Revue de la Société des anciens élèves et ingénieurs du Conservatoire national des arts et métiers
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- 21' ANNÉE
- niyM -C»
- REVUE N 4
- (Nouvelle Série)
- 2° ^2 c o l
- DÉC. 30-JANV. 31
- CUVES El IMCCMIEÜRS
- CONSERVATOIRE
- ART* et METIER!
- 'fi
- C A.M.
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- La Revue C. A. M. est heureuse d’offrir à tous ses Lecteurs et Amis, ses meilleurs vœux pour l’année
- 1931
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- REVUE DE LA SOCIETE DES
- ANCiENS ÉLÈVES JmCÉKÎEURS
- du CONSERVATOIRE NAïiONAL des ARTS et MÉTŒRS
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- SIÈGE SOCIAL :
- Au Conservatoire National
- DÉC. 30-JANV. 31
- RÉDACTION & PUBLICITÉ
- 37, Avenue de la Gare
- des Arts et Métiers
- Sommaire :
- SAINT-OUEN
- Revue Technique.
- Les grandes étapes de la Science Electrique (J. Lemoine) ..................... 1
- Qu’est-ce que l’organisation scientifique
- du travail (L. Dauty, Lafrance)........ 7
- Les Essais de Densité appliqués aux contrôles de fabrication des alliages d’aluminium (R. Eck) ........................ 11
- Grandeurs incommensurables (Ed. Sauvage) ................................ 19
- Echos du Conservatoire.
- Conférences publiques du Dimanche avec projections et vues cinématographiques 21 Visites-Conférences du Dimanche dans le
- Musée industriel ........................ 21
- Modifications ............................. 21
- Nouvel Ingénieur C. A. M................... 21
- Bibliographie .................................. 23
- Les grandes étapes de la Science électrique
- L’électron négatif, atome d’électricité
- —i—• Première leçon de Tannée 1930-1931
- J. LEMOINE
- Professeur de Physique industrielle au Conservatoire mmmmimm
- Avertissement : une seule électricité
- Les modes de production de l’électricité sont innombrables :
- Elle existe sur terre et dans l’atmosphère ; elle peut être développée par le frottement et l’influence ; elle circule dans tous les circuits soumis à la force électromotrice des piles, des accumulateurs, des machines d’induction à courant continu et alternatif. Nous la retrouvons dans les dispositifs qui produisent les rayons cathodiques, les rayons X, les ondes de la Télégraphie sans fils ; le radium a aussi des radiations électriques. La cellule photoélectrique, plus récente encore, sait faire de l’électricité.
- Tous ces phénomènes ne sont que des aspects distincts, des manifestations différentes d’une substance unique obéissant toujours aux mêmes lois quelle que soit son origine. Il est essentiel, en présence de cette diversité des apparences, de savoir reconnaître toujours l’unité de la substance et l’unité de ce grand chapitre de la Physique.
- L’ordre historique des découvertes, que l’on pourrait suivre pour cette étude, n’est pas sans avantages, mais il accuse beaucoup les différences, et n’arrive
- que trop lentement à faire comprendre notre conception actuelle de l’électricité. Nous ne voulons donc pas nous astreindre à le respecter, mais afin d’acquérir l’état d’esprit convenable et de prendre une vue d’ensemble, qui permette d’établir la position de la question, nous rappellerons assez rapidement la succession des événements qui, dans l’histoiie de l’électricité, nous ont amené à l’époque actuelle.
- Première période. Electricité atmosphérique. Frankliri (1770).
- Pour faciliter l’exposé, nous distinguerons sept périodes successives, et la première, celle de l’électricité atmosphérique, débute nécessairement avec l’origine du monde.
- Le sol est électrisé, et l’atmosphère est un champ électrique, un espace dans lequel s’exercent des forces électriques. L’homme a tout de suite observé les nuages orageux électrisés, les éclairs, la foudre, le tonnerre, les aurores polaires. Franklin, l’inventeur du paratonnerre, qui allait puiser avec un cerf-volant, l’électricité des nuages, peut être considéré comme ayant fait, l’un des premiers, une étude scientifique de l’électricité atmosphérique. Cependant l’explication de ces phé-
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- nomènes complexes, encore difficile et incertaine à l’heure actuelle, n’a guère aidé à percer le grand mystère de l’électricité.
- Deuxième période. Electricité statique des corps
- frottés. Le champ électrique. Coulomb (1790).
- On a réussi à produire l’électricité artificiellement par le frottement, puis par 1 influence, d où les machines étec-trostatiques à frottement et influence. On a vite reconnu l’existence de deux espèces d’électricité :
- L’électricité positive, par exemple celle du verre frotté avec le drap ;
- L’électricité négative, par exemple celle de la résine frottée avec une peau de chat.
- On a convenu d’appeler positive l’électricité du verre et négative celle de la résine, mais on aurait pu, tout aussi bien, intervertir ces deux signes.
- Les électricités de même nom, c’est-à-dire positives toutes deux ou négatives toutes deux, se repoussent. Les électricités de noms contraires, c’est-à-dire l’une positive et l’autre négative, s’attirent.
- L’électrisation par influence consiste dans l’électrisation d’un métal placé dans le voisinage d’un corps électrisé. L’une des extrémités prend une charge positive et l’autre prend une charge négative égale.
- Coulomb (1790), par des mesures à la balance de torsion, a établi que la force, attractive ou répulsive, qui s’exerce entre deux corps électrisés, varie en raison inverse du carré de leur distance. Elle devient 4, 9, 16 fois plus petite quand la distance devient 2, 3, 4 fois plus grande.
- Sur ces données, principalement sur celle d’une force qui varie en raison inverse du carré de la distance, les savants ont édifié une science électrique, c’est-à-dire une grande théorie mathématique qui détermine les quantités d’électricité, les forces, le travail des forces ou potentiel, les conditions de l’équilibre, en un mot, le champ électrique. Cette science cependant n’a pas intéressé l’industrie parce qu’elle ne lui procurait pas les moyens de produire un travail considérable. Il n’y avait pas d’industrie électrique au commencement du XIXe siècle.
- Quelle conception mécanique à cette époque de Coulomb a-t-on de la nature de l’électricité ? On la considère comme constituée par un fluide impondérable positif et un fluide impondérable négatif. Ces deux fluides restent immobiles sur le verre, la résine, l’ambre... que nous qualifions d'isolants. Ils s’étalent sur la surface des conducteurs, les métaux, l’eau, le corps humain, le sol... La notion de ces fluides, que l’on est forcé de qualifier d’impondérables, reste très vague et très abstraite.
- Troisième période. Le courant de la pile.
- Volta (1800)
- En 1800, Volta découvre la pile et le courant électrique à travers les métaux et les composés chimiques. Ce courant électrique se manifeste tout d’abord par des phénomènes électrolytiques et des phénomènes calorifiques. Il décompose les acides, les bases, les sels, et échauffe tous les conducteurs qu’il traverse. Les principes de l’industrie électrochimique d’une part, de l’éclairage et du chauffage électrique d’autre part, sont établis.
- Ces phénomènes nouveaux sont des effets de cette même électricité qui était statique précédemment, qui est mobile, c’est-à-dire dynamique maintenant. De' ’ même
- l’eau du lac (statique) et celle du torrent (dynamique), sont d’une même substance, mais se manifestent différemment, de sorte qu’il existe une Hydrostatique et une Hydrodynamique. Il existe parallèlement, une Electrostatique et une Electrodynamique.
- Une pile ouverte à un pôle positif, c’est-à-dire chargé de l’électricité du verre, et un pôle négatif, c’est-à-dire chargé de l’électricité de la résine. Si I on ferme le circuit, c’est-à-dire si l’on réunit les deux pôles par un fil conducteur, il se produit un courant électrique, dû à une circulation d’électricité positive dans un certain sens, ou à une circulation d’électricité négative en sens contraire. Il y a trente ans, nous ne savions pas encore à laquelle de ces deux hypothèses nous rallier. Un choix définitif n’apparaît d’ailleurs pas comme indispensable puisque c’est arbitrairement que nous disons que le courant va du pôle -j- ou pôle cuivre au pôle — ou pôle zinc dans le circuit extérieur de la pile.
- Aujourd’hui, nous savons que tout se réduit à une circulation d’électricité négative allant du pôle — au pôle -j- dans le circuit extérieur.
- Quatrième période. Le champ magnétique du courant électrique. Ampère (1820)
- Une nouvelle propriété du courant, la propriété magnétique, est établie par CErsted qui découvre en 1820 que les courants dévient les aimants. Ampère explique immédiatement l’expérience, poursuit ses conséquences, et établit les premières lois qui définissent qualitivement et quantitativement le champ magnétique des courants.
- Avec Coulomb, nous avions acquis le champ électrique, avec Ampère nous apercevons le champ magnétique. Sans la connaissance simultanée de ces deux champs, nous ne saurions pas expliquer à la fois les condensateurs, les machines électriques des usines, les propriétés électriques des tubes à gaz raréfiés et des tubes à vide, les ondes de la 1. S. F., le radium...
- Cinquième période. Les courants d'induction.
- Faraday (1830).
- En 1830, le physicien anglais Faraday découvre les courants d’induction qui prennent pnaissance dans les conducteurs traversés par un flux magnétique qui varie. Si les courants peuvent produire des flux magnétiques, réciproquement les flux magnétiques peuvent servir à produire dejS courants. L’induction, après le frottement, l’influence, la pile, est une nouvelle méthode de production des courants électriques. De plus, elle permet de développer des puissances que l’on ne pouvait atteindre jusqu’alors par les phénomènes électriques. Des centaines et des milliers de kilowatts peuvent être enfermés dans ce courant, de sorte que l’industrie, qui recherche toujours le travail, se trouve attirée vers lui. Les génératrices de courant continu et alternatif, l’éclairage électrique, les moteurs électriques, le transport d’énergie à une dis-tence quelconque, sont des conséquences de la découverte des courants d’induction. Faraday est ainsi le père de l’industrie actuelle.
- Sixième période. Les rayonnements d'origine électrique. Hertz (1890). Branly (1890). Rttnt-
- gen (1895). Becquerel (1896). Curie (1898).
- On peut faire débuter cette période avant la fin du siècle dernier, et la placer sous les noms de Hertz, Branly, Rôntgen, Becquerel, Curie. L’électricité n’appa-
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- raît plus alors comme un grand réservoir d’énergie, mais se manifeste par des phénomènes assez inattendus de rayonnement.
- Hertz (1890) découvre les courants de haute fréquence oui ont la propriété d’émettre un rayonnement à. la fois électrique et magnétiaue, se transmettent avec une vitesse oui est précisément celle de la lumière.
- Branly (1890) trouve un dispositif qui permet de percevoir les phénomènes d’induction qui révèlent le passage des ondes ainsi rayonnées, et son expérience sera le point de départ de la T. S. F.
- Les rayons cathodiques du tube à aaz raréfiés, donnent naissance aux rayons de Rontçen (1895), nommés aussi rayons X parce que leur nature apparaissait au premier jour comme très mystérieuse. Nous. savons aujourd’hui que les rayons X ne sont que les rayons d’une lumière invisible de très faible longueur d’onde.
- Tout de suite après, en 1896, Becouerel découvre le ravonnement de Vuranium, ce oui conduit en 1897 M. et Mme Curie au radium, un million de fois plus puissant. Le rayonnement très comp^xe des corps radio-actifs est une émission spontanée, d’origine atomique, de lumière et d’électricité à la fois. Ehe va contribuer à nous révéler la nature électrique de l’atome.
- Septième période. — La physique de l'électron
- (1900 à 1930). Perrin (1901). Bohr (1913).
- Rutherford (1919). L. de Broglie (1924).
- Les découvertes si rapides des dernières années du XIXe s’ècle ont fourni un nouvel aliment à l’imagination des physiciens et les ont conduits à une nouvelle faron d’envisager l’électricité. Une fièvre de travail s’est emparée des expérimentateurs des laboratoires en même temps que des théoriciens, et cela dans tous les pays de recherche et de pensée scientifique. Il a fallu occuner et organiser toutes les régions nouvelles conquises par les chercheurs précédents et faire une synthèse du tout. Il est fort difficile de choisir, puisque nous sommes encore au milieu de la bataille, les noms de ceux aui mérita des citations. Te distinguerai ouatre noms : Perr’n. un français : Bohr, un danois ; Rutherford, un anelais : L. de Broglie, un français, et je choisis pour chacun d’eux un point marquant de son oeuvre:
- Perrin a démontré expérimentalement que la charge de l’électron des tubes à ravons cathodiques est négative.
- Bohr a imaginé le modèle d’atome que j’expliquerai dans un moment.
- Rutherford a montré expérimentalement les propriétés de l’atome des corps radioactifs et il en a donné l’explication théorique.
- L. de Broglie a créé une mécanique dite ondulatoire qui conduit en particulier à une connaissance plus approfondie de l’électron.
- Parmi les dispositifs récents étudiés dans cette dernière période, on peut donner comme exemple la cellule électrique, curieuse (machine éledtrique puisqu’il suffit de lui envover un rayon lumineux pour provoauer une émission d’électricité. Elle a vivement intéressé les théoriciens (Planck, Einstein), les chercheurs d®s laboratoires, et au^î ceux qui font de la science appliqué®. T.® phonosraphe. le cinéma sonore, l’appareil qui transmet les images par T. S. F. fonctionnent avec la cellule photo-éLctrique.
- Les difficultés de l'étude de l’électricité.
- Cet historique rapide vous fait certainement comprendre le caractère particulier de l’électricité.
- L’électricité existe comme is ci en ce depuis» Un siècle environ.
- L’électricité existe comme technique industrielle depuis cinquante ans.
- L’électricité évolue s’enrichit chaque jour, tant au point de vue scientifique qu’au point de vue techniaue avec une rapidité telle que des apports nouveaux et des changements importants sont inévitables d’une année à l’autre. Il en résulte une grande difficulté pour son étude.
- Les gens sages et prudents disent aujourd’hui : nous n’achetons pas encore d’appareil récepteur de T. S. F. cette année parce que L T. S. F. évalue avec une telle rapidité que l’appareil actuel sera très vite démodé. L’année prochaine nous apportea des installations qui recevront beaucoup mieux tous les postes et toutes les longueurs d’ondes.
- On peut en dire tout autant pour l’étude de l’électricité. Les gens sapes et prudents ne vexent pas étudier l’électricité en 1930 parce qu’ils savent que cette étude ne sera plus parfaitement au point l’an prochain. C’est exact et ils ont raison, s’ils ne veulent pas courir un risque.
- Mais vous êtes parmi ceux qui. laissant de côté la sagesse et la prudence, ne voulez pas attendre et préférez courir le risque. Nous allons donc le courir ensemble, c’est-à-dire que je vais m’efforcer de traduire exactement pour vous la pensée actuelle du phvsicien au sujet de l’électricité, de sa nature et de ses lois.
- Première notion de l'atome électrisé. L'électron négatif, atome d’électricité.
- L’atome des chimistes. — Les chimistes, depuis d® longues années déjà, ont démontré que la matière était formée de grains qu’ils ont nommé atomes parce qu’ils les crovaient insécables. Cette conception de l’atome leur est indispensable pour expliquer la loi des proportions définies, la loi des proportions multiples, la loi des équivalents. Tout composé renferme un nombr® ®nti®r d’atomes de chacun d® ses éléments constituas. Ainsi la molécule d’acide chlorydrique G1H contint m atome d® chlore Cl et un atome d’hydrogène H : celle de l’eau OH5 contient un atome d’oxygène O et deux atomes d’hv-drogène H. Si l’on prend pour unité le poids de l’atome d’hydrogène, on trouvera les masses atomiques relatives des divers éléments en analysant leurs composés, et on établira le tableau suivant :
- En supposant que l’unité correspondant à ces valeurs soit le gramme, on dira que ces nombres représentent les atomes-grammes des divers éléments.
- Cet atome a suffi aux chimistes pour expliquer leur science, et il leur est indifférent de ne pas connaître la valeur réelle du poids atomique.
- L’atome des physiciens. — Les physiciens sont intervenus, Tean Perrin principalement, pour mettre autrement en évidence la réalité des atomes. Ils ont pu établir, par des mesures très variées et très certaines, qu un atome-gramme contient 6X1023 atomes réels. Arnsi le
- 1 gr.
- po:ds de l’atome d’hydrogène est--------------
- 6X1 O23
- 1 6 gr.
- est celui de l’atome d’oxygène ------------
- 6X1 O23
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- L'atome des corps radioactifs. L'atome de toutes les substances. — D’autre part, les physiciens ont assisté, avec les atomes des corps radioactifs, à une émission de lumière invisible (rayons y), de particules positives (rayons a), de particules négatives (rayons (3), à une production d’énergie calorifique et à une modification de substance puisque l’uranium devient du radium, puis du plomb. L’atome des chimistes, même non radioactif, n’a plus suffi aux physiciens. Ils ont été conduits à l’analyser et ont trouvé en lui un édifice fort compliqué, contenant de l’électricité positive, de l’électricité négative, des champs de force électriques et magnétiques. Leur attention a été attirée sur les relations étroites de la matière et de l’électricité a tel point que la question suivante est posée aujourd’hui : Y a-t-il dans la matière autre chose que de l’électricité? Nous pensons que non, mais nous continuerons provisoirement à parler comme si la matière neutre existait toujours.
- Imaginons, pour un instant seulement, qu’iil puisse
- exister un atome qui serait neutre. Il ne peut être neutre que par compensation parce qu’il possède en chaque point des charges positives et négatives égales et qui se neutralisent.
- Dans la réalité, un pareil atome n’existe jamais. De son noyau il laisse échapper des grains d’é’ectricité négative tous identiques en-
- Un atome qui serait neutre. tre eux, quelle que soit
- L nature de l’atome et ces grains, véritables atomes de l’électricité, sont dits les électrons. L’atome d’hydrogène en laisse partir 1, celui de 1 hélium 2, du lithium 3, du glucinium 4, de l’oxygène 8, du cuivre 29, du radium 88, de l’uranium 92 :
- Atomes H He Li Gh..O...Cu... Ra... Ur
- Poids atomiq. 1 4 7 9... 1 6...63...226...238
- Nbro des électr. 1 2 3 4... 8...29... 88... 92
- et on remarquera, en passant, que la dernière ligne est la suite des nombres entiers, de 1 à 92. Les physiciens savent donc compter le nombre des électrons libérés que contiennent les divers atomes.
- L’atome se trouve ainsi dissocié en un noyau qui reste positif et des électrons qui se tiennent à certaines distances et sont négatifs. L’ensemble, au total, comme somme algébrique, serait neutre, et s’il a longtemps paru neutre, c’est qu’on n’était pas allé le regarder de très près, à la lumière des découvertes récentes.
- Voilà donc l’atome formé d’un noyau envelopné d'3 grains électroniques — placés à certaines distances. Nous sommes surpris tout d’abord qu’un pareil système puisse être en équilibre stable. Les noyaux attirent les électrons — et ceux-ci devraient retomber sur le noyau et reconstituer l’atome neutre. Voilà pour notre conception une difficulté.
- C’est de la même façon que Newton dut réfléchir pendant de longues années pour arriver à comprendre que la Lune ne tombe pas comme les pommes sur la Terre qui l’attire, à comprendre aussi que les planètes ne tombent pas sur le Soleil. Nous savons quelle solution brillante Newton a donné à ce problème, et l’explication sera la même pour l’électron que pour la Lune et les planètes.
- Si l’électron ne tombe pas, c’est qu’il tourne en décrivant autour du noyau N une circonférence (ou une ellipse). La force centrifuge (mw2r), qui tend à l’écar-
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- ter du noyau, est juste égale à l’attraction électrique------
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- et il se produit un équilibre dynamique dont nous saurions écrire la condition mathématique. Ces équilibres de l’électron sont évidemment possibles pour plusieurs valeurs de la distance de l’électron au noyau.
- De même que le Soleil est entouré de plusieurs planètes qui tournent autour de lui, de même l’atome est comme un système solaire dont le Soleil est le noyau, tandis que les planètes constituent les électrons. Si les rayons des trajectoires circulaires des électrons Ei, E2, Es, vont en croissant, les vitesses vi, va, va, vont en décroissant, et il serait facile de retrouver la loi de Kepler, à savoir que les carrés des durées des révolutions sont proportionnels aux cubes des rayons des circonférences.
- Les électrons E1; E2, E3, placés à des distances croissantes, tournent avec des vitesses vt, ik, v3, décroissantes.
- Faire le compte des électrons de chaque atome, déterminer leurs distances au noyau, les grouper suivant leurs trajectoires,....... ce sont là des questions plus déli-
- cates qu’il a fallu aussi résoudre.
- Nous pouvons donner quelques résultats numériques sur l’atome, le noyau, l’électron, les distances :
- La masse de l’électron est 1.850 fois plus faible que celle de l’atome d’hydrogène :
- Masse de l’électron =
- masse de l’atome d’hydrogène 1 gramme
- 1850 1850X6X] O23
- La différence entre la masse d’un atome quelconque et celle de son noyau est donc presque négligeable.
- La charge électrique de l’électron, l’atome d’électricité par conséquent, a été mesurée; elle est égale à 1,56X1019 coulomb, le coulomb étant l’unité de quantité d’électricité qui sera définie plus loin à partir de l’électrolyse. Nous saurions par exemple calculer que le nombre des électrons qui traversent en une seconde le fi'ament de cette lampe (110 volts, 1 72 watts) est égal à 1019.
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- Le rayon de la sphère dans laquelle on peut imaginer comme enfermés le noyau et les électrons d’un atome est, comme ordre de grandeur, égal à 1 O"8 cm. On calcule facilement qu’un certain électron fait environ 10-15 tours par seconde, ce qui représente une vitesse linéaire de l’ordre de grandeur de 1.000 kilomètres par seconde.
- Le noyau, que nous supposerons sphérique, est très pet.t. Son rayon est 1 0.000 fois plus petit que celui de l’ensemble de l’atome.
- Si les électrons de tous les atomes sont identiques, les atomes des différentes substances se distinguent par la masse de leurs noyaux et par le nombre de leurs électrons. Prenons par exemple l’atome d’uranium :
- Masse totale = 238 X masse de l’atome d’hydrogène;
- Charge des électrons = — 92 X 1.56 X 1 0'1!). Charge du noyau = -f- 92 X 1.56 X 10'1!).
- Sa charge électrique totale est algébriquement nulle, mais cette algèbre ne nous suffit pas.
- Voilà, dans ses grandes lignes, notre conception actuelle de l’atome, et elle peut sembler à première vue
- n’être qu’un rêve des physiciens. Rêve sans doute, mais rêve solide puisqu’il ne s’évanouit pas quand on vient le superposer à la réalité. Il nous expliquera le courant, la résistance des conducteurs, l’électrolyse, la radioactivité, la cellule photoélectrique, l’aimantation, ......Il ren-
- dra compte du rayonnement des gaz. lumineux et de leurs spectres, qualitativement et quantitativement. Les chimistes, auxquels il est apparu tout d’abord comme superflu y trouveront des explications de la valence, de la combinaison, de la classification périodique des éléments, des isotopes, de la catalyse. Bref l’atome de Bohr a réalisé une des synthèses les plus brillantes de la science moderne. On comprend que les découvertes expérimentales successives relatives à l’électricité et les théories imaginées pour les interpréter auraient pu nous amener insensiblement à cette conception de l’architecture de l’atome. Mais pour profiter de la possibilité d’un enseignement plus facile, plus rapide, plus direct, moins abstrait, nous préférons poser a priori cette théorie de l’atome électrisé et vérifier dans la suite qu’elle suffit à l’interprétation des phénomènes que nous rencontrerons.
- Jules Lemoine.
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- (1) Un atome qui serait neutre par compensation.
- (2) Les vitesses v1} v2, u3 des électrons E2, E2, E3, vont en décroissant.
- (3) L’atome d’hydrogène.
- (4) L’atome d’oxygène.
- (5) L’atome de sodium.
- (0) Les niveaux K, L, M, N,... des électrons d r plus en plus écartés.
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- Qu’est-ce que 1 ’or gani satïon scientifique du travail ? 0>
- par M. Louis DANTY-LAFRANCE
- Professeur au Conservatoire National des Rrts et Métiers
- Maître de Conférences à l'École Centrale des fl rts et Manufactures
- Dans cette séance inaugurale, qui s’adresse à un exceptionnel auditoire, je ne puis songer à entamer directement les leçons que je dois professer. Mais je puis essayer de donner un aperçu des matières que je compte exposer, et de l’esprit dans lequel j’ai l’intention de développer cet enseignement.
- C’est de l’organisation scientifique du travail qu’il me faut traiter en cette chaire.
- L’organisation du travail. Voilà bien des années qu’on en parle, qu’on en écrit, qu’on en discute.
- Des doctrines s’élaborent, des systèmes s’affrontent, des disciples se combattent, des congrès se réunissent. De quoi, au juste, s’agit-il ?
- Je n’en chercherai pas une définition précise. Je ne m’efforcerai pas, dès le premier contact avec mon auditoire, à enfermer dans une étroite formule, une science immense comme le monde du travail, diverse comme l’infinie variété des industries, des métiers, des formes du labeur humain !
- Mais je prendrai une humble tâche parmi les plus humbles accomplies par l’ouvrier manuel, une des plus anciennes aussi : celle à laquelle travaillait, en les hypogées d’Egypte, l’esclave du pharaon, celle qui est de tous les âges, de toutes les nations : la simple besogne du maçon qui élève un mur en briques.
- Je vous convie à regarder travailler cet ouvrier. Il est à pied d’œuvre, au pied du mur. Derrière lui, est dispesée l’auge pleine de mortier, et en vrac, en tas, des briques.
- (1) Leçon dj’ouverture de la chaire d’organisation scientifique du travail au Conservatoire national des Arts et Métiers faite le 7 janvier 1930.
- Suivant le rythme qu’il tient d’une parfaite accoutumance du corps de métier, il accomplit avec dextérité les opérations telles qu’il les a apprises jadis, lui apprenti, d’un compagnon habile.
- Il va vers le tas de briques disposé non loin du mur, se baisse, choisit une brique de la main gauche, se relève, fait sauter la brique dans sa main pour la placer sur le champ et en disposer comme il faut le parement le plus beau ; va vers l’auge, se baisse, de sa truelle prend du mortier, l’étale sur la brique, se relève, va vers le mur, place la brique et l’assoit en frappant quelques coups ; retourne vers l’auge, se baisse, reprend du mortier, se relève, va vers le mur ; étend le mortier vers le mur, ramasse le mortier en excès, etc.
- Voilà le travail en sa simplicité ancestrale, et cependant, nous l’avons décomposé en une quinzaine de mouvements élémentaires.
- L’observateur. — Mais un autre que nous a regardé travailler le maçon. Celui-là n’est ni un maître ouvrier qui enseignera au compagnon à mieux faire, ni un chef d’équipe qui lui reprochera sa lenteur ou son manque de soin. Celui-là c’est Taylor ou Gilbreth ou tout autre observateur doué de sens critique et qui s’en sert.
- Celui-là regarde, analyse, réfléchit et s’interroge.
- 10 Pourquoi l’ouvrier se baisse-t-il si souvent vers le sol ?
- 11 n’a pourtant pas été choisi pour les qualités de souplesse des reins qu’on exigerait d’un moniteur de gymnastique.
- Est-ce nécessaire ? Ne pourrait-on pas disposer auprès de lui, à gauche un tréteau qui mette cons-
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- tamment à portée de sa main les briques ; à droite, l’auge, les outils ?
- 2° Pourquoi retourne-t-il en sa main chaque brique pour la placer sur le flanc et en examiner les différentes faces? Ne pourrait-on pas faire exécuter ce travail par son aide qui disposerait à l’avance les briques sur le flanc de façon que les parements se présentent toujours dans le même sens ?
- 3° Ce mortier, d’ailleurs, est-il de la composition qui convient le mieux à l’emploi qui en est fait ?
- 4° Cette truelle, cette auge, ces outils, sont-ils rationnellement tracés ? L’ouvrier s’en sert-il de la façon la plus propre à diminuer son effort, en augmentant son rendement ?
- 5° Cet ouvrier lui-même est-il apte à l’emploi qu’il occupe ? Il atteindra tout à l’heure, le faîte du mur, sur un échafaudage léger. N’est-il pas sujet à des vertiges que son métier rendrait plus particulièrement dangereux ? En un mot est-ce bien l’homme qu’il faut à la place qu’il faut ?
- 6° Est-il d’ailleurs convenablement et largement intéressé à la tâche qu’il accomplit ? Un système judicieux de salaires, lui assurant une large rémunération correspondant à son activité, ne pourrait-il lui être appliqué ?
- En un mot, la préparation du travail est-elle intervenue pour aider le travailleur à sa besogne, le décharger d’une partie de son effort, le guider par des instructions précises, faire amener, à portée de sa main en temps utile, les matières nécessaires, établir en un mot une collaboration intime et féconde entre le cerveau qui raisonne, qui prévoit, et la main qui exécute ?
- Spéculations de l’esprit vides de réalités que tout cela ? Voici les chiffres résultant d’essais poursiuvis en 1924 pendant de longs mois par Michelin à Clermont-Ferrand. Avec l’ancienne méthode : 1.370 briques posées en 8 heures ; avec la nouvelle, 2.200. Avec l’ancienne, le maçon gagnait 28 francs par jour, avec la nouvelle 38 francs, et sa fatigue est nettement réduite.
- Mais l’esprit, maintenant, l’esprit curieux de notre observateur vise plus haut, plus loin.
- 7° L’entrepreneur à qui est confiée la construction du mur, a-t-il lui-même organisé son affaire dans la même volonté d’efficacité que nous apportons à la critique des gestes du maçon ?
- 8° Comment a-t-il constitué son entreprise afin que les moyens financiers, sans être en excès — ce qui limiterait le rendement par franc de capital investi — ne lui fassent cependant pas défaut alors qu’il aura besoin de disponibilités pour cou-
- vrir la marche de l’exploitation entre le moment où il commence le travail et celui où il en touche le prix ?
- 9° Quelle forme d’organisation administrative a-t-il adoptée pour coordonner les services de son affaire ?
- 10° Comment a-t-il choisi ses collaborateurs immédiats ? Quelles facultés a-t-il exigées d’eux selon les différentes fonctions qu’il leur a confiées ?
- 1 10 Comment la comptabilité suit-elle le prix de revient ? Contrôle-t-elle le résultat ? Eclaire-t-elle toute l’exploitation de la rude franchise des chiffres, de cette lumière qui partout éclaire, fouille, dénonce, révèle ?
- 12° Comment cet industriel recrute-t-il la main-d’œuvre ? Comment la distribue-t-il aux diverses tâches selon les aptitudes, les goûts des ouvriers ?
- 13° S’efforce-t-il de les retenir par de hauts salaires, des œuvres sociales, une hygiène saine, pour éviter les graves inconvénients de l’instabilité du personnel ?
- 14° Se préoccupe-t-il suffisamment des courants d’opinion qui, parmi son personnel, naissent, se développent, grandissent, conduisent parfois au conflit ?
- 15° Et quelles méthodes, enfin, les services commerciaux ont-ils adoptées pour acheter, manutentionner, conserver en magasin, livrer aux ateliers les matières premières, pour écouler dans la clientèle les produits de l’usine ?
- Quelle politique des prix ces services pratiquent-ils ?
- Comment étudient-ils les débouchés, les marchés, la conjoncture (2) ?
- Comment la publicité, cette renommée moderne, aux cent mille bouches, jette-t-elle, des souterrains du métro, au sommet des tours, le nom de la maison, la marque du produit ?
- Ce qu est /’organisation scientifique du travail (O. S. T.). — D’observations en observations, de plan en plan, du maçon que l’on voit au pied du mur aux traînées lumineuses que l’on lit au firmament, l’O. S. T., née de la critique méthodique des gestes d’un ouvrier, a grandi, s’est développée, intervenant partout, analysant les faits, recherchant les causes, disséquant les problèmes, faisant surgir les solutions, pénétrant toute l’activité créatrice, de sa critique, de ses méthodes.
- ... ne laissant nulle place Où sa main ne passe et repasse !
- (2) Conjoncture : Recherche et analyse des phénomènes qui agissent sur le marché des produits, afin d’établir les prévisions de vente.
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- Qu’est-ce donc que l’organisation scientifique du travail? Des graphiques et des plans? Une doctrine? Des clichés? Des systèmes? Des écoles? Le taylorisme ou le fayolisme? Ford, Hoover ou Bâ-tia ?
- C’est beaucoup moins que tout cela, et c’est bien davantage. C’est un état d’esprit : l’observation critique des faits; un instrument : la pensée; un guide : le bon sens.
- L'observation. — L’observation critique des faits est la base même, la base solide de toute construction scientifique. N’est-ce pas par l’esprit d’analyse expérimentale que Claude Bernard relie dans la suite des siècles la lumineuse méthode cartésienne aux conceptions fécondes de Taylor.
- (( Partez toujours d’un fait », recommandait ce dernier à ses disciples. «Ne jamais recevoir aucune chose pour vraie que je ne le connusse évidemment pour elle », écrivait Descartes.
- Et tous deux, le génial philosophe français et le célèbre ingénieur américain, affirment ensemble la nécessité pour y voir clair dans les faits, dans les réalités qu’observent nos sens de diviser chaque difficulté en autant de parcelles quil se peut et quil est requis pour la mieux résoudre. Voilà pour la méthode.
- La pensée. — Le travail de la pensée, l’utilisation intensive de cet instrument d’une fécondité incomparable qu’est le cerveau humain, est également la condition même de tout progrès en organisation comme en toute science, peut-être encore davantage en organisation qu’en toute autre science.
- C’est d’ailleurs trop souvent ce travail de la pensée qui manque le plus. Ce qui doit nous préoccuper ce n’est pas le rendement plus grand de la machine ou de l’ouvrier, mais du cerveau. « Un bon système vaut 10 machines et 100 hommes. » (Enquête Hoover, 1922.)
- « Une simple idée, écrit Harrington Emerson, peut être plus efficace que tout le travail des hommes, des machines et de la terre pendant un siècle entier. »
- Puisque l’organisation est la science même de l’efficacité, à plus forte raison ne peut-elle trouver son développement que dans l’utilisation méthodique, intense, complète de la pensée.
- L’important, d’ailleurs, n’est pas d’avoir énormément d’idées. Méfions-nous des gens qui ont trop d’idées; généralement aucune de ces idées ne vaut un fifrelin. Ceux qui ont été en contact avec certains prétendus inventeurs en savent quelque chose. Je connais de ces boîtes à idées qui vous tirent de leur poche aussi facilement et indistincte-
- ment : un plan de réforme capable d’éteindre radicalement le paupérisme, un obus susceptible de pulvériser un corps d’armée, ou un appareil perfectionné pour fabriquer instantanément certain café maure, où, comme dans leur cerveau, il y a de tout.
- L’essentiel est donc, dès qu’on a une idée, de la mettre à exécution. Il ne s’agit pas de prétendre avoir tout prévu. On trace une directive, on fait ce qu’on peut; si des obstacles se présentent, on les surmonte et l’on va de l’avant!
- Le bon sens. — Le bon sens, enfin, cet impondérable sans lequel les plus belles facultés restent infécondes, les plus ingénieuses combinaisons de l’esprit demeurent stériles ou deviennent dangereuses, sera le guide de nos travaux.
- Il n’est en effet pas inutile de rappeler la nécessité du bon sens dans les entreprises humaines. Dans aucune des classes de la société, le bon sens ne peut être confondu avec le sens commun. Et cette faculté est plus rare qu’on ne se l’imagine. En quoi consiste-t-elle? Je serais pour ma part bien embarrassé pour la définir. Le manque de bon sens ne se confond pas absolument avec le défaut d’intelligence, mais souvent avec le manque de sens critique. Et si l’enseignement de l’organisation scientifique du travail avait seulement pour résultat d’augmenter le sens critique d’un certain nombre de nos compatriotes, s’il pouvait leur faire perdre l’habitude de tenir pour vraies, parfaites, bien des choses qu’on ne leur a jamais démontrées telles, mais qu’ils ont accoutumé à considérer ainsi parce que « ça s’est toujours fait comme cela », ceux qui s’efforcent de répandre les idées nouvelles n’auraient pas perdu leur temps!
- Mais le bon sens, s’il s’acompagne du sens critique, s’oppose parfois à l’excès de sens critique.
- Vers la fin de la guerre, une manufacture d’armes de la région parisienne ayant reçu la commande d’un certain nombre de fusils mitrailleurs, avait décidé d’appliquer les principes d’organisation scientifique du travail. Elle fit appel à un technicien américain, ex-manager d’une firme réputée de machines-outils, et qui débarque un beau matin, auréolé d’une lumineuse réputation et porteur d’une volumineuse valise où plusieurs milliers de fiches, toutes habilement classées, renfermaient la sagesse moderne sous la forme d’autant de solutions appliquées à des « cas », et devaient appuyer la mémoire défaillante de notre expert d’outre-Atlantique.
- Comme saint Denis, l’expert portait sa tête à portée de la main. Chaque fois qu’un prçblème nouveau était posé à son ingéniosité, le célèbre
- (Voir suite page 15).
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- Illllllillllllillllllllilllilllllllillllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll!lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllli!lllllllllll!illllllllill|l
- LA SOCIÉTÉ DU GAZ DE PARIS
- rappelle aux Industriels parisiens que les nouveaux prix du gaz sont applicables avec effet rétroactif au 1er Janvier 1930.
- Consulter le barème publié dans le N° de Juillet 1930, de ce Journal.
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- R. ECK
- Élève diplômé C. fl. M. et Ancien Chimiste au Laboratoire d'Essais.
- Chargé du cours "Métaux et Alliages Industriels" à l’École Technique d'fléronautique et de Construction Automobile.
- Les Essais de Densité appliqués aux contrôles de fabrication des alliages d9 aluminium
- Nous avons le plaisir de publier aujourd'hui les résultats d'une étude expérimentale de notre camarade M. Eck, membre du Conseil d'Administration de notre Société, étude appelée à rendre de grands services dans la pratique industrielle courante.
- Lu détermination de la densité des alliages a été utilisée dans les recherches scientifiques notamment pour préciser les diagrammes et mettre en vue les transformations dans le solide. C’est ainsi, par exemple, que les combinaisons APCu, AlCu, APCu2 3 ont été mises en évidence dans les alliages aluminium-cuivre (1).
- Nous plaçant à un point de vue essentiellement pratique, il nous a paru intéressant de rechercher le parti que l’on pourrait tirer d’un essai rapide de densité appliqué aux contrôles courants de fabrications, notamment en fonderie et nos essais ont porté sur les alliages légers aluminium-cuivre préparés industriellement.
- (1) L. Guili.et. Les méthodes d’étude des alliages métalliques (Dunod).
- Les difficultés que présente la détermination de la densité des alliages tiennent aux causes suivantes :
- Présence de soufflures, de retassures internes et d’inclusions solides.
- Infl uence du mode de coulée, sable vert ou étuvé ou coquille, de l’épaisseur et de la vitesse de refroidissement du moulage.
- Liquation et constitution physico-chimique ; les alliages examinés ici sont constitués par un eu-tectique Cu+APCu, la combinaison APCu se formant avec augmentation de volume ; n’oublions pas enfin, l’influence des impuretés et notamment du fer qui forme une combinaison
- APFe.
- La densité « théorique » calculée par la for-
- 100 d, d2
- mule D -------------------- (2)
- pi di + p-2 d|
- (2) Formule dans laquelle D est la densité cherchée,
- dI = 8/.93 est la densité du cuivre, pi le titre en cuivre, d2:=2,7 la densité de l’aluminium, p2 le titre en aluminium.
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- semblait donc a priori, ne devoir être retenue qu’à titre de première indication et l’expérimentation sur un certain nombre d’échantillons a été entreprise.
- Remarquons, quant au mode opératoire, qu’il est toujours possible, ainsi que nous l’avons fait, d’effectuer les prélèvements dans des parties saines de pièces ou de jets ou bien, pour les pièces importantes, sur une petite surlongueur munie d’un évent, que l’on aura ménagée dans le moule. Quand les pièces sont petites, on peut en sacrifier au moins une par coulée. On s’assurera, en coupant l’échantillon, qu’il ne renferme pas de défauts internes et que les essais de densité effectués sur chaque fragment, donnent le même résultat.
- Ces précautions élémentaires diminuent considérablement les causes d’erreurs dûes aux retas-sures et inclusions, solides et gazeuses. Nos déterminations ont été faites au moyen de la balance
- i
- hydrostatique de sensibilité-------------sur des
- 10.000
- échantillons de poids variant entre 20 et 200 grammes. Cette méthode réunit une précision et une rapidité très suffisantes pour le contrôle industriel, elle peut, de plus, être appliquée par un personnel non initié aux travaux de laboratoire.
- Les échantillons ont été prélevés sur des moulages de formes et d’épaisseurs variées, tant en sable qu’en coquilles. Les analyses chimiques et les essais de densité ont été faits sur la même prise d’essai. Les résultats obtenus sont groupés dans le tableau I.
- En construisant le diagramme des variations des densités en fonction des titres en cuivre, on observe :
- Pour les moulages en sable, que les densités
- des alliages de titres compris entre 3 0/0 et 8 0/0 de cuivre sont inférieures aux densités calculées par la formule ci-dessus. Que de 9 à 14 0/0 de cuivre les densités déterminées expérimentalement sont un peu supérieures aux densités calculées.
- Pour les moulages en coquilles, les densités sont supérieures aux densités calculées.
- On observe donc que, si les densités des moulages en coquilles sont supérieures à celles des moulages en sable (ceci d’ailleurs est encore plus vrai pour les propriétés mécaniques) les différences dont il est facile de tenir compte ne sont pas un obstacle à l’emploi de cette méthode. On voit également par l’examen des chiffres de Brinnel, que ceux-ci varient avec les conditions de moulage et de refroidissement, beaucoup plus que les densités qui varient surtout en fonction des compositions chimiques ; les deux méthodes peuvent d’ailleurs être employées simultanément et se compléter d’une manière heureuse.
- Nous donnons, dans le tableau II les densités de différents alliages légers.
- La méthode semble pouvoir s’appliquer également avec succès aux bronzes d’aluminium ; par contre, la liquation des bronzes à l’étain paraît être une cause d’erreurs dans l’essai à la densité de ces alliages.
- L’essai de densité correctement effectué, et à condition de ne lui demander que ce qu’il peut donner, peut rendre et nous a effectivement rendu de grands services pour suivre les fabrications de fonderies d’alliages renfermant des métaux léger:. C’est, par excellence, un procédé d’investigation et de sondage, il permet l’essai individuel des pièces importantes.
- Loin de prétendre remplacer l’analyse chimique, il est, au contraire, de nature à la provoquer
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- à bon escient en décelant souvent des incidents de fabrication qui pourraient parfaitement passer inaperçus. Un certain nombre de cahiers des charges l’ont très judicieusement prescrit, mais il semble, tout au moins en ce qui concerne les alliages
- Tableau I (Reproduction interdite)
- légers, que son emploi pourrait encore être étendu, et que les indications et tolérances quant aux résultats à obtenir pourraient utilement être précisées et ressérées.
- R. Eck.
- Compositions Chimiques (Aluminium par différence) Densités Duretés Bnnnel
- C M £ U u (U •S c £ 3 £ 3 • <u ca <s> "Z V JJ JJ V JJ
- üd O O, N Üh Z Ofi c s C OC S /u C/3 o -0 3 H .1 ‘3 U rtS C/3 cr o U -Q cd C/3 3 cr o U
- 3.20 2-74
- • 4. 2.79 50à60 60à70
- traces o. o. 0.99 0. 0.03 o. 0.34 1.36 4.35 2.77 50.
- 0. 12 0.44 0.06 0.25 0.87 6.52 2 85 54.
- 0.72 6.55 2.80
- 0.69 7-22 2.82
- 7.75 2.85 62.
- traces 0.02 0.12 0.62 0. 0 02 0. 0.40 1 .18 7.85 2.85
- 7.98 2.88 64à 69
- 8. 2.86 CD CD 60à70 65à80
- traces 0. 0.03 0.96 traces 0. traces 0.27 1 .26 8.25 2.86 66.
- traces traces 0.50 0.10 0.60 8.30 2.89 69.
- 0-02 traces 0.03 0.98 0. 0. traces 0.26 1 .29 8.95 2.89 74.
- traces traces 0.36 traces 0. traces 0.07 0.43 9.15 2.90
- traces o. 0.03 1 .00 0. 0. traces 0.25 1.28 9.60 2.91 77.
- traces traces traces 0.36 traces 0. traces 0.10 0.46 10. 2.91
- traces 0.36 traces 0. traces 0.17 0.53 11.7 2.96
- 12. 75a 90 80 à 100
- 12.65 3. 82.
- 13.02 3.
- 13.05 2.99 93.
- 13.90 3.01 90.
- 0.02 0.0-1 0.12 0.63 o. traces o. 0.56 1.37 14.30 3-02 100.
- Les essais de Bnnnel ont été faits à la machine Amsler : Bille de 1l> m/m. Charge de 500 kgs. pendant 30 secondes
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- Tableau II
- Compositions Chimiques (Aluminium par différence) Densités Duretés Brinnel Observations
- B 3 V ‘V U i»
- <J G V CJ c G G on 3 LS > 1) -Q «3 =3 CT -c ~3 CT
- z on «J es co u t/3 O U CO U
- S s
- 12. 3 2. 95 85. 95. Alliage Allemand.
- 15. 3 3.
- V*
- 20. 3.06 3 .08 162.
- 5. 2.62 Magnalium.
- 10. 2,54
- 13. 2.66 74. Alpax.
- 5 4 2.75 Alliage pour coulées sous pression.
- 0.5 0.5 4 laminé 2.80 10 3. Duralumin lamine.
- 2. 1 .5 4 2.78 Alliages types. Y” et ' RR ’.
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- Qu’est-ce que l’organisation scientifique
- du travail (suite)
- Américain prenait un temps, consultait du doigt ses méninges, et trouvait la fiche répondant à la question.
- Puis, cet honorable ingénieur entreprit d’organiser la maison selon les principes sacro-saints. On commença par le bureau de dessin, et dans le bureau de dessin, par l’étude des sièges. Il fallut d’abord étudier un tabouret standard. Vous comprenez que sans être assis sur un tabouret standard, il n’est pas possible de dessiner des pièces standards.
- Puis, on installa une imprimerie pour débiter les fiches ; il y en avait des bleues, des vertes, des rouges, des jaunes, des violettes... et de tous formats ; mais, au bout de quelques mois de ces travaux d’approche, la maison était coulée.
- On avait voulu calquer en France des méthodes non exactement ajustées au but à atteindre, lequel était de livrer les quantités d’armes commandées dans le délai prescrit. Le dessnateur français n’exige pas un tabouret standard. Le bon sens français — on ne nous reconnaît pas tant de qualités, gardons au moins celle-ci — exige que l’on ne construise pas une cathédrale pour abriter les fidèles d’un humble village. Le bon sens français exige que l’ingénieur fouille dans son cerveau et non pas dans un fichier, pour mettre au point les détails d’une organisation intelligemment adaptée au cas particulier qu’il doit étudier.
- C’est donc le bon sens qui sera le flambeau éclairant nos recherches pour l’amélioration du rendement, la suppression du gaspillage scus toutes ses formes, la détermination du maximum de pro-duct'on dans le minimum de temps, but vers lequel s’efforce l’organisation scientifique du travail.
- Le facteur humain. — Cependant, si cette science dont nous venons de tracer le cadre n’avait pour objet que d’accroître la somme des richesses que le travail humain a accumulées et accumule tous les jours davantage sur cette terre, elle n’aurait pas atteint exactement son but, et il me semble qu’elle aurait gravement manqué à ses devoirs.
- Il est vrai que les valeurs qu’envisage l’organisation s’expriment souvent en unités de temps. On peut même affirmer que le temps, la durée des opérations élémentaires, la quantité d’heures de travail incluse dans toute valeur réelle est la seule commune mesure à ^envisager dans l’évaluation des grandeurs à comparer.
- Et puisque, suivant la vieille définition britannique : (( Le temps c’est de l’argent », ne s’ensuit-il
- pas que, comme l’affirmait brutalement Gantt : (( Le but de nos efforts n’est pas de produire des marchandises, mais de recueillir des dollars ! »
- Et bien non, le temps n’est pas seulement de l’argent ; le temps c’est de la vie humaine.
- Le temps, ce sont des heures de joie ou de douleur, d’enthousiasme ou de résignation, d’amour ou de tristesse, de misère ou de bonheur pour l’humanité qui travaille.
- Et nous n’avons pas le droit ici de nous résigner à ne considérer l’organisation scientifique du travail que comme une technique uniquement préoccupée du rendement du matériel, du matériel inerte et du matériel humain. Nous n’avons pas le droit de séparer le résultat, à la fois de la cause et du but : de la cause, l’effort de l’homme; du but, l’amélioration du bien-être de l’homme.
- Cette amélioration, 'elle ne résultera pas de considérations philosophiques et de discours académiques où étincellent les belles théories sur le pavé des bonnes intentions. Elle résultera d’une révolution morale dans l’art de conduire les hommes. Les grandes écoles, qui développent les connaissances professionnelles, préparent à la conduite des organismes matériels, des machines, des appareils, avouent leur carence en l’art du maniement des êtres vivants qu’on ne dirige pas comme on appuie sur le levier d’une machine et qu’on ne saurait jamais conduire avec efficacité, si le cœur ne s’accorde pas avec le cerveau et si la compétence technique ne s’allie pas au sentiment profond de la justice sociale.
- C’est dans cet esprit que nous œuvrerons ensemble, et nous dirons de l’organisation scientifique du travail : qu’elle est Fart d'atteindre, par Feffort le plus faible, avec la rémunération la plus élevée, dans les conditions de travail les meilleures, la production de richesses pouvant être le plus largement réparties parmi les hommes.
- Cet aspect humain de la science nouvelle la rattache à la sociologie; c’est celui-là même qu’a si éloquemment défini M. le Directeur général de l’Enseignement technique dans ces quelques mots prononcés à l’inauguration du cours de psychologie et de sociologie du travail créé récemment à la Faculté des Lettres de Lille, et que je vous demande la permission de rappeler :
- (( Personne n’est mêlé à la vie industrielle sans avoir besoin de savoir quel rôle y tient l’homme, et comment il s’y comporte. Nécessité pour ceux qui emploient les hommes, pour ceux qui, ingé-
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- nieur, technicien, contremaître, ont un poste de commandement, de d.rection; mais nécessité pour les ouvriers eux-mêmes, afin de se délivrer de beaucoup d’illusions dangereuses, afin de travailler en connaissance de cause à leur progrès, à leur ascension.
- « Ma conviction reste toujours que c’est l’homme qui compte le plus. Je pourrai le dire au nom de raisons morales, car il faut en effet que ce soit l’homme qui compte, qui soit la fin et non l’instrument, car toutes les machines: ûn’ont été créées que pour servir l’homme: mais je le tiens également pour vrai dans le seul domaine de la technique. »
- Et, en terminant, ces fortes paroles, qui s’appliquent aussi bien au cours que je vais avoir l’honneur de professer ici, qu’à celui à l’occasion duquel elles ont été prononcées :
- (( J’espère qu’il sortira de ce cours l’opinion que l’homme qui travaille reste un homme, qu’il garde son esprit et son cœur, qu’on le mutile si on n’y voit qu’un certain capital de force, qu’il est conforme, non seulement au devoir moral, mais à l’intérêt de la production, de lui assurer à lui et aux siens une vie normale, d’obtenir de lui moins des services payés qu’une collaboration pleine, volontaire, loyale, la seule qui soit féconde! »
- Ces admirables directives tracent ma ligne de conduite, éclairent ma route; je m’y engage résolument.
- J’espère y entraîner avec moi beaucoup de ceux qui me font l’honneur de m’entendre, beaucoup de ceux qui suivront mes leçons.
- Un centre de documentation. — Et parce que ces problèmes d’organisation scientifique du travail, tels que je viens de les définir à larges traits, me paraissent d’une importance capitale pour la prospérité de la nation: parce que, ainsi que l’a parfaitement indiqué M. Dubreuil, dans un intéressant ouvrage que vous connaissez tous, et qu’il l’a redit ici-même avec sa robuste éloquence, à l’inauguration du Comité de l’Orientation professionnelle, il s’agit pour notre industrie de se réformer ou de périr (et je n’en veux comme preuves que la balance déficitaire de notre commerce extérieur et le faible rendement actuel des actions de nos grandes entreprises), ce n’est pas seulement un enseignement ex cathedra que je voudrais créer ici. Si mes projets ne sont pas trop ambitieux, je voudrais, en étroite collaboration avec la Chambre de Commerce de Paris, qui œuvre dans la même voie, avec les organes qui déjà travaillent ces questions, que soit constitué un vaste centre de renseignements, de conseils à nos industriels. Je voudrais que, de tous les points de la France, tous ceux qui
- comprennent la nécessité d’un ordre nouveau à la fois dans la production et dans les rapports entre la direction, le capital et la main-d’œuvre, demandent la collaboration active et cordiale de ceux qui ont approfondi ces problèmes et en discutent avec désintéressement.
- Pour ma part, je me suis persuadé que cette collaboration serait féconde et je m’efforcerai de la rendre telle: mais ce sont là projets d’avenir : il s’agit aujourd’hui simplement du cours; je veux en tracer maintenant le programme.
- Plan du cours. — Pour me conformer à un très vieii usage dont je ne médirai pas, je consacrerai une partie de la prochaine leçon à l’historique de cette organisation. Bien que cette science soit par définition beaucoup plus tournée vers l’avenir que vers le passé, il ne me paraît pas inutile de rappeler brièvement ce que fut l’organisation du travail dans l’antiquité; j’arriverai vite à l’époque moderne et j’analyserai très rapidement les raisons qui expliquent la naissance et le développement en Amérique de la technique de l’organisation des ateliers.
- Tout en rappelant que la science de l’organisation n’est pas un article d’importation, et qu’à tel pays, à telle industrie, à telle entreprise, il y a telle solution spéciale à découvrir, j’analyserai bien entendu les travaux de Taylor, la doctrine administrative de Favol et les œuvres plus récentes de Ford (les affaires sont faites pour la communauté et non la communauté pour les affaires!). Je m’efforcerai de donner une vue d’ensemble de ce mouvement vers la réalisation du plus haut rendement auquel on a donné le nom de rationalisation, et dont beaucoup de gens parlent sans savoir exactement de quoi il s’agit.
- J’insisterai surtout à ce propos, et je crois être d’accord à ce sujet avec les représentants qualifiés de la classe ouvrière (pas évidemment avec ceux qui mettent dans le même sac tous les efforts vers l’amélioration du sort des travailleurs, et attendent de l’extrême misère une révolution salvatrice) pour démontrer que si les ouvriers reconnaissent la nécessité de l’organisation du travail, s’ils admettent bien que, malgré le chômage momentané, malgré les misères que l’inévitable transformation économique entraîne avec elle (et qu’il est du devoir des hommes de cœur d’éviter et de réduire le plus possible), la rationalisation doit se faire en France comme elle s’opère à l’étranger : elle doit avoir comme fin l’amélioration du bien-être du plus grand nombre, et non l’accroissement des bénéfices de quelques privilégiés.
- J’entreprendrai ensuite un exposé critique des principes de l’organisation scientifique du travail,
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- tels que les ont cru définir un certain nombre d’auteurs américains et français, et tels que je les vois moi-même.
- Enfin, je terminerai cette remière partie du cours par une classification des fonctions et par un plan de l’organisation générale d’une entreprise, plan qui me conduira ainsi à délimiter mes différents groupes de leçons.
- Puisque à mon sens, c’est l’homme qui doit être le but et non pas l’instrument de l’organisation, et parce que toutes les richesses ne sont après tout que de l’effort humain, je placerai le facteur humain au premier plan et j’étudierai de suite tout ce qui concerne le personnel dans l’organisation scientifique.
- Toute cette partie, comprenant l’organisation des cadres, la sélection du personnel, sa rémunération, l’hygiène du travail, l’éducation sociale du personnel, la participation du personnel à la gestion, sera souvent appuyée sur les leçons que, dans d’autres amphithéâtres de cet établissement, professent mes éminents collègues.
- J’exposerai là les fruits d’une expérience personnellement acquise par le contact d’une classe ouvrière parmi laquelle je suis né, que j’ai senti palpiter à mes côtés pendant toute ma jeunesse, et dont j’ai appris à connaître, par vingt ans de maniement des hommes, les réflexes et les enthousiasmes, les néfastes préjugés et les justes aspirations.
- Puis, je compte passer en revue la pratique de l’organisation du travail telle qu’elle semble actuellement adoptée, et telle qu’il serait désirable qu’elle le soit dans les entreprises qui, en Amérique comme en France, ont résolument appliqué les méthodes nouvelles. Et j’examinerai successivement la préparation, l’exécution, le contrôle du travail et enfin l’organisation générale de la production dans une série d’entreprises industrielles.
- Les cas. — A ce sujet, j’ai l’intention de pratiquer autant qu’il me sera possible de le faire, la méthode d’enseignement que l’Université de Harvard a rendue célèbre, la méthode des cas. On sait de quoi il s’agit :
- On place sous les yeux des élèves des cas, non pas imaginaires, mais réels, des problèmes soulevés de la vie d’entreprises existantes , et on leur dit : (( Telle difficulté se présente dans telle affaire (on la nomme ou on ne la nomme pas selon que les propriétaires de l’entreprise le permettent ou non) ; si vous étiez à la place du directeur que feriez-vous ?
- On leur laisse quelques jours pour réfléchir ; le professeur ne dit presque rien; il se contente d’interroger et de redresser les erreurs.
- La Chambre de Commerce de Paris, sous l’impulsion de son éminent président M. André Baudet, a décidé, en accord avec l’Université de Harvard, de créer une école spéciale qui pratiquera uniquement la méthode des cas, et à laquelle j’ai l’honneur de collaborer. Cette méthode suppose évidemment que les élèves connaissent parfaitement les principes, les éléments de l’organisation scientifique, et aient de fortes connaissances en technique générale. Elle exige un recrutement très soigné, car il s’agit en somme d’une école d’application.
- Ici, nous ne pouvons pas évidemment appliquer dans toute sa rigueur la méthode des cas; mais nous pouvons, et j’ai l’intention de le faire, utiliser cette méthode comme application du cours, et pour donner plus d’intérêt à l’enseignement en y joignant l’attrait de solutions pratiques.
- J’aborderai ensuite, et successivement, l’organisation commerciale et l’organisation comptable, puisque, après avoir produit, il faut vendre, et puisqu’il faut contrôler, non seulement après avoir produit et vendu, mais encore tandis qu’on produit et tandis qu’on vend. Enfin, les éléments de la production et de la vente étant délimités, je dirai comment l’organisation administrative doit coordonner l’ensemble, et comment l’organisation financière doit donner la vie à l’entreprise et maintenir son activité.
- Puis, arrivé au terme du développement prévu pour ce cours, je m’efforcerai de montrer comment les méthodes d’efficacité s’adaptent aussi bien à la production agricole qu’à la production industrielle et aux services commerciaux.
- Il y aura évidemment dans mon exposé bien des lacunes ; mais n’ayant pas la prétention de faire du premier coup une œuvre parfaite, je remettrai, avec patience et ténacité, l’ouvrage sur le métier, en m’inspirant des conseils et des critiques de ceux qui voudront bien s’intéresser à mon cours.
- Comme l’humble maçon construisant un mur en briques, dont je parlais tout à l’heure, j’accomplirai résolument et méthodiquement ma tâche clairement définie, ajoutant une pierre aux pierres déjà posées, dans l’ambition d’élever ainsi un modeste mais solide édifice à la prospérité de l’industrie nationale et au bien-être des travailleurs de ce pays !
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- Grandeurs incommensurables
- La géométrie envisage certaines grandeurs qui ne peuvent être mesurées par des nombres finis d’une unité commune, grandeurs dites incommensurables.
- Le côté du carré et sa diagonale en sont un des exemples les plus simples. En prenant pour unité la longueur du côté, la diagonale est mesurée par la racine carrée de 2, c’est-à-dire 1,4142136..., nombre qui peut être indéfiniment prolongé.
- A
- Mais, dans l’application, la longueur de cette diagonale, aussi exactement qu’on puisse l’obtenir, est donnée par un nombre fini. Si le côté du carré est long d’un mètre, le premier chiffre du nombre indéfini qui représente théoriquement la longueur de la diagonale indique un mètre le second, des décimètres, le troisième, des centimètres, le quatrième, des millimètres, le septième (3), des microns. Or nos procédés de mesure ne sont pas parfaits : ce n’est que dans des conditions très rares qu’on peut obtenir une exactitude de l’ordre du micron; le centième de millimètre exige déjà une grande précision.
- La longueur de la diagonale est plus grande que 1.414,213 microns, et plus petite que 1.414.214 microns; c’est dans l’intervalle d’un micron que viennent s’étaler les chiffres suivants, aussi nombreux qu’on veut, de la longueur théorique. Que représente pour nous le dixième, le centième, le millième de ces chiffres ?
- Mais ce n’est pas seulement l’imperfection des procédés de mesure qu’on doive considérer : les figures géométriques, pures conception de l’esprit, sont irréalisables. La ligne géométrique, sans épaisseur, n’a pas d’existence, non plus que le plan. La figure qu’en pratique on appelle carré n’est qu’une grossière image du carré géométrique. Si fin que puisse être gravé un trait sur une surface aussi plane que possible, mais qui n’est jamais un plan géomé-
- trique, ce n’est qu’une rainure, dans laquelle on peut supposer que se logeraient les côtés du carré géométrique.
- Il faut donc abandonner toute idée de grandeurs incommensurables quand il s’agit d’objets matériels.
- Les mêmes remarques s’appliquent au rapport de la circonférence de cercle à son diamètre. Ce rapport étant donné, en théorie, pour le cercle géométrique qui n’a pas d’existence, par le nombre 3,1415926.. ., avec un diamètre d’un mètre, le nombre 3,14159 donne la longueur de la circonférence à moins de 3 microns près, et encore en admettant que la longueur du diamètre diffère du mètre de moins d’un micron. Même le nombre 3,1416 diffère de la longueur théorique de moins d’un centième de millimètre.
- Ceci montre que le fameux problème de la quadrature du cercle, considéré comme insoluble, n’a aucun intérêt pratique; l’importance qu’on y a attachée résulte d’une confusion des figures géométriques pures et des figures réelles.
- On connaît plusieurs tracés qui donnent la longueur de la circonférence en fonction du diamètre, avec toute la précision désirable. De même, on construit le côté du carré dont la surface égale celle d’un cercle, ce qui correspond à l’expression quadrature du cercle.
- Le procédé suivant a été indiqué par M. le général Chapel (journal X... information, mars-mai 1923) : D étant le milieu du rayon OE, perpendiculaire à AC, on prend AC égal à deux fois AD, et on joint CD; la corde MN est le côté du carré équivalent au cercle à moins de 3 centièmes de millimètre pour un cercle de 100 de rayon.
- E
- Comme exemple de la rectification de la circonférence, le tracé suivant est aussi simple qu’exact. On traceOC faisant un angle de 30° avec le diamètre AB, ce qui revient à construire le triangle équilatéral OED; on prend CF égal à trois fois le rayon. AF est la longueur de la demi-circonférence.
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- est comprise entre 314,15 et 314,16 ">m, de même que la longueur théorique. La différence de ces deux longueurs est donc inférieure à un centième de millimètre.
- M. A. Fully indique un tracé analogue dans ses (( Eléments de géométrie expérimentale ».
- Il est utile de donner, dans l’enseignement, des exemples de ces constructions soi-disant imparfaites, afin de bien faire saisir la différence entre certaines conceptions théoriques et la réalité.
- Du reste ces constructions ne sont guère que des exercices géométriques, car, si on veut tracer une longueur égale à la circonférence d’un cercle de rayon donné, on en connaît la valeur numérique, qu’il suffit de reporter sur le dessin à l’aide d’une règle graduée : on prend cette valeur avec une approximation correspondant à la précision de la mesure.
- 6 novembre 1930.
- Ed. Sauvage.
- Échos du Conservatoire
- Conférences publiques du dimanche avec projections et vues cinématographiques
- 4 janvier. — Nouvelles méthodes de navigation aérienne et leur emploi par Costes et Bellonte. — M. Louis Kahn, Ingénieur du génie maritime, chef-adjoint au Cabinet du Ministre de l’Air.
- 1 1 janvier. — L'aménagement des chutes d'eau et les turbines hydrauliques. — M. André Tenot, Professeur à l’Ecole des Arts-et-Métiers de Châlons-sur-Marne.
- 18 janvier. — Vers la conquête de l'énergie des mers. — M. Georges Claude, Membre de l’Institut.
- 25 janvier. — Les Assurances Sociales en France et la loi du 30 avril 1 930. — M. Risser, Professeur au Conservatoire national des Arts-et-Métiers.
- 1re février. — Les bois coloniaux, leur usinage, leur emploi. — M. Julien Petitpas, Ingénieur-conseil.
- 8 février. — Moteurs à combustibles lourds. — M. Dumanois, Inspecteur général de l’aéronautique, Directeur des Services techniques de l’Office national des combustibles liquides.
- 15 février. — La législation des Sociétés par actions et les récents projets de réforme. — M. Drouets, Docteur en droit, ancien assistant à la Faculté de droit de Paris.
- 22 février. — L'Afrique équatoriale française à l’Exposition coloniale de 1931. — M. Anselme Laurence, Délégué de l’Agence économique de l’Afrique équatoriale française, Chargé de mission au Commissariat général
- de l’Exposition internationale coloniale.
- 1ur mars. — L’enregistrement d’un disque de phonographe. — M. Ro-senblith.
- 8 mars. — L'application des températures élevées dans l’industrie chimique. — M. Chaudron, Professeur à la Faculté des sciences, Directeur de l’Institut de chimie appliquée de Lille.
- 1 5 mars. — La soie artificielle. — Sa fabrication et ses applications. — M. Jules Quantin, Ingénieur civil des mines, ancien élève de l’Ecole polytechnique.
- 22 mars. — Une grande date de l’astronomie : la découverte du nouveau monde transneptunien Plulon. — Mme Camille Flammarion.
- 29 mars. — La pollution des eaux par les déversements industriels. — Dangers et remèdes. — M. Heim de Balsac, Professeur au Conservatoire national des Arts et Métiers, es conférences auront lieu à 1 4 h. 30.
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- Ces Conférences auront lieu à 14 h. 30.
- Visites-conférences du dimanche dans le musée industriel
- 1 8 janvier 1931. — Les appareils de contrôle des fils et tissus. — M. Dantzer.
- 1er février. — La turbine à vapeur moderne. — M. Monteil.
- 1 5 février. — Les métiers à tisser automatiques. — M. Dantzer.
- 22 février. — Le contrôle de la combustion et l'équipement de surveillance appliqués aux fours de toutes industries. — M. Damour.
- 8 mars. — Le moteur Diesel. — M. Monteil.
- 1 5 mars. -— Le verre. -—- M. Gran-ger.
- 22 mars. — Les mesures de longueurs, de capacités, de masses. Le système métrique décimal. —- M. J. Lemoine.
- Ces conférences sont publiques et ont lieu à 1 0 h. du malin.
- Modifications
- La chaire de Chimie agricole et analyse chimique prend le titre de « chaire de Chimie agricole et biologique ».
- Le cour de Mathématiques a lieu les mardis et vendredis à 21 h. 1 5 au lieu des mercredis et samedis à
- 21 h. 15.
- Le cours de Mécanique a lieu les mercredis et samedis à 21 h. 1 5 au heu des mardis et vendredis à 21 h. 15. M. le Professeur Kœnigs, empêché, est actuellement suppléé par M. Got.
- Nouvel Ingénieur C. A. M.
- M. Vivier a passé brillamment son diplôme d’ingénieur du Conservatoire National des Arts et Métiers (physique) , avec la mention bien.
- M. Vivier a soutenu une thèse portant sur l’utilisation des résistances négatives dans les mesures électriques. Nous avons déjà eu le plaisir de publier dans cette revue différents articles de notre collègue, dans lsequels il envisageait déjà le principe de l’utilisation des résistances négatives au moyen de différents appareils.
- Nos plus vifs compliments à notre camarade.
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- Rome et les Lettres latines, par Auguste Dupouy. L’Ecole classique française (1660-1715), par Auguste Bailly.
- La Renaissance des Lettres en France (de Louis XII à Henri IY), par J. Plattard.
- Le Naturalisme français (1870-1895), par Pierre Mar-tino.
- Parnasse et Symbolisme (1850-1900), par P. Mar-tino.
- La Pensée française au XVIIIe siècle, par D. Mornet. La Littérature italienne, par M. Th. Laignel.
- Histoire de la Langue allemande, par L. Tonnelat.
- La littérature française contemporaine, par André Biliy. L’Ecole romantique française, par Jean Giraud.
- Le Théâtre français contemporain, par Edmond Sée. Grammaire descriptive de l’anglais parlé, par J. Del-court.
- La Littérature en Russie, par J. Legras.
- HISTOIRE
- ET SCIENCES ÉCONOMIQUES
- La Société féodale, par J. Calmette.
- La Révolution française, tomes I, Il et III, par A. Ma-thiez.
- La Grande Guerre .(1914-1918), par le général The-venet.
- La France économique et sociale au XVIII0 siècle, par
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- Les Doctrines économiques en France depuis 1870,
- par Gaétan Pirou.
- Peuples et Nations des Balkans, par Jacques Ancel.
- Les Origines du capitalisme moderne, par Henri Sée. La Formation de l’Unité italienne, par G. Bourgin.
- La Civilisation athénienne, par P. Cloché.
- La Formation de l’Etat français et l’Unité française, par G. Dupont-Ferrier.
- GÉOGRAPHIE
- Les Pyrénées, par Max Sorre.
- Les Alpes françaises, par R. Blanchard.
- Les Grands marchés des matières premières, par F.
- Maurette.
- La Houille blanche, par H. Cavaillès.
- Les Industries de la soie en France, par Pierre Clerget. Les Alpes (Géographie générale), par Emm. de Mar-tonne.
- Nos grands problèmes coloniaux, par G. Hardy.
- MATHÉMATIQUES
- Traité pratique de géométrie descriptive, par G. Gef-Statique et Dynamique, tomes I et II, par H. Beghin. Statique et Dynamique, tomes I et II, par Béghin. Probabilités et erreurs, par E. Borel et R. Deltheil.
- Calculs numériques et graphiques, par E. Gau. Eléments de Calcul différentiel et de Calcul intégral,
- par Th. Leconte et R. Deltheil.
- Nomographie, par M. Fréchet et H. Roullet.
- Le Calcul vectoriel, par R. Bricard.
- Les Quanta, par G. Dejardin.
- PHYSIQUE
- Télégraphie et Téléphonie sans fil, par G. Gutton. Théorie cinétique des Gaz, par Eugène Bloch.
- Eléments d’EIectricité, par Ch. Fabry.
- Les Instruments d’Optique, par Henri Pariselle. Physique du Globe, par Ch. Maurain.
- L’Atmosphère et la Prévision du temps, par G. Roucli. Les Courants alternatifs, par P. Sève.
- Le Magnétisme, par P. Weiss et G. Foex.
- Principes de l’Electrochimie, par J. Ponsinet.
- Ondes et Electrons, par P. Bricout.
- Les Rayons X, par J. Thibaud.
- CHIMIE
- La Fonte, par le colonel J. Rouelle.
- Principes de l’analyse chimique, par Victor Auger. L’Acier, par le colonel J. Rouelle.
- L’Industrie du Fer en France, par J. Levainville. Propriétés générales des sols en agriculture, par Gustave André.
- Les Méthodes actuelles de la Chimie, par Pierre Jolibois.
- Chimie minérale, tomes I, II et III, par H. Copaux et H. Perperot.
- Les Industries de fixation de l’azote, par M. Guichard. Essences naturelles et Parfums, par R. Delange.
- BIOLOGIE
- L’Hérédité, par Etienne Rabaud.
- Eléments de Paléontologie, tomes I et II, par L. Jo-
- leaud.
- La Tuberculose, par le docteur E. Rist.
- Psychologie expérimentale, par Henri Piéron.
- La Vie de la Cellule végétale, par R. Combes (2 vol.). Couleurs et Pigments des êtres vivants, par le docteur J. Verne.
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