enfin, de nombreux laboratoires privés, dont quelques-uns sont très développés, opèrent pour les industries chimiques les analyses et même les recherches de toute nature.
- En résumé, alors que l’Allemagne a créé pour ses déterminations industrielles et commerciales un ensemble déjà remarquable d’instituts d’essais et qu’elle en poursuit constamment le développement, la France est loin de posséder une organisation comparable.
- Nous n’avons que deux Laboratoires officiels d'essais, tous
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- RAPPORT Sl'R LES LABORATOIRES OFFICIELS D'ESSAIS.
- Laboratoire* existant
- Nature «le» e*»ii».
- Laboratoires
- manqua»!
- Ane- S _ cn maïne. trin«
- ; Métaux................................. 1 o (•) :
- i Autres matériaux de J
- ! construction.............f,.,» O
- / de ' ( Laboratoire
- Papiers................... Cbarlottenbourj?. ) «• U Bouwe [
- i ( «lu Commerce. )
- Huiles................... l ' o
- , Parties «le constructions.^ j o
- f . 3 ( Dans le labora-j
- Ia- J toire..........1 o i o
- |f j Dans les usines.., o j « (h) j
- ï | ( Automobiles.........; o ; <»
- ( Laboratoire 'j
- i Recherches................j de machine* de c O
- f Cliarîottenbourp.'
- 1 Étalonnage des Instru-^ jn*titutphyMco-/
- I ments.....................S MeW««- J o
- ' > Aisorlatloai
- I Essais des combustible,., ?
- [ j « i «apeor. i
- (Mécanique de précision.', f o («} j
- j ( Laboratoire \
- Electricité..............f Institut pbyeico-J central r
- , technique ( ^électricité. \
- i Optique...................i chariotiM^owf.l 0
- I Chaleur...................I o (e)
- i Pression..................! i o
- [ » Mesures de lon-j
- || gueur; poids, etc.( \ «
- j - \ Aréomètres............i détaionoizc. i
- | de précision.................. o (*)
- l Industrielle.................. o o
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- • I*! Abstraction faite du Laboratoire du Conservatoire de* Art* et Métier*, qui eat insof-
- | Séant, et de* Laboratoire* dont !e but principal c*t I enscâçormrnt.
- I*) L’As<«iiation des propriétaire* «l'appareil* à tapeur >uf!H pour le* pénéraieur». i ;,l Abstraction faite du Bureau international de Breieuil qui prête, il e*t vrai, son contour, a l'industrie pour le* Ôtalonnaje* de ri», de tae*urc* et de thermomètre* de Pmitiua, mai, <ians „ne m^jure inanfiiMute. en raison de *a destination spéciale et de aon Personnel restreint.
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- i3a conseil d'administration DU CONSERVATOIRE,
- deux mal installés el insuffisamment dotés, celui du Ministère du Commerce pour les alcoomètres et celui du Conservatoire pour les essais mécaniques.
- L’initiative privée a, il est vrai, suppléé l’État pour certains genres d’essais, mais elle n’a pu suffire à tout, et il nous manque encore un grand nombre de laboratoires.
- C’est ce que met en évidence le Tableau ci-avant, dans lequel nous avons indiqué, pour chacun des essais nécessaires à l’Industrie, les Laboratoires existant et manquant en France et en Allemagne.
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- RAPPORT SLR LES LABORATOIRES OFFICIELS D’ESSAIS.
- i 33
- TROISIÈME PARTIE.
- EXAMEN DES SOLUTIONS EN PRÉSENCE POUR LA CRÉATION D’UN LABORATOIRE PUBLIC D'ESSAIS AU CONSERVATOIRE.
- La Commission a pensé que son travail serait incomplet si, après avoir ainsi rendu compte des résultats de son enquête, et avoir précisé quels sont les Laboratoires d’essais qui nous font défaut actuellement en France, elle ne procédait pas à l'examen des diverses solutions entre lesquelles le Conseil devra choisir pour faire cesser le regrettable état de choses existant.
- C’est l'objet de cette dernière partie du Rapport, dans laquelle nous nous occuperons successivement de l’organisation générale et de l'installation du Laboratoire d'essais adjoint au Conservatoire par le décret du 19 mai 1900.
- ORGANISATION DU LABORATOIRE D'ESSAIS.
- Du moment qu’il existe déjà des Laboratoires industriels pour les essais chimiques, électriques, calorimétriques et de papiers, le Conseil doit se prononcer d’abord sur la question de savoir s’il n’y a pas lieu, momentanément du moins, de ne prévoir aucune création pour ces catégories d’essais.
- Cette solution présenterait l'avantage d’alléger notablement les charges de premier établissement, en même temps qu’elle réduirait les dépenses annuelles.
- Le Conseil affirmerait en outre, par celte décision, que le but qu’il poursuit est uniquement de combler des lacunes constatées dans des institutions utiles à l'Industrie, sans
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- |34 CONSEIL d'administration dc conservatoire.
- aucune pensée de concurrence à l’égard de l’un quelconque des Laboratoires existants.
- Si cette manière de voir était acceptée? le Laboratoire à créer ne comprendrait que trois Sections, constituées ainsi qu’il suit :
- La Section des essais mécaniques
- I pour les métaux,
- \ pour les autres matériaux de con-J str action,
- pour les huiles;
- La Section de l’essai des machines;
- La Section des essais physiques
- ( pour !'Optique,
- jj pour la chaleur et la pression.
- La constitution de cette dernière Section soulève d’autre part une importante question.
- La Commission a signalé que, si le Bureau International de Breteuil s’est mis à la disposition du public pour les mesures de précision, c'est dans un but scientifique plutôt qu’industriel. En particulier, ce Bureau n’a pas pensé qu’il rentrât dans ses attributions de procéder à des études métrologiques ayant pour objet d’assurer la concordance entre les mesures de longueur de précision dont les ateliers se servent pour leurs fabrications.
- Or, si l'unification des mesures de longueur est un fait accompli depuis longtemps pour les transactions du commerce, qui n’exigent pas une bien grande exactitude, il n’en est pas de même pour les constructions industrielles.
- C’est ce que M. le Général Gras, précédemment Inspecteur permanent des fabrications de l’Artillerie, et actuellement Président du Comité consultatif de cette arme, constate en ces termes:
- Il y a cent ans que nous avons unifié les mesures de longueur; et, chose triste à constater, nous n'employons pas en France des mesures uniformes, chacun a son mètre, son palmer, son pied à coulisse, et aucun de ces instruments n’est comparable aux autres.
- Ce défaut de concordance des mesures de longueur en
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- rapport sra les laboratoires officiels d'essais. i35 sage dans l'industrie française entraîne les plus graves Inconvénients; d’abord, en temps de paix, on ne peut compter surrinterchangeabililé des produits des ateliers, non seulement d’un établissement à l’autre, ce qui est pourtant désirable pour des raisons d’économie de main-d’œuvre, d’outillage et defacllitésd’échanges, mais encore dans le même établissement i des époques différentes.
- Ensuite, en temps de guerre, l’industrie ne pourrait apporter qu’un concours restreint à la défense nationale, puisqu’elle ne serait pas en état de fabriquer un matériel uniforme.
- L’intérêt public exige que l’unification des mesures de longueur industrielles soit réalisée, elle aussi, le plus tôt possible. Cette réforme est sur le point d’être effectuée dans les établissements de l'Artillerie. Il est urgent qu’elle soit étendue à toute l’industrie. Une étude est nécessaire à cet effet; un Laboratoire de Métrologie industrielle peut seule l’exé-
- Le Conseil devra décider s’il y a lieu de prévoir ce Laboratoire dans l’organisation nouvelle.
- Ce n’est pas tout. S’il se prononçait pour l’affirmative, le Conseil aurait à déterminer s’il ne convient pas d’aller plus loin encore dans cette voie, et si, étant donné que nous n’avons pas en France de Laboratoire officiel de poids et mesures, analogue aux Commissions de vérification de Vienne et de Berlin, l’intérêt général ne demande pas qu’il se mette à la disposition du Bureau National pour faire du Service de Métrologie du Conservatoire, l’office technique du Service public de la vérification.
- Il n’est pas indifférent de rappeler à ce sujet que, de tout temps, le Conservatoire des Arts et Métiers a concouru de la manière la plus active à l’établissement et à la conservation des Mesures métriques.
- C’est lui qui, dès iç<)5, a été charge de constituer un atelier pour la confection des mesures à envoyer dans les départements, comme conséquence de l’adoption du mètre provisoire.
- A partir de la loi de i83ç, par laquelle l’emploi du système Métrique est devenu obligatoire en France, le Gouvernement
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- CONSEIL D'ADMINISTRATION DU CONSERVATOIRE.
- i36
- lui a confié tout le service technique des poids et mesures.
- Un peu plus tard, le Ministre du Commerce ayant commandé à Gambey la construction de collections de mesures destinées aux échanges et aux comparaisons avec les mesures en usage dans les différents États, le service de ces comparaisons et de ces échanges a été confié, en 1848, au Conservatoire, qui reçut tous les étalons, ainsi que les instruments et les appareils de vérification.
- De 1848 à 1869, ce service n*a cessé de fonctionner en s’améliorant d'année en année.
- C’est encore le Conservatoire qui a été chargé en 1866 du premier contrôle qui a pu être fait de tous les étalons employés par le Service de la vérification des poids et mesures.
- Enfin, lors de la création de la Commission internationale du mètre, le Conservatoire a été choisi comme siège des délibérations des membres de la Section française; c’est là également que le matériel nécessaire aux opérations métrologiques de cette Section a été réuni dans un Laboratoire qui, nous l'avons déjà dit, subsiste encore avec tous les comparateurs et instruments successi%rement employés.
- Pour cette raison, il est permis de penser que le Laboratoire officiel des poids et mesures trouverait logiquement sa place dans le Laboratoire d'essais du Conservatoire, de préférence dans la Section des essais physiques.
- Ce rattachement ne peut avoir lieu toutefois que sous certaines conditions qu'il y aurait lieu de préciser, le moment
- En particulier, le Laboratoire de Métrologie devrait être subordonné, pour les questions relatives au Service de la vérification, non plus à la Commission technique du Conservatoire, mais au Bureau national des poids et mesures, ou plutôt à la Commission de Métrologie usuelle.
- En outre, le Conservatoire devrait être mis en possession du matériel de la Section française du mètre, dont il n’a eu jusqu'ici que le dépôt.
- Cette solution pourrait procurer au Conservatoire des avantages financiers.
- Le produit généra] de la rétribution des poids et mesures a
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- RAPPORT SCR LES LABORATOIRES OFFICIELS DES5AI3. liy
- été, en effet, de 53oi i8afr en 1898. Les dépenses afférentes à l’exécution du Service (personnel et matériel) n’ont été que de 1178000*. Le Service des poids et mesures a donc fait entrer dans les caisses? du Trésor une somme nette de plus de 4 millions.
- Or, comme le fait remarquer M. Nicolas, alors Directeur de l’Industrie, dans son rapport sur les opérations de la vérification en 1898, les vérifications des poids et mesures n’ont pas été instituées dans un but fiscal, et les recettes provenant de leurs opérations ont pour but de pourvoir aux dépenses du Service. Il serait donc justifié de prélever une partie de ces recettes pour subventionner le Laboratoire d’essais, s’il prêtait son concours au Service de la vérification. Cette dépense serait rapidement compensée par l’augmentation de recettes prove-nant des travaux métrologiques de ce Laboratoire, surtout s’ils conduisaient à la vérification des compteurs à gaz et des tonneaux, dont le produit s’élève actuellement en Allemagne à plus de 1100000* par an.
- En troisième lieu, le Conseil doit examiner si les Sections du Laboratoire doivent être constituées simultanément, ou si l’on peut admettre qu’elles seront organisées successive-
- La première solution est, sans contredit, la plus favorable aux intérêts de l’Industrie ; elle est la seule conforme à l’esprit du décret du 19 mai 1900. Enfin, la Commission croit avoir réussi à montrer l’égale urgence de la création des trois Sections des essais mécaniques, physiques et de machines.
- Mais celte création simultanée exige qu’on dispose dès maintenant de fonds assez considérables; s’il ne pouvait en être ainsi, et si par suite le développement progressif du Laboratoire se trouvait imposé, il conviendrait d’en ouvrir les différentes Sections, dans l’ordre suivant :
- i# La Section des essais mécaniques, qui constitue la partie principale du Laboratoire, parce qu’elle doit donner lieu aux scelles les plus élevées, et qu’elle est la plus réclamée par l’Industrie.
- 2® La Section des essais physiques pour les thermomètres et
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- l3S conseil d’administration dc conservatoire.
- les manomètres, plus spéciale que la précédente, tout en ayant
- aussi un réel caractère d’urgence.
- 3° La Section de l’essai des machines qui, devant exiger une dépense assez forte, devra pour cette raison être différée quelque temps, malgré l'intérêt qui s'attachera à ses travaux.
- 4° Enfin le complément de la Section des essais physiques.
- Pour que le Conseil puisse se prononcer en connaissance de cause sur les questions qui s’imposent ainsi à son examen, nous terminerons cette partie du Rapport en mettant sous ses yeux un aperçu des dépenses qu’il y a lieu de prévoir, dans •'hypothèse du Laboratoire limité à trois sections.
- Ces dépenses, comprenant d’une part les frais de premier établissement pour l’achat du matériel et d’autre part le budget annuel paraissent ne pas pouvoir descendre au-dessous des chiffres suivants, pour un fonctionnement immédiat de quelque importance :
- I. — Frais de premier etablissement (matériel). Laboratoire pour l'essai des tr
- l métaux.................... 5oooo i
- Section des essais • Laboratoire pour Fessai des SnnJr
- mécaniques.... , matériaux de construction.
- | Laboratoire pour l'essai des
- 1 huiles....................
- Section de l'essai \ Générateurs, moteurs, appa-des machines.. ) re"s de mesure' acce$-
- Section des essais \
- soires................... loïooo
- Étalonnage des thermomè-
- physiques..... , fes manomètres, etc..
- 1 3 * Métrologie.............
- IL — Dépenses annuelles.
- ^ 3 chefs dc section ................... jSooo*
- < 3 assistants.......................... 6ooo
- ( i5 employés, ouvriers, etc............ 40000
- i Charbon, huiles, gaz, eau, etc., entre-i tien, matières pour les ateliers...... 1O000
- 8 oooo
- wn pies 1*®'•**”*' crfrvootxl «M trtl» *u
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- RAPPORT SUR LES LABORATOIRES OFFICIELS D'ESSAIS. 1J9
- Le montant des dépenses de premier établissement ne sera donc pas inférieur à 2ooooofr pour le matériel, et le budget annuel devra être au moins de8oooofr.
- Installation. — Remplacement nécessaire aux différents services du Laboratoire, limité à trois Sections, ne paraît pas pouvoir descendre au-dessous du minimum suivant, fixé d’après les dimensions des locaux affectés aux services similaires dans les Laboratoires de Charlottenbourg :
- Essais mécaniques ...
- \ Atelier mécanique...
- ( Salles d’essais...................
- Autres ma- / Salles de préparation..............
- tériauxdc \ Salles d’expérimentation...........
- conslruc- \ Salles pour la conservation des ma*
- tion. ( tériaux................................
- Huiles..........................................
- Bssaisdema- j Q<5n<jraleurSj salle de machines, annexes
- Essais physiques et service de Métrologie................
- Bureaux (directeur, comptabilité, dessinateurs, etc., ...
- 3ÏS
- 5oo
- 3oo
- 5oo
- 3oo
- 3oo
- 600
- En tout...........faoo
- D’après les renseignements fournis par la Direction du Conservatoire au Ministère du Commerce, le Laboratoire dispose à l’heure actuelle de quatre locaux distincts dans les bâtiments de rétablissement.
- Le premier de ces locaux estl’église du Prieuré, de 720® environ de superficie. Toutefois l'installation de machines dans cet édifice serait peut-être regrettable, et le Conseil estimera sans doute qu’il serait préférable d*en faire une galerie de collections, sous réserve qu’en échange quelques-unes des salles affectées aux collections seront cédées au Laboratoire pour ses bureaux.
- Le second local est celui qui renferme la machine Weyher et Richemond, avec la chaudière Belleville. Il est tout à fait insuffisant pour des essais de moteurs.
- Le troisième local est la salle dans laquelle sont disposés les appareils et les instruments de la Section française du
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- i4o CONSEIL d'administration du conservatoire.
- Mètre avec l'annexe à température constante où se trouvent les comparateurs. Cette salle se recommande par son agencement spécial et pourra être avantageusement utilisée pour les opérations de comparaison des règles, soit à traits, soit à bouts ; mais elle ne se prête pas à l’exécution des autres travaux métrologiques de précision, en raison de ses dimensions restreintes.
- Enfin, le Laboratoire d’essais mécaniques est situé dans un sous-sol obscur et humide, et n’a même pas une porte d’entrée spéciale. Cette installation est préjudiciable à la conservation et au bon fonctionnement des machines d'essai et il importe que celles-ci en soient retirées au plus tôt; tout au plus ce sous-sol pourrait-il être conservé comme dépôt des matériaux de construction soumis aux essais.
- Nous ne voyons dans les bâtiments du Conservatoire aucune autre pièce qui soit disponible, les nécessités de l’enseignement et le développement incessant tant des Laboratoires des professeurs que des collections ayant conduit à utiliser jusqu’aux plus petites salles.
- Mais, par contre, il subsiste encore assez de terrain libre pour l'édification de constructions importantes. Le jardin a, en effet, une superficie de 5ooomi et peut être couvert, en son milieu, sur un rectangle d’environ iooou,‘t, sans qu’il en résulte d’inconvénients pour les bâtiments actuels du pourtour, si la construction est limitée à un rez-de-chaussée sur sous-sol élevé. On obtiendrait ainsi aoooroti. En outre, il paraît possible d'aménager sous les galeries Vaucanson des ateliers ou des salles d’essais, n’ayant pas beaucoup moins de iooo*,i.
- On arriverait au total, avec les installations existantes, à près de 4ooo“«.
- Cela étant, le Conseil se trouve en présence de plusieurs solutions.
- La première réside dans l'installation du Laboratoire d'essais à l’intérieur du Conservatoire, dont le jardin et l’église lui seraient concédés, ce dernier local pouvant être remplacé par des bureaux situés dans les bâtiments des collections.
- On peut reprocher à cette solution de n’ètre que provisoire, tout développement ultérieur du Laboratoire se trouvant
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- RAPPORT scn LES LABORATOIRES OFFICIELS D’ESSAIS. iji
- impossible, et son déplacement devant, par suite, devenir nécessaire tôt ou lard.
- Ce serait là toutefois une considération secondaire, si, en prévision de cette éventualité, les bâtiments du jardin étaient construits de manière à pouvoir convenir ensuite.aux collections sans transformation coûteuse.
- La deuxième solution consiste à établir de suite le Laboratoire en dehors des bâtiments du Conservatoire.
- Ainsi que le dit M. Violle, dans la Note jointe au Rapport, « la grandeur est aujourd’hui une condition essentielle du Laboratoire qui tend de plus en plus à l’usine. Én cela, le système des pavillons isolés est excellent. Nous le voudrions même plus largement pratiqué qu’à Charlottenbourg, où les étages se superposent trop nombreux. Une grande surface horizontale, sur laquelle on élève, au fur et à mesure des besoins, des pavillons très simples, spécialement adaptés à leur objet, tel est pour nous le type du Laboratoire moderne. »
- La Commission doit signaler, de son côté, que la rapidité du développement de la plupart des Laboratoires étrangers lui paraît devoir être attribuée en grande partie à la précaution prise, au début, de les entourer de terrains libres, dans lesquels ils ont pu s’étendre progressivement.
- Si le Conseil se prononçait pour cette solution, l'État devrait être sollicité d’accorder au Conservatoire sur le Domaine, comme il Ta fait déjà pour beaucoup d’autres institutions publiques et privées, un espace de terrain, qui aurait au moins un hectare.
- Cette solution présenterait toutefois l’inconvénient d'éloigner le Laboratoire de Paris, et de le rendre ainsi moins accessible aux constructeurs et aux industriels. En outre, et cette considération a quelque valeur pour la période du début, le Laboratoire d'essais apparaîtrait au public plutôt comme un établissement autonome que comme un service du Conservatoire des Arts et Métiers.
- Enfin, une troisième solution est une combinaison des doux premières et comporte l’introduction au Conservatoire des Sections principales et de la Direction du Laboratoire, avec une annexe extérieure pour les services les plus encom-* Série, t. 1U. io
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- brants, comme peut-être la Section de l’essai des machines.
- Dans les trois cas, la surface couverte serait, tout d’abord, au plus égale à iooo""*, et les dépenses ne dépasseraient sans doute pas 3oooooff.
- Il appartient au Conseil de choisir entre ces diverses solutions, ainsi que de déterminer à quels moyens financiers il devra recourir pour la réalisation du projet qu’il adoptera.
- En ce qui la concerne, la Commission, pénétrée de la pensée que l’organisation d’une Institution unanimement réclamée par l’Industrie doit tenir la première place dans les préoccupations du Conservatoire national des Arts et Métiers, et convaincue que le privilège de la personnalité civile lui assure le moyen de réaliser immédiatement cette organisation, émet, comme conclusion de son enquête, l’avis suivant :
- i° La création du Laboratoire officiel d’essais, prévue par le décret du i3 mai 1900, demande à ne pas être différée plus longtemps;
- a° Il y a lieu, par le Conseil, de décider si, étant donné qu'il existe des Laboratoires privés pour les essais chimiques, électriques et de papiers, le Laboratoire officiel doit comprendre néanmoins ces catégories d’essais, ou s’il ne doit pas être plutôt limité aux services faisant défaut, soit à trois Sections : la première pour les essais mécaniques (sauf fessai des papiers), la deuxième pour les essais physiques (sans les essais d’électricité), la troisième pour les essais de machines;
- 3° Il y a lieu, par le Conseil, de décider si la création des Sections du Laboratoire sera simultanée ou seulement successive ;
- 4° Il y a lieu de prévoir qu’une surface couverte comprise entre 400°mq et 5ooo‘n,« est nécessaire pour l’installation du Laboratoire limité à trois Sections;
- 5° Il y a lieu, par le Conseil, de décider si le Laboratoire sera installé à l’intérieur ou à l’extérieur du Conservatoire, la première solution comportant l’édification de bâtiments dans le jardin, et n’étant pas exclusive d’une annexe extérieure du Laboratoire;
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- 6* Il y a Heu de prévoir pour les dépenses de premier établissement du Laboratoire, limité à trois Sections, une somme de 5ooooo*, dont 3ooooo* pour les constructions et l'aménagement, et aooooo* pour l'acquisition de matériel;
- 7* Il y a Heu de prévoir pour les dépenses annuelles, un budget de 80000* dont 64000* pour le personnel, et 16000* pour l’achat des matières et l'entretien du materiel;
- 8e II y a lieu de décider si le Laboratoire devra comprendre un Service de Métrologie industrielle et, dans le cas de l'affirmative, s’il ne conviendra pas de poursuivre une entente avec le Bureau national des poids et mesures, dans le but de constituer le service de Métrologie en Office technique pour les travaux relatifs au Service public de la vérification.
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- ANNEXE I.
- Note de M. J. VIOLLE scr la première Division de l’Lnstitct pbtsico-techniqce de Charlottenboirg.
- L’Institut physico-technique de Charloltenbourg comprend, réunies sous la présidence de M. le Professeur Kohlrausch, deux Sections distinctes : l'une physique, l’autre technique.
- La première Section (physique) est dirigée par M. Thiesen. qui a travaillé plusieurs années au Bureau International des poids et mesures, à Sèvres, sous la direction de il. Broch. Celte Section, très complète, est l'objet de la sollicitude toute particulière de M. le Président Kohl-rausch, non seulement parce que M. Kohlrausch est lui-mème un physicien éminent, mais aussi parce que, dans l'organisation de l’Institut, comme dans celle de tout établissement technique ou industriel en Allemagne, que cet établissement soit public ou privé, la Science lient la première place et sert constamment de guide à la pratique.
- Nous avons visité avec un vif intérêt les laboratoires de cette première Section, où l'on s’efforce sans relâche de faire progresser la Science. Suivant le désir de mes collègues, je rendrai compte de notre visite à la première Section, dans laquelle nous avons trouvé le plus aimable et le plus obligeant accueil. C’est pour moi un devoir et un plaisir d’en exprimer ici personnellement toute ma reconnaissance aux savants physiciens de Charloltenbourg et spécialement à leur illustre président, M. le Professeur Kohlrausch.
- Ce qui frappe tout d’abord le visiteur, c’est l’étendue du bâtiment, dont les dimensions dépassent de beaucoup celles de tout local attribué en France à la Physique. La grandeur est aujourd'hui une condition essentielle du laboratoire qui tend do plus en plus à l'usine. En cela, le système des pavillons isolés est excellent. Nous le voudrions même plus largement pratiqué qu’à Charlottenbourg où les étages se superposent trop nombreux. Une grande surface horizontale, sur laquelle on élève, au fur et à mesure des besoins, des pavillons très simples, spécialement adaptés à leur objet, tel est pour nous le type du laboratoire moderne.
- Sauf L'inconvénient de la superposition, les locaux de la Physique à Charloltenbourg se prêtent assez bien, par leur ampleur, aux installations nécessitées par les différents ordres de recherches.
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- Les travaux en cours lors de notre visite touchaient à presque toutes les branches de la Physique.
- M. Thiesen nous a d’abord montré en détail ses expériences qui par leur objet (tension et densité de la vapeur d’eau) comme par leur méthode, sont la continuation et le développement de celles de Régnault dont elles s’efforcent de dépasser la précision.
- M. Day poursuivait, de concert avec M. Holborn, ses investigations sur les hautes températures, investigations que je prise d’autant plus que nous ne sommes pas tout à fait d’accord, M. Day et moi. sur quelques-uns de ces points de fusion de métaux précieux qui servent de bases à la pyrométrie actuelle. La Commission a particulièrement remarqué un thermomètre à gaz dont le réservoir en platine iridié (20 pour 100 d’iridium) resterait imperméable à l’hydrogène, tandis que les réservoirs en platine ordinaire sont traversés à chaud par ce gaz avec une déplorable facilité, ainsi que l’a montré H. Sainte-Claire Deville. Ce thermomètre a été soigneusement comparé aux éléments Le Chatelier, très appréciés en Allemagne. Tous les travaux à hautes températures sont d’ailleurs grandement facilités par l’emploi de ces enceintes chauffées électriquement, dont Posage tend de plus en plus à se répandre dans les Laboratoires.
- Les basses températures sont aussi étudiées à Chariottenbourg, où l’on a reconnu que l’éther de pétrole était le liquide le plus convenable pour remplir un thermomètre en verre, de la forme usuelle, destiné aux froids intenses (jusqu’à — 170*).
- Dans le Chapitre des recherches thermiques nous devons encore signaler les mesures de dilatation effectuées les unes au moyen d’un véritable comparateur à microscope, les autres à l’aide d’un dilatomètre Fizeau-Abbe, et surtout le grand travail de M. Koblrausch sur les conductibilités électriques des métaux. On peut voir à l’Exposition universelle de 1900 une série de barres destinées à la comparaison desconduc tibilités calorifiques et électriques.
- Je serai très bref sur les recherches électriques très en honneur partout aujourd’hui, ce que j'aî dit des travaux relatifs à une élude généralement assez délaissée permettant de se rendre compte de l’œuvre considérable effectuée par la première Section de l'Institutphysico-technique de Chariottenbourg.
- Les résistances en manganine ont été l’objet de nombreuses déterminations qui ont montré que cet alliage convenait très bien pour les reproductions de l’ohm international. M. Jœger, qui s’est principalement occupé de ces déterminations, a aussi effectué, avec M. Lindeck, une longue série de mesures touchant la force électromotrice de l’élément zinc-cadmium que l’Institut préfère à tout autre comme étalon de force électromotrice. La conductibilité des électrolytes, qui est depuis tant
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- d’années le sujet de prédilection des études de M. Kohlrausch, et pour laquelle il a créé une méthode de mesures si élégante, continue à l'occuper ainsi que M. Maltby : je ne saurais entreprendre d'analyser ici en quelques lignes un tel travail.
- En Optique, M. Lummer poursuit, avec M. Kurlbaum, un ensemble de recherches d’une haute importance sur les lois du rayonnement. Après avoir constitué un corps noir chauffé électriquement, il a mesuré le rayonnement de ce corps, par le photomètre et par le bolomèlre, à des températures croissantes jusque vers i5oo*, et il a trouvé que la loi de Stefan {d’après laquelle l’intensité du rayonnement est proportionnelle^ la quatrième puissance de la température absolue) peut être considérée comme exacte dans toute cette étendue de température; il en déduit une unité de lumière très précise, mais d’une réalisation difficile.M. Kurlbaum a même entrepris de mesurer le rayonnement en unités C.G.S., tandis que M. Lummer cherchait avec M. Pringsbeim la distribution de l’énergie dans le spectre d’un corps noir, suivant la voie magistralement onvcrte par M. Langley. Une étude analogue sur le spectre du platine blanc complète celle que j’avais faite autrefois et d’où j’avais tiré l’étalon absolu de lumière.
- Nous n'insisterons pas davantage sur ces travaux dont l’intérêt n’est pas moindre pour la pratique que pour la théorie. Ce que j’en ai dit suffira, j’espère, pour montrer toute l’importance de la première section de l'Institut physico-technique de Charlottenbourg.
- J’ajouterai un mot sur le Service de l’Optique dans la deuxième Section, service dont la Photomélrie constitue la branche principale et qui m’intéressait particulièrement à cause du laboratoire de photométrie que j’ai entrepris d’installer au Conservatoire national des Arts et Métiers. Ce service, qui comprend une dizaine de pièces et qui possédé un outillage très complet, est dirigé par M. Brodhun, aidé de deux assistants, deux mécaniciens et un garçon. En 1899, les essais (sur près de 5oo appareils) ont rapporté 3400 marks. Ces chiffres parlent d’eux-mémes.
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- ANNEXE II.
- Note de M. Marcel DEPREZ sur le Laboratoire d Électricité de
- u deuxième Division de l'Institut phvsico-techniqve de Char-
- LOTT EN BOURG.
- Cn laboratoire destiné aux essais électriques industriels de toute nature devrait, pour satisfaire à toutes les demandes qui peuvent lui être adressées, être installé de façon à procéder aux mesures suivantes :
- Résistances. — ampèremètres, — voltmètres, — électro-dynamomètres, — waltmêtres ou compteurs d’énergie, — constantes des piles-étalons et des accumulateurs tforce élcctromotrice, résistance intérieure, capacité etc.}, — capacité des condensateurs, — coefficients d'induction, — puissance et rendement des transformateurs, — propriétés magnétiques des différents échantillons de fer [perméabilité, magnétisme résiduel, hystérésis). — Caractéristique des machines dynamoélectriques, — mesure de la puissance et du rendement industriel des machines dynamo-électriques, employées soit comme génératrices de courant, soit comme machines motrices.
- La Section de l’Institut physico-technique impérial de Charlotlenbourg affectée aux essais électriques ne comporte pas un programme aussi vaste. Ces essais ne portent, en effet, que sur les points suivants :
- Mesure de résistance, — étalonnage des ampèremètres et des voltmètres de toute nature destinés aux courants continus ou aux courants alternatifs, — mesure de la force électromotrice des piles étalons telles que celte de Latimer-Clark, ou la pile au cadmium, — étalonnage des compteurs d’électricité destinés soit aux courants continus, soit aux courants alternatifs.
- Les mesures relatives à la capacité des condensateurs, aux coefficients d induction, aux propriétés magnétiques du fer, sont effectuées dans une autre Section de l’établissement. Quant aux mesures concernant la puissance et le rendement industriel ou la caractéristique des dynamos et des transformateurs, l’installation actuelle ne permet pas de les faire ou, du moins, elle ne le permettrait que pour des machines et des transformateurs d’une puissance peu considérable.
- Les opérations effectuées par le service du Laboratoire des essais électriques industriels se réduisent donc :
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- 1 A la mesure des résistances;
- 2® a l'étalonnage des voltmètres......................j
- 3* A l'étalonnage des ampèremètres.................... /
- 4» A rél3loni>age des compteurs d'électricité et des 1 wailmètres................................<...........)
- pour les
- courants continus ou alternatifs.
- déterminer une quelconque des trois quantités I.V.R lorsqu'on connaît ies deux autres. On devra donc choisir, parmi ces trois quantités, celles qui par leur nature se prêtent le plus facilement à la construction d’étalons exacts et invariables. Les fondateurs du Laboratoire de Char-! ot ton bourg ont pensé que la différence de potentiel V et la résistance H remplissaient bien cette condition et ils ont adopté comme étalon de force électromotrice la pile au cadmium, et pour étalon de résistance l’ohm.
- Ce dernier étalon est adopté universellement, mais il n’en est pas de même de la pile au cadmium. On sait, en effet, que l’étalon de force électromolrice adopté depuis le Congrès de Chicago ( et qui est devenu obligatoire en France, en vertu d’un décret du Président de la République) est la pile Latimer-Clark. Le Laboratoire de Charlotlenbourg s’est donc, à cet égard, mis en dehors des usages adoptés par tous les électriciens du monde. Les motifs indiqués pour le choix delà pile-étalon au cadmium sont les suivants :
- i° La force électromotricc de la pile n’esl pas altérée par le passage d’un faible courant, tandis que la pile Latimer-Clark est mise hors de service lorsqu’elle est fermée, môme par un circuit très résistant ; aussi ne peut-elle servir qu’à charger des condensateurs de très faible capacité.
- 2° Le coefficient thermique de la pile au cadmium est beaucoup plus petit que celui de la piie Latimer-Clark; il est même si petit que l’on peut négliger l’influence de la température dans les limites de variation admises dans les laboratoires, ce qui, avec la pile Latimer-Clark, conduirait à des erreurs inadmissibles.
- 11 est d’ailleurs essentiel de remarquer que la pile au cadmium, ainsi que la pile Latimer-Clark, n’étant que des étaions secondaires, puisque le véritable étalon est le volt, il importe peu, au point de vue du résultat final à atteindre, que l’on emploie l’une ou l’autre de ces deux piles, pourvu que leur force électromotrice en fonction du volt soit rigoureusement connue et que, une fois déterminée, elle reste rigoureusement constaote.
- La détermination du rapport de la f.c. m. de l'élément au cadmium à la différence de potentiel, à laquelle on a donné le nom de volt, est faite dans les Laboratoires de recherches et non pas dans le Laboratoire d’éta*
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- tonnage- Ce dernier, considérant comme exacts les étalons secondaires qni lai sont fournis par le Laboratoire de recherches scientifiques, les lait servir, comme s'ils étaient des étalons primordiaux, à !a mesure des grandeurs électriques pour l'évaluation desquelles on réclame son concours.
- Étalonnage des voltmètres électromagnétiques à courant continu.____
- Les instruments auxquels on a donné le nom de voltmètres électromagnétiques sont, en réalité des ampèremètres dans lesquels un courant de très faible intensité, dérivé aux bornes de la dvnsmo dont on veut mesurer la différence de potentiel, permet, par un calcul très simple, de déterminer ladite différence de potentiel. C'est encore une application de la loi d’Ohm écrite sous la forme V = RI, dans laquelle V représente \» d.d.p. aux bornes du voltmètre, R sa résistance et I l’intensité du courant qui le traverse. Mais, au lieu de graduer l'instrument en ampères ou plutôt en milliampères, on le gTaduc diiectement en volts, ce qui est permis à la condition que R puisse être considéré comme invariable. La graduation d’un voltmètre exige donc que Ton dispose d’une source d’électricité engendrant un courant constant pendant tout le temps de l’opération et sous une d.d.p. variable à volonté, mais constante pendant la détermination d’ûn point quelconque de la graduation (oommerintensité du courant} et rigoureusement connue.
- U courant nécessaire pour produire ta déviation de l’aiguille du voltmètre en expérience est fourni par une batterie de petits accumulateurs dont le nombre varit presque rigoureusement proportionnellement à la d.d.p. que l’on veut produire aux bornes de l’instrument. Mais cette d.d.p. étantobtenue, il faut la mesurer et, pour cela, on arecours à la méthode connue sous le nom de Poggendorff et qui permet d’équilibrer la d.d.p. de deux points d’un circuit parcouru par un courant, à l’aide d’une/, e.m. produite par une pile, sans que celle-ci produise aucun courant, bien que ses deux pôles soient réunis aux points dont on veut mesurer la d.d.p. Cette pile secondaire, qui ne sert qu’à produire md.d.p. égale à sa f.e.m.. puisqu’elle n’est parcourue par aucun courant, est composée d’un nombre de couples au cadmium proportionnel au nombre de volts à produire. La nécessité de graduer des voltmètres électrostatiques allant jusqu’à 10000 volts a imposé l’obligation d’avoir «ne pile au cadmium du même nombre découplés et dont la f.e.m. totale dépasse un peu 10000 volts.
- Graduation des voltmètres destinés aux courants alternatifs. — Pour la mesure des d.d.p. des points d’un circuit parcouru par un courant alternatif, on n’emploie pas les voltmètres électromagnétiques à cause
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- des phénomènes de self-induction auxquels ils donnent lieu etqui faussent leurs indications. On a recours alors soit aux appareils à fil chaud (voltmètre -.le Cardew), soit aux voltmètres électrostatiques dont l’électro-mètre à quadrants de Thomson est le type.
- La graduation d’un voltmètre à fil chaud r.e diffère en rien de celle d’un voltmètre électromagnétique; quant à celle d’un voltmètre électrostatique elle se réduit à enregistrer les indications de l'instrument quand on met ses bornes en communication avec celle de la pile composée de couples au cadmium, puisque dans ce dernier cas {voltmètre électrostatique) l'instrument n’est jamais parcouru par un courant.
- Les appareils à 61 chaud et les appareils électrostatiques étant ainsi gradués à l'aide d’une pile-étalon conviennent encore aux courants aller-natifs et font alors connaître la diiférence de potentiel efficace donnée par l’équation
- \’e étant la valeur de la d.d.p. indiquée par l’instrument préalablement gradué à l’aide de la pile-étalon.
- Graduation des ampèremètres à courant continu. — Les ampèremètres à courant continu étalonnés au Laboratoire de Charlottenboorg peuvent indiquer jusqu’à 3ooo ampères et même au delà. Il a donc fallu disposer de sources d’électricité permettant de produire des courants atteignant celte intensité. On s’est arrêté à l’emploi d'accumulateurs à grande surface qui sont au nombre de plus d’une centaine et dontchacw peut produire plus de 100 ampères. 3o de ces accumulateurs, groupé» en surface, permettent d’obtenir une intensité de 3ooo ampères. 4 de ces groupes de 3o couples donnent une f.e.m. totale de plus de 8 volts qui est bien supérieure à celle qui est exigée aux bornes des ampèremètres à haute intensité. On peut, en réalité, produire des courants qai atteignent jusqu’à 8000 ampères et dont h f.e.m. est en majeure partie employée à vaincre la résistance des conducteurs qui amènent cet énorme courant à l’instrument en expérience.
- La mesure de l’intensité du courant qui traverse l’ampèremètre dont on veut contrôler la graduation se fait, comme pour les voltmètres électromagnétiques ou à fil chaud, à l’aide de la méthode de Poggendorff, c'est-à-dire en faisant traverser au courant une résistance exactement connue (qui peut être celle de l’ampèremètre lui-même) et en équilibrant ta d.d.p. des extrémités de cette résistance à l’aide d’une pile-étalon qui n’est parcourue par aucun courant. Ici se place une remarque qui a été omise lorsque nous avons parlé des voltmètres électromagnétiques,
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- C'est que la pile-étalon peut être remplacée avec avantage par des accumulateurs dont la f.e.m. est rigoureusement connue en fonction de celle de la pile-étalon. On évite ainsi de l’exposer à des risques de détonation due à ce que la pi!e-étalon pourrait (pendant les tâtonnements inévitables qui précèdent le moment où le courant auxiliaire s’annule) jtre traversée par des courants.
- Graduation des ampèremètres à courants alternatifs. — Les seuls ampèremètres qui puissent convenir à la mesure des courants alternatifs sont les appareils à ûl chaud et les éîectrodynaraomètres.
- Si l’on gradue les appareils à l’aide de courants continus comme les ampèremètres électromagnétiques, par le procédé que nous venons de décrire dans le paragraphe précédent, la graduation ainsi obtenue s’applique sans aucune modification aux courants alternatifs de forme et de période quelconque, lorsque l’intensité efficace de ces courants est définie
- par l'équation I î=f dans laquelle I* représente l’intensité ac-
- cusée par l’aiguille de l’instrument préalablement gradué à l’aide de courants continus, et I l’intensité actuelle du courant alternatif à l’époque r.
- Graduation des watt mètres. — Les wattmètres sont des instruments destinés à faire connaître la valeur de l’intégrale Ç VI di.
- Lorsque la d.d.p. des extrémités du circuit dans lequel se fait la dépense d’énergie à mesurer est constante ainsi que le courant qui le traverse, le contrôle des indications de l’instrument est plus facile ; il suffit d’intercaler l’appareil dans un circuit de résistance R connue, tra-versépar un courant d’intensité connue, et de mettre les extrémités des deux circuits du wattmètre en connexion convenable avec la résistance R.
- L’énergie dépensée dans le circuit R au bout du temps t a pour valeur Jül*dt = RI*/. Or, le second membre de cette expression est connu, Puisque R, I et la durée / de l’expérience sont mesurés directement avec une exactitude très satisfaisante au moyen des procédés décrits
- Ph» haut.
- Mais, lorsque l’énergie est engendrée par un courant alternatif, la question devient incomparablement plus difficile à résoudre, et le wattmètre électromagnétique gradué à l’aide de courants continus ne permet plus (à moins d’une série d’expériences basées sur des principes tout différents de celui que nous venons de décrire) de mesurer l'énergie produite
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- par le courant altemalif. Nous ne connaissons que deux méthodes* de toute objection, lorsqu’il s'agit de ce genre de mesures; ce soai; i* l'emploi de l’électromètre symétrique de M. Blondlot, composé* quatre demi-circonférences accolées deux à deux et permettant de me» rer à chaque instant la valeur r!u produit de deux différences de poteotid ( V = V') (Vi = V',); a* l’emploi de la méthode calorimétrique.
- Il ne nous a pas été possible de savoir laquelle de ces méthodes cet appliquée à Charlottenbourg. Le professeur Orlich s’est borné à no* dire qu’il considérait comme très bon un compteur d’énergie basé» des principes analogues à celui qui est construit par la Société Tbomsw-Houston. mais qui en diffère cependant par quelques dispositions importantes. Mais quelque bon que soit un compteur d’énergie, il ne saurai, au point de vue de la rigueur, être comparé à une méthode analog»j celles que nous avons décrites plus haut et qui, ayant pour but la vérification des instruments de mesure, ne peuvent être, avec sécurité, remplacées par un instrument, môme étalonné avec beaucoup de son, surtout lorsqu’il s’agit d’une question aussi délicate que celle de la mesure de l’énergie produite par des courants alternatifs.
- Production des courants continus et des courants alternatifs. — les courants continus nécessaires à la charge des accumulateurs sont produits par une machine à courants continus à quatre pôles mise eu mouvement à l’aide d’une machine à vapeur de 3o chevaux environ dont h vitesse est rigoureusement contrôlée.
- Les courants alternatifs sont engendrés par une machine à six pôles de Siemens et Halske, dont les circuits induits se prêtent à de liés nombreuses combinaisons permettant de produire à volonté des courants alternatifs simples, ou biphasés, ou triphasés.
- L’ensemble du Laboratoire, comprenant un rez-de-chaussée et un premier étage, est très vaste et très bien distribué et aménagé.
- Les commutateurs, les combinateurs de circuits pour faire varier dans les limites les plus étendues le groupement des accumulateurs, k* rhéostats en manganine sor.t parfaitement conçus et construits avec un luxe de détails qui font grand honneur à la prévoyance des ingénieui» chargés de faire le projet de ce bel ensemble.
- Marcel Devrez.
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- rapport scï
- LABORATOIRES OFFICIELS D’ESSAIS.
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- ANNEXE III.
- ÜACflWBS ET APPAREILS DD LABORATOIRE ROTAL D’ESSAIS MÉCANIQUES
- DS CBARLOTTEXBOIRG, D'APRÈS LES DOCUMENTS PUBLIÉS PAR LA COMMISSION ROYALE DE SURVEILLANCE.
- A. — Section de l'essai des métaux.
- i. Des pompes foulantes, actionnées par courroie, fournissant l'eau à 410 atmosphères.
- . Des pompes foulantes automatiques, actionnées par la distribution d'eau, founissant l’eau à 3oo atmosphères.
- 3. Un accumulateur pour 100 atmosphères.
- 4. Une machine à essayer, système Hoppe, de 5oo tonnes, installée pour essais de traction, compression et flambage.
- 5. Une machine à essayer, système Werder, de 100 tonnes, produisant loos les genres de déformations.
- . Gne machine à essayer, système Pohlmever, de 100 tonnes, installée pour essais de traction, compression et flexion, avec appareil enregistreur Mariais.
- 7. Une machine à essayer, système Martens, de 5o tonnes, servant à la rupture d'éprouvettes cylindriques et aux petits essais.
- Hle est organisée pour les essais à diverses températures.
- 8. Une machine à essayer, système Pohlmever, de 5o tonnes.
- 9. Une machine à essayer, système Wedding, à traction par vis, avec romaine à double levier.
- 10. Une machine Martens, de 5 tonnes, pour petites éprouvettes.
- ». Une machine Rudeloff à vis, de 1 tonne, avec appareil inscripteur Martens, traçant sous verre le diagramme microscopique de la déformation.
- u. Une machine pour essais de torsion, système Martens Becker, capable de produire un moment maximum de naooooo kilogrammes-centimètres.
- iî. Une machine Rudeloff, pour fils inférieurs à 10““.
- >4. Une installation pour essais de cisaillement, système Martens, à «ployeravec les machines 6,8 et 16.
- i5. Un mouton de choc, système Cramer, de 6001* avec iom de hsu korde chute; le poids de là partie métallique de la chabotte est de >o tonnes.
- ^ appareil sert aux essais de rails, bandages, essieux : il est muni
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- de mesureurs Mariens; une installation est projetée pour l'essai de boulons de cuirassement.
- 16. Un petit mouton, système Martens. de Soi** et 4“,5o de hauteur de chute, pour essais de flexion et traction par choc.
- 17. Installation pour essais de fers à plancher, toitures, etc., à la rfc sistance au choc.
- 18. Presses, conduites, fosses, manomètres pour essais de résistance à la pression intérieure jusqu'à 10000 atmosphères.
- 19. Une presse à vis pour essais de flexion, système Martens.
- 20. Un grand nombre de pièces d’attelage de différents modèles pour les machines précédentes.
- 21. De nombreux appareils à miroir de divers genres, système Bauschinger et système Martens.
- 22. Des calibres pour mesures de pressions, microscopes et autres instruments pour l’examen des propriétés physiques des matériaux.
- a3. Appareil pour essais de dureté, système Martens, par la rayure au moyen du diamant.
- 24. Un four à réchauffer, pour éprouvettes mesurant au maximum i“,5o de longueur, om,3o de largeur et o”, i3 d’épaisseur.
- a5. Un four à réchauffer à gaz pour petites éprouvettes et essais de pliage.
- 26. Un four à creuset pour le recuit des éprouvettes ainsi que pour la fusion des alliages et des fontes.
- 27. Une forge pour essais de soudage.
- 28. Six tours, trois raboteuses, quatre scies à froid, et machines à fraiser, atelier mécanique pour le façonnage des éprouvettes et pour b construction des attaches, calibres, etc.
- 29. Machines à rectifier à la meule, et installations pour préparer les sections pour l'attaque à l’acide et l'examen microscopique; lessectious peuvent être préparées en toutes grandeurs, jusqu’à plusieurs décimètres carrés.
- 30. Installation pour photographier les sections de rupture et les surfaces des pièces essayées.
- 31. Appareil microphotographique, système Martens, construit par Zeiss à léna, pour photographier les sections par réflexion ou par traus-parence, donnant un grossissement linéaire de 1000.
- La Section de l’essai des métaux peut procéder aussi à des essais de longue durée, avec les appareils suivants :
- a. — Anciennes machines de Wœklcr.
- 32. Deux machines pour la répétition des efforts de traction, p#* mettant chacune l'essai de 4 éprouvettes.
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- RAPPORT SV R LES LABORATOIRES OFFICIELS D’ESSAIS. l55
- 33. Deux machines pour la répétition des efforts de flexion, en sens opposé, permettant d’opérer chacune sur 8 éprouvettes.
- 34. Trois autres machines pour le même objet, permettant d'opérer
- chacune sur 6 éprouvettes.
- 35. Trois machines pour la répétition des efforts de torsion.
- b. — Nouvelles machines construites pour moteurs.
- 36. Cne machine pour la répétition des efforts de flexion, avec 4 éprouvettes à la fois.
- 37. Deux appareils pour l'essai des câbles et des épissures sous l’influence de chocs répétés.
- 38. Cne machine pour flexions répétées sur des jantes à gorges de divers diamètres, de fils, torons et câbles soumis en même temps à la traction.
- 39. Les appareils nécessaires pour le tarage des machines de traction, soit dans le laboratoire, soit dans les usines; des éprouvettes de contrôle parfaitement calibrées sont préparées à cet effet pour des efforts de 10, 100 et 500 tonnes.
- 40. Le contrôle des autres appareils d’essai peut également être effectué d’après les principes qui président à celui des appareils du Laboratoire.
- 41. Pour l’étalonnage des appareils d’essai au choc, on procède par comparaison avec les moutons de l’Établissement au moyen de dés en
- B. — Section de l'essai des huiles.
- 1. Deux machines à essayer les huiles, système Martens, jusqu'à la pression de tfo** par centimètre carré et à la vitesse de 4 mètres par seconde.
- 2. Dix viscosimètres d’Engler pour la mesure de la fluidité.
- 3. Deux appareils de Pensky-Martens et deux de Traumann pour la détermination du degré d’inflammabilité des huiles minérales.
- 4- Un appareil d’Abel pour l’essai des pétroles.
- 5- Un réfractomètre d’Abbé pour la détermination du pouvoir de réfraction des huiles.
- 6. l*n spectroscope.
- 7* Un autoclave pour le chauffage de l’huile avec de la vapeur d’eau à kute tension.
- Un appareil pour la détermination de la dilatation des huiles.
- 9- Un appareil de calcination des huiles pour la détermination de leur
- composition.
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- i56 conseil d’administration dl* conservatoire,
- io. Un appareil de distillation d’Engîer pour huiles minérales, xi. Un laboratoire pour l’examen physique et chimique des huiles et des graisses.
- C. — Section de l'essai des papiers.
- i. Une machine Martens à romaine, pour essais de résistance jusqu’à 5ool®, avec commande hydraulique et appareil enregistreur.
- . Une machine Tarnogrocki de 200*11, pour tissus et cotons.
- 3. Une machine Schopper de i5o*s, à pendule, avec indicateur d'allongement.
- 4. Quatre machines Harlig-Reusch de i8ki. à ressort, avec enregistreur, pour essais de feuilles, papiers, etc.
- 5. Cinq machines Wendler de 20**, à ressort, avec enregistreur, pour essais de papiers; deux de ces instruments sont montés en chambre hermétique pour les essais de papiers et fils sous diverses températures et dans divers états hygroméliques.
- . Une machine Schopper de io1** pour essais de fils et de papiers.
- 7. Trois moteurs hydrauliques pour actionner les machines de Wendler, citées précédemment (n* 5).
- 8. Une installation pour essais à un degré hygrométrique donné.
- 9. Un compteur de torsion pour fils, système Schopper.
- 10. Un appareil Dalen pour mesurer l'allongement du papier sous differentes températures et dans divers états hygrométriques.
- 11. Installation pour mesurer la force absorbante du papier buvard, d’après Winkler.
- 12. Un autoclave pour le traitement à la vapeur des matières brutes, jusque 18 atmosphères.
- 13. Une installation complète de microscopie de Cari Zeiss (Iéna), pour l'examen des papiers, étoffes, etc.
- 14. Un Laboratoire de Chimie pour papiers et étoffes.
- 15. Une installation de Microphotographie.
- Section de l'essai des matériaux de construction.
- 1. Une presse hydraulique pour recherches à la compression, jusqu'à 140 tonnes.
- 2. Une presse hydraulique pour mortiers et pour les essais de flexion sur les tuiles, ardoises, etc.
- 3. Trois machines Michaelis pour ciments et mortiers.
- 4. Unappareilde contrôle,système Bauschinger, pour la presse hydraulique de 1.40 tonnes.
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- RAPPORT SCR LES LABORATOIRES OFFICIELS D’ESSAIS. |5-
- 5. Des moulons de chocs, systèmes Bœhme, Tetmayer, Klebe, Kagel et Kaemp, pour essais mécaniques des mortiers.
- 6. Des moules de divers genres pour la confection d'éprouvettes, de mortiers et ciments.
- 7. Des scies-diamants pour façonner les éprouvettes des matériaux pierreux.
- 8. Une scie à découper les briques.
- 9. Une machine à raboter à diamants pour dresser les pierres.
- 10. Une machine à roder, système Bauschinger.
- 11. Un appareil frigorifique, pour essais de gélivité.
- 1». Une installation de mouture (laminoir, moulin à billes).
- 13. Un appareil enregistreur à aiguille, système Amsler-Laflon.
- 14. Une installation pour examen au microscope et pour essais chimiques.
- 15. Des appareils pour essais physiques, notamment pour la détermination des densités apparentes, d’après Mann, Schumann, Bauschinser, Klebe, etc.
- 16. Une étuve à sécher.
- 17. Une installation pour essais de porosité.
- 18. Des appareils pour déterminer le poids du ciment au litre.
- 19. Des appareils de criblage et tamisage.
- ao. Des fours pour essais d’incombustibilité.
- ANNEXE IV.
- MATÉRIEL ET INSTALLATION DU LABORATOIRE DE MACHINES DE L’ÉCOLE TECHNIQUE SUPÉRIEURE DE CHARLOTTENBOURG.
- D’après les documents publiés par M. le Professeur JOSSE, Directeur du Laboratoire.
- A. — Générateurs.
- Trois générateurs spéciaux (en plus de sept chaudières réservées au chauffage de l’École technique supérieure) :
- I. Un générateur Lancashire, de 8o*»4, timbré à iaw.
- II. Un générateur à tubes d’eau, système Heine, de i5o“»q, timbré ài8K
- Hl. Un générateur à tubes d'eau, svstème Heine, de 5o®s, timbré
- àioM.
- * Strie, t. III. 11
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- l5S • CONSEIL DADM1NISTRATION DU CONSERVATOIRE.
- En plus deux pompes d'alimentation à vapeur, des injecteurs,
- des réservoirs de jaugeage pour l’eau d'alimentation, un rechauffeur, etc.
- Les deux grands générateurs peuvent fournir ensemble 4<x>ot* de vapeur à l’heure, à la pression de ak«, ce qui rend possible l’essai des machines jusqu’à 600 chevaux.
- B. — Moteurs à vapeur.
- I. Moteur à vapeur à quadruple expansion de 200 chevaux ( type marin ù 4 cylindres, construit par la Société Vulkan, de Stettin} : pression 18'**, 180 révolutions à la minute, condenseur par surface à circulation indépendante.
- II. Moteur à triple expansion de i5o chevaux, construit par la Société de Goriitz : pression i2ks, i5o révolutions par minute, échappement libre ou dans un condenseur central indépendant.
- Conditions de marche variées.
- Celte machine peut marcher à la vapeur surchauffée; le surchauffeur Schwœrer comprend deux groupes de tuyaux indépendants, à des pressions différentes, chauffés par les deux parcours successifs des gaz d’un môme foyer.
- Cette machine est employée pour dos recherches thermiques, à des essais de rendement organique, etc.
- III. Moteur compound horizontal de 60 chevaux (Société Fulkm)\ pression iok*, 60 à 100 révolutions.
- IV. Lccomobile compound, à condensation, de 40 chevaux; pression io1*, i35 révolutions.
- V. Machine compound verticale a grande vitesse, de 40 chevaux; pression io‘î, 400 révolutions. Ce moteur est amovible et peut être transporté en un endroit quelconque du Laboratoire; il est alors raccordé aux canalisations au moyen de tuyaux flexibles.
- VI. Machine raonocylindrique à soupapes, de 4o chevaux.
- VIL Machine raonocylindrique, à distribution Meyer, de 8 chevaux.
- VIII. Trois pompes à vapeur à action directe.
- C. — Machines hydrauliques élévatoires.
- I. Cne pompe à pistons plongeurs différentiels, disposée pour des recherches de rendement volumétrique et mécanique, pour l’étude du fonctionnement des soupapes, etc.; elle est actionnée par la machine à
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- RAPPORT SV R LES LABORATOIRES OFFICIELS D'ESSAIS. l5g
- vapeur indiquée précédemment 90us le nôIU. La pression peut atteindre
- II. Une pompe centrifuge actionnée par un électromoteur.
- III. Une pompe Mammouth (émulseur à air comprimé} installée sur un forage de 3o“ de profondeur, tubé à i56°“ de diamètre.
- IV. Diverses pompes.
- D. — Moteurs hydrauliques.
- J. Moteur à piston de Riedler, à introduction variable.
- II. Une roue Pelton.
- E. — Machines pneumatiques.
- I. Un cylindre soufflant: pression variable de ote,6oo à 1**, vitesse jusqu'à 120 tours par minute.
- Iï. Un compresseur à vapeur Westinghouse.
- IU. Un ventilateur centrifuge.
- IV. (En projet) un compresseur compound en liaison avec un aéromoteur ; le surchauffeur Schwœrer sera employé pour chauffer l’ai r avan t son admission au molear.
- F. — Installations électriques.
- Les dynamos servent à charger les moteurs, pendant les essais ; le courant produit actionne les réceptrices pour la commande de diverses opérations mécaniques.
- Ces réceptrices, dont on a mesuré préalablement le rendement pour divers régimes, sont utilisées en même temps comme dynamomètres.
- Le courant engendré pendant les expériences des moteurs à vapeur est employé soit à l'éclairage de l'École technique supérieure (Hochschuk), soit à la charge d’une importante batterie d’accumulateurs.
- Les dynamos fonctionnant en parallèle avec les accumulateurs peuvent fournir environ 4oo chevaux aux bornes d’une réceptrice.
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- CONSEIL D'ADMINISTRATION DU CONSERVATOIRE.
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- ANNEXE V.
- L’Organisation, l’Outillage et les Travaux du Service des Expériences et des Essais du Conservatoire national des Arts et Métiers.
- (Extrait d'une Note présentée par M. Masson au Congrès International des Méthodes d’essai des matériaux de construction.)
- L’outillage dont le Conservatoire dispose pour les essais de matériaux comprend notamment :
- A. — Four les expériences d'écrasement.
- Deux presses hydrauliques, de Hick et fils et de Moranc jeune, ayant respectivement une puissance de 8oooo*s et de 5oooook8; une largeur de om,33 et de r“, une profondeur de o“,33 et de o“.8o, et une course de o®,.»5 et de o“, 70; pourvues d’un compresseur Thomassct et de deux pompes d’alimentation de débits très différents et reliées à plusieurs manomètres Bourdon et à trois manomètres à pistons différentiels du genre Galy-Cazalat;
- Une machine Travvou dont i! sera question plus loin;
- Et un appareil pour les essais d’écrasement sur toute la surface d'un échantillon, construit par la maison J. Digeon et fils, d'après les indications de M. le Professeur Le Verrier.
- B. — Pour les essais de traction.
- Une provision de masses sphériques et une série de caisses tarées servant à aménager ces poids dans les expériences par charge directe;
- Un banc hydraulique horizontal de Tangye frères, delà puissance de aô tonnes métriques et à levier largement divisé de 5ox? en 6oks. Cet appareil, dont la longueur utile entre les faces extérieures des boites i coins peut varier de om,6o à i®.ao et de a“,85 à 3*. 45, est muni des crochets, tirants, mâchoires et cosses de formes et de dimensions appropriées aux divers genres de matériaux à étudier; il est, en outre, relié à un manomètre différentiel, du type Galy-Cazalat, pour l’examen rapide de l’élasticité des échantillons;
- Une machine verticale système Travvou, de la puissance de 45 tonnes,
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- RAPPORT SUR LES LABORATOIRES OFFICIELS DESSAIS- i6l
- pour les essais avec ou sans enregistreur, et se prêtant aussi aux expériences de compression et de flexion;
- Un appareil Cb. Frémont, à enregistrement rapide et de la puissance de a5ook?;
- Une machine Vuaillet, avec enregistreur, pour les épreuves de fils métalliques:
- Un dynamomètre l’erreaux, d'une course de o*,54, servant à la mesure des efforts inférieurs à 5ook»;
- Plusieurs dynamomètres tTImann, de moindre puissance et plus spécialement disposés en vue des essais de fibres textiles, de fils et d’éche-veaux;
- Un appareil, enfin, du genre Michaëlis, avec tous ses accessoires, pour les épreuves de ciments et d’agglomérés.
- G. — Pour l'étude de la résistance à la pression intérieure des tubes et tuyaux de conduite.
- Plusieurs jeux de plaques et séries de boulons de longueurs variées pourrinstallation des tuyaux rigides; un jeu de raccords pour celle des tubes métalliques et des tuyaux souples;
- l'n appareil rotatif de compression:
- Et les pompes et manomètres précités, pour l'obtention et la mesure des pressions de rupture.
- D. — Pour les expériences de flexion.
- Les masses sphériques et les caisses tarées dont il a été parlé au
- paragraphe B;
- Une série de chevalets de hauteurs graduées, pour faciliter les manœuvres déchargé directe;
- La machine Trayvou mentionnée plus haut, pour les échantillons de o",io à i“ de longueur entre couteaux d’appui ;
- Deux corbeaux en pierre, d’une largeur de a“, i3 et d'une saillie do o“,5o, présentant entre eux un vide de i“,i7 et scellés dans un mur très lourd, pour les épreuves par pression de bas en haut obtenue à l’aide de la plus petite des presses hydrauliques visées au § A ;
- Ces deux presses, enfin, pour les essais d'échantillons dont la longueur entre points d’appui n’excède pas respectivement o“,3o et i®.
- E — Pour les études de poinçonnage, de cisaillement et de pliage.
- l'n appareil Frémont, avec élasticimèlre enregistreur.
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- lf>2
- CONSI
- /ADMINISTRATION Dl CONSERVATOIRE.
- F. — Pour les essais de torsion.
- Un banc construit d’après les indications du regretté H.-E. Tresca, qui fut pendant de longues années l’un des professeurs et l’ingénieur sous-directeur du Conservatoire,
- Et un appareil pour les épreuves de fils, établi par la maison Digeon suivant le programme de AI. Le Verrier.
- G. — Pour les études de choc.
- Un marteau-mouton construit en vue des travaux de H.-E. Tresca.
- Et une machine pour l’examen des effets du choc sous des charges, des hauteurs de chute et des inclinaisons variées.
- H. — Pour les essais de matériaux à l'usure.
- Cn appareil système L.-G. Dorry.
- Le Laboratoire dispose, pour les mesures délicates d’allongement, de raccourcissement et d’amincissement des matériaux qu’il met en expérience ;
- i® De plusieurs cathétomètres de Terreaux et de Dumoulin-Froment ;
- a’ D'un appareil Manet à indications automatiques, se prêtant aux études de traction et de compression :
- 3° D’un élasticimètrc enregistreur Ncel et Clermont;
- *4° De sphéroniètres, de règles à coulisse et de palmcrs de différents constructeurs, etc., etc.
- Pour les années 1895 à 1S99, le nombre des séries d’essais effectués a été de 262 et s’est appliqué à 2296 échantillons, dont nous donnons ci-après la division par catégories :
- Pierres, marbres, brique?, ciments, agglo-
- mérés, hourdis, bois, tuiles................. 134 11S7
- Courroies, cordages, câbles, chaînes......... \o 221
- Fils et tissus................................. 2<i ,g4
- Métaux, alliages, soudures...................... 53 425
- Tuyaux de conduite............................... 5 141
- Divers.......................................... ,4 12S
- Totaux............... 262 2296
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- SUR LES INSTRUMENTS, LES MÉTHODES ET LE DESSIN TOPOGRAPHIQUES,
- Par le Colonel A. LADSSEDAT.
- AVERTISSEMENT.
- Dans les articles précédents (’), à pari quelques indications rapides sur les tentatives d’inventeurs d'appareils panoramiques de formes diverses qui n'ont conduit à aucun résultat pratique, après avoir exposé les considérations qui doivent faire préférer l’emploi des perspectives naturelles, je me suis contenté de reproduire la plus grande partie des deux Mémoires que j’avais publiés en i85$ et i86J dans le Mémorial de l'Officier du Génie, de donner des extraits des Comptes rendus de l'Académie des Sciences, de i85q à i885, et de faire des citations d'un excellent Mémoire de M. le Commandant Javary (alors capitaine) publié en i8;3 dans ce même recueil du Mémorial de l'Officier du Génie et dans lequel se trouvent indiqués les résultats déjà très remarquables obtenus jusqu’à cette date.
- Je me propose, dans ce nouveau Chapitre, de faire connaître quelques-uns des plus intéressants travaux analogues des étrangers et de ceux qui ont été entrepris de nouveau en France ou par des Français, mais je crois devoir faire précéder cet exposé de quelques lignes destinées à expliquer comment j’ai été amené, au déclin de ma vie, à reprendre une étude
- (’) Annales du Causer
- rie. t. VUI,IX. X. et 3* Série. 1.1 et II.
- 840974
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- qui avait été l’une «les plus attrayantes de ma jeunesse et que des circonstances impérieuses m’avaient obligé d’abandonner depuis longtemps.
- A la fin de l’été de 187 », alors qu’en qualité de Commissaire français j'étais chargé de la pénible opération de la délimitation de la nouvelle frontière» le président de la Commission allemande, général von Strantz, m'abordait un jour à Bussang, au pied du ballon d’Alsace, en me disant qu’il venait de Berlin, où il avait vu des officiers qui lui avaient parlé avec enthousiasme (c elait son expression) de mes procédés de reconnaissance à l'aide de la photographie, qu’ils avaient pratiqués pendant la guerre, devant Strasbourg et devant Paris.
- J'apprenais ainsi, pour la première fois, non seulement que nos voisins, devenus nos ennemis, s’étaient occupés de la question, mais qu'ils y avaient trouvé un moyen d’information que j’eusse préféré ne pas avoir mis à leur disposition. Je cherchai aussitôt à savoir jusqu'à quel point ils étaient parvenus à en tirer parti, mais c’est seulement beaucoup plus tard que je fus mis à même de m'en rendre compte par des publications suffisamment explicites. Nous avions eu toutefois con-naisance, M. Javary et moi, à la même époque, c’est-à-dire en 1871, des essais de levers topographiques effectués en 1868 aux environs de Freyburg (en Silésie), sous les auspices de l'état-major prussien, et les journaux français avaient reproduit des articles de la Gazette d'Architecture de Berlin annonçant que « le l)r Meydenbauer (qu'ils qualifiaient d’officier de l’armée prussienne) avait inventé une méthode et un appareil très portatif pour lever (les plans) parla photographie (’). »
- J’étais resté depuis sans informations quand, en 1884, je recevais de Berlin deux intéressantes communications du I)r Guido Hauck, dont la seconde surtout contenait une allusion très précise à l'influence de mes travaux sur le mouvement qui s'était manifesté en Allemagne en faveur des applications de la photographie au lever des plans, à partir de i865. Je ne saurais mieux faire, pour mettre le lecteur à même
- (’ ) Cité dan? le Mémoire sur les applications de la photographie aux arts militaires. ili* 11. le Capitaine du Génie Javary : iS-3.
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- LES INSTRUMENTS, LES MÉTHODES ET LE DESSIN TOPOGRAPHIQUES. jf>5
- de juger de l'importance de celle révélation, que de reproduire le texte même du passage visé dans le principal Mémoire de M. Guido Hauek intitulé : .Yeue Constructioiien der Perspective undPhotogrammetrie (').
- «Von Beautemps-Beaupré, i835, in Anregung gebracbt wurdtdieP/iotogrammetrie von Herrn Laussedat(d./. Directeur du Conservatoire des Arts et Métiers, à Paris) seit i851 definitiv ausgebildet und mit entscheidenem Erfolge praktisch ausgeübt. Seine photogrammeirische Aufnahme von Paris er-fuhr 1860 die günstigste Beurtheilung seitens der Académie des Sciences. In Deutschland wurden Laussedats grandie-gende Arbeiten erst in Jahre «865 durcit einen Ariikel Herrn Gtrards im photographischen A rchiv beka tint, wora ufhin Herr Meydenbauer den Gegenstand aulgriff und unter Benützung der — Im nümlichen Jahre in den Handel gekommetien, bis zueinem Bildwiukel von 9o°noch central perspectivisch correct Zelchnenden — weitwtnkel — Linsen ( Steinheii Periskop und Busc/ts pantoskop) die Méthode praktisch ausübte und propagirte. Auch der Grosse Generatstab halte dein Gegen-stande von Anfang an seine besondere Aufmerksonikeii zuge-wendet und erzielte u. a. Im Jahre i8;o mil seinem (ohne zuthun Meydenbauers) ausgeführien Aufnahmeu vorzügliche Résulta te.
- » Wcsenlliche Verdiensle um die Méthode nantentlich in theoretischer Beziehung erwarb sich Herr Jordan welcher sich derselben bei der Iiohlfs-schen Expédition in der Libysche Wüsle 1873-74 mitgrossem Gluck bediente (*). »
- (’) Sonderabdruck aus Hcfl I, Bd. 95 des Journal* fur die reine und andgewandte Mathemaiik.
- (5 ) Voici la traduction de cette citation :
- a Indiquée (en principe' par Beautemps-Beaupré en i83S (cette dote est celle A'Instructions rédigées par Beaulemps-Beaupré pour les officiers et les ingénieurs hydrographes qui faisaient partie de la mémorable expédition des corvettes {'Astrolabe et la Zélée, dirigée par Duraont-d’Ci-viie, de iS3; à »8$o; mais Beautemps-Beaupré avait imaginé Je procédé dont il s’agit en 1791. comme nous l'avons rappelé au Chapitre Illj, la Phologrammétrie fut, dès r$3i, développée et rendue pratique avec un succès complet par M. Laussedat (actuellement Directeur «u Couse 1-
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- A. LVL'SSEOAT.
- Ainsi averti et malgré les assujeliissanies obligations de mon set vice, je me mis de nouveau en quôle et je ne tardai pas à recueillir des renseignements de plus en plus nombreux, non seulement sur ce qui se faisait en Allemagne, niais bientôt dans la plupart des pays de l'Europe, en Amérique et ailleurs. En France même, oit le service du (iénie s était privé si maladroitement, comme on l'a vu, d'une ressource précieuse dont s'emparaient des rivaux mieux avisés, plusieurs personnes indépendantes, qui connaissaient nos publications et sous les yeux desquelles étaient tombées celles des étrangers, s'y étaient intéressées, avaient fait des essais satisfaisants, étaient venues me les communiquer, enfin m'offrir leurs services pour les recherches que j'avais entreprises. J'entrai, d'un autre côté, en relation avec plusieurs savants étrangers dont les travaux m’étaient signalés et qui contribuaient à faire apprécier la méthode, soit en la pratiquant, soit par leurs publications. Je fus conduit ainsi à con-
- vatoire îles Arts et Métiers à Paris) (•). Son relevé phologram métrique «le Paris fut apprécié 1res favorablement en 1SG0 par 1 Académie des Sciences C). En Allemagne, les travaux fondamentaux de Laussedat ne lurent connus qu'en i865 par un article de M. Girard dans les Archiva photographiques(* \ ; M. Mevdeiibuuer reprit alors le sujet, développa la méthode au point de vue pratique et la propagea {* ], en se servant des objectifs grands angulaires. {Periskop de Sttinheil el Pantoskop de liusch) (-), qui *e trouvaient, dès cette année, dans le commerce et permettaient d'obtenir des perspectives centrales correctes, d’une amplitude de go*. Le grand État-Major avait aussi porté son attention, dès le début, sur celle question cl il obtint, entre autres, des résultats excel-ImUdans ses relevés faits en 1S70 (sans la coopération de Meydenbautr).
- » D.rs perfectionnements essentiels, principalement an point de vue théorique, ont été apportés à la méthode par M. Jordan, qui s'en servit avec un grand bonheur peudatiL l’expédition de Kolitf dans le désert de L> Lie en „
- ‘ *) Comparez les différents Mémoires de Lausscdat dans le Mémorial de l'Officier du dénie depuis 1#54- — i '• ! Comptes rendu» de l'Académie des Sciences, t. L. [-1127 : IS'.o . — (< > Girard, Travaux de Lanssedit sur l'emploi de Ispho-tuÿrapliie dans Us relevés de plans {d'après le Journal des Débats et le Uultetifide la Société française de Photoriraptiie (mars 1S6Ô1.— * 1 Meydenbauer.
- Sur l cmptoi de 5a photographie dans les relevés d'architecture et de terrain • -.Zeitschrift für //auwesc». année, p.et a Wi: ta,:. — Démêlé, le Periskop de .stvinheil et le Pautoskop de B. Uiuscii •. Explication de Meydcübauer dans îa Deutsche Bauzeltuntj, 16* année, p. -3i!-7; üîüO. — (/ Joroan, • L>e 1 emploi de !a l'holographie pour les relevés géométrique* (photogrammetriei 1 Zeitschrift fûr Vennesim’jsweten. î. j. p. I; IKf.j.
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- LES INSTRUMENTS, LES MÉTHODES ET LH DESSIN TOPOGRAPHIQUES. Iti;
- siaier que plusieurs d'enire eux étaient parvenus à des résultats tout à fait remarquables parmi lesquels il y en avait même d’imprévus.
- Je ne reproduirai pas ici les noms de ces collaborateurs bénévoles, dont j’ai donné une liste à peu près complète dans la préface du Tome à laquelle je dois cependant ajouter ceux de trois autres qui m'ont adressé plus récemment leurs ouvrages et des spécimens de leurs travaux : MM. Thilé, Ingénieur topographe russe, Ciriaco de Iriarte et Leandro Navarro, ingénieurs agronomes espagnols.
- On les retrouvera d’ailleurs cités à leur place dans ce quatrième chapitre que j’ai écrit avec un sentiment de vive reconnaissance pour tous ceux qui m'ont si puissamment aidé à prouver l'efficacité et la fécondité d une méthode que j’avais eu le chagrin de voir tout d'abord dédaignée dons mon pays.
- En me servant de cette expression de fécondité de ta méthode, je n'ai voulu faire allusion ici qu’aux applications directes de la Photographie à la Topographie. Tout au plus, après ce qu’il a vu,dans le Chapitre III, des moyens employés pour exécuter des reconnaissances à de grandes distances, de ce que j’ai appelé la Télémélrographie, le lecteur a-t-il pu songer aux ressources analogues que procure la Télépkoto-graphie, auxquelles il faudrait ajouter, toujours dans l'intérêt de l arl des reconnaissances topographiques, celles que fournissent les vues stéréoscopiques et les vues obtenues avec l’aide des ballons ou des cerfs-volants. Mais ce n’est pas tout et,sans vouloir entrer dans des détails scientifiques et techniques qui fourniraient la matière de plusieurs volumes, je serai cependant conduit à indiquer au passage d’autres applications d’un art véritablement universel qui se classent d’elles-mêmes dans la Métrophotographie.
- Ainsi la Météorologie et l’Astronomie ont déjà employé et emploieront de plus en plus des méthodes qui se rattachent à notre sujet. L’Architecture, tomes les branches de l’art de l’ingénieur civil ou militaire, la Balistique, la Chronophoto-graphie, la Science du mouvement en général sont dans le
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- LAISSE IUT-
- même cas. La Chirurgie elle-même, grâce à la Radiographie, 5 a eu recours ei en a lire un parti précieux.
- Je le répète, mon intention ne saurait être de traiter une matière aussi vaste, qui m’cloigneraii trop du but que je me suis proposé ; mais, dans le nombre des questions soulevées et dont la solution est plus ou moins avancée, il y en a de très nettes, qui ont les plus grandes analogies avec celles qui nous sont familières et que j’ai cru devoir, pour cela, faire entrer dans mon programme.
- Je ferai d’ailleurs tout ce qui dépendra de moi pour que ce programme ne soit pas trop chargé, et je préviens même les lecteurs qui connaîtraient la bibliographie déjà considérable de la Méirophoiographie que je me suis attaché, je pourrais dire résigné, à ne reproduire parmi les questions nouvelles traitées par tant d'auteurs que celles dontil m’a semblé que la Méirophoiographie devait tirer des avantages immédiats.
- Une sélection semblable a d'ailleurs été déjà faite, indépendamment, par plusieurs personnes. Pendant que, cherchant à renouer la chaîne des temps, je composais mon premier Volume consacré à l’histoire générale de la Topographie, avant l'invention de la Photographie, puis la première Partie de ce second Volume qui contient tout ce qui se rapporte aux origines de In Métrophotographie en Fronce, deux auteurs de langue anglaise, l’arpenteur général du Canada M. £. Deville et M. J.-A. Flemer, assistant du Coast andgeodetiesurvey des États-Unis, puis les deux ingénieurs agronomes espagnols, que je viens de nommer, MM. de Iriarle elNavarro, s’acquittaient de cette tache avec beaucoup de tact et d'impartialité. La même tentative de synthèse a été faite dans plusieurs ouvrages allemands, italiens et russes et, dans tous les cas, leurs auteurs ont indiqué ce qu’il fallait pour guider les opérateurs en même temps qu'ils apportaient de nouveaux et précieux matériaux pour la construction de l'édifice. L’un d’eux, M. le professeur Dolezal, de Vienne, en résumant depuis plusieurs années, dans l’Annuaire photographique du J)r Eder, les travaux métrophoiographiqucs poursuivis dans tous les pays du inonde, a rendu beaucoup plus faciles à tous dos recherches qui exigent toujours un temps considérable.
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- LES INSTRUMENTS, LES MÉTHODES ET LE DESSIN TOPOGRAPHIQUES. lf>9
- En terminant cet Avertissement, on nous permettra sans doute de nous féliciter de la tendance générale qui se manifeste partout à grouper en un corps de doctrine les idées heureuses suggérées à un très grand nombre de chercheurs par le désir en quelque sorte irrésistible de mettre à profit les propriétés inépuisables de ce que je demande la permission d'appeler la perspective naturelle, si merveilleusement servie aujourd'hui par la Photographie.
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- CHAPITRE IV.
- DÉVELOPPEMENT ET PROGRÈS DE LA MÊTROPHOTO-GRAPHIE A L'ÉTRANGER ET EN FRANCE.
- Multi perlrauiibunt et ntigebitur scienlia.
- COUP ll’ot'lL RÉTROSPECTIF sir l'histoire üe la hétrophotographie.
- I. — En Allemagne.
- Le Chapitre précédent contient l'historique détaillé des tentatives faites en France depuis la lin du xvme siècle jusqu’en 1871 pour faire servir à la construction des plans les vues de paysages ou de monuments (en Égypte notamment) dessinées à main levée, à la chambre noire, plus tard à la chambre claire et enfin obtenus à l'aide de la Photographie.
- Nous nous occuperons, dans celui-ci, des progrès accomplis dans le même ordre d’idées dans différents pays, depuis cette époque jusqu’à présent. Pour la France, le lecteur se rappellera sans doute qu’à partir de 1871 et, malgré le succès croissant de la nouvelle méthode, d’invincibles préjugés — ignorance chez les uns, obstruction passionnée chez les autres, — lui avaient fait subir une éclipse totale dans le corps même où elle avait pris naissance. Au contraire, les étrangers, dont l’attention avait été éveillée par la presse française ('), commençaient, dès iS6‘5, à s’y intéresser, et après des tâtonnements plus ou moins longs, plus ou moins heureux, finissaient, en général, par l’adopter, les uns à peu près sans modifications
- ( ‘ j Principalement par un article de M. Aimé ftirard dans le Journal fl es Débats cil par un autre paru «y-ralement en »SG5 dans le Bulletin de la Société française de Photographie cl rcprudiiiL aussitôt dans les Photographùchen Archiv de Berlin (Voyez plus haut, p. l'i'i).
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- appréciables, d'autres en y apportant d'intéressants perfectionnements que nous nous faisons un devoir et que nous sommes heureux de signaler dans ce quatrième et dernier Chapitre. C’est en Allemagne que nos expériences furent répétées,
- rig. ..
- Le Détachement photographique prussien devant Strasbourg ( 1870).
- tout d'abord par un architecte, puis successivement par des militaires et par des professeurs. Commencés en iS6(i et en •867, ces essais étaient encore peu avancés en 1870, et cependant la photogrammétrie (on sait que c'est le nom sous lequel les auteurs allemands ont désigné le nouveau procédé) joua un certain rôle aux sièges de Strasbourg et de Paris (‘ )•
- (’) On peut consulter, à oc sujet, la brochure très documentée de M. h* h' K. Doekgkxs. intitulée : Ucbcr Fhotogrammctric imd über die Thii-tigkeii des fcld‘Photographie Dctachrnents im Kticge • 1 'Weimar.
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- I. LAISSE DAT.
- Les ressources dont disposaient les opérateurs étaient dès lors incomparablement supérieures à celles que l'on avait accor* dées, très parcimonieusement, à notre unique brigade Javary-Gaîibsrdy qui, en dépit de l'excellent usage qu’elle en avait su faire pendant sept ans, de iS63 à 1870, en était privée en 1871, sous prétexte d'économie.
- Le promoteur des essais entrepris en Allemagne, le 1)' Mey-denbauer, inspecteur et depuis conseiller intime des bâtiments (Geheimer Baurath), eut plusieurs disciples, dont deux au moins utilisèrent en 1873 et années suivantes la photogram-inétrie dans des explorations lointaines, l’un, le Dr Stolze, en Perse, avec la mission épigraphique et archéologique de E.-C. Andréas (* ), et l’autre, le professeur l)r W. Jordan, en Lybie, où il accompagnait Gehrard Rohlf et était assisté par le photographe Remelé.
- Quant au Dr Mevdenbauer lui-même, il ne tardait pas à abandonner la Topographie proprement dite pour créer, en i883, à Berlin, grâce à la protection éclairée du Dr von Gossler, ministre des cultes, un Institut photogrammétrique exclusivement consacré à la restitution géométrique des vues des monuments publics du royaume de Prusse et des pays annexés. [En 1896,4000 épreuves négatives sur verre avaient déjà été obtenues et utilisées dans ce but et, à la même époque, Mevdenbauer publiait un Ouvrage intitulé : Archives monumentales ( Das Denk mater Archiv)].
- Nous citerons plus loin les principales publications faites en Allemagne, qui sont parvenues à notre connaissance, en insistant particulièrement sur les travaux de quelques-uns de leurs auteurs, de MM. Guido Hauck, Jordan, Vogel et C. Koppe, entre autres, qui ont beaucoup contribué aux pro-
- ie. Scliwier: i%;) et l’Ouvrage suivant: Die Ancvcndung der Photographie su militarisçhen Zwccken l.earl»eitet voit Riesling. premier lieutenant (;«. 1). Halte, a. S., Wilhelm Knapp, iSp*»;, dont nous extrayons le dessin ci-dessus.
- ( Perscj,olis. etc., zwel Itand (Berlin, Ycrlag von Ashcr und C*; 188*).
- (’) Zeitschrift sur VermessungKvesen, 1S7Ü, Ueber die Venverthung der Photographie su geonietrischcn Aufnahmen ' Photozranwietric) mit cincr photogrammctrischen Avfnahmc der Oasensladt Cassr-Dachel « der libyschen Wliste von professor \\\ Jordan.
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- tES 1XSTBIJJEXTS. LES MÉTHODES KT LE DESSIN TOl'OUBAIMIIQl'KS. I ;3
- grès de la métrophotographie et de ses applications. Mais, malgré le grand nombre de ces travaux originaux dont plusieurs sont très recommandables, il n’a pas été publié jusqu’à présent, que nous sachions, de cartes topographiques importantes en Allemagne (').
- II. — L'n Italie.
- Dès i863, Je major Porro, récemment rentré en Italie (:' publiait, dans II Polttecnico de Milan, un Mémoire sur l’application de la Photographie à la Géodésie, cité précédemment (Ann. du Conservatoire, 3*série, t. I, p. a5i) dans lequel, après avoir mentionné nos travaux qu'il avait suivis à Paris, il proposait la chambre obscure de forme sphérique dont nous avons parle. Mais personne, nous l’avons vu, n’y avait fait attention et travail songé à réaliser le rêve de Porro.
- C’est seulement en »S7/5 qu’un jeune officier d'Éiat-Major, M. Manzi Michèle, se servant simplement d'une chambre obscure ordinaire, entreprit le premier en Italie de faire des levers topographiques, d'abord dans les Abruzzes et l’annce suivante au Mont (’euis.
- Les essais du lieutenant Manzi Michèle eurent le sort ordinaire des nouveautés; on les critiqua presquesans les examiner, et il ne fallut pas moins que l'autorité du colonel (depuis général) Ferrero, mieux inspiré, pour obtenir qu’à partir de 1878 l’Institut géographique de l'armée, dont il devenait
- (’) On peut voir au tome VI de la deuxième série, PI- I. des Annales du Conservatoire, le plan de l'oasis de Gassr-Dacliel. de M. le professeur Jordan, et la reproduction des cinq vues photographiées qui ont servi à le construire. D’un autre coté, M. E. Deville, l'arpenteur général du Canada, dont il sera souvent question plus loin, signale de belles caries de pays de montagnes publiées par Gieseckc et Devrient, de Leipzig, pour les clubs alpins allemand et autrichien, construites d'après les caries d'Etat-Major. maisaveedes details topographiquesobtenusà l'aide de vues photographiées par l'ingénieur topographe suisse S. Simon. Nous les avons fait demander à Leipzig par un commissionnaire de Paris qui n'a pas pu nous les procurer.
- (’) Porro avait habité Paris pendant près de quinze ans et s'y était fait connaître, comme nous l'avons dit au Chapitrent, par plusieurs inventions ingénieuses, mais aussi par «les tentatives d'exploitation industrielle qui avaient cclioué i.t qu'il était allé recommencer en Italie.
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- .ACSSEDAT-
- bientôt le directeur, on s’intéressât à la question. Depuis cette époque, et en dépit des résistances latentes inévitables, grâce au talent et à l’énergie de l’ingénieur Paganini Pio, chargé de mettre la méthode phototopographique en pratique, celle-d s’est honorablement maintenue en Italie. En faisant connaître les principaux résultats auxquels on y est parvenu, nous aurons l'occasion de rendre justice à l’initiative et à la persévérance de31. Paganini Pio, qui n'a pas cessé, depuis plus de vingt ans, d’améliorer la construction et l’emploi des instruments et d’indiquer tout le parti que l’on peut tirer de la méthode, à terre et en mer, en présence des côtes (').
- 111. — En Autriche-Hongrie.
- Dans aucun autre pays peut-être qu’en Autriche-Hongrie il n’a été fait autant d'efforts pour généraliser l'emploi de la Photographie dans le lever des plans et des caries, en y adaptant des instruments dont les formes et les dimensions ont beaucoup varié, mais ont toujours été étudiées avec soin, pour répondre au but à atteindre, par différents constructeurs, «surtout par la maison Lechner( Wilhelm Mu lier, successeur), de Vienne, qui s’est faite en même temps l’éditeur de la plupart des Ouvrages publiés sur la Phoiogrammétrie, appelée aussi, nous l’avons vu, Bildmesskunst par les auteurs de langue allemande,expression que nous avons proposé depuis longtemps de traduire par le mot Iconométrie.
- Les premières expériences de levers ou de reconnaissances lopographiq ues en A utriche-Hongrie, à l’aide de la Photographie, ne datent pourtant que de 1887, et ne donnèrent tout d’abord que des résultats insuffisants en Carinthie, où l’ingénieur llafferi eut néanmoins le mérite de les inaugurer, un peu plus :-aiisfaisams dans le Tyrol, où l'ingénieur Maurer exécuta une reconnaissance pour laquelle on eut été bien embarrassé s’il ciU fallu recourir aux anciens procédés.
- Mais c'est seulement après les travaux décisifs exécutés
- Ç‘: Sons «von? déjà donné un spécimen des premiers travaux de M. P*' saniui Pio dans |.j tenue VI de l.i deuxième série 1*1. !/).
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- dans la région de l’Arlberg (Tyrol) (•), sous le patronage de la direction des chemins de fer de l'État, par l'ingénieur en chef Vincenz Pollack, et à la suite d'une communication faite par ce dernier, le 17 mars 1891, à la Société de Géographie de Vienne, que la question fut en quelque sorte mise à l'ordre du jour dans tous les services intéressés. A partir de cette époque, en effet, le nombre des publications faites par les professeurs, les géologues, les ingénieurs de la voirie urbaine, des roules, des mines, des forêts, les militaires, les marins, les météorologistes, est devenu si considérable qu'il eut été difficile de se tenir au courant de ce mouvement sans les informations très nettes fournies périodiquement non seulement sur ce qui se passe en Autriche, mais dans tous les autres pays, par le professeur Dolezal dans IM titulaire photographique d’Eder (* *).
- ( ) Nous avons «tonné dans le tome VI de la deuxième série «les Annales. aux pages S7 et SS, une vue prise de l'une de? «talions et le plan à iéchelle de «le Reicbenstcin, par M. Pollaek.
- (*) Depuis j?V>, nous avons reçu, chaque année, de M. le professeur Doiezal, les excellentes Notices publiées dans cet Annuaire [Séparai Abdruck aut Jahrbuc.h fur Photographie and lin production technil; fur das Jahr... von Hofrath Dr Josef-Maria Kder). En 1900. l'auteur nous a adressé en outre un exemplaire de la communication qu'il avait faite devant la Société pour la propagation des Sciences naturelles à Vienne (*. qui contient un exposé rapide et cependant saisissant et très documenté de l'histoire et de l’état actuel de la Photogrammétrie et de ses multiples applications : à la Topographie, à Y Art de l’ingénieur, k la Météorologie. aux reconnaissances par ballons, à la Chronophotographie et à la Balistique, à la Navigation côtière et à Y Océanographie, à Y Astronomie, à Y Art monumental et à Y Archéologie, enfin it la science de l'explorateur.
- On nous permettra de citer sa conclusion et de nous y associer en remerciant l'auteur de toute sa bienveillance à notre égard el des efforts incessants qu’il fait pour éclairer ceux qui hésitent encore à reconnaître les précieux avantages d'une méthode qui ne tend pas moins à se généraliser.
- « Die Photograinmetrie liai îesic lheorettsche Orundlagen, ist wissen-sehaftlich ausgebihlet, in ihrera Dienste stehen vorzùgliche und erproblc Instrumente, und in viclen Gebielen desWissens kann ihr unbeslritlener Erfolg nicht abgesprochen werden.
- « Die Raschheit der Operation, die ObjeclivUàt und Treue der Darstel-long, die sie der Photographie und der Mathematik dankt, werden ihr die Wege eben in vlele Zweige d-r Wissenschaft und werden ihr gleich ihrer Schwester, der Photographie, eine geachtete Slellung sichern. »
- l«l Ce hcr PbotoQrammetrie tiruî ihre Anvendunyen, Vortrag gehaltcn Uen 31 Jioeer Iftûo von Eiinard Doi.eSai. O 6.. professoran der K. K. Bcrgakademiu ta Leobeo. Wieu. IWu.
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- Nous nous bornerons néces^rement, dans les citations que nous ferons plus loin, à la description sommaire, ei souvent même à la reproduction des figures des principaux instruments proposés, mais nous ferons connaître les solutions élégantes données par divers auteurs autrichiens, les professeurs Steiner, Franz Schîffner, le colonel baron Hübl, etc., à des problèmes de Photogrammctrîe dont plusieurs sont nouveaux et fort intéressants. On trouvera d’ailleurs, dans la bibliographie placée à la lin de ce Chapitre, l’indication de nombreux Ouvrages publiés depuis quelques années en Autriche-Hongrie, parmi lesquels plusieurs sont encore dus à M. le professeur Dolezal.
- ÏV. — États-Unis et Canada.
- La Photographie a fait, depuis longtemps, de grands progrès aux États-Unis, et d’importantes applications scientifiques et militaires y oui été entreprises plus tôt qu’en Europe (‘). C'est ainsi que, pendant la guerre de lu Sécession, les unionistes (réalisant un projet conçu mais aussitôt abandonné par les Français, à la vérité seulement à l’occasion de la très courte campagne d’Italie, en 1859, c’est-à-dire un an après la première expérience de Nadar), se servaient d’un ballon captif pour obtenir des vues suffisamment nettes et comprenant une grande étendue de terrain, pour se renseigner sur les mouvements de l'ennemi (sans leur avoir fait subir d’ailleurs aucune transformation) {-).
- Eh fait d'applications scientifiques, on sait que les premières épreuves photographiées de la Lune sont dues au savant américain Draper, et qu’après l'Anglais Warren de la Rue, le» noms de Kutherfurd (de New-York), de Gould, de Piekering doivent être cites parmi ceux qui ont fait les plus importants travaux de Photographie céleste, ce qui ne doit faire oublier ni ceux des frères Henry, ni ceux de Janssen, de Lwwy, de Puiseux, de Deslandres, delà Boume-Pluvinel,etr.. en France.
- f1) Comme nous n’aurons peut-être plus l'occasion de revenir sur« sujet, nous donnons ici la traduction d’un passage de l'Ouvrage du lieutenant Henry a. Reed, dont il va être question ci-après.
- 0 Pendant la guerre de la Sécession, des ballons captifs furent fréquemment employés pour obtenir des renseignements sur les pa\s environnants,
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- Lors d’un voyage en Amérique, en 1886, ei clans une visite faite à l’École militaire de West-Point, nous avions eu l’agréable surprise de rencontrer M. le lieutenant Henry-A. Reed, professeur de dessin géométrique, qui connaissait les principes de la méthode photographique et cherchait à les répandre parmi ses élèves. En 1888, cet officier publiait même un intéressant Ouvrage intitulé : Photography appliedto Surteying et était bientôt imité par d’autres auteurs qui envisageaient comme lui en général la question au point de vue militaire. Cependant, malgré l’habileté avec laquelle nous savons que les Américains pratiquent la Photographie, la méthode était vraisemblablement considérée comme s’éloignant trop des usages ordinaires, et elle ne se propageait pas. Nous avions échoué nous-méme en essayant de convaincre l’éminent major Powell, directeur du Geological and topographical Snrvey, du parti que l’on pourrait tirer des admirables épreuves prises par son service dans les montagnes Rocheuses, le Colorado, le Yellowston Park, etc., mais il nous avait aussitôt opposé la difficulté de modifier trop brusquement les habitudes de ses collaborateurs.
- On rencontrait la même hésitation dans cet autre grand service du Coast and Geodetic Survey, où, grûce à l'exemple donné par les ingénieurs canadiens, on a cependant fini par se décider à recourir à la Photographie dans des circonstances où il fallut bien reconnaître que l’on ne parviendrait jamais à exécuter autrement les caries dont on avait besoin pour opérer la délimitation de l’Alaska et de la Colombie britannique (*).
- U position de l'ennemi, etc. En mai «80a, l’armée de l’Union en employa un devant Richmond, et l’on y parvint à photographier sur une seule plaque tout le pays entre Richmond et Manchester à l'ouest, et le Chickaho-mlng à l'est; les rivières, les ruisseaux, les chemins de fer, les marais, les bois de pins, etc., s’y trouvaient représentés, ainsi que la disposition des troupes. Des épreuves étaient tirées des négatives; l’une d’elles restait entre les mains du chef de l'armée et une autre était remise à l'aéronaute. Des rectangles avalent été tracés sur toutes les deux en même nombre et avec la même disposition; des lettres de repère y avaient été inscrites; et, lors des ascensions subséquentes, tes épreuves permettaient à l'aéronaute de donner des renseignements sur tous les événements de quelque importance qui se produisaient dans chaque rectangle, informations qui, dans plusieurs circonstances, furent reconnues très utiles. 0 (') Les détails les plus précis nous ont été donnés à ce sujet par M. E. Deville et par M. J. A. Plkmkb, assistant de Y United States Coast
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- >. LUSSEDAT.
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- Cest, on clïtîl, au Canada que nous trouvons la mèlrophoto-graphie mise en pratique d’une manière courante depuis 1888 et y réalisant des merveilles telles qu’il serait difficile à ceux qui ont pu s'en rendre compte de ne pas convenir des précieuses propriétés d’une méthode qui permet de surmonter les plus grands obstacles sans cesser d ôtrc extrêmement expéditive et rigoureuse (').
- L’arpenteur général,M. le capitaine E. Deville, en introduisant cette méthode dans son service, n’a pas eu seulement le mérite de la rendre populaire au Canada et désormais dans toute l’Amérique du Nord; il a imaginé des procédés d’exécution qui en accroissent encore la rapidité et l'exactitude. L'Ouvrage très remarquable qu’il a publié sous le titre : Photographie Stirveying, including the éléments of descriptive Geometry and perspective, est devenu classique et a été déjà largement cité et traduit dans plusieurs langues par divers
- and geodetic Survey. Ce dernier a publié un excellent résumé des travaux de ses devanciers sous le titre Topography, phototopographie méthode and instruments (Washington, go ver n ment prlntcd office; 1898).
- Nous ne saurions trop engager ceux qui sont familiarisés avec la langue anglaisa à consulter cet excellent Ouvrage aussi bien que celui de M.E. Deville, dont nous donnons le titre ci-après, dans le texte. La brochure in-folio de 108 pages seulement de M. Flemer contient, en effet, un résumé très habilement présenté des méthodes originales, des instruments proposés et des innovations les plus heureuses Introduites par les auteurs français, allemands, anglais et italiens.
- Dans son introduction, M. Flemer,comme devait le faire en 1900 M. Do-le7al, ne manque pas de constater que la inétrophotographle n’est pas seulement applicable à la topographie, mais aux études géologiques : ainsi les changements qui se produisent dans tes glaciers, les éruptions volcaniques et leurs efTels, les déplacements des dunes sous l'action des vents, etc.; aux observations météorologiques : hauteur et direction du mouvement des nuages, les éclairs et leur étendue, etc. ; aux levers hydrographiques : détermination des positions des roches, des bouées, etc., vues des cdtes, pour faciliter la navigation et notamment la détermination de la position des navires qui s’en approchent, etc. : aux travaux des ingénieurs pour suivre et estimer l'état d'avancement de ces travaux : excavation, construction, etc., à différentes dates; aux études archéologiques : construction des plans et des élévations d'anciens édifices, d'apres les vues photographiques, dans le but de leur préservation ou de leur restauration; aux reconnaissances militaires et secrètes, etc.
- (') Vojez, dans le tome V des Annales du Conservatoire des Arts et Métiers, un spécimen des lever? topographiques canadiens (environs de Bow-Lake, district d’Alberta) et deux des photographie? (reproductions) avant servi à le construire.
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- LES IXSTRt-JIEXTS, LES MÉTHODES ET LE DESSIN TOPOGRAPI1101 ES. 179
- auteurs. Nous en empruntons nous-même de nombreux passages qui renferment de très utiles enseignements.
- Y. — Suisse.
- On voyait à l’Exposition universelle de 1889, à Paris, un beau relief du massif de la Jungfrau, exécuté par l'ingénieur S. Simon qui y avait fait concourir, parati-il, aooo photographies. Quoique dans le si intéressant Ouvrage consacré à l'étude du projet du chemin de fer de la Jungfrau («) et dans le Chapitre intitulé : Expertise de M. S. Simon, ingénieur topographe, il ne soit pas question des moyens employés pour dessiner l'atlas qui accompagne cet Ouvrage, comprenant la carte de la Jungfrau et des glaciers environnants, à l’échelle de avec courbes de niveau de 3o“ en 3o», des profils à l’échelle de de
- nombreux croquis et un panorama circulaire pris du sommet delà Jungfrau, il n’est pas douteux que la Photographie a joué le plus grand rôle dans l’exécution de ce magnifique travail (*).
- On sait, d'un autre côté, que plusieurs savants ingénieurs suisses, le professeur major Becker, ingénieur topographe, le professeur Amrein, le colonel Fahrlànder, à propos de la cartographie de leur pays, exprimaient dès 1889,dans un Con-grès tenu à Paris, l’opinion qu’il conviendrait de prendre des mesures pour éviter les interminables révisions de la carte et les non moins interminables triangulations toujours jugées insuffisantes. Le major Becker était même allé jusqu’à proposer l’exécution d'un relief de la Suisse à l’échelle de comme le témoin de la représentation exacte actuelle de ce pays. Nous ignorons la suite qui a pu être donnée à un projet aussi consi-
- (’) Lé projet de chemin de fer de la Jungfrau, examiné au point de vue scientifique, technique et financier (Zurich, lmp. Frédéric Schul-thess; «897).
- (’) Nous ne sommes pas parvenu à nous procurer à Paris les documents suivants dans lesquels on trouverait sûrement la confirmation de notre «opposition :
- Photogrammetrischen S Indien und deren Verwertkung bei der Vorar-beiten für Jungfrau-bahn ( Schweiserische Bauzeitung, 1895, Bd XXXM. *>• $3, 24 und 25). — Photogrammetrische Arbeiten für der Jungfrau-bahn (ebenda Selbsl, 1896, Bd XXXVIII, n. U und 12).
- 3» Série, t. II/. >3
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- I. LALSSEDAT.
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- dérable, mais nous nous croyons autorisé à supposer que l’essai si brillamment réalisé par M. S. Simon sur le massif de la Jungfrau, avec l’aide de la Photographie, a dû être répété pour d’autres parties de l’Oberland et pourrait bien se généraliser.
- Nous devons cependant ajouter que le Bureau topographique fédéral a fait faire une expérience comparative de lever d’un même terrain en employant successivement la planchette et la chambre noire et que l’opérateur. M. Rosenmund, a conclu en faveur du premier de ces instruments (*). Mais il est permis de penser que ce jugement n’est pas sans appel; nous sommes absolument persuadé, pour notre compte, que le même opérateur, très exercé à l'usage de la planchette — ce qui explique tout d’abord sa préférence pour cet instrument,— arriverait à une autre conclusion, s’il prenait la peine de recommencer l’épreuve après s’être familiarisé davantage avec les inestimables propriétés géométriques des vues photographiées et avec le procédé, au fond si simple et si naturel, qui consiste à comparer rapidement deux vues d’un même site et à y reconnaître les mêmes points dans des positions relatives modifiées par la perspective.
- VI. — Russie.
- Depuis plusieurs années, le gouvernement russe a fait entreprendre, par la méthode photogrammétrique, des levers d’une grande étendue pour les éludes de chemins de fer dans la Transbaïkalie, dans la Transcaucasie, en Perse, avec l’agrément du Shah, et jusqu’au golfe Persique.
- L'ingénieur topographe M. Thilé, qui en a été chargé par le prince Hilkoff, ministre des voies de communication, nous a donné les renseignements les plus circonstanciés et les plus intéressants sur sa manière d’opérer. Il nous a fait connaître également les excellents résultats auxquels il est arrivé, en particulier dans la Transbaïkalie où la rigueur du climat, la
- (*) UnUrsuchungen über dei anwendung des photogrammetrischen ver/ahrens fur topographische aufnahmen von M. Rosenmcn'D, ingénieur (Bern, Fritz Boiter et Co; 1896).
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- nature du terrain, l'absence de roules et des ressources les plus indispensables à la vie rendaient les opérations extraordinairement pénibles. M. Thilé a publié, en langue russe, un Ouvrage sur la méirophotographie (‘) qu'il a enseignée aussi à l’École des Ingénieurs des voies de communication. Il a formé des élèves qui l'ont aidé dans ses travaux. La carte construite pour l'élude du chemin de fer transbaïkal sur la frontière de Chine figurait à l'Exposition universelle de 1900.
- Si la place ne nous fait pas défaut, nous en donnerons une réduction à la fin de ce Chapitre et nous y joindrons un spécimen des beaux clichés obtenus sur pellicule par M. Thilé et qui ont servi à la construction de cette carte.
- VII. — Angleterre et colonies anglaises.
- Nous avons rappelé, dans une note du Chapitre Ier de ce travail (tome X, 2* série, note de la page 58), que l'emploi de la Photographie dans les reconnaissances militaires avait été proposé en Angleterre, dès l’année 1869, par le lieutenant-colonel J. Baillie, mais en même temps que l'autorité militaire n'avait donné aucune attention, aucune suite à cette proposition (î). D’autres officiers ont repris la question en l'envisageant toujours, naturellement, au point de vue des applications militaires, et il est probable que des résultats à la fois curieux et utiles ont pu être obtenus dans un ordre d’idées
- (*) Il n'est pas le seul et nous avons reçu, par son intermédiaire, d'autres ouvrages en langue russe dont nous espérons bien tirer parti quand nous aurons pu les faire traduire. M. Thilé nous a envoyé récemment un Mémoire dans lequel il expose la manière d'utiliser les vues prises en ballon dons les pays peu accidentés (mai 1901 ).
- (*) Dans une note précédente (tome I, 3» série, p. 24»), nous avons également rappelé qu’un service photographique avait été organisé parles Anglais et avait fonctionné pendant toute îa durée du siège de Sébastopol; que la Photographie avait été enseignée, dès cette époque, dans les écoles militaires, enfin que les ressources qu’offre cet art avaient été utilisées dans les campagnes ultérieures, mais toujours exclusivement au point de vue pittoresque, et c'est pourquoi nous n’avons pas à insister ici sur ce sujet. Nous croyons toutefois devoir donner, à titre de renseignement historique, on spécimen des photographies prises en Crimée en 18S4, dont nous devons la communication à l’obligeance de M. le Dr Barthélemy, qui en possède un atlas de 36 planches.
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- . LA ISS EDA T.
- de la Photographie à des levers réguliers de plans, il ne paraît
- . ') Dans une brochure publiée en iSfji sous le litre : Miltlary Photo* grfi/t/ty (l-ondon, IlilTc and Son), l'auteur, >1. Owen ?.. Wheeler, ancien capitaine. se livre à de? considérai ions sur la manière d'opérer des recon-
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- pas qu'il en ail clé fait jusqu’à présent de bien importantes en Angleterre, mais nous avons vu que le Canada n’avait pas attendu que l’exemple lui vint de la métropole, et il est sûrement intéressant aussi de savoir que la métrophotographie a été étudiée et est sans doute pratiquée aujourd’hui en Australie et jusque dans la Nouvelle-Zélande.
- Ainsi, nous avons reçu de ce dernier pays et de l’auteur, M. George Ileimbrod, un Mémoire publié en 1890, dans lequel sont exposés les éléments de la méthode (*>*61 nous avons trouvé, d’un autre côté, dans The australian Photographie Journal du 20 juillet 1896, un Mémoire de l’astronome du gouvernement, à Victoria, M. Pietro Barrachi, sur la Phototopographie, où, après un exposé historique assez détaillé, l’auteur rapporte que la question a été examinée à Victoria depuis plusieurs années déjà et que de nombreuses autorités, parmi lesquelles il cite M. James Stirling, du Département géologique, M. A. C. Mac Donald, président de la section de l’Association Australasienne pour l’avancement des Sciences, et plusieurs autres membres de cette Association avaient proposé formellement l’emploi de la Photographie pour lever les plans en Australie et provoqué la nomination d’une Commission chargée d’indiquer les moyens d’exécution. Cependant, à cette époque, rien n’avait encore été fait, et c’est dans le but'd’appeler de nouveau l’attention sur ce sujet que l’auteur avait rédigé son
- naissances à l'étranger et de dérouter la surveillance en employant des appareils dans lesquels se trouve disposé un prisme qui permet de prendre des vues d'un fort, par exemple, en pointant l'appareil dans une tout autre direction (à angle droit). Il continue en rappelant un fait qui vaut la peine d'être signalé Ici. et no»s croyons même qu’il convient do reproduire textuellement en anglais le passage qui s’y rapporte : « ln "hich connection il may be instructive to recall a Utile story which was going tho round of the papers sonie monlhs ago in reference toa certain German lady who used to wheel lier child about 3 certain French town in a preambu-lalor, the said child being a earefully contrived dummy fitted with an ingenious apparatus l’or laklng pholographs al the will of the officer in pelUcoats bv whom the preootbulalor was propelled. Sud» and so varions are the Utile dodges bv which the smart milltarv can senslbly tncrease the value of Photography as applied tolhe purpuses 'at liisown profession. » (') The application of Photography to Topographie suroeying dam* Tlte -V. Z. surveyor, The Journal of the X&v-Zcaland Inslitule of Si/j -
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- A. L AL'SSE DAT.
- Si
- Mémoire et l’avait présenté à un Congrès photographique tenu à Victoria.
- Nous sommes autorisé, d’après les renseignements que nous avons reçus plus récemment, à croire que cet appel du savant astronome a été entendu et que la métrophotographie s’est implantée sous toutes ses formes en Australie. Nous pouvons affirmer, dans tous les cas, que cette méthode est employée régulièrement depuis «897 (appelée farinée des nuages), aussi bien en Australie que dans la plupart des grands pays de l'Europe, pour déterminer la hauteur, la direction du mouvement et la vitesse des nuages (*).
- Nous terminerons le paragraphe relatif à l'Angleterre et à
- Fig. 3. — Vue <Ic Lahorc.
- ses colonies, eu indiquant comme un symptôme très significatif de la préoccupation de nos voisins, en faveur de la Pho-
- CtouU oüwvutions in Victoria, hv I». Iïarkaiüu, F. K. A. S., govern-ni'-iil Asiroiiomer, Melbourne, reail biTore The australasion Associatif for tin; Advanccmcnt >/ Science. Jaruiary. ufyS.
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- tographie appliquée au lever des plans, la publication d’une récente et ingénieuse invention faite et d'abord utilisée dans l’Inde par M. Bridges-Lee, Esq., laquelle consiste à faire enregistrer photographiquement sur chacune des vues de paysages l’orientation magnétique de l’axe de l’épreuve. (Voyez le spécimen fig. 3.) En donnant plus loin la description du photothéodolite de M. Bridges-Lee, nous en ferons ressortir la très précieuse propriété (‘)-
- VIH. — Espagne.
- On s’est intéressé en Espagne à la phototopographie depuis plus longtemps que dans les autres pays que nous venons de citer, car dès 1862 l’Académie des Sciences de Madrid mettait au concours cette question : « Quel est le meilleur procédé à employer pour appliquer la Photographie au lever des plans? »
- Nous avons eu l’occasion de rappeler précédemment que notre Mémoire avait obtenu le seul prix décerné.
- A la même époque, en i863, un officier d’État-Major, le lieutenant-colonel Don Pedro de Zea, était envoyé à l’étranger pour y étudier les applications delà Photographie au service militaire. Le colonel Zea s’était acquitté de cette mission avec beaucoup de zèle (2); il avait examiné les divers instruments proposés à cette époque: notre chambre noire topographique construite par Brunner, la chambre panoramique de Sutton, la planchette photographique de Chevallier, et, malgré quelques critiques fort naturelles à cette époque, où le champ de notre appareil était en effet très réduit, il avait conclu en sa faveur.
- Un savant ingénieur des mines, Don Juan Pié y Allué, a publié récemment une brochure qui contient un exposé succinct, mais très net, de la méthode photogrammélrique (*).
- (') Description of t/ie Bridges-Lee new patent photo-theodolile with fuU Instructions as to its manipulation in the ficld. L. Caselln, London, 1857.
- (’) P- de Zea, commandante E. M., Aplicaciones de la fotogra/ia al servicio militar. Madrid, i8G3.
- O Fotogrametria à Topografia folograjica, por Don Juan Pié y
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- X. LAl'SSEDAT.
- Après avoir énuméré les principaux instruments proposés, il décrit l’appareil du commandant Legros, construit par M. Fleury-Hermagis, dont il s’est servi pour effectuer le lever d’un quartier de Pinar de Bédar (province d’Almeria), à l’échelle de jfa, en se contentant de deux vues prises des extrémités d’une base mesurée de 93“, ^5, qui lui ont permis de tracer sur le plan des courbes de niveau de 5“ en 5“. C’est très probablement la première expérience précise qui ait été faite en Espagne, et, quoiqu’elle n’ait embrassé qu'une faible étendue de terrain, elle n’a pas moins entraîné, dans l’esprit de l'opérateur, la conviction que la méthode devait être hautement recommandée. Aussi conclut-il en appelant, sur le procédé si simple et si rapide dont il s'agit, l’attention la plus sérieuse « des agriculteurs, des architectes et des ingénieurs en général, qui auraient de si fréquentes occasions de l’utiliser avantageusement, dans un pays accidenté comme l’Espagne ».
- M. Pié y Allué termine en exprimant le voeu que YJnstitut géographique de son pays substitue, partout où cela est praticable, la méthode photographique à celles qu’il emploie pour dresser les mappes cadastrales, lesquelles, dit-il, si l’on continue à en faire exclusivement usage, retarderont pendant plusieurs générations la juste répartition de l’impôt et les éludes des travaux publics.
- Enfin, en 1899, paraissait à Madrid un Ouvrage remarquable sur la Topographie photographique, dû à deux ingénieurs agronomes, MM. Ciriaco de Iriarie et Leandro XavarroO)-Nous ne pourrions pas, dans cet aperçu rapide, donner une analyse suffisante d’un livre de 463 pages, avec Atlas de 26 grandes planches, qui se recommande par une connaissance complète des plus importantes publications faites dans
- Allué, ingeniero del Cuerpo nacïonal de mina?, v miembro de la Asso-ciacion de ingeiiieros civiles do Francia, Madrid, imprenla de Enriqne Temioro, iS$6.
- Topografia fotografica ù sea aplicacion de la fotografia al levantamiento de pianos por los iudlviduos del cuerpo de ingenieros agronomos Ciriaco de JUiarle y Leandro Navarro- 'Madrid, Tfpoiitografia de Raoul Péanl:
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- IBS INSTRUMENTS, LES MÉTHODES ET LE DESSIN TOPOGRAPHIQUES. iS?
- tous les pays sur la Métrophotographie et par le choix judicieux qu’ont su y faire les auteurs des propriétés de la perspective et des moyens graphiques ou mécaniques mis en expérience ou proposés pour faciliter l’application de la théorie générale de la transformation des vues de paysages en plans topographiques nivelés.
- Le lecteur qui aurait cet excellent Ouvrage à sa disposition y trouverait, après l’exposé détaillé de la méthode, la description des nombreux appareils proposés sous les noms de pho-tothéodolites, phototachéomètres, photogrammètres, etc., des perspectomètres et desperspectographes, ainsi que deux exemples de levers topographiques, avec courbes de niveau et vues photographiques à l’appui, très expressifs, le tout terminé par un Index bibliographique étendu.
- IX. — Coup d’œil rétrospectif sl-r l’distoire
- DE LA MÊTROPBOTOGRAPniE (Suite).
- En France.
- Le Dr Gcstave Le Box. — Archéologie.
- Pendant la période d’activité que nous venons de signaler à l’étranger, de i865 à l’époque actuelle, et sans oublier que, de «863 à 1871, la brigade Javary-Galibardy accomplissait les expériences les plus concluantes, nos autres compatriotes ne sont pas tous restés indifférents. Plusieurs d’entre eux même se sont intéressés très sérieusement à la question. Nous nous bornerons toutefois à indiquer les noms de ceux qui ont publié des œuvres originales. Le premier que nous citerons comme l’un des plus anciens en date, et comme ayant pris une véritable initiative au milieu de l’apathie générale, est le savant voyageur Dr Gustave Le Bon. Chargé par le gouvernement français d’une exploration archéologique des monuments de l’Inde, M. le Dr Le Bon songea tout d’abord à se procurer des photographies des monuments, sans renoncer à en prendre lui-même d’autres au cours de ses voyages. Mais, après avoir cherché à se rendre compte du parti qu’il
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- pourrait tirer des documents contenus dans les ouvrages déjà publiés: les dessins de Langlès, les plans, coupes, élévations des vingt-trois volumes de V Archœologtcal Survey of India d’une part, et, de l’autre, des nombreuses photographies existantes, il avait reconnu que ridentiûcatlon des premiers et de ces dernières était laborieuse et peu satisfaisante. Il s’était demandé alors si, sans rien changer d’essentiel aux appareils photographiques ordinaires, il ne pourrait pas obtenir des photographies de monuments sur lesquelles on pût faire ensuite exactement les mêmes études et mensurations que sur les monuments eux-mêmes.
- C’est ce problème que le Dr Le Bon a résolu d’une manière à la fois très simple et très ingénieuse et qu’il a complété en indiquant la méthode générale à laquelle doivent recourir les explorateurs lorsqu’ils veulent, en môme temps, s’occuper de topographie et recueillir les éléments d’une carte d’itlné-
- On trouve la description des procédés conseillés par le l)r Le Bon dans un livre publié en 1889 (* *) et l’on peut voir, d’un autre côté, avec quel succès il les a appliqués lui-même dans son bel Ouvrage sur les Civilisations de l’Inde (*).
- X. — Le commandant V. Legros. Explorateurs.
- En 1892, M. le commandant V. Legros, bien connu des photographes par son excellent traité de VAristotypie, publiait un Volume intitulé : Éléments de Photogrammétrie, application élémentaire de la Photographie à lArchitecture, à la Topographie, aux observations scientifiques et aux opérations militaires (Paris, Société d’éditions scientifiques).
- Dans cet Ouvrage, d’un style à la fois clair et élégant, M. le commandant Legros avouait qu’il avait été initié à la nouvelle
- (’} Les levers photographiques et la Photographie en voyage, par le Dr Gustave Le Bon. 2 vol. in-s8. Paris, Gauthier-Villars et fils; 1889.
- (*) Les Civilisations de l’Inde, par le D' Gustave Le Bon. 1 vol. grand
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- tes nWMCMKXTS. LES MÉTHODES ET LE DESSIN TOPOGRAPHIQUES. 189
- méthode par les auteurs allemands et que c’était par eux qu’il avait connu nos travaux; il leur en était naturellement reconnaissant et critiquait doucement le Dr Le Bon de sa sévérité à l’égard de quelques-uns d’entre eux qui n’avaient pas toujours reconnu nettement les emprunts qu’ils nous avaient faits. Il constatait, d’un autre côté, l'indifférence de notre inonde militaire officiel pour la Phoiogrammélrie et l’expliquait par « l’absence d'ouvrages élémentaires et par ce préjugé que, pour arrivera des résultats méritant la moindre confiance, il était indispensable de posséder des instruments horriblement dispendieux et impropres à tout autre objet ».
- C’est pour combler cette lacune et faire cesser le préjugé en question que U. le commandant Legros a composé son Livre, après avoir introduit de légères mais essentielles modifications dans la construction des appareils photographiques ordinaires, avec le concours d'un artiste de talent et de bonne volonté, M. Fleury-Hermagis.
- La première Partie de l’Ouvrage du commandant Legros et la plus développée est consacrée à un exposé des principes de la perspective qui intéressent la Phoiogrammélrie. Dans la seconde, il précise l’objet du problème, indique la solution du T)r Le Bon, décrit sommairement le matériel et les procédés allemands et fait ensuite connaître l'instrument très simple qu’il recommande et la manière de l'employer.
- Il termine par des généralités sur les opérations de la Pho-togrammélrie appliquée aux recherches expérimentales de Physiologie et par quelques considérations sur le Rendu appliqué à la Photographie et à la Photogrammélrie.
- Il y a, dans cette œuvre, un ensemble de renseignements précis et d’observations ingénieuses dont plusieurs observateurs habiles ont été frappés et ont pu tirer un parti avantageux.
- La propagande de XI. le commandant Legros a sûrement contribué à ramener sur la méthode l’attention d’assez nombreux officiers, en particulier parmi ceux qui sont appelés à remplir le rôle d’explorateurs.
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- A. LÀUSSEDAT.
- XI. — M. Édouard Monet. Règles hypsométriques.
- L'année suivante, en 1893, un Ingénieur civil distingué, M. Edouard Monet, dans un opuscule très suggestif (1 ), racontait qu’ayant été appelé à l’étranger pour l’étude et la rédaction d’un projet de chemin de fer, il avait été mis en relation avec un autre ingénieur qui lui apprit que la méthode photogrammétrique était couramment employée en Allemagne et en Italie et qui exprima sa surprise de l'indifférence de nos compatriotes pour ce procédé d’origine française.
- « Notre curiosité fut piquée au vif, continue-t-il, et, de retour, nous nous sommes mis à l’étude de celte science qui nous a réservé d’agréables surprises; il en sera de même pour ceux qui voudront l’étudier; et nous nous estimerons heureux si cet opuscule, en même temps qu’il fera connaître les méthodes que nous proposons, peut servir à signaler son existence, à énumérer les principes sur lesquels elle repose, à foire prévoiries résultats que l’on en peut attendre et à indiquer les travaux de l’éminent savant à qui elle est due, ainsi que les Ouvrages de MM. Le Bon et Legros qui ont été nos premiers initiateurs.
- » Combien serait-il désirable que les explorateurs pussent rapporter des photographies qui, en ne perdant rien de leur pittoresque, fussent documentaires et avec lesquelles on pût faire la carte des régions qu’ils ont parcourues.
- » Tout le monde, ou à peu près, fait de la Photographie; tout le monde peut faire de la Photogrammétrie et, pour cela, il faut la vulgariser.
- » C’est dans cet espoir que ce travail a été fait. »
- La brochure de M. Monet est divisée en quatre Chapitres. Lcsjleux Ipremiers contiennent un exposé très simple et cependant très substantiel des principes fondamentaux de la
- (’) Principes fondamentaux de photograrnméuie..Xouvelles solutions du problème d’altimétrie au moyen des règles hypsométriques, par Edouard Monet, Ingénieur civil. Paris, Société d’éditions scientifiques;
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- LES IXmCMRNTS. LES METHODES F.T LE DESSIN T0P0CRAPIII01ES. Iljf
- Photogrammétrie. Les deux autres sont consacrés à la construction de petits instruments faciles à improviser (règles et équerres à coulisse) dits hypsométriques, dont il y a trois modèles et qui sont destinés à simplifier considérablement les opérations graphiques et numériques du nivellement.
- Nous reviendrons plus loin sur cette ingénieuse invention qui mérite d’être prise en sérieuse considération et dont ceux qui rutiliseront sauront sûrement beaucoup de gré à l’auteur (*)•
- Jusqu'à présent, et en laissant de côté quelques reconnaissances plus ou moins étendues exécutées par des explorateurs, et sur lesquelles nous n’avons que des renseignements insuffisants, nous n’avons eu à citer, pour notre pays, que des publications, sans doute excellentes mais qui n'étaient accompagnées, sauf en ce qui concerne les monuments de l’Inde, parM. le Dr Le Bon, d’aucun exemple de travaux métropho-tographiques.
- XII. — MM. Joseph et Henri Vallot. Carte du mont Blanc.
- Nous arrivons donc, sans transition, à l’entreprise de beaucoup la plus considérable qui ail encore été faite en France pour utiliser la méthode : celle du lever de la carte du mont Blanc à l'échelle de ïô»ü7* Par MM. Joseph et Henri Vallot. Le savant naturaliste et physicien qui a créé, à l’altitude de 4 365m, un observatoire météorologique, physique et glaciaire si connu aujourd'hui par les travaux qui s’y exécutent depuis plus de douze ans, M. Joseph Vallot, a voulu, pour mieux faire connaître le théâtre de ses recherches, en avoir une carte à grande échelle plus complète et plus rigoureuse que celle du capitaine d’Étal-Major (depuis contrôleur de l’Armée) Mleulet, très remarquable cependant pour l’époque où elle avait été exécutée, c’est-à-dire eu égard aux conditions
- (') D'autres auteurs, notamment le colonel baron von Hûbl. de l’armée autrichienne, ont proposé des instruments analogues dont nous indiquerons également te principe.
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- dans lesquelles opérait cet officier distingué ( * ). Il a été ainsi conduit à s’enquérir des méthodes plus perfectionnées et des nouveaux instruments dont il devait faire usage pour atteindre le but qu’il s’était proposé.
- On trouve dans les Annales de f observatoire du mont Blanc (tomes I, II et III) les détails les plus circonstanciés sur la marche adoptée pour donner à la cane en projet tout le degré de perfection que comporte l’échelle adoptée, sur remplacement et la mesure d’une base indépendante, l’exécution d’une triangulation également spéciale et son rattachement au réseau français et au réseau italien; enfin, sur la topographie de détail, les instruments choisis et le degré de précision qu’ils comportent, ainsi que sur l’état d’avancement des opérations à différentes dates.
- Toute la partie géodésique de ces travaux est l’œuvre de M. Henri Vallot, ingénieur des Arts et Manufactures, parent de M. Joseph Vallot, et nous ne pouvons ici que féliciter ce dernier d’avoir rencontré si près de lui un auxiliaire des plus distingués et des plus compétents.
- (*) La minute de la carte du capitaine Mieulet, à l'échelle de *7577, a été exécutée en 1862 et i8t>3, en se conformant aux instructions prescrites aux officiers d'État-Major, c’est-a-dirc à l’aide d’une simple boussole à écllmètre, et en se guidant sur les signaux naturels ou artificiels correspondant aux sommets d’une triangulation qui descendait jusqu'au troisième ordre.
- Ces instructions et l'instrument rudimentaire mis à la disposition des opérateurs supposaient, nous l'avons déjà vu, que ceux-ci étaient en possession desmappes du cadastre réduites à l'échelle de —p, et l’objet principal du travail de chacun d'eux était de figurer le relief du terrain par des courbes de niveau en partant des cotes calculées et inscrites sur la minute auprès des sommets triangulès.
- Dans les pays de hautes montagnes, où les Indications graphiques du cadastre étaient clairsemées et où les signaux naturels étaient souvent inaccessibles, le travail était pénible et le résultat s’en ressentait dans bien des cas. Sur les glaciers du mont Blanc et sur les aiguilles qui en émergeaient et qui avaient été choisies comme sommets de la triangulation, cette difficulté devenait insurmontable, et cependant l’ensemble du travail du capitaine Mieulet était relativement très satisfaisant etlui faisait le plus grand honneur. Nul doute que, s’il eût eu à sa disposition un peu plus de temps, des instruments plus parfaits et que, s’il eût pu recourir à la Photographié, avec son admirable flair de topographe il eût accompli un chef-d’œuvre définitif.
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- Quant à la topographie de détail» qui nous intéresse plus particulièrement, elle a réclamé l'attention et les étions des deux savants collaborateurs, et l'expérience leur a démontré linalement qu’aucune des méthodes, aucun des instruments connus ne pouvaient, dans les conditions où ils devaient opérer, remplacer la chambre notre et la perspective plane verticale.
- Après avoir adopté tout d’abord la planchette pour la zone située au-dessous de 2000'* et pressenti qu’il leur faudrait recourir à des vues panoramiques pour « rétablir sur le plan la continuité des formes de la nature », MM. Vallot avaient pensé à utiliser Vorographe de Schrader, qui sert, comme le panoragraphe de Puissant, à dessiner des vues panoramiques rayonnantes; mais ils avaient dû y renoncer pour plusieurs motifs. On nous permettra de citer le passage suivant de leur Mémoire sur 1’ « application de la Photographie aux levés de détail de la carte du massif du mont Blanc, à l'échelle du ^^5 (*), qui va plus loin et mérite une attention particulière, les réflexions qu’il renferme venant de deux personnes aussi expérimentées sur un théâtre où ils ont peu de rivaux.
- « En second lieu, il convient de faire une remarque générale qui s’applique non seulement à l’orographe et à la planchette, mais aussi à tout instrument basé sur Inexécution du dessin sur le terrain même ; celte exécution, qui se pratique aisément dans les conditions courantes et qui est encore acceptable jusqu'aux altitudes de25oom à 3ooo“, devient de plus en plus difficile et même impossible aux altitudes supérieures et sur les sommets escarpés des hautes pointes (2). Dans ces régions inhospitalières, tout concourt à réduire le temps dont dispose l’opérateur et à diminuer ses moyens physiques
- {') Annales de l’Observatoire météorologique du mont Blanc, tome 11,
- P-
- (’) Une expérience des plus concluantes, relative au lever d’un glacier d’uue étendue de a‘-,5 sur 1*-, 1 e Karls-Eis/eld, ou X.-O. du Dachstein, dans les Alpes du Saltzkammergut, vient d'ètre faite par le colonel baron von Hùbl. Elle met en évidenco la grande utilité de la Photographie dans les régions glaciaires comprises entre 2000" et $000" d'altitude.
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- et ses facultés morales; la longueur des ascensions, la fatigue, les phénomènes physiologiques particuliers à la haute montagne, enfin l’obstacle, souvent absolu, qu’un vent persistant oppose aux travaux de cette nature.
- » C'est en présence de ces difficultés que nous avons songé à utiliser les ressources si précieuses que la Photographie pouvait mettre à notre disposition. Vers la fin de 1892, nous avons été amenés, en vue de compléter certaines déterminations relatives aux aiguilles rouges de Chamonix, à consulter et à étudier une épreuve photographique obtenue au moyen d'un appareil ordinaire de o*“,35 de foyer. Bien que cet appareil ne présentât aucune des dispositions requises pour un travail de précision, nous fumes frappés des renseignements nombreux qu'il était possible d'en tirer, et dès lors convaincus que ta Photographie était appelée à jouer, dans le levé de détail de notre carte, un rôle important, peut-être sève
- PRÉPONDÉRANT. »
- Nous avons souligné cette conclusion, qui est loin de nous surprendre, parce que c’est celle à laquelle sont arrivés tous ceux qui, n’ayant pas de parti pris, mais de bons yeux et l’esprit d'observation, ont regardé attentivement une photographie bien faite en cherchant à reconnaître, à reconstituer le terrain qu’elle représente.
- MM. Vallot, pour justifier leur opinion, ont pris la peine de répondre aux objections anciennement faites à l’emploi des procédés photographiques. Ils croient pouvoir expliquer le peu de crédit dont ont joui ces procédés en France, parce motif « qu'ils étaient venus avant l’heure, à une époque où l'art de la Photographie n'était pas encore assez avancé pour donner des résultats pratiquement utilisables ». Malgré la grande estime que nous avons pour les auteurs et pour leur clairvoyance habituelle, nous ne saurions admettre celle explication et nous pensons que nos lecteurs ne l'admettront pas plus que nous, car ils ont pu voir, au Chapitre III, toutes les phases par lesquelles a passé l’application de la Photographie au lever des plans, depuis les essais ébauchés avec un appareil ordinaire et sur des plaques albuminées
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- qui nous avaient fait ajourner la photographie et conserver la chambre claire, jusqu’aux opérations très soignées et de plus en plus rapides faites de 1809 à 1871 par nous, par les officiers de la division de la garde impériale, enfin et surtout par la brigade Javary-Galibardy, sans oublier les merveilleuses épreuves obtenues, même antérieurement, sur papier ciré, par A. Civiale. dans les Alpes et dont nous avons donné un spécimen dans les Annales (t. II, Chap. III, PI. //). Or c’est précisément à lepoque (1869) où les appareils et les méthodes -photographiques, devenus les uns plus parfaits (accroissement de l’amplitude angulaire des vues sans déformation) et les autres beaucoup plus simples et plus faciles à employer, c’est à l’époque, disons-nous, où ces résultats étaient obtenus et publiés que se produisaient les objections auxquelles MM. Vallot ont jugé à propos de répondre (•).
- Nous ne l’avions pas fait nous-mêmes et nous n’avions pas voulu le faire, parce que nous savions que c'eut été peine perdue. Nous avions cru avec le philosophe grec que la meilleure manière de prouver le mouvement, c’était de marcher, ne prévoyant pas, à la vérité, que pour nous en empêcher on irait jusqu’à nous casser les jambes.
- XIII. — Sur les véritables causes du temps d'arrêt de la Métropholographie en France.
- Puisque nous sommes amenés à dire tout ce que nous pensons à ce sujet, en évitant d’ailleurs les récriminations inutiles, insistons sur ce point que l’art dont il s’agit exige, comme tous ceux qui méritent ce nom, une aptitude sans laquelle il vaut mieux ne pas essayer de le pratiquer. Citons, à ce propos, l’opinion de l’excellent arpenteur général du Canada, M. E. Deville, qui s’y connaît sans doute mieux que ceux qui n’ont jamais expérimenté la méthode ou qui, peut-être ayant voulu le faire, n’ont pas su bien s’v prendre. Après
- {*} Ces objections su: Topographie et de 6t Acolet Salueuvc: fart s. 3' Série, r
- üfci, tirées Je fOuvrait Intitulé: Cours t/e pur J.-F. Salncuve, V édition, modifiée jiar
- f. ///.
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- A. LAISSEDAT.
- I'j6
- avoir déclaré que « la construction (le la carte se fait plus rapidement par ce procédé que par tout autre, grâce aux ressources inépuisables de la perspective que le topographe a à sa disposition :
- « Il ne faudrait cependant pas croire, ajoute-t-il, que tout lever entrepris par la photographie doit réussir, ou conclure d'un insuccès, sprès un premier essai, que la méthode est défectueuse. Le fait est qu’elle exige non seulement l’expérience, mais encore l’ensemble des qualités qui font un topographe accompli. Entièrement différente en cela des autres méthodes, elle ne lui met rien devant les yeux qui lui montre les progrès du lever et les lacunes qui peuvent y exister. Il n’a d’autres documents que ses plaques non révélées ; chaque fois qu’il en expose une, il doit se rendre compte de ce qu’elle peut fournir, des données qu’il y puisera, des constructions qu’il emploiera, des autres vues qui sont nécessaires et de la manière dont elles se combineront ensemble. Tous les topographes n’ont pas ces talents, et cependant ils sont indispensables. 11 n’y a pas lieu pour cela de blâmer la méthode ; il faut seulement reconnaître qu’elle ne souffre pas la médiocrité. Convenablement appliquée, elle donne des résultats qui dépassent tout ce qu’on pourrait imaginer autrement. »
- On ne saurait mieux dire et l’on trouve, dans ces quelques lignes d’une plume autorisée, l’explication la plus nette de l’injuste discrédit répandu chez nous sur une méthode qui devrait être si hautement appréciée ailleurs. Celle-ci exigeant en effet un apprentissage et une certaine aptitude, en un mot un eîfort, il était plus aisé de s’en passer et de la critiquer que de l’étudier patiemment, de reconnaître alors le parti que l’on en pourrait tirer dans la plupart des cas et de pressentir qu’il s’en rencontrerait même où les autres étant impraticables, elle devenait une ressource indispensable (•).
- '•) Dons un Ouvrage important et très précieux par le grand nombre . qu’il renferme, publié récemment par le Service géogra-
- phique ùc l'armée (<*), fapplication de la Photographie aux travaux i*l La Car te de France, Étuiie historique, par le colonel Berthaod,
- f .wt ù la Section topographique. ï vol. grand in-4». imprimerie du Service
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- Xiv. — A propos des difficultés qui ont peut-être contribué à entraver les progrès de la Mètrophotographle en France. (Suite.)
- Ces dernières réflexions nous déterminent à revenir en quelques mots sur les difficultés qui peuvent arrêter les
- topographiques, sans être tout à fait proscrite comme par te passé, est encore appréciée assez dédaigneusement par l’auteur, ainsi qu’on peut le voir dans les deux passages suivants :
- « Au total, on ne gagne rien, comme durée de travail, à prendre sur place des perspectives dont il faut ensuite extraire tous tes éléments qu'on aurait pu se procurer directement par tes méthodes habituelles: mais ta solution recherchée n'est pas moins intéressante, en ce qu elle donne la possibilité d’abréger le séjour sur le terrain lorsque les circonstances obligent à n’y passer que très peu de temps, comme cela peut arriver dans une région dont on fait une reconnaissance ou une exploration rapide, ou lorsque certaines raisons de climat forcent l'opérateur à écourter ses séances en plein air, quitte à laisser subsister dans le travail des lacunes qu'on n'aura peut-être aucun moyen de combler plus Lard........................................................
- » Les causes d'erreur de toute sorte, pour la plupart systématiques, en ce qui a trait d’abord à l'opération sur le terrain, puis au travail de cabinet, sont, trop nombreuses et tes erreurs probables d’un ordre trop élevé, pour qu’on puisse attendre de la méthode topographique une exactitude analogue à celte qu’on doit sc proposer dans tes levers régulièrement faits. La plupart du temps, le figuré des détails, qu'il faudrait dessiner en cheminant sur le terrain, ne peut être rendu, à moins de circonstances particulièrement favorables, telles que celte d'un versant découvert et disposé en amphithéâtre devant l’opérateur.
- » On ne doit donc regarder l’emploi de la photographie que comme un aide utilisable à l’occasion et non comme un moyen appelé à remplacer les méthodes régulières. »
- Il faudrait répondre ligne par ligne à ce réquisitoire {tempéré par l'aveu que nous relevons au milieu du premier paragraphe de celte citation), dont l’objet évident est de protéger tes méthodes dites régulières auxquelles nous n’avons jamais eu la prétention de substituer celte que nous avons précisément proposée comme un auxiliaire singulièrement commode, par exemple, dans oien des cas et qui devient Indispensable dans d’autres encore assez fréquente. Mais nous ne voulons, pas plus à présent qu'il y a trente ans, essayer de redresser des manières de voir évidemmenlencore empreintes de la méfiance dont l'emploi de la Photographie a eu tant de peine s se dégager, dans le monde militaire officiel, selon l’expression du commandant Legros, et nous préférons attendre du temps et de l'expérience qui se fait, lentement mais sûrement, avec 1e concours de bonnes volontés indépendantes, une reconnaissance plus complète des services que l'on est sans doute en droit d’attendre chez nous d’une méthode qui en a rendu ei qui en rend de si importants, do si considérables dans d'autres pays, ainsi que non? l’avons déjà fait pressentir et comme nous le démontrerons encore ci-après.
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- KjS A. LAVSSEDAT.
- débutants pour les aider à les surmonter (’), convaincu que nous sommes, par une expérience très ancienne, que le nombre de ceux qui doivent renoncer absolument à employer la méthode, faute d'aptitude suffisante, est relativement faible. L’apprentissage, notamment en ce qui concerne le travail dans le bureau, peut, à la vérité, être plus ou moins long, et c’est dans le but d'en diminuer la durée que nous donnons les indications suivantes :
- La première difficulté qu'ait à surmonter le topographe qui examine des vues de paysage pour les combiner deux à deux consiste, on le sait, à identifier des points bien définis du terrain sur les deux vues prises de stations différentes. Il peut arriver qu’il y ait incertitude et que l’on soit exposé à prendre un point pour un autre. Nous verrons que l'un des auteurs distingues dont nous utiliserons les travaux, M. le I)' Hauck, a donné, dans ce cas, un moyen de vérification précis des plus ingénieux (2).
- Mais il y a un autre emploi de chacune des photographies dont l’opérateur a nécessairement beaucoup à se préoccuper, quand la planimclrie est achevée : c’est de découvrir sur les perspectives, où elles sont toujours altérées, les formes réelles, géométriques, du relief du terrain pour les traduire en courbes de niveau qui expriment conventionnellement ce relief. On n'v parvient complètement qu’après s’ôlre beaucoup exercé et en recourant quelquefois, comme nous le verrons, à des propriétés de la perspective qui s'accusent surtout dans les hautes montagnes (*}.
- (’) Parmi ceux qui, après avoir essayé il'cmployer la méthode et ont cru devoir y renoncer, — un peu trop tôt, — i! > un a certainement qui eussent persévéré s’ils avaient pu recevoir quelques conseils d'operateurs déjà exercés.
- {- ) Le théorème sur lequel est foncé ce procédé de vérification et la marche à suivre pour l'appliquer seront exposés dans un asser prochain paragraphe de ce Chapitre.
- {-) Ces propriétés ont été signalées et mises à profit er. premier lieu par M. K. Ooville. On en trouvera lrcxposé un peu plus loin.
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- LES INSTRIMKNTS. LES MÉTHODES ET LE DESSIN TOPOGRAPHIQUES. 199
- XV. — Vues stéréoscopiques destinées à f aciliter l'étude des formes du terrain.
- Quand nous avons commencé à rechercher les véritables formes du terrain, d'après les perspectives, pour le lever de Bue, par exemple ( Voir Annales, 3* série,Tome 11, Jîg. 38 et 3g et PI. XII) (!), nous nous servions d’une large loupe à travers laquelle nous tâchions, indépendamment de Tenet du grossissement qui nous aidait à mieux apercevoir les détails, de provoquer, par la vision binoculaire, celui d’un relief un peu plus accusé. Ce moyen était nécessairement très imparfait, mais on ne pouvait pas songer, à celte époque, à prendre, de toutes les stations, en déplaçant Tappareil, des vues stéréoscopiques qui eussent doublé le nombre des plaques et celui des opérations. Nous avions cependant reconnu bien souvent, en examinant ou stéréoscope des vues de paysages accidentés prises dans le commerce, le grand avantage qu'il y aurait à profiter de ces effets du relief.
- Aujourd'hui que l’emploi des jumelles photographiques est devenu si général, il est tout naturel de penser à se servir des vues stéréoscopiques qu’elles fournissent pour aider les topographes peu expérimentés et môme les autres à bien distinguer les différents plans du paysage et à mieux définir des formes qui, plaquées les unes sur les autres, demeurent un peu indécises.
- Mais il va plus, et Ton est parvenu à rendre ces effets du relief encore plus saisissants et à permettre des évaluations précieuses en traçant, sur les vues stéréoscopiques, des échelles de distances au moyen desquelles on estime non seulement les profondeurs des plans successifs, mais les distances, à la station, des différents objets représentés sur les deux vues.
- Non* ne pouvons que i.-i'rellcr sur la PI. .17/ Tinsufiisance «Je la reproduction do* :.!miocrr; plii-.s et surtout celle «lu plan original «te Bur cl «les environs *»: k:>uel les courbes «le niveau figuraient très nettement et avaient été tracées avec le plus grand soin.
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- UU'SSEDAT.
- Celte idée d'échelles aériennes de distances a été suggérée e:i i%)3 à la maison Cari Zciss, d’iéna, par un ingénieur de Charlctienburg, M. Hector (irousilliers, pour èire appliquée au téiésiéréoseope de Helmholiz (') ; elle a été réalisée très habilement par M. le l)r Pulfrieh qui, dans le but de faire toucher du doigt la portée de cette invention, avait fait mettre à (a disposition du public, à l'Exposition universelle de 1900, des exemplaires de deux vues stéréoscopiques dont la maison Zeiss nous a autorisé à donner ici une reproduction (/V; /) (’)•
- Nous ne conseillerons pas, toutefois, l’emploi exclusif de la jumelle photographique — à moins de circonstances particulières et après avoir étudié avec soin les moyens de lui donner la précision nécessaire, — mais nous pensons que des vues stéréoscopiques, obtenues accessoirement avec l’un de ces instruments si répandus et si portatifs, à certaines stations où l'on craindrait de ne pas bien distinguer les accidents multipliés du terrain sur une épreuve unique, pourraient être, dans bien des cas, d'un grand secours.
- Nous n’insisterons pas, en ce moment, sur un sujet qui mérite, à coup sûr, l’attention des topographes, parce que nous espérons bien trouver une occasion de le traiter avec un peu plus de détails.
- ('•) I.e télésléréo&cop* a pris la forme d'une jumelle dans laquelle les axes des objectifs sont écartés généralement de o“,5o {quelquefois plus), par un artifice analogue à celui des jumelles de Porro. ce qui, avec le grossissement de s fois, pat* exemple, augmente beaucoup la précision des évaluations. Si G est le grossissement, E l'écarlement des axes des objectifs cl c celui des jeux, de om,H5 environ, G x - est ce que l'on appelle Veffet du relief total et, dans le cas considéré, est égal à 62.
- v'î Nous publions, dés à présent, cet excellent spécimen que le lecteur pen: détacher el placer dans un stéréoscope. Nuus donnerons d’autres explications sur ce sujet dans uu paragraphe suivant.
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- INSTRUMENTS.
- E DESSIN TOPOCR.VPHIQCES.
- XVI. — Quelques autres renseignements recueillis sur les travaux de Mètrop holographie, entrepris ou projetés en divers pays.
- Nous ns saurions omettre, à propos des autres travaux de Métrophotographie entrepris ou projetés aujourd'hui un peu partout, de dire que ceux de MM. Vallot, dont nous connaissons les origines, se poursuivent avec activité et un plein succès. Nous devons ajouter que ces deux savants opérateurs ayant voulu faire usage d'un instrument analogue à l'un de ceux que nous avons proposés et décrits au Chapitre III ont reconnu que, dans les conditions tout à fait particulières dans lesquelles ils se trouvaient, cet instrument ne présentait pas toutes les garanties de stabilité désirables. Comme beaucoup d’autres, ils en ont fait construire un tout à fait approprié à leurs besoins, et ils s'en sont bien trouvés. Nous décrirons plus loin l'appareil de MM. Vallot rapproché de ceux de quelques-uns des principaux auteurs que nous devons citer (').
- Nous signalerons encore, en France, l’essai fait sous les auspices de la Commission extraparlementaire du cadastre, par M. Gaultier, pour appliquer la Photographie au lever des plans parcellaires. Le lecteur qui voudrait connaître les résultats des expériences faites jusqu’à présent les trouveraient consignés dans les Procès-verbaux de cette Commission, fascicule n° 6, pages 26 à 3a (2). Nous aurons d’ailleurs l’oc-
- (’) O11 aura ainsi, sans que nous puissions les reproduire tous, une idée de la variété de modèles d’appareils exécutés jusqu’à ce jour, sons que l'imagination des inventeurs soit épuisée.
- (’) Il y trouverait une réponse catégorique à celle assertion un peu hâtive de l’auteur de Y Étude historique de la Carte de France : que l'on ne peut attendre de la méthode photographique une exactitude analogue à celle qu’on doit se proposer dans les levers régulièrement faits.
- Voici même le texte du premier paragraphe de la conclusion du Comité d’exécution qui avait suivi ces expériences:
- * Le Comité, après délibération, émet lavis suivant :
- » Sous le rapport de ta précision du plan, la méthode de lever par ta Photographie, telle que la employée M. Gaultier, a donné de très bons résultats et semble comparable aux meilleures méthodes actuelles d’arpentage cadastral. » 'P. 3i.',
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- cnsion de revenir sur la question de l'opportunité de celle application délicate, et nous donnerons aussi une vue d’en-semble du pholothéodolite très bien construit, de M. Gaultier, qui figurait à l’Exposition de 1900.
- Un explorateur français, M. llousson, 0 fait, de son côté, construire un appareil qu’il a désigné sous le nom de p/iolo-grammélre, mais qui pourrait tout aussi bien être qualifié de pholothéodolite, car il comporte tous les organes des instruments les plus complets (*). M. Rousson s'est attaché seulement à en réduire le formai pour le rendre plus portatif et le mettre à la portée des explorateurs. Il s'est arrêté, pour le modèle qui leur est destiné, aux plaques de 6{x 9. Nous ignorons l’usage qu’en a pu faire son auteur lui-même, auquel nous avions donné tous les renseignements qu'il avait bien voulu nous demander. II en a été de meme, il faut bien l’avouer. dans bien des cas, avec les ingénieurs, les militaires et les explorateurs nombreux qui nous ont consulté de vive voix ou avec lesquels nous avons été en correspondance, anglais, belges, suédois, russes, grecs, roumains, italiens, espagnols, portugais, brésiliens, chiliens, mexicains, sans parler des français, en France, eu Algérie, en Tunisie, aux colonies et à l’étranger {au Transvaal notamment), mais nous savons cependant que la plupart d'entre eux ont donné suite à leurs projets. Nous saisissons cette occasion de rappeler à ceux sous les yeux desquels pourraient tomber ces quelques lignes qu’ils nous ont promis de nous faire pari des résultats qu’ils obtiendraient.
- Nous avons appris déjà, directement ou indirectement, que dans plusieurs des pays dont les rcgnicoles nous avaient consulté et dans d’autres où se trouvent des ingénieurs qui sont nos compatriotes, la Métrophotographie est désormais pratiquée avec plus ou moins de succès et de suite. Ainsi, sans compter l'Allemagne, ITtalie, l'Autriche, le Canada, la Suisse, l'Espagne, les colonies anglaises et la Russie, sur lesquels nous avons donne les renseignements les plus précis, nous
- sur te pholngramtnèlrc
- de l'explorateur //. Houston,
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- LES KanraKXTS, LES MÉTHODES BT LE DESSIN TOPOCRVPHIQIES. 2o3
- savons qu’au Brésil, en Grèce, au Spitzberg (par un Suédois, M. Rose»), à Madagascar et dans plusieurs autres de nos colonies, des travaux importants ont été entrepris et se poursuivent encore là ou ils ne sont pas terminés.
- Nous arrêtons ici l’aperçu historique dont nous devions faire précéder l'exposé des travaux originaux les plus caractéristiques de quelques-uns des auteurs d’ouvrages publiés en français, en allemand, en anglais, en italien, en russe, en espagnol et en portugais sur la Métrophotographie et sur ses applications, non seulement à la Topographie, mais aux Sciences ei aux Arts qui ont emprunté, les uns depuis long* temps déjà, les autres depuis quelques années seulement, le secours de la Photographie et qui en ont tiré, pour la plupart, un parti des plus avantageux, dans certains cas même, inattendu.
- Nous nous excusons à l’avance, non seulement des oublis involontaires que nous pouvons avoir faits en parcourant une bibliographie devenue considérable et dans des langues qui ne nous sont pas toutes familières, mais de l'obligation où nous avons été de faire un choix parmi les travaux que nous avions sous les yeux, sous peine de donner à notre Ouvrage une étendue démesurée.
- (A suivre.)
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- ALLOCUTION
- . PRONONCÉE
- Par M. G. CHANDÊZE,
- Directeur du Conservatoire.
- AUX OBSÈQUES DK
- M. Joseph HIRSCH,
- Professeur du Cours de Mécanique appliquée aux Arts.
- Si les funérailles du professeur éminent auquel j’apporte, au nom du Conservatoire national des Arts et Métiers, un dernier adieu, n’avaient pas eu le caractère de haute simplicité qui fut la règle de sa vie, j’aurais prié un des savants collègues de M. Hirsch de retracer sur sa tombe, avec une compétence que ne peut posséder un administrateur, tous les détails de sa belle carrière scientifique : je veux, du moins, exprimer nos sentiments de reconnaissance et les regrets unanimes que nous cause la perte d’un homme, frappé si inopinément par ia mort en pleine vigueur, et alors qu'il pouvait encore rendre tant de services à la science et à l'industrie française.
- \1. Joseph Hirsch était, depuis le 7 avril 1886, titulaire de la chaire de Mécanique créée au Conservatoire des Arts et Métiers en 1819 et si étroitement lice, depuis lors, à l'histoire scientifique de cet établissement.
- Les grands travaux publics qu’il avait dirigés comme Ingénieur du Corps des Ponts et Chaussées, ses publications et son enseignement à l'École nationale des Ponts et Chaussées sur la théorie et la pratique de la machine à vapeur, qui
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- ALLOCUTION PRONONCÉE PAR SI. G. CHANDÈZE. 1ô3
- constituent une des parties capitales d’un cours de Mécanique, avaient désigné sa candidature au choix des Membres du Conseil de perfectionnement du Conservatoire des Arts et Métiers, et leurs suffrages unanimes se réunirent sur son nom dans la présentation réglementaire faite au Ministre du Commerce et de l’Industrie.
- La discussion des titres, disait le Rapporteur de la Commission du Conseil de perfectionnement, a fait apparaître en M. Joseph Hirsch un ingénieur rompu aux difficultés de son art et aussi habile que consciencieux, un professeur en pleine maturité, un écrivain scientifique remarquable, un mérite certain et dont les preuves ne sont plus à faire.
- Pendant quinze années, M. Hirsch a mis, sans compter, au service du Conservatoire, tout son talent d'ingénieur et de savant et maintenu avec un nouvel éclat le haut enseignement de Mécanique appliquée, inauguré par ses trois illustres prédécesseurs : le baron Ch. Dupin, le générai Morin et M. Henri Tresca.
- Le succès des nombreux ouvrages scientifiques de M. Hirsch a également rejailli sur le Conservatoire.
- Le Jury international des Expositions universelles de Paris en 1878, 1889 el '9°° a> de son ®ôtéf distingué le professeur de l’École des Ponts et Chaussées et du Conservatoire en le chargeant d’importantes fonctions.
- Ses remarquables rapports sur les machines et les appareils de la Mécanique générale aux Expositions universelles de 1878 et de 1889 font autorité et prouvent la variété de ses connaissances et la sûreté de son jugement.
- Pendant l’Exposition universelle de 1900, M. Hirsch a présidé les délibérations du Jury de la classe 15, organisé le Musée ceniennal de la Mécanique et pris une part prépondérante aux travaux du Congrès international de Mécanique appliquée.
- Aussi avait-il, l’année dernière, choisi la Mécanique à VExposition de 1900 comme programme de son cours, et il se proposait d’achever, l’année prochaine, ce magistral exposé des plus récents progrès des applications de la Mécanique en France et à l'Étranger.
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- G. CIUXDÈZE.
- aoG
- La mémoire de M. Joseph Hirsch restera chère au Conservatoire des Arts et Métiers, ou que des amis. Puissent ies témoignages de d’affection et de regrets, que j’apporte sur sa quelque consolation à la compagne de sa vie € si cruellement éprouvées.
- donc toujours i il ne comptait haute estime, tombe, donner !t à une famille
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- NOTICE
- JOSEPH HIRSCH,
- Inspecteur général honoraire de« Ponts et Chaulées, ex-professeur à rÊcolC (les Ponts et au Conservatoire national des Arts et Mi-lieis.
- Par H. E. ROUCHÉ,
- Membre de l’Institut.
- Joseph Hirsch naquit à Lyon le aa mai i836. Après avoir fait de brillantes éludes au lycée de cette ville, il fut reçu en *855 à l’École Polytechnique dfoii il sortit le cinquième. Ce rang, laborieusement conquis, lui permit d'obtenir la carrière de son choix, et, le itr novembre 1857, il entra à l’École des Ponts et Chaussées où l'attendaient de nouveaux succès; il sortit, en effet, de cette École, le premier de sa promotion. Il aurait pu alors, suivant l’usage, être attaché au Secrétariat du Conseil général des Ponts et Chaussées; mais ses goûts, l’entraînant vers la pratique, lui firent préférer à ce posté si envié une mission d'études concernant la construction des machines à vapeur et en particulier des locomotives en Allemagne, en Autriche et dans le nord de l'Italie.
- Le i*r novembre 1860, au cours de sa mission, il fut nommé ingénieur ordinaire de 3e classe, ei, à son retour, en mai 1861, il fut envoyé à Sarrebourg où il demeura, pendant six ans; attaché au service de la construction du canal des houillères de la Sarre.
- « Là, » a dit excellemment M. de Daricin, « Hirsch ne
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- S. ROtCIlÉ.
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- » tarda pas à se distinguer par une ingénieuse invention, » restée classique, celle du siphon de Mittersheim, qui » permet de régler automatiquement, avec une extrême pré-» cision, le niveau d’un réservoir, grâce à l’emploi d’un » siphon auxiliaire amorçant ou désamorçant, selon la » hauteur de l’eau, un siphon Taisant office de réservoir. »
- En février «867, lorsque les travaux du Canal furent achevés, Hirsch qui, deux ans auparavant, avait été élevé à la 3e classe, fut nommé à Lyon et attaché au service de la navigation de la Saône, où il marqua son passage par la construction du barrage de nie Barbe.
- L'année 1869 fut assurément la plus importante de la vie du savant ingénieur. Au mois d’octobre il demanda et obtint un congé illimité pour se marier avec Mlu Drevfus-Dupont et pour entrer comme ingénieur civil à l’usine métallurgique de Ars-sur-Moselle dont son beau-père était le principal possesseur. Hirsch trouva largement l'emploi de son activité au milieu de ces ateliers considérables, transformant complètement le minerai de fer en objets fabriqués et livrant annuellement plus de vingt-cinq mille tonnes de fers laminés, forgés ou ajustés.
- Le travail de l’usine fut interrompu pendant la guerre. Hirsch quitta Ars le 16 décembre 1870 pour se rendre au sein de sa famille, à Lyon, où il remplit les fonctions de chef de bataillon du Génie à titre auxiliaire, attaché à la Place de sa ville natale.
- Après la signature de la paix, l’usine d’Ars se trouvant en territoire prussien, fut vendue, et ses propriétaires, désirant fonder une nouvelle usine en territoire français, à Pompey (Meurthe-et-Moselle), changèrent Hirsch du choix de l’emplacement, de l’achat des terrains, de l’obtention des concessions de raines nécessaires, et enfin de la mise en exploitation complète. Dans ces occupations si diverses, Hirsch se montra sans cesse au-dessus de sa tâche. Aussi bien, nul travail n’aurait pu l’intéresser davantage et lui fournir une occasion plus propice de meure à profil sa connaissance profonde de l’art de l’ingénieur.
- Cette œuvre considérable étant terminée, au mois de
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- NOTICE SLR LA VIE ET LES TRAVAUX DE JOSEPtl HIRSCH. 209
- mors 1873, Hirsch quitta la direction de l’usine de Pompev et vint se fixer è Paris pour s'adonner à l’étude à la fois théorique et expérimentale des machines thermiques. Il demanda ensuite à rentrer dans le Corps des Ponts et fut nommé le 3 juillet 1876 professeur du cours de machines à vapeur à l'École des Ponts et Chaussées. Il occupa celte chaire avec un éclat incomparable pendant vingt-deux ans, c'est-à-dire jusqu’au jour (3 juin 1898} où, atteint par la limite d’âge, il dut prendre sa retraite avec le litre d’inspecteur général honoraire ; il était ingénieur en chef depuis 1882, après avoir été chargé, en cette qualité, pendant deux ans, du service d'achat et de réception du matériel fixe des chemins de fer de l'État.
- Le Conseil général de l’École des Ponts et Chaussées ne voulut pas laisser partir ce maître si aimé et si estimé sans rendre un juste hommage à son talent et à ses services. Voici en quels termes s'exprimait le Président du Conseil dans la séance du 7 juin 1898 :
- « A ses hautes connaissances' Hirsch joignait des infor-» mations pratiques très étendues, fruit de son expérience » personnelle, qui lui ont permis de traiter son cours à la » fois en savant et en praticien et de lui imprimer le carac-» 1ère le mieux approprié aux besoins de l’École des Ponts » et Chaussées. Notre confrère n’est pas seulement un savant » éminent et un ingénieur distingué; il est, de plus, un pro-» fesseur complètement dévoué à son enseignement et à ses » élèves, dévoué aussi à notre École à laquelle il a prodigué, » en toute occasion, les témoignages de son zèle et, ce n’est » pas trop dire, de son affection. »
- Heureusement pour la Science et pour l'Enseignement de la Mécanique appliquée, la carrière professorale de Hirsch n’était pas terminée. Le 7 avril 1886, une autre chaire lui avait été offerte, celle de professeur de Mécanique au Conservatoire national des Ans et Métiers : chaire de la plus haute importance et intimement liée à l’histoire du Conservatoire par le souvenir des hommes éminents qui l’avaient occupée. Hirsch, admirablement doué pour ce nouvel enseignement, sut, par son éloquence persuasive, attirer un auditoire nom-
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- breux et assidu et rendre de nouveaux services à noire cher pays en lui fournissant chaque année des jeunes gens munis de principes solides el fortement préparés pour enirer dans la lice industrielle.
- Sa santé robuste permettait à se? élèves et à ses collègues, qui étaient tous ses amis, d'espérer de le conserver longtemps encore. Hélas! cet espoir a été cruellement déçu. Le aa juin 1901, il s’éteignait subitement à table, auprès de son épouse si dévouée, dans son domaine de Conches où il était allé chercher quelques jours de repos.
- Le temps, qui apaise peu à peu les douleurs les plus vives, pourra bien sécher nos larmes, mais il ne parviendra pas à effacer de nos cœurs le souvenir de cet ami si inopinément frappé par la mort. M. Union de la Goupillîère, M. de Dartein et M. Chandèze ont éloquemment exprimé sur la tombe de llirsch les regrets unanimes qu'il laisse dans le sein des diverses Compagnies auxquelles il avait appartenu. Pourmoi, je n'oublierai jamais nos relations si aimables et les conversations si charmantes que nous avions ensemble le lundi et le jeudi à l'issue de nos cours qui avaient lieu aux mêmes heures.
- Puissenttousces témoignages de haute estime et d’affection apporter quelque consolation à la douce et digne compagne de sa vie, à son fils, à sa fille, à ses deux frères et à tous les membres de sa famille si distinguée et si étroitement unie.
- Ce serait assurément une tache fort malaisée que d’énumérer toutes les Commissions scientifiques ou administratives auxquelles notre éminent Collègue prêta son concours éclairé. Nous devons cependant signaler le rôle considérable qu’il joua dans nos Expositions universelles successives. En i8ç8, il fut membre du Jury d’admission et rapporteur du Jury des récompenses pour la classe 54- En 1889, il remplit les mêmes emplois pour la classe Sa. Mais, en 1900, son rôle fut beaucoup plus actif, et peut-être ne serait-il pas téméraire d’attribuer sa mort si prompte à la fatigue qu’il avait alors contractée. On en jugera par l’énumération suivante des fonctions dont il fut chargé tour à tour : président des Comités d’admission et d’installation, membre du Comité
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- NOTICE 51 a LA VIE ET LES TH A VAL'N DE JOSEPH IlIftSCII. ail
- technique des machines, membre de la Commission pour la fourniture et la distribution de la force motrice, président du Jury international de la classe 19, vice-president du Jury du groupe IV, enfin président de la Commission du Musée centennal de la classe IV.
- Hirsch a pubiic, depuis 1880, une série d’Ouvragcs très estimés (Traités, Notices ou Rapports) pouvant former la matière de plus de vingt volumes. Ces écrits, tous relatifs à la Mécanique et particulièrement aux Machines à vapeur, figurent dans la Bibliothèque du Conservatoire des Arts et Métiers. En voici la liste, par ordre de dates :
- Histoire de ta Machine à vapeur par T/mrsou, traduite de l'anglais, revue et augmentée d’une Introduction, par Hirsch ia vol.).
- Notice sur tes élévateurs, plans inclinés et ascenseurs pour canaux (1 vol. et Allas).
- Rapport sur les Machines et les Appareils de la Mécanique générale présentés à l'Exposition de 1878 ( 1 vol.).
- Note sur le réservoir de Mittcrshcini et le déversoir siphon.
- Théorie des Machines aérothermiques.
- Rapport sur les éludes et expériences relatives à l'eau surchauffée.
- Frein continu (système Wenger).
- Note sur l’explosion d'une chaudière à vapeur à Atdnoi*.
- Notice nécrologique sur G.-A. Hirn.
- Traité des Machines à vapeur, en collaboration avec M. DebiS»:. Le premier Volume (texte et Atlas) de cet Ouvrage remarquable a seul paru.
- Note sur une expérience concernant les coups de feu des chaudières à vapeur.
- Détermination des constantes physiques des solutions de chlorure de calcium ( 1 vol.).
- jMachines thennùjues antres que les machines à vapeur d’eau (Congrès de Mécanique à l’Exposition universelle de 1889: 4 vol. avec Atlas).
- Rapport sur les Machines et Appareil* de la Mécanique générale présentes « CExposition universelle de 1889 (1 vol.).
- Résumé du Cours de Machines à vapeur et locomotives, professé « l’École des Pou.s et Chausses • 1 vol. publié dans X Encyclopédie de M. Lechalas .
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- 212 E. R01C1IÉ. — NOTICE SIR LES TRAVAIL DE JOSEPH HIRSCH.
- 11 faudrait n’avoir pas connu l’extrême modestie de Hirsch pour s’étonner que tant de travaux remarquables et d’écla-tants services aient été si tardivement récompensés. Nommé chevalier de la Légion d'honneur en i8;8, il ne fut, malgré sa brillante carrière, promu officier qu’après l’Exposition de 1900! Ajoutons que, depuis le 14 juillet 1866, il était chevalier de l’Aigle rouge de Prusse, et qu’en février 1901 la Société thermique impériale de Russie lui conféra le titre de Membre honoraire.
- Hirsch, avons-nous dit, portail à l’École des Ponts et Chaussées un intérêt qui ne fit que croître de jour en jour. Comme témoignage de cette affection il lui fit don, en la quittant, d'une somme de ioooofr destinée à être partagée entre les élèves les plus méritants elles moins fortunés, pour faciliter leur voyage de mission.
- La générosité de Hirsch était bien connue malgré le soin qu'il prenait à la cacher. Nous pourrions en citer de nombreux et touchants exemples s’il nous était permis de les divulguer. Nous ne saurions toutefois passer sous silence la fondation du Refuge de Plessis-Picquet destiné à recueillir les enfants Israélites abandonnés. Cette œuvre, pour laquelle il avait dépensé son temps, sa peine et tout son cœur, restera comme un témoin irrécusable de l’ardeur incessante que son habile et généreux organisateur mettait à faire le bien et du noble usage qu’il faisait de sa fortune.
- Le caractère distinctif des largesses de ce donateur anonyme est le discernement avec lequel il savait distribuer ses dons. Il s’efforcait de réparer les injustices du sort, persuadé que la Société a été organisée pour assurer à chacun une part de bien-être proportionnelle à ses mérites.
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- RECHERCHES
- SUR LES INSTRUMENTS, LES MÉTHODES ET LE DESSIN TOPOGRAPHIQUES,
- Par le Colouel A. LAUSSEDAT.
- CHAPITRE IV [Suite).
- MÉTHODES ET INSTRUMENTS DE DESSIN. INNOVATIONS PRINCIPALES PROPOSÉES.
- I. — Sur les opérations communes aux différentes méthodes et sur celles qui sont propres à la méthode photographique.
- De la base de la triangulation. — Avant «l'exposer les principales innovations proposées ou même introduites dès à présent en Métrophotographie par des savants français et étrangers, nous croyons devoir rappeler sommairement les opérations communes aux levers topographiques en général et celles qui sont propres aux levers phototopographiques.
- A propos des premières, c’est-à-dire des opérations préliminaires fondamentales, nous aurons déjà l’occasion de signaler à l’attention du lecteur quelques utiles conseils donnés par celui des auteurs qui, pendant quinze années consécutives, a dirigé les plus-importants travaux de Métro-photographie entrepris jusqu'à ce jour: nous voulons parler de l’arpenteur généra! du Canada, M. E. Deville.
- Comme précédemment, nous admettons que l’opérateur
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- ai4 A. LAl'SàEDAT.
- sache choisir remplacement de la base, en effectuer la mesure, déterminer les sommets de la triangulation, observer les angles et calculer la grondeur des côtés, enfin rattacher les points auxiliaires destinés à servir de stations expressément choisies pour achever de fouiller le terrain.
- M. E. Deville donne, sur la marche à suivre dans l’exécution de ces opérations, des indications dont nous ferons un résumé en reproduisant même textuellement quelques-unes des plus essentielles.
- « ha triangulation, dit-il, peut être exécutée en même temps que le lever photographique, mais il est préférable toutefois d'avoir quelques-uns des points principaux déterminés à l'avance par une triangulation primaire.
- » Dans les pavs de montagnes, les sommets principaux de la triangulation sont imposés par la nature, tandis que la position et la direction de la base peuvent être modifiées plus ou moins. Si la base était mesurée tout d'abord, il se pourrait qu'elle ne s'adaptât pas convenablement aux triangles principaux. Il vaut donc mieux exécuter en premier lieu la triangulation, la mesure de la base ne servant qua déterminer les dimensions absolues des différents éléments qui doivent être rapportées sur le dessin, à l’échelle adoptée (’)•
- « La triangulation secondaire est l’œuvre du topographe, et la construction des signaux des points secondaires doit être son premier soin, dès sou arrivée sur le terrain.
- ( • Cette opinion de M. Deville lui a été sans doute suggérée par les conditions dans lesquelles il fallait opérer dans les Montagnes Rocheuses à peine explorées. 11 dit lui-même, dans un sutre passage, qu'il y a une certaine logique à commencer par la mesure de la hase et à en faire le premier côté de la triangulation, à partir duquel les longueurs des autres côtés vont en augmentant; mais, ajoute-l-il, dans la pratique, il y a plusieurs avantages à commencer par ia triangulation.
- .Sous ne partageons pas tout à fait cette manière de voir et nous croyons que, toutes les fois qu'on le peut, il est prudent de faire un projet complet de triangulation en partant de la base choisie dans la meilleure situation possible, puis en s’efforçant d'atteindre les sommets reconnus indispensables (imposés par la nature) à l'aide de triangles auxiliaires le formes convenables et de grandeurs croissantes jusqu’à la limite qui dépend, comme on sait, de l'échelle du plan et de la configuration du terrain. Mais il n'v a là rien d'absolu, et la marche à adopter dépend surtout des circonstances.
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- » Si le temps ne lui fait pas défaut, il ne commencera pas le lever proprement dit avant que tous les signaux aient été établis, autrement il ferait des mesures d'angles entre des points mal définis. Lorsqu'il en est ainsi, l’erreur de fermeture du triangle doit être attribuée à ce défaut de définition des points.
- » Soient A, B etC les angles d’un triangle dont les sommets ont été occupés dans l’ordre indiqué. En A, l’opérateur observe les angles entre B et C où il n’v a pas de signaux. Il place un signal en A et se transporte en B. II y mesure l’angle compris entre le signal en A et le point C où il n’y en a pas. II place un signal en B et, arrivé en C, il mesure l’angle compris entre les deux signaux.
- » Appelons a l’erreur de clôture du triangle et e l’erreur probable du pointé sur un point sans signal. Les erreurs probables des angles seront
- pour A, e \\i
- » Les corrections des angles devront être proportionnelles à l’erreur probable de chacun d’eux; par conséquent :
- B,
- C
- » L’erreur de clôture ne doit pas dépasser une certaine limite déterminée par le degré de précision du lever. Quand cette limite est dépassée, les stations doivent être réoccupées, en commençant par celle qui est la plus douteuse. Les stations de la triangulation primaire sont les dernières où il y ait lieu de revenir.
- » Pour avoir une idée exacte du travail, l’opérateur doit
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- U LAI'SSE DAT.
- préparer sur le terrain un projet de triangulation sur lequel il marque les stations à occuper. Il y reconnaît les points faibles du lever et se met ainsi en état d’exécuter ses opérations avec plus de sécurité.
- » L’objet de la triangulation secondaire est de. déterminer les stations photographiques. Ses sommets sont choisis pour ce seul objet. Tous les détails topographiques du plan doivent être tirés des photographies obtenues. »
- II. — Opérations de détail propres à la photographie.
- Planimétrie et nivellement. — On sait que la méthode à peu près exclusivement employée pour rapporter sur la feuille de dessin les points destinés au tracé des détails topographiques et à celui des courbes de niveau est celle dite des intersections. L’opérateur ne doit donc pas perdre de vue l’intérêt qu’il a à choisir ses stations de telle manière que les projections des rayons visuels, partant des deux stations à combiner et aboutissant aux mêmes points du terrain, se coupent sous des angles qui ne soient pas trop aigus.
- En ce qui concerne le nivellement, on ne saurait trop insister sur la nécessité d’obtenir un tracé rigoureux de la ligne d’horizon sur chaque épreuve, et nous verrons que la plupart des instruments proposés sont munis des organes de précision nécessaires pour atteindre ce résultat. Mais il n’est pas moins prudent de se procurer des moyens de vérification pour le cas où l'appareil se serait dérangé à l’insu de l’opérateur. Enfin il y a à se préoccuper de la correction à faire subir à la grandeur supposée invariable de la distance focale et à s’assurer de l’exactitude de la position de la station et de l’orientation de chaque épreuve (*).
- (l.i Le lecteur n'ignore pas i[ue nous avons examiné depuis longtemps ces questions qui sont traitées dans le Chapitre III de cet ouvrage. Mai* nous avons pensé qu'il était bon d'y insister et de montrer que les autres opérateurs ont eu les mêmes préoccupations et n’ont pas manqué, en les signalant, de prendre les mêmes précautions.
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- Les instructions suivantes de M. Deville répondent à tous ces desiderata :
- « Des stations photographiques. — Une station photographique est déterminée soit par des angles pris de cette station sur les points triangulés, soit par des angles pris de ces derniers, ou par les deux procédés. 11 est plus aisé et plus exact de rapporter la Station au moyen des angles pris des points triangulés qu’au moyen d'angles mesurés de la station. Cependant les stations photographiques doivent être occupées, si cela est possible, avant les sommets de la triangulation. Mais il y a d'autres considérations à faire intervenir.
- » Les stations photographiques doivent être choisies en vue de la construction du plan par la méthode des intersections; lesautres méthodes ne sont employées que lorsque celle-là tombe en défaut ou lorsque les données recueillies sur le terrain ne suffisent pas pour fournir assez d’intersections.
- » Un signal de nature quelconque doit être laissé à chaque station; il n’est pas nécessaire d’y faire beaucoup de frais : une perche ou quelques pierres entassées suffisent. Les angles sont mesurés sur ce signal, des points triangulés, pour rapporter la station sur le plan.
- » 11 arrive rarement que la chambre noire soit mise exactement au point triangulé. En général, il vaut mieux la déplacer un peu dans une direction ou dans une autre pour comprendre dans la vue certaines parties intéressantes du paysage. Toutes les fois qu’il y a quelque avantage à la déplacer ainsi, l’opérateur ne doit pas hésiter à le faire. La distance au point triangulé mesurée avec un ruban et un angle lu sur l’instrument déterminent la position de la station.
- » Pour le même motif, il n'est pas nécessaire, dans la plupart des cas, de prendre plusieurs vues de la même station (1 ) ; chaque vue doit être prise du point où elle se prête le mieux à la construction du plan. Le grand nombre des stations ne
- (; Contrairement a l’opinion des débutants et des adversaires inconscients de la méthode qui ne parient que de tours d’horizon. C e«t aussi l’erreur de la plupart de ceux qui ont cherché à construire des appareils panoramiques. Les tours d'horizon sont toujours des exceptions.
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- l. LALSSEDAT.
- donne que peu de travail de plus, soit pour la mesure des angles destinés à fixer la position de chacune d'elles, soit pour l’opération du rapport sur le plan.
- » En général, les vues prises de points très élevés et découvrant de grandes étendues sont recommandables ; mais il y a de nombreuses exceptions, et celles que l’on prend de stations inférieures sont d'un grand secours pour dessiner les courbes dans les vallées.
- » Quelquefois, il peut y avoir des difficultés à obtenir deux vues qui fournissent des intersections convenables sur une certaine partie du terrain. En pareil cas, la méthode des intersections verticales (‘) peut être employée, les vues étant prises à des altitudes différentes.
- » Il serait désirable d’avoir les vues de la même partie du terrain à la même époque de la journée; les ombres y ayant la même apparence, il est plus aisé de reconnaître les différents points. Il serait bon aussi d’éviter les vues exposées directement en face du Soleil, qui sont sans relief et privées de détails. Mais l’observateur a d’autres considérations à faire entrer en ligne de compte; il peut rarement choisir son temps pour occuper une station ou prendre une photographie. Il a même souvent à prendre des vues contre le Soleil ou qui en sont entièrement privées; et malgré cela, avec du soin, il peut encore, sans s’inquiéter outre mesure de l’étal du ciel, obtenir des résultats satisfaisants.
- » L’identification des points, même sous des éclairages différents, n’offre pas de sérieuses difficultés (*). Le nombre des photographies doit être assez grand pour couvrir complète-
- (') On verra plus loin en quoi consiste cette méthode proposée par M. Deville.
- (*} L’auteur dit ailleurs ce que nous n'avons cessé d'affirmer, M. Javary et moi, et qui n'a été contesté que par ceux qui n'ont pas pris la peine de s’exercer : * C'est une chose surprenante que de voir la rapidité et U sûreté avec laquelle un opérateur familiarisé avec ce genre de travail non seulement reconnaît les points déjà notés sur d’autres vues, mais en découvre encore autant qu’il en peut désirer. 3 Nous ajouterons que k topographe ne doit pas ou plutôt ne peut pas, sous peine de perdre un temps précieux, se préoccuper de l'effet artistique des vues qu’il prend. Il nous est arrivé de nous contenter d’épreuves médiocres et même décidément mauvaises et d’en tirer souvent un bon parti.
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- ment le terrain; une vue additionnelle n'entraîne qu’un faible excédent de travail, soit pour le tirage de l'épreuve soit pour rapporter des points, et elle peut éviter beaucoup d'ennui, L’opérateur ne doit donc pas hésiter à en prendre une toutes les fois qu’il reconnaît qu’elle peut lui être utile.
- » Deux ou trois points sur chaque vue sont observés avec Pallazimut, les angles de hauteur et les angles horizontaux inscrits soigneusement. Les angles de hauteur servent à vérifier la ligne d’horizon sur la photographie, dans le cas où le nivellement de la chambre noire aurait été légèrement dérangé et les angles horizontaux à l'orientation de la vue (*)•
- » Les notes d’observations sont prises comme à l'ordinaire, les points considérés étant indiqués sur les croquis visuels dessinés sur place. Ces croquis servent à identifier les points avec plus de certitude que si l’on se contentait de les désigner par une lettre ou par un chiffre. »
- Nous n’avons pas hésité à citer souvent in extenso les instructions de M. Deville qui ont servi de guide aux habiles opérateurs qu’il a formés et dont nous connaissons déjà quelques-unes des principales œuvres sur lesquelles nous donnerons encore d’autres renseignements.
- Leur précision, les précautions prises par l’auteur pour ne rien négliger et pour assurer, par tous les moyens possibles, l’étude complète du terrain et l’exactitude des documents devraient suffire pour inspirer confiance aux plus hésitants.
- Nous ne reviendrons pas ici sur les affirmations si nettes de M. Deville au sujet des avantages qu’offre l’emploi de la photographie, dus surtout aux propriétés de la perspective, que nous avons reproduites dans Y Avertissement. Nous aurons d’ailleurs encore bien des occasions de nous servir des arguments nombreux qu’il a puisés dans une longue pratique ininterrompue et nous nous contenterons, pour le mo-
- (*! Ainsi qu’à la vériûcation de l'invariabilité de la distance focale de l’appareil ou à la correction de cette distance focale, quand les épreuves photographiques se dilatent ou se contractent. Mais M. Deville donne un autre moyen de se renseigner à cet égard sur les épreuves elles-mêmes, comme on le verra plus loin.
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- ment, à propos des opérations de détails-, de citer le passage suivant qui concerne le tracé des courbes de niveau.
- « Courbes de niveau. — Un nombre suffisant de hauteurs avant été déterminées. les courbes de niveau sont tracées à vue entre les points obtenus. Dans un pays ordinaire (ondulé, légèrement accidenté), un nombre de points limité est suffisant pour permettre de tracer les courbes avec précision, mais, dans les pays de montagnes et de rochers, les inflexions des surfaces sont si fréquentes et souvent si abruptes, qu’il est absolument impossible d’obtenir un nombre de points suffisant pour représenter convenablement la surface. Les photographies sont alors d’un grand secours pour le dessinateur; en les ayant sous les yeux, il est en étatde modifier ses courbes de manière à représenter les moindres inégalités du terrain.
- » .4 « lieu de tracer immédiatement les courbes sur le plan, on commence par les esquisser sur la photographie d'après les cotes inscrites, chaque point déterminé étant marqué sur cette photographie et son altitude indiquée sur le plan. En adoptant celte marche, le dessinateur peut suivre de très près les mouvements de la surface, et les courbes ainsi obtenues le guident pour tracer celles du plan ou bien il peut les y reporter en quelque sorte mécaniquement à l’aide du perspectographe ou du perspeclomètre ( *).
- » Lorsqu’un nombre suffisant de points a été déterminé par intersection, le dessin des courbes de niveau ne présente aucune difficulté; mais il peut arriver, dans un lever rapide, que les points soient trop rares et trop espacés pour bien définir la surface du terrain. Il devient alors nécessaire de recourir à des méthodes auxiliaires très expéditives, mais un peu moins précises (s) ».
- Nous avons supposé, dans tout ce qui précède, qu’il s'agissait de topographie régulière, c'est-à-dire de levers auxquels
- r-, Ce» instruments seront décrits un peu plus loi»; employés avec attention et discernement, ils peuvent faire gagner beaucoup de temps.
- {') Ces méthodes auxiliaires ne larderont pas non plus à être exposées dans le texte.
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- on peut consacrer le temps nécessaire aux opérations successives. On prévoit, naturellement, que, dans les simples reconnaissances et dans les levers rapides comme ceux que peuvent entreprendre les voyageurs, en parcourant le terrain, sans s’y arrêter, les principes restant d'ailleurs les mêmes, on est condamné, le plus souvent, à laisser subsister des lacunes plus ou moins nombreuses, plus ou moins étendues, et cependant, il n'y a aucune exagération à affirmer que, à égalité de temps consacré, les éléments fournis par la Photographie sont incomparablement plus nombreux et plus sûrs que ceux que l'on recueillerait par tout autre procédé. C'est même principalement pour faciliter la tâche des militaires et des explorateurs, y compris aujourd'hui les hydrographes (qui, grâce à la Photographie instantanée, peuvent profiter de tous les progrès de cet art), que la méthode des perspectives a été imaginée. Encore une fois, les principes rappelés dans les paragraphes précédents ne doivent jamais être perdus de vue; seulement ils ne trouvent pas toujours leur application complète et l'on y supplée, comme dans la pratique ordinaire, en se passant, par exemple, de la triangulation, que l'on remplace par des cheminements, pour déterminer les positions des stations successives.
- Nous n'entrerons ici dans aucun détail sur le choix des stations, la mesure de leurs distances et de leurs différences de niveau ainsi que de l'orientation des côtés successifs du cheminement. Comme pour l’exécution de la triangulation, nous supposons le lecteur en état d’effectuer ces opérations selon les ressources dont il dispose en fait d’instruments et en personnel. Nous le renverrions, au besoin, aux paragraphes XIV, XV et XVI du Chapitre III, où il trouverait quelques indications propres à le guider.
- 111. — Problèmes et solutions suggérés par les propriétés de la perspective.
- Yérijicatton des points identifiés sur deux photographies. — On parvient très vite, nous ne saurions trop le
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- CSSEDAT.
- répéter, à identifier les points sur deux vues différentes, c'est-à-dire à reconnaître les images des mêmes points du paysage sur ces deux vues que nous supposons obtenues par la Photographie (*)î il peut arriver, cependant, que l’on ait quelque doute, et il serait très utile, dans ce cas, d’avoir un critérium irrécusable. C’est l’une des ressources qu'offre le théorème suivant, dont nous trouverons plus loin une autre application.
- Théorème du Dr G. Hauck (2). — Si les plans des tableaux des deux vues MM, NN (,/?£• 4)> prises des stations S et S',
- se rencontrent en MX, et si les images s' de S! et s de S sont figurées respectivement sur ces tableaux, les droites as-', a s
- (*) Sur des vues prises à la chambre claire, cette identification est encore plus sûre, parce que les détails y sont bien moins nombreux, le dessinateur n'ayant même pu y représenter que les objets les plus faciles à reconnaître.
- {*} Dans deux articles publiés par le Journal fur die reine und ange-wandle JUathematik (Hefl I, Bd. g5, und Heft 4, Bil. g-) et sous le titre : AVue Constructionen der Perspective und Photogrammetrie ( Théorie der trilinearen Verwandtschaft ebener Système), le professeur Guido Hauck, de Charlottenburg, a donné <?n 1880 une solution des plus intéressantes de la perspective et du problème Inverse, qu'il a tait suivre de la description d'un pcrspectograplie de son invention que nous ferons connaître dans l’un des paragraphes suivants.
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- qui joignent les images a et a' d un même point A du paysage aux images s' et s, prolongées jusqu'à l’intersection des plans des deux tableaux, se rencontreront sur cette ligne en un même point I.
- Cela résulte, en effet, simplement de ce que les droites as1 et a1 s sont les intersections du plan ASS' des deux stations et du point considéré avec les plans des deux Tableaux.
- Or, si l’on considère un autre point B du paysage, il est évident que les droites bs' et b's qui joindront les images b et b' de ce point aux mêmes points s et s\ images des deux stations, seront dans le même cas, c'est-à-dire que, prolongées, elles devront se rencontrer sur l'arête MX des plans des tableaux.
- Celte importante propriété a fait donner, par le professeur Hauck, aux images des deux stations, le nom de Kernpunkte, littéralement points noyaux. Xous remplacerons cette expression par celle de points nucléaux (*). Une droite passant par ces points s'appellera ligne nucléale, et tout plan passant par celte ligne, c'est-à-dire par les points nucléaux, sera un plan nucléal.
- Le professeur Hauck a déduit de son théorème une foule de conséquences intéressantes que nous n'avons pas à exposer ici ; nous nous bornerons à en tirer le moyen de vérification que nous avons en vue et que l'on peut déjà pressentir.
- Vérification de points supposés identifiés sur deux photographies. — Théoriquement, ii est très aisé de concevoir comment on peut opérer cette vérification, car il suffit de se représenter les deux tableaux rabattus sur un seul et même plan, en les faisant tourner autour de leur arête commune MX (fig. 5), de joindre les images a et a' supposées d'un même point A du terrain aux points nucléaux correspondants s' et s, et de voir si les droites as* et a's prolongées se rencontrent sur la charnière MX. De même pour bs' et b's, etc.
- Mais, dans la pratique, il y a des circonstances qui rendent
- (') Par analogie avec les points nodaux des lentilles.
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- celle opération moins simple ; il faut donc les examiner pour en tenir compte et trouver la marche à suivre dans tous les cas.
- 4. On remarquera tout d’abord que, à part le cas tout à fait accidentel où les deux stations sont situées au même niveau, les lignes d’horizon des deux tableaux ne se confondent pas, et l'on voit immédiatement que leur distance verticale {fig. 5)
- Fig. S.
- doit être égale à la différence de niveau des deux stations, à l’échelle adoptée pour le plan topographique.
- Il suffit, en elîet, de se reporter à ce plan et d’y marquer les stations et les traces des plans des deux tableaux ; la distance S. S' des stations en projection horizontale (fig. 6)
- est celle qui résulte de l'échelle adoptée, et leur différence de niveau, la même que celle des lignes d’horizon des perspectives, s’en déduirait, au besoin, en quantité linéaire, comme on le voit sur la figure et comme cela est expliqué un peu plus loin.
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- 3. Les points nucléaux ne se trouvent pas toujours représentés sur les deux tableaux, et il arrivera même souvent que le champ de l’appareil, placé à l'une des stations $, ne pourra pas contenir l’image de la station S'. C’est ce que montre également la Jig. 6, sur laquelle on voit, d’ailleurs, que l’on obtient immédiatement les projections horizontales des points nucléaux en s\ et St aux intersections de la droite SjS', qui joint celles des deux stations avec les traces des deux tableaux prolongées. En prenant, comme nous l’avons fait implicitement sur notre figure, pour pian de projection le plan horizontal qui passe par le bord inférieur du tableau MM (ligne de terre), et en rabattant autour de S{S', le plan vertical qui contient les stations S et S', après avoir joint les points qui représentent ces stations, les perpendiculaires élevées en st et s\, à la droite S,S't jusqu’à leurs rencontres avec SS', donneront les hauteurs respectives s\ s' et St$ des points nucléaux s1 et « au-dessus du plan horizontal de projection ou de la ligne de terre définie comme nous venons de le faire.
- 3. Pour opérer la vérification des points à identifier, on ne
- peut généralement pas juxtaposer les deux vues ie long ae
- l’arête commune de leurs plans J1M, NX, comme on l’a supposé dans les Jlg. 7 et 8.
- L’intersection de ces deux plans et les points nucléaux eux-mêmes peuvent être, en effet, situés plus ou moins loin
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- A. LACSSEDAT.
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- des bords des épreuves, comme sur la fig. 6; il faut donc à cetie arête des deux plans substituer d'autres lignes en relation de position avec elle et jouissant des propriétés métriques nécessaires pour permettre de s’assurer que les droites qui joignent les images d’un même point du terrain se rencontreraient effectivement sur l’arête. Si, dans le cas de la fig. 8,
- on supposait les deux tableaux séparés et que, prenant encore pour ligne de terre LT le bord inférieur du tableau MM; pour vérifier que les points a et a', d’une part, b et b', de l’autre, sont bien les images des points A et B de l’espace, il conviendrait de mesurer séparément la hauteur MI sur les bords de MM et de XX, où aboutissent les droites as' et a's prolongées, de constater l’égalité de ces deux quantités, puis de mesurer de même les distances U sur les deux bords de MM et de NX.
- Mais si l’identité de deux points tels que a et a’ peut être considérée comme incontestable, il suffira de prendre I comme point initial des mesures à effectuer pour vérifier les points douteux.
- Solution pratique. — Parallèlement à l’arête commune des deux tableaux (y?g\ 8) menons, de part et d’autre, deux droites CD et EF qui rencontrent les lignes as' et bs' en C et en D, et les lignes b's et a's en E et en F; si les distances
- *. l’arêtP. MX srint IaIIaq miA l’nn ait li. r- ^
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- LES INSTRUMENTS, LES MÉTHODES ET LE DESSIN TOPOORAPHIOCES. %VJ
- à cause de la similitude des triangles s* IJ et s'CD et de
- CD = EF.
- Supposons que tout ce qui se trouve sur la figure, entre CD et EF, n’existe plus et admettons, comme nous l’avons fait tout à l’heure, l’exactitude de l'identification des images a et a’ ; si une échelle graduée quelconque (un double décimètre, par exemple), portée successivement sur CD et sur EF, à partir de D et de F, accuse la même division aux points C et E, l’identification des images b et b' sera vérifiée.
- Au lieu de la ligne EF, on pourrait tracer la ligne GK de l’autre côté du point nucléal s, parallèle à l’arête MX, en prenant jG=^F, et, dans ce cas, l’échelle graduée serait portée sur GK en partant du point G. Enfin, et c’est la solution qui est la plus fréquente, les deux parallèles à l’arête commune MX ou les deux perpendiculaires aux lignes d’horizon UH et UH' sont tracées en QR et UV de manière à laisser entre elles les deux points nucléaux ou même plus loin, pour éviter de tomber sur les vues elles-mêmes.
- Reprenons la fig. 6, sur laquelle sont représentées en projection horizontale les stations Si,Si, les traces des tableaux,
- les points principaux PiP'j des perspectives et les points nucléaux si, st (fig. 9).
- Une parallèle xy% à la ligne StS',, qui joint les projections des stations, menée au delà des extrémités des traces des lableaux, déterminera, sur les prolongements de ces traces, les projections x, y, des points par lesquels devront passer les deux parallèles à Parête commune projetée elle-même
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- A. LAl’SSBDVf.
- «8
- en I, car la condition indiquée ci-dessus est remplie, puisque
- s\x sty
- Appliquons ces constructions à deux vues photographiées MM, EN (/ig- '<>)> qui comprennent au moins un point dont
- les images a et a' sont parfaitement reconnaissables, c’est-à-dire rigoureusement identifiées, et pour cela, après avoir déduit du plan sur lequel les stations sont rapportées et de la différence de niveau de ces stations (Jig. 6 et 9) la position des points nuclcaux^' et s, par rapport à la ligne d'horizon et à la ligne principale de chacune des épreuves, puis celle des parallèles auxiliaires QR, VU, formant échelles, rien ne sera plus facile que d’opérer la vérification des points douteux 6, b’... c, c\ etc. Si, par exemple, pour les deux premiers on trouve QR — VU, leur identification sera vérifiée ; mais si, pour les seconds, on trouvait QW différent de VZ, les points c et c' ne seraient pas les images du même point du terrain et seraient à rejeter, ou l’un des deux à rectifier.
- IV.— Problèmes et solutions suggérés par les propriétés de la perspective (suite).
- Détermination directe de cotes de nivellement par des vues photographiques en pays de montagnes. — On re-
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- marque souvent, sur les photographies prises en pays de montagnes, des arêtes ou des contours apparents qui sont situés sensiblement dans des plans verticaux. M. E. Deville a mis à profit cette circonstance pour obtenir, sur les arêtes ou les contours, des séries de cotes successives qui sont d’un grand secours pour le tracé des courbes de niveau.
- La marche à suivre est fondée sur l’emploi des points de fuite des lignes horizontales, situés tous, comme on sait, sur la ligne d’horizon de la perspective.
- Lemnie. — Considérons d’abord une droite verticale tracée sur la photographie, représentant une verticale du paysage,
- et, sur cette droite, un point dont la cote de nivellement soit connue. En déterminant, sur la ligne principale (fig. u), un point b de même cote que le point a et en tirant la ligne ab jusqu'à la rencontre de la ligne d’horizon, on aura le point de fuite F de l’horizontale ab. Il suffira donc, en tenant compte de l’altitude de la station, c’est-à-dire de la cote de nivellement de la ligne d’horizon, de diviser en parties égales correspondant à l’équidistance que l’on veut avoir entre les plans horizontaux, de joindre le point de fuite à ces divisions et de prolonger les droites jusqu’à la rencontre de la verticale considérée pour avoir, sur celte verticale, les traces demandées des plans horizontaux équidistants.
- 3* Série, t. ni.
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- ISSEDAT.
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- Contour apparent supposé dam un plan vertical qui contient une droite également verticale. — Supposons que les coies de deux points a et b [ftg. 12), assez distants l’un
- de l’autre, du contour apparent situé dans un plan vertical soient connues; par le point le plus élevé a faisons passer une verticale a/n, que nous diviserons comme dans le cas précédent; puis, sur cette sorte d’échelle cherchons le pointn ayant la même cote que b sur le contour apparent; en joignant bn, nous déterminerons un nouveau point de fuite F', à partir duquel nous mènerons des droites allant aux points de division de l'échelle verticale dont les prolongements donneront sur le contour apparent les traces cherchées des plans parallèles équidistants.
- Cas assez fréquent dans lequel on connaît sur le plan la projection horizontale de la crête ou du contour apparent. — Il arrive assez souvent que des points du contour apparent se trouvant déterminés sur le plan donnent la projection de ceue crête et par conséquent la trace horizontale de son plan vertical; soient (Jig. i3) abcd la ligne du contour apparent, et a\b',é, d‘ les points appartenant à cette ligne et rapportés sur le plan, tels que a't b\é,d' soient sensiblement en ligne droite, formant, par conséquent, la trace horizontale du plan vertical du contour apparent.
- Par le point O, projection de la station, menons OE parallèle à a’b'éd' et au point E, où celte ligne rencontre la ligne de terre ou la trace du plan du tableau, élevons une perpendiculaire EF jusqu’à la rencontre de la ligne d’horizon. Le point d’intersection F sera le point de fuite des parallèles à la droite a' V é d'; si donc, par le point d’intersection de ceue droite
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- avec la ligne de terre, nous menons la verticale ce' qui rencontre, en n, la ligne d’horizon dont l'altitude est connue, il sera facile de construire sur cette verticale l’échelle dont on joindra les points de division au point de fuite F pour obtenir sur la ligne du contour apparent les traces des plans horizontaux équidistants.
- Nous avons indiqué sur la même fig. i3 la trace k'I' du plan vertical d’une ligne de contour apparent différente et
- Fi;. i3.
- telle que la parallèle OF', menée à cette trace par la projection O de la station, irait rencontrer très loin la ligne de terre. Nous verrons, dans un prochain paragraphe, comment on peut procéder pour achever les constructions, sans qu'il soit nécessaire d’employer une feuille de dessin et une règle de dimensions inusitées.
- Cas où la projection horizontale de Varéte n'est pas exactement connue. — Si la projection horizontale de l’arête ne se trouve pas déterminée et que les formes arrondies de la montagne ne définissent même pas très nettement cette arête, on admet que ceile-ci est contenue dans un plan vertical perpendiculaire à la direction du milieu du contour apparent. La construction se fait alors de la manière suivante:
- Sur la photographie, le point de vue étant rabattu en O, on mène par ce point la droite Om dans la direction du milieu du
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- contour apparent ab, et sur le plan, par la projection O' de ce même point de vue, on mène O’in' parallèle à 0m; puis on projette le sommet a du contour apparent sur le plan en a' et l’on abaisse de ce point sur O' m'la perpendiculaire a{b’. C’est cette dernière droite qui est prise pour la projection horizontale de r.irète ou pour la trace horizontale du plan vertical qui la contient; en menant donc 0'Ff parallèle à cette trace jusqu’à la ligne de terre et en relevant F'en F sur la ligne d’hori-
- Fig. .4.
- 2on, on a le point de fuite des parallèles à la trace; en prolongeant, d’un autre côté, cette trace elle-même jusqu’en n' sur la ligne de terre, la verticale n'n sera la trace verticale du plan qui contient le contour apparent et la construction s’achèvera comme précédemment.
- Méthode des intersections verticales. — On saitque l’exactitude de la méthode photographique habituelle, qui n’est autre que celle des intersections, telle qu’on l’emploie dans les levers à la planchette, dépend de la distance des stations, prise pour base, comparée à celle des points que l’on veut déterminer. Dons les pays très accidentés, il y a des stations en quelque sorte obligatoires pour l’exploration complète du terrain, qui ont l’inconvénient d’être trop rapprochées en projection horizontale. M. Deville a pensé que,en conservant le principede la méthode, on pouvait le transformer et Félendre aux intersec-
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- lions des rayons visuels projetés sur un plan vertical. De là, la solution auxiliaire du problème à laquelle il a donné le nom de méthode des intersections verticales.
- A la condition que la différence de niveau des deux stations d’où l'on prend les vues à combiner entre elles, soit assez grande, on parvient, en effet, à déterminer avec beaucoup plus de précision des points qu’il eût été difficile d'obtenir d’une manière satisfaisante par la méthode ordinaire.
- Soient a et B {ftg. i5) les projections des deux stations sur le plan horizontal que nous faisons passer par la station B;
- choisissons pour plan vertical de projection le plan principal de la vue prise du point A projeté en a. CW et E'F étant les traces des deux tableaux correspondant aux points de vue A et B, la ligne de terre LT sera la perpendiculaire abaissée du point a sur la trace C'D' et le plan vertical de projection étant rabattu autour de cette ligne de terre, le point A se trouvera sur la perpendiculaire a A à une distance égale à la différence du niveau des deux stations, réduite à l’échelle du plan.
- On peut voir d’abord qu’un point, dont les images sont projetées en m\ et en m't sur les traces C' J)' et E' F', serai tmal déterminé en né sur le plan, parce que l’angle am‘ B est trop aigu. En projetant donc les rayons visuels qui parient de A et de B sur le plan vertical, le premier sera sur la ligne A/w, qui passe par la projection de l’image du point sur la ligne principale rabattue en C'P« et Ion obtient ce point en faisant l\'r/w, égal à la hauteur m, rn\ de l'image du point sur la photographie CD, au-dessus de la ligue de terre LT {Jig. 16).
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- Quant à la projection verticale du rayon visuel qui part du point B, on l’obtiendra en joignant la projection b du point B sur la ligne de terre {fg. »5) au point mu image du point considéré sur la seconde photographie EF {Jig. 16) rappelée sur la perpendiculaire à la ligne de terre menée par la projection
- Fig. 16.
- C----------------
- horizontale m', de ce point sur la trace E'F', en faisant «5) égal à de la figure 16.
- L’intersection m des projections verticales Am, et bmt des deux rayons visuels est elle-même la projection verticale du point cherché et son rappel sur la projection horizontale de l'un des rayons visuels am\ ou Bm\ en ni donnera la position de ce point sur le plan (‘).
- V. — Instruments destines à faciliter les constructions graphiques.
- Trirègle de .Xicholson, appelée aussi règle de convergence (-). — Cet instrument, représente sur la Jig. 17, est
- ('1 H y 0 bien d'autres problèmes que, selon l'expression de M. Deville, les ressources inépuisables de la perspective ont permis d'aborder et de résoudre simplement, eL nous nous proposons d'en faire connaître par la suite quelques-uns des plus intéressants appelés à rendre de véritables services dans des circonstances particulières. Mais pour 11e pas interrompre l'exposé des procédés usuels ou qui tendent à le devenir, nous avons cru devoir reporter ces question? moins générales à la lin de la partie du Chapitre IV qui traite des méthodes et des instruments de dessin destinés à en faciliter l’application.
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- composé, en effet, de trois règles, dont deux assez courtes et minces et la troisième plus longue et plus large, qui est la règle proprement dite, sert à tracer des lignes convergentes, comme celles qui devraient aboutir à un point de fuite que l’on
- Fig.
- peut éviter de déterminer lui-même, s’il sort de la feuille de dessin.
- C’est le cas, par exemple, que nous avons signalé (/îg. i3) en supposant que la ligne de terre LT et la trace O F' se ren-
- contreraient assez loin pour gêner l'opérateur. C'est aussi et plus fréquemment encore le cas (fig- 17 bis) des dessins d'architecture où l'on veut exécuter des perspectives de monu-
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- k. LAC SSE DAT.
- ments dans lesquelles les lignes fuyantes sont très multipliées.
- Les trois règles sont réunies par une articulation c munie de coulisses et d’arrêts, qui permet de les disposer convenablement selon les circonstances, c’est-à-dire de faire varier les angles qu’elles forment entre elles, mais aussi de les fixer dans les positions qu’on leur a données.
- Supposons lesdeux petites règles ou les brasac et bc[fig. 17) appuyés contre deux points fixes déterminés par de solides épingles e, e' piquées sur la planche à dessiner; il est aisé de voir que si l’on fait glisser le système des trois règles en maintenant le contact des bras avec les liges des épingles, la direction de la grande règle prolongée convergera toujours vers le même point du plan, que ce point soit ou non tracé sur la feuille de dessin.
- En effet, après avoir placé la trirègle dans une position quelconque, à la condition que le contact des bras et des épingles soit établi, faisons passer une circonférence par les trois points e, c et e (Jig. 17). Le prolongement de celui des bords de la grande règle qui, de même que ceux des bords intérieurs des petites règles, passe par le centre c de l'articulation, ira rencontrer celle circonférence en /. Or si Ton fait, à présent, glisser la trirègle en maintenant le contact des bras et des épingles, le sommet c de l’angle ecd restera sur l’arede la circonférence qui est le segment capable de cet angle; mais l’angle ecf ou aef reste également constant et le côté c’a! d'une seconde position de la trirègle passant toujours par le points, le prolongement de c'd' passera encore par le point /. puisque l’arc ef est la mesure du double de l'angle considéré.
- On peut, comme on l’a fait sur la figure, incliner inégalement les deux bras sur la grande règle, et l’on dit alors que la trirègle est scalëne: quand ils sont également inclinés, le prolongement de la grande règle est la bissectrice de l’angle des deux bras et la trirègle est dite isoscè/e. C'est ainsi qu’il convient de la disposer quand on l’emploie en Mctrophotographie où les points de fuite sont toujours sur la ligne d’horizon.
- Les deux épingles se placent alors de part et d’autresur une perpendiculaire et à égale distance de cette ligne qui devient,
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- par conséquent, un diamètre du cercle théorique, c’est-à-dire que le point de concours est aussi éloigné que possible du sommet de la trirègle. On conçoit d'ailleurs que le diamètre ou le rayon du cercle dépend de l'écartement des épingles et de l’ouverture de l'angle des deux bras. Si l’on suppose, par exemple, que cet angle est de 90°, on voit tout de suite que la droite qui joint les deux épingles est un diamètre de ce cercle et que le point de concours est, par conséquent, seulement à une distance maxima du sommet de la trirègle ou du centre de l’articulation égale à l’écartement des épingles. Mais si l'angle des bras s’ouvre, le point de concours s’éloigne et peut même s’éloigner indéiiniment quand les deux bras se trouvent dans le prolongement l’un de l’autre, auquel cas la trirègle devient un té et servirait au besoin à tracer des parallèles à la ligne d’horizon.
- Ajustement de la trirègle selon les cas. — M. Deville, qui a sans doute été le premier à employer la trirègle, concurremment avec sa tablette photographique dont nous donnons la description ci-après, a adopté pour les deux épingles un écartement constant de o", >5 à o,n,20 environ. J1 fait donc varier l’angle des deux bras de façon à s’assurer que le prolongement de la grande règle passe par le point de fuite dont la direction est indiquée, soit par une ligne droite tracée dans le plan, soit par une ligne de la perspective, c'est-à-dire de la photographie. Voici les moyens qu’il indique, dans les deux cas, pour obtenir l'angle convenable de chaque bras avec la règle:
- Dans le premier, où la direction du point de fuite est donnée par une ligne du plan, après avoir fait coïncider ce plan horizontal de projection avec celui de l’horizon de la station, on le rabat autour de la ligne d'horizon sur le plan du tableau; le point de vue tombe alors en O à la distance OP{jîg. 18) de ce point de vue au tableau. Soit O/la ligne donnée dont le prolongement irait rencontrer la ligne d'horizon au point de fuite F ; e et e’ étant les deux épingles, si l’on suppose le problème résolu, la règle étant posée sur la ligne d’horizon HH, les deux bras appuyés contre les épingles
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- LACSSEDAT.
- seront en ce et ce*. Par les trois points e, c et e?, on décrit une circonférence, qui passera aussi par le point P. On joint alors ee? Fe', 01 et Oe' et l’on tire, à une certaine distance de OP, la parallèle mn à ee' qui rencontre 01 en m et Oe' en s. Par le point m, on mène mr parallèle à la ligne d’horizon
- Fif. ,s.
- et l’on joint sr qui est parallèle à Fe>, à cause de la similitude des triangles : [msO, Jte'O] [FIO, rmO].
- L’inclinaison Fc^' du bras gauche ce' sur le prolongement de la règle est égale à l’angle Fe?e, parce qu’ils sous-tendent des arcs égaux, et par conséquent à l’angle rsm. Si donc on place la règle sur mn et le centre d’articulation en s, puisque l’on amène le bras gauche sur sr, le résultat cherché sera obtenu, car il suffira, pour ajuster l’autre bras, de porter l’instrument, la règle sur la ligne d’horizon et le bras gauche contre l'aiguille e', puis d’amener le bras droit en contact avec l'aiguille e.
- Les droites ee\ 10, mn et mr sont tracées une fois pour toutes sur la tablette photographique décrite ci-après, et il n’v en a qu’une à tirer pour guider dans l’ajustement de la trirègle, celle de la direction de la ligne donnée sur le plan.
- Dans le second cas, celui où la ligne de concours au point de fuite est donnée sur la photographie, la solution du problème est légèrement modifiée.
- Soit 06 (Jig. 19) la ligne donnée et la circonférence Fece? tracée comme précédemment.
- a étant un point de la ligne d’horizon pris à une certaine distance de la circonférence, on joint ab et ae‘ et J’on trace une parallèle mn à ee?; par le point d'intersection ravecaè
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- on mène rt parallèle à 6 F ei l’on joint ts. A cause de la similitude des triangles, ts est parallèle à Fe’ et l’angle tsm est
- Fig. 19.
- égal à Fe'e, c’est-à-dire à l'inclinaison F ce' du bras gauche de la trirègle sur la grande règle.
- aé et mn sont marquées une fois pour toutes sur la tablette photographique, comme on le verra bientôt, mais on a toujours à tracer abeitr pour chaque ligne donnée (’ ),
- VI. — Instruments destinés à faciliter les constructions graphiques (suite).
- Bureau ou tablette photographique de Deville. — Pour faciliter les constructions et pour éviter de recommencer celles qui sont communes à des cas analogues, M. Deville a imaginé de tracer à l’avance et une fois pour toutes un certain nombre de lignes sur une tablette qu’il qualifie de photographie Board.
- Cet instrument ( fig. ao) consiste en une planche à dessiner ordinaire, recouverte d'une feuille de papier fort, sur laquelle sont tracées à angles droits deux lignes HH', VV' représentant la ligne d’horizon et la ligne principale. Leur point d'in-
- (') Avec la disposition supposée de la trirègle sur toutes les figures précédentes, on ne peut opérer que sur des points de fuite situés à gauche du point principal. Mais l’appareil est démontable et peut être retourné dans l'autre sens. Pour éviter celle opération, on a généralement un couple de trirégles, dont l’une pour le point de fuite à gauche, et
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- terseciion P est le point principal et, à partir de ce point, on porte sur les deux lignes des longueurs PD, PD1, PO, PO' égales à la distance du point de vue au tableau, de sorte que D, D', O et O' sont des points de distance latéraux (à gauche et à droite), inférieur et supérieur.
- On fixe la photographie au centre de la planche, en faisant coïncider la ligne principale avec W' et la ligne d'horizon avec HH'. Quatre échelles formant les côtés du rectangle
- TUXY encadrent la photographie, les côtés de ce rectangle étant sensiblement plus grands que les siens.
- Ces échelles sont destinées à divers usages, par exemple à tracer des parallèles à l'horizon ou à la ligne principale, en plaçant une règle sur les divisions correspondantes des échelles conjuguées; à tracer la ligne de terre, en joignant les divisions des deux échelles verticales qui correspondent à la hauteur de la station, etc.
- A une distance convenable du point de distance D' se trouve une perpendiculaire QR à DD' sur laquelle sont marquées, à l'aide d’une table des tangentes, les angles formés avec DQ par les lignes partant de D. Celte échelle est employée pour mesurer les angles de hauteur ou les azimuts des points de la photographie, comme il est aisé de le concevoir.
- Du point O comme centre avec OP pour rayon, on a décrit
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- un arc de cercle PS qui est divisé en parties égales; par les points de division et entre PS et PD" sont tracées des ligues qui convergent vers O.
- Des parallèles MX à la ligne principale sont également tracées assez rapprochées l’une de l’autre. Toutes ces lignes sont employées en môme temps que l'échelle des degrés et minutes QR.
- Un carré FGKL est construit sur les quatre points de distance.
- Les épingles de la trirègle sont fixées en e, e\ e,; e\ ; les lignes qui joignent leurs centres deux à deux eé et exe?x et celles qui sont nécessaires pour ajuster la trirègle sont dessinées et employées comme on vient de l’expliquer dans le paragraphe précédent.
- La trirègle et la table photographique employées couramment par M. Deville et par ses collaborateurs leur permettent, parati-il, d’abréger beaucoup les constructions et les aident à résoudre les nombreux problèmes de perspective qui se présentent dans la pratique de la Mctrophoiographie. Elles méritaient donc d’être signalées à l’attention de tous les opérateurs.
- Vil. — Instruments de perspective destinés à ta transformation des figures.
- Perspecto graphes. — On désigne généralement sous ce nom les instruments que l’on emploie pour dessiner les perspectives d’objets plus ou moins éloignés et notamment des monuments ou des paysages. Nous avons indiqué, dans le tome Ier de cet Ouvrage, pages 3$o et suivantes, le principe et l’origine de ces instruments, parmi lesquels la chambre claire et la chambre obscure, telles que nous les avons décrites au Chapitre III de ce second Volume, occupent le premier rang. Leur nombre est d’ailleurs si considérable que nous aurions de la peine à les faire tous connaître, et cela nous éloignerait inutilement de notre sujet. Mais il existe quelques appareils de ce genre qui ont pour nous un véri-
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- table intérêt, car ils ont pour objet de résoudre mécaniquement le problème , ordinal: e de la perspective, et certains d’entre eux ont même été conçus avec la préoccupation d’aborder le problème inverse, c'esl-à-dire celui qui fait l’objet de la Métrophotographie.
- Il a été proposé plusieurs perspectographes (quelques-uns disent perspecteurs, du titre que prennent les opérateurs qui exécutent des perspectives pour les artistes, peintres ou architectes) destinés à tracer mécaniquement, d’après le plan et les élévations d’un monument (existant ou en projet), la per-spective de ce monument ou même du plan topographique d’un terrain et de son relief représenté par des courbes de niveau, des perspectives de ce terrain prises de points de vue dont la position, dans les deux cas, est déterminée par leur projection sur le plan et leur hauteur au-dessus de ce plan.
- En Allemagne, presque à la même date, en iSS* et i883, trois inventeurs : MM. Icl)r Guido Hauck, de Charlottenburg, Alexandre Brix et Hermann Ritter, architecte, faisaient connaître et les deux derniers breveter des perspectographes. Enfin, en 1900, on voyait à l’Exposition internationale universelle de Paris le perspecteur imaginé par M. le professeur Ch. von Ziegler, de Genève ('). Nous allons indiquer aussi sommairement que possible les principes de ceux de ces appareils qui ont été mis en usage ou à l’essai et donner une idée des résultats auxquels iis peuvent conduire. Si les solutions laissent encore à désirer sous certains rapports, elles ne sont pas moins ingénieuses et permettent d’espérer que le but finira par être atteint complètement.
- {') Hr G. Hauck, L'eOcr mechanische Perspective und Photogram-me trie. ( Verhandiungen der physikalischen Gesellscha/t in Berlin, n*S-Silzung von 4 Mal j$S3. Australien am 16 Mai. Yorsltzander : Hr Helmollz.) — Brevet de M. Al. Brix »*“îîCid. du i* octobre >883. a Francfort s/M. Brevet de Hermann Hitler n* 290U2 du i3 octobre i883, à Francfort s/ M. et Perspectograph von Hermann Hitler, Archileit, Francfurt a; M. Drud von J. Maubach und Ca.
- Le perspecteur mécanique de Ch. von Ziegler. Imprimerie Fr. Weber. Genève, «900. Nous rapprocherons de ce dernier instrument un perspec-tomètre optique indiqué depuis plusieurs années par M. E. Deville dans son traité intitulé : Photographie Surveying. OUowa, i8g5.
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- Appareil de M. le D* G. flauck (5). — La construction de cet appareil est fondée sur la propriété des points nucléaux de deux projections coniques du même objet découverte par l’auteur et énoncée dans le théorème que nous avons fait connaître page 222. LeDr Ifauck a remarqué que ce théorème s'étendait au cas où l’un des points de vue s’éloignait à l’infini et où, par conséquent, l’une des projections devenait parallèle et orthogonale» si la direction allant de l’autre point de vue à celui qui est à l’infini est perpendiculaire au plan de cette projection.
- Dans son exposé devant la Société de Physique de Berlin et dans le préambule du Mémoire sur son appareil, le IP Hauck envisageait de la manière la plus générale le problème de la transformation des projcciions.
- « Dans la plupart des cas, disait-il, un objet est représenté en géométrie descriptive par deux projections et l'on peut, étant données deux projections, en obtenir une troisième.
- » Si les deux projections données sont des projections parallèles orthogonales (par exemple : l'horizontale et la verticale) et si la troisième projection cherchée doit être une projection centrale, c’cst le problème ordinaire de la perspective.
- » Mais si les deux projections données sont des perspectives centrales (par exemple : deux photographies) et si la troisième projection cherchée est une projection parallèle orthogonale (un plan ou une élévation), c’est le problème de la photogrammetrie. »
- Il est facile de voir qu'en se servant de la propriété des points nucléaux étendue au cas où l’un des points de vue s’éloigne à l'infini, on peut résoudre rapidement le problème de la perspective ou celui de la photogrammétrie. mais l'auteur ne s’est pas contenté de le constater, et il a entrevu aussitôt la possibilité de résoudre ces problèmes très exactement (grâce aux progrès des arts de précision) « à l aide d'un instrument composé d’un système de règles reliées cinématiquement
- O Mein perspectivischer Apoarat von Guido Hauck dans le Fest-tehrifi der Font.: lichen lechnischen Hochschulc eu Uerlin sur Fcicr der Einiveihung Unes neuest Gcüaiidcs. Berlin Gedruukt i» der Keiclis-
- druckerel.
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- et portant deux styles ou pointes sèches et une pointe traçante (un crayon) tellement disposées que, si avec les pointes sèches on parcourt les lignes correspondantes des deux projections données, la pointe traçante décrit les lignes correspondantes de la troisième projection cherchée ».
- Principe géométrique de Vappareil. — Pour simplifier et préciser la question, supposons qu’il s'agisse d'obtenir la perspective d'un édifice régulier dont le plan et l’élévation principale sont donnés et sur lesquels nous appellerons, à l’ordinaire, hauteur y largeur et profondeur, les trois dimensions comptées rectangulairement sur l'élévation et sur le plan.
- Soient (fig. 21 ) P' la trace de l’élévation, P celle du plan du tableau et O la projection du point de vue sur le plan horizontal de l’édifice P° (‘); l’arête d'intersection des deux plans de projection verticaux P' et P, qui doit jouer le rôle principal, se projette elle-même en 9 et la perpendiculaire abaissée de la projection du point de vue O sur P'(c’est-à-dire joignant le point de vue du tableau au point situé à l’infini qui correspond à la projection orthogonale de l'élévation P') détermine les projections p et p' des points nucléaux sur le tableau et sur l'élévation. La hauteur donnée h du point de vue au-dessus du plan détermine la position du plan de l’horizon.
- Le point nucléal projeté en p qui est situé dans ce plan est le point de fuite de toutes les perpendiculaires au plan P', c’est-à-dire des lignes de profondeur, et le point nucléal projeté en p' est également dans ce plan, par conséquent à la même hauteur h au-dessus du plan horizontal de projection P*.
- En partant de la Jig. 21 qualifiée de préparatoire, traçons en g et en g' (fig. 22) l'arête d’intersection des deux plans verticaux de projection que nous séparons et disposons l’un au-dessus de l’autre. Pour l'élévation P', le point nucléal p' sera situé à une distance p' i de l'arête d’intersection égale
- (: ) Sous avons adopté les lettres et les conventions de l'auteur et H •'oit être entendu, par exemple, que P, P' et P4 désignent aussi bien les plans de projection que les figures qui s’y rapportent.
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- à/?'9 de la Jig. *i ei la première ligne de hauteur de l'élévation P' se trouvera à une distance 7' 1/ égale à 9 è°.
- Le point nuciéal p du plan du tableau, également sur la ligne d’horizon, sera à une distance/;*; de l'arête d’intersection égale à p%.de la fig. n.
- L’élévation F étant dessinée, si l’on mène par le point nuciéal p' les lignes qui aboutissent aux différents angles de
- celle élévation, on déterminera sur l’arête d’intersection autant de points qui, reportés sur l'arête du tableau, détermineront ceux qu’il faut unir ou point nuciéal p, d’après le théorème général, pour avoir les perspectives des lignes de profondeur, puisque p est leur point de fuite.
- Pour achever de tracer la perspective de l'édifice, il suffit, dans le cas dont il s’agit, de trouver sur le tableau les intervalles des lignes de hauteur dont les rencontres avec les lignes de profondeur détermineront toutes les formes apparentes.
- Reportons-nous encore à la figure préparatoire (Jig. *1) et abaissons de la projection du point de vue O sur la trace du tableau la perpendiculaire CK® que nous prolongerons jusqu’à la rencontre en û° de la première ligne de longueur de 3* Série, t. ///. 1:
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- LUSSE DAT-
- 0t46
- l'édifice. Portons maintenant sur In ftg. 22 (partie inférieure), dans le prolongement de l’arête d'iniersection et à partir d’un
- Fig. 29.
- (
- i
- point C convenablement choisi au-dessous de la ligne d’horizon, une longueur Co égale à la distance O*,0 du point de vue au tableau; élevons ensuite au pointé une perpendiculaire y égale à CV de la Jig. 21 devenue O. sur la.Aér- 22
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- LES INST JUMENTS, LES MÉTHODES ET LE DESSIN TOPOGRAI>IIIQCES.
- et, en recourant à l'angle s de la Jig. aï, rapportons sur la fig. 22 le plan PJ de l'édifice et les projections des rayons visuels qui aboutissent aux extrémités des lignes de hauteur qui sont visibles, on conçoit immédiatement comment les intervalles de ces lignes sur la trace du tableau ramenés sur l'horizontale du point C de la fi g. 22 servent à dessiner les lignes de hauteur sur le tableau et à achever la perspective de l'édifice.
- De tout ce qui précède, on peut déduire la règle suivante pour trouver un pointa? de la perspective, d’après les deux points correspondants x' et x0 de rélévation cl du plan de l'édifice :
- Menez p x et marquez sur l’arête 9' le point d’intersection g'\ prenez sur 9'g l'intervalle g-; = gJ-;' ou. ce qui revient au même, prenez sur g'9 l'intervalle g‘g = 77' et lirez la ligne pg sur le prolongement de laquelle doit se trouver le point x; menez ensuite p"*x* et faites tourner ce rayon autour de p° de l’angle » = v/y?9 r4, il viendra en p9/t et en élevant en h. une perpendiculaire sur C//. l'intersection de cette verticale avec pg prolongé donnera le point cherché x.
- Idée générale de l'appareil. — Les lignes qui jouent un tôle dans la construction précédente sont : rJ l'arête d'intersection 99’ cl la trace du plan du tableau ou ligne de terre l), et 20 les rayons individuels p'x1, px, p'x, p"Jt, xh.
- C’est celte construction qui est eirectuée spontanément par l'appareil mécanique {PI. H) dans lequel les lignes qui viennent d’êire énumérées sont remplacées par des régies portant les styles à pointe sèche x" et x-‘ qui parcourent l'élévation et le plan horizontal (guidés par l’opérateur) et la pointe traçante x qui dessine la perspective. Ces règles sont liées cinématiquemeni les unes aux autres de manière à réaliser la construction précédente.
- Il serait beaucoup trop long d’entrer ici dans les détails de construction de cet appareil, qui est représenté très fidèlement sur la PL II. Un reconnaît aisément sur cette figure les centres p’, p et p" de rotation des tiges dont les extrémités portent les styles à pointe sèche x cl xn et le crayon x, cl l'on y voit que
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- la plupart des règles qui composent le mécanisme sont à rainures et deviennent des glissières dans lesquelles s’engagent de petites liges cylindriques dont les unes fixes et le long desquelles glissent les règles qui y sont engagées, et les autres, placées en général aux articulations du mécanisme, glissent dans les rainures (1 ).
- Aucune description d’ailleurs n’équivaudrait à la vue et au maniement de l’appareil, dès que I on a saisi le principe de sa construction. Nous devons donc nous borner aux explications précédentes en ajoutant que l’auteur lui-même reconnaissait, lors de la publication de son Mémoire, que cette construction, certainement déjà très ingénieuse, pouvait être encore perfectionnée. Le point sur lequel insistait le D? Hauck et qui mérite d’être retenu, c’est qu'avec les autres perspcciographes et en particulier celui de M. lierraann Hitler, dont nous allons indiquer le principe géométrique, on n’obiienl que des points isolés de la perspective, tandis qu’avec le sien on peut tracer cette perspective d’un trait continu.
- VIII. — Instruments de perspective destinés à la transformation des figures (suite).
- Perspectographe de M. Hermann lutter. — Cet instrument est basé sur un moyen particulier de trouver la perspective d’un point quelconque du plan horizontal de projection un peu dill'érent de la méthode généralement en usage (*• série, t. III, 1899, p. a63).
- Soient O le point de vue ( fig. a3), 00‘ sa hauteur au-dessus du plan horizontal de projection MX LT et QKLT le plan du tableau. Considérons le point A du plan horizontal dont il s’agit de trouver la perspective a sur le rayon visuel OA; pro-
- (!] Los lettres de la fig. aa sc retrouvent sur les différentes parties correspondantes de celles de la /'/. //et aident beaucoup à comprendre ou même à deviner le jeu du mécanisme do cel appareil.
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- LES INSTRUMENTS, LES MÉTHODES ET I.E DESSIN TOPOGRAPHIQUES.
- jetons le point a supposé connu en a' sur la ligne de terre, la projection O'A du rayon visuel passera par a\ Rabattons le triangle rectangle OO'A autour de O'A sur le plan horizontal en AO'Oi, le triangle semblable A a a' se rabattra en même
- Fig. *3.
- temps, et I on voit quec’û, est égal à a'a comme OrO, est égal à O’O. De là la construction suivante:
- LTMN et L T QU {ftg. étant le plan donné et le tableau: sur le premier, où 0‘ est la projection du point de vue, menons 0 0, parallèle à la ligne de terre et joignons 0, cl 0’ au point A considéré; ces droites rencontreront LT en a, et en a'. Portons Lcr, sur la ligne de terre du tableau et sur la perpendiculaire élevée au point a: à L'T portons a, a égal à <7, a, le point a sera la perspective cherchée.
- La même construction donnerait un second point b cl tous
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- ceux du plan horizontal que l'on voudrait meure en perspective.
- Celte construction s'effectue mécaniquement au moyen du perspectographe de Hermann Hitler dont ln/7g\ a5 présente un schéma.
- L’appareil se compose d’une série de règles, de bras, de glissières, d’articulations et d’œillets dont le jeu est assez facile à saisir.
- Les deux règles W cl LT sont fixées sur la planche à des-
- Pcrspectogroplie de Hermann Uiller.
- siner; la seconde. LT, que l’on place sur la ligne de terre du plan horizontal, présente une rainure formant glissière.
- Les deux bras O, A et OrA, articulés en A, peuvent glisser respectivement dans les œillets Oi, «j et O', a' que l’on ajuste à volonté sur les deux règles. Le centre de l’œillet O' est fixé sur la règle XY en coïncidence avec la projection du point de vue et l’œillet ü, sur cette même règle à une distance O'Oi, égale à la hauteur du point de vue au-dessus du plan horizontal; la distance de ce point de vue au tableau est donc celle du centre de l'œillet O' au bord de la règle LT.
- Les œillets ai et a' qui se laissent traverser par les brasAOi et AG' peuvent eux-mêmes couler le long de la règle LT. Un
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- LES INSTRUMENTS, LES MÉTI100ES ET LE DESSIN TOPOGRAPHIQUES. aâl
- système de deux losanges articulés égaux, CD EF et FOI K, disposés rectangulairement {la grande diagonale de l'un dans le prolongement de la petite diagonale de l'autre) et dont les articulations C et F sont rattachées aux œillets a, cl a‘ par des liges guidées, chacune de longueur constante et indépendantes l’une de l’autre, constitue une sorte de pantographe dont le bras IG, prolongé d’une quantité Ga = IG, porte le crayon qui trace la perspective.
- Le déplacement du style A sur le plan détermine d une part le glissement des bras AO« et AO', et de l outre celui des œillets a, et a't des centres d'articulation C et F, la déformation des losanges et le déplacement correspondant de la pointe du crayon a (les angles extérieurs aux deux losanges restent droits, comme il est aisé de s'en rendre compte, DFG ctEFK étant des bras coudés).Ce déplacement du crayon a peut être considéré comme la résultante de deux mouvements rectangulaires, l’un parallèle et l'autre perpendiculaire à la ligne de terre. On sait d’ailleurs ce que représentent les lettres at et a’ sur la ligure et l’on comprend que les deux mouvements rectangulaires qui correspondent à la déformation des deux losanges résultent du déplacement des œillets at et a\ Mais nous répéterons, à propos du perspectographe de Hermann Hitler, ce que nous avons dit de l’appareil du IV Hauck ; il convient de le manier pendant quelques instants pour en comprendre complètement le jeu (*).
- Nous n’entrerons donc pas dans d'autres détails sur cet appareil au moyen duquel on paraît avoir surtout cherché à construire, point par point, la perspective d’un édifice, en considérant successivement les plans ou les sections horizontales qui passent par les lignes principales de l’architecture en même temps que les élévations, et en faisant varier, par conséquent, la hauteur du point de vue au-dessus des plans considérés, c’est-à-dire en déplaçant pour chacun de ces plans la position de l’œillet Ot.
- On conçoit d'ailleurs que I on pourrait également exécuter
- (') Le pcrÿpeclograpljo <!« Hermann RiUer a été construit par Cli. Sckroder, à Francfort-sur-Ic-Mcin.
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- une perspective de terrain d'aprcs un plan recouvert de courbes de niveau, en choisissant un point de vue assez élevé; mais nous allons faire connaître, à présent, un autre instrument dont la construction et le maniement sont plus simples et au moyen duquel on obtient plus rapidement le même résultat.
- IX. — Instruments de perspective destinés à la transformation des figures {suite).
- Perspecteur de M. Ch. von Ziegler. — Cet instrument est un compas à deux branches dont les longueurs peuvent varier incessamment (fg. 26); elles portent pour cela des rallonges à coulisse sur lesquelles sont pris deux des côtés
- Fig. 26.
- d*un petit losange articulé qui lie leurs mouvements angulaires. La diagonale de ce losange le long de laquelle glisse le sommet opposé à ('articulation du compas est une lige Inclinée à 4'5° sur l’horizon invariablement fixée à un support convenable. Celte diagonale étant toujours la bissectrice de l'angle des deux branches du compas, il en résulte que les mouvements angulaires de celles-ci sont égaux.
- Supposons un plan vertical QKXY et un plan horizontal UZXY dans l'angle desquels soit disposé le compas dont la
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- lige bissectrice 01 est fixée par son extrémité I sur la licne médiane du plan vertical et dans un plan perpendiculaire à Paré le XV.
- Une figure tracée sur leplan vertical pourra être reproduite, agrandie, réduite, ou en vraie grandeur, en faisant suivre les lignes de cette figure par l'extrémité sèche a' de l’une des pointes du compas, l'extrémité de l’autre pointe, qui porte un crayon a, étant maintenue en contact avec une feuille de papier à dessin placée sur le plan horizontal.
- Imaginons maintenant un autre plan horizontal MX UT à une certaine hauteur au-dessus du premier et formant avec le plan vertical un système analogue à celui que I on considère en perspective, c'est-à-dire composé d'un plan géonté-tral cl d'un tableau.
- Le sommet du compas doit être considéré comme le point de vue du tableau et la branche supérieure réduite à une ligne droite idéale, prolongée jusqu’au géoméiral, comme un rayon visuel qui parcourt les lignes des figures de ce plan. Les rayons visuels successifs traceraient évidemment sur le tableau la perspective de ces figures, laquelle pourrait être reproduite sur le plan L’VXV à l’aide du compas.
- Mais il est aisé devoir que le tableau QIt LT est inutile et qu’il suffit de conserver la partie du plan vertical LTXY qui relie les deux plans horizontaux pour y planter la douille de la lige bissectrice AI du compas. Eu faisant suivre par l'extrémité A de la branche supérieure, suffisamment prolongée, les lignes du plan horizontal MX LT, le crayon a qui termine l’autre branche en tracera la perspective.
- Cette disposition de l’appareil se trouve réalisée sur la fig. a;, avec les accessoires nécessaires pour résoudre complètement le problème qui a pour objet l’exécution d’un paysage d'après une carte topographique nivelée (*)
- (•) L'Instrument représenté {fig. a:’ a reçu le nom de perspecteur panoramique, [.'auteur a construit un autre modèle, dit perspecteur d’architccie. que nous nous dispenserons de décrire parce qu'il a beaucoup moins d'intérêt [tour nous et que, d'ailleurs, son principe est absolument le même.
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- On y voit la table supérieure portée par quatre pieds pouvant coulisser dans l’épaisseur de la table inférieure qui lui sert de support et sur rallongement de laquelle est posé le papier à dessiner pour recevoir la perspective. Une manivelle placée sur la table inferieure et correspondant au milieu de
- Fig. 37.
- Perspccieur panoramique de CI», von Ziegler.
- la table supérieure permet d’élever ou d’abaisser celle-ci de quantités déterminées et aussi faibles qu’on le veut, en se guidant d'après les indications d’un cadran sur lequel on évalue le dixième de millimètre, la course totale du mouvement vertical des quatre pieds à coulisse étant de o'",i5.
- Une division marquée sur l’un de ces pieds permet de régler la hauteur en tenant compte de l’échelle de la carte,
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- LES INSTRUMENTS, LES MÉTHODES ET LE DESSIN TOPOGI» VPIIIQIES. *S5
- après avoir décidé celle que l’on veui donner effectivement au point de vue en mètres, dans l'espace. D'un autre cOté, et en se couronnant encore à l’échelle, on dispose la carte, en l’orientant de façon à placer l'observateur à une distance déterminée de l'un des points du terrain dons les conditions que l’on estime les "plus favorables pour bien découvrir tout le pays.
- Nous donnons à titre de spécimen {PL ///) la réduction à l’échelle de £ d’une vue de Sainte-Marie-aux-Mines et des environs, exécutée par M. Ch. von Ziegler, d'après le plan à l’échelle de avec courbes de niveau, publié dans cet Ouvrage (3e Série, t. II, 1900, PL J II). Les conditions adoptées par l’opérateur étaient les suivantes : Le point de vue pris à 30001" d’altitude est situe à 9*"' à l’est de l’église de Sainte-Marie-aux-Mincs, soit à on,,45 à droite de cette église sur le plan; enfin, la distance du point de vue au tableau était de o*,60, par conséquent sur la réduction {PL IJ), la position relative du point de vue dans l'espace restant d’ailleurs la môme, sa distance sur le plan n’est plus que de ow,225 et sa distance au tableau de o^^o. En examinant avec un peu d’attention celle vue obtenue par un procédé purement mécanique, on remarquera que les courbes de niveau équidistantes de 5om y ont été déterminées par points suffisamment rapprochés et l’on comprendra aisément que l’opérateur n’a eu qu’à régler son appareil pour chacune d’elles en partant de la plus basse cotée 35o. Le point de vue étant supposé à l’altitude de 3ooow, à l’échelle du plan qui est de ^0&uv, l'index, qui devraii marquer o®, 15 sur la colonne à coulisse divisée pour 3ooo'" au-dessus du niveau de la mer, a été placé
- à 0“, 13a5 =--------------pour la courbe 35o, et comme 5o”
- 20000 1
- à l’échelle de i(tîuu sont représentés par ou‘,oo25, c’est de celle quantité que la table supérieure a dù être relevée successivement jusqu’à ce que l'on ait atteint la courbe de <ponl qui est la plus haute (*).
- (!; M. von /.ieirlcr montrait, à l'Exposition universelle de i»oo, plusieurs vues de Suisse, exécutées avec son perspocteur. 11 en a publié,
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- Il serait assurément intéressant de comparer des vues prises en ballon ou avec un cerf-volant et celles que l'on construirait à l’aide du perspecteur, en se plaçant dans des conditions analogues, c'est-à-dire en adoptant la môme altitude, la même projection horizontale de la station et la môme orientation. Cet exercice pourrait être recommandé aux écoles d'aérostation.
- On ne saurait prétendre, bien entendu, dans la plupart des cas, résoudre le problème inverse, c’est-à-dire tracer la carte d’après une vue unique prise d’un point élevé, car les sections horizontales n’y sont pas apparentes (*)• Mais, dans les pays de plaines étendues où les cours d’eau, les routes, les divisions de culture, etc., sont sensiblement au même niveau ci où précisément la méthode ordinaire devient difficilement praticable, on pourrait, croyons-nous, tirer un parti très avantageux de chacune des vues prises en ballon, en les soumettant à l’appareil dont il s'agit, qui est d’un maniement si simple.
- Nous terminerons ce qui se rapporte au perspecteur de M. von Ziegler en ajoutant qu’il y a quelques détails de construction et de pratique dans lesquels nous n'avons pas voulu entrer pour ne pas interrompre l'exposé des propriétés de cet instrument. Nous allons indiquer succinctement les plus essentiels de ces détails. Ainsi, sur la Jig. 27, où l’on voit l'opérateur en train de manœuvrer, on reconnaîtra immédiatement l’existence d'un petit contrepoids sur le prolongement extérieur de la branche supérieure du compas destiné à lui faire équilibre, et le fil que l’opérateur tient de la main gauche pour modérer ou même interrompre la pression du crayon sur le papier; enfin, un petit support que l’opérateur
- dans sa brochure déjà citée, un curieux spécimen qui représente le cours du Rhône dans te canton de Genève, avec fextrait correspondant de la carte du Bureau topographique fédéral sur laquelle les courbes de niveau sont à l'équidistance de icr.
- C’est le cas de rappeler l'usage des perspectomêlres que conseille M. Deville, quand on est parvenu à tracer les courbes do niveau sur les vues photographiées. Cette destination suffirait à Justifier les détails dans lesquels nous sommes entré a ce sujet, (l oir $ 11.)
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- tient de la main droite et dont on comprendra mieux la forme et l’usage en recourant à la Jig. 28.
- Ce petit support consiste dans une sorte d’angle dièdre rectangulaire dont les deux faces sont elles-mêmes des triangles rectangles égaux. L’arête verticale de ce dièdre a exactement ioctu de hauteur et porte à son sommet un petit
- Fig. a*.
- cylindre qui se fixe à l'extrémité de la branche supérieure du compas.
- Dans le cas où la table qui porte la carte ne peut pas être élevée jusqu'à la hauteur des sommets dont on veut avoir la perspective (ce qui arrive dans les pays de montagnes où l’on n’a pas pris le point de vue à une très grande hauteur), on règle cette table à io,m plus bas et, en promenant l’angle inférieur du dièdre sur les points cherchés des courbes successives, on en obtient la perspective, l’extrémité de la branche du compas se trouvant ramenée à la hauteur convenable.
- X. — Instruments de perspective destinés à la transformation des figures. Perspectograp/ie optique.
- La position du point de vue dans le perspecleur (/?§*. 26 et27) est telle que les figures sur le plan horizontal de projection ne peuvent être tracées qu’au delà de la ligne de terre. On a pu remarquer, dans l’exemple que nous avons donné, l’inconvénient qui en résultait, c’est-à-dire l’obligation, pour exécuter une vue convenable de Sainte-Marie-aux-Mincs,
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- d’après son plan nivelé, d’éloigner et d’élever beaucoup le point de vue.
- Le perspectographe optique, dont la disposition a la plus grande analogie avec celle du perspccteur et qui a été proposé antérieurement par 31. E. Deville ( ‘ ), a l'avantage de permettre de dessiner des figures planes en deçà et au delà de la ligne de terre d’après leur perspective ou réciproquement.
- Cet instrument ne comporte aucun mécanisme, ce qui est un autre précieux avantage, car il se réduit à un prisme de chambre claire, dont l'arête horizontale près de laquelle on doit placer l'œil est réglée de position par rapport aux deux tables où sont placés le plan ci la perspective, l'un des deux étant donné, et l’autre à dessiner d’après le premier.
- La distinction entre la perspective conique et la figure plane qui a servi à la construire, ainsi que le Tait remarquer 31. Deville, est purement conventionnelle, la dernière pouvant tout aussi bien être considérée comme la perspective de la première. Par conséquent, un instrument comme la chambre claire peut être utilisé pour restituer sur un plan horizontal la où les figures dont on a la perspective sur un plan vertical.
- Les deux schémas suivants (Jîg. 29 et 3o) feront aisément comprendre quelles doivent être la position relative des deux tables cl celle de la chambre claire, selon les circonstances, c’est-à-dire selon la grandeur de la distance du point de vue au tableau (constante quand on opère sur des images photographiques prises avec le même appareil) et sa hauteur au-dessus du plan horizontal de projection, laquelle dépend de la différence de niveau de ce point et du plan considéré, ainsi que de l’échelle adoptée.
- En réalité, le tableau, c’est-à-dire la vuedessinéeou la photographie, est posé sur ia table inférieure en V, V' V" et la distance OP est devenue la hauteur OP' de l’arête de la chambre claire.
- Sur la y?#-. 29, la hauteur ÛO' du point de vue au-dessus
- ; = Photographie perveying (p. Nj-fj'V M. Deville y indiquait aussi la chambre noire comme pouvant servir à ia solution des memes problèmes, mais il convenait que ce dernier moyen n otait «ucre praticable-
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- LES INSTRUMENTS, LES MÉTHODES ET LE DESSIN TOPOGRAl’IHQl'KS. 239
- du plan horizontal de projection (différence de niveau réduite à l'échelle du plan qui, dans ce cas, est supposée assez petite)
- Fi? 29-
- v:
- i i l pi
- •
- W-! °'v\
- \
- t K
- v..; \ \
- V, P' Vi a b' V,"
- est telle que le plan se trouvera entièrement dessiné en avant de la ligne de terre projetée en V'.
- Sur la fig. 3o; avec la hauteur OOr qui correspond à une
- Fig. 3o.
- V ‘ ________I_____^-1^2------
- v, P' a: &'v;c' vr
- Sur le* deux ligures, V V V' est la trace du tableau vertical fictif. O le point de vue par lequel'passe l’arC-tc horizontale postérieure de la chambre claire, et OP la distance du point de vue au tableau ou la distance focale de l'appareil.
- plus grande échelle et peut-être aussi à une plus grande différence de niveau, le plan se trouvera, au moins en partie, au delà de la ligne de terre.
- Dans les deux cas, l'opération s’effectue avec la même faci-
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- A. LACSSEDAT.
- u6o
- liié. Il y a lieu toutefois de prendre la précaution d'éclairer convenablement l'image et la feuille de papier sur laquelle on dessine et de détruire la parallaxe qui peut se manifester quand l'inégalité, entre les longueurs des rayons directs (allant à la pointe du crayon sur la table supérieure) et les rayons réfléchis (venant des différents points de l'image), devient assez grande (comme sur la fig. 29). On y parvient à l'aide d’un jeu de lentilles biconvexes ou biconcaves qui accompagnent la chambre claire.
- XI. — Instruments de perspective destinés à prendre des mesures sur les images dessinées ou photographiées.
- Perspectomètres. — Comme leur nom l'indique, les instruments qu'il nous reste à examiner et que nous aurions pu déjà décrire au Chapitre 111, car ils sont anciens et nous les avons employés nous-môme depuis longtemps, servent à effectuer des mesures, à évaluer des angles ou des distances sur les perspectives de monuments ou de paysages.
- Perspectomètre angulaire. — L'instrument très commode dont il s'agit, et qui est représenté par la fig. 3i, peut être
- considéré comme un rapporteur d’angles sur des perspectives coniques planes dessinées à la chambre claire ou photographiées.
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- 1.ES INSTRUMENTS, LES MÉTHODES ET LE DESSIN TOPOGRAPHIQUES- 5>61
- C’est un réseau tracé sur une feuille de papier transparent ou sur une lame mince de corne, de verre ou de celluloïd, dans un rectangle dont les dimensions sont celles du dessin ou de la photographie sur laquelle on doit opérer.
- Ce réseau a deux axes de symétrie qui correspondent à la ligne d'horizon IIH’ et à la ligne principale VV’de la perspective. Il est composé, dans le sens de la largeur, de droites perpendiculaires à la ligne d’horizon dont les distances au point principal, à droite et à gauche de ce point, sont, sur la figure, les tangentes des angles de 5®, io°, 15°, 20°, 20° et 3c* dans un cercle dont le rayon est égal à la distance du point de vue au tableau, laquelle est, comme on sait, quand on opère sur une photographie, la distance focale de l’appareil qui a servi à l’obtenir.
- Dans le sens de la hauteur, les lignes du réseau sont des arcs d'hyperbole ayant pour centre commun le point principal et leurs sommets sur la ligne principale, car ils représentent les intersections,par le plan du tableau, de cônes droits dont le sommet commun est au point de vue et l'axe une droite verticale, par conséquent parallèle au plan du tableau, dirigée de bas en haut pour une moitié des cônes et de haut en bas pour l’autre moitié (* ). Les génératrices de ces différents cônes, dont les intersections par le plan du tableau sont tracées sur la Jig. 3r, font avec l’axe correspondant, dans un sens ou dans l’autre, des angles décroissants de 5U en 5°, depuis 85° jusqu'à 70”, ce qui correspond à des ongles de ces génératrices avec l’horizon, soit au-dessus, soit au-dessous de 5°, io% i5° et 2o° (-).
- (*) Nous avions déjà rencontré ces arcs d'hyperbole à propos de la détermination de la ligne d’horizon sur la planchette de la chambre claire (Chapitre III, p. ioo, en noie;, et nous en avions aussitôt fait usage pour évaluer les angles de hauteur sur les perspectives, ce qui nous avait conduit à construire le réseau de la Jig. 2u, à l'aide duquel nous exécutions les mesures indiquées dans le texte; mais ce réseau était déjà connu et son emploi c-mseillê par certains auteurs pour guider les topographes qui veulent faire du pavsage.
- {’) Ces angles sont aussi ceux des asymptotes avec !a ligne d'horizon qui est Taxe commun des hyperboles, et la symétrie de la figure par rapport à celte ligue et delà ligne principale facilite le tracé des courbes.
- 3* Série, t. HT.
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- A. LAI'SS Kl
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- On voit immédiatement que le pcrspectomcire angulaire construit pour une distance déterminée du point de vue au tableau doit accompagner la chambre claire ou l’appareil à l’aide duquel on a dessiné les vues ou obtenu des photographies-
- Les dimensions des dessins ou des épreuves et l'amplitude angulaire de l'instrument inlluenl sur le nombre des lignes du réseau. Ainsi, sur les images dessinées à la chambre claire, avec une distance du point de vue au tableau de om,3o et une amplitude deGo" dans le sens horizontal, nous avions tracé les lignes de degré en degré et nous pouvions évaluer les angles à 10' près (' ).
- On devrait faire de même pour des épreuves photographiques de 0.0 x 3o ou môme de 18 x obtenues avec un appareil dont la distance focale (ou la distance du point de vue au tableau, après amplification au besoin) serait dcom,2Ôà o'*,3o. .Mais il n’v a pas lieu d’insister et chaque opérateur saura bien déterminer les limites dans lesquelles il doit se tenir en construisant le perspeclomètre en question, selon les conditions dans lesquelles il se trouvera placé.
- Emploi du perspeclomètre angulaire. — Pour faire usage de cet instrument, on l’applique sur le dessin ou sur la photographie en faisant coïncider les ligues d'horizon et les lignes principales du réseau et de l’image.
- S’il s'agit d’évaluer la hauteur apparente d’un point quelconque, tel que a, b, c ou <1, situé au-dessus ou au-dessous delà ligne d’horizon ( fi g. 3i), oit voit immédiatement qu’il est
- (L Nous nous sommes souvent servi du réseau perspectif (c’élatlle nom sous ldi nul nous désignions ce perspeclowélrc ) pour évaluer l’angle de In direction d’une station voisine de celle ijne nous occupions avec un poinL remarquaIde de la vue que nous exécutions, sans que l'image de celte station > figurât. .Nous nous conimiti.iiiÿ de faire tourner la ptan-c h elle avec la chambre claire, du manière à avoir l’image du point de repéré et celui de la station sur une feuille du papier blanc portant la ligne d'horizon et la ligne principale, nous nous dispensions ainsi de recourirà d'autres instruments gnniomételque*. La rliambre claire et le réseau nous
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- LES INSTRUMENTS, LES MÉTHODES ET LE DESSIN TOPOGRAPHIQUES. *63
- aisé de lire par estime cette hauteur sur la graduation de la ligne principale.
- L’angle réduit à l’horizon de deux points de l’image s’évalue presque aussi rapidement, en projetant d’abord, à vue, chacun des points sur la ligne d’horizon (ce que les deux lignes verticales voisines du réseau raciliteni singulièrement) et suivant qu’ils sont situés du môme côté ou de part et d’autre de la ligne principale, en prenant la différence ou en faisant la somme des deux lectures.
- Enfin, de môme que l’on relève ainsi les coordonnées angulaires des points d’une vue géométrique (dessinée à la chambre claire ou photographiée), on peut aussi rapporter sur une esquisse dessinée à main levée des mesures faites à l’aide d’un instrument géométrique pour corriger les appréciations de l’opérateur. C'est à cet usage que parait avoir été d’abord destiné le réseau perspectif.
- Perspectomêtre linéaire. — Le nom de perspectomètre angulaire proposé pour l'instrument graphique précédent est
- justifié par le genre d’opérations auquel il se prête : relever ou rapporter des angles. Celui que nous allons décrire est destiné à l’évaluation de longueurs et de distances, et c’est pourquoi nous avons adopte la dénomination ci-dessus.
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- LAISSEDVT.
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- Il s’agit encore d’un réseau dont nous avons déjà indiqué la construction, .connu depuis longtemps sous le nom de treillis perspectif, tandis que le procédé qu'il sert à appliquer porte celui de craticulation.
- Sur le rectangle HH'XX' {fig- 3a) dont les dimensions correspondent à celles de la vue dessinée à la chambre claire ou photographiée (*), HH' étant égale à la largeur et HX au moins égal à la moitié de la hauteur de l image (*), la première est la ligne d’horizon et son milieu P le point principal.
- Le réseau est composé de lignes rayonnantes qui partent de points de division équidistanis sur la ligne XX' prolongée à droite et à gauche et de parallèles à celte ligne dont l'espacement est déterminé par les rencontres de la droite menée du point V’ (ou de l'un des autres points de division convenablement choisi) (3) au point de distance avec les lignes rayonnantes (on sait que les premières sont les perspectives de droites équidistantes perpendiculaires au plan du tableau et les secondes les perspectives de lignes de front également équidistantes).
- Le réseau de trapèzes ainsi construit est donc la perspective d'un réseau de carrés qui serait tracé sur le plan horizontal de projection, réseau déterminé par deux systèmes de droites, les unes perpendiculaires et les autres parallèles à
- (5) Pour simplifier le langage dans tout ce qui va suivre, nous supposerons que l'on opère sur des photographies.
- (3) On sait que généralement la ligne principale et la ligne d’horizon se croisent au milieu de l’Image qui est le point principal. K y a cependant des cas, en présence de monuments rapprochés, dans des pays très accidentés, des gorges ou d'étroites vallées, où l'on est obligé de déplacer l'objectif en hauteur et, par conséquent, d’élever ou d’abaisser la ligne d'horizon sur l'image. HX peut donc être exceptionnellement plus grand ou plus petit que la demi-hauteur de l’image.
- {") Ou bien on peut prendre provisoirement pour petit côté du rectangle la parallèle à la ligne principale menée par le point de distance; l-s lignes rayonnantes, à partir de l’angle Inférieur, coupent alors ce où lé aux points par lesquels doivent être menées les parallèles à la base, comme il est aisé de le voir. Mais ia largeur de in photographie est tou-j >urs plus petite que le double de la distance du point de vue au tableau, et il faut supprimer tout eu qui est inutile dans celle seconde construction du perspucloinélrc.
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- LES INSTHtMKNTS, LES MÉTHODES ET LE DESSIN TOMOGRAPHIQUES. Vltij
- la ligne de terre. Celte ligne de terre LT marquée sur chaque photographie est divisée par les droites rayonnantes du per-spectoinèlre, et la longueur de l’une de ses divisions donne l’espacement des droites qui forment le réseau des carrés sur le plan.
- Usage du pcrspeçtomètre linéaire. — Le réseau ou treillis perspectif dont il s’agit, tracé comme le perspec-tomètre angulaire sur une surface transparente, s’applique dans les mômes conditions (coïncidence des lignes d'horizon et des lignes principales) et successivement sur chacune des photographies qui contiennent des ligures dont les contours sont horizontaux, les bords de la nier, d’un lac ou d'un étang ou même d'un cours d’eau dont la pente est peu sensible. La différence de niveau de la station et de l’un des points du bord de l’eau, réduite à l’échelle du plan et portée sur la photographie au-dessous de la ligne d’horizon, détermine la ligne de terre. Il convient donc, avant tout, d'obtenir sur le plan et par la méthode ordinaire des intersections, en recourant à deux vues au moins, la position sur le plan d'un point du bord de l'eau ou môme de plusieurs de ces points, à titre de vérification (‘).
- La différence de niveau dont on a besoin pour tracer la ligne de terre s’en conclut immédiatement, comme on le sait, et dés que celte ligne est marquée sur la photographie, on peut construire le réseau des carrés sur le plan, enfin effectuer l’opération de la craticulution.
- Le perspcciomètre peut servir à restituer les dimensions de figures représentées en perspective sur un plan vertical et
- (1 ) Nous supposons la présence de l’eau qui indique le plus souvent des contours rigoureusement horizontaux. Dans les pays de plaines où le? roules, les divisions de culture, les constructions do toute nature peuvent être considérées comme éiant sensiblement «le niveau, surtout si l'on opère eu ballon ou avec l’aide d'un cerf-volant, c'est-à-dire d'un point de vue assez élevé, le procédé peut encore s’appliquer dans bien des cas, même en opérant sur une vu.- unique. Dans ce cas. à la vérité, la figure que Ion obtient esl seulement semblable à la projection horizontale cherchée, et il faut avoir soin de se procurer lu valeur <1 une distante entre doux points bleu délinis pour déterminer l'échelle de cette liiriire.
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- L. LAUSSEDAX*
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- en général sur des plans perpendiculaires à celui du tableau. Nous en verrons quelques applications intéressantes; mais sans y recourir, les constructions faciles à exécuter pour atteindre le môme but ne manquent pas. Nous en avons déjà donné une (a6 série, 1.1, 1899, p. 472 et suivantes) et nous indiquerons encore quelques-unes de celles qui ont été proposées par d’autres auteurs.
- (A suivre.)
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- PREMIÈRE CONFÉRENCE
- TACTS AC CONSERVATOIRE NATIONAL DSS ASM ET MÉTIERS,
- LE DIMANCHE 27 JANVIER 1901
- PRÉVENTION DES ACCIDENTS DU TRAVAIL,
- Par M. H. MAMY,
- Ingénieur des Arts et .Manufactures,
- Directeur de VAssociation tics Industriels de France contre les Accidents du Travail.
- I. — La Prévention des Accidents du Travail.
- Mesdames, Messie tus,
- L'industrie esl un champ de bataille sur lequel on relève trop souvent, aujourd'hui, des mûris et des blessés. Xon pas que l'accident du travail soit un fait nouveau : il e$L aussi ancien que le travail lui-même. De tout temps il y a eu des ouvriers victimes de l’exercice de leur profession. Mais Ja situation a bien changé depuis que le génie de Wall, en créant la machine à vapeur, a fait naître l'industrie moderne. A l'outil manuel, dont l’ouvrier était le maîire presque absolu, qui n’était, pour ainsi dire, que le prolongement de ses organes, s'est substituée la niacliiue-outil. Au travailleur humain a succédé le travailleur d’acier.
- L’atelier d'autrefois, où le patron, avec quelques compagnons et apprentis seulement, vivait et travaillait dons une intimité presque familiale, a disparu, pour faire place aux usines modernes, vastes ruches bourdonnantes où l'essaim des machines-outils taille, coupe, perce, écrase, sous l’œil de
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- l’ouvrier chargé simplement de les surveiller, de les diriger et de les alimenter.
- Ces machines, qui se développent continuellement en nombre, en puissance, en vitesse, reçoivent la force et le mouvement de nombreux organes de transmission : courroies, câbles, poulies, volants, engrenages. L’ouvrier se trouve ainsi placé dans une atmosphère de dangers; il ne peut s’y soustraire ; il est contraint de vivre sous la menace incessante de l’accident.
- Est-il donc étonnant qu’en présence de cette situation, dans presque tous les pays industriels, les cœurs se soient rapprochés, les volontés se soient unies, pour chercher la meilleure solution possible de ce grave problème des accidents du travail? Les pouvoirs publics, les ingénieurs, les industriels, unis dans une pensée généreuse et humaine, dans une collaboration féconde, se sont efforcés de lutter contre le danger et d’en atténuer les terribles conséquences.
- Si naturelles, si légitimes que paraissent ces préoccupations, on les comprend mieux encore lorsqu’on parcourt les relevés statistiques des accidents du travail. A défaut de renseignements suffisamment précis pour la France, l’Allemagne, où la déclaration obligatoire des accidents se fait depuis longtemps, nous fournil des chiffres instructifs. Le Tableau suivant les donne pour l'année 1896 :
- SOMBRE DES ACCIDENTS DIT TRAVAIL DÉCLARÉS.
- Corporations industrielles................ 233 319
- Corporations agricoles et forestières..... 9*099
- Administrations publiques................. 2j 970
- Total................ 349388
- corporations industrielles seulement.
- Accidents déclares.......................... a333i9
- Mort.......................................... 4040
- Incapacité permanente totale................... 5g5
- Incapacité permanente partielle........... 20231
- Incapacité lemporairede plus <Jc 13 semaines. 13 65-a
- On voit, par l'examen de ces chiffres, combien est irnpor-
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- LA PRÉVENTION DES ACCIDENTS Dl' TRAVAIL. 269
- tant le rôle de cette science nouvelle qu’on appelle la Prévention des Accidents du Travail et que l’on pourrait définir ainsi : la recherche et l'application de tous les moyens pratiques propres à réduire au minimum les accidents qui menacent l’ouvrier dans son travail.
- Dans tous les pays industriels, les pouvoirs publics s'en sont préoccupés, en préparant ou en édictant, à cet effet, une législation et une réglementation spéciales. Je n’aborderai pas l’examen de cette législation, qui rentre dans le programme du cours d’un des éminents professeurs du Conservatoire. Je rappellerai seulement, pour la France, la loi du 12 juin 1893 concernant l’hvgiène et la sécurité du travail dans les établissements industriels, loi dont les prescriptions ont été complétées par celles du décret du 10 mars 1894.
- L’initiative privée, de son côté, avant môme que les pouvoirs publics fussent intervenus, s'était appliquée à la solution du problème. Des efforts individuels s’étaient produits, mais c’est principalement par une action collective, sous la forme d’Associations d’industriels, que des résultats d'une grande importance ont pu être obtenus.
- Les premières Associations d'industriels ayant pour but la prévention des accidents sont les Associations de propriétaires d’appareils à vapeur. Il en existe en France et dans un certain nombre d’autres pays, tels que l’Allemagne, l'Autriche, la Belgique, l’Italie, la Suisse. Leur action est limitée ; elle 11e s’adresse, en effet, qu’aux appareils à vapeur. Mais elle s’exerce d’une manière si utile, si efficace, qu’elle a eu pour résultat de supprimer presque complètement les explosions dans les chaudières des membres de ces institutions.
- A côté des Associations de propriétaires d’appareils à vapeur, il s’en est créé d’autres ayant pour but de combattre les accidents du travail en s'adressant, non plus aux générateurs à vapeur, mais à tout le reste de l’outillage de l’usine, moteurs, transmissions, machines-outils, ainsi qu’à l'installation générale et aux conditions hygiéniques des ateliers.
- La première en date est celle de Mulhouse. Elle a été fondée en 1867 sous le patronage de la Société industrielle de Mulhouse et sur l’initiative d'un grand manufacturier alsacien,
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- M. Engell-Dollfus. Eile a posé les premiers jalons de la prévention des accidents du travail et rendu à l'industrie, dans cet ordre d'idées, des services considérables. Il est juste de rappeler ici quelques-uns des termes de l'appel que M. Engel-Doilfus adressait à ses collègues alsaciens :
- « Le patron, disait-il, doit autre chose à ses ouvriers que le n salaire. Il est de son devoir de s'occuper de leur condition » morale et physique, et cette obligation, toute morale et » qu’aucune espèce de salaire ne saurait remplacer, doit » primer les considérations d’intérêt particulier, qui paraissent » quelquefois se meure en opposition avec ce sentiment.
- » Si notre propre vigilance n’était jamais en défaut, on » pourrait admettre peut-être, sans exclure la compassion, » moins de sollicitude ou un patronage moins inquiet; mais, » au milieu de ses nombreux travaux, chacun de nous peut-» il constamment affirmer qu’il ne lui reste rien à faire pour » prévenir les accidents, et qu'il est au courant des moyens » les plus nouveaux, les plus propres à lui faire atteindre ce » résultat?
- » Je laisse à la conscience de chacun le soin de répondre à » celte question, en nie bornant à vous faire remarquer que, » nous aussi, nous nous habituons au danger qui nou9 » entoure, et qu’il est indispensable qu'une surveillance spé-» ciale et constamment en éveil nous rappelle de temps en » temps la nécessité d’en préserver ceux qui y sont le plus » exposés, b
- L’exemple donné par l’Association de Mulhouse pour engager résolument la lutte contre les accidents du travail n’a pas été perdu. D’autres Associations d’un caractère semblable se sont fondées. Elle leur a servi de modèle. C’esi, en 1880, Y Association normande, créée à Rouen par XI. de Coëne; en i883, à Paris, Y Association parisienne des industriel, fondée par Émile Xluller sous les auspices de la Société de Protection des Apprentis et devenue bientôt Y Association des Industriels de France contre tes accidents du travail; en «894 s’est constituée, à Lille, Y Association des Industriels du Nord de ta France.
- En mouvement analogue s’est produit à l'étranger; il a
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- LV PRÉVENTION DES ACCIDENTS DU TRAVAIL. iTI
- donné naissance, en 1890,4 VAssociation des Industriels de Belgique, el en 1894 à VAssociation des Industriels d'Italie contre les accidents du travail.
- Toutes ces institutions, dues à l'initiative privée de l'industrie, se sont donné pour mission de réduire au minimum possible le nombre des accidents, en poursuivant l'amélioration constante des conditions de sécurité du travail et d’hygiène des ateliers. Leur action s’exerce sous des formes diverses : par des inspections faites dans les usines, par des publications spéciales, par des instructions pratiques mises sous forme d’affiches et destinées à être placardées sous les yeux des contremaîtres et des ouvriers.
- Certaines d’entre elles ouvrent des concours publics pour la création ou l’amélioration de dispositifs de sécurité ou d’hygiène, et d’importants résultats ont été obtenus ainsi.
- Une autre création de l’initiative privée, ayant également pour but la prévention des accidents du travail, est celle des Musées d’hygiène industrielle. Il en existe trois aujourd’hui, en Suisse, en Autriche et en Hollande.
- £11 Suisse, les éléments du Musée ont été réunis par les soins des inspecteurs fédéraux. Après avoir figuré quelque temps au Musée industriel de Winterthur, le Musée des accidents a été transporté au Polytechnicum de Zurich, où il se trouve actuellement.
- Le Musée d'hygiène industrielle de Vienne, fondé en 1890, est dû à l’initiative du Dr Migerka, alors inspecteur central du travail en Autriche. Grâce à ses efforts, ce très intéressant Musée compte, aujourd’hui, plus de quatre cents modèles d’appareils protecteurs.
- Le Musée d’Amsterdam a été créé en 1892. A côté de modèles de petites dimensions, il place, sous les yeux des visiteurs, des machines en mouvement, telles qu’elles fonctionneraient dans un atelier, et parfaitement protégées.
- On voit, par ce rapide exposé, que les efforts de l’initiative privée sont venus très heureusement seconder l’action des pouvoirs publics et apporter à ceux-ci un précieux concours. Grâce à cette action parallèle, animée d'un même esprit et marchant vers le même but, il est à espérer que le nombre
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- des accidents du travail se réduira de plus en plus, au bénéfice commun des patrons et des ouvriers.
- Abordons maintenant l'étude des principes généraux qui doivent guider pour l'organisation, dans un atelier, des meilleures conditions de sécurité du travail.
- II. — Aménagement des ateliers.
- Les conditions de sécurUé que l'on doit s'eiïorcerde réaliser le plus complètement possible dans l'aménagement d'un atelier sont, d’une part, un bon éclairage, et d’autre part un emplacement suffisant pour que l’ouvrier puisse travailler avec une entière liberté de mouvement. Les abords de chaque machine seront débarrassés de tout objet dont la présence n'est pas strictement nécessaire.
- Lu lumière est une condition de sécurité. C’est aussi une condition de bon travail. On devra donc éclairer le mieux possible les locaux de fabrication, les passages de circulation, tous les points où l’ouvrier doit intervenir à un moment donné.
- L’aération des locaux doit cire suffisante pour que l’ouvrier ne séjourne pas dans un air vicié et ne se trouve pas ainsi dans de mauvaises conditions hygiéniques.
- Autant que possible, on évitera d'entasser les machines dans un espace trop restreint; on ménagera autour d’elles, dans tous les sens, des passages suffisants pour que la circulation soit aisée. Tout au moins, si la place manque, on établira les couloirs de circulation dans des conditions de largeur suffisantes et l’on interdira le passage entre les machines trop rapprochées les unes des autres. On enlèvera les produits fabriqués et les déchets du travail au fur et à mesure de leur production. Il ne faut pas oublier que de nombreux accidents ont eu pour cause des chutes déterminées par l'encombrement du sol ou la difficulté de circuler dans un espace trop restreint.
- Le sol de l’atelier doit être entretenu en bon état, uni et propre. On évitera, dans la mesure du possible, tout ce qui pourrait le rendre glissant. Les creux, les dénivellations, les
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- LA PRÉVENTION' DES ACCIDENTS Dr TRAVAIL. j-‘j
- aspérités, tout ce qui peut déterminer une butée, un faux pas, une chute, sera supprimé.
- Les bassins, les canaux, les réservoirs s’ouvrant au niveau du sol et, en général, toutes les ouvertures qui doivent rester béantes en permanence seront entourées d*une solide balustrade de om.9o de hauteur environ. Les ouvertures qui ne doivent êtres béantes que temporairement seront fermées par un couvercle lorsqu’elles ne serviront pas.
- Les cuves devront présenter un rebord d une hauteur suffisante pour constituer un garde-corps efficace; si la hauteur du rebord est trop faible ou si la cuve s’ouvre au niveau du sol, on l'entourera d’une main courante.
- Les escaliers seront munis de rampes solidement fixées. Ces rampes régneront des deux eûtes de l’escalier lorsque les nécessités du travail ne s'y opposeront pas; tout au moins devra-t-il y en avoir une, qui pourrait être mobile si les besoins du service exigeaient qu’à certains moments elle pût être enlevée.
- Machines-outils. — D'une manière générale, toute machine-outil doit être pourvue d’un dispositif de désembrayage permettant de l'arrêter rapidement.
- Les désembrayages le plus généralement adoptés sc font par poulie fixe et poulie folle, ils doivent être établis de manière qu’une mise en marche imprévue, indépendante de la volonté de l'ouvrier, ne puisse sc produire. Cette mise en marche inopinée pourrait être due soit au grippement de la poulie folle, soit au passage accidentel de la courroie sur la poulie fixe.
- Pour éviter le grippement de la poulie folle, on installera cette poulie sur un arbre ne tournant pas à une trop gronde vitesse; on lui donnera un diamètre un peu plus faible que celui de la poulie fixe,pour diminuer la tension de la courroie, et on la munira d’un bon système de graissage automatique. On pourra même supprimer complètement le danger de grippement en montant la poulie folle, non pas sur l'arbre de la poulie fixe, mais sur une douille indépendante entourant cet arbre sans le loucher.
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- Pour éviter le passage imprévu de la courroie sur la poulie fixe, on montera le désembrayage de manière qu'un effort de quelque importance soit nécessaire pour le faire fonctionner. On le disposera également de manière qu’il puisse être calé à l'arrêt, soit par l’intermédiaire d’une goupille ou d’un taquet, que l’ouvrier devra toujours meure en place lorsqu’il désem-bravera la machine, soit automatiquement, par le moyen de crans d’arrêt ou de verrous de calsge.
- Ces divers modes de fixation à l’arrêt s’opposent également à ce qu'une personne passant à côté de la machine n’agisse, soit par mégarde, soit par l’effet d'une chute, sur le désembrayage et ne le fasse fonctionner.
- Il importe aussi que l’ouvrier ne puisse pas se tromper sur la manœuvre à faire pour arrêter la machine-outil. Le fait s’est produit quelquefois avec les embrayages à deux cordons de tirage, l’un devant déterminer la mise en marche et l’autre l’arrêt. Cette erreur peut avoir une certaine importance au début d’un accident. Aussi remplace-t-on avantageusement, ou point de vue de la sécurité, les embrayages à deux cordons par les embrayages à un seul cordon, avec lesquels aucune erreur n’est possible.
- Le nettoyage des machines nécessite des mesures spéciales de prudence. Les parties mobiles ne devront être nettoyées que pendant les arrêts, et il sera prudent d’agir de même pour les parties fixes voisines des parties mobiles. Si un époussetage sommaire est nécessaire de temps en temps, on devra l'effectuer avec une brosse à long manche, ne présentant aucun cordon d’attache, de manière qu’elle puisse être instantanément abandonnée par l’ouvrier si elle était saisie et entraînée par la machine.
- Quant au graissage des machines, on doit recommander de généraliser le plus possible les systèmes de graissage automatique, qui ne nécessitent pas l’intervention de l’ouvrier. Les graissages s’effectueront, aulantque possible,à l’arrêt, et, lorsqu'il sera nécessaire de graisser pendant la marche, on emploiera, à cet effet, des burettes à manche et à long bec.
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- COURS PUBLICS k GRATUITS DE HAUT ENSEIGNEMENT
- DU CONSERVATOIRE NATIONAL DES ARTS ET MÉTIERS.
- PENDANT L ANXÊE 1901-iôÛÎ.
- Géométrie appliquée aux Arts (les lundis ei jeudis, à neuf heures du soir). — M. A. Laussedat, professeur; M. P. Haag, remplaçant. — Le cours ouvrira le lundi 4 novembre.
- Grandeur et figure «le la Terre. — Cartes géographiques >t topographique?. — instruments «Je lever et île nivellement. — Méthodes régtt> Hères. — Cadastre. — Méthodes expéditives. — Télémèlrio. — Notions de Géologie appliquée à l'élude des formes «lu terrain. — Méthode photographique. — Tracé des voies «le communication et des travaux d'ai l. — Calcul des surfaces, des déblais cl des remblais. — Abaques. — l’Iauimèlres et intégrateurs. • État de la Topographie et de la Cartographie «n France et à l'étranger.
- Géométrie descriptive (les lundis et jeudis, à sept heures trois quarts du soir). — M. E. Rocciië, professeur. — Le cours ouvrira le lundi 4 novembre.
- La perspective pratique. — Propriétés projectives des figures. — Ce trait de perspective et ses principales applications : arcades, voûtes d'arête, moulures, escaliers, ombres, images réfléchies, etc. — Nuliuits sur les L>as-reliefs et les décors. — La problème inverse de la perspective.
- Mécanique appliquée aux Arts (les lundis et jeudis, à neuf heures du soir). — M. N..., professeur.
- Lu nvis ultérieur annoncera le programme et l'ouverture du cours.
- Constructions civiles (les lundis et jeudis, à neuf heures du soir). — M. J. Pillet, professeur. — Le cours ouvrira le lundi 4 novembre.
- Les organes de CONSTRUCTION. — 1. Organes verticaux : Piles, piliers, murs, pans do bois et pans «le fer. — II. Organes horizontaux : Plancher?, voûtes, combles. — 111. Revêtements : Revêlements verticaux, revêtements horizontaux, couvertures. — IV. Organes mobiles: Curies, fenêtres, Persiennes, fermetures, etc. — V. Organes spéciaux aux /Inities : Eau, un/., électricité. — VI. Fondations.
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- 276 PROGRAMME DES CO ERS PO ER LANXÉE igOI-igOZ.
- Physique appliquée aux Arts (les lundis et jeudis, à sept heures trois quarts du soir). — M. J. Violt.e, professeur ; M. Villabd, remplaçant. — Le cours ouvrira le lundi 4 novembre.
- Électricité. — Lois fondamentales des phénomènes électriques et magnétiques. — Instruments de mesure. — Générateurs, accumulateurs et transformateurs. — Oscillations électriques. — Télégraphie et téléphonie. — Galvanoplastie. — Éclairage électrique.
- Électricité industrielle (les mercredis et samedis, à sept heures trois quarts du soir). — M. Marcel Peprez, professeur. — Le cours ouvrira le mercredi 6 novembre.
- Élude des lois de l'Induction servant de hase à la théorie et au calcul des machines dynamo-électriques à courant continu ou à courant alternatif.
- — Théorie des machines dynamo-électriques. — Description des types employés dans l'industrie. — Calcul des dimensions d'une machine devant satisfaire à des conditions données. — Des moteurs électriques. — Transmission électrique de la force et ses applications. — Calcul de rétablissement d’une transmission de force. — Machines à courant alternatif, leur théorie, leurs applications. — Accessoires des machines dynamo-électriques.
- — Appareils de mesure, conducteurs, canalisations. — Éclairage électrique.
- Chimie générale dans ses rapports avec l’Industrie (les mercredis et samedis, à neuf heures du soir). — M. É. Jlxg-fleisch, professeur. — Le cours ouvrira le mercredi 6 novembre.
- Chimie organique. — Généralités sur les composés organiques. — Histoire particulière des substances organiques les plus usitées : carbures d'hydrogène, alcools, éthers, phénols, aldéhydes, acides, matières azotées, corps à fonctions mixtes; leurs productions, leurs propriétés, leurs réactions cl leurs applications dans les diverses industries.
- Chimie industrielle (les mardis et vendredis, à neuf heures du soir). — M. É. Fleurent, professeur. — Le cours ouvrira le mardi 5 novembre.
- I. Industrie chimique minérale. — Situation économique. — Industrie de l’acide snlfurlque.de la soude cl du chlore. — Potasses. — Acide nitrique et nitrates. — Sels ammoniacaux. — Phosphore et phosphates. — Soufre, sulfure de carbone et sulfocarbonates. — Prussiales, aluns et produits divers. — Soude. — Chlore et produits divers électrulytiques.
- II. Matières végétales. — Constitution histologique et composition chimique des végétaux. — Emplois alimentaires. Procédés de conservation.
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- PROGRAMME DES COIRS POUR L'ANNÉE If/OI-sgO’.*.
- Métallurgie et Travail des métaux (les mardis et vendredis, à sept heures trois quarts du soir). — _\I. L'. Le Verrier, professeur. — Le cours ouvrira le mardi 5 novembre.
- isolions sommaires de Géologie et d'exploitation des mines. — Gisements et extraction des combustibles et des métaux usuels. — Etat de l’industrie métallurgique dans les differents pays.
- Chimie appliquée aux industries de la Teinture, de la Céramique et de la Verrerie (les lundis et jeudis, à sept heures trois quarts du soir). — M. V. df. Luyxes, professeur. — Le lundi \ novembre.
- Verrerie. — Des verres. — Silicates qui entrent dans leur composition.
- — Fours de verrerie, soufflage, moulage, coulage. — Travail mécanique du verre. — Procédés Appert. — Verres de couleurs. — Vitres. — Gluces.
- — Routeilles, procédé Roucher. — Emaux. — Mosaïques. — Vilraux. — Verres d'optique.
- Céramique. — Matières premières employées dans la fabrication des poteries. — Argiles, roches, sables. — Préparation des pâles céramiques.
- — Terres cuites, faïences, grès, porcelaines, façonnage, tournage, moulage, coulage. — Fours.— Mesure des températures. — Décoration des poterie?-
- Chimie agricole et Analyse chimique (les mercredis et samedis, à sept heures trois quarts du soir). — M. Th. Scm.oEsixG, professeur; M. Th. Scblccsing fils, remplaçant. — Le cours ouvrira le mercredi 6 novembre.
- I. Développement des plantes. — Germination. — Origine et assimilation du carbone, de l’hydrogène, de l'oxygène. — Respiration. — Origine et assimilation de l'azote. — Nutrition minérale.
- Engrais : Fumier. — Engrais phosphatés, potassiques, azotés. — Eaux d'égouts. — Engrais divers. — Notions sur les amendements et les assolements.
- II. Analyse appliquée aux substances minérales contenues dans les sols et lus végétaux. — Dosage des alcalis, des terres, des principaux acides minéraux.
- Agriculture (les mardis et vendredis, à neuf heures du soir). — M. L. Orandeav, professeur. — Le cours ouvrira le mardi :» novembre.
- Alimentation du bétail. — La nutrition île l'animal. — Composition des animaux et de leurs produits : chair, graisse, lait, laine. — Composition des Tourrages et des aliments concentres du bétail. — Résultats des recherches expérimentales sur l'alimentation du béluii : chevaux, bu-ufs, vaches Unit* Série, t. JH.
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- ODJE DES
- COI* R S PO l*R 1,'AXXÉE lQOl-1902.
- liércs, moule::?. porc?. — f)Igc?lib:!ilé cl r.liï:?alion îles aliments. — fialcnl cl établissement dos ration?, buis divers : élevage, engraissement, lacta-
- Champ d'expériences du Parc des Princes. — Dix années d'expériences culturale?. — Résumé cl discussion «les résultats.
- Filature et Tissage (les mardis et vendredis, à sept heures trois quarts du soir). — M. J. Imbs, professeur. — Le cours ouvrira le mardi 5 novembre.
- Fibres textiles et leurs origines: leur? propriétés générales et particulière?.— Assemblage continu des fibres par torsion et fil textile eu général. — Titrage et épreuve de? fils. — Soie et fils de soie. — Opérations préparatoire? des fibres discontinues. — Préparations de filature, C3rdages, peignages, étirages.
- Économie politique et Législation industrielle (les mardis et vendredis, à sept heures trois quarts du soir). — M. K. Levasse™, professeur. — Le cours ouvrira le mardi r> novembre.
- Répartition de la richesse. — Le salarial et le salaire. — L’inlérét et le profit. — Changements dans les rapport? «lu capital et du travail. — Syndicats et grèves. — Coopération. — Théories socialistes sur la répartition.
- Économie industrielle et Statistique vies mardis et vendredis, à neuf heures du soir). — >1. André Liesse, professeur. — Le cours ouvrira le mardi 5 novembre.
- Circulation des richesses. — L'échange et scs moyens économiques. — Les prix : Prix de revient et ses éléments, prix de vente.
- La monnaie : Historique. — Les métaux précieux : Production, usages.
- — Systèmes monétaires. — Le change.
- te crédit et les banques. — Le crédit et se? modes divers. — Classification de? banques. — Banques de commerce et de dépôts: leurs opérations. — Rauques d’émission des principaux pays. — Concentration des banques; évolution en France et ù i’étranger. — Banques locales. — La spéculation commerciale etftnanci- rc; son iï.!e. — Banques de spéculation.
- — Banques populaires. — Banques foncières. — Rôle des différentes catégorie? do banques dans ia société économique.
- Art appliqué aux métiers (les mercredis et samedis, à neuf heures du soir). — M. L. Mac.xe, professeur. — Le cours ouvrira ie mercredi ü novembre.
- Principes de composition. —Décor par relief ou couleur. — Accord des
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- PROGRAMME DES COI RS PO IR L'ANNÉE I (>01-1902.
- KO
- formes avec les qualités de la matière. — Le sl\le. — Applications de l'ar au travail des métaux.
- Métaux usuels. - Le fer. — procédés de travail. - Leur utilisation pour le décor. — Construction métallique, ferronnerie et quincaillerie. Le plomb. — Applications décoratives du mêla! repoussé ou fondu.
- Le cuivre. — Sou alliage avec l'étain. — Martelage du cuivre et fonte du bronze. — Applications décoratives du métal martelé on fondu à la statuaire, aux appareils d'éclairage, au mobilier, à l'horlogerie, etc.
- Métaux précieux. — Or et arpent. — Orfèvrerie, bijouterie, joaillerie.
- Histoire du Travail, cours fondé par la ville de Paris (les lundis et jeudis, à sept heures trois quarts du soir). — M. G. Renard, professeur. — Le cours ouvrira le lundi \ novembre.
- Histoire economique et sociale de la deuxieme lie publique française (i$$8-i$>i). — Industrie. — Commerce. — Agriculture. — Impôts. —Crédit. — Faits et doctrines. — Institutions créées ou projetées. — Situation des travailleurs, etc.
- Assurance et prévoyance sociales, cours subventionné par la Chambre de Commerce de Paris (les mercredis el samedis, à sept heures trois quarts du soir). — .M. L. Madil-le.yu, professeur. — Le cours ouvrira le mercredi G novembre.
- Les assurances sociales (autres que l'assurance contre la vieillesse traitée en j900-«901):
- i* L'assurance contre la maladie. —Les sociétés de secours mutuels eu France ci en Angleterre; tes caisses de maladie en Allemagne et en Autriche:
- L'assurance contre les occident* du travail. — Loi française duç avril iS 9S. Difficultés et retouches de celle législation: le système de l'assurance obligatoire en Allemagne;
- 3* L'assurance contre le chômage.— État de la législation sur ce point en Europe. — Documents et projets.
- Droit commercial (les mercredis, à neuf heures du soir). — M. Ê. Alglave, chargé de cours. — Le cours ouvrira le mercredi 6 novembre.
- Les actes de commerce ci les commerçant*. — Les tribunaux de commerce : origine, caractère, compétence. — L'évolution du droit civil et du droit commercial. — Les diverses catégories de commerçants. — Itêglcs de capacité. — Les sociétés commerciale*.
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- PKOCP. VMME DES COURS POUR L’ANNÉE 19OI-J9OU.
- aÉo
- Économie sociale (les samedis, à neuf heures du soir). — M. P. Be.uregard, chargé de cours. — Le cours ouvrira le samedi 9 novembre.
- L'assurance obligatoire, en France d à lY-lransrer. — Retraites des fonctionnaires. — Inscription maritime. — Retraites des ouvriers mineurs. — Assurance contre la maladie. — Assurance contre les accidents.— Retraites ouvrières. — Législations allemande et autrichienne. — État de la question en France.
- L’assistance : Histoire. — Principes. — Organisation actuelle.
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- TABLE DES MATIÈRES
- CONTEXTES DANS
- LE TOME TROISIÈME DE LA TROISIÈME SÉRIE.
- Programme des Cours publics du Conservatoire national des Arts et
- Métiers pour l’année scolaire 1900-1901......................... 6
- Liste générale des Conférences publiques et gratuites faites en 1901
- au Conservatoire national des Arts et Métiers................... 10
- Les grandes industries chimiques à l'Exposition universelle de 1900,
- par M. É. Flecrext.............................................. 13
- Conseil d'administration du Conservatoire national des Arts et Métiers.
- — Rapport présenté au nom de la Commission d'enquête sur les laboratoires officiels d'essais de Berlin, Munich, Dresde, Vienne et Prague, par M. le Commandant Hartmann, Président do la Commission technique du Laboratoire d'essais.......................... 93
- Recherches sur les instruments, les méthodes et le dessin topographiques, Chap. IV {suite}, par M. le Colonel A. LalssêoaT......... 163
- Allocution prononcée aux obsèques de M. Joseph Hirsch, professeur du cours de Mécanique appliquée aux Arts, par M. G. Chaxdèze,
- Directeur du Conservatoire...................................... 204
- Notice sur la vie et les travaux de Joseph Hirsch, par M. Ê. Rocchk. 207 Recherches sur les instruments, les méthodes et le dessin topographiques, Chap. IV [suite), par M. le Colonel A. Lalssedat......... 213
- Conférence sur la prévention des accidents du travail, par M. H. Mamy. 267 Programme des Cours publics du Conservatoire national des Arts et Métiers pour l’année scolaire 1901-1903........................... 275
- planches.
- Pt. /, //. ///. _ Recherches sur les instruments, les méthodes et le dessin topographiques.
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- 3f)8fj5. - PARIS, IMPRIMERIE GAUTHIER-VILLARS, 55, quai des Grands-Augustins.
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- Anjcales m: Conservatoire. 3« série, t. III,
- PI. I.
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- ANXAtES DC COSSEftVATÔ!»: DES ARTS ET MÉTIERS, S« aèri*, t. ill.
- PI. II
- DE GüIDO HaüCK
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- Métiers, 8* série, t III.
- Annales lc Conservatoire
- VUE DE S^MARIE-AUX-MINES ET DES ENVIRONS dessinée à l’aide du perspectographe de M. Ch. von Ziegler, d'après le plan nivelé de M. le; Capitaine Javarÿ
- EauLdeéHêr.
- N;veaa.
- pris à 9 Irilomét
- à 3.000® au-dsssus du niveau de la
- Le point de
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