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Dictionnaire des sciences et des arts contenant l'étymologie, la définition et les diverses acceptions des termes techniques
TOME 1
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- DICTIONNAIRE
- DES
- SCIENCES EX DES ARTS
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- DICTIONNAIRE
- DES
- SCIENCES ET DES ARTS,
- CONTENANT
- L’EtTMOLODIE , LA DEFINITION ET LES DIVERSES ACCEPTIONS DES TE RM S J techniques usités dans l’Anatomie, la Physiologie, la Médecine, Chirurgie, la Pharmacie, la Chimie ; — la Zoologie, l'Ornithologie l’Ychtiologie, l’Entomologie, etc. — la Botanique, la Minéralogie; —-les Mathématiques, la Métrologie ou le système des nouveaux poids et mesures ; — l’Analyse, la Mécanique, l’Hydraulique, la Statique, l’Hydrostatique , la Dynamique , l’Hydrodynamique, la Physique , l’Optique , P Acoustique , la Pneumatique, l’Electricité, le Galvanisme ;—l’Astronomie, la Gnomonique, la Géographie, l’Hydrographie, la Navigation ; — la Peinture, la Sculpture, la Gravure ou la Glyptique, l’Imprimerie; l’Architec-ture; la Marine , l’Art de la guerre; le Blason , la Gymnastique, la Chorégraphie; — la Pêche, la Chasse; — les Arts et Métiers ou la Technologie; —l’Ettonomie domestique, l’Agriculture, le Jardinage, le Commerce ; — l’Economie politique, les Titres d’honneur et de dignité, la Diplomatie;—la Littérature , la Grammaire, la Rhétorique, la Poésie, l’Art dramatique; —la Logique, la Morale, la Métaphysique, la Théologie ; — la Jurisprudence, la Pratique ; la Bibliographie, l’Antiquité, la Diplomatique; l’Histoire, la Chronologie, la Numismatique, etc. etc.
- On y a joint le Tableau historique de l’origine et des progrès de chaque branche des connoissances humaines, et une Description abrégée des machines, des instrumens et des procédés anciens et modernes employés dans les Arts.
- PAR M. LÜNIER.
- TOME I.
- A PARIS
- CHEZ LE NORMANT, IMPRIMEUR-LIBRAIRE,
- RUE DES PRÊTRES SAINT-GERMAIN-l’aUXERROIS, N°. 17.
- Et chez, H. NICOLLE et Ce, rue des petits-àugustins, k°. 55.
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- A SON ALTESSE SÉRENISSÏME
- MONSEIGNEUR
- LE PRINCE MURAT,
- GRAND AMIRAL,MARÉCHAL DE L’EMPIRE,
- GRAND OFFICIER DE LA LÉGION D’HONNEUR,
- GOUVERNEUR DE PARIS, etc»
- M O NSEIGNEUR,
- En demandant à VOTRE Altesse SÉRENISSÏME la permission défaire paraître sous ses auspices cet humble fruit de mes travaux, je n’ai eu d’autre ambition que celle de le présenter au public, accompagné de la recommandation d'un Prince qui donne tous les jours des preuves de son goût éclairé pour les sciences et les arts.
- En acceptant mon hommage, Votre AlTesse SéréniSSIME a donc comblé tous mes vœux ; et si à T accueil gracieux qu’elle a daigné faire à l’ouvrage
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- elle a ajouté des choses infiniment trop flatteuses pour l’auteur, je dois les attribuer entièrement aux senti-mens généreux qui rappellent aux Princes qu’ils sont les protecteurs nés des gens de lettres, qui permettent aux guerriers les plus illustres de sourire à leurs efforts y et qui commandent peut-être aux hommes que leurs services ont portés à une grande élévation y de ne pas refuser cette sorte d’encouragement à leurs compositions les plus foibles.
- J’ai l’honneur d’être ?
- MONSEIGNEUR,
- de Votre Altesse Sérékissi'me,
- Ee très-liumLle et très-obéissant servi leur,
- LUNIER,
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- PRÉFACE.
- jjORSQDE les Sciences et les Arts étoient ignorés ou dédaignés des gens du monde, on yoyoit peu de Dictionnaires , et ceux qui existoient ne passoient guère les bornes de la langue commune : mais aujourd’hui que tout le monde est instruit ou désire de le paraître ; aujourd’hui qu’il n’est point de brochure ou de feuille périodique qui ne renferme quelques termes scientifiques ou techniques, dont la nouveauté ou la bizarrerie peut arrêter le lecteur, les dictionnaires qui en donnent l’explication sont devenus d’un usage général et même indispensable.
- Quelque considérables que soien t déj à ces sortes d’ouvrages, leur nombre doit encore s’accroître, parce que leur nature est de ne jamais atteindre la perfection, et de ne pouvoir en approcher qu’en se multipliant. Il doit, en effet, arriver, de tems entems, des époques où ceux qui existent ne pouvant plus suffire, il faut nécessairement les renouveler ; et ces époques sont marquées par les gr*ands changemens qui s’introduisent dans le langage des Sciences et des Arts, et qui sont une suite naturelle de leurs progrès. Mais s’il est une circonstance où ce besoin se fait plus particulièrement sentir, c’est incontestablement celle dans laquelle nous nous trouvons, où une foule de nouvelles idées ayant accru , dans l’espace de moins de vingt-cinq ans, les richesses de l’esprit humain , il a fallu , pour les exprimer , créer une multitude de nouveaux termes, ou multiplier les acceptions des anciens.
- Mais quelque favorable que soit le môment qu’on a
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- PRÉFACE.
- choisi pour publier ce nouveau Dictionnaire, quelque soin qu’on ait pris pour le mettre en état de remplacer tous ceux qui Pont précédé, et suppléer à leur défaut d’instruction , on n’a pas la prétention de croire qu’il est plus à l’abri qu’eux dé la destinée qui les attend tous ; et il faudra bien que, dans un certain nombre d’années , il cède la place à un nouveau venu, qui, profitant de ses lumières et même de ses fautes, et se parant des nouvelles acquisitions faites dans les Sciences et dans les Arts , le reléguera dans un coin de bibliothèque , où lui-même ira le rejoindre à son tour pour servir l’un et l’autre, et ainsi que leurs prédécesseurs , de monumens plus ou moins fidèles de l’état des connaissances humaines au moment où ils ont été composés.
- L’utilité des dictionnaires une fois reconnue, ainsi que la nécessité de les renouveler de teins en teins , il est indispensable de dire quelque chose des motifs qui ont fait entreprendre celui - ci, du plan que l’auteur a suivi, et de la manière dont il l’a exécuté.
- Parmi les dictionnaires qui traitent des Sciences et des Arts, les uns se sont bornés à une science en particulier ; les autres ont entrepris la description des arts qui ont entr’eux quelque analogie ; quelques - uns ont embrassé l’universalité des conneissances humaines, mais on ne trouve, ni dans les uns ni dans les autres, une instruction complète : Ici, c’est une description des procédés et des instrumens d’un art, sans aucune définition des termes qui composent son langage ; là, on trouve l’étymologie d’un mot, mais point d’explication de la chose dont il est le signe; par-tout de l’instruction, mais une instruction partielle, disséminée, et presque toujours insuffisante.
- Voilà les motifs qui ont déterminé l’auteur à réunir, dans le moindre espace possible, ee qu’on ne trouveroit que difficilement et à grands frais dans deux ou trois cents volumes ; en y ajoutant, comme de raison, les termes dont les Sciences et
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- P Pt ÉFAC E. V
- les Arts se sont enrichis depuis quelques années, et particulièrement ceux de la nomenclature chimique, du nouveau système des poids et mesures, et ceux en plus grand nombre qui ont accru le domaine delà physique, de la minéralogie, de la botanique, etc, Voici maintenant le plan de l’ouvrage.
- Si la connoissance des choses dépend en grande partie de celle des mots, l’art, qui donne une explication nette de ceux-ci: l’art qui apprend à remonter du connu à l'inconnu, des composés au simple, des dérivés au radical, des acceptions métaphoriques au sens primitif; l’étymologie, en un mot, a dû être considérée par l’auteur comme le premier et le principal objet de son travail.
- L’art étymologique a, comme les autres arts, ses principes et ses règles ; mais il a aussi ses dangers et ses écueils. Il existe dans la formation des mots d’une langue , dans leurs diverses applications, et jusque dans leur corruption, une suite, une génération d’idées, dont il n’est pas impossible de trouver le fil et l’enchaînement; il n’est pas non plus très-difficile de reconnoîtreles termes qui nous viennent des langues anciennes; et pour ceux que nous avons empruntés des langues modernes, l’histcire des guerres, des voyages, du commerce , montre suffisamment l’ordre des difiérens canaux par où ces termes ont pu passer jusqu’à nous : mais quand on a épuisé tous les moyens indiqués par l’art pour trouver l’origine certaine d’un mot dont les changeinens considérables et les acceptions multipliées ont fait oublier ou perdre la première imposition, vouloir aller plus loin, c’est justifier les reproches de frivolité et de pédantisme que l’on fait à la science et à ceux qui la professent, et il faut alors se contenter de l’étymologie qui paroit la plus probable, et même se résoudre à en adopter une qui n’a souvent d’autre mérite que de ne pas trop choquer la vraisemblance.
- Au reste, la science étymologique n’a pas besoin, pour être une science utile et même nécessaire, de cette exactitude rigoureuse dont ses partisans lui font honneur, et
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- vî préface.
- que ses détracteurs lui refusent, les uns et les autres, trop légèrement peut-être : car, que l’étymologie d’un mot soit certaine, vraisemblable ou douteuse ; que les principes sur lesquels elle est fondée soient évidens, judicieux ou absurdes; elle a toujours, même dans le cas le moins favorable , l’avantage insigne et incontestable de piquer la curiosité, d’exciter l’attention, de soulager la mémoire, de rappeler, avec le mot, l'idée de la chose qu’il représente, ou de suppléer à cette idée par celle d’une circonstance, d’une propriété, d’une date, d’un fait, d’un nom qui en facilite l’intelligence et en perpétue le souvenir. Il faut ajouter à cela que tous les hommes éclairés regardent l’art étymologique comme une sorte d’analyse qui sert merveilleusement à la définition, si elle n’est pas la définition elle-même.
- A l’étymologie du mot, on a joint sa signification littérale et grammaticale, et à celle-ci ses diverses acceptions. Cela seul devroit suffire pour faire distinguer cet ouvrage des simples vocabulaires, et le mettre au rang des dictionnaires de notions ; mais l’Auteur s’est efforcé de lui mériter doublement ce titre , en plaçant, par-tout où les circonstances l’ont permis, une notice historique, contenant l’origine, les principes et les progrès des Sciences ; l’époque des découvertes importantes, les noms de leurs auteurs, les événe-mens qui les ont préparées, et les circonstances qui les ont accompagnées; la naissance de chaque art, ses perfectionne-inens, sa décadence, sa perte, sa renaissance, les noms de ceux qui s’y sont distingués, et les titres des ouvrages qui en ont traité ; s’il est question d’un usage, d’une fête catholique, d'une cérémonie, on a indiqué le pays où il a commencé à s’introduire, l’occasion et la date de son établissement ; s’il s’agit d’un titre d’honneur, de dignité ou d’office, on a eu soin de faire mention de sa création, de l’étendue de ses fonctions, et des révolutions qu’il a éprouvées par les changemens de mœurs et de gouvernemens.
- Quant à l’ordre à suivre dans la distribution des diverses
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- PRÉFACE. vïj
- acceptions d’un même mot appliqué à plusieurs Sciences ou Arts, l’Auteur avoit. à choisir entre le degré d’importance ou de prééminence dont telle science ou tel art jouit dans le monde savant, et entre l’ordre successif des dérivations du mot l’Auteur a préféré ce dernier, comme le mode le plus naturel, le plus instructif, et le plus propre à marquer la progression des diverses significations du mot, en partant de son acception la plus simple, pour arriver à la plus composée, la plus étendue ou la plus éloignée de son acception primitive. Enfin , pour reposer la vue et faciliter les recherches , chaque article est précédé du nom ( imprimé en italique) de la Science ou de l’Art auquel l’acception se rapporte.
- Tel est le Dictionnaire qu’on a l’honneur d’offrir au public. Son utilité fait toute son excellence; son autorité, et par conséquent son succès , ne reposent nullement sur le nom ou la capacité de celui qui l’a composé, mais uniquement sur le mérite et la réputation des savans illustres qui y ont contribué, chacun pour sa part.
- Quant au travail qui est particulier à l’Auteur, comme il se réduit à de légers soins pour rassembler ses matériaux, à un peu de patience pour les examiner, et à quelque discernement pour les choisir , les classer et les réduire , ce travail peut, s’il est exécuté avec méthode , précision et clarté, le mettre à l’abri de la censure, mais il ne suffit pas pour lui donner part à des éloges qui ne sont dus qu’à ceux dont il a emprunté les lumières.
- Les auteurs de dictionnaires ne travaillent pas pour leur propre gloire : leur tâche est de préparer celle des autres. Condamnés par état à être les pionniers de la littérature, leur* destinée est remplie lorsqu’ils sont parvenus à écarter les. obstacles qui s'opposent à ses progrès, à aplanir et à nettoyer les routes qui doivent conduire les hommes de génie aux honneurs et à la fortune.
- Mais cet avantage, commun à tous les dictionnaires, n*es5 pas le seul qui distingue celui-ci: l’Auteur, en ménageant
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- Tïij PRÉFACE.
- l’intérêt des savans, en leur épargnant quelquefois de longues et pénibles recherches, et en les mettant souvent à même de citer les écrivains originaux et les historiens contemporains , comme s’ils les avoient lus, a encore eu l’ambition d'être utile aux gens du monde, en les mettant en état, non pas de professer les Sciences et les Arts , mais d’entendre leur langage, et de pouvoir rendre raison d’un terme scientifique ou technique qui aura pi.ru dans une feuille du matin, et qui fera probablement le sujet de la conversation du soir.
- L’Auteur n’a rien négligé pour atteindre ce double but, mais si, malgré tout ce qu’il a pu faire, il lui est échappé quelques erreurs ou quelques omissions, il prie ceux qui s’en apercevront de vouloir bien considérer l’étendue de son ouvrage et le comparer avec le cadre étroit dans lequel il l’a renfermé ; de songer à l’immensité des matériaux qui lui ont été nécessaires, et dont quelques-uns lui ont manqué, par l’impossibilité de les réunir tous : et ils reconnoîtront sans doute avec lui que si un ouvrage d’un volume un peu considérable reste presque toujours imparfait, c’est moins par défaut de soins, que parce que les soins les plus cons-tans et les plus multipliés ne sont pas toujours heureux : ils se convaincront qu’une recherche appelle une autre recherche ; qu’un livre ne sert souvent qu’à faire sentir le besoin d’un autre livre; qu’on ne trouve pas tout ce qu’on cherche, et qu’on n’est pas toujours satisfait de ce qu’on trouve ; que la réflexion et l’idée du mieux viennent quelquefois trop tard ; enfin que, quelque chose que l’on fasse, il faut toujours qu’il reste une part à la critique, et de quoi fournir la matière d’une seconde édition.
- DICTIONNAIRE'
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- DICTIONNAIRE
- DES
- SCIENCES ET DES ARTS.
- , s. m. première lettre de l’alphabet, et la première des cinq voyelles.
- ( Arïthmét.') A étoit une lettre numérale chezles Grecs et les Romains. Chez les premiers , A ne marquoit qu’une unité; chez les seconds, il marquoit cinq 'cents.
- ( Chronol. ) A, dans le calendrier Julien, est la première des lettres dominicales. C’étoit , avant l’ère chrétienne , la première des lettres nundinales, et ce fut, d’après cet usage, qu’on introduisit les lettres dominicales»
- ( Gramm. ) A ( privatif ) première lettre de l’alphabet des Grecs, que l’on nomme alpha. Elle entre dans la composition de plusieurs mots français où elle marque privation. Elle répond , en général, à la préposition sans ou à une négation , et se place toujours au commencement d’un mot ; comme acéphale , sans tête ; achromatique, sans couleur.
- . ( Monnoie ) A au revers des médailles antiques , est la marque de la monnoie d’Àrgos.
- A, est la marque de la monnoie de Paris.
- AA , est la marque de la monnoie de la ville de Metz.
- ABACO ou ABAQUE , s. m. du grec ( abax ), buffet, table, crédence.
- ( Arithm. Géom. ) Table sur laquelle les premiers mathématiciens faisoient leurs calculs , ou traçoient leurs figures. L’abaque de Pytha-goreestce qu’on appelle aujourd’hui la table de multiplication^
- Tom. I.
- ( Archit. ) Abaque se dit aussi de la partie supérieure ou couronne-» ment du chapiteau de la colonne et du pilastre.
- ( Miner. ) Abaque est encore une espèce d’auge dont on se sert dans les mines pour laver For,
- ABAISSEMENT , s. m. du latin barbare , bossus , dont les Italiens ont fait basso , les Espagnols baxo , et les Français bas : diminution de hauteur.
- ( Algèbre) Abaissement d'une équation ; c’est la réduction de cette équation à la forme la plus simple dont elle est susceptible.
- {Géom.) Abaissement d*une perpendiculaire ; c’est l’action de mener une perpendiculaire d’un point placé hors d’une ligne sur cette ligne.
- ( Astron. ) Abaissement de Vho-rizon visible ; c’est la quantité dont l’horizon visible est abaissé au-dessous du pôle horizontal qui touche la terre.
- Abaissement des planètes par Veffet de laparallaxe ; c’est la quantité dont nous les voyons plus basses que si nous étions placés au centre de la terre où il faudroit être pour voir les mouvemens célestes plus uniformes. On ne peut faire aucune espèce d’observation qu’on ne la corrige par l’effet de cet abaissements F. PARALLAXE.
- Abaissement du cercle crépus culaire ; c’est la quantité dont le soleil est abaissé au-dessous de l’horizon , lorsque le crépuscule du soir est totalement fini, ou lorsque l’aurore commence, c’est-à-dire, quand
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- on commence avoir, le soir, ïes plus petites étoiles après le coucher du soleil, ou qu’on cesse de les voir le matin.
- Abaissement d’une étoile sous l’horizon ; c’est l’arc d’un cercle Vertical , qui se trouve au-dessous de l’horizon, entre cette étoile et l’horizon.
- Abaissement du pôle 5 c’est la quantité de degrés dont on avance du pôle vers l’équateur , parce qu’au-tant on fait de chemin en degrés de latitude, en allant du pôle versl’équa-teur , autant est grandie nombre de degrés dont le pôle s’abaisse.
- ABAISSEUR , s. m. même origine qu’ABAISSEMENT.
- ( Anat. ) Il se dit de differens muscles dont l’aétion consiste à abaisser ou à entraîner en bas les parties auxquelles ils sont attachés. Par exemple, la mâchoire inférieure est abaissée par les muscles digastriques et les peauciers. L’œil est abaissé par un des muscles droits qu’on nomme l’humble, ou le muscle inférieur de l’œil, ou simplement abaisseur de l’œil.
- ABANDON , s. m. de l’italien ubandonnare , du latin bandum deserere, quitter ses drapeaux : état où est une personne , une chose abandonnée.
- (Commerce) Faire l’abandon de ses biens à ses créanciers ; c’est, de la part d’un débiteur, faire la cession de tous ses biens à ses créan-«iers, lorsqu’il se trouve hors d’état de payer. V. CESSION.
- {Pratique') Abandon d’un legs, d’un héritage. V. RENONCIATION.
- ( Art dramat. } Abandon se dit en parlant d’un acteur qui tend avec chaleur les endroits passionnés : Cet acteur a débité cette tirade avec beaucoup d’abandon.
- ( Littérat. ) Abandon se dit en parlant des discours et des ouvrages d’esprit, de cette manière de s’exprimer facile et naturelle où l’esprit se laisse aller aa mouvement du sentiment et de la pensée.
- AB ARTICULATION, s. f. dulat. articulas , diminut. d’artus, membre , et de la prépos. ab , de, par.
- ( Anat. ) Espèce d’articulation des 05 j qui est évidemment mobile. On
- ÂBB
- lui donne encore le nom de dian*> throse.
- ABATELLEMENT, s. m. d*A<^ BATTRE , Y. ce mot.
- ( Commerce ) Terme usité parmi les Français, dans les échelles dut Levant : il signifie une sentence du consul , portant interdiction de tout commerce , entre les marchands et les négocians de la nation qui désavouent leur marché, ou qui refusent de payer leurs dettes.
- ABATIS, s. m. de l’italien abba— tiere ; formé de ad et de battere jeter bas, abattre : quantité de choses abattues.
- ( Archit. ) Séparation des pierres, de leur banc dans une carrière.
- ( Eaux et forêts ) La coupe d’ua bois ou d’une forêt.
- ( Art milif. ) Ahatis, en terme de guerre , se dit des arbres entassés, pour entraverla marche del’ennemi.
- Les anciens historiens parlent des abatis comme d’un moyen de défense très-commun chez tous les peuples : Jules-César en tira de grands avantages au siège d’Aîexia.
- ( Vénerie ) Abatis se dit de l’action d’un homme qui tue beaucoup de gibier 5 des traces que laisse après elle la bê^e fauve dans les taillis.
- ABATTRE , v. a. de l’italie» Abbatiere , jeter bas : renverser par terre, affoiblir , diminuer, abaisser.
- ( Marine ) S’abattre ou faire son abatée , s’entend d’un vaisseau dont l’avant ou la proue tourne du côté de tribord ou de bâbord , en obéissantau vent et à songouvernaiL
- Abattre un vaisseau en carène ; c’est le coucher ou le mettre sur le côté, pour travailler aux parties sub-* mergées ou pour le earéner.
- Abattre un vaisseau en quille $ c’est le coucher tout-à-fait, jusqu’ài ce que sa quille paroisse hors de l’eau.
- ( Equit. ) On dit qu’un cheval s’abat, lorsque les quatre pieds lui manquent.
- On abat un cheval , lorsqu'on le fait tomber sur le côté, pour lui faire quelque opération.
- ABBÉ , s. m. du latin abbate, ablatif d ’abbas qui vient du syriaque abba, père.
- ( Iiist. ecclés. ) Ce mot qui, dans
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- |ê commencement étoit un nom 5e tendresse et d’amour , devint ensuite tin nom de dignité et un titre d’honneur. Les docteurs juifs furent les premiers qui privent ce titre-, les chrétiens l’adoptèrent ensuite, et dès le teins de saint Jérôme, les supérieurs des monastères étaient tous appelés abbés ou pères.
- Selon le droit commun, tout abbé doit être régulier ou religieux ; mais selon le droit nouveau , on distingue deux sortes d’abbés ; Y abbé régulier et Y abbé commendataire ; ce mot insinue qu’il n’a l’administration de l’abbaye que pour un tems.
- Aujourd’hui, un donne le titre d’abbé à tous lés ecclésiastiques indistinctement.
- ABCÈS , s. m. dnlat. abscidere, séparer.
- ( Chirurgie ) Tumeur contre nature qui renferme du pus , ou une affection par laquelle des corps qui étoient auparavant contigus , s’éloignent l’un de l’autre, d’où doit s’ensuivre nn espace vide au milieu, qui contiendra quelque matière fl atueuse ou humide , ou l’une et l’autre tout ensemble.
- ABDALLAS , s. m-. de l’arabe abdallah , composé de abd, serviteur , et de alla h > dieu, serviteur de dieu.
- ( Hist. pers. ) Nom général que les Persans donnent à ceux que les Turcs appellent derviches , et les ch rétiens moines.
- ABDICATION, s, f_ du latin ab~ dico, formé de üb, de-, hors, et de dicere , déclarer, renoncer.
- ( Eco ri. polit-. ) Action paf laquelle on renonce volontairement et avant le terme , à une dignité souveraine dont en étoit revêtu.
- ( Jurisprud. ) Abdication se prend suivant l’ancienne jurisprudence , pour l’acte par lequel un père congédie son fils , le désavoue et l’exclut de sa famille. Il diffère de l’exhérédation , en Ce que Y abdication se îaisoit du vivant du père , au lieu que l’exhérédation ne se i’aisoit qu’à la mort.
- ABDOMEN, s. m. Mot purement latin , formé de omentum , coiffe, tunique grasse qui enveloppe les intestins , et de abdo, cacher.
- [Anat. ) Le bas-ventre, ou la ré:
- ABE 5
- gion du corps comprise entre le thorax et les hanches,
- ABDOMINAL, LE, adj. à’abdomen.
- ( Anat. ) Qui appartient au bas* vèntre ou à Y abdomen , les artères abdominales.
- ( Ichtyologie ) Poissons abdominaux ; c’est le nom d'une division de poissons ; elle renferme ceux qui ont des arêtes , et dont les nageoires ventrales soitt placées plus près de l’anus que des pectorales.
- ABDUCTEUR, s. m. du latin ab-ductor, formé de ab, hors, et de duco > conduire.
- ( Anat. ) Nom que l’on donne à différens muscles destinés à éloigné? les parties auxquelles ils sont attachés , du plan que l’on imagine diviser le corps en deux parties égales et symétriques, on de quelque autre partie à laquelle on les rapporte.
- ABDUCTION, s, f, Même origine qu’ABDUCTEÜR.
- ( Chirurgie ) On a donné ce nom à une fracture dans laquelle l’os est séparé aux environs de l’articulation, de sorte que les extrémités fracturées sont écartées l’une de l’autre* ABERRATION, s. f. duiatinaôer* ratio , formé de ab , de, hors, et de erro, écarter : l’action de s’écarter, de dévier de la règle commune-,
- ( Astron. Changement apparent dans la situation des étoiles, par lequel elles paroissent éloignées quelquefois de 20 secondes de leur véritable situation, par un effet du mouvement annuel de la terre, combiné avec le mouvement de la lumière.
- Cette découverte, l’uue des plus singulières que l’on ait faites en astro* nomie -, et la plus intéressante dw dix-huitième siècle , est due à l’astronome anglois Bradley.
- On étoit persuadé , avant les observations de Picard , en 1672 , que les étoiles ne changement point dè position pendant le cours d’une année, Picard remarqua que l’étoile polaire avoit, en divers tems de l’année , des variations de quelques secondes ynuys les savans déjà convaincus du mouvement de la terre , croyoient ces variations l’effet de la parallaxe annuelle , ou de la parallaxe du grand orbe ; d un autre côté Uassjià et Mauiredi s ou te noient qvf’ü
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- n’yavoit point de parallaxe annuelle. Il falloit donc des observations très-exactes et très-multi pliées pour dé-terminer les causes des variations annuelles que l’on apercevoit dans la position des étoiles ; c’est ce qu’entreprit Bradley , et ce qu'il exécuta avec le secours d’un riche particulier , appelé Samuel Molineux.
- ( Optique ) Aberration, en terme d’optique,estla dispersion des rayons de lumière qui, partant d’un objet et traversant un verre de lunette , au lieu d’aller se réunir en un même point ou foyer, se répandent sur une petite étendue, et forment en conséquence une image un peu confuse.
- Il y a deux causes de l’aberration : la première est la sphéricité des verres ou des miroirs ; la seconde est la diverse réfrangibilité des rayons : la première vient de ce qu’un verre circulaire, tels que ceux dont on se sert pour faire les lunettes d’approche , ne peut pas rassembler en un seul point tous les rayons de lumière qui en traversent les différens points. La seconde vient de la décomposition d’un faisceau de rayons, qui, en traversant un milieu diaphane tel qu’un verre de lunette , se divise en différentes couleurs.
- ABIME ou ÀBYME, s. m. du grec ( abussos )’, formé
- de l’« privatif et de Æuo-coç ( bus-sos ), fond, sans fond, qui n’a point de fond.
- ( Hist. natur. ) On donne ce nom â des enfoncemens très-considérables qui se sont formés dans la terre, et dont on ne connoît pas la profondeur.
- (Blason) En terme de blason, c'est le milieu del’écu.
- AB INTESTAT, corruption de l’adverbe latin abintestato, qui signifie sans testament.
- ( Pratique ) On appelle ainsi celui qui meurt sans avoir fait son testament , ou qui en a fait un qui n’est pas valable , qui a été cassé , et qui ne peut avoir son exécution. Il y a eu un tems où on privoit de la sépulture Jceux qui étoient décédés ab intestat : ce qui donna lieu à un arrêt du 19 mars 1409, portant défense à l’évêque d’Amiens', d’empêcher , comme il le faisoit, la sépulture des décédés ab intestat.
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- ABJURATION, s. f. du latin atfi juro, formé de ab, contre, et de juro, jurer : contre-jurer, rétracter un serment.
- ( Pratique ) Acte par lequel on renie oul’on renonce à une chose d’une manière solennelle , et même avec serment.
- ( Religion ) En matière de religion , abjuration s’entend de la solennelle rétractation d’une doctrine ou d’une opinion regardée comme fausse et pernicieuse.
- ABLACTATION, s. f. du latin ablactatio, formé de ab qui exprime privation , et de lac, lactis, lait : privation de lait.
- ( Méd. ) L’action ou la manière de sevrer les enfans.
- ABLAQUÉATION, s. f. du latin ablaqueatio, formé de ab, de, hors, et de laqueus , collet, lacet.
- ( Agricult. ) Déchaussement des vignes , et , en général, ouverture qu’on fait à la terre autour dés racines des arbres , afin de les exposer à l’action immédiate de l’air, de la pluie et du soleil.
- ABLATION , s. f. du latin abla-tio, formé de ab, de, hors, et d’au-fero, enlever.
- (Méd. )Enlèvement, action d’emporter toute matière nuisible an corps. Il se prend aussi pour le retranchement d'une partie de la nourriture journalière, ordonné relativement à la santé.
- Il se dit encore de l’intervalle dn repos dont on jouit yntre deux accès de fièvre.
- AB LEGAT, s. m. du latin able-. gatus, d’ab , de, hors , et de lego , envoyer , envoyer d’auprès de soi.
- { Chancellerie rom. j Nom que l’on donne à un officier que le pape commet pour faire, en quelques circonstances particulières , les fonctions d’envoyé ou de légat du saint siège.
- ABLEGATION , s. f. même origine qu’ABLÉGAT.
- ( Droit rom. ) Sorte de bannissement que les pères de famille pou-voient , suivant les lois romaines , prononcer contre ceux de leurs en-fans dont ils étoient mécontens.
- ABLUER, v. a. dn latin abluo , fait de ab, de, hors , et de luo, purifier.
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- A B O
- ( Diplomatique ) Abluer un parchemin, du papier ou de l é-crilure; c’est passer légèrement dessus une liqueur préparée de noix de galle , pour faire revivre l’écriture.
- ABLUTION, s. f. même on'gine qu’ABLUER.
- (Hist.anc.) L’ablution, chez les Romains, consistoit à se laver le corps avant d’aller au temple. Elle étoit en usage chez les Juifs , car l’écriture sainte parle d’un grand vase placé à l’entrée du temple de Salomon, où les prêtres se lavoient avant le sacrifice. JJ Ablution est encore pratiquée chez les Mahomé-tans, et chez la plupart des peuples d’Orient.
- ( Pharmacie) On donne le nom d’ablution à plusieurs opérations qui se font chez les apothicaires. La ire. est celle par laquelle on sépare d’un médicament, en le lavant avec de l’eau, les matières qui lui sont étrangères. La 2e. est celle par laquelle on enlève à un corps ses sucs surabondans, en répandant de l’eau dessus à différentes reprises ; elle se nomme encore EDULCORATION, ( JS. ce mot. ) La 3e. sert à augmenter les vertuset les propriétés d’un médicament, en versant dessus ou du vin, ou quelque liqueur distillée qui lui communique ses vertus ou son odeur, comme lorsqu’on lave les vases de terre avec le vin.
- ABOIS, s. m. d’aboyer, formé du latin ad baubare, qui a aussi produit aboiement et aboyeur.
- {JSinerie) Le cerf est aux abois ; cela signifie que le cerf ne pouvant plus courir, et se voyant réduit à la dernière extrémité , s’accule en un lieu le plus avantageux qu’il peut trouver, et que là il attend les chiens, souffre les abois, est tenu aux abois y ou se rend aux abois.
- ABOLITION, s. f. du latin abo-lere, formé de «h, de, hors, et d’oieo , exhaler quelque odeur ; anéantir, effacer jusqu’à l’odeur.
- {Pratique') Pardon que le prince accorde d’autorité absolue , pour les crimes qui, suivant les lois , ne sont pas rémissibles.
- ABOMASUS, s. m. Mot latin composé de ab} de ; et domasum, intestin.
- A B O â
- {Anal.) L’un des quatre estomacs ou ventricules des animaux qui ruminent ou remâchent les herbes qu’ils ont mâchées : c’est ce qu’on appelle vulgairement la caillette.
- ABONDANT, TE, adj. du lat. ab y de, et d’undo, couler, refluer.
- {Ariihmél.) IVombre abondant; c’est celui dont les parties aliquotes prises ensemble, forment un tout plus grand que le nombre. JS. NOMBRE.
- ABONNEMENT, s, m. de bonney qui signifioit autrefois limite, et dont on a fait borne.
- ( Commerce ) Convention, marché qui se fait à prix fixe, pour une chose dont le produit est casuel : de là faire des abonnemens ; proposer un journal par abonnement ; recevoir des abonnemens à un
- en pc tn c F p
- ^ABORDAGE , s. m. de bord, rivage , côte.
- ( Marine) Choc de deux vaisseaux.
- Sautera l’abordage; c’ests’élancer dans le vaisseau ennemi , pouE le prendre d'assaut.
- Avant l’invention de la poudre , c’étoit presque la seule façon de combattre sur mer. Les anciens abordaient un navire en allant sur lui à toutes voiles ou à force de rames, et tâchant de lui enfoncer dans le côté une forte pointe de métal, fixée à cet effet à la proue du bâtiment , et que les Latins appeloîent rostrum. La construction actuelle des gros vaisseaux, auxquels on donne beaucoup de rentrée, rend les abordages difficiles et dangereux : ils n’ont plus guère lieu qu’en tïe de petite bâti-mens , ou par surprise de la part d’ui* petit bâtiment contre un autre d’une force supérieure. JS. RENTRÉE.
- Abordagededeux vaisseaux qui chassent P un sur Vautre; c’est la choc de deux vaisseaux non ennemis, qui a lieu sous voiles, par la mauvaise manœuvre de l’un des deux , et quelquefois dans un calme parfait , par l’effet d’un courant, sans qu’ii y ait faute de part ni d’autre. Cet abordage se fait rarement sans avarie; aussi est-on fort attentif à Pôvitcr,
- ABORIGÈNES, s, m. du lat, aby
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- de, et à’origo , origine : originaires
- du pays.
- ( Géogr. ) Ce mot désignoit anciennement des peuples particuliers, tels que les premiers habitans de la Grèce , ou les Pélasges , et le peuple qui a précédé les Etrusques.
- (Géogr. mod.') Aujourd’hui, l’on entend par Aborigènes les premiers habitans ou les naturels d’un pays, par opposition à ceux qui sont venus s’y établir à diverses époques.
- ABORTIF, VE, adj. du latin aborior, naître avant le terme.
- {Anat. ) Enfant abortif ; celui qui est né avant le terme.
- {Méd.) Abortif se dit aussi activement des remèdes qui ont la vertu de procurer l’avortement ; remèdes abortifs.
- {Botan.) Emit abortif; celui qui ne parvient point à sa perfection.
- Graine abortive ; celle qui ne prend point d’accroissement par défaut de fécondation, ou qui ne perfectionne point l’embryon qu’elle doit renfermer , et qui n’est par conséquent point propre à la reproduction.
- Pistil abortif ; celui qui est tel par imperfection plus ou moins sensible , on par incomplétion.
- Etamines abortives ; on appelle ainsi abusivement les étamines incomplètes par manque d’anthère ; ou imparfaites, l’anthère étant, indéhiscente ou seulement ébauchée.
- Fleur abortive ; c’est celle qui , quoiqu’en apparence convenablement bisexée, avorte cependant, ou tombe sans donner signe de fécondation,
- ABRASION, s. f. du latin abra-dere, racler, ratisser.
- ( JHéd. ) Ulcération superficielle des parties membraneuses , avec déperdition de substance par petits îragmens. Ainsi, l’on dit qu’il y a abrasion dans les intestins, lorsque la membrane interne est ulcérée, et qu’il s’en détache de petites parties expulsées avec les exerémens.
- .ABREGE, s. m. du lat. abbre-viare.
- (Littéral. ) Écrit, discours dans lequel on rend plus court ce qui est eu ce qui pourroit être ailleurs plus ample et plus étendu.
- ( Orgue) Abrégé se dit aussi du
- , A B R
- mécanisme qui transmet aux soupapes des sommiers respectifs le mouvement des touches des claviers, soit à la main, soit des pédales.
- ABRÉVIATION, du lat. abbre-viare, abréger.
- ( Diplomatique ) Retranchement de quelques lettres dans un mot, pour écrire plus vite et en moins d’espace.
- Les abréviations étoient déjà très-communes dans les manuscrits du sixième siècle ; elles le furent davantage au huitième, encore plus au neuvième ; elles se multiplièrent à l’infini au dixième : dans le onzième, il n’y a pas de ligne où il n’y ait jusqu’à huit et dix abréviations ; enfin dans les douzième, treizième, qua-torziëœeetquinzième siècles, l’usage des abréviations fut porté à.l’excès. L’écriture en fut farcie , même dans les ouvrages en langue vulgaire, et dans les premiers exemplaires de l’imprimerie.
- Dès le quatorzième siècle , Phi-lippe-Ie-Bel fut obligé de rendre une ordonnance (en 1004) pour bannir des minutes des notaires , et sur-tout des actes juridiques , toutes les abréviations qui exposoieut les actes à être mal entendus, ou à être falsifiés : cette défense a été renouvelée par le quarante-sixième article du code civil.
- Cn peut consulter pour les abréviations hébraïques , lŸIercerus , David de P omis, BuxiorJ; et autres; pour les abréviations romaines, la collection de Serlorius Ur-salus , qui est à la fin des marbres d’Oxford ; et pour les abréviations les plus récentes, employées dans les manuscrits et dans les titres, La-curne de Sainle-Palaye.
- ABRI, s. m. du latin apricus, dont les Éspagnoîs ont fait abrigo , et les habitans du midi de la France, abvic, lieu où l’on peut se mettre à couvert du vent, de la pluie, etc.
- {Ait milil.) Chercher un abri; c’est, en termes de guerre , avoir derrière soi un rideau ou un couvert, comme des bois, des coteaux ou des montagnes.
- {Mariné) On dit d’un port, d’une rade, qu’ils sont un bon abri contre les v ents.
- {Jardin.) Abri se dit de tout
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- •e qui sert à garantir les végétaux des: excès du froid ou de la chaleur.
- ABROGATION, s, f. du latin ai, de , hors, contre, et de rogo, demander : demander le contraire de ce qu'on a demandé auparavant : action par laquelle une chose est annulée.
- ( Pratique ) Abrogation ne se dit guères qu'en parlant d’une loi. Il n’appartient qu'à celui qui a le pouvoir d’en faire , d’en abroger. Pour bien entendre ce mot, il faut savoir que c’étoit l’usage à Rome, lorsqu’il étoit question de porter une nouvelle loi, ou d’en annuler une ancienne, de demander le consentement du peuple ; c’est de là qu’on disoit, rogare legem, pour porter «ne loi ; et abrogare legem, pour abroger une loi.
- U abrogation diffère de la dérogation , en ce que celle - ci laisse subsister la loi antérieure , au lieu que Y abrogation l'annulle absolument. V. DÉROGATION.
- ABRUPTO, AB ABRUPTO, EX ‘ABRUPTO, mots empruntés du latin, et formés A’abrumpo, rompre, casser tout d’un coup.
- ( Littérat. ) On l’emploie ordinairement en parlant d’un discours , d’un exorde fait sans préparation , inopinément.
- ABSCISSE, s. f. du lat.. abscis-sus, participe A’abscindo, trancher, retrancher , couper.
- ( Géom. ) Partie quelconque de l’axe ou du diamètre d’une courbe , comprise depuis un point fixe , où toutes les abscisses prennent leur origine, jusqu’à la courbe.
- Uabscisse et l’ordonnée correspondante , considérées ensemble, se nomment les co - ordonnées de la courbe.
- ABSCISSION, s. f. même origine qu’ABSCISSE..
- { Chirurgie ) Ce mots-’emploie ordinairement pour signifier le retranchement qu’on fait avec un instrument coupant, d’une partie du corps gâtée , corrompue, et qui n’est d’aucun usage ; elle ne se fait guères que des parties molles du corps , car le retranchement des os s’appelle AMPUTATION. V*. ce mot.
- ABS 7
- ABSOLU, adj. du làt: absolvo, parfaire, accomplir, absoudre.
- ( Grammaire ) Il est employé par opposition à relatif : homme est un terme absolu , pierre est un terme relatif.
- ( Algèbre ) Nombre absolu ; c’est la quantité ou le nombre connu qui fait un des termes d’une équation.
- ABSORBANTES. m., et adj. dtl lat. absorbea, engloutir.
- ( Chimie ) On appeloit autrefois absorbons, toutes les substances terreuses, alcalines ou métalliques, qui détruisoient l’effet des acides en se combinant avec eux : on donnoit sur-tout ce nom au carbonate calcaire et à la magnésie ; mais on ne se sert plus aujourd’hui de ce terme.
- ( Méd. y Absorbons se dit de tous, les médicamens terrestres et poreux qui ont la propriété de s’imbiber ou de se charger des humeurs surabondantes, soit qu’ils soient appliqués à l’extérieur , ou pris intérieurement.
- ( Anat. ) Les anatomistes donnent aussi ce nom à des tuyaux qui s’ouvrent sur la surface des tuniques du corps , par où les liqueurs et lés humeurs sont pompées pour aller se décharger dans les veines. C’est par les pores absorbons de l’épiderme que passe l’eau des bains.
- ABSTENSION, s. f. du lat. abs, de , hors , et de teneo, tenir ; se tenir hors , se retenir, s’abstenir.
- ( Pratique ) Abstension étoit chés les Romains un bénéfice que les en-fans obtenoient du préteur, en vertu, duquel ils abandonnoient les biens de leur père , dont ils étoient réputés propriétaires par le-décret civil ; de sorte que par le moyen de Yabstension , ils n’étoient nullement censés héritiers , du moins par le droit prétorien.
- Parmi nous, on- entend par abstenu sion , l’omission que fait un héritier appelé par le testateur.
- U abstension diffère de la renonciation en ce que celle-ci se fait par l’héritier à qui la nature ou la loi défère l’hérédité, et que l’autre se fait par celui à qui l’hérédité est déférée par la volonté du testateur.
- ABSTERGENT, TE , ou ABS-
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- $ AC A
- TERSIF , VE, adj. d’absterger , du latin abstergere , fait d’abs ; de, hors , et de tergere , nettoyer , essuyer , laver.
- [Chirurgie) Il se dit des remèdes qui sont d’une nature savonneuse , et peuvent dissoudre les concrétions résineuses, et celles qui sont formées d’huile et de terre ; effets que les simples abluans ou les menstrues aqueux ne produisent point.
- ABSTRACTION , s. f. du latin abstractio , fait de abs , de, hors , et de traho, tirer, tirer hors , attirer.
- ( Didact.) Opération de l’esprit, |>ar laquelle il considère une qualité, une propriété, comme si elle étoit séparée du sujet auquel elle étoit inhérente.
- ABSTRAIT, TE , adj. même origine qu’ABSTRACTION.
- ( Didact. ) Terme abstrait ,- c’est celui qui est considéré seul et détaché de son sujet.
- ( Arithmêt. ) Nombre abstrait; c’est une collection d’unités considérées en elles-mêmes, et qui ne désignent point des choses particulières et déterminées.
- ( Mathémat. ) Mathématiques abstraites , ou mathématiques pures-, c’est la classe des mathématiques , qui considère la grândeur en elle-même, et d’une manière générale.
- ACADÉMIE , s. f. du grec cUa.-i’x/Mce. ( akadêmia ) fait d’â.xaS'n-/ioç (Akadêmos) , nom d’un citoyen d’Athènes, dont la maison fut convertie en une école où Platon enseigna sa doctrine.
- ( Philosophie ) Le mot académie servit d’abord à désigner le lieu où Platon et ses successeurs donnoient leurs leçons. Depuis Platon , tous les lieux où se sont assemblés les gens de lettres , ïont été nommés académie. Cicéron avait une maison , près de Pouzzole , à qui il .donna le même nom.
- Académie se prend aussi pour la secte des philosophes. C’est dans ce sens que l’on dit, la première, la seconde , la troisième académie , c’est-à-dire , îles trois sectes académiciennes dont Platon , Arcésilas , LaridesouCarneadesfurentles chefs. {JBelles-Lettres, sciences et arts }
- A CA
- Académie signilie aujourd’hui une* assemblée de gens de lettres où l’on cultive les sciences et les beaux arts.
- Le premier instituteur des académies , et qui le premier leur a •donné des réglemens , est Antonio Panormita , sous le règne d’Alphonse I d’Arragon, roi de Naples , qui favorisa beaucoup cette institution. Cette première académie fut établie en 1470. La seconde fut établie à Florence, par les soins de Laurent de Médicis. La troisième fut érigée par le duc d’Urbin. La quatrième est celle de Sienne.
- L’abbé Piazza a donné le catalogue de toutes les Académies d’Italie avec leurs noms bisarres.
- A l’exemple de l’Italie, toutes les principales villes de l’Europe ont eu leurs académies.
- ( Gymnastique ) Académie. se dit aussi des maisons , logemens et manèges des écuyers où la jeunesse apprend à monter à cheval, et les autres exercices du corps. Il se dit même des élèves pris collectivement : ce jour-là , tel écuyer fit monter toute son académie , c’est-à-dire , tous ses écoliers.
- ( Peinture ) Académie est encore le nom, qu’en termes de peinture , on donne à l’imitation d’un modèle vivant, peint ou modelé,
- • ACAMPTE , adj. de l’A privât, grec et de x.a.pttts? ( kamptos ) , frangible, flexible : infrangible, inflexible
- ( Optique ) Mot hasardé par Leibnitz , et adopté par quelques physiciens, pour signifier une figure qui étant opaque , polie, en un mot douée de toutes les propriétés pour réfléchir la lumière, n’en réfléchit point.
- ACANTHABOLE , s. m. du grec ôi»tvoS-œ ( akantha ) , épine , et de ilak\a ( ballô ) jeter , tirer j tire-épine.)
- { Chirurgie ) Instrument qui ressemble à des pincettes, et dont on se sert pour enlever les esquilles des os cariés, les épines , les tentes, ou tout autre corps étranger qui se trouve dans une plaie.
- ACANTHE, s. f. du grec axavc&a ( akantha ) , épine.
- ( Archit. ) Plante dont les feuilles larges et hautes se recourbent na-
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- A C €
- tnrellement dans leur partie supérieure. Cette plante n’est remarquable que parce que ses feuilles servent à orner le chapiteau d’ordre eoi'inthien.
- On prétend que c’est Callimaque, sculpteur athénien , qui a imaginé cet ornement.
- ACATALECTIQUE , adj. composé de l’A privatif grec et de * a— TatADxTocQî ( katalectikos ) , incomplet , le contraire de complet.
- ( Poésie anc. ) Vers auquel il ne manque point de syllabes à la fin. Les anciens désignoient ainsi les vers complets, pour les distinguer des vers catalectiques ou incomplets , auxquels il manque à la fin quelque syllabe. V. CATALEC-TIQUE.
- ACATALEPSIE, s. f. de l’â privât. grec, et /.a.Ta.Ka.^<vm ( kata-lambanô), prendre, saisir : ce qui ne peut être saisi, incompréhensibilité.
- { Philosophie ) Les anciens ont donné ce nom à la doctrine de quelques philosophes ( lesPyrrhoniens ), qui faisoient profession de douter de ,tout. Ces philosophes prétendoieut que nos sens sont trop près de nous, pour nous permettre d’avoir sur aucun objet, des idées justes et invariables. Arcésilas passe pour avoir défendu le premier VA catalepsie.
- ( Méd. ) C’est par analogie que les médacins ont donné le même nom à une maladie qui attaque le cerveau et ôte à celui qui en est affligé, la faculté de comprendre une chose , de suivre un raisonnement.
- ACAULE, adj. de l’A privât, grec , et de :cavXos (Kaulos) , tige : sans tige, intigée.
- (Botan.) Plante acaule ; c’est celle qui n’a pas de tige manifeste , et dont toutes les feuilles , si elle en a , sont ramassées près de terre. On donne aussi ce nom à des plantes qui ont une tige très-courte , comparativement à celle des autres espèces du même genre , le défaut absolu de tige étant très-rare.
- ACCAPAREMENT, s. m. du lat. ad-parare, acheter beaucoup^ acheter sans vendre.
- ( Commerce ) Espèce de monopole , qui consiste à acheter ou arrher une quantité considérable de denrées dans le dessein de se rendre
- À CC 9
- maître du prix, faute de concurreiis dans la vente.
- JJ accaparement a été proscrit dans tous les tems : l’empereur Zenon le défendit à Rome, et François I.ervoulutle prévenir enFrance par son édit de 15g5.
- ACCASTILLAGE , s. m. de l’italien , castello, ou de l’espagnol, castilla, dérivé du latin castellum, diminut. de castrum.
- ( Marine ) C’est proprement la partie du vaisseau sur l’avant et sur l’arrière , par laquelle est terminée la hauteur du vaisseau. On appelait anciennement, château de poupe + château de proue , château d arrière ; château dJavant, ces parties de l’œuvre morte du vaisseau qu’on faisoit beaucoup plushautes que dans la construction moderne , et qu’on nomme à présent gaillard d’avant, gaillard d’arrière.
- On dit, en termes de construction moderne , qu’un vaisseau a l’accastillage ras , c’est-à-dire , que la partie la plus élevée de son accastillage , domine peu la hauteur da vaisseau vers le milieu , ce qui est un grand avantage, parce qu’un haut accastillage présente une grande opposition au vent, lorsqu’on navigue au plus près , et fait augmenter la dérive.
- ACCÉDER , v. n. du latin acce-dere , formé de ad, à , et de cedo, consentir.
- ( Diplomatie ) C’est de la part d’une puissance, entrer dans des en-gagemens déjà contractés par d’autres puissances.
- ACCÉLÉRATEUR, adj. du latin accelero, formé de ad, augmentatif, et de celer , vite : qui augmente la vitesse.
- ( Anat. ) Il se dit de certains muscles , auxquels on suppose la puissance d’accélérer l’éjaculation de la semence et de l’urine.
- ( Mécanique ) Force accélératrice c’est la force ou la cause qui accélère le mouvement d’un corps.
- ACCÉLÉRATION , s. f. même origine qu’ACCÉLÉRÀTEUR.
- {Mécan.) Augmentation de vitesse que reçoit un corps en mouvement. Il est opposé à retardation qui signifie diminution de vitesse. Par exemple , uu corps qui tombe librement
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- Ïiar sa pesanteur, reçoit continneî-ement une accélération de vitesse , et au contraire, un projectile qui se meut clans un espace ou milieu résistant, comme un boulet de canon, éprouve une retardation de vitesse , qui dénature la courbe qu’il décriroit en vertu delà force d’impulsion initiale et de la pesanteur.
- On a Iong-tems ignoré- la cause de Vaccélération : Galilée est le premier qui l’ait expliquée d’une manière satisfaisante.
- ( Astron. ) Accélération diurne des étoiles; c’est la quantité dont leur lever et leur coucher avancent chaque jour , ainsi que leur passage au méridien ; elle est de 3 '’ 56". Cette accélération dont les astronomes font un usage continuel , vient du retardement effectif du soleil. Son mouvement propre vers l’orient, qui est de 5q'8" de degré tous les jours, fait que l’étoile qui passoit au méridien hier , en même temps que le soleil, est plus occidentale aujourd’hui de 5q ' 58 n de degrés, ou de 5'56 " de tems , dont elle passera plutôt qu’hier.
- Accélération des planètes ; c’est le mouvement propre des planètes d’occident en orient, suivant l’ordre des signes ; mais qui respectivement à la terre , paroît plus grand qu’il n’est réellement. Celte accélération est occasionnée par le mouvement de la terre , combiné avec celui dé la planète. Cette accélération a lieu pour les planètes inférieures , Vénus et Mercure , quelque tems aprèsleur eonjonction inférieure, et pour les lânëtes supérieures, Mars, Jupiter, aturne , Herschell, après leur conjonction au soleil.
- ACCENT, s. m. dulat. accentus; formé de ad, proche, auprès, et de mano , chanter, pour juxtà cantum, qui approche du chant.
- ( Diction ) h’accent est le degré d’élévation de voix qu’on donne à ehaque syllabe en la prononçant.
- Accent prosodique ou grammatical ; c’est celui qui s’exprime par la prononciation ; c’est celui que demandent les syllabes comparées entre elles : mais sans aucune relation , ni aux antres mots qui l’ac-«•ompagneai, ni à ce que signifie la phrase.
- ACC
- Accent imprimé; c’est Utîe petite marque qui se met sur une voyelle , soit pour en faire connaître la prononciation , soit pour distinguer un mot d’avec un autre mot qui s’écrit de même.
- Accent logique où rationel; c’est celui qui indique le rapport , la connexion plus ou moins grande que les propositions et les idées ont en-tp’elks; il se marque en partie par la prononciation.
- Accent oratoire; c’est celui qui élève ou abaisse le ton, selon que l’objet le demande , pour aider à désigner , à fortifier le sens d’une phrase dans le discours , soit familier, soit soutenu.
- ( Musique ) JJ accent est une .sorte d’agrément du chant français r qui se notoït‘autrefois avec la musique ; mais que les maîtres de goût du chant marquent seulement avec du crayon , jusqu’à ce que les écoliers sacllentle placer d’eux-mêmes. Il consiste en un coup de gosier qui élève le son d’un degré , pour reprendre à l’instant sur là note suivante , le même ton d’où l’on est parti.
- ACCEPTATION, s. f. du latin accipio, fait de ad, à , vers, et d'e capio , prendre, agréer ce qui est offert.
- ( Pratique ) Acceptation de communauté ;.‘c’est l’acte phr lequel une veuve ou ses héritiers acceptent la communauté de biens, qui étofE entre le mari et la fèmmè.
- Acceptation drune donation ; c’est le consentement du donataire.
- Acceptation de succession ; c’est l’acte par lequel le présomptif héritier du défunt manifeste qu’il se porte son héritier..
- Acceptation sous bénéfice d’inventaire ; c’est celle qui est précédée ou suivie d’un inventaii'e fidèle et- exact. Ses effets sont de donner à l’héritier l’avantage de n’être tenu des dettes que jusqu’à concur -rence des biens de la succession , et de ne point confondre ses biens personnels avec ceux de la succession.
- ( Commerce ) Acceptation se dit de la signature qu’un banquier, marchand ou négociant met au bas à’uae lettre-de-change tirée sur lui :
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- A CC
- cette acceptation l’engage à payer la lettre à son échéance.
- ACCEPTION , s. f. même origine qu’ ACCEPTATION.
- ( Grammaire. ) Signification , le sens dans lequel un mot se prend.
- ( Méd. ) Acception se dit aussi de tout ce qui est reçu dans le corps, soit par la peau , soit par la voie alimentaire.
- ACCÈS, s. m. du latin accedo, formé de ad, à , vers , et de cedo, venir, accourir, approcher, survenir.
- ( Méd. ) Accès se du du retour périodique de certaines maladies qui laissent aux malades des intervalles de relâche. L’accès diffère du pa-ïoxisme eu ce que le premier n’est que le commencement de la maladie , et le second, son plus haut degré. , * _.
- ( Cour de Rome) Accès se dit lorsqu'à l’occasion de l’élection d’un pape , des cardinaux retirent le premier suffrage qu’ils a voient donné, pour le réunir à celui d’autres cardinaux : il y a tel candidat qui n’a d’abord que vingt suffrages , et qui en gagne ou qui en perd dix à l’accès.
- ( Art milit. ) On dit qu’une place est de facile ou de difficile accès ; qu’une place n’est pas fortifiée, mais que l’accès eu est difficile..
- ACCESSION,s. f. même origine qu’ACCÈS.
- ( Diplomatie ) Consentement par lequel une puissance entre dans un engagement déjà contracté par d’autres puissances.
- ( Pratique ) Accession se dit de ce qui accroît quelque chose dont on est propriétaire 5 tels sont les fruits d’une terre ; telseroit le bâtiment que quelqu’un auroit élevé imprudemment sur un ter rein qui ne lui appartiendrait pas.
- ACCESSIT, s. m. mot la'tin , prétérit d’accedo , approcher.
- ( Instruction publique) Terme emprunté du latin , qui signifie une récompense donnée à celui qui , ayant concouru pour un prix , a obtenu le plus de suffrages, après celui qui Ta remporté.
- ACCESSOIRE, s. m. et adj. même ©rigiuc qu’ACCÈS ; qui accompagne,
- ACC
- qtû est la suite ou la dépendance de quelque chose de principal.
- ( Anat.) Ligamens accessoires , .muscles accessoires, nerfs accès— soires.
- ( Pharmacie ) Accessoires, en terme de pharmacie , veut dire un changement qui arrive au médicament par des choses extérieures, etqui augmente ou diminue sa vertu,
- ( Peinture ) •Accessoires d’une composition, d’un sujet, d’un ta— bleau , d’une figure ; on appelle ainsi les objets qui , à la rigueur, pourroient ne pas entrer dans la com» position, ou dont la place n’y est pas. indispensablement assignée.
- Les accessoires doivent être choisis dans les circonstances du tems et du lieu, relatives à l’action qu’oa représente.
- ACCIDENT, s. m. du latin ac* ciclo , formé de ad, à , venant de cado, tomber : accident par hasard; cas fortuit.
- ( Méd. ) Accident se dit de toute révolution qui occasionne une maladie , on qui augmente la violence du mal déjà existant : tels sont la douleur, l’hémorrhagie, l’insomnie, la fièvre, etc. Ainsi, les acc.idens de3 maladies doivent être distingués des symptômes. V. SYMPTOMES.
- (Peinture) Accidens de lumière f les objets ne peuvent être aperçus qu’avec le secours de la lumière. Lps effets que la lumière produit le plus ordinairement à nos yeux ne causent point de surprise , parce que les re» gards y sont accoutumés ; mais si , par quelques dispositions ou quelques circonstances imprévues , fa lumière lance des rayons plus éclatans qu’à l’ordinaire ; si ces rayons forment, en contrastant avec l’ombre,'' des oppositions marquées , les effets qu’ils produisent frappent surtout les artistes , et voilà ce qu’ils appellent accidens de lumière. Ainsi , l’on dit d’un tableau où ces effets-sont bien rendus , que le peintre y a représenté à!heureux accidens de lumière , des accidens de lumière très-piquans.
- ACCIDENTEL , ELLE, adj. même origine qn’ACCIDENT : qui arrive par accident, par hasard.
- ( Physique ) Ce mot s’entend d’u* effet ou d’une trause qui arrive par
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- accident , c’est-à-dire , sans être ou du moins sans paraître sujette à des lois , ni à des retours réglés. En ce sens, il est opposé à constant et principal. Par exemple, le poids de l’air est la cause constante et principale de la suspension du mercure dans le baromètre, et de la hauteur de la colonne ; mais le plus ou le moins dé ressort dans l’air, le plus ou le moins d’humidité dont il est chargé , les vents, etc., en sont les causes accidentelles qui altèrent ou modifient souvent l’action de la cause principale.
- ( Perspective ) Point accidentel ; c’est un point dans la ligne horizontale., où les projections des lignes parallèles entre elles , mais non perpendiculaires à la peinture, se rencontrent.
- {Musique} Signes accidentels ; ce sont lesbémols, dièses oubécarres, qui se trouvent par accident dans lé courant d’un air, et qui , par conséquent, n’étant pas à la clef, ne se rapportent pas au mode ou ton principal.
- Lignes accidentelles ; ce sont celles qu’on ajoute au dessus ou au-dessous de la portée , pour placer les notes qui passent son étendue.
- ACCISE, s. f. de l’allemand accys, dont les Anglais ont fait excise.
- ( Finances ) Taxe qui se lève en Hollande , dans une partie de l’Allemagne et en Angleterre , sur les consommations, et particulièrement sur les boissons.
- ACCLAMATION, s. f. du latin acclama, formé de ad , à, vers ; et de clamo , crier , applaudir : cri par lequel on marque la joie qu’on a de quelque chose, ou l’estime qu’on a pour quelqu’un.
- ( liist. rom. ) L’armée victorieuse, chez les Romains , saluoit son chef ou son empereur , par une acclamation. Le sénat faisoit des acclamations au nouvel empereur.
- ( Econ. polit. ) Elire par acclamation ; on se sert de cette expression , lorsque les voix se réunissent tout d’un coup pour l’élection d’un sujet. On dit aussi qu’une loi a été reçue par acclamation , quand elle a été reçue aussitôt que proposée.
- ACCOLADE ,s. f. de ad>k, vers,
- ÂCC
- et de collum , col , embrassements
- ( Chevalerie ) Accolade étoit le nom d’une des principales Cérémonies anciennement observées dans la réception d’un chevalier.
- ( Pratique ) Accolade se dit, en parlant d’un compte, d’un mémoire, ou autre écrit , d’un trait de plume qui joint plusieurs articles pour n’en faire qu’un.
- ( Musique ) Accolade est encore un trait perpendiculaire aux lignes , tiré à la marge d’une partition , et par lequel on joint ensemble les portées de toutes les parties.
- ACCOMPAGNEMENT, s. m. de l’italien accompagnare.
- ( Musique ) Accompagnement se dit des accords dont on accompagne la voix qui chante le sujet, ou quelque instrument qui le joue. C’est l’exécution d’une harmonie complète et régulière , composée de la basse ou des parties accessoires d’une musique jouée sur un ou plusieurs instrumens , pendant qu’une ou plusieurs voix chantent ou que quelques instrumens jouent ce sujet.
- Accompagnement est encore toute partie de basse ou d’autre instrument qui est composé sous un chant pour y faire harmonie.
- ( Peinture ) Accompagnement se dit aussi des objets qui sont ajoutés pour l’ornement ou pour la vraisemblance.
- ACCORD, s. m. de l’italien ac-cordare, dérivé de corda , corde d’instrument.
- ( Musique ) Union de deux ou plusieurs sons rendus à-la-fois , et formant ensemble un tout harmonique.
- L’harmonie naturelle produite par la résonnance d’un corps sonore , est composée de trois sons différens, sans compter leurs octaves ; lesquels forment entre eux Vaccord le plus agréable et le plus parfait que l’on puisse entendre ; d’où on l’appelle accord parfait.
- On divise les accords en parfaits et imparfaits ,. ou plutôt en directs et indirects , en consonans et en dissonans.
- ( Peinture ) Accord d'un tableau ; c’est l’effet général et satisfaisant qui résulte principalement de la disposition des couleurs, du chois
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- À c c
- ^u’en Fait l’artiste , de leur dégradation , et de l’harmonie du clair-obscur , combinée avec celle du coloris. On distingue dans un tableau plusieurs sortes d’accords : Vaccord de la corrlposition , Y accord de l'expression , et l'accord du, tout ensemble.
- ( Poésie ) Accord se dit des vers et de la poésie. On désigne l’ode en disant les accords de la ' lyre. On dit d’agréables accords pour des vers agréables ; de tristes accords pour signifier une élégie.
- ( Archit. ) On dit qu’il n’y a point d’accord dans l’architecture d’un bâtiment, lorsqu’il n’y a pas. une proportion juste entre toutes les parties qui le composent.
- ( Pratique ) Accord se dit d’un accommodement entre les parties contestantes , au moyen de ce que l’une des parties fait des offres que l’autre accepte.
- Accords au pluriel s’entend d’une assemblée de parens et amis pour la lecture et pour la signature d’un contrat de mariage.
- ACCOUPLER , v. a. du latin co-
- {mlare ou copulari , dont les Ita-iens ont fait accopiare , joindre deux choses ensemble.
- ( Agriculture ) Accoupler des bœufs, c’est les mettre ensemble sous le joug.
- (Econ. dom.) Accoupler des animaux , des oiseaux , c’est les apparier , afin d’en propager l’espèce.
- ACCOURCJR , v. a. du latin eurto , retrancher de la longueur.1
- ( Equit. ) Accourcir la bride dans la main ; c’est tirer les rênes par le bouton avec la main droite , en les faisant couler dans la main gauche , et les ressaisir ensuite avec celle-ci.
- ( Vénerie ) Accourcir le trait ; c’est le déployer à demi , ou tout-à-fait, pour tenir le limier.
- ACCOURCISSEMENT , s. m. même origine qu’ACCOURCIR.
- ( Astron. ) Accourcissement du pendule ; c’est la quantité dont le
- fiendule doit être diminué dans sa ongueur , pour que ses vibrations soient toujours égales.
- ACCRÉDITER , v. a. du latin nccredo, formé de ad, cor, et do ,
- A C C i5
- ajouter foi, mettre en crédit ou réputation,
- ( Diplomatie ) Accréditer un ministre, un envoyé, un ambassadeur ; c’est , de la part d’une puissance , autoriser sa mission , auprès d’une autre puissance.
- ACCROISSEMENT, s. m. du lat; ad, augmentatif, et de crescere , croître.
- ( Ilist. nat. ) U accroissement représente l’idée d’une augmentation de masse dans une matière quelconque.
- U accroissement s’opère de deux manières générales dans la nature.
- U accroissement par. aggréga-tion ; c’est celle qui se fait dans les matières brutes et inorganiques , par l’adhérence à l’extérieur de diverses molécules qui viennent s’attacher autour d’un noyau, d’une molécule primitive.
- L’accroissement par assimilation ; c’est celle qui se fait dans les matières organisées. Un jeune animal , une plante qui vient de naître, en prenant intérieurement des nourritures abondantes, ou en absorbant par des vaisseaux séreux , les sucs nourriciers de la terre, s’accroissent par une force intérieure! qui dilate , agrandit et grossit tous leurs organes, dans toutes leurs dimensions , jusqu’à un point déterminé qu’ils ne peuvent outrepasser.
- ( Algèbre ) Calcul des accrois-semens ; c’est celui où l’on considère les rapports des quantités après qu’elles sont formées , c’est-à-dire , où l’on emploie des quantités finies, au lieu des quantités infiniment petites.
- ( Méd. ) Accroissement se prend en médecine , pour l’augmentation d’une maladie.
- ( Pratique ) Accroissement se dit du droit par lequel une portion vacante est jointe et réunie à la portion possédée par un autre ; ce qui arrive entre les membres d’une compagnie ou légataires par la mort ou l’absence d’un associé.
- ACCUSER , v. a. du lat. accuse , formé de ad, et de cudo , frapper.
- ( Pratique ) Action en justice , par laquelle on accuse quelqu’un.
- Abuser, signifie aussi impuguer
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- *4 ACE
- un acte, contester sa validité à cause de quelque défaut essentiel.
- ( Peinture ) Accuser; c’est donner une idée juste de ce qui est cou-teïi, par les surfaces de ce qui couvre. C’est dans ce sens qu’on dit: Accuser les os, les muscles sous la peau, accuser le nu par les plis des draperies,
- ( Commerce ) Accuser la réception d'une lettre, d'un effet ,* c’est informer son correspondant qu’on les a reçus.
- ACEN SEMENT, s. m. de cens, en latin, census.
- { Pratique ) Action de donner à cens , une maison, une terre, un héritage , à condition d’en payer un cens ou une rente.
- ACÉPHALE, adj. du grec ’.xeçax» {alcephalé), formé de F A privât, et de {kephalê), tète, chef,
- sans tête.
- ( Beaux arts ) On dit statue acéphale , pour statue sans tète.
- ( Hist. nat. ) Acéphales est le nom donné par M. Cuvier , à la division des mollusques qui n’out point de tête distincte.
- ACERBE , adj. du latin acer_, sûr, âpre.
- ( Physique ) Qualité d’un corps ou d’un fruit qui n’est pas parvenu à son dernier degré de maturité.
- ( Méd, ) Acerbe s’emploie substantivement , pour désigner un goût qui tient le milieu entre l’aigre, l’acide et l’amer.
- ACÉRER, v. a. èJ acier, fait dû lat. barb. aciarium.
- ( Métallurgie ) Mettre de l’acier avec du fer , afin de rendre celui-ci propre à couper. V. ACIER.
- ACESCENCE, s. f. du lat. acesco, formé d’acer; être acide.
- ( Méd. ) Qualité d’une chose qui devient acide , aigre ; on donne l’épithète d’acescent auxalimens, aux liqueurs çt aux médicamens qui ont une saveur approchante de l’acide, et qui, à un degré de chaleur modéré , peuvent le devenir.
- ACÉTABULE , s. m. du lat. ace-tabulum , dérivé d’acetum , vinaigre.
- ( Métrol. anc. ) Sorte de mesure en usage che? les anciens , et qui contenoitla huitième partie de notre pinte. C*tte mesure paroîtavoir tiré
- ACE
- son nom d’un vaisseau dans lequel les anciens mettoient le vinaigre.
- ( Anat. ) Acétabules se dît par analogie, de certaines cavités profondes de quelques os, dans lesquelles Sont reçues de grosses têtes d’autres os, pour faciliter le mouvement circulaire. On donne particulièrement ce nom à la cavité des os innommés, qui reçoivent la tête du fémur.
- Acétabules se dit encore d’une autre chose dont les anatomistes ne conviennent pas entre eux ; les uns appellent acétabules les orifices des vaisseaux répandus dans la surface interne de la matrice. Harvey croit que ce sont de petites cellules du placenta ; ou de ce qui tient lieu de placenta, dans les femelles de plusieurs animaux ; d’autres disent, avec plus de vraisemblance , que les acétabules sont ces glandes qui s’élèvent dans la matrice des brebis et des chèvres, lorsqu’elles sont pleines , et qui sont ainsi appelées, parce qu’elles sont laites en forme de coupe ou de godet ; ce qu’on ne remarque pas dans les femelles des autres animaux , non plus que dans la femme.
- ACÉTATE, s. m. du lat. acetum t vinaigre.
- ( Chimie) Sels acétates ; ce sont des sels formés par l’union de l’acide acétique, ou vinaigre radical, avec différentes bases. Leur terminaison en ate indique qu’ils appartiennent à la classe des acides dont la terminaison en ique annonce qu’ils sont complètement saturés d’oxigène. Voyez NOMENCLATURE CHIMIQUE , ACÉTIQUE, ACIDE.
- ACÉTEUX , adj. du lat. acetum , vinaigre.
- ( Chimie) Acide acéteux; c’est un acide formé par la fermentation du vin. Sa terminaison en eux indique le premier état des acides, celui où ils sont peu chargés d’oxigène. V. NOMENCLATURE CHIMIQUE , ACIDE. L’acide acéteux est le vinaigre de nos cuisines.
- ( Botan. ) Plante aeéteuse ; on a quelquefois donné ce nom à l’oseille à cause de son goût aigrelet.
- ACÉTIQUE, adj.. du lat. acetum, vinaigre.
- ( Chimie) «4eide acétique ; c’ey?
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- ACH
- le produit delà distillation de l’acide acéteux , avec des oxides métalliques. Sa terminaison en ique indique le second état des acides, celui où ils sont complètement saturés d’oxigène. V. ACIDE. L’acide acétique est le vinaigre radical. Voy. VINAIGRE.
- ACÉTITES, s. m. dulat. acetum, vinaigre.
- ( Chimie ) Sels formés par l’union de l’acide acéteux , ou vinaigre distillé , avec différentes bases.
- ACHEVE, participe d’achever; du latin ad caput, à chef: conduit à chef, fini, terminé.
- {Peinture) Tableau achevé; un tableau peut être fini, précieux, caressé , léché, et être encore loin d’être achevé. Dans le langage de l’art, un tableau achevé est une production qui approche, autant qu’il est possible , de cette perfection de la peinture , que l’on conçoit plus qu’on n’y peut atteindre Voy. FINI, TERMINÉ.
- ACHILLE, s, m., nom propre d’un prince grec.
- ( Chirurgie ) On donne ce nom à Un gros tendon applati, situé à la partie postérieure et inférieure de la jambe.
- L’action de ce tendon est de tirer le talon vers le gras de la jambe, et d’étendre ainsi le pied. C’est à ce tendon qu’on dit qu’Achille fut blessé au siège de Troye ; et c’est de cette histoire que cette partie a reçu le nom qu’elle porte.
- On a été persuadé, pendant long-tems, que les blessures du tendon dJAchille étoient incurables; mais enfin l’expérience de quelques praticiens , qui ont osé braver les préjugés , a démontré que non-seule -ment il y avoit du remède à ces blessures, mais que la rupture même complète du tendon n’avoit aucune suite fâcheuse , quand un chirurgien habile savoit faite usage des ressources de son art.
- ACHORE, s. f. , du latin achor, fait du grec (achor os), com-
- posé de l’« privatif , et de { c/wros ), lieu, espace : sans lieu, sans espace.
- ( Méd.), petits ulcères qui viennent à la tête, aux joues des en-fatis , et que l’ou nomme autrement
- A CI i5
- teigne,on croûte de lait. Les Grec$ leur ont donné le nom d’achores, parce que chaque ulcère en particulier n’occupe qu’un très-petit espace , et qu’ils se joignent plusieurs ensemble.
- ACHROMATIQUE, adj. de lȈ privatif grec, et de yj.au.et. {chroma), couleur: sans couleur.
- ( Optique|) On donne ce nom à des lunettes perfectionnées, qui ne font point voir les couleurs de l’iris, c’est-à-dire , dans lesquelles on a corrigé la differente réfrangibilité des rayons qui nuisoient à la netteté des images.
- ACIDE , s. m., du latin acidus , fait du grec {akis) , pointe : pointu, aigu.
- ( Chimie ) Substance qui se fait distinguer par sa saveur aigre et piquante , qui est susceptible de faire effervescence avec les alkalis et les matières calcaires, et qui a la pro—
- Îiriété de changev en rouge la cou -J eur bleue des végétaux.
- Tous les acides sont composés d’une substance , soit simple , soit composée , qui leur sert de base', et qu’on appelle leur radical ; et cette substance est combinée avec l’oxi— gène qui rend acide. Tontes les fois donc qu’on combine l’oxigène avec une base , on forme un acide, Acide est le nom générique de tous ces composés, et chaque ac,id&: est différencié des autres par sa basa ou son radical.
- Dans la nomenclature moderne ? les nom3 des acides se terminent en ique, lorsqu’ils contiennent toute la quantité possible d’oxigène, et ea eux, lorsque le radical y domine , ou qu’ils sont peu saturés d’oxigène. Ainsi , l’on dit acide sulfurique , acide sulfureux.
- Les acides se tirent ou de la terre, ou des plantes, ou des animaux, Les premiers se nomment acides minéraux ; les seconds, acides végétaux ; et les troisièmes acides animaux. On les trouvera sous leurs différens noms.
- . ACIER , s. m, dulatin aciariumf dont les Italiens ont fait acciario , et les Espagnols azero , qui viennent tous dulatin acies , dont Pline s’est servi pour le mot de chalybs.
- ( Métallurgie ) L’acier est do.
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- fer malléé combiné avec du. Carbone avec un mélange de terre à four à l’état gazeux. et de sable rouge arrangé en dos-d’â-
- Cette combinaison , appelée cé- ne , dans les proportions de deux mentation (Y. ce mot), a lieu parties de sable sur une partie de terre à une haute température , dans des pour corriger sa 'retraite. Cette fer-vaisseaux clos d’où l’air est exclus , meture en se vitrifiant sur la surface
- et où les fers sont entourés de tous côtés par du charbon en poussière.
- Les proportions de carbone et le tems nécessaire à la cémentation dépendent en grande partie de la pureté et de la bonne qualité des fers qu’on emploie.
- Dans quelques températures , l’acier est aussi malléable que le fer. Froid , il a les qualités cassantes de la fonte ; bien corroyé , il gagne du nerf, de la fibre et une élasticité prodigieuse.
- Le passage rapide d’une chaleur rouge au froid de l’eau , lui donne une dureté extrême. L’expulsion du calorique de ses interstices , cause l’agrégatiou subite des molécules , et rend le grain compact et serré. A une très-grande chaleur l’acier se fond , peut être coulé dans des moules et tiré en barres ; il possède alors une ténacité considérable.
- Acier de cémentation ; c’est celui que l’on forme par le moyen d’un cément dont on entoure les barreaux de fer dans une caisse disposée au milieu du fourneau , où ils prennent un grand feu.
- Voici la manière dont les Anglais procèdent en grand à la fabrication de l’aczer par cémentation : on choisit de préférence du charbon de bois blanc , qu’onprépare avec soin ; les morceaux les plus sonores et les. mieux charbonnés sont triés et pilés ; cette poussière , bien sèche , forme le cément.
- Les fourneaux sont quadrangu-laires et bâtis dans l’enceinte d’une grande cheminée conique , qui leur sert d’enveloppe , à-peu-près comme les halles des verreries. Le four contient deux caisses faites en briques à feux , tuiles ou grès argileux, que l’on charge en mettant d’abord une couche de deux à trois pouces de poussière , au fond des creusets ^ puis une couche de barreaux, ensuite- une couche de cément d’un demi-pouce , puis du fer , et ainsi de suite , jusqu’à ce que les caisses soient remplies. On ferme les çaisses
- pendant l’opération , défend complètement l’acier de l’air.
- On allume le feu en augmentant la chauffe, pendant 48 heures • après quoi on tise fortement , jusqu’au sixième jour ,que l’on tireles barres d’essai , pour juger par leur couleur et leur boursouflure , de leur conversion en acier. On laisse ensuite éteindre le feu , et le douzième ou le treizième jour on tire la charge des creusets.
- Les barres alors sont prêtes à être répandues dans le commerce , soit boursouflées, et comme elles sortent des creusets, sous le nom d’acier poule , soit en les étirant sous la-martinet , ou en les brisant et en les soudant en paquets pour les étirer en barreaux de moindres dimensions ; ce qui leur donne du nerf et un grain serré.
- Acier fondu ; la fabrication de Vacier fondu est une découverte1 importante faite parles Anglais vers le milieu du dernier siècle. On n’a jamais pu découvrir la composition du cément ou de la brasque des fondeurs anglais ; mais M. Clouet , artiste français , a mis ses compatriotes à même de se passer de leur* secrets, en découvrant un moyen simple de convertir le fer en acier , par le moyen du carbonate calcaire.
- Si l’on met dans un creuset du fer coupé en petits morceaux, avec un mélange de parties égales de carbonate , de chaux et d’argille ; si l’on porte la chaleur au degré nécessaire pour souder le fer ; si l’on maintient le fer à ce degré pendant une heurs au plus , suivant la grandeur du creuset, la matière en fusion , coulée dans une lingotière , sera de l’acier fondu. Cet acier a été soumis à l’épreuve de la fabrication , et on en fait des rasoirs qui soutiennent la comparaison avec ceux faits avec l’acier fondu d’Angleterre.
- Malgré la publicité de cette découverte , et l’abandon généreux quj son auteur en a fait au public,
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- ancua artiste français n’en a encore profité ; ce sont des .étrangers qui s'en sont emparés.
- M. Mashet, anglais , a tiré parti du procédé de Cl où et, et l’a appliqué à une fabrication en grand.
- Des essais en dittérens genres l’ont conduit à la découverte d’ün nouveau procédé dont les principes généraux sont fondés sur la fusion du fer malléé, ou du minerai de fer, de manière à convertir l’une ou l’autre de ces deux substances en acier fondu , et quelquefois à donner une cémentation postérieure à cet acier, afin de le rendre malléable et propre à être soudé pour pouvoir être employé dans tous les cas ou l’on exige qu’il ait ces propriétés.
- M. Musliet obtient de l’acier fondu -, en prenant Une quantité de fer proportionnée à la grandeur des fourneaux ou des creusets dont on se sert; en introduisant ce fer dans les creusets avec une portion convenable de charbon ou de poussière de charbon, de houille en morceaux ou en poudre , de plombagine ou carbone de fer , ou enfin de toute espèce de substance contenant du carbone ; mais en général il emploie de préférence des coaks ( V. ce mot ), ou du charbon de bois.
- Le fer en barres , les rognures de tôle , les ferrailles, sont également propres à produire de l’acieV fondu. Il faut seulement pour ces demieres, ajouter au mélange un peu plus de matières charbonneuses , afin de réduire la rouille on oxide qui s’y trouve attaché.
- Ces dispositions faites, il introduit le creuset dans le fourneau, qu’il chauffe au degré nécessaire pour fondre le mélange , qui est ensuite coulé en barres, en lingots, ou dans des moules , pour obtenir toutes les formes et les ustensiles qu’on desire se procurer en «cierfondu.
- Au moyen de ce procédé , on ob-tiendroit en quelques heures -, ce qu’on n’obtient qu’après deux et quelquefois trois semaines , par une longue cémentation du fer en barres , dans un fourneau connu dans les foyers, sous le nom de fourneau de cémentation.
- Four l’acier trempé. U.TEEMrE, Tom. I.
- A C O vj
- et pour Vacier de damas. V. DAMAS.
- ACINÉSIE , s. f. de l’a privât, grec, et de judo ,(kinein), mouvoir, agiter.
- ( Méd. ) Le repos du pouls , oti lu petit intervalle qu’il y a entre la contraction et là dilatation de l’artère.
- ACOLY’THE , s. m. du grec àxo-xoiioç (akolouthos), suivant, valet.
- ( Hist. Ecclés. ) Les Grecs doo.-noient ce nom à ceux qui étoierit inébranlables dans leurs résolutions ; c’est par cette raison que les stoïciens furent appelés àcolythes. Depuis, l’église chrétienne a consacré ce nom, en l’appliquant à ceux qui se dévouent au service de Dieu. Anciennement , les jeunes gens qui aspi-roient au ministère ecclésiastique , accompagnoient et suivoientles évêques par-tout, soit pour les servir, soit pour être témoins de leur conduite. Aujourd’hui, un acoLythe est celui qui a seulement reçu le premier et le plus considérable des ordres mineurs dans l’église, dont l’emploi est d’allumer les cierges, de porter les chandeliers , la navette où est l’encens , de préparer le vin et l’eau pour le sacrifice, et de rendre d’antres services à l’autel.
- ACOTYLÉDONS, adj. de Y à privât. grec , et de x.erv/.uS'w , ( kotu-lêdon ), cavité, écuelle; sans cavité, sans cotylédon.
- (Botan. ) C’est le nom d’une des trois grandes divisions ou classes du règne végétal ; son caractère est d’avoir la semence dépourvue de lobes ou de cotylédons. Une plante aco-tylédone est par conséquent celle dont la partie reproductrice tenant lieu de graine , ne développe pas , dans sa germination, cette espèce de feuille primordiale appelée cotylédon.
- Cette division comprend cinq ordres , savoir : les champignons , les algues, les mousses et les fougères. V. ces mots.
- ACOUSMATE, s. m. du grec â*.ov?fMe, -( akousma ) qui signifie ce que Von entend.
- { Physique ) Terme nouvellement inventé pour désigner un bruit de voix humaines et d’instrumens, que des gens dont l’imagination est frappée j çroyem entendre dans l’air.
- B
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- &8 ACQ
- ACOUSTIQUE , s. f. et adj. du grec ü.y.au, (akouo), entendre. Doctrine ou théorie des sons.
- (Musique) L’acoustique est proprement la partie théorique de la musique ; c’est elle qui donne ou qui doit donner les raisons du plaisir que nous font l’harmonie et le chant, et qui détermine les rapports des intervalles harmoniques, qui découvre les affections on propriétés des cordes vibrantes.
- ( Physique ) Instrumens acoustiques ; ce sont des instrumens pro-
- Îires à propager la voix ; tels sont es cornets acoustiques, les porte-voix, etc.
- ( Archit. ) Voûte acoustique ; c’est une voûte construite de façon que la voix de quelqu’un qui parle , même fort bas, d’un certain point , est entendu à un autre point, aussi distinctement que si l’oreille étoit placée devant la bouche qui parle.
- ( Anat. ) Acoustique, se dit aussi, de tout ce qui appartient à l’organe de l’ouïe : ainsi l’on dit, artère acoustique, veine acoustique, nerf acoustique.
- ( Méd. ) Remèdes acoustiques ; on appelle ainsi tous les médicamens qui ont pour objet de soulager lés maux qui ^affligent l’organe de l’ouïe.
- ACQUÊT, s. m. du latin adquœ-sitare, acquérir, corruption d’ae-ÿuirere.
- (Pratique) Bien immeuble qu’on Me tient point par succession, qu’on a acquis par achat , ou donation, ©u autrement.
- ACQUIT , s. m. du latin quietus, tranquille, d’où l’on a formé le latin barbare acquietare, rendre, tranquille, qui a produit acquitte.r et acquit.
- ( Commerce, finances) Acquit est la signature que le porteur d'une lettre-de-change y met avec ces m ,ots pour acquit, ce qui équivaut à une décharge ou quittance pour 'celui qui paie le montant de la lettr c-de-change.
- Acquit à caution ; c’est un billet que les commis des traites délivrent à un particulier qui se rend caution qu’une balle de njarchandise sera vue et visitée au ’oureau de sa destination , et que h,-s droits j sc-îont acquittés,
- A CR
- Acquit de franchise ; c’est un certificat qui exempte du droit de sortie les marchandises destinées pour l’étranger , et qui ont été achetées et enlevées lors des franchises des foires.
- ACRATEE , s. f. de l’« privât, grec , et de xparoç , ( Icratos ) force j manque de force.
- ( Méd. ) foiblesse ou incapacité de se mouvoir.
- ACRIMONIE, s. f. du latin acri-monia, d’acer, piquant, mordicant ; âcre té , âpreté , aigreur.
- ( Physique ) On dit qu’une chose a de Y acrimonie , lorsqu’elle est piquante , corrosive : tels sont les corps alkalis , acides ou muriatiques.
- ( Méd. ) Acrimonie se dit aussi d’une indisposition causée par le développement des principes salins du sang ou des autres humeurs. On peut mettre au rang des maladies acrimonieuses les fièvres putrides et bilieuses ; celles qui sont occasionnées par de mauvaises digestions, par des [morsures d’animaux venimeux. *
- ACRIDOPHAGE, s. et ad;, du grec âxfiS'tst; , ( ahridos ) , génitif d’àsxpis, ( abris ), sauterelle , et de «pays;? , ( phagein ), manger. Mangeur de sauterelles.
- ( Qéogr. ) Les anciens historiens grecs ont appelé de ce nom des peuples qui passoient pour se nourrir de sauterelles. Niébuhr et ForskahL témoins oculaires , rapportent que les Arabes font griller ces insactes sur du charbon, et les mangent en grande quantité.
- ACR1SIE, s. f. de l’à privât, grec , et de xpimv, ( krinein ), séparer.
- ( Méd, ) On se sert de ce mot pour désigner cet état de crudité des humeurs qui empêche la séparation de la matière morbifique, et son expulsion hors du corps ; ce qui est tout le contraire de la crise.’ Il signifie , selon Galien , un. défaut de crise , ou une crise qui ne se fait qu’avec difficulté, et qui n’apporte aucun soulagement au malade , qui se trouve beaucoup plus mal après qu’elle est arrivée qu’il ne l’étoit auparavant. ACROATIQUE , adj. du grec
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- «v.foàsrcS-aç, (akroasthas) , entendre, écouter.
- ( Philos. ) On donnoit ce nom aux ouvrages des anciens philosophes, qu’on ne pouvoit comprendre, s’ils n’en donnoient eux-mêmes 1 explication , par opposition aux ouvrages EXOTERIQCJES ( P. ce mot ), qui étoient à la portée de tout le monde.
- ACR OMI ON , subs. m. du grec «xpc<r, (akros) , extrême , et d’w^oç, ( omos ), épaule.
- ( Anat. ) L’extrémité de l’épaule, l’éminence supérieure de l’omoplate.
- ACROMPHALION, s. m. du grec «jtpîç , ( akros ), extrême , et d’ ’/^-«pctxoç , ( omphalos ) , le nombril. Extrémité du nombril.
- (Anat. ) Extrémité du cordon ombilical.
- ACRONIQUE ou ACRONYQUE, adj. du grec «xpoç , ( akros ), extrême , et vùf , ( nux ), nuit : extrémité de la nuit.
- ( Astron. ) Acronique se dit du lever d’une étoile au-dessus de l’horizon , ou de son coucher , lorsque le soleil se couche.
- Lever ou coucher acronique est opposé à lever ou coucher cosmique, qui a lieu quand le soleil se lève : l’un étant le lever ou le coucher du matin , et l’autre le lever ou le coucher du soir.
- ACROSTICHE, s. m. du grec «*poç , ( akros ), extrême, et de 5-<^sç, ( stichos ) , vers. Extrémité de chaque vers.
- ( Poésie ) Petite 'pièce de vers , dans laquelle le nom de la personne ou de la chose qui en est le sujet , se trouve placé de manière que chacune des lettres qui ïfe composent, est la lettre initiale de chaque vers.
- ^ ACROSTÈRES , s. m. du grec «utp». Sf'ov , (akrotêrion), faîte , sommet , ou extrémité en général.
- ( Archit. ) petits piédestaux aux extrémités, au milieu d’un fronton, ou au-dessus d’autres parties élevées d'un édifice: ils servent de base aux figures , vases et autres amor-tissemens.
- ( Numismat. ) A cratères ou acro-teria, est aussi lenom d’un ornement % vçùssmt recourbé, qui, sur les
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- médailles , désigne une victoire navale , ou une ville maritime,
- ACTE, s. m. du latin ago, agir, qui a produit aussi action , agent, actif, activité, actuel, acteur, actionner , action d’un agent, opéra^ tion.
- (Logique) On l’emploie par opposition à puissance ; c’est-à-dire , capacité d’agir , qui n’agit pas encore : ainsi l’on dit, réduire la puissance àPacte. la conséquence est bonne de Pacte ; à la puissance.
- ( Pratique ) Acte se dit de toute écriture qui sert à justifier quelque chose.
- Les actes écrits sont de deux sortes : les actes privés et les actes publics ou authentiques.
- A des privés , ceux qui se passent en particulier , sans le ministère d’aucune personne publique.
- Actes publics ou authentiques , ceux qui sont passés par devant des personnes qui ont un caractère pu~ blic.
- Actes judiciaires, ceux où le ministère des avoués et du juge interviennent.
- Actes extra - judiciaires , ceux qui ne sont que le fait des huissiers et sergens.
- Actes récognitifs ou confirmatifs , ceux qui contiennent la recon-noissance ou la confirmation d’un titre primordial.
- Actes respectueux , ceux qui, à défaut de consentement des père et mère , doivent avoir lieu avant le mariage des majeurs.
- Actes de notoriété , déclaration signée par plusieurs témoins, et pouvant, en certains cas , suppléer un acte de naissance. C’est encore un acte par lequel les juges d’un tribunal rendent compte de leurs usages, lorsqu’ils sont consultés suc quelque matière. V. NOTORIÉTÉ.)
- ( Art dramat. ) Acte se dit aussi de chacune des parties principales dont une pièce de théâtre est composée , et entre lesquels il y a un tems où les acteurs ne paroissent pas. Les Romains ont les premiers divisé les pièces de théâtre en actes. Cette coupe fut d’abord chez eux si peu sensible , qu’il y a lieu de croire qu’il étoit permis d’en adopter on
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- d’en Rejeter l’usage ; mais dit tems d’Horace, elle étoit établie comme «ne règle invariable.
- ( Musique ) Acte de cadence ; c’est un mouvement dans une des parties , et sur-tout dans la basse , qui oblige toutes les autres parties a concourir, à former une cadence , ou à l’éviter expressément.
- ACTION , s. f. même origine qu’ACTE : l’opération de chaque agent.
- ( Art milit. ) Combat > rencontre entre des troupes.
- ( Pratique ) Droit de poursuivre en jugement ce qui nous appartient.
- ( Banque et commerce ) Action se dit d’une portion d’intérêt dans les bénéfices d’une entreprise quelconque , mais sur-tout d’une compagnie de commerce , que l’on a acquise moyennant une certaine somme d'argent.
- Les actions haussent et haïssent; cela veut dire qu’on peut les revendre au dessus ou au dessous du prix u’elles représentent, ou de la somme 'argent que le premier actionnaire a mise, suivant que les compagnies prennent faveur ou perdent de leur crédit.
- D’action on a fait actionnaire , pour désigner celui qui a une ou plusieurs actions dans une entreprise.
- ( Anat. ) Action , dans l’économie animale ; est un mouvement ou tin changement produit dans le corps ou dans quelque partie , et qui diffère de la fonction , en ce que celle-ci n’est qu’une faculté réduite en acte.
- ( Physique ) Action se prend aussi pour vertu,force d’agir. L’aimant perd son action quand on le laisse long-temps sans être armé.
- ( Mécan. ) Action est encore le mouvement qu’une puissance produit réellement, ou qu’elle tend à produire dans un corps, et qu’elle y produiroit en effet, si rien ne l’en tmpêchoit.
- ( Poésie ) Action se dit du principal événement qui fait le sujet d’une pièce de théâtre , ou d’un poëme épique ; de là ces manières de s’exprimer , unité d’action , duplicité d’action.
- Action se dit encore par opposition à récit j ou dit qu’il y a beau-
- A C U
- coup à1 action dans un poè’irie tiras matique, quand la plupart des choses s’y passent en action y et non en récit.
- ( Art orat. et dramat. ) On entend par action tout cé qui regarde la contenance, le mouvement du corps et les gestes de l’acteur ou. de l’orateur : Cet acteur n’a point d’action ; cet orateur a l’action belle, noble, libre et aisée.
- ( Peinture ) Cette figure a de l’action ; cela se dit, en peinture et en sculpture , d’une figure quïparoît agir, h’action n’est pas la même fchose que le mouvement : Vaction peut n’exiger du mouvement que de quelques pai'ties , sans que la figure se déplace ; le mouvement donna-une idée plus générale de déplacement ; et l’expression , qui est encore autre chose que l’action et lè mouvement , veut que toutes les parties du corps participent de l’affection qui occupe et détermine l’ame » soit que la figure agisse ou n’agisse pas. Dans un tableau composé de plusieurs figures qui ont àel’action, leur relation mutuelle ajoute à l’effet et à l’action générale, et c’est alors qu’on dit ; il y a beaucoup de mouvement dans eette composition.
- ( Equit. ) Cheval toujours en action; c’est celui qui mâche^on mors , qui jette beaucoup d'écume , et qui par-là se tient la bouche toujours fraîche.
- ACTIVITÉ, s. f. même origine qu’action: faculté active, vertu d’agir.
- (Physique) Faculté d’agir qui se trouve dans les corps : on dit du feu que son activité est prodigieuse ; on dit l’activité de la matière électrique, l’activité de l’aimant : lorsqu’on parle de l’étendue déterminée au centre de laquelle est placé un corps agissant, on dit que c’est sa sphère d'activité ; telle est l’étendue que peut éclairer un flambeau allumé ; cette étendue est la sphère d’activité du flambeau , et le flaju* beau est le centre de cette sphère d’activité.
- ACUMINÉ, ÉE, adj. du latin acumen , pointe, terminé en pointe.
- ( Botan. ) Il se dit de toute partie de plante dont l’extrémité supérieure se rétrécit ou s'amincit su-
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- ütement, pour former une pointe qui change la courbure des bords ou
- ^ACUPUNCTURE, s. F. du latin nous , aiguille , et dapunctura, fait de pungo, piquer. Piqûre, piqûre-d’aiguille .
- ( Chirurgie ) C’est le nom d’une opération qui consiste à tirer du sang par un grand nombre de petites ouvertures que l’on lait avec un instrument pointu d’or ou d’ar-gent.
- Cette opération est tort commune à Siam , au Japon , et chez les autres nations orientales. Elle se pratique sur toutes les parties du corps, et même sur le ventre des femmes enceintes.
- AOUT, s. m. du latin acutus, aigu.
- ( Imprimerie) Caractère marqué d’un accent aigu.
- ACUTS, s. m. du latin acutus.
- ( E conom. dom. ) Bouts des forêts et des,grands pays de bois.
- ACUTANGLE, adj. du latin acutus , aigu , et d’angulus, angle, qui aies angles aigus.
- ( Géom, ) Triangle acutangle ; c’est celui dont les trois angles sont aigus.
- ( Botan. ) Acutangulê s’entend de tout ce qui a les angles aigus , c’est-à-dire , pointus pour les corps plats , et à bords tranchans pour les corps solides : on exprime le nombre de ces angles par la préposition d’un chiffre ; ainsi 4 acutangulê signifie à quatre angles aigus.
- ADAGE , s. m. du latin) ajla-giurn.
- ( Littéral. ) Proverbe sentence populaire et commune : les Adages d'Erasme , ou recueil ’qu’Erasme a fait des proverbes de la langue grecque et de la langue latine.
- ADAGIO, adv. terme emprunté de l’italien, et qui signifie à l’aise, posément.
- ( Musique } Ce mot' mis à la tête d’uu air, désigne le second du lent au vite, des cinq principaux degrés de mouvement distingués dans, la musique italienne.
- Adagio se prend quelquefois substantivement , et s’applique par métaphore aux morceaux de musique dont il détermine^ le mouvement j
- À D E ai
- ainsi l’on dit un adagio d'IIayden, de Cimarosa»
- ADAMANTIN , s. m. du grec aJauâvnm , (adamantines), formé d’«J«j««? , ( adamas ), diamant j qui est de la nature du diamant.
- ( Minéral. ), Terme nouveau employé par les minéralogistes , pour désigner les substances qui sont de la nature du diamant.
- ADAPTER, v. a. du latin adap-tare , formé de ad , à , et d’aptarey pour aptum reddere, rendre propre. Appliquer, ajuster une chose à un» autre.
- ( Chimie ) Adapter un récipient au chapiteau.
- ( Archit. ) Adapter une saillie, ou un ornement à quelque corps d’ouvrage de maçonnerie, etc. On adapte un panier de fleurs à un chapiteau.
- ADDITION, s. f. du latin addo, ajouter , formé de ad , augmentatif, et de do , donner. Donner de surplus.
- ( Arith. ) La première des quatre règles fondamentales de cette science, qui apprend à ajouter ensemble plusieurs nombres.
- ( Pratique ) Informer par addition ; c’est ajouter une nouvelle information à la première..
- ( Imprimerie. ) Additions se dit de petites lignes placées en marge, dont le caractère est ordinairement de deux corps plus minuté que celui de la matière, et dans lesquelles on porte les dates , les citations d’auteurs ,1e sommaire de l’article à côté duquel elles se trouvent.
- ADDUCTEUR , s. m. du latin adduco, formé de ad, à, vers , et duco, conduire , conduire vers.
- ( Anat. ) U se dit de différens muscles dont la fonction est de mouvoir en dedans les parties auxquelles ils sont attachés. L'adducteur da l'œil..,
- ADELOPODE, adj. de l’à privât, grec , de J'ba.oç, (dêlos), apparent, et de -srovç ( pous ), pied : sans pieds apparens.
- ( Hist. nat. ) Mot nouvellement créé pour désigner les animaux dont les pieds ne sont pas apparens.
- ADEMPTION, s. f. du lat. adi*t
- mere , ravir, retrancher.
- (Pratique) Révocation d’un legs-/ d’une donation.
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- ADÉNOGRAPHIE, s. f. clu grec àS'm, ( adên ) , glande , et de ?p«op», (graphô ), décrire.
- ( Anat. ) Description des glandes.
- ADÉNOÏDES, adj. du grec Am, (adên.), glande, et d’s/icç, (eidos), forme, figure : qui ont la forme d’une glande, gianduleux.
- (Anat. ) Il se dit des prostates*
- ADÉNOLOGIEjS. f. du grec Ait, (adên), glande , et de Aoyo?, (logos) , discours : traité des glandes.
- (Méd. ) Partie de la médecine qui traite des glandes.
- ADÉNO-MENINGÉ, adj. du grec Am,( adên ), glande , etde [j.miy\, (menigx), membrane.
- ( Méd. ) Nom d’une sorte de fièvre, appelée auparavant pituiteuse , qui indique une irritation des membranes muqueuses, qui revêtent certaines cavités.
- ADÉNO-NERVEUSE, adj. du grec S'il), (adên), glande , et du lat. nervus, en grec vei'pei>, ( neuron ) , nerf.
- (Méd.) Sorte de fièvre dans laquelle un principe contagieux a attaqué les nerfs et glandes ; c’est ce qu’on appelle la peste ; ce terme est nouveau.
- ADÉNO-PHARYNGIEN, adj. et s. du grec «J1»; , (adên), glande, et de çctpj-zf , (pharugx ), pharynx.
- (Ànat. ) Nom de deux muscles qui partent de la glande thyroïde , «t vont s’unir de chaque côté au thyro-pharyngien.
- ADENOTOMIE, s. f. du grec A m, (adên), glande, et de row», ( tomé), incision.
- ( Anat. ) Partie de l’anatomie , qui a pour objet la dissection des glandes.
- ADÉPBAGIE , s. f. du grec Am, (adên ), abondamment, et de yàyo, Çphago, ) manger.
- ( Méd. ) Appétit vorace, insatiable •, gourmandise. Adéphage étoit le nom de la déesse de la gourmandise qà laquelle les Siciliens rendoient un culte religieux. „ s ADEPTE , s. m. du lat. adoptas, p&rhcipe êêadipiscor, obtenir.
- ( Alchimie) Nom de certains alchimistes qui prétendent avoir trouvé la pierre philosophale 5 ou, dans leur langage , qui croyent être parvenus au grand, œuvre,
- ABH
- (Sciences et arts) Ce mot se dit' aujourd’hui de tous ceux qui sont initiés dans les mystères d’une secte , ou qui sont profondément versés dans une science ou dans un art quelconque.
- ADEQUAT , TE , adj. du latin adequatus , formé de ad , à , et d’oequo, égaler : rendre pareil, rendre égal.
- ( Philos, schol. ) entier , total ; objet adéquat, idée adéquate.
- ADHERENCE, s. f. du latin ad-hcereo, composé de ad, à, et d’hoe^ reo, tenir, être attaché. Union d’une chose à une autre.
- ( Physique) Propriété qu’ont certains corps de s’attacher à d’autres, ou qu’ont les parties d’un même corps de demeurer attachées .les unes aux autres, j usqu’à ce qu’une force supérieure à cette adhérence, les contraigne de se détacher. L’eau , par exemple, adhère à un grand nombre de corps ; les particules d’une même goutte d’eau ont aussi entre elles une certaine- adhérence : les particules d’huile en ont entr’elles une encore plus grande.
- Il n’y a pas long-tems qu’on est convaincu de Vadhérence des corps à d’autres corps, et des parties du même corps entr’elles. Muschen-broè'k a beaucoup éclairci cette matière dans son traité de physique ; mais M. Carré et M. Petit, médecins, l’ont démontrée ,1e premier en 1705,. pour les parties de l’air, et le second pour les parties de l’eau.
- ( Méd. ) On dit , en médecine , Y adhérence de la peau, Y adhérence des poumons au côté , Y adhérence de la pierre à la vessie.
- (Peinture) Adhérence signifie, dans le langage des peintres , l’effet désagréable que produisent certaines parties d’un tableau , qui paraissent trop appliquées et comme collées à la toile.,
- ADHÉSION , s. f. même origine qu’ADHERENCE, union, jonction.
- ( Diplomatie ) Il se dit principalement d’un acte par lequel une puissance adhère à un traité qui lui est proposé : acte d*adhésion.
- ADHONORES, mot latin com-
- S osé de ad , à , aux , et à1 honores, ’honor, honneur: pour les honneurs,
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- ADI
- ( Econ. polit. ) Mot emprunté du latin , que l'on applique à ceux qui sont décorés d'un titre sans en faire les fonctions , ou sans en avoir les appointemens.
- ADIAPNEUSTJE, s. f. de l’à privât grec, et de Ykmiii® , (diapneô), transpirer. Défaut de transpiration.
- ( Méd. ) Transpiration supprimée. ADIARRHÉE , s. f. de l’à privât, grec , de (dia), à travers , et de
- çso, ( rheo , ) couler ; ce qui ne coule plus.
- (Méd.) Suppression générale de toutes les évacuations nécessaires du corps, et rétention de toutes les hu- • meurs qui doivent être expulsées.
- ADIEU, s. m. façon de parler elliptique 5 dire adieu à quelqu’un qui s’en va , c’est souhaiter que son départ soit au nom de Dieu.
- ( Marine ) Adieu-va ; c’est un mot par lequel on commande à l’équipage et au timonier de virer de hord ; il vient de ce qn’autrefois on a regardé la manœuvre de virer de bord vent - devant comme dangereuse, et qu’on croyoit nécessaire de se recommander à Dieu en la commençant. Les équipages ponentais répondent à ce mot par adieu-veuille! et ceux du Levant, par Sancta-Maria n adjudara ! -ADIPEUX, EUSE, adj., dn latin adiposus, gras, dérivé d’adeps, adipis, graisse.
- ( Anat. ) Il se dit de certains vaisseaux et de certains conduits qui se distribuent' à la graisse. Les anatomistes ne sont pas d’accord sur l'existence des vaisseaux adipeux, qu’ils regardent comme peu nécessaires à la secrétion de la graisse, laquelle peut, suivant eux, se faire au moyen des artères , dans les cellules adipeuses ,.de même que dans les autres parties, d’où elle peut ensuite être reprise parles veines.
- ADIPOCIRE , s. f. , - du latin adipus, gras, et du français , cire : cire grasse, ou cire faite avec la graisse.
- (Chimie) C’est le nom que M. Fourcroi a donné à une matière grasse , analogue au blanc de baleine , et qui est une combinaison aîïlInorl*ac > produit de la putréfaction des matières animales avec la graisse.
- ADJ 23
- Les Anglois font, avec Vadipo-cire, des chandelles économiques d’une consistance beaucoup plus grande- que le suif, et qui ressemblent beaucoup aux bougies de cire.; Leur procédé consiste à faire séjourner les maûères animales au fond de plusieurs bassins remplis d’eau, ou mieux en les exposant au courant d’une rivière. Il paroît qu’ils ont un procédé particulier pour mouler ces chandelles sans fondre Yadipocirë, car on p’a pu parvenir, à Paris, à obtenir du même consistance par le moyen de . la fusion.
- Cette fabrication offre de grands avantages, puisqu’on pourroity employer une foule de matières qui ne sont d’aucun prix , et que l’on perd! faute d’en connoitre l’usage.
- AUl'PSÉE , s. f., de Y à. privatif grec, etde > (dipsos), soif; défaut de soif.
- ( Méd. ) Défaut d’appétit pour les liquides.
- ADIRER , v. a., d’une origine in->‘ certaine : quelques-uns [le dérivent de à dire, être à dire : manquer.
- ( Pratique) Adirer un titre, un papier; c’est l’égarer.
- ADITION , s. f., du latin adeo formé de ad, à, vers , et d’eo , aller , aller à, se porter vers ; adiré hœreditatem, se porter héritier.
- ( Pratique)/ Adition d’hérédité * c’est l’acceptation d’un héritage, l’acte par lequel on se porte héritier.
- ADJACENT, TE, adj. du lat. adjacens, formé de ad, auprès, et de jacio , être couché, être situé.; Qui est situé auprès.
- ( Physique, géogr. ) Parties adjacentes , pays adjacens; ce sont des parties contiguës à d’autres parties, des pays contigus à d’autres pays.
- ( Gêométr. ) Angle adjacent j c’est un angle immédiatement con-tigu à un autre angle , de sorte que les deux angles ont un côté commun.
- On se sert même plus particulièrement de ce mot lorsque leurs angles ont non-seulement un côté commun , mais encore lorsque les deux autres côtés forment une même H-* gue droite.
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- ADJECTIF, adj. et s, même origine qu’A DJAGENT.
- ( Gramm. ) Il se dit des noms que l'on joint aux substantifs, pour les modifier ou pour les caractériser.
- ADJOINT, TE, participe d’adjoindre , du latin adjungo , formé de ad, à, et de jungo , unir.
- ( Econom. polit. ) Adjoint se dit d’un officier établi pour aider au principal officier dans les choses de sa charge, et pour la faire en son absence.
- ADJUDANT, s. m. du lat. ad-juvo , formé de ad, auprès, et de juvo ,, aider.
- ( Art milit. ) Officier militaire qui est sous un autre pour l’aider apns ses fonctions : adjudant-général , adjudant-major.
- ADJUDICATION , s. m. du lat. adjudicatio, fonné de ad, à, pour, et Aejudico, juger: rendre un jugement, pour, en faveur de quelqu’un.
- ( Pratique ) C’est en général la concession faite à quelqu’un de ses prétentions. Il s’emploie aussi pour signifier la vente qui se fait en justice au plus offrant et dernier enchérisseur.
- ADJURATION, s. f. du latin adjuratio , fait de adjuro , protester , conjurer. L’action de sommer quelqu’un , de déclarer, ou de faire quelque chose.
- ( Hist. ecclésiast.) C’étoit anciennement une formule dont l’église romaine se servoit dans les exorcismes.
- ADMïNICULE, s. f. du latin adminiculum, soutien, échalas.
- ( Pratique ) Il se dit de ce qui aide à faire preuve dans une affaire civile ou criminelle.
- ( Méd, ) Il se dit aussi de tout ce qui peut servir à faciliter l’effet d’un remède.
- ADMINISTRATION, s. f. du lat. administratio, formé de ad , vers, suivant, et de ministro, gouverner, régler. Diriger vers, ou d’après une règle.
- (Econ. polit.) Manière d’exécuter ce qui est ordonné par le gouvernement.
- ( Pratique ) Toute gestion de
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- tiens ciu d’affaires , comme cura4 telle, tutelle, minorité.
- ( Culte cathol. ) Administration des sacrements ; c’est l’action de conférer les sacremens.
- ADMODIATEUR. V. AMODIÀ-TEUR. ,
- ADNÉ, ÉE,adj. du lat. ^adna-tus , formé de nascor, naître, et de ad , auprès.
- ( Botan. ) Immédiatement attaché , en faisant ou paroissant faire corps.
- ‘ ADOLESCENCE, s. f. du lat. ad, signe d’augmentation ; et de cresco, croître, croître davantage.
- ( Hist. natur. ) Le premier âge après l’enfance , qui est depuis quatorze ans jusqu’à vingt-cinq.;
- ADONIQUE ou ADONIEN , adj. et s. d’Adonis , nom propre.
- ( Poésie ) C’est le nom d’un petit vers , grec et latin , composé de deux pieds seulement ; un dactyle et un spondée, et qui se place à la fin de chaque strophe des vers sa-phiques. On lux kt .donné le-nom de son inventeur.
- ADOPTION, s. f, du lat. adop-tio, contraction d’adoptatio , formé de ad, pour, en faveur , et d eopto, choisir. L’action de choisir quelqu’un,
- ( Pratique) L’action de prendre, dans les formes prescrites par les lois, quelqu’un pour son fils ou pour sa fille.
- L’adoption est permise en France depuis la révolution ; et ses formes et ses effets ont été réglés par le code civil.
- ( Hist.’ Orient. ) L’adoption est fort commune chez les Turcs, et encore plus parmi les Grecs et les Arméniens ; il ne leur est pas permis de déléguer leurs biens à un ami ou à un pavent éloigné; mais pour empêcher qu’ils n’aillent grossir le trésor du Grand-seigneur , ils choisissent , dans une famille du commun , quelque bel enfant de l’un on de l’autre sexe, et l’adoptent pour leur enfant.
- Parmi les musulmans , la cérémonie de l’adoption , consiste à faire passer Vadopté par dedans la chemise de l’adoptant ; c’est pour-, quoi adopter, en langage turc ,
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- ADO
- c’est faire passer quelqu’un par sa chemise.
- ( Hist. anc. ) A Rome , du tems de la république , le peuple assemblé , confirmoit loi-même l’adoption : les empereurs ont dans la suite remplacé le peuple dans l’exercice de ce droit.
- {Hist. du moyen âge ) Les anciens germains avoient une sorte A’adoption , dite par les armes : c’est ainsi que Childebert, et le roi des Huns , furent adoptés ; le premier par Gontran, roi d’Orléans et de Bourgogne ; le second par Théodore , roi des Ostrogoths.
- ADORATION, s. f. du lat. adoro, formé de ad et d’os , oris , bouche , à la bouche ; littéralement, l’action de mettre la main sur la bouche ; c’étoit chez les anciens une marque de respect.
- ( Cour de Rome ) On se sert du mot adoration , pour désigner la cérémonie qui se pratique à l’égard d’un pape nouvellement élu ; elle consiste à placer le pape sur l’autel, où les cardinaux vont lui rendre hommage ; et c’est là , ce qu’ils appellent aller à Vadoration. On dit aussi dans le même sens , qu’un
- Eest fait par voie d’adoration, pie les cardinaux le vont recon-noître pour pape , sans avoir fait de scrutin auparavant,
- ADOUCIR , v. a, du lat. dulco ou dulcoro , fait de dulcis , doux. Rendre doux.
- ( Arts et métiers ) La première acception de ce mot, a eu rapport au sens du toucher : adoucir un ouvrage de métal ; c’est effacer avec une lime les traits delà grosse lime. Adoucir une glace , c’est la polir par le moyen du frottement.
- ( Econ. dom. ) Adoucir, se rapporte aussi au sens du goût, qui n’est qu’une autre espèce de toucher. Adoucir une sauce trop salée, c’est la tempérer avec de l’eau. Adoucir l’acide du citron, c’est le tempérer avec du sucre.
- ( Musique ) Adoucir, est encore appliqué par approximation d’idées aux sons; et l’on dit, adoucir la voix, adoucir les sons d’un instrument pour les rendre moins aigres et moins élevés;
- ( Peinture ) Adoucir, se dit eu*
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- core de l’action de modifier les couleurs en affoiblissant leur éclat, ou en les accordant ensemble par des liaisons de tems , des passages, des couleurs rompues, des dégradations de nuances insensibles , parle choix même des couleurs qu’on approché les unes des autres, et que dans le langage de l’art, on appelle couleurs amies.
- ( Archit. ) Adoucir se dit aussi de l’opération qui consiste à lier un corps avec un autre corps , au moyen d’une portion de cercle ou d’un conge.
- Adoucir un métal, ou donner le recuit àun métal ; lorsqu’un métal battu long-tems à froid s’est endurci et ne petit plus s’étendre en lames sans se fendre et se gercer, on lui rend sa ductilité en le chauffant jusqu’à rougir ; ce qui s’appelle adoucir le métal.
- ADULTE, adj. , du latin aàul-tus , participe d’adolesco , croître. Qui est parvenu à l’adolescence.
- ( Anat. botan. ) Il se dit de tous les corps animés et des plantes dont toutes les parties touchent au dernier état de leur accroissement.
- ADULTÉRATION, s. f. du latin adulteror , formé de ad et de alter, mot à mot, faire une chose autre que ce qu’elle est , ou ce qu’elle doit être. Altération , falsification, déguisement, mauvais mélange.
- ( Monnoies ) Adultération des monnaies ; c’est l’action de mettre dans les monnoies une plus grande quantité d’alliage que la loi ne permet.
- ( Pharmacie ) Adultération des médicamens ; c’est l’action de fal-* sifier, de sophistiquer , de déguiser, de contrefaire des médicamens , de manière à les faire ressembler aux médicamens Trais et naturels, mais sans leur donner »a même efficacité.
- ADUSTE , adj. du latin aduro , formé de ad et de uro , enflammer.
- ( Méd. ) Il ne se dit que des hu~‘ meurs du corps , lorsqu’elles sont brûlées par une trop grande chaleur naturelle. Adustion d’humeurs.
- ADTENTICE , adj. du latin ad~ venire , formé de ad et de venio , survenir.
- ( Physique ) Matière adventice, cell^ qui n’appartient pas propre-
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- ment à an corps , mais qui y est jointe furtivement.
- ( Botan. ) On donne ce nom aux plantes qui croissent sans avoir été semées , et aux racines que les jardiniers forcent les .arbres de produire à la place de celles qu’ils leur ont coupées.
- AÜVENTJF , IVE , adj.-, même origine qu’ADVENTICE.
- ( Pratique ) Il se dit des biens qui arrivent à quelqu’un , soit par, suece.ssion collatérale , soit par la libéralité d’un étranger : biens advenifs.
- ADVERBE. ,s.m. de ad , auprès, et de verbum,.. verbe , auprès du verbe.
- . ( Grarnm. ). Partie indéclinable de l’oraison , qui se joint aux verbes et aux adjectifs , pour exprimer les manières ou les circonstances.
- ADVERSATIF , IVE, du latin-adversor, être contraire.
- ( Gratnm. ) Particule aâversa-tive ; c’est une particule- qui marque quelque opposition, quelque différence entre ce qui la précède et ce qui la suit : mais est une particule adversalive.
- ADYNAMIE, s. f. , composé de F à privât, grec , et de ,
- (dltnamis), force. Sans forcé.
- ( Med. )Fbiblesse occasionnée par une maladie. .
- ADYNAMIQUE, adj., même origine qu’ADYNAMIE.
- ( Méâr ) Nom d’une espèce de fièvre , appélée autrement fièvre pu-tfide qui consiste dans un état d’atonie, ou relâchement de foutes les fibres musculaires.
- ÆGILOPS, s. m. du grec ki\, (' aix ) , genit. d’ar/cs , ( aigos ) , chèvre, et d’o'4, ( ops), oeil -, oeil de chèvre.
- ( Méd. ) Petit ulcère qui se forme à l’angle interne de l’œil , et qui , lorsqu’il devient calleux et sinueux, s’appelle fistule lachrymaie. Il est ainsi appelé , parce que , suivant les uns , cette maladie est propre et commune aux chèvres , ou , suivant les autres , parce que ceux qui sont attaqués de ce mal ont les yeux tournés , comme on le voit aux boucs.
- ÆMEPiE, adj. de l’« privât, grec
- AEO
- et de , ( êméra ) , jour : sans * jour certain.
- ( Culte calhol. ) C’est le nom que dans l’église catholique on a donné aux saints dont on ignore le nom et lé jour de la mort.
- ÆOLIPYLE, s. m. Voyez ÉO-LIPYLE.
- AÉRIEN , ENNE , adj. /u latin aerius, dérivé du grec , (aér), l’air.
- (Optique) Perspective aérienne; C’est une illusion d’optique qui change l’apparence des couleurs , des jours et des ombres dans les objets , suivant les différens degrés de leur éloignement. Le comte Alga-rotti s’exprime ainsi en parlant des objetsvusdans la chambre obscure :
- « Le tableau que nous offre la chambre obscure différencie à merveille les figures qui sont plus près ou plus loin du spectateur. Non-seulement la grandeur des objets y diminue, à méàirre qu’ils s’éloignent de l’œil ; mais aussi leurs couleurs et leurs lumières s’affoiblissent, et leurs parties se confondent. Plus l’éloignement est considérable moins les objets sont colorés, moins on distingue leurs couleurs , et le jour étant plus foible ou plus éloigné , les ombres sont plus fortes. Au contraire , lorsque les objets sont, plus près de l’œil et plus grands , les contours sont plus précis, les couleurs pfus vives et les ombres plus éclatantes. C’est-là ce qu’on appelle la perspective aérienne.
- AÉR1FORME , adj. du grec «{p-,-(aér), l’air , et du latin forma, forme, ressemblance. Qui a la forme, les propriétés de l’air.
- ( Physique ) Il se dit de tous les fluides qui ont les propriétés physiques de l’air. Le gaz inflammable est une substance aérf&rme.
- AÉROGRAPHIE , s. f. du grec , ( aér ), l’air, et de >pa<f» , ( graphe ), décrire.
- ( Physique ) Partie de la physique qui a pour objet la description de Pair.,
- AÉOROLOGIE, s. f. du grec a*p , ( aér ), l’air , et de , ( logos ), discours , traité.
- ( Physique - Médecine } Partie de la physique ou de la médecine
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- AÉR
- qui traite de l’air , et de ses différentes propriétés.
- AÉROMANTIE , s. f. du grec
- p , ( aêr ) l’air , et de ,
- ( manteia ) , divination.
- ( Divination ) L’art de deviner par le moyen de l’air et des phénomènes aeriens.
- AÉB.OMETRIE , s. f. du grec ai.P, ( aêr), et de ^irpov, ( métron-) , mesure.
- ( Physiq.) Uaéromêtrie a pour objet de faire connoitre les propriétés et les accidens de l’air, c’est-à-dire , son poids , son élasticité , sa raréfaction , sa condensation , son repos, son mouvement, sa chaleur, sa froidure , son humidité , sa sécheresse , etc. Wolf est le premier qui ait formé des propriétés de l’air la science de Vdérométrie.
- AÉROMÈTRE, s. m. même origine qu’AÉROMETRIE.
- ( Physique ) Instrument propre à mesurer la condensation on la raréfaction de l’air.
- AÉRONAUTE, s . m. du grec , (aêr), l’air , et de iotme, (nautês), navigateur. Navigateur aérien.
- . ( Physique ) Mot nouvellement créé , pour désigner celui qui parcourt les airs dans un aérostat ou ballon.
- AÉROPHOBTE, s. f. du grec œà]p ,
- { aêr) , l’air, et de ? (pho-
- tos), crainte. Crainte de l’air.
- ( Méd. ) U aérophobie est] un symptôme de phrénésie. Ælius Àurelianus dit qu’il y a des phréné-tiques que le grand jour effraie , et d’autres qui craignent l’obscurité. H appelle ceux-là aérophobes.
- AÉROSTAT , s. m. du grec ««p , ( dêr) , l’air, et d’is-i70 , ( islemi) , élever. Qui s’élève dans l’air.
- ( -Physique ) Machine capable de s’élever dans l’air à une hauteur considérable , et d’y soutenir des corps d’un grand poids. Cette machine est composée d’une enveloppe légère , mais d’un grand volume , remplie d’air dilaté par la chaleur , ou de quelque fluide aériforme , spécifiquement plus léger que l’air de l’atmosphère.
- Les idées qu’on a eues anciennement sur des machines.de ce genre
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- sont si informes , qu’elles île valent guères la peine qu’on en parle. C’est aux frères Montgolfier qu’est due l’invention de l’aérostat. Ils y ont été conduits par un heureux hasard. Madame de Montgolfier ayant placé un jupon sur un de ces paniers d’osier à clair-voie dont les femmes font usage pour sécher leur linge , l’air de l’intérieur fut tellement raréfié par la chaleur , que le jupon fut élevé jusqu’au plancher. C’est de ce fait que MM. Mongolfier sont partis pour faire leur aérostat.
- AETHER , s. m. Voy. ÉTHER.
- AETIOLOGIE , s. f. Voy. ÉTIOLOGIE.
- AÉT1TE , s. m. du grec œsro? ,
- ( aétos , ) aigle , et de ( li-
- thos , ) pierre. Pierre d’aigle.
- ( Minéral. ) Fer oxidé , rubigia-ceux , sphérique en géodes : on a appelé ce minéral pierre d’aigle , d’après la croyance ridicule que les aigles en portoient dans leurs nids pour faciliter leur ponte. De-là , des empyriques ont vanté cette mine de fer comme un remède souverain dans les maladies des femmes. On les vend encore pour servir d’amulettes.
- Ces géodes ferrugineuses forment en divers endroits des amas considérables , et il y en a qu’on exploite comme mine de fer : elles sont formées de couches concentriques pour l’ordinaire , alternativement brunes et jaunâtres ; et comme , dans cet arrangement, les molécules similaires se sont plus rapprochées qu’elles n’étoient d’abord , il en est résulté unjvide au centre de la géode , où se* trouve quelquefois unnoyau détaché.
- AFFALER , v. a. corruption du latin barb. avallare , pour advallure , avaler, mettre à val, conduire à val, conduire en bas , abaisser. Voy. AVAL.
- ( Marine ) jlffaler; c’est abaisser quelque chose , comme une manœuvre , une vergue , etc.
- S’affaler, être affalé sur une côte ; c’est, en parlant d’un vaisseau , se trouver trop près de terre , par un vent du large , ou par des courans dans un tems de calme , de manière qu’il a de la peine à s’eu, retirer, et à gagner la pleine mer.
- Cettç situation est également dan-
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- AF F
- gerelise, quand il y a trop de vent, ou lorsque dans un tems de calme parfait, les courans portent le vaisseau à terre.
- AFFAMER , v. a. du latin faine s co, dérivé de famés , faim.
- {Art niilit.) A{fumer une place, ou l’attaquer par la famine ; c’est l’environner de tous les côtés, pour empêcher qu’il n’y entre ni secours ni provisions , et attendre tranquillement que la consommation des vivres et la faim la contraignent de se rendre.
- Ces sortes de blocus étoient autrefois fort en usage , soit à cause, de la situation des places , qui étoient bâties, pour la plupart , sur des montagnes , soit à cause du peu d’adresse qu’on avoit alors pour faire des sièges. Mais aujourd’hui qu’on a trouvé l’art d’emporter , eu peu de tems, par le canon, la bombe et les mines , ce que l’on ne gagnoit autrefois que par des longueurs et des dommages infinis , on trouve mieux son compte dans les attaques d'un siège en règle , quelle que soit d’ailleurs la situation de la place.
- AFFECTER , v. a. du latin affi-eio, affectum , exciter, émouvoir.
- ( Méd. ) Affecter ; en termes de médecine, c’est faire une impression fâcheuse. Ce remède peut affecter la poitrine,
- ÇPhysique ) Il se dit figurément de la disposition qu’ont certaines substances à prendre certaines figures. Le sel marin , dans sa cristallisation , affecte la figure cubique.
- AFFECTION, s. f. même origine qu’AFFECTER.
- ( Méd. ) Affection est un terme générique dont on se sert en médecine pour indiquer un grand nombre de maladies auxquelles le corps est -sujet, en ajoutant un adjectif qui en détermine l’espèce. C’est ainsi qu’on dit les affections catarrheuses , fla-tulentes , rhumatisantes, psotiqnes , scorbutiques , etc. , pour indiquer les maladies qui participent du catarrhe , ^du scorbut, etc.
- AFFÉRENTE, adj. du latin ad-feo , porter à , vers.
- ( Pratique ) Portion afférente , '‘part afférente ; c’est la,part qui revient à chacun dans un objet indivis.
- AFF
- ÀFFETTO , ou AFFETTUOSO.; Mot purement italien , fait dm latin affeio , affecter.
- ( Musique ) Ce mot écrit à la tête d’un air , indique un mouvement moyen entre Vandante et Vadagio, et, dans le caractère du cliaut, une expression affectueuse et douce.
- AFFILIATION , s. f. dn latin barbare adfiliare, pour in filium adoptare,, adopter pour fils. Adoption,,
- ( Hist. dit, moyen âge. ) Affiliation étoit chez les anciens Gaulois , une sorte d’adoption militaire , qui avoit lieu parmi les Grands. Un père donnoit à l’enfant qu’il adop— toit, une hache , pour lui faire entendre qu’il devoit conserver par les armes , le patrimoine auquel il lui donnoit droit par sa tendresse.
- ( Econ. polit. ) Affiliation n’est employé aujourd’hui que pour désigner l’action d’uné communauté ou d’une corporation qui en affilie une autre , comme l’académie de Marseille étoit affiliée à l’académie
- fl AFFINAGE, s. m. du latin af-fingo, formé de ad , et de fingo , façonner : donner le tour , l’action de purifier certaines choses.
- ( Métallurgie ) Ce mot s’applique en général à toutes les opérations qui ont pour objet de purifier un métal extrait de la mine, qui a été triée, bocardée, lavée, grillée et fondue. Les pratiques Ol’affinage varient suivant les mines que l’on traite.
- Affinage de Vargent ; on prend une coupelle sur laquelle on place l’argent renfermé dans une lame de plomb pesant le double du poids de l’argent. Le feu fond l’argent et le plomb ; ce dernier s’oxide et se vitrifie peu-à-peu : od voit l’alliage s’agiter, tourner à.la surface, présenter des taches d’une autre nuance de rouge , qui diminue à mesure que les métaux oxidables se subliment ou pénètrent dans les pores de la coupelle.
- Quand l’opération approche de sa fin , l’argent pur qui commence à se montrer, brille de plus en plus d’un éclat plus vif que l’alliage , et lorsque la dernière molécule de plomb s’eu dégage, on voit uue espèce
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- d’éclaTr , fjue l’on nomme corusca-tion : alors l’argent est affiné ; mais il pee-t contenir encore de l’or , que l’on retire par l’opération du, départ. Voy. DEPART.
- Affinage de l'or. Comme l’or est presque toujours natif dans sa mine, on le retire par le moyen du mercure , dans l’opération de Yamalga-tion. Quant à l’or qui est combiné dans les mines d’argent , de cuivre ou de plomb , '.on l’extrait par la LIQUATION, la COUPELLATION et le DEPART. Voy. ces mots.
- Affinage du cuivre. Quand la mitre a été bocardée et grillée , on. la fond à travers les charbons , et l’on appelle cette fonte , matte. On grille six ou sept fois cette mine , afin d’en dégager le plus de soufre possible ; on la fond de nouveau, et l’on obtient le cuivre noir ; on allie ce cuivre avec trois fois son poids de plomb , ce qu’on appelle le rafraîchir. On donne à cet alliage la forme de pains applatis , qu’on nomme pains de liquation ; on fond ces pains , et lorsque l’on juge par leur couleur, leur grain et leur ductilité , que le métal est pur , on le coule en plaques ou en tables, ou bien on le débite en lames arrondies , qu’on nomme rosettes. C’est de la forme de ces lames que le cuivre du commerce a pris le nom de rosette. Voyez CUIVRE, ROSETTE.
- ( Manufacture ) L’affinage du lin , du chanvre , consiste à le faire passer successivement par plusieurs peignes de fer, dont les dents vont toujours en augmentant de finesse.
- Drap d'affinage ; c’est celui qui a reçu la meilleure et dernière foulure , avant d’aller à la teinture
- AFFINITÉ, s. f. du latin affini-tas, formé de ad, auprès , et de fines , limites , près des limites. Alliance, conformité, convenance, rapport entre diverses choses.
- ( Chimie ) Ce mot a signifié long-tems la tendance qu’ont certaines substances à se combiner ensemble ; mais depuis que la nouvelle nomenclature chimique a donné plus de régularité au langage chimique , on préfère le mot ATTRACTION. V. ce mot.
- AFFLUENCE, s. f. du latin aft
- fluentia , formé de ad, à, vers, et de fluo , couler : couler vers.
- ( Physique ) Affluences électriques ; on appelle ainsi les rayons-de matière électrique , qui arrivent à un corps actuellement électrisé de tous les corps qui l’avoisinent, et même de l’air qui l’environne. C’est-là le nom que leur a donné l’abbé Nollet ; et il a nommé effluences électriques , les rayons de la même matière qui sortent du corps-actuellement électrisé ; et comme ces deux courans ont lieu dans lu même tems , et toutes les fois qu’un corps est électrisé, il les a nommées affluences ou effluences, sinutlia -
- AFFOIBLJR, v. a. de l’italien , affabolire , rendre foible.
- ( Peinture ) Affoiblir le coloris, affaiblir des tons trop frais ; c’est leur donner de la grâce , de l’harmonie , des agrémens , afin de ne pas blesser les yeux tendres et délicats.
- JJ affaiblissement des couleurs , qui distingue particulièrement l’école française , est regardé par les artistes d’un goût sévère , comme une imperfection qui tend à sacrifier la vigueur , la sévérité du trait et le caractère , à ce qu’on appelle l’harmonie , la grâce ,et les agré-< mens.
- AFFOURCHER, v. a. du latin furca, fourche.
- ( Marine ) Affourcher un vais* seau ; c’est mouiller une seconde ancre de façon que les deux cables forment une espèce de fourche, afin de mieux retenir le vaisseau. La règle est de s’affourcher suivant la direction du vent ou du courant, c’est-à-dire , de placer les deux ancres sur une ligne perpendiculaire au vent traversier de la côte ; et, dans une rade où la marée est forte, de placer une ancre vers le côté de la marée montante , et l’autre du côté de la marée descendante.
- AFFRANCHIE, v, a. du latin barbare- francus, franc : rendre franc ; et par extension , rendre libre,
- ( Pratique ) Affranchir un héritage; c’est le décharger de quelque qharge , de quelque rente.
- ( Commerce ) Affranchir un paq
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- 5 o AGÂ
- quet , une lettre c’est en payer le
- port.
- (Marine ) Affranchir la pompe ; e’est la faii'e jouer de manière à tirer l’eau plus vite qu’elle n’entre par ïes voies d’eau.
- AFFRÈTEMENT, s. m. du latin fretum, détroit de mer , ou peut-être de l’allemand freten , qui veut dire charger.
- ( Commerce , navigat. ) Convention faite entre le marchand et le propriétaire d’un navire , pour le louage de son bâtiment. Le terme A’affrètement est particulièrement en usage dans l’Océan ; celui de nolisement, qui a la même signification , est plus connu sur la Méditerranée. V. NOLISEMENT.
- AFFUSION , s. f. du latin fun-dere , verser sur.
- ( Pharmacie ) L’action de verser une liqueur chaude ou froide sur certains médicamens, pour empêcher la dissipation des parties volatiles.
- AFFUT, s. m. du latin fustis, bâton. -
- ( Artillerie ) Machine de bois servant à soutenir le canon et à le faire rouler.
- ( Vénerie ) Affût se dit aussi , en termes de chasse , de l’endroit où l’on se poste pour attendre le gibier à la sortie du bois , ou à la rentrée. Affût, dans ce sens , vient de fuster, qui signifie dérober.
- AGA , s. m. mot qui signifie dans la langue des Mogols, seigneur, commandant.
- ( Hist. turque ) Aga des janissaires. Capi aga, le capitaine de la porte du sérail.
- AGALACTIE, s. f. de Vâ privât, grec , et de yah«., ( gala ) , lait. Sans lait.
- ( Méd. ) Maladie des femmes en couche , qui consiste dans un défaut de lait.
- AGAMIE, s. f. de l’« privât, grec, et de ya.ua ^,( gamos ), noces. Sans noces, sans femme. C’est la même chose que CRYPTOGAMIE. V. ce mot.
- AGAPE, s. m. du grec ccya.nn, j agapé ), amour.
- ( Hist. ecclés. ) Festin que fai-soient entre eux les première chrétiens , et dont l’objet étoit de ci-
- ÂGA
- tnenter de plus en plus leur unioaf mutuelle.
- AGAPETES, s. m. même origine qu’AGAPE.
- ( Hist. ecclés. ) On appeloit ainsi des vierges qui, dans les premiers siècles de l’église , vivoient en communauté , et qui s’associoient avec des ecclésiastiques par des motifs de piété ou de charité.
- Dès les premiers siècles de l’église , il y avoit des femmes qui choisissaient leur demeure chez des ecclésiastiques , à qui elles rendoient tous les offices de charité conformes à la sainteté de leur ministère. Dans la ferveur des premiers commencemens du christianisme , il n’y avoit rien de scandaleux dans ces pieuses sociétés ; mais,- dans la suite , elles dégénérèi'ent en libertinage , en sorte que St.-Jérôme en parloit avec indignation.
- AGATE, s. f. du grec «yarx?, ( agates ), en latin achates , nom d’un fleuve de Sicile.
- ( Minéral. ) pierre précieuse , ainsi appelée, parce que les premières ont été trouvées sur les bords du fleuve Agathés.
- Uagate est de la même nature que le silex, mais d’une pâte plus fine : son principal mérite est dans ses belles couleurs.
- Agate orientale, celle qui est d’une seule couleur, ordinairement laiteuse. On la trouve en Europe, et on ne lui a donné le nom d’orientale , que parce que les marchands appellent ainsi les pierres précieuses les plus belles.
- Agate jaspée, celle dont la pâte se trouvant mêlée d’acide de fer et de molécules argileuses , perd plus ou moins de sa transparence. Celle qui est tout-à-fait opaque prend le nom de jaspe-agate.
- Agate œillée , celle qui présente des cercles concentriques , qui, par leur réunion, ont de la ressemblance avec la prunelle de l’œil.
- Agates arborisées, celles qui offrent dans l’intérieur de leur pâte des dendrites, ou des représentations d’arbres ou de buissons.
- Agates mousseuses, celles qui représentent dans leur intérieur des objets qui ressemblent à des mousses.
- Agate onyx, celle uni présente
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- AGE
- des couches de couleurs très-différentes et nettement tranchées. Les graveurs en pierre les emploient de manière que les figures sont faites avec la couche dont la couleur est la plus saillante. Celle dont la couleur est plus obscure sert de fond ; c’est ce qu’on nomme des camées.
- ( Orfèvrerie ) Les orfèvres .appellent agate un instrument dans lequel est enchâssée une agate, et qui sert à rebrunir l’or.
- AGE, s. m. anciennement aage, ou aige, du lat. œtas , ou œviim; la durée commune de la vie.
- ( Chronol. ) Age signifie aussi certain nombre de siècles. Le monde est divisé en plusieurs âges.
- Premier âge du monde ,• depuis la création jusqu’au déluge.
- Second âge du monde ; depuis Je déluge jusqu’à la vocation d’Abra-ham.
- Moyen âge ; ce sont les siècles écoulés depuis Constantin jusqu’à la renaissance des lettres.
- ( Astron, ) Age de la lune ; c’est le nombre de -jours écoulés depuis que la lune étoit nouvelle.
- ( Agricult. ) Age d’un arbre ; il se connoît aux cercles que présente sa coupe transversale.
- Les bourrelets placés aux différentes tailles des arbres fruitiers, indiquent aussi leur âge.
- ( Equit. ) Age d’un cheval ; il est indiqué par les dents, le sabot, le poil, la queue , les yeux.
- Cheval hors d’âge ; celui qui n’a plus les marques auxquelles on pourroit reconnoitre le nombre de ses années.
- ( Vénerie ) Age , se dit de la connoissance qu’on a du tems et du cours de la vie des cerfs et autres animaux.
- ( Eaux et forêts) Age se dit aussi du tems qui s’est écoulé depuis la dernière coupe d’un taillis.
- AGENT, s. m. du latin agcns, participe d’ago , agir.
- ( Philos. ) Tout ce qui agit, tout ce qui opère. Agent naturel, agent surnaturel.
- ( Diplomatie ) Agent se dit de celui qui fait les affaires d’un prince , dans la cour d’un autre prince, sans caractère public , mais pourtant après avoir été reconnu.
- A G I Si
- ( Commerce ) Agent de change; ce sont des espèces de commissionnaires établis dans les principales villes de commerce, pour faciliter entre les banquiers , commerçans , gens d’affaires et de finances , le commerce d’argent et la négociation de lettres et billets de change. La négociation des effets publics se fait aussi par des agens de change; leur ministère n’est pas rigoureusement nécessaire, mais les particuliers ont un grand avantage à se servir d’eux.
- Les agens de change se réunis-* sent tous les jours à la bourse ; c’est-ltc qu’ils exécutent les ordres des ban-< quiers ou capitalistes , de vendre on acheter des effets publics. Il résulte de ce concours d’affaires entre ces agens, un cours des effets, c’est-à-i dire , un prix auquel ils sont vendus au plus haut et au plus bas.
- AGEOMETRIE, ou AGÉOMÉ-» TROSIE , s. f. de l’â privât, grec ; de y» , ( gé ), terre , et de /xé,
- ( metron) , mesure : défaut, ignorance de la géométrie.
- ( Mathêm. ) On désigne par ce mot le défaut ou ignorance de géométrie , qui fait qu’on s’écarte en quelque chose des principes de cetta science.
- AGÉRASIE, s. f. de l’« privat4 grec, et de ynpoç, (gêros) , vieillesse» Exemption de vieillesse.
- ( Méd. ) Etat d’un vieillard qui a toute la vigueur de la jeunesse.
- AGGLOMERATION, ou AGLO-MERATION, s. f. du latin agglo~ meratio , fait de l’augmentatif ad, et de glomero, amasser encore, mettre en peloton.
- ( Physique ) Etat de ce qui est aggloméré. On se sert de ce mot pour exprimer l’assemblage, l’a-moncèlement des neiges, des sa-foies etc
- AGGLUTINATION, s.f. du lat. agglutina, formé de l’augmentatif ad , et de glutino, coller, formé de gluten , colle.
- ( Méd. ) L’action de réunir, de joindre les parties du corps qui ont été séparées ; de-là vient qu’on donne aux topiques qui produisent cet effet, le nom d’agglutinans.
- AGIO , s. m. de l’italien aggio , surplus, différeuce, et à’aggugnare,
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- ajouter* augmenter, ou d’agguinfa,
- augmentation.
- ( Commerce ) Ce mot particulièrement usité à Yenise et en Hollande , désigne la différence qui se trouve entre l’argent courant, et l’argent de banque ou billet. Lorsque, par exemple, la différence de l’argent courant d’Amsterdam, à celui de la banque est de quatre et demi pour cent, ou que pour avoir cent florins en. argent de banque, c’est- à-dire , en billets de banque représentant cent florins, on en paie cent quatre et demi , on dit alors que Vagio est à quatre et demi pour cent.
- .Agio, se dit aussi du bénéfice qu’un vendeur fait sur une espèce dont le cours est fixé , ou sur les matières d’or ou d’argent dont le prix est déterminé. Un homme a besoin de louis d’or , pour voyager ou pour autre chose ; il donne, ou ajoute trois ou quatre sols par louis ; alors on dit que Vagio est de trois ou quatre sols par louis.
- AGIOGRAPHIE , ou HAGIOGRAPHIE, s.f.dugrec âyu><, (agios) saint, et de rp*»«, (grapho,), écrire.
- (Théolé) Traité des choses saintes.
- IAGIOLOGIQUE, adj. du grec aymt, ( agios, ) saint, et de Ao-yc?, <( logos, ) discours.
- (Hist. ) Discours, traita qui concerne les choses saintes.
- AGIOSTMANDRE, s. m. du grec «7joç , (agios), saint, et de crH^an-por, f Sêmantron, ) que les grecs modernes prononcent simandron, signal.
- ( Hist. ecclés. ) C’est le nom d’un instrument de fer dont les chrétiens grecs , qui sont sous la domination des turcs , se servent au lieu de cloches.
- AGIOTAGE , s. m. d’agio.
- { Commerce ) On se sert de ce mot pour exprimer le trafic de ceux qui prennent du public des effets de commerce , à un prix très-bas, pour le faire rentrer ensuite dans le public à un prix très - haut ; depuis quelque tems , ce mot s’étend à tirer les objets de commerce qui ont pu faire la matière de quelque spéculation. Il se prend presque toujours en .mauvaise part.
- , AGITATEUR, s. m. du latin,
- ÂGR
- agita, fréquentatif d!ago , agir ; d’où l’on a fait agiter , pour faire agir, exciter à agir.
- ( Polit. ) Agitateur se disoit anciennement de celui qui conduisoit un charriot, un cheval. Il a suivi, depuis les diverses acceptions , du mot agiter, dont il est dérivé ; et lorsqu’agifer a signifié exciter les passions du peuple , et Occasionner des troubles dans l’état, on a appelé agitateurs ceux qui se mêloient dans les assemblées politiques, et autres, pour exciter ue la fermen4-tation , et causer du désordre.
- Agiter signifie aussi discuter, examiner, et c’est dans ce sens qu’on appelle agitateurs ceux qui sont chargés de discuter des questions de politique ; tels furent les agitateurs que l’armée anglaise créa en 1643, et délégua pour veille»-aux intérêts du royaume, agiter et discuter les intérêts de l’état.
- AGONIE , s. f. du grec àym , ( agon , ) combat.
- ( Méd. ) Le dernier combat de la nature contre la mort.
- AGRAFE , s. f. du grec «ypas, ( agra , ) prise , ou de ,
- (arpazein , ) qui a produit les mots français haper , harper , agraper.
- ( Technol. ) Sorte de crochet qui passe dans un anneau qu’on appelle porte , et qui sert à attacher ensemble différentes choses.
- (Archit. ) Agrafe se dit encore de tout ornement de sculpture , qui semble unir plusieurs membres d’architecture les uns avec les autres.
- ( Jardin. ) Agrafe, est encore un ornement qui lie deux figures dans un parterre.
- ( Botan. ) Agrafe est aussi le nom de certains poils plus ou moins rudes, ordinairement courbés en hameçon, qu’on rencontre sur certaines plantes. C’est par ces agrafes qu’elles s’accrochent, et qu’elles se lient aux corps voisins, pour soutenir leur foiblesse.
- AGRÉABLE, adj. dn latin gra-tus , qui a produit le mot barbare gratare, d’où l’on a fait agréer, agrément et agréable ; qui plaît.
- (Peinture) Ouvrages agréables , tableaux agréables ; ce sont ceux dont les sujets sont susceptibles , par leur nature, de présenter des objets ,
- des
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- X G R
- 'des actions, des sites, etc.', qtte l’on a du plaisir à voir ou a se rappeler.
- Genre agréable ; l’agréable n’est pas proprement un genre , parce que tous les genres peuvent avoir ce caractère ; mais on est convenu d appeler genre agréable , ce qui est relatif à des objets de délassement, de fantaisie ; à des formes de caprice ; à des expressions ; à des tours affectés , dont le caractère tient plus au maniéré qu’au simple et au noble.
- AGRÉGATION , s. f. du latin aggregatio, formé de ad, auprès , et de grex, gregis , troupeau : littéralement , l’action de réunir en •troupeau. Amas de plusieurs choses.
- ( Physique ) Agrégation est l’assemblage de plusieurs parties qui forment un tout. On dit que toute portion de matière , quelque petite qu’elle soit , et même quelque petite qu’on la conçoive , est toujours une agrégation de parties ; c’est pourquoi on regarde la matière en elle - même comme divisible à l’intini,quoiqu’elle ne le soit pas dans le fait, parce que nous manquons de moyens et d’agenspour cela.
- AGRÉGÉ , ÉE, adj., même origine qu ’ agrégation.
- ( Botan. ) Fleurs agrégées ; ce sont celles qui sont distinctement et simplement pédiceîlées,et naissantes plusieurs ensemble d’un même point de la tige.
- AGRÉMENT , s. m. du latin gratus.
- ( Musique ) Agrèmens du chant; ce sont certains tours de gosier , certaines notes ajoutées, que les personnes d’un goût sévère condamnent comme plutôt propres à défigurer la bell e simplicité du chant.
- AGRES , s. m. de l’italien atredi ou arredi.
- ( Marine ) Agrès , se dit des cordages , poulies , et en général de toutes les manoeuvres courantes et dormantes d’un vaisseau.
- Lorsque ce mot est joint à appa~ Taux , il signifie plus collectivement les effets nécessaires à un vaisseau , pour le mettre en état de manœuvrer et de faire voile.
- AGRICULTURE, s. f. du grec àyrcc ( agros), champ , dont les Latins ont fait ager, agri , et de eolo , cultum , cultiver : culture des
- To/u. I.
- AGR 33
- champs ; an de cultiver la terre.
- L’agriculture, le premier, le plus utile de tous les arts, est presque aussi ancienne que le monde ; foible dans lescommenqemens pourne pas avoir eu des instrumens propres au labourage , aussi parfaits que ceux qu’on a inventés depuis , elle fut plus ou moins pratiquée ou négligée , selon le sol, le climat, le goût ou le génie de ceux qui s’y appliquoient.
- Les hommes les plus illustres de l’antiquité en firent leur occupation. La culture des champs fut le premier objet de la législation de tout état policé ; elle fut en honneur dans les plus beaux jours de la Grèce et de Rome. Pline dit que les champs étoient cultivés par les mains mêmes des généraux romains; qu’il sembloit que la terre se plaisoit à se voir labourée par les guerriers qui avoient remporté les honneurs du triomphe.
- Un art si universellement pratiqué n’a pas manqué d’écrivains : on a en latin, Caton, Varron , Colu-mella , Palladius, Constantinus , César , Baptista Porta, Heresbachius ; en italien, Giov. Tarti; en espagnol, Alphonse Henera; enfrançais,Charles-Étienne et Jean Hebaut, le théâtre d’agriculture d’Olivier de Serres, et de Pierre Croiscens, dit le bon ménager ; en anglais , Arthur Young , et une infinité d’autres qu’a produits le précieux établissement des sociétés d’agriculture.
- Les premier-s outils serrant à l’agriculture étoient peu commodes ; mais peu-à-peu on inventa des ins— trumens propres à défricher et à labourer la terre : chaque pays , chaque climat a ses outils aratoires particuliers; on a même cherché à épargner la peine du laboureur en inventant des machines avec lesquelles on laboure , on sème , et on couvre la semence tout à-la-fois.
- La profession du laboureur , cette profession aussi nécessaire, méritoit une protection particulière ; aussi en a-t-elle joui dans tous les tems. La loi divine défend de faire du dégât dans un champ ou dans une vigne , et veut qu’on répare le dommage qu’on y aura fait. Les lois romaines ont ordonné que celui qui de nuit yoleçoit le champ d’autrui, seroit
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- battu de verges 5. que s’il avait moins de quatorze ans, il seroit livré au propriétaire du champ , et lui serviroit d’esclave , jusqu’au parfait dédommagement ; que celui qui mettroit le feu à un tas de blé , seroit brûlé vif s’il l’y avoit mis exprès, et battu de verges à la discrétion du préteur, si c’étoit par sa négligence ; et que celui qui voleroit quelques outils d’agriculture seroit puni de mort.
- Les Athéniens avoienttant d’égard pour la profession de laboureur , qu’ils ne permettoient pas qu’on tuât le bœuf qui avoit servi à la charrue ; ils ne vouloient pas même qu’on l’immolât en sacrifice.
- Ce n’eût pas été assez de veiller à la conservation des champs et aux choses nécessaires au labourage, si l’on n’eûtpourvu à la tranquillité et à la sûreté du laboureur. Constantin fit des lois pour défendre à tout créancier de saisir, pour dettes civiles , les esclaves des laboureurs, les bœu.fs et les instrumens aratoires; et dans les tems oùles provinces étoient obligées de fournir des chevaux aux courriers , et des bœufs aux voitures publiques, ce prince excepta de ces corvées le bœuf et le cheval qui servoient au labour.
- Les empereurs Val ère et Valentinien le jeune , condamnèrent à un exil perpétuel et à la confiscation de leurs biens, les seigneurs des villages , qui s’étant érigés en tyrans , mettoient le laboureur à contribution , et le contraignoient à des corvées nuisibles à la culture des terres.
- Les mêmes lois qui protégeoient le laboureur, veilloient aussi à ce qu’il remplît son devoir. Les champs laissés en friche appavtenoient à celui qui les cultivoit de nouveau; et le premier occupant étoit en possession des terres abandonnées , quand personne ne les réclamoit pendant l’espace de deux ans.
- AGRONOMIE, s. f. du grec àypcç (Agros), champ, et devsuc% (nomos), règle, théorie.
- ( Agricult. ) Théorie de l’agriculture.
- * AGRYPNEE, s. f., de l’iprivât, grec, et d’avpvwfsw (agrupneo),veiller; privation de sommeil.
- (Mêd.) Insomnie.
- AGUST1NE , s. f.? de l’i privât.
- aig
- gree, etdu latingustus, goût, fait dut grec vtiiw (geuô), goûter : sans goût, sans saveur.
- ( Minéralogie ) Nom donné par Tromsdorff, à une terre qu’il a retirée du béril de Saxe , et qui lui a paru avoir des caractères qui la dis-' tinguent des neuf autres. Son nom est tiré de la propriété qu’elle a de former avec les acides des sels sans saveur.
- AIDE, s. f., du latin adjuto ou adjuvo , formé de ad , auprès, pour, et dejuvare, secourir : aider, assister quelqu’un; secours , assistance.
- ( Finances ) Les aides étoient anciennement les droits levés sur les vins , les eaux-de-vie, et les boissons en général. Voy. OCTROI.
- ( Archit. ) Aides se dit: des pièces qui servent de décharge aux cuisines, aux offices.
- ( Equit. ) Aides se dit des secours et soutiens que l’on tire des effets modérés de la bride » de l’éperon, de la voix, du mouvement des jambes,des cuisses et du talon. Ainsi , on dit : Ce cheval connoit les aides, répond aux aides.
- ( Art milit. ) Aide - de - camp ; c’est un officier attaché au général, qui reçoit et porte les ordres partout où il est nécessaire.
- Aide- major ; c’est un officier qui sert auprès du major, et qui en fait les fonctions en son absence.
- AIDOI A-GRAPHIE, s. f., du gree atS'oia (aïdoia) , les parties de la génération, et de rpaip» , (grapho), décrire.
- ( Anat. ) Partie de l’anatomie qui a pour objetladescription des parties de la génération.
- AIDOÏALQGIÉ, s. f. , du gréé cuS-niet (aidoia), les parties de la génération , et de A<rm (logos), discours , traité.
- ( Méd. ) Partie de la médecine qui traite de ce qui concerne les parties de la génération.
- AIGLE, s. m., du latin aquila.
- ( Ornithologie ) Le plus grand et Je plus fort des oiseaux de pi’oie.
- (Blason) Aigle se dit auféminin, des armoiries.et devises. Ainsi, l’on dit : L'aigle impériale, les aigles romaines.
- ( Papeterie ) Gn appelle grand
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- AI G
- aigle, le plus grand format des carions et papiers.
- ( Astron.) Aigle est aussi le nom d’une des vingt - une constellations septentrionales.
- ( Culte cathol. ) Aigle se dit encore du pupitre de cuivre qui est au milieu du chœur d’une église , à cause qu’il représente un aigle les ailes étendues.
- ( Archit. ) Aigle, en terme d’architecture , est un oiseau qui servoit anciennement d’attribut aux cnapi-taux des temples dédiés à Jupiter. Il sert encore d’ornement à quelques chapitaux.
- ( Minéral. ) Pierre d’aigle. Voy. AETITE.
- ( Numismat.) L’aigle sur les médailles est la marque de la divinité et de la providence, selon M. Span-liehn, et de l’empire, selon tous les antiquaires.
- A1G LEDON, corruption d’ÉDRE-DON. Voy. ce mot.
- AIGRE, adject., du latin acer, acris, acide ; piquant au goût.
- ( Musique et déclamât. ) Aigre se dit des sous aigus de la voix d’un orateur, d’un acteur ou d’un chanteur. Un son de voix aigre, un ton aigre.
- ( Peinture ) Couleurs aigres; celles qui ne sont pas liées par des passages qui les accordent.
- ( Métallurgie ) Aigre se dit des métaux dont les parties ne sont pas bien liées, et se séparent facilement les unes des autres.
- AIGRETTE, s. f., d’aigre.
- ( Ornithologie ) C’est le nom d’un oiseau du genre du héron, ainsi nommé à cause de sa voix aigre et rauque, et selon d’autres, à cause du beau parement de longues plumes soyeuses qu’il porte sur le dos, que l’on nomme aigrette , et qui servent à embellir et à relever la coiffure des femmes
- ( Botan. ) Aigrette est aussi le nom d’une touffe de filamens simples ou piumeux, qui conservent les semences dans plusieursgenresde composées, et d’autres fleurs.
- ( Jouaillerie) C’est par métaphore qu on appelle aigrette certains b >u-quets de pierres précieuses, disposées en forme de bouquets de plumes d'aigrettes.
- A-IG 35
- ( Pyrotechnie ) C’est par une métaphore encore plus hardie qu’on a donné le même nom à une pièce d’artifice, qui fait jaillir un flux d’étia-celles imitant les aigrettes.
- ( Physique ) Aigrette se dit encore des faisceaux de rayons lumineux , divergens entre eux , qu’on aperçoit aux extrémités et aux angles des corps actuellement électrisés.
- Si l’on électrise dans un lieu obscur , par le moyen d’un globe de verre, une barre de fer de quelques pieds de longueur, on verra sortir, par l’extrémité de cette barre , la plus éloignée du globe, une ou plusieurs aigrettes de matières enflammées. Si l’on répand des gouttes d’eau sur cette barre suspendue horizontalement , et si l’on passe le plat de la main à quelque petite distance , on verra' sortir de toutes les gouttes d’eau , autant d’aigrettes lumineuses.
- AIGREUR , s. f., même origine qu’AlGJvE : qualité de ce qui est aigre.
- \ Gravure ) On appelle aigreurs, en termes de gravure , des touches noires et trop enfoncées , causées par l’inégalité des tailles où l’eau-forte a trop mordu.
- AIGU , UE , adj. du latin acutus; qui se teimine en pointe ou en tranchant , et qui est propre à percer ou à fendre.
- ( Créom. ) Angle aigu ; c’est un angle qui est moins ouvert qu’un angle droit , c’est-à-dire , qui est mesuré par un arc moindre que le quart de la circonférence, ou qo degrés.
- ( Musique ) Aigu se dit aussi d’un son perçant ou élevé par rapporta quelqu’autre son. En ce sens, le mot aigu est opposé au mot grave. Plus les vibrations des corps sonore* sont fréquentes, plus le son est aigu. Les sons, considérés sous le rapport d’aigu ou de grave, sont le sujet de l’harmouie.
- ( Méd. ) Maladies aiguës ; ce sont celles qui se déclarent avec violence , et se terminent en peu de teins. On les distingue ainsi des maladies chroniques , qui s’avancent avec moins de vitesse , et qui arrivent pins lentement à leur terme. V. CHR.ONIQUE.
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- ( Jîofan. ) Aiguë se dit de toute partie plane terminée par un angle aigu , formé par la rencontre simple des deux bords, ou de toute partie solide , amincie insensiblement par son extrémité supérieure , de manière que sa coupe verticale revienne à la partie plane ci - dessus. Aigu n’est pas la même chose qu’ACU-MINÉ. V. ce mot.
- ( Gratnm. ) Accent aigu ; c’est celui qui indique que la syllabe doit se prononcer d’un ton élevé.
- ( Poésie ) Les Espagnols appellent vers aigus, des vers terminés.par des mots qui ont l’accent aigu sur la dernière syllabe.
- AIGUADE , s. m. du latin aqua, eau , que l’on a prononcé et que l’on prononce encore dans le midi de la France aigue.
- (Marine) Aiguade est un endroit propre à faire de l’eau. On disoit anciennement faire aiguade , pour faire sa provision d’eau ; ou dit aujourd’hui faire de l’eau.
- AIGUE MARINE , s. f. du latin aqua marina , eau de mer.
- ( Minéral. ) Pierre précieuse ainsi «ppeiée , parce que sa couleur est assez semblable à celle de l’eau de mer.
- L’ aigue marine a beaucoup de rapport avec l’émeraude : on l’appelle aussi béril ; elle a la propriété de causer aux rayons de lumière une double réfraction.
- AIGUILLE, s. f. de l’italien agu-glia, fait du latin acicula, diminut. d’acus, pointe.
- ( Technol. ) Petite verge de fer, ou d’autre métal, pointue par un bout et percée par l’autre , pour y passer du fil , de la soie, et dout on se sert pour coudre , pour broder, pour faire de la tapisserie, etc.
- On fab. iquoit autrefois des aiguilles â Paris, et il existoit même une communauté d’aiguilliers, ayant ses statuts. Les aiguilles de Paris avoient beaucoup de renommée , et quoiqu’on n’y en fabrique plus, on a continué d’appeler aiguille s de Paris , une espèce d’ aiguilles choisies et de bonne qualité , qui se fout à Aix-la-Chapelle.
- On a essayé â diverses époques d’établir des manufactures d’aiguilles à l’Aigle , département de
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- î’Ëure , mais il paroît que Ces essayât n’ont pas eu de succès.
- Le comté de Lamark, soumis è la Prusse , fournit plusieurs fabriques d’aiguilles j mais les aiguilles d’Allemagne sont moins recherchées que celles d’Angleterre, connues sous la dénomination de White— Chapel needles , aiguilles de White-Chapel.
- Les aiguilles d’Angleterre sont préférées, parce qufoiles sont en général d’un acier plus dur et moins flèxib'e , ce qui permet de leur donner plus de longueur, relativement à leur grosseur, et parce que foui: poli est plus parfait.
- Dans les pays nouvellement conquis et réunis à la France, Liège offre une ou deux fabriques d’aiguilles mais celles d’Aix-la-Chapelle occupent dix à douze mille ouvriers. On fait à Aix-la-Chapelle des aiguilles de toutes les sortes, et même des aiguilles dites anglaises , qui le cèdent peu, pour la qualité et le poli, à celles faites eu Angleterre.
- Quand on considère la simplicité d’une aiguiller sa petitesse et son prix modique , on est naturellement porté à croire que la fabrication des aiguilles n’exige ni un long travail, ni une main-d’œuvre compliquée et difficile, et on ne peut se défendre d’un mouvement de surprise , quand on apprend que chacun de ces ins-trumens si simples, si petits , si communs, passe successivement par les mains de quatre-vingts ouvriers différens.
- Aiguille se dit aussi de différentes petites verges de fer ou d’autre me » tal , qui servent à différens usages.
- Aiguilles à tricoter des bas ; ai» guilles d’oculiste, pour abattre les taies des yeux aiguille de balance ; aiguille d’horloge ; ai -guille de graveur.
- ( Archit. ) Aiguille se dit aussi d’une espèce de pyramide, soit de pierre de taille , soit de charpente , comme sont les clochers des églises, lorsqu’ils sont extrêmement pointus.
- ( Chimie } Aiguille d’essai on touchaux ; c’est un alliage d’or ou d’argent sous des proportions différentes.
- ( Hvdraul. ) Aiguilles est aussi le nom que l’on donne à des es-.
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- jieces 3e vannes avec lesquelles on terme les pertuis.
- ( Marine ) Aiguille aimantée ; c’est une lame d'acier trempée , longue et mince , immobile sur son pivot, par son centre de gravité , qui a été Crottée contre un bon aimant, soit naturel, soit artificiel, et qui a par-là reçu la propriété de diriger ses deux bouts vers les pôles du monde.
- Aiguille de déclinaison ; c’est la même chose que l’aiguille aimantée, mais qui est appelée aiguille de déclinaison, parce qu’elle décline du vrai nord, pour se porter de quelques degrés vers l’est ou vers l’ouest.
- Aiguille d’inclinaison; c’est toujours ra/gw/Z/e aimantée, mais qui au lieu d’être portée sur un pivot, comme celle-ci, est traversée d’un axe , sur lequel elle est soutenue , ce qui lui donne la liberté de se mouvoir de haut en bas. Cette aiguille , au moyen de ce mouvement , est propre à mesurer l’inclinaison de l’aimant. L’aimant a non seulement un mouvement horizontal qui le fait décliner du vrai nord vers l’est ou l’ouest , mais il a aussi un mouvement vertical, par lequel il fait un angle plus ou moins grand avec l’horizon : 1 ’aiguille d’inclinaison sert à mesurer cet angle.
- AIGUILLON , s. m. de l’italien tLguglione , fait du latin aculeus, diminut. dacus, pointe ; pointe : piquant ; dard.
- ( Agricul. ) Instrument avec lequel on pique les bœufs.
- (Entomologie.') Arme forte et très-piquante, que les guêpes,les abeilles, «te., tiennent cachée dans leur ventre , et que ces insectes font sortir à volonté.
- (Botan. ) Pointe fragile qui tient seulement à l’écorce de certaines
- Ïdantes, et qui paroît en être une pro-ongation. Les rosiers, les ronces, «ont munis daiguillons.
- ( Ichtyologie ) Osselets aigus et d’une seule pièce , qui soutiennent les nageoires de plusieurs poissons^ AILE , s. f. du latin ala , dont en a fait ale , et ensuite aile.
- ( Ornithologie ) Les ailes sont les instrumens du vol des oiseaux.
- A I Aï 3jf
- ( Fauconnerie ) On dit qu’un oi- ^ seau monte sur l’aile , quand il s’incline sur l’une des ailes pour s’élever par le mouvement de l’autre.
- ( Botan. ) Ailes se dit de deux pétales latéraux de toute corolle papiilonacée , parce que ces pétales ressemblent aux ailes d’un papillon.
- Ailes se dit encore des membranes saillantes qui bordent la tige , les rameaux ou les semences de quelques plantes. C’est dans ce sens qu’on dit : tige ailée , semences ailées.
- On appelle aussi feuilles ailées celles qui sont composées de plusieurs folioles , communément op-posées sur le même pétiole.
- ( Architecture ) Ailes d’un bâtiment ; ce sont les parties d’un édifice, qu’on bâtit à droite et àgauche, our accompagner le principal corps-j e-logis. Aile, dans ce sens, et dans les acceptions suivantes , pourvoit venir du latin axilla , aisselle , par allusion aux parties du corps qui portent ce nom.
- Aile , dans les églises, se dit de ce qui est à droite et à gauche de la croisée , les bas côtés ou les petites voûtes qui sont à côté de la grande.
- ( Art milit. ) Ailes , en termes de guerre , se dit des extrémités d’une armée rangée en bataille..
- Aile se dit aussi, en fortification^ du flanc d’un bastion , et plus ordinairement des longs côtés qui terminent à droite et à gauche un ouvrage à corne ou couronné.
- AILE , s. f. corruption de l’anglais ale.
- ( Econ. dom. ) Espèce de bière anglaise faite sans houblon , et qui est le produit de la fermentation de la drêchequ’on a mise à infuser dans de l’eau bouillante.
- AIMANT, s. m. du latin adamast fait du grec ài-a/j.c-.ç (adamas) , qui signifie une chose d’une dureté impénétrable , par comparaison à celle du diamant auquel les anciens ont donné le même nom. Les Anglais désignent aussi quelquefois le diamant et Yaimant par le ferme commun d’adamant.
- ( Physique } Substance ferrugineuse , connue par la propriété qu’elle a d’attirer le fer, et d;avoir;
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- des pôles qui se dirigent vers les
- pôles de Ja terre.
- Les anciens n’ont connu de 1 ’aimant , que sa propriété d’attirer le fer , et peut-être sa vertu communicative ; mais on ne voit nulle part dans leurs écrits , qu’ils aient rien soupçonné de sa vertu directive. On ignore absolument dans quel teins a été faite cette découverte , et on ne sait pas même au juste l’époque à laquelle elle a été appliquée aux usages de la navigation. 11 pai'oît au reste quç cette decouverte est antérieure à l’an 1180.
- Les mines à’aimant les plus connues sont en Sibérie , en Suède , dans File d’Elbe.
- Les physiciens reconnoissent dans Vaimant les six propriétés suivantes : attraction , répulsion , direction , déclinaison , inclinaison , communication.
- Attraction de Vaimant c’est la faculté que possède l’aimant de s’attacher au fer par le simple contact, et même de l’amener à lui d’une certaine distance.
- Répulsion de l’aimant : c’est la répulsion qui a lieu entre deux ai-mans , lorsqu’on les présente l’un à l’autre par les pôles semblables; au lieu qu’ils s’attirent réciproquement quand on les approche par leurs pôles opposés.
- Direction de l’aimant c’est la propriété qu’ont les deux pôles de se-diriger vers les pôles de la terre. Cette propriété de Vaimant est incomparablement la plus précieuse , et sa découverte a éu une influence considérable sur l’état politique des nations.
- Déclinaison de l’aimant quoique l’aiguille aiçaantée se tourne toujours vers le nord , ce n’est pas par tout dans une direction exactement parallèle au méridien du lieu où l’on se trouve ; il y a , pour l’or-dir.aire , quelque déviation , soit à l’est, soit à l’ouest. A mesure que l’on approche des pôles, l’aiguille aimantée perd de sa situation horizontale , en s’approchant de la position verticale. V. INCLINAISON.
- Communication de l’aimant ; c’est la faculté qu’a l’aimant de transmettre au fer toutes les propriétés magnétiques qu’il possède
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- lui-même, et d’en faire ainsi un aimant artificiel. Voy ARTIFICIEL.
- Armure de l’aimant. Voy. ARMURE.
- AINE, s. f. du latin inguen.
- ( Anat. ). On nomme aine les deux parties latérales de la région hypogastrique inférieure de l’abdomen.
- AIR (façon), s. m. du latin adiré, aller, dont on a fait ayr, puis air, et enfin air : l’aller , la façon d’aller , la démarche d’une personne.
- ( Peinture ) Un air de tête, des airs de tête ; cela signifie , en tei’~ mes de Fart, l’attitude d’une tête , la manière dont une tête est dessinée.
- ( Equitation ) Air , en termes de manège, se dit des allures d’un cheval.
- AIR ( chanson ) , du latin œra, qui signifie nombre , ou la masque du nombre , et dont les Italiens ont fait aria.
- ( Musique ) Chant qu’on adapte aux paroles d’une chanson, ou d’une petite pièce de poésie propre à être chantée ; et par extension , l’on appelle air la chanson même.
- ( Théât. lyrique ) Dans les opéra l’on donne le nom a’airs à tous les chants mesurés pour les distinguer du récitatif , et généralement on appelle air, tout morceau complet de musique vocale ou instrumentale formant un chant, soit que ce morceau lasse lui seul une pièce entière, soit qu’on puisse le détacher du tout dont il fait partie, et l’exécuter séparément.
- Si le sujet ou le chant est séparé en deux parties, F air s’appelle duo; si en trois, trio, etc. V. ces mots.
- AIR {fluide), s. m. du grec ( aër ),
- ( Physique ) Substance matérielle, pesante , fluide , compressible , élastique , transparente, sans couleur et invisible. Cette substance environne de toutes parts le globe terrestre , et lui sert en quelque manière d’enveloppe ; c’est la masse générale de ce fluide qui forme l’atmosphère.
- On croyoit autrefois que l’air étoit une substance simple , un élément proprement dit ; mais des expériences exactes ont prouvé qu’il est composé de soixante - douze parties de gaz
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- AIR
- mtrogène ou gaz azote , et de vingt-huit parties d’air vital, ou de gaz oxigène.
- L’air est un fluide d’une raréfaction extrême , qui obéit à la moindre impulsion , et dont l’équilibre sans cesse rompu , cherche sans cesse à se l'établir.
- L’air est environ huit cent fois moins dense que l’eau. On croyoit autrefois qu’il n’avoit nulle pesanteur ; mais elle est aujourd’hui parfaitement connue : on sait qu’a la température de 10 degrés, dans un lieu médiocrement élevé au-dessus de la surface de la mer, un pied cube d’air pèse i once, 5 gros, 5 grains.
- L’air est singulièrement élastique , et ce sont ses vibrations qui nous transmettent les sons. On a des preuves manifestes de son élasticité, par des effets du fusil-à-vent, et de diverses machines qui sont utilement employées dans les arts.
- AlllAIN , s. m. du lat. œramen.
- ( Métallurgie ) Uairain, ou métal des cloches, est un alliage de quatre-vingt à 'quatre-vingt-cinq parties de cuivre jaune, avec douze à quinze parties d’étain, et quelques parties d’antimoine.
- Le cuivre jaune qu’on fait entrer dans cet alliage , est lui-même composé de cuivre jaune et de zinc.
- L’étain et l’antimoine qu’on y ajoute donnent à cet alliage de la roideur , de l’élasticité , et le rendent éminemment sonore.
- L’ airain est dur , aigre , cassant, et nullement ductile ; on peut l’aiguiser, et les anciens en faisoient toutes sortes d’armes et d’outils tranclians; ce qui avoit fait croire qu’ils avoient le secret de tremper le cuivre.
- L1 airain diffère du bronze, en ce que celui-ci ne contient presque point d’étain, et conserve sa ductilité , tandis que celui-là en est totalement privé.
- AIRE, s.,f. du latin area, plan superficiel.
- ( Grêomét. ) Surface d’une figure rectiligne , curviligne ou mixtiligne, comme Yaire d’une grange, Y aire d’un bâtiment, Vaire d’un marais salant, l’aire ou le nid de certains oiseaux.
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- ( Architect. ) Aire de pont ; c’est le dessus d’im pont sur lequel on marche.
- Aire d*un bassin ; c’est un massif d’environ un pied d’épaisseur , fait de chaux et de ciment avec des cailloux, ou un_corroi de glaise, pavé par dessus; ce qui fait le fond d’un bassin.
- ( Agricult. ) Aire se dit aussi d’uue place unie et préparée pour battre les grains.
- (Eaux et forêts.) A tire et à aire ; cette expression s’emploie à l’égard des bois qui doivent être coupés à tire et à aire, c’est-à-dire, qu’ils ne doivent point être choisis çà et là, mais coupés entre les lisières marquées , pour faire un champ ou une aire, dans laquelle ou ne laisse que les arbres de réserve.
- ( Astron. ) Aires proportionnelles; c’est une des lois de Keppler, qui ont lieu dans lesmouvemens dés planètes, et que ce grand homme décôuvroit en même tems que la figure elliptique de leurs orbites.-Cette loi consiste en ce que le rayon mené du centre du soleil, au centre dé la planète qui tourne autour de lui, parcourt des secteurs égaux , en tems égaux. Si la planète est deux fois plus éloignée du soleil , elle va deux fois plus lentement j ensorte que le triangle du secteur parcouru , étant deux fois plus étroit, quoique deux fois plus long , la surface est toujours la même. -
- ( Marine ) Aire-de-vent ; c’est l’un des trente-deux vents que l’on distingue dans la circonférence de l’horizon, ou l’uue des trente-deux divisions de la rose des vents.
- 11 y a par conséquent 11 degrés 45 min. d’une aire-de-vent à l’autre.
- ( Ornithologie ) Aire est encore le nom du nid des grands oiseaux de proie ; il est rond , applati, pen concave, et fort ample : des branches et de jeunes rameaux forment son tissu ; et de la mousse , du poil, de la laine le garnissent.
- AÏS, s. m. du lat. axis , assis , ou asser, soliveau: planche de bois.
- ( Technol. ) Ce mot est employé dans plusieurs arts et métic . Les imprimeurs ont des ais à tremper
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- et à desserrer j les relieurs des ais à rogner, à presser, etc. Les vitriers , des ais feuilles et à rainures , dans lesquels ils coulent Pétain, etc.
- AISSELLE, s. f. du lat. axilla.
- ( Anat. ) Partie creuse du corps, qui est sous l’épaule , à la jonction du bras , et qui a ordinairement du poil.
- { Botan.) Aisselle se dit aussi de l’angle formé par la base d’une feuille ou d’un rameau avec la partie montante de la tige , ou de ses divisions,
- AITIOLOGIE, s. f. du grec (aitia ) , cause , et de Ao-m {logos), discours , traité.
- ( Méd. ) Partie de la médecine qui traite des causes des maladies , et de leurs symptômes concomitans. Quelques-uns écrivent œtiologie , d’autres, étiologie.
- AJOURNEMENT, s m. ancien-ment adjournement, du lat. bar. adjurnare , pour Aient, dicere , indiquer le jour. '
- ( Pratique ) C’est ce qu’on appelle ordinairement exploit ou assignation.
- ( Politique ) Ajournement d’une question>• c’est en parlant d’une assemblée délibérante , l’action d’en remettre la discussion à un autre jour. Lorsqu’on dit qu’un corps délibérant s’est ajourné , cela veut dire qu’il a fixé sa prochaine séance à un ou plusieurs jours.
- AJUSTER, v. a. du latin ad, et de juxtà , adjustare , et adjusti-tiare, dont les Italiens ont fait ad-jus tare, rendre juste.
- ( Métrol. ) Ajuster un poids, une :mesure ; c’est rendre un poids, une mesure juste.
- ( Equit. ) Ajuster un cheval sur les voltes ; c’est lui enseigner ses exercices, ou l’exercer à toutes sortes d’airs de manège.
- ( Monnoie ) Ajuster les flans ou les carreaux recuits ; c’est les couper, les limer, poitr leur donner le juste poids qu’ils doivent avoir.
- ALAMBIC, s. m. du lat. alem— hicum , fait du grec ri./Ai{{anibix), vase , pot, et de l’article arabe al, qui, lorsqu’il se trouve au commencement d’un mot, signifie quel-
- À L Æ
- que chose de grand, d’élevé ; comme qui diroit, vase par excellence.
- ( Chimie ) Vase de métal de terra ou de verre , destiné à distiller les liquides.
- La plupart des alambics sont formés de plusieurs pièces : ceux de cuivre sont composés , au moins , de trois parties ; savoir : une inférieure , espèce de chaudière nommée cucurbite, destinée à recevoir les matières à distiller, et l’action immédiate du feu ; une autre que l’on appelle chapiteau , parce qu’elle recouvre la première , et qu’elle est faite en forme de cône ; elle porte à sa base une rigole dans laquelle retombe la matière distillée, qui est conduite à l’extérieur par un tuyau soudé à l’un des côtés du chapiteau: cette pièce portoit autrefois le nom de tête de mort ; elle est quelquefois enveloppée par un vase cylindrique de cuivre , nommé réfrigérant , et destiné à contenir de l’eau froide qui favorise la condensation.
- Comme toutes les matières que l’on veut distiller n’exigent pas la même température , et qu’il y a des substances auxquelles on ne peut appliquer le feu directement , ou adapte à la cucurbite un vaisseau de capacité moins grande, qui plonge dans l’eau de cette chaudière , et ne reçoit par cette disposition, qu’une chaleur de 180 degrés. Celte pièce, ordinairement d’étain,s’appelle bain marie.
- Enfin, pour que le liquide distillé parvienne froid dans le récipient , on ajuste, au bas du chapiteau , un tuyau disposé en spirale et environné d’eau froide. Cette partie additionnelle se nomme serpentin.
- Les alambics de verre sont faits dans les mêmes principes ; mais ils ne sont composés que d’une ou de deux pièces ; ils n’ont ni bain-marie, ni réfrigérant, ni serpentin. Destinés à distiller des substances très-volatiles , ils n’ont pas besoin d’une grande chaleur ; on les pose sur ua bain de sable.
- Depuis plusieurs années on a perfectionné les alambics, surtout eu Ecosse. Voici comment s’exprime fauteur d’un mémoire sur un nouvel alambic écossais, inséré dans les Àimaies des Arts et Manufactures’
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- «Les distillateurs Ecossais ont, Fait dans la forme de Valambic des améliorations qui excitent l'étonnement des hommes instruits de tous les pays. 11 seroit inutile et trop long de détailler les progrès qu’a faits depuis tiente-deux ans l’art de la distillation dans ce pays : mais cet objet a paru d’une telle importance à la chambre des communes, qu’elle ‘ chargea un comité de l’examiner et de lui en faire un rapport. C’estce rapport, en date du mois de juillet 1799, qui a fait connoitre que les distillateurs Ecossais ont toujours trouvé le moyen d’améliorer la forme de leurs alambics, de manière à braver les impôts successifs du fisc, et à empêcher les distillateurs de Londres de soutenir la concurrence avec eux.
- En 1786 , le parlement, dans l’intention de soutenir les distillateurs de Londres , imposa les distillateurs Ecossais à une. somme égaie an. plus fort produit de leurs alambics, dans la supposition qu’on distilioit tout l’alcohol d’une charge , une fois en 24 heures, maximum de ce que pou-voient faire alors les distillateurs de Londres. Bientôt les Ecossais leur envoyèrent des eaux-de-vie à si bas prix que l’affaire fut de nouveau portée au parlement, où il fut démontré que les Ecossais avoient trouvé le moyen de vider cinq ou six fois Valambic en 24 heures. On fut très-étonné , après les avoir imposés dans cette progression, qu’au bout de cinq années , ils avoient tellement perfectionné leur procédé , qu’ils vidoient vingt fois Valambic dans les 24 heures.
- La taxe fut encore augmentée proportionnellement ; cependant on ne put réussir à limiter l’industrie des Ecossais qui trouvèrent , en 1797 , le secret de vider l’alambic 72 lois en 24 heures. Ils ne se sont pas bornés à cette amélioration, et le docteur Jelfrey a donné la description d’un alambic, construit par M. Millar , qu’on peut vider quatre cent quatre-vingt fois dans les a4 heures. Ce produit paroît impossible et tient du merveilleux ; mais il faudra bien se rendre à l’évidence , lorsqu’on saura que le rapport en a été fait 3 en 1799, à la chambre
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- des communes, et que cette étonnante machine est depuis quatre ou cinq ans en pleine activité. 11 paroit que M. Beauraé a quelque part dans l’honneur de cette invention. Le docteur Jeffrey avoit dit àM. Millar, que M. Beaumé avoit imaginé un alambic avec plusieurs ouvertures dans le chapiteau , et que plus il faisoit d’ouvertures , plus il obtenoit de célérité dans la distillation. C’est de ce trait de Iviaière que le génie inventif de M. Millar est parti pour construire son alambic. »
- Le célèbre comte de Rumford a publié aussi un moyen d’échauffer un alambic , à l’aide d'une petite chaudière à vapeurs qui consume peu de bois.
- ALARGUER, ou s’ALARGUER, v. n. de l’italien allarguar ou al-larguarsi.
- ( Marine ) C’est en parlant d’un canot, .syloigner d’une côte , d’un quai , d’un Vaisseau.
- ALARME , s. f. de l’italien ail’ arme î aux armes.
- ( Art milit. ) Signal pour faire courir aux armes , comme sonner Y alarme, donner V alarme.
- Pièces d’alarme ; ce sont deux pièces de canon placées à la tête d’un camp, et toujours prêtes à tirer au premier commandement , soit pour donner Y alarme aux troupes , soit pour les rappeler du fourrage.
- ALBATRE, s. m. du grec rpov (alabastrcn ) , composé de Yà priv. et de xau.Gi» ( lambano ), prendre , saisir : qu’on ne sauroit saisir, parce que les vases d’albâtre étoient si polis, si unis , qu’ils glis— soient entre les mains.
- ( Minéral. ) Dépôt calcaire qui s’est formé à la manière des stalactites, dans les cavernes des montagnes de marbre.
- L’Italie qui est la patrie des beaux marbres, est aussi celle des albâtres. Le seul territoire de Volterra, en Toscane , en offre plus de vingt belles variétés.
- Les albâtres les plus estimés sont ceux qu’on nomme albâtre agathe et albâtre onyx.
- On trouve à Maltlie un albâtre couleur de miel, presque transparent et de la plus grande finesse. Le Musée des arts de Paris possède une
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- statue de Minerve , presque aussi grande que nature , faite d'un albâtre semblable.
- On donne le nonq à’albâtre oriental à celui dont les teintes sont vives j nettes, bien distinctes, et dont la pâte est line et susceptible d’un beau poli.
- ( Antiquités ) Comme Y albâtre servoit, parmi les anciens, à faire des vases à mettre les parfums, on nommoit en général alabastrites , les vases destinés à cet usage , de quelque matière qu’ils fussent.
- ALBUGO , s. f. mot latin qui signifie blancheur, à’albus, blanc.
- ( Anatomie ) Les oculistes ont donné ce nom à une tache blanche qui se forme à l’œil, sur la cornée transparente.
- Les anatomistes l’appellent encore Vœuvre.
- WALbugo on a fait Albugine, pour désigner une membrane mince et naturellement blanche de l’œil, qui tapisse tout l’intérieur des paupières et la partie antérieure de la tunique de l’œil , nommée cornée opaque. Ou dit aussi la membrane albuginée des testicules.
- ALBUM , s. m. , mot purement latin , qui signifie blanc.
- ( Antiquités ) Album étoit chez les Romains un tableau enduit de blanc , où s’écrivoient les délibérations du préteur.
- C’est aujourd’hui un cahier que les étrangers portent en voyage , sur lequel ils engagent les personnes illustres à écrire leur nom , et ordinairement avec une sentence.
- ALBUMIN , s. m. du latin albumen , blanc d’œuf, à cause de sa blancheur lorsqu’elle est coagulée par la chaleur.
- (Botan. )Albumin, en botanique, est une substance qui , distincte du tégument propre de la graine et de l’embryon, accompagne ou enveloppe , soit en partie , soit en totalité , ce dernier. Cette même partie de la graine est appelée périsperme par L. de Jussieu. Voy. PERI-SPERME.
- ( Chimie) Les chimistes modernes appellent albumin , ou plutôt albumine , une substance semblable à celle du blanc d’oeuf, qu’ils ont découverte dans différens liquides ani-s
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- mauxet végétaux. Leserumdusang, l’humeur vitrée de l’œil, la lymphe , l’eau des hydropiques , la sinovie , les membranes blanches , les parois des viscères , contiennent àeYalbumine. Tontes les plantes vertes , le jeune bois , les tiges vertes en fournissent aussi.
- ALCADE , s. m. , mot arabe , formé de l’article al , et du verbe kada, gouverner ; gouverneur, chef, juge. Les Espagnols ont pris ce nom des Maures.
- ( Ilist. d’Espagne ) C’est le nom d’un juge espagnol.
- ALCAEST, ou ALKAEST , s.m.
- ( Alchimie ) Mot arbitraire forgé par Paracelse , pour exprimer un menstrue ou dissolvant universel , au moyen duquel il se vantoit de dissoudre et de réduire tous les corps en leurs premiers principes , et de tirer la substance sulfureuse de tous les mixtes.
- ALCA1QUE, adj. du grec aAxauoç ( alkaios) , Alcée , nom d’homme.
- ( Poésie anc. ) Il se dit d’un vers grec bu latin, composé de deux pieds et demi, suivi de deux dactyles. Le premier pied est un spondée ou un ïambe , et le demi-pied suivant est toujours une longue. 11 est ainsi appelé du poète Alcée, qui en fut l’inventeur.
- ALCALESCENCE , s. f. d’AL-CALI. Voy. ce mot.
- ( Méd. ) Putréfaction produite dans certaines substances par les alcalis. On dit qu’une substance est al-calescente, lorsque, par la fermentation , il commence à s’y former de l’ammoniac , ou lorsqu’elle verdit les couleurs bleues des végétaux.
- ALCALI, ou ÂLKALI, s. m. de l’arabe kali , soude , précédé de l’article al.
- ( Chimie) Ce nom a été premièrement donné par les Arabes au sel qu’on tire des cendres d’une plante qu’ils appellent kali , en français soude.
- Les alcalis sont des substances solides ou fluides très-recounoissables par lettr saveur âcre, brûlante , uri-neuse ; par la propriété qu’elles ont de verdir les couleurs bleues végétales , et de former des savons avec les huiles ; par leur facilité d’union et leur force d’attraction pour les
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- acides avec lesquels elles forment des sels ; par leur énergie sur les matières auimaiesqu’elles uissoivent.
- Il y eu a trois anciennement connues : la potasse , la soude , ' ammoniaque. M. Fourcroy y a rapporté depuis la baryte et ia stren-tiane.
- ALCALIGÈNE , adj. de l’arabe al-hali , et du grec y ma.-* (geiuiqd ) , engendrer ; comme qui dirott : générateur de L’alcali.
- {Chimie] C’est le nom que M. Fourcroy a donnéà l’azote, qu’il suppose être un principe de tous les aîcabs , et même des terres alcalines. ALCALIN ,INE ,adj. à’ALCALI.
- (Chimie ) Qui a quelques - unes des propriétés des alcalis.
- ALCALISATION ,s. f.t à?alcali, et du latin ago , agir , lait e : Faction d’alcaliser.
- ( Chimie ) Opération par laquelle on communique à un corps des qualités alcalines. On le dit aussi de l'opération par laquelle on extrait d’un corps l’alcali qu’il contient. ALCALISEPc, v. a. d’Alcali.
- ( Chimie ) Dégager par la violence du feu , d’un sel neutre, la partie acide qui y étoit contenue , de manière qu’il ne reste plus que la partie alcaline.
- ALCARRAZAS , s. m. , mot espagnol , emprunté de l’arabe.
- ( Poterie ) On appelle ainsi en Espagne des vases de terre très-poreux , destinés à faire rafraîeliirl’eau que l’on veut boire , au moyen de l’évaporation continuelle qui a lieu sur toute leur surface. Ces vases ont été introduits dans ce pays par les Arabes , chez lesquels ils sont en usage , ainsique dans l’Egypte , la Perse , l’Inde et la Chine. Voy. CRUCHES RAFRAICHISSANTES.
- ALCHIMIE, s. f. du grec yipu <.
- ( ckumeia ) , et de la particule arabe al , qui placée au commencement d’un mot, exprime une chose relevée , grande et excellente : la chimie par excellence.
- Les alchimistes ont qualifié leur art de véritable philosophie , ou philosophie des adeptes. Leur but étoit de faire de l’or et de trouver un remède universel.
- , On n’est point u’accord sur l’origine de l’alchimie, Z omise ; qui vi-
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- voit au commencement du cinquième siècle , est le premier qui ait parlé de faire de l’cr. Après Zozime , les auteurs les plus célèbres qui ont écrit sur cette science , sont Lemoine bacon , Lolle , Ri play, Jean le Hollandais , Isaac le Hollandais , Bastie Valentin, Paracelse , Van Zueh-ter , Cendi Govius, Morien, Rhazes, Arlefus , le pape Jean XXII, Fla-mei , Bexher et Oiœus Borrichius.
- Qut Joues-uns de ces écrivains , guidé , par l’ignorance et la friponnerie , ont justifié cette définition de ï’alchimit : Ars sine arte , cujus principium est meniiri , medium, incorcre , ieriium mendicare ; d’autres , comme Beccher , enthousiastes de leur science , ont servi la-chimie , en courant après une chimère qui fuyoit toujours devant eux.
- Àujourd’hui, le mot alchimien’est plus employé qu’en mauvaise part , et pour désigner îe charlatanisme qui parie le langage de la science.
- ALCMANC1EN, adj. à’Alcman, nom d’homme.
- ( Poésie anc. ) Terme de poè’sie latine. Les vers alcmanciens sont composés de trois dactyles et une, césure , comme :
- Munera lœtitiam que dei.
- Ils sont ainsi appelés à’Alcman ,, poète lyrique , qui employoit souvent cette mesure dans ses poésies galantes.
- ALCOHOL, ou ALCOOL , ou AL-KOHOL, eu ALKOÛL, s. m.mot arabe qui veut dire subtil.
- ( Chimie ) Les anciens donnoient le nom d’alcohol à plusieurs substances volatiles , même à des pou^ dres subtiles. Les chimistes modernes ont adopté ce mot pour désigner ce qu’on appeloit autrefois esprit-de-vin.
- Ualcohol est un fluide transparent, très-mobile et très-léger , d’une odeur pénétrante et agréable , vive et chaude.
- On retire 1 ’alcohol de l’eau-de-vie par la voie de la distillation.
- L ’alcohol ou l’esprit-de-vin rectifié , est celui qu’on a passé une ou deux fois à l’alambic , pour le débarrasser , autant qu’il est possible , de toute sa partie flegmatique ou aqueuse, Voy. RECTIFICATION.
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- Quand Valcohol est entièrement dépouillé de sa partie aqueuse , il porte le nom d’esprit ardent. Voy. ESPRIT ARDENT.
- On donne le nom impropre à’eaux 'disniées spiriiutuses à Valcohol , chargé de l’arome des plantes. Voy. AROME.
- Ce qu’on appelle teintures, élixirs, baumes, quintessences, etc .{voy. ces mots J, sont des composés de sucs huileux ou résineux, et d’aZ-eohol.
- On emploie l’alcohol pur ou uni au camphre, pour arrêter les progrès de la gangrène.
- Valcohol uni à la résine copal, à l’huile d’aspic , à celle de thérében-tine , Forme des vernis qu’on nomme siccatifs. V. VERNIS SICCATIF.
- ALCORAN , ou mieux , CORAN , s. m. Mot arabe , qui signifie lecture , précédé de la particule al , qui , piacé au commencement d’un mot, signifie quelquefois excellence: lecture par excellence. f
- On croit communément que le Coran est l’ouvrage de Mahomet, aidé de l’érudition de Batiras, hé-rétique jacobite , du fanatisme de Servius , moine nestorien, et de la superstition de quelques juifs ; mais les mahomé tans croient, comme un article de loi, qu’il n’a point été composé par leur prophète , qui a été , disent-ils , un homme sans littérature. Ils sont persuadés que Dieu a donné le Coran à Mahomet, par le ministère de l’ange Gabriel, qui a employé 2.3 ans à cette communication.
- Le Coran a pour base la prédestination, et pour principe que la religion mahométane , devant être établie sans miracle et sans contradiction , il faut punir de mort quiconque refuse de l’embrasser.
- ALCOVE, s. f. de l’espagnol, alloua , emprunté de l’arabe aleobba, enfoncementpratiqué dans une chambre , pour y placer un lit.
- ( Architect,) Alcôve, dont les architectes font un substantif masculin, est la partie d’une chambre, séparée par une strade et quelques pilastres , colonnes ou autres orne -mens d’architecture.
- ALDERMAN, s. m. Mot anglais, qui signifie éckeviu, officier muni-
- rA L fi
- cîpal. Il est composé de eldèr, aa-2 cien, et de rnàn,homme : un ancien.
- ( Econ. polit. ) Les aldermen pluriel d’alderman, étaient autrefois en Angleterre des magistrats choisis, comme leur nom l’mdique , à cause de leur âge et de leur expérience ; ce sont aujourd’hui des officiers rnimici paux et des adjointe du maire.
- ALEATOIRE , adj. du îat. aléa-forius , fait d7aléa, jeu de hasard.
- ( Pratique ) Ii se dit de certaines conventions , dont l’objet consiste dans un événement incertain.
- Contrat aléatoire ; c’est une convention réciproque dont les effets , quant aux avantages et aux pertes, soit pour toutes les parties, soit pour l’une ou plusieurs d’tntr’eiles , dépendent d’un événement incertain. Tels sont les contrats d’assurance , le prêt à grosse aventure , le jeu et le pari , le contrat de rente viagère.
- ALECI RYOMANCIE, ou ALEC-TOROM.ANCÏE , s. f. du grec hr -Tfva/ ( alektruôn ) , coq , et de [j-cunucc. (manteia), divination.
- ( Divinat.) L’art de prédire Iea événemens , par le moyen d’un coq. Cette espèce de divination étoit fort en usage chez les Grecs et chez les Romains.
- ALEÜROMANCIE , s. f. du grec d.Anpov ( aleuron ), farine , et de [tetreuz (manteia ), divination.
- ( Divinat. ) Sorte de divination qui se faisoit chez les anciens avec de la farine.
- ALEXANDRIN, adj. d’une origine incertaine : suivant les uns , d’Alexandre Paris, qui, le premier, en fit usage et, suivant d’autres , d’Alexandre-le-Grand , dont plusieurs poètes ont chanté les exploits , en vers alexandrins-.
- { Poésie ) Vers alexandrins ,• ce sont des vers français de douze syllabes dans les rimes masculines , et de treize syllabes dans les rimes féminines.
- Le vers alexandrin , qu’on appelle aussi vers héroïque , nous tierit lieu du vers hexamètre , et à sa place nous l’employons dans la haute poésie; mais quant au nombre et au mètre , c’est au vers asclé-piade que répond notre vers hé—
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- f dîqtie : il en a la coupe et le rliytme, avec cette différence que le premier hémistiche de l’asc!épiade n’est pas fessentieliement séparé du secoud , par unrtpos dans le sens , mais seulement par une syllabe qui reste en suspens , après le secoua pied ; au lieu que dans le vers français , c’est dans ce sens qe.e doit être marquée la st «pension de l’hémistiche.
- ALEXTPH.ARMAQUE , ad], du grt c ( alexo }, repousser., et
- de ««.fiança (pharmakon), venin , poison.
- ( Méd. ) Il se disoit anciennement des remèdes dont la vertu principale était de repousser ou de prévenir les mauvais effets des poisons pris intérieurement -, mais depuis qu’on a découvert ou cru découvrir qu’il «xistoit dans nos corps une espèce de poison qui affectoit les esprits animaux dans les maladies aigpës , le mot a! exipharmaque a changé de signification.
- Les modernes entendent maintenant , par remèdes aiexipharma-ques, des remèdes propres à expulser par les ouvertures de la peau, sous la forme de sueur , ce poison imaginaire , qui trouble les fonctions des esprits animaux , dans les maladies aiguës ; d’où al exipharmaque est devenu le synonime de SUDORIFIQUE. P'oy. ce mot.
- ALEXIPYRETIQUE , adj. du grec { alexo ), chasser, re-
- pousser , et de 'srvpsïoç, ( puretos ) , lièvre.
- ( Méd. ) II se dit des remèdes propr es à chasser la fièvre.
- ALEX1TÈRE , ad], et s. du grec kàéIm , ( alexo ), chasser, repousser, et fie fl»p , ( thér ) , bête venimeuse , bête féroce.
- {Méd. ) Ce terme , pris à la lettre et dans le sens d’Hypocrate , ne signifie rien de plus que remèdes et secours en général 5 mais les auteurs modernes ont appliqué le mot alexitére à des remèdes contre la morsure des animaux venimeux , et même aux amulettes et aux charmes , eu un mot , à tout ce que l’on porte sur soi, comme un préservatif contre les suites fâcheuses des poisons , des euchantemeus et des maléfices.
- ALEZAN, s. m. de l’espagnol
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- alezan, dérivé de l’arabe alhezan , qui signifie cheval courageux.
- ( JEquit. ) Alezan s’entend en français d’un cheval qui a le poil fauve , tirant sur le roux.
- ALFOÎSSI.N , s. m. d’Aîphonse-Ferrier, nom d’homme.
- ( Chir.urg. ) Instrument de chirurgie qui sert à tirer les balles du corps ; amsi appelé du nom de son inventeur , Alphonse Ferrier , méfi deein à JM a pies.
- ALFONSIJN ESou ALPHONSINES d’Alphonse X, roi d'Arragon.
- ( Jurisprud. ) Lois alfonsines -c’est un code de lois rédigé par les soins ou sous les ordres d’Alfon— se X , roi de Castille , surnommé I© Sage.
- ( Astron. ) Tables alphonsines -ce sont des tables astronomiques rédigées sous les ordres d’Alidnse X , roi de Castille , par les astronomes les plus renommés de son teins.
- C’étoit ce même Alfonse qui disoit , en parlant du système de Pto* lomée , le seul connu de son tems , que si Dieu l’avoit consulté avant de créer le monde, il auroit pu faire quelque chose de plus raisonnable.
- ALFOS ou ALPHOS, du grec ( alphos ), blanc.
- ( Chirurgie ) Espèce de lèpre qui occasionne des taches blanches sur la peau.
- ALGALEE , s. f. motarahe.
- ( Chirurgie ) Sonde creuse qui sert à faire pisser ceux qui ont une rétention d’urine.
- ALGARADE, s. f. de l’italien garada , fait de garrire, faire grand bruit.
- ( Artmilit. ) Ce mot signïfioit autrefois course imprévue sur l’ennemi; cette course consistoit à faire un grand nombre de feux , et à pousser de grands cris , pour faire croire qu’il y a plus de gens qu’il n’y eu « en effet.
- ALGÈBRE, s. f. de l’arabe al-giabarat, rétablissement d’une chose rompue , ou de Qeber , mathématicien célèbre , que l’on croit avoir été l’auteur de cette science.
- ( Mathémat. ) h’algèln e est proprement la méthode de calculer les quantités indéterminées ; c’est une sorte d’arithmétique au moyen de
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- laquelle on calcule les quantités inconnues , comme si elles étaient «onnues.
- Dans les calculs algébriques, on l’egarde la grandeur cherchée comme si elle étoit donnée , et par le moyen d’une ou plusieurs quantités données, on marche de conséquence en conséquence, jusqu’à ce que la quantité que l’on a supposée d’abord inconnue, ou au moins quelqu’une de ses puissances , devienne égale à quelques quantités connu es,ce qui fait connoître cette quantité elle-même.
- On n’a rien de certain sur l’origine de cet art ; on en attribue or-dinairementl’inventi on à Diophante, auteur qui en écrivit treize livres , dont il en reste six , que Xilander publia pour la première fois en i5y5. .Néanmoins, il semble que Valgèbre ïi’a pas été totalement inconnue aux anciens ; suivant Théon, le commentateur d’Euclide , Platon est le premier qui ait enseigné cette science ; mais il en est question plus au long dans Pappus, et encore davantage dans Archimède.
- Cet art a été fort cultivé par les 'Arabes , qui l’ont reçu des Perses , çt ceux-ci des Indiens. Les Arabes l’apportèrent en Espagne , dJoù il passa en Angleterre, avant que Diophante y fut connu. Luc Paciolo, cordeiier, est le premier , dans l’Europe , qui ait écrit sur l’algèbre, en i4g4. Vinrent ensuite Stifelius, ü dp ion , Ferrei, Tartaglia , Cardan , et quelques autres qui poussèrent cet art jusqu’à la résolution des équations cubiques ; mais la France vit naître dans son sein un profond géomètre , François Viete , maître des requêtes sous Henri III , qui fit seul autant d’honneur à sa patrie , que tous les auteurs qu’on vient de nommer en avaient fait à l’Italie.
- Descartes est l’auteur de l’appli-«ation de l’analyse à la géométrie , que le génie de Newton a perfectionnée. Depuis, on a appliqué Valgèbre à la considération et au calcul des infinis, ce qui a donné naissance à une nouvelle branche , appelée la doctrine des fluxions , ou le calcul différentiel. V. FLUXION , DIFFÉRENTIEL,
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- ALGORITHME, s, m. mot arabe,
- ( Mathémat. ) PI usieurs auteurs , et sur-tout les Espagnols , se sont servis de ce mot, pour signifier la science des nombres. L’Algorithme est l’art de bien et facilement supputer.
- Il se prend aussi pour désigner la méthode et la notation de toute espèce de calcul ; c’est dans ce sens qu’on dit, Valgorithme ducaîcul intégral , Yalgorithme du calcul exponentiel , i’algorithme du calcul des sinus, etc.
- ALGUAZÏL, s. m. mot arabe composé de l’article al, et de gua~ zir , ministre de justice.
- (/Histoire dhEspagne ) Les al-guazils sont en Espagne ce que les serge ns et les huissiers sont en France ; ils exécutent les commun-demens de justice , et constituent les gens prisonniers.
- ALGUE, s. f. du latin alga.
- ( Botan. ) Nom commun donné à beaucoup de plantes qui croissent dans la mer.
- Sur les bords de la Méditerranée , et même dans quelques endroits sur l’Océan , les paysans rassemblent en monceau les algues que la mer apporte sur le rivage , et les font sécher pour les brûler et extraire de leurs cendres l’alcali minéral , si utile pour les fabriques de verre et de savon , et connu sous le nom de soude.
- ALIBI, s. m. mot purement latin , qui signifie ailleurs ; formé de alio , et de ibi , autre part qu’ici.
- ( Pratique ) U alibi est une exception qu’oppose l’accusé . quand il offre de prouver qu’il étoit dans le tems du crime dont on le charge , si éloigné du lieu où ii a été commis , qu’il ne peut en être l’auteur.
- ALIDADE ou ALH1DADE, de l’arabe alidada , règle, bande.
- ( Géotn. ) On appelle ainsi l’index ou la règ'e mobile qui , partant du centre d’un instrument astronomique ou géométrique , peut en parcourir tout le limbe , pour montrer les degrés qui indiquent les angles avec lesquels on détermine les distances, les hauteurs , etc. Cette pièce porte deux pinnules élevées per-
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- pendiculairement à chaque extrémité.
- ALIÉNATION , s. f. du latin alienatus , fait d’aheno , pour alie-num fado , faire une chose autre que ce qu’elle est.
- ( Pratique ) Translation de propriété des biens d’une personne à une autre. Cette translation peut se faire par vente , échange , hypothèque , ameublissement, donation, abandonnement, partage , transaction, prescription, etc,
- ALIGNEMENT, s. m. du latin îinea, ligne, dont on a fait aligner, pour ad lineam ducere.
- ( Archit. ) Ligne que l’on donne, que l’on tire, afin qu’une muraille , qu’une rue, qu’une allée aille en ligne droite,
- ( Artmilit. ) Terme de commandement fait aux soldats pour les faire aligner. Sur la droite, sur la gauche alignement.
- ALIMENT , s. m. du latin aliment um, fait (Valo , nourrir.
- (Botan.) Plantes alimentaires ; ce sont les plantes servant à la nourriture de l’homme.
- [ Méd. ) La médecine employé plusieurs sortes d’alimens.
- Alimens simples ; ceux que l’on emploie tels que la nature nous les offre.
- Alimens composés; ceux que l’on prépare.
- Alimens médicamenteux ; ceux que l’on prend non-seulemeut dans la vue de nourrir , mais encore de corriger quelque vice.
- ( Pratique ) Pension alimentaire ; ce mot comprend non-seulement la nourriture , mais encore l’entretien et le logement.
- ( Anat. ) Conduit alimentaire ; quelques auteurs appellent ainsi la partie du corps par où passent les alimens.
- ALINÉA , mots latins employés en français comme une façon de parler adverbiale, quelquefois comme substantif masculin; ils signifient à la ligne.
- ( Imprimerie ) C’est, dans un livre , le commencement d’un nouvel article qui ne continue pas la dernière ligne de l’article précédent , mais en commence une nouvelle.
- Les a-linéa, communément, reu-
- A L K 47
- trent un peu dans la ligne, ou.sortent dans la marge.
- ALIPTIQUE, s. f. du grec «xs
- (aléipho), oindre, frotter.
- ( Méd. ) L’ aliptique étoit une partie de l’ancienne médecine ; elle enseignoit la manière de frotter et d’oindre les corps pour conserver la santé , procurer de nouvelles forces , et entretenir la beauté du teint.
- ALIQUANTE, adj. du latin ali-quantum , formé de aliquis, et de quantus, quelque petite quantité.
- ( Arith.) Parties aliquantes d’un tout; ce sont celles qui ne sont pas contenues, un certain nombre de fois juste, dans ce tout. Par exemple , 5 est une partie aliquante de 12 ; parce que 5 est contenu plus de deux fois, et moins de trois fois, dans 12.
- ALIQUOTE , adj. du latin ali-quotus, formé de alii, et de quot, certaine quantité.
- ( Arith. ) Partie aliquote d’un tout ,- c’est une partie contenue, un certain nombre de fois juste , dans ce tout. Par exemple , 3 est une partie aliquote de 12 , parce que 3 est contenu juste quatre fois dans 12.
- ALISÉS, adj. du vieux mot français ails , qui signifioit autrefois uni, régulier, uniforme; ou peut-être une corruption d’élisien, qui dési-gnoit parmi les anciens , certains vents d’est, qui régnoient constamment pendant un certain tems de l’année.
- ( Marine ) Vents alizés ; ce sont des vents réglés qui régnent sur certaines mers, principalement dans la zône torride, où ils soufflent constamment de l’est à l’ouest, seulement avec quelques petites variations périodiques , occasionnées par les différentes déclinaisons du soleil.
- Il y a d’autres vents réglés et périodiques, qui soufflent d’un point de l’horizon, dans un certain tems, et d’un autre point dans un autre tems. Telles sont les MOUSSONS. Voy. ce mot.
- ALKERMES, s. m., mot arabe qui signifie écarlate, al est l’article. Kermès a produit kermoisi, et ensuite cramoisi.
- ( Pharmacie ) Le Kermès est une confection informe d’électuaire, in-
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- ventée par Messie , et composée de plusieurs ingrédiens , dont entre-autres le suc du kermès , qui lui sert de base. Voy. KERMÈS.
- ALLAH , s. Mot arabe, qui signifie honorer, adorer, et que les Turcs ont emprunté du Coran.
- ( Culte mahomet. ) Ce mot signifie Dieu chez les Turcs , les Arabes et tous les peuples qui font profession du mahométisme, quelque langue qu’ilsparlent. Allah est une contraction Palilah, qui, ainsi que l’eîvah des Hébreux, signifie par excellence, J’être digne du culte, hêtre adorable.
- ALLANTOÏDE, s.f. du grec {allas), «AÀ«vroç, géniî. (allantos ), saucisse , et db/L? (eidos), figure, ressemblance : qui ressemble à une saucisse, à un bujar.
- (.Anat.) Membrane qui fait partie de l’arrière-faix dans la plupart des animaux ; ainsi nommée, parce qu’elle ressemble à un long boyau.
- ALLÈGE, s.f., du latin levis, léger, dont on a fait alleviare, alle-giare, alléger et allège.
- ( Marine) Bâtiment de moyenne grandeur , à fond plat, et tirant peu d’eau, fait pour charger et décharger les vaisseaux , les lester et les délester, ou faire de très-petites traversées.
- C’est un terme générique plutôt qu’une division particulière et fixe de Bâtiment. Il y a des allèges qui vont à la voile ; il y en a qui n’ont ni mâts ni voiles ; enfin elles sont différentes dans chaque pays maritime.
- (Archit.) Allège se dit aussi d’un petit mur qui sert d’appui dans les croisées , et qui est moins épais que les pieds droits.
- ALLÉGEANCE, s.f. (soulagement) ; même origine qu’ALLEGE.
- ALLÉGEANCE, s. f. [fidelité), du latin barbare adligantia, fait d’alligo; pour adligo , lier , engager à quelqu’un.
- ( Hist. aAngl.) Les Anglais disent, serment d3dllegiance , pour désigner l’acte de soumission et d’obéissance au roi. Depuis Jacques Ier, on distingu ele serment d3 allégiance du serment de suprématie ; le premier se prête au roi, en qualité de roi et de seigneur temporel ; et le second, comme au chef de l’église an-glieane,
- ALE
- ALLEGORIE, s.f. du grec
- ycpia (allegoria), fait k, -. (allas), antre , et dG-yrp-' (agora), discours.
- ( Elocut. ) Figure par laquelle on dit une chose pour en signifier une autre.
- LJAllégorie n’est qu’une métaphore continue , qui sert de comparaison pour donner à entendre un sens qu’on n’exprime point.
- ( Peintu e) L’Allégorie est, relativement à la peinture, un moyen ingénieux employé par l’artiste pour faire naître et pour communiquer des pensées spirituelles , des idées abstraites, à l’aide de figures symboliques , de personnages tirés des my-thoîogies , d’êtres imaginaires etd’ob-jets convenus.
- ALLIAGE,s.m. dulatinadligo , lier à : lier une chose à une autre.
- ( Chimie ) L’union naturelle on artificielle des différens métaux.
- On forme des alliages par la voie sèche , en fondant ensemble plusieurs métaux ; on en forme par la voie humide , quand on précipite une dissolution métallique par un autre métal.
- Les alliages varient à l’infini, en raison des différentes proportions de leurs composans.
- (Arithmét. ) Alliage se dit aussi d’un mélange que l’on fait d’un certain nombre de choses de différentes valeurs, pour former un tout d’un même nombre de parties égales entre elles , et d’une valeur moyenne.
- Règle d3alliage ; c’est une règle qui sert à trouver ou la valeur moyenne de l’une des parties du mélange , quand on connoît la valeur et le nombre des choses dont il est composé; ou le nombre des parties des choses qui doivent être alliées» quand on connoît la valeur de chacune de ces parties et celle du mélange.
- ALLIANCE , s. f. du latin adligantia , fait d Adligo , lier à » avec.
- (Pratique) Liaison de deux personnes ou de deux familles par le mariage.
- ( Diplomatie ) L’union et la confédération entre deux ou plusieurs états, pour leur intérêt commun.
- ALLITÉRATION, s.f. du latin alliteratio, composé d’àllide, froisse^
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- ser, heurter , et de littera , lettre, mot : froissement de lettres, jeu de mots.
- ( Elocut. ) Figure de mots qui consiste dans la répétition affectée des mêmes lettres ou des mêmes syllabes.
- ALLOCATION, s. f. d’ allouer, vieux mot français qui signifie agréer, et qui vient d’allaudare , dont le simple laudare se trouve souvent dans la même signification.
- ( Pratique , Commerce ) Il se dit d/un article qu’on passe en compte à l’état final, après qu’on l’a approuvé et alloué.
- ALLOCUTION, s. f. du latin alloquor, formé de ad etàeloquor, parler à.
- ( Hist. rom. ) Terme par lequel on désigne les harangues que les généraux et les empereurs romains fai-soient à leurs troupes.
- ( Numisrnat. ) Il se dit, par analogie , des médailles sur lesquelles les généraux et les empereurs romains sont représentés sur un gradin, parlant à des soldats.
- ALLÜNYME , s. m. du grec àxxoç (allos), autre, et d’eveii*
- ( onoma), nom : nom substitué à un autre nom.
- ( Bibhogr.) On appelle ainsi quelquefois les ouvrages de littérature publiés sous le nom d’un autre. V.
- PSEUDONYME, HÉTÉRONYME, CRYPTONYME.
- ALLURE, s. f. du mot aller. On a dit autrefois, un homme à’un bon aller, pour un homme qui a bon air, bonne contenance.
- ( Equit. ) Un cheval a de belles allures ; cela signifie qu’il a la marche belle,
- Ce cheval a Vallure froide ; cela veut dire qu’il ne lève pas assez le genou ni la jambe, et qu’il rase le tapis.
- ( Marine ) Allure d’un vaisseau; c est sa manière de marcher, ou la manière de le faire marcher avec vitesse ; ce qui dépend de sa construction , de sa mâture, de son arrimage, etc.
- ( Venerie ) Allures de cerf ; ce sont les endroits par où il passe.
- ALLUSION, s. f., du latin allu— do, fait de ad et de ludo , jouer avec. ‘
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- ( Elocut. ) Figure de rhétorique qui a lieu lorsqu’on joue sur les pensées et sur les mots, en représentant une idée pour en faire entendre une autre ; ou lorsqu’on fait sentir la convenance , le rapport qut deux choses ou deux personnes ont l’une avec l’autre.
- ALLUVION, s. f. du latin allu-vio , formé de ad et de luo arroser: coul'er sur, contre.
- ( Pratique ) Accroissement qui se fait d’un héritage à un autre héritage par les terres que l’eau y apporte.
- 11 y en a de deux sortes : Vap-* parente et la non - apparente. La première qui se fait par un débordement , appartient à l’ancien propriétaire, si elle peut se reeon-noitre ; sinon, au propriétaire de l’héritage auquel Valluvion s’est faite.
- La secondé, qui se fait insensiblement, profite au propriétaire riverain dont l’héritage se trouve ainsi accru par le tems.
- ALMADIE , s. f. du portugais Almadia.
- ( Marine ) Petite barque des nègres de la côte d’Afrique , faite ordinairement d’écorces d’arbres, et longue d’environ 20 pieds.
- C’est aussi le nom d’un vaisseau des Indes , d’environ 80 pieds de long sur 6 ou 7 de large , ayant la forme d’une navette de tisserand
- ALMAGESTE , s. m. de l’article arabe al, et du grec ptyin ( mégis-tos), très-grand , superlat. de «s-, «ç ( mégas ) , comme qui diroit le grand ouvrage, l’ouvrage par excellence.
- (Astron. ) C’est le nom du plus ancien livre d’astronomie qui nous soit resté. Il fut composé par Pto-léraée, vers l’an x4g. Maimon, calife de Babylone , le fit transcrire en arabe , et lui donna le nom d’Alma* ghesti, dont nous avons fait alma-geste.
- Riccioli a donné aussi un grand ouvrage d’astronomie , intitulé : Almagestum novum , en 2 vol. in-fol., imprimé à Bologne , en i65i. Collection immense et précieuse de toute l’astronomie historique et théorique, et dont lçs astro-D
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- £e A L 0.
- îiomes font un usage continuel, ainsi que de Valmageste de Ptolémée.
- ALMANACH , s. m. Les étvmo-logistes ne sont point d’accord sur l’origine de ce mot ; mais l’opinion îa plus commune, est qu’il vient de l’arabe manah, supputer, compter, précédé de l’article al.
- (Chronol.) Calendrier ou table, où sont marqués les jours ou lètes de l’année , le cours de la lune* pour chaque mois. Nos almanachs modernes répondent à ce que les an-ciensRomaiusappeloient leurs fastes.
- ALMANDINO ou ALAB ANDINE, S. f. d’une ville de Carie de ce nom.
- ( Minéral. ) Pierre d’un rouge foncé , ainsi appelée d’une ville de Carie. d’où on l’apportoit du tems de Pline. Les lapidaires la classent entre le rubis et l’améthyste , quoiqu’elle n’en ait pas la dureté. Sa valeur est la même que celle du grenat oriental ; quelques naturalistes pensent même que c’est le grenat syrien.
- ALMICUNTARAT ou ALMI-CANTARAT, s. f. de l’arabe ahno-cantharat.
- ( Astron. ) Les almicantarats sont de petits cercles parallèles à l’horizon, c’est-à-dire, dont tous les points sont à la même hauteur , au-dessus de l’horizon ; on les appelle aussi, cercles de hauteurs.
- Les passages de deux étoiles connues, par un même almicantarat, peuvent faire connoître l’heure qu’il est. Si l’on a ces passages par deux almicantarats , on peut trouver la hauteur du pôle, et la déclinaison de deux étoiles.
- ALOI, s. m. même origine qu’al-liage , d’adligo , unir , lier.
- ( Monnoies ) Aloi est le titre que l’or et l’argent doivent avoir : c’est un certain degré de bonté , lequel résulte du mélange de l’union de plusieurs métaux qui ont quelque conformité entre eux.
- ALOMANCIE, s. f. du grec «m ( als ), sel , et de [Acùt/Tin* ( Man— teia ) , divination.
- ( Divinat. ) Espèce de divination qui. se faisoit par le moyen du sel.
- ALOPÉCIE , s. f. du grec «Au?r»f { alopêx }, renard.
- ( Méd. ) Maladie qui fait tomber les cheveux et le poil i elle est ainsi ÿiomxnée, parce que le renard, dans
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- sa vieillesse, a nne galle qui lui fait tomber le poil.
- ALPES , s. f. du mot celtique al, haut, et de per, sommet d’une mou» tagne : haute montagne.
- ( Géogr. ) Montagnes qui séparent la France de l’Italie.
- ALPHABET, s. m. , contraction de deux mots grecs «aiv ( alpha ) , et ( bêta ) , qui sont les
- deux premières lettres de la langue grecque.
- (Gramm. ) U alphabet n’est autre chose que la réunion des lettres d’une langue, ou des caractères qui servent à peindre les sons .divers qui composent les mots.
- Le premier essai de Part d’écrire a été la représentation des objets. Vinrent ensuite les hiéroglyphes » auxquels succéda l’écriture syllabique , dans laquelle on n’employa qu’un seul caractère pour écrire chaque syllabe dont un mot étoit composé. Enfin , on imagina cette espèce d’écriture dans laquelle les voyelles et les consonnes sont exprimées séparément par autant de caractères distincts et particuliers , -et où , par le moyen d’un petit nombre de signes répétés et combinés diversement, on peut représenter et exprimer, avec autant de facilité que de précision , toutes les idées et les paroles. Telles sont les lettres ouïes caractères alphabétiques dont presque toutes les nations wmt usage aujourd’hui.
- Différens peuples se sont disputés la gloire d’avoir inventé l'alphabet; mais les Assyriens ou les Egyptiens sont les seuls qui puissent raisonnablement y prétendre. Platon dit que Thaut fut le premier, en Égypte, qui distingua les lettres en voyelles et en consonnes , en muettes et en liquides. Moïse s’explique sur l’usage de l’écriture alphabétique dans des termes qui témoignent assez que, de son tems , cette invention ns devoitpas être absolument nouvelle.
- A l’exception de l’Égypte et de quelques contrées de l’Asie , le reste des nations a long-tems ignoré un art si utile : Cadmns fut le premier qui l’introduisit dans l’Europe.
- ( Imprimerie ) Les imprimeurs et les libraires disent qu’un livre a ua alphabet, deux alphabets t lorse
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- qu’il a UU nombre de feuilles, égal à celui des lettres de Valphabet , ou au double de ce nombre. Ce nom vient de ce que chaque feuille est ordinairement marquée au bas de la première page par une lettre de V alphabet.
- ( Graveurs et Relieurs ) Les graveurs sur métaux, et les relieurs appellent alphabet, les ferretnens dont ils se servent pour graver ou imprimer les différentes lettres que leurs ouvrages exigent.
- ( Diplomatique) Alphabet se dit du double du chiffre que garde par devers soi, chacun des corres-_ pondaus qui doivent s’écrire secrètement.
- ( Commerce ) Les négocians, les banquiers , teneurs de livres , appellent aussi alphabet, une espèce de registre,-composé de 24 feuillets, cotés et marqués chacun en gros caractère, d’une des lettres de l’alphabet, suivant l’ordre naturel.
- ALQU1FOUX ou ARQUIFGUX, s. m. terme du Levant.
- (Minéral. )On appelle ainsi, dans le commerce et dans les arts , la galène ou sulfure de plomb natif. Les femmes d'Orient la réduisent en poudre subtile , qu’elles mêlent avec tlu noir de lampe , pour en faire une pommade dont elles se teignent les sourcils , les paupières , les cils et les angles des yeux. Les potiers la délayent dans l’eau , et y plongent les vases qu’ils veulent vernisser. La chaleur du four vitrifie ce sulfure , qui, en se fondant, se combine et adhère ài’argile : ce vernis est dangereux.
- ALTÉRATION, s. f. du latin alteratio , fait d’altero, pour alternai reddo, faire une chose autre que ce qu’elle est : changement dans î’e'tat d’une chose.
- ( JMonnoie ) Altération se dit de la falsification des monnoies , par l’excès d’alliage.
- ( Jardin. ) Altération se dit d’une cessation de sève dans un végétal ; sorte de maladie à laquelle il faut remédier promptement.
- ( Méd. ) Altération signifie la soif causée par la sécheresse du gosier et de la bouche , faute de salive pour l’humecter ; et l’on appelle remèdes altérans, ceux qui
- 'ALT Si
- apportent un changement avantageux dans le sang et dans les liqueurs , sans aucune opération ou évacuation apparente.
- ALTERNATION, s. f. du latin alterno, faire tantôt une chose , tantôt une autre.
- ( Mathémat. ) 11 se dit pour exprimer le changement d’ordre qu’on peut donner à plusieurs choses , ou à plusieurs personnes, en les plaçant successivement les unes auprès des autres , ou les unes après les autres.
- ALTERNE, adj. du latin alternas , mis , placé l’un après l’autre.
- ( Géométrie ) Angles alternes ; ce sont les angles formés par uns ligne droite des deux côtés de deux parallèles , coupés par cette ligne.
- ( Botan. ) Feuilles alternes ; ce sont des feuilles naissantes , seule à seule , de divers points de la tige > à des distances à-peu-près égales , et surtout si leur direction ou leur position a lieu sur les deux côtés opposés de la tige. Ce mot est également applicable à toutes les autres parties qui observent cette même disposition sur celle qui les porte.
- ( Cristallographie ) Alterne se dit du cristal , lorsqu’il a sur ses deux parties , supérieure et inférieure , des faces qui alternent entre elles , mais qui se corres—i pondent de part et d’autre : tel est le quartz, alterne.
- ALTERNER , v. a. du latin al-’ terno , faire tantôt une chose, tantôt une autre.
- ( Écon. polit. ) Faire une chose tour-à-tour entre deux personnes 5 il se dit particulièrement de deux officiers , de deux employés , de deux fonctionnaires publics , qui exercent chacun à leur tour , et pendant un certain tems , la même fonction, le même emploi , etc.
- ALTESSE, s. f. de l’italien al^ tezza.
- ( Econ. polit. ) Titre d’honneur qui se donne à différens princes , en leur parlant ou en leur écrivant.,
- Les évêques ont porté le titre -d’altesse sous la i.re et la 2.e race des rois de France. Dans le i3.e, le i4.e et le i5.e siècles, c’étoit le titre eenamua de tous les rois : eeu;*-
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- d’Espagne l’ont porté jusqu’à Charîes-Quint ; ceux de France jusqu’à François I.er , et ceux d’Angleterre jusqu’à Jacques I.er
- Peu avant l’année i63o ,les petits princes d’Italie prirent le titre A’altesse ; en ce tems-ià , il n’j avoit , en France que le duc d’Orléans à qui on donnât ce titre. En i65i , ce prince se fit donner celui d7altesse royale pour se distinguer des autres princes. Le prince de Coudé prit celui à’altesse sérénissime , laissant F altesse simple aux princes natu-
- 13ALTIMÉTRIE , s. f. du latin altus , haut , et du' grec pupcv ( métron ), mesure.
- ( Géom. prat. ) Art de mesurer les hauteurs accessibles ou inaces-sibles. C’est une partie de la géométrie pratique ou de la trigonométrie.
- ALUDEL, s. m. de l’À privât, grec , sans, et du latin lutum : sans lut, ouvert, et qui n’est point lutté.
- ( Chimie ) Les aludels sont des espèces de pots ou de chapiteaux ouverts par leur partie inférieure et Supérieure, et qui peuvent s’emboîter ou s’appliquer exactement les uns sur les autres, ensorte qu’ils forment un tuyau plus ou moins long , suivant le nombre à!aludels dont il est composé. Le pot ou l’a-ludel qui termine ce tuyau par en haut doit être fermé par la partie supérieure , et n’avoir qu’un petit 'trou. On emploie ces vases pour différentes sublimations, mais surtout pour celle du soufre.
- ALUMINE , s. f. du latin alu-men, alun.
- ( Chimie ) L’une des neuf terres simples que la chimie commît aujourd’hui ; ainsi appelée , parce qu’elle est la base de l’alun. Elle est aussi la base des argiles , où elle entre communément pour plus de moitié ; elle est la base de toutes les poteries fines et grossières.
- L'alumine forme presque toute seule les pierres précieuses les plus parfaites : le rubis , le saphir et la topaze d’Orient, sont composés de 08 f centièmes d’alumine ; le surplus n’est qu’un peu de rouille de 1er, et un atome de chaux. Il semble même que , toutes choses égales
- AM A
- d’ailleurs , les pierres précieuses diminuent de mérite à mesure que la quantité à’alumine y diminue.
- ALUNAGE , s. m. d’alun , en latin alumen.
- ( Technol. ) Opération des teinturiers qui , pour fixer une couleur sur une étoffe , la plongent dans une forte dissolution d’alun. Cette ' opération est fondée sur l’attraction que l’alumine a pour les matières colorantes.
- ALUN, s. m. du latin alumen.
- ( Chimie ) Alun , autrement sulfate d’alumine ; c’est un sel neutre formé par la combinaison de l’acide sulfurique avec la terre appelée alumine , et une petite quantité de potasse.
- ALVEOLE , s, m. du latin alveo-lus, diminutif d'alu eus, niche : loge,
- [Anat. ) Cavité des os des mâchoires où les dents sont enchâssées par cette espèce d’articulation qu’on appelle gomphose.
- ( Hist. nat. ) Alvéole se dit de chaque petite cellule où chaque abeille s.e loge dans un rayon de miel.
- ALVÉOLÉ, adj. du latin alveus, loge.
- ( Bofan. ) Réceptacle alvéolé ; c’est celui dont la surface est creusée à plusieurs trous anguleux , à bords élevés , amincis et mitoyei s. Le réceptacle commun de la fleur composée de 1 ’oaoporde , est alvéolé.
- AMALGAMATION, s. f. du grec <iy.cc ( hama ) . ensemble , et de yxpuv {gamein) , marier, joindre , et du latin ago , faire : Faction de joindre ensemble,
- ( Métallurg. ) Procédé de métal -lurgie , qui consiste à retirer For ou l’argent des mines, eu employant le mercure. L’atelier d’ amalgama ~ tion le plus curieux est celui d’Ædel-fors , ou bien celui dellolstein , près-de Freybevg.
- A Al A L G A M E , du grec «A*
- (hama), ensemble, et de yupuv (gamein) , joindre.
- ( Chimie , Métallurgie ) Union d’un métal avec le mercure on le vif-argent Le mercure s’amalgame avec tous les métaux , même avec le fer et le platine , ce qui avoit etc regardé jusqu’à présent comme impossible. Voy. ALLIAGE.
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- ( Physique ) Amalgame élec-irique. C’est un mélange de mercure et d’étain , qui a , a-peu-près , la consistance du beurre. On s en seit
- pour enduire les coussins avec lesquels on fait frotter le globe ou le plateau, pour leur communiquer sa vertu électrique; ce qui en augmente beaucoupj’énergie.
- AMANDE, s. f. du grec S'ah» ( amugdaié) , dont on a fait amandula , et amande.
- ( Botan. ) Semence enfermée dans un noyau. Il se dit en particulier du fruit de l’amandier.
- ( ( Technol. ) Les lapidaires et les
- miroitiers donnent le nom d'amandes à des morceaux de cristal taillés «n fume d'amande. .
- AMARINER , v. a. de l’italien marinare.
- ( Marine ) C’est, en terme de marine , prendre possession d’un vaisseau ennemi , y faire passer du monde , pouy le conduire et le manœuvrer.
- S’amariner, être amariné ; c’est s’accoutumer à la mer , être au fait du métier de la mer.
- AMARQUE , s. f. ou marque , ou balise , ou bouée , du latin marca.
- ( Marine ) Objet visible , soit à flot sur l’eau , par le moyen d’une ancre, ou d’une corde qui le tient fixé aufond,soitun mât planté, etc., pour servir aux navigateurs à recon-noître un passage , un chenal , une embouchure de rivière , et éviter les bancs de sable et rochers sur lesquels on risquevoit d’échouer.
- AMARRE, s. f. du bas - breton amarr , qui signifie lier : tout cordage servant à lier ou attacher quelque chose.
- ( Marine ) Il se dit des cables , des grelins , des liaussières et autres plus petits cordages qui servent à assujettir un vaisseau à un corps mort, a une balise , on à un autre vaisseau voisin.
- AMATEUR , s. m. de l’italien amatore , ou amadore ; celui qui a beaucoup d’attachement pour quelque chose.
- ( Musique ) II se dit de celui qui, sans etre musicien de profession , lait sa partie dans ua concert pour
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- son plaisir et par amour pour la musique.
- Amateur se dit encore de ceux qui, sans savoir la musique , ou du rnoins sans s’y exercer , en ont le goût et s’y commissent.
- ( Peinture ) Amateur se dit de Ceux que les académies de peinture s’attachent , non en qualité d’artistes , mais comme cultivant les arts par goût et amusement.
- ( Beaux-Arts) 11 se dit de ceux qui sont animés du sentiment des beaux arts , et qu’un heureux penchant porte à s’en occuper, ou de ceux qui en ont la prétention.
- AM.ATJR, v. a. de l’allemand mat, qui signifie sans force , sans éclat.
- ( Orfèvrerie ) Amatir, en termes d’orfèvrerie, c’est ôter le poli de l’argent.
- ( Monnaie ) Amatir est l’action de blanchir les flans , de manière que le métal soit mat et sans poli.
- AMAUROSE, s. f. du grec fàffu ( Amaurosis ), obscurité , ol* fuscation.
- ( Méd. ) Maladie de l’œil , qui , sans causer aucun défaut manifeste dans cette partie, prive entièrement le malade de la vue. On l’appelle, communément goûte sereine.
- AMBASSADEUR , s.m, de l’ancien gaulois ambactus , ou de l’allemand ambacht , qui signifioient. serviteur , ministre , agent, et dont on a fait ambasciator, ambaxator et ambassadeur.
- ( Diplomatie ) Ce mot signifioit autrefois celui qui étoit chargé de faire quelque chose pour un autre , même danslescaslespîus ordinaires. Peu-à-peu l’usage l’a élevé à une signification plus noble, et lesvilles, les corporations avoient des ambassadeurs pour défendre leurs intérêts respectils. Aujourd’hui , ce mot est exclusivement consacré à désigner celui qni est envoj'é en ambassade par un prince , ou par un état souverain , avec caractère de représen*-tation.
- Il n’y a pas encore deux cent cinquante ans que les ambassadeurs ordinaires sont institués. Avant cette époque, il n’y avoit point d!ambassadeurs qui résidassent habituelle-
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- •ment dans les cours ; ils les qnit-toient lorsqu’ils avoient rempli la mission dont iis étoient chargés.
- AMB-E , s. rn. du latin ambo , dérivé du grec «/Aw ( ambo ) , deux..
- ( Loterie ) Combinaison de deux numéros pris ensemble à la loterie , ou sortis ensemble de la roue de fortune.
- AMBI , subs. m. du grec à«C« ( ambê ) , sommet : éminence en manière de sourcil.
- ( Chirurgie ) Instrument de chirurgie propre à réduire la luxation du bras , dans laquelle la tête de l’humérus est tombée sous l’aisselle. 11 est ainsi appelé parce que son levier est taillé en rond , comme un sourcil , pour l’adapter à la cavité de l’aisselle. Cette machine inventée par Hipocrate , n’est presque plus d’aucun usage. Voy. LUXATION.
- AMBIANT, TE, ad}. du latin ambi , autour , et d’eo , aller : qui va autour , qui environne.
- ( Physique ) Ambiant se dit de ce qui entoure , enveloppe quelque chose.
- Air ambiant ; c/est l’air environnant , le fluide qui forme l’atmosphère , et qui enveloppe la terre de toutes parts.
- AMBIDEXTRE, adj. et s. du lat. ambidexter, dérivé du grec à/Aw ( ambo ), deux, et du lat. dextra, la main droite : celui qui a deux mains droites, qui se sert également des deux mains.
- AMBI&ÈNE , du latin ambi ou ambo , autour , et du grec yuma {gennao), engendrer : qui s’engendre autour.
- ( Géorn. ) C’estle nom qu’on donne à une espèce d’hyperbole qui a une de ses branches infinies, inscrite , et l'autre circonscrite à son asymptote, c’est-à-dire, dont l’une tombe en dedans , et l’autre en dehors de son asymptote. Newton paroît être le premier qui se soit servi de ce terme pour désigner certaines courbes hyperboliques du troisième ordre.
- AMBLE, s. m. du latin ambulare, promener.
- ( Mquitat. ) Certaine allure d’un cheval, entre le pas et le trot : un eheval va l’amble. lorsque les deux
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- jambes du même côté se medvent ensemble , et que les deux autres se meuvent ensuite , et alternativement.
- AMBLYGONE, adj. du grec «u-(ambius), obtus , et de yattct ( gonia ), angle : angle obtus , ob-tusangle..
- ( Géom. ) On appelle triangle amblygoite , ou plus ordinairement triangle o b tusangle, un triangle qui a un angle obtus.
- AMBLYOPIE , s. f. du grec £u~ frvç(amblus), émoussé , obtus, et de (ojjs), genit..««b* (opos)., œil : œil émoussé.
- ( Méd. ) C’est un obscurcissement et un affaiblissement de la vue, sans aucun vice dans l’œil , auquel les vieillards sont très-sujets.
- AMBON , s. m. du grec ôLu^m ('amhôn), bouteille : tout ce qui a un ventre comme une bouteille.
- ( Anat. ) On donne ce nom an bord cartilagineux qui environne les cavités des os , ou qui en reçoivent d’autres ; tels sont ceux de la cavité cotyloïde des os -des hanches.
- AMBOUTIR , du grec â,Aw (am bon ), ventre, proéminence.
- ( Technol. ) Rendre une pièce de métal convexe d’un côté et concave de l’autre.
- AMBRE, s. m. de l’arabe arnbar-, dont les Espagnols ont fait ambarr et les Italiens ambra.
- ( Hist. nat. ) Ambre gris ; c’est une substance d’une nature de cire ou d’huile concrète , tenace, molle , flexible, très - aromatique, légère, d’une couleur cendrée.
- L’ambre gris est rarement pur y on y trouve des fragmens de becs de sèches, des arêtes de poissons, etc. Il est quelquefois réuni en masses très-considérables ; on en a vu des morceaux de cinquante, cent et deux cents livres.
- On trouve communément Vam~ bre gris dans la mer, ou sur les-rivages qu’elle baigne ; tous les animaux en sont extrêmement friands , et accourent à son odeur pour le dévorer.
- Il n’est aucune substance sur l’origine de laquelle on ait autant proposé d’opinions q.ue sur celle de Y ambre gris ; mais le sentiment qui paroît prévaloiraujourd’hui,est celui
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- qui l’attribue aux cétacées , et pat*— ticuiièrement aux cachalots qui fournissent le blanc de baleine.
- Uni aux autres partants , Vambre gris développe son odeur suave, et s’emploie connue un agréable cosmétique ; il jouit aussi de propriétés médicinales assez marquées: c’est un bon stomachique , un puissant antispasmodique et calmant. Les Orientaux en font un grand usage, comme aphrodisiaque.
- Ambre jaune. V. SUCCIN.
- AME, s. f. dulat. anima, formé d’animus , dérivé du grec artpss ( anemos ), souffle : ce qui est le principe de la vie dans tous les êtres vivans.
- ( Métaphysique ) Ame raisonnable ; ce qui est le principe de la pensée etdesmouvemens volontaires dans l’homme.
- ( Zoologie ) Ame sensiti ve ; celle qui fait croître , nourrir et sentir les animaux.
- ( Botan. ) Ame végétative ; le principe de la nutrition et de l’ac-qt'oissement, et de toutes les productions des plantes.
- ( Physiol. ) Nature et séjour de Vame; il y a de grands débats parmi les physiologistes , sur la nature de l’ame , et sur le lieu qu’elle occupe ; la première de ces questions n’en est pas une ; le principe qui nous donne le mouvement et le sentiment, ne peut être qu’une substance active , spirituelle et distinguée de la matière.
- Descartes a prétendu que le siège de Vame étoit dans la glande pi-îiéale ; M. de là Peyronie a cru prouver qu’elle résidoit dans le corps calleux ; quelques - mis la placent dans le cervelet; d’autres la croient répandue dans tontes les parties du corps ; cette dernière idée convient mieux à un esprit qu’on ne peut supposer borné dans un espace , sans cesser de le croire esprit.
- ( Chimie ) Ame des métaux , des minéraux, des végétaux ; les anciens chimistes appeïoient ainsi ce qu’il y a daus ces substances de plus essentiel ; leurs esprits , leurs sels, etc.
- ( Peinture et sculpt. ) On dit au figuré : Ce peintre, ce sculpteur a donné bien de I’üie à sesjîgu-
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- YeS, pour exprimer que ses figures ont du mouvement, de l’action , et surtout une grande expression sentimentale.
- ( Art dramat. ) Mettre de Vame dans son chant, dans sa déclamation; c’est exprimer avec chaleur et vivacité les choses que l’on représente.
- ( Musique instrumentale ) Ame se dit d’un petit morceau de bois droit qu’on met dans le corps d’un instrument, sous le chevalet, pour soutenir la table.
- ( Technol. ) Les cordiers appellent ame-d’un cordage, certains fils que l’on met au milieu des différens tours dont le cordage est composé. — Dans les figures de stuc, Vame est la première forme qu’on leur donne en les ébauchant. Les fondeurs appellent ame les figures de plâtre ou de terre qui servent à couler celles qu’on jette en bronze ou autre métal. — Dans l’artillerie , on dit Vame du canon, pour désigner sa partie intérieure et concave.
- AMÉNAGEMENT, s. m. du latirf barb. mainagium , qui a signifié mansio , demeure : l’action de conr duire , de porter à son habitation.
- ( Exploitation et commerce des bois ) A ménagement d’uneforêt ; c’est l’action d’en débiter les bois, en bois de chauffage , de charpente , ou autrement, pour Dusage.
- ' AMENDE , s. f. du lat. emen~ da , pour emendatio , qui a produit amende et amender.
- [Pratique) Peine pécuniaire pour l’infraction de quelque loi.
- AMENDEMENT, s. m. du latint emendare, changer en mieux, corriger.
- (Législat.)Modification apportée à un projet de loi , d’arrêté, de résolution, pour le rendre plus précis, plus clair, plus significatif.
- ( Méd. ) Amendement se dit d’un changement par lequel le corps devient dans un meilleur état. Oit dit d’un malade qu’il n’y a aucun amendement dans son état , quoiqu’on lui ait fait bien des remèdes.
- ( Agricult. ) Amendement se dit de toutes les choses qui, répandues sur la terre, l’engraissent et servent à la féconder; tels sont le fumier, le terreau, lu marne t
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- les cendres , les terres nouvelles ; et toutes les parties des animaux destinées à nous nourrir , qui , ne pouvant être employées à d’autres usages , sont jetées dehors, et contiennent des parties volatiles propres à la végétation , lorsqu’elles ont été décomposées par la putréfaction.
- AMENER , v. a. de l’italien am-mainare.
- ( Marine ) Amener signifie , en parlant de manœuvre , abaisser , faire descendre les vergues et les mâts.
- Amener son pavillon , ou simplement amener - c’est, lorsqu’il est question de se rendre à un ennemi supérieur, annoncer que l’on se rend. Ce seroit enfreindre le droit des gens que de faire après cela aucun acté d’hostilité.
- ( Lttérat. ) Amener un épisode, un incident; c’est le ménager, le préparer avec art. Dans cette tra~ édie, il y a une reconnaissance ien amenée.
- ( Pratique ) Mandat d’amener ; c’est un ordre d’amener quelqu’un devant le iuge. V. MANDAT,
- AMENTACÉE, adj. dulat.nmew-tum , lien courroie.
- ( Botan. ) Plante amentacée ; celle dont les fleurs, ordinairement «ni-sexées , sont disposées en chaton.
- AMÉTHYSTE , s. f. du grec â/,£-furoç (amethustos ) , formé de l’<* privât, et de /ui va, (methuo), être ivre, littéralement, sans ébriété: remède contre l’ébriété.
- ( Minér. } Pierre transparente , de couleur violette , que , dans le commerce , on met au rang des pierres précieuses. Quelques anciens naturalistes la regardent aussi comme une pierre précieuse : mais il est bien reconnu aujourd’hui,qu’elle n’est au-tre chose qu’un cristal de quartz ou cristal de roche, coloré en violet , plus ou moins foncé,
- ( Glyptique ) Les anciens fai-soient des coupes d’améthystes , parcequ’ils croyoient que cette pierre bannissoitou prévenoit l’ivresse. Ils aimoient à y graver Bacchus et ses suivans. Il existe une améthyste sur laquelle on voit une tête inconnue , qu’on dit être celle de Mécène, et
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- qui porte le nom du célèbre graveur Dioscorides.
- ( Culte cathol. ) Les évêques de. l’église chrétienne portent une améthyste en anneau , comme signe caractéristique de leur dignité , ce qui a fait donner à cette gemme le nom de pierre d’évêque.
- ( llelig. juive ) Uaméthyste étoit une des douze pierres qui compo-soient le pectoral du grand prêtre des Juifs. Elle occupoit la neuvième place , et l’on avoit gravé dessus, le nom d’Issachar.
- AMEUBLISSEMENT , s. m. du latin mobilitare , rendre mobile , rendre meuble.
- ( Pratique ) L’ameublissement est l’action d’ameublir , ou ce qui est ameubli.
- Clause d’ameublissement ; c’est une clause du contrat de mariage , par laquelle les époux ou l’un d’eux, font entrer en communauté tout ou partie de leurs immeubles présens ou futurs. L’effet de l’ameublisse^ ment est de rendre l’immeuble ou les immeubles qui eh sont frappés , biens de la communauté , comme les meubles même.
- ( Agricult. ) Ameublir , se dit en termes d’agriculture , de l’action de rendre les terres plus légères , plus meubles , plus mobiles , en les labourant, fumant, en brisant les mottes, en ôtant'les pierres , etc.
- AMEUTER, v. a. de meute % dérivé du latin mota , participe de moveo , mouvoir.
- ( Vénerie j Ameuter des chiens, c’est les animer , les mettre en état de bien chasser ensemble.
- AMIANTE , s. f. du grec m ( amiantes ) incorruptible , inaltérable , formé de l’A privât, et de juuzutw ( miaino ), gâter , corrompre.
- ( Minéral. ) Substance de nature pierreuse , mais disposée en filets très-fins, souples et soyeux , ordinairement d’une couleur blanche et nacrée.
- C omme cette substance résiste au feu , on en fabriquoit autrefois le fameux lin incombustible, dont on enveloppoit les corps des personnages d'importance , quand on les plaçoit ur le bûcher, afin d’avoir
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- AMI
- leurs restes exempts de tout mélange étranger.
- Pour travailler Vamiante et en former un tissu , on le mêle avec un peu de lin ordinaire ; et quand l’ouvrage est fait , on le jette au feu qui consume le lin végétal, et laisse parfaitement intact le tissu d’a-miante.
- AMIDON ou AMYDON, s. m. du grec )v\ (amudon), formé de l’A privât, et de /av\» ( mule ), meule : farine faite sans meule.
- ( Chimie ) Espèce de fécule qu’on retire particulièrement du blé , et qui en séchant, devient une pâte blanche et friable.
- Suivant Pline, les habitans de î’île de Ohio furent les premiers qui tirèrent Vamidon du blé; pour l’obtenir, ils ne faisoient point moudre le grain , c’est de - là que lui vient son nom sans meule : ils le faisoient crever , et ils l’écrasoient.
- L’eau est le principal instrument de V amidonnier.
- Uamidon est la partie la plus considérable et la plus nutritive de la farine. Il n’existe pas seulement dans le blé , mais dans presque tous les végétaux dont il est un principe, et d ms lesquels il se trouve Vaut formé. '
- Quelle que soit la plante dont l’amidon s’extrait, il offre toujours les mêmes caractères ; c’est une matière homogène dans la nature comme le sucre ; c’est à sa présence qu’on doit principalement attribuer la qualité nutritive des végétaux.
- AMIRAL , s. m. Les savans ne sont pas d’accord sur l’étymologie de ce mot ; mais l’opinion la plus commune est qu’il vient du grec «««pas (ameras), fait de l’arabe cemir ou amir , qui signifie seigneur.
- Ouelleque soit l’origine de ce mot, il est certain qu’il nous vient d’Orient, et dans les commeneemens , c’est-à-dire, vers la fin du ii.e siècle, il a été donné àceuxqui commandaient dans les provinces aussi bien que sur la mer.
- Grand-amiral ; c’étoit anciennement en France un officier de la couronne , et c’est aujourd’hui un des grands officiers de l'Empire.
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- Amiral ; c’est le grade le plus élevé de la marine.
- Vice-amiral, le second officier d’une armée navale , le grade qui suit celui d'amiral.
- Contre amiral, le troisième officier d’une armée , le grade qui suit celui de vice-amiral.
- Vaisseau amiral ; c’est le vaisseau que monte un amiral.
- Dans les ports , on donne ce nom. à nn vieux vaisseau, le plus souvent hors d’état d’aller à la mer, qu’on tient à l’entrée du port, qui porte le pavillon amiral, qui fait raisonner tous les bâtimens qui entrent dans le port , qui tire les coups de canon de diane et de retraite , qui veille à la sûreté du port , et qui rend le salut aux vaisseaux étrangers.
- AMMONIAQUE, s. f. du latin ammoniacum , formé à’ammon , surnom donné à Jupiter en Lybie.
- ( Chimie ) Sel ammoniac ou muriale dJammoniaque ; c’est le sel neutre formé par la combinaison de l’acide mqrin avec l’alcali volatil , jusqu’au point de saturation.
- Le sel ammoniac natif, celui dont Pline et Dioscorides donnent la description , étoit apporté de ces vastes auberges ou lieux de repos , fréquentés par ceux qui alloient on revenoient du temple de Jupiter Ammon ; il étoit le produit de la sublimation naturelle de l’urine des nombreux chameaux qui accompa-gnoient ces sortes de pèlerinages.
- On trouve encore du sel ammoniac natif dans quelques déserts des pays chauds , tels que ceux de laLybie et de l’Asie méridionale ; il s’en sublime aussi dans la fissure de la lave des volcans presque éteints, et pendant les tems de repos de ceux qui sont encore en activités Le Vésuve et la solfatare de Ponzzole en produisent une assez grande quantité.
- Le sel ammoniac du commerce, est un produit de l’art, et la plus grande partie nous vient d’Égypte ; dans cette contrée où l’on brûle des excrémens d’animaux faute de bois , la suie des cheminées est chargée des principes du sel ammoniac. O a met cette suie dans de grands vaisseaux de verre à col étroit, que l’on chauffe fortement, et le sel ammoniac se sublime dans la partie supé-
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- ïieure du ballon, sous la forme d’un gâteau de deux doigts d’épaisseur.
- On a établi en France de grandes manufactures de sel ammoniac. On fait brûler dans des fourneaux à longs tuyaux des matières animales, recueillies dans les grandes villes par des armées de chiffonniers. Ces matières fournissent' de l’alcali volatil auquel on mêle du sel marin et des substances vilrioliques qui dégagent son acide ; celui-ci, en se combinant aussitôt avec l’alcali volatil, forme le sel ammoniac, qui se dépose sur les arois des tuyaux. Une simple su-limation suffit ensuite pour l’avoir dans toute sa pureté.
- AMNÉSIE, s. f. de IM privât, grec, et de pi ai [tu (mnaomai), se ressouvenir: défaut de mémoire.
- ( Méd. ) Affoiblissement extraordinaire de la mémoire.
- AMNIOS, s. m. du grec cL^vat ( amnion ), dérivé d’«««. aval (ama einai), être ensemble.
- ( Anat. ) Nom que les Grecs ont donné à la membrane interne qui enveloppe immédiatement le fœtus : elle est ainsi appelée, parce que le fœtus s’y trouve tout ramassé.
- Les anciens tiroient un présage heureux des positions de cette membrane, quand elle enveloppoit la tête de l’enfant venant au monde. Delà le préjugé qui existe encore parmi le peuple, et qui fait dire d’un homme heureux qu’il est né coiffé.
- AMNISTIE, s. f. du grec A-mr; «
- (amnestia) , formé de l’A privât, et de ki«;mi (mnaomai), se ressouvenir: oubli des injures passées.
- (Econorn. polit.) Pardon que l’on accorde à des rebelles ou à des déserteurs.
- AMODIATION, s. f. du latin barb. admodiare , fait de modius , boisseau : l’action delouer une terre, pour une certaine quantité de boisseaux.
- ( Pratique ) Bail à ferme d’une terre, en grain ou en argent.
- AMONT, contraction du latin ad montem , vers la montagne.
- ( Géographie) Terme dont on se sert pour signifier le côté d’où coule un fleuve , une rivière. Ainsi le pavs d’amont est le pays situé vers la montagne; il est opposé à AVAL. K. ce mot.
- A M O
- AMORCE, s. f. du latin admor-sare, fait de morsus , morsellus , morceau.
- ( Chasse et Pêche ) Amorce se dit d’un appât dont on se sert à la chasse ou à la pêche, pour prendre du gibier, des bêtes carnassières ou du poisson.
- ( Art militaire ) Amorce se dit de la poudre à canon fort fine qu’on met dans la lumière des pièces pour les tirer.
- Amorce est encore une mèche soufrée qu’on attache aux grenades, ou à des saucisses avec lesquelles le feu prend aux mines.
- AMORTISSEMENT, s. m. de main-morte, formé de main , qui signifie possession , et de morte, qui veut dire inutile et sans fruit, parce que les possessions que les gens de main-morte acquèroient, étoientinu-tiles et sans fruits pour les seigneurs dont elles relevoieut.
- ( IIist. de France ) Les lettres d’amortissement furent imaginées du tems de S. Louis ,pour empêcher les ecclésiastiques d’acquérir des fonds sans payer des droits au domaine, ou des indemnités aux seigneurs.
- ( Hist. rom. ) La loi Papiria, qui vraisemblablement a donné l’idée des lettres d’amortissement, obli — geoit ceux qui avoient intention de consacrer des fonds à des usages religieux , d’en obtenir la permission du peuple.
- (Pratique) Amortissement signifie proprement la faculté que les rois de France accordoient aux gens de main-morte d’acquérir un héritage ou une rente foncière , moyennant une certaine finance, qu’on nommoit droit ü?amortissement. Mais ce mot se prend en général pour l’extinction, l’anéantissement d’une rente ou d’un droit.
- ( Finances) Fonds dJamortissement ; c’estun capital placé dans les fonds publics, et dont les intérêts accumulés sont destinés à amortir ou à racheter des rentes et pensions.
- (Architeçt.) Amortissement se dit .de ce qui finit le comble d’un édifice, et, par extension, de tous les ornemens qui terminent les ouvrages d’architecture. Une boule, ua vase, un candeiabre, etc., sont des amortissement,.
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- AMOUR, s. m. du latin amor: sentiment par lequel le cœur se porte vers ce qui paroit aimable , et en fait l’objet de ses désirs.
- ( Peinture ) Peindre , dessiner avec amour; c’est lorsqu’échauffé par un sentiment mêlé de désir et de satisfaction ^ l’artiste travaille avec un intérêt, une facilité et une grâce qui semblent lui être inspirés , et qui restent attachés à son ouvrage. Un tableau fait avec amour se re-connoît à l’aisance dit crayon ou du pinceau,' au caractère libre de la touche et à l’amabilité du coloris.
- On voit que l’artiste, entraîné par Yamour de son art, et inspiré par les beautés de la nature , n’a été arrêté par aucune difficulté du mécanisme, par aucune incertitude d’intention.
- (.Fauconnerie) Voler d’amour, se dit des oiseaux qu’on laisse voler en liberté, afin qu’ils soutiennent les chiens.
- ( Manufact. ) On dit d’un drap qu’il est amoureux , lorsqu’il a beaucoup de maniement.
- (Agric. et Jardin. ) La terre entre en amour, ou est en amour: cette expression est d’usage lorsque les pluies printannières ayant commencé à tomber, et le soleil devenant fort, il s’établit dans la terre Une espèce de fermentation qui fait monter la sève dans les végétaux.
- Lorsqu’une terre est trop maigre, et peu susceptible de fermentation, à cause de l’homogénéité de ses parties , les agriculteurs disent qu’elle n’a point d’amour; et, par la même raison, iis appellent terres amoureuses , celles qui étant bien ameublies par des labours et par des engrais , sont plus susceptibles de fermentation que les autres.
- ( Bot an. ) Les amours des plantes ; tel est le titre de divers ouvrages , qui ont pour objet de décrire ou de célébrer le phénomène curieux de la génération des plantes.
- AMOVIBLE, adj. du latin amo-veo j formé de a , de, par, et de mo-veo, ^mouvoir , écarter, déposséder.
- ( Econ. polit. ) Qui peut être ôté « une place, d’un poste, qui peut être destitué. On dit aussi une place Amovible.
- AMPÉL1TE, s. m., du grec
- AMP %
- kv'.(ampelus), vigne : terre â vigne.
- ( Agricult. ) Sorte d’argile mêlée de terre siliceuse de pétrole et de pyrite. Elle est appelée terre a vigne , parce qu’elle est employée dans divers cantons comme un excellent engrais pour les vignes j ou parce qu’on croyoit jadis qu’elle avojt la
- fnopriété de tuer les vers qui rongent es vignes. On l’appelle aussi crayon des charpentiers; parce qu’elle est tendre, Iriable et noire.
- ^ AMPHYARTROSE, s. f. du grès àftyï ( amphi ), des deux côtés , et d’aq^pcir ( arthron ) , article , jointure : articulation mixte.
- ( Anat. ) On a donné ce nom 1 une espèce d’articulation qui tient de la diarthtrose par sa mobilité, et de la synarthrose par sa connexion ; en sorte que , sans avoir un mouvement manifeste, elle n’en est pas absolument privée. Telle est l’articulation de la première côte avec le sternum ; celle dn corps des vertèbres entre elles.
- AMPHIBIE, adjec. du grec {amphi), des deux côtés, et da ( bios ) , vie : qui vit de deux manières.
- ( Hist. nat. ) On donne cette épithète aux animaux qui vivent indifféremment sur la terre et dans l’eau.
- ( Botan.) Plante amphibie ; c’est celle qui'peut vivre également dans l’eau ou hors de l’eau.
- AMPHIBIOLITE, s. f. du grec nutfilha; {amphibios) , amphibie, et de x&ss ( lithos ), pierre.
- ( Hist. nat. ) On appelle ainsi dex fragmens pétrifiés d’animaux amphibies.
- AMPHIBLESTROIDE, s. f. du grec â«<f(£x€rpG» ( amphiblestron ) , filet de pêcheur ; et d’oJ'eç {eidos), forme , ressemblance: qui ressemble à un filet, dont les Latins ont fait rétiformis, et les Français, rétine.
- ( Anat.) Nom donné à une tunique de l’œil, blanche et glaireuse, parce que , si on la jette dans l’eau , elle ressemble à un filet.
- AMPHIBOLOGIE , s. f. du grec ««(pi ( amphi J , des deux côtés,
- de Ha.h\u ( ballo ) , jeter , et de r.oyct ( logos ) , discours : discours ou parole à double sens.
- ( Elocut. ) Discours ambigu, qui
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- «o AMP
- peut recevoir deux sens différens , et même contraires. Lorsqu’une plirase est énoncée de façon qu’elle est susceptible de deux interprétations différentes, on dit qu’il y a amphibologie , c’est-à-dire, que le •sensest équivoque , ambigu. L’am.-phibologie vient de la tournure de la phrase , c’est-à-dire , de l’arran-
- f,ement des mots, et non de ce que es termes sont équivoques.
- AMPBIBRANCHIE, on AMPHI-BRANCIE , s. f. du grec ( amphi ), autour, et de /Spoyp^oç { brogchos ) , la gorge.
- ( Anat. ) Espaces autour des glandes , des gencives , qui humectent la trachée-artère et l’estomac.
- AMPHIBRQQUE , $. m. du grec ts/./<pï ( amphi ) , des deux côtés , et de (brachus), bref: bref
- à ses deux extrémités.
- ( Poësie gr. et lat. ) Pied de vers grec et latin , composé d’une longue entre deux brèves.
- AMPHICTYONS, s. m. du grec ( Amphiktuon ) , nom
- d’homme.
- ( Hist. anc. ) Amphictyon étoit le nom du fils de Deucalion , roi d’Athènes, qui institua les assemblées des états de la Grèce qui portèrent son nom.
- Les nouveaux Amphictyons qu.’Acrisius institua sur le modèle des premiers , dans la vue de lier les Grecs par les nœuds de l’amitié , et de les porter à s’unir , dans toutes les circonstances , contre leurs ennemis communs , s’assembloient deux fois l’année dans le temple de Delphes. Les premiers s’assemblèrent aux Thermopyles,
- AMPHIDÉON , s. m. du grec ««(çiJ'fcv ( Amphidéon ).
- ( Anat. ) Nom donné à l’orifice de l’utérus , appelé en latin os tineœ.
- AMPHIMACRE, s. m. du grec â.[xy) ( amphi ) , des deux côtés , et de vu,..poç ( mahros ) , long : long aux deux extrémités.
- ( Poësie gr. et lat. ) C’est le nom d’un pied de tiois syllabes dont la première et la dernière sont longues , et celle du milieu brève , au contraire del’AMPHlBROQUE. Voyez, ce mot.
- AMPKIPROSTYLE, s. m. du grec ëhVi ( amphi ), des deux côtés,
- AMP
- devant et derrière , de «fo (pro), devant, et de roAcç ( stulos ), colonne : double prostyle.
- ( Archit. ) Les anciens appeloient ainsi un temple qui avoit quatre colonnes à la tace de devant , et quatre à la face de derrière.
- AMPHIPTERE , s. m. du grec ( amphi ) , des deux côtés, et de 7rlepoï (ptéron ) , aile.
- ( Blason) On appelle ainsi un dragon à deux ailes , souvent représenté dans les armoiries.
- AMPH1SC1ENS , s. m. du grec t ( amphi ), autour , des deux côtés , et de «»<.«. ( skia. ) , ombre.
- ( Astron. géog.) Nom qu’on donné aux peuples qui demeurent entre les deux tropiques , et qui , par cette raison , jettent une ombre méridienne , en un tems de l’année , vers le midi , et en l’autre, vers le septentrion. Sous ce nom sont compris les liabitans de notre globe qui demeurent dans la zone torride , et qui n’ont pas 2.3 degrés 3o minutes de latitude.
- AMPHISMILE , s. n. du grec «kuijÎ ( amphi ) , des deux côtés , et de er/xihx ( smilê), lancette.
- ( Chirurgie ) Sqrte de scalpel ou bistouri tranchant des deux côtés.
- AMPHITHÉÂTRE , s. m. dugrec ( amphi ) , autour , et de Slarçov (théaitron), dérivé de fj-at (theaomai), voir , considérer.
- ( Archit. ) C’étoit anciennement un grand édifice circulaire , ayant plusieurs rangs de gradins élevés , les uns au - dessus des autres , qui servoient de sièges au peuple , et environuoient un espace où se don-noient les spectacles. Les premiers furent construits en bois ; Auguste fut le premier qui en fit faire un de pierres, dans le Champ de Mars , l’an 725 de la fondation de Rome.
- C’est aujourd’hui , dans une salle de spectacle , un lieu élevé par degrés , vis-à-vis du théâtre , d’où les spectateurs voient le spectacle plus commodément.
- ( Anatomie ) On donne ce nom à un lieu garni de gradins , où un professeur d’anatomie fait ses démonstrations.
- ( Jardinage) Amphithéâtre est une décoration de gazon ,forme'e d&
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- AMP
- «radins , de talus, de palliers ou repos , d’où l’on peut voir de toutes parts.
- AMPHËRE, s. f. du grec ( amphi ) , des deux côtés, et de <;sçm (phérô ), porter : qui peut se porter des deux côtés ; à anse double*
- (Antiquités) On appel oit ainsi citez les anciens , une espèce de vase ou mesure de capacité , parce qu’elle avoit de chaque côté une anse, pour être portée plus facilement.
- AMPLEXICAULE, adj. du latin amplector , amplexus , embrasser, et de caulis , tige.
- ( Botan.) Feuille amplexicaule-, c’est celle dont la base embrasse la tige.
- AMPLIATION", s. f. du latin am-plio , contraction d’amplifico, pour amplumfacio, agrandir.
- ( Chancellerie rom. ) Bref d’ampliation ; c’est un bref d’augmentation.
- ( Finances ) Ampliation se dit du double qu’on retient d’une quittance , ou d’un autre acte , pour produire quand on en a besoin.
- Ampliations de contrats ; ce sont des copies des contrats , dont on dépose les grosses chez un notaire, pour en délivrer des expéditions ou ampliations aux parties, etc.
- AMPLIFICATION, s. f. même origine qu’AMPLIATION.
- ( Rhétorique ) Discours par lequel on étend le sujet qu’on traite. L’amplification est un des principaux ressorts de l’éloquence; c’est une forme que l’orateur donne à son discours, et qui consisté à faire paroître les choses plus grandes, ou moindres qu’elles ne sont en effet.
- ( Optique ) Amplification se dit de la propriété qu’ont les lunettes et les télescopes d’amplifier les images des objets, on , ce qui est la même chose , de faire voir les images plus grandes qu’on ne pourvoit voir les objets à la vue simple. Cet effet consiste à faire voir l’image de la même grandeur que l’on verrait l’objet sans instrument , s’il étoit un certain nombre de fois plus près qu’il n’est de l’observateur.
- JJ amplification linéaire , kdans
- AMP 61
- une lunette astronomique simple , à deux verres, est égale au nombre de fois que le foyer de l’objectif contient le foyer de l’oculaire.
- Amplification se dit encore de l’augmentation que les corps lumineux paroissent avoh', quand ils sont comparés à des corps obscurs. Ainsi, la lune , deux ou trois jours avant ou après sa conjonction , se voit à la vérité toute entière ; mais la partie qui est éclairée par le soleil , paroît excéder et déborder le reste, de la circonférence , qui 'n’est éclairée que par la réflexion de la lumière de la terre.
- Les astronomes soupçonnent que le soleil, même dans les meilleures lunettes , est sujet à une espèce A’amplification de quelques secondes , ou qu’il est environné d’une couronne d’aberration , qui augmente son véritable disque.
- AMPLITUDE , s. f. du iatin ampli tiulo , à’amplus , grand : grandeur , étendue.
- ( Qéomét. ) Amplitude d’un ara de parabole ; c’est la ligne horizontale , comprise entre le point d’où, l’on suppose qu’un arc ou une portion de parabole commence, et le. point où cette portion se [termine. Ce terme est pi'incipalement en usage dans le jet des bombes ; et
- Y amplitude de la parabole s’appelle
- Y amplitude du jet.
- ' ( Astronomie ) Amplitude se dit de l’arc de l’horizon , compté depuis le vrai point d’orient ou d’occident , jusqu’à celui où un astre paroît se lever ou se coucher. Les navigateurs s’en servent pour trouver la déclinaison de l’aiguille aimantée , on la variation du compas* V. AZIMUTII.
- AMPOULE , s. f. du latin am-pulla , bouteille qui a un cou long et étroit.
- Méd. ) Petite pustule de la peau. Physique ) Certaines petites bouteilles, ou enflures pleines d’air, qui se font sur l’eau quand il pleut, de même que dans toutes les auties liqueurs , quand elles sont agitées,
- ( Chimie ) Ampoule se dit d’un vaisseau d’une capacité indéterminée , mais qui doit avoir le ventre comme une bouteille, une burette ; c’est pourquoi on donne ce nom
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- aux vaisseaux qui ont un gros ventre , comme les cucurbites, les réci-piens , les ballons , etc.
- AMPOULETTE, s. f. dimmutif 4’ ampoule.
- { Marine ) Horloge de sable à demi-heure, qui sert dans les vaisseaux à mesurer le tems et à régler les quarts. On la tient à côté des boussoles . et h; timonier doit être très-exact à veiller le moment où elle est écoulée , pour la retourner.
- AMPUTATION , s. f. du latin ampuio , formé à’ambo , autour, et de pitto , tailler, couper autour : l’action d’amputer.
- ( Chirurgie ) Opération de chirurgie , qui consiste à couper ou à retrancher un membre avec le fer, comme un doigt, un bras, une jambe.
- ( Jardin. ) Ce mot s’emploie dans le même sens, dans le jardinage.
- AMULETTE, s. f. du latin amu-letum , ou plutôt amoletum, dérivé d'amolior, écarter , éloigner.
- ( Méd. préserv. ) Image ou figure qu’on porte pendue au cou ou sur soi, comme uil préservatif contre les les maladies , les enchantemens.
- AMURES, s. f. de l’espagnol ou du portugais amura.
- { Marine ) Cordages servant à amarrer les voiles , c’est-à-dire , à assujettir , du côté de la proue , ou de l’avant du vaisseau , le point ou angle du vent de la voile , pour la disposer de manière à ce que sa surface intérieure soit frappée par le vent, lorsqu’il est oblique à la route. Lorsqu’on dit qu’un vaisseau a les amures à tribord , à bâbord, cela veut dire qu’il reçoit le vent par le côté de tribord ou de bâbord, et que toutes les voiles sont orientées en conséquence.
- ^ AMYGDALES , s. f. du grec ( amugdalês).
- ( Anat. ) Glandes ainsi nommées, à cause de leur ressemblance avec l’amande appelée également en latin amygdala. Ce sont deux corps glanduleux , rougeâtres , qui occupent chacun l’interstice des demi-arcades latérales de la cloison du palais, l’un à droite , et l’autre à gauche de la base de la langue.
- AMYGDALOIDE , s. f. du grec à.n-jyS-a.Kr. { amugdalç) , amande , et (eides)i forme, ressemblance»
- A N A
- ( Tlis. nat. ) Les naturaliste# donnent ce nom à différentes substances , formées d’une pâte parsemée de corps blancs imitant le» amandes.
- AN , s. m. du latin annus , dérivé , suivaut les uns du grec ma, qui signifie une certaine révolution ; ou , suivant d’autres , du celtique henn , qui veut dire vieux et ancien.
- ( Astron.) Le tems que le soleil est à parcourir le zodiaque , et qui est composé de douze mois. Voy, ANNÉE.
- ( Antiq. ) Jour de Van; chez les Romains , le premier et le dernier jour de l’an étoient consacrés à Janus, et c’est par cette raison qu’on le re-présentoit avec deux visages.
- C’est du même peuple qne nous vient l’usage de souhaiter la bonne année et de donner des étrennes. Nonius Marcellus en rapporte l’ori--gine à Tatius, roi des Sabins , qui régna dans Rome conjointement avec Romulus , et qui , ayant regardé comme un bon augure le présent qu’onluiht, le premier jour de l’an , de quelques branches coupées dans un bois consacré à Strenua , déesse de la force, autorisa cette coutume dans la suite, et donna à ces présens le nom de strenœ.
- Depuis ce tems, les Romains se faisoient réciproquement des présens de figues , de dattes , de palmier, pour témoigner à leurs amis qu’ils leur souhaitoient une année douce et agréable.
- ANA , s. m. du grec àvk (ana).
- {Méd.) Préposition grecque quelquefois en usage dans les ordonnances de médecine ; elle signifie parties égales.
- {Littérat. ) Ana est encore une terminaison que l’on donne à de* titres de recueils de pensées détachées , de traits d’histoire , etc. ; tels que le Menagiana, le Scalige-rana , etc.
- ANABROCHISME, s. f. du grec àvà {ana), avec , au travers , et de ( brochas ), lacet , nœud
- coulant.
- ( Chirurgie) Opération qui consiste à arracher les poils , en les engageant dans un nœud coulant.
- ANABROSE , s. f. du grec
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- ANA
- jf ana ), an travers, et de ( brosko), ronger.
- ( Méd. ) Corrosion des parties solides par une humeur âcre.
- ANACAMPTIQUE, adj.dugr. àrà (ana), de rechef, et de ?.ct;xmu. fléchir : répétant les sons, réfléchissant.
- ( Optique ) Ce mot signifie la même chose que catoptrique. On s’en sert ordinairement en optique, en parlant de la réflexion des rayons de lumière en général.
- {Acoustique) Anacamptique signifie encore des échos que l’on dit être des sons réfléchis.
- ANACATHAPiSE, s.f. du grec «và ( ana), par en haut, et de ( cathairein ), purger.
- ( Méd. ) Purgation par en haut.
- ANACÉPHALEOSE, s. f. du grec àià de rechef , et de xlfaAa ([kepha-lé) , sommaire des principaux chefs d’un discours.
- ( Diction) Récapitulation ou répétition courte et sommaire des principaux chefs d’un dicours. Cette récapitulation ne doit point être une répétition sèche de ce qu’on a déjà dit, mais un précis exact, en termes différens, orné et varié dans un style vif. Elle est nécessaire , soit pour convaincre davantage les auditeurs, soit paur réunir , comme dans un point de vue , tout ce dont on les a déjà entretenus , soit enfin pour réveiller en eux les passions qu’on a tâché d’exciter.
- ANACHOLUTHE , s. f. de l’A privât grec et d’asxoxsôcç ( ako— ïouthos ), compagnon : qui n’est pas compagnon.
- ( Gramm. ) Figure de mots qui consiste dans une espèce d’ellipse , ou dans laquelle on sous - entend le corrélatif d’un mot exprimé.
- ANACHORÈTE , s. m. du grec àvaywfiiTim ( anachorètes ) , qui se retire fort avant , formé de la racine x,£?*w aller , partir, et de la préposition à à. une seconde fois
- ( Hist. ecclés. ) On appeloit ainsi ceux qui se retiroient seuls dans un désert , par opposition aux moines qui vivoient en commun.
- ANACHRONISME, s.m. du gr. «vi contre, et de xf o-c<. {chronos), le tems : erreur ou faute contre la chronologie , qui consiste â faire vivre quelqu’un dans un tems où il u’exis-
- ANA $5
- toit point, ou à placer un fait dans un siècle où il n’étoit pas encor* arrivé. L’erreur opposée s’appell» PARACHRONISME , V. ce rnot.
- ANACLASTIQÜE, s. f. du gr. àik (aha), derechef, et de xjdiu (chlao), briser : répétition de la lumière.
- ( Optique ) Ua.naclastique est la partie de l’optique qui a pour objet les réfractions; c’est lamêm® que ce qn’on appelle autrement dioptrique. Ce mot s’emploie aussi adjectivement.
- Point anaclastique; c’est le poinfc où un rayon de lumière se rompt, c’est-à-dire , le point où il rencontre la surface rompante.
- On dit encore courbes anaclasti-gués , pour les courbes apparentes que forme le fond d’un vase pleirj d’eau , pour un œil placé dans l’air; ou le plafond d’une chambre pour un œil placé dans un bassin plein d’eau au milieu de cette chambre ; ou lavoûte du ciel vue par réfraction» à travers l’atmosphère.
- ANACORLEMATE, s.m. dugree œvaxo Kaa ( anakollaô ), coller ensemble.
- ( Méd. ) Médicament qn’on applique sur le front pour empêcher une fluxion de tomber sur les yeux » ou pour arrêter une hémorragie.
- ANACRÉONTIQUE, adj. ^Anacréon.
- ( Poësie ) Qui est inventé par Anacréon , qui est â la manière ^ dans le goût d’Anacréon.
- Aitacrêon , poète de Téos, qu* vivoit plus de quatre cents ans avant Jesus-Christ, fût célèbre parla délicatesse de son esprit, et par Je tour fin , mais aisé et naturel de ses poésies. Ses odes sont pour la plupart composées en vers de sept syllabes , ou plutôt de trois pieds et demi , spondées et ïambes , ou quelquefois anapestes. C’est cette sorte de mesure qu’on appelle vers anacréontique. Une ode anacréontique est une ode composée de ces vers , ou dans le goût dé Anacréon.
- ANADiPLOSE , s. f. du grec àv«-( anadiplosis), fait d’àrô» (ana) , de rechef, et de (di-
- plod ), doubler.
- (Gramm,) Figure qui a lieu dans le discours, quand un mot finit une pro-‘
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- 64 AN A
- position et en commence une autre.’
- ANADOSE, s. f. du arec wa. , et de àdidoml ), donner.
- ( Méd. ) Distribution des aiimens dans toutes les parties du corps.
- ANAGJuYPfiE, s. m. du grec «vàyxuç® (anaglyphô), graver, tailler, sculpter.
- ( Anat. ) Nom qu’Hésophile a donné à une portion du quatrième ventricule du cerveau, et que les anatomistes modernes appellent ça— latnus scriptonus.
- ( Sculpture ) Les anciens don-noient ce nom à des ouvrages sculptés ou ciselés en relief.
- ANALOGIE, s. f. du grec ⻫ ( ana ), en haut, et d’»y« (ago) , conduire : mouvement qui conduit aux choses d’eu haut.
- ( T/iéol. ) Ravissement ou élévation vers les choses divines.
- ANAGRAMME, s. f. du grec «va {ana), à part, un à un, et de /;.
- ( Gramma ) , lettre , écrit, dérivé de 7pàe,a ( grapho ), graver , écrire.
- (ilfierai.)Arrangement des lettres d’un mot, disposées de telle sorte qu’elles font un autre mot et un autre sens. On croit que les anciens s’appliquoient peu à ces bagatelles ; cependant Lycophron , qui vivoit du teins de Ptolomée -Phila— delphe, environ deux cent quatre-vingts ans avant Jésus-Christ, avoit fait preuve de ses talens à cet égard, en trouvant du miel dans le nom de Ptolomée, pour marquer la douceur du caractère de ce prince.
- Rabelais , Calvin et Daurat, passent pour avoir inventé ou donné cours à cette invention puérile.
- L’abbé Catelau a imaginé en 1680, une espèce d’anagramme , qu’il appela anagramme mathématique , et par laquelle il trouva que les huit lettres de Louis XIV , faisoieut vrai héros.
- ANALECTES, s. m. du grec <La-asx-ç» (analektsê), dérivé d’àvaAsy» ( analego ) , recueillir.
- (.Littérat.) Ce mot s’entendoit anciennement des restes d’une table recueillis avec la main ; il signifie aujourd’hui des fragmeus choisis d’un auteur.
- ANALEME, s. m. du grec «»«.-a'//.«a ( anahmm<i ), qui signifie fauteur.
- A NA
- ( Astron. ) L’analême, est un planisphère ou une projection orthographique de la sphère sur le plan du méridien , l’œil étant supposé à une distance infinie , et dans le point oriental ou occidental de l’horizon.
- Uanaléme est aiusi appelé parce qu’il sert à trouver la hauteur du, soleil , à une heure quelconque, par une opération graphique.
- L ’analême donne aussi le teins du lever et du coucher du soleil , pour un jour et pour une latitude quelconque, et l’heure du jour quand on counoît la hauteur.
- L’instrumeut appelé trigone des signes , s’appelle ausssi quelquefois analêtne,
- ANALEPSIE, s. f. du grec «va-(analepsis), dérivé d’,>.is.«/x.~
- ( analambano ) , rétablir.
- {Méd. ) Recouvrement des forces après une maladie ; on appelle encore ainsi , une partie de l’art de conserver la santé, ou de l’hygiène.
- Analeptiques, pus adjectivement au pluriel, s’entend des remèdes on des aiimens destinés à relever ou à rétablir les forces diminuées ou ab-battues.
- ANALOGIE, s. f. du gr. «vâxovia ( analogia ), formé de Aoyn {logos), raison, et d’av«(a7za); égale ressemblance , rapport, proportion.
- ( Philosoph. dogm. ) Les scholastiques définissent l’analogie une ressemblance jointe à quelque diversité.
- {Langage) Les mots nouveaux sont formés par analogie, c’est-à-dire, que cies noms nouveaux sont donnés à des choses nouvelles, conformément aux noms déjà établis, et à d’autres choses quisontdemême nature et de même espèce.
- ( Grammaire) L’analogie est un rapport de ressemblance ou d’au-
- iiroximation qu’il y a entre une ettre et une autre lettre , ou bien entre un mot et un autre mot, ou enfin entre une expression , un tour, une phrase et une autre pareille.
- ( Elocut. ) Analogie du style , c’est l’unité de ton et de couleur’, le langage a différens tons ; celui du bas peuple ; celui du peuple cultivé ; celui du beau monde, qu’on appelle familier noble ; celui de la haute éloquence , et celui de la poésie héroïque,.
- ANALOGI3M1Î
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- AN A
- ÀNALOGTSME , s. m. du grec itahoyt[ïaptu ( analogizomai ) comparer.
- ( Didact. ) Comparaison des rapports et de l’analogie qu'il y a entre diverses choses..
- ( Hist. ) On dit, en parlant d’histoire , qu’il y a entre deux récits, une grande analogie de teins et de circonstances.
- ( Botan. ) Il y a des plantes, telles que le polype , qui paroissent avoir autant d’analogie avec le règne animal qu’avec le règne végétal.
- ( Jardin. ) En termes de jardinage, on dit qu’il y a de l’analogie entre une greffe de poirier et une branche de coignassier ; mais il n’y en a pas entre unebran-cke de pêcher ou d’amandier, et celle dun poirier ou d’un pommier.
- ANALYSE , s. f. du grec àtà-Arc/ç ( analusis ) , dérivé de àv& (ana ) et de avm (luô) , dissoudre.
- ( Diction ) L’analyse sert à l’orateur pour suivre un raisonnement dans toutes ses parties, pour connoître la structure , la régularité et l’enchaînement des differentes parties d’un discours.
- ( Logique ) L’analyse est la méthode de résoudre , qui remonte des conséquences aux principes, et des effets aux causes ; ou la méthode pour découvrir la vérité , et qui consiste à passer du plus composé au plus simple ; an lieu que dans la synthèse , on va du plus simple au plus composé.
- ( Chimie ) L’analyse est l’art de séparer des corps naturels , les principes différens , ou les autres corps plus simples qu’eux , dont ils sont composés. La chimie distingue ensuite diverses sortes d’analyse , suivant, les divers moyens qu’elle emploie pour obtenir cette séparation : telles sont 1 ’analyse mécanique ; Vanalyse spontanée , ou naturelle ; Vanalyse par la fer ; l’analyse par les réactifs ; l’analyse immédiate ou prochaine y l’analyse médiate ou éloignée ; l’analyse simple ou vraie ; l’analyse fausse ou compliquée ; Vanalyse minérale ; Y analyse animale, et l’analyse végétale.
- ( Botan. ) Faire l’analyse d’une
- Tém, I,
- A N A es
- plante , en botanique , e’est tra^ vailler à connoître le nombre, la forme , la situation et les différens usages des parties qui la composent. L’analyse chimique, au contraire , est la décomposition et la séparation de leurs parties constituantes , une opération , enfin, par laquelle on apprend à connoître , d’après les principes constitutifs des plantes, de quelle utilité elles peuvent être.
- ( Mathém. ) L’analyse est proprement la méthode de résoudre les problème^ mathématiques , en les réduisant à des équations. L’a* nalyse et F algèbre sont souvent; regardées comme synonimes , parce que la première emploie le secours de la seconde pour résoudre tous les problèmes. L’analyse est l’instrument ou le moyen général par lequel on a fait, depuis près de deux siècles,dans les mathématiques, de si belles découvertes. Par le moyen de cet art, un grand nombre de vérités sont souvent exprimées par une seule ligne. Ainsi, par la seule étudp d’une ligne de calcul, on peut apprendre, en peu de tems, des sciences entières, qui, autrement , pourvoient être à peine apprises en plusieurs années.
- ANAMNESTIQUES, adj. du grec ava./j.yr,<rn ( anamnêsis ) , ressouvenir.
- ( Méd. ) Epithète que Pon donne aux signes commémoratifs , c’est-à-dire , aux signes par lesquels ou découvre l’état précédent dit corps. Les signes démonstratifs indiquent son état présent, et les si-' gnes prognostics , son état futur.
- Anamnestiques est aussi le nom qu’on donne aux remèdes qui rétablissent la mémoire.
- ANAMORPHOSE , s. f. du grec ctyctu.opcpîw ( anamorphoo ) , former de nouveau , dérivé de /«{«f* ( mor-phê ), forme , et de «ri , de rechef.
- ( Peinture et Perspective ) Fro-jection monstrueuse . ou représentation défigurée de quelque image sur un plan ou sur une surface courbe , et qui, néanmoins à un certain poiut de vue, paroît régulière et faite avec de justes proportions.
- ( Technol. ) . Ce nom est aussi
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- iq AN A
- employé dans les manufactures par ceux qui chinent les étoffes, pour exprimer la projection d’uu dessin.
- ANAPESTE , s. f. du grec a.y«. ( ana), une seconde fois, de rechef, et de %a.'ui ( paiâ) frapper.
- ( Poésie ) L’un des nombres ou pieds des vers grecs et latins, composés de deux brèves et d’une longue. Les Grecs , dont l’oreille avoit une sensibilité si délicate pour le nombre , avoieut réservé Vanapeste aux poésies légères , comme le dactyle aux poèmes héroïques. On a remarqué que la langue française a peu de dactyles et beaucoup d’anapestes ; Lully semble être un des premiers qui s’en soit aperçu ; et sou récitatif a le plus souvent la marche du dactyle renversé.
- ANAPÉTIE, s. f. du grec «vieil*» ( anapetaô ), ouvrir.
- ( Méd. ) Dilatation des vaisseaux qui donnent passage au sang ou aux liqueurs.
- ANAFHONÈSE , s. f. du grec «;•* ( ana ), par, et de çsv« (phonê), chant.
- (Musique ) Exercice pour le chant, pour former les organes de la voix.
- • ANAPHORE , s. f. du grec «rà-(anaphord), répétition, formé d’ïï^tfèpw (anaphéro), redire, dont la racine est çq» (phéro), dire, parler.
- ( Diction ) Figure de diction, fort ordinaire dans le discours de ceux qui parlent avec chaleur ; elle consiste dans la répétition d’unmême mot qui recommence une phrase. L'est ainsi qu’llérode s’anime à faire périr Marianne, son épouse. ( Volt.)
- Vous serez, répandu , sang de mes ennemis ,
- Sang des Asmonéens dans ses veines transmis ,
- Sang qui me haïssez, èt que mon cœur déteste.
- AN .4PHROD1SIE , s. f. de PA privatif grec,et d’^»t( Aphrodite ) Venus : privation de Vénus.
- ( Méd. ) Terme nouveau qui signifie abolition ite Pappétit vénérien.
- A A A P H R 0 DT TE, adj. meme ori-Q<ue que le précédent.
- 'ANA
- ( Méd. ) Qui n’est pas propre à la génération.
- ANAPLÉROSE , s. f. du grec «vo.'ürAiipoœ ( anaplêroâ ) , remplir , compléter.
- ( Chirurgie ) L’art de rendre, au corps quelque partie enlevée par accident, ou que la nature a re*
- ANAPLÉROTIQUE, adj. même origine que ,1e précédent.
- ( Méd. ) Épithète que l’on donne aux remèdes qui font revenir les chairs dans les plaies et les ulcères , et qui les disposent à la cicatrice. C'est la même chose çpi’incarnatijs, ou sarcotiques.
- ANAPNEUSE , s. f. dérivé du grec cuia-Ki vt.v (anapneuein), transpirer, respirer.
- ( Méd. ) Respiration ou transpiration.
- ANARCHIE, s. f. du grec A«q-Xm (anarchia), composé de l’A priv. gr. sans , et de a % ( arche ) , principauté, commandement : sans commandement.
- ( Polit. ) Etat sans chef, et sans aucune sorte de gouvernement»
- ANASARQUE, ( du grec f
- ( anasarkê ), formé de AA ( ana ),, entre, et ( sarx ), chair; comme si l’on disoit entre les chairs. )
- ( Méd. ) Hyiropisie de toute l’habitude du corps, dans laquelle la chair paroît bouffie et enflée, et cède à l’impression du doigt comme si c’étoitdela pâte. On nomme encore cette maladie aqua intercutem , ou aqua intercus , parce que l’eau est dans le corps adipeux entre la peau et la chair , et que la peau même en paroît abreuvée. L’anasarque est le dernier période de l’bydropisie , comme la lencophleginatie en est le commencement.
- ANASPASE , s. f. du grec «vcL-7(anaspao ), retirer , resserrer, dérivé de ispaô), tirer, serrer.
- {Méd.) Contraction de l’estomac.
- ANA5TALT1QLE, adj. du grec «barsAAw f anasiellô ) , resserrer.
- (Méd.) Épithète que l’on donne aux remèdes styptiques et astrin-gens.
- ANASTASE , s. f. ( Mot grec dérivé d’ivi'm/Aj (anisterni), élever.
- ( Méd.) Transport des humeur* d’une partie sur une autre.
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- Anastomose , s. f. du grec
- tLia.ri.u,<i<,t (anastomosis ), formé de «và ( ana ), à travers , et de roua (stoma), bouche.
- ( Anat. ) Les anatomistes se servent de ce mot pour indiquer l’union ou ]onction de deux vaisseaux , qui se fait par leur extrémité ; par exem -pie , d’une artère avec une artère , d’une veine avec une veine , ou bien d’une artère avec une veine. 11 signifie encore l’ouverture d’un vaisseau sanguin , d’où résulte un écoulement de sang, comme dans l’hémorragie dn nez, le flux menstruel et les hémorroïdes , que l’on dit se décharger par anastomosin , par anastomose, c’est-à-dire, par l’ouverture des orifices des vaisseaux , au lieu que lorsque la sérosité sanguinolente se filtre à travers leurs parois , on dit qu’elle se fait par dia-pedesin , ou par diapedèse.
- ANASTOMOTI )UE, adj. dn grec ttKsro/zow ( anastomoô ) , élargir la bouche , ouvrir, formé dG.» (ana), au travers , et de ( stoma ) ,
- bouche.
- ( Mêd. ) Il se dit des remèdes qui dilatent l’orifice des vaisseaux, et rendent la circulation du sang plus libre.
- ^ ÀNASTBOPHE , s. f. du grec ( anastrépho ) , composé , dans, et de (strepho) , tourner.
- ( Diction ) Vice de construction dans lequel on tombe par des inversions contre l’usage.
- ANATHEME , s. m. du grec «m-(anathéma), exécrable, dévoué aux furies d’enfer, formé de sah(ana)y de, loin de soi ; et de Ttd-jul (lithêmi), placer, poser.
- ( Relig. ) Excommunication , retranchement de la communion de l’église.
- ^ ANATOCISME, s. m. du grec ( ana ) . préposition qui, dans la composition , signifie répétition , rénovation , duplication , et de oxcç ( tokos ) , usure : usure de l’usure , intérêt de l’intérêt.
- (Pratique) Ce mot signifie, en termes de pratique, conversion des intérêts en principal. C’est un contrat usuvaire , lorsque des intérêts d’un principal on en fait uu contrat ne eonstitution ; ou bien lorsqu’on
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- joint les intérêts au principal , ët que dans un même billet , ou amie acte , on comprend les intérêts avec le principal. ,
- L’anatocisme est sévèrement défendu par le droit romain , et le droit commun de toutes les nations.
- ANATOMIE, s. f. du grec ( '[ana ) , à travers , et de Tipno ( temnô), retrancher, couper.
- Dissection du corps ou de quelque partie du corps d’un animal.
- (Méd. ) L’anatomie est la hase' et îe fondement de la médecine; et dans ce sens , elle est proprement l’art de disséquer ; mais ce mot se prend aussi pour le sujet qu’on a disséqué et préparé : comme lorsqu’on dit qu’il y a de belles anatomies dans le cabinet de Ruysch. Ce mot s’entend encore de la représentation en plâtre, en cire, etc., de la structure entière, ou de quelques-unes des parties d’un animal disséqué; il y a au Muséum national de belles anatomies en cire.
- On fait remonter l’origine de l’anatomie aux premiers âges du monde. Apis, un des premiers rois d’Egypte , passoit pour en être l’inventeur ; et Athotis avoit même composé des livres à’anatomie , dans lesquels il traitoit de la manière de disséquer les corps.
- Le scrupule des Grecs les empêcha de disséquer. Du tems d’Aristote , qui vivoit plus de 8oans après Hippocrate , on n’avoit point encore anatomisé de cadavres humains ; maison passa bientôt dans une extrémité opposée. Suivant le te'moi-gnage de Celse , Hérophite etErasis-trate disséquoient, tout vivons , les criminels condamnés à mort. Leurs dissections étoient autorisées par les Antiochus et les Ptolémée, princes savans et protecteurs de ceux qui l’étoient.
- anatomie fut cultivée sous les empereurs romains, jusqu’à l’invasion des Barbares , où elle éprouva le sort des autres sciences. H s’écoula, des siècles avant qu’il parut aucun anatomiste, et la*’dissection du corps Romain passoit encore pour un sacrilège, an commencement du rcgne de François Ier. L’empereur Charles-Quint fit consulter les théologiens de Salamanque , pour savoir si l’on
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- pouvait, en conscience, disséquer un corps humain , pour en connoitre la structure. Vesal, médecin flamand , mort en 1564 , est le premier qui ait débrouillé cett;e science. Harvey, médecin anglais, découvrit, en 1628, la circulation du sang, sur laquelle on n’avoi';, avant lui , que des notions très - obscures. En 1661 , Jean Pecquet;, Me Dieppe , découvrit le réservoir du chyle ; un autre , deux ans après, découvrit les vaisseaux lymphatiques ; enfin l’ana-Aomie s’est perfectionnée en France, dans le dix-huitième siècle, par une infinité de découvertes qui ont porté Je nom de nos savans chez les étrangers , au plus haut degré de gloire et d’estime.
- L’invention de l’anatomie en cire est due à M. Gaetano-Giulo Zumbo, de Syracuse , qui apporta à l’académie des sciences, en 1701 , une tête d’une certaine composition de cire, qui représentoit parfaitement une tête préparée pour une démonstration anatomique.
- ( Arts du, dessin) Y!anatomie, lorsqu’il s’agit du dessin, de la peinture ou de la sculpture , comprend l’extérieur ou les apparences visibles du corps humain , et les causes les plus prochaines des effets que l’artiste se propôse de représenter. C’est de la connoissanr<r de?, os , et des deux premières couches des muscles, que dépendent, en grande partie , la pondération, le mouvement et l’expression. Par cette raison, Vanatomie est une des bases positives de la peinture ; elle se lie naturellement à la pondération.
- ANCÊTRES , s. m. anciennement cincesseurs, contraction , du latin antecessores : ceux qui étoient avant tes aïeux, ceux de quion descend, il ne se dit guère que de ceux qui sont au-dessus du degré de grand-père.
- ANCÎIILOPS , s. m. du grocî*.-^41 ( agcki ), proche, et de ted ( ops }, «il,
- (Hfêd. )Nom d’une tumeur pMeg-monense, située à l’angle interne de l’œil, qui dégénère en abcès. Quayd cet abcès s’ouvre , il prend le nom d'œgdops , et se chaude SQûTÇgt en fistule isterymde.
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- ANCILLAIRE, a dp du latin cm-eillor, servir t être officieux.
- (Chimie) Opérations ancillairest on nomme ainsi en chimie et en-pharmacie , les procédés préparatoires qui disposent les substances à l’analyse ou à des combinaisons nouvelles. La pulvérisation , la, lévigation , la tamisation , la solution dans Veau, le grillage des mines, la torréfaction , sont des opérations ancillaires.
- ANCJPITÉ, adj. du lat. anceps , à deux faces. '
- ( Botan. ) Une tige gladiée ou ancipitée , est celle dont les deux côtés opposés sont anguleux et pins ou moins îranchans.
- ANCONÉ, adj. du grec ( agkén), le coude.
- ( Anat. ) Il se dit de quatre muscles qui vont s’attacher à l’olécrane, on éminence dn cubitus, qui forme le coude.
- ANCRE , s. f. du lat. anchora , dérivé du grec ar>( agkura ), dont la racine est âyx.-a.t% (agkulos), courbe, crochu.
- ( Marine) Gros instrument de fer à deux crochets, auquel on attache un cable et qu’on laisse tomber au fond de l’eau , pour retenir le vaisseau aux endroits où l’on veut s’arrêter. Les vaisseaux de guerre et frégates ont ordinairement six ancres à bord , dont la plus considérable est appelée maîtresse ancre , ancre d’espérance , ancre de miséricorde. Ancrer , jeter Vancré , on simplement mouiller / c’est laisser tomber l’ancre au fond, lorsqu’on est arrivé dans un port , dans une rade. Lever Vancre ; c’est la retirer du fond.
- ANCYLOMÈLE, s. f. composé du gree! «.-/jmja&s (agkulos ), crochu, et de janA» ( mêlé), sonde.
- ( CJiir. ) Sonde recourbée.
- ANCYLOTOME , s. f. composé du grec (affkulos ), courbe,
- et de -Mii» ( temno ) , couper.
- ( Chir. ) Espèce de bistouri , servant à couper le ligament de lalan-gue.
- ANCYROÏDE, adj. du grec «y-npa ( agkura ), ancre , et de «eN* ( eidos ), figure , forme : qui vess? semble à une ancre.
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- \Anat. ) Epithète que l’on donne à l’apophyse coracoïde , ou l’émi-n.ence qui part de la partie supérieure de l’omoplate, parce qu’elle ressemble à une ancre.
- AN DANTE , adv. mot emprunté de l’italien, participe du verbe an-dare, aller.
- ( Musique ) Ce mot écrit à la tête d’un air, désigne du lent au vite, le troisième des cinq principaux degrés de mouvement, distingués dans la musique italienne. Il caractérise un mouvement marqué, sans être gai, et qui répond à-peu-près à celui qu’on désigne en français par le mot gracieusement. Ce mot s’emploie aussi substantivement en parlant de l’air même : jouer un andantê d’Hayden.
- Le diminutif Andantino, indique un peu moins de gaieté 'dans la mesure.
- ANDROGYNE, s. f. du gr. {andros), gén. d’«mp (anêr), homme, et de yw» ( gunê ), femme.
- ( Anat. ) Ce terme est synonime à hermaphrodite.
- ( Botan. ) Une plante androgyne est celle qui est pourvue, tout-à-la-fois de fleurs mâles et de fleurs femelles sur le même réceptacle , et sur-tout entremêlées. Tels sont les épis de quelques espèces de carex.
- ANDROÏDE , s. m. du grec ànTpst ( andros ), homme , et de siLs { eidos ), forme , figure.
- ( Mécan. ) Automate ayant figure humaine, et qui par le moyen de certains ressorts bien disposés , asit et fuit d’autres fonctions extérieurement semblables à celles de l’homme. Albert le Grand avoit, dit-on , fait un androïde 5 tout Paris a été voir en 1708, le Auteur automate de M. Vaucanson.
- ANDROMANIE, s. f. mot grec composé d’àvJ'poç ( arfdros ) , gén. d’à»>;p ( anêr), homme, et de {mania), fureur, passion ; passion des hommes.
- ( Méd. ) Passion dont les femmes sont quelquefois atteintes.
- ANDROTOMIE, s. f. composé du grec œi'J'çoç ( andros ) , génit. d’«mç ( anêr), homme, et de m/G (tomê)y dissection.
- ( Méd. ) Dissection du corps humain, en particulier ; comme la zoa~
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- tomie est la di3 section des animaux.)
- ANECDOTE,, s. f. de l’A privât.' grec , et de exJ> otoç( ekdotos), formé de ex (ek) , pr éposition qui emporte négation,, et cle LJ'ay.i ( didômi ) , donner, publier : qui n’a pas été donné', publié , m is au jour.
- (Hist.) Particularité secrète d’his-toire , qui avoit été omise ou supprimée.
- ANELECTRKQUE, adj. du gree âva. { ana), au travers, et de «aéxtço» ( électron ), électricité : qui reçoit l’électricité au travers,par communication physiq ue.
- ( Phys. ) On appelle ainsi les corps qui ne «ont pas susceptibles d’être électrisé.'; par frottement, mais qui peuvent l’être par communication ; tels sont les métaux, l’eau, et toutes les substances humides.
- ANÉMASE , s. f. composé de l’A,’ priv/grec, et de Au«. ( aima)} dé* faut de sang.
- ( Méd. ). Maladie dangereuse occasionnée par un manque de sang.
- ANÉMOMÈTRE, s. m. du greo «f *yw.oç ( anemos), vent, et de /xs-rpoi» ( métron), mesure.
- ( Physique ) Machine propre à marquer la direction , la durée et la vitesse , relative ou absolue , du vent»
- ANEMOCORDE, s. m. du grec clvifj.oç ( anemcy^ , veut, et de xoçJ'» ( chordê) ,. dont les Latins ont fait corda, corde à vent.
- ( Musique ) C’est le nom que l’on a donné à une espèce de clavecin nouvellement inventé , dont les cordes sont mues par le vent, et qui imite tous les instrumens, et même la voix humaine.
- ANEMOSGOPE, s. m. du grec âfs.uoç {anemos ) , vent, et de irxotn» ( skopéo), regarder.
- {Physique ) Instrument qui indique les variations dans le poids de Pair ; cet instrument n’est autre chose, dans le fond, qu’un baromètre.,
- ANEPIGRAPHE, adj. de l’A priva. grec, et de tir'iy^v {épigraphe), inscription : qui est sans titre , sans inscription.
- {Beaux ares) On dit d’un bas-relief antique, d’une médaille sans inscription qui indique ce qu’ils représentent,qu’ils sont anépigraphes»
- ANESTHÉSIÉ , s, f. de PA priv^
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- gr., et de xîActvs/xai £aisthanomaz),
- sentir.
- ( ïéd. ) Espèce de résolution des nerfs, accompagnée de la privation de tout sentiment , ou impuissance de counoître les actions des objets extérieurs.
- ANÉVRISME, s. m. du grec «» yme ( aneurunô ) , relâcher , dilater contre nature.
- ( Méd. ) Tumeur contre nature , faite de sang , par la dilatation ou par l’ouverture de l’artère. Ces deux causes font distinguer Vanévrisme en faux et en vrai 5 le vrai est celui qui se forme par la dilatation de quelque artère. Il jouit du même mouvement de diastole et de systole.
- Il cède à la compression des doigts , et revient aussitôt qu’on cesse de le comprimer. Le faux se fait par un épanchement de sang , en conséquence de l’ouverture d’une artère , îiccident qui arrive quelquefois dans la saignée dubras.
- ANGE , s. m. du grec œyGxe< ( ag-gélos), messager, envoyé; dérivé { aggello ), annoncer une
- nouvelle.
- ( Hiérarchie céleste ) L’nne des créatures qui composent le neuvième et le plus bas chœur de la hiérarchie céleste. L’écriture fait mention des Anges, Y Ange gardien, Y Ange exterminateur, Y Ange des lumières ; les Platoniciens croyoient de même que chacun étoit sous la protection d’un génie particulier. Toutes les prières des Turcs finissent par le salut qu’ils rendent à leur Ange Gardien.
- ( Artillerie ) Ange ’se dit d’un boulet fendu en deux , dont les deux moitiés sont attachées par unecbaîne ou une barre de fer. On s’en sert sur mer pour désemparer les vaisseaux.
- ANGEIOGRAPHIE, s, f. composé du grec ayysic, (aggeion), vase , vaisseau , et de ypcnfa ( grapho ) , décrire.
- ( Agric. } Description des poids, des vases , et des iustrumens propres à l’agriculture.
- ANGEIO -HYDRO- GRAPHIE,
- s. f. composé 'du grec «7^e?or( aggeion ) , vaisseau, d’ü'.fwp (hudôr) , çau , çt de {grapho), décrire.
- [AN G
- ( Méd.) Description des vaisseaux Jymphatioues.
- ANGElO-HYDPiO-LOGIE, s. f. composé d’ayfûo; ( aggeion), vaisseau , de ( huddr ) , eau , et de k'.y-' ( logos) , discours.
- {Méd.) Partie de la médecine , qui'traite des vaisseaux lymphatiques.
- ANGEÏO-HYPPO-TOMIE, s. f. composé d’ayfunv ( aggeion ), vaisseau , de u « ( hudôr ), eau, et de
- ( temnd), couper.
- {Méd. ) Anatomie des vaisseaux lymphatiques.
- ANGINE , s. f. du lat. angere , suffoquer , étrangler.
- ( Méd. ) Maladie de la gorge , qui rétrécit le larynx , et empêche de respirer et d’avaler ; c’est la même chose que squinancie.
- ANGIOLOGIE , s. f. du grec «-feîov (aggeion), vaisseau, et de xcycç ( logos), discours.
- ( Anat. ) Partie de l’anatomie , qui traite de l’usage des vaisseaux.
- ANGIOSCOPE, s. m. composé du grec ayïtTtt {aggeion), vaisseau , et de axojcia { shopéô), examiner, considérer.
- ( Anat. ^Instrument propre à examiner les vaisseaux capillaires.
- ANGIOSPEPME, adj. du grec «ryfsîcv ( aggeion ), vaisseau , et de B-Trsç^a ( sperma) , sperme.
- (Botan.)Y lante dont la graine ouïes graines sont revêtues d’nn péricarpe distinct. On réemploie guère ce mot que par opposition à gymno sperme dont la graine est à découvert. Les plantes angiospermes forment le second ordre de la quatorzième classe , ou la diclynamie du système sexuel de Linné.
- ANGIO-TÉNIQÜE, s. f. composé du grec 2.7!oc* ( aggeion) , vaisseau , et de rsb» ( teino) , tendre.
- ( Méd. ) Espèce de fièvre marquée par une irritation des tuniques des vaisseaux sanguins. On l’appelle autrement lièvre inflammatoire. Ce mot est nouveau.
- , ANGLE , s. m. du lat. a.ngulus.
- ( Géom. ) L’ouverture de deux lignes qui se rencontrent ; un angle est appelé rectiligne, lorsque ses côtés sont des lignes droites ; curvi~ ligne , lorsque ses fcôtés sont des lignes courbes, et mixtiligne , lors»
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- •qu’un de ses côte's est uneligne droite, et l’autre une ligne courbe. La grandeur d’un angle ne dépend point de la longueur de ses côtés, mais de l’inclinaison qu’un de ses côtés a par rapport à l’autre.
- L’angle droit est formé par deux lignes perpendiculaires entre elles. L’angle aigu est moindre , et Y angle obtus plus grand que l’angle droit.
- Les instrumens qui servent à mesurer les angles sont les quarts de cercle , les théodolites ou planchettes rondes, les graphomè-tres , etc. V. ces mots.
- ( Astron. ) Angle se dit dans plusieurs circonstances :
- Angle d’élongation] c’est la différence vue de la terre entre la longitude dhine planète et celle du soleil.
- Angle horaire; c’est un angle sphérique formé au pôle du monde , ou l’arc de l’équateur, compris entre le méridien ou le cercle horaire , ou un cercle de déclinaison qui passe par un astre.
- Angle d’azimuth ; c’est quelquefois , dans le calcul des éclipses du soleil , l’angle formé au centre du soleil par le vertical et par la ligne qui joint les centres du soleil et de la lune. Cet angle dépend en effet de la différence d’azimuth entre les deux astres, et s’évanouit avec «lie.
- Angle parallactique ; dans l’usage de l’astronomie , se dit de l’angle formé par le vertical , et par un cercle de déclinaison ou de latxt.
- Angle de position, dans l’astronomie moderne ; c’est l’angle formé au centre du soleil ou d’une étoile, par le cercle de déclinaison , et le cercle de latitude: cet angle dépend en effet de la position de l’axe par rapport aux pôles de l’écliptique et de l’équateur.
- ( Gnomonique ) L’angle horaire se dit quelquefois de l’angle formé au centre du cadran par une ligne horaire avec la méridienne.
- {Botan. ) Angles, saillies marginales , aiguës des corps plats , ou formées longitudinalement , sur les solides, par la rencontre des faces interposées : de là , ou appelle aiguillons angulaires, ceux qui ua^-
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- sent sur les angles d’une tige. On dit encore , tige anguleuse , calice anguleux -, et lorsqu’on veut détermi -ner le nombre des angles , on dit : tige triangulée , calice quadran-gulé.
- ( Physique ) Angle d’incidence, celui qui est formé par la direction d’un mobile, et le plan sur lequel il tombe, ou vers lequel il est dirigé. Le sommet de l’angle est au point du contact.
- Angle de réflexion , celui qua forme la direction d’un mobile qui rebondit, après avoir touché uns surface , avec cette surface même.
- Angle de réfraction, celui qui est formé par la direction que suit un corps , après avoir passé obliquement d’un milieu dans un autrs plus ou moins pénétrable pour lui, et par la perpendiculaiie imaginée au plan qui sépare ces deux milieux.
- Anglesdel’oeil-, cesontles endroits où les paupières s’unissent. On les appelle aussi canthus , et l’on donne le nom de grand angle , d’interne, ou de grand canthus , à celui qui est du côté du nez ; et celui de petit angle ou d’externe , ou de petit canthus, à celui qui est du côté op-* posé.
- Angles optiques ou angles visuels , ceux sous lesquels on voit ui» ou plusieurs objets. Lps objets que nous voyons sont d’autant plus' grands que ces angles sont plus ouverts , et d’autant plus petits que ces angles deviennent plus aigus , ce qui arrive à mesure que l’objet s’éloigne de l’œil : une avenue d’arbres semblera plus étroite et plus basse à son extrémité la plus éloignée , quoique les arbres soieut partout également hauts , et que les rangs soient bien parallèles entre eux.
- ANIMAL , s. m. dn lat. animal, dérivé à’anùnus , souffle , respiration.
- ( IJist. nat. ) On donne ce nom à tout corps organisé, doué de vie , et locomob^le , c’est-à-dire , qui a un mouvement volontaire , ou qui peut changer de place. Les philosophes ont imaginé différentes méthodes pour classer les animaux 5 iis ont
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- établi des caractères nombreux pour Tes distinguer et les décrire.
- ANIMALCULE , s. m. du latin animalculus, diminut. à.’animal.
- ( Hist. nat. ) Nom que les anciens naturalistes français ont donné aux animaux microscopiques dès infusions : consultez l’ouVrage d’O-thon Frédéric Muller, intitulé : Animalia infusoria.
- ANIMALISATION , s. f. du lat. animal, et d ’ago, agir, faire: Faction d’ânimaliser.
- ( Hist. nat. ) Animalisation se dit de l’assimilation de la matière végétale à la substance animale ; substances que Fou tire des animaux ; elles sont dites appartenir au règne animal, pour les distinguer de celles qui sont des règnes végétal etminéral.
- ANIMATION, s. f. du lat. ani-matio , dérivé d’animus , ame , souffle.
- (Méd.) Animation se dit, en médecine , du tems où l’ame est infuse dans le corps de Fliomme : Yanimation du foetus,
- {Alchim.) Animation est un terme énigmatique dont se servent les alchimistes dans la transmutation des métaux, lorsque la terre blanche foliée doit fermenter avec l’eau philosophique ou céleste du soufre. On dit que le mercure est animé , lors-qu’en le mêlant avec un métal parfait , on le réduit à une espèce certaine. Les alchimistes ont besoin d’un tel mercure pour travailler à la pierre philosophale.
- ANIMÉ, du latin animas, ame, souffle.
- ( Beaux-arts ) Ou dit, dans le langage des arts, qu’une peinture est animée , que des figures de bronze sont animées, que ce marbre est animé , pour dire que l’artiste a su communiquer à son ouvrage le sentiment particulier dont il a supposé que la figure vivante qu’il a voulu imiter , étoit animée.
- ANISOTOME, adj. du grec a*/<s? {anison ), inégal, formé de l’Apriv. grec et d’invc ( isos ) , égal.
- ( Botan. ) Il se dit du calice ou de la corolle dont les divisions alternes sont plus petites.
- ANKYLOBLÉPHARON , s. m, 2not grec composé d’ayxvmiagkulé).
- A N N
- resserrement, constrietion , et de /îAsfpapoy ( blépharon ), paupière.
- ( Méd: ) Maladie des yeux dans laquelle les paupières sont jointes ensemble ou adhérentes à la conjonctive ou à la cornée.
- ANKYLOGLOSSE , s. m, composé du grec «yjivA« ( agkulê ) , resserré, contracté, et de yK.aau. {glôs-sa), langue.
- ( Méd. ) Vice du filet , ou ligament de la langue , qui, étant trop court, ôte la liberté de parler.
- ANKYLOSE , s, f, du gr. «y ( agkulos ) , crochu , courbé.
- (M^éd.) Maladie des jointures, qui les prive de leur mouvement’, en les tenant toujours roi des, comme si les os n’étoient que d’une seule pièce dans leur articulation. C’est une espèce de concrétion des articles.
- 11 y a deux espèces d Ankylosé : l’une est causée par l’épaississement de la synovie dont les articles sont enduits : cette humeur s’endurcit quelquefois comme du plâtre, et colle les os ensemble ; l’autre vient de l’épancliemejit du suc nourricier des os, dans les fractures considérables des articles, ou en conséquence d’une carie. Le suc, en s’endurcissant, soude les os ensem-s ble.
- ANNALES, du lat. annus : histoire qui décrit les événemens, année par année.
- (Hist.)Quelques-uns ont défini les annales , le récit de ce que l’on r»’& point vu, en opposition à l’histoire, qui est la connaissance de ce qu’on a vu ; et ils s’appuient sur l’autorité de Tite-Live et de Tacite , dont les ouvrages sont partie histoire et partie annales , et notamment du dernier , qui a intitulé' Annales la première partie de son ouvrage, où il parle des tems qui Fa voient précédé , et Histoire , celle où il décrit les affaires de son siècle.
- On entend maintenant par annales-une simple narration de ce qui s’est fait chaque année. F. HISTOIRE.
- ANNEAU , s. m. du lat. anellus ou annullus.
- Cercle fait d’une matière dure, et qui sert à attacher quelque chose ; une bague,
- ( Hist. anc. ) L’usage des anneaux
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- •ANN
- est fort ancien : les Hébreux les donnèrent comme des gages de leurs promesses. Thamar en reçut un de Judas , fils de Jacob.. Chez les Egyptiens /ils étoient tantôt une preuve de bienveillance et une marque d’autorité , tantôt ils contribuoient à faire respecter les ordres des souverains. A Rome , il y avoit des anneaux qui ne servoient que d’ornemens, et qu’on çortoit au doigt ; d’autres tenoient lieu de cachets ; il s’en faisoit aussi que l’on donnoit aux futures épouses lejour des fiançailles. L’anneau épiscopal ou pastoral est du cinquième siècle : cet usage a passé aux cardinaux.
- {Astron. ) Anneau de Saturne ; c’est une bande circulaire, large et mince , qui environne., à une certaine distance , le globe de Saturne , et qui paroît être située dans le plan de son équateur ; elle accompagne Saturne dans sa révolution , et reste toujours parallèle à elle-même. Ce cercle, vu obliquement, parait sous une forme ovale ou elliptique, et disparoît totalement , quand il ne nous présente que son épaisseur.
- U anneau de Saturne est une des choses les plus singulières qu’on ait découvertes par le moyen des lunettes d’approche.
- Depuis 1612 jusqu’en i656 , Galilée , Gassendi et Hévélius , firent de nombreuses observations sur Vanneau de Saturne , sans pouvoir expliquer la cause des diverses apparences de celte planète. Ce fut Il u vghens qui découvrit ce qui a été démontré depuis , que c’étoit un anneau excentrique à Saturne , également éloigné de sa surface dans tous ses points, et soutenir par la pesanteur naturelle et simultanée de toutes ses parties, tout ainsi qu’un pont qui seroit assez vaste pour environner toute la tejsre , et se sou-tiendroit sans piliers.
- Anneau astronomique ou universel ; c’est un instrument composé de deux ou trois cercles , qui sert à trouver l’heure du jour , en quelque endroit que ce soit de la terre. C’est une espèce de cadran équinoxial , fait à l’imitation des armiiles d’Erastothéne , qui étoient
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- à Alexandrie a5o ans avant Jésus-Christ.
- ANNEE, s. f. du latin annus, qui signifie cercle , ou du grec èm? (ennos) qui veut dire vieux et ancien, parce que i’anuée vieillit toujours en s’avançant.
- ( Astron. ) L’année est le tems que la terre emploie à faire une révolution entière dans son orbite, pendant lequel tems le soleil nous semble parcourir les douze signes du zodiaque ou l’écliptique. Sa durée est de 365 jours , 5 heures , 48 minutes , 48 secondes : mais le nom à?année a été donné à toutes sortes de périodes servant à mesurer le tems ; année solaire, année lunaire , année de Saturne , de Jupiter , etc.
- Le mois lunaire étant très-remarquable pour tous les yeux , fut la première période , ou la première année, chez presque tous les peuples du monde.
- Les variétés du cours de la lune étant plus fréquentes , et, par conséquent mieux connues que celles des autres planètes , les Romains réglèrent leurs années par la lune , jusqu’au tems de Jules-César. Quelques peuples- ont eu des années d’un jour, d’autres de deux et de quatre I ois.
- Vt’année solaire est donc la durée 'pendant laquelle le soleil nous paroît parcourir les douze signes du zodiaque.
- \Jannée lunaire est composée tantôt de 12, tantôt de i3 mois lunaires, ou lunaisons , c’est-à-dire, tantôt de 354 jours , tantôt de 384, et quelquefois de 383 seulement ; savoir : lorsque le treizième mois ajouté n’est que de, 29 jours.
- Années juliennes ; nom que l’on donne aux années écoulées depuis la correction du calendrier , faite par Jules-César , 46 ans avant Jésus-Christ : comme on appelle années grégoriennes, celles qui se sont-écoulées depuis la réforme du calendrier, faite par le pape Grégoire XIII, en 1682.
- ANNEE RÉPUBLICAINE FRANÇAISE , de la même durée que Vannée solaire , mais qui commence le 22 septembre , jour de l’équinoxe d’automne. Cette année
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- est composée de 12 mois, chacun de 3o jours , et de 5 jours complémentaires dans les années communes, et de 6 jours complémentaires dans les années sextiles , qui ont lieu tous les quatre ans. Les années qui suivent les années sextiles , commencent le 23 septembre, au lieu du 22. Dans ces années-là, l’équinoxe d’automne a lieu le o5 septembre , de sorte que c’est toujours le jour de cet équinoxe , que commence l’année républicaine.
- ANNELET, s. m. du lat. annulas, petit anneau.
- ( Archit. ) C’est un petit membre carré par son profil, sous l’ovo des chapiteaux des colonnes toscanes ou doriques. On les appelle filets aux chapiteaux de pilastres des mêmes ordres.
- ANNUELLE, adj. f. en latin anima , d’annus.
- ( Bot an. ) Plante annuelle , est celle qui naît et qui meurt dans le cours de la même année.
- ANNUITÉ , s. f. mot emprunté de l’anglais annuity , dérivé d’an-kus , comme Yannate des Italiens.
- Revenu d’une année.
- ( Economie ) Ce mot se dit d’une sorte d’emprunt par lequel le débiteur s’engage à faire annuellement , et pendant un certain nombre d’années , un paiement qui comprend la rente du capital, et un remboursement d’une partie de ce capital, de sorte qu’au bout du terme indiqué , le débiteur est entièrement libéré.
- L’annuité participe également du contrat, de l’actionetdela rente tournante. Elle a, comme le contrat, un revenu fixe sur les droits aliénés ; elle a , comme l’action, la faculté d’être négociée de la main à la main , parce qu’elle est au porteur ; elle a , comme la rente tournante , un remboursement annuel, sur le capital , jusqu’à extinction.
- ANNULLAIRE, adj. du latin an-nus , en forme d’anneau.
- Ce mot 11e s’emploie guère dans le langage ordinaire que pour désigner le quatrième doigt , parce que c’est celui où l’on met le plus ordinairement l’anneau.
- ( Astron. ) Éclipse annulaire ,• «a appelle ainsi une éclipse de so-
- AN O
- leil, dans laquelle la lune parois-sant plus petite que le soleil , n’en couvre que le milieu, en sorte que la lumière du soleil déborde tout autour de la lune.
- ( Archit. ) Voûtes annulaires ; ce sont celles dont la figure imite les anneaux , en tout ou en partie. Telles sont les voûtes sur noyau , et dont le plan est circulaire ou elliptique.
- ANODIN , adj. de l’A privât, grec, et de '*$.;» ( odunê) , douleur: sans douleur.
- ( Méd. } remède qui calme et adoucit les douleurs. Les Grecs donnent le nom dJ hypnotiques ou d’ anodins, aux remèdes qui procurent le sommeil et font cesser les douleurs , et celui de narcotiques ou d’assoupissans , à ceux qui ont le plus de force dans le même genre.
- ANODYNIA , s. f. composé de l’Apriv. grec , et de iHv» ( odunê), douleur : privation de la douleur.
- ANOMALIE, s. f. de l’A priv. gr. sans, et d’ouahm, (omalos), égal , uni : qui n’est pas égal; irrégularité, déviation d,e la règle commune.
- ( Gramm. ) Irrégularité dans la conjugaison ou la déclinaison : Il y a bien de Vanomalie dans ce verbe, dans ce nom.
- ( Chimie ) On désigne par ce mot les effets variés , et en apparence contradictoires, que présentent les mêmes matières dans leur union et leur désunion.
- ( Botan.) On dit fleurs anomales poov fleurs irrégu,lières.
- ( IVIéd, ) On appelle maladies anomales , celles qui ne suivent point un cours régulier dans leurs périodes.
- ( Astron. ) Anomalie est la distance d’une planète à son apside , ou au sommet du grand axe de son orbite. Pour le soleil et la lune ,
- Y anomalie est la distance par rapporta l’apogée; dansles cinq planètes principales , c’est la distance à l’aphélie. On distingue trois sortes d’anomalies : Y anomalie vraie ,
- Y anomalie excentrique , Y anomalie moyenne. La première est l’angle formé au foyer de l’ellipse par le rayon vectenr , qui va du soleil à la planète, et par la ligne
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- ANS
- des apsides , ou le grand axe de l’ellipse.
- Le seconde est l’angle formé au centre de l’ellipse par le grand axe , et par le rayon d’un cercle circonscrit , mené à l’extrémité de l’ordonnée , qui passe par le milieu de la planète.
- La troisième est une distance à l’aphélie supposée uniforme et proportionnelle au tems ; c’est celle qui augmente uniformément et également , depuis 1 ’aphélie jusqu’au périhélie : ainsi une planète qui em-p.loieroit six mois à aller de Vaphélie au -périhélie , auroit , à la fin du premier mois , 3o degrés d’anomalie moyenne , 60 degrés à la fin du second mois, et ainsi des autres.
- ANONYME, adj. de l’A privât, grec , sans , et de ôvdm ( onoma) , nom : sans nom.
- ( Bibliogr.) Qui est sans nom : il ne se dit que des auteurs dont on ne sait point le nom , et des écrits dont on ne connoît point l’autenr.
- ANOPiEXIE , s. f. de l’A privât, grec , sans, et de ofe|/ç (orexis), appétit : sans appétit.
- {31 éd. ) U anorexie est proprement un défaut d’appétit. Cependant quelques médecins la distinguent du dégoût , disant que Vanorexie est une disposition dans laquelle on n’a aucun désir pour les alimens ; au lieu que le dégoût est une aversion pour les mêmes alimens qu’on prenoit autrefois avec plaisir.
- ANOSMIE, s. f. de l’A privât, grec , et de îe-y» (osmé), odeur, dérivé d’ la [ozo),'sentir : sans odeur.
- ( Méd. ) Privation d’odorat.
- ANSE, s. f., du latin ansa.
- ( Econ. dom. ) La partie de certains vases, de certains ustensiles, par laquelle on les prend pour s’eu servir, et qui est ordinairement courbée en arc.
- ( Géogr. et mar. ) Une anse est encore la partie d’une côte où la mer forme un enfoncement circulaire peu profond. Les marins appellent anses de sable , celles qui sont formées par une plage de sable, et ordinairement bornées par deux pointes de rochers.
- (Géomét. archit.) U anse de pan-nier se dit d’une courbe composée de plusieurs arcs de cercle, qui sent
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- tous concaves d’uu même côté, et qui , pris ensemble, valent 180 degrés. Dans la pratique de i’architeq-ture, on substitue souvent P anse de pannier à l’ellipse, pour former des ceintures de berceaux , parce qu’il est plus aisé de tracer des arcs de cercle que des arcs d’ellipse,,
- (Astron.) Les anses sont les parties sensiblement éminentes de l’anneau de Saturne , qu’on aperçoit lorsque cet anneau commence à s’ouvrir, c’est-à-dire, lorsque sa partie antérieure et sa partie postérieure commencent à se distinguer à la vue : elles ont la forme de deux anses attachées à cette planète.
- ANSÉATIQUE, adj., du teutoni-qne hanse, qui signifie alliance , confédération, société. On écrivoit autrefois, hanséatique.
- (’Commerce ) C’est le nom que l’on donne à des villes de commerce situées dans le nord de l’Allemagne et surla mer Baltique , qui sont unies par un intérêt commun, pourlapro-tection de leur commerce.
- ANTAGONISTE, s. m., du grec <Lr< ( anti ), contre, et' d’iya. îltyna ( agonizomal), agir : faire effort.
- Adversaire, celui qui est oppGsé à un autre, qui est son adversaire, qui lui dispute la supériorité dans quelque chose.
- 4nat.) On donne ce nom à certains muscles qui agissent dans une direction contraire à d’autres. Par exemple , les muscles abducteurs, et les adducteurs du bras sont anta~ gonistes.
- ANTALGIQUE , adj. , composé du grec âtr) ( à.nti ), contre , et de ( algos), douleur : sans douleur.
- ( Méd. ) Il se dit des remèdes qui font cesser les douleurs.
- ANTANACLASE, s. f., ' du grec S.VTùtcr.yrntrit, ( antanaklasis ) , composé de àrr) [anti), contre,et de &v«-xA-itn< (anaclasis), çontrepercussion, répercussion : l’action de lancer et de retirer alternativement.
- { Diction) Figure qui consiste à répéter un mot dans une signification différente , et quelquefois douteuse ; comme : Il vaut mieux acheter la paix par la paix, que de la conquérir par la pointe de l’épée. Laissez
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- les dieux prendre la défense des diaux.
- , ATS TAN AGOGE, s. F., composé du grec àrrl ( anti ), contre , et de «r<*-«, » ( anagàgé), rejaillissement.
- ( Diction ) Figure de rhétorique , qui consiste à rétorquer uue raison «outre celui qui s’en sert.
- ANTARCTIQUE, adj. du grec ivr' [anti), contre , etdeafaroç (ark-ios ), oürse.
- ( Astron. ) Le pôle antarctique ou pôle méridional , est l’extrémité méridionale de l’axe de la terre , et l’un des points autour desquels la terre tourne.
- Cercle an tarctique ou cercle polaire antarctique ; c’est un des petits cercles de la sphère ; il est parallèle à l’équateur, et éloigné du pôle méridional de 23 degrés 28 minutes. L’épithète d’antarctique lui vient de son opposition à un autre cercle, qui est aussi parallèle à l’équateur, et à la distance de 23 degrés 28 minutes du pôle septentrional : on l’appelle cercle arctique polaire. La partie de la surface du globe terrestre , comprise entre le pôle antarctique, et le cercle polaire antarctique est appelée zone glacée méridionale.
- ANTÉCÉDENCE, s. f. du latin ( antecessio ), l’action de devancer, de précéder.
- ( Astronom. ) On dit qu’une planète se meut en antécédence, ou en précédence, lorsqu’elle paroît aller contre l’ordre des signes, comme du Taureau dans le Bélier ; au contraire, lorsqu’elle se meut du côté de l’Orient , en suivant l’ordre des signes , comme du Bélier dans le Taureau, 011 dit qu’elle se meut en conséquence.
- ANTÉCÉDENT, adj., du latin (antecedens), qui précède.
- ( Analyse ) C’est le nom qu’on donne au premier des deux termes qui composent un rapport.
- (Med.) Ce mot est communément appliqué aux causes des maladies. Les causes antécédentes sont entre autres, la mauvaise disposition du sang , qui cause une infinité de maladies.
- ANTÉCIENS, ou ANTÆCfENS,
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- s. m. du grec «rr< (anti), contre et d’ .otsw ( oikéô), habiter.
- ( Géogr. ) Nom des peuples qui sont placés sous le même méridien, et sous une latitude opposée, mais égale.
- ANTÉMÉTIQUE, adj. composé du grec eur't (anti), contre et de s/^stoç (émétos), vomissement : contre le vomissement )._
- ( Méd. ) On appelle ainsi les remèdes contre le vomissement excessif.
- ANTENNE, du lat. antenna.
- ( Marine ) Vergue d’une voile latine, en usage dans la Méditerranée. Les antennes sont beaucoup plus longues que le mât, et le surpassent lorsqu’elles sont orientées obliquement ; les bâtimens qui portent des antennes sont les galères, les chebecs, les tartanes, les pinques , les felouques , etc,
- ( Hist. nat. ) On appelle aussi antennes , des espèces de cornes mobiles , plus ou moins longues , que plusieurs insectes portent sur la tête. Ces antennes sont ordinairement au nombre de deux , rarement de quatre , et insérées au-dessus ou au-dessous de l’œil, ou sur l’œil même. Leur forme est extrêmement variée ? elles se terminent en masse, en croissant, souvent en crochet, quelquefois en peigne, en prisme, en globule , etc.
- ANTÉ-OCCUPATION, du latin ( ante-occupatio ), préoccupation , anticipation.
- ( Diction ) Figure qu’on emploie lorsqu’on prévoit une objection qu’il faut détruire. Un orateur qui a du talent sait bien profiter de cette figure : il a soin de présenter ses objections, de manière que, sans être soupçonné de les affoiblir, il se ménage les moyens de les détruire.
- ANTÉPÉNULTIÈME, adj. formé des trois mots latin antè,penè, ultimus ,• avant, presque dernier -, par contraction, antépénultième.
- ANTEPtîlALTIQUE, adj. du gr, (anti) , contre, et d’tçicxrKç (éphialtés), incube ou cauchemar.
- ( Méd. ) Il se dit des remèdes contre le cauchemar. V. ÉPHIALTE,
- ANTEPILEPTÎQUE, adj. du gr;, avr'i (anti), contre, et (êpilêpsia)f épilepsie.
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- ( Méd. ) Épithète que Foîl donne aux remèdes contre l’épilepsie et les maladies convulsives.
- ANTÉRIORITÉ, s. f. du latin antè ire, aller devant : priorité.
- ( Pratique ] Ce mot qui paroissoit exclusivement consacré à la pratique, s’est introduit,depuis quelque teins, dans le discours : Antériorité dJhypothèque, antériorité de date.
- ANTES, s. m. du latin ( antè. )
- ( Architect. ) Pilastres d’encoignure d’un édifice.
- ANTESTATURE, s. f composé de deux mots lat. , antè, avant, devant ; et de sto, être placé , ce qui est placé en avant.
- ( Art miiit. ) C’est, en termes de fortification, une traverse ou petit retranchement fait avec des palissades , ou des sacs à terre dont on se couvre à la hâte pour disputer ou conserver le reste du terrain dont l’ennemi a gagné quelque partie,
- ANTHELIX, s. m. composé du
- rec Ævrl ( anti), contre, et de Lif
- élix ) , hélice ou circuit intérieur : Opposé à hélice.
- ( Anat. ) Le circuit antérieur de l’oreille externe.
- ANTHELMINTIQUE , adj. du grec «;t< ( anti ), contre, et d b.;j.o% (elmins), ver.j
- ( Méd. ) Epithète que l’on donne aux remèdes contre les vers.
- ANTHERE, s. f. du grec arS-oç (an-thos), fleurs, parce que les anthères ne paroissent que lorsque les fleurs sont écloses.
- ( Botan. ) U anthère est le sommet ou la partie supérieure de l’étamine ; les anthères sont regardées, dans le végétal, comme les testicules le sont dans J’animai ; elles font à-peu-près les mêmes fonctions. Sitôt que Vanthère est parvenue au degré de maturité nécessaire, la petite outre , dont elle a presque toujours la forme , s’ouvre spontanément ; il s’en échappe souvent même , avec une
- Fente; explosion, une poussière, pour ordinaire jaune et rougeâtre, qu’on nommepoussière fécondante,poussière prolifique (pollen). Cette poussière tombe surles parties supérieures des pistils, qu’on nomme stygmates ; et, soit qu’un simple contact suffise, «ait qu’il faille qu’elle soit portée
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- jusqu’à l’ovaire, c’est d’elle que dépend la fécondation.
- Les anthères ne sont pas toujours distinctes, toujours constantes dans leur nombre, dans leurs proportions et leurs dispositions ; cependant elles fournissent à l’observateur des caractères qui lui deviennent d’un grand secours. Le système sexuel de Linné, fondé sur la considération des étamines , est, avec raison, regardé comme un chef-d’œuvre , quoiqu’on soit encore loin d’en tirer tous les avantages qu’il semble offrir aux naturalistes. .
- ANTH ÈSE, s. f. du lat in anthesis, dérivé du grec avS-aç (anthos), fleur.
- ( Botan. ) Le tems où la fleur s’ouvre , c’est-à-dire , où les organes d’une fleur sont dans leur parfait accroissement, ce qui esfnécessaire-ment indiqué par l’émission du pollenA
- ANTHOLOGIE , s. f. du greo evS-aç ( anthos ), fleur , et de Arm ( lego ), cueillir : bouquet de fleurs,
- ( Poésie ) On appelle de ce nom un recueil de petites pièces de poésies choisies. Le premier ouvrage de ce genre que l’on counoisse , est na recueil d’épigrammes grecques tirées des ouvrages de quarante-six poètes: anciens , fait par Méléagre de Go m dare , en Syrie. ^
- ANTHRAX, s. m. du grec «f3p*f { anthrax ), charbon.
- ( Méd. ) Tumear rouge , un pea dure, élevée en pointe, accompagnée d’une douleur vive , d’une chaleur brûlante , et d’une grosse pustule dans le milieu , ou de plusieurs petites qui se changent en une croûte noire et cendrée , comme si l’on y avoit appliqué un fer chaud. Il y a deux sortes de charbons ou anthrax-, l’un simple, l’autre malin ou pestilentiel. La douleur qui accompagne celui-ci, est plus vive, plus brûlante. Il est entouré d’un cercle livide , noirâtre , plombé oa violet : la gangrenne y survient promptement ; il paroît en tems de peste. On a donné à cette tumeur le nom de charbon en français , car-bunculits en latin, antrhax en grec, soit à cause de sa couleur noire, comme celle d’un charbon éteint , soit parce qu’on y sent une chaleur
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- pareille à celle que feroit un charbon
- Anthracite ou anthraco-
- L1TE , du grec ( anthrax ),
- charbon , et de x-.in*, ( lithos ) , pierre : charbon de pierre.
- ( Minéral. ) Substance minérale d’une couleur grise , noirâtre , composée de feuillets flexibles.
- Les minéralogistes appellent anthracite , ce que l’on appelle communément charbon de terre. 11 est noir et luisant, d’une combustion lente et difficile.
- ANTHROPOGRAPHIE , s. f. du grec aySi,e>iroi. ( anthrôpos ) , un homme, et de y » ( graphê ), description.
- ( ylnat. ) Partie de l’anatomie qui a pour objet la description de l’homme. Les anatomistes divisent cette partie en deux autres , dont l’une concerne la description des parties solides ; et l’autre, celle des parties fluides.
- ANTHROPOMANTIE, s. f., du grec [anthrôpos), homme,
- et de ( manteia ) , diviua-
- tion : divination qui se l'aisoit par l’inspection des entrailles d’hommes ou de femmes que l’on éventroit.
- ANTHROPOMÉTRIE , s. f. dn
- grec àhiîjMT05 (anthrophos) , homme, et de fiÉTÇov ( métron), mesure.
- ( Arts du dessin ) Science qui a pour objet , les proportions du corps humain.
- ANTHROPOMORPHE, adj. du grec' t'vj#ttcç ( anthrôpos ), h mme, et de juoçtfn ( morphê ) , forme : qui a la forme ou la figure d’un homme.
- ( Ilist, nat. ) On donne ce nom à certains animaux qui ressemblent en quelque chose - au corps de l’homme.
- ANTHROPOPHAGE, s. m. du grec ( anthrôpos) , homme,
- et de ^a.yu [phago), manger, dévorer : mangeur d’hommes.
- ( Ilist. nat. ) Il se dit des hommes qui mangent de la chair humaine.
- ANTHROPOSOMÀTOLOGIE, s. f. Ju gr. .tàp-'-Ldanthrôpos), homme de «uci [s ma) , corps, et de ào?ss [logos), discours, traité.
- . ( Anat. ) Terme créé par Boer-haave , pour désigner la desqrip-
- ANT
- tion du corps humain , de sa structure.
- ANTHROPOSOPHIE, s. f. du gr. «K3-çw7roç (anthrôpos), homme , et de o-ccp[sophia) , science, cou— noissance.
- ( Philos. ) Counoissance de la nature humaine.
- ANTHROPQTOMIE , s. f. du gr. ctvSçawsç ( anthrôpos), homme , et de rtuv(é[ temno ), couper.
- ( Anat. ) Partie de l’anatomie qui a pour objet la dissection du corps humain ; c’est la même chose qu’AN-DAvTOMIË. V. ce mot.
- ANTHYNOPT1QUE ,.adj. du gr. u.. Pt ( anti ), contre , et de -tths ( upnos), sommeil.
- ( Méd. ) il se dit des remèdes qu’on donne contre un sommeil excessif et non naturel.
- ANTI , prépos. Cette espèce de préposition entre dans la composition de plusieurs mois français, dans la signification d’avant, et dans celle de contre. Dans le premier cas , elle vient du latin ante, et désigne i’an-térionté de teins ou de lieu, comme dans antidate ; dans le second , elle est dérivée du gr. «i.-î [anti), contre , et elle signifie opposition , alternative, etc. , comme dans antipode.
- ANTiAPOPLECTlQUK , adject. du grec AG ( anti) , contre, et de cnrt,vA>,Çic: ( apoplexia ) , apoplexie.
- ( Méd. ) Epithète que Pou donne aux remèdes contre l’apoplexie.
- ANTIARTHRITIQUE , adj. du grec ùyr) [anti), contre, et de ap.ïrim.' ( artkritis ) , la goutte.
- [Méd. ) Epithète que l’on donne aux remèdes contre la goutte.
- ANTIASTHMATIQUE, adj. du grecarTi [anti), contre, et de i
- ( asthma ), asthme.
- ( Méd. J Épithète que l’on donne aux remèdes contre l’asthme.
- ANTICACHECTIQUE, adj. ets.^ du grec avri ( anti ), contre, et de K.a.y dia. ( kachexia), cachexie.
- [Méd.) lise, dit des remèdes contre la cachexie.
- ANT1CAUSOT1QUE , adj., du grec Ar< ( anti ) , contre , et de ra-îi-w ( kausos ), lièvre ardente.
- ( Méd.) Épithète que J on donne aux remèues contre le causits enfièvre ardente.
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- AN T
- àNTICHRÈSE , ,s. f. du gree ( antichrêsis ) , niutuus
- usas.
- (Pratique) Convention où rempruntent- engage ou cède ses héritages , ses possessions pour l’intérêt de l’argent prêté. Uantichrèse est proprement le nantissement d’une chose immobilière.
- ANT1CHTONES, s. m. du grec «fri ( anti ) j contre , et de X"
- ( chthôn ), terre.
- (Astron.) Peuples qui habitent dans les hémisphères opposés de la terre, mais à des latitudes égales; l’un a l’été , tandis que l’autre a l’hiver. Ce nom est quelquefois donné aux antipodes, quelquefois aux antisciens,• il est peu usité, parce que sa signification n’est pas assez déterminée.
- ANTICIPATION, s. f. du latin anticipatio, formé de ante , avant, et de capio , prendre : l’action de prendre d’avance.
- ( Pratique ) Commission du juge d’appel, portant permission à l’impétrant de faire assigner l’appelant à certain jour, pour voir procéder sur l’appel.
- (Finances ) Anticipation se dit des expédiens auxquels ont recours les administrateurs pour se procurer des fonds d’avance, par des emprunts secrets , hypothéqués sur des parties du revenu public qui ne sont pas encore reçues, et remboursables sur ces produits à mesure qu’ils rentrent.
- (Musique)' Anticipation se dit en musique lorsque le compositeur fait entendre une note ou un accord avant ie tems.
- ANTIDATE, s. f. du latin antè data, dont on a fait anti-data, et antidate,
- (Pratique) C’est une date fausse, antérieure à la vraie date d’un acte , d’un titre, d’un écrit, d’une lettre-de-change.
- ANT1D1NIQUE , adj., composé du gr. - vr i (anti) , contre , et de Jfoiç ( dinos ) , vertige.
- ( Méd. ) On désigne ainsi les remèdes contre les vertiges.
- ANTIENNE, s. f., du grec km-«fsnct composé de k.;n (anti), contre, et de ( phone ) : voix, c'est-à-dire. réponse faite de l’autre cété.
- A N T 7§
- ( Liturgie ) Dans l’origine , les antiennes étoient chantées par deux chœurs qui se répondoient alternativement.
- ANTIDOTE, s. f., du grec «,A (anti) , contre , et de J'i( dido— mi), donner. Comme si on disoit : composition contre ce qui a été donné.
- ( Méd.) Remède interne pour préserver ou pour guérir de la pes^te, pour résister aux poisons et aux venins , et pour corriger ia dépravation des humeurs.
- ANTIEPiLEPTIQUE , adj. et s., du grec a t t (anti j, courre, et d%7w— ÂH7TC- a. ( épilêpsia), epilepsie.
- (Méd.) Nom qu’on donne aux remèdes contre Vépilepsie.
- ANTIHECTIQUE, adj. et s., du grec tri (anti), contre , et d’Lro.sv ( ektilcos ) , hectique.
- ( Méd. ) Epithète que l’on donne aux remèdes contre la fièvre hectique.
- ANTIHYDROPHOBIQUE , adj. et s., du grec ktn ( anti ), contre, et d’.é' oç /it ( hudrophohia ) , ,horreur de l’eau , rage.
- (Méd.) On donne ce nom aux remèdes contre la rage.
- ANTIHYDROPIQUE , adj. et s., du grec kt. < ( anti )j, contre , et d’ï-J'fted (hudràps ), hydropisie.
- ( Méd. ) 11 se dit des remèdes contre l’hydropisie.
- ANTIHYPOCONDRIAQUE, adj. et s., du grec ktri ( anti ), contre , et d’u7rcp£ov<i'pic£ ( hupocondria ) , les hypocondres.
- ( Méd. ) On appelle ainsi les remèdes contre les maladies hypocondriaques.
- ANTIHYSTÉRIQUE, adj. et s. , du grec «vr» (anti), contre, et d’ûrt-g-4 ( hustera) , la matrice.
- ( Méd. ) C’est le nom de^remèdes contre les affections hystériques.
- ANTILOBE, s. m., du latin anti-lobium.
- ( Anat. ) Partie de l’oreille oppo a sée au lobe.
- ANTILOGIE, s. f. du grec ktn (anti), contre, et de ao-/üç (logos), discours.
- ( Diction ) Contradiction de sens dans un discours , ou discours contraire à un autre , ou contradiction
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- entre deux expressions, seulement dans le même ouvrage.
- ANTIMETATIIÈSE, s. f., du grec «vt! ( anti ), contre, et de /jurctâ-ic-n ( metathesis ), changement , transe-position.
- (Diction) Figure de rhétorique qui consiste à répéter les mêmes mots, mais dans un sens opposé.
- ANTIMOINE, s. m. , du gree «vT-'i ( anti ) , contre, et de /-ovoç ( monos ), moine : contraire aux moines.
- ( Minéral. ) Métal blanc , brillant et très-fragile.
- On ne sait pas précisément ce qui lui a fait donner le nom à’antimoine. On raconte à ce sujet le fait suivant: Un moine allemand, d’autres disent deCantorbéry,quicherchoit la pierre philosophale, ayant jeté à des pourceaux de l’antimoine, s’aperçut que ceux de ces animaux qui en avoient mangé après avoir été purgés très-violemment, eu étoient devenus bien plus gras ; ce qui lui fit penser qu’en purgeant cU la sorte ses confrères, ils s’en porteroient beaucoup mieux. Mais cet essai lui réussit si mal, qu’ils en moururent tons ; ce qui fut cause qu’on appela ce minéral, antimoine , contraire aux moines.
- Quoi qu’il en soit de l’origine de Yantimoine , ce minéral a causé les plus grandes disputes en médecine. Ses propriétés n’étoient point encore connues en i566, et la faculté crut devoir alors en défendre l’usage ; le parlement confirma son décret. Ce ne fut que près de cent ans après, en 1600, que plusieurs médecins s’étant ouvertement déclarés pour l’antimoine , l’usage en devint très-commun ; et, en 1666, le parlement rendit un second arrêt, qui permit aux docteurs en médecine de se servir, d’antimoine, d’en écrire et d’en disputer.
- JL?antimoine est un demi-métal si aigre et si cassant, qu’il se brise sous Je marteau.
- U antimoine se trouve dans le commerce sous deux formes ; Yantimoine crud, qui n’est que l’antimoine sulfureux , débarrassé de sa gangue ; et le régule d’antimoine.
- ( Méd. ) Y’antimoine est devenu un des principaux remèdes. Suivant la préparation qu’on eu fait, il est
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- tantôt vomitif, tantôt diaphorétiqne,-purgatif, ou simple altérant. On en fait le kermès minéral , le tartre émétique , le soufre doré d’antimoine , et beaucoup d’autres prépa-i rations.
- ( Chimie ) L’antimoine , tel qu’il est retiré de la mine , a pris, dans la nouvelle nomenclature , le nom de sulfure d’antimoine natif ; Yantimoine crud , celui de sulfure d’antimoine ; et Y antimoine diaphoré-tique , celui d’oxide dJantimoine blanç par le nitre.
- ANTINOMIE , s. f. du grec év-< {anti), contre, et de y<>(M%{nomos), loi.
- ( Prat. ) Contradiction réelle ou apparente entre deux lois.
- ANTIPARASTATE, s. f., du gr. «rrî {anti), contre, et de (peristamai), se tenir.
- {Diction) Figure de rhétorique’par laquelle un accusé cherche à prouver, que, s’il étoit l’auteur de ce qu’on lui impute, il mériteroit plutôt d’être loué que blâmé.
- ANTIPATHIE, s. f. du grec «rrï {anti), contre , et de irctSos {pathos), affection, aversion: répugnance naturelle et non raisonnée que l’on a pour quelqu’un , pour quelque chose.
- ( Physique ) Opposition ou répugnance qu’ont certains êtres pour d’autres êtres ; ou propriétés qu’ont certains .corps , lesquelles les empêchent de se joindre ou de s’unir à d’autres , comme l’eau et l’huile , qui ne se réunissent et ne se mêlent que difficilement.
- ( Méd. ) L’antipathie est l’aversion que l’on a pour un objet , et qui est quelquefois si grande , que si les sens en sont frappés, on tombe en foiblesse , ou l’on, est saisi d’horreur. Il y a des antipathies fondées , d’antres qui sont chimériques; les premières sont celles qu’inspirent les objets nuisibles, ou qui affectent les sens d’nne manière désagréable ; les autres sont toutes celles que l’on a pour des objets que Ton ne voit pas réellement , mais dont on a l’idée frapDée.
- ANTIPÉKISTASE , s. f. dn grec dyr) ( anti ), contre, et de 7r? ç?.ra-ixcu ( peristamai ) , être autour , résister : résistance à quelque chose qui eatoqre ou qui assiège.
- Didact.)
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- ( Diâac.t. ) Action de deux qualités contraires, dont l'une augmente la force de l’autre.
- ANTIPHONIE, s. f. du grec <£»•-Tiço«« ( antiphonia), composé de àvri ( anti ), contre, et de fur*
- (phônê ), son : contre son.
- ( Musique ) Nom que donnoient les Grecs à cette espèce de symphonie , qui s'exécutait par diverses voix ou par divers instrumens à l’octave ou à la double octave , par opposition à celle qui s'exécutait au simple unisson , et qu'ils appe-loient homophonie.
- ANTIPHRASE, s. f. du grec irrï {anti), contre, et de <pp«<7iç (phra-sis ), locution, façon de parler.
- ( Diction ) Pigure par laquelle ou emploie un mot ou une façon de 'parler dans un sens contraire à celui qui lui est naturel.
- ANTIPODES , s. m. du grec âm ( anti)\ contre , et de , -sro<Tsç (pous , podos ) , pied. ?
- (Astron. Géomét.) Lieux de la terre qui sont diamétralement opposés ; -ceux qui sont sur des parallèles à l’équateur , également éloignés de ce cercle , les uns du côté du Midi, les autres du côté du Nord , qui ont le même méridien , et qui sont sous ce même méridien à la distance les uns des autres , de 180 degrés , ou de la moitié de ce méridien , sont antipodes , c’est-à-dire , ont les pieds diamétralement opposés. Les antipodes ont à-peu-près le même degré de chaud et de froid ; ils ont les jours et les nuits également longs , et lorsque les uns ont les jours les plus longs, les autres ont les jours les plus courts.
- Platon passe pour avoir imaginé le premier la possibilité des antipodes , et pour être l’inventeur de ce nom , mais on n’a eu de certitude là-dessus que depuis que des navigateurs ont fait le tour du monde. Avant cela, ceux qui les admettaient étoient regardés comme des fous , quelquefois même comme des hérétiques. Un évêque nommé Vi-gilius fut déposé , pour avoir soutenu les antipodes , contre Lac-tance , le précepteur du fils de Constantin.
- ANTIPRAXIE, s. f. du greç *.t) Tom, I
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- (anti), contre, et de v^enrat» (prassô), faire , pratiquer.
- ( Méd. ) Contrariété de fonctions et de tempérament dans les diffé--: rentes parties.
- ANTIPTOSE, s. f. du grec àiD (anti) , contre , et de nrloaiç(ptàsis), chute , cas, terminaison.
- (Gramm.) Position d’un cas pour un autre.
- ANTIQUE, adj. et s. de l’italien antica , formé du lat. antiquus.
- ( Beaux-arts ) On dit Vantique , le bel antique , pour signifier ce que nous connoissons de plus distingué en statues , en bas-reliefs , en médailles, en pierres gravées , restes précieux des siècles éloignés dans lesquels les arts ont atteint la plus grande perfection. Parmi les statues dont les beautés parfaites portent le caractère des tems où les arts fleurissoient, on distingue particulièrement, Y Apollon, la Vénus-Médicis , le Torse , le Laocoon, et le Gladiateur, qui, depuis qu’elles ont été découvertes dans les ruines dès palais ou des temples , sont proposées , de génération en génération, à l’observation, â l’étude , et à l’imitation des peintres et des sculpteurs.
- ANTISCIENS , adj. s. du grec «fri ( anti)., contre, et au a. (skia), ombre.
- (Astron., Géogr. ) Nom que l’o» donne aux peuples qui habitent de différens côtés de l’équateur , et dont les ombres à midi, ont des directions contraires. Ainsi , les peuples du nord sont antisciens à ceuxj du midi : ces derniers ont leur ombre à midi, dirigée vers le pôle antarctique , et les premiers l’ont dirigée vers le'pôle arctique.
- ANTISEPTIQUE, adj. et s. du grec âi-t) ( anti ) , contre , et de o-Jîtw ( sêpô ) , pourrir.
- ( Méd. et Chimie ) Il se dit des remèdes, des substances qui ont la propriété d’empêcher la putréfaction?
- ANTISPASE, s. s. du grec âtrl ( anti ), contre , et de airô,« (spaô), attirer,
- ( Méd. ) Révulsion, retour d’humeurs , cours qu’on leur fait prendre vers la partie opposée à celle sur laquelle elles se jetaient. On s’en sert à l'égard des humeurs déjà en F
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- mouvement pour les jeter sur une partie 'opposée.
- ANTISPASMODIQUE, adj. et s. du grec àvri ( anti ), contre , et de ®-7r«<r/u.eç ( spasmos } , spasme.
- ( Méd. ) On nomme ainsi les remèdes contre les convulsions on mou-vemens convulsifs.
- ANTISPASTIQUE, adj. et s. du grec àvr) ( anti }, contre , et de è-raa ( spao ), attirer.
- ( Méd. ) Il se dit des remèdes qui opèrent par révulsion, c’est-à-dire, qui attirent les humeurs vers une autre partie du corps.
- ANTISTROPHE , s. f. du grec «kti ( anti ) , qui marque opposition" ou alternative , et de rpo<?» ( strophe ), conversion, retour.
- ( Art dramat. anc. ) C’étoit chez les G-recs, la stance que le chœur chantoit , dans les pièces dramatiques , en tournant sur le théâtre de gauche à droite, par opposition à la stance précédente , nommée strophe , qu’il chantoit en allant de droite à gauche.
- ANTFIITHÈSE , s. f. du grec «xvri ( anti ) , contre , et de 3-so-iç ( thesis ), position , dont la racine «st (tithêmi), poser.
- ( Diction ) U Antithèse est une ligure de rhétorique propre à orner et à embellir le discours : elle consiste à opposer des pensées les unes aux antres , pour leur donner plus de jour.
- Les antithèses bien' ménagées , plaisent infiniment dans les ouvrages d’esprit. On en trouve dans les plus grands maîtres ; elles font surtout un grand effet dans les portraits.
- Les antithèses expriment un rapport d’opposition entre des objets différens , ou dans un même objet entre ses qualités , ou ses façons d’agir : ainsi , tantôt elle réunit les contraires sous un rapport commun, tantôt elle présente la même chose sous deux rapports contraires. Cette sentence d’Aristote : Pour se passer de société il faut être un dieu, ou une bête brute; ce mot dePhocion à Antipater : Tu ne saurois avoir • P ho don pour ami et pour flatteur ' en même tems ; et celui-ci : Pendant la paix les enfans ensevelissent leurs pères , et pendant la guerre , les pères ensevelissent
- A O U
- leurs enfans, sont des modèles d’antithèse.
- ANTONOMASE , du grec <l,rl ( anti ) , qui signifie pour , au lieu de, et de (onosna) , nom.
- ( Rhét. ) Figure de rhétorique par laquelle on se sert d’un nom ap-pellatif au lieu d’un nom propre, comme le philosophe , pour dire Aristote ; l’orateur, pour dire Cicéron. t f
- ANXIETE, s. f. dulatin anxietas, perplexité : travail, peine et embarras d’esprit.
- ( Méd. ) Les médecins emploient ce mot, pour exprimer l’inquiétude et l’agitation excessive qui accompagnent la plupart des maladies aiguè's, et qui ne permettent point auf malade de demeurer long-tems dans la même situation 5 mais qui l’obligent de remuer sans cesse pour trouver une posture qu’il a peine à rencontrer.
- AORISTE , qui se prononce OPJSTE , s. m. du grec aeçutt ( aoristos), indéfini.
- ( Gramm. ) Ce mot ne se dit que de ces sortes de prétérits des verbes qui marquent indéfiniment le tems passé. Les Grecs ont un premier aoriste , un second aoriste ; les Latinsn’enontpoint. Dans la langue française , ce mot se dit du prétérit du verbe auxiliaire avoir ou être. Je lus , je pensai , etc., sont des aoristes.
- AORTE , s. f. du grec «ofl» ( aorte ) , vaisseau , sac.
- ( Anat. ) On nomme ainsi la plus grosse des artères qui sortent da cœur , parce qu’elle est le tronc duquel sortent toutes les artères , comme de leur source , excepté l’artère pulmonaire.
- AOUT, s. m. (de l’empereur Auguste qui lui donna son nom : les Français disent par corruption août).
- ( Astron. ) Le sixième mois de l’année de Romulus, le huitième de celle de Numa, et de notre année moderne. Il étoit appelé sextilis , à cause du rang qu’il occupoit dans l’année de Romulus , et ce nom lui avoit été conservé dans l’année de Numa. Auguste lui donna son nom, parce que ce fut dans un pareil mois qu’il fut élu consul ; qu’il reçut , pour la troisième fois , les
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- honneurs du triomphe ; qu’il se rendit maître de l’Egypte , et qu’il mit lin à la guerre civile.
- Ce mois et celui de juillet, dont le nom vient de Jules-César , sont les deux seuls .qui aient conservé les noms que les empereurs leur ont donnés : le mois d’avril a été appelé pendant quelque tems Ne-roneus, le mois de mai , Clau-dius, etc.
- AOUTEE , v. a. d’aow£ , mûrir: accélérer la maturité.
- ( Jardin. ) On dit d’une branche qu’elle est aoûtée , lorsque la chaleur du mois d’août l’a brunie , et qu’elle a acquis dans l’automne assez de consistance pour supporter les gelées d’hiver. On dit la même chose des graines et de certaines productions de la terre qui ont été assez mûries par la chaleur du mois d’août, et assez formées pour être mangées.
- APAGOGIE), s. f. du grec ô.7ra-y«7« ( apagôgê ), déduction.
- ( Logique ) Preuve d’une proposition par l’absurdité du contraire.
- APANAGE, s. m. du latin punis, pain.
- (Econ. polit.) Terres que les souverains donnent à leurs puînés , ou revenus qu’ils leur assignent pour leur tenir lieu de partage.
- APANTHROPIE , s. f. composé du grec ct-n-o (apo )loin, et de a.üf«7roç (anthrôpos), homme : aversion poulies hommes.
- ( Méd. ) C’est, en termes de médecine , la misanthropie causée pat-une maladie.
- APARTE, s. m. mot latin qui a été également adopté par les Italiens et par les Espagnols.
- ( Art dram.) Ce qu’un acteur dit de manière à être entendu des spectateurs , mais qu’on suppose n’ètre pas entendu des autres acteurs.
- APATHIE, s. f. de l’A priv. grec , sans, et de-rraS-cç (pathos) passion : sans passion : insensibilité, ou défaut de passion; état d’une ame qui u’est susceptible d’aucune émotion.
- ( Hist. ) Pline pense qu’il y a eu des hommes dont on a pu dire qu’ils étoieut véritablement apathiques , et il cite entr’autres Crassus , le grand-père de celui qui fut tue
- A P H <5
- chez les Parthes , qui n’avoit jamais ri , et auquel on donna, par cette raison , le surnom à’Agelastus.
- Les Athéniens donnoient aux hommes de ce caractère le nom d’apa-thes ; tels furent Diogène le Cynique, Pyrrkou, Héraclyte et Timon ; ce dernier étoit particulièrement surnommé le Misanthrope.
- ( Méd. ) Lorsque l’apathie est poussée à l’excès , elle ne manque point de dégénérer en mélancolie , et d’amener des suites funestes , telles que la rêverie , le délire , la pâleur , la maigreur, une respiration lente et difficile, etc.
- APÉCHÈME, s. m. composé d’âs-5 ( apo ), loin , et d’ifyoc ( échos ), écho: son, retentissement, contrecoup.
- ( Chir. ) On nomme ainsi une fracture du crâne, dans la partie opposée au coup.
- APÉDEUTE , adj. de l’A privât, grec, et de icatS'evu (paideuô) , en* seigner, instruire : sans instruction ; ignorant par défaut d’instruction.
- APEPS1E, s. f. de l’A privât, grec, et de ( pepsis), coction , digestion ; dérivé de ireTtlu ( peptô) , digérer, cuire.
- ( Méd. ) Indigestion.
- APÉRITIF, adj. et s. du lat. ape-rire, ouvrir.
- ( Méd. ) On donne ce nom aux médicamens qui, considérés par rapport aux parties solides du corps humain , rendent le cours des liqueurs plus- libre , au travers des vaisseaux qui les renferment, en détruisant et en dissipant les obstacles qui pourroient s’opposer à la liberté de leur couvs.
- APÉTALE, adj. de l’A priv. grec, sans , et de a-t-axat (petalon), feuille des fleurs : sans feuille , sans pétale.
- ( Botan. ) Fleur sans corolle , ou plante qui porte.une fleur sans corolle .
- APHÉLIE, s. m. du grec CC7T& (apo ), loin , et de d'aioï (helios), soleil : loin du soleil.
- ( Astron. ) Uaphélie est le point de l’orbite de la terre ou d’une planète , où la distance de cette planète au soleil , est la plus grande qu’il est possible. L’aphélie est le F a
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- Si À P H.
- point diamétralement opposé au périhélie.
- Suivant Kepler, et comme tous Jes astronomes l’ont reconnu depuis, toutes les planètes , tant du premier que du second ordre , se meuvent dans des courbes elliptiques , dont leur astre principal occupe l’un des foyers ; c’est la raison pour laquelle toutes ces planètes ne sont pas toujours à égale distance de leur astre principal. Celles donc qui se meuvent autour du soleil , sont tantôt plus et tantôt moins éloignées
- APHERESE, s. f. du grec ( apo), de, hors, et d’cci$«<» ( aireà), prendre, ôter.
- (Gramm.) Figure de mots qui consiste à retrancher une lettre ou une syllabe , au commencement d’un mot.
- APHONIE, s. f. de l’A privât, grec, sans, et de (je*»» (phônê), voix : sans voix.
- ( Méd. ) Privation de la voix, ou impossibilité de produire des sons articulés. Il ne faut pas confondre l’aphonie avec la mutité, puisque celle - ci peut avoir lieu sans être accompagnée A’aphonie , et que l’a--phonie ne sauroit exister sans la mutité.
- APHORISME, s. m. du grec «<w-fio-^oç ( aphorismos), courtes maximes.
- ( Littérat. ) Proposition qui renferme, en peu de mots , unemaxime générale : les aphorismes d’Hippocrate.
- APHRODISIAQUES , adj. du gr. àçpsJVr» ( aphroditê ) , Venus , déesse de la volupté , l’acte vénérien,
- ( Méd. ) C’est par extension que l’on appelle aphrodisiaques, tout ce qui peut exciter à l’acte vénérien.
- APHPiODlTE, adj. dugr. à<fço<Lm {aphroditê) , Vénus.
- ( Hist. nat. ) On donne ce nom aux animaux dont chaque individu reproduit son semblable par la génération , sans aucun acte extérieur de fécondation. La plupart des vers et les insectes dont la reproduction se fait par la seule section de leur corps, sont aphrodites. On présume que les polypes ne le sont pas.
- APO
- APHRONITRE, s. m. mot grec composé d’chçpsç (aphros) , écume , et de vitçîv ( nftron ), nitre.
- ( Chim,. ) Sorte de sel ou essence de nitre , que les chimistes modernes appelient nitrate de chaux, ou nitrate calcaire , parce que ce sel est formé par la combinaison de l’acide nitrique avec la chaux.
- APHTHES, s. m. du grec ( aphthai ) , d’avr» ( aptô ), être enflammé.
- ( Méd. ) Ce sont de petits ulcères superficiels qui viennent dans la bouche, et qui sont accompagnés d’une chaleur brillante : ils attaquent ordinairement les enfans.
- A-PIC , adv. de l’italien à-picco, perpendiculairement.
- ( Marine ) Côte à-pic -, c’est une côte sans talus du côté de la mer. — A -pic, en parlant de l’ancre , c’est-à-dire, que l’on a viré le cable du vaisseau de façon que l’avant du bâtiment se trouve perpendiculaire sur l’ancre. On vire à-pic pour appareiller.
- APLESTIE , s. f. de l’A privât.-grec , et de etMiOw (plêthô ), pem-plir.
- ( Méd. ) Insatiabilité , avidité.
- APLOTOMIE, s. f. dugr. <Wo«
- (apalos), mort, d’â-srr«', ( aplous ) , simple , et de ( temnô ), couper.
- ( Chirurg. ) Ample ouverture faite à une partie molle.
- APNEE , s. f. de l’A priv. grec , sans, et de irna> (pneo ), respirer, défaut de respiration.
- ( Méd. ) Etat dans lequel la respiration paroit abolie , c’est-à-dire , qu’elle est si petite , si rare et si tardive, qu’il semble que les malades ne respirent plus et soient sans vie , comme il arrive quelquefois dans la passion hystérique , la syncope , l’apoplexie , la léthargie.
- APOCALYPSE, s. f., du grec A*:-y ahi-là [apochalupsis) t dont la racine est a'eaxa.i(apochaluptô), révéler, découvrir.
- ( Relig. ) Ce mot, qui signifie révélation , s’applique particulièrement au dernier livre du Nouveau-Testament. Il contient les révélations de S. Jean sur plusieurs mystères. C’est le livre du Nouveau-Testament
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- APO
- sur lequel le sentiment des Pères et le témoignage de l’Eglise a le plus varié ; mais le troisième concile de Carthage, en 397, l'a mise dans le canon des livres sacrés, et de plus les Eglises d’orient et d’occident la lisent sous le nom de l’apôtre saint Jean.
- APOCENOSE , s. f. du grec <*«0 { apo) , loin, hors , et de ( ke-
- noo), évacuer.
- ( Méd. ) Sorte d’hémorrhagie ou flux d’humeurs, qui n’est accompagnée ni d’irritation ni de lièvre.
- APOCHYLIME, s. m. du grec «xi ( apo ) , et de ( chulos ),
- suc.
- ( Pharm. ) Suc végétal épaissi, qu’on appelle autrement ROB. Uoy. ce mot.
- APOCOPE, s. f. du grec «wo (apo), de, hors, et de x.Lrr» (kopto), couper.
- ( Chirurgie ) Sorte de fracture ou coupure dans laquelle une pièce de l’os est enlevée.
- ( Crramm. ) Apocope est aussi une figure de grammaire , qui consiste a retrancher quelque chose à la fin d’un mot.
- APOCROUSTIQUE, adj., composé du grec à<sro (apo) , et de (krouô), repousser.
- ( Med. ) Remède propre à répercuter ou détourner les humeurs.
- APOCRYPHE, adj., du grec àm-Kfvcfoç (apokruphos), secret : caché, inconnu, resserré, mis à part, sup-primé.
- (Hist.) Parmi les anciens Grecs, ce mot siguifioit caché, et s’appli-quoit aux livres sacrés, auxquelles prêtres seuls pouvoient avoir accès j mais, lorsqu’à l’époqqe de l’établissement du christianisme, l’on interdit aux chrétiens la lecture des livres des sybilles , etc. , ou ce qui étoit la même chose, des livres apocryphes, ce mot reçut dès-lors une acception défavorable , et peu à peu l’on désigna par livres apocryphes, non-seulement les livres des sybilles , et autres écrits sacrés, étrangers à la religion chrétienne, mais on comprit encore, sous cette dénomination, les livres qui traitaient de la religion chrétienne , mais -qui n’étoient pas avoués par l’Eglise.
- Aujourd’hui le mot apocryphe s’é-
- A P Ô 85
- te'nd aux histoires, aux historiens dont l’autorité est suspecte, et même aux nouvelles auxquelles on n’ajoutei pas grande foi. C’est dans ce sens qu’on dit : Une histoire apocryphe, un auteur apocryphe, un livre apocryphe , une nouvelle apocryphe„
- APODACRYTIQUE, adj., du gr.
- ( apodakruô ) , pleurer
- après.
- ( Méd. ) C’est le nom d’un remède qui fait d’abord verser des larmes par sou acrimonie , et qui les arrête ensuite, en resserrant leurs vaisseaux excrétoires.
- APODES, s. m., de l’« privât, gr. sans, et de vS? (pous), «oktt (podos), pied: sans pieds.
- ( Hist. nat. ) Les apodes forment le troisième ordre des poissons dans le système des animaux de M. Cuvier. Comme les nageoires, dans les poissons , ont été comparées aux pieds dans les autres animaux , on nomme apodes, ceux qui n’ont pas de nageoires inférieures. L’anguille et l’espadon sont compris daàs l’ordre des apodes.
- APODICTIQUE, adj., du gr. <UÎ-S'uy.hx.0% ( apodeiktikos), convaincant, démonstratif, dont la racine primitive est J'smv» ( deiknuô ) , faire voir , montrer.
- (Didact. ) Démonstratif, évident.*
- APODIOXIS, s. f., mot grec dérivé à’à.TroS'ioxa ( apodiôko ) , repousser , rejeter.
- ( Diction ) Figure de rhétorique, par laquelle on rejette un argument comme absurde.
- APOGÉE, s. m. , du grec «.*! ( apo ), loin de , et de y«î« (gaia), terre : loin de la terre.
- (Astron.) L’apogée est le point dans lequel une planète est le 'plus éloignée de la terre. Les planètes, tant du premier que du second ordre, se mouvant dans des courbes elliptiques , il s’ensuit qu’elles ne sont pas toujours à égale distance de leur astre principal. Ainsi, les astres qui se meuvent autour de la terre comme la lune, et même celui autour duquel la terre se meut, comme le soleil , sont tantôt plus , tantôt moins éloignés de la terre. Les autres planètes sont aussi, tantôt plus , tantôt moins éloignées de la terre. Lorsqu’elles sont dans la plus petite dis-
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- tance de la terre, on dit qu’elles sont dans leur^érzjgée,- c’est ce qui arrive aux planètes supérieures ,. Mars, Jupiter, Saturne et Herschell, lorsqu’elles sont en opposition avec le soleil ; et aux planètes inférieures , Vénus et Mercure, lorsqu’elles sont dans leur conjonction inférieure ; mais lorsqu’elles sont dans leur plus grand éloignement de la terre , on dit qu’elles sont dans leur apogée ; c’est ce qui arrive aux planètes supérieures, lorsqu’elles sont en conjonction avec le soleil, et aux planètes inférieures , lorsqu’elles sont dans leur conjonction supérieure.
- APOGRAPHE , s. m., du grec 'A'wsrp-ifoç ( apographcs), composé d’a-sro {apo), à ou ab, de, et de ypatpw ( graphà ), écrire.
- {Diplomatique) Copie de quelque livre ou écrit, fait d’après un original. Apo graphe est opposé à autographe , comme copie à original.
- APOLOGIE, s. f. du grec à©oao-71 et {^mologia) , défense , dont la racin™est nyc {légô ), dire , parler.
- ( Elocut. ) Discours par écrit ou ' de vive voix, pour la justification , pour la défense de quelqu’un , de quelque action, de quelque ouvragé.
- lise dit aussi , par extension, de tout ce qui est propre à justifier quelqu’un : Sa conduite , depuis quelque tems , fuit bien son apo-ïogie.
- APOLOGUE, s. m., du grec a.m-•xoroç(apologos), discours en faveur, composé d’a©0 ( apo ), de , et de aet ya> {légô), parler, racouter.
- ( Littérat. ) Fable morale et instructive ; espèce de petit poëme, dans lequel on fait parler les animaux, et même les corps inanimés, pour instruire les hommes. Ce genre de yoësie nous vient des Grecs : c’est Esope qui en est l’inventeur.
- APOMÉCOÙIÈTR1E, s- f. , du grec œ©c ( apo ), loin , et de {métron), mesure.
- {Géomet.) L’art ou la manière de mesurer la distance des objets éloignés.
- APONEVROSE, s. f. du grec œ-aro {apo), de , hors, loin , et de tsu-|s? {neuren), nerf.
- {Anat ,)ha. partie tendineuse d’un muscle, qui, au lien d’être vamassée en rond, comme dans les tendons
- APO
- ordinaires , est étendue en forme de membrane.
- Les anciens donnoient le nom de tendon aux nerfs, et comme les aponévroses sont ordinairement des épa-nouissemens détendons, c’est pourquoi ils avoient donné ce nom à ces parties.
- APOPHTIJEGME, s. m. du gree cctgoySty/j-ct {apophthegma), mot ou pensée remarquable de quelque per^-sonne illustre: les apophthegmes des sept sages de la Grèce ; les apophthegmes de Scipion , de Caton , etc.
- APOPHYGE, s. m. du gr. ««;-fvyis ( apophugis) , fuite , du verbe «ToçEvyœ, {apopheugô ), s’échapper, sortir : naissance.
- {Archit.) Adoucissement qui naît du bord de la ceinture, au bas du fût d’une colonne ou d’un pilastre.
- APOPHYSE , s. f. du grec â©o-yven ( apophusis), excroissance.
- {Anat.) Protubérance d’un os, ou cette espèce d’éminence qui ne fait qu’un seul et même tout avec l’os , et à laquelle les Grecs donnent le nom d’apophyse , parce qu’elle est comme née et produite immédiatement de l’os même ; ce qui la distingue de Vépiphyse, qui n’est qu’une éminence contiguë à l’os.
- APOPLEXIE, s. f. du grec ©{apoplêxia) , ^étourdissement du corps et de l’es^iit, dérivé de ©AiGo-M ( plêssô ), blesser , frapper , rompre.
- ( Mêd. ) Si l’on s’en rapporte à l’étvmologie du mot apoplexie , toute maladie qui privera de la vie un homme qui étoit ou paroissoit être , quelques minutes auparavant, eh parfaite santé, sera crue apoplexie ; mais il y auroit plus de méthode à n’étendre ce mot qu’aux maladies subites qui proviennent d’une affection quelconque du cerveau , qui prive le malade de tout mouvement volontaire , et dê l’exercice des sens tant internes qu’externes. Aussi définit-on l'apoplexie une privation subite du mouvement et du sentiment de tout le corps, accompagnée d’un ronflement et de difficulté de respirer, et dans laquelle le poulx a coutume de se soutenir, jusqu’à ce que ia mort approche.
- APOREN ou AFQRISME , s, ru.
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- du grecawofcç (aporos ), qui signifie quelque chose de très-difficile , et qui est formé d P A privât, grec et de aropaç (poros), passage.
- ( Géom. ) Quelques anciens géomètres appellent ainsi un problème difficile à résoudre, mais dont il n’est pas certain que la solution soit impossible. Tel est le pfoblème de la quadrature du cercle.
- Lorsque l’on proposoit une question à quelque philosophe grec, surtout de la secte des académiciens , s’il n’en pouvoit pas donner la solution , sa réponse étoit : Je. ne le conçois pas, je ne suispas capable de Véclaircir.
- APOSCEPSIE, s. f. du grec cè-wo (apo) de, et de çxhtttm (skêpto) tomber.
- q Méd. ) Passage rapide des humeurs d’une partie du corps dans une autre.
- APOSIOPÈSE , s. f. du grec àno (apo), de, contre, et de o-i«7ra» ( siàpaé ), se taire , passer sous silence.
- (Elocut.) Figure de rhétorique par laquelle l’orateur interrompt le fil de son discours, et passe brusquement à d’autres choses.
- APOSITIE, s. f. composé du grec «bsro ( apo ), de , et de o-rm ( sitos ) , vivres.
- ( Méd. ) Dégoût des alimens, c’est la même chose qoê anorexie.
- APOSTASIE,, s. £, du gr. à®os-«-cla ( apostasia), désertion : aban-donnement du parti qu’on avoit suivi pour en prendre un autre ; ayant pour racine ( aphistêmi ) ,
- se retirer, s’éloigner, s’en aller ; avoir aversion ,• abandonner son parti, et qui est dérivé d’Asro ( apo ), et h™-/n , ( istémi ) être debout, se tenir ferme.
- ( Relig. ) Abandon public d’une religion pour une autre ; il se dit plus particulièrement de la religion catholique romaine ; et en parlant d’un religieux, il s’entend de l’action de renoncer à ses vœux et à son habit. Il se dit aussi, par extension , de la désertion d’un parti , d’une faction , pour en suivre une autre.
- A POSTÉ ME , ou APOSTUME , s. m. du grec «.«Jr( apostêma) , abcès , dont la racine* est aals-*ui ( aphistêmi ) , diviser , se retirer , parce que l’abcès divise les parues.
- APO 87
- (Méd. ) Suppuration qui se fait à l’occasion [d’une inflammation, et l’amas du pus qui s’est engendré en conséquence dans quelque partie du corps.
- APOSTILLE, s. f. du lat. barbare apostilla, dérivé de ad-posita, placée contre, dont on a fait ad posta , adpostilla, et apostille.
- (Littérat.j On a appelé d’abord apostille de petites notes sur l’écriture sainte. Ensuite on a appliqué ce mot à des notes faites sur un ouvrage quelconque , soit pour le critiquer , soit pour l’éclaircir , soit pour se rappeler plus aisément ce qu’on a voulu y’observer. Il signifie aujourd’hui un écrit succinct que des arbitres mettent à la marge d’un mémoire , d’un compte , ect. Une addition mise au bas d’une lettre, à laquelle on donne aussi le nom de post-scriptum. Enfin , une recommandation écrite en marge d’un mémoire, d’une pétition, d’une adresse.
- (Pratique) L/apostille est encore une note ou renvoi mis à la marge d’un acte , et qui doit être paraphée.
- APOSTROPHE , s. f. du gr. rpcy» ( apostrophé) , diversion, détour; composé de «*« ( apo ), de, et de rpstj» ( strêphô ) , verlo , tourner , détourner , faire diversiou.
- ( Diction ) L’apostrophe est une figure de rhétorique propre aux passions. Par cette figure , l’orateur interrompt son discours, pour s’adresser. directement et nommément, soit aux dieux, soit aux hommes , aux vivans et aux morts , ou à quelques êtres, même aux choses inanimées , ou enfin, à des êtres métaphysiques qu’on est dans l’usage de personnifier. De ce dernier genre est le trait de Bossuet daus son oraison funèbre de la duchesse d’Orléans. Hélas ! nous ne pouvons arrêter un moment les yeux sur la gloire de la princesse , sans que la mort ne s1y mêle aussitôt pour tout offusquer de son ombre. O mort ! éloigne-toi de notre pensée, et laisse-nous tromper pour un moment la violence de no tre douleur par le souvenir de notre joie.
- APOTHEME, s. m. dn gr. s ( apo ) , ab , de , et de nêit.uî ( ti-thémi ), poser, amener.
- ( Géom. jtd’erpeiidicuiaire menée
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- du centre d’un polygone régulier sur
- un de ses côtés.
- APOTHÉOSE, s. m. do. gr. ânl ( apo), de, et de Seoç ( théos ), dieu, translation parmi les dieux.
- ( Hist. anc. ) L’apothéose étoit une cérémonie par laquelle les anciens mettoient les grands hommes au rang des dieux. La première que l’on connoisse est celle d’Osiris, suivie peu après de celle de Bélus. Toutes les divinités des Grecs, Saturne, Jupiter, tous les autres princes de la famille des Titans , sont beaucoup plus modernes.
- Le premier qu’on mit au rang des dieux à Rome, après sa mort, fut Romulus. Le temple de Tullie , consacré par Cicéron à sa fille, prépara la voie aux apothéoses. La divinité des empereurs fut une insti-tution d’Auguste ; Tibère acheva de
- 'établir et en fit une loi. Ces apothéoses devinrent tut sujet de raillerie et diminuèrent le respect des peuples pour les dieux : Sénèque fit une satire contre celle de Claude. Vespasien, tombant en défaillance, dit : Je pense que je deviens dieu, ou peu sJèn faut.
- APOTHICAIRE, s. m. du grec «.^oS-àx» ( apothêkè ), boîte , lieu à serrer quelque chose , boutique ; de TiS-itai ( tithêmi ), mettre,
- (apotithêmi), mettre à part, resserrer.
- ( Pharmacie ) Celui dont la profession' est de préparer les drogues pour la guérison des malades.
- APOTHRAUSE , s. f. du gr.
- ( apo ), de , et de 9s«vm ( thrauô ),
- riser.
- (Chir.) Sorte de fracture avec séparation de quelque esquille de l’os.
- APOTRE , s. m. du grec «.'sras’oAoç ( apostolos ), envoyé , dont la racine ( apostellô ) , en-
- voyer.
- (Relig.) Envoyé disciple do Jésus-Christ, qui a eu mission pour prêcher son évangile, et pour le porter à toutes les nations de la terre.
- Le mot apôtre que l’on a d’abord prononcé apostoïle-, ensuite avo's-tole, puis apostle , et enSn àpotre , signifioit, dans son origine, délégué, ou envoyé ; on le trouve dans Hérodote en ce sens. Les apôtres, chez les Juifs, étoient des oflàciers qu’ils
- APP
- eûvoyoient dans les provinces pour veiller à l’observation de la loi, pour-lever l’argent qu’on donnoit, soit pour les réparations du temple, soit pour payer le tribut aux empereurs. St.-Paul, suivant quelques auteurs, a été l’un de ces apôtres.
- Dans les premiers tems du christianisme, on donnoit le nom d’apôtres aux simples envoyés des églises , soit pour prêcher la foi, soit pour porter les aumônes aux. fidèles des> autres églises.
- On a encore appelé apôtre celui qui a le premier planté la foi en. quelque endroit. Dans ce sens, saint Denis de Corinthe est Yapôtre de la France, et saint François Xavier l’apôtre des Indes,
- Les évêques ont reçu des fidèles le nom à’apôtres.
- Les protestans appellent apôtres de jeunes ministres qui ont été reçus par provision, en attendant qu’ils, soient appelés au service de quelque église.
- APOTOME, s. m. du gr. «voré/xv»
- ( apotemnô), retrancher, dérivé dè Ttpvu ( temnô ), couper, et d’aur#
- ( apo ), de , hors.
- ( Mathém. ) Différence de deux grandeurs qui sont incommensurables entre elles , excès de l’une sur l’autre,
- ( Musique) Reste d’un ton majeur, après qu’on en a ôté un limma, qui est un intervalle moindre d’un comma que le semi-ton majeur ; pai-conséquent 1 ’apotome est d’un corn-, ma plus grand que le semi-ton majeur.
- •APPARAUX, s. m, du lat. appt ara tus.
- ( Marine ) Agrès et apparaux : ces deux mots réunis servent à désigner toute la garniture, les manœuvres, cordages et parties d’un vaisseau.
- On s’en sert aussi pour signifier l’assemblage de gros cordages blancs, et de poulies à caliorne destinées à faire dans le port une manœuvre considérable , comme de virer, ou abattre un vaisseau en carène, de tirer un bâtiment à terre.
- APPAREIL, s. m. du latin appa~ ratus, apprêt, préparatif de tout ce qui a de la pompe, de la solennité3_ du spectacle,
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- (Physique) Appareil, en physique , est une collection de machines ou instrumens nécessaires pour faire une suite d’expériences sur une matière déterminée. Par exemple, la machine pneumatique et toutes les pièces qui en dépendent, ou qui sont destinées à son usage, composent un appareil pour Pair.
- ( Chimie ) Appareil, en chimie , s’entend de la réunion jjde plusieurs vaisseaux de verre ou de métal , même de terre ou de bois , destinés à-la distillation des différentes substances , ou propres à recueillir et mesurer les gaz.
- Les appareils varient sans cesse suivant les opérations auxquelles ils sont destinés. Appareil de Wolf ; appareil pour Vacide nitrique ; appareil pour l’acide muriatique oxigêné.
- (Chirurg. ) Appareil en chirurgie; ce sont les plumaceaux, les bour-donnets, les compresses, les bandes, les linges , les onguens , les emplâtres et autres choses nécessaires pour panser les tumeurs, les plaies , les ulcères, les fractures, les dislocations, etc. On appelle encore appareil, la réunion de tous les instrumens nécessaires pour l’exercice de l’art , ou pour quelque opération particulière qu’on est sur le point de faire. Les lithotomistes ont leur grand et petit appareil, le haut appareil-et le latéral, qui sont autant de manières différentes de faire l’opération de la taille , pour tirer la pierre de la vessie.
- ( Anat. ) Appareil se dit de quelques parties qui en accompagnent d’autres plus considérables et d’un caractère différent. U appareil ligamenteux de la membrane capsulaire de l’articulation de l’astragale, avec le naviculaire. L’appareil ligamenteux des tendons fléchisseurs des doigts du pied.
- ( Jardin. ) Appareil est un onguent ou emplâtre qu’on applique sur les plaies des arbres , et qu’on enveloppe d’un linge entretenu avec de l’osier et de la ficelle.
- (Archit.) Appareil se dit de l’arrangement de la coupe et de l’assortiment des pierres ; d’où l’on appelle appareilleur l’ouvrier qui est chargé de cette partie.
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- ( Marine ) Appareil, préparatif pour caréner ou pour faire une forte manœuvre quelconque , comme appareil de carène, appareil de mâture, appareil pour lancer un vaisseau.
- APPAREILLER, v. n. du latin ou de l’italien apparare.
- ( Marine ) C’est faire toutes les dispositions nécessaires pour sortir un vaisseau d’un port ou d’une rade où il est mouillé, et pour mettre à la voile. On dit d’un vaisseau qu’il a fait un bon appareillage, lorsque les manœuvres nécessaires ont été bien exécutées.
- APPARENCE, s. f. du latin ap-pareo.
- ( Perspective ) Représentation ou projection d’une figure, d’un corps ou d’un objet quelconque, sur le plan du tableau.
- On se sert du terme d'apparence directe, pour marquer la vue d’un objet par des moyens directs , c’est-à-dire , par des rayons qui viennent de l’objet, sans avoir été ni réfléchis , ni rompus.
- APPARENT , adj. du latin ap-pareo.
- (Perspective) Le lieu apparent d’un objet; c’est’celui où on le voit. Comme la distance apparente d’un objet est souvent fort différente de sa distance réelle , le lieu apparent est souvent fort différent du lieu vrai. II en est de même de la grandeur apparente , qui se détermine par la. grandeur des angles optiques , sous lesquels l’objet est aperçu comme le lieu apparent suit le degré de réflexion ou de réfraction qu’ont souffert les rayons de lumière qui apportent à l’œil l’image de l’objet.
- ( Astron. ) La hauteur apparente d’un astre ; c’est celle qu’on'observe , et qui est affectée par la réfraction et la parallaxe.
- 11 y a conjontion apparente de deux planètes, lorsque leurs longitudes apparentes, vues de la surface de la terre , sont les mêmes.
- Horizon apparent ou sensible ; c’est le grand cercle qui termine notre vue, ou celui qui est formé par la rencontre apparente du ciel et de la terre.
- Diamètre apparent du soleil ou de la lune; c’est la quantité de lJaa-
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- gle sous lequel ua observateur, placé sur la surface de la terre, aperçoit ce diamètre : ou le distingue du diamètre réel, qui se compte eu lieues ou en toises.
- Les diamètres apparens des corps célestes ne sont pas toujours les mêmes. Le diamètre apparent du soleil n’est jamais plus petit que 3i' ,
- au commencement de juillet, et jamais plus grand que quand il est dans son périgée au commencement de janvier : il est alors de 32f 56",
- Distance apparente ; c’est celle que l’on observe en degrés , etc. , avant qu’on l’ait dégagée de la réfraction qui la fait paroître trop petite , et de la parallaxe qui change aussi ces distances.
- APPARTEMENT, s.m. du latin partimentum , du verbe partior , diviser, partager.
- ( Arehitect. ) Pièces nécessaires pour, rendre un iogement complet et commode.
- APPAT, s. m. du latin pastus , pâture, Appât s’est dit autrefois pour signifier la pâtée qu’on donne à la volaille pour l’engraisser.
- ( Chasse et Pèche) Terme générique sous lequel on comprend tous les moyens dont on se sert pour attirer et prendre les animaux.
- Les appâts varient suivant la con-noissance que l’on a des habitudes , et surtout des appétits propres à chaque espèce.
- APPEL , du latin appelîo.
- (Prat.) Recours à un autre tribunal.
- ( Escrime ) Attaque qui se lait d’un simple battement du pied droit dans la même place.
- APPENDICE, s. f. dulat. appen-dix.
- ( Littérat. ) Supplément qui se joint à la* fin d’un ouvrage avec lequel il a du rapport.
- ( Anat. ) Une partie détachée , en quelque sorte , d’une autre partie , à laquelle cependant elle est adhérente ou continue. 11 y a des appendices membraneuses de différentes figures, dans la plupart des parties intérieures du corps. L’oreillette gauche du cœur a une petite appendice , comme découpée dans une grande portion de sa circonférence. L'appendice vermiculairc ou vermi-fiorme est un petit intestin exirême-
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- ment grêle , qui se trouve sur le côté du fond du cæcum.
- ( Botan. ) Appendice se dit aussi d’une espèce de prolongement qui accompagne la pétiole , presque jusqu’à son insertion sur la tige ou sur les rameaux. De-là on a appelé plante appendiculée , celle qui est garnie d’une ou de plusieurs appendices.
- APPENTIS , s. m. du lat. appen-dix , augmentation , accessoire.
- ( Arehitect. ) Toit appliqué contre un mur , et qui n’a de pente que d’un côté.
- APPLICATION , s. f. du latin applicatio, dérivé deapplico, formé de ad et de plico , s’incliner , s’attacher, se plier à, ou vers quelque chose.
- ( Diction ) L’application est un nouvel emploi d’un passage , soit de prose, soit de poésie. Plus le nouveau sens ou le nouveau rapport que l’application donne au passage , est éloigné de son sens primitif, plus l’application est ingénieuse , lorsqu’elle est juste. Madame Dudéfant entendant raconter que Saint-Denis , après qu’on lui eût coupé la tête , la porta dans ses mains à deux lieues de distance : Je n ai pas de peine à le croire , dit-elle , il ny a que le premier pas qui coûte.
- ( Mathémat. ) On définit le mouvement , Vapplication successive d’un corps aux différentes parties de I’espaée.
- ( Géôm. ) C’est par Vapplication ou superposition que l’on démontre plusieurs propositions fondamentales de la géométrie élémentaire.
- L’application d’n ne science à une autre , est l’usage qu’on fait des principes et des vérités qui appartiennent à l’une, pour perfectionner et augmenter l’autre. C’est ainsi qu’on dit : Vapplication de l’algèbre ou de l’analyse à la géométrie , et réciproquement ; car quoique l’une soit plus ordinaire que rautre, il est cependant des cas où l’on applique la géo-raétiie à l’algèbre, en représentant par des lignes les grandeurs numériques que des lettres expriment; ce qui est quelquefois nécessaire pour résoudre certains problèmes avec plus de facilité.
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- f/applicntion de la géométrie et de l’algèbre à la mécanique.
- U application de la mécanique à la géométrie.
- L’application de la géométrie et de l’analyse à la géopraphie.
- U application de la géométrie et de l’analyse à la physique.
- JJapplication de la méthode géométrique à la métaphysique.
- U application de la métaphysique à la géométrie.
- Inapplication du pendule aux horloges.
- TJ application de la cyclo'ide aux pendules.
- APPLIQUEE, s. f. du lat. appli-co , formé de ad et de plico.
- ( Géom.) Ligne droite terminée par une courbe dont elle coupe le diamètre ; ou, en général, une ligné droite qui se termine par une de ses extrémités à une courbe , et par 1 autre extrémité se termine encore à la courbe même , ou à une ligne droite tracée sur le pian de celte courbe. Le terme appliquée est synonyme à ordonnée.
- APPOINT, s. m. corruption, du latin ad punctum ; salaire , récompense pour services rendus.
- ( Banque et Commerce ) Somme qui fait la solde totale, d’un compte. Ce ïïioi signitie aussi ce que l’on donne de petite monnoie , pour faire la totalité d’une somme, dont la plus forte partie a été payée en grosses espèces ou en billets.
- APPORTE, s. m. du lat. apporto, pour ad porto , porter vers.
- ( Commerce ) Lieu public ; espèce de marché où s’assemblent les marchands de denrées, h’sipport - Paris , que le peuple de Paris appelle par corruption Porte dé Paris.
- ( Pratique ) Apport se dit aussi des sommes ou valeurs que les époux stipulent qu’ils mettent en communauté.
- APPOSITION , s. f. du lat. ap-positio , formé de ad et de pouo, mettre sur.
- ( Physique ) Ce mot se dit des corps qui prennent leur accroissement par la jonction des parties voi-*nits. La plupart des minéraux se mut par apposition des parties qui se )°>gueiit et.s’attaehent ensemble.
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- ( Rhét. ) Figure par laquelle on joint deux substantifs, sans particule conjonctive. Par exemple, dans ces vers de Boileau :
- Sur un lièvre flanqué de six poulets étiques ,
- S’élèvent trois lapins , animaux domestiques.
- Ces mots animaux domestiques sont une àpposition.
- APPRÉCIABLE, adj. du latin apprecio , estimer, évaluer, formé de ad et de pretio, mettre le prix à quelque chose.
- ( Musique ) Les- sons appréciables sont ceux dont on peut trouver ou sentir l’unisson , et calculer lès intervalles.. M. Euler donne un espace de huit octaves , depuis le son le plus aigu jusqu’au son le plus grave, appréciables à notre oreille ’; mais, ces sons extrêmes n’étant guère agréables, on ne passe pas communément dans la pratique les bornes de cinq octaves, telles que les donne le clavier à ravallement. II y a aussi un degré de force au-delà duquel le son ne peut plus s'apprécier , les sons d’une voix qui crie , cessent d’être appréciables ‘ c’est pourquoi ceux qui chantent fort sont sujets à chanter faux. A l’égard du bruit, il 11e s’appré-~ cie jamais , et c’est ce qui lait sa différence d’avec Je son.
- APPRÉCIATEUR , s. m. du latin apprecio , formé de ad et de pretio , mettre le prix à quelque choyé.
- ( Pratique ) Celui qui met le prix légitime aux choses , aux marchandises : ii est souvent ordonné en justice que telles marchandises seront estimées et mises a prix par des experts et appréciateurs.
- (> Commerce ) -Appréciateur se dit , en termes de douane, d’un ou plusieurs préposés chargés de, faire les estimations ou plutôt les évaluations et appréciations de marchandises , pour en régler les droits d’entrée ou de sortie , ad valorem.
- APPRENDRE , v. a. composé du verbe prendre , et de la préposition ab , de , dont la consonne s’est changée en celle qui la suit, sui-
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- vant la règle des composés : 'prendre
- de , auprès de.
- ( Diction ) On a appliqué ce terme aux sciences et aux arts, tant libéraux que mécaniques. J’ai appris les mathématiques de , ou auprès,, de M. un tel. L’usage a consacré ce verbe non-seulement à la signification de puiser , recevoir des connoissances qu’on n’avoit pas , mais encore à celle de communiquer aux autres ces mêmes connoissances. M.... m’apprend la langue française , pour dire, m’enseigne la langue française.
- APPRET , s. m. d’apprêter, dérivé de l’italien apprestare : préparatif, préparation, manière d’apprêter.
- ( Littéral.) Apprêt se dit au figuré du style , de l’esprit, des manières, pour désigner un peu d’affectation. Un esprit plein d’apprêt ; il y a trop d*apprêt dans son style ; l’apprêt de ses manières fatigue.
- ( Peinture ) Apprêt est la couche de couleur dont on enduit la toile , le bois , le plâtre , le cuivre, sur lesquels on entreprend quelque ouvrage de peinture. Les peintres déterminent la couleur de l’apprêt relativement à leur manière d’opérer. Ceux qui peignent facilement , et , pour ainsi dire , au premier coup , préfèrent des apprêts clairs , parce que les teintes destinées aux masses de lumière , et auxquelles ils con-servent une sorte de transparence , en les employant légèrement sur un fond clair , se conservent plus brillantes.
- Les apprêts bruns sont plus favorables pour les ombres ; mais ils ont l’inconvénient de les faire pousser, c’est-à-dire , de les rendre par leur influence , plus sombres qu’elles ne devroient être, et même quelquefois noires en vieillissant. L’artiste a donc, en général , un intérêt bien grand : premièrement à veiller à la nature de l’apprêt qu’emploie le marchand dont il achète la toile , etc. ; et secondement au choix de la teinte de cet apprêt , relativement à sa manière d’opérer.
- ( Technol. ) Apprêt se dit de la manière dont on apprête les cuirs , les étoffes, les toiles , les chapeaux, les viandes, etc,
- APP
- APPROCHER, v. n. du latin barbare appropiare, formé de ad, et de proximus , voisin de.
- ( Marine ) Approcherc’est ranger le cap du vaisseau plus près du vent , c’est-à-dire , gouverner de façon que l’avant du vaisseau tourne plus du côté d’où vient le vent : c’est la même chose que venir au lof.
- ( Monnoies ) Approcher ; c’est ôter le poids fort du flan en le limant, afin de le mettre au poids de l’ordonnance.
- ( Sculpture ) On dit approcher à la pointe , à la double pointe , au ciseau , pour exprimer les différentes manières de travailler la pierre ouïe marbre en faisant quelque figure.
- APPROCHES , s. f. du latin barbare appropiare.
- ( Mécan.- ) La courbe aux approches égales , demandée aux géomètres par M. Leibnitz , est fameuse par la difficulté qu’ils eurent à en trouver l’équation. Voici la question : « Trouver une courbe le long de laquelle un corps descendant par l’action seule de sa pesanteur , approche également de l’horizon en tems égaux. » MM. Bernouilli , Varignon , Maupertuis , et d’autres, eu ont trouvé la solution.
- ( Art milit. ) Approches ; c’est le nom général sous lequel on comprend tous les travaux que les troupes qui assiègent une place font pour en approcher ; tels que les tranchées , les batteries , les sappes , les logemens sur les glacis , les galeries pour le passage des'fossés, les épaniemens, etc.
- { Optique ) On appelle lunettes d’approche , un long tuyau , qui » au moyen des verres qui y sont placés grossit et approche les objets.
- ( Jardin. ) Approche est une sorte de greffe qui se fait par l’union de deux branches de fruits diffé-rens.
- APPROPRIATION, s. f. du latin barbare appropriare , formé de ad et de proprio ou proprior : action de rendre quelque chose à soi ott à quelqu’un , de s’approprier une chose.
- ( Chimie) L’état où spot mis deux
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- corps qui ne peuvent s’unir ensemble que par le concours d’un troisième corps qui dispose les deux premiers à s’unir.
- ( Physioî. ) L’action de chaleur naturelle ou de la flamme vitale, en vertu de laquelle les humeurs et les esprits s’unissent et se joignent tellement avec les parties , qu’ils en sont inséparables , sans que celles-ci perdent, la faculté de remplir leurs fonctions.
- (il éd. ) On donne quelquefois aux remèdes l’épithète t’appropries, lorsqu’ils sont destinés particulièrement à telles parties du corps, dans telles et telles circonstances déterminées.
- APPROVISIONNEMENT , s. m. du latin proi’idere , uni à la préposition ad ' l’action de pourvoir à...
- ( Art milit. ) Toutes les munitions de guerre et de bouche, et les provisions nécessaires dans une place
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- APPROXIMATION , s. f. du latin appropinquo , approcher , formé de ad et de proximus , ad proximum ire , approcher.
- ( Alg. ) Opération par laquelle on trouve d’une manière approchée la valeur d’une quantité qu’on ne peut pas trouver rigoureusement. Cette opération est d’usage pour les jracines des nombres qui ne sont pas des puissances parfaites , pour ' trouver la valeur approchée de l’inconnue dans une équation qu’on ne peut pas résoudre exactement.
- ( Méd. ) Approximation se dit, en médecine , d’une méthode singulière de guérir une maladie , en la transplantant , à la faveur du contact immédiat, dans un animal ou dans quelque substance végétale.
- APPUI, s. m. du latin ad et de podium , dont on a fait adpodiare, qui a produit appuyer. Podium est dérivé du grec sroi'i's» (podion), diminutif de -srïç, mS'o? ( pous , po-dos), pied, donton a étendu la signification à tout ce qui peut remplacer le pied , comme bâton, accoudoir, etc.
- ( Architect. ) L’appui est un petit mur élevé entre les piédroits d’une croisée. La tablette qui le couronne s’appelle aussi appui ou accoudoir. Les Romains appeloient podium , appui, une petite muraille qui rë-
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- gnoit autour d’un comble qui en-vironnoit le toit ou la plate-forme , et qui servoit de soutien à ceux qui vouloient regarder dehors.
- ( Statique ) Point d’appui; c’est, en parlant d’un levier , le point fixe autour duquel le poids et la puissance sont en équilibre. Le point d’appui d’un levier , lorsque la puissance et les poids ont des directions parallèles , est toujours chargé d’une quantité égale à la somme de la puissance et du poids. Ainsi, dans une balance ordinaire à bras égaux , la charge du point d’appui est égale à la somme des poids qui sont dans la. balance , c’est-à-dire , au double d’un de ces poids. On voit par la même raison que l’appui est moins chargé dans la balance appelée romaine ou pesôn, car avec celle-ci on peut peser le poids de six livres avec un poids d’une livre , et la charge de l’appui n’est alors que de sept livres. Voy. PESON , ROMAINE.
- ( Equit. ) Appui , en terme de manège, est le sentiment réciproque entre la main du cavalier et la bouche du cheval , par le moyen de la bride; ou bien, c’est le sentiment de l’action de la bride, dans la main du cavalier.
- ( Peinture ) Appui-main ; c’est une espèce de canne ou de baguette dont les peintres se servent pour appuyer la main qui tient le pinceau.
- APPULSE, s. f. du lat. appuïsus, fappeïlo, formé de ad et de pello, voco, appeler vers soi.
- ( Astron. ) Appulse se dit de la proximité de la lune à une étoile , soit qu’il y. ait éclipse, soit que le bord de la lune passe seulement à quelques minutes de l’étoile , de manière à être observée dans le même champ de la lunette ; on observe les appulses avec soin pour déterminer les lieux de la lune , les erreurs des tables , et les longitudes des lieux.
- APPUYER , v. a. du lat. adpodiare. V. APPUI.
- ( Archit.) On tin appuyer une maison , pour la bâtir contre une antre maison, ou contre un coteau.
- {Escrime) Appuyer une botte, pour Appesantir le fleuret sur le
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- corps de son adversaire , après l’avoir touché.
- ( Ëquit. ) Appuyer l’éperon à un chevai , pour appliquer fortement l’éperon. Appuyer des deux , pour appliqueriez deux éperons en même teins.
- ( Vénerie ) Appuyer les chijr.s; c’est auimer les chiens de la trompe et de la voix , en dirigeant leurs opérations.
- ( Marine ) Appuyer la chasse ; c’est poursuivre avec beaucoup d’ardeur et d’attention un vaisseau que l’on chasse.
- APRE , adj. du latin asper, rude, raboteux, et désagréable au toucher ; rude, piquant et désagréable au goût.
- ( Méd. ) Les médecins disent que la peau est âpre , lorsqu'elle ressemble à celle de l’oie , et qu’il s’j fait des frissonnetnens.
- ( Anat. ) La ligne âpre du fémur est une ligne saillante et inégale , si-. tuée environ vers le tiers supérieur du corps du fémur, et donne attache à des muscles voisins.
- ( Physique ) U âpreté des corps est une chose relative : les corps qui nous paraissent avoir la surface la plus unie , étant vus au microscope , ne sont plus qu’un tissu de rugosités et d’inégalités. D’après ce queM. Boyle rapporte de Fermosen, aveugle , très-fameux par la délicatesse et la finesse de son toucher , il paraîtrait que chaque couleur a son degré ou son espèce particulière d’âpreté. Le noir paraît être la plus rude, de même qu’il est la plus obscure des couleurs ; mais la plus rude n’est pas toujours celle qui est la moins éclatante : le jaune est plus rude que le bleu , et le vert, qui est la couleur moyenne , est plus rude que l’une et l’autre.
- ( Botan. ) Une plante âpre est celle dont la surface a sous le tact une aspérité qui, insensible en quelque sorte à la vue , est due à de très-petits poils courts , roides , et ordinairement inclinés et recourbés.
- ( Jardin. ) Apre se dit des fruits quand leur saveur est rude et âcre, faute de maturité , ou parce que l’arbre est encore jeune.
- ( Chaufournier ) On dit, de la
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- chaux , qu’elle est âpre , quand elle a été faite pendant l’ïiiver.
- APRÈS, D’APRÈS , prép. de l’italien appressa.
- ( Gramm. ) Préposition de tems , d’ordre, et de lieu, qui s’emploie en parlant , soit des personnes , soit des choses , et qui Sert à marquer celles qui suivent les autres.
- ( Peinture) On dit travailler, dessiner , peindre , modeler , d'après la nature , d'après l’antique , d’a~~ près Raphaël, etc.
- Cette manière de s’exprimer, consacrée aux arts, est imitée de l’italien, qui nous a fourni un très - grand nombre de termes et de tours relatifs à la peinture.
- APSIDES , s. ni. fdu grec âlX't ( apsis ), courbure , ou tortue.
- ( Astron. ) On appelle ainsi les deux sommets d’une orbite elliptique. L’apstiiesupérieure, la grande apside , s’appelle apogée , quand il s’agit du soleil et de la lune ; aphélie quand on parle des planètes principales , et quelquefois apojove , quand il s’agit des satellites de Jupiter. La petite apside est le périgée ou le périhélie. La droite qui passe par le centre de l’orbite de la planète, et qui joint ces deux points , s’appelle la ligne des apsides de la planète.
- APTERES , s. m. de Vù privât, gr. et de h [pteron) , aile : sans aile.
- ( Hist. nat. ) Les aptères sont des insectes qui n’ont point d’ailes ; ils forment le huitième ordre de la classe des insectes.
- APUREMENT , s. m. de l’italien apurare. .
- ( Co mmerce et Finances) R e d di tio u finale d’un compte , par laquelle toutes les souffrances d’un compte sont levées, et le comptable est reconnu quitte.
- On dit appdrer un compte , pour dire , le faire clorre , en payer le reliquat, et s’en faire donner quittance et décharge finales.
- APYRÉ, adj. de l’ù privât, grec, et de «avç(pur), feu : saus feu.
- ( Chimie ) Ce mot se dit des corps qui résistent au feu , et qui n’en «prouvent aucune altération. Le cris» ta! de roche est apyre.
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- : APYREXIE, s. f. de Ri priv, gr., et de '’TtiPÊ I 0Ç, ( purétos) , fièvre.
- ( Méd. ) L’intervalle de tems qui se passe entre deux accès d’une fièvre intermittente ; ou même , c’est la cessation et l’extinction parfaite de la fièvre.
- AQUATILE, adj. du lat. aqua.
- ( Botan. ) Plante aquatile ; c’est une plante entièrement submergée ou flottante à la surface de l’eau.
- AQUATIQUE, adi. du lat. aqua, marécageux, plein d’eau.
- • ( Hist. nat. ) Ce qui croît, ce qui se nourrit dans l’eau ; ainsi l’on dit : TerresJ aquatiques , lieux aquatiques , plantes aquatiques, animaux aquatiques.
- AQUEDUC, s. m. du lat. \aquoe ductus.
- ( Architect.) Construction de plusieurs arches qui servent à soutenir un'canal élevé sur un terrein creux et inégal , pour conserver le niveau de l’eau , et la conduire d’un lieu à un autre. Il y a aussi des aqueducs souterrains.
- ( Anat. ) Les anatomistes ont ainsi nommé certains conduits auxquels ils ont trouvé de la ressemblance avec les aqueducs ; et par-culièrement un conduit osseux , long, étroit, et creusé dans l’os des tempes. Ce canal donne passage à la portion dure 'du nerf auditif. On le connoît sous le nom d’aqueduc de Fallope, parce que c’est cet anatomiste qui lui a donné pe nom ; non pas par rapport à sa fonction , mais par rapport à sa ressemblance avec une espèce d'aqueduc de son pays.
- AQUEUX, ad), du lat. aquosus , à’aqua, qui est de la nature de l’eau.
- ( Anat. ) On dit : Le lait consiste en parties aqueuses ou séreuses ; des conduits ou des canaux aqueux; une humeur aqueuse.
- ( Jardin. ) On dit d’unTruit qu’il est aqueux , lorsqu’il ne sent que Peau , ou qu’il en a beaucoup.
- ARABESQUES , adj. en lat. arabica omamenta.
- { Archit. ) Rinceaux d’où sortent des feuillages de caprice. On les nomme arabesques ou moresques, parce que l’on a cru , jusqu'à ces derniers tems, que les Arabes et
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- les Maures àvoient été les premiers qui les avoient mis en usage.-
- ( Peinture ) Les arabesques sont des ornemens composés de plantes , d’arbustes , de branches légères , et de fleurs dont l’artiste forme des tableaux et décore des compartimens , des frises ou des panneaux.
- ARACK , ou RACK , s. m. Mot indien, qui signifie en général toute espèce de liqueur spiritueuse.
- ( Distillât. ) On a donné ce nom à plusieurs liqueurs spiritueuses , mais ^particulièrement à l’eau-de > vie tirée du riz. Les Hollandais ap-pelent de ce nom l’eau-de-vie de riz, dans laquelle ils ont fait infuser des fruits de badiane. Uarack des Anglais est le produit de la distillation d’un suc végétal, appeléfoddr, tiré par incision du cacaoyer.
- ARACHNIDES, s. f. du grec «?«-X*” ( arachnê ) , araignée.
- ( Hist. nat. ) C’est le nom scientifique donné par les naturalistes aux araignées. Les arachnides forment le troisième ordre des crustacés du système de M. Cuvier.
- ARACHNOÏDES, en latin arach * noïdeus , formé du grec f arachnê ), araignée , et de eHss ( eidos ), forme , figure , ressem -blance : qui ressemble à la toile d’araignée.
- ( Anat. ) La lame interne à la pie-mère , et aussi la tunique de l’humeur crystalline de l’œil.
- ARAIGNÉE, s. f. du grec (arachnê).
- ( Art milit. ) Une araignée est une galerie, un rameau , un retour, un conduit de mine avec chemin sous terre , qui sort d’un puits , et qui, par une ouverture de trois à quatre pieds de largeur, s’avance sons le terrain des ouvrages où l’on veut conduire des mines et des contre-mines.
- ( Vénerie ) Araignée, désigne une espèce de filet que l’on tendjle long des bois et des haies , pour prendre les oiseaux de proie avec le duc.
- ARATOIRES, adj. du lat. arator, laboureur , peut-être du grec âcomç ( arotês).
- ( Agric. ) Instrumens aratoires ; ce sont tous les instrumens qui servent à l’agrioulture.
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- AB.BITB.AGrE , s. m. du latin arbitratum.
- ( Pratique ) C’est la juridiction ne des particuliers exercent sur les ifférends des parties en contestation , en vertu du pouvoir qui leur est donné.
- ( Commerce et Banque) Opération de calcul fondée sur la connois-sance de la valeur des fonds et du prix des marchandises , et du cours du change dans diverses places , à l’aide de laquelle un marchand ou banquier fait passer des fonds , fait des achats ou des remises , dans celle de ces places où il trouve plus de bénéfice.
- ARBITRE, s. m. du lat. arbiter.
- ( Pratique ) Celui qui a un pouvoir des parties pour juger leurs différends. Le pouvoir des arbitres est borné à la question marquée dans le compromis.
- ( Commerce ) Il est assez généralement reçu que les actes de société contiennent la clause de se soumettre à des arbitres , pour les contestations qui peuvent survenir entre les associés ; et si cette clause étoit omise , un des associés en peut nommer, ce que les autres sont également obligés de faire ; autrement les arbitres sont nojnmés par le juge , pour ceux qui font refus d’en nommer.
- Dans les contrats ou polices d’assurances , il doit y avoir pareillement une clause par laquelle les parties se soumettent aux arbitres , en cas de contestation.
- Les sentences arbitrales rendues entre associés, pour négoce , marchandises , ou banque , doivent être homologuées au tribunal de commerce.
- ARBORER , v. a. Mot nouveau dérivé à’arbre , arbor : planter, donner l’apparence d’un arbre.
- ( Marine ) Arborer un mât, dans les galères ou autres bâtimens dont les mâts se couchent en arrière , comme dans la Méditerranée , signifie le relever et le dresser; de-là arborer s’est étendu aux pavillons, aux flammes , et aux autres marques de commandement ; et l’on a dit arborer un pavillon, pour le hisser et le déployer au vent, afin qu’ii soit vu de loin.
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- ARBORISATION , s. f. du ïatia
- arbor, et d’ago , faire.
- ( Minéral.) Dessins naturels imitant des arbres ou des buissons , qu’on observe dans différentes pierres , sur-tout dans les agathes , et dans une variété de pierres de Florence.
- Les arborisations diffèrent des DENDRITES ( Voy. ce mot ), en ce que celles-ci ne sont que superficielles ; au lieu que les autres pénètrent dans l’intérieur de la pierre, de manière qu’on peut scier et polir la pierre sans les faire disparoître. Elles présentent seulement des formes plus ou moins différentes. ARBRE , s. ' m. du lat. arbor.
- ( Botan. ) Les arbres sont des plantes d’une consistance ligneuse , plus ou moins solide ; ils portent des bourgeons , s’élèvent à une grande hauteur , et vivent long-tems ; quelques-uns même plusieurs siècles.
- ( Agricult. et Jardin. ) Les agriculteurs distinguent les arbres sauvages qui viennent naturellement dans les bois , des arbres cultivés qui servent à former des avenues.
- Les jardiniers établissent une division entre les arbres fruitiers eu plein vent , auxquels ils laissent toutes leurs branches , et les arbres fruitiers nains à l’élévation desquels ils s’opposent par diffe'rens procédés qui leurs sont connus ; entre les arbres fruitiers qui portent des fruits à noyaux, et ceux dont les fruits n’ont que des pépins.
- Arbre à basse tige, ou nain; c’est celui dont on réduit la tige par la taille, à six ou huit pouces de haut, et dont la greffe est près de terre : on ne la laisse point monter , mais seulement s’étendre, soit sur la tige, soit sur les côtés.
- Arbre de demi tige, celui qui a une tige plus haute que le précédent, ordinairement réduite à trois ou quatre pieds , tant en plein vent qu’en espalier.
- L’arbre à pain , ainsi nommé, parce que son fruit, d’un goût excellent , peut suppléer le pain : il croît dans les Indes , et particulièrement dans les lies de la mer pacifique ou du sud.
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- [Physiologie) Arbre de vie du cervelet ; substance blanche que l’on observe dans le cervelet, et qui représente de chaque côté une espèce d’arbre, lorsqu’il a été ouvert dans sa longueur.
- [Chimie) Arbre de Diane ; c’est un mélange d’argent , de mercure et d’acide nitrique , qui se sont cristallisés ensemble , sous la forme d’un petit arbre. On donne encore à cette cristallisation le nom d’arbre philosophique ; les chimistes modernes la désignent par amalgame d'argent cristallisé.
- Arbre de Saturne ; on appelle ainsi le résultat d’une expérience fort analogue à l’arbre de Diane. C’est une espèce de végétation qui consiste en un alliage de zinc et de plomb.
- [Marine) Arbres ce mot est d’usage dans les bâtimens à voiles latines de la Méditerranée, pour signifier uu mât : ainsi l’arbre de mestre est le grand mât, et Varbre de trinquet signifie le mât de misaine. C’est du mot arbre, pris dans ce sens, qu’est dérivé le mot arborer.
- [Technologie) Arbre , dans divers arts , signifie toujours l’une des principales pièces d’une mécanique quelconque ; elle est de fer ou de bois , tantôt mobile , tantôt immobile. Ainsi on appelle arbre, le fuseau ou l’axe sur lequel une machine tourne.
- [Pratique) On appelle arbre généalogique , une figure tracée en lorme à’arbre , d’où l’on voit sortir , comme d’un, tronc, les diverses branches de consanguinité, de parenté.
- ARBRISSEAU, s. m., du latin arbuscula.
- (Botan.)Les arbrisseaux ou fruc-tices ne diffèrent des arbres que par leur élévation, ils sont composés de même, portent des bourgeons comme eux ; mais ils produisent pins souvent qu’eux des tiges de la même racine : tels sont les noisetiers, les lauriers, les sureaux.
- ARBUSTE, s. m., du latin ar— bustum , qui signifie jardin planté d’arbres fruitiers.
- [Botan. et Jardin.) Les arbustes ou suffutrices diffèrent des arbres et des arbrisseaux, non-seulement par leur élévation, mais encore par Tom. I.
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- leur défaut de bourgeons; ce ne sont, pour ainsi dire , que des herbes dont les tiges ligneuses persistent pendant plusieurs hivers, comme le rosier, le romarin, le houx , le , chèvrefeuille , etc.
- ARC, s. m. du latin arcus.
- [Géom.)Portion quelconque d’une ligne courbe , d’un cercle, d’une ellipse, ou de tonte autre espèce de courbe.
- Arc du cercle ; c’est une portion de la circonférence. Tout cercle est supposé divisé en 36o degrés, et un arc est plus ou moins grand, selon qu’il contieut un plus grand ou un plus petit nombre de ces degrés.
- Arcs concentriques , ceux qui ont un centre commun.
- Arcs égaux, ceux qui contiennent le même nombre de degrés d’un même cercle ou de cercles égaux.
- Atcs semblables, ceux qui cons tiennent le même nombre de degrés de cercles inégaux.
- [Astron.) Arc semi-diurne; c’est Yarc du parallèle diurne d’un astre qui est compris entre le méridien et l’horizon; il règle le tems qui s’écoule depuis le lever jusqu’au passage du méridien, et depuis ce passage jusqu’au coucher.
- Arc d'émersion ou arc de vision; c’est la quantité dont il faut que lé soleil soit abaissé verticalement au-dessous de l’horizon, pour qu’un autre astre soit visible à la vue simple ; on estime ordinairement Para d'émersion de 18 degrés pour les plus petites étoiles, de i4 degrés pour les étoiles de troisième grandeur , et de xi à 12 degrés pour les étoiles de première grandeur , comme pour Mars et Saturne ; de 10 degrés pour Mercure et Jupiter ; et de 5 degrés pour Vénus : mais ce dernier varie beaucoup ; il arrive même quelquefois que l’on voit Ténus en plein jour, le soleil étant très-élevé sur l’horizon.
- [Astrol.) Arc de position-, c’est l’arc de l’équateur compris entre le méridien et le cercle horaire , ou cercle de déclinaison qui passe, par le pôle et par l’astre dont on s’occupe. C’est la même chose que ce que les astronomes appellent aujourd’hui angle horaire.
- ( Physique ) Arc conducteur;
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- «’est, en terme d’électricité, lin gros fil de métal long d’environ 5 décimètres ( 18 ou 20 pouces) , courbé en arc, et ayant les deux extrémités tournées en volute, ou terminées par des boules. Cet arc conducteur sert à établiy la communication entre la surface extérieure de la bouteille de Leide,ou de la batterie électrique, et le premier conducteur, ou entre la surface supérieure du carreau de verre doré et la chaîne par laquelle sa surface inférieure communique au premier conducteur , lorsqu’on veut exciter l’étincelle qu’on nomme foudroyante.
- Arc-en-ciel, ou Iris ; bande semi-circulaire , ornée des Sept couleurs primitives, et placée dans les nuées.
- L’on aperçoit l’arc-en-ciel, iors-qu’ayant le dos tourné.au soleil, on regarde une nuée qui fond en pluie , et qui est éclairée par cet astre moins élevé que de 42 degrés au-dessus de l’horizon. L’arc-en-ciel ne paraît jamais que dans les endroits où il pleut, et où le soleil luit en même tems. On peut le former par art, en tournant le dos au soleil, et en faisant jaillir de l’eau, qui, poussée en l’air et dispersée'en gouttes, vienne tomber en pluie ; car le soleil donnant sur ces gouttes , fait voir un arc-én— ciel à tout spectateur qui se trouve dans une juste position à l’égard de cette pluie et du soleil, surtout si l’on met un corps noir derrière les gouttes d’eau.
- Arc-en-ciel lunaire ; c’est un phénomène assez semblable à l’arc-en-ciel solaire , mais qu’on aperçoit rarement à cause de la foiblesse des rayons de la lune. ,Le 28 octobre 1801 , on a vu , à Edimbourg , un arc-en-ciel lunaire très - blanc et très-éclatant : il a été visible pendant une demi-heure.
- ( Archit. ) Les architectes appellent arcs ou arceaux tout ce qui est en ligne courbe, comme les voûtes des portes, celles des fenêtres centrées , etc.
- Arc - boutant ; c’est un arc ou portion d’un arc rampant, posé sur un mur solide , et qui bute contre les reins d’une voûte , pour en empêcher la poussée et l’écartement. Arc-boutant vient d’arcus pulsans , arc puisant, qui pousse.
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- Arc-doubleau ; espèce d’arcade qui a de la saillie sur le creux d’une voûte. On en met de distance en distance , en nombre égal à celui des colonnes ou pilastres, c’est-à-dire, que chaque colonne ou pilastre porte son arc-doubleau ; il en résulte une voxite qui paroit armée de bandeaux qui semblent la fortifier et la soutenir.
- Arc-de-triomphe; en latin fornix; grande porte en arc, décorée d’architecture, de bas-reliefs, de trophées , inscriptions et autres sculptures , pour conserver la mémoire des grands hommes à la postérité. Le triomphe étoit une cérémonie qu’on faisoit à Rome en honneur d’un général d’armée , à son retour d’une campagne glorieuse. On décorait d’afcs, ornés de festons et de devises, les portes de la ville où le vainqueur devoit passer ; on l’aceompagnoit, et son cortège étoit des plus magnifiques : ces sortes d’entrées ont été l’origine des arcs-de-triomphe qui ont été érigés depuis.
- ( Sculpture ) Arcs en arceaux ; cm sont des ornemens de sculpture composés de filets contournés en façon de trèfles.
- ( Marine ) Arc, en parlant d’un vaisseau, est une courbure que prend la quille , et qui produit un changement de forme dans toutes les parties d’un vaisseau. Cette courbure est la suite d’un accident ou de la vétusté d’un vaisseau dont les membres se délient par la gravitation.
- Du mot arc on a fait le verbe arguer, et l’on dit qu’un vaisseau est arqué de a8 ponces, par exemple , lorsque le vide formé par la quille et un cordeau tendu dans toute sa longueur, est de 18 pouces.
- (Art mi lit, ) L’arc est une sorte d’arme courbée en demi-cercle , et servant à tirer des flèches.
- L’arc étoit autrefois l’arme de tous les peuples ; on ne l’a abandonnés en Europe que pour prendre la hallebarde , la pique et les armes à feu. La milice établie par Charles VII portoit l’arc , ce qui donna lieu à l’établissement des compagnies bourgeoises et des compagnies de l’arc. Louis XI, en introduisant les armes suisses, abolit en France l’usage de l’arc.
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- ARCADE, s. f, d’arc, arcus, urcuatio , ouverture en arc.
- ( ArcJut. ) Arcades d’un bâtiment ce sont les parties de ce bâtiment qui sont construites en forme d’arc.
- {Anat.) Arcade alvéolaire ; c’est le contour formé par toutes les alvéoles.
- Arcade des muscles de Vabdomen, celle par où s’échappe quelquefois une portion d’intestin ou d’épiploon, qui forme au haut de la cuisse une hernie appelée crurale, plus ordinaire aux femmes qu’aux hommes.
- Arcade sourcilière ou orbitaire^ «’est une avance qu’on découvre à l’os coronal , et qui est interrompue dans sa partie qui approche du nez , par une impression en forme de poulie qui donne passage au tendon d’un muscle de Uœil.
- ( Jardin. ) Arcade se dit aussi d’une ouverture ceintrée que forment des arbres ou une palissade avec les branches les plus élevées.
- ARCANE, s. f. du latin arca-num, secret.
- {Alchimie) Ce mot a été emprunté du latin par les alchimistes, pour désigner les préparations qu’ils tenoient secrètes , pour en relever davantage le prix.
- ( Pharmacie ) Les apothicaires donnent aussi le nom d’arcaue à plusieurs préparations chimiques. L’ arcane corallin est une préparation de précipité rouge , adouci par le moyen de l’esprit-de-vin rectifié, que les chimistes modernes appellent oxide de mercure rouge par l’acide nitrique.
- L’arcanum duplicatum est un sel neutre composé de l’acide vitrioli-que,uni, jusqu’au point de saturation, avec l’alkali fixe de tartre. On le trouve dans la nouvelle nomenclature sous le nom de sulfate de potasse.
- {Arts et métiers) Arcane est, chez les étameurs, une drogue secrète qu’ils mettent dans l’étamage des feuilles de fer - blanc. On présume que c’est du cuivre.
- ARCEAUX , s. m. d’arc, arcus.
- {Archit.)Ç,c terme ne s’emploie qu’.en parlant des voûtes.
- (Chirurgie) Arceau est une demi-caisse de tambour, dont on fait un
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- logement à la jambe ou au pied, dans les fractures ou autres maladies.
- ARCHAÏSME, s. m. du gr.«fx«h«
- ( archaios), ancien.
- ( Langage ) Ce mot signifie expression antique, terme vieux et suranné.
- ARCHANGE, s. m. du grec A\-{archaggelos ) , composé d’dppc» ( arche ), principe , princi-pa té, primauté , puissance , et ri’ayyixos ( aggelos ), ange.
- ( Relig. ) Les archanges sont les anges d’un ordre supérieur.
- ARCHEE , s. f. du grec <*•$%* {arche), principe.
- ( Alchimie ) Archée est un terme inventé par Basile Valentin , et que Paracelse et Vanhelmont adoptèrent avec enthousiasme. Selon eux, Yar-chée est la nature ou la puissance ordinaire des choses ; elle est le sé— gfégateur des élémens ; elle arrange et fait tout dans la nature ; elle compose et décompose les choses , les réduisant à leurs derniers principes,etc.
- ARCHÆOLOGIE, s. f. du greo ap^aioç {archaios), ancien,' et de As-y c ( logos ), discours : la science des antiquités.
- L’archœologie comprend l’étude des monumens antiques et l’étude des anciens usages. Cependant on donne plus volontiers le nom d’archœo— graphie à la partie de cette science qui regarde particulièrement les mo-( numêns ; taudis que Varchœologie. proprement dite, embrasse tout ce qui a rapport aux monumens et aux usages des anciens. Pausanias , parmi les anciens, a donné une description des divers monumens de le Grèce. Depuis la renaissance des lettres , Dante , Pétrarque et quelques autres après eux , ont posé les premières bases de cette science.
- On a d’abord étudié les anciennes inscriptions ; le goût pour les médailles antiques date du i6.e siècle.
- On commença à raisonner sur la théorie de la peinture dans le i4.® siècle ; ensuite les érudits examiné— rendes pierres gravées et les statues ; mais il éloit réservé à Caylus d’ouvrir la carrière de l’art, et à Win-q keiman de l’agrandir.
- ARCHÉTYPE , s. m. du gr. açx* { arche), principe, et de tuttos ( tu-pos), modèle, type: premier type.
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- (Didactique) Original, patron, modèle sur lequel on fait uu ouvrage.
- ( Monnoies ) L’étalon primitif et général sur lequel on étalonne les étalons particuliers.
- ARCHEVÊQUE , s. f. du grec 4f-^«67ri«-*o7roç ( archiépiscopos ), composé d’àppr» ( arche ) , principe , commandement , et de 67rio-zc7ro« (episcopos), évêque : supérieur à un évêque.
- ( Hiérar. ecclés. ) Ce,titre fut inconnu à la primitive Église. On le donna vers le milieu du 4.e siècle à quelques évêques recommandables par leur piété et leurs lumières ; ensuite à ceux des villes les plus distinguées , et notamment à l’évêque d’Alexandrie, qui s’en servit pour faire reconnoître sa supériorité sur les évêques de sa province. Depuis ce moment, le§titre d’archevêque , ses distinctions et ses prérogatives furent restreints aux métropolitains qui avoient des suffragans.
- L’Église d’Afrique avoit proscrit ce titre comme plein de faste et d’orgueil ; mais le tems fit disparoitre tout ce,qu’il pouvoit avoir d’odieux, et les Églises d’Orient et d’Occident l’adoptèrent, comme un terme propre à exprimer le degré d’honneur et de juridiction dans l’épiscopat, qu’ont les métropolitains sur leurs suffragans. Cependant les Églises de France n’avoient pas encore adopté ce titre au commencement du q.& siècle , et il n’y devint familier que sur la fin du g.e.
- ARCHI, du grec «pje» ( arche).
- ( Langage ) Terme emprunté du grec, qui signifie principe, primauté, commandement , puissance. Il n’a , par lui-même , aucune signification déterminée ; mais , placé au commencement d’un mot, il marque une primauté , une prééminence , comme dans archevêque , archiduc, un très - haut degré , ou un grand excès, comme dans archi-fou, archi-fripon.
- ARÇHIATRE , s. m. du grec «f*» ( arche ) , premier, grand, et de ( iatros ), médecin.
- ( Jdléd. ) Ce mot a fait beaucoup de bruit dans la médecine , et l’on a discuté Iong-tems et avec chaleur sur la question de savoir si archiatre signifioit le. prince des
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- médecins ou le médecin du prince. La question n’a pas été décidée ; mais il est résulté des raisons apportées de part et d’autre , qu’il y avoit des archiâtres du palais , qui ne servoient que dans la cour des empereurs , et des archiâtres appelés populaires , dans les villes de Rome et de Constantinople , salariés aux dépens du public, et qui étoient obligés de voir indifféremment tous les malades , sans rien exiger d’eux; de sorte que cette dispute, oiseuse dans son motif, a au moins servi à faire connoître le but d’une excellente institution.
- ARCHI-DI AC RE , s. m. du gree composé d’àfx» {arche), principal, et de Là?, a vos {diakonos), diacre.
- (Hiérar. ecclés. ) Nom que l’on donnoit autrefois au premier ou an chef des diacres. St.-Augustin fait remonter ce titre à St. - Etienne , parce que St.-Luc le nomme le premier des sept diacres. Il n’y avoit d’abord qu’un diacre qui pût le porter , et il le perdoit dès qu’il se faisoit prêtre ; mais dans la suite , on donna aussi ce titre à des prêtres.
- ARCHIDUC, s. m. du grec âpz” { arche ) , principe , graud , supérieur , et du latin dux , duc.
- ( Econ. polit. ) Prééminence sur les autres ducs. Le premier qui crut augmenter le lustre de la qualité de duc par un nouveau titre, fut Bruno , archevêque de Cologne , qui, l’an 969, se décora du titre d’archiduc. Ce titre fut affecté à la maison d’Autriche , exclusivement , par l’empereur Frédéric III, en i453.
- La cour de Russie a adopté, depuis quelques années , le titrel de grand duc pour désigner les princes de la famille régnante.
- ARCHI-MANDRITE , s. m. da grec «px» ( arche ), principal , et de juotyl'pa ( mandra ), monastère.
- {Hiérar. ecclés. ) Supérieur d’un monastère dans l’église grecque , et qui revient au mot abbé.
- ARCHIMIME , s. m. du grec âfx» ( arche ) , principal , et de /duoç ( mimos ), mime , dérivé de /j.uj.ïtiuct.1 ( mimeomai), imiter.
- ( Jeux scén. ) Hrchiminie est la même chose qu’archi - bouffon ,
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- maître bouffon. Les archimim.es ctoient, chez les Romains , des gens qui contrefaisoient les manières , les gestes , la parole des personnes mortes et vivantes ; ils ne furent d’abord employés que sur le théâtre. On les admit ensuite dans les festins , et enfin dans les funérailles , où ils marchoient après le cercueil , contrefaisant celui que l’on condui-soit au bûcher.
- Suétone rapporte qu’aux obsèques de Yespasien, Yarchimime Favori, qui le contrefaisoit, ayant demandé à ceux qui avoient soin de la cérémonie , combien elle coûteroit, et ceux-ci lui ayant répondu cent mille sesterces : «Donnez-moi, dit-il , cent sesterces , et jetez-moi dans le Tibre ». Il vouloit marquer l’avarice du prince mort.
- Ce fut aussi un archimime , qui, sous Tibère, chargea un mort qu’il accompagnoit au bûcher , d’aller dire à Auguste qu’on n’avoit pas encore payé les legs qu’il avoit faits au peuple. Tibère l’ayant fait venir, lui fit payer sa part des legs d’Auguste , et l’envoya au supplice, en lui ordonnant d’aller dire à Auguste qu’on payoit les legs.
- YJ archimime qui accompagnoit le cercueil, prenoit les habits du défunt , et se couvroit le visage d’un masque qui retraçoit tous ses traits. Sur la musique lugubre qu’on exé-cutoit pendant la marche , il pei-gnoit , par sa danse , les actions les plus marquées du personnage qu’il représentoit , et dans ces occasions , il ne faisoit grâce ni en laveur des grandes places du mort, ni par la crainte du pouvoir de ses successeurs.
- ARCHIPEL, s. m. du grec à.px» ( arche ), principal , et de TrUayn (pelagos ), mer.
- ( Géogr. anc. ) Les anciens em-ployoient ce mot pour désigner la mer Egée.
- ( Géogr. mod. ) Archipel signifie maintenant une étendue de mer entrecoupée de plusieurs îles : Varchipel de la Méditerranée ; Y archipel du Mexique , etc.
- ARCHIPEL AC1TE, s. m. du grec «fjc» ( archê ), principal, et du chaldéen perack , résoudre , expliquer une question.
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- ( Hist. juive ) nom d’un officier dans les académies des Juifs , qui étoit chargé d’expliquer la loi dans les écoles ou académies des Juifs.
- ARCHIPOMPE, s. f. du grec a-pz»
- ( archê ), principal, j et de Tropn»
- ( pompe ) , pompe.
- ( Marine ) Principale pompe , ou plus exactement le puits de la pompe; espèce d’enceinte carrée, pratiquée au pied du grand mât , pour renfermer les pompes , les mettre à l’abri d’être endommagées ou dérangées par le mouvement des effets dans la cale , afin de pouvoir la visiter quand on en a besoin.
- ARCHIPRETRE, s. m. du grec hpx* ( archê ) , principal , et de wpÉo-ÊiiTfpoç ( presbutéros ) , prêtre Supérieur aux autres prêtres.
- ( Hiérar. ecclés. ) Les fonctions d’archiprêtre sont très - anciennes. Ils veilloient dans les églises épiscopales sur la conduite du clergé, remplaçoient l’évêque , et mainte-noient l’ordre et la discipline. 11 en existe encore en Italie , et leurs fonctions sont les mêmes.
- ARCHITECTE , s. m. du grec upx» ( arche ) , principal , et de •z-exrMv ( tektôn ), ouvrier : principal ouvrier.
- ( Archit. ) Celui qui fait et qui exerce l’art de bâtir. Trophonius elAgamèdes furent les premiers des architectes grecs dont on ait con-noissance : ils étoient fils d’Éginus, roi de Thèbes , et vivoient l’an du monde 2600.
- ARCHITECTONIQUE , adj. du grec a%xir«tgh/.gç (architektonikos), qui appartient à l’architecture.
- ( Physique j Ce qui donne à quelque chose une forme régulière , convenable â la nature de cette chose , et à l’objet auquel elle est destinée.
- ARCIHTECTONOGRAPHIE, s. f. du gr. «çpr,r6*r6|,,)oi (architektonike), architecture , et de -/f«£jw ( gra~ phé), décrire.
- ( Archit. ) Description d’un édifice , d’un bâtiment.
- ARCHITECTURE, s. f. du grec «P^/tsx.tchxi! (architektonike) , l’art de bâtir.
- C’est à la nécessité que l’architecture doit sa naissance ; mais c’est du luxe qu’elle a reçu ses exnbei-lissemens.
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- Les premières retraites des tommes furent des antres et des cavernes ; et lorsqu’ils voulurent avoir des habitations plus commodes, les roseaux , les cannes , les branches , les feuilles d’arbres , les écorces , les terres grasses , ont été les matériaux dont ils firent d’abord usage: c’est ainsi que furent construites les premières maisons des Egyptiens, des peuples de la Palestine , et des premiers habitans de la Grèce. On a pu aussi construire les premières maisons de troncs d’arbres , élevés les uns sur les autres , et rangés carrément : on voit même aujourd’hui les restes de ces pratiques originaires , dans quelques villages de l’Allemagne , de Pologne , de Russie, et dans plusieurs parties de l’Amérique septentrionale. Aux maisons de bois succédèrent des maisons de briques , c’est-à-dire, de carreaux d’argile moulés et séchés au soleil , ou cuits sur des fourneaux. Le tems où l’on a commencé à construire des édifices de pierres de taille nous est absolument inconnu. On en doit dire autant de l’invention du mortier, de la chaux , du piâtre , etc. Ces découvertes se sont faites insensiblement et de proche en proche.
- La Chaldée , la Chine , l’Egypte et la Phénicie , sont les premières contrées où Varchitecture proprement dite ait été en usage. Les Egyptiens faisoient honneur de la découverte de la taille des pierres, à Tosorthus, successeur de Monès, que toute l’antiquité s’est accordée à reconnoître pour le premier roi d’Egypte.
- La première architecture fut sans doute très-grossière ; mais les peuples s’étant policés, on songea « orner et à embellir les édifices.
- architecture alors appela plusieurs arts à son secours : à l’aide du ciseau, on substitua des colonnes de pierre ou de marbre , aux poteaux quf originairement servoient à soutenir le faite des cabanes. YJarchitecture ne consista plus uniquement dans la main-d’œuvre et dans un seul travail mécanique ; il fallut joindre l’élégance à la majesté , et la délicatesse à la sobdité. Dans ce sens , ni l’Asie , ni l'Egypte ne peu-
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- vent prétendre à la gloire d’avoir inventé , ni même connu les véritables beautés de Varchitecture : c’est des Grecs que cet art a reçu cette régularité, cette ordonnance, cet ensemble , qui charment nos yeux.
- Les Romains apprirent des Grecs l’excellence de Varchitecture. Elle se trouva florissante sous Auguste ; négligée par Tibère , elle se releva sous Néron , et elle excella sous Trajan. Après ees empereurs, l’architecture ne fit que déciieoir; elle suivit la décadence de l’empire romain , et s’anéantit avec lui.
- Les Visigoths , dans le cinquième siècle , détruisirent les plus beaux ornemens de l’antiquité , et l’architecture fut réduite à un tel excès de barbarie , qu’on négligea la justesse des proportions et la correction du dessin, dans lesquels consistoit le mérite de l’art. L’abus de ses principales règles fit naître une nouvelle manière de bâtir, que l’on nomma' Y architecture gothique , et qui a subsisté jusqu’à Charlemagne qui entreprit de rétablir celle des anciens. Hugues Capet et Robert son fils , qui avoient du goût pour cet àrt, encouragèrent les artistes français ; Varchitecture changea insensiblement de face ; mais de grossière qu’elle étoit, on la porta à un excès opposé en la faisant trop légère. On fut redevable de ce goût aux Arabes et aux Maures , qui l’introduisirent en France et ailleurs , eomme les Vandales et l'es Gotbs avoient apporté le pesant goût gothique.
- Tu architecture ne recouvra sa première simplicité, sa beauté et ses proportions que vers le commencement du i5e. siècle; et ce ne fut que sous les règnes de Louis XII et de François 1er. , qu’on vit arriver en France des architectes d’Italie , qui, les premiers , donnèrent l’idée du bon dessin pour Varchitecture qu’on venoit de déterrer des superbes ruines de l’ancienne Rome.
- On distingue plusieurs espèces d ’archi tecture.
- Architecture civile ; c’est l’art de composer et de construire les bâtimens pour la commodité et les différens usages de la vie ; tels sont les édifices sacrés, les palais des
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- yoiâ et leâ maisons des particuliers', les ponts , les places publiques , théâtres, arcs de triomphe , etc.
- Architecture militaire; c’est l’art de fortifier les places , en les garantissant par des constructions solides et bien disposées , contre i’effort des bombes , des boulets , etc. ; c’est-ce genre de construction qu’on appelle FORTIFICATION. Voyez ce mot.
- L’architecture militaire est régulière ou irrégulière
- Architecture militaire régulière; c’est celle dont tous les angles qui la composent sont égaux entr’eux.
- Architecture militaire irrégulière ; c’est celle dont les angles ne sont pas tous égaux ni uniformes entr’eux.
- Architecture navale ; c’est l’art de bâtir les vaisseaux. On l’appelle autrementco7zs/raefzo7i; maisce mot s’entend plus particulièrement de la méthode de chaque nation , de chaque espèce de bâtiment. Ainsi l’on dit: La construction française, la construction d’un tel vaisseau-, la-construction des chebecs. Cet art n’est point, comme l’architecture civile , assujetti à des proportions et à des règles certaines. La construction d’un vaisseau exige des combinaisons singulières,afin de concilier plusieurs qualités qui se détruisent mutuellement : par exemple , plus un vaisseau sera long et étroit, plus il sera propre à fendre le fluide et à siller avec vitesse ; mais il portera mal la voile , virera de bord difficilement , sera plus dur à manœuvrer , et sujet à s’arquer. S’il est court et renflé dans ses fonds , il se comportera bien dans un grostems , portera bien la voile , virera bien de bord ; mais il marchera mal, etc. Le talent du constructeur consiste à concilier , le plus qu’il est possible , de ces qualités , et à préférer celles qui conviennent le mieux, d’après l’espèce et la destination du bâtiment qu’il veut construire.
- Architecture hydraulique ; c’est l’application des principes de l’hy-drodinamique à la construction de tous les ouvrages mécaniques où l’action d’un fluide quelconque , eau, air , vapeur de l’eau, etc. , est employée comme puissance motrice,
- ARC to5
- soit somme résistance à combattre Ou à vaincre , soit de toutes ces ma? nières à la fois.
- ARCHITRAVE, s. f. de l’italien architrave. , formé du grec ( arche ) , grand, principal , et du latin trabes , poutre , dont on a fait trabe, et ensuite trave , architrave.
- ( Archit. ) Première partie dé l’entablement qui pose sur les colonnes ou sur les pilastres. Ils sont differens , selon les divers ordres d’architecture.
- ARCHIVES, s. f. dû latin ar-chivum , formé du grec ( archeion ), ancien , ou du latin area , coffre , ou arcus , voûte.
- [Diplomatique) Anciens titres, chartes , et autres papiers importans, et aussi le lieu où l’on garde ces sortes de titres.
- ( Hist. anc. ) C’étoit dans les temples de Délos , de Delphes , de Minerve, à Athènes; d’Apollon, de Vesta et du Capitole, à Rome; dansl^ temple et le tabernacle, à Jérusalem , que les G recs, les Romains et les Juifs conserv oient les traités de paix, les limites des empires, les alliances, les annales de leurs républiques, les sources de leurs finances , et tous les actes qui étoient regardés comme les fondemens du repos , de la tranquillité et de la fortune de leurs compatriotes.
- ( Hist. de Fr.) Les rois de France des deux premières races avoienf? deux sortes d’archives ; les archives ambulantes qui les suivoient toujours, et les permanentes. 11 falloit bien- que tôt ou tard les premières éprouvassent les suites funestes de leur instabilité. Au rapport du père Daniel , les papiers du roi et les' registres publics furent pris par les Anglais, qui défirent notre arrière-garde , l’an iig4. Le trésor de nos chartes actuelles ne peut donc remonter avant Philippe-Auguste ; encore en est-on redevable au frère Guérin, religieux de l’ordre de St.-Jean de Jérusalem, évêque de Senlis, et chancelier de ce prince , qui forma le premier recueil du trésor des chartes , mais où l’on ne trouve rien que depuis Louis le jeune.
- ARCHIVOLTE, s. m. du latin arcus volutus, arc contourné.
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- ( Archit. ) Bandeau orné de moulures à la tête des voussoirs d’une arcade , qui naît sur les impostes , et qui varie suivant les ordres auxquels il est appliqué.
- ARCHONTES , s. m. du gr. «p^î.»
- ( archân ), dérivé d’ap^w ( archô ) , commander.
- ( Hist, anc. ) Titre des princi-aux magistrats des anciennes répu-liques grecques , et particulièrement de celle d’Athènes.
- Les archontes eurent d’abord leur dignité à vie ; ensuite elle fut rendue décennale, et enfin annuelle. Médon la posséda le premier , l’an du monde 2y36 , après la mort de Codrus , le dernier roi d’Athènes.
- ARCO , s. m. mot italien qui signifie archet.
- (Musique) Con Varco ; ces mots marquent qn’après avoir pincé les cordes , il faut reprendre l’archet à l’endroit où ils sont écrits.
- ARGON, s. m. du lat. arcus.
- ( Equit. ) L’une des pièces de bois courbées en ceintre , qui servent à faire le corps de la selle d’un cheval , avec deux bandes de fer qui les joignent l’une à l’autre. Perdre les arçons j vider les arçons, sont des façons de parler par lesquelles on entend qu’un cavalier est désarçonné , ou renversé de son cheval.
- ( Agric. ) Arçon signifie le sarment long de six à huit jeux , et même plus , qu’on laisse sur le sep , lors de la taille , dans le pays où le sep et le sarment sont accolés contre des échalas.
- ( Technol. ) Les chapeliers, les arçouneurs et les marbriers stuca-teurs , donnent le nom d’arçon à l’espèce d’archet qui leur est propre.
- ARCTIQUE , adj. du grec apx"Ioç ( arctos ), ourse.
- ( Astron. ) Epithète que l’on a donné au pôle septentrional ou pôle arctique , parce que la dernière étoile, située dans la queue de la petite ourse , en est très-voisine.
- Le cercle polaire arctique est un
- Fetit cercle de la sphère parallèle à équateur , e* éloigné du pôle arctique de 20 deg. 28min. 11 prend son nom du pôle arctique.
- ARGTITUDE, s, L du lat. arc-
- A R E
- iitudo , arctatio , resserrement , rétrécissement , dérivé du verbe arctare, presser , serrer , étrécir.
- ( Anat. ) Ce mot s’applique particulièrement aux instestins , lorsqu’ils sont resserrés par quelque cause inflammatoire , on à un rétrécissement contre nature de l’ouverture des parties naturelles de la femme , ou de la matrice.
- ARDENT, adj. du lat. ardens , brûlant, formé du verbe ardere, brûler.
- ( Méd. ) Fièvre ardente , fièvre très-violente.
- ( Chimie ) Esprits ardens ; esprits qui étant tirés par la distillation d’un végétal fermenté , peuvent prendre feu et brûler ; tels sont l’esprit de vin et l’eau-de-vie.
- ARE, s. m. du lat. area , d’où on avait déjà fait aire, surface.
- ( Métrologie ) Nouvelle mesure agraire, appelée vulgairement PERCHE CARRÉE, propre à déterminer l’étendue superficielle des petits terrains , comme les prés, les jardins, etc.
- L’are, ou la nouvelle perche carrée, contient cent mètres carrés; et, en mesures anciennes , un peu moins de deux perches carrées de 22 pieds.
- ARÉAGE , s. m. d’are, area , et de ago, agir.
- ( Mêtrol. ) L’action de mesurer les superficies : c’est la même chose que l’arpentage.
- ARÈNE, s. f. du latin arena y formé d ’arens, aride, sec, brûlant.
- Sable, gravier dont la terre est couverte en certains endroits, et principalement aux bords de la mer et des rivières.
- ( Hist. rom. ) Ce mot se prend quelquefois pour l’amphithéâtre où se faisoient, à Rome, les combats des gladiateurs, tt ceux des bêtes farouches, parce qu’on les couvroit de sable.
- ( Hiction ) On dit figurément descendre dans l’arène, pour se présenter au^ combat.
- ARÉOLE , s. f. du latin areola, diminutif d’area, surface.
- ( Astron. ) Cercle lumineux qui pavoit quelquefois autour de la luae.
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- ARE
- ( Anat. ) Cercle coloré qui entoure les mamelles.
- ARÉOMÈTRE, s. m. du grec açatci ( araios), subtil , léger, et de ( métron ) , mesure.
- ( Hydr.) Instrument qui sert à mesurer la densité ou la pesanteur des fluides.
- \J aréomètre est ordinairement de verre; il consiste en un globe rond et creux qui se termine en un tube long, cylindrique et petit. Onferme ce tube hermétiquement, après avoir fait entrer dans le globe autant de mercure qu’il en .faut pour fixer le tube dans une position verticale, lorsque l’instrument est plongé dans l’eau. On divise ce tube en degrés ; et l’on estime Ta -pesanteur d’un fluide , par le plus ou le moins de profondeur à laquelle le globe descend ; ensorte que le fluide dans lequel il descend le moins bas est le plus pesant, et celui dans lequel il descend le plus bas , est le plus léger.
- AREOPAGE, s. m. du gr. <*pf«ç (areés) , génit. d’âpvs (ares) , Mars , et, de irayn (pages), roche; la Roche de Mars.
- ( Hist. anc. ) Nom d’un tribunal d’Athènes, ainsi appelé du lieu où il tenoit ses séances.
- 1 Cet ancien sénat d’Athènes fut établi neuf cent quarante-uu ans avant Solon.
- APiEOSTYLE, s. m. du gr. «p«<cï (araios), rare, et de rvxot (stulos), colonne.
- (Architect. ) C’étoit chez les anciens le nom d’un édifice dont les colonnes étoient fort éloignées les unes des autres.
- En termes d’architecture moderne, c’est un entre-colonne de quatre diamètres et davantage.
- AREOTECTON1QUE, s. f. du gr-apt&'ç (aréôs) , génit. d’apnç (ares), Mars , combat, et de j»™» (tektôn, ouvrier, de (fauché), prépa-
- rer, ordonner, disposer.
- ( An rnilit. ) Ce terme est employé pour désignerla partie de l’architecture militaire qui regarde l’attaque et la défense.
- ARÉOTIQUE, ad;. mot grec dérivé d’; p<4io« (araioô), raréfier, dont la racine est -ip.ds<, ( araios ) , rare.
- ( Méd. ) On appelle ainsi les remèdes propres à raréfier les bumeo rs.
- À R G io5
- ARETE. s. f. du latin arista , que quelques-uns ei'oient venir du mot celtique ar , qui signifie pointe.
- ( Agnc. et Bot. ) Arête est ce qu’on appelle vulgairement barbe du seigle , de l’orge et autres graminées, c’est-à-dire, ce filet grêle, sec et plus ou moins roide , qui part de la base, du dos ou sommet des écailles, ou paillettes florales de ces plantes.
- . kJ arête est encore tonte espèce de pointe, ou corps mince qui, par sa position ou sa structure, ressemble plus ou moins à l’arête ci - dessus définie.
- (Archit. ) C’est par analogie que les architectes ont donné ce nom à l’angle saillant que forment deux faces droites d’une pièce de bois, d’une pierre, etc. : à la pièce de bois qui forme l’angle des toits en croupe ou en pavillon ; à un enduit de plâtre ou de mortier, sur un toit couvert de tuiles. Ces deux derniers se nomment, l’un arestier , et l’autre arestière.
- ( ichtyologie ) C’est encore par analogie qu’on nomme arête, ce qui, dans le corps des poissons, sert à soutenir leur chair, comme les os soutiennent la chair des animaux.
- ( Technol.) Il est peu d’arts ou de métiers qui n’emploient le mot arête pour désigner quelque partie deleurs travaux, qui a quelque ressemblance avec Y arête proprement dite.
- ARÉTOLOG1E , s. f. mot grec composé d’f- ps-r* (aretê) , vertu, et de âo7h (logos) discours : discours surla vertu.
- ( Philos. ) Partie de la philoso*; phie morale qui traite de la vertu , desa nature, et des moyens d’y parvenir.
- ARGENT, s. m. du grec «pwpoç ( arguros) , dérivé d’apyo? (argos), qui signifie blanc, dont les Latins ont fait argentum , qui a produit argent.
- (Minéral. ) L’argent est un métal d’une couleur blanche , pure et brillante. L’argent est après l’or le plus estimé de tous les métaux. Il est , après le platine , le plus ductile et le plus fixe au feu. 11 est aussi , après le cuivre , le plus sonore de tous. Sà ténacité et son élasticité ne le cèdent qu’à celle du fer, du cuivre et du platiue. Sa dureté est inférieure ù celle du fer, du platine et du cui-
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- vre. Sa pesanteur spécifique est moindre que celle du platine , de l’or, du mercure et du plomb -, mais elle surpasse celle de tous les autres métaux et demi-métaux.
- Dans ses mines ,Vargent se trouve quelquefois à Tétât natif, et alors on l’appelle argent vierge ; mais beaucoup plus souvent l’argent se trouve minéralisé avec d’autres substances , et alors il prend une seconde dénomination de l’espèce de substance à laquelle il se trouve lié. L’ argent aconservé son nom dans la nouvelle nomenclature ; mais ce que les anciens chimistes appeloient lune ou argent corné, est maintenant connu sous la dénomination de muriate d’argent.
- Argent fulminantc’est un argent dissous dans l’acide nitrique , précipité par l’eau de chaux, et ensuite étendu dans l’ammoniaque. Il en résulte une poudre noire qu’on décante et qu’on laisse sécher à l’air; et c’est celte poudre qui est l’argent fulminant.
- Il faut le contact d’un corps embrasé pour faire détonner la poudre à canon ; il faut faire prendre à l’or fulminant un certain degré de chaleur pour qu’il détonne ; mais le contact du plus petit corps, même froid, fait détonner Vargent fulminant.
- ARGENTUM MUS1VUM. V.
- MUSIF.
- { Commerce ) Titre de Vargent ; le titre auquel on travaille Vargent, pour les ouvrages d’orfèvrerie , varie selon les pays, de même que l’argent frappé en espèces. La proportion de l’argent à l’or est comme i5 est à i , avec une fraction qui varie d’un demi à un cinquième , entre la France et l’Angleterre.
- Argent de franque ; c’est Vargent que les négocians ,ou autres particuliers placent dans les dépôts publics qu’ils nomment banques; telles que sont les banques de Venise , de France , d’Hambourg, d’Amsterdam , etc. Cet argent est ordinairement plus cher que l’argent coulant , par la facilité qu’il y a de faire des paiemenscoasidérabiesavec les reconnoissances de la banque , ou les écritures en banque, comme à Amsterdam , et parce qu’aussi ces banques ne receyant que des pièces
- ARG
- ou lingots d’or et d’argent d’un bon aloi, on est bien sûr d’être toujours payé en bonne valeur.
- ARGILE , s. f. du grec apxxxoç (argilloa)y terre blanche, dont la racine est ap-m ( argos ), blanc.
- (llist. nat.) Mélange de silice et de différentes terres simples , si intimement combinées, qu’elles forment un tout parfaitement homogène , et qui paroît simple lui-même.
- U argile est de diverses couleurs, mais plus ordinairement gris, et surtout bleuâtre, d’une teinte obscure comme l’ardoise. Elle est onctueuse, tenace et ductile.
- Elle a la propriété de se durcir considérablement au feu, en conservant la forme qu’on lui a donnée dans son état de mollesse , ce qui la rend propre à la fabrication des poteries de toute espèce , des carreaux, etc. V. ALUMINE, TERRE A POTIER , TERRE BQLAIRE , TERRE DE PUTNA ; TERRE A PIPE FOULON,TERRE d’OMBRE.
- ARGUMENT, s. m. du lat* argua , faire voir , prouver , convaincre.
- ( Logique ) Raisonnement par lequel on tire une ou deux conséquences d’une ou deux propositions.
- ( Astron. ) Un argument est, en général , la quantité de laquelle dépend une équation , une inégalité , une circonstance quelconque du mouvement d’une planète. Ainsi, l’argument de latitude est la distance d’une planète à son nœud, parce que la latitude en dépend.
- Argument annuel ; c’est la distance du soleil à l’apogée de la lune.
- Argument de la parallaxe ; c’est l’effet qu’elle produit dans l’observation qui sert à trouver la véritable quantité de la parallaxe horizontale.
- ( Littéral.''') Argument est le sujet ou l’abrégé d’un ouvrage.
- ARGYROPÉE , s. f. du grec «pyi-p:ç (arguros), argent, et de 7tcké» (poieô ), faire.
- ( Alchimie ) Terme d e philosophie hermétique : qui signifie l’art de convertir les métaux et les minéraux les plus imparfaits en argent, par le moyen de la pierre philosophale , ou du mercure des philosophes , ou de la semence argent!-lique.
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- A RI
- ARIETTE, s. f. del’italien arietta, diminutif à’aria , air : petit air.
- ( Musique ) La signification de ce mot a changé en France, et l’on y donne le nom A’ariettes à de grands morceaux de musique, d’un mouvement pour l’ordinaire assez gai et marqué , qui se chantent avec des accompagnemens de symphonie , et qui sont communément en rondeau.
- ARILLE, s. m. du lat. arillus.
- ( Botan. ) Partie charnue qu’on rencontre dans quelques fruits, distincte de la paroi interne du péricarpe : elle enveloppe en partie ou en totalité la graine, sans contracter avec le tégument propre de celle-ci, d’autre adhésion que par le style. Cette partie n’est qu’une expansion remarquable de ce que les botanistes appellent cordon ombilical.
- ARIOSO , adj. pris adverbialement. Mot emprunté de l’italien.
- ( Musique ) Ce mot, placé à la tête d’un tir , indique une manière de chan: soutenue , développée, et affectée aux grands airs.
- ARISTARQUE, s. m. du grec â^y-ipZ- - ( aristarchos ) , composé d’«pjroQ (aristos) , très-bon , et d’«f-xsç (arc/ios),prince; très-bon prince,
- ( Eittérat. ) Ce mot signifie bou prince ; mais , dans l’usage ordinaire , il se prend pour un critique se'vèrè, depuis un grammairien de ce nom, qui a fait la révision des poèmes d’Homère, avec tant de sé-ve'rité , que l’on a depuis nommé aristarque tout critique outré , auprès de qui les meilleurs ouvrages trouvent à peine grâce.
- Ce mot tout seul ne se prend point çn mauvaise part, comme celui de 201le.
- ARISTOCRATIE, s. f. du grec «fi g-tsç { aristos ), le meilleur, et de jtfaroç ( hratos ), pouvoir, gouvernement.
- ( Econ. polit. ) Sorte de gouvernement où le pouvoir souverain est exercé par un certain nombre de nobles ou de magistrats.
- ARITHMANC1E, s. f. mot grec composé d’«pi6/xcç ( arilhmos ) , nombre , et de panuct (manteia) , divination.
- _ ( Divinat. ) Art de prédire l'avenir par le mnvea des nombres. ARITHMÉTIQUE, s. f. du grec
- A R I loq
- a.piSr[j,*Too) ( arithrnêtihê), dont la racine est ( arithmos ) ,
- noqibre.
- ( Mathém.)' L’art de démontrer , ou cette partie des mathématiques qui considère les propriétés des nombres. L’arithmétique se divise en différentes espèces :
- L’ arithmétique théorique , ou la science des propriétés et des rapports des nombres abstraits , aves les raisons et les démonstrations des différentes règles.
- Arithmétique pratique ; c’est l’art de nombrer ou de calculer , ou l’art de trouver les nombres par le moyen de certains nombres donnés , dont la relation aux premiers est connue.
- Arithmétique instrumentale ; c’est celle où les règles communes s’exécutent par le moyen d’instru-mens imaginés pour calculer ; avec facilité et promptitude, comme la machine de Pascal.
- Arithmétique logarithmique ; c’est celle qui enseigne le calcul des nombres et des quantités abstraites, désignées par des chiffres; on en fait les opérations avec des chiffres ordinaires ou arabes.
- Arithmétique spécieuse ; c’est celle qui enseigne le calcul des quantités dés gnées par les lettres de l’alphabet.
- Arithmétique décimale ; c’est celle qui s’exécute par une suite de dix caractères , de manière que la progression va de dix en dix.
- Arithmétique politique ; c’est celle dont les opérations ont pour but des recherches utiles à l’art de gouverner les peuples ; telles que celles du nombre des habitans d’un pays ; de la quantité de nourriture qu’ils doivent consommer ; du travail qu’ils peuvent faire ; du tems qu’ils ont à vivre , etc.
- L’Arithmétiquepolitiquementse diviser en trois parties : la première est l’art de se procurer des faits précis , et tels que le calcul puisse s’y appliquer ; la seconde a pour objet de tirer de ces faits les conséquences auxquelles ils conduisent ; la troisième enfin doit enseigner à déterminer la probabilité de ces faits et de ces conséquences.
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- II y a lieu de croire que les anciens n’ont eu aucune idée AeVarithmétique politique. Elle n’a commencé à être une science que vers le milieu du dix-septième siècle , et il paroit que c’est en Angleterre qu’elle a pris naissance. Le chevalier Petty, anglais, est le premier qui ait publié des essais sous ce titre.
- ARLEQUIN , s. m. Ce mot, que l’on a prononcé autrefois harle-quino , vient d’un fameux comédien italien , qui vint à Paris sous Henri III. Comme il alloit souvent chez MM. de Harlay, ses compagnons l’appelèrent harlequino,c’est-à-dire , petit Harlay , nom qui est demeuré à ses successeurs , et qui , comme lui, firent le rôle de bouffon, pour divertir le peuple par leurs plaisanteries.
- ARMATEUR , s. m. de l’Italien armatore.
- ( Marine et Commerce ) C’est en termes de marine marchande , le commandant d’un vaisseau armé pour croiser sur les bâtimens des ennemis de l’Etat, avec une autorisation légale.
- On appelle aussi armateurs , les négocians , marchands, banquiers et autres, qui équipent un vaisseau, soit pour la course , soit pour le commerce.
- APiMATURE , s. f. du latin arma tum , fait d’armare , armer.
- ( Mécan. ) Assemblage de différentes barres ou liens de métal, pour soutenir ou contenir les parties d’un ouvrage de mécanique.
- (Lithologie) La croûte métallique et luisante qui couvre les pierres figurées.
- ( Art du fondeur ) L’assemblage de differens morceaux de fer destinés à porter le noyau et le moule de potée d’un ouvrage de bronze.
- ARME , s. f. du latin arrni , les bras , les épaules.
- (Art mi lit.) Tout ce qui sert dans le combat , soit pour attaquer, soit pour se défendre.
- On s’en sert au pluriel dans une signification plus étroite, pour marquer seulement les armes défensives d’un homme de guerre. Cet homme est bien sous les armes il a des
- ARM
- armes à Vépreuve ; il reçut un coup dans ses armes.
- Aux armes , cri par lequel on avertit une troupe de gens de guerre de prendre les armes.
- Faire passer quelqu’un par les armes ; c’est le faire mourir à coups de fusils , par le jugement d’un conseil de guerre.
- Armes, signifie la profession , le métier d’un homme de guerre. Cet homme est lié pour les armes; faire ses premières armes.
- Suspension d’armes ; c’est la cessation de toutes sortes d’actes d’hostilités entre deux partis opposés.
- On se sert du mot armes, pour signifier les différentes espèces de troupes qui composent une armée. F’arme du génie , l’arme de la cavalerie, etc.; détachement composé de différentes armes.
- ( Escrime ) Maître d’armes ; celui qui enseigne à tirer des armes.
- Faire des armes ; c’est s’exercer à escrimer.
- Tirer dans les armes, hors les armes, etc. C’est allonger un coup d’épée , entre ou hors les bras de l’ennemi.
- ( Blason ) Les armes étoient des marques d’honneur, des devises, etc., que nos vieux guerriers à l’imitation des Romains , faisoient peindre sur leurs écus , d’où est venu le mot écusson, en termes de blason; comme les écus étoient l’arme la plus commune aux gens de guerre , on appela particulièrement armes, les devises , etc., représentées sur les écus.
- On appelle armes parlantes , celles où il y a quelques figures qui font allusion avec le nom de la famille.
- Foy. Blason.
- ( Botan. ) Les armes des plantes sont les épines et les aiguillons.
- ( liist. nat. ) Armes des animaux ; elles sont de deux espèces : les unes offensives sont exclusivement le partage des animaux carnivores. Les autres défensives, comme les cornes des animaux rumi-nans , servent à leur défense.
- ARMÉE, s. f. du latin arma.
- ( Art milit. ) Corps de troupes avoué par un Etat et envoyé par lui pour faire la guerre 5 ou encore , un
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- ARM
- grand nombre de troupes assemblées sous la conduite d’un général.
- ARMEMENT, s. m. du latin armamentum.
- ( Art milit. ) Appareil de guerre.
- ( Marine ) JJ armement d’une flotte , d’un vaisseau , est l’action d’équiper ou de préparer et de munir un ou plusieurs vaisseaux de guerre ou autres, pour aller à la mer. Il se dit par analogie des vaisseaux marchands.
- ARMILLAIRE , adj. du latin armilia , bracelet : ce qui ressemble à un bracelet.
- ( Astron. ) C’est ainsi qu’on appelle une sphère artificielle , composée de plusieurs cercles de métal ou de bois , qui représentent diffé-rens cercles de la sphère du monde , mis ensemble dans leur ordre naturel. La sphère armillaire sert à aider l’imagination pour concevoir' l’arrangement des cieux et le mouvement des corps célestes.
- ARMILLES, s.f. dulat. armilla, bracelet.
- {Astron.) Les armilles d’Alexandrie, célèbres par les observations de Tymocharès et d’Erasthotènes, con-sistoient en deux cercles de cuivre fixés dans le plan de l’équateur et du méridien, et peut-être en un troisième cercle mobile, à-peu-près çOmme l’asti’olabe que Ptolomée décrit dans l’almageste. Tycho-Bra-ché avoit aussi des armilles ou des cercles mobiles , les uns dans les autres , pour observer les positions
- ARMISTICE, s. m. du latin ar-mistitinm , contraction de armis sistendis.
- {Art milit.) Suspension d’armes. ARMOIRIES, Voy. ARMES.
- ARMURE , s. f. du latin arma.
- {Art milit.) Les armes défensives qui couvrent et joignent le corps , comme la cuirasse , le casque , etc.
- {.Physique) Armure de Y aimant; garniture d’acier qui augmente la vertu de l’aimant, ou qui la fixe et la conserve.
- ( Technol. ) Armure , se dit du métier sur lequel on fait le velours.
- Les moissonneurs appellent armure en bois, quatre baguettes de h'oi*, appliquées à la longueur du
- Â R O îog
- fer d’une faux , pour recevoir le blé fauché.
- Aromates , s. m. du grec afupx,
- ( arôma ) bonne odeur.
- ( Mat. méd. ) On comprend sous ce nom générique , toutes les matières végétales odoriférantes , pourvues d’une huile et d’un sel , dont Tunion forme une substance savonneuse, qui est le principe de l’odeur et du goût de ces substances.
- AROME , s. m. du grec ( arôma ) , bonne odeur.
- ( Chimie ) Terme de la nouvelle nomenclature chimique , qui remplace ce qu’on appeloit avant, l’es-prit recteur ou principe odorant.
- JJarome est un principe ou un composé subtil et volatil qui s’exhale, de lui-même des végétaux , et qui porté par l’air sur le nerf olfactif de l’homme et des animaux , produit en eux la sensation de l’odeur.
- Il y a autant d’aromes que de plantes différentes, et chaque arôme varie dans la même plante, suivant les circonstances.
- On obtient Varôme des plantes en les distillant à une chaleur douce, et on les condense dans l’eau qui prend l’odeur de la plante ; mais le principe de cette odeur est si subtil et en si petite quantité , que si on échauffe tant soit peu cette eau, et si on la laisse seulement exposée à l’air , il se dissipe entièrement , sans que l’eau perde sensi-ment de son poids.
- Le meilleur moyen de conserver Yarôme est de l’enchaîner dans de l’esprit-de-vin ou dans des huilex essentielles. Si on fait digérer l’esprit-de-vin avec une plante aromatique , il se charge de son arôme et de son huile essentielle. Si on enlève l’huile à l’esprit-de-vin, en y versant de l’eau , l’arome reste alors lié à l’esprit-de-vin, qui en conserve l’odeur. De même, si on distille l’ai— cohol avec une eau jaromatisée, il se charge de l’arome que l’eau con-tenoit, et elle devient inodore. C’est sur cela qu’est fondé tout l’art de faire les ratafiats, qui ne sont qu’un esprit-de-vin ou alcohol étendu d’eau, chargé de la partie aromatique d’une plante et adouci avec du sucre. On trouve toujours l’arome dans les huiles essentielles qui ont
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- no A R Q
- l'odeur de la plante ; aussi, en dissolvant ces huiles dans l’alcohol, on captive doublement 1 ’esprtt recteur.
- ARPÈGE, s. m. de l’italien ar-peggio , dérivé d’arpa, harpe , parce que c’est du jeu de la harpe qu’on a tiré l’idée de Farpégement.
- ( Musique ) U arpège est une manière de l’aire entendre successivement et rapidement les divers sons dJun accord , au lieu de les frapper tous à-la-fois.
- On est contraint d’arpéger sur tous les instrumens dont onjoue avec l’archet, parce que la convexité du chevalet empêche que Uarchet ne ' puisse appuyer sur toutes les cordes. Il faut, pour arpéger , que les doigts soient arrangés, chacun sur sa corde, et que l’arpège se tire d’un seul et grand coup d’archet qui commence fortement sur la plus grosse corde, et vienne finir en tournant et adoucissant sur la chanterelle. Si les doigts ne s’arrangeoient sur les cordes que successivement , ou qu’on donnât plusieurs coups d’archet, ce ne se-roit plus arpéger, ce seroit passer très-vite plusieurs notes de suite.
- Ce qu’on fait par nécessité sur le violon , on le fait par goût sur le clavecin. Comme on ne peut tirer de cet instrument que des sons qui ne tiennent pas , on est obligé de les refrapper sur des notes de longue durée ; et pour faire durer un accord plus long-tems , on le frappe en arpégeant, commençant par les sons bas, et observant, que les doigts qui ont frappé les premiers, ne quittent point leurs touches que tout l’ar-pége ne soit achevé, afin que l’on puisse entendre à-la-fois tous les sons de l’accord.
- ARPENT, s. m. du celte ara, labouré , pen , un, et rieiz , jour , labour d’un jour ; ou du lat. arpen-dium, corruption d’arvipendium : l’action de mesurer la terre avec une corde ; d’où l’on a fait arvipenm nium, anpennium et arpéndium.
- ( Géom. ) Mesure ancienne de superficie , contenant cent perches carrées , ou 5i ares environ de superficie; c’cst aussi le terme vulgaire qui correspond à celui de are. V. ARE,
- ARQUER , v. n. d’arc, arcus.
- (Marin.) S'arquer, c’est { en
- À RR
- parlant d’un vaisseau ou de ses parties, se courber ou changer de forme, par vétusté ou par accident.
- ARRACHEMENT, s. m. du latin abradicare, ou eradicare.
- (.Archit.) Les arrachemens sont des pierres qu’on ôte d’un mur à distances égales , lorsqu’on veut y joindre un autre mur , afin de faire liaison.
- Les arrachemens d’une voûte sont les endroits par où elle commence à se former en ceintre, ce qui est au-dessus de l’imposte.
- ARRASEMENT, ou ARASEMENT, du verbe raser, passer horizontalement, près et vite, par métaphore.
- ( Archit. ) Dernière assise d’un mur arrivée à hauteur du couronnement , ou assise qu’on a laissée à certaine hauteur, pour quelque raison particulière.
- ( Menuiserie ) Il se dit aussi des pièces égal es en hauteur unies et sans saillie.
- ARRÉRAGES , s. m. Corruption d’arriérages , formé du lat. ad rétro, d’où les Italiens ont fait arretatro, et les Espagnols arredrar.
- ( Pratique ) Ce qui est dû , ce qui est échu d’un revenu, d’une rente, d’un loyer, d’une ferme.
- ARRET, s. m. du grec cèperov (areston), du verbe «p«ay.a [areskâ), plaire ; d’où le latin placitum, a produit plaisir. De ce mot âfso-x.» ( are.slcô ) , vient aussi arrestare, latin barbare des derniers siècles , que les Français ont également adopté , et dont ils ont fait arrêt, mais dans le sens de ce qui a été statué, décidé, et non de ce qui plaît. De - là vient que les mots: car tel est notre plaisir , qui se trouvent au bas des édits des rois de France , veulent dire , ce qui a été arrêté par nous , et non ce qui nous pla ît.
- ( Pratique) Arrêt est un jugement souverain et sans appel. D’ar-rêt on a fait arrêté, pour signifier le résultat dés délibérations d’une assemblée.
- ( Chasse ) On appelle arrêt l’action du chien - couchant, qui s’arrête quand il sent la perdrix ouïe gibier. Le chien est en arrêt.
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- ARR
- ( Equit. ) Arrêt est la pause que fait le cheval en cheminant.
- Former l’arrêt du cheval ; c’est l’arrêter sur les hanches.
- Demi-arrêt ; c’est un arrêt qui n’est pas achevé , quand le cheval reprend et continue son galop, sans taire ni pesades , ni courbettes.
- ARRHES, s. f. du grec âppAav ( arrabôn ), ou de l’hébreu arab , il a promis.
- ( Pratique et Commerce ) Argent ou gage qu’un acheteur donne d’avance et à-compte sur une marchandise , pour la retenir, et prévenir qu’elle ne soit vendue à d’autres.
- En droit, qui rompt le marché , perd ses arrhes, et si le marché est rompu par celui qui a reçu les arrhes , il rend les arrhes doubles.
- ARRIERE , s. m. dulat. ad rétro, dont les Italiens ont fait addietro.
- ( Marine ) La partie du vaisseau qui est du côté de la poupe ; il est opposé à celui d1 avant. Vent-arrière est synonyme de vent en poupe. Passer de Varrière, signifieun égard que l’inférieur doit au supérieur, eu passant du côté de la poupe , lorsqu’ils s’approchent, et que leurs routes se croisent. L’on suppose que la chose estpossible, et qu’elle n’expose à aucun danger.
- ARRIÉRÉ , s. m. du latin ad rétro.
- ( Finances ) Mettre à Varriéré , mettre dans l’arriéré ; c’est suspendre le paiement de certaines dettes , jusqu’à une époque fixe ou indéterminée, et cependant continuer le paiement des autres dettes.
- ARRIERE-MAIN, s. m. du latin ad rétro.
- ( Jeu de paume ) Coup de revers de la main : J’ai gagné la partie par un bel arrière-main.
- ( Equit. ) Nom que l’on donne à tout le train de derrière du cheval.
- ( Chirurgie ) Arrière-faix ; c’est ce qui sort de la matrice d’une femme après l’enfant; le placenta avec les membranes qui enveloppent l’enfant dans le ventre de sa mère. On l’appelle ainsi , parce que c’est comme un second faix dont la femme ne se décharge qu’après que l’enfant est hors de la matrice. V. SECONDI-NES, PLACENTA.
- ARRIMAGE, s. m. du latin bar-
- ARR m!
- bare arrigare, disposer, ordonner.
- ( Marin. ) L’action d’arranger le lest, les tonneaux , les munitions de guerre et de bouche , et en général tout ce qui se place dans la cale d’un vaisseau, de façon que le bâtiment soit sur l’eau dans l’assiette requise par sa construction , et la plus convenable pour sa navigation.
- ARRIVER , v. n. de l’italien ar~ rivare, corruption du latin adripere, approcher de la rive , aborder.
- (Marine) Arriver-, c’est ranger le cap ou la proue du vaisseau plus loin de la ligne du vent qu’il n’étoit, ou autrement le rapprocher davan -tage de la route de vent-arrière. O» arrive pour éviter un danger ou l’abordage d’un vaisseau qui s© trouve au vent. Lorsque deux vais-: seaux courent l’un sur l’autre , si tous les deux tiennent le vent,, c’est le plus petit ou l’inférieur qui doit arriver ; et s’il n’y en a qu’un an plus près du vent , celui-là doit continuer de tenir le vent, et l’autr® doit arriver. Arriver sur un vaisseau, c’est lorsqu’ayant un vaisseau sous le vent, on met, tout-à-coup , la bârre du gouvernail du côté du vent, pour aller à la rencontre de ce vaisseau , en se rapprochant davantage de la route de vent-arrière.
- ARRONDIR ,v. a. dulat. rotun-dare, pour rotundum facere, rendre rond.
- ( Equit. ) Arrondir un cheval, pour dire le dresser à manier en rond, ou lui faire porter les hanches et les épaules, uniment et rondement, sans qn’il se traverse ou se jette de côté.
- ( Peinture ) Arrondir un objet ; ce n’est pas seulement le faire paroî-tre de relief, c’est dégrader tellement la couleur par l’effet du clair-obscur que la rondeur se fasse sentir aussi parfaitement que la réalité l’offre , et sur-tout en donnant bieu à connoître la nature de la substance qu’on fait paroître arrondie.
- ARROSER, v. a. du lat. adro-rare , humecter : mouiller quelque chose , en versant de l’eau dessus.
- ( Jardin. ) Donner de l’eau à une plante. On juge qu’une plante peut se passer d’eau , lorsque ses feuilles sont d’un vert obscur, bien étendues et fermes, et que leur pédicule n’est
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- ART
- point incliné, Tout ce qui est nouvellement planté, doit être fréquemment arrosé, depuis que la sève se dispose à monter , jusqu’à la saison où elle diminue,
- Pline , en parlant du platane apporté en Italie, dit que cet arbre étoit si estimé , qu’on l’arrosoit avec du vin, pour le faire croître ; et il ajoute : Le vin est très-salutaire aux racines ; ainsi , nous avons appris même aux arbres à s’abreuver de cette liqueur.
- ARSENAL , s. m. de l’italien arsenal e.
- ( Art milit. ) Magasin d’armes et de toutes sortes d’instrumens de guerre , soit pour la terre, soit pour Ta mer.
- ARSENIC , s. m. du. gr. o,
- ( arsenïkon ).
- ( Minéral» ) Substance métallique aigre et cassante , qui a la propriété de se dissiper dans le feu, sous la forme d’une fumée dont l’odeur est semblable à celle de l’ail. C’est un poison dangereux ; on en connoît de plusieurs espèces ; le régule à.’arsenic , aujourd’hui Varsenic proprement dit. La chaux d’arsenic blanc, appelée maintenant 1 ’oxide d’arsenic ; l’arsenic rouge , connu dans la nouvelle nomenclature , sous le nom à’oxide d’arsenic sulfuré rouge , et l’arseniate de potasse qui a conservé son nom.
- Arsenique ( acide ) ; c’est un acide formé du métal arsénique et d’oxigène. Sa terminaison en ique , indique le second état des acides , celui où ils contiennent plus d’oxigène , où ils en sont ordinairement complètement saturés. La combustion ne réduit l’arsenic qu’en oxide. L’acide nitrique ou l’acide muriatique oxigéné , ajoute à cet oxide la quantité d’oxigène nécessaire pour qu’il devienne acide arsénique.
- ARSENIEUX {acide)-, c’est l’oxide d’arsenic, uni avec différentes bases , telles que les terres , les alcalis , et les oxides métalliques. Sa terminaison en eux , indique le premier état des acides, celui où ils contiennent le moins d’oxigène possible pour être acide.
- ART , s, m. du grec «.fur» [arête], vertu, industrie , ou de «foç (aros)
- ART
- utilité : méthode de bien fairetm ouvrage selon certaines règles.
- Arts libéraux , ceux où l’esprit a plus de part que la main.
- Arts mécaniques ; ceux qui dépendent surtout de la main.
- ( Littérat. ) Art se dit en parlant de ce qui est composé et conduit avec raisonnement, en faisant une juste application des principes et des préceptes d’un certain art. Cette pièce de théâtre est conduite avec grand art ; un bon orateur doit cacher son art.
- ( Alchimie ) Le grand art ; on appelle ainsi l’art de transmuter les métaux.
- ART POÉTIQUE. Voy. POÉTIQUE.
- ART MILITAIRE. V. MILITAIRE.
- ARTÈRE , s. f. du jprec (aêr), air , et de ( terêo ), conserver ,
- parce qu’en effet la trachée-artère conduit l’air dans les poumons.
- ( Anat. ) Les artères sont des parties solides, figurées en canaux membraneux , élastiques, qui ont la figure d’un cône allongé, lisses et polis intérieurement sans valvules , si ce n’est dans le cœur , destinés à recevoir le sang du cœur pour le distribuer au 'poumon , et à toutes les parties du corps , en décroissant à mesure qu’ils se divisent en un plus grand nombre de rameaux.
- ARTHRITIQUE , s. m. du grec «fÇpinç ( arthritis ) , maladie des articles.
- (Méd.) Epithète donnée à la maladie et aux douleurs de la goutte , comme aussi aux remèdes qui sont propres à guérir les maladies de ce genre,
- ARTICLE, s. m. du latin articulas : jointure. .
- (Anat. ) Jointure, articulation : assemblage de deux os pour le mouvement de l’un et de l’autre.
- ( Botan. ) La jointure d’une partie d’une plante avec une autre,
- (Diplomat. Commerce, Finances et Pratique). Ce mot se dit des pa.-ties d’un écrit composé de divers chefs, tel qu’est un traité , un contrat , un compte, etc.
- (Grammaire) Article est unepar-ticule
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- ART
- iicule qui précède ordinairement les noms appellatifs.
- ARTICULATION , S. f. du latin ariiculatio, formé d'articulas.
- ( Anat.') Manière dont les os sont naturellement assemblés les uns avec les autres.
- ( Botan. ) Le lieu de la réunion de deux pièces mises-bout à bout, ou encore des gonflemens et des étran-glemens qu’on rencontre alternativement sur plusieurs parties des plantes.
- (Pratique) On dit articulation de faits , pour dire déduction de faits, article par article.
- ARTIFICE , s. m. du latin arti-ficium , composé de ars , art, et de facio , faire : manière adroite et industrieuse d’exécuter quelque chose.
- (Pyrolech.) Artifice se dit des feux préparés avec art, soit pour le divertissement , soit pour la guerre , de matières aisées à s’enflammer, etc.
- ARTIFICIEL, adj. d’art : qui se fait par art.
- (Astropom.) Sphère artificielle. V. SPHERE ARMILLAIRE.
- Jour artificiel ; c’est le jour que le soleil reste sur l’horizon.
- ( Géom.) Lignes artificielles ; ce sont les lignes tracées sur un compas de proportion , lesquelles représentent les logarithmes des sinus, des tangentes, et peuvent servir avec la ligne des nombres, à résoudre exactement les problèmes de trigonométrie, de navigation, etc. Les nombres artiüciels sont les sécantes , les sinus et les tangentes.
- (Phys.) Aimant artificiel, froid artificiel. V. AIMANT , FROID.
- Artillerie , s. f. de l’ancien
- mot françois artiller, rendre fort par art.
- (Art mil.) Ce mot si’gnifioit autrefois les arbalètes , les arcs, les traits et les flèches. Aujourd’hui l’on comprend sous ce nom les canons , les mortiers , les bombes , etc. Il se prend aussi pour le corps de troupes qui sert l’artillerie.
- ARTIMON, s. m. de l’italien ar-tinione, qui pourvoit venir du grec àpviua,» ( artimon ) , qui signifioit thcz les Grecs la grande voiie d’un navire.
- ( Marine ) C’est le nom distinctif de celui des mâts du vaisseau qui est 1 ome /,
- A S B nS
- placé le plus vers l’arrière et le plus petit de tous. La voile qu’il porte, et généralement, toute sa garniture porte le nom d’artimon.
- ARTISTE, s. m. d'art ; celui qui travaille dans un art, où le génie plus que la main doit concourir ; celui qui cultive les arts libéraux.
- ARYTÉNOÏDE , s. m. du grec kpvTeuvet ( arulaina ) , entonnoir, et de s;d’oc (éidos), forme, ressemblance : qui ressemble à un entonnoir.
- ( Anat. ) Épithète que l’on donne à deux cartilages qui , a'ssemblés avec d’autres, forment l’embouchure du larynx.
- ARYTHME , s. m. de l’A privatif grec , et de ffi.hç (ruthmos) , proportion , mesure : sans proportion , sans mesure.
- ( Méd. ) ïrrégulari té dans le mouvement du pouls.
- AS , s. m. du latin as , dérivé du grec sic, un, ou «Te à la dorique, et etc à la tarentine.
- ( Hist. rom. ) Ce mot a signifié un poids, comme la livre commune ; de là on l’a transporté à quelqu’au-tre chose que ce fût, et as signifioit un tout, la chose entière. Par as , on a entendu une monnoie ; il y a eu quatre sortes d’as pendant la république. La marque de Vas étoit une tête de Janus d’un côté , et de l’autre un bec de navire, rostrum.
- ( Jeu de dés ) As se dit du seul point qui est marqué sur une des faces du dé que l’on joue.
- ( Jeu de cartes) On appelle as , les cartes qui n’ont qu’une seule figure placée dans le milieu. Vas vaut , aux cartes , un ou dix, ou même onze, selon le jeu qu’on joue.
- ASBESTE, s. m. du gi'ec â(7£ss-oc ( asbestos ) , incombustible ; formé de l’A privatif, et de a^îvvvui ( s ben-numi ), éteindre ; parce que l’incombustibilité de cette substance avoit fait croire aux anciens qu’elle étoit très-propre à faire des lampes perpétuelles.
- (Minéral.) Substance minérale d’un tissu fibreux ; c’est une espèce d’amiante solide; on en distingue plusieurs espèces : l’usbesteflexible, Vasbeste dur ou mûr, Vasbeste cassé, Vasbeste liejuiforme.
- Gt) fait avec Vasbeste flexible du H '
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- H4 A S G
- papier et des mèches qui ne se consument point.
- ASCENDANT, TE, adj. dulat. ascendere, formé de ad, et de seau-, do , .monter, grimper sur.
- ( Qénéal. ) Ligne ascendante , pour désigner les personnes dont on est né : le mariage est défendu entre les ascendans et les desceudans en ligne directe.
- ( Astroti. ) Le nœud ascendant d’une planète est le point où elle traverse l’écliptique, en passant du midi au nord , comme le nœud descendant est celui par lequel elle passe du nord au midi. Les signes ascendans sont les trois premiers et les trois derniers de l’écliptique. Ils ont été appelés ainsi, parce que le soleil, en les parcourant, s’élève de jour à autre, au dessus de l’horizon dans nos régions septentrionales , et semble monter vers notre zénith.
- ( Astrol. ) Le point de l’écliptique que les astronomes appellent quelquefois ascendant, parce qu’il est situé dans l’horizon oriental, est appelé par les astrologues , horoscope ; et ils le calculoient pour dresser le thème d’une nativité. La division du ciel en douze maisons commençoit dans ce point, et l’on disoit qu’une planète dominoit à Vascendant , lorsqu’elle répondait à ce point de l’écliptique situé dans l’horizon. C’est de }à peut-être qu’est venue l’expression , avoir de Vascendant sur quelqu’un , par comparaison avec l’influence considérable que l’on supposait dans l’horoscope sur la conduite , les inclinations et le sort des hommes. _
- ( Qéom ,)Quelques géomètres nomment progression ascendante, celle dont les termes vont en croissant. Telle est la progression arithmétique des nombies naturels i, 2, 3, etc.
- . ( Anal.) Les vaisseaux ascendans sont ceux qui portent le sang en haut, ou des parties inférieures dans les supérieures, U aorte ascendante est le tronc supérieur de l’artère qui fournit le sang à la tête.
- (Jardin?) Lesbranches ascendantes sont des branches ménagées de distance en distance sur les deux branches mères; celles qui montent garnissent le dedans de l'arbre, et celles quf descendent .garnissent le dehors.
- A S C
- ASCENSION , dulat. ascenderc, formé de ne/, et de scando , monter vers : élévation.
- (Physique) L’action par laquelle, un fluide monte dans les tuyaux ; telle est l’ascension de l’eau dans les pompes , du mercure dans le baromètre.
- ( Astron. ) U ascension est l’arc compris entre le point équinoxial, et le point de l’équateur qui se lève avec une étoile.
- (Jardin.) Ascension se dit du mouvement de la sève , après qu’elle a monté j usqu’au faîte de l’arbre , elle descend par les fibres longitudinales de sa tige , durant les soirées fraîches de l’été , et dans les tenis de rosée ; le surplus s’évapore par les vaisseaux excrétoires des feuilles. L’époque de l’ascension de la sève est très-importante à connoitre, à cause des transplantations, marcottes , greffes, etc.
- (Relig. ) Ascension se dit de l’élévation miraculeuse du Sauveur, quand il monta au ciel en corps et en ame, en présence de ses apôtres. Il signifie aussi la fête qu’on célèbre en son honneur , quarante jours après Pâques.
- ASCÉTIQUE, adj. du greckc-y.îit (askeïn), s’exercer.
- (Relig.) On appelle vie ascétique , la pratique et l’usage de l’oraison et de la mortification , ou la vie passée dans ces exercices. Il sed’t des personnes qui s’exercent dans la vie ascétique , comme les solitaires.
- ( Ribliographie ) Ascétique est une épithète que l’on donne aux livres de piété qui renferment des exercices spirituels, tels que les As-cétiaues , ou Traité de dévotion de S, Basile, évêque de Césarée. Dans les bibliothèques, on range sous le titre à’ascétiques , tous les écrits de théologie mystique.
- ASCIïïNS, s. m. de l’A privatif grec, sans, et de.nuée. (skia), ombre : sans ombre.
- (Astron.) Nom des peuples qui habitent entre les deux tropiques, sous’la zone torride. Ces peuples, en certains jours de l’année, n’ontpoint d’ombre à midi ; savoir, quand le soleil se trouve précisément dans leur zénith. Ceux qui demeurent précisément sous les tropifrues ne sont as-
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- ASP
- eicns qu’une fois l’année ; savoir : les uns quand le soleil entre dans le signe du Cancer, et les autres quand le soleil entre dans le signe du Capricorne. Au contraire;, ceux qui demeurent en tout autre endroit de la zone torride , sont asciens ou sans ombre deux fois l’année.
- ASCITE , adj. et s. f. du gr. ko-noç (askos) , outre.
- (JMéd. ) Hydropisie du bas-ventre , causée par des eaux séreuses ou lymphatiques , épanchées dans sa capacité. Cette maladie est ainsi nommée , parce que les eaux sont ren-fevméesdans le péritoine comme dans une outre.
- ASCLÉPIADE , du nom propre &o'i\n'riri&S'v)ç ( asclépiadés ).
- (Poésie) Vers latin , composé de quatre pieds : un spondée , deux co-riambes et un ïambe , inventé par un poëte grec de ce nom. La première ode d’Horace, IVlœcenas ata-vis , etc. , est en vers asclépiadés.
- ASILE, s. m. du grec acuxo\ (asu-Ion), lieu de sûreté, composé de l’A priv. gi-ec et de cvx✠(sulao), ravir, enlever j. parce qu’il n’étoit pas permis d’artacher quelqu’un d’un asile. Si l’on consultent l’étymologie , on devroit écrire asyle, mais l’usage a prévalu.
- A SODE ou ASSODE, adj. du grec «on (asé) , dégoût, réplétion, envie de vomir.
- ( JMéd. ) On nomme ainsi une fièvre continue dont lè symptôme essentiel est une inquiétude si grande autour du cœur ou de l’estomac , qu’on ne peut demeurer dans une même place.
- ASPECT, s. m. du lat. aspectus , dérivé à'aspecto , formé de ad et de specto , regarder vers.
- (.Astrologie) Situation des étoiles ou planètes , les unes par rapport aux autres. C’est aussi une configuration ou relation mutuelle entre les planètes , qui vient de leur situation dans le zodiaque , en vertu desquelles les astrologues croient que leur puissance ou leurs forces croissent oudiminuent selon que leurs qualités actives ou passives se conviennent ou se contrarient. &
- ASPÉRITÉ. V. ÂPRhT
- ASPHALTE , s. m. : et v-
- ( asphallos ) , bitume.
- ASS nS
- ( Minéral. ) Substance brillante , solide, pesante et fragile ; d’une couleur noirâtre , d’une odeur bitumineuse , sur-tout quand la matière est échauffée ; elle s’enflamme et se fond aisément.
- Les Egyptiens en faisoient autres fois beaucoup d’usage pour embaumer leurs momies • et c’est pour cela qu’on lui donne quelquefois le nom d e gomme des funérailles.
- ASPHYXIE , s. f. de FA priv. gi‘. sans, et de trqv^it (sphuxis), pouls : sans pouls.
- (IVIéd.) Privation subite du pouls , de la respiration, du sentiment et du mouvemeiit, ou un abattement considérable et subit de toutes les forces du corps et de l’esprit, en sorte qu’on reste comme si l’on étoit mort. Les symptômes par lesquels s’annonce cette maladie, ressemblent beaucoup à ceux de la mart subite; et c’est ce qui cause souvent de fatales erreurs, et conduit dans la nuit du tombeau, des hommes qui eussent encore joui long-tems de la lumière et de la vie.
- ASPIRANT , TE, adj. du latin aspirare, formé de ad et de spirare, désirer, aspirer.
- ( Physique ) Ce mot n’est guère employé qu’en parlant d’une pompe. V. POMPE ASPIRANTE.
- ASPIRATION, s. f. du latin aspirare. V. ASPIRANT.
- ( Auat. ) L’action de ce qui respire , et qui tire sou haleine ou l’air extérieur eu dedans. On dit aujourd’hui inspiration par opposition à expiration , qui est l’action par laquelle on presse ce même air en dehors.
- (Physique) L’action par laquelle on fait élever l’eau dans le tuyau d’une pompe aspirante. Ce terme quoique reçu , est ici fort impropre ; car l’eau n’est point élevée par aspiration, mais par la pression de l’air extérieur.
- ASSAILLIR , v. a. du latin barbare ad-salire , corruption as si-lire , composé de ad et de salire , sauter dessus.
- Salire a produit saut , Sauter, et à'ad - salire on a fait assaut , assaillir.
- (Art de la guerre ) Assaillir H 2
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- 1 it) ASS
- signifie Saillir à , où vers quelqu’un ,
- l’attaquer vivement.
- ASS A Kl, s. f. mot turc. Titre de la sultane favorite du grand-seigneur.
- ASSAUT , s. m. Pour l’origine, Foy. ASSAILLIR.
- ( Art. milit. ) Attaque d’une pièce de fortification, faisant partie d’une place. On dit Vassaut d’un réduit , d’un ouvrage a corne, à couronne , d’une contre- garde , d’une demi-lune , du corps de la place ; mais on ne dit. pas Vassaut d’une place , d’un camp , d’un poste.
- ( Escrime ) Faire assaut; c’est se battre, au fleuret pour s’exercer.
- ASSIÉGER, v. a. du lat. obsi-deo , formé de ab ou d’ob et de sedeo, s’asseoir autour.
- ( Art milit. ) Faire le siège d’-une place.
- ASSIETTE , s. f. d'asseoir , dérivé du lat. assideo , formé de ad , et de sedeo , s’asseoir auprès : situation , manière d’être assis, couclié , placé.
- (.Pratique) Le fonds sur lequel une rente est assise : Cette rente est en bonne et sûre assiette.
- ( Eaux et forêts ) Certaine étendue de bois , désignée par les officiers des forêts pour être vendue.
- ( Finances ) On dit Vassiette d’un droit, d’une contribution, pour la désignation des objets sur lesquels le droit , l’impôt ou la contribution , sont assis , ou destinés à être prélevés.
- ( Arehit. ) La situation d’un corps solide , posé sur un autre. L’assiette d’une pierre , d’une poutre.
- ( Art. milit. ) La situation d’une ville, d’un camp , d’une forteresse, d’un corps de troupes. U assiette de cette place est avantageuse.
- ( Mâtine ) La situation la plus favorable à un vaisseau pour sa navigation et pour sa marche , relativement à sa ligne d’eau ou de flottaison. L’assiette d’un vaisseau dépend beaucoup de sa charge et de son arrimage.
- * ( Equit. ) Situation du, cavalier
- sur la selle : Cet écuyer fait prendre une bonne assiette à ses écoliers.
- ( Fechnol. ) Les horlogers appellent assiette une pièce qui en sup-j.vite v.ue a1, tse, Les doreurs dorment
- À SS
- ce nom k une composition qu’ils couchent sur le bois, pour le prépaier à recevoir la dorure. Les teinturiers désignent, ainsi l’état d’une cuve où l’on a mis des ingrédiens, et que l’on a disposée à recevoir des étoffes en bain. Pour les paveurs , c’est la surface intérieure du pavé.
- (.Ecoiï. dont.) Assiette se dit encore d’une sorte de vaisselleùju’ou sert à table devant chaque personne. Ce nom lui vient de ce iqu'autrefois elle servoit à désigner Vassiette , ou la place que chaque convive devait occuper. On disoit, parla même raison, Vassiette d’une table, pour l’ordre dans lequel chacun devoit être assis.
- ASSISES, s. f. du latin assisiœ , formé de ad , et de sedeo , s’asseoir auprès.
- ( Pratique ) Les assises étaient les séances extraordinaires que te-noient les officiers des seigneurs ue fief, pour faire rendre l’hommage , les aveux et dénombremens auxquels les vassaux étoient tenus., et pour faire revenir les droits seigneuriaux , et rendre, la justice.
- • Les assises étoient encore des audiences que les baillis et sénéchaux tenoient dans les sièges royaux de leur dépendance.
- {Hist. d’Angleterre} Ce mot se rencontre fréquemment dans l’histoire d’Angleterre, où il désigne une assemblée de juges de paix , cpii a lieu à certaines époques et dans certains lieux , pour rendre la justice ; le jury; un statut; le lieu et la teins où les juges ambulans vont rendre la justice ; le prix , le poids, la mesure du pain et de la bière.
- ( Arehit. ) Assise , au singulier , signifie un rang de pierres de même hauteur qu’en pose horizontalement pour construire une muraille.
- ( Arts et métiers ) Les fabricans de bas appellent assise, la soie qu’on étend sur les aiguilles , et qui dans le travail forme les mailles du bas.
- ASSONANCE , s, f. du latin as-sono , formé de ad, et de sono, répondre à la voix comme un écho.
- ( Diction } Propriété qu’ont certains mots de se terminer par le même son , sans néanmoins faire ce qu’on appelle une rime. Or et aurore , peur et heure sont des asso-
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- nances. U assonance est un défaut que les bons écrivains françois ont soin d’éviter en prose.
- ASSORTIR , v. a. de l’italien as-sorlire.
- ( Commerce) Choisir des marchandises pour en former le fonds d’un magasin , d’une boutique , afin d’avoir de quoi satisfaire ceux qui se présenteroient pour acheter.
- ( Peinture) On dit par extension, que les couleurs d’un tableau sont bien ou mal assorties.
- ASSOUPLIR, v. a. du lat. sup-plex, souple : rendre souple.
- ( Ecjuit. ) Assouplir un cheval, c’est le rendre souple, lui faire plier le col, les épaules , les côtés et les autres parties du corps, à force de le manier, de le faire trotter et galoper.
- ( Mcmuf. ) Assouplir une étoffe, un cuir , c’est les rendre moelleux. De là est venue cette expression proverbiale , souple comme un pant, lorsqu’on veut dire que quelqu’un s’accommode à tout ce qu’on veut.
- ASSOURDIR, v. a. du lat. surdus, sourd : rendre sourd.
- (Peinture) Assourdir, c’est diminuer la lumière et les détails dans les demi-teintes.
- ( (Gravure ) Les graveurs disent dans le même sens, assourdir les reflets, assourdir une taille.
- ASSURANCE, s. f. de l’italien assicuranza.
- ( Commerce) Contrat mercantile par lequel un particulier se rend propres , et met à son compte les pertes et dommages qui peuvent arriver sur un vaisseau, ou aux marchandises qui composent son chargement , moyennant une certaine somme que lui paient ceux à qui appartiennent les marchandises, et à certaines conditions. Les assurances peuvent se faire sur le corps du navire , vide ou chargé, avant ou pendant le voyage , sur toutes les parties de son chargement, ou sur quelques-unes d’entr’elles ; pour l’envoi ou pour le retour ; pour un voyage ou pour un tems limité. Celui qui répond des marchandises s’appelle assureur. Assuré se dit du propriétaire'ou quelquefois des objets compris dans l’assurance. La somme que Vassuré paie à Vas-
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- sureur s’appelle prime cVassurance. parce qu’elle se paie d’avance , à moins d’une convention contraire ; enfin , le contrat entre Vassureur et.
- Vassuré prend le nom de police d’assurance.
- La loi romaine, si navis eæ Asià venait, paroît avoir prévu les assurances ; mais leur origine est généralement attribuée aux Juifs , chassés de France en 1182 , sous Philippe-Auguste , qui se servirent de ce moyen pour faciliter le transport de leurs effets.
- Il y a encore des assurances sur les maisons et sur d’autres objets. En Angleterre , il y en a sur tous les objétspossibles, même sur la vie.
- ( Marine ) Coup de canon d’assurance ; c’est un coup de canon qu’un vaisseau tire , en tems de guerre , pour assurer son pavillon. Le capitaine d’un vaisseau qui as-sureroit ainsi un autre pavillon que celui de sa nation , agiroit contre le droit des gens.
- ( Vêneiie ) Assurance se dit de la fermeté dans la démarche. Un cerf va d’assurance, lorsqu’il va au petit pas et sans crainte.,
- ( Fauconnerie ) Assurance se dit d’un oiseau de vol qui n’est plus attaché par le pied, ce que l’on appelle hors de filière.
- ASSURER, v. a. et récip. Foy. ASSURANCE.
- ( Equil. ) Assurer la bouche d’un cheval, c’est l’accoutumer à souffrir le mors. On dit d’un mulet qu’il est assuré des pieds, parce que c’est la meilleure monture , dans les chemins pierreux et raboteux.
- ASTER, s. m. dugr. àç-àp ( aster), étoile.
- ( Botan. ) Genre de plantes dont la fleur est, radiée.
- ASTÉREOMÉTRE, s, m. du grec às-àp (aster), astre, et de p : -.v ( mé-
- tro n ) , mesure.
- ( Astron. ) Instrument destiné à calculer le lever et le coucher des astres dont on connoît la déclinaison et l’heure du passage au. méridien.
- ASTÉRIE , s, f. même origine qu’ ASTER.
- (Minéral.) Pierre précieuse qui est une variété du saphir ou du rubis d" Orient. Il arrive quelquefois
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- que ces gemmes laissent apercevoir les lames dont elles sont composées; les plus apparentes forment des hexagones concentriques, qui s’em-boitent les uns dans les autres, depuis les bords jusqu’au centre ; d’autres lames les coupent sous des angles de 60 et de 120 degrés; de manière que quand on taille la pierre en goutte de suif, elle offre toujours par ses reflets une étoile à six rayons. C’est cette propriété qui a fait donner à cette variété le nom d’astérie. On l’appelle encore girasol, parce qu’il semble qu’on y voit un petit soleil, de quelque côté qu’on la tourne. ,
- ASTÉRISME, s. m. du grec àçùp ( aster), astre.
- (Aslron.') Ce mot signifie la même chose que constellation.
- ASTÉRISQUE, s. f. du grec ( aster ), astre.
- ( Imprimerie ) Petite marque en forme d’etoile, qui se met dans l’impression des livres, pour indiquer un l’envoi ou' quelqu’autre chose.
- ( urinât. ) Petite tache opaque, en forme d’étoile, qui vient à la cornée transparente ; on l’appelle aussi la perle.
- ASTHÉNIE, s. f. de l’A privât, grec, et de aêévoc ( sthenos ) , force , puissance : manque de force.
- ( Méd. ) Terme nouveau qui signifie débilité ou relâchement dans les fibres musculaires.
- ASTHME , s. m. du grec krijutt ( aslhma ), formé d’âœ(«d), respirer, ou de d’àAijs) (aazo),aspirer,souffler.
- ( 1Méd. ) Grande difficulté de respirer , avec gonflement et sifflement, sans fièvre. On divise Vasthme en humide, en sec ou convulsif , et en nocturne. Loy. INCUBE.
- ASTRAGALE , s. m. du giec àrpâyeixcç ( astragalos ) , talon.
- (Archit.) Petit membre rond dont on orne le bas et le haut des colonnes , des pilastres, et autres membres d’architecture.
- C Botan. ) U astragale est une plante légumineuse dont la racine est douce au goût, et que plusieurs nomment, pour -cette raison ^ Jousse réglisse.
- ( Anat. ) Hastragal ou Vastragale est un os du tarse qui a une éminence oonvexe,articulée- par Gin-
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- glyme, avec le tibia : il est le plus élevé de tous les os du taise. Quelques-uns appliquent le nom d’ax-tragale aux vertèbres du col : Homère , dans son Odyssée, emploie ce terme dans ce sens.
- ASTRE , s. m. du grec kç-np ( aster y
- ( Astron. ) Terme générique qui s’applique aux étoiles , tant fixes qu’errantes, c’est-à-dire , aux étoiles proprement dites, aux planètes et aux comètes. On définit un astre un corps lumineux , ou par lui-même , ou par la réflexion de la lumière qui lui vient d’un autre astre. Les corps lumineux par eux-mêmes brillent de toutes part.', et éclairent tout ce qui les .environne, jusqu’à une certaine distance ; tels sont le soleil et les étoiles qu’on appelle fixes. Les autres étant des corps opaques , comme la terre que nous habitons, ne deviennent lumineux que par une lumière empruntée , c’est-à-dire , en réfléchissant celle qui leur vient d’un astre lumineux par lui-même ; telles sont les planètes du premier et du second ordre, et les comètes.
- ASTRINGENT, adj. et s. du lat. adstringere, composé de ad et de slringo , resserrer.
- ( IMéd, ) Epithète que l’on donne aux remèdes qui ont la vertu de resserrer, de froncer les fibres, et de rendre les pores plus petits ; d’arrêter les hémorragies , les diarrhées et le cours immodéré des humeurs sur quelque partie. Les astringens resserrent les fibres des vaisseaux en absorbant les humidités qui se trouvent entre les chairs et les fibres des vaisseaux.
- ASTROLABE , s. m. du gr. kçpo-xaQoç ( aslrolabos ), composé de ctçnp ( aster) , étoile , et de XAp.Çkvre ( lambanô ) , prendre : prendre la hauteur des astres.
- ( Astron. ) Instrument d’astronomie dont, se servoient. les anciens pour les obsarvations : il y en a eu de plusieurs espèces , ou plutôt le même nom a été donné à plusieurs espèces d’instrumens très-différens : on n’en fait plus usage maintenant. ASTROLOGIE, s, f. du gr, açpiv
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- (aslroti), astre , et de xi-ysç (logos), discours : discours sur les astres.
- (slsLrul. ) Ce mot signifioit autrefois là cours oissance du ciel et des astres; mais sa signification a changé, et on appelle maintenant astronomie ce que les anciens appeloient astrologie ; de sorte que celle - ci , sous la dénomination à?astrologie judiciaire, n’est plus que l’art de prédire les événemens futurs, pâlies aspects , les positions et les influences des corps célestes.
- U astrologie passe pour avoir pris naissance dans la Chaldée, d’où elle pénétra en Egypte , en Grèce et en Italie ; quant à nous , c’est des Arabes que nous la tenons. U astrologie est un art chimérique , mais quia été pendant long-teins beaucoup plus cultivé que l’astronomie. Iæ ciel, selon les astrologues , est divisé en douze parties égales ; ces douze portions ont chacune un attribut , comme les richésses, la science, etc. La portion la plus décisive est celle qui est prête 4 monter et à paroître sur l’horizon , lorsqu’un homme vient an monde. Les planètes sont divisées en favorables, nuisibles et mixtes. Les aspects de ces planètes , qui ne son t qu’à certaines distances entr’elles, sont aussi heureuses ou funestes. Saturne a sous son empire la mélancolie ; Jupiter , les honneurs ; Mars , la colère ; le Soleil, la gloire ; Vénus , l’amour ; Mercure , l’éloquence ; la Lune , les choses qui sont d’un commun usage dans la vie.
- La France fut, comme toutes les autres nations , infectée de cette superstition. Sous le règne de Louis XI, vrvoit Arnou.lt . astrologue du roi. Du teins de Catherine de Médicis , on n’osoit rien entreprendre d’important sans avoir auparavant consulté les astres-; et sous' les règnes de Henri III èt Henri IV , il n’êtoit question dans les entretiens de la cour, que des prédictions des astrologues. Dans les dernières années de la vie de Henri le Grand , il n’v avoit point de mois qu’on ne fit courir quelque prédiction de sa mort. Ils diront vrai à la fin , dit un Jour ce monarque au maréchal liar-sompière , et on aura plus d’attention à une seule J'ois qu ’ils auront
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- rencontré ta vérité, qu’à tant d’autres occasions où ils se seront trompés.
- ASTRONOMIE , s. f. du gr. âs-pou ( astron ) , étoile , et de vop.aç ( no-mos ) , loi , distribution.
- ( Astron, ) Science des mouve-mens célestes, des phénomènes qu’on, observe dans le ciel, et de tout ce qui a rapport aux astres. C’est une partie des mathématiques mixtes , dans laquelle on apprend à connoî-tre les grandeurs,. les mouvemens et les distances des étoiles, des planètes et des comètes , autant que-l’industrie humaine, aidée de l’observation et du calcul ,. peut nous y faire pénétrer.
- Lesanciens appeloient cette science astrologie ,- mais ce dernier terme est réservé aujourd’hui à la science conjecturale dont il est question au mot astrologie. Ainsi ce qu’on sait de l’origine et des premiers progrès de l’astrologie, se rapporte à Vastronomie. Les Chaldéens passent pour-avoir été les premiers astronomes : les Egyptiens leur disputent cet avantage, et prétendent avoir deviné les premiers le mouvement de la terre , appelé système de Copernic. Les Phéniciens ont découvert les premiers que l’observation des étoiles boréales pouvcit leur être utile pour la navigation.
- Tiia.ès de Milet fut le premier-Grec qui fit des découvertes dans cette science , et Hypparque forma un catalogue des étoiles fixes.
- Vers l’an i2.3g, l’empereur Frédéric II , ayant fait traduire de l’arabe l’Almageste de Ptolémée, l’Europe commença à sortir de l’extrême ignorance où elle croupissoit depuis plusieurs siècles , et à s’instruire dans l’astronomie, qui, jusque-là, n’avoit. été cultivée que par les Arabes.
- En i33o, Copernic établit l’immobilité du soleil, et le mouvement de la terre autour de cet astre.
- Tycho-Rrahé fut, après lui, le plus grand observateur qui ait paru ; les théories , le* tables et. les découvertes de Képier sent fondées sur l’exactitude de ses remarques.
- Galilée introduisit pêu après l’usage des télescopes, avec lesquels il découvrit les satellites de Jupiter 7
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- les taches du soleil, et des montagnes dans la lune.
- Enfin , tandis qu’Hévélius , Gassendi contribuoient aux progrès de l’astronomie, Huyghens inventoitles pendules astronomiques, et trouvoit l’anneau et un des satellites de Saturne; Cassini découvroit les quatre autres satellites de cette planète , et Newton s’ouvroit le chemin de l’immortalité. Les sa vans qui ont depuis parcouru la même carrière y ont acquis de la célébrité, sans rien diminuer de la gloire de leurs prédécesseurs.
- ASYMÉTRIE, s. f. del’Aprivât, grec sans , et de ju'irpov (métron) , mesure : sans mesure.
- ( Math. ) Défaut de proportion ou de correspondance entre les parties d’une chose. Ce mot est l’opposé de symétrie , et ce que l’on entend plus ordinairement par incommensurabilité. Il y a incommensurabilité entre deux quantités , lorsqu’elles n’ont aucune mesure. Tels sont le côté du carré et la diagonale.
- ASYMPTOTE , s. f. de l’A priv. grec , sans, de <ri)v ( sun ) , avec , et de vi'TVTta (piptô), tomber : qui n’est pas coincident ou qui ne rencontre point.
- ( Créom. ) Une ligne qui, étant indéfiniment prolongée , s’approche continuellement d’une courbe , ou d’une portion de courbe indéfiniment prolongée, de manière que sa distance à cette ligne ne devient jamais zéro absolu , mais peut toujours être trouvée plus petite qu’aucune autre grandeur donnée.
- ATAXIE, s. f. de l’A privât grec, sans , et de (taxis) , ordre :
- sans ordre, défaut d’ordre, irrégularité , confusion.
- ( JMéd. ) Ce mot est employé en médecine pour signifier un dérangement et une irrégularité dans les crises et les paroxismes des fièvres.
- ATECHNIE , s. f. de l’A privai, grec, et de (iechné), art : sans
- art, défaut d’art.
- ATELIER , s. m. Ce mot peut Venir de ce qu’autrefois on donnoit le nom d'atelier à ces basses-cours , où plusieurs ouvriers travailloient ensemble.
- { 'Pechnol. ) Ce mot se dit du lieu
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- où plusieurs ouvriers travaillent ensemble, et quelquefois de la réunion ou collection de ces ouvriers. On dit Vatelier d’un peintre , d’un sculpteur , etc.
- ATELLANES , s. f. d’Atella , ville de Toscane.
- ( Jeux scéniques ) Les atellanes étoient chez les Romains des pièces comiques et satiriques , qui tenoient le milieu entre nos pièces bouffonnes et la tragédie. Elles étoient ainsi nommées, parce que ces pièces avoient été représentées , pour la première fois, à Stella.
- ATÉMADOULET, s. m. Titre du premier ministre de Perse.
- ATERMOIEMENT , s. m. de terme : l’action de donner , d’accorder un terme.
- ( Commercé') Contrat passé à l’amiable , entre un débiteur et ses créanciers , dont le but est de prolonger les termes de paiement. Pour que ce contrat soit valable , il faut qu’il soit passé par devant notaire ; qu’il soit consenti par les trois quarts des créanciers , en somme , et qu’il soit insinué et homologué avec les créanciers qui n’ont point signé.
- ATHÉE , s. m. de l’A priv. grec, sans , et, de Bsbç ( théos ) , Dieu : sans Dieu..
- Celui qui méeonnoît l’existence de Dieu. Protagoras , Démocrite et Leucyppe, paraissent être les premiers qui aient professé ouvertement l’athéisme.
- ATHENÉÈ , s. m. de la ville d’Athènes , ville savante, ou du nom grec de Pallas à9;r;ii ( s/ thé né ) , déesse des sciences ; comme si Athénée signifioit un lieu consacré à Pai-las, ou destiné aux exercices auxquels elle préside.
- ( Arts et sciences ) Lieu public dans lequel les professeurs des avis libéraux tenoient leurs assemblées , où les rhéteurs et les poë'tes 1 isolent leurs ouvrages , et où l’on déclamoit les pièces. Ces lieux étoient disposés en amphithéâtre, garnis de sièges , comme les amphithéâtrespu-blics. Il y avoit des athénées dans les principales villes de l’empire romain. Mais les plus fameux ont été celui de Rome, fondé par Adrien , et celui de Lyon, construit par les
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- errlres de Caligula. Alexandre Sévère alloit souvent dans l’Athénée de Rome entendre les rhéteurs et les poètes grecs et latins. Gordien s’y étoit exercé à déclamer dans sa jeunesse. On se sert encore aujourd’hui de ce mot, pour désigner les académies des savans, et les lieux- où ils s’assemblent.
- ATHÉROME , s. m. du gr. k$W ( alhêra'), bouillie.
- ( Médecine ) Tumeur sans couleur et sans douleur , enfermée dans une membrane qui contient une matière purulente , épaisse , blanchâtre, semblable à de la bouillie. Sa mollesse la distingue du squirre , sa fluctuation et l’impression du doigt empêchent qu’on ne la confonde avec le sarcome.
- ATHLETE , s. m. du gr. ùSaütÜç [athlètes), dérivé d’IÔAoç (athlos) , combat.
- (.Antiq. ) C’étoit chez les anciens Grecs celui qui combattoit dans les jeux solennels. ,
- ATHLANTE , s. m. du mot atlas. V. plus bas.
- ( Archit. ) Statue d’homme, qui soutient un morceau d’architecture, en guise de colonne ou de pilastre.
- ATLAS , s. m. nom propre , dé-rivéde<j-i%'hkoù(talaô), ou rxkce{tlaô), soutenir ; parce que, suivant la fable, Atlas soutient le ciel.
- ( Qéogr. ) Ce mot signifie , par analogie, un recueil de cartes géographiques.
- ( Anat. ) On l’applique aussi à la première vertèbre du cou , celle qui supporte la tête.
- ATMOSPHÈRE , s. f. du grec. «.t«è5 ( atmos ) , vapeur ou exhalaison , et de crçciîpa (sphaira), sphère, globe : sphère de vapeurs.
- (Physique) La masse de vapeurs ou d’air qui environne un corps quelconque , et qui participe de tous ses mouvemens ; mais ce mot s’entend particulièrement de cette niasse u’air qui environne la terre de toutes parts , et qui lui forme une espèce d’enveloppe , que l’on appelle atmosphère terrestre. L’atmosphère Pèse sur le centre de la terre et sur sa surface ; elle participe à son mouvement annuel; et à sou mouvement
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- diurne : elle a beaucoup de paî t au mécanisme de la nature. Quelques savans prétendent que le soleil et la luneontaussi leur atmosphère.
- Atmosphère électrique ; c’est le fluide subtil qui est actuellement en mouvement autour d’un corps électrisé. Cette atmosphère est formée par la matière électrique, elle-même, tant effluente qu’affluente ; et c’est cette matière qui est la cause immédiate des mouvemens connus sons le nom d’attraction et de répulsion, et de tous les autres phénomènes électriques.
- ATOME , s. m. de l’A priv. grec , sans, et de a-ipvm ( temnà ) , diviser , couper : indivisible.
- (Physique) Corpuscule très-petit, d’une dureté parfaite , entièrement solide ou non poreux, et insécable, ou tout-à-fait indivisible. Démocrito et Epicure ont prétendu que le monde étoit formé de ces atomes , et que les corps se Tournoient par leur rencontre fortuite. Les phyfîciens modernes n’admettent ni la définition ni la. chose.
- ATONIE, s. f. de l’A privât, grec sans, et tovoc (tonos), tension, force, ressort : sans tension , sans force.
- ( ’JMéd. ) Foiblesse , relâchement, langueur ; état dans lequel les mus cles n’ont presque pas la force de se contracter, pour faire leursmou-vemens , et les solides relâchés n’agissent sur les liquides que très-ioi-blemeut.
- ATRABILAIRE , adj. et s. du latin atrahilarius , formé de aler : noir, et de hilis, bile : qui a du rapport avec la bile noire.
- ( lYlcd, ) Ce mot se dit des mélancoliques, de ceux qui sont d’un tempérament où la bile noire domine . et les rend tristes et chagrins.
- (Anat. ) Les anciens appeloieid capsules atrabilaires les deux corps glanduleux , appiatis, presque triangulaires , que i’on trouve au dessus des reins. Les modernes ont donné à ces glandes les noms de reins sue-centuriaux, ou glandes su s rénal es-. L’usage de ces par! i es n’est pas encore bien déterminé.
- ATROPHIE , s. f. de l'A privât, grec, sans , et de Toitp-n ( tréphô ) , nourrir : sans nourriture.
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- ( Méd. ) Amaigrissement et consomption de tout le corps, ou de quelques-uns de ses membres. Lorsque Vatrophie est universelle , c’est-à-dire, lorsqu’aucune partie du corps ne prend de nourriture , et qu’elles tombent toutes dans une extrême maigreur , elle retient le nom d’u-trophie ; mais lorsqu’elle est particulière , et que quelque partie seulement se flétrit et se dessèche, comme un bras, une jambe, un œil ; elle prend alors le nom Jaridure. Dans Vatrophie , la graisse et la chair se consument, au lieu que dans la maigreur, ou Varidure, la graisse seule se consume. JJ atrophie est une compagne inséparable de la fièvre étique , de laplithisie, dutabis, de la chartre. Le marasme en est le dernier degré.
- ATTAQUES, s. f, de l’italien allacare.
- {Art milit. ) Tranchées et autres ouvrages dirigés contre une partie des fortifications d’une place assiégée. On forme une ou plusieurs attaques , selon la grandeur de la place. Ce mot différé de celui d’approches , en ce que celui-ci est général , et comprend les ouvrages et travaux de toutes les attaques d’une p iace.
- ( Escrime ) Une attaque est un ou plusieurs mouvemens que l’on lait pour ébranler son adversaire , afin de le frapper pendant son désordre.
- ATTÉRAGE, s. m. dérivé de terre : l’action d’aller vers la terre.
- ( Marine ) Lieu où l’on vient re-eonno:tre la terre, en revenant de la mer , après une longue traversée, pendant laquelle on a perdu la terre de vue. C’est aussi l’action et le moment de reoonnoitre la terre. Ou appelle un bel altérasse, un endroit de ia côte, lacile à reconnoître , remarquable et exempt de dangers. Faire un bel allérage y c’est recon-noitre la terre où l’on vient aborder par un beau tems , sans danger et sans méprise. Etre aux attérages y c’est approcher de la terre , sans cependant la voir encore , lorsqu’on revient d’un long vovage.
- ATTÉMSSËMENT , s. m. de terre : l’action de porter sur ia terre.
- ( Physique ) Amas de limon, de
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- sahle , et de pierres roulées que les fleuves entraînent dans la mer, et qu’ils accumulent à leur embouchure. La basse Egypte , la Hollande , sont des attérissemens. V. ALLUVION.
- ATTICISME, s. m. du grec Jtt Kia-pd; ( atlikismos. )
- ( Hist. gr. ) Dans le langage , délicatesse , finesse de goût particulière aux Athéniens.
- ATTIQUE , s. f. du grec krTtzbç ( altihos ) , qui est à là façon du pays d’Athènes.
- (Diction ) On appelle sel altique ce qui paroit avoir quelque rapport aux hons mots et à la raillerie fine des Athéniens : Cet ouvrage est plein de sel altique.
- ( Archit. ) Petit ordre d’architecture qu’on met au dessus d’un plus grand, pour le terminer et le couronner. Cet ordre n’a point de colonnes , mais seulement des pilastres dont les chapiteaux sont ornés d’un rang de feuilles. Cet ordre a été ainsi nommé , parce qu’on prétend qu’il a été inventé par les Athéniens.
- ATTITUDE , s. f. de l’italien. altitudine, corruption du latin ap-titudo , situation, disposition convenable.
- ( Peinture ) La position que l’artiste adopte pour représenter ceux qu’il peint, ou que ceux-ci se choisissent eux-mêmes.
- ( Art dram. ) JJ altitude d’un acteur est l’effet général d’une passion sur toutes les parties de sou corps , et le juste accord de cet effet avec la nuance de passion que doit avoir le personnage qu’il représente.
- ( Danse ) JJ attitude , dans un danseur , est un système raisonné de positions, suivant les divers caractères qu’il représente , et les passions dont chacun de ces caractères doit être affecté.
- ATTRACTION , s. f. du latin atlractio , composé de ad , et de traho , tirer vers : action d’attirer , ou état de -ce qui est attiré.
- ( Mécan. ) Attraction ou traction est l’action d’une force motrice par laquelle un mobile est tiré ou rapproché de la puissance
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- #ui le meut : c’est de cette manière qu’un clieval tire un chariot ou une barque. Mais lorsqu’on voit deux corps libres éloignés l’un de l’autre, s’approcher mutuellement, sahs que l’on aperçoive la'cause, on donne à ce phénomène le nom attraction. Telle est Vattraction du fer par l’aimant ; et c’est dans ce dernier sens qu’il a été employé par les philosophes anciens et modernes.
- Anaxagore , Démocrite , Epicure et Plutarque, ont parlé de Y attraction : CofeYnic et Tycho l’admet-toient aussi ; Kepler , génie plus vaste et plus hardi, sentit qu’elle devoit être générale et réciproque dans tous les corps ; mais cette vertu ayant été regardée comme une vertu occulte , Descartes qui n’en vouloit reeonnoître aucune , l’avoit. entièrement bannie de la physique. Newton l’a rétablie d’une façon nouvelle. Après avoir remarqué que les corps se portent, ou tendent à se porter , les uns vers les autres , par une puissance qui lui étoit inconnue, il a déduit de cette observation le principe de Vattraction ; ensuite , de l’action plus ou moins forte de cette puissance , suivant la masse des corps , et leurs distances respectives , il a déduit les lois de Y attraction.
- ( Physique ) Attraction magnétique ou de l’àimant ; c’est une propriété qu’a l’aimant d’a! tirer le 1er et l’acier , et de s’y attacher iortement. La force attractive de l’aimant est plus grande lorsqu’il est armé. r. ARMURE DE L’AIMANT.
- Attraction chimique ; les chimistes entendent par attraction , l'impression naturelle qui porte les corps à se rapprocher et à s’imir. H attraction chimique n’a lieu-qu’entre des corps d’un très-petit volume ; elle est très-puissante dans le point de contact, et presque nu lle à- des distances assez petites. On lui donne aussi le nom d’AFFINITÉ. ^ ce mot.
- Be rgman l’a nommée attraction élective , parce que c’est par ttne espèce de choix et de préférence que les molécules d’une substance abandonnent celles à qui elles ^étaient jointes d’abord, pour voler
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- à d’autres qu’elles semblent affectionner davantage,
- ATTRAPER , v. a. du latin barbare trappa, qui a produit ad-Lrapare , d’où l’on a fait enirâper , intraper , et enfin attraper : prendre à une trape, à un piège. ; atteindre eu courant, saisir.
- ( Peinture') On dit, dans le langage de la peinture, attraper une belle ressemblance , attraper l’air, le maintien , la démarche , le caractère , e*c. Dans ce sens , il signifie saisir. Attraper ainsi que saisir est un Tait d’adresse , de prestesse , quelquefois de hasard et de bonheur. L’adresse et la prestesse sont le fruit, l’une de la sagacité de l’arliste et de l’habitude , et. l’autre de l’exercice continuel de son talent ; mais Je hasard décide plus souvent du succès.
- ATTRIBUT , s. m. du latin ai-Iributum , formé de ad , et de tri-huo . donner à... : ce qui est propre et particulier à chaque sujet.
- ( Trlétaph. ) Propriété constante de Petit, qui est déterminée par les propriétés essentielles.
- ( Log, ) Ce qui s'affirme ou se nie d’un sujet : ainsi lorsqu’on dit : Dieu est tout puissant, Dieu est le sujet, et tout puissant est l’attribut.
- (Peinture et sculpture) Symbole qui soit à faire distinguer une statue , un groupe , etc. La foudre , l'aigu;, so it les attributs de Jupiter ; J-- paon, celui de Junon; le caducée, celui de Mercure ; la massue, celui d’Bçrcule , etc.
- AUBIER , s. m. du latin albur-num , formé à’album, blanc.
- ( Botan. ) Le nouveau bois qui se forme, chaque année, sur le coips ligneux : il se trouve sous l’écorce 5 il est ordinairement blanc, plus on moins épais, d’une consistance beaucoup moins dure que le reste du bois, parce qu’il est composé des membranes réticulaires du livret, qui ne sont pas encore converties en un bois parfait.
- AUDIENCE, s, f. du latin au-dienlia.
- ( Diplomatie ) Ce mot se dit eu tems que les rois, les princes . les ministres , les personnes constituées en dignité , emploient à recevoir et
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- ïi>4 A U L
- à écouter les ambassadeurs et ceux qui ont à leur parler.
- Il y a des audiences publiques et d’état , et. des audiences privées et particulières. La première audience d’un ambassadeur et son audience de Congé sont du premier genre, et celles que Pambassadeur demande de tems en terns, pour l’intérêt du prince qu’il représente , sont du second genre.
- ( Pratique ) Audience est la séance des juges assemblés pour entendre et décider les contestations des parties,
- ( (léogr.) Audience se dit des pays de l’Amérique soumis à l’Espagne.
- Les Espagnols donnent le nom d’audience aux tribunaux de justice qu’ils ont érigés dans l’Amérique ; de là on a appelé audiences , les provinces qui composent le ressort de ces tribunaux. »
- AUDITIF , adj. du latin auditions ou auditorius , dérivé d’au-dire, écouter.
- f Anat. ) Le conduit auditif est cette portion de l’oreille externe qui commence à la conque , s’étend jus-*qu’à la membrane du tambour, et forme un conduit par lequel les sons arrivent à l’oreille. On appelle encore auditif un nerf qui , partant du cervelet, va se rendre , en se ramifiant, à différentes parties de l’oreille , et par le moyen duquel les impressions faites par les sons sur ces différentes parties, sont transmises jusqu’au siège de l’aine.
- AUGURE , s. m. du latin au-surium , contraction (Vaoiguriuni , ou d’aeigœriuin , chant des oiseaux.
- (Hist. rom.') Ce mot s’entendoif, chez les Romains , du présage qu’ils-firoient du chant des oiseaux ; car l’observation de leur vol et de leur façon de manger, étoit appelée aus-picium . contraction d’avispicium , inspection des oiseaux.
- Les Romaius avoienî reçu cet art des Toscans, qui en atfribuoient l’invention à Tagès.
- Parmi nous , ce mot se dit de tout ce qui semble présager , indiquer quelque chose que ce Suit.
- AULIQUE , adj. du grec jvi.rtiç (aulikos) , courtisan, dérivé d’*.ù*îj
- A TT R
- ( auïê) , salle, cour d’une maison , cour ou palais d’un souverain.
- ( Econ. polit.)Il se dit d’une cour
- supérieure, d’un-conseil qui a une juridiction universelle et en dernier ressort , sur tous les membres et sujets de l’empire d’Allemagne , pour les causes qui doivent y être portées.
- Il se dit aussi des membres de ce conseil.
- AUNE , s, f. du latin ulna.
- ( Métrologie ) Ancienne mesure de longueur égale à trois pieds sept pouces huit lignes , pour Paris , et aujourd’hui remplacée par le mètre, base du nouveau système des poids et mesures , et contenant environ trente-sept poives des mesures anciennes. V. MÈTRE.
- AURICULÉE , adj. du latin au-ritum, auriculatum.
- {Botan.) Feuille auriculée, celle qui a à sa base deux petits lobes séparés du reste du disque par deux sinus latéraux opposés.
- AURORE, s, f. du latin aurore, contraction de aurea hora, heure dorée.
- ( Astron. phys. ) Lumière qui paroît vers l’Orient avant que le soleil se lève , et qui va en augmentant jusqu’à ce qu’il soit levé. C’est la même chose que le crépuscule du matin , ou le point du jour.
- Aùrore boréale ; on appelle ainsi un phénomène lumineux , qui a coutume de paroître du côté du nord, ou de la partie boréale du ciel, et dont la lumière, lorsau’elle est proche de l’horizon , ressemble à celle du point du jour ou de l’aurore.
- Ce phénomène n’a pas été inconnu aux anciens ; Aristote , Pline et Sénèque en ont fait la description.
- On appelle de même aurore australe , un phénomène lumineux qui produit vers le pôleaustral les mêmes effets que produit l’aurore boréale. L’une et l’autre ont pour cause, suivant M. de Mairan, une portion de l’atmosphère solaire , qüi descend , en certaines circonstances , dans les régions supérieures de notre atmosphère terrestre , et qui , en conséquence du mouvement diurne de la terre, ou de sa rotation sur sod axe ,
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- ÂUT
- doit être repoussée de l’équateur vers les pôles.
- AUSPIÇE , s. m. du lat. auspi-cium, contraction d’aoispicium ; itispecfion du vol et de la façon de manger des oiseaux.
- ( Hist- rom. ) Terme générique qui désignoit. chez les Romains, diverses manières de consulter et de reconnoiîre l’avenir ; mais qui signi-fioit particulièrement l’art de consulter l’avenir . par l’obseï ration du vol et de la façon de manger des oiseaux.
- ÿ. AUGURE.
- AUSTERE, adj. du grec ètvçvp&ç (austêros), Uriné de a.uo ç(auos), st-c, et de- la terni'liaison ter, commune à un giand nombre de mots grecs et latins ; rigoureux , sévère , rude.
- (Peinture) Composition austère, manière austère , sujet austère , peintre austère.
- Le mot austère . lorsqu’il est relatif à l’art, s entend de la correction et de la fermeté dans le dessin, d’une grande simplicité dans la composition , et d’une couleur vraie, mais sérieuse, sans manière et sans éclat.
- L’austère, envisagé comme caractère de certains sujets, se rapporte aux actions, aux expressions et aux événemens graves qui demandent peu de personnages et le moins d’accessoires possible.
- ( Physique ) «Austère est une espèce de saveur qui ne diffère de l’acerbe que par son excès.
- AUTAN , s. m. du latin altanus , formé d’altuni , sous-entendu mare.
- (Phys. ) On appelle ainsi le vent du sud est qui souffle de la Méditerranée en France. Les habitans des cotes l’appellent le marin ou le mari.
- AUTEUR , s. m. au lat. auctor , formé d’aucto ou d,augeo, accroître, agrandir. Celui qui est la première cause de quelque chose. Les Grecs n’avoient point de mot particulier pour désigner l’auteur d’un ouvrage de littérature , d’art ou de science ; iis le nommoient (patêr. )
- AUTHENTIQUE, adj. du grec «•àfbmüèç ( authenlikos ) , dérivé de etù0svT;;s ( authentés ) , maître de s u - même . indépendant : so-
- AUT 125
- lennel, muni de l’autorité publique, et revêtu de toutes les formes • célèbre , notable, certifié.
- ( Jurispr:) Nom que l’on donne à certaines lois du droit romain. On dit authentiquer une femme , pour la convaincre d’adultère , d’après Vauthentique de Justinien : Si qua mulier, etc.
- AUTOCHTONES, s. m. du grec jpBoov ( chthôn ) , terre, et de «.ùric (autos), soi-même : nés dans le pays même.
- ( G-éogr. anc.) Les anciens don-noient ce nom aux premiers habi-tans d’un pays, pour les distinguer de ceux qui étoient venus d’ailleurs s’y établir.
- AUTOCRATIE, s. f. du grec kvroKPctTiia, ( aulocraleia ) , composé de æùtsç (autos), soi-même, et de xpa-Toç (kratos) , puissance : puissance propre, puissance exercée par soi-même.
- ( Rcon. polit. ) Terme usité en parlant du gouvernement exercé par un monarque avec une autorité absolue, indépendante, qui n’est limitée par aucune loi. Tel est le gouvernement exercé par l’empereur de Russie, qui s’intitule , à l’exemple de plusieurs^ de ses prédécesseurs , «Alexandre premier, autocrate de toutes les Russie s.
- AUTO-DA-FÉ , s. m. terme espagnol , qui signifie acte de foi.
- ( Jurisprud. ) Exécution solennelle du jugement rendu par l’inquisition.
- AUTOGRAPHE, s. m.adj. dugr. avroç (autos) , propre, soi-mème , et de yptt<f>on (graphô ), écrire : qui est écrit de la main même de l’auteur.
- (Bibliologie) On appelle ainsi un traité écrit de la main meme de l’auteur , par opposition aux copies qui en ont été faites par d’autres.
- AUTOMATE , s. m. du gr. *Wo{ (autos), soi-même, et de (mao), désirer, chercher : ce qui vient de soi-même , ce qui se fait d’une manière spontanée.
- ( lŸlecan. ) On appelle ainsi une machine qui a en soi les principes de son mouvement ; comme une horloge, une montre , les sphères
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- is6 A V A
- mouvantes, las tableaux mouvans. Tels sont encore les automates du célèbre Vauranson , et particulièrement son Jh'iteurqui jouoit différons airsde la flûteallemandeavecnne justesse surprenante, F. ANDROÏDE.
- AUTOMNE , s. m. et f. du latin aulurtmus; quelques auteurs font Tenir ce mot A,auclo , ou Aéaugeo , accroître, parce qüe c’est dans cette saison que se fait la moisson.
- ( .Astron.) Troisième saison de l’année ; elle commence le 23 septembre, tems où la hauteur méridienne du soleil se trouve moyenne en tre la plus grande et la pl us peti te.
- AUTONOMIE , s. f. du gr. avTOi ( autos'), soi-même , et de vogoç ( nomos ) , loi : d’après ses propres lois.
- ( Ilist. a tic. ) Etat, des villes grecques , et, sous l’empire romain , des villes conquises qui avoient acquis eu conservé le droit de se gouverner par leurs propres lois.
- AVAL, s. m. du lat. ad valere , à valoir : bon pour.
- ( Commerce ) Souscription qu’on met sur une lettre de change, ou sur tontes autres promesses entre négocions, par laqueiie on s’oblige d’en payer ië contenu , dans le cas où «files ne sevoient pas acquiitées par celui qui les a souscrites. Ainsi, un aval est un cautionnement de faire valoir la lettre, le billet ou la promesse.
- AVAL (descente), s. m. du latin advallare, fait de ad et vallis, conduire à val, aller en descendant , et dont on a fait avaler.
- ( Marine et navig. inter. ) M val est un terme de navigation des rivières . qui est opposé au terme d’amont. Un bateau navigue d'aval lorsqu’il descend , et Ai amont lorsqu’il remonte. Lorsqu’ûP'ai'est employé dans ce sens, il a pour origine le latin advallis, d’où l’on a fait advallare , avaler , pour descendre. Mvitler a ensuite produit avalaison , pour une chute d’eau impétueuse.
- AVALAISON , s. f. d’AVAL. F. ce mot.
- ( Phys. ) Chute d’ea v. pétueuse
- A V A
- qui vient des grosses pluies qui se forment en torrens.
- AVALANCHE, ou LAVANCEE, s. f. du vieux mot aval, tomber eu aval. F. ce mot.
- (.Physique ) Masse de neige qui se détache quelquefois, et sur-tout à la fin de l’hiver, du sommet des hautes montagnes, et qui s’augmente en roulant à un tel point , que , lorsqu’elle arrive dans les vallées , elle peut ensevelir plusieurs maisons , et causer d’autres grands ravages.
- On a soin de se prémunir contre cesévénemens, soit en laissant subsister quelque portion de i’orèt au dessus des villages , soit en construisant de fortes murailles , situées de manière à pouvoir briser l’effort des avalanches.
- AVANCER , v. n. du lat. barbare abantiare, formé de ab et de ante , qui a produit abantius et abantia , avance : pousser en avant, porter en avant.
- ( Peinture ) UneJigure est trop, ou n’est pas assez avancée ; cette manière de s’exprimer en peinture , regarde la couleur et la perspective aérienne , dans les rapports qu’elles doivent avoir l’une et l’autre avec la perspective linéale.
- I.a perspective linéale est une science positive dont les obligations sont absolues ; mais la couleur n’est pas soumise à des lois aussi sévères. Un air- plus ou moins pur fait pa-roitre à nos yeux les couleurs pins ou moins dégradées ; les couleurs , après cela, ne se dégradent pas toutes dans les mêmesproportions; le rouge, par exemple , perd moins que le jaune, par l’interposition d’un même volume d’air. Ainsi , mie figure vêtue d’écarlate , avancera davantage qu’une figure vêtue de jaune clair, placée au même point. C’est ainsi qu’un peintre fait avancer ou reculer une figure peinte dans l’exacte dimension qui convient à son pian , ên lui donnant une draperie dont la couleur fixe plus ou moins le regard.
- AVANIE, s. f. du grec vulgaire aQefâa, ( abània) , affront avec supercherie; ou de l’arabe havan, opprobre.
- (Commerce} Terme eu usage dan*
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- A V I
- îe Levant, où il signifie proprement les vexations que les gouverneurs et douaniers turcs font éprouver aux marchands chrétiens dont ils exigent des présens , et auxquels ils imposent des amendes considérables et souvent fort inj ustes.
- AVANT-GARDE , s. f. du latin
- anLegarda.
- (Art nul il.') Détachement qui précède une troupe en marche pour la garantir des surprises.
- AVARIE , s. f. Mot emprunté de l’italien avaria , dérivé probablement du Iat. barb. averagiutn, dont les Anglois ont fait average , qu’ils définissent : déclaration vraie , ou estimation juste des dédommage-niens que les intéressés , assureurs, etc. doivent payer pour les pertes occasionnées aux vaisseaux ou aux marchandises dont ils sont, chargés.
- (Commerce) On entend en France par ce mot les dommages arrivés aux vaisseaux, ou aux marchandises qui composent leur cargaison. On comprend sous cette dénomination , les dépenses extraordinaires et imprévues faites pendant le cours du voyage pour le navire , ou pour les marchandises de son chargement.
- AVENTURINE , s. f. d‘aventure, fait dulat. adventitius, dérivé d’advenio : arriver, survenir.
- ( Chimie) Un ouvrier ayant laissé tomber, par aventure, de la limaille de laiton dans une matière vitreuse c-n fusion , donna le nom à’aventu-rine à ce mélange.
- (Minéral. ) C’est à cause de leur ressemblance avec la pierre factice appelée aventurine, qu’on a donné le même nom à des pierres de la nature du quartz ou feld-spatk, qui, sur un fond coloré et demi-transparent, offrent une multitude de petits points hrilians , ordinairement de couleur jaune ou argentée.
- AVIS , s. m. de l’italien avviso , formé à'advisare, aviser : opinion , sentiment, conseil.
- (Commerce) Lettre d'avis ) c’est une lettré missive par laquelle un négociant ou un banquier mande à son correspondant quelque affaire relative à leur commerce.
- AVISO , s. m. Mot emprunté de l'espagnol.
- (thurine) Barque d’avis, corvette,
- AXE 127
- ou autre batiment de l’Etat, dépêché uniquement pourporter des nouvelles ou des ordres pressés. AU-PLUS-PRÈS, adv,
- ( Marine ) Vaisseau au-plus-près , ou au-plus-près-du-vent : cette expression désigne, en parlant de la route que fait un vaisseau , la direction la plus rapprochée de celle d’où vient le vent ; celle qui fait l’angle le plus aigu avec la direction du vent. Cet angle , dans les vaisseaux à trois mâts, ou à traits-carrés, est de six aires de vent ordinairement, ou de 67 degrés t rente minutes; mais les bâtimens à voiles latines ou auriques, portent leur avant, ou leur poupe, à cinq et même à quatre aires cle vent.
- AVORTEMENT, s. m. du lat. ab orior, naître avant terme.
- (Anat.) L’avortement est la sortie du /velus hors de la matrice avant le terme.
- (Jardin. ) Ce terme s’emploie , par extension , à l’égard des fruits qui ne parviennent ni à leur grosseur ni à leur maturité.
- AVRIL, s. m. du latin aprilis, formé d’aperire, ouvrir. Varron dérive le mot aprilis du mot grec Y<j>po~ (T’/tm (Aphrodite), Vénus, parce que les Romains avoient consacré ce mois à cette déesse.
- (Astron.) Le quatrième mois de l’année, ainsi nommé , parce que c’est dans ce mois que la terre semble s’ouvrir pour nous enrichir de toutes ses productions, C’estle iç> ou le 20 de ce mois que le soleil entre dans le signe du Taureau. 11 étoit le second de l’année romaine, qui commençoit par le mois de mars. Il a été appelé pendant quelque tems néronien , comme le mois de mai avoit été appelé claudienmais l’un et l’autre ont bientôt repris leur ancien nom.
- AXE, s. m. du latin axis , formé du grec âfa>v ( axôn ) , dérivé d’&jm ( ago ), agir.
- ( iSlécan. ) Une ligne ou un long morceau dé fer ou de bois, qui passé par le centre d’un corps , et qui sert à le faire tourner sur lui - même. C’est en ce sens que l’on dit Y axe d’une sphère ou d’un globe ; l’axe ou l’essieu d'une roue. L’axe d’une
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- balance est une ligne droite sur laquelle elle se tourne et se meut. L’axe d’oscillation d’un pendule est une ligne droite qui passe par le centre , autour duquel un pendule fait ses vibrations.
- ( (Jéotn. ) L’axe de rotation est une ligne droite, autour de laquelle on imagine qu’une figure plane se meut pour engendrer une surface. On entend encore plus généralement par axe , une ligne droite tirée du sommet d’une figure , sur le milieu de sa base.
- ( Optique ) O axe optique ou visuel est un rayon qui passe par le centre de l’œil ; ou c’est le rayon qui , passant par le milieu du cône lumineux, tombe perpendiculairement sur le cristallin, et conséquemment passe aussi par le centre de l’œil. L'axe moyen ou commun est une ligue droite tirée du point de concours des deux nerfs optiques, sur le milieu de la ligue droite qui joint les extrémités des mômes nerfs. Y.'axe d’une lentille ou d’un verre , est une ligne droite qui fait partie de l’axe du solide dont la lentille est un segment.
- ( jDiopüique) L’axe d’incidence est une ligne droite qui passe par le point d’incidence , perpendiculairement à la surface rompante, l’axe de réfraction est une ligne droite tirée du point d’incidence ou de réfraction , perpendiculairement à la surface rompante.
- ( Bolan, ) Axe est toute partie grêle et allongée sur laquelle sont fixées d’autres parties.
- ( Jardin. ) La moelle des arbres se trouve dans l’axe des branches ou du corps ligneux.
- ( Anal. ) Axe est encore le nom de la seconde vertèbre du cou.
- AXIOME , s. m.' du grec à? tu un ( axiôma ) , maxime reçue , formé de kriLüù (axioo) , estimer, établir: maxime , proposition générale reçue et établie dans une science.
- AZIMUTH , s. m. Corruption de l’arabe al-sempt, qui signifie chemin , route : droit cnemin.
- ( Aslron. ) Ce mot désigne actuellement l’arc de l’horizon compris entre le’méridien et un vertical quelconque , dans lequel se trouve le soleil ou une étoile.
- A Z (J
- L’aziinulh, quand le soleil se lève ou se couche, est le complément de l’amplitude orientale ou occidentale, ou ce qui lui manque pour faire un quart rie la circonférence.
- l 'aziinulh magnétique est l’arc de l’horizon compris entre le méridien du lieu et le méridien magnétique ; c’est , à proprement parler t la mesure de la déclinaison de l’aiguille aimantée.
- AZOTE , s. m. composé de l’A privât, grec , et de Çœv ( zàé ) , vie : sans vie.
- (Chimie) Les chimistes moderne: donnent aujourd’hui ce nom à un corps simple contenu dans l’air de l’atmosphère, dont il forme les 72 ° , et que les anciens appeloient air phlogistiqué , et. auquel Lavoisier avoit donné le nom de mophkte ou mofette atmosphérique. On ne peut l’obtenir dans toute sa pureté ; il est toujours ou fondu en gaz dans le calorique , et alors il porte le nom de gaz azote ; ou liquide et solide dans des combinaisons naturelles ou artificielles quelconques.
- AZUR , s. de l’italien azurro , formé , ainsi que l’espagnol azul, de l’arabe lazurd.
- ( Jlinér. ) Sorte de minéral dont • on fait un bleu fort beau et de fort grand prix.
- (Physique) Azur du ciel ; c’est la couleur bleue que présente la masse des divers fluides qui composent notre atmosphère.
- C’est un fait, connu des physiciens que la couleur du ciel paroit 'd’au-iaut plus foncée qu’on se trouve à une plus grande élévation. Saussure a inventé un instrument qu’il a nommé CYAKOMÈTRE ( V. ce mot ), pour mesurer ,les différens degrés d’intensité de cette couleur.
- (Chimie) Azur-de-cobalt; c’est une couleur bleue qui est le produit de l’oxide de cobalt ou safre, rcêié avec des fondans nitreux : c’est l’azur dont 011 fait usage pour les poteries , les faïences et les porcelaines.
- Azur de cuivre ; c’est le carbonate de cuivre natif , connu sous le 110m de bleu d'azur, bleu die montagne : il sert dans la peinture.
- - AZURÉ , EE . adj. d'szuv.
- • ( Physique- ;
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- BAC
- ( Physique ) Epithète que lW donne à la couleur sous laquelle nous voyons le ciel, lorsqu’il est serein.
- ( Technol. ) Les teinturiers donnent le nom d’azur à l’indigo broyé.
- AZYGOS , s. f. mot purement grec, composé de l’A priv. grec et de yt* (zugos), paire, sans paires
- ( Physiol. ) Veine située dans le coté droit de la poitrine , ainsi appelée parce qu’elle est sans paire , c’est-à-dire , qu’elle n’a point de compagne dans le coté gauche.
- AZYME , adj. du grec oç (azumos), composé de l’A priv. grec et de ( zumê ) , levain : sans levain.
- ( Hist. des Juifs ) Terme de l’écriture sainte : les pains azymes étaient des pains sans levain , que les Juifs mangeoient dans le tems de leur pâque. Le même mot, employé substantivement, désigne une fête que les Juifs célébroient sous le nom de la fête des azymes.
- P
- FA SI, on fa h mi, ou sim-
- Ïilement B ; nom du septième son de a gamme de l’Arétin , pour lequel les Italiens et les autres peuples de l’Europe répètent le B, disant B mi, quand il est naturel , B fa , quand il est B mol ; mais les Français l’appellent si, Voy. SI.
- BABORD , s. m. et adverbe de lieu ; de l’Jtaüen basso bordo.
- (Marine) Côté gauche du vaisseau en regardant de la poupe à la proue. BACCHANALES , s. f. du grec (Bakchos), Bacchus dieu des buveurs.
- { .Hist. anc. ) Les bacchanales étaient des Fêtes que les Grecs et les Romains célébroient en l’honneur de Bacchus.
- ( Arts du dessin ) On donne le ftom de bacchanales à des représentations de danses de bacchantes de satyres.
- BACCIFÈRE, adj. du latin bac ci-fera, formé de bacca , baie , et de fer° » porter : qui porte une baie, Tom. I,
- BAG 129
- ( Botan. ) Il se dit d’une plante dont le fruit est une baie.
- BACHA , s. m. du mot turc > basch , qui signifie tête.
- ( Hist. turque ) Du mot basch les Turcs ont fait Bacha,yonx signifier des personnes qui commandent ou qui ont commandé dans des emplois considérables , comme les gouverneurs de province , ceux des grandes villes , les visirs et les amiraux.
- BACKGAMMON s. m. terme anglais , composé, suivant Johnson , des deux mots gallois, bach, petit, etgammon , guerre: petite guerre,
- ( Jeux de table ) Espèce de jeu de table, qui se joue daus un trictrac avec des cornets et des dés. On l’appelle en français toute-table.
- BACULAMÉTRJE , s. f. du lat. baculus , bâton , et du grec p:tçof ( métrùn) mesure.
- (Géom.) L’art de mesurer, avec des bâtons ou des verges , les lignes tant accessibles qu’inaccessibles.
- BAGNE, s. m. de l’italien bagnof qui signifie bain.
- ( Econ. polit. ) Les Italiens ont donné ce nom au bâtiment où l’on renferme à Constantinople les esclaves du grand seigneur , parce que dans ce bâtiment il se trouve des bains. Ensuite, on l’a appliqué à tous les lieux de la même ville où l’on renferme des esclaves. De Constantinople , il a passé dans les autres endroits oùles Mahométans sont établis , et enfin , dans les ports de l’Océan et de ia Méditerramiée , où il y a des esclaves et des forçats.
- BAGUETTE , s. f. du latin baculetta , diminutif de baculus , dont on a fait par suite bacchieta, baguette , verge , hoassiue , bâton fort menu.
- (Mécan.) Baguette divinatoire ; on appelle ainsi un rameau fourchu on une baguette courbée eu arc , que certains charlatans font tourner sur les doigts des deux mains, et qui tourne, disent-ils , en vertu des émanations d’une eau souterraine, d’une pièce d’or ou d’argent cachée , d’une mine , etc.
- Il n’est fait aucune mention de cette baguette avant le onzième siècle. Les premiers qui l’ont ern-I
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- î3o BAI
- ployée , prenoient pour cela un rameau fourchu de coudrier , d’aune , de hêtre , ou de pommier. On s’est aperçu dans ces derniers tems , qu’une baguette de matière quelconque co/a'bée en arc produisoit le même mouvement. En effet, ce mouvement est purement «yé conique , et les indications de la baguette divinatoire , ne sont que uè^ tours de passe-passe que tout le motjtle peut exécuter , en éloignant et rapprochant alternativement les points d’appui de la baguette , ou pour mieux tromper les yeux, en posant d’abord la baguette sur deux doigts de chaque main à même hauteur , puis levant et baissant alternativement les deux doigts d’une même main , ou des deux mains, ce qui peut se faire avec un peu d’usage , d’une manière presque imperceptible.
- (Archit. ) Baguettes , se dit de petites moulures sur lesquelles on taille certains ornemens dont on se sert en architecture et en menuiserie, qui représentent une baguette.
- ( Pyrotech. ) La baguette est une petite pièce de bois qu’on attache à ïa fusée volante, pour lui servir de contre-poids.
- {Art de la guerre) Baguette sacrée; c’étoit autrefois une coutume parmi lesFrançais,quandils étoient en guerre , d’envoyer vers leurs ennemis des ambassadeurs avec de certaines baguettes qu’ils appeloient sacrées , parce qu’elles étoient les marques de leur commission, et les mettoient en sûreté , par le droit des gens , contre toutes sortes d’insultes ou de mauvais traitemens.
- BAHUT , s. m. de l’allemand behuten , qui signifie garder: sorte de coffre dont le couvercle est en Voûte.
- ( Architect. ) Bahut est le profil bombé de l’appui d’un quai , d’un parapet , etc.
- ( Jardin.) On dit qu’une allée , ou une plate-bande est en dos de bahut , lorsqu’elle est bombée dans je milieu pour faciliter l’écoulement des eaux.
- BAI, IE , adj. du latin baius , dont les Italiens ont fait baio , et les Espagnols bayo , tous également dérivés du grès ( baion ), qui
- BAI
- signifie un rameau de palmé ; Ïji palme est de couleur baie : certaine couleur rouge-brun.
- ( Equit. ) Ce mot s’applique ait poil de cheval. On dit qu’un cheval a le poil bai , bai-brun, bai-obscur, bai-doré, bai-clair. Il se dit aussi du cheval lui-même : monter un cheval bai.
- BAIE, s. f. du latin bacca.
- (Botan. ) Fruit indéhiscent, oit à péricarpe charnu , succulent, ne renfermant pas une noix ; ou pulpeux dans sa cavité séminitere , et qui , s’il est couronné ou infère , n’est pas troué à son sommet.
- On donne assez communément le nom de grains à de petites baies : on dit grains de raisin, grains de sureau , au lieu de dire baies de raisin , etc.
- BAIE , s. f. de l’espagnol bahia, ou du teuton baeye.
- ( Géogr. ) Enfoncement de la mer dans les terres , plus large, ordinairement à son milieu , qu’à son entrée. La baie est plus grande que l’anse , et plus petite que le golfe, et son embouchure est plus étroite que celle de tous les deux. Le mot baie s’applique plus ordinairement en français, aux enfoncemens dans les terres , semblables à ceux que l’on vient de décrire , et qui ont en outre l’avaDtage d’offrir un mouillage et un abri sûr aux vaisseaux ; telle est la baie de Cadix.
- BAIL , s. m/du latin barbare baila , ballium : tutelle , garde, administration.
- ( Pratique ) Contrat par lequel on donne une terre à ferme , on une maison à louage ; ou convention par laquelle on transporte à un autre la jouissance d’une chose, d’un bien rural, d’une maison , d’un droit , pendant un certain tems , moyennant un certain prix pendant la convention.
- B AILE , s. m. du latin bajulus.
- ( Econ. polit. ) C’est le nom qu’on donnoit aux ambassadeurs de Venise , résidans à Constantinople. On les appeloit ainsi , dès le tems que les empereurs commandoient en cette première ville. Autrefois en France on appeloit hailes, des juges royaux, des officiers chargés par les seigneurs de recueillir leurs revenus»
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- t
- BAI
- BAILLEMENT , s. m. du latiü barbare hadicare , diminutif de ba-dare , dont les Italiens ont fait ba-digltare , et les F tançais baailler -, et ensuite bâiller.
- ( Physiologie ) ht bâillement est un écartement mécanique et non volontaire des deux mâchoires , qui fait ouvrir la bouché d’une manière désagréable.
- Il y a lieu de croire que le bâillement dépend de la lenteur de la circulation dans le poumon, puisqu’il n’a lieu que lorsqu’on est fatigué par dés travaux pénibles ; lorsqu’on est pressé par le sommeil , après la digestion , pendant la fièvre', ou lorsqu’on est contraint d’écouter un discours ennuyeux. Les sens tombent alors dans une espèce de stupeur ; on s’endort et on se réveille avec tons lès signes qui suivent le sommeil par fatigue ; l’on éténd les bras , et l’on fait les mou-vemens nécessaires pour accélérer la circulation.
- BAILLEUL ou BA1LLEU , s. m.
- ( nom propre ).
- ( Chirurgie ) On appelle ainsi, à Paris , celui qui fait profession de remettre les os rompus ou disloqués-, les côtes enfoncées ou rompues. Ce nom vient d’uirM. Nicolas Baillèul, qui s’est rendu célèbre , vers le milieu du seizième siècle , par sa dextérité , et surtout par son humanité envers les pauvres , auxquels il pro-diguoit gratuitement ses soins et ses talens.
- BAILLI , s. m, dit latin bali-vus , formé de bajulus , qui signifient anciennement le nourricier , celui qui étoit chargé de porter ( ba-julare) les enfans»
- ( Hist. de Fr. ) Du nourricier, cè taot passa aux pédagogues, et sous la troisième race des rois de France, d fut appliqué aux-juges.
- ( Pratique ) Avant la révolution , c étoit un officier royal de robe longue ou d’épée , qui rendoit, ou au ®oni duquel se rendoit la justice dans l’étendue d’un certain ressort.
- ( Hist-. de Malte ) Dans l’ordre de Malte , un bailli est un chevalier revêtu d’une dignité qui le taet au-dessus des commandeurs , Çt qui lui donne le privilège de porter *a gvand’cvoix»
- BAI î3i
- BAIN, s. m. du latin balneum, ou balineum , dérivé du grec ,$«-( balaneion) , de Asaas (ballon ), qui signifie ce qui chasse les douleurs , les anxiétés de i’ame. Eau ou autre liqueur dans laquelle on se met ordinairement nu, soit pour le plaisir, soit pour la santé.
- ( Méd. ) Tous les peuples ont regardé les bains, comme un moyen, de conserver la santé. La loi de Moïse en faisoit une pratique religieuse : les Mahométans suivent à cet égard les traces des Juifs. On distingue deux sortes de bains : les bains naturels et les bains artificiels. Parmi les premiers, on comprend les bains domestiques froids ou tièdes , et les bains de rivière , les eaux thermales qui sortent des entrailles de la terre , et qui sont douées de quelque propriété médicinale. Les bains artificiels sont ceux dans lesquels on fait bouillir des médicamens détersifs , astrin-gens , aromatiques , ou des bains de vapeurs d’eau bouillante , dont les peuples du nord , et particulièrement les Puisses , font un grand usage.
- ( Hist. ) L’usage des bains est venu des Orimtaux, d’où il a passé chez les Grecs , et ensuite chez les Romains. Du teins de Pompée les édiles furent chargés de faire construire des bains publi cs. Agrippa en fit élever cent-soixante et dix , pendant son édiiité ; il y éti avoit alors huit cents distribués dans les divers quartiers de Rome. Les Ro«* mains introduisirent l’usage des bains dans les Gaules. Grégoire de Tours nous apprend que de son tems il y àvoit plusieurs bains publics, et l’on voit encore à Paris , i-ue des Mathurins, les restes des bains cons* truits par l’empereur Julien.
- ( Archit. ) Yitruve a donné une description détaillée des bains des Grecs : il paroit qu’ils étaient composés de sept pièces differentes , la plupart détachées les unes des autres, entremêlées de quelques pièces destinées aux exercices. Chez les Romains , le premier bain publie d’une certaine étendue, fut construit par Mécène , dans l’année de son édiiité ; mais , dans la suite , Néron , Vespasien , Titus , Dorni-I 3
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- i3a B A ï
- tien, et presque tous les'empereurs, firent bâtir des étuves et des bains avec le marbre le plus précieux, et dans les règles de la plus belle architecture.
- ( Chevalerie ) 1/ordre du Bain est un ordre militaire , institué par RichardJI,roi d’Angleterre , au i4e. siècle. Ce prince étant au bain, fut averti que deux veuves venoient lui demander justice ; sur-le-champ il sortit du bain , en s’écriant que la justice envers ses sujets étoit un devoir préférable au plaisir du bain, et ensuite il créa cet ordre, qui tomba en oubli, mais que George I.er releva avec éclat. •
- ( Chimie ) Bain-Marie ; corruption de balneum maris. Il consiste à placer une ou plusieurs cu-curbites dans un grand vaisseau rempli d’eau bouillante. C’est le moyen le plus sûr et le plus commode pour faire les digestions chimiques , et cuire les viandes pour les consommés des malades.
- Bain de cendres ; lorsque la cu-curbite est placée sur les cendres chaudes.
- Bain de sable ; lorsque le vase est placé sur du sable chaud.
- Bain de vapeurs ; il consiste à soumettre le vaisseau distillatoire à la vapeur de l’eau bouillante. Ou s’en sert pour distiller les huiles essentielles, les esprits ardens , et les eaux odorantes.
- Les anciens avoient deux autres sortes de bains : l’un qu’ils appellent bain de fumier, et l’autre bain de cheval. On mettoit la matière en digestion dans du fumier , ou dans le ventre d’un cheval mort, ou dans du marc de raisin. Les modernes ne se servent plus que du bain de sable et du bain-Marie.
- ( Technologie) Bain se dit tant des liqueurs employées à quelques préparations, que des vaisseaux dans lesquels se donnent ces préparations. Parmi les maçons, maçonner à bain de mortier, c’est poser les pierres , jeter les moellons , et asseoir les pavés en plein mortier. Les teinturiers appellent bain , la cuve qui contient l’eau et les drogues qui sont dans la cuve, comme un bain de cochenille. Les fondeurs disent '<" + "’-o rné-
- BAL
- tal en bain , quand ils l’ont rendu fluide ; les affineurs disent que la matière est en bain , lorsqu’elle est fondue.
- BÀIRAM, s. m. mot turc.
- (Culte relig.) Fête des Turcs, qu’ils célèbrent après le jeûne du ramazan. Les Turcs célèbrent deux bairams tous les ans , l’un qui suit immédiatement le ramazan : c’est le grand bairam ; l’autre qu’ils nomment le petit bairam, ne vient que soixante-dix jours après.
- Le bairam dure trois jours, pendant lesquels on ne travaille point. On se fait des présens les uns les autres , et on se réjouit.
- Le bairam se termine par une prière solennelle, que les Turcs font contre les chrétiens , par laquelle ils demandent à Dieu qu’il lui plaise exterminer entièrement tous les'prin-ces chrétiens, et les armer les uns contre les autres, afin que par cette mauvaise intelligence , ils puissent étendre les bornes de leur loi et de leur empire.
- BAISER, v. a. du latin basiare.
- (Géom.) On dit que deux courbes ou deux branches de courbes se baisent , lorqu’elles se touchent en tournant leurs concavités vers le même côté , c’est-à-dire , de manière que la concavité de l’une regarde la concavité de l’autre; mais si les deux convexités se regardent, alors on dit simplement qu’elles se touchent : ainsi le point baisant et le point touchant sont différens. On emploie plus particulièrement le tei'me de baiser, pour exprimer le contact de deux courbes qui ont la même courbure au point de contact, c’est-à-dire , le même rayon de développée. Le baisement s’appelle encore alors osculation.
- BAL, s. m. du latin ballare, pour saltare , dont on a fait baller, sauter, danser, et bal. Les Latins ont pris ce mot du grec kkui (bal' lein); ils l’ont employé dans la meme signification.
- (Chorégraphie) Assemblée pour danser. La danse simple, les grâces que donnent la bonne éducation, et un sentiment médiocre de la mesure; voilà tout ce qui fait le fond de cette sorte d’amusement.
- n-, rUït-TT’He trois esnèces de b ali
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- BAL
- le bal simple, le bal masqué et le bal public.
- L’usage des bals simples est établi dans l’antiquité la plus reculée. Socrate est loué des philosophes qui ont vécu après lui , de ce qu’il dan-soit dans les bals de cérémonie d’Athènes.
- Le divin Platon mérita leur blâme pour avoir refusé de danser à un bal que dcnnoit un roi de Syracuse ; et le sévère Caton, qui avoit négligé de s’instruire dans les premières années de sa vie , dans un art qui étoit devenu chez les Romains un objet sérieux, sévit contraint de l’apprendre à l’âge de 5g ans.
- Lorsque Louis XII voulut donner aux Milanais une idée de sa magnificence, il ordonna un bal solennel où toute la noblesse fut invitée. Le roi en fit l’ouverture ; les cardinaux de Saint-Severin et de Narbonne y dansèrent.
- En i56a , pendant la tenue du concile de Trente, le cardinal Hercule de Mantoue qui y présidoit, en assembla les Pères, pour déterminer la manière dont le fils de l’empereur Charles-Quint y seroit reçu. Un bal de cérémonie fut arrêté à la pluralité des voix. Le jour fut pris , et, après un grand festin, le cardinal de Mantoue ouvrit le bal, où le roi Philippe et tous les Pères du concile dansèrent avec autant de modestie que de dignité.
- La reine Catherine de Médicis , égaya les bals, et leur donna une tournure d’esprit quiy rappela le plaisir ; mais rien n’égala la magnificence de ceux donnés par Louis XIV.
- Les bals masqués semblent entièrement appartenir aux Romains. On s’amusoit dans la célébration des fêtes Saturnales sous mille déguise-ïnens diffétens. On garda les bals sérieux, pour les occasions de grande représentation, et on donna des bals masqués dans les circonstances où l’on vouioit rire.
- Les bals publics sont une institution moderne et française. Une ordonnance du i8 décembre 1715, les permit trois fois par semaine.
- BALANCE, s. f. du latin bislan-cia, formé de bis, et de lanx : deux bassins.
- ( Mécan. } Machine qui se rap-
- BAL , iS5
- porte au levier, et dont l’usage est de faire connoitre l’égalité ou la différence de poids de deux corps pesans.
- Il y a plusieurs sortes de balances : la balance ordinaire ou moderne, la romaine et le peson suédois ou danois.
- Tout le monde connoîtla balance ordinaire. La romaine , ainsi nommée , à cause du grand usage que les Romains en faisoient, sert à peser les marchandises de différentes pesanteurs , par le moyen d’un seul et même poids , qu’on éloigne plus ou moins du point d’appui.
- Le peson danois ou suédois, parce qu’il est fort usité en Danemarcket en Suède, est une longue pièce de fer ou de bois , portant à l’une de ses extrémités une lourde masse, et à l’autre un bassin ou un crochet pour soutenir les marchandises que l’or» veut peser; elle est traversée par uu anneau qui la soutient, et qu’on fait glisser suivant sa longueur, jusqu’à ce qu’il y ait équilibre de part et d’autre.
- ( Hydrost. ) Balance hydrostatique; elle a été imaginée pour trouver la pesanteur spécifique des corps liquides et solides. Cet instrument est d’un usage considérablepour trouver les degrés d’alliage des corps de toute espède, la qualité et la richesse des métaux , mines>minéi’aux , etc.; les proportions de quelque mélange que ce soit de la pesanteur spécifique étant le seul moyen de juger parfaitement de toutes ces choses.
- L’usage de la balance hydrostatique çst fondé sur ce théorème d’Archimède , qu’un corps plus pesant que l’eau , pèse moins dans l’eau que dans l’air, du poids d’une masse d’eau de même volume que lui. D’où il suit que si l’on retranche le poids du corps dans l’eau, de son poids dans l’air , la différence donnera le poids d’une masse d’eau égale à celle du solide proposé.
- ( Astron. ) Balance est le septième signe du zodiaque, et une constellation du même nom.
- ( Commerce ) Balance du commerce ; c’est une comparaison établie entre les achats annuels que font les négocians d’un pays, et leurs
- ventes dans les autres pays , poux
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- i34 bal
- détermitieï s’il y entre plus d’or et d’argent qu’il n’en sort, ou s’il en sort plus qu’il n’y en entre.
- Dans le commerce entre deux nations, on dit de celle qui reçoit l’argent, parmi les articles de ses importations , que la, balance est en sa laveur, et de celle qui donne, ou exporte cet article de commerce, que la balauce est contre elle.
- (Peinture) Balance des peintres; c’est une balance morale, imagiuée
- Î>ar Depiles, et dont le but est de aire connoître le degré de mérite de chaque peintre d’une réputation établie. Dans cette balance., on voit d’un côté, le.nom du peintre , et de l’autre les parties les plus essentielles de sou art, dans le degré qu’il les a possédées,
- Depiles divise son poids en 20 degrés. Les plus élevés marquent les peintres qui, à son jugement, ont le plus approché de la perfection , et les plus bas désignent ceux qui s’en sont le pins éloignés.. Quatre colonnes portent en tête les parties les plus essentielles de la peinture ; savoir : la composition y le dessin, le coloris et l'expression ; et une cinquième colonne contient le nom de chaque peintre.
- Pour donner une idée de ce table au , il suffira de faire connoître à quel degré , dans l’ordre de cette division, il a mis Raphaël, Rubens elle Brun; le premier est cotte composition 17 , dessin 18 , coloris 12, exprès. 18 ; le second , conipos. 18, dessin i5, coloris 17, express. 17; elle troisième, composit. 16, dessin j 6, coloris 8 , expression 16.
- ( Chorégraphie) De balance, les maîtres de danse ont fait balancé, pour désigner un pas où l’on se jette sur la pointe du pied , tantôt d’un côté , tantôt d’un autre. Ce pas se fait en place , comme la pirouette , ç’est à-dire, sans avancer ni reculer, mais restant en la meme place.
- •BALANCER , v. n. de balance., W. ce, mot,
- ( Peipture ) Ce mot s’applique dans la peinture à la composition çl aux dimensions relatives que doivent présenter les objets , les figu-r res , les groupes , soit dans leur élévation sur les plans des tableaux, spit dans les niasses qu’ils forment, j
- BAL
- de manière que si quelques parties principales attirent le regard , d’autres parties l’appellent à leur tour; que d’autres le disputent à celles-ci; et qu’enfin l’œil ne soit jamais trop rapidement précipité d’une dimension à une autre , mais que successivement appelé dans différens points, il se promène sur un tableau, comme on feroit dans un pays qui ne seroit ni trop uni , ni trop montagneux. V.
- EQUILIBRE , PONDERATION.
- BALANCIER , s. m. de balance. V. ce mot.
- ( Mécan. ) Toute partie d’une machine qui a un mouvement d’oscillation , et qui sert ou à ralentir ou à régler le mouvement des autres parties.
- BALDAQUIN , s. m. de l’italien baldachino , formé de baldano , qui a signifié une ville de Babylone on l’on fabriquoit des draps de diverses couleurs , appelés habylonP ça. Ce mot servoit autrefois à désigner un drap de diverses, couleurs.
- (.Arcliit. ) Ouvrage d’architectùre en forme de couronne portée sur plusieurs colonnes.
- ( Cérém. rel. )Dais on poile qu’on porte sur le S.-Sacrement ou sur la tête du pape dans les grandes cérémonies,
- BALÈ ou BALLE, s. f, du grec 'SfiiAXêu' (pallein) , qui signifie jeter Ct secouer , dont les Latins ont fait palea , et les Français baie.
- ( ylgric. ) Ecailles ou paillettes qui se séparent du blé et autres grains , lorsqu’on les vanne.
- ( Botan. ) Les botanistes appellent baie ou gloume, les écailles ou paillettes qui environnent qu renferment les organes sexuels de chaque fleur des graminées. Les Lijinéistes donnent le nom de calice aux plus extérieures de ces paillettes , et celui de corolle aux plus intérieures. Quelques modernes regardent ces dernières comme le çalice , et restreignent aux autres le nom de baie* D’autres botanistes prétendent qu’il n’y a véritablement ni calice , ni çorolle dans ces plantes , et que les écailles de la baie ne sont que des bractées on bractéoles embrassantes , analogues à celles de plusieurs autres monocotylédonées.
- pAJUJEINE, s. f. du greç
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- BAL
- ( phalaina ), dont les Latins ont fait balœna.
- ( Hist. nat. ) Enorme cétacée de la classe des mammifères , dont le lard se conv ertit en une huile qui se mange , se brûle , ou sert à la préparation des cuirs , des draps , pour différentes peintures, et pour la fabrication du savon. Ses tendons servent souvent à faire des cordes et filets ; et avec ses os on façonne dif-férens ustensiles de pêche et de ménage. Les fanons , coupés par lames, servent à faire des cannes , des petits bâtons plians pour les corsets , les parapluies , etc. Le cachalot, qui est une baleine d’une espèce plus petite, a des dents au lieu de fanons. On retire de deux cavités du crâne du cachalot , une substance grasse et huileuse, employée dans les arts, sous le nom de blanc de baleine , et que l’on a improprement nommé sperma cêti, ou sperme de baleine. L’ambre gris se trouve dans ses intestins , et paroit être le produit de sa digestion.
- ( Commerce ) Les Hollandais, les Anglais, les Suédois et les Danois s'adonnent particulièrement à la pêche de la baleine proprement dite , qui se trouve dans le Spitzberg, et qui a depuis go jusqu’à 200 pieds de long. Quant au cachalot ou baleine appelée sperma-ceti , à cause du blanc de baleine renfermé dans son cerveau, les Américains et les Anglais sont presque les seuls qui s’occupent de ce genre de pêche, pour lequel ils ne craignent pas de s’exposer à des voyages de deux ans et plus, lorsqu’ils vont dans la mer du sud.
- ( Méd. } Le blanc de baleine est d’un usage très-étendu en médecine. Î1 est adoucissant et anodin, pris à l’intérieur 5 et un excellent topique pour les contusions violentes , lorsqu’il est appliqué extérieurement.
- BALISE _, s. f. du latin barbare palitius , palitia.
- ( Marine ) Marque ou signal placé sur un banc de sable' ou sur un écueil caché sous l’eau , afin d’avertir les vaisseaux de l’éviter , ou pour indiquer une passe ou un chenal.
- 11 y a des balises de plusieurs especes : les plus ordinaires sont des bouées flottantes, peintes de diverses
- BAL j 35
- couleurs, pour les reconnoître et les distinguer les unes des autres.
- L’établissement des balises date du commencement du 16e. siècle ; mais depuis 260 ans , malgré leur importance et leur utilité , malgré les milliers d’hommes et les valeurs immenses qui ont été perdus par leur imperfection , ce n’est que depuis quelques années que l’on a songé à améliorer leurs formes et leurs dispositions.
- C’est à M. Logan qu’on doit cette invention inestimable, qui mérite la. reconnoissance de toutes les puissances de l’Europe.
- La pyramide maritime ( c’est le nom que M. Logan a donné à sa nouvelle balise ) a l’avantage de rester toujours dans sa position verticale 5 quelque tems qu’il fasse , elle ne court aucun risque d’être submergée, à cause de la résistance de sa base. Loin d’être rendue invisible ar le poids ou par le mouvement e la chaîne d’amarrage, par la houle ou par les brisans , la grosse mer et ies vagues augmentent au contraire son élévation.
- La pyramide maritime amarrée récemment à l’est de l’entrée de la Tamise , a 22 pieds ( environ 7 mè» très ) d’élévation au-dessus du niveau de la mer et 10 pieds ( 3 mètres environ ), pour son plus grand diamètre. Son tirant d’eau est de 21 pouces de diamètre ; le poids de la chaîne d’amarrage est de g52‘ livres , et celui de l’ancre de 1,000 livres.
- La pyramide maritime peut être surmontée d’un pavillon à deux différentes figures , et mobile sur des pivots , afin d’obéir à l’impulsion du vent.
- Ces pyramides viennent d’être adoptées par le gouvernement du Bengale , dans les Indes , qui en a fait placer plusieurs à l’entrée du Gange.
- BALISTE , s. f. du grec /SàxAw ( ballô ), lancer.
- ( Mit milit. ) Machine de guerre usitée chez les anciens. On s’en ser-voit dans les sièges pour lancer des pierres, des torches allumées , et autres matières combustibles.
- La baliste est de l’invention des Syriens 5 les anciens historiens la
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- confondent souvent arec la catapulte, et racontent des effets de ces machines, qui paroissent incroyables.
- BALISTIQUE, s. f. du grec (bahoy , lancer.
- (Artillerie) Science du mouve-Knent des corps pesans , et jetés en l’air , suivant une direction quelconque. Dette science dont la théorie duj et des bombes est une partie considérable , est redevable de ses premiers principes à Galilée , qui le premier a lait des expériences sur la cimte des corps ; depuis Galilée , e!ie a été traitée par Blondel , Beli-dor , et sur-tout , par Maupertuis , mais la plupart des auteurs qui ont éctvt sur la balistique , l’ont fait dans la supposition que les corps se meuven' dans un milieu non résistant ; supposition qui est assez éloignée’ du vrai. M. Newton a démontré que la courbe décrite par un projectile dans un milieu fort résistant, s’éloigne beaucoup de la parabole ; et la résistance de l’air est assez grande, pour que la différence dè la courbe ce projection des graves , avec une parabole,ne soit pas insensible. M. F,obins , anglais , a traité du jet des bombes , et en général , du mouvement des projectiles , en aj'aut égard à la résistance de l’air, qu’il détermine en joignant l’expérience à la théorie. M. Euler, a fait des remarques sur cet ouvrage; et le tout a été traduit par M. Lombard , en 1783 , V. PROJECTILE.
- JBÀLIVEÀUX, s. m. corruption de bois vieux , que l’on a prononcé pendant lo.gtems bois viaux , et dont on a lait balivaux.
- (Eaux et Forêts) Certains pieds d’arbres , dont le nombre est réglé ordinairement : les baliveaux conservés doivent avoir qu moins dix ans , et ne peuvent être coupés avant dix ans. Les baliveaux ont l’avantag. de mettre les jeunes plans et les pousses des taillis abbattus à l’abri des ardeurs du soleil, ce qui çn empêche la destruction.
- BALLADE , s. f. mot français, auquf. les étymologistes n’assignent point d’origine. Les Italiens entendent par le mot ballata, une chanson chantée en dansant- Ballad, signifie en anglais une chanson po-
- B AL
- pulaire , connue en France sous le nom de Pont-Neuf.
- (Poésie) Espèce d’ancienne poésie française , composée de couplets faits sur les mêmes rimes , et qui finissent tous par le même vers.
- Fa ballade, se rapporte au chant royal, comme le triolet au rondeau; elle n’a que trois couplets et i’envoi où i on met quatre ou cinq vers „ selon que le couplet est un huitain ou un dixain.
- BALLET, s. .m, du vieux mot français baller , danser , formé du lat. ballare , ou uu grec 9>u.kkui ( ballein) dans la même signification,
- (Danse) Action théâtrale qui s® représente parla danse guidée parla musique.
- Les Egyptiens donnèrent les premiers un caractère à leur danse ; ils formoient des figures qui rendoient sensibles les mystères de leur religion et les beautés de la nature.
- Les Grecs introduisirent des danses sur la scène , et suivirent les notions des Egyptiens. Batyle d’Alexandrie inventa les ballets propres à la comédie , et Pilade ceux qui représentaient les actions graves, touchantes et pathéliqnes.
- Le ballet passa des Grecs chez les Romains ; les Italiens et tous les peuples de l’Europe en embellirent successivement leurs théâtres , et on Remploya enfin pour célébrer* les mariages des rois, les naissances, des princes, et d’autres événemens heureux.
- En France, Quinault changea la forme des grands ballets , en coupant la danse par des morceaux de chant. Houdard de Lamotte osa da^ vantage , il mit presque tout le récit' en action , et donna, en 1697,1yEurope. galante.
- Ballet de chevaux ; les Sybarites sont les inventeurs des espèces de danse que les chevaux exécutoient autrefois au son des inslrumens , et qui ont été renouvelées dans ces derniers tems, par Astley et Fran— coni.
- BALLON . s, m. du lat. palla formé du gr. (pallô) , jeter ,
- laneer : de palla on a fait l’augmentatif pallone, dont nous avons fait ballon , grosse balle.
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- BAL
- On donne ce nom en général à tout corps dont la figure est sphérique ou à-peu-près, et qui est creux.
- ( Gymnast. ) Un Ballon est une vessie enflée d’air, et recouverte d’un cuir , dont on joue en le frappant avec le poing ou le pied.
- (mChimie ) Ballon est encore un très-gros matras , ou une bouteille ronde de gros verre et à col court, qui sert de récipient en plusieurs distillations ou opérations. jjR ( Marine ) Ballon se dit aussi d’un bâtiment à rames du royaume de Siam , fort étroit et fort long , fait d’un seul arbre , dont le bord est à fleur d’eau vers le milieu , et relevé vers les extrémités. Au milieu est une espèce de petit dôme , appelé par les Siamois CIliRÜLE , qui forme une chambre pour les passagers ; quelques-uns ont encore pardessus cette chambre une pyramide ou clocher : le bord est orné de sculpture , de riches bcdustrades, et d’ornemens très-recherchés en ivoire , en morceaux de nacre rapportés , etc. ; et le tout est peint, doré ou argenté , jusqu’aux rames. Ces ballons ont jusqu’à cent pieds de longueur , et à peine six de largeur.
- ( Physique ) On a , dans ces derniers tems , donné le nom de ballon à une machine sphérique, capable de s’élever en l’air. Voy. AEROSTAT.
- ( Artillerie ) Ballons de grenades, de bombes, de cailloux, etc.; ce sont des corps sphériques composés de grenades , de bombes ou de cailloux ,- et qui se chassent vers l’ennemi, par le moyen d’un mortier.
- ( Pyrotechnie ) Les artificiers appellent ballon une sorte de bombe de carton qu’on jette en l’air comme tme véritable bombe , par le moyen d’un mortier de métal, de bois ou de carton. Ces bombes sont garnies de différentes espècçs d’artifices , Comme serpentaux , saucissons , étoiles , et- Ûutres , parmi lesquelles on répand de la composition pour faire crever la cartouche.
- ( Technol. ) Dans les verreries , on appelle ballons des mottes de terre à pot , prêtes à être mises en
- BAN ï5y
- œuvre : les potiers de terre donnent aussi ce nom à des mottes de terre prêtes à être façonnées.
- BALLOTER. , v. a. de l’italien ballotte , diminutif de balle, comme les Vénitiens disoient balotar, dans le sens de faire des élections avec des balles.
- ( Politique ) Mode particulier de faire des élections , en usage autre -fois parmi les Grecs , et dernièrement parmi les Vénitiens.
- BALUSTRE , s. m. du latin ba— lausirum, dérivé du gr. ftahct^crtov ( balaustion ) , le calice de la fleur de grenade.
- ( Mrchit. ) Espèce de petite colonne dont le chapiteau et la base sont ornés de moulures ; ainsi appelée parce qu’elle ressemble à la fleur de grenade.
- BALSAMIQUE , adj. du gr. &«.>,— c-ccuav (balsamon), baume: qui a les propriétés du baume.
- ( Méd. ) On nomme ainsi , en médecine , les substances et les remèdes qui ont la propriété du baume.
- BALZANE , s. f. de l’italien bal-zana , qui a été fait du latin inusité balius , formé du grec ( balios), luisant.
- ( Equit. ) Marque blanche aux pieds d’un cheval. De balzane on a fait balzan , pour désigner un cheval bai ou noir , qui a des marques blanches aux pieds.
- BAMBODHADE , s. f. de Vital. bambocco, qui signifie homme manqué.
- ( Peinture ) Sorte de genre qui embrasse la représentation de la nature rustique , les habitations des villageois , leurs usages ou leurs mœurs vulgaires ; ainsi appelé de pierre de Eaar , peintre hollandais, qui fut surnommé bamboche , par les Italiens, à cause de sa difformité , et peut-être aussi parce que , dans ses tableaux , il se plaisoit à donner à ses figures l’empreinte de ses disgrâces.
- BAN , s. m. du vieux; mot allemand bann , qui signifie proprement publication , mais qui a signifié depuis proscription , bannissement; parce que le bannissement se faisoit à son de trompe.
- ( Pratique) Le ban est un maa-
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- dement à cri public , pour ordonner ou pour défendre quelque chose ; mais qui n’a plus guère d’application que pour la proclamation qui se fait dans l’église , pour avertir qu’il y a promesse de mariage entre deux personnes.
- BANC, s. m. de l’italien banco , ou du latin barbare bancus.
- Long siège où plusieurs personnes
- Ïeuvent s’asseoir ensemble à côté 'une de l’autre : de banc on a fait banqueter, pour manger assis sur des bancs , banque , banqueroute. 'V. ces mots.
- ( Marine) Banc de sable; il y en a de deux sortes : les uns qui font écueil pour les vaisseaux qui ne
- Ïieuvent passer dessus sans s’échouer; es autres , sur lesquels on ne peut naviguer avec sûreté en tout teins ; mais qui sont remarquables par les diverses sortes de poissons qu’on y trouve en abondance ; tels sont le banc de Terre-Neuve , ou autrement le grand banc, pour la pêche de la morue; le dogger-bank, et les autres bancs de la mer d’Allemagne , pour la pêche du maquereau, du hareng , etc. Les bancs de cette dernière espèce ont encore l’avantage d’indiquer par la nature de leur fond et par les brasses d’eau dont ils sont recouverts , la position du vaisseau.
- Banc de glace; on appelle ainsi de gros glaçons flottans qu’on trouve dans les mers glaciales , et dont la hauteur surpasse quelquefois celle des mâts du vaisseau, et qui ressemblent à des îles flottantes.
- ( Pratique ) Banc - du - roi ou curia domini regis ; c’est le nom d’un tribunal, en Angleterre, où l’on juge les causes criminelles , yt celles qui intéressent la couronne. Il est ainsi appelé parce qu’autrefois le roi le présidoit en personne.
- ( Hist. nat.) Bancs de poissons; ee sont desmultitudes innombrables de poissons, tels que les maquereaux, les harengs, les sardines , etc. , qui Fontsouvent de longs voyages, réunis en troupes immenses qu’on appelle bancs.
- BANDAGE , s. m. de bander, formé, du latin pandare , dans le sens de bander un arc , en 1 e courbant.
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- ( Bhirurg. ) Circonvolution de bande autour de quelque partie du corps , blessée, luxée ou fracturée r pour la maintenir dans un état naturel , ou pour contenir les compresses et les médicamens qu’on applique dessus. — Lorsque le bandage sert, dans les hernies, à retenir les parties molles déplacées , comme les intestins , l’épiploon le péritoine , il s’appelle aussi bayer. P. ce mot.
- ( Jardinage ) En terme de jardinage , un bandage est l’application d’une ou de plusieurs bandes-autour d’une plaie ou d’une partie malade dans un arbre.
- BANDE , s. f. du latin bandum , ou du bas grec .SàvJ'ov ( bandon ).
- ( ^4rt milit. ) Ce mot, qui a d’abord été consacré à exprimer le drapeau , l’étendard sous lequel mar-choit une compagnie armée , a été étendu à la compagnie elle-même, et ensuite au parti qu’elle servoit. Ainsi l’on dit bande , pour une troupe , et pour le parti à la solde duquel elle est.
- ( Technologie) Par analogie avec sa première acception, bande signifie une sorte de lien plat et large qui sert à développer ou à serrer quelque chose ; un ornement plus long que large , comme une bande d’écarlate , une bande de toile une bande de fer, une bande de cuivre.—Les côtés intérieurs d’un billard.— En terme de blazon , une des pièces de l’écu qui va du haut de la partie droite au bas de la partie gauche. — Les marins l’emploient pour désigner le côté d’un vaisseau, le nord et le sud , l’est et l’ouest, et ils disent qu’un vaisseau est à la bande , pour exprimer qu’il est surf le côté ; que le vent est de la bande du sud ou de l’est , pour dire qu’il souffle de la partie méridionale on occidentale du globe.—Les architectes appellent bande de colonne le bossage dont on orne quelquefois-le nu des ordres rustiques , comme on voit aux galeries du vieux Louvre , du côté delà rivière.
- ( Astron. ) Bandes de Jupiter ; ce sont des bandes obscures que l’on aperçoit au moyen des lunettes
- sur le disque de Jupiter. On ne voit pas toujours çes bandes en même
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- nombre : il en paroît quelquefois sent ou huit, près les unes des autres ; d'autres fois on n'en distingue qu'une ou deux ; mais le plus souvent on en voit trois. Ces bandes ne sont pas également marquées dans toute la circonférence du globe de Jupiter ; il y en a même qui sont interrompues. Quelques astronomes croient que ces bandes sont occasionnées par des cliangemens fré-quens , comme l’inondation des terres , et la formation de nouvelles mers. M. Herschei prétend que ce sont des nuages.
- BANNIÈRE, s. f. du lat. ban-dum , dont on a fait bande , banderole , bandière et bannière ; les Italiens disent de même bandiera et banderuola : enseigne, drapeau , étendard.
- ( Rég. fêod, ) C’étoit anciennement Renseigne du seigneur de fief, sous laquelle se rangeoient ses vassaux , lorsqu’ils alloient à la guerre , et l’on appeloit seigneur banneret , chevalier banneret, celui quiavoit droit de bannière.
- ( Marine ) On ne s’en sert pins dans la marine que lorsqu’il est question d’une galère. C’est une espèce de grand pavillon , de forme allongée , et fendu en deux pointes, On dit encore , en termes de marine , mettre les perroquets en bannière, c’est-à-dire, larguer,en même tems les deux écoutes, et laisser flotter la voile au gré du vent ; c’est un signal à la mer.
- ( Relig. ) L'usage de porter des bannières à la tête des processions, date de 1424; ce fut au concile de Constance , qu’on porta, pour la première fois, l’image de St. Roch, pour célébrer sa canonisation. Avant ce tems-là , et pendant plus de 600 ans , les rois de France faisoient porter la bannière du saint le plus célèbre qu’on réclamât dans leurs Etats, Il n’est mention dans nos histoires de la première et seconde race , que de la chape de St. Martin. Outre cette bannière , il y av'oit encore la bannière royale, que l’on attachoit au haut d’un mât planté sur un écha-taud , traîné par des bœufs couverts de housses de velours. Dix chevaliers veilloient jour et nuit auprès de cette bannière, autant de trompettes ne
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- cessoient de jouer des fanfares , et un prêtre y disoit régulièrement la messe tous les matins. Les jours de combat, c’étoit là que se donnoient les plus grands coups, pour enlever la bannière royale, ou pour la défendre ; car 011 n’étoit point censé vainqueur si l’on 11e s'en rendoit maître , ni vaincu, qu’on ne l’eût perdue.
- BANQUE, s. f. de l’italien banca, formé de banco, banc sur lequel s’asseyoient ceux qui, dans les foires et dans les marchés , faisoient commerce d’argent.
- ( Commerce ) Lé lieu où se fait un commerce d’argent. Ce commerce consiste à recevoir en dépôt des sommes d’argent, pour lesquelles on donne en échange des billets ou promesses payables au porteur ; à prêter une partie du dépôt à des gens solvables qui en paient un intérêt ; ou, sans toucher au dépôt, à émettre de nouveaux billets que l’on donne de même en prêt, avec intérêt. Delà les expressions , ouvrir un compte en banque , pour inscrire celui qui y porte des fonds pour la première lois. Avoir un compte en banque, pour s’y faire créditer ou débiter , selon que l’on veut recevoir ou faire des paiemens.
- Banque de Venise ; c’étoit proprement un bureau de dépôt publie pour tous les marchands et négo— cians , établi par un édit de la république , qui portoit que les paiemens des marchandises et des lettres-de-change ne pouvoient se faire qu’en banque , à moins qu’il ne fût autrement spécifié dans ces lettres. Les débiteurs étoient obligés de porter leur argent à la banque , et les créanciers de recevoir leur paiement en banque.
- Banque d'Amsterdam ; cette banque fut établie le 5i janvier 1609, à-peu-près sur le pied de celle de Venise. C’est aussi une caisse perpétuelle pour les uégocians.
- Banque dJHambourg ; cette ban" que a une grande réputation dans toute l’Europe. Le sénat n’y a aucune inspection. Les bourgeois et le corps de ville en sont les cautions. Elle fut établie en 1609, dans la vue de conserver la bonne mounuie de
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- l’empire, et d’en soutenir le commerce.
- Banque de Paris ; tout le monde connoît le sort de cette banque , autrement dite système de Law, établie en 1716, etsupprimée trois ansaprès.
- Banque d’Angleterre ; elle lut établie sous Guillaume 111, dans la vue de fournir par prêt d’argent aux besoins de l’Etat, moyennant huit pour cent d’intérêt. Le parlement en est garant, et c’est lui qui assigne les fonds nécessaires pour les emprunts qu’elle fait pour l’Etat.
- ( Jeux de hasard ) Banque se dit du fonds d’argent que celui qui tient le jeu , et qu’on appelle banquier , a devant soi pour ceux qui jouent et qui gagnent contre lui. Le banquier a ordinairement, pour l’intérêt de ses fonds, un avantage plus ou moins considérable surles joueurs, c’est-à-dire , que dans les différentes combinaisons dont le jeu est composé , il prend en sa faveur une ou plusieurs de celles qui , dans l’ordre naturel du jeu, lui seroientcontraires ou indifférentes.
- (.A rts et Métiers') Les i mprimeurs, les tabletiers , les passementiers, les épingliers , se sont emparés du mot banque : les premiers , pour exprimer le paiement qui se fait toutes les semaines , et les autres pour désigner quelque instrument propre à leurs professions respectives.
- BANQUEROUTE, s. f. de l’italien banco-rotto, banc rompu, parce que , dans ce pays , lorsqu’un négociant , ou plutôt un banquier , venoit à manquer, on rompoit le banc dans le lieu où il faisait son commerce d’argent.
- ( Commerce ) Banqueroute signifie le refus que fait un négociant ou banquier de payer ses créanciers , pour cause d’insolvabilité vraie ou feinte. La banqueroute ne doit pas être confondue avec la faillite. Voy, FAILLITE.
- BANQUIER, s. m. de l’italien banchière, de banco., banc.
- ( Commerce) Celui qui fait le commerce d’argent; c’est-à-dire, qui négocie , commerce, trafique, fait des traites et des l'emises d’argent, donne des lettres-de-ehange pour faire tenir de place en place.
- L’origine des banquiers remonte
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- jusqu’à l’invention des lettres-di' char ge , sous Philippe Auguste. Le* Juifs , chassés de France , se réfugièrent en Normandie. Là , ils donnèrent aux négocians étrangers et aux voyageurs des lettres secrètes sur ceux à qui iis avoient conté leurs eflets eu France , et qui furent acquittées. Les Gibelins en firent autant , lorsqu’ils furent contraints de quitter l’Italie.
- Les premiers banquiers qui parurent en France , vers le commencement du treizième siècle , étoient des Gibelins qui , ne voulant pas retourner dans leur pays où ils ne se croyoknt pas en sûreté , obtinrent , moyennant une grosse somme qu’ils payèrent au roi, la permission de se retirer à Lyon, ou dans telle partie de la France que bon leur sem-bleroit , pourjp lever train de banque, On appeloit en chancellerie lettres lombardes , celles au’on expédiait en faveur des Lombards et Italiens qui vouloienî trafiquer ou tenir banque en France. Il y a encore à Paris une rue des Bombards, qui a retenu ce nom des banquiers de cette nation qui y demeuraient.
- BAPTEME, s. m. du gr. U_7rT<çucç {baptismos) , immersion, dqrivé de r« (baptô ) , laver , plonger dans l’eau.
- ( Belig. ) Sacrement qui efface le péché originel, et qui nous fait chrétiens, enfans de Dieu et de l’Eglise.
- De baptême on a fait baptistère, pour désigner le lieu où s’administre le baptême ; c’étoit anciennement une église ou une chapelle particulière appelée salle du baptême , au-la baptismatis. Cette salle ou cette chapelle étoit fermée durant le carême , la porte en étoit scellée du sceau de l’évêque, et on ne l’ouvroit que le Jeudi-Saint. Les baptistères n’ont commencé que sous Constantin ; auparavant on conduisoit les cathécumènes à la rivière la plus voisine et on les baptisoit. Ces baptistères ainsi séparés ont subsiste jusqu’à la fin du sixième siècle; ensuite on les établit dans le vestibule intérieur de l’église , mais seulement dans les grandes villes où résidoien-t les évêques , parce qu’il n’y avott qu’eux qui eussent droit de baptiser .
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- Fonts baptismaux ; c’étoit un vaisseau de pierre , de marbre ou de bronze. Lorsque le baptême étoit administré par immersion , lesfonts étoient en forme de bain ; depuis qu’il s’administre par infusion , il n’est plus besoin d’un vaisseau d’une aussi grande capacité.
- Baptême de sang; on a donné ce nom au martyre des cathécumènes qui mouroient pour la foi , avant d’avoir été baptisés , parce que dans l’origine on ne les baptisoit que deux fois l’année , à Pâques et à la Pentecôte.
- Robe baptismale ; c’étoit le nom de la robe blanche que , dans les premiers siècles de l’Eglise , la personne quivenoit d’être baptisée étoit tenue de porter pendant huit jours.
- ( Marine ) Baptême du tropique ou de la ligne ; c’est une cérémonie ridicule , mais très - ancienne parmi les gens de mer , qui consiste à mouiller ceux qui passent pour la première fois la ligne équinoxiale , et surtout à leur faire donner une certaine rétribution à l’équipage.
- Originairement, il n’y a voit de baptême que pour le passage de la ligne; ensuite,les matelots ontétendu cet usage au passage des tropiques , du détroit de Gibraltar, et de quelques autres passages remarquables. Cependant, celui qui a subi le baptême de la ligne, est exempt de tous les autres. Un vaisseau qui passe pour la première fois en ces parages y est également soumis, et le capitaine donne ordinairement une gratification à l’équipage.
- BARATERIE , s. f. du vieux mot français barat, qui signifie vol, tromperie.
- ( Commerce ) Ce mot désigne les larcins , déguisemens et altérations de marchandises que peuvent causer le maître et l’équipage d’un vaisseau, et généralement toutes les supercheries et malversations qu’ils peuvent mettre en usage pour tromper le marchand chargeur.
- BARBARE , s. m. du gr.
- ( barbaros ) , étranger.»
- ( Histoire ) Les Grecs appeloient barbares, ceux qui ne parloient pas leur langue ou qui l’estropioient. Les Romains comprenoient sous cette dénomination tous les peuples
- BAR lit
- étrangers, excepté les Grecs et ceux qui vivoient sous leurs lois. Les na-tion§ de l’Europe appellent mainte A nant barbares , plusieurs peuples de l’Afrique et de l’Amérique, mais dans un autre sens : ce n’est ni parce qu’ils sont étrangers , ni parce qu’ils ne parlent pas leur langage qu’elles les qualifieut de barbares, mais parce qu’ils vivent sans lois, sans mœurs et sans humanité. Delà le mot barbare a été étendu à tous ceux , de quelques pays qu’ils soient, qui ont un caractère féroce et inhumain , ou même qui manquent de politesse et de manières.
- BARBARISME, s. m. de.ôar-f bare.
- ( Diction) Le barbarisme est un des principaux vices de l’élocution. On appelle barbarisme toute façon de s’exprimer qui est étrangère à la langue dans laquelle ôn parle ; par-exemple , un Anglais qui diroit : je suis chaud , au lieu de dire fai chaud, feroit un barbarisme par rapport au français.
- Il y a une autre espèce de barbarisme ; c’est lorsqu’à la vérité le mot est bien de la langue , mais qu’il est pris comme mot dans un sens qui n’est pas autorisé par l’usage de cette langue : par exemple, nous nous servons an figuré du mot entrailles , pour marquer le sentiment tendre que nous avons pour autrui. Un étranger écrivant à Féne'lou , lui dit : Monseigneur, vous avez pour moi des boyaux de père ; boyaux ou intestins , pris en ce sens , sont des barbarismes , parce que , selon l’usage de notre langue, nous ne prenons jamais ces mots dans le sens figuré que nous donnons à entrailles.
- BARBE, s. m. ce mot tire son nom de cette partie de l’Afrique connue sous le nom de Barbarie : on l’appeloit autrefois Barbare.
- ( Equit. ) Barbe est un cheval qui a la taille menue et les jambes décharnées ; il est ainsi appelé parce qu’il vient de Barbarie.
- On dit que les Barbes meurent , mais qu’ils ne vieillissent jamais, parce qu’ils conservent leur vigueue jusqu’à la fin.
- Le barbe est fort aisé à dresser ; ü apprend tout ce qu’on veut lui en-
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- seigner ; il a le jugement, la cotlcep-üon et la mémoire excellente.
- BARCAROLLES , s. m. de l’ita-lien barcarolo ou baccarrolo : celui qui conduit une barque , un gondolier.
- ( Musique ) Sorte de chansons en langue vénitienne que chantent les gondoliers à Venise.
- Quoique les airs des barcarolles soient faits pour le peuple , et souvent composés par les gondoliers eux-mêmes , iis ont tant de mélodie, et un accent si agréable, qu’il n’y a pas de musicien dans toute Fltalie qui ne se pique d’en savoir et d’en chanter.
- Les paroles de ces chansons sont communément plus que naturelles, comme les conversations de ceux qui les chantent ; mais il est bon de remarquer, à la gloire du Tasse, que la plupart des gondoliers savent par cœur une grande partie de son poëme de la Jérusalem Délivrée ; que plusieurs le savent tout entier ; qu’ils passent les nuits à le chanter alternativement ; que c’est assurément une belle barcarolle que le poëme du Tasse ; qu’Homère seul eut avant lui l’honneur d’être ainsi chanté , et que nul autre poëme épique n’en a eu depuis un pareil.
- BARDES , s. m. de l’ancien mot gaulois baren, chanter.
- (Poësie-musique)lSom. des poëtes musiciens, des chanteurs chez les .Gaulois et les anciens Celtes. Ce mot, prononcé bardd en Celtique , existe encore dans les montagnes d’Ecosse, enlrlande, et dans le pays de Gall es
- Les bardes des Gaulois alloient à la guerre, marchoient à la tête des armées, et chantoient ceux qui s’y distinguoient par leurs exploits. Ils célébroient tous les événemens remarquables, et jouissoient, après les Druides , de la plus haute considération dans l’Etat. Ils chantoient tn marchant au combat , dit Tacite ( de moribus German. ) , et e’est-là l’origine de cette coutume qui étoit encore en usage au commencement de la troisième race, de ne point donner de combat, que dix ou douze grosses voix n’eussent chanté de toutes leurs forces la chanson dite de Roland, afin d’animer les troupes
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- par lè récit des hauts faits d’armesi de ce héros.
- BAROMETRE , s. m. du grec . ( baros ), poids, et de ^rpo» { métron ), mesure.
- ( Physique ) Instrument météorologique , destiné à faire connoître les variations qui arrivent à la pression de l’air.
- On doit l’origine du baromètre à Toricelli, disciple de Galilée. Celui-ci s’étant assuré que l’eau ne montoit qu’à trente-deux pieds dans les pom1 pes aspirantes , soupçonna que ce phénomène dépendoit d’une cause physique bien différente de celle à laquelle onl’attribuoit.'Ses soupçons lurent confirmés par Toricelli, son disciple , qui , en travaillant sur les idées de son maître, fut le premier qui, en i643, prouva évidemment qu’une colonne d’air, prise dans l’atmosphère, se met en équilibre avec une colonne d’un autre fluide qui a la même base. Cette découverte, l’une des plus curieuses et des plus importantes du dix-septième siècle, se fit au moyen d’un tube de verre d’environ trois pieds de longueur, et fermé par un bout, dans lequel Toricelli fit couler du mercure bien net, et forma ainsi le premier baromètre.
- BARON , s. m. du latin baro qui, parmi les Romains, signifioit un homme fort et vaillant, et qu’ils ont probablement tiré du grec ipo; (halos ) , gravis , grave t qui a du poids,
- ( Hist.) Baron se dit, dans la langue espagnole , d’un homme fort et vaillant. Les barons étoient ceui que, dans les jours de combat, on plaçoit près de la personne des rois. Quand le roi haranguoit ses troupes, c’étoit aux barons qu’il adressoit la
- fiarole. Comme ils combattoient sous es yeux du prince , ils durent avoir, plus que les autres , part aux récompenses , et dans la suite on appela baronnets les terres qu’ils en avoient reçues et qui relevoient immédiatement de lui. Peu-à-peu tous ceux qui possédoient de grands fiefs, les principaux membres de l’État, les grands vassaux, les évêques et les princes du sang furent compris sous la dé-nomiftatioa de barons du royaume *
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- *t eurent seuls le droit de siéger dans le parlement de la nation. Mais, dès le milieu du treizième siècle, les barons commencèrent à perdre de leur ancien lustre, et ce mot signifie maintenant, dans les Etats monarchiques , le degré de noblesse au-dessous des ducs, des marquis, des comtes et des vicomtes.
- BARONNET, s. m. diminutif de baron.
- (Hist. d’onglet.) (Test, en Angleterre , une classe de nobles entre les barons et les simples chevaliers. Les premiers baronnets furent créés, en ion , par Jacques I.er ; ils sont encore distingués des barons, en ce que ceux-ci prennent devant leur nom le titre de lord, et ceux-là celui de sir , comme les chevaliers.
- BAROSANÈME, s. m. du grec jSàfsç ( baros ) , poids , et d’ârejuof ( anemos ) , vent : pèse vent.
- ( Physique ) Machine inventée pour connoître la force du vent.
- BA.ROSCOPE , s. m. du gr.
- ( baros ), poids , et de o-xovék ( sko-péô ) , observer , considérer.
- ( Physique ) Instrument qui indique les variations du poids de l’atmosphère. C’est la même chose que BAROMÈTRE.
- BARQUE, s. f. du latin barca , et peut-être du grec £«pdont on auroit fait baricus , barica, barca.
- ( Marine ) Nom générique de plusieurs espèces de bâtimens propres à naviguer , soit sur les rivières, soit sur la mer. Chaque pays a des barques de différentes façons.
- BARRE, s. f. du latin vara, que les Espagnols ont conservé tout entier dans la même signification.
- ( Pratique ) Barre est le lieu où se tiennent les défenseurs, les a voués, les témoins , et les personnes appelées devant les tribunaux. Il y a une bàrre dans tous les lieux où se réunissent des magistrats ou autres fonctionnaires publics.
- ( Commerce ).Barre est une mesure d’aunage en Portugal et en Espagne.
- {Hydrographie) On appelle barre tine espèce de banc de sable ou de gravier qui se forme toujours à l’embouchure d’une rivière dans la mer, °u même à la jonction de deux rivières. Le mot barre, se prend ea™
- BAR ï4S
- core quelquefois pour signifier cette espèce de remons auquel les rivières qui se jettent dans la mer sont sujettes , pendant que la mer monte. On voit l’eau de la mer remonter avec rapidité, et glisser sur la ri— vièie , à-peu-près , comme sur un terrain uni. On observe la même chose , proportion gardée , à l’embouchure de deux rivières qui se jettent l’une dans l’autre , quand l’une de ces rivières croît sans que l’autre croisse en même tems, on en même proportion.
- ( Marine ) Ce mot a plusieurs significations dans la marine , mais il sert le plus fréquemment à désigner la barre du gouvernail, on une longue pièce de bois qui sert à faire mouvoir le gouvernail. Dans les gros vaisseaux qui gouvernent à la roue , la barre du gouvernail est située dans la sainte barbe, eî on la manœuvre à l’aide dJun cor-» dage , lequel, passant dans divers rouets, va répondre à une roue
- Ïilacée surlegaillard d’arrière. Dans es petits vaisseaux , la barre se manœuvre à la main, sans roue.
- ( Musique ) Barre est un trait tiré perpendiculairement à la fin de chaque mesure , sur les cinq lignes de la portée, pour séparer la mesure qui finit de celle qui recommence. Le principal usage des barres est de distinguer les mesures T et d’en distinguer le frappé, lequel se fait toujours sur la note qui suit immédiatement la barre. Elles servent aussi dans les partitions à montrer les mesures correspondantes dans chaque portée. L’usage des barres n’a pas plus de cent-cinquante ans.
- ( Equit. ) Barre est la partie la plus haute des gencives du cheval , où il n’y a jamais de dents , et sur laquelle est placée le mors.
- ( Blason ) Barre signifie une des pièces de l’écu, laquelle va du haut de la partie gauche de l’écu au bas de la partie droite.
- (Physique ) Barres ou barreaux magnétiques ; on appelle ainsi deux barres d’aoier trempé , auxquelles on a communiqué la vertu magnétique. Elles sont elles-mêmes propres à communiquer une très-grande vertu magnétique à d'autres barres
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- d’acier trempé de tout son dur, ainsi
- qu’à des aiguilles de boussole.
- BARREAU, s. na. diminutif de barre. V. ce mot.
- ( Technol. ) Petite barre de bois , ou de fer , qui ferme à jour quelque passage.
- ( Pratique ) Les barreaux de fer ou de bois qui entourent le parquet , ou le lieu où se tiennent les avocats dans les tribunaux , ont donné leur nom au lieu même où l’on rend la justice. Barreau se dit de l’endroit où l’on plaide, de la réunion de toutes les personnes qui composent une cour de justice, et même de la discipline qu’on y observe. En Angleterre , lés gens de loi qui ont obtenu leur licence ( li-centiati ) sont appelés barristers.
- BARRETTE, s. f. du latin birra, dont les Italiens ont fait beretta et baretta.
- ( Costumes ) Sorte de petit bonnet en usage autrefois parmi les nobles Vénitiens. C’est aussi un bonnet carré rouge que le pape donne. ou envoie aux cardinaux.
- BARYTE , s. f. du latin baryta, formé du grec @apet ( baros ) , poids.
- ( Chimie ) L’une des neuf terres simples ou élémentaires dont la chimie est actuellement en possession. La baryte avoit été regardée comme une modification de la terre calcaire , jusques vers l’année 1794, où Bergman reconnut que c’étoit une terre d’une nature particulière ; ce qui fit la cinquième des terres alors connues. La chimie en a depuis ce tems-là découvert quatre autres. Le mot baryte a remplacé celui de terre pesante , ou de terre du spath pesant, ou de barate. '
- BARYPHONIE, s. f. du gr. VfR ( baros ) , pesant, difficile , et de Çphôné), voix.
- ( Méd. } Difficulté de parler, d’articuler.
- BAS, adj. du latin bassus , dont les Italiens ont fait basso , et les Espagnols baxo , qui a peu de hauteur ; ce qui est vil , méprisable ; ce qui est inférieur, ou moindre en dignité ; ce qui est de moindre valeur , de moindre prix'.
- ( 'Diction ) Le mot bas, appliqué au caractère des idées et des
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- expressions, ne signifie pas la même chose. La bassesse des idées et des expressions tient à l’opinion et à l’habitude ; celle des sentimens est plus réelle , elle suppose dans l’ame de la fausseté , de la noirceur ou de la lâcheté.
- Le genre noble , soit d’éloquence, soit de poésie , n’exclut que la bassesse de convention , et admet , comme susceptible d’ennoblissement , ce qui n’est bas que de sa nature. Rien de plus bas, moralement , que le caractère de Narcisse , et poétiquement, il a autant de noblesse que celui à’Agrippine , et que celui de Néron. Personne, au contraire , ne pourrait entendre aujourd’hui , sur nos théâtres , la fille d’Alcinoüs dire qu’Ulysse. Va. trouvée lavant la lessive, ou Aga-jnemnon dire que lorsque Brise'is sera vieille , il l’emploiera à lui faire son lit.
- ( Peinture ) Caractère bas , genre bas, sont des expressions communes en peinture , pour désigner l’imitation d’un objet pour lequel l’esprit sent du dégoût, sur lequel le regard s’arrête avec une sorte de répugnance ; mais dont on est quelquefois fort bien dédommagé par l’imitation savante de la couleur et des formes de cet objet. Tel est un tableau de Morjilos, qui représente un mendiant occupé du soin le plus dégoûtant que puissent nécessiter la misère et la malpropreté, et- qui a mérité , cependant, par la beauté du faire , par la vigueur , par l’effet, et par une vérité qu’on peut nommer courageuse pour l’artiste, de passer successivement dans les collections les plus importantes.
- ( Manufacture ) Bas au métier; les bas de chausse par opposition aux hauts de chausse , comme on les appeloit autrefois , se sont fabriqués au tricot , ou au métier, en laine , en coton , en fil ou en soie. On ne parlera ici que du métier à bas ; ce métier est la machine la plus compliquée qui existe : on peut la regarder comme un seul et unique raisonnement dont la fabrication-de l’ouvrage est la conclu-' sion. Les Anglais se vantent d’en être les inventeurs, mais orî sait aujourd’hui qu’un Français ayant inventé cette
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- eette surprenante et utile maehîne, et trouvant quelques difficultés à obtenir un privilège exclusif, passa en Angleterre où sa machine fut admirée, et il fut lui-même magnifiquement récompensé. Au reste , cette machine fut rendue à la France par un autre Français, qui, par un effet prodigieux de mémoire et d’imagination , fit , à Paris , au retour d’un voyage de Londres , le premier métier sur lequel ont été faits tous ceux qui sont en France , en Hollande, etc. La première manufacture de bas au métier qui se soit vue en France , fut établie en i656 , dans le château de Madrid, au bois de Boulogne.
- ( Marine) Bas-fond ; on donne ce nom aux endroits où la mer a peu de profondeur : c’est une observation constante que les bas-fonds se trouvent dans le voisinage des côtes basses , dont ils ne sont que le prolongement ; les côtes escarpées , au contraire , sont bordées d’une mer profonde.
- BASALTE, s. m. de l’éthiopien basal, fer : pierre couleur de fer.
- ( Minéral. ) Substance amenée par le feu des volcans à un certain degré de vitrification. C’est, parmi les laves lithoïdes , celle qu’on appelle basaltique , parce que sa couleur ressemble à celle du fer. Les basaltes présentent quelquefois des assemblages qui ont l’air d’une réunion de colonnes , que le vulgaire prend pour des fabriques dues à des êtres surnaturels ; telles sont la chaussée des géants , eu Irlande, et la grotte de Fingal , en Ecosse. Le basalte sert de pierre de touche, c est-à-dire , que les métaux y laissent une trace.
- On appelle proprement basalte egyptien une roche dite comêenne, noirâtre, dont les anciens ont fait des statues. V. Boche Cornéenne.
- bascule , s. f. du mot tv. bas,
- et du suédois huile , qui signifie tête: littéralement, l’action de mettre en bas ce qui étoit en haut.
- ( Mécan. ) Une bascule est une pièce de bois qui monte, descend, se hausse et se baisse par le moyen d un essieu qui la traverse dans sa l0ngueur, pour être plus ou moins en équilibre. C’est encore le contre-Torn. I.
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- poids d’un pont-levis ou d’un moulin à vent, pour en abattre le frein r elle a son axe ou ceil par où passe un boulon qui se soutient sur un bâti de charpente. En général , la bascule est pn levier de la première espèce , où le point d’appui se trouve entre la puissance et la résistance.
- BASE, s. f. en latin basis, du grec
- /îcta-ic ( basis ).
- (Géométrie) Base d’une figure ç c’est la plus basse partie de son circuit. Dans un triangle rectangle , la base est ordinairement le côté opposé à l’angle droit , c’est-à-dire , Vhypothénuse. La base d’un solide est la surface intérieure , ou celle sur laquelle toute la figure est appuyée ou peut être censée appuyée.
- ( Astron.) Base est une distance de deux ou trois lieues que l’on mesure avec la plus grande exactitude entre deux clochers ou autres termes fixes pour établir les triangles qui servent à mesurer l’étendue d’un degré, et par conséquent la grandeur de la terre. La plus célèbre base astronomique est celle de 5717 toises, ou 11125,14 mètres, mesurée entre les centres des deux pyramides de Ville-Juif et de Ju-visy , sur le chemin de Paris à Fontainebleau. On a mesuré des bases semblables dans tous les pays où l’on a voulu avoir la longueur d’un degré.
- ( Optique ) Base distincte ; c’est la distance où doit être un plan au-delà d’un verre convexe, pour que l’image des objets, reçue sur ce plan , paraisse distincte ; c’est la même chose que le foyer_ Elle est produite par la réun:on des rayons partis d’un seul point d’un objet, et concourant en un seul point de l’image ; c’est pour cela qus les verres concaves , qui , au lieu de réunir les rayons , les écartent, ne peuvent point avoir de base distincte réelle.
- ( Chimie ) On appelle hases , les corps salifiables, c’est-à-dire , ceux qui , n’étant pas combustibles , s’unissent avec les acides , et forment avec eux des sels dont les propriétés sont tout-à-fait nouvelles.
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- (Physiologie) Base du cœur; c’est la partie supérieure et large de ce viscère , d’où partent quatre gros vaisseaux , deux artères, l’aorte et l’artère pulmonaire , et deux veines, la veine cave, et la veine pulmonaire.
- La base de Vos hyoïde , est la partie principale de cet os.
- La base de l’omoplate , est le grand côté de cet os.
- La base de Vétrier, os de Fouie, est sa partie principale.
- La base de la tête , est la partie inférieure de la tête.
- ( Pharmacie ) Base d’une composition médicinale ; c’est l’ingrédient le plus énergique, relativement à la maladie. ^
- ( Botan. ) Base se prend en botanique sous diverses acceptions ; tantôt il signifie le lieu d’une partie , sur lequel est ajustée ou sur lequel repose une autre partie ; tantôt il signifieFextrémitéinférieure d’une partie quelconque.
- De base on a fait basilaire, pour désigner ce qui appartient à la base d’une partie quelconque , qui y est fixé , ou qui y prend naissance. Ainsi on appelle style basilaire, celui qui naît de la base de l’ovaire : appendice basilaire , celui qui est fixé à la base d’un organe , etc.
- ( Archit. ) Base est la partie inférieure d’une colonne ou d’un pilastre , qui, dans tous les ordres , a un demi-diamètre de hauteur.
- BAS-FOND , s. m. V. FOND.
- BASILIQUE , s. f. du grec /W<-Atnt (basileios)^ royal, dont la racine est ,3«o:( basileus } , roi.
- ( Cuit, relig. ) On appeloit basiliques , dans l’origine , les habitations des princes j ensuite , ce mot fut appliqué aux lieux où l’on ren-doit la justice : enfin , lorsque la religion chrétienne fut devenue la religion dominante , on appela de ce nom les églises qui surpassoient autant les autres églises par leur grandeur et leur magnificence , que les palais des princes surpassent les maisons des particuliers.
- ( Pratique ) Basiliques ; c’est le nom qu’on donne à un recueil des lei* romaines, traduites en grec par
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- les ordres des empereurs Basile et Léon. Les Basiliques furent le droit observé dans l’empire d’Orient r jusqu’à sa destruction. Ce recueil n’est point parvenu en entier jusqu’à nous.
- ( Anat. ) Basilique , en anatomie , se*dit d’une partie qui pa-roît être plus utile qu’une autre, ou préférable à une autre. La veine basilique naît du rameau axillaire , et court dans toute la longueur du bras.
- BASISTAN, BÉSESTAN ou RÉSISTANTS. m. nom que l’on donne dans les Etats du grand-seigneur, à des lieux où les marchands ont leurs boutiques et étalent leurs marchandises. 11 ne faut pas les confondre avjec les bazards. V. ce mot.
- BASKERYILLÉ, s. ni. nom d'homme.
- ( Bibliogr. ) Imprimeur anglais , mort en 1773. Les éditions de Bas-kerville sont recherchées à cause de l’élégance et la grâce de ses caractères , de la perfection du tirage, de la couleur uniforme de l’encre , et surtout de la beauté du papier , qui est d’un poli si parfait qu’il pa-roît être de soie plutôt que de chiffons. Parmi les éditions qu’il a données, celles de son Virgile , et de sa Bible anglaise , sont les plus estimées.
- BAS-RELIEF , s. m. de l’italien basso-relievo.
- (Sculpture) Ouvrage de sculpture, dans lequel ce qui est représenté a peu de saillie.
- BASSE, s. f. de l’italien basso.
- (Musique) La basse est celle des quatre parties de la musique , qui est au- dessous des autres ; la plus basse de toutes, d’où lui vient le nom de basse.
- Il y a plusieurs sortes de basses: Basse fondamentale ; c’est celle qui n’est formée que de sons fondamentaux de l’harmonie ; de sorte qu’au - dessous de chaque accord, elle fait entendre le vrai son lon-damentalde cet accord , c’est-à-dire, celui duquel il dérive par les règles de l’harmonie.
- Basse continue ;eile est ainsi appelée parce qu’elle dure pendant toute la pièce. Son principal usage »
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- entre de régler l'harmonie , est dé soutenir la voix et de conserver le ton. Cette basse fut mise en usage , pour la première fois , au commencement du dix-septième siècie, par Lu-dovico Viana, qui en a laissé un traité.
- Basse figurée , celle qui , au lieu d'une seule note , en partage la valeur en plusieurs autres notes sous un même accord.
- Basse contrainte, celle dont le sujet ou le chant , borné à uh petit nombre de mesures , comme quatre ou huit , recommence sans cesse , tandis que les parties supérieures poursuivent leur chant et leur harmonie , et les varient en différentes manières.
- Basse . chantante ; c’est l’espèce de voix qui chante la partie de la basse. H y a des basses récitantes et des basses de chœur ; des con-cordans ou basse- tailles, qui tiennent le milieu entre la taille et la basse ; des basses proprement dites* que l’usage fait encore appeler basse-tailles ; et enfin des basse-contres, les plus graves de toutes les voix , qui chantent la basse sous la basse même , et qu’il ne faut pas confondre avec les contre-basses, qui sont des instrumens.
- .Basse est aussi i’instrumentsur lequel on joue cette partie : c’est le plus gros et le plus long de ceux qui forment le concert.
- (Marine) Basse-mer ; ce mot se dit de la situation de la mer, lorsqu'elle est retirée , et à son plus bas niveau, dans les pays de marée.
- Basses-voiles , ou voiles inférieures ; on entend par ce terme les deux voiles appelées la grande voile et la; misaine dans les vaisseaux, ya lest appelle aussi voiles majeures.
- Basse Ou batture , fond de sable, de rochers ou de cailloux , qui est tort près de la surface de la mer, et sur lequel on la voit briser : c’est par conséquent, un écueil pour les vaisseaux.
- Basse-terre ; ce mot est en usage ans plusieurs des îles Antilles, pour designer le côte sous le vent de l’île, Par opposition à cabesterre , qui Veut d*re le çdté du vent d’une île
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- dans ces mêmes parages. Ces noms sont ensuite restés affectés, particulièrement à quelques quartiers ou bourgs , comme la Basse-Terre de la Guadeloupe.
- BASSIN , s. m. du latin bacinus, dont anciennement on a fait bac/ii-non , puis bachin , et enfin bassin.
- (Optique) Les lunetiers se ser -vent de divers bassins de cuivre, dé fer ou de métal, pour fabriquer lés verres convexes. Les sphères qu’on nomme autrement des boules servent pour les verres concaves , et le rondeau pour les verres dont la superficie doit être plane et uuie.
- ( Archii.) Ln bassin est uu espacé creux , en terre , de figure ronde ou polygone , pour recevoir les eaux dans un jardin.
- (Marine) Un bassin est un endroit renfermé dans un port de mer et où les vaisseaux sont à l’abri des orages et de la grosse mer. Le mot bassin est ici synonyme de darce J un bassin ou forme est encore un espace creusé au-dessous du niveau de la pleine mer ^poür y construire et sur-tout pour y radouber avec plus d’aisance les vaisseaux.
- ( Physioi ) Bassin , se dit d’un espace circonscrit par l’ox sacrpnt et les os de- îles , qui contient la Vessie , ia matrice et une partie des intestins. On donne le nom de bassin ou de bassinet à la cavité des
- reins , qui reçoit l’urine , et la verse dans les uretères.
- (Jardin. ) Bassin , se.dit d’un espace creusé en terre auront d’une fleur, ou autour d’uu arbre pour l’arroser ,y déposer du fumier , ou pour dégorger une greffe- enterrée. De bassin , les jardiniers ont fait bassiner, pour' arroser légèrement du plant de fleurs , avant et après la plantation.
- BASTILLE , s. f. de l’ancien mot bastile , formé de baslum, bâton.
- (Fortifie ) Les bastilles étoient anciennement des tours de bois que l’on élevoit devant les places assiégées pour les battre. Ce nom a depuis servi à désigner une citadelle de Paris détruite en 178p.
- BASTINGAGE, s. m. dérivé de bastum , bâton.
- (Marine) Espèce de retranchement que l’on fait au dessus du plat-
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- bord pour mettre l’équipage un peu à l’abri de la mousquetene , lorsqu’on t'ait branle-bas pour se préparer au combat. Ce sont des amas faits des hardes et des branles, ou hamacs des matelots,qu’on leur lait apporter dans des filets attachés à cet effet aux filarets ou lisses des batâyoles , et aux chandeliers de bastingage.
- BASTION, s. m. du Iat. iastum.
- (Fortifie.) Ouvrage de fortification un peu avancé hors du corps de la place , ayant deux flancs et deux faces , et tenant des deux côtés à la courtine.
- BÂT , s. m. du lat. bastum , formé du grec (bastos), qui
- signifie un bâton avec lequel on porte des fardeaux.
- (Econ, dom.) Selle pour les bêtes de somme.
- BATAILLE, s. f. du lat. batua-lia , formé d*- battuere , battre.
- (.Art inilit.) Dans l’origine , le mot bataille signifioit le lieu où deux hommes s’exerçoient au combat ; il a signifié ensuite le combat même ; aujourd’hui il ne se dit que d’un combat général de deux armées. Ou appelle corps de bataille, cetie partie de l’armée qui est entre deux ailes , et qu’autrefois on appeloit la bataille.
- Ou ne donne , à proprement parler, le nom de bataille , qu’aux actions qui se passent entre deux armées rangées dans leur ordre de bataille , et qui combatteut daus un
- Îiays assez ouvert, pour que les igues se chargent de front et en même-tems. Les antres grandes actions, quoique presque toujoursd’uue longue durée , et même plus meurtrières que les batailles , n’ont que le nom de combat ; V. ce mot.
- (Marine) Le corps de bataille , dans les combats sur mer , est le centre, ou la principale escadre, ou division d’une armee navale ; celle qui est commandée par le premier officier-géuéial. Le corps de bataille est placé entre l’arrière-garde et l’avant-garde.
- { Peinture ) Tableaux de bataille , ce sont des tableaux qui forment un genre particulier ; ce sont des repres. ntations qni ne plaisent qu’en raison de l’horreur qu’el-
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- les excitent, parce que les curieux de ces sortes d’ouvrages , ne trouvent jamais les périls qn’on leur peint assez grands , et que de leur côté , les peiu res qui n’ont pas vu seulement une escarmouche , s’excitent à renchérir sur les désirs des amateurs , et à exagérer les actions, les mouvemens et les expressions.
- BATARD , s. m. du grec p« (hassura), prostituée , femme perdue ; ou suivant quelques- uns, de l’Allemand, boes, bas, vil ; et de art, naissance: de basse-naissance, qui n’est pas de la véritable espèce, mais qui eu approche , et qui eu est comme dérivé.
- (Marine) Voile bâtarde ; c’est une voile de galère , plus petite que la voile ordinaire , dont on se sert lorsque le vent est fort.
- ( Jard. ) Bâtard est opposé à franc , il se dit de toute plante sauvage , qui n’est point cultivée. On nomme encore bâtards, les fruits qui ne sont pas de la véritable espèce dont ils portent le nom. De bâtard , les jardiniers ont fait c a^ar-dière , pour désigner le lieu où l’on élève des arbres , lorsqu’ils sortent de la pépinière, c’est-à-dire . au bont de trois ans. La batardière fournit des arbres greffés , et qui font tout-à-coup leur effet quand on les transplante pour garnir des vides.
- (Pratique) Bâtard se disoit anciennement des eu fans nés hors mariage.
- D’après le nouveau code civil, les bâtards ou eufans nés hors mariage, antres que ceux nés d’un commerce incestueux ou adultérin , pourront être légitimés par le mariage subséquent de leurs père et mère , lorsque ceux-ci les auront reconnus avant leur mariage , ou qu’ils les reconnpitront dansi’açte même de célébration.
- 1ATARDEAU, s. xn. du lat. bastum , bâton ; le batardeau étant une cloison de bâtons.
- (Hydraul.) Espèce de digue fait? de pieux , d’ais et de terre , pour détourner l’eau d’une rivière.
- (Ponts et Chaussées) Avant l’invention de la nouvelle méthode d? construire les ponts , ou appelait batardeau , une enceinte qui rea-
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- fermoif dettx ou trois piles , et qui étoit composée de plusieurs pieux battus dans e lit d’une rivière.
- (Fortification) Batardeau se dit d’un massif de maçonnerie , qui traverse toute la largeur du fossé , et qui sert à retenir l’eau , afin qu’elle ne s’écoule pas dans les endroits les plus bas du fossé.
- .BATARDIÈRES, s. f. de BATARD.
- [Jardin) C’est le nom qu’on donne à un plant d’arbres greffés , qu’on élève dans des pépinières pour les transplanter dans les jardins.
- BATEAU , s. m. du latin hatel-lus, dirninut. du lat. barb. battis.
- (Marine) On donne ce nom à diverses sortes de bâtimens qui vont sur mer , ou sur les rivières , à la voile et à la rame.
- On appelle eu général bateaux , snr les vaisseaux de guerre , tous les bâtimens à rames , chaloupes et canots,grands et petits,qui sont embarqués dans le vaisseau pendant la navigation.
- ( Archit. nav. ) Bateau-porte ; e’tst une espèce de bâteau étroit ét profond qui , dans certains bassins , sert à fermer le passage à l’eau extérieure et à faire l’office de porte. Cette invention ingénieuse a «té employée aux bassins de Carls-erone , en Suède ; et depuis, par il. Groignard, dans son fameux bassin de Toulon.
- BATIMENT, s. f. du grec .S«ro« (bastos) , dont les Latins ont fait oastum , bâton ; les premiers bâti-Miens ayant été construits avec des perches et des bâtons.
- ( Archit. ) Bâtiment s’est d’abord dit d’un ouvrage fait par des architectes ou des maçons , comme des maisons, des palais, des églises. R s’est ensuite étendu aux ponts , aux aquéducs , et autres édifices publics et particuliers.
- (Marine) Bâtiment se dit dans le langage des marins, de toutes sortes de vaisseaux , navires, barbes , etc. , qui naviguent sur mer.
- (Salines) Bâtiment de graduations on appelle aiasi un édifice employé pour faciliter l’évaporation des eaux de source , peu salées; c’est ^ hangard pr odi ÿ e use ment long ,
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- garni dans l’intérieur de beaucoup de charpente, sur laquelle on arrange un grand nombre de fagots .d’épine. Ce bâtiment est aéré de toutes parts, et est couvert par un toit sous lequel on a pratiqué des réservoirs , de distance en distance , pour recevoir les eaux salées qu’on y fait monter par le moyen des pompes : alors , on lâche les robinets pour faire couler l’eau sur les fagots d’épine. L’eau se divise, retombe en pluie , et déposa sur les bâtons des fagots une grande partie de la sélénite , et y forme une incrustation très-agréable à la vue. Quand l’eau est vaporisée par ce moyeu, au.point de contenir treize on quatorze livres de sel par cent livres d’eau , on la soumet à l’évaporation sur le feu, comme celle qui est naturellement chargée au même* point.
- BATON , s. m. du grec (bakstron), dont les Latins ont fait oastum, qui a produit bâton, bastille , bâtir , bastide, bastion , bâtiment, etc. Long morceau de bois qu’on peut tenir à la main , servant à plusieurs usages.
- ( Hist. anc. ) Dans les siècles les plus reculés,les princes, les personnes considérables , telles que les pères de famille , les juges , les généraux d’année, etc., portaient, pour marque de distinction , un bâton fait en forme de sceptre. Quand un peur pie ou un souverain établissoit un officier pour le représenter dans le commandement d’une armée , dans quelque ambassade, ou dans l’administration de la justice , cet établissement se faisoit parla transmission d’un bâton qui devenoit la marque de sa dignité.
- Les principaux magistrats romains portoient de ces bâtons : celui d’un consul étoit d’ivoire , celui du prêteur étoit d’or. Les monarques français portoient autrelois le sceptre. Le bâton à la hauteur d’un homme étoit revêtu d’une lame d’or , à laquelle ou substitua la main de Justice, au commencement du iie siècle.
- ( Relig. ) Bâton pastoral on crosse ; c’est un bàtda d’argent on d’or, recourbé et ouvragé par le haut, porté par les archevêques , les évêques et les abbés réguliers , ou. qu’au porte devant eux dans les cérémonies. Le bâton pastoral est
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- très-ancien , mais il n’est -pas fait mention de la crosse avant le onzième siècle. Les premières crosses «’étoient que de simples bâtons de bois , qui d’abord eurent la forme d’un T , et dont on se servoit pour s’appuyer ; ensuite on les tit plus longues , et peu-à-peu elles ont pris la forme que nous leur voyons.
- ( Marine ) Bâton de jlamme ou de commandement ,• c’est un bâton de pavillon de la tête des mâts, ainsi appelé, parce qu’il porte une flamme, tut pavillon ou marque de commandement , qui désigne le grade de l’officier général commandant, suivant le mât 'auquel il est placé.
- Bâton d ’enseigne ou de pavillon: c’est une longue perche de bois de pin , qui sert pour arborer le pavillon.
- ( Mathérn.) Bâton de Jacob ; on donne ce nom à une espèce d’arbalète qui sert à prendre les hauteurs ou les distances par les angles. Quelques-uns prétendent qu’il est ainsi nommé, parce que les divisions du montant ressemblent aux degrés de l’échelle mystérieuse que Jacob vit eu songe , et qui allait jusqu’au ciel.
- ( Musique ) Un bâton est une sorte de barre épaisse qui traverse perpendiculairement une ou plusieurs lignes de la portée , et qui, selon le nombre des lignes qu’il embrasse , exprime une plus grande ou moindre quantité de mesures qu’on doit passer en silence.
- Bâton de mesure ; c’est un bâton fort court , ou même un rouleau de papier dont le maître de musique se sert dans un concert pour régler le mouvement, et marquer la mesure et le tems.
- ( Archit. ) Bâton est une mesure usitée dans la base des colonnes.
- ( Technol. ) Les orfèvres appellent bâton à dresser, un rouleau qui sert à mettre de niveau une plaque de métal mince. En termes de lapidaire , on appelle bâton à cimenter , un morceau de bois dans lequel on enchâsse les cristaux et les pierres , par le moyen d’un mastic , pour les égriser. Bâton de semple et bâton de rame-, désignent , chez les fabricans, deux
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- parties du métier d’étoffes de soie. Les papetiers appellent bâton royal, le papier de la petite sorte.
- BATONNIER, s. m. du latin bas-tum , bâton.
- ( Pratique) C’étoit, sous la monarchie , un avocat choisi parmi les anciens, pour présider pendant un an aux assemblées et députations de l’ordre. Il étoit le chef d’une con-frairie établie en la chapelle de St. Nicolas, dont il portoit le bâton, aux cérémonies qui se faisoient à la Sainte-Chapelle , d’où lui étoit resté le nom de bâtonnier.
- BATTAGE, s. m. de battre, formé du lat. barbare battuere.
- ( Manuf. ) En terme de manufacture , le battage est une préparation qu’on donne à la laine et au coton , avant de Temployer. L’usage en France est de battre le coton et la laine sur des claies de bois ou de corde pour en faire sortir les plus grosses ordures , et de les livrer ensuite à des éplucheuses qui oiit soin de la bien manier , pour en ôter le reste des ordures que les baguettes n’ont pu en faire sortir. Mais les dangers auxquels le battage , ainsi que le cardage ( Voy. ce mot ) du coton et de la laine , exposent les ouvriers, par la quantité de poussière et de lilamens, qui se détache dans ces deux opérations , s’envole, est aspirée par les ouvriers, entre dans les narines , et forme souvent des dépôts funestes , ont fait imaginer des machines qui pussent les prévenir , et M. Co.nnop , de Sheffield , en Angleterre , paroît avoir obtenu un succès complet. Sa machine est tellement construite, que les baguettes avancent ou reculent vers la masse de laine ou de coton que l’on veut battre ; elles s’élèvent d’elles-mêmes , à des tems fixes et précis pour l’opération du battage, qui s’achève avec le concours d’un seul ouvrier , et sans aucun danger pour lui.
- BATTEMENT , s. m. de battre , formé du latin barbare battuere ou baltuere.
- ( Médecins ) Le battement du cœur , du poulx , des artères.
- ( Mécan. ) Battement se dit pour vibration. Voy. ce mot.
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- {Musique) Double cadence, tour de gosier.
- ( Danse ) Mouvemens en l air que l’on lait d’une jambe , pendant que le corps est posé sur l’autre.
- ( Escrime ) Attouchement du foi-fele de l’épée au foible de celle de l’ennemi , pour l’obliger à quitteria ligne; ou du demi-fort au foible , en passant ou en quartaut, et en poussant de pied ferme.
- BATTERIE , s. f. du latin hat-taere dont on a fait battre et batterie.
- ( Marine ) On entend par ce mot tous les canons qui portent sur le même pont de long en long du vaisseau et des deux bords. Ainsi un vaisseau à trois ponts a trois batteries , ou rangs de canons, les uns au dessus des autres. La première decesbatteries, quiestia plus basse, porte les canou^ du plus fort calibre. On ne comprend pas , sous le nom de batterie , les petits canons qui sont sur les gaillards d’avant et d’arrière, parce qu’ils ne forment pas une suite continue d’un bout du vaisseau à l’autre.
- ( Artillerie ) Une batterie est une suite de plusieurs pièces de canon et de mortiers, disposés pour tirer contre l’ennemi; batterie se dit encore du lieu on ou les établit.
- Batterie élevée, celle q i sert à découvrir et foudroyer dans les travaux.
- Batterie en!errée ou ruineuse , celle dont la plate forme est au des-«ousdu niveau de la campagne. On fait des ouvertures dans la terre pour servir d’embrasures.
- Batterie croisée , celle qui se fait de deux batteries assez éloignées l’une de l’autre , et qui tirent en un même endroit, de manière que les coups se rencontrent à angles droits, etque le coup de la seconde achève d’abattre ce que la première a ébranlé.
- Batterie en barbette , celle dont •a plate forme est élevée aux angles flanqués des bastions , et des dehors, de quatre pieds sur le terre-plein, de sorte que le canon rase le parapet ; c’est de-là qu’on dit : Tirer en barbe ou en barbette.
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- Batterie à redens ; on fait ces sortes de batteries , lorsqu’on est battu en rouage , et que les traverses ne les couvrent pas assez. Les re-dens contiennent une ou deux pièces placées non sur la même ligne , mais à angle droit.
- Batterie en écharpe, celle qui bat par bricole , de côté, et par un coup oblique.
- Batterie en rouage , celle dont on se sert pour démonter les pièces de l’ennemi.
- Batterie de revers , celle qui bat à dos , et voit dans la place, ce qui arrive quand la batterie est plus éminente que la place.
- Batterie d*enfilade, celle qui tire eu ligne droite , et eutile une ligne, ou une route.
- Batterie à ricochet ; ce sont des batteries qui chassent le boulet par sauts etpar bonds. Cela dépend d’une certaine quantité de poudre assez considérable pour porter le boulet à une distance convenable , mais avec une telle force qu’il ne puisse point s’enfoncer dans le terrain sur lequel il tombe en glissant. L’invention de ces batteries est due à M. de Vau-ban. Ce lut au siège d’Ath qu’il s’en servit peur la première lois.
- ( Physique) Batterie électrique ; on appelle ainsi un nombre plus ou moins grand de vases de verre, garnis en dedans et en dehors de lames d’étain , excepté, leur partie supérieure , qui demeure sans garniture, et tous contenus dans une boîte de bois , doublée aussi de lames d’étain. Cet appareil , ainsi construit , s’électrise à la manière de la bouteille deheyde , et produit un effet d’autant plus grand , que les vases sont eux-mêmes glus grands, ou qu’il y en a un plus grand nombre.
- BATTOLOG1E, s. f. du grec te-IV, ( battos ) , nom d’un certain roi des Cyréniens , qui étoit bègue , et de As?'-- ( logos ) , discours ; parce que les bègues répètent plusieurs fois les mêmes syllabes : discours à la manière de Battus, parler comme Battus.
- (Diction) Répétition inutile d’une même chose ; multiplicité de paroles ; afllueuce d’expressions superflues.
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- BATTRE, v. a. du latin battue re.
- ( Musique ) Battre la mesure ; c’est en marquer les tems par des mouvttnens de la main ou du pied , qui en règlent la durée , et par lesquels les mesures semblables sont rendues parfaitement égales, en valeur chroniqne , ou en tems , dans l’exécution.
- ( Jeu de trictrac ) Battre ; c’est en comptant de la droite à la gauche les points amenés par les dés, tomber de la flèche la plusvoisine d’une de ses dames, sur une flèche de son adversaire , où il n’y ait qu’une dame ; cette dame découverte est ta-tue , si le dernier point d’un des dés ou de tous les deux tombe sur elle.
- BAU , s. m. de l’anglais balk ou baulkpou re.
- ( Marine ) On appelle baux, de grosses poutres mises en travers du vaisseau , d’un flanc à l’autre, dans le sens de sa largeur , pour supporter les bordages des ponts. Le mai-ire-bau est celui qui est posé au milieu du vaisseau , au maître couple , à l’endroit le plus large du vaisseau. On se sert quelquefois de ce mot pour désigner la' dimension de la plus grande largeu d’un bâtiment. Ainsi, on dit, ce vaisseau a i,46i mètres ( 45 pieds ) de maître-bau , ou de ban.
- BAUDIR , v. a. Contraction d’es-baudir , égayer , du latin barbare exbaldire.
- ( Vénerie ) Terme de chasse, qui signifie , exciter les chiens du cor et de la voix.
- BAUDRUCHE, s f. diminutif de baudrier , formé de baldringum , corruption de balteum.
- ( Batteur dJor ) Membrane extrêmement fine et très-lisse , tirée des intestins des animaux , et surtout de ceux du bœuf. La baudruche est d’un grand usage chez les batteurs d’or, pour faire ce qu’on appelle l’or en feuilles , dont se servent les doreurs , les fourbisseurs , les arquebusiers, les relieurs, etc. Lorsqu'on a réduit l’or en lames très-minces , en le battant à coups de ma te ut, on ne peut {dus continuer de le battre ainsi sans l’interposition de quelque corps , sans
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- quoi il se déchireroit sous le marteau. Pour que cela n’arrive pas, on place chacune de ces lames minces entre deux baudruches, et continuant alors de les battre , on les réduit à un degré de ténuité, tel qu’il en faudroit trente mille les unes au dessus des autres pour faire l’épaisseur d’une ligne ( 2 -J millim. ), ce qui est une preuve évidente de la grande ductilité de ce métal.
- ( Pharmacie ) La baudruche est connue sous le nom de peau divine, et l’on s’en sert pour guérir les coupures.
- BAUME , s. m. du latin *balsa-mum, formé du grec (laAo-^cv (bal-sampn ).
- ( Chimie ) Combinaison de résine et d’un sel essentiel.
- ( Méat. méd. ) Le mot. baume renferme l’idée d’un remède par excellence. Il est affecté à des matières huileuses , aromatiques , presque liquides, qui découlent naturellement , ou par des incisions que l’on fait à certains arbres. On donne à ces substances le nom de baumès naturels, pour les distinguer des préparations pharmaceutiques du même nom. Les baumes naturels les plus connus sont le baume du Canada , de Copahu , de Judée, du Pérou, de Tolu, et de Liquidant-bar.
- BAUME, s. m. Corruption du mot anglais boom , emprunté de l’hol-1 landais boom., qui signifie arbre.
- ( Marine ) Voy. GUI.
- BAZAR, s. m. mot turc qui signifie achat ët échange de marchandises.
- ( Commerce ) On a par extension appliqué ce mot au lieu où se fait, dans l’Orient, l’achat, la vente, ou l’échange des marchandises. Un bazar est un marché construit en forme de rue longue , large et voûtée, où les marchands se réunissent, et où l’on trouve toutes les facilités pour l'emmagasinage , le transport des marchandises , les besoins dès voyageurs et des marchands. On cite les bazars d’Ispahan et de Tauris, comme les plus riches et les plus beaux du Levant.
- BEATIFICATION , s. f. composé de beatiim, ët de facto ; l’actioa de faire un hetirenx.
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- BEA
- ( Relig. ) L’acte par lequel le pape , après la mort d’une personne , déclare qu’elle est au nombre des bienheureux , et permet , à certaines personnes , à un ordre religieux , à une communauté , de lui rendre un culte particulier. La béatification diffère de la canonisation , en ce que dans celle-ci , le pape agit comme juge , après un examen juridique , et détermine l’espèce de culte qui doit être rendu au nouveau saint par l’Eglise universelle ; et que dans celle-là il ne prononce que comme personne privée, en faisant un simple usage de son autorité.
- ( Physique ) Béatification est un nouveau terme en physique , appliqué à une expérience d’électricité , dans laquelle la lumière qui environne la personne électrisée , est en quelque façon semblable à celle que représentent les peintres pour caractériser les saints ; c’est ce qui à engagé Boze , l’auteur de •cette expérience , à donner à ce singulier phénomène le nom de béatification.
- BEAU, adj formé de hel , qui vient du mot primitif bal , objet brillant, éclatant, agréable, intéressant , qui a les proportions des traits et le mélange des couleurs nécessaires pour plaire aux yeux.
- ( Beaux-Arts ) Le Beau est. le mélange des satisfactions organiques, sentimentales etspirituelles. Le beau idéal, est la réunion des plus grandes perfections que puissent offrir partiellement certainsindi vi dus choisis. Pour concevoir le beau idéal , il faut imaginer le beau tel qu’il existerait , si la nature formoit ses productions , et l’homme sur-tout, avec le choix le plus exquis , avec toutes les perfections générales et particulières dont se trouvent susceptibles les formes et les mouve-fnens qui lui sont prescrits, en y ]oignant les relations visibles que Ces formes et cesmouvemenspeuvent â^oir avec les affections sentimentales , les plus spirituelles , les plus élevées et les plus parfaites.
- BEAUPRÉ, s. m. de l’hollandais "oultspriet, dont les Anglais ont-*aH boltsprit ou bowsprit.
- ( Marine ) C’est un mût dirigé
- BEL î55
- obliquement en avant du vaisseau , et qui fait une saillie considérable en dehors de la proue. On regards le beaupré comme la clef ou le soutien principal de tous les autres mâts , et sa rupture entraîne né-4 cessairement leur chute , si l’on n’y remédie promptement.
- BEAUTE, s. f. de beau , bel ; juste proportion des parties du corps, avec un agréable mélange des couleurs. Il se dit proprement des per-* sonnes, et particulièrement du visage.
- [Arts du Dessin) La beauté con* siste dans les proportions et les di-* mensions les plus susceptibles da satisfaire les désirs du sens visuel, du cœur et de l’esprit. Chez les Grecs, les proportions du corps humain étoient une base savante et profonde de la beauté ; mais comme leurs facultés exercées et portées à s’étendra et à s’élever par de grands et puis-sans motifs , étoient parvenues à une perfection extraordinaire , il en est résulté que la beauté , plus sensiblement divisée en beauté sensuelle, beauté sentimentale et beauté spirituelle , a exigé , dans les imitations* des arts , les proportions les plus finement relatives aux sens , au sentiment et à l’esprit.
- BÉCHIQUE, adj. du grec ( bêx ), gén. <?_ < (bêchos) , toux.
- ( Méd. ) On appelle ainsi tout remède qui calme la toux et faci4 lite l’expectoration.
- BEGTJM, s. f. ( mot indien ), titre d’honneur qu’on donne aux princesses dans l’indostan.
- BEIRAM ou BAIRAM, mot turcs qui signifie fête solennelle.
- (Culte mahom.) Les Musulmans n’ont qne deux beirams : le premier tombe au deuxième jour du dernier mois de l’année arabique , et s'appelle beiram buiuk, grand beiram. Le second finit le jeûne du mois ramadan, et se nomme beiram kutschuk, petit beiram. On appelle communément celui - ci la pâque des Turcs, et dans l’opinion du vulgaire, elle passe pour leur plus grande fête, et pour le grand beiram.
- BELANDRE, s. f. du hollaadai» bylander.
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- ï5i
- BEL
- ( Marine ) Sorte de bâtiment de commerce parmi les Anglais et les Hollandais. ]i ressemble au brigan-tin , excepté par sa grande voile , qui est aussi en forme de trapèze , mais qui , au lieu d’èire aurique c’est-à-dire , d’être attachée par un de ses côtés , le long du mât , s’en-vergue par le côté d’en haut ^ qui fest le plus long , sur toute l’étendue d une longue vergue , placée de biais sur le mât.
- On appelle bélandrs dans les ports de la Belgique , et autres du voisinage de Dunkerque , une grande barque à fond plat , servant à naviguer sur les canaux et les eaux intérieures. Ces bâtimens portent un seul mât et une seule voile en forme de trapèze.
- BELIER , s. m. du latin vellus, dont on a fait par corruption vel-larius , ou selon d’autres de ba-lare , bêler le cri naturel de cet animal.
- ( Hist. nat. ) Animal portant laine, et le mâle de la brebis.
- ( Art hiilit. ancien ) Une machine de guerre , faite d’une longue poutre dont l’extrémité étoit armée d’une tète de belier d’airain , et dont on se servoit à battre et renverser les murailles des places assiégées.
- ( Hydraul. ) On appelle belier hydraulique une machine de l’invention deM. Monîgoüier, qui sert à élever l’eau d’une rivière par le moyen de la vitesse du courant.
- ( Mécanique ) Le belier est une pièce de bois ou de fonte, qui sert à enfoncer les pieux et qui fait partie de la sonnette.
- ( Astron. ) Nom du premier des douze signes du zodiaque , ainsi que de la première partie de l’écliptique dans laquelle le soleil nous paroit entrer, le i.cr germinal (21 mars). Lorsqu’on dit que le soleil entre dans le belier, on ne doit pas entendre que le soleil se trouve vis-à-vis la constellation qui porte ce nom ; mais seulement qu’il se trouve vis-à-vis la portion de l’écliptique que cette constellation occupoit autrefois. Lorsque les anciens astronomes formèrent le zodiaque , ils le divisèrent en douze perdes égales de trente degrés cha-
- ËEL
- citae, et prirent, pour premier point de ce cercle, uue étoile qui est à l’oreille du belier ; alors cette constellation occupoit assez exactement la première des douze divisions du zodiaque, le taureau répondait à la seconde, et ainsi des autres. Mais ce point du ciel , où se fait l’équinoxe de notre priutems , et où étoit autrefois l’étoile dont on vient de parier , recule de 5o secondes , 20 tierces de degrés ; ce qui fait que tout le ciel paroit avancer d’autant. C’est ce mouvement qu’oti appelle, en astronomie , la précession des équinoxes. ( V. ce mot. ) Cet effet s’étant multiplié avec le te ms, aujourd’hui les constellations du zodiaque sont avancées d’environ 3o degrés ; de sorte que celle du belier se trouve presque toute entière à la place du taureau, celui-ci à la place desgé-meaux , etc. Mais malgré ce déplacement des figures , on a toujours conservé les mêmes noms aux douze premières divisions du zodiaque , et c’est ce que les astronomes appellent les douze signes.
- BÉLOMANTIE, s. f. du gr.
- ( belos ) , flèche , et de «avrûa, ( mantéia'), divination : divination qui se fait par les flèches.
- La bélomantie étoit eu usage chez les Orientaux, mais sur-tout chez les Arabes. On prenoit trois flèches : sur l’une l’on écrivoit , Dieu me Vordonne ; sur la seconde , Dieu me le défend; on n’écrivoit rien sur la troisième. Ensuite on les enfermoit dans un carquois , et on en droit une au hasard ; si c’étoit celle qui por-toit, Dieu me l’ordonne, on faisoit la chose pour laquelle ou consul toit le sort ; si c’étoit celle où il y avoit, Dieu me le défend , ou s’cn abste-noit ; et si c’étoit la troisième, on recommençoit.
- BELT, s. m. du latin balteus , dont les Anglo-Saxons, les Anglais, les Suédois et les Irlandais ont fait belt, ceinture. Quelques-uns font venir ce mot de belt, qui, dans la langue du pays de Frise , signifie irruption des eaux. -
- ( Géogr. ) On appelle ainsi deux détroits de la mer Baltique , dont l’un est entre l’île de Zélande et celle de Fioaie, et l’autre entre l’île d»
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- BEN
- Fionie et le Jutîand. De belt on a fait Baltique, pour désigner la mer formée par les eaux qui entrent par ces deux détroits.
- BELVÉDER, s. m. de l’italien Belvedère, qui est le nom d’un lieu au Vatican: à Rome, situé avantageusement pour la vue.
- ( Archit. ) Petit pavillon construit au haut d’un logis, et d’où Pou découvre une grande étendue de pays.
- ( Jardin.) C’est, en terme de jardinage , une éminence ou plateforme , d’où l’on jouit d’une belle vue. Elle est soutenue d’un glacis de gazon, ou revêtue d’un mur de terrasse , et ornée d’arbres taillés en berceau.
- BÉMOL , ou B MOL , s. m.
- ( Musique ) caractère de musique, qui fait abaisser d’un semi-ton mineur la note à laquelle il est joint. On l’appelle ainsi par opposition auBécarr, ou B Carre, ou B dur.
- Saint Grégoire s’étoit servi des sept premières lettres de l’alphabet, pour désigner les sept sons que lait
- voix , après lesquels elle revient aux mêmes sons à l’octave , soit en montant, soit en descendant. Gui l'Arétin a depuis donné, à ces mêmes sons, les noms des premières syllabes des sept hémistiches de la première strophe de l’hymne de saint Jean-Baptiste :
- Ut que an t Iaxis Besonare fibris Mira gestorum Famuli tuoruni,
- Solve polluti Labii reatum,
- Sancte Joannes.
- de telle sorte , que le nom de ces sept lettres a servi pour nommer les sept «ordes qui donnent ce son ; savoir,
- 1 une la corde A, l’autre la corde B , et ainsi de suite jusqu’au G inclusivement; et le nom de ces sept syllabes a servi à nommer les notes qui ^mettent dessus, et qui indiquent R son des cordes.
- BENZOATE, s. m. du lat. ben-zoeinurn , benjoin.
- BER i55
- ( Chimie ) Sel formé par l’union de l’acide benzoïque avec différentes bases. Sa terminaison eu atc indique qu’il appartient aux acides complètement saturés d’oxigène, et dont la terminaison est en ique.
- BENZOÏQUE , adj. même origine que BENZOATE.
- ( Chinue ) Acide bsnzo'ique ; c’est un acide que l’on retire du. benjoin, du storax, du baume du Pérou, de la vanille, de la caoelle, par la chaleur. Sa terminaison en ique indique le second état des acides , celui où ils sont complètement saturés d’oxigène.
- BERCEAU , s. m. de l’ancien mot français bersauder, tirer de i’arc, d’où l’on a donné le nom de berceau , en italien hersaglio , au blanc auquel tiroient les archers.
- ( Arckitect. ) Ou appelle ainsi une voûte en plein ceintre.
- (Jardin. ) Un berceau est un cabinet ou une espèce de gaierie faite de treillage et garnie de verdure.
- ( Gravure ) Le berceau est un outil qui appartient à la gravure, et principalement à celle qu’on nomme gravure en manière iiçtre. C’est lia outil d’acier armé de petites dents presque imperceptibles. Il sert principalement à préparer une planche de cuivre , de manière que , lorsque l’opération est faite , le cuivre sur la surface duquel on a promené en tout sens, et appuyé en berçant l’outil dont il s’agit, se trouve couvert de petits trous et d’imperceptibles aspérités ; la planche , préparée ainsi , produit sous la presse, à l’aide du noir d’impression qui s’y attache, une épreuve d’un noir velouté et d’une teinte parfaitement égale. Lorsque l’ouvrier est parvenu à cette préparation purement mécanique de la planche, l’artiste com-medee à opérer, en enlevant avec des lames d’acier bien coupantes, et en faisant disparoitre , à l’aide du brunissoir, les aspérités dans les endroits qu’il a dessein de rendre plus ou moins lisses, pour représenter l’effet du clair obscur par des nuances plus lumineuses, ou bien absolument blanches, ou enfin , lorsqu’il veut l'endre au cuivre son poli parfait pour imiter les lumières que représente le blanc du papier. Ces.
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- ï5S B E T.
- moyens, employés avec tme intelligence éciairée et avec adresse, obèrent une dégradation précieuse , surtout si l’artiste respecte l'exactitude de- formes de chaque objet.
- ( Marine ) Un berceau est un établissement de charpente qui prend tout le contour du fond d’un vaisseau qu'on a construit sur un chantier , et qui lui sert de support lorsqu'on le lance à la mer. Le berceau est destiné à glisser avec le vaisseau qu il ernpor eà la mer , en suivant le plan incliné de la cale.
- RERIL, s. m. du grec Æàpto.xct ( bérullos ),
- ( Hist. nat. ) Pierre précieuse de couleur d’tau de mer , et appelée pour cela aigue-marine , quoique ce ne soit qu’une topaze de couleur bleue.
- BERNE, s. f. ( de l’ital. derna ), dont nous avons chaugé le d en b.
- ( Marine ) Mettre le pavillon en berne ; c’est le p’ier dans sa longueur , de manière qu’il ne fasse qu'un faisceau. C’est uii s'gne de détresse à la mer ; et dans le port, c’est le plus souvent un signal pour faire revenir à bord les chaloupes et ceux de l’équipage qui sont à terre.
- BESICLES, s. m. du latin bicy-elus, par allusion aux deux verres de formes rondes dont est composé cet instrument; quelques-uns le dérivent de bis-oculi (deux yeux).
- (Optique) Sorte de lunettes attachées à un bandeau , ou fixées dans deux espèces de bras d’acier qui embrassent la tête.
- BETAIL , s. m. de beste ou bête, formé du latin bestia.
- ( Agricult. ) Terme collectif qui signifie des bêtes à quatre pieds, qui servent au labourage ou à la nourriture de l’homme.
- Un bétail nombreux est le principal objet de l’économie rurale moderne ; et la partie de l’agriculture regardée aujourd’hui comme la plus difficile, est celle qui consiste à améliorer une ferme par le moypn du bétail. Les moyens employés pour cela sont des combinaisons bien réfléchies entre la nature et le cours des récoltes, la nourriture et l’hivernage du bétail , et la sage distribution de l’engrais qu’il produit. BEITERATE, s. m. composé de
- BEU
- bette et de rave, betta ruhra an rubia : parce que cette racine a la forme du beta des Grecs , et parce qu’elle est rouge comme la rave.
- ( Econ. dom ) Cette racine ne trouve place ici que pou- fournir un® occasion de parler d’une nouvelle découverte faite d’abord par MargrafF, chim’sfe de Berlin, et confirmée par M. Achard , aussi chimiste de Ber-*-lin, celle de l’existence du sucre dans sa composition.
- Les divers procédés ind'qnés par Achard, ont été répétés à Paris et dans presque tontes les grandes villes de l’Europe ; et il en est résulté que la quantité de sucre que l’on extrait de cette racine est assez considérable pour mériter qu’on s’occupe de l’eX-traire en grand ; et que ce sucre, lorsqu’il a été purifié, a toutes les qualités du sucre de la canne.
- ( Agricult. ) La culture de la betterave est encore un objet important dans l’agriculture moderne ; comme tontes les autres racines , elle améliot e la terre, elle peut tenir lieu de jachère ; elle sert à la nourriture des cochons maigres , et produit unâ immense quantité d’engrais. Sa culture exige un sol bien meuble , léger et bien amendé , des labours de culture , des sarclages , etc.
- BEURRE , s. m. du grec (bouturon) , formé de é vç (bous), vache, et de tv-o? (fromage ). Les Français ont long-tems dit, et les Flamands disent encore boutre.
- ( Econ. dom. ) Crème épaissie a force d’être battue dans la baratte.
- On s’en sert dans nos cuisines. C’est un suc huileux animal, concret etoxigéné, qu’on retire du lait.
- ( Matière méd. ) Le beurre est la partie huileuse ou crémeuse du lait, séparée de la partie caseuse, et du petit-lait. Le meilleur est celui qu’on retire du lait de vache ; on n’en emploie presque point d’autres pour l’usage de lu médecine.
- (Chimie) Beurre s’appliquoit â plusieurs préparations chimiques, comme -.beurre d’antimoine,beurre
- d'arsenic, beurre d’étain, beurre de zinc ; on les appelle aujourd’hui : muriate d’antimoine sublimé, mu-riate d’arsenic, muriate de bis-
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- BEZ
- miith sublimé, muriate de zinc
- sublimé.
- Beurre de cacao ; c’est une huile concrète retirée , soit par expression, soit par décoctiou des amandes du cacaotier, i.e beurre du cacao est blanc , d’une saveur douce et aromatique ; c’est cette huile qui rend le chocolat onctueux.
- BEUVANTE, s. m. de boire.
- { Commerce ) C’est le nom d’un droit que se réserve un maître de barque ou de navire , lorsqu'il donne sou vaisseau à fret. Ce droit se règle soivaut le port et la grandeur du navire. Au lieu de ee droit de reserve , qui consiste eu une place pour quelques barriques , les marchands chargeurs de v iu donnent ordinairement aux maitres de navire une barrique ou une demi - barrique re'elle de vin , pour empêcher que les ens de l’équipage ne boivent le vin u chargement. Ce droit se stipule quelquefois en argent.
- BEY, s. m. du turc begh , qui se prononce bey.
- ( Ilist. turque ) Ce nom signifie proprement seigneur ; mais on Rapplique particulièrement à un sei-ueur de bannière , appelé sangiag-eghi : sangiàk signifie bannière. Cet officier est le c'hef d’un certain nombre de spahis ou cavaliers entretenus d’une province , et le commandant d’une ville ou d’une
- frovince. Toutes les provinces de empire turc sont divisées en plusieurs de ces sangiaks ou bannières; tous ceux qui eu sont pourvus sequalifient de beys ou de sangiaks-beys , et le gouverneur général auquel ils obéissent , en chaque province , porte le titre de beghiler oe-gld, par contraction bey 1er bey , qui signifie seigneur des seigneurs ou des beys de tonte la province.
- BEZOARD , s. f. du persan bed-zahar, qui signifie antidote.
- ( liist. nat. ) Pierre qui s’engendre dans le corps de certains ani-ïoaux des "deux Indes , et à la— quelle les médecins arabes ont attribué de grandes propriétés , et particulièrement celle de résister au Vtinn.
- , ( Chimie ) On a donné ce nom a plusieurs préparations qui ont les
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- propriétés qu’on attribue faussement au bézoard : tel est le bézeard minéral , ou 1 oxide d’antimoine , etc.
- RiBLE , s. f. du gr. b » . (bi-bliu ) , ou i ( biblos ) , li re r comme qui diroit livre par excellente.
- ( Relig. ) Le livre sacré des chrétiens , 1 écriture sainte.
- Ce livre par excellence a été traduit dans presque toutes les langues ; mais (a plus ancienne traduction est celle que Ptolémée Philadelphe, roi d’Egypte , lit faire par les Septante , deux cent vingt-sept ans avant i’ère chrétienne , et d’après laquelle toutes les anciennes versions , excepté la syriaque , furent composées.
- B<BL10GP APRE , s. m. mot grec composé dr jSiÊxcç ( biblos), livre, et de ( "caphô) , écrire: ce-
- lui qm décrit 1. s livres.
- ( Bibliographie ) On donne ce nom à celui qui fait son étude particulière de la connoissance des livres , de l’histoire littéraire , et de tout ce qui a rapport à l’art typographique. Les connoissances les plus essentielles au bibliographe, sont les langues, la critique, la chronologie , la diplomatique , Lhistoire et les procédés de l’imprimerie.
- BlBL10MA^TE, s. ni. mot grec composé de fl'&Kos ( biblos ) , livre, et de /AMU* ( mania ) : celui qni a la mairie , la fureur des livres.
- ( Bibliographie ) On donne ce nom à celui qui a la fureur d® posséder des livres, non pas tant pour s’instruire , que pour le plaisir de les avoir. Le bibliomane ne connoît ordinairement les livres qn® par leur titre , leur frontispice et leur date 5 il s’attache aux bonnes éditions , et les poursuit à quelque titre que ce soit ;da reliure sur-tout le séduit, soit par son ancienneté, soit par sa beauté. Il y a des bi-bliomanes qui acquièrent des livres dans tous les genres indistinctement ; d’autres qui s’attachent à une certaine classe de livres ; c’est ainsi que l’on a vu un fou qui avoit conçu mie passion extrême pour tous les livres d’astronomie , quoiqu’il ne sût pas un mot de cette science. 11 les acheîoit à tout prix , et les eufermoit dans une caisse,
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- pour ne plus leur laisser voirie ]our, Un prince allemand avoit formé le projet de réunir toutes les éditions de la bible ; il en avoit déjà 8,000 lorsque la mort vint le surprendre ; il ne lui en manquait plus que 2,000. Un Anglais a 535 belles éditions d’Horace ; il ne les touche point , il les laisse encore moins toucher; et lorsqu’il veut lire sou auteur chéri , ii va chez son voisin emprunter une édition commune.
- BIBLIOPHILE , s. m. mot grec composé de piSAoç ( biblos ) , livre , et de {phileo ), aimer: ce-
- lui qui aime les livres.
- (.Bibliographie) Ce nom se donne à l’amateur qui ne recherche les livres ni par état , ni par passion ; à celui qui, dirigé par le seul désir de s’instruire , aime et se procure les ouvrages qu’il croit les plus propres à composer une collection intéressante par ie nombre et par la variété des articles.
- BIBLIÜPOLE , s. m. mot grec composé de &i ao? ( biblos ), livre, et de irwAcw ( pôleô ), vendre: celui qui vend des livres.
- ( Bibliographie ) Celui qui fait le commerce des livres : Jibraire , colporteur.
- BIBLIQTAPHE , s. m. mot grec composé de/SiÊaoç ( biblos ), livre, et de ra.tj» ( taphos ), tombeau : en-terreur de livres.
- {Bibliographie') Les savans donnent ce nom à ceux qui ont des livres rares et curieux , qu’ils ne communiquent à personne ; ils les appellent bibliotaphes , parce qu’ils sont en effet comme le tombeau des liv res qu’ils possèdent.
- BIBLIOTHECAIRE, s. m. mot grec composé de ,3.tAoç ( biblos ) , livre , et de rtctut ( tithëmi ) , mettre en place : celui qui arrange des livres.
- ( Bibliogr. ) On appelle ainsi celui qui est chargé de la classification , du soin et de la conservation d’une bibliothèque. • Ce qu’on a dit du bibliographe , s’applique au bibliothécaire.' Après avoir acquis la connoissauce des livres , le bibHothécairt doit se faire une méthode facile et lumineuse pour leur
- Bï B
- classification. Il faut que cette méthode soit simple , claire , facile , et qu’au premier coup-d’œil elle ofïre/ùn résultat qui ne fatigue point l’esprit, et qui plaise à l’imagination, /
- BIBLIOTHÈQUE , s. f. nffit grec composé de Æ/oAcs (biblos), livre, et de â-uy.H ( thêké ) , dépôt, lieu où l’on serre quelque chose.
- Une bibliothèque est le lieu où l’on trouve une collection de livres classes et rangés dans uu ordre , et d’après un système bibliographique quelconque.
- L’histoire des bibliothèques pou-voit être intéressante dans un tems où elles étoient peu nombreuses ; mais aujourd’hui qu’il n’y a point de villes considérables , en Europe , qui n’ait une ou plusieurs bibliothèques , la seule chose qu’il importe de savoir , c’est que le public et les savans y trouvent uu accès plus Ou moins facile ; mais sous ce rapport, les bibliothèques sont aujourd’hui au même point où elles étoient , lorsque Vincent Fabricius écrivoit de Paris à Gro-novius , que rien n’égaioit la politesse obligeante avec laquelle les Français lui communiquoient leurs richesses littéraires, et où l’entrée des biblothèques de Rome ainsi que de toute l’Italie , de l’Allemagne, et d’Angleterre , étoit, sinon [impossible, du moins d’un accès très-difficile.
- On appelle encore bibliothèque , un recueil , une compilation d’ouvrages de la même nature , ou d’auteurs qui ont compilé tout ce qu’on a dû dire sur un même sujet. Telle est la bibliothèque de l’origine des dieux , «l’Apollodore d’Athènes y la bibliothèque historique de Dio-dore de Sicile ; la bibliothèque des pères , commencée par Marguarin de la Bigne , et une autre de Dupin. Enfin , on appelle bibliothèque , un livre qui parle indifféremment de toutes sortes d’auteurs et d’écrits sur différentes matières : Photius parmi les Grecs a laissé une bibliothèque où il a donné l’abrégé de plus de 3oo volumes de différens auteurs , et porté son jugement sur chacun.
- On a des [bibliothèques rabbi-nique , chimique , orientale , des
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- EIE
- bénédictins , des chanoines réguliers , des angustins , des prémentrés , des dominicains , des franciscains , des jésuites, etc.
- BIBLi GGUIANC1E , s. f. du gr. jêiÉÀî^ ( biblos ) , livre , et de vrîaïo-jç (ugiansis), guérison , restauration : restauration des livres.
- [Bibliogr.) Terme nouveau imaginé par MM. Yialard et Heudier , pour signifier Fart , inventé par eux, de restaurer les livres précieux qui ont été endommagés , soit par vétusté , soit par accident. Cet art consiste à blanchir le papier , à enlever toute espèce de taches , à réparer les ravages des vers , à rétablir , dans quelque langue que ce soit, tout ce qui a pu leur servir de pâture, soit lettres, soit vignettes, à rendre au papier la force qu’il a perdue , et même à lui donner celle qu’il n’a jamais eue.
- BICEPS, s. m. Mot latin composé de bis et de caput, deux têtes.
- (Anat.) Ce mot se dit, par comparaison , de deux muscles dont la partie supérieure est divisée en deux.
- BICONJUGUFÆ, adj. composé des deux mots latins bis et conju-gatum , qui a deux liaisons.
- ( Botan. ) Feuille dont le pétiole commun se divise en deux rameaux chargés chacun de deux folioles.
- BICORNU , adj. Composé des deux mots latin bis et cornu , deux cornes.
- [Botan.) Ce qui, dans une plante , est terminé par , ou garni de deux pointes semblables à des cornes. Les anthères de quelques bruyères , airelles . etc. sont bicornues.
- BICUSPIDÉE, adj. composé de bis et de cuspis , deux pointes.
- ( Botan. ) Feuille fendue au sommet , de manière à être terminée Par deux pointes divergentes et dressées. fl se dit aussi d’autres parties terminées ainsi.
- BIBENTE , adj. composé de bis et de dons , dent : deux dents.
- [ Botan. ) Calice dont le bord ou
- hmbe a deux dents.
- BIENNAL , adj. composé du lut.
- B I E i5g
- bis , et de annus, qui dure deux ans.
- BIENSÉANCE , s. f. composé de deux mots latins benè , bien, et sedere , asseoir. Convenance de ce qui se dit, de ce qui se fait, par rapport aux personnes , à l’àge, au sexe, au tems, au lieu, etc.
- ( Diction ) Dans l’imitation poétique , les convenances et ies bienséances ne sont pas précisément la même chose : les convenances sont relatives aux personnages ; les bienséances ^ont plus particulièrement relatives au spectateur ; les unes regardent les usages, les mœurs du tems , du lieu , Faction ; Jes autres regardent l’opinion et les mœurs du siècle où Faction est représentée.
- ( Peinture ) La conformité au costume est pour les peintres une lot de convenance ; ce qui sied bien x est l’idée primitive de ce qu’on entend dans ies arts par bienséance. Ce terme acquiert tous les jours une plus grande importance ; et dans la signification qu’il a aujourd’hui, il exprime un devoir, et les idées de ce devoir se joignent à celles delà pudeur , de la modestie , de la sagesse et de la raison.
- BIERE , s. f. de l’allemand ou du flamand bier, dont les Anglais ont fait beerles gens du pays de Galles bir, et les Italiens biera.
- ( Econ dont. } Espèce de boisson fort commune, qui se fait avec du blé ou de Forge et du houblon.
- ( ylnliq. ) Üsiris passe pour avoir inventé la bière. Bacchus , à l’exemple d’Osiris , apprit aux Grecs à composer, avec de l’eau et de Forge, une boisson qui, pour la force et la bonté, approchoit du vin. La bière étoit la boisson commune et ordinaire de la plus grande partie de l’Egypte. L’usage en étoit très-an -cienn'ment étabii dans la Grèce et dans une partie de l’Italie. Les anciens Espagnols, les Gaulois et les Germains la connoissoient aussi de tems immémorial.
- ( Chimie ) Toutes les iiqueursspi-ritueuses contiennent du gaz acide carbonique [Voy. ce mot ) ; mais la bière est une de celles qui en contiennent la plus grande quantité : s’est le dégagement de ce gaz qui
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- occasionne sa mousse, et c’est la viscosité de sa pi opte substance qui la fait subsister long-tems.
- BîFlDE, adj. du iat. bis , deux, et de ftdus, fourchu.
- ( Botan. ) Partie d’une plante divisée longitudinalement , ou environ jusqu’à moitié , en deux parties séparées , par un angle rentrant aigu ,
- . ou moins profondément ; ces parties étant trop étroites pour recevoir le nom de dents.
- BIFLGRE, adj. composé du lat. bis , deux , et dejlos , fleurs : deux fleurs.
- ( Botan. ) Plante qui porte deux fleurs , ou plusieurs , distinctement deux à deux.
- BIFURCATION , s. F. composé du lat. bis , deux, et de furca , fourche.
- ( Botan. ) C’est le lieu où une tige , une branche, une racine , etc. se divise en deux , et fait la fourche. On dit d’un stigmate qu’il est bifour-<jf uè.
- BIGAME, s. no. et adj. du grec fiiya/m ( bigamos) , dérivé de < u/nü ( gameo ), se marier. On a converti le D en B , pour en faire un nom moitié latin, moitié grec ; «h en grec , et bis en latin , signifient deux.
- ( Pratique ) Un bigame est un homme qui a deux femmes vivantes en même tems , ou une femme qui a deux maris.
- ( Droit canon ) Bigame se dit de celui qui a épousé deux femmes successivement, ou qui, ne s’étant marié qu’une fois , a épousé une veuve , ou une fille débauchée.
- BIGEMINÉES, adj. du latin bis , deux fois , et de gemini, jumeaux , doubles : deux fois double.
- {Botan.) Fleurs au nombre de quatre , deux à deux sur un pédoncule commun. Ce mot est quelquefois synonyme de biconjuguées.
- B1JUGCÉES , adj. du latin bis , deux , et de jugum , joug , par allusion aux chars des anciens, bigœ, attelés de deux chevaux.
- ( Botan. ) Petites fleurs en folioles, au nombre de quatre, en deux paires, sur un pétiole commun.
- B IL
- BILAN , s. m. du lat. bilanx , balance.
- ( Commerce ) Livre où les marchands négocians et banquiers écrivent leurs dettes actives et passives.
- Un négociant en faillite doit présenter à ses créanciers un bilan qui contienne le véritable état de ses affaires , et en déposer un autre au greffe du tribunal de commerce.
- On appelle à Lyon bilan le petit livre sur lequel les négocians font la note de tout ce qu’ils doivent et de tout ce qui leur est dû, pour en faire ou recevoir le paiement à la prochaine foire. Lorsqu’un négociant ou quelqu’un pour lui , ne se trouve pas sur la place avec son bilan, il est dès-lors réputé en faillite.
- BILE , s. f. du lat. bilis, que quelques-uns font venir du grec {bia), violence, parce que les bilieux sont sujets à la colère.
- {Physiol.) La bile est une liqueur jaune, amère, séparée du sang dans le foie , et portée par les pores ou conduits biliaires , dans le foie çt dans la vésicule dn fiel , et ensuite déchargée par le conduit commun ou canal cholidoque dans le duodénum.
- L’usage de la bile est de diviser le chyle , de le rendre plus fluide et plus doux , et d’exciter un certain mouvement dans les intestins.
- BILL, s. f. terme anglais, que Johnson fait venir dn français billet, V. ce mot,
- (Hist. d’Angl.') Ce mot que l’on rencontre fréquemment dans l’histoire d’Angleterre, a un grand nombre d’acceptions ; il signifie un écrit quelconque ;
- Une note sur un morceau de papier ;
- Un mémoire de fournitures, marchandises , frais , dépenses , etc.,
- Un projet de loi présenté au parlement , et la loi elle-même ;
- Une ordonnance de médecine ;
- Un avis imprimé on à la main ;
- Un état des morts et des naissances ;
- La carte d’un restaurateur ;
- Une lettre de change ;
- Un connaissement (commerce) J
- Une plainte en justice j
- Les défenses des parties j
- Un
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- Un billet , une promesse sous
- seing-privé.
- BILLARD , s. m, sorte de jeu ou l’on joue avee des boules d’ivoire , que l’on pousse avec différens instru-inens sur une grande table couverte d’un tapis , et terminée par quatre bandes. Le mot et la chose pourvoient bien venir d’Angleterre, où ce? jeu est très-ancien , et appelé bil-liard, corruption de balyards, qui signifie la queue oul’instrument avee lequel on pousse une bille sur une table.
- BILLET, s. m. du lat. barbare , billetus , diminutif de billus, ou de l’allemand bille, dont les Anglais ont fait bill , petite lettre missive , certains écrits imprimés , ou à la main.
- (Pratique) Un billet est en général , la reconnoissance d’une dette , avec promesse de la payer.
- ( Commerce ) Un billet est, en termes de commerce , une obligation par écrit de payer à celui à qui on l’a faite , une somme fixe dans un tems déterminé.
- Il y a plusieurs sortes de billets dont les marchands , banquiers et négocians, se servent dans leur commerce : les uns sont causés pour valeur reçue en lettres de change ; les autres portent promesse d’en fournir ; d’autres sont souscrits pour argent prêté , et d’autres pour marchandises vendues ; mais de ces sortes de billets , il n’y en a que deux qui soient réputés billets de change ; les autres ne sont regardés que somme simples promesses , qui cependant peuvent être négociées , pourvu qu’elles soient à ordre ou au porteur.
- Les billets de change sont ceux qui sont causés pour valeur reçue , non pas en argent, mais en une lettre de change, fournie dans le même tems , ou qui est à fournir. Ces billets sont sujets aux mêmes diligences
- ont le même privilège que les lettres de change.
- Les billets à ordre , sont des bil-lets payables à la personne dénom-’tnée ou à son ordre. Ces billets emportent contrainte par corps , lorsqu ils sont souscrits par un marchand, Négociant ou banquier, quoique faits au profit de quelqu’un qui n’est pas
- Tom, I
- B IL 16i
- de cet état. Ils diffèrent des billets valeur reçue comptant, en ce que ceux-ci n’emportent contrainte par corps que lorsqu’ils sont faits de marchand à marchand, pour raison de marchandises ou de commerce qu’il entreprend.
- Le billet au porteur, ou pour valeur reçue , est un billet portant promesse de payer la somme y contenue , pour valeur reçue d’un tel en tels effets. Il faut spécifier si c’est-valeur en argent , marchandises ou autres effets ; il est encore nécessaire de déclarer que la valeur a été reçue.
- Le billet négocié est celui qui à passé en main-tierce , au moyen de l’ordre mis au dos. Tout billet payable au porteur est censé billet négocié. Le porteur d’un pareil biL let est tenu de faire ses diligences contre le débiteur, dans les dix jours, si ee billet est pour valeur reçue en deniers ou en lettres de change qui auront été fournies , ou qui te devront être ; dans trois mois , s”il est pour marchandises ou autres effets et les délais doivent être comptés du. lendemain de l’échéance.
- BILLON J s. m. du lat. barbare bulla , dont on a fait bullo , byl— lone, et billon.
- ( Mortnoies ) Anciennement, les espèces décriées,- soit pour le poids, soit pour l’alliage , étoient envoyées à la monnoie pouf être fondues eu masse ; et l’on faisoit de cet amalgame une monnoie que l’on appel oit billon. De-là est venu l’usage de nommer billon , toute matière d’or et d’argent décriée , ou qui est à pins' bas titre que celui de la loi. Ou nomme aujourd’hui billon dJar~ gent, celui qui est au litre de dix deniers de fin et au dessous.. On appelle haut ou bon billon , celui qui est de dix deniers jusqu’à cinq : et bas billon , celui qui n’est que de cinq deniers et au dessous.
- Mettre une monnoie au billon, c’est déclarer qu’elle n’a plus cours , et qu’elle doit être refondue pour avoir une ju«te valeur.
- (Teinturier) On appelle billon de poudre de garance, une terre rougeâtre, mêlée avec un peu de poudre de garance , ou avec des grappes qui ont déjà servi une fois,
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- te,2 b i n
- ee qui occasionne un dommage d’autant plus considérable que la terre ronge la laine des étoffes, si elle s’y attache.
- BILOBÉ, adj., en lat. bilobeus, composé de bis , et de lobus lobe : à deux lobes.
- (Botan.) Ce mot diffère de bifide, en ce qu’au lieu d’un angle aigu séparant les deux divisions , c’est un sinus obtus , ou plus ou moins arrondi à son fond.
- BIMANE , adj. du latin bis, deux, et de rnanus , main : à deux mains.
- (Hist. nat.) Ce terme se trouve dans la méthode de M. Cuvier, pour désigner la première famille de l’ordre des mammifères jissipèdes. Ce naturaliste les distingue des quadrumanes , parce que les bimanes ont les pouces séparés aux extrémités supérieures seulement, tandis que les auadrumanes les ont séparés aux quatre extrémités. Cet ordre ne contient que l’homme et ses variétés.
- BINAIRE, adj. du lat. bini, deux ensemble.
- (Arithm.) L’arithmétique binaire est une nouvelle sorte d’arithmétique que Leibnitz fondoit sur la progression la plus courte et la plus simple : c’est celle qui se termine à deux chiffres. & arithmétique binaire n’est composée que de deux caractères ,1 et o 5 le zéro a la puissance de multiplier tout par deux, comme dans l’arithmétique ordinaire, il mutiplie tout par dix. Cette arithmétique seroit peu commode , en ce qu’il faudroit trop de caractères pour exprimer d’assez petits nombres.
- BINER, v. a. du latin bino, doubler.
- (Agric.) C’est donner aux terres un second labour.
- Les jardiniers ne manquent jamais de donner un binage aux laitues , aux chicorées.
- BINOCLE, s. m. du lat. bis, deux, et d’oculus, œil : à deux yeux.
- (Dioptrique) Binocle, ou télescope binoculaire c’est celui par lequel on peut voir les objets avec les deux yeux en même tems : ou a cru que cette espèce de téiescone repré— sentoit les objets plus clairs et plus grands que le télescope monoculaire,
- Bî Q
- mais on a reconnu qu’ils étoi ent plus embarrassans qu’utiles ; aussi les meilleurs auteurs qui ont traité de la dioptrique n’en ont fait aucune mention.
- BINOME , s. m., composé du lat. bis, deux, et de nomen, nom : deux noms.
- {Algèbre) Quantité supposée de deux parties , ou deux termes liés par les signes X °u — ; ainsi a X c et 5 = 3 sont des quantités binômes.
- BIOGRAPHIE, s. f. du grec { bios ), vie, et {graphô )}
- écrire.
- {Littérat.) Genre d’ouvrage qui a pour objet d’écrire l’histoire des vies des particuliers.
- BIPARTI, adj. du lat. bipartitus, composé de bis, deux, et de parti-tus, divisé.
- (Botan.) Biparti diffère de bifide, en ce que la division ou scissure excède manifestement le milieu delà longueur, ou s’avance plus ou moins près de la base.
- BIPARTI-LOBÉ, adj., biparti-lobatus, composé de bis, deux , de partitus, divisé, et de lobus, lobe.
- ( Botan. ) Il se dit , lorsque la scissure est obtuse. Voy. BIPARTI. BIPART1BLE, adj. V.BIPARTI.
- {Botan.) Susceptible de division, ou partition spontanée en deux parties. L’ovaire des apocyns est bipar-tible : les valves des capsules sont souvent bipartibles.
- BIPÈDE, adj. du lat. bis, deux, et àefies, pedis, pied : à deux pieds.
- (Hist. nat.) 11 se dit des animaux à deux pieds , qui marchent à deux pieds.
- On l’emploie substantivement, et l’on dit un bipède-, c’est un bipède.
- BIQUADRATIQUE, adj. du lat. bis. deux, et de quadratus, quarré.
- {Algèbre) On donne ce nom à la puissance qui est au dessus du cube, c’est-à-dire , au quarré-quarré, ou a la quatrième puissance. Voy. ce* mots.
- RIQUINTILE, adj. du latin.bis , deux , et de quintilis , cinquième.
- {Astron.) C’est un aspect ae deux planètes , quand elles sont à i44 degrés de distance l’une de l’autre. On appelle cet aspect biquintile , parce
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- que les planètes sont alors éloignées l’une de vautre de deux fois la cinquième partie de 36o degrés, c’est-à-dire , de deux fois 72 degrés , ou i4i degrés.
- BIB-ÈME ,s. m. du lat. bis, deux, et de remas, rame.
- ( Marine ) Sorte de bâtiment à rame des aucieus , ainsi appelé par la disposition ou la proportion de ses rames, soit qu’il eût deux rangs de rames l’un sur l’autre, soit que ces rames fussent placées dans un ordre quelconque.
- BISANiNUEL, ELLE , adj. du latin bis , deux, et de annus , année.
- (Botan.) Il se dit des plantes qui périssent après avoir subsisté pendant deux ans environ. Quelques-unes de ces plantes poussent ieurs feuii’e,-. avant i’hiver, ne montent en graine que l’année suivante, et 11e meurent qu’après s’être ressemées. Telle est l’angelique des jardins, BISCUIT, s. m. du latin biscoc-tus, cuit deux fois, d’où les Italiens ont fait biscotto.
- (Marine) Le biscuit de mer est un pain extrêmement desséché , au moyen de quatre cuissons qu’on lui donne pour ies voyages de long cours, et de deux pour les petits voyages. Il est fait de farine de frottent épurée de sou , et dont il faut quels pâte soit bien levée. Les Grecs qui faisoient un grand usage de ce pain pour leur marine, l’appeloient efr.i |'i7rvçtr (arton dipuron), pain <jui a été remis dans le feu.
- (Technol. ) On appelle biscuit un ouvrage de porcelaine qui reçoit deux cuissons, et qu’on laisse dans son tlaoc mat, sans peinture ni couverte.
- Les potiers de terre et les fayeu-ciers donnent aussi le nom de biscuit a la pâte dont iis font leurs vaisseaux. avant que la couverte y soitap-pliquée. —Les ouvners eu bâtimens aPptiient biscuit des cailloux qui se Souvent dans les pierres de chaux, et qui restent dans le bassin après que la eh aux-est détrempée. — Les teinturiers donnent le même nom à aae Unisse teinture noire défendue Par les anciens réglemens.—Les tui-ieis appellent biscuitnae terre trop cuit.. — On appelle biscuit de cire "ae sorte de lampion de forme ç&r-
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- rée, qui sert pour les iîium^âtions.
- BISE , s. f., mot adopté l’ancienne langue ludesque , et”qui signifie tourbillon,
- {Physique) On donn^^Bor^. au vent du nord - est, offlHprerflent très-froid , parce que , venant des régions septentrionales , il nous apporte un air qui a été peu échauffé par les rayons du soleil, qui , pendant un certain tems de l’année, ne tombent point sur cette partie de la terre, et dans les autres tems, n’y* tombent que fort obliquement.
- B1SEXE, adj. du latin bis deux, et de sexus sexe: des deux sexes.
- (Botan.) Qui a les deux sexes , fleur bisexe. Ce terme est synonyme d ’h ermap hrodite.
- BISMUTH, s. m. de l’allemand wismuth.
- ( Minéral. ) Métal d’une couleur de blanc jaunâtre, dont la contexture intérieure paraît composée de cubes lamelleux. L'ans son état.naut, ii donne plus de dureté à l’étain et aux autres métaux- auxquels cnl’al ; lie. Le bismuth précipité de l’acide nitrique par une grande quantité d’eau, est ce beau blanc appelé blanc de fard-, ou, suivant la nouvelle nomenclature , oxide de bismuth blanc par Vacide nitreux. Il y a des femmes qui s’en enduisent le visage , et même la gorge. Cette pratique est dangereuse, outre que la peau ne tarde pas à devenir un peu plus noire qu’elle n’étoit avant l’usage de ce fard. Les perruquiers noircissent les cheveux avec une pommade dans laquelle entre ce blanc de fard, appelé magistère de bismuth.
- BISQUE, s. f. de biscaye.
- (Jeu de Paume) On disoit autrefois biscaye , pour bisque; ce qui donne lieu de croire que ce mot ou peut-être l’usage de la chose vient de la Biscaye. Quoi qu’il en soit, ou entend par bisque l’avantage qu’un des joueurs dorme à l’autre à la paume , et qui vaut quinze, mais que celui qui le reçoit place à Sou choix dans la partie. De-là , donner une bisque ; prendre sa bisque; il a mal pris sa bisque.
- BISSECT10N , s. f. du latin bis , deux , et de stcare , diviser.
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- ( Gêorn. ) C’est la division d’une ^«tendue quelconque, comme mi angle , une ligne , etc., en deux parties égales ; Jjést ce qu’on nomme autrement Vmartition.
- BISSEXÉE , adj. du latin bis, deux, et de sex, six : deux fois six.
- ( Astron. ) Nom que l’on donne au jour ajouté , tous ies quatre ans , à l’année , composée ordinairement de 365 jours, et qui s’appelle alors année bissextile. Ce jour ajouté , et qui est composé de quatre fois six heures que la terre emploie de plus que quatre fois 365 jours , à parcourir quatre fois son orbite , a été placé immédiatement avant le a4 février ( 6 ventôse) , qui, suivant la manière de compter des Romains , étoit le sixième avant les calendes de mars ; c’est pour cela que ce jour a été nommé bissexte ou intercalaire.
- On a fait bissextile de bissexte, pour désigner l’année composée de 566 jours , et qui arrive de quatre ans en quatre ans.
- BISTOURI , s. m. pistoriensis gladius ; de la ville de Pistoie , renommée autrefois pour ses ouvrages en fer.
- ( Chirurg. ) Instrument de chirurgie. Il y en a de plusieurs espèces , et ils servent tous à faire des incisions.
- BIT ER NÉE , adj. du latin bis , deux, et de ter , trois.
- ( Botan. ) Feuille dont le pétiole commun se partage au sommet en trois rameaux , portant chacun trois folioles.
- BITTE, s. f. de l’italien bitta.
- ( Marine ) Les bittes sont un assemblage de charpente , qui sert à arrêter des cables et de gros cordages ; bitter le cable , c’est lui faire faire un ou plusieurs tours sur les bittes. Voy. DÊB1TTER LE CABLE.
- BITUME , s. m. du grec wn-ra (pitta ), poix, ou de7r.TUÇ (pitus), pin , d’où on tiroit le goudron, auquel le bitume ressemble.
- (Miner. ) Matière liquide, e'paisse, noire et inflammable. Le bitume fluide se nomme pétrole , c’est-à-Rire, huile de pierre , parce qu’il ü*t limpide et découlé des rochers.
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- Le bitume solide ou asphalte est le bitume liquide, qui, après avoir passé à l’état glutineux , est devenu tout-à-fait concret. Le bitume se trouve à la surface des produits volcaniques ; le bitume solide flotte eu quantité sur le golphe Asphaltique , qui en a reçu son nom, et qu’on appelle aussi Mer-Morte, parce que l’odeur insupportable du bitume fait périr les oiseaux qui volent au-dessus. Le bitume liquide sert en Perse et au Japon pour l'entretien des lampes , on le mêle aussi au vernis pour le rendre luisant. Le bitume glutineux sert pour espalmer les vaisseaux , et aux mêmes usages que le goudron. Il entroit autrefois dans la composition du ciment} les Egyptiens s’en servoient dans la préparation de l’embaumement ; dans quelques pays on en imbibe des mottes de terre pour le chauffage.
- BIVALVE, adj. et s. dulat.ûis, deux fois, et de valva, cosse, gousse , coquille.
- (Conchyliologie) On nomme ainsi les coquillages dont les coquilles sont composées de deux pièces jointes ensemble par un ligament et une charnière.
- BIVOUAC ou BIVAC , s. m. de l’allemand Biwaeht, composé de bey , auprès, et de wacht, guet de nuit.
- (Art milit.) Garde extraordinaire qu’au fait la nuit pour la sûreté d’un camp. II se dit aussi d’un ou plusieurs corps, quelquefois de l’arme'e entière , que des circonstances particulières empêchent de camper , ou de se mettre autrement à couvert, et qui sont obligés de passer une ou plusieurs nuits au bivouac, c’est-à-dire, en plein air.
- BLAFARD, adj. de l’allemand bleich-farb , qui signifie pâle couleur.
- Ce mot ne se dit guère que d’une couleur terne on d’une lumière foi-ble.
- ( Méd. ) Chairs blafardes ; ce sont des chairs qui n’ont point leur couleur naturelle , qui tirent suri» blanc.
- BLAMER , v. a. contraction ou corruption de blasphemare qui * été employé dans le même sens paï
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- on grand nombre d’écrivains du moyen âge. Blasphémer est dérivé du grec {ihairyHuia. ( blasphêmia ) , composé de Qka.7CTtie [blaptô), nuire, blesser , et de ( phênzi), dire : dire du mal, reprendre, condamner.
- ( Pratique ) Réprimande que les juges faisoient à un accusé convaincu de crime. L’accusé condamné au blâme étoit mandé dans la chambre du conseil où il se mettoit à genoux ; alors, le président lui disait : La cour vous blâme (Vavoir commis tel crime ou tel excès.
- (Féodalité) Le blâme étoit encore un désaveu ou une improbation que le seigneur faisoit de l’aveu et du dénombrement qui lui avoit été fait par son vassal.
- BLANC, adj. de l’allem. blarik, qui a la même signification ; ou du latin albicus, dont les Italiens ont fait bianco , et les Espagnols blanco.
- ( Physique ) C’est ainsi que l’on nomme un corps donf la surface réfléchit les rayons de lumière , sans les décomposer. Un tel corps paroît blanc , ou sans aucune des couleurs primitives , parce que la réunion parfaite et un mélange proportionné de toutes ces couleurs , les font entièrement disparoître. Toutes les surfaces blanches éparpillent donc la lumière , et la réfléchissent sans la décomposer. C’est pourquoi les corps blancs sont les plus propres à nous garantir des ardeurs du soleil, et à diminuer les impressions vives que ses rayons pourroient faire sur nous, lorsque nous y som-JUes exposés.
- ( Botan. Jardin. ) Le blanc , en termes de botanique et de jardinage, est une maladie qui attaque les piantes. C’est une espèce de lèpre qui se communique aux feuilles , aux rameaux , et même aux fruits, et qui les rend tout blancs on les voit couverts d’une matière cotonneuse qui s’oppose à leur transpiration. Le pêcher est l’arbre à qui le blanc est le plus funeste ; les melons et les concombres sont les plantes potagères qui en sont le pins incommodées.
- On appelle encore blanc de champignon des petits plans enracinés , que les maraîchers trouvent tout
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- formés sur du fumier ou sur d'an*-ciennes couches, et qu’ils sèment sudl de nouvelles couches préparées%jËBÉ cet effet.
- ( Ychtyologie ) Blanc de baleine ; c’est une matière grasse et onctueuse qui se retire de deux cavités du crâne du cachalot.
- ( Chimie ) Blanc de plomb , ou, suivant la nouvelle nomenclature , oxide de plomb blanc par l'acide acéteux ; c’est du plomb à demi-réduit en chaux par le moyen du vinaigre.
- Le blanc de cémse n’est qu’au blanc de plomb broyé avec la terre appelée céruse.
- ( Peinture ) Le blanc , relatif vement au mécanisme de la peinture , est une substance tirée du règne minéral, et jusqu’à présent une préparation de la chaux de plomb ; mais on dit quelquefois d’un tableau qu’il est noir , ou que son coloris est trop blanc. On dit qu’un artiste donne dans la farine, qu’un autre donne dans Vencre. La lumière et l’ombre ne peuvent pas être représentées par des couleurs, parce que ni l’une ni l’autre n’est effectivement une couleur ; on a été induit à .regarder le blanc matériel comme la couleur la plus significative de la lumière ; etle noir, comme la couleur la plus significative de la privation de la lumière. Mais l’art, en admettant ces moyens et ces approximations , prescrit au peintre d’éviter, avec le plus grand soin de faire dominer trop le blanc dans ses lumières , et le noir dans ses ombres , et surtout de n’employer , s’il est possible , ni l’une ni l’autre de ces couleurs, pures, dans son tableau. Le désir de parvenir à un coloris brillant, égare la plupart, des peintres ; et lorsqu’ils ont cm prodiguer ieur prétendue lumière , c'est-à-dire , le blanc de leur palette , c’est alors qu’ils tombent , comme on dit, dans la farine. De. même , lorsqu’ils prodiguent le noir comme un équivalent de la privation de la lumière , alors ils peignent noir , au lieu de peindre vigoureux , et les ombres et les touches deviennent de la couleur de Vencre.
- ( Poësie ) Vers blancs ; dans la poésie jnaoderoe, on appelle vers
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- blancs des vers non rimes. PIu-r sieurs poëtes anglais et allemands 'T se sont affranchis de la rime ; mais lés Allemands ont prétendu y suppléer en composant les vers métriques à la manière des Latins. Les Anglais se sont contentés de leur vers riiytmlque , qui est le même que celui des italiens.
- Le vers blanc peut être aussi harmonieux que le vers rimé , à la con-sonnance près. Mais la difficulté vaincue , et le plaisir qu’elle nous cause , et qui se renouvelle à chaque instant,n.’e.r V plus dans les vers blancs.
- 11 faut ajouter que, dans toutes les langues , les vers les plus difficiles à bien faire , ont été les mieux faits. De tous les vers métriques , l’hexamètre est celui qui admet le moins de licences ; et c’est en hexamètres que sont écrits les pins beaux poë nas anciens. Notre vers de douze syllabes est le plus difficile des vers rhytmiques ; et c’est eu vers de douze syllabes que nos plus beaux poèmes sont écrits. Les vers de Racine ne se ressentent pas plus de la gêne imposée par la rime , que ceux de Virgile ue se ressentent de la néces? site de finir par un dactyle et un spondée.
- ( Physiologie ) Blanc de Vœil ; c’est la première tunique ou enveloppe de l’œil.
- ( Musique ) Blanche ; c’est le nom d’une note qui vaut deux noires ou la moitié d’une ronde.
- ( Art milit. } Armes blanches ; c’étoiént jadis les armes d’un jeune chevalier, dont J’écu n’éîoit chargé d’aucune armoirie. On appelle aujourd’hui armes blanches celles qui ne sont pas des armes à feu ; comme les épées, les sabres , etc.
- ( Commerce ) Carte blanche; flonaer carte blanche à quelqu’un , c’est offrir de faire quelque chose à telle condition qu’il lui plaira.
- ( Phys. ) Magie blanche ; c’est un art innocent de faire des choses extraordinaires, parla connoissance des secrets de la nature , que le peuple croit ne se pouvoir faire que par le pouvoir des démons.
- f Pratique ) Blanc signé, ou blanc seing; c’est un papiar que
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- l’on donne à quelqu’un pour le rem-pîir à voionté.
- BLANCHIMENT, s. m. de blanc. V. ce mot.
- ( Technologie ) L’action de blanchir, et l’effet qui en résulte.
- C’est au système pneumatique que l’on est redevable de la théorie du blanchiment; et Berthollet est le premier qui ait appliqué l’acide muriatique oxigéné à l’usage des blanchisseries.
- M. Higgins , chimiste irlandais , s’est appliqué à rendre le procédé de Berthollet plus économique , en remplaçant la votasse , que l’on fait venir à grand frais du Bord de l’Europe et de l’Amérique-, avec ]e, sulfure calcaire, pour la condensation de Vacide muriatique oxigéné.
- Après Berthollet, Chaptal, à qui les arts chimiques ont tant d’obligations , a publié un procédé pour le blanchiment, aussi simple qu’économique , et qui n’exige pas comme celui de Berthollet des connoissances chimiques aussi étendues de la part des manufacturiers.
- Ce procédé , qui vient du Levant, et qu’on a connu dans le midi de la France sous le nom de blanchiment à la fumée , consiste à imprégner les toiles de coton , ou autres, d’une légère dissolution de soude rendue caustique par la chaux, et à les exposer ensuite dans une chaudière montée sur un fourneau ordinaire , à la vapeur ordinaire de la liqueur excédente qui a coulé à travers les barreaux d’une grille sur laquelle elles sont amoncelées.
- Ce procédé très-simple a encore été perfectionné par M. Widmer, qui dirige la manufacture de Jouy , en plaçant dans l’intérieur de l’appareil deux moulinets ou dévidoirs sur lesquels se déroulent les pièces de toile.
- Enfin , l’économie du tems et des capitaux que l’on obtient au moyen du blanchiment avec la vapeur, est telle, que M. Bawen , propriétaire de l’établissement de filature et d’étoffes de coton , situé aux Bons-Hommes , près Passy , peut blanchir deux ou trois mille aunes d« coton par jour.
- Ce procédé , aussi simple qu’éco-riomique, fut d’abord adopté par 1**
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- Anglais, qui y ajoutèreàk quelques de"i'és de perfection. Le fabricant français s’en est emparé à son tour ; mais le défaut d’une méthode sûre et invariable , l’a obligé d’avoir recours à des tâtonnemens dont le succès n’a pu être ni égal ni constant. C’est pour éviter ces tâtonnemens , que M. Chaptal a invité M. Bardel à construire un appareil qui paroît avoir atteint le but qu’on se pro-posoit.
- Cet appareil consiste en une chaudière en cuivre montée sur un fourneau , et communiquant à une caisse de bois de sapin , par un tube creux qui se termine vers la partie supérieure de la caisse par une espèce de pomme d’arrosoir. Dans la caisse de bois, hermétiquement fermée, on place les pièces d’étoffes qu’on veut blanchir, et dans la chaudière , la lessive de soude ; on donne ensuite un degré de feu assez fort pour porter la liqueur â l’ébullition j-celle-ci montant dans le tube, est versée sur l’étoffe par les trous de la tête d’arrosoir, file à travers la couche d’étoffes, et va se rendre dans la chaudière , à l’aide d’un second tube de communication ; de sorte qu’il y a une circulation non interrompue de la lessive de la chaudière à la caisse, et de la caisse à la chaudière.
- BLANQUE , s. f. de l’italien bianca.
- ( Jeu } Espèce de jeu en forme de loterie , où ceux qui tombent sur certains chiffres ou sur certaines figures , gagnent quelque nippe ou quelque bijou. La blanque nous vient d’Italie. Les Italiens l’ont appelée bianca, en sous-entendant carta, a cause des billets blancs qui y sont en plus grand nombre que les billets noirs.
- BLASON, s. m. de l’allemand blasen , qui signifie sonner du corps, proclamer, louer à outrance, parce que c’étoit la coutume de ceux qui se présentoient, pour entrer en lice dans les tournois , de notifier ainsi leur arrivée ; ensuite les béraults son-noient de la trompette et blason-Notent, c’est-à-dire, proclamoient " haute voix les armes de ces cheva-hers, et se répandoient en éloges au 8tJjn des exploits de ces braves.
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- Il y a cette différence entre les armoiries et le blason, que les premières sont les devises ou les figures dont est chargé l’écusson , et que le blason est la description que l’on en fait verbalement. De-là le mot bla-sonner, dont les anciens poètes français ont fait usage pour faire l’éloge ou la censure de quelqu’un ; car comme i’elogium des Latins , il se prenoit en bonne ou en mauvaise part.
- BLASPHEME , s. m. du gr. çn/d* (blasphémia), formé de il-çii.csu ( hlasphêmeô ) , tenir de* discours impies , proférer un blas~ phème.
- BLEPHAROPTOSIS , s. m. mot grec , composé de (blepha-
- ron) , paupière , et de (pM-
- xts), chute : chute de la paupière.
- ( Méd. ) Terme nouveau qui exprime une maladie de l’œil , dans laquelle on ne peut relever la paupière , ni par conséquent ouvrir l’œil à volonté.
- BLÉ ou BLED, s. m. du latin barb. bladus ou bladum, qui pourvoit venir du Saxon blied, dont le» Flamands ont fait blad, les Allemands blatt, etc.
- (Agric.) Nom collectif et générique , donné soit aux plantes qui produisent les grains dont on fait du pain , soit aux grains mêmes, ou semences de ces plantes , après qu’ils ont été séparés de l’épi.
- Blé noir -, dénomination vulgaire du sarrasin ; l’on appelle blé noir de Tartarie, le sarrasin de Tartarie , variété de sarrasin beaucoup plus productive que le sarrasin ordinaire. V. SARRASIN.
- Blé de Turquie , ou blé d'Inde , ou blé de Rome ; noms vulgaires donnés au mais. V. ce mot.
- BLENDE , s. f. mot allemand.
- (Minéral) Sulfure de zinc natif. Quelques rapports extérieurs avec la galène , avoient fait donner à cette mine le nom de pseudo galène ou fausse galène ; mais elle est aujourd’hui plus connue sous le nom de blende.
- BLEU , adj. de l’allemand blaw,. dont les Anglais ont fait blue.
- (Physique) Le bleu est une de», sept couleurs primitives dont la lîfc-
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- mière est composée ; c’est la cinquième en commençant à compter par la plus forte , ou , ce qui est la même chose , par la moins réfrangible ; de sorte que le rouge, l’orangé , le jaune et le verd , sont moins réfrangibles, et en même-tems moins réflexibles que le bleu, l’indigo et le violet. C’est pour cette raison que le ciel nous paroit bleu.
- (Peinture) La couleur bleue dont on se sert dans la peinture à l’huile est le bleu de Prusse ou d’outremer. Le bleu de Prusse plus en «sage , parcequ’il est moins cher , demande des précautions dans le choix et meme dans la manière de l’employer , sans quoi il est sujet à changer de teint , à verdir ou à noircir. L’outre-mer moins exposé à ces inconvéniens, est tiré de la pierre qu’on nomme lapis azuli. Ce bleu s’altère peu ; mais par cette ràison aussi, son effet se trouve quelquefois peud’accoid avec les autres couleurs qui deviennent à la longue ou plus vigoureuses , ou moins qu’elles ne l’étoient lorsqu’on les a employées ; ce qui est très-sensible dans des tableaux anciens dont le coloris a généralement poussé , et dans lesquels l’outre-mer seul a gardé ses nuances.
- ( Technol.) Bleu anglais ; nom donné dans le commerce à.un indigo dissous dans, de l’acide sulfurique , concentré et précipité par la potasse.
- Bleu de mereurialisc’est une teinture bleue obtenue par la simple infusion de la racine de la mercu-rialis perennis de Linné.
- Bleu de montagne ,* c’est une combinaison naturelle de l’acide carbonique avec le cuivre.
- Bleu de Prusse ; c’est le résultat de l’union du fer avec de l’acide prussique. V. PRUSSIQUE, PRUS-SIATE DE FER.
- BLINDES , s. f. de l’hollandais blind , qui a la même signification.
- (Art milit.) Pièces de bois, arbres entrelacés , pour soutenir les fascines d’une tranchée , et mettre les travailleurs à couvert.
- (Marine) Blinder un vaisseau ; c’est le garnir de tronçons de vieux cables , mis près-à-près et serrés les «ns contre les autres , pour le mettre à l’abri du boulet, lorsqu’on !treut lui faite essuyer le feu d’une
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- batterie de canons à terre , et sur-î tout quand on l’emploie à la défense d’un port.
- BLOCUS , s. m. de l’allemand Blockhaus, qui signifie une maison de bois dans laquelle on place du canon , et qui est composé de Bloch, billot, et Haus, maison.
- (Art milit. et marine') Blocus se dit d’une armée campée, ou d’uue escadre stationnée devant une place, ou un port, pour empêcher qu’il n’y puisse entrer 'aucun secours d’hommes ou de vivres. Ce mot tire son nom de ces forteresses en bois appelées Blockhaus , en allemand , et blockhouse en anglais , et que l’on élevoit à l’entrée d’nn port, pour en obstruer et pour en bloquer le passage. Il existe encore de c.es blockouses dans les Etats-Unis de l’Amérique Septentrionale et au Canada.
- BODONI, s. m. nom d’homme.
- . (Bibliogr.) C’est le nom d’nn célèbre imprimeur de Parme, qui rivalise avec les Didots de Paris. Les éditions de Bodoni les plus recherchées, sont celles deVirgile de 1.793, et celle des œuvres de Condillac , 1775. .
- BOHEMIENS ; s. m. on appelle ainsi certains gueux errans, vagabonds et libertins, qui vivent de larcins et de filouteries , et qui font sur tout profession de dire la bonne-aventure. Il y a divers sentiinens sur l’origine de ces coureurs. On les a fait venir d’Egypte , de la Perse , de la Chaldée , de la. Tartarie , de la Nubie, de l’Abyssinie, et cela sur de simples conjectures. Les Italiens les appellent zingari , d’un mot de leur langue qui signifie une espèce d’oiseau aquatique , qui n’a point de nid fixe , mais qui est forcé tous les jours de chercher un nouveau gîte. Les Allemands leur ont donné le nom de Ziquesou du mot Jied&l, qui est le nom que ces vagabonds donnent à leur roi ; les Anglais, celui de Gipsies,mot corvompwX’Egyptiens. Quant à nous, nous les avons nommés Bohémiens,parce que, lorsqu’ils parurent en France, en 1427 , ils venoient de ce pays , et étoient munis de passeports de Sigismond roi’ de Hongrie. Ils dirent qu’ils étoient Juifs, que leurs ancêtres avoient de*?
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- Rjeuvé en Égypte , et avoient été condamnés à l'exil pour n’avoir pas voulu autrefois recevoir l’enfant Jésus et sa mère ; que pour cette raison ,* il falloit que de tems en tems plusieurs d’entre eux courussent le monde d’une manière misérable. Quoique ces gens soient d’une origine juive , il s’est formé un tel mélange de divers peuples et de diverses religions , que les Bohémiens d’aujourd’hui ne reconnois-sent ni religion ni patrie.
- BOIS , s. m. du latin barb. bos-cium , corruption de boscus , ou du celtique base , dont les Italiens ont fait bosco.
- (Botan.) On appelé bois , un lieu
- Sdanté d’arbres ; et l’on dit bois de îaute-futaie, bois taillis, bois touffu, etc. On appelle aussi bois de charpente, bois de charronage , bois de chaulfage , bois médicinaux , bois de couleur , bois de teinture , etc. différentes espèces de bois, employés à divers usages dans les arts et métiers.
- La seule espèce de bois, dont il doive être question en botanique , est le lignum , cette substance dure et compacte qui compose le tronc et les branches des arbres et arbrisseaux. Au centré du bois, on trouve la moelle, chaque couche circulaire qui la couvre , est formée de fibres ligneuses , de vaisseaux limphati-ques, de vaisseaux propres , de trachées et du tissu cellulaire. Les* couches ligneuses sont d’autant plus dures qu’elles sont plus près de la Moelle; et par la même raison, celles qui en sont plus éloignées , les dernières couches concentriques qui for-Ment l’aubier, ont d’autant moins de dureté qu’elles sont plus près du liber.
- Bois blanc ; il y a plusieurs especes de bois qu’on nomme vulgairement bois blancs ou blancs bois-, ils n’acquièrent jamais plus de solidité que l’aubier , couche ligneuse imparfaite , - qui recouvre le vrai bois.
- ( Marine ) On emploie pour la construction des vaisseaux plusieurs espèces de bois ; mais celui qu’on appelle proprement bois de construction et qui sqrt à toutes les piè—
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- ces principales du vaisseau , est le bois de chêne.
- Les sapins de Norwège , de Moscovie , de Danemarck, de Prusse , et de toutes les côtes de la mer Baltique , servent à composer les mâts et les vergues.
- {Hist. nat.) Bois se dit des cornes d’un cerf, d’un élan, d’un daim , d’une renne.
- BOL, s. m. du grec &a>xoç (bôlos), qui signifie morceau ou petite bouchée.
- ( Minéral. ) On appelle bol, ou terre bolaire , l’argile mêlé de terre siliceuse et de fer ; cette terre est médiocrement grasse , friable et astringente. Les médecins la désignent sous le nom de bol à’Arménie , du lieu d’où elle vient. On l’appelle encore terre sigillée , parce que ceux qui la vendent, lui appliquent un cachet.
- ( Méd. ) Bol est la forme que l’on donne à certains médicamens , parce qu’on le prend par petites bouchées.
- BOMBE , s. f. du latin bombus, qui signifie bruit de trompettes, de cor , du tonnerre.
- ( Artill. ) Boule de fer creuse , plus épaisse à son fond qu’à sa partie supérieure , à laquelle est un orifice pratiqué pour y introduire la poudre. Lorsque la bombe est chargée , on enfonce avec force par cet orifice , appelé lumière , une fusée destinée à communiquer le feu à la charge. Il n’est pas difficile de charger une bombe ; mais l’art du bombardier consiste à la bien jeter , et pour cela , il doit être instruit des principes de la ballistique. V. ce mot.
- Sigismond-Pandolphe-Malatesta , prince de Rimini, mort en H.07, inventa, dit-on, lemortier etlabombe; on en fit usage pour la première fois au siège de Mezières , en i5ii. Ce n était de dehors , dit Mezerai, que cannonades , que bombes , que boulets enflammés. Vraisemblablement cette invention , imparfaite: encore dans sa naissance , fut abandonnée pendant quelque tems , et renouvelée dans la suite par des artistes plus ingénieux, qui l'ayant perfectionnée, se sontattribué l’hou-
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- neur de l’invention. Un habitant de iVenlo, réinventa dune les bombes en i558 , et selon M. Blondel , ce ne fut qu’en i654, au siège de la Mothe, qu’on en St usage eu France. Louis XIV, forma le premier un régiment de bombardiers qui a été incorporé depuis dans l’artillerie.
- BOMBER, v. a. de bombe.
- ( Archit. ) Faire un trait plus ou moins renflé , par allusion à la courbure de la bombe.
- BÜMBIATE, s. f. du grec /5o/*€u|
- ( boml'ux), ver-à-soie.
- (Chimie ) Sels formés par la combinaison de l’acide bombique avec differentes bases. Sa terminaison en ate indique qu’il appartient aux acides terminés en ique, ou ceux qui sont complètement saturés d’oxi-gène.
- BOMBIQUE , adj. meme origine que hombiate.
- ( Chimie } C’est le nom que les chimistes modernes ont donné à l’acide que l’on retire du ver-à-soie. Sa terminaison en ique indique le second état des acides, celui où ils sont complètement saturés d’o-xigène.
- BOMERIE , s. f. En Normandie bodinerie , de l’hollandais bo-demrie , ou de l’anglais bottomry. Les mots bodem et bottom, signifiant dans ces deux langues le fond ou la carène d’un vaisseau.
- ( Marine ) C’est un prêt d’argent assigné sur le corps du vaisseau, pour en retirer un certain profit ou intérêt, si le navire arrive à .bon port, et dont il n’est rien dû, si le vaisseau fait naufrage ; ce qui distingue la bomerie de Vassurance.
- BON , adj. du latin bonum , excellent, exquis, qui a en soi toutes les choses convenables à sa nature.
- ( Peinture ) Voilà un bon tableau ,* c’est un bon peintre ; ces expressions s’appliquent fréquemment à un tableau ou à un artiste qui font peu ou point d’impression sur le plus grand nombre. Lorsqu’un profond connoisseur dit d’un tableau qu’il est bon , il veut dire que cet ouvrage contient des parties très-estimables , qui appartiennent au fond de l’art. Telles sont des variétés de nature , des parties d’ordonnance , et des dispositions d’objets
- BON
- raisonnées, des effets de perspective ou de clair-obscur qui prouvent une science approfondie ; enfin certains partis pris, comme s’expriment les artistes, qui ne peuvent appartenir qu’à un homme d’un vrai talent, quelquefois même des iibertés qui sont réfléchies , et ne viennent ni d’inconsidération ni d’ignorance.
- Ou dit encore un bon peintre , et cette expression appliquée à un artiste par «les hommes instruits , n’est pas toujours sanctionnée par ce qu’on appelle le public , qui donne souvent lui-même le titre honorable de bon à des peintres qui ne le sont ni comme artistes , ni comme hommes.
- BONACE , s. f. de l’italien bo-naccia.
- ( Marine ) Mot synonime de calme ; c’est, à la mer. le tems qui succède à l’orage , où le vent cesse , et les vagues s’aplanisent.
- BONAVOGLIO , s. m. terme italien.
- ( Marine) On désigne, par ce nom, sur les galères de Malte , et de divers pays d’Italie , ceux qui pour une certaine somme d’argent , et à certaines conditions , vendent leur liberté , et s’engagent à servir sur les galères, et à tirer la rame ordinairement pour trois ans. Quoiqu’on doive les distinguer des esclaves et des forçats, il n’y a point de différence à l’extérieur , les buo-navoglio étant à la chaîne , comme les forçats le sont en France.
- BON-CHRÉTIEN, s. m. corruption de crustumianum pyrum.
- ( Jardin, ) Du tems de Pline, comme à présent, les meilleures de toutes les poires.
- BONNET, s. m. du nom d’un certain drap dont on faisoit des chapeaux ou habillemerrs de tête , qui en ont retenu le nom , comme on appelle castors les chapeaux faits de poil de castor.
- (Costumes)L’usage des bonnets es France n’est pas fort ancien. On en vit, pour la première fois , en i44g > lorsque Charles VII fit son entrée à Rouen. Auparavant on se servoit de chaperons.
- BONNETTES , s. f. même racine que bonnet , comme faisant
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- l’office oti imitant la figure d’une
- coiffure.
- ( Marine ) Voiles longues et étroites que l’on peut appareiller sur les deux côtés de chacune des voiles carrées d’un vaisseau, suide petites vergues ou boute-hors, qui se poussent en dehors de la vergue principale ; elles servent quand on a vent largue ou vent arrière à présenter au vent une plus grande surface de toile, et par conséquent à augmenter la vitesse de la marche.
- BONZE , s. m. mot chinois.
- ( lîist. des cultes ) C’est le nom qu’on donne aux prêtres à la Chine et au .lapon. Il y a dans ce dernier pays un bonze souverain qui décide en dernier ressort de tout ce qui regarde le culte divin ; les bonzes ont plusieurs universités. Il y a aussi des filles et des femmes bonzes, qui vivent en communauté dans des espèces de monastères. Il y a aussi des bonzes au Tunquin.
- BORACIQUE, adj. de borax. V. ce mot.
- ( Chimie ) Acide boracigue ; c’est un acide concret qu’on retire du borax, et qui étoit désigné sous le nom de sel sédatif. Son radical est absolument inconnu , on n’a jamais pu eu séparer l’oxigène. Sa terminaison en ique indique le second état des acides , celui où ils sont complètement saturés d’oxigène.
- BORATE, s. f. de borax. V. ce mot.
- ( Chimie ) Sel formé par la combinaison de l’acide boracique avec différentes bases. Sa terminaison en ate indique qu’il appartient aux acides complètement saturés d’oxi-gene, et dont la terminaison est en ique.
- BORAX, s. m. de l’arabe ou de l'indien baurack.
- ( Chimie ) Le borax ou la soude boratée, ou borate de soude , ou encore tincal , est un sel neutre îovmé par l’acide boracique , avec excès de base-, laquelle base est la ®oude. On n’a que des notions très-meertaines sur son origine , ainsi 9ue sur la manière de l’extraire et ne le purifier. Quelques-uns le regardent comme un produit de l’art,
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- qui se fait à la Chine en mettant dans une fosse de la graisse, de l’argile et du fumier , par couches successives , en arrosant ce mélange avec de l’eau, et en le laissant séjourner dans la fosse pendant plusieurs années. D’autres soutiennent que le borax est aussi un produit de la nature , et qu’on le trouve dans la terre au Thibet , dans le lac Necbal , dans quelques cavernes de Ja Perse , dans î’île de Ceylan , et dans la grande Tartarie. Ôn ap-
- fielle plus particulièrement tincal, a. soude boratée qui vient de Perse : elle est verdâtre et couverte d’un enduit gras. Les Vénitiens ont long-tems possédé seuls le secret de raffiner le borax ; les Hollandais se sont depuis approprié cette branche de commerce; mais, aujourd’hui, ce secret n’en est plus un pour la France. Le borax est employé comme flux dans la métallurgie ; il ramollit les points de contact des métaux que l’on vent réunir, et sert ainsi à souder l’or, l’argent, le cuivre et le fer blanc , et à appliquer les ors de couleur sur les bijoux. Les ouvriers lui préfèrent souvent le verre de borax, qui se boursouffle moins, et ne dérange pas les pièces.
- ( Méd. ) L’expérience a démontré que le borax est un excellent apéritif. On le regarde comme tonique et emménagogue. C’est du borax distillé avec le vitriol qu’on retire le sel sédatif de Homberg , chimiste allemand , qui le premier a fait cette découverte.
- BORBORISME ou BORBORYGME , s. pi. du grec (bor-
- borugmos0, bruit sourd, murmure.
- {Méd. ) Bruit excité dans les intestins par dés vents ou flattuosités qui les distendent.
- BORD , s. m. du latin orlum, d’où les Italiens ont fait orlo.
- L’extrémité d’une chose , ce qui termine une chose par quelque endroit , et principalement par sa largeur.
- ( Manuf. ) Bord, se dit d’une espèce de ruban ou galon dont on .borde cei'taines parties de l’habillement.
- ( Archit. ) Bord du bassin , se
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- dit des tablettes, rocailîes ou gazons, osés sur le petitmurqui entoure ua assin d’eau.
- (Marine) Lorsqu’il est question d’un vaisseau, ie mot bord, ainsi que Rangeais board, tire son origine du gothique baurd, qui signifie une planche longue , étroite et peu épaisse, qui sert à former le pont d’un vaisseau , et à revêtir ses côtés. Les Anglais nomment ces planches boarcls, et les F rançais bord âges.
- Les marins des deux nations ont ensuite appliqué au pont du vaisseau et à ses côtés , le nom des planches dont ils étoient composés ; et bientôt après , le mot bord a servi à désigner le vaisseau lui-même. De-là les expressions nautiques : aller à bord, pour se rendre au vaisseau; sortir du bord, pour sortir du vaisseau ; virer de bord. F. VIRER.
- (Botanique) Bord, dans le sens d’orlum, se dit, en termes de botanique , de la lisière ou de la bordure des différentes parties des plantes ; et l’on dit d’une corolle , qu’elle est ciliée à son bord ; d’un champignon , qu’il est fusé à son bord ou à ses bords ; d’un pétale, qu’il est denté, échaneré, velu, etc., à son bord.
- Les bords ou la bordure d’une Feuille , d’une fleur, du chapeau d’un champignon , fournissent au botaniste des caractères assez cons-tans ; mais qui ne sont pas toujours faciles à saisir; ils pourroient induire en erreur , si l’on n’avoit pas l’attention de comparer dans tous les états de développement l’individu qu’on observe. Les bords d’un champignon sontsouvent ciliés, unis, etc., dans l’état de jeunesse ; mais si on l’observe dans un âge plus avancé , on les retrouve souvent irréguliers , nus , rayés , frangés , ondulés, frisés , etc.
- ( Entomologie ) bord se dit de la circonférence des ailes , à la partie qui termine le corcelet antérieurement , postérieurement et latéralement , etc.
- BORDÉE , s. f. de bord.
- ( Marine ) On appelle bordée, la route qu’un vaisseau qui louvoyé , fait sur la même aire de vent, jusqu’à ce qu’il vire de bord ou change de route. De-là } les expressions :
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- à Vautre bordée nous doublerons un tel cap ; en deux bordées nous serons au mouillage ; une bordée de dix-huit lieues ; courir à petites bordées, pour faire peu de chemin , de côté et d’autre , ou vire? souvent de bord.
- Bordée, se dit aussi d’une décharge de tous les canons qui sont d’un même côté du vaisseau. Ainsi, envoyer sa bordée ou lâcher sa bordée , c’est tirer sur un ennemi tous, les canons d’un même bord , en même-tems.
- BORDURE, s. f. de bord, orlurn.
- ( ylrchit. ) Saillie carrée , ronde, ou ovale , qui environne un bas relief, un tableau , un panneau de compartiment.
- ( Jardin. ) On donne ce nom aux plantes qui montent peu et qui servent à entourer les carrés d’un potager ; telles que le thim , l’hissope, la lavande , le persil, l’oseille.
- ( Peinture ) La bordure est ua châssis à jour dans les rainures duquel on encadre , ou l’on assujettît un tableau. D’après les lois d’un goût éloigné d’une trop grande sévérité , la bordure d’un tableau ne doit point fixer les yeiix , en les détournant trop de l’objet qu’elle, embellit.
- BOREAL , adj. du grec Æoçs** ( boreas ).
- ( Géogr. ) Tout ce qui vient dn septentrion ou du nord , ou qui est- dans cette partie du monde. Le pôle boréal est le pôle nord ou le pôle septentxûonal. Les signes du zodiaque qui sont du côté du nord, sont appelés signes boréaux ou septentrionaux.
- BORNE , s. f. du grec ( bounos ), monceau de terre. On a dit autrefois boune , puis bonne, ensuite bonde , dont les Anglais ont
- fait bounds. '
- ( Agric. ) Pierre , ou autre marque qui sert à séparer uu champ d’avec un autre.
- Bornes , au pluriel se dit de tout ce qui sert à séparer un Etat, u11* province d’nne autre.
- BOSPHORE , s. m. du grec .£=« (Bous), bœuf, et de (poros}> passage : passage de bœuf, passag® étroit, voulant dire qu’uabosul p6ttt Je passer à la nage.
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- ( Géogr. ) On a donne ce nom à deux détroits de la Méditerranée ; savoir, ie Bosphore de Thrace, et le Bosphore cimmérien. On ne convient pas de la raison qui a fait donner au premier le nom de Bosphore ; on raconte là-dessus plusieurs histoires , dont la plus accréditée suppose que ce nom vient dhm bœuf qui a passé ce détroit à la nage, parce qu’il a été poursuivi par les Phrygiens, ou tourmenté par un taon; quant au second , on croit qu’il a été ainsi nommé à cause de sa ressemblance avec le premier.
- BOSQUET , s. m. diminutif du celtique , bosc, bois , forêt, dont les Italiens ont fait boschetto , dans la même signification.
- [Jardin.) Petit bois formé de palissades régulièrement tondues , et coupé d’allées diversement symétrisées. Ses compartimens sont susceptibles d’ornemens et de distributions variés. S’il faut en croire Pline , c’est Mutins, chevalier romain, qui a inventé environ quatre ans avant l’ère chrétienne , Part de tondre les bosquets.
- BOSSE’, s. f. du lat. barb. bossa.
- [ Anat. ) Etat contre nature des parties osseuses qui composent la poitrine qui fait saillie , en devant, en arrière, ou par côté. Les bosses sont naturelles ou accidentelles ; les premières ont toujours pour principe un vice rachitique , scrophu-leux ou vénérien; les dernières viennent par succession de tems , de la mauvaise contenance qu’on laisse prendre aux enfans , ou des précautions mal entendues que l’on prend, pour leur former la taille.
- [Peinture) On se sert de ce terme *n peinture , pour signifier les modèles en plâtre , en terre cuite , eu métal ou en pierre , d’après lesquels qa s’exerce à dessiner pour mieux muter le relief des corps ; les peintres appellent cela, dessiner d'après la bosse.
- ( Sculpture ) Bosse , se dit du re-het d’une figure. On dit, une figure relevée en bosse, une figure de demie bosse , un ouvrage de ronde bosse , pour un ouvrage de plein ^hef, comme une statue.
- ( Teçhrwl. ) Dans les grosses loi-
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- ges , on appelle bosse, une partie des applatissoirs. —En terme d’économie rustique , on nomme ainsi des paquets de chardons préparés , pour être vendus aux drapiers , lai— neurs , etc.—En termes de verrerie , la bosse est la forme sphérique que donne à la matière vitrifiée l’ouvrier appelé bossier.
- ( Archit. ) De bosse, les architectes ont fait bossage , pour désigner une pierre qu’ils laissent dégauchie dans un bâtiment neuf, pour y tailler ensuite des consoles , armoiries , ou autres sculptures. Ils nomment encore bossages, des pierres en saillie au-delà de leurs joints, dont ils ornent quelques encoignures, portes, ou édifices d’architecture rustique.
- ( Marine ) Les bosses sont en général des cordages courts, dont u» bout est fixé , et l’autre s’entortille sur quelque manœuvre , pour l’empêcher de courir , ou pour la retenir.
- BOSSEMAN, s. m. corruption de l’anglais boat-swain.
- [Marine) Officier marinier, chargé principalement sur un vaisseau , du détail des ancres, des cables, etc. Il commande la manœuvre sous le maître d’équipage.
- BOSSOIR ) s. m. de bosse.
- ( Marine ) Les bossoirs sont deux grosses pièces de bois mises en saillie vers l’avant du vaisseau, de chaque côté du gaillard d’avant. L’utilité des bossoirs est de servir à élever l’an -cre lorsqu’on la retire de l’eau , on à la tenir suspendue lorsqu’elle est prête à être mouillée , pour entrer dans un port.
- BOSTANGI-BACCHI, s. m. composé du turc bachi , chef, et de l’arabe bostan , jardin : chef des jar-*; dins.
- ( Uist. turque ) Intendant des jardins du grand-seigneur.
- BOTANIQUE, s. f. du gr. iSor*™
- ( botanê ), herbe, formé de /£«-•«
- ( botos ) , mangeaille , dont la racine est fi su ( boo ) , nourrir.
- La bota.mque , ou la phytologie est cette partie de l’histoire naturelle qui a pour objet la connois-sance méthodique des végétaux et de tout ce qui a un rappç/Jt immédiat
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- avec le règne végétal. La botanique n’est pas simplement l’art de re-connoître ce qui a déjà été connu ; tous les jours elle étend son empire par de nouvelles découvertes; et, d’après une juste appréciation des rapports que les plantes qu’on ne connoissoit pas ont avec celles qui composent telle ou telle famille, elles se trouvent classées, et font partie d’un tableau généra», auquel on düMie'ie nom de méthode ou de système. L’agriculture, la médecine , et la plupart des arts ne se-roient presque rien sans le secours de la botanique : à chaque pas, cette science les éclaire de son (lambeau ; sans cesse elle vient au-devant des besoins des hommes , et les coudait, comme par la main, au milieu des richfesses immenses du règnevégétai, afin qu’ijs puissent se les approprier.
- Les Egyptiens ont été regardés antrefois comme les premiers qui se soient appliqués à ce genre d’étude. Dans le nombre prodigieux de livres attribués à Mercure Trismégiste, on dit qu’il y en avoit plusieurs qui trai-toient de la vertu des plantes. Parmi les Grecs , presque tous les personnages des siècles héroïques se sont distingués par leurs connoissances dans cet art, et l’on désigne encore aujourd’hui plusieurs plantes par le nom. de quelques-uns de ces héros.
- La connoissance des plantes ne fut d’abord que médicinale, ce qui en rendit le catalogue extrêmement borné ; Théophraste, Dioscoride et Pline n’en ont guère cité plus de six cents, sans ordre et sans caractères auxquels on pût les reconnoî-tre. A l’époque de la renaissance des lettres, on ne songea qu’à entendre les anciens , pour en tirer les lumières qui avoient été si long-tems ensevelies. Mais les traductions de Théophraste et de Dioscoride n’ayant seivi qu’à exciter des disputes éternelles et sans fruit, on comprit enfin qu’il falloit aller chercher les lumières dans les lieux même où les anciens avoient écrit, et avant la fin du quinzième siècle , les naturalistes avoient déjà parcouru les îles de l’Archipel, la Syrie , la Mésopotamie, l’Arabie et l’Egypte , décrit les plantes qu’ils avoient découvertes et donné à la botanique sa véritable
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- forme, en changeant en observations naturelles et en science propre, ce qui n’étoit auparavant que citations et commentaires. Les amateur- de la botanique s’efforcèrent de leur côté de seconder les travaux des savans voyageurs, en décrivant les plantes qui croissoient sous leurs veux , en indiquant le teins de leur naissance, de leur durée, et de leur maturité.
- Cependant il manquoit à la botanique un ordre général , ou un système qui eu fit une science proprement dite, en lui donnant des principes et une méthc :e ; c’est à quoi ont travaillé , avec un succès qui s’est de plus en plus perfectionné , B’illenius , Tournefort, Cuffon, Vaillant , Schoeffer , Haller, (Eder, Lin-née , Jussieu, etc. En effet, sans le secours d’une méthode, l’étude de la botanique seroit un vrai cahos ; mais malheureusement on a trop multiplié les systèmes, et les change-mens successifs qu’a déjà éprouvés cette science, en ont reudu l’étude extrêmement difficile. Quelques botanistes prétendent que la nature a suivi une marche progressive dans la formation des êtr es, et que l’on ne connoîtra véritablement les plantes que lorsqu’on les aura toutes rassemblées dans l’ordre où elles ont été créées. D’autres, au contraire, regardent une méthode artificielle comme beaucoup plus propre à faciliter l’étude de la botanique. La première, appelée méthode naturelle , parce qu’elle semble suivre la même marche que la nature, rapproche les plantes qui ont de grands rapports dans leur ensemble, et une espèce d’analogie dans le détail des différentes parties qui les composent. La méthode artificielle, au lieu de suivre cette marche , n’emploie que quelques caractères particuliers , comme la fleur ou le fruit , les étamines , les feuilles même ; d’où il arrive que deux plantes qui, dans une méthode naturelle seroient très-voisines , peuvent se tiouver aux deux extrémités d’une méthode artificielle. La méthode de Tournefort» et le système sexuel de Linuée, of • frent aux amateurs de la botanique les meilleurs exemples sur ce que l’on entend par méthode naturelle et méthode artificielle.
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- BOUC, s. m. du latin barbare bue eus, que l’on croit venir, ainsi que bouc, de l’allemand Bock , qui signifie la même eiiose.
- ( Zoologie ) Le bouc est le mâle Je la chèvre.
- ( Hydraul. ) Un bouc est une espèce de poulie garnie de cornes de fer qui font monter et descendre une chaîne sans fin,
- (Écrit, sainte) Bouc émissaire ; c’étoit un bouc qui étoit envoyé dans le désert. On présentoit devant l’autel deux boucs sur lesquel on jetoit le sort. L’un étoit destiné au sacrifice , l’autre étoit abandonné dans le désert.
- BOUCANIER, s. m. mot tiré du langage des Caraïbes, qui appeloient boucan le lieu où ils faisoient sécher ou rôtir leur viande. Delà les Européens ont appelé boucaner, l’action de rôtir ou de sécher , et enfin, boucaniers, ceux qui vont à la chasse des bœufs sauvages pour en vendre la peau, après les avoir boucanés.
- ( Technol. ) Les boucaniers ont transmis leur nom à une espèce de fusil très-long et d’une grande portée, dont ils se servoient. Maintenant boucaner se dit en Europe des viandes ou des peaux qui se préparent au feu et à la fumée.
- BOUCHE , s. f. du latin bucca, formés, Fun et l’autre, suivant quelques-uns , du celtique boch , dont les italiens ont fait bocca. —
- ( Anat. ) Cette partie du visage de l’homme , par où sort la voix et par où se reçoivent les aliniens.
- ( Bquit. ) Bouche fraîche, en terme de manège , se dit d’un cheval qui goûte si bien le mors qu’il le jqiche continuellement, ce qui lui Lit exprimer une écume blanche. Ce cheval, au contraire, qui a la bouche dure ou trop sensible , ne goûte point l’appui du mors, et a toujours la bouche sèche. Lçs maquignons qui veulent faire entrevoir de la fraîcheur ou de Fécume dans les chevaux qu’ils veulent vendre , leur donneut du sel en leur mettant le mors : ce sel exprime la mucosité
- e> glandes , et fait paraître de l’é-eunie dans la bouche.
- \ Musique ) Bouche se dit d’un Petit vide qui se trouve entre la lèvre
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- inférieure et la supérieure d’un tuyau d’orgue.
- ( ArtiLlerie ) Bouche s’entend de l’ouverture d’un canon. Bouches à feu, au pluriel-, se dit des canons et des mortiers : Il y avoit tant ds bouches à feu.
- ( Géogr. ) Bouches, au plurier, se dit encore des ouvertures par lesquelles quelques grandes rivières ou fleuv es déchargentleurs ea uxdans la mer j comme les bouches du llho-ne, les bouches du JS il, les bouches du Mississipi. O11 donue aussi ce nom à quelques passages resserrés entre les terres; comme les bouches de Boniface, entre les îles de Corse et de Sardaigne.
- BOUCLIER, s. m. du latin bacu-larium, formé de buccula , anse: buccula scuti , étoit l’anse du bouclier, et qui,"par métonymie, a été prise pour le bouclier lui-même.
- ( Art milit. ) Arme défensive qu’autrefois les gens de guerre por-toient au bras gauche , et dont ils se servoient pour se couvrir le corps.
- La figure du bouclier a fort varié chez toutes les nations. Il y en avoit de ronds on ovales, qu’on ap-peloit des rondelles j il y en avoit d’autres presque carrés, mais qui, vers le bas, s’arrondissoient ou s’al-longeoient en pointe. Ceux des piétons étoient beaucoup plus longs que ceux de la cavalerie , et quelques-uns couvraient presque tout le corps. Le bouclier des anciens Français étoit^ fait d’un bois léger , poli, et* couvert d’un bon cuir bouilli. Aux boucliers des anciens ont succédé, chez les modernes, les écus, les rondachesou boucliers ronds et grands , les rondelles ou boucliers fort petits, en usage chez les Espagnols.
- BOUÉE, s. f. de l’espagnol boy a dont les Anglais ont fait buoy.
- ( Marine ) C’est, en général, une marque de bois ou de liège , un petit mât, ou un petit baril vide, que l’on fixe au bout de l’orin d’une ancre, pour flotter sur i’eau et marquer l’endroit sur lequel l’ancre est mouillée.
- Une bouée est un assemblage assez considérable de grands morceaux de liège , mis à plat les uns sur les autres , attachés et liés fortement en-
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- semble, et formant un corps plat et oblong de figure ovale. Cette espèce «le bouée appelée bouée de sauvetage , est destinée , à bord des vaisseaux , à être jetée à la mer , lorsqu’il y est tombé un homme , afin qu’il tâche de l’atteindre en nageant, •et qu’il se soutienne par ce moyen sur l’eau , en attendant qu’on puisse mettre un canot à la mer pour l’aller chercher.
- BOUFFON, s. m. du lat. bufo, qui signifie enflé à la manière des crapeaux , parce que les bouffons paroissoient sur le théâtre avec les joues enflées, pour recevoir des soufflets , afin que le coup faisant plus de bruit, fît rire davantage les spectateurs.
- ( Jeux scén. ) Celui dont la profession est de faire ou de dire des choses pour faire rire.
- BOUGIE, s. f. de Bugie, ville d’Afrique , où les Français ache-toierit de la cire et des bougies : chandelle de cire.
- ( Chirurgie ) Petite verge cirée , faite en façon de cierge, qu’on introduit dans l’urètre pour le dilater et le tenir ouvert, ou pour consumer ce qu’on appelle des carnosités.
- ( Physique ) Bougie philosophique ; nouveau terme de physique, qui sert à désiguer une vessie que l’on a remplie de gaz hydrogène bien pur . et à laquelle on a adapté un robinet et un ajutage , par lequel on fait ensuite sortir le gaz hydrogène en pressant la vessie. Si l’on présente alors une bougie ou un morceau de papier allumé au bout de l’ajutage ; le gaz prend feu, et imite assez bien la flamme d’une bougie.
- BOUILLON , s. m. pris pour su-rentum , vient de bullire , bouillir -, eau qui a long-tems bouilli avec de la viande.
- ( Physique ) Bouillon , dans le sens où l’eau est agitée à sa surface, par l’action du feu ou par quelque mouvement violent, vient de huila, dont les Espagnols ont fait borbol-lon, par duplication.
- (Jardin. ) On appelle bouillon , en termes de jardinage , une eau qui a fermenté pendant quelque tems avec différentes matières onctueuses, Immectantes et corroborantes , pour
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- servir ensuite à la guérison des vé-* gétaux.
- ( Technol. ) Donner le bouillon, c’est parmi les teinturiers , dégraisser les laines avant de les teindre.
- Les épingliers appellent bouillons les fils d’or et d’argent qu’on trait comme la cannetille , et dont on se sert pour divers ouvrages.
- Les fabricans de glaces donnent ce nom à de petites places qui brillent comme des étoiles quand la glace est chaude.
- Les étaminiers appellent bouillons ou bluteaux , des étamines de soie crue , dont on se sert pour bluter la farine , passer l’amidon et passer des liqueurs.
- BOUILLONNEMENT , s. m. de bouillon , bulla.
- (Médecine ) Bouillonnement des humeurs ; on dit que les humeurs bouillonnent, lorsque le corps est dans une chaleur contre nature. Ce degré de chaleur est de 27 deg. pendant l’hiver , au thermomètre de B.éaumur ; de 5o pendant l’été le plus chaud, et augmente quelquefois jusqu’au 55.° et au 38.e ; mais alors, les parties sont brûlées , les organes se dessèchent, il y a scharre , ou la partie tombe en sphacelle.
- BOULE , s. f. du lat. bulla, à cause de la rondeur des bulles d’eau, ou du grec 7roAoç (polos) qui est pris par plusieurs auteurs grecs,
- fiour tout ce qui est rond, et dont es Anglais et les Allemands ont fait bail , les Suédois boll, et les Flamands bal.
- Corps sphérique , corps rond en tout sens.
- ( Jeux ) Jouer à la boule ; c’est jouer à un certain jèu où plusieurs personnes fontrouler des boules d’un endroit à un autre , et jouent à qui fera aller sa boule plus près de l’endroit marqué pour servir de but.
- ( 'Technol. ) Les chaudronniers appellent boule ou enclume noire, un instrument d’acier , sur lequel iis font la carre des chaudrons et air très ouvrages qui ont des enfonçures.
- Les architectes nomment boule d’amortissement un corps sphérique qu’on emploie quelquefois pour ter' miner quelque décoration , comnse la pointe d’un clocher, d’une p}'ra" mitle.
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- Le3 laïletiers appellent "boule un instrument de 1er on de métal composé , coupé en demi sphère, dont ils se servent pour façonner les verres concaves.
- Les jardiniers désignent par ce mot certains arbres et arbrisseaux, qu’ils tondent en forme ronde.
- Les apothicaires appellent boule de mars , un mélange de limaille de fer, de crème de tartre, formé en boule , dont on se sert pour imprégner l’eau d’une dissolution de fer, par l’acide du tartre. Ce remède est très-bon pour les plaies et les contusions , pris intérieurement et appliqué à l’extérieur.
- BOULET, s. m. du îat. huila, forme ronde , diminut. de boule.
- (Artill.) Grosse balle de fer dont on charge les canons ; il y en a de 48 , 56 , 24, 18, 12, 8 , 6 et 4 livres.
- (Marine) Outre les boulets ronds, on emploie à la mer des boulets rames, ou à deux têtes : ce sont deux demi-boulets joints ensemble par une barre de fer, dont on se sert pour couper les manœuvres et les mâts.
- (Equit.y En termes de manège , on appelle boulet, la jointure qui est au dessus du paturon de la jambe du cheval.
- BOULEVARD, s. m. de 1 allemand Bolwerk , ouvrage fait avec des poutres pour en montrer la solidité. Les Anglais disent bulwark , et les Italiens baluardo dans le même sens.
- ( Fortifie. ) Ce qui garde , oe qui couvre, revêt les défenses déjà élevées pour la sûreté; la fortification' avancée , qui protège les autres ; enfin , tout le terrein d’un bastion ou d’une courtine.
- BOULIMIE, s. f. mot grec composé de êou ( bou) particule aug-mentative , et de ai fi<, ( limos ), faim.
- ( Méd. ) Faim excessive , accompagnée de foiblesse et de dépérissement.
- BOULINE, s. f. de l’anglais uow-Une , composé de bow , arc ; J1 de line, corde ; parce qne la bouline se tend comme la ' corde d un arc.
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- ( Marine } Cordage qui tient au milieu de chaque côté d’une voile carrée , .et qui sert à la tirer en avant , afin de mieux prendre le vent par le côté , lorsqu’il est oblique ou contraire à la route qu’on se propose. De-là, les expressions, aller à la bouline, vent de bouline, pour naviguer avec un vent oblique à la route , avec lequel on est obligé de faire usage des boulines , pour disposer les voiles à mieux recevoir le vent ; au lieu qu’avec uu vent arrière , ou grand largue , les boulines ne sont d’aucun usage.
- BOULIN GRIN , s. m. corruption de l’anglais bowling-green , com< posé de bowl, boule , et de green , gazon : tapis de verdure sur lequel on joue à la boule.
- ( Jardin. ) Espèce de parterre de gazon , renfoncé avec des bordures en glacis. U y en a de deux sortes ; de simples, faits en gazon et dénués d’ornement ; de composés, qui ont des arbrisseaux , des plates-bandes, avec des compartimens et des broderies. Cette espèce d’ornement nous est venu d’Angleterre, où l’on nomme bowling-greens des gazons fort unis , sur lesquels on joue à la boule.
- BOUQUET , s. m. de l’italien bosquetto , diminutif de bosco , ou du danois buncker, dont les Anglais ont fait bunch , qui signifie grouppe , assemblage de certaines choses liées ensemble.
- [Jardin.) Assemblage de fleurs ou de fruits liés ensemble.
- Un bois de peu d’étendue, planté dans un jardin d’agrément.
- ( Botan. ) Un assemblage de plusieurs fleurs sur une même plante : les botanistes disent encore que le» feuilles naissent par bouquets.
- ( Teclmol. ) Les artificiers appellent bouquet , un paquet de différentes pièces d’artifice qui partent ensemble ; la gerbe de fusées ou girandole qui termine un feu d’artifice , s’appelle par excellence le bouquet.
- Les plnmassiers donnent à un faisceau de plumes d’autruche orné d’or, d’argent, etc., et dont on orne les têtes des chevaux pour aue'que cérémonie pompeuse , le nom de bouquet de phaèlon.
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- ( Poësie ) On nomme ainsi une petite pièce de vers adressée, à une personne le jour de sa fête. C’est le plus souvent un madrigal ou une chanson. Le caractère de cette sorte de poésie est la délicatesse ou la gaieté $ la fadeur en est le défaut le plus ordinaire.
- BOUQUIN , s. m. de l’allemand Buch , qui signifie livre , dont les Anglais ont fait book , et les Flamands boek , dans la même signification.
- ( Bibliogr. ) Vieux livre dont on fait peu de cas. C’étoit le nom que Fon donnoit dans l’origine aux livres qui venoient d’Allemagne , et qui est appliqué maintenant à tous les livres que l’on regarde comme vieux et inutiles.
- BOURG, s. m. du latin burgus, formé de «vfVît ( purgos ) , ou en langue macédonienne de t>vf>7cç (bur-gos ) une tour , parce que les bourgs étoient munis de tours.
- (Hist. du moyen âge ) Vers la décadence de l’empire romain , les bourgs étoient des forts construits sur les frontières , et occupés parles garnisons. Dans les premiers siècles de la monarchie , c’étoient des quartiers d’une ville , ou plutôt des faubourgs clos ; mais toutefois distingués de la ville. Jusqu’à ces derniers tems , les bourgs étoient de gros villages , clos d’une muraille assez foib’e ; mais qui n’étoient ni assez grands ni assez peuplés pour porter le nom de villes.
- BOURGEON , s. m. de burrio , formé de burra , bourre ; on écri-voit autrefois Bourjon.
- ( Botan. ) Les bourgeons ou bou* tons , sont de petits corps arrondis ou alongés qui naissent sur les branches des arbres et des arbustes aux aisselles des feuiiles ; ils sont ordinairement composés d’écailles dures, velues en dedans , serrées les unes contre les autres , et disposées de manière à former un asile sûr aux jeunes parties de la plante qui y sont renfermées pendant l’hiver.
- On distingue trois espèces de boutons ou bourgeons : le bouton à bois , le bouton à fruit, et le bouton mixte. Le bouton à bois ou à feuilles , que les cultivateurs aom-
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- ment bourgeon , 'est celui qui ne doit produire que des feuilles et du bois. Le bouton à fleur et à fruit, est celui qui doit produire une ou plusieurs fleurs , et successivement des fruits. Le bouton mixte , est celui qui doit donner en même-tems des fleurs et des feuilles ou du bois.
- BOURGMESTRE , s. m. de l’allemand Burgermëister, composé de Burger%, bourgeois et de Meister, maître.
- ( Econ. polit. ) C’est le nom du premier magistrat municipal de* villes de la Hollande et de l’Allemagne.
- BOURRASQUE , s. m. de l’italien burrasca.
- ( Marine ) Tempête soudaine, violente et de peu de durée.
- BOURSE, s. f. Quand ce mot est pris pour un petit sac dans lequel on met ordinairement de l’argent, il vient du grec Êv(c-<z [burssa), cuir, parce que communément ce sac est de cuir.
- Les anciens Français, plus charitables apparemment que leurs des-cendans, appeloient ce petit sac aus-monière.
- ( Hist. turque ) Bourse , en parlant des paiemens ou des gratifications qui se font en Turquie, signifie une somme de 5oo écus.
- ( Instruct. publ. ) Bourse , dans un sens figuré , signifie une pension fondée dans un collège , pour entretenir un écolier durant le cours de ses études. En Ecosse , chaque paroisse est tenue d’envoyer à l u-niversité , et d’entretenir à ses frais un jeune homme , qui en sort au bout de quatre ans pour faire place à un autre.
- ( Relig. ) On appelle bourse, en termes d’église, le double carton couvert d’étoffe , dans lequel on met les corporaux qui servent à la messe.
- ( Equit. ) Bourses, au pluriel, se dit de deux sacs de cuir qui se mettent des deux côtés au-devant de la selle du cheval.
- ( Costumes ) Bourse se dit du® petit sac de taffetas noir où 1 °n enferme ses cheveux par derrière-Les bourses, qui étoient passées i® mode depuis plusieurs années, se®1
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- yent 'en ce moment reprendre Faveur.
- (Chasse) On appelle bourses , de longues poches de réseau qu’on met à l’entrée d’un terrain pour prendre les lapins qu’on chasse au furet.
- ( Anat» ) Bourses se dit de l'enveloppe extérieure des testicules.
- BOURSE, s, f. Ce mot, pris pour le lieu où s'assemblent , dans les villes de commerce, les marchands et les banquiers, a pour origine l’histoire que voici:
- ( Commerce ) A l’extrémité d’une grande place de la ville de Bruges , où les négocians avoient coutume de se réunir pour leurs aflaires, de-tneuroit vers l’an i55o un seigneur de la noble famille de Vernier-bourse , dont la maison portoit trois bourses pour armoiries.
- La singularité du nom de cette famille et de ses armes parlantes , qui d’ailleurs ne convenoieut pas mal à des marchands , fit donner à cette place le nom de bourse. Les né— goçians d’Anvers et de Bergues, que des affaires de commerce appeloient fréquemment aux foires de Bruges, s’accoutumèrent peu-à-peu à appeler bourse le lieu où ils se réu-nissoient eux-mêmes, et au bout de quelques années les vilies de Toulouse , de Lyon, de Rouen et de Londres, eurentaussi leur bourse.
- La première fut fondée par Jacques I.er sous le nom de bourse britannique; elle étoit située dans le Strand, C’est ce même établissent auquel la reine Elisabeth donna depuis le nom de change nyal, royal exchange.
- Les premières bourses de France Went instituées par le chancelier yliviev avec une jurisdictiou parolière.
- Boussole, s. f. du latin bu~
- i0Ja, en la signification de boîte.
- ( Marine ) Instrument de marine ^ ou appelle aussi compas de mer, ^cessaire anxpilotes pour diriger la
- ote de leur vaisseau. La propriété l’aiguille aimantée de diriger .^jours ses extrémités vers les pôles I monde , en fait le mérite , et j^nd précieuse aux navigateurs. 0 *0ussole est composée d’une ai-«n lozange , ordinairement
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- Faîte avec une lame d’acier trempé , et aimantée sur l’aimant le pius vigoureux. Cette aiguille est fixée à un cercle de canon ou de tôle, appelé rose de la boussole , sur lequel on a tracé uu cercle divisé en 32 parties égales ; savoir ; d’abord en quatre , par deux diamètres qui se coupent â angles droits, et qui marquent les quatre points cardinaux de l’horizon, le nord , le sud, l’est et l’ouest ; ensuite chacun de ces quarts de cercle est divisé en deux, ce qui constitue aveq les précédens les huit rhumbs de vent de la boussole ; enfin , chaque partie est encore divisée en deux, pour avoir les huit demi-rhumbs et les seize quarts, en tout 32 divisions.
- Le centre de la rose qui est évidé, est recouvert d’ua petit cône creux de cuivre , ou de queîqu’autre matière dure , comme de l’agathe , qui sert de chape, et au moyen de laquelle l’aiguille peut être posée sur un pivot bien pointu et bien poli , et s’y mouvoir avec liberté. Onsuspendl le tout par le moyen de deux anneaux ou cercles concentriques, chacun mobile sur deux pivots aux extrémités des deux diamètres , dont les directions se coupent à angles droits , afin que la boussole puisse toujours conserver la situation horizontale , malgré les mouvemens du vaisseau; enfin on l’enferme dans une boîte carrée ou ronde , couverte d’une glace, et on la place en avant de la roue, ou de la barre du gouvernail , sous les yeux du timonier , dans une armoire carrée sans fer , que les marins nomment ha-i bitacle. V. ce mot.
- Comme la rose de la boussole est mobile sur sa chape , le timonier a soin de gouverner de manière que la pointe de la rose qui indique le rhumb, ou l’aire de vent delà route actuelle du vaisseau , soit dirigée parallèlement à la quille , ce que la position de la boîte de la boussole , établie parallèlement aux parois de l’habitacle , indique suffisamment. Enfin , pour ne laisser aucune équivoque , on a coutume de marquer d’une ligne noire perpendiculaire , l’endroit de la boîte qui regarde la proue , et afin de M 2
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- rendre cette ligne plus *easible , le dedans de lu boîte est toujours peint en blanc.
- Les capitaines de vaisseau et les officiers attentifs ont ordinairement une boussole suspendue au plancher de leurs chambres, aün de pouvoir, lors même qu’ils ne sont pas sur le pont, savoir à toute heure où le navire a le cap. Mais il faut observer que tous les points de la rose soient dans une situation inverse à l’égard de l’observateur.-
- Maintenant voici la manière de se servir de la boussole, pour diriger la route du vaisseau : lorsqu’on a reconnu sur une carte marine réduite, par quel rhumb le vaisseau doit tenir sa route, pour aller au lieu proposé , on tourne le gouvernail jusqu’à ce que le rhumb déterminé* soit vis-à-vis la ligne marquée sur la boîte -, et alors le vaisseau faisant voile est sur sa véritable route, La boussole a plusieurs autres usages, que l’on trouvera aux mots compas de variation , et déclinaison.
- Boussole transparente ; c’est une boussole nouvellement imaginée en Angleterre , dont le but est , en des tems de guerre, de ne laisser apercevoir au dehors aucune lumière , et de dérober sa marche à la connoissance de l’ennemi. La rose de cette boussole est peinte des deux côtés : ses lettres et ses points, ainsi qu’un trait qui indique l'avant du vaisseau , sont rendus transparens ; nu miroir ou réflecteur est placé eu dessus pour réfléchir la lumière d’une lampe placée dans l’habitacle, et dont la lumière ne peut être vue , et qui ne laisse apercevoirque les lettres et les points parfaitement éclairés.
- On attribue l’invention delà boussole à Flavio de Groja , napolitain , qui vivoit dans le treizième siècle. Cependant il paroît par un passage du roman de la Rose, qu’en 1181 les pilotes français se servoient d’un instrument appelé marinette, qui n’étoit autre chose qu’une aiguille aimantée, ou frottée d’une pierre d’aimant, aveu laquelle ils se dir geoient sur mer. Les Anglais s’attribuent , sinon l’honneur de la découverte, du moins celui de
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- l’avoir perfectionnée. D’autres eit font honneur aux Chinois. La véritable cause de cette dispute, c’est qu’il en est de l’invention de la boussole , comme de celle des moulins , de l’horloge et de l’imprimerie : plusieurs personnes y ont eu part. Ces choses n’ont été découvertes que par parties, et amenées peu-à-ptu à une plus grande perfection.
- ( Physique ) Boussole à cadran; c’est ainsi qu’on appelle une boîte sur le plan de laquelle est tracé ua cadran solaire , garni* d'un style, et dans laquelle est suspendue librement sur un pivot une aiguille aimantée. Sur le fond de cette boîte est tracé un cercle divisé en 360 parties , dont le o est dans la ligns nord et sud, laquelle est dans le plan du style , ou méridien du cadran.
- Une pareille boussole est très-utile pour connoître l’heure qu’il est. En effet, quand on a un cadran solaire bien fait, il suffit, pour savoir l’heure , de le bien orienter : c’est à quoi sert l’aiguille aimantée de la boussole. Il faut i.° mettre le plan du cadran bien de niveau, au moyen de son à-plomb ; 2.0 ensuite faire répondre l’aiguille à la ligne méridienne du cadran , si l’on est dans un lieu où l’aiguille aimantée n’ait pas de déclinaison ; si au contraire elle en a , il faut faire répondre l’aiguille au degré qui marque cette déclinaison, alors le cadran est bien orienté , et son style se trouve précisément dans le plan du méridien.
- ( Astron. ) Boussole est le nom d’une constellation méridionale établie par M. de la Caille.
- {Jardin.) Planter à la boussole; c’est observer, en plantant les arbres , de les placer dans la meme situation qu'ils a voient dans'la Pe' pinière. Les jardiniers qui raisonnent peu, s’imaginent que le cote exposé au soleil dans la pépimeve» souffriroit s’il y étoit opposé daus la plantation. ,
- BOUT , s. m. du celtique bod, qui signifie fond , extrémité.
- ( Poésie ) Bouts rimes ; on ap^ pelle bouts rimes un sonnet a1^ sur quatorze rimes dont 1» c*101
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- tt l’arrangement ont été faits an hasard. Il faut d’abord que les rimes que l’on propose à remplir , soient toutes bisarres; il faut eu second lieu, qu’on les emploie telles qu’elles ont été proposées , sans les altérer en leur substituant des mots ordinaires ; enfin, en proposant les rimes , on doit aussi proposer le sujet du sonnet. L’auteur , de son côté , doit éviter de prendre uu style plus élevé que les rimes proposées ne le comportent.
- BOUTEILLE, s. f. du gr. ,<WTç ( bouttis ), une cuve , une coupe à boire : vase de terre à mettre le vin.
- ( Technol. ) Vaisseau de capacité médiocre , à large ventre et à cul étroit, fait de terre , ou de verre, ou de cuir , et propre à contenir de l’eau, du vin et autres liqueurs.
- ( Physique)Bouteille deLeyde; on donne ce nom à une bouteille de verre , en partie pleine d’eau , ou de limaille de fer , ou de quel-qu’autre substance électrisable par communication * et qui sert à faire sentir la commotion électrique dans l’expérience appelée , par l’abbé Nollet, expérience de Leyde. V. ce mot.
- ( Marine )Les bouteilles sont des ouvrages de charpente établis en saillie vers l’arrière du vaisseau , de chaque côté de la poupe , et dont l’intérieur sert de latrines aux officiers.
- BOUTIQUE , s. f. du grec «TTO—
- ( apolhêkê ) , en latin apothe-lieu à resserrer, dont .la ra-Cme est ztSniM { tithêmi ), mettre , placer.
- ( Commerce ) Lieu ou les mar-ouands étalent et vendent leurs Marchandises.
- BOUTURE , s. f. du vieux mot ‘tançais bouter , qui signifie mettre.
- , ( Cardin. ) Une bouture est la "tanche d’une plante ligneuse qu’on coupe en forme de coin, et qu’on ^eten terre, debout ou pliée , pour
- * y enraciner. Tels sont les rameaux
- • es groseilliers , des sureaux , des îasming ; Qes giroflées jaunes qu’on ®epare de la piante , et qui reprenant lorsqu’on les piaule. Ces bm%
- M R A i8i
- tares poussent des feuilles et des bourgeons , et donnent ensuite dès fleurs et des fruits, comme les branches de vignes nommées crossettes. Il faut que lés rameaux dont on les sépare soient aoûtés. V. AOUTÉ_* MARGOTE.
- BOYARD > s/ m. mot russe qui signifie seigneur.
- ( Econ. polit. ) C’èst ainsi qu’oa appelle les grands seigneurs en Russie. L’empereur, dans ses diplômes, les nomme avant les WÀ1VODËS. V. ce mot.
- BRACELETS, s. m. du grec Æf«-ou Êpaptioyios { brachiolia. ou brachionia ) , dérivé de ( brachion), bras, d’où les Latins des siècles barbares ont fait bra~ chialettum , et les Italiens brac~ cialetto.
- ( Costumes ) Ornement que les femmes portent au bras.
- Les peuples d’Orient portent des bracelets depuis le tems des patriarches.
- Parmi nous , cet ornement n’est plus qu’à l’usage des femmes. C’est sous Charles VU qu’elles ont commencé à porter des bracelets et des pendans d’oreille.
- BRACHYGRAPHIE,s. f. du grec ( brachus ) , court, abrégé , et de yr«çm ( graphe ), écrire.
- ( Diplomatique ) L’art d’écrire en abrégé.
- BRACHYPNÉË, s. f. du gree Cpa^vç ( brachus ), court, et de srio»
- ( pnoê ), haleine.
- ( Méd. ) Respiration courte et pressée , qu’on remarque dans les fièvres inflammatoires.
- BRACHYPTÈRES , s. f. et adj. du grec Êpas^vç ( brachus ) , court, et de 'arrsp-.p { ptéron), aile : qui a les ailes courtes.
- ( Ornith. ) C’est ainsi que dans le système des animaux de M. Cuvier, l’on appelle le troisième genre du sixième ordre des oiseaux , ou des palmipèdes , c’est-à-dire , qui ont les doigts réunis par de larges membranes.
- Les palmipèdes brachyptères sont donc des oiseaux à ailes courtes, et avec des doigts réunis par de larges membranes, Ce genre renferme
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- tontes les espèces de colimbes , Valque et faptenodeste.
- BRACTEES , s. f. du latin brac-tea , qui signifie une feuille, une lame très-mince , et qui vient probablement du grec ( brach-
- tea ) , facile à déchirer à cause de sa ténuité.
- ( Botan. ) Bractées ou feuilles florales ; ce sont de petites feuilles qui naissent avec les fleurs, et qui sont toujours différentes du reste des feuilles de la plante, soit par leurs formes, soit par leur couleur , soit par leur substance.
- Les bractées fournissent au botaniste plusieurs caractères pour la distinction des espèces ; ils sont tirés tantôt de leur couleur, tantôt de leur forme, tantôt de leur situation , tantôt de leur nombre , tantôt de leur durée , de leur différence ou de leur ressemblance respective , etc.
- BRACTÉATES, s. f. de bractea, feuille , lame mince.
- ( Numismat. ) Médailles brac-tèates ; ce sont des pièces ou plutôt de simples feuilles de métal, chargées d’une empreinte grossière. La Suède a donné naissance aux inonumens de cette espèce.
- BRAD1PEPSIE, s. f. mot grec composé de £p«.S-vr ( bradas ), lent •, et de -.fîrviç ( pepsis ), coction , digestion.
- ( Méd. ) Digestion lente et imparfaite.
- BRAMINES, ou BRAMENES, ou BRAMENS , ou BRACMANES, s. m. du dieu brama.
- ( Culte rel. ) Ce sont des prêtres de la religion des Indiens idolâtres , successeurs des anciens bracmanes. Les bramines sont la première race des Banians , et sont très-versés en astronomie. Ils ont des livres anciens qu’ils appellent sacrés, et conservent la langue dans laquelle ils ont été écrits.
- BRANCHE , s. f. du lat. branea, formé de brachium, bras , les branches étant regardées comme les bras des arbres.
- ( Botan. ) Branches ou rameaux; on nomme ainsi différentes productions que la tige ou le tronc jette de côté et d’autre. Les divisions et les subdivisions des branches ser-
- BR a:
- vent à faire connoître les individu*' auxquels elles appartiennent.
- On distingue les branches , en mères branches , ou branches du premier ordre ; en branches moyennes , ou branches du second ordre * et en petites branches, ou branches du troisième ordre. On appelle branches à bois , celles qui ne donnent ni fleurs ni Fruits ; branches à fruits , celles qui portent des fleurs et des fruits. Ces branches sont marquées à leur base par des rides ou des espèces d’anneaux : on les divise en brindelles et eu lambourdes. V. ces mots. Branches de faux bois , celles qui percent à travers l’écorce, et qui n’ont pas été produites d’un œil ou bouton ; branches gourmandes , celles qui absorbent toute la nourriture des branches voisines -, branches folles ou chiffones, celles qui sont grêles, maigres , mal constituées, et qui nuisent à l’arbre.
- ( Jardin. ) Outre ces diverses espèces de branches, les jardiniers de Montreuil divisent les branches des arbres en espaliers, en branches-mères , et en branches - crochets ; parmi ces dernières , ils distinguent les branches fortes ou gourmandes, les perpendiculaires et les obliques. V. ces mots.
- ( Physiologie ) Branches se dit des divisions des artères, des veines et des nerfs.
- Les artères principales se divisent en branches , et les branches eu rameaux. L’on dit branches de la moelle alongêe ; branches de l ischion et du pubis ; branches de Vétrier} branches du scalène muscle ; branches des vertèbres. V-cès mots.
- (Génial. ) On appelle branches, au figuré , les familles différentes qui sortent d’une même tige.
- ( Commerce ) Branches se dit des différentes parties d’un commerce.
- ( Lîttérat. ) On appelle branches, les divers objets d’une science.
- ( Géom. ) On appelle branche inférieure , une branche de courbe qui s’étend â l’infini , comme Ie® branches infinies de l’byperbole et de la parabole.
- ( Technol. ) Les arts et métiers font presque tous usage de ce ta011
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- jour designer quelque partie de leurs travaux, ou quelque instrument né-tessaire à leurs opérations.
- BRANCHIES, s. f. du latin bran-chics , formé du grec (brag-
- chia ) , dont la racine est ( Irogchos ) , gosier , parce que les branchies tiennent lieu de gosier.
- (Ichtyologie ) Les ouïes des poissons. Ce sont des espèces de lamelles disposées comme les barbes d’une plume ou les dents d’un pei-
- ^BRANDEVIN, s. m. de l’allemand Brandwein , composé de Brand, embrasement, et de TFein, vin : vin brûlé.
- ( Distill. ) Eau-de-vie ou vin distillé par la force du feu.
- BRANLE, s.m. du latin vïbrare, ou de brandire , aller ou faire aller de côté et d’autre.
- ( Marine ) Lit dont se servent les matelots sur les vaisseaux. Les Italiens appellent ce lit branda. Faire branle-bas ; c’est en général se préparer au combat. Ce mot vient de ce qu/alors ou détend tous les branles, ou les lits des matelots, pour vider les batteries , et qu’on les leur fait porter avec leurs hardes dans des filets placés le long du plat-bord du vaisseau , pour former le bastingage , qui est une espèce de retranchement contre la mousqueterie de l’ennemi. On fait aussi branle-bas par propreté, pour Nettoyer, aérer et parfumer le vais-•eau.
- bras , s. m. du grec ( orachion ).
- (-dnat.) Partie du corps humain, •pu se termine d’un côté à l’épaule , et de l’autre à la main.
- Chez les médecins et les anato-^tistes , le bras signifie seulement ®eUe partie qui est entre l’épaule et . coude ; le reste , depuis le coude Hsqu’au poignet, se nommel’araBt-fas. Le bras n’a qu’un seul os ap-Pelé humérus, au lieu que Yavant-ras_ est composé de deux os, le Tadius et le cubitus.
- • y^féogr. ) On appelle b ras d’une plVl®re ou d’un fleuve , un canal ou Un des canaux d'une rivière , qui sépare en deux ou en trois : on au le même sens , un bras de
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- mer, pour une partie de la mer qui passe entre deux terres assez proche l’une de l’autre. »
- { Mécan. ) Bras de levier ; c’est la portion d’un levier comprise entre le point d’appui, et le point auquel est appliquée la puissance ou. là résistance.
- {Marine) Les bras , en termes de marine , sont des cordages amarrés aux deux bouts de chaque vergue ,
- f tour la mouvoir horizontalement, et ni faire faire differens angles avec la direction de la qui lie , selon le vent, afin de présenter la surface de la voile au vent. De-là, le mot brasser , pour manœuvrer les bras. BRASSARD , s. m. de bras.
- ( Jeu de Ballon ) Instrument de bois dont on se sert pour jouer au ballon : c’est une douille de bois de chêne assez mince , de la longueur de l’avant-bras , qu’ou y fait entrer de force avec des mouchoirs , serviettes , ou autres linges. On peut , avec le hras ainsi armé , recevoir le ballon et le frapper , si fort que l’on veut, sans se blesser. La surface du brassard est taillée en grosses dents , afin que le coup ne glisse pas sur le ballon.
- Les anciens à qui le jeu de ballon n’étoit pas inconnu , ont eu aussi leurs brassards ; mais ils n’étoient pas de bois. C’étoient des courroie» d’un cuir fort, dont ils faisoient plusieurs tours sur leurs bras. BRASSE, s. f. de brus.
- ( Commerce et Marine ) Mesure de la longueur de deux bras étendus, de cinq pieds ( 1624 millimètres ) , On en fait usage à la mer pour le calcul de la profondeur du foud, et pour mesurer les cordages.
- BRASSER , v. a. du lat. braxare, qu’ou a dit pour brasiare , qui si-guifieproprement brasser delà bière, et qui a été formé de brasium, bière: faire de la BIÈRE , F. ce mot.
- BRAUN-SPATH , s. m. composé de l’allemand braun , brunissant , perlé ; et de Spath , autre mot emprunté de l’allemand'et qui signifie pierre feuilletée : pierre feuilletée perlée.
- ( Minéral ) C’est une variété de la mine de fer, que quelques minéralogistes ont cru devoir séparer, parce
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- qu’elle se retranche fréquemment parmi les autres métaux, et parce qu’elle offre de forts grouppes cristallisés.
- Sa couleur en sortant de la mine, est ordinairement d’un blanc d’émail avec un chatoiement nacré , d’où lui est venue sa dénomination de spath perlé; mais lorsqu’il a été quelque tems exposé à l’air , sa couleur devient successivement jaunâtre ,. brune et quelquefois noirâtre.
- BRAVE, s. m. etadj. du latin probus, qui signifioit anciennement vaillant , et dont les Italiens et les Espagnols ont, fait bravo; ou du gr. Éiaiv w ( brabeion ), le prix de la victoire , dont la racine est Ép*£svç { brabeus ), celui qui donne le prix du combat.
- ( Langage ) Le mot brave a plusieurs significations parmi nous. Il exprime un homme vaillant , un îiomme probe et un homme bien vêtu.
- BRAVO, adv. mot emprunté de l’italien , et dont on se sert en français , pour témoigner son approbation.
- BRÉ on BRAI , s. m. de brutia , colonie des Phéniciens, fertile en bonne poix.
- ( Marine ) Matière résineuse, provenant des pins et des sapins , qui sert au calfatage des vaisseaux pour boucher le passage à l’eau , à enduire les bois et les cordages poulies conserver, etc. Lorsque cette matière est grasse et liquide , on l’appelle communément goudron , V. ce mot.
- BRÈCHE , s. f. de l’allemand brechen , qui signifie rompre , et dont on a fait ébrécher : ruine, ouverture faite par force ou autrement à ce qui sert de clôture , comme une muraille, un rempart, une haie.
- ( Art mïlit. ) Battre en brèche ; c’est battre une muraille avec de l’artillerie pour y faire une brèche.
- BRÈCHE , s. f. quand il se prend pour une sorte de marbre , vient de l’italien brida , qui signifie parcelle , miette , fragment.
- ( Minéral.) Les brèches sont des pierres composées et formées du détritus des montagnes primitives , et
- BRE
- des fragméns des roches de diverses natures , réunis ensemble par un ciment commun. Les variétés des brèches se-distinguent par une seconde dénomination qui indique la nature des substances dont elles sont composées , et celles du ciment qui lie ces substances. De-là , la brèche calcareo-calcaire , pour brèche à ciment et à fragméns calcaires; èré-che calcareo siliceuse, pour brèche à ciment calcaire et à fragméns siliceux , etc.
- BREDOUILLE, s. f. du lat. radin plare, répéter.
- ( Trictrac ) On appelle aktsi le jetton qui sert à faire connoître que les points qu’on a , ont été pris sans interruption , et que si l’on arrive de même jusqu’à douze points , on sera en droit de marquer deux trous , au lieu d’un. Celui qui marque les premiers points n’a pas besoin de prendre la bredouille ; elle est sous entendue ; mais son adversaire , ea prenant des points après lui', doit accompagner son jetton , du troisième jetton appelé bredouille, et s’il arriv e également à douze points sans interruption ; il est autorisé-à marquer deux trous. S’il y a eu interruption de part et d’autre , dans la marque des points, celui des deux joueurs qui arrivele premier à douze points , ne peut marquer qu’un trou simple ; parce que , suivant, le langage du jeu , il a été dêbrêdouillé. S’il y a des trous bredouille, il y a aussi des parties bredouille ; la partie de trictrac est de douze trous; si ou les prend tout de suite et sans interruption, on gagne la bredouille-Il y a des joueurs qui la font payer double.
- BREF , s. m. du latiu brevis ou brève , pour chartula ou libelles brevis.
- ( Chancellerie rom. ) Dans le* anciens tems et presque jusqu’à nos jours , les lettres , jussions , inande-mens , billets , tant des rois que des particuliers s’appellèrent brèves et brevicoles. Aujourd’hui, ce nom est réservé aux lettres des papes ’ faites à l’occasion de quelque aftan-8 publique. Leur forme a longteIDi varié ; mais elle fut enfin fixée vers le milieu du XV.e siècle 5 les brejs
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- Be différent des bulles qus par leur suscriptioa et le caractère de l’écriture.
- BREGMA, s. m. du grec bregma ), dont la racine est brechà ), arroser.
- ( Anat. ) Partie de la tête qu'on appelle le sinciput ; le bregma est composé de deux os nommés bregmo ou bregmatis ossa , qui sont les deux pariétaux.
- BRÈVE , s. f. du latin brevis.
- ( Musique ) Note qui passe deux fois plus vite que celle qui la précède ; ainsi la noire est breve après une blanche pointée, la croche après une noire pointée.
- Les Italiens appellent brève , une vieille ligure de note que nous ap-ellons carrée ; et Us nomment alla reve , la mesure à deux tems fort vites , dont ils se servent dans les musiques da capella.
- BREVET, s. m, de brevettum diminutif de breve, contraction de brevis libellus.
- ( Administr. ) Sorte d’expédition non scellée , par laquelle le prince ou le magistrat suprême , aceordoit quelque grâce ou quelque titre de dignité.
- On dit aujourd’hui brevet d’invention, ou patente nationale, pour un brevet accordé aux inventeurs , aux auteurs de nouvelles découvertes , pour leur en assurer la propriété et l’exercice exclusif, pendant un certain tems.
- ( Pratique ) Brevet se dit d’un acte pardevant notaires , dont il ne leste point de minute.
- (Marine et Commerce) On appelle brevet ou connaissement, un acte sous seing-privé , par lequel le maître d’un navire reconnoît avoir chargé certaines marchandises, qu’il s’oblige de conduire au lieu convenu , sauf les risques de la mer.
- (Teinturier) Les teinturiers disent faire le brevet, pour mettre ensemble diverses drogues pour la teinture ; manier le brevet, pour examiner si le bain est bon ou assez ahaud , et ouvrir le brevet, pour prendre de la liqueur, afin de concoure la couleur du bain.
- BRÉVIAIRE , s. m. du lat, 1rs-viüriwn, abrégé.
- BRI 18 5
- {Culte catliol.) Dansl’ongine , on nomma unbréviaire ou abrégé,por-tifaria, parce que les ieçons , les légendaires , les homélies y étoient disposées en abrégé , et par petites parties pour la commodité de ceux qui alloient en voyage et ne pou-voient assister au chœur. Au reste , breviarium n’étoit pas entièrement consacré à exprimer un abrégé de l’office divin ; les premiers chrétiens ont trouvé ce mot dans la langue latine, où il signilioit la même chose que sommarium. Pline , Suétone > et d’autres auteurs latins , l’ont employé dans le sens d’abrégé historique.
- Bréviaire se prend plus particulièrement aujourd’hui pourl’office même que doivent dire chaque jour, ceux qui y sont obligés.
- , BREVIPENNES ( GALLTNA-CÉES ), adj. du lat. brevis , court, et de penna , aile : qui ont les ailes trop courtes pour le vol.
- ( Ornithol. ) Les gallinacées ( V. ce mot ) brevipennes forment le second genre du quatrième ordre des oiseaux, dans le système de M. Cuvier. L’autruche 'est un galli~ nacée brevipenne.
- BREVIROSTRES ( ÉCHAS* SIERS ), adj. du lat. brevis , court, et de rostrum , bec : qui ont le bec court.
- ( Ornithol. ) Les échassiers ( V. ce mot ) brevi-rostres forment le premier genre du cinquième ordre . des oiseaux , dans le système de M, Cuvier. On les appelle ainsi, parce qu’ils sont comme montés sur des échasses , et parce qu’ils ont le bec fort et court.
- BRICOLE , s. f. corruption de Citai. traboccolo, instrument deguerre ancien ( espèce de fronde ), avec laquelle on Jançoit des pierres dans les villes assiégées.
- Comme ces bricoles étoient ordinairement faites avec des longes de cuir , ou a appliqué ce nom à certaines choses qui ont du rapport à la forme et à la matière de cet instrument. De-là la partie du har-nois des chevaux de carrosse, appelée bricoles; les longes de cuir dontseserventles porteurs de chaise.
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- {Jeu de Paume et de billard) Bricole se disoit aussi de l’effet que pro-duisoient les pierres lancées après avoir frappé une muraille ; et l’on a depuis appelé bricole , au jeu de •paume, le retour de la balle, quand elle a frappé un des murs de côté ; et au billard , l’effet que produit une bille après avoir frappé une des bandes.
- ( Vénerie) Les bricoles sont aussi une espèce de rets ou de filet, pour prendre des cerfs, des daims , etc.
- ( Marine ) On appelle bricoles , en termes de marine, les moure-raens trop vifs que fait un vaisseau qui est en mer, pour reprendre son à-plomb ou sa situation verticale. La bricole est occasionnée par une mauvaise distribution des poids ;
- ' trop de ceux qui sont légers étant au fond du bâ timent, et trop d’objets lourds dans ses hauts, au-dessus du centre de gravité.
- BRIGAND, s. m. du lat. brigan-tes , peuples de l’Yorkshire , en Angleterre, et des Alpes en Italie, qui, selon Cambden et Strabon, fai-soient le métier de voleurs ; ou plus vraisemblablement du latin briga , qui signifioit une troupe armée , et qui a produit brigantes, pour désigner les soldats dont elle étoit composée , et brigantine pour exprimer l’armure légère dont ils étoient couverts.
- Brigand se dit aujourd’hui des voleurs de grands chemins ; ce mot est pris dans un sens défavorable, depuis le quatorzième siècle, où les brigands qui formoient une partie des armées de France et d’Angleterre, ne laissèrent pas, pendant la trêve conclue en i34S entre les deux puissances , de continuer les hostilités et tousj les^ désordres de la guerre.
- BRIGANTIN, s, m. de brigand. ( Voy. ce mot. )
- (Marine) Bâtiment de bas bord , qui doit sou nom aux brigands écumeurs de mer, qui se servoient de cette espèce de bâtiment, pour exercer leurs pirateries.
- Le brigantin porte un grand mât, un mât de misaine , et un mât de beaupré. Son grand mât estordinai-
- BRI
- rement vers l’arrière , et son mâi de misaine un peu sur l’avant. Il porte les mêmes voiles que les navires , excepté que le grand mât, au lieu d’une voile carrée, porte à sa place une voile aurique , appelée brigantino. V. VOILE AURIQUE.
- BRILLANT, TE, adj. de l’italien brillare , formé peut-être de berillen, pierre précieuse qui a beaucoup d’éclat.
- ( Peinture ) On dit un ton brillant , une couleur , une lumière brillante ; on dit encore, ce tableau attire par le brillant de son coloris.
- Les tableaux brillons appellent le spectateur ; dans une galerie on court vers l’ouvrage brillant, persuadé qu’il doit répondre à l’idée qu’on s’en forme. Le tableau brillant semble donc contracter l’obligation d’offrir à ceux qu’il a attirés plus de perfection que le tableau qui se laisse chercher ; obligation qu’il ne remplit pas toujours.
- Les tableaux, au moment qu’ils sont terminés , offrent souvent une sorte de brillant dans le coloris, qu’on peut nommer fraîcheur de tons ; et si ce brillant paraît quelquefois s’élever au dessus de l’accord harmonieux qu’on desire , on doit supposer , s’il est peint d’une manière franche et de couleurs solides , qu’il acquerra , avec le tems, ce qui peut lui manquer pour une parfaite harmonie. Plusieurs maîtres célèbres et savans dans leur art, ont prévu cet effet inévitable, et se sont permis un coloris plus brillant qu’il n’aurait dû l’être , dans la certitude où iis étoient que le tems leur rendroit l’avantage dont’ ils vou-loient s’assurer pour la suite. L’art du peintre consiste , non - seulement à colorier de manière à contenter ceux qui jouissent de leurs ouvrages, lorsqu’ils viennent d’être produits , mais encore à faire une estimation anticipée des change-mens qui doivent s’opérer sur le coloris.
- BRINDILLE, s. f. diminutif de brin , formé de verga , verge, qu on a prononcé vrige , vringe et bringe.
- ( Jardin. ) Branche à fruit, très-petite , ayant des feuilles ramassée*
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- tontes ensemble , au milieu desquelles il y a un on plusieurs boutons à fruit. Les fruits que portent ees brindilles sont communément les plus gros et les plus exquis.
- BRIQUE, s. f. du lat. imbricare , dont les écrivains des bas siècles ont fait brica.
- ( Archit. ) L’art de faire la brique est presque aussi ancien que le monde ; l’histoire sainte et l’histoire profane l’attestent, ainsi que ces mo-numens de l’antiquité la plus reculée qui subsistent encore aujourd’hui , et qui prouvent en même tems combien la bâtisse en brique est solide et de longue durée. Le choix d’une bonne terre, sa préparation , sa cuisson parfaite sont des articles très-essentiels pour faire des briques. La terre à brique est l’ar-gile, et l’argile n’est autre chose qu’une terre vitrescible , unie à de l’acide vitriolique. Les briques antiennes étoient mêlées de paille , de roseaux hachés et cimentés de bitume , et séchées au soleil. Les Romains , dans les premiers tems , se servoient de briques crues, seulement séchées à l’air pendant quatre à cinq ans.
- Aujourd’hui, l’art du briquetier consiste à tirer la terre, à la détremper , à la battre , à la mettre eu moule, à là laisser sécher, et à la faire cuire.
- !t Briques flottantes ; Pline fait mention de deux villes en Espagne , Massilua et Cal enta, où l’on fabriquent une espèce de briques qui surnageoient dans l’eau. Suivant Possidonius , ces briques étoient faites d’une terre argileuse, blanche , et dont on se servoit pour nettoyer l’argenterie. Fabroni a tenté d’en fabriquer de semblable , et il a obtenu un plein succès. La terre dont il s’est servi se trouve près de Castel del Piana , sur le territoire de Sienne. Les briques qu’il a composées surnagent toujours dans l’eau , cuites ou crues. Les premières ne different des autres que par leur qualité sonore ; elles résistent parfaitement à l’action de l’eau , et se punissent très-bien avec la chaux dans la construction.
- SRIQUETÉ, adj. de brique. V. «e mot.
- BRI s»-/
- ( Peinture ) Le mot briqueté désigne une couleur d’un rouge approchant de la brique ; quelques peintres rappellent trop généralement cette couleur dans leurs ouvrages ; cela provient de l’habitude que contracte un artiste d’employer trop fréquemment dans le mélange de ses teintes , dans ses passages et dans ses ombres, une couleuriqu’il a prise en affection. Quelquefois, c’est pour imiter un maître qui a le même défaut ; souvent on est entraîné à faire entrer certaines couleurs par la facilité qu’elles procurent d’accorder généralement un tableau ; enfin la couleur dont la toile a été couverte dans son apprêt, peut y contribuer. 11 arrive en effet, quelquefois , que le ton de cet apprêt, qui a été long-tems d’un rouge brun , perce au travers de plusieurs des couleurs dont on le couvre , et alors le tableau présente des tons briquetés , qui ne proviennent pas du système de colorer du peintre, mais de l’apprêt de sa toile.
- BRIS, s. m. de briser, formé du latin briso, et probablement tiré du grec Cp* ( brise in ), fouler aux pieds : rupture avec violence,
- ( Pratique ) Violence avec effraction pour sortir de prison.
- Bris de scelle ; rupture d’un scellé apposé par voie de justice.
- Bris de vaisseau ; terme de jurisprudence, synonyme de naufrage , qui se dit des vaisseaux qui se perdent ou se brisent sur les côtes.
- Les anciens Gaulois avoient établi le droit de bris ; c’est-à-dire que lorsque des vaisseaux'échouoient ©u se brisoient sur les côtes , ils ap-partenoient , ainsi que les effets dont ils se trouv oient chargés, au seigneur dii lieu où s’étoit fait le naufrage. Les Gaulois en agissoient ainsi, parce qu’ils regardoient les étrangers comme leurs ennemis, et qu’ils les immoloient sur les antels de leurs dieux. Les Romains abolirent ce droit sur le déclin de l’empire ; mais ils le rétablirent pour se dédommager des pertes que leur oc— casionnoient les fréquentes incursions des peuples voisins. Le droit de bris n’a plus lieu chez les nations policées.
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- BEISÀNS, s. in. de bris. Voy. ce mot.
- (Marine) Rochers qui s’élèvent jusqu’à la surface de l’eau ou au dessus , sur lesquels les vagues de la mer vienneut se rompre ou se briser. Ils sont figurés sur les cartes marines par de petites croix répandues suivant leur situation.
- BRISE, s. f. de l’italien brezza , léger souffle de vent, dont les Anglais ont fait breeze.
- ( Marine) Vent qui souffle régulièrement dans certains paràges , et dans certains tems de l’année, aux mêmes heures. On dit la brise du. large, et la brise de terre, pour distinguer celle qui vient de la pleine mer , de celle qui vient de l’intérieur des terres ; la brise du large souffle communément pendant le jour > et la brise de terre pendant la Huit. ,
- BRISEES, s. f. de briser, rompre; dérivé du celtique brix, dans la même signification.
- (Pénerie) il se dit des marques faites aux arbres , sur les voies de la bête.
- BRISE-VENT, s. m. de bris, rupture. Voy. ce mot.
- (Jardin. ) Clôture faite ordinairement avec des paillassons de paille de seigle, et soutenue par des pieux de toise en toise. Les jardiniers et les maragers s’en servent pour entourer leurs melonnières, et les garantir des mauvais vents.
- C’est un pan de muraille élevé du côté des mauvais vents , et faisant l’équerre à l’extrémité d’un espalier. Cette sorte de brise-vent est fort commune à Montreuil, dont les habitons imitent, à l’égard du vent et des diverses impressions de l’air , l’effet des digues et des vannes pour arrêter la trop grande rapidité des eaux.
- BRIZOMANCIE. s. f. du grec Cpdu (brizô), dormir, et de uearua ( manteia ), divination.
- (.Divinat.) L’art de prédire l’avenir, par le moyen des songes.
- BROCANTEUR , s. m. du latin recantare, se dédire.
- ( Commerce ( On appelle ainsi à Paris ceux qui font métier d’acheter pour revendre. Ce nom leur vient de
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- ce qu’autrefois ils avoient vingt-quatre heures pour se dédire d’un marché qu’ils avoient fait.
- ( Peinture ) Les brocanteurs, 1* brocante et le brocantage sont des termes familiers du langage de la peinture.
- Le brocanteur est, à l’égard de la peinture , ce que le cabaretier et le maquignon sont à l’égard du vin et des chevaux. Le brocanteur est donc taxé justement ou injustement de vendre on de troquer le plus adroitement et le plus avantageusement qu’il le peut, des marchandises souvent déguisées et frelatées. Au reste, le jugement et l’appréciation des tableaux exige, de la part des acheteurs , une finesse, une perspicacité et des.connaissances qui sont le partage d’un bien petit nombre d’amateurs. Distinguer la manière des maîtres est une de ces connoissances, mais le nombre de ces maîtres est si considérable qu’il est difficile de conserver la mémoire et les. caractères distinctifs de chacun. D’ailleurs, plusieurs sont élèves les uns des autres, et se sont ressemblés de manière â faire tomber dans la méprise ; et ce qu’il y a encore de plus fâcheux, c’est qu’on les copie avec une telle adresse, qu’on y est aisément trompé.
- L’amateur novice est donc exposé à être trompé dans la connoissance des maîtres, et dans la distinction qu’il toi faut faire entré l’original et la copie; mais il n’est pas encore à la fin des épreuves de son noviciat.
- Le brocanteur , expert dans tous les moyens de sa profession , sait retoucher, repeindre, donner à propos au tableau le caractère respectable de l’ancienneté, ou la fraîcheur et l’éclat d’un âge moins imposant. Il ne se croit point obligé de répondre que ces caractères dureront au-delà du tems nécessaire au marché. Il doit encore avoir le talent d’exposer ses tableaux au jour le plus favorable , de le parer d’une bordure qu* annonce un ouvrage distingué et précieux. Il sait le vernir de manière a lui donner un éclat qui séduit meme en éblouissant les yeux.
- (.Antiquaire) Dans les principale® villes d’Allemagne , d’Italie, et dans les échelles du Levant, on rencontre des brocanteurs, qui, bien un or-
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- mes de l'estime que les étrangers eut pour les bronzes , les médailles, les statues et les vases antiques , tiennent magasin de toutes ces choses-là , et sont particulièrement remarquables par une industrie qu’ils ont introduite dans leur commerce , et qu’il est important de connoitre pour n’en point être la dupe.
- On sait que ce n’est ni le métal ni le volume qui rendent une médaille précieuse, mais son antiquité, sa rareté, relativement à la tête , au revers , à la légende, et à la manière dont elle est conservée. Les médailles
- Îrecques sont plus recherchées que es romaines , tant à cause de leur antiquité, que par une plus belle correction de dessin. Les médailles de bronze augmentent encore de prix par la beauté du vernis que leur ont l'ait prendre certaines terres, dans lesquelles on les a souvent trouvées enveloppées. Cette espèce de vernis que l’art jusqu’à présent n’a pu imiter qu’irnparfaitement, donne à quelques médailles un beau vermillon , un bleu turquin, qui est comparable à celui de la turquoise : il répand sur d’autres un poli vif et une couleur brune très-éçlatante. La couleur ordinaire est un beau verd nui s’étend sur la gravure, sans en dérober les traits les plus délicats. Le bronze seul est susceptible de ce beau vernis verd, car la rouille verte qui s’at-, tache sur l’argent ne sert qu’à le gâter.
- Les brocanteurs empruntent donc de différens acides un vernis semblable pour cacher les défauts d’une médaille , ou les changemens qu’ils ont faits dans une légende ; mais ce vernis n’a jamais la couleur , l’éclat fit le poli de celui que donnent naturellement les sels de la terre. D’autres les mettent dans la terre , pour leur donner cette couleur de rouille , mais qui n’en impose qu’à des ama-teui’s novices.
- Quelques-uns contrefont les médailles antiques par le moyen dea . moules de sable ; mais les grains qui s’impriment sur le métal servant à faire reconnoître la fraude. On re-connoît celles qui ont été réparées, a de certains coups de burin trop onloncés , à des bords trop élevés, à *le8 traits raboteux et mal polis,
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- Enfin, des artistes*• brocanteurs ont fait des coins exprès sur les médailles antiques et raves. Cette fraude réussit d’autant mieux , qu’il est visible qu’elles n’ont été ni moulées ni retouchées. Ceux qui se sont montrés les plus habiles dans ce genre d’industrie , sont le Padouan, le Parmesan et le Carterou , hollandais. Mais leurs médailles sont en trop bon état pour ne pas paroitre suspectes.
- BROCARD , s. m. d’un évêque de Worms , nommé Burchard, auteur d’une collection de Canons en forme de sentences et de maximes , auquel on donna le nom de Brocardas, celui de Brocaràica, à son ouvrage , ensuite à tous les ouvrages du même genre , et enfin à ceux qui débitaient à tort et à travers ces sortes de propos , souvent mêlés de railleries et d’injures.
- Aujourd’hui brocard signifie une moquerie , une raillerie piquante.
- BROCART, s. m. du latin broca-re , qui signifie brocher, dont les .italiens ont fait broccato, et les Espagnols brocado.
- (Manufactures ) Le brocart étoit oridmairement une étoffé tissue d’or, d’argent, ou des deux ensemble, tant en chaîne qu’en tramts ; dans la suite on a donné ee nom à celles où il y avait quelques profilâtes de soie, pour relever et donner de l’ombragq aux fleurs d’or dont elles étaient enrichies; enfin, ce nom est devenu commun à toutes les étoffes de soie, soit de satin , soit de gros-de-naples ou de taffetas ouvragés de fleurs et d’arabesques, qui les tendent riches et précieuses, commele vrai brocart.
- BROCATELÏiË, s. f. de l’italien brocatello.
- ( Minéral. ) On appelle ainsi une espèce de marbre d’Italie , nuancé des u'us belles couleurs.
- {Manuf.). Brocateile_ est le rom tt’nne étoffe brochée , à la manière du brocart, mais de moindre valeur.
- BRODERIE , s. f. de border, par transposition de lettres.
- (Hist. anc.) L’antiquité fait honneur de cette invention aux Phrygiens , peuples très-anciens. La £ro— derie étoit connue de tous les peuple*
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- R’OrieUt. Homère décrivant les occupations d’Hélène à Troye , dit que cette princesse travailloit à un merveilleux ouvrage de broderie.
- (Musique) Broderie se dit en musique de plusieurs notes de goût que le musicien ajoute à sa partie dans Inexécution, pour varier un chant souvent répété, pour orner des passages trop simples, ou pour faire briller la légèreté de son gosier ou de ses doigts. Les Italiens se donnent une ample carrière â la broderie : c’est cirez eux à qui en fera davantage ; émulation qui mène touj ours à en faire trop. Cependant l’accent de leur mélodie étant très-sensible , ils n’ont pas à craindre que le vrai chant disparaisse sous ces ornemens que l’auteur même y a souvent supposés.
- RROMQGRAPHIE, s. f. du grec Cpw/jK* (brôma), aliment, et de yça.y* (graphô), décrire.
- ( Méd. ) Partie de îa médecine qui traite des alimeas solides.
- BRONCHES, s. T., en ital. bron-chi , et du grec (brogchos) ,
- qui signifie , dans Hipocrate et dans Galien , le gosier ou trachée-artère.
- (Anat.) On appèle ainsi les petits tuyaux dans lesquels se divise la trachée artère à cou entrée dans les poumons, et qui sont distribués dans chaque partie de? poumons , pour servir de passage à l’air delà respiration.
- BRONCHOCELE, s. m. du grec Cptyptn (brogcZios), gorge , et de
- « (kéle), tumeur.
- (Méd.) Goitre on grosse tumeur qui se forme à ia gorge, entre la peau et la trachée-artèi'é.
- BRANCHOTOMIE, s. f. du grec Cpô-yx^ ( brôgcho&), gorpe , trachée-artère , et de TOjüîf (tome) , incision, dérivé de .:>om (tsmnâ) , couper.
- (dur. )lIncision faite à la trachée-artère , pour en tirer quelques corps étrangers, ou pour faire entrer l’air dans les poumons.
- BRONZE, s. in. On disoit autrefois frontis ; Eltaiien dit bronzo, et l’Espagnol bronce.
- ( Mètall. ) Alliage de cuivre, d’étain et de zinc.
- C’est le métal dont on coule les
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- statues et les pièces d’artillerie. L» qualité de ce métal consiste dans la juste proportion de ce mélange. R faut qu’à beaucoup de fermeté U joigne assez de ductilité pour n’être pas fragile. Voy. AIRAIN.
- (Numismatique) On dit, en parlant des médailles, le grand bronze, le petit bronze, le moyen bronze, pour les grandes , les petites , les moyennes médailles de bronze. Mais le bronze dont on fabrique les médailles, est tout uniment du cuivre de rosette, auquel on a donné le nom de bronze, parce qu’il a paru plus noble que celui de cuivre.
- BROSSE, s. f. du latin bruscus broussailles j dont les Espagnols ont fait bruscOi
- ( Eoon. dom. ) Sorte d’ustensile servant à nettoyer les habits, et fait de brins de bruyère fort fins , ou de poil de cochon et de sanglier.
- (Peinture) On se sert, en peignant à l’huile, de brosses et de pinceaux ; la brosse est une espèce de pinceau moins fin ; elle est formée de poils ou de soies de cochon assez dures, médiocrement flexibles , et peu disposées à former la pointe , en s® réunissant à leur extrémité. C’est avec la brosse que le peintre , après avoir pris les couleurs ou les teintes qui sont disposées sur sa palette , les applique sur la toile , pour les étendre ensuite , les mêler ou les unir les unes avec les autres. Il paroit que les peintres se sont servi des pinceaux avant de faire usage des brosses, parce qu’ils ont trouvé plu» simple d’opérer avec la couleur comme avec le crayon bien aiguisé ou la plume. Ils avoient besoin pour cela de pinceaux qui fissentla pointe : leurs grands ouvrages mêmes étoient peints ainsi. Cette façon d’opérer contribuoit , avec plusieurs autres causes, à la manière sèche qu’on remarque dans leurs ouvrages. Leur trait étoit fin , la touche étoit maigre , et par-là son effet manquoit de ïa perfection que l’usage de la brosse a procurée, à cet égard, aux artistes.
- Cependant la brosse, plus favorable à l’effet , comme un moyen plus prompt et un outil qui peint plus large et plus gras, n’exclut pas absolument l’usage du pinceau, dont quelques artistes se servent «a-
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- »ore, Mais dans certains détails qui demandent une grande précision , et surtout dans ce qu’on appelle les pe-tits genres, parce qu’ils permettent, et semblent même exiger une précision de trait indispensable ; mais plus les genres précieux se multiplieront, plus le public reprendra le goût ,des petits détails, et plus aussi les peintres reprendront l’usage des pinceaux , en les substituant à la brosse, ce qui les éloigne de la manière grande et savante d’employer la couleur.
- BROUILLARD, s. m. du latin bruina, qui a produit bruine, brouir, dont les Italiens ont fait brina, dans la signification de gelée blanche.
- ( Physique ) Météore aqueux , composé d’une grande quantité de vapeurs répandues dans la partie de l’atmosphère la plus voisine de la terre, et qui en troublent la transparence.
- BROUINE ou BRUINE, s. f. du latin bruina, d’où les Italiens ont fait brina, en la signification de gelée blanche.
- ( Phys. ) Météore aqueux , sorte de pluie extrêmement fine, dont les gouttes sont très-petites, en très-grand nombre , fort proches les unes des autres, et tombent lentement «tavec une vitesse presque uniforme.
- ha pluie demeure très - fine et lorme delà bruine, toutes les fois que la condensation des vapeurs qui ja composent se fait lentement, ou '°rsque ces vapeurs ne se réunissent ** le tombent que parce que l’air qui «es soutient, les abandonne en se rainant.
- f BROUIR, r. a. du lat. p ruina, •uriné de peruro, brûler.
- ( Agricult. ) Ce terme se dit des jeuilles , des fleurs , et des blés , •ursqu’après avoir été attendris par UQe gelée blanche, il survient un tQup de soleil qui les brûle , qui les ; alors les nouvelles feuilles se fec°quillent, deviennent d’une cou-tttr terne et rougeâtre, et tombent. , RRUIT , s. m. du lat. rugitus , les Espagnols ont fait ruido. |je' physique } mouvement irrégu-
- r 'mpvimé a l’air par des corps se choquent ; c’est ea cela que le
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- bruit se distingue du sou dont 1* mouvement est régulier et distinct. Le bruit peut être regardé comme un assemblage de plusieurs sons qui font tous ensemble, sur l’organe de l’ouïe , leur impression , qui par-là devient confuse , au lieu que le soit fait des impressions distinctes et séparées les unes des autres. Ainsi, une muraille qui tombe, un tombereau de pierres qu’ou décharge sur le pavé, et autres choses semblables, produisent un bruit qui ébi'anle l’organe tout entier ; mais une cloche que l’on frappe , ou une corde que l’on pince, ne fait son impression que sur une seule partie de l’organe, sans ébranler en aucune façon les autres.
- ( Musique ) Ea musique, le mot bruit est opposé à son, et s’entend de tonte sensation de l’ouïe , qui n’est pas sonore et appréciable. On donne , par mépris, le nom de bruit à une musique étourdissante et confuse, oû l’on entend plus de fracas que d’harmonie, etplus de clameurs qu« de chant. Ce n’est que du bruit. Cet opéra fait beaucoup de bruit et peu d’effet.
- BRULER, v. a. du lat. bruscu-i lare, dérivé du grec Êpvc-sn ( bru~ sein, purifier par le feu, consumée par le feu.
- ( Antiq. ) La brutalité et la cupidité des barbares qui, après le combat, déterroientceux qui avoient péri dans la mêlée , pour les insulter et les piller, introduisirent parmi les anciens l’usage de brûler les corps. Les Grecs l’adoptèrent long- tem» avant la guerre de Troye ; et Sylia, craignant que les Romains n’en usassent à son égard comme il en avoiû agi envers Caïus Marias, ordonna, en mourant, qu’on mit son corps, sur un bûcher. Depuis cette époque jusqu’au tems de Théodose, le peuple a toujours brûlé les morts.
- BRULOT, s. m. de brûler. V: ce mot.
- ( Marine. ) Navire qn’on garnit da poudre et de matières inflammables , pour le mener vers un vaisseau ennemi , afin d’y mettre le feu.
- L’exécution d’un brûlot est une opération dangereuse et délicats , qui demande d’être conduite par le
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- toz BRU
- marin le plus habile et le plus intrépide.
- Un vaisseau qui voit approcher un brûlot ennemi,cherche à s’en garantir, en tâchant de je couler bas à coups de canon, en envoyant à sa rencontre des chaloupes bien armées, pour faire mine d’enlever la chaloupe du brûlot , et d’ôter à l’équipage l’espoir de se sauver , et enfin, en évitant l’abordage, si on le peut.
- BRULURE, s. f. de brûler. V. ce. mot.
- ( Méd. ) Solution de continuité , ou division des parties solides du corps , faite par l’impression du feu , accompagnée d’inflammation , de tension et de douleur vive et ardente. Ce mot s.e dit aussi de la marque qui reste sur une chose qui a été brûlée.
- ( Jardin. ) La brûlure est une maladie qui attaque les bouts des branches et des racines , et les tiges des arbres en espalier, celles-ci surtout , lorsqu’elles sont exposées au midi.
- La brûlure rest occasionnée par l’alternative de congélations et de dégels qui ont lierien hiver, lorqu’il tombe de la neioe , des gelées blanches , du givre , du grésil, etc. , et que le soleil voient ensuite fondre ces incrustations , et que ces accidens se répètent plu .sieurs jours de suite.
- BRUM/i.CRE} s- m. du gr. Æpowo;
- ( bromos ) , nom que l’on donnoit à Bacchu's, parce que les fêtes de ce dieu tomboient dans le tems des brun tes,
- ( Chronol. ) Second mois de l’an-D'.ée républicaine française. Ce mois ‘ mii a trente jours , comme les onze autres, commence le 22 octobre, et finit le 20 novembre; mais dans l’année qui suit immédiatement l’année sextile , ce mois commence le 25 octobre et finit le 21 novembre. Le nom de brumaire lui a été donné comme à JBacchus , à cause des brumes ou brouillards qui ont assez ordinairement lieu dans ce mois.
- BRUME , s. f. du gr €po«oç (bro-raos ) , nom qui a été donné à Bac-chus, parce que ses fêtes tomboient dans le tems des brumes.
- ( Marine ) Brume est synonyme
- BUB
- de brouillard, mais les marins em< ploient plus communément le pre„ mier. La brume, à la mer, n’est dangereuse que lorsqu’on est aux approches de terre , ou lorsqu’on navigue en compagnie avec plusieurs vaisseaux. Dans le premier cas, on se tient au large ; et dans le second on fait battre le tambour, sonner la trompette , tirer des coups de fusil de tems en tems, pour faire connoî-tre sa position aux autres vaisseaux, de crainte de s’aborder les uns les autres, ou de se disperser et se séparer.
- BRUNETTE , s. f. diminutif dt brune, du latin brunnus , qui se trouve dans plusieurs écrivains du moyen âge.
- ( Poësie) On donne ce nom à nue espèce de chanson, dont l’air est facile et simple, et le style galantet naturel, quelquefois tendre , ets#u-vent enjoué. On l’appelle ainsi, parce qu’il est arrivé souvent que, dans ces chansons, le poète s’adressant à une jeune fille, lui a donné le nom de brunette , petite brune.
- Brunette , mes amours,
- Languirai-je toujours?
- BRUSQUER, v. a. de l’italie» brusca , être prompt et rode.
- ( Art milit. ) Brusquer une at-taque1, brusquer une place ; c’est lorsqu’au lieu d’ouvrir la tranchée de loin , on commencé par les premiers travaux de la place, par se loger sur la contrescarpe, travail' lant après en arrière, jusqu’à ce qu’on ait fini parla queue. Ces sortes d’entreprises ne peuvent réussir que lorsque la garnison est très-foi" "ble ; que les défenses de la plac* sont en mauvais état ; que le fruIlî attaqué est fort étroit ; qu’il y a a°' delà du glacis quelque haie , ridea»' ravin , enfoncement , maison , Fj din, clos, fossés, etc. qui puisse11’ faciliter les travaux et les corn®0 nications aux logemens du glacis-BUBON,-s. m. du grec & ( boubon ), qui signifie propre®* ” l’aine , ou les bubons et chai'W qui viennent dans ces parties-la-(Chirur.) Tumeur phlegin°netu, ronde ou ovale , dure , aceoropa.- . d’inflammation , de chaleur, d* geur, de pulsation et de doub
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- BUC
- qui Vient ordinairement aux glandes des aines , quelquefois à cellesdes aisselles et du cou.
- BUBONOCÈLE, s. m. du grec jSS&ev (boubôn ), aine, et de ( kêlê ), hernie. •
- ( Chirur.)Espèce de hernie causée par le déplacement et la chute de l’épiploon, ou d’un intestin, ou des deux ensemble,hors du bas ventre, et bornée au pli de l’aine. Ces parties peuvent sortir par ce qu’on appelle les anneaux des muscles épigastriques , ou par-dessous le ligament de fallope ; dans ce cas , la descente prend le nom de hernie crurale. On nomme aussi la buho-nocèle, hernie incomplète , par op-osition à celle qui descend jusque ans le scrotum dans les hommes, ou jusqu’aux lèvres des parties naturelles aux femmes, et qu’on appelle hernie complète.
- BUCCIN , s. m. du latin buccin num , trompette.
- ( Hist. nat. ) Le buccin est un coquillage de l’ordre des mollusques, appelé ainsi parce qu’il ressemble à un cornet musical.
- ( Manufactures ) Il y a une espèce de buccin sur les côtes d’Angleterre , et les environs de la Rochelle et des sables, qui fournit la pourpre. C’est probablement cette espèce dont Pline a donné la description , et qui fournissoit la pourpre connue des anciens.
- BUCCINATEUR , s. m. du latin iuccinator, celui qui sonne de la trompette.
- ( Anat. ) On donne ce nom à un muscle de la bouche , qui agit effectivement en gonflant les jones, lorsqu’on sonne de la trompette.
- BUCENTAURE , s. m. du grec $cvx.ivTuvpos (boukentauros), composé de $ss ( bou) , particule aug-tnenîative , dont on se sert pour marquer une grandeur extraordi-naire , et de mvretvpcç (kentauros ), centaure , nom ,d’un des vaisseaux de la flotte d’Énée.
- ( Hist. de Venise ) Nom du vais-seau que montoit le doge de Ve-®lse j à la cérémonie qui avoit beu le jour de l’Ascension , pour épouser la mer. L’origrue de cette eérémonie se rapporte à l’an i3xi. Toni. I,
- B U F ig3
- BUCEPHALE , s. m. du grec ( boukephalos ) , composé de ( bous ), bœuf, et de Ki<pxxn ( kephalé ) , tête : tête de bœuf.
- ( Hist. anc. ) C’étoit la coutume chez les Grecs d’imprimer quelques marques aux chevaux ; une de ces marques étoit une tête de bœuf, et on flonnoit le nom de bucéphale aux chevaux qui étoient marqués de la sorte. Cette tête de bœuf se mettoit sur la croupe du cheval ou sur son harnois.B acéphale fut en particulier le nom du cheval d’Alexandre, ainsi nommé parce qu’il étoit marqué de la tête d’un bœuf , et non , comme quelques-uns l’ont écrit, parce que sa tête ressembloit à celle d’un bœuf. On n’appeloit point ainsi • les chevaux à cause de leur forme ou de leur figure , mais à cause de la marque qu’on leur imprimoit.
- BUCHE, s. f. corruption du hollandais buyss.
- ( Marine ) Les bûches sont une sorte de bâtiment dont les Hollan-* dais se servent particulièrement pour faire la pêche des harengs et des maquereaux, dans les mers de Hollande et d’Angleterre. Ces bâtimens portent des voiles carrées ; mais ils sont fort renflés de l’avant, afin de mieux résister aux coups de mer, parce qu’ils sont obligés de mettre en travers ou à la cape , pour jeter leurs filets , et d’amener sur le pont le grand mât et le mât de misaine qui se replient par en bas sur des charnières. Les bûches ont depuis cinquante pieds ( 16 mètres environ ) , jusqu’à soixante et dix pieds de longueur, et de i5 à 16 pieds ( de 4 à 5 mètres ) de largeur.
- BUCOLIQUE, adj. du grec jSov~ x-okoi (boukoloi ), bubulci, armen~ tarii, bergers, villageois, dont la racine est ,Soeç ’( bous ) , bœuf, et xoxov ( kolon) , nourriture : pastoral.
- [Poésie ) Ce mot se dit des poésies qui regardent les bersers et leurs troupeaux. Voyez ÉGLOGUE IDYLLE.
- BUFFLE , s. m. du latin bu-balus, formé du gr. j3oi/£a.xoc [bou-balos) , dont la racine est /2«D-( bous ), bœuf.
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- ( Hist. nat. ) Espèce dè bœuf qui a les cornes renversées en arrière.
- ( Technol. ) Buffle se dit par extension d’un cuir de buffle , ou du cuir d’autres animaux, préparé comme la peau du buffle.
- C’est au grand Colbert que la France est redevable de la préparation des peaux de buffle : il y attira pour cet effet M. de la Haye , de Hollande , et ensuite M. Jabac, de Cologne, qui obtinrent un privilège exclusif pour établir leur manufacture à Corbeil.
- BUISSON , s. m. du latin buxus, buis.
- ( Jardin. ) Ce nom signifioit originairement une clôture de jardin laite en buis • ensuite on s’en est servi pour désigner une haie , un hallier , une touffe d’arbrisseaux sauvages , épineux. Maintenant on appelle de ce nom des arbres fruitiers nains , quand on leur a donné la forme de buissons , en les taillant au dedans, et les laissant pousser en dehors de tous côtés.
- ( Vénerie ) Buisson se dit d’un bois de peu d’étendue et par opposition à foi'êt, oïl le cerf se retire pour refaire sa tête , quand il a mis bas : les veneurs appellent aussi buisson creux , une enceinte dans laquelle ils n’ont pu trouver un animal rembuché.
- BULBE, s. f, du latin bulbus , fait du grec Ço'aC'os , racine ronde.
- ( Botan. ) On donne le nom de bydbe , ou d’oignon , à la racine d’une plante , quand elle est composée d’un corps charnu , plus ou moins arrondi , dont la substance est tendre et succulente , recouverte d’une ou de plusieurs tuniques ; et lorsqu’à son extrémité inférieure on trouve une excroissance charnue , sur laquelle toutes les fibrilles radicales ont leur point d’insertion.
- La bulbe proprement dite , telle que celle du lys , l’oignon des cuisines , etc., est un véritable bourgeon ( getnma ) analogue à ceux des plantes vivaces.
- De bulbe on a fait bulbeux pour tout ce qui a pour racine ou pour
- BUL f
- bourgeon persistant, le corps reur flé, qu’ou appelle bulbe ; et bul~ bifère, pour la partie ou la plante qui porte hors de terre une ou plusieurs bulbes ; et enfin bulbiforme , pour tout.ce qui a la forme d’une bulbe.
- ( Anai. ) Les anatomistes emploient le mot bulbe au masculin , pour désigner les parties du corps humain qui en ont à-peu-près la figure. Bulbe des dents -, c’est cette substance appelée troisième substance de la dent, qui se trouve dans la cavité même de la dent, et qui est formée par l’épanouissement des vaisseaux qui entrent dans son intérieur. Bulbe des poils ; c’est leur racine. Bulbe de Vurètre ; c’est une humeur assez saillante , formée naturellement dans la partie inférieure de l’urètre par le tissu spongieux, qui est plus épais en cet endroit.
- BULLE , s. f. de huila, nom que les écrivains de la basse latinité ont donné aux sceaux des actes des princes , parce qu’ils pendoient au bas de ces actes , comme anciennement les bulles pendoient au cou des jeunes Bomains de qualité.
- ( Hist. anc. ) Ce nom signifioit dans son origine un ornement que les jeunes Bomains de qualité portaient sur la poitrine. Il avoit etc en usage chez les Egyptiens, et il n’y avoit à Borne que les fils des magistrats curules qui le portassent. Suivant Pline , Tarquin l’Ancien . fut le premier qui donna une bulle d’or à son fils , qui n’ayant pas encore quatorze ans , tua un ennemi dans un combat contre les Sa-bins.
- (Hist. juod.’j Dans la suite ,1e nom de bulle fut donné aux actes des princes qui étoient scellés d’un sceau d’or , d’argent ou de plomb , parce que ce sceau étoit semblable aux bulles que portoient les enfans. Ou appelle encore ainsi l’édit donné en i356 par Charles IV, pour régler les droits de l’Empire. En i548 et i349 > lè même Charles IV avoit rendu deux édits , pour établir ou couJ firmer les prérogatives du roi de Bohême , et la constitution des Bru-
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- bançons , qui portent tous les deux Je nom de bulle d’or.
- ( Chancell. rom. ) Enfin , le nom de bulle est. devenu particulier aux décrets solennels des papes , ou aux lettfes qui s'expédient dans la chancellerie romaine scellées en plomb , qui répondent aux lettres patentes , édits et provisions des princes séculiers. Ces lettres sont écrites en latin , sur du parchemin , d’un caractère qui ressemble aux caractères français, c’est-à-dire, d’un caractère rond ou gothique -, usage qui s’établit lorsque les papes tenoient leur siège à Avignon.
- [Physique) Bulle d'eau, ou bulle d’air ; c’est une petite boule d’eau qui contient de l’air , et qui s’élève sur la surface de l’eau.
- ( Méd. ) On donne le nom de bulles aux pustules qui s’élèvent dans l’œil, ou qui proviennent d’une brûlure.
- ( Papeteries ) Les papetiers du Vivarais appellent bulle , et gros bulle, les quatrième et cinquième qualités de leur papier.
- BULLETIN, s. m. diminut. de bulla, dont les Italiens ont également fait bulletino , et les Espagnols boletin : petit billet , suffrage donné par écrit.
- Bulletin se dit d’un billet par lequel on rend compte chaque jour de l’état actuel d’une affaire intéressante , d’une maladie, des opérations d’une armée.
- BULLEUSE, adj. de bulla.
- ( Botan. ) Feuille dont la face supérieure est comme ridée par quan-hté de petites éminences obtuses qui forment autant de petites cavités à la surface inférieure. Les feuill
- es de la sauge officinale sont bullées , ou mieux bulleuses.
- BUREAU , s. m. synonime de ®ure et de bùrat , et formé dé burra, sorte d’étoffe rude et commune..
- Ge mot a d’abord signifié une étoffe grossière -, et comme cette ♦toSe servoit de tapis pour les ta-autour desquelles les juges tra-' adlcnent, ët sur lesquelles ils met-t(«ent les pièces, ces tables elles-^finiesont été appelées bureau. Au-
- BU R 19$
- jourd’hui ce mot s’applique à tout établissement destiné à l’expédition de certaines affaix-es.
- ( Pratique ) On dit qu'un pro~ ces est sur le bureau , pour dire qu’on commence à y travailler , qu’on en fait le rapport.
- BURGRAVE , s. m. mot aile— mand composé’de bur, ville, et de grave , comte, seigneur, gouverneur.
- ( JScon. polit. ) Titre de dignité en Allemagne , qui veut dire seigneur d’une ville.
- BURIN, s. m. de l’italien bu-lino , dont les Espagnols ont fait buril.
- ( Gravure ) Le burin est un outiE d’acier , taillé et aiguisé de manièia à couper le bois , l’or, l’argent » le cuivre et les métaux même les plus durs. Cet instrument est em-( ployé dans la gravure, et il est principalement destiné à opérer sur le cuivre rouge , qu’un long usages a fait regarder comme le métal le plus propre à l’art de graver.
- La jgravure au burin est incontestablement celle qui atteint le plus, la perfection dont l’art de la gravure est susceptible. Cette manière de graver a été portée au plus haut degré par les Edelinks, les Dre vêts et autres artistes 5 mais elle a considérablement dégénéré dans le siè»i cle dernier , parce que la gravure étant devenue d’un usage infiniment plus habituel et plus général qu’elle n’étoit, soit pour l’utilité, soit pour l’agrément, il en est résulté qu’un bien plus grand nombre d’artistes s’en sont occupés , et qu’ils ont cherî ché avec une sorte d’émulation mercantile les moyens d’abréger Je travail , d’épargner sur le tems , et de gagner davantage. On a donc eu recours plus que jamais à l’eau forte, à des outils, à des préparations qui demandoient moins de tems , d’études et de soins que le burin : de-là les gravures imitant le lavis, les gravures imitant le crayon , les gravures en manière noire , les gravures colorées , par le moyen desquelles on a voulu exécuter, et multiplier sous la presse, des tableaux. Voila les moyens dont l’abus a non-seulement nui au per-fecüoxmeruetU d« la gravure au bu» N a
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- igô B U R
- TÎa , mais qui l’a fait presque absolument négliger , au détriment de Part et à la honte du goût.
- Pour graver sur le cuivre au burin, il faut peu d'apprêt et peu d’outils : une planche de cuivre rouge bien polie ; un coussinet de cuir,rempli de son ou de laine pour la soutenir ; une pointe d’acier pour tracer -, divers burins bien acérés pour inciser le cuivre ; un outil d’acier qui a d’un bout un brunissoir pour polir le cuivre ou réparer les fautes, et de l’autre bout un grattoir triangulaire et tranchant pour le ratisser ; une pierre à l’huile, montée sur son bois, pour affûter les burins ; enfin un tampon de feutre noirci, . dont on frotte la planche pour en remplir les traits et les mienx distinguer à mesure que la gravure s’avance , sont tout l’équipage d’un graveur au burin : le reste dépend d’un grand goût de dessin pour la disposition , et d’une main sûre et légère pour l’exécution. Voyez. GRAVURE, MANIÈRE NOIRE.
- ( Chirurgie ) Les dentistes ap-appellent burin un instrument d’acier dont ils se servent ponr nettoyer les dents.
- BURLESQUE, adj. de l’italien burlesco , de burla , moquerie : avant de dire burlesco, les Italiens s’étoient long-tems servis du mot bernisco , d’un nommé François Bernia , qui le premier a fait usage de ce style.
- ( Poésie ) Genre de style on de poésie qui travestit les choses les plus sérieuses , les plus nobles , en plaisanteries bouffones. La poésie burlesque paroît être moderne, et le P. Vavasseur ( de ludicrâ dic-tione ) assure que le burlesque ëtoit inconnu aux anciens. On regarde les Italiens comme les inventeurs du burlesque. Le premier d’entre ceux qui se signalèrent en ce genre , fut Bernia; Lalli Caporali voulut l’imiter , mais sans pouvoir obtenir les mêmes succès. Le burlesque passa en France , et il y devint tellement à la mode , qu’il parut, en a64g , un livre sous le titre de la Passion de N. S. en vers burlesques. Boileau dans son Art poè'-tique, a frondé le burlesque dont il «voit vu le règne , et qu’il attri-
- BUS
- buoit à l’amour de la nouveauté Searron a mis l’Enéïde en vers burlesques , sous le titre de Virgile travesti , et d’Assouci , les métamorphoses d’Ovide , sous celui d’O-vide en belle humeur. Au reste , ce genre de poésie est peut-être celui qui demande le plus de verve, de saillie et d’originalité : rien de plat , rien de froid , rien de forcé n’y est supportable , par la raison que de tous les personnages, le plus ennuyeux est celui de-mauvais bouffon.
- BURSAL , adj. de bourse. V. ce mot.
- ( Finances ) Ce mot ne s’emploie qu’avec le mot d’édit, en parlant de9 édits que le prince fait pour tirer de l’argent, dans une nécessité publique , ou pour quelqu’autre motif.
- BUSTE, s. m. de l’italien busto.
- ( Peinture et Sculpture ) Le mot buste entre également dans le langage de la peinture et de la sculpture. C’est toujours la représentation des parties supérieures du corps bumain , c’est-à-dire , la tête , les épaules, une partie de la poitrine, et enfin les représentations de la figure humaine qui ne passent pas la ceinture.
- La représentation de la figure réduite au buste a plusieurs difficultés , dont une entre autres exige une attention particulière : la tête paroît presque toujours trop forte dans les représentations bornées aux épaules , parce que les yeux accoutumés à comparer la tête d’uo homme à tout le reste de son corps, ne le comparent alors qu’à une très-petite partie : il arrive donc quelquefois,sur-tout si l’original se trouve mal proportionné , et si la grosseur des épaules et du buste est plus forte qu’elle ne devroit l’être, qu’uü artiste judicieux se permet quelque* libertés , qui ne peuvent cependant être tolérées , qu’autant qu’il a eu soin de respecter les proportions générales , et qu’il a mis un grand jugement dans les modifications dont elles sont susceptibles.
- BUSTROPHE , s. f. mot grec composé de feûc ( bous ) , bœuf? et de ( etréphû ), tourner.
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- BYS
- {Diplomatique) Ancienne manière d’écrire de gauche à droite , et ensuite de droite à gauche , ainsi appelée parce qu’elle tournoit à la hn des lignes , à-peu-près comme font les bœufs qui labourent.
- BUSTUAIRES , s. m. du latin bustum , bûcher : lieu où l’on brûlait les morts.
- ( Hist. rom. ) Les Romains don-noient ce nom anx gladiateurs qui se battoient auprès des bûchers où l’on brûloit les morts pour célébrer leurs obsèques, et dont on croyoit que le sang appaisoit les. dieux infernaux. Les fils de Brutus furent les premiers qui honorèrent ainsi les funérailles de leur père.
- BUTIN , s. m. diminutif de l'allemand Beute , dont les Italiens ont fait bottino , et les Anglais booty : ce que les soldats pillent sur les ennemis.
- BYSSUS, s. m. du grec £u3-!to<
- ( bussos ), terme générique par lequel les anciens désignoient les matières précieuses qui se liloient, et particuliérement l’espèce de soie qui provient de cértains coquillages de mer, et surtout des pinnes marines.
- ( Manuf. ) Le byssus est une touffe filamenteuse qui attache les pinnes , les moules et autres coquilles , aux rochers qui se trouvent dans la mer ; mais le byssus des pinnes marines l’emporte, de beaucoup par le nombre , la longueur et la finesse des filamens ? sur celui des coquillages, des autres genres.
- On a de toute antiquité filé, le. byssus sur les bords de la Médi terranée , pour en faire des, vête-, mens ; c’est presque uniquement en. Sicile et eu Calabre qu’on le file aujourd’hui : on en fait des étoffes, des bas , des gants d’une finesse et d’une beauté admirables , qui, à raison de la fermeté de leur tissu, garantissent du- chaud et du froid, mieux qu’aucune autre espèce d'habillement.
- G
- ,. troisième lettre de l’alphabet..
- (Anthmét. ) Dans le chiffre romain , C exprime zoo.
- ( Musique ) Cette lettre étoit,
- CAB 157
- dans les anciennes musiques , le si-, gne de la prolation mineure, imparfaite , d’où la même lettre est restée celui de la mesure à quatre tems , laquelle renferme exactement les mêmes valeurs de notes.
- C-BARRE, signe de la mesure à quatre tems vites ou à deux tems posés. Il se marque eu traversant le C, de haut en bas, par une- ligne perpendiculaire à la portée. u
- C sol ut, C sol fa ut, ou simplement C; caractère ou terme de musique, qui indique la première note de la gamme que l’on appelé ut. C’est aussi l’ancien signe d’une des' trois clefs de la musique.
- CABALE , s. f. de l’hébreu kab-balah, qui signifie proprement réception par tradition ; du verbe Icibbel . qui en hebreu rabbiniquçs veut dire, recevoir par tradition, recevoir de père en fils , d’âge en, âge.
- {Hist. juive ) Le mot. cabale s’entendoit originairement d’un sentiment, d’une opinion, d’une explication de l’Ecriture, d’une coutume; ou pratique transmise de père en fils.Les Juifs croient que Dieu donna à Moïse, sur la montagne de Sinax, non seulement la loi , mais encore l’explication de la loi ; et cette explication non écrite , ils rappellent, loi orale, ou cabale. Ç;est le sens propre e.t, primitif.de.ee mot ; après-cela , parmi les explications de la loi, il y en a eu de mystérieuses : on a donné à certains mots, et même, à des lettres de certains mots des significations abstruses , singulières et fort éloignées de ce que les termes, sembloieut naturellement signifier ; c’est l’art d’interpréter ainsi l’écriture qui a été plus particuiièrement appelé cabale , et c’est le sens le plus ordinaire de ce mot dans nôtres langue.
- ( Philos, hermét. ) Dans la suite, on a donné le nom de cabale , non seulement à cet art, mais à toutes les opérations dans lesquelles on suivait les règles de cet art. De-là , la. c.abaie hermétique , ou l’art, prétendu de eonnoître les propriétés les*, plus cachées dçs corps, et. la raisoi*. des phénomènes les plus extràordi-r-uaires , par un commerce immédiat avec, les esprits, et par l’ûiVelli-’
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- 19S CAB
- gencè de leurs caractères tnystîqnes. ' (Polit.) Cabale , se dit de l’in-frigïté d’un parti ou d’une faction, formée pour travailler, par dès pratiques secrètes , à tourner â son gré les événemeos.ou le cours des choses.
- (Commerce) On appelle caba-liste à Toulouse , un marchand qui ne’ fait point le commerce sous son nom y mais qui est intéressé dans le négoce d’un marchand en chef.
- CABANE, s. f. du grec x-ctnthvn (kaj>ane)\ une crèche, une étable’: les ^nciens Français disoient ca-pannêr; les Italiens disent capanna, êt les Espagnols càbana.
- ( Econ. dotrii ) Petit,- loge , petite maison couverte ordinairement de «baume.
- ( Marthe ) petite logemens pratiqués à l’arrière du vaisseau, au-dessus de la-dunette, des deux côtés , dont l’uù est destiné au maître de l’équipage, et l’autre, au premier
- Ïiilote. Ces cabanes ont six pieds de argeur et de hauteur, de façon qu’il n’y'a que la place du lit, et qu’il faut y entrer courbé.
- CABESTAN, corruption de l’anglais capstan y formé du saxon capstein.
- ( MarinéL) Machine de bois, fortifiée de fer', pnfoémè à-peu-près dé cy lindre,posée pei’pen dicùla i rèm eut, ét que des barres passsees en travers font tourner sur un pivot ; ce cylindre, en.tournànt , fait aussi tourner un cordage qui l’enveloppé , et rapprocher par conséquent de la puis-, sance le bout de ce cordage , auquel sont attachés les gros fardeaux qu^bii veut mouvoir ou enlever. Ees cabestans sont d’un grand usage dans la marine pour exécuter les manœuvres les plus faites : les vaisseaux de guerre en portent deux , appelés le grand et le petit cabestan.
- CABINET, s- m. du lat. cqvi-Tiettum, diminutif de cavimtm , diminutif de cavum.
- ( Technol. ) Espèce de buffet à plusieurs layettes ou tiroirs ; lieu de retraite pour travailler ou conserv-er en particulier , ou pour serrer dés papiers. Par extension , on a appelé homme de cabinet, celui qui aime l’étude, et cabinet, les papiers contenus , ou les affaires qui se font dans un cabinet. Après cela , on a
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- dit des cabinets de dessins , cPea-^ tampes , de médailles , d’histoire naturelle , de physique , etc.
- ( Peinture ) Oa dit, dans le langage de la peinture , un cabinet de tableauxet l’on se sert de cette dénomination , même pour une collection qui rempiiroit un palais.
- ( Musique ) On appelle cabinet d’ofgue > une espèce d’armoire dans laquelle il-y a une orgue.
- (Diplomatie) En parlant des rois, des princes, des souverains, il signifie le conseil particulier : le secret du cabinet le cabinet de Vienne , de Madrid, etc.
- ( Physique ) Cabinets secrets ; sorte de cabinets dont la construction est® telle que la voix de celui qui parle à un bout de la voûte, est entendu à l’autre bout. Tout l’artifice de ces sortes de chambres consiste en ce que la muraille , auprès de laquelle est placée la personne qui parlé bas , soit unie et cintrée én ellipse.
- Les endroits fameux par cette propriété.,'étoient la prison de Denys, â ’Syracuse , qui changeoit en un bruit considérable un simple chuchotement , et un claquement de mains en un coup très-violent; t’acqueduc de Claude , qui portoit la'vbix, dit-on , jusqu’à seize milles. Lé cabinet de Denys à Syracuse étoit, dit-on, de forme parabolique; Denis , ayant l’oreille an foyer de là parabole, entendoit tout ce qu’on disbit en bas , parce que c’est une propriété dé la parabole , que toute action qui s’exerce Suivant les lignes parallèles à l’axe, se réfléchit au fqyér.
- Ce qu’il y. a. de plus remarquable sur' cè point’, en Angleterre , c’èst le dôme de Saint-Paul à Londres, où le battement d’uné montrp se fait entendre d’un côté à l’alttre , et où le moindre chuchotement semblé faire letoor du dôme. Tous les phénomènes de la même nature dépendent à-peu-près des mêmes principes.
- CABLE, s. m. de l’hollandais cabel, on de l’arabe chabel, dont les Anglais ont également fait cable.
- ' (Marine ) Grosse et longue corde , faite ordinairement de chanvre et deux fois coitfmise , c’est - à -
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- iîire , composée de trois liaussières, dont chacune est faite de trois torons commis et tortillés ensemble. Une corde laite de cette façon, est appelée cable , lorsque sa grosseur est au moins de douze pouces (o,3rz mètres) de circonférence ; car celles qui sont plus petites de douze pouces (o,32 mètres) jusqu’à cinq (o,i3 mètres ), sont appelées grelins , et depuis cinq pouces ( o,i3 mètres ) en dessous , on les nomme cablois.
- On n’emploie proprement les cables qu’à tenir les ancres îles vais seaux , et à les amarrer dans les ports : on les fait ordinairement de J20 brasses (. iq4 mètres) de longueur -, de sorte que , lorsqu’on dit qu’un vaisseau est à deux cables ou encablures de terre ou d’un autre vaisseau , on doit entendre qu’il en est à 24q brasses ( 3gg mètres ). On désigne un cable par sa circonférence : ainsi, un cable de vingt-quatre pouces (o,64 mètres), est an cable de vingt-quatre pouces ( o,64 mètres ) de circonférence.
- On rencontre souvent, dans les récits de mer , ces expressions : couver un cable ; filer un cable par. le bout.
- Couper un cable , c’est, dans un cas où l’on est forcé d’appareiller promptement d’un mouillage , soit par le mauvais tems , ou par la présence de l’ennemi, couper le cable qui tient l’ancre au fond de la mer , sans s’arrêter à lever l’ancre , ce qui feroit perdre trop de tems. Alors , on sacrifie son ancre , ou on y laisse une bouée attachée par un orin , afin de reconnoître l’endroit où on. l’a laissée , et venir la reprendre dans un autre moment. On file le cable paT le bout, au lieu de le couper, lorsqu’on prévoit qu’on aura l’occasion de venir le reprendre , au moyeu de la bouée qu’on a laissée sur l’ancre.
- CABOTAGE , s. m. de l’espagnol cabo on capo, cap : faction de naviguer de cap en cap.
- ( Marine ) On distingue le grand et le petit cabotage.
- Le petit cabotage , est le commerce qui se fait d’un port à l’autre dans de petits bâtimens , sans sortir du même Etat, ou du moins , sans s’en écarter beaucoup : ainsi , oïl
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- appelle en France petit cabotage, les voyages qui se font dans les ports de l’Océan , depuis Bayonne jusqu’à Dunkerque , et dans les ports de la Méditerranée , depuis Monaco jusqu’au cap de Orentz.
- Le grand cabotage a une signification plus vague et plus étendue : on appelle ainsi le plus communément, en France, les voyages qui se font dans l’Océan, sans s’écarter des cêtes de France, d’Espagne , de Hollande, d’Angleterre, etc., depuis le détroit de Gibraltar, jusqu’àcelui du Sund; et dans la Méditerranée, ceux pour lesquels il ne faut pas passer le détroit : ou , pour mieux dire , on doit réputer grand cabotage , tous les voyages qui passent les bornes du petit cabotage, sans, être cependant des voyages de long • cours.
- CABRIOLE, s. f. de capriola. , corruption de çapreola , qui siguifi saut de chevre.
- ( Danse ) Le saut d’un danseur qui s’élève agilement. On dit, en termes de danse , friser la cabriole, c’est-à-dire , agiter les pieds avec vitesse, tandis qu’ils sont en l’air.
- ( JEquit. ) Cabriole , se dit aussi d’une espèce de saut que l’ou fait faire aux chevaux.
- CACAO, Si. m. mot indien ; l’on prononce caco dans les îles de l’Amérique.
- (JBotan.) Fruit d’un arbre d’Amérique appelé cacaoyer , qui contient ces amandes arrondies qui , broyées, mêlées avec du sucre , fournissent le chocolat. Lorsqu’en 1750 les Espagnols firent la conquête du Mexique, ils y trouvèrent l’usage du chocolat établi de tems immémorial. Ils furent si jaloux de cette découverte , qu’ils en nsèrent long tems avant d’en faire part aux autres nations. V. CHOCOLAT.
- CACHALOT, s. m. espèce de baleine , de l’ordre des cétacés.
- ( Icthyologie ) Le cachalot n’a point de fanons 5 mais sa mâchoire infériextre est pourvue de dents. Les enveloppes de son cerveau contiennent cette substance grasse et huileuse employée dans les arts sous le nom de blanc de baleine. L’am*-bre gris se trouve dans ses intestins
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- et paroît être le produit de sa digestion.
- CACHET, s. ma. du verbe cacher, parce que le cachet ferme le contenu de la lettre, dit M. de Saumaise :
- Ïietit sceau avec lequel on ferme des ettres , des billets.
- ( Hist. anc. ) Les cachets sont de la plus haute antiquité. Les cachets anciens étoient ordinairement gravés sur le chaton de l’anneau qu’on portoit. Alexandre le Grand , après la défaite etla mort de Darius, se servoit de l’anneau de ce prince pour caclieteV les lettres qu’il en-voyoit en Asie, et employoit le sien pour celles qu'il envoyoit en Europe.
- Numa défendit par une loi de graver sur les cachets les figures , des dieux ; Pj thagore fit la même défense à ses disciples : mais l’usage abrogea la loi de Numa , et dans la suite , les Romains gravèrent sur leurs cachets leurs dieux et ceux des étrangers, des hommes , des animaux et des choses inanimées. Sur celui de Pyrrhus, roi d’Epire , étoit un Apollon avec sa lyre au milieu des Muses ; sur celui de César, étoit une Vénus ; sur celui de Pompée , un lion tenant une épée ; Sylla avoit sur le sien l’image de Jugurtha roi de Numidie, dont il avoit triomphé ; les disciples d’Epicure, la t.ête de ce philosophe ; Pline le jeune , proconsul, un char atelé de quatre chevaux ; l’empereur Commode, une amazone. Les chrétiens avoient sur leurs cachets le monogramme de J. C. que l’on trouve aussi sur plusieurs médailles des empereurs chrétiens.
- Les premiers rois de la monarchie française suivirent l’usage des Romains et des empereurs : quand Clovis envoya Aurelien négocier le mariage de sainte Clotilde , il remit à ce ministre un de ses anneaux , comme une marque suffisante qu’on pourroit ajouter foi à tout ce qu’il proposeroit en son nom.
- Aujourd’hui les cachets sont dif-Férens des anneaux , et représentent des armes ou des chiffres , quelquefois un emblème , une tête ou quel-qu’autre figure. Quoiqu’on puisse dire du talent des modernes et des progrès des beaux arts, on auroit de
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- la peine à trouver quelque ouvrage comparable en ce genre au cachet connu sous le nom de cachet de Michel-Ange. Onle voit au cabinet national : c’est une petite cornaline transparente, qui, dans l’espace de cinq à six lignes ( i3 millimètres ), contient quatorze figures humaines j sans compter des animaux, des arbres, des fleurs, des vases, etc., et un exergue où l’on voit encore des monticules , des eaux avec un petit pêcheur. Les savans ne sont pas d’accord sur le sujet de cette gravure ; quelques-uns prétendent que c’est une vendange, ou une espece de fête que l’on célébroit anciennement en l’honneur de Bacchus.
- CACHEXIE, s. f. du grec xxx» (hakê), mauvaise, et de t^iç(héxis), habitude , disposition.
- ( Méd. ) Mauvaise habitude du corps, qui le fait dégénérer de sa couleur naturelle , et Je rend pâle , livide , plombé , mou et bouffi, par le ralentissement d’une lymphe, ou d’un sue nourricier aqueux , cru, indigeste, mal broyé, dont les pores des fibres sont plutôt abreuvés que nourris. La cachexie est le fruit de la cacochymie, et le premier degré de la leucophlegmatie.
- CACHOLONG, s. m. mottartare, composé de cholon , pierre , et de cach, nom d’une fleur : pierre de cach.
- ( Miner, glyptique ) Le cacholong est un caillou sans transparence , quoique de la nature et de la même pâte que Yagathe et la chalcédoine. Les graveurs anciens ne l’ont pas distingué, mais ils l’ont fréquemment employé. Il est susceptible d’un très-beau poli. On le trouve près d’un fleuve nommé Cach, près des Kalmouks de Buc-canie , chez lesquels cholon veut dire pierre, d’où l’on a fait cacholong, pierre de cach.
- CACO, mot gr. kslxoç, qui signifie mauvais. Dans la composition ce mot emporte toujours l’idée de matv vais, méchant, lâche.
- CACHOU, s. m. corruption de l’indien cat-che, ou du brésilien cajous.
- ( Mat. Méd. ) Nom d’une substance végétale que l’on retire du fruit
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- CAC
- d’un arbre qu’on nomme dans l’Inde cat-che, et au Brésil, cajous, lequel est une espèce d’acide.
- Le cachou est sans odeur, d’un goût astringent, un peu amer d’abord, ensuite plus doux et d’une saveur agréable d’iris ou de violette. En France , on mêle te cachou avee du sucre, de l’ambre ou de la ca-nelle. On fait une pâte de ce tout, avec une dissolution de gomme adragante , et l’on en forme des pastilles. Ce cachou rend l’haleine agréable.
- CACIQUE, s. m. terme du Mexique.
- ( Hist. d’Amer. ) Titre que l’on donnoit aux princes dans le Mexique et dans quelques régions de l’Amérique.
- CACOCHYLIE , s. f. dugr. neutbc (kakos), mauvais, et de xvkos (chu-los), chyle.
- ( Méd. ) Chylification ou digestion dépravée, action blessée de l’estomac , qui convertit les alimens en un chyle mal conditionné, propre à engendrer la cacochymie.
- CACOCHYME, s. f. du gr. xetx'oç (kakos), mauvais, et de xvfxa; (<'hu-mos), suc, humeur : rempli de mauvaises humeurs.
- ( Méd. ) On appelle ainsi celui dont les humeurs sont dépravées , ou qui a la masse du sang remplie de mauvaises humeurs.
- (Jardin.) Ce terme est usité parmi les jardiniers, dans la même signification.
- CACOPHONIE, s. f. du gr. kakU (kakos), mauvais, et de <pœvw (phô-nê ), son.
- ( Musique ) Union discordante de plusieurs sons mal chosis ou mal accordés.
- ( Diction ) C’est une rencontre vicieuse de mots ou de syllabes qui sounent mal à l’oreille.
- ( Méd. ) C’est en général une voix viciée , dont les espèces sont Vaphonie , ou privation de la voix, et la dysphonie, ou la difficulté de la voix.
- CACOTROPHIE , s. f. du grec x-ctKoi (kakos), mauvais, et de nrf>a<pn ( trophé), nourriture , dérivé de (trephô ) , nourrir.
- ( Méd, ) Mauvaise nutrition.
- CAC
- CADASTRE, s. m. du lat. capi-tastrum , dérivé de caput, tête ; parce que ce terme a été employé pour les impositions sur les têtes , avant de l’être pour les impositions sur les biens. On éerivoit autrefois capdastre.
- CADAVRE, s. m. du latin ca~ dere, choir, tomber.
- ( Anat. ) Corps mort $ il ne se dit que du corps humain.
- CADENAT, s. ra. Ce mot, qu’on prononçoit autrefois cadena, vient du latin catenatum, formé de ca— tena, chaîne ; parce qu’ancienne-ment les serrures étoient attachées aux portes avec des chaînes.
- ( Technol. ) Espèce de serrure mobile , qu’on attache et qu’on ôte quand on veut.
- CADENCE, s. f. du lat. cadens, participe de cadere , tomber.
- ( Musique ) Terminaison d’une phrase harmonique, sur un repos ou sur un accord parfait ; ou,pour parler plus généralement, c’est tout passage d’un accord dissonnant à un accord quelconque, parce qu’on ne pept jamais sortir d’un accord dissonnant que par un acte de cadence.
- La cadence est encore une qualité de la bonne musique , qui donne à ceux qui l’exécutent ou qui l’écoutent, un sentiment vif de la mesure , ensorte qu’ils la marquent et la sentent tomber à propos, sans qu’ils y pensent, et comme par instinct.
- ( Danse ) Cadence signifie la conformité des pas du danseur* avec la mesure marquée par l’instrument : il sort de cadence ; il est bien en cadence.
- (Diction) Cadence se dit delà fin ou de la chute d’une période ou d’un de ses membres, qui a une certaine harmonie et un certain nombre qui contentent l’oreille. V. NOMBRE.
- ( Poésie ) On entend par cadence, l’agréable mesure d’un vers bien tourné.
- ( jEquit. j En terme de manège , la cadence est la mesure que le cheval doit garder pour qu’il y ait de la justesse dans tous ses mouvemens : ainsi l’on dit qu’un cheval suit sa cadence, qu’il manie toujours de
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- la même eadence , pour dire qu’il observe régulièrement son terrain , et qu’il n’en embrasse pas plus dans l’un de ses tems que dans l’autre.
- CADENZÀ, s. f. mot italien.
- (Musique) Ce mot indique un point d’orgue non écrit, et que l’auteur laisse à la volonté de celui qui exécute la partie principale,afin qu’il fasse, relativement au caractère de l’air, les passages les plus convenables à sa voix ; à son instrument bu à son goût. Ce point d’orgue s’appelle cadenza, parce qu’il se fait ordinairement sur la première note d’une cadence finale , et il s’appelle aussi arbitrio , à cause de la liberté qu’on y laisse à l’exécutant de se livrer à ses idées et de suivre son propre goût.
- CADI, s. m. de l’arabe kada, qui signifie définir , déterminer, ordonner, décider, et dont le participe est kadi , dont nous avons fait cadi.
- ( Hist. turcque ) C’est le nom que l’on donne aux juges des causes civiles, chez les Turcs et les Sarrasins.
- CADRAN, s. m. du latin qua-drum , carré , à cause de sa forme carrée.
- ( Astron. gnomon. ) Cadran solaire : c’est un instrument propre à montrer l’heure qu’il est , ou une surface sur laquelle sont tracées des lignes qui indiquent l’heure par l’ombre d’un style ou par un rayon solaire. La science des cadrans s’appelle gnomonique. V. ce mot. Il y a plusieurs espèces de cadrans :
- U anneau astronomique est une espèce de cadran équinoxial portatif , et qui s’oriente de lui-même.
- Le cadran sphérique est donné immédiatement par la nature et la direction du mouvement diurne.
- Le cadran horizontal est le plus commun et le plus facile dans l’usage ordinaire.
- Le cadran méridional est un cadran vertical qui est tourné directement vers le midi.
- Le cadran septentrional se trace sur la surface opposée du premier vertical qui regarde le nord.
- CAB
- Le cadran oriental est celui que l’on tourne sur le côté du méridien qui regarde l’orient.
- Le cadran occidental se tourne sur le côté occidental du méridien.
- Le cadran polaire est celui qu’on trace sur un plan iucliné, qui passe par les pôles du monde, et par les points de l’orient et de l’occident sur l’horizon. Il y en a de deux espèces : s’ils regardent le zénith , on les appelle polaires supérieurs ; s’ils regardent le nadir, ils sont appelés polaires inférieurs.
- Cadran vertical déclinant, est celui que l’on pratique le plus sur les murailles.
- Cadran universel par les hauteurs du soleil.
- Cadran analemmatique ou azimut al.
- Cadran cylindrique par les hauteurs.
- Cadran aux étoiles.
- Cadran lunaire est celui qui montre l’heure pendant la nuit, par le moyen de la lumière de la lune ou de l’ombre d’un style que la lune éclaire. Pour les méthodes à suivre pour l’exécution de ces divers ca-draps , voyez la GNOMONIQL E de M. de Parcieux.
- CADRE , s. m. du latin quadrum,. dont les italiens ont aussi fait ca-dro.
- ( Architect. ) Bordure carrée qui renferme un panneau, un bas-relief, un tableau, etc.
- ( Marine ) Ou rencontre souvent dans les récits de mer cette expression: Nous avions cent hommes, deux cents hommes sur les cadres; cela signifie qu’il y avoit cent, deux cents malades dans l’équipage. Le cadre, dans ce sens, est un carré long , fait de quatre tringles de bois, et garni d’une toile ou [d’un entre— lacement de petites cordes; ce qui forme un châssis , sur lequel on met un matelas, pour se coucher à la mer. Il est suspendu par les quatre coins, ou porté sur quatre pieds; et comme parmi les matelots, les malades seuls sont couchés sur des cadres, on compte les malades par le nombre des cadres qui sont occupés.
- CADUC , adj. du latin cadets / tomber.
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- ( PhySiol. ) Ce mot se dît cFutt homme qui a perdu ses forces , soit par l’âge , soit par les maladies. Quand on a passé soixante ans, on-est dans un âge caduc.
- ( Méd. ) On appelle en médecine, jnal caduc , hant-mal , mal de saint Jean, l’épilepsie. V. ce mot.
- ( Pratique ) Ce terme se dit d’un legs, d’nne clause , et de toute autre disposition qui ne peut avoir son effet.
- ( Botan.) Lorsqu’on a égard à la durée respective des différentes parties qui composent les plantes, on appelle caduque , une partie qui tombe avant une autre ; touihante décidue , une partie qui tombe avec une autre ; et persistante, une partie qui ne tombe qu’après une autre partie. Ainsi, le calice qui tombe avant la corol'e , se nomme calice caduc; le calice qui tombe avec la ùorole, porte le nom de calice tombant ( deciduus ) ; et celui qui ne tombé qu’après les pétales, ou qui persiste même avec le fruit, est appelé.. calice persistant. Le mot caduc s’applique ,• dans le même sens, à toutes les autres parties des plantes.
- CADUCITE, s. f. même Origine que CADUC : état de ce qui menace ruine.
- ( Pratique ) Caducité d’un legs, d’une disposition testamentaire , se dit lorsqu’un legs, ou une dis-position testamentaire devient caduque, ou perd sou effet par le prédécès de celui en faveur de qui elle est faite.
- Caducité se dit encore d’un contrat de mariage , lorsque le mariage lie s’ensuit pas.
- CAFE , s. m. de l’arabe Tcahoueh, qui signifie ce qui donne de l’appétit.
- [ Botan. ) La graine de café est *e fruit de l’arbre appelé caféier , tris-commun dans l’Arabie-Heu-repse. Cet arbre est recouvèrt d’une écorce blanchâtre. Ses branches et ïës'feùilles naissent deux à deux et opposées , de manière qu’une paire ait une croix avec une autre paire. Les fleurs ont une odeur agréable ; olies ressemblent à des fleurs de jas-trtiu, dtmt elles.ont la blancheur et
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- Péclat. Quand la fleur est tombée, l’embryon se change en un fruit de forme ovale , gros d’abord , comme un grain de millet, mais dont le volume augmente insensiblement et devient comme une cerise , de la gi'osseur d’un bigarreau. Cette baie sert d’enveloppe à deux coques ovales étroitement unies , traversées d’un sillon à l’endroit où elles se touchent. Ces coques contiennent chacune une demi-fève d’un vert pâle c’est le grain dont nous faisons un usage aussi étendu. Cette graine ne peut germer que lorsquAin la plante aussitôt qu’elle est tombée de l’arbre. Ceci justifie les peuples qui cultivent le café, du reproche qu’on leur faisoit, de tremper dans l’eau bouillante le café qu’ils vendent aux étrangers , pour l’empêcher de germer , au cas qu’on voulût le cultiver.
- Au milieu du neuvième siècle de l’égire, ou du quinzième de l’ère chrétienne, un certain Gémaleddin, qui demeuroit à Aden , ville et port fameux à l’orient de l’embouchure de la mer Rouge , faisant un voyage en Perse, y trouva des gens de son pays qui prenoient du café, et qui vantoient cette boisson. De retour â Aden , il eut quelque indisposition dont il se persuada qu’il seroit soulagé s’il prenoit du café ; il en prit, et s’en trouva bien. Gemaleddin étoit muphti d’Àden , et avoit coutume de de passer les nuits en prières avec les dervis ; pour y vaquer avec plus de liberté d’esprit, il leur proposa de prendre du café. Leur exemple mit le café eu vogue à Aden. Les gens de loi, pour étudier ; les voyageurs , pour marcher la nuit; enfin, tous les habitans d’Aden en prirent. De là il passa à la Mecque , où les dévots d’abord , puis tout le monde eu prit. De l’Arabie-Heureuse, il fut porté en Egypte et au Caire ; d’Egypte il passa en Syrie , et de là à Constantinople.
- L’Europe a l’obligation de la culture du café aux Hollandais , qui, de Moka , l’ont porté à Batavia , et de Batavia à Amsterdam , dont nu pied apporté à Paris, en I7i4, et cultivé au jardin des plantes , a fourni les plantes qui ont enrichi ûos îles.
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- ( Méd. ) Le café contient beaucoup de principes salins, sulphureux et volatils ; il ranime les esprits foibles et languissans , excite dans le sang un léger mouvement de fermentation et rendla circulation plus active. Il fortifie l’estomac , irrite légèrement ses fibres , les porte à des contractions plus réitérées et plus fortes sur la masse alimentaire , et c’est ainsi qu’il favorise la digestion.
- CAFILA, s. m. nom indien ; troupes de marchands et de voyageurs , qui se réunissent pour traverser avec plus de sûreté les Etats du Mogol. C’est ce qu’on appelle caravane dans les Etats du grand-seigneur et en Afrique.
- CAGUE , s. f. du hollandais koag.
- ( Marine) Petit bâtiment hollandais servant pour le transport et le cabotage, et surtout pour naviguer sur les canaux et les eanx intérieures de ces contrées. Les cagues portent un mât incliné sûr l’avant, avec une voile à livarde. ( Voy. ce mot. ) Elles ont des semelles de dérive.
- CAIC , m. de l’italien caicco.
- ( Marine ) C’est le nom d’un petit bâtiment à rames , à l’usage des galères , et qui leur sert comme la chaloupe et le canot aux vaisseaux. LTn caïc se distingue d’un canot, en ce qu’il est long et étroit , et tout à fait pincé de l’arrière.
- Le caïc reste posté sur les avirons en dehors du bord ; lorsqu’on veut le mettre à la mer , on le fait couler le long des avirons , en abaissant ceux - ci doucement jusqu’à l’eau ; et lorsqu’on veut le rembarquer , on abaisse dans la mer tous les avirons ; on approche le ca'ic , et relevant les avirons, on élève avec eux le caïc, et on le fait rouler sur les avirons jusque contré le bord de la galère.
- CAIEU, s. m. L’origine de ce mot n’est pas connue.
- ( Botan. ) Le caieu , en latin balbulus , est un petit oignon ou nue petite bulbe, produite par une racine bulbeuse , par une bulbe proprement dite ; il devient bulbe à son tour , et donne naissance à de nouveaux caïeûx qui doivent lui
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- stteééder. On sait que la bulbe périt toujours , après avoir donné des fleurs un certain nombre de fois, et •que c’est au caïeu que la nature confie le soin de la reproduction de l’espèce pour l’année suivante.
- CAILLETTE , s. f. du verbe cailler , coaguler.
- ( Physiol. ) On donne ce nom a« dernier des estomacs des animaux, qu’on appelle abomasus. Ce nom de caillette lui vient de ce que c’est dans le quatrième estomac des veaux et des agneaux que se fait la présure qui caille le lait.
- CAIMACAN , s. m. composé de deux mots arabes , Jcaïm makârn , qui signifient lieutenant , vicaire, littéralement, locum tenens , ou stans in loco, celui qui tient la place d’un autre , qui remplit les fonctions d’un autre.
- ( Hist. turque ) Terme de dignité dans l’empiré ottoman.. Le calma-can est une espèce de lieutenant. Il y a deux cdimacans : l’un est auprès du grand-visir ; il est son secrétaire d’Etat et le chef de son conseil ; l’autre réside à Constantinople, dont il est comme le gouverneur.
- CAÏMAN , s. tp. mot indien, transporté en Amérique par les Espagnols ou les Portugais.
- ( Hist. nat. ) Espèce de crocodile très-commune en Amérique.
- CAISSE , s. f. du grec mAa. ( kapsa), dont les Latins ont fait capsa , et les moines des siècles barbares cassia : espèce de coffre de bois où l’on met diverses sortes de marchandises , de l’argent, etc.
- ( Technol. ) Presque toutes le* professions emploient ce mot pour désigner quelqu’un de leurs instru-mens ou de leurs ustensiles : les raffineurs , un coffret de bois avec un rebord qui empêche le sucre qu’on gratte , de tomber par terre , les fondeurs, un coffre de bois ou est le tableau dont on forme le* moules ; lesmanufacturiersensoie> une sorte de coffret percé qui sert à recevoir le boulon qui enfile les marches ; les artificiers, un coffre dans lequel on met un grand nombre de fusées volantes que Ton veut faire partir en même tems , et par caisse aérienne, ils entendent un ballon qui contient quantité de petite*
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- Fusées ; les batteurs cf or, une balte de sapin qui couvre une partie supérieure dU marbre sur lequel on bat i’or , revêtue en dedans d’un parchemin collé , qui s’élève jusque sur le marbre, et sur l’ouvrier auquel il sert de tablier ; les horlogers, ce qui renferme le mouvement des pendules et des montres ; ils disent aussi cage , cartel, boite; les clavecinistes, la boîte ou l’armoire qui renferme le corps d’un" clavecin , d’un orgue , d’un forte-piano ; les charrons , le corps d’une voiture; les papetiers, les auges dans lesquelles ilsmettent leur pâte, jusqu’à ce qu’ils veuillent s’en servir.
- ( Marine ) On appelle , en termes de marine , caisses flottantes, de grosses caisses de bois , carrées, doublées , goudronnées et calfatées, de manière qu’elles puissent toujours surnager. On place plusieurs de ces caisses dans une rade , où elles sont fixées au fond de la mer par une ancre et une chaîne. A la face supérieure de la caisse est une grosse bague , ou anneau de fer , pour servir à amarrer les bâtimens qui arrivent , et pour servir de point d’appui pour touer les vaisseaux d'un endroit de la rade à l’autre. La marine se sert encore d’autres caisses, faites à-peu-près comme les précédentes , pour acorrer les vaisseaux , et les empêcher de s’arquer , en les plaçant sous la poupe des vaisseaux. On appelle encore caisse de poulie, le bloc ou le billot de bois travaillé pour contenir le rouet de la poulie.
- ( Physique ) Caisse catoptrique; c’est une machine qui représente ies petits corps comme très-gros , et ceux qui sont proches , comme très-grands et répandus dans un grand espace. On y voit aussi beaucoup de phénomènes amusans, par le moyen de divers miroirs qui sont disposés , suivant les règles de la catoptrique , dans une espèce de caisse.
- ( Anat. ) Caisse du tambour ; c’est une cavité de Uoreille interne , dont la surface , qui est fort inégale , se trouve tapissée par une membrane que plusieurs anatomistes regardent comme une continuation de celle qui tapisse l’intérieur du nez , •et qu’on nomme pituitaire.
- ( Commerce ) En termes de cora-
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- merce , une caisse est le lieu où les négocians et marchands mettent leur argent. On appelle livre de caisse , le livre dans lequel on écrit en débit et en crédit, tout l’argent qui sort de la caisse, et tout celui qui y entre.
- Caisse de crédit, caisse d’emprunt , caisse d’escompte , caisse des comptes courans , etc. ; ce sont des noms qui ont été donnés , par extension, à des établissemens qui ont été formés par des particuliers, dont le but ou le prétexte étoit de venir au secours des négocians , ou de quelque classe de marchands, ou en leur avançant des fonds , sur la valeur de leurs marchandises, ou en escomptant leurs lettres - de - change , etc.
- ( Art milit. ) Ou appelle caisse militaire, la caisse qui contient l’argent destiné aux dépenses d’une armée, d’une troupe.
- CAISSON, s.m. de caisse. Voy. ce mot.
- ( Art milit. ) Les caissons sont destinés à porter les munitions etlejs vivres de l’armée. On dit les caissons de l’artillerie, les caissons des vivres, les caissons des muni-tionnaires.
- ( Marine ) On appelle caissons , des coffres attachés sur le revers d’un vaisseau.
- (Ponts et Chaussées ) Un caisson est une espèce de bateau plat, de la grandeur et de la forme d’une pile , dont la construction est telle qu’on peut l’en détacher facilement.
- CAL , s. m. du latin callus, ou callum.
- ( Chirurgie ) Substance osseuse qui réunit les os fracturés. Le cal ou calus se forme du suc nourricier qui coule des fibres rompues ; ce suc s’endurcit peu-à-peu , devient cartilagineux , et enfin s’ossifie , en conservant une certaine direction de vaisseaux propres à y maintenir le commerce des liquides.
- CALAMINE , s. f. de cadmie , formé de Cadmus, que les anciens disent avoir découvert le cuivre , jaune.
- (Minér.) Espèce de mine de zinc, ou plutôt l’qxide de zinc ; la cala-
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- mine est une substance métallique, plus ou moins compacte , et qui est ordinairement ou brune ou jaunâtre; elle paroît comme vermoulue ou décomposée par la- nature ; mise dans le feu , elle donne à la flamme une couleur Alerte , et il s’en élève une fumée blanche'. On mêle la calamine avec le cuivre rouge pour *n faire le cuivre jaune ou laiton.
- CALANDRE, s. f. Lorsque ce mot signifie une grosse grive ou grosse alouette , il vient du grec netXa.vJ'pa (kalandra) , employé dans le même sens.
- (Manufac.) Lorsqu’il est pris pour une machine à presser et moirerles draps , les toiles et autres étoffes, il vient, à ce que l’on croit, de cylin-drus , dont on auroit fait celandra et calendré , parce que tout l’effet de la machine dépend d’un cylindre.
- C’est M. de Colbert qui a introduit en France les premières calandres,
- (Econ. dom. ) Les Anglais se servent dans leurs ménages de calandres qu’ils appellent mangles , pour repasser le gros linge , comme les draps , les nappes , serviettes etc. , qui usent moins le linge et le lustrent infiniment mieux que les fers à repasser.
- CALCAIRE, adj. de chaux, formé du lat. calex.
- ( Miner. ) Terre calcaire , ou terfe absorbante , se dit des terres ou pierres que l’action du feu peut changer en chaux , et qui se dissolvent dans les acides , comme la craie, le marbre , la pierre à chaux, les coquilles etc,
- CALCANEUM , s. m. mot purement,latin qu’on a conservé en français.
- {Anat. ) C’est l’os du talon situé uur l’astragal, à la partie postérieure du tarse ; c’est lui qui soutient tout le corps.
- CALCÉDOINE , s. f. de Calce-donia , ville de Bytliinie , aujourd’hui Scutari.
- (Minér.) On appelle calcédoine, le quartz agathe , qui a une transparence nébuleuse , bleue ou blanchâtre, d’un blanc mat. On l’appelle stinsi, parce que les premières ont été trouvées dans la Chalcide; mais
- cette pierre est assez commune aujourd’hui : on en fait des bijoux et des cachets. De calcédoine on a fait calcédonieux , pour désigner des pierres précieuses qui ont quelque marque , quelque tache blanche.
- CALCINATION, s. f. du lat. cal-cinatio, formé de calex, chaux.
- {Chimie) La calcination est l’action de rédujre les corps solides en chaux, soit par le feu ordinaire, soit parla chaleur du soleil. Cette opération prend différens noms suivant les différentes manières dont on la fait. V. combustion . torréfaction, réverbération, décrépitation, corrosion , fumigation, détonnation, granulation, cémentation. La calcination philosophique, ou calcination sans feu , a lieu lorsque quelques parties d’animaux , telles que les os , les cornes et les sabots , sont suspendues dans la distillation des eaux au chapiteau de l’alambic, afin qu’étant pénétrées par les vapeurs qui s’élèvent du fond de la cucur-bite , elles deviennent plus poreuses et plus friables. C’est ainsi qu’on prépare la corne de cerf philosophique , le crâne humain , les dents de sanglier et celles de cheval marin.
- (Physique) La calcination produit des effets très-singuliers : elle donne aux différentes matières des propriétés qu’elles n’avoient pas auparavant , leur fait souvent prendre différentes couleurs , et augmente quelquefois leurs poids, comme il arrive dans la calcination des matières métalliques. La calcination produit encore un autre effet singulier sur un grand nombre de substances : elle les rend phosphoriques, c’est-à-dire, qu’elfe leur donne la propriété de luire dans l’obscurité. La substance qui a été connue la première et qui a cette propriété dans un degré plus éminent est la fameuse pierre de Bologne.
- CALCUL, s. m. du lat. calculus pierre , parce que les anciens se ser-voient de petits cailloux plats, pour faire leurs supputations.
- ( Mathém.) Supputation de pin* sieurs sommes ajoutées, soustraites, multipliées ou divisées. T^. ARITHMÉTIQUE.
- L’art de calculer en général est proprementl’^rt de U'oaveiT’cxpres'
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- sïoa d’un rapport unique qui résulte de la combinaison de plusieurs rapports. Les différentes espèces de combinaisons donnent différentes règles de calcul, f^oy. ALGEBRE ,
- différentiel , exponentiel, INTEGRAL.
- (Astron.) Calcul astronomique; c’est l’assemblage des règles et des méthodes par lesquelles on calcule les mouvemens des astres, et sur-tout les éclipses, avec les fractions sexagésimales , les logarithmes, les règles de la trigonométrie.
- ( Hisl. anc. ) Les anciens se ser-voient de petits cailloux plats pour faire leurs supputations, soit en arithmétique , soit en astronomie , soit en géométrie. De là vient que nous avons donné le nom de calcul aux sciences des nombres , à l’arithmétique , à l’algèbre.
- Les Romains se servoient encore des calculs ou cailloux pour donner les suffrages dans les assemblées et dans les jugemens ; ils marquoient aussi les jours heureux avec une pierre blanche , et les jours malheureux par une pierre noire. Iis avoient emprunté la première de ces coutumes des Grecs , qui nommoient ces espèces de jetons naturels 4«<î>os ; ces jetons furent d’abord des coquilles de mer, et ensuitedespièces d’airain de la même figure, appelées spon-dj'les. Deux choses disfiuguoienfc les calculs ; la forme et la couleur. Ceux qui portaient condamnation étoient noirs et percés par le milieu ; les autres étoient entiers et blancs. La précaution de percer les noirs fut prise par les aréopagites qui jugeoient pendant la nuit, ün se sentait aussi de calculs pour tirer les athlètes dans les jeux publics et Jes apparier.
- ( Chirurgie) Le mot calcul est approprié h toutes les espèces de concrétions pierreuses que l’on trouve dans le corps de divers animaux , surtout dans la vessie de l’homme. On trouve des calculs dans toutes les parties du corps humain. On en a trouvé dans la substance du cœur , dans l’articulation du genou , sous la langue , dans le mésentère et dans les jointures.
- CALE , s. f. du latin chai are, abaisser , faire descendre . caler ,
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- dérivé probablement du grec jtstLâv (kalan), qui a la même signification.
- ( Marine ) Intérieur du navire , dans sa partie la plus basse. On appelle cale à l’eau , la partie de la cale où on met l’eau ; Jond de cale, la partie la plus basse de la cale.
- Cale se dit d’une punition en usage sur les vaisseaux de guerre , pour les matelots malfaiteurs. On distingue la cale ordinaire et la cale sèche. La première consiste à élever le patient, par le moyen d’un cordage, sur un anspect ou barre de bois, à une poulie placée au bout de la grande vergue; de là, on le laisse tomber dans la mer, en lâchant tout à coup la corde ; on le hisse de nouveau, et on le laisse retomber autant de fois que la sentence le porte. Dans la cale sèche, la corde est tenue plus courte , et le criminel ne tombe pas jusqu’à l’eau : le châtiment est plus dur ; c’est une espèce d’estrapade.
- Cale pour la construction des vaisseaux ; c’est un terrain préparé en pente douce , pour servir de base ou de local pour la construction des vaisseaux. Il est essentiel que ce terrain soit ferme et solide , afin que le poids du vaisseau que l’on établit dessus ne l’affaisse pas dans quelque partie , ce qui causeroit de très-grands inconvéniens : c’est sur •cette cale que l’on établit le chantier du vaisseau. V~. CHANTIER.
- Cale d’un quai; c’est un lieu de débarquement, fait par l’art, pour faciliter l’abord des chaloupes , des canots, et autres petits bâtimens , auprès d’un quai.
- CALENDES , s. f. du lat. calare , dérivé du gr. x-ctxim (kaleô ) , annoncer, parce que le jour des calendes le petit pontife avoit coutume d’annoncer au peuple le jour où le croissant de la lune commençoit à pa-roître.
- ( Astron. ) Nom que les Romains donnaient au premier jour de chaque mois. Dans chaque mois des Romains, il y avoit trois jours remarquables, le jour des calendes, le-jour des noues, et le jour des ides : les autres jours prenoient leur dénomination de ceux-là, et se comptaient en rétrogradant; de manière que les jours qui se trouvoient entre
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- le jour des calendes et le jour des noues, s’appeloient jours avant les noues, et ainsi de suite, Dans les années bissextiles , le mois de mars avoit dix-sept jours de calendes , au lieu de seize qu’il avoit dans les années communes ; pt comme ce jour étoit immédiatement ajouté avant le 34février, qui étoit le sixième des calendes de mars, on comptoit dans cette année , deux fois ce sixième , ce qui l’avoit fait nommer bissexte, d’où est venu le nom de l’année bissextile.
- Les Grecs ne comptoient point par calendes ; c’est ce qui fait dire , encore aujourd’hui, d’une chose qui ne se fera pas, qu’elle est renvoyée aux calendes grecques,
- CALENDRIER, s. m. du latin calendœ , que l’on écrivoit anciennement en gros caractère, au commencement de chaque mois.
- ( xlstron. ) Un calendrier est une distribution de tems, disposée pour les usages de la vie, ou bien c’est une table ou un almanach qui contient l’ordre des jours, des semaines, des mois et des fêtes qui arrivent pendant l’année. ILe calendrier romain doit son origine à Romulus ; mais depuis il a subi difï'érens chan-geniens, d’abord de la part de Numa, ensuite de Jules-César, et enfin de Grégoire XIII, en 1582.
- Quelque utile que fût la réformation faite par le pape Grégoire XIII, les pays protestans refusèrent pendant long-tems de s’y soumettre. La Hollande la reçut la première , les autres suivirent successivement; l’Angleterre , qui s’y étoit refusé le plus opiniâtrement, s’y soumit en 1752, et la Suède en ijbd. Enfin , les cercles protestans en firent, au tant ; et il fut arrêté dans la diète de 1776 , que iésormaislafête de Pâquesseroit célébrée par eux au même jour où i église catholique la chôme. La Russie est le seul pays où l’on compte encore 12 jours de moins que dans les autres contrées de l’Europe.
- Calendrier républicain. Foyez, ANNÉE.
- Ca lendrier perpétuel ; on appelle ainsi une suite de calendriers relatifs mx divers jours où la fête de Pâques peut tomber ; et comme cette fête
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- n’arrive jamais plus tard que le 25 avril, ou plutôt que le 22 mars, le calendrier perpétuel est composé d’autant de calendriers particuliers qu’il y a de jours , depuis le 22 mars inclusivement, jusqu’au 25 avril exclusivement ; ce qui fait 35 calendriers. Les auteurs de Vart de vérifier les dates, édition de 1770, ont trouvé le moyen de réduire les 35 calendriers à. 7.
- ( Agriculture ) Calendrier rustique; c’est le nom qu’on donne à un calendrier propre pour les gens de la campagne , dans lequel ils apprennent les tems où il faut semer , planter , tailler la vigne , etc.
- ( Botan. ) Calendrier de Flore. Si l’époque dé la floraison des plan-tesne tenoit à une infinité de circonstances, telles que la diversité des climats, la nature des terrains, les degrés de température , le calendrier de Flore seroit la méthode la plus simple , et peut-être en même tems la plus sûre , pour apprendre à connoître les plantes. Les personnes qui ne s’occupent de la botanique que par récréation et sans vouloir en faire une étude approfondie , préfèrent avec raison cette méthode ; elles ont des herbiers où les plantes sont rangées selon l’ordre des saisons ; et, avec un peu de patience , cela remplit assez bien leur objet.
- CALFATER, verb. act. de l’ital. calefatare, formé du grec vulgaire x.cXKet<pATv/y ( kalaphatein ) ; les Arabes disent giaphalta et galpha-ta dans le même sens.
- (Marine) Boucher avec de J’étoupe ou telle autre matière filandreuse , les fentes ou interstices qui se trouvent entre les bordages qui forment le revêtement d’un vaisseau ou autre bâtiment, entre ceux des ponts des gaillards et des dunettes ; en un mot, de tous les endroits où l’on veut empêcher l’eau de la mer, ou celle de la pluie de pénétrer.
- Dans les diverses parties de l’Inde , à Bantam, à la Chine, et au Japon, on remplit les coutures de différentes matières filandreuses, que l’on recouvre ensuite avec de la chaux mêlée ou enduite de quelque matière visqueuse, et ces calfatages sont cités comme excellens.
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- "Par-dessus le calfatage, les nations maritimes d’Europe doublent quelquefois les vaisseaux en cuivre, pour empêcher les vers de percer les bor-dfiges du franc bord.
- CALIBRE , s. m. de l’arabe calib, qui signifie moule.
- [Art milit.) La grandeur de l’ouverture de toutes sortes d’armes à feu. Il veut dire aussi la grosseur de la balle proportionnée à l’ouverture du pistolet , du mousquet , du canon.
- ( Architect. ) Calibre se dit d’un profil de bois , de tôle ou de cuivre , chantourné eu dedans pour traîner les corniches et les cadres de plâtre ou de stuc. Il se dit encore d’un ais qui a une entaille d’un angle rentrant et droit. Il sert aux charpentiers , menuisiers , serruriers et autres ouvriers pour prendre des mesures.
- [Botan. ) Les botanistes entendent par ce mot le diamètre des canaux destinés à contenir la sève. Suivant la disposition de leur calibra , la sève y coule plus on moins, et y reçoit différentes préparations. Telle est en partie la raison des configurations variées des plantes , de leur goût, de leurs qualités, de leurs couleurs et de leur odeur.
- CALICE, s. m. du grec xûxtî; [ku-lix ) ou x.u\i£ [Jcalix) , tasse , verre ou godet, dont la racine est xukiu rouler; soit, parce que quand ou ferme un vase on tourne la roue , ou parce qu’ils sont creux et-coar-he's.
- (Culte càthol.') Le calice est un 'aisseau sacré qui a une petite coupe posée sur un pied assez haut, et sssez large par le has : il sert au salifiée de la messe ; c’est dans ce v3se que se fait la consécration du 'la. Les calices des apôtres et de leurs premiers successeurs étoient de oois ; le pape Zéphirin , d’autres ' disent Urbain I.<‘r, ordonna qu’on se *ervit de calices d’or et d’argent, et défendit ceux d’étain et de verre. Les anciens calices av oient deux anses ; “ode assure que le calice dont notre-®eigneur se servit à la cène , avoit deux anses et qu’il étoit d’argent. Les anciens calices étoient bean-f-»ap plus grands que «eux iTaujour*
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- d’hui, parce que le peuple communion aiors sous les deux espèces, au lieu que le culi.ce ne sert présentement qu’au prêtre
- Lindanus , qui en avoit vu quelques-uns dans les églises d’Allemagne , dit qu'ils avoient deux anses, que le diacre tenoit lorsqu ii présen-toit le calice au peupie pour le communier sous l’espèce du vin ; de plus , chaque calice avoit un tuyau ou chalumeau, d’argent qui y étoit attache fort proprement , de sorte qu’on suçoit plutôt qu on ne buvoit.
- ( Botan. ) Calice est une continuation de la substance tie l’écorce de la tige ; presque tous les végétaux en sont pourvus. Son emploi est d’envelopper, de défendre et de protéger les organes sexuels ; il est placé sur le pistil , dont la surface supérieure lui sert quelquefois d’épiderme. Il est ordinairement vert» mais quelquefois vivement coloré ; le calice survit à la corolle, ou tombe avec elle ; il est simple on caliculé, c’est-à-dire, enveloppé d’un autre calice plus petit ; il est composé d’une feuille plus ou moiii3 découpée , ou de plusieurs folioles qui affectent différentes dispositions. Sa figure est celle d’un tube, d’une outre , d’un sabot, cru d’un entonnoir; il est plus on moins ouvert et plus ou moins régulier., caduc on persistant. Il prend aussi des noms différé ns dans quelques familles ; c’est la coèjfe des mousses , la volve des champignons , Y écaille des amentaee'es , la spathe des Iilia-cées , la balle des graminées. Les fleurs composées sont réunies dans un calice commun. Le calice a des vaisseaux lymphatiques et des vaisseaux propres ; le tout est reçotivçrS d’un épiderme.
- De calice on a fait calice , pour dire environné du calice persistant;
- Calicinal, pour désigner ce qui appartient ou ce qui tient au calice>
- Caliculé , qui paroît d’abord signifier petit calice , mais qui n’est employé que pour désigner une oq plusieurs petites bractées envfrou-liant immédiatement lft base externe d’un calice;
- Caliculé, pour désignerun calice, une fleur munie d’un caliculé. Le çaJiîÿ às i’s&ülêl. <$% caliculé ; Ci*
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- dit qu’une aigrette est caliculêe , lorsque, outre les poils qui la composent , elle a en-dehors de ceux-ci une petite couronne membraneuse , ressemblante à un petit calicetelle est l’aigrette de la puliculaire, celle de Vinulç dyssentérique.
- CALIFE, s. m. de l’arabe kha-Ji(a, vicaire , successeur -, formé, du verbe k'ialafa, qui signifie venir à la place d’un autre, lui succéder.
- ( Hist. du mahomét. ) C’étoit, chez les Sarrasins ou Arabes musulmans, le nom d’une dignité souveraine, qui comprenoit un pouvoir absolu, tant sur les choses de la religion, que sur le gouvernement politique 5 ensorteque le calife êtoit en même tems souverain temporel et spirituel. Ce nom, qui est arabe, cHoit affecté aux successeurs de Mahomet. Son origine vient de ce qa’ Aboubecre, après la mort de Mahomet, ayant été élu par les Mu-suimans pouriui succéder, ne voulut pas prendre d’autre titre que celui «le khalifah résous Allah , c’est-à-dire , vicaire de l’apôtre de Dieu ; mais Omar ayant succédé à Abou -becre, il représenta que s’il prenoit ïa qualité de successeur d’Aboube-cre, successeur de Mahomet, la chose , par la suite des tems, irôit à l’infini : c’est pourquoi il fut résolu qu’il prendroit le titre à’émir ahnoumenin , c’est-à-dire , commandant des fidèles. Cependant les successenis de Mahomet n’ont pas laissé de prendre le titre de calife , sans y rien ajouter.
- CALLEUX , adj. du latin cal-losus , formé de callus , durillon , dérivé probablement de callis , chemin , sentier durci à force d’être frayé.
- ( Méd. ) Ce mot se dit en général de toute sorte de dureté de la peau, de la chair et des os ; mais en particulier on donne cette épithète aux bords durs d’une plaie et d’un ulcère , tels que sont ceux des fistules et des ulcères m.alins, carcinomateux.
- On appelle aussi corps calleux, cette portion médullaire du cerveau qui est au-dessous de la faux , parce qu’elle est d’une substance plus ferme que la substance cendrée.
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- ( Jardin. ) Calleux s’entend aussi des semences qui n’ont qu’une enveloppe coriacée , et que renferment le* fruits charnus et à pépin.
- CALLIGRAPHIE, s. f. du grec xvXXi'yp’iquct (kalLigraphia), composé de kukxoç (kallos), beauté , et de yp*qm (graphô ), écrire : belle écriture.
- ( Diplomat. ) L’art de mettre aa net ce qui a été écrit en notes. Autrefois on écrivoit la minute d’un acte , le brouillon ou le premier exemplaire d’un ouvrage , eil notes, c’est-à-dire, en abbréviations, comme les notes dites de Tiron. Cela se fai-soit afin de pouvoir suivre celui qui dictoit. Ceux qui écrivoient ainsi en notes, s’appeloient en latin no-tarii ; mais comme peu de gens connoissoiçnt ces notes ou ces abbréviations, et que-d’ailleurs ces premiers exemplaires ne pouvoient pas être assez nets ni assez propres , d’autres écrivains, qui avoient une belle main , les copioient pour les revendre, et ceux-ci s’appeloient calli-graphes , nom fort ancien , et qui signifie ceux qui écrivent pour la beauté, pour l’ornement.
- CALLÏOPE, s. f. nom grec composé de zccko; (kalos), beau, et de o-J. ( ops ), voix.
- ( Musique ) Celle des neuf Muses qui préside à la musique et à la poè’sie héroïque.
- CALLÏPÉDIE , s. f. mot grec, composé de KsCkoç (kalos) , beau, et et de (pais), enfant : la manière d’avoir de beaux enfans,
- C’est le titre que Glaude^Quillet, et quelques autres après lui, ont donné à un ouvrage dont le but est d’enseigner la manière d’avoir de beaux enfans.
- CALLOSITÉ, s. f. de callus. f. CALLEUX.
- ( Méd. ) Chair blanche , dure, sèche et sans douleur, qui couvre les bords et les parois des anciennes plaies et des vieux ulcères , au lievi d’une bonne chair.
- ( Jardin. ) Matière dure et sèche qui se forme chaque année à la jointure des pousses d’une jeune branche , ou aux insertions des raciues.
- CALME , s. m. du grec ( malakos ) , d’où les latins ont fa*î
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- rxalacla, feonace , qui aüroit produit malacus, et par transposition de lettres, calamus, puis cal mus , et enfin calme.
- ( Marine ) Manque de vent sur mer. Le calme plat ou le calme parfait est une cessation totale du vent, eu sorte qu’on ne sent pas le moindre souffle d’aucun côté.
- Les calmes sont très - fréquens dans les mers de la zone torride ; et lovqu’ils ont duré quelques jours , il arrive que la surface de la mer est aussi unie que celle d’un miroir. On pense-assez généralement qu’un long calme est plus à craindre qu’une tempête , parce qu’il expose lé vaisseau à manquer de tout. Il faut observer que, lorsque le tems est calme, la mer ne l’est pas toujours. Dans l’Océan, la mer reste plusieurs jours houleuse, après la cessation du vent, au lieu que dans la Méditerranée , et dans les mers qui sont bornées en étendue, la mer s’aplatit peu d’heures après que le vent a cessé de souffler.
- {Méd.) De calme on a fait CALMANT, pour désigner les remèdes qui calment lés douleurs , ou qui dissipent les sensations fâcheuses causées par des humeurs où par des remèdes trop âcres.
- CALOMEL, s. m, du grec jtaxoc ( ialos ), bon, et de p.i\aç (mêlas) , Hoir.
- ( Pharm. ) Mercure bien mêlé avec du soufre , et réduit en une substance noirâtre ; ainsi nommé à cause de sa couleur et de ses propriétés,
- CALORIMETRE, s. m. du latin calor, chaleur , et du gr. u.-t-jov (mé-tron ), mesure : mesure de la chaleur.
- ( Chimie ) C’est le nom d’un instrument dont les chimistes se servent pour apprécier le degré de calorique spécifique qui existe dans tous les corps de la nature. V. CALORIQUE.
- CALORIQUE, s. m. du latin Caler, chaleur.
- [Chimie) C’est le nom que les chimistes modernes ont donné à Ce que nous nommons chaleur, °u a ce que les anciens chimistes hht appelé successivement principe
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- inflamrnahle, principe de la chaleur , matière de la chaleur.
- Le calorique pénètre tous les corps ; il eu écarte ies molécules , en se logeant entre elles ; il dilate les corps; il fond les solides, et raréfie les fluides pour les rendre invisibles, pour leur donner la forme d’air , pour les convertir en fluides élastiques, compressibles, aëriformes.
- En écartant les molécules des corps les unes des autres , en diminuant leur attraction pour elles-mêmes , le calorique augmente en même proportion leur attraction pour celles des corps voisins : c’est pour cela qu’on l’emploie avec succès pour faire les combinaisons, pour faciliter les unions réciproques.
- Chaque corps ayant une forma différente dans ses molécfules , et un écartement différent entre elles, admet une quantité différente de calorique , pour arriver à la même température. C’est la ce qu’ou appelle capacité des corps pour le calorique. Il résulte de-là , que les difié-i'ens corps à la même température , et marquant le même degré au thermomètre , contiennent réellement des quantités différentes de calorique.
- Cette quantité diverse de calorique, qu’on nomme calorique spécifique, ne pouvant pas être mesurée par le thermomètre , on a imaginé de la déterminer par la quantité de glace que chaque corps , élevé à une température uniforme, est capable de fondre , pour descendre au mêmé degré. La différence dans cette quantité donne le rapport du caloriqué contenu dans les corps , et l'instrument qui sert à l’obtenir est nommé calorimètre. V. ce mot.
- L’attraction du calorique pour quelques corps est telle . que très-souvent on l’emploie avec avantage pour séparer ces corps des composes qu’ils forment, et poùr anatyser et de'composer les substances composées. C’est ce qui arrive dans les distillations , et dans toutes les décompositions opérées à l’aide du feu seul ou du calorique appliqué à des matières très-composées. On dissout peu-à-peu , et suivant leur ordre de solubilité par le calorique ; ies diSerens élémens de ces compo-
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- sés , et on les sépare en vapeurs et
- en gaz.
- Il y a des corps qui absorbent beaucoup plus vite le calorique que d’autres. Ou appelle cette propriété conductrice du calorique. Eu général les corps les plus colorés sont les meilleurs conducteurs ; la cause de ce phénomène est inconnue.
- Il résulte de tous ces faits que le calorique est üü corps particulier, et non une modification de tous lés corps, comme l’ont crû quelques physiciens : il n’est pas démontré qu’il soit la même chose que la lumière ; plus on avance dans l’état de la physique , plus on trouve de différences dans l’action de ces deux corps.
- CALQUER, v. a. de i’italién cal-care , contre-tirer.
- {Arts du Dessin) Contre-tirer un dessin , le copier trait pour trait., en passant une pointe sur les traits * aiin qu’ils s’impriment sur un papier , une planche de cuivre, une toile , etc.
- ( Peinture ) La manière la plus commune de calquer un dessin est de frotter le revers sur lequel il est fait, de sanguine ou de mine de plomb en poudre ; d’essuyer légèrement ce revers , pour ôter le superflu de la sanguine ou de la mine de plomb ; d’assujettir, avec de la cire , le dessin sur une feuille de papier ; de manière que le côté empreint de crayon rouge ou ncur, soit appliqué sur le papier blanc -, ensuite , avec une pointe de métal, line sans être coupante , passer , en appuyant autant qu’il est nécessaire , sur le trait qu’on veut calquer. Alors l’empreinte du crayon , dont est couvert le revers du dessin , se trouvant pressée dans le passage de la pointe sur le papier blanc , y laisse «ne trace ou ce qu’on appelle un calque , et ce trait appliqué est plus ou moins exact, plus ou moins spirituel , enlin plus ou moins utile , en raison de ce que celui qui calque a de connoissance et même d habileté acquise de l’art du dessin.
- Le calque est d’un grand usage dans les arts. II se rencontre un assez grand nombre de circonstances daus lesquelles ceux qui pratiquent la peinture et fcjL’aaqhej çie» arts..
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- qui en dérivent , ont un grand hti térêt à épargner ou à ménager des ihstans précieux , et il en est où il est important pour eux de parvenir promptement à une exactitude d’i-mitation qu’ou pourrait appeler géométrique , ou précise autant qu’il est possible. La gravure en offre les plus Iréquens exemples.
- ( Gravure ) Là façon la plus usitée par les graveurs de calquer, ou de transmettre sur les vernis dont leur planche est couverte , les traits du dessin qu’ils doivent graver, est defrolt\r, comme ou l’a dit plus haut , de sanguine ou de mine de plomb le revers du dessin: on applique iê côté ainsi rouge ou noirci sur le vernis ; on l'y maintient avec un peu de cire. On passe ensuite avec une pointe d’acier sur tous les traits qu’on veut transmettre > et ils se dessinent ainsi sur le vernis. Pour empêcher que ces traits légers 11e s’effacent lorsqu’on appuie là main sur le vernis en gravant , 011 expose la planche un instant sur un feu presque éteint ou sur du papier enflammé , et on la retire dès qu’on s’aperçoit que le vernis , reiidu un peu humide , a pu imbiber le trait du calque. Cette laçou de calquer n’est pas sans inconvénient : les objets dessinés ainsi sur la planche et gravés , se trouveront , dans les estampes qu’on imprimera , placés d’une façon contraire à celle dont iis étoient disposés dans le dessin. Il paraîtra conséquemment dans les estampes ; que les figures feront de la main gauche les actions qu’elles faisoieut de la main droite dans le dessin qu’on a calqué ; mais les graveurs ont differens moyens pour éviter cet inconvénient , tels que ceux des contre-épreuves et du papier vernissé , etc., etc.
- CALUMET , s. m. du latin calai nus , roseau.
- ( Hist. des sauvages de l’Amérique ) Espèce de longue pipe * ornée de poils de porc-épic , et de petits fils de peau de plusieurs couleurs , en usage parmi les sauvages de l’Amérique , et qu’ils présen-» teut comme un symbole de paix.
- CALUS , s. m. du iatïa câlins^
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- ( Méd. ) Dureté qui se forme en quelque partie du corps par un travail continuel , en durcissant et en épaississant la peau.
- ( Jardin. ) Nœud qui rient aux extrémités d’une tranche cassée , ou à la jointure d’une branche ou d’une racine.
- CAMAÏEU, s.m. corruption de camehuia , qui est un mot que les Orientaux donnent à l’onjx , lors-qu’en l’usant on y trouve une autre couleur : pierre de deux couleurs.
- (Gravure en pierres) Les jouail-liers etlesiapidairesappeloient ainsi^ autrefois , les onyx , les agathes , et autres pierres h nés figurées , soit en relief, soit en creux.
- ( Peinture et Gravure ) Aujourd’hui l’on entend généralement par ce mot une imitation faite par le moyen d’une seule couleur , variée par le seul effet du clair-obscur., c’est-à-dire, plus claire ou plus ombrée; mais on a aussi compris sous cette dénomination des peintures de deux et de trois couleurs, dans lesquelles, cependant, on n’a pas pour but d’imiter la couleur- naturelle.
- maieU , et que les Italiens appellent chiaro-scuTo, a été inventée par Hugo da Carpi.
- CAMEE , s. m. du la.t. camceus, dont les Italiens ont fait eameo.
- ( Pierres gravées ) C’est ainsi qu’on nomme les gravures en relief, tandis que les gravures en creux se nomment intailles. Le mot cam.ée s’estétenduaux tableaux d’une seule couleur [V. CAMAIEU), à cause de leur ressemblance avec les pierres gravées en relief.
- CAMERIER, s. m. du Lat. caméra, chambre, qui a produit également camerlingue , camériste , camaracle, qui couche dans la même chambre.
- ( Econ. polit. ) Le camêrier est le premier officier de la chambre d’un pape ou d’un cardinal.
- CAMERLINGUE , même origine que camêrier.
- ( Econ. polit. ) Cardinal qui régit l’Etat de l’Eglise, et qui administre la justice. Le siège vacant, cet officier fait battre monnoie et publie-des édits.
- des objets.
- On dit un camaïeu bleu, vert ^ rouge , etc. : on dit aussi des peintures en camaïeu ; enfin , lorsqu'on veut critiquer ou désapprouver un tableau trop égal de couleur, on dit : Ce tableau ri est quJun camaïeu.
- Les dessins faits à la sanguine , a la pierre noire , à la mine de plomb , aux différens crayons , au bistre , à Vencre , la pluqrart des gravures , des tontîsses , des papiers teints , des étoffes travaillées ou brodées, peuvent, à certains égards, vtre compris dans ce qu’on appelle camaïeu.
- Une grande partie des toiles peines , les damas mêmes , etc. , offrent des camaïeux , et représentent plus ou moins bien , par nuances d’une, de deux ou de trois couleurs , les div ers objets dont ils sont ornés. Les camaïeux ont été fort à la mode, tl y a une cinquantaine d’années , çt cette mode a enfanté une multitude d’ouvrages plus barbares les ®ns que les autres , et qui ont beaucoup nui aux progrès des arts.
- La gravure qui porte le nom de ca-
- CAMOUFLET, s. m. contraction de calamo flatus.
- Fumée qu’on souille dans le nez par le moyen d’un chalumeau , pour éveiller les gens endormis.
- ( Art milit. ) Donner un camou~ Jlet est un terme de guerre, qui signifie étouffer l’ennemi danssa mine,, en faisant sauter à. propos quelque fougasse ,. eu enfonçant sa galerie , on en lui souillant de la vapeur de-soufre.
- CAMP, s. m. du latin campus.-
- ( Art milit. ) Le lieu où une ar» mée. se loge en ordre : il se dit aussi de l’armée campée. Le camp est quelquefois retranché ; quelquefois aussi il n’a-d’antre force qu’une position avantageuse.
- La tête du camp est la partie qui fait face vers la campagne : ort la reconnoit aux faisceaux et aux éteridarts dont elle est bordée.
- Les Grecs environnnoient leurs camps d’un fossé ou tranchée. Ce ne fut qu’après la défaite de Pyrrhus , à la bataille de Bénévent , que les Romains commencèrent à fortifier leurs camps ; mais au?sir
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- depuis ce tems-là leurs camps furent des forteresses d’une structure des plus solides.
- Les Français et les autres peuples destructeurs de l’empire romain, conservèrent l’habitude où ils etoient de ne se servir, pour la sûreté de leurs camps , que de ce qu’qffroit le lieu où ils se trou-voient, comme des arbres dont ils formoient des abatis. Ainsi, peu-à-peu , la manière de camper à la romaine fut néglige'e et presque abandonnée. Ce ne fut que dans les guerres d’Italie que l’usage en revint ; mais depuis le règne de Louis XIV , 1’ art des campemens a été porté à la plus haute perfection.
- Camp volant on appelle ainsi, un corps de troupes qui a la faculté de camper et de décamper , à mesure que l’occasion et la nécessité le requièrent.
- Camp retranché ; la chose qu’on entend par ce mot est d’une invention moderne. Un camp retranché se fait sous une place , bonne ou mauvaise , pour la protéger. M. le maréchal de Vauban est le premier, à ce qu’on pense , qui a fait "Sous Namur , sous Àth , sous Lauter-bouvg et sous Dunkerque , des camps retranchés, dont le but étoit de meure l’ennemi hors d’état d’en entreprendre le siège, ou du moins sans s’exposer au danger évident de île pas réussir.
- CAMPAGNE , s. f. du fat. campus , ou du teutonique kamps, qui vent dire combat.
- ( Art milit. } Le tems durant lequel les armées sont ordinairement en campagne,
- ( Marine ) Le tems que dure l’expédition d’un vaisseau de guerre ; ainsi on dit une campagne de trois mois , de quatre , de six mois , etc.
- On appelle aussi campagne , le service fait par un officier , un matelot , sur un vaisseau de guerre, et dont il est fait mention dans les états de service de chacun.
- CAMPAN K, s, f. du latin cam-pana , cloche.
- ( Manuf. ) Ouvrage desoie d’or, d’argent filé , avec de petits orue-ïïihis conforme de cloches faites aussi 4e soie d’or etc,.
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- ( Sculpture ) Ornement d’où peu* dent des houpes en forme de petites, cloches.
- ( Archit. ) Vase du chapiteau corinthien et composite.
- CAMPANULE, adj. de cam-pane.
- ( Botan. ) Il se dit de toute partie creuse dont la forme a plus ou, moins de ressemblance avec celle d’une cloche , sans être manifestement rétrécie et prolongée en tube par sa base. Le limbe d’une corolle peut être campanulé , sans, que celle-ci porte ce nom.
- La forme campanulaire a des modifications qu’on exprime par des mots composés : court-campanule, ob Ion g-campanulé , etc. C’est de ia forme de la corolle que le genre de plante appelé campanule a reçu son nom.
- CAMPÊCHE , s. m. nom propre de lieu.
- ( Botan, ) Arbre de l’Amérique , qui tire son nom d’une petite ville de l’Amérique méridionale , dans la province d’Ucatan , audience du Mexique , et dont le bois sert dans les manufactures pour la teinture.
- ( Manuf. ) Le bois de campêche on bois d’Inde est d’un grand usage dans ce que les teinturiers appellent le petit teint, parce que la couleur que ce bois fournit perd en très -peu de tems son éclat.
- On n’est pas dans l’usage , en France , d’employer le bois de cam-pêche pulvérisé ; mais en Angleterre , où l’on a senti que les éclats et les rognures de ce bois ne peuvent jamais produire une infusion aussi forte que lorsqu’ils sont réduits en poussière, et qu’il reste dans l’intérieur du bois des molécules co-i lorantes qui ne peuvent être mises, à profit , on a imaginé un moulin propre ài broyer les bois de teinture , et qui réduisent les plus grosses bûches en une poussière aussi fine qu’il est nécessaire.
- CAMPEMENT , s, m. même origine que camp,
- (Art milit.') C’est, au propre, l’action de camper ; mais , en termes de guerre , on donne, ce nom a. certain nombre de troupes qui précèdent l'année , et dont l’emploi est de tracer et marquer le camp >
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- e’est-à-dire , de prendre les ali-gnemens , et de distribuer Je terrain pour les différens corps qui composent l'armée.
- C AMP H O R AT E , s. m. de cam-phre. V. ce mot.
- ( Chimie ) Sel formé par l’union de l’acide camphorique avec différentes bases. Sa terminaison en ate indique qu’il appartient aux acides dont la terminaison en ique annonce qu’ils sont complètement saturés d’oxigène.
- CAMPHORIQUE, adj. de camphre. V. ce mot.
- ( Chimie ) Acide camphorique ,-c’est l’àcide nitrique distillé sur le camphre. Sa terminaison en ique indique le second état des acides , celui où ils sont complètement saturés d’oxigène.
- CAMPHRE, s. m. de l’arabe eafur, dont les Italiens opt fait canora.
- ( Chimie ) Huile essentielle concrète qu’on retire par sublimation d’un laurier qui croît à la Chine et au Japon.
- Les chimistes modernes regardent le camphre comme un principe immédiat des végétaux , par l’union de l’acide camphorique avec différentes bases. V. ces mots.
- ( Méd. ) Le camphre est un puissent alexitère , diaphorétique et antiseptique. Les Japonais eu font le plus grand cas dans leur médecine ; ils disent que cette substance est comme un capitaine qui conduit ses soldats à l’ennemi pour les faire combattre avec lui.
- CANAL, s. m. du latin canalis, conduit par où l’eau passe ; tuyau de fontaine ; grandes pièces d’eau, plus longues que larges , qui servent d’ornemens aux jardins ; le lit d’une rivière ; certaines conduites d’eau artificielles , qui sont tirées d’un lieu à un autre , pour la commodité du commerce ; certains lieux la mer se resserre entre deux rivages.
- ( Archit. ) On appelle canaux , *n termes d’architecture , de petites cannelures sur une face ou sur un larmier, qu’on nomme aussi portiques ; ils sont quelquefois remplis
- fleurons ou rpseaut^ L& môme
- CA-N
- mot se dit aussi des cavités droites ou torses dont on orne les tigettes des caulicoles.
- Canaux se dit encore des creux du triglyphe, qui sont séparés parles cuisses.
- ( Archit. hydraul. ) Un canal artificiel est un lieu creusé pour recevoir les eaux de la mer , d’une ou de plusieurs rivières , d’un fleuve etc. L’avantage des canaux est urie chose très - anciennement connue. Dès qu’il y a eu des cavités de formées, on a commencé à rompre des isthmes et à couper des terres pour établir des communications par eaux. Plusieurs souverains ont essayé de joindre la mer Rouge à la Méditerranée ; les Grecs et les Romains ont voulu pratiquer un canal au travers de l’isthme de Corinthe, pour pénétrer par là de la mer Indienne dans l’Archipel.-Lucius Verus, un des généraux de l’armée romaine dans les Gaules , entreprit de joindre la Saône et la Moselle par un canal. Charlemagne forma le dessein de joindre le Rhin et le Danube , afin d’établir une communication entre l’Océan et la mer Noire, par un canal qui aurait pris de la rivière d’Àlmuts qui se jette dans le Danube, et qui se seroit rendu à celle de Rfeditç, qui se jette dans le Mein. L’Angleterre et la Hollande sont aujour— d’hiii entre-coupés de canaux. La Fronce en compte plusieurs , dont le plus considérable est le canal du centre , ci-devant de Languedoc-, Ct il s’eu prépare d’autres non moins importans au commerce et à la navigation intérieure.
- ( Agricult. ) Les canaux d’irrigation ont été imaginés par les Egyptiens pour conduire les eaux du Nil dans les terres les plus éloignées. Les Romains les out imités en petit en Italie. Ceux que l’on a pratiqués dans le Midi de la France , contribuent beaucoup à répandre dans ce pays les agrémens dont on y jouit et les richesses qu’on lui envie.
- ( Marine ) Dans le langage des hommes de mer , un canal est un espace de mer renfermé entre les terres , formant un bras de mer plus long que large. Le moi canail
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- Cl Inexprimé ordinairement tme plus grande étendue que le détroit.
- ( jiriat. ) Les anatomistes font «sage du mot canal pour désigner tous les vaisseaux du corps , tels que les veines , les artères , etc. Mais ils distinguent particulièrement par ce mot le canal déférent qui porte la semence des testicules aux vésicules séminales- Il y en a tm pour chaque testicule.
- Le canal de l’urètre» F". URÈTRE.
- Le canal veineux , ou petit conduit que l’on ne rencontre que dans Je fœtus. Il est situé dans la partie cave du foie : son usage est de conduire le sang de l’artère pulmonaire dans l’aorte, sans qu'il passe dans les poumons , comme dans ï’adulte. Ce canal s’oblitère quand l’enfaüt a respiré, et s’affaisse entièrement à mesure qu’il avance en âge.
- Les canaux aqueux découverts par M. Nuck , par lesquels on croit que l’humeur aqueuse de l’œil est apportée dans l’intérieur des membranes qui renferment cette liqueur.
- Lies canaux demi-circulaires , ou des canaux osseux qui se trouvent à la partie postérieure de la roche de l’os temporal. C’est une dos trois parties qui composent la portion la
- J>îus enfoncée de l’oreille interne , aquelle est connue sous le nom de Labyrinthe. V. ce mot.
- On appelle encore canal,'a. cavité qui traverse les vertèbres du cou , et donne passage à la moelle épinière
- (Jardin.) On donne le nom de canaux aux vaisseaux qui servent à recevoir la sève et la porter dans chaque partie des végétaux; et l’on appelle canal direct de la sève cette sorte de branches qui poussent d’à-plomb à la tige , et qu’il faut supprimer pour avoir des arbres vigoureux, de belle figure, fructueux et de longue durée.
- CANAL1CULÉ, adj, de canal.. (Botan. ) Partie de plante creusée-<111 pliée longitudinalement en gou-tière , sans cependant former un augle par-dessous ; en Sorte que la eoupe transversale d’une partie cana-liculée doit offrir nu arc ou autre partie de cercle continue, c’est-à-füre , sansangîe au mille».
- C-AN
- CANAPE, s, m. Corruption ife. canopée, du latin conopeum , formé du grec x.mmi (kônôps ) , coussin..
- ( Hcon.. domest. ) C’étoit anciennement un pavillon formé de réseaux, inventé par les Égyptiens , pour se garantir des cousins : Il signifie aujourd’hui un grand siège à dossier, où plusieurs personnes ensemble peuvent être assises , et dont on se sert quelquefois comme d’un lit de repos.
- CANCEL, s. m. du lat. cancelli„ qui signifie un treillis de bois, de fêr ou d’autre métal.
- ( Culte catholique. ) C’est l’endroit du chœur d’une église qui est le plus proche du grand autel, et qui est ordinairement fermé d’une balustrade ; il n’étoit autrefois permis qu’aux ecclésiastiques d’entrer dans le cancel. Les empereurs , les rois et les princes, eurent dans la suite la liberté de s’y placer. Maintenant les plus simples particuliers, veulent y avoir leur place, et souvent leur sépulture.
- Ce mot a produit cancellation, canceller, chancelier, chancellerie , etc. V. ces mots.
- CANCELLATION. s. f. de cancel, action de canceller.
- CANCELLER , v. a. de cancel.
- ( Pratique ) Annuller une écriture en la barrant, en la croisant à traits de plume, c’est-à-dire, imiter, sur le papier le treillis , appelle en latin cancelli.
- CANCER , s. m. du latin cancer , écrevisse.
- ( Méd. ) Tumeur dure , ronde , inégale , livide ou plombée , environnée de plusieurs vaisseaux gonflés , visqueux, qui représentent à peu. près les pattes d’une écrevisse , appelée en latin cancer , d’où cette tumeur a pris son nom.. Quoique le cancer puisse attaquer toutes les parties du corps , il vient plus ordinairement aux mamelles , aux. aisselles, aux parotides, au nez, aux lèvres , aux parties naturelles, à la matrice , à l’anus , et plus souvent aux femmes qu’aux hommes.
- La maladie à laquelle on donne, le nom de cancer, est la meme que celle que les Grecs et leiRomains. appel oient eurent sm-a.
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- ( ffyppiatriyue ) Les chenaux «t les autres biles de somme sont aussi exposés aux cancers. Cette cruelle maladie commence ordinairement dans les animaux par un ou plusieurs boutons d’où suinte une humeur lymphatique et rongeante. Le mal gagne insensiblement , et acquiert un volume très-considérable , lorsque ceux qui soignent les chevaux ne s’opposent point à ses progrès.
- ( Physique ) Cancer ou écrevisse, est le nom du quatrième signe du zodiaque , et de la quatrième partie de l’écliptique, dans laquelle le soleil nous paroît entrer le ai juin ( 3 messidor ). C’est alors que l’été commence pour les habitans de l’hemisphère septentrional ; et c’est au contraire l’hiver qui commence alors pour les habitans de l’hémisphère méridional. Les Grecs avoient appelé ce signe etçstyoc, cancer marinas, parce que le soleil sembloit, lorsqu’il étoit dans ce signe , retourner sur ses pas.
- Ce signe a donné son nom au tropique qui passe à son premier point, et qui s’appelle pour cela tropique du cancer.
- CANDELABRE, s. ni. du latia candelabrum.
- Grand chandelier fait à l’antique.
- ( Architect. ) Amortissement en forme de grand baîustre.
- CANDIDAT, s. m. du latin can-didatus.
- ( Econ. polit. ) Celui qui aspire à quelque emploi, à quelque dignité. Ou appelait ainsi chez les Romains ceux qui briguoient les magistratures , parce que , lorsqu’ils se
- résentoient dans les assemblées pu-
- liques, ils portoient un habit blanc for, éclatant, afin de se faire mieux remarquer de ceux dont ils vou-loient avoir le suffrage.
- CANEVAS , s. m. du latin can-Xiavaceus , formé du grec « s ( kannabis ) , chanvre.
- ( Manuf. ) Espèce de grosse toile claire , dont on se sert ordinairement pour faire des ouvrages de tapisserie.
- ( Musique ) On appelle ainsi de$ paroles qu’ou fait d’abord sur un ^lr , sans avoir égard au seus , et Voru' représente* seul cm eut la ffie-
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- sure et le nombre des syllabes que l’air demande, et qui sert de modèle pour faire d’autres paroles suivies.
- {.Littérat. ) Canevas, se dit figu<-rément du premier projet de quelque ouvrage d’esprit,et l’on dit, par-exemple , qu’une histoire , un panégyrique , ne sont pas encore achevés, que l’auteur n’en a encore fait que le canevas.
- ( Polit. ) Les anglais ,emploient ce mot pour exprimer les brigues , les: visites, les sollicitations, auxquelles, ont recours les candidats qui aspirent aux magistratures, et particulièrement à l’honneur de siéger au. parlement , pendant les jours qui précédent celui de l’élection ; ils appellent cela canevasser, to can-vass.
- CANICIDE, s. m. en lat. cani-cidium, formé de canis , chien , et de cœdere, occidere , tuer : l’actiors de tuer un chien.
- (Anat.) C’est ainsi que les anatomistes expriment la dissection d’un chien vivant. Il est très - mile , ea anatomie , d’ouvrir souvent diffé-rens animaux , et de tenter sur eux diverses expériences relatives à l’art de guérir , afin d’acquérir par cette ana:omie comparée , et par les opérations qu’on peut tenter sur eux „ les connoissances nécessaires pour 1» perfectionnement de la science.
- CANICULE , s. f. du lat. cani~ cula , littéralement petite chienne..
- (Astron.) C’est le nom de la belle étoile du Grand-Chien, qu’on appelle simplement l’étoile du Chien ; le» Grecs la nommoient cnipiac {séirios).
- ( flist. anc.) Le jour où la canicule se lève , disoient Hippocrate et Pline , la mer bouillonne , le vin tourne , les chiens entrent en rage ^ la bile s’augmente et s’irrite, et tous les animaux tombent en langueur et dans l’abattement. On sent bien, que ce sont les effets de la chaleur qu’on at'nbuoit à l'astre qui aunouçoit les chaleurs.
- C’est actuellement le 20 août qu’arrive le lever héliaque de Si ri us; et cependant alors, ce qu’on appelle les jours caniculaires , sont près de hoir.
- Les Romains étoient si persuadés de la malignité de la canicule, que pour en écarter les influences , ils
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- lui sacriSoiènt tous les ans un cliien roux : le cliien avoit eu la préférence dans le choix des victimes , à cause de la conformité des noms.
- CANNE, s. f. du grec xovvst ou xjwa. en lat. canna , canne ou roseau , qui a produit canelle , can-netille , cannule , cannelure.
- {Botcm.] Canna est un terme générique , qu’on donne à différentes espèces de plantes qui ont entre elles quelque ressemblance, quoique le caractère en soit très-différent. Tels sont : le roseau commun, la canne à sucre , la canne d’inde , la canne odorante , etc.
- { Manuf. ) En termes de manufactures de soie , on appelle cannes, certaines grandes baguettes que l’on passe dans les envergures des chaînes , pour remettre ou fondre les pièces.
- ( Fondeur ) Canne désigne un instrument de fer avec lequel on brasse les métaux en fusion.
- ( Verrier ) Une machine de fer en forme de canne , percée dans toute sa longueur, avec laquelle on souffle les bouteilles et autres ouvrages de verrerie ; et on appelle canne à ressort, un outil qui sert à saisir une pièce de verre , pour la détacher de la canne dont on vient de parler.
- [Physique] Canne à vent; espèce de canne intérieurement creuse , et par le moyen de laquelle on peut, sans le secours de la pondre , chasser une balle avec violence, en y adaptant un réservoir qui contienne de l’air comprimé et une batterie propre à ouvrir ce réservoir pour un instant.
- La construction de la canne à vent est fondée sur le même principe que le fusil à vent : la différence qu’il y a , c’est que la canne à vent est séparée de sa crosse et de sa batterie , et a la forme d’une canne ordinaire , au lieu que le fusil à vent porte sa crosse et sa batterie et a vraiment la forme d’un fusil. V. FUSIL A VENT.
- CANNELLE, s. f. diminutif de canne , petite canne , ou peut-être du mot indien cannama, qui signifie bois odorant.
- ( Commerce] La cannelle zst la Seconde écorce du cannelier, petit subie très - commua dans l’ile de
- CAN
- Ceilan. Dans la saison où la sèv» est la plus abondante , et que les canneliers commencent à fleurir, on en enlève l’écorce extérieure, qui est épaisse, grise et raboteuse : après quoi , on détache la seconde écorce de ceux qui n’ont que trois ans ; ou la coupe par lames de trois ou quatre pieds de longueur ; on l’expose au soleil , on en forme un rouleau de la grosseur du doigt , semblable au pin dont on enlève l’écorce pour en fairesortir la résine. Le cannelier se revêt d’une double écorce , deux ou trois ans après qu’on l’a dépouillé de celle qu’il avoit, et on réitère l’opération, ce qui procure une nouvelle récolte. Tant que les Hollandais ont été en possession de l’ile de Ceilan , ils n’ont pas permis aux naturels du pays de cultiver le cannelier. Ils se sont d’abord empare's de tout le terrain qui produit de la canelle, et que l’on appelle champ de la cannelle, qui est situé sur le bord de la mer , depuis Negambo jusqu’à Gallières ; ils ont ensuite arraché tous les canneliers que le hasard faisoit naître dans quelques districts de cette île, et que les ha-bitans auraient cultivés avec plaisir, pour en être les seuls marchands : enfin ifs se bornoient à une certaine récolte qu’ils savoient devoir suffire pour l’entretien de leur commerce. Les Anglais sont depuis trop peu de tems en possession de l’ile de Ceilan , pour pouvoir juger de la conduite qu'ils tiendront dans l’exploitation de cette branche intéressante du commerce de l’épicerie.
- ( Méd. ) Outre l’huile qu’on retire de la cannelle, toute l’écorce a un sel essentiel qui approche du sel ammoniac ; c’est ce qui la rend échauffante , cordiale , stomachalê, et alexipharmaque.
- [Mat. méd.] La cannelle est employée dans un très-grand nombre de remèdes officinaux. La pharmacopée de Londres la fait entrer dans la teinture d’opium , l’esprit de lavande composé , le vin chalibé , la teinture stomachique et celle du ca-qhou , etc. La pharmacopée de Paris én fait usage dans le laudanum liquide , l’élixir de vitriol, Peau thériacaîe, l’eau de mélisse composée, etc.
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- CANNELURES , s. f. de canna , Y, ce mot.
- ( Archit. ) Demi-canaux creusés le long d’une colonne ou d’un pilastre : iis représentent les plis des vêtemens des anciens.
- Cannelures se dit de toutes autres cavités qui imitent les canne-lui es des colonnes.
- CANNULE , s. f. diminutif de canne. V. ce mot.
- ( Chirurgie ) On donne ce nom à plusieurs instrumens de chirurgie dont la figure varie suivant les dif-férens usages auxquels on les emploie.
- La cannule est un petit tuyau d’or , d’étain ou de plomb , et quelquefois de fer , que l’on introduit dans les ulcères , pour donner issue aux matières qui y croupissent , ou dans les plaies accidentelles ou artificielles de la poitrine , du bas-ventre , etc.
- CANON , s. m. dans le sens d’instrument de guerre , vient de l’italien cannons , augmentatif de canna , parce que le canon est creux , long et droit comme une canne; les Italiens emploient le mot canna pour désigner un canon d’arquebuse , en y ajoutant di ferro.
- ( Artillerie ) Grosse et longue pièce d’artillerie , faite de 1er ou de lonte , dont la forme est celle d’un cône fort alongé et tronqué , et dont L cavité est cylindrique. Les premiers canons furent formés de plusieurs cylindres de fer gros et courts, réunis les uns au bout des autres , et fortement attachés ensemble avec des anneaux de cuivre : le calibre de ces canons étoit énorme , et l’on Jetoit par leur moyen des boulets de pierre d’une grosseur et d’un poids considérable. Ou trouva , quelque tems après , l’art de faire des Doulets de ; en conséquence on travailla * diminuer le calibre des canons. De-là vinrent les canons de bronze ct de fonte , qui étoient plus forts , malgré cela plus aisés à manœuvrer.
- L’usage des canons en France est *res-ancien. Selon les registres de la Cûambre des comptes , on les con-aOissoit et on s’en servoit dès l'an-hée i358.
- ( Marine ) Les canons de mer
- CAN ait}
- sont plus courts et plus renforcés de métal que ceux de terre , afin qu’ils occupent moins de place dans le vaisseau,et qu’ils soientplus solides, en même tems qu’ils sont plus légers.
- Les canons sont places dans le vaisseau sur les ponts et sur les gaillards. Le mouvement continuel de la mer oblige de les assujettir , chacun contre leur sabord respectif, par le moyen de plusieurs cordes et. poulies, qui servent à les manœuvrer et à les faire aller et venir dans un combat.
- ( Arts et métiers ) Dans Fart du balancier , le canon est une boîte cylindrique dans laquelle est renfermée la branche du peson à ressort.
- Canon se dit du porte-plume du p olygraphe.
- Les imprimeurs appellent gros canon , un corps de caractère particulier , et petit canon , un autre corps de caractères.
- Les horlogers appellent canon , un petit cylindre percé de part en part, par le moyen duquel on fait tourner une pièce sur son arbre, sans qu’elle se berce.
- Les apothicaires donnent ce nom â certains pots de faïence dans lesquels ils tiennent diverses préparations de pharmacie ;
- Les serruriers , la portée de la serrure qui reçoit la tige de la clé ;
- Les rubaniers , un petit tuyau de buis destiné à porter la soie de la trame.
- En termes de manège , le canon. est la partie de la jambe du cheval qui s'étend depuis fe genou jusqu’au boulet, et la partie du mors ou de l’embouchure du cheval qui entre dans la bouche et la tient sujette.
- Canons , au piurier , se dit , en terme de tourneurs , de deux cylindres creux , traversés par une verge de fer carrée , qui joint la boîte] au mandrin.
- CANON, s. m. dans le sens de règle , loi , vient du grec kat/ohv ( kanôn ) , qui signifie règle , languette d’une balance , règle d’un architecte.
- ( Relig. ) Dans les auteurs ecclésiastiques , ce mot se prend en plusieurs manières : pour les lois de la discipline ecclésiastique et les décrets des conciles , parce que ce sont les
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- régies auxquelles on doit se conformer ; pour le catalogue des livres sacrés , parce qu’il est comme une règle qui détermine quels sont les livres inspirés ; pour les paroles se-crettes de la messe , depuis ia préface jusqu’au Pater, au milieu desquelles le prêtre fait la consécration, parce que ccs paroles sont une règle qu’il faut observer en offrant le sacrifice j pour le catalogue des saints reconnus dans l’Eglise , parce que c’est une règle qui apprend quels sont ceux à qui on doit rendre un culte public : de-là est venu le mot canoniser, parce que les noms de ceux que l’on reconnoît pour tels , sont inscrits dans le catalogue des saints.
- ( Jurisprud. ) Droit canon ; c’es t ïa collection des règles tirées de l’écriture sainte , des conciles , des constitutions des papes,des sentiraens des Pères de l’Église et de l’usage reçu parla tradition.Elle a été faite, en n5i , par Don Gratien, bénédictin.
- ( Musique ) Canon , en musique moderne, est une sorte de fugue qu’on appelle perpétuelle , paree que les parties , partant l’une après l’autre , répètent sans cesse le même chant.
- Autrefois , dit Zarlin , on mettoit à la tête des fugues perpétuelles , qu’il appelle fughe in conséquent, certains avertissemens qui mar-quoient comment il falloit clianter ces sortes de fugues; et ces avertissemens , étant proprement les règles de ces fugues , s’intitulèrent ca— noni , règles, canons. De-îà, prenant le titre pour la chose, on a , par métonymie , nommé canon cette espèce de fugue.
- ( Mathémat. ) Canon, en termes de géométrie et d’algèbre , signifie une règle générale pour !a solution de plusieurs questions d’un même genre. Ce mot est aujourd'hui .peu usité. On dit plus communément méthode et formule.
- On dit encore canon naturel ces triangles , canon artificiel des triangles : le premier est iine table qui contient tout ensemble les sinus , les tangentes et sécantes des angles, et qui est nommée de ïa sorte, parce qn’eiie sert principalement â ia résolution des triangles ; le
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- second est une autre table ou st trouvent les logarithmes des sin<-* ei des tangentes. V. SINUS , TAN. GENTE , LOGARITHME.
- CANONISATION, s f. de canon, dans le.sens de règle, >tavaty (kanén). V. ce mot.
- ( Melig. ) La canonisation est une déclaration du pape, par laquelle , après un long examen et plusieurs solennités , il met au catalogue des saints un homme qui a mené une vie sainte et exemplaire.
- Ce mot vient de ce que la canonisation n’étoit d’abord qu’un ordre des papes ou des évêques, par lequel il étoit statué que les noms de ceux qui s’étoient distingués par une pieté et une vertu, extraordinaires, seroient insérés dans les sacrés distiques, ou le canon de la messe , afin qu’on en fît mémoire dans la liturgie.
- Alexandre III est le premier qui se soit arrogé le droit de canoniser , exclusivement aux autres évêques.
- CANONNIER , s. m. de canon. V. ce mot,
- ( Marine ) T.e maître canonnier est un officier marinier , ou sous-officier , qui , dans un vaisseau , est chargé de l’artillerie et de toutes les munitions qui la concernent ; ses fonctions consistent à faire tirer, manœuvrer et entretenir les canons.
- CANONNIÈRE . s. f. V. CHALOUPEES CANONNIERES.
- CANOT, s. m. corruption de l’indien canoë.
- {Marine) Petit bâtiment à rames, qui sert, dans l’intérieur des ports et des rades , à communiquer d’un endroit à l’autre , des vaisseaux à terre ; il y en a qui sont particulièrement affectés au service dés vaisseaux pour servir à communiquer , dans l’cJccasion , en pleine mer, avec les vaisseaux que l’on rencontre ; à débarquer daus les ports ou dans les rades. Ces canots^ ont depuis dix jusqu’à 36 pieds (h mètres'environ) : ils se placent pendant la navigation , le plus grand dans la chaloupe ; ceux de moindre dimension , les uns dans les autres , dans l'espace qui reste libre à est
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- •effet sur le -pont, entre les deux
- gaillards.
- c Les indiens ont des canots creusés d’ua seul tronc d’arbre , avec lesquels ils naviguent à la rame et à la voile , cdns les rivières , au voisinage des voies , et en mer , à la pêche, etc. il y en a de différentes dimensions ; ordinairement ils sont lon<*3 et étroits , et faits en. façon de navette. V. PIROGUE.
- CANTABILE , adj. Mot purement italien, formé du latin cantus, chant, et qui signifie chantable , commode à chanter.
- (Musique ) Ce mot sê dit de tous lés chants dont, en quelque mesure que ce soit , les intervalles ne sont pas trop grands ni les notes trop précipitées , de sorte qu’on peut les chanter aisément, sans forcer ni gêner la voix.
- CANTATE , s. f. Mot italien , dérivé de cantus , chant.
- ( Poésie-Musique ) La cantate est un petit poëme lyrique qui se chante avec des accompagnemens, et qui, bien que fait pour la chambre , doit recevoir du musicien la chaleur ét les grâces de la musique imitâtivè et théâtrale. Les cantates sont ordinairement composées do trois récitatifs , et d’autant d’airs. Elles demandent pour sujet une morale appuyée de quelques exemples qui en fassent la preuve et l’ornèment, ou de quelque trait d’histoire ou de fable, suivi d’une ou deux réflexions qui en résultent naturellement. 11 faut surtout que les images en soient riches et expressives. Leur style est semblable à celui de l’ode.
- Quant à la forme, il faut des récits courts , nobles et vifs , suivis n airs élégans et bien placés.
- Les récits sont en grands vers , °n en vers mêlés d’alexandrins et outres ; mais les airs sont en stances
- régulières.
- Le passage du récitatif à Pair ,
- de Pair au récitatif, doit être na-turei et bien ménagé.
- Les cantates ont passé de mode Parce qu’elles exigent toujours un P^.d’éehafaudage , une sorte d’ex-Pésition, pour mettre l’auditeur au « U on leur préfère aujourd'hui
- C A N âàf
- même dans les concerts , des scènes d’opéra.
- Les cantates nous sont venues d’Italie , et c’est l’Italie qui les a proscrites la première. Ceiies qu'on. y fait aujourd’hui sont de véritables pièces dramatiques à plusieurs ac-* teurs, et qui ne diffèrent des opéra, qu’en ce que ceux-ci se représentent au théâtre , et que les cantates ou les pièces qu’ou a substituées aux anciennes cantates , ne s’exécutent qu’eu concert. La cantate est sur un sujet profane ce qu’est Voratorio sur un sujet sacré.
- J. B. Rousseau a été le créateur de ce genre parmi nous. Ses cantates sont connues de tout le monde.
- GANTATILLE, s. m. diminutif de cantate.
- ( Musique ) La caniatilîe n’est qu’une cantate fort courte , dont le sujet est, lié par quelques vers dé récitatif, en deux ou trois airs en rondeau , pour l’ordinaire.
- CANTHARIDE , s. f. du grec xa.vBa.p/ç ( kantharis ) , diminutif de xctvôapoç ( kantaros ), scarabée : petit scarabée.
- ( Insectologie ) La cantharide est un insecte allongé, et d’un beau vert doré 5 ses étuis sont flexibles * ses antennes sont noires; on le trouvé sur le fréue, dans le mois de messidor (juillet).
- ( Mat. méd. ) Les cantharides contiennent un sel âcre , très-caustique et très-volatil. On s’en serE pour faire des emplâtres vésicatoires. Les cantharides ont une action particulière sur les voies urinaires : l’usage interne des cantharides demande donc la plus grande circonspection de la part du médecin qui le conseille ; des hommes ont été empoisonnés par une forte dose de la poudre de ces insectes t et des libertins qui avoient pris ce remède pour réveiller eu eux le sentiment de l’amour éteint par les excès , ont été exposés aux accidens les plus terribles et ont péri dans les tourna eus les plus affreux.
- CANTIiUS , s. m. du gr. k*v9«s (kanthos) , l’angle de l’œil.
- ( Anat. ) On appelle ainsi les angles formés par les deux pau-
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- pières , flans les deux endroits où elles s’unissent.
- { Chimie ) Canthus est aussi cette partie de l’ouverture d’üne cruche , d’une aiguière ou d’un autre vaisseau , qui a un peu de creux ou de pente, -par où se verse doucement la liqueur ; de-là est venue l’expression , verser par décantation , pour verser doucement parle canthus.
- CANTIQUE, s. m. du lat» can-tus , chant»
- ( Poésie-Musique ) Hymne que l’on chante en rhonueur de la divinité.
- (llisf. a?ic.) Les premiers et les plus anciens cantiques furent composés à l’occasion de quelque événement mémorable , et doivent être comptés entre les plus anciens mo-numens historiques.
- Ces cantiques étoient chantés par des choeurs de musique , et souvent accompagnés de danses , comme il paroît par l’Ecriture. La plus grande pièce qu’elle nous offre en ce genre est le cantique des cantiques, ouvrage attribué à Salomon, et qui semble être l’épithalame de son mariage avec la fille du roi d’Egypte , mais que les docteurs et les pères de l’Eglise regardent comme une allégorie de l’union de Jésus-Christ et de l’Eglise.
- ( Culte catholique') Dans le nouveau testament, il y ale cantique de Simeon , celui de Zacharie , et le magnificat appelé le cantique de la vierge.
- On appelle cantiques , les quinze pseaumes graduels ; ils sont nommés ainsi parce qu’on les chantoit en montant les quinze degrés par où l’on parvenoit au temple.
- ( Hist. grecque ) Les Grecs don-noient le nom de cantiques à certains monologues passionnés de leurs tragédies , qu’on chantoit sur le mode hypodorien ou Vhypophry-g’ien. V. ces mots.
- {Culteprotestant) Les protestans appellent cantiques tout ce qui se chante dans leurs temples , excepté les pseaumes qui ont conservé leur nom.
- CANTO, s. m. mot italien, dulat. c an tu s.
- .( Mus. ) Ce mot, écrit dans une
- CAT
- partition sur la portée vide du pre„ mier violon , marque qu’il doit jouer à l’unisson sur la partie chantante.
- CANTON , s. m. du grec xav9oc ( kanthos ) , angle , coin de l’œil.
- ( Topogr. ) Division territoriale , certaine partie d’un pays ou d’une ville.
- ( Blazon ) Un quartier moindre que le quartier ordinaire de l’écu; ou encore les parties dans lesquelles un écù est partagé par les pièces dont il est chargé.
- De canton on a fait cantonnade , cantonner.
- ( Art théâtral ) Cantonade sert à exprimer, en termes de comédiens, le coin uu théâtre ; parler à la cantonade , c’est parler à un personnage qui n’est pas vu des spectateurs»
- {Architect.) Cantonné , en termes d’architecture , se dit d’un bâtiment dont l’encoignure est ornée d’une colonne , d’un pilastre angu-, laire, de bossages , ou de quelque autre corps qui excède le nu du mur.
- ( Art milit. ) Cantonner se dit des troupes distribuées dans plusieurs villages , pour la commodité de leur subsistance , avant l’ouverture de la campagne on l’entrée eu quartier d’hiver.
- Se cantonner, c’est se retirer dans un canton pour y être en sùrêté , ou s’y fortifier contre un plus grand nombre.
- CAP, s. m. du lat. captif, tête, pris directement de l’italien capo, tête ou chef.
- ( Marine ) Cap se dit de l’avant du vaisseau ; c’est le terme par lequel on désigne la direction droite, en avant du vaisseau : il ne s’emploie en ce sens qu’en parlant de la route.
- ( Géogr» ) Cap , ou promontoire* est une pointe avancée et élevée de la terre dans la mer , formant quelque point et reconnoissance remarquable dans la navigation , comme le Cap-Finistère , le Cap-Lézard, le Cap-de-Bonne-Espérance.
- CAPABLE, adj. de capax, dérivé de capio, prendre : qui a les qualités requises pour quelque chose.
- ( Pratique ) Ce mot se dit d’au héritier , par rapport au teins de l’ouverture de la succession. L’en~ faut conçu lors de la mort du de-
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- CAP
- funt , est capable de succéder comme s'il étoit né.
- ( Céom. ) On dit qu'un segment de cercle est capable d’un angle , lorsque ce segment est tel qu’on y
- [ieut inscrire cet angle ; en sorte que es deux côtés de l’angle se terminent aux extrémités du segment, et que le sommet de l’angle soit sur la circonférence du segment.
- CAPACITÉ , s. f. même origine que CAPABLE : habileté , largeur, profondeur.
- (Pratique) Capacité , en parlant de contrats , s’entend de l’habileté à contracter.
- {MétroL) Mesure de capacité: ce sont les mesures de contenance , celles qui ont une largeur et une profondeur.
- CAPE , s. f. du grec ( kappa ) , parce que ce vêtement ressemble à un K, d’où est venu KafT-îrbxiov, pour uu vêtement de femme.
- (Costumes) Manteau à capuchon, comme on en portoit autrefois. Delà les expressions Cape de Béarn, parce que les Béarnais en avoient apporté la mode. Cet homme n'a que la cape et l’épée , pour dire qu’il n’a pas de bien. — Rire sous cape , pour rire en se moquant de quelqu’un et en tâchant de n’être pas aperçu.
- *Marine ) Par le mot cape on entend , en termes de maripe , la situation d’un vaisseau qui , par un gros vent ou tempête, contraire à sa route , est obligé d’amener toutes ses voiles , excepté une ou deux des plus petites , se mettant presque au plus près et en travers du vent, avec la barre du gouvernail , toute sous le vent , pour lutter contre la grosse mer et le gros vent, en dé-r*vantle moins possible. Il se tient «ans cet état jusqu’à ce que le vent, devenant moins violent , lui permette de remettre en haut des voiles de faire du chemin.
- On cape aussi dans le voisinage “un port, lorsqu'on craint de faire r°p de chemin dans la nuit et de e dépasser , ou lorsqu’on -se croit P*es des côtes à Lentrée de la nuit, qu’on veut attendre le jour pour «Uaquer la terres
- C A T a*3
- CAPELINE , s. f. du latin caput.
- { Chirurgie ) Espèce de bandage dont on se sert aux amputations des bras , de l’avanl-bras , de la cuisse , de la jambe , et pour la fracture de la clavicule ; on l’a appelé capeline , diminutif de caput, parce que ce bandage enveloppe la partie , comme une capotte fait la tête. „ CAPI-ÂG ASON, CAPE AGASSI, mot turc , composé de capi, porte, et de aga puissant : seigneur commandant.
- ,{Hist. turque) Nom d’un officier turc qui est le commandant des portes du serrail, ou le grand maître du serrail. C’est la première dignité des eunuques blancs. De capi on a fait capigi , qui signifie portier du serrail, et capigi bachi, le chef de ces portiers.
- CAPILLAIRE, adj. du latin ca-pillus , cheveu , dont la racine est caput; comme qui diroit : délié comme des cheveux.
- {Botan.) On confond sous le nom de capillaire, trois ou quatre espèces de fougères , dont la fructification est à la partie inférieure des feuilles : on en fait un sirop pectoral. On leur attribuoit autrefois tant de vertus que c’étoit une espèce de panacée.
- Capillaire se dit encore de tout ce qui , dans les plantes, a une forme grêle , alongée , qui approche de celle d’un cheveu.
- ( Physique ) Tuyau capillaire ; on appelle ainsi les tuyaux menus qui n’ont qu’un petit diamètre. €e qui arrive relativement aux tuyaux capillaires , paroît être une exception aux lois de l’hydrostatique* Une de ces lois et que toutes les parties d’une même liqueur sont en équilibre entre elles , soit dans un seul vaisseau, soit dans plusieurs qui communiquent ensemble , lorsque leurs surfaces supérieures sont dans un même plan parallèle à l'horizon. Or , voici ce qui arrive avec les tuyaux capillaires. 1°. Si l’on plonge l’extrémité d’un tuyau capillaire dans un vase plein de liqueur , aussitôt la liqueur s’élève dans le tuyau au-dessus de son niveau. i°. Si l’on plonge le même tuyau capillaire dans
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- différentes liqueurs, toutes s’élèvent dans le tuyau au-dessus du niveau, mais à des hauteurs différentes : et ce ne sont pas toujours les moins pesantes qui s’élèvent le plus haut ; car l’esprit de vin s’y élève beaucoup moins haut que l’eau , l’esprit de nitre , l’eau salée, l’huile de vitriol concentrée , l’urine , etc. , et ce sont ees dernières qui s’y élè-vent le plus haut. D’où il suit qu’elles ne s’y élèvent point en raison inverse de leur densité ce qui de-vroit être si leur élévation étoit un effet de l’équilibre. 5°. Si l’on plonge dans la même liqueur deux tuyaux capillaires de diamètres différents', la liqueur s’y élève au-dessus de sou niveau à des hauteurs cpii sont en raison inverse des diamètres des tuyaux. 4°. Le contraire de tout cela arrive avec le mercure ; car si l’on plonge un tuyau capillaire dans du mercure , il s’y tient plus bas que son niveau , et d’autant plus bas que le tuyau est plus étroit ; et ce pliis bas est en raison inverse des diamètres des tuyaux.
- Il y a loUgtems qûe l’ou cherche la cause de ces faits, si opposés à ce que l’on connoît d’ailleurs ; mais ou ne peut pas encore se flatter de l’avoir trouvée.
- '( Anat. ) Capillaire se dit en général de tout ce qui a rapport aûx cheveux , mais sur-tout des extrémités les plus déliées des veines et des artères , parce qu’elles sont aussi déliées que des cheveux.
- CAPITAINE , s. m. du latin captif , chef.
- ( Art milit. )Chef d’une compagnie de gens de guerre , soit a pied , soit à cheval.
- Capitaine se dit aussi d’un général d’armée , par rapport aux qualités nécessaires pour le commandement. Capitaine général est employé aujourd’hui pour désigner ce qu’on entendoit autrefois par gouverneur dans une colonie.
- ( Marine ) Capitaine se dit de l’officier qui commande un vaisseau ou autre bâtiment de l’Etat ou de commerce.
- Capitaine de pavillon ; on désigne par cette dénomination un capitaine de vaisseau de i’&îat ; qu\
- CAP
- commande un vaisseau d’une es*, cadre ou d’une armée navale, qui est monté supérieurement par un amiral ou autre officier-général, et qui porte en conséquence le pavillon de distinction du grade du général.
- Capitaine de port ; c’est un officier de marine , employé séden-tairement dans un port, pour veiller aux amarrages , à la propreté , entretien et conservation des vaisseaux désarmés, au lestage et au délestage , aux mouvemens des vaisseaux et autres bâtimens , dans l’intérieur du port, pour leur carène , radoub , mâtage et démâtage; il fait sortir du port les vaisseaux , lorsqu’ils sont armés , et les fait rentrer de la rade dans le port , pour être désarmés , à la fin de la campagne. Ce nom est remplacé ea France, actuellement dans les ports de l’Etat, par celui de chef des mouvemens maritimes.
- CAPITAL , adj. du latin caput, tête , principal.
- ( Pratique ) Employé an substantif , ii se dit du principal d’une dette , d’une rente.
- ( Commerce et Banque ) T)e capital les négocians et banquiers ont fait capitaliste , pour désigner ce lui qui a des capitaux ( des sommes d’argent ) considérables , et qui les fait valoir dans les places de commerce. '
- ( Matière criminelle ) Capital, adj. se dit d’un crime pour la réparation duquel on inflige au criminel une peine capitale , comme la perte de la vie naturelle ou civile.
- ( Technol.) Capital se prend au figuré pour tout ce qu’il y a de principal et de plus important. Ou dit médecines capitales , pour certaines préparations remarquables par leurs propriétés ; couleurs capitales , pour les couleurs naturelles dont ou forme les autres , etc.
- ( Peinture ) Ou dit souvent eu peinture : ce tableau est un tableau capital de tel maître. Selon 1“ sens naturel de cette phrase , un tableau capital devroit être celui -qu’un artiste distingué a compose dausle genre auquel il a été le plus véritablement appelé par la nature ,
- Sf.vW qu’ü a &ÛS d®
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- CAP
- la force de son talent, et qui s’est conservé ; mais l’intérêt des brocanteurs et la vanité des curieux ont attaché nn sens différent à ce terme distinctif.
- Le vendeur se sert de ce mot pour allumer le désir de l’acheteur, et le tableau capital , dans la bouche de l’un et aux yeux fascinés de l’autre j n’est souvent que le tableau le plus cher , le plus grand, le plus surchargé de figures , souvent le mieux verni , et enfin celui qui a tenu, bien ou mal-à-propos, sa place dans quelques cabinets fameux : tandis qu’un amateur instruit voit souvent dans un tableau qui n’a pas eu ces distinctions , quelquefois même dans un fragment d’un grand maître , composé dans son meilleur teins , nn ouvrage qui mérite plus réellement l’honorable distinction de tableau capital.
- CAPITAN-PACHA , corruption du mot turc capoudan-bacha.
- ( Hist. turque ) C’est le nom de l’amiral turc ou du bacha de la mer. Ce mot ne vient point de capi ou capou , qui , en turc, signifie porte, mais de l’italien capitano , formé du latin caput. La langue italienne a beaucoup de cours depuis longtems dans la Grèce et les Etats du Grand-Seigneur ; et le mot capitano y étoit en usage, avant que les Turcs fussent maîtres de Constantinople. Sous les empereurs grecs, ce nom se donnoit aux gouverneurs de province qu’ils en-voyoient en Italie.
- CAPITATION, s. f. du latin ca~ pitatio , dérivé de caput, tribut payé par tête.
- ( Finances ) On appeîoit ainsi , tu France , une imposition qui se levoit annuellement surj chaque personne.
- Cette espèce de tribut étoit en ûsage chez les Grecs et chez les Romains.
- ' La première capitation générale levée en France , fut celle que le ro| Jean leva en i355 sur tous ses sujets, saus excepter ni les princes du sang , ni le clergé , ni la noblesse.
- La capitation est particulièrement en usage dans l’empire turc. .CAPITOLE, s.m.dulat. caput, tète, r
- Tom. I.
- CAP aaS
- ( Hist. rom. ) Nom d’une colline de Rome , fameuse par le temple de Jupiter, et par la mention fréquente qu’en ont faite les poètes et les historiens , pour désigner la ville de Rome par l’une de ses plus importantes parties. Le Capitole s’ap-peloit dans les commencemens mont saturnien ; ensuite, c’est-à-dire , durant la guerre des Sabins contre Romulus, il fut nommé Tarpeien , du nom de Tarpeia , qui étant fille d'un Romain distingué , commis à la garde de cette montagne , la livra aux Sabius. H fut enfin nommé Capitole ou mont capitolin, du mot latin caput, parce que sous le règne de Tarquin le Superbe , lorsqu’on y creusoit bien avant dans la terre pour jeter les fondemens de plusieurs édifices, ou trouva une tête d’homme parfaitement conservée.
- CAPITULAIRES, s. m. du lat. capitularia , formé de capitula , chapitres.
- ( Jurisprud. ) Ce mot signifioif anciennement les canons et les dé-* crets des conciles. On s’en est servi depuis dans l’assemblée des états, sous les rois de la première et de la seconde race, pour désigner les ordonnances et les réglemens sur les matières ci viles et ecclésiastiques rédigés par chapitres , d’où vient le mot capitulaires. Il n’est maintenant d’aucun usage que dans ces phrases : les capitulaires de Charlemagne , les capitulaires de Char-les-le-Chauve , pour les constitutions faites par Charlemagne, et par Charles-le-Chauve et les autres rois de la seconde race, suc ces sortes de matières.
- CAPITULATION , s. f. du lat., capitulatio , formé de capitulaire.
- ( Politique et art de la guerre ) Composition , traité qu’on fait pour la reddition d’une place ; transaction entre les électeurs de l’Empire, et celui qui a été élu Empereur , et qu’il signe avant que d’être reconnu. Ce mot vient de ce que les parties transigent sur un certain nombre d’articles , dont chacun fait un chapitre, un capitulaire.
- CAPITULE, s. m, de capitula, petit chapitre.
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- ( Relig. ) Verset tiré de l’écriture •suinte , et relatif à l’office du jour , que l’on récite après les pseaumes et avant l’hymne.
- ( Botan. ) On appelle capitule, en termes de botanique , un assemblage plus ou moins globuleux , et terminant des parties quelconques, •eerrées les unes contre les autres, sans supports particuliers manifestes : ainsi on dit capitule de fleurs , de fruit, etc. , etc.
- Il ne faut pas confondre la fleur aggregée ou composée avec la capitule, quoique leur différence soit purement dogmatique.
- De capitule les botanistes ont fait capitulées , pour désigner les fleurs ramassées en capitule, ou pour parler plus vulgairement en tête. Ce mot est également applicable à divers modes d’assemblage : ainsi l’on dit épi capitulé , ombellule capi-tulée, etc.
- Lorsqu’un corps solide, oblong et plus ou moins grêle, est terminé par un renflement subit, sous-sphé-roïdal, il est dit capitulé. De même si un stigmate , plus ou moins arrondi , est manifestement plus large que le sommet de l’ovaire ou du style qui le porte, on le nomme stygmate capitulé.
- CAPNGMANCIE , s. f. mot grec composé de Ketmoç ( kapnos ) , fumée , et de piy.vnitt (manteia), divination : divination par la fumée.
- ( Divin. ) Les anciens tiraient un tmn augure quand la fumée qui s’é-levoit de l’autel où l’on faisoit un sacrifice, étoit légère , peu épaisse, quand elle s’élevoit droit en haut, sans se répandre tout autour de l’autel. Quand le contraire arrivoit, ils le prenoient pour un mauvais présage.
- Il y a un autre capnomancie, qui consiste à observer la fumée qui s’élève lorsqu’on a jeté de la graiue de pavot ou de sésame sur des charbons^ allumés.
- CA PUNIS 1ÈRE, s. f. de l’italien capponniera.
- \Archit. milit. ) Logement creusé en terre, que l’on fait d’ordinaire dans les fossés , et où il peut tenir i5 ou 20 fusiliers, qui tirent presque au rez-de-chaussée sans être vus. CAFOT, s. in. du latin cappa.
- CAP
- ( Costume ) Espèce de cape , os de grand manteau d’étoffe grossière où est attaché un capuchon.
- ( Jeu de piquet) Faire capot-c’est faire toutes les levées. Le capot vaut 4o poiuts.
- CAPRICORNE, s. m. du latin capricornus , composé de caper bouc, et de cornutus, cornu.
- ( Astron. ) Le dixième signe du zodiaque. On l’appelle aussi le bouc, la chèvre amalthée , la porte du soleil : car on regardoit les deux tropiques comme les deux portes du ciel ; par l’une , le soleil montoit dans les régions supérieures ; par l’autre , il redescendoit dans la région la plus basse du ciel. Le capricorne est aussi la dixième partie de l’écliptique, dans laquelle le soleil nous paroît entrer le 21 ou 1% décembre ( ou 2 nivôse ). C’est alors que l’hiver commence poulies habitans de l’hémisphère septentrional ; et c’est au contraire l’été qui commence alors pour les lia-bitans de l’hémisphère méridional.:
- CAPRIFICATION, s. f. du lat. caprificatio , formé de caprificus, figuier sauvage : l’art de mûrir les figues domestiques au moyen des figues sauvages.
- ( Jardin. ) La caprification est une pratique singulière du jardinage , en usage à Malte et dans l’Archipel.Cet art, dont Théophraste, Plutarque et Pliue .ont fait mention , consiste à procurer aux figues domestiques, par le moyen des figues sauvages , qui 11e sont pas bonnes à manger , une maturité qu’elles n’ob-tiendroient pas sans cela.
- Voici comment les paysans delà Grèce procèdent à la caprification: Dès qu’au mois de juin et de juillet ( prairial et messidor ), les vers qui se sont métamorphosés dans les figues sauvages, sont prêts à sortir sous la forme de moucherons, ils ramassent des figues , et les portent enfilées à des brochettes sur les figuiers domestiques qui sont alors en floraison. Alors ces moucherons sortent des figues sauvages, s’accouplent, entrent dans l’ombilic des figues domestiques, ety déposent non-seulement la poussière fécondante des étamines des figues qu’ils vien-aeut de quitter, et dont ils sont en*
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- eore tout couverts, mais encore leurs #*ufs, qui, venant à éclore, produisent des insectes qui font grossir à vue d’œil et mûrir les figues fran-
- ches.
- Les figues ainsi caprifiêes ne sont jamais aussi bonnes que les autres, mais les habitans de l’Archipel savent, par expérience, qu’ils en obtiennent par ce moyen une plus grande quantité. Un motif plus impérieux encore les oblige d’en agir ainsi : c’est que ce fruit fait leur principale nourriture 5 ils prennent seulement la précaution de les faire se'eker au four, afin de faire périr la substance vermineuse qui y est renfermée. Quelques naturalistes révoquent en doute l’utilité de la caprification , et la regardent comme un tribut payé à l’ignorance et aux préjugés.
- CAPSULE, s. f. du latin capsula, diminutif de capsa, boîte, cassette.
- ( Boian. ) On appelle ainsi tout
- fruit sec , c’est-à-dire , à péricarpe,
- nullement charnu dans sa maturité,
- renfermant ou plusieurs graines, ou
- une seule praine cohérente au péri-.0 r .
- carpe, soit qu il ne s ouvre pas, soit qu’il s’ouvre d’une manière déterminée , lors même que dans ce dernier cas il seroit charnu.
- Les botanistes exceptent cependant de cette dénomination , i°. quelques fruits secs qu’ils appellent graines nues2q. le follicule ; 3°. la silique et la silicule ; 4Q la gousse, V. ces mots.
- ( Jardin.) Parmi les jardiniers, la capsule est une espèce de boîte qui renferme Us semences ; elle est composée de plusieurs panneaux secs et élastiques, qui, dans la maturité, s ouvrent ordinairement par leur sommité.
- ( Anat. )Les anatomistes donnent le nom de capsule aux ligamens qni renferment les articulations , comme dans une boîte, comme les capsules atrabilaires. De capsule, °n a fait capsulaire, pour désigner Jout ce qui appartient à la capsule.
- dit le ligament capsulaire de •avant bras avec l’os du coude. Le ygo'rient capsulaire du fémur. Le ilgament capsulaire ou la tunique ftlucilaginettse de l’articulation de
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- la tête de l’os du bras avec l’omoplate.
- ( Chimie ) Capsule est encore une demi-sphère creuse, ou un segment de sphère qui sert à contenir les liquides qu’on veut faire cristalliser ou évaporer. Il y en a en verre et en porcelaine ; ces dernières peuvent être mises à feu net 5 les autres, an contraire, ne se chauffent qu’au bain de sable.
- CARACHE , ou CARAG , s. m. de l’arabe karat, qui signifie tribut.
- ( Finances ) Tribut que les juifs et les chrétiens paient au Grand-Seigneur.
- CARACOLE, s. f. directement de# l’espagnol caracol, formé de l’arabe carcara,
- ( Equit. ) mouvement en rond cfu. en demi-rond qu’on fait faire à un cheval, en changeant quelquefois d» main.
- ( Art mïlit. ) Il se dit aussi du mouvement de tous les cavaliers d’un même escadron , quand il tourne en même tems sur la droite ou sur la gauche.
- CARACORE , s. f. mot indien.
- ( Marine ) C’est un bâtiment léger des mers des Indes , dont les habi— tans de l’ile de Bornéo, des Molu-ques et de tout cet archipel, se servent beaucoup.
- Les caracores sont de différentes grandeurs; il y en a de très-petites, et d’autres du port de 10 tonneaux, qui peuvent porter jusqu’à i5o et même 170 hommes, parce qu’en un tems calme on y emploie un grand nombre de rameurs.
- Ces bâtimens sont construits de manière qu’au-dessus du plat-bord, qui n’est composé que de quatre on cinq planches, on peut établir de petites traverses qui font saillie sur l’eau, d’une mesure proportionnée au bâtiment etau nombre de rameurs qu’on veut établir. Dans les grandes caracores, on établit, avec des bambous dont les traverses sont couvertes, jusqu’à quatre rangs de rameurs séparés les uns des autres par un espace suffisant pour le jeu et le mouvement des pagayes. Ainsi, en supposant douze hommes par rang, et quatre rangs de rameurs de chaque, çûfé ; ou peut faire ramt-ï
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- 96 hommes à-la-fois; aussi leur vitesse est extraordinaire.
- Les caracores vont quelquefois à la voile , mais seulement lorsqu’il fait assez de vent pour voguer avec succès.
- CARACTÈRE , s. m. du grec pf_a.(tctKrnp (charaktêr), dont la racine «st %ttpci<r<Toii (charassô), imprimer, graver : empreinte , marque , figure , etc.
- (Imprimerie) Les caractères d’imprimerie sont autant de parallélipi-pèdes, composés d’un mélange métallique particulier , à l’extrémité desquels est un relief, une lettre ou quelqu’autre figure employée dans l’impression des livres. La surface du caractère étant enduite d’encre noire ou rouge , et étant ensuite appliquée fortement par la presse d’imprimerie contre du papier préparé à cet effet, y laisse son empreinte.
- L’invention des caractères dans l’imprimerie est si importante que plusieurs villes ont revendiqué la gloire d’avoir donné naissance à ses premiers auteurs ; mais celle de Mayence a , suivant l’opinion commune , les prétentions les mieux fondées.
- Jean-Guttemberg, habitant de cette ville , est le premier qui ait eu l’idée de l’imprimerie : ayant fait , vers l’an i44o, plusieurs tentatives qui n’eurent pas le succès qu’il en espé-roit, il eut recours à Jean Faust ou Fust, homme riche deîamème ville. Leurs efforts réunis ne produisirent encore que des effets très-imparfaits, et leurs premiers travaux se réduisirent à graver des caractères sur des planches de bois; ce que les Chinois avoient fait avant eux. Ils s’associèrent ensuite Pierre Schœffer, domestique de Jean Faust , et qui devint depuis son gendre. Ce nouvel associé , beaucoup plus intelligent et plus industrieux, leur fit sentir l’avantage des caractères mobiles: ils les firent d’abord en bois ; puis , à force de recherches , Schœffer ima-
- Î;ina de graver des poinçons , avec esquels il frappa des matrices qu’il surmonta d’un moule dans lequel il coula du métal fondu. Cette idée heureuse donna naissance à l’imprimerie, telle qu’elle est et telle qu’elie devoit être. Le premier ouvrage que
- CAR
- l’on croit avoir été imprimé avec ces caractères, est une bible latine sans date, en deux vol. in-fol. , exécutée entre les années i45o et i455. (Scrip-tura grandura. ) V. IMPRIME-, RIE.
- Caractère romain; voici l’origine et l’étymologie de ce caractère : Nicolas Senson qui en est l’inventeur prit les capitales latines , et choisit les majuscules dans les lettres latines, espagnoles, lombardes, saxo-nes , françaises ou carolines , auxquelles il donna une fovme pins simple et plus gracieuse. Ce caractère fut appelé romain, à cause des capitales romaines qui servoient de majuscules.
- Caractère italique ce caractère tire son origine de l’écriture de la' chancellerie romaine, désignée par les mots cursivetos, ou cancella-rios, écriture cursive , nom sous lequel ce caractère est encore connu dans beaucoup de pays. Il a été encore appelé lettres vénitiennes, parce que les premiers poinçons ont été faits à Venise, ou lettres al-dines, parqe que Aide Manuce s’en est servi le premier. Sa dénomination de caractère italique a enfin prévalu , parce qu’il nous vient d’Italie.
- La proportion des caractères n’a pas toujours été de la plus grande exactitude. Les plus beaux modèles en ce genre sont les caractères de Firmin Didot , de Wafflard , de Gando, de Baskerviile î etc.
- On compte %2 sortes de caractères, depuis l’œil le plus fin jusqu’à l’œil le plus gros. Voici leur dénomination et leur rapport entre eux, d’après M. Didot père: i. perle ; 2. parisienne ; 3. nompareille ; 4 mignonne ; 5. petit texte ; 6. gaillarde ( deux parisiennes ) ; 7. petit romain (une nompareille et une parisienne); 8. philosophie ( une mignone et une parisienne); 9. cicero ( deux nom-pareilles); 10. st.-Augustin ( un petit texte et une nompareille); n-gros texte ( deux petits textes ) ; 12-gros romain ( un petit romain et un petit texte); i3. petit parangon (deux
- fietits romains ); i4. gros parangon une philosophie et un petit romaiD,f i5. palestine ( deux ciceros ) ; 16. Pe' tit çanon ( deux sai^t-Augustias ) î
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- îj. deux points de gros romain (deux gros romains ) ; 18. trismégiste; 19. oros canon; 20. double canon; 21. triple canon ; 22. grossenompareilie.
- Une feuille d’impressionin-4.Q ordinaire, justification de 11 centimètres ( un peu plus de 4 pouces ), de 3o lignes à la page , contient ( de gros romain ) 34 lettres à la ligne_, et 8,160 à la feuille entière.
- Une feuille in-8.° ordinaire, justification de 76 centimètres ( 32 lignes ), et de 42 lignes à la page, contient (de petit romain ) 42 lettres à la ligne , et 2,824 à la feuille.
- Le prix ordinaire d’une feuille in-8.° , à 1,000 exemplaires , est de 28 francs, dont l’imprimeur débourse , pour la composition , 10 fr. #t pour le tirage 6 fr. En Angleterre les imprimeurs ne paient point leurs ouvriers ( compositeurs ) à raison de la feuille, mais à raison du nombre de lettres que la feuille doit contenir, suivant le format et le caractère qu’on emploie.
- ( Mathém. ) Dans les mathématiques , les caractères sont des signes dont on se sert pour abréger le discours et pour simplifier les calculs. Tels sont le caractère arabe , le caractère romain, les caractères algébriques , géométriques , de meme que les caractères affectés au calcul différentiel, intégral, etc. V. DIFFERENTIEL,INTEGRAL, FLUXION, FLUENTE. De carac-rere les mathématiciens ont fait caractéristique , pour désigner une marque ou caractère par lequel on désigne quelque chose. Ainsi d est la caractéristique des quantités différentielles, suivant M. Leibnitz ; et suivant M. Newton , la caractéristique des fluxions est un point.
- ( Astron. ) Caractères se dit de certaines marques par lesquelles on désigne les planètes et les signes du zodiaque.
- ( Chimie ) Caractères se dit de certains signes dont les chimistes se servent pour exprimer des substances ou des préparations, afin de rendre les formules plus abrégées, et aussi pour cacher aux personnes non instruites le secret des préparations.
- [Botan.) Caractères des plantes ce sont toutes les parties qui appar-
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- tiennent naturellement aux végétaux , et par lesquelles ils se ressemblent ou different entre eux; les organes de la fructification sur-tout sont les vrais caractères sur lesquels les botanistes fondent leurs principes de divisions, de méthodes , d’analyse, de systèmes, en considérant ces différentes parties , toutes les fois qu’elles paroissent constantes sous trois attributs principaux : la forme , le nombre , et les proportions respectives.
- Les caractères des plantes sont nommés caractères classiques , caractères génériques, et caractères spécifiques, quand ils .sont employés à former les classes et leurs sections, les genres , les espèces.
- Toumefort tira des fleurs ses caractères classiques ; il tira des fruits ceux £de ses sections ; il employa tous ceux que purent lui fournir les parties de la fructification, pour former ses caractères génériques , et il cherchq dam toutes les parties étrangères à la fructification ses-caractères spécifiques.
- Le chevalier IAnnœus prit aussi dans ses fleurs ses caractères classiques ; mais il ne s’arrêta qu’aux étamines. Les pistils lni fournirent les caractères de ses ordres ; la considération de toutes les parties de la génération lui fournit ceux de ces genres ; et toutes les parties visibles et palpables , quelquefois même les parties de la fructification, quand elles n’étoient pas nécessaires à la formation de ses genres, lui fournirent ses caractères spécifiques.
- ( Peinture ) Le peintre distingue dans chaque objet visible des caractères généraux et des caractères particuliers. Les premiers consistent dans les formes extérieures les, plus apparentes au premier eoup-d’œil.
- Les caractères particuliers sont : le caractère des sexes et des âges , le caractère des conformations principales , le caractère national.
- L’homme dans l’état de société est encore susceptible de recevoir divers caractères , comme les caractères historiques ,. fabuleux r religieux , mythologiques , et enfin le caractère idéal ; tous ces earacr--
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- 43o CAR
- tères sont soumis à des règles ou â
- des convenances.
- ( Musique ) Caractères de musique ; ce sont les divers signes qu’on emploie pour représenter tous les sons de la mélodie , et toutes les valeurs des teins et de la mesure. .
- Les anciens Grecs se servoient pour caractères dans leur musique , des lettres de leur alphabet ; mais au lieu de leur donner une valeur numéraire qui marquât les intervalles , ils se contentoient de les employer comme signes , les combinant en diverses manières, les mutilant , les accouplant, les couchant , les retournant différemment selon les genres et les modes. Les Latins les imitèrent, en se servant, à leur exemple , des lettres de i’al-
- Îthabet, et il nous en reste encore la ettre jointe au nom de chaque note de notre échelle diatonique naturelle.
- Gui-Arétinimagina les lignes, les portées , les signes particuliers qui nous sont demeurés sous le nom de notes , et qui sont aujourd’hui la langue musicale et universelle de toute l’Europe.
- CARAQUE, s. f. corruption du portugais caracca, augmentatif du latin carrus , voiture par terre.
- ( Marine ) Nom qne les Portugais donnent aux vaisseaux qu’ils envoient au Brésil et aux Indes Orientales. Ce sont de très-gros bâtimens capables de porter une charge considérable , armés en guerre , quoique plus propres au commerce que pour le combat. Il y en avoit autrefois qui portoient jusqu’à deux mille tonneaux ; cette sorte de bâtimens n’est pins guère en usage.
- CARAT, s. m. de l’arabe alkarat, formé du grec xsp«/r<ov (keration ) , poids qui équivaut, à la Mecque ,au vingt-quatrième d’un dénier.
- ( Métrol. ) Certain titre , certain degré de bonté et de perfection dans l’or.
- Le carat , relativement à l’or est une mesure idéale qni sert à distinguer sa qualité de fin. Une masse quelconque d’or parfaitement fin , ou supposé tel, se divise également en vingt-quatre parties qu’on nomme carats ; l’or pur est par cousé^ quent de l’or à vingt-quatre carats.
- CAR '
- Le poids fictif de l’argent est en deniers.
- En parlant des di amans et des perles, carat signifie un poids de quatre grains.
- CARATURE , s. f. de carat.
- (Docimasie) Mélange d’or et d’argent ; ou d'or, d’argent et de cuivre, avec lequel on faitlesaiguilles d’essai pour l’or.
- CARAVANE , s. f. du persan kervan ou karvan , qui signifie un nombre de personnes qui voyagent ensemble.
- ( Commerce ) On donne ce nom à des réunions de pèlerins et de marchands qui, de divers points del’Asie et de l’Afrique , se rendent, soit à la Mecque , soit à Damas , soit au Caire etc., pour y vendre et acheter leurs marchandises.
- Cette manière de commercer est très-ancienne , et la seule qui se pratique dans les vastes pays de la Tartarie , de la Perse et de l’Afrique.
- Caravane se dit, en termes de commerce du Levant , d’un bâtiment de mer qni, sans avoir aucune destination fixe , va à fret , d’un port à l’autre , et d’une échelle à l’autre , suivant les occasions qui se présentent lorsqu’il se trouve sur les lieux. Ces sortes de bâtimens restent jusqu’à deux années dehors, c’est-à-dire , jusqu’à ce, que le sort leur ait produit de quoi rapporter un chargement pour leur propre compte.
- ( Histoire moderne ) Caravanes signifie les campagnes que les chevaliers de. Malthe sont obligés de faire sur mer , pour s’acquitter du. service qu’ils doivent à leur ordre, et pour parvenir aux eommanderies et autres dignités de l’ordre.
- CARAVANSERAIL ou CARA-VANSERAI on CARAVANSERA, s. m. mot persan et turc, compose de kervan ou karvan , un nombre de voyageurs, et de Serai, maison, hôtel, palais : maison destinée a recevoir les voyageurs.
- ( Commerce ) Espèce d’hôtellerie où les caravanes sont reçues gratuitement , ou pour un prix modique ; V. CARAVANE
- Il y a des caravansérails établis dans les principales villes de cons."
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- pjsrce d’Orient, et dans lesquels oîî trouve une police et des réglemens établis pour la conservation des marchandises.-
- CARAVELLE, s. L de carabeïla, diminutif de carabus, bateau.
- ( Marine ) caravelle ou crévelle, est une sorte de bateau pêcheur de Ja côte de Normandie , de 25 à 3o tonneaux : ces bateaux font la grande pêche dans les saisons convenables , et résistent parfaitement aux mauvais tems.
- On appelle caraveell, en Portugal, un petit bâtiment de 120 à i4o tonneaux.
- Caravelle est employé dans la Méditerrannée ,. pour désigner les plus gros vaisseaux de guerre turcs, fort mal construits et fort enhuchés.
- CARBONATES, s. f. du latin carbo, charbon , dérivé du grec 3t*p<f>a> ( karphô ), faire sécher.
- ( Chimie ) Sels formés par l’u-nion de l’acide carbonique avec différentes bases. Les carbonates tiennent le cinquième rang parmi les trente-cinq genres de sels composés. Leur caractère distinctif est de laisser plus ou moins saillans l'es caractères de leurs bases , de faire avec tous les acides une effervescence vive et sensible , jusqu’au dégagement total de leur acide carbonique. Leur terminaison en ate indique qu’ils appartiennent aux acides complètement saturés d’oxi-gèue , et dont la terminaison est en ique.
- CARBONE , s. m. du lat. carbo , dérivé du grec jcat/np» (carphô), faire sécher.
- ( Chimie ) Nom que les chimistes modernes ont donné à. ce que les anciens appeloient charbon pur ; c’est la matière combustible des charbons , supposée pure et ’iso'ée d’avec les terres , les alcalis , les sels , et autres substances qui l’altèrent dans le charbon commun. Le carbone est regardé comme un principe simple et indécomposable , au moins jusqu’ici.
- CARBONIQUE, adj. de carbone, y• ce mot.
- ( Chimie ) Acide carbonique ; ® est un acide formé par la combinaison du carbone avec l’oxigène. ackie est un des plus répandus
- CAR 25 r
- dans la nature ; il se trouvé tout formé dans les craies , les marbres-et les pierres ealcaires ; pour le dégager de ces substances , il suffit de verser dessus- de La ci de sulfurique , ou tout autre acide qui ait avec la chaux plus d''affinité que 11’en a Vacide carbonique. Sa ter-minaison en ique indique le second-état des acides , celui où ils sont complètement saturés d’oxigène.
- GARBURE, s. f. de carbone. V.. ce mot.
- ( Chimie) Nom quelles chimistes modernes ont donné à la combinaison du carbone non oxigéné ,, avec differentes bases : tel est le carbone combiné avec le fer , combinaison connue ci-devant sous 1s nom de plombagine , et que les modernes ont nommée carbure de fer.
- C ARCASSE , s. f. du lat. area, coffre, ou peut-être de l’allemand Karcasso , qui a la même signification.
- ( Marine ) On appelle ainsi lë corps d’un vaisseau qui n’a pas encore été recouvert de ses bor-dages , ou qui en a été dépouillé.
- Carcasse se dit encore des débris d’un vaisseau échoué , dont là. mer ou la main des hommes ont enlevé les bordages , etc. On entretient quelquefois ces carcasses pour tenir lieu de balises , telle que celle du vaisseau le Fougueux dans la rivière de Rochefort, la** quelle sert à indiquer le rocher sur lequel s’est perdu ce vaisseau , et auquel il a donné- son nom.
- ( Artillerie) Carcasse , en termes d’artillerie, est u-n boulet creux qui renferme des artifices.
- CARCINOMATEUX , adj. du gr. R*pj£./v&Y2«. (karkinôma), cancer.
- ( Méd. ) Qui tient de la nature du cancer..
- CARCINOME, s. m. du grec jts( karkinôma ), cancer.
- ( Méd. ) cancer , humeur char-neuse.
- CARDE, s. f. du latin c ardus, qu’on a dit pour carduus, chardon , parce qu’on se sevv.oit autrefois de chardons pour cette opération , ou parce que l’instrument qui sert à carder a la forme d’un chas:
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- don , et est encore appelé chardon
- par les bonnetiers.
- ( Manuf. ) La carde est une espèce d’instrument , ou plutôt de peigne composé d’un très - grand nombre de pointes de fil de fer recourbées en crochets vers le milieu , attachées par le pied l’un contre l’autre , par rangées fort pressées. Le cardage des laines et sur-tout des cotons est une opération dont les effets sont funestes à la santé des ouvriers. Une quantité considérable de filamens se détache dans cette opération, est aspirée par les ouvriers , et forme dans les narines et dans les poumons , des dépôts dont ils deviennent presque toujours les victimes.
- Voici la manière qu”on a adoptée pour éviter un inconvénient aussi grave et aussi dangereux : un ingénieur â Rothxus , en Ecosse , a imaginé, en 1796, le procédé de renfermer les cardes et la machiné qui les fait mouvoir , dans un bâtiment isolé ; au moyen des cordes qui traversent les parties qui donnent le mouvement aux cardes, les ouvriers placés en dehors font marcher la machine et l’arrêtent quand bon leur semble.
- CARDIAQUES, adj. et s. m. synonyme de cordial, du grec xttpS'u1-x.à? dont la. racine est KitpStA cœur.
- (.Meeh)Epithèteque l’on donne aux remèdes qui fortifient le cœur, rétablissent le ressort des solides , raniment les esprits, facilitent la circulation.
- On se sert du mot cardiaque pour tout ce qui appartient au cœur.
- CARDINAL, s. m. et adj. du latin car do, qui signifie un gond.
- ( Hist. ecclés. ) Cardinal signifie ce qui est le principal, le premier, le plus considérable, le fondement de quelque chose , et qui est par rapport à elle , comme un gond relativement à une porte. Ainsi on dit les quatre parties cardinales, les quatre points cardinaux , les nombres cardinaux. Le mot cardinal s’introduisit par la corruption de la langue latine. On usa de ce mot pour signifier premier ou grand : les premiers officiers de
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- la cour de Théodose furent appelés cardinaux.
- Dès les premiers siècles du christianisme , le titre de cardinal fut appliqué aux prêtres , aux évêques et aux diacres titulaires et attachés à une certaine église , pour les distinguer de ceux qui ne desservoient que momentanément et par commission. L’on disoit de même, église cardinale , pour l’église principale d’une ville ; autel cardinal, pour le maître autel d’une église, et messe cardinale , pour la grand’messe ou le messe solennelle. C’est-là ce que ce mot signifioit selon l’ancienne interprétation, Le titre de cardinal demeura sur le même pied jusqu’au Onzième siècle. Mais le pouvoir et la grandeur des papes s’étant considérablement augmentés, ils voulurent avoir un conseil de cardinaux. L’ancien nom est demeuré , mais ce qu’il exprimoit n’existe plus. Aujourd’hui le titre de cardinal appartient exclusivement aux seuls cardinaux de l’église romaine , encore ces cardinaux n’eurent pas dès ce moment la prééminence sur les évêques : ils ne s’élevèrent au-dessus d’eux qu’après s’être arrogé le droit de nommer les papes.Ensuite vinrentles autres distinctions : ils obtinrent le chapeau rouge et la pourpre. Urbain VIII leur accorda le titre d’éminence en i63i ; jusque-là ils étoient traités d’illustrissimes. Enfin, leur grandeur commença sous Nicolas I, leur aecroisseme nt sous Alexandre III et Philippe-Auguste ; leur préséance fixe sur les évêques , sous Innocent IV, du tems de St.-Louis , et leur égalité aux princes , sous Boniface VIII et Philippe-le-Bel. Le nombre des cardinaux a varié pendant très-long-tems. Le concile de Constance les avoit fixés à 24 , mais aucun pape depuis n’observa ce règlement, sans pourtant rien établir de fixe à cet égard 5 ce fut Sixte - Quint qui en fixa le nombre à soixante-dix , dont 6 évêques, 25 prêtres, et dix-neuf diacres. Ce règlement qui est de 1026, a été observé par ses successeurs^.
- CARÊME, s. m. contraction de quadragésime , à cause des 4o jours de jeûne dont il est composé.
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- ( Culte cathol. ) C’est, chez les catholiques romains, un tems d'abstinence qui comprend 46 jours entre le mardi gras et le iour de pâque, pendant lequel on jeûne tous les jours, hors le dimanche , ce qui fait quarante jours.
- * Du tems des apôtres la fête de pâque étoit célébrée par des jours de jeûne , mais le nombre n’en étoit pas fixé : les fidèles ne consultoient en cela que leur zèle. Vers le milieu du troisième siècle l’église en établit l’obligation , et régla que ce jeûne seroit de 36 jours. Dans la suite, pour imiter plus parfaitement le jeûne de quarante jours que Jésus-Christ souffrit au désert , le pape Grégoire I augmenta le carême de quatre jours , et cet usage a été suivi dans l’Occident.
- Dans les premiers tems le jeûne consistoit à s’abstenir de viandes , d’œufs, de laitage , de vin , et à ne faire qu’un repas vers le soir. Le jeûne étoit encore plus’ rigoureux dans les églises d’Orient, où la plupart des fidèles ne vivoient alors que de pain et d’eau avec quelques légumes. Avant l’an 800 , on s’étoit beaucoup relâché de ces pieuses austérités, par l’usage du vin, des œufs et des laitages. Le jeûne consistoit alors à ne faire qu’un repas par jour, vers le soir , après vêpres.
- Vers l’an i5oo , on avança les vêpres à l’heure de midi , et le dîné fut avancé de même ; le carême se réduisit alors à s’abstenir de viande et à ne faire que deux repas , l’un plus fort, et l’autre plus léger ; on appela ce dernier collation : mot emprunté des religieux, qui, après souper, alloieijt à la collation, c’est-a-dire à la lecture des conférences des SS. Pères , appelées en latin col-lo.tio.ies ; après quoi on leur per-Mettoit de boire , les jours de jeûne , de l’eau ou un peu de vin, et ce léger rafraîchissement se nommoit aussi collation.
- CARENCE, s. f. du lat. carere , Manquer , être en défaut.
- ( Pratique ) Procès verbal de ca-lorsqu’un homme décède sans •ens , sa veuve ou scs héritiers fout aire un procès verbal de carence , Pour constater que le défunt n’a
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- laissé rien ou qne de3 choses de vil prix, que l’on détaille.
- CARENE , s. f. de l’italien caréna , formé du latin carina.
- ( Marine ) La carène d’un vaisseau est proprement toute la partie submergée , ou l’œuvre vive du vaisseau , depuis la quille jusqu’à la ligne de flottaison : abattre ou mettre un vaisseau en carène , c’est le coucher sur le côté , pour le caréner, c’est-à-dire, pour le chauffer, l’enduire de goudron , et d’autres compositions, afin de l’empêcher de faire de l’eau.
- (Botan.) En termes de botanique, carène se dit de la fleur ou de la corolle papillonnacée. C’est aussi l’angle ou la saillie longitudinale du milieu du dos d’une partie plus ou moins creusée ou pliée en gouttière. De carène on a fait caréné, pour désigner une partie de plante qui a longitudinalement sur le milieu du dos un angle manifeste , formé par la rencontre des deux côtés.
- CARESSE , participe de caresser , v. a. du latin barbare carisciare , dérivé de carus , et dont les Italiens ont fait careggiare et carrezzare, dans la même signification.
- ( Peinture ) Un ouvrage caressé signifie un ouvrage remarquable par un beau fini. Un peintre caresse en passant et repassant souvent, avec légèreté , avec délicatesse , avec une sorte de plaisir et de volupté même , la brosse ou le pinceau, sur les teintes qu’il doit fondre les unes sur les autres, sans les offenser, sans les altérer , avec la circonspection et avec quelque chose des sensations de quelqu’un qui caresse un objet aimé.
- Un ouvrage caressé peut avoir un grand mérite relativement au faire ; il peut aussi avoir des défauts qui naissent du trop grand désir de terminer. Ces défauts sont la froideur et la mollesse.
- On peut dire de Salvator-Rosa que dans plusieurs de ses ouvrages il est trop peu caressé, trop fier , trop heurté. Miéris et Yanderverf sont trop caressés dans leurs tableaux 5 plusieurs de leurs compositions ont une froideur qui glace ; ceux de Grimou tombent dans la mollesse. Au reste , il est des ouvrages dans
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- lesquels le mécanisme exclud ab-solume&tJe caressé , et d’autres où il y entrent)e l’artiste. La fresque ne donne pas au peintre le tems de caresser son ouvrage ; tandis que l’émail et la miniature 1 invitent à être précieux, en lui offrant les moyens de caresser ses productions.
- CARGAISON, s. f. de l’espagnol car gazon , dérivé probablement du latin caricare, charger , dont les Italiens ont fait carica , et les Anglais cargo.
- ( Commerce marit. ) Mesure ou quantité de marchandises contenues dans un navire marchand. La cargaison se prend aussi pour la facture des marchandises qui se trouvent à bord du navire.
- CARIATIDE, s. f. du grec kctpvct-•uS'îs ( karuatides ) , peuples de Carie.
- ( Archit. ) Figures de femmes vêtues de longues robes ; on en a fait «n ordre d’architecture appelé l’ordre des cariatides , dont voici l’origine.
- Les Grecs , après avoir terminé la guerre des Perses , prirent et saccagèrent la ville de Carie , qui avoit
- λris parti pour ces derniers, passèrent es hommes au fil de l’épée , et emmenèrent les femmes captives. Ces dames de qualité n’eurent pas la permission de quitter leurs robes accoutumées , ni aucuns de leurs or-nemens , et furent condamnées à les porter pendant tonte leur vie. De leur côté, les architectes de ce tems-là, pour laisser un exemple éternel de la punition qu’on avoit fait subir aux cariâtes, et pour apprendre à la postérité quel avoit été leur châtiment, substituèrent aux colonnes des édifices les statues des dames cariennes vêtues de leurs longues robes , et s’en servirent pour faire le fût de la colonne ionique , afin que le poids de l’entablement dont elles étoient chargées , rappelât l’oppression qu’elles a voient soufferte pendant leur captivité.
- CARICATURE , s. f. de l’italien caricatura, formé du lat. caricare , charger.
- ( Peinture ) La caricature est dans la peinture ce que l’imitation burlesque, ironique et même satirique est dans la poésie. La cari-
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- caiure ou la charge pittoresque est une accumulation de ridicules sous lesquels on fait plier les formes, les proportions , les traits qu’ou veut soumettre à la dérision.
- La caricature est un miroir qui grossit les traits , mais elle ne doit, pas plus que la poè'sie , descendre à la satire personnelle ; et c’est l’u-sagè que les artistes font des caricatures , et l’intention qu’ils ont eue en les faisant, qui les justifient ou qui les condamnent, de s’être livrés à un genre trop aisé pour pouvoir les excuser d’avoir offensé le goût, la morale , ou la réputation de quelqu’un.
- CARIE , s. f. du latin caries, vermoulure.
- ( Mécl.. ) Solution de continuité dans les os, avec perte de substance î La carie est aux os ce que l’ulcère est aux parties nobles.
- ( Jardin. ) La carie est une maladie qui attaque le corps ligneux ; elle est l’effet d’une humeur âcre et mordante , causée par une sève viciée , qui altère et excorie l’écorce, le parenchyme , la partie ligneuse et la moelle. Semblable à la maladie qui produit dans les parties osseuses du corps le même effet que la gangrène , la carie cave toujours et s’étend : elle fait périr les branches et souvent l’arbre.
- La carie est encore occasionnée par des plaies que les arbres ont éprouvées, et qui deviennent de plus en plus profondes,.lorsqu’elles sont exposées aux pluies, aux rosées,, aux gelées et au soleil.
- ( aigrie. ) La carie qui attaque le blé, est le résultat du passage subit de la chaleur au froid, et, vice-ver s a , et du plus ou moins d’humidité , selon la nature du terrain. Les moyens de prévenir la carie sont tous ceux qui tendent à fortifier le blé sans lui donner une végétation trop vigoureuse , comme semer sur du défricliis de trèfle sur lequel on a répandu un engrais compose de fumier de terre , on de la marne ; labourer de façon à rendre la terre très-meuble , à moins qu’elle ne soit très-forte on argileuse ; faire brouter le blé par les bêtes à laine, ail printems , s’il a trop poussé en herbe f passer le rouleau après avoir seine»
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- si le terrain est léger ; ne pas moissonner trop tôt.
- CARILLON, s. m. de l’espagnol quadrilla, diminutif de quadra , parce que les carillons se faisoient autrefois avec quatre cloches. Dans certains pays où il se faisoit avec 's cloches , on disoit tréseler. Musique) Sorte d’air fait pour tre exécuté par plusieurs cloches accordées à différens tons. Comme tous les sons des cloches ont quelque permanence , ceux qui font des carillons sont obligés de maintenir une sorte d’harmonie , avec le son qui précède et avec celui qui suit, alin que les sons qui durent ensemble ne dissonnent point à l "oreille.
- (Physique) Carillon électrique ; on donne ce nom à un assemblage de petits timbres de métal , suspendus à une plaque de métal accrochée elle-même au conducteur d’une machine électrique. Une partie de ces timbres communique avec le conducteur , et est isolée comme lui ; l’autre communique avec la terre par une chaîne. On pend de plus entre chacun de ces timbres , et à leur hauteur , une boule légère et un gobelet de métal attaché à la même plaque par le moyen d’un cordon de soie.
- Maintenant, si l’on électrise le conducteur , les timbres qui communiquent avec lui , s’électrisent de même , attirent les grelots qui les avoisinent, leur communiquent leur électricité , et les repoussent vers le timbre voisin qui n’est pas isolé. Celui-ci enlève l’électricité du grelotquiest de nouveau attiré et repoussé par le timbre isolé et électrisé , et cette alternative dure tant qu’on entretient l’électricité du conducteur. Chaque «ois que les grelots touchent les timbres , ils les font sonner ; c’est ce qui fait qu’on a donné à cet assemblage le nom de carillon électrique.
- Si l’on suspend un pareil assemblage à une barre de métal en plein air> et que cette barre devienne électrique par l’électricité de l’air , aus-s“ot les timbres se font entendre et Sertissent du. phénomène ; et les 8relots se meuvent avec d’autantplus j!e vitesse que l’électricité est plus °rte. On peut donc se servir utile— bietit du carillon électrique, pour
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- être averti de l’approche et de la force de l’orage.
- (.Métallurgie) On de
- carillon celui dont les lames sont carrées.
- CARISTIES, s. f. en latin caris-tia , du grec piç'ia. dont la racine est > grâce.
- ( Cérém. rel. ) C’étoit une espèce de fête chez les Romains qu’on cé-lébroit au mois de lévrier à l’honneur de la déesse concorde : on institua les caristies pour rétablir la paix entre les familles qui étoient brouillées. On faisoit un grand repas où les parens et les alliés étoient seuls invités. La joie qu’inspire le repas étoit seule regardée comme nu moyen propre à réunir les esprits divisés.
- CARMIN, s. m. du latin carmi-nare, dans la signification de tirer ce qu’il y a de grossier , raffiner ; ou tout simplement de l’italien car-minio.
- CARMINATIF , adj. de carmen , vers , enchantement.
- ( Méd. ) On donne ce nom aux remèdes qui dissipent les vents et les flatuosités de l’estomac et des ins-testins. Ils sont ainsi nommés parce que telle est la vertu de ces remèdes, qu’ils semblent opérer comme par enchantement.
- CARNATION, s. f. dulat. caro , carnis , chair.
- (Peinture) La carnation est dans le langage de la peinture, l’apparence que nous offre dans la nature la couleur de la peau, et principalemeni celle du visage.
- Le mot carnation signifie aussi l’imitation que les peintres en font lorsqu’ils peignent la figure humaine ; enfin, il désigne la manière qu’emploient les artistes pour imiter la couleur de la peau, et sur-tout du teint. Ainsi, l’on dit, d’après le sens le plus général : les femmes hollandaises ont assez universellement une belle carnationce qui veut dire qu’elles ont la peau et le teint blancs et aussi colorés qu’il le faut. On dit, en appliquant le mot carnation à la peinture : Rubens donna beaucoup d’éclat à ses carnations et l’ou peut dire aussi à sou occasion : les carnations de ce peintre célèbre sont reconnoissables par les tons briilan»
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- et les passages fins qu’il y mêle ; mais les tous briilans de Wandick, non moins recommandables, ont plus de vérité.
- ( Blason ) Carnation, en termes de blason , est la quatrième couleur pourpre employée par les hérauts d*armes, ou ceux qui composent les armoiries pour les parties du corps liumain.
- CARNIVORE, s. m. du lat. caro, carnis , chair, et de voro , manger: mangeur de chair.
- ( Mist. nat. ) C’est le nom d’une division ou sous ordre de quadrupèdes dans l’ordre des carnassiers. V' ce mot.
- Les carnivores n’ont aucun des pouces séparés, et leurs pieds n’appuient que sur les doigts.
- CARONÀDE, s. f. de Caron, nom d’homme.
- ( Artillerie-marine ) Espèce de canon gros et court , et portant à proportion de son poids et de sa longueur des boulets d’une énorme grosseur: ainsi appelé deM. Caron, écossois, qui en est l’inventeur.
- CARONCULE , s. f, du latin ca-runcula , diminutif de caro , petite portion de chair.
- ( Méd. ) Ce mot se dit spécialement de quelques parties du corps : Les caroncules lacrymales sont de petits boutons rouges , situés dans l’angle interne des yeux. Les caroncules mytM'ormes sont quatre petites éminences charnues , environ de la grosseur d’une baie de myrte, situées à la place de l’hymen. Les caroncules papillaires ou mammillaires des reins, sont des tubercules de la substance du rein situées dans le Lassinet.
- On appelle de ce nom de petites excroissances charnues non naturelles, aussi bien que ces petits morceaux de chair que l’on rend quelquefois par les selles dans la dysenterie , ou par l’urine dans les maladies des conduits urinaires.
- CAROTTE , s. f. de l’italien ca-rota,, fait de crocata , dont la racine est x.pox.o'ntç , de couleur jaune.
- ( Agric. ) Les agriculteurs modernes considèrent la carotte , comme la plante fourrageuse dont le produit est le plus considérable.
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- Cultivée sur un sol leger, grn-muleux et profond, binée et sarclée complètement, elle est excellente pour la nourriture en hiver de grands troupeaux de bétail, des bœufs , des vaches laitières, des chevaux et des cochons.
- CAROTIDE , s. f. du gr. xetpon-«Tsç ( karotides ), dérivé de xâpor ( karos), assoupissement,
- ( Anat. ) Nom de deux artères qui conduisent le sang à la tête. Les anciens mettoient le siège de l’assoupissement dans ces artères , de-là le nom qu’ils lui ont donné.
- CARPE, s. m. du grec xatp-wcc ( karpos ), poignet.
- ( Anat. ) La partie qui est entre la paume de la main et la partie inférieure de l’avant-bras , le poignet.
- CARPOLITE ,s. m. du grec x*p-rraç (karpos) , fruit, et de X<6o; ( lithos ), pierre.
- ( Minéral. ) On appelle ainsi les fruits pétrifiés.
- CARRÉ , s. m. du latin quadra-tum.
- ( Géom. ) Figure à quatre côtés et à quatre angles droits.
- ( Arith. ) nombre carré : celui qui résulte d’un nombre multiplié par lui-même.
- Racine carrée ; le nombre qui multiplié par lui-même , produit un nombre carré.
- Carré carré , c’est la puissance immédiatement au-dessus du cube ou i,la quatrième puissance.
- Carrés magiques ,- ce sont des figures carrées , formées d’une suite ou série de nombres en proportion arithmétique , disposés dans des lignes parallèles ou én des rangs égaux; de telle sorte que les sommes de tons ceux qui se trouvent dans une meme bande horizontale, verticale ou diagonale soient toutes égales entre-elles. Les carrés magiques ont mérité leur nom par des opérations superstitieuses , telles que la construction des talismans ; mais ils ne peuvent être d’aucun usage sérieux ; ce n’est qu’un jeu dont la difficulté fat1 le seul mérite.
- ( Diction ) Période carrée ; n°e période de quatre membres , et par extension, toute période nombreuse
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- et bien soutenue , quoiqu’elle ne soit pas de quatre membres.
- ( Astron.) Carré se dit de trois constellations qui se font remarquer par quatre étoiles principales disposées en quadrilatère. On dit le carré de la grande ourse , le carré de Pégase , et le carré d’Orion.
- [Jardin.) Un carré est un espace de terre en carré, dans lequel on plante des fleurs , des légumes, etc.
- ( Marine ) Carré naval ; c’est un carré parfait tracé sur le gaillard d’arrière d’un vaisseau de ligne qui navigue en escadre , en faisant partie d’une armée navale , pour servir à prendre divers relevemens et directions relatifs à la position respective du vaisseau avec les autres.
- Trait carré ; V. TRAIT.
- ( Anat. ) Carré se dit d’un muscle couché transversalement le long de la partie antérieure et inférieure des quatre derniers os du métatarse dans l’endroit où ils s’articulent aux orteils : on appelle aussi carré le second muscle des abducteurs de la cuisse , parce qu’il est quadrangu-laire.
- ( Papeterie ) On appelle carré double, carré simple , un papier de la moyenne sorte : carré fluant, une sorte de papier pour l’impression des livres de peu de conséquence.
- CARREAU , s m. quadrellum , diminutif de quadratum , dont on a fait carreler, carrelage, carreleur.
- ( Archit. ) Pierre qui a plus dg largeur que de queue dans le mur ; elle est posée alternativement avec la boutisse pour faire liaison.
- Carreau se dit du pavé des chambres , salles , églises , de quelque matière et figure qu’il puisse être.
- . ( Jeux ) Franc-carreau ; sorte de jeu où l’on jette en l’air une pièce de monnoie , et où celui dont la ptece tombe le plus loin des bords du carreau , gagne le coup. On appelle aussi carreau une des couleurs du jeu de cartes marquée par de petits carreaux rouges.
- yfrtill.anc.) Carreau d’arbalète; c étoit une flèche dont le fer avoit quatre pans ; de-là sont venus ces ^pressions figurées , les carreaux de la foudre.
- ( Méd. ) Ou appelle carreau, une
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- maladie qui consiste dans un gonflement et une dureté extraordinaire du ventre ; et à laquelle les enfans sont sujets ; onl’appelle aussi CHAR-TRE. V. ce mot.
- ( Jardin. ) Carreau se dit de la planche oblongue d’un potager. Les jardiniers sont dans l’usage de planter l’hiver leurs légumes dans un coin, tout près les uns des autres : ils appellent cela planter au carreau.
- ( Physique ) Carreau électrique ; ou appelle ainsi un carreau de verre que l’on a enduit de quelque métal , de part et d’autre , et auquel on a laissé , à l’une et à l’autre surface , au moins deux pouces de bords sans être enduits. Ce carreau sert à faire une expérience semblable à celle qui est connue sous le nom A’expérience de Leyde ( V. ce mot ), et la commotion qu’il cause alors , est appelé» coup foudroyant, F. ce mot.
- CARREFOUR , s. m. corruption de quatre fourc , quadrifurcum , quatre angles ; fourc en vieux français , a signifié tout ce qui fait un angle aigu; on disoit le fourc d’un arbre, des doigts, d’un chemin, des rues ; et de - là est venu le mot fourchu.
- ( Architecture civile ) L’endroit où se croisent deux ou plusieurs chemins à la campagne , ou plusieurs rues dans les villes.
- ( Agric. ) Place où aboutissent et se croisent plusieurs allées dans les bois et dans les bosquets.
- CARRIÈRE , s. f. dans le sens de voie , chemin , il vient de carrera, formé de carra , comme qui diroit le chemin des chars , des charettes.
- (Gymnastique) Carrière se dit dans ce sens, d’une lice , d’un lien destiné à la course à pied , à cheval, ou en chariot. On qmploie aussi fi-gurément ce mot, pour exprimer le cours de la vie, le tems qu’on exerce un emploi, une charge , etc.
- CARRIÈRE , s. f. lorsqu’il signifie le lieu d’où l’on tire la pierre , il tire son origine du lat. quadraria on quadrataria, parce que les pierres qu’on en tire sont ordinairement carrées ; à quadratis lapidibus ; Suger , \j*aité de la consécration de l’église de St. Denis.
- ( Chirur. ) Les lithotomistes ap-
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- CAR
- pellent carrière , la production des nouvelles pierres dans la vessie.
- (Jardin.} Les jardiniers donnent le nom de carrière à cette partie des poires où s’amassent plusieurs petits nœuds pierreux qui semblent ne former qu’une pierre vers le centre du fruit. Ces nœuds se forment aussi dans sa pulpe.
- CARROSSE, s. ni. du lat. carruca ou plutôt de l’italien carruccio, corruption de carrorozzo , char rouge, voiture à quatre roues , sur laquelle les italiens portaient leurs étendarts à la guerre.
- Les carrosses sont de l’invention des Français. Sous François premier l’on n’en comptait encore que deux , l’un à la Reine, et l’autre à Diane, fille naturelle d’Henri II; mais le nombre des carrosses augmenta considérablement sous Louis XIII et sous Louis XIY. Les premiers carrosses étaient ronds, et ne contenoient que deux personnes. Leur forme a beaucoup varié , on en fait présentement auxquels il ne manque rien pour la commodité et la magnificence.
- ( Marine ) On appelle carrosse dans les galères, felouques, chebecs, etc. de la Méditerrannée , une couverture de toile peinte ou goudronnée qui met à l’abri la chambre de poupe ; dans les galères , cette couverture est quelquefois de damas «ramoisi.
- ( Corderie) Carosse se dit d’un instrument de corderie qui sert à porter le toupin ou couchoir à l’aide duquel les cables et autres cordes se tordent ou se commettent.
- CARTE , s. f. dn gr. yjxprni (char-tes) , ce sur quoi on trace des caractères, qui a produit cartes , cartel, carton , charte , pancarte, etc.
- ( Astron. géogr. ) Une carte est «ne» figure plane qui représente la figure de la terre on une de ses parties, suivant les lois de la perspective , ou encore une projection de la surface du globe , ou d’une de ses parties, qui représente les figures et les dimensions , ou au moins les situations des villes , des rivières , des montagnes , etc.
- Ou appelle cartes universelles , ou mappemondes , celles qui représentent toute la surface de la terre;
- cartes particulières celles quj représentent quelques.pays particuliers ou quelques poêlions de pays.
- Ces deux espèces de caries sont nommées souvent cartes géographiques ou cartes terrestres , pour les distinguer des hydrographiques ou marines , qui ne représentent que la mer , ses îles et ses côtes.
- Cartes marines ou hydrographie
- ?ues ; Finvention de ces cartes est ouvrage du prince'Don Henri de Portugal. 11 y avoit longtems que les cartes géographiques étoient connues , mais des cartes marines construites suivant le même principe, eussent été inutiles dans la navigation. Le prince préféra donc de développer la surface du globe terrestre , en étendant les méridiens en lignes droites et parallèles entre elles. Telles furent les premières cartes employées par les navigateurs : on les nomme cartes plates, parce qu’elles sont en quelque sorte formées de la surface du globe ap-platie. Mais il y a dans ces sortes de cartes deux inconvénients : l’ua consiste en ce que la proportion des degrés des parallèles , et de ceux des méridiens n’y est point conservée. Le second et le plus essentiel est que le rhumb qu’elles indiquent, en tirant une ligne d’un lieu à un autre , n’est point le véritable, excepté lorsque ces lieux sont sous le même méridien, ou sous le même parallèle.
- Dès le milieu du seizième siècle, on sentait déjà la nécessité d’avoir une autre manière de représenter la surface du globe terrestre qui lut exempte de ces défauts. Mercator, fameux géographe des Pays-Bas, en donna la première idée , en remarquant qu’il laudroit étendre les degrés des méridiens d'autant plus qu’on s'éloigneront davantage de l’équateur ; mais il s’en tint la, et il ue paroît pas avoir connu la loi de cette augmentation. Edouard Wrigth la dévoila le premier , et publia en îôgg un ouvrage dans lequel il calcule l'accroissement des parties du méridien par l'aduition continuelle des sécantes , de dix en dix minutes. Ces cartes remplissent parfaitement toutes les vues des navigateurs. A la vérité , les parties
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- CAR
- de la terre y sont "représentées toujours en croissant du côté des pôles, et tl’une manière tout-à-fait difforme ; mais cela importe peu, pourvu qu’elles fournissent un moyen facile et sûr de se guider dans sa route.
- Cartes célestes ; ce sont celles dans lesquelles on représente les constellations et les étoiles qui les composent.
- Carte militaire y c’est la carte particulière d’un pays ou d’une portion de pays , ou d’une frontière, ou des environs d’une place , d’un poste , sur laquelle sont exprimés tous les objets qu’il est essentiel de connoître pour former et exécuter un projet de campagne ; telles que les marches qu’une armée peut faire ; les lieux où elle peut camper ; les divers postes qu’elle doit occuper 5 les défilés et leur longueur ; les rivières , les ruisseaux, leur largeur, leur profondeur, les gués , la nature du fonds , la hauteur des bords, les ponts , les passages, les moulins, les canaux , les étangs ; les villages, les hameaux, les châteaux , les métairies et autres lieux qui sont bons à occuper ; les montagnes, leur hauteur, leur pente , leur escarpement, les vallons, les ravins, leur largeur, leur profondeur , etc. etc.
- L’usage des cartes militaires étoit connu des anciens : « Un général, dit Ve'gèce , doit avoir des tables dressées avec exactitude , qui lui marquent non seulement la distance des lieux parle nombre des pas, mais la qualité des chemins , les toutes qui abrègent, les logemens riu s’y trouvent , les montagnes et les rivières. »
- ( Jeux ) Cartes à jouer ; il ne paroît aucun vestige de ces cartes avant i3p2 que Charles VT tomba en L’énésie. Le jeu de cartes pré-sente une idée de la vie paisible , comme le jeu des échecs offre le ableau de la guerre. Ce qui pour-r°>t faire soupcouner que ce jeu a
- friSflUaiSSallce ei1 ^rance t ce sout es fleurs de lis qu’on a toujours remarquées sur toutes les figures eu cartes, 0
- ..CARTEL,s. m. dulat. chartella, itainutif de charta.
- CAR 2ÔC)
- Défi par écrit, pour uü'combat singulier.
- ( Art de la guerre ) Cartel -est un réglement fait entre deux partis ennemis , pour la rançon des prisonniers.
- {Horlogerie) Cartel se dit d’une boîte de pendule qui s’attache contre le mur d’un appartement, et qui , par ses formes variées et enrichies , est propre à la décoration.
- CARTELLES , s. f. du lat. chartella.
- ( Musique ) Grandes feuilles de peau d’âne préparées, sur lesquelles on entaille les traits des portées, pour pouvoir y noter tout ce qu’on veut ça composant, et l’effacer ensuite avec une éponge.
- CARTESIANISME , s. m. de Descartes , nom d’homme.
- {Philos.) Système de philosophie imaginé par René-Descartes.
- Descartes a été l’un des plus beaux génies que le monde ait fournis. C’est à lui que la vraie physique doit en quelque façon sa nai sauce et ses progrès ; avant lui, 011 étoit plongé dans les plus épaisses ténèbres de l’ancien péripatétisme , et nous y serions peut-être encore ensevelis sans le secours de ce rare génie.
- La philosophie de Descartes a eu beaucoup de peine à être admise en Fiance. Le parlement pensa rendre un arrêt contre elle ; mais il en fut empêché par la requête burlesque, en faveur d’Aristote, qu’on lit dans les œuvres de Despreaux, et où l’auteur sous prétexte de prendre la défense de la philosophie péripatéticienne , la tourne en ridicule.
- Enfin, lorsqu’on reçut en France la philosophie de Des cartes, Newton avoit déjà prouvé qu’on ne de-voit pas l’y admettre. On l’a abandonnée depuis environ 70 ans , pour s’attacher à celle du philosophe anglais ; néanmoins Descartes doit être regardé comme un génie sublime qui a fait sentir le vide de l’ancienne philosophie , qui a vu la nécessité de transporter la géométrie dans la physique, et a fçndé sa physique sur une géométrie qu’il tenoit presque entièrement de ses lumières ; qui a changé le ton de son siècle , qui étoit celui d’une érudition dénuée des lumières de la philosophie j et qui
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- aée CAR
- d’un siècle qui n’étoit que savant, en
- a fait un siècle vraiment éclairé.
- Descartes, est né le i3 mars 15g6, à La haie en Touraine , et est mort le il février i65o , à Stockolm , où la reine Christine l’avoit attiré. Son corps est resté dans cette dernière ville iusqu’en 1666, queM. dAlibert, trésorier de France , le fit transporter à Paris , et enterrer avec la plus grande pompe dans l’église de Sainte-Généviève.
- (Physique) Diables Cartésiens -, Ou appelle ainsi des petits plongeons de verre qui étant renfermés dans un vase plein d’eau , descendent au fond , remontent, et font tels mou-vemens qu’on veut. Ces petits plongeons sont de deux sortes ; les uns sont des masses solides de verre auxquelles on attache en haut une petite boule pleine d’air qui a comme une petite queue ouverte, ce qui rend le total moins pesant qu’un égal volume d’eau ; mais de manière que la différence est fort petite. Les autres sont creux en dedans , et percés en quelque endroit d’un petit trou. Ces plongeons étant enfermés dans un vase plein d’eau, dont le goulot soit étroit, si on presse avec le doigt la superficie de l’eau au goulot, l’air contenu dans le plongeon ou dans la boule est condensé; le plongeon devient plus pesant que l’eau, et descend. Si on retire le doigt, l’air se dilate , le plongeon devient plus léger et remonte.
- CARTILAGE, s. m. dulat. car-tilago, dérivé de caro, chair : chair fibreuse.
- (Anat. ) Le cartilage est une matière blanchâtre , ou en quelque manière de couleur de perle, qui revêt les extrémités des os joints par articulation mobile, augmente l’étendue de plusieurs, en manière d’épiphyse en unit quelques-uns fort étroitement , et n’a aucune adhérence ou connexion immédiate avec d’autres. La substance des cartilages est plus tendre et moins cassante que celle des os ; néanmoins avec l’àge, elle s’endurcit quelquefois au point de devenir toute osseuse. Elle est souple _, pliante , capable de ressort ; ce qui fait qu’elle se rétablit facilement après avoir été comprimée ou pliée,
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- jusqu’à un extrême degré* au-delà duquel elle casse.
- ( Bot an. ) Cartilagineux se dit en termes de botanique, d’une substance dure , sèche, et un peu flexible ; d’une feuille d’une épaisseur
- notable, etdontlesbordssontcomme sphacelés, durs.
- CARTOMANCIE, s. f. du grec yaLfixitç (chartes), cartes, papier, et de [XATrua. (manteia ), divination.
- (Divin.) Art de tirer les cartes ou de lire dans l’avenir par le moyen des cartes.
- De cartomancie, on a fait cartomancien , pour celui qui tire les cartes.
- CARTON, s. f dulat. chartone, ablat. de charto , augmentatif île charta.
- (Thecnol.) Carte grosse et forte, faite de papier haché, battu et collé.
- Le carton fin est celui qui n’est fait que de plusieurs feuilles de papier collées ensemble.
- Le carton laminé est le carton fin , passé au laminoir.
- ( Imprimerie ) Les imprimeurs appellent carton un feuillet d’impression qu’on refait, pour corriger une erreur ou pour faire quelques changemens. C’est de-là qu’011 dit un livre cartonné. Us appellent aussi carton une maculature bien unie sur laquelle ils collent des hausses pour remédier à l’inégalité du foulage qui se rencontre à presque toutes les presses. Dans le même langage , grand carton se dit des seize pages d’en bas dans l’imposition in-12 > et petit carton des huit pages qui forment le carton d’en haut, et qui s’insèrent entre les huit premières et les huit dernières pages du grand carton.
- ( Archit. ) En termes d’architecture , un carton est un dessin eu contour chantourné sur une feuille de carton ou de fer blanc, pour tracer le profil des corniches et lever les panneaux de dessus l’épure.
- { Peinture ) On appelle cartons dans le langage de la peinture , de» dessins de figures ou de composition* dont le trait est sur tout rendu avec la plus grande correction sur de* cartons plus ou moins épais, P|U? ou moins étendus, relativement a l’usage que l’artiste a besoin “en faire.
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- CAR
- faire. Cet usage a été principalement destiné à la peinture à fresque , et voici en quoi il consiste :
- Pont exécuter la fresque , on enduit d’un mortier fait de chaux et de sable la voûte ou la muraille que l’on veut eurichir d’uue peinture. Lorsque cet enduit est assez ferme pour ne pas céder au doigt qu’on y applique à .dessein de connoitre sa consistance , et qu'il conserve cependant de la fraiciieur et de l’humidité , l’on applique je carton , sur lequel se trouve dessine et découpé très - correctement le tve.it d une ligure ou d’un objet qu’on a îe projet de peindre. On trace avec une pointe de bois ou d’ivoire aiguisée eu forme de crayon le contour de la figure , èn suivant exactement les bords duc arton: ce trait, légèrement ealoncé dans l’enduit lorsqu’il est Irais, guide le peintre, qui ne pour-roit, comme sur la toile, dessiner avec le crayon ce qu’il doit peindre.
- Le carton découpé n’est propre que pour une figure ou un seul objet;.mais lorsqu’il s’agit de tracer une composition entière , on pique le trait de tons les objets qui se trouvent dessinés sur le carton ; alors on passe dessus , en appuyant, un sachet rempli de charbon mis en poudre; on fait en sorte que la poudre passe au travers des trous d’épingle qui marquent tous lès contours de ces objets , ét le trait se trouve ainsi dessiné sur l’enduil frais qui est préparé pour recevoir la couleur , et J 7 conserver assez long-tems pour ‘ usage de l’artiste. De ces deux manières d’employer les carions, celle «es cartons découpés a été le plus en usage dans la peinture 4 fresque, Parce que cette petite trace que l’on forme en suivant les contours du arton , quoique très-légèrement ap-Pfotoudie , se conserve plus long-tems, et est plus sensible aux yeux e j'artiste, qui n’a point à craindre e *a Perdre ou de l’altérer. c CARTOUCHE, s. m. de l’italien jart°zzo ou carloccio, augmentatif car ta.
- q - Peinture , sculpture , archit. ) ^rnementde sculpture , peinture ou c„; ‘lecture , qui renferme une ins-jption , quelque dessin ou quel-armoiries.
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- rtificiers} Les artificiers emploient ce mot pour désigner une boîte de carton dans laquelle ils renferment leur artifice.
- [ Artillerie) Cartouche, au fém. se dit d’une charge de canon de fusil, etc.
- CARTULAIRE , s. m. du latin charta, charte.
- ( Hist. ecclés. ) Recueil d’actes , titres et autres principaux papiers concernant le temporel d’un monastère, d’un chapitre ou de quelque église.
- CARUS, s. m. mot latin formé du grec y.étpoç ( karos) , assoupissement.
- ( Méd. ) profond assoupissement sans fièvre , joint à la perte du sentiment, du mouvement volontaire et de l’imagiaation , mais avec liberté de respirer, avec un pouls plein et fort. Le carus est plus fort que la léthargie, et plus léger que l’apoplexie , mais il dégénère souvent en celle-ci. On le distingue de la syncope par le pouls qui est graud , et par la couleur du visage qui est vermeille.
- CASCADE, s. f. de l’ital. cascata, formé de cado, tomber.
- Chute d’eau naturelle ou artificielle.
- ( Archit. font. ) Pour former une cascade artificielle , l’artiste guidé par des principes certains fait la recherche des eaux, les jauge pour en connoîtve la quantité, les amasse dans dés pierrées pour les conduire dans un regard de prise ou dans un réservoir ; il relèv e Leur pente et les conduit au lieu destiné , ou il les distribue pour eu fûrmev diverses cascades qui tombent en nappe, en gouttelettes , en rampe douce, en buffets, en chute de perrons , etc.
- ( Mathém.) M. Rolle , géomètre de l’académie des sciences, a donné autrefois le nom de cascade à une méthode qu'il avoit imaginée pouc résoudre les équations, et qui consiste à approcher toujours de la valeur de l'inconnue par des équations successives, qui vont toujours en baissant ou eu tombant d’un degré ; et de-là est venu le nom de cascades.
- CASE, s. f. du lat. casa ou capsa, formé du grec ( kapsos ) ,
- ;nt7!{ ( kaSQS ) , OU K*<rtr:ç ( kassos) ,
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- que M. de Saumaise explique par lo-culatnenta caiculorum in tabula, petits espaces où l’on place les dames au jeu de trictrac.
- ( Trictrac ) Ce terme se dit de chacune des places qui sont marquées par une flèche , et , par extension , de deux dames posées sur la même ligne ou flèche où l’on joue. S’il n’y a qu’une dame sur la flèche, elle fait la demi-ca.se.
- ( Echecs ) Case se dit de chacun des carrés de l’échiquier sur lequel on joue.
- CASEMATE, s. f. suivant quelques-uns , du gr. (chasma-
- ta), ouverture de la terre , hiatus, dont la racine est yduv.œ {chaîné), entr’ouvrir -, mais selon d’autres , et avecplus de vraisemblance , de l’espagnol casamata, maison basse.
- ( Fortifie. ) Cave, ou lieu voûté sous terre pour défendre la courtine et les fossés.
- CASQUE , s. m. du lat, cassis , dont on auroit fait cassicus, cas-çus et casque.
- (Artmilit.) Arme défensive, sorte d’habillement de tête pour la guerre.
- Les casques viennent des Lacédémoniens. Carès futle premier qui les orna d’aigrettes et de plumes. Sur les anciennes médailles, les rois, les empereurs , les dieux même sont représentés avec des casques. Autrefois , en France , les gendarmes portoient tous le casque. Le roi le portait doré ; les ducs et les comtes, argenté ; les gentilshommes d’ancienne race , d’un acier poli , et les autres , simplement de fer.
- . ( Blason) Le casque était un ornement et une marque de noblesse et de fief noble ; il en faisoit voiries différens degrés , selon sa nature et sa situation sur les éeus.
- ( Botan. ) Quelques botanistes ont appelé casque la lèvre supérieure des corolles labiées , qu’on nomme aussi fieurs en gueule F ?
- CASSATION, s. f. du lat. quas-sare, cassure, ébranler , rompre , briser, casser.
- ( Pratique ) Jugement de cassation ,- c’est un jugement par lequel la cour appelée , à cause de cela. Cour de cassation , casse et an-Biüleuu acte ou upe procédure, pour
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- cause de nullité, ou de fausse intef« prétation de la loi.
- CASSER , v. a. du lat. quassare, cassure, ébranler, rompre, briser,
- ( Physique ') De casser on a lait casse-bouteille, qui signifie un récipient de cristal ouvert, auquel tu* adapte une bouteille clissée , q-je le poids de l’air casse lorsqu’on fait le vide sous le récipient.
- ( Equitation ) casse,-cou ; il se dit des maquignons et des gens employés à monter les chevaux jeunes et vicieux.
- {Agriculture) Casse-motte ; une massue de bois dur et cerclée de fer, dont on se sert dans les terres Ici rtes pour diviser les mottes.
- Xliist. des sauvages) Casse-tête une arme particulière- apx sauvages de l’Amérique Septentrionale, faite d’un bois fort dur.
- CASTAGNÈTE, s. f, de l’espagnol castagnetta, petite châtaigne, parce que celte espèce d’instrument ressemble à deux châtaignes.
- ( Musique ) Instrument composé de deux petits morceaux de bois creusé, que l’on tient dans la main et que l’on frappe en cadence , en mettant les deux concavités l’une contre l’autre.
- CASTINE, s. f. corruption de l'allemand Kalkstein, qui signifie pierre calcaire.
- ( Minéral.) Mélange de différentes terres qu’on ajoute au minéral (le fer qu’on jette sur le haut fourneau pour en faciliter la fonte.
- CASTRAMETATION , s. f. du latin castrametatio, composé de castrum, camp , et de metior, mesurer.
- ( Art milit. ) L’art d’asseoir «B camp.
- Cet art était oublié en Europe, lorsque Maurice , prince d’Orange , rétablit, vers la fin du seizième siècle, cette partie de discipline si perfectionnée chez les Romains, pour opposer, avec une armée inférieure, des forces égales à celles des E?Pa” gnols, qui menaçoient la Holland* de la punir d’avoir secoué leur joug-La castramétation est une de* plus importantes et des plus ciles opérations de l’art militaire •1 s’agit de bien choisir le lieu où 1 ar^ mée doit camper, et il faut que c
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- lieu soit commode, et à couvert de toute insulte de la part de l’ennemi.
- Un camp naturellement fortifié est celui que l’on trouve couvert, et en dos , par une rivière, une forêt, nn marais ou des montagnes escarpées. On le fortifie, au contraire, ou par un retranchement de terre , ou par des abattis d’arbres.
- Les lois générales de la castramétation sont d’avoir suffisamment de terrain pour placer l’infanterie , la cavalerie, l’artillerie, les vivres et les officiers de chaque corps avec tout le bagage , et que l’armée puisse commodément sortir du camp pour se ranger en bataille à la vue des ennemis. Les lois particulières dépendent des vues du général,, qui les proportionne aux circonstances qui se présentent.
- CASTRATION , s. f. du lat. cas-trare , retrancher , qui pourroit venir du grec Xiç'?aç (chestros ) , instrument tranchant.
- ( Chirurgie ) Opération de chirurgie , retranchement des parties propres à la génération. C’est une amputation des testicules, qu’on est obligé de faire lorsqu’ils sont attaqués de mortification ou de sarco-cèle qui n’a pu eéder aux remèdes ordinaires.
- ( Musique ) On appelle castrato un musicien qu’on a privé, dans son enfance , des organes de la génération pour lui conserver la voix aiguë qui chante la partie appelée dessus ou soprano. Quelque peu de rapport qu’on aperçoive entre deux organes si différens , il est certain que la mutilation de l’un prévient et empêche dans l’autre cette muta-tiou qui survient aux hommes à l’âge nubile , et qui baisse tout-à-coup leur voix d’une octave. Il se trouve en Italie des parens barbares, qui, sacrifiant la nature à la for-tune, livrent leurs enfans à cette opération , pour le plaisir des gens Voluptueux et cruels qui osent rechercher le chant de ces malheureux.
- Au reste , l’avantage de la voix se compense dans les castrats par beau-c°up d’autres pertes. Ces hommes Jui chantent si bien , mais sans cha-*or et sans passion, sont , sur le ^atre, les pKis maussades acteur*
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- du monde ; ils perdent leur voix de très-bonne heure, et prennent un embonpoint dégoûtant, ils parlent et prononcent plus mal que les vrais hommes, et il y a même des lettres, telles que i’r, qu’ils ne peuvent point prononcer.
- ( Bot an. ) La castration des plantes est une opération par laquelle on ôte à une plante la faculté de féconder ses graines, soitèri. lui enlevant les parties de l’un ou. de l’autre sexe , avant que la fécondation ait eu lieu, soit en s’oppp-sant à ce que la poussière prolifique des anthères soit reçue par les stigmates , lorsque les étamines ou pistils ont été rongés par quelque insecte , ou altérés par des pluies de longue durée , par une gelée ou par un coup de soleil. C/est une espèce de castration qui rend les graines stériles, ou qui même en. détruit tous les embryons. *
- CATA, du grec hata (kata), préposition qui , dans la composition , signifie en bas, et marque consistance, fermeté , assiette , perfection , infériorité , opposition , méprise , condamnation, etc.
- CATACAUSTIQUE, s. f. du^rec x.clt axautihcv (kalakaustikon) ,com-posé de jta.Tst ( kata ), préposition qui, dans la composition, signifie contre, en bas , dessous , et de xctv-ç-ijtov (kaustikon), ce qui brûle, dont la racine est xaiod ( kaiô), brûler.
- ( Optique ) On appelle ainsi la caustique formée par des rayons réfléchis , pour la distinguer de la diçicaustique, dont les rayons sont formés par réfraction. T. CAUSTIQUE , DIACAUSTIQUE.
- CATACHRÈSE , s. f. du grec m-Tayp«ç<ç ( katachrêsis ), abus.
- (Diction. ) Les grammairiens et les rhéteurs appellent ainsi l’extension que l’on donne à la signification d’une expression pour rendre une idée qui n’a point de termes propres. Ainsi l’on dit que les chevaux sont ferrés d’argent, lorsqu’on attache sous leurs pieds une armure d’argent au lieu de fer. On se sert de même du mot feuille pour exprimer des choses minces comme de» feuille« d’arbre.
- La çatachi-èsê n’est proprement^
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- qu’une espèce de métaphore, puisque c’est ie rapport de la ressemblance qui est le fondement de l’tine et de l’autre. Ce qui les distingue , c’est qu^on n’a recours à la catachrèse que par nécessité ; au lieu que la métaphore est souvent un mouvement de l’imagination , mais qui a toujours la ressemblance pour objet.
- CATACOMBES, autrefois CÀTA-TOMBES, s. f. du gr. xara (Icata), en bas , et de xvy.£oç ( kumbos ) , tombe , tombeau : tombeau souterrain.
- ( Culte cathol. ) On appeloit ainsi en Italie des lieux souterrains où se «achoient les premiers chrétiens , et où ils enterraient ceux d’entre eux qui avoient souffert le martyre.
- CATACOUSTIQÜE, s. f. du grec xa.'raxuçixa (katakoustika), composé de 5CÆTÆ ( kata ), contre , et de ax.ua> ( akouô ), entendre : contre-son , son réfléchi.
- (Acoustique) Cette science, qu’on appelle aussi catdphonique, a pour objet les sons réfléchis , ou cette partie de l’acoustique qui considère les propriétés des échos, ou en général les sons qui ne viennent pas directement du corps1 sonore à l’oreille , mais qui ne la frappent qu'après qu’ils y ont été renvoyés par quel-su’autre corps. Voy. CATAPHO-iNIQUE.
- CATADIOPTRIQUE , s. f. mot composé de catoptrique et de diop-frique, Y. ces mots.
- ( Optique ) Science qui a pour objet Les effets réunis de la catop-trique et de la dioptrique, c’est-à-dire , les effets réunis de la lumière réfléchie et de la lumière réfractée. Cette réunion sert principalement pour les télescopes.
- On sait que les objets que représente uu miroir , en réfléchissant les rayons émanés de ces objets, pa-roissent tous à contre-sens : ce qui est a droite se voit à gauche , ce qui est à gauche se voit à droite, et ce qui est en haut se voit eu bas. Si les apparences de ces objets sont renversées par la dioptrique , le miroir , renversant ces apparences, remet ces images dans une situation conforme aux objets. On voit donc que la réunion de la catoptrique et ue la dioptrique, ou , ce qui est la
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- même chose, la catadioptrique, est propre à redresser les images.
- CATADUPE ou CATADOUPE, s. f. du grec xeLTaJuira, ( kata-doupa ) , pluriel de »«.tæJWûÇ f katadoûpos ) , composé de xa-va, ( kata ), qui dans la composition signifie quelquefois tendance, inclination vers le bas, situation basse et de cTsttoc (cioupos), bruit que fait une chose en tombant.
- ( Géogr. ) Nom que les anciens donnoient â ce que nous appelons aujourd’hui cataractes : les plus fameuses catadoupes sont celles du Nil. Ils donnoient aussi le nom de catadoupes aux peuples qui'habi-toient proche les catadoupes du Nil.
- CATADROMUS, s. f. du grec xa-TaS-poyos ( katadromos ), carrière.
- ( Danse ) Ce mot , qui signiiioit parmi les Grecs un lieu destiné à la course , a été employé par les Romains pour désigner une corde tendue sur laquelle on dansoit. Un bout de cette corde étoit attaché au plus haut bout du théâtre , et l’autre étoit fixé à terre. L’adresse consistoit à descendre sur cette corde eu courant. C’est ce qu’exécuta un éléphant, si l’on s’en rapporte au témoignage de Xiphylin.
- CATAFALQUE, s. in. de l’it. catafalco, formé peut-être du latin barbare catafalcus, qu’on a long-tems prononcé et écrit ainsi, pour échafaud.
- ( Cérém. relig. ) Décoration funèbre qu’on élève au milieu d’une église , pour y placer le cercueil ou la représentation d’un mort à qui l’on veut rendre les plus grands honneurs.
- CATÂGMATIQÜES , adj. du gr. xarayy.a ( katagma ) , fracture.
- ( Chir. ) Épithète que l’on donne aux remèdes propres pour les fractures , et pour faire former plus promptement lé cal mais ces mé-dicainens ne font d^effet qu’en éloignant les obstacles qui s'opposent a la formation du cal. C’est la nature elle-même qui fait la réunion des os par le moyen du suc nourricier.
- CATALECTE, ou CATALEPTIQUE , adj. du grec xcLTaMxTixoi ( katalêclikos ), qui n’est pas hinb qui est incomplet.
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- ( Poésie anc.) Ce mot se disoit, dans la poësie grecque et latine , des vers imparfaits auxquels il manquoit quelques pieds ou quelques syllabes, par opposition aux vers acatalep-tiques , auxquels il ne manquoit rien de ce qui devoit entrer dans leur structure.
- CATALEPSIE, s. f. du grec xa-( catalêpsis ) , dérivé de %a'uLha,[j.Ça.'m ( katalamhanà ) , occuper, détenir, saisir.
- ( Méd. ) Congélation, contemplation. On a donné ce nom à cette maladie, parce que les cataleptiques restent fixes comme des statues , ou comme s’ils étoient glacés. La catalepsie est une affection soporeuse avec une convulsion tonique de tout le corps , qui le retient dans la même posture où la maladie l’a surpris. Semblable à une statue , le cataleptique demeure les yeux ouverts, sans voir, sans sentir, sans entendre, sans faire aucun mouvement; mais quand ©n le pousse , il fait un pas ou deux, et reste dans la situation où il se trouve. Cette, maladie attaque principalement les mélancoliques.
- CATALOGUE, s. m. du grec jt«-Tdaoyoç ( katalogos), recensement, formé de kclto, ( kata ) , en détail, et de Xiya> ( legô ) , raconter : raconter séparément et en détail.
- (Bibliogr.) Distribution faite avec nn certain ordre , une certaine méthode, de personnes ou de choses.
- Les catalogues de livres servent de guides pour classer une bibliothèque, pour juger de la’rareté ou de la valeur d’un ouvrage , et pour connoîtreles différentes éditions d’un même ouvrage , et celles qui sont k plus estimées.
- Ce n’est que vers le commencement du dernier siècle, que des libraires instruits se sont occupés à faire des catalogués raisonnés, avec des tables d’auteurs. Avant ce tems,. les bibliothèques ne se vendoient point par catalogues ; des libraires s entendoient pour acheter en commun çes collections ,. et se les distri-buoient ensuite au plus offrant, comme font aujourd’hui les colpor-ùurs. Mais enfin les catalogues des marchand , des Boudot, des Martin, des Barrois, des Puget, ont insen-
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- sifflement formé le goût du public pour les livres ; et l’ouvrage de M. Debure , intitulé : Traité des Livres rares, en faisant connoître les belles éditions et le prix que l’opinion leur attache , a achevé de dégager le commerce de la librairie de l’ignorance et du- vil intérêt qui le caractérisoient. Il existe maintenant un grand nombre diexcellens catalogues, dont on peut voir la liste dans le Dictionnaire raisonné de la Bibliologie de M. Peignot. '
- (Bibliot. publ. ) Les catalogues des bibliothèques publiques se sont ressentis pendant long-tems de l’état d’ignorance et d’avilissement auquel étoit réduit le commerce de la librairie , c’est-à-dire qu’ils étoient pour la plupart incomplets, inexacts j et rédigés sans aucune méthode ; mais tel a été, en moins d’un siècle , le progrès de la. bibliographie , qu’il existe aujourd’lmi un nombre considérable d'ouvrages uniquement destinés à faire connoître la meilleure manière de former des catalogues, ou de classer les livres d’une bibliothèque». Parmi les catalogues les plus connus , il est impossible de ne pas citer celui de la Bibliothèque nationale. Get ouvrage , unique dans son genre par le travail immense qu’il a coûté , est un monument précieux pour la littérature , et une ressource utile pour les gens de lettres, qui presque toujours ont besoin de rechercher les ouvrages écrits sur une même matière.
- ( Peinture ) Depuis que les productions des beaux arts sont des objets de faste pour une partie de ceux qui les achètent, elles ont dû devenir des objets de spéculation et de ehavlatanerie mercantiles pour ceux qui en font commerce. De-là ces catalogues de tableaux, dessins, estampes et autres ouvrages des arts qu’on expose en vente ; ces descriptions ampoulées avec les prix détaillés de chaque objet , composées de manière à exciter les désirs et à réveiller l’émulation des amateurs qui ont pour but la gloire de l’emporter les uns sur les autres. On par-donneroit aux faiseurs de catalogues leurs énoncés ridicules etr leurs éloges peu sincères , s’ils n’a-voient pas le double inconvénient
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- de diriger le jugement du public , beaucoup moins d’après les beautés réelles de l’art et de la nature, que d’après ce qu’on nomme agrémens, la plupart arbitraires, ou sujets aux caprices des modes et des conventions , et de détourner' les artistes du goût qu’ils pourroieut avoir pour les premiers genres et pour les grands principes. C’est aux catalogues et au mauvais goût qu’ils répandent , que l’on doit ce penchant épidémique pour les sujets qu’on nomme agréables , galans , ou qui se distinguent par quelque singularité. C’est la foi qu’on ajoute aux catalogues ; ce sont les prix qu’ils établissent avec une sorte d’autorité, d’après les fantaisies et les ruses des brocanteurs, qui ont interverti les idées justes, les évaluations conformes à la raison et à l’importance des genres d’ouvrages qui demandent plus ou moins de génie , et qui ont plus ou moins de droit à intéresser le cœur et l’es--prit.
- ( Astron. ) Catalogue d’étoiles ; c’est la table des positions des différentes étoiles par longitudes et latitudes , ascensions droites et déclinaisons pour une certaine époque.
- Le plus ancien catalogue est celui qui nous a été conservé par Pto-lémée dans son Almageste , et qui renferme 1022 étoiles, dont les positions sont à-peu-près pour l’année 63 de l’ère chrétienne , quoiqu’il les ait appliquées pour l’année 137. On ne croit pas que Ptolémée en soit l’auteur ; il est plus probable qu’il ne fit que réduire à l’année 167 de J.-G. celui d’Hipparque, qui étoit pour l’année i3o avant J.-C., en retranchant 1'4o” de toutes les longitudes. Copernic se contenta de même de réduire à son tems le catalogue de Ptolémée , sans faire à ce sujet de nouvelles observations. Parmi les Arabes , Albategnius et Ullugbeg, et, parmi les Européens, Ticho-Brahé etHévélius firent des catalogues plus exacts et plus amples. Mais le plus grand et le plus fameux de tous As t le catalogue britannique deFlams-teed , qui parut à Londres en 1712.
- M. de la Caille a publié trois catalogues depuis 1767 jusqu’en 1762.
- Enfin , l’académie de Berlin fitpu-
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- blier en 1776 un catalogue de 4555 étoiles observées par Hé vélins Flamsteed, la Caille et Bradley. *
- CATAPASME , s. m. du lat. ca~ tapasma , ou catapastum , qui , aiusi que compersio diapasma , empasma et sympasma, ont tous la même signification , et viennent de X.S.Ta. {kata) , dessus , et de nta.a-<rm (passé ) , répandre , saupoudrer.
- ( Méd. ) Les anciens médecins grecs donnoient ce nom à tout remède pulvérisé, dont on saupou-droit le corps ou quelqu’une de ses parties.
- CATAPHONIQUE , s. f. du grec itstTU ( kata), contre , et de <pav»
- ( phânê ), voix , son : son réfléchi. V. CATACOUSTJQUE.
- CATAPHOP.E , s. f. du grec *«-Tctipopct ( cataphora ) , chute, dérivé de Kstro. ( kata ) , en bas , et de yepoo {pherô), porter: porter en bas.
- ( Méd. ) Sorte de maladie qui consiste dans un profond assoupissement.
- CATAPLASME, s. m. du greG x.ctnra.ta-Kttç/j.a. { cataplasma ) , composé de la préposition x-a/ro. {kata), dessus , et de ^rKcta-a-» (plassô), enduire : appliquer dessus.
- {Méd.) On entend par cataplasme un topique ou remède externe de consistance molle , composé de différentes parties de plantes, d’animaux , c’est-à-dire , de farines , de pulpes , d’onguent, de graisse , d’buile , de fleurs , de fruits, de. gomme , d.e poudres et autres rnédi-camens.
- ( Jardin. ) Un cataplasme est un emplâtre de bouse de vache ou de terreau gras qu’on applique sur les plaies des arbres. On l’appelle aussi onguent de St.-Fiacre.
- CATAPLEXIE, s. f. du grec xa-TaTrKxo-vffl ( kataplêssô ), frapper, rendre stupide , hébété, dérivé de TtAYurcra) ( plêssô ) , frapper.
- ( Méd. ) Engourdissement subit dans une partie du corps , ou une privation de sentiment dans quelque membre ou organe que ce soit.
- CATAPULTE , s. f. du grec **-
- TatisxiÀTiK ( katapultês), compose
- de xsiTct, et de ‘zra.Wüi {pallô), la*1' cer.
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- ( Art milit. anc. ) Machine de guerre dont les anciens se servoient pour lancer des traits, des pierres , etc. Cette machine de guerre passe pour avoir été inventée par les Syriens.
- CATARACTE, s. f. du grec mt-tapxktkç ( Icataractés ) , formé du verbe uctTappttcra-îiv (katarrassein), tomber avec impétuosité.
- [Hydrodynamique) Chute ou précipice dans le canal ou lit d'une rivière , qui a pour cause des rochers , ou d’autres obstacles qui arrêtent le courant, et font tomber l’eau avec beaucoup de bruit et une grande impétuosité. Telles sont les cataractes du fleuve Tornéo , que les gens
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- pays
- franchissent dans des .na-
- celles lort minces ; les cataractes du Nil ; mais Strabon et les anciens appeloient cataractes ce que nous appelons cascades ; et ce que nous appelons présentement cataractes, les anciens l’appeloient catadoupes. F. ce mot.
- La plus fameuse cataracte est celle de la rivière de Niagara , au Canada, qui tombe de cent cinquante-six pieds ( 44 mètres environ ) de hauteur perpendiculaire , comme un torrent prodigieux, et qui a plus d’un quart de lieue de largeur. M. Newton a donné le nom de cataractes à la courbe que décrivent , selon lui , les particules d’un fluide qui s’échappe d’un vase par un trou horizontal.
- ( Chirurg. ) Ce que les Grecs appeloient hyppochysis ou hyppo-chyma , les Arabes gutta obscura ou caliginosa , les latins suffusio, est une seule et même maladie connue vulgairement sous le nom de cataracte , mot grec qui signifie herse ou coulisse qu’on fait tomber avec violence , et qui est dérivé du verbe x.aTctpp&tr<rai , couler, tomber avec violence.
- Tous les auteurs , depuis le tems de Galien , jusqu’au commencement de ce siècle , disent que la cataracte est un amas d’humeur superflue , lente et épaisse , qui se congèle et s endurcit comme une pellicule dans * humeur aqueuse ; selon quelques-niSj entre la cornée et le cristallin , et, selon d’autres, entre l’nvée et le eristallin, et qui empêche la vue.
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- On est revenu aujourd’hui de cette erreur. Il est constant que la vraie cataracte est une altération entière du cristallin , qui change de couleur, perd toutou partie de sa transparence , et devient plus solide qu’il n’étoit ; ce qui empêche les rayons de la iomière de pénétrer jusqu’à l’organe immédiat de la vue. 11 faut convenir cependant qu’il peut se former une membrane dans l’humeur aqueuse devant le cristallin et derrière l’uvée ; mais cet accident ne prend que le nom de fausse cataracte , ou de cataracte membraneuse.
- On a regardé pendant long-tems l’opération d’abattre la cataracte en abaissant le cristallin, comme le vrai remède à cette maladie ; mais comme il est sujet à remonter , ou trouve aujourd’hui qu’il est plus sûr d’extirper le cristallin.
- CATARRHE, s. m. du grec »*-> *rstppooç ( hatarroos), formé de mt* ( kata ) en bas , et de pzoo ( rhéà ) , couler , découler.
- ( Méd. ) Fluxion et distillation d’humeur sur la gorge, ou sur quel-qu’autre partie du corps. Les sinus frontaux, les grandes cavités situées dans les os maxillaires , toutes les cellules de l’os ethmoïde et les narines , sont tapissées d’une membrane molle , épaisse, munie d’un nombre presque infini de vaisseaux artériels , de corps ronds glanduleux et de vaisseaux excrétoires, d’où sort sans cesse une lymphe fort claire. Le gosier et la bouche sont pleins de glandes dont les conduits excrétoires s’ouvrent dans leur cavité. Lorsqu’il sort de toutes ces glandes , ou de quelqu’une d’elles , une trop grande quantité d’humeur séreuse,' et qu’elle découle vers la gorge et la poitrine , on donne à la maladie qui en provient le nom de catarrhe , et plus communément celui de rhume ; et celui de fièvre catarrheuse quand elle est accompagnée de la fièvre, qui en est presque toujours inséparable.
- CATASTASE , s. f. du grec **--rstràT/c [katastasis ), constitution , dérivé de uctriçyigi ( katistêmi ) , constituer.
- ( Poésie ) C’est la troisième partie des tragédies anciennes dans la5-
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- quelle les intrigues qui se sont nouées «îans Vêpitase ( F. ce mot ) -, continuent et augmentent jusqu’à la catastrophe.
- CATASTROPHE , s. f. du grec x.clT«,rpo<f>i) {/catastrophe), formé de x.ttrctçpiQ'jt) ( katastrephô), renverser , bouleverser, terminer.
- ( Art dram. ) C’étoit anciennement le changement ou la révolution qui se faisoit dans un poëme dramatique , soit comique , soit tragique ; le dénouement heureux d’une intrigue , ou la fin malheureuse d’un ou plusieurs des principaux personnages : aujourd’hui, ce mot ne s’applique qu’au dernier et principal événement d’une tragédie.
- Catastrophe signifie aussi au figuré une fin malheureuse , et l’on dit : La vie de ce prince avoit été heureuse , mais elle a fini par une cruelle catastrophe.
- CATÉGORIE , s. f. du grec jcath-yoptcL ( katêgoria ) , formé de ka't»-yoiias ( katêgoreo ), montrer , déclarer , manifester.
- ( Logique ) Sorte de classe dans laquelle on range plusieurs choses qui sont de différentes espèces, mais qui conviennent au même genre.
- De catégorie on a fait catégorique , pour une chose qui est dans l’ordre et selon la raison ; catégoriquement , pour pertinemment, à propos , selon la raison, d’une manière précise.
- CATÉCHÈSE, ou CATÉCHISME , s. m. du grec {katê-
- chésis) , instruction , formé de net-'TYtytm ( katêcheo), instruire de vive voix.
- ( Hist. ecclês. ) Instruction pour les principes et les mystères de la foi chrétienne. Cette courte explication de la doctrine chrétienne se faisoit aux catéchumènes , afin de les disposer au baptême'.
- CATHÉDRALE , s. f. du grec K.&ffsJ'p* ( kathêdra ), siège, formé de {kathezomai), asseoir,
- être assis.
- ( Hist, eccîés. ) /Eglise cathédrale ; la principale Eglise d’un évêché , celle où est le siège de la résidence d’un évêque.
- L’origine de ce mot vient de ce que les prêtres , qui composoient avec leur évêque l’ancien presby-
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- terium , étoient assis comme le sont les Juifs dans leurs consistoires et présidés par l’évêque dans un siège plus élevé. Le nom ü’Eglise cathédrale n’a été en usage daus l’Eglise Latine qu’au dixième siècle.
- CATHÉRET1QUE, adj. motgrec formé de xaS-Æ/péu ( kàthaireô )} détruire, enlever, composé de (kata), etde cttpim {aireô), ôter, emporter.
- ( Méd. ) C’est ainsi qu’on appelle les remèdes qui longent les chairs fongueuses des plaies.
- CATHÈTE , s. f. du grec xaSêToç ( kathetos ) , ligne perpendiculaire.
- ( Géom. ) Ligne qui tombe perpendiculairement sur une autre ligne’, ou sur une surface.
- Les deux petits côtés d’un triangle rectangle , sont deux cathètes. Ce mot est principalement en usage dans la catoptnque , ou dans la partie de Voptique , qui considère les propriétés des rayons de lumière réfléchis. Elle se divise en caihète d’incidence et en cathète de réflexion.
- La cathète d’incidence est une ligne souvent imaginaire , qu’on suppose partir du corps qui envoie les rayons de lumière sur le miroir, et aboutit perpendiculairement à ce même miroir. La cathète de réflexion est supposée partir du point où se rend le rayon réfléchi, et tomber perpendiculairement sur le miroir.
- {Archit.) C’est un axe ou une ligne qu’on suppose traverser perpendiculairement le. centre d’une colonne , d’un cylindre , etc.
- CATHETER, s. m. motgr. dérivé de {kathiêmi ), introduire.
- (Chirur.) Sonde creuse et recourbée , faite pour être introduite dans la vessie. On appelle cathétérisme l’opération faite avec le cathéter.
- CATHOLIQUE, adj. dugr. **-ffox;xoç ( katholicos ) , universel, dont la racine est oXoc (olosfi tout.
- (Hist. ecclês.) Qui est universel, qui est répandu partout ; il ne se dit qu’en parlant de l’Eglise chrétienne, qui reconnoît le pape pour chel, et de ce qui n’appartient qu’à elle.
- Les meilleurs critiques pensent que le nom de catholique a ét*
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- donné à l’Eglise pour la distinguer des sociétés hérétiques qui s’étoient séparées d’elle.
- ( Hist. d'Esp. ) On a fait du mot catholique un titre d’honneur pour les rois d’Espagne. Le troisième cou-cile de Tolède , en considération du zèle de Decarède , roi des Visi-gots, lui donna le titre de catholique , en 58g. C’est le premier roi d’Espagne qui en ait été décoré. Ce titre ne fut d’abord que personnel, et ne fut point attaché à tous les successeurs de ce prince. L’usage en étoit même perdu , lorsqu’Alexan-dre VI le fit revivre en faveur de Ferdinand et d’Isabelle, après la prise de Grenade , en i4f)2.
- Jules II le rendit héréditaire en ]5og pour tous Jes rois d’Espagne. Dans plusieurs épîtres des papes , ce nom est donné aux rois de France et aux rois de Jérusalem.
- ( Méd. ) Catholique ou catho-licus , est encore une épithète fastueuse que l’on donne à quelques remèdes auxquels on attribue la vertu de guérir toutes sortes de maladies, et dont les chimistes anciens étoient très-libéraux envers les préparations qui leur étoient propres.
- CATOPTIIIQUE , s. f. du grec Jta'ro'TTTpo'Æ ( Icatoptrika ), formé de la prépos. ko.tu. (kata), contre , et de o'jt'rofA.Ai ( optomai ), voir.
- ( Optique ) Science de la vision réfléchie , ou la partie de Voptique qui enseigne les lois que suit la lumière réfléchie par les miroirs.
- La catoptrique traite non seulement de la réflexion des rayons de lumière .et des lois que suit cette réflexion ; elle traite aussi des phénomènes qui en résultent par rapport a la vision , et cette partie est extrêmement curieuse. Cependant les principes n’en sont pas encore bien développés , particulièrement pour ce qui concerne le lieu de l’image «t sa grandeur apparente.
- Les principaux auteurs qui ont traité de la catoptrique sont, parmi les anciens, Euclyde, avant J.-C.
- . Alhazen et Vitellion, dans les on-jleiae et douzième siècles ; et, parmi pS modernes , le P. Tacquet, le
- • Fabri , Jacques Grégory , et surtout le célèbre Isaac Barrows.
- 'du appelle télescope catoptrique
- C A U a4g
- un télescope qui représente les objets par réflexion -,
- Cadran catoptrique , un cadran qui marque les heurqs par des rayons réfléchis;
- Caisse catoptrique , une machine propre à grossir les objets.
- CATOPTROM AN CIE, s. f. du gr.. x.ctTO'7rrpov ( katoptron }, miroir , et de [j.dàiniiu, ( manteia ), divination.
- ( Diitinat. ) Espèce de divination qui se fait par le moyen d’un miroir.
- CATULOTIQUES , adj. mot gi, dérivé de jcÆT«Xfî&> (katouloo), couvrir de cicatrices.
- ( Méd. ) Epithète que l’on donne aux remèdes qui emportent par leur vertu caustique les grosses cicatrices , et qui rendent luisans et polis les endroits où elles étoient.
- CAUCHEMAR, s. ru. corruption de calca mala, mot de la basse latinité , pour mala oppression
- ( Méd. ) Sorte d’oppression ou d’étouffement qui survient quelque-,, fois durant le sommeil, en sorte qu’on croit avoir un poids sur l’estomac , et qui cesse dès qu’on vient à se réveiller. ,
- CAUDE, EE , adj. du lat. cauda, queue.
- ( Botan. ) Une graine caudée est une graine terminée par un filet grêle , long , flexible et velu , provenant de l’accroissement du style , après la fécondation. Telles sont celles de la pulsatille. ( anemone puisât ilia.) *
- ( Blason ) Caudé se dit en parlant des étoiles et des comètes qui ont une longue queue.
- CAULESCENT , TE , adj. de caulesco, monter en tige.
- {Botan.) Plante formant tige ; ce mot se dit par opposition à plante acaule.
- CAULICOLES , adj. du lat. cau-licus , petke tige , formé de caulesco, se former en tige.
- ( Archit. ) Les architectes donnent ce nom à de petites tiges qui ont la ferme d’un cornet , et d’où naissent les volutes elles hélices du chapiteau corinthien ; elles sont ordinairement cannelées, et à l’endroit où sortent les feuilles qui soutiennent les volutes et les hélices,, elles ont un lien ccntre-fleuré.
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- CAUSE , s. f. du lat. causa , principe, ce qui fait qu’une chose est motif, sujet, occasion , raison.
- ( Diction ) La cause est un des lieux communs de la rhétorique , propres à la preuve. On entend par cause , en général, ce qui produit un effet ; mais comme il y a différentes manières de produire un effet, on distingue diverses sors es de causes : la cause finale , efficiente, matérielle et formelle.
- On appelle cause finale la fin pour laquelle une chose est.
- La cause efficiente est celle qui produit une autre chose.
- La cause matérielle se définit assez d’elle-même : c’est la matière dont les choses sont formées, comme l’or est la manière d’un vase d’or.
- La cause formelle est celle qiti rend une chose telle , et qui la distingue des autres. On explique les propriétés d’une chose par la connaissance de sa forme ; lorsque la cause formelle s’unit à la matérielle , elle produit le corps ou le composé.
- ( Mécan. ) On appelle cause en mécanique tout ce qui produit du changement dans l’état d’un corps , c’est-à-dire , ce qui le met en mouvement s’il est en repos ; ou ce qui le réduit au repos s’il est eu mouvement ; ou ce qui altère son mouvement d’une manière quelconque , soit en l’augmentant, soit en le diminuant , ou en faisant changer de direction ah mobile.
- ( Méd. ) On nomme cause de maladie ce qui fait la maladie présente: c'est presque toujours une cause physique présente. Ou elle produit effectivement itn nouvel état dans les fluides , qui est presque la maladie même , ou elle détruit ce qui est tout-à-fait requis pour exercer la fonction.
- Si elle a existé en quelque manière dans le corps avant l’effet produit, on l’appelle interne; mais si existant hors du corps, elle y est appliquée, et produit en conséquence la maladie , elle-prend le nom d’externe.
- (Pratique) Cause se dit d’une contestation portée devant le juge, lie-là , cause civile , cause criminelle , cause d’audience , cause
- appointée, cause sommaire, cau~ ses et moyens d’appel.
- CAUSER , v. n. du lat. causare, pour causant dicere, plaider une cause.
- ( Palais) Ce mot tire son origine du babil des avocats du teins assé , qui suppléoient au défaut du droit de leurs parties par une grande abondance de paroles oiseuses.
- CAUSTIQUE, adj. et subst. dn grec Kattœ brûler.
- ( Chirurgie ) On donne ce nom aux remèdes qui ont la vertu de brûler , parce que , lorsqu’on les applique sur quelque partie vivante du corps, ils la consument, et ils forment une croûte dure ou escarre : c’est pour cette raison qu’on les appelle encore escarrotiques. De ce genre sont toutes les substances qui agissent comme le feu , et qui détruisent les vaisseaux de la partie à laquelle ils sont appliqués.
- (Géomét. transcendé) Caustique est le nom que l’on donne à la courbe que touchent les rayons réfléchis ou réfractés par quelque autre courbe. Si une infinité de rayons de lumière infiniment proches tombent sur toute l’étendue d’une surface , et que ces rayons soient supposés réfléchis ou rompus suivant les lois de la réflexion ou de la réfraction ,1a suite des points de concours des rayons réfléchis ou rompus , infiniment proches , formera un polygone d’une infinité de côtés r ou une courbe qu’on appelle caustique , parce que les rayons étant ramassés sur cette courbe en plus grande quantité qu’ailleurs , peuvent y brûler , surtout si la caustique est d’une fort petite étendue.
- Dans les miroirs sphériques d’une étendue de 20 à 3o degrés, la caustique des rayons parallèles à l’axe est d’une très - petite étendue ; ce qui rend les miroirs sphériques capables de brûler. II en est de même des miroirs paraboliques , dont if-caustique est appelée foyer de >a parabole.
- CAUSUS , s. m. mot lat. forme du grec nevemv (hausôn) , chaleur , ardeur excessive , dont la racine est Kctiu ( haiô ) , brûler.
- {Médecine) Nom d’une fièvre ar dente, contiflae, aiguë, accomp'
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- once d’tme chaleur brûlante et d’une soif cjui ne peut s’éteindre.
- CAUTÈRE , s. m. du grec Jtûtl/TH-I(,ov ( kautêrion ) , formé de Kttim ( brûler ).
- ( Chirurg. ) Remède brûlant dont on se sert pour consumer promptement quelque partie , détruire la carie des os, emporter les chairs calleuses , gangrenées , baveuses ou superflues/arrêter les hémorragies.
- Cautère se dit aussi d’un ulcère rond qu’on fait à la nuque ou au bras , à la cuisse , à la jambe , pour de'tourner les fluxions opiniâtres.
- La chirurgie ancienne faisoit un très-grand cas des cautères actuels, c’est - à - dire , du fer rouge , du moxa, ou de l’esprit de vin allumé sur une partie.
- Les Orientaux , les Chinois , les Japonais et les Indiens n’hésitent point à brûler les parties où ils ressentent de grandes douleurs. Us se servent du fer rouge , ou de leur moxa, qui est le duvet d'une espèce d’armoise. Ces peuples forment avec ce duvet du linge très-lin, ou de l’étoupe; de petits cylindres longs d’un travers de doigt, et à-peu-près aussi larges à leur pied. Us en attachent les bases à la peau avec un peu de gomme arabique , et mettent le feu au sommet. La flamme gagne insensiblement la peau, la brûle , et détruit quelquefois sans retour les douleurs de goutte les plus cruelles et les plus invétérées. Si la première brûlure n’opère pas, on en fait une seconde , jusqu’à l’entière guérison.
- ( Jardin. ) Les jardiniers appellent aussi cautère une ouverture qu’ils font dans 1 ’écorce d’un arbre °u d’une branche, afin de faire per-cer des boutons aux endroits où elle en est dénuée , de renouveler ou ie Pifrifier la sève. Cette opération différé peu de la saignée et de la Scarification. V. ces mots.
- CAUTION s. f. du lat. cautio , °riné de caveo, préserver , garan-tlr> assurer.
- i Pratique) Celui qui répond en nom de la sûreté d’un engage-
- ent fait par un autre. L’ancien r°U romain permettoit au créance de. s’adresser directement à la auooa, et de la faire payer sans
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- discussion préalable du débiteur; et lorsqu’il y avoit plusieurs cautions , elles étoient toutes obligées solidairement.
- L’empereur Adrien accorda dans la suite aux eau fions le bénéfice de division-, par le moyeu duquel elle» obligeoient le créancier à diviser son action eutre les cautions, s’il y en avoit plusieurs , et chacun pouvoit s’acquitter en payant sa part de la dette principale.
- Justinien joignit au droit de division celui de discussion. Alors les cautions cessèrent d’être obligées an paiement avant la discussion infructueusement faite du principal débiteur par le créancier.
- La loi de cet empereur est exécutée parmi nous , à moins que dans l’acte de cautionnement il n’y ait renonciation aux deux bénéfices qu’elle accorde.
- CAVALERIE , s. f. de l’italien ca-valleria , gens de guerre à cheval.
- ( Art milit. ) C’est en Égypte , si l’on s’en rapporte aux historiens profanes , que l’équitation a été inventée. Orus , fils d’Osiris , et ses successeurs s’appliquèrent à entretenir des chevaux ; mais Sésostris fut le premier qui imagina , vers Fan i65o avant J.-C., de former un corps de cavalerie.
- Les Grecs, aux tems héroïques, ne connoissoient point encore la méthode de faire servir des cavaliers à la guerre , et l’art d’en former des corps de troupes. Le terme de cavalerie, si souvent employé dans Homère, ne désigne autre chose que des chars tirés ordinairement par des chevaux , et montés de deux hommes. Le teins et l’expérience firent connoître le désavantage des chars , et les nations policées leur substituèrent la cavalerie.La première guerre de Messène , dont l’époque tombe à l’an 7<i3 avant J.-C., est la première occasion où l’histoire fasse mention de cavalerie dans les armées grecques. Le sol de la Grèce , généralement parlant, n’étoit pas favorable aux chevaux ; il n’y avoit que la Thessalie qui fût propre à les élever et à les nourrir ; aussi, à la bataille de Marathon et à celle de Platée , les Grecs n’avoient point de cavalerie> parce que la Thessalie étoit alors ait
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- pouvoir des Perses. Cependant, à la bataille de Platée , Farmée grecque étoit forte de cent-dix mille hommes.
- Les Romains, dans leurs premières guerres, ignoraient les avantages de la cavalerie. Ils faisoient consister toute leur force dans l’infanterie , en sorte même que, dans le combat , ils ordonnoient à la cavalerie de mettre pied à terre , et ils ne reprenoient leurs chevaux que pour mieux suivre les ennemis quand ils étoient en déroute. Pyrrhus et Annibal les firent changer de sentiment. Ce dernier surtout leur causa de si grandes frayeurs avec sa cavalerie, que ces invincibles légions romaines n’o-soient descendre dans la plaine. La meilleure cavalerie romaine étoit tirée des Gaules. César en fait l’éloge dans plus d’un endroit de ses Commentaires.
- Sous la première race des rois de France , la cavalerie française , sitôt que Farmée étoit campée , aban-donnoit ses chevaux, et les laissoit aller paître dans les prairies , dans les campagnes et dans les bois d’alentour du camp, en leur attachant à chacun une sonnette au cou , pour les retrouver pins aisément.Lorsque, sous la seconde race , les fiefs furent devenus héréditaires , les armées de la nation n’étoient presque composées que de cavalerie. Charles VII est le premier qui ait établi un corps réglé de cavalerie , sous le titre de compagnie dJordonnance.
- CAVAT1NË , s. f. de l’italien ca-vatina.
- ( Musique ) Sorte d’air pour l’ordinaire assez court, qui n’a ni reprise ni seconde partie , et qui se trouve souvent dans des récitatifs obligés. Ce changement subit du récitatif au chant mesuré , et le retour inattendu du chant mesuré au récitatif, produisent un effet admirable dans les grandes expressions, comme sont toujours celles du récitatif obligé.
- CAVE , s. f. du latin cavus.
- (Physiol. ) Ce mot se dit particulièrement de deux grosses veines qui se déchargent dans l’oreillette droite du cœur. On dit ordinairement la veine cave : alors on considère la réunion de ces deux veines comme une seule veine.
- CAV
- (Métallurgie) Caves à air, cave» à eau machines destinées à alimenter d’air les hauts fourneaux. V, FOURNEAU , pour la réduction du miné'rai de fer.
- On peut réduire à trois les diverses manières d’aliinenter d’air les hauts-fourneaux par des machines soufflantes. Foyez. MACHINE SOUFFLANTE.
- La première consiste dans l’emploi de cylindres soufflans, qui chassent l’air dans un réservoir commun cylindrique , dans lequel se trouve, uu piston soutenant un plateau chargé d’un poids plus ou moins considérable , et qui décide le degré de pression qu’on veut donner à la colonne d’air chassée par une tuyère dans le haut fourneau.
- La seconde consiste dans l’emploi des pompes pneumatiques mues par une force quelconque , qui refoulent Fair dans un réservoir renversé dans l’eau , que Fon appelle cave à eau.
- Le troisième enfin consiste à chasser Fair dans un réservoir,.ou cave à air , composé de plusieurs voûtes de différentes grandeurs , et en progression régulière , formant un ensemble de iS,288o mètres ( 60 pieds) de longueur, sur g,i44o mètres (3o pieds ) de largeur.
- La première , connue depuis long-tems, est sujette à de grands incon-véniens , occasionnés par le manque de capacité du réservoir , laquelle ne peut jamais être augmentée au point de diminuer les intervalles considérables qui ont lieu à différentes époques , et dont les effets sont rendus sensibles par l’ascension et la descente rapide et irrégulière.
- Dans les machines soufflantes avec des caves à eau , où. l’air est pousse par trois ou quatre cylindres dans une caisse renversée sur l’eau , et pressé par le poids du fluide refoulé hors de cette caisse , le courant maintenu dans le fourneau est des phi* réguliers.
- I^es caves à eau ont d’ailleurs 1 a-vantage de maintenir un courant très-froid et continu. La seule chose qu’on leur oppose , c’est la tendance qu’a quelquefois Fair à dissoudre une certaine portion du fluide , à l’introduire dans le fourneau; ma'5 une disposition judicieuse des tuyau*
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- £are à cet inconvénient , ainsi qu’à celui de l’introduction par la tuyère d’un peu d’eau , qui pourrait passer dans le fourneau : accident qui entraîneroit une catastrophe épouvantable.
- Les caves à air ont, pardessus les méthodes anciennes , l’avantage de contenir un volume considérable d’air , qui peut être condensé au degré qu’on veut , et dont l’élasticité offre un moyen facile d’égaliser le vent et de rendre l’opération du souffler, aussi uniforme que possible.
- 11 existe en Angleterre plusieurs usines où l’on a fort heureusement combiué les effets des caves à air avec ceux des caves à eau.
- CAVERNE, s. f. dulat. caverna, formé de cava.
- (Phys. ) Les cavernes se trouvent dans les montagnes, dans les îles, parce que les îles ne sont en général que des pointes de montagnes. Les cavernes sont communes dans tous les volcans, dans tous les pays qui produisent du soufre , dans tontes les contrées sujettes aux trem-blemens de terre. Les plus fameuses cavernes sont celles de St. Patrice, en Irlande ; la grotte du Chien, près de Naples ; la caverne de Baiimar , auprès de la Forêt Noire ; celle de la Tarniole, où il y a un lac souterrain fort spacieux ; la caverne d’'An-tiparos, dont Tournefort a donné ta description ; l’antre de Trop.ho-“ms, dans la Livonie ( l’Achaïe des anciens ) ; le fameux labyrinthe de * de de Candie ; la caverne de Maës-tncht, où l’on dit que 5o,ooo personnes peuvent se réfugier , etc.
- CAVERNEUX , adj. de caverno , formé de cavo.
- ( Physiol. ) Ce qui est composé ®e petites cavernes , de petites loges, romme une éponge ; comme le rorps caverneux de la verge ; le c°rps caverneuç de l’urètre , etc.
- . CAVIAR , s. m. de Fit. caviale , •ait du grec moderne ( ha-
- oiari ) , œufs de poisson, marines.
- ( Econ. dont. ) On nomme ainsi en général les œufs de poisson sa-*e 5 et particulièrement ceux de l’es-•ut’geon.
- .Les œufs marines de l’esturgeon raient une branche de commerce Cüasidérabie : la seule ville d’Astra-
- can, sur les bords de la mer Caspienne, en exporte souvent quelques centaines de tonneaux. Ce furent des Italiens qui, les premiers, cri apportèrent de Constantinople en France et en Angleterre , et qui leur donnèrent le nom de caviale. Au-jouvdhui, c’est la Russie qui fait le commerce presque exclusif du caviar. V oici comme ou le prépare.
- On vide l’esturgeon femelle ; on sépare les œufs et on les nettoie en les faisant passer par tin tamis très-fin , et eri les frottant entre les mains ; ensuite on les jette dans des baquets, en y ajoutant une poignée de sel pour chacun ; on remue bien le tout, et on les place dans un endroit chaud. Telle est la préparation da caviar salé.
- Le caviar mariné exige une grande quantité de sel.
- Une autre sorte de caviar est celui qu’on appelle caviar comprimé , parce qu’après avoir mis les œufs dans une forte saumure , et les avoir fait sécher au soleil, on les jette dans un tonneau où on les comprime fortement.
- Le caviar est fort recherché dans-la Russie, la Turquie, une partie de l’Allemagne et de l’Italie ; mais on en apporte rarement en France.
- CAVITÉ, s. f. du latin cava.
- ( Physique ) Creux, ou vide dans un corps;, les cavités du cœur, dit cerveau, des os, etc. On donne,à ces cavités différens noms : ventricule, sinus, conduits, canaux,etc.
- Les cavités condyloïdiennes ou articulaires de la mâchoire inférieure; la cavité cotyloïde ou eoty-loïdienne des os des îles ^les cavités sygmoïdes du cubitus ; la cavité glénoïde de l’omoplate.
- CEDILLE y s- f- de l’espagnol cedilla ou cerilla.
- (Gram.) Petite marque en forme de C tourné de droite à gauche, quJon met sons la lettre C quand elle précède un A , un O, ou un U,-afin qu’on la prononce comme un S.-Cette marque est de l’invention des Espagnols , qui en ont fait usage long-tems avant nous.
- CÉDULE, s. f. du latinschedula petit billet, diminutif de schcdà, feuille de papier , dérivé du grec ( schedê ).
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- (Pratique) On appeloît ainsi à Paris un billet ou reconnoissance de devoir sous seing-privé.
- Cédule se dit encore d’un acte de justice de paix.
- CÉLÉRITÉ , s. f. du latin celeri-tas, fait de celer, prompt.
- ( Mécan. ) C’est proprement la vitesse d’un corps eu mouvement, ou cette affection d’un corps en mouvement, par laquelle il est mis en état de parcourir un certain espace dans un certain tems.
- CÉLESTE, adj. du lat. cœlestis, formé de cœlum, ciel.
- ( Physique astron. ) Epitliète que l’on donne à ce qui appartient au ciel, ou à ce que nous regardons comme faisant partie du ciel, en un mot à ce qui est hors de notre atmosphère. Ainsi , on appelle corps célestes tous ceux qui sont placés au-delà de notre atmosphère , comme les planètes, les comètes, les étoiles. On donne aussi celte épithète à dès choses qui se passent même dans notre atmosphère. Par exemple , ou appelle phénomènes célestes l’arc-en - ciel, les parbélies , etc. On nomme encore globe céleste un globe sur lequel on a figuré les étoiles dans leurs positions respectives , et qui par-là représente le ciel étoilé.
- CÉLIAQUE, adj. du lat. cœlia-cus , formé du grec koîx'ia ou kock'i» ( ko ilia ou hoilie) , ventre , etc.
- ( Anat. ) Ce mot a plusieurs significations différentes : il est pris pour une cavité, dans quelque viscère que ce soit ; il signifie la même chose qu’alvus ; il se dit aussi de l’estomac , du bas - ventre , ou du conduit intestinal ; mais ici il est pris pour le conduit alimentaire, depuis le ventricule jusqu’à l’anus.
- (ATéd.) On'appelle aussi passion cêliaque,flux céliaque, un flux de ventre chyleux , dans lequel le chyle sort par les selles confondu avec lès excrémens ; ce qui les rend cendrés , grisâtres ou blanchâtres.
- CÉLIBAT, s. m. en lar. cœlebs , du gr. hoitk (boité) , lit, et de Keierot (. leipé ) , quitter, manquer , carens ïecto, qui a abandonné on qui n'est jamais entré dans le lit conjugal.
- CEL
- L’état d’une personne qui n'est point mariée.
- (Hist.) Les inconvéniens du célibat ont été reconpus dans tous le tems. Les Romains ne recevoient le témoignage que des gens mariés et les admettoient seuls au serment.
- Les anciens avoient le plus grand mépris pour les athlètes, les gladiateurs , les musiciens , les danseurs et les teinturiers , parce qu’ils gar-doient le célibat. La censure ne fat rétablie à Rome , après les guerres civiles , que pour remédier au mal qu’il causoit. César répandit ses bienfaits sur les pères de famille : Auguste fit plus; il imposa des peines à ceux qui n’avoient point de femme. Lycurgue humilia et punit les célibataires.
- CELLULAIRE, adj. du lat. cel-lula , diminutif de cella , loge.
- ( Anat. ) Qui a des cellules *ce mot se dit des parties du corps animal qui contiennent plusieurs petites cellules. La membrane cellulaire, qu’on appelle aussi membrane adipeuse , est d’un tissu vasculaire , et forme une multitude innombrable de cellules qui communiquent les unes avec les autres. Cette membrane enveloppe toutes les parties mobiles du corps ; et c’est par son interposition entre la partie interne de la peau, et la surface extérieure des muscles, que la peau est capable de se mouvoir , tandis que les muscles sont en repos.
- CÉLOTOMIE , s. f. du grec joixc-<T0/a<st (kêlotomia), formé de x-tiKn, hernie, et de œ, couper, inciser,
- (Chirurg.) Espèce de castration qui se fait en liant la production du péritoine et les vaisseaux spermatiques , pour guérir ceux qui sont attaqués de hernie.
- CELLULEUX , adj. de cellula , diminutif de cella, loge.
- ( Botan. ) On appelle fruit oellii* leux, celui dont l’intérieur est divisé eu plusieurs cellules ou petites cavités inégales, dans lesquelles le* graines sont nichées ; ces cavités n e-tant pas formées par de vraies cloisons , mais par excroissance désordonnée du péricarpe. La silique du raiford, le fruit des câpriers, etc./ sont celluleux.
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- CEM
- CÉMENTATION, s. f. de'l’italien cernent azione.
- [Chimie) Ce terme, emprunté des alchimistes qui l’employoient dans le sens de calcination, signifie, dans son acception moderne , une espèce de stratification qui a pour objet de faire réagir une portion du cément, «’est- à-dire , de la poussière quelconque qui enveloppe de toutes parts le corps qu’on cémente sur ce dernier.
- ( Métall. ) La cémentation est un moyen d’affiner l’or; il consiste à mettre, couche sur couche, des lames d’or et du cément composé avec de la brique en poudre , du sel ammoniac et du sel commun, et à calciner le tout au feu ; quelques-uns y ajoutent du vitriol, d’autres du vert-de-gris.
- La cémentation sert encore à.faire V acier artificiel. Pour faire Y acier artificiel, on n’a point recours à la fusion, comme pour Y acier naturel. Lorsqu’on a choisi le fer le plus parfait, c’est-à-dire, le plus malléable tant à chaud qu’à froid, on le forge d’abord en lames ou en barres, plutôt petites que grosses. On prend un creuset cylindrique , plus haut d’environ trois pouces que les barres de fer qu’il s’agit de transformer en acier. On met au fond du creuset uue couche d’une poudre ou mélange qu’on nomme cément, dont la matière varie suivant les différentes manufactures , mais qui doit être composée de charbons de substances végétales et animales , mêlés avec des cendres , des os cal-cmés, des cornes, poils ou peaux d’animaux. On place ensuite les barreaux de fer verticalement dans ce creuset, en les éloignant les uns des autres et des parois du creuset , d’environ 1 pouce ( 2 centimètres ). Ou remplit ensuite exactement avec e cément tous les interstices , en *°rte que le creuset en soit exactement plein, et que les barreaux en *oient totalement couverts. On cou-*re et on lutte le creuset ; on l’expose «ans un fourneau à un feu égal, pendant huit ou dix heures , après înoi le fer se trouve converti en acier.
- Uans cette opération , le fer ne att qae se charger du principe iu-^mmable, qui métallisé les parties * la terre martiale qui ne s’étçient
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- point trouvées métallisées; mais si ce fer contenoit, avant la cémenta tion, quelques parties terreuses non ^Métalliques, elles n’en peuvent point être séparées par cette opération , parce qu’il n’y a point eu de fusion. De-là vient que Y acier artificiel par cémentation n’est pas aussi parfait que celui qu’on fait par la foute. V. ACIER.
- 1 Le vitriol de cuivre , ou vitriol bleu , se fait aussi par la cémentation du cuivre avec du soufre ou des pyrites sulfureuses.
- CENDRE , s. f. du latin cinere, ablat. de cinis.
- ( Chimie ) Substance terreuse et saline , qui reste après que les corps ont été détruits par la combustion.
- (Mat. méd. ) Les sels des plantes et de tous les végétaux , qui sont le résultat de la lessive des cendres mêlées avec l’eau pure , servent à purger tout aussi bien que les sels de séné , de rhubarbe , etc.
- Les cendres gravelées ne sont autre chose que le marc ou la lie de vin calcinée et réduite en cendres. Elles sont apéritives et dissolvantes.
- (Plombier) La cendre de plomb est le plomb calciné et qui se réduit en une espèce 'de cendre qui vient nager sur la surface. C’est cette cendre plus ou moins .calcinée au four qui sert à faire le massicot jaune qu’on emploie dans la peinture, et dont on fait les vernis que l’on met sur les poteries de terre , ,et le minium , employé par les peintres et par les apothicaires.
- (.Agric.) Les cendres sont un excellent engrais : celles qui proviennent de bois conviennent aux pâturages ; celles de tourbe sont d’un emploi avantageux pour le trèfle ; celles de charbon sont merveilleuses pour le sainfoin; celles de savonnerie-, pour les terrains marécageux.
- ( Hist. anc. ) Cendres des morts lorsque les Grecs et les Piomains brû-ioient leurs morts, ils avoient soin d’en recueillir les cendres dans des vases ; et de-là vient qu’011 dit figu-rément et poétiquement la cendre des morts , les cendres des morts.
- - (Relig.) Les cendres furent chez plusieurs peuples une marque de douleur et de repentir. Les Hébreux s’en couvroient la tête dans les ca~
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- lamités publiques. Les habitans de Ninive expièrent leurs fautes avec le sac et la cendre. Dans la primitive église , l’évêque marquoit de cendres le front dn pécheur au commencement de sa pénitence , et delà vint la pratique ordonnée en 1091 par le concile de Bénevent , d’en aller recevoir le mercredi-qui précède le premier dimanche de carême.
- CÈNE , s. f. dulat. cœna, du gr. îtotvoç , repas commun , souper.
- { Hist. anc. ) Chez les anciens , cœna signifioit le repas qu’ils fai-soient en commun ; leur usage n’ê-toit pas de régaler au dîner , et ce n’étoit pas souper que de manger seul.
- ( Relig. ) Le nom de cène a été spécialement donné au dernier souper que fit J.-C. avec ses apôtres rassemblés , la veille de sa mort , dans lequel il mangea la Pâque avec eux', et après lequel il institua l’Eucharistie. L’église en célèbre la mémoire le Jeudi-Saint , pour nous remettre sous les yreux l’humilité de J.-C. qui , après la cène , lava les pieds à ses apôtres. 11 est d’usage dans chaque église, et dans les cours de quelques Souverains , Princes ou Prélats , de laver les pieds à douze pauvres.
- CENOBITE, s. m. mot'grec coxm, posé de xGivoç commun , et de &oç vie: qui vit en commun. ,
- (Hist. Ecclés.) Religieux qui vit dans un couvent ou en commun , sous une certaine règle , en opposition à hermite ou ANACHORETE. V. ces mots.
- CÉNOTAPHE., s. m. du gr. xsvc-‘Tct&iov ( kenotaphion ), composé de stsvoç (kenos), vide , et de TcKpoç { taphos ), tombeau ; tombeau vide.
- ( Cérém. fun. ) Tombeau vide dressé à la mémoire d’un mort enterré ailleurs , ou dont on n’a pu trouver le corps.
- CENS, s. m. dn lat. census, formé de censéo, qui signifie , entre antres choses , faire le dénombrement.
- ( Administr.) C’étoit chez les Romains une déclaration authentique que les citoyens faisoient tous les cinq ans de leur nom , de leur do-
- C E N
- miciîe et de leurs biens , aux nia gistrats préposés à cet effet.
- (Droits féod.) C’est, dans les pays où subsistent encore les droits féodaux , une redevance en argent que certains biens doivent annuellement au seigneur du fief dont ils relèvent.
- CENSEUR , s. m. du lat. censor, formé de censeo , estimer , dire son avis.
- ( Hist. rom. ) C’étoit, â Rome , le nom de deux magistrats dont l’emploi étoit de faire le dénombrement des familles, l’état des fortunes , etc. , et de rechercher les mœurs et la conduite des citoyens.
- ( lnstruct. publ.) Dans les universités on appeloit censeurs certains officiers nommés pour examiner la capacité des récipiendaires.
- (Administr.') Censeurs de Livres; c’est le nom que l’on donnoit en France , sous la monarchie , à des gens de lettres chargés par le chancelier d’examiner les livrés qui s’im-primoient. Anciennement, le droit de juger les livres étoit attaché eu France à l’autorité épiscopaie ; mais depuis l’établissement de la Faculté de théologie , les évêques se déchargèrent de ce soin sur les docteurs. Les hérésies de Luther et de Calvin, et diverses autres questions théolo-giques , ayant partagé- pius d’une fois les docteurs et. causé de grands scandales à la religion et à l’Etat, les rois de France créèrent à plusieurs reprises des censeurs, d’abord dans le sein de la faculté , puis hors de son sein. Le nombre des censeurs étoit considérable à l’époque de la révolution : encore arrivoit-il souvent que le grand nombre de livres qu’ils étoi-ent chargés d’examiner, ou d’autres raisons, réduisoient les auteurs ou les libraires qui attendaient leur jugement à l’etat de ces pauvres âmes errantes sur le bord du Styx . qui supplicient tous les jours Caron de les passer dans les Champs-Elysées.
- CENTA.IJRE , s. m. mot grec composé de Kivreie , piqiter , et de Tttupùç , taureau , pique-taureaux.
- ( Mythol. ) Animal fabuleux, moitié homme , moitié cheval.
- ( Astron. ) Centaure est une des constellations australes.
- CENTJ - de centum. , -,
- (Méuol.
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- CEN
- { Métrol. ) Annexe ou pre'nom des mesures nouvelles , qui désigne une unité cent fois plus petite que l’unité fiénéralvice»
- CENTIARE, s. m. du lat. cen-tum , cent, et de area , are , aire ou superficie.
- ( Métrol. ) Terme des nouvelles mesures ; superficie égale à la centième partie d’un are , ( V. ARE ) -, c’est uu mètre carré dout la surface, en mesures anciennes , est de g p. car. 85o62. C’est la plus petite division des mesures agraires, et la dernière dout il faille tenir compte.
- CENTIGRAMME, s. m. du latin centam , cent, et du grec yfcLy.ft.te., gramme.
- ( Métrol. ) Nouveau poids , la centième partie d’un gramme. ( V. GRAMME. ) En poids anciens , celai de centigramme est de o , gr. i884i. Ce petit poids est destiné à peser les pierres précieuses et les résultats des essais d§ l’orfèvrerie et des monnaies, ainsi que les essais des mines , pour savoir s’il est avantageux de les exploiter.
- CENTILITRE , s. m. du latin centam cent, et de litra , mesure cylindrique de corne , servant chez les Romains à mesurer l’huile et d’autres liquides.
- ( Métrol. ) Nouvelle mesure de capacité ; la centième partie d’un litron. ( V. LITRE. ) Eu mesures anciennes le centilitre contient 871 lig. eu. 987646 , c’est-à-dire , ttnpeu plus de la moitié d’un pouce cube. Cette mesure ne doit être employée que pour mesurer des liqueurs très-précieuses.
- CENTIME, s. m. pour centième, du latin centum , cent.
- ( Monnaie ) Terme des nouvelles Monnaies ; centième partie du franc, équivalent à deux deniers quarante-trois centièmes de la livre tournois.
- CENTIMÈTRE, s. m. du latin centam , cent , et du grec y.irfov , ( métron ), mesure.
- ( Métrol. ) Nouvelle mesure linéaire ; la centième partie du mètre. ( y. MÈTRE. ) Le centimètre vaut dix millimètres , et eu mesures Anciennes , sa longueur est de 4, Lg. 4344 ; cette mesure ne peut *eVvn- qu’à mesurer de petites choses.
- Centimètre carré 7 c’est la dix
- Tüni, I.
- millième partie du mètre carré.
- ( V. MÈTRE CARRÉ. ) En mesures anciennes , la surface du cen~ timètre carré est égale à 19 lig. car. 664o^6.
- Centimètre cube, c’est la millième partie d’un mètre cube. ( V. MÈTRE CUBE. ) En mesures anciennes la capacité du centimètre cube est de 87 lig. c. 198765. Le poids d’un centimètre cube d’eau distillée est celui du gramme. ( F. GRAMME. )
- CENTON , s. m. du grec xsvtpccv (kentrôn ), habit de divers morceaux.
- (Littéral. ) Ouvrage composé de plusieurs vers ou passages empruntés d’un on de plusieurs auteurs. Proba Falconia a écrit la vie de J. C. en centons tirés de Virgile. Nous en avons aussi une en centons tirés des poésies d’Homère.
- On dit, par extension , d’un ouvrage rempli de morceaux dérobés que ce n est qu’un centon.
- CENTRAL, s. m. du grec xsvrpov ("kentron), formé de v.êVTïa> {Jcenteo), piquer.
- ( Mécan. ) Ce qui a rapport au centre. C’est ainsi qu’on dit angle central, forces centrales , etc.
- Forces centrales ce sont des forces ou puissances par lesquelles un corps mu tend vers un centre de mouvement , ou s’en éloigne.
- C’est une loi générale delà nature, que tout corps tend à se mouvoir en ligne tdroite : par conséquent, un corps qui se meut sur une ligne courbe tend parfaitement à s’échapper par la tangente de cette courbe } ainsi, pour l’empêcher de s’échapper suivant cette tangente, il faut nécessairement une force qui l’en détourne , et qui le retienne sur la courbe.
- Règle centrale ; c’est une règle ou une méthode découverte pat-Thomas Baker , géomètre anglais , au moyen de laquelle ou trouve le centre et le rayon du cercle qui peut couper une paralèlle donnée , dans des points dont les abscisses représentent les racines réelles du troisième ou du quatrième degré qu’on se propose de construire.
- CENTRE, s. m. du gre» xsyrpsy
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- ( kentron) , formé de xsvfsœ ( ken-teô ), piquer.
- ( Géom. ) Ce mot, pris dans un sens général, marque un point également éloigné des extrémités d'une ligne , d’une figure , d’un corps ; ou le milieu d’une ligne , ou un plan par lequel un corps est divisé en deux parties égales.
- Centre d’un cercle ; c’est le point du milieu du cerele , situé de façon que toutes les lignes menées de là À la circonférence sont égales.
- Centre d’une section conique ; a’est le point où concourent tous les diamètres : ce point, dans l’ellipse , est en dedans de la figure , et dans l’fiyperbole , en dehors.
- ( Mécan. ) Centre de gravité ; c’est un point situé dans l’intérieur d’un corps , de telle manière que tout plan qui y passe , partage le corps en deux segmens qui se font équilibre, c’est-à-dire , dont l’un ne peut pas faire mouvoir l’autre.
- Centre de mouvement ; c’est un point autour duquel tournent , ou peuvent être censés tourner plusieurs corps qui composent un même système.
- Centre, d’oscillation ; on appelle pendule composé l’assemblage de plusieurs corps liés solidement entre eux , et qui oscillent autour d’un même axe fixe, et centre d’oscillation le point de ce pendule, où il faudrait, placer un petit corps , de masse insensible ( qu’on appelle pendule simple ), pour que ce dernier pendule, oscillant seul et librement , fit des oscillations dans le même tems quele pendule composé.
- Centre de percussion ; on appelle ainsi un point dans lequel la masse d’un système de corps , étant supposée réunie et agissant perpendiculairement à l’extrémité d’un levier égal à la distance de ce point à l’axe , donnerait le plus grand coup possible à l’obstacle qu'on lui opposerait.
- Centre de conversion 5 c’est ainsi que plusieurs auteurs appellent le point autour duquel un corps, libre d’ailleurs, tourne on tend à tourner, lorsqu’il est poussé inégalement dans sesdifférens points, ou par une puissance dont la direction ne passe pas par son centre de gravité.
- CEN
- Centre des corps pesans ; c’est dans notre globe , le même que 1* centre de la terre , vers lequel tous les corps graves ont une espèce de tendance.
- Centre d’équilibre ,- c’est , dane un système de corps, le point autour duquel ces corps seraient en équilibre , ou ce qui est la même chose, un point tel que , si le système étoit suspendu ou soutenu par ce seul point, il resterait en équilibre. Le point d’appui d’un levier est son centre d’étiuilibre.
- ( Physiologie ) Centre tendineux du diaphragme ,- c’est la partie dans laquelle les queues des muscles du diaphragme se rencontrent. Ce centre est troué vers sa droite pour donner passage à la veine cave ; et vers sa gauche, en arrière, sa partie charnue douue passage à l’œsophage, au tronc-descendant de l’aorte , au canal thoracique , et à la veine azygos entre ces deux piliers.
- CENTRER , v. a. de CENTRE. F. ce mot.
- ( Optique) Centrer une lunette; c’est faire ensorte que l’axe optique passe par le centre de l’objectif, de manière que toutes les parties du champ soient semblables et semblablement situées, par rapport à l’axe de la lunette. Le moyen le plus simple est de couvrir la lunette avec un diaphragme que l’on fait promener sur sa surface , en la présentant au soleil, de manière que la lumière réfléchie par la partie convexe fasse un cercle concentrique et parallèle à celui de l’image formée par la surface concave.
- CENTRIFUGE, adj, du grec *«f Tpov ( kentron ) , centre, et du latin fuga , fuite.
- {Mécan.) Force centrifuge ; c’est celle parlaquelle un corps qui tourne autour d’un centre , fait effort puui s’éloigner de ce centre.
- CENTRIPÈTE , adj. du grec %« npov (kentron), centre, et du latin petere, tendre vers.
- {Mécan.) Force centripète y c>esl, celle par laquelle un mobile pousse dans une droite, est continuellemen détourné de son mouvement r'-c’1*1 gne , et sollicité à se mouvoir d*®' une courbe.
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- CËNTROBARIQUE , ad), mot grec , composé de xsvTpev (kentron), centre , et de Çctpoc (baros), poids, oravité : centre de gravité.
- ( Mécan. ) On appelle , en termes de mécanique , méthode centroba-rique , celle qui consiste à mesurer ou déterminer la quantité d’une surface ou d’un solide , en les considérant comme- formés par le mouvement d’une ligne ou d’une surface, et multipliant la ligne ou la surface génératrice par le chemin parcouru par son centre de gravité.
- CENTROSCOPIE, s. f. du grec xot/iov ( kentron ) , centre , et de (xoireoi ( skopeô } , considérer.
- ( Gréom. ) Partie de la géométrie qui traite du centre des grandeurs.
- CEPHALALGIE, s. f. du grec xiçaXtChyiat. ( kephalalgia ) , composé de ja<pctx» ( kephalê) , tête , et de ctxyoç ( algos ),douleur : douleur de tête.
- ( Méd. ) Douleur de tête récente et passagère , avec un sentiment de pesanteur et de distension à cet organe. Lorsque la douleur prend un caractère plus grave , et résiste aux premiers remèdes , on l’appelle céphalée , ce qui veut dire dans l’esprit des auteurs qui ont établi cette distinction , douleur de tête, stable et chronique. La céphalée et la céphalalgie sont donc des affections de tête qui ne diffèrent que par leur durée et par leur intensité.
- De céphalalgie on a fait cépha-lique , pour désigner les remèdes Sai sont propres à guérir les maladies de la tête. De ce nombre sont tous les aromatiques,les spiritueux, les anti-épileptiques , et généralement tous ceux qui ont la propriété de donner au sang plus de fluidité , nerfs plus d’action et de force , a®x esprits une circulation plus ac-tirev
- CERAMIQUE , s. m. du grec hs— {keramos), tuile , brique, dont ®n a fait payant suc ( keramikos ), heu où l’on fait de la brique , ou peut-être lieu construit en briques.
- ( Hist. grecque ) Plusieurs lieux porté ce nom. Il y avoit à «thènes deux céramiques ; l’un dans «n.ceinte de la ville, et l’autre “ns on des faubourgs. C’étoit dans s céramique de la yUle que l’on
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- falsoit aux frais du public le3 funérailles de ceux qui avoient été tués dans la guerre , et que l’on prononçoit leur oraison funèbre. Le céramique du faubourg étoit le rendez-vous des femmes débau-* chées.
- GERAT, s. m. du grec ntifurot ( kêrotos), dont les Latins ont fait ceratum , et cera , cire.
- ( Mat. méd. ) Espèce d’onguent, ainsi appelé , parce que la cire en fait ordinairement la base et la consistance.
- CÊRATION, s. f. du latin c<?-ratio , contraction de cerefactio, ou de cerificatio, l’action de faire de la cire ou d’imiter la cire.
- ( Chimie ) Ce mot, emprunté des alchimistes , signifie , parmi les chimistes , la manière de réduire une substance dans un état tel qu’elle puisse ensuite être mise en fusion comme la cire. Les alchimistes entendent par le même mot la fixation du mercure , eu sorte qu’il demeure en cet état.
- CÉRATOGLOSSE , adj. et s. du grec KipcoroyXcecrcoç (keratoglossos_).j composé de jt€p*.ç (keras), corne, et de yXoca-a-oL ( glôssa ),, langue.
- ( Mnat. ) On appelle ainsi , en général, tout ce qui a rapport à la corne jde l’os hyoïde , et à la langue ; mais c’est particulièrement le nom d’un muscle qui s’attache à la grande corne de l’os hyoïde, et se termine à la langue.
- CÉRAUNJAS, s. m. du grec xipct-vvaç( keraunos), foudre.
- ( Minéral. ) Nom que les anciens donnoient à la pyrite martiale glo-bulense , ou sulfure de fer radié , qu’ils regardoient, et que dans des tems plus modernes on a encore regardée , comme une pierre de foudre.
- CERCLE, s. m. du grec jtt/itxos ( kuklos ), dont les Latins ont fait circulus, diminutif de circus, qui , ainsi que le grec , signifie un lieu circulaire, un cercle.
- ( Gêom.) Figure plane , renfermée par une seule ligne , qui rétourne sur elle-même , et au milieu de laquelle est un point situé de manière que les lignes qu’on en peut tirer â la circonférence, sont toutes égales, A proprement parler , le cercle est R a
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- l’espace renfermé par la circonférence , quoique , dans l’usage vulgaire , on entende par ce mot la circonférence seule.
- Tout cercle est supposé divisé en 36o parties égales , qu’on nomme degrés ; chaque degré en 60 minutes, etc. Cette division a été-adoptée à cause du grand nombre de diviseurs dont le nombre 36o est susceptible.
- La proportion du diamètre d’un cercle à sa circonférence est à-peu-près comme x à 3, ou 7 à 22 , ou 113 â 355.
- L’espace qxxe renferme la circonférence d’xm cercle s’appelle aire du cercle. Si l’on veut cunnoître la valeur de cette aire à-peu-près , il faut multiplier la circonférence du ceicle par le quart de son diamètre , ou la moitié de sa circonférence par son rayon , ou le quart de sa circonférence par son diamètre entier ; on n’aura la valeur qu’à-peu-près, parce qu’on ne connoit point exactement le rapport du diamètre à la circonférence. .
- La quadrature du cercle, ou la manière de faire un carré dont la surface soit parfaitement et géométriquement égale à celle d’un cercle, est un problème qui a occupé les mathématiciens de tous les siècles. Plusieurs soutiennent qu’elle est impossible ; elle est au moins d’une difficulté qui l’a fait passer pour telle jusqu’p présent. Archimède est celui des anciens géomètres qui a approché le plus de la quadrature du cercle.
- Le cercle a un grand nombre de propriétés et d’applications que l’on trouvera, chacune à sa place. V. QUART DE CERCLE , DEMI-CERCLE, CERCLE DE REFLEXION, CERCLES DE LA SPHÈRE, CERCLES CONCENTRIQUES , CERCLES DE DÉCLINAISON , CERCLES DE LATITUDE, CERCLES DE LONGITUDE , CERCLES HORAIRES, CERCLES PA-R\LLÈLES , CERCLES POLAIRES , CERCLES VERTICAUX , CERCLES OSSEUX , etc., etc.
- ( Ecoti. polit. ) Cercles d’Allemagne ; l’emperexxr Albert II, dans une diète tenue à Nuremberg en a458, divisa le Corps Germanique tu quatre f erçlqs ; Ivlarinyiieit î,ei:
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- y en ajouta six en 1009 , et 11 an* après il en établit quatre antres. Iis sont maintenant réduits à neuf.
- {Honneurs pub lies) Cercles lumineux; les Romains se servoient de boucliers ronds , et ce bouclier étoit attaché derrière la tête de celui qui triomphoit. C’est - là la véritable origine du nimbe ou cercle lumineux dont on orne les images des Saints , pour marquer , dit St.-Thomas , le triomphe qu’ils ont l'emporté sur les passions et sur tous les ennemis de la foi. C’est aussi de cet ornement dix triomphe qu’est venue la coutume d’entourer du même cercle les têtes des empe-reui's. On voit encore avec le nimbe, des monumeus de Claude , de Tra-jan , d’Autonin le Pieux. On a suivi cet exemple à Constantinople, où l’on mettoit le nimbe aux images des Empereurs. Les premiers rois de Fiance étoient aussi i-epréserités avec le nimbe ou cercle lumineux. Cloxris et ses quatre fds, dont on voyoit les figures au portail de l’église de Saint-Germain-des-Prés, avoient tous la tête ornée du nimbe.
- CERF , s. m. du grec ex«t<j>oç{ela-phos) , sync. d’sx<poç [elphos), dont les Latins ont fait cervus, en changeant l’x en r , et ajoutant le C pour esprit.
- ( Histoire nat. ) Espèce de bête fauve , la sixième espèce du huitième ordre de la classe des mammifères dans le système de M. Cuvier.
- C’est par analogie qu’on a appelé cerf volant l’insecte connu par les sav-ans sous le nom de lucane ; puis par une métaphore encore'plus hardie , 011 a donné le même nom à ces machines de papier que les enfans font voler en Pair au bout d’une longue corde.
- {Phys.) Cerf-volant électrique; c’est une espèce de châssis ferme de bois et de ficelle, plus long qu* large , arrondi par un bout, ttf" miné par une pointe par l’autre* et couvert de papier, vers le centre duquel on attache xxne longue corde ; cet instrument sert à soutirer la matière électi'ique des nuageS-
- Loi'squ’on soupçonna pour la pre-mi ère fois , que la matière du tonnerre étoit la même que celle de
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- l’électricité , on tenta, pour s’ett assurer, d’électriser des corps, en les isolant en plein air dans un tems d’orage ; ce qui réussit. Ces premières tentatives firent imaginer , afin de forcer les effets, de porter plus près des nuages le corps qu’on vouloit électriser par leur moyen. Pour cela, on se servit du cerf-volant des eufans , dont la corde devint le conducteur ; et afin de rendre l’effet plus sûr, on entoura cette, corde d’un fil d’archal, à-peu-près de la même manière que le sont les cordes filées des violons, ce qui fit donner à ce cerf-volant le nom de cerf-volant électrique.
- CÉROMANTIE, s. f. mot grec composé de xtipos ( héros ) , cire , et de fidLVTti*. (manteia), divination.
- ( Divin. ) Art de deviner par le moyen de la cire.
- On versoit de la cire fondue goutte à goutte, dans un vase plein d’eau , et l’on tiroit de bons ou mauvais présages des figures que ces gouttes formoient en se figeant.
- CERTAIN, adj. du lat. certus , formé de cerno, voir, juger, déterminer: indubitable, vrai.
- ( Commerce , banque ) On dit qu’une place de commerce donne le certain à une autre , lorsque dans le change, elle détermine ses paieras par une monnaie d’une valeur fixe.
- Ainsi , la France donne le certain a Londres , parce qu’elle donne toujours un écu de 3 1. , qu’on appelle a cause de cela écu de change , contre uue somme de deniers sterlings, qui '’arie de 26 à 3o et plus. Une ville donne quelquefois le certain à une place , et Fincertain à une autre. Ainsi Paris qui donne le certain à Londres, donne Yincertain à Madrid, c’est-à-dire, que contre la pis-tole de change espagnole qui vaut toujours quatre piastres de cinq cent douze maravedis, Paris donne tantôt plus, tantôt moins de i5 livres tournois.
- CERVEAU, s. m. du latin cere-or urri.
- [Anat.) C’est le nom que l’on donne à toute la masse qui remplit e crâne , parce qu’eu général elle paroit blanche comme de la cire ; oerebrum quasi ce réuni.
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- Le mot cerveau strictement pris , n’indique ordinairement que la partie antérieure , la moyenne et la postérieure de toute la masse qui remplit le crâne ; car ou donne le nom de cervelet à la partie qui occupe la région postérieure inférieure du crâne , et de moè'lle épinière à la portion qui s’étend dans l’épine.
- CERVELET , s. m. dn lat. cere— bellum, diminutif de cerebrum , petit cerveau.
- ( Anatomie) C’est la partie de la masse qui occupe la région postérieure inférieure du crâne. V. CERVEAU.
- CÉRUSE. s. f. dn lat. cerussa , formé du grec xMpaa-cro. (hêroussa), semblable à de la cire.
- ( Mêtall.') La céruse est un oxide blanc de plomb, fait par l’intermède de l’acide a.céteux , et dont il reste toujours une petite portion combinée avec elle.
- Les diverses opérations qu’exige cette connexion , le transport des matières et le battage font naître une poussière fine , qui couvre les ouvriers , pénètre dans les poumons par le nez et par la bouche , et cause des maladies le plus souvent mortelles. M. AVard, qui possède une grande manufacture de céruse à Derby, en Angleterre, a imaginé un moyen qui pare à ces inconvéniens ; et ce bienfait qu’il a rendu à l’humanité a été récompensé par une grande médaille d’or qui lui a été décernée par la société pour l’eucou-ragement des arts à Londres.
- Au moyen de l’invention de Ward, toutes les opérations relatives à la séparation se font sous l’eau dans une grande caisse de bois. Les plombs sortant de l’étuve passent à travers les cylindres dans l’eau. La céruse tombe au fond de la caisse , et par ce moyen, aussi simplequ’ingénieux, on ne peut craindre aucun danger pour la santé des ouvriers.
- CÉSARIENNE , ( Opération ).
- ( Chirurg. ) L’étymologie de ce mot vient de à cœso matris utero, de l’incision de la matrice ; ce qui fait qu’on appeîoit ceux qui étoient ainsi nés , ccesares ou cœsones.
- L’opération césarienne est une opération au moyeu de laquelle
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- on tire l’enfant du ventre de la mère, en faisant une incision au-dessous du nombril, à côté de la ligne blanche ou du muscle droit, ouvrant le péritoine et ensuite la matrice. Cette opération se pratique peu sur la femme vivante, on tente toujours d’autres moyens pour l’accoucher. Mais si par un vice de conformation la femme est barrée , selon le langage vulgaire , c’est-à-dire , que les os pubis soient si déprimés , et si près de Vos sacrum,, qu’il soit impossible que l’enfant puisse passer entre deux, l’opération césarienne est indispensable,
- CESSION, s. f. du latin cessio, formé de cedo , céder , abandonner.
- ( Pratique ) L’acte par lequel on transporte à quelqu’un ses droits et actions.
- ( Commerce) Un abandonnement, un délaissement qu’un marchand fait à ses créanciers de ses biens pour se mettre à couvert de toute poursuite de leur part.
- CESTE , s. m. du gvec xsçtoç ( kestos ), qui signifie piqué , fait à l’aiguille ; dérivé de xêvvii» ( ken-teô), piquer.
- ( Qymnast. ) Gantelet de cuir , garni de fer ou de plomb , dont les athlètes se servoient dans les combats _ du pugilat.
- CESURE, s. f. du latin cesura, formé de coedo, couper.
- ( Poésie ) La césure est un repos qui coupe le vers en deux parties dont chacune s’appelle hémistiche ( V. ce mot), c’est-à-dire demi vers. Ce repos bien ménagé, contribue beaucoup à la cadence et au nombre oratoire des vers français^ il y est même nécessaire dans le cas où on l’emploie , car il seroit pénible de bien soutenir sa voix sur dix ou douze syllabes de suite , sans respirer , sur-tout dans une prononciation grave et majestueuse , ou du moins bien articulée , bien sentie , comme doit l’être toujours celle des vers. Cette partie de la poésie souffroit autrefois bien des variations qu’on ne tolère plus ; elle est auiourd hui fixée par des règles très-sévères.
- CÉTACÉ , adj. du latin cetaceus, formé du grec xHtos baleine 5 qui
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- a rapport, qui ressemble à la baleine.
- ( Ichtyologie ) Les cétacés forment le onzième et dernier ordre de la classe des animaux mammifères du système de M. Cuvier.
- Le caractère de cet ordre , dont la baleine et le cachalot forment les deux premières espèces, est de n’avoir point les pieds apparens, mais en forme de nageoires. Les cétacés ont sur la tête des évents au moyen desquels ils rejettent avec force l’eau qu’ils ont avalée.
- CHACONNE, s. f. de l’italien ciaccona.
- ( Musique ) Sorte de pièce de musique faite pour la danse , dont la mesure est bien marquée et le mouvement modéré. Autrefois il y avoit des chaconnes à deux teins et à trois , mais on n’en fait plus qu’à trois ; ce sont pour l’ordinaire des chants qu’on appelle couplets, composés et variés en diverses manières , sur une basse contrainte, de quatre en quatre mesures, commençant toujours par le second tems pour prévenir l’interruption. On s’est affranchi peu-à-peu de cette contrainte de la basse, et l’on n’y a presque plus aucun égard. La beauté de la chaconne consiste à trouver des chants qui marquent bien le mouvement , et , comme elle est souvent fort longue , avarier tellement les couplets qu’ils contrastent bien ensemble et qu’ils réveillent sans cesse l’attention de l’auditeur. La chaconne nous est venue des Italiens , et ceux-ci en font honneur aux Espagnols.
- CHAGRIN ou CHAGRAIN, s. m. corruption du turc sagri, croupe.
- ( Manuf. ) On appelle chagrin ou chagrain , des peaux de chevaux , d’ânes ou de mulets , que l’on convertit en chagrin, en les rendant grainées, c’est-à-dire, couvertes et parsemées de petites éminences.
- Dès que l’animal est écorché on réserve la partie de la peau qui couvroitla croupe : on l’expose pendant quelques jours aux injures du tems , on la tanne et on la passe de façon à la rendre aussi mince qu’il est possible. On la met ensuite sous presse, après avoir semé dessus
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- de la graine de chenopodium qui s’y imprime également partout.
- De toutes les fabriques de chagrin, celle de Constantinople est la meilleure ; celles de Tunis , d’Alger , de Tripoli, ne viennent qu’après. Celui qu’on fait en Pologne est trop sec et n’est jamais bien teint.
- On fabrique en France du chagrin ; mais -les tanneurs qui ont essayé ce genre d’industrie, emploient des peaux de mouton ou de chèvre, et se servent, pour leur donner le grain , de planches de cuivre gravées en grains , et de presses semblables à celles dont se servent les imprimeurs en taille douce.
- Plusieurs poissons , tels que la Roussette , V Aiguillât, le Fore, le Sagro et le Mélandre ont la peau naturellement chagrinée. Aussi l’em-ploie-t-on dans les arts pour couvrir des étuis, des gaines , des fourreaux, et pour polir lebois , l’ivoire, etc.
- CHAINE , s. f. directement du latin catena , formé peut-être du grec KkQv/ux. ( iathêna ) qui assemble des anneaux un à un.
- Espèce de lien composé d’anneaux entrelacés les uns dans les autres.
- ( Marine ) Ce mot a plusieurs applications dans la marine. On dit chaînes de haubans pour des ferrures qui servent à retenir les haubans.
- Chaînes de vergues ; ce sont des chaînes de fer qui se mettent aux basses vergues et portent sur les barres maîtresses de la hune ; elles servent , dans un combat , à supporter les vergues, dans le cas où les drisses viendroient à être coupées.
- Chaînes de gouvernail •, ce sont des chaînes que l’on fixe de chaque bord sur le gouvernail d’un vaisseau , par de bons pitons à la hauteur de la flottaison , et que l’on amarre ensuite par l’autre bout contre le bord du vaisseau. Leur 'ffilité est de retenir le gouvernail, * il étoit démonté par la mer.
- Chaîne de port ; ce sont plusieurs chaîne^ de fer , ou quelquefois uue seule que l’on tend à l’entrée d’un port, pour eu fermer le passage aux
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- bàtimens. Lorsque l’entrée du port est grande , ces chaînes portent sur des points d’appui placés d’espace en espace.
- On dit aussi figurément une chaîne de rochers, pour une suite non interrompue de rochers.
- ( Manuf. ) On appelle chaîne , en termes de manufactures , des fil» tendus sur le métier.
- ( Géom. ) Chaîne d’arpentage c’est une mesure composée de plusieurs pièces de gros fil de fer ou de lai ton,recourbées par les deux bouts. Ces chaînes se font ordinairement de la longueur de la perche du lieu où l’on veut s’en servir.
- La chaîne actuellement en usage dans la République française , est appelée décamètre ( F". ee mot ) , ou la perche linéaire ; elle remplace l’ancienne chaîne d’arpentage , pour le mesurage des terrains et de* chemins.
- Cette chaîne est formée par des chaînons d’un, de deux, ou de cinq décimètres de longueur , du centre d’un des anneaux qui les tient au centre de l’anneau suivant. Ces anneaux sont en fer , â l’exception de ceux qui marquent la longueur d’un mètre lesquels sont en cuivre , de manière que , si la quantité que l’on mesure est moindre qu’un décamètre , il suffit de compter les anneaux de cuivre et les chaînons , pour savoir combien on doit porter de mètres et de décimètres.
- Il y a aussi le double décamètre qui expédie plus vite , et le demi-décamètre qui est plus léger et plus portatif.
- ( Archit. ) Les architectes appellent figurément chaînes, des jambes de pierre de taille placées aux en— coiguures des pavillons , corps-de-logis, aux murs de clôture et autres. C’est ce que les Grecs appellent èpS-oç'à'rsç, les Latins arrecta-~ rium , les Français un montant.
- ( Botan. ) De chaîne , les botanistes ont fait chaîné , concatena-tus , pour désigner les parties des plantes attachées bout-à-bout.
- CHAINETTE, a. f. diminutif de chaîne : petite chaîne.
- ( Technol. ) Les bourreliers appellent chaînette la partie du bar-unis des. chevaux de carosse qui
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- sert à soutenir le timon du carrosse
- et à le reculer.
- Les rubaniers appellent chaînette un tissu de soie qu’on fait courir sur toute la tête de la frange.
- .Les brodeurs appellent point de chaînette , une espèce d’ornement courant qui forme une sorte de lacs continu.
- ( Gréom. granscend. ) La chaînette est une ligne courbe dont une chaîne ou une courbe prend la figure par son propre poids , lorsqu’elle est suspendue librement par ses deux extrémités ; soit que ces deux extrémités soient de niveau dans une même ligne horizontale , ou qu’elles soient placées dans une ligne oblique à l’horizon.
- CHAIR, s. f. dulat. caro.
- ( Anat. ) Les anciens anatomistes donnaient le nom de chair à la partie du corps animal , qui est uniforme , fibreuse , molle et pleine de sang -, celle que l’on peut regarder comme la composition et la liaison de la plupart des autres parties du corps. Mais les modernes n’admettent qu’une sorte de chair, celle qui forme les muscles et qui est composée de petits tuyaux ou vaisseaux qui contiennent du sang. Ainsi les parties charnues et les parties musculeuses du corps sont la même chose selon eux. Quelquefois cependant , ils donnent le nom ue chair aux glandes ; en ce cas, pour la distinguer, ils l’appellent chair glanduleuse.
- ( IWéd. prêserv. ) Les chairs des animaux contiennent beaucoup plus d’huile subtile que les végétaux , de-là les maladies putrides qui régnent pendant l’été. Parmi les animaux dont l’homme se nourrit, celle des animaux sauvages lui convient mieux que celle des animaux domestiques ; parce que ceux-là étant dans un mouvement continuel , et jouissant de toute leur liberté , digèrent mieux les substances dont ils se nourrissent. Le mouton et le chevreau se digèrent mieux que le bœuf et le cochon ; tout le monde connoît la différence des lièvres ou des la-ins nourris dans un grenier , ou ans une garenne étroite, d’avec «eux qu’un chasseur tue sur une colline escarpée.
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- ( Botan. ) Les botanistes appellent chair une substance plus ou moins ferme , qui compose certaines plantes comme les champignons et certaines parties des plantes, comme les fruits , les feuilles , les racines. On dit que telle partie a la chair aqueuse, molle, ferme, cassante, spongieuse , subéreuse , blanche , noire , jaune , etc.
- (Jardin„)ïjes jardiniers ont ad ont é ce mot pour exprimer la qualité des fruits. Ils disent que la chair des pêches est fondante ; celle de Mes-sire-Jean ,et de Martin - Sec , cassante ; fine dans la bergamote , pâteuse dans le doyenné ; tendre dans le rousselet ; un peu âcre dans la crasanne , l’épargne et le Saint -Germain ; revêche dans les poires à cidre ; grumeleuse dans la bellis-sioe et dans l’épine d’hiver qui n’a pu jaunir.
- (Peinture) On dit d’un tableau que les chairs sont admirablement peintes. Peindre les chairs est un des objets les plus importans et les plus difficiles ; les chairs sont susceptibles d’une infinité de gradations , de finesses de tons , et de passages , qui exigent et une grande étude de la nature et une grande légèreté de pinceau.
- La chair douce et élastique par sa nature laisse pénétrer les pores imperceptibles par une partie delà lumière , jusques dans la première couche de la peau ; de-là , réflétée et renvoyée avec mollesse , elle porte à Parue par les regards qui la fixent l’idée de la vie et les sensations de la volupté. Il faut encore observer que les courbures insensibles de la chair et sa transparence répandent sur les demi-teintes ou demi-lumières , des nuances légèrement bleuâtres , qui conduisent par une douce gradation jusqu’aux tons les plus écîatans de la peau. Il faut les yeux les plus fins et les plus attentifs pour les démêler ; Le cortège , le Guide , Vandyck , Rubens , le Titien , VÆhane , ont observé tout cela ; ils ont peint les chairs , de manière à faire le désespoir de ceux qui ont voulu les imiter, parce que le climat de la France , moins favorable que celui de la Flandre et de la Hollande >
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- offre peu de modèles , et qu’en gé-nti'al , on n’y trouve pas cet éclat, cette fraîcheur et cette finesse , qui pour le peintre constituent les perfections de la carnation.
- CHAIRE , s. f. du grec x.a.QiJ'pa (kathedra), dont les Latins ont fait cathedra; sa racine est 1ci'p&(hedra), selle ou siège pour s’asseoir.
- (Hiérarch. ecelés.) Chaire épiscopale ; c’est une espèce de trône sur lequel sont assis les évêques , lorsqu’ils officient pontificalement. De - là est venu le nom d’ église cathédrale , dans laquelle i’évèque préside à l’office divin.
- (Culte c.athol. ) Chaire signifie le lieu éminent d’où un prédicateur annonce la parole de Dieu au peuple.
- On dit chaire de Saint-Pierre , pour désigner une fête en mémoire de la translation du siège patriar-chal d’Antioche à Rome , par le prince des apôtres.
- ( Instruct. publ. ) Une chaire est une sorte de siège élevé d’où un
- Îirofesseur public parle à ses éco-iers ; c’est de là qu’on dit figurèrent : Chaire de philosophie , chaire de belles-lettres, etc:
- CHAISE , s. f. corruption de chaire , en changeant l’r en s,
- 5our rendre la prononciation plus ouce.
- Siège qui a un dos et quelquefois des bras.
- t Hist. rom. ) Chaise curule ; eétoit une chaise d’ivoire dont les Principaux magistrats de la république romaine avoient droit de se servir. On la plaçoit aussi sur le char de celui qui obtenoit les honneurs du triomphe.
- ( Marine ) Cha ise marine ; c’est le nom d’une chaise proposée en Angleterre, vers 1660, par M. Irwin, Pour suspendre un observateur dans nu vaisseau, par le moyen de deux a*es ; on pouvoit , par ce moyen , observer en mer des éclipses de ntellites. La même machine a été Pr°posée en France , par Besson , ans son Cosmolabe. On ne fait P°tnt usage de cette machine , parce jJ|e > quelque ingénieuse qu’elle soit, eParticipe toujours , même dans n tems calme , du roulis du vais-*eau.
- CHALAND, s. rù. du latin bat* bare chelandum , espèce de bateau.
- f Marine ) On donne ce nom dans les ports de mer et dans quelques rivières à de grands bateaux plats, qui servent à charger et à décharger les vaisseaux, et à transporter d’un endroit à l’autre des effets d’un grand poids.
- CHÀLASIE, s. f. du grec •yaka.'^te relâcher , détendre.
- ( Méd. ) Maladie de l’œil , relâchement des fibres de la cornée. Les bords externes de la cornée s’entretouchent dans leurs extrémités ; mais dans la maladie appelée cha-lasie , ces deux membranes ne s’entretouchent point, le cercle de la cornée étant plus rehaussé, en sorte qu’on peut entrevoir le jour aux bords même où la cornée se joint à l’iris. La vue est presque détruite , et cet accident est accompagné de la maladie oculaire que les grecs nomment hippos , tpi est une palpitation ou un trémoussement de l’iris.
- CHALCOGRAPHIE, s. f. du gree yetkzoyp*<pm(chalkographia), composé de yakKoç (chalkos), airain , et de yp*<t>nx. ( graphia ), description: l’art de graver sur l’airain. Ce mot veut dire , suivant son étymologie, gravure sur l’airain ; mais on l’entend des gravures sur toute espèce de métaux. Mélan , Edelinck, Nan-teuil, étoient de fameux chalcogra-phes. Callot fut un des plus habiles chalcographes de son tems ; mais le ti'ésor des antiquités grecques et romaines de Piranesi, dont les planches viennent d’être transportées eu France par ses deux fils, est le, monument le plus parfait qui existe en ce genre.
- ( Chancell. rom. ) C’est à Rome le nom de Limprimerie du pape, où se publient ses ordonnances.
- CHALEUR , s. f. du latin calor, formé de caleo, brûler, être enflammé ; qualité de ce qui est chaud.
- ( Physique) Ce que l’on nomme communément chaleur , les chimistes modernes l’ont nommé calorique. ( V. oe mot. )
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- Les philosophes ue sont pas d’ac-eord sur la chaleur, telle qu’elle existe dans les corps chauds : les uns prétendent que c’est une qualité , d’autres que c’est uue substance , et quelques-uns que c’est une affection mécanique.
- Suivantia nouvelle doctrine , celle qui a entièrement détruit toutes les doctrines qui l’ont précédée , c’est la respiration qui entretient la chaleur animale , et qui répare continuellement celle que perdent les animaux par le contact des corps environnans moins chauds qu’eux. Les animaux inspirent l’air ; la partie de ce Fluide qui est la seule propre à l’entretien de la vie , l’air pur ou vital, en arrivant dans la poitrine s’y décompose ; une partie de son oxigène se combine avec le carbone qu’il y rencontre , et forme l’acide carbonique ; une autre partie se combine avec l’hydrogène et forme de l’eau. Pendant ce tems là nne partie du calorique de l’air ur porte l’acide carbonique à l’état e gaz , qui le moment d’après est expiré , et le reste de son calo--rique devenu libre j répare la chaleur perdue par l’animal.
- CHALOUPE, s, f. de l’italien scialuppa.
- ( Marine ) C’est le plus gros des bâtimens à rames destinés au service des vaisseaux. Quoiqu’on se serve souvent d’avirons pour les, conduire, elles vont aussi très-bien à la voile , et sont màtées de différentes façons.
- Pendant la navigation , la chaloupe est placée sur le pont entre le grand mât et le mât de misaine. Dans la chalouoe on nlace le grand canot , dans celui-ci , le second canot, ensuite le petit canot, etc. On assujettit le tout contre le roulis do vaisseau par des cordages , appellés risses de chaloupé La chaloupe est mise à la aner dans les rades , et dans les occasions où on en a besoin, en l’élevant de sa place , par le moyen d’apparaux fraopés aux bouts des vergues. Elle sert principalement à transporter les munitions , le lest, l’eau , le bois, les vivres et autres choses pesantes , à porter les ancres et quelquefois à les lever.
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- Chaloupe canonnière ; c’est une espèce de chaloupe très-grande , quj porte à son avant un canon du calibre ordinairement de 24 ; elles sont très-utiles pour la défense d’un port, et pour inquiéter des vaisseaux ennemis qui en approcheraient. Elles s’avancent sur un vaisseau, jusqu’à la portée de leur canon, font feu dessus , sans avoir beaucoup à craindre de son artillerie , parce qu’elles ne lui présentent que l’avant, qui, à cette distance, est un point impercepti ble, parce qu’elles ont très-peu de bois hors de l’eau, et qu’il est, par conséquent, très-difficile de les atteindre ; elles vont à la voile et à la rame.
- CHALUMEAU, s. m. du latin. calamellus , diminutif de . cala-mus, qui vient du grec nct\a,p.o;
- ( kalamos ), roseau , canne, flûte, tuyau.
- ( Musique ) C’est un instrument à vent qui, dans l’origine, n’était qu’un roseau percé de plusieurs trous , et qui est aujourd’hui un instrument à anche comme le haut-bois , et qui se brise en deux parties.
- Le chalumeau de la musette est composé de tuyaux d’ivoire perforés d’un trou cylindrique dans toute sa longueur , et percé de plusieurs autres trous sur les côtés, fl s’attache au corps de la musette.
- ( Technol. ) Chalumeau à souder; c’est un tuyau de verre ou de cuivre dont se servent les orfèvres, les horlogers, émailleurs , metteurs en œuvre, etc. , pour diriger la flamme de leur lampe sur la pièce qu’ils ont à souder.
- (Chimie) Chalumeau de chimiste; ee chalumeau est d’un grand usage pour analyser les minéraux, pout connoître l’action du feu sur eux >et les effets qu’il produit ; il doit être d’argent mêlé d’un peu de platine! pour le rendre plus dur. Il est coffi' posé de trois parties qui se séparent) savoir , d’un manche qui entre dan* l’ouverture de la seconde pièce, <îul est une espèce de boîte forme6 d’une lame elliptique courbée 6 manière que ses côtés opposés soien parallèles , et se 'réunissent a un* égale distance du limbe. La tio-sième pièce, qui s’adapte àcelle“'
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- est aû petit tube très-fin. On en a plusieurs de rechange et de différens diamètres. On souffle à travers du tube , et on dirige le jet d’air sur la flamme d’une bougie , que l’on pousse sur la matière que l’on veut éprouver.
- CHAMADE , s. f. de l’ital. chia-mata, formé de chiamare , qui a été fait du latin clamare, crier, appeler.
- [Art militaire ) Signal que les assiégés donnent avec la trompette ou le tambour, ou en arborant un drapeau blanc , pour demander à capituler,
- CHAMBRE . s. f. du grec y.ay.a,-ftt ( Icamara ) dont les latins ont fait caméra, voûte , parce que dans l’origine , et jusqu’au quinzième siècle, tout ce qu’on appelloit chambre étoit voûté.
- ( Archit. ) Ce mot se dit de la plupart des pièces d’une maison, et principalement de celles où l’on cou-cite.
- ( Econ. polit. ) Chambres des parlemens. Lors de l’établissement du parlement des pairs , les membres qui la composoient se partagèrent pour l’expédition des affaires , en plusieurs sections qu’ils appel-lèrent chambres , parce que les lieux où se tenoient les séances étoient voûtés. Chaque chambre prit une dénomination particulière , suivant la nature des affaires que l’on y traitoit. De là la grand'chambre , la chambre carrée , la chambre des enquêtes , la chambre des requêtes , etc.
- En Angleterre , on appelle chambre haute, celui des deux conseils oo la nation où siègent les pairs du royaume ; et chambre basse, celui *1U1 est composé des députés des communes et des comtés.
- Chambre Impériale ; c’est le premier tribunal du corps Germa-ÏJ'flUe, créé en i4q5 par la diète de
- ornas , présidée par l’empereur -uaximiîien.
- Chambre ardente ; oa jugeoit au-refois les criminels d’Etat d'une ^O'ssance distinguée , dans une •ambre tendue de deuil , et uni— [lisaient éclairée par des flam-
- Leaux.
- public a donné depuis le
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- de chambre ardente à un tribunal créé par François H, pour faire le procès aux luthériens et aux calvinistes , par allusion au supplice auquel ils étoient presque tous condamnés, celui du feu.
- ( Anal,. ) Chambre de l’œil ; c’est un espace compris entre le cristallin et la cornée , lequel contient l’humeur aqueuse qui remplit l’œil ; et comme cet espace est divisé en deux parties par l’uvée , M. Bris-seau , médecin des hôpitaux du roi et professeur à Douay , a donné le nom de première chambre à la partie antérieure comprise entre l’iris et la cornée, et de seconde chambre à l’espace compris entre le cristallin et l’uvée. Tous les anatomistes ont adopté cette dénomination, et disent unanimement , la chambre antérieure , et la chambre postérieure de l’œil.
- ( Optique ) Chambre obscure * c’est une chambre exactement fermée de manière qu’elle ne reçoive du jour que par une ouverture pratiquée à un volet, à la hauteur des objets qu’on veut voir. A cette ouverture l’on ajoute, l’un dans l’autre , des tuyaux dont le second est garni d’un verre objectif de huit, dix ou douze pieds ( 6 mètres 66 centimètres ) de foyer. On tend un drap blanc au foyer de ce verre , et les objets qui se trouvent vis-à-vis sont représentés exactement avec leurs couleurs, sur le drap , dans une situation renversée , ou dans leur état naturel, si l’on met deux objectifs à 17 pouces ( 1 mètre u5 centimètres ) de distance l’un de l’autre. Le premier verre doit avoir six pouces ( o, 16 centimètres ) de de foyer, et le second neuf à dix (27 centimètres ),
- Chambre noire, boîte d’optique ; c’est une machine par le moyen de laquelle on représente sur un papier , les images des objets extérieurs , revêtues de leurs couleurs , et tracées suivant les règles de la perspective la plus exacte, dan&nne situation droite et non renversée. C’est une boîte carrée , haute d’en-> viron 2 pieds ( 64 centimètres ), noircie intérieurement, an-dessus de laquelle est placé extérieurement, à 45 degrés d’inclinaison, un miroi?
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- pian, étamé d’un côté*, dont les supports doivent être construits de façon qu’on ait la liberté de l’incliner un peu plus, unpeu moins , suivant la situation des objets que l’on veut voir. Entre ces supports est un tuyau qui renferme un objectif qui doit avoir un foyer de la grandeur de la boîte ; il faut mettre dans le fond de la boîte une feuille de papier blanc , sur laquelle l’image de l’objet sera représentée. Il faut, outre cela , que l’entrée de la boîte soit bien fermée par des rideaux noirs, pour exclure toute la lumière inutile. Lorsque la lumière ne pénètre que par l’objectif, les objets en sont beauconp mieux terminés.
- ( Marine ) On appelle chambres, differens logemens destinés au capitaine et aux officiers dans les vaisseaux , pratiqués ordinairement vers l’arrière du vaisseau, sur les diffé-rens ponts.
- Chambre du conseil ; c’est une chambre établie à l’arrière du gaillard , sous la dunette ; c’est la plus ornée et la mieux meublée , parce qu’elle est destinée au logement du général, quand il y en a un à-bord; à tenir les conseils de marine, à la réception des étrangers, etc. Elle a une galerie qui tient tout l’arrière , et qui ( dans les vaisseaux français ) fait quelque saillie en dehors.
- ( Artillerie ) Chambre de mortier ; c’est la partie de l’âme destinée à contenir la poudre. On appelle plus proprement chambres , les concavités et défauts qui se trouvent quelquefois dans l’épaisseur du métal des canons , en dedans de l’ame et qui les rendent sujets à crever en tirant. Toute pièce qui a des chambres doit être rebutée , même sans qu’il soit besoin d’en faire l’épreuve.
- ( Art du mineur ) En termes de mineurs, une chambre est un espace creusé au bout de la galerie , et suffisant pour contenir toute la poudre qui est nécessaire à l’enlèvement de ce qui est au-dessus de cet espace.
- ( Commerce ) Chambres d’assurance ou compagnies d’assurance; les grandes villes maritimes ont des chambres d’assurance , c’est-
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- à-dire , des négocians réunis qui ss rendent propres , et mettent à leur compte les pertes et dommages qui peuvent arriver à un vaisseau ou ans marchandises de son chargement (K. ASSURANCE.)
- CHAMEAU, s. m. du latin ca-melus , qui vient du grec (kamêlos), formé de l’hébreugvwiaZ, dans la même signification.
- ( Hist. nat. ) Le chameau est un animal haut de jambes, qui a le cou fort long et la tête petite, les oreilles courbes, et une espèce de bosse sur le dos. Cet animal est patient au travail ; il supporte long-tems la faim et la soif : il aime la musique ; il se plie sur ses genoux pour recevoir sa charge.
- (Marine) On a donné par analogie le nom de chameau à une machine inventée à Amsterdam, en 1688, par le moyen de laquelle on élève de cinq à six pieds un vaisseau , pour le faire passer sur des endroits où il n’y apas assez d’eau pour de gros vaisseaux. Cette machine consiste en deux pontons de la longueur à-peu-près du vaisseau auquel ils doivent servir. Un de leurs côte'* est droit, et l’autre est contourné en concavité , à-peu-près comme celui des vaisseaux l’est en convexité. On en place un à chaque bord ( côté) du vaisseau. Ces pontons sont garnis de trous pour faire passer l’eau de la mer , d’autant de tampons ou soupapes pour boucher ces trous , et de pompes pour ôter l’eau qu’on J fait entrer lorsqu’il en est besoin. Lorsqu’on veut ajuster les deux pontons aux côtés du vaisseau , on les coule bas en les remplissant d’ean, jusqu’à ce qu’ils soient assez enfoncés pour répondre aux tirans d’eau du vaisseau.Le vaisseau amené entre les deux chameaux porte sur eux , et sur douze câbles qui passent de l’un à l’autre de ces pontons , et par dessous le vaisseau qu’on veut enlever. Ces cables font dormant sur un des chameaux , sont ridés sur l’autre avec un treuil-
- Après ces préparatifs , on asseoit le vaisseau sur les deux pontons ou chameaux, au moyen de douze arc-bout ans , ou boute-hors de chaque côté, contenus et assemblés chacun avec deux ép outilles , moyennan
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- «uoi le vaisseau doit être soulevé sans inclinaison sensible.
- Il ne reste plus qu’à pomper Peau contenue dans la capacité des chameaux, et qui a servi à les faire couler. On bouche les trous par où Peau étoit entrée , et on fait agir les douze pompes établies sur chaque ponton.
- A mesure que cette opération avance , les pontons se soulèvent et soulèvent avec eux d’environ cinq pieds ( 1 mètre 6 décimètres ) le vaisseau le plus long ; car quoiqu’il n’y ait que io pieds ( 4 mètres î décimètre ) d’eau sur la barre du pampus à Amsterdam , un vaisseau qui tire 18 pieds lège ( 5 mètres 7 décimètres ) , ne manque jamais de la franchir àl’aide de celte machine. Les Lusses ont aussi des chameaux à Pétersbourg, pour mener à Crons-tadt, les vaisseaux qu’ils construisent dans l’arsenal de cette capitale, et qui ont à franchir le banc de la Neva, sur laquelle il n’y a que très-peu d’eau.
- CHAMP , s. m. du lat. campus,
- (Agric.) Etendue , pièce de terre labourable ; et au plurier , toutes sortes de terres tant labourables, que prés , bois , bruyères , etc. pris tous ensemble.
- ( Art de la guerre ) Champ de bataille , se dit du lieu où se fait le combat de deux armées.
- ( Polit. ) Champ de mars ou de mai ; on désignoit ainsi les assemblées générales de la nation , que les rois de France de la première race convoquoient chaque année, en mars ou en mai, et dans lesquelles on délibérait sur les affaires de l’Etat.
- ( Chevalerie ) Champ clos ; c’é-toit des lieux fermés de barrières et destinés pour les joutes, les tournois et les combats singuliers.
- . ( Arts du dessin) Champ, se dit du fond d’un tableau où il n’y o point de figure, et en général o ou fond sur lequel on peint, on £rave , ou représente quelque chose.
- ( Blason ) Champ, se dit du fond del’écu , qui est chargé des diverses P‘eces dont se composent les armoiries.
- , [optique) Champ d’une lunette; c est l’étendue des objets qu’on y voir à-la-fois f ou Fespace que
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- cette lunette embrasse, c’est-à-dire, ce que l’on peut voir en regardant dans la lunette. Le champ est déterminé par la largeur de l’oculaire, ou du diaphragme, que l’on met [au foy er de l’objectif. C’est une perfection dans une lunette d’embrasser beaucoup de champ, mais c’est souvent aux dépens de la netteté des objets; caries rayons qui tombent sur les bords du verre objectif, et d’où dépend le champ de la lunette^ sont rompus plus inégalement que les autres , ce qui produit des couleurs et de la confusion. On remédie à cetinconvénientpar un diaphragme placé au-dedans de la lunette, qui en interceptant ces rayons, diminue le champ , mais rend la vision plus distincte.
- CHANCE , s. f. du lat. cadentia, formé de cadere , tomber , en parlant des jeux de dez-
- ( Jeux) Ce mot signifie en général , les événemens probables qui résultent d’un certain ordre de choses ; de-là ces phrases : Vous avez beaucoup de chances contre vous; cette chance est la plus probable ; calculer les chances d’uns loterie , se mettre à couvert de toute CHANCE.
- CHANCELIER, s. m. du ïatia cancellarius , formé de cancelli , treillis , ou barres à claires voies , qui environnoientle lieu où l’Empereur reudoit la justice , et le garan-tissoit de la foule, sans pourtant empêcher qu’on ne le vît.
- ( Hist. ) Ce mot a dans son origine sei'vi à désigner le treillis, ou la barrière à claire voie qui servoït à contenir le peuple et à empêcher la foule d’incommoder l'Empereur lorsqu’il reudoit la justice. Depuis , on l’a appliqué aux gardes mêmes qui dans ces occasions se tenoient auprès de la personne de l’Empereur.
- Dans la suite des tems , on a appelé cla iceliers, les officiers ou magistrats qui étoient chargés par leurs fonctions dé mettre le sceau aux ju-gemens , lettres , etc. des Empereurs , après en avoir raturé , biffe , ce qu’ils regârdoient comme contraire -à la justice ou aux lois : èt on les appeîoit peut-être ainsi, parce que ces ratures resserabloieat aus
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- treillis, cancelli, qui environnoient le lieu où se reniioit la justice. Quoi qu’il en soit de l'origine de ce mot, les chanceliers étoient partout en honneur dès le cinquième siècle , et chez les premiers Français établis dans les Gaules, les chanceliers étoient des hommes publics qui jouissoient déjà de quelque distinction. Au septième siècle , la charge de référendaire se confondoit avec celle de chancelier. Et en 852 , Erkambolde , l’un des chanceliers de Lothaire , prit dans un précepte rojal , la qualification de regiæ dignitatis cancellarius.
- Sous Louis le jeune , le chancelier assistait au jugement des pairs, et en 1225 , frère Guérin , évêque de Senlis , fit joindre à la dignité de chancelier , dont il fut revêtu , le titre de premier officier de la couronne , et enfin , en i5o2 , Philippe-le-Bet , assigna au chancelier un rang immédiatement après les princes du sang.
- Dans ces derniers tems , le titre de chancelier a été étendu à un grand nombre de personnes dont les fonctions ont quelque analogie avec celtes des chanceliers d’un Empire ou d’un Etat. C’est presque toujours un homme revêtu de la confiance d’un prince, d’un ordre , d’une corporation , ou d’un officier chargé de quelque fonction importante.
- CHANCIE5URE , s. f. ce mot pourroit venir du lat. canus, chenu, blanc de vieillesse.
- ( Botan. ) Assemblage de petits filamens produits par du fumier de mauvaise nature ou par les racines de quelques plantes malades. On regarde cette espèce de moisissure comme le signe de l’épuisement, et comme l’effet de la décomposition des corps qui la produisent ; et l’on conclut mal-à-propos de-là , que les champignons naissent de la putréfaction, parce que le premier état de leur développement s’annonce sous la forme d’une espèce de chan-cissure, connue sous Je nom de blanc de champignon'.
- CHANCRE , s. m. du latin cancer.
- (Méd.) Petit ulcère malin dont les bords sont calleux, qui jette un pus séreux , jaunâtre , verdâtre ou
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- grisâtre , et qui est entouré de petits vaisseaux sanguins, gonflés , engorgés , et semblables aux pattes d’un petit cancre d’où il a pris son nom.
- ( Jardin. ) Les jardiniers appellent chancre, une espèce d’ulcere formant une galle causée par une humeur âcre et mordante : cet ul~ cère détruit peu-à-peu la substance intérieure d’une branche et même des arbres , particulièrement quelques espèces de poiriers , comme les beurrés, les bergamottes , et les royales d’automne.
- CHANDELEUR ou CHANDE-LEUSE , s. f. du latin candelosa ou candelor , à cause des cierges qu’on porte ce jour-là en procession et au service.
- (Culte cathol. ) Cette fête qui se célèbre le 2 février dans l’Eglise romaine , en mémoire' de la présentation de J. C. au temple, et de la purification de la sainte vierge, fut instituée par le pape Gelase en 4f)2 , ou par le pape Yigile en 556. Elle tire son nom des cierges bénis qu’on y porte en procession comme dessymboîesde la véritable lumière qui venoit éclairer les Gentils ; etla coutume de porter ces cierges est fondée sur ce verset du cantique que fit Simeon, lorsque Notre - Dame porta le fils de Dieu au temple. Lumen ad revelationem gentiam.
- CHANGE , s. m. du lat. barbare cambiare , changer , qui pourroit venir du teutonique kam, main, passer de la main à la main.
- ( Commerce ) Le change est une opération de commerce par laquelle on échange de l’argent à recevoir dans un lieu , contre de l’argent reçu on à recevoir dans un.autre.
- L’objet de cette opéi’ation est d’éviter aux parties les frais et risques du transport de l’argent.
- Cet échange paroît plus compliqué que les autres transactions de commerce, parce qu’il ne se con-clut pas directement entre les deu* parties, mais lé plus souvent par des intermédiaires que l’on nomme banquiers.
- Ces banquiers peuvent être considérés comme des marchands don le commerce est de vendre ou d a-cheter dans une place , la facuH*
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- ,1e disposer il’un argent existant dans une autre.
- L’instrument qui sert à réaliser cet échange , est un acte qui transporte à l’acheteur la l'acuité de disposer de 1 argent dont le vendeur est propriétaire dans une place ; cet acte se nomme lettre-de-change.
- Par-cet acte , le propriétaire de cet argent éloigné , mande à son débiteur ou correspondant, de le payer à la personne qui lui a acheté cet argent, ou à telle autre indiquée par celle-ci, et il reconnoît en avoir reçu d’elle la valeur.
- En style de commerce , ce vendeur se nomme tireur ; l’achetenr ou celui qui a ses droits se nomme porteur. Le porteur qui cède ses droits demeure garant envers son cessionnaire , et se nomme endosseur , parce que ces sortes de cessions se font sur le dos de la lettre-de-change. Enfin, le débiteur correspondant à qui la lettre est adressée , et qui y met son acceptation ,-quand eile lui est présentée , est nommé accepteur.
- Si la somme totale des fonds que l’une des places a tirée sur l’autre, est égale de part et d’autre ; alors , il n’y a pas de transport actif d’argent à faire de l’une des places à l’autre ; tout se consommera par le transport fictif qu’opéreront les lettres-de-change ; tous les débiteurs de l’une des deux places , au lieu de payer à leurs créanciers de l’autre place , paieront entre les mains des personnes résidentes dans la niême ville , qui leur auront été indiquées par leurs créanciers : les lettres - de-chauge acquittées leur vaudront quittance , et tout sera soldé sans autres frais que le salaire des agens de change.
- Quandil en est ainsi, on dit quele change est au pair , parce qu’alors, *? valeur d’une pièce de monnoie dun pays est représentée dans l’an— Jre par une pièce de la même va-leur. Ainsi le change est au pair entre la France et l’Angleterre , quand pour un écu de soixante sols tournois , on a à Londres deux tohellings et demi , ou trente de— •tiers sterlings. Le denier sterling vaut deux sols de France.
- Mais il arrive souvent que l’une
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- des places doit plus que l’autre , et a par conséquent plus de fonds à y faire passer, qu’elle n’en a à en retirer. Alors les débiteurs de cette première place, qui pour s’acquitter à moins de frais , et à moins de risques , cherchent à le faire par le moyen des lettres-de-change , se pressent d’en acheter or , il y en a moins que l’on n’en demande ; donc, ceux qui ont de l’argent tout transporté dans la place créancière, exigeront un bénéfice pour céder cet argent, ou tirer une lettre-de-change qui en transmettra la propriété à un autre. Ce bénéfice se nomme prix du change.
- Le change prend naturellement un taux uniforme dans tous les traités de ce genre , qui se font à la même époque , entre les mêmes places. Ce taux se nomme le cours du change.
- On dit que le change est en faveur d’une place ou pour elle, quand les lettres sur cette place gagnent un prix de change. Dans le cas contraire , et quand on offre au rabais les lettres-de-change sur une place, on dit que le change est contre elle, ou qu’il lui est défavorable.
- ( Vénerie ) Donner le change. On dit, en termes de vénerie qu’un cerf donne le change lorsqu’il va en chercher un autre , pour le faire courir à sa place.
- CHANGEANTES , adj. de changer , camhiare.
- ( Astron. ) On désigne sous ce nom certaines étoiles qui sont sujettes à des diminutions et à des augmentations alternatives de lumière. Il y a plusieurs étoiles dans lesquelles on soupçonne de semblables variations ; mais il n’y en a que deux où elles aient été discutées et observées avec assez de soin pour qu’on puisse les prédire : l’une est la changeante du cygne. Les astronomes expliquent ces variations ou par de grandes parties obscures , comme Riccioli , ou par une figure très-aplatie ," comme Maupertuis , ou par Finterposition d’une grosse planète , comme Goodricke.
- CHANGER , v. a. du lat. barb. cambiare, quitter, convertir, transmuter.
- ( Equit. ) On dit, en termes de
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- manège, changer de main , pour tourner et porter la tête d’un cheval, d’une main à l’autre, c’est-à-dire, de droite à gauche.
- CHANOINE, s. m. du grec r.*-voviyos ( kanonikos ) , dérivé de K.:tvmv (Jcanôn), canon , règle , dont les Latins ont fait canonicus , cha-noine, et canonia , réunion de chanoines.
- ( Hiérarchie ecclés. ) Ce mot signifie proprement régulier. Quelques étymologistes.prétendent que le mot canon , dans ce cas ci , doit être pris , dans le sens de pension , redevance ou prestation annuelle, ce qui convient en effet beaucoup mieux à la vie moderne des chanoines.
- Autrefois les chanoines aidoient l’évêqne à desservir son église , dépendaient de lui en tout, vivoient de ses revenus , et demeuraient sous le même toit ; mais dès le onzième siècle , ils avoient déjà abandonné la vie commune , et les conciles de Rome de 101g et de io63 leur ordonnèrent de la reprendre ; mais avant l’an 1200, ces ordres furent peu respectés , car on voit qu’en 1200 ilsl’avoient presque tous quittée de nouveau, et qu’on les autorisa à partager les prébendes.
- Chanoinessesce sont des filles qui possèdent une prébende , sans être obligées de renoncer à leur -bien, ni de faire aucun vœu. Cette institution telle qu’elle existe encore aujourd’hui dans quelques parties de l’Europe, a pris naissance en Allemagne , vers 790, mais elle ne fut reçue dans le reste de l’Europe qu’en • 3 060.
- CHANSON, s. m dulat. cantio, formé de cantus , chant.
- (Musique) Espèce de petit poè'me lyrique fort court, qui roule ordinairement sur des sujets agréables, auquel on ajoute un air pour être chanté dans des occasions familières.
- Dans les premiei’s tems , tous les convives chantoient ensemble d’une seule yôix les louanges de la divinité : ainsi ces chansons étoient de véritables cantiques sacrés. Dans la «suite, les convives chantèrent successivement , chacun à son tour, tenant une branche de myrthe , qui passait de la maia de celui qui ve-
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- noit de chanter , à celui qui chan-toit après lui. Enfin , quand la niu-sique se perfectionna dans la Grèce, et qu’on employa la lyre dans les festins, il n’y eut plus que les habiles gens qui fussent en état de chanter à table. Les autres, contraints de s’en tenir à ta branche de myr-the , donnèrent lieu à un proverbe grec , par lequel on disoit qu’un homme cliantoit au myrthe , quand on vouloit le taxer d’ignorance.
- Les Romains,imitateurs desGrecs, ne reçurent les chansons que lorsqu’ils commencèrent à cultiver la musique. Horace, le premier des Latins qui ait imité Alcée et Anacréon, et dont les odes ne sont que des chansons bacchiques et galantes, nous apprend que ses compatriotes ne chantèrent, jusques vers la fin de la république , que les poè'mes des Saliens et quelques cantiques grossiers en l’honneur des dieux.
- Les modernes ont aussi leurs chansons de différentes espèces , mais les Français l’emportent sur tous les peuples de l’Europe pour le sel et la grâce de leurs chansons. Nos ancêtres n’alloient au combat qn’en chantant la chanson de Roland, conte romanesque composé pour animer le soldat avant que d’en venir aux mains. On distribuoit à la tète de l’armée une troupe de grosses voix, qui chantoient de toute leur force cette chanson de Roland: cet usage s’est pratiqué sous les trois races, jusqu’à la bataille de Poitiers, que le roi Jean II, près d’en venir aux mains avec les Anglais, dit à un soldât qui la chantoit : ^ y a long-tems qu’il n’y a plus de Roland , le soldat lui répondit s l’instant : Il y a aussi long-tems qu’il n’y a plus de Charlemagne.
- On doit aux habitons du midi de la France la gloire d’avoir produit les trouveres ou troubadours , leS premiers qui aient fait sentir à l’oreille les agrémens de la rime.
- La grande règle des chansons es1 de conserver une proportion eutie les paroles, l’air et le sujet. Cetbeû veux accord demande , outre legoU et la délicatesse dans l’esprit, p®e oreille au moins sensible aux du16 rens tons de la musique. Quanta® style , l’élégance et la. naïveté so®
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- Ja pins grande beauté d'une chanson. La forme des vers y est libre ; le mélange des rimes dépend de
- La même chanson est le plus sou-vent composée de plusieurs couplets que l'on chante sur un seul air ; et comme il est très-difficile de donner exactement le même rhytme à tous les couplets , on est contraint, pour les chanter, d’en arrêter la prosodie. Les Italiens , dont l’oreille est plus sensible et pins délicate que la nôtre à la précision desmouvemens, ont pris le parti de varier les airs de leurs chansons, et de donner à cha-cun des couplets une modulation qui leur est analogue.
- CHANT, s. m. du latin cantus, Fait de cano , chanter.
- (Physiologie) Le chant dépend du résonneraient produit par les parties de la bouche , de la flexibilité de la glotte, de la facilité de ses mouvemens , des inflexions de la voix, et de la justesse dans l’exécution. Il y a dans l’exécution du chant un mouvement de tout le larynx, c’est-à-dire , de la partie de la trachée-artère qui forme comme un nouveau canal qui se termine à la glotte, qui en enveloppe et soutient les muscles. C’est, en d’autres termes, le larynx suspendu sur ses attaches, en action , et mu par un balancement de haut en bas , et de bas en haut.
- (Musique ) Le chant est une sorte êemodification de la voix humaine, far laquelle on forme des sons va-nés et appréciables.
- Le chant appliqué plus particulièrement à notre musique , en est *a partie mélodieuse , celle qui récite de la durée et de la succès-non des sons, celle d’où dépend joute l’expression , et à laquelle tout Preste est subordonné. 11 ne faut ïoe du savoir pour entasser des ac-r°rds ; mais il faut du talent pour Paginer des chants gracieux. 11 y * dans chaque nation des tours de triviaux et usés-, dans les-?Qels les mauvais musiciens retombai sans cesse ; il y en a de baro-}“** qu’on n’use jamais , parce que e public les rebute toujours. Inven-er des chants nouveaux, appar-
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- tient à l’homme de génie ; trouver de beaux chants appartient à l’homme de goût.
- CHANT-ROYAL, s. m.
- £jPoësie) Le chant-royal, sorte d’ancienne poésie , est composé de cinq couplets , chacun de onze vers, terminés par un envoi.
- Les rimes du premier couplet rè’ glent celles des couplets suivans , qui doivent être îes mêmes , et dans le même ordre ; de sorte que toute la pièce , composée de 62 vers , roule sur cinq rimes différentes , dont les deux premières sont employées dix fois , la troisième et la dernière 12 fois, et la quatrième 18 fois.
- Le dernier vers du premier couplet sert de refrain , ou d’intercalaire pour les suivans , qui doivent finir de la même manière. L’envoi est une sorte d’explication de l’allégorie ; il se fait communément en sept vers , quelquefois en cinq , semblables , pour les rimes , à un pareil nombre de vers pris à la fin des couplets précédens. Cet envoi com-mençoit presque toujours par le mot Prince, parla raison que cette pièce étant regardée comme ce qu’il y avôit de plus majestueux parmi les petits poëmes, il paroissoit qu’on ne pouvoit l’adresser convenablement qu’aux rois , et c’est la cause pour laquelle on l’a appelé chant royal.
- CHANTERELLE, s. f. de l’italiea cantdrella.
- ( Musique ) Celle des cordes du violon et des instrumens semblables, qui a le son le plus aigu. On dit d’une symphonie qu’elle ne quitte pas la chanterelle , lorsqu’elle ne roule qu’entre les sons de cette corde et ceux qui lsâi sont le plus voisins.
- CHANTIER , s. m. du latin can-therius , ou de l’italien cantiere.
- ( Marine } C’es l’établissement fait sur un terrain en pente douce , appelé calepour la construction d’un vaisseau; en généralisant le mot, on l’emploie pour exprimer le sol , la cale même et tout le local qui l’environne , et sur laquelle les charpentiers travaillent à préparer les bois pour le vaisseau.
- Le chantier d’un vaisseau proprement dit, est çomposé d’un nom-—
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- bre de tins ou billots de bois que l’on met à cinq ou six pieds (i mètre g centimètres ) les uns des autres , sur le grillage d’une cale de construction , pour porter la quille dans toute la longueur du vaisseau qu’on doit construire ; et comme cette quille doit être posée sur un plan incliné à l’horizon d’envirosti trois degrés , pour faciliter la coulée du vaisseau de son chantier à la mer , lorsqu’il est achevé , on ne forme le premier tin , du côté de la mer , que d’une seule pièce de bois de hauteur, et on en augmente graduellement le nombre jusqu’à 6 ou 7 , de même que leur dimension verticale.
- Lorsque le vaisseau est achevé et prêt à être lancé à la mer , on remplit de bois tous les intervalles qu’on avoit laissés entre les tins, pour faciliter le travail et le passage des ouvriers ; on recouvre le dessus de ce plan incliné avec des bordages très-droits et très-lisses. V. LANCER A LA MER.
- CHAOS, s. m. mot purement grec (cAacs) , dérivé de yetnie ( chainô ), s’entrouvrir , se fendre ; chaos signifie aussi un abîme, une ouverture immense ou profonde où règne une obscurité affreuse : confusion de toutes choses avant la création.
- CHAPE , s. f. du grec çx.i'ir» {slcepê) , dont la racine est cncsTro { skepà), voiler.
- ( Culte cathol. ) Vêtement d’église ou manteau , qui s’agraffe par devant, et va jusqu’aux talons , et que portent les choristes ou chantres , et même le célébrant dans certaines parties du service divin.
- Cet ornement d’église s’appeloit autrefois pluvial , parce qu’il ser-voit en hiver à garantir de la pluie et à conserver le rochet.
- 11 y a des chapes de toutes couleurs ; mais anciennement il n’ap-partenoit qu’aux papes d’en avoir de rouges.
- Chape se dit encore de l’habit des cardinaux, qui a un capuce doublé d’hermine.
- ( Mécanique ) On appelle chapes , des bandes de fer ou de cuivre , recourbées en demi cercles, entre lesquelles soat suspendues et
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- tournent des poulies sur un pJvoj ou une goupille qui les traverse et leur sert d’axe , et va se placer et couler dans deux trous , pratiqués l’un à une des ailes de la chape, et l’autre à l’autre aile t tout cet assemblage de la chape et de L poulie est suspendu par un crochet, soit à une barre de fer, soit à quel-qu^autre objet solide qui soutient le tout.
- ( Marine ) On donne encore ce nom à un petit bouton creux , que l’on soude sur une aiguille de boussole pour recev oir le pivot sur le-qnel elle tourne.
- CHAPEAU , s. m. du latin ca-pellum , diminut. de cappa , formé du grec a-mnen ( slcepê ).
- (Costume) Coiffure des hommes, qui est ordinairement d’étoffe foulée de laine ou de poil, et qui a une forme avec des bords.
- On ne voit point de chapeaux avantle règne de Charles VI.On commença de son tems à en porter à la campagne ; on en porta sous Charles Ail dans les villes, en tems de pluie, et sous Louis XI en tout tems, Louis XII reprit le mortier mais François 1er. s’en dégoûta et porta toujours un chapeau. Cependant les chapeaux n’étoient pas trop communs sous Henri IV. Le3 princes et la noblesse commencèrent à porter cet ornement de tête , relevé deplin mes et de franges , tandis que les bourgeois conservèrent encore long-tems leurs chaperons.
- On regardoit comme un très-grand désordre en i4g5 que les ec' clésiastiques commençassent , à h manière des séculiers , de portrt des chapeaux sans cornettes.
- L’usage du chapeau vert pourh*
- Çrélats a été apporté d’Espagne p*1 ’ristan de Salazar, archevêque d{ Sens.
- ( Mécan. ) Chapeau se dit, certains bâtis de charpente , d ^ assemblage de trois pièces de bolS’ dont deux posées verticalement *' emmortoisées avec une troisième so ses extrémités , tiennent celle -C1 horizontale.
- ( Hydraul. ) Le chapeau est 0 pièce de bois attachée avec ^ chevilles de fer sur les coui’01111^ d’une file de pieux, soit dan* tt
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- batardeau , soit dans une chaussée.
- ( Imprimerie ) C’est une traverse de bois qui est au-dessus du sommier d’en haut d’une presse.
- (iCommerce) On appelle chapeau Une gratification qui s’accorde par convention au capitaine , maître ou patron d’un bâtiment de commerce , pour avoir remis à bon port et bien conditionnés les effets ou marchandises à lret.
- (Musique) Chapeau se dit encore d’un trait demi-circulaire dont on couvre deux ou plusieurs notes , et qu’on appelle plus communément liaison.
- ( Botan ) On donne le nom de chapeau à la partie supérieure d’un champignon, quand elle est évasée, et quand elle a plus de diamètre que le pédicule ou le pied qui la porte, CHAPELET, s. m. diminutif de chapel, ou chapeau de roses , auquel il a de la ressemblance.
- ( Culte relig. ) les chapelets ont e'té ainsi appelés à cause de leur ressemblance aux couronnes de roses : c’est pour cette raison que les Italiens disent corona pour chapelet , et les Espagnols rosario.
- Pierre l’hermite passe pour être l’inventeur des chapelets.
- Les Orientaux ont aussi des espèces de chapelets qu’ils appellent chaînes, pour faire leurs prières , en disant le nom de quelqu’une des perfections de dieu sur chaque grain. Le grand mogol porte jusqu’à huit de ces chaînes , les unes de perles, les autres de rubis , de diamans , de corail, etc.
- Les Turcs ont des chapelets qu’ils portent à leur main , ou pendus à leurs ceintures. Ils les divisent en trois parties , et ne disent, à chaque grain, pour toute prière, que ces paroles : Louange a dieu, ou celles-ci : Gloire à dieu.
- (Hydrodinamique ) Le chapelet est une machine hydraulique , composée d’une suite de godets ou de clapets attachés à une corde , ou chaîne sans fin , qui trempent alternativement dans l’eau d’un pui-®ard , et qui se remplissent ou se chargent avant que d’entrer dans un ^nyau , d’où ils sortent par l’autre bout , et se vident dans un bassin
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- où creux quelconque destiné à recevoir l’eau.
- ( Papeterie ) Les papetiers appellent aussi chapelet une espèce de papier de grande sorte.
- CHAPELLE , s. f. du latin ca-pella, diminutif de cappa, chappé ( de St.-Martin ) , parce qu’ancien— nement , lorsque les rois de France alloient à la guerre , ils portoient arec eux la chappe de St.-Martin. Cette chappe étoit mise à couvert sous une tente, que l’on nommoit â cause de cela chapelle, et ceux qui veilloient autour d’elle , étoient, par la même raison, appelés chapelains.
- ( Culte cathol. ) On entend maintenant par ce mot une petite église, un petit édifice consacré à dieu.
- Di fie rens lieux pratiqués dans un& église , pour y dire ia messe , et que les canonistes appellent sub te cto.
- Un lieu pratiqué dans la maison d’uu souverain, d’un prince, d’un particulier, pour y dire ia messe. C’est dans ce sens qu’on dit la chapelle, de P empereur, la sainte chapelle, avoir une chapelle dans sa maison.
- On dit par extension que le pape tient chapelle , lorsqu’étant accompagné des cardinaux, il assiste à l’office divin , soit dans la chapelle de son palais , soit dans une église.
- On dit la même chose des autres souveraius de l’Europe, lorsqu’ils assistent en cérémonie à l’office divin.
- On appelle fignrément chapelle ardente , l’appareil funèbre qui environne le corps ou la représentation d’un défunt , avec un très-grand nombre de cierges allumés.
- ( Poterie ) Enfourner en chapelle , se dit, dans le langage des manufacturiers de faïence , d’une manière d’enfourner les pièces sans étuis et à nu , ou des espèces de tablettes de terre cuite.
- ( Tisserand. ) Chapelle se dit de certains morceaux de bois qui soutiennent la chasse et le porte-lame d’un métier de tisserand.
- ( Marine ) Paire chapelle ,- c’est prendre vent devant malgré soi , c.» qui arrive on par la faute du timonier , ou parce que le vent saut© tout d’un coup , et se range de l’a-* S 2
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- Ÿant , ou encore par la force des
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- On est fort attentif à la mer , à Ile pas faire chapelle , parce que l’on s’expose , si le vent est un peu fort , ou la mer un peu grosse , à démâter.
- CHAPERON, s. m. du latin cap-perone, ablat. de capparo, fait de cappa.
- ( Costume ) Coiffure de tête autrefois commune aux hommes et aux femmes , de tout âge et de tout tang.
- Pendant plus de mille ans , on ne s’est couvert la tête en France que d’aumuces et de chaperons. On commença sous Charlemage à les fourrer d’hermine et de menu noir. Le siècle d’après , on les fitde peaux, «t on leur donna le nom à’aumuces, pour les distinguer des chaperons qu’on faisoit d’étoffes, et qui étoient beaucoup plus grossiers que les au-muces.Sous Charles Y on rabatit sur les épaules Vaumuce elle chaperon, et on commença à se couvrir d’un bonnet qui représentoit une espèce de bourrelet dont on se servoit au* paravantpour contenir le chaperon sur la tête.
- Depuis le règne de Charles YII , les chanoines, les magistrats et les gradués , ont seuls conservé l’usage du chaperon ; mais au lieu de le porter sur la tête , iis le portaient, les premiers sur le bras , et les autres sur l’épaule, et plutôt comme une marque de leur dignité que comme un vêtement utile.
- Le chaperon porté sur l’épaule est encore aujourd’hui une marque distinctive des premiers magistrats de la République Française.
- ( Technol. ) Chaperon se dit , en termes de vénerie , d’une coiffure de cuir dont ou couvre la tête d’un oiseau de proie, afin qjr’il n’y voie pas.
- Les architectes appel lent chaperon, le haut d’une muraille de clôture fait en forme de toit. Les éperon-niers donnent ce nom au cuir qui couvre les fourreaux de pistolets , pour les garantir de la pluie ; les horlogers , à une plaque ronde qui a un canon , et qui se monte ordinairement sur l’extrémité du pivot d’une roue ; le* imprimeurs, à une
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- certaine quantité de feuilles ajoutées à celles que l’on veut fair* imprimer , et qui servent pour les épreuves , et pour remplacer les, feuilles défectueuses.
- CHAPITEAU , s. m. du lat. ca-pitellum , diminutif de caput, tête.
- ( Archit. ) On appelle ainsi la partie supérieure d’une colonne ou d’un pilastre.
- Le chapiteau toscan a un gor-gerin , un annelet, un ove et un tailloir.
- Le chapiteau dorique a un gor-gerin , trois annelets , un ove , un abaque couronné d’un talon et d’un filet. Il y a un chapiteau dorique qui n’a qu’un annelet ; d’ailleurs, il est semblable au précédent.
- Le chapiteau ionique antique a une échine, des volutes , et un abaque formé d’un talon couronné d’un filet. Ces volutes représentent sur 1* côté un coussinet que quelques-uns appellent balustre , à cause qu’il l’imite par sa forme. Le chapiteau dorique moderne a des volutes angulaires , un échine , et son abaque a ses faces échancrçes.
- Le chapiteau corinthien a deux rangs de feuilles d’acanthe, des cau-licoles , huit volutes angulaires, huit hélices , deux au milieu de chaque face ; son abaque est en adoucissement, et se termine en un filet couronné d’un ove ; il est échancré , et chacune de ses faces a une rose qui prend sur les hélices.
- Le chapiteau composite a deux rangs de feuilles de persil, ou autres feuilles, des volutes qui naissent au-dessus de l’échine, et son abaqu» est assez semblable à celui du chapiteau corinthien.
- Yitruve assure que Callimaquft est l’inventeur du chapiteau corinthien. Ce fameux sculpteur grec ayant vu en passant près d’un tombeau , un panier que l’on avoit nu* sur une plante d’acanthe, fut frappa de l’arrangement fortuit et du bel effet que produisoient les feuilles naissantes de cette plante qui en-vironnoient le panier’, et il en imita la manière dans les colonnes qu h fit depuis à Corinthe, en établissant et en réglant sur ce modèle les pi'0' portions et les orneurens de l’ordre corinthien.
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- Le chapiteau composite a été inventé par les Romains , d’après l’imitation des chapiteaux ionique et corinthien.
- ( Chimie ) Chapiteau , en termes de chimie, est un vaisseau placé au-dessus d’un autre appelé cucurhite, et dans lequel s’élèvent les vapeurs on liqueurs que le feu fait monter dans la distillation. C’est dans la concavité intérieure de ce vaisseau que vont s’attacher les vapeurs qui s’élèvent des matières que l’on a mises dans la cucurhite c’est là où elles se condensent ensuite par la fraîcheur de l’eau qu’on met dans le réfrigérant ; et lorsqu’elles sont ramassées en gouttes assez grosses pour que leur pesanteur soit supérieure à leur adhérence aux parois intérieures du chapiteau , elles coulent le long de ces parois, se rendent dans une rigole qui règne tout autour du chapiteau , et arrivent à un tuyau oblique auquel communique cette rigole , et que l’on appelle le bec du chapiteau, et de-là tombent dans le récipient.
- Les chapiteaux qui n’ont point de bec ou d’issue , ou dont le bec est bouché hermétiquement , sont appelés chapiteaux aveugles ; ils servent dans cet état à la sublimation des fleurs et des sels volatils. Lorsqu’on veut s’en servir pour les distillations , on les ouvre en rompant l’extrémité du bec.
- ( Botan. ) Les botanistes appellent chapiteaux certaines parties des fleurs et des fruits qui ont des rapports avec le chapiteau de l’architecture.
- ( Artillerie ) Les canonniers donnent le nom de chapiteau , à une espèce de petit toit qu’ils mettent ®ur la lumière du canon.
- CHAR , s. m. du latin carrus , unité du celtique carr, et employé dans les commentaires de César.
- (Arts mécan.) Toutes les voitures avoient autrefois le nom de char ; encore aujourd’hui en irlandais et en breton , on appelle carr une espèce de voiture que les Italiens et Ies Espagnols appellent carro , les ^Hemands karr,\es Flamands karre, *es Suédois kœrra.
- Les premiers chars étoient à deux r°ues, les Phrygiens en firent à qua-
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- tre roues, et les Scythes à six roues. Pour les cérémonies d’éclat on les ornoit d’or , d’argent et d’ivoire. Pour les combats , on les garnissoit de longues faux et de lames tranchantes et aiguës.
- Les Grecs tiroient va nité de conduire parfaitement un char ; ils avoient établi des jeux pour y disputer d’adresse en ce genre, et fondé des prix pour le vainqueur.
- Les courses de char passèrent de la Grèce à Rome , où elles devinrent un magnifique spectacle du cirque,
- CHARBON, s. m. dulat. carhoy dérivé du grec xap<f>a> ( karphà ) ? faire sécher.
- ( Chimie ) Le charbon tel qu’il est considéré parles chimistes, n’est pas celui que‘l’on obtient en brûlant des branches entassées sous des mottes de terre , et que l’on emploie dans les cuisines.
- Le charbon des chimistes existe tout formé dans la nature ; c’est un des principes des végétaux ; on ne fait que le séparer des plantes qu’on distille ; au lieu que le charbon des bois n’est pas pur , il contient de» sels et de la terre. Les chimistes modernes appellent carbone, ce que les anciens appellent charbon pur , c’est-à-dire , la matière charbonneuse pure et séparée des substances étrangères qui l’altèrent dans 1© charbon commun.
- (Charbon de bois) La manière de carboniser le charbon de terre est connue depuis longtems en Angleterre ; mais ce n’est que depuis quelques années que M. Brune a appliqué la méthode anglaise à la conversion du bois en charbon.
- L’avantage de la méthode ds M. Brune sur la méthode ancienne, est de ne laisser ni fumerons ni cendres dans la fabrication.
- Suivant l’ancien mode, une corde ( deux stères ) de bois , ne rend que deux à trois sacs de charbon , chacun de huit pieds cubes ( mk décimètres cubes ) ; huit jours suffisent à peine pour cette confection imparfaite.
- D’après le pi'océdé de M. Brune, la corde ( deux stères ) rend jusqu’à six sacs ; le feu porté en même tems , et propage sur tort* l*s
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- points et dans tonte la capacité dit récipient , opère partout à-ia-fois, le même effet sur la substance par la suffocation , sans qu’il se trouve ni cendres, ni fumerons. Trois jours suffisent à cette confection. Enfin il réunit l’avantage de là qualité de l’espèce à celui de là quantité ; car . au lieu de cinquante-quatre paniers de charbon qu’il consommait chaque jour dans un seul feu d’affinerie , il ne lui en faut plus que quarante-six.
- La d fférence entre l’ancien et le nouveau procédé consiste principalement et presque uniquement dans un plan de tôle , sur lequel est construit l’appareil ; d’où il arrive qn’au moyen de la propriété conductrice du calorique dont jouit la tôle , la base du fourneau entre en combustion presque instantanément, et que la combustion continue graduellement et uniformément jusqu’aux parties supérieures du fourneau.
- Dans l’ancien procédé , au contraire , la combustion commençant au centre et se communiquant lentement , le bois qui se trouve dans cette partie est brûlé avant même que celui qui se rapproche de la surface du fourneau , et sur-tout celui de la base , soit entré eu combustion.
- La méthode des Anglais pour carboniser le bois qui entre dans la composition de la poudre à canon , consiste à- le distiller , pour ainsi dire , dans des cylindres de fonte , ou dans des fourneaux construits en plaques de métal , au moyen desquels on le débarrasse de l’acide pyro-ligne ux.
- Le bois est entassé par morceaux d’euviron ai centimètres dans le cylindre, dont l’ouverture sur le devant est fermée hermétiquement, tandis que l’autre extrémité communique par un tuyau avec des tonneaux où l’on reçoit l’acide généré. Dès-que le cylindre est rouge, l’acide pyro-ligneux passe dans la cuve, accompagné d’un peu d’hydrogène carbonné , qui s’échappe dans tin second tonneau au moyen d’un appareil hydro - pneumatique. On, entretient le feu sous le cylindre , jusqu’à ce qu’il ne passe plus d’acide
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- ni de gaz, et le résidu est du charbon pur.
- ( Minéral ) Charbon de terre ; autrement la houille ; on le divise généralement en quatre espèces : le charbon commun , que l’on nomme encore le charbon de poix ou le charbon de forge , parce qu’il est principalement-employé à cet usage. Le second et le troisième n’ont point de noms particuliers , mais on re-connoît l’un à sou feu clair , à la facilité avec laquelle il se réduit ea cendres , et parce qu’il est propre à échauffer les appartemens : le quatrième est beaucoup plus léger que les précédens , renferme très-peu de souffre,et donne un feu vif, ardent et âpre.
- On peut dépouiller le charbon de terre d’une partie de son bitume par une première combustion, lui faire perdre ainsi de son odeur , et le rendre plus propre aux usages auxquels le charbon est généralement destiné.
- Cettp découverte est de la plus grande importance pour les pays où les bois commencent à devenir rares. L’opération dont le but est de procurer au charbon de terre toutes les qualités du charbon de bois, consiste dans une distillation per des-censum , pour en extraire le bitume, et dans une évaporation , pour en séparer le souffre. Cette double opération a lieu eu même-tems. Au bas d’un four construit d’un mortier très-réfractaire , on forme une rigole garnie d’un long tuyau de cuivre incliné , d’où le bitume s’écoule dans une marinite de fer fondu a moitié enterrée ; et l’on place un antre tuyau de cuivre , implante perpendiculairement sur le tuyau descendant, et qui sert à l’évaporation des vapeurs du souffre.
- On mêle le charbon avec du bois pour l’allumer , on rougit médiocrement le four , afin que le degre d’une citaleur modérée fasse couler le bitume dans la marmite de fer, et que le souffre s’évapore par le tuyau de cuivre posé verticalement.
- Le charbon perd pendant cette opération un huitième de son poids» il n’exhale pas la moindre odeur en brûlant ; il dure au leu deux fois plus de teins que le char-
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- bon de bois , et l’huile et le bitnme qu’on en retire défraient à-peu-près de la dépense. V. COAKS.
- ( Méd. ) On entend par charbon ou anthrax une tumeur rouge , un peu dure , ronde , élevée en pointe , accompagnée d’une douleur vive , d’une chaleur brûlante , et d’une grosse pustule dans le milieu, ou de plusieurs petites qui se changent en une croûte noire ou cendrée , comme si l’on y avoit appliqué un fer chaud.
- Il y a) deux sortes de charbon , l’un simple et l’autre pestilentiel : la douleur qu’accompagne celui-ci, est plus vive, plus brûlante ; il est entouré d’un cercle livide , noirâtre, plombé ou violet, la gangrène y survient promptement ; il paroît en tems de peste.
- (Médec. présert/.) Tous les végétaux soumis à l’action du feu , éteints ensuite ou étouffés, se changent en charbon.
- Ce charbon remis au feu , s’embrase très-aisément, et se consume sans fumée ; mais il s’en exhale une vapeur subtile qui cause les accidens les plus funestes à ceux qui la respirent dans des appartemens clos et étroits.
- L’histoire romaine nous apprend que l’empereur Jovinien fut étouffé par cette vapeur , et que Marius fit périr Quintus-Catulus par ce genre de mort.
- Les symptômes qui attaquent d’abord ceux qui ont respiré la vapeur du charbon, sont les anxiétés , l’oppression , l’engourdissement des membres , un sommeil cataleptique , la perte de sentiment et de connoissance.
- Le moyen le plus efficace de rappeler à la vie ceux que la vapeur du charixm a affectés , est de les «xposer au grand air , et de leur faire avaler et respirer du vinaigre : les acides , et sur-tout le vinaigre paraissant avoir la propriété de fixer et de brider en quelque sorte l’action du phlogistique et des matières inflammables très-volatiies réduites en vapeur. On fera respirer en mê-me-tems les liqueurs les plus spiri tueuses, afin d’irriter un peu le système nerveux que la vapeur duchar-a jeté dans un état de stupeur.
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- CHARGE , s. f. du Iat. barbare cargare , corruption de carricare, formé de carras , char , dont les Anglais ont fait carry, porter , et cargo, charge , les Espagnols cargo. et cargazon, dans la même signification : faix , fardeau , ce que peut porter une personne , un animal -, un vaisseau , une voiture , etc.
- Dans sa première signification, le mot charge ne se disoit que des charges que l’on mettoit sur les chars et les charettes , conformément à son étymologie ; mais on l’a étendu depuis à toutes sortes de fardeaux , au propre comme au figuré.
- ('Marine ) Charge , chargement, cargaison , se disent également de ce qni est contenu dans la capacité d’un vaisseau., avec cette différence que charge se dit plus particulièrement d’un vaisseau de guerre , et s’entend du poids , de l’encombrement et de l’arrimage ; et que chargement ou cargaison , s’applique à ce qui a rapport au profit et à la spéculation de commerce.
- On dit en termes de commerce , qu’un vaisseau marchand prend sa charge ou charge en cueillette , pour dire que le capitaine reçoit des marchandises de différens particuliers pour composer par petites parties la charge entière de son vaisseau.
- Vaisseau chargé à couler bas ; c’est un vaisseau chargé à trop forte charge, et enfoncé au-delà de sa ligne de flottaison.
- Vaisseau chargé par un grain ; c’est un vaisseau qui reçoit sous voile un grain de vent violent , qui le fait plier et incliner.
- Vaisseau chargé en côte ; c’est lorsqu’étant près de la terre , un vaisseau est pris par un vent violent du large qui le porte vers la côte sans qu’il puise s’en éloigner.
- ( Technol. ) Les architectes appellent charge la maçonnerie que l’on met sur les solives et ais d’en-tre-voux, ou sur le hourdi d’un plancher, pour recevoir l’aire de plâtre ou de carreau.
- En termes de forge , on donne le nom de charge à l’entonnoir supérieur d’un fourneau.
- Le doreur appelle charge , l’ao-<
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- don d’appliquer des feuilles d’or ou d’argent sur un autre métal.
- Les jardiniers emploient le mot charge , pour exprimer ce qu’un *rbre peut ou doit porter. Un arbre est trop chargé , lorsqu’on lui a laissé trop de bois ou trop de fruit ; en lui laissant trop de bois on l’épuise , en lui faisant porter trop de fruit, on n’en a que de petits. Le talent j est d’observer un juste milieu entre l’une et l’autre extrémité.
- {Art. milit.) Charge signifie , en termes de guerre , le choc de deux troupes qui en viennent aux mains. On dit encore la charge d’un canon, d’un fusil, pour la quantité de poudre nécessaire pour charger un canon , etc.
- ( Ecart, polit. ) Charges s’emploie au figuré pour signifier les dé-
- Ïienses de l’Etat, les offices pour esquels on paye une finance ou un droit; les fonctions onéreuses, comme la tutelle , etc.
- ( Pratique ) On appelle charges , en matière criminelle , les preuves et indices qu’il y a contre un accusé.
- ( Poésie ) , peinture ) Charge se prend pour exagération ; en poésie on charge un ridicule ; en peinture on charge les traits , l’expression, les contoursetc.
- CHARITÉ, s. f. du latin cha-ritas.
- ( Culte cathol. ) L’une des trois vertus théologales, amour par lequel nous aimons dieu , comme notre souverain bien ; et l’amour qu’on a pour le prochain en vue de dieu.
- ( Hospices ) Filles de la charité, ou servantes des pauvres malades-, Saint-Vincent de Paul est le fondateur de cette utile et pieuse congrégation. Ce ne fut d’abord qu’une espèce de confrérie établie à Chatil-ïon-les-Dombes , en Bresse , et dont les soins dévoient se borner à secourir les malades de la campagne ; mais mademoiselle Legras , fille de Louis de Marillac , obtint de Saint-Vincent de Paul la permission d’en établir une autre à Paris, dans la paroisse de Saint-Nicolas du Chardonnet sa paroisse. En i65i, elle obtint de M. de Gendi, archevêque de Paris , l’approbation et l’érection de sa compagnie, dont il lui fit expé-
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- dier des lettres par le cardinal d« Retz, son coadjuteur , qui l’éri"ea quatre ans après en congrégation sous le titre de servantes des pauvres , et sous la direction du supérieur - général de la mission. Cette congrégation fut ensuite autorisée par lettres-patentes , en 1657 , et confirmée en 1660 , par le cardinal de Vendôme, légat en France, sous Clément IX. Saint-Vincent de Paul en fit les statuts et les règle-mens.
- CHARLATAN , s. m. de l’italien ciarlatano, formé de ciarlare parler beaucoup.
- Vendeur de drogues , d’orviétan, et qui les débite dans les places publiques et sur des théâtres , ou sur des tréteaux.
- ( Méd. ) La charlatanerie est très-ancienne. Les Egyptiens et les Hébreux étoient entourés d’imposteurs qui, abusant de la foiblesse et de la crédulité , se vantoient de guérir les maladies les plus graves par des amulettes , des divinations et des charmes. II y avoit des charlatans en tout genre chez les Grecs et chez les Romains. Les premiers qui dans les siècles modernes ont fait revivre le charlatanisme., étoient des avan-turiers de Cœretum, boui’g d’Italie, situé dans le voisinage de Spolette, d’où est venu Ceretano , qui en italien signifie la même chose que ciarlatano. Ces hommes sans science et sans aucun titre exercent la médecine et la chirurgie , et trompent le public par l’appas de leurs prétendus secrets. On ne sauroit être assez en garde contre ces insectes dangereux , et trop se méfier des sachets , des antidotes, des spécifiques , des opiates , des poudres, des élixirs etc. , que l’on dit être des remèdes à tous maux, et qui sont la source de mille infirmités. Les bateleurs , les charlatans modernes ne diffèrent point des anciens pour le caractère : c’est le même génie qni les gouverne , le même esprit qui les domine, le même but auquel ils tendent, celui de gagner de l’argent et de tromper le public.
- ( Jardin. ) Le jardinage a aussi ses charlatans. En 1751 , un nomme Vitry se fit annoncer dans un journal comme médecin des arbres ; **
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- leur fàisoit, disoit-il, prendre médecine , en leur donnant des purgatifs pour leur procurer des évacuations copieuses.
- ( Peinture ) La peinture proprement dite devroit se défendre contre les prestiges des charlatans ; car la représentation ou Limitation de la nature est soumise à être confrontée avec elle ; mais comme cette représentation n’est que feinte, qu’il faut par conséquent que ceux qui en jugent , entrent dans quelques connoissances des parties qui constituent l’art de peindre , ceux qui l’exercent peuvent employer et emploient quelquefois des artifices contraires à la justesse des idées qu’on doit avoir , par conséquent, nuisibles au goût et aux arts en général.
- Parmi les artifices les plus nuisibles à la peinture , sont les préparations , les vernis et les procédés mystérieux auxquels on attribue des avantages le plus souvent exagérés, ou qui étant peu durables , altèrent les ouvrages , et par conséquent font un tort réel aux arts et aux artistes.
- ( Gravure ) La gravure simple et franche n’a obtenu des succès aussi brillans , qu’à force d’études , de soins , de tems , et par une longue habitude des outils connus de tout le monde ; il falloit, pour rendre , à l’aide du burin , un tableau de grand maître , qu’un artiste eût passé la moitié de sa vie à couper le cuivre d’une main intelligente et sure. 11 employoit des années entières à terminer une planche dont le succès tournoit bien plus au profit de sa gloire que de son intérêt.
- L’industrie multiplia l’usage de * eau-forte , qui , mordant et creusant en peu d’heures le cuivre , ren-doit plus promptement sans doute , niais avec moins de précision et *ur-tout moins d’accord , le dessin °n le tableau. Cette manière l’em-porta sur l’usage du burin , et les attistes l’adoptèrent avec d’autant Puis d’empressement, que ce pro-ce'dé qui demande une pratique ntoins difficile à acquérir , procure Un gain plus prompt. Le burin , sans prévoir le tort que lui devoit ül,'e cette invention , se prêta à ‘"parer les défauts de l’eau-forte et
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- les négligences de la pointe ; mais la gravure devenue ingrate envers lui par l’attrait du gain , employa toute son industrie à se passer des moyens qui demandoient trop d’étude , de soins et de tems. L’on regarda et l’on fit envisager au public les nouveaux procédés , comme des perfectionnemens de l’art , parce qa’ils imitoient ou singeoient toutes les différentes manières de dessiner des maîtres, et même la peinture,à l’aide des planches multipliées et imprimées en couleur.
- Le peu de connoissances pratiques que le public a des opérations avec lesquelles on produit ces ouvrages , les soins qu’on prend de lui en cacher les procédés , lui font ignorer combien on lui survend les petites illusions auxquelles il se complaît, et combien il s’éloigne de la connoissance des arts, lorsqu’il pense que des estampes coloriées sont l’équivalent des tableaux.
- CHARME, s. m. du lat, carminé, ablat. de carmen.
- ( Divinat. ) Ce qu’on suppose superstitieusement fait par art magique, pour produire un effet extraordinaire.
- Les vieux contes disent qu’il y a des charmes pour empêcher l’effet des armes , et se rendre invulnérable , pour se faire aimer , pour faire mourir les arbres, les bestiaux , etc. Certains animaux ont été investis , par l’ignorance et la crédulité , du pouvoir de charmer : tel est le pouvoir attribué au crapaud et au serpent-sonnette , de fasciner les animaux.
- Les lumières de la philosophie ont dissipé une grande partie de ces préjugés , et d’habiles naturalistes ont démontré que les autres n’étoient qu’une illusion.
- CHARMILLE, s. f. diminutif de charme , arbre^ du latin car-pi nus.
- ( Jardin. ) La charmille est un jeune plant de charmes que l’on tire des pépinières , et qui fait les plus belles palissades. Par extension l’on donne aussi ce nom aux palissades même formées de char-mes.
- CHARNU, adj. du lat. carnosus, de caro , gen. carnis, chair.
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- (Anal. ) Il se dit en parlant d’un Somme on d’un animal qui est bien fourni de chair.
- ( Botanique ) Un fruit charnu est celui dont le péricarpe est dt’une épaisseur notable , d’une substance un peu ferme qui se laisse facilement entamer , et qui est succulente.
- Charnu se dit aussi des tiges et des feuilles qui ont les qualités de ce péricarpe.
- CHARPENTIER, s. m. du lau earpentarius , formé de carpen-tum , chariot ; celui qui fait des chariots.
- ( Technologie) Les Latins appel-ioient carpentarii ceux qui faisoient les chariots; mais depuis on a appelé de ce nom tous ceux qui faisoient des ouvrages d’architecture et au -très travaux en bois.
- (Ilist.) Autrefois Charpentier a été le surnom ou le sobriquet d’un Taillant homme qui dans les combats frappoit en vrai charpentier. Guillaume , vicomte de Melun, qui étoit avec Hugues-le-Grand à la première expédition de Jérusalem , fut ainsi surnommé le Charpentier, a cause des grands coups d’épée qu'il déchargeoit sur les ennemis.
- CHARPIE , s. f. du lat. carpia eu carpita , fait de carpare , amasser, recueillir.
- ( Chirurg. ) Filets de vieille toile, qui servent à faire des pîumaceaux, des tentes et des bourdonnets sur lesquels les chirurgiens mettent leurs poudres ou étendent leurs onguens , pour les appliquer sur les parties malades , ou pour absorber les humeurs superflues des ulcères.
- CHARRÉE, s. f. du latin cinerata, cendrée.
- ( gric. Jardin. ) Cendre qui a servi à faire la lessive , et qui a perdu le feu on plutôt le sel qu’elle ©onservoit en sortant du bois. Elle est très-propre , non-seulement dans le jardinage, à mettre au pied des arbres , mais encore dans l’agriculture , à répandre dans les prés pour faire périr la mousse et les mauvaises herbes , pour engraisser la terre et faire avancer les végétaux.
- CHARRUE, s. f. du lat. carruca, qui pourrait venir de scaro , qui signifie un soc de charrue.
- Machine à labourer la terre.
- ( Agric. ) La fabriqne des pre. mières charrues étoit très-simple. Cette machine assez compliquée dans certains pays , étoit composée originairement d’un seul morceau de bois très-long et courbé de manière qu’une partie enfonçoit dans la terre , et l’autre servoit à atteler les bœufs. 11 n’y avoit point de roues ; on y avoit seulement ajouté un manche pour que le conducteur de la charrue pût la diriger et la faire tourner à sa volonté. Il n’y entrait ni fer , ni aucun autre métal. Telles étoient les charrues dont les Grecs se servoient. On en trouve encore anjourd’hui le modèle dans celles dont se servent les habitans de la Conception au Chili, Leurs charrues ne sont faites que d’une seule branche d’arbre , crochue, tirée par des bœufs.
- On en vint ensuite à les faire de deux pièces , l’une longue, où l’on atteloit les bœufs , l’autre plus petite , et adaptée de manière qu’elle servoit de soc et entroit dans la terre. Ces charrues étoient encore très-simples et n’avoient point de roues. L’usage en subsiste encore aujourd’hui dans certains cantons de la H aute -Egypte. Les Latins n’en ont pas connu d’autres pendant fort longtemps ; telles sont aussi à-peu près celles dont on se sert dans les dé-partemens méridionaux de la République française , et généralement dans tous les pays chauds.
- Depuis que l’on s’occupe sérieusement de l’agriculture , on a imaginé des charrues de toutes les formes et de toutes les dénominations : des charrues à double oreille, a tourne oreille , à semoir ; des charrues doubles , à double soc. On a proposé des prix pour ceux qui détermineraient des principes fixes pour la construction des charrues. On a
- calculé la force nécessaire pour tirei^ les charrues ; on a même invente des instrûmens pour mesurer cette force.
- ( Jardin. ) Les jardiniers se servent d’une charrue composée de deux brancards, deux traverses de bois, d’un fer tranchant d’enviion neuf décimètres (trois pieds) delon8 un peu incliné pour mordre du»
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- pouce dans les allées. Un cheval traîne cette charrue, et son conducteur appuie dessus par derrière , afin d’avancer l’ouvrage. On fait aussi de petites charrues montées *ur une roue ou sur deux , qu’un homme pousse devant lui. Celles-ci ne peuvent s’employer que dans un terrain léger et sablonneux.
- CHARTRE , ou CHARTE , s. f. dans la signification d’ancien titre, vient du grec%a.pT»; {chartes'), dont les Latins ont fait charta , papier, lettre , écrit.
- ( Diplomatique ) Ce mot se dit communément des titres fort anciens et antérieurs au moins au quinzième siècle. Parmi les anciennes Chartres, il yen a de totalement supposées , et d’antres qui ne sont que falsifiées 5 l’art de reconnaître les unes et de vérifier les autres , s’appelle art diplomatique. Les règles à suiv re pour l’exercer avec jugement, sont : i.° d’avoir des pièces authentiques , pour servir de pièces de comparaison 5 2.“ d’examiner la différence du style d’une pièce à l’autre , c’est-à-dire , de quelle manière les princes ont commencé et terminé leurs di-
- Îdômes , et de quels termes particu-iers ils se sont servis ; 3.° d’examiner la date ou la chronologie des autres ; 4.° de faire attention aux signatures des personnes , pour sa-v»ir si elles existoient alors ;5.° d’avoir une connoissance certaine de la nation , de ses rois-, des mœurs du tenus, des coutumes et des usages du peuple ; 6.° de comparer les monogrammes et les signatures des rois, celles de leurs chanceliers ou référendaires , avec celles des actes qu’on croit être véritables ; 7.° de s assurer que les sceaux sont sains et entiers , qu’ils n’ont point été transportés d’un acte véritable, pour être appliqués à un acte faux et supposé; ®-° de bien savoir quelle étoit la naatière sur laquelle on écrivoit dans chaque siècle : si c’étoit du papier ** Egypte , des peaux de poisson , de parchemin , ou du papier moderne ; quelle a été la marque de ceîui-Cl > dans telle et telle année , et quels sont les caractères qui attestent antiquité de celui-là ; g.° faire attention à l’encre dont on s’est servi * diverses époques ; aux caractères
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- que l’on a employés, à la forme de ces caractères , etc. , etc. Quand on saura tout cela , on n’aura encore qu’une science conjectnrale et incertaine , parce qu’aucune des règles de cet art n’est fondée sur des principes incontestables , que l’on s’en sert également pour prouver le pour et Je contre , et qu’il n’existe point encore de pratiques assez certaines pour en faire des règles constantes et indubitables.
- Les principales chartes sont la charte normande , ou le titre par lequel Louis X , dit Hutin , accorda divers privilèges à la ci-devant Normandie , et que Philippe de Valois augmenta encore.
- La charte anglaise , appelée la grande charte , magna charta, parce qu’elle contient un certain nombre de lois passées sous Henri III, confirmées par Edouard I, et que ces lois sont la base des droits et des libertés de la nation anglaise.
- (Commerce) Charte-partie , en latin charta-partiia , parce que cet acte étoit autrefoisécrit plusieurs fois sur un morceau de parchemin , que l’on partageoit ensuite entre les coutractans. C’est ce qu’on appelle affrètement dans les ports de l’Océan , et nolissemsnt dans ceux de la Méditerranée. Çes termes signifient un acte ou convention écrite pour le louage d’un vaisseau , entre le patron et le marchand.
- La charte-partie n’est guère d’usage que dans les cas d'un affrètement entier ou assez considérable pour occasioner l’armement d’un navire.
- CHARTRE , s. f. pour prison , vient du latin carcere , ablatif de carcer , par le changement du C en D, et du D en T.
- St.-Vincent de la chartre , près le château du Loir, est appelé carcer, dans la cbroniqne de S.-Aubin d’Angers et dans Geoffroi, abbé de Vendôme.
- L’église de St-Denis de la chartre en la cité a été ainsi appelée , parce que l’on croit qu’elle a servi de prison à ce Saint.
- ( Pratique ) Chartre privée ; ce mot signifie prison sans autorité de justice. Il est défendu de tenir personne en chartre privée, c’est-
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- à-dive , en un. lieu attire que la
- prison publique.
- { Médec. ) Chartre en la signification de prison , a été employé pour maigreur, tristesse , dépérisse-ment.parceque la prison est ordinairement une eause de langueur et de tristesse. La chartre , en termes de médecine , est donc une maladie chronique à laquelle les enfans sont sujets , et qni consiste dans une langueur et une maigreur considérables de tout le corps , excepté la tête qui est fort grosse, et le rentre gonflé et dur.
- CHASSE , s. f. dans le sens de Caissevase , vient de capsa.
- (Culte,cathol.) Vaisseau où sont renferniées les reliques de quelque Saint»
- ( Technol. ) Ce mot est employé par un grand nombre d’artisans pour exprimer en général ce qui sert à tenir une chose enchâssée.
- CHASSE, s. f. dans la signification d’action de chasser , de poursuivre , vient de l’italien caccia, Jbrmé du latin barb. caciare , qui se trouve dans les capitulaires de Charlemagne»
- ( Vénerie ) Le mot chasse s’applique particulièrement à l’art de chasser les bêtes. Cet art a sa théorie et sa pratique ; sa théorie est, en quelque sorte, une dépendance de Fliistoire naturelle, puisqu’elle consiste dans les observations qu’on a pu faire sur diverses qualités physiques des animaux dont on a voulu faire la chasse, comme par exemple , de distinguer l’âge des cerfs à l’inspection du pied , juger et démêler les traces du sanglier et du loup , distinguer le loup d’avec la louve ; savoir les tems où lès animaux sont en chaleur, connoîtreles lieux qu’ils habitent, leurs ruses , leurs ressources , soit pour se cacher , soit pour fuir. V. pour les détails, VENERIE, FAUCONNERIE, CHIENS, MEUTES, FAUCON, etc. etc. Quanta l’histoire delà chasse, ou assure que le premier royaume connu, celui du Sennaar , fut fondé par le chasseur Nemrod. Diane étoit la patrone des chasseurs et partageoit avec Apollon leur encens et leurs hommages.
- Che* les Romains , an tems de Salluste, la chasse étoit tombée dans
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- le mépris , et ces peuples guerriers loin de croire que cet exercice fût une image de la guerre capable d’entretenir l’humeur martiale, n’y employoient que des esclaves.
- En France , dans le commencement de la monarchie _, les princes et la noblesse faisoient leur amusement de la chasse . lorsqu’ils n’é-toient pas occupés à la guerre. Le goût de la chasse s’est conservé jusqu’à ce jour parmi les Français , et le droit de chasse , après avoir été plusieurs fois défendu , ou restreint , a été définitivement rendu aux propriétaires , chacun sur leur terrain.
- ( Jeu de paume ) Une chasse est, au jeu de paume , la distance qu’il y a entpe le mur du côté où l’on sert, et l’endroit où tombe la balle du second pond. Cette distance se mesure pap les carreaux : quand la chasse est petite , on dit une chasse à deux , à trois carreaux et demi.
- ( Marine ) Donner la chasse à un vaisseau , c’est le poursuivre et faire force dévoiles pour l’atteindre.
- Prendre chasse , au contraire , c’est forcer de voiles pour éviter un ennemi qui poursuit.
- CHASSE-MARÉE ; c’est une espèce de bâtiment de la côte des dé-partemens maritimes du Nord et de l’Ouest ( delà ci-devant Bretagne). Il est fin et taillé , en général bon boulinier, c’est-à-dire, d’une grande marche au plrfs près, lorsque la mer est belle. Il porte deux mâts avec chacun une voile, de l’espece de celles qu’on appelle voile debour-cet, ou voile au tiers.
- ( Commerce ) Chasse - marée se dit aussi des voitures qui transportent le poisson , par terre , des ports de mer à Paris.
- ( Musique ) On donne le nom de chasse à certains airs , ou à certaines fanfares de cors ou d’autres ms-trumens qui réveillent 1 idée des tons que ces mêmes cors donnent a la chasse. .
- ( Technol. ) Les ouvriers en 1er appellent chasse-carrée une espece de marteau à deux têtes carrées don l’une est acérée, et l’autre ne l’est paS*
- CHASSER ,v. a. dulat. barb. caciare , mettre dehors avec violence, contraindre, forcer de sortir de qut
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- «ne lieu. Mener , faire marcher devant soi, pousser quelque chose «a avant.
- ( Imprimerie ) Les imprimeurs disent qu’une sorte de lettre , de caractère , chasse plus qu’une autre , pour dire qu’ils occupent plus d’espace.
- ( Vénerie ) Chasser , pris absolument , ‘signifie poursuivre toute sorte de gibier. V. CHASSE.
- ( Marine ) Chasser sur son ancre , ou sur ses ancres, se dit d’un vaisseau au mouillage , qui est emporté , soit par la violence du vent, soit par l’effet de la mauvaise tenue du fond , et qui dérive , en traînant après soi ses ancres qui labourent le fond.
- CHASSIE, s. f. du latin cœeare aveugler, dont les Espagnols ont fait cecujoso , pour chassieux.
- [Méd. ) Humeur visqueuse et sulfureuse , qui suinte des bords des paupières , et qui sert à les lubréfier. Quand cette humeur est épaisse et âcre, elle colle les paupières elles enflamme : c’est ce qu’on appelle iippitude. V. ce mot.
- CHASSIS, s. m. du latin capsi-ciüm , formé de capsum, qu’on a dit par métaplasmè pour capsa, cassette.
- ( Technologie ) Châssis se dit
- Î;énéralement de tout assemblage de cr ou de bois assez ordinairement carré, destiné à environner un corps et à le contenir. Il y a peu d’arts et ^eme assez peu de machines considérables , où il ne se rencontre des Ciâssis ou des parties qui en font 4 fonction sous un autre nom. {Jardin. ) Des châssis, en5termes de jardinage , sont un assemblage “e pièces de bois jointes par des rai-?dres, et où l’on ménagé des fenil— nres pour y faire entrer des panneaux de vitres. Onposeces châssis laclinés sur des pièces de bois sou-jeuues par des murs construits en rique ; on les échauffe par un four-eau placé dans l’intérieur , et dont es conduits de brique portent la cha-Qr tout autour entre deux murs, es châssis servent à élever des ana-. s> etc. Cette invention est due aux *1 p et aux Hollandais jCPeinture) Le châssis d’un ta-lCau est un assemblage de tringles
- de bois sur lesquelles on assujettit et l’on tend la toile qui doit servir à peindre.
- ( Gravure) On appelé encore châssis un assemblage de tringles de bois sur lequel le graveur étend et assujettit un papier huilé on vernissé, destiné à adoucir l’éclat que le jour où la lumière produisent sur le cuivre , soit qu’on grave au burin , ou biea à l’eau forte.
- CHASUBLE, s. f. du latin casu-hula , diminutif de casula, petite case, parce que le prêtre, couvert de cet ornement, a l’air d’être enfermé dans une boîte.
- ( Culte cathol. ) Ornement d’église , que le prêtre met par-dessus son aube quand il va dire la messe. Les chasubles des anciens étaient toutes rondes et fermées de tous côtés , excepté à l’endroit par où l’on passoit la tête pour les vêtir -, ainsi elles enfermoient les bras comme les autres parties du corps , et lorsqu’on vouioit faire agir les bras, onia ré-troussoit sur l’épaule , au lieu qua maintenant elles sont fendues par les côtés. Tous les papes des douze premiers siècles sont vêtus de ce» sortes de chasubles. Honorius IV est le premier que l’on voie orné d’une chape.
- Les Orientaux , lorsqu’ils célèbrent la messe dans nos églises , se servent plutôt de chapes que d» chasubles. Dans les commencemen» du christianisme , les prêtres ne se servoient ni de chapes ni de chasubles ; ils célébroient les mystères-avec les mêmes habits qu’ils avoient coutume de porter ; seulement oit gardoit les plus propres pour la célébration des mystères.
- CHAT, s. m. du latin catus , que quelques-uns croient formé de ca— tare , voir clairement ; et d’autres du grec katic ( katis ) , furet.
- ( Ilist. nat. ) Mnimal domestique mammifère, de l’ordre de* animaux carnassiers, carnivores.
- ( Mrtill. ) On appelle chat un instrument de fer à plusieurs griffes , dont on se sert pour voir s’il n’y a pas de chambres ou d’inégalités dans l’intérieur d'un canon.
- ( Marine ) Un chat est une sorts de vaisseau marchand, en usage ches les Danois et les autres nations d«,
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- Nord et de la mer Baltique. Ces bâtiment construits pour la charge ont quelque rapport avec les flûtes hollandaises; ils portent trois mâts à pible , c’est-à-dire, d’une seule pièce , et deux voiles à chaque mât.
- Chatte ; c’est le nom d’une autre sorte de bâtiment, gabare ou allège , propre à charger et décharger les vaisseaux dans le port de Roche-fort. On appelle aussi chatte une sorte de bâtiment gros et renforcé dans sa charpente ,qui est fait pour porter quelques canons de a4 , afin de défendre l’entrée d’un port. Quelques-unes de ces chattes ont été construites avec succès dans le même port de Rochefort , et expédiées pour des missions lointaines,
- ( Minéral. ) Argent de chat, or de chat ; c’est ainsi qu’on nomme le mica , lorsqu’il est d’un blanc argentin , ou d’un]aune doré.
- CHATON, s m. du latin cas-trone , ablatif de Castro , dont les Italiens ont fait caslone , enchâs-sure.
- ( Lapid. )La partie d’une bague, d’un poinçon, dans laquelle une pierre précieuse est enchâssée.
- (Botan.) On appelle chaton , en termes de botanique , un assemblage de petites feuilles ou d’écaifles florales , fixées sur un axe commun, grêle , et ordinairement pendant ; chacune d’elles recouvrant un ou plusieurs organes du même sexe, fixés sur sa base interne , à une distance notable de l’axe commun ; de manière que chaque écaille arrachée emporte avec elle ces mêmes organes. (Jette sorte de disposition de fleurs s’observe sur le saule , le peuplier , etc.
- ( Jard. ) Les jardiniers donnent le même nom à certaines fleurs attachées par groupes le long d’un filet commun. Lorsque ces chatons ne contiennent que des fleurs mâles, ils ne donnent point de fruit. Quelquefois ils n’en renferment que de femelles : souvent ils en contiennent des unes et des autres. Le chaton est encore l’enveloppe qui renferme certaines graines , et qui se fend pour les laisser se répandre , quand elles sont mûres.
- CHATOUILLEMENT , s. m. de chatouiller, anciennement catiller,
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- du latin catullire , qui exprime R prurit et la démangeaison des chiens lorsqu’ils sont en chaleur , et que l’on a étendu à toute sorte d’animaux.
- ( Physiol. ) Espèce de sensation hermaphrodite , qui tient du plaisir ; quaud elle commence , et de la douieur qu nd elle est extrême. J.ie chatouillement occasionne le rire ; il devient insupportable, s’il est poussé trop loin; il peut même être mortel , si l’on en croit plusieurs historiens.
- Il faut donc que cette sensation consiste dans un ébranlement de l’organe du toucher , qui soit léger, comme l’ébranlement qui fait toutes les sensations voluptueuses , mais qui soit cependant assez vif pour jeter l’ame et les nerfs dans des agitations , dans des mouvemens plus violensque ceux qui accompagueut d’ordinaire le plaisir, et par-là cet ébranlement approche des secousses qui excitent la douleur.
- CHATQYEMENT , s. m. de CHAT.
- {Minéral.') Reflet, tantôt blanc, tantôt coloré : cette expression a été composée avec le mot chat, parce que i’œil de cet animal offre différentes couleurs , selon le côté par où la lumière le frappe. La nacre de perle , le burgos , la pierre de Labrador , l’opale , quelques feld-spaths chatoyent et présentent les couleurs de l’iris, Un dit d’une pierre qui offre ces sortes de reflets> qu’elle est chatoyante.
- CHAUD , adj. V. CHALEUR.
- CHAUFFER, v. du îat. calefare, contraction , de calefacere , rendre chaud.
- (Marine) Chauffer un vaisseau ; c’est, lorsqu’on le carène , brûler soc des plates-formes flottantes, appel' lées rats de carène , ou ponts fiot: tans , placés le long de sa quille a fleur d’eau , des branches menues de pin , ou d’autre bois , faisant un feu clair comme un feu de paille/ afin de dissiper la partie submergé du vaisseau, de détruire par le lea l’ancien enduit, les herbes et Ie coquillages marins qui s’j étoien attachés , de mettre les bordages e coûtures à nud, pour les rûietl visiter, et y appliquer ensuite u
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- nouveau corroi. V. COR.ROI, CARENE.
- CHAUME , s* m. du latin ca-lamus.
- ( Botan. ) Espèce de tuyau ordinairement fistuleux , garni de plusieurs nœuds ou articulations : c’est la tige des graminées qu’on nomme vulgairement paille : le chaume du felé , le chaume du seigle. De chaume , on a fait culmifère, pour désigner les plantes qui ont pour titre un chaume.
- °CHAUSSÉE , s. f. du latin cal-cata , formé de calcare, marcher, fouler aux pieds.
- ( Architecture ) Levée de terre que l’on fait au bord de l’eau * pour soutenir , pour retenir l’eau d’une rivière ou d’un étang.
- C’est encore une levée qui se fait dans des lieux bas , humides et marécageux , pour servir de chemin , de passage.
- Les horlogers donnent le nom de chaussée à une pièce de la cadra-ture d’une montre.
- ( Histoire nat. ) Chaussée des géants ; le vulgaire appelle ainsi un assemblage de basaltes qui ressemble à une réunion de colonnes , et que les habitans de l’Irlande regardent comme une fabrique due à des êtres surnaturels.
- CHAUSSURE , s. f. du latin cal-Cearium.
- ( Costumes) Les Grecs et les Romains ont en des chaussures de cuir ; les Egyptiens de papyrus; les Espagnols de genet tissu ; les Indiens , les Chinois, et d’autres peuples , de jonc , de soie , de lin , de bois , d’écorce d’arbres , de fer * d’airain , d’or , d’argent. Chez les Romains , les magistrats et les Empereurs portèrent des chaussures de soie rouge , et aussi de toile de lin fort blanche , brodée et enrichie de perles et de diamans. Telle étoit la chaussure d’Antonin surnommé le Philosophe , et de ses successeurs jusqu’à Constantin.
- Les Romains de la classe ordinaire portoient des chaussures noi-£es , et leurs femmes des chaussures blanches. On distinguoit celles des sénateurs , des patriciens et de leurs cnfans par un croissant fait en for-^ de Ç, ce qui donnoit à connaître
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- qu’ils descendaient du nombre des cent sénateurs ou patriciens que Romulus institua avec sa nouvelle ville. Ces croissans étoient les uns d’or, les autres d’argent ou d’ivoire, tous ornés de diamans et d’autres pierres précieuses.
- Les grands magistrats et les généraux , aux jours de cérémonies et de triomphes , portoient des souliers rouges ; les esclaves marclioient nus
- Les anciens Français avoient des chaussures ;dorées en dehors et ornées de courroies et de lanières longues de trois coudées. Telle étais la chaussure de Charlemagne et de Louis-Le-Débonnaire.
- Sous le règne de Philippe-Le-Bel, on vit s’établir une chaussure bizarre , qu’on nommoit souliers à la poulaine , du nom de Poulain , son inventeur. Elle linissoit en point» plus ou moins longue , selon la qualité des personnes. Elle étoit de deux pieds ( six décimètres ), pour les princes et les grands seigneurs; d’un pied f trois décim. ) pour les riches 5 d’un demi pied (seize centimètres), pour les gens du commun.C’est de là qu’est venu le proverbe.- Il est sur un bon pied. Cette ;chaussure attira l’attention des évêques, des magistrats et des conciles qui fulminèrent longtems contre elle , mai» inutilement.
- Cette mode fut suivie d’une autre aussi ridicule: on fit des pantoufles qui avoient plus d’un pied ( trois décimètres )•, de large.
- Les dames vénitiennes ont porté pendant un teins une chaussure extrêmement élancée ; il y en avoît qui étoient montées sur des souliers hauts de trois pieds ( neuf décimètre';.
- CHAUX, s. f. du lat. calx, formé de caleo , être chaud , enflammé.
- ( Chimie ) La chaux est une des neuf terres simples, ou du moins qui sont regardées comme telles. Elle est très-répandue dans la nature , et entre dans la plupart des corps.
- La Chaux est de toutes les terres la seule qui ait une saveur âcre, chaude , presque caustique ; elle verdit fortement le sirop de violette^ elle attire l’eau atmosphérique dans
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- son extinction à l’air ; elle s’échauffe beaucoup avec l’eau , et la solidifie avec elle , en dégageant une très-grande quantité de calorique dans son extinction à sec. Elle donne , en se dissolvant , une lueur phos-p’norique , et devient fusible , mêlée à d’autres terres.
- ( Mgric. ) Quoique l’emploi des terres calcaires soit en usage depuis très-longtems dans tous les pays où l’agriculture est florissante , on est encore bien éloigné de connoître à quelle cause on doit attribuer leur effet. Il y a peu de questions relatives à cette nature d’engrais qui méritent plus d’être examinées, que celles qui ont rapport à la causticité, à la matière carbonique de la chaux, et à la variété qui existe dans les différentes pierres calcaires.
- Les uns prétendent qu’avant d’employer la’chaux , il faut l’éteindre ; d’autres qu’il faut la mêler avec la terre le plutôt possible , afin que son effet ne diminue pas en restant exposée à l’air ; mais tous conviennent que la terre calcaire est de la plus grande importance pour le procédé de la végétation , et que la découverte de sa manière d’opérer Feroit connoître le meilleur moyen de l’employer , et les causes qui peuvent suspendre ou empêcher sou action on la favoriser ; et cette découverte contribueroit infiniment aux progrès de l’agriculture.
- ( Matière médic.) Chaux signifie parmi les apothicaires tout ce qui a subi une calcination ou corrosion chimique. Comme terre absorbante , la chaux convient dans les maladies qui ont pour cause le développement et l’abondance des acides dans les premières voies, et généralement dans tous les cas qui dépendent de l’inertie, du relâchement et de la foiblesse des fibres de l’estomac. Elle est un excellent remède détersif : on la donne avec succès dans les ulcérations des viscères , même dn poumon.
- CHAVIRER, v. a. composé de caput, tête, et de virer, renverser.
- ( Marine ) C’est l’action de se renverser, en parlant d’un bâtiment à la voile , lorsqu’ayant trop de voiles au vent et trop peu de lest dans son fond, la force du vent le
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- fait tourner sur le côte', de façon que la quille reste hors de l’eau, et sa mâture avec ses agrès horizontalement sur la surface de la mer. Un bâtiment en cet état est ordinairement perdu sans ressource, si c’est en pleine mer.
- CHEREC, s. f. de l’arabe ou de l’espagnol Xebeque.
- (Marine) Espèce de bâtiment de la Méditerranée , destiné ordinairement pour la guerre et portant de i4 à 11 canons en une seule batterie. Ces bâtimens vont à voiles et à rames ; leur construction les rend nropres à naviguer avec une grande vitesse.
- CHEF , s. f. du grec (ke-
- phalé ) , qui signifie caput, tête.
- (-Astron. ) Chef de lépycicle, ou apogée de Vépycicle /c’est la partie la plus éloignée de la terre.
- (Législat.y Chef, se dit des dispositions d’un édit , d’une loi, etc.
- (Pratique) Chef dJaccusation ; c’est un des objets de la plainte ou de l’acte d’accusation. — Chef de demande , un des objets d’une demande formée en justice. — Greffier en chef, c’est le premier greffier d’un tribunal. — En parlant de biens, d’un héritage , d’une succession , de son chef veut dire de son côté. f
- ( Économ. polit. ) Chef se dit figurément de celui qui est à la tête d’un corps , d’uue armée, d’une assemblée , d'une corporation , etc.
- ( Marine ) Chef d’escadre ; c’est ce qu’on entend aujourd’hui par contre-amiral. V. ce mot.
- ( Chirurgie ) On appelle chef le rouleau d’une bande. Lorsqu’on la roule par les deux bouts, on la nomme bande roulée à deux chefs. Le bandage à 18 chefs est composé de trois morceaux de linge appliqués les uns sur les autres et coupés par les côtés en deux endroits, pour faire 18 chefs, d’ou vient son nom.
- (Technol ) Chef -d‘œuvre ; c’est un ouvrage que faisoient autrefois les ouvriers pour faire preuve de capacité dans le métier où us vouloient se faire passer pour maîtres.
- (Sciences et arts.) Chef-d’æuvTS
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- se dit figurement d’un ouvrage parfait, en quelque genre que ce puisse être. ,
- CHEIROPTERES , s. m. composé de deux mots grecs %% 10, main, «t de irrspov , aile : mains ailées,
- ( Hist. nat. ) Quelques naturalistes ont donné ce nom à un genre d’animaux mammifères dont les doigts antérieurs très - longs , forment un angle très-ouvert, et dont l’intervalle est rempli par une am -pie membrane qui leur sert de voile pour partager avec les oiseaux l’empire de Tair. C’est la ressemblance de leurs pattes membraneuses avec des ailes qui leur a fait donner ce nom. La chauve-souris est un chei-roptère.
- CHEMIN , s. f. de l’italien ca-mino, formé de campinare , diminutif de campare , qui pourroit venir du grec jambes, parce
- que les jambes servent à marcher : voie , route, espace par où l’on va d’un lieu à un autre.
- • ( Architect, civile ) Les règle-mens des premiers peuples concernant les grands chemins sont inconnus, ceux d’Athènes , de Lacédémone et de Thèbes étoient très-sages : c’est aux Carthaginois qu’on attribue l’honneur d’avoir, les premiers , fait paver les grands chemins. Les Romains suivirent leur exemple , et, comme presque tous les imitateurs , ils renchérirent sur leurs modèles.
- Des chemins spacieux, solides et entés, de mille en mille, de colonnes de marbre , s’étendoient de tous côtês , depuis les extrémités occidentales de l’Europe et de l’Afrique, risques dans l’Asie -Mineure , et ‘«isoient environ 4o mille lieues (t55g-ï myriamètves ) de France. Malgré une si prodigieuse étendue , “s étoient entretenus avec autant de ®otn que le permeltoit la situation de l’Empire. En France, on ne s’est Point occupé des chemins publics , *xant le règne de Charlemagne ; Cest le premier des rois de France 9111 J ait fait travailler ; mais ils Urent ensuite négligés pendant près oe ioo ans. Philippe-Auguste, après avoir fait paver la ville de Paris , R°ttnua des officiers pour veiller aux P°nis et chaussées. Henri IV créa Tout, J.
- CHÉ 2%
- l’office de grand-voyer en faveur de Sully.
- Chemins militaires ; c’étoient , chez les Romains , des chemins pratiqués pour env oyer les armées dans les provinces de l’Empire.
- Chemin double ; un chemin pouf les charrois , à deux chaussées, l’un pour aller, l’autre pour venir. Ces deux chaussées étoient séparées en iorme deâbanquettes , et pavées de briques pbur les gens de pied.
- Chemin ferré ; un chemin pavé d’une pierre extrêmement dure. On appelle aujourd’hui chemin ferré , un chemin dont le sol est de vive roche , ou formé d’une aire de cailloutage.
- Chemin de fer”, on appelle ainsi des chemins nouvellement prati-que's en Angleterre et au Mont-Cénis en France , pour le transport des minerais et des charbons. Le principe pour la construction de ces chemins est de les former de barres ou gueuses de fonte parallèles , placées et scellées dans des soubassemens de pierre , en laissant entre les barres parallèles une voie de quatre pieds deux ponces (ù,34 mètres ) de large. Il faut que le chemin ait une pente d’au moins un pouce (2,70 centimètres que les parallèles aient une pente égale, et que le chemin soit rendu sec de chaque côté par des saignées, pour éviter les dégradations des eaux pluviales.
- Un cheval passablement vigoureux a traîné facilement sur un chemin de fer d’une pente moindre que celle indiquée ci-dessus , vingt-un chariots accrochés les uns à la suite des autres , et chargés de houille , pesant en tout 70 milliers.
- ( Art milit. ) Chemin couvert ; c’est une espèce de rez-de-chaussée sur le borcî du fossé , du côté de la campagne, large de trois à quatre toises ( 7 mètres environ ) , couvert d’un parapet qui règne tout au tour du fossé.
- Chemin de rondes ; c’est l’espace qu’on laissoit anciennement pour le passage des rondes , entre le talus extérieur du parapet du corps de l’ouvrage d’une place et la muraille du revêtement exhaussée à hauteur d’appui.
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- ( Marine ) Chemin , en terme de marine, est la quantité ou mesure de l’espace que parcourt un vaisseau dans un teins limité ; de là ces expressions : Nous avons fait beaucoup de cheminy nous avons fait 70 lieues de chemin pendant les a4 heures.
- CHEMINEE , s. f. du lat. barbare caminata, formé de caminus, qui vient du grec x.a.pivos. ^
- (.Architect. civile ) L’eSraroit où l’on fait le feu dans les maisons , et où il y a un tuyau par où passe la fumée. Quelques écrivains prétendent , contre l’opinion de plusieurs autres , que les cheminées ont été en usage chez les anciens, et ils se fondent sur l’autorité de Virpile :
- Etjam summa procul villarum culmina fumant.
- Sur celle d’Appien-Alexandre , qui, racontant de quelle manière se ca-cboient ceux qui étoient proscrits par les triumvirs , dit qu’il y en avoit qui se cachoient sous les toits et dans les cheminées.
- Aristophane , dans une de ses c*médies , introduit le vieillard Po-lycïéon enfermé dans une chambre d’où il tâcha de se sauver par la cheminée.
- Suétone nous apprend que la chambre de Yitellius fut brûlée , parce que le feu avoit pris à la cheminée.
- Cependant le peu d’exemples qui nous en reste des anciens , et l’obscurité des préceptes de Vitruve sur ce sujet, font juger que les étuves , dont ils avoient des appartemens entiers échauffés comme par des poêles , leur faisoit négliger cette partie du bâtiment que le froid de notre climat nous a contraints de rendre un des principaux ornemens de notre habitation.
- CHEMISE , s. f. du lat. barbare camisca ; vêtement de linge que l’on porte sur la chair , et qui prend depuis le cou et les épaules jusqu’aux genoux.
- ( Fondeur ) Chemise se dit de chaque couche de potée qu’on emploie pour faire la chape d’un moule.
- (Fortification) On dit la chemise d’un bastion ou d’un autre ouvrage, pour la muraille de ma—
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- connerie dont un ouvrage est revêtu.
- ( Commerce ) Les marchands appellent chemise un morceau de toile dont ils enveloppent des marchandises précieuses.
- ( Marine ) O11 appelle chemise à feu soufrée an morceau de vieille toile à voile trempée dans un mélange de soufre, d’huile, de camphre et d’autres matières combustibles, destinée à être clouée contre un vaisseau ennemi auquel ou vent mettre le feu. Cette opéralion, qui doit se faire de nuit et avec une chaloupe , demande beaucoup d’adresse , de sang-froid et d’intrépidité.
- CHEMOSIS , s. f. par corruption CHYMOSiS, formé du grec Retira, ( chainô ) , bâiller.
- ( Chirurgie ) C’est une maladie des yeux qui procède d’une inflammation par laquelle le blanc de l’œi l s’élève au-dessus du noir, et déborde de façon qu’il forme une espèce de bourrelet ou à’hiatus , d’où cette maladie prend son nom. Cette maladie se termine quelquefois par la suppuration de l’œil, et alors la cécité est ^inévitable , ou tout ait meinsjil reste une taie sur l’œil. Les symptômes sont un poids au-dessus de l’orbite , des douleurs cuisantes dans toute la tête, l’insomnie, un pouls élevé , fort et fié* quent.
- CHENAL, s. m. du latin cana-lis , dont les Italiens ont fait ca-nale , et les Anglais channel.
- ( Marine ) Passage étroit et tortueux entre des terres , ou entre des bancs de sable ou des écueils , pat où un vaisseau peut passer , moyen* nant un pilote , ou quelqu’un qw soit pratique du lieu ; mais où il ne pourroit s’aventurer sans danger.
- ( Navigation intér.) Le chenal est aussi le courant d’eau le ph'1 profond et le plus navigable d'un fleuve ou d’une rivière.
- De chenal on a fait chenaler > pour passer entre des îles ou des écueils , en variant sa route , sul' vaDt leurs gisemens.
- CHEPTEL, s, m. dérivé, savant quelques-uns, de capital11’ fonds.
- (Pratique) Le cheptel, ou chef'
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- CHE
- tell, est un bail par lequel le pro-«riétaire de bestiaux les donne * _ .____ »_______r______ : ^ ^
- pour
- un tems à son fermier, afin
- d’améliorer le domaine qu’il lui a loué, ou , plus ordinairement, pour eu partager le profit avec lui. Dans ce dernier cas , c’est une espèce de société entre le maître du troupeau et le pâtre. On a dit autrefois càap-tel, chatel et chetel. Les Anglais appellent cattel , cattle, le bétail lai-même ; ce qui pourrait jeter quelque lumière sur la véritable étymologie de ce mot.
- CHERCHE, s. f. du v. chercher, dérivé du latin circare , dont le,s Italiens ont fait cercare ; parce que ceux qui cherchent quelque chose , sont dans l’usage de tournoyer , ou de courir autour des lieux où ils croient la trouver.
- ( Architect. mécart, ) Ce nom a plusieurs applications en mécanique: on le donne, i°. aux différentes courbes , selon lesquelles on pratique le renflement léger qui fait tant à l’élégance.des colonnes. C’est en effet cette courbe qu’on suit poulies ioniques et les corinthiennes renflées à la manière de Vignole.
- 2°. Au trait d’un arc surbaissé ou rampant , déterminé par plusieurs points ou intersections de cercles , ou d’autres courbes , ou de droites ou de courbes. La cherche , ou cerce que l’on dit aussi dans ce cas, est surbaissée quand elle a moins d’élévation que la moitié de sa base , «t surhaussée! quand le rapport de la hauteur à la base est plus grand que celui de 2 à 1.
- 3°. Au développement de plusieurs circonférences fait selon quelques lignes verticales; pour cet effet, il faut concevoir un fil élastique courbé cir-culairement, de manière que toutes les circonférences on tours tombent les uns sur les autres : si l’on fixe a terre la première circonférence , ^ qu’eu pressant le bout du fil élastique on le tire en haut, on aura *e développement appelé cherche , et l’on donnera à ce développement
- épithète de ralongé , et autres , *elon le rapport qn’il y aura entre ,a circonférence la plus basse, et pelles qui s’élèveront en spirale au-dessus de cette circonférence.
- Au profil d’un contour courbe,
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- découpé su? une planche même , pour diriger le relief et le creux d’une pierre , en indiquant au tailleur les parties qu’il doit enlever. Si la pierre doit être concave , la cherche est convexe ; si au contraire, la cherche est concave , c’est la pierre qui doit être,convexe.
- CHERCHÉE , adj. de chercher, du latin circare.
- ( Alg. géom. ) Les algébristes et les géomètres appellent ainsi la quantité qu’il s’agit de découvrir, quand on propose un problème. On distingue dans chaque problème les quantités connues et la quantité on les quantités cherchées. L’art des équations consiste à comparer et à combiner les quantités connues et les quantités cherchées , comme si les unes et les antres étoient connues ; et à découvrir, par le moyen de cette combinaison , les quantités cherchées, c’est-à-dire , à parvenir à une équation où la quantité cherchée soit exprimée sous une forme qui ne renferme que les quantités connues.
- CHERCHEUR, s. m. de chercher , du latin circare.
- ( Âstron. ) Petite lunette que l’on adapte aux télescopes ou aux fortes lunettes achromatiques ,* dont le champ est petit, et cela pour trouver plus facilement les astres. Le chercheur a un très-grand champ , et l’on y met l’astre fort aisément; on le fait venir sur les fils qui s# croisent au foyer du chercheur ; et si son axe est exactement parallèle à celai du télescope , l’astre se voit ' au milieu du champ du télescope.
- CHÉRIF , ou SCHERIF , ou SHERIF,s. m. Les Arabes écrivent scherîf, formé du verbe scharafa , exceller en noblesse et en gloire.
- ( Econ. polit. ) C’est le titre que portent différens princes arabes , comme le prince de la Mecque, le prince de Médine ; c.’est celui qui doit succéder au calife. Le roi de Maroc se qualifie de chérif des chê-rifs , c’est-à-dire , le premier et le plus puissant des saccesseurs de Mahomet.
- On appelle généralement chêrifs tous les descendans de Mahomet. Cette race des enfans du prophète tire son origine de Fatime , fille de
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- Mahomet, épouse d’Aly, laqueltë eut deux fils, Hassan et Hussein , qui ont fondé deux grandes maisons dans le mahométisme , et qui sont les pères de tous les chénfs , ou descendans de Mahomet.
- CHERSONESE , s. f. mot grec composé de yçpo-oç (chersos) , terre , et de vStf-oc (nêsos ), île , c’est-a-dire , île qui tient à la terre fei'me : presqu’île.
- ( Géogr. ) Ce mot signifioit autrefois presqu’île , péninsule , ou partie du continent, presque environnée des eaux de la mer ; ainsi , les anciens ont donné ce nom à plusieurs contrées entourées de la mer , telles que le Péloponèse , l’Helles-pont : il n’y a aujourd’hui que la Chersonèse Taurique , ou la Crimée , qui ait retenu cette dénomination.
- CHERUBIN , s. m. de l’hébreu keroub, dont le pluriel est keroubim.
- ( Culte cathol. ) Esprit céleste , qui dans la hiérarchie est le premier après les séraphins.
- Moïse mit l’arche d’alliance sous les ailes des chérubins qu’il fit élever dans le sanctuaire. C’étoient des figures humaines qui avoient des ailes , et qui représenloient des anges. C’est de là que ce nom a été donné au second ordre des anges.
- ( Peinture , Sculpture ) Un chérubin est un ouvrage de sculpture ou de peinture , qui représente une tête d’enfant avec des ailes.
- CHEVAL , s. m. du latin cabal-lus , dérivé du grec xstfaxxne ( Ica— balles ) , une bête de somme.
- (liist. nat.) Le cheval est rangé dans le tableau méthodique de M. Cuvier , dans le neuvième ordre des animaux mammifères ; celui des so-îipèdes à un seul doigt,un seul sabot.
- Le cheval ordinaire existe encore sauvage dans quelques contrées de l’Asie ; mais sa domesticité remonte à la plus haute antiquité. Les degrés successifs de ses dents incisives indiquent son âge pendant les huit premières années de sa vie ; passé ce tems , il est hors d’âge , il ne marque plus ; mais il rend encore des services importans. Exécuteur docile de tous les mouvemens qui lui sont commandés , l’homme le dresse pour la course et pour les combats. Il partage avec le bœuf,
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- les occupations du labourage et transport des denrées. 11 vit ordinairement 26 ans. Il dort debout, ou sur un lit de paille sur la litière. Malgré sa force et sa beauté il est délicat et faciie à blesser. Outre les services nombreux qu’il rend pendant sa vie , il est encore utile après sa mort : sa chair se mange dans des tems de disette. Le lait de jument est la seule boisson de plusieurs peuples de l’Asie ; son cuir sert à faire des harnois ; avec le poil de sa crinière et de sa queue, qu’on appelle crin , on fabrique des boutons , des tamis, des toiles, des cordes , des archets d’instrumens, différens tissus ; on en bourre des selles, des coussins et des matelas; enfin , de sa graisse on tire une huile dont se servent les émailleurs pour brûler dans leurs lampes. V. HARAS , ETALON , JUMENT, POULAIN.
- ( Equitat. ) Cheval de bois , se dit d’une figure de bois à-peu-près faite à la ressemblance d’un cheval, sur laquelle on apprend à voltiger.
- ( Discipline rnilit. ) Cheval de bois se dit aussi d’une pièce de bois sur des tréteaux , laquelle est taillée en arrête , ayant une tête de cheval. On s’en servoit autrefois pour punir des soldats.
- (Art militaire') Cheval défrisé ; machine de guerre qui est une grosse pièce de bois traversée de longues pointes qu’elle présente de tous côtés. On met des chevaux de frise à l’entrée d’une brèche pour arrêter les assiégeans. L’infanterie se sert aussi de chevaux de frise plus légers, pour arrêter ht cavalerie en campagne. Cette machine a été ainsi appelée , parce qu’elle a été inventée par les Hollandais de la province de Frise, a Groningue.
- CHEVALET , s. m. du lat. cu-bulletus, diminutif de cubullus ; instrument employé dans plusieurs arts pour soutenir quelque chose.
- ( Archet. ) On appelle chevalet une pièce de bo-s assemblée en tra' vers sur d’aut. pièces à - plomb pour soutenir des planches , *^eS solives , etc.
- ( Imprimerie ) C’est ce qui soutient le tympan lorsqu’il est ouvert*
- (Relieur) Le bois sur lequel le te
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- fleur ratisse les peaux dont il së sert.
- (Peinture) Machine qui sert à soutenir les tableaux à une certaine hauteur ; c’est delà qu’on appelle tableau de chevalet un petit tableau qu'on a travaillé et fini avec soin.
- ( Luthier) Morceau de bois qui soutient les cordes de violon daus une élévation convenable.
- ( Coutelier). Planche de 3 ou 4 pieds.de longueur, sur laquelle est couché le coutelier lorsqu’il aiguise ses outils.
- ( Artificier ) Poteau à mettre les {usées , dont la partie supérieure a la figure d’un rateau.
- CHEVALIER ou CAVALIER, s. m. du lat. cahallarius ou ca-ballaris , dont les italiens ont fait cavalière.
- (Economie politique ) Les chevaliers Romains tenoient le second rang dans la république. Ils por-toient un anneau d’or au doigt pour marque de leur dignité.
- Dans le tems de la fondation de Rome , toute la milice de Romulus consistoit en 5ooo hommes d’infanterie et 3oo hommes à cheval. Ces trois centuries à cheval furent la première origine des Chevaliers romains.
- Eu France , jusqu’au règne de François Ier, la chevalerie étoit une dignité et un des principaux titres d'honneur que les militaires pussent acquérir. On les distinguoit eu deux clc&ses , les bannerets et les bacheliers. Ce prince créa une troisième classe composée de magistrats et de gens de lettres , que l’on nomma chevaliers- ès-lois , et qui parve-noient à cette dignité par leur mérite et leur capacité.
- ( Jeu d’échecs ) On appelle chevalier ou cavalier une des pièces du jeu, dont la marche est d’aller du b'anc au noir et du noir au blanc , en sautant obliquement. Il faut que le roi se déplace quand le chevalier lui donne échec , et l’on ne cou-*fe point l’échec du chevalier. On dit le chevalier du roi ,1e chevalier de la dame.
- CHEVAUCHER, v. n. du latin barbare caballicare , dont les Espagnols ont fait cabalgar, et les Italiens cavalcare.
- (Equitat. ) Ce mot signifioit an-
- CHE an-
- ciennement aller à cheval. Il n’est guères d’usage aujourd’hui que dans ces phrases : chevaucher court, chevaucher droit, pour se servir d’étriers courts ou longs.
- ( Fauconnerie ) On dit d’un oiseau de proie qu’il chevauche le vent , quand il se roidit contre le vent.
- (Imprimerie) Chevaucherez dit encore des lettres qui sortent de la ligne à laquelle elles appartiennent. '
- (Botan.) De chevaucher, les botanistes ont fait chevauchantes ( equitantia ), pour signifier les feuilles qui, étant pliées comme en gouttières aigues ou angulées pqr le dos , sont appliquées les unes sur les autres. Le chevauchement ne diffère de Vimbrication qu’en ce que celle-ci a lieu entre des parties ou planes ou seulement convexes par le dos.
- CHEVÊTRE , s. m. du latin ca-pistum, composé des mots caput, tête , et de claustrum , lien , licou.
- (Chirur.) Bandage dont on se sert pour la fracture et la luxation de la mâchoire inférieure , ainsi nommé à cause de sa ressemblance à un licou.
- CHEVEU, s.m. du lat. capillus ? contraction, de capitis pilus, poil de la tête.
- ( Anat. ) Les cheveux sont les poils les plus longs du corps humain ; ils occupent la plus grand© partie de la tête dont ils font l’or^ nement. En toute autre partie on les nomme poils.
- Chaque cheveu est un filament cylindrique et creux où circule une humeur qui est filtrée par une petite bulbe ou oignon que forme la racine de ce filament. Ces bulbes tiennent aux lioupes nerveuses , et c’est ce qui sert à expliquer pourquoi on ressent de la douleur quand on arrache un cheveu. Les noeuds que l’œil , armé du microscope , découvre de distance en distance , dans le trajet des cheveux, sont peut-être d’autres bulbes où la liqueur nutritive de ces filets se purifie de plus en. plus.
- ( Perruquier ) Faux cheveux. Quoique les faux cheveux fassent, connus des anciens Romains , l’usage en est cependant très-moderne en France. L’année 1620 vit éclore à Paris les premières perruques >,
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- elles étoient composées de plusieurs cheveux passés, un par un, par le moyen d’une aiguille , an travers d’un léger canepiu , pour mieux imiter la nature ; pour lors elles étoient toutes à calottes. Ensuite fut inventé l’art de tresser les cheveux , et on passa dans une autre extrémité. Les perruques tressées que l’on poi'toit sur la fin du règne de Louis XIV., étoient d’un volume et d’un poids considérables.
- (llist.)'Ltea longs cheveux étoient, chez les anciens Gaulois, une marque d’iionneur et de liberté. César, qui leur ôta la liberté , leur fit couper les cheveux. Chez les premiers Fiançais la longue chevelure fut particulière aux rois et aux princes du sang ; les autres portèrent les cheveux coupés courts autour de la tête. On prétend qu’il y avoit des coupes plus ou moins hautes , selon le plus ou le moins d’infériorité dans les rangs ; mais les longues chevelures furent principalement défendues à ceux qui einbrassoient l’état ecclésiastique.
- Autrefois on juroit sur ses cheveux , et c’étoit un raffinement de politesse) de s’arracher un cheveu en rencontrant son ami, et de le lui offrir.
- Vers l’an 1116 , les cheveux longs parurent un luxe et une mollesse. Quatre-vingts ans après , un canon exclut de l’entrée de l’Eglise
- uiconque en porteroit ; et le jour
- e Noël , à la messe , Godefroi, évêque d’Amiens , refusa , à Saint-Omer , en présence de Robert comte de Flandre , les offrandes de ceux qui les avoient conservés.
- François I.er porta les cheveux courts à cause d’une plaie qu’il avoit à la tête ; les courtisans suivirent son exemple , et le peuple imita les courtisans. Aujourd’hui les gens du inonde portent sans conséquence les cheveux iongs ou courts.
- (Botan) Les botanistes appellent chevelure , capillamentosa une racine chargée ou formée d’un grand nombre de fibres ou ramilles déliées et groupées de manière à avoir quelque ressemblance avec une chevelure. Iis appellent encore graine, chevelure , semen comatum , celle qui est terminée par un amas de
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- poils longs et naissans de sou tégument propre.
- CHEVRE , s. f. du lat. capra, formé de carpere, brouter, ou de crépita crurum , les sauts et les bonds de ces animaux : la femelle du bouc.
- (Hist. nat. ) Le lait de la chèvre est excellent ; sa chair est moins mauvaise que celle du bouc ; sa peau s’emploie comme celle du mouton j son poil est plus dur que la laine 5 on en tisse cependant’ plusieurs étoffes , et on en fabrique du galon et des boutons. La chèvre aime surtout les pays montagneux ; elle pa-roît souvent suspendue sur la cime des rochfers.
- ( Mécan. ) Chèvre est uue machine mpbile qui est d’un grand visage , particulièrement dans les ports, pour mouvoir divers fardeaux. Elle est composée de trois pieds, dont deux sont joints solidement ensemble ; l’autre sert de support aux deux premiers ; au sommet est un palan, et en bas un cric servant de treuil, sur lequel on manoeuvre le garant du palan par le moyen des barres dont on le garnit.
- CHEVROTER, v. n. de chèvre. {Musique} C’est , au lieu de battre nettement et alternativement du gosier les deux sons qui forment la cadence ou le trill, en battre un sejil à coups précipités , comme plusieurs doubles-croches détachées et à l’a-nisson ; ce qui se fait en forçant dn poumon l’air contre la glotte fermée , qui sert alors de soupape ; eu, sorte qu’elle l’ouvre par secousses pour livrer passage à cet air, et s« referme à chaque instant par une mécanique semblable à celle du tremblant de l’orgue. Le chevrotte-ment est la désagréable ressource de ceux qui , n’ayant aucun trill, en cherchent l’imitation grossière; mais l’oreille ne peut supporter cette substitution, et un seul chevrotte-ment, au milieu du plus beau chant du monde , suffit pour le rendre insupportable et ridicule.
- CHIAOU , s. m. mot turc qnJ signifie envoyé.
- ( Econ. polit. ) C’est un officier de la Porte du Grand Seigneur , qnl fâit l’office d’huissier. Il assigne les particuliers pour accommoda
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- JeUrs différens; et les prisonniers de distinction sont mis sous sa carde. Le Grand-Seigneur a coutume de choisir quelqu’un de’ ce râng pour l’envoyer en ambassade vers les autres princes.
- Les chiaous ont un chiaous , laschi, qui marche à leur tête , et qui assiste au divan , où il introduit ceux qui y ont des affaires.
- CHICANEUR , s. m. du grec trtxa.vbç (sikanos) , qui a signifié d’abord un Sicilien , et ensuite fourbe, trompeur , parce que les Siciliens passèrent pour tels.
- Celui qui chicane , qui conteste, qui vétille sur les moindres choses.
- ( Marine ) Chicanerie vent-, c’est lorsqu’un vaisseau est au plus près , gouverner de façon à en approcher le plus qu’il est possible , et ne donner aux voiles que l’obliquité absolument nécessaire pour que le veut puisse frapper la surface postérieure des voiles. C’est une mauvaise pratique que de chicaner le vent ; on va de cette manière plus lentement, et on risque de prendre vent devant. Il vaut mieux faire porter un peu plein , parce qu’alors on fait plus de chemin , et la dérive est moins considérable ; ce qui dédommage suffisamment de la direction un peu plus déviée de la route.
- CHICORÉE, s. f. du latin cicho-rea, c’est un mot égyptien , dont les Grecs modernes ont fait xi%oopiov ( kichôrion. )
- ( Mat. méd. ) Les feuilles , les tiges et la racine de la chicorée sauvage fournissent un suc blanchâtre , et d’une saveur amère , dont l’usage est très-recommandé dans tous les cas où il faut diviser les humeurs épaisses et visqueuses, les tendre fluides , et rendre les sécrétions plus abondantes.
- {Méd. diét. ) 11 existe en Allemagne des manufactures de poudre ue chicorée, que l’on substitue ou <pie l’on mêle avec le café. La France en fait déjà une assez grande consommation.
- ( Agric. ) Dans l’agriculture moderne la chicorée est devenue une plante fourrageuse, excellente pour ‘es bêtes à laine et à cornes, et sa culture donne des produits considérables dans un terrein humide.
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- CHIEN, s. m. dugr. kvùcv (Jcuôn)t du latin canis.
- ( Hist. nat. ) Le chien est un animal carnassier , carnivore , que M. Cuvier a x'angé dans le troisième ordre de ses mammifères.
- Le chien de berger a les oreilles droites, l’extrémité de la queue flo-connée. 11 n’est pas beau, mais utile.
- C’est le gardien vigilant de nos troupeaux et le compagnon fidèle du berger.
- Le barbet a les oreilles longues et pendantes , le corps et la queue, couverts de lougs poils. On s’en sert pour la chasse des animaux aquatiques.
- L’ épagneul a les oreilles soyeuses, longues et pendantes.
- Le bichon est couvert d’un poil long et soyeux.
- Le dogue a les oreilles larges et pendantes , il garde les maisons avec autant de courage que de vigilance.
- Le danois est porté sur des pattes longues et grêles. Ses oreilles sont courtes , pointues et pendantes. Il se plaît avec les chevaux dans les écuries.
- Le chien courant est blanchâtre ; ses oreilles sont pendantes. On l’emploie principalement à la chasse du lièvre , du cerf et des animaux dont la course est rapide.
- Le basset a les jambes courtes ; il est utile pour la chasse du renard et du blaireau, qu’il force jusques dans leur terrier.
- Ces dilférentes variétés du chien ordinaire s’emploient , selon leur instinct, à des usages particuliers. L’un poursuit jusque dans sa retraite la proie qu’il doit atteindre ; l’autre va la chercher au milieu des eaux ; d’autres, l’œil fixé sur elle, la tiennent eu arrêt, et l’empêchent de fuir, jusqu’à ce que le chasseur s’en soit emparé ; ils attaquent en masse et par divisions les gros animaux , et obéissent attentivement au chef qui les commande.
- Le chien est sujet à plusieurs maladies; la plus dangereuse est la rage , qu’il communique aux autres animaux qui s’exposent à sa morsure.
- ( Astron. ) Chien est le nom que l’on donne à deux constellations de la partie méridionale du ciel, et
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- dont l’une s’appelle le grand chien, et Vautré le petit chien. Il y a dans la constellation du grand chien une étoile de la première grandeur , qui est placée à la gueule du chien , et qui est connue sous le nom de Syrius. On l’appelle aussi la canicule. C’est la plus belle et la plus brillante de toutes les étoiles fixes.
- CHIFFON, s. m. de l’arabe schif-foun , qui signifie un linge mince et usé.
- ( Papeterie ) Yieux morceaux de linge. '
- Vers le huitième ouïe neuvième siècle le papier d’Egypte commença à être moins en usage, et il fut entièrement abandonné pour un papier dhme meilleure étoffe , qui se faisoit alors avec du coton broyé et réduit en bouillie, puis séché dans des formes où il prenoit la consistance d’une légère feuille de feutre.
- Les Européens qui n’avoient pas la matière et qui ne pouvoient s’en procurer que par de grosses sommes d’argent qu’ils envoyoient en Asie, essayèrent d’en faire avec leur fil de lin et de chanvre. Ces filamens leur parurent d’abord intraitables par l’excès de leur longueur et de leur dureté ; mais enfin on s’aperçut que quand ils avoient été em-
- Îdoyés en toile et assouplis par ’usage , iis se trituroient parfaitement. L’invention du papier de chiffons attira chez nous, vers le treizième et le quatorzième siècle, cette branche importante de commerce , et le papier dont on se sert aujourd’hui n’est qu’un composé de chiffons et de vieux liuge, qui ne sont plus propres à rien.
- Les chiffonniers vont acheter et ramasser dans les villes et villages ces vieux chiffons ; après les avoir bien lavés , nétoyés et séchés , ils les vendentaux fabricans de papiers. Ceux-ci préfèrent la toile blanche et fine de lin à toutes les autres.
- Les chiffons de laine èt de soie ne sont propres qu’à faire du papier gris.
- Lorsque le chiffon est bien lavé , séché, délissé et divisé, on Je met au pressoir , puis an découpoir , pour le couper par petits morceaux, et ensuite au lavoir. M. Lovsel a
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- appliqué en l’an 2 , au blanchissage des chiffons l’art de blanchir les toiles écrues , au moyen d* l’acide muriatique oxigéné, créé pur M. Bertholet , après quoi on le réduit en pâte très-claire , au moyen des moulins à pilons ou à cylindres.
- Les moulins à pilous sont ceux dont la roue est mue par un courant d’eau , comme dans les moulins ordinaires : l’arbre qui traverse cette roue est garni de 72 moutonnets placés de distance en distance , de façon qu’à chaque tour de roue, ils élèvent quatre fois chacun des maillets ou pilons , et les laissent retomber autant de fois dans des espèces de mortiers , qui portent diff'érens noms , suivant qu’ils sont destinés à hacher , à broyer , ou a délayer la pâte. Dans les moulins à cylindre l’arbre de la roue fait mouvoir les cylindres , au lieu de maillets et le travail de la pâte , au lieu de se faire dans des mortiers, se fait dans des cuves oblongues , partagées dans leur milieu par une cloison qui laisse à chaque extrémité une com^ munication libre à la matière dans les deux parties de la cuve. L’une de ces deux parties est garnie dans son fond d’an massif qui forme deux plans inclinés en sens contraire, au sommet desquels est une platine sillonnée çn vives arrêtes, et au-dessus de cette platine un cylindre de bois armé de barres de fer de distance en distance , ce qui le fait assez ressembler à un tronçon de colonne cannelée. Quand le cylindre est mis en mouvement’, les chiffons se broient entre les vives arrêtes et la platine, retombent ensuite par le pian incliné opposé au côté par lequel on les a fait entrer, et se répandent dans toute l’étendue de la cuve -, mais on a soin de les ramener avec de longues perches dans le courant qui doit les conduire sous le cylindre.
- 11 y a trois espèces de cylindres, comme il y a trois espèces de p>* Ions , qui servent à couper, à broyer et à délayer les chiffons. Lorsque la pâte est suffisamment délayée, on la porte dans des caisses de dépôt. pour l’employer. V. PAPIER-
- CHIFFRE , s. m. de l’italien ci-fera ou eifref., les Italiens Font ei.I-
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- prunté des Espagnols, qui l’ont reçu des Arabes; ceux-ci Vont pris de l’hébreu sefer, dont la racine est saphar , nombre»-.
- ( Arith. ) Caractère dont on se sert pour désigner les nombres. Les dif— fére-ns peuples se sont servis de dif-ferens chiffres. Lorsque l’écriture étoit encore rare , les Grecs comptaient avec des clous attachés de diverses manières. Il se servirent ensuite des cinq letrres I, Y, X , L, C. Chez les peuples d’Orient toutes les lettres étoient numérales.
- L’origine du chiffre romain vient de ce qu’ils ont commencé à compter ar leurs doigts. 11 n’j en avoit d’a-ord que cinq ; on leur a ajouté dans la suite le D et l’M.
- Les chiffres arabes tirent leur origine , selon quelques-uns, des Indiens qui les communiquèrent aux Arabes , d’où , par le moyen des Maures ils sont venus en Europe, vers le treizième siècle. On ne s’en servit d’abord que dans les livres de mathématiques , d’astronomie , d’arithmétiqtle et de géométrie : ensuite on en fit usage dans les chroniques , les calendriers et pour les dates des manuscrits seulement. Ce n’est que depuis le règne de Henri III que l’on commença en France a se servir, en écrivant, de ces chiffres. Les Russes ne s’en servent que depuis les voyages du czar Pierre-]e-Grand.
- On doit regarderies chiffres com-nie une des inventions qui fait le plus d’honneur à l’esprit humain , après ou avec celle de l’alphabet.
- (Stéganogr aphie) On appelle encore chiffres , certains caractères inconnus , déguisés et variés, dont on se sert pouVécrire des lettres qui contiennent quelque secret, et qui ne peuvent être entendues que de ceux qui sont d’intelligence, et qui sont convenus ensemble de se servir «e ces caractères. V. STEGANO-GRAPHIE.
- ( Archit. , Sculpt., Gravure ) j n chiffre est un entrelacement de eUres fleuronnées en bas-relief, in-crustées ou à jour , dont on orne rçoehpms dés de piédestaux , tym-pans de frontons , panneaux, ca-‘üets, etc.
- { Musique ) En termes de nau-
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- sique, les chiffres sont des caractères qu’on place au-dessus ou au-dessous des notes de la basse , ponv indiquer les accords qu’elles doivent porter. Quoique parmi ces caractères , il y en ait qui ne sont pas des chiffres , on leur en a généralement donné le nom , parce que c’est la sorte de signes qui s’y rencontre le plus fréquemment.
- CHILI AD E , s. f. du yixinç ( chi— lias) , mille.
- (Arith.) Assemblage de plusieurs choses qu’on compte par mille, ainsi une chiliade ou un mille c’est la même chose.
- CHîLIOGONE, s. m. composé de deux mots grecs yiXntç , mille , et de yoùvta. (gônia ), angle : mille angles, mille côtés.
- ( Géom. ) C’est une figure plane et régulière de mille côtés , et d’autant d’augles. Quoique l’œil ne puisse pas s’en former une image distincte , on peut néanmoins s’en faire une idée claire , et démontrer aisément que la somme de tous les angles est égale à 1996 angles droits, parce que les angles internes de toute figure plane sont égaux à deux fois autant d’angles droits moins quatre qu’elle a de côtés.
- CHIMÈRE , s. f. du grec ^ipaipit ( chimaira ), qui signifie chèvre, et aussi une montagne de Lycie.
- ( lYfythol. ) Chimœra étoit proprement un mont de Lycie qui je-toit du feu. Au sommet il y avoit des lions , au milieu , où il étoit plein de pâturages , se trouvaient des chèvres , et au bas desserpens. C’est ce qui a donné lieu à la fable, qui représente la chimère comme ‘un monstre qui jette le feu par la gueule , qui a la tête et le poitrail d’un lion, le ventre d’une chèvre et la queue d’un dragon ; et parce que Bellérophon, fils de Glaucus , rendit cette montagne habitable , on feint aussi qu’il tua la chimère.
- (Sculpt.) Ouvrage de sculpture qui représente un monstre ayant la tête d’un lion , le corps d’une chèvre et la queue d’un dragon.
- CH1MIATRE, s. f. V. JATRO-CHIMISTE.
- CHIMIE , s. f. V. CHYMIE.
- CHIQURME,s. f. du l’italien dur-
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- ma, Formé du latin turma, compagnie, fouie, multitude.
- ( Marine ) On appelle ainsi la tronpe de forçats ou dans la Méditerranée de bonavoglios ( V. ce mot), qui rament dans une galère ; et dans nos ports où il n’existe pas de galères , on continue d’appeler la chiourme ou les chiourmes. la troupe des galériens ou forçats. L’hôpital des chiourmes est l’hôpital des forçats malades.
- CHIR ACRE, s. f. du grec yetpetypa {cheiragra),composé de ystp (cheir), main , et de üypa. (agra) , prise , capture : la goutte aux mains.
- ( Méd. ) Goutte qui attaque les mains. On appelle aussi chiragre celui qui en est attaqué , et alors il peut être masculin.
- CHIROGRAPHAIRE, s. m. du gr. gtip (cheir), main, etypec<pa> (gra-phô), écrire : écrit sous seing-privé.
- ( Pratique ) Ce mot se dit des dettes et des créanciers qui ne sont fondés que sur un billet ou promesse sous signature privée et non reconnue en justice. Ces dettes ou créances n’emportent point hypo -ihèque , ce en quoi elles diffèrent des actes passés devant notaire ou sur un jugement, et que l’on appelle hypothécaires.
- CHIROLOGIE, s. f. du grec ^ {cheir) , main , et xoyoç {logos) , discours : art d’exprimer ses pensées par des mouvemens et des figures qu’on fait avec les doigts.
- CHIROMANCIE, s. f. du grec yetp {cheir) , main , et de juttvTmt (manteia) , divination : Part prétendu de deviner , de prédire par l’inspection de la main.
- CHIRONIEN , adj. du grec ysipav (cheir on) , nom propre.
- ( Chirurgie) On donne cette épithète aux ulcères malins et invétérés dont les bords sont durs , calleux et gonflés , qui jettent une sanie claire , sans pourriture , sans inflammation et sans grande douleur ; mais qui se cicatrisent difficilement ; on , quand il survient une cicatrice , elle est si mûre qu’elle se déchire facilement, et l’ulcère se renouvelle. Ces sortes d’ulcères attaquent les pieds et les jambes ; on les appelle chironiens du centaure Chi-ron j ancien médecin qui , à te
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- qu’on prétend, est le premier qQj les ait guéris et qui s’en guérît Ini-même. On les nomme aussi télé-phiens, de Télephe qui lut blessé par Achille , et dont la plaie dégénéra en ulcère de cette espèce.
- CH1RONOM1E , s. f. mot grec composé de yup {cheir) , main , et de vofAos {nomos) , loi . la règle des gestes.
- {Danse) La chironomie est l’art de faire avec grâce les gestes et les autres inouvemens du corps.
- On fait remonter cet art aux tenu héroïques : Socrate l’approuva, Platon le mit au rang des vertus civiles, et Erisippe en ht un précepte dans l’éducation des enfans.
- Il semble que la chironomie con-sistoit originairement à faire seul, sans mesure et sans cadence, les mêmes gestes et les mêmes mouvemens des bras et des mains que i’on faisoit dans les véritables combats et dans les danses militaires , telle que la pyrrhique ; mais ilparoît que dans la suite la chironomie s’introduisît , non-seulement dans les danses militaires, mais encore dans celles de théâtre et dans presque tontes les autres , puisqu’elle faisoit la meilleure partie de l’art des pantomimes.
- Juvénal, dans sa 5e. satyre, fait mention de cette danse au sujet d’un maîtve-d’hôtel, ou plutôt d’un écuyer tranchant, qui dansoit en servant sur table , et qui exerçoit une espèce de chironomie , en coupant les viandes avec tant de légèreté et d’adresse qu’il sembloit faire voler le couteau dont il se servoit.
- CHIRURGIE , s. f. du grec xei' poupyia. {cheirourgia ) , composé de yjup , main, et de Epyov (ergon}> travail, ouvrage : opération manuelle.
- La chirurgie est la science qul apprend à connoître et à guérir le» maladies extérieures du corps hfi-main qui ont besoin , pour lepr guérison, de la main ou de l’app/1' cation des topiques. Les maladie* chirurgicales sont ordinairement rangées en quatre classes, savoir : Ie tumeurs, les ulcères , les fracture* et les luxations.
- Originairement la médecine
- la
- chirurgie et la pharmacie n’étoient
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- pas des professions séparées ; elles Je trouvoient réunies dans la même personne ; mais Celse donne à la chirurgie le pas pour l’antiquité sur toutes les autres branches de la médecine. H ne nous est rien resté sur la manière dont on exerçoit la chirurgie dans les premiers tems ; on sait seulement que les instrumens dont se servoient les premiers chirurgiens , étoient très-imparfaits; c’étoient des cailloux tranchans , des os pointus ou des arêtes de certains poissons. Les embaumeurs Egyptiens se servoient d’une pierre d’Ethiopie très-aiguisée pour ouvrir les cadavres , et en ôter les intestins.
- Après Apis et Esculape , que l’on regarde comme les inventeurs de la chirurgie , les philosophes se firent un honneur d’exercer cette honorable et utile profession ; tels furent Pythagore , Empédocles , Farménides, Démocrite , Chiron-
- feon et Cleombruntus, qui guérit œil d’Antiochus.
- Au rapport de Pline, Arcagathus fut le premier chirurgien qui s’établit à Rome. Les Romains furent d’abord très-satisfaits de ce vulne— rarius , comme ils l’appeîoient ; tuais la cruauté avec laquelle il leur sembloit quhl coupoit les membres , lai attira bientôt le sobriquet de car-nifex.
- Depuis l’époque de la renaissance des lettres , la chirurgie a éprouvé plusieurs révolutions : elle fut d’a-b°rd exercée en Allemagne et en Italie par les mêmes hommes qui exerçoient la médecine ; mais dans a suite la science et l’art d’opérer forent divisés. En 1660, les chirurgiens Français reçurent, par une association honteuse avec les bar-iers, une humiliation qui auroit . e,re fatale à l’art qu’ils profes-soient, si l’amour de l’étude et de humanité qui console des plus Sfands revers, ne leur eût fait en-revoir le moment où ils seroient audos à leur état primitif : ce mo-®ut arriva en 1724. Cinq démons-"Utears furent établis pour ensei-jjoer la théorie et la pratique de leur
- Sept ans après , l’Académie de ururgie fut fondée , et des mé-
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- moires intéressans en justifièrent bientôt l’institution ; enfin, une loi de l’Etat cessa de confondre les chirurgiens avec les barbiers, et le superbe monument qui fut élevé bientôt après au sein de la ville de Paris, donna la mesure de l’opinion publique à leur égard , en même tems qu’il fut un bienfait envers l’humanité.
- Depuis cette époque la chirurgie s’est avancée par les progrès les plus rapides et les plus étonnans vers le degré de perfection où elle est aujourd’hui. La conuoissanee parfaite de la siructure du corps humain , et l’invention d’une foule d’instru-mens plus ingénieux les uns qne les autres, sont les moyens par lesquels la chirurgie est parvenue à se placer au premier rang de toutes les sciences modernes , ou au moins à obtenir un accroissement de gloire qu’aucun autre art n’a jamais acquis dans le même espace de tems.
- CHLAMYDE, s. f. du grec ^x*-pvs ( chlamus), manteau.
- (Costumes ant.) Espèce de manteau des anciens , retroussé sur l’épaule droite. C’étoit l’habit mili-jaire des anciens romains, qui étoit pour les patriciens pendant la guerre ce qne la toge étoit pendant la paix.
- CHLOROSE, s. f. dn grec yxmpoz {chlôros\ verdâtre, couleur d’herbe.
- ( Méa. ) La chlorose est une fièvre lente et irrégulière , presque insensible , accompagnée d’une bou-fissure et d’une couleur pâle, livide et verdâtre , avec un cercle violet an-dessus des yeux, d’une inquiétude et d’une tristesse sans sujet, d’un pouls petit , inégal et changeant. C’est proprement cette maladie dont les filles et les veuves sont attaquées , lorsque l’écoulement menstruel se fait mal ou ne se fait poiut , et que pour conserver l’analogie du mot grec à la couleur de ces malades , on appelle pâles couleurs , fièvre blanche , ictère blanc , jaunisse blanche , fièvre amoureuse.
- CHOC, s. m. du teuton sckuc-ken , dont les Allemands ont fait Schocken, les Anglais shake , et l’espagnol chocar.
- ( Physique ) Rencontre de deux
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- corps qui se heurtent, soit que l’un des deux- soit en repos , ou qu’ils soient tous deux en mouvement.
- Il j a des corps élastiques , et des corps non élastiques. Il y a deux sortes de chocs : le choc direct et le choc oblique.. Quand un corps en repos est choqué par un autre corps, la vitesse du corps choquant se partage entre les deux selon le rapport des masses.
- Quand deux corps qui se meuvent du même sens avec des vitesses inégales , viennent à se choquer, soit que leurs masses soient égales ou non, ils continuent à se mouvoir ensemble, et dans leur première direction , avec une vitesse commune , moins grande que celle du corps choquant, mais plus grande que celle du corps choqué, avant la percussion.
- Si les deux corps qui doivent se choquer, se meuvent en sens directement contraire, le mouvement périt dans l’un et dans l’autre, ou du moins dans l’un des deux ; s’il en reste après le choc, les deux corps vont dans le même sens ; et la quantité de leur commun mouvement est égale à l’excès de l’un des deux sur l’autre, avant le choc.
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- ment torréfié , le sucre et quelques aromates, le tout bien amalgamé dont on fait une boisson alimentaire for t nourrissante.
- Lorsqu’en i520 les Espagnols firent la conquête du Mexique , ils y trouvèrent l’usage du chocolat établi depuis un tems immémorial. Ils furent si jaloux de la découverte de cet aliment, dont ils reconnurent la salubrité , qu’ils en usèrent long-tems avant d’en faire part aux autres nations. Depuis qu’ils en ont publié le secret, le chocolat est devenu d’un si grand usage dans toute l’Europe, que la vente du cacao forme une branche considérable de commerce entre l’Amérique et notre continent.
- CHŒUR , s. m. du grec ^opoc (choros), formé de. (chairô),
- se réjouir.
- (JLrt drain.) Chez les anciens le chœur éloit une partie essentielle des pièces dramatiques. Avant Eschyle, il faisoit seul ou presque seul une tragédie, qui, dans ce tems-là , n’é-toit autre chose que des hymnes et des danses eu l’honneur de Bacchus. Thespis fut le premier qui joignit au chœur un personnage qui décia-moi t. Eschyle y en ajouta unsecond. Sophocle et Euripide y en mirent
- Quand un corps à ressort va frapr autant qu’ils jugèrent convenable, per un autre corps à ressort qui est pour donner à la tragédie le degré en repos , on qui se meut du même de perfection dont elle étoit suscep-sens que lui, celui-ci, après le choc, tible. Les chœurs ne chantèrent pins se meut dans la direction de celui que par intervalles, et ils prirent un qui l’a frappé, avec une vitesse com- caractère propre à donner de Tinté-posée de celle qui lui a été donnée rêt à l’action.
- immédiatement, ou par communi- ( Musique ) En termes de mu-cation de celle qu’il acquiert par sa sique , un chœur est nn morceau réaction après le choc ; et le corps d’harmonie complète, à quatre par choquant dont le ressort agit en sens ties ou plus,chanté à là fois par toutes contraire , perd, en tout ou en par- les voix, et joué par tout l'orchestre-tie , ce qu’il avoit gardé de sa pre- Il y a des musiques à deux ou plu' mière vitesse. Il rétrograde pendant sieurs chœurs qui se répondent et la valeur de cet excès. chantent quelquefois tous ensemble-
- Quand deux corps à ressort, égaux ( Culte cathol. ) Le chœur, dans
- ou inégaux en masse, viennent se nos églises, est un espace situé o& heurter avec des vitesses propres, derrière l’autel, ou entre l’autel et
- vant lé choc.
- CHOCOLAT , s. m. mot indien que nous avons reçu des Espagnols.
- ( Rég. diétét. ) Le chocolat dont le cacao est la base , est une espèce de pâte faite avec ce fruit légère-
- conslruisit les premières églises , choeur étoit un terrain élevé, ou nIie espèce de théâtre , pratiqué deniefe l’autel où Ton exécntoit, dans 1. fêtes solennelles, des chœuts chants et de danse. Oc voit encrf
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- de ces sortes de chœurs dans les églises de St.-Clément et de St.-Pan-crace, à Rome.
- CHOLÉDOQUE , adj. du grec ^oXH {choie), bile, et de S'osas {dochos) , qui reçoit , formé de é't-^opim ( Aechomai ) , recevoir.
- ( jMéd. ) Epithète que l’on donne au canal commun de la bile qui communique avec le duodénum.
- CHOLERA - MOURUS, s. m. du grec XoKn ( cholê ) , bile , de jha>
- { rheo ), couler , et du lat. morbus, maladie.
- ( Méd. ) Le choiera?- morbus est une maladie très-aiguë de l’estomac et des intestins , dans laquelle on rend avec beaucoup d’effort, par le vomissement et par les selles , des humeurs bilieuses , âcres , jtcides , corrosives , jaunes, vertes, noires, et qui est accompagnée de cardialgie, de douleurs considérables, de colique, de défaillance, d’oppression ; d’un pouls fréquent, petit, inégal ; de sueur froide au front et aux extrémités , d’une soif pressante , souvent de convulsions , et d’autres symptômes fâcheux qui font quelquefois périr les malades dans l’espace de uk heures.
- CHOLÉRIQUE, ajd. du grec pça-lipi;£oç { cholerickos) , composé de {choie), bile , et de 'psa» {rheo), couler.
- ( Méd. ) Il se dit de ceux qui sont sujets à des effusions ou épan-cliemens de bile.
- CHONDROGRAPHIE , s. f. du grec ^ov(l'poç { chondros), cartilage , et de ypcLtpa) ( graphô ) , décrire.
- ~ ( Méd. ) Partie de l’anatomie qui a pour objet la description des cartilages.
- CHONDROPTÉRYGIENS, s. m. composé de trois mots grecs yavlpaç {chondros), cartilage, de rrrmpov{pté-T0p), aile ou nageoire . et de ( ichthus ) , poisson : poissons dont les nageoires sont cartilagineuses.
- ( Ichtyologie ) Les chondropte-tygiens forment le premier ordre d®5 poissons, dans la méthode de Cuvier. On les appelle ainsi , Parce qu’au lieu d’avoir les membranes des nageoires soutenues par es os épineux , comme les autres Passons, ils n’ont que des cartilages.
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- La lamproie et la raie sont des poissons de l’ordre des chondroptéry-giens.
- CHOREGRAPHIE , s. f. composé du grec yopoç {choros) , danse , et •ypa.çi!» (graphô) décrire: description de la danse.
- ( Danse ) L’art d’écrire la danse à l’aide de différens signes , comme on écrit la musique à l’aide de figures ou de caractères désignés par la dénomination des notes.
- Thernet - Arbeau , chanoine de Langres , est le premier qui ait écrit sur cet art ; son ouvrage est intitulé : Orchesographie , composé du grec opyruriç , saltation, , danse, et de yp&tpai, décrire : description de la danse. Beauchamps donna ensuite une forme nouvelle à la chorégraphie, et perfectionna l’ébauche ingénieuse de Thernet-Arbeau : il trouva le moyen d’écrire les pas par des signes auxquels il attacha une signification et une valeur différentes , et il fut déclaré l’inventeur de cet art , par arrêt du parlement. Feuillet vint ensuite 5 les ouvrages qu’il a écrits sur cette matière , et auxquels on a fait les chan-gemens indiqués par Dupré , sont généralement adoptés parles professeurs de l’art.
- Dans la danse on se sert de pas, de pliés , d’élévés , de sauts , de cabrioles, de tombés , de glissés , de tournoiemens de corps , de cadences , de figures , etc. On connoît par la lettre A , placée ordinairement à la tête du pas , quelle est sa durée. Si élle est blanche , elle équivaudra à une blanche de l’air sur lequel on danse ; si elle est noire, elle aura la même valeur qu’une noire du même air ; si c’est une croche , la tête n’est tracée qu’à moitié , eu forme de C.
- On pratique , en faisant les pas, plusieurs agrémens , comme plié , élevé ,sauté , cabriolé te. ; le plié se marque sur le pas , par un petit tiret pneché du côté de la tête du pas.
- La danse , de même que la musique , est sans agrémens , si la mesure n’est rigoureusement observée: les mesures sont marquées dans la danse par de petites lignes qui coupent le chemin ; les intervalles du chemin compris entre ces lignes-,
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- sont occupés par les pas , dont la durée est déterminée par les têtes blanches j etc.
- Quand il faut laisser passer quelques mesures de l'air sans danser, soit au commencement , ou au milieu d’une danse , on les marque par une petite ligne qui coupe obliquement.
- Les figures des danses sont régulières ou irrégulières : les figures régulières sont celles ou les chemins des deux danseurs font symétrie ; et le» irrégulières, celles où ces chemins ne font pas symétrie. La symétrie est une ressemblance de figure , et une dissemblance de position ; telle est la contre - épreuve d’une estampe , relativement à la planche qui a servi à l’imprimer.
- II y a encore dans la danse des mo-uvemens des bras et des mains ménagés avec art. Le caractère qui représente la main droite est placé à droite du chemin , et le second caractère à gauclie; lorsque ce signe est tranché , il annonce qu’il ïaut quitter la main ; on con-noît que les deux bras agissent en même tems par une liaison qui unit les deux signes : ces signes sans liaison annoncent que les deux bras doivent agir l'un après l’autre.
- En voilà assez pour entendre com-ment on déchiffre les danses écrites.
- M. Favier a publié un système de chorégraphie , dans lequel l’air est écrit au-dessus de la danse , ensorte qu’au premier conp-d’œil une danse écrite de cette manière paroît un duo ou un trio, etc., selon que deux on plusieurs danseurs dansent ensemble; mais l’on s’en tient à celui de Feuillet,oùla figure des chemins est représentée avec les change-mens indiqués par Dupré.
- CHORION , s. m. du grec yj>poç, chœur.
- ( Anat. ) Membrane extérieure qni enveloppe le fœtus, ainsi appelé à cause de la distribution des vaisseaux qui l’arrosent in choro, en troupe.
- CHOROGRAPHIE , s. f. composé de yeepoc ( chôros ) , lieu , et de y paya ( graphé ) , décrire : description des lieux.
- La chorograpkie est la description d’un pays , comme la géogra-
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- pitié est la description delà terre, et la topographie est la descriptif d’un lieu particulier.
- CHOROÏDE, adj. et s. f. composé
- de X°P/0V ( chorion ) , et de e/eT0; (eiàos) , forme , ressemblance : quj ressemble an chorion.
- ( Anat. ) C’est une épithète que l’on donne à différentes membranes qui ressemblent au chorion par la multitude de leurs vaisseaux sanguins. Ainsi le plexus choroïde est une production des membranes do cerveau chargée d’un assemblage de veines et d’artères. On donne encore ce nom à une portion de la première , et à la tunique interne de l’œil , qui est sous la cornée, autrement cavée.
- CHOSE, s. f. du latin causa, pris pour res dans la basse latinité. Il se dit indifféremment de tout ; la signification se déterminant par la matière dont on traite.
- (Pratique) Les jurisconsultes comprennent sous ce mot tout ce qui est distinct des personnes et des actions; ils en ont fait un des trois objets du droit.
- Les choses sont corporelles ou incorporelles , (nobiliaires ou immo-biliaires ; elles sont dans notre pa' trimoine , ou elles sont communes on publiques ; elles sont sacrées ou profanes , l’ongibles ou non fongi-bles , possibles ou impossibles. Ou appelle choses fongibles celles qui peuvent être remplacéespar d’autres de même espèce, comme l’argent monnoyé , du grain , des liqueurs; les non fongibles , au contraire , n« peuvent se remplacer par d’autres semblables; ellesgisseut en estimation , comme une maison , un cheval , etc.
- Chose jugée ; c’est ce qui a été décidé par un jugement dont il n J a pointd’appel , ou dont l’appeln est pas recevable. L’autorité de ia chose jugée est si grande qu’elle passe pour une vérité constante.
- ( Méd. ) On considère en méde~ cine trois sortes de choses : i.° leS choses naturelles , ou selon la nature , 2 A les choses non naturelles! 5.° les choses contre nature. ï>e* choses naturelles sont celles q111 par leur union et leur usage covf tituent la nature de l’homme- O»
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- compte six : les élémens, les tem-peiamens , les humeurs, les esprits , les parties et les fonctions, j^es choses non naturelles sont celles aui Centrent point dans la composition du corps humain , mais qui entretiennent la vie et la santé , par leur bon usage et leurs conditions requises , et qui les détruisent par leur abus et leurs mauvaises qualités. Eiles sont au nombre de six : l’air, les alimens tant solides que liquides , le mouvement et le repos , le sommeil et la veille , les matières ou.humeurs retenues ou évacuées , les passions de l’ame. Les choses contre nature sont celles qui sont contraires à la nature de l’homme , et qui tendent à la détruire. Il y en a trois : la maladie , la cause de la maladie , les symptômes.
- CHOUX , s. m. du latiu caulis', formé du grec x-cluXoç ( kaulos }.
- ( Agric. ) Ce végétal est devenu , depuis qnelques années un objet important dans l’agriculture.
- Les choux ont une récolte assurée sur laquelle les agriculteurs modernes comptent pour la nourriture des troupeaux les plus nombreux. Cette nourriture est supérieure à celle des turneps ; elle engraisse mieux et plus promptement les animaux.
- Les choux ont encore l’avantage de préparer la terre pour les mars , beaucoup mieux que les turneps, ou même qu’une jachère. Voyez ce mot.
- CHREME, s. m. du grec \ chrisma) , huile , onction, dérivé PCP<0 ( chrio ) , oindre. Ce mot a produit christ, chrétien , christianisme , chrétienté.
- ( Culte cathol. ) Le chrême est Une huile consacrée par l’évêque , tu sert à administrer les sacremeus e baptême , de confirmation , d’ordre et d’extrême-onction. On fait le ®aint chrême le Jeudi-Saint , avec de grandes cérémonies. Il y en a de deux sortes, l’un qui se fait avec de lîutile et du baume , qui sert aux ^crexnens de baptême , de confirmation et des ordres ; l’autre qui est miile simple, consacrée par l’é-veque , qui servoit aux cathécu— taèues , et qui sert encore pour le ‘acrexnent de l’extrême - onction.
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- Cette cérémonie est fort ancienne et même d’institution apostolique. CHRÉTIEN , ( V. CHRÊME. )
- ( Culte cathol } Qui est baptisé et fait profession delà foi de Jésus-Christ.
- Ce fut à Antioche , vers l’an 4i de Lève chrétienne , que l’on commença à donner le nom de chrétiens à ceux qui professoient la religion de J. C. ; auparavant on les nomment disciples, élus,frèrç-s. saints, çroyans, fidèles , nazaréens.
- (îlist. fir.) L’origine dn titre de roi très-chrétien , que porloient les rois de France, remonte, dit-on , à Childebert. Ce qui est certain, c’est que Charles Martel et Pépia le Bref l’ont porté.
- CHROMATIQUE % adj. et subs. du grec ypoey-a. ( chroma ) couleur.
- ( Musique ) genre de musique qui procède par plusieurs semi-tons consécutifs, ainsi appelé, parce que les Grecs marquèrent ce genre par des caractères rouges ou diversement colorés; ou parce que ce genre varie et embellit le diatonique par les semi-tons, qui font dans la musique le même effet que la variété des couleurs fait dans la peinture.
- Boèce attribue à Timothée de Milet l’inveation du genre chromatique ; mais Athénée en fait honneur à Epigonusas. Quoiqu’il en soit de son inventeur , et du sens que les anciens attachèrent à ce mot, aujourd’hui, le genre chromatique consiste à donaer une telle marche à la base fondamentale , que les parties de l’harmonie, ou du moins quelques-unes , puissent procéder par semi-tons , tant en montant qu’en descendant ; ce qui se trouve plus fréquemment dans le mode mineur, à cause des altérations auxquelles la sixième et la septième note y sont sujettes par la nature même du mode.
- Le genre bhromatique est admirable pour exprimer la douleur et l’affliction. Ses sons renforcés , en montant, arrachent l’âme : ii n’est pas moins énergique en descendant , on croit alors entendre de vrais gémissemens. Chargé de son harmonie , ce même genre devient propre à tout ; mais son remplissage , en étouffant le chant, lui ôte une
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- partie de son expression , et c’est alors au caractère du mouvement à lui rendre ce dont le prive la plénitude de son harmonie.
- CHROME, s. m. du grec ( chroma ) , couleur.
- ( Miner. ) Métal nouvellement découvert par Vauquelin , l’an 5 de la République ( 179.3 ) , et sur la nature et la propriété duquel on n’a encore que peu de connoissances. M. Haiiy l’a appelé chrome , parce qn’il a la propriété de colorer diverses substances minérales daus lesquelles il se trouve.
- Vauquelin a trouvé ce demi-métal à l’état d’acide , daus la substance connue ci-devant sous le nom de mine de plomb rouge de Sibérie.
- CHROMIQUE, adj. de CHROME. V. ce mot.
- ( Chimie ) Acide chromique ; c’est l’acide qui a pour radical le chrome. V. ce mot. Sa terminaison en ique indique le second état des acides , celui où ils sont complètement satinés d’oxigène.
- Cet acide qui se trouve tout formé dans la mine appelée mine de plomb rouge de Sibérie , a des propriétés que n’a aucun autre acide métallique : il a une couleur rouge de rubis ; il communique à toutes ses combinaisons des couleurs rouges ou jaunes plus ou moins foncées.
- .Les sels formés par l’acide.chrd-ml que sont appelés chromâtes. Ces se^s sont formés par la combinaison de l’acide chràmique avec ies alcalis*
- CHR.ONIQUE , s. f. du grec Xpcvsxoç (chronikos) , qui appartient au tems , dérivé de xçovos (chronos), tems.
- ( Chrono!. } Histoire dressée selon l’ordre des tems ou la durée du tems.
- 11 y a des Mémoires de la vie de Louis XI, que l’on appelle Chronique scandaleuse , et l’on appelle figurémert chronique scandaleuse, les mauvais bruits , les discours médisans.
- ( Méd. ) On donne , en médecine, celte épithète aux maladies qui sont de longue durée , qui ne sont point ordinairement accompagnées de lièvre , et qui ne cèdent que difficilement et lentement à tous les re-
- CHR
- mèdes les mieux indiqués. Elles sont opposées aux maladies aiguës-mais quand celles-ci passent le qua. rautième jour sans se terminer elles prennent le nom de maladie* chroniques.
- CHRONOGRAPIIE, ou CHRONOGRAMME, s. m. du grec Xfwot ( chronos ) , tems , de ypet^a ( graphe ) , écriture , ou de ypa-ypa (grarnma ), lettre.
- ( Jeux d’esprit ) Inscription dans laquelle les lettres numérales forment la date de l’événement dont il s’agit.
- Dans l’église de Saint-Pierre, à Aire , on lit ce chronographe bis septeMpræbendas VbaLine, dedisti, où l’on voit que les lettres numérales imprimées en gros caractères, et rangées selon l’ordre du nombre qu’elles signifient, marque l’an M LVII, ou 1062, le D n’étant devenu lettre numérale que plus de 4oo ans après.
- Ces misérables jeux d’esprit ont été fort à la mode en France , pendant deux ou trois cents ans; mais on en a connu le ridicule. O11 n’eu fait plus qu’en Allemagne , et dans quelques autres pays. On y fait des chrono graphe s , pour an mariage , pour une naissance , pour l’inauguration d’un prince , pour une prise de bonnet, etc. Comme on fait des sonnets en Italie.
- CFIRQNOGUNÉE, s. f. composé du grec ypovcç ( chronos), tems, et de yvn (gunê ) , femme.
- ( Méd. ) Règles des femmes , maladie qui arrive aux femmes, à des tems marqués.
- CHRONOLOGIE, s. f. du grec ^povaj ( chronos ) , tems , et de Xoyoç ( logos) , discours.
- Doctrine des tems , science de» époques.
- CHRONOMÈTRE , s. m. du grec X.povoç ( chronos ) , tems , et de purpov ( mêtron ), mesure.
- ( Mécan. ) Nom générique des instrumens qui servent à mesurer 1* tems. On dit en ce sens que le* montres , les horloges sont des chronomètres.
- ( Musique ) On a donné en pat' ticuîier le nom de chronomètre â quelques instrumens destiués à déterminer exactement ies moave^nc^^,
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- çn musique. On a fait'plusieurs essais eu ce genre qui n’ont pas eu de succès ou qui ont été abandonnés. Plusieurs prétendent cependant qu'il seroit à souhaiter qu'on eût un tel instrument pour fixer arec précision le tems de chaqué mesure dans une pièce de musique. On conserveroit, par ce moyen , plus facilement le vrai mouvement des airs, sans lequel ils perdent leur caractère . et qu'on ne peut connoitre , après la mort d’un auteur ; que par une espèce de tradition fort sujette à s'éteindre ou à s'altérer..
- La musique italienne tire son énergie de cét asservissement à là rigueur de la mesure.
- CHRONOSCOPE , s. m. du grec yptrioç(chrono&), tems, étcle too-ttsw ( skopeô ) , considérer , observer : observateur du tems. -
- ( Mécan.) Pendule ou machine pour mesurer le tems. C'est la même chose que chronomètre.
- CHRYSALIDE , s f. du grec (chrusalis), couleur d’or, forme' de yjvàvç (chrusos ) , or.
- ( Insectol. ) Nymphe , état d’un insecte renfermé'1 dans une coque, sous la forme d’ntie espèce de lève, ayant de se transformer en papillon, comme la chenille , le ver-à-soie.
- CHRYSOBER1L , s. m. composé de yovt'iç(chrusos)or, et de /SüpyXXoç {hêrullos)béril, - minéral , pierre précieuse : espèce dé béril d’un vert paie , tirant sut* la couleur d’or.
- CHRYSOCOLLE , s. f. composé du grec ypvros ( chrusos ), or, et de X9^>.n(kolla ) ) colle.
- ( Minéral. ) Matière qui sert à souder l’or et lès autres métaux. Ou a donné aussi ce nom au borax. CHRYSOGRAPHE , s m. du
- grec
- XP’JÇBÇ
- , , or , et dé ypet$a> (gra-
- pàô)! écrire : écrivain en lettres d’or.
- ( Bïblïogr. ) C’est ainsi que s’ap-peloieut les écrivains en lettres d’or, h usage des lettres d’or étoit cora-p>uu dans les 4e. et 5e. siècles ; mais 1 * est insensiblement perdu , et l’on sait plus attacher l’or au papier. CHRYSOLITE , s. f. du grec h'Ln? ( chrusos ) ,• or , et de X/Ôoç v’-thos), pierre : pierre couleur d’or.
- \ Minerai. ) Pierre précieuse d’un i utle d’or , mêlé d’une légère teinte d? vert. s
- ^ Les naturalistes ont donne autre-le nom de chrysolites à un J-om. £ J
- grand nombre de substances. On à appelé chrysolites , le saphir jaune ou la topaze d’orient , lorsqu’elle tire sur le vert, et toutes les pierres, quelle que fût leur nature , pourvu que leur couleur fût d’un jaune verdâtre mais aujourd’hui qu’il est reconnu que la couleur n’est plus uu caractère des gemmes, on ne recon-noit plus que deux sortes de chrysolites ; la chrysolite des joualliers et la chrysolite du Brésil. La première estd’unjaune clair mêléde vert, la seconde est’d’une belle couleur d’or tirant tant soit peusur le veut
- La chrysolite n’est pas recherchée ; elle vaut tout au plus 4 fr. le kavat lorsqu’elle est haute en couleur.
- CHR YSüPÉE, s.f. du grec ypvms (chrusos),ov,e t de^ro/?.s!(poied},faire.
- ( Alchimie ) C’est l’art ou la science de faire de l oi* , ou Part de transmuter les autres métaux eli or
- CHRYSOPRASE, s. f. du grec ypuo~oç (chrusos) , or, et de nrpo.çov (prason) , vert de porreau.
- ( Minéral. ) Pierre précieuse d’urs vert clair , mêlé d’une nuance de jaune ; c’est un quartz-agathe demL transparent. On trouve la chryso-praseàKosmitz,danslahauleSilésie',
- .CHRYSULEE, s. 1. du gtec ypvço; ( chrusos ), or, et de vhiÇa (aïizô )t purifier , épurer.
- ( Chimie ) Nom donné à l’eaü té-gale , parce qu’elle dissout l’or, qui est regardé comme le roi des métaux.
- CHUTE , s. f. de choir, formé de cadere , dont on a fait càër et choir.
- ( Mécan. ) La chute'A'cs corps est le mouvement par léquél les corps tombent en vertu de leur pesanteur. Les corps ne tombent pas avec une vitesse uniforme , mais aVec Une vitesse accélérée , et cette accélération suit la progression arithmétique des nombres impairs' i, 3,5,7, etc, de manière qu’à la fin de chaque terns , la somme des espaces pài— courus' par le corps qui tombe , est comme le carré des temà. C’est Galilée qui a le premier démontré cètte vérité ; Riccioli, Grimaldi , Huy-
- fhens-, Desaguitlier, Newton, etc., ont ensuite confirmée' Voilà la théorie ; mais dans la pratique cela n'arrive pas ainsi ; la résistance de Pair apporte de grandes différences à cette règle , et ces différences varient suivant le rapport de la masse
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- a» volume du corps qui tombe , et suivant les différens degrés de densité des milieux résistons.
- ( Hydraul. ) Chute d’eau ; on dit qu’un ruisseau , une rigole , un courant d’eau quelconque , forme une chute d’eau au - devant d’un moulin ou d’une machine hydraulique qu’il fait mouvoir.
- ( Astral. ) Chu te d’une planète, ou déjection ; c’est le signe où elle a le moins d’influence ; il est opposé à celui de l’exaltation.
- CHYLE , s. m. du grec yyxoî ( chulos ), suc.
- ( Anat. ) Le chyle est une humeur alimentaire , douce , blanche , laiteuse , semblable à une crème hue d’orge , préparée dans l’estomac et dans les intestins grêles par la digestion des alimens , séparée des excrémens par le moyen des vaisseaux lactés , et conduits par le canal thorachique à la masse du aang, dans la veine sous-clavière gauche.
- ( Jardin. } En terme de jardinage on appelle chyle les parties les plus épurées de la sève.
- CHYM1ATRIE , s. f. du grec yypint (chumeia ), et d’/«.rps/a (ia~ tréia ) , guérison.
- ( Méd.) L’art de guérir par des remèdes chimiques.
- CHYM1E ou CHIMIE, s. f. du grec y vy.oç (chumos), suc ; ou de ytm £ chéô ) , foudre.
- L’orthographe de ce mot à été le sujet de plusieurs controverses. Ceux qui le dérivent de ,
- suc , l’écrivent par nny grec , tandis que ceux qui le font venir de Xia> > fondre , l’écrivent par un i simple. Les chimistes modernes, en écrivant chimie par un i, semblent avoir adopté cette dernière étymologie.
- La chimie est une science qui apprend à connaître l’action intime et réciproque de tous les corps de la nature les uns sur les autres.
- On appelle chimie philosophique , celle qui établit les principes et fonde toute la doctrine de la science ; chimie météorique , celle qui s’occupe spécialement de tous les phénomènes qui se passent dans l’air , et que l’on connoît sous le nom de météores ; chimie minérale , celle qui a pour objet l’analyse ou l'examen de tous les
- fossiles , des eaux , des terres des pierres , des métaux , des bitumes , etc. ; chimie végétale celle qui traite de l’analyse dss plantes et de leurs produits chimie animale , celle qui s’occupe des corps des animaux ; chimie pharmacologique y celle qui a pour objet tout ce qui tient à la connois-sance , à la préparation et à l’administration des médicamens ; chimie manufacturière , celle qui s’applique à découvrir, à rectifier , à étendre , à perfectionner ou à simplifier les procédés chimiques des manufactures ; chimie économiquer, celle qui a pour but d’éclairer , de simplifier et de régularise^ une foule de procédés économiques qu’on exécu e sans cesse dans toutes nçs demeures, pour les assainir, ies chauffer , les éclairer, pour préparer les vêtemeus , la nourriture , les boissons.
- 11 y a peu d’arts dont les com-mencemens soient plus obscurs que ceux de la chimie ; jusqu’au troisième siècle , l’histoire de la chimie n’olfre aucun monument important, et le nom même de l’art ne se trouvé dans aucun auteur avant cette épo-
- que.
- Geher est proprement le père de la chimie écrite , le premier qui ait rédigé en corps de doctrine ce qa’ou savoit avant lui. Les -Arabes continuèrent de cultiver la chimie après Geber : ce sont évidemment leurs médecins qui les premiers ont appliqué les préparations chimiques aux usages de la médecine. Cet art fut ensuite cultivé par les Grecs , pendant quelques siècles , jusqu a ce que les lettres et les arts furent chassés de parmi eux par la pnse de Constantinople par les Turcs.
- Vers Lé treizième siècle la chimie pénétra enfin en Europe ; Albert-le-Grand et Roger-Bacon sont le* plus distingués de ses premiers sectateurs ; Paracelse , qui vivent a° commencement du seizième siecle , acheva de l’établir irré\'ocablernen,> çn répandant parmi les médecins goût pour les remèdes préparés pa* le secours de la chimie.. aube ^ mont qui le suivit, attaqua le Pei 1 patétisme qui s’étoit glissé fcis physique , et se proposa de ton celle-ci sur des expériences. G
- bert enrichit la chimie d’uue 1 -
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- 4e ile'coqvertes, et particulièrement (Je deux sels qui portent son nom.
- Enfin parurent Becker ,. Boyle , Kunckel et Stahl ; ce dernier opéra dans la chimie une révolution semblable à celle que la doctrine de Newton opéra dans la physique. A côté de Stahl doit être placé l’im-jportei Byerhaave * dont le tems et la dernière révolution que vient d’éprouver la chimie , n’ont pu vieillir les écrits.
- CIBATION , s. f. dulat. cibatio, formé de cibo , nourrir.
- ( Chimie ) C’est l’action de donner de la solidité à une substance qui n’en a point.
- CIBOIRE , s. m. dulat. ciborium, tiré du grec xi£it>oiov , sorte de vase chez les Egyptiens.
- ( Culte cathol. ) Les Egyptiens désignaient ainsi des espèces de lèves , dont la gousse s’ouvroit par le haut qnand le fruit étoit mûr , et cette gousse même dans laquelie ils buvoient.
- Les Crées et les Romains appelaient ciboires , tons les vases propres à contenir des liquides , et eu particulier les coupes dont ils se ser-voieut dans les repas L’église romaine a retenu ce nom pour le calice couvert , où sont renfermées les hosties destinées à la communion des fidèles.
- On gardoit autrefois le ciboire dans une colombe d’argent , susJ pendue dans les baptistères sur les tombeaux des martyrs , ou sur les autels ; il est placé aujourd’hui sous la croix qui est sur l’autel, conformément à la décision du second concile de Tours.
- ( y]rc/lit. ) De ciborium les Italiens ont fait ciborio , pour signifier une espèce de fabrique carrée de pierre on de marbre , soutenue par Quatre colonnes , qui couvre le dessus du grand autel dans les pins anciennes églises 5 au haut de laquelle est une armoire de quatre galeries ornées de balustrades. On en voit *ncore dans quelques églises de Rome.
- CICATRICE, s. f. Quelques éty-tuologistes dérivent ce mot de circa cutem ; d’autres , et c’est le plus 8rand nombre , font venir le mot ai,n cicatrix , d’où est formé cica-Cce ’ da verbe cœcare , aveugler , **rmer , dont on auroit l'ait uce-
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- catrix , et par la suite cicatrix.
- ( Chirurgie ) La marque des plaies et des ulcères qui reste après leur guérison. C’est une nouvelle peau plus dure, plus blanche , plus irrégulière , moins sensible et moins poreuse que la première,
- ( Mat. méd. ) De cicatrice les médecins ont fait cicatrisons, pour désigner les remèdes propres à favoriser la consolidation des plaies* Tels sont les dessicatifs , comme, la céruse, la tulhie , le bol d’Arménie* l’osterocoile , la poudre de tormen-tille , la gommé adragant, etc.
- ( Jardin. ) On dit de la plaie d’un arbre qui se guérit , qu’elle se cicatrise , c’est - à - aire., que la sève fait un petit bourrelet jusqu’à parfait recouvrement. C’est un mauvais signequandla plaie se sèche et que la peau ne se recouvre point.
- C1CATRICULE, s. f. diminutif de cicatrice. V~. ce mot.
- ( Hist. nat. ) Tache blanche qui paroît sur la membrane du jaune d’un œuf où se fait fa fécondation; elle est le véritable germe dans lequel existe le vermisseau.
- CICERO , s. m. ( imprimerie ) , caractère d’imprimerie , entre celui appelé philosophie et le petit-ro-r main ; ainsi nommé de l’édition de Cicéron de Rome , faite en i458 , par Ulbertas-Gallus ; les italiens l’appellent antico comune. F". CARACTERE.
- CICERONE, s. m. du nom de l’orateur romain Cicero.
- ( Beaux arts ) C’est le nom qu’on donne en Italie à ceux qui se chargent de conduire les étrangers,- dans la visite des monumens antiques, des chefs-d’œuvre des sciences et des arts qui existent dans une ville*
- CICERON IEN , adj. même origine que cicerone.
- (Littérat.) On entend par cè mot un scrupuleux imitateur du style de Cicéron.
- On a vu autrefois , dit Erasme , les cicéroniens , secte ridicule , se croire des Cicéron», lorsque avec des expressions élégantes et les tours harmonieux de l’orateur romain , ils avoient réussi à former un discours dépourvu de sens et de raisonnement. ...
- CIDRE, s. m. du gr. triKipaÇsikera'), qui signifie toute liqueur enivrante, liors-ie vin : dont les Latins ont fait
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- cicera , pour la liqueur extraite du froment et des pommes. On croit que tous ces mots ont pour origine l'hébreu-, secar, enivrer.
- ( Econ. dom. ) Le cidre est une liqueur faite de jus de pommes ou de poires pressurées.
- Celte boisson est très - ancienne ; elle étoit connue des Hébreux, d'où elle passa cirez les Grecs et les Romains.
- II y a deux espèces de cidre , le doux et le paré. Le premier est celui qui n’a point cuvé , ou qui est nouvellement fait. Le second , celui qui, a été gardé et qui a acquis par la fermentation une force et un goût qui le fait ressembler à certains vins blancs. Le meilleur est celui qui a la couleur d’ambre. On compte ordinairement trente - six boisseaux anciens ( 4U décalitres ), ou boisseaux nouveaux de pommes , pour un muid de cent soixante-huit ( iô6 litres) ou pintes nouvelles.
- On fait de cette liqueur une véritable eau-de-vie ; on la fait aigrir comme le viu , et on la fait alors servir aux mêmes usages que le vi-nâigre. Les cidres anglais sont les meilleurs de tous ;• ceux des dépar-temeiis qui composent l’ancienne Normandie viennent après.
- ( Med. présent. ) Le cidre fait avec des pommes douces, est légèrement échauffant ; il est nourrissant et convient aux estomacs débiles , aux personnes qui ont des dispositions à la phtisie , ou à l'hy-pocondriacisme. Celui qui est fait avec des pommes un peu acides est plus rafraîchissant : son usage est salutaire à ceux qui sont ordinairement fort échauffés , et sujets à des débordemens de bile. C’est une boisson très-salutaire pendant les chaleurs de l’été.
- CIEL, s. m. du grec xo?xcv ( Tcoi-Ion ), formé de ko7\cç ( lcoitos) , creux, concave, dont les Latins ont fait cœlum.
- La partie supérieure du monde , qui environne tous les corps , et dans laquelle se meuvent les astres.
- Astron. ) Dans l’ancienne astronomie , le mot ciel signifie plus particulièrement un orbe , ou une région circulaire du ciel éùiéxé.
- Les anciens astronomes admettaient autant de cieux différens qu’ii§ remarquoient de mouvemeas
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- différens dans les astres. Ainsi oà comptait sept cieux pour les sept planètes. Le huitième qu’ils nom-moient le firmament étoit pour les étoiles fixes.. Quelques-uns ont admis beaucoup d'autres cieux, selon leurs différentes vues ou hypothèses. Eudoxe en a admis ; Callippus, 5o ; Eegio-Montanus , 23 ; Aristote, , et Fracastor, 70.
- Ces astronomes ne se mettoient pas fort en peine de savoir si tous ces cieux étoient réels ou non; il leur suffîsoit qu’ils pussent servir à rendre raison des mouvenrtens célestes , et qu’ils fussent d’accord avec les phénomènes.
- Parmi plusieurs rêveries des rabbins , on lit dans le Talmud , qu’il y a un lieu où les cieux et la terre se joignent; que le rabbi Sarchana s’y étant rendu , imposa son chapeau sur la fenêtre du ciel, et que l’ayant voulu reprendre un moment après, il ne le retrouva plus , les cieux l’avoient emporté ; il faut qu’il attende la révolution des orbes pour le rattraper.
- {Physique ) Il arrive souvent que le ciel ou l’espace occupé par les astres nous paraît bleu , quoiqu’il n’offre à nos yeux aucuns corps ni éclairés ni éclairans , et que, dans ce cas-là, il dût nous/paraître parfaitement noir , comme nous paraît un trou très-profond , d’où il né vient aucune lumière. Cela vient, dit l’abbé Nollet, de ce que ce n’est pas cet espace que nous voyous alors ; mais la concavité de notre atmosphère , qui nous renvoie les rayons bleus et violets qui 11'out pu percer son épaisseur ; car la lumière telle qu’elle nous v ient des astres , est composée de rayons de différentes couleurs ( Voy. COLLEUR ) , qui étant réfléchies par la terre, se jettent dans l’atmosphere en reprenant la route du ciel. De ces rayons il n’y a que les plu* forts , tels que les rouges , les orangés , les jaunes , etc. qui puissent traverser entièrement l'atmosphère. Les bleus et les violets trop loibles pour cela, sont réfléchis une seconde fois vrers la terre , par l’atmosphère qu’ils n’ont pu percer entièrement, et nous faut voir sa concavité sous la couleur qui leur est propre ; et comme les rayon» violets sont trop foibles, le* bieus
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- plus forts qu'eux, font sur nos yeux «ne impression qui se fait sentir davantage : voilà pourquoi nous voyons le ciel bleu.
- ClEPiGE , s. m. du latin cerius , que l’on a dit pour cereus, et dont ,on a fait ensuite cerjus.
- ( Culte catholique. ) L’usage des cierges est de la plus haute antiquité. Les Grecs et les Romains se servoietit de flambeaux dans leurs sacrifices , sur-tout lorsqu’ils célé-broient les mystères de Gérés , et ils mettoient des cierges devant les statues de leurs dieux. Mais il n’est pas besoin d’avoir recours aux payens pour expliquer l’origine de l’usage des cierges parmi les chrétiens. On sait que réduits à s’enfermer dans des lieux souterrains , pour se soustraire à la persécution et pour vaquer à leurs exercices de piété, ils ne pouvoient se passer de cierges ou de flambeaux. Ils en eurent encore besoin , depuis qu’on leur eut permis de bâtir des églises ; car elles étoient construites de façon qu’elles ne recevoient que très-peu de jour , afin d’inspirer plus de respect par l’obscurité. Mais il y a déjà long-tems que cet usage, introduit par la nécessité, est derenu une pure cérémonie. Saint Paulin , qui vivoit au commencement du cinquième siècle, observe que les chrétiens de son tems, aimoient tant les cierges , qu’ils en repré-sentoient en peinture dans leurs églises.
- Cierge pascal ; quand le concile de Nicée eut régie le jour auquel on célébreroit la Pâque , il chargea le patriarche d’Alexandrie d’en faire faire tous les*ans le canon et de l’envoyer au pape. Toutes les autres fëtes se règloient sur celle de Pâques, et l’on laisoit chaque année un catalogue que l’on éérivoit sur un çte/ge que Ron bénissoit solennellement dans l'église. Ce cierge n’étoit point une chandelle de cire, faite pour brûler ; il n’avoit point de J,teche -, c’étoit seulement une colonne de cire sur laquelle on écri-'°jt la liste des fêtes mobiles , et clUl suffisoit pour cela pendant un Hans la suite , on écrivit les etes mobiles sur du papier ou sur !m tableau ; mais on attachoit toujours l’un ou l’antre au cierge Pascal , ce qui se pratique encor*
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- dans plusieurs églises , et dans certains ordres monastiques.
- ( Hydraul. ) On appelle cierges , des jets élevés et perpendiculaires, fournis sur la même ligne , par le même tuyau , qui étant proportionné à leur quantité, à leur souche et à leur sortie , leur conserve toute la hauteur qu’ils doivent avoir.
- CIL , s. m. du latin cilium , for» me du verbe ciere , mouvoir.
- ( Anat. ) Le poil qui sort de£ cartilages situés aux extrémités des paupières. On l’emploie plus ordinairement au pluriel ries cils sont de petits poils recourbés en arc ; ils gardent toujours la même grandeur , et empêchent que les choses légères ne pénètrent dans l’œil.
- ( Bctan. ) Les cils., en tenues de botanique , sont des poils naissons du bord même d’une partie quelconque, rangés distinctement sur une seule ligne , et ordinairement étalés sur le même plan que les faces de la partie cilicée. Pour qu’une partie velue d’ailleurs porte ce nom , il faut que les cils se distinguent facilement du reste de la pubescence par leur longueur et leur série.
- CILICE, s. m. du latin cilicium, formé de cilix , nom propre d’un phénicien qui régna en Cilicie , et qui donna son nom à ce pays.
- ( Hist. ancienne ) Les Ciliciens avoient inventé une sorte d’étoffe, faite de poil de chèvre , dont on faisoit des habits pour les matelots et les soldats. Comme elle étoit grossière et d’une couleur sombre et noire , les Hébreux s’en servoient dans le deuil et dans la disgrâce.
- ( Art de la guerre ) Les anciens appelaient encore cilices de gros draps tissus de crin de cheval et de poil de chèvre , piqués et remplis de bourre ou d’herbe marine , entre deux étoffes, que les assiégés tendoient et suspendoient devant les parapets , sur les brèches , pour rompre la violence des flèches et des traits lancés par les batistes ou les catapultes-balistes.
- ( Culte calhol. ) Les anciens moines alloient souveut vêtus de cilices ; mais de ces cilices antiques , c’est-à-dire, d’habits grossiers, rudes et d’une couleur obscure , et fort differens de ceux que la ferveur de la pénitence a fait imaginer depuis , et qui sont entier*-
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- ment composés de crin. Ces derniers sont faits en forme de petite camisole que l’on porte sur la peau.
- CIME j s. f. du latin cima , formé du grec sviifsa ( hué ma ), dont la racine est jty?» (kueô), produire.
- Le sommet, la partie la plus élevée d'une montagne, d’un arbre, d’un rocher.
- ( Botan. ) La cime est une disposition de fleurs , telle que les pédoncules communs , partant d’un même point ( comme dans l’ombelle ) , out leurs dernières divisions naissantes de points difierens ; les fleurs de chaque groupe, ou même de tous les groupes élevées ord nairement sur un même plan. jL<es fleurs de sureau sont en cime.
- CIMENT , s. m. du latin cœmen-ium , formé de cœdo , casser , broyer.
- ( Technol. ) On donne eu général le nom de ciment à toutes sortes de matières glutineuses, tenaces , propres à lier , unir et faire tenir ensemble plusieurs pièces distinctes : il y en a de plusieurs espèces. Ce que les anciens architectes entendoient par ciment, étoit tout différent du. nôtre. Ils désignpient sous ce nom toutes les espèces de maçonneries relatives à la qualité des pierres ou à la manière de les poser: le mortier, la soudure , la glue, le bitume du Levant, tel qne celui dont on fit usage dans la construction des murs de Babylone , un mélange égal de verre en poudre , de sel marin, limaille de fer , mêlés et fermentés ensemble ,1e mortier dont pn se sert pour unir ensemble des briques ou dès pierres , pour faire des moutures , des cordons , des chapiteaux ou des blocs de briques.
- Un ciment doit être dur , solide et imperméable. Pour obtenir les deux premières qualités , on a employé , dans tous les tems , les dif— férens corps qui , par leur agrégation avec la chaux dissoute dans l’eau , absorbent promptement les eaux surabondantes , et fournissent aux particules de chaux répandues dans le ciment, l’acide carbonique nécessaire pour la rendre solide et la régénérer en terre calcaire.
- Les laves vitrifiées , les pouzzolanes naturelles et artificielles , les scories pilées , la terre des os , ont été la base de tops les cimens.
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- Les cimens ainsi composés, ont parfaitement réussi dans les parties méridionales de l’Europe , peu exr posées à la pluie, et où la gelée n’a pu dilater leurs pores et rompre leur agrégation.
- Mais dans des climats pluvieux, exposés à des gelées très fortes , la dureté et la solidité du ciment ne suffisent pas , il faut encore qu’il soit imperméable à l’eau. Or , les cimens composés de corps poreux ne peuvent avoir cette qualité. Les pluies de l’automne les pénètrent peu-à-peu d’une humidité insensible. Viennent ensuite lesgelées qui réduisent en poudre cette masse qui peu de tems auparavant offroit l’appa-r rence de la plus grande dureté.
- M. Casimir-Puymaurin a cru remédier à cet inconvénient en employant les résineux , et particulier rement le goudron liquide , qui pénètre les pores du ciment et les rend imperméables à l’eau.
- Le ciment romain , ainsi nommé par son auteur M. Smith, parce qu’il réunit toutes les qualités du ciment des anciens , provient des galets qu’on trouve en grande quantité sur les bords de la mer, et que l’on fait calciner et réduire eu poudre.
- Le. ciment des orfèvres , des gra-r vturs et des metteurs-en-œuvre n’est autre chose que de la brique mise eu poudre , bien tamisée , de la résine et de l’acide amalgamés ensemble-, ils s’en servent pour tenir en état les ouvrages qu’ils ont :V travailler, ou pour remplir le creux de ceux qu’ils veulent ciseler , afin qu’ils u* se bossuent pas,
- Le ciment des chflmistes est une masse composée , ou une poudre mouillée dont ils se servent pour purifier l’or et en séparer les me-taux impurs qui y sont mêlés.
- CIMETIERE , s. m. dn loti* cœmeterium , formé du grec xoi-/uhthiov ( koimétérion ), qui sl" gnifie dortoir , lieu de repos , et dont la racine est xoiy.Au {koimaô)* dormir , se coucher : lieu destine » enterrer les morts.
- (Culte cathol.) Chez les Romain* les cimetières étoient placés sur lfS grands chemins.
- Les cimetières ont toujours f“-en grande vénération parmi les cure” tiens, parce que, dans les prenuef*
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- siècles, ils y tenoient leurs assemblées ; que les martyrs y furent enterrés , que dans la sui te ce fut sur leurs tombeaux qu’ils bâtirent leurs premières églises : de là vient sans doute la règle qu’on observe encore aujourd’hui de ne consacrer aucun autel saus y mettre des reliques de martyrs.
- CIMIERS , s. m. du latin rima , parce qu’on les- met à la cime des casques qui sont sur l’écu.
- ( Art milit. ) Ornement qu’on porte au haut du casque.
- (Blason ) C’est la figure d’un animal ou de qnelqu’autre chose qui se met au-dessus du timbre.
- CIMOLITE , s. m. de l’îie de Cimo'a, l’une des Cyclades , et du grec xido; ( hthos), pierre: pierre de cimoia , ou pierre cimnlée.
- ( Minéral. ) C’est le nom d’un argile d’un blanc grisâtre qui rougit à l'air. Les anciens employoient cet argile pour blanchir les étoffes.
- ' CINABRE, s. m. du grec x;v*i8pa, qui signifie mauvaise odeur, et dont les latins ont fait cinnabarium.
- ( Minéral. ) Espèce de mine de mercure qui n’est autre cliose qu’un mercure naturellement minéralisé avec le soufre.
- Le cinabre est rouge , très-pesant ; le cinabre factice a les mêmes propriétés que ie cinabre naturel : c’est avec lui qu’on fait le vermillon. La préparation s’en Fait avec de l’urine Ou de l’esprit-de-vin. On se sert encore du cmabre factice pour peindre le verre , teindi-e la cire d’Es-pagne, colorer les émaux et les tartes à jouer.
- ( Mat. méd. ( Plusieurs méde-tim ont regardé le cinabre comme ru remède tempérant et anti-spasmodique ; mais l’usage le plus fréquent que l’on fait du cinabre, est tu fumigation pour les maladies vénériennes , îorsque l’on ne peut absolument employer d’autre méthode. Ou le fait brûler à feu ouvert sur des charbons ardens ; le malade , enveloppé jusqu’au cou dans une couverture , reçoit le mercure qui s’évapore et pénètre dans le corps du Malade par les pores de la peau, ^ette méthode a été en usage lors— jP1 ou n’en connoissoit pas de meii-"?Ure , de plus douce et de moins
- dangereuse.
- OlNERATION , du latin cinerg,-
- CIN 5it
- tit>, composé de cinis , cineris , cendre, et de ago, faire ; l’actioa de réduire en cendres.
- ( Chimie ) Ce mot est particulièrement employé en parlant des végétaux qu’ou réduit en cendres pour en tirer des sels fixes alcalis , qua l’on appelle sels par cinération ou par incinération.
- C1NETHMIQUE, s. f. du greo niviiS/ico? ( kinêthmos ) , dérivé de xme> ( bineô ) , mouvoir.
- ( Mécan. ) La science du mouvement eu général.
- CINTRE, s. m. du latin cintrum, selon quelques-uns, et de cinctura selon quelques autres.
- ( Archit. ) Trait d’un arc , ou figure courbe qu’on donne à une voûte.
- Cintres au plurier sé dit d’assemblages de planches et autres pièces de bois dont on se sert pour la construction des voûtes.
- CIRCONCISION, s. f. Ru latia circumcisio . ou circiim scissura , composé de circum , à l’entour, et de cèdo , couper , couper autour.
- ( Cérémon. relig. ) Cette cérémonie religieuse chez les juifs et les mahométans , fut ordonnée à Abraham par Dieu lui-même, l’an da monde 2108, comme le sceau da l'alliance qu’il venoit de faire avec lui. Elle fut aussi prescrite à Moïse.
- La circoncision se pratique encore chez d’autres peuples, saus néanmoins y être un acte de religion.
- Les Hébreux et leurs descendans n’ont jamais circoncis que les en fans mâles ; mais les Égyptiens , les Arabes et lés Perses , soumettent également les filles à la circoncision.
- ( Culte cathol. ) La circoncision est une fête qui se célèbre dans l’E-giise romaine le i .er jour de janvier. Autrefois on célébroit cette fête l’octave de la Nativité ; elle ne fut établie sous le nom de Circoncision que dans le septième siècle, et seulement en Espagne. En France , le premier janvier étoit un jour de pénitence et de jeune , pour expier les superstitions et les déréglemen* auxquels on se livroit ce jour là , e£ qui étoient un reste du paganisme. A ces divertissemens profanes abolis en i444, on substitua une fête solennelle qui est actueüemeut célébrée dans toute l’Eglise , et oui est aussi la fête du saint nom de Jésus*.
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- CIRCONFÉRENCE , s. f. directement de {'italien circonferenza , formé du latin circumferentia , composé de circùm , autour , et de fera , porter : portér autour.
- ( Géom. ) Ou appelle ainsi la ligne courbe qui renferme un cercle ou un espace circulaire , et qu'on nomme aussi quelquefois périphérie .{V.
- CERCLE. )
- Circonférence se dit aussi , en général , du contour d’une courbe quelconque.
- CIRCONLOCUTION , s. f. du latin circumlocutio. ( V. PERIPHRASE. )
- CIRCONPOLAIRE , adj. composé du latin circum , autour , et de polaris , polaire : qui est autour du pôle.
- ( Jlstron. ) Les étoiles circonpo-iaires.sont celles qui sont près du pôle boréal, qui tournent autour de lui, sans se coucher jamais par rapport à nous , c’est-à-dire , sans s’abaisser jusqu'au dessous de notre horizon.
- On trouve l’heure qu’il est la nuit par le moyen des étoiles cir-conpolaires.
- C1RCONSCISSE , adj. du latin circumscissns , formé de circùm , autour, et de scindo, couper, trancher , diviser, couper autour.
- (.Botan.) Ce mot se dit d’un fruit qui s’ouvre tranversalement en deux parties , à-peu-près comme une boîte à savonnette. La capsule du pourpier est circonscise près de sa base. Celle du mouron l’est par le milieu; celle de la jusquiame , près de son sommet,
- CIRCONSCRIPTION, s. f. dulat. eircumscribo , décrire autour : ce qui borne , ce qui limite la circonférence des corps.
- ( Géom. ) C’est l’action de cir-conscire un cercle à un polygone , ou un polygone à un cercle , ou à toute figure courbe. .
- La circonscription des polygones ne consiste que dans l’art de tirer des tangentes; car tous les côtés d’un polygone circonscrit à une courbe sont des tangentes de cette courbe.
- L’aire de tout polygone qui peut être inscrit dansun cercle , estmoïn-dre que celle du cercle ; et celle de tout polygone qui y peut être circonscrit , est plus grande. Le péri-paètre du premier de ces polygones , «st plus petit que celui du cercle ,
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- et celui du second est plus grand.
- C’est de ce principe qu’Archimède est parti pour découvrir la quadrature du cercle , qui ne consiste en effet qu’à déterminer l’aire ou la surface du cercle.
- ( Botan. ) On dit que la circonscription d’une feuille simple et indivise est réellement formée par le bord même ; que celle .d’une feuille diversement divisée, est rationelle, et consiste dans une ligne censée parcourir tout le contour , en passant , sans . interruption ni flexuosité , par les sommets des principales divisions. Ainsi une feuille lobée , palmée , etc. , peut être réniforme , ovale, etc., par sa circonscription.
- CIRCON LALLATION , s. f. du latin circamvallo , fortifier autour,
- ( ylrt rnilii. ) C’est une ligne ou un fossé que les assiégeans fout à la portée du canon de la place , ei qui règne autour du camp , pour en assurer les quartiers. Une ligne de circonvallation bien faite, ferme entièrement les environs de la place, ayant les angles tournés de son côté. Elle est faite en forme de redans , avec uu parapet à l’épreuve du canon ; elle a une ou deux banquettes derrière un fossé de deux toises de largeur, autant de profondeur par-devant , avec des demi-bastions, redoutes et autres ouvrages , qui la flanquent, et dans lesquels on pose des corps-de - garde suffisans pour fournir des sentinelles partout. L’on y place aussi de l’artillerie pour défendre contre les assiégés, en cas de sortie , jusqu’à ce que le piquet de l’arrière vienne au secours.
- Plusieurs auteurs grecs , comme Hérodote , font honneur à Harpage, l’un des généraux de Cyrus , de l’invention des circonvallations et contrevallations ; mais ces sortes de lignes éioient en usage loug-tems avant Moïse , et les premières dont l’écriture fasse mention n ont rien qui sente l’ignorance des premiers tems : elles sont à peu de chose près les mêmes qui furent faite* mille ans après , et ces dernières ne diffèrent guère de celles que l’on tait aujourd’hui. ,
- CIRCONVOLUTION, s. f; «a
- latin circonvolutio , composé de circùm et de volvere} tourner} s tortiller autour.
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- Plusieurs tours faits autour d’un centre commun.
- (Géom. )On ditquelquefois qu’une surface est produite par la circonvolution d’une ligne , qu’un solide est produit par la circonvolution d’une surface , au lieu de dire par la révolution.
- ( Archit. ) Ce mot se dit encore des trous de la ligne spirale de la vo!uie ionique et des autres volutes.
- CIRCULAIRE, adj. du lat. cir-cumire , aller autour.
- Ce mot se dit de tout ce qui est rond , et qui appartient au cercle.
- ( Géom. ) On appelle arc circulaire un arc ou une portion de la circonférence du cercle ; mouvement circulaire , le mouvement d’un corps dans la circonférence d’un cercle.
- ( Arithmét. ) Les aritlrméticiens donnent le nom de circulaires aux nombres dont les'puissances finissent par le caractère même qui marque la racine, comme cinq , dont le carré est vingt-cinq, et le cube cent vingt-cinq.
- CIRCULATION , s. f. dn latin circulatio dérivé de circulaire , aiier autour: l’action d’aller autonr.
- ( Géom. ) Le P. Guldin jésuite , appelle voie de circulation , la ligue droite ou courbe que décrit le centre de gravité d’une ligne ou d’une surface^ qui par son mouvement produit aine surface ou un solide. La méthode du père Guldiu , quoique très - ingénieuse , n’est plus en usage depuis la découverte du calcul intégral , qui lournit des méthodes plus aisées pour résoudre tous les problèmes de cette espèce.
- ( Chimie ) En termes de chimie , Ja circulation est une opération par laquelle les vapeurs ou liqueurs que la chaleur a fait monter , sont obligées de retomber perpétuellement sur la substance dont elles ont été dégagées.
- ( Physiologie ) La circulation est ce mouvement par lequel le sang 'a du cœur aux extrémités du corps, au moyen des artères , et revient par 'es veines. Cette importante fonction soupçonnée et même entrevue par Ilypoçrate , Servet , Colombus , Lésai pi n, Frapaolo et Fabrice d’A-quapendcute , a été pleinement con-«VRiée par le célèbre Harvey, méde-
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- cin de Charles I, roi d’Angleterre, dans sa dissertation de circulations sanguinis , publiée en 16'j.à.
- Circulatoire,du lat. drcum-
- ire , amhulare , aller autour.
- (Mécan.) Les mécaniciens disent mouvement circulatoire , vitesse circulatoire, pour désigner le mouvement ou la vitesse d’un corps cpti tourne autour d'un point.
- ( Chimie ) Circulatoires se dit des vaisseaux qui servent à la distillation par circulation.
- CIRCULER, v. n. du lat. circum ire , aller autour.
- {Mécan.) Ce mot se dit proprement du mouvement d’un corps ou d’un point qui décrit un cercle ; mais on a appliqué ce mot au mouvement des corps qui décrivent des courbes non circulaires ; par exemple , au mouvement des planètes qui ne décrivent point des cercles autour du soleil , mais des ellipses. V. PLANETE. On l’a appliqué au mouvement du sang. En général , ce mot peut s’appliquer par analogie au mouvement d’un corps , qui , sans sortir d’un certain espace, faitdaus cet espace un chemin quelconque , en revenant de tems eu lems au même point d’où il est parti.
- CIRE , s. f. du grec xvpoç (héros), dont les Latins ont fait cera.
- ( Hist. nat. ) Matière molle et jaunâtre , qui reste du travail des abeilles après qu’on[ en a exprimé le miel.
- Les abeilles vont chercher dans les fleurs la matière de la cire. Elles se roulent sur les étamines , se couvrent de leur poussière , se frottent avec leurs pattes , la mettent en boules avec les brosses , la rassemblent dans les palettes triangulaires de leurs pattes postérieures, et l’apportent à la ruche. D’autres abeilles reçoivent cette substance, l’avalent, l’élaborent dans leur estomac, qui est fort, ridé , et musculeux , d’où elle transsude à travers les jointures des anneaux du bas - ventre , où les abeilles la recueillent de nouveau, et la dégorgent par la bouche ; à l’aide de leurs pattes et de leurs mandibules , elles forment des alvéoles hexagones pressés l’un contre l’autre. Quand les alvéoles sont construits , il faut les emplir dé miel ; c’est dans les fleurs que les abeilles le pompent avec leut trompe ; elles
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- le dégorgent dans les cellules , où il est recouvert par une pellicule de cire. Les abeilles consomment du miel l’hiver, pour leur propre nourriture , quand elles n’en trouvent plus dans les champs.
- Les cellules sont destinées à dif-férens usages. Les unes sont vides , les autres contiennent la cire brute, qui , dans les momens d’une récolte abondante , a été mis en dépôt, et recouverte d’un peu de miel. La plupart sont occupées par les œufs ; d’autres couvertes de calottes plus élevées, renferment des chrysalides. X^a réunion de ces alvéoles compose les gâteaux ou rayons.
- Les produits qu’on retire de l’éducation des abeilles sont considérables ; la cire et le miel sont les principaux.
- Pour obtenir le miel. ( Jroy. MIEL ) , on pose les rayons sur des claies d’osier ; on les égoutte ; quand ils ont été égonttés , pressés et lavés , on les fond et on passe la cire à travers un linge pour la débarrasser de tous les corps étrangers. On la fait tomber dans l’eau ; elle surnage en lardes minces que l’on sèche sur des toiles à la rosée qui la blanchit. Cette operation de }a fonte et du blanchiment de la cire se répète trois fois , et elle a acquis alors tonte la blancheur dont elle est susceptible : ou la nomrpe cire vierge.
- La cire chauffée à nu feu doux, forme un fluide huileux et transparent ; elle redevient solide par le refroidissement ; lorsqu’on lacbauffe
- fiar le contact de l’air , elle s’al-nme et se volatilise , c’est l’effet de la mèche dans la bougie.
- La cire vierge , outre cet rtsage , sert dans la parfumerie et dans la pharmacie, pour la préparation des pommades , des onguens , des emplâtres , et des cérats. La cire jaune sert à cirer les appartemens , et à faire des bougies grossières ; ou colore la blanche , eu la mêlant avec de l’huile , et en la broyant avec des couleurs. La poix grasse la conserve dans un état de mollesse qui la rend utile pour l’application des scellés. La cire mêlée au sucre candi .forme une pâte propre à prendre l’empreinte des pierres gravées. On modèle en cire des statues , des figures d’anatomie ; onenduit.de cire
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- des étoffes de toile et de soie, pomr les rendre impénétrables à la pluie j mais il faut y ajouter de l’huile afin que cet enduit ne soit pas cassant.
- ( Commerce.} Plusieurs départe-mens de la République française fournissent de la cire , et notamment ceux qui composent les anciennes provinces de Champagne , d’Anjou, d’Auvergne, du Bordelais , de Normandie , de Bretagne , de la Sologne. Mais on est encore obligé d’en tirer du Levant et du Nord.
- On reconnoit que la cire jaune eu pain a été sophistiquée par le mélange de graisses, ou à la saveur , ou en la mettant sous la dent
- Il y a quelques célèbres manufactures on l’on fabrique la cire sans aucun alliage ; mais dans les aunes on ajoute d’ordinaire une petite quantité de graisse dans la fonte de la cire jaune. Les pratiques employées pour blanchir la cire jaune sont par-tout à peu près les mêmes. S’il y a des. cires plus sèches les unes que les antres , c’est parce que ceux qui les blanchissent les allient avec moins de suif, ou qn’iis n’y eit mettent point du. tout ; s’il y eu a de plus blanches, de plus transparentes , c’est que les blanchisseurs entendent mieux leur art, et aussi parce qu’il y a des cires qui blanchissent mieux les unes que les autres ; celles des pays vignobles blanchissent difficilement, et elles ne blanchiroient pas du tout si l’on n’y mêloit vingt-cinq à trente livres de suif sur un quintal de cire On achète les bougies faites de cette cire à meilleur marché , mais elle» ne font pas lé même profit, parce qu’elles se consument plus promptement.
- La bonne cire doit être d’un blanc clair , un peu bleuâtre , et sur-tout transparente. Les cires alliées de graisse peuvent être fort blanches, mais elles sont toujours d’un blanc mat et farineux ; elles n’ont point an toucher la sécheresse de la cire pare, elles ne sont point aussi transparentes. On les reconnoit encore an goût, à leur mauvaise odeur, lorsqu’on les met sous la dent.
- ( Cire à cacheter ) On fabnqn des cires à cacheter de plusieurs couleurs, Ou fabrique la rouge .en ***"
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- fifltun mélange de gomme laque , Je térébentine , de colophane , de cinabre et de minium ; si on vent qu’elie soit odoriférante , on y ajoute un peu de musc. Celle appelée jaune d’or se fait avec un mélangé de poix résine blanche , de mastic, de sandaraque , desnccin et Je gomme gutte.
- Pour la cire noire , on substitue au cinabre le noir d’Allemagne.
- ( Botan. ) Plusieurs végétaux donnent de la cire ; le sapiurn ce-referumlegale, le myrice cérifère ; le péla de la Chine , les chatons mâles du bouleau , de l’aune , du peuplier, du pin , fournissent une cire plus ou moins semblable à celle des abeilles.
- ( Peinturée ) Les anciens emploient la ctredans la peinture ; soit en la colorant, soit en l’appliquant sur des couleurs. Voy. ENCAUSTIQUE.
- ( Mat. rttéd. ) Beurre de cire , huile de cire ^qnand on soumet la cire, à la distillation , elle rend un phlegme légèrement acide , et qui contracte plus d’acidité , à mesure que l’on augmente le degré du feu. C’est ainsi qu’on en extrait une huile dont l’odeur est vive et pénétrante , qui se condense dans le récipient , et prend la consistance du beurre : après plusieurs rectifications ce beurre devient aussi liquide que l'esprit de vin, et dans cet état on l’appelle huile de cire.
- Le beurre de cire est un puissant résolutif : il résout les tumeurs froides , calme les douleurs de goutte et de rhumatisme , convient admirablement sur les angelui es écorchées et les crevasses du sein ; on le donne intérieurement par gouttes , pour aPpaisser les coliques uépbrétiques, et entraîner les graviers hors des roies urinai) es.
- ( Physiolog ie ) Cire des oreilles ; la membrane qui revêt mtérieure-h’ent le conduit auditif, est parsemée de petites glandes . où aboutissent 1^’ dernières ramifications des ar— lerescarotides ; chacune de ces glan-des a un conduit excrjteur qui misse échapper dans l’oreille ex'erne Une humeur jaunene épaisse . onc-hieuse , et d uo ' <• . cor amère.
- La viscosité et l’eme tume de la r-lre des oreilles éea. lent les insectes, ne manqueroientpas d’en trer son-
- vent dans le conduit auditif ; lovsqus l’ébranlement de l’air est trop fort , cette cire en est le modérateur ; enfin , elle sert à humecter la membrane du tympan , et à la mettre à couvert de l’acidité de l’atmosphère.
- — Cire des yeux ; matière qui s’amasse sur les bords des paupières, et qui est fournie par plusieurs petites glandes sébacées, logées dans l’épaissenr des cartilages , nommés tarses , et dont les conduits excréteurs s’ouvrent aux bords des paupières.
- CIROENE, s. m. composé un grec x»poç ( héros ) , cire , et de oivoç ( oinos ) , vin.
- { Pharmacie ) Emplâtre résolutif, où il entre de la cire et du safran, ainsi appelé, parce qu’on détrempe avec du vin . la cire et les autres drogues qui le composent.
- CIRON, s. m. du grec yjitp^cheir), la main , suivant quelques-uns , et selon d’autres de x.npoc ( Jcêros ) , cire , parce que ce petit animal ressemble à celui qui s’engendre dans la cire.
- ( Méd. ) petit insecte qui s’engendre entre cuir et chair , sur-tout aux mains , et y cause des démangeaisons incommodes. Les pustules qu’il occasionne portent aussi Je nom de cirons.
- CIRQUE , s. m. formé dn grec x.ipx.oç (kirkos) , cercle , à cause de la forme des cirques.
- ( Gymnast.) Lieu destiné chez les anciens Romains pour les jeux publics , et particulièrement pour les courses de chevaux et de chariots.
- CIRRHE , s. m. du lat. cyrrhus , formé du grec xspatç ( héras ), cornu,
- ( Botan. ) On appelle ainsi nu filament simple ou rameux , ou diversement recourbé , roulé , tortillé , au moven duquel certaines plantes s’attachent à d’autres corps : tels sont ceux qui naissent des tiges de la vigne, en opposition à ses feuilles.
- De cirrhe les botanistes ont fait cirrhé , pour désigner ce qni affecte la forme ou qui remplit les fonctions du cirrhe , comme la pointe grêle et prolongée des feuilles de certaines plantes , le pédoncule commun de quelque paullinies , le pétiole commun de la mimose , on de la polystache. — Ciniieux , pour ce qui est terminé en ve'ritable cirrhe : tel est le pétiole commun
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- ilè beaucoup de papillonacées. — Cirrhifère , pour désigner les plau-tes ou parties de plantes qui portent un ou plusieurs cirrhés , distincts d’elles-mêmes, comme la tige de la •vigne , du concombre, de la gre-nadille , etc. les pétioles de quelques smilac.es , le pédoncule du cardiosperme.
- .CJRSOCÈLE, s. f. ou VARIO-CELE , du grec jupo-oç ( Icirsos ) , varice , et jchau ( Icêlê’) , hernie.
- ( Méd.} C’est une tumeur des testicules ou du cordon des vaisseaux spermatiques , causée par des varices , qui y forment des espèces de nœuds ; c’est une fausse hernie.
- CISEAU , s. m. du latin sicilum ou sicila , formé de siciiire, couper , retrancher. On disoit autrefois cisel.
- ( Technol. ) Ferrement plat, qui tranche par un des bouts , et qui sert à travailler le bois , le fer , la pierre, etc.
- Orx appelle particulièrement ouvrage de ciseau un ouvrage de sculpture , et l’on dit d’un sculpteur qu’il a le ciseau admirable , savant, délicat.
- Ciseaux, au pluriel, est un instrument composé de deux branches tranchantes en dedans et jointes ensemble par un clou. Tels sont les ciseaux des tailleurs , des jardiniers , etc.
- CISELER , v. n. de cisel , que l’on a dit autrefois pour ciseau. V. ce mot.
- ( Technol. ) Ciseler , c’est enrichir et embellir les ouvrages d’or et d’argent et d’autres métaux, par quelque dessin ou sculpture que le ciseleur y représente en bas-relief.
- L’histoire sacrée et profane fourmillent de témoignages qui attestent l’ancienneté de la ciselure dans l’Asie et en Egypte. Cet art ayant passé dans la Grèce , s’y perfectionna en peu de tems. Zopire grava les aréopages et lé jugement d’Oreste, sur deux coupes estimées douze grands sesterces. Acragas cisela sur des coupes les bacchantes et les centaures. Pythias grava et cisela, avec une délicatesse achevée, sur une petite phiole, Diomède et Ulysse ayant le palladium de Troyes. Le même Pythias grava sur deux petites aiguières toute une buüeïie de cuisine avec les cuisi-
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- ni ers occupés à leur travail, d’an# I manière si vive et si parlante qoe I pour rendre cette pièce , unique eu son espèce, on ne permettoit pa» 1 même d’en tirer une copie. Stva- i tonique représenta sur une coupe un j satyre endormi dans une attitude si naturelle , qu’il sembloit qu’il n’eut fait qu’appliquer cette figure sur le vase.
- La ciselure est peut-être l’art qui se soi lie plus perfectionné en France. 1 Balin et Thomas Germain , deux célèbres artistes du commencement du siècle dernier , ont égalé tout ce que les anciens ont de plus beau en ce genre. La bijouterie de Paris , s’est acquise, depuis, tant de réputa- j tien, que c’est dans cette ville que j se fabriquent les ouvrages en ce genre pour toute l’Europe.
- Pour ciseler les ouvrages creux et de peu d’épaisseur, on commence par dessiner sur la matière les sujets qu’on veut représenter , et ou leur donne le relief, en frappant le métal, et en le chassant de dedans en dehors pour relever et former les figures ou ornemens que l’on veut faire en relief sur la surface extérieure du métal. On a pour cela plusieurs outils , appelés bigornes , sur les sommets desquels on applique l’intérieur du métal, ayant soin qu’ils répondent précisément aux lignes auxquelles on veut donner du relief ; puis, avec un petit marteau, on bat le métal que soutient la bigorne ; le métal cède aux coups de marteau , et la bigorne fait en dedans une impression ou creux qui forme en dehors une élévation sur laquelle on cisèle les figures et les ornemens du dessin. Pour travailler avec sûreté, et pour tenir en état sou ouvrage , l’artiste a eu la précaution de remplir toute la capacité intérieure avec un ciment composé de résine , de cire et de brique mise en poudre et bien tamisée. On cisèle aussi les pièces de relief ; mais cette manière exige trop de matière et trop d’épaisseur : l’autre est infiniment plus commune.
- ( Manuf. ) On se sert encore du terme ciseler pour réparer les pièces qui ont été moulées , mais dont les dessins sont sortis du moule imparfaitement marqués.
- On nomme encore ciseleurs, etl termes de manufacture, ceux
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- avec «les fers chauds graves , font «ne espèce de velours ciselé , ou plutôt de velours gauffré , en aplatissant le poil du velours , à l’endroit qui doit servir de fond , sans toucher à celui qu’on réserve pour le dessin et les façons.
- CISSOIDE, s. f du grec «.ta-sros llissos), lierre, et de iGoç ( eidos), {orme, figure : qui a la figure du lierre.
- ( Géom. ) Courbe algébrique , qui a été imaginée par Dioclès , ce qui l’a fait appeler plus particulièrement la cissoïde de Dioclès.
- Les problèmes pour la solution desquels les anciens faisoient usage de la cisso'ide , se résolvent maintenant par le calcul intégral. V. CALCUL et -INTEGRAL.
- CISTQPI1QRE, s. m. composé du grec nh» (kistë), corbeille , et de ebœ porter : porte-corbeille.
- ( Numism. ) Les antiquaires appellent ainsi les médailles sur lesquelles on voit des corbeilles. CISTRE, s. m. V. SISTRE. CITADELLE , s. f. directement de l’italien citadella, qui est probablement un diminutif de civitas, civitatella , citadella.
- Une citadelle est une petite fortification construite dans le dessein de contenir les habitans d’une ville , dont on a lieu de se défier , ou pour se défendre contre l’ennemi, s’ils demeurent fidèles.
- La situation des citadelles doit être toujours dans le lieu le plus élevé, afin qu’elles commandent au reste de la ville, dans laquelle on la fait entrer en partie. La figure qui leur convient mieux est la pentagonale.
- Une citadelle n’a ordinairement fiue deux portes , l’une du côté de •a place , et l’autre du côté de la campagne -, celle-ci ne s’ouvre que pour y faire entrer du secours et des vivres , ce qui la fait appeler porte de secours.
- La citadelle doit être mieux fortifiée que la ville, parce qu’aiiU'ement •ennemi ne manqueroit pas de •attaquer avant que d’assiéger la %l*te , qui ne pourvoit plus tenir ®près la piûse de la citadelle. f M^ERNE , s. f. du grec ' . ) j renfermer , d’où a été fait
- coBie. Selon quelques-uns,
- C1T 5i?
- ce mot viendroit de cis-tefram * sous-terre.
- ( Archit. ) Réservoir souterrain d’eàu de pluie , que l’on construit dans un lieu où l’on ne peut avoir de l’eao qu’avec difficulté.
- Les citernes que l’ou construit en Hollande, où les eaux de fontaine et de rivière sont très-rares, procurent des eaux excellentes , parce qu’elles sont moins chargées de substances étrangères.
- La plus belle citerne qu’il y ait au monde , est à Constantinople. Les voûtes portent sur deux rangs de 212 piliers chacun ; ces piliers qui ont deux pieds ( 55 centimètres ) de diamètre , sont plantés cireulai-rement , et en rayons qui tendent à celui qui est au centre-.
- ( Art de la guerre) Les citernes sont d’un grand usage dans les places de guerre , qui sont sujettes à manquer de bonne eau dans les tems d’orage ou de sécheresse , qui altèrent ou tarissent les sources ordinaires.
- ( Marine ) Citerne flottante; c’est le nom qu’on donne dans certains ports à des barques ou chalonppes qui ont dans leur capacité une es-èce de citerne ou retranchement ien clos et calfaté pour contenir de l’eau douce, et la porter à bord des vaisseaux.
- ( Physiologie ) Citerne se dit de certaines parties du corps; comme le quatrième ventricule du cerveau , ou plutôt du cervelet, et le concours des vaisseaux lactifiés dans les mam-meîles des femmes pour former le mammelon.
- CITRATE , s. f. de citreum. , citron, formé du grec xirpia. {kitria).
- ( Chymie ) Sel formé par la combinaison de l’acide du citron avec différentes bases.
- Ce genre de sel n’avoit point de nom dans l’ancienne nomenclature.
- Su terminaison en ate indique qu’il appartient aux acides complètement saturés d’oxigène et dont la terminaison est en ique.
- CITRIQUE, adj. même origine que CITRATE.
- ( Chimie ) Acide citrique ; c’est l’acide en liqueur qu’on retire du. citron par expression. Sa terminai^ son en l'yr^indique le second état des acides , celui où ils sont complètement satures d’oxigèae.
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- 5iS Cl T
- CIVABÏERE , s. f. de l’espagnol cabadera
- ( Marine ) Voile du mât de beaupré 5 elie a la forme d’un quarré long. Cette voile est d’un très-petit usage ; elle ne se porte guères qu’a-vec le vent arrière , ou le vent largue , et en aucun cas avec une grosse mer.
- CIVETTE , s. f. dé l’arabe zebed ou zebâd, qui signifie écume , et en particulier la liqueur épaisse et odoriférante que l’on tire de cet animal , et qui a donné son nom à l’animal même.
- ( Ilist. nat. ) La civette est un animai carnassier - carnivore, qui tient du cliien, du renard et du chat , et qui a vers l’anus une poche qui contient une secrétion très-odoriférante. La récolte de la civette ou la matière contenue dans cette poche , est très-pénible ; à peine les habituas de l’Inde qui se vouent à ce|tte occupation , en ramassent-ils quelques dragmes en un jour. Les Hollandais dont l’industrie embrasse toutes les branches de commerce, sont venus à bout d’accoutumer à leur climat une quantité de civettes qu’ils nourrissent dans des cages , avec beaucoup de soin. Quand ils veulent en tirer le musc , ils les mettent fort à l’étroit , les saisissent par la queue , et les assujettissent à une situation immobile pur le moyen d’un bâton qu’ils passent à travers les barreaux de la cage , sons le ventre de l’animal. Ils font ensuite entrer une cuiller dans le sac qui contient le parfum ; on en racle les parois, avec soin , et l’on met la matière dans un vase que l’on bouche bien. Cette opération est répétée deux ou trois foi? par semaine , et l’on obtient chaque fois un gros ou un gros et demi ( cinq décagrames ), de substance odorante.
- CIVILISER, v. a. du lat. civitas: rendre civil, polir les mœurs à l’instar des liabitans des villes ; de civi tas sont également nés les mots civil, civilité , incivil, civique, etc.
- ( Pratique ) En termes de palais , civil se dit par opposition à cri-rrjnel ; et civiliser tyie affaire , c’est convertir en un "j**.ocès ordinaire une procédure qui avoit d’a-hord été instruite criauncliernent.
- CIV !
- CLAIR , adj. du latin clàrus éclatant , lumineux. ’
- ( Physique ) adjectif relatif à la quantité de rayons de lumière qu’un corps réfléchit veis nos yeux et quelquefois à la quantité des parties solides qu’il contient. Ainsi oa dit des couleurs claires , une eau claire , un verre clair , une étoffe claire. Une étoffe est d’autant p!uj claire , qu’elle contient moins de parties solides , et qu’elle est percée d’un plus grand nombre de jours. Une couleur est d’autant plus claire que sa teinte est plus foible , plus-voisine du blanc ; ce qui fait que lp quantité de rayons est plus grande
- CLAIR-OBSCUR , s. m. de l’italien chiaroscuro.
- ( Peinture } Ce que les peintres nomment clair-obscur, est l’effet de la lumière considérée en elle-même , c’est-à-dire, rendant le# objets qu’elle .frappe plus ou moins clairs , par ses diverses incidences, ou les laissant plus ou moins obscurs lorsqu’ils en sont privés.
- Le clair-obscur comprend donc les dégradations de lumière et d’ombres et leurs divers réjaillissemeus qui occasionnent ce qu’on uomms reflets.
- Le peintre qui , pour bien rend:# ces dégradations et ces rejaillisse-mens de lumière , est astreint ans lois positives et exacte? de l’incidence et de la réflexion des rayons lumineux, est libre de fixer , dans chacune de ses compositions , 1* point d’où il suppose que la lumière se répaud sur les objets de son tableau ; il lui présente les surfaces qu’il veutt éclairer , et interpose a son 'gré des objets pour occasionner des privations de lumière plus ou moins favorables aux effets harmonieux qu’il est tenu de produire.
- Ainsi, la science du clair-obscUT,
- consiste dans l’exactitude à se conformer aux lois physiques que suit une lumière fixe , d’après les sup positions qu’ou se permet de faue pour l’ay.antage du sujet qu’on traite-
- Cette liberté de suppositions u est
- pas indéfinie ; car , si elle consiste comme il est le plus ordinaire , * lie pas offrir au spectateur le foJ • de la lumière dont on éclaire le ta bleau, il faut cependant que ^ spectateur instruit et sévère , Pu|?5., se démontrer une le peintre us *a*'
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- c h A
- jaillir la lumière que d’un' point , et même qu’il puisse découvrir dans quel endroit , hors de la composition , peut être ce point.
- Un moyen d’apercevoir d’nn coup-d’œil l’eflet général du clair-obscur dans un tableau , est de s’en éloigner à une distance telle -que les objets particuliers , éclairés subor-donnément, chacun d’après les suppositions établies , n’aitachent plus trop les regards , et que les lumières et les ombres principales se présentent à la vue , comme par masses ,' par euchaÎDenient ou par groupes, qui subordonnés entre eux , satisfassent les regards par un accord , une harmonie et un repos , auxquels se complaît le sens de la vue.
- Le tableau qui produit cet effet, presque absolument physique , à la distance d’où l’on peut en juger, ïst bien combiné quant à cette partie.
- Le tableau qui, à quelque distance qu’on le regarde , ne présente aux yeux que des lumières éparses , incohérentes , est l’ouvrage d’un artiste qui ignore à-la-fois la science et l’art du clair-obscur.
- CLAIRET, du lat. claretum.
- ( Mat. méd. ) On entend généralement sous ce nom , une infusion de poudrés aromatiques dans du vin, que l’on édn’core ensuite avec du sucre ou du miel.
- ( Econ. dom. ) On appeloit autrefois claret toute espèce de vin rouge ; les Anglais et les Italiens Dons ont emprunté ce mot.
- CLAN, s. m. d’origine écossaise ; Idaan en écossais signifie enfans.
- {Econ.polit.) Une famille, une trijm, quelquefois un terme de mépris , pour désigner une secte , nue association.
- CLAPOTAGE , s. m*. du saxon rfappan , ou de i’Hollandais klap-Pen, qui signifient l’un et l’autre **11 certain bruit aigu et éclatant , occasionné par le choc vif et irré-gulier de plusieurs corps.
- . ( Marine ) C’est un mouvement Tlf de la mer, lorsqu’elle se lève ?u petites lames courtes et serrées tes unes contre les autres ; de ma-roere qu’elles se succèdent vivemerft çn venant des côtes , et donnant des •nouvemens désagréables aux vais-îeavtx. On éprouve ordinairement •h} clapotage 3 ou une mer clapo-
- C L A 5i$
- teuse, sur les acores des bancs, dans les endroits où il y a des courans , et sur une côte qui forme un enfoncement où le vent du large accumule les vagues.
- CLARIFICATION , s. f. du latin
- cl arum facere , rendre clair.
- (Pharmacie) Opération qui consiste à rendre une liqueur claire , nette , limpide , par l’ébullition , la despumation , 6t la colature ou filtration. Ou clarifie les sirops et les miels , et quelquefois les sucs , les décoctions , le petit lait, et .autres liqueurs , en y mêlant des blancs d’œufs battus , les faisant bouillir un bouillon ou deux , et les passant par la chausse ou le blan-chet ; car cette substance par une suite de la qualité gluante, s’attache aux particules les plus grossières du liquide , dont on les sépare en les filtrant. La clarification se fait aussi en filtrant les liqueurs par le papier gris.
- CLARINETTE , s. f. de l’espagnol clarin.
- ( Mus. instrum. ) Instrument à hanche de la longueur à-peu-près du haut-bois , mais d’un diamètre beaucoup plus fort et égal partout.
- L’anche des clarinettes n’est pas comme celle des bassons ou hautbois ; ce n’est qu’une mince platine de canne attachée avec de la ficelle à la partie supérieure de l’embouchure , qui animée par le souffle > donne à cet instrument un son singulier. Dans le bas , c’est le son du chalumeau , et dans les hauts , qui ne sont point des octaves , comme dans les autres instrumens â vent, mais des quintes au-dessus des octaves , il a le son d’une trompette adoucie.
- Les clarinettes sont venues d’Espagne , où elles faisoient partie de la musique militaire ; mais cet instrument joué avec goût et avec intelligence fait un bel effet dans le» symphonies.
- CLASSE, s. f. du lat. classis , ui pomroit venir du grec klasis) , fraction.
- L’ordre suivant lequel on range diverses personnes , ou distribue diverses choses.
- (Hist. nat.) On a divisé les trois règnes de la nature en classes , en ordres , en genres , en espèces et en variétés j ces distributions en grou-
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- 5 2@ CLÀ
- pant les êtres qui ont entre eux des rapports eonstans, servent à les faire reconnoître avec plus de facilité. En passant de la classe à l'ordre , et de l'ordre au genre , on arrive facilement à l’espèce.
- '( Marine ) Classes au pluriel , signifie l’enrôlement des matelots et gens de mer. Les classes furent établies pour la première fois en France, sous le règne de Louis XIY.
- CLASSIFICATION, s. f. de classe-. l’action de classer, motnouve.au employé en matières d’administration et d’histoire naturelle : on dit classification des lois ; classification clés minéraux , des végétaux. . CLASSIQUE , adj. de classe.
- (, Littérat. ) Ce mot est principalement d’usage en cette phrase : auteur classique , c’est-à-dire , un auteur ancien approuvé , et qui fait autorité dans une cevtaine matière. filaton , Aristote , Homère, Cicéron, Virgile, Tite-Live, etc. , sont des auteurs classiques.
- On dit aussi terre classique , en parlant de Rome et de l’Italie , d’Athènes et de la Grèce , parce qu’on y trouve à chaque pas des lieux , des sites , des objets , des monumens, des usages qui rappellent ce qu’on a lu dans les auteurs anciens et classiques.
- CLAUSE , s. f. du lat. clausula, parce que c’est un énoncé court et précis.
- ( Pratique ) C’est dans les contrats une condition particulière qui augmente ou restreint la convention générale et principale.
- CLAYE, ou CLAVIFORME , ou MASSETÉ , du lat. clavatus, formé de clava , massue.
- ( Botan. ) On dit qu’une racine est clai’ée, pour dire qu’elle va en grossissant de la base au sommet , ou littéralement qu’elle est faite en massue.
- CLAYECIN , s. m. du lat. cla-vicy mbalum.
- {Mus. ihstrum.) Le clavecin est un instrument à cordes composé d’une caisse de bois de six pieds et demi de long sur laquelle sont tendues des cordes de métal.
- Les cordes du dessus sont de fil de fer très-fin , et celles des basses qui sont plus grosses sont de fil de laiton. Il y a sur le devant du clavecin un clavier, qui a autant de
- CLA
- touches que l’instrument a de’cor-. des. Quand on applique le doin sur l’extrémité antérieure de l’une de ces touches , son extrémité postérieure s’élève et fait élever dans la même proportion une lame de bois, nommée sautereau, qui est armée d’une petite pointe de plume de corbeau. Ce petit morceau de plume concentre la corde ; il Ja frappe et .lui fait rendre un sou, comme si elle étoit pincée avec l’ongle ; Voy. EPI NETTE, MONOCORDE, CLAYiCORDE, FORTE-
- PIANO.
- ( Optique ) Clavecin oculaire ; le père Castel, jésuite est l’inventeur d’une espèce de clavecin qu’il a nommé oculaire , analogue au clavecin auriculaire, et composé d’autant d’octaves de couleurs par tons et demi tons, que le clavecin auriculaire a d’octaves de sons , par tons et demi tons. Cet instrument extrêmement curieux et d’un travail immense, est destiné à donner à l’àme , par les yeux, des sensations de mélodie et d’harmonie de couleurs aussi agréables que celles de mélodie et d’harmonie de sons que le clavecin auriculaire lui communique par.l’oreille.
- CLAYICORDE ou MONO' CORDE , $. m. de l’itaiien , clavi-cordio.
- ( Mus. instrum. ) Cet instrument très-rare en France , mais, très-commun dans la Haute-Allemagne, est fort agréable quand on le joue seul 5 le son en est extrêmement doux , parce que ce n’est pas le pincement d’une plume , comme au clavecin , qui fait frémir la corde, mais une petite lame de laiton fichée dans la partie postérieure du clavier , qui en élevant la corde , *a fait sonner.
- CLAYICÜLE , s. f. du latin cia-
- vicala , diminutif de davis.
- ( Anat. ) Les clavicules sont deux os situés transversalement, et un p®u obliquement, vis-à-vis l’un de 1 autre , à la partie supérieure et anterieure du thorax , entre les omoplates et le sternum. Eiles soiit ainsi
- nommées à cause delà ressemblant® ^a’on a cru leur trouver avec les anciennes clés ; ou parce qu’on a imaginé qu’elles en faisoient la fonctiort à la partie supérieure de la p°‘
- Uiue* clavier
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- CLE
- CLAVIER, s. m. formé de cia-vis, clef : réunion de plusieurs clefs- . , ,
- .( 3ïusiquc. ) Portée générale ou somme de sons de tout le système qui résulte de la position relative des trois clefs ; cette position donne une étendue de douze lignes , et par conséquent de vingt-quatre degrés , ou de trois octaves et une quarte. Tout ce qui excède en haut ou en bas cet espace , ne peut se noter qu’à l’aide d’une ou plusieurs lignes postiches ou accidentelles, ajoutées aux cinq qui composent la portée d’une clef.
- CLEF , s. f. du latin clavis, formé du grec ( kleis ) : ins-
- trument fait ordinairement de fer ou’ d’acier , pour ouvrir et fermer une serrure.
- (Architect. ) On appelle ainsi par métaphore la dernière pierre qu'on met au haut d’une voûte. C’est aussi un voussoir qui partage en deux parties égales un bandeau ou archivolte , etc.
- ( Musique ) Clef est un caractère de musique qui se met au commencement d’une portée , pour déterminer le degré d’élévation de cette portée dans le clavier général, et indiquer les noms de toutes les notes qu’elle contient dans la ligne de
- CLEIDOMANCIE , s, f. composé du grec x.xuç (kleis), gen. >AuJoç(kleidos) , clef et de p.&VTecti (manteia.) , divination. •
- ( Divin. ) Sorte de divination qui se pratiquoit par le moyen des clefs ; on ignore comment elle se faisoit".
- CLEISAGRE, s. f. composé de ( kleis ) , clef , clavicule ; et d’ayptt ( agra ), prise , capture.
- ( Méd. ) Goutte à l’articulation des clavicules avec le sternum.
- CLEPSYDRE , s. f. du grec xxs-( kleptô ) , se dérober, et de viTtep ( hudàr ) , eau , parce que * eau s’y dérobe.
- ( HydroL. ) Horloge d’eau dont Ies anciens se servôient pour mesu-ïer le tems.
- On donnoit à ces horloges différâtes figu res ornées et variées , soit pour en imposer aux yeux, soit pour mrmer un spectacle agréable. La Question réduite aux principes d’hyr-’'r<^Jynamique,est de savoir mesurer
- Tonie I.
- CL E 5üi
- le tems que la surface d’un fluide employé à s’abaisser d’une hauteur proposée,dans un vase d’une certaine forme ; c’est par l’écoulement de l’ean que les Egyptiens avoient cherché originairement l’art dercesurer le tems ; l’usage de la clepsydre a subsisté chez eux pendant un grand nombre de siècles.
- C’est aussi par le moyen des horloges d’eau qne les astronomes chinois supputoient les intervalles da tems qui s’écoulent entre le passage d’une étoile par le méridien, le coucher ou le lever du soleil, la grandeur des jours , etc.
- ( Chimie ) On donne le nom de clepsydre à un vaisseau dont se servent les chimistes.
- ( Méd. ) Clepsydre est encore un instrument dont il est parlé dans Paracelse , et qui sert à conduire les fumigations dans l’uterus.
- CLERC1, s. m. du latin clerus ou clericus , formé du grec y.xîipoç (klêros) , sort : ce qui est échu par le sort.
- ' ( Jiist. ecclés. ) Ce mot signifie proprement en grec le sort, ou la marque que l’on met dans un vaisseau pour tirer au sort ; on l’a ap -pliqué ensuite à ce qui est échu par le sort, comme le partage, l’héritage ; de la il s’est dit de ceux qui sont attachés à Dieu d’une manière particulière ; et c’est en ce sens que dans l’Ancien Testament la tribu de Lévi est appelée le sort, le partage , l’héritage du Seigneur , et qne Dieu est appelé réciproquement son partage -, parce que cette tribu étoit entièrement consacrée au service de Dieu , et qu’elle vivoit des offrandes que l’on faisoit à la divinité , sans avoir rien en fonds de terre comme les autres tribus.
- Dans les premiers siècles de l’église , le titre de clerc étoit commun à tous les ministres des autels , soit qu’ils fussent évêques , prêtres ou diacres. Danslasuite ce mot a signifie un homme lettré ; parce que les gens d’église ont été pendant long-tems les seuls qui fussent lettrés et savans, on supposés tels. De là vient qu’on appeloit grand clerc un habile homme , et mauclerc un ignorant.
- On a donné aussi le nom de clerc à quiconque exerçoit un office, uns
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- commission , on qui remplissoit des fonctions relatives à l’administration de la justice.
- Depuis long tenus le mot clerc ne se dit plus que de celui qui écrit sous un autre, qui lui sert de secrétaire ; et comme un copiste 'est sujet à se tromper , on appelle vice de clerc , pas de clerc , les fautes commises par ignorance ou par inexpérience. r
- CLERGÉ , s. m. dérivé de clerc en grec x-xipos ( Jdêros ), sort.
- ( Hist. ecclés. ) On appelle ainsi l’ordre ecclésiastique , le corps ecclésiastique d’un Etat, d’une ville , d’une paroisse.
- CLERGIE , s. f. du grec xxïpoç ( hlêros). Dans les tems où le mot clerc signilioit un homme lettré , clergie exprimoit la littérature. Les membres de la littérature jouis-soient , dans certains pays , de très-grands privilèges , entr’autres de celui d’être renvoyés devant un tribunal ecclésiastique , lorsqu’ils étoient traduits devant le juge séculier pour quelque crime capital ; ces privilèges ont été détruits ; mais il existe encore en Angleterre une loi qui , quoiqu’elle ait subi des changemens considérables , rappelle au moins l’importance que l’on at-tachoit anciennement à la qualité de clerc ou d’homme lettré. Tout individu qui est convaincu d’un délit susceptible de l’application de cette loi, peut invoquer le privilège du clergé, the benefit of clergy ; alors on lui présente un livre dont il lit quelques lignes à haute voix ; et le juge après avoir prononcé ces mots : Legit ut clericus , il lit comme un clerc , et lui avoir fait appliquer un fer chaud sur la paume de la main, le renvoie en liberté ; si le malheureux ne sait pas lire , il subit la peine infligée par la loi, et dans beaucoup de cas, c’est la peine de mort.
- CLÉROMANCIE , s. f. du grec tcxîipoç {hlêros), sort , et de /2*îiTint {manteia), divination parle sort, ou par les dés.
- É Divination) Cette sorte de divination , par le jet des dés ou osselets , est fort ancienne. Ce fut ainsi qu’on consulta le sort avant de jettèr Jouas dans la mer , pour connoître quel ctuit celui qui, par ses «rimes ,
- CLÉ
- a voit attiré l’orage pi'êt à submerger le vaisseau.
- CLIMAT , s. m. du grec xxi^u*, inclinaison du ciel , échelon , dérivé de xXivai ( hlinô ), incliner.
- ( Géogr. ) Espace de terre compris entre deux cercles parallèles à l’équateur, et dans lequel la durée du plus long jour , au solstice d’été , diffère en plus ou en moins de celle du plus long jour des deux autres espaces entre lesquels il est placé.
- On distingue des climats d’heure et des climats de mois. Les climats d’heure sont ceux dont la durée du plus long jour différé d’une demi-heure de celle du plus long jour des climats qui les avoisinent. Et les climats de mois sont ceux dont la durée du plus long jour différé d’un mois de celle du plus long jour des climats entre lesquels ils sont placés. On compte 24 climats d’heure et 6 climats de mois , depuis l’équateur jusqu’à l’vm de* pôles , et autant de l’autre côté.
- Les anciens ne comptaient qu* sept climats , qui s’étendoient jusqu’au parallèle , où le plus long jour d’été est de 16 heures ; car ils connoissoient peu de terres à de plûs grandes latitudes.
- Les géographes modernes ne comptent plus par climats mais par dégrés de latitude,
- CLIMATÉRIQUE, adj. du grec xX//aav»pix.àç ( hlimatêrihos ), lor-mé de xXi^ct,^ ( klimax ) , échelle, gradation , qui monte par certains degrés , comme de sept en sept, ou de neuf en neuf.
- ( Astrol. ) Les anciens astrologues appeloient années climatériques , les années remarquables auxquelles iis attribuoient une sorte de vertu pour des changemens et des révolutions quelconques. Les Chaldéens passent pour être le* premiers qui aient accrédité cette opinion. Suivant quelques-uns, chaque septième année est climatérique ; mais d’autres ne regardent comme telles que celles qui donnent le produit de la multiplication du nombre 7 par les nombres impairs 5, 5, 7, et 9. Ces années , à ce qu'’ds prétendent , amènent avec ehes quelque changement remarquable par rapport à la santé , la vie ou la fortune. La grande eliœatériquî
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- «st la soixante-troisième année. Les autres années climatériques remarquables , sont la septième , la vingt-uuièine, la quarante-neuvième , et ]a cinquante-sixième.
- Au guste se félicitoit , en écrivant à son petit-fils , de ce qu’il avoit passé sa soixante-troisième année , qu’il appréhendoit beaucoup et qu’il appeloit sa grande climatérique.
- CLIN , adverbe de l’anal ois incline h , formé du saxon clynicka , doubler.
- ( Marine ) à clin , border à clin. On appelle ainsi une façon particulière de border extérieurement un bâtiment , usitée surtout parmi les Anglais et les Hollandois , pour les canots, cutters , sloops, et autres petits bâtimens. Cet usage consiste en ce que chaque bordage supérieur recouvre d’un pouce , ou plus, celui qui est au dessous.
- CLINIQUE, adj. du grec nxivn (klinê), lit.
- ( Méd. ) Médecine clinique ; c'est la méthode de voir et de traiter les malades au lit , pour examiner plus exactement tous les symptômes de la maladie.
- Ce mot se dit aussi des médecins qui visitent les malades , par opposition à ceux que l’on consulte et à ceux qui écrivent. Médecins cliniques,
- CLITORIS, s. m. du grec nxei-tofic ( kleitoris ), dérivé de xXs/œ {kleifj), fermer.
- ( Anat. ) Portion externe des parties naturelles de la femme , placée dans l’angle que les nymphes forcent entre elles. Il paroît comme nn petit gland , excepté qu’il n’est pas percé. Il a une érection de Weme que la verge de l’homme , a quoi il a quelque rapport , et Passe pour être le principal siège “U plaisir vénérien.
- CLIVAGE, s. ro. de l’anglais cJeave , ou du saxon cleoven , ou l’allemand kleven , fendre.
- ( Lapidaire ) L’action de fendre diamant avec adresse , au lieu d* le scier.
- CLOCHE , s. f. du latin barb. ctoca, qui pourvoit venir de l’ancien verbe teutonique kloeken, frap-P?r » dont les Allemands ont fait * °he, et les Anglois cloche • instvu-
- C O C 3a3
- ment de métal qui sert pour faire quelque assemblée ou convocation.
- ( Hist. anc. ) On attribue aux Egyptiens l'origine des cloches ; ce qui est certain , c’est qu’elles an-nonçoient toujours les fêtes d’Osiris.
- Chez les Hébreux le grand prêtre portoit dans les cérémonies une tunique garnie de clochettes d’or.
- A Athènes les prêtres de Pro— serpine et de Cybèie s’en servoient pendant leurs sacrifices, et elles entroient pour quelque chose dans leurs mystères. Les cloches ont été également connues des Perses , des Grecs et des Romains.
- ( Culte cathol. ) Le pape Sabi-V nien, et Saint-Paulin de Noie en ont introduit l’usage dans l’église, pour appeler les fidèles à l’office divin.
- En fiio, l’armée de Clotaire, qui assiégeoit Sens , fut si effrayée du bruit des cloches de l’église de Saint-Etienne , que Loup , évêque d’Orléans, fit sonner , qu’elle leva le siège , et prit la fuite.
- Vers le commenèernent du siècle suivant , l’église voulut que les cloches fussent consacrées et baptisées. La forme en est prescrite dans le pontifical romain ; après plusieurs prières , le prêtre dit : Que cette cloche soit sanctifiée et consacrée , au nom du Père , du Fils et du Saint-Esprit ; puis , il lave la cloche en dedans et en dehors avec de l’eau bénite ; Î1 fait sept croix avec de l’huile sainte , et quatre en dedans avec le saint-chrême ; il l’encense , et il la nomme.
- La plus grosse cloche qui soit en Europe , est celle de Moscou, qui pèse soixante et six mille livres.
- Le père Lecomte , jésuite, parle dans ses Mémoires de deux cloches de la Chine , l’une à Pékin, et l’autre à Nankin , qui pèsent , la première cent-vingt milliers, et la seconde cinquante milliers ; mais qui pour la matière et le son ne peuvent être comparées à celles d’Europe.
- ( Marine ) Il y a ordinairement à bord des vaisseaux de guerre deux cloches, dont l’une est placée au fronton du gaillard derrière , et l’autre à celui dn gaillard d’avant. Leur usage est d’appeler l’équipage sur le pont, à la prière, aux repas j
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- et dans des tems de brume , à prévenir ies abordages des vaisseaux qui naviguent de conserve.
- ( "Physique “) On a donné le nom de cloche du plongeur à une machine dans laquelle un homme peut demeurer quelque teins sous Peau. Elle peut servir à retirer les choses qui sont tombées au fond de la mer, soit par naufragé ou autrement. Plusieurs physiciens célèbres se sont appliqués à perfectionner cette utile machine , mais jusqu’à présent il n’en existe aucune qui soit parfaitement à l’abri de tous les incon-véniens.
- ( Chimie ) Cloche se dit , dans les laboratoires de chimie , d’un vase de verre cylindrique , fermé par un côté et ouvert par l’autre. Les cloches servent à faire des ex-
- fiériences sur les gaz , à les recueil-ir, à les transvaser , à lessoumettre aux différens réactifs.
- ( Méd. ) On appelle cloches , des ampoules ou vessies pleines de sérosités , qui viennent aux pieds et aux mains par trop de travail ou de marche , ou aux autres parties, quand elles ont souffert le feu.
- ( Jardin. ) En termes de jardinage , une cloche est un vase de verre fait en forme d’une cloche de fonte", et qui sert l’hiver à couvrir les plantes délicates qu’on fait avancer sur couche avec des fumiers chauds 5 on ies élève sur des petites fourchettes ue bois alin d’y laisser pénétrer l’air.
- ( Botan. ) Cloche. V. CAMPANULE.
- CLGiSON , s. f. du lat. claudere fermer.
- ( Arc-hit. ) Espèce de muraille dans œuvre , faite de charpente et de maçonnerie , ou de planches seulement.
- ( Physiol. ) On donne le nom de cloison h différentes parties du corps humain , qui font l’office de mur mitoyen.
- La faulx et le pressoir d’Héro-phise tiennent lieu de deux cloisons, dont la premièi'e sépare les deux hémisphères du cerveau , et la seconde, le cerveau du'cervelet.
- Les deux sinus sphénoïdaux et les deux frontaux sont séparés, chacun par une cloison osseuse.
- Les fosses nasales sont séparées
- CLO
- par une cloison formée par l’os renier , la lame verticale de l’os éth-moïde , et un cartilage.
- Les deux ventricules du cccursont distingués par uue cloison charnue.
- Le diaphragme fait l’office d’une cloison qui sépare la poitrine d’avec le bas-ventre , etc.
- ( Botan. ) Uue cloison est une lame plus ou moins miuce , qui partage la cavité séminifère dJun fruit en plusieurs cavités partielles , complètement distinctes.
- Cloison se dit encore d’une membrane qui traverse entièrement ou en partie la cavité du péricarpe.
- CLOÎTRE, s. m du latinclaus-trum , formé du grec ’xxetôpov-f dérivé de j£.xa/&)( hleiô ), claudere , fermer.
- ( Archit. ) Cette partie d’un monastère ou d’une église qui est faite eu forme de galerie , ayant quatre côtés avçc un jardin ou une cour au milieu.
- ( Jardin. )Les jardiniers donnent ce nom aune sorte de bosquet formé par une enceinte de palissades doubles , autour de laquelle on tourne , comme dans les cloîtres des couvens. Le cloître de Meudon est un des plus beaux morceaux qu’on connoisse en ce genre.
- CLQNTQUE, adj. du grec xXovoc, (klonos), mouvement tumultueux et irrégulier.
- ( Méd. ) Epithète que l’on donne aux mouvemens convulsifs , lorsque la contraction est inégale , irrégulière et successive.
- CLüROPHANE , s. f. du grec yXaipoç ( chôros ) , vert, et de (pcLiyu (phaino ) , briller : lueur verte.
- ( Minéral. ) Substance phosphorescente, d’une couleur violette , qui a beaucoup d’analogie avec la chaux fluatée. Elle est ainsi appelée , parce qu’elle répand une lumière d’un beau verd d’émeraude.
- CLOTURE , s. f. du latin clan-surà , un plutôt claustrum , qu’on a écrit clos trum.
- ( Agric. ) Les clôtures sont peut-être ce qu’il y a de plus recommandable- pour l’avancement de l'agriculture dans tous les pays oùle droit de parcours , et d’autres obstacle* non moins pernicieux , ne s'opposent point à leur établissement; <*a
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- doit même les regarder comme une base fondamentale de l’économie
- rurale.
- Sur des champs ouverts , le cultivateur le plus intelligent ne peut tirer aucun avantage de ses conuois-sauces. Il est forcé de s’assujettir au plus mauvais système de culture praiiquédans sou canton ; gêné dans toutes ses opérations, il est encore contraint de régler sa marche sur celle d’un voisin lent et paresseux.
- En Angleterre , les avantages qui résultent des clôtures sont si bien sentis , que les fermiers anglais s’occupent constamment à enclore leurs champs ouverts. Outre qu’un fermier a un très-grand intérêt à ce que les troupeaux de bétail étranger ne traversent pas ses champs , il lui importe encore beaucoup que les siens ne passent pas d’un pâturage dans un champ de blé, etc.; mais ce n’est pas là le seul avantage qu’il retire des clôtures , le principal est d’avoir la libertéde sémerses champs alternativement en pâturages , en plantes charnues et en grains,
- CLOU, s. m. de- cia eus , d’où a été fait le latin barbare clavare , qui a produit le mot fiançais clouer, et clou.
- ' {Arts et Met. } Petit morceau de fer ou d’autre métal, qui a ordinairement une tête et une pointe , et qui sert à attacher ou à pendre quelque chose. »
- La manière de fabriquer les clous par des moyens mécaniques , est assez généralement pratiquée en Angleterre ; comme il n’existe pas en France de fabrique de ce genre , il n’est pas inutile de donner une idée de la manière dont nos voisins s’y prennent pour cela- lis se servent de laminoirs dont les cylindres portent empreint sur leur surface le profil exact des èlous qu’ils veulent fabriquer , suivant les différentes dimensions qu’ils exigent- pour être mis dans le commerce. En gravant le cylindre du laminoir , ifs disposent les c'ous de manière à ce que la tête d’un clou se trouve à cêté de la pointe d’un autre , afin de tirer le plus grand parti possible des barres de fer laminées spécialement à la grosseur des clous de la plus farte espèce , et de la longueur de l’én-taiile pratiquée dans le laminoir.
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- Les barres chauffées dans un four à réverbère sont introduites entre les cylindres , et elles sortent sous la forme d’un nombre considérable de clous attachés quelquefois ensemble par un petit diaphragme de fer , mais que des enfans enlèvent facilement avec des cisailles.
- ( Hist. anc. ) Les doux ont été chez les Grecs , avant l’invention dé l’écriture , le mojrea dont ils se ser-voient pour compter les années ; et dans la suite, la manière de les attacher a fait partie des cérémonies de leur religion.
- Les premiers Romains attachoient des clous aux murs du temple de. Minerve , pour se rappeler les événe-mens dont ils avoientà cœur de conserver le souvenir. Depuis qu’ils eurent des archives , iis gardèrent encore quelque chose de cette coutume. Lorsque la patrie étoit en danger, ils nommoieutun dictateur, qui eu-fonçoit un clou , que l’on'appeloit sacré , dans la muraille du temple de Jupiter. Manlius Capitolinus fut le premier chargé de cette fonction.
- - ( Méd. ) Clou histérique ; douleur de tête qui se fait sentir en un seul endroit , ordinairement au-dessus des jœux , ou à la tempe , de manière que le malade ressent autant de mal que si on lui enfonçoit un clou dans la tête.
- ( Chirurg. ) Le clou est une petite tumeur phiegmoneuse, douloureuse, d’un rouge vif, et s’élevant en pointe.
- On donne encore ce nom à une espèce de staphylome qui rend la vision impossible, , et est incurable. Cette maladie arrive ordinairement, après un ulcère de la cornée, qui offrant alors moins de résistance à l’uvée , cède enfin à l’effort que fait cette humeur et se jette en dehors. Cette petite tumeur se dessèche , et paraît ensuite sur l’œil comme uri clou.
- ( Mat. méd. ) Clous de girojjle ; aromate qui vient des Indes, et qui a la figure d’un clou. C’est le fruit d’un arbre que les Indiens appellent tsinka , dont le tronc est de la grosseur d’un homme ordinaire. Les clous nouvellement cuei llis sont d’un roux foncé ; ils sont noirâtres lorsqu’on nous les apporte , parce qu’on les a exposés pen'daut quelque tems à la fumée et çnsuite au soleil.
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- Les clous de girofle sont un des remèdes les plus vantés pour corriger la puanteur del’haleine. Les femmes indiennes en mâchent tous les jours , oui- se conserver une haleine agréa-le. Ils fournissent une huile essentielle qui a la vertu de faire cesser le mal de dents.
- ( Epiceries ) Le clou de girofle entre encore au nombre des épices , et joue un très-grand rôle dans nos cuisines.
- CLYSTERE, s. m. du grec nxur-klustêr), dérivé de Hzrzd)
- laver , nettoyer.
- ( Mêd. ) Remède ou injection liquide qu’on introduit dans les intestins par le fondement, avec une seringue , ou quelquefois avec une vessie.
- COACHIS , ou COU AD CI S , s. m.' On ne connoît pas l’origine de ce mot, à moins qu’il ne vienne du latin coago, agir de concert avec un autre. •
- (Commerce) Ou appelle ainsi dans le levant des facteurs on. commissionnaires chargés de pouvoirs ou commissions de maisons de commerce ,
- Î>our vendre, acheter et transiger en eur nom en matière de commerce. Chaque nation a ses coachis attitrés.
- COÀK , s. m. , mot anglais dérivé de coq , contraction du latin coquo , cuire , dessécher : charbon de terre carbonisé , ou ce qu’on appelle vul-gairementcharbon de terre desséché.
- ( Technol. ) Dans plusieurs parties de l’Angleterre , la houille ou charbon de terre est carbonisé en plein air. On choisit un endroit uni , on bat la terre et on la recouvre d’un peu d’argile délayée dans l’eau. On trace un carré long pour former un fayer au milieu duquel ou place de gros morceaux de charbon appuyés les uns contre les autres , en conservant un nombre d’évents qui pénètrent du haut en bas.
- C’est dans ces ouvertures qu’on introduit le combustible allumé , qui est recotivert aussi-tôt avec du charbon , même battu fortement. Cette opération empêche le feu de monter, et le force de chercher une issue par le fond. Alors le feu de chaque évent" se rencontre , et après s’être réuni , il s’élève prodigieusement et se développe sur tons les côtés à-Ia-fois. Le tems nécessaire pour produire
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- de bon coak , dépend de la houille et de l’état de l’atmosphère. Cinquante , soixante , et soixante-dix heures suffisent ordinairement; après quoi les coaks couverts et garantisse tout accès de l’air par des cendres de houille qu’on a eu soin de garder des précédentes opérations , se refroidissent graduellement, et peuvent être retirés des fourneaux en douze ou quatorze jours.
- Mais par ce mode de carbonisation , la houille perd considérablement , et le produit en coaks est rarement proportionné à la quantité de carbone contenue dans la houille; un procédé qui empêcheroit le contact dei’oxigène avec les combustibles destinés à être carbonisés, seroit donc préférable , sous le rapport de la perfection et de l’économie. C’est ce qu’a fait M. Mushet en appliquant à la carbonisation de la houille , le procédé qu’il avoit imaginé pour la carbonisation du bois. V. Chabbon.
- COAGULATION , s. f. du latin coagulatio , formé du verbe cogéré, assembler , rassembler.
- ( Physique ) Acte par lequel un corps liquide passe en tout ou en partie à l’état de solidité.
- Il y a plusieurs espèces de coagulations qui ont la plupart des noms particuliers , comme la congélation, Vévaporation , la cristallisation. V. ces mots.
- Les coagulations proprement dites sont celles du lait, du sang , de certains sucs végétaux , comme celui de là bourrache etdueochléaria, etc. Celle du blanc d’œuf et des autres limphes animales par un degré de chaleur répondant au cent cinquante-sixième du thermomètre deFarein-heit. La coagulation des matières huileuses , par le mélange des acides, par les alkalis et par les esprits fermentés , celle des matières mucila-ginaires ou farineuses délayées par les alkalis . etc.
- Les physiciens sontforcés d’avouer que la théorie de la coagulation spontanée du lait , du sang et des sucs gélatineux des végétaux est encore pour eux un profond mystère ; et qu’ils n’en savent pas davantage sur la coagulation des limphes animales par le moyen du feu.
- COALESCEN CE ou COALITION s.f. formé du latin coalere, coales
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- tere , composés de la préposition cutn, avec, et de aleo , aiesco , croître , se fortifier , se confondre ensemble.
- ( Physique ) Ce mot signifie proprement ia réunion de plusieurs parties,qui avoieut été auparavant séparées.
- / Polit. ) Par une accep:ion nouvelle , ce mot se dit aujourd’hui de l’action de plusieurs personnes , qui, mues par un intérêt commun , se réunissent pour soutenir un parti , une opinion , pour attaquer ou résister. De là, ou a formé le verbe pronominal se coaliser.
- (Anat. ) Coalescence se dit de quelques os du corps qui sont séparés dans l’enfance , et qui s’unissent ensuite , ou de l’union morbifique des parties qui seroient naturellement séparées. Il se l’ait, par exemple , une union des parois de la matrice , de l’anus , des narines , des paupières , des doigts , des orteils et de plusieurs autres parties.
- COBALT , s. m. de l’allemand koba't, être malfaisant.
- ( Minér/xlogie ) Métal, d’un blanc d’argent , ainsi nommé à cause de la vapeur d’arsenic qui l’accompagne , et qui a fait croire aux mineurs qu’un génie malfaisant les tourmenîoit. Il se convertit en un oxyde gris , appellé safre , qui , fondu avec de la poudre de caillou, forme le verre bleu nommé smalt, dont on fait , après l’avoir réduit en poudre , le beau bleu d’azur, ou bleu de Saxe , qui sert à colorer les émaux , les porcelaines , les faïences. En le mêlant à l’amidon il forme l’empois bleu. La dissolution de safre donne une encre sympathique invisible , mais qui verdit au feu.
- COCARDE, s. f. corruption de coquarde , touffe de plumes de coq que les Croates , et autres milices allemandes , hongroises on polo-ûoises portoient sur leur bonnet.
- ( Art miht. ) Nœud de rubans qui se met an retroussis du chapeau , et qui a remplacé les coquardes ea plumes de coq.
- COCCIX , s. m. du grec ( kokkux ) , coucou.
- {Anat.) Os situé à l’extrémité de 1 os sacrum , dont il est comme l’appendice , ainsi appelé parce qu’il
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- ressemble au bec d’un coucou. On a vu des sujets à qui le coccix étoit si allongé , qu’il faisoit l’office de queue; fa queue des animaux n’est qu'un coccix allongé.
- COCHENILLE , s. f. de l’Espagnol cochinilla , qui est peut-être un diminutif du latin coccus ou coccum, graine d’écarlate, formé du grec kox.kûç ( kokkos ), qui signifie la même chose.
- ( Hist. nat. ) Petit insecte vivipare désséché. Pendant leur vie, ces petits animaux montent et cherchent leur nourriture sur les feuilles de diverses plantes dont le suc leur convient, et les Indiens les y ramassent pour les transporter sur une plante qu’on appelle indifféremment figuier d’Inde , raquette , cardasse , nopal ou opuntia. Ils y multiplient prodigieusement.
- Dans la vue d’avoir une récolte sûre de cochenille, les habitans du Mexique cultivent avec soin , autour de leurs habitations, beaucoup de figuiers d’Inde sur lesquels ifs transplantent et sèment, pour ainsi dire , ces insectes.
- On fait tous les ans trois récoltes de cochenille : dans la première , on enlève avec beaucoup de précaution , paiT le moyen d’un petit pinceau, les mères qui sont mortes dans les nids après avoir fait leurs petits. Trois ou quatre mois après, lorsque la première couvée est en état de se reproduire , on procède à la seconde récolte. Trois ou quatre mois encore après , on travaille à la troisième récolte par l’enlèvement des petits de la seconde couvée.
- Ces insectes pourroient vivre pendant quelques jours, quoique séparés des plantes , et faire leurs petits ; mais alors ils se disperseroient , s’échapperoient du tas , et seroient perdus pour le propriétaire. Pour éviter cet inconvénient , les Indiens ont soin de les faire périr dans la seconde récolte , en les plongeant dans de l’eau chaude , et les faisant sécher ensuite au soleil , ou en les mettant dans des temascoles ou petits fours exprès , ou enfin sur des comales ou plaques qui ont servi à faire cuire les gâteaux de maïs.
- Ces trois différentes manières de les faire mourir donnent à la cochenille trois différente* couleurs.
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- Ceile qu’on a mise dans l’eau chaude P',end une teinte d’un beau roux par la perte qu’elle a faite dans l’eau du blanc extérieur qu elle avoit étant vivante. Les espagnols -l’appellent 'cochanilli renegrida ; celle qui a e'té jetée dans les fours devient d’un gris cendré ou jaspé , avec des marques de blanc sur un fond rougeâtre , on la nomme ga.s-peada. Celle qu’on a mise sur les -plaques qui sont quelquefois trop échauffées , devient noire , aussi porte-t-elle le nom de nigra. La plus estimée est celle qui est d’un gris tirant sur l’ardojse , qui est -poudrée de blaiic, et mêlée de rougeâtre.
- La cochenille tire sa couleur du suc de figuier dont elle se nourrit en effet le fruit de cet arbre est d’une couleur rouge foncée , et a cela de particulier, que sans faire de mal â ceux qui en mangent, il rend leur urine rouge comme du sang.
- Il y a encore une autre espèce de cochenille qui vient dans la Pologne , et qu’on nomme le kermès dû nord ; lorsque cet insecte est .plein de son suc purpurin , les paysans polonais le ramassent, tous les ans, après II solstice d’été , sur la racine d’une espèce de renurie ou de centiinole : ils se servent pour cela d’une petite bêche creuse, faite en forme de houlette. D’uue main , ils tiennent la plante qu’ils ont arrachée de terre , et de l’autre ils détachent, avec cet instrument, ces .insectes qui sont ronds , et remettent la plante dans le même trou pour ne pas la détruire.
- Comme la cochenille de Pologne .ne fournit que la cinquième partie de celle du Mexique , on ne s’eu sert presque plus, et le commerce de cette drogue est entièrement tombé.
- CODE , s. m. du lat. codex, formé de caudex , tronc d’arbre , parce que les anciens écrivaient .sur des tablettes qu’ils appeloient caudex plusieurs tablettes réunies en recueil.
- ( Législat. ) Les premiers recueils auxquels on a donné ce nom , sont les compilations des lois romaines.
- COD1C1LE , s. m. , diminutif de codex. V. CODE.
- ( Pratique ) Disposition à cause de
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- mort, etsans institution d’héritier. Le codicile est un acte moins solennel que le testament , et par lequel on ne peut faire que des dispositions particulières , et non pas disposer de toute une succession.
- CCEKOLOGIE , s. f. , mot grec composé de >totvoç ( koinos ) , commun , et de Kofoc ( logos ) , discours.
- (Médecine) Consultation de médecins.
- CQÏUR , s. m. , du lat. cor, formé du grec 3csetp , xùp ( kear , ker ) organe musculeux enfermé dans le péricarde et placé dans la cavité dç la poitrine entre les poumons. Ce corps a en quelque manière la forme d’un côue applati par deux côtés, arrondi à la pointe , et ovalaire à la base ; c’est de lui que les troncs des vaisseaux sanguins tirent leur origine , et ceux-ci lui fournissent à leur tour , et conduisent dans'les différentes parties du corps les humeurs qui servent à son entretien.
- COFFiNER , v. prou., de coffin, en latin cophinus , que l’on a dit pour coffre ; prendre la forme d’ua coffin., sorte de panier haut et rond.
- ( Jardin. ) Il se dit des feuilles >qui se frisent au lieu de rester étendues , et des fruits qui deviennent mous. Les mauvais vents , le défaut de santé,, la trop grande sécheresse font coffiner les feuilles ; elles se coffinpnt encore quand elles se préparent à tomber, aux approches de l’hiver. •
- COGNATION , s. f. du lat. cog-natio , composé de con , et de nascor , naître ensemble.
- Lien de parenté entre tous les descendans d’une même souche.
- ( Pratique ) Le cognation renferme en soi Y agnation , qui n’en est que la différence ; c’est pourquoi l’on dit communément que tous les cognais sont agnats , mais que tous . les agnats ne sont pas cognats.
- COHESION, s. f. dn iat. cohœsio, cohœrentia , composé de cnn et de hæreo, être joint, être attaché avec.
- (Physique)Qaa\>'ç>e\\e ainsi laforce qui unit les parties des corps , qui fait qu’elles sont attachées les uues aux autres , qu’elles constituent une même masse.
- De tout teins, la cause de la cohe-t sion a embarrassé les philosophe*
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- dans tous les systèmes de physique, la matière doit être supposée originairement composée de particules on atomes indivisibles, c’est-à-dire, qu’aucune force ne peut diviser. Quant à la manière dont ces particules se joignent les unes aux autres, et forment de petits systèmes ou assemblages particuliers et aux causes qui les font persévérer dans leur état dTrnion , c’est une des difficultés des plus embarrassantes qui se rencontrent en physique , et c’en est en même tenis une des plus importantes.
- Cohésion électrique ; c’est une puissance par laquelle des corps électrisés adhèrent les uns aux autres , de. façon" qu’on ne peut les séparer sans effort.
- Cette cohésion est produite par l’mipulsion de la matière alfluente, qui vient aux corps électrisés , des autres corps qui lés avoisinent , et même de l’air qui les environne.
- ! COHOBATION, s. f. de l’arabe cohoph , dont on a fait cohob , co-hobium cohobatio.
- ( Chimie) L’action de répéter plusieurs fois une distillation, en reversant dans l’alambic , ou dans la cornue, sur le résidu, le produit de l’opération , et en continuant le leu. Les alchimistes pratiquoient la cohobation avec une patience et un zèle infatigables : il en est qui oat distillé plusieurs milliers de fois le même liquide , dans les mêmes vaisseaux. ,
- COHORTE , s. f. du lat. cohors, qui pourroit venir de coorior, s’élever ensemble.
- ( -Art militaire. ) Division d’une légion romaine , finte de 5oo hommes et la dixième partie d’une légion.
- Les cohortes prétoriennes étoient plus fortes.
- ' OIFFE ; s. f. du latin cufa, tormé du grec nouqia. ( kouphia ) , velu et grossier. Les Toscans disent cuffia , et les Vénitiens scuffia dans *3 même signification.
- V Costume ) Espèce de couverture . !ete- Il se dit principalement des a)ustemens de tête des femmes.
- y'irchitect. hydraul.) Coiffer les Vleux ; c’est, dans l’art de cons-'uire les ponts , metttre par dessus grillage de fortes pièces de
- COI 323
- ( Relieur. ) Un livre est coiffé, lorsque le relieur y a mis la tranche-file
- ( jinat. ) On appelle coiffe une petite membrane qu’on trouve à quelques enfans , qui enveloppe leur tête au moment de leur naissance. Ce n’est qu’un lambeau des enveloppes du fœtus , qui se crève pour l’ordinaire dans cette occasion.
- Les anciens regardoient cette coiffe comme un heureux présage pour l’enfant , et l’on dit encore aujourd’hui, d’un homme heureux , qu’il est né coiffé. Lampridius assure que les sage - femmes de son tems vendoient très-cher cette coiffe à des avocats , qui croyaient qu’en la portant sur eux ils auraient une force de persuader à laquelle les juges ne pourraient résister.
- ( Botan. ) Coiffe , en terme de botanique , est une enveloppe mince et membraneuse, qui recouvre l’urne dans laquelle sont renfermés les organes de la fructification des mousses ; elle a communément la forme d’un éteignoir. Linnæus met cette coiffe au rang de la sixième espèce des calices.
- ( Marine } Vaisseau coiffé ; c’est celui qui reçoit le vent sur la surface antérieure de ses voiles , de façou qu’elles portent sur les mâts, ce qui arrive le plus souvent par un soudain changement de vent, ou par la faute du timonier. Ou le pratique quelquefois à dessein, pour faire culer subitement le vaisseau , afin d’éviter l’abordage d’un autre , ou de s’éloigner d’un danger imprévu.
- Ce que l’on vient de dire des voiles d’un vaisseau en général , s’applique à chaque voile en particulier ; uti hunier coiffé , est celui qui a le vent dessus.
- COIN , s. m. du latin cuneus , formé du grec(gonia) , angle, ou de ( Icônes ) , figure
- qui va en pointe , l’endroit on se fait la rencontre des deux côtés de quelque chose.
- ( Mécaii. ) Le coin est une des six machines simples employées en mécanique. C’est un corps dur composé de trois plans qui terminent deux triangles.
- La théorie du coin est contenue dans eette proposition : La puiam-
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- sance doit être à la résistance , en cas d'équilibre , comme la moitié de la base du coin est à sa hauteur.
- Si le coin tend à écarter les parties d’un corps dur, et qui ont beaucoup d’adhérence entr’elles, comme cela arrive le plus souvent , son avantage va toujours en augmentant à mesure qu’il s’enfonce entre ces parties.
- On a rapporté au coin tous les instrumens à tranchans et à pointes, comme couteaux , haches, épées , poinçons , etc.
- ( Art milit. anc. ) Le coin , cu-ïieus ou embolos des anciens , est un ordre de bataille que M. le chevalier Folard regarde , non comme un triangle , mais comme un corps sur beaucoup de profondeur et peu de front. Cet auteur ajoute que les Grecs n’en ont pas été les inventeurs, «t que les peuples de l’Asie , et particulièrement les Juifs , le connois-soient avant eux.
- ( Artillerie ) Coin de mire ; on s’en sert pour élever la culasse du canon , à pointer les pièces , c’est-à-dire, à les élever à la hauteur où on les désire.
- ( Monnaie ) Coin dJécusson , coin d’effigie-, morceau de fer trempé et gravé , dont on se sert pour marquer de la monnaie , des médailles.
- ( ISumismat. ) Coin s’entend de la matrice en carré d’une médaille.
- ( Jeu de trictrac ) Coin de repos ; la onzième case en partant de la pile. Ou l’appelle le coin de repos , parce que le joueur est moins exposé lorsqu’il s’est emparé de ce coin.
- Une des règles les plus sût es , c’est d’abattre et de distribuer sou bois de manière à le prendre le plus promptement possible.
- On prend son coin, par puissance lorsque l’adversaire n’a pas le sien, et que, du dé que l’on amène , l’on peut mettre deux dames dans son coin. Ce coin ne se prend et ne se quitte qu’avec les deux dames ensemble.
- COÏNCIDENTE, s. f. formé du latin coincido, formé de con , avec, et d’incido , tomber, tomber ensemble.
- ( Géom.) Il se dit des figures , lignes, etc. , dont toutes les parties se répondent exactement , lors-
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- qu’elles sontposées l’nne sur l’antre ayant les memes termes ou les mêmes limites.
- Euclide et presque tous les autres géomètres , à son exemple . démoa-trent un grand nombre de propositions élémentaires par le seul principe de la coïncidence , ou superposition. V. ce mot.
- ( Physique ) On dit les rayons de lumière coïncidens , pour désigner les rayions qui tombent à-la-fois sur une surface.
- {Jardin.') Les jardiniers emploient ce mot pour exprimer que le liber de l’écorce de la greffe doit répondre exactement , coïncider au liber du sujet.
- COÏT , s. m. du latin coïtus, formé de coeo / aller ensemble.
- ( Hist. nat. ) Accouplement du mâle avec la femelle pour la génération.
- COL ou COU , du latin collum, terme dont on se sert dans différentes phrases, par analogie à la partie du corps linmain qu’on appelle COU.
- ( Anat. ) On appelle le col de la vessie, le col delà matrice, ce qui est comme l’embouchure de ces parties.
- ( Topographie ) Col se dit en parlant d’un passage étroit entre deux montagnes , comme le col de Pertuis , le col de Tende , etc.
- COLATURE , s. f. du latin cola-tura, formé de colare , couler, passer par l’étamine , par la chausse.
- ( Pharmacie ) Séparation d’unè liqueur d’avec quelque matière impure ou grossière ; c’est une filtration moins exacte que celle que l’on fait en chimie. Colature se dit aussi de la liqueur filtrée.
- COLEOPTERES, s. m. du grec xo\ec/7TTepcç ( koleopteros ) compose de noXiaç{koleos ) étui , et de •xTêfo» ( pteron ) , aile : dont les ailes sont renfermées dans un étui.
- ( Hist. nat. ) Ce nom est app!ique à tous les insectes dont les ailes supérieures sont ordinairement dures et coriaces, et servent d’étui aux ailes inférieures.
- COLIQUE , s. f. en latin cohevs dolor, du grec jcœx av( kôlon) , c0~ lum , colon , intestin , le siège de la colique.
- ( Médec. ) On donne ce nom a nn* douleur plus ou moins violente qu sent dans la bas-ventre , partieuh*
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- rement dans le colon , d’où, cette
- maladie a pris son nom.
- Comme les cellules de cet intestin donnent occasion aux malières de s’y arrêter plutôt que dans les autres, 1 ècolon est le siège le plus ordinaire de la colique. 11 y a plusieurs sortes de colique , par rapport à ses causes.
- Lapins remarquable estla colique de Poitou , ainsi appelée , parce que cette maladie , qui fit de si terribles ravages, depuis 1572 jusqu’en 1606 , avoit commencé dans le Poitou. On l’appelle aussi colique des peintres , parce qu’elle est occasionnée par des vapeurs ou des exhalaisons métal-liqnes , mercurielles , arsénicales , qui s’échappent des couleurs que les peintres sont obligés d’employer. Cette colique est accompagnée de convulsions, non-seulement dans les intestins , mais aussi fort souvent dans toutes les parties du corps.
- COLLATÉRAL, s. et adj. du latin collateralis, qui vient de lotus, àlatere , de côté.
- (Pratique ) Parent de quelqu’un à latere , c’est-à-dire , de côté et non en ligne directe. Les frères, les oncles , les cousins sont des collatéraux ; ils forment la ligne collatérale ipiiest opposée à la ligne directe.
- Les collatéraux ascendans sont ceux qui nous tiennent en quelque sorte lien de père et de mère , tels <pie les oncles , les tantes , lesgrands-oncles et grandes-tantes.
- Les collatéraux descendans sont »os neveux , petits-neveux , petits-tonsins.
- Les successions collatérales sont telles auxquelles les collatéraux sont appelés. Elles sont toujours distinctes des successions directes.
- COLLATION , s. f. du lat. col-lafio , qUi vient de confero , jjprt. c°llatus ; comparaison , confronta-üon d’un écrit, d’une pièce avec son °nginal. — Repas léger qu’on fait etttre le diner et le souper.
- COLLE , s. f. de l’italien colla , ré du greç x.o’KXa.ce ( kollaô), coller. ( ( Technol. ) On distingue deux f,rtes de colle : la colle de poisson “la colle-forte.
- La première est faite des parties ^ . agmeuses d’un poisson appelé y poisson à colle, qui res-rnble beaucoup à l’esturgeon. La ^terç qui fournit la colle est dé-
- C O L 531
- posée le long du dos aux cartilages» On la rassemble dans un linge , on la pétrit jusqu’à ce qu’elle ait de la consistance , et on en forme des pains. C’est à l’abondance de colle qu’il fournit que ce poisson doit son nom. C’est en Russie qu’on le pêche , et qu’on en prépare la colle. Elle sert à clarifier les liqueurs. On l’emploie aussi dans les ouvrages de marquetterie , pour coller différentes pièces de rapport en bois ou en métaux. Il y en a qui en font des médailles , et qui se procurent ainsi, à peu de frais , des collections complettes.
- On reconnoît la bonté de cette colle à sa blancheur et à sa transparence.
- La colle-forte unit et joint plus fortement qu’aucune autre espèce de colle. On la fait avec les nerfs , les cartilages , les rognures de peau , et les pieds de bœuf qu’on fait macérer , bouillir et dissoudre dans de l’eau sur le feu , jusqu’à ce que le tout devienne liquide ; après quoi on presse la matière avec un gros linge ou tamis , et lorsque ce suc est assez épaissi , on le verse sur des pierres plates ou des moules , pour le couper ensuite par morceaux , auxquels on, donne la forme qu’on juge à propos. Ensuite on met ces morceaux sur des réseaux de corde, pour les faire sécher.
- En Angleterre et en Flandre , ce sont les taneurs qui font eux-mêmes la colle-forte ; aussi y est-elle meilleure que par-tout ailleurs.
- La bonne colle-forte doit - être dure , sèche ; transparente , de couleur vineuse , et sans odeur.
- COLLECTE, s. f. du lat. colligo, amasser , rassembler , recueillir.
- (Finances) Levée de deniers pour les impositions.
- ( Culte cath. ) Ce mot a d’abord exprimé la quête que l’on faisoit dans les premiers siècles de l’églige pour l'e clergé et pour les pauvres. Il a été employé ensuite pour les impôts que les souverains mettoieut sur les peuples afin de subvenir aux frais de quelques entreprises pieuses. Il a signifié aussi l’assemblée des chrétiens , puis le sacrifice de la messe : enfin , on le prend pour la prière que le prêtre dit immédiatement avant l’épître, et en général pour toutes es
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- oraisons qn’on dit à Ja messe ou à l’office. L’explication qu’on en donne, c’estque le prêtre parle au nom de tout le peuple, dont il ramasse, pour ainsi dire , les sentimens et les désirs. On attribue l’origine des collectes anx papes Gelase et Saint Grégoire-le-Grand.
- COLLEGE , s. m. du latin collégien , formé de collega , collègue , composé de con , et de lectus , participe de lego , choisir , élire , être élus ensemble.
- ( Eccn. polit. ) Certain corps ou compagnie de personnes notables qui sont en même dignité.
- Les Romains usèrent indifféremment de ce terme pour désigner collectivement les' ministres de- la religion, ceux qui gouv ernoieut l’Etat et ceux qui i’ormoient une corporation dans les arts libéraux et mécaniques. Les Romains d’aujourd’hui appellent encore de ce nom la réunion des cardinaux , ou le sacré collège , composé des cardinaux - évêques , des eardinaux-pvêtres et des cardinaux-diacres.
- Le corps germanique est également divisé en trois collèges : le collège des électeurs, le collège des princes, et le collège des villes impériales.
- Dans la plupart des villes anséa-tiques, ou donne le nom de collège à l’endroit ou les négociaus s’assemblent pour les affaires de leur commerce.
- Les Hollandais appellent collège l’assemblée des membres de l’amirauté dans un département particulier. Il y en a cinq , dont l’un ré-side à Amsterdam , un à Rotterdam , un dans l’Ost-Frise , à Hoom ou à Encknisein , un à Middelbourg, et unàHarlingen.
- • On trouve à Londres un collège des hérauts d'armes créé par Richard IJ T.
- En France , il y avoit sous la monarchie un collège des avocats au conseil , un grand et un petit collège des secrétaires du roi.
- (Instruc. publ. ) Collège se dit aussi d’un lieu destiné pour enseigner les lettres , les sciences, les langues , etc.
- Les plus anciens établissemens de ce genre qui ont porté le nom de collège ont été fondés par les Romains,
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- dans le temsde la décadence de leur Empire. Les plus remarquables d* ceux qui furent établis dans les Gaules étoient ceux de Marseille , de Lyon et de Bordeaux.
- Sous le règne de Charlemagne , il y eut en France presque autant de collèges que de cathédrales et de monastères. Cet empereur leur enjoint , dans ses Capitulaires , d’élever les jeunes gens et de leur enseigner la musique , la grammaire et l’arithmétique. Dans la suite , les chanoines et les^ moines trouvèrent que l’éducation de la jeunesse les dé-tournoitdes exercices de leur profession, et l’on donna la direction des collèges à des personnes qui n’eurent point d’autre occupation.
- COLLERETTE. [Botan.) V. INVOL ÜC RE.
- COLLET , s. m. du latin colle-tum , diminutif de collum , col, cou.
- { Costumes ) Partie de l’habillement qui est autour du cou.
- { Chasse ) Sorte de lacs à prendre des lièvres, des lapins , des oiseaux, etc.
- ( Botan. ) Espèce de petite couronne qui termine intérieurement la gaîne des feuilles de graminées.
- On appelle collet ou anneau , cette espèce de couronne membraneuse qu’on trouve attachée à la partie supérieure des pédicules des agarics.
- , On donne aussi le nom de colleta une espèce d’étranglement ou de rebord qui sépare une tige d’avec sa racine.
- ( Jardin '. ) Collet s’emploie pour désigner le haut des plantes potagères. On dit qu’eu mettant des choux en terré , il fautles planter jusqu'à® collet c’est-à-dire , le plus bas p®s"
- sibie. La même chose s’observepour les laitues , chicorées, melons, concombres et autres , qui se déchaussent toujours et sortent de la terre e® poussant.
- COLLIMATION , s. f. du lati*
- c 'ihmo , mirer , viser droit ; p«“r limis oculis adspectare , regavue du coin de l’œil.
- . ( Astron. ) Ligne de collinio.tjon^ c’est celle par laquelle on vise a u objet , par les deux piuules “®^ graphomètre. Dans une lunette , c la ligne qui passe par le centre
- verresjOU l’axe optique dé la laa®
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- COLLTQUATION , s. f. du latin colhquatio , formé de colliqueo , se fondre , se dissoudre , devenir liquide , se résoudre.
- (iÏÏédec. ) Ce mot se dit du sang qui a perdu sa constitution ou son état balsamique. 11 est encore employé pour signifier la dissolution et la décomposition des humeurs , ou la dépravation des parties solides. ^COLLISION, s. f. du latin col-lido , froisser , heurter choquer. V. CHOC.
- COLLOCATION' , s. f. du latin colloco , composé de con et de loco, ranger, disposer, placer avec.
- ( Prat. ) Rang que l’on donne aux créanciers pour être payés chacun suivant le privilège ou l’ancienneté de sa créance.
- On appelle collocation en sous-ordre , celle qui se faitau profit d’un créancier de celui qui est opposant dans l’ordre.
- COLLUSION , s. f. du latin col-ludo, composé de con et de ludo , se jouer ensemble , s’entendre avec quelqu’un.
- ( Prat. ) Accord secret * intelligence secrète entre deux ou plusieurs parties, au préjudice d’un tiers.
- Dans les actes judiciaires , il y a collusion , lorsque deux parties qui feignent d’être opposées passent des Jugemens de concert, ce qui est contraire aux lois , spécialement en matière criminelle , à cause de l’intérêt public qui veut que les délits ne restant point impunis.
- COLLYRE, s. f. du grec x-oWii-fllv, composé de x.oh\ct, colle, et de queue , parce que les anciens collyres étoienl faits tomme la queue “un rat, et qu’on les préparoit avec poudres et des matières gluantes. \Phann. ) Collyre signifioit an-Cieunemeut une composition médici-,e réduite sous une certaine forme 5 a,,)°unMiui on entend communé-par ce mot un remède externe estiué pour les maladies des yeux.
- , COLOMBIUM , s. m. de Chris— ,0P^e Colomb.
- ( Minéral. ) Nouvelle substance «'allique découverte par M. Hat-“t dans l’Amérique - Septentrio-jje ; et ainsi appelée en mémoire f Christophe Colomb qui a dé-’U'ert le nouveau-monde.
- colombium est pesant ,. d’un
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- gris sombre , et parcît etre , d'après l’analyse qu’on en a faite , un métal acidifiabie , d’une difficile ré duetion , et différent des métaux connus.
- COLON, s. m. dans le sens de cultivateur, vient de colo , cultiver.
- ( aigrie. ) Celui qui cultive une terre ; on donne particulièrement ce nom aux habitaus des colonies.
- COLON, s, n., terme d’anatomie , du grec »£>Xov (hôlon), fait de kooXvc»
- ( kôLuo ) , arrêter , retarder.
- ( ylnat. ) On donne ce nom au second des gros intestins qui est entre le cæcum et le rectum , et dans les replis duquels’arrêtent et se figurent les excrémens. C’est de lui que la colique a pris sou nom..
- COLONEL, s. m. de l’ital. colo-nello, formé de columna , colonne.
- ( yîrtmil. ) La dignité de colonel dans l’infanterie française , fut établie l’an i5t4, à l’instar des Italiens ; François I.er permit alors au premier capitaine de chaque légion ae porter ce nom. Lorsqu’en i544, la charge de colonel général de l’infanterie.française fut instituée , les colonels prirent le nom de mestre-de-camp. Mais depuis la suppression de cette charge , arrivée en 1730, ils reprirent le titre de colonels dé leurs régimens , qu’ils ont conservé jusqu’à l’époque de la révolution , où les régimens ont pris le nom de brigades, elles colonels le titre de chefs de brigade. Ce titre vient d’être rétabli.
- COLONIE , s. f. de colon , formé du latin colo , cultiver.
- ( Econ. pol. ) Nombre de personnes de l’un et de l’autre sexe, que l’on envoie d’un pays, ou qui tin sortent d’eux-mêmes pour en habiter un autre.
- Les anciens formèrent souvent des colonies. Lorsque la population étoit trop nombreuse dans un pays , les moins riches de ses babitans , rassemblés sous un chef, alloient s’emparer d’une contrée et s’y étabiis-soient. Les Phéniciens ont conquis de cette manière une partie des villes qui bordent la Méditerranée. Carthage elle-même étoit une colonie de ce peuple.
- Argos, Thèbes et Athènes furent ainsi fondées par Inachus , Cadmus et Céejops 5 mais aucune nation n’a
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- fait d’émigrations plus heureuses que les Romains , et aucune n’a mieux entendu la manière de fournir des colonies.
- COLONNE, s. f. dnlat. columna, dérivé de columen , faîtage , parce que la colonne soutient le toit d’un bâtiment.
- ( Archit. ) Sorte de pilier de forme ronde pour soutenir et pour orner un bâtiment. La colonne a trois parties , une base , un fût, et un chapiteau. Il y a cinq espèces de colonnes : la toscane , la dorique , l’ionique , la corinthienne et la composite.
- La colonne toscane a sept diamètres de hauteur ; la dorique , huit ; l’ionique, neuf ; la corinthienne et la composite , dix.
- Des troncs d’arbres soutinrent les toits des premières habitations , et furent les premières colonnes. On imagina ensuite de régler la proportion de la colonne sur celle du corps de l’homme relativement à son pied, et la raison étant de six à un , on la fit six fois aussi haute qu’elle étoit grosse. Telles furent les colonnes du temple que Dorÿs fit élever à Argos en l’honneur de Junon.
- Les architectes chargés de la construction du temple de Diane , voulurent donner aux colonnes plus de délicatesse et d’élégance. Pour remplir leurs vues , ils suivirent la proportion du corps de la femme , et firent le diamètre de la colonne de la huitième partie de sa hauteur.
- Cette dimension rendoit la colonne trop svelte , c’étoit un défaut : on y rémédia en lui faisant une tête , ou plutôt une chevelure qui remplit la partie supérieure. On inventa donc les moulures imitant les boucles des cheveux. Ces ornemens produisirent tant d’effet , que l’on crut devoir en mettre de semblables aux pieds des colonnes , et pour embellir les corps, oa y fit des canelures, dont les plis des robes des femmes ont fourni l’idée.
- On est redevable aux Grecs des colonnes dorique , ionique et corinthienne. La colonne toscane et la composite sont de l’invention des Romains.
- Dans l’antiquité, les colonnes tinrent lieu de monument. Les enfans de Seth en érigèrent sur lesquelles
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- ils gravèrent les connoissauces qu'ils avoient acquises dans i’astronomit: et les instrumens propres à différenj arts, dont ils craignoient que le déluge , prédit par leur père, ne flt oublier les élémens.
- Chez les Hébreux , elles servirent de bornes aux héritages,- elles marquèrent , en Perse , les limites des provinces.
- Les Grecs écrivoient sur des colonnes les événemens mémorables les lois , les coutumes , les traités, les alliances , et ils en plaçoient sur les tombeaux.
- Les Romains en élevoient aux vainqueurs et aux bienfaiteurs de la patrie.
- ( Hydraul. ) Colonne se dit d’une certaine quantité d’un fluide , qui a un volume d’un diamètre et d’une hauteur déterminées. L’eau , par exemple , contenue dans le tuyau montant d’une pompe , est une colonne d’eau , qui, lorsqu’elle a environ 32 pieds ( dix mètres un tiers) de hauteur, est en équilibre avec une colonne d’air de même diamètre et de toute-la hauteur de l’athmos-phère.
- {Art milit. ) Colonne s’entend d’une longue file de troupes , ou des bagages d’une armée qui est eu marche.
- Marcher en colonne -, c’est marcher en faisant une longue file au lieu de faire un grand front. Ou marche sur une colonne, sur deux ou trois, selon la nature du terrein, qui est quelquefois ouvert, plat e) libre , quelquefois couvert, et coupe par des défilés , des ravins , des bois ou des montagnes.
- Combattre en colonne ; c’est combattre avec un ou plusieurs corps d’infanterie, serrés et pressés, c est-à-dire, rangés sur un carré long dont le front est beaucoup moindre que la hauteur. Ces corps ne sont pas moins redoutables par la pesanteur de leur choc que par la force aveG laquelle ils percent et résistent egalement par-tout, et contre toutes sortes d’efforts.
- (Marine) Une colonne, en tenues d’évolutions navales, est une parUe des vaisseaux d’une armée navals» marchant dans la même direction e en ligne. ,
- Marcher sur trois colonnes ; c 6
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- marcher sur trois lignes parallèles jfS unes aux autres , faisant par con-,equent tous la même route , ou sui-Tallt le même air de vent. Dans cet ordre de marche , le vaisseau amiral est à la tête de la colonne du milieu, et chacun dés comtfrandans de la seconde division et de la troisième division, marche à la tête de sa division , le premier à tribord , et le second à bâbord du vaisseau amiral ; les vaisseaux de chaque division à des distances réglées et beaupré sur poupe.
- ( Physiol. ) Colonne ou les colonne charnues, columnœ cordis, sont plusieurs petits muscles des ventricules du cœur, qui sont comme détachés de leur parois , et joints par des extrémités tendineuses aux valvules du cœur.
- COLOPHANE , s. f. du lat. co-lophone , ville d’Ionie d’où cette substance fut apportée d’abord.
- (Hist. nat.) Résidu de la résine, après qu’on l’a distillée pour faire îue huile essentielle , appelée eau rose. Fourcroy prétend que c’est la poix blanche du sapin , picea , séchée à un feu doux. Les joueurs d’instrumens se servent de cette sub-tance pour frotter les crins de l’archet. On devroit dire colophone , nais les musiciens s’étant obstinés a prononcer colophane , l’Académie française s’est vue obligée, dans tecas-ci, comme dans beaucoup d’autres , de céder à l’usage. Les Italiens continuent de dire colof onia , et les Anglais colofony.
- COLORÉ, adj. du latin color, couleur.
- fBotan.) On applique quelque-°nce mot,sans désignation de cou-(Br j à une partie qui en présente •ne qui n’est pas ordinaire à sa na-'fre. Ainsi on dit feuille colorée , ecelle quia une autre couleur que a rerte } sans cependant que cette couleur soit due au duvet.
- 1 cDLORIS , s. m. de color , cou-hur.
- le j ^e^n^ure-) Le mot coloris a dans angage (Jes peintres un sens moins Ocrai que le mot couleur. Assez or-^.nairement on se sert du mot colo— Pour exprimer certains caractères ^rticuüers de la couleur des objets ^CS obîets ag*éables à la ï- On dira , le çoloris de ces fleurs
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- est admirable, le coloris de la tête de cette nymphe a toute la fraîcheur de la jeunesse ; mais l’on ne dira pas, le coloris de ce désert , de cette côte aride , de cette mer orageuse j de même on ne se servira pas du mot coloris , à l’occasion d’une vieille , d’un homme de peine , d’un malade , etc.
- Lorsque l’on parle d’estampe» auxquelles des couleurs se tvouvent adaptées , si ces couleurs sont appliquées par le mécanisme de la gravure , ou plutôt de l’impression , on se sert dnmot coloré , plutôt que da mot coloriémais lorsqu’il s’agit d’une estampe sur laquelle on a appliqué , après coup , des couleurs , ce qu’on appelle vulgairement image enluminée, on dira : cette estampe a été coloriée ou enluminée.
- COLOSSE , s. m. du latin colos-sus, formé dn grec xoaos-j-oç ( kolos— sos), statue d’une immense’tëtendue et qui affoiblit tellement les yeux , qu’ils ne peuvent la voir d’un premier coup-d’œil.
- ( ArchitA Statue'd’une grandeur démesurée. Le colosse de Rhodes avoit cent - cinq pieds ( environ trente-quatre mètres ) de hauteur» Les navires passoient à pleines voiles entre ses jambes. Elle avoit été faite par Charès de Lindo , disciple du fax meux Lysippe.
- {Peinture , Sculpture) De colosse, on a fait colossal. , popr désigner dans les arts d’imitation ce qui excède les dimensions des objets naturels.
- Les dimensions qu’exprimele mot colossal , n’entrent point dans les idées simples de l’art regardé comme l’imitation exacte de la nature ; mais il peut arriver que la place où l’on doit poser une statue de grandeur naturelle, soit àtelie distance on à telle élévation , que cet ouvrage de l’art ne pourra pas être vu de manière à satisfaire ceux qui le regarderont : alors il est nécessaire d’en augmenter les dimensions jusqu’au degré nécessaire , c’est-à-dire , jusqu’à ce que les traits du visage , le caractère et l’expression , puissent être apper— çus et distingués. Ainsi, les altérations des dimensions ne doivent être autorisées que par les relations de l’art avec le sens auquel ses produc— (tous doivent être offertes , et rien ne
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- peut justifier les réductions trop petites , et les dimensions trop gigantesques quin’ont ordinairement pour principe que l’amour personnel , ouune sorte d’émulationindustrieuse mal raisonnée du peintre ou du sculpteur 5 ou bien enfin leur condescendance à des ordres ou à des désirs qui manquent de lumières, et auxquels la raison et le bon goût n’ont point participé. Telle estTidée de la statue proposée à Alexandre , et que l’artiste vouloit faire d’une montagne entière.
- . COL ASTRE, s. m. du latin colus-trum.
- ( Physiol. ) Le premier lait qui sort des mammelies après l’accouchement.
- ( Méd. ) De coïastre les méde-. cins ont fait colastration , ponr désigner la maladie qui vient quelquefois aux enfans , pour avoir tété le premier lait.
- COLUMELLE , s. f. du latin co-lumella , corruption de columnula , petite colonne.
- ( Botan. ) Axe vertical matériel de quelques fruits , qui persiste après la chute de leurs autres parties , auxquels i! servoit de point de réunion. Quelquefois cependant cet axe retient les valves du fruit, par le moyen des cloisons.
- COLURES , s. m. du grec zoxapoc (kolouros), composé de noxoc(kolos),
- , Coupé , tronqué , mutilé , et de épo.
- ( owra.), queue , comme paroissant avoir la queue coupée , parce qu’on ne les voit jamais entiers dans l’horizon.
- ( Astron. ) Les colures sont deux grands cercles , passant par les pôles du Monde, l’un par les équinoxes , l’autre par les solstices. Le premier s’appelle coluredes solstices, parce qu’il passe par les pôles du Monde , ou par l’équateur et les points solsticiaux ; et l’autre , colure des équinoxes , parce qu’il passe par les pôles du Monde et les points équinoxiaux. Tous les astres placés sur ce dernier ont zéro ou 180 degrés d’ascension droite, mais leurs longitudes varient. Tous les astres placés sur l’autre ont 90 degrés ou 270 degrés d’ascension droite. Le soleil arrive à ces deux cercles à tous les renouvelle-mens de saisons ; lorsqu'il se trouve sur le colure des équinoxes , au premier point du belier, notre prin-
- tem« commence ; lorsqu’il est suri* même colure , au premier point de la balance, c’est notre automne qui commence. Mais lorsque le soleil se trouve sur le colure des solstices au premier point de l’écrevisse , noire été commence ; et lorsqu’il se trouve sur le même colure, an premier point du capricorne , c’est le commencement de notre hiver.
- COMA, s.m. du grec {kôma). sommeil profond , formé du verbe x.C6fia,Ça1 ( kôniazô ), manger et boire avec dissolution , parce que ceux qui sont adonnés à la crapule, sont su. jets à tomber dans celte maladie. Suivant d’autres , l’on diroit uiïsy.*. par stneope, pour , som-
- meiller, assoupir.
- ( Médec.) Le coma est une maladie soporeuse. On le distingue entre coma somnolentum , et coma vigil-, parce que , dans le premier, les malades sont ensevelis dans un profond sommeil, et que dans l’autre ils veillent quoiqu’ils semblent dormir.
- COMBAT, s. m. de l’italien combattere, forme du lat. barbare battnere, et de cum avec, se battre avec.
- {Art. milit. ) actions générales ou particulières d’une armée contre une autre. C’est moins qu’une bataille, qui est une action entre deux armées rangées dans leur ordre de bataille, de manière que les ligues se chargent de front, ou au moins parce que la plus grande partie delà lignese bat, tandis que l’autre partie reste eu présence par des difficultés qui l’empêchent d’entrer sitôt en action , paf un front égal à celui qui pourroit lui être opposé. Au lieu que combat se dit des autres grandes actions, qui , quoique souvent plus longue* et plus meurtrières , n’ont pas en pour principe la même dispositif11 dans les armées , et dont les suites n’ont pas été d’une aussi grande im-
- portance.
- COMBINAISON , s. f. du la» combinatio, formé de combinat composé, de con et de bir.os, mettre, assembler deux à deux , accouple*-( Analyse ) Ce mot , d’après sou étymologie, ne de v roit se dire qlie de l’assemblage de plusieurs cho?^ deux à deux ; mais on l’appl’*!11'* dans les mathématiques à toutes
- * * marue|e;
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- panières possibles de prendre un nombre de quantités données.
- La doctrine des combinaisons consiste ( le nombre des quantités étant donné avec celui des quantités qui doit entrer dans chaque combinaison ) à trouver le nombre des combinaisons.
- Une seule quantité , comme il est évident, n'admet point de combinaison ; deux quantités donnent une combinaison : trois quantités combinées , deux à deux , donnent trois combinaisons ; quatre en donneraient six ; cinq en donneroient dix, etc., etc. .
- Le père Mersenne’ a donné les combinaisons de toutes les notes et tons de la musique au nombre de soixante-quatre ; la somme qui envient ne peut s’exprimer, selon lui, qu’avec soixante chiffres ou ligures.
- ( Chimie) Combinaison s’entend en chimie, de l’union intime de plusieurs corps , qui forment un composé dont les propriétés sont tout-à-fait différentes de celles de ses composans.
- COMBLE , s. m. du latin cumulus , formé de cumulare, combler.
- Ce mot se dit proprement des mesures des choses sèches, comme le blé, le seigle , la farine.
- ( Archit. ) 11 se dit aussi par extension du faîte d’un bâtiment ; mais alors il pourroit venir de cul-nus, chaume, parce que dans l’origine les maisons étoient couvertes de chaume.
- COMBUSTION, s. f. du latin cambustio , formé de comburere , brûler.
- ( Physique ) La combustion est la combinaison de l’oxigène ou base de l’air pur avec le corps combustible. On croyoit autrefois qu’eu faisant brûler les corps , on les dé-romposoit ; c’est précisément le contraire : on forme alors une nouvelle composition du corps combustible avec l’oxigène, et ce corps îcquiert plutôt que de perdre. En effet, si l’on prend les précautions necessaires pour retenir et con-*erver tout ce qui s’exhale dans les combustions, on trouvera que le forps qu’on a mis à l’épreuve a acquis beaucoup de poids , et que Time I,
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- cé poids est parfaitement égal à celui de l’air pur qui a été employé à sa combustion.
- Dans toute combustion, il y a donc de l’air pur décomposé , du calorique dégagé et devenu libre , et par conséquent de la chaleur produite ; mais une chaleur plus ou moins grande , suivant la nature du corps qui brûle.
- Les corps combustibles sont donc ceux qui ont plus d’affinité avec l’oxigène , que n’en a ce dernier avec le calorique ; et plus cette affinité, cette disposition à se combiner avec l’oxigène est grande, plus les corps sont combustibles. Ce n’est donc point , comme on l’avoit cru , le calorique combiné avec eux qui les rend tels ; il est même probable que les corps les plus combustibles eu contiennent tres-peu , ou même point du tout, tels que le soufre et le phosphore.
- ( Astrol. ) Quand une planète est en conjonction , les astrologues, et les anciens astronomes disoieut qu’elle étoit en combustion , parce qu’elle paroît passer sur le disque du soleil ou derrière le corps de cet astre, et par conséquent se plonger , pour ainsi dire , dans ses rayons , et en être comme brûlée.
- Une planète est en combustion quand elle n’est pas éloignée du soleil de plus de huit degrés trente minutes, à l’orient ou à l’occident; alors , disent les astrologues , celui qui est sous son influencé, est en proie à des alarmes , ou accablé par quelque homme puissant.
- COMEDIE, s. f. du grec xuftaxf'i*. ( kômôdia ) , composé de x.a>y.n ( kômé ) , rue, village , et de èhcs {ado), chanter, faire ou réciter des vers ; parce que les poètes alloient autrefois de village eu village chanter leurs comédies.
- ( Art dramat. ) La comédie dont l’objet est d’adoucir les mœurs, de corriger les ridicules, de détruire les défauts et de réprimer les vices , naquit apres la tragédie.
- Ce ne sont pas les différens âges de la comédie, mais les diverses manières dont elle a rempli son but , qui l’ont fait diviser en comédie ancienne, moyenne et nouvelle. L’ancienne n’offroit rien
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- de feint dans le sujet ni dans les acteurs. La moyenne présentent des sujets véritables et des noms supposés ; tout étoit de pure invention dans la nouvelle , les noms et le sujet. Elles furent toutes en vogue à Athènes. Eupolis, Cratinus et Aristophane se distinguèrent dans les deux premières; Ménandre, excella dans la troisième.
- Parmi les Romains, Plaute chercha à imiter Aristophane , Térence se traîna sur les pas de Ménandre.
- Depuis la renaissance des lettres eu Europe , le caractère des nations a déterminé celui de la comédie sur tous les théâtres.
- Un peuple qui aflectoit dans ses mœurs une gravité superbe, et dans ses-sentimens une enflure romanesque , a du servir de modèle à des intrigues pleines d’incidens et de caractères hyperboliques : tel est le théâtre espagnol ; et Lopès de ITega, malgré ses exagérations forcées et un rafinement de plaisanterie souvent puérile , occupera toujours une des premières places parmi les poètes comiques modernes , par son heureuse sagacité dans le choix des caractères , et une force d’imagination que le grand Corneille admiroit lui-même.
- Les Italiens dont la jalousie et la vengeance cruelle en amour forment le caractère distinctif, ont dû. fournir des intrigues périlleuses pour les amans, et capables d’exercer la fourberie des valets.
- Un Etat où chaque citoyen se fait gloire de penser avec indépendance a dû fournir un grand nombre d’originaux à peindre. Telle est la source du comique anglais.
- Mais une nation douce et polie , où chacun se faisoit un devoir de conformer ses sentimens et ses idées aux mœurs de la société ; cette nation ne deroit présenter que des caractères adoucis par les égards, et que des vices palliés par des bienséances; tel a été le comique français. Dans ce genre, Molière est au-dessus de tous ceux qui l’ont précédé ou qui l’ont suivi.
- COMETE , s. f. du grec K<5,y.HT*ç ( Jcomêtês ), étoile chevelue , formé de jc o,us ( kemê), cheveux, perru-
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- ( yîslron.) Les comètes sont de* corps célestes , à-peu-près semblables aux planètes, qui ne sont point lumineux par eux-mêmes, et qui ne deviennent visibles que par la lumière qu’ils reçoivent du soleil et qu’ils réfléchissent vers nous.
- Toutes les comètes tournent autour du soleil par un mouvement qui leur est propre , dans des ellipses fort excentriques , mais ensuivant toujours les mêmes lois que les planètes. Leur mouvement se fait, tantôt de l’occident vers l’orient, comme celui des autres planètes et contre l’ordre des signes; quelquefois le long de l’écliptique et du zodiaque ; d’autrefois dans un sens tout-à-fait différent, et perpendiculaire à l’écliptique , c’est-à-dire , du nord au sud, ou du sud au nord. De sorte qne les orbites des comètes ne se trouvent pas toujours renfermées daus l’étendue du zodiaque, comme le sont celles des autres planètes, mais elles se portent souvent bien au-delà, vers différentes parties du ciel.
- Ces orbites étant très-alongées, et ayant par conséquent une fort grande excentricité, il arrive delà que les comètes dans leur aphélie, sont dans un très-grand éloignement du soleil. Aussi la luruièr* qu'elles eu reçoivent alots est très-foible , et elles sont trop éloignées de la terre,pour que nous puissions les apercevoir : elles ne deviennent visibles pour nous que lorsqu’elles approchent de leur périhélie.
- La partie la plus lumineuse d’une comète est assez ordinairement enveloppée d’une espèce d’atmos-
- hère qui jette une lumière moins
- rillante. Pour distinguer ces par" ties i’uue de l’autre, on appelle h première le noyau, et la seconde la chevelure, en grec jtc.coi , c’est-à-
- dire, astre chevelu. U arrive encore
- souvent que la comète est sccornp^ gnée d’une traînée de lumière , qnI est quelquefois très-longue, et toujours opposée au soleil; c’est ce qu’on appelle sa queue.
- Les Caldéens regardèrent les co~ met es comme de véritablesplanète»;
- Sénèque a même écrit qu’ils en con-noissoieut les retours; mais la p*uS grande partie des philosophes a»'
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- <3Ïôn$, excepté Sénèque, et même Jçs philosophes modernes, jusqu’au chancelier Bacon, les ont regardées comme des illusions, des météores, ou des corps d’une existence passagère. Descartes fut le premier qui eut des comètes une idée plus juste que les astronomes les plus* célèbres; et les découvertes de Newton mirent fin à toutes les dis-’ putes qu’il y avoit eu jusqu’alors sur les comètes.
- COMICES, s. f. du latin comi-tia, formé de comeo , pour coeo, s’assembler.
- ( Polit. ) Assemblée du peuple romain dans le Champ-de-Mars, ou pour élire des magistrats, ou pour traiter des affaires les plus importantes de la république. Les comices prenoientleur nom du magistrat dont on faisoit l’élection', d’un cousul, d’un tribun, ecrt. On dis-tinguoit trois sortes dè comices: wmitia curiaia , centuriata, tri~ buta, selon que le peuple opinoit ou donnoit son suffrage, par curies, par centuries ou par tribus,
- A la diète de Batisbonne, on appelle délibérations comiciales, eelles qui se font en commun.
- COMIQUE, adj: du latin comi-,cus, formé du grec (komê). V~,
- COMÉDIE.
- ( Art dram. ) Qui appartient^ la comédie.
- Ce mot est aussi substantif, et alors il- signifie le style comique , le genre comique. Get auteur est tin bon comiqüe; cette scène est d’un comique excellent.
- COMITE ou COME, s. m. de l’italien comito , formé du latin cornes.
- [Marine ) Bas officier de galère •Jni commande les matelots et là Manœuvre , et dont l’état et l’em-floi dans les galères armées répond a celui dcmaître d’équipage sur les vaisseaux de guerre.
- A présent que les galères de *rance ne vont plus à la mer, et 'De les forçats sont logés à terre JtSRs des édifices nommés bagnes , tes cornes ou comités n’ont plus «autres fonctions que de veiller à te police et au bon ordre de la tfllqurme. r
- COMITE , si m. de l’anglais
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- committeè , formé du latin com-initto , commettre , confier.
- ( Polit. ) Ce terme emprunté de l’anglais signifie un bureau composé de plusieurs membres d’une assemblée , commis pour examiner une affaire et en faire ensuite un rapport.
- lîans les affaires importantes , la chambre des communes du parlement d’Angleterre se forme en comité général, c’est-à-dire , un comité composé de tous ses membres : alors les étrangers sortent,, les formes delà délibération sont’ moins sévères , et la discussion devient une espèce de conversation ; Vorateur (président ) cède le fauteuil à celui que la chambre choisit pour le remplacer momentanément; chaque membre peut parler et répliquer tant qu’il lui plaît, ou que cela plaît à la majorité ; et lorsque l’affaire a été suffisamment discutée,l'orateur reprend sa place; on ouvre les portes, et le membre qui a présidé pendant la durée du comité , rend compte à la chambre, et fait le rapport de ce qui s’est fiasse, comme si le comité n’avoit été composé que de quelques membres , et qu’iL eût tenu sa séance dans un lieu séparé.
- ( Théâtre ) Les comédiens appellent comités les assemblées qu’ils, tiennent pour délibérer sur leurs affaires communes.
- GOMMA , s, m. du grec Koy.ua: (homma ) , segmen incisum , incise.
- ( Grammaire ) Terme de grammaire ancienne que l’on a étendu à l’imprimerie et à la musique.
- ( Imprimerie ) Espèce de ponctuation çpn se marque avec deux points l’un sur l’autre. Son usage est de distinguer dans le discours des membres qui se suivent , sans dépendre les uns des autres , en sorte que ce qui précède les deux: points est fini , et que ce qu’on, ajoute n’est que pour l’étendre et l’éclaircir.
- ( Musique ) Le comma est un petit intervalle qui se trouve dans uelques cas entre deux sons pro-uits sous le même nom par des progressions différentes. Le comma mineur est la. différence du semi-Y 3
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- ton raajêur ou semi-ton moyèn. Le comma majeur ou le comma ordinaire est la différence du ton mar jeur au ton mineur ; enfin , le comma maxime , ou comma de Pytha-gore , est l’excès du si dieze produit par la progression triple , comme douzième quinte de Vut sur le même ut élevé par ses octaves au degré correspondant.
- Les musiciens entendent encore par comma la huitième ou la neuvième partie d’un ton , mais un si petit intervalle n’est appréciable que par le calcul.
- COMMANDANT , s. m. du latin eammandare -, employé souvent pour mandare , commander.
- ( Art militaire ) Celui qui commande en chef dans une place.
- ( Marine ) Commandant des armes dans un port ; celui qui dirige toutesles opérations militaires. Commandant d'une escadre ou d’une division , celui qui commande une escadre ou une division.
- Vaisseau commandant, vaisseau monté par le commandant.
- COMMANDE, même origine que COMMANDANT.
- ( Commerce ) Ce terme n’est en usage que dans ces phrases : ouvrage de commande secrétaire de commande ; bureau de commande.
- Les manufacturiers disent qu’on leur a fait une commande considérable , pour signifier qu’on leur a commandé une quantité considérable d’articles de leur manufacture.
- ( Marine ) Commande , est un mot que l’équipage d’un vaisseau répond au coup de sifflet qui a été donné par le maître d’équipage, pour l’avertir qu’il va faire quelque commandement.L’équipage lui fait connoître par cette réponse qu’il est prêt à l’entendre et à lui obéir.
- On donne encore ce nom à une sorte de garcette ou tresse courte , servant à un amarrage.
- ( Pratique ) Commande est un contrat par lequel on donne à un berger ou à un laboureur un troupeau de bestiaux pour en partager après un certain temps le croît eu le profit. K CHEPTEL.
- COM
- COMMANDEMENT, s. m. niêm* origine que COIMMANDANT.Ordre que donne celui qui commande.
- ( Pratique ) Injonction expresse faite à quelqu’un de la part de la justice.
- Exploit fait par un huissier, en vertu d’un titre revêtu des formalités requises pour exercer une tontrainte, et qui précède toujours une exécution de meubles.
- ( Art milit. ) Ce mot a plusieurs significations parmi les gens de guerre : il se dit des paroles que
- fnononce l’officier qui fait faire 'exercice , ou qui ordonne une manœuvre ; du droit de commander les armées , des corps détachés, des corps de troupes réunis , dans une place ou en campagne, etc.
- ( Marine ) Commandement d’un vaisseau, d’une escadre , d’une armée navale.
- Bâton de commandement ; c’est un bâton dé pavillon , placé à la tète des mâts et qui porte un pavillon ou marque de commandement , qui désigne le grade de l’officier général qui commande, suivant le mât auquel il est placé.
- ( Fortification ) On appelle commandement une éminence ou élévation de terre, qui a la vue sur quelque poste ou sur quelque place forte.
- (Relig.) Commandement se prend aussi pour précepte : c’est dans ce sens qu’on dit les dix commande-mens de Dieu.
- COMMANDERIE, s. f. du lat. commenda , que les auteurs de 1* basse latinité ont dit pour com-mendatum, pour depositum. Coni-mendare, pour deponere.
- ( Ordre de Malte ) Avant Hugues de Revel IX, grand maître de l’ordre , les biens de la religion étoient administrés par des reh-
- f;ieux comptables; et comme dans es obédiences ou commissions, on sé servoit de ce mot commenda-mus , nous vous confions, nous déposons ces biens entre vos mains, on a appelé commendatoria, Ie* chef-lieux de chaque administra' tion. Depuis, ces biens ont é» donnés pour un temps , Pu,s . vie , à certains chevaliers ; nlaI* ils out ton jour* retenu le u*'
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- de commendatoria , d’où est venu commanderie , et commandeur , pour celui qui est revêtu de l’un de ces bénéfices.
- COMMANDITE , s. f. même origine que COMMANDANT.
- [ Commerce ) Société en commandite ; c’est une société de commerce dans laquelle l’un des associés n’étant point dénommé dans la raison ou signature, n’est engagé solidairement avec les autres intéressés , que jusqu’à la concurrence d’une certaine somme portée par l’acte. C’est cette restriction qui forme la commandite , ainsi appelée , parce que celui ui met ses fonds entre les mains ’un associé qui n’a souvent que son industrie , est en quelque sorte le maître de commander et de faire la loi à cet associé.
- COMMÉMOR AISON ou COMMÉMORATION , s. f. du latin ccnmemoratio.
- ( Culte cat/iol. )Le premier s’emploie particulièrement en parlant de la mémoire que l’église fait d’un saint ou d’une sainte , le jour qu’on célèbre une autre fête. — Le second sert à désigner le jour que l’église a ordonné que l’on priât pour tous les morts détenus en purgatoire , et que l’on appelle communément le jour des Morts.
- Cette fête fut instituée dans le onzième siècle, par Saint-Odilon , abbé de Luny, sur la révélation faite à un hermite de la Palestine , que ce saint abbé avoit le crédit de délivrer les âmes des peines qu’elles souffrent en l’autre vie,
- COMMEMORATIF , adj. du lat. commemoro , faire ressouvenir , remettre en mémoire.
- (Médec. ) On donne cette épithète aux signes qui font ressouvenir de ce qui s’est passé tant en santé qu’en maladie. Ces signes conduisent à une connoissance parfaite de la maladie , de ses causes , «t de l’issue qu’elle peut avoir, et indiquent conjointement avec *es diagnostiques les remèdes convenables.
- COMMENDATAIRE , s. m. , origine que COMMANDE-
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- ( Droit canon ) Les commanditaires étoient originairement des économes qu’on mettoit en possession d’un bénéfice pour le régir , en attendant qu’ou l’eût pourvu d’un titulaire , et auquel on permettoit de subsister du revenu de l’église qu’il administroit.
- Un commendataire étoit en France , sous la monarchie , un ecclésiastique séculier, nommé par le roi, et pourvu par le pape d’une abbaye ou d’un prieuré , avec permission de disposer des fruits à son profit pendant sa vie.
- COMMENCEMENT, s. m. de l’italien comminciare, formé da latin cura initiare : ce par où chaque chose commence.
- ( Pratique ) Commencement de preuves par écrit ; c’est un écrit qui forme une forte présomption contre la personne qu’on attaque , sans néanmoins faire une preuve suffisante.
- COMMENSAL, adj. du latin commensalis, de cum, et de mens a, qui mange à la même table.
- ( Econ. polit. ) Les commensaux étoient sous la monarchie , des officiers civils ou ecclésiastiques du roi , de la reine , des enfans de France et des princes du sang, qui avoient une maison en titre d’office , couchée sur l’état du roi. Les commensaux jouissoieut de plusieurs privilèges.
- CQMMENSÜRABLE , adj. du latin bar b. commensurabilis, formé de cum, , et de metior , mesurer.
- ( Mathém.) Les quantités com-mensurables sont celles qui ont quelque partie aliquote commune, ou qui peuvent être mesurées par quelque mesure commune , sans laisser aucun reste dans l’une ni dans l’autre.
- Les nombres commensurables sont ceux qui ont quelqu’autve nombre qui les' mesure ou qui les divise sans aucun reste.
- Commcnsurable en jouissance ; on dit que des lignes droites sont commensurables en puissance , quand leurs carrés sont mesurés exactement par un même espace ou une même surface, ou ce qui revient au même,, quand les car tés
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- de ces lignes ont entre eux un
- rapport de nombre à nombre.
- Les nombres sourds commen-surables sont ceux qui étant réduits à leurs plus petits termes, sont entre eux comme une quantité rationnelle est à une autre quantité rationnelle.
- COMMENTAIRE, s. m. du latin commentarius , formé de commen-tor, pour comminiscor, méditer , composer, expliquer.
- ( Littérat.) Eclaircissemens, observations et remarques sur uni ivre, pour en faciliter l'intelligence.
- La glose est plus littérale et se fait presque mot à mot; le commentaire est plus libre et moins scrupuleux à s’écarter de la lettre.
- Ce mot employé au plurier est particulièrement affecté aux Mémoires que César nous a laissés ; quelques écrivains modernes ont donné le même titre à leurs ouvrages : les Commentaires de Monî-luc, les Commentaires de Mars, de
- COMMERCE, s. m. du latin com-mercium , contraction de mercium commutatio , échange de marchandises.
- Le commerce pris dans son sens le plus général, est l’échange que les hommes font en tre eux des choses qui sont propres à leur usage.
- La description du commerce d’un Etat doit embrasser les sources, les matières, les lois, les moyens et les effets du commerce.
- Les sources du commerce sont l’agriculture , l’exploitation des mines , la pèche et l'industrie qui façonne les divers produits que ces sources donnent.
- Les matières du commerce sont les productions, de l’agriculture , des mines , des pêches et des manufactures.
- Les lois du commerce comprennent l’administration du commerce et les établissemens qui y sont relatifs.
- Les moyens de commerce sont le roulage , la navigation intérieure et extérieure, les foires, les marchés, les bourses , etc.
- Les effets de commerce sont les richesses nationales, les revenus publics , etc.
- COM
- Le commerce doit son origine aux besoins réels des hommes et à leurs commodités superflues, dont quelques-unes sont devenues des nécessités. L’Asie a été le premier théâtre du commerce des grands empires; et les Phéniciens sont les premiers qui aient osé franchir la barrière que la mer opposoit à leur cupidité, et s’approprier les denrées de tous les peuples , afin d’acquérir ce qui en faisoit la mesure.
- Après que le commerce se fut répandu de l’Asie dans la Grèce , et de là dans toutes les nations de l’Europe , il s’anéantit, comme les autres arts ,par l’invasion des Normands et la chute de l’empire d’Oc-cident. Les Italiens le ranimèrent dans le onzième siècle , et à-peu-près dans le même tems il se forma en Allemagne une association entre les principales villes ( V. ANSEATIQUE), dont le principal but étoit de se défendre contre les pirateries de la noblesse et des princes qui habitoient les bords de la mer et des grands fleuves qui y aboutissent. Leur commerce fleurit jusques vers la fin du quinzième siècle ; mais alors la division qui s’établit parmi elles , la jalousie des grandes puissances, et plus encore la découverte du Cap de Bonne-Espérance , fit tomber a la-fois le commerce des Italiens et des villes Anséatiques.
- La nouvelle république de Hollande attira par sa sagesse et ses enconragemens le commerce d’Anvers , dont une grande partie a depuis passé en Angleterre, où la multitude de ses ports et l’industrie de ses habitans l’ont fixé d’une manière qui alarme aujourd’hui toutes les nations de l’Europe. C’est à la grandeur de Louis XIV et aux soins de Colbert que la France est redevable des sages institutions qui l’ont mise en état de rivaliser avec les nations les plus favorisées par leurs richesses ou leur industrie.
- COMMINATOIRE , s, m. et ad), du latin comminatorius, forme de comminari, menacer.
- ( Pratique ) Peine comminatoire on nomme ainsi une peine pr°' xioncée par un jugement ou par uS
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- contrat, contre ceux qui contreviendront à quelques clauses ou conditions, sans que cette peine soit néanmoins exécutée à la rigueur.
- Les peines sont comminatoires, lorsqu’elles sont exprimées en termes trop généraux , ou lorsqu’elles sont trop grandes pour la contravention.
- Mais si l’une des parties a souffert un dommage sensible du défaut d’exécution, l’amende ou autre peine comminatoire stipulée en sa faveur , doit lui être adjugée , sauf à modifier cette peine suivant les circonstances
- COPMINUTION, s. f. du latin comminutw , formé de comminuo , briser , casser , mettre en pièces , rompre par morceaux.
- ( Chimie-Pharmacie ) L’action de réduire en corps solide des particules extrêmement petites par quelque moyen que ce soit.
- COMMISSAIRE, s. m. du latin commissarius, formé cle committo , confier.
- Celui qui est commis par une autorité légitime pour exercer une fonction que sans cela il n’auroit pas le droit d’exercer.
- ( Administr. ) Commissaire de police; officier qui a soin de faire observer lesrèglemens et les ordonnances de la police.
- ( Art milit. ) Commissaire des guerres; officier préposé pour avoir soin de la police des troupes dans la marche , leur faire faire la révue et les faire payer.
- ( Marine ) Commissaire de manne , ou commissaire des classes ou commissaire à l’inscription maritime ; officier chargé dans un port de tenir registre des marins , et de veiller à l’exécution des lois relatives aux classes de la marine dans l’etendue de son département.
- ( TJist. d’Allem. ) Commissaire se dit en Allemagne d’une personne députée par l’Empereur pour présider à la diète de l’Empire.
- COMMISSION, s. f. même ori -£me que commissaire.
- [ Administ. ) Mandement du Pfuice ou une ordonnance du magistrat , ou de quelque autre per-
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- sonne ayant autorité de commettre, de députer.
- On appeloit, sous la monarchie, commissions extraordinaires des chambres ou des juridictions qui ne dévoient durer que quelques teins, et auxquelles on attribuoit le pouvoir de juger d’une affaire? dont la connoissance étoit enlevée à ses juges naturels.
- ( Pratique ) Commission rogatoire , est celle adressée par un juge à un autre juge, sur lequel il n’a point de pouvoir , par laquelle il le prie ( rogat ) de mettre à exécution quelque jugement , ou de faire qûelqu’autre acte juridique dans l’étendue de son ressort.
- ( Art milit.) Commission militaire est un pouvoir expédié par le ministre de la guerre , par lequel celui à qui il est accordé peut exer cer la charge militaire à laquelle il a été promu. En général , les officiers prennent leur rang d’ancienneté de la date de leur commission.
- ( Marine) Commission en guerre ; permission par écrit, ou patente signée et scellée , qui autorise le capitaine d’un vaisseau appartenant à des particuliers , à courir sur les ennemis de l’Etat. Sans cette commission, il seroit traité comme uu pirate ou forban.
- ( Commerce) Un commerce par commission est celui qui se l’ait pour le compte d’autrui. Le droit de commission est évalué à tant pour cent du prix des marchandises vendues ou non, suivant la convention. En matière de banque, on se sert, pour l’ordinaire , du mot de provision , en place de ce que les négocians appellent droit de commission.
- On appelle commissionnaireï , ceux qui font le commerce par commission. — Les commissionnaires exercent une profession extrêmement délicate , et dans laquelle il se glisse des abus qui , trop souvent , portent un grand préjudice au commerce. Les commissionnaires prennent de longs délais pour des paiemens qu’ils pourroient faire tout de suite , et qu’ils ne retardent que pour mettre à profit l’argent qui leur est confié ; et, dans ce cas, il arrive souvent
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- que l’emploi qu’ils en ont fait n’ayaut pas réussi, ils t’ont banqueroute , et occasionnent la ruine des personnes qui ont eu trop de confiance en eux. D’autres prêtent de l’argent à des particuliers , et reçoivent l’escompte d’un argent qui 11e leur appartient pas. Les lois devroient remédier à de semblables abus.
- COMMISSURE , s. f. du latin commissura , jointure.
- ( Anat. ) Ce mot se dit du point d’union de quelques parties , et quelquefois du moyen qui sert à en unir ensemble quelques autres. On dit la commissure des lèvres, pour dire les endroits où elles *e joignent ensemble du côté des joues : la commissure des paupières , etc.
- ( Archit. ) Ce mot peu usité s’entend de la ligne suivant laquelle deux corps appliqués sont unis ensemble, les joints des pierres.
- COMMMODAT , s. m. du latin commodatum, prêt.
- ( Pratique ) Contrat par lequel 011 prête a quelqu’un un corps certain , pour un temps et un usage limité.
- COMMOTION , s. f. du latin commotio, formé de cum et de moveor, se mouvoir ensemble.
- ( Méd. ) En langage de médecine et de chirurgie, on donne le nom de commotion aux effets qui résultent de l’ébranlement subit et violent d’une partie, à l’occasion d’une chute ou d’un coup.
- Le désordre des commotions est plus dangereux et plus sensible dans le cerveau que partout ailleurs -, mais c’est mal à propos que plusieurs auteurs ont regardé ses effets comme particuliers à la tète. Lamoëlle épinière,tous les viscères et les parties appujmes sur des corps durs , éprouvent des commotions , lorsque l’ou tombe de haut ou que l’on est violemment frappé.
- ( Electricité ) On donne le nom de cotnmolion à une secousse violente que l’on ressent en différentes parties du corps, en faisant l'expérience de Leyde.
- Cette commotion est plus ou moins violente , suivant la grandeur de l’appareil dont on fait
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- usage, _suivant le degré actuel de l’énergie de la vertu électrique, Rt suivant le degré de sensibilité de la personne qui fait l’expérience
- COMMUER, v. a. du lat. com-mutare , changer.
- ( Pratique ) Changer une peine en une autre moins grande. Cetîe commutation est une faveur du prince -, mais elle n’ôte ni l’infamie , ni la mort civile.
- COMMUN, adj. du latin commit-nis , formé de con et de mimia, plurium munium , ce qui est à l’avantage de plusieurs.
- Dans son acception la plus générale , ce mot se dit des choses à quoi tout le monde participe ou a droit de participer.
- ( Géom. ) Commun s’entend d’un angle , d’une ligne, d’une surface ou de quelque chose de semblable qui appartient également à deux figures, et qui fait une partie nécessaire de l’une et de l’autre.
- Les parties communes à deux figures servent à trouver souvent l’égalité entre deux figures différentes , comme dans le théorème des parallélogrammes sur même base et de même hauteur, dans celui de la quadrature des lunules d’Hippocrate, etc. V. PARALLÉ-LOGRAME , LUNULE.
- ( Physiologie. ) Ce mot se dit île ce qui est propre à plusieurs parties. Les tégumens communs , les ligamens communs.
- {Botan.) Calice commun. V. CALICE.
- ( Ehétor. ) Lieux communs ; cm appelle ainsi les propositions générales , les principes généraux, d’où l’on prend les argumens et les preuves.
- On emploie aussi lieux communs > dans l’usage ordinaire , pour signifier des matières triviales et rebattues. Un livre , un discours rempli de lieux communs.
- ( Poésie. ) En termes de poësie française , commun se dit des vers de dix syllabes. Les vers communs s’emploient dans les épîtres, les ballades , les rondeaux , les conte5-Leur repos doit se trouver a « quatrième syllabe , quand elle es masculine , et à la cinquième quand elle est terminée par uü *
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- jvjtiet, qui se perd dans la syllabe suivante.
- COMMUNAUTÉ , s. f. même origine que COMMUN.
- (Pratique) Société qui se forme expressément entre mari et femme, par le contrat de mariage, ou tacitement par la loi du pays.
- COMMUNE , s. f. du latin communs : république, le corps des habitans d’uu état, d’une ville, d’un village.
- ( Hist. ) Ou a donné vers le commencement du treizième siècle le nom de commune à une espèce d’association que les habitans d’une même ville, d’un même bourg, formoieut entre eux, pour être en état de se maintenir contre la tyrannie des seigneurs, les violences et les brigandages de la noblesse. Les communes furent, dans quelques parties de la France , le seul résultat de ces grands mouve-mens qui agitèrent toute l’Europe pendant deux ou trois siècles , et qui donnèrent naissance aux petites républiques d’Italie , au tribunal secret et aux associations de tous les genres en Allemagne , aux her-mandades en Espague, etc., et dont le motif ou le prétexte fut partout la nécessité de suppléer par un gouvernement populaire , fortement organisé , à la foiblesse et à l’inhabileté de ceux qui tenoient en ce tems-làles rênes du gouvernement,
- Suger, qui se trouva placé à cette époque à la tête des conseils de Philippe-Auguste et de Louis-le-leune , eut l’adresse de s’emparer de ce mouvement ; il fit confirmer les communes qui s’étoient établies de leur propre autorité, et offrit le même privilège aux villes qui justes là avoient résisté à la contagion de l’exemple.
- Par cette conduite politique, le monarque acquit à-la-fois des amis , one armée et de l’argent. Les villes le soutinrent contre les pi'étenlions de ses grands vassaux ; elles lui fournirent des troupes qui furent appelées communes du nom de la nouvelle autorité qui les avoit levées , et lui donnèrent en outre "S l’argent pour un bienfait forcé T1 il eut grand soin de leur vendre -çplus cher qu’il put.
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- Par l’établissement des communes les villes étoient devenues presque indépendantes; elle* formèrent chacune nu corps séparé dans l’Etat, où elles avoient le droit de s’assembler et de nommer leurs officiers ; un tribunal dont les membres étoient choisis parmi les habitans , jugeoit les affaires civiles, et connoissoit de tous les délits qui intéressoient la sûreté publique. Aussi , dès que les grands seigneurs furent réduits, les rois ne tardèrent pas à dépouiller peu à peu les villes de tous leurs privilèges.
- ( Hist. d’Angleterre) Communes sert encore à désigner la seconde chambre du parlement d’Angleterre , appelée chambre des communes , et composée des députés des provinces , des villes et des bourgs.
- ( Pratique ) Communes se dit aussi des terres qui appartiennent à des villes ou à des villages où les habitans envoyent paître leurs bestiaux , couper du bois pour leur usage , etc.
- {Empirefr.) Commune se ditmain-tenant du corps des citoyens d’une ville , d’un village , de l’assemblée des officiers municipaux et du lieu où ils se réunissent.
- COMMUNICA1 ION , s. f. du latin communicatio , composé de commune et de facio , l’action de rendre commun.
- Action de communiquer, ou l’effet de cette action.
- ( Pratique ) Communication est la remise qui se fait au ministère public ou à l’avoué de la partie adverse , des pièces par original ou par copie.
- ( Mécan. ) Communication du. mouvement ; c’est l’action par laquelle le mouvement passe d’un corps à un autre. C’est dans le choc des corps et dans le mouvement du contact que se fait ce passage ou cette communication du mouvement d’un corps à un autre. V. CHOC DES CORPS.
- L’expérience nous fait voir tous les jours que les corps se communiquent du mouvement les uns aux autres. Les philosophes ont eaiia découvert les lois suivant les-
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- •quelles se fait cette communication, après avoir long-tems ignoré qu’il JL en eût, et après s’etre long-tems trompé sur les véritables. Mais la raison métaphysique , et le principe primitif de la communication du mouvement sont sujets à beaucoup de difficultés. Plusieurs philosophes ont imaginé les mots de force, de puissance , d’ac-tion, etc. qui ont embrouillé cette matière an lieu de l’éclaircir. 11 faut donc s’en tenir au -simple fait , et avouer de bonne-foi qu’on ignore la cause première.
- ( Physique ) Communication de Vaimant ; c’est la propriété qu’a l’aimant de communiquer sa vertu au fer et à l’acier.
- Lorsqu’on frotte un morceau de fer ou d’acier sur un aimant, sur un de ses pôles ou sur un des pieds de son armure, ou même lorsqu’on le place proche d’un fort aimant, sans le toucher , ce fer ou cet acier acquiert la vertu magnétique , en reçoit toutes les propriétés , et devient. aimant lui-mcme. Il a des pôles ; il attire le fer et l’acier ; il repousse nu autre aimant ou une aiguille aimantée qui se présente à un de ses pôles par le pôle du même nom ; il dirige l’un’ de ses
- fioles vers le nord , et l’antre vers e sud ; il décline vers l’orient ou l’occident, selon le lieu dans lequel il se trouve ; il incline un de ses pôles à l’horizon , savoir d’un pôle-nord dans l’hémisphère septentrional , et d’un pole-sud dans l’hémisphère méridional ; enfin, il est capable de communiquer toutes ses propriétés à un autre fer ou à un autre acier, de même que le pourroit taire un aimant lui-même. Ce fer ou cet acier aimanté s’appelle un aimant artificiel. V. AIMANT.
- Communication de l'électricité ; procédé par lequel on donne la vertu électrique à un corps sans le frotter ni le chauffer.
- Il y a une grande quantité de corps qui s’électrisent lorsqu’on les frotte ou qu’on les chauffe ; mais il en est d’autres qui ne reçoivent que très-peu d’électricité , ou même point du tout, par cette voie ; tels sont les corps animés, les métaux
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- parfaits ou imparfaits ,1’estL, toutes les matières humides, etc. Les corps de cette dernière espèce reçoivent très-bien l’électricité par conimu-nicaiion. Mais il faut pour cela les placer à une très-petite distance d'on corps qu’on a électrisé par frottement. Il faut les isoler, c’est-à-dire , les empêcher de communiquer à tous les corps qui pourvoient comme eux s’électriser par communication. Si l’on manquoit à cette précaution, on ne verroit autour d’eux aucuns des signes ordinaires d’électricité ; sans doute, parce que ce qu’ils recevroient de cette vertu , passeroit aussitôt dans les corps contigus , et s’y dissi-peroit.
- ( Art mïlit. ) Lignes de communication ; ce sont des fossés profonds pour passer d’un fort à un autre , d’un quartier à un autre, d’une attaque à une autre , et s’en-tresecourir praticulièrement dans les sièges.
- Communication d’un camp ; ce sont des rues assez larges et assez faciles pour que cinquante maîtres au moins puxgsenty passer de front.
- ( Marine) Avoir communication ou communiquer se dit, en termes de marine , du commerce ou pratique avec des pays ou des vaisseaux qui ont pu être soupçonnés d’être infestés de la peste; cette circonstance met un vaisseau dans le cas de la quarantaine,
- ( Diction ) Communication est une figure de rhétorique convenable à la preuve ; quelquefois l’orateur plein de confiance en son bon droit, ou.pour se concilier l’attention et la bienveillance de ses auditeurs , leur adresse la parole , leur communique ses raisons, s’ouvre à eux et les prend pour juges.
- O11 se sert de cette figure, lorsque par dès questions étudiées, on fait tomber dans son sentiment des esprits qui en étoient fort éloignes, comme fait Cassius dans le conseil qu’il donne à Brutus. Tragédie de César.
- Cassius.
- Si dès le même jour que ce grand criminel (Catilina.)
- Dut à la liberté porter le coup mortel ;
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- Si lorsque 3e sénat eut condamné ce traître,
- Catilina pour fils t’eût voulu re-connoître ,
- Entre ce monstre et nous forcé de décider ,
- Parle , qu’aurois-tu fait ?
- Bktjtüs.
- Peux-tu le demander ? Penses-tu qu’un moment ma vertu démentie ,
- Eût mis dans 1 a balance un homme et la patrie ?
- Cassius.
- Brutus, par cet arrêt, ton devoir est dicté.
- COMMUNION , s. f. du latin communio, association, union, participation mutuelle , jouissance commune d’une même chose.
- (Relig.) Croyance , unité de doctrine, uniformité dans la même foi, dans la même société.
- ( Culte cathol. ) Communion sous les deux espèces; cette communion avoit encore lieu dans le neuvième siècle. On donnoit l’espèce du pain trempée dans celle du vin. La communion sous une seule espèce a commencé en Occident, l’an 1090, sous le pape Urbain II.
- Communionpaschale ; c’est pour satisfaire au précepte du quatrième concile général de Latran , tenu en i2t5 , sous le pontificat d’innocent III, que les catholiques reçoivent le sacrement de l’Eucharistie pendant la quinzaine de Pâques.
- ( Liturgie ) Communion ; c’est îa partie de la messe où le prêtre prend et consacre , sous les espèces du pain et du vin , le corps et le sang de Jésus - Christ. Ce terme dit aussi de l’antienne que récite le prêtre , après avoir pris les ablutions, et avant les dernières oraisons que l’on appelle post-communion.
- COMMUTATION , s. f. du lat. commutâtio. V. COMMUEE.
- ( Pratique ) Commutation de peine. V. COMMUER.
- ( Astron, ) Commutation en astronomie , est la distance entre Ie lieu de la terre vue du soleil,
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- et le lieu d’une planète réduit à l'écliptique.
- Copernic appelloit commutation ce que les astronomes modernes appellent parallaxe annuelle , ou la différence qui servoit à trouver le lieu d’une planète ou de la terre par le moyen du lieu vu du soleil.
- Kepler appeloit anomalie de commutation , la différence entre le lieu de la planète vu du soleil et le lieu moyen de la terre.
- COMPACTE , ad;, du lat. com-pingo, formé de cum et de pan-go , attacher , serrer, joindre ensemble.
- ( Physique ) Ce mot sert à désigner un corps dense , pesant, dont les parties sont fort serrées et. laissent fort peu d’intervalle entre elles ; dont par conséquent les pores .sont ou très-petits ou en petite quantité ; tout cela du moins comparativement à un autre corps. Le mot compacte n’est proprement qu’un terme relatif • car il n’y a point de corps compacte d’une manière absolue , parce qu’il n’y en a point dont le volume ne renferme beaucoup plus de pores que de parties solides , beaucoup plus de vide que de plein , au moins de sa propre substance.
- Les métaux les plus pesans , comme l’or et le plomb , sont les plus compactes, c’est-à-dire , sont ceux qui ont le plus de matière propre sous un volume donné; et cependant, suivant Newton, il y a dans l’or plus de vide que de plein.
- COMPAGNIE, s. f. du latin cqn etpanis , qui mange Je même pain.
- Nom collectif, qui se dit de plusieurs peronnes assemblées eu un même lieu, ou avec même dessei n.
- ( Commerce ) Compagnie , en termes de négoce ou d’affaires, se dit d’une société de marchands, qui se fait pour établir un grand négoce ou une grande manufacture , pour entreprendre et conduire des opérations quelconques de commerce. Ou le dit de même d’une société de gens d’affaires. Telles sont les compagnies des Indes , anglaise, hollandaise ; les
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- compagnies d'Afrique, des Indes occidentales , etc.
- ( Art militaire ) Compagnie est tin petit corps de troupe , commandé par uu capitaine , dont le nombre est plus ou moins grand, selon les diverses occasions de la paix ou de la guerre.
- Compagnies franches ; ce sont des compagnies qui ne font point partie d'un régiment ; elles sont ordinairement plus nombreuses que les compagnies enrégimentées.
- ( Marine ) Aller de compagnie, se dit de plusieurs vaisseaux qui naviguent et font route ensemble.
- Vaisseau de compagnie ; c’est un vaisseau de guerre qui, sans avoir une marche supérieure, navigue assez bien pour se tenir avec les autres dans une escadre.
- f Arith. ) La règle de compagnie est une opération par laquelle plusieurs marchands ou entrepreneurs ayant mis ensemble des fonds
- Ïiour un même objet, en partagent e gain ou la perte proportionnellement à leurs mises.
- La règle de trois répétée plusieurs fois est le fondement de la règle de compagnie, et satisfait pleinement à toutes les questions de cette espèce. V. REGLE DE TROIS.
- . COMPARAISON, s. f. du lat. comparatio, formé de con , de par et de facio , l’action de mettre en parallèle des choses semblables.
- Discours par lequel on marque la ressemblance qu’il y a entre deux personnes, entre deux choses.
- ( Dict. ) La comparaison est un des lieux communs de la rhétorique , propre à la preuve et à l’ornement du discours. Pour rendre une comparaison juste, il faut que les images qu’on emploie soient tirées de choses plus connues et plus aisées à concevoir que celles qu’on veut faire con-noitre ; il faut en outre qu’il y ait un juste rapport entre les unes et les autres. Les comparaisons doivent être justes, courtes et rares ; si elles sont trop prodiguées , elles blessent et importunent.
- ( Pratique ) Comparaison d’é-eniure j c’est la vérification qui
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- se fait d’une écriture ou d’un* signature. La comparaison d’écriture est usitée tant en matière civile qu’en matière criminelle. La déposition même uniforme des experts , ne fait jamais seule une preuve complète , à cause de l’incertitude de leur art pour la vérification des écritures.
- COMPARUTION, s. f. du lat. compareo , composé de con et d» pareo , paroître , avec , ensemble.
- ( Pratique) Présentation en justice ou pardevant notaires et autres personnes publiques , pour soutenir les conclusions prises par son exploit.
- Il faut comparoître en personne en matière criminelle ; mais on peut comparoître par procureur en matière civile.
- COMPARTIMENT , s. m. du lat. compartior, partager ensem-ble.
- ( Arts du Dessin ) Assemblage de figures disposées avec symétrie , pour orner un parterre, un plafond , des panneanx, les pavés d’un plancher, etc.
- COMPAS , s. m. du latin com-passus , dont les Italiens ont fait compasso , les Espagnols compas, et les Allemands compatz , à cause de l’égalité de ses pas 5 d’autres le font venir de compes , à deux pieds.
- ( Géom. ) Instrument de mathématiques dont on se sert pour décrire des cercles et mesurer de» lignes , etc.
- Compas ordinaire -,ilest compose de deux jambes de métal , pointues par en bas et jointes en haut pat un rivet sur lequel elles se meU' vent comme sur un centre ; on en attribue l’invention à Talaüs , neveu de Dédale , par sa sœur. Talaüs en conçut une telle jalousie qu’il le tua.
- Compas à trois branches ; ce* compas ne diffèrent des compa* ordinaires , qu’en ce qu’ils ont une branche de plus ; ils servent a prendre trois points à la fois , et ainsi à former des triangles , 3 placer trois positions à la fois d’une carte qu’on veut copier, etc.
- Compas à verge-, il consiste eu un< longue brunch» ou verge porta* •-
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- curseurs ou boîtes de laiton ; l’une fixée à un bout, l’autre pou-Tant y glisser le long de la verge £yec une vis pour l’assujettir suivant le besoin. On peut visser à des curseurs des pointes de toute espèce , soit d’acier ou de quelque autre chose semblable. On s’en sert pour décrire de grands cercles ou prendre de grandes longueurs.
- Le compas d’artisan est fort et solide , son usage ordinaire étant de servir à couper le carton, le cuivre , etc. Il est traversé par un quart de cercle , afin qu’on puisse l’arrêter fixement à une ouverture t en serrant une vis qui appuie sur le quart de cercle.
- Le compas à Vallemande a des branches un peu courbées , en sorte que les pointes ne se joignent que par ses bouts.
- Compas à pointes changeantes ; on appelle ainsi des compas qui ont différentes pointes que l’on peut ôter et remettre selon le besoin. Ils sont fort utiles dans les dessins d’architecture, où il s’agit assez souvent de faire des traits bien formés , distincts et très-déliés.
- Compas à ressort ; ce compas est fait tout d’acier trempé , et sa tête *st contournée de manière qu’il s’ouvre de lui-même par son ressort. Il est commode pour prendre de petites mesures et faire de petites divisions.
- Compas à pointes tournantes ; avec ce compas on évite l’embarras de changer de pointes ; son corps est semblable an compas ordinaire: vers le bas et en dehors on ajoute aux pointes ordinaires deux autres pointes dont l’une porte un crayon *t l’autre sert de plume ; elles sont sjustées toutes les deux de manière qu’on puisse les tourner au besoin.
- Compas de proportion ; cet instrument que les Anglais appellent lecteur, est d’un grand usage pour trouver des proportions entre des quantités de même espèce , comme «ntre lignes et lignes , surfaces et surfaces , etc. C’est pourquoi on * appelle en France compas depro-fortion.
- Le grand avantage du compas ** proportion sur les échelles com-tuuues, consiste eu ce ^ju’jl est fait
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- de telle sorte qu’il convient à tous les rayons et à toutes les échelles.
- Par les lignes des cordes , des sinus , etc. qui sont sur le compas de proportion , ou a les lignes des cordes, des sinus , etc., d’un rayon quelconque, comprises entre la longueur et la largeur du secteur ou compas de proportion , quand il est ouvert.
- Le compas de'proportion est fondé sur la quatrième proposition du sixième livre d’Euclide , où il esi démontré que les triangles semblables ont leurs côtés homologues proportionnels.
- Le compas de proportion sert particulièrement à faciliter la projection tant ortographique que sté-réographique. F. PROJECTION, STEREOGRAPIIIE.
- Compas à coulisse ou compas de réduction ; il consiste en deux branches dont les bouts de chacune sont terminés par des pointes d’acier. Ces branches sont évidées dans leur longueur pour admettre une boîte ou coulisse que î’oa puisse faire glisser à volonté dans toute leur longueur ; au milieu de la coulisse il y a une vis qui sert à assembler les branches et à les fixer au point où l’on veut.
- Sur l’une des branches du compas, il y a des divisions qui servent à diviser les lignes dans un nombre quelconque de parties égales, pour réduire des figures , etc. ; sur l’autre , il y a des nombres pour inscrire toutes sortes de polygones réguliers dans un cercle donné.
- Il y a des compas de réduction. auxquels on a adapté les lignes du compas de proportion. Sur la première face sont les lignes dei cordes jusqu’à soixante , et la ligue des lignes divisée eu cent par* lies égales , numérotées de dix ea dix.
- Sur l’autre face sont la ligne des sinus jusqu’à 90 degrés , et la.ligne des tangentes jusqu’à 45 degrés» Sur le premier côté l’on trouve les tangentes depuis 45 jusqu’à 71 degrés 34 secondes ; sur l’autre , les sécantes depuis zéro jusqu’à 70 degrés 3o secondes.
- Compas sphérique ou à?épaisseur^ eu se sert as cet instrument pustc
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- prendre les diamètres, l’épaisseur ou le calibre des corps ronds ou cylindriques j tels que les canons , les tuyaux , etc. Ces sortes de compas consistent en quatre branches assemblées en un centre > dont deux sont circulaires, et les deux autres plates un peu recourbées par les bouts.
- Pour s’en servir on fait entrer une des pointes plates dans le canon , et l’autre par dehors , lesquelles étant serrées , les deux pointes opposées marquent l'épaisseur.
- Compas elliptiques; ils servent à. décrire toutes sortes d? ellipses ou d’ovales. On eu a imaginé de plusieurs espèces dont l'a construction est fondue sur différentes propriétés de l’ellipse.
- Géométrie'dit compas-, c’est le titre d’un ouvrage nouveau de JL,, üSascheroni, officier de*génie , dont ïe but est de résoudre lès problèmes de- géométrie élémentaire par le moyen du compas, sans faire usage de ta règle. C’est en considérant que le compas est susèep-Tîble par sa ferme d’une plus grande exactitude que l'a règle , sujette à beaucoup de défauts dans sa construction , et à- dé* grands in-convéniens dans son usage, q-ue ïîr. Méscheroni a été conduit à chercher des constructions géométriques qui- pussent s’exécuter par îe seul moyen du compas , et il en a trouvé" d’assez simples pour toutes ïés questions q,ui se présentent fréquemment. Cet ouvrage offre encore aux facteurs d-’instrumens de mathématiques et aux géomètres,
- }Plusieurs moyens très-utiles- pour a construction et l'a vérification dès instrumens propres à mesurer lés angles.
- ( Æarine) Comptes de Toute ou compas de mer ; c’est la même chose que la boussole,-. V. ce mot.
- L’habitacle est partagé en trois cases vitrées ; on met une boussole ou un compas de route dans chacune des cases extérieures , et une lampe- dans celle dû milieu pour les éclairer pendant l'a nuit.
- r. habitacle.
- Compas de variation ou de dé-tiiTvahon \ c’est une boussole *us-
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- pendue comme les boussoles ordinaires ou les compas de route mais ordinairement un peu plus grosse. Cette boussole est établit» dans u-ne boîte carrée avec un couvercle qui ne s’enlève que lorsqu’on veut faire usage de ce compas pour observer la déclinaison dé Paiguille aimantée. Elle est garnie à l’intérieur d’un cercle de cuivre parfaitement bien gradué, et la boîte de la boussole porte deux pinul'es à'-l’aide desquelles ou tire un rayon visuel au soleil, au moment de son lever ou de sou coucher , pour voir de combien il s’écarte de Pest ou dè l’ouest du compas. L’objet db cette observation est de comparer la- déclinaison apparente dte l’astre , donnée par le compas, avec sa déclinaison réelle, le jour de l’observation , du vrai est ou du vrai ouest du monde , et de connoître par conséquent le nombre des degrés dont la boussole s’écarte dans ses points cardinaux , des vrais points cardinaux du monde. V A MPI, E-TU DE, DECLINAISON, VARIATIONS
- On se sert aussi du compas de va^ riution pour observer l’angle de la dérive, eu examinant à l’arrière du vaisseau la direction de la trace que laisse après- lui le vaisseau ou le sillage. F. DERIVE.
- Compas aziniuthal; c’est un cons pas-de variation, auquel ou ajoute un cercle de bois et une alidade eu équerre ,. pour pouvoir observer l’aaimuth, ou P amplitude du soleil ©u des astres,,lorsqu’ils sont élevés au-dessus de l’hbr.izbn. Ce= genre de compas est peu usité,, parce que les observations faites à l’horizon sont beaucoup plus-sûres.
- (' Hecknol. ) Compas brisé ; les doreurs sur tranche se servent de ce- compas pour placer l’or ert feuilles sur l’assiefte dont il* couvrent la tranche du livre qu’il* veulent dorer.
- Compas d ' app are illeur ; c’est un compas dont chaque branche longue d’envi non-deux pieds, est plate et droite avec une pointe. Il1 sert aux appareilleurs et tailleurs de pierre;.il sert aussi à prendre la mesure de» angles-gras- et maigre* ;
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- or. Rappelle communément fausse
- é<3 uci*r6.
- Compas à verge; c’est un instrument propre à tracer de grands arcs de cercle, qu’on ne peut faire avec le compas d’appareillei.tr. Il con-«ste en une longue règle qu’on fait au travers de deux morceaux de bois ou de fer , qu’on appelle poupées , qui peuvent s’approcher ou s’éloigner comme l’on veut, et être fixées par le moyen des vis.
- Chacune de ces poupées est terminée à un bout par une 'pointe de fer qui sert, l’un à fixer au centre, et l’autre à tracer l’are. Cet instrument vaut mieux qu’un cordeau, parce qu’il ne peut ni se ralonger , ni se raccourcir , dès qu’il est une fois réglé à la longueur.
- Compas de cordonnier; c’est un instrument de bois avec lequel on prend la mesure du pied pour faire des souliers. Il est marqué de plusieurs divisionsqu’on appellepoiats.
- Compas de tonnelier , c’est un compas de bois pointu par en bas , et rond par err haut, qui s’ouvre et se serre par une vis , pour marquer les fonds de leurs tonneaux ; les tis sont tournées les unes à droite), les autres à gauche, afin de pouvoir ouvrir et fermer l’instrument des deux côtés.
- Compas de tourneur, est un compas dont les jambes sont courbées pour prendre les diamètres des globes , les épaisseurs des corps. Les sculpteurs et les graveurs se servent aussi de cet instrument.
- Compas de bijoutier; c’est un instrument qui sert à prendre les an-files des pierres à mesure qu’on les taille ; il consiste en un fut de bois de laiton, comme le fût d’un rabot, fendu par-dessus jusqu’à •Moitié de sa longeur , et d’une petite règle de laiton qui tient par un bout dans le milieu du rabot, en-sorte qu’elle se meut comme une équerre pliante.
- ( Jdanufact. ) Compas est aussi terme de manufacture qui signifie modèle, mesure. On dit faire une étoffé sur le compas d’une au-tre , pour dire la faire de la même srgeur avec le même nombre de
- , > autant de portées que celle on prend pour modèle.
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- De'compas, on a fait eo:îip.i.sser pour prendre ses mesures avec un-compas. Les marins campassent la carte, lorsqu’ils s’occupent de trouver sur ïa carte le lieu où peut être le vaisseau. Le mineur a compassé ses feux , lorsqu’il les a placés de manière à ce qu’ils prennent tous ensemble. Cornpasser un livre r c’est, en terme de relieur, le mesurer avec le compas 7 afin de le bien rogner.
- COMPASSION, s. f. du fat. corn, passio, formé de compatior, compatir , souffrir avec , ensemble * mouvement d*e l’ame qui compatit aux maux d’autrui.
- ( Nosologie ) Compassion est ce que souffre une partip en conséquence du mal dont nue autre est affectée c’est ce qu’on appelle souffrir par sympathie'.
- ( Culte: cathot. ) Compassion de la Sainte-Vierge ; c’est une fête que l’on célèbre dans l’église romaine , le vendredi de la semaine de la passion , en mémoire des douleurs dont la Vierge fut pénétrée à la vue du crucifiement de Jesus-Ghrist, son fils.
- COMPENSATION , s. f. du lat. compensatio, formé de con et de penso , peser ensemble.
- ( Pratique) Ccmfusioird’une dette avec une autre dette.
- La compensation tient lieu d@ paiement , ou plutôt c’est un paiement réciproque ; mais- pour que la compensation ait lieu , il faut que les dettes, et créances soient de part et d’autre de même nature , et également claires et liquides.
- Compensation de délits ; elle n’a lieu qu’à l’égard des injures et autres délits légers qui nse méritent point de peine afflictive.
- ( Diction ) La compensation est une figure de rhétorique qui met à côté l’une de l’autre deux choses ou deux personnes , pour faire juger de leur différence ou de leur ressemblance. Cette figure fait dans le discours un effet d’autant plus beau, qu’elle1 procure à l’esprit i’exerciee agréable dé tbir les rapports ou la différence des deux objets qu’on lu-j présente.
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- On rapporte à la compensation le parallèle, qui n’est autre chose que la comparaison de deux hommes illustres.
- COMPÉTENCE, s. f. du latin competentia , proportion , convenance , justesse.
- ( Pratique ) C’est en générai le droit d’un tribunal, pour.instruire et juger certaines affaires. Quand un juge entreprend de juger une affaire dont la connoissance ne lui est point accordée , on appelle de son jugement au tribunal de cassation.
- On appelle aussi partie compê-tente une partie capable de contester en justice.
- On dit encore qu’un garçon est en âge compétent de se marier , de jouir de son bien.
- Il y a des délais compétens établis pour se présenter, pour défendre , pour produire.
- Compétent signifie encore ce. qui peut appartenir à quelqu’un eu quelque chose où il a droit.
- On a partagé un héritage , on a donné à chacun des enfans leur partie compétente.
- COMPILATION, s. f. du latin compilatio , formé de con et de pilo, amasser, entasser, presser ensemble.
- (Littérature ) Recueil de plusieurs choses d’un ou différens auteurs , mises en corps d’ouvrag-e.
- COMPLAINTE, s. f. du latin complancius , formé de con et de plangere, se plaindre avec gémis-semens , lamentation.
- ( Pratique ) La complainte est une action pétitoire par laquelle le possesseur d’un héritage , d’un droit réel, troublé dans sa possession , se plaint en justice de ce trouble , et demande contre celui qui en est l’auteur, d’être maintenu dans sa possession , et que défenses soient faites de l’y troubler.
- COMPLANT , s. m. du latin eomplantare, planter de concert avec quelqu’un.
- ( Agricul. ) Ce mot qui signi-fioit autrefois une concession que l’on faisoit à quelqu’un, d’un champ, d’un héritage, à la charge d’y fçire quelque plantation de vignes ,
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- d’asbres fruitiers, moyennant la redevance d’une portion des fruits s’entend maintenant d’uns plantation quelconque , et même de la chose plantée.
- COMPLÉMENT, s. m. du lat. complementum, formé «^e con et de jpleo , remplir avec.
- ( Mathém. j Ce mot se dit en général d’une partie qui , ajoutée à une autre, formeroit un tout ou naturel ou artificiel.
- ( Arithm. ) Le complément arithmétique -d un logarithme est ce qui manque à un logarithme , pour être égal à 100,000,000 , en supposant les logarithmes de neuf caractères.
- ( Géométrie ) Le complément d’un angle ou d’un arc est ce qui reste d’un angle droit ou de quatre-vingt-dix degrés, après qu’on en a retranché cet angle ou cet arc.
- On appelle complément d’un angle à 180 degrés , l’excès de 180 degrés sur cet angle ; ainsi le complément à 1S0 degrés , d’un angle de 100 degrés est 80 degrés; mais complément tout court ne s’entend que du complément à go degrés.
- Les complémens d’un parallélogramme sont deux parallélogrammes que la diagonale ne transverse pas, et qui résultent de la division de ce parallélogramme par deux lignes tirées d’nn point quelconque de la diagonale parallèlement à chacun de ses côtés.
- { Art militaire ) Complément de la ligne de défense ,- c’est le reste de la ligne de défense , après avoir ôté l’angle du flanc.
- Complément de la courtine ; c’est le reste de la courtine , après avoir ôté son flanc jusqu’à l’angle delà gorge.
- ( Astron.) Complément de la hauteur d’une étoile ; c’est la distance d’une étoile au zénith , ou de l’arc compris entre le lieu de l’étoile au-dessus de l’horizon et le zénith. ,
- ( Navigation ) Complément' de route ; c’est le complément de 1 aI1' gle que la route ou le rhumb qBe l’on suit, fait avec le méridien du dieu où l’on est. c’est-à-dire, w
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- différence de cet angle a go degrés.
- ( Musique ) Complément d'un ixi'ervaUe ; c’est la quantité qui ]ui manque pour arriver à l’octave. Ainsi la seconde et la septième, la tièrce et la sixte , la quarte et ja quinte, sont complément l’une de l’autre. Quand il n’est question que d’un intervalle, complément et renversement sont la même chose. Quant aux espèces , le juste est complément du juste , le majeur du mineur , le superflu du diminué , et réciproquement. V. INTERVALLE.
- COMPLÉMENTAIRES ,. adjec. , même origine que COMPLÉMENT.
- ( Rép.franç. ) Jours complémentaires ; ce sont les cinq ou six jours que l’on ajoute aux douze mois de l’année républicaine française , pour compléter les 365 ou 566 jours dont est composée l’année 'solaire. L’année républicaine française est composée de douze mois , chacun de 3o jours , ce qui fait 36o jours. Après ces douze mois écoulés, on ajoute cinq jours dans les années ordinaires , et six jours dans les années sextiles : ce sont ces cinq ou six jours qu’on appelle complémentaires.
- COMPLET , adj. du latin complétas, participe de compleo, achever , remplir , perfectionner : entier , achevé , parfait , à cjui il ne manque aucune des parties nécessaires.
- _ ( Art militaire ) On dit d’un régiment qu’il est complet, ou ( substantivement ) qu’il est au grand complet, au c mplet de guerre , selon qu’il est porté au nombre d’hommes prescrit par les ordonnances, dans le cas- de paix ou de guerre.
- ( Botan. ) Ce mot n’a point en botanique un sens absolu, mais seulement relatif à l’idée que les botanistes se sont faite de la perfection de telle ou telle partie.
- line fleur est regardée comme complète , lorsqu’elle a un calice , nne corolle et les deux sexes ; et cette fleur-là seule est véritablement incomplète qui, n’ayant qu’un *cul sexe , est incapable par elle-Tvme I.
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- même de fécondation et de reproduction.
- Un fruit pourvu d’un péricarpe manifeste, dont la cavité simple ou multiple renferme une ou plusieurs graines parfaites , est généralement regardé comme complétât un fruit est appelé incomplet lorsqu’il lui manque quelques graines , qu’il devroit naturellement avoir. Cette incomplétion est assez souvent annoncée à l’extérieur par une défectuosité plus ou moins sensible dans la forme ordinaire du péricarpe.
- COMPLEXE , adj. du latin com-plexus , formé dé complector, embrasser ; qui embrasse plusieurs choses.
- { Algèbre ) Une quantité complexe est une quantité comme a X b — c, composée de plusieurs parties abc jointes ensemble par les signes x et —.
- ( Physiologie ) Complexe et pl ns généralement complexus , se dit de quatre muscles de la tète , dont deux ont été appelés les grands complexus et les autres les petits complexus. Ces muscles servent à étendre la tète ou à la porter en arrière.
- ( Logique ) Complexe , se dit. par opposition à simple, des propositions , des termes qui les composent et des idées exprimées par les termes.
- L’idée complexe est celle qui renferme plusieurs idées simples, comme Lieu juste.
- Le terme complexe est celui qui comprend plusieurs idées.
- La proposilion complexe est celle qui a au moins un de ses termes complexe ou qui est composée de plusieurs membres.
- ( Pratique ) On appelle, en matière criminelle, question complexe une question proposée aux jurés, qui comprend plusieurs faits , ou plusieurs circonstances indépendantes les unes des autres. Le juge ne doit pas soumettre à la décision des jurés des questions complexes.
- COMPLEXION, s. f. du latin complexio , union , liaison , concours de choses qui se joignent.
- I Physiologie ) Habitude , dis-
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- fiosition naturelle du corps : c’est a même chose que TEMPERAMENT. V. ce mot.
- COMPLICATION, s. f. du lat. complicatio , formé de con et. de plico , plier , envelopper plusieurs choses ensemble.
- ( Pratique ) Complication , en matière criminelle, se dit lorsque l’accusé est prévenu de plusieurs crimes.
- Une procédure compliquée est celle où il y a un grand nombre d’objets et de demandes respectives qui se croisent mutuellement.
- ( Méd. ) Complication est un mélange ou jonction de deux maladies dans un même sujet.
- COMPLICE, adj. et subs. du lat. complice , ablat. de complex, formé de complicare , compliquer, impliquer dans le même crime : <pii a part au crime d’un autre.
- ( Pratique ) Complice est celui qui a participé au crime de quelqu’un.
- Ouand on parle des complices d’un accusé , on ajoute ordinairement ces mots : fauteurs , participes et adhérens , ce qui comprend toutes les differentes manières dont les complices peuvent avoir eu part au délit.
- COMPLIES, s, f. du latin complétée , sous entendant horœ.
- ( Culte cathol. ) C’est ainsi qu’on nomme les dernières heures de l'office divin. Saint Benoît est le premier auteur ecclésiastique qui ait parlé des compiles. Il a établi dans sa règle que sur le soir les moines s’assemblassent, qu’ils fissent en commun une lecture spirituelle, et ensuite quelques prières pour terminer la journée ; c’est de cette pratique des moines qu’est venue la coutume de réciter compiles.
- COMPORTER , ( se ) V. récip. du lat. comporto , porter ensemble.
- ( Marine ) On dit d’un vaisseau qu’il se comporte bien à la mer lorsque, par sa bonne construction, l’excellente disposition de sa charge , et autres circonstances, il navigue bien , marche vite , résiste %ux coups de mer, a les mouve*
- COM
- mens doux , gouverne facilement et porte bien la voile,
- COMPOSÉ, s. m, du latin com-ponere, formé de con et de ponere mettre ensemble, arranger, accommoder.
- ( Arith. ) On dit qu’un nombre est composé quand il peut être mesuré ou divisé exactement et sans reste, par quelque nombre différent de l’unité. Tel est le nombre 12, qui peut être mesuré ou divisé par 2,3, 4, 6.
- Les nombres composés entre eux sont ceux qui ont quelque mesure commune différente de l’unité, comme les nombres 12 et i5, dont l’un et l’autre peuvent être exactement divisas par 3.
- La raison composée est celle qui résulte du produit des antécédens de deux ou de plusieurs raisons, et de celui de leurs conséquens. Ainsi 77 est à 10 en raison composée de 7 à 2, et de 11 à 5.
- ( Algèbre) Quantités composées; c’est l’assemblée de plusieurs quantités liées ensemble par les signes X et — : ainsi, a X o — e et bb — ac sont des quantités composées ou COMPLEXES. V. ce mot.
- ( Mécan. ) Pendule composé est celui quiconsiste en plusieurs poids conservant constamment la même position entre eux et la même distance au centre du mouvement autour duquel ils font leurs vibrations.
- Mouvement composé est le mouvement résultant de l’action de plusieurs puissances concourantes ou conspirantes.
- Dans un mouvement compose uniforme , la puissance unique produite par les puissances concourantes est à chacune de ces puissances séparément, comme la diagonale d’un parallélogramme dont chaque côté exprime la direction et l’énergie de chaque puissance , est à chacun de ses côtés.
- COMPOSITE, s. m. et adj. du latin compositus, fait de compono» mettre ensemble.
- ( Architect. ) Un des cinq ordres d’architecture inventé par les mains, ainsi appelé, parce que se’ proportions et ses ornemens son
- tirés de l’ionique et du coriB.tbien‘
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- COM
- COMPOSITEUR, s. m. du latin eomposiior, formé de con et de po-nere, mettre ensemble.
- ( Musique ) Celui qui compose Je la musique ou qui sait les règles de la composition. U en est du compositeur comme du poëte, si la nature ne l'a pas formé tel,
- S'il n'a reçu du ciel Vinfluence secrète ,
- Pourlui Phébusest sourd et Pégase
- est rétif.
- Quelque effort qu’il puisse faire, quelque acquis qu’il puisse avoir, s’il n’a pas le génie, c’est-à-dire , ce feu intérieur qui brûle, tourmente, inspire des chants nouveaux et toujours agréables , une harmonie pure , touchante, majestueuse , il n’est pas né pour cet art, et il n’y fera jamais rien que de médiocre.
- (Imprimerie) Compositeur est aussi le nom d’un ouvrier imprimeur: ses fonctions ont pour objet la composition proprement dite , l’imposition, la correction et la distribution , c’est-à-dire, d’assembler les lettres, suivant une copie donnée , de placer les pages dans l’ordre qui leur convient, de corriger les épreuves, et de replacer dans les casses les lettres qui ont servi aux premières feuilles d’un outrage.
- {Pratique ) on appelle amiables compositeurs des espèces d’arbitres qui accommodent une affaire à des conditions équitables , et auxquels d est permis, sans trop s’arrêter à la rigueur de la loi, de se relâcher, et d’écouter des considérations d’équité.
- COMPOSITION, s. f. même ori-gine que les précédens.
- Action de composer quelque cho-*e; l’ouvrage qui résulte de cette action. Ou dit d’un homme qu'il est occupé à la composition d'un ouvrage ; et de l’ouvrage , que c'est une savante composition.
- (Grammaire) Composition se dit ”e la jonction de certains mots qui eu change ou en modifie la siguifi-Cation, comme chef-d'œuvre.
- ( Collège ) On appelle aussi composition le thème que fait un éco-her sur le sujet qui lui est donné Par son régent , un thème de com~
- COM 555
- position ; des vers de composition,
- ( Rhétor, ) Composition est l’ar-rangementetla disposition des parties du discours.
- ( Logique ) Connoître par composition ; c’est joindre ensemble plusieurs idées pour se représenter une chose qui est différente de ce que ces idées présentent naturellement.
- (Arithm.) La proportion de composition de raison est une comparaison de l’antécédent et du conséquent pris ensemble , au seul conséquent dans deux raisons égales : comme s’il y a même raison de 2 à 5 que de 4 à 6, on conclut aussi
- Jn’il y a même raison de 5 à 3 que e 10 à 6.
- ( Mécan. ) Composition de mouvement est la réduction de plusieurs mouvemens à un seul. La composition du mouvement a lieu lorsqu’un corps est poussé ou tiré par plusieurs puissances à la fois.
- ( Art milit. ) Composition s’emploie quelquefois pour les conventions que fait une place qui veut se rendre ou capituler. Se rendre par composition,
- ( Histoire ) Composition se rencontre dans l’histoire , où il signifie pacte, traité , convention. L’abonnement des Artésiens avec le souverain s’appeloit anciennement composition d'Arras.
- ( Pratique ) Composition est souvent pris pour accord, transaction, remise, diminution, accommodement dans lequel une des parties ou toutes les deux ensemble se relâchent de leurs prétentions.
- ( Musique ) Composition est l’art d’inventer et d’écrire des chants, de les accompagner d’une harmonie convenable, de faire une pièce complète de musique avec toutes ses parties.
- On appelle aussi composition les pièces meme de musique faites dans les règles de la composition.
- ( Peinture ) La composition est l’art d’inventer et de disposer les objets, les personnages, les groupes, ornemens, toutes les parties d’un tableau. De grands peintres , entre lesquels on compte le Poussin et Paul Véronèse , modeloient en cire les figures de leur sui et, les Z 2
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- grouppoient convenablement, et tournant ensuite autour de cette composition eu relief, ils en choi-sissoient l’aspect le plus pittoresque. Cette méthode est encore utile pour établir avec certitude les ombres et la lumière, pour s’assurer que dans le tableau tout sera conforme à la nature.
- Si l’on excepte le grand principe de l’unité de sujet et d'intérêt , toutes les règles de la composition ne sont que des conseils qu’il est bon de se rappeler souvent, mais qu’on ne s’astreint pas à suivre toujours. Un précepte utile seroit de n’admettre dans un tableau que les groupes qui sont essentiellement nécessaires au sujet , et qu’autant de groupes qu’il en faut pour concourir .à l’effet de l’action.
- Tous les amateurs commissent les règles triviales de la composition: aussi c’est sur la composition qu’ils se rejettent pour faire briller leurs coiinoissances, et qu’ils s’élèvent avec un ton magistral contre celles des compositions modernes qui ne pyramident pas bien, qui groupen t mal, qui ont des trous , etc.
- Il est très-vrai que les règles sur lesquelles ils appuient avec un pédantisme qui les rend si ridicules aux yeux des hommes modestes et véritablement instruits, sont'des règles fondées sur l’expérience et l’observation du bon effet que produisent les ouvrages qui les ont fait naître , mais elles ne sont pas absolues; et elles doivent quelquefois céder à des raisons supérieures, à un autre genre de convenance.
- ( Imprimerie) Composition se dit de l’arrangement des lettres , des caractères pour en former des mots, des lignes , des pages.
- ( Technol. ) Les arts et les manufactures emploient le mot composition pour désigner divers mélanges, certaines préparations que l’on fait pour imiter certaines choses. Ou fait dès compositions pour imiter l’argent , l’or , les perles, les pierreries. Les drogues sont des compositions de diverses substances animales, végétales ou minérales, etc.
- COMPRESSEUR , s. m. du latin comprime, composé de con et de
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- premo , presser, fouler ensemble.
- ( Anatomie ) Le compresseur de la prostrate ; c’est le muscle prostatique supérieur dans l’homme.
- compressibilité, s. f. du
- latin comprima. Poy. COMPRESSEUR : qualité d’un corps qui peut être comprimé.
- ( Physique ) La compressibilité suppose que les parties qui composent. les corps 11e sont pas aussi près les unes des autres qu’elles pojirroient l’être ; qu’il reste entre elles des interstices ou ahsolumer.t vides , ou remplis seulement d’un fluide qu’on peut eu faire sortir ; que les parties des corps sont flexibles. Ces deux suppositions sont vraies , puisque tous les corps sont poreux , et qu’il 11’y en a point qui ne puisse céder à une force finie.
- La compressibilité est donc unî propriété générale des corps qui leur appartient à tous , mais nou pas au m ême degré ; car les 1 iqueurs, quoique peu compressibles , le sont pourtant assez pour transmettre des sons : ce qui prouve qu’elles sout élas iques ; et l’élasticité ne peut exister sans la compressibilité.
- COMPRESSION, s. f. même origine que les précédens : l’action de comprimer,ou l’effet qui est produit dans ce qui est comprimé.
- ( Mécan, ) Action de presser ou de serrer un corps , de laquelle il résulte qu’il occupe ou tend à occuper un moindre volume ; la compression diffère de la condensation en ce que celle-ci est l’état d’un corps qui, par une cause quelconque, est réduit à un moindre volume , tandis que celle-là est proprement l’actionjde serrer un corps, soit qu’il soit réduit ou non à occuper un moindre volume. V.CONDENSATION-.
- ( Physique ) La compression de l’air par son propre poids est trt‘s' surprenante ; mais on peut, par Ie secours de l’art, le comprimer encore davantage ; et il paroît par les expériences de Boyle , que l’os' pace que l’air remplit dans sa p'uî plus grande dilatation est à ce.u! qu’il occupe dans sa plus grande compression , CGmme i5o,ooo à 1. . ,t
- { Chirurgie ) La compression
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- C O M
- sn des moyens que la chirurgie emploie pour arrêter les hémorragies , pour remettre les parties clans leur éiat naturel , et pour empêcher que d’autres ne reprennent uu nouvel accroissement.
- ( 3îéd. ) Compression s’emploie aussi dans la médecine interne pour désigner un état de gêne dans le-ouel un viscère quelconque pe. d sa force et son ressort-, ne pouvant surmonter la résistance du poids qui l’opprime. Telle est la compression du Cerveau , occasionnée après une longue maladie, par la matière morbifique, et dont les symptômes sont un engourdissement d’esprit qui ne dispat oît. quelquefois qu’a-près plusieurs mois ue convalescence.
- COMPROMIS, s.m. dulatin com-promitto, formé de con et de pro-mitto , promettre, s’engager ensemble.
- COMPTE, s. m. du latincompu-tus , calcul , nombre.
- ( Commerce ) Compte ; c’est le papier, l’écrit où l’on a fait le calcul et la supputation de ce qu’on a mis ou de ce qu’on a reçu, ou de les tous deux.
- Compte de clerc à maître ; celui où le comptable porte en recette et dépense tout le bénéfice , tous les frais et toutes les pertes qu’il a pu faire dans sa commission.
- Compte par colonne ; celui dans lequel la recette et la dépense , quoique liquidées à la fin de chaque année , ne sont compensées qu’à la la fin de la dernière année seulement , ou de trois ans en trois ans.
- Compte par échelette ; celui dans lequel l’imputation de la dépense fait sur la recette année par aînée.
- Compte de capital-, celui qui renferme tous les effets d’un négociant, tant meubles qu’immeubles , déchargés de toutes dettes et hypothèques.
- Compte de bilan ; celui qui ne s’ouvre au grand livre que pour la clôture des livres.
- Bordereau de compte ; l’extrait d’un compte dans lequel on comprend toutes les sommes d’un compte , tirées hors de ligne , tant de la recette que de la dépense.
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- Débet de compte ; la somme dont la recette excède la dépense.
- Solde de compte ; la somme dont le débit excède le crédit.
- ( Banque ) Avoir un compte en banquet c’est se faire créditer dans une banque, comme celle d’Amsterdam , de Hambourg , etc. ou s’y faire débiter, selon qu’on veut faire des paiemens à ses créanciers , ou en recevoir de ses débi -teurs , en argent de banque , c’est-à-dire, en billets ou écritures de banque. On à encore un compte en banque lorsqu’on y porte des fonds pour la première fois.
- ( Manuf) Va compte, en parlant de toiles , est le nombre de cent fils,en sorte qu’une toile en compte de vingt contient deux mille fils de chaîne , ou vingt comptes, de chacun cent fils. La manière de comparer les divers comptes des toiles est d’exprimer avec leur largeur le nombre réel de leurs fils de chaîne.
- (Pratique, Finances et Commerce') De compte on a fait comptable pour désigner ceux qui ont une gestion dont ils doivent rendre compte comme tuteurs, curateurs, receveurs , etc. ;
- Comptabilité , pour signifier* l’obligation de rendre compte ;
- Et comptoir , pour un bureau ou une factorerie de marchands ou d’une compagnie de négocians,particulièrement dans les Indes,
- COMPULSOIRE , s. m. du latin compulsum , participe de compello, compulser.
- ( Pratique ) Acte de justice portant ordre à l’officier public de communiquer ses registres. On prend la voie du compulsoire pour parvenir à se faire délivrer des expéditions de pièces nécessaires, parce que les personnes publiques ne peuvent être contraintes que par cette voie de montrer les actes dont elles sont dépositaires , à ceux qui n’y sont point parties.
- CGMPITT , s. m. du latin com-puius , calcul , nombre.
- ( Chronol. ) Ce mot ne s’emploie qu’en pariant des supputations qui servent à régler le calendrier ecclé -si a s tique
- COMTE , s. m. du mot latin ce-
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- mes , formé de comitare , accompagner.
- (Econ. polit.) Les comtes étoient dans l'origine des seigneurs qui étoient à la suite de l’empereur. Au temps de la république, on appeloit comtes, chez les Romains, tous ceux qui accompagnoient les proconsuls et les propréteurs dans les provinces. Sous les empereurs , les comtes étoient tous les officiers de la maison de l’empereur. Il semble qu’on peut faire commencer les comtes dès le temps d’Auguste, qui prit plusieurs sénateurs pour être ses comtes, c’est-à-dire, pour l’accompagner dans ses voyages. Jusque-là c’étoit le titre d’un emploi ; Constantin tfn fit une dignité. Dans la suite, on donna le titre de comte à ceux qui avoient bien servi le public, et même à des avocats , à des professeurs en jurisprudence qui avoient servi 20 ans.
- Lorsque les Français passèrent dans les Gaules , ils y trouvèrent la dignité de comte établie par les Romains, et ils ne voulurent point y apporter de changement. Ainsi, jusqu’à Charlemagne, les comtes furent tout ensemble des juges ordinaires et des gouverneurs des villes. Ces comtes rendirent leur dignité héréditaire sous les derniers rois de la seconde race, qui étoient trop foi’bles pour se faire obéir ; ils usurpèrent même la souveraineté , et lorsque Hugues Capet parvint à la couronne, sou autorité 11’étoit ni assez reconnue, ni assez affermie pour s’opposer à ces usurpations. Mais peu à peu les rois ontreunices comtés à la couronne , et avant le règne de Charles IX ,ce n’étoit plus qu’un titre que le roi accordoit en érigeant une terre en comté.
- Les Allemands appellent un comte, éin graf.
- Il y a des landgraves ou des gouverneurs de provinces ; des margraves , originairement des comtes ou marquis,qui présidoient à la sûreté des frontières ; des burgraves ou gouverneurs de villes ou de châteaux , et des pfalzgraf ou comtes palatins.
- En Angleterre , la dignité de comte (earl) étoit, comme ailleurs, la première de toutes ; elle est au-
- CON
- jourd’hui plgcée entre celle de marquis et celle de baron. Le titre s’éteignoitavec celui quileportoit mais Guillaume-le-Conquérant le rendit héréditaire. Indépendamment des comtes créés par le roi, et introduits en cette qualité dans la chambre des pairs, on donne par courtoisie le titre de comte au fils aîné d’un duc; mais ce n’est qu’une simple dénomination qui ne donne aucune prérogative.
- COMTE, s. m. du latin comi-tatus.
- ( JEconom. polit. ) Titre d’une terre en vertu duquel celui qui la possède prend le titre de comte.
- (Géogr. ) Comté (en anglais.s/ure, du saxon sciran,qui signifie diviser)-, c’est une division territoriale : l’Angleterre proprement dite est partagée en quarante comtés ou shires-, l’Ecosse en vingt - quatre , et le pays de Galles en douze.
- CONCASSER , v a. dn lat. com-quassare, composé de con et de quasso , mettre en pièces : briser ensemble.
- ( Pharmacie ) Briser , réduire en petites parties , avec le marteau ou le pilon , des racines, du bois, ou autres choses dures, afin d’en extraire plus aisément les sels , les sucs , les huiles , etc. , dans les infusions que l’on fait ensuite.
- CONCAVE, adj. du latin con-cavus.
- ( Géom, et Opt, ) Concave se dit de la surface intérieure d’un corps creux, particulièrement s’il est circulaire.
- Lorsque les surfaces concaves sont susceptibles de réfléchir les rayons de lumière , elles en diminuent la divergence, et en augmentent la convergence ; mais lorsque ces surfaces concaves appartiennent à des corps trausparens, qui donnent passage à la lumière, ces corps deviennent par-là propres a augmenter la divergence et à dinu-nuer la convergence des rayons. ^
- Concave se dit donc particulièrement des miroirs et des verres optiques. Les verres concaves sont ou concaves des deux côtés , qu on appelle simplement concaves 1 ou ils sont concaves d’un côté et plans de l’autre, qu’on appelle plans-
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- COTC
- concaves, ou concaves - plans j enfin j concaves d’un côté et convexes de l’autre. Si , dans ces derniers,la convexité est d’une moindre sphère que la concavité, on les appelle ménisques ; si elle est de la même sphère, sphériques-concaves; et si elle est d’une sphère plus grande , convexo-concaves.
- Les verres concaves ont la propriété de courber en dehors , et d’écarter les uns des autres les rayons qui les traversent, au lieu que les verres convexes ont celle ae les courber en dedans et de les rapprocher, et cela d’autant plus que leur concavité ou leur convexité sont des portions de moindres sphères.
- C’est pour cette raison que les objets vus à travers des verres concaves paroissentd’autantplus petits ue les concavités des verres sont es portions de plus petites sphères. Les miroirs concaves, ont un effet contraire aux verres convexes : ils réfléchissent les rayons qu’ils reçoivent , de manière qu’ils les rapprochent presque toujours les uns des autres , et qu’ils les rendent plus convergens qu’avant l’incidence ; et ces rayons, sont d’aurant plus convergens , que le miroir est une portion d’une plus petite sphère.
- Il faut dire , presque toujours ; car cette règle n’est pas générale : quand l’objet est entre le miroir et sou foyer, les rayons sont rendus moins convergens par la réflexion 5 mais quand les rayons viennent d'au-delà du foyer , ils sont rendus plus convergens; et c’est pour cela que les miroirs concaves , exposés au soleil, hrûlent les objets placés à leur foyer. V. MIROIR CONCAVE , VERRE CONCAVE.
- (Bot an.) Concave se dit de toute partie tellement creusée par sa face interne ouverte , qu’elle ne peut etre réduite à l’état de planéitê , sans plissure ou fracture.
- CONCENTRATION, s. £ mot Pouyeau dont la racine est centrant, centre : l’action de rapprocher du centre.
- , ( Chimie ) Opération qui consiste a condenser, par l’action évapo-raate du feu,, des liquides salins ou
- C O N 55n
- autres , pour rendre leur dissolution plus dense , plus rapprochée , plus concentrée , en un mot plus active.
- CONCENTRIQUE , adj. du lat. concentrions , formé de con et de centrum, centre commun : qui a le même centre.
- ( Géom. et astron. ) On donne ce nom à deux ou plusieurs cercles ou courbes qui ont le même centre. On l’applique principalement aux corps circulaires ou elliptiques ; mais on s’en sert aussi pour désigner les polygones dont les côtés sont parallèles et qui ont le même centre. Concentrique est opposé à excentrique.
- CONCEPTION, s. f. du latin concipere , concevoir,
- ( Physiol. ) Le mécanisme de la conception est un des mystères les plus secrets de la nature. Les anatomistes et les physiologistes se perdent dans les systèmes qu’ils ont enfantés sur cette opération. Suivant l’opinion des anciens , la conception ne se fait que dans la matrice. Mais les observations des modernes ont démontré qu’elle se faisoit aussi dans les ovaires.
- ( Culte cathol. ) La conception immaculée de la Sainte-Vierge est une fête qui se célébroit en Orient dès le huitième siècle , et que les Eglises d’Occident ont adoptée » après le concile de Bâle , en 143(), le concile de Trente , dans son décret du péché originel , déclare qu’il n’entend ppint y comprendre la Sainte-Vierge,, qu’il appelle im-maculée.
- U y a des gens qui prétendent que Saint-Thomas a été contraire à cette opinion. Ce qu’il y a de certain , c’est que les Jacobins t ses disciples , ont autrefois soutenu avec beaucoup de fermeté, que c’étoit une erreur de croire- que la Sainte-Vierge eût été conçue sans péché originel ; comme, d’un autre côté , les chevaliers des trois ordres de Saint-Jacques de l’Epée, de Calatrava et d’Alcantara font vœu de tenir, défendre et soutenir, en public et en particulier, Vimmaculée conception de la Sainte-Vierge.
- CONCERT , s, m. du lat. ca?tî
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- 36o CON
- centus , formé de concino, chanter ensemble.
- ( Musique ) Assemblée de musiciens qui exécutent des pièces de musique vocale et instrumentale. On ne se sert guères du mot concert que pour une assemblée d’au moins sept ou huit musiciens , et pour une musique à plusieurs parties. Quant aux anciens, comme ils ne connoissoient pas le contrepoint , leurs concerts ne s’exécutèrent qu’à l’unisson ou à l’octave ; et ils en avoient rarement ailleurs qu’aux théâtres et dans les
- •f’prnr'kl
- CONCERTO , s. m. ( mot emprunté de l’Italien. )
- ( Musique ) Ce mot signifie généralement une symphonie faite pour être exécutée par tout un orchestre; mais on appelle plus particulièrement concerto, une pièce faite pour quelqu’instrument particulier , qui joue seul de temps en temps avec un simple accompagnement , après un commencement en grand orchestre ; et la pièce continue ainsi toujours alternativement entre le même instrument et l’orchestre en choeur.
- CONCESSION, s. f. du lat. con-cedere, céder, accorder, donner : action d’accorder.
- ( Econ. Polit. ) Don, octroi que le souverain fait de quelque titre ou privilège. Ce mot se dit encore des terres que le souverain accorde, soit à des compagnies, soit à des
- Î'arïiculiers dans une nouvelle co-onie , à la condition de les défricher et cultiver.
- ( Diction ) La concession est une figure de rhétorique convenable à la preuve. Par cette figure , l’orateur se fiant sur la bonté de sa cause., semble accorder quelque chose à son adversaire , mais pour en tirer sur-le-champ avantage contre lui.
- « Je vous passe qu’il soit honncîe homme : cela le rend-il capable de son emploi ? »
- Il faut prendre garde de rien accorder dont l’adversaire puisse tirer quel qu'a vaut âge.
- CONCHOIDE, s. f. du gr. aoy-o;J iis (kogchoidés) , fait de noy^oi cogchos } coquille , et d’uJoj
- CÔN
- ( eidos ) , formé, ressemblance : qu| ressemble à une coquille.
- ( Mathém. ) C’est le nom d’une courbe géométrique avec une asymptote , inventée par Nicomède.
- MM. de la Hire et de la Conda-mine ont fait plusieurs recherches sur les conchoïdes ; mais on a remarqué avec raison qufe l’espace conchoidal, c’est-à-dire , l’espace renfermé par la concho'ide , et son asymptote , étoit infini et non fiai, comme quelques auteurs l’ont prétendu.
- CONCHYLIFERE , s. et adj. du grec x-'oyyjs ( kogchê } , coquille , et de <pipao (phérô} , porter : porte-coquille.
- ( Hist. nat. ) On donne ce nom aux testacés, parce qu’ils sont couverts d’une enveloppe osseuse, nommée test ou coquille. Les mollusques qui habitent cès coquilles tiennent par un ou plusieurs muscles à cette enveloppe , qui les garantit de toute espèce de choc, et dans laquelle ils se renferment ail moindre danger. T7. MOLLUSQUES TESTACÉS.
- CONCHYLIOLOGIE, s. f. du grec x-oyxv ( kogchê ) , coquille , et de xcyos ( logos ), discours : traité des coquilles.
- Ç Hist. nat. ) Partie de l’Histoire naturelle qui traite des coquilles de mer, d’eau douce et de terre.
- CONCILE, s. ni. du latin con-cilium , assemblée.
- ( Hist. ecclés. ) Assemblée d’évêques catholiques , légitimement convoquée pour décider les questions de foi, ou régler ce qui concerne la discipline.
- Ün concile provincial est l’assemblée des évêques d’une province sous leur métropolitain. Un concile national est Rassemblée des prélats d’une nation sous un patriarche ou un primat. Un concile général ou œcuménique est une assemblée de tous les évêques de la chrétienté.
- CONCILIABULE , du latin con-ciliabulum , diminutif de conci-lium, petite assemblée..
- ( Hist. anc. ) Ce mot signifioit parmi les Romains l’endroit d’une province où les préteurs ; les pro-
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- CON
- prêteurs, les proconsuls faisoient assembler les peuples pour leur rendre la justice.
- ( Hist. ecclés. ) On s’en est servi ensuite pour désigner dans les premiers siècles de l’Eglise une assemblée de prélats , irrégulière , illicite, tumultueuse.
- Aujourd’hui on le dit ironiquement d’une assemblée de gens occupés de quelque mauvais complot.
- CONCLAVE, s. m. de l’italien conclave , formé du latin eoncla-vium , appartement séparé et fermé u clef.
- ( lîist. ecclés. ) Assemblée des cardinaux pour l’élection d’un pape.
- L’origine du conclave n’est pas fort ancienne ; c’est le successeur de Clément IV, mort à Viterbe, en 1268 , qui y a donné lieu. Les cardinaux assemblés depuis deux ans ne pouvant s’accorder sur son élection , avôient formé le projet de sé séparer et de quitter Viterbe ; mais les habitans informés de cette résolution , fermèrent les portes de la ville par lè conseil de Saint-Bona— * veuture , et annoncèrent aux cardinaux qu’ils ne sortiroient pas que le pape ne fût nommé. Cette conduite détermina le concile de Lyon, qui se tint en 1274, à établir le conclave , et à en fixer le3 fègles dans une constitution qui est observée à quelques change-1 mens près.
- Le lien du conclave est à Saint-Pierre au Vatican , on en mure toutes les portes et les fenêtres en hiver , excepté un panneau qui y porte une lumière fort sombre. En été, toutes les fenêtres sont ou-'ertes, on 11e ferme que la première Porte , mais elle l’est do quatre serrures et de quatre verrous y avec ûne seule ouverture par où l’on Sertà manger aux cardinaux enfer-mes. On dresse dans les salles qui sont fort amples, autant dè cellules qu’il y a de cardinaux présens à 1 élection; après trois jours d’assemblée , on ne sert plus que d’une Grande, et après cinq antres jours , ne sert que du pain et du vin. ,.ette régie ne s’observe pas à la rigueur.
- CONCLUSION, s. f. du latin
- CON 25i
- conclusio, formé de concludo, composé de con et de claudo , fermer avec : fin d’uiie affaire , d’un discours.
- ( Logique) La dernièrepartie d'un argument 5 la conséquence qu’on tire d’un raisonnement.
- ( Diction ) Le logicien finit toujours par la conclusion qu’il a démontrée être renfermée dans sa majeure et daus sa mineure ; l’orateur lie s’asservit point à cet ordre : il commence quelquefois par la conclusion \to\xc venir ensuite à la seconde proposition et finir par la première.
- Le logicien établit, seulement trois propositions, de la manière la plus méthodique , la plus simple et la plus sèche. L’orateur , au contraire y les étale avec pompe et magnificence , en les omaiit des plus brillantes figures.
- ( Pratique ) Conclusions au pluriel' , sont les fins auxquelles tend une demande formée en justice, il ÿ en a d'alternatives, de conditionnelles, de préparatoires, de principales et de définitives.
- Le miuistère publ ic donne aussi ses conclusions dans les causes qui intéressent le public ou le Gouvernement.
- CONCLUSUM, s. m- mot latin fo'rmè dé con êt dè claudo , fermer avec.
- ( Ècon. polit. ) Ce mot exprime en Allemagne un décret de la diète germanique , ou du conseil auli-que.
- CONCORDANT , s. m. de concorda , formé de concors, con-cordis , contraction de conjuucLo cordis , union du cœur , qui a produit concorde., concordance, et concordat.
- ( 'Musique ') Celle des parties da la musique qui tient le milieu entre la taille et-la basse. Le concordant est proprement la partie qu’en Italie on appelle ténor.
- CONCORDAT, s. m. même origine que CONCORDANT : transaction , accord , convention.
- ( Diplom. ) On appelle absolument concordat , le traité fait à Bologne en iût6 , entre Léon X et François premier te ne liant les
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- 562 C GW
- bénéfices consistoriaux du royaume
- de France.
- Concordat germanique ; c’est l’accord fait le 16 mars i448, entre le légat du Saint-Siège , l’empereur Frédéric III, et les princes d'Allemagne , pour raison des églises , monastères , et autres bénéfices de l’Empire.
- CONCOURS , s. m. du latin con-cursus , formé de con et de curro, courir avec, en même tems : action par laquelle on concourt.
- Mettre au concours une chaire de droit, de médecine , d’histoire, etc. , un monument public, un tableau national , etc.
- ( Géom. ) Point de concours de plusieurs lignes c’est le point dans lequel elles se rencontrent, ou dans lequel elles se rencontre-roient, si elles étoient prolongées.
- ( Mécan, ) Puissances concourantes ,• celles dont les directions concourent, c’est-à-dire, né sont point parallèles ; soit que les directions de ces puissances concourent effectivement, soit qu’elles tendent à concourir , et ne concourent en effet qu’en étant prolongées.
- On appelle aussi puissances concourantes , celles qui concourent à produire un effet, pour les distinguer des puissances opposées , qui tendent à produire des effets contraires,
- CONCRÉTION, s. f. du latin concretio , formé de con et de cres-cere , croître ensemble.
- ( Physique ) Action par laquelle des corps mous et lluides deviennent durs. Dans ce sens on dit indifféremment CONDENSATION , COAGULATION. V. ces mots.
- Concrétion se dit aussi quelquefois de l’union de plusieurs particules , pour former une masse sensible , en vertu de quoi cette masse acquiert telle ou telle figure , et a telles ou telles propriétés.
- ( Minéral. ) Concrétion s’entend encore de substances terreuses ou minérales , dont les parties après avoir été désunies ou décomposées, se sont réunies ou rassemblées pour former un nouveau corps.
- ( Jardin ) Les jardiniers appellent concrétions des molécules réunies en une masse solide qu’on
- CON
- trouve dans le coignassier et dan* un grand nombre de poires ; les loupes et les excrescences qu’oa voit sur les arbres, sont de même appelées concrétions ligneuses.
- ( Chimie ) Les chimistes donnent le nom de concrétion à des choses fixées, endurcies , épaissies et coagulées -, ils appellent sel volatil concret, un sel volatilisé par quelque acide qui l’empêche de s’élever et de se sublimer à la chaleur, ou de se fondre à l’humidité.
- { Chirurgie ) En termes de chirurgie , concrétion est l’adhérence des parties qui doivent être naturellement séparées -, telle est la concrétion des doigts , les uns avec les autres , des narines , des paupières , etc.
- CONCUSSION , s. f. du lat. con-cussio , formé de concuteo , ébranler , secouer , vexer.
- - ( yldminisir. } Vexation , action
- {>ar laquelle un fonctionnaire pu-)lie exige au-delà de ce qui lui est dû, ou retient des deniers de l’Etat dont il est comptable.
- CONDAMNATION , s, f. du lat. condemnatio, formé de condemno, ' composé de con et de damnum, avec perte , dommage , préjudice.
- ( Pratique ) Jugement par lequel on condamne , ou l’qn est condamné.
- Condamnation solidaire ; celle qui s’exécute solidairement contre plusieurs condamnés.
- Condamnation contradictoire; celle que l’ojn a prononcée contre un défendeur qui a été oui , par lui ou par son défenseur ; ou en matière criminelle contre un accuse présent.
- Condamnation par corps ; celle qui emporte la contrainte pat corps.
- Condamnation par défaut ; celle qu’on prononce en matière ci vue contre le défendeur qui ne paroit pas en justice , ou qui ne fournit point de défenses sur l’assignation qu’on lui a donnée,
- ( Marine ) On dit en termes de marine qu’un vaisseau est condamné lorsqu’il est jugé par de« experts hors d’état de naviguer plu3 long-tems,sans dangerde couler ba-3*
- CONDENSATION , s. f. du IA111
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- condensatio , formé de con et de denso, épaissir ensemble, condenser.
- ( Physique ) Action par laquelle un corps diminue de volume , par la perte qu’il fait d’une portion de. la matière du feu qui le pénétroit, et qui tendoit à écarter ses parties ; de là on appelle condensibilité , la propriété qu’ont les corps de pouvoir être condensés , ou réduits à un moindre volume par le refroidissement; ce qui leur arrive toutes les fois qu’ils passent d’un lieu plus chaud dans un lieu moins chaud , ou qu’ils sont entourés d’un air-moins chaud que celui qui les envi-ronnoit auparavant, ou qu’enfin ils se trouvent voisins de corps moins chauds qu’eux.
- On donne le nom de condensateur à une machine qui sert à condenser l’air dans un espace donné.
- ( Electricité ) Yolta a donné le nom de condensateur à un instrument électrique, composé de deux plateaux circulaires, dont l’un est métallique , et porte à son centre une colonne de verre qui sert à l’isoler ; l’autre plateau est formé d’une matière qui n’isole qu’im-parfaitement. Cet instrument sert à rendre sensibles de très-petites quantités d’électricité, formées par des corps environnans , en les déterminant à s’accumuler sur la surface qu’il présente à son action.
- ( Méd. ) Les médecins appellent condensation une contraction des pores de la peau occasionnée par des remèdes rafraîchissans, astrin-gens ou dessicatifs ; ils donnent encore ce nom à l’épaississement de quelque fluide , soit dans le corps, soithors.du corps. Les médicamens condensons sont des remèdes qui condensent ou épaississent les humeurs.
- ( Distill. ) Les distillateurs suédois appellent condenseur un appareil qui remplace le serpentin de l’alembic, qui a sur celui-ci 1 avantage d’exposer une assez grande surface à l’eau, pour que ta vapeur puisse lui abandonner le calorique combiné avec elle, et se condenser immédiatement.
- CONDIT, s. m, dulat. condire, «saisonner,
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- ( Pharmacie ) 11 se dit de toutes sortes de confitures, tant au miel qu’au sucre; il y a un condit sto-machal , purgatif et corroboratif , qui diffère des opiats , en ce qu’il y a plus de sucre, moins de poudre, et plus de conserve et de sirop.
- CONDITION , s. f. du latin con-ditio , formé de condo , instituer , établir, fonder.
- ( Pratique ) Clause , charge ou obligation qu’on stipule en toutes sortes de contrats. Il y a autant d’espèces de conditions qu’il y a de clauses qu’on peut insérer dans les actes. De là des conditions de droit ou légales , qui n’ont pas besoin d’être exprimées.
- Conditions de fait, celles qui ont pour objet des faits exprimés dans l’acte.
- Conditions de futur, qui se rapportent à un objet à venir.
- Condition expresse , exprimée dans l’acte.
- Condition tacite , non exprimée, mais qui résulte de la nature du contrat ou de la loi.
- Condition résolutive, celle qui par l’événeftient d’un cas prévu anéantit l’acte qui avoit déjà eu son exécution.
- Condition suspensive ; celle qui suspend la convention, jusqu’à ce que la condition soit arrivée.
- Condition, sine qua non, celle dont rien ne peut dispenser, etc.
- CONDOLÉANCE , s. f. ce mot paroît venir de l’italien condo-tenza , ou condoglienza , formé du latin condoleo, composé de con et doleo, souffrir, se plaindre avec quelqu’un. Ondisoit autrefois, dans le même sens, cond,oaloir, se con-douloir.
- ( Diplom. ) Ce mot est particulièrement employé dans la diplomatie pour exprimer les témoignages de douleur et de sensibilité que les princesse donnent entre eux, par l’entremise de leurs ambassadeurs , à l’occasion de la mort d’un fils, etc. On s’en sert aussi dans ces phrases , lettres de condoléance , compliment de condoléance il est opposé à félicitation.
- CONDUCTEUR , s. m. du latin eonduco , mener ensemble , con-
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- claire : celui qui conduit des gens,
- des affaires , un travail.
- ( Electricité ) Les physiciens appellent conducteur un corps par lequel la matière électrique se dirige et se transmet d’un point à un autre sans se disperser.
- Ils nomment encore conducteur de la foudre, une verge pointue de métal , élevée et isolée sur un bâtiment afin de le garantir des effets de la foudre.
- ( Chimie ) On dit aussi de certains corps et dë certaines substances qui sont connus pour contenir une quantité plus ou moins grande de calorique, qu’ils sont de bons ou de mauvais conducteurs de la chaleur; dans ce sens, l’argent est un très-bon , et l’eau un très-mauvais conducteur de la chaleur.
- ( Chirurgie ) Les lithotomistes ont donné le nom de conducteur à deux instrumens qui servoient à conduire les tenettes dans la vessie, pour en retirer la pierre. La chirurgie moderne , pins familiarisée avec l’opération de la taille , n’admet plus le conducteur dans son arsenal que pour faire voir les progrès que la taille a faite entre ieurs mains.
- ( Art milit. ) Conducteurs des équipages d*artillerie ; ils accompagnent l’artillerie , s’attachent particulièrement aux équipages , aux chevaux, prennent soin de leur faire donner les choses nécessaires, et veillent à ce qu’il n’y ait point de confusion dans les marches.
- CONDUIT, s. m. même origine que le précédent.
- ( Physiol. ) Tuyau , canal qui donne passage à quelque partie.
- Conduit cystique ; un conduit biliaire de la grosseur d’une plume d’oie, à deux pouces de la vésicule du fiel, au conduit hépatique , et tous deux ensemble forment le conduit commun orscholioque.
- U y a d’autres conduits qui prennent différens noms , et que l’on trouvera à leur place.
- ( Bot an ) Les botanistes appellentconduits excréteurs certains corps glanduleux de différentes fermes, que l’on rencontre sur ply-
- COI
- sieurs parties des plantes. Ces conduits excréteurs ne sont pas ce (ju’il y a de mieux conuu dans l’économie végétale. Déjà l’on a reconnu que les étamines , que Tournefort -regardait comme des conduits excréteurs , ont des fonctions autrement importantes à remplir ; il ne seroitdonc point étonnant que certains poils , certaines éminences, certaines cavités auxquelles on donne aujourd’hui le nom de conduits excréteurs, fassent destinés par la nature à d’antres usages.
- CONDUITE , s. f. même racine que conducteur.
- ( Ilydràul.) Suite de tuyaux de plomb , de fer , de bois , de terre cuite ou de pierre , qui sert à conduire des eaux d’un lien à un autre.
- 11 est nécessaire que le lieu on l’on veut conduire l’eau soit un peu moins élevé que celui d’où elle vient, afin de vaincre les frot-temens ; on donne ordinairement au moins une demi-ligne de pente par toise.
- CONDYLE, s. m. du grec kovJV Xoç ( kondulos ), jointure, article.
- ( Anat. ) Ce mot servoit particulièrement à désigner la jointure des doigts, mais on l’a étendu à toutes Tes éminences des os qui saillent à-peu-près de même dans toutes les articulations.
- CONDYLOME , s. m. du grec x.üvS'v'hap.uç ( kondulomas ) , forme de Koi’J'vKoç ( kondulos ).
- ( Anat. ) C’est en général une excroissance charnue qui vient aux doigts des mains et des pieds , et principalement autour de l’anus , au périnée et aux parties naturelles de l’homme et de la femme ; mais on entend plus particulièrement par condylome , ces excroissances qui se forment à l’anus, au périuee, à la partie interne et supérieure des cuisses, aux parties naturelles de Tun et l’autre sexe, et qm sont ordinairement des symptômes de la vérole.
- CONE, s. m. du. greckSSvoç (konos), pomme de pin , à cause de sa ressemblance avec ce fruit.
- ( Géom. ) Corps solide dont fa base est un cercle , et qui se te*-
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- jnine par le haut eu une pointe que l’on appelle sommet.
- On appelle en général axe du cône, la droite tirée de son sommet au centre de sa base.
- Quand Taxe du cône est perpendiculaire à sa base , alors ce solide prend le nom de cône droit.
- Si cet axe est incliné,ou oblique , c’est un cône SCALENE. F. ce mot.
- Un cône tronqué est une partie d’un cône coupé par un plan parallèle à sa base.
- ( Physique ) Cône de lumière ; c'est un faisceau ou assemblage de’rayons de lumière , qui, partant d’un point quelconque d’un objet visible , vont en divergeant tomber sur la prunelle , ou sur la surface d’un verre ou d’un miroir , de sorte que la. prunelle, ou le verre de ce miroir deviennent la base de ce cône de lumière.
- ( Eotan.) Cône ou strobile; c’est un assemblage arrondi ou ovoïdal d’écailles coriaces , ou ligneuses , imbriquées en tout sens , d’une manière plus ou moins serrée , autour d’un axe commun allongé et caché par elles. Chacune d^elles portant sur sa hase interne les organes d’un seul axe.
- CONFECTION , s. f. du latin conficio , achever, terminer , finir :
- Action par laquelle on fait, on achève quelque chose.
- ( Pratique ) Confection d’un papier terrier , confection d’un inventaire , etc.
- ( Pharmacie ) Confection est affecté à quelques préparations pharmaceutiques , les plus parfaites qu’on ait pu faire. Les confections °nt une consistance plus épaisse que le miel cuit. Il y en a de fortifiantes et de purgatives. Les confections fortifiantes ou cordiales , sont la confection <Y hyacinthe , (Yalhermès , d’anacardes , ctc. ; celles qui purgent sont la confection harnech , et le catho-hcon double. U y a encore des confections thériacales , qui sont alexipharmaques et calmantes.
- CONFÉBÉR ATION , s. f. du lat. confederatio, formé de con avec, de J & dus, alliance f et de ago, faire,
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- mot à mot l’action de faire uue alliance avec quelqu’un : ligue , alliance.
- ( Polit. ) Alliance entre des princes ou des Etats.
- U se dit encore des ligues que font entre eux, dans quelques états, les sujets mécontens.
- C’est aux confédérations des uobles et des grands de la Pologne, plus qu’à l’ambition de ses voisins, que ce pays doit attribuer la perte de sa liberté et de son indépendance.
- CONFÉRENCE, s. F du latin confero , rapprocher , assembler , comparer.
- ( JLittérat. ) On a donné ce nom à plusieurs ouvrages qui ont eu pour objet de conférer , comparer deux ou plusieurs choses entre elles , pour voir le rapport qu’elles ont ensemble , en quoi elles conviennent , eu quoi elles diffèrent. Telles sont la conférence des ordonnances ; les conférences d’éditions faites par plusieurs critiques du dix-septième siècle , etc.
- ( Diplom. ) Conférence se dit aussi des entretiens qu’ont ensemble des ministres , des princes , des ambassadeurs, pour négocier des aflaires d’Etat.
- CONFESSEUR, s. m. du latin confessorformé de confiteor, composé de con et de foAeor, avouer devant , en présence de quelqu’un.
- ( lîist. eccl. ) Dans Eus âge de la primitive église , nu confesseur éteit un chrétien qui avoit professé hautement et publiquement la foi de Jésus-Christ , et qui étoit prêt à souffrir le martyre pour la soutenir. Depuis on a appelé confesseur un saint qui ri’étoit ni apôtre , ni martyr , ni prélat , ni docteur.
- Confesseur est aussi un prêtre qui a pouvoir d’ouïr les chrétiens dans le sacrement de pénitence , et de leur donner l’absolution.
- CONFESSION, s. f. même origine que CONFESSEUR. ; aveu , déclaration que l’on fait de quelque chose , de la vérité.
- ( Hist. eccl. ) La confession des seuls péchés publics et très-griefs , se fais' it autrefois publiquement~ à l’égard de la confession auricu-
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- laire , quelque ancienne qu’elle soit dans l’opinion des Pères grecs, ce n’est que depuis le concile de Latran, tenu eu I2i5 , que les fidèles d’occident^qui ont atteint l’âge de discrétion , sont tenus de se confesser , au moins une fois l’an.
- ( Lithurgie ) Confession è toit un lieu dans les églises , et ordinairement sous le grand autel , où veposoîent les corps des saints martyrs. On appelle encore la confession des saints apôtres , le lieu où reposent à Rome les corps de Saint-Pierre et de Saint-Paul.
- Confession signifie sussi la prière du confiteor , que le prêtre dit debout, au pied de l’autel , au commencement de la messe , et le lieu où le prêtre récitoit autrefois cette prière avant de commencer la messe.
- ( Culteprot. ) Confession d’ylus-bourg ; c’est le nom qu’on donne aux 28 articles de croyance , rédigés par Mélancton , et présentés à l'empereur Charles-Quint, à Aus-bourg, en i53o.
- ( Pratique ) Confession ; c’est la déclaration d’une personne interrogée sur un fait.
- Confession juàicielle ; celle qui est faite en jugement : elle a lieu dans les déclarations que le juge exige d’une partie à l’audience , ou dans les interrogatoires , soit en matière civile , soit en matière criminelle.
- Confession extrajudicielle ; c’est une déclaration faite hors jugement , comme lorsqu’elle est faite dans un acte devant notaires. Elle sert de commencement de preuve.
- CONFIDENTIEL, adj. du latiu c onfido, composé de con et de fido, se fier à quelqu’un.
- ( Administr. et diplom. ) Tout ce qui se dit ou s’écrit en confidence, par opposition à ce qu’il se dit ou s’écrit officiellement.
- CONFIGURATION , s. f. du latin configura ; racine figuro , façonner :
- Forme extérieure , ou surface qui borne les corps , et leur donne une figure particulière.
- ( Chimie et physique ) Ce mot s’emploie particulièrement en phy-
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- sique et en chimie , en parlant des parties tenues et insensibles qui échappent à la vue. La configuration des cristaux salins.
- ( Astron ) Les astronomes entendent par configuration , la situation des planètes , les une» par rapport aux autres ; mais ils T’appliquent particulièrement aux satellites de Jupiter , que l’on ne pourroit distinguer l’un de l’autre, sans le secours d’une figure où leurs situations respectives sont marquées.
- ( Astral. ) Configuration ou aspect des planètes ; c’est parmi les astrologues une certaine distance que les planètes ont entre elles dans le zodiaque, par laquelle elles s’aident ou se nuisent les unes aux autres.
- (.Anat '.) On dit en termes d’anatomie, que le fœtus acquiert peu-à-peu sa parfaite configuration ; que la vue courte ou la vue longue viennent de la diverse configura-tion du cristallin.
- CONFIRE , v. a. du latin con-dire , assaisonner.
- ( Confiseur ) Confire ; c’est donner aux fleurs , aux fruits, aux herbes , aux racines certaines préparations en les infusant dans du sucre , du sirop , de l’eau-de-vie, pour les rendre plus agréables au goût, ou pour les conserver plus iong-tems. Les confitures sont liquides ou solides : tous les fruits ne sont pas propres à former les premières , il faut qu’ils soient un peu mucilagineux comme les poires , les pommes , le verjus , les coings, les groseilles , les abri-cots , etc.
- Les fruits qui entrent plus ordinairement dans les confitures sèches , sont les écorces de citron et d’oranges, les prunes, les poires, les cerises , les abricots , les amandes et les noix. Ces substances doivent être tellement pénétrées par le sucre , qu’elles soient sèches et presque friables. Le sucre dont on se sert pour les confitures , est cuit à la petite plume, à la grande plume ou au caramel, selon la nature et la qualité des confitures. Les dragées fines , appelées pralines 4 doivent être composées d«
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- sucre cuit à la grande plume ; les pastilles transparentes sont faites avec du sucre clarifié cuit jusqu’au caramel.
- CONFIRMATION , s. f. du latin tonfirmatio , formé de firmo , rendre fort, -et de l’augmentatif con : l’action de rendre encore plus fort.
- ( Pratique ) Confirmation d’un acte ; c’est l’action de le déclarer ou de le reconnoître véritable. Un testament, une donation sont confirmés par l’acquiescement donné à leur exécution , ou par un paiement qui en prononce la validité.
- Le juge supérienr confirme un jugemeut dont l’appel n’est pas fondé.
- Lorsqu’un acte est nul de soi, la confirmation ne le rend point valide.
- ( Culte cathol. ) La confirmation est un sacrement de l’église , le second en ordre , et l’un des trois qui imprime caractère ; ainsi il ne peut être réitéré. Dans les commen-cemens, l’évêque la donnoit immédiatement après le baptême dont elle étoit la perfection. L’évêque seul a le droit dg^donner la confirmation.
- ( Diction ) La confirmation est en rhétorique la troisième partie du discours dans laquelle l’orateur doit prouver par lois , raisons , autorités , titres , témoignages ou autres moyens , la vérité des faits qu’il a annoncés , soit dans la narration , soit dans sa division. Si la confirmation n’est pas la partie la plus difficile du discours ; tlle est la plus essentielle. Toute la force de l’art y est renfermée .. d s’agit de convaincre. L’orateur doit partir de principes lumineux, descendre aux conséquences par des liaisons naturelles , en sorte lue l’auditeur le prévienne pour e« tirer les conclusions.
- CONFISCATION s. f. du latin confiscatio , composé de con , de fccum et de ago , comme qui diroit 1 action de faire entrer da is le fisc.
- ,( Pratique ) Adj udication oui se tait d’une chose au profit du fisc.
- La confiscation s’est établie chez tes Romanis avec la tyrannie. Sylla tst le premier qui l’ait ordonnée.
- Quelques empereurs l’étendirent à une infinité de circonstances j mais Trajanne voulut jamais profiter du bénéfice de ces lois. An-tonin-le-Pieux remettait les biens confisqués aux enfans du coupable» Justinien restreignit cette peine au seul cas de ^lèze-majesté au premier chef.
- Eu France , sous la monarchie , il y avoit des provinces où la confiscation n’étoit admise que pour crime de lèze-majestédiviue et humaine ; d’autres où elle suivoit la condamnation de mort naturelle ou de mort civile. Dans quelques-unes , elle n’avoit lieu que pour les meubles ; mais par tout le condamné perdoit la jouissance et la propriété de ses biens , et s’ils ne passoient point au fisc , ils étoient dévolus à ses héritiers naturels. D’après les nouvelles lois de la république française, la confiscation n’a plus lieu ; le condamné ou ses héritiers sont seulement tenus de payer les frais du procès.
- Confiscation de marchandises ; c’est l’adjudication au profit du fisc des marchandises de contrebande.
- CONFLIT , s. m. du latin con-fiietus, composé de con et àefiego, choquer ; heurter avec , ensemble : choc, combat, contestation.
- ( Pratique ) Confit de jurisdic-Jtion ; c’est la contestation entre divers txibunauXjOu entre les officiers de différentes jurisdictions qui prétendent respectivement que la connaissance d’une affaire leur appartient.
- Le tribunal de cassation et le conseil d’état sont juges dans ces contestations ; le premier pour les affaires judiciaires,et le second pour les affaires qui regardent l’administration.
- CONFLUENT, s. m. du latin confluere, couler ensemble.
- ( Géogr. ) Le lieu où deux rivières se joignent et mêlent leurs eaus.
- ( Méd. ) Confluent, confluente, terme dont se servent les médecins , en parlant de cette espèce de petite vérole , dont les pustules se confondent les unes dans les autres, pour la distinguer de la dis-
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- crête , dont les pustules sont distinctes et séparées.
- CONFORMATION, s.f. du lat. conformatio , composé de con et de formo , former , mettre ensemble : manière dont une chose est formée.
- ( Physique ) Conformation s’entend,, pai'mi les physiciens , de la différente contexture des corps , et de la consistance particulière des parties dont ils sont composés. Les corps, disent les Newtonmens , réfléchissent les couleurs , suivant leur différente conformation.
- ( Méd. ) On appelle , en médecine , maladies de conformation, celles qui proviennent du mauvais arrangement des parties.
- CONFRIOA1ION , s. f. du lat. con avec , et de frico, frotter avec les doigs.
- ( Chimie-pharmacie ) L’action de pulvériser, d’exprimer le jus avec ses doigts.
- CONFUSION , du latin confusio, formé de con et de fundo , mêler ensemble : mélange confus, embrouillement.
- ( Art milit. ) Confusion signifie désordre , lorsque les rangs sont perdus. Tout est perdu , quand la retraite se fait en confusion.
- ( Pratique ) Confusion de droits et d’actions ; c’est la réimion des droits actifs et passifs qui concernent un même objet. Alorsl'bbli-gation est éteinte par ce concours de la créance et de la dette en une même personne.
- { Méd. ) Confusion est une maladie des yeux/qui a lieu lorsque les membranes internes qui enveloppent les humeurs, venant à se rompre, ces humeurs se confondent les unes avec les antres.
- ( Peinture ) Confusion, dans le langage des peintres , s’entend de lu mauvaise disposition ou de la multiplicité des objets qui composent un tableau.
- Les objets sont confus dans un tableau quand ils y sont mal-adroi-tement multipliés , quand le spectateur nepeutse rendre compte du plan qu’ils occupent; quand les lumières , mal-entendues, mal distribuées , mal dégradées, égarent l.a vue sur toutes les parties du ta-
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- j>leau, sans l’appeler à l’objet dont elle doit principalement s’occuper ; quand enfin , le ton de ce qui doit s’avancer ne se détache pas de ce qui lui sert de fond. Ainsi , la confusion peut être quel, quefois un vice de composition , et quelquefois un vice de cfair-obscur et de couleur. '
- CONGE, s. m. du latin corn-meatus, formé de con et de meo, aller, passer d’un lieu à un autre: permission d’aller, de venir, de se retirer , dispense de s’acquitter du devoir auquel on étoit obligé.
- ( Art milit. ) Congé ; permission donnée à un soldat par son chef ou par le ministre de s’absenter ou de se retirer tout-à-fait. Dans le premier cas, c’est un congé limité; dans le second, c’est un congé absolu. '
- ( Marine ) Congé ; passe-port ou permission de naviguer, délivrée par le commissaire des classes , au nom du Gouvernement, pour autoriser le capitaine d’un bâtiment de commerce à naviguer au lieu de sa destination, et à faire sou retour.
- ( Pratique ) ,0ongê d’adjuger ; c’est un jugement obtenu par la partie qui poursuit uu décret contre la partie saisie.
- Congé faute de se présenter ; c’est un acte délivré à l’avoué du défenseur contre le demandeur qui ne se présente pas dans les délais prescrits.
- Congé faute de venir plaider; c’est un défaut qui se donne a l’audience au défendeur contre le demandeur qui ne comparoit pas en personne , ni par procureur. Ce défaut emporte décharge de la de* mande.
- Congé pour la résolution des lo~ cations ; c’est la déclaration faite par celui qui a donné, ou par cela» qui a pris à loyer , pour résoudre et faire cesser une location.
- ( Douanes ) Congé se dit de permission que les commis des barrières des villes donnent pour en* lever et laisser entrer des marchandises dont on a payé les droits.
- (Diplomat.) Audience de conge, c’est la dernière audience pubu-
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- que donnée à un ambassadeur avant son départ.
- CONGELATION , s. f. du latin congélation formé de con et de gelo, geler ensemble;
- ( Physique ) Passage de l’état de la fluidité d’une substance à l’état de fixité ou de solidité par le refroidissement. Lorsqu’une substance fluide se refroidit jusqu’à un certain point, elle perd la mobilité respective de ses parties, en quoi consiste sa fluidité , et elle prend une forme concrète, solide et dure.
- ( Méd. ) Les médecins ont donné le nom de congélation à la catalepsie , parce que ceux qui en sont attaqués ont les membres roides et sans mouvement comme s’ils é-toient gelés.
- CONGENERE , du latin conge-ner, formé de con , avec , et devenus , genre : d’un seul genre, d’un même genre.
- ( Anat. ) On appelle muscles congénères ceux qui concourent à un même mouvement. Ils sont opposés aux antagonistes, qui font un mouvement contraire.
- ( Botan. ) On dit qu’une plante est congénère d’une autre plante lorsqu’il y a entre elles la somme et la qualité des rapports sur laquelle est fondé le caractère des genres analogues.
- CONGESTION , s. f. du latin congestio, formé de con et de gero, amasser ensemble.
- ( Méd. ) Amas d’humeur qui se fait dans quelque partie du corps. On dit qu’une maladie s’est faite par congestion lorsque la matière Morbifique s’est fixée lentement sur une partie. Les congestions sont internes ou externes : il est aisé d’apercevoir celles-ci j mais celles-là sont plus difficiles à discerner.
- CONGLOP.E , adj. du latin con-feobatus , formé de con et de glo— “or, se former en rond.
- ( Anat.) Les anatomistes moder-res ont réduit les glandes du corps en deux espèces ; savoir, en glandes Englobées, et en glandes conglo-fterées. jF. ce mot.
- J'a glande conglobée est un petit corps continu et uni, enveloppé Une tunique déliée qui le sépare Tonie I.
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- de toutes les autres parties , et qui donne entrée à une artère et à un nerf, et laisse sortir une veine et un vaisseau excrétoires. De ce nombre sont les glandes qui servent à perfectionner la lymphe. Ainsi, les glandes des aines , des aisselles, et celles du mésentère, qui n’ont point d’autre fonction , sont des glandes conglobêes.
- ( Botan. ) Conglobêes se dit des feuilles et des fleurs ramassées en boule. ,
- CONGLOMERE, adj. du latin congloméra, formé de con et de glomus , glomeris, peloton , dévider en peloton.
- ( Anat.) On appelle glandes conglomérées celles qui sont composées de petits corps spongieux ou grains glanduleux joints ensemble, et qu’on peut regarder comme autant de glandes conglobêes. De ce nombre sont les glandes qui séparent du sang quelque liqueur particulière. Ainsi les reins qui séparent l’urine du sang, les parotides qui séparent la salive , le foie qui sépare la bile, sont des glandes conglomérées.
- CONGRES , s. m. du latin con-gressio ou congressus, formé de con et de gradior, aller , marcher ensemble : approche , entrevue , fréquentation, assemblée.
- ( Pratique ) Ce mot a signifié une épreuve ae la puissance ou de l’impuissance des gens mariés, autrefois ordonnée par la justice, lorsqu’on prétendoit à la nullité du mariage pour cause d’impuissance. Cette preuve se faisoit en présence de chirurgiens et de matrones nommés par l’official. L’indécence d’une telle preuve, et même le peu de certitude que l’on en pouvoit tirer, ont porté le parlement de Paris à la proscrire par arrêt du 18 février 1667. Cette singulière jurisprudence a été pratiquée en France pendant cent vingt ans. Elle s’introduisit vers le milieu du seizième siècle , à l’occasion d'un jeune homme qui, accusé d’impuissance, eut la témérité de demander le congrès: le juge, surpris de la nouveauté de cette demande, ne crut pas qu’elle pût être refusée , regardant cette épreuve comme un A a
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- moyen infaillible de découvrir la
- vérité.
- ( Polit. ) Congrès se dit aussi d’une assemblée de plusieurs ministres des différentes puissances qui se sont rendus dans le même endroit pour traiter, discuter, concilier les intérêts de leurs cours respectives, conclure un traité, la paix. Le congrès de la Haie , dJ U-trecht, de Cambrai , de Boissons , de Rastadt, etc.
- On appelle encore congrès l’assemblée des représentans des Etats-Unis de l’Amérique.
- CONIFERE, adj. du grec xmoç ( kônos ), pomme de pin , èt de <pepa> ( phérô ), porter : qui porte des pommes de pin.
- ( Botan. ) Epithète que l’on donne à certaines plantes , dont la disposition des fleurs, ou quelque partie, ressemble en quelque sorte au cône ou strobile.
- CONIQUE , adj. du latin coni-cus, contraction , de conifiactus , fait en forme de cône. V. CONE.
- ( Botan. ) On appelle ainsi les plantes, les fleurs ou quelques-unes de leurs parties qui ressemblent à un cône ou à une pomme de pin.
- Lorsque le cône est renversé, on dit obconique, et lorsque la forme se rapproche de la forme conique plus que de toute autre, on dit co-no'idale.
- ( Géom. ) Conique se dit en général de ce qui a rapport au cône , ou qui lui appartient, ou qui en a la ligure.
- Sections coniques ; lignes courbes que donne la section d’un cône par un plan.
- Les sections coniques sont l’ellipse , la parabole et l’hyperbole, sans compter le cercle et le triangle , qu’on peut mettre au nombre des sections coniques. En effet, le cercle est la section d’un cône par un plan parallèle à la base du cône, et le triangle en est la section par un plan qui passe par le sommet. V. pour les propriétés des sections coniques, Voy. ELLIPSE , PARABOLE , HYPERBOLE.
- Les sections coniques sont des courbes qui toutes ensemble font un système de figures régulières, tellement liées les uaes aux autres,
- CON
- que chacune peut, dans le passa i à l’infini , changer d’espèce et devenir successivement de toutes les autres. Le cercle , par exemple en changeant infiniment peu le plan coupant, devient une ellipse; et l’ellipse , en reculant son centre à l’infini , devient une parabole, dont la position étant ensuite un peu changée , elle devient la première hyperbole : toutes ces hyperboles vont ensuite en s’élevant jusqu’à se confondre avec la ligne droite , qui’ est le côté du cône.
- Dans le cercle , le paramètre est double de la distance du sommet au foyer du centre ; dans l’ellipse, le paramètre de tout diamètre est, à l’égard de cette distance , dans une raison qui est entre la double et la quadruple ; dans la parabole , cette raison est précisément le quadruple, et dans l’hyperbole la raison passe le quadruple,
- Tous les diamètres des cercles et des ellipses se coupent au centre et en dedans de la courbe ; ceux de la parabole sont tous parallèles entre eux et à l’axe ; ceux de l’hyperbole se coupent au centre, aussi bien que ceux de l’ellipse, mais avec cette différence que c’est en dehors de la courbe.
- Les sections coniques , en y comprenant le cercle , composent tout le système sur le second ordre, ou courbes du premier genre , la ligne droite étant appelée ligne du premier ordre.
- CONIROSTRES , adj. du grec v.mo s [konos), pomme de pin, cône , et du latin rostrum, bec : qui a le bec conique.
- ( Ornythologie ) Tel est le nom que les ornythologistes donnent à une famille de passereaux dont le bec a la forme conique.
- CONJECTURE, s. f. du latin conjectura, formé de conjicio, lancer, exposer, augurer, interpréter.
- ( Didact. ) Jugement fondé sur des probabilités , des preuves qui n’ont qu’un certain degré de vraisemblance. La médecine , la pfij sique, Part de vérifier les écritures , etc. sont des sciences conjecturales.
- CONJONCTION, s. f. du l»f-
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- Mfijunclio , formé de conjungo, joindre ensemble, mettre sous le même joug : union.
- ( Grammaire) Il se dit des particules qui lient les parties d’un discours. La conjonction est la huitième en ordre des parties de l’orai-soii- Et, car , mais sont des conjonctions grammaticales.
- ( Aslron. ) On appelle conjonction la rencontre apparente de deux astres ou de deux planètes au même point du ciel , ou pliîtôt au même signe du zodiaque : pour que deux astres soient censés en conjonction, il faut qu’ils aient la même longitude.
- Les astronomes se servent assez généralement du mot de conjonction pour exprimer la situation de deux astres dont les centres se trouvent., avec le centre de la terre , dans un même plan perpendiculaire avec le plan de l’écliptique.
- Les observations des planètes dans leurs conjonctions sont très-importantes pour l’astronomie : ce sont autant d’époques qui servent à déterminer les mouvemens des corps célestes, les routes qu’ils tiennent et la durée de leur cours, l.es conjonctions de Vénus sont les plus importantes.
- Les planètes inférieures^ savoir, Vénus et Mercure , ont deux sortes de conjonctions : l’une arrive lorsque la planète se trouve entre le soleil et la terre , et par conséquent plus près de la terre : oa la nomme conjonction inférieure; l’autre arrive quand la planète est le plus éloignée de la terre qu’il est possible , c’est-à-dire que le soleil se. trouve entre la planète et la terre : on l’appelle conjonc -ti-on supérieure. La lune se trouve eu conjonction avec le soleil* tous •es mois. On appelle ces conjonctions et ces oppositions du nom général de Z1ZIGIES. V. ce mot. U n’y a jamais d’éclipse de soleil que lorsque sa conjonction avec la june se fait proche les nœuds de
- écliptique, ou dans ces nœuds Renies. Le retour des planètes à
- et?rs conjonctions s’appelle résolution synodique.
- C 0 V Bji
- CONJONCTIVE, s. f même origine que CONJONCTION.
- ( Anat. ) Tunique extérieure de l’œil v qu’on appelle aussi ALBU-GINEL. V. çe mot. Elle. couvre tout le globe Ue l’œil, excepté la partie antérieure qu’on appelle la cornée ; elle èst ainsi nommée t parce qu’elle renferme toutes les autres, ou parce qu’elle attache l’œil dans L'orbite : elle est d’une sensibilité exquise , et elle abonde en veines et en artères , qu’on aperçoit aisément dans l’inflammation des yeux.
- CONJUGAISON , s. f. du latin conjugo, mettre sous le même joug,
- ( Grammaire ) Distribution, par ordre , de toutes les parties des verbes, ou arrangement suivi de toutes leurs terminaisons, selon les voix , les modes , les tems , les nombres et les personnes, c’est-à-dire , selon que le verbe , par ses terminaisons,estdéclaré être à l’actif ou au passif, à l’indicatif ou à l’impératif, au subjonctif ou à l’infinitif, etc.
- ( Anat. ) Ce mot se dit aussi de certains nerfs qui ont la même origine et qui concourent ensemble.
- (Botan.) Feuille conjuguée ; c’est celle, qui est composée de deux folioles fixées au sommet d’un pétiole commun, comme dans le courbaril, ou sur deux points opposés de ce même pétiole , comme dans la gesse odorante.
- (Mat Itéra.) Diamètres conjugués ; ceux qui dans les sections coniques sont réciproquement parallèles à leurs tangentes au sommet.
- Axe conjugué > le plus petit des diamètres , ou le plus petit axe d’une ellipse.
- Ovale conjugué c’est , dans la haute géométrie, une ovale qui appartient à une courbe , et qui se trouve placée sur le plan de cette courbe, de manière qu’elle est comme isolée et séparée des autres branches ou portions de la courbe.
- Hyperboles conjuguées ; on appelle ainsi deux hyperboles opposées que l’on décrit dans l’angle vide des asymptotes des hyperboles opposées, et qui ont les mêmes A a a
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- asymptotes e+ le même axe que ces hyperboles, avec cette seule différence que l’axe transverse des opposées est le second axe des conjuguées, et réciproquement.
- CONJURATION , s. f. du latin conjuratio, formé de con et de juro , jurer ensemble.
- ( Hist. anc. ) Ce mot signifioit, parmi les anciens Romains , une cérémonie qui se pratiquoit dans les grands dangers de la république.
- Ue peuple, assemblé au capitole, juroit de défendre la république , et marchoit sous les ordres du général.
- ( Hist. eccl. ) Conjuration signifie aussi exorcisme. Lorsqu’il s’agis-soit de chasser un démon du corps d’un possédé , ce qui s’appeloit exorciser, le prêtre n’en venoit à bout qu’après plusieurs conjurations.
- On faisoit encore des conjurations toutes les fois qu’il falloit renouveler l’eau bénite.
- ( Nécromancie) Conjuration s’est dit ensuite des paroles , caractères ou cérémonies magiques , par lesquelles les magiciensprétendoient évoquer ou chasser les esprits malins , et détourner les choses nuisibles,
- ( Polit. ) Ce mot, qui dans sa signification primitive nJétoit employé que dans un sens favorable , ne se prend plus qu’en mauvaise art, pour exprimer un complot e gens mal intentionnés contre le princerou contre l’État.
- CONNEES , adj. du latin con-natœ , formé de connato , nager ensemble , suivre le même dessein, cousir après le même obj>et.
- ( Bot an. ) Parties connées ; se dit des parties des plantes qui fout immédiatement corps entre elles.
- Feuilles connées, celles qui étant opposées et sessiles se réunissent par la base de leur disque , en contournant la tige : telles sont celles du chèvrefeuille.
- Hnthèies connées, celles qui sont réunies par leurs bords ou leurs côtés en une espèce de petit tube , telles que celles de presque toutes les plantes dites h fleur composée , ou faisant immédiatement
- CON
- corps entre elles de toute autre manière , comme dans Vif.
- CONNETABLE , s. m. corrup, tion de comestable , cornes stabuli.
- {Hist.) L’origine de ce mot vient de ce qu’autrefois cette charge à été exercée par le grand écuyer,qui étoit un des officiers de la couronne , ayant l’intendance des écuyers du roi. Cet officier fut ensuite établi chef de toute la gen-darmêrie et , sous Louis-le-Gros, on voit le connétable de Yerman-dois prendre le commandement des armées. On crut la dignité de connétable ensevelie avec le connétable de Saint-Paul, qui fut exécuté à mort en i4y5 ; mais François 1 la fit l’evivre en faveur de Charles de Bourbon. Enfin elle a été supprimée en 1627 , après la mort du connétable de Lesdiguières.
- La juridiction du connétable dans les contestations qni concernent le point d’honneur, a subsisté jusqu’à l’époque de la révolution : elle étoit exercée par les maréchaux de France , et présidée par leur doyen , qui , comme représentant du connétable , avoit une garde particulière, etc.
- Le titre de connétable a été rétabli en France par le même séna-tus-consulte qui a nommé Napoléon Bonaparte empereur de la République française.
- En Angleterre , le grand connétable étoit aussi un officier de la couronne , créé par Guillaume-le-Conquérant , et dont la dignité fut héréditaire jusque sous le règne de Henri VIII, qui la supprima, parce que sa puissance lui étoit devenue insupportable.
- C’est d’après ces connétables^ d’Angleterre , qui avaient été si puissans , que furent créés , sous Edouard I , des connétables d’uu rang très-inférieur , qui sont encore aujourd’hui distribués dans les villes qui ont droit de corporation , et qui dans chaque hundred ( division territoriale composée de cent familles),sont chargés d’y maintenir la paix et la tranquillité. Ou les appelle grands connétables pour les distinguer d’autres connétables subalternes que l’accroissement dépopulation et la corrup-
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- CON
- fion des mœurs ont excessivement multipliés, et que l’on apelle vulgairement petits connétables.
- Il y a encore en Angleterre , ainsi qu’en Espagne et ailleurs, des connétables d’un rang plus élevé , mais dont le titre est toujours accompagné du nom de quelque lieu où ils exercent leur autorité. Tels sont en Angleterre le connétable de la tour de Londres, le connétable du château de Douvres , etc. et en Espagne le connétable de, Castille, le connétable de Navarre.
- CONNIVENCE , s. f. du latin conniventia, formé de con et de ni-veo ou nivo, qui signifie proprement cligner de l’œil, et , figuré-ment , dissimuler , être de connivence avec quelqu’un.
- ( Pratique ) C’est la dissimulation d’un mal qu’on peut et qu’on doit empêcher. La connivence des magistrats est un crime.
- ( Bolan. ) De connivence les botanistes ont fait connivent , pour désigner quelques parties des plantes , comme "le calice, etc., dont les divisions sont rapprochées par leurs sommets ou en totalité ; ou«qui tendent manifestement à ce rapprochement , soit par incourbure, soit par inflexion ; ou enfin quand le bord indivis du limbe est contracté d’une manière remarquable.
- ( Physiol. ) Valvules conni-ventes : ce sont des plis en forme de cellules qui s’observent sur les parois internes du canal intestinal.
- CONNOISSANCE, s. f. du latin cognitio, formé de cognosco, composé de con et de gnosco, ou noscq, savoir, entendre, discerner plusieurs choses : idée , notion qu’on a de quelque chose , de quelque personne.
- ( Philos. ) Les connaissances en matière de philosophie, ét sur-tout d’algèbre , ne s’acquièrent que par trois voies , l’une qu’on appelle synthétique lorsque d’une chose connue on descend à une moins connue dont on tire une conséquence ; la seconde , analytique lorsque de la conclusion on remonte aux principes sur lesquels elle est fondée; la troisième s’appelle d’tn-
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- quisition lorsque , sans avoir proposé aucune conséquence à démontrer , on examine avec attention les principes, et on regarde avec attention quelle conséquence on en peut tirer.
- ( Pratique ) Connoissance signifie aussi jurisdiction , droit qu’on a de juger quelque chose.
- Connoissance chamelle ; la cou-jonction de l’homme et de la femme, de la connoissance charnelle provient l’affinité charnelle , qui est une proximité sans aucune parenté naturelle.
- (Vénerie) Connaissances, en termes de chasse , se dit de certaines marques imprimées par le pied du eerf, et auxquelles on re-connoît son âge et sa grosseur. On dit qu’un cerf a une connaissance quand il se peut faire distinguer des autres par quelques marques.
- ( Art. milit. ) Connoissance du pays ; une des grandes atteutions d’un général d’armée est de con-noître le local du pays où il va faire la guerre. Il a recours à des cartes topographiques, mais qui ne sont pastoujours exactes,à moins qu’elles n’aient été levées nouvellement et par des ingénieurs du pays. Voy. CARTES MILITAIRES.
- ( Marine ) Connoissance des cotes ; ce sont des descriptions des côtes , selon la situation de leur terrein , selon la couleur des terres, selon leur figure et la, nature du fonds de chaque parage, à quoi l’on ajoute les vents et les courans qui y peuvent régner en certaines saisons , les poissons et les oiseaux qu’on y voit paroître-, enfin tous les indices qui peuvent donner connoissance au pilote du parage où il est arrivé.
- Avoir connoissance d’une terre, d’une île, d’un vaisseau, d’une escadre ; c’est les voir, les distinguer , les reconnoître avec certitude, du vaisseau où l,oAse trouve.
- ( Astronom. ) Connoissance des tems ; c’est le titre d’un ouvrage publié chaque année par l’académie des sciences et, depuis sa suppression , par le bureau des longitudes , et dont le but est d’annoncer, pour l’usage des astronomes et des nevi-
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- gateurs les mouvemens célestes:
- ( Peinture ) Connaissance , dans le langage des arts, se prend pour la faculté de s’y connoître. Il y a deux sortes de connaissances, l’une intellectuelle , et l’autre matérielle.
- La première sert à faire apper-cevoir si l’ouvrage est bon , et la seconde quel en est l’auteur.
- La connaissance intellectuelle s’acquiert en partie par l’étude de l’art ; la connaissance matérielle dépend d’une longue comparaison d’un grand nombre d’ouvrages de différens maîtres : celle-là appartient à l’homme instruit, et celle-ci est particulièrement recherchée par les marchands de tableaux. Ce n’est pas de juger le tableau lui-même que ceux-ci se piquent, c’est d’y attacher le nom d’un artiste ; aussi s’appliquent-ils à savoir distinguer la manière générale qui caractérise chaque école , et la manière particulière qui caractérise chaque maître.
- CONNOISSEMENT , s. m. de connoître. V. CONNOISSANCE.
- ( Commerce maritime ) C’est une espèce d’acte ou de reconnoissance sous signature privée, que le maître ou capitaine d’un navire donne à an marchand , des marchandises et effets qu’il a fait charger dans son bord, avec soumission de les porter au lieu de leur destination, moyennant un certain prix.
- Le connaissement ne se fait que pour une partie de la marchandise chargée dans un navire ; car lorsqu’un négociant charge tout le bâtiment pour son compte personnel, on appelle, dans ce cas, charte-partie l’acte qui se fait entre lui et le propriétaire du bâtiment. Voy. CHARTE-PARTIE.
- CONOIDE, s. m. du grec Kœvoj ( konos ) cône, et de uS'aç ( eidas ), forme, ressemblance : qui a la figure d’un cône.
- ( Géom. ) Corps solide formé par la révolution d’une courbe quelconque autour de son axe ; on donne encore ce nom à d’autres solides qui , au lieu d’être composés, comme celui-ci , de tranches circulaires , perpendiculaires à l’axe, sont composés d’autres espèces de tranches.
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- Le cono'ide prend le nom de là courbe qui l’a produit par sa révolution. Un cono'ide parabolique, qu’on appelle aussi un parabolôidê, est le solide produit par la révolution de la parabole autour de son axe, etc.
- ( Physiol. ) On appelle cono’ide , une glande qui a la forme d’une pomme de pin , et qui se trouve vers le troisième ventricule du cerveau , autrement la glande pinéule du cerveau.
- CONQUASSATION , s. f. du lat. conquasso , agiter , ébranler.
- ( Pharmacie ) L’action de réduire en pulpe par le broiement.
- CONQUE, s. f. du grec ( kogchê ) , dont les Latins ont fait concha.
- ( Conchyliologie ) Les anciens naturalistes donnent ce nom aux coquilles bivalves.
- La conque de Vénus étoit ainsi appelée à cause de sa ressemblance avec la nature d’une femme
- ( Anat. et acoustique ) Conque se dit de la cavité de l’oreille externe, qui se trouve placée entre les deux éminences formées par le cartilage de l’aile de l’oreille; le fond de cette cavité,répoud à la partie antérieure du conduit auditif. Sa figure ,qui ressemble à-peu-près à un entonnoir , favorise l’entrée d’une plus grande quantité de rayons sonores , ou de parties d’air mises en vibration par les corps sonores , et est propre à les transmettre ensuite au conduit auditif; et sa composition cartilagineuse fait que ces vibrations de l’air sont maintenues dans toute leur force.
- On appelle aussi conques supérieures et inférieures des narines la partie inférieure de chaque portion latérale de l’os ethomoïde.
- ( Sculpture, Archit. ) Conque est encore un ouvrage de sculpture, de marbre ou autre matière , eu forme de grande coquille.
- CONQUÊTS, s. m. de l’ancien mot français conquester, formé du latin barbare conquœstare, acquérir , conquérir.
- ( Pratique ) Ce sont les biens acquis par le mari et la femme pendant la communauté.
- CONSANGUIN , adj. du latte
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- con
- çonsanguineus , d’un même sang.
- ( Pratique ) Les frères consanguins sont ceux nés d’un même père; les frères utérins, au con-tn ire, sont ceux issus d’une même mère. Lorsqu’ils sont tous procréés d’un même père et d’une même mère, on les appelle frères germains,
- CONSCRIT, s. m. du latin cons-criptus, formé de con et de scrip-tus , inscrit avec , au nombre de.
- ( Hist. rom. ) Pères conscrits ; On appeloit ainsi les sénateurs romains dont les noms étoient inscrits dans le registre ou catalogue des sénateurs. Ce nom fut d’abord appliqué à ceux qui étoient ajoutés aux anciens , et que l’on créoit nouvellement ; mais ensuite tous les sénateurs furent appelés indistinctement pères conscrits.
- ( Rép. fr. ) On appelle ainsi celui qui est sujet à la conscription militaire-
- CONSÉCRATION , du lat. con-secratio , formé de con et de sacro, dévouer à. . , .
- ( Hist. rom. ) Consécration d’un pontife romain ; on le faisoit descendre dans une fosse avec ses habits pontificaux, puis on côuvroitla fosse d’une planche percée de plusieurs trous : alors le victimaire et les autres ministres servant aux sacrifices amenoient sur la planche on taureau orné de guirlandes de fleurs, et lui enfonçoient le couteau dans la gorgé. Le sang qui en découlait tomboit par les trous de la planche sur le pontife , qui s’en frottoit les yeux, le nez, les oreilles et la langue. Après cette cérémonie , on le tiroit de la fosse tout couvert de sang. On le saluoit par ces paroles : Salve pontifex , et après lui avoir fait changer d’habits , on le conduisoit chez lui , où il y avoit un magnifique repas.
- Le mot consécration servit ensuite à exprimer la cérémonie de l’apothéose des empereurs et des impératrices. V. APOTHÉOSE.
- (Numismatique) Les médaillistes appellent consécration l’apothéose o un empereur exprimée sur une médaille : d’un côté est la tète de l’empereur , couronnée de lauriers et souvent voilée, etdans l’ins-
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- cription on lui donne le titre de Divin. Au revers , il y a un temple , ou un autel, ou un bûcher , ou un aigle sur un globe , et qui prend son essor pour s’élever au ciel. D’autre fois l’empereur paroît dans les airs porté par un aigle qui l’enlève au ciel , et pour inscription : toujours , consecratio. Au lieu d’un aigle , les impératrices ont un paon.
- ( Culte cathol. ) La consécration est l’action par laquelle le prêtre qui célèbre la messe consacre le pain et le vin.
- L’opinion la plus commune et la plus reçue dans l’église latine est que la consécration du pain et du vin consiste en ces mots : ceci
- EST MON 'CORPS, CECI EST MON
- sang. L’Église grecque , au contraire , attribue le changement du pain et du vin au corps et au sang de notre Seigneur , à une certaine prière qu’ils appellent VInvocation du St.-Esprit. Dans cette prière, qui se fait immédiatement après les paroles CECI EST MON CORPS, CECI est 3tom sang , le prêtre demande à Dieu qu’il envoie son St.-Esprit sur le pain et le vin , et que par sa présence il les sanctifie , et les change en corps et en sang de Jésus-Christ.
- Consécration se dit aussi de l’im-
- fiosition des mains de l’évêque , de a dédicace d’une église , etc.
- CONSEIL , s. m. du latin consi-lium , formé de consulo , composé de con et de salio , saillir ensemble , de plusieurs avis en former un seul. ,
- [Econom.polit.) Conseil d’Etat ; C’est, en France , un corps politique chargé , sous la direction de l’empereur,de rédiger les projets de loi et d’administration publique, et de résoudre les difficultés qui s’élèvent en matière d’administration.
- Conseil aulique ; ce tribunal n’a-voit d’abord été établi que pour juger les contestations qui s’éleve-roient entre les sujets de l’empereur d’Allemagne ; maintenant il exerce sa juridiction sur tous les sujets de l’Empire, et connoît de leurs différens.
- Conseil privé ; c’est en France et
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- Angleterre un conseil présidé par l’empereur ou par le roi , où se traitent les affaires d’Etat.
- ( Art milit. ) Conseil de guerre ; c’est l’assemblée des chefs d’une armée pour délibérer des affaires qui se présentent, selon les occasions , comme entreprise de sièges, retraites, batailles , etc.
- C’est aussi un tribunal militaire, composé d’officiers de tout grade , pour juger les délits contre la discipline militaire.
- ( Marine ) Conseil de guerre ; c'est, à la mer, l’assemblée des chefs d’une armée navale ou d’une escadre pour délibérer, dans les occasions importantes , d’un combat r d’une retraite , d’une relâche , etc.
- On dit proverbialement que les vents sont au conseil lorsqu’après un calme il paroit venir quelque souffle de vent, tantôt d’un côté, tantôt de l’autre , et qu’il n’est pas décidé à quelle aire de vent il se fixera.
- ( Pratique ) Conseil est l’avis qu’on donne sur une affaire. C’est encore le titre que prend un jurisconsulte lorsqu’il donne une consultation par écrit. Le conseil soussigné , etc.
- On appelle aussi conseil un avoué ou jurisconsulte chargé de diriger une personne dans ses affaires.
- CONSENTEMENT, s.in. du lat. consensus ou consentio, accord général , ce que les.Grecs appellent symphonie, acquiescement à quelque chose; acte p r lequel on agrée et l’on permet ce que les autres veulent.
- ( Pratique ) Le commencement de la volonté de parties sur un fait dont elles ont connoissance et qu’elles approuvent.
- ( Méd. ) Consentement des parties; ce mot s’entend d’une certaine relation , par le moyen de laquelle, lorsqu’une partie est immédiatement affectée , une autre, à une distance , se trouve affectée de la même sorte.
- Ce rapport ou ce consentement des parties est sans doute produit par la communication des nerfs , et par leur distribution et leurs ramifications admirables par tout le corps.
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- {Marine') Les marins se servent du motconsentir, dans le sens de céder obéir , lorsqu’ils parlent d’un mât’ d’une vergue , etc. qui a plié, cédé consenti à la violence du vent, etc. et qui reste forcé dans une mauvaise situation ; les fibres du bois étant cassées et dérangées, sans que la pièce soit toùt-à-fait rompue. Notre grand mât, notre grande vergue consentit. On remédie à cet accident par des jumelles, etc.; mais ce n’est qu’en attendant une relâche où l’on puisse changer la pièce.
- CONSEQUENT , adj. du latin consequens , formé de consequor, suivre, aller après.
- ( Arith. ) Le dernier des deux termes d’un rapport, ou celui auquel l’antécédent est comparé.
- ( Logique ) La seconde partie d’ua argument appelée enthymême, dont la prèmière est Vantécédent.
- CONSEQUENCE ou CONSE-QUENTIA, s. f. mot en usage dans l’astronomie, et qui a la même origine que CONSEQUENT.
- ( Astron. ) On dit qu’une étoile, une planète, une comète située en quelque point du ciel , se meut ou paroit se mouvoir en conséquence ou in consequentiâ, lorsqu’elle se meut ou paroit se mouvoir d’occident en orient, suivant l’ordre des signes du zodiaque.
- Il est opposé à ANTECEDENCE. V. ce mot.
- CONSERVATEUR, s. m. du latin conservator, formé de con-servo , défendre , garantir , conserver.
- ( Econ. polit. ) On nommoit autrefois des conservateurs des traités de paix qui se faisoient entre des princes, et ces conservateurs étoient ordinairement choisis parmi les feudataires et les propres sujets de ces princes , qui s’enga-geoient souvent à se déclarer contre eux , dans le cas où ils romproient le traité. Aujourd’hui on s'adresse pour cela à des princes étrangers.
- {Pratique)On appeloit en France, sous la monarchie , juges conservateurs ,des magistrats chargés, de conserver les privilèges accordes a certains corps , ou de juger leurs contestations. Telsétoientles juges conservateurs des universités.
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- Conservateur des hypothèques ; c’est une personne commise pour recevoir les inscriptions aux hypothèques , c’est-à-dire , l’expédition authentique de i’acte qui donne naissance aux privilèges ou à l’hypothèque. Voy. HYPOTHEQUE , INSCRIPTION.
- ( Rép.fr. ) Sénat conservateur ; c’est un corps politique dont les membres sont inamovibles et à vie, chargés du maintien de la constitution., de l’élection des législateurs , des tribuns , des sénateurs , des juges de cassation , et de faire des lois-organiques de la constitution , sous la dénomination de sé-natus-consultes.
- CONSERVATION, s. f. du lat. conserva , garantir , conserver.
- ( Commerce ) C’étoit, armant la révolution , le titre d’un tribunal célèbre, établi dans la ville de Lyon pour la conservation des privilèges des foires de cette ville , et généralement tout ce qui con-cernoit le commerce qui s’y fai-soit. La conservation de Lyon a été remplacée par un tribunal de commerce tel qu’il en existe dans toutes les autres villes de la République qui en ont été jugées susceptibles.
- ( Agnc. ) Greniers de conservation. On donne ce nom à des greniers qu’on a établis dans divers pays, dans lesquels on renferme une grande quantité de froment ; on empêche qu’il n’y fermente , qu’il ne s’y échauffe et qu’il, n’y contracte un mauvais goût. On l’y garantit de la rapine des rats , des souris , des oiseaux , sans l’exposer a être endommagé parles chats; °n les préserve des mites , des teignes, des charansons , et de toute espèce d’insecte ; enfin on l’y conserve aussi long-tems qu’on veut, sans presque aucuns frais , et sans embarras de la part des cultivateurs.
- CONSERVE , s. f. même origine que CONSERVATEUR.
- [Confiseur) Confitures sèches qu se font de plusieurs pâtes ou fruits eu fleurs ou racines , qu’on mêle °'ec du sucre pour les rendre plus agréables au goût.
- ( Pharmacie ) Les pharmacien,
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- font les conserves de la même manière que les confiseurs , mais dans l’intention de conserver la vertu des plantes, fruits, fleurs, etc. Telle est la conserve de longue vie.
- ( Optique ) On appelle conserves des verres plans, un peu colorés en vert, et disposés en forme de lunettes. Ces verres ne sont point destinés à grossir les objets , mais seulement à affoiblir la lumière , dont la trop grande énergie pour-roit blesser des yeux sensibles.C’est de cette propriété que leur est venu le nom de conserves; mais les lunetiers donnent également ce nom aux lunettes qui sont moins convexes que les autres.
- ( Marine ) Ce mot se dit par extension , en termes de marine, d’un navire qui navigue de compagnie^ avec un ou plusieurs autres : JStous allions de conserve avec la fréga te VAurore ; nous perdîmes de vue noire conserve dans une brume.
- Conserver un vaisseau ou une escadre ; c’est les garder à vue , pour les mieux reconnoître ou pour observer leurs mouvemens.
- Conserver deux marques ou deux amayes ; c’est lorsqu’en entrant dans une rade ou un port, un vaisseau se trouve dans la même ligne avec deux objets remarquables à terre , appelés marques ou amayes, faire toujours la même route , dans la même direction , de manière à continuer de réunir ces deux objets sur la même ligne visuelle.
- CONSIDENCE , s. f. formé du latin con et sedeo , se reposer, s’affaisser ensemble.
- ( Didact. ) Affaissement, abaissement des choses appuyées les unes sur les autres. Lorsque les parties de l’eau qui sont élevées par les vagues s’abaissent à leur niveau , on dit que cela se fait par considence.
- CONSIGNATION , s. f. du lat. consignare , cacheter.
- ( Pratique ) Dépôt juridique de quelque argent ou d’autre chose en main tierce. L’origine de ce mot vient de ce qu’anciennement on ne donnoit pas par compte l’argent qu’on déposoit, mais dans
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- des sacs oùl’on apposoit son cachet.
- Cet usage n’a pas été reçu , mais
- on n’en a pas moins continué à
- appeler consignation tout dépôt
- juridique.
- La consignation se fait pour se libérer envers celui auquel les deniers sont dus, soit parce qu’il ne veut pas les recevoir , soit parce qu’il n’offre pas de remplir les conditions nécessaires.
- L’effet de la consignation est de libérer le débiteur , et de faire cesser le cours des intérêts ; mais il faut qu’elle ait été précédée d’offres réelles,- qu’elle ait été ordonnée en justice, et qu’elle soit réellemejnt effectuée.
- Consignation d’amende ; c’est le dépôt de l’amende qui peut être encourue , par l’événement d’une contestation, en cas d’appel , etc.
- CONSIGNE , s. f. même origine que CONSIGNATION.
- ( Art milit. ) Ordre verbal ou par écrit , déposé, confié , consigné à un commandant de poste , à une sentinelle , et que celle-ci transmet mot à mot au soldat qui la relève.
- Il se dit encore, dans les places de guerre, d’un homme qui se tient aux portes et qui tient un registre exact des étrangers qui entrent dans la ville.
- CONSISTANCE, s. f, du latin consisto , soutenir , résister , être ferme. ,
- ( Physique ) Etat d’un corps dont les parties ont entre elles une certaine adhérence qui fait qu’elles résistent plus ou moins à la séparation les unes des autres. Plus la consistance d’un corps est grande , et plus il y a de difficultés à en séparer les parties. Boyle appelle corps de consistance ce que l’on entend ordinairement par corps fixes et solides, par opposition aux corps fluides.
- ( Jardin. ) Les jardiniers se servent aussi de ce mot pour désigner l’âge au-delà duquel les arbres ne croissent plus , et où néanmoins ils ne commencent pas encore à décliner.
- CONSISTOIRE, s. m. du lat.
- CON
- consistorium, locus uhi consistitur lieu où l’on s’assemble. ’
- ( Hisi. des Emp. ) Ce mot se disoit autrefois du conseil des empereurs, et on le dit encore en parlant de ce tems-là. Constantin lit venir le donatiste Cécilien et ses accusateurs dans son consistoire.
- ( Hist. eccl. ) Il s’est dit depuis du lieu où les évêques et les prêtres s’assembloient pour délibérer sur les affaires importantes.
- ( Chancell. rom. ) Enfin, on l’a appliqué au conseil du pape, ou à l’assemblée des cardinaux convoqués par le pape.
- On distingue le consistoire public et le consistoire secret. Le premier se tient dans la grande salle du palais apostolique. Le pape préside sur un trône fort élevé , couvert d’écarlate et sur un siège de drap d’or. Il a à droite les cardinaux et les prêtres , et à gauche les cardinaux-diacres. Les ambassadeurs des rois sont au côté droit du pape ; les protonotaires , et les autres officiers sont sur les degrés du trône ; les courtisans sont assis à terre.
- Le consistoire secret se tient en une chambre plus secrète , qu’on appelle la chambre des papes-gays, où le pape , pour tout trône, n’a qu’un siège élevé de deux degrés. Il n’y entre que deux cardinaux, dont le papeTecueilleles opinions: en ce sens , on dit que le pape a tenu consistoire.
- ( Droit rom. ) Dans le droit romain , consistoire s’entend du lieu où l’on traite des affaires publiques , ou du lieu où l’on rend lu justice.
- (Relig. réform.) Parmi les protes-tans , consistoire se prend pour un conseil ou une assemblée composte des ministres et des anciens de leur culte pour régler leurs affaires, leur police et leur discipline.
- CONSOLE, s. f. du latin conso-lidare, affermir , soutenir, consolider.
- ( Arc-hit. ) Pièce en saillie «flji sert à soutenir quelque buste, quelque vase, ou qui sert de clef à une arcade. A
- CONSOLIDATION, s. f.
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- con
- orig»ne ffue CONSOLE : action par laquelle une chose est consôlidée.
- ( Pratique ) On dit, en termes de pratique, la consolidation de l’usufruit à la propriété , pour la réunion de l’usufruit à la propriété.
- { Chirurgie ) Consolidation se dit de la réunion des lèvres d’une plaie quand elle commence à se cica-triser. ...
- ( Jardin. ) Les jardiniers s’en servent dans le même sens pour exprimer la guérison des plaies des arbres.
- CONSOMPTIE, dulat.consumo, consumer , user , détruire.
- ( Méd. ) Epithète que les médecins donnent aux remèdes qui ont la vertu de consumer les chairs : les pierres à cautère , l’eau phagédéni-que sont des remèdes consomptifs.
- CONSOMPTION, s. f. même origine que CONSOMPTIF.
- ( Méd. ) La consomption est une maladie de langueur fort commune en Angleterre, et qui est la même quelaPHTHISÏE, l’HECTISIE. V. ces mots.
- CONSONNANCE, du latin con-sonantia , formé de con et de so-nus, un même son.
- ( Grammaire ) Consonnance se dit des cadences semblables , de la ressemblance des sons , des mots dans la même phrase. V~. ASSON-NANCE.
- ( Musique ) La consonnance, en musique , est en général l’effet de deux ou plusieurs sons entendus à la fois; mais on restreint communément la signification de ce terme, aux intervalles formés par deux s°ns dont l’accord plaît à l’oreille.
- Le cette infinité d’intervalles qui Peuvent diviser les sons , il n’y en a qu’un très-petit nombre qui fas-Sent des consonnances : tous les aubes choquent l’oreille, et sont ap-Pe‘és pour cela dissonnances.
- Cn distingue les consonnances fnpurfaites ou justes, dont l’inter-valle ne varie point, et en imparfaites , qui peuvent être ma-)eures ou mineures.
- bes consonnances se divisent en-c°re en simples et composées.
- Ce caractère physique des con-°nnances se tire de leur produc-°a dans un même son, ou du
- CON oj(j
- frémissement des cordes. De deux cordes bien d’accord formant ensemble un intervalle d’octave, si l’on fait sonner la plus grave , l’autre frémit et résonne.
- CONSPIRANT, TE, adj. du latin conspiro , formé de cnn et de spiro , souffler , désirer ensemble.
- ( Mécan. ) Puissances conspi -rantes : ce sont celles qui n’agissent pas dans des directions opposées ; les puissances sont d’autant plus cons~ pirantes que leurs directions sont moins opposées, et l’on peut même dire qu’à proprement parler il n’y a de puissances véritablement conspirantes cpie celles qui agissent suivant la même direction.
- CONSTANTE , adj. du latin consto , formé de con et de sto , être debout avec un autre, être ensemble , être évident, certain , durable.
- ( Géom. ) Quantité constante c’est une quantité qui ne varie point par rapport à d’autres quantités variables. Ainsi , le paramètre d’une parabole, le diamètre d’un cercle , ( sont des quantités constantes , par rapport aux abscisses et ordonnées qui peuvent varier tant qu’on veut. En algèbre, on marque ordinairement les quantités constantes par les premières lettres de l’alphabet, et les variables par les dernières.
- CONSTELLATION , s.f. du lat. constellatio , assemblage , amas de plusieurs étoiles.
- L’assemblage de plusieurs étoiles exprimées et représentées sous le nom et la figure d’un homme , d’un animal , ou de quelque autre chose. On l’appelle aussi un astérisme.
- ( Mstron. ) La division des cieux en constellations est fort ancienne, an moins a-t-elle été connue des plus anciens auteurs qui ont écrit sur l’astronomie.
- Les douze constellations du zodiaque ont toujours occupé spécialement les observateurs. Ainsi, le ciel étoilé a trois parties principales : celle , du milieu appelée zodiaque , renferme toutes les étoiles qui se trouvent dans les environs de la route des planètes ,
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- pendant leur révolution , et le zodiaque s’étend de plus jusqu’à 8 ou 9 degrés , au-delà desquelles les planètes ne sauroient s’écarter de l’écliptique. Cette zone , ou bande du zodiaque , séparé les constellations de la partie boréale qui est au nord du zodiaque, de celles de la partie australe qui est au midi.
- Ptolémée, qui est le premier qui ait dressé un catalogue d’étoiles , eu forma 48 constellations , dont iTautour de l’écliptique , 21 dans la partie septentrionale du ciel , et i5 dans la partie méridionale.
- A ces 21 constellations , Tjcho-Brahé en a ajouté deux autres; savoir , la chevelure de- Bérénice et Antinous.
- Les voyages que les astronomes modernes ont fait vers l’hémis-
- fibère méridional leur ont donné ieu d’en observer les étoiles , et d’en former de nouvelles constellations. Jearl Boyer en a ajouté 12 autres , et l’abbé de la Caille i4. Le premier a rendu un grand service à l’astronomie, en publiant des cartes célestes , dans lesquelles les étoiles de chaque constellation sont désignées chacune par une lettre de l’alphabet grec ou latin ; ce qui a été reçu de tous les astronomes qui l’ont suivi , et particulièrement par les Anglais, dans le grand Atlas de Flamsted et dans le planisphère anglais , dont on se sert journellement.
- CONSTIPATION’, s. f. du latin constipo , formé de con et de stipo, remplir , boucher , serrer ensemble , entasser.
- ( Méd. ) Rétention des matières fécales dans les intestins , au-delà du terme où la nature a coutume de s’en débarrasser.
- CONSTITUANT , partie, du lat. eonstituens , formé de constituo , composé de con et de statuo, statuer , établir avec.
- ( Pratique ) Ce mot se dit de ïa personne ou de la chose qui constitue pouvoir constituant , et dans les actes où l’on constitue un procurateur ,* on dit le constituant a donné à N. pouvoir de poursuivre , etc.
- ( Physique ) 11 se dit, en pby-
- CON
- si que, des corps , de ce qui corts-titue /es parties constituantes d’un corps. La dissolution des parties constituantes de l’acide nitreux
- CONSTITUT, s. m. même origine que CONSTITUANT.
- ( Pratique ) Clause par laquelle celui qui possède un bien meuble ou immeuble recannoît que c’est sans aucun droit de propriété , et ue la jouissance ne lui en a été onnée ou laissée qu’à titre de constitut.
- Les effets de cette clause sont, l.° de conserver au donateur ou au vendeur l’usufruit de la chose donnée ou vendue ; 2.0 de transférer en la personne du donataire on de l’acquéreur une possession feinte et civile, qui est équipol-lente à une possession réelle et actuelle.
- CONSTITUTION, s. f. même origine que CONSTITUANT.
- ( Pratique ) C’est en général l’établissement de quelque chose.
- Constitution de dot ; c’est l’aete ou la clause d’un acte qui établit ce que le^futUrs époux apportent en dot. *
- ( Polit. ) Constitution se dit aussi du corps de lois fondamentales qui constituent le gouvernement d’un peuple la constitution germanique y la constitution de h République française ; la constitution de C Angleterre ; la constitution des États-Unis de VAmérique.
- ( Méd. ) On dit qu’un homme est de bonne constitution lorsqu’il est bien,composé, qu’il ed sain et robuste , qu’il endure * froid , le chaud , la fatigue, saDi être incommodé.
- CONSTRICTEUR, s. m. du W constringo , composé de con e de stringo , serrer avec. . .
- ( Physiol- ) Ce mot se dit de différens muscles qui rétrécisse-1 certaines parties. Les muscles con* tricteurs de l’isthme du gosie* ' sont les glosso-staphylins.
- Les muscles grand et petit cons tricteurs du larynx.
- Le muscle constricteur des PaU” pières , appelés 1 ’orbieulaire, e
- CONSTRUCTION , s. f. du !atlj constructio f composé de con
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- CON
- ge struo, élever, composer avec.
- ( Géom. ) Ce mot exprime en géométrie les opérations qu’il faut faire pour exécuter la solution d’an problème. Il se dit aussi des lignes qu’on tire , soit pour parvenir à la solution du problème , soit pour démontrer quelque proposition.
- La construction d’une équation est la méthode d’en trouver les racines par des opérations faites avec la règle et le compas , ou en général par la description de quelque courbe. Voy. ÉQUATION, RACINE.
- ( Archit. ) Construction se dit de l’action par laquelle on construit, et de la manière de bâtir.
- ( Murine ) Construction signifie principalement l'art de construire les vaisseaux et autres bâtimens destinés à naviguer sur mer ; mais on l’étend à Faction de construire des vaisseaux , à la manière de les construire , et à leur forme. Dans le premier sens, on dit que la construction est un art très-compliqué; dans le second, qiFun tel homme travaille à la construction de VAïeule ; dans le troisième, que la construction française est fort estimée; que la construction d’un che-bec diffère de celle des frégates ; que la construction de tel ingénieur est excellente; que la construction d’un tel vaisseau est défectueuse.
- (Diction ) Construction s’entend de l'arrangement des mots dans le discours. On distingue deux sortes de constructions : la construction tunple, primitive, naturelle ou grammaticale , et la construction figurée ou oratoire et poétique. CONSUBSTANTIEL , adj. du
- htin consubstcmtia, composé de c°n et de substantia, une même *ubstance : identité de substance.
- ( Théol. ) Ce terme a été choisi adopté par les pères du concile e Nicée pour faire entendre que ^personnes de la Trinité n’ont I11 une seule et même nature,,pour *xPrimer la doctrine de l’Église plus de précision , et pour rv'ir de barrière et de précaution °ntre les erreurs et contre les sur-PLses des Ariens.
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- CONSUL , s. m. du latin consul, formé de consulo , dans le sens de prendre soin , veiller.
- ( Hist. rom. ) L’un des magistrats qui avoit la principale autorité dans Rome. Les Romains, depuis l’expulsion de Tarquin, le dernier de leurs rois, qui arriva l’an 245 de la fondation de Rome , furent gouvernés par des consuls.
- Il y eut encore des consuls du tems des empereurs , mais ce r.’é-toit plus, sous eux, qu’un titre honorable, qui s’éteignit entièrement sous Justinien, en l’année 54i de l’ère chrétienne.
- ( Hist. de lJEmp, d’Or ) Les empereurs d’Orient prirent, pendant quelque tems , le titre de Consuls perpétuels, mais ce titre ayant été adopté par les empereurs français , ceux d’Italie et les Sarrasins qui commandèrent en Espagne , ils l’abandonnèrent comme une chose qui était devenue trop commune
- ( Hist. du moyen âge ) Consul s’est dit aussi , dans le moyen âge , pour comte, et proconsul ou vice-consul pour vicomte , et dans la suite , pour les principaux officiers d’un bourg ou d’une petite ville.
- ( Hist. mod. ) En l’année i563 Charles IX établit une juridiction consulaire à Paris, pour juger sommairement les différens qui surviennent entre marchands ; les années suivantes , il en établit de pareilles dans les principales villes du royaume. Les tribunaux des consuls ont été remplacés à l’époque de la révolution par des tribunaux de commerce.
- ( Commerce ) On a appelé aussi consuls français dans les pays étrangers, des officiers établis en vertu de commissions ou de lettres de provisions dans les pays étrangers où la nation française fait commerce. Leur fonction est de maintenir les privilègesde la nation française , d’avoir inspection et juridiction sur les individus de la nation française , et de connoître principalement du commerce et des affaires des négocians français.
- A l’époque où le titre de Consul fut donné , par la constitution de l’an 8 , aux premiers magistrat: ^e la République française, ces offi-
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- ciers ont été appelés commissaires des relations commerciales dans les pays étrangers.
- La plupart des autres puissances ont aussi des Consuls à-peu-près dans les mêmes lieux et avec les mêmes fonctions, mais dont le titre a été changé au moins par plusieurs d’entre elles en celui de commissaires ou agens commerciaux , par considération pour le premier Consul de la République française.
- ( Jiépubl. franç. ) Par la Constitution de l’an 8, on appela’consuls les trois magistrats auxquels fut confié le Gouvernement de la République française.
- Premier Consul, second Consul, troisième Consul. Ce premier Consul avoit des fonctions et des attributions particulières. Le second et le troisième Consuls avoient voix consultative dans les actes du Gouvernement qui ne faisoient pas partie des fonctions et des attributions du premier Consul.
- Cet ordre de choses a été changé par le sénatus-consulte du 28 prairial. Ce premier Consul a reçu le titre d’EMPEREUR V. ce mot.
- CONSULAIRE, adj. de CONSUL.
- ( Hïst. rom. ) Qui appartient à la charge de consul. Il se disoit aussi de celui qui avoit été Consul, et l’on appeloit province consulaire , une province gouvernée par un homme consulaire ; famille consulaire, celle où il y avoit eu un Consul âge consulaire celui où l’on pouvoit parvenir au consulat
- ( Numismatique ) Médailles consulaires ; on n’entend point par ce mot des médailles frappées par ordre des Consuls dans le tems où ils gouvernèrent Rome, puisqu’il est certain que l’on n’a frappé des monnoies d’argent, et par conséquent des médailles à Rome que sur la fin du cinquième siècle de sa fondation.
- Presque toutes les médailles dites consulaires ont été frappées vers le tems de Marius , de Sylla, de Jules-César, et sur-tout du triumvirat , par les monétaires romains , qui commencèrent vers cette époque à rappeler sur les monnaies les actions mémorables
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- de leurs ancêtres , qui pou voient donner un nouveau lustre à leurs familles. Comme les victoires, cor,, quêtes, triomphes, sacerdoces, consulats , dictatures , etc. , les médailles consulaires sont ainsi appelées pour les distinguer des médailles impériales.
- Ou les appelle encore, et avec plus de raison , familles romaines
- CONSULTA LION , s. f. du latin consultatio, formé de consulo, dans le sens de demander, ou de donner un avis.
- ( Pratique ) Avis qu’un jurisconsulte donne sur un point de droit, de coutume ou d’ordonnance.
- Consultations de charité , celles que dounoieiit gratuitement à la bibliothèque des avocats , un-jour de la semaine , sis avocats nommés pour cela, et qui avoient au moins dix ans de palais, et un plus jeune pour faire le rapport des questions, et rédiger les consultations.
- Stanislas , roi de Pologne, avoit établi à Nancy une pareille chambre , composée d’avocats qui dou-iioieut gratuitement leur avis aux appelons des sentences de première instance.
- CONTACT , s. m. du latin contactas , formé de conlingo , composé de con et de tango , toucher avec.
- Attouchement de deux corps.
- ( Géom. ) Point de contact; ce* lui où une ligne droite touche une ligne courbe , ou dans lequel deux lignes courbes se touchent.
- Angle de contact on de contingence. V. CONTINGENCE.
- ( Physique ) Contact ; c’est le nom que l’on donne à deux paralle-lipipèdes de fer doux, par le moyen desquels on réunit deux barreauï magnétiques pour conserver p^us long-tems leur vertu.
- CONTAGION, s. f. du lat. con-tagio ou contages , formé de con et de tago pour tango, toucher, avec.
- ( Méd. ) Communication d’une maladie maligne. Les maladiessont contagieuses de plusieurs maniérés.
- l’air chargé de miasmes putride* est capable d’affecter tous ceu* îul le respirent. La contagion se pr0'
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- _a<re aussi par le contact immédiat, î-'est-à-dire, lorsqu’un homme sain porte les habits d’une personne qui aura été précédemment affectée ; josrqu’il a couché avec les mala-des ; lorsqu’il mange des mets auxquels il aura touché , etc. Souvent ]a contagion est exportée d’un pays à un autre avec des marchandises , comme en 1720 , lors de la peste de Marseille.
- L’inoculation de la petite vérole est un exemple de la contagion, communiquée parl’introsusceptiou de la maladie.
- Le mot contagion se prend aussi pour la peste même, parce que c’est de toutes les maladies malignes celle qui est la plus contagieuse.
- CONTEMPORAIN , adj. du lat. contemporaneus, composé de con i’unum, et de tempus, même teins, qui est du même tems.
- ( Hist. ) On appelle historiens contemporains ceux qui ont écrit les choses qui se sont passées dans leur tems.
- CONTENTIEUX, adj. et subst. du latin contentiosus, formé de contendo, dans le sens de débattre, disputer ; qui est en débat, qui est disputé , ou qui peut être disputé. Un droit contentieux ; une affaire contentieuse.
- ( Administrât. ) Contentieux ; c’est un terme usité en matière d’administration, pour désigner les objets qui sont ou qui peuvent être l’objet d’une contestation.
- CONTESTATION , s. f. du lat. contestatio , formé de contestor, Prendre à témoin.
- . ( Pratique ) La vraie significa-hon de ce mot ne s’étend pas au-delà des choses débattues en Justice, et des preuves par témoins. Ou l’a étendu ensuite au réglement ou appointement sur les demandes ou défenses en matière Cl?de, et l’on dit qu’il y a con-teWation en cause lorsqu’il est 'utervenu un jugement non défi— Cltlf, mais préparatoire.
- CONTENU, s. m. du latin con-tentum ? formé de contineo, com-P°sé de con et de teneo , tenir, 0c?uper avec , comprendre.
- v Physique ) Ce terme est sou-
- CON
- vent employé en physique et en didactique en général, pour exprimer la capacité d’un vaisseau ou l’air d’un espace , ou la quantité de matière que contient un corps.
- CONTEXTURE, s. f. du lat. contextura , formé de con et de texo , faire un tissu , tresser avec.
- ( JDidact.) Enchaînement de plusieurs parties qui forment un corps, un tout.
- ( Anat. ) On dit contexture des fibres, des chairs, du cerveau, pour la disposition et l’arrangement de leurs parties.
- ( Physique ) C’est la différence dans fa contexture , ainsi que dans la figure, des parties des corps, qui fait que les uns paroissent d’une couleur et les autres d’une autre , parce qu’ils réfléchissent différentes espèces de lumières. V. COULEURS.
- ( Littér. ) On dit au figuré la contexture d’un discours , d’un poëme , en parlant de la suite , de l’arrangement , de la disposition de ses parties.
- CONTIGU , adj. du lat. conti-guus , formé de côn et de tango, • toucher avec, être en contact.
- (Géom. ) Contigus se dit de deux espaces , ou solides , placés immédiatement l’un auprès de l’autre.
- Les angles contigus sont ceux qui ont un côté commun ; on les appelle autrement angles adja-cens. V. ADJACENT.
- ( Physique ) On appelle corps coritig- s deux ou plusieurs corps qui sont près les uns des autres , au point de se toucher.
- ( Botan. ) Des parties contiguës , en botanique , sont des parties qui se touchent, mais ne se tiennent pas , ou qui , si elles se tiennent, sont susceptibles d’être désunies sans déchirement sensible : dans ce sens , les aiguillons sont contigus avec les tiges.
- CONTINGENCE, s. f. du lat. contactus , formé de con et de tango , être en contact.
- ( Géom. ) Depuis que les géomètres se sont appliqués à examiner une infinité d’autres courbes que le cercle , ils ont nommé en général angle de contins
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- gence l’angle compris entre l’arc d’une courbe quelconque et la ligne qui touche cct arc à son extrémité.
- On a beaucoup disputé sur la nature de l’angle de contingence. On peut consulter là-dessus Wallis qui a fait un traité particulier de l’angle de la contingence.
- CONTINU, adj. du latin continuas , formé de contineo , composé de con et de teneo , tenir avec : renfermé dans les mêmes limites, dont les parties s'entretiennent.
- ( Physique ) Ce mot se dit des parties qui sont placées les unes auprès des autres , en sorte qu’il soit impossible d’en placer d’autres entre deux , sans en rompre la continuité.
- Continu diffère de contigu , en ce que dans celui-ci la non adhérence des parties est actuelle , et que dans celui-là elle n’est que possible.
- ( Botan. ) Continu se dit de deux parties de plantes qui sont si bien adhérentes entre elles qu’on ne peut les désunir sans les casser. Les aiguillons sont contigus avec les tiges , et les épines sont continues.
- ( Méd. ) On appelle fièvre continue celle qui est accompagnée de redoublemens et de légères rémissions , mais sans aucune in-terrnission. V. SYNOQUE.
- CONTINUATION, s. f. même origine que CONTINU. L’action , par laquelle on continue, et la durée de la chose continuée.
- ( Physique ) Continuation de mouvement, est un mouvement qui ne cesse pas : tel esc celui des corps célestes ; ou qui ne doit pas cesser de lui-même : tel est celui des corps terrestres. C’est une loi de la nature que tout corps , une fois mis en mouvement par quelque cause que ce soit, doit continuer de mouvoir uniformément, à moins que quelque cause ne l’en empêche. P MOUVEMENT.
- CONTONDANT, ad;, du latin eontundo, piler, broyer, écraser, briser , froisser.
- ( Chirurgie ) On appelle ainsi les
- CON
- iristrumens vulnérans, ronds, obtus, et qui ne sont point tranchans qui Iroissent et qui ne coupent pas* comme sont les marteaux, les massues , les bâtons , etc.
- CONTORNIATE , ad;, de l’italien cotrone., pour médaille con-lorniate.
- ( Numismat. ) Ce mot, emprunté de l’italien, sert, parmi les anti-, quaires, à désigner des médailles de cuivre, terminées dans leur circonférence par un cercle d’une ou deux lignes ( deux ou quatre millimètres ) de largeur , continu avec le métal , quoiqu’il semble en être détaché par une rainure assez profonde , qui règne à l’extrémité du champ de l’un et l’autre côté de la médaille.
- CONTOUR , s. m. formé de con , la proposition avec, et de tour, ou tout simplement de l’italien cohtorno.
- ( Arts du dessin ) Ce qui termine une figure ou les parties d’une figure , et leur donne le tour qu’elles doivent avoir.
- Dans les figures vivantes ou de rondes bosses, contour signifie l’extrémité des surfaces apperçues dans, un point de vue fixe où l’on est placé pour les observer et les étudier.
- Le contour d’une figure, d’un membre , d’une partie de quelque objet naturel ou d’une imitation en ronde bosse, varie au moindre déplacement de l’objet fixé par le regard , ou de l’œil qui le fixe.
- Dans la figure tracée, dessinée ou peinte , le contour est fixe , invariable , par conséquent plus facile à apprécier.
- La justesse , la correction, la noblesse , l’élégance , la grâce , la force , l’énergie sont des caractères différens par lesquels on désigne le contour ou les contours des figures, soit daus les dessins , soit dans les tableaux ; mais les contours de chaque objet que représente la sculpture doivent avoir à l’œil, qul se promène autour d’une figure représentée, toutes les perfections auxquellesle dessinateur etlepein' tre ne sont astreints que pour seul point de vue sous lequel 1 » représentent l’objet qu’ils dess»'
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- nent ou qu’ils peignent. Si le peintre a réussi à rendre ce contour exact, correct; s’il n’a rien omis des beautés qui lui appartiennent, ce succès suffit : le spectateur , en changeant de point de vue, n’en exgige pas davantage.
- Le statuaire , au contraire , est obligé de promener, pour ainsi dire, la correction , la beauté, la grâce , dans tous les points de vue de son ouvrage, où l’observateur peut s’arrêter, en tournant autour de sa figure.
- On clit d’un contour qu’on veut louer, qu’il est juste , exact, correct , pur, décidé, ferme , sévère , simple, grand , prononcé , articulé , liant, ondoyant, etc.
- On exprime les défau's contraires à ces beautés par les épithètes de faux , inexact, incorrect , sans fureté, indécis, mol, libre , ou libertin , maniéré , petit, mesquin , hésité , sans caractère , heurté, etc. CONTOURNÉ , adj. de contour.
- ( Arts du dessin ) Ce terme, dans le langage des arts, est toujours pris eu mauvaise part : il signifie , affecté dans les contours , et s’emploie également pour les ouvrages de peinture, de sculpture et d’architecture. Un architecte contourne le plan et les détails d’un édifice nour rompre la ligne droite ou la ligne circulaire. Ùn peintre , un sculpteur contourne une figure , c’est-à-dire, lui donne une position , une attitude peu naturelle , pour éviter la froideur.
- Toutes les fois qu’une figure fait plus de mouvement, plus d’effort que n’en exige l’action qu’on lui suppose, elle est contournée. Un peiutre tombe dans ce défaut lorsque , pour représenter un général qui commande , iL lui fait porter la tète en arrière avec effort, étendre et roidir le bras droit, ployer le poignet en l’arrondissant avec Une sorte de contraction, et tendre Ylolemment le doigt index. L’ac-hon du commandement doit être d’autaiit plus simule , que celui qni_ commande est plus élevé ; nioins il fait de mouveniens , plus u montre de grandeur. Jupiter, P°ur ébranler l’Olvmpe, ne fait que remuer le sourcil.
- Tome I.
- On contourne les figures pour leur donner de la grâce, parce qu’on oublie que la grâce ne se trouve qu’avec la nature. L’homme dans quelque situation qu’il se trouve , prend toujours l’attitude la moins pénible , celle dans laquelle il est le plus à son aise.
- Contourner une figure par des mouveniens violens , lorsqu’elle ne fait qu’une action simple et aisée, c’est commettre le même contresens que si on lui faisoit ouvrir violemment la bouche pour indiquer qu’elle parle.
- CONTRACTION, s. f. du latin contractio , formé de con et de traho , resserrer , transiger , amasser , etc.
- ( Physique ) Sorte de mouvement par lequel un corps se raccourcit. C’est parle mouvement de contraction , ainsi que par celui d’extension, que les muscles deviennent les principaux agens des mouveniens du corps; c’est aussi par le moyen de ces deux sortes de mouvemens que la plupart des vers et quelques reptiles ont le mouvement progressif.
- ( Physiol. ) Les physiologistes ont appelé contraction l’effort que font les fibres musculaires pour se raccourcir. Pour que cette action ait lieu, il ne faut pas que le muscle soit raccourci, mais qu’il tende à se raccourcir. Pour rendre raison de la manière dont s’opère la contraction , on a été forcé de recourir à des hypothèses qui n’ont rien de satisfaisant. On ne connoît point encore parfaitement le mécanisme de cette opération de la nature tout ce que l’on sait, c’est que la contraction dépend du fluide qui circule dans les nerfs, autant, pour le moins , que du sang.
- Onreconnoîttrois espèces de contractions , l’une purement mécanique, tel est le mouvement du cœur ; l’autre volontaire , comme les mou-vemens de la tête, du bras , des jambes, etc.; la troisième espèce est mixte , composée de celle qui est volontaire et de celle qui est mécanique : tels sont les mouvemens des paupières, des muscles et de la respiration.
- ( Hydraul. ) Contraction de la
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- veine fluide : on appelle ainsi le resserrement qu'éprouve la colonne fluide qui soit d’un vase p# un orifice ; cette contraction diminue le produit que l’orifice devroit donner, si tous les points fluides sortoieut perpendiculairement au plan de l’orifice. Ce produit, qu’on peut appeler produit théorique, diminue dans l’écoulement de la Veine fluide par des orifices percés dans de menues parois, dans la proportion de 8 à 5 ; et, dans les ccou-lemens par des tuyaux additionnels , dans lè rapport de 16 à i5.
- CONTRACTURE , s. f. même origine que contraction.
- ( Chirurgie ) Maladie qui consiste dans la rigidité des muscles arrivée lentement et par degrés. La contracture diffère de l’ANKlLO-SE ( V. ce mot) , en ce que celle-ci rend les articulations immobiles
- fiar le contact des os, et que celle-à n’est que dans les muscles , les ligamens ou les tendons.
- La contracture peut être l’effet d’une paralysie invétérée, de l’abus des liqueurs spiri tue uses et de fortes contusions. La goutte ou le rhumatisme laissent aussi quelquefois après eux des contractures très-douloureuses.
- ( Architect. ) Les architectes appellent aussi contracture le retré-cssement ou diminution d’une colonne en sa partie supérieure.
- CONTRADICTOIRE , adj. du latin contra et dicere, dire contre: qui contredit.
- ( Pratique ) Actes contradictoires ; on appelle ainsi les actes faits en présence des parties intéressées.
- Jugement contradictoire , celui qui est prononcé en présence de la partie ou de l’avoué chargé de sa défense.
- Les actes par défaut sont opposés aux actes contradictoires.
- CONTRAINTE , s. f. formé du latin con et stringo, serrer avec : violence qu’on exerce contre quelqu’un pour lui faire faire quelque chose malgré lui.
- (' Pratique ) Ce terme désigne les différentes voies permises que Tou prend pour forcer quelqu’un de
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- faire ce à quoi il est obligé ou condamné.
- On nomme encore contrainte le titre même qui l’autorise.
- Contrainte par corps ; c’est un acte eu vertu duquel ou peut contraindre un homme , en son corps; c’est-à-dire, son emprisonnement, jusqu’à ce qu’il ait satisfait à sa dette.
- La contrainte par corps pour dette , abolie en France par le décret du g mars 1793, a été rétablie par leCode civil, pour le stellionat, pour le dépôt nécessaire et pour les effets de commerce.
- CONTRAIRE , adj. du lat. contrarias , qui est opposé.
- ( Diction ) Tes contraires sont un des lieux communs de la rhétorique propres à la preuve. Parles contraires on entend des choses qui ne peuvent résider en même tems , dans un seul . et même sujet.
- On en distingue de quatre sortes:
- Les relatifs , comme père, fils, maître, serviteur.
- Les opposés, comme le blanc et le noir , la paix et la guerre.
- Les privatifs, comme la vie, la mort, la science , l’ignorance.
- Les contradictoires , comme voir et ne pas voir.
- Dans les contraires, on se sert de l’un pour nier l’autre.
- Les contradictoires ont ceci de particulier, qu'en ôtant Tun ou établit l’autre.
- ( Pratique ) Faits contraires; ce sont des faits opposés ies uns aux autres. On dit que les parties sont appointées en faits contraires, quand on leur permet de faire preuve respective de leurs faits.
- Contredits en faits contraires , les écritures qui contiennent ces preuves.
- Défenses au contraire ; quand on se réserve à alléguer en tems et lieu des raisons contraires aux prétentions d’une autre personne.
- CONTRASTE , s. m. de l’italien contrasto, formé clu latin contra stare , qu’on a traduit anciennement par contre-ester.
- ( Archit.) Variété dans les orne-mens d’un édifice, d’une façade* comme lorsque l’on couronne leS
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- eroisées de fronteaux cintrés et triangulaires , alternativement.
- (teinture ) 11 y a plusieurs sortes de contrastes ; contraste des ombres et de la lumière , d’où résulte le clair obscur ; contraste dans l’âge , le sexe, les passions des personnages ; contraste dans les mou— vemens des différentes figures ; contraste dans le mouvement des parties d’une seule figure. CX’est à ces deux derniers objets que le mot contraste est plus particulièrement consacré. Si, dans un groupede trois figures, l’une se montre de face, l’autre de profil, et la troisième par le dos, il y aura un bon contrasté. Ainsi chaque figure , et chaque membre doit être en contraste avec les autres du même groupe , comme les differens groupes d'un tableau doivent contraster entre eux.
- ( Musique ) Contraste, opposition de caractères. Il y a contraste dans une pièce de musique lorsque le mouvement passe du lent au rite ; lorsque le diapazon de la mélodie passe du grave à l’aigu , ou de l’aigu au grave ; lorsque le chant passe du doux au fort, ou du fort au doux ; lorsque i’accornpagne-ment passe du simple au figuré, ou du figuré au simple ; enfin lorsque l’harmonie a des jours et des pleins alternatifs ; et le contraste le plus parfait est celui qui réunit à la fois toutes ces oppositions.
- CONTRAT , s. m. du latin contractas , formé de con-traho, se serrer les uns avec les autres , se fier réciproquement.
- ( Pratique ) Le contrat est une convention par laquelle une ou plusieurs personnes s’obligent envers une ou plusieurs autres à donner, a faire ou à ne pas faire quelque chose.
- Contrat synallagmatique, ou bilatéral ,- c’est celui où les contractas s’obligent réciproquement les uns envers les autres.
- Contrat unilatéral ; c’est celui °'1 une ou plusieurs personnes sont °oligées envers une ou plusieurs Cotres, sans que, de la part de ces dernières, il y ait d’engagement.
- Contrat commutatif ; c'est celui 6,1 chacune des parties s’engage à
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- donner ou à faire une chose qui est regardée comme l’équivalent de ce-qu’on lui donne ou de ce qu’on fait pour elle.
- Contrat de bienfaisance $ celui dans lequel l’une des parties procure à l’autre un avantage purement gratuit.
- Contrat à titre onéreux; celui qui assujettit chacune des parties à donner ou à faire quelque chose.
- Contrat aléatoire ; c’est, une convention réciproque, dont les effets, quant aux avantages , soit pour toutes les parties , soit pour l’une ou plusieurs d’entre elles, dépendent d’un événement incertain. Tels sont le contrat d’assurance , le prêt à grosse aventure, le jeu et le pari, le contrat de rente viagère.
- ( Commerce ) Contrats maritimes ; on appelle ainsi les contrats pour argent placé à la grosse aventure, chartes parties, contrats d’assurance , d’engagemens ou loyers des gens de mer, pour vente et achats de navire , pour fret et nau-lage de nolis , et tous actes concernant le commerce et la pèche de mer.
- CONTRE-AMIRAL , s. m. composé de contre , contra, qui dans la composition signifie quelquefois opposition, quelquefois auprès , à côté, et de AMIRAL. V. ce mot.
- ( Marine ) Le contre-amiral est le troisième offi»i er d’une armée navale, celui qui commande la division de l’arrière garde. Ce grade a remplacé celui de chef d’escadre ; le contre-amiral est immédiatement après le VICE-AMIRAL. V. ce mot.
- CONTRE-APPROCHES , s. f. composé de contre , contra , et de l’italien approcei.
- ( Mrt. milit.) Ce sont des lignes ou des travaux faits par des assiégés, quand ils viennent par tranchées rencontrer les lignes d’attaque des assiégeans.
- CONTREBANDE, s. f. de l’italien contrabando, qui signifie contre : malgré le ban , et publication des défenses.
- ( Commerce) C’est le commerce de marchandises prohibées , ou la fraude qui élude le paiement des Bb 2
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- droits imposés sur les marchandises nationales ou étrangères.
- (Blason) Bande divisée en deux parties, de différens métaux , dont l’une doit être de métal et l'autre de couleur.
- CONTRE-BASSE , s. £ de l’italien contrabasso.
- ( Musique ) Grosse basse de violon sur laquelle on fixe ordinairement la partie de la basse, une octave plus bas que sur la basse de violon , commune.
- CONTRE-COUP, s. m. composé dé contra , et du latin barbare col-pus : répercussion d’un corps sur un autre.
- ( Chirurgie J Fracture ou fente du crâne dans la partie opposée au coup , ou hors de sa portée. Dans les blessures du crâne il faut surtout prendre garde au contre-coup, parce que c’est-là où se forment les abcès.
- CONTRE-DANSE, s.m. du latin contra , contre , et densare , qui exprime l’action du foulon qui trépigne et bat des pieds sur le drap ; ou de l'italien danza, ou de l'allemand tanzen.
- [Danse) Sorte de danse qui s’exécute à quatre et à huit personnes , et qu’on danse ordinairement après les menuets, comme étant plus gaie et occupant plus de monde.
- ( Musique ) contre-danse , sous le rapport de la musique , est uu air le plus souvent à deux temps , bien cadencé , brillant et qui doit avoir sur-tout beaucoup de simplicité.
- CONTRE-EPREUVE , s. f. d* latin contra , contre , et deproba-tio , épreuve.
- ( Dessin et gravure ) 'Pour faire une contre-épreuve on couvre d’une feuille de papier blanc et mouillé , le dessin mouillé lui-même, ou l’épreuve d’une gravure encore fraîche , et on les passe sous la presse d’un imprimeur en taille - douce ; alors le dessin oul’estampe se trouve répété en sens contraire surlafeuille de papier. De cette manière , le dessin est fixé , et l'on ne craint plus qu’il s’efface par le frottement. Ce n’est pas par la même raison que l’on thel-AContre-épreuve d’une •stampe , puisque le nçir à l’huile
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- qu’on emploie pour l’imprimer en assure lui - même la fixité ; mais cette opération est utile aux graveurs parce qu’eüe leur montre l’estampe à laquelle ils travaillent dans le même sens que le dessin ou le tableau qu’ils copient, et qu’elle leur fait voir plus aisément , s’ils s’en sont écartes.
- CONTREFAÇON , s. m. composé de contre et de faire , imiter, copier.
- ( Commerce) ce mot se dit en général de la fraude qu^on fait en contrefaisant un objet de commerce ou de manufacture au préjudice de ceux qui en ont eu le droit ; mais il s’applique plus particulièrement à l’impression d’un ouvrage, faite en fraude et sans le consentement de l’auteur, du libraire gu imprimeur, seuls autorisés à ïepublier.
- La contrefaçon est un vol manifeste contre lequel les lois ne se prononcent pas assez fortement, parce que de toutes les propriétés les propriétés littéraires sont celles dont la nature etles droits sont les moins connus et les moins respectés.
- Avant la Révolution il n’y avoit guère que Rouen et Lyon où l’on vît des contrefaçons, encore les faisoit-on très-secrètement ; maintenant on ne se fait nul scrupule , à Paris comme ailleurs , de se livrer à ces spéculations frauduleuses. Dans l’état actuel des choses, si un auteur ou un éditeur veut avoir le droitde poursuivre un contrefacteur , il doit, conformément à la loi du ig juillet X7g3 , ( ain de la République) déposer à la bibliothèque nationale deux exemplaires de sou ouvrage, et en prendre un reçu signé par le bibliothécaire; alors les contrefacteurs poursuivis et convaincus , seront tenu* de payer au véritable propriétaire une somme équivalente au prix de trois mille exemplaires de l’édition originale , et les débitans non contrefacteurs seront condamnés aune somme équivalente au prix de cinq cents exemplaires.
- CONTREFAIT, TE , adj. même origine que CONTREFAÇON.
- ( Numismat. ) médailles contrefaites i on nomme ainsi les me'
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- dailîes qui sont fausses ou imitées.
- CON TRE-FUGUE, s.f.de l’italien contra-fuga.
- ( Musique ) La contre-fugue , ou fugue renversée , est une sorte de fugue dont la marche est contraire à celle d’une autre fugue qu’on a établie. auparavant dans le même morceau. Ainsi , quand la fugue s’est fait entendre en montant de la tonique à la dominante , ou de la dominante à la tonique , la contre-fugue doit se faire entendre en descendant de la dominante à la tonique , ou de la tonique à la dominante , et vice versa. Du reste , ses règles sont entièrement semblables à celles de la fugue. V. FUGUE.
- CONTRE-HARMONIQUE, adj. du lat. contra, contre , et dugr. âf-y.oiict {harmonia), dontla racine est ifx ( aro ), adapter, proportionner.
- ( Géom. ) Trois nombres sont en proportion contre - harmonique , lorsqueda différence du premier et du second est à la différence du second et du troisième comme le troisième est au premier. Ainsi, 5, 5 et 6 sont en proportion contre-harmonicque ; car 2 est à 1 comme 6 est à ô. Pour trouver un moyen proportionnel contre - harmonique èiitre deux quantités données , la règle est de diviser la somme de s deux nombres carrés parla somme des racines, le quotient sera un moyen proportionnel contre - harmonique entre les deux racines.
- CONTRE - LETTRE , s. f. du latin contra, et de liltera. Voy. LETTRE.
- ( Prat. ) Acte secret par lequel on recormoit qu’un acte précédent ou quelques-unes de ses clauses sont simulées.
- CONTRE - MARCHE , s. f. du latin contra , contre , et dn celtique mardi , cheval, dont on a fait marcher, pour : monter à cheval , et ensuite , marcher à pied.
- ( Art milit. ) Marche contraire ou opposée à celle qu’une armée a commencée , ou paroissoit vouloir faire.
- C’est aussi un changement de face par un bataillon , qui se fait Par rangs , par files, etc.
- ( Marine ) Virer de bord par la contre -marche; c’est lorsque les
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- vaisseaux d’une armée ou d’une division qui sont en ligne , vont tous virer de bord, l’un après l’autre , au même endroit où a viré le chef de la ligne, de façon à se trouver, après avoir tous viré de bord , dans la même situation , les uns à l’égard des autres, c’est-à-dire -, à des distances égales , dans le même ordre et sur une même ligne droite.
- CONTRE-MARQUE, s- f. du lat. contra, contre, et de marna, ou de l’allemand rnerken.
- ( Commerce ) Seconde marque qu’on fait sur un ballot de marchandises , quand plusieurs personnes ont intérêt à la chose , afin qu’elle soit ouverte en présence a« tous.
- ( Orfèvrerie ) Ce mot se dit aussi de certaines marques qui sont nécessaires aux pièces de vaisselle d’argent, d’or ou d’étain , pour marquer qu’on en a fait l’essai, Les orfèvres mettent leur marque sur leurs ouvrages, et ils sont contre-marqués du poinçon de Paris.
- ( Numismatique) Contre-marque se dit encore d’une marque ajoutée par l’autorité publique à une médaille, long-tems après sa fabrication. Elles servent à indiquer aux savans le changement de prix des médailles.
- CONTRE-MINE , s. f, du latin contra , et de l’allemand mine , veine de métal. V. MINE.
- ( Art milit. ) Un puits ou un enfoncement sous terre , d’où sort une galerie ou un rameau qui est aussi conduit sous terre pour aller chercher la mine de l’ennemi et l’éventer.
- La contre-mine , jointe par plusieurs petits rameaux , traverse les terres d’un bastion en telle sorte que , de quelque coté que le mineur ouvre les terres ou le mur,, il voit par-tout des fentes et des cheminées capables d’éventer la poudre , et d’en empêcher les effets, C’est par ces fentes , qui vont jusqu’aux fondemens , et qui ont partout des issues en arrière et des soupiraux, que l’on tue souvent le mineur, et qu’on mouille avec de l’eau tout ce qu’il a mis de poudra dans sa mine.
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- CONTRE- PARTIE, s. f. de l’italien contraparte.
- ( Musique ) Ce terme ne s’emploie, en musique, que pour signifier une des parties d’un duo relatirement à l’autre ; il se dit plus ordinairement de la partie qui sert de second dessus.
- ( Commence et Banque ) Contrepartie d’un compte c’est un registre dans lequel sont enregistrées toutes les parties dont le teneur de livres charge le sien.
- CONTRE-POIDS, du lat. œqui-poTzdus. V. POIDS.
- ( Mécan. ) Force qui sert à diminuer et quelquefois à égaler l’effort d’une force contraire.
- Le contre-poids a lieu dans une infinité de machines diff rentes : tantôt il est égal à la force qui lui est opposée, tantôt il est plus grand ou plus petit. Tout le calcul de contre-poids se réduit à celui du levier. V. LEVIER.
- CONTRE-POINT, s. m. de l’ita-lieu contrapunta.
- ( Musique ) C’est à-peu-près la même chose que composition , si ce n’est que composition peut se dire des chants et d’une seule partie, et que contre-point ne se dit que de l’harmonie et d’une composition en deux ou plusieurs parties différentes.
- Ce mot de contre -point vient de ce qu’anciennement les notes ou signes des sons étoient de simples points, et qu’en composant à plusieurs parties, on plaçoit ainsi ces points l’un sur l’autre , ou l’un contre l’autre.
- On a long-tems disputé si les ânciens avoient connu le contrepoint ; mais , par-tout ce qui nous reste de leur musique et de leurs écrits, on voit clairement qu’ils n’en eurent jamais la moindre notion.
- CONTRE-ESCARPE , s. de l’italien contrascarpa.
- ( Mrt milit. ) C’est, à proprement parler, le talus ou la pente du fossé qui regarde la place ; mais souvent sous ce même nom l’on comprend ce même talus , le chemin couvert et le glacis. C’est dans Ce dernier sens qu’on dit : On attaque la contre-escarpe ; on insulte
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- la contre- escarpe ; on sJest logé sur la contre• es came.
- CONTRE-SENS', s. m. du latin contrarias, et de sensus.
- (Diction ) On peut distinguer deux sortes de contresens : le contre-sens dJexpression est la faute que commettentceux qui emploient un mot dans un sens contraire à sa vraie signification ; le contre sens de traduction , celui par lequel on fait dire à l’auteur que l’on traduit , ce qu’il ne dit réellement pas.
- ( Musique J Contre-sens ; c est le vice dans lequel tombe le musicien quand il rend une autre pensée que celle qu’il doit rendre. « La musique, dit M. d’Alembert, » n’étant et ne devant être qu’une » traduction des paroles qu’on met » eu chant, il est visible qu’on y » peut tomber dans des contresens.
- Contre-sens dans l’expression , quand la musique est gaie au lieu a’ètre triste, triste au lieu d’être gaie, légère au lieu d’être grave, grave au lieu d’être légère, etc.
- Contre - sens dans la prosodie , lorsqu’on est bref sur des syllabes longues, long sur des syllabes brèves , qu’on n’observe pas l’accent de la langue, etc. Contre-sens dans la déclamation , lorsqu’on y exprime , par les mêmes modulations, des sentimens opposés ou différens; lorsqu’on y rend moins les sentimens que les mots; lorsqu’on s’y appesantit sur des détails sur lesquels on doit glisser ; lorsque les répéti* f ions sont entassées hors de propos. Contre - sens dans la ponctuation, lorsque la phrase de musique se termine par une cadence parfaite dans les endroits où le sens est suspendu, ou forme un repos imparfait ; quand le sens est achevé. « Je parle ici , continue d’Alern-bert, des contre-sens pris dans la rigueur du mot ; mais le manque d’expression est peut-être le plus énorme de tous. J’aime encore mieux que la musique dise autre chose que ce qu’elle doit dire , que de parler et ne rien dire du tout. »
- CONTRE-TAILLE , s. f. du lat. contra , contre , et de taîiarff > couper.
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- ( Gravure) Seconde taille dont on coupe la première que l’on a tracée. Si l’on veut imiter la pierre, on coupe le premier rang de taille de manière que les contre-tailles y forment des carrés; mais, pour imiter de la chair ou des draperies, on affecte d’approcher plutôt du losange que du carré. Cependant le lozange outré devient désagré'ble , parce que les sections que les con-ire-tailles font avec les tailles, produisent un noir qui ne s’accorde pas avec le reste du ton. Les graveurs disent que ce travail maque-rotte. Le travail le plus agréable est celui qui tient le milieu entre le carré et le lozange.
- CONTRETEMS , s. m. composé du latin contra et tempus , dont les Italiens ont fait conîratempo.
- ( Musique) Mesute à contretems; c’est une mesure où l’on pause sur le tems foible, où l’on glisse sur le teins fort , où le chant semble être en contre-sens avec la mesure.
- ( Danse ) On appelle contretems, eu terme de danse, un certain pas, lorsque le pied qu’on doit poser étant en l’air, on saute sur l’autre pied avant de le poser.
- On distingue le contretems en avant, le contretemps de côté, le contretems ouvert, le contretems baionné.
- ( Manège ) Le contretems est une mesure ou cadence interrompue, en maniant, soit par la malice du cheval, soit par le peu de soin du cavalier , lorsque le cheval continue des ruades , au lieu qu’il de-vroit lever le devant.
- ( Escrime ) Contretems se dit lorsque les deux ennemis s’allongent en même tems , ce qui produit le coup fourré.
- CONTRE-VALLATION, s. f. de 1 italien contra-vallazione, formé du lat. contra, contre, et de vallo , fortifier.
- ( Art milit. ) Fossé bordé d’an Parapet que l’assiégeant fait pour *e couvrir contre les sorties de ceux de la place : elles sont utiles principalement aux sièges des plaflV's dont la garnison est forte , et Ear-Uiee assiégeante peu nombreuse. OUN f RiEC flüN , s. f.. du, latin
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- conlnbutio , composé de con et de tribuo, donner ensemble.
- ( Administré) Paiement que chacun fait de la part qu’il doit porter d’une imposition ou d’une dépense commune.
- Contribution foncière, celle qui est répartie par égalité proportionnelle sur toutes les propriétés loncières , à raison de leur revenu net. b
- Contribution directe ; la contribution payée par chaque département.
- Contribution mobiliaire , celle qui est levée à raison des salaires publics et privés, des revenus d’industrie et des fonds mobiliers.
- ( Pratique ) Contribution se dit de la répartition qui se fait d’une chose entre plusieurs personnes , comme d’une somme qui se doit partager entre des créanciers, ou de la répartition d’une charge sur plusieurs personnes, comme 'des dettes de succession qui doivent être payées par les cohéritiers.
- Contribution au marc la livre , la répartition d’une somme mobiliaire entre plusieurs créanciers , à proportion de leur créance, lorsque les biens du débiteur ne sont pas sufiisans pour acquitter ses dettes.
- ( Art militaire ) On appelle . en terme de guerre , contribution , ce que l’on paie aux ennemis pour se garantir du pillage , et se rédimer des exécutions militaires.
- (Commerce marit.) Contribution, est la répartition qui se fait sur le corps d’un vaisseau , sa cargaison et son"fret, du prix de la valeur des choses qui ont été jetées à la mer pour éviter un péril pressant.
- CONTROLE , s. m. contraction de CONTRE-ROLE, formé du latin contra , contre , et de rotula , rouleau de parchemin sur lequel on écrivoit anciennement. T'. ROLE.
- ( Administr. ) Registre qu’on tient pour la vérification d’un autre registre , d’un rôle, etc.
- ( Orfèvrerie ) C’est aussi une marque ou poinçon que les orfèvres et autres sont obligés de faire appliquer sur tous les ouvrages d’or et d’argent , avant que de les mettrn eu vente.
- ( Finance ) Contrôle est encore
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- un droit qu’on paie pour la marque ou contrôle qu’on applique sur des actes , des marchandises , etc.
- CONTROVERSE , s. £ du latin controversia , composé de contra, contre , et de verto , tourner : débat , dispute , contestation sur des questions où il s’agit d’opinions qui peuvent être soutenues de part et d’autre.
- ( Religion ) Ce mot qui s’appli-quoit autrefois au^r sciences et aux arts , ne se dit plus maintenant que des disputes sur des matières de religion.
- CONTUMACE , s. £ du latin contumax, opiniâtre , rebelle.
- ( Pratique ) Terme de procédure criminelle , refus de comparoître , de se présenter au tribunal du juge pardevant lequel on est appelé pour crime.
- Chez les Romains on appeloit contumax celui qui n’avoit pas comparu après trois citations consecutives , ou une seule citation péremptoire ; mais on ne lui fai-soit pas son procès dans la première année : on se contentoit d’annoter ses biens ; et s’il mouroit dans cet espace de temps , il étoit regardé comme innocent, mais au bout de Tannée il étoit réputé coupable. D’ailleurs on ne con-damnoit jamais le contumax quand étoit question d’une peine capitale.
- CONTUSION, s. £ du latin'con-tusio, formé de contundere, broyer, écraser , meurtrir.
- ( Chirurgie ) Blessure produite par l’impulsion subite de quelque cause externe , sans perte de substance , et sans solution de continuité à la peau,
- CONVALESCENCE, s. £ formé du latin convalescere , prendre des forces, se fortifier.
- ( Médecine ) Le recouvrement de la santé après une maladie.
- CONVENANCE, s. £ du latin convenientia , formé de con et de vgnio, venir ensemble, se rapporter, être conforme, séant, sortabie : rapport, conformité , bienséance, décence.
- (Rhétor.) Rapport du langage du poëte et de l’orateur , du ton de sa poésie ou de son éloquence au sujet
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- qu’il choisit ou qui lui est donné et aux circonstances actuelles du temps, duiieu et des personnes. V BIENSÉANCE.
- ( Peinture. ) Les convenances , c’est-à-dire le choix des parties d’un tableau, et l’accord de ces parties entre elles ^appartiennent point à l’essence de l’art, mais elles eu sont une des plus importantes dépendances. Un tableau dans lequel les parties essentielles sont d’une grande beauté, restera toujours un excellent ouvrage de peinture, quoique le peintre J ait manqué aux convenances d’histoire, de costume , etc. ; mais en jouissant de ses talens, on regrettera qu’il n’ait pas observé les convenances.
- Les tableaux vénitiens sont remplis d’anachronismes , de fautes contre l’histoire et contre le costume , et quoique en même temps ils ne soient pas d’une grande correction de dessin, on leur pardonne toutes ces défectuosités, en faveur du pinceau, de la couleur et de Limitation des plus riches étoffes.
- Rembrandt dessinoit encore plus incorrectement que les Vénitiens , il étoit encore plus bizarre et beaucoup moins riche dans le costume; mais il réunissoit à un si haut degré les qualités de peintre , qu’on est captivé par l’admiration quand on voit ses ouvrages, et qu’il ne reste plus assez de liberté pour lui faire des reproches. Mais cette indulgence pour des défauts que Tou doit attribuer , moins à l’ignorance de certains peintres, qu’au goût de leur école et à l’humeur capricieuse de ceux qui les employèrent, man-queroit certainement à ceux qm sortiroient d’une école où ils ont appris les convenances en meme temps que les règles de leur art, et qui vivroient dans uu siècle ou la facilité de s’instruire rend l i-gnorance inexcusable, et qui oe leur psrdonneroit pas d’avoir cède à des considérations étrangères. _
- CONVENANT, s. m. terme fad de Tanglois convenant, formé du latin conventum , composé de con et ce venire , s’associer , faire un pacte, une alliance.
- (Jîist.d’Jlngl.) ce mot qui signifie toute espèce de convention en
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- néral, a été particulièrement appliqué à la confédération qui fut faite en Ecosse en i658, pour changer es cérémonies de la religion. Le parlement d’Angleterre signa le convenant en i645.
- CONVENTION, s. f. du latin ronventio , formé de con et de renio , venir ensemble , être d’accord , s’assembler.
- ( Pratique ) Consentement mutuel de deux personnes sur une même chose.
- Il y a des conventions verbales et par écrit : les premières ne donnent point de sûreté, les autres obligent ceux qui les signent.
- Conventions matrimoniales ; ce sont les avantages stipulés en faveur de la femme.
- ( Politique } Les Anglois ont donné ce nom à l’assemblée extraordinaire du parlement, faite en 1688 , lorsque le roi Jacques II se fut sauvé de Rochester avec le duc de Berwick son fils naturel, et eût passé en France: le prince et la princesse d’Orange furent appelés au trône, et aussitôt le prince d’Orange convertit la convention ea parlement.
- Convention nationale, c’est le titre qu’a pris en 1792 l’assemblée des représentans du peuple français qui succéda à l’assemblée dite législative.
- CONVERGENCE , s. f. du lat. con , avec , et de vergo , décliner : Çtat de deux lignes qui vont toujours en décli nant l’une vers l’autre, en se rapprochant, de manière qu’étant prolongées elies se rencontreraient.
- ( Algèbre ) On dit qu’une série est convergente lorsque ses termes vont toujours en diminuant.
- ( Céom. ) Droites convergentes , pelles qui s’approchent continuellement, ou dont les distances dimi-n,)ent de plus en plus, de manière quêtant prolongées elles se ren-contrent en quelque point ; au confire des lignes divergentes sont q&lles dont les distances vont toujours en augmentant. Les lignes lui sont convergentes d’un côté , divergentes de l’autre. V. BI-
- 'ERGENCE. '
- CON 3g5
- Hyperbole convergente ; c’est-une hyperbole du troisième ordre , dont les branches tendent l’une vers l’autre , et vont toutes deux vérs le même côté.
- ( Dioptrique ) Rayons de lumière convergens ; ce sont ceux qui'en passant d’un milieu dans un autre d’une densité différente , se rompent en se rapprochant l’un vers l’awtre, tellement que, s’ils étoient prolongés , ils se rencontreroient en un point au foyer.
- Tous les verres convexes rendent les rayons parallèles convergens , et tous les verres concaves les rendent divergens ; c’est - à - dire que les uns tendent à rapprocher les rayons , et que les autres les écartent ; et la convergence ou divergence des rayons est d’autant plus grande que les verres sont des portions de plus petites sphères. C’est sur ces propriétés que tous les effets des lentilles, des microscopes, des télescopes, etc. sont fondés. Voy. LENTILLE , MICROSCOPE.
- (Physique ) Convergence électrique : on appelle ainsi la direction que prennent entre eux les rayons de la matière électrique affluente , qui partent des difié-reus corps qui avoisinent un corps actuellement électrisé, et même de l’air qui l’euvironne 5 car tous ces rayons de matière tendent au corps électrisé , comme à un foyer commun : c’est la raison pour laquelle un corps électrisé semble attirer de toutes parts les corps légers qui sont dans son voisit âge et qui sont libres de se mouvoir 5 car ces attractions apparentes ne sont autre chose que l’effet de l’impulsion de cette matière affluente.
- CONVERSE, s. et adj. du lat. conversas , formé de converto , changer.
- ( Géom. ) Quand on met en supposition une vérité que l’on vient de démontrer pour en déduire le principe qui a servi à sa démonstration ; c’est-à-dire , quand la conclusion devient principe, et le principe , conclusion , la proposition qui exprime cela s’appelle la converse cte celle qui la précède.
- Tar exemple, on démontré en
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- géométrie que si les deux côtés d’un triangle sont égaux , les deux angles opposés à ces côtés le sont aussi-, et par la proposition converse , si les deux angles d’uu triangle sont égaux, les cotés opposés à ses angles le seront aussi.
- CONVERSION , s. f. même origine que CONVERSE.
- ( Arithmét. ) Proposition par conversion de raison : cette expression signifie , en arithmétique , la comparaison de l’antécédent et du conséquent, dans deux raisons égales. Par exemple, y ayant même raison de a à 3 que de 8 à 12 , on en conclut qu’il y a aussi même raison de 2 i 1 que de 8 à 4.
- ( Algèbre ) Conversion des équations : c’est une opération qu’on fait lorsqu’une quantité cherchée ou inconnue , ou une de ses parties , étant sous la forme de fraction , on réduit le tout à un même dénominateur, et qu’ensuite, omettant les dénominateurs , il 11e reste dans l’équation que les numérateurs. Voy. ÉQUATION, FRACTION.
- ( Astron. ) Conversion des degrés : c’est une opération par laquelle on convertit les degrés en tems et les 'tems en degrés , en prenant i5 degrés pour une heure pour le tems vrai, et i5 deg. 2 min. 28 sec. pour le temps moyen. Voy. TEMPS VRAI, TEMPS MOYEN.
- ( Pratique ) Conversion est, en droit, le changement d’un acte en un autre
- ( Art milit. ) Conversion est un mouvement militaire qui fait tourner la tête d’un bataillon du côté où étoit le flanc. Ce mouvement a lieu lorsque l’ennemi attaque une des ailes du bataillon, ou lorsqu’on veut attaquer l’ennemi par un de ses flancs.
- CONVEXE , adj. du latin con-vexus, formé de conùeho , porter , par allusion à l’espèce de cintre on éminence circulaire des corps destinés à en porter d’autres.
- ( Géom. ) Ce mot se dit de la surface extérieure d’un corps rond , par opposition à la surface intérieure, qui est creuse ou concave.
- ( Dioptrique et catoptrique) Convexe s’applique aux miroirs et aux
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- lentilles. Un miroir convexe représente les images plus petites que leurs objets ; un miroir concave les représente souvent plus grandes. Un miroir convexe rend divergens les rayons qu’il réfléchit : c’est pourquoi il les disperse et aflbiblit leur effet ; un miroir concave, au contraire , les rend presque toujours convergens par la réflexion : de sorte qu’ils concourent en un point, et que leur effet est augmenté.
- Les verres convexes des deux côtés s’appellent lentilles. V. CONCAVE ,.LENTILLE , VERRES.
- CONVOI , s. m. du latin con-viare, aller ensemble, accompagner.
- ( Cérémon. rel. ) Convoi se dit de l’assemblée qui accompagne un corps mort qu’on porte à la sépulture avec les cérémonies funèbres.
- ( Art milit. ) Convoi se dit aussi d’un secours de troupes , de munitions , et d’argent que l’ori jette dans une place ou dans un camp.
- ( Marine ) Convoi est encore un nombre de vaisseaux marchands conduits et escortés par un ou plusieurs vaisseaux de guerre pour les protéger contre les ennemis. En cas de rencontre d’ennemi, même de force supérieure, le commandant doit faire aux marchands signal de sauve qui peut « et se battre jusqu’à la dernière extrémité, se sacrifier même pour le salut des bâfi' mens du commerce. Il est honorable en pareil cas d’être pris, pourvu qu’on ait fait une belle défense, et qu’on ait donné lieu au convoi d’échapper. Mais le chef du convoi peut et doit même éviter le combat quand il n’est pas nécessaire f la sûreté du convoi, dont il 11e doit se séparer , s’il n’y est force, qu’après l’avoir fait entrer dans le port de sa destination.
- CONVOLUTÉ , adj. du lat. cori' volutum , formé de convolvo , i'°u' 1er, envelopper, entortiller. r
- { Botan. ) Feuille convolutee, celle qui est roulée en dedans un côté , sur lequel l’autre s’appb que en s’incourbant, ou même e® l’enveloppant ; en sorte que cet ^ feuille, avant son parfait déreloP"
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- pement, fait le cornet ou l’entonnoir. On trouve des exemples de fet enroulement dans le balisier , le bananier , et beaucoup d’autres genres MONOCOTYLEDONÉS. V. ce mot.
- CONVULSION, s. f. du latin convulsio , formé de convello, tirer avec violence , secouer.
- ( Méd. Contraction violente et involontaire de tout le corps ou is quelques-unes de ses parties. Quand la contraction est irrégulière et successive , on l’appelle mouvement convulsif. Lorsque la contraction des muscles est continue et permanente , on la nomme simplement convulsion.
- COPAL , s. m. mot mexicain.
- ( Ilist. nat. ) Les Mexicains donnent ce nom à toutes les résines et gommes odorantes , dont ils distinguent les différentes espèces par un surnom particulier ; mais on appelle particulièrement copal une résine apportée de la Nouvelle-Espagne , qui est très-blanche et transparente Les Indiens s’en servent dans leurs sacrifices au lieu d’encens.
- ( Peinture ) On prépare aujourd’hui le vernis de copal pour être employé dans la peinture , en imitation de l’école de Venise.
- On sait que tous les tableaux exigent un enduit qui donne de l’éclat, du brillant et de l’effet aux travaux des artistes, et qui garantisse les couleurs de l’action de l’atmosphère , ou qui détruise I'EjIBU. V. ce mot.
- Les vernis sont en général composés d’une substance dessicative, telle qne les gommes , les laques , les mastics , l’ambre jaune , le ssn-daraque et le copal, et la manière oe les préparer est assez connue des artistes 5 mais un Anglais, nom-1116 Sheîdrake, a publié , en 1790 , UDe méthode particulière pour dis-soulre le copal dans l’essence de brebenthine et dans l’alcool. Ce rernis est beau et transparent, et O avantage de ne point affaler le j,°n des tableaux sur lesquels on 1 EPplique; par sa composition , il esttrès-pén étrant , et lorsqu’il est il est aussi solide et dure au-
- î!t que les autres vernis.
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- COPERNIC , nom d’homme.
- (Mstron. ) Système de Copernic ; c’est un système dans lequel oa suppose que le soleil est en repos au centre du monde , et que les planètes et la terre se meuvent autour de lui dans des ellipses.
- Ce système a été soutenu par plusieurs anciens , et particulièrement par Pythagore et par Archimède ; mais après ce dernier, il tut extrêmement négligé et même oublié pendant plusieurs siècles. Enfin , Copernic le fit revivre en i55o; et adoptant l’opinion des pythagoriciens , il observa, calcula, compara , etc. et trouva quhl pouvoit, non seulement rendre compte de tous les phénomènes et de tous les mouvemens des astres, mais encore faire un système du monde fort simple.
- Ce système est aujourd'hui généralement suivi en France et en Angleterre , sur-tout depuis qne Descartes et Newton ont cherché l’un et l’autre à l’alïermir par des explications physiques.
- Lorsque Copernic proposa son système, les lunettes d’approche n’étoient pas inventées, et on lui objectoit la non existence des phases de Vénus et de Mercure ; il prédit qu’on les découvriroit un jour , et les télescopes ont vérifié sa prédiction.
- Copernic est encore le nom d’nn instrument astronomique proposé par Whiston , pour calculer et représenter le mouvement des planètes.
- COPHOSE, s. f. du grec ( hophosis ) , dont la racine est ( kdpàod î , rendre sourd.
- ( Méd ) Surdité.
- COPIE , s. f. du latin barbare copia , dans la même signification. Ecrit qui a été transcrit d’après un autre.
- ( Pratique ) Transcription d’un acte.
- Copie collationnée ; c’est la copie qui a été relue et reconnue conforme à l’acte dont elle est tirée.
- Copie figurée : celle où l’on représente l’original , tel qu’il est , mot pour mot, ligne pour ligne avec ses renvois , ses ratures , ses
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- signatures, etc. Ces copies sont ordinairement ordonnées lorsque l’original est soupçonné de faux ou d’altération.
- Copie signifiée; celle que l’huissier laisse à une partie ou à son procureur.
- ( Imprimerie ) Copie, en terme d’imprimerie , a un sens tout opposé à celui qu’on lui donne ordinairement : il signifie le manuscrit d’un auteur , le premier ouvrage même sur lequel on imprime. Il faut envoyer à Vauteur demander de la copie.
- ( Pratique ) Les avocats appellent aussi copie la première minute de leurs écritures.
- ( Peinture ) Dans le langage des arts on appelle copie un tableau fait d’après un autre tableau. Le même mot se dit des statues , dessins , estappes , etc. Quand c’est le maître lui-même qui s’est copié, le second tableau s’appelle un double.
- Il y a des copies faites avec tant d’art qu’il est difficile de les distinguer des originaux. Il y a des tableaux qui ne sont en quelque sorte ni de vrais originaux , ni de véritables copies ; tels sont la plupart des tableaux de chevalet de Raphaël : il en faisoit les dessins, les laissoit peindre par ses élèves, et y raettoit la dernière main.
- Les plus habiles artistes convien-nentmodestement qu’ils pourroient être trompés à des copies ; les marchands sont loin de faire le même aveu, et l’on trouve des amateurs qui s’expriment à cet égard comme les marchands.
- Les copies , quelques fidèles qu’elles soient, sont dédaignées par la vanité des amateurs : ils les rejettent avec mépris, quand ils sont avertis ; ils les révèrent comme des originaux , quand ils sont abandonnés à leurs propres connois-sances.
- Vasari , témoin oculaire, raconte un fait capable de rendre circonspects les connoisseurs qui prétendent ne pouvoir être trompés par des copies. Raphaël avoit fait le portrait de Léon X , Jules Romain y avoit travaillé. Le duc de Mantoue obtint ce tableau du pape Clé-
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- ment VII ; mais Octavien de Mc-dicis différa d’envoyer le portrait sous prétexte de l’orner d’une bordure plus riche , et en fit faire une copie par André del Sarte. Ce fut cette copie qni fut envoyée au duc. Personne ne soupçonna la supercherie. Jules Romain lui-même, qui étoit à Mantoue, fut trompé comme les autres, et crut recon-noître l’ouvrage de sa main. Il ne put être désabusé que par Vasari qui avoit vu faire la copie, et qui lui montra les marques qu’on y avoit faites pour la reconnoitre. La copie et l’original sont maintenant au Muséum national.
- COQUE, s. f. du latin coucha, formé du grec xoy/.oç ( cochlos ).
- ( Botan. ) Coque se dit de l’enveloppe de certains fruits. Ces coques sont quelquefois plusieurs en nombre : de-là les expressions dico-que ou bicoque , tricoque, etc. Mais on a singulièrement abusé de ces épithètes en les donnant à divers fruits très-différens entre eux par d’autres qualités plus essentielles que la forme.
- Gœrtner définit ainsi la coque: fruit pluriloculaire , oligosperme, columellé, déhiscent,ordinairement par les cloisons en autant de loges distinctes, et renfermant exactement une ou deux graines renversées : la paroi interne gireuse ou osseuse de ces loges se fendant et se rompant ordinairement avec élasticité , en se dépouillant plus ou moins de la partie extérieure du péricarpe.
- ( Marine ) Coque se dit. du corps du navire , sans mâts , cordages m apparaux.
- Coque se dit encore , en parlant des cordages , pour désigner "n nœud ou grosseur qui se forme par l’élasticité du cordage qui se repl>e sur lui-même.
- COQUELUCHE , s. f. espèce de toux qui attaque principalement les enfans, et ainsi appelée , parce que ceux qui en étaient attaqués por' toient une coqueluche , ou capU' chon -, pour se tenir chaudeihent-
- COQUILLE , s. f. du lat coucha, d’où l’on a fait conchyha > c0' quille.
- ( Hist. nat. ) Couverture ou c0'
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- Jes limaçons et des poissons iUc les naturalistes appellent TES-ÏACÉS ou CONCHYLIFÈRES. f. ces mots.
- La substance de la coquille est analogue à celles des os des animaux. Elle est formée de deux substances différentes ; l'une membraneuse , l’autre crétacée , unies par juxta-position.
- Les coquilles sont univalves , bivalves ou multivalves, c’est-à-dire, d’une , de deux ou de plusieurs pièces. Toutes les coquilles de terre sont univalves, celles d’eau douce sont univalves ou bivalves ; les coquilles de mer sont des trois espèces.
- Coquille se dit aussi des coques d’œufs et de noix , principalement quand elles sont rompues , cassées.
- ( Anat. ) Coquille se dit encore delà partie de l’oreille interne.
- (Archit.) Coquille est un ornement de sculpture, imité des conques marines.
- ( Art milit. ) Coquille à boulet ; ce sont des moules dont on se sert pour faire des boulets.
- ( Imprimerie ) En terme d’imprimerie , on appelle coquille une lettre déplacée de son cassetin et mêlée parmi d’autres lettres de la même casse : on le dit aussi d’une lettre employée pour une autre dans la composition. Cet ouvrier est su-< jet à faire des coquilles.
- COR , s. m. du latin corpus , qu’ou a dit anciennement pour ver-nica,
- ( Mêd. ) Durillon ou tubercule blanc , dur et calleux, qui vient aux pieds , le plus souvent par la compression des souliers.
- COR , ( instrument ) , s. m. de coran ; un ancien concile défend aux ecclésiastiques de chasser cum eornu et clamore , à cor et à cri.
- ( Musique-vénerie j Trompette de chasseur.
- CORACOÏDE , adj. mot grec composé de korax, corbeau,
- et de niai ( eidos ) forme, figure : qui a de la ressemblance avec un bec de corbeau.
- ( Anat. ) Nom d’une des apophyses de l’omoplate.
- CORAIL, s. m. dulatin coralium, lormé du grec y,o?a.AXiov (koralhon)
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- dérivé , dit-on , de kojw» , orner , et de kxç, mer, comme s’il étoit la plus belle production de la mer.
- ( Hist. nat. ) Le corail rangé par les naturalistes parmi les polypiers flexibles,a une tige cornée , bran-chue, formée' de couches concentriques , couverte à l’extérieur d’une enveloppe poreuse , vascu-leuse ou friable , et parsemée de cellules , dont chacune contient un polype. Ces polypes, en étendant leurs tentacules , ressemblent à des fleurs , et cette propriété , ainsi que leurs tiges , les avoitfait classer parmi les végétaux. On sait aujourd’hui que ce sont de véritables animaux.
- ( Commerce ) On pêche le corail en grande abondance dans la médi-terranée , sur les côtes des dépar-temens du Var, et des Bouches du Rhône ( la ci-divant Provence ) ; mais plus particulièrement au Bastion de France , petite place aux côtes de Barbarie , dépendante du royaume d’Alger, où les Français ont un établissement.
- Pour la pêche qui se fait sur les côtes de France , on emploie communément des plongeurs, qui, pour mieux arracher le corail qui est attaché à la surface des rochers couverts par la mer, jettent àl’endroit indiqué par les plongeurs une grande croix de bois, au centre de laquelle est attaché un poids assez pesant pour le précipiter au fond de la mer , et à chacune de ses extrémités un filet orbiculaire destiné à embarrasser le corail.
- X,orsque les branches de la croix poussées par les plongeurs dans les creux des rochers, ont engagé le corail dans les filets , ceux qui sont à bord de la felouque, vulgairement appelée coraline, détachent leîcorail de dessus le rocher , et le tirent hors de l’eau au moyen d’une grosse corde attachée au centre de la croix.
- Mais, comme la quantité de corail pêchée par les plongeurs ne suffiroit pas aux besoinsducommerce , il y a à Marseille une compagnie qui en fait faire la pêche à ses dépens , au Bastion de France. Cette compagnie dont les travaux ont été suspendus pendant la Révo-
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- lution , et qui vient d’être rétablie , fournit aux corailleurs les coralines , autrement satteaux , espèces de felouques ou barques destinées à cet usage , avec tout qce ui est nécessaire pour cette pêche.
- La pêche de chaque satteau est estimée , année commune, à vingt-cinq quintaux ; elle se divise eu treize portions , dont quatre poulie patron , deux pour le projet ( celui qui est le plus exercé à jeter dans la mer la machine qui sert à tirer le corail ) ; une pour chacun des six autres corailleurs ( l’équipage est composé de huit hommes); et la treizième , pour la compagnie qui fait faire la pèche et qui fourni les satteaux. Les anciennes pêcheries de corail étoient la mer persique , la mer rouge , la mer de Sicile et de Naples.
- ( Matière 'médicale ) On tire du corail une teinture et un syrop astringent ; mais ces préparations n’ont pas une efficacité bien marnée ; le corail en substance a plus e vertu , il agit plus sûrement comme astringent et absorbant , lorsqu’il n’est altéré par aucune manipulation. On donne le corail en poudre depuis quinze grains (8 grammes nouveaux), jusqu’à un gros, o , 58 décagrammes.
- CORAI5CHITE, s.m. de l’arabe coraisch , dont la racine est kara-sega, il a recueilli , amassé.
- ( Mahomet ) Nom d’une famille ou tribu principale de la ville de la Mecque , de laquelle on tiroit, avant Mahomet , les administrateurs et gardiens du temple. Mahomet éîoit cordischite , et eut néanmoins les gens de cette famille pour ses plus grands ennemis. On a donné dans la suite ce nom à tous les anciens Arabes , compagnons et contemporains de Mahomet.
- COEBAN, s m. de kourban , qui en hébreu , en chaldéen et en syriaque, signifieoffrande,oblation, sacriüee.
- ( Culte màhomét. ) Cérémonie que les niahométans font au pied de la montagne Arafat en Arabie , près de la Mecque : elle consiste à immoler nu grand nombre de
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- brebis , dont ils distribuent Jj chair aux pauvres.
- CORBEAU, s. m. du lat. corpus , formé du grec Kopzg (korax), dérivé, suivant quelques-uns, de l’hébreu oreb, que les Arabes prononcent gorab.
- ( Hist. nat. ) Le corbeau , classé par les naturalistes parmi les passereaux plénirosres , c’est-à-dire à bec droit, fort et comprimé : c’est un oiseau carnassier, voleur, criard et importun , mais très-utile pour débarrassér la terre des charognes infectes.
- ( Divination ) Le corbeau étoit parmi les Romains un oiseau funeste et de mauvaise augure , surtout lorsqu’il paroissoit à la droite et du côté de l’Orient : il étoit consacré à Apollon comme au dieu de la divination,
- ( Marine ancienne ) Les anciens avoient plusieurs machines de ce nom : le corbeau du consul Duiilius qui remporta la première victoire sur mer contre les Carthaginois, étoit une machine assez semblable à la grue dont on se seijt pour enlever des ,fardeaux, et ce corbeau a voit des griffes de fer pour accrocher le bordage.
- Le corbeau des Tyriens étoit composé de faulx attachées à l’extrémité des vergues de leurs galères, avec lesquelles ils coupoient les gros câbles, au bout desquels les béliers étoient suspendus.
- Le corbeau d’Archimède ser-voit à harponner et enlever les vaisseaux.
- ( Art milit. anc. ) Le corbeau démolisseur de 3>iades étoit une machine qui servoit à accrocher et à tirer les pierres d’une muraille en bas ; celui à tenailles servoit à accrocher et à attirer le belier -Ae corbeau double en abaissoit la tete et en rompoi-t le coup ; le corbeauj lacs courants et à pinces étoit formé de lacets attachés à des corbeaux dont on se servoit confie les efforts du belier.
- ( Archit. ) Corbeau est une grosse pierre de taille en saillie pour soutenir une poutre, et ainsi non)' mée parce qu’elle imite en quelque sorte l’oiseau de ce nom.
- On fait aussi des corbeaux e
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- fer qni servent au même usage.
- CORBEILLE, du lat. corbicu-la ; diminutif de corbis , panier.
- ( Modistes ) On appelle corbeilles Je petits paniers propres et ga-lans où l’on met des Heurs , ou dans lesquels on envoie des présens à l’occasion d’un mariage, de la naissance d’un fils , etc.
- ( Art milit. ) Corbeilles se dit de petits gabions remplis de terre, que l’on met sur le parapet pour faire feu sur l’ennemi sans en être vu.
- ( A relut. ) On appelle aussi corbeilles des vaisseaux que l’on met d’ordinaire sur la tète des CARIATIDES ( V. ce mot ) , et qui sont chargés de fleurs, de fruits ou d’autres ornemens.
- CORBILLARD, s. m. de Cor-beil, ville à 7 lieues ( 2.72 myria-raètres ) de Paris.
- ( Navigation intérieure) Ce mot a d’abord signifié un coche d’eau qui venoit de Paris à Corbeil ; puis on a appelé ironiquement corbillard certaines grandes voitures à huit personnes où l’on étoit fort pressé.
- ( Sépulture ) Ce nom désigne j particulièrement un chariot drapé I ou peint en noir, sur lequel on transporte les morts.
- CORCELET , s. m. diminutif de corcet, fait de corps , qui a produit aussi corsage.
- ( Entomologie ) On désigne ordinairement par ce mot la partie du corps des insectes qui se trouve entre la tête et l’abdomen.
- ( Conchyliologie) Corcelet se dit aussi de la face antérieure de quelles coquilles, qui est séparée du isque par une carène saillante , par une ligne enfoncée. CORDE, s. f. du latin chorda j Jormé du grec , qui a signi-
- hé originajreiïlerit intestin , et ensuite une corde d’instrument à Musique, à cause que ces sortes de cordes sont faites d’intestins d’animaux.
- ( Manuf. ) Tortis fait ordinairement de chanvre , et quelque-j ois de coton , de laine , de soie , u écorce d’arbres, de poil , de I tr*n , de jonc , et d’autres matières pliantes et flexibles.
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- Corde, en parlant du drap, se dit des fils dont il est tissu.
- ( Jeu de paume ) Corde se dit d’un filet tendu au milieu du jeu, et qui va jusqu’à terre pour arrêter les balles.
- ( Anat. ) On appelle corde d'hyppocrale le tendon d’Achille; la corde du tambour, un filet de nerfs qui fait la membrane du tambour.
- (Mécan.) Résistance des cordes; M. Amontous a remarqué qu’une corde est d’autant plus dilhcile à courber , i.° qu’elle est plus roide et plus tendue par le poids qu’elle porte, 2.° qu’elle est plus grosse, 3.° qu’elle est plus courbée , c’est-à-dire qu’elle enveloppe un plus petit cylindre: d’où il s’ensuit que la résistance des cordes doit entier dans Je calcul des machines.
- Vibration des cordes ; si une corde tendue est frappée en quelqu'un de ses points par une puissance quelconque , elle s’éloignera jusqu’à une certaine distance de sa situation, reviendra ensuite, çt fera des vibrations comme un pendule qu’on tire de son point de repos: .Les géomètres ont trouvé les lois de ces vibrations ; Taylor et Jean Bernouilli ont démontré ces lois.
- ( Géom. ) Corde est une ligne droite qui joint les deux extrémités d’un arc ( V. ARC ), ou bien c’est une ligne droite qui se termine par chacune de ses extrémités à la circonférence du cercle, sans passer par le centre, et qui divise le cercle en deux parties inégales qu’on appelle segment. V. SEGMENT.
- ( Marine ) de corde les marins ont fait cordage, pour exprimer toutes sortes de cordes et de cables qui sont employés dans les agrès d’un vaisseau. 11 y a des cordages blancs, c’est-à-dire, qui ne sont point goudronnés; Cordages noirs, ceux qui sont goudronnés, soit à mesure que le fil est divisé , soit au moment où ils sont achevés.
- Cordages de premier brin, faits du premier brin du chanvre.
- Cordages de second brin, fabriqués avec le second brin du chanvre.
- Cordages refaits , ceux qui sont composé# de fil de caret et des
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- torons d’un cordage qui a déjà servi.
- Cordages en trois , composés de trois torons.
- Cordages en quatre, formés de quatre torons.
- Cordages deux fois commis, ceux composés de deux , de trois ou de quatre cordons ou cordes, que l’on assemble de nouveau pour en faire un plus gros et plus fort cordage : tels sont les CABLES , les GRELINS , les ÉTAIS. V. ces mots.
- Fabrication des cordages; depuis dix ans le nord et l’Angleterre ont fait plusieurs améliorations dans l’art de la corderie. M. Belfour , d’Elseneur en Dane-marck r a inventé, en mars 1793, une machine où chaque fil est tourné sur un dévidoir ou touret séparé , et tellement construit qu’il ne délivre les fils qu’autant qu’ils sont appelés dans l’opération du commettage, à former, par une tension égale, leur part dans la confection d’un toron.
- Le principe de cette machine est fondé sur l’observation faite par M. Belfour, que dans la fabrication ordinaire des cordages, tous les brins ne sont pas dans un degré égal de tension ; que tous les fils ne tendent pas également à soutenir l’effort qui agit sur la corde f'abri-auée , et que plusieurs de ces fils se roulent, se replient et sont enveloppés dans les torons , faute d’avoir été tendus dans une même
- Ïiroportion. Les cordages faits avec a machine de M. Belfour , ont donc un plus grand degré de force, sont moins sujets à s’allonger , sont plus compacts, moins sujets à casser que les cordages fabriqués d’après les anciens principes.
- ( Botcm. ) Les botanistes emploient le mot cordé , du latin cor-datus , formé de cor, cordis, cœur, pour désigner les parties des plantes qui ont la figure d’un cœur , et qui sont planes ; à l’égard de celles qui sont solides, ils se servent du terme cordiformes, qui ont la forme d’un cœur.
- ( Musique ) Corde sonore ; plus une corde fait de vibrations dans un temps donné, plus le son qu’elle rend est aigu ; moins elle fait de vibrations , plus le son est grave.
- COR
- Il y a trois moyens de changer le son d’une corde ; en changeant son diamètre , c’est-à-dire la grosseur de la corde , ou sa longueur ousa tension. Ce que ces altérations produisent successivement sur une même corde , on peut le produire à la fois sur diverses cordes, en leur donnant différens degrés de grosseur, de longueur et de tension. C’est cette méthode combinée que l’on met en usage dans la fabrique , l’accord et ie jeu du clavecin , du piano , du violon , de la basse , de la guittare , et autres pareils instrumens composés de cordes de différèntes grosseurs, et différemment tendues , lesquelles ont par conséquent des sons différens.
- Le mot corde se prend figurément en composition pour les sons fondamentaux du mode , et l’on appelle souvent cordes d’harmonie les notes de basse , qui, à la faveur de certaines dissonnances, prolongent la phrase , varient et entrelacent la modulation.
- Cordes vocales; c’est un nom que Ferrier , de l’Académie des sciences, a donné aux cordons tendineux qui forment les bords des deux lèvres de la glotte. Ces cordons sont attachés à des cartilages qui servent à les tendre , et suivant Ferrier , ils sont frottés par l’air, comme une corde l’est par un archet ; de sorte qu’au moyen des différens degrés de tension qu’ils reçoivent de la part des cartilages, ils sont susceptibles de rendre les différens tons. De-là cette expression : Cette cantatrice a de belles cordes dans la voix.
- CORDEAU., s. m. diminutif de CORDE. V. ce mot.
- (Architect. Génie et Arpent.)
- Corde longue et menue dont les ingénieu.s , les architectes les arpenteurs , les jardiniers etc. se servent pour régler un campement, lever les plans, pour tracer des dessins de bâtirnens , de parterres, jardins , etc.
- CORDIAUX ; ad], du latin cot-dialis , ou cordiacus, qut appar' tient au cœur.
- ( Méd. ) Epithète que l’on doune aux remèdes qui fortifient le cœur et re'tablissent les forces.
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- COR
- CORDON , s. m. dimin. de corde if. ce mot). Ce qui sert à lier ou à entourer quelque chose.
- ( Chevalerie ) C’est quelquefois „n ruban , une marque de chevalerie.
- ( Blason ) En matières de blason, cordon est une marque qui accom-pague l’écusson des armes des cardinaux , prélats etc. , et descend du chapeau qu’ils portent pour cimier.
- Ce cordon se termine en se divisant et se subdivisant en un nombre de houpes plus ou moins grand, selon leur dignité.
- Le cordon des cardinaux est ronge, terminé, de chaque côté de l’écusson, par quinze houpes de la même couleur. Celui des archevêques est de sinople , ainsi que les houpes, au nombre de dix. Celui des évêques est aussi de siuojïle avec six houpes.
- ( Bhysiol. ) Cordon se dit de différentes parties du corps humain qui ont cette figure. Le càrdon spermatique , le cordon ombilical , les cordons ligamenteux des apophyses épineuses des veiSébres.
- ( Botan. .) Cordon ombical se dit d’une saillie formée par le réceptacle d’une graine.
- ( Jardin. ) Cordon de gazon ; c’est une bande de gazon qui règne le long de quelque plate-bande.
- [Art milit.) Cordon est unebande de pierres , qu’on met où finit la muraille, et où commence le parapet ; il règne tout autour de la place ; ou autrement c’est une saillie cintrée de dix à douze mètres qui règne tout alentour des pièces de fortification a la hauteur du rempart,
- Cordon se dit aussi d’unesuite de postes , qui sont en état de se donner la main , soit pour empêcher la contrebande, soit pour prévenir la communication d’une maladie contagieuse , etc.
- ( Archit. ) Cordon , rang de pterres arrondies en forme de tore , *lai termine un mur de terrasse , etc.
- ( Hydraul. ) Cordon est un tuyau que l’on fait tourner autour d’une fontaine , pour former ÛQe suite de jets placés au milieu ou *l,r les bords.
- ( Monnaie ) Cordon se dit aussi 'Jornc I.
- COR 4oi
- du petit bord façonné qui est autour d’une pièce de monnaie.
- ( Ihst. des Turcs ) Mander le cordon ; c’est envoyer des muets muais d’une patente impériale qui les autorise à étrangler la personne à qui elle est adressée. Les muets présentent la patente à celui qui est condamné ; celui-ci la baise, se met à genoux , fait sa prière , et lorsqu’elle est finie , les deux muets lui présentènt le sacré cordon de soie , lequel il baise aussi. Après quoi, ils font un nœud coulant , le lui passent au col , et tirent les bouts, l’un d’un côté , et l’autre de l’autre. L’homme mort, ils lui coupent la tête , l’empaillent, et la mettent dans un magnifique sac de velours vert : c’est ainsi qu’ils la présentent à l’Empereur.
- CORDONNIER, s. m. corruption de cordouanier, formé de cordouan, espèce de cuir qui vient de Cordoue , en Espagne , et dont les Anglais ont fait cordwainer , dans la même signification.
- ( Tecknol. } Artisan dont le métier est de faire des souliers, des pantoufles , des bottes et autres pareilles chaussures.
- La chaussure qui est la partie de l’habillement qui couvre le pied, a beaucoup varié, soit pour la forme, soit pour la matière. Les Egyptiens ont eu des chaussures de papyrus , les Espagnols de genêt tissu , les Indiens , les Chinois et d’autres peuples , de jonc , de soie , de lin , de bois, d’écorce d’arbre , de fer , d’airain , d’or et d’argent : le luxe les a quelquefois couvertes de pierreries. Les Grecs et les Romains • avoient des chaussures de cuir ; nous faisons usage de la meme matière , et nous employons aussi pour la chaussure des femmes diverses sortes d’étoffes 5 mais au lieu de suivre la nature, nous leur donnons le plus souvent , une forme qui gêne les divers mouvemens des os du pied, dont l’entière liberté faisoit le principe des chaussures anciennes.
- CORIACE, adj. dulat. coriaceus, dur comme cuir.
- ( Botan. ) Ce mot se dit des parties des plantes que leur dureté , leur tissu tenace , leur flexibilité , etc. , rapprochent de la nature du cujr.
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- CORIAIRE , adj. du lat. eoria-rius : qui sert à préparer les cuirs.
- ( Botan. )Les botanistes appellent coriaires, les plantes ou les parties des plantes que l’on emploie, ou qui peuvent être employées à la tannerie des cuirs. Bcorce coriaire du chêne , dn rhisophore , etc. , fruit coriaire de plusieurs légumineuses. etc.
- CORINDON ; s. m. corruption de l’Indien, Corund.
- ( Minéral. ) C’est le nom que porte à la Chine le spath adamantin. La couleur de cette pierre , lorsqu’elle est pure , est d’un blanc grisâtre. On le trouve dans le granit à la Chine et aux Indes. On prétend qu’ou le réduit en poudre pour en polir les pierres précieuses.
- CORINTHIEN , adj. du lat. Co-rinthius, Ccrinthiacus, de Corinthe.
- ( Archit. ) Ce mot sert à désigner le quatrième ordre d’architecture, et ce qui a rapport à cet ordre. Yoici comme Vitruve rapporte l’origine de cet ordre. « Une jeune fille de Corinthe prête à marier , étant morte ,. sa nourrice posa sur son tombeau, quelques petits vases qu’elle avoit aimés pendant sa vie ; et afin que le temps ne les gâtât pas si-tôt, étant à découvert, elle mit une tuile sur le anier. Cette tuile ayant été posée par asard sur la racine d’une plante d’acanthe , il arriva, lorsqu’au prin-tems les feuilles et les tiges commencèrent à sortir , que le panier qui étoit sur le milieu de la racine , fit élever le long de ses côtés les tiges de la plante , qui , rencontrant les coins de la tuile , furent contraintes de se recourber en leur extrémité , et faire le contournement des volutes. »
- Callimaque , célèbre sculpteur de ce tems-là , passant près de ce tombeau , fut enchanté du merveilleux effet de ces feuilles ; il les dessina avec le panier, et en inventa le chapiteau corinthien.
- L’ordre corinthien est le plus délicat etleplus riche de tous les ordres d’architecture. Son chapiteau est orné de deux rangs de feuilles , de huit grandes volutes et de huit petites, qui semblent soutenir le tailloir, La colonne, ayee sa base et »on cha-
- COR
- pileau, a dix diamètres de hauteur et sa corniche des médaillons.
- Depuis Vitruve, on a changé quel, que chose à l’ordre corinthien • et sans parler du corinthien moderne qui est une espèce d’ordre composé, on ne trouve point, dans tout ce qui nous reste d’ancien corinthien fait depuis Vitruve , les proportions exactes qu’il marque dans son livre.
- CORNAC , s. m. mot indien.
- ( Hist. nat. ) C’est le nom que les Indiens donnent à celui qui est chargé de la conduite d’un éléphant, qui le dresse à tout ce qu’il juge à-propos , et qui en est comme le gouverneur.
- Lorsque le cornac exige de l’éléphant qu’il gouverne quelque travail pénible et auquel il n’est pas accoutumé , il n’a qu’à lui promettre de le l’égaler de quelque chose qu’il aime, et i’animal se prête volontiers à ce qu’on exige de lui ; mais il devient furieux lorsque son comaclvà manque de parole , et plusieurs ont été victimes de leur infidélité.
- Lorsqu’un cornac veut conduire l’éléphant qu’il a dressé , il se met sur son cou, tient à la main une grosse verge de fer , dont un bout est terminé par un crochet pointu, et l’autre par une pointe. Celle-ci lui sert d’éperon , et le crochet supplée à la bride. Avec cet instrument il dirige la marche de l’animal, en le piquant aux oreilles et au museau; mais plus communément au front, ce qui y entretient une plaie qui est presque toujours ouverte , etqui rend l’éléphant plus sensible à la piqûre.
- CORNALINE, s. f. du lat. caro, carnis , chair ; couleur de chair: ou de coraiium , corail, auquel on aura ajouté un n: couleur decoran-
- ( Minêr. ) La cornaline est une variété du quartz-agathe qui appr°' che ie plus de la couleur des chairs-Les anciens la nommoient garda. Son nom moderne vient de ce que s* couleurapproche de celle de la chair ou du corail.
- ( Glyptique ) La cornaline e5t la pierre sur laquelle les graveur* anciens et modernes ont le plus son vent fait des intailles ou gravures en creux. Les modernes l’ont souye employée pour graver des armoirie--On appelle cornaline d’ancien •
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- roche celle dont la transparence est la plQs Pm'e.
- CORNE , s. f. en latin cornu , en orec nîp*c(keras), en hébreu keren , en chaldéen keran , en arabe karn , tU gothique haum , en anglo-saxon, ea anglais , en allemand et dans les autres dialectes teutoniques horn.
- ( Hjst. nat. ) Partie dure qui sort de la tète de quelques animaux , et qui leur sert de défense et d’ornement.
- ( Mat. médic. ) Les cornes les plus propres à fournir des secours à [a matière médicale , sont celles du cerf et du daim. Ces cornes participent de la nature des os, parce qu’elles contiennent une plus grande quantité de terre osseuse que les cornes des autres animaux.On l’emploie comme absorbant, et on la donne comme telle pulvérisée , passée au tamis et incorporée dans les bols ou les élec-tuaires.
- ( Technologie ) Corne artificielle y on appelle ainsi des pièces de gaze métalliques formées de fil de laiton et plongées plusieurs fois dans une décoction de colle de poisson , et dont la transparence obtenue par ce procédé , égale celle de la plus belle corne , devenue depuis long-tems trop rare pour suppléer aux besoins de la marine dans la fabrication des fanaux
- (Physiologie} Corne se dit, dans ou sens figuré , de portions qui ressemblent à des cornes , ou par leur forme, ou relativement au tout dont 'lies font partie.
- Les grandes et les petites cornes
- "ocartjlage thyroïde.
- Les grandes et les petites cornes l’os hyoïde.
- Les cornes d’Ammon ou les cornes belier , éminences placées dans mrfoncemens des ventricules tra-Jesdans les hémisphères du cerveau. Qlcs appelle aussi hippocqmpus.
- -k os sacrum a deux éminences J°mmées cornes, qui ressemblent à l'es du coccix , avec lesquelles ! s se joignent par le moyen de -ux ligamens.
- fies cornes de la matrice sont les t'0tIrpes. Dans quelques animaux ce , SCtl’e est divisé de façon à former e* espèces de cornes»
- COR 4o5
- ( Archit. ) Corne , le coin du tailloir et de l’abaque.
- Corne dJabondance y ouvrage de sculpture en forme de corne , d’où sortent des fruits , des fleurs , des bijoux et autres richesses. Cet ornement tire son origine de la Fable. Jupiter ayant été nourri par la chèvre Amalthée , la plaça dans le ciel au rang des astres , et donna une de ses cornes aux nymphes qui en avaient eu soin , avec la vertu de produire tout ce qu’elles souhaiteroient.
- ( Agricult. ) Corne se dit des liens ou attaches que produit la vigne, et qui sont fourchues à leur extrémité.
- ( Art milit. ) Ouvrage à corne y C’est un dehors ou une pièce détachée , dont la tête est fortifiée de deux demi-bastions ou épaulemens joints par une courtine et fermés de côté par deux ailes , qui sont pareilles l’une à l’autre , et qui vont se terminer à la gorge de l’ouvrage.
- Cornes de beliers y ce sont des flancs bas qui tiennent lieu de tenailles pour défendre le fossé. Ces ouvrages sont faits en portion de cercle, et sont de l’invention de M. de Belidor.
- ( Marine ) Corne d’artimon ; c’est une vergue à corne placée à l’artimon , et à laquelle on hisse le pavillon, dans les circonstances où il n’est pas possible de le hisser au mât de pavillon.
- CORNÉ , adj. de corne.
- ( Botan. ) Plante ou partie de plante d’une substance dure , très-compacte , ni fibreuse, ni grenue.
- Ce mot s’emploie aussi pour désigner la couleur , la transparence d’une partie.
- CORNÉE , s. f. de corne.
- ( Physiol. ) L’une des tuniques de l’œil la plus externe , la plus épaisse et la plus forte. Ou l’appelle encore la sclérotique. ( V. ce mot. ) La cornée , ainsi appelée parce qu’elle ressemble , par sa couleur et par sa dureté , à de la corne , renferme toutes les autres parties dont le globe de l’œil est composé. On la divise en deux portions , une grande appelée cornée opaque , et une petite nommée cornée transparente , qui n’est qu’un petit segment de sphère, situé à la partie antérieure.
- Ce 2
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- ( Chimie ) Lune cornée , ou argent corné ; terme des anciens chimistes ; c'est ce que les modernes appellent muriate d’ argent. Voy. MURIÀ.TE.
- CORNET , s. m. diminutif de cor. V. ce mot.
- ( Art de la guerre anc. ) Cornet étoit un instrument de guerre des anciens.
- Les légions avoient des cornets , des trompettes et des bnccines. Lorsque les cornets sonnoient , ii n’y avoit que les enseigues qui obéis-soient, et non les soldats. Quand les enseignes dévoient marcher seules sans les soldats , on ne sonnoit que des cornets, comme on ne sonnoit que des trompettes quand il étoit question de faire marcher les soldats seuls , saus les drapeaux, pour quel-gu’ouvrage particulier. C’étoit les cornets et les bnccines qui sonnoient la charge et la retraite ; et pendant le combat les trompettes et les cornets sonnoient ensemble.
- ( Musique ) Cornet est aussi un des principaux jeux de l’orgue. Il y a le grand et le petit cornet.
- (Monnaie) Cornet d’essai d’or; c’est un bouton d’or tiré des coupelles , que l’on bat sur le tassau ou enclume , afin de l’étendre et de le Rendre mince , de la grandeur d’un grand sou , et roulé.ensuite en manière de cornet, sans le presser.
- ( Chirurgie ) Cornet à ventouses ; un cornet dont on se sert pour appliquer les ventouses.
- ( Acoustique ) Cornet acoustique ; instrument à l’usage de ceux qui ont l’oreille dure. Le sou se conserve dans cet instrument , parce qu’en traversant ses parois , il ne peut se répandre circulairement, et le son ainsi ramassé, frappe l’organe avec plus de force. On augmente encore l’effet du son en donnant à cet instrument une forme parabolique , parce que le son est réfléchi et comme ramassé en un seul point appelé foyer, où l’oreille est placée.
- ( Papeterie ) Cornet de la petite sorte , petit cornet ; deux sortes de papiers que l’on fabrique dans les départemens du Mont-d’Or et de la jVienne.
- CORNETTE, s. I dans le sms
- COR
- de chaperon , ancienne marque de magistrature ; il vient du latin coro-nula , parce que le chaperon qu’ou a depuis porté sur l’épaule droite étoit anciennement porté sur la tète et lié avec une bande de soie appelée cornette , ou parce que ce ruban fai-soit l’effet d’un petit bandeau , ou enfin parce que les deux bouts fai-soient les cornes.
- Cornette , dans la signification d'étendart , a été emprunté de l’italien cornetta , formé de corne qui signifie la pointe , l’aile d’une aimée.
- ( Art milit. et Marine ) Cornette, en termes de guerre , signifioit un étendart de cavalerie , et celui qui le portoit. Maintenant c’est, dans la marine , une marque de commandement , cjui consiste en une espèce de pavillon fendu en deux pointes , portant dans sa partie supérieure les couleurs du pavillon de la nation, il y en a de deux espèces distinguées seulement par la manière dont elles sont arborées. La cornette ou guidon à la tète du grand mât, en gui:e de pavillon , est la marque de commandement d’un capitaine de vaisseau qui a sous ses ordres trois bâti-mens de guerre ou plus. La même cornette ou guidon enverguée sur un bâton, comme une flamme , sert de marque de commandement à ui) officier de grade inférieur à celui de capitaiiie de vaisseau , qui a sous ses ordres trois bàtimens de guerre de la nation ou plus , soit à la met, soit dans une rade.
- CORNICHE, s. F. corruption de coronis : fin , perfection d’un ouvrage.
- ( Archit. ) Partie en saillie , composée de plusieurs moulures qm , e' présentent les extrémités des pièces de charpente qui forment les plaa' chers.
- Les corniches terminent les enta-blemens , et il y en a d’autant de* pèces qu’il y a d’ordres d’archit«c ture. .
- On appelle corniche architirav^ un entablement dont la frise estsup primée. .
- CORNUE , s. f. de corne, d°D’ cet ustensile a la figure. .
- ( Chimie ) Vaisseau qu’on emn poax les distillations. C’est une ba
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- COR
- teille à cou long et recourbé de manière à faire un angle avec la partie renflée de la bouteille. Cette partie renflée se nomme le ventre de la cornue , sa partie supérieure est ]a voûte , et la partie recourbée le col. On emploie le plus souvent les cornues pour les distillations qui exigent un degré de chaleur supérieur à celui de l’eau bouillante, et pour distiller les matières pesantes qui ne pourraient pas s’élever jusque dans le chapiteau d’un alambic» V. ALAMBIC.
- COROLLAIRE , s. m. du latin corollarium, de eorolla r petite couronne de lames minces d’argent ou d’oripeau , qu’on donnoit aux acteurs , aux athlètes , aux gladiateurs dont le public étoit content. C’est de - là qu’on a appelé coroi— larium tout ce qu’on donne au-delà de ce qui est dû , le par-dessus, l’excédent du poids et de la mesure.
- ( Didact. ) Les savans se sont emparés de ce terme pour exprimer ce qu’on ajoute par surabondance , pour augmenter la force des raisons dont on s’est servi pour prouver une proposition, et quisuffisoient par elles seules. Ainsi l’on dit : A toutes les raisons qu’on vient de détailler on peut ajouter pour corollaire , etc.
- ( Mathém. ) Les mathématiciens ont été plus loin ; corollaire a parmi eux une signification particulière: c’est une conséquence tirée d’une proposition qui a déjà été avancée ou démontrée. Ainsi , lorsque de cette proposition : Un triangle qui a deux côtés égaux a aussi deux angles égaux , ils tirent la conséquence qu’un triangle qui a les trois angles égaux , a aussi les trois côtés égaux ; cette conséquence est Ce qu’ils appellent un corollaire.
- COROLLE, s. f. du latin eorolla, contraction de coronula , diminutif de corona, petite couronne.
- (Sotan.) La corolle estun organe l'oral, laminé ou tubulé , simple on Multiple, qui, placé en dedans du calice , enveloppe intérieurement les 0rganes de la fructification , les pro-jegeetles défend. Elle manque dans ies fleurs complètement femelles ; ^ais toutes les autres eu sont pour-
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- vrtes : elle péril ordinairement après la fécondation. Elle est placée au-dessus , au-dessous , ou autour du pistil ; elle est composée d’un ou plusieurs pétales. Au milieu de la corolle sont les organes générateurs, pour lesquels tous les autres semblent avoir été formés. U. PISTIL , PÉTALE , CALICE.
- CORONAIRES , adj. du latin noronarius , formé de corona, couronne : qui a du rapport à la couronne.
- ( Physiol. ) C’est ainsi qn’on appelle deux artères qui partent de l’aorte, vis-à-vis ses valvules, avant qu’elle soit hors du péricarde , et qui servent à porter le sang dans toute la substance du cœur. On les appelle coronaires à cause que pat-leurs ramifications elles environnent la base du cœur comme une espèce de couronne ou de guirlande.
- Il y a encore les artères coronaires des lèvres ; Vartère coronaire stomachique , qui est une branche de la céliaque ; la veine coronaire stomachique , qui se décharge dans le tronc de la veine splénique , et qui en s’unissant avec la mésentérique , concourt à la formation de la veine-porte ; le ligament coronaire du radius, qui est un ligament qui unit le radius avec le cubitus ; enfin le ligament coronaire du foie.
- CGRONAL , adj. du lat. corona-lis , formé de corona.
- ( Anat. ) On donne ce nom à l’os du crâne et à sa structure. Il est ainsi nommé , parce qu’il répond à l’endroit où se place la couronne. On l’appelle encore os frontal.
- CORONER , s. m. du latin coro— na, couronne.
- ( Ilist. d’Angl. ) C’est, en Angleterre , un officier de justice qui est chargé de faire , au nom de la couronne et avec l’assistance d’un jury , des informations sur les causes de toute espèce de mort violente. Si c’est un suicide , et qu’il n’y ait pas des preuves évidentes qu’il ait été prémédité , la déclaration du jory s'exprime ainsi : Lunacy, dérangement d’esprit ; si c’est nn meurtre accidentel : Manslaughter , homicide ; si c'est un crime prémédité. Murdcry assassinat, par N, ou par.
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- des personnes inconnues ; enfin, s’il n’y a point de cause apparente , on se sert de cette formule : Par /« visitation deDieu,by thevisitation of God.
- CORPORATION, s. f. du latin corpus , corps.
- ( Econ.polit. ) On désignoit ainsi, avant la révolution , les communautés , les congrégations , les corps de métiers et toutes les compagnies qui prennent le nom de corps, et qui ont été supprimées parles nouvelles lois de la République française. Ce mot a été emprunté de l’anglais.
- ( Hist. d’Angl. ) Une corporation est , en Angleterre , un corps politique auquel une charte ou patente r oyale a donné le droit d’avoir un sceau commun , d’agir , de concéder et d’acquérir , de poursuivre , et d’être cité en justice , en un mot, de faire, dans l’étendue du territoire qui iui est assigné par sa charte , tout ce que la loi permet ou ne défend pas de faire à chaque particulier,
- CORPS , s. m. du lat. corpus.
- ( Phys. ) Substance étendue, impénétrable , purement passive d’elle-même et indifférente au mouvement ou au repos , mais capable de toute sorte de mouvement , de figure et de forme.
- Les corps ont des propriétés générales ou particulières. Les premières sont l’étendue , la divisibilité , la fi-gurabilité , la solidité , ou pour mieux dire , l’impénétrabilité , la porosité , la raréfractibilité , la con-densabilité , la compressibilité , l’élasticité , la dilatabilité , la mobilité et l’inertie. Les propriétés particulières sont celles qui n’appartienuent qu’à certains corps , exclusivement aux autres, telles sont : la dureté, la mollesse , la transparence , ,l’opacité , la liquidité , etc. V. ÉLASTICITÉ , COMBUSTION , pour les corps combustibles.
- ( Géom. ) Corps , en géométrie , signifie la même chose que solide. V. SOLIDE. Les corps géométriques différent des corps physiques en ce que ceux-ci sont impénétrables , au lieu que ceux-là ne sout autre chose qu’une portion d’étendue figurée , c’est-à-dire , une portion de l’espace
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- terminée en tout sens par des bornes
- intellectuelles.
- Les corps réguliers sont ceux qui ont tous leurs côtés , leur&angles et leurs pians égaux et semblables, et par conséquent leurs faces régulières.
- Il n’y a que cinq corps réguliers, le tétraèdre , composé de quatre triangles équilatéraux , l’octaèdre de huit , l’icosaèdre de vingt, le dodécaèdre de douze pentagones réguliers, et le cube de six carrés. Quand ou dit ici composé , cela s’entend de la surface ; les figures dont on vient de parler renferment ou contiennent la solidité et composent la surface de ces corps. V. RÉGULIER, IRRÉGULIER.
- ( Anat. ) On se sert, en anatomie, du mot corps pour désigner quelque partie du corps de l’animal que l’on désigne alors par des épithètes particulières ; telles que , les corps hordes , les corps olivaires , les corps cannelés , les corps caverneux , le corps pyramidal, le corps réticulaire , le corps pampini-forme ( 'V. ces mots. )
- ( Chimie ) Corps simples ; on appelle ainsi les substances que le chimiste n’a pu encore décomposer.
- Corps combustibles ; ce sont les corps qui ont la propriété d’absorber l’oxigène et de devenir ou acides ou oxides.
- Corps composés ; Ce sontles corps dont on connoît les principes et dont on peut combiner les élémens avec ceux d’autres corps , par le jeu des attractious chimiques. On dit des corps , qn’iîs sont des' composés binaires , ternaires, quaternaires, etc., selon qu’ils contiennent un plns grand nombre de substances différentes.
- (Physiol.) Le corps humain. Cour posé de solides et de fluides , étant considéré pari apport aux différentes motions volontaires qu’il est capable de représenter , est on assemblage d’une infinité de tuyaux et de machines hydrauliques. Enfin , si on Ie considère par rapport à la génération de ces mêmes fluides , c’est un antre assemblage d’instrumens et de vaisseaux chimiques, comme filtre*) alambics , récipiens , serpentines ,
- etc. Le tout est un composé que 1
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- peut seulement admirer, et dont la plus grande partie échappe même à notre admiration.
- ( Chirurgie ) Corps étrangers ; c’est, eu termes de chirurgie , tout ce qui n’entre point daus la composition de notre corps, On partage les corps étrangers en deux classes : on met dans la première tous ceux qui se sont formés au-dedans de nous ; dans la seconde ceux qui sont venus du dehors. Les uns et les autres peuvent être animés ou inanimés ; telles sont la pierre , dans les reins , dans les urètres ou dans la vessie ; la mole dans la matrice ; les vers et d’autres insectes dans les intestins ou dans quelqu’autre partie du corps; un enfant mort dans la matrice ; les esquilles d’os ou escarres. Ceux venus du dehors sont un dard , une halle de fusil, un éclat de bombe , de la bourre ; enfin ceux qui s’introduisent , sans division ni violence , dans les ouvertures naturelles, dans les yeux , dans le nez , dans le gosier , dans les oreilles , dans l’anus, dans l’urètre , dans la vessie, etc.
- ( Archit. ) Corps ; c’est , en architecture , toute partie qui par sa saillie excède le nud du mur et sert de champ à quelque décoration ou ornement.
- Corps-de-logis; étendue d’un bâtiment composé de plusieurs pièces et considéré séparément des ailes et pavillons.
- ( Imprimerie ) Corps de caractères , en termes d’imprimeur et de fondeur de caractères , se prend pour Une seule sorte de caractères semblables , avec sa garniture.
- Corps de lapresse; la partie entre laquelle se fait le foulage.
- Corps de lettre ; la distance qui
- trouve dans l’intervalle qu’il y a d’une ligne à l’autre.
- [Art milit.) Corps de bataille; c est le gros de l’armée , qui marche entre l’avant et l’arrière-garde.
- Corps de réserve ; partie de l’armée que le général fait poster der-rtere les lignes , au jour du combat, Pour secourir les postes les plus faibles.
- Corps de garde ; poste quelquefois couvert, quelquefois découvert, destiné à veiller à la conservation
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- d’une ville , d’une place , d’un poste considérable.
- Corps de la place ; c’est la place considérée sans ses dehors.
- Corps de garde avancé ; Petits corps d’infanterie et de cavalerie , postés à la tête d’un campement pour en assurer les quartiers , ou sur les avenues ou places pour observer tout ce qui se présente. Quand les quartiers d’un camp sont retranchés et couverts d’une ligne , les corps de garde de cavalerie sont au dehors de la ligue , et chaque quartier a son grand et son petit corps de garde j le grand est toujours à la vue de la même ligne , à moins que les embarras du terrain n’y mettent obstacle. Pour le petit corps de garde, il est plus avancé , et se poste , si faire se peut, à la vue du grand , et la vedette est au-delà du petit pour assurer tous les deux.
- ( Marine ) Corps de bataille / c’est la partie de l’armée qui est placée au milieu de la ligne , ou qui forme la colonne du milieu dans l’ordre à trbis colonnes : c’est encore la première division , ou celle que commande le général de l’armée.
- Corps du vaisseau ; c’est le bois ou la coque du vaisseau tout ras, sans y comprendre ses mâts , ni ses agrès et apparaux.
- Corps de voiles, ou les quatre corps de voiles ; la grande voile , la misaine , le grand et le petit hunier, parce que ce sont les quatre voiles principales. Cette expression ne sert que pour exprimer la manière dont un vaisseau est orienté. Ce vaisseau ne porte que ses quatre corps de voiles.
- Corps de pompe; on entend parla le tuyau d’une pompe de vaisseau, muni de ses ustensiles : ainsi on ap* pelle les quatre corps de pompe , celles qui sont établies au pied du grand mât-
- Corps-morts ; grosses pièces de bois , ancres , canons , ou autres corps solides , enfoncés fortement en terre et bien assujettis , qui servent à amarrer les cordages , pour tenir ou hâler les vaisseaux.
- ( Musique ) Corps sonore ; on appelle ainsi tout corps qui rend ou peut rendre immédiatement du son. 11 ne suit pas de cette définition qu.a
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- tout instrument de musique soit4m corps sonore ; ou ne doit donner ce nom qu’à la partie de l’instrument qui sonne elle-même , et sans laquelle il n’y auroit point de son. Ainsi dans un violoncelle ou dans un violon chaque corde est un corps sonore ; mais la caisse de l’instrument qui ne fait^que répercuter et réfléchir le son , n’est point le corps sonore et n’en fait point partie.
- Corps de voix ; les voix ont divers degrés de force et d’étendue. Le nombre de ces degrés que chacune embrasse , porte le nom de corps de voix, quand il s’agit de force , et de volume quand il s’agit d’étendue. Ainsi de deux voix semblables, formant le même son, celle qui remplit le mieux l’oreille et se fait entendre de plus loin , est dite avoir plus de corps. En Italie , les premières qualités qu’on recherche dans les voix , sont la justesse et la flexibilité ; mais en France on exige un bon corps de voix.
- ( Pratique j Corps de délit ; ce sont plusieurs preuves ou plusieurs fortes présomptions qui concourent à établir un délit.
- Corps de droit ; c’est la collection des différentes parties du droit, soit civil, soit criminel.
- ( Sciences ) Corps de doctrine ; c’est l’ensemble des principes et des conclusions qui renferme ce qui se peut dire et ce qu’on doit savoir sur une question.
- (Numismatique ) Corps s’entend, en numismatique, de toutes les figures qui sont empreintessur les médailles.
- ( Économie politique ) Corps se dit encore en un sens figuré de l’union de plusieurs personnes qui vivent sous le même gouvernement et suivent les mêmes lois , les mêmes coutumes. Un Etat est un corps politique. L’Eglise est un corps dont Jésus-Christ est le chef invisible , et dont nous sommes les membres.
- (Rép.Franç.) Corps législatif'; on appelle ainsi dans la constitution de l’an 8 un corps politique composé de trois cents membres , dont les fonctions consistent à faire des lois , en statuant par un scrutin secret sur les projets de loi débattus devant lui par les orateurs du tribu-nat et du Gouvernement.
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- D’après le sénatus-consulte or<>a-nique de la constitution, tous les membres du corps législatif appartenant à la même députation , sont nommés à-la-fois. Les départemens de la République sont divisés en cinq séries. Les députés sont classés dans les cinq séries : ils sont renouvelés dans l’année à laquelle appartient la série où est placé le département auquel ils ont été attachés. Le tems de la durée au corps législatif est de cinq années. Le Gouvernement convoque, ajourne et proroge le corps législatif, dont la durée de la session n’est que de quatre mois par année.
- CORRECTION , s. f. du lat. cor-rectio , formé de corrigo , composé de con et de rego , gouverner avec, amender , corriger : action de corriger.
- ( Grammaire ) Correction s’entend de l’observation scrupuleuse des règles de la grammaire. É"exactitude tombe sur les faits , la correction sur les mots.
- ( Critique ) Il se dit aussi des ouvrages de la main et de l’esprit, où l’on change quelque chose pour les perfectionner. Il y a des choses dans cet ouvrage qui ont besoin de correction. Ce critique veut quon lise ce passage dJune autre sorte , et je trouve sa correction bonne.
- ( Rhétor. ) La correction est une figure de rhétorique convenable à la preuve. Elle consiste à rétracter ou expliquer une pensée qu’on vient de proposer. Je Vaime ; que dis-je aimer l je Vadore.
- Comme cette figure annonce ordinairement ou le trouble de l’ame , ou l’empire de l’imagination qui entraîne l’orateur , on est charmé qu’il revienne sur ses pas ; mais on est agréablement surpris, lorsqu’on voit que cette rétractation est une occasion ponr dire des choses plus fortes ou plus frappantes , et quelquefois une adresse pour s’insinuer dans 1 esprit de l’auditeur et pour le désarmer.
- ( Pratique j Un père a droit de correction envers ses enfans.
- Maisons de correctionon appelle ainsi des maisonsoù sont enfermées , par autorité de justice , des personnes de mauvaises mœurs.
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- (Mat. mêdic. ) Correction, parmi les pharmaciens , est la préparation des médicamens , de manière à détruire les qualités nuisibles des drogues qui entrent dans une formule , sans en diminuer la vertu.
- ( Astron. ) Correction du midi , ou équateur du midi ; c’est la quantité qu’il faut ôter du midi conclu des hauteurs correspondantes du soleil , ou ajouter pour avoir le midi vrai. V. HAUTEUR.
- ( Marine , Navigation ) On appelle correction, le résultat des vérifications de diverses espèces que l’on fait sur la route du vaisseau , pour obtenir un point plus exact et mieux déterminé du lieu où il se trouve. Pour ces corrections , on a principalement égard à la latitude observée , qui diffère quelquefois de celle qu’on a obtenue par estimation. Cette différence résulte des courans, de la variation de l’aiguille aimantée , de la dérive qui peut avoir été mal jugée , des erreurs des timoniers, de la mesure du Ioc , ou de la manière de le jeter ,. des inégalités causées à la marche par les grains ou raffales. Les traités de navigation donnent des renseignemens suffisans sur les méthodes qu’on doit employer pour corriger le point ; mais lorsqu’on peut avoir des observations de longitude, on parvient à un bien plus grand degré de certitude.
- ( Imprimerie ) Correction d^é-preuves ; on appelle épreuve la première feuille qui sort de dessous la presse , ou de dessous le rouleau , et correction, ce que l’on écrit à la marge ou à l’interligne d’une épreuve Pour la corriger. Toute correction se désigne par un petit trait perpèndi-eulaire dans l’endroit de la ligne où elle doit se faire, et par un trait semblable en marge , à côté duquel est le signe indicatif de la correction. Toutes les fautes , omissions , etc. rçue l’on a pu prévoir , ont un caractère indicatif particulier , dont on trouve l’énumération et la figure dans le troisième volume de la bibliothèque des artistes et dans le manuel de l’imprimeur de Momoro, etc.
- ( Dessm ) Correction du dessin. 'est l’observation exacte des justes Voportion* du corps , conformé-
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- ment à l’indication qu’en donnent les ouvrages des grands maîtres , les chef-dœuvres de l’antique , et le bean choix de la nature..
- Donner à une figure plus oa moins de noblesse , de sveltesse , de grandeur , suivant l’âge et l’état, le sexe et le caractère du personnage ; en travailler toutes les parties 5 en ressentir ou en passer légèrement les contours et les muscles relativement au genre de son action , reformer sur les beautés de l’antique les insipidités du modèle rarement parfait, et ajouter à ces beautés les beautés de la nature ; voilà ce qui constitue nn dessin correct.
- CORREGIDOR , s, m. terme espagnol , formé de corrégir qui signifie corriger,
- ( His. esp. ) Nom d’uu officier de justice en Espagne et dans les pays soumis à l’Espagne. C’est le premier officier de justice d’une ville ou d’une province , d’une juridiction ; le corrégidor est encore le chef de la justice dans les terres d’Amérique soumises au roi d’Espagne.
- CORRÉLATION, s. f. dulat.cor-relatio , formé de con et de relatio rapport avec ; etc.
- ( Didact. ) Relation commune et réciproque entre deux choses. La nature de la corrélation consiste dans le rapport de deux qualités dont l’une ne peut se concevoir sans l’autre ; il y a corrélation entre le père et le fils , entre la lumière et les ténèbres.
- CORRESPONDANCE , s. f. composé de con et de respondeo , répondre de sa part, faire réciproquement ce que Ton doit : conformité , accord entre deux personnes pour certaines choses.
- ( Commerce ) Relation que des négorians ont ensemble pour leur commerce.
- ( Peinture ) Correspondance est, en peinture , l’accord des différentes parties d’une figure. Le peintre peut choisir une proportion haute , courte médiocre , forte, svelte ; mais, sou choix fait , il faut que toutes les parties de la figure soient exactement proportionnées
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- CORRIDOR , s. f. de l’ilal. cor-ridore ou de l’espagnol corredor.
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- ( Archit. ) Passage étroit et long qui conduit à plusieurs chambres ou petits appartemens séparés l’un de l’autre.
- CORROBORANTS, adj. et s. du lat. corroborare , formé de con et de roboro , fortifier avec.
- ( Méd. ) Epithète qu’on donne aux remèdes qui donnent des forces , ou qui les augmentent.
- CORRODANTS , adj. et s. de corroda, ronger, manger. V. CORROYER.
- ( Méd. ) On appelle ainsi ce qui est capable de ronger , de corroder , de consumer les parties solides par des molécules salines , âcres ou acides. Tels sont le sublimé corrosif, la pierre infernale , le beurre d’antimoine , et tous les autres caustiques.
- CORROYER, v. a. composé de corium, cuir et de rodere , ronger : ronger le cuir , le parer, etc.
- ( Technologie ) En termes de corroyeur , c’est donner la dernière préparation au cuir , après qu’il est sorti de la tannerie.
- Ce mot a été étendu à la préparation qu’on donne à la terre glaise , en la pétrissant et la remuant pour la rendre propre à retenir l’eau, quand on en fait des batardeaux ou des bassins de fontaines , et l’on dit en ce sens , creuser un hassin , un canal , pour y faire un massif de terre glaise pour retenir l’eau.
- Corroyer l’argile ; c’est la préparer pour faire des briques.
- Corroyer le mortier ; c’est agiter long-tems l’arène ou le sable avec la chaux pour les bien mêler ensemble.
- Corroyer le sable à fondeur ; c’est le passer à plusieurs reprises sur uue planche avec un cylindre de bois , et le recouper avec un couteau après l’avoir passé plusieurs fois sur le cylindre.
- Corroyer un fourneau ; c’est le battre avec une palette de bois , pour rendre la terre plus compacte.
- CORRUGATEUR, s. m. du latin corrugo, formé de con et de rugo , rider , froncer ensemble.
- (Anat. ) Musele du front,
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- ainsi appelé , parce qu’il sert à rider le front entre les sourcils , comme il arrive lorsque nous produisons ce mouvement qu’on appelle froncer les sourcils.
- CORRU&ATION, s. f.
- même
- origine que le précédent.
- ( JPhysiol. ) Froncement ou ride de la peau , ou de* quelque autre partie du corps.
- CORRUPTION , s. f. du lat. corrumpo , formé de con et de rumpo, corrompre , infecter , altérer avec , ensemble : Altération dans les qualités principales, dans la substance de la chose,
- ( Physique ) Les physiciens définissent la corruption une espèce de décomposition d’un corps par la désunion de ses principes , occasionnée par la fermentation putride. Cette décomposition ne peut avoir lieu que dans l’air : ce fluide étant absolument essentiel àla corruption, ou du moins il faut une substance qui puisse fournir l’oxigène.
- Les anciens croyoient que plusieurs insectes s’engendroient par corruption. On regarde aujourd’hui cette opinion comme une erreur. Il est vrai que ce qui se corrompt prodnit toujours des vers; mais des expériences faites avec soin ont démontré que cela arrive parce que d’autres insectes y ont déposé leurs œufs, et qu’il ne paroîtra aucun insecte, lorsqu’on aura eu soin de fermer toute communication au dehors , excepté avec l’air extérieur.
- (Jurisprud. angl.) Corruption du sang-,c’est une tache impriméeà celui qui s’est rendu coupable de félonie ou de crime de haute trahison, et qui s’étend à ses héritiers. L’effet de la corruption du sang , est de rendre les enfans du coupable ignobles et inhabiles à hériter des biens de leur père ( qui sont confisqués an profit de la couronne , ) et des successions qui pourroieut leur écheoir en vertu du même droit.
- ( Langage ) Un mot se dit par corruption, lorsqu'il est altéré. Dans cette phrase : à beau prêcher à gui rûa cœur de bien faire. Cœur est là une corruption de cure, envie CORSAIRE, s. m. de l’italien cor.
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- saro , ou corsare , formé de corso, course.
- ( Marine ) On appeloit ainsi , dans l’origine , un pirate , un écumeur de mer , celui qui couroit les mers avec un vaisseau armé , sans aucune commission , pour voler indifféremment les vaisseaux marchands.
- Aujourd’hui un corsaire| est un bâtiment armé , appartenant à des particuliers , équipé pour courir sur les vaisseaux marchands des ennemis de l’Etat j et pourvu d’une commission. du prince à cet effet. Les prises que les corsaires font sur les ennemis, leur sont allouées comme légitimes, etle prolitleur en revient, eu se conformant aux lois relatives aux prises.
- Les corsaires , dans le sens qu’on attachoit autrefois à ce mot , sont maintenant désignés par le nom de forbans ou de pirates ; ils ne sont autre chose que des écumeurs de mer , aussi peu autorisés que les voleurs de grand chemin le sont sur terre. V. FORBAN.
- CORTEGE , s. m. de l’italien corteggio.
- ( Cérémon. publ.) Ce mot , emprunté de l’italien , signifioit origi-ginairement en Italie la suite de quelque grand. Il s’est dit ensuite abusivement de la suite et du train de quelque seigneur que ce soit, dans Un jour de représentation ou de fonction publique. Il s’entend maintenant du train, de la suite qui accompagne les fonctionnaires publics dans une cérémonie , ou quelque citoyen distingué par sa dignité ou par ses Vertus , pour lui faire honneur.
- CORTÈS, s. m. Mot purement es -pagnol.
- ( Hist. d’Espag. ) C’étoit Rassemblée des états en Espagne, avant que les cortès fussent supprimés.
- CORTICAL , adj. du latin cortex, écorce , formé de corium et de tego, parce que l’écorce couvre le bois comme avec un cuir.
- ( Botan. ) Les botanistes appellent Unisi tout ce qui appartient à l’écorce.
- Couches corticales ; ce sont les differentes couches qui forment le LIBER ( V. ce mot. ) On les appelle
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- corticales, parce qu’elles composent proprement l’écorce. E. ECORCE.
- ( Physiologie ) Corticale se dit d’une substance qui environne une partie , comme l’écorce fait de l’arbre.
- La substance corticale du cerveau estla partie extérieure du cerveau et du cervelet, ou cette partie qui est immédiatement au-dessous de la pie-mère , ainsi appelée , parce qu’elle entoure la partie intérieure ou médullaire , comme l’écorce entoure l’arbre. .
- La substance extérieure du rein s’appelle aussi corticale.
- CORVETTE, s. f. de l’italien cor~ vetta.
- ( Marine ) C’étoit originairement le nom d’un bâtiment léger , â un seul mât , qui alloit à voiles et à rames , et dont on se servoit dans la Méditerannée pour porter des nouvelles et aller à la découverte.
- Lorsqu’on voulut faire usage des corvettes dans l’Océan , on s’apper-çut bientôt que leur grément n’étoit pas le plus avantageux , et on leur donna celui d’une frégate , à la réserve qu’on les fit plus petites ; mais en changeant ainsi leur forme et leur grément , on oublia de changer leur nom , et l’on a continué d’appeler corvettes , de petites frégates depuis six jusqu’à vingt canons , essentiellement construites pour la marche , et légères de bois.
- Les Anglais nous ont imités ou
- firévenus dans cette conduite , et es bàtimens qu’ils appellent aujourd’hui sloops of war ( sloups de guerre ) étoient originairement des bàtimens à un seul mât , appelés sloops ( sloups ) et auxquels ils donnèrent le nom de sloops of war pour les distinguer de ceux qui étoient et qui sont encore employés dans la marine marchande. Ils en ont, comme nous , changé la forme et le grément, et, comme nous , ils leur ont conservé leur ancienne dé-' nomination.
- CORYMBE, s. m. du grec koovy.-Çoç (korumbos) , proprement, touffe de cheveux , que les Grecs ont ensuite appliqué au lierre , aux grappes de raisin et aux baies d’arbrisseau.
- ( Botan.) On appelle ainsi une disposition de fleurs ou de Iruils ,
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- telle que les rameaux ou pédoncule» qui les portent , naissans de points différens , s’élèvent à-peu-près à la même hauteur.
- CORYMPd F ÈRE , ad], composé de x.qùu/j.£oç et de ®«p® , porter.
- ( Botan. ) On nomme ainsi les plantes dont les rameaux portent des fleurs terminales , qui , par leur réunion, formentun plan horizontal.
- COR1PHÉE , s. m. du grec x.opv-pauoi (koruphaios) chef, premier, principal, dont la racine est uopv<p>i, (koruphê), le haut de la tête.
- ( -Art dram. ) Terme emprunté du grec et qui signifie celui qui , dans l’ancienne tragédie , étoit à la tête du chœur. C’étoit lui qui par-loit quand le chœur se mêloit à l’action pendant le cours des actes , pour faire les fonctions d’un des personnages de la pièce. Il battoit aussi la mesure dans leur musique.
- Il se dit aussi, dans nos opéra , d’un acteur principal qui chante des morceaux avec les chœurs..
- (Langage) On l’emploie figuré-ment pour désigner celui qui se distingue le plus dans une secte , dans une société, dans une profession.
- CORYZA ou CORYSE , s. m. dn grec KopvÇa ( koruzà), humeur de la tête.
- ( Médec. ) Mot grec que les Latins et les Français ont retenu , et qui signifie une distillation d’humeurs crues de la tête sur les narines. Cette maladie est accompagnée d’une dom leur de tête très-pesante , ce qui fait qu’on l’appelle en latin gravedo. Le coryza est une fluxion d’humeurs séreuses et âcres sur les tuyaux excréteurs des glandes dont la membrane pituitaire est parsemée , qui s’écoulent par le canal nazal et par les conduits des sinus frontaux, sphénoïdaux et maxillaires ; à cet écoulement succède une évacuation de morve de différentes couleurs.
- COSAQUES , s. m. du polonais cosa , qui signifie chèvre.
- ( Hist. de Polog. ) Ce nom fut d’abord donné à quelques Russes hardis, qui, tous les ans au printems,. formoient un rassemblement dans le* lies qui sont à l’embouchure du Eorysthèœ , d’oà ils faisoient des
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- incursions sur toute la mer Noire et dans l’Anatolie.
- Depuis que les cosaques sont passéssousla protection delà Russi^ ils se sont établis dans les plaines incultes entre le grand elle petitlngue. La Russie y entretient toujours un régiment d’infanterie régulière, dont le chef est comme le surveillant des démarches et des actions de cette tumultueuse milice.
- Les armées de Russie se font tou-jonrsprécéder par un corps nombreux de Cosaques, qui servent ordinairement à discrétion sur les pays ennemis.
- COSÉCANTE, s. f. contraction de sécante du complément. V. ees deux mots.
- ( Géomét. ) C’est la secante d’un arc qui fait le complément d’un autre : ainsi la cosécante d’un angle de 5o deg. est la sécante de 60 deg.
- COSINUS , s. m. contraction de sinus du complément. V. SINUS , COMPLEMENT.
- ( Géom. ) C’est le sinus droit d’un arc qui est le complément d’un autre ; aïnsi le cosinus d’on angle de 3o deg. est le sinus d’un angle de 60 deg.
- COSMETIQUE, adj, du grec xsc-(AiTnioç ( kosmetikos) , formé de xoç-fAîce ( kosmeô ), orner , embellir.
- ( Pharmacie , Toilette ) On appelle ainsi les préparations qui ont pour objet l’embellissement du corps, de combattre la laideur ou d’en diminuer les défauts.
- L’athénien Criton a épuisé la matière des cosmétiques de son tems , dans un traité de la composition des médicamens. Gallien , qui le cite souvent avec éloge , assure que tout ce qu’Héraclite de Tarente et la reine Cléopâtre avoient. dit avant Criton sur cette matière , étoit peu de chose , parce que les femmes n’avoient pas encore porté dans cette partie l’excès du luxe où elles parvinrent depuis.
- La plupart des cosmétiques les plus vantés , comme ceux qui détruisent le hâle , les tâches de rousseur , les ixrageurs du visage , etc. , ne sont qu’un pur charlatanisme , parce qn il u’est pas possible de changer la grossexu du teiat, la cow
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- j*tir naturelle de la peau , et de remédier aux rides.
- Il y a , à la vérité , des remèdes jnuocens dont on peut se servir sans danger,pour décrasser, polir et adoucir la peau , comme des simples frictions , des lotions , des liqueurs spivitueuses et onctueuses comme l’eau de fraise , de lavande , l’eau distillée des fèves , le suc des fleurs de l’oreille d’ours , l’huile de mirrhe par défaillance , celle d’amandes douces , de citrouille , de graines de melon , de noisettes , de graines de pavot blanc , de semence de ca-meline ; l’huile de lien , de cacao tiré sans feu ; la cire de canelle ; les pommades dans lesquelles entre le blanc de baleine ; l’onguent de citron fait avec le camphre et les émulsions des substances farineuses ; l’eau de talc ; le fiel de bœuf distillé ; le baume de la Mecque et la teinture de Benjoin : mais il faut prendre garde de se servir de ceux qu’on compose avec du plomb , de la cé-ruse, du vinaigre de saturne , de magistère , des fleurs de bismuth , et autres de cette nature , qui , à la vérité, sont les plus blancs du monde, mais dont les parties salines , vénéneuses , arsenicales , indélébiles , altèrent et gâtent le teint de manière à ne pouvoir jamais le réparer. Il en est de même de la fumée de souffre , dont on a cru mal-à-propos pouvoir se servir pour blanchir la peau parce qu’elle blanchit les hyacinthes bleues ; son effet est de pâlir les joues et les lèvres et de les rider en même tems. On ne peut donc sans danger user de tous ces fards cosmétiques qui plombent la peau , la dessèchent et la minent insensiblement. Le rouge seul n’a aucun de ces inconvéniens.
- COSMIQUE , adj. du grec x.oçgi-( kosmikos ) , dérivé de Korg-oç , le monde ou le ciel, qui regarde le monde, qui suit l’ordre établi.
- ( Astron. ) Ce mot se dit du lever et du coucher d’une étoile , quand il arrive le matin. Une étoile se lève cosmiquement , qnand elle se lève avec le soleil ou avec le degré de l’écliptique où est le soleil ; le coucher cosmique arrive lorsqu’ une étoile
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- se couche en même tems que le soleil se lève.
- COSMOGONIE , s. f. du grec ko<t-fj.oç ( kosmos ) , univers , et de yovaç ( gonos ) , génération, production.
- (Physique ) science ou système de la formation de l’univers.
- COSMOGRAPHIE , s. f. du grec xoe-gos (Kosmos ) , univers , et de ypA<t>ce ( graphô ), décrire.
- ( Physique) Description de l’univers.
- COSMOLOGIE , s. F. du gr. At-gaç{ Kosmos) , univers, et de hcyo; discours , traité.
- ( Phys. gén. ) Science des lois générales par lesquelles le monde physique est gouverné. La cosmogonie est proprement une physique générale et raisonnée , qui , sans entrer dans les détails trop circonstanciés des faits , examine du côté métaphysique les résultats de ces faits même , fait voir l’analogie et l’union qu’ils ont entre eux , et tâche par-là de découvrir une partie des lois générales par lesquelles l’univers est gouverné.
- Avant M. Wolf, ce nom étoit in-> connu dans les écoles , aucun méta-physicieu ne sembloit même avoir pensé à cette partie. M. Wolf a intitulé son ouvrage ; Cosmogonie générale et transcendante , parce qu’elle ne renferme qu'une théorie abstraite , qui est, par rapport à la physique , ce qu’est 1 ’onthologie à l’égard du reste de la philosophie.
- COSMOPOLITE , s. m. du grec x.oçuoTT'j'AiTnç ( kosmopolités ), composé de xoçgoç ( kosmos ) , univers , et de ttox/ç [polis), ville : uu homme dont tout le monde est la ville ou la patrie, citoyen du monde.Un ancien philosophe étant interrogé d’où il étoit, répondit : « Je suis cosmopolite , e’est-à-dire, citoyen de l’univers. »
- COSTUME, s. m. terme emprunté de l’italien et qui signifie les usages des différens tems , des différens lieux.
- ( Peinture ) Le costume est l’art de traiter un sujet dans toute la vérité historique. C’est l’observation exacte de ce qui , suivant le tems , fait reconnoître le génie, les mœurs, les lois , le goût, les richesses , le
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- caractère elles habitudes du pays où
- l’on place la scène d’un tableau.
- Le costume renferme encore tout ce qui constitue la chronologie et la vérité de certains faits connus de tout le monde ; enfin tout ce qui concerne la qualité . la nature et la proptiété essentielle des objets qu’on représente.
- On comprend encore dans le costume tout ce qui concerne les bienséances , le caractère et les conve-nances propres à chaque âge , à chaque condition, etc.
- Le Poussin et Lebrun ont été fidèles observateurs du costume. L’école lombarde s’est plus attachée à la couleur qu’au costume : tous les anciens tableaux de l’écriture sainte sont faits en ce genre.
- {Art dramat. ) On a vu dans le siècle dernier les femmes des consuls romains et des héros grecs paroitre avec des habits français , et ne différer des petites-maîtresses du jour , que par une coiffure de mauvais goût que le caprice de l’actrice ima-giuoit. On a vu les consuls romains et les héros grecs couverts de la cuirasse antique et chaussés de cothurne, porter des chapeaux français surmontés d’un panache. C’est mademoiselle Clairon et Le Kain qui, éclairés et conduits par l’amour de leur art, ont les premiers introduit le costume sur nos théâtres. Maintenant le costume est observé rigoureusement, même sur les petits théâtres , et nos plus célèbres peintres se sont fait une gloire de concourir à cette réforme , en dessinant d’après l’antique tous les habits des héros grecs , romains , etc , qui figurent dans nos chefs-d’œuvre dramatiques.
- COTANGENTE, s. f. contraction de tangente du complément. Voy. COMPLÉMENT et TANGENTE.
- ( Géom. ) C’est la tangente d’un nrc qui est le complément d’un autre. Ainsi la cotangente de5o deg. est la tangente de 60 deg.
- COTES , s, f. du lat. costa.
- ( Anat. ) Les côtes sont ainsi nommées , dit M. Monro , pour signifier qu’elles sont les gardiennes ries principaux organes de la machine animale ( le cœur et les poumons ). Ce sont de longs os courbés , placés
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- sur les côtés du thorax, dans une di-fection oblique et inclinée par rapport à l’épine.
- ( Botan. ) On donne vulgairement ce nom ou à la nervure moyenne d’une feuille simple , ou au pétiole commun d’une feuille composée. C’est une protubérance longitudinale, trop considérable, relativement au volumedh corps observés, pour prendre le nom de strie.
- (Marine) Côtes duc vaisseau; ce sont les membres , les couples, les pièces qui sont jointes à la quille et qui montent jusqu’au plat-bord pour composer le corps du vaisseau.
- Côte de la mer ; c’est le rivage ou les terres qu’on aperçoit en revenant de la pleine mer.
- Côte saine, celie où les vaisseaux peuvent approcher partout, sans crainte de dangers , d’écueils, de rochers ni de bancs de sable.
- Côte de fer , une côte de rochers escarpés perpendiculairement sur la mer , de façon qu’on ne peut y aborder.
- Côte écorè ou acore , une côte escarpée ou à pic , comme un mur.
- Côte basse , une terre qui s’élève peu au-dessus du niveau de la mer et qu’on n’aperçoit pas de loin.
- ( Archit. ) Côtes se dit des pleins entre les cavités des cannelures.
- Côtes se dit aussi des saillies qui excèdent le nu de la convexité d’un dôme et la partagent également ; comme aussi de plusieurs autres saillies que soutient l’intrados d’une voûte sphérique , d’un plafond , etc.
- ( Manufact. ) Côtes de soie; c’est une soie de médiocre qualité , et qu’on nomme communément du capiton ou du fleuret.
- ( Topograph. ) Côte se dit pour le penchant d’une montagne , d’une colline. On dit , une belle côte, une côte fertile et agréable. Une maison sur le haut, au bas de la côte , à mi-côte.
- ( Agricult. ) Côte rôtie ; colline de France , connue par les bons vins qu’elle produit.
- ( Conchyliol. ) Les côtes sont des élévations plates et alongées que l’ou voit sur certaines coquilles.
- COTÉ , s. m. du lat. costaturn ,
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- formé de costa : qui est composé de çôtes.
- ( Hist. nat. ) Partie droite ou oaucfce de Panimal, depuis l’aisselle jusqu’à la hanche.
- ( Géom. ) Le côté d’une figure est une ligne droite qui fait partie àe son périmètre.
- Le côté d’un angle est une des lignes qui forment l’angle.
- ( Marine ) Côté du vaisseau , c’est le flanc. On distingue le côté droit et le côté gauche en supposant quon regarde de la poupe à la proue , par les noms de TRIBORD et de BABORD. ( V. ces mots ). On les distingue aussi par rapport an vent qui souffle, en côté du vent, et côté sous le vent.
- Prêter le côté à un vaisseau ennemi , c’est présenter le flanc du vaisseau à un autre vaisseau ennemi , pour le combattre , ou à une forteresse qu’on veut ca-» nonner.
- Mettre un vaisseau sur le côté : c’est le faire pencher sur un côté , pour le radouber. Cela peut se faire en passant de ce côté, le plus grand nombre des poids , ou bien par la manœuvre expliquée au mot ABA-TRE. ( V. ce mot ).
- Paisseau qui a un faux côté ; c’est un vaisseau qui n’a pas ses deux côtés exactement semblables. Ce qui vient de viellesse, ou quelquefois parce qu’un de ses côtés s’est déjeté sur le chantier , étant plus exposé au soleil que l’autre , ou encore parce que l’un a resté plus long-tems exposé à la pluie que l’autre , étant amarré dans le port ; eu enfin lorsque les bois employés a sa construction ne sont pas de la même pesanteur spécifique à bâbord comme à tribord. Le côté sur lequel le vaisseau plie le plus en courant des bords est appelé le faux côté , c’est-à-dire , le côté le plus foible.
- COTIER , ( pilote ) adj. et s. de «dfe , costa. F. PILOTE.
- COTHURNE , s m. du grec *o9opvoç ( Jcothornos. )
- ( Art. dram. } Sorte de chausse élevée par des semelles de ‘tcge , dont se servoient les anciens actenrs de la tragédie , pour paître de plus belle taille. Ç’est de- là
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- qu’on dit figurément chausser le cothurne , pour dire , faire des tragédies.
- On dit aussi d’un écrivain qu’il chausse le cothurne , pour dire qu’il prend un style , un ton élevé et pathétique dans une occasion qui ne le demande pas,
- COTIERE, s. f. de côte , costa.
- ( Jard. ) Terme de jardinage qui signifie uue planche qui va en pente , qui est exposée au midi , et qui est abritée pour y semer des nouveautés. V. ABRI, ADOS.
- COTON , s, m. de l’arabe al coton formé de l’article al et de coton , dont les Espagnols ont fait al go-don , les Italiens cotone.
- ( Hist. nat. ) Espèce de bourre qui environne la semence du coton-/ nier.
- Si l’on s’en rapporte à la description que Pollux et Philostrate font du byssus , l’usage du coton est très-ancien ; il étoit connu long-tems avant Moïse , puisqu’il paroît, par le récit de cet écrivain sacré , que l’étoffe dont Pharaon fit revêtir Joseph étoit de coton.
- ( Manuf. ) L’industrie humaine nous présente une même matière sous des formes bien différentes et presque contraires , ainsi qu’on le voit dans l’emploi du coton. Les mousselines les plus fines , les plus délicates , avec des tapisseries , des couvertures , de la futaine , sont des résultats qui paraissent extraordinaires, mais dont la diversité ne dépend que du choix de la matière et delà manière de l’employer.
- Outre les procédés qui ont rapport à la culture du coton et à sa préparation avant de le mettre dans le commerce, il y a encore une multitude d’autres opérations , telles que celles qui consistent à ouvrir , à détricher , à carder , à filer et à teindre le coton , qui se faisoient péniblement et lentement, et dont la mécanique et la chimie ont simplifié les procédés à un degré qui auroit paru un rêve de l’imagination il y a environ quarante ans.
- V. BATTAGE, CARDAGE, DE-TRÏCHAGE, FILATURE, TEINTURE.
- Les mousselines fines sont bien les
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- ouvrages les plus délicats et les plus beaux qui se fassent avec le coton filé ; mais ce ne sont pas les seuls qu’on en fabrique : on en fait des bas , des gilets , des tapisseries , des couvertures , des futaines ; il y a une infinité d’étoffes où cette matière se trouve tissue avec ia soie , le fil et d’autres matières.
- 11 nous vient des Indes grand nombre d’espèces différentes de mousselines , les unes unies , les autres brodées. En Hollande et en Suisse on brode beaucoup de mousselines , qui se vendent comme ouvrages des Indes ou de Perse ; on y fabrique , ainsi qu’en Angleterre , des mousselines qui ne sont guères inférieures à celles des Indes,
- ( Jardin. ) On appelle encore coton le duvet qui se fait apperce-voir sur quelques fruits et quelques plantes , tels que les coins et les bourgeons de la vigne.
- COTYLE , s. m. du grec jcbtuMi ( cotulê ), cavité , écuelle , mesure antique pour les liqueurs. »
- ( Anat. ) Nom d’une cavité de l’os des îles , à cause du rapport de sa figure avec le vase attique auquel les anciens donnent ce nom.
- COTYLÉDONS , s. m. du grec kotüXm ( cotulê ) , mesure antique pour les liqueurs , cavité.
- ( Physïol. ) Nom que l’on donne à de petites glandes répandues sur toute la membrane externe du foetus, appelé le chorion. Elles servent , suivant quelques auteurs , à séparer le suc qui sert de nourriture au foetus. Il n’y a que les chèvres , les brebis et quelques autres animaux qui aient des cotylédons. Le placenta supplée à leur défaut dans les matrices des femmes.
- D’autres donnent le nom de cotylédon à l’orifice des veines qui tapissent la surface interne dè la matrice.
- ( Botan. ) C’est par analogie que l’on appelle cotylédons , deux espèces de lobes charnus qu’on remarque dans la plupart des semences prêtes à germer, et dont la tunique propre est enlevée.
- Les cotylédons servent à épurer et à atténuer les sucs de la terre ; ils deviennent les feuilles séminales de la plante , dès que la plantule
- COU
- est assez forte pour pomper les sucs de la terre.
- Les cotylédons manquent dans les acotylédones , elles sont mû-, ques dans les monocotyledones , et au nombre de deux dans les dicotylédones : ils servent de base aui trois grandes divisions dans la méthode naturelle , dont le système se divise entre les plantes qui n’ont point de cotylédons, celles qui n’en ont qu’un, et celles , en bien plus grand nombre , qui en ont deux.
- COU , s. m. . ou COL , du latin collilm,
- ( Anat.) Partie du corps qui est située entre la tête et la poitrine.
- On donne figurément ce nom à l’endroit de différentes parties qui est à la partie à laquelle il appartient , ce que le cou est à la tête. On dit, par exemple , le col de la vessie, le col de l’utérus. Il paroît que le terme de cou est plus en usage pour désigner cette partie du corps entre la tête et la poitrine , et que celui de col est employé plus particulièrement pour marquer la partie la plus étroite d’un os, de la vessie , de la matrice , etc.
- COUCHANT , adj. du verbe coucher , formé du lat. collocare.
- ( Astron. ) Couchant, ou occident , est l’endroit du ciel où le soleil pai'oît se coucher. Le mot à!occident est proprement celui que les astronomes emploient ; le mot d’ouest, celui des marins ; et le mot de couchant est plus usité dans le discours ordinaire.
- Quoiquele vrai point du couchant change tous les jours , \selon la Situation du soleil, cependant on a pris pour point fixe du couchant, celui où le soleil se couche aux équinoxes , et qui partage en deux parties égales le demi - cercle de l’horizon qui est entre le midi etl* nord.
- COUCHE , s. f. du latîu culca, d’où le diminutif culcita, couchette, lit, couche nuptiale, couche royale• ( Géologie) couches de la terri, ce sont des lits , des amas de matières , etc. On en distingue de trm» sortes : . ,
- Couches primitives ; ce sont le’ granits , les gneiss , les trapps, e‘‘"
- Couchd
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- cou
- Couches secondaires ; ce sont le calcaire ancien , le calcaire coquil-lier, l’argile, etc.
- Couches volcaniques ,• ce sont les laves , les basaltes , etc.
- Couches tertiaires; ce sont en général des amas de matières de trans-port^^qui ne sont point un produit immédiat de la nature , mais l’ou-vrage purement mécanique des eaux courantes : telles sont les poud-dingues , les sables mélangés , les argiles impures, etc.
- ( Botan. ) couches corticales, On appelle ainsi les différentes couches du LIBE R , {V. ce mot ), parce qu’elles composent propr ement l’écorce.
- ( Jardin. ) Couches , élévation de fumier chaud et entassé qu’on couvre de six pouces de terreau pour y semer certaines fleurs qui viennent de graines des melons, concombres, laitues et autres légumes.
- Couche chaude, celle qui est nouvelle et qui conserve toute sa chaleur. On la laisse diminuer sept ou huit jours avant d’y rien semer.
- Couche Jroide ; ainsi nommée parce qu’elle est enfoncée en terre, et qu’elle ne se fait qu’au printems; elle sert de pépinière pour les plantes qui doivent être mises en pleinç terre.
- Couche tiède , celle dont la chaleur a besoin d’être renouvelée.
- ( Médecine ) couche se dit aussi du tems pendant lequel les femmes demeurent au lit à cause de l’enfantement. Il se prend aussi pour l’enfantement et les linges dont on enveloppe les petits enfans.
- ( Anat. ) Couches des nerfs optiques , C’est le nom de deux éminences du cerveau , ainsi appelées parce que les nerfs optiques y prennent naissance.
- ( Peinture ) Couche se dit, en terme de peinture , d’un enduit de couleur qu’on met sur des treilles , des trains de carosses , des auvents , etc. , sur des planches , gur des murailles. On met aussi une °u plusieurs couches de couleur aur une toile avant de peindre dessus , et l’on dit d’une toile 'lu elle n’a eu qu’une couche de couleur. On dit bien encore couder la couleur : avant de fondre-'l’ome 1.
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- les couleurs , il faut qu’elles soient couchées ; mais on ne pourroit pas dire d’un tableau qui anroit été
- peint trois fois sur l’ébauche , qu’il a reçu trois couches de couleurs.
- ( Archit. ) Couche est un enduit de plâtre pour rendre une muraille unie.
- ( Technol. ) Couche s’emploie fréquemment dans les arts et métiers pour exprimer quelques parties d’une opération analogue au sens de ce mot.
- Parmi les brasseurs, c’est la disposition du grain dans le germoir , en un tas carré, et d’une épaisseur convenable, pour le faire germer. Les boulangers s’en servent pour désigner des toiles ou autres ch*es étendues sur une table pour y mettre le pain afin de le faire lever. Les tanneurs, chamoiseurs et mé-gissiers appellent couche une certaine quantité de peaux qu’ils mettent sur le chevalet pour les qui-osser, etc. , etc.
- COUCHER , s. m. du lat. cello-care.
- ( Astron. ) C’est le moment où le soleil, une étoile , ou une planète disparoîtouse cache sous l’horizon.
- ( Physique ) Comme la réfraction élève les astres et nous les fait paroitre plus haut qu’ils ne le sont réellement, le soleil, les étoiles et les planètes nous paroissent encore sur l’horizon lorsqu’ils sont réellement dessous j ainsi la réfraction fait que les astres nous paroissent se coucher Un peu plus tard qu’ils ne le font réellement , et au contraire se lever un peu plutôt. ^.REFRACTION.
- COUCHER ACRONIQÜE. V. ACRONIQUE.
- COUCHER COSMIQUE. V. COSMIQUE.
- COUCHER HÉLIAQUE. V. HÉ-LIAQUE.
- COUDE , s. m. du grec kvÇxtov , dont les latins ont fait cubitus.
- {Anat.) L’angle extérieur formé par la flexion du bras avec l’avaut-bras.
- Coude, se dit encore de l’os de l’avant-bras , qui va depuis le coude j usqu’au poignet.
- ( Ifydraul ) Le tournant d’une Del
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- conduite de fer ou de grès, un bout de tuyau de plomb coudé , ^pour raccorder ensemble les tuyaux de fer.
- {Jardin.) Coude se dit de l’angle que fait une branche d’arbre taillée immédiatement sur un autre, et si court qu’il n’y reste pas le moindre ergot.
- ( Archit.) Coude est un angle fort obtus que fait une muraille , un chemin , et qui l’éloigne un peu de la ligne droite.
- ( Technologie ) Faire coude, expression usitée dans les arts et mé-tiers pour exprimer un angle ou un retour , soit par lignes droites , soit par lignes courbes.
- ( Art du mineur ) Coude signifie généralement la même chose que retour, mais il se dit plus particulièrement du dernier retour fait pour loger les poudres.
- COULE , s. m. et part, de couler, formé de colare , dérivé de colum , passoire, comme qui diroit transmis par un passoir.
- ( Musique ) Le coulé se fait lorsqu’au lieu de marquer èn chantant chaque note d’un coup de gosier , ou d’nn coup d’archet sur les ins-trumens à corde , ou d’un coup de langue sur les instrumens à vent , on passe deux ou plusieurs notes sous la même articulation , en prolongeant la même inspiration , ou en continuant de tirer ou de pousser le même coup d’archet sur toutes les notes couvertes d’un coulé. Le coulé se marque par une liaison qui couvre toutes les notes qu’il doit embrasser.
- ( Peinture ) Coulé se dit des premières teintes que l’on met sur les ébauches ; ce coulé se fortifie ensuite par de nouvelles teintes couchées largement et bien empâtées.
- ( Technol. ) Dans les salines , coulé se dit des issues par lesquelles s’enfuit l’eau qui tombe dans les
- Soëles. En terme d’orfèvre , defon-eur, etc., il se dit de tout ouvrage jeté en moule. Les brodeurs appellent coulé un assemblage de deux points faits séparément sur une même ligne.
- COULÉE, s, f, et part., de couler.
- r. CQULïj.
- cou
- ( Ecrit. ) Caractère d’écriture penchée , dont toutes les lettres se tiennent.
- ( Marine ) Coulé se dit d’un adoucissement qui se fait au bas d’un vaisseau , entre les genoux et la quille.
- ( Forges ) Coulée est, en terme de grosses forges , deux tuyaux de terre grasse qui se réunissent en un' seul à l’endroit où ils s’insèrent dans la chape , et par où le métal est introduit dans le moule.
- (Gravure) Les graveurs appellent taille coulée, une taille qui suit naturellement la direction qu’elle doit avoir pour exprimer un contour, ou autre effet qu’on en attend. La taille coulée est celle qui forme les tournoiemens irréguliers.
- COULER, v, a. de colare. V. COULÉ : fluer.
- ( Fonderie ) Couler une pièce de canbn , couler une statue , etc. c’est la jeter en moule.
- ( Technol. ) Couler une glace ; c’est en faire couler la matière fondue sur une tablé préparée exprès.
- ( Agricult. ) Couler se dit des fruits qui ont fleuri et qui n’ont pas noué , qui tombent et se dessèchent. La vigne a coulé.
- ( Jardin. ) Couler se dit aussi de l’action de palisser une^ branche le long d’une branche voisine qu’on sera obligé de couper à la taille suivante. On voit, par exemple, une grosse branche qui ne pousse point , et près d’elle un gourmand ou une branche à fruit ; on coule celle-ci le long de la première, qui, l’année suivante est retranchée et remplacée par la branche qu’on aura coulée. Ce Le opération suppose du génie , de la réflexion et de la prévoyance dans le jardinier.
- ( Marine) Couler bas , couler a fond ; on coule bas un vaisseau ennemi lorsque dans un combat on lui tire assez de coups de canon vers la flottaison pour y faire entrer une grande quantité d’eau , et le faire enfoncer. Un vaisseau couU bas , lorsqu’on ne peut pas remédier à la quantité de ses voies d’eau , c’est - à - dire lorsque la pompe ne peut pas affranchir. On
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- a tu de* vaisseaux couler bas pour avoir laissé les sabords de la batterie basse ouverts , en virant de bord dans un gros teins. On dit qu’un vaisseau coule bas d’eau , pour exprimer qu’il y entre beaucoup d’eau par ses fonds , et que la pompe suffit à peine pour l’en affranchir. On dit encore qu’un vaisseau est chargé à couler bas, pour dire qu’il est trop chargé.
- COULEUR , s. f. directement du latin color , dérivé du grec X?oa>
- ( choor ) colorer : impression que fait sur l’œil la lumière réfléchie par la surface des corps.
- ( Physique-optique ) La couleur, suivant les physiciens , est une propriété île la lumière , par laquelle elle produit, selon les différentes configurations etvitessesde ses particules , des vibrations dans le nerf optique , qui étant propagées jusqu’au sensorium , affectent l’ame de différentes sensations.
- La couleur peut être encore définie , une sensation de l’âme excitée par l’action de la lumière sur la rétine , et différente , suivant le degré de réfrangibilité de la lumière et la vitesse ou la grandeur de ses parties. V. LUMIERE, REFRANGIBILITE.
- Il y de grandes différences d’opinion sur les couleurs, entre les anciens et les modernes, et entre les différentes sectes de philosophes d’aujourd’hui. Suivant Aristote , la couleur est une qualité résidante dans les corps colorés, et indépendante de la lumière.
- Les Cartésiens , peu satisfaits de cette définition , ont dit que , puisque le corps coloré n’étoit pas immédiatement appliqué à l’organe de la vue pour produire la sensation de la couleur, et qu’aucun corps ne sauroit agir sur nos sens que par un contact immédiat, il falloit donc que les corps colorés ne contribuassent à la sensation de la couleur qu’à l’aide de quelque milieu, lequel étant mis en mouvement par leur action, transmettoit cette action jusqu’à l’organe de la vue.
- La REFRACTION. ( F. ce mot ) Tle donne une seule surface réfringente, produit la séparation de la
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- lumière en rayons de différentes couleurs,- mais cette séparation devient beaucoup plus considérable, et frappe d’une manière tout-à-fait sensible lorsqu’on emploie la double réfraction causée par les deux surfaces d’un prisme ou d’un morceau de verre quelconque , pourvu que ces deux surfaces ne soient pas parallèles. F ROUGE, JAUNE, VERT, BLEU,, VIOLET, RÉFRACTION, REFLECTION.
- Couleurs accidentelles ; on appelle ainsi les couleurs qui ne pa-roissent jamais que lorsque l’organe est forcé , ou qu’il a été trop fortement ébranlé.
- Couleurs des corps naturels ; ce sont les couleurs que nous font sentir les corps en réfléchissant la lumière vers nos yeux.
- Couleur azurée du ciel. F. BLEU.
- ( Technologie — Teinture ) Les substances colorantes employées dans la teinture peuvent être divisées en deux classes : celles qui possèdent une couleur par elles-mêmes, et celles qui n’en possédant pas ont la propriété d’arrêter la transmission des rayons de la lumière, et font produire au mélange de couleurs diflérentes de celles qu’il auroit montrées naturellement.
- Quoique les couleurs primitives d’un rayon , ou , comme dit Newton , du spectre solaire, soient au nombre de sept, les teinturiers n'ont que cinq couleurs originales , le bleu, le rouge, le jaune, le brun et le noir ; peut-être même doit-on ranger les deux dernières parmi les composées: toutes les autres nuances, de diverses dénominations , sont formées par des combinaisons variées de ces couleurs originales.
- Les substances qui contiennent de la matière colorante et qu’on emploie dans la teinture, sont principalement des produits du règne végétal, quelquefois du règne animal , et très-rarement du règne minéral : ces dernières sont toujours des oxides métalliques , et sur-tout des oxides de fer et de cuivre.
- Dans la description que Pline fait des toiles peintes que fabri-D d 2
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- qüoient les Egyptiens , il assuré ue ce peuplé cornmençoit par en-aire dé certaines drogues une toile blanche qu’on jetoit ensuite darîs une chaudière pleine de teinture bouillante ; qu’après l’y avoir laissée quelque tétas, on la retiroit peinte de diverses couleurs , quoiqu’il n’y éut qu’une sorte d*e liqueur dans la chaudière ; ce qui ne pouvoit provenir que de la diversité des mordahs dont la toile étoit ènduite ; que Ces couleurs étoient si adhérentes qu’aucurie lotion ne pouvoit les en séparer ; et que cés toilës s’affermissoient ét devenoient meilleures par la teinture.
- Si la préparation dont se ser-voient les ancienspour fixer la couleur sur les étoffes , s’est perdue, on en est bien dédommagé par les nouvelles découvertes qui, étant beaucoup plus sûres et plus commodes , ont fait disparoître iaL sensiblement les pratiques anciennes.
- L’art de la teinture èst très-fécéht én Europè ; c’est de l’O-ri eut qûe sônt venus la plupart de nos procédés.
- La teinture des étoffes de laine et dé soie a atteint en France un grand degré de perfection , tandis que les teintures du coton, par le peu d’affinité de cette sübstahce pour la matière colorante, est restée en arrière.
- Lés Anglais ont peu écrit sur cet objet intéressant : Hellot : Macquér , d’Apligny, Berthoîlet, Chaptal , etc. , nous ont, au contraire , fourni des ouvrages du plus grand mérite. Le Mémoire de Heiïry ae Manchester est ce qu’il y a dé mieux, eh Angleterre , à ce sujet ; mais il reste encore un vaste champ à défrichër pour l’amélioratioh de cet art, qui ne peut être perfectionné que par des chimistes. P. MORD ANS , NITRIQUE ( acide ), MURIATIQUE (acide), SULFATE d’ALUMINE, ÉTAIN, PLOMB, BISMUTH , ZINC , CUIVRE, FER ( oxidé de ) , etc.
- ( Peinturé ) Couleur , dans la langue des peintres, a plusieurs acceptions différentes : il signifie, comme dans la langue ordinaire,
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- l’apparence que les rayons lumineux donnent aux objets; il signifie les substances minérales ou autres que les peintres emploient poux' imiter la couleur des objets qu’ils représentent ; enfin , il signifie le résultat de l’art employé par le peintre pour imiter les couleurs d» la nature , et c’est dans ce dernier sens que la couleur est particulièrement considérée en parlant d’un tableau.
- Le peintre, comme le teinturier, n’a , pour imiter l’innombrable variété des couleurs offertes par la nature , que trois couleurs primitives : le roüge, le jaune et le bleu, dont le mélange produit toùtës les autres couleurs ét toutes leurs nuanfces. Les anciens pèintrës ont long-tems opéré avec cés seules couleurs ; si .on en émploie aujourd’hui un nombre plus considérable, c’est qu’on a trouvé, dans différentes substàncés , tout préparés par la nature, des mélanges que les anciens étoièrit obligés de faire sur leur palette ; mais quel que soit le nombre de ces substances colorantes , et célui des tons que produit leur mélange, on seta toujours réduit, en dernîèré analyse, aux trois couleurs primitives auxquelles on joint le blahc pour exprimer la lumière, et le noir pour en exprimer la privation.
- La couleur ou le coloris , car ces deux mots se prennent souvent l’un pour l’autre dans le langage dé l’art, se considéré relativement à l’ensemble d’un tableau, ét relativement au détail de sés parties.
- Relativement à l’ensemble, il consiste dans une conduite de tonS liés ou opposés entre eux, et qui soient dégradés pat de justes nuances en proportion des plans qu’occupent les objets. Il en est de la disposition des couleurs comme de celles des figures dans la composition : il doit y avoir dans un tableau une figure principale ; il doit y avoir aussi une couleur dominante , un ton général, sans lequel il n’y auroit point d’harmonie.
- Relativement aux détails , le coloris consiste dans la variation de* teintes, variation nécessaire pour parvenir à l'arrondissement de«
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- corps. Ce principe est fondé sur ce que la couleur est subordonnée au CLAIR OBSCUR. F", ce mot, parce que c’est le clair obscur qui donne l’échelle des tons que doivent suivre ces teintes différentes.
- Les teintes principales se distinguent en cinq nuances : le grand clair , la couleur propre à l’objet, la deqii-teinte, l’ombre et le reflet. Des teintes intermédiaires, et bien
- fl us nombreuses dans la nature que art ne peut exprimer , forment je passage du clair à la couleur propre , et de celle-ci à la demi-teinte, à l’ombre et au reflet. Tous ces principes résultent encore de la théorie du clfir obscur , ou ce qui est la même chose, ils sont fondés, sur l’étude de la dégradation de la lumière et de l’ombrp.
- Le premier ton d’un tableau est arbitraire ; il n’a de valeur que celle qu’il reçoit des contrastes qu’pn lui oppose. Le ton le plus simplesur la palette peut devenir très-brillant ; une couleur par elle-même très-brillantepeut devenir lourde, sèche et discordante. Les couleurs matérielles SQiit mortes, c’est l’art du peintre qui les anime.
- Les matériaux colorans, qu’on ap * pelle aussi couleurs, ne s’emploient guères par les artistes tels que la nature les produit, ou tels qu’ils ont résulté de diverses opérations chimiques. La vive enluminure d’un beau rouge , d’un beau jaune ne charme que lçs regards du peuple ; c’ést à l’artifice des couleurs rompues , c’est-à-dire mélangées, que l’art doit sa séduction.
- De çes mélanges résultent les couleurs tendres et les couleurs Jiè-res. Les premières sont formées des couleur,s les plus douces, et les plus amies , c’est-à-dire , de celles qui ont entre elles le plus parfait accord; les autres sont le produit des couleurs fortes , et quelquefois discordantes , et forment des nuances Vigoureuses. Les couleurs tendres se réservent pour les plans reculés, les couleurs vigoureuses ont leur place aux premiers plans. Les unes et les autres doivent être si bien noies qu’elles ne produisent ensemble qu’une nuance générale qui forme i’harmonie.
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- Les couleurs transparentes sont ainsi nommées parce qu’elles ouvrent un passage à la lumière, laissent voir la couleur qui est au»des-sous d’elles, et ne font que lui prêter la teinte qui leur est propre ; elles conviennent donc moins à peindre qu’à glacer. Le glacis unit et accorde les tons en leur donnant une teinte générale, et prête de la sympathie aux couleurs les plus anthipatiques.
- U empâtement ou la belle pâte des couleurs consiste à les coucher successivement sur la toile d’une manière large et facile. Des couleurs tourmentées sont celles qui ont été altérées parun frottement timide de pinceau trop souvent répété.
- Peindre à jrleine couleur; c’est travailler avec un pinceau chargé de couleur, et ne pas trop l’étendre ; cependant, les tournans , les bmbres, les lointains ne doivent pas être aussi chargés de couleurs. que les clairs et les objets des premiers plans.
- Les écoles les plus célèbres pour le coloris sont celles de V.eniçe et de Flandre. Si l’on pou voit douter que des plus grands efforts des coloristes il ne résulte que des mensonge? imposans, on en trouve la preuvedansla comparaison dé leurs ouvrages. Si l’on met à côté l’un de l’autre les plus beaux tableaux du Titien,de PaulYéronèse,du passai), de Rubens, on reconnoîtra que res tableaux,, tous bien colorés , sont d’une coficur différente'Ensuite, si l’on compare école à école, et l’un des chef-d’œuvrés de l’école vénitienne à uri chef-d’œuvre de l’école Flamande , on verra deux tableaux d’une belle, couleur, mais On reconnoîtra aussi que la couleur de ces deux tableaux porte sur des principes tout-à T fait' différens , d’où l’on peut conclure que , puis-qu’aucun des artistes dé ces deux ecoles n’a eu la même couleur qu’un autre , tous n’ont fait que mentir d’une manière séduisante , et qu’ils doivent tou? leur gloire au plaisir ue nous cause cette innocente sé-uction.
- ( Blason ) Couleurs est une des principales d,ésigriatfons des pièces de l’écu. On n’eu admet que cinq ,
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- fueules, c’est le rouge ; azur, le leu ; sinople, le vert ; le sable , le noir ; le pourpre est mélangé de gueules et d’azur.
- C’est une maxime qu’il ne faut point mettre couleur sur couleur, ni métal sur métal.
- COUP, s. m. du latin colpus, formé de colaphus, dérivé du grec tcoXcnrloù , frapper : impression que fait un corps sur un autre en le frappant, en le perçant, ou en^e divisant.
- ( Méd. ) Coup de sang ; terme populaire, qui signifie la même chose qu’apoplexie ; c’est l’épanchement qui se fait dans le cerveau par la rupture subite de quelques vaisseaux sanguins.
- Coup de soleil ; impression subite qne fait un soleil ardent et violent sur la tête d’un homme ou d’un animal qui y est exposé. Cet accident arrive lorsque le soleil, obscurci par des nuages , vient à se découvrir tout d’un coup.
- ( Chirurgie) Coup de feu; c’est une blessure faite par une arme à feu.
- ( Hydraul. ) Coup de niveau ; ce mot se dit d’un alignement entier pris entre deux stations d’un nivellement.
- ( Art milit. ) Coup de main ; c’est une attaque subite , imprévue et qui réussit. On dit qu’une place a été çrise d’un coup de main , pour dire qu’elle a été prise sans canon ; qu’une place est à Vabri d’un coup de main, pour dire qu’elle ne craint pas d’être emportée par une attaque subite et imprévue.
- Coup-d’œïl militaire ; c’est suivant M. le chevalier Folard , l’art de connoître la nature et les différentes situations, du pays où l’on fait et où l’on veut porter la guerre, les avantages, et les désavantages des camps et des postes que l’on veut occuper, comme ceux qui peuvent être favorables ou désavantageux à l’ennemi.
- C’est par la connoissance de tout Un pays où l’on porte la guerre , qu’un grand capitaine peut prévoir les événemens de toute une campagne , et s’en rendre pour ainsi dire le maître ; car jugeant par ce qu’il fait de ce que l’ennemi doit
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- nécessairement faire , obligé qu’il est par la nature des lieux à se régler sur ses mouvemens, pour s’opposer à ses deseins , il le conduit ainsi de camp en camp, et de poste en poste , au but qu’il s’est proposé pour vaincre.
- l’hilopœmen , un des plus grands capitaines de la Grèce, qu’un illustre Romain appela le dernier des Grecs , avoit un coup-d’œil admirable, qu’on ne doit pas considérer en lui comme un présent de la nature , mais comme le fruit de l’étude et de son extrême passion pour la guerre. Le Grand Condé , Turenne etle comte de Saxe avoient aussi ce coup-d’œïl militaire qui voit tout et qui a tout prévu.
- ( Marine) Coup de canon de partance ; c’est, en termes de marine, un coup de canon à poudre que le commandant d’un vaisseau fait tirer , pour avertir les gens de l’équipage et autres de se rendre à bord pour partir. On déferle en même tems le petit hunier, et c’est ce qu’on appelle le signal de partance.
- Coup de canon d’assurance. V. ASSURER.-
- Coup de canon à l’eau ; ce sont les coups de canon qu’un vaisseau reçoit dans un combat à sa partie submergée , c’est-à-dire , au-dessous de la ligne de flottaison.
- Coup de canon en bois ; ce sont des cours de canon qui frappent la partie du vaisseau qui est hors de l’eau.
- Coup de vent ; c’est un vent très-violent qui oblige à serrer la plus grande partie des voiles du vaisseau.
- Coup de mer ; c’est une vague qui, dans un gros tems , vient frapper avec violence contre le corps du vaisseau. Il se prend ordinairement en mauvaise part ; et on dit alors que le timonier a donné un faux coup de gouvernail.
- ( Peinture ) Coup-d’œïl ; c’est , dans le langage des peintres , l’habitude de saisir, à la simple vue , la figure , la grandeur et les proportions avec tant de précision qu’il s’en forme uc tableau exact dans l’imagination. Le coup-d’œïl est le premier et le plus indispeir-
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- sable des talens , dans les arts du dessin. Ni la règle, ni le compas ne peuvent suppléer au défaut du coup-d'œil. Il faut, comme s’ex-primoit Michel-Ange , que le dessinateur ait le compas dans les yeux et non dans la main ; et l’un des plus grands peintres, le célèbre Mengs , veut que la première tâche de l’élève soit de se rendre l^oeil juste au point de pouvoir tout imiter. C’est, selon lui, au coup-d'œil que Eaphaël même devoit une grande partie de ses succès. "Le coup-d'œil ne fait pas simplement qu’on puisse imiter chaque objet, mais il met encore dans cette imitation un si haut degré de vérité, que l’ouvrage en acquiert une magie frappante.
- Coup de pinceau, coup de brosse, au premier coup , peindre à grands coups , sont encoi e des expressions en usage parmi les peintres.
- Le coup de pinceau ou de brosse est l’action par laquelle , après avoir changé la brosse ou le pinceau de couleur, on l’applique sur la surface sur laquelle on peint.
- L’on ne peint à grands coups que des objets considérables, qui comportent cette manière de peindre, mais tout ouvrage de peinture , pourroit à la rigueur être peint à grands coups.
- Peindre au premier coup un tableau , une figure , un paysage , c’est peindre de manière à ne point revenir sur ce qu’on a fait , et à ne pas retoucher.
- ( Physique ) Coup foudroyant ; on appelle ainsi la violente commotion que l’on ressent en faisant l’expérience de Leyde , sur-tout si l’on se sert pour cela d’un carreau de verre , enduit de quelque métal de part et d’autre , et auquel on lais e à l’une et à l’autre surface au moins 65 centimètres (2 pouces) de bords qui ne soient point enduits. Ce carreau est placé sur une platine de métal qui communique au conducteur par une chaîne , laquelle platine est isolée sur nn gâteau de résine , et fait par conséquent partie du conducteur qu’on électrise avec un globe de verre.
- Il est bon d’avertir qu’il seroit fort imprudent de servir soi-même
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- de communication , car la commotion qu’on ressent est si violente, qu’elle est capable de tuer des animaux ; ceux qui périssent ainsi se trouvent, après leur mort, dans l’état de ceux qui sont foudroyés par le tonnerre. C’est delà qu’est-venu le nom de coup-foudroyant.
- ( Art dram. ) Coup de théâtre ; on appelle ainsi un changement subit ae décoration , ou une scène à laquelle on ne s’attend pas , et qui frappe l’esprit.
- ( Polit. ) Coup d'Etat ; ce mot se dit des actions et des entreprises hardies , des complots ou des desseins extraordinaires, soit en bien, soit en mal ; mais qui déterminent le sort d’un Etat, d’une grande affaire , etc.
- COUPE (vase), s. f. du latin cupa , formé du grec «.ùQÇn.
- ( Archit. ) Espèce de vase de sculpture moins haut que large; il sert d’amortissement à quelque édifice ou d’attribut à une figure, à une statue,
- ( Astron. ) Constellation méri— diona.e placée sur l’hydre, contenant trente-une étoiles dans le catalogue de Flam^fead.
- COUTE, s. f. ( séparation ) , de couper, du lat. copare.
- [Archit.) Coupe des pierres; c’est l’art ou la façon de les tailler ; c’est aussi la direction d’un lit ou d’un joint perpendiculaire à la surface droite ou courbe de la douelle ou de la tète d’un voussoir, mais oblique au plafond dans les platte-bandes.
- C’est encore l’inclinaison des joints des voussoirs d’un arc et des claveaux d’une plate-bande ; on dit dans ce sens, donner plus ou moins de coupe.
- Coupe se dit encore de la représentation d’un édifice , d’un bâtiment de terre ou de mer pour en découvrir l’intérieur, et en marquer les hauteurs, largeurs et épaisseurs. Coupe perpendiculaire. d’une église , d’un corps-de-logis , etc.
- ( Administ. forest.) Coupe se dit aussi de la quantité de bois qui est destiné à être coupé, et du tems propre à couper.
- ( Marine ) Coupe des manœu-t
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- vres ; c’çst l’art et l’action de couper dans leurs justes longueurs et proportions toutes les manoeuvres dormantes et courantes qui composent le grément de chaque vaisseau.
- '( Jardin. ) Coupe des arbres ; façon dont on taille les branchés d’arbres. La coupe régulière est courte, ronde et près de l’œil. -L’irrégulière ou la fausse est trop tirée et trop alongée , d’où s’ensuit la difficulté du recouvrement de la plaie , souvent la mort de la brandie , et presque toujours l’avortement du bouton.
- COUPELLE, s. f. diminutif de coupe , du lat. cupella.
- [ Chimie) Petit vaisseau en forme de tasse , fait avec des cendres lavées , ou des os calcinés. On s’en sert pour purifier par l’action du feu l’or et l’argent des autres métaux auxquels ils sont alliés.
- La grande coupelle sert à faire en grand, ce qui se fait en petit dans la petite coupelle.
- Le fourneau qui sert â ces sortes d’opérations , s’appelle fourneau de coupelle. Qn dit coupeler et passer à la coupelle. La .grande coupelle s’appelle casse, et n’a de commun avec la petite que les matières dont elle est faite. Sa couverture et son fourneau ne ressemblent point à ceux de la petite.
- Or de coupelle , argent de coupelle ; c’est l’or et l'argent du plus haut titre.
- Il y a lieu de croire que l’essai à la coupelle a été inventé vers l’an i3og , sous Philippe-le-Bel , peu de tems après que le titre des ouvrages d’argent eût été amélioré.
- L’opération de la coupelle est un des piüs beaux et des plus ingénieux travaux de la métallurgie.
- Le plomb a la propriété de détruire tous les autres métaux , de les calciner et de les vitrifier , à l’exception de l’or, de l’argent et du platine. Ainsi donc lorsqu’ou veut connoître le titre de l’argent par la coupellation , on prend une masse ou lingot d’argent que l’on divise par supposition , quel qu’en soit le poids , en douze parties parfaitement égales qu’on ap-
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- pelle deniers : le lingot d’argent est d’une once ; chacun de ces deniers par conséquent un douzième d’once ; et s’il se trouve un douzième d’alliage , on dit alors ue l’argent est a onze deniers ds n.
- On choisit àeuxcoupelles de grandeur et de poids. On place ces coupelles daps un fourneau d’essai sous un moufle ; on allume le fourneau et on les fait rougir au rouge-blanc ; après quoi on y met le plomb qui doit servir à scorifier les métaux étrangers alliés avec l’argent. Lorsque le plomb est bien fondu, rouge, fumant et agité d’un mouvement de circulation , et que sa surface est unie et nette, il est tems d’y mettre l’argent du lingot exactement pesé et coupé en petits morceaux. L’instant où le métal étranger est absolument absorbé avec la litharge , est celui où l’on voit la surface du bouton de fin qui est au milieu , n’ètre plus recouverte d’-une pellicule de litharge, mais devenir tout d’un coup vive, brillante, d’un beau luisant, ce qu’en termes de l’art on .appelle faire réclair. Si l’argent est bien affiné, on voit sur la surface de ce bouton de fin les .couleurs de l’iris, qui ondulent, et s’entre-croisent avec rapidité. Lorsque le tout est refroidi , on détache les boutons de la coupelle, on les pèse, et la quantité de poids qu’ils ontperdue désigne le titre de la masse ou du lingot d’argent que l’on cher choit •à connortre.
- La coupellation , pour l’essai du titre d’or , se fait de la même manière que pour l’argent, mais le poids fictif est différent. jr. CA~ R AT; et elle est suivie d’une seconde opération. V. DÉFART.
- ( Artillerie) Coupelle se dit aussi d’une espèce de pelle de fer blanc pu de cuivre , qui sert auxrcanon-nieis pour manier la poudre quand ils remplissent les gargousses.
- COUPER, v. a.Même origine que COUPE,tailler,fendre: trancherRéparer,,diviser un corps continu avec quelque chose de tranchant.
- ( Art milit. ) Couper les voies a une armée , à une ville assiégée ; c’est fermer les avenues pour e®'
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- pêcher qu’on ne lui porte des vivres.
- Couper les eaux à une place assiégée ; c’est couper les canaux, les conduits des fontaines qui portent de l’eau à la ville.
- Couper les ennemis; c’est se mettre entre une partie de leur armée et une autre partie ; entre leur armée et une place assiégée.
- ( Equit. ) Couper un cheval ; c’est le châtrer.
- On dit aussi qu'un cheval $e coupe, lorsqu’il s’entretaille des pieds de devant, ou des pieds de derrière.
- ( Topographie ) Pays coupé ; un pays traversé de fossés , de canaux et de rivières.
- ( Diction ) Style coupé ; un style dont les périodes sont courtes et peu liées.
- . ( Poésie ) On dit d’une stance qu’elle est hien ou mal coupée selon que les repos y ,sont hien ou mal observés.
- ( Sculpture ) Bien couper le bois, le couper tendrement ; c’est travailler une figure ou un ornement avec goût, de sorte qu’il ne paroisse dans le travail, ni sécheresse ni dureté.
- ( Escrime ) Couper sous le poignet ; c’est dégager par-dessous le poignet de l’adversaire , au lieu de dégager par-dessous le talon de sa lame.
- Couper sur pointe,; c’est porter une estocade à son adversaire en dégageant par-dessus la pointe de son épée.
- ( Pharmacie ) Couper une liqueur, un fluide par uri autre ; c’est les tempérer l’un par l’autre.
- ( Arcbit. ) Couper du trait ; c’est faire un modèle en petit avec de la craie ou du plâtre , ou du bois facile à couper pour voir la figure des voussoirs , et s’instruire dans l’application du trait de l’.épure sur fa pierre, par le moyen des instru-iflens , comme cherches, panneaux , biveaux et équerres, dont on se sert en grand.
- ( Blason ) Couper un écu ; c’est fe diviser en deux parties égales, diamétralement par une ligne parallèle à l’horizon-, et en même *ens ou disposition que la face.
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- Cet écu était coupé de gueules et de sable : c’est delà qu’on dit que deux couleurs se coupent, lorsqu’elles sont fort différentes et fort vives, et qu’elles n’ont aucune nuance ou couleur douce qui les joigne.
- ( Marine ) Couper le câble ; c’est couper le cable qui tient l’ancre au fond de la mer : ce qui a lieu dans un mauvais tems , lorsqu’on est mouillé près d’une côte où l’on craipt d’être affalé ; ou bien lorsque voulant appareiller promptement pour poursuivre un vaisseau ennemi, on craint de perdre un tems précieux , si ou levqit l’ancre de la manière ordinaire. 11 est mieux, pour éviter de perdre le cable, en le coupant, de le fder
- Ear le bout, et d’y attacher une ouée, qui sert de marque , pour venir ensuite retrouver l’ancre et Je cable qu’on a été obligé d’abandonner.
- Couper un mât ; cette opération est quelquefois nécessaire dans des circonstances extrêmes , où le vaisseau chargé par la tempête, par là force du veut et la grosse mer , est incliné de façon à courir un très-grand danger de chavirer, ou de s’engager sous l’eau
- Couper la ligne ; c’est dans un combat naval traverser la ligne de l’armée ennemie, en eu séparant une partie d’avec l’autre, de façon qu’elles ne puissent se soutenir mutuellement.
- Couper chemin à un vaisseau ; c’est le croiser et se mettre à son avant, soit pour le combattre, soit pour l’obliger à changer de route.
- Couper terre à un vaisseau ; c’est se porter entre la terre et un vaisseau ennemi que l’on chasse, pour l’empêcher de s’y réfugier.
- ( Musique ) Couper une note'f ,c:est lorsqu’au lieu de la soutenir durant toute sa valeur , on se contente de la frapper au moment qu’elle commence , passant en silence le reste de sa durée. Ce mot ne s’emploie que pour les notes qui ont nue certaine longueur ; on se sert du mot détqçher pour celles qui passent plus vite.
- ( Danse ) Coupé ; c’est le nom d’un pas. Le coupé ordinaire est
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- Composé de deux pas, savoir un
- demi-coupé et un pas glissé.
- ( Géoin. ) Coupée ; c’est la même chose qu’ ABSCISSE. V. ce mot.
- COUPEROSE, de l’hollandais l&pperose, eau de cuivre, dont les Anglais ont fait copperas ; ce mot est une traduction du latin aqua cupri ; cuprum vient du grec x.t/Trpaç ( kupros ) , dans la signification d’ile deChipre, parce que c’étoit delà que les anciens tiroient leur cuivre. V. VITRIOL , CUIVRE, ZINC.
- ( Chimie) Couperose étoit le nom que les anciens chimistes avoient donné aux vitriol : on dit maintenant sulfate de zinc, de cuivre , de fer. V. SULFATE.
- ( Méd. ) Couperose , corruption du latin guttarosa , se dit d’une rougeur livide du visage , accompagnée souvent de boutons et de pustules, quelquefois de petits ulcères , qui prend trois noms différées , selon lés degrés d’intensité de la maladie.
- COUPLET , s. m. du latin copu-letum, diminutif de copulum , qu’on a dit pour copula, couple.
- ( Poésie ) Division de vers qui se fait dans une hymne, dans une ode, dans une chanson. A l’égard des odes et des stances , ces divisions sont plutôt appelées strophes.
- ( Musique ) Couplets se dit aussi des doubles et variations qu’on fait sur un même air, en le reprenant plusieurs fois avec de nouveaux changemens ; mais toujours sans défigurer le fond de l’air. Chaque fois qu’on reprend ainsi l’air en le variant différemment, on fait un nouveau couplet.
- COUPOLE, s. f. de l’italien cupola , formé du latin barb. cup-pula, pour tholus et fornix.
- ( Archit. ) Ce terme emprunté des Italiens , signifie une voûte sphérique , ou le haut du dôme d’une église, ronde, faite eu forme de coupe renversée.
- C’est aussi l’intérieur , la partie eoneave d’un dôme.
- COURANT, s. m. du v. courir, formé du latin curro, dérivé du grec ic*.tuât ( ehairo ).
- C Mariné-hydrogr. ) Mouvement progressif que l’eau de la mer a en
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- différens endroits, et qui peut accélérer ou retarder la marche du vaisseau.
- Les courans sont réglés et généraux , ou accidentels et particn-liers.
- Les courans réglés et généraux sont produits, ou par le mouve« ment journalier de la terre autour de son axe , ou par l’action du soleil et de la lune, on par les vents réglés qui régnent en certains endroits du globe , et sur-tout vers la zone torride. Tels sont les courans qui régnent dans presque tous les détroits, à Gibraltar, dans le Sund, etc ; près de la Guinée, depuis le Cap-Verd jusqu’à la baie de Fermanaopo, d’occident en orient ; auprès de Sumatra, du midi au nord ; entre la terre de Magellan et l’île de Java , dans la mer Pacifique du midi au nord ; entre l’Afrique et l’île de Madagascar , et surtout depuis le Cap de Bonne-Espérance jusqu’à la terre de Natal ; sur les côtes du Brésil, depuis le Cap Saint-Augustin jusqu’aux îles Antilles ; des côtes du Brésil et de la Guyane, dans l’ouest et le nord-ouest , en suivant les côtes du grand continent de l’Amérique ; du golfe du Mexique , par le détroit de Bahama , et autres passages, au nord-est et à l’est-nord-est, en suivant les côtes de l’Amérique septentrionale , ou à peu-près jus-ques vers Terre-Neuve ; de Terre-Neuve vers la Manche, presque continuellement à l’est.
- hes courans acçidentels , partir culiers et variables sont causés par les eaux cjui sont chassées par 1® vent, vis-a-vis les promontoires, ou bien poussées dans les golfes et les détroits , où n’ayant pas assez de place pour se répandre , elle* sont obligées de refluer ; eu uu mot , par la propriété qu’ont les fluides de chercher tou ours Ie niveau.
- ( Physique ) Courans électriques ; on appelle ainsi la matière électrique tant effluente qu’af' fluente, actuellement en mouvement. Elle forme alors deux courans , qui ont lieu dans le même teins , et dont les directions sont opposées. Celui de la matière
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- tffluente s’élance du corps actuellement électrisé , et se porte progressivement aux environs, jusqu’à une certaine distance ; celui de la matière affluente, partant des corps qui sont dans le voisinage du corps électrisé, et même de l’air qui l’environne , vient à ce corps actuellement électrisé, remplacer la matière effluente qui en sort. Ce sont ces deux courans simultanés qui sont la cause immédiate de tous les phénomènes électriques.
- Courans magnétiques ; on appelle ainsi la matière magnétique actuellement en mouvement autour d’un aimant. Tous les physiciens conviennent qu’il y a constamment autour d’un aimant une matière très-subtile et invisible, qui circule d’un pôle à l’autre , et qui est la cause prochaine des phénomènes magnétiques. C’est elle qui fait prendre à la limaille de fer dont on saupoudre un aimant, une espèce d’arrangement qui se trouve constamment le même.
- COURBATURE, s. f. du latin curvatura, formé de curvare, courber.
- ( Hyppiat. ) Maladie de cheval occasionnée par des travaux vio-lens, et quelquefois par la faim , et caractérisée par le battement des flancs , par la fièvre et la difficulté de respirer. On l’appelle ainsi, parce qu’elle fait courber les chevaux.
- ( Méd. ) Courbature se dit aussi en parlant des hommes , pour exprimer une maladie très-commune parmi les gens qui sont assujettis à des travaux pénibles , ou qui font des exercices violens. Elle est caractérisée par un sentiment de douleurs sourdes dans les bras , les jambes et le dos ; par l’abattement des forces , une lassitude extrême , et un engourdissement de toute la Machine.
- COURBE , s. f. et adj. du latin vürvus.
- ( Géom. ) Quelques géomètres 0nt défini la ligne courbe, la ligne d*un point à un autre, et %Ul ny?t pas la plus courte , par apposition à la ligne droite, qu’ils
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- définissent le chemin le plus court d’pn point à un autre. Selon d’autres, la ligne courbe est une ligne dont les différens points sont dans différentes directions, ou sont différemment situés les uns par rapport aux autres ; mais ce seroit embrouiller des notions aussi simples, que d’entreprendre de donner de la ligne courbe , une idée plus élémentaire que celle que ces deux mots présentent d’eux-mêmes.
- Les figures terminées par des ligues courbes sdut appelées figures curvilignes, pour les distinguer des figures qui sont terminées par des lignes droites, et qu’on appelle figures rectilignes.
- La théorie générale des courbes et.des figures qu’elles terminent, et de leurs propriétés , constitue proprement ce qu’on appelle la haute géométrie , ou la géométrie transcendante.
- On donne sur-tout le nom de géométrie transcendante, à celle qui dans l’examen des propriétés des courbes emploie le calcul différentiel et intégral.
- Pour déterminer la nature d’une courbe, on imagine une ligne droite tirée dans son plana volonté, etpar tous les points de cette ligne droite, on imagine des lignes tirées parallèlement et terminées à la courbe. La relation qu’il y a entre chacune de ces lignes parallèles et la ligne correspondante de l’extrémité de laquelle elle part, étant exprimée par une équation, cette équation s’appelle Véquation de la courbe.
- Descartes est le premier qui ait pensé à exprimer les lignes courbes
- fiar des équations. Cette idée sur aquelle est fondée l’application de l’algèbre à la géométrie, est très-heureuse et très-féconde.
- Les courbes se divisent en algébri-
- Îues, qu’on appelle souvent avec lescartes , courbes géométriques , et en transcendantes que le même auteur nomme mécaniques.
- Les courbes algébriques ou géométriques, sont celles où la relation des abscisses aux ordonnées , est, ou peut être exprimée par une équation algébrique.
- Les courbes transcendantes ou mécaniques} sont celles qui ne
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- peuvent être déterminées par une équation algébrique.
- Les anciens n’ont guères connu d’autres courbes que le cercle , les sections coniques, la conchoïde et la cissoïde. La raison en est qu’on ne peut guères traiter des courbes Sans le secours de l’algèbre , et que l’algèbre paroit avoir été peu connue des anciens. Les modernes ont ajouté aux courbes des anciens les paraboles et hyperboles cubiques , et le trident ou parabole des Descartes. V*oilà où on en est resté jusqu’au traité des lignes du troisième ordre de Newton.
- Points singuliers et multiples des courbes ; on appelle point multiple d’une courbe, celui qui est commun à plusieurs Ijyanches qui se coupent en ce point; et par opposition, point simple, celui qui n’appartient qu’à une branche.
- Courbe polygone; on appelle ainsi une courbe considérée non comme .rigoureusement courbe, mais comme un polygone d’une infinité de côtés. C’est ainsi que dans la géométrie de l’infini on considère les courbes ; ce qui ne signifie autre chose, sinon qu’une courbe est la limite des polygones tant inscrits que circonscrits.
- • Rectification d’une courbe ; c’est une ligne droite égale en longueur à cette courbe.
- Quadrature d’une courbe ; autre opération qui consiste à trouver l’aire ou l’espace renfermé par cette courbe , c’est-à-dire , à assigner un carré dont la surface soit égale à un espace curvi-ligne.
- Famille des courbes ; c’est un assemblage de plusieurs courbes de diffèrens genres , représentées toutes par la même équation d’un degré indéterminé , mais différent,, selon la diversité du genre des courbes.
- Courbe caustique. V. CAUSTIQUE. \
- Courbe diacaustique. Voy. DIA--CAUSTIQUE.
- Courbe à double courbure ; on -appelle ainsi une courbe dont, tous des points ne sauroienUçtre supposés dans un même plan , et qui,par conséquent est ^doublement courbe, et par elle-même, et par la sur-
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- face sur laquelle on peut la supp^, ser appliquée. On distingue , par cette dénomination, les courbes dont il s’agit d’avec les courbes à simple courbure ou courbes ordinaires. M. Clairaut a donné unTrai-tp des courbes à double courbure.
- Surfaces courbes ; une surface courbe est représentée en géométrie par une équation à trois variables • elle est géométrique , quand squ équation est algébrique et exprimée en termes finis ; elle estmécanique, quand son équation. s t différentielle jet non algébrique.
- ( Archit. ) Il y a en architecture deux espèces de courbes : les unes planes , et les antres à double courbure. Les courbes planes sont celles qu’on peut aisément tracer sur un plan, lesquelles se réduisent pour l’usage de'la coupe des pierres aux sections coniques èt aux spirales. Les courbes à double courbure sont .celles qu’on ne peut tracer sur une surface plané qu’en raccourci, par le moyen de la projection : telles sont la plupart des arrêtes des angles , des enfoncemeas des voûtes qui se rencontrent. ‘
- ( Marine ) On appelle courbes en termes d’archi tecture navale, des pièces .de charpente fourchues , et formant un angle plus ou moins ouvert qu’un angle droit, dont l’usage le plus fréquent est de lier le3 baux des ponts avec les côtés des vaisseajix, en guise de console d’architecture civile, pour les soutenir, s;ur-tQut contre l’effort du canon-
- ( Horlpg. ) La courbe d’une pendule d’équation , est une pièce en forme d’ellipse, qui rentre deux fois sur elle-même.
- ( Manège ) Courbe est une tumeur dure et calleuse qui vient en longueur au-dedans du jarret du cheval.
- COURBURE , s. f. même origine que COURBE.
- ( Géom.) On appelle ainsi 1» quantité dont un art infiniment pe tit d’une courbe quelconque , s carte dé la ligne droite. Or un ar i nfiniment petit d’une courbe, pe^ être considéré comme uu arc cercle , par conséquent on mine la courbure d’une courbe p
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- celle d’uu arc infiniment petit. V. PÉVELOPÉE.
- ( Jardin. ) Courbure, en termes de jardinage , est une inclinaison en arc. Quand une branche pousse trop, et qu’elle n’a ni chancre ni défaut qui puisse la faire casser en la pliant, il suffit de la courber en la pliant un peu , pour en amortir la trop grande vigueur. De même ou est sur qu’un gourmand cessera de pousser si on lui fait faire le cerceau. Cette opération , une des plus curieuses du jardinage, est nouvelle. Elle est très-efficace pour mettre l’équilibre dans un arbre qui ne pousse que d’un côté.
- COURET ou COUROI, s. m. de COURIR.
- ( Marine ) Mélange de suif, de Soufre , de céruse, de résine ou de goudron , d’huile de poisson, etc. , dont on enduit la partie submergée d’un vaisseau que l’on carène pour le disposer à faire un voyage , afin de préserver ses bordages extérieurs des dommages que leur feroit l’ean de la mer, et la piquûre des vers.
- COURIR, v. n. du latin currire , dit par mêtaplasme pour currere , aller fort vite pour avancer chemin.
- ( Art. milit. ) Courir aux armes; t’est prendre les armes en hâte pour quelque alarme , ou quelque occa-aion pressante.
- Courir une charge; c’est la poursuivre avec ardeur.
- Courir sus ; c’est se jeter sur quelqu’un pour l’arrêter, le maltraiter, le tuer. Tout le monde lui peut courir sus. Les paysans se s°«f soulevés et ont courui sus aux iroupes.
- (Marine) Courir ; c’est, en parant d’un vaisseau, naviguer , cin-8‘er, faire route.
- ( Courir des bords ) ; c’est la mê-®e chose que LOUVOYER. V. ce ®ot.
- Courir en latitude ; c’est aller du n;°rd au sud , ou du sud au nord ; Çest-à-dire faire une route dans ‘Quelle on gagne une grande dif-erencc en latitude ; ainsi , quand 011 fait route du sud - quart - sud-°Uest, au notd-nord-est, etc. , on dire que l’on court en latitude.
- Courir en longitude ; c’est aller
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- de l’est à l’ouest, de l’ouest à l’est, et, en général, faire une route par laquelle on gagne une plus grande différence en longitude qu’en latitude; ainsi le vaisseau qui fait route à l’est-sud-est court en longitude , etc.
- Courir la bouline ; c’est un châtiment des gens de l’équipage, qui consiste à faire passer le criminel au milieu de tout l’équipage rangé en haie des deux côtés , de l’avant à l’arrière, et dont chaque homme lui donne nn coup de corde.
- Courir se dit aussi des terres des rochers , des côtes qui s’étendent selon tel air de vent Cette côte court est-ouest, c’est-à-dire, qu’elle va droit d’orient en occident.
- Courir au plus près ; c’est naviguer le plus contre le vent qu’il est possible.
- Courir sur la terre ; c’est faire route pour s’approcher de la terre.
- Courir sur son ancre ; c’est aller par le vent ou par la force du courant,du côté où l’ancre est mouillée.
- ( Vénerie ) Laisser courre , c’est découpler les chiens après la bête.
- ( Equit. ) Courre un cheval-, c’est le faire courre à toute bride, étant (monté dessus.
- (Commerce) On dit que les billets d’un homme courent sur la place , pour dire qu’on cherche à s’en défaire.
- COURONNE , s. f. du latin co-rona , fait du celte coron , qui signifie corne et couronne~; les cornes ayant été autrefois des marques de souveraineté.
- ( Hist. anc. ) Dans l’antiquité la plus reculée la couronne n’étoit déférée qu’aux dieux. Si on en croit Pline , Bacchus la porta le premier après la conquête des Indes. D’au* très en attribuent l’origine à Saturne , d’autres à Jupiter, plusieurs à Janus,et quelques-uns àlsis.
- Les premières couronnes ne furent que des bandelettes appelées diadèmes; ensuite on prit des fleurs et des branches d’arbre.
- L’ornement des divinités devint avec le tems celui du sacerdoce et de la royauté ; on le plaçoit même sur les autels et sur les vases sacrés,* il paroit aussi les temples , les portes des maisons et les victimes.
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- Les Romains avoient différentes couronnes pour les exploits militaires. Iis en distribuoient aussi aux poëtes distingués, et à ceux qui remportaient la victoire dans les jeux solennels.
- Une branche de chêne récom-pensoit celui qui avoit sauvé la vie à un citoyen , et les gladiateurs re-cevoient , avec la liberté , une bandelette de laine.
- Dans les sacrifices on se couron-Tioit d’ache , d’olivier, de laurier. Dans les festins on décoroit son front de lierre , de mirthes, de roses ; mais dans les funérailles on ne vouloit que des couronnes de «jyprès.
- On trouve dans les médailles quatre sortes de couronnes propres aux empereurs romains : une couronne de laurier, une couronne rayonnée, une couronne de perles et quelqne— fois de pierreries , une espèce de bonnet à-peu-près semblable à un mortier, ou au bonnet que les princes de l’empire mettent sur leur écu.
- Jules-César obtint la permission du sénat de porter la première , à cause , dit-on , qu’il était chauve ; ses successeurs l’imitèrent. La couronne radiale n’était accordée aux princes -qu’après leur mort ; mais Néron la prit de son vivant. On les voit sur les médailles avec les couronnes perlées. Justinien est le premier qui ait porté celle de la quatrième espèce.
- Couronne triomphale ; c’était la couronne des généraux qui obte-noient les honneurs du triomphe. Cette couronne , qui d’abord fut de laurier, devint d’or dans la suite des teins, et bientôt ce qui avoit été un hommage devint un tribut. Les villes étoient contraintes de donner des couronnes d’or au général ou à l’empereur qui triomphoit.
- Couronne ovale ; elle étoit faite de myrthe , et se donnoit aux généraux qui avoient vaincu des ennemis indignes d’exciter la vaillance romaine , et à qui on décernoit les honneurs du petit triomphe appelé ovation.
- Couronne navale ou rostrale ; e’étoit chez les Romains un cercle d’or «televé de proues et de poupes
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- que l’on donnoit à celui qui avoit accroché le premier un vais»eau ennemi.
- Couronne murale ; e’étoit un cercle d’or crénelé : qui se donnoit à celui qui le premier avoit monté sur la muraille d’une ville assiégée et y avoit arboré l’étendard.
- Couronne vallaire ( Castrense ) ; e’étoit aussi un cercle d’or, relevé de pieux ou de paux, que le général donnoit au capitaine ou soldat qui le premier avoit franchi le camp ennemi et forcé la palissade.
- (Hist. mod.) La couronne papale est une tiare entourée d’une triple couronne. Le pape Hormidas ajouta la première couronne à la tiare ; Boniface VIII, la seconde j et Jean XXII la troisième.
- La couronne de l’empereur est un bonnet ou tiare avec un demi-cercle d’or qui porte la figure du monde , cintré et sommé d’une croix 5 elle fait voir son bonnet entr’ouvert des deux côtés de son cintre , et elle a par le bas deux fanons ou pendans , comme les mitres des évêques.
- La couronne des rois de France étoit un cercle de huit fleurs de lys, cintré de.six diadèmes qui le ferment et qui portent au-dessus une double fleur de lys qui étoit le cimier de France. Le roi Charles VIII est le premier qui l’a portée fermée. François 1 l’a portée souvent ouverte ; mais depuis Henri II, tous les rois de France , et même ceux des autres royaumes , l’ont portée aussi fermée. Ce fut Charles VII. qui le premier mit la couronne sur l’écusson des fleurs de lys.
- La couronne des rois d’Espagne est rehaussée de grands trèfles re* fendus , que l’on appelle souvent hauts fleurons, et couverte de diadèmes aboutissans à un globe surmonté d’une croix,Philippe II a ete le premier qui ait porté la couronna fermée , en qualité de fils d’efli' pereur.
- La couronne du roi d’Angleterre est rehaussée de quatre croix de 1* façon de celles de Malte. Elle es. couverte de quatre diadèmes q111 aboutissent à un petit globe sur monté d’une crois.
- Celle de la plupart des autre
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- rois sont de hauts fleurons ou de grands trèfles, et aussi formées de quatre , six ou huit diadèmes , et sommées d’un globe croisé.
- La couronne des électeurs de l’Empire est une espèce de bonnet d’écarlate , retroussé d’hermines , diadémé d’un demi-cercle d’or tout couvert de perles, formé d’un globe surmonté d’une croix d’or, que quelques souverains d’Allemagne s’attribuent aussi.
- ( Géom. ) Couronne, en géomé-trie , est un plan terminé ou enfermé par deux circonférences parallèles de cercles inégaux , ayant un même cercle, et qu’à cause de cela on appelle cercles concentriques. On a la surface de la couronne en multipliant sa largeur par la longueur de la circonférence moyenne arithmétique entre les deux circonférences qui la terminent.
- ( Astron. ) Couronne australe ; c’est une constellation qui paroît à peine sur notre horizon au commencement du mois de juillet sur le milieu de la nuit.
- Couronne boréale ; constellation formée de 21 étoiles suivant le catalogue Britannique, dont la plus belle s’appellegnos.sza, gemma, etc. chez les les Arabes mumir.
- ( Physique ) Couronne ; météore formé par un ou plusieurs anneaux lumineux qui paroissent autour des astres. Il y a des couronnes sans couleur et des couronnes colorées. Leseouleurs de ces dernières sont a-peu-près celles de l’arc-en-ciel ou de l’iris , mais disposées le plus souvent dans le même ordre que celles de l’iris intérieure, c’est-à-dire , que les rouges se trouvent en dehors ou dans la convexité de la couronne.
- Ces couronnes paroissent le plus souvent autour du soleil et de la lune. Tous les physiciens conviennent qu'il faut les attribuer, comme un attribue l’arc-en-ciel, à la réfaction des rayons de lumière dans Ie» particules de vapeurs, les gout-tes d’eau , les parcelles de glace et de neige dont l’atmosphère est charge : avec cette différence seuie-Uient, que dans l’arc-en-ciel il y a ^flexion et réfraction, et que dans
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- les couronnes il n’y a que réfraction.
- {Art milit..) Ouvragé à couronne^ c’est celui de tous les dehors ou pièces détachées qui embrasse plus de terrein ; il est composé d’une gorge spacieuse et de deux ailes terminées, du côté de la campagne, par deux demi-bastions , chacun desquels se va joindre , par une courtine particulière , à un bastion entier qui est à la tête de l’ouvrage. On fait des ouvrages à couronne pour occuper quelque grand terrein , pour se rendre maître de quelque hauteur ou pour couvrir la tête d’un camp retranché.
- ( Musique ) Couronne, espèce de C renversé , avec un point dans le milieu , qui se fait ainsi (-) Quand la couronne, qu’on appelle aussi point de repos , est à l,a fois dans toutes les parties sur la note correspondante , c’est le signe d’un repos général : on doit y suspendre la mesure , et souvent même on peut finir par cette note. Ordi-nairement la partie principale y fait, à sa volonté , quelque passage que les Italiens appellent cadenzaT
- Îiendant que toutes les autres pro— ongent et soutiennent le son qui leur est marqué , ou même s’arrêtent tout-à-fait. Mais si la couronne est sur la note finale d’une seule partie , alors on l’appelle en français point d’orgue, et elle marque qu’il faut continuer le son de cette note jusqu’à ce que les autres parties arrivent à leur conclusion naturelle. On s’en sert aussi dans les canons pour marquer l’endroit où toutes les parties peuvent s’arrêter quand »n veut finir. V. "REPOS , CANONS, POINT D’ORGUE.
- ( Méd. ) Couronne de Vénus ; on a donné ce nom à une espèce de coupe-rose caractéi’isée par des pustules d’uu rouge couleur de rose» dures, calleuses , rondes aplaties» ulcérées à leur extrémité , sèches et ne contenant point de pus. Le siège de la coupe-rose est le plus souvent sur le front, où les pustules sont rangées comme un chapelet ; c’est delà qu’est venu le nom de couronne de Vénus.
- ( Anat. } Couronne du gland j
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- un repli en forme de bourrelet arrondi , qui fait tout le tour delà base du membre viril.
- Couronne se dit aussi de la partie des dents molaires qui est hors de la gencive.
- ( Technologie } Les architectes appellent couronne le plus fort membre carré d’une corniche.
- En terme de fauconnerie, couronne est le duvet qui est autour du bec de l’oiseau , à l’endroit où il se joint à la tête.
- Les jardiniers donnent aussi ce nom à une espèce de greffe.
- Les papetiers appellent couronne le papier de la petite sorte, et couronne double, le papier de la moyenne sorte.
- Les jouailliers donnent ce nom à la superficie la plus éminente d’un diament rosé , partagé en deux parties.
- Les artilleurs appellent couronne foudroyante une couronne remplie d’artifices , dont on se sert dans les sièges.
- En termes de manège , couronne est une marque qui demeure à un cheval qui s’est si fort blessé au génou que le poil en est tombé. C’est encore la partie la plus basse du paturon du cheval qui règne le long du sabot, et qui se distingue par le poil qui joint et qiii couvre le haut du sabot.
- Parmi les orfèvres, c’est la partie d’une lampe d’église qui soutient le verre. )
- COURONNE, partie, de couronner. V. COURONNE.
- ( Botan. ) On dit d’un fruit qu’il est couronné lorsque , provenant d’un ovaire infère , il conserve à sonsommet une partie ou la tota litédu limbe du calice.
- Couronné se dit aussi de tout orifice de parties tubulées, surmonté par quelque chose qui est adué intérieurement à son bord, ou lui paroît continu.
- On dit aussi d’un arbre dont la tête meurt, qu’il est couronné.
- ( Jardin. ) Les jardiniers disent aussi qu’un fruit est couronné lors-qu’étant trop dégarni de feuilles , et exposé par conséquent aux coups de soleil , il est brûlé sur la peau , et souvent jusqu’au noyau. Pour
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- éviter cet inconvénient, ils jettent quelques poignées de cosses de pois» qui suffisent pour briser les rayons du soleil.
- COURONNEMENT, s. m. même origine que COURONNE : l’action de couronner.
- Ç Archit. ) La partié supérieure qm termine un ouvrage,
- ( Marine ) La façade de l’arrière du vaisseau , ou de la poupe, et delà par extension, les ornemens de sculp tare qui terminent cette partie.
- On appelle lisse de couronnement la moulure qui forme le haut de la poupe.
- ( Méd, Accoucheur ) Les accoucheurs et les sage-femmes appellent couronnement l’entrée extérieure de la matrice, parce qu’au moment que la femme accouche, cet endroit entoure la tète de l’enfant , en manière de couronne. On dit alors , T enfant est au couronnement.
- COURONNER, v. à. V. COURONNE. Mettre une couronne sur la tête.
- ( Archit, ) Couronner ; c’est terminer une décoration avec amortissement.
- [Jardin.) Couronner ; c’est tail-lèr à la meme hauteur, par en haut, les branches fortes et loibles d’un buisson , de façon qu'il présente une surface égale. Telle est l’habi-tudë vicieuse des jardiniers.
- COURONNURE „, s. f. même origine que COURONNE.
- ( Vénerie ) U se dit de sept ou huit menus cors au sommet delà tète du cerf, rangés en guise de couronne.
- COURS , s. m. du latin cursus, dont les Italiens ont fait corso, et les Espagnols corro : Flux, mouvement de quelque chose de liquide ; espace que parcourt un corps par un mouvement progressif.»
- ( Géogr. ) Cours se dit particu-lièi'emeut de la pente ou du mouvement naturel des corps fluides. On a changé le cours de cette rivière. .
- ( Physiol. ) 11 se dit aussi au chemin et de la route que prennen les humeurs renermées dans xe corps des animaux. Les. humeurs
- détournées
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- détournées de leur cours ordinaire causent les rhumatismes.
- ( Astron.) Cours signifie le mouvement réel oit apparent du soleil et des astres. IJastronomie est La science qui enseigne à connaître le cours des corps, célestes.
- ( Marine ).Cours se dit aussi d’un long voyage sur mer.: Voyage de long cours.
- ( Commerce ) Cours se dit encore du prix commun du débit des marchandises. Le cours du marché y ces choses ne sont pas de cours.
- ( Agricult. ) Cours de récoltes ; c’est, eu agriculture , la rotation des divers genres de culture convenables à la nature de la terre, pour en retirer un plus grand bénéfice. Dans quelques pays il est d’usage de ne semer que du froment ; la moitié des t.-rfes à-peu-près y est destinée , et l'autre moitié reste eu jachères pour eu recevoir autant l’année-d’après. Dans d’autres, cette pratique varie en semant alternativement ou de l’orge ou quelquefois de l’avoine. En divisant son terreiu, an contraire, et en variant les récoltés, on économise les animaux de trait, pavee que les semailles n’arrivent pas toutes à la même époque ; et en suivant un système réfléchi dans leur rotation , on obtient des récoltes plus abondantes, parce qu’on a soin de les faire se succéder dans un tel ordre, qu elles puissent améliorer la terre au lieu de l’épuiser.
- ( Insiruct. publ. ) Cours signifie le tems qu’on emploie à. apprendre les principes d’une science ; un cours de philosophie ; un cours de médecine , ect.
- On le dit encore des élémens et des principes d’une science rédigés par écrit. Cours d’étude; cours d anatomie.
- ( A relut. ) Cours est une allée d’arbres qui sert de promenade sur an rempart ou proche d’une ville.
- Cours d’assise ; c’est un rang continu de pierres de niveau, et de même hauteur dans toute la longueur d’une façade.
- Cours de pannes ; suite de plusieurs pannes bout à bout dans le *°ûg pan d’un comble.
- Cours de plinthe ; continuité d’une plinthe dans les murs de face pour
- 2Wt, I.
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- marquer la séparation des étapes. On dit aussi simplement la plinthe. Le genre féminin ia distingue de la plinthe d’une base de colonne.
- COURSE , s. 1. de u«m«s-yaction> mouvement de celui qui court.
- ( Art mitit. j Course signifie incursion , invasion subite, acte d’üos-tilité. Les Tartcues ont fait quelquefois des courses jusqu en Mo-ravie.
- ( Marine ) Faire la course , ou aller en course ; c’est se mettre eii mer en tems de guerre avec un ou plusieurs vaisseaux pour attaquer les ennemis et leur enlever des navires marchands.
- Armer en course ; c’est équiper •un vaisseau, un corsaire pour aller en course.
- COURSIER, s. m. du îat. cürsus.
- ( Equit.j Cheval propre à la course et au combat.
- ( Mydraul. ) Chemin éntre deux rangs de pilotis ou de planches que l’on donne à l’eau pour arriver aux aubes de la roue d’un-moulin, et • qu’on ferme quand on veut , eu baissant la vanne qui est au-devant de la roue.
- COURTAGE, s. m. de COURTIER. f . ce mot.
- ( Commerce ) Le salaire de ceux qui exercent, la profession de courtier. C’est aussi la profession meme. Se mêler dé courtage. Jüroit de courtage.
- COURTIER , s. m. du latin cur-sitarius, parce qu’il court de côté et d’autre. On disoit autrefois cou-ratier , peut être de l’italien curât-tiere.
- (' Commerce ) Entremetteur qui s’entremet pour faire.faire des ventes et achats de certaines marchandises, ou pour faire prêter de l’argent sur là place.
- COURTINE ,'k. f. du lat. cortina, diminutif dé' Cors , cortis, petite cour de paysân entourée de murs.
- ( Archii. miVit. ) La partie d’une ' enceinte comprise entre deux flancs qui sont opposés ; comme c’est l’ert-. droit le mieux flanqué , c’est ordinairement au milieu de la courtine que l’on pratique les portes , et les assiégeans ne s’avisent pas d’y attacher le mineur, et d’y conduire leur attaque.
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- COUSSINET, s. m. diminutif de COUSSIN, dérivé de l’allemand cassen , dont les Italiens ont fait cus-cino.
- ( Physique, Electricité') Sorte de petit coussin dont on se sert, au lieu de la main, pour frotter le globe électrique ou le plateau circulaire de glace. Les coussinets peuvent être faits de différentes matières , pourvu que ce soient de celles qui sont électrisables par commnnica-tion. On en fait de fort bons avec des morceaux de cuir de buffle cousus les uns aux autres, et attachés sur un morceau, de bois creusé , conformément à la courbure du globe. A l’égard de ceux qui servent à frotter le plateau , ils ont souvent la forme d’un carré long, et sont faits de quelque espèce de cuir, et rembou-rés de crin bien élastique. Pour rendre ces coussinets d’un beaucoup meilleur usage , on les enduit d’un amalgame fait d’un mélange de mercure et d’étain.
- ( Astron. ) Coussinets, pièces de métal concaves qui supportent les axes d’une lunette ou d’un instrument des passages.
- ( Technol. ) Coussinet se dit, en termes d’argenteur , d’une sorte d’o-reillet couvert de basane sur lequel on met l’argent pour le couper plus aisément. — En termes de bourrelier , de cette partie du harnois des chevaux de carrosse , qui sert à assujettir sur le dos, et à contenir tout le harnois.
- ( Archit.) Coussinet est la partie latérale du chapiteau ionique antique , d’où naisssent les volutes.
- Coussinet est aussi la première assise qui porte la rampe des piédroits des voûtes rampantes.
- ( Art milit. ) Coussinet est un sac d’un pied en carré qui est rempli de crin, et piqué en plusieurs endroits ; les soldats s’„en servent en tems de siège pour n’être pas incommodés d’un contre coup de mousquet.
- COUVERTE, s. f., de couvrir , du latin, cooperire.
- ( Manuf. ) En terme de l’art de faire de la porcelaine , c’est une enveloppe , un émail qui est sur la porcelaine et sur la faïaace.
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- COUVRIR, v. a. du latin coope*. rire. '
- ( Art milit. ) se couvrir ; c’est mettre quelque corps au-devaut de soi pour se défendre de l’ennemi ou lui faire quelque obstacle qui l’em-pèche d’approcher. Dans les villes ou se couvre par des parapets , des remparts , des murailles. Dans les camp em eus] on se couvre d’un bois d’une rivière , d’un rideau ; on se couvre d’un ruisseau pour n’être pas surpris par les ennemis. On couvre sou aile d’une chaîne de montagnes. Dans les sièges on se couvre de gabions, de chandeliers, de mantelets, d’épaulemens. On dit d’une place forte, qu’elle couvre tout uu pays, toute une frontière.
- Couvrir s\gxùhe encore cacher, empêcher que l’ennemi ne s’aperçoive de ce qu’on a dessein de faire ; et c’est dans ce sens qu’on dit, couvrir la marche d’une armée.
- (Pratique) Couvrir signifie ', en termes de pratique , garantir , sauver, empêcher.
- Couvrir une fin de non-recevoir, une nullité; c’est l’écarter; lorsque l’on oppose , par exemple , que la partie adverse a procédé volontairement au fond , sans opposer la fin de non-recevoir ni la-nullité.
- Couvrir la prescription ; c’est l’interrompre par quelqu’interposses-sion ou par quelque procédure.
- ( Trictrac ) Couvrir ; c’est placer une dame sur uns autre qui était seule ou découverte.
- CRAIE , s. f. du lat. creta , nom de l’ile de Crète , aujourd’hui Candie , où l’on en trouve en grande quantité.
- ( Minéral. ) La craie est une substance blanche , friable , et ordinairement si remplie de coquilles , qu’elle en paroit toute composée. Les chimistes modernes l’appellent chaux carbonatée crayeuse. La craie laisse sur les corps des traces de son pas* sage , et happe la langue. Elle est d’uue belle couleur blanche , quand elle est pure. La craie tendre sert a tracer des lignes et à faire des crayons : c’est d’elle que vient ce nom. Le blanc de Troie ou blanc d’Espagne est fait avec de la craie.
- La chaux carbonatée a quelque foi».use apparence spongieuse ;
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- celle qu’on appelle vulgairement moelle de pierre, lait de montagne, agaric minéral ; elle est lout-à-fait pulvérulente ; on la nomme vulgairement craie farineuse ,farine fossile , lait de lune.
- Craie de Briançon ; c’est une espèce de talc écailleux, qui sert aux tailleurs pour tracer la coupe de leurs liabits. Elle est douce et onctueuse au toucher ; sa couleur est d’un blanc verdâtre.
- ( Mat. médic. ) La craie n’est pas inutile à la médecine : comme elle est absorbante et deasicative , on l’emploie , après l’avoir bien lavée , contre les aigreurs d’estomac , et on l’ordonne dans toutes les maladies qui reconnoissent pour cause des matières suburrales accumulées dans les premières voies.
- ( Chirurgie ) Les chirurgiens emploient aussi la craie, comme un remède dessicatif et astringent. Le talc écailleux qu’on appelle improprement craie de Briançon , ne peut être compté parmi les objets de matière médicale.
- ( Fauconnerie ) Craie est une maladie des oiseaux, appelée autrement la pierre.
- CRAYER , s. m. du suédois c rayer.
- ( Marine. ) Bâtiment à trois mâts, en usage sur la mer Baltique, chez les Danois et les Suédois. Les mâts, tout à pible et d’une seule pièce , *ans hune. Les crayers ont commur nément de soixante à quàtre-vingt pieds ( 19 à 25 mètres environ).
- CRAMOISI, adj. de l’arabe ker-mesi , formé de Icermez , écarlate, ^es Italiens disent chermisi ou cre-misino , les Espagnols carmesi , les Turcs kirmissi , et les peuples de la ci-devant Pologne karmazyn.
- ( Teinture ) L’écarlate et le cramoisi ne différoient autrefois qu’en ceèpie l’écarlate étoit la teinture de la laine , et le cramoisi la teinture de la sole 5 mais depuis que la coche-°iHe est en usage , on appelle proprement cramoisi , tant en laine n’en soie , ce qui est teint avec le ermès , d’où le cramoisi a pris son Itom, et qui est proprement le coc-curn. clés anciens.
- Ee cramoisi est la couleur natu-HUe delà cochenille t ou plutôt celle
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- qu’elle donne à la laine et à la soie bouillies , avec le bouillon qui est propre à chacune d’elles.
- On distingue le cramoisi fin et le cramoisi faux. Le premier se fait avec la cochenille , et le second avec une décoction de bois de Brésil. Sur la laine le cramoisi faux est tou jours plus vif et plus brillant que le fin. Quant à la soie, il suffit de la manier pour distinguer celle qui est teinte en cramoisi fin de celle qui est teinte en cramoisi faux , ou avec le bois> de Brésil ; parce que cette dernière couleur ne pouvant supporter l’action des acides , la soie sur laquelle elle est appliquée ne peut avoir le cri ou le maniement que donnent aux soies les acides employés dans le cramoisi fin.
- CRAMPE , s, f. du tentonique lcrampff, dont les Allemands ont fait krampf, les Anglais cramp, et les Suédois krampja.
- ( Méd. ) Tiraillement incommode d’un muscle , lequel provient de ce que le tendon est dérangé de sa situation naturelle et de ce qu’il est en convulsion. La douleur que la crampe occasionne est violente , mais elle est de courte durée et cèd@ au simple frottement.
- CRAN , s. m. du lat. crenâ.
- ( Technol. ) Entaillure en bois , en fer ou autre corps dur , pour accrocher ou arrêter quelque chose.
- ( Equit. ) En termes de mauége on appelle cran, des inégalités ou re-piis de la chair qui forment comme des sillons posés de travers dans le palais de la bouche d’un cheval.
- ( Imprimerie ) Espèce de sillon tracé sur le corps et vers le pied d’un caractère , qui indique le sens de la lettre.
- CRANE , s, m. du grec upctvtov , le test de la tête , dont la racine est xpatvov , tête ; ou de xpavoç , casque , parce qu’il sert à défendre le cerveau comme un casque.
- ( Anat.) Assemblage de plusieurs os qui couvrent et qui renferment le cerveau et le cervelet. Il est composé de six os, qu’on appelle propres : le coronal , l’occipital , les deux pariétaux , et les deux temporaux ; outre cela, il en a deux communs t le sphénoïde et l’etmoïde.
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- CRAPAUDINE , s. f. de crapaud.
- ( Joaillerie ) Espèce de pierre , ainsi nommée parce qu’on croyoit autrefois qn’eile se trouvoit dansia tête d’un crapaud ; on sait maintenant qu’elie est une molaire pétrifiée d'un genre de poisson qu'on appelle spare , et dont la dorade est l'espèce principale.
- (Serrurerie ) Crapaudine se dit encore d’une masse de 1er , au milieu de laquelle est un trou dans lequel tourne un pivot.
- ( Art vétérin. ) Les maréchaux donnent ce nom à une crevasse que le cheval se fait aux pieds , par les atteintes qu’il se donne sur Sa couronne , en croisant avec les éponges de ses fers.
- ( Imprimerie ) C’est. parmi les imprimeurs, une espèce de. godet en fer, au milieu duquel est un grain d’acier sur lequel tourne le point de l’arbre de la vis.
- ( Cuisine ) A la crapaudine ; c’est ainsi qu’on désigne une manière d’apprêter les pigeons, qui consiste à les ouvrir , à les appîatir et à les rôtir sur le gril.
- CRAPULE, s. f. du grec -.tpcit'KdL>.i\ (kraipalê), pesanteur de tête pour avoir trop bu ou trop mangé.
- (Méd. Diétét.)Ce mot a servi d’a-liord à exprimer la débauche habituelle du vin : on le dit aujourd’hui de toute débauche excessive et habituelle dans le manger, et principalement dans les plaisirs de l’amour , sans choix dans les objets, sans modération. dans la jouissance.
- CRASE,s.f. du gr. xpé-riç (krasis), mélange , qui vient de usp&rsvpt ( kerannumi ) je mêle.
- ( Gramm. ) On appelle ainsi l’union de deux ou plusieurs voyelles , qui se confondent tellement, qu’il en résulte-un son différent. La crase a lieu sur-toutdaus la langue grecque.
- CRATÈRE , s. m. du grec xpu.mp-(krater), ou jcomtmp ( krètér ) , dérivé de xipdvvvp.i ( kerannumi } mêler; vase dans lequel on mèloit l’eau avec le vin, et dans lequel on puisoit avec des coupes.
- ( Antiq. ) C’est mal-à-propos, dit Déinéziriac, qu’on a traduit ce mot par coupe : Crater ctoit un grand
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- vaisseau dont on ne se servoit poîct pour houe, mais seulement pour y mêler l'eau avec le vin dont oa devoit boire pendant le repas.
- ( Hist. nat. ) Le mot coupe une fois admis dans la signification de cratère, les naturalistes ont cru pouvoir l’appliquer, par analogie , à la partie supérieure d’un volcan, ou la bouche , par laquelle il vomit sa lave, ses feux, sa fumée et ses cendres.
- CRAYON, s. m. de craie , formé de creta , l’ile de Crète , d’où les anciens tiroient la craie.
- ( Art du dessin ) On nomme crayons des matières colorées susceptibles de laisser des traces sur le papier , d’être’ taillées convenablement pour remplir le but de l’artiste qui dessine.
- ' L’on comménçoit autrefois plus gënéralcmenrqn’on ne le fait aujourd’hui, lie- premier trait d’un dessin avec le fusin , qui est un petit fragment de branché de saule, réduit en charbon. L’avantage qu’on trouvant à s"en servir , c’est que ce trait, fort léger , ne s’attache point au papier, qu’on l’efface aisément, et qu’ainsi l’on corrige facilement l’ensemble pour le rendre plus précis , avant de le marquer avec une autre sorte de crayon qni s’attache au papier et laisse une trace durable.
- Les crayons dont on se sert plus ordinairement sout la sanguine , la pierre noire , et la miné de plomb.
- CREANCE, s. f. du latin credere, confier.
- ( Pratique ) Créance est une dette active , ou le droit qu’une personnes de se faire payer d’une somme d’argent , d’une rente , etc., soit eu argent , en grains , etc:.
- ( Diplomatie ) Créance est un* instruction secrète , qu’un souverain confie à sou ministre pour traiter avec un autre souverain : Il lui exposa sa créance.
- On appelle encore lettres de créance, des lettres dont est porteur celui qui est chargé d’une négociation, et qui ne contient autre chose sinon qu’on peut ajouter foi à celui qui la rend. .
- ( Commerce') hettres de créance » ou de crédit, se dit encore des lettres par lesquelles un banquier, lUl
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- CR É
- négociant donne à une personne qui voyage, du crédit sur les correspon-dans auxquels ces lettres sont adressées.
- CRÉANCIER , s. m. même origine que CRÉANCE.
- (jPratique) Celui auquel il est dû, et qui a une action à diriger contre son débiteur.
- Créanciers privilégiés ; ceux qui ont hypothèque sur lès biens de leurs débiteurs.
- Créanciers hypothécaires ; ceux qui ont privilège sur les biens de leurs débiteurs.
- Créanciers chirographaires -privilégiés.', ceux payés sur les meubles par préférence, avant la contribution , tels que frais funéraires , de maladie , etc.
- Créanciers chirographaires non rivilégiés ; ceux qui n’ayant ni ypoihèque , ni privilège, sont payés sur le prix de-la vente des meubles par contribution au marc la livre , lorsqu’il y a déconfiture.
- CRÉDENCE , s. f. de Fitalien credenza.
- ( Arckit, ) Petite table à côté de l’autel, où l’on met les burettes , le bassin et les atitres choses qui servent à la messe.
- CREDIT , s. m. du lat. credere j cocher , dont on a fait les mots latins barbares créditas , creditarius, celui qui p crédif '. auprès de quelqu’un. Ce mot signifie, en général la faculté de faire usage de la puissance d’autrui.
- ( Commerce ) Dans Je commerce c est un prêt mutuel qui se fait d’argent et de marchandises, sur la réputation de la probité et de la solvabilité d’un négociant.
- Crédit se dit aussi en parlant des papiers ou effets de commerce , qui ont plus ou moins de cours sur la place parmi les négocians.
- On appelle encorëlettre de crédit une lettre par laquelle le portent* peut toucher de l’argent de ceux à qui elle est adressée.
- ( Banque ) Donner crédit en banque ; c'est y faire enregistrer le transport mutuel des sommes qu’on a en banque.
- Avoir crédit en basique \ c’est
- CRE 45y
- être écrit comme créancier sur les livres de la banque.
- CREMASTERE , s. m.motgree dérivé de Kpi/anai ( kremaô ) , suspendre : qui suspend.
- : ( Physiol. ) Nom d’un muscle du testicule qui sert à le relever.
- CRÉNEAUX , s. m. dù latin cre-nillum , dimin. de crena , fente.
- ( Art. mi Ut. ) Peti tes ouvertures que Fondait aux murs d’un ouvrage pour y passer le bout d’un fusil , et tirer sur ceux qui en font l’attaque.
- ( Botàn. ) De créneau les botanistes ont fait créné , pour exprimer les parties des plantes dont le bord e des dents arrondies, sans aucune pointe manifeste, et formant par leur contiguité de petites incisions aiguës.
- Ou dit doublement créné, lorsque les crénures sont elles-mêmes crénées ; il ne faut pas confondre créné avec SINUÉ. U. ce mot.
- ’ De créné on a fait crénulé , pour désigner les parties dont les cre-nures sont petites et fréquentes relativement à la grandeur de 1^ partie.
- ( Fondeur de caractères ) Créné se dit substantivement, en langage de fondeur de caractères, de la partie saillante des caractères dégagée légèrement avec un. canif. Il ne me resté à faire que les crénées. Il y a beaucoup de1 crénées dans le caractère grec.
- CRÉNIROSTRES, adj. et s. composé de orenum, fente , et de rosir urn , bec: bec échancré.
- ( Hist. nat. ) C’est le nom que quelques naturalistes donnent à une espèce de passereaux dont la mandibule supérieure du bec est échan-. crée.
- La pie-grièche est un passereau crénirostre.
- CREOLE , s. m. Corruption de l’espagnol criollo, nom que l’on donne aux famiiies des descendant des premiers Espagnols qui s’établirent dans le Mexique.
- ( Colon, fr. ) On appelle créole tout européen d’origine qui est né eu Amérique.
- CREPE, s. m. du latin crispas, frisé, ondoyé.
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- {Manuf.) Le crêpe est une teins après son coucher. La première étoffe non croisée, très-claire, très- est le crépuscule du matin, corn-légère , faite en forme de gaze, qui mnnément appelé aurore, dont le a sa chaîne ou sa trame d’une soie commencement est appelé point du greze ou grege , c’est-à-dire , telle jour ; l’autre paraît après le cou-qu’elle se trouve sur les cocons des cher du soleil ; c’est le crépuscule vers à soie. du soir.
- Cette étoffe qui n’est connue en France que depuis l’année 1667, a été inventée à Bologne en Italie.
- Il y a deux sortes de crêpes ; des crêpes crêpés , ou crêpes doubles , et des crêpes lisses ou unis ; leur différence consiste dans le plus ou moins de retors de la soie de la chaîné.
- Les crêpes de Lyon /quoique fort estimés pour leur grande beauté -, sont cependant inférieurs à ceux de Bologne ; les ouvriers de Lyon , n’ayant encore pu en imiter la finesse et sur-tout l’apprêt. .
- ( Perruquier ) Les perruquiers ont emprunté ce mot, pour désigner une de leurs opérations, et ils disent crêper des cheveux , pour les friser en manière de crêpe.
- ( jlrchit. ) Les architectes l’ont également adopté, et appellent crépir , l’action d'enduire une muraille de mortier fait de chaux et de gros sable.
- ( Corroyeur ) Crépir une peau ; c’est passer la pommelle sur toute la surface du côté de la chair.
- CR.ËPITATION, s. f. du latin crepitare, craquer, pétiller.
- ( Physique ) Bruit redoublé d’une flamme vive qui pétille , comme Celui que fait le sel, lorsqù’on le met sur le feu.
- ( Chirurgie ) Bruit que font les os , quand les extrémités de la fracture viennent à frotter l’une contre Eautre.
- CREPU, adj. même origine que CREPE. V. ce mot.
- ( Sotan. ) Ce mot se dit de la partie d’une plante, qui a son bord très-onduleux et chargé de petites rides ou piissures très - rapprochée.
- CRÉPUSCULE, s. m. composé de crepera, incertaine, douteuse, et de lux , lucis , lumière : lumière incertaine.
- {Physique) Lumière que le soleil répand dans l’atmosphère , quelque teins avant son lever, et quelque
- On a remarqué que Vaurore ou le point du jour commence à s’apercevoir le matin , du côté de l’orient, lorsque le soleil est encore à 18 degrés au-dessous de l’horizon , et que le crépuscule du soir ne disparoît totalement vers le couchant, que lorsque le soleil est descendu aussi d’environ 18 degrés au-dessous de l’horizon ; mais comme ces 18 degrés sont pris sur un cercle vertical, qui passe par le zénith, et qûi coupe perpendiculairement l’horizon , la durée des crépuscules ne doit pas être égale pour tous les lieux de la terre , ni même pour le même lieu dans les differentes saisons, puisque dans certains lieux et dans certains tems , le soleil monte et descend perpendiculairement à l’horizon, tandis que dans d’autres son ascension est oblique ainsi que sa descente, et d’autant plus obliques, l’une et l’autre , que sa déclinaison est plus grande ; auquel cas il lui faut plus de tems pour monter ou descendre , de 18 degrés pris sur un cercle vertical. Or , comme le soleil parcourt par heure i5 degrés de l’équateur ou d’un de ses parallèles , on doit conclure que la durée des crépuscules est d’une heure 12 minutes pour les endroits de la terre où le soleil monte et descend perpendiculairement àl’horizon, comme cela arrive au tems des équinoxes pour ceux qui habitent sous l’équateur : on doit conclure aussi q!ie pour ceux qui habitent entre l’équateur et l’un des pôles , la durée des crépuscules en été , est d’autant plus grande que le pôle est plus élevé au-dessus de leur horizon.
- CRETE , s. f. du lat. crista.
- ( Hist. nat. ) Excroisance charnue , colorée ou découpée , que l’on remarque sur la tête des coqs et des poules , et de quelques autres oiseaux qui approchent de cette espèce.
- Crête se dit aussi de la liupe que quelques oiseaux ont sur la tête.
- (Physiol.) La crête de coq de l’os
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- cthrnoïde est mie éminence qui avance dans la cavité du crâne, et à laquelle s’attache la partie de la dure-mère qui sépare le cerveau en deux, et que l’on nomme la faux.
- On donne encore le nom de crête à différentes éminences inégales et longues de certains os. La crête du tibia, la crête de l’os des îles 7 la crête de l’omoplate , la crête du pubis, etc.
- ( Chirurgie ) On entend par crêtes, certaines excroissances qui viennent à l’anus et aux parties naturelles, et qui ont la forme de crêtes de coq.
- ( Art milit. ) En termes de fortification, on appelle crête^iae butte aux environs d’une placé , dont l’ennemi se sert quelquefois avantageusement pour avancer ses approches.
- CRETONNE , s. f. nom propre.
- ( Manufact. ) Toile blanche qui se fabrique du côté de Lisieux, ainsi appelée du nom de celui qui en a fabriqué le premier.
- CREUSET, s. m. de creux fait de scrobs , ou scrobis, les Italiens disent crocivolo , et les Anglais crucible , dérivés l’un, et l’autre du latin barbare crucibulum , vase propre à fondre les métaux, et ainsi appelé , parce qu’anciennement il etoit marqué d’une croix.
- ( Métall. ) Vaisseau de 'erre flans lequel on fait fondre des mé-ïaux. L’or se fond ordinairement, dans un creuset de terré bien recuit, doublé d’un autre pour plus grande sûreté.
- Pour Purgent, on se sert 'maintenant de creusets de fer , sur-tout dans les monnaies. Il y en a qui contiennent plus de i,2Ôa marcs.
- CRI, s. m. d’origine celtique ; les Anglais disent cry, pour crier; les Callois erio ; les Bretons criwr, pour 'rieur ; les Allemands Sçhreu.
- ( Hist. nat. ) V oix haute et pousse avec effort. Il se dit des sons ou de, la voix de certains animaux.
- { Pratique) Cri public ; ce terme se dit principalement de la proclamation publique qui se fait après Avoir amassé le peuple ù son de trompe ou de tambour.
- (.ülason} en étoi* anciennement
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- un ou plusieurs nuits en forme do devise qu’on piaçoit ordinairement au cimier des armes, etcomme ces mots étoient sur les bannières , c’étoit dans les batailles- le cri de ceux qui suivoient une bannière. L’ancien cri des rois de France étoit mont-joie-St.-JJenis- Pans les tournois , les hérauts d’armes fai-soient aqsÿi le cri des chevaliers qui entroient en lice.
- Depuis l’établissement des troupes soldée? ., les bannerets ont été dis-: pensés d’aller à la guerre , et le cri, d'armes & cessé d’être en usage. On l’a seulement conservé dans les ar--mpiries, • -
- CRIBLE , s. m. du lat. cribrum.
- ( Econom. rurale ) Instrument à vanner.
- ( Anat: ) Plan ou surface étendue , percée de petits trous qui, en refusant passage aux parties épaisses et grossières, en séparent les pins fines et les admettent,- tels sont les petits vaisseaux rouges avec leurs branches collatérales où le sang ne peut entrer.
- (Pharmacie) Cribler, c’est én termes de pharmacie , et.en parlant des choses sèches , séparer ce qui est délié d’avec ce qui est grossier.
- CRIC , s. m. ce mot est un mi-mologisme qui exprime le bruit que fait une chose qu’on casse ou qu’on déchire.
- ( Mécan. ) Machine moyennant laquelle on peut , avec une petite force, vaincre une grande résistance.
- CRICOÏDE , s. m. du grec zp/-1iouS'oç ( krikoeidos ) , composé de KpiKoç ( lcrikos), anneau , et de sAaç (eidos), forme, figure : qui a la for J me d’un anneau.
- ( Physïol. ) Nom d’un cartilage an nu liaire qui appartient au la-Pynx.
- JCjRÏÉES , s. f. du verbe CRIER. Tr. ce mot.
- ( Pratique ) Proclamations publiques par un huissier, avant de passer à la vente de quelque immeuble par décret.
- CRIQUE , s. f. du saxon crecca , dont les Suédois ont fait krïke , et les Anglais creek.
- (Marine) Petit enfoncement étroit
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- que la mer fait dans les terres y pat;~ tieujièremeut sur les bords des rivières où la mare'e entre, etoù' dfe' petits bâdmens, barques on allèges, peuvent venir charger et décharger,
- . ( -drt milil.) Lorsque- les environs des lieux qu’on vfeut inonder sont [dus-élevés que les eaux dont' on veut se servir pour quelque usage, on y creuse des eanàùx pour recevoir l’eau ; et ees canaux s’appellent' des criques. Ce mot se dit aussi de certains' fossés que l’on fait quelquefois dans les euvirôns des places) pour-en couper le térréin de diffé-rens sens, - de manière que l’ennçmi ne puisse pas y conduire de tranchée.
- CRISE , s.' f. du grec,-zpiT:;( kri-515.)., dérivé de x/i/va> ( kririo ) ,' ju-
- ëer- , . ,
- ( Méd.)Changement subit et considérable qui arrive dans une maladie , à' certaines époques. Là crise est appelée ainsi, parce qn’eile est comme un jugement qui décide de la maladie, soit en bien / Soit en mal ; parmi les modernes , on entend assez généralement par crise un changement entier. ,
- CRISPATION, s. f. du lat. cn’5-fare ,crêperresserrer ': action de' resserrer.
- ( Méd.) Resserrement spasmodique des mériibranes et des fibres charnues. '
- CRISTAL, s, f. du gr, itpvàrètxKés' ( hmstalios ) , glace , dont' la racine est tf-jqç j[ krûos ), froicl/""/
- ( Cristallographie) Pierre transparente et dont les parties sont d’une Sartre régulière et détérminéé , telle qhte la pyramide hexagonale.
- Le cristal de rochè est ainsi' àp/ pelé parce qtle les-cr’evasses'des rochers de la Tarelüaise du Mont-Blanc , etc., en sont hérissées. II. s’y présente én aiguillés formées d’un prisme a six pans , avec une pyra-mide à faces. Sa dürêté est couses dérable et le rend susceptible d’un beau poli. On l’emploie A garnir des. lustres 5 on1 en fait des vases , des tabatières ;-on le taille en facettes pour en faire des ouvrages communs de jouaillerie , sous le nom de strass. Les graveurs en pierres fines en font des cachets. Sa couleur et sa trans--pareace varient selon les .substances
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- quiy sontinterposées, et alorsiîreçoit les noms, savoir i le violet, ôz fausse améthyste , ou améthyste occidentale; le bleu, de saphir d’eau, én saphir occidental , ou faux saphir, ou de rubis de Bohême ; le rose , de rubis de ‘Silésie j où faux rubis, ou rubis occidental ; le jaune, de topaze occidentale. on fausse topaze; le vert obscur , de praze ; le rouge plus ou moins foncé, d’hyacinthe de composlelle , ou d’hyacinthe occidentale.
- On peut teindre les cristaux trans-parens et sans couleurs, et leur donner par-là l’apparpnc.e de pierres précieuses : si l’on fait rougir au feu un cristal pur et transparent , et qu’on l’éteigne à plusieurs reprises dans l’essence de bezetta ( teinture qni vient du Levant, et faite , dit-on , avec du bois de santal rouge ); il devient d’une . couleur brun-foncé. f
- Si on l’éteint dans la teinture de cochenille, il devient rouge comme un rubis; dans la teinture de sautai rouge , il devient d’un rouge foncé et noirâtre; dans la teinture de sa^ fran , il devient d’un jaune clair et foncé, à proportion de la force de la teinture , et-ressemble alors ou à la chrysoîite où à la t.opaze; dans la teinture de tournesol, il devient bleu comme le saphir u’eau , etc.
- Cristal d'Islande , espèce Je spath clair, transparent et rhomboï-dal , qui,fait paraître doubles tous les objets qu’on voit au travers.
- £ Verrerie ) Cristal se dit aussi d’une espèce de verre qui est net et clair comme ly vrai cristal;
- . ( Chimie )'• Cristal se dit encore
- en te i qaesd e., ch v mi C. . -de cer taiu es
- matières congelées en forme de cristal,; tels sont les cristaux de tartre, âdjotird’bui tartrite acidulé de potasse ; le cristal minéral , appel* maintenant nitrite de potasse , mêlé de sulfate dépotasse ; les cristaux de lune, actuellement nitrate d’argent; les cristaux de Vénus , dont le nom moderne est Yacétite de cuivre cristallisé.
- ( Jlstron. ) Cieux de cristal ; c e-toient des orbes que les anciens astronomes avoient imaginés , dans le système de Ptoiémée , -où les cienx étoieut - supposés solides et u e.tre
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- susceptibles que <Tun mouvement simpie. Les astronomes anciens s'en servoient pour expliquer différens iiiouvemens apparens de la spbère céleste.
- Les découvertes modernes ont débarrassé la physique de eetie absurde complication. L'embarras de tous ces cieux de cristal étoit si grand, pour les anciens mêmes , que le roi Alphonse , qui étoit obligé d'en imaginer de nouveaux , parce qu'il ne çonnoissoit rien de meilleur , clisoit que si Dieu l eût appelé à son conseil quand il lit le monde , il lui au-roit donné de bons avis. Ce grand printe vouloit seulement dire par-là qu’il lui paroissoit difficile que Dieu eût fait le monde ainsi.
- CRISTALLIER. s. m. de cristal.
- { Gravure ) Celui qui grave salle cristal, et par extension , le graveur sur pierres fines.
- CRISTALLIN , s. m. même origine que cristal.
- ( Physiol. ) Humeur de l’œil , petit corps lenticulaire , d’une consistance médiocrement ferme , et d’une transparence à-peu-près semblable à celle du cristal, d’où lui vient son nom.
- CRISTALLISATION, s. f. Voy. CRISTAL. ’
- { Hist. nat. ) En terme d’histoire naturelle , on appelle en général cristallisation toute agrégation de matière sur une forme solide , par le jeu des attractions réciproques des'molécules dont il est composé: mais on donue plus spécialement le r- um d#» c ris talli s a ti o n à une re'u-Bion de molécules salines , métalliques ou pierreuses, soüs une forme symétrique et à-peu-près régulière.
- Les naturalistes ne sont pas d’accord sur le mécanisme de la cristallisation.
- CRISTALLOGRAPHIE , s. f. composé des deux mots grecs- xpvç-vaxxoç ( krustallos ), cristal , et Vp*<pit ( graphê), description.
- ( Hist. nat. ) Science qui enseigne les formes propres à tous les corps du règne, minéral.
- CR 1 ST ALLOM AN CIE , s. f. composé du grec jqoyjTSÀÀ.oç (krustallos)
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- cristal, et de ^ctvvs/a ( manteiu ) , divination.
- ( Divination ) C’est ainsi qu’on appelle l’art prétendu de connoître les choses secrètes par le moyen d’un miroir ou en les faisant voir dans un miroir.
- CRISTALLOTECIINIE , s. f. du grec x/mcT«AXoç ( krustallos ), cristal , et de 'rtyjw ( technê ) , ait.
- ( Ckimib ) L’art de faire cristalliser les sels. 11 consiste à connoître les corps qui peuvent se cristalliser , à lës dissoudre , à leur faire prendre une forme régulière , par les dilfé-rens moyens d’évaporation et de dessication.
- CRITHOMANCIE, s. f. composé du grec xpiôn ( krithê ) , orge, et de y.aLvjim. ( manteia ) , divination.
- ( Antiq. ) Sorte de divination qui cousistoit à considérer la pâte ou la matière des gâteatvx qu’on offroit en sacrifice , et la farine qu’on répan-doit sur les victimes qu’on devoit égorger ; et parçe qu’on se servoit souvent de farine d’orge dans ces cérémonies superstitieuses, on a appelé cette sorte de divination critho-mancie.
- CRITIQUE, adj. du lat. cri lions, formé du grec xpirixog ( kritikos ) , dérivé de zpicic ( krisis ) , jugement. H. CRISE.
- ( Méd. ) Critique sert particulièrement à désigner les jours auxquels les crises arrivent ordinairement.
- Les médecins de l’antiquité ont unanimement décidé que les jours critiques , c’est-à-dire , les jours auxquels les" crises des maladies aiguës dévoient arriver, étoient les jours impairs , du trois au cinq , du cinq au sept, du sept au neuf, du neuf au1 onze ; que les grands jours critiques arrivoient de sept en sept jours, jusqu’au vingt-unième : ce jour passé, ils disoient que les maladies étoient chroniques. Mais ces assertions sur les jours impairs nè sont pas exactement vraies , et l’on a reconnu que les crises arrivoient aussi, au quatre, au huit, au dix, au seize , que l’on meurt indistinctement tous les jours, et qu’il y a des maladies aiguës . comme des fièvres malignes , qui
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- vont jusqu’à quarante - cinq jours.
- On appelle aussi critiques les maladies , les causes , les symptômes et les signes qui dépendent des crises.
- (\Littérat.) Critique, subs. masc. se dit de celui qui porte son jugement ou sur le texte , ou sur le sens, ou sur l’auteur de quelque ouvrage. 11 se prend quelquefois en mauvaise part, et alors il signifie un critique fâcheux , un Aristarque , un censeur perpétuel à qui rien ne plaît.
- Critique s’emploie aussi adjecti*-vement pour désigner les espèces d’ouvrages où l’on examine avec soin une production quelconque, pour en porter son jugement. Discours critique ; Dissertation critique , etc.
- Critique , s. f. se dit du goût, du discernement, de la science, de la capacité qu’on a de juger, de faire un ouvrage critique. La critique est l’art de juger des faits qui composent l’histoire , des ouvrages d’esprit, des différentes leçons qui s’y rencontrent, de leur style et de leurs auteurs. Tout cela est du ressort de la critique. Aristote, si l’on en croit Denys-d’ilalicarnasse, est le premier inventeur de cet art.
- CROASSER , v. n. du grec x.op<x.% ( Icorax ), qui signifie corbeau, dont les Latins ont fait coraxare et croas-sare, pour croasser.
- ( Diction ) C’est un terme de mépris que l’on emploie au figuré pour désigner un mauvais poète.
- CROATES, s. ra. nom de peuple, en latin, corbas, croatus, chrovci-tus , dont nous avons lait cravates.
- ( Art milit. ) Espèce de milice originaire de la Croatie , dont la maison d’Autriche a souvent tiré parti dans les guerres qu’elle a eues avec la France, llyavoit, avant la révolution, clans la cavalerie française, un régiment de Croates, ou Cravates, qui étoit sur pied depuis i646.
- CROCHE , s. f, de croc , que l’on croit venir de l’allemand kruke.
- ( Musique ) Note de musique qui ne vaut en durée que le quart d’une blanche ou la moitié d’une noire , et ainsi appelée à cause de l’espèce de crochet qui la distingue.
- CEO
- CROCODILE , s. ra. du grec xpo-x.ôJ'iiXcç ( Tcrokodeilos ) , composé de KpÔKOç ( lcrolcos ), crocus, safran , et de Aeihoç ( deilos ) , craintif, timide : qui craint le safran ; parcequele crocodile de terre craint le safran 5 ou de xpoKit ( Jcrokê ), bord, rivage , et de Asixôç ( deilos), craintif ; parce que le crocodile craint le rivage", les bords des fleuves , où les hommes lui tendent ordinairement des embûches.
- { Hist. nat. ) Le crocodile du Nil a le corps garni d’écailles impénétrables 5 celles du dos forment une espèce de scie. Le poisson scie lui livre combat, et la mangouste détruit ses œufs. Les Egyptiens lui ren-doient un cuite , et l’adoroient dans la ville appelée de son nom., Croeo-dipolis : il est sur les monumens, le symbole de l’Egypte. Quoiqu’on lui donne le nom de crocodile du Nil, la Haute-Egypte n’est pas la seule contrée où il se trouve. Il y en a sur les rivières des pays très-chauds. 11 s’engourdit pendant l’hiver. Le caïman d’Amérique , que les Anglais appellent alligator -, eu est une variété.
- CROISADE ,. s. m. de croix. ,
- ( Hist. ) Ligue faite, contre les in-' fidèles et les hérétiques, ainsi nommée parce que ceux qui s’y enga-geoientportoient une croix sur leurs habits.
- CROISÉ - ÉE , participe , même origine que croisade : fait ou disposé en forme de croix.
- ( Manuf. ) Etoffe croisée ; c’est une étoffe dont la trame et la chaîne se croisent d’une certaine mîfoiè're.
- ( Art milit. ) Feu croisé ; celui qui bat de différens côtés.
- ( Bot an. ) Croisé sé dit des plantes dont les parties ou divisions, an nombre de quatre, sont étalées en croix.
- CROISÉE , s. f. ( Même origine que croisade).
- ( Architect. ) Fenêtre , ouverture qu’on laisse dans le mur d’un bâtiment, pour donner du jour au-de-dqns ; ce nom lui vient de ce que les croisées anciennes ont un anneau et un croisillon qui forment une croix au milieu de leur ouveï-türe.
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- CROISER , v. n. , même origine que croisade : figurer des croix.
- ( Marine ) C’est , en parlant de la navigation d’un vaisseau , aller et venir, sans s’écarter d’un parage déterminé en mer, pour observer ce qui s’y passe ; le plus souvent pour attendre des vaisseaux ennemis , ou intercepter leurs expéditions ou convois.
- Le parage où l’on croise est appelé croi-sière , de même que l’action de croiser. On dit établir ses croisières sur le cap Finistère, sur les Açores, à Ventrée de la Manche.
- Campagne de croisière ; c’est celle dont l’unique objet est de croiser sur les ennemis.
- Vaisseau croiseur ; c’est un vaisseau qui croise ou qui est en croisière.
- CROISSANT , s. m. du lat. cres-cere.
- ( Astronomie^} Il se dit de la lune nouvelle , qui nous montre une petite parue de sa surface terminée par deux pointes, Quand la lune continue à s’éloigner du soleil, cette partie éclairée augmente jusqu’à ce que la lune soit pleine et dans son opposition.
- CROISSANT-TE, adj. même origine que ci-dessus.
- { Géométrie ) On appelle quantité croissante, une quantité qui augmente à l’infini ou jusqu’à un certain terme, par opposition à une quantité constante , ou à une quantité décroissante. Ainsi, dans l’hyperbole rapportée aux asymptotes, l’abscisse étant décroissante , l’ordonnée est croissante ; de même , dans un cercle l’abscisse prise depuis le sommet étant croissante . l’ordonnée est croissante jusqu’au centre , et ensuite décroissante.
- ( Astron. nautique ) Latitules croissantes on donne ce nom aux degrés des méridiens d’une carte réduite , lesquels vont en augmentant ^ mesure qu’on va plus dans le Nord °« dans le Sud , pour conserver leur raPport avec les degrés de* longitude. -
- CROIX , s. f. du latin cmx, qui a engendré ou qui a été produit du celtique croug et croas.
- ( Culte cathol. ) La croix étoit
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- anciennement le supplice des mal fai -teurs et des esclaves. On la plantoit en divers endroits pour inspirer de la terreur aux brigands. Mais elle cessa d’être un instrument de mort chez les Romains, lorsque Constantin eut embrassé le christianisme.
- Invention de la sainte - croix ; c’est une fête très - ancienne dans l’Eglise, qui se célèbre le 3 mai , en mémoire de ce que sainte Hélène , mère du grand Coustantin, trouva la croix de J. C. enfoncée dans la terre , sons le Calvaire.
- Croix pectorale ; anciennement, il n’y avoit que les papes qui portassent au cou une croix , pour imiter la croix d’or que le grand prêtre des Juifs portoit sur le front. Aujourd’hui c’est la marque de distinction de tous les prélats . des abbés et des abbesses. On l’appelle pectorale, parce qu’elle descend sur la poitrine. -
- ( Chevalerie ) Grand-croix ; c’est la première dignité de l’ordre de Malte, après celle de grand-maître, et c’est parmi les grand-croix qu'on choisit le grand-maître.
- ( Blason ) Croix se dit en terme de blason, quand elle est toute seule dans un écu, sans être accompagnée ni cantonnée. 1
- Elle prend ensuite diverses déno^ minations selon sa forme, ses or-nemens ou ses accompaguemens.
- ( Technologie ) Croix parmi les serruriers . se dit des gardes qu’on met dans les pannetons des clefs.
- CRONHYOMETRE, s. m. composé du grec ^povoç ( chronos ) , le tems , la durée du feras , et en grec vulgaire, une année , de va> ( huà ) pleuvoir , et de p.î~pov ( mêtron ) , mesure; comme qni diroit, mesure de la pluie pendant la durée d’une année.
- ( Métêorol. ) Instrument propre à mesurer la quantité de pluie tombée dans le cours d’une année. C’est la même chose que l’HIETOMEÏRE. Voy. ce mot.
- CROQUIS, s m. du verbe cro-aer; qui, par onomatopée , signi-e manger vite : chose exécutée à la hâte.
- ( Arts du dessin ) Un croquis est uue première idée , indiquée par
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- CR if
- quelques traits de crayon, quelques griiïormemensde plumé, ouquelqneè traces de couleurs , sans dégradations.
- Le croquis ne doit pas être confondu avec l’esquisse qui a un sens plus étendu , et qui s’entend d’un plan détaillé.
- CROSSE , s. f. du latin crocia^ fait d’incrocare, accrocher un homme à une branche d’arbre coupée en forme de croc,
- ( Culte cathol. ) Bâton pastoral> ainsi appelé, parce qu’il est crochu par un bout.
- L’usage de porter un bâton pastoral devant tes évêques est très-ancien ; mais ce n’est que vers l’onzième siècle que l’on entend parler de crosse. Chez les Grecs il n’y «voit que les patriarches qui eussent le droit de la porter. Les premières crosses n’étoient que1 de simples bâtons de bois, qui d’abord eurent la forme d un T, et dont on se servait pour s’appuyer; ensuite, on les fit plus longues , et peu à peu elles ont pris la forme qu’on leur voit aujourd’hui.
- CROTAPHITE-, adj. du grec *?a-rrei0iTiç ( krotaphites ) , temporal, «formé de xporeKSoc , tempe.
- ( Physiol. ) Nom de deux muscles , ainsi appelés à cause de leur situation dans la fosse temporale.
- CROUTE, s. f. du latiu crusta; ce mot se dit en général de tout ce qui s’attache et se durcit sur quelque chose.
- ( Peinture ) On appelle de ce nom certains tableaux anciens , presque toujours noirs , écaillés; quelquefois estimés des curieux: et méprisés des connaisseurs. Il y a des croûtes dont le fond est véritablement estimable ; il y en a des plus grands maîtres : mais depuis le teins où lés brocanteurs les ont altérées , qu’il n’y a qu’uhe ridicule prévention qui puisse les faire acheté".
- Croûte se dit encore d’un mauvais ouvrage de dessein ou de peinture ; ou appelle même croûton axL-croâ-tier celui qui fait dés croûtes.
- ( Chirurgie ) On appelle croûte «ne espèce de galle qui se forme sur une partie ulcérée.
- CR.OWN-GLASS , s. m. mot an-
- glais , composé de crown, couronne qui , lorsqu’il est appliqué aux ouvrages des arts, emporte l’idée de perfection , et de glass , verre ; comme qui diroit- verre de la première qualité.
- ( Optique ) Nom anglais reçu depuis une trentaine d’années dans nos livres d’optique et d’asitrono-mie. Ce verve , dont en fait aussi des vitres en Angleterre, fut employé avec succès ,‘en 1769, par Dollond le père. Combiné avec le Jlint-glass, ou cristal d’Angleterre, il remédie à là dispersion des rayons colorés , qui forment des iris au foyer des lunettes ordinaires’, la dispersion de ce verre , ou la longueur élu spectre coloré qu’il prit duit, n’étant que les deux tiers de la dispersion qui a lieu dans le Jlint-glass. V. ACHROMATIQUES, LUNETTES , FLINT-GLASS.
- CR RT, ou CRUD , adj. du latin crudus , pour entent us , fai t de cruor , sang coagulé : qui porte encore des traces de sang.
- ( Méd. ) On appelle ainsi ce qui n’est pas cuit, ce qni est verd, ce qui n’est pas mûr. Les alimens crus sont ceux qui n’ont pas été préparés par la coction , et, par analogie, on appelle humeurs crues, matières crues , celles qui sont indigestes, qài n’ont, pas reçu , par la digestion et la trituration , le degré de coction qui leur est nécessaire.
- ( Chimie ) En terme de chimie , 011 appelle mercure cru, antimoine cru , le mercure , ou l’antimoine tel 'qu’il sort de la mine.
- (Mar.uf.) Chanvre cru , celui cpa n’a pus été trempé dans l’eau; soi’ crue ; et par corruption , soie écrite, celle qui n’est ni lavée , ni teinte.
- ( Peinture ) Ura ton cru , dans le langage des peintres , est celui q»1 ne se marie pas, ne s% perd pas avec le ton qui l’avoisine ; une coaieur crue est une couleur tranchante, discordante , trop entière : c’est 1® contraire d’une couleur rompue. On dit qi/une lumière, qu’une omit» est crue , lorsque les grands - c.aU’
- ne sont pas séparés des grands-orum
- par des passages.
- On dit encore qu’une couleur la'1 des crudités , lorsqu’elle n’est paS
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- essez rompue. Il y a des crudités ( Hist. nat. ) Ce mot se dit des dans ce tableau. poisson* qui sont couverts d’écailles
- CRUCHE , s. f. de l’allemand divisées par des jointures différentes.
- Iruse.
- ( Econ. dom. ) Yase de terre ou de grès.
- CRUCHES RAFRAICHISSANTES. V, ALCARRAZAS.
- CRUCIAL-LE, adj. du lat. crux, croix : fait en croix.
- { Chirurgie ) C’est ainsi que les chirurgiens désignent une espèce d’iucision composée de deux autres faites en croix.
- CRUCIFERE , adj. du lat. cru-ciferus , formé de crux, crucis, croix, et dt fero , porter: porte-croix.
- ( liotan.) Plante crucifère ; celle qui a une corolle à quatre pétales plus ou moins étalés en croix par leurs lames.
- CRUCIFORME , adj. composé des deux mots crux , crucis , croix, , et- de f orma, forme : en forme de croix.
- ( Physiol. ) Crucifère se dit aussi de certains ligamens des phalanges , parce qu’ils ont la figure d’une croix.
- ( Géom. ) Ce mot est employé par les géomètres, pour exprimer une hyperbole du troisième ordre , ainsi appelée par Newton , parce qu’elle est formée de deux branches qui se coupent en forme de croix.
- CRURAL-LE ; aj. du lat, entrait s , formé de crus , critris , cuisse.
- ( Physiol. ) Epithète que l’on donne à une artère, à une veine et a un muscle de la cuisse.
- CRUSOA , mot italien qui signifie le son , ou ce qui est resté quand la farine est blutée.
- ( Littérature ) Académie de la Çrusca ; c’est une académie établie ® Florence pour la perfection de la langue toscane. Elle a pris son nom de son emploi et de la fin qu’elle se propose, qui est d’épurer la langue toscane , et, pour ainsi dire , d’en séparer le son. Sa devise est un blu-teau , avec ce mot italien : Il piu bel for ne coglie,- il en recueille la i>lus belle fleur.
- CRUSTACÉE , adj. des deux genres , et quelquefois subst. , du *at- crusîatus, pour crus ta iectus couvert u’écailles.
- L’écrevisse est crustacèe ; on dit aussi substantivement , l’écrevisse est un crustacé.
- CR.lt GLITHE , s. f. compose' du grec r.pvoç ( kruos ) , glace , et de xlS-oç ( lithos ) , pierre.
- {Chimie) La cryolithe est le fiuate d’alumine et de soude des chimistes; elle est ainsi appelée, à cause de sa grande fusibilité , parce qu’elle coule comme de la glace fondue.
- CRYPTE , s. f. du grec xpu-m-a ( kruptê ) , lieu souterraih , dérivé de KDV-7TT0 jj kruptô ), cacher.
- ( Culte cathol. ) On appeloit anciennement crypte un lieu souterrain ; pratiqué dans quelques églises où l’on enterrait les morts..
- ( Architect. civ. ) C’est, dans Vi-trUve , ce que nous appelons cave , caveau , dans la construction des bâlimens.
- ( A nat. ) Partie solide , flasque-, qui ne garde pas de forme constant* dans la coction, composée de vaisseaux , qui n’est pas environnée de membranes de toutes parts, mais qui présente un orifice comme une petite fosse.
- Ruisch a donné particulièrement Ce nom aux glandes situées sur le dos de la langue et aux glandes sim-, pies des intestins.
- CRYPTOCÉPHALE, s. m. composé de xpv'TTToç {hruptos) , caché, et de Ki<pa.x>i ( hephalê), tête : têts cachée.
- ( Insectol. ) On donne ce nom à une espèce d’insectes appelée généralement gribouri, parce que sa tête est cachée sous le coreelet. Les larves de ces insectes rongent et désolent les différentes plantes sur lesquelles on les trouve ; mais celle qui fait le plus de tort est la larve du crypto-céphale de la vigne ; elle en fait périr les fleurs. Cetie larve cause souvent un grand dommage dans les pays vignobles.
- CRYPTOGAME , adj. composé de jtpé-TTToç ( hruptos) , caché, et de ïkuoç ( gamos ) , mariage : mariage clandestin.
- ( Botan. ) Plante cryptogame ; c’est celle dont le mariage est clan-?
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- destin,'ou celle dans laquelle les organes sexuels sont tellement caches , que leur fécondation est pour tous les yeux un profond mystère. Les champignons, les truffes sont des plantes cryptogames.
- LlNNEE, dans sa division systématique des plantes , donne le nom de cryptogamie à la vingt-quatrième classe , à cause qu’elle renferme tontes les plantes dont la fleur est ou cachée , ou si petite qu’elle ne peut pas être aperçue.
- D’autres botanistes prétendent que la nature n’a point donné aux plantes appelées improprement cryptogames , des organes sexuels , qui d’ailleurs leur^eroient complètement inutiles pour leur reproduction. Le système de ces derniers tend à prémunir l’esprit des jeunes étudians contre ce qu’ils appellent les rêveries de certains cryptogamistes modernes , qui, à leurs yeux , sont à la botanique ce que les alchimistes àont à la chimie.
- CRYPTOGRAPHIE, s. f. composé du grec yyu'TC'roç ( kruptos ) , caché , et de ypâ<pa> ( grap/iô ) , écrire.
- ( Diplom. ) L’art d’écrire d’une manière cachée , inconnue à tout autre qu’à celui à qui on l’adresse. Ce mot signifie aussi l’art des chiffres. La cryptographie est nécessaire dans les bureaux du gouvernement : c’est-là qu’on fait usage des mémoires cryptographiques , de lettres cryptographiques. Cet art a été connu des anciens , mais l’abbé Trithème , mort en 1016 , passe pour être le premier qui en ait donné les règles.
- CRYPTONIMES, s. m. composé du-grec x.pv'rrroç ( kruptos ) , caché, et de ho put ( onoma) , nom: nom déguisé.
- ( Bibliogr. ) On appelle ainsi les auteurs qui déguisent leur nom , mais plus particulièrement ceux qui le déguisent en transposant seulement les lettres , de manière à former un autre nom qui est l’anagramme du véritable. V’. ANONYME, PSEUDONYME.
- CUBATURE , ou CUBBATION, s. f. dérivé de cube, formé du grec -r-ySos ( cubos) , dé.
- J^Géom. ) C’est l’art on lad ion de
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- mesurer l’espace que comprend uu solide, comme un cône, un cylin, dre , une sphère.
- La cubature consiste à mesurer la solidité du corps, comme la qua. drature consiste à en mesurer la surface. Quand on a déterminé cette solidité , on cherche ensuite un cube qui soit égal au solide proposé, et c’est-là proprement la cubature. Ce second problème est souvent fort difficile , même après que le premier est résolu, Ainsi, si l’on trou-voit un solide qui fût double d’un certain cube connu, il seroit ensuite fort difficile d’assigner exactement un cube qui fût égal au solide trouvé, et par conséquent double du cube connu.
- Le problème de la cubature de la sphère, outre la difficulté de la quadrature du cercle qu’il suppose, renferme encore celle de cuber le solide qu’on auroit trouvé égal en solidité à la sphère.
- CUBE, s. m. du gr. y,v£oç (kubos), dé.
- ( Géom. ) Corps solide régulier, composé de six faces carrées égaies, et dont tons les angles sont droits, et par conséquent égaux; le cube est aussi appelé hexaedre, à cause de ses six faces.
- On peut considérerle cube comme engendré par le mouvement d’une figure carrée , le long d’une ligne égale à un de ses côtés, à laquelle cette figure est toujours perpendiculaire dans son mouvement : d’où il suit que toutes les sections du cube parallèle à sa base, sont égales entre elles.
- ( Arithmêt. ) Cube, pris adjectivement , se dit d’un nombre qui provient de la multiplication d’an nombre carré par sa racine. Donc , puisque l’unité est à la racine comme la racine est au carré , et que l’unité est à la racine comme le carré est au cube, il s’ensuit que la racine est au carré comme le carré est au cube, c’est-à-dire , que l’unité, la racine, le carré etle cubef sont en proportion continue , et que la racine du cube est la première des deux moyennes proportionnelle* entre l’unité et le cube. V. PUISSANCE.
- CUBIQUE, a d j. V. CUBE.
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- ( Géom. ) Ce mot se dit de tout ce qui a rapport au cube.
- CUBITUS , s. m. mot purement latin, qui signifie coude.
- ( Anat. ) Un des os de l’avant» bras , ainsi nommé parce que c’est cet os qui porte , lorsqu’on appuie les coudes sur quelque endroit.
- CUBOÏDE , adj. du grec xùÇciiJ'h;
- ( kuboeidês ), composé de xvgoç, cube , et de sAos , figure : qui a rapport au cube.
- ( Anat. ) Les anatomistes donnent ce nom à un os du tarse , à cause de sa ressemblance à un cube.
- CUCURBITE, s. f. du lat. cucur-bita, formé de curvitas, courbure.
- ( Chimie ) Vaisseau de métal, de terre ou de verre qui fait partie d’un alambic , et dans lequel ou met les matières qu’on veut distiller ou sublimer. Cet instrument est ainsi nommé à cause de sa ressemblance avec la calebasse et autres fruits appelés cucurbitacées. Dans les grands alambics on la nomme chaudière.
- CUIR., s. f. du lat. corium, peau de l’animal.
- ( Physiol. ) Le cuir, le chorion et la peau proprement dite , signifient la même chose : c’est la partie la plus intérieure et la plus épaisse de la peau.
- ( Tecnologie ) Cuir se dit plus particrxlièrement de la peau des animaux , séparée de la chair, corroyée et préparée pour servir à divers usages. V. TANNAGE , IMPERMÉABLE.
- Cuir vert ,• celui qui n’est pas préparé.
- Cuir de Russie ; peau de phoque tannée avec l’écorce du bouleau noir.
- CUISINE , s. f. du. latin barbare cucina, que les Italiens ont retenu tout entier : l’art d’apprêter les Viandes, et l’er.droit où on les apprête.
- ( Histoire ) Les Asiatiques , plus sensuels que les autres peuples , imaginèrent les premiers de substituer à une nourriture simple et solide , des mets dans lesquels ils Lisoient entrer toutes les productions de leur climat qui pou-voieut les rendre piquans. Le corn-
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- merce porta ces productions chez les nations voisines , qui les reçurent comme un bienfait, et les communiquèrent comme un trésor.
- La volupté en régla l’usage avant que l’expérience en découvrit le danger. Ainsi le luxe et la délicatesse des tables se répandirent par toute la terre ; les Perses les transmirent aux Grecs ; il n’y eut que l’austè e Lacédémone qui les refusa. Les Romains , devenus puissans et riches, se dégoûtèrent de la grossièreté de leurs alimens , et se livrèrent aux raffinemens les plus nuisibles et aux excès les plus ruineux.
- Les Italiens recueillirent les débris de la cuisine romaine , pour en former la leur, et nous firent part de leur jouissance. Des lois sages mirent plusieurs fois des bornes à notre goût pour la bonne chère ; mais elles demeurèrent sans force. Sous Henri II, beaucoup de cuisiniers d’Italie passèrent en France avec Catherine de Médicis, et nous donnèrent tant de leçons de sensualité, que les disciples furent bientôt plus habiles que les maîtres.
- (Astrono?n. La science du cuisinier consiste à connoître les qualités bienlaisantes des alimens de toute espèce qui sont particuliers à chaque saison ; à faire de tous ces mets un mélange savant pour donner un coup d’œil agréable à la table dont ils doivent faire l’ornement ; à savoir en varier les apprêts, pour ne pas les servir toujours avec cette uniformité monotone qui lasse bientôt , et réveiller l’appétit par des mets qui ne l’irriteroient plus, s’ils étoient toujours présentés de la même manière, Il faut qu’il sache encore les déguiser , en quelque façon , sans en altérer les qualités, etc.
- CUISSE, s. f. du lat. cossa, pour coxa.
- ( Anat. ) Cette partie du corps humain qui s’étend depuis les parties de la génération jusqu’aux ge noux antérieurement , et jusqu’au jarret postérieurement.
- CUIVRE , s. m. du lat. cuprum , formé du grec xvTrpoc ( kupros ) , Chypre ; ainsi appelé , parce qu’on tiroit ce métal des mines de l’île de Chypre.
- ( Minéral. ) Métal d’un rouge
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- tirant snr l’orangé , et brillant dans Tendroit de la fracture.
- Le cuivre est le plus sonore de tous les métaux : après le fer * il est le plus élastique ; après le fer et le platine ,il est le plus difficile à fondre.
- Le cuipre , dans ses mines , se trouve quelquefois natifs quelquefois en feuillets , ayant du quartz pour gangue ; d’autres fois en masses compactes, et même en assez gros morceaux. Mais le plus souvent il est minéralisé avec différentes substances, et prend alors différentes Couleurs.
- Le cuivre se dissout dans tous les acides.
- Le fer précipite le cuivre dans ses dissolutions dans les acides : il suffit pour cela de plonger du fer dans la dissolution ; l’acide se saisit du fer , et abandonne le cuivre, qui se précipite. Ce cuivre est connu sous le nom de cuivre de cementation. C’est là le procédé qu’emploient les charlatans qui se vantent d’avoir trouvé le moyen de métamorphoser îe fer en cuivre.
- Le cuivre que l’on appelle aussi cuivre rouge , est employé dans les arts. On en fait des batteries de cuisine , dés marmites , des fontaines , des chaudières , des baignoives , etc.
- Le cuivre s’allie avec la plupart des substances métalliques, et il lor-rne avec Parsème le tombac blanc; avec le bismuth,un alliage d’un blanc rougeâtre; avec l’antimoine . un alliage violet; avec le zinc , par la fusion , le similor, ou or de Manheim ; avec le zinc, par la cémentation, le cuivre jaune ou laiton; avec Pétain , le bronze ou airain. Ce dernier alliage est d’autant plus sonore , qu’il contient plus d’étain ; aussi en fait-on des cloches. Si on Y met moins d’étain , il est moins cassant, et alors il sert à faire des statues , des'eanons. Le cuivre allié à l’argent le rend plus fusible ; c’est ce qui fait qu’on s’en sert pour faire la soudure pour l’argenterie.
- Cuivre de rosette ; c’est le même entièrement raffiné : il est ainsi appelé , parce que , quand il est suffisamment pur , on le coule en plaques ou en tables, , ou on le façonne en lames irrégulièrement arrondies, qu’on nomme rosettes,
- Cuivre jaune ou laiton ; c’est une composition métallique , jaune et malléable , qui se fait dans des fonderies particulières , avec des plaques de juivre qu’on met en cémentation ou avec de la mine de zinc , ou avec de la calamine , ou avec des biendes et du charbon en poudre.
- Le cuivre jaune est employé dans tous les ouvrages d’ornement, uarce qu’il reçoit très-bien la dorure. Lorsqu’il n’est point^ doré , sa couleur est, à la longue , altérée par l’air, et sa surface se couvre d’iiu enduit verdâtre qui atteste l’antiquité des statues et des médailles qui en sont couvertes.
- L'ancienne tradition des Egyptiens portait que du tems d’üsiris, l’art de fabriquer le cuivre avoit été trouvé dans la Thébaïde. On commença par en faire des armes , pour exterminer les bêtes féroces , et des ouliis pour cultiver la terre. Cadmr-s porta aux Grecs la counoissance de ce rnéial , et fut le premier qui leur apprit la manière de le travailler. La calamine ou cadmie , qui est d’un si grand usage pour affiner le cuivre et en augmenter le poids, avoit reçu de Cadrons-le nom qu’elle portoit autrefois, et qu’elle cofisene encore aujourd’hui.
- On voit dans les écrits d’Homère, que du tems de la guerre de Troye, le fer étoit encore très-peu en usage; le cuivre en tenoit lieu, et ce métal étoit employé tant à la fabrique des armes qu’à celle des outils. Mais le cuivre est uu métal mou qui s’émousse très-facilement; il a donc lallu , pour exécuter tout ce q«e nous exécutons aujourd’hui avec Ie 1er , chercher et trouver le secret de
- le durcir. On a cru , pendant long' tems, que ce secret consistoit unï" quement dans la trempe particulière du cuivre, et on en regreltoit la perte ; mais des savans du siècle dernier, Dizé , Monnet, Geoffroi-Pearson, etc. se sont appliqués a analyser des armes anciennes, et ont reconnu que la matière dont elles étoic-nt composées, n’étoit qn un alliage, dans lequel l’étain enli0lt dans la proportion de 10 à i4 p°llf fcent. --
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- CULÉË, s. f. de cul, en latin, çulus , fond , fondement.
- ( Archit. ) Grosse masse de pierre qui*soutient la voûte des dernières arches d’un pont, et toute leur poussée.
- CULER , v. n. de cul, formé du lat. culus, extrémité d'une chose, derrière.
- {Marine.) Aller parla poupe , ou marcher par l’arrière , en parlant d’un vaisseau ; comme lorsqu’un vaisseau a pris vent devant, et qu’il a les voiles sur les mâts , soit par accident , soit pour virer de bord.
- On dit aussi improprement culer, pour rester de l’arrière , par comparaison à un autre bâtiment qui marche mieux,faisant même route.
- Le vent cale ; cette expression signifie qu’jl se range vers l'arrière , et devient plus favorable à la route.
- CULINAIRE, ad}. dulat. culina.
- ( Econom. dom. ) Terme nouveau dont on se sert pour désigner les vases et les ustensiles qui servent à la cuisine.
- CULMIFERE, ad], composé du lat. culmus, pour calamus, paille, chaume, etde/ero, porter,comme qui diroit porte-paille.
- ( Botan. ) On désigne ainsi la la plante dont la tige est un chaume.
- CULMINATION , s. f. formé du lat. culmen , faîte , sommet.
- ( Astron. ) Passage d’une étoile ou d’une planète par le méridien , c’est-à-dire, par le point où elle est à sa plus grande hauteur.
- CULOT , s. m. même origine que CULER.
- {Métallurgie) Partie métallique qui reste au fond d’un creuset après la fusion , et qui s’est séparée des scories. Quand il est très-petit, on l’appelle bouton.
- ( Archit. ) Culot se dit de tout ornement d’où sortent des rinceaux
- ?.ui se taillent en bas relief dans les rises et autres membres d’architecture.
- ( Technol. ) Les arts et métiers emploient presque tous ce mot pour désigner une masse ou base, sur laquelle est appuyée quelque partie principale.
- CULTIVATEUR , s. m. du lat. Tome 1.
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- ciiltor , formé de colo , cultiver , labourer: celui qui cultive la terre.
- (. Agricult. ) Cultivateur est le nom d’un nouvel instrument aratoire dont M. de Châteauvieux a donné l’idée, et dont les Anglais font un grand usage. Il est d’un grand avantage dans les terreins argileux et forts , d’une grande économie , puisqu’il Lit autant d’ouvrage que six charrues ordinaires ; il a encore celui de tenir la terre dans une très-grande division.
- 11 est composé d'une flèche, de deux moucherons , d’une traverse semi-circulaire percée de trous, pour laisser passer une cheville à clavette , qui règle l’éloignement de deux branches latérales fixées vers la milieu de la flèche , au moyen d’un boulon à écrou , et formant avec la traverse demi-circulaire une ouverture triangulaire.
- Bans les branches latérales sont percés pl usieurs trous carrés , pour recevoir plusieurs socs en fer , dont les extrémités sont faites en forme de truelles que l’on peut lever ou baisser à volonté , au moyen des clavettes.
- Trois roues de fer , dont deux combinées avec les extrémités de la traverse , et l’autre au-dessous de la flèche , près de la tête , empêchent les socs d’entrer plus qu’il ne faut dans la terre.
- Quand on emploie cet instrument pour la première fois , on ouvre les branches autant qne possible , puis en repassant, on les retient à mesure qu’on trouve la terre plus divisée.
- CULTRIROSTRES, subst. et adj. composé du lat. culter, couteau , et de rostrum , bec : bec en forme de couteau.
- ( Ornithol. ) C’est le nom qu'on donne à une espèce d’échassiers ( V. ce mot ) qui ont le bec long , fait'en couteau ; le héron , la cico-gne sont des échassiers cultrirostres.
- CULTURE , s. f. dulat. cultura, formé de colo , cultiver, labourer.
- {Agricult. ) Les façons qu’on donne à la terre pour la rendre plus fertile, et aux plantes pour les faire mieux venir , et les faire mieux rapporter.
- Oa appelle pays de grande nul-
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- ture ceux où elle se fait avec des chevaux ; pays de petite culture , ceux où elle se fait de toute autre manière.
- Culture au semoir , culture à la volée ; depuis que Tull a publié 6011 nouveau système de culture au semoir, ou a beaucoup écrit, beaucoup discuté, raisonné sur les avantages et les inconvéniens de l’ancien et du nouveau système , et la question reste encore indécise.
- Les partisans du nouveau système disent qu’il épargne la moitié de la semence , que la germination et la végétation sont plus régulières , parce que les grains sont déposés a des profondeurs égales , qu’ils germent en même temx, et que la récolte mûrit également; que la végétation est aidée par les façons ue ce genre de culture exige, qui ivisent la terre et détruisent les plantes parasites ; que les récoltes sont plus belles et plus abondantes; que là moisson est faite à moins de irais et avec plus de sûreté , la mauvaise herbe n’étant point mêlée avec la paille, etc. D’un autre côté, les objections contre la nouvelle méthode sont : la difficulté de trouver des ouvriers qui sachent se servir du semoir , et leur répugnance à changer leurs anciens usages ; les préparations et les façons que la nouvelle méthode exige, et dont l’ancienne peut se dispenser ; une récolte trop claire, et une perte considérable de terrein, causée par les intervalles ; une moisson plus tardive , etc. Des essais comparatifs aux deux méthodes ont été faits , et tous n’ont pas eu les mêmes résultats ; mais ce qui a plus nui au nouveau système , c’est que ceux qui se sont déterminés à l’essayer ont été rebutés par les travaux et les soins qu’il exige ; c’est que la plupart oüt négligé de cultiver pendant la végétation , et qu’après avoir semé ils ont cru qu’il n’y avait plus rien à faire ; tandis que c’est de-là que dépend tout le succès de la culture au semoir. Aujourd’hui on paroit être revenu à l’ancienne méthode de semer à la volée ; d’abord parce qu’il est dé-* montré que le nouveau système ne convient pas à tous les terreins , ni
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- à toutes les espèces de grains, et ensuite parce qu’il egixe des soins auxquels le plus grand nombre des cultivateurs ne sont pas accoutumés.
- CÜNEUS, s. m. mot entièrement latin, formé du grec xwvoç ( Jconos), figure qui va en pointe comme le fruit d’un pin.
- ( Mécan. ) C’est le nom latin d’une puissance mécanique appelée plus communément COIN. C. ce mot.
- CUNEIFORME, adj. du latin cuneus, et déforma : qui a la forme d’un coin.
- ( Botan. ) Il se dit des parties des plantes qui sont rétrécies insensiblement de haut eu bas en angle aigu.
- ( Anal. ) Il se dit aussi de trois os du tarse et d’ua os du corps. V.-% PUÉNOIDË.
- CUPULE , s. f. du latin cupula, diminutif de cupa, coupe , dont les Italiens ont fait cupula , coupole.
- (Botan, ) U se dit de la partie apparente delà fructification de certaines plantes , telles que les lichens. Tous les botanistes ne sont
- fas d’accord sur leur usage , mais opinion la plus commune est que ce sont les fleurs mâles de ces sortes de plantes.
- II se dit aussi de l’espèce de capsule ou godet qui renferme le gland du chêne.
- CURATELLE , s. f. du latin curatelle. , formé de euro, prendre soin.
- ( Pratique ) La charge et fonction de curateur. Cette charge est réputée civileetpublique, de même que la tutelle ; elle est une commission donnée à quelqu’un d’administrer les biens d’un autre qui ne peut y veiller par lui-même, ou pour quelqu’autre empêchement.
- CURATTON, s. f. du latin cura-tio , formé de.cura , soin : l’action de prendre soin.
- ( Médec.) Cure, traitement d’une maladie , manière de la guérir. CURJE , s. f. du latin cura , soin.
- ( Mêdec. ) Fin que l’on se pro-
- fiose dans le traitement des ma-adies , la guérison.
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- CURIEUX, adj. et subst. du Jalin curiosus, formé de cura, soin.
- ( Tlist. du Bas-Emp. ) On don-noit ce nom à certains officiers de l’empireromsin, souslesempereurs du Bas-Empire, chargés d’empêcher les fraudes et les malversations sur tout ce qui regardoit les postes et et les voitures publiques , et de donner avis de tout ce qui se pas-soit dans les provinces.
- ( Arts et sciences ) Curieux s’entend maintenant de celui qui amasse des choses rares , singulières , excellentes , ou qu’il regarde comme telles. On appelle aussi sciences curieuses celles qui sont connues d’un petit nombre de, personnes.
- Curieux se prend encore pour re • cherche : le Titien étoit curieux dans son coloris. RaphaëlEtoit curieux dans le choix et dans les acoommodemens de ses draperies.
- CURSEUR , s. m. du lat. cursor, coureur, formé de curro , courir.
- ( Astron. ) Fil mobile par le moyen d’une vis qui , dans un micromètre , sert à renfermer les deux bords d’un astre pour mesurer son diamètre apparent.
- CURVILIGNE , ad;, composé du latin curvus , courbe , et de linea, ligne: ligne Courbe.
- {Géom.) Les ligures curvilignes sont des espaces terminés par des lignes courbes , comme le cercle , l’ellipse, le triangle sphérique, etc.
- Angle curviligne ; c’est un angle formé par des lignes courbes.
- CUTAMBULE , adj. composé du latin cutis , peau , et de anibulo se promener : qui se promène sur °n sous la peau.
- ( Mèdec. ) On appelle ainsi certaines douleurs scorbutiques er-santes , qui sont très-cruelles, et Sl,i produisent en ceux qui en sont affectés , une sensation qui tient beaucoup de celle qui est causée à *a Peau par les vers appelés cutam-cuies.
- Ces vers cutambules rampent sur 011 dessous la peau , et causent une Sfnsation désagréable.
- CUTANÉE , ad;, formé de cutis, Peu».
- er
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- appartient à la
- ( Physidl. } qui peau , qui concerne la peau.
- CUTICULE, s. £ du latin cuti-cula , diminutif de cutis , peau : petite peau.
- ( Anat. ) C’est la même chose qu’EPIDERME , V. ce mot.
- CUTTER , s. m. mot emprunté de l’anglais, qu’il faut prononcer COTTR.
- ( Marine ) Sorte de bâtiment an-glois à un mât, qui ressemble par son grément, et par sa voilure à un sloop , avec cette différence que le cutter a son mât plus incliné vers l’arrière , une mâture plu9 haute , et une voilure plus considérable ; les cutters ont encore dans leur construction quelque différence avec les sloops, ils ont beaucoup de creux , peu de bois hors de l’eau , et beaucoup de pied dans l’eau , afin de mieux porter la voile et de mieux serrer le vent. Les contrebandiers (smugglers) de . la Manche, font usage des cutters , parce qu’ils ont la faculté d’échaper parleur marche aux vaisseaux garde-côtes ; mais le gouvernement anglais entretient aussi, par la même raison , plusieurs de ces bâtimen3 pour donner la chasse aux contrebandiers. Les cutters portent depuis quatre jusqu’à dix-huit canons.
- CUVE , s. f. du latin cupa, formé du grec xutr» (kùpè), qui a signifié une sorte de navire : grand vaisseau qui n’a qu’un seul fond.
- ( Chymie ) Cuve hydrargyra-pneumatique ; c’est le nom d’un appareil qui sert à recueillir les fluides élastiques qui sont susceptibles d’être'absorbés par l’eau ; il diffère de la cuve pneumaio-chimique , en ce qu’il est plein de mercure, et que celle-ci est pleine d’ean. V. HYDRARGYRE , HY-DRAEGYRO - PNEUMATIQUE-PNEU M ATO-CHIMI QUE.
- CYANITE > s. f. du grec x.v:tvos ( kuanos ) , couleur bleue.
- ( Chimie ) Nom donné par les chimistes modernes à la pierre connue sous le nom de schorl bleu ou sap-pare.
- CYA NO METRE, s. m. du grec xvavoç ( kuanos ) , couleur bleue , et de vtêTûov ( metron j mesure.
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- ( Physique ) nom donné par Saussure à un instrument propre à mesurer les divers degrés {l’intensité de la couleur bleue que présente la masse dts divers fluides qui composent l’atmosphère terrestre. V. AZUR.
- CYBLSTIQUE, s. f. du grec xvÇiç'ra.m ( leubistaô ) ,. sauter sur la tête, faire la culbute.
- ( Jeux scén. ) L’art de faire des sauts périlleux.
- CYCLE , s. m. du grec it.ux.Xo?
- ( kuklos ) , cercle , orbe.
- ( Astron.) Cycle , en termes d’astronomie , signifie une certaine période ou suite de nombres qui procèdent par ordre, jusqu’à un certain terme , et qui reviennent ensuite les mêmes sans interruption.
- Les cycles les plus usités sont le cycle lunaire, le cycle solaire , et le cycle .d’indiction.
- £e cycle lunaire est une période de 19 ans -, ou de 6q5o jours , dans laquelle il arrive 255 lunaisons ; en sorte qu’au bout de 19 ans, les nouvelles lunes arrivent au même degré du zodiaque, et par conséquent au même jour de l’année que 19 ans auparavant.
- Ce cycle fut publié en Perse par Métoii, environ 43o ans avant Jésus-Christ , et fut regardé comme une découverte si belle , qu’on en grava le calcul en lettres d’or, et on appelle encore nombre d’or l’année du cycle lunaire dans laquelle 011 le trouve.
- Lorsqu’au tems du concile de Nicée on résolut d’adopter dans le calendrier le cycle de 19 ans, ce cycle marquoit assez bien les nouvelles lunes, et cela continua à peu près de même pendant quelques siècles. Mais les nouvelles lunes ne reviennent pas, comme l’avoit cru Méton , précisément à la même heure tous les îq ans. La différence qui est d’environ une heure et demie dans le mouvement de la lune , anticipe sur celui du soleil, forme nn jour , à peu de chose près , au bout de 3o4 ans : c’est cettef différence qui a fait imaginer les EXACTES ( P. ce mot) qu’on Lit repondre au nombre d’or , et qui
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- serrent à trouver l’âge de la lune avec plus de précision.
- Cycle solaire ; c’est une période de 28 ans , qui ramène les mêmes jours du mois. Cette période étant écoulée , les lettres dominicales , et celles qui désignent les autres jours de la semaine, reviennent en leur première place, et procèdent dans le même ordre uu’auparavant.
- On appelle ce cycle, cycle solaire, non à cause du cours du soleil avec lequel il n’a aucun rapport, mais parce que le dimanche étoit appelé autrefois jour du soleil, et que les lettres dominicales , ou qui servent à marquer le dimanche, sont principalement celles pour lesquelles cette périodè a été inventée. Ces lettres qui sont les premières de l’alphabet, ont succédé aux anciennes lettres nundinales des Romains.
- La réformation du calendrier par Grégoire XIII apporta un grand changement dans le cycle solaire.
- Cycle des indictions ; période de 10 ans , qui revient constamment la même comme les autres cycles , et qui commence à la troisième année avant J. C.
- Les chronologistes sont fort partagés sur le temps où le cycle des indictions s’établit , et sur l’usage auquel ce cycle servoit ; l’opinion la pl iis probable est que le cycle des indictions commença 'à être en usage l’an 512 après la mort de Constantin.
- Le mot cycle est appliqué en général à tous les nomhres qui com-osent une période et à chaque nom-re en particulier.
- CYCLIQUE , adj. du grec xu-KAiy.oç ( kuklicos ) , qui appartient au cycle.
- ( Poésie ) On donne ce nom a certains poètes qui composent de petits ouvrages , tels que des chansons ; il se dit aussi des ouvrages mêmes. Horace appelle auteur cy~ clique , scriptor cychcus , celui qui va lire des ouvrages dans le» compagnies , dans les cercles.
- CYCLOIDE , s. f. du grec *»' kXoîiJ o? ( kukioeidos ) composé de xuxxo? ( kuklos ) cycle, et de ( eidos ) forme , figure : qui r**' semble à un cercle.
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- ( Géom. ) La cycloide est une des courbes mécaniques et transcendantes , elle est formée par le mouvement d’un point de la circonférence d’un cercle , tandis que le cercle fait une révolution sur une ligne droite.
- Quand une roue de carrosse tourne , un des clous de la circonférence décrit une cycloide.
- La cycloide est une courbe assez moderne ; quelques personnes en attribuent l’invention au P. Mer-senne, d’autres à Galilée ; mais le docteur Wallis prétend qu’elle est de plus ancienne date , qu’elle a été connue d’un certain Bovillus , vers l’armée i5oo , et que le cardinal Cuça en avoit même fait mention long-temps auparavant.
- La cycloide a des propriétés bien singulières. Son identité avec sa développée , les chutes en teras égaux par des arcs inégaux de cette courbe, et la plus vite descente , sont les plus remarquables.
- M. Huyghens a démontré le premier que de quelque point , ou de quelque hauteur que descende un corps pesant qui oscille autour d’un centre, par exemple , un pendule , tant que ce corps se mouvera dans une cycloide,le temps de ses chutes ou oscillations , seront égaux entre eux : c’est cette propriété de la cycloide qui a fait imaginer l’horloge à pendule. V. PENDULE.
- CYCLOPTERE , s. m. du grec kvkXoç ( kuklos ) , cercle , et de TTTîpov ( ptéron) aile ou nageoire.
- ( Icthyologie ) Nom donné à un genre de poisson, parce que les espèces dont il est composé ont les nageoires ventrales réunies en cercle. Le lump est l’espèce principale : on le trouve dans la mer septentrionale de l’Inde ou de l’Amérique.
- CYLINDRE , s. m. du grec %v-XiyJ'poç ( kulindros ) rond en longueur , comme une colonne , formé de y.uXiœ ( kuliô) ou de mixtv<ka> (ku~ lindô ) , rouler , tourner.
- ( Geom. ) Corps solide , terminé par trois surfaces , dont deux sont planes et parallèles, et l’autre convexe et circulaire ; on peut le supposer engendré par la rotation d’un parallèllogramme rectangle autour
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- d’un des côtés, lorsque le cylindre est droit, c’est-à-dire lorsque son axe est perpendiculaire à sa base.
- La surface d’un cylindre droit, sans y comprendre sa base, est égale au rectangle fait de la hauteur du cylindre par la circonférence de sa base. Un cylindre est à une sphère de même base et de même hauteur, commeôàg,
- Tous les cylindres sont entre enx en raison composée de leurs bases et de leur hauteur, c’est-à-dire que si leurs bases sont égales , ils sont entre eux comme leurs hauteurs , et si leurs hauteurs sont égales , ils sont entre eux comme leurs bases , etc.
- Pour trpuver le développement d’un cylindre, ou un espace curviligne qui étant roulé sur La surface du cylindre, s’y applique et la couvre exactement,on décrira deux cercles d’un diamètre égal à celui de la base , on eu traversera la circonférence, et, sur une ligne égale à la hauteur du cylindre ou formera un rectangle dont la base soit égale à la circonférence trouvée j ce rectangle roulé sur la circonférence du cylindre, la couvrira exacsr tement.
- ( Technologie) Cylindre se dit dans un très-grand nombre d’arts mécaniques, d’un instrument ayant la forme cylindrique, ou d’un rouleau.
- CYLINDROIDE; s. m. du gre» Kvxivkpoinko; (kulindroeidos ) cornu posé de nvxivikpijç ( kulindros ) , cylindre , et de ii<koc (eirïos), forme , figure : qui a la figure d’un cylindre.
- ( Géom ) Corps solide qui approche de la ligure d’un cylindre , mais qui en dilfère à quelques égards, par exemple, en ce que ses bases opposées et parallèles sont elliptiques.
- C’est aussi le nom que M. Parent a donné , d’après M. Wreti , à un solide formé par la révolution d’une hyperbole autour de son second, axe.
- Les agriculteurs et les jardiniers ont un cylindre pour écraser les mottes d’une terre labourée , pour coucher la première herbe, pour lisser une allée , etc. — Les fondeurs se servent d'un cylindre pour
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- corroyer leur sable. — Les cylindres forment les principales pièces des laminoirs , des calandres , etc. — Les papetiers ont des cylindres aflineurs, des cylindres effilocheurs, des cylindres effleurans , e t des cylindres émoussans , pour rompt e , diviser et broyer les chiffons, et délayer leur pâte.
- CYMAISE, s. f. du grec x-ufAtnicv ( kumation ) , petite onde , dérivé de nZf/.a, ( huma ), onde ou flot.
- ( Archit. ) Moulure en cave ou ondée par son pvofil qui couronne les autres moulures d’une corniche .
- La cymaise toscane est une ove.
- La cymaise de l’entablement dorique qui a des denticules est un cavet ; celle de l’entablement qui a des mutules est une doucine.
- Les cymaises, ionique , corinthienne et composite sont pareillement une doucine.
- CYME, s. f. du gr. kZ/sao. ( kuma), tige, germe, ou rejeton des plantes.
- CYMOPHANE , s. f. du grec x,u/A.o<pccvoç (kumophanos) , composé de <petvoç (phanos ), lumière, et de x.Zy.ct ( kuma ), onde, lumière flottante.
- ( Crystallographie ) La cymo-phane est la pierre vulgairement appelée chrysoberyl 5 elle est d’un vert jaunâtre , et transparente. On en trouve au Brésil et en Saxe.
- Les naturalistes modernes lui ont donné ce nom, parce qu’elle offre des reflets laiteux, mêlés de bleuâtre, partant de son intérieur, et
- {rrovenant, à ce qu’il paroît, d’une égère séparation entre les lames.
- CYNANCIE, s. f. du gr. Kvvkyy» ( kunagche ) , composé de kvvoç , ( kunos ), de xuœv , génit. de chien, et de xyyîiv (agchein ) , suffoquer.
- ( Méd. ) Espèce de squinancie inflammatoire, dans laquelle les muscles internes du larynx sont enflammés.; ce qui rend la respiration si difficile qu’on est obligé de tenir la bouche ouverte, et de tirer la langue, comme les chiens , d’où elle tire son nom; ces animaux étant fort sujets à cette sorte de maladie.
- CYAANTilHOPIE, s. f. composé
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- du grec kôoov ( kuôn ), chien , et de ctvSpa>'7ro? ( anthropos ) , homme,
- ( Méd. ) Espèce de délire mélancolique dans lequel les malades s’imaginent être changés en chien , et tâchent conséquemment d’en faire les actions. C’est aussi un symptôme de la rage.
- CYNISME , s. m. du gr. jtcv/truoj ( kunismos ) , caractère du chien , dérivé de xuœv ( kuôn ), chien.
- ( Philos. ) Doctrine des philosophes cyniques, et aussi leur caractère. Ce nom leur vient de ce qu’ils étoient mordans et sans pudeur comme les chiens.
- Dans ce sens, on dit d’un homme sans pudeur qu’il est un cynique, Antisthêne et Diogène étoient des philosophes cyniques.
- CYXOREXIE , s. f. composé du grec Kvm ( kuôn ) , chien , et de opsf/ç (ore*is) , faim, appétit: appétit de chien , faim canine.
- { Méd- ) Espèce de maladie , qui consiste dans un appétit insatiable.
- CYPHI, s. m. mot arabe.
- ( Méd. ) Espèce de parfum fortifiant. Milhridate donna ce nom à des troschiques dont les prêtres d’Egypte parfumoient anciennement leurs Dieux , pour en obtenir ce qu’ils leur demandoient. Il les fit aussi entrer dans la composition du Mithridate , parce qu’ils sont excellens contre les venins , contre la peste, etc.
- CYPHOSE, s. f. du grec Kv<po; kuphos ), courbé, formé de xi/tut» (kuptô), se courber.
- ( Méd. ) Courbure de l’épine du dos , dans laquelle les vertèbres s’inclinent contre nature, et proéminent en dehors.
- CYROGRAPHE , s. m. du grec xvpoç ( kuros ) , autorité, et de ypx.<pa> ( graphô ) , écrire : éci'iture, ratification de l’autorité.
- ( Diplomatique ) Signature , seing.
- CYROPEDIE , s. f. composé de xvpoç (kuros), Cyrus , roi de Perse , et de 'jraiJ'u*. (paideia ), instruction, éducation.
- ( Bibliogr. ) C’est le titre d’un ouvrage de Xénophon , contenant l’histoire de la jeunesse du grand Cyrus,
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- CYSTIRRHAGIE, s. f. composé du grec nvç-iç (kustis), vessie, et de pnyvuai ( rhêgnuô ) , rompre.
- ( Méd. ) Maladie dans laquelle le sang sort de la vessie avecrdouleur; ainsi appelée , parce qu’elle a pour cause la rupture de quelque vaisseau.
- CYSTOBUNOCELE , s. f. composé du grec xvç-iç ( kustis ), vessie, de {èvÇasy ( boubôn ), aine , et de Kiix>* ( hélé ) , hernie.
- {Méd.) Hernie , descente ; hernie ingninale de la vessie urinaire.
- CYSTOCELE , s. f. composé du grec K.üç-/f , vessie, et de hernie, descente : hernie de la
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- CYSTOMEROCELE, s. f. composé de >ivriç ( kustis ), vessie , de /usipoç ( mêros ), cuisse , et de ( kêlé ), hernie.
- ( Méd. ) Descente , hernie crurale de la vessie urinaire.
- CYSTOTOMIE, s. f. composé du grec kvç-iç (kustis ) , vessie, et dç ysy.ya> ( iemnô ), couper , tailler.
- ( Chirurgie ) Opération qu’on fait à 1 a vessie, pour en tirer l’urine. On l’appelle ordinairement la ponction au périné. On devroit dire cystotomie, au lieu de LITHOTOMIE. V. ce mot.
- CZAR , s. m. des Césars de Rome , suivant les uns ; mais, suivant d’autres de czar qui signifioit roi, chez les Scythes. Les nations du nord prononcent tzar.
- ( Hist. de Russie ) Titre que prend le souverain de Russie.
- CZARINE , titre qu’on donne à l’épouse du souverain de Russie, ou à la princesse qui en est souveraine.
- D
- IA
- *>A CAPO „ deux mots italiens qui signifient de nouveau, de rechef.
- ( Musique ) Ces deux mots italiens se trouventfréquemment écrits a la fin des airs en rondeau, quelquefois tout au long, et souvent un abrégé, par ces deux lettres
- C. ; ils marquent qu’ayant fini *a seconde partie de l’air , il en Lut reprendre le commencement
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- jusqu’au point final. Quelquefois il ne faut pas reprendre tout-à-fait au commencement, mais à un lieu marqué d’un renvoi. Alors au lieu de ces mots da capo, on trouve écrits ceux-ci al segno.
- DACTYLE, s. m. du grec <f«x-tvKo; ( dakulos ), doigt, parce que le doigt est composé d’une partie longue et de deux brèves.
- ( jProsodie grecque et latine ) Pied ou mesure de vers , composée d’une syllabe longue , suivie de deux brèves. Les vers hexamètres doivent finir par un dactyle et un SPONDÉE. V. ce mot.
- ( Prosodie franc. ) Les vers français les plus nombreux sont ceux où le rhythme du dactyle est le plus fréquemment employé. Les poètes qui composent dans le genre épique, où il importe sur-tout de donner aux vers la cadence la plus marquée , doivent avoir attention, d’y faire entrer le dactyle, le plus souvent qu’il est possible. Il est vrai que dans notre langue, les, dactyles sont rares , mais les dactyles renversés, les anapestes, ( V. ce mot) y sont fréquens, et la rapidité est la même avec moins de légèreté ; car le dactyle appuie sur la syllabe, et coule sur les deux dernières , au lieu que Vanapeste, après avoir passé rapidement les deux premières, a la dernière pour appui. Mais ce renversement lui-même est favorable à la poésie héroïque , et le vers asclépiade pur , c’est-à-dire , avec trois dactyles , h’auroit peut-être pas assez de gravité pour l’épopée et pour la tragédie. L’avantage de Vanapeste sur le dactyle est le même à cet égard, que celui de l’IAMBE sur le CHORÉE. V. ces mots.
- DACTYLIQUE, adj. du grec J'dLHTuXoç ( dakulos ) : qui appartient au dactyle.
- ( Musique ) Nom qu’on donnoit dans l’ancienne musique à cette espèce de rhythme, dont la mesure se partageoit en deux tems Voy. RHYTHME. On appeloit aussi dac-tylique une sorte de nome où ce rhythme étoit fréquemment employé ; tel que le nome harmathias^ et le nome orthien. DACTYLONOMIE , s- f. com-
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- posé du grec i'etutuxoj ( daktulos ), doigt, et de vo/aoc ( nornos ), loi : l’art de compter par les doigts.
- ( Arith. ) Voici touf le secret de cette science : on donne un au
- Îouce de la main gauche , deux à index , et ainsi de suite, jusqu’au
- fiouce de la main droite , qui étant e dixième, a.par conséquent le zéro,
- DAGUE, s. f. de l’allemand dagge , ou dagen, dont les Italiens ont fait daga et les Anglais dagger, dans le même sens. .On a dit dans la basse latinité dagua , qui pourroit avoir été formé du grec èîiya ,
- ( thêgo ), aiguiser, rendre aigu : espèce de poignard.
- ( Vénerie ) Dagues au plurier , Se dit du premier bois du cerf, crui ne vient qu’à la seconde anneé, d’où on appelle daguet une jeune cerf, qui est à sa première tète.
- DAGLTER , v. a. même origine que DAGUE.
- ( Fauconnerie ) Voler de toute sa force , en parlant de l’oiseau.
- ( Vénerie ) L’action du cerf qui s’accouple avec la femelle.
- D AIR Y , s. m. mot japonais.
- ( Econ. polit. ) C’est le nom du souverain pontife des Japonais , ou le monarque héréditaire ecclésiastique du Japon. L’empire du Japon a présentement deux chefs ; l’ecclésiastique qu’on nomme dairi, et le séculier qui porte le nom de Tcuba, ce dernier est l’empereur du Japon, et le premier l’oracle de la religion du pays.
- DAIS i s. m. du latin barb. dossium , fait de dossum, ou de l’allemand decke.
- ( Cérém. publ. ) Espèce de poêle , fait en forme de ciel de lit, avec un dossier pendant, que l’on tend dans l’appartement des princes, des ducs, des ambassadeurs, etc.
- L’origine et le premier usage des dais vient de ce qu’on exposoit les corps des princes, après leur mort , sur des lits ou des dais magnifiques et de parade, comme on fait encore à présent. Ainsi , Constantin fut exposé , durant plu-sieursjours, etservi aveelesmêmès cérémonies que s’il eût été vivant. Les anciens exposoient aussi sur
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- des lits ou des dais, les images de leurs dieux.
- ( Culte cathol. ) Dais est encore un ouvrage d’architecture et de sculpture , en bronze, en bois ou. en fer, qui sert à couvrir , à couronner un autel, une chaire de prédicateur , une œuvre d’église, etc. Il y a aussi des dais portatifs , sur quatre colonnes , sous lesquels ou porte le Saint Sacrement.
- DALMATIQUE, s. f. du latin dalmatica , pour dalmatica vestis vêtement des dalmates.
- ( Tïist. anc. ) La dalmatique est un vêtement dont l’usage est venu originairement de Dalmatie. La dalmatique fut d’abord l’habit des Romains les plus mondains. On regarda comme une chose très-extraordinaire que l’empeur Com-nène parut en public couvert d’une 'dalmatique, les gens graves et modestes ne paroissant jamais ainsi vêtus.
- ( Cérémon. rel. ) Le mot dalmatique , fut ensuite transporté à un habit ecclésiastique , en forme de chasuble courte que portent les diacres et les sous-diacres, lorsqu’ils assistent le prêtre à l’autel. Le pape Silvestre en introduisit l’usage dans l’église. Les empereurs et les rois, dans leurs sacres et autres grandes cérémonies étoient vêtus de dalmatiques.
- DAM , s. m. dans la signification de dommage vient du latin dam-num.
- ( Pratique ) A son dam , à votre dam, pour à votre détriment, a son détriment.
- DAM , s. m. ( titre d’honneur ) est une corruption de dominas.
- ( Langage ) On a dit dam dieu,, pour seigneur dieu ; dam chevalier, pour seigneur chevalier ; dam a produit vidarne, pour vice dominas, celui qui remplace le seigneur; dameret, pour dam*, seigneur gentil ; damoiseau, damoisel.
- DAM , dans le sens de digue est un mot hollandais et flnmmand.
- ( Ilydraul. ) Levée de terre , sorte de digue , pour retenir les eaux de la mer, d’une rivière, d’un canal. .
- ( Géogr. ) Dam entre dans la composition d’un grand nombre
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- villes, patticulièrement en Hollande et dans les Pays-Bas, et il signifie presque toujours un lieu situé sur une de ees digues , on y joint ordinairement le nom de la rivière qui passe en cet endroit, ou celui de l’auteur de la digue , comme Amsterdam , Rotterdam , JRonikendam , etc.
- DAMAS, ville de Syrie , du lat. damas eu s, formé du gr. ct at‘etox.oç} dérivé de l’hébreu dammeselc.
- ( Manuf. ) Les éfojjes de damas, ainsi appelées , parce qu’elles sont venues originairement de Ramas en Sysie , sont fabriquées de soie cuite , tant en trame qu’en chaîne , et qui est une espèce de satin moiré, ou une moire satinée , dont le véritable endroit est celui qui a le grain par-dessus , et dont les fleurs sont relevées et satinées ; ce qui fait damas d’un côté , et satin de l’autre.
- Gu distingue le damas pour les robes, damas pour les meubles, damas liséré et damas broché.
- Toutes les manufactures de damas qui sont en Europe varient dans la manière de le fabriquer ; elles emploient dans les chaînes des soies -différentes en qualité et en quantité.
- Le damas caffart est une étoffe qui imite le vrai damas, et dent la trame est de poil, de fleuret, de fil , de laine ou de coton.
- Le damas d’Abbeville a sa chaîne et sa trame de fil.
- Le damas de Caux diffère de celui d’Abbeville , en ce qu’il est à raies *et non à fleurs. Tous ces damas se travaillent comme les damas de soie.
- Les damas de Hollande sont tout de soie , mais beaucoup plus légers que les nôtres.
- On fait encore à Châlons , à Tournai et aux envirefns, des damas dont la chaîne et la trame sont de laine.
- On appelle damas de la Chine , Une espèce de damas très-beau qui vient de ce pays , et qui conserve sa couleur , sans la perdre par l’action de l’air , comme nos damas.
- ( Technologie ) Acier de damas ; les sabres de damas, célèbres depuis des siècles, sont encore d’une
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- grande valeur et très-recherchés dans l’Orient ; mais la difficulté de pénétrer dans les ateliers turcs , et les préjugés de cette nation contre les étrangers , ont rendu presque impossible , jusqu’à présent , le moyen de découvrir leurs procédés dans la fabrication.
- On imite l’acier de damas en Europe par des mélanges de fer et d’acier ; mais on sait à n’en pas douter que les Turcs n’ont pas la
- fpremière idée de nos procédés pour a conversion du fer en acier par la cémentation ; ils ne peuvent donc employer que de l’acier naturel.
- A la première inspection de l’acier de damas, on voit ses surfaces couvertes d’une infinité de lignes ondulées, qui passent en toutes sortes de directions , sans cependant se croiser.
- Leüfers de la Syrie sont , la plu- 1 part, le produit de mines hématites : iis sont doux et très-ductiles ; aussi remarque-t-on que les saqres de damas ne sont pas très-élastiques , et qu’étant ployes avec effort , ils rie reviennent point à leur première position.
- Voici la meilleure méthode de fabriquer l’acier, façon de damas : on prend des barres de fer très -doux, et de l’acier cémenté du plus petit échantillon qu’on puisse se procurer ; on forme un trousseau de ces barres entremêlées ; le paquet , lié avec du fil d’arehal, est chauffé bien vivement dans un feu de forge , où l’on ne se sert que de charbon de bois. La chauffe étant portée à la chaleur du soudage , on passe le paquet sous le mai'tinet , et on en forme une barre d’étoffe qu’011 a soin de bien corroyer. Cette barre est ensuite ployée sous elle-même , en longueur de cinq s six pouces ( i3 ou 16 centimètres }, et en serpentant : elle est de nouveau introduite dans le feu , et la température est élevée comme auparavant; on soude le barreau le plus promptement possible, et on letire ensuite en barres, dans le sen* inverse de la direction de son grain dans la première opération. Ce soudage produit les ondulations qu’on remarque dans le grain; si on veut
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- l'augmenter, on n'a qu’à l’employer de nouveau, et contrarier le grain en corroyant l’étoffe.
- Les barres fabriquées de cette manière sont propres aux usages des armuriers , et on peut en faire des armes excellentes. Les proportions du mélange ne peuvent être déterminées exactement, à cause de la différence dans la qualité des fers ; mais il ne doit jamais entrer du 1er , également bon, plus de moitié , ni moins d’un cinquième.
- DAMASQUINER , v. a. de l’italien damaschino, formé de damas.
- (Technol.) Damasquiner est l’art d’enjoliver le fer ou l’acier, etc. , en le gravant, en le taillant, pour remplir ensuite avec un fil d’or ou d’argent les rainures qu’on y a laites. Cet art est ainsi appelé de la ville de Damas où il a été inventé, où du moins les ouvriers ont fait les plus parfaits ouvrages de damas-? quinerie.
- Quand on veut damasquiner sur le fer, on le met au feu pour lui donner le passe-violet, qui est ce qu’on appelle couleur d’eau ; ensuite on dessine légèrement dessus ce qu’on veut figurer , et on le taille avec un couteau à tailler de petites limes ; puis avec un fil d’or ou d’argent fort délié on suit le dessus, et on remplace les endroits qn’on a dessinés pour former quelques figures. On fait entrer le fil dans les hachures avec un petit outil qu’on nomme ciseau , et avec un mattoir, on amattit l’or.
- Si l’intention de l’ouvrier est de donner du reliefà quelques figures, il met l’or et l’argent plus épais , et avec des ciselets il forme dessus ce qu’il veut, et quand avec la damasquinure il veut mêler un rapport d’or ou d’argent, alors il grave le fer profondément et à queue d’aronde , et fait entrer de force l’or dans la gravure.
- La darnasquinerie tient tout à-la-fois de la mosaïque , de la gravure et de la ciselure. Comme la mosaïque, elle est faite de pièces de rapport -, comme dans la gravure , on en taille le métal, et l’on y représente diverses figures ; et comme dans la ciselure , on y travaille Cor et l’argent en relief.
- DAM
- DAME, s. f du latin domina ou dominas , car anciennement ce mot se disoit aussi des hommes V. DAM.
- {Econ. politique) Titre autrefois très-distingué, et qui ne s’accor-doit qu’aux femmes du premier rang; celles des hommes les p]us qualifiés ne portoient que celui de mademoiselle. On le donna ensuite aux femmes qui possédoient quelques seigneuries, puis à toutes les femmes des gens de robe, des financiers; aujourd’hui on le donne à toutes les femmes et à toutes les filles d’un état honnête. *
- Dame a signifié aussi une femme mariée : alors il pcuvoit venir du grec S'&p.ctp ( damar ) , qui signifie la même chose.
- Les Anglais l’ont employé long-tems comme synonyme de mère ; et ils s’en servent encore aujourd’hui dans le même sens , en parlaut des animaux , et particulièrement des chevaux de race.
- ( Fortifient. ) En termes de fortification, les dames sont dans nu canal qu’on creuse, des digues du terrein même , qu’on laisse d’espace en espace pour faire entrer l’eau à discrétion , et empêcher qu’elles ne gagnent les travailleurs,
- ( Archit. hydraul. ) On nomme encore dames certaines petites langues de terre couvertes de leur gazon , qu’on laisse dp distance en distance pour servir de témoins dans la fouille des terres, afin d’eu toiser les vuidanges. On appelle encore dame, la tourelle qui se lait sous la cape d’un batardeau.
- Le mot dame, dans le sens qu’on lui donne en architecture et en fortification, vient du hollandais DAM , digue , V. ce mot.
- ( Technologie) Datnq, en termes de paveurs, est un gros bloc de bois , armé en dessous de clous de fer , et qui sert à affermir les paves des rues. — Dame se dit encoi'e d’une partie de terre qui reste comme isolée entre les fourneaux des mines qu’on fait jouer. — Dans les grosses forges, on appelle dame une pièce haute d’environ un pied, laquelle ferme la porte du creuset qui donne dans la chambre, à w
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- réserve d’un espace d’environ sept à huit pouces, qu’on appelle la cerclée, par lequel passe toute la fonte que contient le creuset.
- ( Jeux ) Dame est aussi un mot dont on se sert en plusieurs jeux. Ainsi,au jeu de dûmes polonaises, on appelle dames certaines petites pièces plates et rondes, qui sont au nombre de a4, les unes blanches les autres noires et avec lesquelles on joue sur un échiquier. Aller à dame, c’est pousser une pièce jusqu'aux dernières cases du côté de celui contre qui l’on joue.
- (Trictrac) On appelle encore dame, chacune des pièces avec lesquelles on joue;chaque joueur en a quinze d’une couleur différente. Dame couverte ou case, est une dame , qui n’est pas seule sur sa flèche. Dame découverte ou demi-case , est une dame qui est seule. Dame passée est une dame qui ne peut plus servir à faire le plein.
- ( Echecs ) Dame , ou la seconde pièce du jeu, autrement reine ; elle est la principale pour le mouvement, car elle a celui du fou et de la tour.
- On dit à tous jeux dame touchée, dame jouée, pour dire que , lorsqu’on a touché une dame, on est obligé de la jouer.
- DANGER, s. m. du lat. barbare damniarium, dont on a fait dam-jarium et danger : péril, risque , ce qui est ordinairement suivi d’uu Malheur, ou qurexpose à une perte, a un dommage.
- ( Marine ) Dangers , en termes de maYine, sont toutes sortes de bancs de sable ou écueils sur lesquels un vaisseau peut s’échouer et se briser. Les dangers sont marqués sur les cartes marines par de petites croix parsemées dans toute leur étendue. Aux euvirons des Pqrts et des rades les plus fréquen-tfs , ils sont désignés par des ba-l'ses, des bouées , ou des pavillons, Pour les faire connoître de jour aux vaisseaux.
- DANâE, s. f. de l’allemand dantz, °u de l’arabe tanza ; les Italiens disent danza, les Espagnols dança, ot les Anglais dance : mouvement “U corps qui se fait en cadence f et
- DAN
- ordinairement au son des iustru-mens ou de la voix.
- Il y a naturellement dans la voix des sons de plaisirs et de douleur , de colère et de tendresse , d’affliction et de joie. 11 y a de même dans les mouvemens au visage et du corps des gestes de tous ces caractères ; c’est l’expression de ces gestes qu’011 nomme danse ou l'art des gestes.
- Danse sacrée ; c’est la plus ancienne de toutes les danses et la source dans laquelle on a puisé toutes les autres. Le peuple juif la pratiquoit dans les fêtes solennelles. Les Egyptiens , les Grecs et les Romains instituèrent, en l’honneur de leurs dieux , des danses semblables à celles qu’on pra-tiquoit dans la primitive Eglise.
- Les hommes qui d’abord s’étoient servi de la danse dans leur culte, l’employèrent dansïeurs plaisirs, et peu après l’introduisirent au théâtre. Les Grecs furent les premiers qui assujettirent cet art à des lois certaines : une exposition claire et sévère devoit offrir l’idée de l’action qu’elle devoit peindre ; un nœud ingénieux eu suspendoit la marche sans s’arrêter, et elle arri-voit ainsi graduellement par un développement agréable à un dénouement bien amené quoiqu’im-prévu.
- Lorsque les Romains commencèrent à montrer du goût pour les arts, des danseurs de la Grèce accoururent en foule à Rome. Pylade et Batyle , les deux hommes en ce genre les plus surprenans, vinrent y développer leurs talens sous l’empire d’Auguste. Le premier imagina les ballets tendres , graves et pathétiques , tandis que l’autre se livroit à des compositions vives , gaies et légères.
- Un danseur nommé Memphir, qui étoit un philosophe pythagoricien, exprimoit parsa danse toute l’excellence de la philosophie de Fythagore, avec plus d’élégance , de force et d’énergie que n’auroit pu le faire le professeur de philosophie le plus éloquent.
- La danse , portée chez les Grecs et chez les Romains à son plus haut point de perfection , eut le sort;
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- de tous les arts ; elle disparut à l’approche des barbares. Mais après une longue suite de siècles, la voix d’un Médicis la rappela. La fête donnée à Tortone, à Galeas , duc de Milan , et à son épouse, par Bergonce le Batta , donna l’idée des carrousels , des opéras et des ballets à machines. La mort tragique de Henri II ayant fait perdre en France le goût des tournois , les ballets, les mascara des et les bals furent l’unique ressource de la gaieté française*
- La danse étoit au berceau , en France , lors de l’établissement de l’opéra. Quinaull fonda un nouveau théâtre parmi nous , et voulut parler à l'oreille par les sons modulés de la voix , et aux yeux par les pas, les gestes et les mouvemeus mesurés de le. danse.
- La danse est portée aujourd’hui à un degré de perfection dont on n’auroit pu concevoir l’idée, du lems de Quinault, et ce que les Romains ont vu faire à Pylade et à Batyle pourra être un jour exécuté par nos danseurs.
- ( Médec. ) Danse de St.-Vit; espèce de convulsion à laquelle sont sujets les enfaus de l’un et de l'antre sexe, sur-tout depuis l’âge de dix ans jusqu’à quatorze. Cette maladie est ainsi appelée, parce que les symptômes dont elle est accompagnée ressemblent à une danse qui a lieu dans le cercle de Souahe, en l’honneur de St. Gui ou de St. Vit, dans laquelle les femmes , les filles et les jeunes gens de ces contrées se livrent sans réserve à la vénération mêlée d’enthousiasme qu’ils ont pour leur saint, par des contorsions , des danses , des grimaces de toute espèce.
- DAPHNOMANCIE , s. f. composé du grec S'a.yvti ( daphné), laurier , et de /LictYTîist (manteia) , divination.
- (Divinat. ) Sorte de divination qui se pratiquoit avec une branche de laurier.
- DAPIFER, s. mi mot latin composé de daps, dapis , mets , et de fera, porter : porte-mets.
- ( Econ. po/it.}Nom de dignité et d’office dans la maison impériale , et dont l’empereur de Constautino-
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- pie conféra le titre au czar ou toi de Russie /comme une marque de faveur. Cet office fut autrefois institué en France par Charlemagne sous le titre de dapiferat et sénéchaussée. l a dignité de dapifer subsiste encore aujourd hui en Allemagne. L’électeur palatin l’a pos* sédie jusqu’en ion5, mais à cette époque l’éiecteur de Bavière a pris le titre d’archi-dapifer de l’Empire : son office est, au couronnement de l’empereur , de porter à cheval les premiers plats à sa table.
- GARCE, ou DARSE, s. £ de l’italien darseua.
- ( Marine ) Ce terme , usité dans les ports de la Méditerraimée , signifie la partie du port la plus fermée , dans laquelle on tient les vaisseaux et autres bâtimens désarmés , et où ils sont en sûreté. Les darces n’ont qu’une entrée fort étroite que l’on barre par une chaîne ou autrement.
- DARD , s. m. du grec ApLu (ar-dis ), pointe de la flèche ; ou plutôt du lat. barbare dardus , formé du celte dar, qui signifie pointe.
- ( Art milit. ) Les dards, les flèches et les javelots, si en usage parmi les anciens peuples , si connus des Gaulois et des premiers Français, ne sont aujourd’hui, pour ainsi dire , que les armes des sauvages ; cependant, il y a encore des peuples qui s’en servent, et principalement les Maures , qui donnent à leurs dards le nom de zagaies.
- Les anciens avojent des dards de plusieurs espèces auxquels ils don-noient différens noms.
- CæLictes est le plus ancien des dards ; haut d’une coudée et demie, à double pointe, il s’attachoit au poignet ayec une courroie , °u avec une ficelle que l’on tiroit aussitôt qu’on en aveit frappé quelqu’un.
- Anciïe étoit encore un dard, et
- ceux qui s’en servoients’appeloient
- ancilistœ. ,
- Ansatœ étoient d’autres dards qui se jetoient avec des anses.
- Spara. étoit un dard fort petit» ainsi dit à spargendo.
- ( Artillerie de la marine} Datas
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- DAT
- è feii ; c’est une sorte de feu d'artifice qu’on a quelquefois tenté de lancer dans les vaisseaux ennemis, soit avec le fusil, soit avec le canon , pour incendier les voiles. C’est une mauvaise pratique, et dangereuse seulement pour celui qui l’emploie.
- ( jlrchit.) Dards sont des orne-mens de sculpture, en forme de fer de dards. On en met aux corniches ionique et corinthienne , mêlés alternativementavec des oves. On en orne aussi quelques ouvrages de serrurerie.
- ( Jardin. ) Les jardiniers appellent dard la partie des fleurs que les botanistes appellent pistil. Ce dard se sèche dès que le fruit est noué ; il disparoît dans les graines , lors-qu’étant formées, il leur devient inutile. Si le dard est sain et droit, on augure bien de la fleur ; s’il est flétri ou penché avant le tems, la fleur tombe , et le germe avorte. V. PISTIL.
- DARTOS , s. m. pu grec S'a.proc ( dartos ), écorché , dérivé de cTqiœ ( dero ), excorier.
- ( Physiol.) Membrane commune des testicules, ainsi nommée , parce qu’on l’a crue charnue.
- DARTRE, s. f. même origine que DARTOS.
- ( Méd. ) Tumeur érésypélateuse, moins rouge que î’érésipèle, accompagnée de petites pustules qui rongent la peau et la rendent inégale ; elle est ainsi nommée, parce qu’elle fait paroitre la peau rouge et comme écorchée. P. HERPE.
- DASIMETRE, s. m. du gr. JWyç ( dasus ) , épais , dense , et de fts-voov ( metron ), mesure.
- ( Physique ) Instrument propre a mesurer la densité de chaque couche de l’atmosphère.
- DAT AIRE, s. m. de DATE. V. te mot.
- ( Chanc. rom, ) 'Officier le plus considérable de la chancellerie romaine , qui préside à la daterie. Cet officier est ordinairement un Prélat; mais quand c’est un cardinal, on dit p rodât air s. C’est par ses mains que passent tous les bénéfices Vacans, hors les consistoriaux, lesquels il cenfàre de plein droit. Il
- DAT 4fii
- est ainsi appelé, parce qu’il mettoit autrefois lui-même la date à toutes les suppliques , datum Romœ, etc,
- II a une infinité d’officiers sous lui.
- DATE , s. f. du latin datum ou data , en sous-entendant epistola, ou char ta , ou edictum. ou diplo-ma , tali die, tali lôco , donné en tel lieu, tel jour : formule dont on se servoit et dont on se sert encore dans les déclarations , ordonnances , etc.
- ( Chronol. ) Ce qui marque le tems et le lieu où une lettre a été écrite , où un acte a été passé, etc.; ou indication du tems précis dans lequel un événement s’est passé, à l’aide de laquelle on peut lui assigner dans la narration historique et successive , et dans l’ordre chronologique des choses , la place qui lui convient.
- {Diplomatique) Les dates se divisent en quatre classes : dates de tems , dates de lieu , dates de personnes, dates de fait. On peut consulter , sur cette matière, le savant ouvrage intitulé , Vytrt de vérifier les dates.
- ( Pratique ) Date est. dans un acte , un contrat, l’indication du mois, du jour.
- Il est bon qu’un acte sous seing privé ait une date ; mais en général elle est regardée comme incertaine parce qu’il dépend des particuliers de les antidater. Lorsqu’il est nécessaire de leur en donner une , il faut les faire enregistrer.
- DATION , s. f. du latin datio.
- ( Pratique ) Acte par lequel ou donne quelque chose ; la dation diffère de la donation, en ce que celle-ci est une libéralité , et que celle-là consiste à donner quelque chose , sans qu’il y ait aucune libéralité. Telle est la dation du tuteur , la dation en paiement, etc. Dation de tuteur et de curateur , c’est l’acte par lequel le juge nomme un tuteur ou curateur.
- DATTES , s. f. du grec JVxtuxoç ( daïctulos ) doigt, parce que les dattes, que l’on devroit écrire dactes, ressemblent au bout du doigt, étant rondes et oblongues.
- ( Ilist. nat. ) La datte est un fruit oblong-, gros comme le pouce
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- et d’un tiei'S plus long, qui vient dans les pays chauds sur une espèce de palmier qu’on appelle palmier dattier.
- L’arbre sur lequel vient ce fruit se transplante , ou vient de semences. Celui qui est transplanté produit au bout de quatre ans , et l’autre au bout de six ou sept ans. Les palmiers qui viennent de semences , c’est-à-dire, qui ont été plantés en noyaux , sont toujours mâles et femelles; mais ceux qui sont transplantés sur des racines suivent nécessairement le sexe de l’arbre qui les a produits. Lorsque ces jeunes plantes sont en état de porter des fleurs et des fruits, les cultivateurs attentifs s’occupent à en accélérer la fécondité. Pour cet effet, ils coupent , sur la lin de février ( ventôse) toutes les spathes mâles ou branches de palmier qui se trouvent au sommet de l’arbre , et qui sont chargées de fleurs fécondantes ; ils partagent ces branches en petites baguettes fourchues, et les fixent transversalement sur le milieu des branches à fleurs des arbres femelles, afin qu’elles soient fécondées plutôt et en plus grande quantité , par la poussière séminale des petites fleurs mâles qu 'on a mises par dessus.
- On fait sécher les dattes , on en extrait un sirop qui est gras et doux , qui tient lieu de beurre , et qui sert de sauce et d’assaisonnement dans les aîimens. On fait aussi des dattes une liqueur spiritueuse qui est défendue par la loi de Mahomet, mais qu’on fait passer sous le nom d’un remède , et à laquelle les personnes riches font ajouter avant la distillation , de la squine f de l’ambre et des aromates.
- Les dattes qu’on nous apporte ont été mûries et séchées au soleil où elles se durcissent de manière à n’avoir plus à craindre qu’elles moisissent ou qu’elles deviennent aigres.
- ( Mat. médic. ) On emploie les dattes avec succès , pour diminuer la grande chaleur qui se fait sentir dans les bronches, et pour faciliter l’expectoration.
- DE ( à jouer ) s. m. du latin barbare decius j ou dadus.
- DEB
- ( Jeux ) Petit morceau d’or ou d’ivoire, de ligure cubique, ou à six faces, dont chacune est marquée d’un différent nombre de points, depuis un jusqu’à six , et qui sert à jouer.
- Avoir le dé ; c’est jouer le premier.
- Rompre le dé ; c’est arrêter les dé, avant qu’on ait vu les points qu’il porte , afin de rendre le coup nul.
- Chances des dés; avec deux dés on peut amener trente-six coups diffé-rens ; car chacune des six faces du dé peut se combiner six fois avec chacune des six faces de l’autre. Donc il y a trente-cinq contre un à parier qu’on ne fera pas rafle de i , de i, de 3 , avec deux dés ; maison trou-veroit qu’il y a deux manières de faire 5,5 de faire 4, 4 de faire 5 ,
- 5 de faire 6 , fi de faire 7, 5 de faire 8,4 de faire g , 5 de faire 10,
- 2 de faire 11 , 1 de faire 12.
- ( Archit. ) Ré se dit d’un piédestal entre sa base et sa corniche.
- Ré se dit encore de tout cube qui sert à differens usages.
- ( Jouaillerie ) Ré à amboutir ; c’est un cube de cuivre sur chacune des faces duquel sont pratiqués des trous dans lesquels s’amboutissent les fonds des chatons, en frappant dessus avec des morceaux de fer appelés boutaroles. ,
- DEALBATION, s. f. du latin dealbatio.y composé de la particule négative ou extractive de, à quo, et de albatio : l’action de rendre blanc ce qui étoit d’une autre couleur.
- ( Alchymie ) Ce mot se trouve souvent employé dans les ouvrages de ceux qui ont écrit sur la pierre philosophale, où il siguifie l’action de changer en couleur blanche ce qui étoit en couleur noire, par Ie moyen du feu.
- [Cosmétique) "La déalbation consiste à entretenir ou à donner de la blancheur aux dents et aux cicatrices qui s’éloignent de la couleur naturelle.
- DEBACLE, s. f. du latin deba-culare , composé de la particule négative ou extractive de ,ab, ex , et de bacidare, ôter les bâtons ,
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- ]es liens qui servoient à retenir quelque chose.
- ( Marine ) C’est l’action par laquelle on débarrasse les ports des raisseaux vides, pour en faire approcher les vaisseaux chargés.
- (Navigat.) Débâcle est encore un ternie qui se dit de la rupture subite des glaces qui sont entraînées par le courant d’une rivière.
- DEBARQUEMENT, s. m. par opposition à embarquement, qui signifie l’action de mettre en barque , in barcarn imponere.
- [Mariné) Débarquement est l’action de sortir , de Faire sortir de la barque , du navire , è navi egredi.
- Lieu de débarquement c’est un fudroit de la côte où des chaloupes et canots peuvent aborder , et y mettre à terre des hommes et des effets, sans craindre d’être brisés ou endommagés par la houle ou le ressac de la mer.
- Troupes de débarquement ; ce sont des troupes d’infanterie embarquées sur un vaisseau ou dans une escadre ou convoi , pour être débarquées sur un pays ennemi où l’on a intention de faire une descente et du ravage.
- DEBARQUER , v. a. et n. sortir ou faire sortir de la barque, egredi « barca.
- ( Marine ) Mettre hors du vaisseau les effets , les marchandises , pu les hommes , et les transporter 1 terre dans les chaloupes ou canots.
- Débarquer un officier ; c’est changer sa destination après l’avoir embarqué , ou l’avoir destiné à 1 embarquer sur un vaisseau.
- debat, s. m. de débattre, composé de battre , et de la particule ““gmentative de. V. BAT TRE.
- Différend , contestation , dis-cllssion.
- . ( Politique ) Débat se dit en parant d’uu corps délibérant, de la lscussion des objets qui font la Watière de la délibération ; il y a ^ de violens débats dans le par-fent' d’Angleterre ; le journal es débats est un journal qui rend /ftpte des discussions qui ont lieu les assemblées politiques de
- i t Pratique ) Débats ds compte ;
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- ce sont des contestations que forme celui auquel le compte est rendu , sur quelques articles de dépense mis dans le compte, ou qui au-roient été omis au chapitre des recettes , demandant qu’ils soient rayés , modérés et réformés , ou ajoutés.
- On appelle encore débats Lie compte , des écritures intitulées débats, qui contiennent les observations et moyens tendans à débattre le compte.
- DEBAUCHER , v. a. composé de la particule négative de, et de bauche , vieux mot français qui signifie boutique, formé de l’italien bottega, qui est lui-même une corruption d’apotheca.
- ( Technol. ) Débaucher, dans le langage de ceux qui exercent des professions mécaniques, signifie tirer quelqu’un de la boutique où il travaille, pour le placer dans une autre : comme embaucher signifie mettre quelqu’un en bouti -que ; et eribaucheur, la personne qui se charge de placer ceux qui cherchent de l’emploi.
- ( Art milit. ) On dit par extension , en termes militaires, débaucher un soldat , pour l’engager à quitter sa compagnie , son régiment , pour passer dans une autre compagnie , un autre régiment , une armée étrangère ; c’est un délit qui est ordinairement puni de mort par les lois militaires.
- DEBET, s. m. mot purement latin.
- Finance) Ce qu’un comptable doit après l’arrêté de son compte, le débet d’un compte.
- Payer en débets ; c’est payer en se chargeant de payer les dettes de celui, qui vend.
- Débet de clair ; c’est la même chose que dette liquide.
- DEBILITATION , s. f, du latin debilitatio , action par laquelle on devient foible : affaiblissement.
- ( Médec. ) II se fait une débilitation insensible , causée par la vieillesse, les bains , le vin, les saignées.
- ( Physiol. ) Ce mot se dit encore des fibres dont le corps humain est composé , et qui sont affaiblies par le relâchement de leur tissu} par.
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- la trop grande diminution ou le
- défaut de leur ressort.
- DÉBITER , y. a. de débit or, comme qui diroit se faire des dé' bitenrs, en vendant à crédit; ce qui est le vrai moyeu de vendre beaucoup et promptement.
- ( Commerce ) La première signification de ce mot a été de vendre à crédit; puis il a signifié vendre promptement, et ensuite vendre en détail.
- Débiter une partie , un article : c’est , en terme de banque et de commerce , le porter à la page du livre de raison qu’on appelle le côté du débit.
- ( Exploit, des forêts ) Débiter se dit du bois abbatu que l’on coupe de longueur pour en faire du bois d’ouvrage , tels que des planches , des madriers , du merrain , des lattes , etc.
- ( Technol. ) Débiter son bois ; c’est , parmi les menuisiers , le couper à la scie , selon la mesure convenable aux ouvrages qu’ils veulent faire.
- ( Monnaies ) Débiter; c’est couper les flancs avec l’instrument appelé coupoir.
- ( Archil. ) On dit dans le même sens débiter du marbre , des pierres vetc.
- DEBITTER , v. a. terme de marine , composé de la particule négative dé, et de bitte , emprunté de l’italien bitta , retenue ; comme qui diroit ôter les retenues.
- ( Marine ) Débitter le cable, c’est défaire les tours du cable sur les bittes, et l’eu détacher. Voy. BITTE, et BITTER LE CABLE.
- DÉBLAYER, v. a. du lat. barb. debladare, moissonner.
- ( Agric. ) Déblayer a signifié dans l’origine, moissonner un champ , en ôter, ou couper le blé ; comme on a dit ablayer ou emblaver, pour ensemencer une terre en blé.
- Il s’est dit ensuite , pour débarrasser un grenier du ble qui y étoit renfermé.
- ( Art miht.) Déblayer un camp ; e’est le vider, le nettoyer.
- Déblayer un champ de bataille ; e’est en enlever les morts et les blessés.
- BEB
- ( Archit. ) Déblayer ; c’est tram porter les terres qui proviennent des fouilles qu’on fait pour la construction d’un bâtiment.
- DÉBORDER, v. a. composé de la particule augmentative de, et de bords ; passer pardessus les bords, sortir hors du bord.
- Il se dit particulièrement des rivières, des fleuves; quand les neiges fondent, les rivières se débordent.
- (Art miht, ) Déborder ; c’est, en parlant d’une ligue de troupes, avoir plus de front et plus d’étendue que la ligne qui lui est opposée. JJ ennemi nous débordoit à la droite.
- ( Méd. ) Déborder se dit en parlant de l’épanchement ou de l'effusion des humeurs du corps humain. Le débordement de bile , le débordement du cerveau , pour une effusion de pituite qui coule du cerveau par le nez et par la bouche.
- DÉBOUCHER, v. a. et n. composé de la particule négative de , et de bouche, bocca : sortir des bouches.
- ( Art milit.'j Déboucher; c’est sortir des endroits serrés et des défilés. On dit, Vinfanterie a débouché avec peine par les défilés. Les troupes débouchèrent dans le plus bel ordre.
- Débouchée, employé activement, signifie aussi percer une parallèle de la tranchée devant une place assiégée, pour cheminer par sappe, ou par zigzags sur la capitale de l’ouvrage opposé.
- DEBOUILLI, s. m. de dêbouilHf formé de la particule extractive de, et du lat. bullire, bouillir.
- ( Teinture ) Opération de l’art du teinturier. Elle consiste à exposer une toile ou étoffe teinte, a l’action de l’eau bouillante pure , ou tenant quelques substances en dissolution , telles que des savons-Cette opération a pour objet de s^assurer que les mordans ont bien fixé les couleurs, et qu’elles son assez solides pour résister aux les-sives ordinaires.
- DEBOUQUER , v. n. même origine que DEBOUCHER , dont il no diffère que dans la prouoncia
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- tîon espagnole que les marins ont conservée.
- ( Manne ) Terme usité aux îles Antilles pour exprimer la sortie , ou le débouquement d’un passage formé par plusieurs îles , ou dangers , entre lesquelles les vaisseaux sont obligés de passer. Ce mot s’applique particulièrement aux dlfï'e-rens passages qui sont entre les îles situées au nord de Saint-Domingue, entre lesquelles il y a plusieurs débouquemens, comme ceux de Megano , des Caïques, de Orooked, des îles Turques. On va chercher ces passages pour aller de Saint-Domingue en France, etc,, à cause des vents d’est qui régnent presque continuellement dans cette partie ; et on tient le plus près du veut , quelquefois jusques vers le gi'and banc de Terre-A’euve, pour trouver des vents variables qui puissent mettre le vaisseau eu route.
- DEBOUT , adv. pour sur le bout, sur pied; bout vient du celtique bod, qui signifie extrémité,
- ( Marine ) Ce mot, dans le langage des gens de mer, signifie directement opposé.
- Vent debout ; c’est vent tout-à-fait contraire.
- Debout auvent ; c’est, lorsqu’une chaloupe ou un bâtiment à rames présente l’avant ou la proue directement contre le lit du vent ; c’est-à-dire , vers le côté d’où le vent souffle.
- Debout à la lame ; c’est lorsqu’un bâtiment quelconque présente la proue directement contre le sens des vagues ou lames de la mer.
- . Aller debovt au corps sur un vaisseau , ou sur un danger ; c’est courir droit dessus.
- ( Archii. ) Bois debout ; c’est un bois mis de sa hauteur.
- On dit encore d’un ancien bâtiment, qu’il est encore debout, pour dire qu’il est encore sur pied.
- DEBOUTER , v. a. ,du lat. barb. buttare, bouter, d’où l’on a fait debuttare, pour débouter.
- { Pratique ) Déclarer que quelqu’un est déchu de la demande qu’il a faite en justice. BEBREDOlÿLLER , v. a. com-Tome I.
- DEC 465
- posé de la particule négative de, et de BREDOUILLE. T . ce mot.
- ( Trictrac ) Débredouiiler ; c’est ôter la bredouille. Cela airive au trictrac , lorsqu’un des joueurs gagne des points , après que son adversaire a marqué la bredouille alors on lui ôte la marque qui ser-voit à marquer la bredouille, où il se débredouille lui-même , sans attendre qu’on le lui dise.
- ( Langage ) Débredouiller se dit dans le langage ordinaire , pour n’avoir rien fait de ce qu’on s’étoit proposé de faire. C’est dans ce sens qu’on dit, qu’une dame est revenue du bal, sans débredouiiler, c’est-à-dire , sans avoir dansé.
- DEBRULER, v. a. compos. de la particule négative ou extractive dé , et de brûler, fait du latin brui are.
- (Chimie) Terme nouveau employé par quelques chimistes , pour exprimer l’opération par laquelle on enlève à un corps oxigéné , l’oxigène qu’il a absorbé pendant sa combustion. On dit que la lumière débrûle, parce qu’elle dégage l’oxigène des végétaux vivans, qu’elle réduit quelques oxides, et qu’elle enlève l’oxigène à quelques acides.
- DÉBUSQUÉ, v. a. du lat. barb. deboscare , faire sortir quelqu’un de son bois.
- ( Art milit. ) Chasser un parti ennemi d’un lieu qu’il occupe, d’un poste avantageux,
- DEBUTER , v. n. composé de la particule négative dé, et de but , comme qui tirer partir du but.
- ( Langage ) Commencer une partie , jouer le premier coup ; et au figuré , faire les premières démarches dans un genre de vie, dans une profession , dans une entreprise.
- DEÇA , du grec é'utu ( deka ), dix-
- ( Métrol. ) Terme employé dans le système métrique de la République française , et qui dans la composition désigne une unité de mesure ou de poids dix fois plus grande que l’unité génératrice.
- DECADE , s. f du grec J'mki, gén. éînaJ'oç ( delcas , dekados ) , dixaine, dérivé de é ir.ct (dcka), dix.
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- ( Arith. ) On s’est autrefois servi de ce terme pour signifier dixaine.
- ( Hist. ) Décade se dit aussi d’une histoire dont les livres sont partagés en dixaine. Les Décades ae Tite-Live.
- ( Chronol. ) Ce terme a encore été employé dans la révolution française pour exprimer une durée de dix jours , que l’on avoit nommés suivant l’ordre de nombres , primidi , duodi , tridi , quartidi , quintidi , sextidi , septidi, octidi, non'idi , décadi. Le mois étoit composé de trois décades. Cette partie du système chronologique de la République française a été supprimée par le dernier concordat ; et l’on n’a conservé du nouveau système que la division de l’année républicaine en douze mois de trente jours chacun, plus cinq jours complémentaires , et six jours dans les années bissextiles. V. ANNEE REPUBLICAINE , MOIS.
- DECAGONE , s. m. aupec iNk*. ( deka ), dix, et de yievtet ( gonia ), angle.
- ( Géom. ) Figure plane qui a dix côtés et dix angles.
- Si tous les côtés et les angles du décagone sont égaux, il est appelé pour lors , décagone régulier , et peut être inscrit dans un cercle, et coupé en moyenne et extrême raison.
- ( Art milit. ) Décagone est aussi le nom d’une figure comprise par dix côtés , qui forment dix angles , capables chacun d’un bastion.
- DECAGRAMME , s. m, composé du grec S'iK.dL ( deka ), dix, et de ypug-p.1* ( gramma ), gramme , ancien poids grec.
- ( Métrol. ) Poids nouveau , Vulgairement appelé gros. Le déca-gramme est le décuple du gramme, c’est-à-dire , qu’il a la valeur de dix grammes ; en poids de marc , il est égal à 2 gros anciens, 44 grains à peu-près. Ce poids sert à peser de petites quantités, ou à faire les appoints de poids plus grands.
- DÉCAGYNE, adj. composé du
- frec iNx.ot ( deka ), dix , et de yvm g une ) , femme.
- ( Botan. ) Plante qui a dix parties femelles , c’est-à-dire , dix pistils , ou dix stigmates sçssiles. -
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- DEC A.GYNIE, s. f. même orioine que DECAGYNE. °
- ( Botan. ) Ordre de plantes dé~ cagynes , dans le système sexuel de Lhiuée.
- DÉCALITRE , s. m. composé du grec omet ( deka ) , dix , et de xL-p* ( litra ), litre : sorte de mesure grecque pour les liquides.
- ( Métrol. ) Nouvelle mesure de capacité pour les matières sèches , vulgairement appelée boisseau.
- Le décalitre est le décuple du litre, çt en mesures anciennes contient 5o4 po. c, environ, un peu plus des trois quarts du boisseau ancien , 12 litrons un tiers. Cette mesure sert à mesurer les grains.
- Décalitre est encore une nouvelle mesure pour les liquides , appelée vulgairement velte.
- DECALOGUE , s. du grec ( deka ) dix , et de Koyoç ( logos ),
- fiarole , discours : les dix paroles , es dix discours.
- ( Ecrit, sainte ) Les dix com-mandemens de Dieu , gravés sur deux tables , donnés à Moïse sur le mont Sinaï.
- DECALQUER, v. a. composé de la particule négative dé , et de calquer, formé de l’italien calcare, V. CALQUER.
- ( Peinture et grav. ) Tirer une contre-épreuve d’un dessin. Voy. EPREUVE.
- DÉC AM ü RIDE, s. f. du grec é'ÎKet. ( deka ) , dix, et ftipiç ( me-ris ) , partie , dérivé de /ue/pm ( mei-rô), partager, diviser.
- ( Musique ) C’est le nom de l’un des élémens du-système de M. Sauveur. Après avoir divisé l’octave en 43 parties , qu’il appelle me-rides , et subdivisé chaque méride en sept parties, qu’il appelle epta-mériâes , cet auteur divise encore chaque eptaméride en dix autres parties auxquelles il donne le nom de décamériaes. L’octave se trouve ainsi divisée en 0010 parties égales, par lesquelles on peut exprimer, Sans erreur sensible , les rapports de tous les intervalles de la musique. ,
- DECAMERON , s. m- compose du grec S'met ( deka ), dix , et de ngipa Ihêmera ) , jour.
- ( Bibliogr. ) Ouvcage dans lequel
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- on raconte les événemens , ou les entretiens de dix jours. Le Déca-méron de Bocace contient cent nouvelles racontées en dix journées.
- DECAMETRE , s. m composé du grec S'inu ( deka ) , dix , et de ftiTfov (snétron ) , mesure ou mètre.
- ( Métrol. ) Nouvelle mesure linéaire, vulgairement appelée perche linéaire , par analogie avec la perche ancienne , qui dans plusieurs parties de la France , étoit la base des mesures de terrains. Le décamètre est décuple du METRE, (V. ce mot ) ; et en mesures anciennes, i! est de 5o pieds environ ; cette mesure est destinée aux arpentages.
- DECANDRE , adj. composé du grec j'iicet ( deka ), dix , et de kvip ( aner ), gén. àtvtT/>os ( andros ) , mari.
- ( Botan. ) C’est ainsi que Linnée appelle les plantes dont la fleur a dix parties mâles ou dix étamines.
- DECA.NDRIE, s. m. même origine que DEC ANDRE.
- ( Botan. ) Ordre des plantes dé-candres.
- DECANTATION , s. f. composé de la particule négative ou extractive de , et de canthus , ouverture d’une cruche, d’une aiguière ou d’un autre vaisseau qui a un peu de creux ou de pente.
- ( Pharmacie ) L’action de verser doucement et par inclinaison une liqueur claire qui surnage pour la séparer de ses fèces , ou du marc qui s’est précipité au fond sans qu’il soit besoin de la couler ou de la filtrer ; de-là l’expression verser par décantation ou décanter.
- DECAPER, v. a. et n. composé de la particule extractive dé , et de capa, coiffe , habillement de tete , couverture : comme qui di-r°it découvrir.
- ( Technol. ) Décaper les métaux ; ® est en général les nettoyer , ôter *a rouille dont ils sont couverts. Tes doreurs , avant de dorer le Jî'étal, le décapent avec de l’eau mrte affoiblie avec de l’eau; cette °Pération s’appelle aussi dérocher.
- Décaper le fil de laiton ; c’est ej1 termes d’épinglier , le nettoyer a'ec du tartre.
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- Le3 ferblantiers décapent aussi les feuilles destinées à être mises en fer-blanc , c’est-à-dire qu’ils les nettoient d’abord grossièrement au grès, pour leur enlever la crasse de forge qui les couvre, et qu’ils les mettent ensuite dans des cuves d’eau sûre où elles achèvent de se décaper.
- ( marine ) Décaper, en termes de marine , c’est sortir d’entre les caps. V. CAP. On dit qu’un vaisseau qui va de Bordeaux à la Martinique a décapé lorsqu’il a passé le cap Finistère.
- DECASTERE , s. m. composé dë J'ix.Æ ( deka ) dix , et de irrspiàs (stéréos) solide.
- ( Métrol. ) Nouvelle mesure de solidité égale à dix stères, et qui équivaut à deux cordes et demie , ou à cinq voies.
- DECASTYLE, s. m. formé de ê'îx.di, (deka) et de ç'uKoç (stulos ) colonne.
- ( jlrchit. ) Edifice décoré d’un ordre d’architecture de dix colonnes de front. Le temple de Jupitef olympien étoit dêcastyle.
- DECASYLLABE ouDECASYL-LABIQUE , adj. formé de «féxàt.
- ( deka) dix, et de ovkkaOi ( sul-labê ), syllabe.
- ( Poésie ) On nomme ainsi les vers françois de dix syllabes.
- DECEMBRE, s. m. formé du lat. decern , dix , et de là terminaison latine ber; quoique quelques-uns prétendent que ber est là pour imber, pluie , à cause dés pluies qui sont communes dans cette saison. Quoiqu’il en soit, il signifie le dixième mois.
- . ( Chronol. ) C’étoit le dixième
- mois de l’année romaine qui com-mençoit par le mois de mars. Ro-mulus lui donna 3o jours , Numâ le réduisit à 29 , et Jules-César lui en assigna 5i.
- Dans le christianisme, ce mois a 5i jours. L’année. che£ plusieurs peuples, a commencé dans ce mois.
- Le soleil entre dans le signe du capricorne le 21 ou le 22 décembre, c’est alors que nous avons le plus court jour et la plus longue nuit.
- DÉCÈS , s. nu du latin decessui, dernier , fait de decidere, se rétiret. ( Pratique ) Ce mot estprinci* U-g 2
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- paiement en usage au palais , et s’entend de la mort naturelle d’une personne. P. MORT TREPAS.
- DECHARGE , s. £ composé de la particule négative ou extractive dé , et de carricatio , l’action de mettre sur une charrette.T1CHAR-GE : action par laquelle on ôte un fardeau du lieu où il étoit.
- ( Hydraul. ) Décharge se dit de tout tuyau qui conduit l’eau sa perdue d’un bassin dans un autre , ou dans un puisart. t
- ( Archit. ) Décharge est un petit réduit proche une chambre ; un cabinet, une garde-robe, etc.
- ( Technol.) On se sert aussi de ce mot en charpenterie , serrurerie, pour signifier certaines pièces qui servent à en soutenir d’autres. En termes d’imprimerie , c’est une feuille de papier un peu humectée qu’on met. sur le timpan.
- Ees jardiniers disent décharger, our couper à un arbre quelques ranches , quand il est trop chargé' de bois , ou lui cher une partie des fruits qui s’y trouvent 'en trop grande quantité. C’est encore , dans leur langage , ôter de la terre du pied d’un jalon.
- ( Marine ) Décharger un vaisseau-, c’est en ôter les marchandises ou effets.
- Décharger une voile ; c’est lorsqu’une voile est coëfïée, la changer de situation , en lui faisant prendre vent de rechef , c’est-à-dire , recevoir le vent sur sa surface intérieure.
- Lorsqu’on a pris vent - devant, dans la manœuvre de virer de bord, On crie :
- Décharge d’avant; c’est un commandement à l’équipage d’orienter* les vergues d’avant sur l’autre bord, «fin que le vent donne dans la voile de misaine et dans le petit hunier.
- Décharge le petit hunier , décharge derrière ; c’est dans la même manœuvre, orienter le petit hunier et les voiles de derrière, de manière à recevoir le vent sur l’autre bord , après qu’on a pris vent devant. V. VIRER DE BORD VENT DEVANT.
- ( Pratique ) Décharge est en général un acte par lequel ou tient
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- quitte quelqu’un de ce qu’il aroit promis de faire ou de donner.
- En matière criminelle , décharge est un jugement qui déclare un accusé absous du crime qu’on lui im-putoit.
- DECHAUSSER, v. a. composé de la particule extractive de et de calceare , chausser.
- {Jardin.) Oter de la terre au pied d’un arbre , soit pour y mettre du fumier , soit pour dégorger sa greffe , soit pour visiter ses racines , soit pour hâter la maturité de ses fruits.
- ( Archit.) Déchausser se dit en architecture des murailles dégradées par les eaux.
- (Chirurgie) Déchausser une dent; c’est la séparer des gencives avec un instrument d’acier appelé dé-chaussoir.
- DECHEANCE , s. £ de la particule extractive de , et de choir , en latin cadere : perte d’un droit.
- DECIDU , TJE, du lat. deciduus, formé du verbe décidera , tomber.
- ( Botan. ) On dit d’un calice qu’il est décida , lorsqu’il tombe après la fécondation ; une partie dn tube peut persister , et le limbe être dé-cidu,
- Il se dit dans le même sens de toutes les autres parties , même accessoires de la fleur.
- On le dit des feuilles qui tombent avant, la nouvelle feuillaison.
- On àltplantes à feuilles décidues, par opposition aux plantes toujours vertes.
- DECI, du grec S'élut ( deka ) dix.
- ( Métrol. ) terme des nouvelles mesures ; annexe ou prénom q u dans la composition désigne une unité de mesure dix fois plus petite que l’unité génératrice.
- DECIGRAMME, s. m. composé de <Tîint ( deka) , et de ypaguA ( gramma ) grame.
- ( 'Métrol. ) Poids nouveau , vulgairement appelé grain , égal à la dixième partie d’un gramme. En poids de marc, le poids du dé ci-gramme est d’un grain sept huitièmes. Il est destiné à peser des ma* tières précieuses.
- DECILITRE , s. m.formé du grec êinr). (deka), et de An as/. (litra), litre-
- ( Métrol, ) Nouvelle mesure J*
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- capacité pour les liquides , vulgairement appelée verre , contenant la dixième partie du litre ou de la nouvelle pinte , et en mesures anciennes , les sept huitièmes du poisson.
- Décilitre est encore une nouvelle mesure de capacité pour les matières sèches, contenant un dixième de litre; et en mesures anciennes, près d’un huitième de litron.
- DECIMAL , LE , adj. du latin decem , dix.
- ( Ariih. ) On appelle parties décimales , ou fractions décimales , des fractions dont l’unité est continuellement sous-décuple de l’unité principale.
- Quelques auteurs appellent arithmétique décimale la partie de l’arithmétique qui traite des fractions décimales.
- De même que dans le système de l’arithmétique ordinaire, en ajoutant ensemble dix unités, on forme nue dixaine ; en ajoutant ensemble dix dixaines , on forme une centaine ; en ajoutant ensemble dix centaines , on forme un mille, ainsi de suite. Semblablement, si l’on conçoit que l’unité soit partagée en dix parties égales , chacune de ces parties formera un dixième ; que chaque dixième soit partagé en dix parties égales, chacune de ces parties vaudra un centième ; que chaque centième soit partagé en dix parties égales , chacune de ces parties vaudra un millième , ainsi de suite : d’où l’on voit qu’à partir de l’unité , les dixaiues , les centaines , les mille , etc. , forment une suite ascendante de gauche à droite : et les dixièmes , les centièmes , les millièmes, etc. , forment une suite descendante de droite à gauche. Les nombres dont ces suites sont composées peuvent donc être exprimés par les mêmes chiffres , en faisant occuper à ces chiffres des places convenables. Alors les fractions décimales ne se présentent plus sous la forme des fractions ordinaires , et les opérations que l’on fait pour le calcul des nnités principales , ont également lieu pour le calcul des parties décimales.
- Pour distinguer les parties dé ci-'
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- males des unités principales, on écrit après celles-ci une virgule ; ensuite , après cette virgule , en allant de gauche à droite , on écrit les parties décimales. Suivant cet ordre, et les parties décimales étant toujours prises comparativement à l’unité principale , le premier chiffre , après la virgule , exprime des dixièmes, le second des centièmes , le troisième des millièmes, ainsi de suite.
- DÉCIMATION, s. f. du latin dé-ciniatio , action de décimer.
- ( Discipline milit. anc. ) Ontap-peloit ainsi, chez* les Romains , la peine infligée au dixième d’un corps ou d’une légion qui avoit failli.
- Lorsque des soldats avoient abandonné leur poste, excité quelque émeute dans le camp, ou s’étoient comportés lâchement, dans le combat, le général assembioit toutes les troupes ; alors le tribun lui amenoit les coupables et leur reprochoit leur perfidie , leur lâcheté en présence de toute l’armée. Ensuite , mettant leurs noms dans une urne ou dans un casque , il en ti-roit cinq , dix ou vingt, suivant leur 'nombre , et les faisoit passer au fil de l’épée ; le reste étoit sauvé. •
- La décimation est encore en usage dans les armées européennes, pour un corps qui a lâché le pied ou qui s’est révolté.
- DÉCIME, ou DÉCIMES , en lat. décimas , dixième.
- ( Ilist. eccl. ) Ce que les ecclésiastiques pavoient au roi pour les besoins de l’État.
- ( Monnaies ) Nouvelle monnaie; la dixième partie du franc , et déjà valeur de 2 3. 2 dixièmes de denier tournois.
- DÉCIMÈTRE , s. m. formé dü. grec é'ixtt ( deka ), dix, et de gtsTpov ( metron ) , mesure , mètre.
- ( Métrol. ) Nouvelle mesure linéaire , vulgairement appelée palme, nom que les anciens donnaient à une mesure de quatre doigts , parce que c’est en effet une ligne à-peu-prés égale à la largeur de quatre doigts delà main d’unhomme de stature moyenne , à l’endroit de leur naissance.
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- Le décimètre est égal à la dixième partie du mètre, et, en mesures anciennes , à 5 pouces 8 lignes.
- Décimètre carré , ou , en termes vulgaires , le palme carré ; mesure de superficie égale à un centième de mètre carré , et, en mesures anciennes , à i5 pouces deux tiers carrés,
- J)éciviètre cube, ou palme cube-, çaesure de solidité , égale à un mi-lième de stère ou mètre cube , et , en mesures anciennes , à 5o pouces cubes environ.
- DÉCISTÈRE, s. m, du gr. «Tsko.
- ( delta ), dix, et de otwsoc (stéréos), solide , d’où Fon a fait stère. V. ce mot.
- ( Métrol. ) Le décistère, et, en termes vulgaires, la solive, nom qui étoi.t précédemment consacré à désigner une mesure de solidité à-peu-près semblable pour le mesurage des bois de charpente , est une nouvelle mesure de solidité , égale à la dixième partie du stère , et, en mesures anciennes , presque égale à la solive de trois pieds cubes. Elle est destinée à mesurer le bois de chauffage et. de charpente,
- DECLAMATION , s. f. du latin declamatio, formé de la particule augmentai.) ve /ié et de clamo, parler à haute voix : Faction de parler à haute voix, de déclamer.
- ( Diction ) La déclamation est Fart de rendre le discours. Chaque mouvement de Vame ,, dit Cicéron, a son expression naturelle dans les traits du visage, d/ans le geste et dans la voix.
- Il y a autant de sortes de déclamations que dp" passions différentes : la déclajhation est relative à notre caractère et à notre situation; enfin, elle dépend des lieux. Le barreau , la chaire , le théâtre ont leur déclan\ation propre.
- Déclamation se prend quelquefois en mauvaise part pour exprimer une fausse éloquence , une affectation de termes pompeux et figurés daps un ouvrage , dans un sujet qui ne le comporte pas.
- Il se dit aussi pour invective , et l’on dit. dans ce sens, qu’un Factum ou Mémoire ne contient aucune raison solide, que c’est une déclamation continuelle contre sa partie.
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- (Musique) Déclamation se prend en musique, pour Fart de rendre par les inflexions et le nombre dé la mélodie , l’accent grammatical et l’accent oratoire. Voy. ACCENT RECITATIF. *
- DÉCLIN , s. f. du latin déclina . formé du grec sxxxm*v ( ekklinein), décliner , décheoir , baisser, dérivé de xX/vffi ( klinô ) , incliner: l’état d’une chose qui penche vers sa fin.
- ( Méd. ) Le tems d’une maladie en général, ou d’un paroxisme en particulier, dans lequel la nature gagne le dessus sur la maladie, et où il se fait une rémission des symptômes à la suite du plus haut période de la maladie.
- ( Jardin. ) Etat de la sève lorsqu’elle cesse d’être abondante. Certaines greffes ne doivent être faites qu’au déclin de la sève.
- ( Astr. ) Déclin de la lune. V. DECOURS.
- DÉCLINAISON, s f. même origine que DECLIN.
- ( Astron. ) Distance d’un astre à l’équateur , soit vers le nord, soit vers le sud.
- La déclinaison est boréale, si l’a.stre est dans l’hémisphère boréal, et australe , dans l’hémisphère austral.
- La déclinaison se mesure sur un grand cercle, qui, passant par les pôles du monde et le centre de l’astre, est perpendiculaire à l’é-
- uateur, et le coupe en deux points
- iamétralement opposés.
- Les cercles sur lesquels on mesure la déclinaison d’un astre quelconque ne peut pas être pins grande que de goaegrés, d’où il suit qu’un astre qui se trouve dans l’équateur n’a point de déclinaison , et que celui qui seroit précisément au pôle de l’équateur en auroit go degrés.
- La déclinaison , en astronomie , est la même chose que la latitude en géographie,
- Varallaxe de déclinaison ; c’est F arc du cercle de déclinaison qui mesure la quantité dont la déclinaison d’un astre est augmentée ou diminuée par la parallaxe de hauteur. y. PARALLAXE.
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- Réfraction de déclinaison ; c’est un arc du cercle de déclinaison qui mesure la quantité dont la réfraction augmente ou diminue la déclinaison d’une étoile. V. REFRACTION.
- (Gnomonique) Déclinaison d’un plan vertical ; c’est l’arc de l’horizon , compris entre le premier vertical et la section du plan du cadran avec l’horizon.
- ( Physique) Déclinaison de l’aimant ; c’est une> propriété qu’a l’aimant de ne pas se diriger toujours exactement au nord et au sud , niais de s’écarter toujours un peu de ces deux points de l’horizon , en se portant, soit du côté de l’est, soit du coté de l’ouest : c’est cet écart qu’on nomme déclinaison de l’aimant. Cette déclinaison n’est pas constante ; elle varie continuellement, soit pour le tems, soit pour ie lien , et sa variation ne suit aucune loi connue. Plusieurs grands physiciens ont tenté de donner des raisons physiques de cette déclinaison, mais il n’y1 a dans leurs explications rien de démontré , ni même rien de satisfaisait.
- DECLINATOIRE , s. m. même origine que DECLIN.
- [ Géométrie pratique ) Instrument dont on se sert pour orienter une planchette sur laquelle on a tracé la direction de l’aiguille aimantée ; le déclinatoire ne porte point , comme la boussole, un cercle divisé par degrés : il n’indique que les points nord et sud.
- ( Pratique ) Déclinatoire, en lermes de palais , est une exception que donne le défendeur, et par laquelle il refuse de procéder en la juridiction où il est assigné , et demande son renvoi devant un autre juge.
- DECOCTION , s. f. du latin de-coctio , formé de decoquere , faire cuire en bouillant.
- ( Pharmacie ) Cuisson d’une ou plusieurs drogues qu’on faitbouilir dans de l’eau-de-vie, du lait, ou dans quelque autre liqueur , pour en extraire la vertu, ou pour les ramollir , en sorte qu’on en puisse tiry*r les pulpes.
- Décoction se dit aussi de la li-
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- queur imprégnée de la vertu des médicamens qu’on y a fait bouillir,
- DECOMPOSITION , s. f composé de la particule négative dé , de la préposition cum , avec , et de pniiere , mettre: séparer les parties dont on s’est servi pour faire un mélange.
- ( Chimie ) Dissolution , résolution d’uu corps mixte dans ses principes
- ( Mathémat. ) L’action de diviser un tout en plusieurs parties.
- ( Mécan. ) Décomposition des forces; c’est l’action cfe transformer une puissance qui agit sur un corps, en deux autres puissances, truand une puissance ne peut exercer toute sa force, à cause d’un obstacle qui l’arrête en partie , il faut la décomposer en deux autres , dont l’une soit entièrement anéantie par l’obstacle , et dont l’autre ne soit nullement arrêtée par l’obstacle ; ainsi, quand un corps pesant est posé sur un plan incliné, on décompose, la pesanteur en deux forces ; l’une perpendiculaire au plan , que le plan détruit entièrement ; l’autre parallèle au plan , que le plan n’empêche nullement d’agir. Quand plusieurs puissances agissent de quelque manière que ce puisse être, et se nuisent en partie , il faut les décomposer en deux , ou plusieurs autres , dont les unes se détruisent tout à fait, et les autres ne se nuisent nullement. C’est-là le grand principe de la dynamique.
- DECONFITURE , s. f. de l’italien sconftta , déroute, défaite.
- ( Art milit. ) Ce mot exprimoit anciennement la déroute générale d’une armée. U n’est plus d’usage que dans le style familier.
- ( Pratique ) C’est l’état où se trouve un débiteur dont les biens saisis sont insuffisans pour payer tous ses créanciers.
- DECORATEUR, s. m. de l’italien decoratore.
- ( Peinture-Architecture) Un décorateur est un artiste qui s’occupe de certains monumens intérieurs des palais , des maisons, des appareils de fêtes publiques, ci de r@ qu’on appelle proprement décoration de théâtre.
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- Les Italiens qui ont un goût national très-marqué pour les l’êtes , les speetacles , les décorations , comptent un assez grand nombre d’artistes qui se sont distingués eu ce genre. Servaudoui peut être cité connue un de ceux qui ont le plus illustréparmi nous le double talent de peintre-décorateur et d’architecte-décorateur.
- L’art du décorateur des théâtres et des lieux renfermés et embellis par l’architecture, est fondé sur la perspective ; il ne peut réussir à produire quelque illusion , sans être versé dans les régies delà perspective linéaire et aerienne.
- Le décorateur trace par des opérations géométriques et certaines , des lignes inclinées, que , du point d’où elles doivent être aperçues , l’œil du spectateur prendra pour des ligues horizontales ; il emploie des dimensions graduelles de plans qui donneront l’idée d’une étendue, d’une distance qui n’existe pas. Enfin, dans quelques toises auxquelles il est borné, il fait” parcourir aux regards trompés , et à l’imagination dont il s’empare, et qu’il conduit h sou gré , des espaces quelquefois indéfinis.
- La science de la perspective aérienne , sans offrir des régies pratiques absolument aussi positives , s’appuie cependant sur des principes .exacts : ses moyens sont les couleurs en détrempe , et la lumière, ou plutôt les lumières dont l’artiste dispose. L’une de ces lumières est celle que le peintre-décorateur suppose éclairer les objets qu’il représente ; la scène entière est un tableau ; cette lumière feinte présente donc les mêmes régies de clair-obscur qu’uupeintre doit suivre dans quelque ouvrage de son art que ce soit.
- L’autre espèce de lumière est celle dont le peintre - décorateur éclaire réellement ses décorations; il dispose , pour ainsi dire , d’un astre , ou d’une infinité d’astres lumineux , par le moyen desquels il imite la véritable lumière , celle du jour , autant qu’il est possible à l’art d’imiter la vérité.
- DbCORTIC LTION , s. f. composé de la particule dé , et de cor-
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- tcx, écorce : action d’ôter l’écorce.
- ( Pharmacie ) L’action d’ùter l’écorce ou la peau d’une racine , d’un fruit , d'une semence , ou de telle autre chose sèmblable.
- DECOUPER, v. a. composé de la particule extractive dé , et de couper , formé , dit-on , du grec xoTruti { kopeo) , couper : couper eu petites parties.
- ( Technol. ) En termes de manufactures,-découper des étoffes, c’est, les couper à petites taillades , soit qu’on enlève la pièce , soit qu’on ne l’enlève pas..
- Découper une estampe y c’est, parmi les marchands de gravures, séparer les figures du fond , pour les placer sur un autre fond.
- Lesfabricans de blonde appellent découper , l’action de diviser à la main les centaines qui composent une écale , en tournant la matière autour de deux tournettes.
- Les jardiniers disent découper un parterre en différentes pièces , pour dire y former différens dessins.
- Parmi les boulangers , découper la pâte , c’est la bien diviser.
- ( Pêche ) Découper la haleine y c’est débiter par morceaux les grandes pièces de lard qu’on enlève du corps de la baleine.
- ( Peinture) Un objet découpé, une ligure découpée, un groupe découpé , sont des manières de parler qui désignent dans un ouvrage de peinture, une sécheresse de contours , ou bien une crudité de ton, par l’effet desquelles un objet , une ligure , vm groupe se détachent du fond du tableau , plus qu’ils ne paroîtroient s’en détacher dans la nature.
- La sécheresse du trait provient ou d’une mauvaise habitude de dessiner et de peindre , ou quelquefois aussi du désir qu’a l’artiste de faire paroître la connoissance qu’ii a des formes et des contours. S’il s’attache trop à se montrer dessinateur exact, il n’est plus ni assez peintre, ni assez juste observateur des effets du clair-obscur et de l’harmonie.
- Si les objets d’un tableau parussent découpés par l’efBet du rapprochement et du contact de certaines couleurs trop tranchantes,
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- c’est un défaut que l’artiste peut éviter, et qui tient aux connois-sances plus ou moins réfléchies de l’harmonie colorée.
- La troisième cause qui fait pa-roxtre les objets d’un tableau découpé , est l’obscurité trop forte et trop égale des ombres, La nature des couleurs qu’on emploie pour imiter l’ombre , contribue le'plus souvent à çe défaut. Les bruns et les noirs dont se sert le peintre , poussent. [V. POUSSER. ) , c’est-à-dire , deviennent de plus en plus opaques et foncés : le défaut s’accroît avec le temps, et les objets peints avec les couleurs qui se changent moins, ou qui quelquefois s'affaiblissent , deviennent plus découpés qu’ils ne l’auroient été sans cette négligence,
- DECOUR R ANT, T E , adj. formé de la particule négative dé, et de currere , courir.
- ( Botan. ) Feuille décourrante, celle dont les deux bords se prolongent avec saillie sur la tige au dessous de son point d’attache.
- Il se dit aussi de toute partie qui forme un pareil prolongement sur celle qui la porte.
- DECOURS , s. m, du latin dé-cursus, formé de la particule négative dé, et de cursus, cpurs, dérivé de curro , courir.
- ( A sir on. ) Nom que l’on donne au tems qui s’écoule depuis la pleine lune jusqu'à la nouvelle luue, parce qu’alors la portion de son hémisphère éclairé que la lune nous présente , va toujours en diminuant , jusqu’à ce qu’eufiti cet hémisphère nous soit entièrement caché. Décours est opposé h croissant.
- DECOUVERTE , s. f. composé de la particule négative dé , et db couvrir, cooperire : action de découvrir , d’inventer , ou la chose même qu’on a découverte , qu’on a inventée.
- ( Sciences et Arts ) il se dit au figuré de tout ce qu’on trouve de nouveau dans les arts et dans les. sciences ; l’on dit : On a J'ait de grandes découvertes en medecine , en physique , en chimie , en astronomie ; etc. La découverte des Indes; la découverte d’un'ncuveau continent.
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- ( Art milit. ) Aller à la découverte, c’est, en garnison , aller environ à une lieue de la place pour voir ce qui se passe dans la campagne , et y arrêter tout ce qui pa-roit suspect, soit espions ou partis ennemis, si l’on en peut être le maître.
- A l’armée , aller à la découverte, c’est aller apprendre des nouvelles de l’ennemi ; c’est observer si , entre les difFérens postes extérieurs , les postes de jour et ceux de nuit, il se trouve des bois , des haies , des fossés , des gués , des défilés ou autre terrein difficile où il pourroit y avoir quelque embuscade , de détacher deux officiers avec quelques cavaliers , pour y fouiller à fond,à droite et à gauche.
- ( Marine ) Etre à la découverte ; c’est être en sentinelle au bout du mât.
- Envoyer un bâtiment à la découverte ; c’est l’envoyer pour reconnaître la flotte ennemie.
- On dit d’une roche qu’elle découvre, lorsqu’êtant cachée sous les eaux , au tems de la pleine mer, elle se montre hors de l’eau toutes les fois que la marée redescend.
- DÉCRÉPITATION r s. f. composé de la particule négative dé, et de crepiio , craquer , pétiller : faire un bruit ou rendre un son éclatant.
- ( Chimie ) Il se dit du bruit ou du pétillement que le sel fait pendant qu’on le calcine, ou plus exactement , c’est la prompte séparation des molécules constituantes d’un corps, avec bruit ou pétillement. Ce phénomène est dû à la prompte expansion et vaporisation de l’eau de cristallisation , qui , pour s’échapper , brise les lames du cristal. La marque du sel marin est de dncrépiter sur le feu. Voy. CRÉPITATIONS-, qui est la même chose.
- DÉCRÉPITUDE , s. f. formé du lat. decrepo , rendre le dernier souffle , jeter son dernier éclat ; par allusion à une chandelle qui décrépite en s’éteignant.
- ( Physiologie ) Terme de la vieillesse , ou état de dessèchement de tout le corps, dans lequel tous les vaisseaux acquièrent un tel degré
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- de solidité, de rigidité , qu’ils fout une résistance presque invincible aux fluides qui sont pressés dans leurs cavités , en sorte qu’ils se contractent et se resserrent, pour la plupart, au point que tout le corps devient aride et sans suc ; effet naturel de la constitution du corps, dont les parties ayant perdu la flexibilité requise pour entretenir le mouvement, qui fait la vie, restent dans l’état de repos.
- DECRET , s. m. du latin decre-tum, formé de decemere, décerner, régler , ordonner.
- ( Hist. ecclés. ) Ce mot s’est dit d’abord, chez les jurisconsultes , de tout ce qui avoit été ordonné par le prince en cormoissance de cause. Mais depuis , il a été appli-ué aux réglemeas et ordonnances espapes, comme on a donné le nom de canons à ce qui a été ordonné par les conciles. L’on a encore appelé décret, une compilation de canons , faite par Burchard de Worms, par Yves de Chartres , par Grotius.
- ( Pratique ) Décret se dit d’une ordonnance du juge , qui porte ordinairement prise de corps ou saisie de biens.
- On appelle décret dJadjudication, un jugement qui autorise la vente que l’onfaiten justice d’un héritage saisi réellement.
- Décret volontaire est. une poursuite de saisie et adjudication fait© par décret , qu’un acquéreur par contrat fait faire sur lui ou sur sou vendeur., pour purger les hypothèques que quelqu’un pourroit prétendre sur le bien acquis.
- ( Polit. ) Décret s’est dit, pendant la révolution, des lois rendues par les assemblées constituante et législative , et par la convention nationale ; par la constitution de l’an 8, on a appelé décret un projet de loi, adopté au scrutin par le corps législatif , selon les formes constitutionnelles ; mais depuis les changemens apportés à cette constitution, décret est exclusivement consacré à désigner les actes émanés du conseil privé de l’Empereur.
- DECRETALES, adj. et subst., même origine que décret.
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- ( Droit canon. ) Lettres décré~ taies, ou simplement Décrétales ; ce sont des lettres écrites par les souverains pontifes , et qui sont ainsi appelées, parce qu’elles décident des points de doctrine, et que leurs résolutions ont force d» loi dans l’église.
- DECRUSEMENT , s. m., pour déc ûstation, formé de la particule extractive dé, et du latin crusta, croûte : enduit , vernis , enveloppe.
- ( Manuf. ) Action de débarrasser la soie de son vernis. Cette opération consiste à la faire bouillir dans du savon pour la dégager, à la laver et à la laisser tremper ensuite dans un bain froid , avant de la mettre à la teinture.
- DECUPLE , s. m. du latin decu-plus.
- ( Arith. ) Relation ou rapport entre une chose et une autre,qu’elle contient dix fois : ainsi 20 est décuple de 2. Il ne faut pas confondre décuplé avec décuplé: une chose est à une autre en raison décuple lors-qu’elléest dix fois aussi grande; et deux nombres sont en raison déçu-pi ée de deux autres nombres , lorsqu’ils sont comme la racine dixième de ces nombres : ainsi 2 esta 1, en raison décuplée, de 2 dixièmes à 1 ; car la racine dixième de 2 dixième s est 2- F. RACINE.
- DECURIE , s. f. formé du latin decern , et de curia.
- ( Hist. rom. ) On appeloit ainsi chez les Romains une troupe de dix soldats, ou de dix autres hommes , sous un officier qu’on noin-moit décurion. La cavalerie romaine étoit rangée par décuries. Romulns divisa chacune des trois tribus du peuple en dix centuries, et chaque centurie en dix décu-ries, à laquelle commandoit un de-curion.
- ( Instruct. publ. ) On a aussi appelé décuries, dans certains collèges , des troupes de dix écoliers qui avoient chacun un écolier nommé décurion à leur tête.
- DECURSIF, adj. du lat. decur-sivus , composé de la particule négative dé, et de curro, courir.
- ( Bot an. ) Style décursif, celui qui paroissant partir du sommet
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- même de l'ovaire , descend en rampant sur un de ses côtés , jusqu’au point correspondant au hile de l’ovule. La rivinie a un style décursij.
- DECUSSATION , s. £ formé du lat. decussis , dixaine , ou plutôt la figure X , qui représente la dixaine en chiffres romains, autrement sautoir; l’action de uiviser en forme d’X ou en sautoir.
- (Optique ) Croisement des rayons •de lumière. On appelle point de décussation le point où. plusieurs rayons de lumière se croisent, tels que le foyer d’une lentille, d’un miroir, etc. 11 y a aussi une décussation des rayons, au-delà du cristallin , sur l’organe de la vue, quand la vision est distincte.
- DEDICACE, s. £ formé du latin dedicare, composé de I,a préposition dé , et de dico , offrir de bouche, dédier.
- (Cérém. relig.) Consécration d’un temple , d’un autel , d’une statue , etc. en l’honneur de quelque divinité. L’usage des dédicaces est de la plus haute antiquité. Nabucho-donosor fit la dédicace de sa statue; Pilate dédia dans Jérusalem des boucliers dorés à Tibère. Tacite parle de la dédicace clu Capitole rebâti par Vespasien.
- ( Culte judaïque) Les Juifs célèbrent tous les ans la dédicace du Temple , faite par Judas Machabée, eeutsoixaute-quatre ans avant l’ère chrétienne.
- ( Culte cathol. ) Dans le christianisme , dédicace ne se dît que d’une église.Les chrétiens se voyant an liberté sons Constantin, bâtirent partout de nouvelles églises , à la place de celles qui avoient été détruites. Leurs dédicaces étoient des fêtes .magnifiques. On rassembloit plusieurs évêques pour rendre la céiémonie plus auguste, et on pro-nonçoit des discours sur le but et la fia de cette cérémonie,
- On appelle aussi dédicace, la fête annuelle qui se fait en mémoire de la consécration d’une église.
- ( Littéral. ) Dédicace se dit aussi de l’adresse d’un livre qu’on fait a quelqu’un par une épitre ou par Une inscription qu’on met à la tète de l'ouvrage, et qu’on appelle dé— dicaloire. Ou dit que l’Arioste et le
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- Tasse ont été très-malheureux «a épîires dédîcafoires.
- DEFAILLANCE, s. £ formé de la particule dé , et du lat. falliret ou fallere , dont les Anglais ont fait fail ; foiblesse , évanouissement.
- ( Médecine ) Foiblesse , manque de force , soit par le défaut de vivres , ou par l’épuisement que cause une grande maladie, soit par l’âge , ce qu’on appelle défaillance de nature.
- ( Chimie ) Résolution d’un sel ou de quel qu’autre matière semblable en liqueur, par l’humidité de Pair; ce qui se fait en 3'exposant à la cave , ou dans quelque lieu frais et humide. Le sel de tartre se résout ainsi à la cave en une ü • queur qn’on appelle huile de tartre par défaillance.
- ( Pratique) Les gens de palais appellent/ défaillant celui qui se laisse juger Par défaut en matière civile,
- DEFALQUER , v. a. de l’italien defalcare , formé de faix , et de secare : couper avec la faulx , dont les Espagnols ont fait defalcar.
- ( Calcul ) Rabattre d’une somme, déduire : ce marchand a beaucoup de biens , mais il faut en défalquer ses dettes.
- DEFAUT , s. m. du lat. déficit», manquer : non perfection , privation , absence de quelque chose.
- ( Pratique ) Omission de quelque chose, et le jugement qui en donne acte.
- ( Vénerie ) On dit que les chiens sont en défaut, pour dire qu’ils ont perdu les voies de la bète ; et quhXs ont bien relevé le défaut, pour dire qu’ils sont bien remis sur les voies.
- DEFECTIF, adj. du lat. défi-cere, manquer.
- ( Grammaire ) On appelle verbe défectif, celui qui n’a pas tons ses teins ou tous ses modes.
- ( jtiith. ) Nombre défectif est la même chose que nombre défir-cient. V. DEFICIENT.
- ( Géom.)Hyperbolesdéfectives ; ce sont des courbes du troisième ordre, ainsi appelées par Newton, parce ne n’ayant qu’une seule asymp tote roite . elles en ont une de moi us
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- que l’hyperbole conique on appol-Îo'îienne : elles sont opposées aux hyperboles redondantes du même ordre.
- DEFENSE , s. f. du lat. defen-do, défendre , formé de la préposition négative dé ; et de fendo , (inusité): tuer, protection, soutien, appui qu’on donne à quelqu’un contre ses ennemis, à quelque chose contre ceux qui l’attaquent.
- ( Art milit. ) être en défense ; c’est être en état de se défendre et de résister. On dit dans ce sens : cette redoute est en défense ; on a mis ce frontin en défense ; le logement n’est pas encore en défense.
- Défenses d 'une place ; ce sont les parties d’une enceinte qui flanquent d’autres parties , comme les parapets , les casemates ou les fausses braies qui regardent ou défendent les postes qui leur sont opposés.
- Ligne de défense, celle qui part de l’extrémité du flanc joignant la courtine, pour raser la face du bastion opposé au flanc, lorsqu’il y a une partie qui découvre la face.
- ( Pratique ) Défenses ; ou appelle ainsi une pièce d’écriture signifiée par un avoué , et dans laquelle il fait usage des moyœns de fait et de droit qu’il croit devoir pi'oposer en faveur du défendeur , contre la demande formée contre lui.
- ( Histoire nal. ) Défenses se dit aussi des deux dents canines qui sortent de la gueule du sanglier, et dont il se sert pour se défendre et attaquer ses ennemis.
- DEFENSIF, adj. même origine que DEFENSE.
- Hart défensif, etc. ; c’est le commencement du titre d’uu ouvrage de M. de Montalembert , dont le but est de démontrer que l'art défensif est supérieur à l’offensif, par une nouvelle manière d’employer l’artillerie, et par la suppression totale des bastions, comme étant la principale cause da peu de résistance des places de guerre.
- ( Méd. ) Remèdes défensifs ; ce sont les topiques astringens , forti-ftans, répulsifs, qu’on applique autour d’une tumeur, d’une plaie,
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- d’un rilcère , ou sur le mal même» en fomentation , en Uniment, en onguent, en cataplasme et en em-
- ixlâtre, pour empêcher le dépôt des îumçurs , en arrêter le cours , calmer la violence de la douleur , et défendre la partie contre l’impression de l’air.
- DEFEQUER , v. a. du lat. de-fecare, formé de la particule extractive dé , et de fex , fecis, lie.
- ( Chimie ) Oter les fèces, les impuretés d’une liqueur.
- DEFERENT , adj. du latin de-ferre, formé de la particule extrac-ticule dé, et de jero , porter : porter d’un lieu dans un autre , transporter.
- ( Astron. ) Un cercla. déférent étoit, dans l’ancienne astronomie, un cercle qui portoit l’épioycle d’une planète , ou la planète elle-même.
- Kepler a depuis changé ces cercles en ellipses , dont le soleil occupe le foyer , et Newton a fait voir , par la gravitation universelle , que les planètes dévoient en effet décrire des ellipses autour du soleil.
- Déférent des nœuds ; c’étoit un cercle ou un orbe qu’on imaginoit dans le ciel pour expliquer la révolution des nœuds de la lune en dix-huit ans.
- ( Physiol. ) Les canaux déférents sont des vaisseaux qui portent dans les vésicules séminales la semence qui a été séparée dans les testicules.
- DEFERLER , v. a. l’opposé de ferler; les Anglais disentyW/, pour ferler , et unfurl, pour déferler-Quant à l’origine de ce mot, les Français et les Anglais s’en font honneur réciproquement. .
- ( 1Marine ) Déferler les voiles ; c’est les délier de dessus la vergue, lorsqu’elles sont serrées oii ferlees, en larguant les garcettes, afin de les tenir prêtes à servir.
- Déferler le petit hunier ; c’est larguer les garcettes dupetit humer pour le tenir prêt, à être déployé* On déferle le petit hunier, en tiran-
- un coup de canon, pour faire signal
- de partance , et on le laisse ains* déferlé jusqu’au moment du départ.
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- DEFEUILLAISQN , s. f. dulat.
- defoliatio.
- ( 'Botan. ) Chute, ou tem'Fde la ehate des feuilles des plantes ligneuses ou geimaipares. L’époque de la défeuiuaison n’est pas ia meme pour les mêmes plantes dans les climats différens.
- DÉFICIENT, adj. dulat. deficio, manquer , avoir faute.
- ( Arithmét ) Les nombres dé-jrcieus sont ceux dont les parties aliquotes ajoutées ensemble , font une' somme moindre que le tout dont elles font partie. Tel est le nombre 8 dont les parties aliquotes 1,2,4, prises ensemble , ne font que 7- V. ABONDANT.
- DÉFICIT, s. m. mot emprunté du iat. déjicio et qui signifie ce qui manque.
- ( Pratique , banque et finances ) Une piècç d’un inventaire est en déficit. Une somme est en déficit dans la caisse d’un banquier. U y a un déficit dans les revenus de l’État.
- DEFILE, s. m. de file , parce que l’on ne peut y passer qu’à la file.
- ( Art milit. ) Chemin si serré que des troupes qui sont en marche n’y peuvent passer qu’en faisant un petitfrout; ce qui donne moyen à l’ennemi de les arrêter facilement , et de les charger avec d’autant plus d’avantage que celles de la tête et de la queue ne peuvent se secourir.
- DEFINITION, s. f. du latin definire, composé de la préposition de et de Jinis , limite ; ce qui signifie ' proprement marquer les bornes et les limites d’une chose.
- {Logique) Définition, en logique, est l’explication de la nature d’une chose , par son genre et par sa différence.
- ( Mathém. ) Définition , en mathématiques , est l’explication du sens ou de la signification d’un mot, ou d’une énumération de certains caractères qui suffisent pour distinguer la chose définie de toute autre chose.
- ( Histoire natur. ) En histoire naturelle , définition est l’exposition courte et précise des principales qualités propres et distinctives d’uue chose qu’ou veut
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- faire connoître et discerner de toute autre.
- ( Diction ) En rhétorique , la définition est un lieu commua propre à la preuve ; elle consiste à expliquer la nature du sujet que l’on traite. L’orateur ne se borne pas , comme le philosophe , à expliquer strictement le genre et ia différence de la chose qu’il définit, il n’ometaucnn des traits essentiels qui la caractérisent, et ib en par-courtles principales circonstances. C’estaiasi que Cicéron définit 1 histoire , la lumière des tems, le dépositaire des événemens, le témoin fidèle de la vérité , la source des bons conseils et de la prudence, la règle de la conduite et des mœurs.
- DEFLAGRATION, s. f. du latin deflagratio, formé du lat, deflagro, brûler.
- ( Chimie ) Inflammation d’un corps minéral avec un sulphureux qui se fait dans un creuset, pour !@ purifier de ce qu’il a de plus grossier.
- DEFLEGMATION, du latin de-phlegiriatio , formé de la particule extractive dé , et de phlegma, flegme, eau.
- ( Chimie ) Rectification par laquelle on dégage les liqueurs , particulièrement les esprits, de tout leur flegme ou eau, eu les distillant ou les cohobant.
- DEFLEXION, s. f. du lât. de-fiexus , dérivé de defiecto , courber.
- ( Physique ) Action par laquelle un corps se détourne de son chemin , en vertu d’une cause étrangère et accidentelle , ou , si l’on veut, déflexion se dit du détour même.
- Déflexion des rayons de lumière c’est cette propriété des rayons que Newton a nommée inflexion, et d’autres diffraction. Elle- consiste en ce que les rayons de lumière , qui rasent un corps opaque , ne continuent pas leur chemin en droite ligne, mais se détournent en se pliant, et se plient d’autant plus qu’ils sont plus proches du corps. Il-paroit que le père Gri-maldi , jésuite, est le premier qui ait remarqué cette propriété j mai#
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- Newton l’a examinée beaucoup plus à fond.
- DEFRICHEMENT, s. m. du lat. defncare, ouvrir, ou de defruti-care , arracher des fruits.
- { Jjgric. ) Le défrichement est ce qu’on fait pour mettre en valeur une terre inculte.
- On a beaucoup écrit sur les dé— frichemens, sur la meilleure manière de les faire, et sur les avantages et les inconvéniens qui en résultent. Ceux qui ont le plus d’expérience dans ce genre de culture prétendent que le défrichement des terres incultes présente plus de ressources , des bénéfices plus considérables et plus assurés qu’une culture ordinaire et réglée. La manière la plus avantageuse de défricher est de commencer par diviser les terres, les clorre , les nettoyer, les fumer $ de bâtir et de cultiver chaque année un nombre déterminé d’arpens, et définir par les donner à ferme après un certain cours de culture.
- Les difficultés dans ces sortes d’entreprises proviennent ordinairement de ce qu’en beaucoup d’endroits les landes sont communes en totalité ou en partie , et qu’il est impossible de les clorre. I.es baux trop courts sont encore un obstacle presque insurmontable au succès des défrichemens / il n’y a point, de fermier qui se livre de bonne foi et sans réserve aux soins et aux travaux qu’exige un défrichement , s’il n’a pas l’assurance de jouir pendant un long terme.
- Les avantages sont très-grands et au-dessus de ceux de la culture ordinaire. D’après les calculs les plus exacts , il est démontré que les défrichemens faits avec intelligence ont rendu , au bout de trois ans , leurs premières dépenses, et que la rente a été toute entière en bénéfice.
- DEFTECDAR , s. m. mot turc, composé de defter , livre , cahier , mémoire , registre , suivi vraisemblablement du grec , peau,
- parchemin , et de dur, mot turc et persan , qui signifie celui qui tient, capiens, tenens ; mot à mot celui qui tient les livres ue recette et de dépense du grand-seigneur.
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- ( Tlist. turque ) Grand - trésorier ou intendant des finances de l’empire ottoman. C’est le deftecdar qui reçoit les revenus du grand-seigueur , qui paye ses troupes , et qui règle toutes les dépenses nécessaires pour les affaires publiques ; il a séance au divan ; ses ordres sont exécutés comme ceux du sultan, et la suite de ses officiers n’est guères moins considérable que celle du grand-visir, dont il est ordinairement la créature.
- DEGEL,-s. m- composé de la particule négative dé, et degelo, geler.
- ( Physique ) Fonte de glace qui, par la chaleur qui se ranime dans l’air , reprend l’état de liquidité , de même que la perte que l’eau fait d’une portion de la matière du feu qui la pénètre , la fait passer de l’état de liquidité à celui de glace, de même aussi une nouvelle introduction de la matière du feu dans la glace , la fait passer de l’état de solidité à celui de liquidité. Les causes générales de cette chaleur ranimée , sont le retour du soleil vers notre hémisphère , ses rayons plus directs , une moindre épaisseur d’atmosphère, et des vapeurs qu’ils auront à traverser, les vents chauds ou tempérés et humides qui viennent des régions du Midi , et, plus que tout le reste , le relâchement des parties extérieures du terrein, par une sortie plus abondante des vapeurs intérieures, qui émanent du fond de la terre , ou du centre du globe.
- DEGLUTITION, s. f. du latin deglutire, avaler , engloutir.
- ( Physiol. ) Action par laquelle on avale les alimens. C’est une fonction de l’oesophage qui reçoit les alimens , et les conduit promptement dans l’estomac.
- DEGRADATION , s. f, composé de la particule négative dé, et du lat. gradatio : l’action de monter par degrés ; l’action de descendre , de décroître par degrés.
- ( Peinture ) La dégradation des couleurs et des lumières est l2
- f;rand moyen qu’employe l’art de a peinture lorsqu’il imite les objets visibles , pour peindre le rfS" Iief qu’cmt ces objets dans la na-
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- ture , pour marquer les distances qui les séparent, pour indiquer les plans sur lesquels ils se trouvent placés, et enfin pour donner l’idée de l’air même qui les environne, et qui, bien qü’invisibie , en modifie sensiblement les apparences.
- Les lois et le procédé de la lumière exigent qu’il n’y ait véritablement , dans un objet éclairé , qu’un pointou cette lumière frappe plus directement ; en partant de ce point, la lumière, ainsi que la couleur qui reçoit d’elle ses modifications , se dégradent ou se graduent en raison des plans , mais par des progressions multipliées et si inappréciables à notre organe visuel, que les regards les plus attentifs et les plus perçans ne peuvent fixer les limi tes de chacune d’elles.
- Les peintres occupés à les observer , parviennent insensiblement à les distinguer , non pas avec une précision géométrique , ce qui est impossible ; mais assez sensiblement pour les imiter , autant que l’art l’exige et le comporte.
- ( Pratique ) Dégradation , dans le sens de destitution ignominieuse est également formé du lat. gradus. mais dans le sens figuré de grade , dignité, emploi.
- Les plus anciens peuples étoient dans l’usage d’ôter aux personnes consacrées au culte divin toutes les marques extéri ures de leur caractère , lorsqu’elles étoient condamnées à des peines afflictives ou infamantes. Chez les Romains , les Vestales n’étoient point condamnées à mort, que les pontifes ne les eussent dégradées, en leur arrachant les bandelettes et les autres ornemens du sacerdoce. Parmi les Juifs , on dégradoit les prêtres qui avoient commis quelque crime. Autrefois , en France , on ne fai-soit pas mourir un ecclésiastique , sans qu’il eût été dégradé par un ou plusieurs évêques ; mais les délais qu’entraînoit cette dégradation étant préjudiciables à la vindicte Publique , on commença à en négliger la formalité au comaieace-nient du dix-septième siècle
- La dégradation d’un officier, d'un homme en place se faisoit chez Jes Romains, en privant les délin-
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- quans de leur grade , et en leur en donnant un plus éloigné. En France la dégradation d’un officier, d’un gentilhomme étoit anciennement accompagnée de cu-beaueoup de cérémonies. La plus rieuse est celle qui fut pratiquée, du tems de François l.cl contre le capitaine Franget, qui avoit rendu lâchement Fontarabie.
- DEGRE , s. m. du latin degres-sus , formé de degredior, descendre.
- ( Archit. ) Escalier, partie d’un bâtiment qui sert à monter et à descendre 5 degré se dit aussi de chaque marche d’un escalier.
- ( Physique ) Degré de chaleur; ici le mot degré s’emploie au figuré pour exprimer l’augmentation ou diminution de chaleur marquée par une des divisions du thermomètre appelées degrés.
- On appelle aussi degrés les différentes' divisions du baromètre , de l’hygromètre , etc. qui servent à mesurer la pesanteur, l’humidité , etc. de l’air.
- ( Chimie ). On dit, en chimie , savoir donner le degré de feu, c’est-à-dire , savoir à quel point il faut que le feu soit ardent, pour bien faire l’opération qu’on se propose. Les anciens chimistes divisoient le feu en quatre degrés : aujourd’hui les divisions du thermomètre servent à régler les degrés de chaleur.
- ( Méd. ) Les médecins galénistes se servent encore du mot degré pour exprimer une certaine extension des qualités élémentaires des alimens et des médicamens, savoir ; le chaud , le froid , le sec et l’humide. Ils divisent cette extension en quatre degrés, et ils disent que les médicamens et les alimens sont froids ou chauds , secs ou humides, au premier, au second, au troisième , au quatrième degré.
- ( Géom. ) Degré , en géométrie , signifie la 36o.e partie d’une circonférence du cercle. V. CERCLE.
- Il y a apparence qu’on a pris 36» pour le nombre des degrés du cercle , parce- que ce nombre , quoiqu’il ne soit pas fort considérable , a cependant beaucoup de diviseurs.
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- Degré s'emploie aussi eu parlant de la mesure des angles ; et la raison pourquoi on mesure un angle quelconque par les degrés ou parties d’un cercle, c’est que la courbure du cercle est uniforme et parfaitement la même dans toutes ses parties, ensorte que des angles égaux dont le sommet est au centre d’un cercle , renferment toujours des arcs parfaitement égaux de ce cercle.
- Degré de la terre ; un degré de la terre seroit la 36o.e partie de la circonférence , si elle étoit parfaitement sphérique , et dans ce cas-là tous les degrés seroieut égaux ; car les deux rayons tirés des deux extrémités de chacune de ces 36o.e parties au centre de la terre , y feroient un angle d’un degré. Mais la terre étant un sphéroide aplati vers les pôles, on n’a aucun moyen de mesurer par observation sur la surface de la terre , l’étendue d’un arc compris entre ces deux rayons , qui font un angle d’un degré ; c’est pourquoi l’on regarde comme un degré de la terre , fa portion de sa circonférence qui répond à un degré du ciel. Or , un degré , ainsi mesuré , est un angle qui n’a point son sommet au centre de la terre , mais au point de concours des verticales tirées des deux extrémités du degré perpendiculairement à la terre. Le degré du sphéroïde terrestre est donc l’espace qu’il faut parcourir sur la terre , pour que la ligne verticale ait changé d’un degré.
- Mais cet espace dans le sphéroïde aplati, doit être plus ou moins grand , suivant les uifférens degrés de latitude : il doit être d’autant plus court que la convexité ou la courbure delà terre est plus grande ; et dans les endroits les plus aplatis de la terre , cet espace doit être plus long. En effet, les degrés que i’on a mesurés à différentes latitudes se sont trouvés d’autant plus courts qu’ils étoient plus près de l’équateur , et d’autant plus longs qu’ils étoient plus près des pôles , ce qui a prouvé démonstrativement l’aplatissement de la terre vers ses pôles. Le degré de la terre auprès de l’équateur a été trouvé
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- de 110,577 mètres un quart (56,703 toises ) ; celui qui a été mesuré entre Éaris et Amiens , à 4g degrés a3. min. de latit. moyenne, a été trouvé de 111,ig8 mètres un quart ( 57,072 toises ) ; celui qui a été mesuré sous le cercle polaire à 66 degrés 20 miiiut. de latit., a été trouvé de 111,880 mètres 5 quarts ( 57,422 toises ).
- ( Système nouveau métrique ) C’est par la valeur d’uu degré (la méridien qu’a été fixée la nouvelle mesure française qui sert de base à tout le S3'stème métrique. Toutes les mesures du système métrique , adopté par la République sont rapportées à une base unique prise dans la nature , le quart du méridien terrestre , et les divisions de ces mesures sont toutes assujeties à l’ordre décimal employé dans notre arithmétique.
- •Le degré géographique est divisé en 10 mvriamètres. Le cercle s’y devise en 100 degrés , et le degré en xoo minutes. Le degré métrique vaut, en ancienne division , 54 minutes ; le degré terreste, ou degré décimal , est une nouvelle mesure linéaire égale à la centième partie de la distance de l’équateur au pôle , ou du quart du méridien terrestre. Ce degré a pour longueur xoo,ooo mètres, et contient 307,g45 pieds 8 dixièmes de pied. Cette mesure est destinée à mesurer les très-grandes distances itinéraires. V. M K SU B E.
- {Musique)' On appelle degré, en termes de musique, la différence de position ou d’élévation qui se trouve entre deux notes placées dans une même portée, sur la même ligne, ou dans le même espace; elles sont au même degré ; et elles y seroient encore quand même l’une des deux seroit baissée ou haussée d’un semi-ton , par un dièse ou par un bémol. Au contraire elles pourroïent être à l’unisson , quoique posées sur différens de grès, comme l’ut bémol et le si naturel ; le fa dièse et sol bémol , etc.
- ( Jurisprud. ) Degré de parente ; c’est la distance qui se trouve entre ceux qui sont joints par les liens du sang. Il y a deux manières de compter les degrés de parenté,
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- Vune enseignée par le droit civil, l’autre par le droit canon. La première est observée pour les successions , la seconde pour les mariages.
- Dans l’une et l’autre manière, la parenté est composée de deux lignes, la directe et la collatérale.
- La ligne directe comprend tous les ascendans et tous les descendais. On y compte autant de degrés qu’il y a de générations, dont on en retranche toujours une. Ainsi le père et le fils sont au premier degré ; l’aïeul et le petit-fils au second degré ; le bisaïeul et l’arrière-petit-fils , au troisième degré, etc.
- Pour compter les degrés en ligue collatérale , suivant le droit civil, il faut toujours remonter , de part et d’autre , à la souche commune, de laquelle les parens dont on veut trouver le degré sont descendus, compter autant de degrés qu’il y a de personnes, à l’exception de celui qui fait la souche commune, qui ne se compte jamais.
- Degré d’affinité ; c’est la distance qui se trouve entre deux personnes alliées par mariage , ou par une conjonction illicite ; l’affinité suit la parenté pour la computation des degrés -, de sorte qne tous les parens du mari sont tous alliés de la femme au même degré qu’ils sont parens du mari , et vice versâ.
- L’affinité en ligne collatérale empêche le mariage aux mêmes degrés que la parenté ; mais le pape peut en accorder la dispense.
- Degré de jutisdiction ; c’est la Supériorité qu’une jurisdiction a sur une autre.
- ( Chevalerie ) Degré de noblesse; c’est, dans les pays où l’on con-noît la noblesse, la distance qu’il y a d’une génération à l’autre , depuis le premier qui a été ennobli. On ne compte ces degrés qu’en ligne directe, ascendante ou descendante. L’ennobli fait, dans sa ligne , le premier degré ; les enfans le second , les petits enfans le troisième , etc.
- DEGREER, v. a. contraction de désagréer, composé de la parti-Tome I.
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- cule négative dé , et de agréer , en lat. adgratare.
- ( Marine ) Dé gréer un vaisseau ; c’est en ôter les agrès pour le désarmer. On dit qu’un vaisseau est dégréé , lorsqu’il est dépouillé de tous ses cordages ; on le dit aussi d’un vaisseau qui, dans un combat ou dans une tempête, a perdu quelques-uns de ses principaux agrès.
- DEGUERPIR, v. a. composé de la particule négatige dé, et de guer-pir , qui pourroit venir de werpir, en allemand, werp , qui signifie mettre en possession, et auquel , avec la préposition dé , on auroit donné un sens opposé ; ce qui est ordinaire dans la langue française.
- ( Pratique ) Abandonner ou délaisser un héritage à celui auquel ort est redevable de quelque charge foncière , pour s’exempter de cette charge.'
- L’effet du déguerpissement est qu’à l’instant le détenteur cesse d’être propriétaire de l’héritage, et que la propriété en retourne ait bailleur.
- DEHISCENCE, s. f. formé d» latin dehisco , s’entr’ouvrir, s’épanouir.
- ( Botan.y C’est, en parlant d’une plante, la manière dont s’ouvr» une partie close de toute part.
- DEHORS , adv. composé de la particule de, et du latin foris. Les Languedociens disent dejbre:hors de , opposé à dedans.
- { Marine ) Dehors , en parlant des voiles, exprime la situation des voiles, quand elles sont étendues au vent, déferlées ou appareillées.
- Tontes voiles dehors ; c’est la position d'un vaisseau qui a mis au vent toutes les voiles qu’il peut appareiller.
- Dehors signifie encore , hors du: port, ou en pleine mer.
- Mettre dehors ; c’est sortir du port, et faire route pour la pleine mer.
- ( j4rt milit. ) Dehors , au substantif, signifie , en fermes de fortification, des pièces détachées, des ouvrages extérieurs, ou des travaux avancés.
- dehors sont des ouvrages qui
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- couvrent le corps de la place, du côte delà campagne, comme les ravelins , les demi-lunes , cornes , tenailles, couronnes , queues d’hy-ronde, enveloppes, et semblables.
- DE-INCLINANT, ou DE-INCLINÉ , adj. formé de la particule négat. dé, et de INCLINER. V. ce mot.
- ( Gnomonique ) Cadrans qui déclinent et inclinent, ou réclinent tout à la fois , c’est-à-dire, qui ne passent ni par la ligne du zénith, ni par la commune section du méridien avec l’horizon, ni par celle du premier Vertical avec l’horizon. Ces cadrans sont peu en usage.
- DEJECTION ; s. f. composé de la particule extractive dé, et de jacio , jeter: l’action de lancer, jeter dehors.
- ( Méd. ) Evacuation des excré-mens par l’anus. Il se dit aussi des excrémens même.
- ( Astrol. ) Déjection, ou la chute d’une planète, est, en astrologie , le signe opposé à celni où elle au-roit'le plus d’influence.
- DELAI, s. m. dn lat. dilaturn , qu’on a dit pour dilatià.
- ( Pratique ) Tems accordé par la loi , ou par le juge , ou par les parties , pour faire ou donnêr quelque chose.
- Délai fatal ou péremptoire ; c’est celui qui est préfix, sans espérance de prolongation.
- Délai de grâce ; celui qui est accordé par le juge ou par les parties y au-delà du délai ordinaire.
- DELAISSEMENT, s. m. cotn-osé de la particule dé , et du lat. arb. laxare , laisser.
- ( Pratique ) Abandonneraient de quelque chose, d’un héritage , etc. On distingue plusieurs sortes de délaissèmens ; la renonciation à une succession ou à une conimu-' riauté de biens;le.désistement d’un héritage ; le déguerpissement, ètc.
- ( Commerce maritime ) Délaissement se dit * aussi de l’abandon que les propriétaires font en justice des effets qu’ils ont fait assurer sur un vaisseau, ou du vaisseau lorsqu’il est perdu , ou qu’on n’en à pas de nouvelles après un certain tems.
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- L’acte de délaissement est celui par lequel un négociant, qui a fait assurer des marchandises sur quelque vaisseau, ou le vaisseau eu entier , abandonne à l’assureur les effets pour lesquels l’assurance a été faite , avec la sommation de lui payer la somme qu’il avoit fait assurer.
- DELEGATION, s. f. composé de la particule extractive dé, et de /ego, léguer, transporter : l’action de déléguer , céder , transporter quelque chose à un autre , ou substituer un autre à sa place.
- ( Pratique ) Délégation est, en général , l’acte par lequel celui qui délègue , substitue quelqu’un à sa place.
- En parlant d’un débiteur, c’est la cession ou transport qu’il passe au profit de son créancier, en lui donnant à prendre le paiement de son dû sur une autre personne.
- DELESTAGE, s. m. composé de la particule extractive ou négative dé , et de lestage, formé de l’allemand last, charge , fardeau, dont les Hollandais ont fait lastagie , et les Anglais lastage ou ballast, pour le lest d’un vaisseau. V. LEST, LESTAGE.
- ( Marine ) L'action de décharger le lest d’un vaisseau. Le lestage et délestage sont assujettis à des rè-: gles dont le but est la conservation des ports.
- Ou appelle bateau délesteur, uti bateau employé à transporter le lest hors du vaisseau.
- DELIBATION , s. f. du latin de-libatio , formé de delibo , entamer, diminuer , amoindrir : l’action de diminuer quelque chose,
- ( Pratique )• Distraction; le legs appelé delibatio hereditatis, est celui qui se prend sur la masse des biens de la succession.
- DELICATESSE, s. f. directement de l’italien delicatezza ; ou disoit anciennement deleitançu, pour délicatesse, et délicieux pour délicat : tous ces mots ont été formés du latin deliciœ , délices : qualité d’une chose délicieuse, exquise , agréable au goût.
- ( Diction ) La délicatesse du sentiment et de l’expression appar-
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- tient à la sagacité de l’ame , comme la finesse appartient à la sagacité de l’esprit. La délicatesse de l’expression consiste à imiter celle du sentiment, et pour cela , il suffit qu’elle soit naïve et simple. Rien n’est plus ingénieux que le naturel de cette épigramme de, l’anthologie , si bien traduite par Voltaire; Laïs déposant son miroir dans le temple de Vénus :
- Je le donne à Trénus puisqu'elle est toujours belle.
- Il redouble trop mes ennuis . Jenesauroismevoirdans ce miroir fidèle ,
- Ni telle que j e tais, ni telle que je suis.
- ( Technologie ) Le mot délicatesse , appliqué aux arts, signifie quelquefois ce qui est composé de parties fines, déliées et fragiles , travaillées avec peine , et rapprochées avec adresse par l’ouvrier.
- Quelquefois, sans désigner en aucune façon la foiblesse ou la fragilité des parties , on le dit des ouvrages qui demandent dans l’ouvrier une grande adresse, une grande légèreté de main. Et l’on dit dans ce sens sculpture, ciselure , gravure délicate.
- ( Peinture ) Délicatesse peut se dire d’un petit tableau qui doit être considéré de fort près,et dans lequel l’auteur s’est proposé de plaire par un pinceau délicat. On loue un tableau de fleurs, en disant qu’il est peint délicatement, que la touche en est délicate. Dans ce genre , le mérite de l’artiste est d’exprimer la délicatesse des objets qu’il représenté. Il ne faut pas confondre soigné avec délicat. Le soigné n’est pas toujours délicat, mais le délicat est toujours soigné.
- DELINEATION, s. f. composé de la particule extract, dé , et de li-nea, ligne : l’action de tirer des lignes.
- ( Archit. Mécan. ) Description faite avec de simples lignes, de simples traits. Ce plan n’est pas encore en sa perfection , ce n’est que sa première déliné:.tion.
- DELIQUESCENCE , s. f. du lat. deliquesco , se liquéfier , devenir liquide.
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- ( Chimie ) Propriété qu’ont certains corps de s’emparer de l’humidité de l’air qui les environne, et de se résoudre en liqueur, au moyen de cette humidité.
- C’est la même chose que DEFAILLANCE ;on dit aussi dans le même sens, délique, déliquium.
- DELIRE, s. m. formé du latin deliro, composé de la particule extractive dé, et de lira, sillonner : mot à.mot s’écarter du sillon.
- ( Méd. ) Aliénation d’esprit, imagination et raison dépravées , avec fièvre et sans fièvre. U y a plusieurs espèces de délire : la phrénésie, la léthargie, la manie , la mélancolie, la stupidité ou démence, la fureur utérine, la misantropie , la cynan-thopie , la rage , le tarentisme.
- DELIT, s. m. du lat. delictum.
- ( Pratique ) faute commise au préjudice de quelqu’un.
- Les délits peuvent offenser l’intérêt public ou celui des particuliers ; de là les délits publics et les délits privés.
- ( Archit. ) On emploie par métaphore le mot délit, pour dési-ner le côté d’une pierre différent e celui qu’elle avoit dans la carrière , pour dire qu’elle est hors de son assiète ordinaire; de là l’expression déliter, poiir poser une pierre hors de son lit, ne pas la mettre de plat, telle qu’on la pose ordinairement.
- DELITESCENCE, s. f. du latin delitescere , se cacher.
- {Méd ) Reflux subit de l’humeur morbifique , de dehors en dedans , qui fait disparoître tout d’un coup une tumeur.
- DELTA, s. m. du grec «Nxta, nom de la quatrième lettre de l’alphabet grec , et qui a la forme d’un triangle.
- ( Gêogr. ) Les Grecs ont donné ce nom à la partie de la Basse-Egypte , qui est renfermée entre les sept bouches du Nil, depuis sa séparation jusqu’à la mer , parce qu’elle a la figure de la lettre delta, A , ou d’un triangle. Quelques géographes modernes ont étendu ce nom aux terres comprises entre les diverses branches d’un même fleuve , depuis l’endroit où il se sé-Hhî
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- pare, jusqu'à la mer : ils disent le
- delta du Gange, le delta du Rhône.
- DELTOÏDE , adj. et s. m. , de A«xtcl , la quatrième lettre de l’al-habet grée , et de iïé'oç, forme , gure, ressemblance : qui a la forme ou la figure d’un delta.
- ( Physiol. ) Nom d’un muscle fort et épais , qui couvre le haut du bras, et forme ce qu’on appelle le moignon de l’épaule. Il est large en haut, et étroit en bas , en manière d’angle. Il est ainsi appelé à cause de sa ressemblance avec la lettre majuscule grecque, S'iXret.
- DEMAGOGUE, s. m. formé du grec J'îifA.oc ( dêmos ) , peuple, et «.fœfoç ( agôgos ), conducteur, dont la racine est aSm ( ago ), mener, conduire: conducteur du peuple.
- ( Polit. ) Chef d’une faction populaire. Il se dit aussi de ceux qui forment cette faction.
- DEMARCATION, s. f. formé du lat. barbare marca, ou de l’allemand march , qui signifie frontière , et quelquefois province frontière : l’action de tracer les frontières. V- MARCHE.
- ( Géogr. ) Limites d’un terrain, d’un empire , d’une contrée. Il s’emploie ordinairement avec le mot ligne : ligne de démarcation.
- On appella ligne de démarcation, le méridien des Açores, qu’A-lexandre VI, choisi pour arbitre entre le Portugal et l’Espagne , donna pour limites en i4g5, laissant aux Espagnols toutes les découvertes faites à l’occident de ce méridien , jusqu’à 180 deg. de lat. Cette fameuse ligne, avoit pour objet de prévenir les démêlés qui pourroient naître entre les Espagnols et les Portugais, au sujet des nouvelles découvertes ; mais cela n’empêcha point ces deux peuples de se brouiller bientôt après.
- DEMARRER, v. a. pour désa— marrer, formé de la particule né-ative dé, et de amarre, mot bas-reton, qui signifie lien, attache.
- ( Marine) Détacher, rompre les amarres. On dit qu’un vaisseau a démarré d’un port, lorsqu’il a été fpree d’en sortir par un mauvais teins qui a rompu les amarres.
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- DEMATER , v a. et n. composé de la particule négative dé, et de mât, dérivé du teuton mast.
- ( Marine ) Démâter un vaisseau} c’est en ôter les mâts pour le désarmer. «
- Démâter un vaisseau à coups de canon ; c’est rompre et faire tomber ses mâts à coups de boulets dans un combat.
- Démâter, v.. n. ; c’est avoir ses mâts cassés et mis bas par la tempête, par des coups de boulets dans un combat, ou par une mauvaise manœuvre. On dit qu’un vaisseau a démâté de son grand mât de hune , de ses mâts de perroquet, de son petit mât de hune , de son mât de misaine, et de son mât de beaupré.
- DEMENCE , s. f. du lat. demen-tia, composé de la particule négat. de, et de mens, esprit : aliénation, privation d’esprit.
- ( Méd. ) Perte de raison et de mémoire, sans fièvre et sans fureur, comme il arrive aux vieillards décrépits. C’est une espèce de délire, que Willis appelle stupidité. Le mot grec fjnepmais ( môrosis.) répond à ce que nous appelons stupidité , qui est une maladie que la plupart des gens regardent comme incurable , quoique les médecins les plus fameux assurent qu’on peut la guérir parfaitement , ou du moins en partie , au moyen des remèdes convenables.
- DEMI - IE , adj. du latin dimi-nium , qui contient une des portions d’un tout divisé en deux parties égales.
- ( Gramm. ) Quand ce mot entre dans la composition des mots, il est déclinable.
- DEMI - AMPLEXICAULE, adj. V. AMPLEXICAULE.
- ( Botan. ) Il se dit d’une feuille sessile , dont la base embrasse notablement une partie de la tige.
- DEMI-BAIN, s. m. V. BAIN.
- ( Méd. ) Les demi - bains sont ceux qui sont pris de manière que l’eau ne monte pas plus haut que le nombril ; ils sont propres à calmer les inflammations des parties génitales , à résoudre les embarras du ventre , à combattre la coliqu® néphrétique, etc.
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- DEMI-BASTION, s. m. Voyez BASTION.
- ( Art milit. ) Travail composé d'une face et d’un flanc , qui se met ordinairement à la tête d’une corne, d’une couronne, ou d’une queue d’hyronde.
- DEMI-BOSSE , s. f. V. BOSSE.
- ( Sculpt. ) Bas - relief qui a des parties saillantes et détachées. DEMI-CASE, s. f. V. CASE.
- ( Trictrac ) La flèche sur laquelle il n’y a qu’une dame d’abatue.
- DEMI-CERCLE, s. m. Voyez CERCLE.
- ( Géom. ) La moitié d’un cercle, ou l’espace compris entre le diamètre d’un cercle et la moitié de sa circonférence.
- ( Arpenta ) Le demi - cercle est encore un instrument d’arpentage que l’on appelle quelquefois GRA-PHOMETRE. V. ce mot.
- DEMI-COLONNE, s. f. Voyez COLONNE.
- ( Archit. ) Celle qui ne paroît qu’à demi hors du mur,qui n’est pas en plein relief.
- DEMI - CYLINDRIQUE , adj, V. CYLINDRE.
- ( Botan. ) Partie d’une plante solide , oblongue , d’une grosseur à peu près égale dans toute sa longueur , et ayant une face bombée , opposée à une autre plus ou moins aplatie.
- DEMI - DIAMETRE , s. m. V. DIAMETRE.
- ( Géom. ) Ligne droite tirée du centre d’un cercle ou d’une sphère à sa circonférence. C’est ce que l’on appelle autrement un rayon. DEMI-GORGE, s. f. V. GOR GE. ( Art milit. ) Distance comprise depuis l’angle de la courtine jusqu’à l’angle de la figure. DEMI-JEU , s. m. V. JEU.
- ( Musique ) Terme de musique instrumentale qui répond à l’italien sotto voce, ou mozza voce ou mezzo forte, et qui indique une manière de jouer qui tienne le milieu entre le fort et le doux. DEMI-LUNE , s. f. V. LUNE. _
- ( Art milit. ) Dehors compris sous deux faces qui font un angle saillant , et dont la gorge est
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- tournée en arc comme un croissant. Ces sortes d’ouvrages, inventés par les Hollandais , ont été trouvés défectueux, parce qu’ils sont mal flanqués.
- Aujourd’hui, l’on appelle demi-lunes des ravelins qui se construisent devant la courtine. Les demi-lunes servent à couvrir la porte d’une ville et les batteries du bastion. Il y a deux sortes de demi-lunes , des simples, qui n’ont que deux faces ; des doubles, qui en ont une autre renfermée dans leur enceinte , qui leur sert de retranchement.
- Demi-lunes détachées; elles sont faites comme des bastions ; de manière que leur gorge qui regarde toujours le fossé de la ville, soit vide et fermée d’une simple muraille , et qu’elles ne soient pas éloignées des premiers dehors plus que de la portée du mousquet.
- {Archit.) Une demi-lune est aussi, une place ou un édifice dont le plan représente un demi-cercle.
- DEMI-MESURE, s. f. V. MESURE.
- DEMI-MÉTAUX , s. m. Voyez METAUX.
- ( Minéral. ) Dénomination très-impropre que les chimistes don-noient autrefois aux métaux fragiles , très-oxidabl es ou acidifia-bles, qui n’etoient ni ductiles ni malléables. Ils supposoient que ces métaux étoient imparfaits, et que la nature n’àvoit pas eu le tems de les élaborer suffisamment pour les rendre propres à nos usages. Cette erreur étoit la suite de l’opinion où ils étoient que les métaux se convertissoient les uns dans les autres.
- Les substances qp’ils appeloîent demi-métaux, étoient les suivantes : l’arsenic, le tungstène, le molybdène , le cobalt, le nickel, le manganèse, le bismuth, l’antimoine, le mercure ; ils y auroient ajouté ,, sans doute, le chrome, le titane, et le tellure,.s’ils les avoient connus.
- Depuis q.u’ôn a reconnu que lu ductilité n’est point une qualité absolue , qu’elle varie considérablement entre les métaux, .et qu’elle n'est pas tout-i-falt nulle dans les
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- demi-métaux, on a pensé qu’il étoit inutile de conserver cette distinction. ,
- DEMI-ORDONNEE, s. f. Voyez ORDONNÉE.
- ( Géom.) Ce sont les moitiés des ordonnées ou des appliquées. Les demi - ordonnées sont terminées d’un côté, à la courbe, et de l’autre , à l’axe de la courbe , ou à son diamètre, ou à quelqu’autre ligne droite. On les appelle souvent ordonnées tout court.
- DEMI-PAUSE , s. f. V. PAUSE.
- ( Musique ) Caractère de musique qui marque un silence dont la durée doit être égale à celle d’une demi-mesure à quatre tems , ou d’une blanche. Comme il y a des mesures de différentes valeurs , et que celle de la demi-pause ne varie point , elle n’équivaut à la moitié d’une mesure, que quand la mesure entière vaut une ronde ; à la différence de la pause entière qui vaut toujours exactement une mesure grande ou petite.
- DEMI-PETALOIDE, adj. Voy. PETALOIDE.
- ( Bolan. ) On appelle calice demi-pétalo'ide celui dont les divisions alternes ressemblent à des pétales,
- Îiar leur plus grande ténuité et eur coloration.
- DEMI-REVÊTEMENT, s. m. V. REVÊTEMENT.
- ( Art milit. ) Revêtement de maçonnerie ; ce qui soutient les terres d’un rempart, seulement depuis le fond du fossé jusqu’au niveau de la campagne, ou un pied au-dessus.
- DEMI-SOUPIR, s. m. Voyez SOUPIR.
- ( Musique ) Caractère de musi-tjùè qui marque un silence dont la durée est égale à celle d’une croche , ou de la moitié d’un soupir.
- DEMI-TEINTES, s. f. Voyez TEINTES.
- ( Peinture ) Le mot demi-teinte est dans la peinture un terme purement relatif, et qui peut s’appliquer à toute espèce de passage ou de liaison entre deux couleurs qui semfcleroient dures, si elles se touchoient. Toutes les couleurs, en effet, peuvent être rompues ou
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- modifiées dans diverses proportions, et une teinte, une couleur entière peut prendre le nom de demi-teinte, suivantl'emploi qu’en fait l’artiste, lorsqu’elles servent dans l’harmonie dm tableau de passage d’un ton à un autre.
- DEMISSION , s. f. composé de la particule dé, qui .est là pour deor-sum , et de mftto , envoyer : l’action d’envoyer en bas.
- Démissionsst en général un acte par lequel on quitte quelque chose.
- ( Econ. polit. ) U se dit particulièrement de l’acte par lequel on se dépouille d’un emploi , d’une fonction publique.
- ( Pratique ) Démission est aussi un acte par lequel un père , une mère se démet, et se dépouille de son bien en faveur de ses enfans. Dans ce sens, démission est uns succession anticipée.
- DEMOCRATIE , s. f. du grec ê'i/xaç [démos) peuple , et de xoçitoç-(kratos ), force , puissance : puissance du peuple,
- ( Econ. polit. ) forme de gouvernement où le peuple a toute l’autoéité.
- DEMON , s. m. du grec <fet'tfj.ee'i, ( daimôn ).
- (Ecrit.)ts diableou l’espritmalin.
- ( Hist. anc. ) Dieu , génie, intelligence.
- DEMONSTRATION, s. f. du ht démonstratio.
- ( Philosophie) Preuve évidente, convaincante.
- ( Hist. nat. ) On appelle démonstration les leçons que donnent les professeurs des diverses parties d’histoire naturelle , en faisant voir la chose même qu’ils expliquent.
- ( Pratique ) Démonstration , en termes de palais , est l’indication que l’on donne de différens accessoires , ou de diverses circonstances , pour mieux faire connoîti»e la personne ou la chose que l’on veut juger.
- - ( Diction ) Démonstration est aussi une figure de rhétorique , propre à orner et à embellir le discours ; on peut l’employer aussi avec succès pour exciter les passions. C’est une exposition d’ua
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- fait particulier , la relation d’un événement.
- DEMONTER , v. a. composé de la particule extractive dé, et du lat. barb. montare : ôter à quelqu’un sa monture.
- ( Marine ) Démonter un capitaine ; c’est lui ôter le commandement de son vaisseau, pour quelque cas grave , et le donner à un autee officier.
- Démonter un gouvernail ; c’est le soulever de ses gonds , et le dé~ placer.
- Canon démonté ; e’est un canon dérangé de dessus son affiît, par le boulet, ou par quelqu’autre événement.
- DENDRITE , s. f. du gr. J'évS'pov ( dendron ), arbre.
- ( Hist. nat. ) Pierre sur laquelle on trouve des accidens de ramifications qui représentent des plantes , des buissons, des arbrisseaux formés naturellement.
- DENDROIDE , adj. et s. m. du grec S'ivS'poxi ( dendron ), arbre , et de aS'oç {eidos) , forme , ressemblance r qui a la forme d’un arbre.
- ( Hist. nat. ) Plante qui croit comme les arbres. Il se dit aussi des fossiles ramifiés.
- DENDROLITHE, adj. composé de é'hé'pov ( dendron ), arbre , et de XfSoç ( lithos ) , pierre : arbre-pierre , bois pétrifié.
- ( Hist. nat. ) On nomme ainsi une espèce de quartz PSEUDO-MORPHIQUE, V. ce mot, lorsque sa substance s’est moulée dans les fibres d’un bois, qu’on nomme aussi bois agathifié, bois pétrifié.
- DENDROMETRE, s. m. du grec ttbtbpov ( dendron ) , arbre , et de fi-î-rpav ( métron ) , mesure.
- ( Géom. prat. ) Instrument ingénieux et utile par lequel on réduit la science de la trigonométrie rectiligne à une simple opération mécanique. Il est construit d’une telle uianière que l’on connoît exactement , par la seule inspection , la hauteur et le diamètre d’un arbre et de ses branches.
- Quoique ce soit un grand avantage de pouvoir mesurer les arbres SUr pied par un moyen aussi simple
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- que celui que fournit cet instrument, il a celui d’être appliqué à des usages-encore plus importans. On peut s’en servir pour mesurer les hauteurs et les distances accessibles et inaccessibles , sur leur propre plan ou sur celui de l’horizon. Les ingénieurs sur-tout peuvent l’employer pour connoître la distance ou ils sont d’une place , pour élever leurs batteries, sans être obligés de reconnoître le ter-rein , ou de s’exposer au feu de l’ennemi. Son utilité dans l’arpentage consiste en ce qu’on connoît par son moyen l’élévation ou la chute perpendiculaire d’unterrein, l’hypothénuse et la base sans le secours du calcul. En un mot, cet .instrument a le double avantage de faciliter le toisé des arbres, de meme que les opérations du génie et de l’arpentage.
- DENEB , s. m. terme arabe qui signifie queue.
- ( Astron.) Terme dont les astronomes se servent dans la dénomination de différentes étoiles fixes. Ainsi , denebelecet, ou denebola est l’étoile B de la queue du lion -7 denebadigege , ou idigege , celle delà queue du cygne ;denebalgedi, l’étoile X du capricorne.
- DENI, s. to. du latin denego, refuser , dénier : refus d’une chose due.
- ( Pratique ) Déni de justice ; c’est, de la part des officiers préposés pour rendre la justice, un refus formel de faire ce qui dépend d’eux pour l’expédition de quelque affaire.
- DENIER , s. m. du latin dena-rius, qui comprend le nombre de dix, parce que le denier étoit divise en dix portions.
- ( Métrol.) Mesure en poids ; le denier est la même chose que le gramme , dans la nouvelle nomenclature vulgaire.
- Le denier, est comme le gramme, dix fois contenu dans le déea-gramme , 100 fois dans l’hectogramme , i,oôo lois dans le kylo-gramme, et 10,000 fois dans le myriagramme.'En poids anciens, on poids de marc, le denier nouv^ui ne pèse que 18-grains 7 huitièmes ;
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- il est destiné à peser des matières précieuses, ou a faire les appoints de plus grands poids.
- ( Essai de lJor et de Vargent ) Le denier est encore une division imaginaire qui sert à marquer le titre de l’argent, comme le carat sert à marquer celui de l’or. Pour con-noître le titre de l’argent, parla COUPELLATION, V. ce mot, on prend une masse ou lingot d’argent, que l’on divise , idéalement, quelqu’en soit le poids , en douze parties égales , qu’on nomme deniers. Le lingot d’argent est d’un hectogramme (3 onces a gros, poids de marc ), chacun de ces deniers par conséquent sera un douzième d’hectogramme ; et s’il se trouve une douzième partie d'alliage , on dit alors que l’argent est à onze deniers de fin.
- (Méîr.) Dans le nouveau système métrique, le titre de l’argent s’estime par millièmes et non par deniers. Un denier répond à 4i millièmes , 7 dixièmes de millième. Ainsi, au lieu de dire que le premier titre légal pour les ouvrages d’argent est à x i deniers g grains 7 dixièmes , on dit qu’il est à 960 millièmes ; et pour le second titre légal , au lieu de dire qu’il esta g deniers x4 grains 2 cinquièmes, on dit qu’il est à 800 millièmes. V. TITRE , MILLIEME.
- ( Banque) Denier de gras ; c’est une monnaie de compte en usage en Hollande et en Flandre.
- Le denier de gros de Hollande varie suivant le change ; il vaut communément 1 sol 1 den. tournois.
- Denier sterling; c’est la douzième partie du sol sterling, laquelle varie de valeur, relativement au denier tournois , suivant que l’once d’argent hausse ou baisse dans le commerce , ou suivant que l.e change avec les pays où le denier Sterling esf en usage , varie.
- ( Pratique ) Deniers au pluriel est aussi uti mot générique qui désigne une somme d’argent, en quelque espèce ou monnaie que ce soit.
- Deniers ameublis, ceux que la femme met en communauté ; ils soat appelés ainsi, par opposition
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- aux deniers stipulés propres qui n’entrent point en communauté.
- Deniers à découvert, argent dont on fait exhibition et que l’on offre de compter ; ce qui est nécessaire pour la validité des offres réelles.
- Deniers réalisés , deniers offerts réellement et à découvert.
- Deniers comptons, deniers payés actuellement.
- Deniers clairs , sommes liquides et qu’pu peut recevoir sans contestation.
- Deniers dotaux, ceux que la femme se constitue en dot.
- Deniers pupillaires, sommes d’argent qui appartiennent à des pupilles ou à des mineurs.
- Deniers immobilisés , deniers réputés immeubles par fiction. Voy. PROPRES FICTIFS.
- Denier fort, ou fort denier, les modiques fractions qui excèdent une somme.
- Deniers francs, ou francs deniers , les sommes exemptes de toute déduction.
- Denier-à-dieu, pièce de monnaie que celui qui achète ou loue quelque chose , donne au propriétaire ou vendeur , comme une marque de son acquiescement à l’engagement contracté verbalement. Cette pièce de monnaie étoit autrefois fixée à un denier, dont on fai-soit une aumône, origine du denier-à-dieu.
- Le denier-à-dieu diffère des arrhes, en ce que celles-ci sont un à-compte sur le prix convenu, et que celui-là étant ordinairement une pièce de monnaie fort modique, ne s’impute pas sur le prix de la vente ou de la location.
- DENOMINATEUR , s. m- du lat. denomino, donner un nom , dénommer.
- ( Arithmét. ) Terme d’arithméti-
- ue, dont on se sert en parlant
- es fractions ou nombres rompus.
- Le dénominateur d’une fraction est le nombre ou la lettre qui se trouve sous la ligne de la fraction, et qui marque en combien de parties l’entier ou l’unité est supposée divisée. Ainsi dans la fraction 7 douzièmes, sept douzièmes, l0
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- r.otnbre 12 est le dénorp-inaieur, et apprend que l’unité est divisée en 12 parties égales. Le nombre 7 qui est au-dessus de 12, est appelé NUMERALE UK. V. ce mot.
- Pour réduire deux fractions à un même dénominateur, la règle générale est de multiplier le haut et le bas de la première par le dénominateur de la seconde , et le haut et le bas de la seconde , par le dénominateur de la première.
- DENRÉE , s. f. du lat. denerata, ou denariata, ou denairada , denier é es : tout ce qu’on peut avoir pour un denier.
- ( Commerce ) Aujourd’hui ce mot signifie tout ce qui se vend pour la nourriture , et pour la subsistance des hommes et des bêtes.
- DENSITÉ , s. f. du lat. densitas, formé de denso , épaissir , serrer , condenser.
- ( Physique ) Lè rapport de la masse d’un corps à son volume , ou , ce qui est la même chose , la quantité de matière que contient un corps , dans un volume déterminé ; par exemple , la quantité de matière que contient un pouce cube de verre , un pouce cube de chêne , un pouce cube d’or, un pouce cube d’étain , un pouce cube d’eau, etc.
- Un corps a d’autant plus de densité , que sa masse ou son poids est plus considérable , et son volume plus petit.
- La densité des corps est ce qui détermine leur pesanteur spécifique. V. PESANTEUR SPECIFIQUE.
- Pour connoître la densité respective des corps , on les pèse hy-drostatiquement, c’est-à-dire qu’on les pèse dans l’eau, après les avoir pesés dans l’air. V. BALANCE HYDROSTATIQUE. Pour cela on procède ainsi : on a une balance , sous chacun des bassins de laquelle est un crochet. On attache avec un crin ou un fil délié à un de ces crochets , un des corps dont on veut connoître la densité. On met des poids dans l’autre bassin, pour connoître son poids absolu ; ensuite on le plonge dans l’eau : l’équilibre se rompt ; pour le rétablir, on ajoute
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- des poids du côté du corps , et les poids ajoutés désignent la portion de son poids cju’il perd dans l’eau. On fait la meme épreuve sur les autres corps. Celui de ces corps qui perd dans l’eau une moindre portion de son poids , est celui qui a le nlus de densité. V. AREOMETRE , PESE-LIQUEURS.
- ( Astron. ) La densité des planètes se trouve d’après la loi de l’attraction , en comparant le vo -lume ou la grosseur d’une planète avec sa masse, ou sa quantité de matière, indiquée par la force attractive.
- La découverte- des densités est une suite naturelle de la loi de l’attraction, la force attractive étant un indice certain de la quantité de matière. Voici l’esprit de la méthode par laquelle Newton a calculé les masses et les densités des planètes.
- On prendra pour terme de comparaison , la masse ou la force attractive de la terre, dont les effets sont connus et familiers , et l’on cherchera la masse de Jupiter , par rapport à celle de la terre. Le premier satellite de Jupiter fait sa révolution à une distance de Jupiter, qui esfcla même que celle de la lune à la terre ( à un douzième près ) ; si ce satellite tournoit autour de Jupiter dans le même espace de tems que la lune tourne autour de la terre, il s’ensuivroit évidemment que la force de Jupiter pour retenir ce satellite dans son orbite , seroit égale à celle de la terre pour retenir la lune , et que la quantité de matière dans Jupiter , ou sa masse , seroit la même que celle de là terre j dans ce cas-là, il faudroit que la densité de la terre fut 1281 fois plus grande que celle de Jupiter ; car la grosseur ou le volume de Jupiter contient 1281 fois la grosseur de la terre ; or , si le poids est le même , la densité est d’au-• tant plus grande que le‘volume est plus petit. Ainsi la densité de Jupiter seroit 1281 fois moindre que celle de la terre. Mais si ce satellite tourne 16 fois plus vite que la lune , il faut pour le retenir 2r>d fois plus de force (16 fois 18 —206), car la force centrale égale le carié
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- de la vitesse. Une vitesse double exige et suppose une force centrale quadruple à distances égales ; et la vitesse du satellite 16 f is plus grande que celle de la lune, quoi-ue dans une orbite égale, suppose ans Jupiter une énergie ou une masse 2,56 fois plus grande que celle de la terre. D’un autre côté, l’on trouve un volume 1281 fois plus grand que celui de la terre ; donc le volume de Jupiter , consw déré par rapport à celui de la terre, est cinq fois plus grand que la quantité de matière réelle et effective, par rapport à celle de la terre ; donc la densité de la terre est cinq fois plus grande que celle de Jupiter. En calculant plus exactement, on trouve un peu moins, mais cela est plus que suffisant pour faire connoître l’esprit de la méthode de Newton.
- DENT, s.f. du grec oé'ouc (odous), ou du lat. dens, pour edens.
- ( Anat. ) Les os les plus blancs et les plus durs du corps, destinés à broyer les alimens , et à favoriser l’articulation de la voix. Les dents sont jointes aux mâchoires par une espèce de synarthrose appelée gomphose , c’est - à - dire , qu’elles se trouvent enchâssées dans les alvéoles par leurs racines, où elles sont affermies par les gencives qui s’attachent immédiatement au collet de la dent. On les distingue en incisives , qui sont au nombre de huit ; en canines , qui sont quatre ; et en molaires, qui sont vingt. On donne le nom de dents de sagesse aux dernières dents parce qu’elles poussent dans les àdultes. Les naturalistes examinent avec la plus scrupuleuse attention, le nombre , la forme et la disposition des dents , parce que cette connoissance leur sert à distinguer les mammifères.
- ( Mécan. ) On appelle dent d’une roue , des parties saillantes placées à sa circonférence , et par le moyen desquelles cette roue pousse les dents d’une autre roue , et lui transmet l’action qu’elle a reçue d’une manière quelconque , de la force motrice.
- { Technol. ) Dent se dit, dans les arts et métiers, de plusieurs choses
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- qui ont des pointes et qui sont faites à peu près en forme de dents. Les relieurs ont une dent pour brunir l’or de dessus la tranche des livres. Les serruriers appellent dents les divisions ou refentes qu’on voit sur le museau du panneau de la clef : et dents de loup , une espèce de clou fait en coin , ou plutôt en clavette , et dont ou se sert dans la charpente pour arrêter les chevrons.
- DENTE, adj. du lat. dentatus t formé de dens , dent.
- ( Botan. ) Ce mot se dit des parties des plantes dont le bois offre de petites et courtes saillies; ou aiguës , et à peu près verticales au plan de leur base ; ou obtuses ; soit avec ou sans sommet.
- Racine dentée , celle qui étant articulée, présente à chaque articulation une ou deux éminences latérales, en forme de dents.
- DENTELLE, s. f. de DENT, dens, parce que les premières dentelles étoient faites en forme de dents.
- ( Manufactures') La dentelle ou passement est un ouvrage composé de fil de lin ou de soie , même d’ov et d’argent fin ou faux , entrelacés les uns dans les autres.
- Le point de Bruxelles est la première de toutes les dentelles, et la plus chère , parce qu’elle exige un travail plus long , plus recherché , qui rend la main d’œuvre extrêmement coûteuse.
- Les Anglais sont parvenus à imiter , quoique très-imparfaitement, la dentelle de Bruxelles.
- Le point dJArgentan , qu’on appelle par excellence le point de France, est celui qui donne la plus belle dentelle.
- Le point d’Alençon qui s’exécute à l’aiguille , comme celui de Bruxelles , lui est inférieur pour le goût et la délicasse de l’exécution. Il pèche sur-tout par le cordon des fleurs , qui est fort gros , et qui grossit encore à l’eau et emporte la dentelle.
- On attribue à plusieurs causes toutes plus absurdes les unes que les autres , la supériorité des dentelles de Bruxelles sur les dentelles. de tous les autres pays ; la vérita-
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- file et la seule qu’on puisse raisonnablement alléguer, c’est que dans, les fabriques de Bruxelles la main-d’œuvre se partage entre plusieurs mains , et que les ouvrages s’exécutent avec d’autant plus de vitesse et de perfection qu’ils sont faits par des mains toujours occupées dn même genre de travail, I/ou-vrière qui doit eTcécuter les fleurs , reçoit du fabricant le dessin tout préparé, c’est-à-dire, dont les contours sont piqués et tracés par une multitude d’épingles ; en sorte que l’ouvrière n’a qu’à suivre les traits, îles unes travaillent le réseau , les autres exécutent les fonds : chacune est' occupée à un travail unique et perpétuellement le même. C’est le fabricant qui fait la distribution des différentes parties de l’ouvrage, qui donne les qualités de fils les plus propres pour l’emploi qu’on en doit faire; c’est lui qui indique les fonds qu’on doit préférer pour donner à l’espèce de tableau qui s’exécute sous ses yeux , et dont lui seul possède l’ensemble, une certaine nuance fine , délicate et assez difficile à saisir.
- (Diamantaire) Dentelle se dit en termes de diamantaires, d’un brillant en menu , dont les arêtes des biseaux ne sont rabattues que par une facette simple.
- DENTELURE, s f. de dent.
- ( Technol. ) U se dit des façons de découpures faites en forme de dents , à quelque chose que ce soit ; mais on appelle plus particulièrement ainsi un ornement de sculpture , une entqillure faite en forme de dents. '
- DENTICULE , s. f. du lat. den-ticulus , diminutif de dens, dentis.
- { Archit. ) Membre des corniches dorique, ionique , corinthienne et composite. C’est mie moulure carrée qui le plus souvent est taillée eît forme de dents. •
- Le denticule ou les denticules représentent les bouts des chevrons qui sortent dans,l’entablement.
- ‘ DENTICULE, ad}, du lat. den-iiculatus , diminutif de dentatus , denté , formé de dens , dent.
- ( Botan.) On emploie - ce diminutif pour désigner les parties dus
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- plantes dentées , mais dont les dents paroissent très-petiles , relativement à la grandeur de la partie dentée.
- DENTIFRICE s. m. du lalin dentifricum , formé de dens, dent., et àefricare , frotter.
- ( Médec. ) On appelle ainsi les remèdes dont on se sert pour frotter et nettoyer les dents.
- DENTIROSTRES, adj. et s. formé du lat. dens , dent, et de ros-trunii, bec : bec dentelé-
- ( Hist. nat. ) C’est ainsi qu’on distingue en termes d’ornytholo-gie, une famille de passereaux dont le bec a les bords dentelés. Le calao est un dentirostre.
- DENTITION,s.f. du lat. dentitio, formé du grec iS'ov1tviolg-iç ( odontia-sis ), dérivé d’oS'orrini» ( odontiao ), pousser les dents.
- ( Médec.) la pousse des dents dans les enfans, leur sortie hors des gencives.
- DENTURE , s. f. de dent.
- ( Anat. ) Ordre dans lequel les dents sont rangées.
- ( Technol. ) Les horlogers appe-lent denture le nombre des dents que l’on donne à chaque roue : c’est le nombre des dents de la grande roue qui règle la denture des autres.
- DENUDATION , s. f. du lat. de-nudare , dépouiller , mettre à nud;
- ( Chirurgie ) Il se dit des os qui paroissent à découvert dans les fractures ou dans quelqu’autre accident.
- DEPART , s. m. du verbe départir , dans sa signification de séparer , partager, et départir , vient du latin parïiri , avec la particule augmentative dé.
- ( Chimie ) Le départ est une opération qui consiste à séparer l’or et l’argent, mêlés ou fondus ensemble.
- Le départ est fondé sur la propriété que l’or a de ne pouvoir être dissous par aucun autre acide que l’eau .régale, tandis que l’argent est dissoluble par l’eau forte simple ou esprit de nitre.
- Si dans un lingot, ou masse d’or et d’argent, l’or se trouve eu plus grande quantité que l’argent, on fait le départ par l’eau régale , qui est un mélaqge d’acide nitreux et
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- de sel ammdniac, ou suivant la nouvelle nomenclature de muriate ammoniacal. L’eau régale dissout For , et laisse l’argent en une espèce de poudre que les chimistes anciens nommoient lune cornée , et que les modernes appellent muriate d’argent.
- Si au contraire , c’est l’argent qui domine, on fait cette opération par l’eau forte, ou esprit de nitre, ou acide nitrique étendu d’eau , qui dissout l’argent sans attaquer l’or. Cette dernière opération est la plus ordinaire , parce qu’il arrive rarement qu’on ait des mélanges où la quantité de l’or soit plus grande que celle de l’argent. D’ailleurs , lorsque cela arrive , il est d’usage d’augmenter la quantité d’argent dans la proportion nécessaire , pour pouvoir faire le départ par l’eau forte.
- L’essai ou l’affinage del’or par îa voie du départ, n’a été mise en usage que plus de deux cents ans après la COUPELLE V. ce mot. Les premières expériences faites à Paris , sont de l’an i5i8 , sous François Ier , où le titre des ouvrages d’or fut porté à 21 carats de fin, au lieu de ig carats un cinquième qu’il étoit auparavant ; mais il y avoit déjà plus d’un siècle que les acides minéraux étoient connus, et qu’on s’en servoit à Venise pour l’opération du départ. V. BOCIMASIE.
- DEPARTAGER , v. a. composé de la particule négative dé , et de partager , en latin partiri.
- ( Pratique ) On se sert de ce terme au palais pour exprimer l’action d’ôter le partage , lorsque , dans le jugement d’un procès , les juges ont été partagés , et se sont trouvés en nombre égal d’avis différent. Le mode de départager les. voix n’est pas le même dans tous les tribunaux , ou dans toutes les procédures.
- DEPARTEMENT , s. m. du laf. partiri , diviser , distribuer : partage , distribution.
- ( Administré) En parlant des différentes affaires d’état, on dit: département de la guerre, département de la marine , etc..
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- _ Département se dit aussi des lieux départis, et dans ce sens, il est une division territoriale : la République française est divisée en départemens ; le département de la Seine , le département des Pyrénées-Orientales , etc.
- DEPASSER , v. a. composé cfe la particule augmentative dé, et de passer, formé du lat. barb.passaret aller au-delà.
- ( Marine) Dépasser un vaisseau, c’est aller plus vite que lui , et le laisser de l’arrière.
- Dépasser un port t une île , une partie de côte , un cap , etc., c’est passer au - delà du point , ce qui est quelquefois dangereux, et donne de la difficulté aie rattraper, sur-tout dans les parages où les vents sont ALISES, V. ce mot, et ou les courans sont forts , et dans le même sens que le vent.
- Dépasser le lit du vent, en abattant pour virer de bord ; c’est , lorsqu’on vire de bord vent devant,, la position qui suit celle où le vaisseau a été debout au vent, c’est-à-dire , présentant la proue droit dans la direction d’où le vent souffle , avec ses voiles coiffées.; position où il commence à tourner sa proue vers un autre point de l’horizon, ët où il se dispose,, eu continuant ce mouvement, à recevoir le vent dans ses voiles, parle bord opposé à celui sur lequel il étoit orienté.
- DÉPÊCHES , s. £ du latin barb. depediscare , composé de la particule augmentative dé , et de pedescd, aller vite.
- ( Administr. ) Dépêches se dit des lettres concernant les affaires publiques. Dans l’origine, et suivant l’étymologie du mot, il ne se disoit que des lettres et des affaire* qui demandoient une prompte expédition.
- C’est dans cet esprit que le conseil des dépêches avoit été établi ; on y traitoit les affaires des provinces, et les conseillers se tenoient debout ; un secrétaire d’état,, seul, étoit assis, et pre-noit note des résolutions , pour les. envoyer sur-le-champ à leur dear tiaation.
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- DEPENDANT (en), terme de marine , dérivé de dépendre, dans 9a signification de détacher quelque chose de l’endroit où elle étoit pendue. S’approcher, en dépendant ,- c’est s’approcher peu-à-peu d’un vaisseau, en se mettant insensiblement sur la ligne qui conduit sur lui.
- DÉPENS , s. m. du latin dispen-dium , fait de dispensai, ou despende re , donner, dépenser.
- ( Pratique ) Les frais qui se font dans la poursuite d’uue afFaire. Anciennement en France , dit l’auteur de VEsprit des lois, il n’y avoit point de condamnation de dépens en cour laie. La partie qui succom-boit étoit assez punie par des condamnations d’amende envers le seigneur et ses pairs : la manière de procéder par le combat judiciaire faisoit que dans les crimes, la partie qui succombait, et qui per-doit la vie et les biens , étoit punie autant qu’elle pouvoit l’être ; et dans les autres cas du combat judiciaire , il y avoit des amendes quel-uefois fixes , quelquefois dépen-antes de la volonté du seigneur, qui faisoient assez craindre les évé-nemens des procès. Il en étoit de même dans les affaires qui ne se décidoient que par le combat. Comme c’étoit le seigneur qui avoit les profits principaux, c’étoit lui aussi qui faisoit les principales dépenses, soit pour assembler ses pairs , soit pour les mettre en état de procéder au jugement.
- C’est l’usage des appels qui a dû naturellement introduire celui de donner les dépens ; et lorsque par le fréquent usage de ces appels d’un tribunal à un autre , les parties furent sans cesse transportées hors du lieu de leur séjour ; quand l’art nouveau de la procédure multiplia et éternisa les procès ; lorsque la science d’éluder les demandes les plus justes se fut raffinée , il fallut bien arrêter les plaideurs par la crainte des dépens. C’est pourquoi Charles-le-Bel fit en i524 une ordonnance par laquelle il est enjoint aux séculiers de condamner aux dépens la partie qui succombera.
- DEPENSE , s. f. de dépenser,
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- qu’on a écrit autrefois dépendre, fait de dispendere ou de dispensai.
- (Econ. dom.) Emploi de son bien, argent que l’on emploie à quelque chose que ce puisse être,
- ( jidministr. ) Dépenses publiques , celles qui sont faites des eniers que la trésorerie nationale fournit aux ministres pour les besoins de l’Etat.
- Dépenses ordinaires, les appoin-mens , frais, etc. qu’on regarde comme fixes.
- Dépenses extraordinaires,celles qui sont imprévues, et dont le montant n’a pu être fixé.
- Dépenses secrettes , celles qu’un ministre ou un général est autorise à faire , et dont il n’est pas tenu de rendre compte , du moins sur-le-champ.
- (.Hydraulique) Dépensedes eaux; c’est leur écoulement ou leur débit dans un tems donné. Il y a deux sortes de dépense , la naturelle et l’effective. La dépense naturelle est celle que les eaux jaillissantes feroient, suivant les règles établies par les expériences , si leurs conduites et ajutages n’étoient pas sujets à des frottemens. La dépense effective est celle que l’expérience fait connoitre, laquelle est toujours moindre que celle donnée par le calcul ; il faut toujours compter la dépense des eaux par La sortie de l’aj utage , et jamais par la hauteur des jets.
- Les dépenses des jets qui viennent d’un réservoir de même hauteur , mais dont les ajutages ont différentes sorties, sont les uns aux autres en raison doublée des diamètres de leur ajutage , c’est-à-dire , en raison des carrés dés diamètres de ces ajutages.
- Les jets d’eau venant de réservoirs de différentes hauteurs , dunt les ajutages ont la même sortie, sont les uns aux autres , en raison sous-doublée des mêmes hauteurs , c’est-à-dire, comme les racines carrées de leurs hauteurs.
- DEPERDITION, s. f. du latin deperdere, perdre.
- ( Didactique) Perte qui cause
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- dépérissement, déperdition tle substance.
- ( Chimie ) En chimie , lors-qu’après avoir fait dissoudre l’or , l'argent, etc-, on ne retire pas toute la matière qu’on avoit mise , et qu’il s’y trouve quelque déchet, on dit qu’il y a déperdition.
- DEPHLOGISTIQUÉ , adj. composé de la particule privative dé , et du grec <pKoyiç-;ç[ phlogistos), brûlé, enflammé.
- ( Chimie ) Air déphlogistiqué ; c’est le nom que l’on avoit donné, lors de sa découverte , au gaz OXI-GF.NE, V. ce mot, ou air vital, et qui signifie privé ou dégagé de tout principe inflammable.
- DEPILATION, s. f. du latin depüatio, formé du grec 'ttixoccnç ; pilosis ) , action ou effet de dépiler.
- ( Méd. ) Action de faire tomber le poil avec des remèdes appelés dépilatoires ; il se dit encore de la chute des cheveux ou des poils
- DEPITER , ( se ) v. a. du latin dispectus : se livrer à un mouvement de colère et de mépris; car dépiter, a signifié mépriser, se fâcher, se mutiner, agir par dépit.
- ( Fauconnerie ) On dit que l’oiseau s’est dépité, lorsqu’il s’est enfui pour ne plus revenir.
- DEPLETION, s. f. du lat. depleo, formé de la particule extract, dé, hors, et de impleo, emplir : l’action de désemplir.
- ( Méd. ) Action de la saignée qui désemplit les veines.
- DEPORTATION , s. f. du latin deportatio , formé de la particule extractive dé et de porto, porter , transporter,
- f Hist. rom. ) C’étoit dans l’ancienne Rome , un bannissement perpétuel, avec interdiction du feu et de l’eau.
- Dans les derniers tems, la déportation ne se bornoit pas toujours au bannissement ; elle emportoit quelquefois la peine de la détention dans une colonie lointaine , ou dans quelque île voisine
- ( Rép. franç. ) Ce mot introduit dans la langue depuis la révolution , siguifie une mesure de sûreté générale pax laquelle le Gouvexue-
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- ment est autorisé à déporter'Hans les colonies , les personnes dont il juge la présence nuisible à la tranquillité publique.
- DEPOSITAIRE , s. m. du latin deposilarius , formé de depositum, participe de deponere , déposer, mettre en dépôt.
- ( Pratique ) Celui qui est chargé d’un dépôt.
- DEPOSITION, s. f. du lat. deponere , déposer, déplacer, mettre bas, se défaire.
- ( Econ. polit. ) Privation , destitution d’une charge , d’un emploi, d’une dignité.
- ( Pratique ) Déclaration qu’un témoin fait en justice.
- DEPOT, s m. du lat. depositum, formé de deponere, déposer.
- ( Pratique ) Contrat par lequel une chose est donnée en garde à quelqu’un ; il se dit aussi de la chose même déposée.
- Le dépôt doit être purement gratuit ; il doit être rendu au lieu où il a été déposé, et dans le même état qu’il a été reçu.
- Lorsque le dépôt est fait sous le sceau du secret, les héritiers, créanciers , ou autres parties intéressées , ne peuvent obliger le dépositaire à déclarer l’usage qu’il en a fait; il lui suffit de déclarer qu’il a rempli, ou qu’il remplira les intentions de celui qui lui a confié la chose déposée.
- Dépôt nécessaire , celui qui est fait dans un cas où l’on n’a pas le teins de délibérer ni de choisir un dépositaire. Ce dépôt est plus sacré que le conventionnel ; les lois en sont plus rigoureuses , et les fraudes y sont punies plus sévèrement.
- Dépôt judiciaire , celui qui est ordonné par justice.
- Dépôts publics, lieux destinés a mettre les dépôts ordonnés par justice.
- ( Art milit. ) Le dépôt, en termes de guerre, est l’endroit marque à la queue de la tranchée , hors de la portée du canon de la place , où s’assemblent ordinairement le* troupes commandées pour l’assaut de quelque ouvrage ou pour soutenir celles de la tranchée, lor?" qu’ott est averti que'ici assiège»
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- méditent quelque sortie vigoureuse.
- ( Chirur. ) Dépôt se dit d’un amas d’humeurs qui se jettent sur quelque partie et y forment des tumeurs, des abcès. — Les dépôts arrivent en conséquence d’une contusion, d’une plaie, d’une fracture , d’une saignée, d’une piqûre , d’une morsure , ou quand il se fait quelque métastase.
- ( Méd. ) Dépôt se dit aussi de l’épaisseur et du marc qu’on voit an fond des urines.
- DEPOUILLE , s. f. du latin spo-lia, dont on a fait dispoliare, pour dépouiller.
- ( Art milit. ) Dépouilles, au plu-rier , se prend pour butin.
- Parmi les Grecs, les dépouilles se partagoient également entre tous les soldats de l’armée ; mais chez les Romains, c’étoit la république qui en profitait.
- Dans les victoires que les pre-. miers Français remportaient , tous étaient obligés d’apporter, dans un endroit désigné par le prince ou le général, toutes les dépouilles, et on en faisoit divers lots qu’on tiroit au sort. V. BUTIN.
- ( Droit canon ) Dépouille était un droit que les archidiacres le-voient sur les biens meubles des curés décédés.
- ( Agric. ) Dépouille se dit aussi de la récolte des fruits de l’année.
- DEPOUILLEMENT, s. m. même origine que DEPOUILLE.
- ( Pratique, Commerce ) Il se dit du relevé d'un registre, d’un inventaire , d’un compte ; et faire le dépouillement d’un livre , d’un journal, d’un registre , c’est en extraire les parties, les sommes ou les articles dont ou a besoin pour son commerce ou pour ses affaires.
- DEPOUILLER , v. a. du lat. dispoliare.
- ( Agric. ) Il se dit des arbres lorsqu’ils perdent leurs feuilles.
- ( Philosophie hermétique ) Dépouiller est la première opération des alchimistes, et qui consiste à réduire en mercure le féminin , et les autres matières assemblées avec lui.
- ( Technol. ) Dépouiller les pièces
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- de cuivre ; c’est, en termes de fondeur, les tirer du sable dans lequel on les a fondues. Les sculpteurs et mouleurs en plâtre, appellent dépouiller une figure , ôter toutes les piècesdu moule dont elle est environnée , et qui ont servi à la former.
- DEPR AVATION, s f. de depra-vare, dépraver, composé des deux mots pravum facere : l’action de rendre une chose corrompue : corruption, dérèglement du goût, des mœurs ou de la doctrine.
- ( Méd. ) U se dit, en médecine , de l’altération des humeurs ou de toute lésion notable des fonctions naturelles du corps humain.
- DEPRECIATION , s. f. du latin deprecor, prier, supplier, conjurer: prière faite avec soumission pour obtenir le pardon d’une faute.
- ( Diction ) C’est aussi une figure de rhétorique propre aux passions. Par cette figure, l’orateur demande une grâce avec empressement. L’art consiste à présenter à ceux qu’on veut fléchir, tous les objets les plus capables de les attendrir,mais avec une noble fierté, accompagnée d’une modestie naturelle.
- DEPREDATION , s. f. du latin deprœdatio, composé des mots prœdam facere : l’action de piller. Vol , ruine , pillage.
- ( Pratique ) Malversations commises dans l’administration d’une succession , d’une société , dans la régie d’une terre , dans l’exploitation d’un bois.
- DEPRESSION, s. f. du lat. de-primere , abaisser.
- ( Chirurgie ) Il se dit des blessures du crâne , dans lesquelles l’os fracturé est poussé en dedans vers les méninges.
- DEPRESSOIRE, s. m. même origine que DEPRESSION.
- ( Chirurgie ) C’est le nom d’un instrument qui sert pour abaisser la dure-mère, après l’opération du trépan.
- DEPPJMÉ, partie, même origine que DEPRESSION.
- ( Botan. ) On dit qu’un corps est déprimé , lorsque son sommet se rapproche de sa base, de manière
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- que sa largeur excède notablement sa hauteur.
- Il se dit aussi du sommet ou de îa base même d’un pareil corps , lorsqu'elle forme un enfoncement plus ou moins concave.
- DEPURATION, s. f. du latin depuro, dépurer , épurer, rendre pur.
- ( Pharmacie ) Clarification ou purification des liqueurs , séparation de leurs sucs ou de leur matière épaisse , grossière , impure , qui se précipite au fond du vaisseau par résidence.
- {Méd.) Il se dit aussi de la masse du sang, qui se purifie au moyen des sécrétions dans certaines maladies auxquelles les médecins ont donné , à cause de cela, l’epithète de dépuratoire.Les remèdes connus pour avoir la vertu de purifier le sang , sont appelés dépuratifs du sang , ou simplement dépuratifs.
- DEPUTATION, s. f. du latin députât 10, composé de la particule extractive dé, et de puto , couper , séparer: mot à mot, l’action de séparer un ou plusieurs membres d’un corps.
- ( Polit. ) Envoi de quelques personnes choisies dan s un corps , dans une assemblée, avec commission spéciale.
- Il se dit aussi du corps même des députés. Députation signifie , en Allemagne , une sorte d’assemblée des Etats del’Empire, dans laquelle ae discutent et se règlent certaines affaires que la diète y renvoie.
- DEPUTE , s. m. même origine que DEPUTATION.
- {Polit.) Celui qui est envoyé par une nation, par un prince, par une compagnie , pour s’acquitter de quelque commission.
- Député, en anglais deputy , se prend plus ordinairement pour le substitut, commis, agent , vice-agent, lieutenant de quelqu’autre dont il exerce les fonctions en vertu d’une commission spéciale.
- DERADER , v. n. composé de la particule extract, dé, et de RADE, V ce mot : sortir de la rade.'
- (Marine) Dérader se dit d’un vaisseau qui, étant mouillé dans une radë ,-est emporté par un coup
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- de vent qui le fait chasser sur ses ancres , et le fait mettre au large.
- DERIVER , v. n. composé de la particule extractive dé, et du latin rivus : s’éloigner du rivage.
- ( Marine ) Dériver se dit proprement d’un vaisseau qui s’écarte du rivage. Il se dit aussi par extension , d’un vaisseau qui est porté sous le vent de sa route apparente, ou dont la route réelle fait un angle avec sa route apparente. Un vaisseau dérive lorsqu’il est orienté près du vent.
- Il est très-essentiel de déterminer l’angle de la dérive , et de le faire entrer dans le calcul de la route d’un vaisseau. Les marins expérimentés connoissent la dérive, à très-peu de chose près , au coup d’œil. On a coutume d’ailleurs de placer sur l’appui de la galerie un demi-cercle gradué, au moyen duquel les pilotes relèvent l’angle que fait la trace que le vaisseau laisse derrière lui sur la surface de l’eau, avec la direction de la quille.
- On dit qu’il y a un quart de dérive, lorsque la route du vaisseau s’écarte de la direction de la quille de la quantité d’un quart de vent, ou d’une aire de vent, c’est-à-dire, de 11 degrés io minutes.
- Aller en dérive ; c’est flotter au gré des vents et des vagues, et tomber peu à peu sous le vent.
- ( Méd. ) On dit que les humeurs dérivent ou sont en dérivation , lorsqu’on leur fait prendre un détour , qu’on les attire vers les parties voisines d’une partie noble, vers laquelle elles couloicnt , et qu’on les détermine à s’évacuer par-là.
- DERME, s. m. du grec S'îpp*-( derma ) , peau : formé de é'tptt ( déro ) , écorcher le cuir ou la peau de l’homme. V. PEAU.
- DERMOGRAPIIIE , s. f. composé du grec «puai { derma ) , et de {grapkô ), décrire.
- ( PhysioL ) Partie de l’anatomie qui a pour objet la description de la peau.
- DERMOLOGIË , s. f formé du grec i'îpgtt ( derma ), peau, et de *efoî ( logos } , discours. .
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- [ Physiol.~) Partie de l’anatomie, qui traite de la peau.
- DERMOTOMIE , s. f. du grec S'ify.et [derma] , peau, et de Ts//.va>
- [ temnô J inciser , disséquer.
- [Anaté] Préparation anatomique de la peau.
- DEROBER , v. a. du latin barbare deraubare , pour raubare , dans la signification de voler, ôter la rohe. V. ROBE.
- Faire un larcin, prendre en cachette ce qui appartient à un autre.
- [ Art milit. ] On dit, en termes militaires , dérober une marche à l’ennemi , pour : lui souffler une marche, faire une marche sans que l'armée ennemie s'en soit a-perçue.
- [ Marine~\ Dérober le vent à un vaisseau ; c’est passer si près de lui et du côté du vent, de façon que celui-ci lui intercepte le vent, ce qui diminue sa vitesse.
- [Manège j Se dérober, se dit d’un cheval qui, par un mouvement irrégulier , s’échappe ou se dérobe de dessous l’homme
- Dérobé s’emploie , dans sa signification propre # en parlant d’un cheval dont le pied manque de corne pour le ferrer ; on dit alors qu’il a le pied dérobé", privé de sa robe , nudatus.
- ( Archit. ) Escalier dérobé, celui ar lequel on peut s’échapper sans tre vu.
- ( Danse ) Dérobé est encore un terme de danse. Pas dérobé.
- ( Econ. rurale ) Fèves dérobées, se dit au propre,des fèves auxquelles on a ôté leur robe.
- DEROGATION , s. f. du latin derogatio , formé de la particule négative de, et de rogo, demander ; parce qu’à Rome, lorsqu’il étoit question de porter une loi on demandait le consentement du peuple : ainsi rogare legem, étoit porter une loi ; abrogare legem, anéantir les effets d’une loi , ou-prier le peuple de retirer son consentement à une loi ; derogare legem , demander au peuple qu’il annulât un ou plusieurs articles d’une loi.
- ( Pratique ) Dérogation signifie maintenant un acte contraire à un loin, I,
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- précédent, un acte par lequel un souverain déroge à une loi, à un édit, ou un particulier à un contrat qu’il a'fait.
- La dérogation à une loi diffère de £ ABROGATION ( V. ce mot ), en ce que celle-ci l’annulle absolument , et que celle-là la laisse subsister , en révoquant expressément ou tacitement les clauses auxquelles la nouvelle loi est contraire.
- DEROUTE, s. f. du fat. barb. disruta , formé de ruptura , dérivé de rumpo, rompre , mettre en pièces : les Italiens disent rotta, pour déroute, et il n’y a pas encore deux siècles que nous disions route dans le même sens.
- ( Art milit. ) Fuite et désordre général d’une armée, après la perte d’une bataille.
- Déroute n’eât pas la même chose que défaite ; une armée peut être battue et perdre le champ de bataille sans être mise en déroute.
- DERYIS ou DERVICHE, s. m. mot persan dont les Turcs se sont emparés , et qui signifie un pauvre, un gueux qui n’a rien.
- ( Hist. turque ) Religieux turc , espèce de moines qui font profession de pauvreté, et mènent une vie fort austère. Les demis ont pour fondateur un certain Mévélava , d’où ils ont aussi pris le nom de Mévélavites ; ils sont fort nombreux.
- Les demis se piquent d’une grande modestie , de patience , d’humilité même , et de charité ; ils vont toujours les jambes nues et la poitrine découverte. La plupart sont de grands charlatans : les uns s’exercent à faire des tours de souplesse et à jouer des gobelets pour amuser le peuple ; d’autre»' donnent dans la sorcellerie et dans la magie. Tous , contre le précepte de Mahomet , boivent beaucoup de vin , d’eau-de-vie, et autres liqueurs spiritaeuses.
- - DESAFFOURCHER, v. h. F.AF-FOURCHER. '
- ( Marine ) Lever l’ancre d’affourché , et rester sur une seule ancre, pour être plus tôt prêt à appareiller.
- DESARMEMENT , s. ra. V- ARMEMENT.
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- ( Marine ) Action de désarmer un vaisseau, c’est- à-dire, d’en oter les agrès , munitions , mâts , ver~ gués, poulies, etc.
- On entend encore par désarmement , le décompte d’un homme au désarmement du vaisseau , ou la somme qui revient à chaque officier ou matelot, etc., pour finir, de solder les appointemens ou salaires de la campagne qu’il vient de faire.
- ( Art mïlit. ) Désarmer se dit aussi en parlant d’une puissance eu guerre , ou disposée à la faire, pour poser les armes f congédier les troupes, etc,
- DESAVEU, s. m. formé de la particule négative de , et de aven , adveu, qui vient du lat. advocium , dénégation.
- ( Pratique ) Acte par lequel on refuse de reconnoitre une personne en sa qualité , ou par lequel on dénie qu’elle ait un droit de faire ce qu’elle a fait.
- C’est encore la déclaration que fait une partie , qu’elle n’a pas donné pouvoir à un avoué , à un huissier , de former certaines demandes , de signifier certains actes qu’elle croit lui être préjudiciables , ou que son avoué à excédé son pouvoir.
- DESCENDANCE , du latin descende , formé de la particule négative de , et de scando , monter, le contraire de monter, descendre.
- ( Gênéal. ) Extraction , suite de générations relatives à une souche Commune.
- DESCEND ANS , même origine que DESCENDANCE.
- ( Pratique } La postérité de quelqu’un , ceux qui sont issus de lui, ses enfans , petits-enfans. Le terme de descenàans est opposé à celui d’ascendans , qui comprend père , mère , aïeux , aïeules , bisaïeux , etc. r. ASCENDANT.
- Les descendans forment ce qu’on appelle la ligne directe descendante. Il y a les collatéraux as-cendans , et les collatéraux descendant.
- ( Physiol. ) Descendans se dit des fibres ou des muscles que l’on suppose prendre leur origine dans iu?e partie et se déterminer dans
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- une autre, en s’éloignant du plan horizontal du corps : l’aorte descendante , Publique descendant f la veine-cave descendante.
- ( Astron. ) Le nœud descendant, est le point où une planète quelconque coupe l’écliptique , en passant de l’hémisphère septentrional à l’hémisphère méridional. Voy. NŒUD.
- On dit encore signes descendans, en parlant des signes du zodiaque par lesquels le soleil paroît descendre , comme on dit signes as-cendans pour les signes par lesquels il paroît monter.
- ( Mécan. ) Descendant se dit encore de tout ce qui tombe ,, ou qui se meut de haut en bas.
- DESCENSION, s. f. même origine que DESCENDANT.
- {Astron.) Ce mot n’est plus guère en usage ; mais lorsqu’on s’en ser-voit, on distingûoit Vascension droite de l’ascension oblique. La première se disoit de la distance entre le point équinoxial et le point de l’équgteur, qui descend avec une étoile sous l’horizon de la sphère droite ; et la descension oblique se terminoit au point de l’équateur qui descend sous l’horizon', en même tems que l’étoile dans la sphère oblique. Ainsi, les descensions tant droites qu’obliques, se comptoient du premier point d’a-ries, ou de la section vernale , sui-^ vant l’ordre des signes , c’est-à-dire , d’occident en orient, le long de l’équateur. On ne se sert plus-que du mot ASCENSION DROITE ( V. ce mot ), le seul véritablement nécessaire aujourd’hui, où l’on se sert des arcs de l’équateur pour déterminer la position des étoiles.
- DESCENTE, s. f. V. DESCENDANT.
- {Mécan.') Mouvement ou tendance d'un corps vers le centre d® la terre, soit directement , obliquement. On a beaucoup disputé sur la cause de la descente des corps pesans ; mais si l’expérience n’a pu encore nous la découvrir entièrement , elle nous a fait au moins counoître suivant quelle loi ils se meuvent en descendant^ e
- c’est au célèbre Galilée que 1®®
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- fioit cette découverte. V- l’ouvrage de Riccioli.
- Ligne de la plus vite descente ; e’est une ligne par laquelle un corps qui tombe en vertu de sa pesanteur, arrive d’un point donné à un autre point donné, en moins de tems que s’il tomboit par toute autre ligne passant par les mêmes points. Il y a long-tems que l’on a démontré que cette courbe étoit une cycloïde.
- ( Astron. ) Descente des planètes vers le soleil; c’est le tems qu’elles emploiercient à tomber par une ligne droite , si la force de la projection qui anime les planètes et leur fait décrire des orbites , étoit détruite. La force centrale les précipi-teroit vers le soleil, dans les tems suivans, calculés , en supposant les orbites circulaires et les planètes à leurs moyennes distances.
- Mercure y arriveroit en i5 jours et 13 heures ; Venus, en 09 jours 17 heures ; la ferre, en 64 jours xo heures ; Mars, en 121 jours ; Jupiter , en 766 jours ; Saturne, en 1902 jours. La lune tomberoit sur la terre en 4 jours 20 heures ; les satellites de Jupiter tomberoient sur leur planète en 7 heures, i5 heures , 5o heures et 71 heures ; ceux de Saturne en 8 heures, 12 h , 19 heures , 35 heures , 336 heures, respectivement. Une pierre tomberoit au centre de la terre, si le passage étoit libre, en 21 min. 9 sec.
- La règle qui sert à faire ces calculs consiste à dire : la racine carrée du cube de 2 est à 1 , comme la demi-durée de la révolution d’une planète est au tems de sa chute jusqu’au centre de l’attraction.
- L’opération seroit beaucoup plus simple , si l’on pouvoit supposer que les planètes descendissent par uu mouvement uniforme ; mais il est évident que cette chute doit etre extrêmement accélérée.
- On demande aussi quelquefois le tems qu’il faudroit à un boulet de canon pour arriver jusqu’au soleil, en faisant 200 toises par seconde ; °n trouve douze ans et demi, mais °n néglige l’accélération.
- ( Art milit. ) Descente on pas-saRe dans le fossé; ce sont des taillades ou enfoncemens qu’on fait
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- par des sappes dans les terres de la contrescarpe , au-dessous du chemin couvert, et que l’on couvre de madriers et de claies , avec des terres dessus, pour empêcher l’effet des feux d’artifice.
- ( Marine ) Faire une descente ; c’est l’action de débarquer des troupes dans un pays ennemi, pour le ravager ou en faire la conquête.
- ( Pratique ) Descente sur les lieux ; celle qui se fait par le juge;, pour s’instruire par lui-mème de l’état des lieux contentieux, le* visiter, et rendre en conséquence son jugement.
- DESCRIPTION-, s. f. du latin descriptio , formé de la partie, de , et de scribo, écrire : représentation au naturel , par des figures ou par le discourt.
- (Philosophie) En logique, on appelle description une définition superficielle et imparfaite qui donne seulement quelque connoissance de la chose par les accidens qui lui sont propres, et qui la déterminent assez pour en donner quelque idée qui la discerne des autres, sans pourtant en expliquer la nature.
- ( Géométrie ) Description, en termes de géométrie, estl’action de tracer une ligne, une surface, etc.; décrire uu cercle , une ellipse, une' parabole, c’est construire ou tracer ces figures.
- On décrit les courbes de deux manières, ou par un mouvement continu , ou par plusieurs points. Le cercle estpresque laseule courbe-qu’on trace commodément par un mouvement continu , au moyen de la pointe d’un compas. La description par plusieurs points se fait, en cherchant par des opérations géométriques , différens points de la courbe assez près les uns des autres, pour qu’on puisse les joindre par de petites lignes droites qui imitent suffisamment, pour la pratique, la courbe que l’on veut tracer
- ( Sotan. ) Les botanistes regardent la description d’une plante, comme la peinture verbale de toutes les parties qui la composent. De-là , la nécessité où ils ont été de créer des mots qui, par leur choix, leur distribution et leur valeur convenue, tracent les figures^ moulent
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- les formes, les lient et assignent à chaque partie comme au tout, le nom qui lui convient. Après cela , pour mettre le moins de confusion possible dans une science aussi compliquée , ils ont adopté une formule de description qui ne permet pas , même aux commençans, d’oublier aucune des parties d’une plante qui leur tomberoit par hasard sous les yeux. >
- Dans cette formule, les diverses parties qu’une plante peut présenter, sont rangées dans l’ordre selon lequel il convient de les observer et de les décrire ; et toutes ces parties sont considérées , quant à leur figure ou forme, leur position relative ou insertion , leur nombre et leur proportion.
- DESEMPARER , v. a. de l’espagnol desemparar.
- ( Marine ) Désemparer un vaisseau ; c’est, dans un combat, abattre au vaisseau ennemi ses mâts, et couper ses manœuvres , tuer une partei de son monde -, en un mot, le mettre en désordre et hors d’état de manœuvrer.
- DESHERENCE , s. f. de la particule extract, ou négat, dé , et du latin hœredare, pour hœredem scri-bere , instituer un héritier : défaut d’héritier.
- ( Pratique ) C’est ainsi qu’on appelle un droit qu’a la nation de s’emparer , dans certains cas, d’un bien situé sur le territoire de la république.
- DESINENCE, s. f. du latin de-sino, finir, terminer.
- ( Grammaire ) Chute, terminaison d’un mot.
- DESISTEMENT, s. m. du latin desisto, composé de la particule négative de , et de sisto , arrêter , soutenir, cesser de soutenir, se désister.
- ( Pratique ) Renonciation faite à quelque chose. On se désiste d’une prétention} d’une procédure, d’un héritage.
- DESMOGRAPHIE, s. f. du grec J'isrp.bç ( desmos ), ligament, et de ypcLtpai ( graphô ), décrire.
- ( Anat. ) Partie de l’anatomie qui a pour objet la description des li-gameiis.
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- DESMOLOGIE, s. f. du gr.
- ( desmos ), ligament, et de \oyos [ logos ) , discours.
- ( vlnat.) Partie de l’anatomie qui traite de l’usage des ligamens.
- DESMOTOMIE , s. m. de é'ap.oi ( desmos ) , ligament, et de tî,uv» ( temnô ) couper , inciserdisséquer.
- ( Anat.) Partie de l’anatomie qui a pour objet la dissection des ligamens.
- DESOPILATIFS , adj. et sub. de la particule négat. dé , et du latin oppilo, boucher, fermer.
- ( Méd. ) On appelle ainsi les remèdes qui ont la vertu de déboucher les conduits du corps humain où il y a quelque obstruction. Ces remèdes ne différent point des apéritifs.
- DESOXID ATION, de la particule extract, dé, et d’OXID ATION. V. ce mot.
- ( Chimie) Opération par laquelle on prive une substance de Yoxi-gène qu’elle contient.
- DESPOTE, s. m. du gr- S'ta-rro<m ( despotês ) , maître, seigneur»
- (Econ. polit.) Ce mot, dans sa première origine , signifioit ce que marque en latin le mot herus, et en français celui de maître, par rapport aux serviteurs. Il devint dans la suite un titre d’honneur, que les empereurs grecs donnèrent à leurs fils ou à leurs gendres. Ce fut l’empereur Alexis, surnommé l’Ange , qui créa la dignité de despote , et qui lui donna le premier rang après l’empereur. Les despotes de Sparte étoient des fils, des itères , ou des gendres des empereurs auxquels on avoit donné la ville de Sparte en apanage -, et le despotat étoit le pays qui dépendoit du despote. Il y a eu aussi des despotes de Servie , et on donne encore aujourd’hui le titre de despote au prince de Yalachie. On entend maintenant par despote celui qui exerce un pouvoir arbitraire et sans bornes.
- DESPUMATION, s. f. composé de la particule extractive dé, et de spuma , écume , l’action d’ôter 1 *' cume.
- ( Chimie, Pharmacie) Action par laquelle on ôte l’écume et les
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- puretés des sucs, des gelées > des sirops , des miels qui en ont été séparés par l’ébullition.
- DESQUAMATION, s. f. composé de la particule extractive dé, et de squama , écaille : l’action d’ôter les écailles.
- ( Chirurgie ) Séparation des parties qui se détachent par écailles.
- DESSECHEMENT, s. m. de l’italien dissecamento, formé du latin dïssecare , dessécher.
- (Agricult.) L’action de dessécher, et quelquefois la chose desséchée. Tous les agriculteurs 11e sont pas d’accord sur les principes qui doivent diriger les desséchemens ; mais tous conviennent des grands avantages qui en résultent, tant pour l’intérêt public que l’intérêt particulier. Tout le monde sait que les desséchemens augmentent les produits de la terre ; qu’ils préviennent une foule de maladies funestes aux bêtes à laine ; que les eaux auxquelles on a donné un cours régulier, peuvent servir à la végétation , à faire mouvoir des moulins , des usines , à former ou à entretenir des canaux et à servir à l’irrigation des terres pendant l’été. On sait qu’un canton desséché peut souvent donner de l’eau à un autre qui en manque , et qu’il est plus sain pour les hommes et pour les animaux.
- L’humidité de la terre provient du séjour des eaux de pluie à sa surface , ou des sources qui sont cachées dans son sein. Dans le premier cas, des tranchées profondes et bien ordonnées sont suffisantes ; mais dans le second, il faut s’appliquer à découvrir les sources , et à connoître la nature des couches de terre dont elles sont couvertes. Il faut diriger la tranchée de manière a arriver au réservoir principal , parce qu’en donnant une issue à cette source , on est assuré d’attirer l’eau de toutes les autres.
- DESSICATIFS , adj. et s. même origine que DESSECHEMENT.
- ( Chirurgie ) Epithète que l’on donne aux remèdes qui ont la vertu de dessécher, de conserver l’humidité superflue des plaies et des ulcères.
- DES Sot
- ( Méd. ) Les médecins s’en servent aussi pourdésigner les remèdes qui absorbent ou qui font dissiper les humidités trop abondantes de la masse du sang et des parties solides.
- DESSIN , s. m. de l’italien dise gno , dérivé du latin designare, tracer , marquer, faire un modèle, former un plan.
- {Arts du dessiîi ) L’art du dessm consiste à imiter , par des traits avec la plume, le crayon ouïe pinceau, la forme des objets que la nature offre à nos yeux.
- Les parties de l’art du dessin étant moitié théoriques et moitié pratiques, il est nécessaire que le raisonnement et la réflexion contribuent à faire acquérir le;s premières , et qu’une habitude constante et soutenue aide à renouveler continuellement les autres.
- Lorsque l’on est au fait de copier fidèlement et avec intelligence les dessins tracés sur une surface plane, on doit essayer de dessiner d’après la nature, dont toutes les productions sont de relief.; mais comme ce travail est beaucoup plus diflîcile, on a trouvé un milieu qui aide à passer de l’un à l’autre. C’est ce qu’on appelle dessiner d’après lai BOSSE. ( V. ce mot). La bosse n’estf autre chose qu’un objet modelé en terre , on jeté en moule , ou taillé en plâtre d'après nature. Ces objets ont la même rondeur que ceux que la nature nous offre ; mais comme ils sont privés de mouvement, et qu’on peut les tenir parfaitement immobiles sous le même point de vue, l’artiste voit toujours sa figure sous le même aspect, au lieu que lorsqu’il travaille d’après nature, le moindre mouvement dans le modèle vivant, embarrasse le dessinateur encore novice, en lui présentant des effets de lumière diflèrens, et des surfaces nouvelles.
- Tous les moyens qu’on emploie pour dessiner sont bons, lorsqu’on parvient à bien remplir l’objet qu’on s’est proposé ; mais les crayons les plus usités sont la sanguine-, ou crayon rouge, la pierre noire y la mine de plomb, V encre de la Chine, qui s’emploie avec la plume pour dessiner et avec le pinceau
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- pour ombrer. Les pastels par leurs différentes couleurs serrent à indi-uer les tons qu’on a remarqués ans la nature. On fait aussi des dessins plus ou moins rendus, plus ou moins agréables sur des papiers ou des toiles colorées : on choisit pour cela les fonds qu’on croit les plus propres à l’objet qu’on veut représenter.
- Tous ces dessins prennent des dénominations particulières , suivant qu’ils sont différemment tracés.
- Dessin au trait ; c’est celui qui, sans avoir aucune ombre;, est lait au «rayon ou à l’encre.
- Dessin haché ; c’est celui dont les ombres tracées avec la plume, le crayon ou le burin , sont exprimées par des lignes sensibles, et le plus souvent croisées.
- Dessin estombê. K. SSTOMBE ; celai dont on frotte le crayon qui a tracé les ombres , afin qu’il n’y paroisse aucune ligne.
- Dessin grené ; celui où l’on voit les grains du crayon, et où l’on ne frotte point les lignes qu’il a formées.
- Dessin lavé ; celui dont les ombres ont été faites an pinceau avec de l’encre de la Chine, ou quelque autre liqueur.
- Dessin colorié ; celui qui est fait avec des couleurs à peu-près semblables à celles qui sont dans l’original.
- Pour que tous ces dessins soient estimés, il faut qu’ils réunissent la correction, le bon goût, l’élégance, le caractère , la diversité, l’expression et la perspective.
- La correction dépend de la justesse des proportions, et de la con-noissance de l’anatomie.
- Le bon goût est une idée ou manière de dessin qni a sa source dans l’inclination et les dispositions naturelles du dessinateur, et de l’éducation qu’il a reçue sous d’habiles maîtres.
- \]élégance donne aux figures quelque chose de délicat qui frappe les gens d’esprit, et un certain agrément qui plaît à tout le monde.
- Le caractère est ce qui est propre à chaque chose.
- La diversité est ce qui distingue
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- chaque espèce de chose par un ca^ ractère particulier; la nature seule, qui est une source inépuisable de variété, peut donner des leçons sur cette partie de l’art du dessin.
- T?expression est la représentation d’un objet, selon son caractère , et selon le tour que le dessinateur a voulu lui donner dans les circonstances oii il le suppose.
- La perspective est la représentation des parties d’un tableau ou d’une figure, selon la disposition où elles sont entre elles par rapport au point de vue.
- Il seroit aussi difficile qu’inutile de chercher dans l’obscurité des tems l’origine précise du dessin. On attribue à l’amour le premier essai que la Grèce ait vu de l’art de dessiner et de mouler en terre les objets. Une jeune fille vivement éprise d’un amant, dont elle devoit être séparée pour quelque tems, cherchait les moyens d’adoucir les rigueurs de l’absence ; occupée de ce soin , elle remarqua sur une muraille l’ombre de son'amant, dessinée par la lumière d’une lampe. L’amour rend ingénieux ; il inspira à cette jeune personne l’idée de se ménager cette image chérie, en traçant sur l’ombre une ligne qui en suivît et marquât exactement le contour. L’histoire ajoute que notre amante avoit pour père un potier , nommé Tibutade; cet homme ayant considéré l’ouvrage de sa fille, imagina d’appliquer de l’argile sur ces traits, en observant les contours tels qu’il les voyoit dessinés ; il fit par ce moyen un profil de terre qu’il fit cuire dans son fourneau. Tel fut, suivant l’ancienne tradition , l’origine du dessin et des figures en relief, dans la Grèce. Mais cet art ne commença à y faire des progrès suivis, que depuis l’arrivée des colonies conduites par Cécrops , Gpdmus, etc.; ces princessortoient de l’Egypte et de la Phénicie , pays où les arts du dessin étoient connus de tems immémorial.
- Ardicès , natif de Corinthe, qui florissoit en Grèce, avant la guerre de Perse , fut, dit-on , le premier qui inventa le dessin ou la manière de profiler , et de contretirer avec le crayon et le simple trait t mus
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- Uïêlangé de couleurs ; ce qui n’étoit, à la vérité , qu’un ouvrage fort imparfait.
- Les Grecs avoient établi des écoles de dessin, dans la plupart de leurs villes , où les enfans de condition libre, qui avoient des dispositions pour la peinture , la sculpture et les autres arts du dessin étoient instruits. C’étoit sur des planches de bois que ces élèves s’exerçoient à dessiner des objets , le plus souvent de grandeur naturelle , et dont les traits irréguliers ^ pouvoient aisément s’effacer avec une éponge. Ces écoles, au rapport de Pliue , étoient conduites par les plus habiles maîtres.
- ( Peinture ) Il s’est élevé dans plusieurs tems des disputes assez vives, sur la question de savoir lequel est plus essentiel à la peinture , du dessin ou du coloris. Pour réduire cette <111631108 à sa juste valeur , il suffit d’envisager que l’imitation de la nature visible , qui est le but de la peinture, unit indissolublement l’imitation des formes des objets et l’imit@tiou de leur couleur, et vouloir décider d’une manière abstraite quelle est de ces deux parties la plus essentielle à l’art, est la même chose que de vouloir décider si c’est l’ame ou le corps de l’homme, qui est le plus essentiel à son existence. ,
- C’est par le dessin qu’on commence à s’initier dans les mystères de la peinture ; et ceux qui s’y destinent ou qu'on y dévoue , doivent commencer à dessiner, dès leur
- Îiremière jeunesse, parce qu’alors a main docile acquiert pl ns aisément la souplesse et les différens mouvemens qu’exige ce genre de travail.
- C’est pour acquérir cette souplesse , et la justesse du conp-d’œil qui conduit à dessiner correctement , que Gérard Lairesse et Raphaël Mengs^ voulurent que les maîtres commençassent par faire dessiner aux élèves des figures géométriques , sans le secours de la règle et du compas.
- Ou ne pourroit assurer que les maîtres de Raphaël* aient commencé , suivant cette méthode, son éducation pittoresque 5 mais il est
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- certain du moins qu'ils lui apprirent à dessiner avec une correction si précise qu’on peut même l’appeler servile. Elle lui donna d’àbbrdi un goût sec , mais comme elle lui avoit fait acquérir la justesse du coup-d’œil et l’habitude d’une.imitation sévère , elle lui procpraila facilité de prendre une belle manière de dessin , lorsqu’il eut vu les ouvrages de Michel-Ange et les chef-d’œuvres de l’antiquité.
- ( Archit. ) Dessin se dit aussi du plan d’un bâtiment, d’ün ouvrage d’architecture , soit au crayon, soit à la plume.
- ( Technol. ) Impressions de des-«ns; un Allemand a pris dernièrement un brevet d’invention à Londres , pour une méthode d’obtenir des impressions de dessins ou d’écrits. Elle consiste à prendre üne pierre calcaire d’un grain fin, d’une surface unie, sans être polie , et d’une texture spongieuse. Sur la surface plane et unie de cette pierre on trace le dessin avec une plume fini, dans une encre particulière, sur laquelle l’encre à l’huile des imprimeurs se fixe très-promptement et à laquelle l'eau ne peut s’attacher ; mais lorsque le dessin est fini, on humecte bien toute la surface sur laquelle on n’a point dessiné , puis on étend l’encre de la manière accoutumée sur toute la surface de la pierre ; cette encre s’applique sur les figures qui ont été tracées avec l’encre particulière , sans se fixer sur la partie humide de la pierre. Si maintenant on étend du papier humecté sur la surface de la pierre , et qu’011 lui fasse éprouver une bonne pression, on aura une impression du dessin très-pure et très-vive , exactement semblable à l’original. On peut de même obtenir du même dessin^ plusieurs centaines d’impressions. L’encre particulière est une solution de gomme laque dans l’eau , par le moyen de la soude et d’un peu de savon.
- DESSOLER , v. a. du lat. soleo, a\Ænr coutume, et de la particule négative dé : changer de coutume.
- ( Agriculture ) Sole ou saison , se dit d’une étendue de terre destinée à une certaine culture..
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- Assoler ; c’est partager les terres d’une ferme eu soles , ordinairement au nombre de trois, dont l’une se sème en froment, l’autre en menus grains, qu’on nomme mars , et la troisième reste en jachère.
- Dessoler ; c’est dessaisonner ou déranger les soles, changer l’ordre des soles.
- ' Dans la plupart des baux , il est défendu aux fermiers de dessoler les terres , sous prétexte que ces cliangemens peuvent les épuiser , ou au moins les fatiguer. Cette pratique funeste aux progrès de l’agri-cnlture, et dont la première cause •st dans la courte durée des baux , commence à faire place au système mieux raisonné des agriculteurs modernes, qui consiste à varier la culture, à bannir les jachères absolues , par l’introduction des tur-neps, des fèves , des pois » des vesces, du trèfle, etc. V. COURS DES RECOLTES.
- DESSUS , adv. et s. du lat. sur-sum , dont ou a fait susum, dans la basse latinité.
- ( Archit. ) Dessus de porte ; c’est tout ce qui sert à couvrir, à revêtir une corniche de placard , comme le lambris, le cadre, les bas-reliefs , etc.
- (Mus.) Dessus ; c’estla plus aiguë des parties de la musique ; celle qui règne au-dessus de toutes les autres. C’est dans ce sens qu’on dit dans la musique instrumentale, dessus de violon , dessus de flûte ou de hautbois , et en général dessus de symphonie^
- Dans la musique vocale, le dessus s’exécute par des voix de femmes , d’enfans, et encore par des castrats, dont la voix, par des rapports difficiles à concevoir, gagne une octave en haut, et en perd une en bas. V. CASTRAT.
- Le dessus se divise ordinairement en premier et second , et quelquefois même en trois. La partie vocale qu’exécute le second dessus , s’appelle bas dessus, et l’on fait aussi des récits à voix seule pour cette partie.
- ( Marine ) Dessus du vent} ou avantage du vent.
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- DESTITUTION , s. f. du latin destitutio , composé de la particule négat. de , et de statuo , établir : l’action de défaire ce qu’on a fait.
- ( Econ. polit. ) Déposition , privation d’une charge, d’un emploi.
- ( Ilist. rom. } Chez les Romains, du tems de la république , les offices étaient annuels ; mais si pendant leur exercice , les titulaires se comportaient mal, on les desti-tuoit sur-le-champ. La destitution n’était pas toujours fondée sur l’inconduite ; quelquefois elle était occasionnée par les événemens les plus simples , mais auxquels la superstition attachoit de l’impor-
- * DESUDATION , s. £ du lat. de-sudatio , formé de desudo, suer ds peine et de travail.
- ( Méd. ) Les médecins entendent par ce mot une sueur abondante et excessive, qni n’est point critique, mais symptomatique, à laquelle succède ordinairement une éruption de pustules appelées suda-mina. V. SUETTE, ECHAUBU-LURE.
- DESULTEUR, s. m. du latin desultor, formé de desilio, sauter.
- ( Jeux scéniques ) Sauteur qui passe d’un cheval sur un autre. Les Scythes , les Indiens et les Numides avoient des cavaliers gUi menoient avec eux au combat, au moins deux chevaux, et qui sautaient avec beaucoup d’agilité et d’adresse sur le cheval de main , quand celui qu’ils montaient étoit fatigué.
- Les Grecs et les Romains prirent cet usage de ces nations barbares , mais ils ne s’en servirent que dans les jeux et dans les courses de chevaux. Quelquefois ils avoient, non pas deux, mais quatre ou six chevaux de front ; ils sautaient dit premier sur le quatrième ou sur le sixième, et cela passoit pour une chose très-difficile.
- DETACHEMENT, s. m. de l’italien distaccamenlo.
- ( Art milit. ) Corps particulier de gens de guerre, tiré d’un pins grand corps, ou de plusieurs autres, soit pour les attaques d’un siège , soit pour tenir la campagne.
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- Les détachemens servent pour escorter un convoi , pour avoir des nouvelles des ennemis , pour garder des postes éloignés d’une place ou de l’armée, pour des partis , pour couvrir les fourrageurs , pour garder les travailleurs , ou pour travailler eux-mêmes, alors ils sont sans armes, etc.
- DÉTACHÉ , partie, et subst. même origine que détachement.
- ( Musique ) Genre d’exécution par lequel, au lieu de soutenir les notes durant toute leur valeur, on les sépare par des silences pris sur cettè même valeur. Le détaché tout-à-fait bref et sec, se marque sur les notes par des points allongés.
- DETACHER, v. a. de l’italien distaccare.
- ( Peinture ) Détacher, en termes de peinture ; c’est donner de la rondeur aux objets d’un tableau, et en faire apercevoir les contours. Les objets d’un tableau sont bien détachés, ou se détachent bien , lorsqu’il n’y a point de. confusion entre eux , qu’ils paroissent bien de relief, et qu’ils semblent quitter leur fond et venir au spectateur.
- Le peintre doit détacher les figures ; les objets se détachent par le plan, par la couleur propre, par la perspective aérienne, par le clair-obscur. L’art de détacher tient à celui de distribuer. On détache un objet clair, en le distribuant de manière qu’il soit opposé à un objet brun ; on détache deux objets clairs, deux objets bruns, l’un de l’autre , par la diversité de leurs nuances.
- DETAIL, s. m. composé de la particule extractive dé, et du latin taleo, pour incido, couper en petites parties, dont les Italiens ont fait tagliar, dans le même sers, et dont nous avons fait tailleur d’habits.
- Division d’un tout en plusieurs parties.
- ( Technctl. ) Les bouchers sont maintenant les seuls qui emploient ce mot dans son sens propre. Lorsqu’ils coupent leur viande par morceaux , ils appellent cela détailler la viande.
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- - (Commerce) Détail s’entend , en parlant de marchandises , non-seulement de celles qui se coupent par petites parties , pour être divisées et vendues, suivant le besoin des acheteurs, mais de toutes celles qui se vendent par le menu, au poids, au mètre, à la petite mesure.
- ( Art dramat. ) On dit au figuré d’une pièce de théâtre, qui n’a ni plan , ni conduite, qu'elle est rem~ P,1. ie des plus jolis détails , pour dire que l’auteur a cousu une ou deux scènes plaisantes, quoique étrangères au sujet, et a répandu sur le tout des fleurs , des bons mots, des jeux d’esprit, des couplets de trait, en nombre suffisant
- ?iour en masquer les défauts , et ui assurer un succès de plusieurs jours.
- ( Peinture ) Les petits détails , ç’est-à-dire, les petites parties des objets, doivent être négligées par l’art, parce qu’elles ne sont pas même aperçues’ dans la nature. Comme l’artiste doit se tenir assez éloigné de son modèle pour l’embrasser en entier d’un seul coup-d’oeil, il ne doit pas représenter ce qu’il n’a pu voir lui-même , sans (manger de place et sans trop se rapprocher.
- Les peintres, dans l’enfance de leur art, copioient avec soin les détails ; c’étoit le premier effort d’un art qui n’osoit abandonner un instant la nature , et qui l’imitoit sans principes et sans choix. L’art dans sa force ne s’attache qu’au grand , et néglige tout ce qui pour-roit l’en écarter ou l’en distraire , et si l’on en revient à l’imitation des petits détails , c’est un signe de décadence que l’on peut comparer à l'enfance des vieillards.
- DETENTEUR, s. m. du latin detineo, tenir , être en possession.
- ( Pratique ) Tout possesseur , soit propriétaire, usufruitier, on autre qui tient en ses mains un héritage, c’est-à-dire, qui a la possession réelle et actuelle.
- Ce terme est principalement usité en matière de rentes ou charges foncières ou hypothécaires, et lorsqu’il s’agit de déguerpissement et délaissement par hypothèque.
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- DEI'ERGkER , v. a, du latin de-te/go , composé de la particule extractive de , et de tergo, nettoyer.
- ( Chirurgie) Nettoyer, mondifier les plaies et les ulcères, entraîner les humeurs glutineuses qui y sont adhérentes.
- De déterger on a fait -détersif ou détergent pour désigner les remèdes externes-qui mondifient les plaies et les ulcères. Ils se disent aussi des remèdes internes qui possèdent la même qualité. t
- DETERMINE, adj. du lat. de-ierminare, limiter, mettre des bornes.
- ( Géom. ) On dit d’un problème qu’il est déterminé, quand il n’a qu’une seule solution , ou au moins qu’un certain nombre de solutions, par opposition au problème indéterminé , qui a Une infinité de solutions.
- DETONNER, v..n. sortir du ton, de la particule extractive dé , et de ton , ou tout simplement de l’ita-Hen stuonare.
- ( Musique) Détonner, c’est sortir de l’intonation, c’est altérer mal à propos la justesse des intervalles, et par conséquent chanter faux. Chanter sans clavecin , crier, forcer sa voix en haut ou en bas, et avoir plus d’égard au volume qu’à la justesse, sont des moyens presque surs de se gâter Poreifle et de détonner.
- DETONATION, s. f. de l’italien detonazione , formé du latin de-tono, tonner , faire grand bruit.
- ( Chimie ) Bruit ou explosion que font les minéraux lorsque , par l’action du feu, leurs parties aériennes, volatiles, sulphureuses , se raréfient, se dégagent,et sortent avec impétuosité.
- DETORSE, du latin distorqueo, détourner , tordre.
- ' ( Chirurgie ) Distension violente et subite des tendons et des liga-mens d’un article , en Conséquence d’un coup, d’une chute, ou un effort. La détorse est quelquefois accompagnée et suivie de luxation, de diastasis. L’articulation souffre tant de violence, que les os peuvent sortir de leur situation naturelle ou s’écarter. La détorse la plus fréquente est -celle du pied j elle ac-
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- rive quelquefois au poignet, à Pé-pine et à plusieurs autres parties dft corps. La détorse est la même chose que Ventorse, et felui-ci est le plus usité. V. ENTORSE.
- DETREMPE, s. f. du latin dis-temperare, composé de termperare, tremper, mélanger.
- (Peinture ) Couleur délayée avec de l’eau et de la gomme , et dont' on se sert pour peindre, On appelle aussi détrempe une peinture eu détrempe.
- ( Doreur ) Dorer en détrempe ; c’est une manière d’employer l’or avec de la colle faite avec des rognures de parchemin ou de gants. La dorure en détrempe exige plus d’art que la dorure à l’huile ; mais elle ne peut résister autant que celle-ci , ni à la pluie , ni au^ impressions de Pair.
- DETREMPER , v. a. du lat. distempe rare. V. DETREMPE.
- ( Technol. ) Détremper Vacier ; c’est le ramener à la condition de simple fer.
- Dans le commerce on trouve de l’acier tout trempé , parce que dans plusieurs aciéries on est dans l’usage de le tremper aussitôt qu’il est fait, apparemment afin que les acheteurs puissent mieux juger dë sa qualité. Quand on veut se servir de cet acier, on est obligé de le détremper pour pouvoir l’étendre , le limer, et lui faire prendre la forme de l’outil qu’on en veut faire; après quoi l’ouvrier le retrempe à sa manière.
- -Ou peut détremper l’acier q>ar une manœuvre semblable à celle par laquelle on le fait par la CEMENTATION ( V. ce mot) ; mais alors, au lieu de composer le cément avec des matières charbonneuses , capables de fournir du phlogistique , il faut au contraire que le cément ne soit composé que de matières exemptes de principe inflammable , et propres à l’absorber , comme sont les terres calcaires elles chaux.En le cémentant pendant huit ou dix heures avec ces matières , on le ramène à la condition de fer.
- DETRITER, y., a. au de'
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- tertre, partie, detritiim, broyer, briser.
- ( Huile1 dJolive ) Détriterles oliviers; c’est passer les olives sous la «seule.
- Pour donner à l’huile une qualité douce , limpide , et qui ne soit point sujette à la rancissure , il faut avoir la précaution, en la détritant, d’en séparer la chair d’avec le noyau, et de n’extraire que l’huile des chairs ; mais pour cela il faut s’écarter de l’ancienne méthode qui consiste à écraser sous la meule le noyau et l’amande de l’olive avec sa chair, et se servir du dêtritoir de M. Sieuve, qui est un fort madrier cannelé en dessous, qui sépare les noyaux des olives sans les casser.
- DETROIT, s. m. du lat. distric-tum , composé de la particule dis, valdé , fort, très , et de strictum, étroit, très-étroit.
- ( Géogr. ) Certain endroit où la mer est serrée entre deux terres.
- Il se dit aussi des passages serrés entre deux montagnes.
- T,e détroit de Gibraltar, le détroit de Magellan, le détroit de la Sonde. Les détroits de la Ciiicie; les Thermopyles; les portes Caucasiennes, aujourd’hui Demircapi.
- DETTE , s. f. du lat debitum. ^
- ( Pratique ) Ce que l’on doit à quelqu’un , et quelquefois ce qui nous est dû.
- La confusion qui pourroit naî tre de ces diverses acceptions a fart distinguer les dettes en actives et passives.
- Les dettes actives sont celles dont on a droit de se faire payer, les dettes passives sont celles qu’en est obligé d’acquitter.
- Comme les dettes varient dans leur cause, dans leur effet, dans •leur nature, on a cherché à les distinguer par des dénominations différentes ; de là :
- Les dettes anciennes ; les dettes annuelles ; les dettes caduques; les dettes chirographaires ( V. ce mot.) dettes civiles ; dettes claires et liquides ; dettes communes ; dettes Conditionnelles ; dettes confuses , etc.
- DETUMESCENCE, s. f. du lat.
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- detumescentia , formé de detu-mesco , désenfler.
- ( Chirurgie) Etat d’une partie qui se désenfle , qui devient moins élevée.
- DETURBATRICE , adj. du latin deturbare , composé de la particule augmentative de , et de turbare, troubler considérablement.
- ( ylsirnn ) Force déturbatrice , c’est celle qui est perpendiculaire au plan de l’orbite de la planète troublée.
- DEUIL, s. m. du lat. Folium, formé de doleo , avoir du déplaisir.
- ( Costumes ) Rien n’est moins uniforme que les modes et les couleurs du deuil, si ce n’est la tristesse dont elles sont l’image. Les Chinois portent le deuil en blanc ; les Turcs en bleu ou en violet; les Egyptiens en jaune ; les Ethiopiens en gris. A Lacédémone et à Rome les dames le portoient en blanc.
- En Orient, c’étoit donner une grande marque d’affliction que de se couper les cheveux ; à Rome on fai soit le contraire. Les Grecs avoient adopté l’usage des Orientaux; non seulement ils se cou-poient les cheveux sur la tombe de leurs pareils et de leurs amis, mais encore ils coupoientles crins àleurs chevaux, et iis en usoient de même •dans toutes les calamités publiques.
- Les Juifs étoient et sont encore dans l’usage de se raser dans le deuil, et de déchirer leurs vête-mens.
- Au commencement du 2.e siècle, l’empereur Adrien fut neuf jours habillé de noir pour la mort de l’impératrice Plotine ; et dans le 4.e, les habits de deuil étoient noirs. Il paraît cependant que la couleur et les ajustemens du deuil. ont varié selon les teins et selon les nations. On voit par une lettre de Pierre-le-Vénérable, qu’on re-gardoit comme une singularité que l’Espagne portât le deuil en noir. En Castille, à la mort des princes., on se vètoit de serge blanche pour porter le deuil.
- Les reines de France, jusqu’à la reine Anne avoient toujours porté le deuil eu blanc. Anne de Bre-
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- tagne porta le deuil de Charles VIII
- en noir ; de son côté , Louis XII
- Îorta aussi le deuil en noir, contre 'usage des rois qui portent le violet.
- Le noir est aujourd’hui dans toute l’Europe la couleur du deuil.
- DEUTERO-C ANONIQUE , adj. du grec J'su'rspoç ( deutéros ) second, et de x«.vwv ( Icanôn ), règle.
- ( Théolog. ) Livre sacré de Récriture , qui a été mis plus tard que les autres dans le canon, soit
- Îiarce qu’il a été écrit après que es autres y étoient déjà , soit parce qu’il y a eu quelque doute sur sa canonicité.
- Les livres deutero - canoniques sont le livre d’Esther , ou au moins les sept derniers chapitres ; Tobie, Judith, le livre de là Sagesse , l’Ecclésiastique , Baruch , les deux livres des Machabées, l’Epître aux Hébreux , celle de S. Jacques, et celle de S. Jude, etc.
- DEUTERONOME, s. m. du grec Jevrepoç ( deutéros ), second , et de vo/Aoç ( nomos ) , loi : seconde loi , ou seconde publication de la loi.
- ( Théol. ) L’un des livres sacrés qui composent le corps des Saintes Ecritures qu’on appelle autrement la Bible, le cinquième de ceux de l’Ancien Testament, et le dernier de ceux que Moïse fit. Cet ouvrage de Moïse fut ainsi nommé parce qu’il comprend la répétition , la récapitulation de la loi qu’il avoit donnée aux Israélites. C’est pour cela que les Rabbins l’appellent Misch-Neh , répétition de la loi, sceau de loi.
- DEUTEROPATHIQUE, adj. du grec S'ivnpoç ( deuteros ), second , et de œrà&o c (pathos) : maladie secondaire.
- ( Méd. ) Maladie qui est la suite ou l’effet d’une maladie précédente, par opposition à PRATO-PATHIQUE. F. ce mot.
- DEVANT, adv. et subst. dulat. deahante , formé de ante.
- ( Peinture ) Devant de tableau ; on nomme ainsi la partie antérieure du tableau , celle qu’il présente d’abord aux yeux pour les fixer et les attacher.
- ( Marine ) l ent devant ; c’est
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- lorsque le vent vient droit de l’avant du vaisseau, ce qui arrive , sous voiles, en plusieurs cas ; ou malgré soi, si le timonier a mal gouverné; ou si'le vent a sauté tout-à-coup et s’est rangé de l’avant ; ou enfin par la force des courans. On appelle cela prendre vent devant , ou faire chapelle ; ou bien cela a lieu volontairement lorsqu’on veut virer de bord. Dans ce cas, on emploie l’expression donner vent devant, pour désigner le moment où , par le moyen du gouvernail, on fait présenter la proue du vaisseau droit au vent, pour l’avoir ensuite sur l’autre bord en continuant de tourner, et en changeant de côté les amures des voiles.
- DEVENTER, v. a. formé de la particule négat. dé et de venter, donner du vent : ôter le vent.
- ( Marine) Oter le vent de dedans une voile , en manoeuvrant le bras de la vergue , de manière que la voile batte au vent , ou fasie. V. FASIER.
- DEVELOPPANTE , s. f. du lat. volvere, précédé de la particule augmentative dé.
- ( Géom. ) Terme dont certains auteurs se servent pour exprimer une courbe résultante du développement d’une autre courbe , par opposition à développée , qui est la courbe qui doit être développée.
- DEVELOPPEES, s. f. même origine que DEVELOPPANTE.
- ( Géom. transcend. ) Genre de courbes que M. Huyghens a inventées , et sur lesquelles les mathématiciens modernes ont beaucoup travaillé depuis.
- La développée est une courbe que l’on donne à développer, et qui en se développant décrit une autre courbe.
- Pour s’instruire de la théorie des développées, il faut lire un Mémoire de M. de Maupertuis , imprimé parmi ceux de l’académie, de l’année 1728.
- DEVELOPPEMENT, s. m. même origine que DEVELOPPANTE.
- ( Géom. transcend. ) L’action par laquelle on développe une courbe et on lui fait décrire une développante\
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- ( Gêom. élém. ) Développement se dit aussi dfune figure de carton ou de papier, dont les différentes parties étant pliées et rejointes, composent la surface du solide.
- ( Analyse ) On appelle encore développement d’une quantité algébrique en série, la formation d’une série qui représente cette quantité. On développe en série les fractions ou les quantités radicales ; on peut développer une fraction par la simple division , et une quantité radicale par la simple extraction de la racine ; mais l’une et l’autre opération se fait plus commodément par le moyen du binôme élevé à une puissance quelconque. V. BINOME, SERIE.
- ( Archilect. ) Développement se dit, en architecture , des dessins en grand de tous les profils , de toutes les faces et parles d’un édifice.
- On dit aussi faire le développe-ment d’une pierre de traitions dire, se servir des lignes de l’épure, afin d’en lever les différens panneaux.
- (Botan.) Une plante ,depuis l’instant où elle a été animée jusqu’à celui où elle n’est plus susceptible d’aucun accroissement, s’étend en longueur et en largeur , par le développement successif des parties qui la composent. On dit que les parties d’une plante sont à leur dernier développement, quand elles ne sont pas susceptibles de croître davantage. On dit d’une fleur bien épanouie , qu’elle est dans un développement parfait.
- DEVERSOIR , s. m. du latin deversum , formé de la particule extractive de et de verso, tourner.
- ( Ilydrodygr. ) On appelle ainsi des digues construites ordinairement en maçonnerie , et destinées à faire gonfler l’eau d’une rivière ou d'un courant quelconque au-dessus d’un moulin ou d’un sas d’écluse. Ces digues barrent entièrement les rivières, jusqu’à ce que l’eau ait acquis assez de hauteur pour passer par dessus. V. DIGUE. DEVEST ou DEVETISSEMENT, s. m. du lat. barb. devestire, ôter ses habits.
- ( Pratique ) Acte par lequel le propriétaire d’uu héritage s’en dé-
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- vêtit ou dessaisit, pour en transporter à un autre la propriété et la possession.
- Ce terme est opposé à vest} de vêtir, vestire.
- DEVIATION, s. f. formé de la particule extract, dé et de via , voie, chemin : l’action de s’écarter de la voie.
- ( Phys. ) Changement de direction que souffre un corps en mou» vement lorsqu’il rencontre quelque obstacle qui le détourne de sa première route. Toutes les fois qu’un corps rencontre un obstacle impénétrable pour lui, comme un mur, un rocher, etc. , il souffre une sorte de déviation, qu’on appelle réflexion, V. REFLEXION. Qnand un corps passe obliquement d’un milieu dans un autre, plus oumoins pénétrable pour lui, plus ou moins résistant que le milieu d’où il sort, il se détourne de sa première route, en s’inclinant d’un côté on d’un autre , et souffre une autre sorte de déviation que l’on appelle réfraction, f. REFRATION. Enfin , quand un corps décrit dans son mouvement une ligne courbe, il change à chaque instant de direction ; à chaque instant, il. reçoit une nouvelle détermination ; à chaque instant il souffre . une déviation.
- (Astron.) Déviation, se dit aussi de la quantité dont un quart de cercle mural, ou une lunette méridienne , s’écartent du véritable plan du méridien. On observe cette déviation , en comparant le passage du soleil, observé à la lunette, avec celui qu’on détermine par la méthode des hauteurs correspondantes.
- {Astron. anc.) Déviation , dans l’astronomie ancienne , étoit le changement du déférent de l’épi-cycle , par rapport au plan de l’écliptique , imaginé pour expliquer les changement de latitude des planètes inférieures.
- DEVIS, s. m. du vieux verbe deviser , en lat. divisare, parler ensemble.
- ( Archit. ) Mémoire contenant les dispositions, qualités et prix
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- des ouvrages d’architecture, et autres travaux qui en dépendent.
- ( Marine } Le devis d’un vaisseau est l’état détaillé de toutes les pièces de bois qni le cornpo-* sent, de leurs dimensions, proportions et espèces , et généralement de toutes ses parties.
- Devis se dit encore du détail raisonné que donne le commandant d’un vaisseau , au retour de la campagne ; de la manière dont il a été arrimé 5 de ses qualités à la mer, ou de ses défauts, et des moyens qu’il croit convenables d’employer pour le faire naviguer le mieux possible , de même que du radoub ou changement à faire à quelqu’une de ses parties.
- DEVISE, s. f du lat. barb. divisa , formé de dividere , diviser, partager, parce que les devises ser-voient anciennement à séparer, à distinguer les familles , les personnes , etc.
- ( Blason ) Devise se dit en général des chiffres, des caractères , des rébus , des sentences courtes, et des proverbes qui par figure ou par allusion avec les noms des personnes ou des familles , en font connoître la noblesse ou les qualités.
- Devise se dit encore de la division de quelques pièces honorables de l’écu. Quand une fasce n’a que la troisième partie de sa largeur ordinaire, elle s’appelle fasce en devise, ou seulement devise ; et il 11’y en doit avoir qu’une en un écu.
- Les devises se faisoient remarquer par les habits , les livrées , les écharpes , les paroles ou sentences particulières que les chevaliers prenoient pour se faire re-connoître. On les a ensuite posées SUrlesécus d’ou sont venues insensiblement les armoiries.
- ( Pratique ) On disoit autrefois faire sa devise, pour faire son testament ou la division de son bien.
- ( Costume ) On a appelé aussi autrefois devises, les robes de deux couleurs, comme sont celles deâ maires et échevins, huissiers et bedeaux des villes , des paroisses et communautés des marchands, et
- DE V
- toujours parce qu’elles étoient di* visées en deux couleurs.
- ( Géom. , Arpent. ) Les borne* des champs se nommoient anciennement devises.
- (Mumismat.) Les devises ne sont plus guère eu usage que sur les médailles et les jetons ; et l’on entend maintenant par ce mot, un trait de caractère exprimé en peu de mots, quelquefois seuls, mais le plus souvent accompagnés d’une figure allégorique.Lafigure s'appelle le corps de la devise, et les paroles, l’âme delà devise. Tonte devise, pour être juste, doit faire une comparaison; et les paroles de la devise doivent convenir dans le propre au corps qui j est représenté, et dans le ligure , à ce qu’on veut exprimer.
- DEVOYER , v. a. composé de la particule extractive dé , et de via, .voie : détourner de la voie.
- ( Hydraul. ) Détourner un tuyau, une conduite d’eâü de sa direction, soit pour amener les eaux en quel-qu’endroit placé hors de cette direction , soit pour faciliter le mouvement de quelque pièce d’une machine. Ainsi, par exemple, dans la pompe foulante , on est obligé de dévoyer le tuyau montant, pour qu’il ne gêne pas le mouvement des tringles, qui font monter et descendre alternativement le piston dans le corps de la pompe.
- DEXTROCHERE, s. m. du grec ysip ( cheir) , main , et du latin dexter, droit : main droite.
- ( Blason ) Bras droit peint dans un écu , tantôt nud, tantôt habillé, ou garni d’un fanon, et quelque fois armé , ou tenant quelque meuble ou pièce dont on se sert dans les armoiries.
- ( Hist. rom. ) Dextrochère étoit
- Îiarmi les Romains un bracelet que es hommes et les femmes portoient au poignet droit.
- DEY, s. m. mot turc.
- £ Econ. polit. ) C’est le titre du prince souverain du royaume d’Alger, sous la protection du grand-seigneur. Jusqu’au commencement du dix-septième siècle, le royaume d’Alger a été gouverné par un-pacha , au nom du grand-seigneur ; mais à Gette époque la milice tur-que, mécontente de cette espèce
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- îîe gouvernement, obtint de la Porte îa permission d'élire parmi les troupes un homme de bon sens, de bonnes mœurs , de courage et d’expérience , afin de les gouverner sous le nom de dey. Cet ordre de choses dura jusqu’en 1710 , qu’Ali-Baba , ayant fait des représentations à la Porte, sur les mésintelligences fréquentes qui avoîent lieu entre les deys et les pachas, demanda et obtint que le dey seroit revêtu de la dignité de pacha. Depuis ce tems-là, le dey d’Alger se regarde comme prince souverain, et comme simple allié dn grand-seigneur, dont il ne reçoit aucun ordre , mais seulement des capigis« bacchis , ou envoyés extraordinaires, lorsqu’il s’agit de traiter quelque affaire.
- DIA, du grec J*a1 ( dia) , préposition formée du verbe S'a.ite (daiô), diviser.
- ( Grammaire ) Elle marque le milieu, le travers, et comme le passage des choses ou des actions. C’est de là qu’elle se joint avec le tems et avec les lieux, qu’elle marque la cause, la fin , la manière et le moyen de faire les choses.
- ( Méd. ) Les anciens médecins l’ont souvent employée pour désigner un grand nombre de remèdes pharmaceutiques, et si elle compose des trois premières lettres d’un terme de médecine, elle signifie un remède composé avec la substance exprimée par le mot qu’elle précède. Elle est encore le commencement de plusieurs mots en usage dans les arts et dans lès sciences , comme diamètre, dialogue, etc., que nous avons empruntés des Grecs.
- DIABETÉS, s. m. formé de la préposition grec tT/at, au travérs, et de £a/v» ( bainô ), passer : qui pâsse au travers. •
- { Méd. ) Evacuation fréquente et copieuse d’urine, dans laquelle la boisson passe aussitôt après qu’ou l’a prise, Sans être changée, crue et comme de l’eau.
- ( Hydraul. ) C’est par analogie Ue les physiciens ont appelé dia-éte, une petite machine hydraulique composée d’un verre , dont la patte est percée de part en part, et
- DIA £n
- au. travers de laquelle passe la longue branche du syphon ; la courte se terminant vers le fond du verre. Si l’on met de l’eau dans ce verre , elle ne s’écoule point tant que la surface intérieure est plus bas que la branche intérieure du syphon ; mais sitôt qu’elle est arrivée à ce point , l’écoulement commence , et il ne cesse que lorsque l’extrémité de la courte branche dn syphon ne plonge plus dans l’eau. Pour faire recommencer l’écoulement, il faut mettre de nouveau de l’eau.
- Il y a un autre diabète qui diffère un peu de celui-ci, mais dont le jeu dépend cependant du même principe. 11 est, comme le premier, composé d’un verre, dont la patte est percée de part en part, au travers de laquelle passe un tube droit , ouvert par les deux bouts , et que l’on recouvre d’un autre tube d’un plus grand diamètte , et qui est fermé hermétiquement à sa partie supérieure. L’eau ne s’écoule pas non plus de ce verre , tant que sa partie supérieure est plus bas que l’orifice supérieur dû tube ; mais sitôtqu’elle y est arrivée , l’écoulement commence , et il ne cesse que lorsqu’il n’y a plus d’eau dans le verre.
- DIABLE, s. ro. du gr. é'mCoxoç,
- ( diabolos ), formé de la préposition S'ik, (dia), au travers , et de Ça\xa>, ( ballo ) , lancer ; lancer au travers, calomnier : calomniateur , trompeur , accusateur.
- (Ecriture sainte), mauvais ange , et l’un de ces espi'its célestes qui ont été précipités du ciel, pour avoir voulu s’égalera Dieu.
- {Physique) Diables cartésiens„ On appelé ainsi des petits plongeons de verre , qui étant renfermés dans un vase plein d’eau , descendent au. fond, remontent, et font les mon-vemens qu’on veut. Ces petits plongeons sont de deux sortes : les uns sont des masses solides de verre , auxquelles on attache en haut une petite boule pleine d’air, qui a comme une petite queue ouverte, ce qui rend le total moins pesant qu’un égal volume d’eau ; mais de manière que la différence estfort petite. Les autres sont creux en dedans . et percés en quelque endroit d’un petit trou. Ces plongeons étant en-
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- fermés dans nn vase plein d’eau , dont le goulot soit étroit , si on presse avec le doigt la superficie de Peau au goulot, l’air contenu dans le plongeon ou dans la boule est condensé , le plongeon devient plus pesant que l’eau , et descend ; si on retire le doigt, l’air se dilate , le plongeon devient plus léger et remonte.
- (Marine) Diablotin, s. masc. diminutif de diable. On appelé ainsi dans certains ports la voile d’étai du perroquet de fougue. Voy. tous ces mots.
- ( Confiseur ) On appelé diablotins , certaines petites pâtes de chocolat , couvertes de petites dragées de nom pareilles.
- ( Indigo’cerie ) Diablotin est encore le nom d’une troisième cuve dont on se sert à Saint-Domingue pour préparer l’indigo.
- DIABOTANUM , s. m. de la préposition gr. J'ià.(dia) , de, et de CoTotvSv, gén. pim*, de Çonretm {herbe)-. composé de plantes.
- (Pharmacie) Médicament, em-
- Îilàtre fait avec des plantes , et avec equel on fond et on dissout les loupes. Le diabotanum est souverain pour 1 ’hydatis. V. ce mot.
- DIABROSE, s. m. de la prép. gr. dik {dia ) , au travers , et de flpuav.no , ( brôskâ ), ronger.
- { Méd. ) Corrosion ou exésion des parties solides par une humeur acre. C’est la même chose qdana-brose.
- DIACADMIAS, s. m. de la prép. gr. tf'ju ( dia ) , de , et de jc«t Jju/atç { kadmias ) , cadmie.
- [ Pharmacie J Emplâtre dont la cadmie est la base.
- DIACALCITEOS, s. m. de la préposition gr. S'tet {dia j , et de jc*a-Kirtoç [ halkitéos ], chalectis.
- [ Pharmacie ] Emplâtre dont le chalectis fait la base, et qui est d’ailleurs composé d’huile et d’axunge, DIARCINOS, s. m. de la prépos. gr. [ dia ] , de , et de jcacpjuvoc ( karkinos ] , écrevisse de mer.
- [ Pharmacie J Antidote pour la morsure des chiens enragés, préparé avec l’écrevisse.
- Di A C,1 II TH A ME , s. m. de la
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- prépos. gr. <N* [ dia J, de , et d« lat. carthamus, carthame.
- [ Pharmacie ] Elecluaire purgatif, composé'de turbit, de mcftme , de scammonée, d’hermodaëtes, etc. auxquels on joint de la moelle où de la semence de carthame, d’où il tire son nom. V. ce mot.
- DIACAUSTIQUE, s. m. formé de la préposition gr. <ftu [dict\, par , ét de kavçtikoç [ kaustikos] , caustique.
- [ Optique et géom. ] Nom que l’on donne aux caustiques par réfraction , pour les distinguer des caustiques par réflexion , qu’on nomme CATACAUST1QUES. [ V. ce mot ]. Ces mots ont été formés sur le modèle de CATOPTRIQUE et de DiQPTRIQUE. V. ces mots.
- Diacaustique est peu en usage ; on dit plus communément caustique par réfraction.
- DIACHALASIS , s. m. du gree J-iAKAhcto-iç [diàkalasis], formé de é'iAx.A'kAai [diakalao ], être relâché, ouvert,
- [ Chirurgie ] Solution de continuité dans les sutures du crâne , ou séparation des os qui le forment. Cet accident est ordinaire dans les blessures de la tête.
- DIACHYLON , s. m. composé de la prépos. gr. J'ia. [ dia ] , de, et d(f ‘Xy'Koç [ chulos J , suc.
- [ Pharmacie ] Emplâtre composé de mucilages et des sucs de certaines plantes.
- DIACODE, s. m. composé de la prépos. gr. d/at. f dia ] , de , et de jcoùJua f kodéia J, tête de pavot.
- ( Pharmacie. ) Les anciens médecins avoient donné le nom de diacodc à l’extrait des têtes de. pavot blanc , auquel on ajoutoit un peu de sucre. On est convenu aujourd’hui d’appliquer cette dénomination au sirop de pavot. C’est un narcotique puissant dont on fait un grand usage dans la médecine.
- DIACONAT , s. m. composé de la préposition gr. , ( dia ), et de kovsgù , (koneô), servir.
- (Liturgie. ) Le second des ordres sacrés dans l’église.
- DIACONESSE , s. f. du gr. L *-KovicrrA ( diaconissa ).
- j" Liturgie. ] Le nom de diaco-1 o j . mSÿ&
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- Ÿiesse étoit affecté à quelques femmes veuves qui étoient consacrées au service de l’Eglise , et qui ren-. doient aux femmes les services que les diacres ne pouvoient pas leur rendre sans blesser la pudeur , et particulièrement le baptême qui se couféroit par immersion aux femmes , aussi bien qu’aux hommes. Elles avoient soin des pauvres, des malades , des prisonniers. St. Paul avoit prescrit qu’elles ne seroient ordonnées qu’à soixante ans , mais le concile de Chalcédoine régla qu’elles pourraient l’être à quarante On ne peut dire quand les diaconesses ont cessé , parce qu’elles n’ont pas cessé par-tout en même temps.
- On a aussi appelé diaconesses , les femmes que les diacres av oient épousées avant leur ordination.
- DIACOPE , s. f. formé de la préposition gr. dm, [dzaj, et de Koalas, [kopto^, couper.
- [ Chirur. j Espèce de fracture de crâne , faite avec un instrument tranchant , et de biais , de manière que l’éclat coupé n’est ni détaché ni emporté;
- DIACOUSTIQUE, s. f. de la préposition gr. dm, [dza] , par , à travers, et de kx.ovu> [ aÆono] , entendre.
- [ Physique et Musique. ] L’art de juger de la réfraction des sons et de leurs propriétés , selon qu’ils passent dAin fluide plus épais dans un plus subtil, ou d’un plus subtil dans un plus dense. V. SON.
- DIACRE, s. m. du gr. dmx.a-voç ( diakonos ) , ministre ; pour l’origine , V. DIACONAT.
- [Liturgie] Celui qui est promu au second des ordres sacrés.
- Les diacres furent institués au nombre de sept par les apôtres.
- Leur fonction étoit de servir dans les agapes , et de distribuer le pain çt le vin aux communians.
- Par d’anciens canons, le mariage n’étoit point incompatible avec l’état de diacre ; mais depuis , le mariage leur a été interdit.
- Dans les mystères les diacres récitoient certaines prières qu’on nommoit, à cause de cela , prières diaconiques.
- Les premiers cardinaux ont été Tome. I.
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- les diacres de Rome , institués art nombre de sept, pour les quatorze quartiers de la ville ; ces cardinaux ou principaux diacres chantoient l’évangile devant le pape , quand il venoit célébrer dans une église de leur région. Les cardinaux-diacres sont aujourd’hui au nombre de quatorze , un pour chaque quartier* et forment le troisième ordre du sacré collège , composé de six évêques , cinquante prêtres , et quatorze diacres ; en tout soixante et dix. V. CARDINAL.
- DIACYDONITE, adj. de la préposition gr. dm ( dia), de, et de x.vJa>viov (kudônion), coing.
- ( Pharmacie ) Epithète que l’on donne aux médicamens dans lesquels il entre des coingSi DIADELPHIE, s. f, formé du grec <Lc deux fois, et de à<Jex<pot (adelphos ), frère.
- ( Botan. ) La diadelphie est la dix-septième classe du système sexuel de Linné, ainsi appelée parce qu’elle renferme les plantes dont les fleurs ont les étamines réunies en deux corps par leurs filets.
- Etamines diadelphes, celles qui sont réunies en deux corps par leurs filets, un de ceux-ci pouvant être soli taire.
- Plante ou fleur diadelphique, celle dont les étamines sont diadelphes.
- DIADEME , s. m. du gr. S'ta.J'ti/um ( diadêma ) , formé de la préposs Ciei (dia) de , avec, et de Jia> ( déà ), lier.
- ( Hist. anc. ) Sorte de bandeau qui étoit la marque de la royauté parmi les anciens , et dont les rois se ceignoient le front.
- Dans l’origine, ce bandeau étoit tissu de laine , de fil ou de soie. Les souverains de Perse et d’Arménie l’ajoutoient à leur tiare. Ceux de Parthe , qui prenoient la qualité de rois des rois , portoient un double diadème.
- Alexandre se para du diadème de Darius , et ses successeurs imitèrent son exemple.
- Aurélien fut le premier empereur romain qui orna sa tête d’un diadème, du moins en public.
- ( Po'ésiç) Diadème se prend pour
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- la dignité royale ou la souveraineté. ÜSul na porté si haut i'honneur du diadème.
- ( Blason ) Diadème se dit encore des ceintres ou cercles d’or qui servent à fermer les couronnes des souverains. Ces couronnes sont distinguées entre elles par le nombre des diadèmes qui servent à les fermer. On nomme aussi quelquefois diadème le bandeau qui ceint les têtes de more sur les écus.
- Aigle diadème ; c’est un aigle qui a un petit cercle snr la tête.
- DIAGNOSTIQUE, ad. du gr. J/a-yvoç-ixoç (diagnosticos), formé de la préposition cf/a ( dia ) , par à fond, pleinement , et de ytvoù<rx.a> ( gi-nosco ) , connoître parfaitement : qui indique parfaitement.
- ( Méd. ) Epithète que l’on donne aux signes qui nous font connoître l’état présent et les caractères de la maladie et de la santé.
- On appelle diagnose , la science qui apprend à connoître les signes diagnostiques ou l’état actuel d’une maladie.
- DIAGONALE, s. f. formé du grec J/a [dia) , par , ou travex’s , et de ya>\ut ( gônia ), angle : qui passe d’un angle à l’autre.
- ( Géom. ) Ligne qui traverse un parallélogramme ou toute autre figure quadrilatère, et qui va du sommet d’un angle au sommet de celui qui lui est opposé.
- Toute diagonale divise un parallélogramme en deux parties égales.
- Deux diagonales tirées dans un
- farallélogramine le coupent l’une autre en deux parties égales.
- La diagonale d’un carré est incommensurable avec l’un des côtés.
- DIAGRAMME , s. m. formé de La prépos. gr. dut ( dia ), de , et de yfs.p.fXY, (grammê ), ligne : composé de lignes.
- ( Géom. ) Figure ou construction de lignes destinée à l’explication on à la démonstration d’une proposition. Ce mot est plus d’usage en latin qu’en français : on se sert simplement du mot FIGURE. V, ce mot.
- ( Musique ). C’étoit dans la musique ancienne , la table on le modèle qui préséntoit à l’œil l’étendue générale de tous les sQjis d’ua sys-
- DIA
- tème ; on ce que nous appelons, aujourd’hui échelle, gamme, clavier. V. ces mots.
- DI AIRE , adj. du latin diarius, qui dure un jour.
- ( Méd. ) Nom que l’on donne à une espèce de fièvre , parce qu’elle ne dure qu’un jour.
- On l’appelle autrement, éphémère. Tr. ce mot.
- DIALECTE , s. m. foxmé de la prépos. gr. J/a (Æa), qui, dans ce cas, exprime division, séparation, et de Xiya> (légà), dire , parler : langage particulier , distinct, séparé.
- [ Grammaire ] Langage particulier d’une ville ou d’une province, dérivé de la langue générale de la nation. Ce mot n’est d’usage en français qu’en parlant de la langue grecque , qui a quatre dialectes, Vat-tique , l’ionique, le dorique et Yéolique, outre la langue commune des Grecs.
- DIALECTIQUE, s. f. du grec J/aXsjcT/jtï) [ dialectiék ) , dérivé de dufhiyui ( dialegk ) , discerner, composé de j'/a, entre, au travers , et teya> , choisir, compter , lire , parler.
- ( Philos. ) L’art de raisonner avec justesse. Science qui perfectionne le raisonnement. Ce fut Zénon d’Elée qui découvrit le premier cette suite naturelle de principes et de conséquences , dont il forma un art en forme de dialogue , qui pour cette raison a été nommé dialectique. Aristote est ce'ui qui est le plus excellent auteur pour la dialectique , et celui qui l’a le plus perfectionnée,
- DIALOGUE, s. m. du grec JVa-xayoç ( dialogos ) , dérivé de dut-xsys/aa/ ( dialegomai) , converser, s’entretenir, formé de dut ( dia), entre , avec , et de \sya> ( lé go ) , dire , pai'ler.
- Entretien de deux ou de plusieurs personnes , soit de vive voix, soit par écrit.
- ( Littérat. ) Les anciens ont écrit la plupart de leurs traités en dialogues : les dialogues de Lucien , d’Erasme , dans le genre badin , et les dialogues de Platon , de Cicéron , dans le genre sérieux.
- M. Fénélon , Paschal , le père Bouchot, Fouteuelle se sont servis-
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- avantageusement du pouvoir et djss avantages du dialogue.
- {Musique) Dialogue , en musique , est une composition à deux voix ou deux instrumens qui se répondent l'un à l'autre , et qui souvent se réunissent.
- La plupart des scènes d’opéra sont, en ce sens , des dialogues, et les duo italiens en sont toujours ; mais ce mot s’applique plus particulièrement à l’orgue. C’est sur cet instrument qu’un organiste joue des dialogues, en se répondant avec dif-férens jeux , ou sur difierens claviers.
- DIALTHEE , si m. de la prépos. gr. S'ia. ( dia), de, et de àxB&'itt (althaia), guimauve.
- (•Pharmacie ) Onguent composé de plusieurs ingrédiens , mais dont la guimauve fait la base.
- ' DIAMANT , s. m. dd latin ada-mante, ablatif d’adamas , qui pa-roit venir du gr. ( adamas),
- formé de l’a privatif et de S'ay.aim (damaô), dompter, rompre ; comme qui dirait indomptable, qu’on ne sau-roit casser.
- Les Italiens disent , comme nous, diamante , et c’est d’après eux que les grecs modernes écrivent <f'ik/uavln ( diamantê. )
- ( Minéral. ) Pierre précieuse , d’une transparence extraordinaire : la plus belle , la plus^ brillante et la plus dure de toutes, La lime la mieux trempée ne sauroit l’entamer ; sa poussière seule , qu’on appelle égrisée ( V. ce mot), peut en venir à bout.
- Les diamans les plus estimés viennent des Indes orientales, dans les royaumes de Visapour et de Golconde. Ils sont ordinairement en crystaux octaèdres , composés de deux pyramides à quatre faces triangulaires, équilatérales, un peu convexes , opposées l’une à l’aptre par leur base. Cette forme se modifie quelquefois en figures de vingt-quatre faces , quelquefois même de quarante-huit toutes triangulaires , et un peu convexes. On en trouve aussi de bruts qui ont différentes formes irrégulières , et que différens accidens ont empêché de prendre la figure qui leur est naturelle. Outre les diamans blancs qui sont les plus ordinaires, on en trouve de couleur
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- rose plus ou moins foncée , jaune , verte , bleue et quelquefois violette ; toutes ces couleurs sont produites par des substances métalliques ; aussi les diamans de couleurs sont-ils plus pesans que les blancs.
- Les diamans ont la propriété de. réfracter et de décomposer la lumière plus puissamment qne les autres corps transparens ; c’est ce qui fait que, lorsqu’ils sont bien taillés , et qu’ils ont un grand nombre de face-s et d’angles, qui éaui-valent à autant de prismes , ils brillent si vivement de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel.
- Les diamans ontda propriété de briller dans l’obscurité, et de devenir phosphoriques. 11 suffit de les exposer au soleil, dans un beau jour d’été ; ils brillent ensuite dans les ténèbres. Cette façon d’acquérir ln qualité phosphorique leur est com- -mune avec toutes les pierres précieuses , les cristaux et un grand nombre d’autres corps transparens ou opaques.
- Les diamans sont des corps électriques par eux-mêmes , c’est-à-dire , qu’ils deviennent électriques par le frottement , et acquièrent par-là la propriété d’attirer les corps légers.
- La prodigieuse dureté du diamant rend son poli inaltérable ; ou a cru pendant long-tems qu’il étoit également capable de résister à Faction du feu, mais c’étoit une erreur : des expériences faites en grand nombre par les plus habiles chimistes, ont démontré, qu’exposé à un grand leu , le diamant se dissipe , et que les lames dont il est composé brûlent successivement sans laisser de résidu.
- La belle expérience de M. Guy-ton de Morvaux sur la conversion du fer en acier fondu , par le moyen du diamant que l’on soupçonne généralement être du carbone pur, et qui a disparu pendant l’opération, a donné lieu de penser qu’il se forme une union chimique entre le diamant et le fer , au moyen de l’affinité qui se trouve établie entr’eux à une température excessivement élevée ; mais on doit dire qu’un des hommes d’Angleterre qui s’occupe le
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- plus d'usines de fer [M. Mushet], a fait plusieurs essais sur d’autres substances moins précieuses que le diamant, qui l’ont conduit à croire que la conversion du 1er en acier ïii'étoit pas uniquement due à l’effet du diamant, et même â douter que le diamant ait pu donner au 1er un seul atôme de carbone.
- On taiile les diamans de deux façons : ceux qui ont une épaisseur suffisante sont taillés de l’un et de l’autre coté,et on les appelle diamans brillans , ou simplement brillans ceux qui m’ont que peu d’épaisseur ne sont taillés que d’un coté , restent plats de l’autre , et s’appellent dia-mans roses . ou simplement roses.
- Lorsque les brillans pèsent moins de 55 milligrammes , on en met plusieurs ensemble , jusqu’à la concurrence d’un karat, qui pèse 2x2 milligrammes, et on les vend depuis 4o jusqu’à 5o écus. S’ils pèsent chacun 55 milligrammes et au-dessus, on les vend jusqu’à 60 écus le karat : cela dépend pourtant de leur pureté et de la beauté de leur eau. Un brillant du poids d’un karat peut valoir jusqu’à 200 liv. Le prix d’uue rose est d’un cinquième au-dessous d’un brillant de même poids.
- . Les diamans augmentent de prix proportionnellement à leur grosseur; et voici la proportion que i’on suit ordinairement :
- En supposant qu’un brillant du poids d’un karat vaut 200 livres , il faut, pour avoir le prix de celui de deux karats , multiplier le nombre de karats par lui-même , c’est-à-dire , 2 par 2 , ce qui donne 4. Ainsi, le prix à’un brillant de 2 karats vaut quatre fois 200 livres, ou 800 livres , et ainsi de suite.
- On employoit fort rarement le diamant avant le l'ègne de Louis XUI , parce qu’on n’avoit point encore trouvé le seci'et de le tailler. Cet art a été inventé , en i456, par Louis de Berqueu, natif de Bruges : il consistoit d’abord à frotter un diamant coutre un autre diamant ; mais on se servit ensuite d’une roue chargée de poussière de diamant.
- - Les anciens savoient , comme les modernes , briser le diamant, enchâsser lesfragmens dans des petits
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- outils de' fer , et l’employer pour graver sur les pierres dures, principalement pour y tracer le dessin , et atteindre dans les endroits où la roue des graveurs appelée touret} ne peut parvenir,
- Vers le commencement du siècle dernier , 011 a trouvé au Brésil des mines de diamant assez abondantes pour taire craindre que le prix de cet objet de luxe ne baissât considérablement ; mais ces diamans ne sont pas aussi parfaits que les orientaux , et on les connoit dans le commerce sous le nom de diamans du Portugal.
- Les plus gros diamans sont celui de Russie, et ceux de France appelés le pitt ou le régent, et le sancy.
- ( Te. hriol. ) Diamans de nature ; c’est le nom qu’on donne à l’espèce de diamans dont les vitriers se servent pour couper le verre , et qui sont rebelles à la taille. Les diamans dont les vitriers se servent pour cette opération portent des noms relatifs à la manière dont ils sont montés : de-là le diamant à rabot, et le diamant à queue : le premier , parce qu’il est monté sur un morceau de Cuis en forme de .rabot, et le second , parce qu’il porte au bout de sa virole un manche de bois.
- ( Marine ) Diamant de Vancre ; c’est la face supérieure du bout de la tige , dans laquelle passe l’organeau. Elle est ainsi appelée , parce qu’elle est taillée en pointe de diamant.
- DI AM AR G ARIT ON , s. m. formé de la préposition grecque cf;et (dia), de, et de p.apïapi'rrtç [margaritês), perle : fait avec les perles.
- [ Fharm ,cie ] Médicament dont les perles sentie principal ingrédient.
- DIAMETRE , s. m. du grec J'ia-jusrpoç ( diamètres') , composé de la préposition Sia. [ dia) , à travers, et de /xirpov [mêtron], mesure: mot à mot, mesure qui passe par le milieu.
- , ( Géom. ) Ligne droite qui passe par le centre d’un cercle , et qui est terminée de chaque côté par la circonférence.
- La moitié d’un diamètre , tirée du centre à la circonférence, s’appelle demi - diamètre, ou rayon. F. RAYON.
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- Le diamètre divise la circonfé » rence en deux parties égales.
- Le diamètre est la plus grande de toutes les cordes.
- Rapport du diamètre à la circonférence. [ V. QUADRATURE DU CERCLE ]. Les mathématiciens ont fait là-dessus de très-grandes recherches. Archimède a trouvé que ce"" rapport étoit comme 7 à 11 ; Adrien Métius , comme ti3 à 353.
- Diamètre d’une section conique; c’est une ligne droite qui, étant prolongée de part et d’autre , coupe en deux parties égales toutes les lignes tirées parallèlement au diamètre transverse.
- Diamètre d’une sphère ; c’est le diamètre du demi-cercle dont la circonvolution a engendré la sphère.
- [ Mécan. ] Diamètre de gravité5 c’est une ligue droite qui passe par le centre de gravité.
- Diamètre de rotation; c’est une ligne autour de laquelle on suppose que se fait la rotation d’un corps* V. ROTATION.
- [ Ane. astron. ] Diamètre des apsides ; c’étoit dans l’ancienriç astronomie une partie de la ligue des apsides , terminée par la circonférence de l’épicycle.
- [ Astron. mod. ] Diamètre des planètes ; on distingue les diamètres appareils et lee diamètres réels. Le diamètre apparent d’une planète, est t’aagîe sous lequel il nous paroît exprimé en minutes et en secondes ; le diamètre réel est l’angle dont il est la corde ou la soustendante, en prenant pour rayon la distance de la planète à la terre.
- Les diamètres s’observent et se déterminent avec des micromètres, ou se déduisent du tems ou la durée de leur passage.
- Les diamètres apparens des planètes servent à trouver leurs dia mètres réels , quand on connoît leurs distances.
- [ Archit. ] Diamètre de colonne; c’est le diamètre qui se prend au-dessus de la base, et d’où se tire le module , pour mesurer les autres parties d’une colonne. On appelle diamètre de renflement, celui qui se prend au tiers d’en bas.du fut, et diamètre de diminution , celui qui se mesure au plus haut de ce
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- fût Les colonnes de l’ordre corinthien ont dix diamètres ou modules de hauteur.
- [ Artillerie ] Diamètre d’un canon ; c’est l’étendue de l’ouverture d’un canon prise en droite ligne en. dedans , ou en croix d’un bord ià l’autre.
- Diamètre d’un boulet ; c’est la ligne qui passe par le centre d’un boulet , et qui aboutit à sa circonférence.
- D1AMQRUM, s. m. formé de la préposition grecque S'nt ( dia ), de, et de pôpov ( moron ) , mûre : l'ait de mures. .
- [ Pharmacie ] Sirop de mûres, propre pour les maux de gorge et la dyssenterie.
- D1ANDR1E , s. f. formé du gr. £1$ (dis), deux, etd’kvxp (anêr), gén.de k'iS'p's; [androsJ , mari , mâle : deux ma i is.
- [ Botan. ] C’est le nom que donne Linné à la deuxième classe de son système sexuel, parce qu’elle renferme les plantes qui sont pourvues de deux organes mâles ., ou de deux étamines. De-là on appelle plante ou fleur diandre ou diandrique , celle qui a deux étamines.
- DIANE , s. f. terme de chimie, V. ARBRE DE DIANE.
- DIANE, s. f. terme militaire, de l’espagnol diana , fait de dia, jour , dérivé du lat. dies.
- ( Art miJit. ] Battre la diane £ c’est battre la caisse à la points dû;’ jour , pour éveiller les soldats, vfç'è-
- ( Marine ) C’est également , en termes de marine , une batterie de tambour qui se répèle tous lesmatins à la petite pointe du jour , soit dans les ports et arsenaux, soit à bord du vaisseau commandant une rade. Cette batterie se termine par un coup de canon , qui sert de signal pour ouvrir les chaînes du port et autres issues , et qu’on appelle coup da canon de diane.
- DIANUCUM , s. m. formé de la préposition grecque Jtx(dia), de, et du lat. nux, nucis, noix : fait de noix.
- ( Pharm. ) Rob fait avec des noix.
- DIAPALME , s. m. de la prépos, gr. cftà (dia), et du latin palma , palmier.
- (Pharmacie) Onguent dessicatif propre à résoudre les fluxions ainsi
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- appelé, parce qu’on y fait entrer la
- décoction des feuilles de palmier.
- DIAPASME, s. m. formé de la préposition grecque dia ( dia ), par, et de iraatrob ( passô ), saupoudrer ; répandre de la poudre par, sur le corps.
- ( Cosmétique ) Poudre dont les .anciens se parfumoient le corps ; c’est la même chose que CATA-PA8ME. V. ce mot.
- DIAPASON , s. m. formé de la préposition grecque dia ( dia), par, et de ira<rm ( pason ) , génit. de irai ( pas ), tout : qui parcourt le tout.
- f Musique ) Terme de l’ancienne musique , par lequel les Grecs ex-primoient l’intervalle ou la conson-nance de l’octave.
- .Les facteurs d’instfumens de musique nomment aujourd’hui diapason , certaines tables où sont marquées les mesures de ces instrumens et de toutes leurs parties.
- On appelle encore diapason, l’étendue convenable à une voix ou à un instrument. Ainsi , quand une voix se force , on dit qu’elle sort du diapason, et l’on dit la même chose d’un instrument dont les cordes sont trop lâches ou trop tendues ; qui ne rend que peu de son , ou qui rend un son désagréable , parce que le ton en est trop haut ou trop bas.
- Diapason se dit encore d’une machine de figure triangulaire qui sert à trouver la longueur et la largeur convenables aux tuyaux d’orgues.
- ( Fondeurs ) Les fondeurs appellent diapason, leur échelle campana ire , qui leur sert à conuoître la grandeur, l’épaisseur et le poids de leurs cloches. Ils l’appellent aussi règle , bâton ou crochette..
- DïAPEDEZE, s. f. de la prépos. gr. dia ( dia ), par, au travers, et de irnSaw (pêdaô), sauter, jaillir : qni jaillit au travers.
- (Méd.) Les anciens entendent par ce lerme une sueur sanguinolente, une effusion de sang, en manière de sueur ou de rosée. Cette effusion arrive lorsque le sang est trop dissous , et que ses globules sont assez atténués pour se confondre avec la matière de la sueur , et passer avec elle par les tuyaux excrétoires
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- de la peau. La diapédèze diffère de l’anastomose , en ce que dans celle-ci les embouchures des grands vaisseaux sont ouvertes , et que le sang en* sort avec impétuosité et abondance ; au lieu que dans la diapé-deze c’est une sérosité sanguinolente qui se filti’e, pour ainsi dire, par des orifices de vaisseaux si petits , qu’il ne peut s’en échapper que quelques globules de sang fort atténués et mêlés avec la sérosité. Plusieurs auteurs font mention de sueur de sang.
- DIA PENTE, s. m. de la prépos. gr. dia ( dia ) , par, et de irv/is (pente ) , cinq.
- ( Musique ) Nom donné par les Grecs à l’intervalle que nous nommons quinte, et qui est la seconde des consonnances : il est ainsi appelé , parce qu’en le parcourant diatoniquement, on prononce cinq dif-férens sons.
- ( Pharmacie ) Diapente se dit aussi d’un médicament composé de cinq sortes de drogues.
- DIAPHANE, adj. de la prépos. gr. dia ( dia ) , au travers, et de <paivce (phainô ) , briller, luire.
- ( Physique ) Transparent, c’est -à-dire, qui est tel que la lumière peut passer au travers.
- Les cartésiens pensent que la dia-phanéité d’un corps consiste dans la rectitude de ses pores , c’est - à-dire , dans leur situation en ligne droite.
- Newton explique la diaphanéité par un autre principe ; savoir , par f homogénéité et la similarité , qui régnent entre le milieu qui remplit les pores, et la matière du corps : alors , selon lui, les réfractions que ses rayons éprouvent en traversant les pores , c’est-à-dire , en passant d’un milieu dans un autre qui en diffère peu, étant petites , la marche du rayon n’est pas tellement interrompue , qu’il ne puisse continuer son chemin à travers le corps. V. OPACITÉ, RÉFRACTION.
- DIAPHtENIX s ru. formé de la préposition gr. dia ( dia ) de , et de <po7vi% (phoinix ), nom que les Grecs donnent au palmier dont les dattes sont le fruit.
- ( Pharmacie ) électuaire purgatif dont la datte fait la base.
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- DIAPHONIE , s. f. composé de la préposition gr. «Lot ( dia ) , qui marque division ou séparation , et de <pavti [phoné ), son : son discordant.
- ( Musique) Les Grecs appeloient diaphonie tout intervalle ou accord dissonant , parce que les deux sons se choquant mutuellement, se divisent , pour ainsi dire , et font sentir désagréablement leur différence. Gui aretin donne aussi le nom de diaphonie à ce qu’on a depuis appelé discant , à cause des d’eux parties qu’on y distingue.
- DIAPHORÈSE , s. f. du grec (J'i'Kpoptunc (diaphorêsis), composé de <îtct ( diâ ) , à travers, et de <t>ipon ( phéro ), porter, transmettre d’un lieu à un autre.
- \Méd.) C’est en général une évacuation qui se fait par l’habitude du corps , et par les pores de la peau, c’est-à-dire par tous les pores, tant de la peau que de la surface des parties internes exposées au contact de l’air, et autres qui n’y sont pas exposées ; c’est, en un mot, la transpiration sensible. Mais le mot diaphorèse se prend plus particulièrement pour une transpiration insensible, plus forte que la naturelle, moins considérable que la sueur, qui se fait, en manière de vapeur par les pores de la peau.
- On appelle diaphorétiques les remèdes qui excitent la transpiration. .
- Diarhorétique se dit aussi d’une fièvre continue , collicative , accompagnée d’une sueur perpétuelle, huileuse et visqueuse.
- ( Chimie ) Minéral diaphoré-tique ; chaux blanche d’antimoine, faite en calcinant l’antimoine avec trois parties de nître.
- DIAPHRAGME, s. m. du grec thcKpphyfs.x. ( diaphragma ) ; composé de cf/ot, ( dia) à travers, et de <çosur<rm(phrassô),fermer, enclorre: cloison, séparation transversale
- ( Phisiol. Muscle très-large , fort mince , situé à la base de la poitrine qu’il sépare d’avec le bas-ventre , comme une espèce de cloison transversale; il forme aussi une cavité oblique et inclinée dont la partie là plus élevée est en devant, et-La plus basse en arrière, de sorte
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- qu’il fait un angle fort aigu aveè le dos.
- ( Optique) Diaphragme, en termes d’optique , est un anneau de métal ou de carton qu’on place au foyer commun des deux verres d’une lunette , ou à quelque distance du foyer , pour intercepter les rayons trop éloignés de l’axe , et qui pourroient rendre les images confuses sur les bords. On met souvent plusieurs diaphragmes dans une lunette; celui qu’on place au foyer de l’objectif, détermine le champ de la lunette, ou l’étendue des objets qu’elle peut faire voir.
- DIAPHYSE, s. f. du grec Jià-<pv<rtç ( diaphusis), composé de <T/at ( dia) , entre , et de q>ua, ( phuô) , naître , croître ; qui naît entre » qui croît parmi.
- ( Anat. ) Interstice , division , partition; tout ce qui sépare deux choses.
- DIAPNOTIQUE , adj. et s. du grec «T/aturvo» ( diapnoê ) , composé de Jih ( dia ) , entre , et de- ti-vs» (pnéô ) respirer : respirer au travers , transpirer.
- {Med.) Transpiration insensible. C’est aussi l’épithète qu’on donne aux remèdes qui font transpirer. Ils ne diffèrent guères des DIA-PHORETIQTJES. V. ce mot.
- DIAPRUN, corruption de DIA-PRUNUM , s. m. formé de la préposition gr. J'iot ( dia) , de , et du latin prunum , prune.
- ( Pharmacie) Electuaire purgatif, dont la pulpe des prunes de Damas fait la base.
- DI APPOSE , s. f. du grec S'thvr-two-tç ( diapiôsis ), chute, formé de «Lot {dia) , entre, et de nrnt<Tr& ( pipto ) tomber.
- (Musique) Intercidence , ou petite chute. C’est dans le plein-chant une sorte de passage qui se fait sur la. dernière note d’un chant , ordinairement après un grand intervalle en montant. Alors pour assurer la justesse de cette finale , on la marque deux fois , en séparant cette répétition par une troisième note que l’on baisse d’un. degré , en manière de note sensible , comme ut s ut, ou mi re mi. DIARRHEE, s. f. du gr fiippci*.
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- { diarrhoia) , composé de Sia. (dia), par, à travers, et de psà> ( rhéô ) , couler.
- ( Méd. ) Evacuation fréquente et copieuse de matière claire, aqueuse, muqueuse , gluante , écumeuse , bilieuse ou noirâtre des intestins , laquelle est quelquefois mêlée aveG les excrémens, sous leur forme ordinaire. Elle est souvent accompagnée de tranchées , mais cette circonstance ne lui est point essentielle. Le malade est sans force , urine peu, a le pouls foible ; il n’a point d’appétit, et sent quelquefois des mouvemens de fièvre.
- DIARRHODON , s. m. formé de la prépos. gr. cf/a. ( dia ), entre , et de pocJov ( rhodon ), rose : fait de rose.
- ( Pharmacie.) On donne ce nom à diverses compositions médicales , dans lesquelles il entre des roses rouges.
- DI ARTHROSE , s. f. du grec dia.$poù’ri<;(diarthrosis), composé de la prépos. grec que dia. ( dia ) , qui exprime division , séparation, et de âp9pov ( arthron ) , membre , jointure : articulation séparée.
- ( Anat. ) Articulation mobile , faite par des têtes reçues dans des cavités plus ou moins profondes , qui permettent aux os un mouvement en plusieurs sens. Fi ARTICULATION.
- DIASCORDIUM , s. m. formé de la prépos. gr. J/«t ( dia ) , de , et de enapdiov ( skordion ) , le scordium: fait de scordium.
- ( Pharmacie ) Espèce d’opiat ou d’électuaire , dont Fracastor a donné le premier la description, et qui prend son nom du scordium qui en fait la base.
- DIASEBESTE, s. m. formé de la prépos. gr. Jta ( dia ) , de, et du lat sebeste: faitdesé'èa5fa?z,sebeste.
- ( Pharmacie ) Electuaire purgatif dont les sebestes font la base.
- DIASENE , s. m. formé de la prépos. gr. dia ( dia ) , de , et du latin sena, séné : fait de séné.
- ( Pharmacie ) Electuaire purgatif dont le sénç fait la base.
- DIASOSTIQUE , s. f, dérivé du rec ’htiL'Tct'Z’» ( diasdzâ), conserver.
- Med. ) Partie de la médecine
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- qui regarde da conservation dè la santé.
- DIASPHAGE, s. m. du grec diao-<pay» (diasphagê ), formé de la prépos. ci/a ( dia ), qui exprime séparation et de o-acp® ( sphagd ) égorger : faire une incision.
- ( Physiol. ) Ce mot signifie proprement un iutervalle entre deux rochers, la distance d’une chose à une autre ; mais Hypocrate s’en sert pour exprimer l’intervalle ou la distance qui est entre les deux rameaux d’une même veine.
- DIASPHYXE , s. f. du grec diaçq»n'rfiç ( diasphixis ) , formé de la prépos. Sia ( dia ), par , à travers et de crctiy fœ ( sphiggô ) , frapper.
- ( Physiol. ) Pulsation d’une artère.
- DIASPORAMETRE , s. in. du grec JuL'T'jriipæ ( diaspeirà), disperser , et de p&Tf>ov ( métron ) , mesure.
- ( Optique ) Instrument propre à fixer la proportion de l’aberration de réfrangibilité.
- DIASPORE , s. ip. du grec dia<r-'irupu ( diaspeirô ), disperser.
- {Minéral. ) Minéral trouvé par M. Lelièvre, ainsi nommé parce que , si on l’expose à la flamme d’une bougie , il se décrépite et se dissipe en une multitude de petits fragmens nacrés , qui sautillent dans l’air.
- DIASTASE, m. du grec dia-ç-ctusc (diastasis), dérivé de cfmr»u/ (diistêmi), composé de dia. ( dia ) , qui exprime distance, séparation , et de iç-A/au ( iistêmi ) , poser , établir : séparation établie.
- ( Chirur. ) Ecartement d’os , espèce de luxation.
- DIASTEME, s. m. dugr.J/ACH/UÆ ( diastêma), et dont l’origine est la même que celle du mot DIAS-TASE.
- ("Musiq. ) Diastéme signifie proprement , dans la musique ancienne , intervalle. C’est le nom que donnoient les Grecs à l’intervalle simple , par opposition à l’intervalle composé, qu’ils appeloient SYSTEME. V. ce mot.
- DIASTOLE, s. f. du grec dtarox» ( diastole ), dérivé de dtaçv.xxr* ( diastellô), composé de dia (dia),
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- à travers, et de ç-iXKce (stellô), envoyer.
- ( Physiol. ) Dilatation , distension d’un vaisseau , d’une partie cave quelconque dans le corps humain, de laquelle les parois s’écartent en tout sens pour en augmenter la cavité. 11 se dit particulièrement d’un des mouvemeas du cœur et des artères, par lequel ils se dilatent pour recevoir le sang qui s’y porte en circulant. Le mouvement qui est opposé à la diastole, s’appelle SYSTOLE ( V. ce mot ) ou constriction. Le cerveau et ses membranes , les poumons et la poitrine , jouissent d’un mouvement de diastole et de systole. Les oscillations même de toutes les fibres du corps consistent dans ces deux roouvemens. La diastole du ccenr et celle des artères ne se font pas en même temps ; elles sont alternatives : quand le cœur se dilate , les artères se resserrent, et au contraire , la diastole des artères est ce qu’on appelle communément le pouLs.
- ( Gramm. ) Les grammairiens se servent de ce mot pour exprimer une licence poétique qui consiste à rendre longue une syllabe qui est brève de sa nature. C’est ainsi que Virgile commence un vers par le fflo italicus, dont la première syllabe est brève.
- DIASTYLE, s. m. composé de la prépos.' grecque cîm ( dia), entre , et de çvxoç ( stulos ), colonne: entre-colonne.
- ( Architect.) Entre-colonnement où les colonnes sont espacées de trois diamètres.
- DIASYRïiïE, s. m. du grec J'm-svp{j.oç (diasurmos ), composé de la préposition S'ik ( dia ), à travers, et de avfjo ( surô) , traîner.
- ( Diction ) Figure de rhétorique , espèce d’hyperbole , et une exagération d’une chose basse et ridicule.
- BIATESS ARON , s. m. du grec •LstTS'To-a.pov[diatessaron), composé de la préposition S'ik (dia de, par, et de T8!TT!/p8ç (tessares) , quatre: composé de quatre, fait avec quatre.
- ( Musique ) Nom que donnoient les Grecs à l’intervalle que nous appelons quarte, et qui est la troi-*ièiue des consonnances.
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- ( Pharmacie ) C’est aussi une sorte de thériaque , composée de quatre ingrédiens , la racine d’aristoloche , celle de gentiane, les baies de laurier et la myrrhe. Ou l’appelle encore thériaque des pauvres, parce qu’elle se fait à peu de frais et en peu de terni.
- DIATHESE, s. f. du grec Sik~ 8ss-iç ( diathesis ) , affection , disposition , constitution particulière, dérivé de Ji&içypu, constituer, établir.
- ( Méd. ) Disposition , affection ou constitution particulière de l’homme tant naturelle que contre nature. La diathèse établit le genre de la santé et de la maladie ; elle s’étend aussi aux causes des maladies , à leurs symptômes , et même à la disposition où l’on est de tomber malade.
- DIATONIQUE , adj. composé de la préposition gr. Sik {dia), par, et de tovoç(tonos), ton : passant d’un ton à un autre.
- ( Musique ) Le genre diatonique est celui des trois qui procède par tons et semi-tons majeurs, selon la division naturelle de la gamme, c’eSt-à-dire , celui dont le moindre intervalle est d’un degré conjoint , ce qui n’empêche pas que les parties ne puissent procéder par de plus grands intervalles, pourvu qu’ils soient tous pris sur des dé-grés diatoniques.
- Le genre diatonique des grecs résultoit de Tune des trois règles principales qu’ils avoient établies pour l’accord des tétrachordes. Ce genre se divisait en plusieurs espèces , selon les divers rapports dans lesquels se ponvoit diviser l’intervalle qui le déterminoit.
- Le genre diatonique moderne résulte de la marche con.sonnante de la basse sur les cordes d’un même mode , les rapports en ont été fixés par l’usage des mêmes cordes ou divers tons.
- Le genre diatonique est sans contredit le plus naturel des trois , puisqu’il est le seul qu’on peut employer sans changer de ton ; mais il faut remarquer que selon les lois de la modulation qui permet , et qui prescrit même le passage d’ua tea et d’uu mode à
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- l’autre, nous n’avons presque point, dans notre musique de diatonique bien pur. Chaque ton particulier est bien, si l’on veut, dans le genre diatonique. ; mais on ne sauroit passer de l’un à l’autre sans quelque transition CHROMATIQUE{V. ce mot) ,au moins sous entendue dans l’harmonie.
- Sons ou cordes diatoniques ; Euclïde distingue sous ce nom , parmi les sons mobiles, ceux qui ne participent point du genre épais , même dans le chromatique et l’enharmonique. F~. ENHARMONIQUE. Ces sons dans chaque genre sont au nombre de trois : savoir, le troisième de chaque té-tracorde. Vov. TÉTRACORDE. GENRE.
- DIATRAGACANTHE, s. m. formé de la préposition grec Jia. {dut], de, et de TfieiyitKeivB-oi {tragacan-tha ), espèce d’arbrisseau que les Persans nomment karmoghilas, et les Arabes carad, et qui produit une gomme appelée communément gomme adragant, ou gomme d’a-dragante, ou d’adraganthe.
- ( Pharmacie ) Electuaire dont la gomme adraganthe fait la base.
- DIATRIBE, s. f. du gr. J'ittlpiÇïj {diatribe) , dont les Latins ont fait diaJriba , dérivé de ef7«Tp/£«> ( diatribe) , s’exercer à quelque chose.
- {Diction) Diatribe avoit parmi les Grecs, comme parmi les Latins, des significations très-différentes. Les premiers entendoient par ce mot, délai, retardement, entretien. Il se prenoit, chez les Romains, pour secte, académie, assemblée de savans.
- Dans notre langue, il signifie proprement , dissertation critique sur un ouvrage d’esprit, ou sur une matière quelconque, et dans le langage ordinaire, une critique amère et violente.
- . DIAZEUXIS, s. m. du gr. <Ti«-CJ£/fiç ( diazeuxis ) , formé de J'ia {dia), qui exprime division, et de ( zeugô ) , séparer : séparation.
- ( Musique ) On appeloit ainsi , dans l’ancienne musique , le ton qui séparoit deux tétracordes disjoints, et qui, ajusté à l’un des deux, en fornioit le diapente. C’est
- DIC
- notre ton majeur, dont le rapport est de 8 à g, et qui est en effet la différence de la quinte à la quarte.
- DICASTERIQUE, adj. du gr. Jis [ dis ], deux, et de l’espagnol casta, race , caste : de deux castes.
- DICELIES , s. f. du grec Ji'myiXov ,
- [ deikêlon ] , image , représentation.
- [ Jeux scén. ] Sortes de farces ou de scènes libres , conservées de l’ancienne comédie. On appeloit dicélis-tes, ceux qui les jouoient.
- DICHORÉE ou DITROCHÉE , s. m. formé du gr. Jiç, [ dis ] , deux fois, et de yopiîoc, { choreios ) , chorée : à deux chorées.
- ( Poës. lat. ) Terme de prosodie et de poésie latine. C’est un pied de Vers composé de deux chorées ou trochées , c’est-à-dire , d’une longue , une brève, et une longue et une brève , comme comprobare , permanere.
- DICHOTOME , adj. du gr. «f/-yroftaç^dichotomos), divisé en deux parties, formé de Jikcl {dicha ) , en deux parties , et de ts/xvw (temnô) , diviser, séparer , inciser, couper.
- (Botan. Ce mot se dit, en termes de botanique , d’une tige ~qui se divise et se subdivise par bifurcation, en sorte qu’on n’y distingue point un tronc principal ; et l’on appelle dichotomas , le pédoncule qui naît de l’angle formé par deux rameaux de la tige dicho-tome.
- DICHOTOMIE , s. f. du grec éryatog.itA, {dichotomeia) , bissec-tion : même racine que DICHOTOME.
- ( Astronom.) Terme en usage parmi les astronomes , pour exprimer la phase on apparence de la lune , dans laquelle elle est coupée en deux , de sorte qu’on voit exactement la moitié de son disque ou de son cercle.
- Le temps de la dichotomie de la lune a été employé pour déterminer la distance du soleil à la lune. Au moment que la lune est dicho-tome , on est sûr que les rayons qui vont de la lune au soleil et a la terre , font un angle droit ,• mais il est fort difficile de fixer le moment précis où la lune est coupée en deux parties égales, c’est-à-dire , où elle est dans sa véritable
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- dichotomie ; et la plus petite erreur dans le moment de la dichotomie en produit une fort grande dans la distance du soleil ; au reste les. nouvelles méthodes étant bien plus exactes , celle-là est devenue inutile.
- La dichotomie est ce qu’on appelé dans le langage vulgaire, le premier ou le dernier quartier.
- DICLINES , adj. formé du grec cT/'ç, {dis), deux , et de y>ir/i , ( hlinê ), lit.- qui habitent deüx lits séparés.
- ( Botan.) Nom donné par Linné aux plantes dont les organes sexuels ne sont pas réunis dans chaque fleur, mais qui habitent séparément diverses fleurs , par conséquent unisexes.
- Les plantes diclines forment dans le système sexuel de Linné une division qui comprend les 21 , 22 et 23.ème classes , sous le titre de di~ clinie , c’est-à-dire, division des plantes dont les organes ont une habitation séparée , par opposition à MONOCLINIE ( V. ce mot ), qui renferme les vingt premières classes , ou les plantes dont les organes ont une seule habitation.
- DICOTYLÉDONES , s. f. et adj. composé du gr. J/'c , {dis) , deux, et de xoTuX«cfœv, (Tcotulêàôn), ou x-OTOXti, ( hotulê) , qui signifie proprement l’espèce de sinuosité dans laquelle les os s’emboîtent , et par extension, toutes les cavités qui ont une forme demi-ronde, comme écuel-le , tasse j etc. V. COTYLEDONS.
- ( Botan. ) Nom donné par Bernard de Jussieu dans sa Méthode naturelle , au troisième genre des plantes qui ont deux cotylédons , ou deux feuilles séminales.
- Les graines dicotylédones sont celles qui ont deux cotylédons ou deux corps charnus adhérens latéralement et à leur extrémité à un point commun : on les distingue très-facilement dans le haricot.
- DiCROTE , adj. du gr. Jmpotoç (dihrotos) , formé de Jiç , (dis) , deux , et de jcporea> ( krotéô ) , frapper : qui frappe deux fois.
- (Méd. ) Espèce de pouls inégal qui bat deux fois dans une même pulsation, c’est-à-dire qu’avant que l’artère soit entièrement dilatée pour finir sa pulsation , elle se retire un peu, et rebat dans le mê-
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- me instant , comme il arrive aux marteaux qui sont repoussés par l’enclume , lorsqu’on frappe dessus. Cette espèce de pouls est un signe certain d’une hémorragie critique par le nez.
- DICTAMEN , s. m. Mot emprunté du latin.
- ( Didactique ) Terme didactique qui signifie mouvement , sentiment de la conscience.
- DICTATEUR , s. m. dulat. dic-tator, formé , suivant Denis d’Ha-licaruasse , de edicendo , parce qu’il ordonnoit ce qu’il vouioit : et selon Varron , de dicere, parce que le consul le nommoit , ce qui s’ap-peloit dicere.
- (Hist. rom.) Magistrat romain créé par le sénat ou par le peuple , dans des temps difficiles , pour six mois au plus. T. Lartius Fla-vus eut le premier la dictature. Sylla , vainqueur de Marius , se fit nommer dictateur perpétuel. César le fut aussi ; après sa mort, la dictature fut abolie ; mais Auguste et ses successeurs régnèrent sous le titre d’empereur ; et dès lors la république expira.
- DICTATURE , s. f. dignité de dictateur, même origine que dictateur.
- DICTATURE , s. f. terme de diplomatie, du latin dictare, dicter, faire écrire.
- (Diplomatie) On appelle ainsi dans la ville où se tient la diète germanique , une assemblée .de secrétaires de légation , qui se tient dans une salle au milieu de laquelle est élevé un siège destiné pour le secrétaire de légation de l’électeur de Mayence. Ce secrétaire dicte de-là aux secrétaires de légation des princes, les mémoires , actes , protestations et autres écrits qui ont été portés au directoire de l’empire ; et ils les écrivent sous sa dictée.
- DICTION, s. f du.latin dictio, formé de dicere, dire.
- (Elocution) ,1a partie du style qui regarde le choix des paroles,
- DICTIONNAIRE , s. m. du latin dictio ; dictionarium , dictionna-rius liber, livre de diction.
- ( Gramm.) Recueil par ordre alphabétique de tous les mots d’une
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- langue, d’une science, d’un art, ou des sciences , des arts , des métiers , ou des explications et des définitions qui distinguent et développent le caractère propre de chaque mot. V. VOCABULAIRE, GLOSSAIRE.
- DIDACTIQUE, s. et adj. du gr. JiS’olx.tixos ( didaktikos ), formé dé é'iJ'ttcmte ( didaskô ) , enseigner , instruire ; l’art d’enseigner , ce qui est propre à instruire. La didactique; rordre didactique ; le genre didactique,
- ( Poésie ) Poème didactique ; le but du poëine didactique est d’instruire, son moyen est de plaire, et, s’il le peut, d’intéresser.
- La première règle du poëme didactique est de lui donner un fond solide et intéressant , modeste "dans le choix de son sujet.
- Virgile n’a voulu qu’instruire le cultivateur , mais il l’a honoré, et il a élevé à l’agriculture le plus beau monument (jue le premier des arts agréables put élever au premier des arts nécessaires.
- Quoique de tous les arts, celui dont les préceptes sont le plus naturellement susceptibles des orne-mens de la poésie , ce soit la poésie elle-même ; Horace n’y a mis cependant qu’une raison saine et solide. Des idées élémentaires , souvent neuves , toujours fécondes , sont la richesse de ce bel ornement.' Aussi, tant que la poésie aura du charme pour les hommes, ce code abrégé de ses lois leur sera précieux, et devra sa durée à sa solidité.
- Despréaux à qui Horace et Aristote n’avoient guères laissé de nouvelles choses à dire , et qui , dans l’art poétique , ne nous a pas ddnné une idée qui soit de lui , le judicieux Despréaux a senti que la précision, la justesse, l’industrieux mécanisme des vers , ne lui suffiroient pas pour faire avec interet des préceptes déjà connus, dans une langue sur-tout qui est loin d’avoir l’harmonie et la précision des langues anciennes : il y a mêlé tout ce que la poésie de détail a d’agrément et d’élégance. Il a suivi Horace et imité Virgile , en homme de goût et en artiste ingénieux.
- DIE
- DIDACTYLE, adj. du grec «Wc ( dis), deux , et de J'à.KTvXoç (dak-tulos ) , doigt , qui a deux doigts.
- ( Zoologie ) On appelle ainsi les animaux mammifères qui ont deux doigts à chaque pied;
- DIDELPHi, adj. et s. du grec J'iç ( dis ) , deux, et de S'tX'èvç ( det-phus) , matrice: deux matrices _
- (Zoologie) C’est le nom que certains naturalistes donnent à un genre d’animaux carnassiers pédi-manes anxquels la nature a donné une double matrice, qui, au moyen de quelques muscles , s’ouvre et se ferme , entretient le foetus , reçoit les petits après leur naissance, soit pour téter la mère, soit pour les soustraire à leurs ennemis : le tarsier et la sarigue sont didelphes.
- DIDYME, s. m. du grec «DJV-fxoç ( didumos) jumeau.
- ( Physiol.) On donne ce nom aux testicules et à deux éminences du cerveau appelées autrement testes.
- ( Botan. ) Il se dit encore de ce qui dans les plantes est comme composé de deux parties plus ou moins sphéroïdales , ou courtement ovoïdales , et tellement jointes que le plan de leur réunion a ses deux diamètres moindres que celles de ces parties.
- DIDYNAME . adj. du grec LT (dis) , deux , et de J'ùvftp.iç ( du-namis ), puissance , qui a deux puissances.
- ( Botan.) Etamines didynames; celles qui étant au nombre de quatre dans une corolle monopétale, irrégulière , sont disposées en deux paires , dont l’une est plus grande que l’autre.
- DIDYNAMIE, s. f. même origine que DIDYNAME.
- . ( Botan.) C’est le nom que Linné a donné à la quatorzième classe de son système sexuel, qui comprend les plantes à quatre étamines , dont deux longues et deux courtes.
- Fleur didynamique ; celle qui a des étamines didynames.
- DIEDRE ; adj. du grec L: (dis), deux, et de êj'pst (hedra) , siège ou hase.
- ( Géom.) Terme nouveau qui se dit d’un angle fornîé par deux plans
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- qui se rencontrent, et qu’on ap-pelle autrement un angle-plan.
- DIEREZE, s. f. du gr. fia'ipso-tc (diairésis) , division , séparation , dérivé de ètu-ipius ( diairéô), diviser, composé de <Là (dià) à travers, et de aipiüù (ptiréô), prendre.
- ( Poésie ) Division d’une syllabe en deux. Les poètes latins ont pris quelquefois cette liberté lorsqu'ils ont eu besoin d’une syllabe de plus pour faire un vers, ., Ainsi quand Horace fait ! rois-syllabes de sylvœ sy-lv-œ , il le fait par diérèze.
- ) Chirurgie ) La diérèze est une opération qui divise et sépare les parties dont l’uniou et la continuité sont un obstacle à la guérison, ou qui sont jointes et collées ensemble contre l’ordre naturel.
- La diérèse est commune oupar-ticulière. La commune est celle où l’on divise pour parvenir à rétablir l’ordre des fonctions ; telle est l’incision que l’on fait pour retirer les pierres de la vessie.
- La diérèze particulière a pour objet la séparation des parties dont l’union est contre nature : telle est l’imperforation de l’anus , celle du vagin pour les femmes, et du gland dans les hommes.
- ( Méd. ) De diérèze on a fait dié-rétiques pour désigner les remèdes qui ont. une vertu corrosive.
- DIÈSE , ou DIÉSIS , s. m. du grec S'itTiç ( diésis ), division, dérivé de J'îitip.1 ( diiêmi ), passer au travers.
- ( Musique ) Le dièse étoit chez les anciens le plus petit intervalle de leur musique. Chez les modernes, il n’est pas proprement un intervalle , mais un signe de cet intervalle, qui marque qu’il faut élever le son de la note devant laquelle il se trouve au-dessus de celui qu’elle devoit avoir naturellement , sans cependant la faire changer de degré ni même de nom. Or , comme cette élévation se peut faire de trois manières dans les geures établis, il y a trois sortes de dièzes, savoir : le diéze diatonique , qui se figufepar une croix de S. André, qui élève la note d’un quart de ton, ou qui est l’excès du sémi-ton majeur sur le sémi-ton mineur.
- DIE 5 20
- Le dièze chromatique, double dieze, ou dièze ordinaire marqué par une double croix , qui élève la note d’un sémi-ton mineur. Le dièze enharmonique majeur , ou triple dièze , marqué par une croix triple, qui élève le son d’environ trois quarts de ton.
- De ces trois dièzes dont les intervalles étaient tous pratiqués dans la musique ancienne , il n’y a plus que le chromatique qui soit en usage dans la nôtre, l’intonation des dièzes enharmoniques étant pour nous d’une difficulté presque insurmontable.
- DIÈTE , s. f. du grec Jour*
- ( diaita ), régime de vie.
- ( Méd. ) Diète est en général une manière d’user avec ordre de tout ce qui est indispensablement nécessaire pour la vie animale, soit en santé , soit en maladie. Parmi les choses indispensablement nécessaires , l’on range particulièrement l’air et les alimens, l’exercice et le repos , le sommeil et la veille , les excrémens et les secrétions, les passions de l’ame. La juste proportion et l’équilibre de toutes ces choses constituent la santé leur dérangement entraîne l’état de maladie.
- DIETE , s.f (assemblée ) dugr, dieta , fait de aies , en Allemand reichstag , journée impériale , comme on disoit autrefois en France dieta , pour journée destinée à plaider ou à traiter d’affaires.
- ( Êcon. polit. ) Diète se dit de Rassemblée des états , soit en Allemagne, soit en Suisse.
- La diète de VEmpire est une assemblée générale des états ou cercles de l’Empire pour délibérer des affaires publiques.
- DIÉTÉTIQUE, s. et adj. Même origine que DIETE (régime ).
- ( Méd. ) La diététique est la partie de la médecine qui prescrit le régime qu’il est à propos de tenir par rapport à l’usage des choses non naturelles; l’art d’ordonner le régime.
- Diététique est aussi une épithète que l’on donne aux remèdes sudorihques et dessicatifs qu’on or-
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- donne dans les maladies Vmérien-
- nes.
- DLEXODE, s. m. du :rec é'tct ( dia ), à travers, et <i sfoeJor ( exodos), sortie, dérivé de oJoc ( odos ) , voie , chemin : passage par lequel on sort.
- ( Méd. ) Hipocrate applle ainsi la descente ou sortie de. excré-mens par l’anus.
- DIFFÉRENCE , s. f. lu latin différentia, formé de diffeo , pour in distinctas partes fera, transporter çàetlà .- diversité ,dissemblance , distinction.
- ( Logique ) Qualité esentïelle qui distingue entre elles fis espèces d’un même genre.
- ( Arithm. ) Excès d’une .randeur sur une autre, ou ce qii reste quand on retranche d’ure grandeur une autre grandeur le même nature. Ainsi la différencede 9 à 4 est 5.
- Calcul aux différences fines ; on appelle ainsi la méthode <e faire, sur les différences finies ces grandeurs variables, des opératons analogues à celles que les cafiuls différentiel et intégral font sur les différences infiniment petites. Pour la théorie de ce calcul, ni peut consulter le Traité du Calcul différentiel de M. Euler.
- ( Astron. ) Différence acension-nellec’est la différence eitre l’ascension droite et l’ascensbn oblique d’un astre , ou l’arc d l’équateur compris entre le pdnt auquel l’astre répond perpeidiculai-rement, et le point qui s< lève ou qui se couche au même tenps que cet astre.
- La différence d’ascensioi droite entre deux astres est mearée par le temps qui s’écoule ente leurs passages par le méridien ou par un cercle lunaire quelcoique. Ce sont ces différences que fis astronomes observent continuelement, pour connoître la position!’un astre inconnu, par le moyer de l’astre dont on connoît déjà a situation.
- DIFFÉRENTIEL , adj Même origine que DIFFÉRENCE
- ( Haute géom. ) On appelle dans la haute géométrie, quantié différentielle , ou simplement iifféren-
- D IF
- tielle , une quantité infmiment petite , ou moindre que toute quantité assignable.
- O11 l’appelle différentielle, ou quantité différentielle, parce qu’on la considère ordinairement , comme la différence infiniment petite de deux quantités finies , dont l’une surpasse l’autre infiniment peu.. Newton et les Anglais l’appellent fluxion, à cause qu’ils la considèrent comme l’accroissement momentané d’une quantité. V. FLUXION.
- Calcul différentiel ; c’est la manière de différencier les quantités , c’est-à-dire , de trouver la différence infiniment petite d’une quantité finie variable. Cette méthode est une des plus belles et des plus fécondes de toutes les mathématiques. M. Leibnitz qui l’a publiée le premier, l’appelle calcul différentiel , en considérant les grandeurs infiniment petites comme les différences de quantités finies. C’est pourquoi il les exprime par la lettre d qu’il met au-devant de la quantité différenciée. Ainsi la différentielle de x est exprimée par d, x , celle de y par d, y, etc. M. Newton appelle le calcul différentiel, méthode des fluxions , parce qu’il prend les quantités infiniment petites pour des fluxions ou des accroissemens momentanés. Il considère , par exemple , une ligne comme engendrée par la fluxion d’un point , une surface par la fluxion d’uue ligne , un solide par la fluxion d’une surface , et au lieu de la lettre d , il marque les fluxions par un point mis au-dessus de da grandeur différenciée. Consultez l’Analyse des infiniment petits dé M. l’Hôpital.
- DIFFICULTÉ , s. f. du lat. difl-ficultas , pour difflcilitas , composé de la particule grecque êvç ( dus ) , qui marque faiblesse , peine , malheur , privation , et du latin facilitas , possibilité de faire : comme qui diroit embarras, peine, fatigue que l’on à à faire quelque chose,empêchement, traverse^, opposition , obstacle.
- ( Arts libéraux ) Vaincre la*difl ficulté , c’est la difficulté vaincue. Ces expressions souvent employées
- en pstflaüî de l’exécution d’un ta-
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- DIF
- bleau, d’un concerto , etc., annoncent que l’artiste à force de patience, d’exercice et de travail, est parvenu à surmonter tous les obstacles qui naissent de la nature même de la chose qu’il a entrepris d’exécuter.
- ( Méd. ) Difficulté se dit aussi de la disposition des parties du corps qui causent des maladies. La graveile donne une difficulté d’uriner. L’affection du poulmou donne une difficulté de respirer.
- ( Matière dogmatique) Difficulté signifie aussi une raison , une objection , un argument contraire à une proposition avancée , qui semble la détruire.
- DIFFINITÉ , s. f. Pour disaffinité , composé de la particule grecque é'vç ( dus ) , et du latin affini-tas , affinité ; proprement, voisinage , et par extension, alliance, parenté : non-parenté.
- ( Botan. ) Linné a fait deux grandes divisions de fleurs hermaphrodites qu’il distingue par les noms de diffinité et d’affinité. La diffi-nité ou non-parenté a lieu quand les étamines sont parfaitement libres , c’est-à-dire , quand elles ne sont réunies ni par les fleurons , ni par les anthères , ou quand elles ne sont pas attachées immédiatement sur le pistil,
- DIFFRACTION , s. m. du latin diffringo, composé de la particule grecque fvs ( dus ) , qui exprime privation , et du lat. fringo , rompre, briser: inflexion, détour.
- ( Optique ) Propriété des rayons de lumière, qui consiste en ce qu’ils rasent un corps opaque , et ne continuent pas leur route en ligne droite. Avant le père Gri-maldi , jésuite , les physiciens croyoient que la lumière ne pou-voit se répandre qu’en ligne droite, par réflexion ou par réfraction , mais ce savant y en ajoute une quatrième qu’il avoit observée dans la nature , et qu’il appela diffraction. C’est cette inflexion des rayons qui se fait à la superficie ou auprès de la superficie des corps , et d’où il résulte non seulement nue plus grande ombre que celle qu’ils devroient donner , mais encore différentes couleurs à côté de
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- cette ombre, fort semblables à celles de l’expérience ordinaire du prisme.
- DIFFUS , adj. du lat. dijfundo , étendre , répandre.
- '{Botan.) Il se dit du panicule des tiges qui sont étalées et disposées avec confusion, et qui étendent lâchement leurs ramifications»
- DIGASTRIQUE, adj. de la pré-pos. grecque é'n ( dis j, deux fois , et de ( ystçip ) gastêr, ventre : qui a deux ventres.
- ( Physiol. ) Nom d’un muscle long , situé latéralement , entre toute la base de la mâchoire et la gorge. U est charnu vers ses extrémités , et tendineux dans le milieu de sa longueur , comme s’il étoit fait de deux petits corps de muscles attachés bout à bout à un tendon ; ce qui lui a fait donner le nom de digastrique, en latin biventer.
- DIGESTE, s. m. du lat. digesta, orum , formé de digero , mettre en ordre.
- ( Pratique) Recueil des décisions des plus fameux jurisconsultes romains, composé par ordre de Justinien.
- Cet empereur en donna la commission à Tribonien, son chancelier, qui choisit seize jurisconsultes pour y travaillier. Jls tirèrent les plus belles décisions qu’ils trouvèrent dans les deux mille volumes des anciens jurisconsultes, et les réduisirent en un corps qui fut publié en 533, sous le nom de Digeste.
- Cujas dit que digeste signifie des livres distribués dans un bel ordre et économie ; et c’est dans ce sens que Tertullien appelle digeste l’évangile de S. Luc. En droit, on cite le di-> geste par un D, et quelquefois par deux FF jointes ensemble , ce qui vient de ce qu’en grec le Digeste étoit appelé Pandectes, livre contenant toutes choses ( Voyez PANDECTES) , qu’on abre'geoit par deux. vit, et que des copistes latins ont pris pour deux FF.
- Le digeste a été observé en France depuis le règne de Louis-le-Jeune , du moins dans les provinces de droit écrit.
- DIGESTEUR, s. m. du latin di-gerere, qui a été employé parCieéron et d’autres pour çoncoquere , cuire.
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- (Physique) Digesteur de T afin; c’est ia même chose que la marmite de Papin : c’est un vase de métal très-fort, exactement fermé par un couvercle , retenu par une forte vis,-et qui sert à faire cuire les viandes et les fruits dans leur jus.
- Les viandes, après qu’elles ont été exposées sept à huit minutes à un petit feu , se trouvent réduites à une espèce de pulpe ou liqueur, et les os les plus durs , après quelques minutes de plus , se convertissent en gelée. V. GELATINE.
- DIGESTION , s. f. même origine que DIGESTEUR.
- ( Chimie ) Digestion est le nom d’une opération qui consiste à exposer à une douce chaleur , telle que celle du soleil ou de ceudres chaudes, une substance animale ou végétale, plongée dans un véhicule, soit aqueux , soit spiritueux. Le but de ia digestion chimique est d’attendrir un corps, ou d’en séparer un principe qui ne peut céder qu’à l’action prolongée de l’eau à une température modérée.
- (Méd.) Fonction naturelle, par laquelle les alimens renfermés dans l’estomac elles intestins grêles, sont convertis en chyle, et mis en état de servir à la nonrriture du corps. C’est la même chose que CHYLIFI-CATJÜN ou CI1YLOSE. Voy. ces mots.
- De digestion oh a fait digestif, pour désigner le suc de l’estomae qui pénètre les alimens, les atténue et les rend propres à nourrir les corps, en les convertissant en chyle.
- Digestif se dit aussi des remèdes qui facilitent la digestion dans l’estomac , et celle des humeurs dans tous les vaisseaux du corps.
- Digestif se dit encore, en termes de chirurgie , d’une espèce d’onguent ou de iiuiment qu’on applique sur les plaies pour en mûrir la matière , et la préparer à la suppuration.
- DIGITATION , s. f. du iat. di-gitus, doigt.
- ( Anat, ) Terme dont on ss sert pour exprimer la manière dont deux muscles dentelés par leur extrémité opposée s’endenteut l’un dans l’autre , à peu près de même que les doigts des deux mains, lors qu’on les place les uns contre les autres.
- D I G
- Il y a plusieurs muscles du col , dont les attaches sont par digitation aux apophyses , soit transverses, soit épineuses des vertèbres,
- DIG1TEE, adj. du lat. digitatusr formé de digitus , doigt.
- ( Botan. ) Feuille digitée , celle qui est composée de plus de trois folioles , immédiatement fixées au sommet d’un petioie commun : telles sont celles de l’aesculemaronnier.
- D1GLYPHE , s. m. du grec <fic (dis), deux , et de y\u<pn (gluphé)l gravure, dérivé de yxvÿa> (gluphô), graver : qui a deux gravures.
- ( Archit. ) Ornement d’architecture dont Vignole est l’inventeur, et qui consiste dans une console ou corbeau à deux gravures.
- DIGRESSION , s. f. du latin di-gredior , se détourner ; composé de la particule gr. ( dia ), qui signifie séparation, et du lat. gradior, marcher : l’action de marcher hors de son chemin.
- ( Diction ) Ce qui est dans un discours hors du principal sujet.
- La digression est une partie non nécessaire , mais utile au sujet. Tels sont les récits , les éloges , les descriptions, etc qu’on fait moins pour l’ornement que pour l’utilité du discours.
- Quoique la digression soit une partie ajoutée contre l’ordre naturel du discours , elle doit naître du sujet, le développer , le rendre plus intéressant, et servir de liaison et de nœud entre les parties , bien loin d’en rompre le fil : autrement, elle paraîtra empruntée et grossièrement employée.
- La digression doit être courte , et telle qu’il paroisse au lecteur que-c’est la force du sentiment qui nous a emportés et jetés , pour ainsi dire , hors du droit chemin. Voilà pourquoi on l’aime dans l’ode , où elle est regardée comme un effet de l’enthousiasme propre à la poésie lyrique.
- (Astron. ) Digression se dit, en général , en termes d’astronomie , de l’éloignement apparent des planètes au soleil ; c’est à - peu - près la même chose qneÉLONGATiON ( F. ce mot ); mais il se dit plus communément des planètes inférieures , Mercure et Ténus , qui ng s'éloignent
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- s’éloignent du soleil que jusque» à nu certain point -, Mercure , de vingt-liuit degrés, et Vénus de quarante-huit. Quand une de ces planètes est dans sa plus grande digression orientale ou occidentale , le rayon par lequel nous la voyons est une tangente à l’orbite de la planète , et elle nous paroit, pendant quelque temps , à la même distance du soleil , ou à la même élongation. Ces circonstances sont très - favorables pour déterminer exactement la situation et la grandeur d’une orbite , c’est-à-dire, le lieu de son aphélie , sa distance au soleil, l’excentricité de l’ellipse que la planète décrit. V. APHELIE , EXCENTRICITE.
- DIGUE , s. f. du flamand dyk, amas de terre contre les eaux , qui pourroit venir du saxon , dice, dont les Danois auroient fait dige , et les Anglais dike, dans la même signilication. Ménage pense qu’il vient du gr.(tukos) teikos , qui sigttifie mur , rempart, construction en bois.
- (Hydrodynamique ) On appelle généralement digue, tout obstacle opposé à l’effort que fait un fluide pour se répandre. C’est un solide formé de terre on de pierre , de charpente on de fascinage , souvent de plusieurs de ces matières , ou même de toutes ensemble , destiné à arrêter , quelquefois à détourner, et à rejeter d’un autre côté les eaux^d’un ruisseau , d’un fleuve ou de Ta mer.
- Les digues prennent, relativement à leur objet, et suivant les matériaux dont elles sont composées , les noms de chaussées , quais, tuscies, levées , buttes , glacis, reversons , jetées , môles , épis , batardeaux , etc. Sur quoi il faut remarquer que plusieurs de ces dénominations sont synonymes , le même ouvrage changeant souvent de nom d’un pays à un autre.
- DIGYNE , adj. du gr. Jic Ç dis ), deux fois, et de yvw (gunê), femme.
- ( Botan. ) Ce mot se dit dans le système sexuel de Linné, des fleurs on des plhntes qui ont deux pistils deux styles , ou même deux stigmates sessiles.
- Tome I.
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- De âigyne, Linné a fait digy-nie , pour désigner la section ou la sous-division des classes des plantes dont la fleur a deux parties temelles ou deux pistils etc.
- DIMELIE, s. f. du gr. dut ( dia ), au travers, et de m'kioç ( hélios), le soleil.
- ( Astron. ) C’est le nom que quelques astronomes ont donné à l’ordonnée de l’ellipse qui passe par le foyer du soleil.
- DU AM GE , s. m. du grec die (deux fois) , et d’in/uÇoç ( iatnbos), ïambe : double ïambe.
- (.Poésie) Pied de vers latin, composé de deux ïambes , c’est-à-dire , de quatre syllables , dont la première et la troisième sont brèves, la seconde et la quatrième longues, comme severitas.
- DILACERATION, s. m. dulat. dilacero , déchirer, composé de la particule gr, dut ( dia ) , qui exprime séparation, et de lacero.
- ( Chirurgie) Division violente, séparation causée par une grande distension.
- DILAPIDATION , s. f. du latin dilapidatio, formé de la prépos. gr, dut ( dia ) , qui exprime séparation , division , et du latin lapido , lapider , jeter des pierres : l’action de répandre , de disperser des pierres.
- (Finance ) Ce mot a été employé la première fois par Rabelais, pour exprimer une dépense folle , désordonnée. Dilapidation des finances de VÉtat.
- DILATABILITÉ, s.f. de dilafo, élargir , composé de la particule gr. d/st ( dia), qui exprime séparation , et de latus , large : propriété de ce qui est de la table.
- ( Physique ) Propriété qu’ont les corps de pouvoir être dilatés , c’est-à-dire, de pouvoir augmenter de volume, de pouvoir occuper un plus grand espace que celui qu’ils occupoient auparayant, soit par l’introduction d’un fluide étranger, qui écarte leurs parties , soit par la force de leur ressort, lorsqu’il cesse d’être retenu par des obstacles.
- DILATANS, s. m. même originç que dilatabilité.
- ( Chirurgie ) U se dit de certains corps que Pou introduit dans la L 1
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- cavité d’une plaie ou d’un ulcère, et qu’on y laisse comme une pièce de l'appareil.
- DILATATEUR , s. m. V. pour l’origine, DILATABILITE.
- ( Physiol. ) On a donné ce nom à plusieurs muscles : le muscle dilatateur antérieur du larynx ; le muscle dilatateur postérieur du larynx , etc.
- DILATATION , s. f. même origine que DILATABILITÉ : extension , relâchement.
- ( Physique ) Action par laquelle un corps augmente de volume. Il y a deux causes de la dilatation des corps : l’une est l’introduction d’une quantité plus ou moins grande de matière de feu , qui, par son abondance et son action , pénètre le corps , en écarte les parties et augmente ainsi son volume , en lui faisant occuper un espace plus grand que celui qu’il occupoit auparavant.
- La seconde cause de dilatation est Vélasticité. Tout corps élastique , qui est dans un état de contraction , sitôt que la puissance qui le retient , cesse d’agir , ou agit moins fortement, s’étend , augmente de volume , en un mot se dilate. L’air sur - tout a cette propriété dans un degré éminent ; de-sorte que la plus petite portion d’air enfermée dans un vase , le remplit toujours , quelque grand qu’iî soit.
- Quelques physiciens distinguent la dilatation de la raréfaction ils définissent l’une, une expansion par laquelle un corps augmente son volume par sa force élastique, et l’autre , une pareille expansion occasionnée par la chaleur ; mais la plupart des auteurs confondent ces deux propriétés. V. RARÉFACTION.
- ( Méd. ) Dilatation a en médecine la même signification que DIASTOLE ( V. ce mot ) , et se prend pour l’action d’élargir , d’étendre, de rendre plus grand. La dilatation du cœur , la dilatation d’une plaie.
- DILATEUR ou DILATOIRE, s. m. même origine que DILATABILITÉ.
- ( Chirurgie ) Instrument dont on
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- se sert pour ouvrir et dilater quelque cavité.
- C’est encore un instrument qui sert à écarter l’orifice des parties qu’on a incisées.
- Dilatoire herniaire : instrument d’un acier poli,dont la sonde mousse et plate est propre à être introduite dans l’issue herniaire.
- DILATOIRE , adj. , terme de palais, vient de dijfiero, composé du grec i'im ( dia ), qui exprime division , et de fero, porter : qui porte d’un lieu à un autre , d’un tems à un autre.
- ( Pratique ) Ce qui tend à faire différer.
- Exceptions dilatoires ; certaines fins de non-recevoir , proposées contre la demande , ou la qualité de la partie adverse , qui ne vont pas à l’exclusion de l’action, mais seulement à eu différer le jugement définitif, à en retarder l’exécution.
- DIRECTION , s. f. du lat. dilec-tio , de diligo, composé de di et li go, aimer, chérir , choisir d’entre.
- ( Style mystique ) En termes de dévotion, amour, charité.
- ( Diplomatie ) Il s’emploie aussi dans l’adresse des rescrits apostoliques : A tous fidèles chrétiens, salut et dilection.
- C’est encore un titre que le pape et l’empereur emploient à l’égard de certains princes : JJai écrit à votre dilection.
- DILEMME, s. m. du gr. ê'tx-np.p.a. ( dilêrnma ) , à double prise. Ce mot vient de cL;, deux fois , et de X«,u£*v«. , je prends.
- (Logique ) Raisonnement où l’on fait une division de diverses raisons que l’adversaire peut avoir pour se défendre, et où l’on oppose à chacune de ses raisons une réponse qui doit paroître sans réplique.
- DILIGENCE, s. f. du latin diligent ia , formé de diligo , prendre soin: exactitude , prompte exécution.
- (Pratique) Ce terme , en style de palais, est synonyme de poursuite.
- ( Commerce ) Diligence s’entend des protêts que l’on est obligé d« faire, faute d’acceptation ou de paiement d’une lettre de change , afin d’assurer son recours sur le tireur
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- ou l’endosseur, lorsqu’on ne peut faire payer l’accepteur.
- ( Technol. ) Diligences se dit aussi de certaines voitures qui vont d’un lieu à un autre en moins de tems que les voitures ordinaires.
- DIMANCHE, s. m. du latin dominica, sousentendu dies, jour du seigneur,
- ( Calendrier ) Jour du seigneur , premier jour de la semaine, consacré au seigneur.
- Si l'on considère ce jour dans l’ordre de la semaine , on trouve qu’il répond au jour du soleil. Mais lorsqu’on l’envisage comme fête particulièrement consacrée au service de Dieu , on remarque qu’il répond au sabat des Juifs, avec cette différence néanmoins que le sabat étoit célébré le samedi. Les premiers chrétiens remirent au jour suivant à célébrer le dimanche, à cause de la résurrection du sauveur, qui a été mauilestée ce jour-là.
- Ce fut Constantin qui ordonna que tout travail cesseroit le dimanche.
- A l’époque de l’institution du nouveau calendrier, les mois de l’année républicaine française, composés chacun de 3o jours ( plus 5 jours complémentaires ) , avoient été divisés en trois décades , de dix jours chacune, que l’on avoit nommés , suivant l’ordre des nombres , primidi , duodi , tridi , quartidi , quintidi, sextidi, septidi, octidi , nonidi , décadi ; mais depuis le nouveau concordat, la division du mois en trois décades a été effacée du calendrier français pour faire place aux anciennes dénominations de semaine , dimanche, lundi , etc.
- DIMENSION, s. f. du latin di-mensio , fait de dimetior, composé delà particule gr. é'ia. (dia), qui exprime séparation, et de métior, mesurer , prendre la mesure.
- ( Géom. ) Dimension s’entend de l’étendue d’un corps considéré en tant qu’il est mesurable , ou susceptible d’être mesuré.
- Il y trois sortes de dimensions, la longueur, la largeur et la profondeur ou épaisseur.
- La longueur toute seule s’ap-
- DIM 531
- pelle ligne ; la longueur combinée avec la largeur prend le nom de surface ; enfin la longueur , la largeur et la profondeur ou épais~ seur, combinées ensemble, produisent ce que l’on nomme un solide. V. LIGNE, SURFACE. SOLIDE.
- _ ( Algèbre ) On se sert particulièrement du mot dimension pour exprimer les puissances des racines ou valeurs des quantités connues des équations que l’on appelle les dimensions de ces racines. V. RACINE.
- Ainsi, dans une équation simple ou du premier degré, la quantité inconnue n’a qu’une dimension ; dans une équation cubique , elle a trois dimensions.
- En général, on dit en algèbre qu’une quantité comme a b c d , abc , a b, est d’autant de dz-mensions qu’il y a de lettres ou. de facteurs dont elle est composée. Ainsi a b c d est de quatre dimensions , a b c de trois, etc.
- DIMETRE, adj. du grec Iis (dis)7 deux fois , et de juévpov (métron), mesure : qui est de deux mesures.
- ( Poésie) Il se dit des vers qui n’ont que deux mesures en quatre pieds. Par exemple :
- Non erat, et ccelo fuigebat luna,
- sereno ,
- Inter minora sidéra, HorAt,
- Le premier vers est hexamètre , et le second est un ïambe dimètre.
- DIMINUÉ , ÉE , participe du latin diminuo.
- ( Archil. ) Colonne diminuée , celle dont le retranchement est peu sensible , afin d’imiter le tronc des arbres. La diminution se fait ordinairement depuis le tiers de la hauteur du fût jusqu’au dessous du chapiteau.
- ( Musique) Intervalle diminué; c’est tout intervalle mineur dont on retranche un semi-ton par un di èse à la note supérieure. A l’égard des intervalles justes qui forment les consonnances parfaites, lorsqu’on les diminue d’un semi-ton l’on ne doit point les appeler diminués , mais faux , quoiqu’on dise quelquefois mal à propos Lia
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- quarte diminuée , au lieu de dire fausse quarte , et octave diminuéer au lieu de dire fausse octave.
- DIMISSOIRE, s. m. du latin dimitto , composé de la particule gr. S'iu ( dia ) , qui exprime séparation , et de mitto , envo3'er : envoyer d’un lieu à un autre.
- ( Discipl. ecclés. ) Dimissoire se dit des lettres que donne un évêque à son diocésain , pour pouvoir prendre la tonsure ou quelqu’autre ordre ecclésiastique d’un autre évêque. ,
- DINANDEFIF. , s. f. de Dînant, ville du département de Sambre et Meuse.
- ( Chaudronnerie ) Marchandise de cuivre larme mise en œuvre , synonyme de chaudronnerie; ainsi nommée , parce qne le pays abonde en calamine dont le mélange avec la rosette fait le cuivre jaune. On appelle dinanderie le cuivre jaune que la ville de Diuant envoie par toute l’Europe ; on appelle même dans plusieurs lieux les chaudro-niers, dinandiers.
- DIOCESE, du gr. S'toismrn (dioi-kêsis ), administration , gouvernement, juridiction ; formé de J'tomm (’dioikéô) , administrer , gouverner.
- (Hist. rom.) Dès le tenrs de Stra-bon, les Romains avoient divisé l’Asie en diocèses ou juridictions. Dans la suite, Constantin partagea l’empire en r4 diocèses, en y comprenant le diocèse de Rome, et les villes suburbicaires.Ces x4 diocèses contenoient 120 provinces. Chaque province avoit un proconsul qui demeurait dans la capitale ou dans la métropole, et chaque diocèse~an vicaire de l’empire qui résidoit dans la principale ville de son district.
- ( Hist. ecclés.) L’ordre ecclésiastique fut réglé sur le gouvernement civil. Chaque diocèse eutun vicaire ecclésiastique ou primat qui jugeoit en dernier ressort les affaires de l’église.
- Aujourd’hui, le mot diocèse ne signifie plus un assemblage de plusieurs personnes, mais une seule province ; et en France un seul département sous un métropolitain ; ou le territoire d’un évêque ou d’un archevêque , considéré comme évêque seulement.
- DÎO
- DKECIE , s. f. du grec <f/ç ( dis), deux fois , et de ohuct (oikia), maison , habitation: habitation double.
- ( Botan. ) La dicecie est la vingt-deuxième classfe du système sexuel de Linné , qui renferme les plantes dont les fleurs sont mâles ou femelles , séparément sur deux individus, ou des pieds différens.
- DIOIQUES , adj. même origine que DKECIE.
- (Botan.) On appelle ainsi les plantes qui sont de la classe diœcie.
- DIONCOSE, s. f. du gr. èioyAorn , faire eufler.
- ( Méd. ) Ce mot est eu usage chez les méthodiques, pour signifier la distension du corps par l’amas des parties excrémenticielles, ou la diffusion des humeurs.
- DIOWYSISQUES , s. f. du grec J'imuo-iç/TKoç ( diônusislcos ), fait de Aioivva-oç ( Diônusos), Bacchus.
- ( Anat. ) Deux éminences osseuses, situées auprès des tempes,que l’on appelle autrement ( ke-
- rata), cornes , parce que les poètes représentent Bacchus avec des cornes.
- DIOPHANTE, s. m. du grec Aio<puvr^c (Diophantês) ; nom propre.
- ( Géom. ) Problèmes ou questions de Diophante ; on appelle ainsi certaines questions sur les nombres carrés, cubes, les triangles, rectangles , du genre de celles qui ont été examinées et résolues autrefois par Diophante, mathématicien d’Alexandrie , qu’on croit avoir vécu vers le milieu du troisième siècle.
- L’ouvrage de Diophante est le premier ouvrage d’algèbre de l’antiquité ; ce n’est.pas qu’il soit l’auteur de cet art ; car, outre qu’on eft trouve dans des auteurs plus anciens, Diophante ne donna point dans son ouvrage les règles de l’algèbre; il traite cette science comme déjà connue.
- DIOPTASE, s. f. du gr (dia), au travers . et d’tntrxc-ia. (optasia), vision, apparition, dérivé d’o-xTo-y.cu ( optomai ), regarder : chose vue au travers.
- (Minéral)' C’est le nom d’une pierre qui a été regardée long-tero* comme une variété de l’émeraude,
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- DIO
- mais que M. Haüy a reconnue pour être d’une substance très-différente. Elle est ainsi nommée parce que les joints naturels de ses lames cristallines sont visibles à travers le cristal, par des remets très-vifs , lorsqu’on fait mouvoir ce cristal à la lumière.
- DIOPTRE, s. f. du grec (dia), à travers, et de otit op-cti (optomai), voir , regarder : qui voit à travers.
- ( Chirurgie ) Instrument de chirurgie qui sert à dilater la matrice ou l’anus, afin d’examiner les maladies de ces parties.
- ( Optique ) On appelle aussi dioptres, des trous percés dans les pinnules de l’alidade d’un instrument astronomique ou géométrique.
- DIOPTRIQUE, s. f. même origine que DIOPTRE.
- La dioptrique est la science qui a pour objet les effets de la lumière réfractée. On appelle aussi cette science ANACLASTIQUE. Y. ce mot.
- La dioptrique, prise dans un sens plus étendu, est la troisième partie de l’optique , dont l’objet est de considérer et d’expliquer les effets de la réfraction de la lumière lorsqu’elle passe par différens milieux, tels que l’air, l’eau, le verre, et sur-tout les lentilles.
- Les auteurs qui ont écrit sur la dioptrique sont : Descartes , Huy-gheus, Harrow, Newton , G uisnée , Mallebranche et Smith.
- Une des principales difficultés de la dioptrique, est de déterminer le lieu de l’image d’un objet qui est vu par réfraction ,et les auteurs d’opti-quenesont pointd’accord là-dessus.
- La dioptrique a ses lois , qui sont déduites de la manière dont la lumière se réfracte , en passant d’un milieu dans un autre.
- J.re LOI. Les rayons de la lumière se réfractent toujours, lorsqu’ils passent obliquement d’un milieu dans un autre , d’une densité ou d’une résistance différente.
- II. e LOI. Quand la lumière se réfracte en passant d’un milieu plus résistant dans un moins résistant, l’angle de réfraction est plus petit que celui d’incidence , et vice rersâ.
- III. e LOI. Quelque grande ou
- DIP 553
- quelque petite que soit la réfraction , les sinus des deux angles de réfraction et d’incidence demeurent toujours en rapport constant, quand les milieux sont les mêmes. Voyez, pour l’explication île ces lois, RE-FRACTION, LENTILLE; et pour leur application , TÉLKSCOP Ë, MI; CROSCÜPE.
- Dioptrique, adj. se dit aussi, en général, de tout ce qui a rapport à la dioptrique. Il est opposé à ca~ toptrique, aussi pris adjectivement [V. CATOPTR1QUE). Ainsi, on dit télescope dioptrique , d’un télescope entièrement par réfraction, c’est-à-dire , composé de verres, par opposition au télescope catoptrique ou c.atadioptrique'-, qui est un télescope par réflexion , composé de verres et de miroirs.
- DIORRHOSE , s. f. du gr. Jà* [dia), qui exprime division, séparation, et de ofpoç [arrhes), sérosité.
- ( Ttléd. ) Changement des humeurs en sérosité et en eau.
- DIPETALE , adj. du grec cit, ( dis ), deux fois, et de viTetxov (pétalon), pétale : feuille qui â deux pétales.
- ( Bctan. ) Corolle composée de deux pièces distinctes, jusqu’à leur insertion.
- BIP1IRYGES, s. m. du gr. «T#c ( dis ), deux fois, et de <pf>oy& (phrugo ), rôtir : rôti deux fois.
- ( Métall. ) Ou a donné ce nom au marc , ou à la lie et à la cendre du cuivre fondu, qui se trouve à la fournaise lorsqu’il est écoulé.
- Dioscoride en distingue trois sortes : celui qu’il appelle naturel , quoiqu’il se fasse d’uu limon de certaine mine , séchée au soleil , et brûlée au feu de sarment ; celui qui est la crasse du cuivre fondu ; et celui qui se fait de la marcassite, ou pierre pyrite brûlée.
- Le diphryges est employé en pharmacie , pour les ulcères difficiles à cicatriser.
- DIPHTONGUE , s. f. du grec rStçQoyycc ( diphthoggos ) , formé de J/ç (dis) , deux fois , et de <pB6y-yoç ( phthoggos ) , sou dont la racine est rendre un son.
- qui a un son double.
- ( Grammaire ) Réunion de deux
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- 534 DIP
- sons simples , qu'on fait entendre dans le même instant, par une seule émission de voix; de sorte que dans la diphtongue proprement dite , il y a deux sons, ce qui la différencie d’avec les voix simples qui n’ont qu’tm son, quoiqu’on les écrive avec
- rlusieurs caractères ou voyelles :
- un et l’autre de ces sons est simple, ce qui distingue la diphtongue d’avec la voix articulée par quelque consonne : enfin, l’un et l’autre est produit par une seule émission de l’air des poumons , ce qui fait que la diphtongue n’est que d’une syllabe.
- Dans la première syllabe du mot aimer , il y a deux voyelles ou deux caractères; mais ces deux voyelles ne donnent qu’un son, et par conséquent ne forment point une diphtongue. Dans le mot diacre , au contraire , la première syllabe dia fait entendre, très-distinctement le son de 1 ’i et le son de l’a : voilà le double son qui forme la DIPHTONGUE.
- DIPHYLLE, adj. du grec Jn, (dis), deux fois, et de <jwXkov ,
- (phullon) , feuille : double feuille.
- ( Boian. ) Il se dit du calice des fleurs , quand il est de deux pièces ou de deux folioles.
- Il se dit aussi d’une plante ou d’une tige qui ne porte que deux feuilles.
- DirLANTIDIENNE , s. f. composé des quatre mots grecs c/tc { dis ) , deux fois ; de ttxatiç (pîa-sis ) , image ; d’otv-r; ( anti ), opposé et de s7cfaç (eidos), ressemblance : qui représente les images doubles , opposées et semblables,
- ( Astron. ) Nom d’une lunette double , ou à deux objectifs, proposée par M. Jeaurat, dans' laquelle on voit deux images du même objet , l’une droite , l’antre renversée. V. LUNETTE DOUBLE.
- D1PLOE , s. f. du grec Ji'ttXo» ( dïploê) , féminin de àitta iç ( di-plous ) , double.
- ( Anat. ) Substance spongieuse qui sépare les deux tables du crâne, et forme avec elles le crâne.
- DIPLOMATIE, s. f. et adj. du gr. oe-urKoiua. (diplâma), dérivé de Ji nrt o ii ç (diplous) , double, qui signifie copie double d’un acte.
- DIP
- (Diplomatie) Terme nouveau qui signifie science des rapports , des intérêts de puissance à puissance. Le corps diplomatique est la réunion des ambassadeurs ou ministres étrangers qui résident auprès d’une puissance.
- DIPLOMATIQUE , s. f. même origine que DIPLOMATIE.
- La diplomatique est l’art de con-noître les différentes écritures et la date des diplômes, et par conséquent de vérifier la vérité ou la fausseté de ceux qui pourraient avoir été altérés , contrefaits ou imités, pour les substituer quelquefois à des titres certains ou à de véritables diplômes.
- Cette science exige une profonde érudition et une grande familiarité avec les écritures des différens peuples et des différens siècles.
- La science d’an bon diplomatiste consiste à ;
- i°. Comparer les diplômes douteux avec les diplômes authentiques.
- 2n. Examiner la conformité ou la différence dn style d’une pièce à l’autre.
- 3°. Faire attention à la date et à la chronologie des actes ou des lettres.
- 4°. Regarder les signatures du diplôme , et voir si les signataires n’étoient pas morts au temps de la date du diplôme.
- 5°. Examiner l’histoiré certaine de la nation et de ses rois, aussi bien que les mœurs du temps ; les coutumes , les usages du peuple , au siècle où l’on prétend que là charte a été donnée.
- 6°. Examiner les monogrammes ou les signatures des rois, aussi bien que celles de leurs chanceliers ou référendaires.
- 7°. S’assurer que les sceaux sont sains et entiers , sans fracture, sans altération et sans défauts ; qu’ils n’ont, pas été transportés d’un acte véritable pour l’appliquer à un acte faux et supposé. .
- 8.° Faire attention à la matière sur laquelle le diplôme est écrit, et à l’encre qu’on a employée , et la comparer à celle qu’on employoit alors.
- Malgré toutes ces précautions on
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- DIP
- a été , et l’on peut encore être la dupe d’un faussaire.
- DIPLOME , s. m. du gr. cJWxa>£t* (diploma), formé de Siir^Ôvs (di-plous ) , double : acte double.
- ( Diplomatique) Charte , acte , titre émané d’un souverain ; par lequel on accorde un droit ou un privilège. Dans quelques Etats , on appelle encore diplômes les lettres-patentes du souverain.
- ( Chimie ) Diplôme en termes de chimie, se prend pour un double vase ; faire bouillir in diplomate , c’est mettre les ingrédiens qu’on veut travailler dans un vaisseau plus grand , qu’on remplit d’eau , et auquel on appliqne le feu : ce mot répond à bain-marie.
- DIPLOPIE, s. f. du gr. JWxo«/s ( diplous ), double, et de (ôps), œil , vision, racine om-Topcti {op-tornai ), voir : qui voit double,
- ( Méd. ) Affection des yeux qui fait qu’on voit les objets doubles.
- D1PSE, s. f. du grec </<4a (dipsa), soif. V. SOIF.
- ( Méd. ) De dipse , les médecins ont fait dipsétiques, pour désigner les remè'des qui excitent la soif.
- DIPTERE , s. m. du grec Jiç ( dis ) , deux fois , et de 'irrspov (ptéron ), aile : qui a deux ailes.
- ( Archit. ) Les anciens appe-loient ainsi les temples qui étoient entourés de deux rangs de colonnes, et qui avoieut huit colonnes à la face de devant, et autant à celle de derrière, ce qui formoit deux portiques qu’ils appeloient ailes.
- ( Botan. ) Diptèrê se dit aussi d’une double expansion , ou saillie membraneuse des bords , des angles ou des cotés d’utie partie quelconque d’une plante.
- ( Insectologie ) Les naturalistes appellent encore diptères les insectes qui n’ont que deux ailes au lieu de quatre , mais qui sont accompagnés de petits filets terminés par un globule , qu’on appelle balanciers : l’oustic , le taon, la mouche , sont diptères.
- DIPTYQUES , s. m. formé du gr. Ji'KTpvya. ( diptucha ) , chose pliée en deux,1 dérivé de rarrvrrœ { ptussô ) , plier, et de Sis ( dis }, deux fois.
- DIR '535
- ( Histoire anc. ) Les dupliques étoient le registre public, sur lequel s’inscrivoîent les noms- des cbnsuls et des magistrats.
- Les Romains faisoient mettre dans les vers des Saliens , les personnes à qui ils vouloient faire honneur d’une manière singulière , comme on le fit à Ger-manicus et à Vérus, fils de Maro-Aurcle ; et long-teins avant, pendant le temps de la république , à Mamurius Véturius , et à Lucia Volnmnia.
- ( Liturgie ) Les diptiques , chez les premiers chrétiens, étoient un double catalogue, dans l’un desquels on écrivoi tles noms des vivans, et dans l’autre, les noms des morts, qu’on devoit réciter durant le sacrifice. C’étoit le diacre qui étoit chargé de lire ces noms. On appel-loit le tems des diptyques, le tems où on lisoit les diptyques durant le sacrifice. On écrivoit dans les sacrés diptyques les noms des évêques qui avoient- bien gouverné leur troupeau , et de ceux qui avoient fait du bien aux églises.
- DIPYRE, s. m. du grec Sis ( dis)’, deux fois, et de nrup [pur), feu : deux fois ou doublement susceptible de l’action du feu.
- ( Minéral. ) Nom imposé par M. Haüy à une substance minérale, appelée autrement par les naturalistes LEUCOLITE , V. ce mot.
- DIRE , s. m. dulat. dicere, dire.
- (Pratique) Procédure par laquelle le demandeur ou le défendeur dit et articule quelque chose; Cette procédurequi diffère des demandes , défenses et répliques proprement dites , est appelée un dire, parce qu’après les qualités des parties, il-y a toujours cette formule consacrée, dit pardevant vous , etc.
- A dire d’experts ; c’est dire suivant l’estimation faite par experts.
- DIRECT, adj. du lat. directus., droit.
- ( Logiaue ) Syllogisme direct celui dont la co clusion est directe.
- ( Généal. ) Ligne directe ; c’est la ligne principale où sont les ascendans : elle est appellée directe par opposition à la ligne collatérale,-
- ( Pratique ) Succession directe
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- <se dit de même par opposition A succession collatérale.
- ( Arithm. et Géom.. ) Raison ou proportion directe lorsqu’en supposant deux causes et deux effets, la première cause est au premier effet j comme la seconde cause est au second effet -, on dit, en ce cas , que les causes sont en raison directe de leurs effets ; mais si la première cause est au premier effet, comme le second effet est à la seconde cause, alors les causes sont eu raison inverse ou réciproque des effets.
- Quand deux triangles sont semblables , leurs côtés homologues sont en raison directe.
- Les corps sont attirés en raison directe de leurs masses , et en raison renversée du carré de leurs distances. V. RAISON, PROPORTION , RENVERSE, RÉCIPROQUE, INVERSE.
- ( Optique ) Vision directe d'un objet ; c’est celle qui est formée par des rayons directs , c’est-à-dire , par des rayons qui viennent directement et immédiatement de l’objet à nos yeux. La vision directe est opposée à celle qui se fait par rayons réfléchis ou rompus, c’est-à-dire , par des rayons qui partent de l’objet, et qni avant d’arriver à nos yeux, tombent sur la surface d’un miroir qui nous les renvoie , ou sur la surface d’un corps transparent qui la brise , et à travers lequel ils passent.
- ( Astron. ) Vianet es directes ; on considère les planètes dans trois états, savoir : directes, stationnaires et rétrogrades.
- On dit qu’elles sont directes quand elles paroissent se mouvoir vers l’Orient, suivant l’ordre des signes du zodiaque : stationnaires, quand elles paroissent rester au même point, et rétrogrades quand elles paroissent se mouvoir dans un sens contraire ou vers l’Occident.
- ( Musique ) Intervalle direct ; c’est celui qui fait un harmonique quelconque sur le sôu fondamental qui le produit. Ainsi la quinte, la tierce majeure, l’octave, et leurs répliques, so ît rigoureusement les seuls intervalles directs.
- $b;is par extension, l’cm appelle
- DIR
- encore intervalles directs, tous les autres , tant consonnans que dis-sonnans, que fait chaque partie avec le sou fondamental pratique qui est ou doit être au-dessous d’elle ; ainsi la tierce mineure est un intervalle direct sur un accord en tierce mineure , et de même la septième ou la sixte ajoutée sur les accords qui portent leur nom.
- Accord direct; celui qui a le son fondamental au grave , et dont les parties sont distribuées, non pas selon leur ordre le plus naturel , mais selon leur ordre le plus rapproché. Ainsi l’accord pat fait direct, n’est pas octave , quinte et tierce , mais tierce, quinte et octave.
- DIRECTEMENT, adv. même origine que DIRECT!
- ( Géom. ) On dit que deux lignes sont directement l’une vis-à-vis de l’autre, quand elles font partie d’une même ligne droite.
- ( Mécanique) On dit qu’un corps heurte ou donne directement contre un aulre , s’il le frappe dans une ligne droite perpendiculaire an point de contact.
- Un sphère frappe directement contre une autre, quand la ligne de la direction du choc passe par les deux centres.
- DIRECTEUR , s. m. même origine que DIRECT : qui conduit , qui règle.
- ( Culte cathol. ) Directeur de conscience, ou simplement directeur, est celui qui conduit une personne , qui a soin de la cons-science de quelqu’un.
- {Pratique) Directeurs des créanciers ; ce sont ceux que des créanciers unis ensemble par un contrat d’union et de direction , choisissent parmi eux , pour veiller à l’intérêt commun , faire toutes les démarches, poursuites et actes nécessaires, tant en jugement que dehors.
- ( Commerce) Directeur est encore un nom qu’on donne à ceux qui sont choisis et préposés pour la direction , le maniement et la conduite des affaires d’une compagnie établie pour le commerce.
- ( Constitut. german. ) Directeurs des cercles ; on appelle ainsi , en Allemagne , les princes qui sont à
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- D I R
- la tête de chaque cercle.Leurs principales fonctions , sont, i.° dans le cas de nécessité , de convoquer les assemblées de leurs cercles, sans avoir besoin pour cela du consentement de l’empereur ; i.° de faire des propositions , de recueillir les voix , et d’en former un conclu.-sum ; 3.° de recevoir les rescrits de l’empereur, les lettres des princes et des autres cercles, afin de les communiquer aux membres du cercle , etc. ;
- Chaque cercle a un ou deux directeurs,
- DIRECTION, s. f. même origine que DIRECT : conduite, action de mener droit.
- ( Mécanique ) Direction, en mécanique , est en général la ligne droite suivant laquelle un corps se meut ou est censé se mouvoir.
- La ligne de direction signifie particulièrement la ligne qui passe par le centre de la terre et par le centre Me gravité d’un corps.
- ~-Angle de direction ; c’est l’angle compris entre les lignes de direction de deux puissances qui conspirent.
- ( Astron. ) Direction se dit du mouvement d’une planète, lorsqu’elle paroît se mouvoir d’occident en orient. V. DIRECT.
- { Géom. ) On dit en géométrie que trois points , ou que deux ou plusieurs lignes , sont dans la même direction , quand ces points ou ces lignes se trouvent précisément dans une seule et même ligne droite.
- (Physique) Direction de l’aimant ; c’est une propriété qu’a Vaimant de diriger l’un de ses pôles vers le nord , et l’autre vers le sud. Cette propriété est sans doute la plus utile de toutes celles de l’aimant : c’est par son moyen qu’on peut s’orienter dans un lieu où l’on ne voit pas le ciel. En un mot, c’est une application heureuse de cette propriété qui nous a fourni la boussole, si utile aux navigateurs.
- La propriété attractive de l’aimant étoit connue long-tems avant sa direction , et sa direction long-tems avant son inclinaison.
- La direction de l’aiguille ai-
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- mantée a quelque chose de fort surprenant ; car , en premier lieu , cette aiguille ne se tourne pas exactement vers les deux pôles de la terre ; de plus , on y remarque chaque jour de la variation dans le même endroit; enfin, elle est fort différente dans les différeas endroits de notre globe.
- A Paris , il s’en faut ordinairement de 20 à 21 degrés, plus ou moins, qu’elle ne se tourne exactement vers les pôles. Cet écart de l’aiguille s’appelle sa déclinaison. V. DÉCLINAISON. Le célèbre Haller a fait une carte de ces différentes déclinaisons.
- ( Botan. ) On dit que les tiges de telle plante sont dans une direction droite ou verticale, oblique ou penchée , horizontale ou parallèle à l’horizon.
- ( Pratique ) Direction ; c’est la régie et la disposition que les créanciers font des biens qui leur ont été abandonnés par leurs débiteurs.
- DIRECTRICE, s. f. meme origine que DIRECT.
- ( Géom. ) Il se dit de la ligne le long de laquelle on fait couler une autre ligne ou une surface , dans la génération d’une figure plane, ou d’un solide.
- DIRIMANT, adj. duîat. dirimot diviser, désunir, composé de la particule gr. Sia (âia), qui exprime séparation , et du lat. emo , acheter , acquérir : désunir , annuler ce qu’on a fait.
- ( Droit canon. ) Empêchement dirimant ; c’étoit un défaut qui emportoit la nullité d’un mariage.
- DISCALE, s. f. formé du latin ch al are , diminuer, abaisser, qui pourroit venir du grec yeCKe/.a. chalaô ) , abaisser , relâcher , ont les Italiens ont fait calo, dans la même signification.
- ( Commerce ) Déchet du poids d’une marchandise qui se vend au poids.
- Le discale d’une botte de foin se fait par l’évaporation de l’humidité qui y est contenue.
- DISCIPLINE , s. f. formé du latin disco, enseigner, et de pu-ellus » dont on a faitpullus , instruction de la jeunesse : institution s ins-
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- traction, éducation, règlement, ordre , conduite. Discipline ecclésiastique , discipline militaire.
- DISCORD AN T j adj. du latin discordare , formé de la particule dis , et de cor , cœur : qui ne s'accorde pas, qui n'est pas d’accord.
- ( Musique ) On appelle ainsi tout instrument dont on joue et qui n’est pas d’accord , toute voix qui chante faux , toute partie qui ne s’accorde pas avec les autres. Une intonation qui n’est pas juste fait un ton faux ; et une suite de tons faux fait un chant discordant.
- DISCOURS , s. m. du latin dis-currere, composé de la particule dis, qui signifie çà et là, et de cur-rere, courir , courir çà et là.
- ( Diction ) Assemblage de phrases et de raisouneinens réunis et disposés suivant les règles de l’art , pour les occasions publiques et brillantes..
- On comprend sous le nom générique de discours, les plaidoyers, les panégyriques , les oraisons funèbres, les harangues, etc.
- DISCRÉDIT, s. m. de l’italien âiscredito , formé de la particule négat. dis, et du latin créditant, crédit, confiance.
- ( Commerce ) Diminution , perte de crédit. Ce mot a été mis pour la première fois en usage dans l’année 1719, où les arrêts du conseil d’Etat l’ont consacré pour exprimer la perte qui se faisoit sur les actions de la compagnie des Indes et les billets de banque.
- DISCRET , adj. de discretum , participe de discerno, composé de la particule disjonctive dis , et de cerno, voir séparément,
- Cemotsignifie proprement, séparé, distingue' ; mais il se prend , dans le langage ordinaire, pour avisé , prudent , judicieux , retenu dans ses paroles et dans ses actions.
- ( Méd. ) Il se dit, dans son sens propre, de la petite vérole , dont les
- imstules sont distinctes et séparées es unes des autres.
- ( Géom. ) On l’emploie également an propre en géométrie et en physique , lorsqu’on parle d’une proposition discrète ou disjointe , c’est-
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- à-dire , d’une proposition dans laquelle le rapport de deux nombres ou quantités est le même que celui de deux autres quantités , quoiqu’il n’y ait pas le même rapport entre les quatre nombres.
- Quantité discrète ; c’est celle dont les parties ne sont point contenues ou jointes ensemble : tel est un nombre dont les parties étant distinctes, ne peuvent former un seul continu ; car , selon quelques-uns , il n’y a point dans le continu de parties actuellement déterminées avant la division : elles sont infinies en puissance ; c’est pourquoi l’on a coutume de dire que la quantité continue est divisible à l’infini.
- DISCRÉTION, s. f. même origine que DISCRET : judicieuse retenue , circonspection.
- ( Art milit. ) Se cendre à discrétion; c’est se rendre à la merci du vainqueur , par la confiance qu’on a qu’il usera bien de la victoire.
- Ondit aussi que les soldats vivait à discrétion dans un pays, pour dire qu’ils vivent chez leurs hoi.es sans rien payer , et sans antre règle que leur volonté.
- DISCRIMEN, s. m. mot latin qui signifie séparation.
- ( Chirurgie') Nom qu’on a donné à une espèce de bandage dont on se sert pour la saignée du front , parce qu’en passant le long de la suture sagittale, il divise la tête en deux parties égales,, ou parce qu’il y a des séparations entre ses tours.
- DISCUSSIFS, adj. du lat. dis-cutio , dont le participe est discussion, ébranler,dissiper, chasser, écarter, composé de la particule disjonctive dis et de quatio, secouer , ébranler.
- {Méd.) On appelle ainsi les remèdes qui par la subtilité de leurs parties résolvent le sang coagulé , ou quelque autre fluide pareillement épaissi, et cela sans aucune solution extérieure de continuité; tels sont les diaphoréti-ques , les résolutifs, les carmina-tifs, les volatils.
- ( Pratique ) Discussion , en termes de palais , désigne la recherche et la vente en justice qu’un créancier fait des biens que possède son
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- débiteur. La discussion des meubles a lieu avant celle des immeubles ; celle de rhvpothèque spéciale, avant la générale; celle du principal obligé , avant les cautions, etc.
- DISDIAPASÛN, s. xn. composé du gr. £iç ( dis) , deux fois , et de Jict'rcuo-m ( diapason ) , F~. ce mot ; double diapsori,
- ( Musique ) Nom que donnoient les Grecs à l’intervalle que nous appelons double octave.
- Le disdiapason est à-peu-près la plus grande étendue que puissent parcourir les voix humaines , sans se forcer ; il y en a même assez peu qui l’«ntonnent bien pleinement. C’est pourquoi les Grecs avoient borné chacun de leurs modes à cette étendue, et lui don-noient le nom de système parfait. V. MODE, GENRE, SYSTEME.
- DISGRÉGATION, s. f. composé de la particule lat. disjonct. dis , et de grex , troupeau : l’action Ae désunir, de disperser des choses réunies en troupeau.
- ( Optique ) Ce mot se dit de la dispersion des rayons de lnmière. V. DISPERSION.
- DISLOCATION, s. f. composé de la particule disjonctive dis , et de loco , placer: l’action de déplacer.
- (Chirurgie) Déboîtement des os. V. LUXATION.
- DISPARATE , s. et adj. mot emprunté de l’espagnol.
- ( Langage) Ecart , inégalité, marque de rapport ou de suite dans la conduite ou dans les discours.
- DISPENSAIRE, s. m. du latin de spenso, pour dispendo, composé de la particule disjonctive dis , et de dispendo , répandre hors.
- ( Pharmacie ) Apothicairerie , ou le lieu où l’on prépare des mé-dicamens. Ce mot.se dit aussi Iré-quemment d’une pharmacopée , ou d’un livre qui traite de la composition des remèdes.
- DISPENSATION, s. f. même origine qne DISPENSAIRE.
- ( Pharmacie ) Disposition, arrangement de plusieurs médioamens simples ou composés, pesés chacun selon leur dose requise , après avoir
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- été bien choisis et préparés pour eu faire une composition.
- DISPENSER , v. a. même origine que DISPENSAIRE.
- ( Pharmacie ) Distribuer , ménager, préparer diverses sortes de remèdes, et en garnir une boutique d’apothicaire , pour s’en servir au besoin.
- DISPERMATIQUE , adj. du gr. cT(s (dis) , deux fois , et de a-nr^put (sperrnaj, semence : qui a deux graines , deux semences.
- (Botan.) Il se dit des plantes qui n’ont que deux graines ou semences.
- DISPERME, adj. même origine que DISPERMATIQUE ; il se dit du fruit ou loge renfermant deux graines , tantôt apposées l’une à côté de l’autre , tantôt imposées l’une au dessus de l’autre.
- DISPEPiSION , s. f. formé de la particule disjonctive dis , et despar-go , répandre, répandre çà et là.
- (Pioptrique) Ecartement qu’ont entre eux les rayons de lumière de différentes couleurs , lorsqu’ils sont rompus par quelques corps réfrin-gens.
- Cette dispersion est plus ou moins grande , suivant le corps réfringent dont on fait usage.
- De tous les corps naturels, le diamant paroit être celui qui cause la plus grande dispersion, car il sépare le mieux les couleurs ; aussi , lorsqu'il est exposé à la lumière du soleil ou même des bougies , brille-t-il d’un éclat admirable.
- DISPONIBLE, adj. du lat. dis-pono , disposer,
- ( Pratique ) Biens disponibles ; ce sont ceux dont les possesseurs peuvent disposer librement pav testament ou par toute autre voie. Somme disponible ; un revenu disponible.
- DISPOSITIF , s. m. même origine que DISPONIBLE.
- ( Pratique ) C’est la partie d’une sentence ou arrêt qui contient ce que les juges ont prononcé. Ou peut, dans un jugement d’audience , distinguer deux parties , les qualités et le dispositif. Si c’est un jugement sur instance, un procès appointé , il y trois parties .• les qualités , le vu et le dispositif.
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- DISPOSITION , s. f. même origine que DISPONIBLE : arrangement tics différentes parties d’un tout.
- ( Diction ) Il ne suffit pas d’avoir trouvé , par le moyen de l’invention y les preuves et les raisons qui doivent entrer dans le sujet qu’on traite ; il faut encore les mettre dans l’ordre le plus propre à faire impression sur l’esprit des auditeurs. C’est cette seconde partie de la rhétorique qu’on appelle disposition ; elle consiste à placer et ranger avec ordre et justesse les différentes parties du discours qu’on met communément au nombre de
- quatre ; savoir , Vexordc y la narration y la confirmation et la péroraison. Voilà la distribution des anciens.
- Les modernes distribuent leurs discours , pour l’éloquence de la chaire en exorde y division ou proposition, première j seconde et quelquefois troisièmepartie, et péroraison.
- Pour l’éloquence du barreau , en exorde ( très-court) 3 narration y ou le fait, la question de droit, la preuve ou les moyens; la réplique ou la réponse aux objections et les conclusions. Cette nouvelle distribution revient assez à l’ancienne. Tout ce qu’il y a ici à considérer, c’est que lorsqu’il ne s’agit point d’un fait, mais d’un point, de morale j ou d’une question de droit, il n’y a point alors de narration. Immédiatement après l'exorde 3 lient la proposition y que l’on divise en ses différentes parties. On les traite ensuite chacune séparément.
- La division est d’une grande utilité pour faire voir commodément à l’esprit , dans le détail de chaque partie , ce qu'il ne verroit qu’avec confusion et avec peine dans le total. V- ANALYSE.
- La preuve ou les moyens , la ré-plique ou la réponse aux objections, viennent tout-à-fait à ce que les anciens appeloient confirmation.
- ( Pratique ) Disposition y ce qui est ordonné par la loi, par un jugement.
- Il se dit aussi des arrangemens et des conventions portées par un atte.
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- Dispositions à cause de mort ou de dernière volonté; ce sont des actes faits en vue ^le la mort, par lesquels on donne quelque chose au sujet de ses biens , pour avoir lieu après sa mort.
- Dispositions entre-vifs; celles ordonnées par des actes entre vifs , et pour avoir leur exécution entrevifs.
- Disposition de l’homme ; ce terme comprend tout ce que les particuliers peuvent ordonner par actes, soit entre-vifs j on à cause de mort.
- La disposition de l’homme fait cesser celle de la loi, lorsque celle-ci n’a ordonné quelque chose que dans le cas où l’homme n’en auroit pas ordonné autrement, ou lorsque la disposition de la loi n’est pas prohibitive et irritante.
- {Art milité) Disposition de guerre; c’est la manière de bien établir l’état de guerre, de la bien conduire et de la bien gouverner par rapport à la victoire. Voici des avis sur cela, tirés des Mémoires de Montécuculli :
- Consulter lentement, exécuter promptement.
- Se faire une loi suprême du salut de l’armée.
- Donner quelque chose au hasard.
- Profiter des conjonctures.
- Donner de la réputation à ses armes, etc.
- ( Botan. ) Disposition signifie, en termes de médecine , l’état actuel du corps humain, dans lequel il est susceptible de changement, soit en bien , soit en mal. Disposition à la fièvre , disposition scorbutique ; le médecin a trouvé son malade en bonne disposition, il n’avoit pas de fièvre.
- DlSrUTER, y. n. de la particule latine disjonctive dis3 çà et là, et de puto y juger: juger pour et contre , être en débat , avoir contestation.
- ( Marine) Disputer le vent ; c’est faire en sorte de gagner le dessus ou l’avantage du vent, par rapport à un vaisseau ou une escadre qui est en vue, c’est-à-dire, tâcher de se mettre par sa position, relativement à ce vaisseau ou à cette es-cadje * pics près de l’origine du
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- vent, on plus au vent que lui j ou plus au venta lui. V. VENT.
- DiSQUE , s. m. du grec Jimtos ( diskos ).
- ( Gymnast. ) Sorte de gros palet rond, de fer, de pierre ou de plomb, que les anciens dans leurs jeux je-toieut au loin, pour faire paroitre leur force et leur adresse.
- ( Culte relig. ) C’étoit aussi un bouclier rond, consacré, destiné pour représenter une action mémorable de quelque héros de l’antiquité . et pour en conserver la mémoire dans un temple des dieux, où il devoit être suspendu.
- Le disque étoit aussi un plat, une assiette.
- (Liturgie) Le disque est la même chose chez les Grecs, que la patène chez les Latins. On met dans l’église grecque le pain que l’on consacre sur le disque comme on le met sur la patène dans l’église latine. Le disque est plus grand et plus profond que la patène.
- (Hist. nat.') Disque se dit aussi de l’ensemble des écussons qui coin-
- f)osent le milieu de la carapace de a tortue, et qui sont au nombre de treize.
- (Botan. ) Disque est l’épaississement formé au fond d’un calice, par une substancecomme charnue, qui se termine au lieu d’insertion des pétales ou des étamines, par un contour protubérant.
- Il se dit aussi de tout tubercule ou corps charnu , qui s’élevant du fond du calice , sert de support.
- Disque d'une fleur radiée; c’est l’ensemble de tous les fleurons circonscrits par les rayons ou demi-fleurons.
- Disque d’une feuille ; c’est toute sa partie membrane use ou foliacée, ou , si l’on veut, tout ce qui la forme , excepté son pétiole.
- ( Optique ) Quelques auteurs ont appellé disque , la grandeur des verres de lunettes, et la largeur de leur ouverture , de quelque figure qu’ils soient, plans, convexes, ménisques ou autres •, mais ce mot n’est plus en usage : on dit maintenant, au moins dans les ouvrages écrits en françois, OUVERTURE eu CHAMP. ‘V. ces mots.
- ( Astron, ) Disgus se dit aussi du
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- corps du soleii ou de la lune, ou d’une planète quelconque, tel qu’il paroit à nos yeux. Le soleil et les planètes sont des corps sphériques ou à-peu-pres : si donc nous les voyions tels qu’ils sont, ils nous paroîtroient comme des globes ; mais comme ils sont également illuminés dans toute leur surface, nous n’avons rien, qui nous puisse faire juger que les parties du milieu sont plus près de nous que celles des bords; les lignes courbes qui forment leur convexité antérieure , se tracent au fond de nos yeux comme des lignes droites, voilà pourquoi nous les voyons comme des plans circulaires, et ce sont Cf s plans que l’on appelle disques.
- Le disque du soleil ou de la lune se divise en douze parties, qu’on appelle doigts ; et c’est par-là qu’on mesure la grandeur d’une éclipse, qu’on dit être de tant de doigts ou de tant de parties du disque du soleil ou de la lune. Ces doigts ne sont autre chose que les parties du disque, et non de sa surface. Dans les éclipses totales , tout le disque est caché ou obscurci ; au lieu que dans les éclipses partielles, il n'y en a qu’une partie qui le soit. V. DOIGT, ÉCLIPSE.
- DISQUE-THON, s. f. du latin disquiro, composé de la particule dis, qui signifie ici diversement, et de quœro } chercher par-tout, çà et là ; l’action de chercher partout.
- (.Didactique) Examen, recherche exacte de quelque point, de quelque vérité dans les sciences.
- DISSEMBLABLE, ad. du latin dissimilis formé de la particule dis, qui exprime opposition , et de similis.
- ( Géom.)L’opposé à semblable : ainsi, triangles dissemblables > sont des triangles dont les angles ne sqnt point égaux.
- DISSE MINER , v. a, du latin dissemino, formé de la particule dis, çà et la , et de semino : répandre çà et là.
- ( Langage ) Terme nouveau qui s’emploie communément au figuré pour répandre des erreurs par des écrits.
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- DISSEQUER , v. a. du latin dis-secare j formé de la particule dis-joncîive dis„ et de secare 3 couper en diverses parties.
- ( Anat. ) Faire la séparation, la division d’un cadavre avec des instruirions tranchans, pour en connaître la structure , ou pour en montrer les différentes parties.
- ( Chirurgie ) Disséquer se dit aussi de l’action avec laquelle on coupe , on sépare , on divise, on ouvre les chairs avec; ces instru-mens , en pansant des plaies.
- ( Hist. nat. ) 11 se dit encore par extension , en parlant des simples et des fruits.
- DISSÉQUEUR, s. m. même origine que DISSEQUER.
- ( Anat. ) Celui qui dissèque. Un bon disséqueur, un habile disséqueur; il est plus en usage que dissecteur.
- DISSERTATION , s. f. du latin dissertatio , formé de dissero 3 examiner , débattre , discuter.
- (Didactique ) Discours écrit sur quelque point général ou particulier d’une science, d’un art, de quelque matière que ce soit.
- DISSIDENT , s. m. du latin dis-sideo 3 composé de la particule dis-jonctive dis , et de sedeo, s’asseoir à part : celui qui est opposé , éloigné , qui ne s’accorde pas 5 celui qui professe une doctrine contraire à la doctrine établie.
- ( Religion ) On appelle en Allemagne dissidens ceux qu’011 appelle en France non-conformistes, et en Angleterre dissenters : les dissidens sont ceux qui professent une autre religion que la catholique ; et les dissenters sont ceux qui , par des motifs quelconques , se sont séparés de la communion de l’église anglicane, comme les presbytériens , les quakers , les méthodistes , etc.
- DISSIMILAIRE, adj. du latin dissimilaris ; même origine que DISSEMBLABLE : qui n’est pas de même genre, de même espèce.
- ( Anat. ) Dissimilaire se dit des parties qui sont diversement composées de différentes parties similaires sensibles , et dont la structure n’est pas la même par-tout dans ces parties. Par exemple , le
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- bras , qui est autrement composé que la jambe , et dont la structure n’est pas uniforme, ne peut pas être mis au rang des parties similaires.
- Dissimilaire se dit aussi des os, des tendons , des nerfs , des membranes , des vaisseaux, etc. , parce que ces parties sont différentes entre elles.
- (Cristallographie) Dissimilaire se dit aussi d’un cristal, lorsque deux rangées de facettes , situées l’une au-dessus de l’autre , vers chaque sommet, ont un défaut de symétrie.Telie est la topaze dissimilaire.
- DfSSIMILITUDE , s. f. du latin dissimilitudo ; même origine que DISSEMBLABLE. t
- ( Diction ) Dissimilitude est un des lieux communs de la rhétorique , propre à la preuve et aux passions. C’est la convenance ou la disproportion qui se trouve entre deux ou plusieurs choses rapprochées.
- On se sert des dissimilitudes pour exciter les passions ou pour ruiner ce que d’autres auroient voulu établir par des similitudes , comme on .ruine l’argument qu’on tire d’un arrêt, en montrant qu’il a été rendu sur un autre cas.
- . DISSIPATION, s. f. du lat. dissipation formé de la particule dis , çà et là , et de sipo j qui a été dit pour spargo j répandre , semer : l’action de répandre nue chose cà et la ; évaporation , consomption , destruction.
- (Physique) Dissipation, en termes de physique , signifie proprement une perte ou déperdition insensible , qui se fait des petites parties d’une chose -, ainsi l’on dit 1 comme la dissipation des esprits se fait plus abondamment que celle des parties solides , la réparation aussi en doit être plus fréquente et plus abondante.
- ( Chimie ) U se dit aussi de ce qui peut se résoudre en plusieurs parties.
- DIS'OI UTION , s. f. du latin dissolvo, formé de la particule dis-jonctive dis > et de solvo } délier, détacher , dissoudre-
- ( Chimie ) Action d’un dissolvant on d’un mensîrue sur un corps. Lorsqu’on met un corps capable de
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- se dissoudre dans tel on tel menstrué , les particules de ce menstrue s’insinuent entre les parties île ce corps avec une force plus grande que l’adhérence de ces parties. Par exemple , si l’on met un morceau d’argent dans de l’acide nitrique, ou un morceau d’or dans de l’acide nitro - muriatique, les particules de ces acides s’insinuent entre les parties de l’argent ou de l’or avec une force plus grande que l’adhérence de ces parties, et rompt cette adhérence. En conséquence , ces parties séparées les unes des autres nagent dans la liqueur; et c’est-là ce qu’on appelle une dissolution.
- Les physiciens sont loin d’être d’accord sur les causés de la dissolution. Les cartésiens l’attribuent k l’action de la matière subtile qui pousse les pointes du dissolvant dans les pores du corps dissoluble Les newtoniens la font dépendre de l’attraction mutuelle des parties. D’autres physiciens regardent cet effet comme analogue à l’ascension îles liqueurs dans les tuyaux capillaires. Voyez TUYAU CAPILLAIRE.
- La dissolution a été longtemps confondue avec la solution: cependant ces deux mots représentent des phénomènes différens. On entend par dissolution la disparition totale d’un corps solide dans un liquide appelé dissolvant 3 qui le dénature au point qu’en évaporant le liquide , on trouve le solide formant un coi’ps nouveau , et ayant des propriétés particulières , qui ne participent ni de celles du liquide , ni de celles du solide qui l’ont produit. V. SOLUTION.
- Dissolution se prend aussi pour la chose même dissoute dans un menstrue convenable.
- ( Méd.) Dissolution se dit en médecine pour décomposition des humeurs. Les exercices violens , les passions clé l’aine, la fièvre , les maladies chroniques , le virus vénérien, etc., dissolvent le sang.
- Il est une autre espèce de dissolution qui est l’eifetde la putréfaction , aussi la counoît-on sous le nom de dissolution putride. Les maladies aiguës, comme les fièvres
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- putrides, malignes, éthériques, l’inflammation , la gangrène et le sphacèle, etc. , sont toutes marquées par des caractères île dissolution putride.
- ( Pratique ) Dissolution se prend en général, en termes de palais , pour la rupture d’un acte.
- Dissolution de communauté ; c’est la cessation dé la communauté de biens qui avoit lieu entre,pon joints par mariage.
- Dissolution de mariage ; c’est la déclaration qu’un mariage est nul.
- DISSONNANCE , s. f. Ce mot est formé j suivant Rousseau, du grec cîiç (dis), deux fois, et du latin sono, sonner : sonner double.
- ( Musique ) On appelle ainsi tout son qui forme avec un autre un accord désagréable à l’oreille, ou mieux , tout intervalle qui n’est pas consonnant.
- On donne le nom de dissonnance, tantôt à l’intervalle , et tantôt à chacun des deux sons qui le forment ; mais quoique deux sons dis-sonnent entre eux, le nom de dissonnant se donne plus spécialement à celui des deux qui est étranger à l’autre.
- M. Tartini est le premier qui ait déduit une théorie des disson-nances des vrais principes de l’harmonie.
- Dissonnance majeure ; c’est celle qui se sauve en montant. Cette dissonnance n’est, telle que relativement à la dissonnance mineure , car elle fait tierce ou sixte majeure sur le vrai son fondamental, et n’est autre que la note sensible dans un accord dominant, ou la sixte ajoutée dans son accord.
- Dissonnance mineure ; celle qui se sauve en descendant : c’est toujours la dissonnance proprement dite, c’est-à-dire, la septième du vrai son fondamental.
- Dissonnance majeure est aussi celle qui se forme par un intervalle superflu , et la dissonnance mineure est celle qui se forme par un intervalle diminué.
- Ces diverses acceptions viennent de ce que le mot même de dissonnance est équivoque , et signifie quelquefois un intervalle et quelquefois un son,
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- DISSYLABE , adj. et s. du grec tl/c ( dis) , deux fois , et de ( sullûbê ), syliabe ; deux syllabes.
- ( Grammaire.) Donner est un mot de deux syllabes: le spondée, le trochée , flambe, sont des pieds dissyllabes.
- DISTANCE, s. f. du latin disto , formé de la particule disjonctive dis y et de sto, être éloigné : espace , intervalle ci’un lieu à un autre. *
- ( Géom. ) Ce mot signifie proprement le plus court, chemin qu’il y a entre deux points , entre deux objets, etc.’, d’après cela, la distance d’un point à un point est toujours une ligne droite tirée entre ces deux points , et la distant e d’un point à une ligne est\une perpendiculaire menéede ce point a cette ligne.
- ( Physique ) Distance apparente ; c’est celle à laquelle paroitun objet ; cette distance est souvent fort différente de la distance réelle, et lorsque l’objet est fort éloigné, elle est souvent plus petite.
- Dans une vaste campagne, des maisonsou autres objets qu’on croit assez près de soi, en sont souvent fort éloignés ; de même le soleil et la lune, quoiqu’à une distance immense de la terre, en paroissent cependant assez proches, si l’on se contente d’en juger à la vue simple ; la raison de cela est que l’on juge de la distance d’un objet principalement par le nombre d’objets interposés entre l’œil et cet objet, or quand ces objets intermédiaires sont invisibles, ou qu’ils sont trop petits pour être aperçus, on juge alors l’objet beaucoup plus proche qu’il n’est en effet.
- Voila pourquoi le soleil à midi nous paroît beaucoup plus près qu’il n’est réellement, et pourquoi ce même soleil à l’horizon nous paroît plus éloigné qu’au méridien; c’est encore par cette raison que la lune, vue der ière quelque grand objet, comme une muraille, nous paroît immédiatement contiguë à cet objet.
- La manière de juger de la distance tics objets, est un sujet de contestation parmi les philosophes , mais quoique le sens de la
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- vue nous serve à juger des distan* ces, on peut assurer, d’après plusieurs philosophes, que nous n’en aurions jamais eu d’idée par ce sens seul, sans le secours de celui du toucher. V. L'Essai de M. Jurieu , sur la vision distincte et non distincte , imprimé à la hn de l’Optique de M. Smith.
- ( Jstron. ) Les astronomes entendent par le mot distance, quelquefois une ligne droite, quelquefois un angle, et quelquefois un arc de cercle.
- Lorsqu’il s’agit de la distance d’un astre à la terre, c’est une ligne droite tirée du centre de l’astre au centre de la terre ; il en est souvent de même de la distance d’un astre au soleil.
- S’il s’agit de la distance mutuelle de deux astres , ou u’un astre à un point quelconque du ciel , on la mesure par l’angle que forment entre elles deux lignes droites, tirées du centre de chacun de ces astres à la terre, ou par l’arc du cercle compris entre ces deux lignes.
- La mesure de cette distance est aussi quelquefois un arc de cercle compris entre les deux cercles de déclinaison ou de latitude , qui passent par les centres des deux astres.
- Si l’on connoissoit avec exactitude la distance de la terre au soleil , il seroir aisé de connoître par là, les distantes réelles des autres planètes au soleil , ainsi que les vraies distances des planètes à la terre ; mais il reste toujours de l’incertitude sur la première de ces distances , parce que la parallaxe du soleil n’est pas connue d’une manière certaine, peut-être le sera-t-elle quelque jour; quant à présent, on connoît assez bien le rapport qu’il y a entre les distances des différentes planètes au soleil, comparées à la dista ce de la terre an même ; ainsi, en supposant la distance de la terre au soleil , composée de xoo,ooo parties égales y valant ensemble 3 4,761,680 lieues, 011 a déterminé , d’après cette supposition , les distances des autres planètes au soleil et à la terre. V* PLANETE.
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- Ce sont les distances des planètes au soleil, ainsi déterminées , qui ont fait trouver à Kepler , en ï6i8, cette fameuse loi , que les carrés des terris périodiques des planètes sont comme les cubes de leurs distances au soleil. Cette règle s’étant trouvée une suite de l’attraction universelle , on la regarde aujourd’hui comme un principe , et c’est de cette loi de Kepler que les astronomes déduisent les distances des planètes, dontilsfont usage dans leurs tables astronomiques.
- Distance accourcie ; c'est la distance d’une planète au. soleil, réduite au plan de l’écliptique , ou l’intervalle qui est entre le soleil et le point du plan de l’écliptique où tombe la perpendiculaire menée de la planète sur ce plan.
- Distance apparente entre deux astres ; c’est l’angle formé par les rayons qui vont de notre œil aux deux astres ; c’est l’arc de grand cercle compris entre eux, exprimé en degrés , minutes et secondes.
- Distance des astres dans une éclipse ; c’est l’angle compris entre le centre du soleil et le centre de la lune*, c’est ce qu’on calcule, et ce que l’on observe avec le plus de soin pour en déduire la longitude de la lune ou la longiïude du lieu de l’observation.
- Distance horaire de la lune au soleil ; c’est leur différence d’ascension droite. Dans la gnomoni-que, c’est l’angle que fait une ligne horaire avec la méridienne.
- Distance au qénith ; c’est l’arc du méridien ou de tout autre cercle vertical compris entre le zénith et un point quelconque dans le ciel, tel que celui du centre d’une planète , d’une étoile , etc.
- Distance de l’équateur au pôle ,* c’est la même chose que le quart du méridien terrestre ; c’est cette distance qui a fourni l’élément des nouvelles mesures. V. QUART DE MÉRIDIEN TERRESTRE.
- Distance de l’équinoxe au soleil ou au méridien ; c’est le nombre de degrés que le point équinoxial, au moment de midi, a encore à parcourir pour arriver au méridien ; ces degrés étant convertis en tems , Tome Z,
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- à raison de i5 degrés par heure.
- Le principal usage de la distance de l’équinoxe au soleil ou du passage du premier point du bélier par le méridien, consiste à trouver l’heure du passage des astres par le méridien.
- Distance moyenne. Les astronomes appellent moyennes distances, les deux points de l’orbite d’une planète , dans lesquels elle se trouve à une distance de. son astre central, qui tient le milieu entre la plus grande et la plus petite. Ces deux points sont également distans de part et d’autre de deux autres points appelés les apsides, et qui déterminent l’aphélie et le périhélie des planètes primitives, l’apo-
- fée et le périgée de la lune , etc. r. APHÉLIE , PÉRIHÉLIE. DISTENSION, s. f. du latin distensio, formé de la particule dis , qui exprime séparation , et de tendo , tendre , élargir: extension.
- ( Chirurgie ) Ce mot se dit quelquefois pour convulsion , et c’est dans ce sens qu’on dit distensio nervorum , convulsion qui fait roi-dir les membres.
- ( Méd. ) Il se dit aussi de la trop grande dilatation des artères et des autres vaisseaux. On l’emploie encore pour signifier l’alongement de tout Je corps , qui accompagne le bâillement.
- DISTHÈNE , s. m. du grec Ns ( dis), deux, et de sSévos (sthénos), force : qui a deux forces.
- ( Minéral. ) Nom d’un minéral appelé sappare par Saussure , et cyanite par Werner; il a été ainsi nommé par Haüi, parce que ses crystaux ont la vertu de s’électriser positivement et négativement. V. CYANITE.
- DISTICHIASIS , s. m. mot grec composé de Jig ( dis), deux fois, et de ç-/%os ( stichos ), ordre, rang : double rang.
- ( Chirurgie) Nom d'une maladie des paupières qui consiste eu deux rangs de cils , c’est-à-dire , lorsque sous les cils naturels il y croit un autre rang contre nature qui irrite-l’œil, y cause de la douleur, et y attire une fluxion.
- DISTILLATION , s. f. dù latin distillatio, composé de la particule M 1»
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- dis, qui signifie séparation , et de stillo, tomber goutte à goutte , dérivé de stilla , goutte.
- ( Chimie ) Ce"mot, qui signifioït, parmi les anciens, rhume, catarrhe , les humeurs qui tombent goutte a goutte du cerveau, se dit maintenant, par analogie , d’une opération chimique , par laquelle, à l’aide du feu , on sépare des vapeurs ou liqueurs de quelques substances renfermées dans des vaisseaux.
- On distinguoit autrefois trois espèces de distillation ; savoir, l’une que l’on nommoitper ascen-sum , l’autre per descensum, et la iroisi'èpie per latus.
- La première est celle qu’on em-ployoit ordinairement ; elle sefai-soit en plaçant le feu sous le vaisseau qui contenoit la matière à distiller. La chaleur faisoit élever les vapeurs au haut du vaisseau, et elles se condensoient en liqueur.
- Pour les progrès dans l’art du distillateur, y. ALAMBIC.
- La seconde se faisoit en appliquant le feu au dessus de la matière qu’on vouloit distiller. Les vapeurs qui se dégageoient des corps ne pouvant s’élever comme dans la distillation ordinaire , étoient forcées de se précipiter en bar, dans un vaisseau qu’on avoit disposé à cet effet.
- Enfin, la troisième manière de distiller, que l’on nommoit per latus , ou par le côté, était la distillation qu’on faisait dans une cornue.
- DISTINCT, adj. du latin dis-tingo, composé de la particule dis y qui signifie opposition , et de stinguo , éteindre: rendre clair, séparer , discerner : clair , net, séparé d’un autre.
- ( Botan.) Tout ce qui , dans une plante, est sans réunion, sans cohésion ou superposition.
- ( Optique ) Base distincte ; c’est le nom que donnent quelques auteurs à la distance où. il faut que soit un plan au delà d’un verre convexe , pour que l’image des objets, reçue sur ce plan, paroisse distincte , de sotte que la base distincte est la même chose que ce qu’on appelle foyer. V. FOYER,
- DIS
- DISTIQUE, s. m. du grec cf/sv^èÿ ( distichos) composé de Jïc(dis), deux fois, et de ( stichos ) ,
- vers: deux vers.
- ( Poésie ) On appelle ainsi un couplet de vers qui forment ensemble un sens complet.
- Il y a des épigramrnes, des madrigaux qui se renferment dans un distique.
- Les élégies des anciens ne sont qu'une suite de distiques; et à l’exception des Métamorphoses , e’est la forme qir Ovide a donnée à tons ses ouvrages.
- (Botan.) Distique se dit aussi d’un épi dont les fleurs sont fixées sur deux rangs opposés l’un à 1 autre , ou de deux feuilles disposées comme le>s fleurs dont on vient de parier. Epi distique, feuille distique.
- DIS TORSION, s. f. du latin dis-torqueo, composé de la particule dis, qui exprime écartement, séparation , et de torqueo , tordre, tourmenter.
- (Méd. ) Il se dit des yeux, de la bouche et des autres parties du corps qui ne sont pas dans leur situation naturelle.
- DISTRACTION , s. f. du latin distractio, formé de la particule disjonctive dis, et de traho , tirer : l’action de séparer avec violence, arrachement, détachement, aliénation.
- ( Chimie ) La désunion de deux substances , faite avec diffir ulté , soit par voie de séparation, soi* parla calcination.
- ( Pratique ) Faculté que le procureur demande de toucher ses frais et salaires sur les dépens adjugés à sa partie, comme les ayant avancés pour elle.
- DISTRIBUTION , s. f. du latin distributio , formé de la particule dis , qui signifie division , çà et là , et de tribuo , accorder : l’action de donner à plusieurs, de partager en plusieurs portions , de répandre çà et là , de distribuer.
- ( Diction ) Figure de rhétorique convenable à la preuve.
- Lorsqu’on entreprend de prouver une chose, il est naturel de la développer, pour en donner des idées nettes et précises; et pour
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- en faire distinguer les parties. Voilà eu quoi consiste la distiùbu-îion.
- ( Hydraul.) Distribution des eaux ; cY:st la manière de partager une certaine quantité d’eau j suivant des rapports connus, entre plusieurs fontaines particulières, ou pour d’autres usages.
- ( Physiol. ) Distribution se dit aussi des vaisseaux et des nerfs. La distribution de l’aorte , la distribution de la cinquième paire , etc.
- ( Pratique ) Distribution du prix des biens saisis ; c’est la répartition qui s’en fait entre les créanciers saisissans et opposans.
- ( Peinture ) Distribution se dit encore des objets et des lumières distribués dans un tableau, de manière qu’il en résulte un grand effet. On «lit : ce peintre entend bien à distribuer ses groupes, ses lumières.
- {Jardin.) Distribution , en termes de jardinage , est l’art de diriger les racines et la sève d’un arbre.
- Le jardinier doit, avant la plantation , distribuer les racines qui sont mal placées, et qui se croisent ; proportionner ensuite la quantité des branches à la vigueur de l’arbre , discerner le bois à laisser ou à ôter, tenir, en un mot, un juste équilibre dans toutes les parties de l’arbre pour qu’il soit egalement plein et garni par-tout.
- La distribution proportionnelle de la sève dépend aussi de son intelligence. Il est le maître de la diriger de façon que l’arbre ne s’emporte d’aucun coté.
- ( Imprimerie ) Distribution , dans le langage des imprimeurs , est l’action de replacer dans les casses, les caractères qui ont servi aux premières feuilles d’un ouvrage, pour les faire servir de nouveau.
- Un des avantages de l’invention des caractères de fonte , c’est de pouvoir, avec cinq ou six feuilles de lettres , environ, composer un ouvrage qui peut avoir cent feuilles. Mais cet avantage cesseroit sans l’opération de la distribution. Voici comme elle se fait: Sitôt que la feuille a été lavée par l’ouvrier imprimeur , dans une dissolution de potasse, pour enlever l’encre de
- DIT 54?
- dessus l’œil de la lettre , le compositeur doit coucher chaque forme sur deux aïs qui forment la grandeur du châssis ; il desserre les coins, jette de l’eau dessus avec une éponge , en remuant les lettres avec les doigts , afin que l’eau puisse passer à travers. Il ôte ensuite lè châssis , met à part les bois de la garniture , et prend une certaine quantité de lignes avec une réglette qu’il pose sur les deux derniers doigts de la main gauche , le pouce soutenant le côté , et les deux autres doigts, le derrière de cette poignée; ensuite avec deux doigts et le pouce de la main droite , il prend un ou deux mots, les lit, et les distribue, lettre à lettre , dans chaque cassetin, en faisant attention aux mots en italique , aux titres conrans, aux sommaires marginaux et aux notes, s’il y en a, de crainte de mêler les divers caractères qui les composent , et pour les distribuer dans leurs casses propres. Cette opération se fait ordinairement le soir , afin que la lettre ait le tems de sécher pendant la nuit.
- On dit encore distribuer les baVes, pour dire, frotter les balles l’une contre l’autre , dans tous les sens , après qu’on a pris l’encre , afin de l’étendre également sur les cuirs.
- ( Archit. ) Distribution de plan ; c’est la division et la dispensation des pièces qui composent le plan d’un bâtiment.
- Distribution d'ornemens , l’espacement égal des ornemens dans quelque partie de l’architecture.
- DITHÉISME, s. m. formé du grec Jîç {dis ) deux fois, et de Bio; ( theos ) dieu: deux dieux.
- ( Religion ) Opinion de ceux qui supposent deux principes ou deux dieux.
- DITHYRAMBE, s. m. du grec J'tQvpct/aCoç (dithurambos) formé de cTiç ( dis ) , deux fois , et de Bvpa. . {thura ), porte ; ou , selon d’autres, de ôfistjuÇoc ( thriambos ), triomphe : double porte, ou double triomphe.
- {Poésie et musique') Hymne, sorte de chanson grecque , en l’honneur de Bacchus, laquelle se chantoic sur le mode phrygien , et se sen-JVI m a
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- toit du feu et de la gaîté qu’inspire le dieu auquel elle étoit consacrée.
- On appeloit, chez les Grecs, Bacchus , Dithyrambe 3 ou parce que, selon la fable de Sémé/é et de Jupiter , il étoit venu deux fois an monde , ou parce qu’il avoit triomphé deux fois.
- Il ne nous reste aucuns Dithyrambes de nos anciens poètes ; c’est pourquoi l’on n’en connoît pas la mesure avec certitude. On sait seulement que c’étoit une poésie fort hardie et fort déréglée. Horace a quelquefois imité les Dithyrambes. Quelques modernes ont fait des pièces de toutes sortes de vers , indifféremment, sans ordre et sans distinction de strophes , et ils ont appelé cela des Dithyrambes. Redi et Pegolletti ont écrit chacun un Dithyrambe en italien , qui passent pour de belles pièces.
- DITON,s. m. du grec Pic (dis), deux fois , et de tovos ( tonos ) ton, deux tons.
- ( Musique ) C'est dans la musique grecque un intervalle composé de deux tons , c'est-à-dire , une tierce majeure.
- DITRIGLYPHE, s. m. mot grec composé de tf/ç ( dis), deux fois, et de rprywqoç ( trigluphos ) , qui signifie lui-mème trois gravures , étant composé de Tps;c ( treis ) , trois, et de (gluphê), gravure.
- ( Archit. ) Espace de deux tri-gî y plies sur un entre-colonnement dorique.
- DIURESE, s f. du grec J/apsœ ( âioureô ) uriner.
- ( Méd. ) Excrétion et séparation de l’urine.
- DIURÉTIQUE, adj. du grec J/a-pMTotcç ( diourêtikos), qui a la vertu «leprovoquer les urines, formé de tf /apsee ( dioureô ) , uriner , dont la racine est ovpov ( ouron) , urine.
- ( Méd. ) On appelle ainsi les remèdes qui chassent hors du corps la sérosité salée, imprégnée des parties grossières , terrestres et récrémentielles , par les passages de l'urine.
- DIURNE, adj. du lat. diurnus, formé de dies , jour: d’un jour.
- ( Astron. ) Ce mot se dit de ce
- DIT
- qui a rapport au jour, par opposition au mot nocturne, qüi regarde la nuit.
- Axe diurne ; c’est l’axe ou le nombre de degrés que le soleil, la lune ou les étoiles décrivent entre leur lever et leur coucher.
- Axe semi-diurne, celui qu’un astre décrif, depuis son lever jusqu’à son passage au méridien , ou depuis son passage au méridien jusqu’à son coucher.
- Cercle diurne , le cercle parallèle à l’équateur, dans lequel une étoile ou un point quelconque, pris dans la surface de la sphère du monde , se meut ou paroît se mouvoir par son mouvement diurne.
- Mouvement diurne d’une planète ; c’est le nombre de degrés et de minutes qu’une planète parcourt dans l’espace de vingt quatre heures par son mouvement propre.
- Mouvement diurne de la terre ; c’est sa rotation autour de son axe, ce qui forme le jour naturel. La réalité de la rotation diurne de la terre est à présent au dessus de toute contestation , ainsi que, son mouvement annuel. V. SYSTEME DE COPERNIC.
- (Botan.) Diurne se dit des plantes qui ne durent qu’un jour ou qui ne fleurissent que de jour.
- (Méd.) Il se dit aussi de plusieurs maladies, mais sur-tout des fièvres qui augmentent pendant le jour.
- DIVAN, s. m. terme arabe qui signifie estrade , ou sopha, en langue turque.
- ( Hist. turque) Chambre du conseil , ou tribunal où on rend la justice dans les pays orientaux, sur-tout chez les Turcs.
- A Constantinople , on connoît deux sortes de divans ; celui du grand-seigneur, et celui du grand-visir.
- Le premier se tient dans l’intérieur du sérail, avec les principaux officiers de l’empire, et le second, dans une grande salle, où legrand-visir rend la justice au peuple, quatre fois par semaine.
- DIVARIQUÉ , part, de divarico, écarter.
- ( Botan.) Plante divariquée, celle dont les rameaux ou les divisions, sur-tout dans les cas de dichotomie,
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- divergent ou s’écartent d’une manière très-remarquable.
- DIVERGENCE, s. f. du latin divergium s employé par Frontin, pour signifier Je bec a’une rivière , l’endroit où elle se divise en deux branches , formé de la particule dis j qui exprime séparation, et de vergo , pencher, être tourné.
- ( Géom. ) Disposition de deux ou plusieurs lignes qui vont toujours en s’écartant de plus en plus les unes des autres.
- DIVERGENT, adj. même origine que DIVERGENCE.
- ( Géom. ) Il se dit de tout ce qui, continué, se rencontreroit d’un côté en un point commun, et de l’autre iroit toujours en s’éloignant de plus en plus.
- Des lignes sont divergentes du côté où elles vont en s’écartant, et convergentes du côté opposé.
- Parabole ou hyperbole divergente; ce sont celles dont les branches ont des directions contraires.
- Séries ou suites divergentes ; ce sont celles dont les termes vont toujours en augmentant.
- ( Optique ) Payons divergeas ; ce sont les rayons de lumière qui se sont croisés au foyer d’un verre ardent, et qui, après ce point de croisement , sont divergeas entre eux.
- ( Fhysiol.) Divergeas se dit aussi des muscles qui rencontrent ou ren-Contreroient obliquement le plan Rue l’on imagine diviser le corps Cn deux parties égales' et symétriques , et forment uniformément avec lui un angle dont le sommet seroit opposé au plan horizontal.
- v. vertébraux.
- (Botan.) Les botanistes appellent encore divergeas , les pédoncules , les rameaux qui ont un point d’insertion commun , et qui s’écartent ensuite.
- DIVERSION , s. f. mot créé par Montagne, et formé du latin di-verto , détourner de son chemin.
- ( Art milit. ) La diversion , en termes de guerre, n’est autre chose que les différentes attaques faites en dîfférens endroits, à dessein d’obliger l’ennemi à partager ses forces. La plus célèbre diversion qu’on lise dans l’histoire, est celle que Scipion fit en Afrique , tandis
- D I V 54q
- qu’Aanibal faisoit la guerre en Italie.
- diversité, s. f. du lat. diver-
- sitas , formé de dïversus , varié , different.
- ( Peinture ) La diversité se dit de cette partie économique de la peinture qui consiste à varier dans les personnages d’an tableau , l’air, l’attitude, et les passions qui leur sont propres. Il y a une infinité de joies et de douleurs différentes que l’art sait exprimer par l’âge, par le sexe, par le tempérament, par le caractère des nations et des particuliers, par les qualités de£ personnes, et par mille autres moyens ; mais cette diversité doit être vraie, naturellement placée et liée au sujet. Il faut que toutes les figures parois-sent être rangées et posées d’elles-mêmes suivant leur caractère, sans travail et sans affectation. Foyer VARIÉTÉ.
- DIVERTIR, v. a. du latin di-verto , détourner, formé de la particule di j qui exprime séparation r et de vertere j tourner : tourner ailleurs.
- ( Finances ) On dit'en matière de finances, que des fonds ont été divertis on détournés de leur première destination.
- ( Pratique ) Divertir des effets; c’est, en termes de pratique, les détourner, les écarter en fraude. Le divertissement des effets d’une succession est la soustraction qu’on en fait.
- DIVERTISSEMENT, sub. mas. même origine que DIVERTIR ; l’action de détourner l’esprit par des eboses agréables , de ce qui le tenoit occupe ; récréation , plaisir.
- ( Art dramat. ) On appelle dans les opéra, divertissemens, les fêtes de danse et de chant qui font partie de chaque acte, ou qui le terminent; souvent ces diverti^emens sont amenés naturellement, mais plus souvent encore ils coupent l’action dans quelque moment intéressant, et les suites de danses et de chansons dont ils sont ordinairement composés, se succèdent sans sujet ni liaison entre elles, ni avec l’action principale.
- DIVIDENDE , s. m. du latin dividendus , de divido , partager.
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- ( Arith.) On appelle ainsi, en arithmétique , un nombre dont on se propose de faire la division.
- Le quotient d’une division est à l’unité comme le dividende est au diviseur.
- (Commerce) Il se dit aussi, en parlant des compagnies de commerce et de finance, de la répartition qui se fait des profits de la compagnie aux actionnaires qui y ont pris intérêt. Le dividende est fixé à l’arrêté des comptes de la compagnie , et se paie ordinairement tous les six mois.
- DIVINATION", s. f. du latin divinatio, fait de divinus , divin, qui appartient à Dieu; littéralement , l’action de faire des choses qui appartiennent à la divinité ; l’art prétendu de prédire l’avenir. Les hommes ont inventé cent sortes de divination, que l’on trouvera chacune à son article.
- DIVIS , adv. du latin divisum.
- * ( Pratique ) Terme de palais opposé à INDIVIS ( P^. ce mot, ) Des héritiers ont partagé cette maison et la possèdent par divis ; chacun a sa place marquée.
- DIVISE , participe de diviser.
- ( Botan. ) On dit qu’une partie est divisée, lorsqu’étant (l’uneseule pièce , elle se divise en deux ou plusieurs parties. Une corolle peut être d’une seule pièce, et divisée en plus ou moins de parties.
- DIVISEUR, s. m. du latin divido , diviser.
- (Arith.) C’est dans la division le nombre qui divise, ou celui qui fait voir en combien de parties le dividende doit être divisé.
- Commun diviseur. On appelle ainsi une quantité ou un nombre qui divise également deux ou plusieurs quantités ou nombres , sans aucun reste ; ainsi , 3 est commun diviseur de 12 et de 18.
- DIVISIBILITÉ, s. f. de divido,diviser.
- ( Qéom. phys. ) Propriété qu’ont les corps de pouvoir être divisés, soit actuellement , soit mentalement. Tous les corps sont composés de par-ties;on conçoit que ces parties ainsi réunies, peuvent être séparées les unes des autres ; donc tous les corps sont divisibles ; mais jus-
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- qu’où va cétte divisibilité ? C’est une question qui a occupé les physiciens beaucoup plus qu’elle ne le mérite ; il est sûr que la division des corps peut être portée très-loin ; mais quand les moyens de la pousser plus loin nous manquent, que penser du reste? La matière est-elle divisible à l’infini, ou non ? C’est une question à laquelle il est difficile de répondre , mais qui nous importe peu. Voici cependant à quoi elle peut se réduire: la divisibilité idéale, celle que l’on peut concevoir, n’a point de bornes. La divisibilité physique-possible, à l’infini ou non , est une affaire de système , une question qui restera toujours indécise , parce qu’il y aura toujours un terme après lequel on manquera de moyens. Enfin , la divisibilité portée jusqu’à un point extrême, et en parties encore plus tenues que tout ce que l’on peut imaginer de plus délié, est la seule certaine , la seule que l’expérience peut prouver.
- DIVISIF, adj. de divido, partager: qui divise.
- ( Chirurgie ) Nom que l’on donne à un bandage dont on se sert datis les grandes brûlures de la gorge, et les plaies transversales delà partie postérieure du cou, pour tenir la tête droite.
- DIVISION, s. f. du lat. divido , diviser.
- ( sf rith. ) Opération par laquelle on trouve un troisième nombre qui, multipliant le second, ou ritant multiplié par le second , donne ua point égal au premier,
- ( Qéom. )I.a division géométrique consiste à diviser le produit de deux lignes par une ligne , ou le produit de trois lignes par celui de deux lignes , ouïe produit de quatre lignes par celui de trois lignes.
- ( sîstron. ) JDivision des instru-mens d’astronomie. V. INSTRUMENTS, QUART DE CERCLE, TRANSVERSALES.
- (Art milit.) Division, en ternies de guerre, se dit des parties d’une armée entière qui est campée en ordre de bataille.
- La division de la droite > la division de la gauche, la division du centre.
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- Général divisionnaire / celui qui commande une division.
- ( Marine ) Division se dit, en termes de marine, d’un certain nombre de vaisseaux et frégates formant une subdivision d’une armée composée de trois escadres. Le nombre de vaisseaux dont est composée une division, dépend du nombre des vaisseaux de i’armée. Dans une armée navale de vingt-sept vaisseaux, chacune des trois escadres est de neuf vaisseaux , et chaque division d’escadre est de trois.
- On appelle aussi division 3 une petite escadre destinée à une mission particulière. V. ESCADRE.
- On appelle chef de division 3 dans la marine de France, un officier d’un grade supérieur à celui de capitaine de vaisseau , et subordonné à celui de contre-amiral.
- ( Pratique ) En termes de palais , division est le partage d’une chose commune entre plusieurs personnes.
- Bénéfice de division ; c’est une exception par laquelle l’un des fidé-jusseurs ou certificateurs de caution, poursuivi pour toute la dette, oppose qu’il n’en est tenu que pour sa part et portion.
- DIVORCE, s. m. du lat. divor-tium} lait de diverto j éloigner, séparer.
- ( Jurisprud. ) Séparation de deux époux par la rupture légale du mariage.
- ( Jurisprudence ) Le divorce fut autorisé chez les Juifs par la loi «le Moïse, et ils usent encore du bénéfice qulelle leur accorde.
- Il étoit aussi permis chez les Grecs, avec cette circonstance, que les femmes avoient, comme les hommes , le droit de répudier. Les Romains rapportèrent d’Athènes çette loi judicieuse, et la mirent, dans la loi des douze Tables ; de sorte que, nonobstant le réglement de Romulus, qui avoit permis au seul mari de provoquer le divorce , les femmes eurent aussi le droit de répudier.
- S. Justin nous apprend que, sous Marc-Aurèle , une femme répudia hautement son mari ; ce qui
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- fait connoitre qu’alors le divorce avoit lieu parmi les chrétiens.
- L’usage du divorce passa de Rome dans les Gaules j il fut encore observé pendant quelque teins , depuis l’établissement de la monarchie franç.oise , et on en trouve plusieurs exemples sous la première la seconde race.
- Jusqu’à la révolution , le mariage parmi nous a été regardé comme un lien indissoluble ; on pouvoit néanmoins attaquer un mariage par voie de nullité , ou par appel, comme d’abus; mais dans ce cas, on ne dissoivoit pas un mariage valablement con tracté ; on déclarait seulement qu’il n’y avoit point eu de mariage, ou que le prétendu mar iage n’avoit pas été valablement contracté. A. l’époque de la révolution, le divorce fut permis pour les causes les plus îé-
- f;ères, même pour inccmpatibï-ité d’humeur. Aujourd’hui, il est soumis à des épreuves et a des conditions qui doivent le rendre beaucoup plus difficile, et par conséquent plus rare.
- DIVULSION, s. f. du lat. divel-lere composé de la particule di, qui exprime séparation, et de vello3 arracher : séparation, arrachement.
- ( Chirurgie ) Séparation causée par une tension violente ; il se dit en parlant des membres , des fibres, et du corps.
- DIX, adj. et s. du latin decem, formé du grec <Hx«. ( âeka ).
- ( Arith. )Le premier ou le moindre des nombres qui ontdeuxchif-fre». Il s’exprime par l’unité, suivi d’un zéro.
- (Econ. polit.) Conseil des dix ; c’é-toit, dans la république de Venise % un tribunal composé de dix nobles , qui avoit été créé en i3io, pour ap-paiser lestroubles qui y régnoient,y rétablir la sûreté , et s’opposer aux nouveautés que le doge Gradenigo avoit introduites dans le gouvernement. Les avantages qu’il procura à la république , le firent rétablir en diverses circonstances. Enfin, il fut confirmé pour toujours, ans après sa création , et il a subsisté depuis, jusqu’à l’anéantissement de cette république.
- DO (musique) Syllabe que les
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- Italiens substituent, en solfiant, à celle d’f/t dont ils trouvent le son trop sourd. Le même motif a fait entreprendre à plusieurs personnes , et entr’autres à M. Sauveur, de changer les noms de toutes les syllabes de notre gamme ; mais l’ancien usage a prévalu parmi nous.
- DOCIM ASTIQUE , ou DOCI-MASIE, s. f. du grec S'ox.iuna'itt,
- ( dokimasia ) épreuve , examen, essai ; de S'ox.ipa.^a* ( dokimasô ), éprouver , essayer , examiner.
- ( Chimie ) L’art fies essais , l’art d’essayer en petit les mines, pour savoir les métaux qu’elles contiennent. Elle diffère de la métallurgie qui s’occupe du travail des mines en grand.
- Ces essais doivent être faits avec beaucoup d’intelligence et de fidélité , puisque c’est d’après eux qu’on se détermine à entreprendre le travail en grand. V. ESSAI.
- Les principales opérations de la docimasie sont le lotissage, le lavage , le grillage , la fonte, l’affinage, le départ, etc.
- On distingue en chimie deux sortes de docimasie, celle par la voie sèche, c’est-à-dire, par la fusion , et celle par læ voie humide , c’est-à-dire^ parles acides et les autres réactifs.
- DOCTELTR, s. m. du lat. doc-tor , formé de doceo , enseigner : maître, celui qui instruit un autre.
- ( Hist. des Juifs ) Docteur de la loi j c’était un titre d’honneur ou de dignité chez les Juifs. Les Juifs ont aussi, et ont eu, dès avant J. C., le titre de docteur çn usage parmi eux ; ils les appelèrent Rab-bi , dont nous avons fait Rabbin ; ils en donnoient l’investiture en mettant dans la main une clef et des tablettes.
- ( Hist. Ecclés. ) Dans l’Eglise grecque , docteur est le titre d’une dignité ou office ecclésiastique. Il y en a de trois sortes ; le docteur de Vévangile, ou celui qui est chargé d’mterprêter l’évangile •, le docteur de l’Apôtre, ou celui qui est chargé d’expliquer les épîtres de S. Paul; et le docteur du pseau-tier, celui qui est chargé d’interpréter le pseautier.
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- Docteurs de l’Eglise. On nomme ainsi ceux des SS, Pères qui ont le plus écrit, et dont la doctrine a été plus autorisée dans l’église , et plus généralement suivie. Il y en a quatre de l’Eglise grecque y et autant de l’Eglise latine. Les premiers sont S. Athanase, S. Basile le Grand , S. Grégoire de Ela\iancej S. Jean-Chrysostôme ; les autres sont S. Ambroise , S. Jérôme , S. Augustin , S. Grégoire j le Pape , surnommé le Grand.
- Le titre de docteur a été créé vers le milieu du douzième siècle , pour succéder à celui de maître qui étoit devenu trop commun auparavant. On disait B ères de Vé-glise, pour désigner ceux qui avoient illustré la religion chrétienne par leurs écrits. jU. PERES DE L’EGLISE ; mais on a fait une exception pour les huit dont on a parlé plus haut;
- Les théologiens scholastiques auxquels on a, depuis le douzième siècle, donné le titre de docteur , avec une épithète spécifique qui marque particulièrement en quoi consistoit leur mérite , sont Alexandre de Haies, docteur irréfragable ; P. Thomas , docteur angélique; S. Bonaventure, docteur séraphique ; Jean Duns ou Scot, docteur subtil ; Raimond huile y et Jean Thaulère , docteurs illuminés; Roger Bacon, Cordelier an-glois, docteur admirable; Guillaume (Jckam, docteur singulier ; Jean Girson et le Cardinal de Casa, docteurs très-chrétiens , Denys le Chartreux j docteur extatique.
- C Instruct. publique ) On attribne l’établissement des degrés du doctorat, tels qu’on les voit aujourd’hui dans les pays où il y a des universités, à Irnerius * qui en dressa lui-même le formulaire. La première cérémonie se fit à Bou-ogne en la personne de Bulgarus , qui commença à professer le droit romain, et qui fut promu solennellement au doctorat. Cette coutume passa de la faculté de droit à celle de théologie, et-l’Université de Paris la pratiqua, pour la première fois , vers l’an 1140 , en créant docteur en théologie Pierre Lombard et Gilbert de ta Porée ,
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- qui étaient les principaux théologiens de L’université de Paris, en ce tems-là.
- Depuis la suppression des universités, le titre de docteur n’a plus lieu en France que pour les médecins, en faveur desquels il vient d’être rétabli.
- DOCUMENT , s. m. du lat. do-cumetitum , de doceo , enseigner , donner à connoitre.
- ( Pratique ) Ce mot se dit de tous les titres , pièces et autres preuves qui peuvent donner quelque con-noissance d’une chose.
- DODÉCAÈDRE, s. m. du grec S'èùS'ix.cL ( dûdéka ) douze , et de çj'pa.
- ( hédra ) siège ou base.
- ( Géom, ) Nom qu’on donne à un des cinq corps réguliers qui a sa surface composée de douze pentagones égaux et semblables.
- ( Cristallographie ) C’est aussi le nom d’un cristal dont la surface est composée de douze faces triangulaires , quadrangulaires ou pentagones, toutes égales et semblables.
- DODÉCADACTYLON , s. m. du grec S'tnS'titct ( dôdéka ), douze , et de <féuirv\oç( daktulos ) doigt, douze doigts.
- ( Physiol. ) On a donné ce nom à l’intestin duodénum, parce qu’il a environ douze travers de doigts de longueur.
- DODÉCAGONE, s. m. du grec ê'usJ'iKa, ( dôdéka ) j douze , et de y envia ( gônia ) , angle.
- ( Géom. ) Polygone régulier qui a douze angles égaux et douze côtés égaux.
- Le Dodécagone se trace aisément quand l’hexagone est tracé ; car il n’y a qu’à diviser en deux également chaque angle au centre de . l’hexagone, et on sait que le côté de l’hexagone inscrit est un cercle égal au rayon.
- DODÉCAGYNÉE, s. f. du grec J'wJ'ix.cL ( dôdéka ) , douze , et de yvv» (gune), femme , femelle ; qui a douze parties femelles.
- ( Botan. ) U se dit d’une fleur , plante, ayant douze pistils, styles ou stigmates sessiles.
- DODÉCAGINIE, L’ordre 011] la section de plantes dodécagynes.
- DODÉCANDRIE , s. f. du grec (fà<kiKst ( dôdéka )} douze, et de
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- ctVikpo; (andros), génit. d’kvap (anêr)y mari , mâle ; qui a douze parties mâles.
- ( Botan. ) C’est le nom de la douzième classe du système sexuel de Linné, qui renferme toutes les plantes dont la fleur a douze parties mâles ou douze étamines.
- DODÉCAPARTI , IE, adj. formé du grec J'otS'txa (dôdéka) douze, et du latin partitus , divisé : qui a douze divisions.
- ( Botan. ) Ce mot se dit des parties de plantes , des feuilles , des épines, partagées en douze incisions aiguës presque jusqu’à la
- DÔDÉCAPETALÉ , ÉE , adj. formé du grec êoeêtua ( dôdéka ) douze , et de ct,1t«.xov ( pétalon ) , pétale , qui a douze pétales.
- ( Botan. ) On appelle ainsi une corolle composée de douze pièces distinctes, jusqu’à leur insertion , et dont chacune porte le nom de pétale. V. PÉTALE.
- DODÉCATÉMORIE, s. f. du grec S'oùtkMctnroÇ' ( dôdékatos ) deuxième: et de piptov ( morion) , partie , particule : la douzième partie de quelque chose.
- ( Géom. ) La douzième partie d’un cercle.
- ( ^4stron. ) Quelques Auteurs avoient donné ce nom aux douze signes du Zodiaque , par la raisou que chacun de ces signes contient la douzième partie du Zodiaque, ou 3o degrés ; mais ce mot est hors d’usage ; il servoit à distinguer les douze signes d’avec les douze constellations qui 11e leur correspondent plus, quoique les signes aient conservé les mêmes noms : la constellation des poissons étant actuellement dans le bélier. V. PRÉCESSION.
- DOGE, s. m. Mot italien formé du latin dur j duc.
- ( Rép. de Gênes ) C'est le premier magistrat de la république de Gênes.
- C’était aussi, avant l’invasion des François, le premier magistrat de la république de Venise. Cette république n’est plus, et son territoire fait maintenant partie des états héréditaires de la maison d’Autriche.
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- DOGRE, s. m. de l’hollandois, dogre-bots, bateau à pêcher le hareng.
- ( Marine) Espèce de bâtiment des mers de Hollande, et de la mer Germanique, dont on se sert pour la pêche du hareng. Il est ainsi appelé , parce quelesHol-landois l’ont employé des premiers our pêcher sur le doggersbank , le anc des chiens.
- DOGMATIQUE, adj. du grec doyfxsLTtuoç ( dogmatikos ) , qui appartient au dogme.
- ( Théologie. ) Il se dit de ce qui appartient aux dogmes de la religion. Jugement dogmatique, celui qui roule sur des dogmes , ou sur des matières qui concernent le dogme.
- ( Philosophie ) Dogmatique se dit aussi de ce qui est instructif, qui appartient à quelqu’epinion , ou à quelque principe établi en matière de philosophie. Ce mot n’est bon que dans le dogmatique. Catégorie est un terme dogmatique. Un philosophe dogmatique est celui qui établit des dogmes dans la philosophie. Ton dogmatique , style dogmatique.
- ( Méd. ) Dogmatique étoit le nom d’une secte d’anciens médecins , nommés autrement logiciens, parce qu’ils employoient les règles de la logique , pour traiter ce qui étoit de leur profession.
- La méthode de ces médecins s’appelle médecine dogmatique. Harris la définit une pratique raisonnée de la médecine. Les dogmatiques sont distingués des me-»thodiques et des empiriques. V. ces mots.
- DOGME, s. m. du grec S'âyg.a. ( dogma ), formé de Joh-îc» ( dokeô ) penser, ^être d’avis.
- (Didact.) Point de doctrine , enseignement reçu etservant de règle. 11 se dit principalement en matière de religion ou de philosophie.
- DOGUE j s. m. de l’anglois dog, formé du saxon doc.
- ( Hist. nat. ) Ce mot, enanglois, signifie toute sorte de chiens, mais en françois , le dogue est une espèce de chien qui a les oreilles larges et pendantes. Il est propre
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- à garder les maisons , en quoi il sé fait remarquer par sa vigilance.
- DOIGT , s. m. du latin digitust ( Mnat. ) Les doigts sont les extrémités des mains et des pieds. Ils sont au nombre de cinq, nommés le pouce , l'index, le long doigt , ou le doigt du milieu, V annullairet Vauriculaire ou le petit doigt.
- (Mstron. ) On appelle doigt, la douzième partie du diamètre du soleil ou de la lune. Ou se sert de ce mot, quand il s’agit d’exprimer la quantité dont un de ces astres est éclipsé. Pour mesurer cette quantité, on suppose qu’on a divisé en douze parties égales, qu’on appelle doigts, celui des diamètres de l’astre qui coupe l’ombre, ou qui étant prolonge , la couperait par son centre au moment même du milieu de l’éclipse. Puis, en comptant combien de ces parties sont couvertes par l’ombre , on détermine la quantité dont l’astre est éclipsé. Ainsi, s’il y a six de ces parties d’obscurcies, on dit que l’éclipse est de six doigts. Vov. ECLIPSE.
- DOIGTER; v. n. de doigt, di-
- gîtus.
- ( Musique ) Doigter ; c’est faire marcher d’une manière convenable et régulière les doigts sur quelqu’instrument, et principalement sur l’orgue et le clavecin , pour en jouer le plus facilement et le plus nettement qu’il est possible.
- Sur les instrumens à manche , tels que le violon et le violoncelle, la plus grande règle du doigter consiste dans les diverses positions de la main gauche sur le manche ; c’est par-là que 1 es mêmes passages peuvent devenir faciles ou difficiles , selon les positions et selon les cordes sur lesquelles on peut rendre ces passages. C’est quand un symphoniste est parvenu à passer rapidement, avec justesse et précision, par toutes ces différentes positions, qu’on dit qu’il possède bien son manche.
- DOIT , du lat. debitum.
- ( Commerce ) Doit, en termes de commerce , est l’intitulé des livres d’un négociant , qui se tiennent eu débit et en crédit, les pages à
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- main gauclie où est porté le débit , sont intitulées DOIT , le côté opposé , qui est celui du crédit, est intitulé AVOIR.
- DOL , s. m. du grec é'oxo; ( do-los) dont les Latins ont fait dolus.
- ( Pratique ) Vieux mot qui n’est plus en usage qu’au palais, où il signifie tromperie , supercherie , subtilité, mauvaise manœuvre employée pour tromper quelqu’un. Le"dot est personnel ou réel.
- Le dol personnel est celui qui est du fait de la personne, lorsque, par exemple j te vendeur, pour mieux vendre son héritage , fait paroître un bail simulé, et à
- }>lus haut prix que le bien n’étoit oué en effet.
- Le dol réel, au contraire appelé en droit dolus re îpsâ , est celui qui vient de la chose même ; quand, par exemple , la chose vendue n’est pas* aussi bonne et d’une valeur égale à celle que l’acquéreur lui croyoit.
- DOLCE. Mot italien qui signifie doux.
- (Musique) Ce mot, ou seulement la lettre D, signifie dans la musique italienne la même chose que la lettre P dans la musique françoise.
- Dolce est opposé non - seulement à fort, mais à rude. DOLIMAN, s. m. mot turc.
- ( Costume ) C’est- une espece de longue soutane que les Turcs portent, qui leur descend jusqu’aux pieds, et dont les manches étroites se boutonnent sur le poignet.
- Les Turcs mettent d’abord un caleçon sur leur corps nu, tant les hommes que les femmes ; par dessus le caleçon ils ont une chemise, et sur la chemise le doli-man. En été, il est de toile ou de mousseline ; en hiver, il est de satin ou de quelqu’autre étoffe.
- DOLLAR, s. m. de l’hollandois .Dater.
- ( Commerce ) Monnoie d’argent qui a cours dans divers états.
- Le Dollar de Saxe , Holstein , Léipsick , Kell, Vismar, etc. vaut 32 gros des mêmes endroits , ou 5 livres 12 s. tournois.
- Le Dollar est une monnoie de
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- compte des Etats-Unis d’Amérique. Quelquefois il prend le nom de piastre ; et alors, c’est une monnoie réelle , qui vaut 5 liv. 8 sols tournois. V~. PIASTRE.
- DOLOIRE , s. f. du lat. dolato-ria , dont on a fait dolabra.
- ( Technologie ) Instrument de tonnelier j ayant la forme d’une hache qui sert à doler, c’est-à-dire , à dégrossir les douves.
- ( Chirurgie ) Doloire est aussi le nom d’une espèce de bandage oblique , avec lequel on fait des circonvallations autour d’une partie en biaisant, de manière que chaque tour couvre les deux tiers de celui qui est immédiatement au dessus ou au dessous. On l’emploie à la luxation du coude, du poignet, du. genou, etc.
- DOLOMIE, s. f. de Dolomieu , nom d’homme.
- ( Minéral) Marbre primitif, de couleur blanche et à grain fin, qui a la propriété d'être phospho-risque, quand on le frotte avec un corps dur. Il est ainsi appelé du célèbre naturaliste Dolomieu, qui le premier en a fait connaître les propriétés.
- DOM ou DON, du lat. barb, domnus , contraction de dominus.
- ( Econ. polit, ) Titre d’honneur en usage parmi les Espagnols et les Portugais , et qui signifie sieur eu seigneur. C’étoit autrefois un titre d’honneur , en Espagne, réservé à la haute noblesse ; mais il est devenu presque aussi commun que celui de Monsieur en France. Ce titre ne s’est pas encore avili en Portugal, et personne ne peut prendre le titre de Dom , qui est une marque de la noblesse , sans en avoir obtenu la permission du roi. Les Espagnols écrivent Don , et les Portugais Dom, parce qu’aucun mot portugais ne se termine par une n.
- Onuplire assure que le titre de domnus ou don se donna d’abord au Pape, ensuite aux Archevêques, Evêques , Abbés, et autres personnes élevées en dignité dans l’ér glise. Aujourd'hui iî n’y a plus que certains moines qui le portent.
- DOMAINE, s. m. du laf. barb. àomanium, corruption de dominium.
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- (Pratique) Biens-fonds, héritage, propriété acquise à juste titre. Il signifie quelquefois un corps d’héritage , biens de campagne, ferme, métairie.
- Domaine national, comme on disoit domaine du roi,
- DOME, s. m du lat. doma, fait du grec S'm/ua. ( dôma ), toit.
- (Arcb.it. ) On donne, en France, le nom de dôme aux couvertures rondes, telles que le dôme de S. Pierre à Rome, le dôme des Invalides, le dôme du Panthéon. C’est ce que les Italiens appellent cupola; car, parmi eux, domo s’est dit autrefois pour cathédrale.
- ( Métallurgie) Dôme, est aussi le nom d’une pièce qui termine le haut fourneau, et qui a la forme d’une demi sphère creuse. On appelle encore cette pièce réverbère , parce qu’elle a la propriété de faire réfléchir laflamme sur les matières contenues, dans le fourneau. V. RÉVERBERE.
- DOMESTIQUE, adj. du latin domesticus , fait de dpmus : qui appartient à la maison , apprivoisé.
- ( Zoologie. ) Les Naturalistes distinguent les animaux domestiques apprivoisés ou privés , des animaux sauvages.
- Les animaux domestiques sont ceux que l’homme a su dompter, pour les rendre les compagnons de ses travaux , ou ceux qui, sans évi-terd’homine et sans le servir, souffrent sa compagnie ou son approche.
- ( Botan. ) Les Botanistes appellent plantes domestiques les plantes qui sont cultivées dans les jardins.
- . ( Pharmacie ) Remèdes domestiques , ceux que l’on lait chez soi, qu’on prépare soi-même et qu’on rend, lorsqu’on croit en avoir esoin, sans consulter le médecin.
- DOMICILE , s. m. du lat. domi-cilium , pour domi colium , formé;, de domus et de colo : habiter une maison.
- ( Pratique ) Le lieu où chacun fait sa demeure, où il a fixé son établissement, sa place et le centre de ses affaires.
- Domicile de droit, celui qui est établi de plein droit par la loi, à
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- cause de quelque circonstance qui le fixe nécessairementdaus un lieu.
- Domicile de fait, le lieu où on demeure réellement et actuellement.
- Domicile de fait et de droit / le véritable domicile est celui qui est établi par la demeure de fait, et par la volonté de demeurer dans le même lieu , ou par l’autorité de la loi qui l’établit dans ce lieu.
- Domicile élu, domicile choisi par un exploit, par un ajournement , à l’effet de valider la signification des actes qui pourroient être faits à ce domicile , relativement à l’exploit signifié.
- DOMINANT, adj. du lat. do-minor , fait de dominus : seigneur , maître , qui domine.
- ( Musique) Accord dominant ou sensible ; c’est celui qui se pratique sur la dominante du ton, et qui annonce la- cadence parfaite. Tout accord parfait majeur devient dominant , sitôt qu’on lui ajoute la septième mineure.
- JSote dominante ; c’est des trois notes essentielles du ton , celle qui est une quinte au dessus de la tor nique. La tonique et la dominante déterminent le ton •, elles y sont chacune la fondamentale d’un accord particulier ; au lieu que la médiante } qui constitue le mode , n’a point d’accord à elle, et fait seulement partie de celui de la tonique.
- (Astral.) astre dominant ; c’est celui qui est l’ascendant, le plus fort, celui qui domine dans un horoscope.
- DOMINATION, s. f. du latin dominatio, fait de dominus, seigneur, maître: empire,puissance, autorité souveraine.
- ( Théolog. ) domination ; on appelle ainsi les Anges du premier ordre de la seconde hiérarchie , parce qu’on leur attribue quel-qu’autorité sur les Anges inférieurs.
- DOMINICAL, LE, adj. du lat. dominicus , qui vient du Seigneur.
- ( Hist. ecclés.) dominicales ; c’é-toit le nom qu’on donnoit, dans la primitive église , aux instructions qui se faisoient tous les dimanches, et qui étoient tirées de l’ancien eï
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- du nouveau testament, et principalement des évangiles et des épî-tres des Apôtres.
- On appelle aujourd’hui dominicale , au subst. , un cours de sermons pour les simples dimanches de l’année.
- ( Calendrier) Lettres dominicales ; ces lettres qui sont les premières de l’alphabet, furent introduites dans le calendrier, par les premiers chrétiens , à la place des lettres nundinales du calendrier romain. Elles se succèdent par un ordre contraire et rétrograde ; par exemple, si A est la lettre dominicale pour une année, la suivante est G, ensuite F, en remontant toujours , jusqu’à ce que l’on revienne à l’A. Mais l’année bissextile change le rang , et comme elle revient tous les quatre ans, et qu’il y a sept lettres dominicales , le même ordre de lettres ne peut se retrouver qu’au bout de 28 ans : ce qui forme la durée du cvcle solaire. V. CYCLE SOLAIRE?
- DOMTER , ou DOMPTER , v. a. du lat. domito, diminutif de domo , fait du grec Jetpeetw ( da-maô), réduire, subjuguer. Voy. VAINCRE, SURMONTER.
- ( Equit. ) Il se dit particulièrement des chevaux que l’on dresse dans Hn manège.
- ( Agriculture) Il se dit aussi de tous les animaux que l’on accoutume au travail. On l’emploie encore , au figuré, en parlant des arbres fougueux que l’habile Jardinier sait rendre sages.
- DONATION, s. f. du lat. dona-tio , lait de dono , donner.
- C Pratique) Libéralité faite volontairement par une personne à une autre.
- Donation entre-vifs ; c’est un acte par lequel le donateur se dessaisit actuellement et pour toujours en faveur du donataire , de ce qui fait l’objet de sa libéralité.
- Donation à cause de mort ; c’est celle qui est faite en vue de la mort, et pour avoir lieu seulement après le décès du donateur. •
- Donation en avancement d'hoirie; celle que les père et mère et autres ascendans font à leurs enfans et autres descendaus.
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- Donation entre conjoints ; c’est celle qui est faite par un des con * joints au profit de l’autre , pendant le mariage.
- Donation mutuelle ; c’est une donation réciproque qui se fait entre deux ou plusieurs personnes, au profit du survivant, ou du moins d’une certaine espèce de biens.
- Donation par contrat de mariage • celle qui est contenue dans ce contrat et faite , soit par un des futurs conjoint à l’autre , soit par un de leurs parens ou alliés, ou par un étranger.
- Donation réciproque ; celle par laquelle deux personnes se donnent chacun quelque chose. Toute donation mutuelle est réciproque * mais toute donation réciproque n’est pas mutuelle, parce que celle-ci suppose l’égalité, au lieu que la donation réciproque peut être inégale de part et d’autre.
- Donation rémunératoire ; celle qui est faite pour récompense de services.
- DONNÉ, adj. V, DONNER.
- ( Mathém. ) Terme dont se servent souvent les Mathématiciens pour marquer ce que l’on suppose être connu.
- Ainsi , quand une grandeur est connue , ou quand on en peut assigner uue autre qui lui est égale , on dit qu’elle est donnée de grandeur. V. GRANDEUR.
- Quand on suppose que la position d’une ligne est connue , on dit qu’elle est donnée de position. On dit la même chose d'un point dont la place est donnée.
- Quand l’espèce de quelque figure est donnée , on dit qu’elle "est donnée d'espèce.
- Quand on connoît la proportion qu’il y a entre deux quantités , on dit qu’elles sont données de proportion.
- DONNÉES , adj. et s. V. DON-NER.
- ( Mathém. ) Ce mot signifie certaines choses ou quantités qu’on suppose être données ou connues , et dont on se sert pour en trouver d’autres qui sont inconnues et que l’on cherche. Un problème ou une question renferme, en général, deux sortes de grandeurs , les don-
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- nées et les cherchées : data et quots-
- ta. V. PROBLEME.
- DONNER, v. a. du lat. dono , faire un don.
- ( Arithmétique )Donner, se prend pour produire. On dit dans la règle de trois, si i5 donnent oo, combien donneront 4° : ilsdonneront 120.
- ( Agriculture) Les fruits n'ont pas donné cette année; les petits blés ont mieux donné que les grands.
- ( Art milit. ) Donner, c'est commencer le combat-, c’est, en parlant d'un corps , prendre part à l’action. Tel corps a bien donné, tel autre n’a pas donné du tout.
- (Marine ) Donner a la bande; c’est, en parlant d'un vaisseau, pencher plus d’un côté que de l’autre, soit par le vent ou par un chargement inégal.
- Donner chasse ; c'est chasser un vaisseau. V. CHASSER.
- Donner à la côte ; c’est s’échouer à terre par le mauvais tems ou pour éviter d’être pris par l’ennemi.
- Donner dedans; c’est lorsqu’on est auprès d’un port, d’une rade ou d’un passage étroit, faire route pour y entrer » et enfiler l’embouchure.
- Donner la remorque ; c’est remorquer. v. remorquer.
- ( Chimie ) Donner le feu par degré 3 feu doux , feu de chasse; c’est-à-dire appliquer un feu convenable aux opérations.
- ( Vénerie ) Donner les chiens ; c’est lâcher la meute après la bête.
- ( Commerce en détail ) La vente a mal donné ; la v nte a bien donné, pour signifier que la vente des marchandises a été considérable ou n’a pas été bonne.
- ( Pêche ) Le maquereau n'a pas donné cette année ; pour dire qu’il n’a pas été abondant.
- DOOM’S-DAY-BOOK. Mot an-glois , composé do book , livre ; de day, jour , et de doom , jugement.
- ( Hist. d'Anglet. ) Il est souvent fait mention, dans l’Histoire d’Angleterre , du Doom’s-Day-Book, c’est-à-dire, d’un cadastre que Guillaume le conquérant fit faire à l’imitation d’Ahred le Grand }
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- l’un de ses prédécesseurs , de tous les biens de ses sujets.
- Doom’s - Day - Book , est une corruption du saxon Dom-Boc, qui signifie registre authentique , destiné à servir de règle aux juges dans les contestations concernant les propriétés territoriales.
- DORER j v. a. de l’italien do-rare , dérivé du lat. aurare.
- ( Thecnel ) Etendre , appliquer de l’or en feuilles , ou moulu.
- L’or est une matière si précieuse et si rare que les arts ont du. rechercher tous les moyens de la multiplier en apparence, en couvrant. d’une couche légère de ce riche métal, des métaux plus communs. Telle est l’origine de la dorure.
- Pour dorer, on couvre immédiatement le métal d’une feuille d’or, ou bien l’on forme un amalgame d’or et de vif-argent dont on frotte le métal ; après quoi on volatilise le vif-argent au moyen de la chaleur.
- Le succès de l’opération dépend en grande partie du soin que l’on met à bien nettdVer la surface du métal qui doit s’allier à l’or, parce qu’alors leur union est plus intime. L’argent, le cuivre , le laiton , le similor se dorent facilement par les deux manières que l’on vient d’indiquer ; mais le fer et l’acier présentent beaucoup de difficultés , et ne peuvent recevoir une dorure durable par aucun des procédés connus jusqu’à ce jour, parce que leur surface ne peut pas se conserver parfaitement nette pendant l’opération.
- Si l’on veut appliquer l’or en feuilles sur le fer et sur l’acier , ce procédé exige que l’on chauffe le métal, et alors l’artiste se trouve placé entre deux écueils : le risque de ne chauffer pas assez et de procurer ainsi peu d’adhérence, et celui de chauffer trop , et de donner au métal un commencement d’oxidation, et de recuire la trempe des armes tranchantes , telles que les épées , les poignards, etc.
- S'il s’agit de dorer avec l’amalgame et le nitrate de mercure , la difficulté de l’opération s’accroît encore , parce que le métal
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- n’ayant pas d’affinité avec le mercure , il faut un intermède pour disposer la surface à le recevoir. Quelques-uns humectent les parties qu’ils se proposent de dorer avec une dissolution de mercure dans l'acide nitreux ( l’eau forte) ; d’autres appliquent avec un pinceau de poil de chameau une solution de sulfate de cuivre (vitriol bleu ) ; mais dans ces deux procédés La surface du fer demeure altérée par l’action de l’un ou l’autre acide , et on est également obligé de chauffer la pièce pour volatiliser le mercure. Ces incon-véniens ont déterminé la plupart des artistes à suivre le premier procédé qui consiste à appliquer la feuille d’or sur le métal chaud , et à l’y fixer par l’action du brunissoir. g
- Voici un procédé perfectionné, très-peu connu et qui peut être utile à ceux qui sont appelés à dorer le fer et l’acier.
- On commence par verser sur une solution d’or dans l’acide nitro-muriatique { eau régale ) environ le double d’éther. On secoue ensemble les deux liquides, et aussitôt que le mélange est en repos , on voit l’éther se séparer de l’acide nitro-muriatique, et flotter à la surface. L’acier se décolore , et l’éther prend une couleur, parce qu’il enlève l’or à l’acide. On verse les deux liqueurs dans un entonnoir de verre , dont le bec qui doit être assez lin demeure fermé, jusqu’à ce que, par le repos, les .deux fluides se soient complette-ment séparés l’un de l’autre. On l’ouvre alors, l’acide comme le plus pesant et occupant le dessous, passe le premier-, on ferme dès qu’il a coulé en entier , et l’entonnoir ne contient plus alors que la dissolution d’or dans l’éther. On bouche la fiole.
- Lorsqu’on veut dorer le fer ou l’acier, il faut, après en avoir bien poli la surface, appliquer dessus avec une petite brosse ou pinceau, l’éther aurifère; le liquide s’évapore promptement, et l’or demeure. On chauffe ensuite et on passe4e brunissoir. On peut tracer à la plume ou au pinceau tou-
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- tes sortes de figures sur le fer, et il est probable que c’est là Je procédé qu’on emploie pour dorer les lames de Suhlinger.
- •L'art d’appliquer l’or sur une infinité de corps ne fut point entièrement ignoré des anciens. Les Hébreux avoient couvert de James d’or l’arche d’alliance et la table des pains de proposition. Les Grecs et les Romains surent étendre l’or par feuilles très-minces. Ils l’appliquèrent sur le marbre avec des blancs d’œuf, et sur le bois avec une composition nommée leuco-phœum , faite de terre glntiueuse. C’est de cette dernière manière que l’on dora la statue de Minerve que Phidias fit pour les Platéens.
- Cet art fut reçu à Rome , l’an 671 de la république, où Aulius Glabrion, duumvir , fit dorer la statue de son père. Tline marque l’époque de la dorure, sous la censure de Lucius Murnmius. Les particuliers commencèrent alors à donner aux voûtes et aux murs de leurs appartemens un ornement qui jusques-là avait été réservé aux seuls lambris du Capitole.
- Le secret de peindre à l’huile, trouvé dans les derniers siècles , a fourni une manière de dorer, inconnue aux anciens, et après bien des essais et des tâtonnemens , on est parvenu dans le dernier siècle à appliquer le mate et le bruni sur le bois et sur le plâtre sans aucune espèce de blanc d’apprêt , de sorte que , par ce moyen, la beauté des profils, la finesse et l’esprit de la sculpture ne sont aucunement altérés comme ils l’é-toient nécessairement auparavant, par une douzaine de couches de blanc d’apprêt, pour mettre l’or en état de recevoir le bruni.
- DORIENj adj. du grec J'mpi?
- ( dû ris ), la doride.
- (Musique ) Le mode Dorien étoit un des plus anciens de la musique des Grecs , et c’étoiî le plus grave ou le plus bas de ceux qu’on a depuis appelés authentiques.
- Le caractère de ce mode étoit sérieux et grave, mais d’une gravité tempérée, ce qui le rendoit propre pour la guerre, et pour les sujets de religion.
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- Platon regarde la majesté du mode Dorien comme très-propre à conserver les bonnes mœurs, et c’est pour cela qu’il en permet l’usage clans sa répu blique.
- Ce mode s’appeloit Dorien, parce que c’étoit chez les peuples de ce nom qu’il avoit été d’aborcl en usage -, on en attribue l’invention à Tbamiris de Thrace, qui ayant eu le malheur de défier les muses et d’être vaincu , fut privé par elles de la lyre et des yeux.
- DORIQUE , adj. même origine que DORIEN.
- ( Grammaire ) Dialecte Dorique; Ce dialecte fut la manière particulière de parler des Doriens. Il a été en usage parmi les Lacédémoniens et ceux d’Argos ; ensuite il passa dans l’Epire , dans la Lybie, la Sicile , les îles de Rhodes et de Crète. Les auteurs qui ont écrit dans le Dialecte Dorique , sont Archimède , Théocrite , Pindare, Architas de Tarente , B,ion, Cai-limis , Cypselas , Alcman et So-phron.
- (Archit. ) Ordre Dorique ; c’est le second ordre d’architecture , qui se met entre le Toscan et l’ionique.
- La colonne Dorique a huit diamètres ; son chapiteau et sa base sont un peu plus riches de moulures que la colonne toscane. Le Dorique a pour ornemens les métopes et les triglyphes V. MÉTOPES, TRIGLYPHES.
- Cet ordre est ainsi appelé , parce qu’il a été inventé par les Doriens, peuple grec.
- DORMANT, TE, adj. du lat. dormire , dormir.
- ( Technologie) On appelle ainsi un panneau de menuiserie en frise , scellé dans la feuillure d’une porte.
- C’est aussi la partie du châssis d’une croisée qui tient dans la feuillure de la baie et qui soutient le châssis et les volets.
- Dormant se dit, en serrurerie, d’un panneau de fer 0 placé au dessus des ventaux d’uue porte et qui est évidé pour donner du jour.
- Ces choses sont ainsi appelées par métaphore, parce qu’elles sont
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- placées à demeure et non mobiles.
- ( Maririe ) ^Manœuvres dormantes ; ce sont les manœuvres qui sont fixées à demeure par les deux bouts, comme les haubans, les étais, etc. Elles sont appelées ainsi par opposition aux manœuvres courantes qui agissent, et qu’on fait aller et venir dans des poulies.
- DORSAL , adj. et s. du latin. dorsum, dos.
- (Physiologie) Dorsal se dit, en général , de ce qui est relatif au dos ; mais on a donné particulièrement ce nom à deux muscles appelés, l’un le grand dorsal, et l’autre le long dorsal, à cause de leur situation sur le dos.
- ( Botan. ) On appelle arrête dorsale, celle qui ne naît pas du som-jnet même de la valve ou paillette, mais plus ou moins au dessous.
- DORSIFÈRE , adj. composé du lat. dorsum , dos , et defero j porter-, qui porte sur le dos.
- ( Botan. ) On appelle ainsi les plantes qui portent sur le dos les parties de la fructification. Les feuilles des fougères sont dorsi-fères.
- DOS , s. m. du latin dossum , qu’on a dit dans la basse latinité pour dorsum.
- ( Anat. ) Le derrière de l’animal, qui est depuis le cou jusqu’aux fesses. Les Anatomistes appellent proprement le dos, la seconde division de l’épine qui contient douze vertèbres , situées entre celles du cou et celles des lombes, et où sont attachées les côtes.
- Dos se dit aussi figurément du dessus du pied, de la main, du nez.
- DOSE , s. f. du grec dUtç ( do-sis ) j dérivé de diêm/xi ( didûmi ) , donner.
- (Matière médicale) Quantité d’un remède qu’il est à propos de faire prendre en une seule fois.
- Il se dit aussi du poids ou de la mesure des drogues qui doivent entrer dans un médicament. Cette opération exige la plus grande prudence de la part clu médecin , et une attention scrupuleuse aux forces de son malade, à la foiblesse ou à la vigueur de son tempérament
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- ment, à son âge , à son sex» , à ses habitudes , à la saison où il est, au climat sous lequel il vit, au sol qu’il habite.
- DO'tSERET , s. m. du latin dos-Sum, qu’on a dit pour dorsum , diminutif de dos.
- ( Archit. ) Espèce de pilastre qui sert à soutenir des voûtes.
- Il se dit aussi d’un dossier pour soutenir une souche de cheminée.
- DOSSIER , s. m. du lat. dossum. V. DOS.
- ( Technol ) Partie d’un banc , d’une chaise qui sert à appuyer le dos. On dit aussi le dossier d’un lit, tant des planches qui soutiennent le chevet, que de la garniture d’étoffe qui les couvre.
- ( Pratique ) Il se dit encore d’une feuille de papier qui couvre une liasse de pièces concernant la même affaire , et quelquefois de toute la liasse de pièces. Il est souvent ordonné à l’audience que les parties , leurs avocats ou leurs avoués se communiqueront leurs dossiers , ou qu’ils lesremetfront entre les mains du juge , ou sur le bureau.
- DOT , s. f. du latin dos, dotis , fait du grec â'mç ( dôs. )
- ( Pratique ) Ce sont les biens qu’une femme apporte à son mari.
- Il se dit aussi de ce que les père et mère et autres ascendans donnent à leurs enfans , soit mâles ou femelles, en faveur du mariage.
- DOUAIRE , s. m. du lat. dota~ rium , dont on a fait doariuni.
- ( Pratique ) Sorte de pension alimentaire accordée à la femme sur les biens de son mari prédécédé.
- Le douaire est aussi une espèce de légitime pour les enfans qui survivent à leurs père et mère, et renoncent à la succession de leur père.
- Les Romains n’ont pas connu le douaire ; c’est ce qui fait que dans les parties de la France appelées pays de droit écrit , il n’avait lieu qu’en vertu d’une stipulation expresse par le contrat de mariage.
- DOUANE, s. m. de l’italien dua~ na ou doyana , qui pourrait venir du grec < doka ), qui signifie recette.
- ( Finances ) Lieu où l’on est
- 'l'orne i.
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- obligé de porter les marchandises pour acquitter certains droits.
- Ce droit fut établi, selon quelques-uns, sous le règne de Louis NI, et, selon d’autres, sous celui de Charles IX.
- DOUBLAGE , s. m. du lat. du-plia ou duplitio : l’action de doubler.
- ( Marine ) On appelle ainsi une seconde couverture de planches de chêne , de sapin , ou de feuilles de cuivre , mises par-dessus les bordages du franc-bord , depuis la quille jusqu’au dessus de la flottaison , afin de garantir les bordages de la piqûre des vers.
- Ce sont les Anglbis qui ont imaginé , depuis quelques années , de doubler leurs vaisseaux avec des feuilles de cuivre. Iis en ont fait l’épreuve avec succès, d’abord sur quelques frégates, ensuite cet usage est devenu général, et est adopté aujourd’hui par toutes les nations maritimes.
- En France et en Angleterre on applique sur la carène du vaisseau, avant de doubler, une ou plusieurs couches de suif, et par dessus ce suif du papier brun , ou de la toile grise ou serge légère ; mais en Hollande, et particulièrement à Amsterdam , on pose les feuilles de cuivre à nu sur le franc -bord , sans l’interposition d’aucune toile ou papier, et les constructeurs prétendent que le doublage s'adapte mieux ; que ne laissant ainsi point de jeu , ni d’intervalle, l’eau de mer, qui bat sans cesse contre les feuilles de cuivre , trouve moins de moyens de s’introduire entr’elles et le bois, et par conséquent le doublage tient mieux.
- Doublage de gouvernail ; on recouvre quelquefois le gouvernail d’un doublage de planches , pour le préserver de la piqûre des vers.
- Doublages ou renforts des voiles/ ce sont îles morceaux de toile que l’on coud sur certains endroits des voiles, pour les fortifier.
- ( Manuf. ) Doublage , se dit encore , en termes de manufactures , de l’action de joindre deux fils, pour en faire un fil composé.
- DOUBLE, adj. et s. du lat. du-plum.
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- $Gz DOÜ
- ( Géom.) Une quantité est double d’une autre, lorsqu’elle la contient deux fois ; elle est sous-double , lorsqu’elle en est la moitié. Une raison est double , quand l’antécédent est double du conséquent, ou quand l’exposant du rapport est double ; ainsi le rapport de 6 à 3 est une raison double.
- La raison sous-double a lieu, quand le conséquent est double de l’antécédent, ou que l’exposant du rapport est §. Ainsi 3 est à 6, en raison sous-double.
- ( Haute Géom. ) Point double , terme fort en usage dans la haute géométrie, lorsqu’une courbe a deux branches qui se coupent, le point où se coupent ces branches est appelé point double. Ou trouve des points doubles dans les lignes du. troisième ordre, et dans les courbes d’un genre plus élevé. Il n’y en a point dans les sections coniques.
- DOUBLÉ, adj. même origine que double.
- ( Arithmétique et Algèbre ) Raison doublée ; c’est le rapport qui est entre deux carrés-, ainsi la raison doublée de a & b est le rapport de a a à b b, ou du carré de a au carré de b.
- Dans une progression géométrique , le premier terme est au troisième en raison doublée du premier au second , ou comme le carré du premier est au carré du second. Ainsi dans la progression de 2 , 4 > 16, le rapport de 2 à
- 8 est doublé de celui de 2 à c’est-à-dire , que 2 est à 8, comme le carré de 2 est au carré dé 4-
- Souvent l’on confond la raison doublée avec la raison double. Quelques Auteurs même se servent indifféremment de ces exprès-» sions; rien n’est cependant plus différent. La raison de 8 à 4 est une raison double , parce que 8 est double de 4» la raison de 16 à 4 est doublée de celle de 4 à 2, c’est-à-dire , est la raison du carré de 4 su carré de 2 ; la raison de 4 à 8 est sous-double ; celle de a a 4 est sôus-doublée de 4 à 16, c’est-à-t:ire, comme la racine carrée de 4 esta celle de jt>.
- I Pratique ) Double écrit, écrit
- DOÜ
- sou*signature privée, dont il y S deux originaux conformes l’un à l’autre, et tous deux sigués des parties qui s’y engagent.
- ( Imprimerie ) Double canon t corps de caractère peu usité.
- Double signature. La signature est une lettre de l’alphabet qu’on met au bas de la première page de chaque feuille pour désigner et indiquer l’ordre qu’elle doit avoir dans le volume ; on met aussi la même lettre accompagnée d’un chiffre arabe ou romain, au bas des feuillets de la première moitié d’une feuille ( ainsi A , A ij , A iij , etc. ), afin de faire counoître l’ordre que les feuillets doivent avoir en-tr'eux.L’alphabet donne 23 lettres, et ou recommence après ces 20 lettres en les doublant,commeA a-, c'est ce qu’on appelle double signature.
- ( Musique ) Intervalles doubles -, ce sont tous ceux qui excèdent l’étendue de l’octave. En ce sens, la sixième est double de la tierce , et la douzième double de la quinte. Quelques-uns donnent aussi le nom d’intervalles doubles à ceux qui sont composés de deux intervalles égaux, comme la fausse quinte qui est composée de deux tierces mineures.
- Double-corde, manière de jeu sur le violon , laquelle consiste à toucher deux cordes à la fois, faisant deux parties différentes.
- Double-croche , note de musique qui 11e vaut que le quart d’une noire , ou la moitié d’une croche. Il faut par conséquent 16 doubles-croches pour une ronde , ou pour une mesure à quatre tems.
- Double-crochet , signe d’abréviation qui marque la division des notes ep doubles-croches , comme le simple crochet marque leur division en croches simples.
- Double-octave, intervalle composé de deux octaves , qu’on appelle autrement quinzième , et que les Grecs appeloient disdiapason. V. ce mot.
- La double-octave est en raison doublée de l’octave simple, et c’est le seul intervalle qui ne change
- fias de nom, en se composant avec u i-même.
- ( Marine ) Manœuvre double j
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- c’est celle qui, passant dans une poulie, se replie parallèlement à elle-même.
- ( Jardin ) Fleurs doubles; celles qui, par l’art et la culture ont acquis un plus grand nombre de feuilles que la nature ne leur en a données.
- ( Théâtre ) Double est encore un mot employé, dans le langage des comédiens, pour désigner les acteurs en sous-ordre qui remplacent les premiers acteurs tians les rôles que ceux-ci ne peuvent ou ne veulent pas jouer.
- DOUBLEAU , s. m. même origine que DOUBLE.
- ( jirchit. ) Jrc-Doubleau ; c’est une voûte qui joint un pilier à un autre.
- DOUBLEMENT, s. m. même origine que DOUBLE.
- ( Art milit. ) Doublement d’un bataillon ; c’est un mouvement de soldats, qui de deux rangs n’en fait qu’un , ou qui de deux files n’en fait qu’une.Ainsi doubler iesrangs, c’est mettre deux rangs l’un avec l’autre , ce qui augmente le front des hommes d’un bataillon, et en diminue la hauteur. Doubler les files, c’est mettre deux files l’une avec l’autre , ce qui augmente la hauteur des hommes du Bataillon , et en diminue le front,
- DOUBLER , v. a. même origine que DOUBLE : Mettre le double, mettre une fois autant.
- ( Marine ) Doubler, est un terme d’évolutions navales.
- Doubler les vaisseaux ennemis; c’est mettre une partie de leurs forces entre deux feux et les cartonner sur les deux côtés. Cette manœuvre s’exécute ordinairement par l’armée la plus nombreuse , dont l’avant-garde ou l’arrière-garde , profitant des avantages que le vent ou autres circonstances de la mer peuvent donner, vire de bord en airomlissant l’avant-garde ou l’arrière-garde de l’ennemi , qui est alors tians le cas d’être mise dans le plus grand désordre.
- Doubler un cap ; c’est passer au-delà , en navigant ; ce qui se dit sur tout, lorsque le vent étant contraire , on n’a pu par eonsé-
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- quent passer ce cap qu’avec peine , en louvoyant en faisant route au plus près du vent.
- DOUBLETS , s. m. mèmè origine que DOUBLE.
- ( Verrier ) Doublets; ce sont de fausses pierreries faites avec deux crysîaux taillés, joints ensemble , entre lesquels on. renferme une feuille ou des couleurs empâtées de mastic et de térébentine.
- Ces doublets imitent si parfaitement les pierres précieuses, qu’on
- eut facilement s’y méprendre.
- our les reconnoître, il suffit d’interposer un des angles de la pierre entre l’œil et le jour •, si c’est une véritable pierre précieuse, elle paroît colorée par-tout ; au lieu que si c’est un doublet, on voit que la pierre est blanche ettrans-pârente.
- Jeu de trictrac ; Doublet, est un jet de dés, par lequel on amène le même point des deux dés, comme deux as, deux 4» deux 3 , etc.
- DOUCHE, s. m. de l’italien doc-cia , qui peut avoir été formé de duco, conduire.
- ( Mat. méd. ) La douche est une espèce de bain qui consiste a laisser couler de haut par une fontaine naturelle ou factice , un certain volume d’eau thermale ou froide.
- On donne des douches avec l’eau commune ou avec les eaux minérales qu’on a soin de varier, suivant les différons cas.
- Les douches d’eau thermale sont très-efficaces contre la raideur et la distorsion des membres j contre les ankiloses et les paralysies ; contre les tumeurs qui, par leur dureté , résistent aux remèdes ordinaires.
- Les douches d’eau froide sont souvent administrées avec succès aux maniaques. L’impression vive et inattendue qu’elles leur causeur, produit, souvent une révolution heureuse , qui les ramène à leur bon sens.
- DOUCINE, s. f. de doux, dulcis.
- ( Mrchit.) Moulure moitié convexe, moitié concave j qui termine le haut d’une corniche. Cn la Homme aussi cymaise.
- DOUELLE, s. f. du îat. r/o-gelta , diminutif de doga.
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- ( Mfrchit. ) Coupe de pierres propres à la construction des voûtes. Il y a la douelle intérieure , ou l'intrados , et la deuelle extérieure y ou l’extrados.
- DOULEUR , s. f. du lat. dolor , formé de doleo y souffrir.
- ( Med. ) Sentiment triste et fâcheux qui aliiige, qui blesse quelques parties du corps, et qui est ennemi de la nature.
- Il y a des douleurs de différentes sortes t l’une est accompagnée d’un sentiment, de pulsation , l'autre de pesanteur ; ceile-ci de tension, celle-là. d’érosion , d’incision de ponction et de perforation. Ces dernières sont toutes comprises avec leurs différences, sous le nom d'aiguës.
- DOUX, adj. du latin âulcis ; qui fait une impression agréable sur nos sens.
- ( Méd. ) Purgation douce ; celle qui ne fatigue point le malade.
- ( Métallurgie ) Mine douce; celle qui est aisée à fondre, par opposition à la mine rebelle.
- Métal doux ; celui qui est ductile y non-cassant ; il est opposé à aigre.
- ( Gravure ) Taille-douce ; on appelle ainsi une gravure faite sur une planche de cuivre avec le burin ou avec l’eau forte.
- ( Musique ) Doux , adv. est opposé à fort , et s’écrit au dessus des portées pour la musique f.ançoise, et au dessous pour la musique italienne , dans les endroits où l’on veut faire diminuer le bruit, tempérer et radoucir l’éclat et la véhémence du son,commedansles échos, et dans les parties d’accompagnement.
- Les Italiens écrivent dolce , et pliis communément piano dans le même sens ; mais leurs puristes en musique soutiennent que ces deux mots ne sont pas synonymes, et que c’est par abus que plusieurs auteurs les emploient comme tels. Ils disent que piano signifie s:m-plement une modéralion de son, nne diminution détruit ; mais que dolce indique , outx'e cela, une manière de jouer pià soave, plus ciouce , plus liée, et répondant, à
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- peu près, au mot lourd des François.
- Le doux à trois nuances qu’il faut bien distinguer. Le demi-jeu, le doux , et le très-doux. Quelques voisines que paroissent être ces trois nuances, un orchestre entendu les rend très-sensibles et très-distinctes.
- ( Peinture ) Doux se dit encore de l’effet d’un tableau.
- L’effet c’en tableau est doux, quand des passages insensibles conduisent des clairs aux bruns ; quand toutes les couleurs sont amies ; quand on ne passe d’une couhurà uneautreqne pardes nuances.L’effet très-doux ne peut être très-piquant. Le doux et le piquant sont deux moyens différens de plaire. Le doux est opposé au vice de la dureté et à lavertudela fierté.
- Le mot doux s’emploie aussi en parlant des affections de l’ame. On dit une expression douce. Lrs affections douces sont les plus difficiles à rendre , parce que les traits caractéristiques en sont bien moins prononcés que ceux des passions fortes. C’est l’art d’exprime. les affections douces qui met Raphaël et un petit nombre d’autres peintres fort au dessus de leurs rivaux; elles ajoutent un nouvel intérêt à la beauté qui est altérée par les passions vu lentes.
- DOUZIEME , adj. de dou\e, fait du lat. duodecim.
- ( Musique ) Une douzième , au s. f. est un intervalle composé de onze degrés conjoints , c’est-à-dire , de douze tons diatoniques , en comptant les deux extrêmes. C’est l’octave de la quinte. Toute corde sonore rend, avec le son principal , celui de la douzième, plutôt que celui de la quinte ; parce que cette douzième est produite par une ali— quote de la corde entière qui esc le tiers, au lieu que les deux tiers, qui donneroient la quinte, ne sont pas une aliquote de cette même corde.
- DGXOLOGIE, s. f. du grec Jof* ( doxa ) gloire, et de xôyoç (logos), discours.
- ( Culte cathol. ) Les Grecs ont donné ce nom à l’hymne angélique ou cantique de louange que les la-
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- tins chantent à la messe , et qu’on nomme communément le Gloria in cxcelsis , parce qu’il commence en grec par le mot «Tof-ai ( doxa ) , gloire. Ils distinguent clans leurs livres liturgiques la grande et la petite doxologie. La grande est celle do.it il vient d’être question ; la petite est le verset Gloria Patri etFilio , etc. par lequel ou termine la récitation de chaque pseaume dans l’office divin.
- DOYEN , s. ni. dulat. decanus , formé du grec Jîko, ( deka ) , dix. On a prononcé autrefois déan , et on écrit encore aujourd’hui en Angleterre dean.
- ( Hist. Rom.) On appeloit decanus , chez les Romains, l’officier qui présidoit à dix soldats ; et un
- i’uge inférieur qui avoit dix vil -âges dans sa jurisdiction.
- ( Hist. ecclés. ) A l’imitation des Romains, les prélats établirent des juges pour faire des visites dans une partie de leur diocèse ; Ils les appellèrent d’abord archi-prétresj archi-diacres, et ensuite doyens.
- Dans les anciens monastères , le doyen étoit un supérieur établi sous l’abbé , pour le soulager, et pour avoir soin de dix moines.
- On a appelé, depuis, doyens ruraux , ceux qui avoient droit de visite sur les cures de la campagne, dans les diocèses divisés en doyennés.
- ( Econ. polit. ) Doyen signifie aujourd’hui celui qui est le plus ancien en réception dans une compagnie.
- DRACHME, s. f. du grec { drachme. )
- ( Monnaie ) Ancienne monnoie d’argen t dont se servoîent les Grecs, et qui pesoit la huitième partie d’une once.
- ( Métrol. ) On s’en sert présentement pour signifier un gros ou la huitième partie d’une once.
- DRAGÉE, s. f. du lat. tragea , formé du grec vp ( tragê-
- may dont U racine est afayœ ( tragô ) manger.
- ( Confiseur) Amande , pistache, aveline, et autres petits fruits •ouverts de sucre doré.
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- Les draeées de bonne qualité doivent être fraîches, couvertes d’un sucre pur, sans mélange d’amidon, dures, sèches, et aussi blanches dedans que dehors.
- DRAGEON , s. m. du lat. tra-ducio, long sarment.
- ( Botan. ) Les drageons des branches enracinées qui accompagnent le pied ou le tronc de l’arbre qui les a produites , et dont on peut les détacher sans leur ôter la faculté de reprendre racine, en les transplantant.
- DRAGONS, s. m. du lat. draco* nariiy ou de l’allemand tragen ou draghen.
- ( Art milit. ) La véritable origine des dragons n’est pas bien connue : il y avoit dans les armées romaines des draconarii qui por-toient des figures de dragons au haut d’une longue lance, et qui passoient pour des hommes tellement courageux , que le surnom de dragon devint un titre d’honneur , et Constantin Paleologue, empereur grec , en fut revêtu.
- Les Allemands ont eu aussi des arquebusiers qu’ils ont nommé tragen ou draghen , et il y a grande apparence que c’est là l’origine de nos dragons.
- Quoi qu’il en soit,les premiers corps de dragons , qui ont servi dans les armées françoises, n’é-toient point entretenus : ce n’est que sous Louis XIY qu’ils ont reçu l’existence dont ils ont joui jusqu’à ce jour.
- DRAGUE , s. f. de l’angloi» drag , formé du saxon dragan, traîner quelque chose avec peine.
- ( Marine ) Cordage attaché par ses deux bouts aux côtés de deux chaloupes, et auxquels sont suspendus des boulets de canon , pour le faire plonger au fond de l’eau. Les chaloupes qui se présentent à flanc , marchent en avant, entraînent la drague qui, raclant le fond de la mer, accroche une ancre perdue, ou quelqu’autre objet que l’on cherche.
- ( Pêche ) Drague se dit encore d’un filet joint à un rateau de fer qui a un long manche de bois , et qui sert à pocher des coquillages*
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- DRAME, s. m. du grec cf/>îqu* ( draina ), action, dérive de djxt» ( âraô ), agir.
- {Art drain. ) Pièce en vers ou en prose, qui consiste, non dans un simple récit, mais dans la représentation d’une action , soit comique , soit tragique.
- Dans une acception moderne et moins étendue , drame se dit «t’une espèce particulière de pièces de théâtre, qui n’est ui tragédie , ni comédie , ni tragi-comédie.
- De drame est dérivé le mot dramatique , qui se dit des ouvrages qui sont laits pour le théâtre , et qui représentent une action tragique ou comique.
- Dramatique se dit aussi d’autres ouvrages qui ne sont pas faits pour le théâtre, et où fauteur quitte le récit, pour faire parler les personnages qu’il introduit.
- ( Musique ) Diamatique se dit encore de la musique imitative , propre aux pièces de théâtre qui se chantent, comme les opéra.
- DRAP, s. m. ancien mot gaulois, dont on a fait trappus ou drappus , dans la basse latinité; les Angiois disent drap, et les Espagnols trapo.
- ( Manuf. ) Ce mot employé seul désigne une étoffe de laine ; mais on <ijt aussi drap d’or, drap de soie , drap de coton,
- ( Manuf. ) L’usage des habits est dû à quelqu’auîre cause qu’à la simple nécessité n’adoucir les in-jures de l’air. Il y a des climats où cette précaution seruit presque entièrement inutile; cependant, excepté quelques peuplades absolument sauvages, toutes les nat'ons ont été et sont encore dans l’usage de se couvrir d'habits plus ou moins élégans, et qui, en couvrant le corps, ne gênent pas la liberté de ses mouvements.
- La peau des animaux ptroît avoir été la matière la plus universellement employée dans les premiers tems. On s’aperçut bientôt. après qu’on poovoit faire un meilleur usage de Ta dépouille des animaux , et on trouva le moyen d’en séparer la laine ou le poil, et d’en former des vêtemens aussi solides et aussi chauds} mais plus soup es
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- que les cuirs-et les fourrures. Le# premières étoffes ont été des espèces de feutres. C’étoit quelque chose d’avoir imaginé de séparer le poil et la laine de la peau des animaux ; mais on n’eût pas tiré un grand avantage de cette invention , si on n’avait pas trouvé le secret de réunir, par le moyen du luseau, ces ditférens brins et d’en faire un hl continu.
- La tradition de presque tous les peuples donne à des femmes la gloire d’avoir inventé l’art de filer, de tisser les étoffes et de les coudre. Avant de trouver le tissu à chaîne et à trame , il est probable qu’on aura fait bien des essais avec les matières filées, et composé dilfé-rens ouvrages , comme des tresses, des réseaux, etc., jusqu’à ce qu’en-fiu et par dcgté.s, ou ait trouvé le tissu à chaîne et à trame.
- A considérer la quantité et la diversité des machines que nous employons aujourd’hui dans la fabrication de nos étoffes , on ne se persuaderait pas facilement que, dans les premiers siècles, les hommes aient pu se procurer rien de semblable , ou qui ait pu en approcher ; il est aisé cependant de le concevoir, en réfléchissant aux métiers qui sont encore aujourd'hui en usage chez plusieurs peuples, à la simplicité et au nombre des outils dont on se sert encore présentement dans les Grandes-Indes , en Afrique , en Amérique, etc. Quoique privés de la plus grande partie des connoissances dont nous jouissons , les ouvriers de ces pays exécutent des étoffes dont on ne peut se lasser d'admirer la finesse et la beauté ; et cependant, taie navette et quelques morceaux de bois sont les seuls instrumons qu’ils emploient.
- Les draps des anciens avoient même un avantage sur les nôtres ; c’est qu’on pouvoit les laver et bl an-chir tous les jours ; au lieu qu’une semblable opération gâterait ia plupart des nôtres: sans doute qu’ils avoient quelque secret particulier pour la préparation de leurs draps, qui n’est point parvenu jusqu’à nous. Les poils des animaux sont la matière la plus abondante et la
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- plus généralement employée à couvrir i’homme. Le duvet du castor, le pioc de l’autruche , le poil des chameaux, celui des chèvres u’Asie et d’Atrique , la toison de la vigogne, n’étant que la plus petite partis de cette riche provision •, c’est la laine de notre brebis commune qui lait, avec les cuirs , la plus sûre de nos défenses contre les attaques des élémens.
- DRAPEAU , s, ni, du Jat. dra-pellum , diminutif de drapum , et dont les Italiens ont fait drapel’o : haillon, vieux morceaux de linge ou d’étoffe.
- ( Art militaire, ) Drapeau , en termes de guerre, signifie étendard , et se dit généralement de toutes les enseignes.
- On dit hgurénient se ranger sous les drapeaux d’un Prince, pour signifier, prendre , embrasser son parti.
- ( Chirurgie ) On donne le nom de drapeau à une excroissance composée d’un entrelacement de vaisseaux sanguins et variqueux , qui forment sur le globe de l’œil un voile qui intercepie les rayons de la lumière, et les empêche d’arriver à la rétine. Cette maladie commence ordinairement au grand angle de i’œil, et s’étend insensiblement sur la cornée.
- DK A PÉ, ad j . même origine que DRAP.
- ( Botan, ) Il se dit des feuilles, des Heurs et des tiges qui sont recouvertes de poils courts et tellement serrés, qu’il en résulte un tissu plus ou moins semblable à celui du drap,
- DRAPERIE , s. f. même origine que DRAP.
- ( Peinture) Raphaël, dit Mengs , découvrit, par les principes des anciens, que le nu est la partie principale; que les draperies doivent être seulement regardées comme une partie accessoire , et qu’elles sont destinées à le couvrir, et non à le cacher ; qu’elles doivent être nécessaires, et non de caprice ; que par conséquent le vêtement ne cuit être ni trop étroit, parce qu’il gèneroit les membres , ni trop ample , parce qu’il les embarrasse-roit; mais que l’artiste doit le conformer à la grandeur et_à l’attitude
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- de la figure qui doit le porter.
- Il comprit que les grands plis doivent être placés sur les grandes parties du corps , et ne doivent pas être hachés par de petits plis subordonnés ; que quand la nature du vêtement exige ces petits plis , il faut leur donner peu de saillie , afin qu’ils cèdent toujours à ceux qui indiquent les parties principales.
- Il fit donc ses draperies amples, sans plis inutiles , avec des courbures à l’endroit des articulations. Ce fut la forme du nu qui lui indiqua celle des plis de la draperie; et, sur de grands muscles, il i'or-moit de grandes masses.Quand une partie s’offroit en raccourci , il la couvroit du même nombre de plis q Pelle eût eu, si elle avoit été droite; mais il présentoit ces plis en raccourci comme la partie qu’ils coavroiem.
- Il se garda bien de donner à une draperie volante, et qui ne couvroit rien, la forme ou la grandeur de quelque partie du corps, il y éta-biissoit des yeux grands et profonds , et donnait aux plis des formes qui ne pouvoient faire d’équivoques avec celles d’aucun membre.
- Il ne cherchoit pas à placer des plis élégans, mais des plis nécessaires à bien représenter la partie qu’iis couvroient. Les formes de ses plis sont aussi différentes que le sont entre elles celles des muscles ; jamais elles ne sont ni rondes ni carrées.
- Il a donné aux parties saillantes de plus grands plis qu’à celles qui fi iient, et n’a jamais placé de grands plis sur une partie raccourcie, ni de petits plis sur une partie développée. C’étoit sur les inflexions qu’il plaçoît les grands yeux et Les coupes profondes. Il évitoit ne deux plis d’une même forme, d'une même grandeur , se trouvassent à côté l’un de l’autre.
- On voit que l’air est la cause générale de ses draperies volantes ; elles ne sont pas comme les autres draperies tirées et app’aties par leur poids.
- Il a laissé apercevoir quelquefois les bords de ses draperies , pour montrer que ses figures ne sont pas
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- habillées d’un simple sac. La forme des paities principales et le poids spécifique de l’air, sont les causes de ses plis.
- On reconnoît par les plis de ses draperies } quelle étoit, l’instant d’auparavant, l’attitude de la figure; et si, par exemple j un bras étoit étendu ou replié avant l’action actuelle , c’est une expression qu’il a toujours cherché à rendre , parce qu’elle est dans la nature ; c’est aussi dans la nature qu’il faut l’étudier ; on ne la trouveroit pas dans le repos parfait du mannequin.
- Quand les draperies ne couvrent les membres qu’à demi, et qu’elles ne couvrent, par exemple, qu’im-parfaitement une jambe ou un bras, il a eu soin qu’elles coupassent obliquement le membre qu’elles laissent en partie découvert. Ses plis sont de forme triangulaire. La cause de cette forme est dans la nature : toute draperie tend à s’élargir et s’étendre ; et comme en même tems son propre poids l’oblige à se replier sur elie-même, elle s’étend d’un autre côté , ce qui forme des triangles. Il a reconnu que les tnou-vemens du corps et de ses membres sont les causes de la situation actuelle de la draperie et de la formation de ses plis. Toute sa pratique n’est qu’un développement et une démonstration de cette théorie, ettoute manière de draper contraire à cette observation sera vicieuse.
- DRASTIQUE, adject. du grec tfpoLçtKoe ( drastikos ), actif, formé de Jpa.ce ( draô ), agir, opérer.
- ( Méd. ) On appelle ainsi , en général , les remèdes qui agissent promptement et avec force ; mais ce mot est particulièrement consacré aux purgatifs violens.
- DREGE, ou DEÈCHE , s. f. du saxon dregien j qui signifie marc , lie.
- ( Brasserie ) La àreche est le marc d’orge moulue dont les brasseurs se sont servi pour en extraire la bière.
- ( Agric.) Le marc de drlche est tin excellent, engrais ; mais sa rareté le rend d’un usage extrêmement borné.
- DRESSER , T. a. de l’italien
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- dri{%are , formé du lat. directum ï droit : lever , tenir droit.
- ( dirchit. ) Dresser une pierre; c’est la mettre Malignement, de niveau , l’ébaucher , i’écarrir.
- (.Artillerie ) Dresser une batterie de canons; c’est mettre une batterie en état.
- ( Pratique ) Dresser un contrat ^ une obligation} la minute d'un acte ; c’est mettre les articles d’un, contrat, d’un acte , etc. par écrit.
- ( D'echol, ) La plupart des arts et métiers emploient ce terme dans la signification ct’écarrir, mettre de niveau, polir, etc.
- ( Marine) Dresser la barre du gouvernail ; c’est la ramener vers le milieu du vaisseau.
- ( Botan.) Dressé se dit, en termes de botanique, de tout ce qui est perpendiculaire au plan de sa base.
- l ige dressée ; celle qui s'élève de la racine perpendiculairement à l’horizon.
- Feuille dressée ; celle dont la direction approche plus ou moins de celle de la tige ou du rameau qui la porte.
- Calice dressé ; c’est celui dont les divisions s’élèvent à peu près parallèlement à l’axe rationel de la fleur.
- DRISSE, s. f. de l’italien diriqqa.
- ( Marine ) Les drisses sont , en général , des cordages servant à hisser ou à élever à sa place une voile ou une vergue. Les pavillons et les flammes ont aussi leurs drisses,
- DROGMAN, ou DROGUEMAN, s. m. directement de l’italien dra-gomano , dont les Grecs modernes ont lait Jpctyx/umvoç ( dragouma-nos ) , emprunté du turc terdgru-men, ou de l’arabe tordgeman, ou tardgeman, formés l’un et l’autre du cbaldéen targem j qui signifie expliquer, interpréter.
- ( Diplomatie ) On nomme ainsi dans le Levant les interprètes que les ambassadeurs des nations chrétiennes, résidens à ia Porte, entre» tiennent près d’eux pour les aider dans leurs négociations avec les ministres du grand-seigneur.
- (Commerce) Les consuls ont aussi des drogtnans entretenus, tant pour leur propre usage que pour celui
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- des négccians de leur nation, qui trafiquent dans les échelles du Levant , ou des étrangers qui y viennent sous la bannière de cette nation.
- DROGUE, s. f. de l’ital. droga , ou droche. Ménage dérive ce mot de l’anglo - saxon druggs ; mais Johnston et Bailey avouent franchement que l’anglois druggs n’est qu’une corruption du irançois drogue.
- ( Commerce ) Sorte de marchandise que vendent les épiciers, et dont la plus grande partie sert à la médecine.
- Sous le nom de drogues , on comprend principalement celles des substances des trois règnes de la nature, qui sont employées pour les usages de la médecine et des arts , et qui nous viennent, pour la plupart, des pays étrangers , surtout du Levant et des Indes orientales. V. ÉPICERIE. DROGUIER, ». f. de DROGUE.
- ( Hist. nat. ) On appelle droguier, dans les cabinets d’histoire naturelle , la réunion d’une certaine quantité d’échantillons des produits animaux ou végétaux qui sont employés dans la médecine on dans les arts, et qui sont destinés, a servir de point de comparaison aux objets de même nature qui se trouvent dans le commerce , et dont on veut faire usage.
- DROIT, s. et adj. du latin barbare d rie tu ni j corruption de direc-tum j, partie, de dirige , diriger, Composé de la particule di , qui exprime séparation , et de rego , conduire d’un lieu à un autre.
- Ce terme , dans le sens propre le plus général, et auquel tous les autres doivent se rapporter, signifie tout ce qui dirige, et tout ce qui est dirigé.
- (Mathémat. Géom.) Droit , adj. se dit de ce qui ne se fléchit ou ne s’incline d’aucun côté.
- Ainsi, une ligne droite est celle qui va d’un point à un autre par le plus court chemin , sans se fléchir. Droit pris dans ce sens est opposé à courbe. V. COURBE.
- L'angle droit est celui qui est formé par deux lignes perpendiculaires l’une à l’uufie, c’est-à-dire,
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- qui ne s’inclinent d’aucun côté, V. PERPENDICULAIRE.
- Le mot droit dans ce second sens , estopposéaoblique. V. OBLIQUE.
- Un dit d’une ligure qu’elle est rectangle, lorsque ses côtés sont à an-gles droits, c’est-à-dire , perpendiculaires les uns aux autres.
- Quelquefois uue figure est entièrement rectangle, c’est-à-dire , a tous ses angles droits, comme le carré et le parallélogramme; quelquefois elle n’est rectangle qu’en partie seulement, comme le triangle rectangle. n
- Cône droit. V. CONE.
- Sinus droit. V. SINUS.
- ( Jstron. ) Sphère droite. V, SPHERE.
- Ascension droite. V. ASCENSION.
- ( Archit. ) Droit, en termes d’architecture , signifie perpendiculaire, et est opposé à incliné ; ainsi on dit un arc droit, quoique cet arc soit courbe, parce que l’on veut dire que son plan est perpendiculaire a la direction d’un berceau.
- On dit aussi une descente droite, pour signifier que sa direction n’est pas oblique à son entrée horizontalement.
- On appelle encore pied droit, le rang des pierres qui fait chacun des côtés d’une porte cochère.
- ( Vénerie') Le droit en termes de chasse, est le vrai chemin que tient la bête, et lorsqu’on a redressé le change. Quand on a connoissance du droit, on sonne deux mots pour appeler les piqueurs.
- Droit signifie aussi la part de la bête défaite qui appartient aux veneurs ou aux chiens. Le pied droit du cerf est celui qu’on offre au maître de la chasse. Le droit des chiens est celui dont on leur fait leur curée.
- ( fauconnerie. ) Le droit de l’oiseau , c’est la tête, la cuisse, le cœur, le foie de la perdrix ; l’aile de la corneille , etc., lorsqu’on le pait de ce qu’il a volé.
- ( Physiolo ie) Droit, droite, se dit tles parties dont la direction est telle, et de haut en bas ou de bas en haut, lorsque le corps est debout.
- Les muscles droits de i’abdomen3
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- le muscle droit antérieur de la jambe, les deux droits latéraux fléchisseurs de la tête , etc.
- (Botan. ) Droit se dit en botanique de ce qui n’a dans tonte sa longueur ni courbure, ni flexion qui altère la direction uniforme de sa masse. Une tige couchée sur terre peut être droite , niais n’est pas dressée. Ces deux mots ne doivent pas être confondus.
- ( îinances ) Droit se dit aussi de toutes sortes d’impositions établies pour soutenir les charges de l’Etat.
- ( Pratique ) Droit s’entend en général de tout ce qui est conforme aux lois, aux coutumes qui servent aux peuples à régler leurs intérêts et leursdifférens.La jurisprudence est la science du droit.
- D roit se prend quelquefois pour la décision du juge. C’est en ce sens qu’on dit ouïr droit* ester à droit, faire droit.
- Droit se dit aussi de la puissance accordée par le droit. Un majeur est une personne jouissante de ses droits.
- Droit est quelquefois opposé au mot fait. Il y a possesiou de droit et possession défait.
- On distingue le droit naturel * le droit des gens, le droit civil, le droit public , le roit p rivé * le droit canonique* le droit écrit* et le droit coutumier.
- Droit canonique ; c’est une collection de préceptes tirés de l’écriture sainte j des conciles, des décrets et constitutions des papes des sentimens des pères de l’église, et de l’usage approuvé et reçu par la tradition.
- Le droit civil est le droit particulier de chaque peuple.
- Le droit coutumier est le droit fondé sur des coutumes qui, dans leur origine j n’étoient point écrites. Il est opposé au droit écrit, qui a pour base des lois écrites dès le tems de leur établissement.
- Droit des gens; ce sont des règles d’équité que la raison naturelle a dictées à tous les hommes sur certaines matières, et qui sont observées chez toutes les nations.
- Droit écrit ; ce mot peut s’entendre de toutes les lois et de tous les usages qui sont rédigés par
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- écrit; mais on appelle plus communément droit écrit, le droit romain; parce qu’avant la rédaction des coutumes, il était en France la seule loi écrite.
- Droit maritime ; ce sont les lois , règles et usages que l’ n suit pour la navigation et le commerce maritime.
- Droit naturel ; c’est dans sa signification la plus étendue, celui que la nature seule enseigne à tous les animaux. L’union du mâle et de la femelle, la procréation des enfans , leur éducation , l’amour de la liberté, la conservation de son individu , le soiu de sa propre défense , sont les premières lois de ce droit naturel.
- On entend plus ordinairement par droit naturel, certaines règles de justice et d’équité que la seule raison a établies entre tous les hommes,ou, pour mieux dire, que Dieu a gravées dans nos cœurs. Vivre honnêtement, n’oftenser personne , rendre à chacun ce qui lui est dû , sont des préceptes généraux de ce droit, préceptes d’où dérivent beaucoup d’autres règles particulières.
- Droit positif, celui qui est fondé sur une loi dépendante de la volonté de celui dont elle est émanée.
- Droit pubüc, celui qui a pour objet l’utilité commune des peuples considérés comme corps politique*
- Droit romain ; c’est une collection de lois civiles et criminelles faites pour le peuple romain.
- i.e droit romain a toujours été regardé par les nations policées, même par celles qui ont des lois particulières , comme un corps de principes fondés sur la raison et l’équité ; c’est pourquoi on y a recours lorsque les lois du pays gardent le silence. On remarque dans cett' multitude de décisions que renferme le droit romain, une telle sagesse et une telle solidité, qu’elles sem1 lent avoir été dictées par une raison plus qu’humaine. C’est cette profondeur de jugement qui a frappé d’admiration la plupart des nations , et a fait en quelque sorte la fortune de ce droit dans toute l'Europe.
- Droits, au pluriel, s’entend des
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- facultés qu’ont les particuliers de laite quelque chose ou d'en jouir.
- Droits acquis ; ce sont des droits apparfenans à quelqu’un avant le fait ou Pacte qu'on lui oppose.
- Droits féodaux ; /^.FÉODAL.
- Droits honorifiques ; prééminences, honneurs, prérogatives attachées à quelquequalité, ofiice^com-r.iission, place.
- Droits immobiliers ; droits réputés immeubles par fiction, en vertu de la loi, tels sont les offices, etc.
- Droits incorporels ; ceux qui consistent simplement dans la faculté accordée par la loi ; ils sont opposés aux choses corporelles, ou que l'on peut manier.
- Droits mobiliers ; ceux qui consistent dans quelque chose de mobilier , ou qui tendent à recouvrer une chose mobiliaire.
- Droits , noms , raisons, actions ; ces termes comprennent tous les droits et toutes les prétentions d’une personne.
- Droits personnels ; ceux qui sont attachés à la personne , comme la liberté, les droits de cité, la majorité , pour les distinguer des droits réels.
- Droits successifs; ceux d’un héritier dans une succession.
- Droits utiles ; ceux qui produisent quelque profit ou émolument. Iis sont, par cette raison, distingués des droits honorifiques, qui ïi’ont pour objet que de procurer des distinctions et des prérogatives.
- DROSS ART ou Drossaart ; c’est en Hollande et dans la Basse-Saxe, un bailli ou un officier qui rend la justice et veille au maintien des lois dans une certaine étendue de territoire.
- DROUPE, s.f. du latin druppa , fût du grec ik ( drupepés ) ,
- olive , fruit à noyau.
- ( Botan. ) Fruit charnu, renfermant une seule noix, comme la cerise, la pêche , l’olive, etc.
- DROUSSAGE, s. m. terme de manufacture, dont l’origine n’est pas connu.
- ( Manufact. ) C’est l’action d’engraisser la laine avec de l’huile et de la carder.
- DUALISME , s. m. du grec dust; (âuas)y génit. JVxJsj (duades),
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- dont les latins ont fait dualis, duel.
- (Philosophie ) Opinion de ceux qui admettent deux principes, deux êtres indépendans l’un de l’autre , l’un bon , l’autre mauvais; le premier, principe dn bien, l’antre principe du mal ; c’est la même chose que DITHÉ1SME , fait de cUç ( dis) , deux, et de bio: (théos), dieu: deux dieux.
- DUBITATION, s. f. du latin dubito, douter : l’action de douter.
- ( Diction ) Fig re de rhétorique propre aux passions. Ceux qui s’abandonnent à leurs passions sont dans une perpétuelle incertitude : ils veulent, ils ne veulent pas ; ils prennent un dessein, puis ils le quittent. La dubitation est la figure qui représente les agitations, les incertitudes.
- DUC , s. m. dulat. dux 3 ou du
- {;rec moderne «f-ux*s ( ducas), dans a même signification.
- ( Hist. ) Du teins de l’empereur Probe , en 276, les généraux des divers corps de troupes étoient désignés sous le nom de ducs, duces. C’est l’origine des ducs qui furent quelque teins après gouverneurs de prov inces. Les titres et les fonctions de ces derniers n’étoient que des commissions. Les empereurs les déposoient quand ils vouloient. L’invasion des Barbares 11e changea rien à ces titres. Au sixième siècle, les ducs étoieutchargés du gouvernement des provinces, et les comtes de celui des villes. Dès le huitième siècle, la succession héréditaire des duchés commença à sa manifester ; mais ce ne fut que sous les derniers rois de la seconde race qu’elle se réalisa par usurpation. i/epuis ce moment, les gouverneurs de provinces cessèrent d’être appelés ducs , et ce nom ne fut plus qu’un titre de dignité.
- Les duchés furent héréditaires en France jusqu’en i l66, que Char-b s IX ordonna qu’ils seraient réversibles à la couronne , au défaut de mâles. Jusqu’au règne de ce prince, les/créations de duchés ne s’étoient faites qu’en faveur des p rinces du sang , et ce fut lui qui commença à ériger par brevet les terres de quelques particuliers eu duchés-pairies.
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- En Angleterre, la dignité de duc ne remonte pas au-delà du 14e. siècle. Ce fut le roiEdouard ITI qui créa son fils Edouard , duc de Cornouailles. Les ducs tiennent, parmi les pairs du royaume , le premier rang après les princes du sang.
- Le nom de duc, en Allemagne , emporte avec soi une idée de souveraineté , comme dans les ducs de Deux-Ponts, de Wolfembutel, de Brunswick, etc.
- Le titre de duc est aussi fort multiplié en Italie , sur-tout à Rome, et dans le royaume de Naples.
- Les princes du sang de la maison d’Autriche, et ceux de Russie, portent le titre dd archiduc.
- En Espagne, on appelle duc-duc , dux iterum , un grand de la maison de Sylva, parce qu’il réunit en sa personne plusieurs duchés, et deux maisons considérables.
- DUCaT, s. m. de l’itaf. ducaio.
- ( Monnoie ) L’origine des ducats vient d’un Longinus , gouverneur d’Italie, qui se révolta contre Justin
- ) eune, empereur, se fit duc de Ravenne, se nomma Exarquej, c’est-à-dire, sans seigneur, pourmàrquer son indépendance. Il fit fabriquer à son empreinte et en son nom des nionnoies d’or très-pur, et à 24 carats, qui furent nommées ducats > du nom de sa dignité. Après lui, les Vénitiens ont été des premiers qui en aient fait fabriquer.
- Le ducat est maintenant une monnoie d’Hollande , d’Allemagne , etc. qui a différentes valeurs , suivant les endroits.
- DUCTILITE, s. f. du lat. duco , conduire.
- . ( Minéral. ) Propriété que possèdent les principaux métaux de s’étendre sans se rompre, soit qu’on les frappe à coups de marteau , soit qu’on les tire ou qu’on les comprime fortement. On donnoit autrefois le nom de demi-inétaux à ceux qui sont privés de cette faculté ; mais depuis qu’on a reconnu que la plupart des métaux connus peuvent être rendus ductiles, on a abandonné cette dénomination comme impropre.
- DUÈGNE, s. f. de l’espagnol duegna.
- ( Êcon, dcm.) Gouvernante, sui-
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- vante, femme de chambre ; vieille femme chargée de la conduite d’une jeune personne ou d’une jeune femme.
- DUEL, s. m. du latin barbare duellum pour duorum bellum.
- ( Jurisprud. ) Combat singulier entre deux personnes.
- Anciennement, cette sorte de combat étoit autorisée: la justice même l’ordonnoit quelquefois comme une preuve juridique. Cette coutume nous svoit été apportée par dvS nations du nord. Louis VII fut le premier roi en France qui commença a restreindre l’usage des duels. S. Louis alla plus loin : il défendit absolument les duels dans ses domaines, tant en matière civile que criminelle. Une malheureuse expérience a prouvé qu’il est plus difficile d'abolir les duels pour des querelles particulières. Un préjugé cruel, inconnu aux Grecs et aux Romains , les peuples les plus vailians de la terre, a toujours fait regarder en France le combat singulier comme un moyen honorable de tirer vengeance d’une injure personnelle.
- DUEL j s. m. ( terme de grammaire) du latin dualis , en grec <Îui"kgç ( duïkos ) , qui appartient à deux.
- Nombre dont on se sert dans la langue grecque pour marquer deux personnes , deux choses , dans les noms et dans les verbes.
- Dans la langue grecque, les noms ont des terminaisons fixées pour les cas où l’on ne parle que de deux choses ; c’est le nombre duel. En françois nous n’avons point ce nombre ; le plurier le comprend.
- DULCIFICATION, s. f. formé du latin dulcis et drago : l’action de rendre doux.
- ( Chimie ) Opération par laquelle on cherche à tempérer la violence des acides minéraux.
- DULIE, s. f. du grec cTkXs/* ( douléia ) , service , servitude , formé de (jxxi'iu) ( douléiû ), servir.
- ( Culte cathol. ) C’est ainsi que l’église appelle le cuite qu’elle rend aux anges et aux saints pour le distinguer de l’HYPERDULI F. ( M. ce mot),.qui est le culte qu’elle rend à la Sainte Vier-
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- ge , et de la LATRIE ( V. ce mot ) , qui est le culte qu’elle rend à Dieu.
- DUNE , s f. du flamand dune , dérivé du vieux gaulois ou celtique dun , qui sigmiie lieu élevé, et dont les Angiois ont ia.it downs.
- ( Géogr. marit. ) Ou donne ce nom aux monticules arides de sable qui bordent assez fréquemment les cotes de la mer dans les pays de marée. Il paroît que c’est l’action du flux et du reflux réitérée pendant une longue suite de siècles qui forment ces amas de sable, DUNETTE , s. f. diminutif de dune. V. ce mot.
- ( Marine ) C’est par analogie que les marins ont donné ce nom au plancher ou pont le plus élevé du vaisseau, qui occupe, au dessus du gaillard, la partie de l’arrière, depuis quelques pieds en avant du mât d’artimont jusqu’au couronnement , et sert de couverture aux chambres établies pour les officiers dans cette partie, lesquelles sont, dans les vaisseaux de ligne , la chambre du conseil, le logement du général et du capitaine, etc-, et dans les frégates, latugue, la chambre du capitaine et celle du premier lieutenant. C’est sur la dunette qu’on poste, dans un combat , la plus grande partie 4e la mousqueterie du vaisseau
- Du O, s. ni. mot purement latin.
- ( Musique ) Ce nom se donne en général à toute musique à deux parties ; mais on en restreint aujourd'hui le sens à deux parties récitantes, vocales ou instrumentales. Le duo est, de toutes les sortes de musique, celle qui demande le plus de goût, de choix, et la plus difficile à traiter sans sortir de l’unité de mélodie.
- DUODENUM , s. m. terme latin composé de duo et de denus deux et dix.
- ( Physiol. ) Le premier des intestins grêles , ainsi appelé, parce qu’il a environ douze travers de de doigt de longueur.
- DUPLICATA, s. m. mot latin formé de duplico, doubler, faire double.
- (Pratique) Autrefois qu’il étoit d’usage de rédiger tous les actes
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- en latin , chaque acte avoit sa dénomination latine , et on appeloit duplicata , une double expédition tirée sur la minute.
- (.Administrai.) Ce terme-est principalement en usage pour les secondes expéditions que les ministres font des brevets , des dépêches, et autres actes semblables.
- DUPLICATION , s. f. du lat. duplico , faire double : l’action de doubler.
- ( Arithmél. et G dont. ) , c’est l’action de doubler une quantité, c’est-à-dire , la multiplication de cette quantité par le nombre 2.
- La duplication du cube consiste à trouver le côté d’un cube , qui soit double en solidité d’un cube donné ; c’est un problème fameux que les géomètres connoissent depuis deux mille ans.
- On prétend qu’il fut d’abord proposé par l’oracle d’Apollon à Delphes, lequel étant consulté sur le moyen de faire cesser la peste qui désoloit Athènes , répondit qu’il-fai» loit doubler l’autel d’Apollon.
- Eratosthènes donne à ce problème une origine plus simple. Un poète tragique, dit-il, avoit introduit sur la scène Mi nos, élevant un. monument à Glaucus ; les entrepreneurs donnoient à ce monument cent palmes en tout sens. Le prince ne trouva pas le monument assez digne de sa magnificence , et ordonna qu’on le fît double. Cette question fut proposée aux géomètres, qu’elle embarrassa beaucoup , jusqu’au tems d’Hippocrate de Chio , le célèbre quadrateur des LUNULES. ( ce mot. ) Il leur apprit que la question se réduisoit à trouver deux moyennes proportionnelles , entre le côté du cube et le double de ce côté : la première de ces moyennes proportionnelles seroit le côté du cuba double.
- AI. Montucîa a publié un ouvrage intitulé : Histoire'des recherches sur la quadrature du cercle, etc. avec une addition concernant les problèmes de la duplication du cube, et de la trisection de l’angle. Consult. L’Histoire des mathématiques du même.
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- ( Musique ) Intonation par duplication; c’est, en termes de plain-chant , une intonation qui se fait en doublant la pénultième note du mot qui termine l’intonation ; ce qui n’a lieu que lorsque cette pénultième note est immédiatement au dessous de la dernière. Alors la duplication sert à la marquer davantage , en manière de note sensible.
- DUPLICATURE, s. F. même origine que DUPLICATION.
- ( Physiol ) U se dit des membranes ou d’autres parties semblables qui se replient sur elles-mêmes , ou de l’endroit où elles sort doubles. Telles sont les duplicatù-res du péritoine, de l’épiploon, de la plèvre , etc.
- DUPLIQUÉS, s. f. du lat. duo , deux, et de plico, réfléchir,renvoyer.
- (Pratique) C’étoit anciennement des écritures fournies par le défendeur , pour répondre aux répliques données par le demandeur, contre les premières défenses à sa demande. Elles ont été abrogées par l’ordonnance de 1667.
- On appelle maintenant dupliques la réponse que le défenseur ou l’avoué du défendeur fait verbalement à l’audience contre la réplique du demandeur.
- DUR, adj. du lat. duras : ferme $ solide , difficile à pénétrer, à entamer.
- (Physique), épithète que l’on donne aux corps dont les molécules insensibles ont entr’elles une adhérence ou cohésion capable de résister, jusqu’à un certain point, à unepuis-sance qui tendroit à les séparer.
- On dispute depuis long-tems sur la cause de la dureté des corps, mais cette question n’a pas encore été résolue d’une manière satisfaisante.
- Les Newtoniens rendent raison de la dureté des corps par l’attraction de cohésion, c’est-à-dire, par une attraction qu’ils disent agir èn raison inverse des cubes des distances.
- Les Péripatéticiens regardent la dureté comme une qualité secondaire, prétendant qu’elle est l’effet de la sécheresse, qA est une qualité •première!. Les causes éloignées, sui-
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- vant ces mêmes philosophes , sont le froid ou le chaud, selon la diverstié du sujet. Ainsi, disent-ils, la chaleur produit la sécheresse, et, par conséquent, la dureté dans la boue ; et le froid fait le même effet sur la cire.
- Les Epicuriens et les Corpusculaires expliquènt la dureté des corps par la figure des parties qui les composent , et par la manière dont s’est faite leur union.
- Les Cartésiens prétendent que la dureté des corps n’est produite que par le repos de leurs parties.
- Enfin, d’autres physiciens attribuent la dureté des corps à la pression d’un fluide environnant, qui ne seroit pas l’air atmosphérique , mais un fluide beaucoup plus subtil, qui agit à l’extérieur des corps, et pressant leurs parties les unes contre les autres , cause leur adhésion ; qui agit aussi à l’intérieur des corps , et plus ou moins fortement, selon la figure des parties qui se touchent, la grandeur des surfaces, le plus ou le moins d’exactitude des contacts ; ce qui fait, selon eux, qu’il y a des corps de dif-férens degrés de dureté.
- ( Peinture. ) Lin tableau est dur, lorsque les choses sont marquées par des lumières et dès ombres trop fortes et trop voisines les unes des autres.
- Un dessin est dur, quand les parties du contour ou de l’intérieur sont trop prononcées, et que la peau ne recouvre ni les muscles, ni les attaches , ni les jointures ; ce qui est souvent arrivé à d’habiles artistes , pour avoir trop affec té de montrer leur science en anatomie. Le dessin peut aussi être dur, comme un tableau, par le défaut de passages qui conduisent doucement de la lumière aux ombres. Il peut encore être dur de crayon, si les hachures trop fortes ne sont pas adoucies par un grené qui leur sevve de fond.
- ( 1Sculpture) On dit qu’un sculpteur a des manières dures, pour dire que ses ouvrages manquent d’une certaine tendresse que l’on remarque dans les chefs-d’œuvres.
- (Arc hit. ) On dit d’on morceau d’architecture, qu’il est dur, pour
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- cire qu’il est -travaillé d’une manière grossière.
- (Musique) On appelle dur tout ce qui blesse l’oreille par son âpreté.
- Il y a des voix dures et glapissantes , des instrumens aigres et durs, des compositions dures. La dureté du béquarre lui lit donner autrefois le nom de B dur. Il y a des intervalles durs dans la mélodie ; tel est le progrès diatonique des trois tons, soit en montant, soit en descendant, et telles sont, en général, toutes les fausses relations. Il y a dans l’harmonie des accords durs , tels que le triton , la quinte superflue , et, en général', toutes les dissonnances majeures. La dureté prodiguée révolte l’oreille , et rend une musique désagréable; mais , ménagée avec art , elle sert au clair obscur , et ajoute à l’expression.
- ( Grammaire) Un style dur et ferré est un discours composé de mots qui s’entre-choquent d’une manière désagréable.
- (Diction) En rhétorique, c’est un discours rempli d’expressions énergiques , mais barbares et inélégantes,
- Tertullien et la plupart des Africains ont un style dur et ferré.
- ( Poésie ) Des vers durs , une versification dure, pour dire des vers peu coulans , peu faciles , et peu naturelles. En ce sens, dur ne regarde
- {>oint les pensées, mais l’expression , es mots, la cadence.
- ( Equitation ) On dit d’un cheval qu’il est dur à l’éperon, quand il n’a point de sensibilité.
- DUREE , s. f. du lat. duro, durer , subsister, se conserver. L’espace de teins qu’une chose dure.
- (.Botanique) Ce mot s’emploie en botanique pour désigner l’espace de tems pendant lequel une plante végète ou subsiste. Plante annuelle, plante bisannuelle, plante vivace, plante lig ieuse.Voy. ANNUELLE, BISANNUELLE, VIVACE , LIGNEUSE.
- DUREMERE , s. f. du lat. dura mater.
- (Physiol.) Membrane épaisse qui enveloppe immédiatement la substance du cerveau, qui l’accompagne dans tous ses enfoncemens, s’étend sur toutes les iuégalités osseuses, et
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- païoît dès qu’on a enlevé l’os du crâne. On la nomme ainsi à cause de son épaisseur et de sa dureté , et parce qu’on la regarde comme une des principales membranes du corps.
- _ DURILLONS, s. m. diminutif de dur: petits corps durs.
- ( Médecine ) Duretés calleuses qui se forment aux pieds et aux mains par un exercice fréquent et violent. Les durillons viennent d’un endurcissement de la peau trop comprimée. Les fibres qui la composent se rapprochent tellement les unes des autres, qu’il ne reste plus de passage pour les liqueurs, La lymphe s’y arrête peu à peu , s’y dessèche et augmente l’épaisseur. Les durillons sont de la nature des cors.
- DUVET, s. m. du lat. tufetum , fait de tufa, qui est. une herbe qui croît dans les marais, qui est velue , et dont les anciens se servoient pour garnir leurs lits.
- (Hist. nat.') La plume des oiseaux la plus douce , la plus molle et la plus délicate, qui vient à leur cou et à leur estomac.
- (jBotan.) Espèce de coton qui vient sur certains fruits comme les pêches et les coings. Le duvet des plantes nées dans les lieux secs paroît destiné à leur communiquer l’humidité de l’air dont il s’imbibe.
- DYNAMETRE , s. m. du grec é'vva/xcti (dunamai), pouvoir, valoir, et de [xixpov ( metron ) mesure : mesure de la puissance.
- ( Astron. ) C’est le nom qu’on a donné à un instrument destiné à mesurer l’amplification du télescope.
- DYNAMIQUE, s.f. du greeévm-[Atç ( dunamis ) , force , puissance , formé de Jôvci/Aet.'i (dunamai) , pouvoir , avoir l’autorité , la puissance.
- ( Mathém. iranscena. ) Ce mot signifie proprement la science des puissances ou causes motrices, c’est-à-dire, des forces qui mettent les corps en mouvement.
- M. Leibnitz est le premier qui se soit servi de ce terme pour désigner la partie la plus transcendante de la mécanique, qui traite du mouvement des corps , en tant qu’il est causé par des forces motrices actuellement et continuellement existan-
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- tes. Le principe général cîe la Dynamique,, prise dans ce sens, est que le produit de la force accélératrice ou retardatrice par le teins est égal à l’élément de la vitesse. La raison qu’on en donne est que ’ la vitesse croit ou décroît à chaque instant, en vertu de la somme des petits coups réitérés que la force motrice donne au corps pendant cet instant.
- Le mot Dynamique est fort en usage depuis quelques années parmi les Géomètres, pour signifier en particulier la science du mouvement des corps qui agissent les uns sur les autres , de quelque manière que ce puisse être , soit en se poussant, soit en se tirant par le moyen de quelque corps interposé entr’eux , et auquel ils sont attachés, comme un fil, un levier inflexible, un plan,etc.
- Suivant cette définition, les problèmes où l’on détermine les lois de la percussion des corps, sont des problèmes de dynamique. V. PERCUSSION , OSCILLATION.
- M. d’Alembert a fait un excellent traité de dynamique, dans lequel il donne un principe général pour résoudre toutes les questions de dynamique, par une même méthode fort simple et fort directe , laquelle ne consiste que dans la combinaison «es principes de l’équilibre, et du mouvement composé.
- DYNAMOMÈTRE, s. m. du grec S'vvafAis ( dunamis ), puissance, force , et de y.npov, mesure.
- ( Mécan. ) Machine qui sert à faire connoître et à comparer la force relative des hommes et des bêtes ide trait. On peut aussi, à l’aide de cette invention, juger la résistance des machines et estimer les puissances motrices qu’on veut appliquer.
- C’est un ressort dont les degrés de tension sont exprimés et indiqués par un cadran, au moyen d’une aiguille.
- DYNASTE, s. m. du grec <fuvàrtic ( dunastês ) formé de J'vyctfA.au , avoir l’autorité.
- ( Hist. ) Petit souverain , c’est-à-dire , prince dont les états étoient peu considérables , ou qui ne ré-guoit qu’à titre précaire, ou sous le
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- bon plaisir des grandes puissances f telles que les Romains.
- DYNASTIE, s. f. du grec Juvarsfi* ( dunasteia ) puissance , autorité , empire, dérivé de évvctpa.i fdu-namai ) , avoir l’autorité, la puissance.
- • ( Hist. ) Suite de rois d’une même tace, qui ont régné dans un pays : on lait souvent mention des dynasties des Perses , des Assyriens , des Mèdes. Manetlron a laissé une chronologie historique d’Egypte , divisée en trente dynasties.
- On l’emploie encore pour désigner une succession de souverains d’une même famille. La révolution d’Angleterre de 1688 , a amené un changement de dynastie.
- DYSANAGOGUE , adj. du grec J'vr&va.yoyvç (dusanagogus) , formé de é'ûç ( dus ) difficilement, et de cLVctyos ( anagô ) , porter en haut : qui est difficile à expectorer.
- ( ÏVléd. ) On appelle ainsi la matière épaisse et visqueuse logée dans les bronches.
- DYSCINÉSIE , s. f. du grec JWjuviKJti ( dushinêsia ) , formé de Jvç ( dus) , difficilement , avec peine , et de xm7v ( kinéin ) , mouvoir.
- ( Ïïléd. ) Difficulté de mouvoir.
- DYSCOLE , adj. et quelquefois s. du grec êvmo'koç ( duscolos ) , formé de <Jvç difficilement et de jtoxov, nourriture : difficile à contenter dans sa nourriture.
- ( Discipline ecclés. ) Ce mot, dans son acception primitive, signifie un homme qui rejette avec dédain les alimens qu’on lui présente. Il -a été employé ensuite pour désigner un homme fâcheux , difficile à vivre. Il ne s’entend maintenant que de celui qui s’écarte d’une opinion reçue , et particulièrement en matière de doctrine.
- DYSCRASIE , s. f. du grec ouç-xpitçiç ( duskrasis ) , composé de ciuç ( dus) mauvais, difficile, et de xpÂenc ( krasis ) , tempérament , constitution : mauvais tempérament.
- ( IMéd. ) Mauvaise constitution , intempérie , mélange des fluides dans
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- clans le corps, incompatible avec la santé. K'. INTEMPERIE.
- DYSECÉE, s. f. du grec éve dus), difficilement, et de »%os échos ) son; comme qui diroit son ifficile à entendre.
- ( JMèd. ) Dureté de l’ouïe. DYSENTERIE ou DYSSENTE-RIE , s. f. du grec évcnvTepict (dusen-iéria), composé de «Tve (dus), difficilement , avec peine, et de I'vtsoov (en-lé ron) , entrailles, intestin ; comme qui diroit difficulté des intestins.
- ( Méd. ) Flux de ventre fréquent et sanguinolent , causé par une exulcération des intestins , accom-agné de douleurs et de tranchées ans les intestins grêles ou gros , ou dans, les uns et les autres.
- DYSÉPULOTIQUE , adj. formé du-grec Jvç (dus) , difficilement, avec peine , et de Sxü ( oulé ), cicatrice.
- ( Chirurgie) Il se dit des blessures qui se cicatrisent difficilement.
- DYSESTHÉSIE , s. f. formé du grec cTî/î ( dus ) , difficilement, et de ttiaQnens ( aisthêsis ) sentiment, dérivé du verbe eueQcvtopa.t (aistha-nomai ) , sentir.
- ( Méd. ) Affoiblissement ou privation du sentiment.
- DYSMENORRHEE, s. f. du grec <Jôç ( dus), difficilement, avec peine , de ph ( mên), mois, et de jêoi ( rhéô ) , couler.
- (Méd.) Ecoulement difficile des régies chez les femmes.
- DYSODIE, s. f. du grec Jva-mJta. (dusôdia) , fait de Jus, mauvais, difficile , et d’o£a> ( ozô ), sentir.
- ( Méd. ) Puanteur , exhalaison de matières fétides du corps.
- DYSOREXIE , s. f. du grec Ms dus) , difficilement , et d’opeg/s orexis ) , appétit.
- ( Méd. ) Diminution de l’appétit , de goût.
- DYSPEPSIE, s. f. du gTec Ms dus ) , difficilement, et de pepto ) cuire , digérer.
- ( Méd. ) Digestion pénible , ou mauvaise.
- DYSPERMATISME, s. m. du
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- grec Jus, difficilement, et de tnrtppx, (sper/na) , semence.
- (Méd. ) Emission lente, difficile ou nulle de la liqueur séminale. DYSPHAGIE , s. f. du grec Me dus ), difficilement , et de rpkym phago ), manger.
- ( Méd. ) Difficulté de manger. DYSPHONIE, s. f. du grec Jvs dus ), difficilement , et de <pmn phônê) , voix.
- ( Méd. ) Difficulté de parler. DYSPNEE, s. f. du grec Me dus) , difficilement , et de 7m» pnéô ) , respirer.
- ( Méd. ) Difficulté de respirer : c’est le premier degré de l’asthme.
- DYSTHYMIE , s. f. du grec Ms ( dus ) , qui fait entendre ici le malaise , et de Qvp.be, ( thumos) , esprit.
- (Méd.) Anxiété, mal-aise ou abattement d'esprit.
- DYSTOCÉE , s. f. du grec Jûs (dus), difficilement, et de toxop ( tokos ), accouchement, dérivé de 'tixtûù ( tiktô ), accoucher.
- (Méd. ) Accouchement difficile et laborieux.
- DYSURIE, s. f. du grec Jvs ( dus ), difficilement, avec peine, et de ëj)oy (ouron), urine, dérivé d’oùpéûù ( ouréo ) , uriner.
- ( Méd. ) Maladie dans laquelle on rend les urines avec douleur et avec une sensation de chaleur. On l’appelle aussi ardeur d’urine, parce qu’il semble que l’urine , en passant , brûle le col de la vessie et l’urètre. On distingue la dysurie de 1a. STRANGURIE ( T. cemot), en ce que , dans cette dernière , l’urine ne vient, pour ainsi dire , que goutte à goutte, quoiqu’avec douleur ; et de l’ISCHÜRIE (V. ce mot}, en ce qu’il y a presque suppression totale d’urine ; au lieu que dans la dysurie, elle coule sans interruption , lorsqu’on a commencé à la rendre. Les grandes douleurs se font principalement sentir au commencement et à la fin de l’excrétion.
- FIN Pü TOME PREMIER.
- Tome O a
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TOME 2
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- DICTIONNAIRE
- DES
- SCIENCES ET DES ARTS,
- CONTENANT
- L’EtYMOXOGIE , XA DÉFINITION ET XES DIVERSES ACCEPTIONS DES TERME techniques usités dan s P Anatomie, la Physiologie, la Médecine, Chirurgie, la Pharmacie, la Chimie ; — la Zoologie, l’Ornithologie, l’Ychtiologic, l’Entomologie, etc. — la Botanique, la Minéralogie ; — les Mathématiques, la Métrologie ou le système des nouveaux poids et mesures ; — l’Analyse, la Mécanique, l’Hydraulique, la Statique, l’Hydrostatique , la Dynamique , l’Hydrodynamique, la Physique , l’Optique , l’Acoustique, la Pneumatique, l’Electricité, le Galvanisme,- —- l’Astronomie, la Gnomonique, la Géographie, l’Hydrographie, la Navigation ; —* la Peinture, la Sculpture, la Gravure ou la Glyptique, l’Imprimerie; l’Architecture; la Marine , l’Art de la guerre; le Blason, la Gymnastique, la Chorégraphie; — la Pêche, la Chasse; — les Arts et Métiers ou la Technologie; —l’Economie domestique, l’Agriculture, le Jardinage, le Commerce ; — l’Economie politique, les Titres d’honneur et de dignité , la Diplomatie;—la Littérature , la Grammaire, la Rhétorique, la Poésie, l’Art dramatique; — la Logique, la Morale, la Métaphysique, la Théologie; — la Jurisprudence, la Pratique; la Bibliographie, l’Antiquité, la Diplomatique; l’Histoire, la Chronologie, la Numismatique, etc. etc-
- On y a joint le Tableau historique de l'origine et des progrès de chaque branche des connoissances humaines, et une Description abrégée des machines, des instrumens et des procédés anciens ,et modernes employés dans les Arts.
- PAR M. LUNIER
- T O M E 11.
- A PARIS,
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- EaU, s. f. du latin aquella, diminutif à’aqua , d’où l’on a fait premièrement aigue, puis ayau , ayaue et eau.
- ( Physique ) Fluide insipide, visible, transparent, sans couleur, sans odeur, presque incompressible, très-peu élastique, qui adhère à la surface d’un grand nombre de corps, qui en pénètre plusieurs, et qui est capable d’éteindre les matières enflammées , lorsqu’on en jette dessus en assez grande quan-tité.
- Cette définition ne convient qu’à Veau parfaitement pure ; ainsi, lorsqu’elle est opaque , colorée, odorante , ou lorsqu’elle a quelque goût, c’est qu’elle est mêlée avec quelque matière étrangère.
- Ueau n’est point un être simple, comme ôn l’a cru pendant long-tems ; elle est composée de deux principes distincts l’un de l’autre , savoir, d’OXIGÈNE ( F. ce mot ), qui est la base de l’air pur, et d’HYDROGENE { F. ce mot ), qui est la base du gaz hydrogène. La proportion de ses principes consti-tuans est, suivant les belles expé^-riences de Lavoisier , 85 parties d’oxigèue et i5 parties d'hydrogène.
- (Relig.) Eau bénitec’est une coutume très-ancienne dans l’église de bénir par des prières, etc. de l’eau, dont elle lait une aspersion sur les fidèles et sur les choses qui sont à leurusage. Eusèbe dit que Paulinfit placer à l’entrée de l’église de Tyr Tome IL
- une fontaine, symbole d’expiation sacrée.
- Saint Jean Cbrysostome reprend ceux qui , en entrant dans l’église, lavent leurs mains et non leur cœur.
- (Hist. anc.) Eau lustrale ; c’étoit une eau dont les anciens se ser-voient pour se purifier dans leurs sacrifices, et qu’ils bénissoient à leur manière.
- Ovide parle de Veau de mercure qui étoi t auprès de la porte Capéne dont les marchands s’arrosoient, croyant effacerpar là toutes les fraudes qu’ils avoient exercées dans le commerce.
- Eau, est un terme de jouaille— rie qui sert à désigner la transparence du diamant. Ce diamant est d’une belle eau.
- Eau, en termes de manufacture, est un apprêt d’eau que l’on donne aux camelots avant a’ètre lustrés., Camelot en eau.
- Eau graduéej c’est, en termes de saunier, une eau qui a coulé sur des fagots d’épine , dans des bâtimens appelés bâtimens de graduation C F. GRADUATION ), et que l’on conduit ensuite à la saline pour y être travaillée.
- Eau rose ; les habitans du Midi nomment ainsi l’huile essentielle qu’ils retirent du suc résineux pan le moyen delà distillation. F.PXN, RÉSINE.
- ( Distillation) Eau-de-vie ; c’est une liqueur spiritueuse et inflammable , qui se tire des vins et autres liqueurs fermentées par la distilla-
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- tion. La meilleure de toutes est celle qu’on fait avec le vin.
- On peut voir au mot ALAMBIC les progrès étonnans que les Ecossais ont faits dans l’art de distiller les eaux-de-vie. Le teins n’est peut-être pss éloigné où les propriétaires de distilleries, dans les départe-mens vignobles de la France, sentiront la nécessité d’abandonner leurs anciennes coutumes, et de profiter des découvertes qui, depuis 25 ans, ont augmenté les produits de la distillationdans la proportion de i à 48o. Avant l’année 1780, les Suédois et les Ecossais, les plus grands distillateurs de l’Europe, employoieiit 24 heures pour distiller l’alcool d’une seule charge de leur alambic ; en 1786, les Ecossais étoient parvenus à vider cinq ou six fois l’alambic en a4 heures. De nouveaux impôts ranimèrent leur industrie, et en i7go,ilsavoîent tellement perfectionné leur instrument qu’ils vidoient vingt fois l’alambic dans les 24 heures. La taxe fut encore augmentée , et cinq ans après, le produit fut de 72 charges en 24 heures. Enfin, en 1798» Ie docteur Jeffrey présenta à un comité de lachambre des communes un rapport, d’où il résulte que M. Millar, écossais, avoit construit un alambic qu’on pouvoit vider 48o fois dans les 2i heures.
- Le premier pas vers le perfectionnement de cet instrument a été d’accroître son diamètre et de diminuer sa profondeur, pour exposer une plus grande surface à l’action du feu, et conséquemment pour accélérer l’ébullition.
- On a imaginé depuis, afin d’économiser le combustible, et ce qui est infiniment au-dessus de cette économie, afin d’avoir des esprits atrdens parfaitement exempts d’em-pyreûme, de chauffer la chaudière avec la vapeur de l’eau bouillante. M. Wiat, eu Angleterre, etM. W. Stone , cultivateur à Mesly près Charenton , ont inventé un appareil pour la distillation à la vapeur. La machine dupremier est une caisse carrée, longue , de cuivre étamé , partagée en trois parties distinctes ou vases distillatoires ; la première sert à la distillation des graines
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- fermentées ; la seconde , à la distillation des eaux foibles, et la troisième à la rectification.
- La chaudière qui fournit la vapeur est un carré long, muni d’un tuyau de décharge , d’un reniflard, d’un trou pour les réparations , d’une soupape de sûreté, d’un tuyau nourricier avec ses réservoirs, d’une soupape pour fournir l’eau néces-caire, et d’un gros tuyau pour fournir les vapeurs dans les vases distillatoires.
- La chaudière de M. W. Stone est ronde , afin d’exposer le plus de surface possible à l’action du feu. Son al ambic est entouré d’une nappe d’eau de quatre pouces, et chauffée par un tuyau de vapeurs, qui, partant de la chaudière , gagne le plafond et descend perpendiculairement par des embranchemens, jusqu’au fond de la cuve.
- Un des objets les plus intéressans de la brûlerie de M. W. Stone est la méthode qu’il emploie pour extraire jusqu’à la dernière ^portion d’esprit ardent. Le résidu des rectifications est mêlé avec de l’eau qui fournit le tuyau nourricier du cylindre à vapeur ; ainsi l’esprit ardent qui pourroit s’y trouver passe de nouveau dans le premier alambic , et s’élève avec les premières eaux foibles.
- L’art de la distillation a donné naissance api usieurs'espèces à? eaux-de-vie, telles que celles de vin, de bière, de cidre, de grains,de toute espèce de végétaux, de sirop, de sucres, de mélasse, etc. F. SUCRE, TAFIAT, RHUM, GRAIN, CAROTTES, VAPEUR,ALAMBIC, DISTILLATION, SERPENTIN.
- ( Minéral. ) Eaux minérales,- ce sont celles qui tiennent en dissolution des substances étrangères, qui leur donnent des qualités qu’elles n’anroient pas sans cela. Les unes tiennent du fer, des sulfates, etc > telles sont celles de Fassy, de Forges , de Cransac , etc. D’autres sont gazeuses ou acidulées ; telles sont celles de Russang, de Spa , de Fougues, de Châteldon , de St.~ Méon, deSeltz, etc. D’autres sont salines ; telles sont’celles de Sedlitz, de Leydschutz, de Fais, de Con-trexsville, de Bouillon, de Balaruc,
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- de Châtel-Guyon, de Bourhcnne, les bains de EFichy ; de la Mo-the, etc. D’autres sont sulphureu-ses ou hépatiques ; telles sont celles â’Enghein, de Bonne, de Barège, de Cauterestz, de Plombières, etc. ; d’autres sont chargées de muriate de soude ou sel marin, comme a Salins-, d’autres de sé lé ni te, comme à Arcueil. Toutes ces sources doivent leurs qualités aux mines par lesquelles elles passent.
- Baux minérales artificielles ; Venel est un des premiers chimistes qui ait trouvé l’art d’imiter les eaux minérales gazeuses, en dissolvant dans des vases fermés du carbonate alcalin qu’il décomposoit à l’aide d’un acide ; mais tous les doutes sur leur nature ont été levés par la découverte de Black sur l’air fixe ou acide carbonique, et par les recherches successives des chimistes. Grâces à leurs travaux , les eaux acidulés , les eaux hépatiques ou sulphureuses, sont maintenant aussi bien connues que les eaux minérales et les eaux salines. Consultez Duchanoi dans son Traité sur les eaux minéralés.
- ( Agric.) On n’a jamais révoqué en doute l’action de l'eau dans la végétation, quoiqu’on ne connoisse que depuis peu de tems la manière dont elle y contribue. On a démontré qu’un tourne-sol pesant trois livres de 16 onces ( i, 46 kilogr. ) qui avoit été arrosé régulièrement chaque jour, avoit absorbé 22 onces üeau ( 6, 72 hectogrammes ) pur ; u’un choux pesantfune liv. 9 onces 72 kilogrammes ), en avoit absorbé la moitié de son poids. Des expériences modernes ont fait voir clairement la manière dont l’eau peut contribuer à la nourriture des plantes, i.° par elle-même5 i,° en servant de véhicule aux autres substances nutritives. Les feuilles des plantes exposées au soleil, produisent un air pur. L’eau 'servant d’a-liment aux végétaux est décomposée par l’action de la lumière 5 sa partie inflammable forme les substances huileuses, résineuses, gommeuses j son.air pur produit, en partie, 1 acide végétal, et l’autre partie est choisie comme sécrétion.
- ( Jardin, ) Eau , en parlant ds
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- quelques fruits, particulièrement de la pêche et de la poire , signifie suc. Cette pêche, cette poire a une belle eau, une eau fort agréable , a bien de Veau.
- ( Marine) Eau douce, par opposition à eau salée ; c’est l’eau des rivières, des lacs ^dcs fontaines, l’eau de pluie, etMgine celle de certaines mers, comme le golfe de Finlande, etc.
- Marin d’eau douce; c’est ainsi qu’on appelle, par dérision, un marin nouveau et peu expérimenté.
- Faire de Veau, ou faire son eau> c’est faire provision d’eau et en remplir des futailles.
- Faire eau , bien différent de faire de Veau , se dit d’un vaisseau où l’eau entre par quelque ouverture quel’on appelle VOIE d’EAU. F. ce mot.
- Lignes d’eau ; ce sont des lignes horizontales que l’on imagine sur les plans des vaisseaux, cernant touteleur carène, à distances égales les unes des autres, et partageant le vaisseau en autant de tranches horizontales, à commencer de la ligne d’eau du vaisseau chargé, qui est la plus haute de ces lignes, jusqu’à celle où le vaisseau est soulevé hors de l’eau ou allégé , qui est la plus basse.
- Ces lignes d’eau servent aux consr tructeurs à calculer les capacités du vaisseau, son déplacement d’eau. F. DEPLACEMENT.
- Eaux d’un vaisseau ; c’est la trace ou sillage que le vaisseau laisse après lui, et qu’on nomme plus proprement l’OUAICHE ( F. ce mot ) ; ainsi être dans les eaux d’un vaisseau, signifie se trouver droit de l’arrière et très-proche de lui.
- Eau montante signifie marée montante.
- Eaux vives ; c’est le tems où les marées augmentent, dans le 2.e et 4.e quartier de la lune, jusqu’aux tems des sysigies , c’est-à-dire, de la nouvelle et de la pleine lune, où les marées sont les plus fortes.
- Mortes eaux ou morte mer; ce sont les intervalles où les marées diminuent entre le premier et le second quartier de la lune, et entre le 3.* et le 4A
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- On appelle quelquefois, morte eau, mais mieux eau étale, ou mer étale, le court moment où l'eau n’a aucun mouvement, ni pour monter ni pour descendre , à la fin de chaque marée soit après le flot, soit après le jusant. T. FLOT, JUSANT.
- Mettre un vaisseau àl’eau; c’est le lancer. V. LANCER.
- Coup de canon à Veau ; c’est un coup de canon qui perce le vaisseau dans la partie submergée.
- Etre en grande eau ; c’est être en pleine mer , après avoir dépassé les écueils, les bas-fonds et les dangers qui avoisinent la côte.
- Avoir de Veau à courir ; c’est être suffisamment éloigné des côtes ou des rochers et bas-fonds, pour-pouvoir courir vent arrière sans risque , dans un coup de vent.
- Il n’y a pas d’eau en cet endroit ; c’est-à-dire, qu’il y a trop peu d’eau dans cette partie d’une rade , d’un port, etc., pour tenir un bâtiment à flot.
- ( Pratique ) Eaux et forêts ; le droit public françois comprend sous le terme d’eaux, les forêts , les rivières , et tout ce qui y a rapport, comme les moulins, la pèche, le curage des rivières , etc.
- Le terme de forêt désigne les bois, buissons , et tout ce qui y est relatif , comme la chasse , les droits de pacage, etc.
- ( Jurisprud. ) Eaux amères de jalousie ; dans le livre des Nombres, il est fait mention d’une eau qui gervoit à prouver si une femme étoit adultère ou non.
- jEpreuve de Veau bouillante ; anciennement on faisoit la preuve des crimes par l’immersiou du corps ou du bras dans l'eau chaude , avec plusieurs cérémonies ecclésiastiques. Celui qui étoit accusé, ou qui vouloit bien prendre la place de l’accusé , étoit obligé de mettre le bras nu dans une chaudière pleine à1 eau bouillante , et d’en tirer une pierre qui étoit plus ou moins enfoncée selon la qualité du crime : ensuite on enveloppoit sa main , le juge mettoit un scellé sur l’enveloppe , et au bout de trois jours on venoit la visiter, et si elle se irouvnit sans brûlure, l’accusé étoit déclaré innocent.
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- Epreuve de Veau froide ; après qu’on avoit fait quelques prières , on lioit l’accusé en peloton , et on le jetoitdans une rivière , dans un lac, ou dans une cuve pleine d’eau. S’il surnageoit, il étoit tenu pour coupable; s’il enfonçoit, il étoit regardé comme innocent.
- (Physiol.) Eau, ouphlegme se dit de quelques liqueurs du corps humain; elle forme la plus grande partie du gluten, des graisses , des sucs albumineux, muqueux, delà sérosité, etc. : elle pénétré les parties solides ; elle ne dissout pas les corps vivans , parce que les parties se réparent par l’action vitale , et éludent ainsi ses effets , et parce qu’elle demeure unie aux autres principes. Après la mort elle se dégage peu à peu, elle désunit les parties, elle entraîne les autres principes, elle dispose aux mou-vemens spontanés, et produit ainsi la décomposition des corps.
- ( Hydraul. ) Conduire les eaux ; c’est les enfermer dans des tuyaux ou canaux, ou les détourner par un batardeau.
- Jet d’eau ; ce qui fait jaillir l’eau en l’air.
- Chute d’eau. V. CASCADE.
- Bouillon d’eau ; celui qui ne s’élève guère au-dessus du tuyau.
- Nappe d’eau ; quand l’eau s’étend comme une nappe sur une-pièce d’où elle tombe.
- Soleil d’eau; quand les jets se distribuent en rayons.
- Gerbe d’eau; quand il y a grand nombre de tuyaux près les uns des autres qui jettent de l'eau ensemble.
- Berceau d’eau ; quand il y a de$ jets d’eau à droite et à gauche, qui se courbent en arc par dessus la tète.
- B once d’eau ; c’est l’ouverture d’un tuyau que l’eau remplit en coulant, et dont la superficie contient un pouce carré. E. tons ces mots à leur place , ainsi que HORLOGE d’EAU, MOULIN A EAU, etc.
- Jaugeage des eaux courantes. V. JAUGEAGE.
- Force des eaux ; c’est l’effort que fait l’eau par son poids et sa vitesse.
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- Les vitessessontentr’elles comme les racines carrées des hauteurs.
- On évalue la force et la vitesse d’un courant, d’une rivière , d’un aqueduc , en déterminant sur son bord une base à discrétion , et par le moyen d’une boule de cire mise sur l’eau et d’un pendule à secondes , on sait combien de tems la boule, entraînée par le courant, a été à parcourir l’espace de la base. Si l’on suppose que la base est de 4o mètres , que la boule a été 5o secondes dans sa course, que la profondeur du canal est de 2 mètres , et la largeur de 4 mètres, on multipliera la vitessq , ou 2 mètres par seconde, par la largeur, ou 4 mètres, ce qui donnera 8 mètres carrés pour la superficie du canal ; puis on multipliera les 8 mètres par la profondeur de i mètres,ce qui donnera îC mètres pour la solidité de l’eau qui s’écoulera dans l’espace d’une seconde, ou 16000 litres d’eau.
- Eau bouillante. F. VAPEUR.
- ( Chimie ) Eau distillée ; l’eau existe dans trois états : solide F. GLACE ) ; liquide, c’est la forme la plus connue ; en vapeur ou en gaz, F. VAPEUR, GAZ.
- L’art chimique de corriger les eaux impures , crues , dures, consiste à les exposer à l’air, les agiter à son contact, les faire bouillir, •les distiller et les combiner ensuite à l’air.
- La plupart des corps étrangers qui altèrent la pureté des eaux, étant en général ou beaucoup plus volatils , ou beaucoup plus fixes que l’eau , la distillation est le moyen le plus sur d’avoir de l’eau pure. Voilà pourquoi les chimistes emploient toujours de l'eau distillée dans leurs expériences.
- Eau aérée ; c’est la même chose que Vacide carbonique, ou combinaison du carbone avec l’oxigène.
- Eau de chaux ; c’est de l’eau commune , dans laquelle on a fait éteindre de la chaux , ou qui tient la chaux en dissolution. Il faut 600 parties d’eau pour dissoudre, une partie de chaux.
- Eaux gazeuses', ce sont des eaux imprégnées d’acide carbonique.
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- Eaux mères, pour eaux amères ; c’est un résidu salin déliquescent.
- Eau mercurielle ; c’est le nitrate de mercure en dissolution.
- Eaux acidulés ; ce sont des eaux imprégnées d’acide carbonique.
- Eaux képatiques ; ce sont des eaux sulfureuses ou sulfurées.
- Eau distilée des plantes ; ce sont les eaux des plantes qu’on prépare avec l’eau simple. Lorsque les plantes qu’on a employées sont aromatiques , on obtient en même tems une huile qui surnage sur l’eau avec laquelle elle distille. On nomme cette huile HUILE ESSENTIELLE. V. ce mot.
- L’eau qui passe avec les huiles essentielles est ordinairement b] anche , laiteuse , et elle ne peut s’éclaircir que dans un très- long espace de tems : cela vient de ce que cette eau tieht dans un état de demi-distillation la partie la plus ténue et la plus fluide de l’huile essentielle , et dé ce que ces parties extrêmement divisées ont une grande adhérence avec l’eau. Voy. les Elémens de Pharmacie de M. Baume.
- Eau régale ; c’est un mélange de l’acide nitrique et de l’acide muriatique , elle est le dissolvant de l’or. Les anciens chimistes l’ont appelée ainsi, parce qu’elle a la propriété de dissoudre l’or, le roi des métaux.
- Eau forte ; c’est la même chose que l’acide nitreux , et celui-ci est la même chose que l’acide nitrique contenant moins d’oxigène.
- L’eau forte sert à dissoudte tous les métaux , à la réserve de l’or.
- ( Technologie ) Eau forte se dit de la lessive dans laquelle les boyaudiers mettent leurs cordes à boyau.
- Les savonniers appellent encore eau forte une. lessive extrêmement caustique.
- (Gravure) Eau forte, en termes de gravures , se prend en deux sens différens : dans le premier Veau forte est une liqueur acide qui ronge l’airain ; il y en a de deux sortes : l’eau forte de départ, et l’eau forte à couler ; la première sert
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- pour le remis mou, et la seconde
- pour le vernis dur. V. VERNIS.
- Sur sa planche vernissée, tracée et bordée de cire , le graveur Verse l’eau forte affoiblie au degré convenable , jusqu’à ce qu’elle, en soit couverte d’un travers de doigt. Quand il juge que Veau forte a agi s uffisrmment dans i es touch es fortes, et qu’elle commence à faire son effet sur les touches tendres , il fait couler Veau forte dans un pot de faïence, et remet tout de suite de l’eau commune sur la planche pour éteindre ce qui peut rester d’eau forte dans la gravure.
- JjJeau forte, dans un autre sens, se prend pour l‘estampe qui est le produit du travail que l’artiste a tracé sur le vernis , et qu’il a fait creuser par Veau forte. C’est dans ce sens que l’on dit que les eaux fortes de Labelle sont pleines d’esprit. Les eaux fortes prises dans cette dernière acception , sont de deux espèces. Les unes sont destinées par l’artiste à demeurer telles qu’elles sont; les eaux fortes des peintres sont en général de cette classe. Les autres sont seulement les ébauches d’estampes qui doivent être ensuite terminées au burin ; telles sont, en général, les eaux jortes des graveurs.
- Cette différente destination exige des travaux d’espèce différente.
- Le peintre n’ayant pas dessein de repasser sur les opérations de sa pointe avec un instrument plus inflexible , se permet tous les travaux que son goût lui inspire ; il fait jouer à son gré sur le vernis une pointe libertine, il épargne, il mélange , il prodigue les travaux, il en établit qu’il prévoit bien qui seront confondus et crevés par l’eau forte, et se promet d’avance, de ces accidens, des effets piquans et pittoresques. Cette heureuse audace est interdite au graveur : en opérant avec la pointe , il est occupé des opérations qu’il doit faire dans la suite avec le burin ; il ne permet guère à sa pointe de tracer un chemin que son burin ne pourra finir. On sent qu’il n’use de sa li-b -rté actuelle qu’avec le sentiment de son esclavage futur. Ueau forte du peintre sera donc libre, spiri-
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- tuelle ; Veau forte du graveur sera froide , servile et peinée.
- Celui qui voudra sentir le mérite des eaux fortes doit considérer avec une sorte d’étude celles de Bene-dette, de Rembrandt, de Labelle, de Callot, de Leclerc , de Smidt, et de différens peintres. Les estampes de Gérard Audran lui offriront le mélange le plus pittoresque de la pointe et du burin. Duchange et les graveurs de son école lais— soient badiner etbrûler Veau forte sur les parties claires de leurs estampes et sur les lointains ; on a perdu cette pratique , et l’on réserve aujourd’hui ces parties pour le travail* du burin pur. On se plaît à faire triompher le métier dans les parties mêmes qui auroient tant de grâce si ellesétoient réservées à l’art.
- Aujourd’hui les graveurs ne se servent de Veau forte que parce qu’ils ne sont pas assez familiers avec le burin pour ébaucher leurs planches sans le secours de la* pointe ; les grands maîtres en gravure se servoient de la pointe, parce qu’ils sentoient tout ce que le mélange de ses travaux avec ceux du burin, pouvoit ajouter de pittoresque à leurs ouvrages. On a vu des graveurs plus sensibles à la variété des ressources de l’art qn’aux alléchemens du métier , donner à leurs travaux au burin le désordre pittoresque et la brutalité des travaux à Veau forte.
- ÉBARBER , v. a. composé de la particule extractive de, et de barba, barbe : raser, couper laharbe.
- ( Technologie ) Ce mot se dit par analogie , dans les arts , pour ôter les parties excédentes et superflues de quelque chose.
- Les graveurs en taille douce , ébarbent, lorsqu’avec le ventre de leur burin, ou un ébarboir, ils enlèvent la petite lèvre , ou barbe qui reste au bord de la taille , afin que le trait paroisse net.
- Les fondeurs de caractères ébar~ bent, ou enlèvent avec un canif, les bavures qui s’échappent quelquefois du moule.
- Ébarber, se dit, en termes de monnoyeurs, pour couper ou unir à peu-près les iames brutes, quand
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- elles sont refroidies et sorties des moules.
- Les manufacturiers emploient aussi ce mot , pour exprimer l'action de couper les longs poils qui excèdent les bords des lisières.
- Parmi les doreurs, ébarber, c'est ôter les parties superflues qui excèdent le relief d’un ouvrage.
- Ebarber, eu termes de jardinage, c’est retrancher de menues branches avec les croissans ou les ciseaux par leur extrémité seulement.
- EBAUCHER , v. a. On a prononcé autrefois eboscher; ce qui a fait croire à quelques-uns que ce mot venoit de l'ancien mot base, bois , et de la particule extractive de , ôter le plus gros du bois. Les Espagnols disent depuzar, formé de pusa, qu'on a dit dans la signification de pustule, grosseur; les Italiens ont dit de même sbozzare, de bozzo, bosse : commencer grossièrement un ouvrage , lui donner les premières façons , la première forme, en attendant qu’on le finisse.
- ( Technol. ) Ce mot a la même signification dans tous les arts 'ù il est employé. Les formiers l'emploient dans sa signification propre et primitive,lorsqu’ils disent qu’ils ont ébauché, c’est-à-dire, dégrossi le bois encore en bloc pour lui donner la première apparence de formes ; ensuite les sculpteurs ont dit ébaucher une statue , un bas-relief, pour donner les premiers traits.
- En termes de gravure, ébaucher, c’est préparer au premier trait de burin, et mettre par masses les objets qui doivent former l’es-, tampe.
- Les lapidaires appellent ébaucher, donner la première façon aux pierres , aux cristaux bruts.
- (Peinture) U ébauche, en termes (le peinture, est le premier travail du tableau même. Elle doit être couverte dans la suite par d’autres travaux ; mais cependant elle doit subsister, et même , si elle est savamment faite , les couleurs en doivent servir et concourir à l’effet de celles qui les couvri-
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- ront, sur-tout dans les ombres qui doivent toujours être légères de couleur.
- Tous les peintres ne suivent pas la même méthode dans leurs ébauches : il y en a de qui Vébauche offre déjà , mais d’une teinte plus foibie , l’effet qu’ils se proposent de produire dans le fini. D’autres ne font qu’un léger lavis de couleur , et leur tableau ébauché ne présente qu’une grisaille. Rubens pensoit en ébauchant, à tirer parti, non seulement de sou ébauche mais même des tons de l’impression do la toile. En effet, quand la disposition, le coloris, l’entente générale ont été bien observés dans la première couche de couleur qui forme l’ébauche, quand, tout y a été le produit de la réflexion suc l’Ouvrage qui doit suivrq, l’artiste peut s’appliquer avec goût à la meilleure manière de faire ce qu’il a si bien indiqué.
- EBE , s. f. de l’anglo-saxon ebba, dont les Anglais ont fait ebb , et les Hollandais ebbe : reflux de la mer,
- {Marine ) C’est le descendant de la marée , ou le commencement du. reflux, le moment après la pleine mer. Il y a ébe , c’est-à-dire, que la jnarée commence à descendre.
- EBÈNE, s. f. du lat. ebenus formé du grec îj&evos ( e.benos ), eu hebreu, heben, pierre.
- ( Hist. nat. ) Bois étranger, dur, pesant, noir, qui prend un beau poli, et qu’on emploie dans les^ ouvrages de marqueterie.
- Il y -a plusieurs sortes d’ébènes des Indes; savoir : la noire, la rouge, la verte et la jaune. La première qui vient de Madagascar est la plus estimée , parce qu’elle est noire comme du jayet, qu’elle n’a point d’aubier , c’est-à-dire , qu’elle n’a pas sous l’écorce une ceinture de bois blanc imparfait, qu’on trouve plus ou moins épaisse, dans presque tous les arbres, et qu’elle est très-massive, c’est-à-dire , très-dure et très-solide.
- ÉBLOUISSEMENT, s. m. de l’italien abèogliamento , formé du latin lucetta, diminution de lux lacis.
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- ( Méd. ) Trouble qui se fait dans l’action de la vue soit par une lumière trop vive, qui vient du dehors, soit par quelques causes internes qui empêchent les fonctions.
- ÉBOURGEONNER, v. a. composé de la particule extractive ex, et de burrio , qu’on a dit pour barra, bourre : ôter les bourgeons.
- ( Jardin. ) Supprimer les bourgeons surnuméraires , pour ne laisser en place que les plus nécessaires et les plus convenablès. L’ébourgeonnement est pour le moins aussi nécessaire que la taille ; c’est de lui que dépend la belle figure de l’arbre, sa fécondité et sa santé.
- ÉBULLITION, s. f. du latin ebullitio, formé du lat. ebullio , ou ebullo, composé de la particule extractive ex, et de butta , bulle : sortir, s’élever en forme de bulle.
- {Physique) Etat d’une liqueur exposée à l’action du feu, et dont quelques portions sont soulevées en forme de bouillons, à l’occasion de cette action.
- Les physiciens ne sont pas d’accord sur la cause de Y ébullition. Les uns l’attribuent à l’air qui se dégage des particules de l’eau y d’aütres prétendent que Y ébullition n’est autre chose qu’une portion ^ de la liqueur réduite par l’action du feu en vapeur très-dilatée.
- ( Méd. ) Ebullition de sang ; c’est une maladie caractérisée par de petits boutons du volume d’un grain de millet, sur toute l’habitude du corps. Ces boutons sont rouges , causent beaucoup de démangeaisons, et sont accompagnés d’une douleur âcre. U ébullition recon-noît pour cause la plus commune l’effervescence du sang. Voyez FERMENTATION , EFFERVESCENCE.
- ECACHER , v. a. Ce mot pa-roit venir de l’espagnol escarchar, qui signifie le bruit que l’on fait en marchant : écraser, froisser, briser.
- ( Technol. ) On écache du sucre, du sel, des minéraux, lorsqu’on les égruge, qu’on les réduit en
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- poudre, en les pressant par quel-* que chose de pesant.
- Les tireurs d’or appellent écacher, applatir l’or en lames par le moyen d’une machine appelée moulin à écacher, on moulin à battre. Ce moulin est composé de deux roues d’acier très-poli, placées l’une au-dessus de l’autre, et très-serrées sur leur épaisseur. On les fait mouvoir par une manivelle qui étant attachée à l’une des deux roues , fait aller l’autre en sens contraire. Ces roues entraînent par leur révolution le trait d’or ou d’argent qu’on y a engagé par un de ses bouts, et elles le réduisent en une lame très-mince et très-flexible, qu’on file aisément ensuite, par le moyen du rouet, autour d’un fil de soie , si le trait est d’or ou d’argent fin, et sur un fil de chanvre, s’il est d’or ou d’argent faux. On dit que les ouvriers de Milan ont l’art de ne dorer que le côté du trait qui doit paroître sur le filé, et par ce moyen ils ménagent près de la moitié de la'dépense de l’or.
- En termes de cirier, écacher, c’est pétrir la cire , jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de parties plus dures les unes que les autres.
- ÉCAILLE, s. f. de l’allemand schale, dont les Italiens ont fait squaglia, les Anglais scale , et que nous avons nous-mêmes long-tems écrit schalle, puis escaille, et enfin écaille.
- (Hist. nat. ) Petite partie dure et ordinairement transparente, d’une figure ronde et plate , qui couvre la peau de certains poissons et de certains reptiles.
- Il se dit aussi d’une espèce de couple dure qui couvre la plupart des poissons appelés testacées.
- (Technol. ) La tortue, et particulièrement l’espèce de tortue appelée caret, fournit cette belle écaille dont on fai t différens ustensiles et des bijoux. Après l’avoir amollie dans l’eau chaude, on la met dans des moules , où on lui donne, à l’aide d’une forte pi'esse de fer, la forme qu’on désire , et on la polit.
- Les sculpteurs et les ouvriers qui travaillent les métaux donnent le nom d'écailles aux pièces minces
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- qui se séparent de la matière qu’ils travaillent.
- Ces écailles , en pièces minces de cuivre, servent aux émailleurs a faire le bleu turquin , mêlées avec la magnésie et le soufre.
- ( Botan.) Ecaille se dit, en termines de botanique , de toute partie laminée, qui , par sa petitesse, sa figure raccourcie, sa substance plus ou moins sèche, son application ou sa tendance à s’appliquer sur ce qui la porte ou l’accompagne, paroît s’éloigner delà nature ordinaire de la feuille, qu’elle semble cependant remplacer.
- Les écailles recouvrent entièrement ou en partie seulement les tiges, les rameaux, les pédoncules, les pétioles, les racines de plusieurs plantes ; elles forment une ou plusieurs couches sur la bulbe écailleuse pelles servent d’enveloppe aux bourgeons des arbres et des arbrisseaux; elles tiennentlieu de corolle dans les graminées; on en trouve a la base des calices, des pé'tales, et quelquefois même parmi les organes sexuels.
- ( Peinture ) On dit qu’un tableau s’écaille ; lorsqu’il s’en détache de petites parties qu’on appelle écailles. Les peintures à fresque sont sujettes à s’e cùUin-.le stuc s’écaille aisément.
- ECARLATE, s. f. l’origine de ce mot est incertaine ; mais on a dit dans la basse latinité scarletum et scarleta, d’où les Italiens ont fait scarlatto , les Anglais scarlet, les Allemands scarlaet ou scharlaet. Le mot arabe xkerlet, d’oùlesTurcs ont formé iskerlet, pourroit aussi avoir donné naissance au latin barbare scarletum. Quoiqu’il en soit de son origine, Vécarlate est une couleur rouge et fort vive.
- (. Technol. ) U écarlate , couleur de feu, connu autrefois sous le nom d’ecarlate de Hollande, et aujourd’hui sous celui à’écarlate des (lobe Uns , est la plus belle et la plus éclatante couleur de la teinture ; elle est aussi la plus chère et la plus difficile à porter à sa perfection. Le succès ne dépend que du choix de la cochenille qui doit servir à la teinture, et de la ma-
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- nière de préparer la dissolution de l’étain qui donne la couleur vive du feu au teint de la cochenille, qui, sans cette liqueur , seroit naturellement de couleur cramoisie. On emploie pour chaque livre de laine une once de la plus belle cochenille, deux onces de crème de tartre en poudre, et pour chaque livre de cochenille , on met dans le bassin deux onces de composition ; c’est le nom que les teinturiers donnent à la dissolution d’étain. Ponr que cette composition soit bien faite, il faut se servir d’étain de mêlas grenaillé. Cette belle teinture s’est faite d’abord en Hollande, d’où elle passa en France par les soins de M. Colbert qui l’établit aux Gobelins. La recette en est demeurée lotig-tems secrette ; mais présentement «lie est connue, etnous avons aujourd’hui plusieurs manufactures où l’on fait de Vécarlate aussi parfaite et aussi belle que celle des Gobelins. On doit aussi s’attacher à l’eau qu’on emploie dans la teinture en écarlate : les eaux séléniteuses et bourbeuses gâtent cette teinture. .
- Ecarlate de graine ou écarlate de Venise. Cette couleur, qui a moins de feu, et qui est plus brune que Vécarlate à laquelle on est accoutumé , est faite avec le kermès , dit du chêne vert, espèce de gallinsecte qui croît en plusieurs parties du monde.
- ECARLATINE. t. de méd. V. SCARLATINE.
- ÉCART, s. m. autrefois E3-CART, de la préposition ex , et de scara , bande , troupe : action de s’éloigner de sa bande, de sa troupe, action de sJécartcr.
- { Hyppiatrique ) Séparation subite et forcée du bras du cheval d’avec son corps. Les chutes, les efforts violens , l’écartement accidentel des jambes de l’animal peuvent déterminer l’écart.
- ( Danse ) Faire un écart; c’est porter le pied à quartier , à côté.
- (.Blason ) Ecart se dit de chaque quartier de l’écu divisé en quatre, et sur-tout de ceux qui sont après le premier.
- ( Marine ) Ecart est le point de jonction de deux pièces de bois ; et
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- la manière de les lier ensemble dans la construction d’un vaisseau
- {Jeu) Ecart se dit à l’ombre, au piquet et à d’autres jeux, des cartes qu’on rebute , et qu’on met à bas pour en reprendre d’autres au talon , si c’est la loi du jeu ; car il y a des jeux où l’on écarte sans reprendre.
- ( Docimastique) On dit qu’un bouton d’essai s’écarte , pour dire qu’il s’en détache de petits grains qui sont poussés .au loin.
- ECBOLIQUE, adj. du grec sx£â\-( ekballô ), chasser , expulser , formé de tx ( ek ), hors, et de £a.\xa> ( ballô ), jeter hors.
- ( Mêd. ) On appelle ainsi les remèdes qui hâtent l’accouchement ou qui tendent à causer l’avortement.
- ECCANTHIS. V. ENCANTHIS.
- ECCATHARTIQUE , adjec. du grec sx. { ek) hors, et de xaBaipie ( kathairô ), purger.
- ( Mêd. ) Epithète que l’on donne aux remèdes purgatifs ou expectoraux.
- ECCHYMOSE, s. f. du grec txyvy.m;is ( echumosis), épanchement, dérivé de sx ( ek ), hors , et de %vfjioç (chumos), suc,humeur.
- ( Mêd. ) Effusion de sang dans les cavités ou intestins contigus aux vaisseaux, à la suite d’une contusion. Plusieurs auteurs donnent aussi le nom à’ecchymose aux verge-tures, aux flétrissures , aux taches rouges, livides , purpurines qui surviennent à la peau dans le scorbut , la grosse vérole , la rougeole, les fièvres rouges et les fièvres malignes ; mais c’est improprement.
- ECCLESIASTE, s. m. dn grec î^x'htuna.çyiç { ekklêsiastés ) prédicateur, dérivé d’sxxstxsœ {ekkaleô), prêcher , haranguer une assemblée.
- ( Ecriture ) C’est un des livres de l’Ancien Testament; il a été ainsi appelé, parce que, suivant-lés uns , l’auteur y déclame comme un prédicateur , etsuivant d’autres, parce qu’on y a rassemblé plusieurs belles sentences sur la vanité des choses de la terre. Quelques docteurs hébreux disent qu’il est ainsi nommé, parce qu’il a ramassé beaucoup de sagesse.
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- On n’est pas plus d’accord sur l’auteur de ce livre ; mais le sentiment le plus commun est qu’il est de Salomon, qui l’écrivit sur la fin de sa vie, et pour donner des marques de sa pénitence.
- Quand on trouve dans les livres ecclé, c’est l’ec.clésiaste qui est cité, et quand il y a eccli, c’est l’ecclésiastique.
- ( Rel. réf. ) Quand Luther commença à répandre sa doctrine , il prit le titre d’ecclésiaste de Wit-temberg. Plusieurs ministres pro-testans se l’arrogèrent aussi.
- ECCLESIASTIQUE, s. m. même origine qu’ecclésiaste.
- ( Ecriture ) Livre canonique de l’Ancien Testament, composé par Jésus , fils de Syrach. Ce livre , dit Mariana, fut d’abord intitulé Paraboles, et ensuite Ecclésiastique , c’est-à-dire, prédicateur.
- ( Liturgie ) Ce mot se dit aussi adjectivement des personnes et des choses qui appartiennent à l’église. L’ordre ecclésiastique , électeur ecclésiastique, censures ecclésiastiques.
- ECCOPEE , s. f. du grec txxoïrn ( ekkopê ) entaille.
- ( Chirurgie ) Fracture du crâne faite par un instrument tranchant.
- ECCOPROTIQUE, adj. du grec sx ( ek) , de , hors, et de xc<srpoj ( kopros), excrément. Purgatif doux dont l’action ne s’étend point au-delà du canal intestinal , et se borne à son évacuation. Il se dit aussi des remèdes laxatifs qui purgent doucement les humems,
- ECCORTHATIQUE, adj. du grec ex('ek), hors, et de xopBvee {kor~ thuô ), amasser, entasser : qui expulse ce qui est entassé.
- ( Pharm. ) Il se dit des remèdes contre les obstructions ou de ceux qui, appliqués sur la peau , en ouvrent les pores.
- ECCRINOLOGIE , s. f. du grec éxxpho> ( ekk inô ), séparer, et de xoyoç ( logos ), discours.
- ( Méd. ) Partie de la médecine qui traite des excrétions, et de l’expulsion des excrémens hors du corps.
- ÉCHAFAUD , s. m. du lat. barbare cadafalcus, dont les Italiens ont fait catafalço; ou peut-être de
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- l’allemand schauot, formé du verbe schauen, faire voir, dont les Anglais ont fait scaffold.
- ( Archit. ) Assemblage de pièces de bois qui forme une espèce de plancher , sur lequel les ouvriers montent pour travailler aux lieux où ils ne peuvent atteindre autrement.
- ( Jeux scéniques ) Il se prend aussi pour des ouvrages de charpenterie , élevés ordinairement par degrés pour voir plus commodément des spectacles ou cérémonies publiques.
- (Jurisprudence) C’est aussi une espèce de théâtre de charpente dressé pour l'exécution de quelques criminels.
- ( Pêche ) C’est encore un lieu bâti de bois que les pêcheurs de morue font à Terre-Neuve , où ils accommodent la morue pour la sécher.
- ECHAMPIR, v. a. composé de Ja particule é, et de champ , comme qui diroit, tirer du champ.
- {Peinture) Terminer les contours des objets , les détacher d’avec le fond.
- ÉCHANCRER , v. a. formé de cancer.
- ( Technol. ) Terme usité daus plusieurs arts pour signifier tailler, vider , couper en dedans en forme de croissant, à la manière dont les cancers rongent la chair.
- ( Botan. ) Echancré se dit des parties des plantes dont le sommet a un petit sinus ou angle rentrant. On dit aussi échancré par la base ; mais le mot seul échancré a toujours rapport au sommet.
- ECHANGE, s. m. composé de la particule è, et du latin excambium , troc d’une chose centre une autre.
- ( Pratique et diplom. ) Il se dit pour les terres, les personnes, tout ce qui est biens-fonds. L’on fait des échangés d’états , de charges et de prisonniers.
- ( Commerce ) Ce mot s’emploie eussi dans le commerce en parlant de marchandises , principalement j,e, marcbandises en gros. Quand 1 échangé se fait avec de l’argent, on dn vente.
- ÉCHANSON, s. m, dulat. scan-
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- tione , ablat. de scaniio , qui a été dit pourpincerna.
- ( Econ. polit. ) Officier qui présente à boire aux rois, aux princes. On ne se sert plus de ce mot qu’en parlant du grand échanson , officier de l’empire. Le roi de Bohême est grand échanson de l’empire.
- ÉCHANTILLON, s. m. du latin cantillo, diminutif de canthus dans la signification de coin: petit morceau de quelque chose que ce soit, qui sert de montre pour faire con-noître la pièce.
- ( Pratique et commerce) Modèle déterminé par les règlemens , que l’on conserve dans un lieu public, et qui est destiné à régler tous les poids et mesures.
- ( Artillerie ) Ais garni de fer par un côté que l’on arrête sur des chantiers , et qui sert à former les moulures des pièces de canon sur la terre molle qui couvre le trousseau , en le tournant à mesure par un moulinet qui est au bout du trousseau.
- ( Archit. ) Mesure conforme à l’usage et aux règlemens pour le bois à bâtir, la tuile, l’ardoise, etc.
- ( Fondeur ) Calibre dont se servent les fondeurs.
- ( Marine ) On exprime par le mot échantillon la grosseur et l’épaisseur des principales pièces de bois qui forment un vaisseau, mais principalement des membres ou couples. Ainsi on dit qu’un vaisseau a i5 pouces d’échantillon, c’est-à-dire, que ses couples et plusieurs autres pièces dont la grosseur est semblable à la leur, ont i3 pouces d’écarissage.
- Un vaisseau fort ou faible d'échantillon ; c’est-à-dire , que la charpente en est plus ou moins épaisse.
- , ÉCHAPPEMENT, s. f. du verbe échapper, dérivé de l’italien scap-pare, ou de l’espagnol escapar. Tous ces mots pourroient avoir été formés du latin barbare excampare , pour exprimer l’action de ceux qui, après une défaite, se répandoient dans les champs, ou abandonnoient le champ de bataille.
- ( Horlogerie ) Espèce de mécani-
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- que par laquelle le régulateur reçoit le mouvement de la dernière roue , et ensuite modère le mouvement de cette roue même pour régler l’horloge, la pendule, ou la montre.
- Il n’est point de partie de l’horlogerie sur laquelle l’industrie se soit plus exercée, que sur les échap-pemens.
- Les plus fameux horlogers de Paris inventent souvent de nouvelles espèces d’échappemens, mais celui de Graham a tellement prévalu , que les horlogers du premier rang n’en font presque point d’autres dans les ouvrages d’un certain prix. C’est un cylindre creux dans son milieu , qui sert de tige au balancier horizontal, avec une roue pareillement horizontale, dont les dentures ont une forme tout-à-fait singulière, ressemblante à des maillets très-petits, qui font mouvoir le balancier de deux côtés opposés , avec beaucoup moins de frottement et de violence que ne le fait la roue de rencontre dans les échappemens à réveil. V. PENDULE.
- ÉCHAPPER , v. n. de l’italien scappare. V. ECHAPPEMENT.
- ( Manège ) Laisser échapper ; c’est pousser un cheval à toute bride, le faire partir ou échapper de la main.
- [Jardin.) S’échapper, en parlant des arbres fruitiers, c’est pousser trop ou ne produire que de fortes branches qui ne fructifient point. Il faut ravaler ces branches et ré-duirel’arbre de manière qu’il prenne une forme régulière.
- ÉCHAPPÉ, participe d'échapper.
- ( Manège ) Il se dit d’un cheval engendré d’un étalon et d’une cavale qui sont de différentes races et de différens pays. Un échappé de Barbe, un échappé de chevaux dJ Espagne-
- ECH APPEE, s. f. V. ÉCHAPPEMENT.
- ( Architect. ) Hauteur suffisante pour passer facilement sous la rampe d’un escalier.
- ( Optique ) Echappée de vue ; c’est une certaine vue resserrée entre deux montagnes, des bois et des maisons.
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- (Peinture) Echappée de lumière/ lumière qu’on suppose passer entre deux corps très - proches l’un de l’autre , qui éclaire quelque partie du tableau, laquelle sans cela seront dans l’ombre ou dans la demi-teinte.
- ÉCH ARPE, s. f. du lat. excarpta, ou plus vraisemblablement de l’italien ciarpa, large bande de taffetas, d’étoffe , etc., que l’on portoit autrefois de la droite à la gauche en forme de baudrier, et qu’on a portée depuis en forme de ceinture.
- ( ArcKitec. ) Echarpes ; ce sont des ceintures de coussinet du cha-pitau ionique antique, qui semblent serrer les volutes.
- ( Mécan. ) Il se dit aussi des petits cordages qui servent à attacher les fardeaux aux cables des machines, pour les élever sur le tas.
- Une écharpe est aussi une machine qui fait l’effet d’une demi-chaîne , et qui sert à enlever de médiocres fardeaux.
- ( Artillerie ) Tirer en êchaipe, battre en écharpec’est battre un corps obliquement, par bricoles, de travers ou de côté.
- ( Hydraul.) ) Echarpes ; ce sont des tranchées faites dans les terres en forme de croissant, pour ramasser les eaux dispersées d’une montagne, et les recueillir dans une pierrée.
- ( Chirurg. ) Echarpe est aussi le nom d’une espèce de bandage dont on se sert pour soutenir le bras blessé.
- ECHARSETE, s. f. du vieux mot échars, du lat. ex parcus , en italien scarso , qui signifie chiche, trop épargnant.
- ( Monnaie ) Défaut d’une pièce de monnaie qui n’est pas du titre ordonné.
- ECHASSES, s. f. du lat. scalacia, diminutif de scala , échelle; deux longs bâtons , à chacun desquels il y a une espèce d’étrier, ou un fourchon du bois même , dans lequel l’on met les pieds , soit pour marcher dans des marais , comme font les pâtres dans les département de la Vendée, etc. et autres lieux, soit pour paroître plus
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- grand et divertir le peuple, comme font les bateleurs.
- ( Archit.) Echasse est une règle de bois qui sert à jauger la hauteur des pierres.
- Echasses dJéchafaud, de longues perches liées et entees les unes sur les autres pour dresser des échafauds.
- ÉCHASSIERS, s. m. d’ÉCHAS-SIî. V. ce mot.
- ( Hist. nat ) Cinquième ordre des oiseaux, ainsi nommés à cause de la hauteur de leur tarse ; ils paroissent en effet montés sur des échasses. On les nomme aussi oiseaux de rivage, parce qu’ils vivent habituellement sur les rives des eaux vives ou stagnantes. Le héron, la cicogne, sont des oiseaux échassiers.
- ÉCHÉANCE , s. f. d'échoir, et celui-ci du lat. cxcidere, tomber.
- {Commerce) Le terme où échoit, où tombe le paiement d’une lettre de change ou billet à ordre.
- Dans le calcul du jour, relativement au paiement d’un effet de commerce , le jour de l’acceptation ni celui de Véchéance ne se comptent point.
- JJ échéance des lettres de change à jour préfïx est le jour du paiement fixé par la lettre ; celle des lettres à vue, le moment même de leur présentation.
- ÉCHECS , s. m. directement de l’italien scacchi , formé du persan schah, qui signifie roi ; schah-mat, roi vaincu , que nous rendons par échec et mat.
- Le jeu des échecs est de tous les jeux où l’esprit a part, le plus savant et celui dans lequel l’étendue et la force de l’esprit du jeu peut se faire le plus aisément remarquer.
- Chaque joueur a seize pièces partagées en six ordres , dont les noms, les marches et la valeur sont différens. On les place en deux lignes de huit pièces chacune, sur un échiquier divisé en soixante-quatre cases ou carrés. Chaque joueur a une pièce unique qu’on nomme le roi ; de la conservation ou de la perte de cette pièce dépend le sort de la partie. Elle
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- ne peut être prise, tant qu’il lui reste quelque moyen de parer les coups qu’on lui porte. La surprise n’a point lieu à son égard dans cette guerre ; on l’avertit du danger où elle est par le terme d'échec, et par là on l’oblige à changer de place. S’il ne lui reste aucun moyen de l’éviter, alors elle tombe entre les mains de son ennemi, et par la prise du roi la partie est déeidée , ce que l’on exprime par les mots d’échec et mat ou le r i est vaincu.
- Plusieurs savans ont cru qu’il fal-loit remonter jusqu’au siège de Troie pour trouver l’origine du jeu des échecs, et ils en ont attribué l’invention à Palamède. D’autres se sont contentés d’assurer que ce jeu a voit été connu des Romains, sous le nom de latrunculi, calculi, ou scrupuli; mais ces jeux n’ont aucune ressemblance avec celui des échecs, dans les choses qui en constituent l’essence , et qui distinguent les échecs de tous les autres jeux de dames, de merelles , de jetons, avec lesquels ils le confondent.
- La princesse Anne Comnène, dans la vie de son père Alexis Comnène , empereur de Constantinople dans le onzième siècle , nous apprend que le jeu des échecs, qu’elle appelle zatri-chion, apassédesPersansauxGrecs. Ainsi, ce sont les écrivains orientaux qu’il faut consulter sur l’origine de ce jeu.
- Les Persans conviennent qu’ils n’en sont pas les inventeurs , et qu’ils l’ont reçu des Indiens qui le portèrent en Perse, pendant le règne de Cosroës, dit le Grand , au commencement du sixième siècle.
- D’un autre côté, les Chinois, à qui le jeu des échecs est connu, et qui le nomment le jeu de P éléphant , reconnoissent qu’i!s le tiennent des Iudiens , de qui ils l’ont reçu dans le sixième siècle , sous le règne de Vouti , vers l’an 53y avant Jésus-Christ. Ainsi, on ne peut douter que ce ne soit dans les Indes que ce jeu a été inventé. On fait honneur de l’invention de ce jeu a uu brame nommé Sissa , qui se servit de ce moyen pour rappeler à ses devoirs un monarque égaré par ses flatteurs , et l’exciter à i’humanité, à la bienfai-
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- sance, par un tableau allégorique des secours que , dans les circonstances lâcheuses , des sujets zélés peuvent prêter à leur roi.
- Des Indes il a été porté dans la Chine , dans la Perse, en Afrique , en Espagne , et de-là dans le reste de l’Europe.
- Les Chinois ont fait quelques chan-gemens à ce jeu ; ils y ont introduit de nouvelles pièces sous le nom de canons et de mortiers. Tamerlan y fit encore de plus grands clrange-rn ens , par les pièces nouvelles qu’il imagina , et par la marche qu’il leur donna. Mais l’on a suivi en Europe l’ancienne manière de jouer ; les seuls changent ens qu’on y ait introduits , consistent dans les noms de plusieurs pièces qui n’ont plus le sens raisonnable qu’ils ont dans les langues de l’Orient. La seconde pièce des échecs , après le roi, est nommée reine, ou dame ; mais elle n’a pas toujours porté ce nom : dans des vers latins du douzième siècle , elle est appelée fescia; l’auteur du roman de la Rose, la nomme fier ce, nom corrompu du latin fescia, qui lui - même vient du persan fiez , qui est enPerse le nom de cette pièce, et qui signifie un ministre d’état, un visir.
- La troisième pièce des échecs est le fou : chez les Orientaux, elle a la figure d’un éléphant, et elle en porte le nom, fil.
- La cinquième pièce des échecs est appelée aujourd’hui tour; on la hommoit autrefois rck, d’où le terme de roquer nous est demeuré. Les Orientaux la nomment rohh, qui signifie chez les Persans et chez les Indiens , une espèce de chameau dont on se sert à la guerre , et que l’on place sur les ailes de l’armée, en forme de cavalerie légère. La marche rapide de cette pièce , qui saute d’un bout de l'échiquier à l’autre , convient d’autant mieux à cette idée , que dans les premiers teins elle étoit la seule pièce qui eût cette marche.
- Voyez le Traité théorique et pratique du jeu des échecs, imprimé à Paris , chez Stoupe , eu 1775.
- ( Art milit. ) Echec, en termes de guerre , signifie une perte considérable que font des troupes. Les enne-
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- mis reçurent un grand échec dans cette occasion. Ce général reçut un échec en se retirant.
- Tenir une armée en échec ; c’est empêcher une armée d’agir, de rien entreprendre.
- ÉCHELLE , s. f. du lat. scala.
- ( Teclmol. ) Machine de bois composée de deux longues branches traversées d’espace eu espace par des bâtons disposés en sorte que l’on puisse s’en servir pour monter et pour descendre.
- Echelle de corde ; ce sont des cordes disposées en forme d’échelle, avec un crochet de fer au bout d’en haut.
- Echelles doubles ; les échelles doubles sont composées dé deux échelles qui s’élargissent par le piéd, et dont les montans sont unis vers le haut par un boulon de fer.
- ( Art milit. ) Les échelles dont on se sert dans l’architecture militaire , sont grandes ou petites. Celles-ci servent pour descendre dans le fossé , s’il est profond , et celles-là pour l’escalade.
- Pour avoir la véritable hauteur des échelles pour l’escalade , on a-joute le carré de la hauteur de la muraille au carré du pied qu’on donne aux échelles , qui est ordinairement le quart de la hauteur, et l’on tire la racine carrée de cette somme.
- Les échelles d’escalade les plus commodes sont composées de plusieurs petites échelles , dont la plus haute doit avoir à chaque extrémité supérieure une poulie bien graissée à l’essieu, et couverte de feutre tout autour, afin qu’elle ne fasse point de bruit. Ses deux bouts inférieurs ont une entaillure couverte de fer blanc, pour pouvoir y enchâsser le premier échelon de Véchelle suivante. Ce premier échelon et ceux des suivantes doivent être plus longs que les autres.
- Toutes les échelles qu’on veut mettre entre la plus haute et la plus basse doivent avoir de semblable» entaillures aux deux bouts, et la plus basse doit avoir ses extrémités inférieures armées de deux grosses pointes de fer, pour les empêcher (fit reculer.
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- Quand on veut ies appliquer, on lève contre la muraille la première échelle où sont les poulies , on y joint l’autre, qui la pousse en haut, et à celle-ci une autre, et ainsi de suite. ( Marine) Echelle se dit des escaliers de bois par où l’on monte et descend pour communiquer entre les diffe'rens étages des vaisseaux. La plupart de ces échelles sont mobiles , de façon à pouvoir s’ôter et se remettre à leur place facilement.
- ( Police municipale ) Echelle à incendie. On s’occupe beaucoup, depuis quelques années , de machines propres à sauver les malheureux menacés de devenir la proie des flammes. Un concours a été établi à l’Institut ; plusieurs auteurs ont été couronnés. Mais la machine qui pa-roît avoir jusqu’à présent le mieux rempli le but désiré , est celle de M. Tréchard. Déjà les corps-de-garde des pompiers de Paris en sont fournis , afin que l’expérience puisse ajouter un nouveau degré de confiance aux essais qu’on en a faits.
- ( Mathématiques ) Une échelle, en termes de mathématiques , consiste eu une ou plusieurs lignes, tirées sur du papier, du carton, du bois , du métal, ou toute autre matière , divisées en parties égales ou inégales. Ces échelles sont fort utiles quand on veut représenter en petit, et dans leur juste proportion, les distances que l’on a prises sur le terrein.
- Il y a des échelles de différentes espèces , appropriées à différens usages. Les principales sont :
- U échelle des parties égales , qui n’est autre chose qu’une ligne divisée en un nombre quelconque de parties égales ; par exemple , cinq , ou dix , ou davantage ; une de ces parties est ensuite subdivisée en dix, ou en plus grand nombre de parties égales plus petites.
- ( Géographie , Archit. ) Echelle *e dit d’une ligne divisée en parties égales , et placée au bas d’une carte, d’un dessin, ou d’un plan , pour servir de commune mesure à toutes les parties d’un bâtiment, ou bien à toutes les distances, et à tous les lieux d’une carte.
- Les échelle* doat on fait ordinai-
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- rement usage dans le dessin , ou le plan d’un bâtiment, représentent des modules , des toises, des mètres , et autres mesures semblables.
- [Perspective) Echelle de front ; c’est une ligne droite, parallèle à la ligne horizontale , et divisée en parties égales, qui rep: ésentent des pieds , des décimètres , des centimètres, etc.
- Echelle fuyante ; c’est aussi une ligne droite verticale dans un dessin de perspective, et divisée en parties inégales, qui représentent des pieds, des pouces, des décimètres, des centimètres, etc.
- ( Arith. ) Echelle arithmétique £ c’est le nom qu’on donne à une progression géométrique , par laquelle se règle la valeur relative des chiffres simples, ou l’accroissement graduel qu’ils tirent du rang qu’ils occupent entre eux. Voy. l’article ECHELLE de l’Encyclopédie méthodique, partie des mathématiques.
- Echelle de logarithmes, proportionnelle, échelle anglaise, échelle de Gunter; on trouve sur cette échelle les logarithmes des sinus et des tangentes , avec plusieurs autres lignes. On s’en sert pour faire des multiplications , et pour résoudre des triangles, en plaçant sur trois lignes les logarithmes des nombres, ceux de sinus et ceux des tangentes.
- ( Musique ) Echelle , se dit de la succession diatonique des sept notes de la gamme notée, parce que ces notes se trouvent rangées en manière d’échelons sur les portées de notre musique.
- Cette énumération de tous les sons diatoniques de notre système, rangés par ordre, que nous appelons échelle, les Grecs dans le leur l’appeloient tétracorde, parce qu’en effet leur é— chelle n’étoit composée que de quatre sons, qu’ils répétoient de tétracorde en tétracorde , comme nous faisons d’octave en octave. .
- Saint - Grégoire fut, dit-on , le premier qui changea les tétracordes des anciens en eptacorde ou système de sept notes ; au bout desquels commençant une autre octave, on trouve des sons semblables, répétés dans le même ordre. Cette découverte est très-belle, et il semblera
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- singulier que les Grecs, qui voy oient fort bien les propriétés de l’octave , aient cru , malgré cela , devoir rester attachés à leurs tétracordes. Saint-Grégoire exprima ces sept notes avec les sept premières lettres de l’alpha-bet latin. Gui-Arétin donna des noms aux six premières -, mais il négligea d’en donner à la septième, qu’en France on a depuis appelée si, et qui n’a point encore d’autre nom que B mi chez la plupart des peuples de l’Europe.
- Les modernes ont imaginé une autre échelle, qu’ils ont appelée écheUe semi-tomqueou chromatique, parce qu’elle procède par semi-tous. Son usage consiste à donner les moyens de moduler sur telle note qu’on veut choisir pour fondamentale , et de pouvoir non-seulement faire sur cette note un intervalle quelconque, mais y établir une échelle diatonique , semblable à F échelle diatonique de Vut.
- Comme au genre diatonique et au chromatique , les harmonistes en ajoutent un troisième, savoir, Venharmonique. Ce troisième genre doit avoir aussi son échelle , du moins par supposition ; car , quoique les intervalles vraiment enharmoniques n’existent point dans notre clavier, il est certain que tout passage enharmonique les suppose, et que l’esprit, corrigeant sur ce point la sensation de l’oreille, ne passe alors d’une idée à l’autre qu’à la faveur de cet intervalle sous-entendu. F. ENHARMONIQUE.
- ( Physiologie ) Echelles se dit des deux rampes ou des deux contours du limaçon de l’oreille.
- (Fondeur) Echelle campanaire ; les fondeurs appellent ainsi un instrument, dont ils se servent pour donner aux cloches la hau teur, Couverture et l’épaisseur convenables aux tons qu’on veut qu’elles aient. V. CAMPANAIRE.
- ( Commerce ) Echelles , est aussi nu nom qu’on donne sur la Méditerranée ou mer du Levant, aux ports ou aux villes de commerce qui sont aux côtes des îles d’Afrique et d’Asie. Ce mot signifie proprement, lieu de trafic, comme on a appelé dans le Nord villes d'étape , lçs
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- villes ou les ports qui servoient d’entrepôt pour certaines marchandises.
- Les Latins se sout servis de scala dans la même signification. 11 y avoit à Rome des échelles destinées à l’embarquement et au débarquement des marchandises, et où se prélevoient des droits pour l’entretien des aqueducs. Encore aujourd’hui à Constantinople , on appelle échelles les diffé-rens endroits où l’on s’embarque. Les Italiens disent scala , les Espagnols escala ; nous avons anciennement dit escaïelle, puis escale. On appelle encore dans certains ports, cale, l’endroit où l’on embarque et débarque les marchandises. V. ETAPE.
- Faire échelle ou escale ; c’est dans le langage de la Méditerranée, relâcher, ou passer à un port, pour y prendre ou déposer des marchandises, etc.
- ÉC11EVIN, s. m. du lat. barbare scabinus, formé de l’allemand scha-ben ou scheben, qui se trouve souvent dans les Capitulaires , et dans les lois des Lombards, en la signification de juge.
- ( Econom. polit. ) Il paroît que l’usage des êchevins nous vient des Allemands ; les Francs nous l’apportèrent , lorsqu’ils firent la conquête des Gaules : c’étoit vers le milieu du septième siècle.
- Vers la fin de la seconde race , et au commencement de la troisième , les ducs et comtes s’étant rendus propriétaires de leur gouvernement, se déchargèrent du soin de rendre la justice sur des officiers qui fureut appelés baillis, prévôts, etc.
- Dans quelques endroits les éche-vins conservèrent leur fonction de juges ; dans d’autres, ils furent réduits à la simple fonction d’officiers municipaux , c’est-à-dire, d’administrateurs des affaires de la ville ou de la communauté. Ces officiers étoient connus sous différens noms : on lesappelioitàToulouse capitouls, à Bordeaux jurais, dans d’autres villes consuls, gouverneurs , pairs, etc. Les êchevins sont aujourdhur rem placés dans chaque commune par un maire , un ou plusieurs adjoints } et un conseil général.
- ÉCHINE , s. f. du grec îyivoc ( echinos ), hérisson, châtaigne.
- (Archit. )
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- X A relut. ) Ornement d’architeC-tare, de figure ovale, sculpté en châtaignes ou oves entr’ouverts , chacun desquels est séparé par des dards : il est placé au haut du chapiteau dç la colonne ionique,corinthienne et composite. 11 est ainsi appelé , parce qu'il ressemble assez à une châtaigne à demi enfermée , et dont l’écorce piquante a la forme d’au hérisson.
- ÉCHINITES, s. m. du grec yrivo? ( echinos ) , hérisson.
- ( Hist. nat. ) Les échinites sont des oursins de mer pétrifiés, ainsi appelés à cause des piquans dont leur coquille est hérissée.
- ÉCHINOPTHALM1E , du grec lyîvoç [echinos), hérisson, et de i( ophtalmia ) , inflammation des yeux.
- ( Méd. ) Inflammation aux parties de la paupière , qui sont garnies de poils.
- ÉCHIQUIER , s. m. dulat. sca-ciarium; même origine qu’ECHECS. Voy. ce mot.
- ( Jeu des échecs ) Tablier dans lequel on joue aux échecs, et qui est divisé en plusieurs carrés ou cases de deux couleur^.
- (Jurisprud.) Echiquieréioitaussi le nom de la juridiction des ducs de Normandie. U échiquier se tenoit deux fois par an pendant trois mois. Il jugeoiten dernier ressort et étoit ambulatoire.
- Louis XII l’érigea en 14gg en cour sédentaire de la ville de Rouen ; mais elle changea sa dénomination i’échiquier pour celle de parlement, que François I.er lui donna en i5i5.
- On donnoit aussi le nom d’échi-quier à d’au très tribunaux souverains et indépendans de Y échiquier général de Normandie. Tel fut Vechi-quier d’Alençon; tel fut encore L’échiquier de l’archevêque de Pvouen.
- ( Histoire d’Angleterre ) Cour de 1 échiquier ; c’est un tribunal qui connoit de toutes les affaires concernant les finances et les revenus de 1 Etat. Il est divisé en deux parties : dans l’une on décide toutes les contestations relatives aux revenus de la couronne; et l’autre est proprement le trésor, où l’on reçoit, et où l’on paie.
- Tom, II.
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- Livre de Véchiquier ou livre noir ; c’est un ouvrage fameux, composé en 1175 . par Gervais de Tilbury , neveu de Henri II, roi d’Angleterre. Il contient la description de la cour d’Angleterre de ce tems-là. — On y trouve l’énumération de ses officiers, avec leurs rangs, leurs privilèges , leurs gages , leur juridiction , et lu détail des revenus de la couronne.
- Le mot éçhiquier, dans sa signification de tribunal ou cour souveraine , vient de ce que le tapis de la chambré dans laquelle elle tenoit originairement ses séances, étoit distingué en plusieurs carreaux, comme un échiquier, ou tablier sur lequel on joue aux échecs.
- [Blason) E chiquier, se dit aussi, et par la même raison , d’un écu divisé en plusieurs carrés, en forme àé échiquier.
- ( Pêche ) Echiquier se dit encore d’un filet carré , dont on se sert pour la pêche du goujon.
- ( Marine ) Echiquier, en termes d’évolutions navales , se dit de For-dre de marche oblique d’une escadre ou armée navale, dont tous les vaisseaux , suivant une même route ou direction , forment entre eux une ligne , qui, passaut par le milieu, de chaque vaisseau , fait un angle aigu d’un côté, et obtus de l’autre, avec leurs quilles.
- Une armée se met ordinairement eu échiquier, suivant la ligne du plus près , opposée à celle sur laquelle elle court, de manière que, dans cette disposition, si tous virent de bord ensemble, ils se trouveront sur la ligne du plus près de l’autre bord, et dans les eaux les uns des autres , en état de combattre , et formant ce qu’oa appelle la liane dç bataille.
- Les vaisseaux peuvent être également en échiquier, en faisant une autre route que le plus près, moyennant que la ligne qui les traverse soit celle du plus près sur l’un des deux bords , et de façon qu’en se mettant au plus près, ils puissent former à l’instant la ligne de bataille.
- ECHO, s. m. du grec [échos], son.
- ( Physique) Son réfléchi ou renvoyé par un corps solide, et qui,
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- par-là; se répète et se renouvelle à l’oreille.
- Le sou est répété par la réflexion des particules de l’air , mises en vibration ; mais ce n’est pas assez de la simple réflexion de l’air sonore pour produire Y écho ; car, cela supposé , il s’ensuivroit que toute surlace d’un corps solide et dur, seroit propre à redoubler la voix et le son, parce qu’elle seroit propre à le réfléchir ; ce que l’expérience dément. 11 paroit donc qu’il faut, pour produire le son, une espèce de voûte qui puisse le ras-sembler, le grossir et le réfléchir, à-peu-près comme il arrive aux rayons de lumière rassemblés dans un miroir concave.
- Les obstacles plans réfléchissent le son dans sa force primitive avec la seule diminution que doit produire la distance.
- Un obsiacle convexe réfléchit le son avec un peu moins de force et de promptitude qu’un obstacle plan.
- Un obstacle concave renvoie en général un son plus fort.
- Si on recule davantage le corps qui renvoie Yécho , il réfléchira plus de sons que s’il étoitplus voisin.
- Enfin, on peut disposer les corps qui l’ont écho , de façon qu’un seul fasse entendre plusieurs échos, qui diffèrent, tant par rapport au degré du ton , que par rapport à l’intensité ou à la force du son ; il ne laudroit pour cela que faire rendre les échos par des corps capables de faire entendre, par exemple, la tierce , la quinte et l’octave d’une note qu’on auroit jouée sur un instrument.
- Telle est la théorie générale donnée par les auteurs de physique sur les échos ; mais il faut avouer que toute cette théorie est encore vague, et qu’il restera toujours à expliquer pourquoi les lieux qui, suivant ces règles, paroitroient devoir faire écho, n’en font point ; pourquoi d’autres en font, qui paroîtroicnt n’en devoir point faire , etc. Il semble aussi que le poli de la surface réfléchissante , n’est pas aussi nécessaire à Y écho qu’à la réflexion des rayons de lumière ; il semble enfin que souvent des surfaces très-poliesne produisent pojm à!écho j car quand elles réflé-
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- chiroient le son, il n’y a de véritable, écho que celui qu’on entend.
- Echo se dit aussi du lieu où la répétition du sou est produite et se fait entendre.
- On distingue les échos pris en ce sens , en plusieurs espèces :
- i°. En simples , qui ne répètent la voix qu’une fois ; et entre ceux-là , il y en a qui sont toniques , c’est-à-dire qui ne se font entendre que lors-, que le son est parvenu à eux dans un certain degré de ton musical ; d’autres syllabiques , qui font entendre plusieurs syllabes ou mots. De cette dernière espèce , est le parc de Woodstrok en Angleterre, qui répète distinctement dix-sep tsyllabes le jour , et vingt la nuit.
- 2°. En multiples , qui répètent les mêmes syllabes plusieurs fois différentes.
- Dans la théorie des échos , on nomme le lieu où se tient celui qui parle , centre phonique , et l’objet, ou l’endroit qui renvoie la voix, centre phonocamptique, c’est-à-dire, centre qui réfléchit le son. V. PHONIQUE , PHONOCAMPTIQUE , TAUTOLOGIQUE.
- (.Archit. ) Echos artificiels ; certaines figures de voûte , qui sont ordinairement elliptiques ou paraboliques , et qui redoublent les sons.
- Vitruve dit qu’en divers endroits de la Grèce et de l’Italie , on ran-geoit avec art, sous les degrés du théâtre , en des espaces voûtés, des vases d’airain pour rendre plus clair le sou de la voix des acteurs, et faire une espèce iYécho. Par ce moyen, malgré le nombre prodigieux de ceux qui assistoient à ces spectacles , tout le monde pouvoit entendre aisément.
- ( Peinture ) Echo de lumière ; on appelle ainsi métaphysiquement la répétition delà lumière, comme an sens propre on appelle la répétition du son.
- On ne doit jamais répéter la lumière principale; mais il est important de la rappeler dans les diverses parties de la composition , à moins qu’on ne traite des sujets de nuit. Pour soutenir la lumière principale, il faut introduire des échos lumineux qui appellent successivement
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- l’œil du spectateur, et qui, le pre-menant d’un bout à l’autre sur des lignes diagonales, lui fassent paroître le tableau plus grand que la toile.
- C’est à l’endroit où se passe le plus fort intérêt de l’action qu’il convient ordinairement de placer la lumière principale ; les échos doivent être distribués sur les circonstances les plus considérables. La lumière principale doit être liée avec tous les objets qui l’environnent par ces échos, c’est-à-dire par deslumières secondes moins vives , et qui ne disputent avec elles ni par l’éclat, ni par le volume.
- ( Musique ) Le nom d’écho se transporte en musique à ces sortes d’airs ou de pièces , dans lesquelles, à l’imitation de l’écho , l’on répète de tems en tems, et fort doux, un certain nombre de notes.
- C’est sur l’orgue qu’on emploie le plus ordinairement cette manière de jouer, à cause de la facilité qu’on a de faire des échos sur le positif. Ce jeu s’exécute avec le cinquième clavier, qu’on appelle à cause de cela le clavier d’écho. On peut aussi faire des échos sur le clavecin , au moyen du peiit clavier,
- (Poésie) Echo se dit d’une sorte de vers , dont les derniers mots ou les dernières syllabes ont un sens qui répond à la demande qui est contenue dans les vers ; et cette réponse semble être faite par un écho. Nous n’en sommes pas les inventeurs ; car Martial nous apprend que cette invention venoit des Grecs , et qu’il y avoit des poètes latins de son tems qui laisoient des échos. Ces sortes d’ouvrages, qui faisoient les délices de la cour de François I.er, sont aujourd’hui dans un décri général ; cependant, M. l’abbé Banier cite , comme une pièce d’une naïveté charmante, le dialogue composé par Joachim duBelloy , entre un amant qui interroge Echo et cette nymphe. Eu voici quelques traits :
- Qui est 1 auteur de Ces maux avenus? — Vénus.
- Qu étois — je avant d’entrer en ce passage ? — Sage.
- Qu’est-ce qu’aimer, et se plaindre souvent ? — Vent.
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- Bis-moi quelle est celle pour qui j’endure ? — Dure.
- Sent-elle bien la douleur qui me point ? — Point.
- ECHOMETRE , s. m. du grès %Xoe (échos), et de pilrpov (métron), mesure : instrument qui mesure les sons.
- ( Musique ) Espèce d’échelle gra-duée du de règle divisée en plusieurs parties, dont on se sert pourmesurer la durée en longueur des sons , pour déterminer leurs valeurs diverses , et même les rapports de leurs intervalles. Voy. CHRONOMETRE.
- ECHOUER, v. n. du latin barbare scopulare, dérivé de scopulus, écueil, en grec tnto^rsxoç {skopelos).
- ( Marine ) Echouer , se dit d’un vaisseau qui a été poité sur un banc de sable , ou sur un endroit près de la cote , où il n’y a pas assez d’eau pour le tenir à flot. Quoique ce soit un très-grand danger , cela n’empêche pas que quelquefois l’on ne s’échoue volontairement , lorsqu'on est poursuivi par des forces supérieures' , et qu’on n’a pas d’autre moyen d’éviter d^être pris ; ou lorsque , par un mauvais tems , ou un vent du large, impétueux, on est affalé sur la côte , sans pouvoir s’en retirer. Alors on choisit un endroit où l’on ait espoir de sauver le vaisseau , une partie de la cargaison et son équipage.
- Dans certains ports , où il ne reste pas assez d’eau pour faire flotter un bâtiment, les vaisseaux marchands s’échouent chaque fois que là mer' baisse. Le retour de la marée les remet à flot , tout Cela sans aucun danger. On a soin de construire les navires qui sont destinés à fréquenter de tels ports, par exemple, ceux d» Hollande, avec des fonds très-plats, parce que dans cette positia» , qui est désavantageuse à un bâtiment fin , et ayantles laçons hantes , toute la base du navire , et non pas seulement la quille , porte sur la vase.
- L’ordonnance de la marine de 1681 , aux principes de laquelle la loi du 18 août 1791 n’a point dérogé, règle la police qui doit êr e observée pour la conservation des effets et marchandises provenant des nau.-
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- frages , bris et échouemens de.vaisseaux. Voy. BRIS, NAUFRAGÉ.
- ECJMEil, v. a. composé de la particule extract, ex, e, et de cima, cime , sommet.
- (^grtc.)Couper la cime des plantes. ECLAMPSIE, s. f. du gr. sKXstfj.-4« ( elclcimpsis ), lueur passagère, éclair,formé de ix.'ha.y.-^w (eklampsô), éclater, reluire, dont la racine est tJa.ij.Tfm ( larnpô ) , luire, briller.
- ( Méd. ) On appelle ainsi une maladie , connue sous le nom vulgaire de convulsion des enfans. Il désigne aussi une espèce de maladie convulsive, aiguë ou chronique, avec perte de sentiment dans le paroxisme.
- ECL AII1 , s. m. du latin clarus, dur are. r
- ( Physique, ) Eclat de lumière vive et subite, qui s’élance d’un nuage entr’ouvert, qui disparolt dans un clin d’çeil, et qui précède ordinairement le bruit du tonnerre. V. TONNERRE.
- Par l’intervalle de tems qui s’écoule entre l’éclair et le coup de tonnerre, on peut juger , quoiqu’à la vérité assez grossièrement, à quelle distance est Te tonnerre.
- Voici comment : On examinera sur une pendule à secondes, l’in-tervalle qui se trouve entre l’éclair et le coup ; et pour déterminer la distance où est le tonnerre, on prendra autant de fois iy3 toises ( 35j mètres ) qu’il y a de secondes écoulées entre le coup et 1 ’éclair. Ce calcul est fondé-sur ce que la lumière de 1 ’éclair vient à nos yeux presque dans un instant, an lieu que le bruit du coup emploie un tems très-sensible pour arriver à notre oreille ; le son ne parcourant que 175 toises ( 337 mètres ) par seconde : ceci suppose que le bruit du tonnerre vient toujours directement à nous, et non par réflexion ; ce qui est rare.
- ( Chimie ) Faire éclair ; expres-sion dont se servent les essayeurs d’or et d’argent, lorsque le bouton fin d’argent paroit tout à coup , dans la coupelle , vif, brillant et d’un beau luisant; ce qui arrive à l’instant où le métal étranger uni à l’argent est absolument absorbé aveeja Emarge.
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- ( Pêche ) Eclair des harengs c’est un éclat de lumière, semblable à celui des éclairs qui précèdent le tonnerre ; il paroît sur la mer lorsque les harengs sont en troupes.
- ÉCLAIRCIE, s. f. du lat. clares-cere.
- ( Marine ) C’est l’endroit du ciel qui devient clair et dégagé de nuages dans un tems nébuleux et chargé, ou bien le côté où , d’un tems de brume,le brouillard commence ,à se dissiper. Il se fil une éclaircie vers le S.-O, qui nous fit apercevoir la terre très-près de nous, et nous virâmes de bord.
- ÉCLVT , s- m- du lat. éclatum, participe passif d’ecfero , mais formé directement de l’infinitif barbare éclatare , dont on a fait éclater.
- {Phys. ) Eclat signifie la pièce, la partie d’un morceau, de bois qui est brisé, rompu en long.
- Il signifie aussi le brait qne fait cette partie d’un corps dur en se rompant.
- Il signifie encore les rayons que jettent les corps lumineux , ou qui réfléchissent les corps polis.
- ( Art milit. et Marine ) Eclat se dit aussi des pierres , de la brique, •des bombes , du bois qui se sépare et vole à quelque distance par l’eS'et du déchirement, ou du cûqc occasionné par un boulet de canon on par l’explosion d’une bombe. Ces éclats sont dangereux et blessent beaucoup de monde.
- ( Peinture ) Eclat, éclatant ; on dit qu’un tableau a de l’éclat, lorsqu’il est clair presque par-tout, et que, quoiqu’il y ait très-peu d’ombres pour faire valoir les clairs, il est cependant extrêmement brillant.
- ECLATER , v. n. du lat. barbare éclatare , pour ecferre, dont le participe est eclatum.
- { Jouaill. ) Eclater, en terme de metteur en oeuvre, c’est enlever l’émail de dessus une pièce d’or émaillée.
- ( Jardin. ) Les jardiniers éclatent , c’est-à-dire , rompent, font plier une branche , comme s’ils vou-loient la casser tout-à-fait; et sitôt qu’elle a craqué , ils en rapprochent les parties disjointes et les lient.
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- Celte pratique est très-utile pour dompter les branches fougueuses, sans les faire mourir.
- ÉCLECTIQUE, adjectif du grec 4*x*f» ( éklêgô ), choisir : qui choi-sit.
- ( Philosophie ) Diogène Laè'rce et Suidas disent que les éclectiques étoient ceux des philosophes qui , sans s’attacher à aucune secte particulière , prenoient de chacune ce qu’ils y trouvoient de bon et de solide. Potamon d’Alexandrie , qui vi-voit sous Auguste et sous Tibère, fut le chef des éclectiques.
- ( Méd. ) Cinquante ans après la naissance de la secte des philosophes éclectiques , quelques médecins , entre lesquels étoit Archigènes d’A-pamée, en Syrie, firent précisément à l’égard de la médecine ce que Potamon avoit pratiqué à l’égard de la philosophie , et leur médecine fut appelée médecine éclectique.
- ÉCLEGME,s.m. du gr. tx.’hiiyp.a. (ekleigma) ,électuùire, fortné d’4x-( ekléichà ) , lécher.
- ( Pharmacie ) Médicament d’une consistance de sirop épais , forme sous laquelle on donne assez ordinai-remen#les remèdes pectoraux etbé-chiques. Il est ainsi appelé , parce qu’on le fait ordinairement sucer au bout d’un bâton de réglisse émoussé, afin qu’il demeure plus long-teins dans la gorge, et qu’il humecte mieux la poitrine. C’est la même chose que LOOCÏJ. V. ce mot.
- ÉCLIPSE, s. f. du grec ?xxe/4<ç ( ekleipsis ) , défaut , privation ,. formé de r'am-co ( leipô ), manquer , défaillir : défaut ou privation de lumière , paree que dans les éclipses le soleil ou la lune paroît nous manquer.
- ( Astron. ) Phénomène qui arrive lorsqu’un astre disparoît, en tout ou en partie , soit qu’un autre astre nous en dérobe la vue, comme dans les éclipsés de soleil ou d’étoile , s,0|t ^ cesse réellement d’être
- eclaii é , comme dans les éclipses de lune , ou dans celles des satellites de Jupiter.
- Les éclipses ont été de tous les teins un spectacle frappantpour tous les hommes : elles sont aussi pour
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- l’astronomie un objet d’utilité relativement aux longitudes.
- Les anciens et les peuples sauvages regardoient les éclipses comme des objets de superstition et de terreur.
- Aujourd’hui , non seulement les philosophes, mais le peuple même est instruit de la cause des éclipses. On sait que les éclipses de lune viennent de ce que cette planète entre dans l’ombre de la terre , et ne peut être éclairée par le soleil, durant le tems qu’elle la traverse, et que les éclipses de soleil viennent de l’interposition de la lune , qui cache aux habitans de la terre Une partie du soleil, où même le soleil entier.
- Cause des éclipses ; l’orbite que la lune décrit en un mois tout autour du ciel , coupe l’écliptique en deux points diamétralement opposés, qu’on appelle nœuds. [V. N(B£IJDS).. Si dans le tems que ia lune passe dans un de ces nœuds, le soleil se trouve au même point de l’écliptique, la lune , qui est plus près de la terre , nous cachera le soleil. Si la lune passe dans le nœud opposé, la terre se trouvera entre le soleil et la lune , interceptera par son ombre toute la lumière que la lune rece~ voit du soleil, et nous cesserons de l’apercevoir.
- Les anciens n’étoient guères en état de prédire les éclipses, avant le tems d’Hipparque , 120 ans avant Jésus-Christ. Hérodote raconte , à la vérité, que Tliaîès avoit prédit aux Ioniens une éclipse de soleil, ue l’on rapporte à l'année 585 , ou o5 , ou 621 ans avant J. C. Le fait est douteux ; mais Ptolémée donna , en l’an ihq de J. C., des règles poùc le calcul des éclipses , et ce sont lés plus anciennes dont où ait connois-sance. Ces méthodes ont été perfectionnées par Kepler, et dans lé siècle dernier, par divers astronomes, pour réunir l’exà'ctitude et la facilité. •
- Les éclipses de soleil sont produites par l’interposition de ia lune, qui, dans ses conjonctions , passe quelquefois directement entre nous et le soleil.
- Les éclipses totales sont celles où le soleil paroît entièrement couv ert par
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- la lune , le diamètre apparent de la lune étant plus grand que celui du soleil.
- Les éclipses annullaires sont celles où la lune paroît toute entière sur le soleil ; le diamètre paraissant alors le plus grand , excède de tout cô é celui de la lune, et forme autour d’elle un anneau ou une couronne lumineuse.
- Les planètes sont quelquefois assez proches pour s’éclipser mutuellement. Mars parut éclipser Jupiter , le g janvier i5gi : il fut éclipsé pat-Vénus, le 5 octobre t5go. On trouve aussi dans les ouvrages des astronomes , plusieurs exemples des occultations des étoiles par les planètes.
- Les comètes couvrent aussi quelquefois des étoiles fixes. Ces sortes d’observations seroient très-curieuses pour la théorie des comètes, si l’on connoissoit parfaitement les positions des petites étoiles.
- On peut regarder comme une autre sorte d’éclipses, le passage de Mercure et de Vénus sur le disqne du soleil , dans leurs conjonctions inférieures. V. PASSAGE.
- Usage des éclipses; le principal usage des éclipses de soleil ou d’étoiles consiste à trouver les longitudes des lieux où elles ont été observées , et à corriger les tables astronomiques.
- Les éclipses des principal es étoiles sont les plus utiles de toutes pour la théorie de la lune et la détermination exacte des longitudes des villes.
- ECLIPTIQUE , adj.ets, du grec
- cXsi-fts ( ékléipsis) , éclipse , parce que les éclipses n’arrivent que lorsque la lune est dans ou près du cercle qui porte ce nom.
- ( jistron. ) Ce mot se dit de ce qui appartient aux éclipses. Toutes les nouvelles ou pleines lunes ne sont pas écliptiques , c’est-à-dire , qu’il n’arrive pas des écluses à toutes les nouvelles ou pleines lunes.
- Termes écliptiques ; ce sont les limites des éclipses , ou l’espace d’environ i5 degrés, à compter des noeuds de la lune , dans lequel , quand la lune se trouve en eonjonc-
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- tion on en opposition avec le soleil, il peut y avoir une éclipse de soleil ou de lune , quoiqu’elle ne soit pas précisément dans les nœuds.
- Doigts écliptiques ; ce sont les douzièmes parties du soleil ou de la lune, qui servent à exprimer la grandeur d'une éclipse.
- écliptique, s. f. se dit plus particulièrement d’un cercle ou d’une ligne sur la surface de la sphère céleste , que le centre du soleil'paroît décrire chaque année par son mouvement propre.
- Dans le système de Copernic , qui est aujourd’hui démontré , le soleil est immobile au centre du monde : ainsi, c’est proprement la terre qui décrit Vécliptique ; mais il revient au même, quant aux apparences, que ce soit la terre ou le spleil qui le décrive.
- LJécliptique est donc réellement l’orbite terrestre, l’orbite annuelle, ou le grand orbe , en tant qu’on le regarde comme la trace que la terre décrit par son mouvement annuel, Elle est divisée en douze signes ou parties égales , et la terre parcourt environ un signe par mois. Lé clip-tique a aussi un axe qui est perpendiculaire à ce grand cercle îet qui est différent de l’axe du monde ou de l’équateur 5 et lesextréïpitésdecetaxe s’appellent les pôles de l'écliptique.
- On appelle nœuds, les endroits où Vécliptique est coupée par les orbites des planètes.
- L’écliptique est ainsi nommée, parce que toutes les éclipses arrivent quand la lune est dans ou proche le? nœuds, c’est-à-dire, proche de l’écliptique.
- L’écliptique est placée obliquement , par rapport à l’équateur qu’elle coupe en deux points, c’est-à-dire , au commencement du bélier et de la balance, ou dans les points équinoxiaux ; ainsi, !e soleil est deux fois chaque année dans l’équateur. Le reste de l’année , il est du côté du nord ou du côté du sud. Ces points équinoxiaux ne sont pas fixes , mais rétrogradent d’environ 5o sec. nn quart par an. V. PRECESSION.
- L’obliquité de Y écliptique , ou l’angle qu’elle fait avec l’équaipur {
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- «st d’environ 25 deg. 28 min. Les points de la plus grande déclinaison de chaque côté s’appellent, points solsticiaux ,-*ce sont ces points par lesquels passent les deux tropiques.
- L’obliquité de Vécliptique diminue de 32 sec. par siècle. V. OBLIQUITÉ.
- Elle a aussi un mouvement de nutation de 9 sec. , que M. Bradley a observée. Vi. NUTATION.
- C’est sur l’écliptique que se comptent les longitudes des astres. Voy. LONGITUDE DES ASTRES; et c’est de ce cercle que l’on commence à compter la latitude des astres. V. LATITUDE DÉS ASTRES.
- ECLISSE , s. f. Ménage fait dériver ce mot de cratès, de cette manière : crates , cratis , excrates , txcraticus , eclaticia , éclisse.
- ( Technol. ) Eclisse se dit du bots de lente qui sert à faire des seaux, des minois , des tambours, etc. ; — du second étage que les charbonniers mettent sur le lit à charbon; — d’une forme d’osier, dé jonc, ou d’acier, sur laquelle les laitières mettent à égoutter le lait caillé et le fromage ; — des pièces triangulaires qui forment les plis des côtes des soufflets de l’orgue , des côtes d’un luth, d’un violon, etc. — des bois dont les gaîniers forment leurs gaines ; — des plis d’un soufflet ou des petits ais de bois, qui servent à les former.
- ( Chirurgie ) 11 se dit encore d’un petit morceau de bois fort mince et fort délié, dont se servent les chirurgiens pour assujettir des membres cassés.
- ECLUSE , s. f. du teutonique srhluse, dout les Hollandais ont fait sluyse, les Flamands sluis, les Anglais sluice, et les Italiens schlusa.
- (Hydraul.) Construction de pierre ou de charpente , qui sert à retenir ou à élever les eaux. Ce terme se dit plus particulièrement d’une espèce de canal , enfermé entre deux portes , l’une supérieure , que l’on appelle porte de tête, etl’autre , inférieure , nommée porte de mouille, serrant , dans les navigations artificielles, à conserver l’eau , et à rendre le passage des bateaux également aisé, eu mon ant et en descendant.
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- Tl y a diverses sortes d’écluses : écluse à tambôur; celle qui s’emplit et se vide par le moyen de deux canaux voûtés , pratiqués dans les jointures des portes , dont l’entrée s’ouvre et se ferme par le moyen d’un* vanne à coulisse.
- Ecluse à éperon ; celle dont les portes , qui ont deux venteaux , se joignent en avant-bec du côté d’amont-l’eau.
- Ecluse à vannes; celle qui s’emplit et se vide par des vannes à coulisse , qu’on pratique même dans l’assembiage des portes.
- Ecluse carrée ; celle dont les portes n’ont qu’un seul éventail, et qui se ferment carrément*.
- Ecluse à vis ; celle dont l’eau sort par un ou par deux trous pratiqués dans le terrain , on dans la mer qui est à côté ou aux côtés de la porte de l’écluse. Dans le milieu de ce trou, ou plutôt de ce petit chenal, il y a un trou rond qui descend du terrein dans le cbenal qui est voûté. Ce trou rond^est fermé par une vis , au lieu de vanne ; et pour le.faire ouvrir afin que l’eau sorte, on tourne la vis : on la tourne de même pour la refermer. Les écluses à vis sont trèsrcommunes en Hollande.
- Ecluse de chasse ou de fuite ; celle qui sert à introduire l’eau de la mer dans les places de guerre , ou dans les ports de marée , et à la faire couler pour laisser le fossé à sec , ou nettoyer le port.
- Ecluse se dit aussi d’une petite digue qui sert à amasser l’eau d’un ruisseau ou d’une fontaine , pour la faire tomber ensuite sur la roue d’un moulin.
- Les écluses ont été inconnues aux anciens. Les écluses de Flandres et de Hollaude servent à retenir les eaux , pour empêcher qu’elles n’inondent les terres qui sont plus basses que le niveau de la mer., ÉCOBUAGE , ou FGOBUAGE, s. m. L’origine de ce mot n’est pas conune.
- ( Agric. ) L’écobuage est une opération de l’agriculture qui consiste à couper ou peler avec un instrument appelé écohue , espèce de pioche recourbée comme une boue, lea terreins couverts de broussailles.;
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- pour les brûler ensuite. L’ut il» té de 1 ’écobuage est particulièrement démontrée , lorsqu’il s’agit de défricher des terres incultes. On y trouve Je grand avantage de mettre ces terres en état de culture , pour ainsi dire , dans l’espace d’un seul jour. On coupe et on boule la terre ; on lui donne une façon , et sur-le-cliamp on peut y semer des plantes fourra-geuses , comme des turneps , etc. Cette méthode est encore très-bonne pour détruire les bruyères et autres productions sauvages qui croissent naturellement; de même que pour faire périr les vers et insectes malfaisans.
- Si l'on considère Vécohuage comme une manière d’engraisser la terre, on y trouve une économie considérable de tems et d’argent. Il est certains pays oii l’on est dans l’usage , tous les huit ou dix ans , à’écobuer la terre > dans la seule intention de l’engraisser.
- ÉCOLE, s. f, du Iat. scola, formé du grec o%ox» ( seholé ), loisir, repos , relâche ; parce que l’étude demande de la tranquillité.
- ( Grammaire, réthor. ) Lieu où l’on enseigne les belles-lettres et les sciences.
- L’usage des écoles publiques pour l’éducation des eufans est très-ancien. Elles étoient chez les Perses un des principaux objets des soins du gouvernement, il y avoit des écoles publiques dans toutela Grèce. Athènes sur-tout se distingua par son goût pour les sciences et pour les arts.
- Les enfans , dès l’âge le plus tendre, avoient de petites écoles où ils apprenoient à lire et à écrire. En sortant des petites écoles, les enfans alloient étudier la grammaire, la poésie et la musique sous des maîtres publics, qui leur donnoient des leçons clc ces arts , et leur faisoient apprendre en même tems leur langue par principes.
- Après l’étude de la grammaire et de la musique , la jeunesse fréqnen-toit les écoles des rhéteurs. Socrate et Platon furent les premiers qui donnèrent les principes d’une saine rhétorique. Us furent suivis d’ûris-tole et d’Isocrate. L’e'cole de ce der-
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- nier devint la plus célèbre de tonte la Grèce , par le nombre et la quantité des auditeurs.
- A Rome , il se passa près de trois siècles , sans qu’il y eût èü écoles publiques pour les enfans. Quant aux écoles de grammaire , on n’en vit point avant l’an 55o de sa fondation, époque à laquelle les grammairiens grecs vinrent s’y établir, et ouvrirent des écoles publiques où ils ensei-gnoient à la jeunesse romaine l’art de parler et d’écrire correctement la langue grecque.
- Dans la suite, les Romains ouvrirent aussi des écoles de grammaire latine pour les enfans , et ou beaucoup de gens , comme le dit Horace , alloient chercher le frais , et entendre la lecture des poè’tes.
- Les écoles publiques de rhétorique furent établies à R.ome , 'peu après celles de grammaire, par des rhéteurs gvecs , vers l’an 600 de sa fondation. Tous les exercices par lesquels on formoit lâ jeunesse romaine , se faisoient en grec ; tant parce que les maîtres ne pouvoient trouver de modèles parfaits d’élo-quencë que dans les orateurs grecs, que parce que n’entendant point le latin, ils auroint été hors d’état de corriger les compositions en ce genre.
- Ce ne fut que vers le tems de Cicéron, que les Romains, piqués d’émulation , commencèrent à avoir des rhéteurs latins qui ouvrirent des écoles publiques dè rhétorique. L. Plotius Gallns fut le premier.
- En France , ce fut Charlemagne qui le premier établit des écoles publiques. Elles se tinrent d’abord dans les églises cathédrales , d’où est venu la dignité de scholastique, dans les maisons des évêques, dans les pâ-roisses ; ensuite , elles se firent dans les monastères. Celles des abbayes de Furdes et de Corbie eurent beaucoup de célébrité. On y apprenoit aux enfans, la grammaire , l’arithmétique et le chant de l’église.
- Dans le 12.e siècle , les collèges, prirent la place des écoles. Robert, comte de Dreux, frère du roi Louis-le-Jeune , en fonda un à Paris , sous l’invocation de S. Thomas de Can-torberi ; et c’est ce qu’on appelle aujourd’hui Saint-Thomas-du-Louvre.
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- La capitale de la France devint bientôt le centre des lettres ; on y accouroit de toutes les parties de l’Europe, et le nombre des étudians y égaloit celui des citoj'ens : aussi, ce corps fut - il souvent redoutable dans les discordes, civiles.
- Les colle'ges ont disparu à l’époque de la révolution , avec toutes les anciennes institutions, et ce n’est qu’après un intervalle de dix ans qu’ils ont été remplacés par un système nouvean d’instruction publique , dont les premiers degrés sont appelés des écoles primaires, èt des écoles secondaires, où l’on apprend A la jeunesse, à lire, à écrire, la grammaire et les élémens de mathématiques.
- ( Philosophie ) Ecole signifie encore une secte , la doctrine de quelques particuliers , et le lieu où l’on l’enseigne.
- Les écoles de philosophie à Athènes furent les plus célèbres de tout l’univers. La plus ancienne s’appe-loît le cinosarge.
- Platon, disciple de Sccrate, fonda l’école dite académie, où les maîtres et les disciples jouissoient de grands privilèges , et particulière» ment de celui d’être gouvernés par des lois particulières, et d’être hors de la dépendance des magistrats.
- Aristote, offensé de ce que Platon ne l’avoit pas choisi pour son successeur à Vacadémie , ouvrit une nouvelle école, dans un lieu appelé le Lycée, où il enseigna une doctrine différente de celle de Platon; ce qui forma deux sectes de philosophes à Athènes.
- A Aristote succéda Théophraste , qui eut une si prodigieuse réputation , qu’on lui coroptoit jusqu’à deux mille auditeurs.
- Zenon , peu après, ouvrit une troisième école dans un endroit d’Athènes appelé le Portique, d’où ses sectateurs furent appelés stoïciens ( P. PORTIQUE ). Cette école ne lut pas moins célèbre que celles de Vacadémie et du Lycée.
- La philosophie fut absolument inconnue a Pvome jusques vers l’an 56o, ou des philosophes grecs vinrent s y établir , et y portèrent arec eux te goût des arts et des sciences. Ils
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- commencèrent alors à donner des leçons publiques aux jeunes romains, qui les recevoient avec une telle ardeur qu’ils renoncèrent à tous les autres plaisirs , et à toutes les autres occupations. Mais des motifs de jalousie firent renvoyer ces philosophes dans leur paj’s, sous le consulat de Strabon et de Messaîa.
- Quelque tems après, Caton l’ancien fit encore sortir de Rome quelques philosophes rhéteurs , qui y dunnoient des leçons en passant ;. mais toutes ces contradictions ne purent empêcher que le goût pour la philosophie ne devînt la passion de toute la jeunesse romaine.
- Philosophie de Vécole ; cette philosophie enfantée avec effort par la subtilité et l’ignorance , florissoit dans le douzième siècle. Les mots y étoient. Substitués aux choses , et les questions frivoles ou ridicules y oc-cupoient la place destinée aux objets intéressans de la véritable philosophie. Descartes nous a délivrés de cette barbarie.
- ( Théologie ) Dans la primitive église , les écoles de théologie étoient la maison de l’évêque, et il e.tpîi-quoit lui - même l’écriture - sainte aux prêtres et aux élèves. Quelquefois il confioitce soin à un ecclésiastique éclairé : de-là est venue la dignité de théologal dans les églises cathédi’ales. Ces école s subsistèrent jusqu’au douzième siècle ; alors les scholastiques parurent, et formèrent peu à peu les écoles de théologie, telles qu’elles sont aujourd'hui. Pierre - de-Lombard , Albert-le-Grand, S. Thomas , S. Bonaventuve, Scot, etc. donnèrent des leçons publiques de cette science : de-là les noms d’école angélique , pour désigner l’école de S. Tliqmas; d’école séraphique, que prirent les frères mineurs, institués par S. François d’Assise, etc.
- Les écoles de théologie de la Minerve et de la Suprême à Rome, sont très-célèbres parmi lés catholiques ; et celles de Sedan et de Sau-mur ont été les plus fameuses chez les protestans.
- ( Jurisprudence ) Il n’y avoit point d’école de droit sous les premiers empereurs. Ceux qui se coa-
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- sacraient à l’étude de la jurisprudence , méditaient les lois, se pénétraient des ouvrages des jurisconsultes, et puisoient dans leurs entretiens les lumières qu’ils ne trouvoient point dans leurs écrits.
- La première école de droit fut fondée à Berythe en Phénicie ; c’est de-là qu’elle est nommée nutrix le-gum dans la constitution de Justinien. On ne sait pas précisément en quel tems elle fut fondée ; mais le premier qui en ait parlé est Grégoire Thaumaturge, en 222 ; elle éloit encore célèbre dans le septième siècle. Les empereurs Théodose-le-Jeune et Valentinien III, établirent, en 425, une école de droit à Constantinople , et une autre à Rome ; la première subsista jusqu’en i453, que Mahomet II s’empara de cette ville. Les incursions des Barbares en Italie furent cause que les livres de Justinien se perdirent presqu’aussitôt qu’on avoit commencé à les con-noître. Ces livres furent retrouvés vers l’an 1137, à Almafi , ville de la Fouille, dans Je pillage qu’eu firent les troupes de Roger, roi de Sicile, Ils passèrent des mains d’un soldat, dans celles d’un homme sage qui les répandit en France. On ne tarda point à en donner des leçons à Montpellier et à Toulouse. On voulut aussi l’enseigner à Paris , mais Honorius III s’y opposa, il défendit, par une décrétale de l’an 1255 , d’enseigner le droit civil dans l’université de Paris , et Philippe-le-Bel , conformément à cette décrétale , transféra l’école de droit civil à Orléans.
- Haloander , jurisconsulte allemand , fut le premier qui , vers l’an i5oo, mit en vogue l’étude des lois romaines dans sa patrie. L’étude du droit français fut établi dans les écoles de Paris , par une déclaration de l’année 1680.
- ( Médecine ) Ecole de Salerne ; CPtte école a intitulé de son nom un beau livre en vers , du régime de vivre , composé par un médecin de Salerne , appelé Johannes de Me-diolano.
- Ecole vétérinaire ; la médecine vétérinaire , on l’art de connoître la structure de tous les animaux utiles,
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- comme chevaux , boeufs , vache* , moutons , brebis, etc. ; leurs diverses maladies, et les moyens de les guérir, étoient très - connus des anciens : Aristote , Varron et Columelie n’ont pas cru s’avilir en consignant dans leurs écrits la pratique d’un art aussi intéressant -, mais la négligence ou l’orgueil mal entendu de leurs successeurs, a fait tomber la médecine vétérinaire dans le mépris et dans l’oubli. M. Bourgelat l’a retevée, eu fondant à Lyon, en 1762 , une école vétérinaire ; et en 1767 , il en a été établi une autre à Altfort, près Paris.
- ( Peinture ) Ecole, en termes,de peinture et des beaux-arts en général , signifie une classe d’artistes qui ont appris leur art d’un maître, soit en recevant ses leçons, soit en étudiant ses ouvrages , et qui , en conséquence , ont suivi plus ou moins la manière de ce maître , soit à dessein de l’imiter, soit par l’habitude qui leur a fait adopter ses principes. Ainsi, l’on dit Vécole de Raphaël, l’école de Carrache , l’école de Vouet,etc.
- Comme on emploie le mot école,
- fiour exprimer collectivement tous es élèves qui ont reçu les leçons d’un même maître, on se sert aussi, par extension , de ce mot, pour rassembler sous une seule dénomination , tous les artistes d’un même pays : ainsi, tous les peintres que l’Europe a produits depuis la renaissance des arts , sont classés sous la division d’ECOLE FLORENTINE, ECOLE ROMAINE , ECOLE VENITIENNE , ECOLE LOMBARDE, ECOLE FRANÇAISE, ECOLE ALLEMANDE, ECOLE FLAMANDE, ECOLE HOLLANDAISE, qui toutes ont un caractère particulier qui les distingue.
- Ecole florentine ; cette école , dont les instituteurs sont Michel Ange et Léonard de Vinci , se distingue par la fierté , le mouvement, uue certaine austérité sombre, une expression de force qui exclut peut-être celle de la grâce , un caractère de dessin qui est d’une grandeur en quelque sorte gigantesque. On peut lui reprocher une sorte de charge ; mais on ne peut nier que cette, charge
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- u’ait une majesté idéale qui élève la nature humaine au-dessus de la nature foible et périssable de l’homme. Les artistes toscans , satisfaits d’imposer l’admiration , semblent dédaigner de chercher à plaire. Cette école a un titre incontestable à la vénération des amateurs des arts : c’est qu’elle est la mere de toutes les écoles d’Italie.
- Ecole romaine ; cette école, à la tête de laquelle figure Raphaël Sansio , brille éminemment par la science du dessin , la suprême beauté des formes, la grandeur du style , la justesse des expressions portées seulement jusqu’au degré où elles ne détruisent pas trop la beauté, Jes principes de l’art de draper, et ceux de la composition.
- Cette école s’est livrée toute entière aux principales parties de l’art, à celles qui en constituent sur tout le génie et la majesté, et ne s’est occupée du coloris , qu’autant qu’il le i’ailoit pour établir une différence entre la peinture variée dans les couleurs , et la peinture en çlair-obscur.
- Ecole vénitienne ; cette école , dont les frères Beilino ( Gentil et Jean ) jetèrent les fondent, ns , est l’élève de la nature. Les peintres vénitiens n’ayant pas sous les yeux, comine ceux de Rome , des restes de l’art annque, manquèrent de leçons, pour se faire une juste idée de la beauté des formes et de celle de l’expression.
- Ils copièrent sans choix les formes de la nature ; mais ils furent sur -tout frappés des beautés qu’elle of-froit dans le mélange et la variété de ses couleurs. N'étant point distraits de cette partie si flatteuse , pour d’autres parties d’un ordre supérieur , ils y donnèrent tonte leur attention , et se distinguèrent parle coloris, ils ne se contentèrent pas de caractériser les objets par comparaison , en faisant valoir la couleur propre de l’un par la couleur propre de l’autre ; mais ils cherchèrent encore , par le rapprochement , l’accord ou l’opposit’on des objets colorés , par le contraste de la lumière et de sa privation , à produire une vigueur piquante, à appeler et à fixer je regard.
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- Ecole lombarde ; cette école , dont le Corrége est le père eti’orne-ment, se distingue par la grâce , par un goût de dessin agréable , quoiqu’il ne soit pas d’une grande correction , par un pinceau moelleux et une belle fonte de couleur.
- Uécole française est si différente d’elle-même dans ses différons maîtres, et il y a eu, s’il est permis de parler ainsi , tant de différentes écoles dans cette école , qu’il est bien difficile de la caractériser. Entre ses artistes , les uns se sont formés sur des peinues florentins ou lombards ; d’autres ont étudié à Rome la manière romaine ; d’autres ont cherché celle des peintres vé-niliensj quelques-uns se sont distingués par une manière qu’ils parois-sent ne devoir qu’à eux-mêmes. Son caractère est de n’avoir point de caractère particulier, mais de se distinguer par son aptitude à imiter celui qu’elle veut prendre. On pour-roit (üre encore , en ne la considérant qu’en général, et laissant à part les exceptions, qu’elle réunit en un degré moyen les différentes parties de l’art, sans se distinguer par aucune partie spéciale , ni en porter aucune à un degré éminent.
- Le Poussin jeta les foudemens de Vécole française, et Lebrun, son élève, acheva l’édifice.
- Ecole allemande; quelques peintres allemands se sont distingués dans le tems où l’art sorti de la barbarie de son berceau , commen-çoit à devenir florissant ; mais , comme ils ne connoissoient ni l’antique , ni le petit nombre de chefs-d’œuvre que commençoît à produire l’Italie , ils n’eurent pour maître que la nature, qu’ils copioient avec peu de choix , et ils conservèrent quelque chose de cette roideur qui forme le style gothique. C’est ce style que l’on marque jordinairement pour caractère de Vécole allemande.
- Cela est vrai, si l’on ne considère que les premiers maîtres de cette école , tels que Alber Durer et Jean Holbein ; mais cela ne l’est plus, si l’on parle des ouvrages de leurs successeurs , dont les uns ont été élèves de la Flandre , et les autres de i’itaiie- Si, par exemple,
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- on veut y comprendre Mengs, et Diétrich, on ne trouve rien en eux du caractère par lequel on veut le distinguer.
- Ecole flamande ; cette école mé-riteroit la reconnoissance des arts, quand on ne lui devroit que l’invention de la peinture à l’huile. Ce procédé, qui donne aux tableaux un éclat que n’avoit pas la détrempe, fut trouvé par Jean Van-Eich , né à Maseyk , sur les bords de la Meuse , en 1370.
- L’Ecole flamande, dont Rubens est le plus grand maître, joint à l’eclat de la couleur et à la magie du clair-obscur , un dessin savant, quoiqu’il ne soit pas fondé sur le choix des plus belles formes, une composition qui a de la grandeur, une certaine noblesse dans les figures, des expressions fortes et naturelles; enfin, une sorte de beauté nationale , qui n’est ni celle de l’antique , ni celle de l’école romaine ou lombarde , mais qui est capable et même digne de plaire.
- Ecole hollandaise ; tout ce qui n’exige qu’une imitation fidelle de la couleur et un pinceau précieux, est du ressort de cette école ; si elle ne choisit qu’une nature basse pour objet de son imitation , elle rend cette nature avec la plus grande vérité , et la vérité a toujours droit de plaire. Ses ouvrages sont de la plus grande propreté , du fini le plus précieux ; elle réussit à produire , non les effets les plus savans et les plus difficiles du clair-obscur , mais ceux qui sont les plus piquans: tels que ceux d’une lumière étroite dans un espace renfermé et de peu d’étendue, d’une nuit éclairée par la lune ou par des flambeaux, de la clarté que répand le feu d’une forge. Les Hollandais entendent bien l’art de la dégradation de la couleur, celui des oppositions, et sont, par ce dernier moyen , parvenus à peindre la lumière elle-même. Ils n’ont pas de rivaux dans la peinture en paysage, considéré comme la représentation fidelle d’une campagne particulière; iis se distinguent aussi par la représentation des perspectives , des ciels , des marines, des animaux ,
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- des fruits , des fleurs, des insectes y et par des portraits en petit.
- Ecole a Angleterre ; une nouvelle école s’est formée de nos jours en Europe, elle réside dans l’académie de Londres , instituée en 1766. Encore voisine de son berceau , elle s’annonce par de grands succès, et mérite d’autant mieux d’être applaudie , et d’exciter même l’émulation de ses aînées, que les parties qui la distinguent sont les; plus nobles parties de l’art, la sagesse de la composition * la beauté des formes,l’élévation des idées , et la vérité desexpressions.Cette école ne nous est encore connue que par des estampes,mais les amateurs sont déjà familiarisés avec les succès de MM. West et Kopley,Gensborough, Brown , Reynolds. L’école an-’ glaise a sur-tout d’excellens peintres de chevaux.
- Ecole d’Athènes ; c’est le nom d’un tableau de Raphaël , d’une grande beauté, qui est au Vatican,, et dont le carton est au Muséum central des arts à Paris ; il représente des philosophes , des mathématiciens , et d’autres personnes attachées aux sciences.
- ( Manège ) Ecole se dit aussi de la leçon que donne l’écuyer , tant au cavalier qu’au cheval' : Ce cavalier n’a que trois mois d’école , pour dire , il n’a commencé ses exercices que depuis ce tems-là : Ce cheval a de l’école, pour dire qu’il a été bien dressé au manège.
- ( Jeu de trictrac ) Ecole, faire une école, c’est , en termes de trictrac , ne pas marquer exactement ce que l’on gagne ; il ne faut marquer ni plus ni moins , et il faut le marquer à tems. Si un joueur ne marque pas ce qu’il ^agne, ou s’il ne le marque pa3 a tems , son adversaire le marque pour lui. S’il marque trop, on démarque le trop et on le marque pour lui ; s’il ne marque pas assez on marque pour lui ce qu’il a oublié. On n’envoie point à l’école de l’école. V. TRICTRAC.
- ÉCONOMIE, s. f. du*grec otuo-vofti*. ( oikonomia ) , formé d’olno; ( oikos), maison , et de vfywî {no-mos ), loi, règle.
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- L’ordre , la règle qu’on apporte daus la conduite, le gouvernement d’une maison , d’une famille , ou bonne disposition de quelque chose que ce soit.
- Economie domestique ; c’est une juste dispensation du bien que l’on a, un emploi convenable de ses fonds , un moyen industrieux de les perpétuer, pour être toujours à portée de ne pas diminuer sa dépense, et même de l’augmenter , en multipliant, sans interruption le produit des sommes qu’on fait circuler avec honneur.
- Economie rurale ; c’est l’administration des biens de la campagne, et l’art d’en tirer le plus grand avantage possible.
- Economie politique ; c’est la science qui a pour objet de rechercher les moyens qui peuvent rendre les sociétés humaines heureuses et puissantes ; ces moyens sont la con-noissance des richesses territoriales et industrielles, leur emploi, la population , le commerce , les fonds , leur circulation , et les lois et établissemens qui se rapportent à ' ces objets. C’est dans ce sens qu’on appelle économistes certains écrivains tels que Quesnay, le marquis de Mirabeau , l’abbé Bau-deau, M. Dupont, etc., qui ont essayé, dans le siècle dernier, d’introduire un nouveau système dans diverses branches d’économie polit i g ue, et particulièrement dans celle qui est relative à l’impôt.
- Economie animale; c’est le mécanisme , l’ordre , l’ensemble des fonctions et des mouvemens qui entretiennent la vie des animaux, dont l’exercice parfait constitue l’état de santé, dont le moindre dérangement est par lui-même une maladie , et dont la cessation est la mort.
- ( Botan. ) Economie végétale ; c’est l'harmonie , l’organisation proprement dite des différentes parties qui composent les végétaux ; cet ordre merveilleux avec lequel les plantes naissent , croisent, vivent et se reproduisent.
- ECORCE s. 1. du lat. cortex , composé , suivant quelques-uns de conum, cuir, et de tego , couvrir , parce que l’écorce couvre le bois,’
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- comme le cuir couvre les animaux.
- ( Botan.) Enveloppe générale qui recouvre une tige , ses rameaux et ses racines L’ écorce est composée, i.° de l’épiderme ; 2.0 de Venveloppe cellulaire ; 5.Q de couches corticales ; 4.u du tissu cellulaire. Ce qu’on appelle le livret est l’assemblage des couches les plus intérieures de l’écorce, qui se détachent assez ordinairement comme les feuillets d’un livre.
- On regarde les calices comme un prolongement de l’écorce.
- ( Jardin. )Ce mot se dit aussi de l’enveloppe de certains fruits, et on dit écorce d’orange , de citron, de melon.
- ( Tannerie ) l’écorce de certains arbres, et particulièrement celle du jeune chêne, réduite en poudre , forme la principale matière du tan. V. TAN.
- ECOULEMENT, s, m. d’écouler, formé de la particule extractive ex , et de colare , couler, faire passer par un sas : le flux , le mouvement de ce qui s’écoule.
- ( Ilydraul. ) Ecoulement des fluides ou liqueurs ; on appelle ainsi les volumes de fluides ou liqueurs qui s’échappent par diffé-rens trous. Ces écoulemens sont d’autant plus prompts, ont d’autant plus de vitesse, et font d’autant plus de dépense du fluide ou de la liqueur, que les trous sont plus grands , et que la hauteur verticale du fluide au - dessus du trou est plus considérable.
- La vitesse du fluide à la sortie du trou, est égale à celle qu’ac-querroitun corps grave, en tombant de la hauteur verticale de la surface du fluide au-dessus de l’orifice.
- La liqueur , au sortir de l’orifice , a une vitesse capable de la faire remonter à une hauteur verticale égale à celle de la surface du fluide , au-dessus de l’orifice.
- Les dépenses d’eau faites en teins égaux par différens orifices sous uue même hauteur de réservoir , sont entr’elles à peu de chose près, comme les aires des orifices.
- Les dépenses d’eau faites en tems égaux par une même ouverture , sous différentes hauteurs de réser-
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- voirs, sont entr’elles , à peu de chose près, comme les racines carrées des hauteurs correspondantes de l’eau dans le réservoir , au-dessus des centres des mêmes ouvertures.
- Les quantités d’eau dépensées pendant le même teins, par différentes ouvertures, sous différentes hauteurs de réservoirs , sont entre elles en raison composée des aires des ouvertures et des racines carrées des hauteurs des réservoirs.
- Mais le frottement contre les bords de l’orifice diminue cette dépense , et plus dans les petits orifices que dans les grands.
- ( Physique ) Ecoulement électrique ; on appelle ainsi la matière électrique tant efifluante qu’af-fîuente , actuellement en mouvement , et qui part, tant du corps électrisé, que des autres corps qui l’avoisinent, et même de l’air qui l’environne.
- Ces écoulemens forment deux courans qui vont en sens contraires, et qu’ou appelle courans électriques. Voy. COURANS ELECTRIQUES.
- Ces écoulemens forment aussi une espèce d’atmosphère aux corps qui sont actuellement électrisés. V. ATMOSPHERE ÉLECTRIQUE.
- _ ECOUTES, s. f. plur. de l’italien scotte.
- ( Marine ) Cordages qui tiennent aux angles inférieurs de chaque voile pour l’assujettir en bas , ce qu’on appelle border une voile.
- ÉCOUTILLE , s. f. du lat. scu-tella, couvercle.
- ( Marine ) Ouvertures carrées faites â chaque pont du vaisseau pour communiquer d’un étage’à l’autre ou dans la cale. Elles sont ainsi nommées , parce qu’elles sont faites en manière de targe.
- ECPHRACTIQUE, ad), du grec txcppa.no Çekphratfo), désobstruer , déboucher, composé de la particule extractive , A ( ek ), et de cpokllm [phrattô ), obstruer, fermer. ,
- ( Méd. ) Epithète que l’on donne aux remèdes qui ouvrent les conduits et enlèvent les obstructions. C’est, la même chose qu’apéritif.
- EOPHYSESE, du grec jr^wthsjs
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- ( ecpliusêsis ). formé de la parti» cille extractive, tx(ek), et de cputTAm { phusao ), respirer.
- ( Physiol. ) Expiration ou expulsion prompte de l’air hors des poumons.
- ECEIESME , s. f. du grec Ix-urbcr-pca { ekpiesma), défïvé d’îx.iruÇw (ekpiézo ) presser, comprimer.
- ( Chirurgie ) Sorte de fracture au crâne où il y a des esquilles d’os enfoncées en dedans qui compriment et blessent les membres du cerveau.
- ECRAN, s. m. du grec a-xipov . ( skiron ) umbella ; parasol.
- ( Technologie ) Sorte de meuble dont on se sert l’hiver pour se parer de l’ardeur du feu.
- ÉCRIN, s. m. du lat. scrinium.
- ( Technologie ) Petit coffre ou l’on met des bagues, des pierreries.
- ECRITURE,s. f. diilat, scriptu-ra , formé du grec ypacpix ( graphà ) écrire, où, selon d’autres, de wa-picpoç (skariphos ) style, instrument avec lequel les peintres tra-çoient les premiers traits dé leurs tableaux.
- ( Diplomatique ) Caractères écrits. L’écriture est l’art de former les caractères de l’alphabet d’une langue, de les assembler et d’en composer des mots tracés d’une certaine manière claire, nette , exacte, distincte , élégante et facile ; ce qui s’exécute communément sur lé papier avec une plume et de l’encre.
- De tous les tems , dans tous les pays on a cherché les mo3rens de conserver la méritoire des événe-' mens importans ; mais]1 écriture , c’est- à-dire, l’art de peindre la parole et de parler aux yeux n’a été connue qu’assez tard
- La tradition, aid e de quelques monumeas grossiers, est le premier moyen qu’on ait employé pour transmettre le souvenir des faits remarquables.
- Ensuite Part d’écrire a consisté dans une représentation informe et grossière des objets corporels. C’est là l’écriture dont les Egyptiens ont d’abord fait usage. Les caractères dont les Chinois se servent encore
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- aujourd’hui dérivent de cette première pratique. Les Mexicains n’employoient pas d’autres méthode pour conserver leurs lois et leur histoire.
- Cette écriture , que Devaines appelle l’écri ture de pensées , expri-moit la totalité des choses , une action , un événement avec toutes ses circonstances, et quelquefois même, au moyen de quelques nuances , le jugement qu’on devoit en porter. Le même auteur distingue cinq sortes d’écritures de pensées. La première estl’hiérogli-fujue représentative, qui représen-toit les objets ; la seconde est l’hié-roglifique imitative, par laquelle un cercle signifioitle soleil, un croissant, lalune -, la troisième étoit ZV/ze-roglifique caractéristique : ainsi l’hyppopotame signifioit l’impudence et la cruauté ; la quatrième étoit symbolique, emblématique ou allégorique ; ainsi un soleil annon-çoit la divinité ; l’œil peignoit un monarque ; une sauterelle , un animal que l’on croyait alors sans bouche, représentoit un initié dans les mystères ; enfin la cinquième étoit énigmatique. Cette écriture a été fort envogue chez les Egyptiens et chez les Chinois qui s’en servent encore.
- L’écriture étoit. dans cet état, lorsqu’un génie heureux^ ( on prétend que ce fut Thaït ou Thot, secrétaire d’un des premiers rois d’Egypte ) inventa l’écriture des sons. Cette écriture, au moyen de deux douzaines de signes ou à-peu-près , auxquels ou donna un son de convention , remplaça cette infinité de traits qui , étant isolés , avoient un sens propre et fort étendu, et qui ne pouvoient rendre toutes les pensées métaphysiques et intellectuelles. C’est par les divers assemblables et les différentes combinaisons de ces signes sonores rapprochés, qu’on forma premièrement des mots univoques , expressifs pourtant, qui furent les racines de plusieux's autres mots composés de ces monosyllabes qui servirent les uns et les autres à rendre les
- riensées et à les différencier selon eur degré d’approximation, ou de disparité.
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- Telle est la marche graduelle de l’esprit humain dans l’invention de l’écriture.
- De toutes les écritures alphabétiques , la chaldaïque , l’égyptienne et la samaritaine ou la phénicienne sont les seules qui puissent entrer en lice pour disputer d’antiquité. Mais les savans ne sont pas d’acord sur le rang d’ancienneté qu’on doit assigner à chacune d’elles. Cicéron, Jamblique ,Tertullien et Plutarque défèrent la gloire de l’invention à Thot, secrétaire de Misraïm en Egyp'e. Pline et Diodore de Sicile regardent les Phéniciens comme les pères de l’écriture. Parmi les mo-derqes , Kircher s’est déclaré pour les Egyptiens ; mais il a été savamment combattu par Renaudot, Buxtorf, Conringius, Spanheim , Meier, Morin et Bourguet se sont déclarés ouvertement pour l’écri-ture chaldaïque , qu’ils regardent comme la langue primordiale d’où sortent toutes les autres ; mais au rapport de Genebrerd , de Bellar-min , de Iluet, de Monfaucon, de Calmet, de Benandot,de Joseph Scaliger , de Grotius, de Casaubon, deWalton, de Bochard, de Vossius, de Prideaux, de Capelle, de Simon et de beaucoup d’autres , tout dépose exclusivement en faveur de la langue phénicienne. Par écriture phénicienne, on entend la samaritaine , c’est-à-dire, l’ancien hébreu , diffèrent de Vhébreu carré ou chaldaïque , que les juifs ont adopté depuis la captivité de Baby-lone. Cadmus qui, quoiqu’Egyp-tien d’origine , étoit né en Phénicie , porta dans la Grèce la con-noissance de l’alphabet phénicien: Les Peslages , premier peuple de la Grèce, portèrent leur écriture chez les Etrusques.
- Les peuples ayant reçu successivement la théorie de Y écriture , varièrent considérablement dans les formes de l’exécution , et- sur-tout dans la disposition des lignes. On peut réduire à trois espèces celles qui ont été d’usage : Vécriture perpendiculaire , l’écriture horizontale et l’écriture orbiculaire. Les Chinois et les Japonais écrivent de haut en bas ; mais ils n’observent pas la même manière de tracer leurs
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- lignes. Les Chinois commencent leurs pages à l’angle supérieur à droite , et les terminent à l’angle inférieur à gauche. Les Japonais , au contraire , tracent leurs lignes perpendiculaires en allant de gauche à droite. Les Mexicains écrivent de bas en haut. On ne connoît guères que ces trois penples qui emploient l’écriture perpendiculaire.
- On peut distinguer trois sortes d’ écritures horizontales celle qui va de droite à gauche , comme le chaldéen , le samaritain, le syrien le turc , le persan, l’arabe, le tar-tare, etc.; celle de gauche à droite comme le grec , le romain, l’arménien , l’éthiopien, le géorgien , le servien, l’esclavon et toutes les écritures pratiquées en Europe ; enfin celle qui va de droite à gauche pour la première ligne, et de gauche à droite pour la seconde, et ainsi de suite. Elle était en usage chez les anciens Grecs , et se nommoit goüç-pcÿinsov ( houstrophêdon) , ( V. BU STROPHE ). Quant à V écriture orbiculaire , elle ne fut peut-être jamais d’un usage suivi chez aucun peuple ; il y en eut cependant qui l’employèrent, suivant Pausanias et Maffei ; mais la forme des vases , des monnaies, des boucliers y donna lieu quelquefois , sans que le gros delà nation en ait usé ( V. ALPHABET, LANGUES ),
- ( Théol. ) Ecriture Sainte ; ce mot se dit, par excellence, des livres sacrés de l’Ancien et du Nouveau Testament. Les Hébreux appellent aussi les livres saints , écriture ; c’est d’eux que les Grecs ont pris cette expression, et l’ont donnée aux Latins qui nous l’ont transmise.
- ( Pratique ) Ecritures se dit au palais, de certaines procédures faites, et pour l’instruction d’une cause, d’une instance, d’un procès.
- Les défenses , répliques , exceptions , sont encore des écritures ; mais ou appelle plus communément ainsi celles qui sont fournies en conséquence de quelque appointe-ment, et qui ne sont point en forme de requêtes.
- On distingue en droit Vécriture publique et authentique, et 1 ’écri-
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- ture privée. La première est ainsi appelée, parce qu’elle est reçue par une ou plusieurs personnes publiques , qu’elle a une date certaine et qu’elle fait foi jusqu’à l’inscription de faux. Lorsque Vécriture privée est contestée , on procède à sa vérification , tant par titres que par témoins, et par comparaison d'écritures.
- ( Banque ) Ecritures en banque ; ce sont les diverses sommes pour lesquelles les particuliers , marchands , négocians, et autres se font écrire en banque.
- ( Commerce ) Ecritures se dit aussi de tout ce que les marchands, négocians et banquiers écrivent concernant leur commerce, et particulièrement de la manière de tenir les livres relativement aux monnaies qui ont cours dans un pays. C’est dans ce sens qu’on dit qu’en Angleterre les écritures se tiennent par livres sous et deniers sterling.
- Ecriture abrégée ; V. TACHYGRAPHE.
- ECRIVAIN, s. m. même origine qu’ECRITURE,
- Ce mot se dit de celui qui montre à écrire, d© celui qni écrit bien ou mal, d’un auteur qui compose quelque livre.
- ( Diplomatique ) La découverte de l’imprimerie a fait tomber l’écriture dans le i6.e siècle. Cet art qui faisoit subsister plus de dix mille écrivains dans les seules villes de Paris et d’Orléans, fut insensiblement négligé. Les manuscrits de ce tems-là sont à peine lisibles , tandis que ceux des siècles précé-dens sont tracés avec une précision et une délicatesse qui égale,, ou surpasse même la beauté de nos éditions les plus recherchées. Les écrivains étaient en même teras peintres et enlumineurs , et l’on admire encore dans nos vieux ma- • nuscrits la légèreté du pinceau, la fraîcheur et la richesse des couleurs variées avec des couches d’un or bruni , qui pendant une longue suite de siècles ne paroissent pas avoir reçu la moindre altération ; le secret d’appliquer l’or d’une manière si durable , est enseveli
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- seveli avec ces anciens écrivains. On a en vain essayé de le renouveler. Les ouvrages modernes n’ont ni le même éclat, ni la même soli-dité.
- ( Pratique ) Ecrivains^ experts et jurés ; ce sont des maîtres cl e— criture dont l’âge, l’expérience et la capacité sont des titres à la confiance des tribunaux qui leur, renvoient les vérifications d’ecritures et de signatures ordonnées par justice , afin qu’ils examinent les pièces contestées ou soupçonnées de faux.
- Une des parties les plus importantes de l’art des écrivains experts, est de pouvoir distinguer une écriture contrefaite. Ce lut sous Charles IX que cet art prit naissance. Un faussaire ayant eu la témérité de contrefaire la signature du roi, le chancelier de l’Hôpital, pour faire cesser un aussi criminel abus, forma ces corps d’écrivains qu’il chargea spécialement de s’appliquer aux principes de l’écriture, et de rechercher tous les effets de la plume, pour être en état de confondre la mauvaise foi , et mettre la justice à portée de réprimer des fraudes si funestes au'repos et à la tranquillité des citoyens.
- Deux cents ans d’expérience, n’ont pu donner à cet art des règles assez certaines , pour que l’art et l’habitude ne pussent tromper les plus habiles experts. Le partage de sentimens si fréquent parmi eux est une preuve que cet art est sujet à tant d’erreurs , qu’on ne doit pas blâmer certaines nations d’avoir défendu à leurs tribunaux d’admettre la preuve par comparaison d’écritures , dans les procès criminels.
- (Marine) Ecrivain; c’est, à bord des vaisseaux marchands, un commis que mettent les nègocians à qui il appartient, pour tenir les comptes, .et veiller à ce que tien ne soit détourné ni dissipé mal-à-propos.
- ECROU, s. m. de l’allemand schraube, dont les Hollandais ont fait scroeve, les Flamands scruebe > et les Anglais screw.
- Tome II.
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- ( Mécanique) Le trou dans le» quel entre la vis en tonrnant.
- ( Pratique ( Ecrou se dit aussi _ du registre des emprisonnemens , contenant le jour et la cause pour laquelle on a mis quelqu’un en pri» son; dans ce sens, il paroît avoir la même origine qu’écriture.
- ÉCROUELLES, s. f. du latin scrophula , formé de scropha , truie , parce que ces animaux ont souvent des tumeurs écrouelléuses sous le cou.
- ( Méd. ) Tumeurs sphériques, dures, de la couleur de la peau, indolentes , entassées les unes sur les autres, et qui se terminent par suppuration.
- Le traitement des écrouelles est très-long , et exige beaucoup de patience de la part du malade et de son médecin. La superstition et l’ignorance ont fait proposer plusieurs moyens ridicules pour les écrouelles. On venoit autrefois de tous côtés aux cours de France et d’Angleterre , pour y être guéris des écrouelles par l’attouchement des rois.
- ÉCROUIR, v. a. de l’Allemand schrauben, pour torquere , toi dre.
- ( Technol. ) Battre les métaux à froid : par ce procédé on rend les métaux plus durs, plus roides * plus élastiques , plus durables moins sujets à se bossuer , et susceptibles d’nn plus beau poli. U n’y a point d’ouvriers intelîigens en orfèvrerie, en horlogerie, en instrumens de mathématiques, qui manquent à écrouir leurs ouvrages. Les platines d’horlogerie et les instrumens de mathématiques acquièrent par là plus de dureté et de solidité. La vaisselle d’argent devient par-là plus durable et reçoit un poli plus brillant; car par Vécroui on rapproche les parties du métal , et l’on en rend les pores plus serrés.
- ( Monnaie ) Ecroui se dit aussi des pièces de monnaie durcies à la sortie du moulin , et qu’il faut faire recuire.
- ECSARCOME, s. m. formé du grec sa (ek) de, hors, et de crip§ ( sarx ) chair : chair saillante.
- ( Chirurgie) Excroissance charnue.
- ECTHYMOSE, s. f. du grec s;c~ C
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- Buuotriç (eckthümosis), composé de sx (ek), de, hors , et de nvpos (tumos) , animas, esprit.
- ( Méd. ) Agitation et dilatation du sang, comme il en arrive dans un grand mouvement de joie que l’esprit ressent.
- ETCILLOTIQUE, adj. du grec sxt/XX» ( ektillo ) , arracher , enlever de force, composé delà particule extractive sx ( ek ), de, hors et de tixxee ( tillô ), arracher.
- ( Méd. ) Epithète que l’on donne aux remèdes dont on se sert pour dépouiller une partie des poils superflus qui la couvrent.
- ECTRÜPIQN, s. m. du grec sx-Tpoiuov ( ektropion), renversement, formé de la particule sx ( ek ) , de, hors, et de TpI^r» (trépo ), tourner , tourner en dehors.
- ( Méd. ) Renversement de la paupière inférieure qui l’empêche de couvrir l’œil avec la supérieure , en conséquence d’une excroissance de chair , d’une plaie , d’un ulcère , d’une brûlure, d’une cicatrice mal faite.
- L'extropion s’appelle ordinairement éraillement. Lorsque c’est la paupière supérieure qui est affectée , les auteurs grecs disent qu’il y a LAGOPTH ALMIE. V. ce mot.
- ECTROTIQUE , adj. du grec £xTiTpaxrxa> ( ektitrôsko ), "faire avorter, dérivé de ni'Tfmmm ( titrosko) , blesser.
- ( Méd. ) C’est ainsi qu’on nomme les remèdes qui procurent l’avortement.
- ECTYLOTIQUE, adj. formé de la particule extractive gr. «x (ek) de, hors , et de ivâo? (tulos) , calus , durillon.
- ( Méd. ) U se dit des remèdes propres à consumer les callosités ; ces remèdes paroissent les memes que les cathérétiques.
- ECTYPE , s. f. formé de la particule extractive sx (ek), de, hors, et de t utj-oç ( tupos), type, image, copie.
- (Numisma!ique)CoTpie empreinte d’une médaille, d’un cachet, ou copie figurée d’une inscription,
- LC U, s. m. autre fois escu, du latin scutum, formé du grec sr.vroç { skutos ) , cuir , parce que anciennement les écus étoient couverts de cuir bouilli.
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- ( Chevalerie) Les écus étoient de 1 arges boucliers que les anciens chevaliers portaient au bras gauche pour parer les coups , à l’imitation des Samnites qui en étoient les inventeurs. On peignoit sur les écus des armoiries ou des devises, dans les joutes et dans les tournois.
- ( Blason ) Ecu , en termes de blason, est le champ où l’on pose, les pièces et les meubles des armoiries.
- (Monnaie) Ecu est encore une pièce de monnaie, ainsi appelée dans son origine , parce qu’elle fut chargée de Vécu de France. 11 y a eu des écus d’argent, des écus d’or, qui ont eu diverses valeurs selon les te ni s.
- ( Banque et Commerce ) Ecu de change-, c’est en France l’écw de 6o sous tournois ou le petit écu.
- C’est par Vécu de change ou de 6o s. tournois que la France règle son cours de change avec les places de l’Europe.
- Avec l’Angleterre,Vécu tournois est comparé avec des deniers ster-lings.
- Dans le change avec l’Espagne , c’est une pistole d’Espagne qui est le terme de comparaison.
- Avec Amsterdam , Paris donne un écu pour un nombre de deniers de gros, V. CERTAIN, INCERTAIN.
- ECUEIL, s. m. qu’on a dit autrefois escueil, de l’italien scoglio, fait du latin scopulus, rocher : rocher dans la mer.
- ( Marine ) Les marins entendent par ce mot un banc de sable , ou de rocher, ou une roche isolée sous l’eau, hors de l’eau , ou à fleur d’eau, située, en pleine mer, ou près d’une côte, contre laquelle les vaisseaux courent risque de se briser et faire naufrage ; les écueils sont marqués par une ou plusieurs -f.
- ÉCUELLE, s. f. du lat. scutella, diminutif de scutrum , vaisseau de cuivre, selon les uns, ou de scutum, bouclier, suivant d’autres : pièce de vaisselle.
- ( Mécan. ) On donne ce nom à une plaque de fer un peu creuse suy laquelle pose un cylindre
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- de cabestan, et sur laquelle il tourne.
- Quelques géomètres ont aussi appelé écuelle le solide forme par une partie de couronne circulaire, qui tourne autour d’un diamètre» parce qu’elle a en effet la figure d’une écuelle. On en trouve la solidité en cherchant celle des deux portions de sphère, formées par les deux segmens circulaires, et en retranchant la plus petite portion de la plus grande.
- ÉCUME , s. f. du latin spuma , par le changement du p en c; espèce de mousse blanchâtre qui se forme et (fui surnage sur l’eau, _ ou sur quelqu’autre liqueur agitée et échauffée,
- (Hist. nat. ) Ecume de mer ; c’est une argile glaise qui contient une quantité de magnésie. Les Turcs en font des pipes qu’ils cuisent au soleil ou dans des fours, et qu’ils vendent fort cher.
- ÉCUMER , v. n. V. ÉCUME.
- ( Fauconn. ) On dit que l’oiseau écume lorsqu’il passe sur le leurre, ou sur la proie sans s’arrêter ; qu’il écume la remise , lorsqu’il passe sur la perdrix qu’il a poussée dans le buisson. Il se dit aussi quand l’oiseau épie le gibier que les chiens lèvent pour courir dessus.
- ÉCUMEUR , s. m. V. ÉCUME.
- ( Marine ) Ecumeur de mer, ou forban ; on appelle ainsi celui qui fait l’indigne métier de pirate ou voleur maritime , qui pille indifféremment sur toutes les nations sans être autorisé par aucune. V. FORBAN , PIRATE, CORSAIRE.
- ECURIE, s. f. du latin barbare scuria, fait de l’allemand scheure: lieu d’une maison destiné à loger les chevaux.
- (.Econ, dom. ) Il signifie aussi train, équipage , écuyers , chevaux, mulets d’un prince, d'un grand seigneur.
- ECUSSON, du latin barbare scu~ ticium , diminutif de scutum, écu : petit écu.
- . ( Blason ) Ecu chargé d’armoiries ; il se dit particulièrement d’un petit, écu , quand on en charge un plus grand.
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- Un écusson en abîme; celui qui est seul au milieu d’un écu.
- ( Technol. ) Les serruriers appellent aussi écussons, des platines de fer ou d’autre métal qui servent â orner les heurtoirs des portes, les boutons, les entrées des serrures , etc.
- ( Marine ) Il se dit aussi d'un cartouche sculpté , dans lequel on met le plus souvent le nom du vaisseau ; c’est un ornement de la poupe, dont l’emplacement est immédiatement sons les fenêtres de la grand’chambre.
- ( Bot an. ) Les botanistes donnent ce nom à de petits tubercules ou petites concavités que portent les lichens, qu’on dit alors être en fructification.
- ( Jardin. ) On appelle écusson, en termes de jardinage, un œil levé sur un jet de l’année d’un arbre dont on veut multiplier l’espèce.
- Greffer en écusson -, c’est substituer les branches d’un arbre à celle» qui sont naturelles à un autre.
- ( Méd. ) Ecusson se dit encore d’une espèce de sachet piqué, taillé en écusson, dans lequel on renferme des poudres cordiales et stomachiques , pour appliquer sur la région de l’estomac, dans l’intention de le fortifier, de l’échauffer, de faciliter la digestion, d’arrêter le vomissement. On fait aussi des écussons avec des emplâtres stomachiques , ou avec des pâtes composées de thériaque, d’opiat de Salomon, de stojrax, d’huile de muscade , de canelle, de girofles, ete.
- ÉCUYER, s. m. du lat. scutifer, porte écu.
- ( Chevalerie ) On donnoit autrefois ce titre au jeune gentilhomme qui accompagnoit un chevalier dans ses expéditions, lui rendort certains services, et entre autres por-toit son écu et ses armes.
- Dans la suite, ce fut un titre d’honneur que prenoient les gentilshommes et les nobles pour marque de leur noblesse, à la différence de la haute noblesse, qui avoit le titre de chevalier, pour annoncer qu’elle étoit d’ancienne extraction , et qu’elle descendoit de chevaliers.
- ( Hist. d’Mnglet. ) Ecuyer, et C 2
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- Angleterre, est un titre d’honneur inférieur à celui de chevalier.
- Ceux, qui ont le droit de le prendre sont, les iils puînés des lords ou seigneurs, et leurs enfans à perpétuité •, les fils aînés des baronets ; ceux des chevaliers du bain et leurs héritiers mâles , en ligne directe. Ceux qui occupent des emplois dans la maison du roi; quelques chefs d’anciennes familles qui le portent par prescription ; ceux qui remplissent des fonctions d’un ordre supérieur dans le gouvernement pendant leur vie; les juges de paix, tant qu’ils sont en fonction.
- ( B conom. polit.) Ecuyer signifie aussi celui qui a la charge , l’intendance de l’écurie d’un prince.
- ( Manège ) 11 se dit encore de celui qui enseigne à monter à cheval , ou qui monte bien à cheval.
- ( Jardin. ) Ecuyer, en termes de jardinier, est un piquet mis à un arbre, pour le conduire dans sa crue.
- ( Vénerie ) En termes de vénerie, un jeune cerf qui en accompagne un vieux.
- ( Agric. ) En termes d’agriculture, un faux bourgeon qui croît au pied d’un cep de vigne.
- ( Archit. ) En architecture , des bâtons qu’on met le long des escaliers , et qui servent à soutenir ceux qui les montent.
- EDDA, s.f.mot islandique.
- ( Mythol. ) C’est le nom d’un livre qui contient les dogmes, la religion des Scandinaves ; ou plutôt c’est un recueil de mythologie, écrit eu Islande , peu après l’abolition du paganisme. Ce livre contient les prédictions de la Sybille, et principalement sur la magie , les géants, et Odin , qui vint avec quelques Asiatiques s’établir dans la Scandinavie, à-peu-près vers le tems de Pompée.
- 1ÎDEN, s. m. mot hébreu qui signifie délices.
- (Ecriture sainte) Eden est le paradis terrestre dont il est parlé dans l’écriture.
- Ou convient assez de la signification de ce mot et de sa qualité, mais on ne convient pas de même de la situation du pays A’ Eden.Les uns mettent le paradis terrestre
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- dans la Terre Sainte, habitée dans la suite par les Israélites ; d’autres le placent à Damas, ou vers Damas dans la Syrie ; quelques-uns croyent qn’Eden étoit la partie la plus méridionale de la Mésopotamie , en tirant vers le confluent de l’Euphrate et du Tigre.
- ÉDIFICE , s. m. du latin œdi-ficium , composé d’œdis, et de fa-cio : maison construite.
- ( Architect. ) Bâtiment considérable, tel qu’un temple, un palais, ou autre grand bâtiment public.
- ÉDILE, s. m. du latin œdilis, formé d’œdes, maison.
- ( Hist. rom. ) Magistrat chez les Romains qui avoit l’inspection sur les édifices publics et particuliers, les jeux, les bains, les aqueducs, etc.
- Les édiles furent créés la même année que les tribuns ; mais ces édiles plébéiens ayant refusé , dans une occasion célèbre, de donner de grands jeux , et les patriciens ayant offert de soutenir cette dépense, pourvuqu’on leur accordât leshon-neurs de l’édilité, on créa, en 558 de Rome, deux nouveaux édiles pris d’entre les patriciens, que l’on appella œdiles c.urules ou majores, pour les distinguer des œdiles minores ou plébéiens, et parce qu’ils avoient le droit de s’asseoir sur une chaise curule.
- César créa dans la suite d’autres édiles qu’il appella céréales, de Cérès qui présidoit aux moissons , et qui furent chargés de prendre soin des blés.
- 'L’édilité étoit le premier pas qui conduisoit aux honneurs; pour parvenir aux charges les plus importantes de la république, il falloit avoir rempli les moindres.
- ÉDIT, s. m. du latin edictum, formé d’edico, commander, composé de la particule e , et de dico , fairé savoir.
- ( Jurisprudence ) Loi, ordonnance , constitution du souverain , par laquelle il défend quelque chose ou fait quelque nouvel établissement.
- Edit de préteur ; le droit romain fait souvent mention de l’édit du préteur : c’étoit le mot consacré pour les ordonnances du préteur; c’étoit un règlement que chaque
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- préteur faisoit pour être observé pendant sa magistrature.
- ' On a donné, en France, à quelques édits qui ont été plus célèbres , les noms des lieux ou du mois ou ils ont été portés ; tels sont l’édit de Hantes et l’édit de Janvier: celui-ci , donné en \bgi, ôtoit aux réformés l’exercice de leur religion dans toutes les villes closes ; et l’autre donné à Nantes en i5q8, par Henri IY, leur accordoit le libre exercice de leur religion.
- ÉDITEUR , s. m du lat. edere , faire paroître, mettre au jour ; composé de la particule extractive e, de, hors , et de do, donner.
- ( Bibliogr. ) Ce nom appartient à celui qui publie, fait imprimer et dirige l’impression d’un ouvrage dont il n’est point l’auteur. Pour être bou éditeur , il faut réunir à beaucoup de goût des connoissances très-étendues ; bien choisir un ouvrage ; le présenter dans son jour le
- flus favorable, le perfectionner , 'enrichir de bonnes réflexions et f de savans commentaires s’il en a • besoin ; tel est le mérite des illustres éditeurs des 16 et l’jj siècles , qui ont ressuscité les ouvrages des Grecs et des Latins. Tels furent Erasme , Scaliger, les docteurs de Louvain, Petau, Fronton, Duduc, Vigier ,Sirmond, etc.
- EDITION, s. f. même origine qu’ÉDITEUR.
- (Bibîiogr.) On entend par ce mot l’impression et la publication d’un manuscrit; et la quantité des exemplaires que l’on en tire avec les mêmes planches, se nomme première édition. Lorsque tous les exemplaires d’une première édition sont épuisés, on le réimprime avec des changemens ou sans change-mens. Cette réimpression se nomme seconde édition.
- Edition clandestine ; celle qui se fait dans le secret et sans la participation de l’auteur, Ces sortes A’éditions que l’on nomme aussi contre-façons, ou contre - factions , sont ordinairement mauvaises ou présumées telles, parce qu’elles sont toujours faites à la hâte et à peu de frais , pour satisfaire la cu-idité du libraire qui les donne à as prix.
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- Editions rares ; 1.° celles qui sont faites sur des manuscrits anciens, parce qu’elles représentent en quelque sorte les manuscrits qui leur ont servi de modèles ; a.° la première édition de chaque ville : on recherche ces sortes A’éditions , parce qu’elles peuvent servir à éclaircir différens points de l’histoire littéraire; 5.° les éditions faites chez les plus célèbres imprimeurs des i6u, 17e et i8.e siècles, à cause de la beauté du type, de l’exécution typographique et de l’exécution de l’ouvrage .• telles sont celles de l’impression des Aides,de Juntes) des Chryphes , des Rouilles , des Etiennes, des Vascosans , des Tu-mètres, desDoîet, des Elzevirs, des Plantin , des Barbou, des Basker-ville, des Bodoni, des Ibarra, des Didot, des Crapelet, etc. ; 4.° les éditions imprimées avec des lettres ou des caractères particuliers et extraordinaires ; telles que les éditions grecques, imprimées en capitales , comme l’Anthologie , Calli-maque, Apollonius de Rhodes , Euripide, etc.
- Edition princeps ; celle qui pa-roît la première d’un ouvrage.
- Editions incunables ; c’est-à-dire , qui touchent au berceau de l’imprimerie ; ce sont celles qui ont paru dans le i5.e siècle ; tels sont les ouvrages sortis des presses deGuttemberg, de Faust, de Schœf-fer. V. le 7-e vol. de la Bibliographie de Debure.
- EDREDON, s. m, le vulgaire dit aigledon, et les naturalistes, eder-don , corruption de l’allemand ei-der-duck , oie à duvet.
- ( Hist. nat. ) Duvet qui se trouve sous la poitrine de 1 ’eider, espèce d’oie qui se rencontre en Éurope, „en Asie et dans l’Amérique septentrionale.La femelle pond cinq œufs d’un vert brillant, qu’on prétend qu’elle dépose entre les plumes qu’elle s’arrache de la poitrine , et qui sont ce duvet précieux dont on fait des matelas, des couvre-pieds et des doublures.
- ÉDULCORATION, s. f. du latin edulcoro, rendre doux , adoucir.
- ( Chimie ) Adoucissement qu’on procure à difîérentes matières par
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- des lotions réitérées, pour les dépouiller des sels âcres qu’elles contiennent et avec lesquels on les avoit préparées.
- ( Pharmacie ) Adoucissement qu’on donne à un remède liquide , en y mêlant du sucre, du sirop , du miel, pour en rendre le goût plus agréable.
- FFFACER, v. a. du lat. barb. effaciare , pour faciern delere, ôter la ligure , l’image , le caractère , les couleurs, les traits, l’empreinte de quelque chose.
- ( Gymnastique ) Dans certains exercices du corps, comme l’escrime , la clause, le manège , on dit effacer le corps, effacer une épaule, etc. pour dire les tenir dans la position qui donne le moins de prise et le plus de grâce.
- ( Technol. ) Les chapeliers disent eff cer le poil pour mêler chaque espèce de poil, de manière à ue pas la reconnoître.
- ( Marine) Effacer, en termes de marine, signifie présenter la proue ou l’avant du vaisseau à un fort ou à un autre vaisseau , pour avoir moins d’apparence. Les galères qui ont leurs canons sur l’avant, s’effacent ainsi pour canonner leurs ennemis. Il en est de même des galiotes à bombes à la française.
- EFFECTION,s. m. dulat. eff'ectio, fait d’efficio, achever , accomplir.
- ( Géom. ) Construction des problèmes ou équations. Ce terme commence à n’être plus en usage.
- EFFENDI, mot turc, qui signifie maître. On donne quelquefois ce titre au mufti et aux émirs. Les secrétaires ou maîtres d’écriture le prennent aussi , et il semble désigner particulièrement leur office. En général tous ceux qui ont étudié, les prêtres des mosquées , les gens de lettres et les jurisconsultes ou gens de robe sont décorés de ce titre. On nomme le grand chancelier de l’Empire , reis effendi.
- EFFERVESCENCE, s. f. du lat. effervescentia , formé de la partie, extract, ex, et de ferveo, ou fervo, brûler, être animé.
- ( Chimie) Mouvement qui s’excite dans une liqueur dans laquelle il Se fait une combinaison de substances , telle que des acides se
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- mêlent et produisent ordinairement de la chaleur.
- Ceux qui ont écrit les premiers de la chimie ont confondu Veffervescence avec la fermentation ; mais Boerrhaave a judicieusement fixé la signification de ces termes.
- La fermentation consiste, selon lui , dans un mouvement intestin des sucs des végétaux , V. FERMENTATION , par lequel il se fait un vin ou un vinaigre , et il appelle effervescence, toutes les autres ébullitions produites par le mélange des corps.
- (Méd. ) Effervescence se dit encore du sang et des autres humeurs qui se raréfient par une chaleur contre nature, et qui gonflent extrêmement les vaisseaux , comme il arrive dans la chaleur de la fièvre.
- EFFET , s. m. On a dit autrefois ejfect, du lat. effectus , formé d’ef-ffeere , faire , achever : ce qui est produit par quelque cause.
- ( Jurisprud. ) Ce mot s’entend en droit de ce qui résulte d’une loi, d’une convention, d’une action. Les actes nuis ne produisent aucun effet.
- Eff ets civils ; ce sont les droits et les avantages accordés au citoyen par les lois civiles et politiques de
- l’Etat,.
- Effet rétroactif ; effet qui remonte à un tems antérieur à la cause qui le produit. Une loi ne doit avoir aucun effet rétroactif.
- Effet ; terme générique qui comprend toutes sortes de biens,comme maisons , terres , rentes, obligations , billets , meubles , argent comptant.
- ( Commerce , Banque ) Effet, ou plus ordinairement effets au pluriel ; ce sont des billets, des lettres-de-change. Ce négociant a plusieurs effets dans son portefeuille , pour dire qu’il a plusieurs lettres-de-change , billets de banque_, obligations nationales, etc.
- ( Elocution ) Effets au plurier ; c’est un des lieux communs de la rhétorique propre à la preuve ; il faut s’assurer de l’existence des effets avant que d’en chercher les causes \ car il n’est que trop or-
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- binaire à l’homme de prendre pour de véritables effets, de pures chimères.
- Plutarque, ce philosophe fi profond , nous indique une méthode excellente pour nous assurer de l’existence des effets. Voici comme il s’y prend pour résoudre cette question qu’il se propose : Pourquoi les poulains qui ont ete courus par les loups vont - ils plus vite que les autres ? C’est peut-être parce que les plus lents ont été pris par les loups ; c’est peut-être aussi la peur qui les aiguillonne et leur donne plus de vitesse; mais peut'être aussi que cela n’est pas vrai.
- (Peinture) Effet, dans le langage des arts , signilie l’apparence qui résulte d’un ouvrage. Il se jreud en bonne ou mauvaise part. Ce tableau est d’un bel effet ; cette lumière est d’un effet trop dur ; mais quand il est seul , il se prend toujours en bonne part,
- U effet, pour celui qui considère un ouvrage de peinture, est la sensation ou le sentiment que cet ouvrage lui cause ; pour l’artiste , d’effet est ce qui doit résulter des différentes parties de l’art qu’il exerce.
- Ueffet du dessin est d’imiter les formes ; celui de la couleur , de donner à chaque objet la nuance qui le distingue des autres; le clair-obscur imite les effets de la lumière , et ainsi des autres parties de l’art. La réunion de ces diffé-rens effets particuliers cause une impression qu’on nomme Veffet du tout ensemble.
- . L’effet du tableau d’histoire consiste dans l’expression exacte des actions et des passions ; celui du portrait dans la ressemblance des traits, celui du paysage dans la représentation des sites ; et celui d’une peinture de marine , dans celle des eaux.
- . (< Si vous voulez avoir du plaisir (on pourroit ajouter, du succès) en peignant, dit de Piles, sur le 4i2e vers du Poème de la peinture de Dufresnoi , il faut avoir tellement pense à l’économie de votre ouvrage , qu’il soit fait avant qu’il soit commencé sur la toile ; il faut
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- avoir prévu 1 ’ejjet des groupes , le fond et le clair-obscur de chaque chose, l’harmonie des couleurs, l’intelligence de tout le sujet , ensorte que ce que vous mettrez sur la toile ne soit qu’une copie de ce que vous avez dans la pensée. »
- ( Musique ) Effet, en terme de musique, signifie l’impression agréable et forte que produit une excellente musique sur l’oreille et l’esprit des écoutans.
- Une longue pratique peut apprendre à counoître les choses d: effet, mais il n’y a que le génie qui les trouve ; c’est le défaut des mauvais compositeurs , d’entasser parties sur parties , instrumens sur instrumens , pour trouver Veffet qui les fuit. Au contraire, l’œil cherche sur lespartitions des grands maîtres ces effets sublimes et ra-vissans que produit leur musique exécutée.
- ( Danse ) Effet , dans la danse, est -l’impression que produit une belle danse sur les yeux et sur le cœur des spectateurs. Pour produire de Veffet dans les ballets, c’est peu de leur donner une forme nouvelle , de perfectionner les pas, et d’en inventer de nouveaux : il faut étudier et peindre les passions : en habituant son sme à les sentir , un danseur sentira diminuer tous les jours la difficulté de les exprimer , sa physionomie recevra toutes les impressions de l’agitation du cœur , elle se caractérisera de mille manières différentes, elle donnera de l’énergie aux mouve-mens extérieurs , et peindra avec des traits de feu le désordre des sens et le tumulte qui régnera au-dedans de lui-même.
- EFFEUILLER, v. a. du latin exfoliare, composé d’ex et de folium : ôter les feuilles, dépouiller un arbre de ses feuilles.
- ( Botan, ) Effeuiller une plante ou l’effaner, c’est la dépouiller de ses feuilles. 11 ne faut pas confondre effeuillaison avecDEFEUIL-LAISON. E. ce dernier mot.
- ( Jardin. ) Effeuiller ; c’est supprimer habilement les feuilles qui peuvent nuire à la maturité des fruits ou à leur couleur. On ne
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- doit pas les arracher, mais les couper avec l’ongle ou avec des ciseaux. Les jardiniers sont assez dans l’usage d’ôter les feuilles autour du raisin pour le colorer ou l’avancer , de manière qu’il n’en reste que très peu ; ce fruit dégarni cesse de profiter, se fane et se ride. Dès qu’un melon ou un concombre est noué, ils coupent pareillement les feuilles tout autour ; en voulant l’avancer ils le retardent, puisqu’ils suppriment ses mères nourrices. Il en est de même pour les pèches, elles se coutonnent si l’on n’a pas soin de leur laisser des feuilles qui leur servent de parasol.
- EFFIGIE , s. f. du lat. effigies , fait d’effingo , représenter au vif, peindre , portraire : figure , représentation d’une personne.
- ( Monnaie ) Effigie se dit de l’empreinte des monnaies , de la représentation de la tête du prince qui la fait battre.
- A Rome , dans les beaux jours de la république , on ne mettoit aucune effigie sur les monnaies. Ce ne fut que vers la fin que les triumvirs s’avisèrent défaire graver sur quelques-unes les tètes d’anciens consuls dont la mémoire étoit chère à la patrie. Jules-César est le premier romain qui ait vu son effigie sur les espèces. Ce fut un exemple pour les empereurs , qui en firent même frapper quelquefois à F effigie des impératrices.
- ( Pratique ') Exécuter en effigie ; c’est, pendre à une potence un tableau où est dépeint un criminel contumax condamné à mort.
- L’usage des exécutions par effigie tire son origine des sacrifices et des triomphes des anciens, lesquels au lieu de sacrifier la personne même, sacrifioient quelquefois seulement son effigie. L’exécution par effigie , en matière criminelle , vient particulièrement des Grecs, chez lesquels on faisoit le procès aux ahsens. On les esécutoit avec effigie , ou bien on écrivoit leurs noms avec la condamnation sur des colonnes.
- ( Sculpture ) Les sculpteurs en médaille se servent souvent du
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- mot effigie pour désigner les figures de médaillé.
- EFFLEURER, y. a. du latin effiorare, composé d’ex et deflos : ôter les fleurs.
- _ ( Agricult. ) Ce terme a d’abord signifié en agriculture , ôter les fleurs d’eme plante, d’un arbre.
- ( Technol ) Les arts l’ont depuis employé pour signifier ôter quelque peu de la peau , de l’écorce , de la superficie de quelque chose ; c’est dans ce sens que les chamoi-seurs disent ejffleurer une peau , pour en enlever toute la superficie du côté de la laine ou du poil , et que les gantiers disent effleurer une peau à la main, pour la rendre par-tout d’égale épaisseur.
- ( Littéral.') Effleurer se dit quelquefois au figuré pour toucher légèrement une matière sans l’approfondir. Il n’a fait qu effleurer la question, sans entrer bien avant en matière.
- EFFLORESCENCE , s. f. du latin effiorescentia, dérivé d’effio-resco , pousser des fleurs , fleurir ; composé a’ex et defloresco, pousser des fleurs du dedans au-dehors.
- ( Chimie ) Changement qui arrive à une substance minérale lorsqu’elle est chargée de parties salines qui se montrent à sa surface , et y forment un enduit semblable à de la moisissure.
- ( Méd.) Les médecins appellent aussi efflorescence, des pustules ou des éruptions à la peau.
- EFFLUENCE, s. f. du lat. ex et fluo , couler au-dehors.
- ( Physique ) Effluences électriques ; on appelle ainsi les rayons de matière électrique , qui sortent d’un corps actuellement électrisé ; c’est-là le nom que leur a donné l’abbé Nollet, tandis qu’il a nommé affluences électriques, les rayons de la même matière qui arrivent au corps actuellement électrisé. V. AFFLUENCES ÉLECTRIQUES ; et comme ces deux courans ont lieu dans le même tems, et toutes les fois qu’un corps est électrisé soit par frottement, soit par communication , il les a nommées effluences et affluences simultanées» V. MATIÈRE EFFLUENTE,
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- EFFLUXION, s. f. même origine qu’EFFLUENCE.
- { Méd. ) Ce terme se dit , en termes de médecin-accoucheur , de l’écoulement d’un foetus imparfait dans les premiers jours après la conception. Quelques auteurs prétendent qu’il faut qu’un fœtus ait trois mois avant qu’on puisse dire qu’il y a eu avortement ; s’il sort auparavant, cela s’appelle ef-Jluxion.
- EFFORT , s. jn. du latin barb. efforcium, qui suivant Ducange.a signifié effort, armée , forces militaires : action faite en s’efforçant, en employant beaucoup de force.
- ( Mécan. ) Ce terme est fréquemment usité parmi les philosophes et les mathématiciens, pour désigner la force avec laquelle un corps en mouvement tend à produire un effet, soit qu’il le produise réellement , soit que quelque obstacle empêche de le produire ; c’est dans ce sens qu’on dit qu’un corps qui se meut, suivant une courbe , fait effort à chaque instant pour s’échapper par la tangente ; qu’un coin qu’on pousse dans une pièce de bois, fait effort pour la fendre , etc.
- ( Méd. ) Effort se dit, èn termes de médecine, des douleurs de reins auxquelles on s'expose en s’efforçant de soulever des fardeaux pe-sans ; lorsqu’on fait de longues courses à cheval, etc.
- ( Méd. vétér. ) On appelle encore efforts de reins , en termes de ma-réchallerie , les douleurs qu’éprouve un cheval, après une extension plus ou moins violente des ligamens qui servent d’attache aux dernières vertèbres dorsales et lombaires ; après une forte contraction des muscles , des lombes , ou de quelques autres muscles.
- EFFRACTION, s. f. du latin effractura , formé d’eff'ringo , rompre , briser , composé d’e# et de frango , mettre en pièces.
- (Pratique) Fracture, rupture que fait un voleur pour dérober. Il y a eu vol avec effraction.
- EFFUSION , s. f. du lat. effusio , formé d’effundo , verser, répandre, épancher.
- ( Culte relig. ) Cn faisait autre-
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- fois des effusions de vins, et autres liqueurs dans les sacrifices que l’on faisoit aux dieux.
- ( Physique ) Effusion se. dit aussi , en parlant de la lumière.
- U effusion de la lumière vient des corps lumineux.
- {Méd. ) On appelle effusion, en termes de médecine , un épanchement , un écoulement des choses liquides , qui se fait avec quelque effort. Il faut craindre dans une plaie la trop grande effusion de sang. E3effusion de la bile cause la jaunisse.
- ( Philos, hermét. ) Effusion, parmi les alchimistes , est la purification de la pierre philosophale.
- Il y a autant de différentes effusions que de digestions.
- ÉG AGROPILE, ou AG AGROPILE ou AGROPILE, s. f. du gr.
- ( aix ), génit. tùyhi ( aigos ) , à’ayûioç (agrios), sauvage, et de tnnxoç ( pilos ), balle de laine.
- ( Jlist. nat. ) Sorte de boule sphérique qu’on trouve dans lè corps des chamois , des chèvres , ou d’autres animaux ruminans ; c’est une pelotte formée de poils ou de crins que ces animaux avalent en se léchant. On a attribué pendant long-tems des propriétés merveilleuses à ce mélange , avant qu’on en connût la nature.
- Les poissons rejettent aussi de leur estomac des égagropiles, que l’on regardoit autrefois comme le résultat de la décomposition des feuilles de l’algue de mer.
- EGAL, adj. du lat. œqualisi pareil, semblable , le même, soit en nature , soit en quantité, soit en qualité.
- ( Géom. ) C’est un axiome en géométrie , que deux choses égales à une troisième sont égales entre elles.
- Cercles égaux ; ceux dont les diamètres sont égaux.
- Angles égaux ; ceux dont les côtés sont inclinés les uns aux autres de la même manière, ou <jui sont mesurés par des arcs égaux d’un même cercle , ou par des arcs semblables de cercles différens.
- Pi gares égales } celles dont les
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- aires sont égales, soit que ces figures soient semblables Ou non.
- Solides égaux ; ceux qui tiennent autant d’espace l’un que l’autre , c’est-à-dire, dont les solidités ou les capacités sont égales.
- Rapports géométriques égaux; ceux dans lesquels la différence des deux plus petits termes sont de semblables parties aliquotes, ou aliquantes de leurs premiers termes.
- Rapports arithmétiques égaux ; ceux dans^ lesquels la différence des deux pins petits termes est égale à la différence des deux plus grands.
- ( Mécan. ) Mouvement égal ou uniforme ; c’est celui par lequel un corps se meut en conservant toujours la même vitesse, sans être accéléré ni retardé. V. MOUVEMENT.
- ( Méd. ) Egal se dit, en médecine , de tout ce qui conserve toujours le même état, de tout ce qui est toujours le même en soi et dans toutes ses parties. C’est en ce sens qu’on dit de la matière purulente ou du pus , qu’il est égal, ou d’une consistance égale, lorsqu’il n’est point mélangé de sanie , et qu’il est par-tout le même.
- Le pouls est égal, quand il marche toujours de la même manière , lorsqu’on n’y remarque aucune variation, soit par rap-
- Îjort au teins , soit par rapport à a manière dont l’artère se dilate et se resserre.
- L’urine est égale, lorsqu’elle conserve toujours la même apparence, soit par rapport à la couleur et à la consistance , soit par rapport aux matières qu’elle contient.
- Une maladie est égale, lorsqu’il ne survient aucune révolution dans les symptômes et dans les circonstances qui l’accqmpa-gnent. Les Grecs désignent cet état par le mot o/axhcs s, omalos ), é<?al ; et les médecins donnent l’épithète d"égal aux médicamens qui conservent ou qui réduisent les maladies à cet état.
- ( Botan. ) Egal se dit de tout çe qui est de la même hauteur. Les stygmates sont égaux entre eux
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- quand ils sont tous de la même longueur ; ils sont égaux aux étamines , quand ils arrivent à la même hauteur que les anthères, etc.
- ÉGALÉ, adj. du latin œquatus.
- {Astronomie)Anomalie égalée. C’est quelquefois l’anomalie vraie, quelquefois l’anomalie moyenne , corrigée par une partie des équations.
- ÉGALITÉ , s. f. même origine qu’ÉGAL. Conformité, parité, rapport entre des choses égales.
- ( Astron. ) Cercle d’égalité, ou equant ; c’est un cercle dont on fait beaucoup d’usage , pour expliquer l’excentricité des planètes , et la réduire plus aisément au calcul.
- (Géom.) Raison d’égalité ; c’est la raison ou le rapport qu’il y a entre deux quantités égales.
- Proportion d’égalité ordonnée ; c’est celle dans laquelle deux termes d’un rang ou d’une suite sont proportionnels à autant d’autres termes d’un autre rang ou d’une autre suite.
- Proportion d’égalité troublée ,• c’est celle dans laquelle plus de deux termes d’un rang sont proportionnels à autant de termes d’un autre rang, dans un ordre renversé et interrompu.
- EGIDE, s.f. du gr. etiyiç ( aigjs), peau de chèvre, dérivé dV/f {aix), chèvre.
- ( Mythol. ) On nomme ainsi le bouclier de Jupiter, parce qu’il étoit couvert» de la peau de la chèvre Amaîthée. Jupiter fit dans la suite présent de son bouclier à Minerve , d’où vient que le bouclier de Minerve , s’appelle aussi égide, dans Virgile.
- EGILOPS. V. ÆGILOPS.
- EGLISE, s. f. du gr. ixxXncnct ( eklclêsia ), congrégation , assemblée , dérivé d’ixxa.xia: ( elckalèô ) , composé d’sit ( ex ) de , hors, et de itaxai' ( kaleô ), et par syncope xxsa) ( kleô ), appeler , assembler.
- ( Culte cathol. ) Les catholiques romains entendent par ce mot, l’assemblée des chrétiens qui sont attachés à la communion de l’Eglise romaine.
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- Eglise militante ; c’est l’assemblée des fidèles qui sont sur la terre. t
- Eglise triomphante; c’est 1 assemblée des fidèles qui sont dej^à dans la gloire.
- Eglise souffrante; c’est l’assemblée des fidèles qui sont dans le purgatoire. •
- Primitive église ; ce sont les premiers chrétiens qui vivoient à la naissance de l’église.
- Eglise grecque ; on comprend sous ce nom toutes les églises des pays qui avoient été soumis à l’empire des Grecs, et où ils avoient porté leur langue , c’est-à-dire , tout ce qui s’étend depuis la Grèce jusqu’en Mésopotamie et en Perse, et de-là jusqu’en Egypte.
- Eglise latine ; on comprendsous ce nom toutes les églises des pays où les Romains avoient établi leur langue.
- Eglise d’orient ; c’est la même chose que l’église grecque.
- Eglise d’occident; la même chose qu’église latine.
- Eglise anglicane ; ce mot ne s’entend que de l’église schismatique d’Angleterre.
- Eglise gallicane ; dès les premiers fems du christianisme , on désigna de cette manière l’église de France , pour distinguer , par cette dénomination, le diocèse des Gaules.
- Eglise se prend aussi pour un temple bâti et destiné à l’honneur H'cu , et ordinairement sous l’invocation de quelque saint. C’est dans ce sens qu’on dit fonder une eglise, bâtir une église, bénir une église, consacrer une église,
- Eglise primatiale, métropolitaine , cathédrale ; c’est celle qui est sous la direction d’un primat, d un métropolitain, d’un évêque.
- Eglise collégiale ; celle qui est desservie par des chanoines, sans siège épiscopal.
- Eglise, paroissiale , qu’on a appelée autrefois église cathédrale ; c est celle ou il y a des prêtres ou un curé qui administre les sacre-mens au peuple.
- Grande église; c’est 1 ’église principale, la plus considérable d’une ville.
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- Eglise succursale ; celle qui sert à l’aide d’une paroissiale quand elle-ci est trop étendue.
- Eglise mère; celle à qui les autres obéissent.
- La première église bâtie publiquement à Rome , a été , à ce que l’on prétend, celle de St. Laurent, fondée par Constantin.
- Eglise protestante d’Allemagne ; c’est l’assemblée des chrétiens d’Allemagne , qui se sont séparés de l’église universelle. C’est dans le même sens qu’on dit Véglise luthérienne, Véglise réformée, etc.
- ( Géographie ) L’état ou les terres de l’église : c’est le nom que l’on donne aux terres que le pape possède en Italie , en qualité de souverain temporel et immédiat.
- EGLOGUE, s. f. du grec ÎKXoyn ( elclogê ), choix , pièce choisie.
- ( Poésie ) Sorte de poësie pastorale , où d’ordinaire on fait parler les bergers.
- La vie pastorale est l’objet général de l’églogue. Ce sont des bergers qui y parlent, et souvent en dialogue. Les termes doivent, comme les pensées , être naturels et naïfs ; le style moins orné qu’expressif et élégant ; les images riantes ; les comparaisons tirées d’objets communs et à la portée des bergers ; les sentimens tendres et délicats ; les tours aisés et simples; la cadence mesurée, mais pas trop harmonieuse.
- Il y a des églogues de Théocrite d'un caractère élevé ; et Virgile en a fait aussi d’un haut style.
- L’assemblée des Arcadiens , à Rome, dont l’établissement ne date que de 1690 , a renouvelé en Italie le goût des églogues,
- (Lit té rat. ) Quoique nous ayons restreint la signification d’églogue aux poésies pastorales , on entend aussi par ce mot d’autres ouvrages que des pièces de poësie ; car on dit les églogues de Diodore , de Po’iybe , de Ctésias , de Théophraste , de Strabon , c’est-à-dire , des collections , des extraits , des morceaux choisis de Diodore , de Polybe , etc.
- EGOUT , s. m. du lat. exguttum, formé de guita , goutte. Les Aile-
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- martels disent gosse , et les. Flamands goot, dans la même signification.
- ( ArcTiit. ) Canal pour l’écoulement des eaux de pluie et immondices d’une ville.
- Il se dit aussi du petit rebord qui pend au larmier d’une corniche, comme aussi de l’extrémité inférieure d’un toit.
- Hugues Aubriot , prévôt de Paris, sous les règnes de Charles V et de Charles VI, entreprit le premier d’y faire faire des égoûts en plusieurs endroits , pour taire écouler les eaux dans les prés des environs.
- ÉGRATIGNER , v. a. du lat. barb. ingratignare , déchirer avec les ongles.
- Entamer et déchirer légèrement la peau avec les ongles, avec une épingle, ou quelque chose de semblable.
- ( Technol. ) Egratigner du satin ou une autre étoffe de soie , c’est y faire des découpures, y former diverses figures en effleurant, avec une pointe, la superficie de l’étoffe.
- ( Graveur) On dit d’une planche qu’elle n’est qu'égratignée,lorsque le cuivre n’a pas été coupé avec hardiesse et netteté.
- ( Peinture. ) Manière égratignée; c’est une espèce de peinture mono-ehronée , ou si l’on veut une sorte de dessin que les Italiens nomment sgrajitto. Ce genre consiste dans la préparation d’un fond noir de stuc, sur lequel on applique un enduit blanc ; et en ôtant cet enduit avec une pointe de fer, on découvre par hachures le noir qui fait les ombres , ce qui forme une sorte de clair-obscur imitant l’estampe.
- Polydore de Caravage, qui a exécuté la plupart de ses ouvrages à fresque et d’une même couleur , à l’imitation des bas-reliefs, s’est souvent servi, dans cette sorte de peinture, de la manière égratignée.
- André Cosimo , qui a le premier employé les ornemens dans les ouvrages de peinture moderne , est aussi le premier, à ce qu’on croit, qui a travaillé le clair-obscur dans la manière égratignée Cette manière a beaucoup de force et résiste
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- mieux aux injures du tems ; mais elle a un effet si dur et si désagréable à la vue , que tout le monde a pris le parti de l’abandonner.
- EGRISEE, s. f. Ce mot paroît venir de l’Italien sfreggiare , polir.
- ( Lapidaire ) Poudre de diamant qu’on obtient en frottant deux dia-mans l’un contre l’autre. C’est la seule matière qui puisse servir à polir et à tailler le diamant.
- On emploie aussi Végrisée pour scier les autres pierres précieuses, qui exigent un tems considérable pour être sciées par le moyen de l’émail ou de spath adamantin.
- ÉJACULATEUR , s. m. du lat. ejaculari , lancer en haut.
- ( Physiol. ) Il se dit de quelques parties qui ont rapport à l’éjaculation de la semence. Les deux conduits éjaculateurs ont environ un pouce de longueur : ils sont larges près des vésicules et diminuent à mesure qu’ils approchent de l’urê-tre qu’ils percent ensemble.
- Les deux muscles éjaculateurs du clitoris viennent du sphincter de l’anus , se portent latéralement et s’insèrent à côté du clitoris.
- ÉJECTION, s. £ du latin ejicere, formé de e, de, hors, et de jacio, lancer hors.
- (Méd.) Ejection des êxcrémens ; c’est la sortie de matières fécales, des urines et des crachats. V. HUMEUR.
- ELABORER, v.a. dulat. élabora, formé de e , de , hors, et de labor : travailler avec soin , préparer et perfectionner graduellement les sens, les humeurs,
- ( Méd. ) On dit que le sang est élaboré, quand il est bien conditionné , quand la nature a pris soin de le perfectionner.
- ÉLAGUER , v. a. du lat. barb. elaqueo , débarrasser, formé de ex , de , hors , et de laqueus , lacet, filet, piège , embarras.
- (Jardin.) Abattre certaines branches des arbres, qui les rendent trop touffus.
- C’est aussi ébrancher jusqu’à une certaine hauteur les arbres qu’ou veut faire monter, pour qu’ils forment une belle tige, Ces opéra-
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- lions ne se pratiquent que lorsque les arbres sont dépouilles de leurs feuilles.
- ÉLANCEMENT, s. m. du verbe élancer, du lat. lancea, lance : faction de lancer hors, en avant, comme on fait d’une lance.
- ( Med. ) Impression que fait en quelque partie du corps une douleur subite et de peu de durée provenant de quelque cause interne. ^
- ( Marine ) Elancement de l'étrave ; ou appelle ainsi la quantité dont l’étrave se projette en avant de la quille d’un vaisseau.
- Le grand élancement rend le vaisseau plus fin, plus propre à diviser le fluide ; meilleur voilier de vent ^arrière et de vent largue ; mais * aussi les vaisseaux qui ont beaucoup d’élancement peuvent moins supporter l’effort de la voile, et ont le défaut de dériver plus que les autres dans l’allure au plus près : aussi, à mesure que l’art de la construction s’est perfectionné , on a considérablement diminué Vélancement.
- ÉLANS , s. m. même origine que ÉLANCEMENT.
- ( Marine ) Ou appelle ainsi les écarts que fait le vaisseau, tantôt à droite , tantôt à gauche , dans la direction de sa route , soit par l’effet de la mer, soit par toute autre cause, quelque attention que l’on mette à gouverner. Ces élans doivent s’estimer dans le calcul de la route; on dit : les élans sont sur tribord, etc.
- ELASTICITE, s. f. du gr. üxarf, ( élastês ) , qui pousse , de'rivé d x*vpss> (élastréô), ou ti\civva> (élaa-no ), pousser , agiter.
- ( Physique ) Il élasticité est l’effort par lequel les corps comprimés tendent à se rétablir dans leur premier état. Un corps parfaitement élastique est celui qui, après avoir été comprimé , se rétablit complètement , avec autant de prestesse que celle avec laquelle il a été comprimé. Si l’on en excepte la matière de la lumière et l’air , on ne connoit point de corps qui jouissent de cette perfection d’élasticité. Aucun ne se rétablit complètement, et tous emploient à reprendre leur état plus de tems qu’ils a’eu oat mis à le perdre.
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- S’il y a des corps qui perdent leur élasticité, il y en a aussi dans lesquels on peutT’augmenter par dif-férens moyens employés dans les arts. Les corps sonores devant avoir un ressort très-actif, on augmente Vélasticité des métaux dont on fait les cloches, les timbres , etc., en les mêlant avec d’autres, métaux, ou demi-métaux : ce que l’on appelle ALLIAGE. V. ce mot.
- La plupart des métaux , même sans être alliés, acquièrent une plus grande élasticité, lorsqu’on les bat à froid ; ce que les ouviiers appellent ÉCROUIR. V. ce mot.
- Quoiqu’on ait des procédés certains pour augmenter ou diminuer la force du ressort de plusieurs corps, on n’en connoît pas mieux la cause de Vélasticité en général. Tout ce qu’on a imaginé jusqu’à présent pour en rendre raison, se réduit à des conjectures mal fondées , et souvent démenties par l’expérience.
- On a d’abord prétendu que c’étoit de l’air que dépendoit Vélasticité des corps. On croyoit que l’air s’insinuant par fes pores entre les parties des ressorts tendus , les poussoit de manière à leur faire reprendre leur première situation 5 mais cela est démenti par l’expérience , puisque Vélasticité a lieu dans le vide de Boyie , comme en plein air.
- On a donc eu recours à un fluide beaucoup plus subtil que l’air grossier, et on l’a supposé lui - même élastique.
- Enfin , d’autres physiciens attribuent Vélasticité à la force répulsive qu'ont entre elles les particules des corps. Mais si l’on ignore la cause de 1 ’élasticité des corps , on connoît assez bien les lois suivant lesquelles les corps élastiques agissent les uns sur les autres. S’gave-sande s’est donné beaucoup de peine pour déterminer ces lois ; Daniel Bernoulli a donné, dans son Hydrodynamique, les lois de la compression et du mouvement des fluides élastiques. Il en tire la théorie de la compression de l’air et de son mouvement par différens canaux, de la force de la pondre pour mouvoir les boulets de canon ; d’Alem-bert, dans soa Traité de l’équilibre
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- et du mouvement des fluides , a aussi donné les lois de l'équilibre et du mouvement des fluides élastiques.
- ( Botan. ) Le mot élasticité a, parmi les botanistes , une acception très-différente, et, en quelque sorte , opposée : Vélasticité de certains fruits , tels que celui des tythimales, de la fraxinille, de la balsamine, etc. consiste dans une désunion subite de leurs parties, qui ne peuvent plus être rappelées à leur précédent état ; en sorte que cette espèce d’élasticité semble se perdre avec son premier effet, et être plutôt une destruction par ressort, qu’une tendance à reprendre un état naturel. A ce ressort par contraction , on peut opposer celui des étamines, particulièrement de la famille des orties , dont les filets d’abord infléchis dans le calice, s’élèvent par une éruption subite hors de celui-ci. Ces filets sont ordinairement faciles à recon-noîlre par certains plis sur leur face interne. , ,
- ÉLÀTEROMETRE , s. m. formé du grec «xathp ( elatêr ), agitateur, et de [Airpov ( métron ) , mesure. F. ÉLASTICITÉ.
- ( Physique ) Instrument qui sert -à mesurer à-peu-près à quel point l'air est condensé dans le récipient de la machine pneumatique.
- ÉLECTEUR, s. m.dulat. eligere, élire , composé de e , de , hors, et de lego, choisir d’entre. Celui qui élit, qui a droit d’élire.
- ( Econ. polit. ) Ce mot se dit, par prééminence , des princes d’Allemagne qui ont le droit d’élire l’empereur.
- ELECTION, s. f. du lat. electio, formé d’ eligere ( V. ELECTEUR ) : action d’élire , ou concours de suffrages qui donnef à une personne une place dans l’Etat ou dans l’église , ou la promotion d’une personne à quelque dignité par ceux qui ont droit d’élire.
- ( Hist. ecclés. } L’élection la plus solennelle est celle du pape , qui se fait par les cardinaux en quatre manières : l’une par la voie du Saint-Esprit , quand le premier cardinal qni parle ayant donné sa voix à quelqu’un , il va à l’adoration , en le proclamant pape, comme par une
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- inspiration subite du Saint-Esprit, Alors, il est élu , si tous les autres, ou au moins les deux tiers de l’assemblée y applaudissent. La seconde , par celle du compromis, quand tout le collège convient de trois cardinaux auxquels il donne pouvoir de nommer le pape ; et cette puissance cesse à la chandelle éteinte. La troisième par la voie de scrutin :
- ( celle-là est la plus ordinaire ) quand les cardinaux portent des billets cachetés où sont écrits leurs suffrages, dans un calice qui est sur l’autel. Il faut les deux tiers des voix pour Vélection par le scrutin. La quatrième est par la voie d’ACCES ( E. ce mot ), qoand les voix étant toujours trop partagées pour élire le pape , quelques-uns des cardinaux se désistent de leur premier suffrage, et accèdent, accédant, c’est-à-dire, joignent leur voix pour la donner à celui qui en a déjà plusieurs par le scrutin.
- ( Pratique ) Election de domicile; c’est le choix que l'on fait dans les exploits , dans les contrats, d’un domicile momentané, ad hoc.
- . ( Pharmacie ) Election se dit aussi d’une partie de la pharmacie qui enseigne la manière de bien choisir les médicamens , et de distinguer les bons d’avec les mauvais.
- ^ ( Arithmét. et Alg. ) Election se dit encore de la différente manière de prendre , dans les nombres et les combinaisons, quelques nombres ou quantités données , sans avoir égard à leurs places. Ainsi , les quantités a , h , c , peuvent être prises de sept façons différentes. V.
- COMBINAISON, ALTERNATION, PERMUTATION.
- ÉLECTRICITÉ , s. f. du grec IjXsîtTpov ( êlehtron ) , dont les Latins ont fait electrum, ambre jaune.
- ( Physique ) Nom que l’on donne à l’action d’un corps que l’on a mis en état d’attirer à lui et de repousser des corps légers qu’on lui présente à une certaine distance , comme on le voit faire à l’ambre. L’ambre est le premier corps qu’on ait reconnu électrique , et lorsque l’on fit de cette découverte un sujet de physiqu# expérimentale , et qu’il fallut dési-
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- gner cette propriété par quelque nom , le mot ambre y parut peu propre ; sa signification grecque ou latine plut davantage ; on la saisit, et on en tira le mot électricité.
- Un corps électrisé a encore la propriété de faire sentir sur la peau une impression semblable à celle du coton cardé, ou d’une toile d’araignée qu’on rencontreroit flottante en l’air ; de répandre une odeur comparable à celle du phosphore d’urine ou de l’ail ; de lancer des aigrettes d’une matière enflammée ; de produire des étincelles brillantes ; de faire sentir des piqûres très-vives aux corps animés qu’on lui présente; de leur causer des commotions violentes ; d’enflammer les liqueurs ou vapeurs spirhueuses; enfin , de communiquer à d’autres corps ia faculté de produire ces mêmes effets pendant un certain tems.
- On trouve , dans les plus anciens monumens de la physique , que les naturalistes ont connu de tout tems au succin, ou ambre jaune , la pro-pri été d’attirer des pailles et autres corps légers. On s’est aperçu par la suite que les corps bitumineux e> résineux , tels que le soufre , le jayet , la cire, la résine, avoient aussi cette propriété ; que le verre , les
- flierres précieuses, la soie , la laine , e crin , et presque tous les poils des animaux, avoient la même vertu; enfin que tous les corps de la nature peuvent devenir électriques , pourvu qu’ils soient auparavant parfaitement séchés et frottés. Néanmoins les métaux se sont constamment soustraits à cette épreuve : rougis , frottés , battus , limés , ils n’ont jamais donné le moindre si°ne d’attraction électrique.
- Les sentimens des physiciens sont partagés sur la cause de Y électricité ; tous cependant conviennent dé l’existence d’une matière électrique plus ou moins ramassée autour des corps électrisés. C’est ce fluide,selon eux , qui produit par ses mouvemens les effets de Vélectricité.
- Les premières observations de Y électricité sont de Gilbert, physicien anglais , qui a si bien écrit sur l’aimant. Quelque tems après, 'Qthonde Guériek , bourguemestre
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- de Magdebourg, s’avisa de faire , avec un globe de soufre, des expériences qui donnèrent des connois-sances plus exactes sur cette propriété des corps; ce fut la première machine de rotation qui parut. Robert Boyle , et après lui, les physiciens de l’académie de Florence firent sur ce sujet plusieurs observations , dont les plus considérables roulent sur l’ambre ou le succin. Enfin , Hauksbée imagina le tuyau et le globe de verre, qu’il fit tourner sur un axe.
- Eu 1720, M. Gray publia ses découvertes de plusieurs corps qu’on ne croyoit pas électriques; il enseigna aussi les moyens d’électriser les métaux et les liqueurs , par la simple approche d’un autre corps électrique.
- M. Dufay a ranimé toutes ces expériences , et en a fait un sujet par-1 ticulier de physique fort curieux. Il a porté enfin Y électricité à une distance beaucoup plus grande que les Anglais.
- Mais Yélectricité a produit des phénomènes qui suffiroient pour illustrer la fin du siècle dernier. Les principaux sont : La bouteille de Leyde, trouvée en 1706 par Cuneus ; le clavecin électrique , imaginé eu 1759 , par le P. Laborde , jésuite ; l'aurore boréal e électrique de M. Canton ; la balance électrique de Wen-kler; le drap à aigrettes électriques ; la roue le carillon , le planétaire électriques; les pluies de feu ; les jets d’eau ; les cascades électriques , et mille autres jeux électriques, qui présentent un spectacle curieux , amusant , et modifié de mille manières différentes : tel étoit l’état de la science à l’apparition du galvanisme. Alors une nouvelle carrière s’est ouverte à l’avidité des physiciens. V. GALVANISME.
- ( Méd.) Application de /^électricité à la médecine.
- Dès le tems qu’on n’employoit encore que le tube de verre dans les expériences de l’électricité, quelques physiciens avoieut recherché les effets que la matière électrique actuellement en action , étoit en état de produire sur le corps humain. Les découvertes furent très bornées , parce
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- que le Frottement du tube ne don-uoit pas des résultats d’expélience assez sensibles-; mais à peine eut-on substitué le globe de verre au tube, que les merveilles de i’électricité se développèrent plus sensiblement dans une longue suite d’expériences, Les aigrettes lumineuses, les torrens de lumière qui sortirent des barres det er élecli'isées , répandirent une odeur de phosphore qu’on n’a pu méconnoître. La salive lumineuse qui sort delà bouche d’uné personne actuellement électrisée , le sang lumineux jaillissant d’une veine ouverte , la terrible commotion, la secousse que jait sentir l’étincelle foudroyante dans l’expérience de Leyde : ces faits principaux, sans parler des autres , firent conclure que le corps humain étoit un des plus amples magasins de matière électrique ; que cette matière étoit, comme dans les autres corps, d’une mobilité étonnante ; qu’elle y étoit capable d’une inflammation générale et subite , ou d’une sorte d’explosion ; qu’étant ainsi mise en action , elle parcoureroit en un instant les plus petits canaux ; qu’elle de-voit par conséquent produire des changemens sur le fluide nerveux.
- On s’est donc déterminé à appliquer le globe électrique à lu médecine ; on a tenté de guérir les paralytiques. Tandis qu M. Privati s’oc-cnpoit en Italie de cet objet, MM. l’abbé Mollet , Morand et Lasone avoient la même idée à Paris. Mais l’ouvrage que publia le premier , le fit accuser d’enthousiasme ; et ses observations tombèrent dans le discrédit, lorsque sou atelier demeura sans action devant M. l’abbé Mollet.
- En 1748, M. Jallabert annonça qu’il avoit guéri un paralytique , en l’électrisant. M. Sauvage prétendit avoir en le même succès àMont-pellier. On ne réussit pas aussi bien aux Invalides à Paris. M. Gardane publia en 1763, des recherches sur Vélectricité médicale,danslesquelles ilrapporteplusieurs expèriencesqu’il a faites en faveur de Vélectricité.
- De tous les faits qn’on a pu recueillir, il résulte que , si la médecine n’a pas tiré jusqu’à présent un grand avantage des expériences de
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- Y électricité , on n’est cependant pas en droit d’en conclure l’inutilité absolue. Le peu de succès qu’on a eu doit suffire pour encourager à faire des tentatives nouvelles , non seulement dans les cas de paralysie, mais pour plusieurs autres maladies où la réfraction des liqueurs du corps humain, leur accélération de vitesse dans les vaisseaux, l’augmentation de la transpiration insensible, la fonte des hunmars , les vives secousses , on l’ébranlement des parties solides ponrroient être utiles.
- ÉLECTROMÈTRE , s. m. du gr: eXîK-Tpov ( électron ) , ambre ( Voy. ELECTRICITE ), et de pirpav ( métro n ), mesure.
- ( Physique ) Instrument propre à mesurer les différens degrés de la vertu électrique dans les corps.
- Un instrament qui ménteroit le nom à’électromètre , seroit celui qui seroit propre, non,seulement à indiquer si un coi’ps est actuellement électrique , mais de "combien il l’est pins qu’un autre , ou plus qu’il ne l’a été lui-même dans un autre’ tems, ou dans des circonstances différentes: en un mot, ce seroit celui qui seroit propre à faire connoître le degré absolu de l’électricité d’un corps.
- Il y a long-tems qu’on cherche un pareil instrument, sans pouvoir se flatter de l’avoir trouvé. Le plus ingénieux de ce genre est celui qui a été imaginé par MM. d’Acey et Leroy ; mais tout ce qu’on a offert jusqu’à présent ne vaut pas mieux que les deux bouts de fil qu’on laisse pendre à côté l’un de l’autre au corps qu’on électrise , et qui deviennent d’autant plus divergens entr’eux, que le corps auquel ils tiennent, devient lui-même plus électrique.
- ÉLECTROPHORE, s. m. du gr. %xmrpov ( élekf ron ) , ambre , pour ÉLECTRICITÉ ( V. ce mot), et de <3>spw (phéro ) , porter.
- ( Physique ) Instrament qui conserve pendant long-tems lfélectricité qu’on lui a donnée. Cet instrument, imaginé et nommé ainsi par. Volta , est composé de deux plaques rondes de métal, dont l’une est enduite , d’un côté seulement, d’une couche d’une matière résineuse , et l’autre attachée à des cordons de soie ou à
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- uiîg i5ge verre 9 3.11 moyen desquels on peut l’isoler.
- ÉLECTROSCOPE , s. m. du grec vtXiit-Tpov ( êlektron ), ambre, et de çao-TTê* ( skopéô > , considérer.
- ( Physique ) Instrument propre, comme l’électrometre , a déterminer lp quantité d’électricité qui régné dans l’air.-On l’adapte au paratonnerre.
- ELECTR.ÜM, s. m. mot purement latin.
- ( Minéral. ) Nom que les anciens ont donné à l’ambre jaune, et ensuite à un mélange artificiel d’or et d’argent.
- Les minéralogistes allemands appellent ainsi un mélange naturel d’or et d’argent natif, qui se trouve dans quelques mines.
- ÉLECTUAIRE, s. m. du latin electuarium , ou êiectarium, formé d’electio, choix, à cause que les parties qui le composent doivent être bien choisies.
- D’auttes croient qtfe le mot êlec-tuarium vient du grec mx.xUx.Ttt ( eh-kleikta ), dérivé de nxm ( eikô ), lécher, et qui servent à désigner tous les remèdes quel’oü prenoit par délices.
- ( Méd. ) On appelle ainsi toutes les préparations pharmaceutiques qui consistent à incorporer des poudres dans des sirops, dans des conserves , ou dans quelque liqueur mu-cilagineuse. Tout étoit presque élec-tuaire chez les anciens. Myrepsus a donné la formule de cinq cents élec-tuaires ; les Arabes en eurent encore un plus grand nombre ; et ces formules eussent été portées à un nombre infini , si la chimie n’en eût enfin démontré l’inutilité. 11 n’en reste aujourd’hui que quelques-uns dont on fait usage ; tels que le DIAS-CORDIUM , la THÉRIAQUE , le CATIIOLICON DOUBLE, et le LÉ-N1T1F. V. ces mots.
- ELEGANCE , s. f. du latin ele-gantia , formé d’eligo , choisir : choix , politesse de langage.
- ( Elocut. ) L’élégance du style supposa la correction, la justesse , la pureté de la diction , c’est-à-dire, la fidélité la plus sévère aux règles de la langue, au sens de la pensée , Tara, II.
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- aux lois de l’usage et du goût; mais tout cela contribue àl’élégance, et n’y suffit pas. Elle exige encore une liberté noble, un air facile et naturel qui, sans nuire à la correction , déguise l’étude et la gêne.
- ( Beaux-Arts ) Ce terme , employé dans les beaux-arts en général, s’applique à des objets fort différens les uns des autres.
- Dans l’architecture, on dit un bâtiment élégant, une colonne élégante , des profils élégans. Dans la peinture, on dit un tableau élégant,
- Vélégance du Corrège.
- U élégance dans les arts n’est pas la beauté ; elle offre une idée inférieure au beau, et plus voisine de l’agrément. Loin d’emporter avec elle l’idée d’une grande pureté, elie peut se trouver avec une sorte de négligence qu’accompagne quelque imperfection. On ne dit pas que l’Apollon du Belvédère , que la Vénus de Médicis sont des figures élégantes i on trouveroit plutôt une certaine élégance dans la Ténus Callipyge. La qualité d’ élégantes convient moins aux figures du Corrège qu’à celles de Raphaël. U élégance n’est pa9 précisément le contraire de la roi-deur, mais elle y est opposée , et suppose de la souplesse et de la flexibilité. Mengs a dit que l’élégance consiste dans la grande variété des lignes courbes et des angles ; car la flexibilité d’un contour ondoyant consiste dans cette variété , et cette variété semble constituer Vélégance du Corrège, ou du moins contribuer pour beaucoup à produire cette élégance.
- ELEGIE, s. f. du grec ixtîoç ( élé-gos), complainte.
- ( Poésie ) Espèce de poè'sie qui s’emploie dans les sujets tristes et plaintifs.
- - Les pleurs, les plaintes, les douleurs, les chagrins, les craintes ou les regrets qui suivent les amans , voilà ies sujets consacrés à Y élégie. Le style doit être coulant, naturel et simple , tel qu’il convient à la douleur ; il doit même paroître négligé , mais le grand art est de donner cet air de négligence à des ouvrages très-soignés. Quant au choix de la mesure des vers et à leur ar-D
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- rangement , on ne souffre jîas communément d'autres vers que les alexandrins , eu rimes suivies, dans les pièces élégiaques.
- Ou peut diviser 1 ’élégie en trois genres : le passionné, le tendre et le gracieux.
- En général, le sentiment domine dans le genre passionné ; c’est le caractère de Properce : l’imagination domine dans le gracieux, c’est le caractère d’Ovide. La passion rejette la parure des Grâces; les Grâces sont effrayées de l’air sombre de la passion , mais une émotion douce ne les rend que plus touchantes et plus vives ; c’est ainsi qu’elles régnent dans Vélégie tendre,, et c’est le genre de Tibuile.
- Les meilleures élégies modernes sont connues sous d’autres titres* Les idylles de madame Deshoulières aux moutons , aux fleurs , sont des modèles à’élégie dans le genre gracieux. L’invention du mot français élégie est due à Lazare de Baïf, dans le siècle de François Ier.
- ( Musique ) L ’élégie étoit aussi une sorte de nome pour les flûtes , inventé , dit-on, par Sacadas Ar-giep. ,
- ÉLÉMENT , s. m. du lat. ele-mentum.
- ( Physique ) Etres simples , indécomposables ou supposés tels, et dont on prétend que tous les autres êtres sont composés.
- Les anciens physiciens comptoient quatre élémens , savoir : le feu , Vair, Veau et la terre.
- Mais ces substances sont-elles réellement des élémens? Ne peut-on pas les décomposer? Ne les a-t-on pas déjà décomposées? Voy. FEU, AIR, EAU , TERRE.
- Les substances qu’on peut regarder comme élémens , et qui sont pour sous entièrement indécomposables, sont le calorique pur , l’oxigène , l’azote, l’hydrogène, le carbone, le soufre, le phosphore , les radicaux de l’acide muriatique , de l’acide fluorique et de l’acide horacique ; et parmi les terres, la chaux, la magnésie, la baryte , l’alumine, la silice , la strontiane , la zircone et la glueine. V. tous ces mots.
- ( Sciences-et Arts) Eiémeas , au
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- plurier , se dit des principes d’un art ou d’une scieuce.
- ( Astron. ) Les astronomes entendent par élémens les principaux résultats des observations astronomiques , et généralement tous les nombres essentiels qu’ils emploient à la construction des tables du mouvement des planètes- Ainsi, les élé-mens de la théorie du soleil , ou plutôt de la terre, sont les époques de son moyen mouvement et de celui de sou aphélie. Les élémens de la théorie de la luue, sont son mouvement moyen, celui de son nœud et de son apogée , son excentricité , l’inclinaison mov^erme de son orbite à i’éeliptique, et la valeur de ses différentes équations.
- ( Géom. transe. ) On appelle élémens, dans la géométrie sublime, les parties infiniment petites ou différentielles d’une ligne droite , d’une courbe , d’une surface , d’un solide. V. DIFFERENTIEL , FLUX] ON S.
- ( Philos, hermét. ) Elément froid, c’est-à-dire, eau, et par ce terme, les alchimistes entendent le mercure , à cause qu’il devient, par sa préparation , semblable à l’eau.
- ( Eelig. ) Quelques auteurs , et principalement les protestant , appellent élémens , les matières que l’on consacre dans le sacrifice de la messe.
- ELEMENTAIRE, adj. même origine qiVêlement : qui appartient aux élémens.
- -(Sciences et Arts) Ce mot se dit en parlant d’une science ou d’un art, de la partie de cette science ou de cet art, qui en renferme les élé-mens. Ainsi, on dit géométrie élémentaire , mécanique élémentaire, etc. , pour les élémens de la géométrie , de la mécanique , etc.
- ÉLÉOSACCU ARUM, ou OLÉO- SACCHARUM , 'mot latin formé du grec ’éxa-iov ( élaion ) , huile , et de ccuw-'t.o ( salkar ), sucre.
- ( Pharmacie ) Mélange d’huile distillée avec le sucre.
- ELEPBANT , s. m. du gr. s?.e$xt ( êléphas ).
- ( Zool.) La plus grande des bêtes à quatre pieds, qui a une trompe, et dont les dents principales, quand
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- ÉLÉ
- ÉLÉ
- elles sont détachées de la gueule de l’animal, s’appellent ivoire. Voyez CORNAC.
- ( Chevalerie ) Eléphant est aussi Je nom d’un des ordres militaires du roi de Danemarck. On l’appelle ainsi , parce que ses armes sont un éléphant.
- ÉLEPAHNTIASIS , s. m. d’éléphant.
- ( Méd. ) Espèce de lèpre , appelée lèpre des Arabes , et vulgairement ladrerie , ainsi nommée , parce que ceux qui en sont attaqués ont la peau dure , épaisse , inégale et ridée comme celle des éléphans. Cette maladie est le dernier degré de la lèpre.
- ÉLÉP11ANTIN , adj. qui a rapport à l’éléphant.
- ( Bibliogr. ) Livres éléphantins, libri elephantini, ou livres d’ivoire, parce qu’ils étoient faits de tablettes d’ivoire.
- Ces livres étoient ceux sur lesquels on inscrivait les actes du sénat, que les Empereurs faisoient conserver.
- ÉLÉVATION , s. f. du latm ele-vatio, fait d’elevo , lever, élever ; exhaussement.
- ( Archit. ) Elévation se prend pour hauteur. Ce bâtiment a tant de mètres d’élévation,
- ( Perspective ) Elévation se dit de la peinture ou de la description qu’on fait de la face d’un bâtiment, par opposition à plan. On dit aussi ORTHOGRAPHIE. V. ce mot.
- ( Physique ) Elévation , en termes de physique , est le mouvement d’un corps qui va de bas en- haut , ou l’action par laquelle un corps s’éloigne continuellement du centre de la terre.
- Les péripatéticiens attribuent l’élévation spontanée des corps à un principe de légèreté qui leur est inhérent; les modernes soutiennent que tout ce qui monte , le fait en vertu de quelque impression extérieure. C’est ainsi que la fumée et d’autres corps raréfiés montent dans 1 atmospnere , et que l’huile, les bois légers, s’élèvent au-dessus de l’eau, non pas par quelque principe intérieur de légèreté , mais par l’excès de pesanteur des parties du milieu où tes corps së trouvent. V. PESANTEUR , MILIEU, FLUIDE.
- Elévation des corps sur les plans inclinés. V. PLAN INCLINE.
- L’élévation ou l’ascension des fluides s’entend particulièrement de l’action par laquelle ils montent au-dessus de leur propre niveau , entre les surfaces des corps qui approchent fort d’être contigus , ou dans les tuyaux des verres capillaires , ou dans les vaisseaux remplis de sable , de cendre , ou d’autres semblables substances poreuses.
- Cet effet arrive aussi bien dans le vide qu'en plein air , dans les tubes recourbés que dans les droits. Quelques liqueurs , comme l’esprit-devin et l’huile de térébenthine, montent plus vite que d’autres liqueurs ; et quelques-unes s’élèvent d'une manière différente des autres. Le mercure ne s’élève point du tout au-dessus de son niveau; au contraire , il descend an-dessous.
- ( Arithm. ) Elévation des puissances; on dit qu’on élève un nombre au carré , au cube, à la quatrième puissance , etc. , lorsqu’on en prend le carré , le cube , etc. Ainsi,
- 2, élevé au carré, donne 4 ; au cube, 8, etc.
- ( Ilydraul. ) Elévation se dit de la hauteur à laquelle montent les eaux jaillissantes ; elle dépend de celle des réservoirs et de la juste proportion de la sortie des ajutages avec le diamètre des tuyaux de conduite. F. JETS D’EAU.
- ( Astron. ) Elévation ou hauteur d’une étoile ; c’est un arc de cercle vertical compris entre l’horison et l’étoile, ou le point observé.
- Elévation du pôle sur Vhorizon d’un lieu ; c’est un arc du méridien compris entre l’horizon et le pôle.
- ( Méd. ) Elévation du pouls ; c’est le mouvement du pouls, lorsque le battement est plus fort qu’à l’ordinaire.
- ( Musique ) JJ élévation de la main ou du pied, en battant la mesure ; c’est ce qui sert à marquer le tems foible. On l’appelle proprement levé. C’étoit le contraire chez les anciens.
- Elévation de la voix , en chantant ; c’est le mouvement par lequel on la porte à l’aigu.
- {Artillerie) Elévation, en #er-D 2
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- mes d’artillerie . s’entend de l’angle que le eanon fait avec l’horizon. La plus grande élévation est de u5 degrés. Plus le canon a èè élévation sur l’horizon , plus ses coups sont foi blés : moins il a d’élévation, ou plus il est abaissé, et plus il agit avec force.
- ( Culte cathol. ) Elévation se dit encore d’une partie de la messe où le prêtre élève au-dessus de sa tète la sainte hostie et le calice , après les avoir consacrés , pour faire adorer Jésus-Christ au peuple.
- ÉLÉVATOIRE, du latin elevo, lever, élever.
- ( Chirur. ) Instrument de chirurgie dont on se sert pour relever les os, comme ceux du crâne , qui ont été déprimés ou enfoncés par quelque coup ou chute.
- ELEVE, s. m, de l’italien allievo, fait d allevare , en la signification de nourrir , élever : celui qui prend des leçons de la bouche du maître.-Ce mot est particulièrement employé en peinture , sculpture ou architecture.
- ( Jardin. ) Les jardiniers appellent élève, une jeune plante qu’ils cultivent séparément.
- ÉLEVER , v. a. dulat. elevare, hausser, mettre , porter plus haut,
- ( Archit. ) Il se dit en architecture , pour bâtir , dresser , ériger. Elever un bâtiment, un mur , des autels , une statue, uns pyramide , un obélisque, des trophées.
- ( Arithm. Algèbre ) Elever un nombre au carré , au cube , à la quatrième puissance , pour dire , eu prendre le carré , le cube , la quatrième puissance.
- S'élever, Verbe pron. ( Marine ) Un vaisseau qui s'élève dans le vent-, c’est un vaisseau qui fait un chemin rapide en allant au plus près, et qui s’approche de la source du vent, en courant des bords.
- On dit qu’un vaisseau s'élève en latitude , lorsque sa route l’éloigne de l’équateur , et le porte vers une latitude plus élevée. On dit qu’un vaisseau s'élève sur la lame. lors -que, dans une grosse mer, il ne plonge point, il a’est point appe-
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- santi par les vagues, lorsqu’il les traverse et les franchit facilement.
- ELIMINATION , s. f. du latin elimino , composé de la particule e, et de limen, pour extra linien jacio, jeter hors des limites , chasser, éloigner.
- ( Algèbre ) On appelle ainsi une opération par laquelle , étant donné un nombre n d’équations , qui contienne un nombre n d’inconnues , on trouve une équation qui ne contient plus qu’une seule inconnue ; de sorte que si l’on peut résoudre cette équation , on connoîtra l’inconnue qu’elle contient ; et en remontant on connoîtra les autres inconnues. De-là, éliminer une quantité , signifie la même chose qne faire évanouir, faire disparoître cette quantité.
- ÉLIXATION, s. f. du lat. elixa-tio , formé de lixo , faire bouillir.
- ( Pharmacie ) Coction des médi-camens dans l’eau , le vin, la bierre, le lait , ou quelqn’autre liqueur, dans laquelle on les fait bouillir , pour en extraire la vertu et en séparer les parties grossières : pour les ramollir, les attendrir et les employer à différens usages ; pour en ôter la crudité , ou pour quelque autre intention.
- ÉLIXIR, s. m. de l’arabe alkshir essence , extrait artificiel d’une substance.
- {Pharmacie') Liqueur spiritueuse extraite des parties d’une ou plusieurs substances.
- Ce mot signifie en général un remède préparé chimiquement ; c’est par distinction qu’on l’a approprié à un teinture extraite , par le moyen d’un meustrue, de plusieurs ingré-diens énergiques ; car la seule différence qu’il y a entre une teinture et un élixir, c’est que la teinture est tirée d’un ingrédient seul, ou quelquefois joint à un autre qui le pénètre , l’ouvre et le dispose à céder au menstrue , au lieu que l’élixir est une teinture extraite de plusieurs ingrédiens à-la-fois, à quoi il faut ajouter que Vélixir est un peu pins épais, et n’a pas la limpidité de la teinture.
- Elixir de propriété ; c’est un remède iareaté par’ Paracelse, com-
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- posé d’aloè's, de myrrhe et de safran, dont on tire la teinture par le moyen de l’esprit de soufre.
- ( Philos, hermét. ) Dans le langage des alchimistes, Yélixir est la pierre philosophale. Quelques sages d’entre eux l’appellent la force forte de toute force, et d’autres, élixir parfait au rouge.
- Élixir parfait au blanc ; c’est l’ouvrage de la pierre, projeté sur un métal imparfait fondu , qu’il convertit en argent, lui donnant le poids de l’or.
- ÉLIXIVATION, s. m. du latin lixivium, lessive.
- ( Chimie ) Opération de chimie par laquelle on fait une lessive de la cendre ou de la chaux des mixtes, en la faisant bouillir dans de l’eau , ou versant de l’eau bouillante par dessus , pour dissoudre et tirer le sel fixe qu’elle contient. Après que Yé-lixivation est faite , on filtre ta dissolution , et on l’évapore jusqu’à siccité.
- ELLIPSE , s. f. du grec %wu-\n ( elléipsis ), défaut, dérivé de xl/-nvm ( léipô ) , manquer, être moindre.
- ( Géom. ) Une des sections coniques, qu’on nomme vulgairement ovale. Les anciens géomètres lui ont donné le nom d’ellipse, parce que, entr’autres propriétés, elle a celle-ci , que les carrés des ordonnées sont moindres que les rectangles formés sous les.paramétres et les abscisses, on leur sont inégaux par défaut.
- L"ellipse s’engendre dans le cône, en coupant un cône droit par un plan qui traverse ce cône obliquement , c’est-à-dire , non parallèlement à la base , qui ne passe point par le sommet, et qui ne rencontre la base qu’étant prolongée hors du cône , ou qui ne fasse tout au plus que raser cette base. La condition que le cône soit droit, est nécessaire pour que la courbe , formée comme on vient de le dire, soit tou-jou rs une ellipse ; car si le cône est oblique, en coupant ce cône obliquement , on peut quelquefois former un cercle ; or , la nature de Yellipse est d’être ovale , c’est-à-dire , d’avoir deux axes inégaux.
- ( utcoustiqus ) ellipse sert à
- ELL b 5
- construire les voûtes acoustiques , dont la propriété est qu’en parlant à voix basse dans un des foyers , ceux qui se trouvent dans l’antre foyer entendent distinctement ce que l’on dit, tandis que les personnes qui sont entre les deux foyers n’entendent rien.
- 1 Grammaire ) U ellipse est, en termes de grammaire , une figure de construction qui a lieu lorsque l’empressement de l’imagination fait supprimer quelque mot qui devoit être exprimé selon la construction pleine. Par exemple , au lieu de dire, il est dans l’endroit où vous allez, oa dit simplement, il est où vous allez. Ainsi, Yellipse est une figure par laquelle on sous-entend le corrélatif d’un mot exprimé , ce qui ne doit avoir lieu que lorsque Yellipse peut être aisément suppléée , et qu’elle ne blesse point Uusage. Cette figura n’est pas fort usitée dans les langues positives.
- ( Technol. ) Les horlogers appellent ellipse , une grande plaque de laiton , dont la courbure irrégulière ressemble à-peu-près à celle de Yeh lipse, et qui est adoptée sur la roue annuelle d’une pendule d’équation.
- ELLIPTICITÉ, s. f. Voy. ELLIPSE.
- ( Géom. ) Nom donné par quelques géomètres modernes à la fraction qui exprime le rapport de la différence des axes d’une ellipse , au grand ou au petit axe de cette ellipse. Plus cette fraction est grande , plus , pour ainsi dire, Yellipse est ellipse , c’est à-dire , plus elle s’éloigne du cercle par l’inégalité de ses axes. Ainsi, on peut dire que le degré d‘ellipticité d’une ellipse est représenté par cette fraction.
- ELLIPTIQUE, adj. même origine qu’ELLIPSE.
- ( Géom. ) Il se dit de ce qui appartient à Yellipse.
- Kepler a avan-é le premier que les orbites des planètes n’étoient pas circulaires, mais elliptiques ; hypothèse qui a été soutenue ensuite par Bouillaud , Flamstead , Newton , etc. , et d’autres astronomes modernes l’ont confirmé depuis, de
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- façon que cette hypothèse , qu’on appeloit autrefois du nom d'hypothèse elliptique, est maintenant universellement reçue. Voy. ORBITE, PLANETE.
- Voûte elliptique. P*. VOUTE. Compas elliptique. Voy. COMPAS.
- ELLIPTOIDE, ou ELLIPSOÏDE, s. f. du grec i'Xhu-^is ( elléipsis ), ellipse , et de iitîoç ( eidos ), forme, figure : qui a la figure d’une ellipse.
- ( Géom. ) Nom donné à une espèce d’ellipse.
- Quelques géomètres ont aussi appelé de ce nom le solide de révolution formé par l’éclipse, contournant autour de Puu ou l’autre de ses axes.
- ( Botan. ) Elliptique se dit aussi des corps plans ou fortement comprimés ou aplatis, dont la circonscription est, pour ainsi dire, en cercles égalemeut comprimés par ses deux côtés opposés, et par conséquent allongés, ensorte que les deux extrémités sont également larges et arrondies. Toutes les coupes obliques d’un cylindre sont ellipti-ues. Une feuille elliptique diffère onc d’une feuille ovale par l’égalité de ses deux bouts arrondis.
- ELME ( feu st. ) Corruption de st. Ermo ou Eramo par les matelots de la Méditerranée oùce saint est invoqué contre les tempêtes et les autres dangers de la mer.
- ( Physique ) Le feu st. elme , que les anciens appeloient hélène , quand il étoit seul, et Castor et Pollux quand ils en apercevoient deux à-la-fois, n’est autre chose que quelques petites gerbes de feu que l’on aperçoit en mer dans les tems d’orage aux extrémités des vergues et des mâts des bàtimens , et qui font quelquefois entendre des éclats semblables à des pétards.
- Depuis qu’ou a reconnu que le tonnerre n’est autre chose qu’un phénomène d’électricité, on a reconnu aussi que les feux dont il s’agit sont des feux électriques qui ne trouvent que peu d’issues par les différentes parties des vaisseaux,qui sont ordinairement imprégnées et même enduites de goudron et d’an-
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- très matières résineuses, se dissipent sous la forme de petites gerbes par les extrémités des vergues et des mâts , qui se trouvent au-dessous d'une nuée orageuse , comme on en voit sortir des corps non isolés vis-à-vis des globes et des conducteurs électrisés.
- ÉLOCUTION , dn lat. elocutio , formé d’eloquor, parler, discourir, s’énoncer.
- ( Rhétor. ) Manière de parler, de s’exprimer , de s’énoncer, soit verbalement , soit par écrit
- L’élocution française est donc Iq manière de parler la langue française ou de l’écrire.
- ELONGATION, s. f. du latin elongo , étendre, prolonger.
- ( Astron. ) Différence entre le lieu du soleil et le lieu d’une planète , ou la quantité de degrés dont une planète s’éloigne du soleil par rapport à un œil placé sur la terre ; c’est l’arc ou l’angle apparent com^ pris entre la planète et le soleil, vus l’un et l’autre de la terre. On l’appelle aussi angle à la terre.
- La plus grande distance d’une planète au soleil est la plus grande élongation ; elle est plus ou moins considérable , selon que les ellipses que ces planètes décrivent Sont plus ou moins grandes, et s’éloignent plus ou moins d’être des cercles.
- C’est sur-tout dans les mouve-mens de Vénus et de Mercure qr.’on a égftvd aux élongations ou digressions.
- Elongation , daDS l’ancienne astronomie, étoit la situation d’une planète sur le côté de son épicyle. Un a aussi appelé élongation la différence entre les mouvemens des deux planètes, qu’on appeloit également supération.
- (Chirurgie ) Elongation se dit aussi d’une iuxation imparfaite dans dans laquelle les ligamens d’une articulation sont distendus, et dans laquelle le membre est allongé, sans que le déboîtement soit parfait.
- ELONGER ,v. a. du lat. elongo.
- ( Marine ) danger un vaisseau , c’est se placer parallèlement à iult et côte à côte pour le combattre , ou dans d’autres vues.
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- ELOQUENCE , s. f. du. lat. élo-quor, s’énoncer.
- ( Rhét. ) L’art de toucher et^de persuader. Yoiià pourquoi elle n est qu’imagés fortes et naturelles , que sentimens pathétiques , que raison-remens frappans , qu’expressions vives, que traits enflammés qu’elle jette dans l’amede ses auditeurs. Il semble qu’elle seule commisse les ressorts qui peuvent nous ébranler , nous émouvoir. Toutes nos passions sont entre ses mains 5 elle les irrite et les appaise à son gré.
- L*éloquenceexisioit avantla rhétorique : celle-ci n’est autre chose que l’éloquence réduite en art.
- Les anciens avoient divisé l’é/o-quence eu trojs genres , et la même division subsiste encore dans tontes les rhétoriques modernes. Le genre délibératif, le genre démonstratif et le genre judiciaire.
- Le genre délibératif est celui où l’orateur veut faire prendre une résolution ou détourner d’une résolution qu’on a prise.
- Le genre démonstratif a pour objet la louange ou le blâme.
- Le genre judiciaire consiste dans la discussion contradictoire d’une chose ou d’un fait, dans son rapport avec les lois , et à l’égard de. certaines personnes.
- La nature donne les premières règles de Véloquence ; elle anime , écnaufie, inspire les hommes qui soutiennent de grands intérêts , ou qu’excitent de grandes passions. Ceux-là peuvent se passer des préceptes de l’art. Lisias qui les a recueillis le premier n’a point travaillé pour eux.
- Platon exposa les lois de l'éloquence dans son Gorgias, et Aristote , dans son livre de la rhétorique , eu creusa.les sources. Alors la véritable éloquence n’existoitque uans la Grèce. Elle commença à se montrer à Rome sous les Gracques , fut perfectionnée du tems de Cicéron , et périt avec la république.
- Dans lesgouvernemens modernes, °,lï 1 si l’on en excepte l’Angleterre , 1 éloquence n’a point de grands intérêts publics pour objet, ni de grauds honneurs pour récompense 5
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- elle s’est retirée dans les oraisons funèbres et les panégyriques,
- ÉLUCIDATION, s. f. du latia elucidatio, formé d’elucido , éclaircir , commenter.
- ( Didact. ) Eclaircissement, explication. Ce mot a paru en français à l’occasion d’un traité fait avec la Suède et les Provinces-Urnes, en i65o , lorsque ces Provinces refusèrent de ratifier le traité d’Elbing. On donna le nom d’élucidation à ce traité , parce qn’il expiiquoit quelques endroits du traité d’Elbing qui regardoient le commerce. Depuis ce tems là, quelques personnes, principalement les philosophes , se sont servis à’élucidation pour éclaircissement.
- ÉLUCUBRATION, s. f. du latin elucubratio , composé de lux, lucis lumière , et de ago , travailler. Le* Latins appelèrent lucubratoria lec-ticula les lits sur lesquels ils étu-dioient pendant la nuit, et lucu-bruni toute espèce de matière inflammable susceptible d’éclairer les travaux nocturnes.
- ( Littérat. ) Ce mot se dit d’uti ouvrage composé à la lumière de la lampe, c’est-à-dire, à force de veilles et de travail.
- ELUDORIQUE, formé des deux mots grecs «Ast/ov ( élaion ) huile , et de ( hudor ), eau : mélange d’huile et d’eau.
- ( Peinture ) La peinture éluda-rique ainsi appelée, parce qu’on n’y emploie que l’huile et l’eau, est une nouvelle manière de peindre en miniature inventée par M. Yincent de Montpetit.
- Avant cette de'couverte, on ne peignoit en miniature qu’en détrempe ou en émail; on n’avoit pas encore imaginé qu’on pût employer la peinture à l’huile: ses touches larges, ses couleurs épaisses , la liberté de son pinceau, le vernis gras dont elle fait usage, sembloient ne pouvoir jamais s’allier avec le délicat, le gracieux et le fini de la miniature.
- Après diverses expériences, M. Yincent de Montpetit est parvenu à peindre à l’huile les sujets les plus petits , et qui ont tout le fini et le moelleux de la miniature en détrempe.
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- Les avantages que cette peinture a au-dessus de toutes les autres méthodes ont engagé beaucoup de peintres à Limiter ; mais jusqu’à présent il ne paroît pas qu’ils y aient réussi, vraisemblablement pai'ce qu’ils ignorent les secrets de l’inventeur.
- ÉLUTRIATION, s. f. du latin elutriatio , formé d’elutrio ou eluo , verser d’un vase dans un autre.
- ( Chimie ) L’élutriation est une décantation ou action de transvaser une liqueur pour séparer son sédiment de la partie claire et fluide.
- ELYTRE , s. m. du grec «Xutpov ( elutron), gaîne, enveîope, étui.
- ( Hist. nat. ) C’est ainsi que les naturalistes appellent les ailes supérieures des insectes qni en ont quatre, parce que souvent elles sont plus ou moins membraneuses et même si coriaces qu’elles në peuvent servir que d’étuis. V. COLEOPTERES.
- ELYTROIDE adj. du grec shurpov. ( elutron ) , gaine , étui, et de uS'oc ( eidos ), forme , ressemblance : qui a la forme d’un étui.
- ( Physiol. ) Epithète que l’on donne à la tunique vaginale des testicules , parce qu’elle ressemble à une gaine.
- ELZEVIER,s. m. nom d’homme.
- ( Bibliogr. ) C’est un Elzevler cette expression, dans le langage des bibliographes , signifie un livre , tel qu’un Virgile ou un Térence , etc. sorti des presses des Elzeviers,
- Les Elzeviers sont des imprimeurs dont les jolies éditions sont très-recherchées , et que l’on achète à grand prix. Louis est le plus célèbre de cette famille industrieuse. L’agrément de ses éditions consiste dans la clarté, la finesse et la parfaite égalité des caractères , et dans leur position très-proche les uns des autres sur un papier solide et très-blanc.
- ÉMAIL , s. m. de l’italien mnlto.
- ( Thecnol. ) L’émail est en général une matière vitrifiée entre les parties de laquelle est distribuée une autre matière qui ne l’est point.
- L’émail, à la transparence près, a toutes les qualité du verre, et
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- l’opacité ne lui vient que de ce mélange.
- La base commune de tons les émaux est de la chaux de plomb et d’étain bien fin qde l’on mêle et que l’on fait fondre h un grand feu de verrerie avec deTa fritte de caillou blanc , broyée , tamisée, à laquelle on a ajouté du sel de tartre pour faciliter la fusion. Ce mélange forme une sorte de demi-vitrification ; et étant réduit en poudre, il est la basie de tous les émaux.
- Presque tous les émaux se font à Venise on en Hollande, d’où on les importe en petits pains plats de differentes grandeurs et épaisseurs,
- (Peinture sur émail ) Cette peinture est très-ancienne, puisqu’on voit qu’elle étoit en usage du tems de Porsenna ; mais cet art ne commença à faire de vrais progrès en Italie que sous Michel-Ange et Raphaël , et en France sons le règne de F rançois premier.
- Ce fut en i63a qu’un orfèvre de Châteaudun parvint à trouver des couleurs métalliques auxquelles il. méloit des fondons ; il lesappliquoit sur un fond d’une seule couleur , et les exposoit au feu pour les par-fondre. Cet orfèvre-peintre communiqua son secret à d’autres artistes qui perfectionnèrent et poussèrent la peinture en émail jusqu’au point où nous la possédons aujourd’hui. C’est à eux qu’on doit l’art d’exécuter sur l’or des portraits aussi beaux, aussi vivans que s’ils avoient été peints à l’huile ou en miniature, et dont l’éclat est inaltérable.
- ( Emploi de l’émail ) Pour employer sur l’or les émaux transpa-rens et clairs , on les brise de manière qu’on les sente graveleux sous le doigt ; on en charge la plaque sur laquelle on a eu soin de tracer son dessin , et de former les figures en espèces de bas-reliefs , et on la fait sécher à Pair. On la met sous la moufle où elle demeure jusqu’à ce que les émaux se soient fondus. Après ce premier feu , on la charge de nouveau aux endroits où l’émail s’est trop affaissé. On la met au feu ; on passe ensuite la pièce sur du grès , et on la remet au feu qui
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- l’unit , la polit et lui donne sa dernière façon.
- Les émaux doivent être très-fusibles. On les emploie à colorer ou à peindre differens ouvrages qui se font au grand feu. Mais de tous les ouvrages qui se font par les email-leurs , les plus amusans et les plus agréables sont ceux qui se font au feu d’une lampe , où l'on met pour huile de la graisse de cheval fondue qu’on nomme huile de cheval.
- 1.1 est presque incroyable juqn’à qnel point de délicatesse et de finesse les filets d’émail peuvent se tirer à cette lampe. Ceux dont on se sert pour faire de fausses aigrettes sont si déliés qu’on peut les tourner et les plier sur un dévidoir comme on fevoit de la soie ou du fil.
- Les jais factices de toutes couleurs qu’on emploie dans les broderies sont aussi faits d’émail, et cela avec tant d’art que chaque petite partie a son trou pour y passer la soie avec laquelle on brode.
- Il n’y a guère de choses qu’on ne puisse faire ou représenter avec Vémail, et l’on en voit des figures si bien achevées qu’on les croiroit sorties des mains des plus habiles sculpteurs. On ne peut voir sans surprise ces beaux yeux d’émail ; ils ont presque le brillant de la nature : on y observe toutes les ramifications des vaisseaux avec toutes leurs nuances. L’art de faire les fausses perles est aussi du ressort des émailleurs.
- ( l'o te lie ) Email ou couverte de la poterie et de la vaisselle de fer et de cuivre ; lorsque les vases ont été convertis en biscuit par la cuisson , on les recouvre d’un enduit vitreux qu’on nomme émail ou couverte.
- La véritable poterie de grès s’é-mailloitan commentement du siècle dernier par un procédé très-simple et peu nuisible à la santé. Dans’ la composition des masses , on faisoit entrer un pen de craie ( carbonate calcaire ) : les vases exposés ensuite dans le four à une très-haute température se trouvoient enveloppés soudainement et à l’instant de la plus grande chauffe parles vapeurs
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- du sel commun ( muriate de soude ) , qu’on jetoit à plusieurs reprises daus l’intérieur du fourneau, et qui, volatilisé par la chaleur, vitrifioit la surface de la poterie. Cette couverte n’étoit point nuisible à la santé , mais elle étoit dispendieuse par l’immense consommation de combustibles, et il-fallait songer à la remplacer.
- C’est à un Anglais nommé Wedg-wood que l’on doit les couvertes jaunâtres couleur de crème , plus généralement connues sous le nora de poteries anglaises A et dont les bases sont du minium ou de la cé-ruse ( oxide de plomb ) , du sable ou pierre à fusil broyés et calcinés ( silice ) , et une quantité suffisante d’alkali quelconque pour servir de fondant. Mais le minium et la cé-ruse sont des préparations trop dispendieuses , et c’étoit un grand service rendu à l’art que la découverte d’une préparation de plomb capable de les remplacer à très-peu de frais. C’est encore un Anglais, nommé Keeling, potier de Staffordshire, qui a découvert cette précieuse méthode. Elle consiste à prendre de la galène ou mine de plomb qu’on pile , et qu’on broie dans l’eau, en poudre, ex-trèmementfine. La masse séchée est jetée dans un fouràreverbère où on la chauffe à une chaleur blanche , afin de la débarrasser de son miné-ralisateur, le soufre. La matière étant refroidie , est retirée du fourneau , pilée, broyée, lavée, décantée et passsée dans un tamis de soie très-fin , pour être alors employée en remplacement de la cé-ruse et du minium dans les émaux ou couvertes.
- Email de la 'vaisselle de fer ou de cuivre ; les savans et les artistes s’occupent depuis iong-tems de garantir la sauté contre les dangers qui proviennent de l’emploi des vaisseaux de cuivre. M. Hikling de Birmingham, £st parvenu à émailler le fer et la vaisselle. La composition de cet artiste consiste principalement en plusieurs composés vitreux, tels que le silex , 6 p. ; le feld-spath, 2 ; la litarge , g ; le borax , 6 ; la terre argileuse ( alumine ), 1 ; le nitre, 1; la potée d’élaiu ( oxide gris ), 6 ; la
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- potasse pure, 1 , que l’on réduit à une poudre impalpable, et dont on fait un mélange complet. On fond ensuite la masse dans un creuset ; on la retire , et on la jette dans l’eau pour faciliter la division. Cette calcination aide la trituration dans le mortier. La poudre qu’on obtient est passée à travers un tamis et por-phyrisée ensuite. On la mêle alors avec de 3a gomme ou un mucilage quelconque , afin de l’employer comme un ciment et en enduire la Vaisselle.
- On chauffe uû peu leseasserolies et autres vaisseaux qu’on veut entailler , et l’on couche, avec une brosse de blaireau uu premier.enduit vitreux , jusqu’à ce qu’on ait obtenu l’épaisseur convenable. Les pièces étant séchées, on les introduit dans un monffle ou fourneau, dans lequel on élève la chaleur graduellement, jusqu’à ce que l’enduit qui est très-fusible, soit dans une fusion parfaite. On baisse le feu très-lentement de manière à imiter la recuisson du four de verrerie. Cette opération doit durer quatorze à vingt heures. Sans ces précautions, la retraite inégale du métal et deVémail feroit tressaillir ce dernier , et l’em-pècheroit de servir aux vaisseaux culinaires.
- Mosaïque en émail ; pour perfectionner leur ouvrage , les artistes en mosaïque inventèrent sous le règne d’Auguste , les verres et les émaux , afin de les substituer aux marbres dont les couleurs ne leur paroissoient pas assez variées pour représenter à leur gré toutes sortes d’objets sur la pierre.
- La mosaïque en verres et émaux se fait au moyen de diversesheintes qu’on donne au verre, et de diverses couleurs des émaux , suivant les ouvrages qu’on a dessein de faire. Les modernes ont négligé l’usage des verres et des émaux; et, pour enrichir leur ouvrage, ils n’ont voulu mêler aux marbres les plus beaux que des pierres précieuses , comme le lapis , l’agathe , les cornalines , les émeraudes , les turquoises , les pubis , et ce qu’il y a de plus rave et de plus estimé. P. MOSAÏQUE.
- ( Blanchisseur ) On donne aussi
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- le nom d’émail à une espèce d’azur de Hollande , dont les blanchisseurs de toiles se servent pour donner à leurs toiles une couleur bleue ; ce qu’ils appèlent passer au premier bleu.
- ( Art héraldique ) Email, se dit encore en.termes de blason , des couleurs et métaux dont un écu est chargé. On distingue sept sortes Al émaux : or, argent, gueule, azur, sable, synopleetpourpre.Lesémaux du blason sont venus des anciens jeux du cirque, qui ont passé d’abord aux tournois.
- ( Chevalerie ) Email se dit au figuré , pour une sorte de bague marquée de quelque devise, pendante au bas d’un ordre de chevalier , ou de quelqu’autre collier.
- ( Poésie ) Email s’emploie , dans un sens figuré , pour exprimer la diversité , la variété de fleurs et de couleurs.
- ( Anatomie ) Email des dents ; on appelle ainsi la superficie luisante qui couvre la partie osseuse des dents.
- U émail de la dent est une matière tout-à fait différente de l’os ; il est composé de petits filets qui sont attachés sur l’os par leurs racines, à-peu-près comme les ongles et les cornes. Si Vémail d’une dent se détruit, l’os se carie , et la dent périt.
- ÉMANATION, s. f. du latin emanatio , formé d’emano , couler.
- ( Physique ) Acte par lequel les substances volatiles abandonnent , en s’évaporant, les corps auxquels elles appartiennent, ou du moins auxquels elles sont adhérentes.
- On donne encore le nom d’émanation, aux substances mêmes qui s’évaporent.
- Plusieurs auteurs, à la tête desquels est Newton , veulent que la lumière soit produite par une émanation de crépuscules qui s’élancent du corps lumineux. Si ce système , qui est appuyé sur des preuves très-fortes étoit vrai, il serviroit à prouver combien les émanations peuvent être subtiles , et à quelles distances énormes elles peuvent s’étendre V. ODEURS, VAPEURS, TRANSPIRATION , EXHALAISON.
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- ( Electricité ) Les émanations, en termes d’électricité , sont des impressions que l’on ressent sur la main et sur le visage , lorsqu’on les approche d’un corps actuellement électrisé. Ces impressions sont à-peu-près semblables à celles que pourvoi t taire sentir du coton légèrement cardé , ou une toile d'araignée qu’on rencontreroit flottante eu l’air. Ces impressions sont dues à l’action de la matière électrique effluente , qui sort du corps électrisé sous la forme de rayons divergeas.
- ÉMANCIPATION , s. f. du latin emancipatio , formé d’emancipo , pour extra mancipium porio , mettre hors de servitude, de tutelle , de l’autorité de ceux auxquels on étoit soumis.
- ( Pratique ) Acte qui met certaines personnes , comme les mineurs, les fils de famille dehors la puissance d’autrui.
- EMANER, v. n. du lat. £mano j formé de ex, de , hors et de mano, couler, tirer son origine.
- ( Administrât. ) Ce mot désigne proprement la source d’où les choses sortent. C’est dans ce sens qu’on dit qu’un jugement est émané d’un tel tribunal, qu’un édit, ou qu’une loi est émanée de telle autorité.
- ÉMARGER , v. a. du lat. emar-gino, ôter la marge, formé de la particule extract, ex, et de margo , marge.
- (Einances).Ce mot qui signifie proprement ôter, couper la marge, le bord de quelque chose, s’emploie en finances , pour écrire sur la marge , ou porter quelque chose en marge d’un compte: émarger les différentes sommes d’une imposition.
- EMASCULER, v. a. du lat. emas-culo , composé de la partie, extract. ex , et de masculus , jeune mâle : oter à un jeune mâle les parties de la génération.
- EMBALLER , v. a. de balle , paquet: mettre en balle ; d’autres le lont venir au grec B^àxsjv , jeter.
- {Commerce) Empaqueter, mettre «n balle.
- EMBARCADÈRE, s. m. mot espagnol. •
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- ( Marine ) Endroit où les canots, pyrogues et chaloupes peuvent aborder , et où on embarque et débarque commodément les marchandises.Un embarcadère sert quelquefois dans les colonies, à tout un quartier de l’intérieur des terres. U y a des habitations qui ont leur embarcadère particulier.
- Dans le continent espagnol, c’est le lieu qui sert de port à quelque ville considérable , qui est plus avancée dans les terres. Calao est Vembarcadère de Lima, et Arica Vembarcadère de Potosi.
- EMBARCATION, s. f. de l’italien imbarcare, embarquer, mettre dans la barque.
- ( Marine ) Nom générique dê toutes espèces de bâtimetis de mer. Il se prend le plus souvent en mauvaise part : ainsi on dit mauvaise embarcation, pour exprimer un bâtiment qui a de mauvaises qualités , ou qui est pourri, et peu en. état de soutenir la mer.
- EMBARGO , s. m. terme emprunté de l'espagnol.
- {Marine) Arrêt du prince , ordre douné par le souverain, pour empêcher qu’aucun navire de commerce né sorte de ses ports , afin de les trouver prêts pour son service en cas de besoin , pour retenir les matelots ou pour quelqiTautre cause que ce soit.
- EMBARQUER, v. a. de l’italien. imbarcare , mettre dans la barque. ,
- ( Marine ) Embarquer des marchandises ou dès munitions à bord d’un i-àisseau ; c’est les charger dans un vaisseau, les y placer, et les arrimer.
- Embarquer (s’), r. it. ; c’est y entrer soi-mêmé.
- Embarquer un coup de mer ; c’est recevoir à bord, dans un gros, teins, une forte vague qui entre dans le vaisseau par dessus le pont ou lé gaillard.
- EMBARRURE, s. f. Rembarrer, pour in-barrer ; vieux mot qùi signifie enfermer , Anettre entre des, barres.
- ( Chirurgie ) Espècé de fracturé du crâne, dans laquelle une esquilié passe sous l’os sain , et comprime Iq, dure-mère.
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- EMBASEMENT, s. m. de Vital. imbasamento, formé du lat. basis, base.
- ( Archit. ) Espèce de piédestal continue sous la ruasse d’un bâtiment.
- EMBASE, s. f. terme dont les horlogers se servent pour désigner une assiette qu’ils réservent sur la grande roue en la forgeant. Les taillandiers , pour exprimer un ressort qui se trouve à certaines enclumes ; et les couteliers, la partie renflée du couteau â gaine.
- EMBASSURE, s. f. 11 signifie dans les manufactures de glace , les parois du four, depuis le plangéo-métral, jusqu’à la naissance de la voûte.
- EMBAUCHEUR, s. m. üembaucher, formé de en et de bauge ; vieux mot qui signifie boutique , demeure , mettre en boutique : celui qui met en boutique.
- ( Art milit. ) C’est un vieux mot qui s’est conservé pour signifier ceux qui font trafic d’enrôler des hommes pour la guerre.
- EMBAUMEMENT, s. m. de baume, du lat. balsamum, en grec ( balsamon ) : action d’embaumer un corps mort.
- ( Pharmacie, Chirurgie ) TJ embaumement est une préparation particulière de plusieurs sortes de drogues qu’on met dans toutes les parties d’un cadavre , pour Je préserver pendant long - tems de la corruption, Cette préparation est une composition de diverses liqueurs spiri-tueuses', de différeus baumes, de gommes et de plusieurs plantes aromatiques mises en pondre.
- Cet art , qui doit son origine à l’extrême vénération que les anciens avoient pour les corps de leurs pa-rens délunts, a été pratiqué avec un si grand succès par les anciens Egyptiens , que leurs momies sont encore un objet d’admiration.
- Hérodote, qui nous a transmis l’art des embaumemens , nous apprend que les Egyptiens se servoieut de trois méthodes différentes pour la même fin , et que l’on employoit celle qui étoit la plus conforme à la dépense que l’ou étoit eu état de
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- faire. V. le Mémoire de M. Rouelle, sur les embaumemens.
- 11 n’y a pas fort loug-tems que la méthode actuelle des embaumemens est connue en Europe. Dans le douzième siècle , l’art d’embaumer con-sistoit encore à faire de grandes incisions sur les cadavres, à les saupoudrer, et à les envelopper dans une peau de bœuf tannée. Henri Ier, roi d’Angleterre, fut ainsi embaumé à Rouen en 1135 ; et celui qui opéra, s’y prit si mal, que l’odeur infecte du cadavre le fit mourir.
- ( Hist. natur. ) U embaumement des animaux se fait de quatre manières : i.° par la dessication , qui seule suffit pour produire des momies naturelles, comme on en trouve dans les désertsdel’Afrique; 2.°par la transformation des muscles de la chair en matière blanehe, graisseuse, que les chimistes nomment ADI-POC1RE. V. ce mot. Tel est l’état des cadavres humains, plongés sous l’eau ou dans des terrains humides , ou privés du contact de l’air ; 3.°par le tannage , ou la dessication dans des poudres de plantes astringentes et aromatiques ; 4.° enfin dans les liqueurs , comme l’esprit-de-vin, ou les eaux chargées d’alun, de sel marin, ou même de carbonate de soude en nature.
- EMBLAVER , v. a. du latin im-bîadare , composé de in et de bla-dum , blé.
- (Agric.) Semer une terre en blé.
- EMBLEE, s. f. du mot embleo dans sa signification de voler, dérober.
- ( Art milit. ) Ce mot ne s’emploie qu’advevbialement, et signifie , en fort peu de tems, du premier assaut, et comme à la dérobée ; c’est en termes de l’art militaire , une attaque qui se fait, en se jetant tout-à-coup sur le chemin couvert, et sur les dehors, où l’on presse vivement l’ennemi qui ne s’y attendoit pas , l’obligeant de se retirer en confusion dans la place, où l’on tâche d’entrer en même tems que lui, et de s’en rendre maître.
- EMBLÈME, s. m. du gr.
- ( emblêma ), ornement ajouté à un-ouvrage, formé d’éjK&txxt» (emballé), jeter par-dessus, ajouter»
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- ( Peinture ) Uemblème est un tableau énigmatique, qui, sous une ou plusieurs figures, renferme une allégorie, tantôt morale, tantôt galante , tantôt historique, tantôt dévote , tantôt satirique , dont le sens est ordinairement déterminé par quelques paroles sententieuses.
- ( Littérat. ) Lorsque la pensée est clairement exprimée parle tableau , Vemblème peut se passer des paroles, et c’est alors qu’il est parlait; mais lorsque le rapport de l’image à l’idée n’est pas assez sensible, on l’indique par quelques mots.
- Le mérite de l’emblème est d’être laconique , et de ne jeter qu’un trait de lumière sur la figure dont il s’agit d’éclairer le sens.
- La grande difficulté de Vemblème, c’est qu’il doit dire quelque chose d’ingénieux , et ne le dire qu’à demi. Il n’aura plus rien de piquant, si la pensée est commune, ou complet-tement exprimée.
- Les Chaldéens furent les premiers qui mirent le ciel en emblêmeé, en donnant des noms et des figures aux constellations qu’ils destinèrent pour marquer la différence des saisons, la distinction des quatre parties du monde , ;etc. Les Egyptiens et les Arabes s’empressoient de s’en faire des divinités ; les Grecs en firent aussi le sujet de leurs fables. Py— thagore, à l’imitation des Chaldéens, mit toute la philosophie en parabole énigmatique Socrate fut plus heureux dans les emblèmes qu’il fit de la morale, en la rendant par-là plus aisée et plus intelligible. Platon forma sur ses emblèmes le plan de ses idées ; et , par ce moyen , le monde commença à se remplir de ces images^ ingénieuses , qui donnèrent lieu à tant d’inventions poétiques.
- Les inscriptions dont on accompagna les statues , les bas-reliefs et les peintures , furent une autre occasion de l’origine des emblèmes, aussi bien que les réflexions morales, politiques et civiles sur les événe-mens de l’histoire. Ces instructions agréables avoient été comme ense-vehes dans l’oubli par l’ignorance de cinq ou six siècles , lorsqu’Ala-«at, célèbre jurisconsulte de Milan,
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- en releva le souvenir et la gloire , par le Recueil qu’il en publia, l’aa i4g8.
- ( Langues anc. ) Suétone rapporte que Tibère fit rayer d’un décret du sénat le mot emblème, parce qu’il étoit mendié d’une autre lan* gue. Au reste , les Latins comme les Grecs , se servoient de ce mot pour signifier des ornemens , et ils appelèrent tgÇxiifxsLTct ( emblêmata), les ouvrages de marqueterie et tous les ornemens des vases, des meubles , des habits , etc. ; et jusqu’à nos jours, les jurisconsultes se sont toujours servi du mot latin emblema, pour exprimer ces sortes d’ornemens. Y. DEVISE, SYMBOLE.
- EMBOIRE, v. pron, du lat. bibere, composé de in et de bibere, boire, recevoir , prendre dedans , s’imbiber.
- ( Peinture ) Embu se dit d’un tableau , lorsque les couleurs à l’huile , avec lesquelles on peint, deviennent mattes et perdent leur luisant, au point qu’on ne discerne pas bien les objets.
- Lorsqu’on peint sur un fond de couleur qui n’est pas bien sec , les couleurs qu’on met dessus s’emboi-vent en se séchant. Alors 1 ’embu provient de l’impulsion trop fraîche de la toile ou du panneau.
- Il peut aussi venir de ce qu’on repeint sur une préparation qui n’a pas eu le tems de se sécher parfaitement. On remédie à cet inconvé--nient, en passant par-dessus la peinture bien sèche un blanc d’œuf battu ou du vernis. Y. VERNIS.
- ( Technol. ) On dit aussi que les toiles nouvellement imprimées font emboire les couleurs. Emboire se dit encore d’un moule de plâtre, lorsqu’on le frotte d’huile ou de cire fondue, avant d’y couler la matière dont on doit former les figures. Il faut emboire ce moule de cire. Dans ce sens , il est actif.
- EMBOITURE, s. f. de boëte, ou boîte : l’insertion d’une chose dans une autre; et aussi l’endroit où les choses s’emboîtent.
- ( Tecnol. ) Les emboîtures d’une porte sont les deux ais de travers , en haut et en bas, dans lesquels les ais sont emboîtés.— Emboîter des
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- tuyaux , c’est mettre le bout d’un
- tuyau dans un autre tuyau.
- ( yinat. ) Emboiture se dit aussi des os , quand l’érninence des uns est engagée dans les cavités des autres.
- ( Danse ) L’emboiture, en termes de danse , est la troisième des cinq positions du corps , nécessaires à la danse. On la nomme aiusi , parce que cette position n’est parfaite que lorsque les deux jambes sont bien étendues l’une près de l’autre ; ce qui fait que les jambes et les pieds étant bien serrés, l’on pe peut voir de jour entre deux ; ainsi elles se joignent et doivent se joindre comme dans une boîte. \j emboiture est une position des plus nécessaires pour bien danser : elle apprend à se tenir Terme , à tendre les genoux, et assujettit à cette régularité qui fait toute la beauté de cet art.
- EMBOLISME , s. m. du grec sg.-Ço'hta-gi'oç ( embolismos ( , intercalation , formé du verbe s'xÇnxhuv ( emballent) , insérer, ajouter, mettre entre deux.
- ( Ckronol. ) C’est ainsi que les Grecs appeloient un treizième mois qu’ils ajoutoient, tons les deux ou trois ans, à l’année composée de 554 jours , afin de l'approcher de l’année solaire , qui est de 364, sans compter quelques heures de part et d’autre.
- D'embolisme les computistes ont fait embolismique , intercalaire , pour désigner les mois qu’ils insèrent pour former le cycle de 17 ans; car les 10 années solaires étant composées de 6,g3g jours et 18 heures , et et les îg années lunaires ne faisant ensemble que 6,726 , il a fallu , pour égaler le nombre des années lunaires aux jg solaires, qui font le cycle lunaire de 19 années , intercale-!- et insérer sept mois lunaires de 20g jours ; par le moyen de ces sept mois embolismiques , les 6,g5g jours et a8 heures des ig années solaires sont entièrement employés dans le calendrier.
- EMBONPOINT , s. m. composé de la prépos. en, dont Vn se change-eu m devant b , de l’adj. bon , et du subs. point : en bon point.
- { disid. ) Bon état ou benne habi-
- tude du corps. Il ne se dit que de ceux qui jouissent d’une pleine sauté , accompagnée d’un peu trop de graisse.
- EMBOSSEE- , v. a. de l’italiea imbocchiare.
- (Marine) Embosser un vaisseau; c’est l’amarrer de façon qu’il ne puisse éviter, ni au vent, m à la marée , et qu’il présente toujours le même côté vers le même point. On embosse un vaisseau devant un fort ou une batterie pour les cauonner.
- S'embosser; on s'embosse dans un port où l’on craint d’être attaqué par des forces supérieures, en présentant le travers des vaisseaux vers l’entrée ou embouchure.
- D'embosser, on a fait embossure, pour exprimer toutes les préparations , grelins ou haussières, qui sont frappés quelque part, ou étalingués sur des ancres mouillés au fond, pou r embosser un vaisseau. L'embossure passe toujours par un des sabords de l’arrière ou voisins de l’arrière, et se garnit au cabestan.
- EMBOUCHURE , s. f. à’emboucher , du lat. barbare imbuccare, meure en bouche.
- ( Géogr. } L’endroit où une rivière se décharge dans la mer , ou dans une rivière ; c’est proprement son entrée dans la mer ou dans une autre rivière.
- ( Musique insirum. ) C’est aussi la partie d’uu instrument qu’on met dans la bouche , qu’on embouche pour en jouer. Il se dit aussi de la manière d’emboucher ces sortes d’instrumens.
- ' ( Manège ) Il se dit encore de la
- partie du mors qui entre dans la bouche du cheval.
- EMBOU OU Eli , v. n. du latin barbare imbuccare ; mais plus directement de l’espagnol emboccar. Il est opposé à débouqi;er, desem-boccar. V. IfÉBOUQUER.
- ( Marine ) Entrer dans un détroit on passage resserré entre plusieurs îles , ou entre les terres.
- EMBRASSER , v. a. de l’italien imbracciare , serrer, étreindre avec les deux bras.
- ( Manège ) On dit qu’un homme embrasse bbn un cheval, pour dire qw’iî le sent bien avec les cuisse®
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- pour être plus ferme. On dit d un cheval qu’il embrasse bien du ter-rein , lorque maniant sur les voltes il lait de grands pas. C’est le contraire de battre la poudre , qui se dit lorsque le cbeval ne sort presque point de sa place.
- ( Bot an. ) On dit des feuilles et des stipules qu’elles sont embrassantes on amplexicaules, quand elles enveloppent par leur base la tige ou les rameaux.
- EMBRASURES, s. f. corruption d’ébrâsures , formé du verbe ébra-ser, élargir en-dedans.
- ( Art milit. ) Ouvertures que l’on fait pour tirer le canon , dans les batteries , dans les bastions , ou au parapet des murailles des places fortes.
- ( Archit. ) 11 signifie aussi l’espace qui est en dedans aux ouvertures des murailles , à l’endroit des fenêtres ou des portes. C’est encore le biais qu’on donne à l’épaisseur des murs à l’endroit des fenêtres.
- EMBROCATION , s. f. du grec ifiÇ;( embrechô ) , arroser, humecter , forme de ( brêchô ),
- qui signifie la même chose.
- ( Chirurgie ) Espèce de fomentation , ou arrosement avec des eaux, deshuiles, des baumes, desonguens , sur une partie malade , quand on a lieu de craindre une inflammation. C’est ainsi qu’après l’operation de la taille ou du bubonocèle , on fait, sur le bas-ventre , une embrocation avec l’huile rosat.
- EMBRYON, s. m. du gr. tp.Çpvov ( embruon ), composé d’-=v (en) , et de Qpva ( bruô ), croître, pulluler.
- ( Physiol. ) C’est le nom que les médecins grecs ont donné au fœtus, parce qu’il se forme et prend son accroissement (pullule) dans la matrice.
- Les médecins ne sont pas d’accord sur le teins pendant lequel ou peut le désigner sous ce nom. Quelques-uns u’emploientle terme u’embryon, que pour exprimer les rudimens du corps d’un animal , renfermés dans un œuf dont ie placenta u’a pas encore ieté des racines , pour l’implanter dans la matrice et dès que le. placenta y est attaché, ils donnent ù 1 animalcule le nom de foetus.
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- Mais il est certain qu’lîyppocrate appelle embryon l’enfant ou le fœtus contenu dans la matrice ; et Mar-cellus ajoute que ce nom convient au fœtus pendant tout le tems de la grossesse.
- EM BR YOLOGIE, s. f. composé d’îpCpvov ( embruon ), et de réïoç ( logos ) , discours.
- ( Anat. ) Discours sur le fœtus, ou partie de l’anatomie qui traite du fœtus pendant son séjour dans la matrice.
- EMBRYOTII LASTE, s. m. forme' A’ï/uÇpvov ( embruon ) , et de ( thlaô), briser, rompre.
- ( Chirur. ) Instrument qui sert à rompre les os du fœtus , dans les accouchemens laborieux, pour faciliter son extraction.
- EMBRYOTOMIE, s. f. fait d’i>-Cpvov ( embruon ), et dé Ap-m ( tem-nà ), couper.
- ( Chirurgie ) Exsection du fœtus mort dans laAnatrice. Il y a cette différence entre l’opération césa-riennne etl’embryotomie, que dans la première l’enfant est tiré entier par une incision faite à l’abdomen de la mère, au lieu que dans la seconde , l’enfant est coupé et démembré dans la matrice, pour pouvoir en faire l’extraction sans blesser la mère.
- Ce mot signifie aussi la préparation anatomique du fœtus.
- EMBRYÜLKIE, s. f. compose' d’ifjtÇpucv ( embruon ), et de irn» (heïkô), tirer.
- ( Chir. ) Extraction de l’enfant du ventre de la mère dans un accouchement contre nature.
- ( Botan. ) Partie interne de toute graine parfaite , la plante en miniature : sa forme est cylindrique oa comprimée ; sa direction droite , circuiaire ou en spirale ; sa situation est au centre ou au sommet du péris pe?/ne ou enveloppe de la semence. Il est ordinairement unique y .cependant quelques semences en contiennent plusieurs.
- Nul embryon sans fécondation, et par conséquent sans organes sexuels : nuis organes sexuels dans les espèces de plantes qui n’ont point d'embryon à former pour leur reproduction. L’embryon étant le rudiment
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- d’une nouvelle plante semblable à celle dont il provient, doit être regardé comme le plus essentiel des produits d’un végétal. C’est aussi la partie la plus généralement existante dans les espèces sexifères.
- {Jardin.) Les jardiniers appellent embryon la partie du pistil qui doit devenir un irait.
- EMBUSCADE, s. f. du latin barbare imboscata , ou de l’ancien mot base , qui signifie forêt , bois : troupe de gens armés cachés dans un bois.
- ( Art rnilit. ) Troupes cachées dans un bois ou en quelqu’autre lieu secret pour attaquer l’ennemi quand il passe , ou pour l’enfermer et lui donner à dos.
- Embuscade se dit aussi de l’endroit où l’on se cache pour surprendre l’ennemi au passage. Ou dit les ennemis sont tombés dans une embuscade , se mettre en embuscade , faire une embuscade, sortir de P embuscade.
- ÊMENDER, v. a. du lat. emen-do , corriger , formé de la particule extractive e, et de tnenda , faute , pour menda purgo, ôter les défauts.
- ( Pratique ) Ce mot , qui u’est d’usage qu’au palais , signifie corriger , réformer , lorsqu’un juge d’appel infirme la semence d’un juge inférieur , il se sert du terme entendant qui veut dire corrigeant la sentence dont est appel. Tient ensuite le jugement que rend le juge d’appel.
- ÉMERAUDE , s. f. du grec <ry.a-pz.yS'oç ( smaragdos ), dont les Latins ont fait srnaragdus , les Italiens smeraldo , les Espagnols esmeral-das , et les Anglais emerald.
- ( Minéral. ) Pierre précieuse transparente , dont la couleur est d’un vert plus ou moins foncé : celles d’un vert clair sont les plus estimées. La dureté de l’émeraude est un peu inférieure à celle du grenat et du héril : une lime bien trempée a un peu de prise sur elle. E*émeraude , contre l’ordinaire des gemmes , peut se fondre au chalumeau sans audition. Une émeraude exposée au foyer d’une forte lentille'fut fondue eu trois minutes de tems , et convertie en un globule de couleur bleue terne avec quelques taches
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- blanchâtres. Quelques naturalistes ont dit que Vémeraude étoit phosphorescente par la chaleur: d’autres ont nié Je fait. Sa pesanteur spécifique est à celle de i’eau distillée comme 27,725 est à 10,000. Cette pierre cause aux rayons de lumière une double réfraction. Les émeraudes sont d’nn prix tout-à-fait inégal ; c’est la couleur et la pureté qui en font toute la différence. Boëc etBoot estiment une émeraude parfaite , de quelque grandeur qu’elle soit,la quatrième partie du prix d’ua diamant.
- Toutes les émeraudes qui sont maintenant dans le commerce viennent du Pérou. C’est principalement dans le nouveau royaume de Grenade qu’elles se trouvent; et parmi les mines présentement exploitées , celles de la juridiction de Santa-Eé, et celles de la vallée de Tunca, sont regardées comme les plus abondantes.
- Lors de la découverte du Nouveau-Monde , les Espagnols trouvèrent une immense quantité d’<?7?4É?-raudes à Puerto-Tiejo et à Mente, dans la province de Quito. Les mines qui fournissoient ces émeraîtdes sont depuis long-tems épuisées, et les naturels du pays ont perdu la tradition des lieux où elles étoient, quoique des provinces et des rivières conservent encore le nom d’esme-raldas. Comme les émeraudes qui venoient de ces anciennes mines, étoient plus parfaites, qu’elles réflé-chissyient un beau vert de prairie., dépuré , riche et bien avivé , ce qui n’est pas ordinaire aux pierres des modernes découvertes, on les distingue par le nom d’émeraudes de vieille roche.
- Quoiqu’en général on regarde le Nouveau-Monde , et particulièrement le Pérou , comme la patrie de P émeraude, cette gemme appartient aussi aux montagnes des anciens con-tinens.
- Anciennement l’Égypte , la Scy-thie , la Baetriane en fournissoient ; maintenant, il s’en trouve encore à Ceylan et dans différentes contrées de l’Afrique et de l’Europe.
- Le mot émeraude, ou un de ceux qui lui correspondent dans les différentes
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- férentes langues , ont présente l’idée d’une pierre précieuse, verte, dans les livres de la plus haute antiquité. On voit dans le livre d’Esther , que la salle d’Assuérus étoit pavée d''émeraudes ; mais la longue énumération que les naturalistes anciens font des différentes pierres qu’ils appeloient de ce nom,le volume extraordinaire qu’ils supposent dans quelques-uues de ces pierres , doivent faire croire que le mot émeraude étoit pour eux un nom générique , applicable à toutes les pierres vertes.
- U émeraude étoit à un tel dé-
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- rè d’estime chez les anciens , que ’orsque Lucuflus , ce romain si célèbre par ses richesses et par son luxe , aborda à Alexandrie , Ptolemée occupé du soin de lui plaire , ne trouva rien de plus précieux à lui offrir qu’une eme-raude sur laquelle étoit gravé le portrait du monarque égyptien.
- Les Romains respectoient tellement la beauté ae cette pierre qu’on sembloit, dit Pline, être convenu de ne pas l’entamer avec le burin ; cependant ce naturaliste ajoute que les Grecs l’ont quelquefois employée à cet usage.
- ÉMERGENT, adj. dulat. emergo, composé de la particule extract. e, de, hors de , et de mergo , plonger-, sortir d’où l’on étoit plongé.
- ( Chronol. ) On appelle en termes de chronologie , année émergénte, l’époque dont on commence à compter le tems.
- Notre année émergente est quelquefois celle de la création. Les Juifs comptoient depuis le déluge ou depuis l’exode , c’est-à-dire , depuis leur sortie d’Egypte.
- Les Grecs prenoient pour année émergente , l’année du rétablissement des jeux olympiques. L’année de la fondation de Rome étoit Vannée émergente des Romains, Les chrétiens comptent depuis la naissance de J. C. ou environ. Les. Musulmans depuis l’hégire , ou la bote de Mahomet de ta Mecque à Médine , qui arriva l’an 622 de •h C. L’annee émergente actuelle des Français est celle de la fondation de la République l’an 1790 de J. C.
- ( Optique ) Emergent se dit aussi des rayons qui sortent d’un milieu qu’ils ont traversé.
- ÉMERI ou ÉMERIL . s. m. du lat. smyris, fait du grec crjuapii ( smuris), que M. Lemery fait venir de irp.stoù (smaô ), polir, nettoyer. Les Italiens disent smeriglio.
- ( Minéral. ) Mine de fer en état de chaux , disséminée dans une roche dure ; elle sert à polir les pierres et à les graver.
- ÉMERITE,s. m.dulat.emeritusj fait à’emereo , mériter.
- ( Insîruct. publ. ) Ce mot si-gnifioit anciennement un homme de guerre , emeritus miles , qui avoit blanchi sous le harnois , et auquel on accordoit 1 ’emcritum ( sous entendu stipqendium ).
- La pension émerite se dit maintenant d’un professeur qui a vingt ans d’exercice , et qui a quitté sa chaire pour jouir de la récompense due à ses services.
- EMERSION, s. f. même origine qu’ÉMERGENT.,
- ( Hydrostat. ) Élévation de quelque corps solide au-dessus de la surface d’un fluide qui est devenu, ou qui étoit déjà spécifiquement plus pesant que lui , et dans lequel il avoit été jeté ou plongé avec force.
- C’est une des lois connues de l’hydrostatique, qu’un corps solide, étant enfoncé avec force dans uu fluide plus pesant, fait effort immédiatement après pour remonter -r et cela avec un degré de force égal à l’excès du poids d’un pareil volume du fluide sur le poids du solide même.
- {Astron.) Emersion se dit aussi , en termes d’astronomie , de la réapparition d’une étoile qui étoit éclipsée , et même de celles de la lune et du soleil dans leurs éclipses, pour marquer que le soleil, la lune ou quelque autre planète, recommencent à paroître , après avoir été éclipsés ou cachés par l’interposition de la lune , de la terre ou de quelque autre corps céleste ; il est opposé à IMMERSION. V. ce mot.
- On se sert encore du terme émersion , lorsqu’une étoilç ou planète
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- que le soleil cachoit, parce qu'il eu étoit trop proche , commence à reparoître , en sortant , pour ainsi dire , des rayons de cet astre. C’est le lever héhaque.
- Scrupules ou minutes d’émersion ,• c’est l’arc que le centre do la lune décrit, depuis le tems qu’elle commence a sortir de l’ombre de la terre, jusqu’à la fin de VArlinsp
- EMETIQUE, s. m. et adj. du grec i p.i’unàç ( emetikos ) ; vomitif ; formé d’iy.zûc ( erneo ) , vomir.
- ( Méd. ) Emétique , ou suivant les chimistes modernes , tartrite de potasse et d’antimoine , est un médicament qui provoque le vomissement , ou qui étant pris intérieurement fait sortir avec effort par la bouche les matières contenues dans l’estomac et dans les premières voies.
- Ce remède étoit encore peu connu en i658. Un médecin d’Abbeville , nommé du Sausoi , l’administra avec succès, contre l’avis du premier médecin Vailot, à Louis XIV , qui étoit tombé dangereusement malade à Calais.
- EMÉTGCATHARTIQUE , adj. du grec ïp.iTos ( emetos), vomissement j et de xitôap'T/jtoç ( Jcathar-tikos ) , purgatif, dérivé de nuôaipce ( kathairô ), purger : purgatif qui excite le vomissement.
- { Méd. ) On appelle ainsi des remèdes qui purgent par haut et par bas. Ce sont des émétiques auxquels on joint des purgatifs pour en adoucir i’actiou et les précipiter en partie par les selles.
- ÉMETQLOGIE , s. f. du grec tjui-Tnç ( emetos ), vomissement, et de xayoç ( logos ), discours.
- ( Méd.) Partie de la médecine qui traite des émétiques ou du vomissement,
- ÉMIGRATION, s. f. du latin emigratio , formé de la particule extract, ex, de, hors, et de mi-gro , sortir , changer de domicile : Action de sortir de son pays pour aller s’établir ailleurs.
- ( Ornithologie ) Emigration des oiseaux la différence des saisons oblige quelques oiseaux à chercher à des époques fixes un ciel plus chaud, des jours plus longs, 'une
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- nourriture plus abondante, et tout ce qui peut ajouter aux plaisirs de l’amour.
- L'agriculteur observe le tems de leur départ et celui de leur retour : ils lui indiquent l'époque où il doit entreprendre et terminer les pins importans travaux. Ces émigrations fournissent aussi sur l’état de l’atmosphère des observations curieuses.
- ÉMINENCE, s. f. du lat. emi-nentia , fait d’emineo, s’élever ; paroitre au-dessus.
- ( Art milit. ) Petit tertre ou'colline qui est élevée au- dessus de la rase campagne ; élévation qui commande des lieux plus bas. Une armée campée a l’attention de faire garder les éminences qui la commandent , de peur de l’insulte.
- ( Anatomie) Eminence se dit de toutes les portions des parties solides qui s’élèvent de manière à se faire distinguer du tout dont elles font partie. On leur a donné différens noms tirés de leur figure, de leur situation , de leur con -nexion et de leurs usages. E. APOPHYSE, EPIPHYSE.
- ( Econ. polit. ) Eminence est encore un titre d’honneur que l’on donne aux cardinaux. Luc Hostein, dans un discours public , ayant traité le cardinal françoi? Barbe-rin , d’êminentissime , tous les autres cardinaux voulurent depuis être traités de même , ce qui donna lieu au décret par lequel Urbain VIII ordonna le 10 janvier i65o, que les titres d ’ éminence et d ’éminentissime seroient attribués aux cardinaux. On neleuravoit donné jusqu’alors quéTe titre de seigneurie, révérendissime e t illustrissime. Ils prirent tous avec joie l’éminence ; il n’y eut que le cardinal Maurice de Savoie qui la refusa, et qui conserva toujours celui d’altesse sérénissime.
- Les électeurs ecclésiastiques et le gra)id maître de Malthe prennent aussi le titre d’éminence.
- EMIPi, s. m. mot arabe , dérivé du verbe amar , commander.
- ( Hist. des Turcs ) Titre de dignité ou qualité chez les Turcs et les Sarrasins , qu’on donne à ceux
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- ouï sont pareils 011 descendus du grand prophète Mahomet, par sa fille Fatitne.
- Les émirs sont en grande vénération , et ont seuls le droit de porter le turban vert.
- Ce titre ne se donnoit d’abord qu’aux califes ; mais ceux-ci ayant pris , dans la suite, celui de sultan, ils donnèrent celui à’émir à leurs eufans , comme celui de César chez les Romains ; et par succession de teins, 011 a appel! é émirs tous les desceudans de Mahomet.
- Emir est aussi un titre qui, joint à quelqu’autre mot, désigne souvent quelque charge et emploi, comme émir elomera , le commandant des commandans. C’étoit du tems des califes, le chef de leurs conseils et de leurs armées.
- Les Turcs donnent aussi ce nom à tous les visirs ou hachas des provinces.
- ÉMISSAIRE, s. m. du latin emissarius, fait d’emitto, composé de la particule extract, e, de , hors , et de mitto, envoyer : celui qui est envoyé secrètement pour découvrir quelque chose , pour semer des bruits , donner des avis.
- . ( Hist. nat. ) Les Romains ap-peloient ainsi le sarment de la vigne, la jeune branche de palmier qui devoit servir à porter des fruits ; l’étalon qui n’étoit destiné qu’à couvrir des jumens , et le bouc qui servoit à féconder un troupeau de chèvres.
- un corps lance ou fait sortir hors de lui des particules de sa propre substance ou de quelqu’autre substance qui lui est unie ; c’est la même chose qu’ÉMANATION. V. ce mot.
- C’est une grande question en physique, et sur laquelle on n’est pas d’accord , que de savoir si la propagation de la lumière se fait par pression ou par émission, c’est-à-dire , si elle se communique à nos yeux par l’action du corps lumineux sur un fluide permanent entre lui et nous, ou par Vémission des particules de la, propre substance du corps lumineux lui-même, jusqu’à notre organe. V. LUMIERE, PROPAGATION.
- EMMANCHEMENT, s. m. de manche, et de la prépos.in, dans : l’action de mettre, d’entrer , ou de faire entrer dans la manche. Ce mot vient des manches anciennes , qui étoient fort larges d’un côté et étroites par l’autre.
- ( Dessin ) Emmanchement se di t des jointures des membres au tronc d’une figure , et de la jonction des parties d’un membre les unes aux autres.
- EMMANCHER, v. n. entrer en la manche , même origine qu’EM-MANCHEMENT.
- ( Marine ) Il se dit d’un bâtiment qui entre dans la Manche, ou le canal qui sépare la France de l’Angleterre.
- ( Ecriture Sainte ) Bouc émissaire ; c’étoit un bouc que l’on chassoit dans le désert, chargé de toutes les malédictions que l’on vouloit détourner de dessus le peuple.
- ( Art militaire ) Emissaire se dit aussi d’une sorte d’espion envoyé par quelqu’un pour observer ce qui se passe dans un lieu, ou pour y agir secrèéement au nom d’un autre.
- ( Physiol.) Emissaire est enco le nom de quelque canal ou rése voir qui évacue une humeur qui conque. V. EMONCTOIRE.
- EMISSION , s. f. même origi qu EMISSAIRE : action d’émetti ( Physique ) Action par laque!
- EMMENAGOGJLTES , s. m. du grec ( emmêna ), menstrues,
- règles , formé de pnv (mén), mois, et de ccym ( ago ) , faire sortir.
- ( Mat. méd. ) On appelle ainsi les remèdes qui ont la vertu d’exciter l’écoulement des règles, des lochies ; et de favoriser la sortie du fœtus.
- EMMÉNALOGIE , s, m. du grec ip-fr-nret ( emmêna ) , règles, et de Aoyoç {logos ) , discours.
- {Méd.) Traité des menstrues , ou partie de la médecine qui traite de l’écoulement périodique des femmes.
- EMOLLIENT, adj. et subs. du lat. emolliens, partie, à’emollire , amollir.
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- ( Mat. méd. ) Epithète que l’on donne aux remèdes qui par une humidité tempérée et une douce chaleur , ramollissent les duretés, les tumeurs, les endures, et relâchent les fibres trop tendues.
- ÉMOLUMENT , s. m. du latin
- emolumentum , formé d’emolo , moudre, et qui signifie ce qu’un meunier gagne à moudre du grain.
- ( Econ. polit. ) Profit , avantage. Ce terme est particulièrement affecté aux charges et emplois , et se prend pour tous les revenant-bons , profits et avantages casuels qui proviennent d’une charge. Daqs ce sens , il est opposé aux revenus fixes , et ne s’emploie qu’au plu-ricr.
- EMONCTOIRE , s. m. du latin emunciorium , formé d’emungo , moucher, tirer dehors.
- ( Phy&iol. ) Partie organique destinée à séparer et à évacuer les humeurs inutiles de la masse du sang. La peau est. une émonctoire du corps ; le nez est un émonctoire du cerveau; les reins et la vessie sont des émoncloires pour l’urine.
- Ernonctoires sc dit aussi de certaines glandes aux aines , aux aisselles , derrière les oreilles , etc., servant à la décharge des humeurs superflues. On les appelle naturels , par opposition aux émoncloires artificiels, tels que les cautères , etc.
- ÉMONDER, v. a. du latin emundo, nettoyer.
- ( A prie, jardin) Couper les menues branches d’un arbre , pour en ôter le bois nuisible et superflu. On émonde lés arbres fruitiers quand ils jettent trop de bois. V. ELAGUER.
- EMPALER , v. a. du lat. barb. impalare, formé de la préposition in , en , dans, et de palus, pieu.
- ( Hist. turque) Ce mot exprime un genre de supplice usité chez les Turcs, et qui consiste à faire passer un pal, ou un pieu aigu par le fondement, et le faire sortir par les épaules. C’est un supplice hn’on pratiquoit du teins de Néron, et dont Juvénal fait mention.
- EMPASME} s. m. du grec
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- irtte-er» ( empasso ) , répandre , arroser.
- (üosmét.) Poudre parfumée qu’on répand sur le corps, pour empêcher les sueurs inutiles.
- EMPATEMENT, s. m. de patte, pied.
- ( Archit. milit. ) Un empâtement ou talus est la pente que l’on donne aux élévations de terre ou de murailles , afin que les unes et les autres se soutiennent mieux.
- ( Archit. civ. ) Empâtement se dit aussi de l’épaisseur de maçonnerie qui sert de pied à un rnur ; ses ioi.demens, sa partie la plus basse.
- ( Mécan. y Oh appelle encore empâtement ou rainaux d’une grue, les pièces de bois sur lesquelles elle est construite et élevée.
- EMPATER, v. a. de pâte, du lat. p-asta : remplir de pâte.
- ( Peinture ) Empâter signifie r dans le langage des peintres , mettre beaucoup de couleur, soit en une fois, soit en plusieurs, sur ce qu’on peint. On dit, ce tableau est bien empâté , bien nourri de couleur.
- Empâter se dit encore lorsqu’on met les couleurs sur un tableau, chacune à la place qui convient, sans les mêler ou les fondre ensemble. On dit, cette tète n’est qu’empâtée.
- ( Gravure ) On dit pareillement, en gravure, que des chairs sont bien empâtées, lorsque le travail des tailles et des points rend le moelleux de la peinture.
- EMPÊCHEMENT, s. m. d'empêcher, et celui-ci du lat. barb. impechiare.
- { Pratique ) Obstacle , opposition. Il y a des empêchemens qui proviennent du fait des personnes il y en a d’autres occasionnés par les circonstances. La parenté en degré prohibé , par exemple , est une circonstance qui empêche qu’un mariage soit valablement contracté entre certaines personnes.
- On a distingué deux sortes d’em-pêchemeris de mariage ; savoir, les empêchemens dirimans , E. DIRI-MANS , et les autres appelés empêchemens seulement, on empé-chemens prohibitifs
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- EMPENNELLER , v. a. de l’italien impennellare, fait de pen-nello , petite ancre ; jeter, mouiller la petite ancre.
- ( Marine ) Empenneller c’est mouiller une petite ancre en avant d’une grosse à laquelle elle tient , pour partagey son effort, et la retenir, en cas qu’elle vienne à chasser, ce qui se pratique lorsqu’on prévoit du mauvais tems et augmentation du vent.
- EMPEREUR , s. m. du lat. im-perare, commander.
- ( Hist. anc. ) Les Romains don-noient ce nom à tous les généraux: d’armée , et particulièrement à celui qui avoit pris une ville importante , ou gagné une bataille dans laquelle les ennemis avoient perdu dix mille hommes.
- Jules-César s’étant fait nommer dictateur perpétuel , l’an 708 de la fondation de Rome, doit être regardé comme le premier empereur romain. Le peuple lui déféra ce titre pour marquer l’autorité absolue dont il jouissoit dans la république Dès-lors le nom d’empereur fut un titre de dignité ; néanmoins ses . successeurs furent plusieurs fois salués empereurs , à Ja suite de quelque expédition brillante ; et cet hommage qu’ils ne dévoient ni à leur qualité , ni à leur r. ng , étoit le prix de l’habileté d’un grand général. Auguste lut vingt fois salué empereur pour vingt victoires célèbres.
- L’armée de Titus l’accorda à ce prince après la prise de Jérusalem , et cet u«age se conserva jusques sous Trajan.
- La dignité à’empereur fut héréditaire sous les trois premiers successeurs de Jules-César, Octave-Auguste, Tibère et Caligula ; mais, après la mort de ce dernier, elle devint élective. Claude fut proclamé empereur par les soldats de la garde prétorienne. Depuis ce .ems les armées s’arrogèrent le droit ce se donner un maître, et un simple soldat fut plusieurs fois tionoré de leur choix.
- {llisi. mod.) Empereur est main-tenant. un titre qu’on donne aux souverains de certains pays. Empereur de la Chine , empereur du
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- Japon. On donne encore ce titre au sultan des Turcs. Le czar de Moscovie est maintenant appelé empereur de Russie.
- En Allemagne, ce titre désigne celui qui a été légitimement choisi par les électeurs pour être le chef de l’empire romain germanique.
- L’empereur d’Allemagne, comme archiduc d’Autriche, vient tout récemment de prendre le titre d’e/re-pereurhéréditaire d’Autriche, pour le distinguer du titre électif d’empereur d’Allemagne.
- ( Républ. franç. ) Empereur est aujourd’hui le titre du chef suprême de la république française.
- EMPHASE , s. f. du gr. ipupant ( emphasis ), formé cl’ïpiqciivoù ( em~ pkainà) , faire briller: littéiale-ment, action de mettre en évidence.
- ( Rhétor. ) Manière pompeuse de s’exprimer et de prononcer. Ainsi, il y a emphase dans l’expression , dans le ton de la voix et dans le geste. Ce mot se prend ordinairement en mauvaise part.
- R’emphase on a fait emphatique, pour exprimer ce qui a de Y emphase,, et emphatiquement, pour désigner une chose faite d’une main ère emphatique,
- EMPHRACT1QTJE , adj. du grec tf/,qir>cLy,Tty,oç (emphraktikos) , formé à’iptppâr'l a> ( emph/attô ), obstruer, boucher.
- ( Méd.) C’est ainsi qu’on appelle les topiques obstruans , ou qui , appliqués au corps, s’y attachent, enduisent et ferment les pores, comme font les graisses, les mucilages, la cire; etc. c’est la même chose qu’emplasiique.
- EMPHRAXIE, s. f. du grec ?//.<T'pa|/ç ( emphraxis ), obstruction.
- ( Méd. ) On désigne par ce mot, une obstruction d’un canal, parla matière inhérente en dedans de ce canal, laquelle ne peut passer par son extrémité sans produire dans ce même canal quelque changement. Tel est le rétrécissement des cavités par des matières visqueuses, épaisses, grumeiées, inflammatoires, calculeuses, plâtrée;.*
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- ses, purulentes, adipeuses, qui obstinent les cavités même des vaisseaux. V. STENOCHORIE , et THLIPSIE.
- EMPHYSÈME, s. m. du grec if/.qû'nfxcL ( emphusêma ) , formé d’Iv ( en ), dans , et de qva-ttw ( plvusaô ), souffler.
- ( Méd.) Tumeur molle, blanche, luisante , élastique, indolente , occasionnée par l’air répandu sous la peau dans les cellules du corps graisseux. C’est une bouffissure, ou boursouflure, semblable à celle des animaux qu’on souffle après les avoir tués. L’ emphysème diffère de Vœdème, en ce que celui-là ne retient point l’impression du doigt.
- EMPHYTÉOSE , s. f. du grec îp<pv'Tii<rnç ( emphuteusis ) ente , greffe, dérivé d’sv (ère) dans, et de <p ütsvo) ( phuteuô j), planter, enter.
- ( Jurisprud. ) Contrat par lequel le propriétaire d’un héritage en cède à quelqu’un la jouissance pour un terns, ou même à perpétuité , à la charge d’une prestation ou redevance annuelle.
- Ce contrat est ainsi appelé d’enter , parce qu’anciennement il n’avoit lieu que pour les terres que l’on donnoità défricher, comme on ente, les arbres pour les améliorer.
- EMPHYTÉOTE, s. m. même origine qu’Emphytéose : celui qui a pris un héritage, à titre ja emphytéose.
- EMPHYTÉOTIQUE, adj. même origine que les précédens : ce qui appartient à Vemphytéose.
- EMPIRE , s. in. du lat. imperium , fait d’impero , commander : commandement, puissance, autorité , domination, étendue d’un pays sous la domination d’un empereur , durée de la domination d’un empereur.
- ( Hist. anc. ) Empire des Assyriens ; cet empire fondé par Nem-xod, l’an 1800 de la création du monde, a subsisté jusqu’en 0209, que mourut Sardanapale.
- Empira des Mèdes; Arbace jeta les fondemens de cet empire , Tau du monde 525j , et Cyrus le réunit
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- en 3468 à celui des Babyloniens e* des Perses.
- Empire des Perses ; cet empire commença l’an 3468, et finit^ôo ans après la mort de Darius Co-domon, en 36y4.
- Empire des Grecs; cet empire, à ne le prendre que jour la durée du règne d’Alexandre, commença Tan du monde 5674, et finit à la mort de ce conquérant, en 368i.
- Empire romain; Jules - César fonda cet empire, l’an du inonde 5g56 , 48 ans avant la naissance de J. C. , et Constantin en transporta le siège à Bysance, l’an 334 de J. C. 3190 ansaprèsla fondation deRome.
- Bas-Empire; on appelle ainsi les derniers tems de l’empire romain , qui se prennent ordinairement depuis Valérien.
- ( Hist. mod. ) Empire grec ; l’Orient et l’Occident formèrent, sous Charlemagne deux empires séparés. Le premier, gouverné par les empereurs grecs, commença, l’an 802 de J. C., se soutint quelque tems avec éclat, s’affoiblit ensuite peu-à-peu, et finit en la. personne de Constantin Paléoloeue, l’an i453.
- Empire romain, ou empire d’Allemagne , ou Saint-Empire ; c’est le second des deux empires séparés qui se formèrent sous Charlemagne. Cet empire n’est qu’une portion des Etats soumis à Charlemagne, et ne comprend actuellement que ce qu’on appelle l’Allemagne.
- Depuis l’extinction de la maison de Charlemagne, qui possé-doit l’empire par droit de succession, ou selon quelques-uns, depuis Henri IV, la dignité impériale est demeurée élective. Les empereurs prennent le titre de César , à l’imitation des anciens empereurs romains.
- Empire de Russie; anciennement les souverains des pays prenoient le titre de czar , et de grand duc : Ivan Vasihcwiez se fit couronner en i547, en cette double qualité. Mais comme les interprètes de Moscou , et après eux les Moscovites, traduisent le mot czar ou zar, par celui d’empereur , Eierre Ier adopta ce dernier titre que lui donnèrent ses sujets j et ses successeurs se quali-
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- fient maintement d’empereurs autocrates de toutes les Russies.
- Empire britannique ; depuis la réunion de l’Irlande à l’Angleterre, les deux pays sont maintenant sous un même parlement, compris.sous la dénomination d'empire britannique.
- Empire français ; c’est le nom qu’on donne maintenant a la république française, depuis que sonchef a été revêtu du titre d'empereur.
- EMPIRIQUE , s. m. du grec éy.Triipiy.o; ( empeùikos ) , savant par expérience ; formé de nrupa, (peira), expérience , essai.
- ( Méd. ) Ce! ui qui dans la médecine ne s’attache qu’à l’expérience, et qui ne suit pus la méthode ordinaire de l’art.
- Les médecins empiriques ont formé , vers l’an 287 avant J. C. , une secte très-célèbre , dont Séra-pion d’Alexandrie fut le chef. Us sontenoient qu’il est dangereux de raisonner dans la médecine, etqu’il faut s’en tenir à l’expérience-Pline et Celse ont parlé des em-piriques it de leur profession.Par la suite, le nom à’empirique a été pris en mauvaise part, et aujourd’hui il est synonyme avec charlatan.
- La méthode des empiriques ou Vempirisme , consiste à médicamenter par de prétendus secrets , sans autre science de la véritable médecine.
- ( Astronomie ) Equations empiriques ; on a nommé ainsi àçs équations trouvées indépendamment de toute théorie , et d’après les seules observations d’une planète ; et comme elles représentent avec exactitude le mouvement de cette planète pendant les révolutions observées , on en conclut qu’elles pourront les représenter indéfiniment.
- Ainsi , les équations de Mars , telles que Kepler les détermina lorsqu’il trouva moyen d’expliquer les irrégularités qu’il avoit observées dans son cours , en supposant que. son orbite étoit elliptique , étoient des équations empiriques,
- EMPLAS1IQUE , adj. du grec ‘u.'Trr -iTTOi, ( <mplassô ) , enduire , boucher , obstruer : qui tient de 1 emplâtre.
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- ( Mat. méd. ) Epithète que l’on donne aux méuicamens topiques , obstruans , ou qui appliqués au corps , s’y attachent, enduisent et ferment les pores , comme font les graisses,les mucilages,la cire, etc. C’estlamême chose qu’EMPHRAC-TIQTJE.
- EMPL ATRE , s. m. du lat. em-plastrum, formé du grec llurnXa,<ra-m ( empiassô ) , enduire , boucher , obstruer.
- [Mat. méd.) Médicament externe, de consistance solide etglutineuse, composé de différentes drogues cuites et unies en masse , dont on a coutume de former des magdaléons, et qu’on étend sur du linge ou de la peau, pour appliquer sur quel que partie du corps.
- Emplâtre se dit aussi d’un morceau de cuir , d entoile ou de taffetas , sur lequel on étend l’emplâtre , pour l’appliquer ensuite sur quelque partie du corps. Ce mot, pris dans ce sens, est quelquefois employé au féminin , et quelques auteurs prétendent que c’est pour n’avoir pas pris garde à ces deux différentes significations du mot emplâtre , que les plus habiles dans la langue ne conviennent pas de son genre ; mais l’usage le plus général le fait masculin dans l’un et dans l’autre sens.
- EMPLOI, s. m. du lat. implicare.z bon ou mauvais usage qu’on fait de quelque chose.
- ( Commerce ) Emploi d'une somme , en matière de compte , est l’application qu’on en fait dans la recette ou dans la dépense. Dans ce sens on Ait faux emploi , pour emploi fait mal à propos ; et double emploi , pour un emploi fait deux fois de la même somme.
- ( Pratique ) Emploi se dit, en terme de palais , de la mention que l’on fait d’une pièce dont on tire quelque induction : on fait aussi Vemploi de faits que l’on regarde comme certains.
- (Econ. polit.) Emploi signifie aussi l’occupation, lafonctiond’une personne qu’011 emploie.
- ( Art. dramat. ) Emploi se dit encore, au théâtre, des rôles qu’un
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- acteur est chargé de jouer ; et l’on dit tel acteur a Vemploi des rois , des valets , pour dire qu’il joue les rois , les valets , etc.
- EMPORE, s. m. du grec 'ipnoptov (eniporion), dont les Latins ont Fait emporium ; marché , foire , dépôt de marchandises.
- (Physiol. ) Réservoir formé pour les fibres médullaires , qui partent des différentes glandes de toute la substance cendrée du cerveau , et où elles déposent les esprits animaux. qui ont été filtrés.
- EMPROSTHOTONOS,s. m. mot grec composé d’quTrpeo-Ssv ( empros-ihen), en avant ; et de nôvoç (tonos), tension , dérivé de nitvœ ( teinô ) , tendre.
- (Méd. ) Espece de convulsion qui fait pencher le corps en devant ; en sorte que le menton touche à la poitrine , et que la tête est quelquefois attirée jusqu’aux genoux , par la contraction des muscles mastoïdiens , et des muscles antérieurs du tronc.
- EMPORTE-PIECE , s. m. composé de pièce , et Remporter, enlever.
- ( Technol. ) Fer aigu et tranchant dont se servent. diSerens ouvriers pour enlever , d’un seul coup , des pièces de différentes matières qu’ils travaillent, pour découper et même égratigner des étoffes
- EMPREINTE , s. f. du lat. imprimer e, imprimer : impression , marque , figure de ce qui est empreint. Telle est l’empreinte d’un cachet , d’une médaille , etc.
- ( Glyptique)On appelle empreintes ou pâtes antiques des imitations des gemmes et des pierres gravées.Cet art a été restitué en Italie, et porté depuis à sa perfection par Clochant, Dehn, Rqiftènstein , Lippert et Tas-sie.
- On fait des empreintes en verre coloré, en cire d’Espagne, en soufre mêlé avec du vermillon ou en plâtre.
- (Hist. nat. ) Empreintes se dit aussi des pierres sur lesquelles on trouve des figures de plantes , de poissons, etc.
- ( yfnat. ) Empreinte est encore le 'nom de l’endroit des os où s'insèrent
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- les muscles et les ligamens. On dit l'empreinte musculaire de tel os , les empreintes tendineuses de la’pe-tite et de la grande tubérosité de la tête de l'humérus , etc.
- EMPR.UKT , s. m. du lat. barbare imprestare , emprunter.
- ( Prat. ) Action par laquelle oa se procure l’usage d’une somme d’argent ou de quelque autre chose dont on a besoin.
- Emprunt à constitution de rente ; c’est lorsque l’emprunteur se charge envers le prêteur de lui payer jusqu’au remboursement une rente pour lui tenir lieu des intérêts ou fruits de la somme prêtée.
- EMPSYCOSE, s. f. du grec ept-J.iyoniç (empsuchosis ), formé d’s/x-4vy6a> ( ernpsuchoo ), animer, vivifier.
- (Physiol.) L’action d’animer, ou l’union de i’ame avec le corps.
- EMPYÈMEjS.m. du gr. 'ipnvvuptet ( empuêma ) composé delà particule iv (en), dans , et de nrvov (puon ), pus.
- (Méd. Chir. ) Ce mot se prend pour une maladie ou pour une opération de chirurgie. Comme maladie , c’est eu général un amas de pus dans quelque cavité du corps , dans la tête, le bas-ventre ou ailleurs. Mais parce que cet amasse fait plus souvent dans la poitrine que dans toute autre cavité , on appelle particulièrement empyême mie collection de pus dans la capacité de la poitrine.
- Comme opération de chirurgie , c’est une ouverture qu’on fait an bas de la poitrine pour donner issue au pus , au sang ou à quelque autre liquide épanché dans sa capacité.
- EMPYOCELE , s. m. mot grec , composé de la particule Iv (en), dans , de rrvov ( puon ) , pus , et de khXü ( kêlê), tumeur, hernie,
- ( Chirurg. ) Abcès dans le scrotum ou dans les testicules ; espèce de fausse hernie.
- EMPHYOMPHALE, s. f. mot gr, composé de la particule sv ( dans ) , de iïvov (puon ), pus, et de o/s.<pstKoç (cmphalos ) , nombril.
- ( Chirurgie) Espèce d’hernie Qïiy biîicale, qui contient du plis.
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- EMPYRÉE, s. m. de la particule grecque «v {en), dans, et de ntop {pur ), feu : en feu.
- ( Théol. ) Le plus liaut des deux , le lieu où les saints jouissent de la vision béatifîque. On l’appelle ciel empirée pour marquer son éclat et sa splendeur.
- EMPYREUME, s. m. mot grec formé du verbe ilu'7rvpoa> ( empuroô), enflammer, brûler.
- ( Chimie ) Le goût et l’odeur désagréable que contractent les substances huileuses qui ont été exposées à l’action d’un feu violent.
- D1émpireume on a fait empyreu-matique pour signifier une substance qui sent Vempyreume.
- ÉMULGENT , TE , adj. du latin emulgere , tirer le lait, traire, épuiser à force de tirer.
- ( Physiol. ) C’est le nom qu’on donne aujourd'hui aux artères qui portent le sang dans les reins et aux veines qui reportent Je même sang.
- EMULSION, s. f. même origine que le précédent.
- ( Pharmacie) Remède liquide ordinairement agréable , qui imite le lait par sa couleur et sa consistance , et qu’on prépare avec les meilleures substances laiteuses et oîéagéneuses.
- ENHARTROSE, s. f. du grec ÈV«p0œ<r/î ( enarthrôsis ), formé de fv( en ), dans, et d’xpOpov { arthron ), jointure, articulation.
- ( Anat. ) Articulation ou espèce de diathrose dans laquelle une cavité d’os profonde reçoit une grosse tête avec uu mouvement manifeste en tout sens : telle est l’articulation de l’humérus avec l’omoplate, du lemur avec i’os innommé.
- ENCABLURE, s. f. de CABLE. ( ^T%,ce mot) : Longueur d’un cable.
- {Manne) Ce terme qui exprime la longueur d’uu cable , sert aux marms à exprimer les distances estimées dans certains cas ; par exemple : nous étions à deux encablures ae terre; la longueur d’un cable étant de cent vingt brasses ou cent toises , {22.5 métrés} cela veut dire qû on étoit éloigné de terre de deux cent quarante brasses ou 200 toises à-peu-pres (38q mètres ). ENCAISSEMENT , sub. œasc. de
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- CAISSE. ( V. ce mot) : L’action d’encaisser ou l’effet de cette action.
- ( Ponts et chaussées ) Faire un grand chemin par encaissement, c’est y faire des tranchées qu’ou remplit de cailloux.
- Faire un pont par encaissement ; c’est le construire sans épui-» sentent, en descendant les piles tonies faites.
- ( Jardin, ) Faire un jardin par encaissement ; c’est y planter des arbres dans des trous remplis de bonne terre.
- ENCAN, s. m. corruption d’IN-QUANT, du îat. in quantum , pour combien.
- ( Pratique ) Vente publique de meubles qui se fait au plus offrant et dernier enchérisseur.
- ENCANTHIS,s. m. ilugr. îyuxv-6ic ( egkanthis) , dérivé d’êy ( eg), pour sv ( en ), dans , et de xavêo; ( kanthos ), l’angle de l’œil.
- ( Chirurgie ) Excroissance de chair ou tubercule qui vient au grand angle de l’œil. Cette maladie est de deux espèces ; l’une douce et bénigne qui n’est accompagnée ni de douleur ni de dureté ; l’autre obstinée et maligne, qui cause une douleur piquante : celle-ci tient de la nature du cancer.
- ENCAPÉ , ÉE, adj. de CAP. V. ce mot.
- ( Marine ) Il se dît d’un vaisseau qui est entre deux caps ou qui a doublé ou dépassé un cap qui forme un point remarquable dans sa route. Ainsi on dit d’un vaisseau qui vient des îles de l’Amérique à Bordeaux qu’il est encapê , lorsqu’il a passé la hauteur du cap Finistère , Il est opposé à décapé. V. ce root.
- ENCASTRER , v. a. de l'itab incastrare , enchâsser , joindre.
- ( Architect. ) C’est enchâsser par entaille ou par feuillure une pierre dans une autre, ou un crampon, de sou épaisseur, dans deux pierres, pour les joindre.
- ENCAUSTIQUE, adj. et*, f. du grec tyx.a.vç'tniï { egkaustikê ), sorte de peinture qui se fait avec de la cire brûlée ou fondue au feu , dérivé d’ïyKcuu { egkaiô) , brûler.
- ( Peinture ) U encaustique , est une sorte de peinture qui se lait
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- avec des cires qui doivent être chauffées presque jusqu'au point de l’us-tion.
- On n’est pas d’accord sur l’origine de la peinture à Y encaustique ; Il est pourtant démontré que les Egyptiens s’en servoient pour orner les dépouilles des morts : les bandeaux et les enveloppes de leurs momies, peints de cette manière, en sont des preuves incontestables.
- De l’Egypte elle passa dans la Grèce , où elle fut très-cultivée. Praxitèle, Poîignote, Nicanor de Parus, Lysippe, et autres artistes célèbres, ont fait des tableaux à Vencaustique ; et le témoignage du ebarmantpoète de Tbéos prouve que, de son tems , celte manière étoit la seule en usage.
- Les Romains apprirent cet art des Grecs.
- A l’exception de quelques détails fournis par Pline , Varron et Vi-truve , aucun auteur de l’antiquité Jae donne à ce sujet des notions certaines. Pline parle bien de la peinture avec la cire et le feu ; mais il se tait sur la manière dont on opé-roit. Il falloit que cette méthode fût bien simple , puisqu’on ne l’a pas jugée digne d’une explication plus étendue; et cette réflexion est d’autant mieux fondée , que Fart fut connu jusqu’au sixième siècle. Depuis cette époque , on ne trouve plus de traces de l’encaustique.
- Le savant comte de Caylus a réveillé l’attention des peintres modernes sur cet art perdu. Après lui, l’abbé Requino , Lorgna , Bachelier , Muntz . Astori , etc. , etc. , ont fait des recherches sans nombre pour le retrouver. La grande difficulté -étoit de rendre la cire assez fluide pour être mêlée avec les couleurs , et employée de la même manière que l’huile dans la peinture ordinaire. Les uns ont voulu ajouter du mastic et des gommes, pour la rendre plus soluble dans l’eau ; les autres de l'alcali qui en formoit un savon ; mais . toujours étoit - il douteux que ers procédés approchassent de celui des anciens. Fa-broni se flatte d’avoir résolu ce problème , dans un Mémoire , publié en 17.0,7 , intitulé } Anlichità van-
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- taggi e metodo délia pittura in-causta.
- U encaustique a un avantage considérable sur toute autre espèce de peinture. Elle réunit à l’éclat , à la fraîcheur et à la force de la peinture en détrempe , l’harmonie et le moelleux de la peinture à l’huile. Elle a un ton mâle qui manque à cette dernière, une vigueur et une solidité auxquelles la première ne peut jamais atteindre. Elle est la plus propre à résister aux ravages du tems et à l’influence de ces évé-nemens qui détruisent toute autre qspèce de peinture.
- Le point le plus important, est de savoir comment employer la cire à l’état de fluidité , et comment la faire couler sous le pinceau de l’artiste.
- Pour liquéfier la cire , il falloit la combiner avec une huile essentielle très-volatile , et qui ne laissât ni traces , ni le moindre résidu de corps gras.
- Le naphte est une huile bitumineuse minérale, d’Une couleur blanche, très-légère et subtile, et plus volatile même quel’éther sulfurique. Elle s’évaporé sans laisser le moindre vestige de son existence , et elle se combine parfaitement avec la cire. Fabroni, convaincu par les analyses qu’il avoit faites de plusieurs mo-numens de peinture à l’encaustique, que les anciens n’employoient qu’une liuile très-volatile, invita son ami , le célèbre peintre saxon Guttem-brunn, à faire un essai. 11 lui prépara une solution de cire blanche de Venise dans du naphte très-rec-tifié, qu’il mêla avec ses couleurs ; le succès le plus complet couronna çette expérience. Ils furent étonnés du ton brillant que prirent les couleurs , et du lustre agréable qu’elles acquirent, après avoir été légèrement frottées avec un morceau de drap fin. Guttembrunn a fait depuis cette époque , plusieurs tableaux , toujours avec le même succès. V, FRESQUE , HUILE, PEINTURE A L’ENCAUSTIQUE.
- ENCEINTE, s. f. (dans îe sens de clôture ) du lat. incincia, formé de cingere , entourer : circuit, tour, clôture.
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- (.Arlmïlit.)La commune enceinte consiste en un fossé , un rempart, des bastions, dont le nombre donne le nom aux polygones. V. FORTIFICATION.
- ( Vénerie') Enceinte se dit aussi, en termes de chasse , lorsqu’on tend des toiles , ou quxm poste des chiens ou des chasseurs autour d’un bois , ou d’un lieu où l’on veut chasser.
- On dit encore faire ses enceintes, prendre ses cernes, quand on fait divers ronds autour des plus fraîches voies et allures de la bête , pour s’assurer où elles aboutissent, et delà conclure l’endroit où elle est em-bûchée.
- Enceinte , adj. ( dans la signification de femme grosse d’enfant ) , du lat. incinctct, pour noncincta , sans ceinture ; parce que les femmes grosses , pour n’être pas gênées dans leurs habits, ne doivent pas porter de ceintures. Me'nage prétend néanmoins yn’enceinte , en ce sens, vient du latin inc-iens , femme près d’accoucher.
- ENCENS j s. m. du latin incen-sum , brûlé , en prenant l’effet pour la chose.
- ( Hisi.natur. ) XJencens est une espèce d’aromatique qui est le produit du génevrier thurifère qui croît en Arabie.
- Encens de Thuringe ; la Thu-ringe , et sur-tout le territoire de Saxe , abonde en forêts de pins, qui donnent beaucoup de poix. Les fourmis sauvages , eu recueillent de petits grumeaux , qu’elles enfouissent dans la terre, quelquefois jusqu’à quatre , pieds de profondeur. Là , cette poix , par la chaleur souterraine , reçoit un nouveau degré de coction , et se réduit en masse. On la tire ensuite de terre par gros morceaux ; c’est ce qu’on appelle encens de Thuringe.
- Encens madré, ou encens de village ; indépendamment du suc résineux qui sort par les incisions qu’on fait aux pins ( V. LÉSINE) , 1 écorce des vieux pins en transsude naturellement quelques gouttes dont la dessication forme une espèce de grain , qu’on nomme encens madré, ou encens de village} parce qu’on
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- s’en sert communément dans les églises de la campagne.
- ( Culte relig. ) On a brûlé de Vencens dans les temples de toutes les religions , pour faire honneur aux divinités qui y ont été adorées. Les Grecs, les Arabes, et presque tous les peuples en brûloient dans les sacrifices , et en parfumoient les temples.
- ( Culte catholique ) XJencens est regardé , parmi les catholiques , comme un hommage rendu à Dieu , et un symbole de leurs désirs, de leurs prières , de la bonne œuvre et du bon exemple qu’ils doivent donner par leur conduite.
- On donne aussi de Vencens dans lee cérémonies ecclésiastiques, aux personnes que l’on veut honorer ; on en donne aux prélats, aux officiers , au clergé , et même au peuple et aux morts. Le premier exemple de cette oblation honorifique aux princes de la terre et aux ministres des autels, eut lieu en faveur des empereurs de Constantinople.
- ENCÉPHALE,adj. dugrec tv(en), dans , et de nscpaxi) ( képhalê ) , tête ; qui est dans la tête.
- ( Méd. ) Terme de médecine que l’usage a particulièrement consacré à désigner certains vers qui s’engendrent, dans les différentes parties de la tête.
- Encéphale se dit aussi de toutes les substances contenues dans la tête.
- ENCEPHALITE , s. f. du grec sv {en), dans , de x,i<pnXii ( képhalè), tête, et de xiSoçf lithos > , pierre.
- ( Minéral. ) Pierre figr'-ée , qui a quelque ressemblance avec le cerveau humain.
- ENCÉPIIALOCÈLE, s. m. du grec it{en), dans, de x.e<pet\ii ( ké~ phalê ) tête , et de jciù» ( kêlê ) , hernie , tumeur.
- ( Médecine ) Hernie du cerveau, caractérisée par une tumeur formée par la substance même du cerveau , qui sort de la boîte osseuse qui le renferme. Cet accident est toujours l’effet d’un vice de conformation , ou d’uue ouverture faite aux os du crâne.
- ENCHANTEMENT, s. m. du lat.
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- incantcre, pour le simple cantare , chanter , parce que les formules des enchantemens étoient conçues en vers qui son ts faits pour être chantés.
- { Magie ) L’effet de prétendus charmes, de paroles magiques. Les feuillages dont on couronna dans les premiers tems la tête d’Isis et d’Osi-ris, et les formules de remerciement que prononçoient les prêtres, pour les récoltes abondantes, fournirent aux premiers imposteurs l’idée de l’union de certaines plantes , et de quelques paroles devenues surannées et inintelligibles, dont ils firent nne collection et un art, par lequel ils préten-doient pourvoir à tous leurs besoins. De là les recettes mystérieuses pour faire descendre du ciel en terre la lune et les étoiles; pour nuire à ses ennemis, pour se garantir de certains dangers. Dès les premiers siècles de l’église, les papes et les conciles se sont élevés avec force contre ces pratiques superstitieuses que les premiers chrétiens adoptèrent, ou conserv évent comme un ancien usage. Jusqu’au commencement du quatorzième siècle, on croyoit en France qu’on pouvoit faire périr ses ennemis avec des figures de cire , appelées voit ou voust, et des paroles que toutes sortes de personnes ne pou-voient pas prononcer efficacement.
- ENCHASSER , v. a. du latin in-capsare , ou incassare , mettre en châsse.
- ( Technol. ) Entailler, mettre , faire tenir dans du bois , dans de la pierre, dans de f or, de l’argent, etc.; on dit enchâsser un diamant, un. rubis dans une bague ; enchâsser des perles , du corail dans de l’or.
- Enchâsser des reliques , un morceau de la vraie croix dans de l’or , i de l’argent.
- ENCHERE*; s. f. de cher, précieux, d’une grande valeur.
- (Prat.) L’offre faite au-dessus dn prix qu’un autre a offert ; et aussi mise à prix, même celle qui est faite la première, pourqueiquemeuble ou immeuble , ou pour un bail ou antre exploitation.
- ENCHIRIDION , s. m. du grec iyX'iioiS'iov ( egchéi/ idion ) ; formé d’?7 (eg) , dans , et de gth (chsir) :
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- main, manuel, ce qu’on peut porter à la main , poignard , manche.
- ( Bibliogr. ) Petit livre portatif, contenant des précepte* et des remarques précieuses : manuel.
- ENCHYMOSE ou ENCHYMO-ME . s. du grec îy%za> ( egçhéô ), répandre, introduire.
- ( Méd. ) Effusion soudaine de sang dans les vaisseaux cutanés , comme il arrive dans la joie , la colère ou la honte. On l’appelle rougeur dans le dernier cas. Il ne faut pas la confondre avecl’ECHYMOSE,
- ENCLAVE , s. f. du lat. clavus, clos, ou de in et de claudo , renfermer dedans : chose qui est enfermée ou enclavée dans une autre.
- ( Topographie ) Enclave se dit originairement des bornes et limites d’un territoire ; mais il se dit plus ordinairement d’une portion ou dépendance doDt le territoire est entièrement détaché et enfermé dans un autre. C’est dans ce sens qu’on dit que l’Allemagne est pleine Ôl enclaves , c’est-à-dire , de terres qui sont enfermées dans une autre terre, un autre pays , sans en dépendre.
- ( Architecture ) Énclave se dit aussi d’une pierre engagée , enfermée dans une autre , on d’un assemblage retenu avec uue clavette.
- ( Hydraul. ) Enclaves se dit encore des enfonceraens qu’on a ménagés , en bâtissant les faces des bajoyers d’une écluse , pour y loger degrandes portes , lorsqu’on est obligé de les ouvrir pour le passage des bâtimens.
- ENCLITIQUE, s. f. et adj. du grec \yiXninoq ( egklitikos ), formé de x.Kiva> ( Tclinô ) , incliner.
- {Grammairegrecque) On appelle enclitiques , dans la grammaire grecque , certaines particules , qui s’inclinent et s’appuient si bien sur le mot précédent, qu’elles semblent s’y unir , et ne faire qu’un avec lui. Dans la langue latine , les conjonctions que et ve, qui se mettent à la fin de deux mots conjoints, sont des espèces d’enclitiques. Quand on dn recte heateque vivere , que est un enclitique. Quand nous disons en français aimai-je , sans séparer je de aime , je est alors un enclitique.
- ENCLOS, s. m. du latin inclous-
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- ttum ; espace contenu dans une enceinte de maison , de haies, de murailles , de fossés , etc., et l’enceinte même.
- ( Agriculture ) Les agriculteurs français sont encore divisés sur les avantages et les inconvéniens des enclos. En Angleterre , on a l’expérience qu’il est impossible d'entrete-nir des bestiaux, sans un système régulier d’enclos ; et qu’indépen-damment de l’amélioration des terres et des autres avantages des clôtures, les haies dont elles sont fournies , sont , pour les pays où le bois est rare , une ressource abondante de combustible.
- ENCLOUER , v. a. du latin in-elaudere oit d’inclavare.
- ( Artill. ) Faire entrer de force un gros clou dans la lumière du canon , pour le rendre inutile, ou bien , faute de clous , y mettre par force de petits cailloux.
- ENCLOUÜRE, s. f. Voyez EN-CLOUER.
- (Ifyppiatr.)Plaie faite au pied d’un chevai, lorsque le maréchal, au lieu de faire traverser la corne du pied aux clous destinés à faire tenir le fer , les enfonce, au contraire, dans la chair vive.
- ENCLUME, s.f. du latin incits , incudis.
- ( Technol. ) Masse de fer , sur laquelle on bat le fer, l’argent et au-fres métaux.
- Les couvreurs appellent enclume, une lame de fer ayant une queue pointue, qu’ils fichent dans une pièce de charpente , et qui leur sert à tailler l’ardoise.
- Les metteurs en œuvre appellent enclumette , une petite enclume de fer, montée sur une bûche qui lui sert de billot, et que l’ouvrier met entre ses jambes pour forger à petites parties.
- ( Ànat. ) Ou a donné le nom à enclume à un des quatre osselets renfermés dans le tambour de l’o-l'eille, qui reçoit les coups et les impressions d’un autre qu’on appelle marteau. r
- ENCOLURE , s. f. du latin col-lum.
- ( Manege ) Toitte cette partie du cheval, qui s’étend depuis la tète jusqu aux épaulés et au poitrail.
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- ENCOMBREMENT, s. m. dulat. incumbrare , fait de combre , qui signifie un abattis de bois : l’action d’encombrer , c’est-à-dire d’embarrasser.
- ( Marine ) C’est l’espace qu’occupent , dans les'vaisseaux , des marchandises ou effets qui sont d’un gros volume , par rapport à leur peu de pesanteur.
- ENCRE , s. f. de l’ital. inchios~ tro, Tait du ffu. incaustrura,en\'-ruption A’incaustum.
- ( Diplomatique ), toute matière apparente de l’écriture.
- 1/encre des anciens avoit pour base le noir de fumée ou le noir d’ivoire,et se faisoit au soleil et sans feu : la noix de gale, la couperose verte et la gomme arabique composent celle des modernes.
- Encre d’imprimerie ; cette encre n’est autre chose qu’un mélange de noir de fumée et d’huile de noix ou de lin , réduite en vernis par la cuisson. L’huile de noix est sur tout préférable.
- Encres de couleur ^ lorsqu’on veut faire des encres de couleur, au lieu de noir de fumée on met, pour le rouge , du vermillon en poudre , bien sec , auquel on ajoute utt peu de carmin ; pour le vert, du vert de gris calciné et préparé ; pour le bleu , du bleu de Prusse ; pour le jaune , de l’orpin ; pour le violet, de la laque fine calcinée , ainsi des autres couleurs , en y mêlant du blanc de céruse , selon la teinte qu'on y veut donner.
- ( Chrysographie "j On voit dans beaucoup de bibliothèques , des manuscrits écrits en lettres d’or. Voici comment se préparoit cette encre :
- On pulvérisoit l’or que l’on mê-> loit avec l’argent : on l’appliquoit au feu , et on y jetoit du soufre ; le tout, réduit gn poudre sur le marbre, se raettoit dans un vase de terre vernissé ; on l’exposoit à ua feu lent, jusqu’à ce que la matière devînt rouge : on larebroyoit après-; on la lavoit dans plusieurs eaux pour en détacher toutes les matières hétérogènes ; et la veille du jour qu’on devoir s’en servir , ou jetoit de la gomme dans l’eau, et on la faisoit chauffer avec l’or pré-
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- paré, puis on en formoit les lettres que l’on recouvroit d’eau gommée , mêlée d’ochre ou de cinabre.
- Encre rquge ; il existoit autrefois une encre rouge ou de pourpre nommée en caustum, qui étoit une encre distinguée , puisque les empereurs d’Orient en avoient fait choix , et s’en servoient exclusivement pour souscrire leurs lettres et les diplômes dressés en leur nom. Cet usage n’eut pas lieu en Occident.
- Encre de la Chine on a publié, par la voie des journaux , plusieurs recettes, comme celles dont les Chinois se servent pour composer leur encre. Les uns prétendent que les Chinois emploient du noir de fumée de graisse de cochon brûlée à la lampe , auquel ils mêlent de la gomme et quelques odeurs agréables ; d’autres veulent qu’elle soit composée de noyaux d’abricots broyés et calcinés, dont on fait une espece de pâte avec de la gomme arabique, étendue dans de l’eau , et à laquelle on joint un peu d’essence de musc ; mais quelques naturalistes soupçonnent aujourd’hui quel’encre de la Chine est préparée avec une liqueur noire que l’on trouve dans le corps d’unç espècè de mollusque cé-phalé , nu , appelé poulperidé, et qui répand une odeur de musc.
- Quelque bien que l’on contrefasse cette encre en France et en Hollande, il est aisé de reconnoître la véritable à l’impression des ligures, et encore mieux à la couleur et à Codeur. La véritable est très-noire et d’uue odeur agréable ; celle qui est contrefaite est grisâtre et d’une mauvaise odeur.
- Encres sympathiques ; on appelle ainsi des liqueurs avec lesquelles on trace des caractères qui, lorsque la liqueur est resséchée , n^ sont point visibles d’eux-mêmes, mais qui le deviennent par quelque moyen secret et surprenant pour ceux qui l’ignorent.
- On peut diviser en qnatre classes les encres sympathiques : la première comprend celles qui deviennent visibles par l’addition d’une seconde liqueur, ou de la vapeur de cette liqueur ; dans la seconde classe,
- sont cçües qui dmçbüent visjblçs
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- en les exposant à l’action de l’air ou au soleil ; la troisième classe se compose de celles qui deviennent visibles par l’addition d’une matière colorée réduite en poudre subtile ; enfin , dans la quatrième classe sont celles qui deviennent visibles en les chauffant, ou en les exposant à l’action du feu.
- 11 y a tant de manières de faire ces sortes d’encres sympathiques, que le détail en seroit trop long, sans être intéressant.
- Encre durable ; depuis qu’on a découvert le moyen de faire dispa-roître complètement les traces de l’encre ordinaire , par l’application de l’acide muriatique oxigéné , on a donné plusieurs recettes pour la fabrication d’une encre propre à résister à cet acide ; elles consistent, pour la plupart,dans l’addition de substances qui produisent une couleur fixe sur le papier : mais ces compositions sont sujettes à un grand inconvénient , puisque toute l’écriture peut se détacher du papier, si on lave le manuscrit avec de l’eau ; cependant, les anciens se servoient souventd’une pareille encre.
- Comme une couleur permanente est incontestablement une qualité nécessaire , l’ancienne méthode doit être conservée; mais il faut la perfectionner , en substituant au fluide muciîagineux ordinaire , la solution de quelque gomme bu substance résineuse , qui serviroit de véhicule, et qui ne seroit soluble que dans un petit nombre de liquides. Après la dissipation de la partie la plus foi-bie d’un composé atramenteux convenablement formé avec une pareille solution, la substance colorante restera sur le papier, combinée avec une quantité de matière tenace suffisante pour l’empêcher de s’altérer par le frottement, et de céder à l’application d’un fluide quelconque, sans que le papier soit détruit
- La plupart des huiles volatiles, peuvent servir à écrire quand on les amène à la consistance convenable par l’addition d’une gomme ou résine. On peut faire une encre passable , en dissolvant trente grains de résine ordinaire dans quatre-vingt-dix grains d’huile de thérébentine , et eg, tempérant la station avec dix-
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- sept grains et demi de noir de fumée, et deux grains et demi d’indigo.Seule, cette composition résiste à l’action de l’eau, mais non à celle de l’es-prit-de-vin ; et c’est ce qui arrivera avec toute composition dans laquelle la couleur est simplement suspendue dans le fluide, et attachée au papier par une substance aisément soluble.
- Le copal n’est susceptible de se dissoudre que dans peu de liquides. Il paroîtroit propre à conserver une couleur permanente sur le papier , si l’on pou voit trouver un véhicule capable d’en dissoudre une quantité suffisante, et qui pût, après l’addition de la matière colorante , être ssez fluide pour écrire.
- L’huile de lavande dissout parfaitement le copal; le seul inconvénient qui résulte de l’emploi du copal dans la composition de Vencre, est sa solubilité à une température basse.
- L’ambre n’est soluble ni dansl’al-cohol, ni dans aucune huile essentielle; mais il peut se dissoudre par Je procédé suivi pour faire le vernis d’ambre , en y mêlant, après l’avoir fait fondre , de très-bonne huile siccative , pour le rendre liquide.
- Il y a une autre substance qui conviendroit aussi parfaitement pour faire de 1 ’encre , c’est l’asphalte ; cette substance est soluble dans l’esprit de thérébentine , à une chaleur basse , et quand elle est dissoute, elle coule sans peine d’une plume.
- Il est donc probable que si on fai-soit dissoudre de l’asphalte dans l’esprit de thérébentine, et si l’on y ajou-toit de la solution d’ambre en quantité suffisante, pour l’amener à la consistance nécessaire , et du plus beau noir de fumée , pour lui donner la couleur convenable , on obtiendrait une encre parfaite, puisque , même en supposant que les autres matières pussent être enlevées, la portion de couleur dépendante de 1 asphalte serait indélébile , excepté par les moyens qui détruiraient le papier lui-même.
- ÊNCYCLIE, s. f. du grec «v (en), dans, et de xujcoç (kuklos), cercle; cercle renfermé dans un autre.
- (Physique) C’est ainsi que les phj s»cieijs appellent ces cercles qui
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- se forment dans l’eau , lorsqu’on y laisse tomber une pierre.
- ENC\ CLIQUE , adjectif du grec iyKVKXog ( egkuklios ) , circulaire , commun; qui arrive fréquemment.
- ( Administr. Commerce ) 11 se dit, en parlant des lettres qu’on écrit pour donner le même ordre, le même avis, à plusieurs personnes et dans plusieurs iieux. Lettres encycliques.
- ENCYCLOPÉDIE, s. f. du grec iyx.uxKc-'ara.iJsio. (egkuklopflideia) , formé àhy ( eg ) , dans, en , de Kinihoç ( kuklos ) , cercle , et de ttæjJsia, ( paideia ) , science , instruction , dont la racine est vrais (pais), enfant : recueil , enchaînement de toutes les sciences.
- ( Didactique ) Les Grecs app.e-loient de ce nom , la connoissance des sept arts libéraux ; c’est aujourd’hui le titre d’un ouvrage fort connu , rédigé par une société desavans, et qu’on nomme, à cause de cela , Encyclopédie.
- ENDÉCAGONE, ou HENDÉCAGONE , s. m. du grec erJèx* ( lien-déka ), onze , et de y mm ( gônia) , angle.
- ( Géom. ) Figure composée de onze côtés, et d’un pareil nombre d’angles. L’angle, ou centre del’e«-décagone régulier , c’est-à-dire dont tous les angles et les côtés sont égaux , est la onzième partie de 36o degrés , et ne peut se déterminer par la règle et le compas ; on ne peut décrire géométriquement Vendéca-gone, qn’en résolvant une équatioa du deuxème degré.
- ENDÉCASYLLABE , s. m. du gr. hoBxa. ( hendéka ), onze , et de a-uhXetÇ» ( sullabê ), syllabe : onze syllabes.
- ( Poésie grecque et latine ) Il se dit d’une sorte de vers grec et latin , composé de onze syllabes. Ce vers est aussi appeléphaleuque, du nom de son inventeur.
- Les Italiens ont beaucoup de vers de celte espèce.
- ENDEMIQUE, adjectif du grec htl'iiy.ioi ( endâmios ) , formé d’év (en) , dans, et de aHy-oç ( démos ), peuple : qui appartient, qui est particulier à un peuple , à une nation.
- ( Mêd. ) On appelle maladies endémiques, oeil es qui sont faut il-
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- iières à certains pays, à cause de l’air, de l’eau, de la situation et de la manière de vivre ; comme les écrouelles en Espagne, la phthisie en Angleterre, le goëtre dans les Alpes, le scorbut dans lès lieux maritimes et septentrionaux. Elles diffèrent des EPIDEMIQUES ( Voy. ce mot ) , en ce que celles-ci ne régnent qu’en certains tems , par un vice de l’air , au lieu que les endémiques sont ordinaires, en tout tems, à certains peuples.
- ENDENTURE, s. f. du lat. Inde ruai (B ( chartes ), formé de in, en, et de dentatœ , qui a des dents : en forme de dent.
- ( Prat. ) Les endentures étoient des contrats en parchemin que l’on faisait doubles pour les deux con-tractans, mais sur une même feuille pliée , l’un sur un feuillet, et l’autre sur un antre. Ensuite on les sépa-roit , et on découpoit le parchemin en forme de dent, afin qu’on ne pût le falsifier. Celui qui vouloit se servir de son double , étoit obligé de faire voir que les endentures se rapportoient à l’autre original, en les approchant l’un de l’autre , et les joiguant par les dents. On les appeloit aussi chartœ partitœ.
- l!es Anglais appellent encore aujourd’hui indenture toute espèce de contrat qui oblige les deux parties , et qui est fait double ; quoique ces doubles ne soient plus découpés comme autrefois.
- ENDOSSEMENT , s. m. formé du latin in, en, et de dorsum, dos.
- ( Commerce') En termes de change , c’est1 la signature que le propriétaire ouïe porteur d’une lettre-de-change met au dos , Soit pour faire le transport de cette lettre à quelqu’un, soit pour la rendre payable à l’ordre d’un autre, soit aussi pour servir de quittance.
- On peut faire plusieurs endosse-mens à une lettre-de-change , ce qui signifie que celui au profit de qui la lettre est endossée, peut mettre lui-même son endossement au profit d’un autre.
- Tous ceux qui mettent ainsi leur endossement, sont appelés endosseurs, et le dernier porteur d’ordre
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- à pour garans solidaires tous les endosseurs , tireurs et accepteurs.
- ENDUIT , s. m. du lat. inductus, partie, à’inducto, enduire, couvrir.
- ( Archit.) Mortier clair ou autre composition de stuc ou de plâtre dont on se sert pour blanchir un mur.
- ( Hydraul. ) Enduit se dit aussi d’un ciment de mortier fin, dont on enduit un bassin neuf, et qu’on frotte ensuite avec de l’huile. V. CIMENT.
- ( Peinture ) Ce mot est consacré à la peinture à fresque , qui ne peut s’exécuter que sur un enduit frais , en italien fresc.o, d’où ce genre de peinture a tiré son nom , et dans lequel les couleurs pénètrent et se fixent.
- Les murs destinés à être ornés dans ce genre , doivent être secs et préparés à recevoir la peinture à fresque par des opérations préalables. La première est une cré-pissure ou enduit de chaux, de tuiles pilées et de sable de rivière. Les grains de sable laissent sur cette surface assez d’aspérités pour tenir le second enduit , qu’on n’applique que lorsque le premier est sec. On détruit l’aridité de cette première couche en l’hu-mectant d’eau , ce qui s’appelle donner de Variiour au fond , et on le couvre du dernier enduit , composé de chaux éteinte depuis très-long-tems , de sable fin lavé , et de pouzzolane. C’est sur cette couche encore humide que l’artiste peint à fresque. Il ne doit faire enduire que la portion de mur qu’il pourra achever dans la journée ; il est essentiel que le maçon qui le précède soit d’une grande habileté , t'afit pour polir les surfaces sur lesquelles on peint, que pour éviter dans la promptitude de son travail les fentes et les gerçures. V. FRESQUE.
- Dans les autres genres de peinture, on appelle- efiâuit ou vernis , une préparation dont on couvre les tableaux qui donne de l’éclat, du brillant et de l’effet aux travaux des artistes , et qui garantit les couleurs de l’action destructive de l'atmosphère. Pour la cornpo-, sition
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- sitloa cle ces enduits, Fl VERNIS.
- ÉNÉORÈME , s. f. du gr. hutâ-prtfAu. ( énaiôrêma ), formé d’sy ( en) dans, et de aiimpuv (aiôrein), élever en haut, suspendre : substance suspendue.
- { Méd, ) Les médecins ont donné ce nom à une substance légère qui nage au milieu de l’urine , comme une toile d’araignée : ils l’appellent aussi sublimamentum.
- ÉNERGIE , s. f. du gr. tvipyua.
- ( energeia ) , force efficace , impression , composé d’iv (en), dans, et de ïpyov ( ergon ), ouvrage, travail , action.
- ( Théol. ) Terme dogmatique, qui signifie opération. Photin nioit la trinité, ne reconnoissant qu’une seule opération ou énergie, dans le père, le verbe et le Saint-Esprit. C’est da îs ce sens qu’on a donné le nom d’énergiques à quelques hérétiques du seizième siècle, parce qu’ils disoient que l’Eucharistie étoit Vénergie et la vertu de J. C. , et ne com enoit pas réellement son corps et son sang.
- ( Diction ) Energie , lorsqu’il s’applique au discours qui peint, au caractère du style , dit plus que force , et on peut dire d’un orateur, qu’il joint la force du raisonnement à l'énergie des expressions.
- ÉNERGUMÈNE , s. m. du gr. hipyù/mîvQç (energoumenos), possédé du démon, du verbe mpysœ ( ener-geô) , travailler au-dedans , avec force, dérivé d’sv (en), dans , et de ïpyov ( ergon ) , ouvrage.
- . ( Dogm. ) Homme possédé du diable. Papiat dit que ce sont des furieux qui contrefont les actions du diable et font des choses qu’oa croit être surnaturelles.
- ÉNERVATION, s. f. du latin enervatio, formé d’enervare , composé du privât, e , et de nervus , nerf.
- ( Anat. anc. ) On appeloit ainsi autrefois les tendons qui se remarquent dans les différentes parties des muscles droits du bas-ventre.
- ( Hist. ) C’étoit aussi, sous la première et la seconde race, une sorte de supplice , qui consistoit a appliquer le feu sur les jarrets Tome II.
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- et les genoux du coupable. Louis d’Outremer menaça un jour Richard I , duc de Normandie, qui étoit en sa puissance, de Vénerver.
- ( Méd. ) En termes de médecine, énervation est la même chose que débilitation, découragement, oc-* casionné particulièrement par la débauche du vin et des femmes.
- ( Manège ) On énerve un cheval lorsqu’on lui coupe deux tendons qu’il a au côté de la tète, au-dessus des yeux , et qui s’assemblent au bout du nez ; cette opération a lieu lorsqu’on veut dessécher la tête d’un cheval , et la rendre plus menue.
- ( Diction ) Enervé se dit du style qui n’a ni force ni noblesse. Le trop de soin , le trop d'ornement énerve le style.
- ENFAirESiENT, s. m. de la prépos. en , et de faîte.
- ( Archit. ) Table de plomb qui se met sur le faîte des édifices couverts d’ardoises.
- ENFILADE, s. f. du verbe lat. infilare , formé de in, en , dans, et defilamen, lîi , en ligne droite, comme un fil tendu.
- ( Archit. ) Pièces d’un ou plusieurs appartenons dont les portes sont sur la même ligne.
- ( Jardin. ) Plusieurs pièces de verdure qui se communiquent e£ forment un point de vue.
- (Art. mïlit.) Enfilade se dit, en termes de guerre, d’une situation de terrein, qui découvre un >oste selon toute la longueur d’une igné droite. _
- Dans un siège , on s’attache à placer les batteries de façon qu’elles voient àèenfilade toute la longueur du rempart. On conduit et on pousse les tranchées hors d’enfilade, et leurs retours vont en serpentant, et en quelque manière parallèlement aux faces de la place.
- Enfiler ; c’est battre et nettoyer toute l’étendue d’une ligne droite , et c’est dans ce sens qu’on dit enfiler la courtine ; enfiler le rempart.
- ( Marine ) Tirer d’enfilade ou enfiler; c’est, dans un combat , tirer sur un er.nuni qui présente l’avant ou l’arrière, de manière que les boulets qu’on lui envoie lé traversent dans le sens de sa
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- longueur, et lui tuent et blessent beaucoup de monde; c’est ce que l’attaqué doit soigneusement éviter, s’il le peut.
- ( Trictrac ) Enfilade se dit d’un jeu tellement pressé par une suite de mauvais dés , et mis dans uu tel désordre, qu’on ne puisse éviter de perdre le tour, ou du moins plusieurs trous.
- ENFLÉCHURES , s. f. de l’ital. fiessura, courbure.
- ( Marine ) Cordes qui traversent leshaubans et qui servent d’écbelons pour monter aux hunes, au haut des mâts ; elles sont ainsi appelées de V Italien fiessura , parce qu’elles se courbent sous le poids des hommes qui mettent le pied dessus.
- ENFONCEMENT, s. m. dulat. infundare , fait de fiundus, dont les Italiens ont également fait affon-dare : l’action A’enfoncer,Ae rompre,
- de briser.---Ce qui paroit de plus
- éloigné, de plus reculé dans un lieu enfoncé.
- ( Archit. ) Enfoncement se dit de la profondeur d’un bâtiment ; ce qui fan que dans un devis, on a coutume de marquer que les fondations auront tant d’enfoncement.
- ( Archit. ) Enfoncement d’un tableau ; comme un tableau n’est pas censé représenter une surface plane, il doit avoir de Venfoncement , et jusqu’à cet enfoncement qui borne la vue , il faut que le spectateur puisse croire qu’il tonrneroit autour des objets qui sont représentés.
- On ne peut d’ailleurs rien établir en général sur Venfoncement que doit offrir un tableau ; quelquefois son enfoncement n’a d’autres bornes que celles de l’horizon , et quelquefois il est limité par le mur d’une chambre peu profonde.
- Enfoncement se dit dans la perspective et dans la peinture d’une décoration : on voit dans Y enfoncement de ce théâtre , un palais , une campagne , etc
- Enfoncement se dit encore des bruns sans reflets qui se trouvent dans le milieu des plis des draperies.
- ( Art milit.) On dit, en termes de guerre, enfoncer un bataillon, enfoncer un escadron , pour dire,
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- le rompre , le renverser , en donnant dedans.
- ENFUMER , v. a. du ïat. infu-mare , noircir par la fumée.
- ( Chasse ) On enfume les renards, les blaireaux, les abeilles, pour les obliger à sortir de leurs terriers , de leurs ruches.
- ( Peinture ) Enfumé signifie en peinture , noirci par la fumée et par le tems. Ou dit d’un vieux tableau dont on ne distingue plus le travail ni les objets , et que le tems a couvert d’une saleté noire et épaisse, qu’il est enfumé. Il est des personnes qui n’estiment les tableaux qu’autant qu’une forte couche de fumée leur donne un extérieur vénérable d’antiquité , aussi ne manquent-ils jamais d’être servis suivant leur goût par des charlatans , qui sont toujours prêts à leur vendre fort cher des tableaux récens qu’ils ont eu soin A’enfumer.
- Comme on connoît toujours l’âge des estampes , on a soin , au contraire , de les laver et de bien nettoyer la fumée dont elles peuvent être couvertes, pour leur donner l’apparence d’une belle conservation. On ne prend cette peine que pour les amateurs, car les artistes , au contraire, aiment assez que les estampes soient légèrement enfumées, c’est-à-dire, qu’elles aient contracté une demi-teinte roussâtre , parce que ce ton détruit l’opposition tranchante du noir de la gravure avec la blancheur du papier.
- ENGAGEMENT, s. m. du lat. invadiare, fait de vadium , gage: l’action d’engager, ou l’effet de cette action.
- (Pratique) Engagement d’un bien; c’est dans le sens le plus étendu tout acte par lequel on oblige un bien envers une autre personne , soit à titre de gage , soit à titre d’hypothèque ; mais dans l’usage on ne comprend communément sous le titre A’engagement, que les antichrèses et les contrats pignoratifs, etc. T. ANTICHRESE.
- Engagement se dit encore de l’obligation de faire ou de donner quelque chose.
- Les engagemens sont simples ou réciproques. Les premiers n’ubli-»
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- »eat que d’un côté, les autres des àeux côtés : on a appelle ceux-ci CONTRATS SYNALLAGMATI-
- QUES. V. ce mot.
- (Commerce) Engagement, en termes de jurisprudence de commerce, se dit des actes notariés ou sous-seing privé , par lesquels des marchands , banquiers , négo-cians, armateurs, s’obligent les uns envers les autres. Ces engagemens , sur-tout par des marchands, négociais , armateurs emportent de plein droit la contrainte par corps.
- ( A ri mi Lit, ) Engagement s’entend quelquefois d’un combat , d’une bataille.
- ( Escrime) Engagement de l’épée-, c’est, en termes d’escrime , une attaque de jeu composé , lorsqu’on assujettit avec son épée le demi-fort ou le foible de celle de l’ennemi , afin d’être maître de la ligne droite, et qu’il ne puisse agir qu’en deux ou plusieurs ^tems.
- ENGAGER, v. a. à’invadiare, fait de vadiam.
- ( Marine ) Engager un combat ; c’est le commencer.
- Vaisseau engagé ; un vaisseau est engagé de mauvais teras, et par une grosse mer, par la force du vent, lorsqu’ayant été surpris par un grain avec beaucoup de voiles dehors , il incline , ou donne à la bande , de manière à se trouver
- compromis et dans le cas de périr , une partie de son avant étant engagée sous l’eau. La ressource à employer en pareil cas , est d’amener promptement toutes les voiles de l’arrière, si on en a le tems ; sin°n, de couper le mât d’artimon, et meme le grand mât, pour soulager le vaisseau , le faire arriver et le tirer de dessous la lame.
- ENGALLAGE , s. m. du latin galla, noix de gale.
- { Teinture) C’est le nom d’une operation qu’on fait subir aux toiles qu on veut teindre en noir : elle consiste à plonger les tissus dans nne décoction de noix de gale.
- Engastril°oüe , s.8m. du
- ?» ? ÎV v en )j dans, de yetg^p (gas-), ventre , et du verbe latin tonuoGparler; qui parle du ventre. a,1(Z lySlolo£la ) Les engastrilo-y > ou gastriloquQs, ou engas-
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- trimythes, de p,v^oç{ muthos) , ou VENTRILOQUES, V. ce mot,’ sont des gens qui , en se serrant le gosier, et faisant une certaine contraction dans les muscles du bas ventre, articulent un son de voix rauque et sourd , tel qu’à un ou deux pas , et même à côté d’eux, en prêtant l’oreille , on croit entendre une voix fort éloignée. Hippocrate parle de cet art, comme d’une maladie.
- St. Chrysostome et (Ecumenius font mention de ces hommes qu’ils appellent divins, de qui le ventre prophétique articuloit des oracles si fameux.
- ENGELURE , s. f. du lat. gelu , gelée.
- ( Méd, ) Enflure qui vient eu hiver aux mains , aux doigts des pieds , aux talons , quelquefois aux coudes, au nez , aux oreilles , accompagnée d’inflammation, de douleur , de démangeaison , et suivie très-souvent de solution de continuité.
- ENGENCEMENT, du lat. gens, genus, genre, race, espèce: l’action de disposer, d’ordonner, de rapprocher certaines choses.
- ( Peinture ) Ce mot n’est guères employé qu’en peinture, en parlant des draperies et autres ajuste-mens. Des plis bien engencés, sont des plis bien disposés. Il se dit aussi d’un assemblage d’objets qui se trouvent rarement réunis, et dont la composition est à-la-fois singulière et piquante : Ces choses sont singulièrement, sont pittoresquement engencées.
- ENGENDRER, v. a. du latin generare.
- ( Hist, nat. ) Produire son semblable , comme font les animaux.
- ( Théol. ) Les théologiens, en parlant des personnes divines, disent que le père engendre le fils de toute éternité.
- ( Géom. ) On se sert du mot engendré , pour désigner une ligne produite par le mouvement d’un point, une surface produite par le mouvement d’une ligne;, un solide produit par le mouveiuent d’une surface, ou bien encore pour désigner une ligne courbe produite dans une surface courbe par la
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- section d’un plan. Ainsi, on dit que les sections coniques sont engendrées dans le cône. F. CONIQUES génération.
- On dit aussi qu’une courbe est engendrée par le , développement d’une autre. F. DÉVELOPPÉE.
- ENGIN , s. m. Ce mot, très-ancien dans notre langue, vient du lat. ingenium. Il sjgoilioit anciennement. esprit et invention. Il a été appliqué ensuite aux machines et aux instrumeus , comme étant les produits de l’esprit etdel’in-yeatîon. Voy. GÉNIE , INGÉNIEURS.
- ( Mécan. ) Le mot engin n’est plus guères en usage ; celui de machine tout court a pris sa place ; on s’en sert pourtant quelquefois, pour désigner des machines simples , comme le levier. Autrefois on compienoit sons ce nom, toutes les machines propres à la guerre , comme les tallistes, les catapultes, les scorpions, les be'iers3 etc.
- ( Technol-. ) Engin est encore employé , dans. le. langage de quelques arts et métiers, pour exprimer certaines choses à leur usage.
- — En termes de pêche, engin se dit de toutes sortes de filets.
- — Parmi les chasseurs , de l’équipage. nécessaire en filets et autres, ihstrumens pour la prise de quelques oiseaux. — Chez les mineurs, de toutes les machines employées à rider les eaux , à enlever les matières hors de. la mine. — En architecture, d’une machine triangulaire , composée d’un arbre soutenu des arc-boutans, et potence d’un fauconneau par le haut, laquelle sert à enlever des fardeaux par le moyen d’un treuil à bras qui dévide un cable.
- ENGORGEMENT , s. m. du lat. ingurgitare : embarras formé dans mi tuyau, dans un canal.
- ( Hydraul. ) Engorgement se dit de l’embarras dans une conduite d’eau, occasionné par les ordures qui s’y sont amassées.
- ( Méd. ) Il se dit dans le même sens, des embarras qui se forment dans les vaisseaux du corps humain , par des fluides trop abon-dâns ou trop épais, pour y couler avec facilite.
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- ( Jardin. ) Lorsqu’on n’a pas soin de lâcher la ligature d’una, greffe , il s’y fait uu engorgement, occasionné le plus souvent par la précipitation avec laquelle on pro*-cède aux opérations du jardinage, par la mutilation des racines, et par le défaut d’attention que l'on apporte à l’affaissement qu’éprouvent les terres remuées.
- ENGOUER, S’ENGOUER , v.ak du lat. ù,ngere, étrangler, suffoquer.
- ( Méd. } Roucher le passage du gosier ; ce qui arrive quand on njange goulûment quelque morceau de viande trop gras qu’on a de la peine à avaler.
- ENGRAIS , s. m. de gras, formé du lat. crassus.
- ( Agricult. ) Ce mot se dit desherbages où l’on met engraisser cer--taâusj animaux domestiques, pour-la nourrriture de l’homme.
- Il se dit aussi de la.pâture qu’on donne à des volailles pour les engraisser.
- Il se dit encore des fumiers dont' on amende, les terres.
- ENGRENAGE, s. m. à-engrener, qu’on a écrit autrefois engrener, du latin crena, coche, cran , et de la préposition in, dans , et qui signifie-s-’insérer l’un dans l’autre.
- ( Mécan. ) JJ engrenage est une-disposition de plusieurs roues qui s’engrènent, ou s’insèrent les unes dans les autres, en sorte que l’une fait tourner l’autre.
- ( Anat. ) C’est dans le même sens qu’on dit des os unis ensemble par le moyen de leurs pointes , que celles-ci s'engrènent les unes entre les autres.
- ENGYSCOPE, s. m. du gr. lyyut ( eggus ) , près, et- de. moirice ( sko-péô), regarder : qui sert à regarder de près.
- ( Optique ) Machine plus connue sous le nom de MICROSCOPE ( F. ce mot ), qui sert à faire distinguer des objets fortpetits qu’on ne ver--roil pas à la vue simple, et qu’on approche de l’œil, en la mettant entre deux. F. LOUPE, MICROSCOPE , TELESCOPE.
- ENHARMONIQUE, adj. du gr, h'ipy.ovix-oç (enharmonikos), et composé d’d ( dans) , et de
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- ( hàrntânia ), liaison , enchaîne-ment, jointüre, comme qui diroit bien lié, bien assemblé.
- ( Musique ) C’étoit le nom* d’ün des trois genres de la musique dès Grecs, qu’Aristote et ses sectateurs àppeloient aussi très-fréquemment harmonie.
- Ce genre résultoit d’une division particulière du tétracorde, selon laquelle l'intervalle qui se trouve entre le lichanos, ou la troisième corde , et la mèze, ou la quatrième, étant d’un diton ou d’une tierce majeure , il ne restoit pour achever le tétracorde aü grave, qu’un semi-ton â partager en deux intervalles ; savoir, de l’hypate à là perhypate , et de la pèrhypntè au lichanôs.
- Le genre enharmonique étoit le plus doux des trois , au rapport d’Âristidé Quiütilièn ; il pàssoit pour très-ancien, et là.plupart des auteurs ëh attribuent l'iûvention à Olympe, phrygien.
- Ce genre si merveilleux, si admiré des anciens ne demeura pas long-tems en vigueur. Son extrême difficulté le fit bientôt abandonner, à mesure que l’art gaguoit des combinaisons, en perdant de l’énérgie, et qu’on suppléoit à la finesse de l’o-reifle par l’agilité des doigts. Aussi Plutarque reprend-il vivement les musiciens de sontems d’avoir perdu le plus beau des trois genres , et d’oser dire que les intervalles n’en sont pas sensibles ; comme si tout ce qui échappe à leurs sens grossiers, ajoute ce philosophe, devoit être hors de la nature.
- Nous avons aujourd’hui une sorte de genre enharmonique entièrement différent de celui des Grecs; il consiste , comme les deux autres, dans une progression particulière de l'harmonie, qui engendre, dans la marche des parties, des intervalles enharmoniques , en employant à la fois ou successivement, entre deux notes, qui sont à un ton l’une de Pautré, le bémol de l’inférieur, et le dièse de la supérieure. Mais quoique , selon les rigueurs dés rapports , ce dièse et. ce bémol dussent tonner un intervalle entre eux , cet intervalle se trouve nul au moyen tempérament, qui, dans le svs -établi K fait servit le uicme
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- soh 1 deux usages : ce qui n’ettvpê-che pas qu’un tel passage ne produise, parla force de la ihodulatidn et dé l’harmonie, une partie de l’effet qu’on cherche dans les transitions enharmoniques.
- Le récitatif obligé est le vrailieu de Venharmonique. C’est dans une scène sublime et pathétique où la Voix doit multiplier et varier lès inflexions musicales , à l’imitation de l’accent grammatical, oratoire etsouvent inappréciable; c’est dans unè telle scène que les transitions enharmoniques sont bien placées , quand on sait les ménager pour les grandes expressions, et les affermir, pour ainsi dire , par des traits de symphonie qui suspendent la parole et renforcent l’èxprèssion. Les Italiens , qui font tin usagé admirable de ce genre, hè l’femploient que de cette manière. On peut voir dans le premier récitatif de l’Orphée de Përgolèse, un exemple frappant et simple des effets que cè grand musicien sut tirer de l’enharmonique, et comment, loin de faire une modulation duré, ces transitions devenues naturelles et faciles à en-, tonner, donnent une douceur énergique à toute la déclamation.
- ENIGME, s. f. du grec a.hiyuÀ ( ainigmà ), discours obscur , dérivé d’àhoç(ainos), apologue, proverbe.
- (Rhétor.) Exposition d’une chose naturelle, en termès obscurs et métaphoriques, qui la déguisent ét là rendent difficile à deviner. C’èst ordinairement une petite pièce éii vers où l’on peint une chose piar ses propriétés, ses usages, ses effets, ses rapports, son origine, mais sans là nommer. Pour qu’une énigme soit bien faite , il est nécessaire que les traits qu’on emploie pour désigner la chose qui en fait le sujet, ne puissent convenir qu’à cette seule chose, étant pris tous ensemble, quoiqu’ils paroissent pouvoir s’appliquer à des choses toutes différentes. C’est ce qui tient l’esprit en suspens. U énigme n’a point de style propre : il doit être analogue à la chose qui en fait l'objet et au. but qu’011 se propose.
- Bans la plus haute antiquité où les. connoissances étaient d’autant plu*
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- estimables qu’elles étaient moins communes, les sages renfermoient toutes leurs instructions dans un style obscur et énigmatique. Les rois eux-mêmes mettaient leur gloire dans les propositions obscures, et se faisoient un mérite décomposer et de résoudre des énigmes. Un homme intelligent, dit Salomon, parviendra à comprendre un proverbe, à pénétrer les paroles des sages et leurs sentences obscures : c’était chez eux l'usage , pour éprouver leur sagacité, de se présenter ou de s’envoyer les uns aux autres des énigmes, et d’y attacher des peines et des récompenses. On connoît Vénigme que Samson proposa aux Philistins.
- Les énigmes furent en vogue parmi nous dès le tems de Charlemagne ; elles étoient tombées ensuite dans l'oubli le plus profond, lorsqu’elles reparurent dans le dix-septième siècle. On les habilla pour lors avec plus d’art, de finesse et de goût, et on les soumit, comme tous les autres poëmes , à des lois et à des règles étroites, dont le P. Me-nestrier a publié un traité particulier.
- ENJAMBEMENT, s. m. de jambe, qu’oti a dit gambe, du latin gamba : l’action d’étendre lu jambe plus qu’à l’ordinaire , pour passer au-delà de quelque chose.
- ( Poésie) Enjambement des vers ; on dit qu’un vers enjambe sur un autre, quand le sens delà phrase commencée ne finit pas dans le même vers, et se porte jusque sur le suivant.
- Mais le sens ainsi prolongé jusque sur le vers suivant, peut se terminer à la fin de ce second vers, ou dans le cours et avant la fin de celui sur lequel on a enjambé; ce n’est que cette dernière espèce d1 enjambement que l’on condamne dans notre poésie, et dont Boileau a dit :
- Enfin Malherbe vint, et le premier en France,
- Sut mettre dans les vers une juste cadence.
- les stances avec grâce apprirent à tomber,
- Et le vers sur le vers jï'osa plus enjamber.
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- L’autre espèce d'enjambement est très-permise , et on peut, non-seulement enjamber d’un premier vers à un second, pourvu que le . sens remplisse tout l’espace de celui -ci, mais encore prolonger le sens jnsqn’au troisième ou quatrième , ou cinquième, etc., pourvu que la phrase ne contracte ni obscurité , ni embarras par cette longueur , et que le vers où la phrase finit, soit occupé tout entier à la compléter.
- Les enjambemens de la première , espèce sont néanmoins supportables dans les fables, dans les vers de dix syllabes, en style marotique , et dans tous les sujets familiers, comme comédies , contes, etc.
- Ce n’est pas une faute non plus d’interrompre, au milieu d’un vers, le sens qui a commencé dans le vers précédent, quand on le fait par un emportement figuré , par une interruption que la passion inspire.
- La même exception a lieu-eussi dans le dialogue,lorsquecelui qui parloit est interrompu par un autre.
- ENKYRIDJON. V. ENCHIRI-DION.
- ENKYSTÉ, adj. du grec Iv ( en ), dans, et de xt/ç-K { kustis ), sac, vessie.
- (Méd ) On appelle tumeurs enkystées , abscès enkystés , des humeurs et des abcès enveloppés d’une membrane; tels sont l’ATHERO-ME , le MELICERIS , le STEA-.TOME, la VOMIQUE. V. ce mot.
- ENLÈVEMENT, s. m. d’enlever, fait du latin barbare levare, ravir, ôter : rapt, ravissement.
- ( Pratique) Action par laquelle une personne est enlevée, malgré elle, ou par laquelle une chose est enlevée malgré celui à qui elle appartient.
- ( Artmïlit. ) Il se fait à l’armée toutes sorte» d’ enlèvemens ; on enlève des bagages , des convois, des fourrageurs, des gardes et des quartiers.
- (Peinture) Enlèvement, ou enlevage des vieux tableaux; ce terme, adopté nouvellement dans la peinture , exprime la partie de la restauration des vieux tableaux, qui consiste à enlever une peinture de
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- dessus un panneau, et à la reporter sur une toile préparée à la recevoir.
- Le désir de conserver les sublimes productions de la peinture des i5e. et i6.e siècles, la plupart peintes sur bois , excita, vers le milieu du siècle dernier, les recherches de deux restaurateurs de tableaux, MM. Ficault et Haquin pères. Ils différèrentdansleurs méthodes. Le premier trouva le procédé assez singulier à’enlever une peinture de dessus un panneau sans altérer ce panneau, opération qui, pour la première fois, eut lieu sur le tableau d’André Delsarte , représentant une Charité. Le second, M. Haquin, enleva de son côté plusieurs tableaux de dessus leurs fonds de bois, mais ne s’astreignit pas à conserver la planche du tableau, et plusieurs artistes préfèrent sa méthode.
- Le Gouvernement d’alors encouragea, par des pensions et des récompenses , ces deux hommes ingénieux qui procuroient aux arts un moyen de perpétuer deschefs-d’œu-vres prêts à s’anéantir; ils furent employés à la restauration des tableaux de la couronne , et laissèrent chacun un fils qui suivirent leur carrière', et adoptèrent les méthodes de leurs pères.
- Plusieurs tableaux furent enlevés. Le succès le plus complet couronna constamment ces opérations diverses ; mais on ne réfléchît pas que les détériorations des tableaux que l’on enlevoit étoient produites ou suscitées par les impressions à la colle , sur lesquelles les peintres des i5.e et i6.e siècles peignoient, et lorsque le tableau étoit enlevé on le reportoit sur uue impression de colle de farine , qui , ayant le meme principe de destruction , ne faisoit qu’atténuer momentanément un mal qui devoit se reproduire peu de tems après, et par les mêmes causes.
- Cet inconvénient grave senti , il fallut trouver un moyen d’y remédier.
- Parmi les tableaux arrivés de la Lombardie, de Rome, de Florence, ^enise, il n’en étoit aucun qui ne fût couvert de crasse , occasiou-
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- née par la fumée des cierges et de l’encens, et qui ne tombât eu écailles ; mais un de ceux qui fixa spécialement l’attention fût celui de Raphaël, connu sou3 le nom de la Vierge de Foligno. Ce tableau peint sur bois, étoit fendu, courbé en deux endroits, écaillé dans plusieurs parties, et la peinture étoit piquée de vers. La surface a été rendue plane par un procédé très-ingénieux; ce qui étoit plus difficile encore, il falloit séparer le bois sur lequel ce tableau avoit été peint, et l’on y est parvenu , en en réduisant l’épaisseur àcelled’une feuille de papier , qui ensuite a été enlevée avec une lame de couteau. La peinture a été fixée sur une impression nouvelle; les parties re.coquillées ont été aplanies avec de l’huile et un fer échauffé. Cette partie de la restauration a été exécutée par M. Haquin. La partie pittoresque qui avoit pour but d’accorder les teintes nouvelles avec les anciennes a été confiée à M. Rœser. V. RES-TAUR4TIOTN.
- ENLUMINURE, s. f. du latin
- illuminare.
- ( Peinture ) Ce mot est ancien dans notre langue : on appelait ainsi les peintures dont on ornoit les manuscrits.
- C’est aujourd’hui uue sorte de einture faite sur des estampes avec es couleurs délayées à la gomme. 11 y a aussi des papiers tapisseries qui sont enluminés , c’est-à-dire , dont la planche u’a fourni que le trait, et dont les couleurs ont été placées au pinceau.
- On enlumine avec plus ou pioins de soin des estampes représentant des vues, des intérieurs de temples, etc., qu’on destine à être regardées dans des machines d’optique.
- Quelquefois descurieuxsans goût ont pris plaisir à faire enluminer de belles estampes, croyant qu’elles acquéroient un nouveau prix et qu’elles approcheroient du mérite des tableaux, quand elles seroient barbouillées de couleurs. Tout le fruit de leur dépense a été de faire détruire le travail heureux du graveur par le travail routinier des enlumineuses.
- Cependant l’enluminure faite
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- avec soûl et Intelligence est fort utile à l’histoire naturelle. Des planches d’oiseaux , de plantes, de coquilles, instruisent fort imparfaitement , si elles ne sont pas accompagnées des couleurs propres à l’objet. Enfin , Y enluminure est utile toutes les fois qu'on doit montrer l’objet colorié. Le graveur doit alors renoncera l’ambition déplaire et consentir â voir les travaux de son art couverts par le travail des enlumineurs.
- ENNÉADÉCATÉRIDE , s. f du rec svvl* ( ennea ) , neuf, de S'ina. deka ), dix , et d’ûro; ( etos ), année : l’espace de dix-neuf années.
- ( Chronol. ) On appelle ainsi la période ou révolution de dix-neuf années, telle qu’est celle du nombre d’or, dont Méthon fut l’inventeur, et qu’on appelle aussi cy île lunaire, parce qu’au bout de dix-neuf ans solaires, la lune revient à-peu-près au même point; d’où vient que les Athéniens, les Juifs et autres peuples qui ont voulu accommoder les mois lunaires avec l’année solaire, se sont servis de Vennéadécatêride, en faisant pendant dix-neuf ans , sept ans de t5 mois lunaires et les antres de 12.
- ENNEAGONE , s. m. du grec «rvlat ( ennéa ), neuf, et de y min, (gonia ) , angle.
- ( Céom. ) Fipure de neuf angles et de neuf côtés.
- Pour tracer dans un cercle V en-né a gone régulier, il ne s’agit que de diviser en trois parties égales l’angle au centre du triangle équilatéral ; ainsi, ce problème se réduit à celui de la trisection de l’angle.
- , ENNÉANDRIE, s. f. du grec ’irna, ( ennéa ), neuf, et d’àvàp ( anêr ) , génit. kvJ'pbg ( andros ) , mari, mâle.
- ( Botan, ) C4est le nom que I.in-7iœus , dans sa division systématique des plantes , donne à la neuvième classe, à cause qu’elle renferme toutes les plantes dont la Bear a neuf étamines. V. ÉTAMINE.
- ENNEMI, s. m. du lat. inîmi-eus , composé de la particule priv. n» et d’amicus : celui qui hait
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- quelqu’un, qui veut du mal à quelqu’un.
- ( Artmïlit. ) Ennemi se dit absolument d’une armée entière , d’un parti contraire. Uennemi est aux portes ; Vennemi tient la campagne; il est tombé entre les mains des ennemis.
- ( Peinture ) Ennemie, adj. couleurs ennemies ; ce sont les • couleurs qni s’accordent mal, et qui ne peuvent subsister ensemble sans offenser la vue, ou sans se détruire en très-peu de tems. Le bleu et le vermillon sont des couleurs ennemies ; leur mélange produit une couleur aigre, dure et désagréable
- Les habiles peiutres se font quelquefois un jeu de vaincre les difficultés qu’on prétend résulter de l’association des couleurs ennemies ; ce qui seroît chez les ignorans une témérité qui ne produiroit que des effets maussades , devient chez les habiles une hardiesse louable qui n’enfante que des prodiges.
- ENODÉ, ou ÉNOUÉ, adj. du lat. enodis, formé de e, pour sine , sans, et de nodo, nœud : sans nœud.
- {Botan.) N’ayant point de nœuds, c’est le contraire de noueux.
- ENQUERRE , v. n. du lat. in-quirere , de même qu’enquérir son synonj me.
- ( Blason ) Armes à enquerre ; on dit que des armes sont à enquerre lorsqu’il y a métal sur métal , ou couleur sur couleur, ce qui les fait soupçonner d’ètre fausses , et ce qui oblige de demander pourquoi les hérauts d’armes les ont ainsi données.
- ( Diction ) Mots à enquerre; ici Je mot enquerre s’emploie substantivement pour signifier la recherche de l’étymologie, de l’acception d’un mot , l’éclaircissement d’un fait de littérature. MM. de l’académie , dans leurs délibérations, mettoient sur les mots douteux , mots à Venquerre.
- ENQUÊTE, s. f. d’enquérir, même origine qu’ENQUERRE.
- ( Pratique ) U enquête est la recherche de la vérité d’un fait dans les dépositions des témoins de e*
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- fait. Les enquêtes sont verbales ou par écrit.
- TJ enquête verbale , que l’on appelle aussi enquête sommaire, est celle qui se fait sommairement à l’audience et sans beaucoup de formalités.
- TJ enquête par écrit est celle qui est ordonnée par un jugement, en vertu duquel on la rédige avec toutes les formalités prescrites par l’ordonnance de 1667.
- Enquête d'office ; c’est celle que le juge ordonne de son propre mouvement pour connoître certains faits relatifs à quelque affaire dont la connoissance lui appartient.
- ENSEIGNE , s. m. du lat. insi-gnium , dont an a fait signe, insigne s marque , indice servant à faire reconnoître quelque chose.
- ( Commerce ) Enseigne se dit aussi du tableau , de la figure , que l’on pend, ou autre signe que l’on attache à la maison d’un marchand , d’un artisan, d’un caba-retier, pour la désigner.
- ( Manuf ) Enseigne , en termes de manufacture de draperie, est une certaine mesure de drap, qui revient à 3 aunes ( 3,565 mètres ). Une pièce de drap est ordinairement de i5 enseignes, 45 aunes {io,6i5 mètres. )
- ( Art milit. ) Enseignes militaires dans la première antiquité, rien n’étoit plus simple que les enseignes militaires. Des branches de verdure, des oiseaux en plumes , des têtes d’animaux, etc. aidoient les nations ou partis à se reconnoître dans les combats. Mais à mesure que l’art de la guerre se perfectionna, on inventa des enseignes moins fragiles ou plus brillantes , et chaque peuple voulut que les siennes fussent distinguées par des symboles qui lui appartinssent.
- Chez les Juifs , les tribus d’Israël avoieut chacune une enseigne de la couleur qui lui étoit propre, et sur laquelle étoit la figure ou le symbole qui désignoit chaque tribu , selon la prophétie de Jacob,
- Les Egyptiens choisirent pour symboles de leurs enseignes , le taureau , le crocodile, etc.Les Assyriens eurent des colombes, parce
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- que le nom de Sémiramis signifie colombe.
- Dans les tems héroïques un bouclier , un casque , une cuirasse au haut d’une lance, furent les enseignes militaires des Grecs. Au siège de Troie, Agamemnon prit un voile de pourpre pour servir de ralliement à son armée. L’usage des enseignes avec des devises ne s’introduisit que peu à peu. Celles des Athéniens étoient Minerve , un olivier et une chouette. Les Corinthiens avoient adopté un Pégase ou cheval ailé. Les Messéniens et les Lacédémoniens se contentèrent de la lettre initiale de leur nom.
- Les Perses avoient pour enseigne principale un aigle d’or au bout d’une pique.
- Les enseignes des anciens Gaulois représentaient des animaux, et principalement, le taureau, le lion et l’ours. Celles des Ripuaires une épée qui désignoit le dieu de la guerre , et celles des Sicambres une tête de bœuf.
- Lorsque les enseignes grossières déplurent aux Romains , ils eurent au lieu d’une botte de foin et de javelle, les figures du loup , du cheval, du sanglier, du minotaure $ mais Marius y substitua l’aigle.
- A l’exemple des anciens, les peuples qui se sont établis en Europe, sur les débris de la grandeur romaine , se sont aussi servis d}enseignes militaires.
- En France, Pharamond, Clodion, Mérovée et Childéric son fils portèrent des crapauds dans leurs enseignes ; mais quand Clovis eut reçu le baptême, il voulut que ses troupes prissent la bannière de Saint -Martin de Tours , et cette enseigne d’un bleu uni devint pour les Français ce que le labarum avoit été pour les Romains, depuis là conversion de Constantin.
- Vers la fin du dixième siècle , la dévotion à Saint-Martin s’étant ralentie, et les successeurs de Hugues Capet ayant fixé leur séjour à Paris, la France eut pour patron celui de la capitale ; et après la réunion du comté de Vexin à la couronne, dont le comte étoit l’avoué de l’abbaye de Saiat-Deais, Louis-
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- le-Gros donna à la bannière de ce saint, le même rang et la même vogue dont celle de Saint-Martin avait joui pendant plus de six siècles, et il la nomma oriflamme , à cause des flammes d’or dont elle étoit chargée.
- Il y a lieu de croire que l’oriflamme fut pris en i4i5 à la sanglante bataille d’Azincourt ; car, depuis cette époque , il n’en est plus fait mention dans l’histoire.
- Outre Y oriflamme , il y avoit encore dans les armées françaises deux enseignes principales, savoir : l’étendard de France , et le pen-non royal.
- Sous Charles YII, les bannières et les pennons disparurent, et firent place aux drapeaux de l’infanterie , aux étendards , aux guidons de la gendarmerie , et aux cornettes de la cavalerie.
- L’usage de mettre des croix sur les enseignes avoit commencé au tems des croisades, et ces croix furent rouges dans les enseignes de France, jusqu’au tems de Charles VI; c’étoit alors la couleur de la nation. Mais les Anglais qui avoient jusqu’alors porté la croix blanche , ayant pris la rouge, à cause des prétendus droits qu’ils croyoient avoir sur le royaume de France , Charles VIT , encore dauphin , changea la croix rouge des enseignes françaises, en une croix blanche, se donna à lui-même une enseigne toute blanche, qu’on nomma cornette , et la donna pour enseigne à la première des compagnies de gendarmerie qu’il créa.
- Depuis Charles VII jusqu’àFran-çois I.er , il n’y eut en France que deux enseignes royales blanches ; savoir : la cornette blanche et la cornette royale , qui étoit comme l’étendard du corps du prince, et qu’on portoit devant lui, soit dans les batailles , soit en tems de paix, dans les grandes solennités ; mais depuis les guerres du calvinisme, outre les cornettes blanches des généraux d’armée à qui le roi accordait cette prérogative , il y eut en France , sur-tout sous Charles IX . autant d'enseignes blanches qu’il y avoit de colonels généraux des.différentes milices. Cha?
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- que colonel mit son drapeau blanc dans sa compagnie colonelle, et par la suite , lorsque l’infanteria fut augmentée , le colonel général voulut avoir u ,e compagnie dans chaque régiment, et que cette compagnie eût un drapeau blanc.
- Enfin , le droit du drapeau blanc passa de la compagnie colonelle générale à la compagnie colonelle, La première ayant été supprimée , chaque mestre-de-camp, ou colonel d’un corps particulier , s’arrogea à cet égard les prérogatives du colonel général.
- Depuis l’extinction de la monarchie, les enseignes de la république française sont un drapeau ou pavillon aux trois couleurs , bleue , blanche et rouge.
- ( Marine ) On appelle quelquefois enseigne, le pavillon carré qui s’arbore au bâton de pavillon , placé au haut de la poupe d’un vaisseau , et qui désigne la nation de laquelle il est.
- Enseigne de vaisseau; e’est un grade d’ofiicier dans la marine , subordonné au lieutenant de vaisseau.
- D’après les nouvelles lois relatives à la marine , tout capitaine ,de commerce est en même-teras de droit enseigne de vaisseau non entretenu ; et tout enseigne de vaisseau à l’âge de ai ans , a droit de commander des navires marchands, s’il en trouve l’occasion.
- ENSEL , du lat. ensis , épée.
- ( Chirurgie ) Ou appelle ensel, en termes de chirurgie, un cautère ni a la pointe faite comme celle 'une épée.
- ENSEMBLE, adv. et s. du lat. insimul, qu’on a dit pour simul : l’un avec l’autre, les uns avec les autres.
- ( Technol. ) Ce terme usité dans plusieurs arts , s’entend généralement de l’union des parties d’un tout.
- ( Architecture) U ensemble d’un bâtiment ; c’est la masse et quelquefois la proportion relative ûes parties d’un bâtiment.
- ( Sculpture ) Pour bien juger d’un ouvrage , d’une statue , il faut d’abord examiner si Vensemble est bon, s’il existe une juste proportion c^es parties.
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- ( Peinture ) L'ensemble d’un tableau ; c’est l’union de toutes les parties de l’art d’imiter les objets.
- U ensemble d’une figure ; c’est dans cette acception que le mot ensemble est plus communément employé par les artistes , et il signifie l’union des parties du corps et leur correspondance réciproque. On dit un bon , un mauvais ensemble ; par conséquent le mot ensemble ne signifie pas précisément la perfection dans le dessin d’une figure , mais seulement l’assemblage vraisemblable des parties qui la composent.
- L’ensemble de la composition dans un tableau d’histoire est de deux espèces , Vensemble pittoresque , et Y ensemble poétique.
- L’ensemble pittoresque est le choix qu’a fait l’artiste des combinaisons que peuvent éprouver entre eux les personnages essentiels et les objets qui composent, son tableau.. U ensemble pittoresque est plus ou moins parfait, selon qu’il a plus ou moins réussi à rendre les groupes vraisemblables , les attitudes justes, les fonds agréables, les draperies naturelles , les accessoires bien choisis et disposés.
- L’ensemblepo'ètique consiste dans l’intérêt général, mais nuancé, que doivent prendre a un événement tous ceux qui y participent.
- Il faut que les sentimens dont l’artiste a voulu les animer aient une liaison , une conformité , une dépendance , enfin un ensemble qui existe dans la nature.
- L’ensemble de la couleur dépend de son union de son accord, et de sa dégradation insensible.
- Le clair-obscur compose son ensemble des groupes de lumière et d’ombre et de l’enchaînement de ses masses.
- L’effet du tout ensemble est le résultat des ensembles dont on vient de parler, comme le mot effet général est le résultat des efi'ets particuliers de chacune des parties de l’art de peindre dont on fait usage dans un tableau.
- £ Musique ) Ce terme ne s’applique guères qu’à l’exécution , lorsque les concertans sont si parfaitement d’accord, soit pour l’in-
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- tonation , soit ponr la mesure > .qu’ils semblent être tous animés d’un même esprit, et que l’exécution rend fidèlement à l’oreille ce que l’œil voit sur la partition.
- TJ ensemble ne dépend pas seulement de l’habileté avec laquelle chacuu lit sa partie , mais de l’intelligence avec laquelle il en sent le caractère particulier . et la liaison avec le tout. Les maîtres de musique , conducteurs et chefs d’orchestre, doivent guider , retenir, ou presser les musiciens , pour mettre par-tout l’ensemble ; et c’est ce que fait toujours un bon premier violon , par une certaine charge d’exécution, qui en imprime fortement le caractère dans toutes les oreilles. La voix récitante est assujettie à la basse et à la mesure ; le premier violon doit écouter et suivre la voix; la symphonie doit écouter et suivre le premier violon : enfin le clavecin qu’on suppose tenu par le compositeur, doit être le véritable et premier guide de tout.
- En général, plus le style, les périodes , les phrases , la mélodie et l’harmonie ont de caractère , plus l’ensemble est facile à saisir, parce que la même idée imprimée vivement dans tous les esprits , préside à toute l’exécution. Au contraire, quand la musique ne dit rien , et qu’on n’y sent qu’une suite de notes sans liaison , il n’y a point de tout auquel chacun rapporte sa partie, et l’exécution va toujours mal.
- ( Manège ) On dit en termes de manège, mettre un cheval bien ensemble , pour le mettre bien sous lui, quand 011 le met sur les hanches ; l’obliger à rassembler les parties de son corps et ses forces, en les distribuant également sur les quatre jambes.
- ENSEMENCER , v. a. du latin sementis, semaille.
- ( Agric. ) Jeter de la semence dans les terres labourées , et en saison convenable pour les faire rapporter.
- ENSIFORMÉ, adj. duNat. ensi-formis, composé de forma, forme , et de ensis, épée : qui a la figure d’une épée.
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- ( Physioî. ) Ou donné ce nom au cartillage xiphoïde. V. XIPHOID17.
- (Botan. ) F eu il Le ensiforme. C'est une feuille allongée, aiguë, ayant une certaine rigidité tellement comprimée que ses deux côtés deviennent deux faces planiuscules, sa face interne un bord tranchant, regardant la tige , et son dos un autre bord également tranchant, d’où résulte une forme à-peu-près semblable à celle d’une lame d’épée à deux tranchans.
- ENSIMAGE, s. m. du saxon seirn , ou de l’anglais seam , saindoux.
- ( Manuf. ) L’action de mettre légèrement^, avec la main , du saindoux sur la superficie des étoffés , du côté de leur endroit, afin de les pouvoir tondre plus facilement ; le sain-doux aidant à faire couler les forces.
- ENTABLEMENT , s. m. du lat. tabulatum, et de la préposition in , en.
- ( ArchiLect. ) Partie d’un ordre d’architecture, composé d’un architrave , d’une frise, ou d’une corniche.
- C’est anssi la corniche entravée d’une édifice, sur laquelle pose le toit.
- ENTAILLE, s. f. du latin barbare tallia.
- ( Technol. ) Ouverture qu’on fait dans un corps qu’on taille en un certain endroit, pour y en emboîter et y faire entrer un autre qu’on y veut joindre.
- ( Chirurgie ) Espèce de fracture faite en dédolant ; fracture du crâne faite avec un instrument tranchant appuyé obliquement ou en dédolant, et dans laquelle il y a un éclat coupé, sans être détaché ni emporté.
- ENTAMER, v. a. du lat. barbare entamare , fait du grec «vtuuti? (entaméin), ousvnrofjLti» [entoméin), couper , dont la racine est riy.va> (temno), couper , inciser : faire une petite incision , une petite déchirure, ôter une petite partie d’une chose entière ; commencer une matière.
- Entamer une pièce dJétoffe ; entamer un pain ; entamer un bateau, de bois, de charbon ; entamer la
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- peau; entamer un discours, une question , une négociation.
- ( Manège ) Entamer le chemin ; c’est commencer à galoper.
- Entamer du pied droit , du pied gauche, en parlant dé la jambe qui précède , ou qui embrasse la première le terrein.
- Entamer un cheval ; c’est lui donner les premières leçons de manège.
- ( Art milit. ) Entamer un corps de troupes ; c’est commencer à l’ou-vrir , à le rompre.
- ENTE, s. f. du latin insia, ou de l’allemand inte , formé du lat. insitum.
- ( Agric. ) Greffe , sciôn d’arbre , lorsqu’il est greffé sur un autre arbre. Il se dit aussi de l’arbre même où l’on a fait uûe ente. V. GREFFE.
- ( Archit. ) Ente , se dit aussi d’un pilastre carré que les anciens mettoient au coin des temples, et des jambes de force qui sortent un peu hors d’un mur.
- EN TÉLÉCHIE, s. f. du grec ( entelecheia ) , perfection.
- ( Didactiq. ) Perfection d’une chose.
- ENTENTE, s. f. d’entendre ; fait du latin intendere ; dans le sens de s’attacher, considérer attentivement.
- ( Grammaire ) Entente se dit proprement de l’interprétation qu’on donne à un mot équivoque , et qui peut recevoir plusieurs sens.
- ( Littérature et Beaux-Arts } 11 signifie aussi un certain ordre et une disposition qui donne de l’agrément aux choses. C’est dans ce sens qu’on dit d’un auteur dramatique , qu’il possède parfaitement Ventente de la scène ; en architecture , qu’un bâtiment est d’une belle entente ; en peinture, qu’un tableau est d’une belle entente, ou qu’il est conduit avec beaucoup d’entente ; qu’un groupe , qu’une figure est d’uni; belle entente de lumière ; que le tout est d’une belle entente de couleur.
- ENTÉRADÈNES, s. f. du grec iv-TipuJ'ivK (entéradènes), composa d’ïvripov (entéron) , intestin, et dé tLcïiti ( adén ), gîaude.
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- ( Physiol. ) On a donné cé nora aux glandes intestinales.
- ENTÉRINER, v. a. du latin barbare integrinare , fait A’inte-grinus, diminutif à’mfeger, entier: rendre entier, donner à quelque chose son entier effet.
- On a dit anciennement entérin pour entier , et entérênéité pour l’état d’une chose qui a toutes ses parties.
- ( Pratique ) Entériner, est ap-
- Î>rouver , confirmer un acte ; et Entérinement, ou l’action d’entériner est un jugemeut qui donne son entier effet, son entière exécution à uu acte, ou à des lettres de rémission, de rescision, qui, sans cela, n’auroient pu être profitables à celui qui les auroit obtenues. ,
- ENTERIN, s. m. du grec hnpov (entéron ), formé d’svTSî ( entos ), dans, dedans.
- ( Physiol. ) Intestin.
- ENTÉRITE , ou ENTÉRITIS , s, f. du grec hripov ( entéron ) , intestin.
- ( Médecine ) Inflammation des intestins.
- ENTÉROCÈLE , s. f. du grec IvTspov ( entéron ), intestin , et de xjixh {hêlê), tumeur , hernie.
- ( Médecins ) Hernie intestinale, descente de hoyau. Elle est dite complète, lorsqu’elle tombe presque dans le scrotum , et incomplète , sielle ne descend que jusqu’à l’aine ; celle-ci s’appelle encore BUBONO-CELE.
- ENTÉROCYSTOCÈLE, s. f. du grec eripov ( entéron ) , intestin , dje Kvcnç-, ( kustis ), vessie, et de xàx» ( kêlê ) , tumeur.
- ( Chirurgie, ) Hernie de la vessie compliquéed’ENTEROCELE. Voy. ce. mot.
- ENTÉROÉPIPLOCÈLE, s. f. du grec êVTtpov ( entéron ), intestin, «Pt-b-mz-xooy ( épiploon ), l’épiploon , et de xàxti ( kêlê ) , tumeur.
- (Chirurgie) Hernie , dans laquelle l’intestin et l’épiploon sont tombés, ensemble.
- ENTÉROÉPIPLOMPHALE, s. f. du grec svTspov ( entéron ), intestin, d’îTnwxooY ( épiploon), l’épiploon ,
- E N T cp
- et d’op/tjiitAoç ( omphalos) , nombril.
- ( Chirurgie ) Hernie ombilicale faite par la sortie de l’intestin et de l’épiploon ensemble.
- ^ ENTÉROGRAPHIE, s. F. du gr. svTspov {entéron ), intestin, et de ypcKpos ( graphô ), décrire : description des intestins.
- ( Méd. ) igartie de l’anatomie qui a pour objet la description des intestins.
- ENTÉROHYDROCÈLE , s. f. du gr. h'Ttpot[entéron), intestin, d’-ukaf,
- ( hudôr ) , eau , et de xwX» ( kêlê) tumeur.
- ( Méd. ) Hydropisïe du scrotum compliquée avec une descente d’intestin.
- ENTÉROHYDROMPHALE, s. f, du grec hrepav (entéron), intestin, d adæp, ( hudôr), eau, et d’o/^sixèc [omphalos), nombril.
- ( Méd. ) Hernie de-l’ombilic faite
- par la sortie de l’intestin et par un amas de sérosités.
- ENTÉROLOGIE, s. f. du grec hnpov [entéron), intestin, et de royoç £ logos ) , discours.
- ( Med. ) Partie de l’anatomie qui traite de l’usage des intestins.
- ENTYROMÉROCÈLE, s. f. du grec l'vTspov [entéron ), intestin, de pvpoç [mêros), cuisse, et de xüxtt [kêlê), hernie, tumeur.
- ( Chirur. ) Hernie crurale.
- ENTÉROMPHALE , s. f. du grec svvspov ( entéron ), intestin , et o/uKfisiXoç [omphalos) , nombril.
- ( Chirurgie ) Hernie ombilicale , faite par l’intestin seul.
- ENTÉRORIIAFHÉ, s. f. du gr, hnpov ( entéron ) , intestin , et de piqn ( rhaphê ), couture.
- ( Chirur. ) Suture des intestins.
- ENTÉROSARCOCÈEE, s. €. du grec svtipov ( entéron ) intestin , de trlpg [ sarx), chair, et de x»x» ( kêlê ), tumeur.
- ( Chirur. ) Espèce de hernie faite par l’intestin, avec excroissance de chair.
- ENTÉROSHÉOCÈLE , s. f. du grec tvTwpov ( entéron ), intestin, d’oa-yjiov ( oschéon ), le scrotum , et de *«x» ( kêlê ) , tumeur.
- ( Chirurgie) Espèçç de hernie,
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- dans laquelle les intestins tombent dans le scrotum ; c’est une entéro-cèie complette. Voyez ENTERO-CELE.
- ENTÉROTOMIE , s. f. uu grec svTspsv ( entéron }, intestin , et de •rouit ( tome ) j incision, dérivé de Tsuvee ( tèitinô ), couper , inciser.
- ( Chirurgie ) Opération qui consiste à faire une incision à l’intestin pour en tirer des corps étrangers.
- ENTHLASE , s. f. du gr. hÛKcLTH ( enthlasis ), contusion , fracture, dérivé de 6xa.«> ( thlaâ ) , briser.
- ( Chirurgie ) Espèce de fracture du crâne j faite avec un instrument contondant , et dans laquelle l’os est brisé eu plusieurs pièces.
- . ENTHOUSIASME , s. m. du grec Ivôuuv/it'Tjuic {enthousiasmas), formé d’sv0»of ( enthéos ), divin , composé d’sv {en) , dans , et de 820s {théos), Dieu , en Dieu ; qui a Dieu en soi.
- Mouvement extraordinaire d’esprit, causé par une inspiration qui est ou qui paroît divine.
- ( Prophétie ) Il se dit proprement des prophètes , des sybitles, et de ceux qui prononçoient les oracles du paganisme.
- ( Littérature et Beaux Arts) Il signifie aussi un mouvement extraordinaire d’esprit, par lequel un poëte, un orateur, tout homme qui travaille de génie , s’élance en quelque sorte au-dessus de lai-même.
- ENTHYMÊME , s. m. du grec bSvpvy.ci. ( enthumêma), pensée , composé à’sv ( en ), dans , et de Svjuoc {thumos), esprit, littéralement dans l’esprit.
- ( Diction ) L’enthymême est l’argument consacré à la rhétorique ; c’est un raisonnement composé de deux propositions seulement ; une troisième qui n’est point exprimée , peut se suppléer aisément. Ainsi, on peut dire que 1 ’enthymême est. un syllogisme parfait dans l’esprit, et imparfait dans l’expression.
- Uenthymême est l’argument favori de l’orateur , parce qu’étant plus court que le syllogisme , et moins méthodique, il est aussi plus vif, plus pressant, plus propre à persuader et à remuer les passions.
- Qcûuülieu cite pour exemple ce
- ENT
- vers, le seul qui nous soit resté de la Médée d’Ovide ;
- Servare potui , perdere an possim rogas ?
- Je l’ai pueonserver, etnepourrois-je le perdre ?
- Un logicien auroit fait un syllogisme de ce raisonnement, et auroit dit :
- Celui qui peut conserver, peut perdre; or, je l’ai pu conserver, donc je pourrais le perdre.
- L’orateur supprime toujours quelqu’une de ces trois propositions : c’est tantôt la première , tantôt la seconde , indifféremment. Il arrive même quelquefois qu’il renferme son raisonnement en une seule proposition , et cela pour lui donner plus de force, comme dans cet exemple:
- Mortel ! ne garde pas une haine immortelle.
- ENTIER , s. m. du latin integer, composé de la préposition privât. in, et de tango toucher : qui est intact, complet, qui a toutes ses parties , ou que l’on considère dans toute son éieudue.
- ( Arith. ) Nombres entiers y ce sont les nombres qui contiennent un certain nombre de fois, et sans fraction, ia quantité prise pour unité' principale.^
- ( Botan. ) Feuille entière : une' feuille est dite entière, lorsque son disque ne présente à son contour ni sinuosités remarquables , ni incisions , ni denture quelconque.
- Calice entier : c’est un mono-phÿiie ,.do.iit.le bord est très-simple et sans division.
- ENTITÉ , s. f. du latin entitas, fait de ens , èntis , être.
- ( Didactique ) Ce qui constitue l’être, ou essence de-quelque chose.
- ( Scholast. ) Forme abstraite quelconque , générique, spécifique , individuelle ,- propre ^accidentelle, morale , etc. Ainsi, ils disent 1 ’entite de Pierre, sa'curporèité, son animalité , sa rationalité , sa paternité , sa pétréiié , pour signifier la qualité par laquelle Pierre est être , corps , animal, raisonnable , père, Pierre.
- ( Chimie ancienne Les anciens
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- EST
- chimistes ont donné différentes si-onüications au mot latin ens : dans Paracelse, il sifignifie le pouvoir, la vertu , et l’efficacité que certains êtres déploient sur nos corps. 11 parie de Y ens astrorurn, de Y ens veneris, de Y ens naturelle , de Y ens de patentions spiritibus, de Y ens Jjei ; il parle aussi de Y ens primurn des minéraux , des pierres précieuses , des plantes et des liqueurs , par où il entend les parties dans lesquelles leur vertu ou leur efficacité réside, ou même Pune et l’autre.
- ENTOMOLITHE, s. f. du grec ïv-repot (entomon) , insecte , et aWoç ( lithos ), pierre,
- ( Minéral. ) Pierre schisteuse ou divisée par lames , dans laquelle on voit les emprein-es de divers insectes.
- ENTOMOLOGIE, s. f. du grec h'woy.ov ( entomon ), insecte, et de \e y oc ( logos ) , discours.
- ( Histoire naturelle ) Partie de l’histoire naturelle qui traite des insectes.
- ENTONNER , v. a. du latin in-tonare, composé de in, dans, et de tonus , tort: mettre en ton.
- ( Musique) C’est dans l’exécution d’an chant, former avec justesse les sons et les intervalles qui sont marqués ; ce qui ue peut guères se faire qu’à l’aide d’une idée commune à laquelle doivent se rapporter ces sons et ces intervalles ; savoir, celle du ton et du mode où ils sont employés , d’où vient peut-être le mot entonner. On peut aussi l’attribuer à la marche diatonique , marche qui paroît la plus commode et la plus naturelle à la voix. Il y a plus de difficulté à entonner des intervalles plus grands on plus petits , parce qu’alors la glotte se modifie par des rapports trop grands dans le premier cas , ou trop composés dans le second.
- Entonner est encore commencer le chant d’une hymne , d’un pseau-'me, d’une antienne, pour donner le ton à tout le chœur. V. INTONATION.
- entonnoir, s. m'. du lat. in-
- tonnare , formé de in , dans , et tonna , tonne , meure dans une
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- tonne : instrument avec lequel ou entonne une liqueur.
- ( Technol. ) Vaisseau plus ou moins grand, fait en forme de cône , avec un cou'qui sert à verser les liqueurs dans un muid, dans une bouteille, etc.
- ( Physiol. ) On a donné le nom dd entonnoir à une cavité où fossette assez profonde, qu’ou découvre dans la partie inférieure du troisième ventricule du cerveau, et dont l’ouverture évasée se retroussant insensiblement, aboutit à la grande pituitaire qui est logée dans la cavité de la selle turcique.
- ( Art du mineur ) Entonnoir ; c’est, dans les mines, la profondeur ou l’espèce de trou qu’elles laissent après avoir joué ou sauté.
- ENTORSE, s. f. du lat. intortus, fait d’intorquere.
- ( Chirurgie ) Distension subite et violente des tendons ou desligamens d’une articulation , sans qu’il y ait déplacement sensible des parties offensées. F. luxation-entrailles , s. f. du lat. in-
- tralia, fait du grec svtspov (entéron intestin.
- ( Physiol. ) Il se dit généralement de toutes les parties enfermées dans le corps des animaux , comme le cœur , le poumon, le foie , la rate , les intestins, etc. Mais il se dit plus particulièrement des intestins, des boyaux. Les autres parties sont ordinairement appelées VISCERES. V. ce mot.
- ENTRAVES, s. f. composé des deux mots latins in et trabes.
- ( Manège ) Ce qui sert à lier les jambes d’un cheval, ou pour le dresser à l’amble , on pour l’empê-çliër de s’éloigner trop du lieu où l’on veut qu’il paisse.
- ( Diction ) Il signifie figurément obstacle, empêchement. Cet homme sJest mis des entraves à lui-même.
- ENTRECHAT, s. m. de l’italien intrecciato , en sous - entendant salio, qui signifie saut entrelacé, croisé.
- ( Hanse ) entrechat est un saut dans lequel on passe les jambes l’une par-dessus l’autre, trois fois pendant que le corps est en l’air.
- Il y a un entrechat en tournant
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- un entrechat en avant, et un entre-chat de côté.
- ENTRECOLONNEMENT, s. m. du lat. intercolumnum.
- ( Archit. ) Espace entre deux colonnes ; il y en a de cinq sortes , selon Vitr. Pyc.nostyle , systyle , diastyle , custyle , arcéostyle. V. ces mots.
- ENTREE, s. f. du verbe entrer, fait du lat. intrare, pour intra ire, aller dedans.
- ( Archit. ) Lieu par où l'on entre, la porte, le passage d’un bâtiment.
- ( Technol. ) Il se dit aussi de l’ouverture qui se trouve à plusieurs choses : entrée de serrure , entrée de chapeau.
- ( Marine ) Entrée d’un port ; c’est le passage par lequel on arrive dans un port.
- Entrée d’une rivière ; c’est son embouchure.
- Avoir Ventrée ; c’est,- en termes de santé , avoir permission de débarquer et de communiquer dans les lieux et dans les pays où l’on craint la peste, et où la quarantaine a lieu ; les bâtimens qui viennent des lieux suspects de peste , ou qui ont la PATENTE BRUTE ( V. ce mot ) , n’obtiennent Ventrée qu’après une quarantaine plus ou moins longue. Èoy. QUARANTAINE.
- ( Econ. polit. ] Entrée se dit du droit d’entrer en quelque endroit. On dit de celui qui entre sans payer à la comédie, à l’opéra , qu’il a ses entrées à la comédie , à l’opéra.
- Ce prince a entrée à la diète de l’empire.
- C’est aussi le privilège d’entrer chez les rois, les priuces et les grands seigneurs, dans certains tems et à des heures marquées.
- Gracchus et Livius Drusus , tri buns du peuple, furent les premiers qui introduisirent cette coutume à Rome ; mars elle fut interrompue : Auguste ne se soucia point de la rétablir, Tibère la remit en vigueur ; son successeur l’abolit ; d’autres empereurs la renouvelèrent, et elle se Fortifia tellement sous Constantin, qu’elle s’est toujours conservée depuis.
- Entrées se dit eacore de tes ré~
- ENT
- eeptioûs solennelles que l’on fait aux rois, anx princes , aux gouverneurs, ambassadeurs, légats, etc., la première fois qu’ils entrent dans une ville , ou qu’ils sont admis dans une cour, etc. Ces sortes de cérémonies varient suivant le tems , les lieux et les nations ; mais elles sont toujours un monument des usages des diffé-rens peuples.
- ( Finances ) Entrée , en termes de finances, est un impôt qu’on lève sur les marchandises qui entrent dans une ville , dans un port, dans un pays.
- ( Commerce ) Entrée du grand livre ; les teneurs de iivi’es en parties doubles appellent ainsi l’état des débiteurs et créditeurs portés par la balance ou le bilan du livre précédent.
- ( Eaux et forêts) Bois d’entrée; on appelle ainsi les bois qui commencent à donner quelque signe de dépérissement.
- ( Cuisine ) Entrées de table ; ce sont les mets que l’on sert au commencement du repas.
- ( Panse ) Entrée se dit, en parlant des ballets , d’un ou plusieurs quadrilles de danseurs, qui parleurs pas , leurs gestes , leurs attitudes , représentent la partie de l’action générale dont ils sont chargés.
- Entrée se dit encore de l’espèce de symphonie par laquelle débute un ballet.
- ( Musique ) Entrée se dit , eu musique , du moment où chaque partie qui en suit une autre commence à se faire entendre.
- ( Astron. ) Entrée se dit, en astronomie , du moment où le soleil ou la lune commence à parcourir un des signes du zodiaque. Ainsi on dit,l’enfrée du soleil ou de la lune dans le belier, dans le taureau, etc.
- On se sert aussi du mot entrée dans ces phrases : Ventrée de la lune dans l’ombre , dans le pénombre. V. OMBRE,PÉNOMBRE, ÉCLIPSE.
- ENTRE-LACS , s. m. du verbe entrelacer, du lat inter plicare : plusieurs cordons de chiffres enlacés l’un dans l’autre.
- (Archit. ) Qrnemens de listels et de
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- 4e fleurons liés et croisés les uns avec les antres, qui se taillent sur les moulures ou dans les frises.
- ( Sculpture) Ornement à jour de pierre ou de marbre , qui sert quelquefois , au lieu de balustre , pour remplir les appuis évidés des tribunes, balcons et rampes d’escalier.
- ENTREMETS , du lat. intromis-sura, dont les Italiens ont fait tra-messo.
- {Cuisine) Ce mot désignoit anciennement un spectacle muet, accompagné de machines, dans lequel des hommes et des animaux expvimoient ordinairement une action, et où quelquefois des bateleurs faisoient leurs tours. Ces divertissemeus furent imaginés pour occuper les convives dans Tintervalle des services d’un festin, dans l'entre-deux d’un mets, ou service à un antre mets. C’est ce qui a fait nommer entremets, dans les tables, le service qui est entre le rôt et le frnit.
- ( Art dramat. ) On appeloit autrefois entremets , dans les pièces de théâtre , ce que l’on appelle aujourd’hui INTERMÈDES. Foy. ce mot.
- ENTRE-MODILLON, s. m. de la prépos. lat. inter, et de l’italien modiglione.
- ( Archit. ) Espace entre deux modulons.
- ENTRE-NŒUDS, s. m. du lat. inter , et de nodus.
- {Botan.) Espace entre deux nœuds d’une tige.
- ENTRE-PILASTRE , s. m. du lat. inter, et de l’ital. pilastro.
- {Archit.) Espace entre deux pilastres. Il y en a de cinq sortes, et ils sont semblables aux entre-colonnes.
- ENTRE-PONT, s. m. du latin inter , et de pons, pontis.
- (Marine ) L’entre-deux des ponts d’un vaisseau , dans les vaisseaux de ligne, où l’espace compris entre le premier et le second pont. Dans les vaisseaux du premier rang, ou à trois ponts, il y a deux entre-ponts, dont l’un est entre le premier et le second pont, et l’auti-e, entre le second pont et le troisième.
- Les frégates , les flûtes ou galères, et les plus gros vaisseaux marchands Tomall.
- ENU 97
- qui n’ont qu’un seul pont et une seule batterie , ont cependant un entre-pont. Dans cette espèce de bâtiment , c’est l’espace compris entre le pont et le faux pont, ou cale. Ces entre-ponts sont bas et destinés à loger l’équipage.
- ENTREPOT, s. m. du lat. inter, et de pono , locus interpositus.
- { Commerce ) Lieu de réserve où l’on fait magasin de quelques marchandises , pour les venir reprendre au besoin.
- Filles d’entrepôt ; ce sont des villes ou des ports auxquels les lois du prince permettent de recevoir du dehors des marchandises d’une certaine nature , pour les réexporter sous certaines conditions. ENTRESOL, s. m.
- ( Archit. ) Ainsi nommé , de oe qu’il est entre les pièces du sol ou rez-de-chaussée , et celles du premier étage.
- ENTRETAILLE , s. f. du latia inter, et de talio.
- ( Gravure en bois ) Taille légère qu’on glisse entre des tailles plus fortes, pour représenter les corps qui ont du luisant.
- ÉNUCLÉATION, s. f. du latin enucleatio, composé de la particule extract, e, de, hors, et de nucléus, amande. L’action de tirer l’amande ou le noyau d’un fruit. Ce tenu* n’est employé qu’en chimie et en pharmacie.
- ÉNUMÉRATION , s. f. du latin enumeratio , composé de la partie, extract, e, de, hors, et de numéro, compter : compte de plusieurs choses dont on fait mention en détail, dénombrement.
- {Diction) Enumération des parties ; c’est un des lieux communs de la rhétorique , propre à la preuve. Elle consiste à parcourir les différentes parties d’un tout, les principales circonstances d’un fait. Ce lieu commun est d’une grande ressource pour l’éloquence : il met sous les yeux les traits les plus frappans d’un objet qu’on veut dépeindre, afin de persuader, d’émouvoir et d’entraîner. ,
- ENURÉSIE, s. f. du grec hovçnu> { énouréâ ), perdre son urine : incontinence d’urine.
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- ( Méd. ) Les médecins entendent par ce mot un écoulement involontaire des urines , qui n'est sollicité par aucune irritation de la vessie, et qui arrive le plus souvent sans qu’on y pense.
- ENVELOPPE, s. f. du lat. barbare envolpare , corruption d’r«-volvere : ce qui sert à envelopper quelque chose.
- ( liotan. ) Ce mot est synonyme, tantôt d'mvolucre , tantôt de tégu~ ment. V. ces mots.
- {Jardin.') En termes de jardinage, c’est la tunique ou membrane dont les bulbes des oignons sont couvertes.
- ( Moulage du fer fondu ) Enveloppe se dit de la choppe qui doit retenir le métal, et donner la forme extérieure à la pièce que l’on moule.
- ( Art mtlit. ) Enveioppe se dit aussi d’une élévation de terre que l’on fait quelquefois dans le iossé d’une place , quelquefois au- delà du fossé, souvent en façon d’un simple parapet.
- ENVERGURE, s. f. du lat. virga.
- ( Marine J Ce mot se dit de la longueur des vergues du vaisseau , relativement à ses mâts et à son rang. Ainsi, on dit qu’un vaisseau a une grande envergure, ou beaucoup A’envergure, pour exprimer que ses vergues sont longues , proportionnellement à sa mâture ; ce qui est le cas des vaisseaux dont on a augmenté la longueur. V. VERGUE.
- ( Ornithol. ) Envergure se dit aussi de l’étendue qu’il y a entre les deux extrémités des ailes déployées d’un volatile. 11 y a des volatiles qui ont jusqu’à 80 décimètres ou palmes A'envergure.
- ENVIE, s. f. du lat. invidia.
- ( Méd. ) Envie, dans le sens de désir, est un appétit dépravé, qui est toujours un signe du mauvais état de l’estomac et des humeurs. Voy. ANOREXIE , APPÉTIT , DÉGOÛT.
- On donne encore le nom A’envies à des taches naturelles, à certaines marques que portent quelques en-fans , et que l’on attribue ordinairement à des désirs violens de la mère, dans les premiers tems de sa grossesse.
- EOL
- Il est aussi difficile d'assigner uae cause certaine à ces taches, que d'en tracer le traitement spécifique. On recommande contre celles que l’on appelle lentilles , l’extrait de Saturne , dont on doit souvent se laver.
- ENVIES , s. f. du lat. reduvia.
- ( Méd. ) Petites pellicules qui se détachent quelquefois des doigts. Il ne faut pas arracher les envies avec les dents, mais les couper avec des ciseaux : le panaris est quelquefois la suite de l’arrachement de ces petites portions de peau.
- ENVOYE, s. m. du lat inviare, mettre en chemin.
- { Diplomatie ) Ministre envoyé d’un prince souverain ou d’une république, dans la cour d’un autre prince.
- La qualité d’envoyé extraordinaire est très-moderne, et même moins ancienne que celle de résident; c’est un grade inférieur à celui d’ambassadeur. Les envoyés tant ordinaires qu’extraordinaires jouissent de la protection du droit des gens et de tous les privilèges des ambassadeurs. Mais quant aux'honneurs , on les traite de la même manière que les résidens ordinaires. V. RESIDENS, MINISTRES, AMBASSADEURS.
- ÉOLIEN ou ÉOLIQUE, adj. du grec oLioxua.,dérivé A’ aïoxoç{aiolos),
- Éo le.
- ( Géogr. anc. ) Pays d’Asie habité par les Éoliens , appelé auparavant Mysie.
- ( Grammaire ) Un des cinq dialectes de la langue grecque. Il fut d’abord usité dans la Béotie , d’où il passa en Eolie. Sapho et Alcéeont écrit dans ce dialecte.
- {Musique) Le ton ou mode éolien, ainsi nommé de l’Éolie, où il fut premièrement en usage , étoit un des cinq modes moyens ou principaux de la musique grecque , et sa corde fondamentale étoit immédiatement au-dessus du mode phrygien.
- Le mode éolien étoit grave , au rapport de Lasus. Je chante, dit-il, Cerès et sa fille Melihée, ép use de Pluton, sur le mode EOLIEN, rempli de gravité.
- ÉOLIPYLE, s. m. du grec cusmc
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- ÉOL
- 1 violes ) , Éole, dieu des vents , et de nih» ,(pulê), porte, passage: porte d’Eole.
- ( Physique) Vase de métal creux ayant la forme de houle oüde poire oarnie d’un bec ou tuyau recourbé qui n’a qu’une ouverture très-étroite. Cette boule ou cette poire étant en partie remplie d’eau, et exposée sur an leu de charbon bien allumé, produit par son bec un souffle très-
- violeut.
- Quelques auteurs attribuent ce souffle à l’air dilaté par l’action du feu. Une preuve que cela n’est pas , c’est que si on plonge le bec de réolipyle dans un verre d’eau, on ne voit aucune bulle d’air traverser la liqueur. On entend seulement un siffleineniqui ressemble beaucoup au bruit que fait de l’eau jetée sur un corps très-chaud ; ce qui fait juger avec plus de raison que ce souffle est occasionné par l’eau du vase réduite en vapeur très-dilatée. C’est cette même vapeur qui, par son expansion , chasse l’eau en forme de jet, lorsqu’on renverse Vêolipyle, le tuyau en en bas, et qu’on continue de le tenir sur le feu. Si au lieu d’eau 6n a mis de l’esprit-de-vin dans Vêolipyle , on peut produire un jet de feu , en présentant uu flambeau allumé à quelques centimètres du bec de Vêolipyle.
- C’est par la comparaison de ces éolipyles que Descartes explique la cause naturelle des vents.
- Eole, d’où cet instrument tire son nom , étoit astronome et physicien. 11 prédisoit les vents, en observant le cours des nuées et de la fumée qui sortoit de l’île de Vulcaiu. Ses avis ne furent pas inutiles à Ulysse,-qui le consulta en passant, et qui apprit de lui les vents qui dévoient régner pendant son voyage. C’est ce qui a donné lieu à la fable ingénieuse dans laquelle Homère feint que cet Eole étoit le roi des îles Eoliennes ; qu il tenoit les vents dans des cachots , et qu’un jour il les enferma tous dans une outre dont il fit présent à Ulysse.
- ( Fumistes ) Les fumistes appellent éolipyle une machine qu’ils emploient pour former un courant
- Ë P A tjq
- d’air dans les cheminées , et les empêcher de fumer.
- EPACTE, s. f. du grec ê'7Tû£.X‘T0ff ( épaktos ), étranger, sur-ajouté, formé du verbe i-rreLyas ( épagô ) , ajouter , introduire , intercaler.
- ( Astronomie ) Les épactes sont les nombres des )ours , d’heures , de minutes et de secondes dout les révolutions lunaires diffèrent des solaires.
- Il y a aussi des épactes dont les astronomes ont des tables , et qui leur servent à préparer le calcul des éclipses.
- Les épactes astronomiques dont on se sert pour trouver les nouvelles lunes moyennes ne sont autre chose que l’âge de la lune au commencement de l’année , ou le nombre de jours qui restent depuis la dernière conjonction moyenne de l’année précédente , jusqu’au commencement de l’année actuelle, si elle est bissextile ; ou à la veille, si c’est une année commune.
- EPAGNEUL , s. m. du latin spa-gnolus,dont nous avons d’abord fait espagnol puis épagneul. Les Anglais disent spaniel.
- ( Hist. nat. ) Race de chiens à tête petite et arrondie, à longs poils , à queue touffue et relevée , et à jambes sèches et courtes. Ces chiens sont ainsi appelés, parce qu’ils sont originaires d’Espagne.
- Les épagneuls conviennent pour la chasse dans les cantons ouverts , et sont propres au poil à et la plume ; ils quêtent ordinairement le nez bas.
- EPAGOMENES ; adj. du gr. s-rra-yofAîvoc (épagoménos ), sur-ajouté, dérivé À’i'Trhyœ ( épagô ) , ajouter.
- ( Chronol. ) Les astronomes grecs appeloient ainsi les cinq jours que lesÉ gyptiens etlesChaldéens étoient obligés d’ajouter à l’année deNabo-nassar , dont chaque mois n’avoit que 3o jours ; ce qui complétoit les 365 jours que le soleil emploie à parcourir son orbite.
- ÉPANCHEMENT, s. m. du latin barbare expansare , d’expansum , supin d’expando , répandre : effusion.
- ( Méd. ) Epanchement de la bile
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- îoo EPA
- Voy. EFFUSION, EXTRAVASATION.
- ( Jardin. ) Ce terme s’emploie aussi dans le jardinage en parlant de l’effusion de la sève.
- ÉPANORTHOSË , s. f. du grec Iwsiv6j30œ«ç ( épanorthôsis), correction,formé du verbe î'Tru.vopQitoù (épa~ noihoâ ), redresser, corriger.
- ( Diction?) Figure de rhétorique convenable à la preuve par laquelle on feint de rétracter ce qu’on avoit dit comme trop foible, et l’on ajoute quelque chose de plus fort. V. CORRECTION
- ÉPANOUISSEMENT, s. m. du verbe épanouir, qti’on a dit anciennement esbanoyer, ou du latin explangiere.
- (Botan. ) Epanouissement des fleurs ,• lorsque toutes les parties d’une fleur sont parfaitement déployées , on dît que la fleur est épanouie. On compare l’épanouissement d’une fleur à l’état d’un animal qui veille, et l’état opposé à celui d’un animal qui dort.
- EPAULE, s. f. du latin spalla, diminutif de spatula ou spadula. Les Italiens disent encore spalla.
- { Anat. ) Partie double du corps humain, située à l’extrémité supérieure-, et qui est composée de deux pièces osseuses , Tune antérieure appelée CLAVICULE, et l’autre postérieure , dite OMOPLATE. V. ces deux mots.
- ( Fortificat. ) Epaule du bastion • c’est l’espace renfermé par l’angle de l’épaule , c’est-à-dire , le terrein qui est à l’endroit où concourent la face et le flanc.
- EPAULEMENT, s. m. même origine qu’ÉPAULE.
- { Fortiflcat. ) Travail que l’on fait pour se couvrir de côté par des élévations de terre, par des sacs à terre , par des gabions ou par des fascines chargées de terre.
- Les épaulemens des places d’armes pour -fa cavalerie , quand elle a la queue de la trancffée, ne sont ordinairement que des fascines mêlées de terre.
- Epaulement ou orillon carré se dit aussi d’ùne masse de terre à-
- peu-près de figura carrée et revêtue
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- de muraille pour couvrir le canon d’une casemate.
- Epaulement se prend encore pour un demi-bastion qui est un travail composé d’une face et d’un flanc qui se met ordinairement à la tête d’une corne, d’une couronne ou d’une queue d’iroude.
- ( Charpenterie ) Les charpentiers appellent epaulement d’un tenon une partie et un des côtés du teaoia qu’on diminue moins que l’autre, afin que la pièce de bois en ait plus de force.
- ÉPAULER , v. a. dans le sens de fortifier , appuyer des épaules , soutenir , vient de spalla.
- ( Fortifie. ) Epauler ; c’est faire un épaulement.
- ÉPAULER, v. a. dans le sens de disloquer une épaule , est une contraction de dêsépauler.
- ( Zool.) On le dit particulièrement du cheval et des autres bêtes à quatre pieds : Ce cheval sJest épaulé.
- {Jardin.) On dit dans le même sens d’un arbre qui n’a plus qu’un côté , qu’il est épaulé, c’est-à-dire, estropié.
- EPAVES, s. f. et adj. du latin expavefactœ , effrayées , égarées.
- ( Agric. ) Ce mot a signifié, dans l’origine , des bêtes effrayéeségarées , errantes , sans garde et dont le propriétaire n’étoit pas connu.
- ( Pratique ) La signification de ce mot s’est multipliée ; car on le dit aussi des choses inanimées et perdues , dont on ne connoît pas le légitime propriétaire.
- Les seigneurs haut-justiciers avoient autrefois le droit de s’emparer des épaves après quarante jours et les publications faites.
- Il y avoit des épaves foncières ou immeubles échues au seigneur à titre d’épaves pour droit de bâtardise ou de déshérence.
- Epaves maritimes ; ce sont les effets que la mer a jetés sur le rivage et qui s’y trouvent sans être réclamés par aucun légitime propriétaire.
- Epavesmebiliaires', ce sont celles qui consistent dans quelques effets mobiliers.
- Epaves de rivières,• effets trouvés,
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- délaissés sur les rivières, soit par naufrage , débordement , inondation , chute de pont, ou autres ac-cidens , qui ne sont réclamés par aucun légitime propriétaire.
- Epaves se disoit anciennement , dans certaines parties de la France , de toutes sortes d'effets perdus ; ce qui a donné lieu à quelques hommes superstitieux d’invoquer St. Antoine depade, qu’on appelloit St.Antoine de pave , pour recouvrer les choses égarées.
- ÉPEAUTRE, s. m. du lat. spelta, dont les Grecs modernes ont fait ffidxTov (pelton) ; les Italiens disent aussi spelta , et dans le midi de la France speute.
- ( Agric. ) Sorte de blé-froment fort commun en Allemagne.
- Théophraste dit que Vépeautre se change eu froment la troisième année. Les anciens en faisoient ce qu’on appelle la fromentée, qui étoit une bouillie fort vantée.
- Les Allemands en font du pain qui n’est pas moins blanc que le froment, mais qui n’est pas aussi nourrissant ni aussi facile à digérer.
- Quelques-uns appellent l’épeantre blé locular ou locar. Il y a encore une autre espèce à’épeautre , qu’on nomme seigle blanc.
- ÉPÉE , s. f. du grec <T7m0» , dont les Latins ont fait spata, les Italiens spada , les Espagnols espada.
- ( slrt milit. ) Arme offensive et défensive que l’on porte à son côté.
- Il seroit aussi fastidieux qu’inutile de rechercher l’origine de l’épée. Elle doit être aussi ancienne que l’intérêt et l’ambition des peuples qui cherchèrent à s’agrandir ou à faire des esclaves. En parlant de 1 antiquité la plus reculée , les historiens s’accordent à dire que les epees étoient de cuivre et du poli le plus parfait.
- L’épée des Grecs étoit plus courte que celle des Romains : ils la por-toient sur la cuisse droite , sans doute pour laisser plus libre le mouvement du bouclier qu’ils avoieat au bras gauche. Un Lacédémonien «îsoit que ceux de sou pays por-toient des épées fort courtes,pour en napper de plus près leurs ennemis.
- Les épées dans les temps de la
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- troisième race des rois de France , dévoient être larges , fortes et d’une bonne trempe , pour ne point se casser sur les casques et sur les cuirasses. Il y avoit des épées courtes , nommées braquemars, qui avoient de la pointe et étoient à deux tranchans. Il y en avoit de larges nommée* stocades. Il y en avoit dont on ne pouvoit se servir qu’avec les deux mains et qu’on nommoit espadons.
- La mode des épées courtes sub— sistoit encore en France du temps de St. Louis : elles avoient de la pointe et étoient à deux tranchans.
- Les Mexiquains avoient des épées de bois garnies de pierres , qui n’é-toient pas moins dangereuses que les nôtres. En Espagne , les épées doivent avoir une certaine longueur.
- ( Escrime ) Les maîtres d’armes divisent l’épée en haute , moyenne et basse ; en fort, mi-fort et f’oible.
- Le fort est la partie la plus proche de la garde ; le mi-fort, au milieu et aux environs de la lame ; et le foible est le reste qui va jusqu’à là pointe.
- ( Manège ) La main de l’épée ou de la lance; c’est la main droite-
- Epée romaine ; c’est une marque ou suite en forme d’épi , qui vient à l’encolure du cheval vers la crinière , et qui est faite de poils relevés et redressés, représentant une lance d’épée.
- ( Fhilosophie hermét. ) Epée se dit du feu , qu’on appelle épée des philosophes. On donne lemêmenom à la pierre au blanc parfait.
- ( Cérémonie publ. ) Epée d’état ; c’est une épée qui se porte devant le roi d’Angleterre dans les cérémonies.
- ÉPERON , s. m. du latin barb. sperones ou sporones , dout les Italiens ont ïü'iXsperone, les Allemands sporen ou sporn , et les Anglais spur.
- ( Manège ) Petite branche de fer ou d’autre métal, qui se met autour des talons , et du milieu de laquelle sort un petit morceau à plusieurs pointes , en forme d’étoile , appelé molette , et dont on pique son cheval afin qu’il aille plus si.e-
- Les anciens se sont très-certainement servi d’éperons. Virgile , Si-
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- lius Italiens , Térence et Cicéron «n parlent ; et si l’on n’en voit point dans les monumens que le temps a respectés , c’est que cette armure n’étant alors qu’une petite poiute de fer , on a négligé de la représenter sur le marbre et le bronze.
- Dans le moyen âge , les éperons étaient une marque de distinction : les chevaliers les portaient dorés , et les écuyers argentés. Le plus grand affront qu’on pût leur faire , était de les leur ôter ; aussi cet acte d’infamie supposoit - il un crime énorme. Les gens de cour furent jaloux de cette distinction , et à leur exemple , plusieurs ecclésiastiques voulurent porter des éperons. En8i6, Louis le Débonnaire crut devoir supprimer cette vanité puérile.
- On dit au manège , qu’un cheval n’a ni bouche ni éperon , pour dire qu’il n’est pas fort sensible et qu’il a la bouche forte.
- ( Hist. nat. ) Eperon se dit aussi d’une espèce d’ergot qui vient en pointe aux jambes des coqs et des chiens.
- ( Marine ) L’éperon d’un vaisseau est proprement l’assemblage de tou tes les pièces mises en saillie en avant de l’étrave et à ses côtés , soit pour terminer agréablement cette partie, soit pour y former un point d’appui an beaupré, pour amener la misaine, etc.
- ( Archit. mïlit.) Eperon se dit encore d’une fortification en angle saillant , qui se fait au milieu des courtines et au-devant des portes, ou sur le bord des rivières , pour empêcher qu’on n’entre par-là, dans Ja place.
- ( Archit. hydraul. ) On appelle éperons des massifs, en forme d’arcs-boutans, que l’on construit au-devant des piles d’un pont pour préserver ces piles du choc des bois , des glaces, et autres corps étrangers que l’eau charrie avec elle.
- ( Archit. civile ) On donne encore ce nom à des,piliers arcs-boutans , ou contre-murs dont on appuie une terrasse , et généralement tout ouvrage de maçonnerie j terminé en pointe , fait en dehors d’un bâtiment ou d’une muraille pour les soutenir.
- {Botan.) Eperon se dit, en termes
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- de botanique , d’une espèce de corne formée par le prolongement postérieur de la base d’un calice ou d’une corôlle , au-delà de son point d’attache ; et l’on appelle éperonné tout ce qui est pourvu d’un éperon : tels sont la corolle de la linaire vulgaire , de l’utriculaire , etc ; les pétales de l’ancolie , le calice et les petales du delphinier , etc.
- EPHEBE , s. m. du grec tÿxÇos (éphêhos ) , composé d’inri {épi), dans , vers , et d’n&n ( hêbê) , puberté : jeunesse.
- ( Antroposophie ) Jeune homme arrivé à l'âge de puberté, c’est-à-dire, à Page de i4 ans.
- EPHEDRANE, s. f. du grec ï<pi-tîpayet ( éphedrana) , formé d’tÿî-Jj>epcti { êphedromai ) s’asseoir.
- ( Anat. ) Ce mot signifie les fesses
- ÉPHÉLIDES , s. f. du gr. i<pv>ut { éphêlis ) , formé d’inri ( epi ), qui a ici la signification de par, et de Sx»oî ( hêlios) , soleil.
- ( Méd. ) Hâle , taches solaires , lentilles , taches larges, rudes , noirâtres , qui viennent au visage par l’ardeur du soleil ou par quelque inflammation.
- On donne aussi ce nom à certaines taches du visage qui naissent aux femmes grosses , et qui leur rendent la peau noire et ridée ; elles sont larges , ordinairement brunes et quelquefois rouges. L’accouchement les fait dissiper. Les filles qui sont sur le point d’avoir leurs règles , y sont aussi sujettes ; elles s’effacent lorsque leurs menstrues paroissent ; elles renaissent lorsqu’elles sontsup-pnmées.
- EPHEMERE , adj. du grec ï<pn-[ai?qç ( èphêmeros ) , composé d'ini {épi) , dans, et de hcæ {hèmêra), jour : qui ne dure qu’un jour.
- {Méd. ) On a donné ce nom à une fièvre de courte durée , et qui se termine ordinairement dans a4 heures.
- ( Botan. ) C’est aussi le nom de plusieurs fîenrs qui s’épanouissent au lever du soleil, et qui se flétrissent entièrement à son coucher. Telle est la fleur connue sous le nom de dent de lion.
- { Entomol. ) Ephémère est aussi un insecte qui ne vit qu’un seul jour»
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- ou du moins dont la vie est d'une très-courte durée après qu’il a acquis sa dernière forme ; car on assure que les insectes qu’on appelle éphémères , vivent beaucoup plus qu’un grand nombre d’insectes , sous la forme de larve et sous celle de nymphe»
- EPHÉMÉRIDES , s. f. du grec IqnfAifiç (ephêmeris), journal, formé dJi-7rt (épi ), dans , et de ( hê-
- mera), jour: livre qui contient les événemens de chaque jour.
- (.Astron.) Ephémérides en astronomie , signifie un livre qui contient, pour chaque jour, les lieux des planètes et les circonstances des mou-vemens célestes.
- Les plus anciennes éphêmérides dont il soit parlé dans l’histoire de l’astronomie , sont celles qui furent calculées par Régiomantanus, et qui s'étendent depuis l’année 1475 jusqu’à i53r. 11 y en a de plus anciennes, et notamment celles deMon-terigio, qui portent la date de i4oo, mais elles sont si informes et si peu connues, que l'on n’en a fait aucune mention.
- Les plus célèbres calculateurs d’é-phéméridss, après Régiomantanus, sont Stofller , Stadius , Leovitius-, Origan et Argoli, dont les travaux s’étendent, à quelques lacunes près, depuis i48a Jusqu’en 1700.
- Noël Duret, de Montbrison, fut le premier Français qui calcula des ephémérides j pour les années 1657-1700.
- La Hire fils continua celles d’Argoli , qui finirent en 1700 ; il fut suivi par Desforges, Lieutaud, Des-pîaces , Bomie, l’abbé de la Caille , et Lalande, jusqu’en 1792.
- La connoissance des tems est un livre analogue aux ephémérides, et tpie l’académie des sciences a fait calculer, depuis l’année 1679, jusqu'à sa suppression.
- Cet ouvrage est maintenant continué par une commission , établie
- ar le gouvernement, sous le nom
- e commission des longitudes.
- Mais ces divers ouvrages ne peuvent être comparés ni pour l’exacti-titnde ni pour l’utilité , à celui qui se publie à Londres depuis 1767 , sans le titre de JSautical Alma-
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- nac , Almanac nautique, pour l’usage de la mariue. 11 est vrai qu’on a pris, pour rendre ce livre véritablement utile , des soins qui ne sont point au pouvoir des particuliers. C’est l’état qui entretient des calculateurs répandus dans différens endroits de l’Angleterre, et qui soumettent leurs calculs à un vérificateur à Londres. On y trouve les distances de la lune au soleil et aux étoiles, de trois en trois heures, tous les jours, soit à l’orient, soit à l’occident de la lune ; de sorte qu’avec cette immense quantité de calculs, on peut espérer d’avoir la longitude sur mer , à un demi - degré près, toutes les fois qu’on aura observé avec le quartier de réflexion la distance de la lune au soleil ou à une étoile.
- Cette sorte d’éphêmérides, pour l’usage de la marine, avoit été projetée en France par Morin , sous le cardinal de Richelieu , et les tables lunaires qui concoururent pour le prix proposé par le roi d’Espagne à celui qui découvriroit la longitude en mer, sont regardées, même par le savant astronome royal d’Angleterre , M. Maskelyne , comme le erme de tout ce qui a été fait depuis ans ce genre.
- L’acauémie royale de marine de Brest fit d’abord réimprimer les calculs du Nautical Almanac. M. De-lalande les inséra dans sa Connaissance des Tems ; M. Jeaurat a continué ; et l’on publie ces éphémé— rides plusieurs années d’avance pour l’utilité des navigateurs.
- ( Bibliogr. ) Ephémérides politiques , littéraires et religieuses ; c’est le titre d’un ouvrage très-curieux , qui a pour objet de présenter, pour chacun des jours de l’année, un tableau des événemens remarquables qui datent de ce même jour dans l’histoire de tous les siècles et de tous les pays , jusqu’au ier janvier i8o5.
- EPHIALTE, s» m. du gr. i<piéxrnc ( êphialtês ) , formé d’Iir; ( épi ) , sur, etd’atXÀOjMtt/ (hallomai), sauter.
- ( Médecine ) Incube , cochemart ; maladie ainsi nommée , parce que ceux qui en sont attaqués s’imaginent» en dormant, qu’une personne s’est
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- jetée sur leur poitrine peur les étouffer , ou qu’ils sont accablés par un poids très-pesant.
- EPHIDROSE, s. f. du grec 191-«Tp»«s ( éphidrôsis ) , sueur excessive , fait ( éphidroà ) ,
- suer abondamment
- ( Méd. ) Sueur morbifique.
- EPHïPPION , s. m. du gr. l<piir-eriov { éphippion ) , selle.
- ( Ànat. ) On appelle ainsi la selle du turc de l’os sphénoïde.
- EPHODE, s. m. du grec ïtpoé'o; ( éphodos ) , formé A’im ( épi ), sur, et d’ôJac ( hodos), chemin.
- ( Physiol. ) C’est le nom qu’on tlonne aux conduits, vaisseaux ou passages qui servent d’essor aux excrémens du corps.
- EPHORES , s. m. du grec ïpopo; ( éphoros), surveillant, inspecteur , fôvmé d ’ini {épi), sur, et d’ô/Jatœ ( horaô ) , voir, surveiller.
- ( Rép. de Sparte ) Magistrats qui étoient établis à Sparte, pour servir de frein à l’autorité royale ; les uns disent, par Lycurgue ; d’autres, par Théopoœpe.
- EPI, prépos. du grec im {épi).
- { Grainmaire ) Ce mot entre dans là composition de plusieurs mots français qui viennent de la langue grecque, et qui , dans cette langue, commencent par la préposition épi. C’est, en général , un augmentatif ; quelquefois il signifie sur, dans , par, vers.
- EPI, s. m. du latin spica.
- ( Botan. ) La tête du tuyau du blé dans laquelle est le grain, ou, scientifiquement, l’assemblage alon-gé de fleurs , etc. , ou sessiles , ou courtement pédiculées , attachées le long d’un axe commun simple, dont ils sont comme les rameaux.
- jEpi digité ; c’est un assemblage de plusieurs épis naissant à-peu-près d’un même point.
- ( Chirurgie } Epi est une espèce de bandage , ainsi appelé , parce qu’il représente , par ses tours de Hande et de doloire , les rangs d’un épi de blé.
- ( Archii. ) Epi est l’assemblage de plusieurs chevrons , qui se fait dans un comble circulaire, avec des liens autour du poinçon.
- Les architectes appellent encore
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- épis , des crochets de fer qu’on met sur les balustrades pour empêcher qu’on n’y passe.
- ( Hydraul. ) On donne quelquefois indifféremment le nom A’ép is à tou tes les digues dont l’objet est de conserver les berges d’une rivière ; et c’est en ce sens qu’on appelle épis le long du Rhin , les revêtemens en fascinage, construits sur les bords de ce fleuve. Mais les épis proprement dits , sont des bouts de digues, destinés à modifier le cours d’une rivière, de sorte qu’elle se rétablisse comme d’elle-même dans son premier état, en détruisant les atterrissemens , et en remplissant les affouillemens que l’irrégularité de la rapidité du courant y a formés.
- ( Jîstron. ) Epi de la vierge ; c’est une étoile de la première grandeur, qui est dans la constellation de la vierge.
- EPIAL- LE, adj. du gr. àiriaXoç ( êpialos ).
- {Méd. ) On appelle fièvre épiale, ou simplement épialus , une espèbe de fièvre quotidienne continue , dans laquelle on sent une chaleur répandue par tout le corps, et en même tems des frissons vagues et irréguliers. t
- Selon Paul Eginette , le mot épiai est formé par métaphore A’ïimoç, et de êtxs, âxoç (alos), la mer, parce qu’ainsi que la mer, cette fièvre paroît tranquille , mais elle est fort à craindre quand elle est irritée ; ou, suivant Eustaclii, d’Si'x/ôç, doux , et de hxia, { aléa ), chaleur , comme qui diroit modérée , parce que la chaleur de cette fièvre n’est pas, considérable.
- EPlAN, s. m. terme usité par les naturels de Saint-Domingue.
- ( Méd. ) Maladie fort commune dans l’Amérique ; c’est la même que celle que nous appelons en France vérole.
- EPICARPE , 's. m. du grec îm-x.ttp'nQç { épiharpos ) , formé d^sTr/ ( épi) , sur, et de xstpTroc ( harpos ), poignet.
- ( Méd. ) Topique on médicament externe qu’on applique au poignet, sur le pouls. Tels sont les emplâtres, les onguens, les cataplasmes fébrifuges composés d^ingrédims âcres
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- et pénétrans ; par exemple , d’ail, d'oignon , d’ellébore , de camphre , de poivre , de thériaque, qu’on attache au poigne t pour guérir la fièvre. y. PÉRICARPE.
- ÉPICAUME , s. m. du grec lirt-Hctvp/t ( épikauma ) j formé d’ivi ( épi ), sur , et de nktee ( kaiô ) , brûler.
- ( Chirur. ) Espèce d’ulcère qui se forme sur le noir de l’œil, à la prunelle.
- ÉPICE , s. f, du latin species, dont les Latins se sont servi en général pour drogues.
- ( Commerce ) Sous le nom d’épices cru d’épiceries , on comprend toutes les substances végétales étrangères qui ont une saveur ou une odeur propre à les rendre d’un usage utile ou agréable. Tels sont parmi les fruits , la muscade , le girofle , le café , les différentes espèces de poivre , le cacao, les pistaches , les dattes , le citron, la bergamotte ; parmi les fleurs , celles du safran du Levant , celles du grenadier, appelées balaustet, et celles de l’oranger ; parmi les feuilles, celles des différentes espèces de thé, celles du dictame et du laurier ; parmi les graines ou semences, celles des différentes especes d’anil, «le fenouille, de carvi, de cumin ; certains bois , certaines tiges, quelques écorces, et même quelques racines sont aussi comptées au nombre des épices.
- Ce n’est que depuis l’invention de la boussole, et sur-tout depuis que les Portugais ont ouvert de nouvelles routes pour aller aux Indes , en doublant le cap de Bonne-Espérance , que les épices sont devenues d’un usage plus familier en Europe; elles passoient même dans les eoÆmence-raens pour être si précieuses, qu’elles faisoient un des principaux événe-mens des grandes fêtes ; dans les festins des noces , l’épouse en présentât à toute l’assemblée , et l’on crojoit que rien n’étoit pins propre a pouvoir être présenté avec bienséance aux magistrats, après la décision d’un procès ; de-là est venu le nom d’épices du Palais.
- { Pratique ) Epices se dit aussi des droits ou rétributions en argent que les juges des tribuiiajix e'toient
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- autorisés , avant la révolution, à recevoir des parties , pour l’examen des procès par écrit.
- Les épices consistoient autrefois en fruits, eu confitures , en aromates, que celui qui avoit gagné son procès présentoit aux juges , comme une marque de sa reconnoissance. L’usage où l’on étoit de recevoir ce don, le fit bientôt regarder comme un droit. Ces épices avoient été converties en argent dès l’an i36g , et n’entroient point encore en taxe. Ca ne fut que par un règlement de i5oa qu’il fut ordonné qu’elles entrevoient en taxe. Aujourd’hui que les juges sont salariés par l’Etat, il n’est plus question d ’épices.
- EPICENE, adj. du gr. Iir/xo/voc (épikoinos), commun , formé d’i-rr»
- ( épi ) , en , dans , et de xo/voç {koi-nos ), commun : en commun.
- ( Grammaire ) Nom que l’on donne aux mots communs aux deux sexes. Les mots enfans , parens , sont épiceries.
- ÉPICÉRASTIQUE, du gr. \nu (épi), sur, au-dessus, et de x,ipet,vvup.t (kérannumi ) , tempérer.
- ( Méd. ) On appelle ainsi les mé-dicamens qui ont la vertu de corriger ou d’émousser l’acrimonie des humeurs, et qui appaisent la sensation incommode qu’elles causent dans les parties.
- ÉPICHANTIDES , s. m. du grec émxa.vôtJ'sç (épikanthides).
- ( Physiol. ) Les deux angles, les deux coins des yeux.
- ÉPICHÉRÈME, s. m.d’1-7r/^u-pv/uLct (épicheirêma), preuve, argument , raisonnement pour prouver, formé de iiviyjtpim ( épichéiréô ) , avoir sous la main , dérivé d’êTr/ ( épi ) , dans , et de %iip ( cheir ), main : dans la main.
- ( Dialact. ) Syllogisme dans lequel chaque prémisse est accompagnée de sa preuve.
- L’épichérême est d’un grand usage dans l’éloquence, sur-tout quand la proposition pourvoit révolter ceux à qui on parle. Il faut donc joindre à la majeure, la preuve, et même à la mineure , s’il est nécessaire. Le chef-d’œuvre des oraisons de Cicéron , la Milonienne, est un épiché-rêuis perpétuel.
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- EPICHOLE, adj. du .grec Xej ( épicholos), formé d’^i ( épi), dans, et de xoXn (choie), bile.
- ( Méd. ) Qui est bilieux. EPJCHORDE , s. m. du grec é'TrixopJtç , formé àinri ( épi ), dans , et deyopé'n (chordê), corde, intestin.
- ( Physiol. ) C’est le nom qu’on a donné au mésentère.
- EPICRANE, s. m. du grec fart ( épi ), auprès , et de xpav/ov (kra-nion ), crâne.
- ( Physiol. ) Ce qui environne le crâne.
- EPICRASE , s. f. du grec im-v-pctan , dérivé i’i'iriKepa.vvv/u.i ( épi— kerannumi), tempérer.
- ( Méd.} Une cure , avec dés alté-rans, par degrés et avec des remèdes tempérans, est appelée une cure par épicrasin, par épicrase.
- EPICYCLE , s. m. du grec M ( épi ), sur, et de xt/xxss ( Tcuklos), cercle : cercle placé sous un autre cercle.
- ( A sir on. ) Cercle dont le centre est dans la circonférence d’un autre cercle qui est censé le porter en quelque manière.
- Les anciens astronomes em~ ployoient un cercle excentrique pour expliquer les irrégularités apparentes du mouvement des planètes, et leurs différentes distances de la lune ; et ils faisoient usage d’un petit cercle pour expliquer la seconde inégalité, ou les stations et les rétrogradations des planètes. Ce cercle , qu’ils appeloientepz'cpc/e , avoitson centre dans la circonférence du plus grand , qu’on appelle déférent.
- Quoique les phénomèues des stations et rétrogradations des planètes s’expliquent d’une manière bien plus naturelle dans le système de Copernic, on ne peut disconvenir que la manière de Ptoléméenesoit ingénieuse ; mais à mesure qu’on découvrait des inégalités , il falloit mettre épi-cicles sur épicycles , des épicycles variables, sujets à des augmentations et à des décroissemensperpétuels, et différemment inclinés à l’écliptique. Cela étoit utile , lorsqu’on ne con-noissoit point les causes de ces inégalités , et qu’il ne s’agissoit que de
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- les représenter ; mais aujourd’hui il n’en est plus question.
- Cepeudaat quelques astronomes modernes se sont servi des épicycles pour expliquer les irrégularités du mouvement de la lune; mais ils n’ont point prétendu que la lune parcourût en effet la circonférence d’un épicycle. Ils ont seulement dit que les inégalités apparentes du mouvement de la lune étoient les mêmes que si cette planète se mou* voit dans un épicycle.
- ÉPICYCLOIDE., s. f. du grec Wi ( épi ), sur , de xejcXoç ( kuklos ) » cercle, et de etrjoc ( eidos), forme, espèce de cercle qui se meut sur un autre.
- ( Géom. ) Ligne courbe qui est engendrée par Ta révolution de la circonférence d’un cercle , lequel se meut en tournant sur la partie convexe ou concave d’un autre cercle. Pour les propriétés de 1 ’épicycloide , V. les infiniment petits de M. de l’Hôpital.
- ÉPIDÉMIE, s. f. du grec IA,
- ( epi ), dans , parmi , et de cfu/uoe (démos), peuple: répandu parmi le peuple.
- ( Méd. ) Attaque générale ou populaire de quelque maladie qui dépend de quelque cause accidentelle comme de l’altération de l’air ou des alimens. Ces maladies régnent indifféremment dans tous les pays, en quoi elles diffèrent des maladies endémiques qui sont d’un même caractère , et propres à certaines contrées , et des sporadiques , dont la malignité n’affecte que certaines personnes. V. ENDEMIQUE, SPORADIQUE,
- On appelle remèdes épidémiques des médïcamens alexipîiarmaques , propres à guérir les maladies épidémiques.
- ÉPIDENDRE, adj. du grec IA , ( épi ) , sur , et de <T4vi'pov( dendron), arbre.
- ( Botan. ) Quelques botanistes ont donné ce nom aux plantes parasites qui croissent sur des arbres.
- ÉPIDERME, s. m. du grec tnii ( épi ) , sur, et de é'îfy.ct ( dernui ), peau : sur peau.
- ( Anat. ) Epiderme est cette pellicule fine j transparente et inseu-
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- sible , qui recouvre extérieurement toute la peau à laquelle elle est étroitement attachée.
- ( Botan. ) Epiderme se dit aussi de cette peau mince qui sert d’enveloppe générale et extérieure aux différentes parties des plantes ; elie est assez ordinairement lisse sur le tronc et les branches des jeunes arbres ; elle devient raboteuse et crevassée à mesure qu’ils avancent en âge.
- ÉPIDESE,s. f. du grec i'iridiau ( épidesis ), fait d'i^r/Js» (épidsd ), lier, arrêter.
- ( Chirurgie ) L’action d’arrêter le sang en fermant une plaie.
- ÉPIDIDYME , s. m. du grec tnii ( épi) , sur, et de JtS'upos ( didu-mos ) jumeau, testicule.
- ( Physiol. ) Petit corps rond qui est couché sur le dos de chaque testicule , et ressemblant à une arcade posée sur son centre. On l’appelle aussi parapate. L’usage des épidydîmes est de perfectionner la semence, et de la porter des testicules dans les vaisseaux déférens auxquels ils sont continus.
- Epigastre , s. m. du grec
- ( épi ), sur , et de ya.Tt} (gastêr ), ventre.
- ( Physiol. ) La région supérieure du bas-ventre , ou la région épigastrique. L’épigastre commence immédiatement sous la pointe xipho-ïde par un petit gonflement superficiel appelé le creux de l’estomac, et se termine pour l’ordinaire dans l’adulte au-dessous du nombril à la hauteur d’une ligne transversale qu’on tireroit depuis l'extrémité des dernières fausses côtes du côté gauche.
- EPIGASTRIQUE, adj. V. ÉPIGASTRE : qui appartient à l'épigastre.
- ( Physiol. ) Artères épigastriques; ce sont desbranches des muscles que l’on nomme ainsi, parce qu’elles s’étendent sur le ventre.
- Muscles épigastriques ; ils sont au nombre de dix, cinq de chaque coté ; savoir : le grand oblique , le petit oblique, le droit transverse et le pyramidal. Celui-ci manque quelquefois.
- T erne épigastrique ; cette veine
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- naît de l’iliaque externe immédiatement avant qu’elle sorte du bas-_ventre; elle monte ensuite tout le long de la face interne des muscles droits, et s’y ramifie de côté et d’autre ; puis rencontrant les ramifications de la veine mammaire, elle communique avec elle par autant de petites ramifications, et accompagne l’artère épigastrique.
- ÉPIGÉNÉSIE, s. f. du grec inu (épi ) , et de yivicnç ( génésis ) , naissance, dérivé de yavigat {gei-nomai ), naître.
- ( Didactique ) Doctrine qui enseigne que les corps organisés croissent par juxta-position.
- ÉPIGINOMÈNE, adj. du grec îirt ( épi ) , sur, et de yavopaLi ( geino-mai), naître.
- ( Méd. ) Nom qu’on donne aux symptômes ou accidens qui surviennent dans une maladie, qui proviennent, non pas de la mala-ladie, mais du changement d’air , des inattentions de ceux qui assistent le malade , etc. Par exemple la péripneumonie qui survient dans une fièvre ardente après avoir bu de l’eau froide n’est pas un effet de la maladie , mais celui d’une erreur commise. V. ÉPIPHÉNOMÈNE.
- ÉPÏGLOTTE, s. f. du grec hn ( épi ), sur, et de yXarTn (glôttis ), glotte , dérivé de yAkca-a ( glôssa ), langue : petite langue , languette.
- ( Physiol. ) IJ épiglotte est une languette cartilagineuse qui défend l’entrée du larynx qu’on nomme la glotte , d’où lui est veuu le nom d’épiglotte ou sur la glotte.
- ÉPIGLOUTE, s. f. du grec Ui ( épi ), sur , et de ykouroc, fesses.
- ( Physiol. ) la région supérieure des fesses.
- ÉPIGONATE, s. f. du grec ( épi ) , sur, et de yavv ( gonu ) , genou.
- ( Anat. ) La rotule du genou.
- ÉPIGRAMME, s. m. du grec ini-ypugatt (épigramma) , inscription , formé éJi'Tri ( épi ), sur, et de ypst<pir (graphô ), écrire, écrire sur : sus-cription.
- ( Littérat, anc. ) Les épigrammes étoienî ainsi nommées , parce qu’en
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- effet elles n’étoient originairement qu’une inscription qui se gravoit sur les monumens publics ; elles consis-toient même quelquefois en un monogramme ou chiffre. On les étendit peu-à-peu , et on les mit en vers pour qu'on les retint plus aisément.
- Par lasuite, les épigrammes changèrent d’objet sans changer de nom» On y raconta des faits , on y peignit des caractères.
- Les épigrammes des Grecs étoient de six ou huit vers au plus. Les Latins ont souvent passé ces bornes , et les modernes ont encore pris plus de licence.
- C’est Lazare Baif qui , dans le 17.e siècle , enrichit la langue française du mot épigramme.
- ( Poésie franç.) U épigramme est une petite pièce de vers qui, comme le madrigal, ne renferme ordinairement qu’une seule pensée ; elle n’en diffère qu’en ce que la force et le sel de la pensée ne s’y trouvent que dans les derniers vers.
- EPIGRAPHE , même origine qu’EPIGRAMME.,
- ( Hist. anc. ) Épigraphe ctoit, chez les anciens , une inscription , le titre d’un ouvrage , la désignation d’une loi „ d’un impôt ; le résultat ou dénombrement des biens d’un citoyen.
- Ce fut ensuite une inscription qu’on mettoit sur un bâtiment pour en marquer l’usage , pour indiquer le tems de sa construction.
- (Littérat.mod.) Epigraphe s’entend maintenant, de ces sentences ou devises que quelques auteurs mettent au frontispice de leurs ouvrages , et qui en indiquent l’objet.
- EPIGYNE, adj. du ^rec int {épi), sur, et de •pava ( gune) , femme.
- ( Boian. ) Terme employé dans la méthode naturelle de Jussieu pour désigner les étamines , les pétales et autres parties qui sont insérées sur le sommet de l’ovaire.
- ÉPIEATOIRE, adj. V. DÉPILATION , qui sert à épiler : pâle , onguent dépilatoire.
- ÉPILEPSIE, s. f. du grec l-riKn-^io ( epilépsia ), formé >T=cr< {épi), sur, et de 'Ko.fj.Qhva> ( lambanâ ( prendre, saisir ; surprendre.
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- ( Méd. ) Uépilepsie est un genre de maladie convulsive, caractérisée par l’interruption subite de tons les sens , par l’agitation des muscles , par la difficulté de respirer, écume à la bouche , ronflement, écoulement involontaire des urines , de* excrémens et de la semence,
- On lui donnoit à Rome le surnom de comitialis morbus , maladie comitiale, parce que s’il arrivoit que dans l’assemblée des comices un homme fut attaqué d’épilepsie, on se séparoit promptement pour éviter les accidens que cet augure sembloit annoncer.
- On l’a appelé haut-mal, parce que la tête est la première attaquée ; mal caduc , du latin cadere, tomber ; mal sacré, mal de saint, mal divin, parce que les malades pa-roissent frappés par une main invisible ; mal de St. Jean, pour faire allusion à la tête de ce saint qui Fut décapité par ordre d’Hérodote. Hoffman dit qu’on appelle cette maladie héraclienne, à cause de sa violence , et parce que tout l’art dont l’homme est capable ne sauroit la surmonter.
- ÿPPILLET, s. masc. diminutif d’EPI. V. ce mot.
- ( Botan. ) Epi partiel de l’épi composé.
- EPILOGUE , s. m. du grec inri-Koyoç{épilogos), formé d’siri {épi) , sur, après, et de Koyoç {logos), discours.
- ( Diction ) La dernière partie d’un discours , d’un traité où l’on fait d’ordinaire une récapitulation de ce qu’on y a dit de plus fort.
- ( Tragéd. anc. ) L’épilogue étoit dans l’ancienne poésie dramatique ce qu’un des acteurs adressoit aux spectateurs après la pièce , de relatif à la pièce même ou à son rôle.
- EPIMANE, s. m. du grec i'Kt/jo-vstc ( épimanês) , insensé, furieux.
- ( Méd. ) On appelle ainsi les insensés qui deviennent furieux dans leurs accès de folie.
- ÉPIMÉTRIQUE, adj. du grec sim {épos), vers, poésie, et de fjirpov ( métron ), mesure.
- ( Poésie ) Ce mot est employé dans le système bibliographique de
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- jfl. l’abbé Girard pour désigner toute poésie qui ne se chante pas , qui ne consiste que dans une certaine quantité de syllabes, dans le nombre et la différence des pièces, par opposition à la poésie lyrique ou à la poésie qui se chante,
- ÉPINE ', s. f. dulat. spina.
- ( Botan. ) Les épines sont des productions dures et pointues qui sont continues ou font corps avec les différentes parties des plantes qui en sont pourvues , de manière qu’on ne peut les en séparer sans les casser.
- (Anat.) Epine se dit figurément de quelques>éminences des os qu’on a cru ressembler à une épine.
- On dit l’épine du dos ; les épines des îles , Vépine palatine de l’os du palais , l’épine de l’omoplate, etc.
- Uépine du dos se dit des os ou vertèbres qui soutiennent le reste du corps, et auxquelles sont attachées les côtes.
- ÉPINETTE, s. £ de l’italien spinetta , fait du latin spina, epine.
- (Mus. instrum.) Espèce de demi-clavecin à une corde par chaque touche. Cet instrument a été ainsi nommé à cause des petites pointes de plumes qui tirent le son des cordes , et qui ressemblent à des épines.
- ÉPINGLE, s. f. du lat. spini-cula , dimi nut. de spinula , diminutif de spina, épine, parce qp’anciennement on se servoit d’épines au lieu d’épingles.
- ( Technol.) U épingle est un bout de fil de laiton tire à la filière, coupé d’une certaine longueur, qui a une tête d’un côté et une pointe de l’autre La perfection d’une épingle exige bien des opérations, et la célérité avec laquelle elles s’exécutent est surprenante.
- Les épingles qui sont réputées les meilleures sont celles d’Angleterre ; celles de Bordeaux suivent, et ensuite celles qui se font à Rugle ( départ, de l’Eure ), ou à l’Aigle ( départ, de l’Orne. )
- Un anglais nommé Timothey Harris, de Waltham-Abbey, dans le comté d’Essex, a obtenu en 1797, uue patente pour l’inyention d’une
- méthode perfectionnée de fabriquer les épingles.
- Clous âJépingle ; ce sont de petits clous de fer ou de laiton, dont un bout est aiguisé en pointe , et l’autre refoulé ou aplati. Pour les blanchir, on les laisse séjournes quelque tems dans une dissolution de tartre ou de cendre grenelés et d’eau commune. Quand on veut les étamer, on fait Ion dre de l’étain fin avec du sel ammoniac qu’on met dans un vaisseau plus étroit, et on les agite jusqu’à ce qu’ils soient devenus suffisamment blancs.
- Les meilleurs ouvriers font par jour jusqu’à dix ou douze mille de ces petits clous, dont les layetiers, les sculpteurs , les gaîniers se servent ordinairement.
- Epingles de diamant ; celles qui ont de petits diamans au lieu de tête.
- ( Pratique) Epingles au pluriel’, se dit du présent qu’on fait aux filles, ou aux femmes, lorsqu’elles ont rendu quelque service, ou qu’on acheté quelque chose où elles ont part, pour leur tenir lieu de ce qu’on appelle entre les hommes pot de vin.
- Les épingles sont réputées faira partie des loyaux - coûts , lorsqu’elles sont mentionnées et liqui* dées par le contrat. Le retrayant est tenu dans ce cas de les rendre à l’acquérenr. Ce présent est désigné par plusieurs auteurs sous le terme de secalia ou monilia.
- ÉPINGLETTE, s, f. diminutif d’EPINGLE.
- ( Artillerie ) Espèce de petite aiguille de fer, dont on se sert pour percer les gargousses , lorsqu’elles sont introduites dans les pièces, avant que de les amorcer.
- ÉPINYCTIDES , s. f. du grec inri ( épi ), dans , et de vt/f ( nux ) , génit. vuktoç ( nuktos ), nuit.
- ( Méd. ) Pustules livides, noirâtres , rouges ou blanchâtres, grosses ordinairement comme une fève , accompagnées d’inflammations et de douleurs, et qui s’élèvent la nuit sur la peau. Paul et Ætius nous apprennent qu’elles causent beaucoup plus de douleurs la nuit que,le jour, et que c’est à cause
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- de cettè circonstance qu’on leur a donné le nom qu’elles portent.
- ÉPIPHANE, s. f. du grec Imi^etyyn (epiphanés), illustre, fait d’Ivr/ ( epi ), sur , au-dessus , et de <pmvce (phainô), paraître, briller.
- ( Hist. artc. ) Surnom donné à uelques princes grecs, successeurs 'Alexandre dans l’Orient. Presque tous les Antiochus , rois de Syrie, ont porté le titre d’ épiphanes.
- ÉPIPHANIE , s. f. du grec hu-<pnviia ( épiphaneia ) , apparition , apparence , extérieur , superficie , formé d’i-rr; ( épi) , sur, au-dessus , et de <ps/va> (phainô), paroitre, se montrer.
- ( Relig. ) Fête des rois , qu’on célèbre le 6 janvier en l’honneur de l’apparition de Jésus-Christ aux trois rois qui le vinrent adorer, et qui lui apportèrent des présens.
- Cette fête, en sa première institution parmi les Grecs, avoit pour objet la naissance de Jésus-Christ , qu’ils nommoient théo-phanie et épiphanie.
- Le pape Jules est le premier qui ait appris à distinguer les fêtes de la nativité et de Vépiphanie, et qui en ait réglé le jour.
- ( Méd. ) Le médecin Théon s’est servi du mot épiphanie, pour désigner l’habitude extérieure du corps.
- ÉPIPHÉNOMÈNES , adj. du gr. i'Tri (epi), après, et de ÿatyo/usvov (phainomenon,, phénomène, dérivé de <pcuvos (phainô), paroitre.
- ( Méd. ) Symptômes accidentels qui ne paraissent point avant que la maladie soit tout-à-faitformée, et qui semblent être les mêmes que ceux qu’on appelle ÉPIGINOMÈ-NES. V. ce mot.
- EPIPHONEME, s. m. du grec ( épiphônéma ) , exclamation, fait du verbe Inri^'fna) ( épiphôneô ), s’écrier sur quelque chose.
- ( Diction ) Figure de rhétorique propre aux passions. C’est une espèce d’exclamation qui produit beaucoup d’effet ; c’est comme le dernier coup dont on veut frapper
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- l’attention. Tout le monde sait ce vers de Boileau :
- Tant de fiel entre-t-il dans Tarne des dévots !
- ÉPIPHORE , s. f. du gr.
- (épiphora), violence, impétuosité ; fait d’iiri^ipce ( épip/iero ) , entraîner avec force.
- ( Méd. ) Maladie dans laquelle les larmes ne sortent point, comme elles le devraient, par les points lacrymaux , mais coulent des yeux sur les joues, de telle manière u’elles produisent à-la-fois des ouleurs et une difformité. On ne doit pas confondre cette maladie avec la fistule lacrymale , dans laquelle les larmes ne coulent point pures , mais mêlées avec une matière purulente, qui sort d’un ulcère caché dans le sac lacrymal.
- ÉPIPHYSE, s. f. du gr. ivnpunc ( epiphusis ) , composé à’inri ( épi ), sur, et de <pua>, naître, croître, d’où l’on fait enuquai ( epiphuô ) , croître dessus.
- ( Anat. ) On nomme ainsi certaines éminences des os, parce qu’elles paroissent des pièces ajoutées ou des appendices distingués du reste de l’os par une autre substance moins dure , appelée cartilage, dont l’épaisseur diminuant avec l’âge , devient presque insensible , et même s’efface souvent, de manière que ce qui étoit épiphyse dans la jeunesse , prend véritablement la forme d’apphyse, dans un âge avancé. V. APOPHY SE.
- ÉPIPLÉROSE, s. f. du grec Irri TrXjjfMîr/ç (épiplérôsis ) , composé d’\ir) ( épi ) , sur , au-delà , et de ‘TrXiipœsriç ( plérosis ), réplétion ; dérivé de ‘Trxtiptiç (plêrês ), plein: sur-réplétion.
- (Méd.) Maladie qui consiste dans unerèplétion excessive des artères $ cette maladie a lieu, lorsque les artères se remplissent, dans le tems de leur dilatation , de l’esprit que le cœur leur envoie, et qui occasionne leur distension.
- EPIPLOCELE, s. f. du gr. iirt ttxociv ( épiploon ) , l’épiploon, et de Kïixn ( kelë ), tumeur, hernie. (Chirurgie) Espèce de hernie,
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- causée par la chute de l’épiploon dans l’aine ou le scrotum.
- D’épiploon ou a fait épiploïque , pour exprimer tout ce qui a rapport à l’épiploon.
- ÉPIPLOMPH ALE ouÉPIPLOOM-PHALE, du grec ( épi-
- ploon ), l’épiploon, et d"’op.^ctKoç (omphalos), le nombril, en lat. umbilicus.
- ( Chirurgie ) Hernie ombilicale , causée par la sortie de l’épiploon.
- ÉPIPLOON, s. m. mot grec qu’on a retenu en latin et en français , composé d’iir/ ( épi ) , sur, et de ( pléô ) flotter : Vomentum ou la coiffe.
- ( Physiologie ) Membrane graisseuse qui flotte librement sur les intestins; elle va même dans leurs sinuosités. On l’appelle aussi omen-tum, quasi operimentum , parce qu’elle sert de couverture aux intestins.
- ÉPIPLOSARCOMPHALE, s. f. du grec i'iri'7rxoov ( épiploon ), l’épiploon , de ( sarx (, chair ,
- et d’ojut&xoç ( omphdlos ), nombril.
- ( Chirurgie) Tumeur aunombril, formée par l’épiploon et une excroissance de chair.
- ÉPIPLOSCHIOCÈLE , s. m. du grec «Tr/TrXooy ( épiploon ), l’épiploon, d’orytov (oscheon}, le scrotum , et de xhxh ( kêlê ), hernie.
- ( Chirurgie ) Espèce de hernie , accompagnée de la chûte de l’épiploon dans le scrotum.
- EPIQUE , adj, du grec inroç
- épos ) , parole, vers, dérivé d’siren
- épô), dire, parler.
- ( Poésie ) Il se dit d’un poëme eu l’on célèbre une action héroïque qu’on embellit d’épisodes , de fictions et d’événemens merveilleux. Ee | oëme épique diffère de la tragédie , en ce que dans celle-ci le poëte fait agir les personnages, et que dans celui-là il raconte seulement les actions.
- Si l’on n’avoit égard qu’à l’éti-tnologie du mot épique, tous les poèmes où lepoëteparle lui-même, raconte les choses , et ne fait parler les personnages de son poëme Qu en rapportant ce qu’ils ont pu d*re dans les occasions où il les sup-
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- pose, et dans les situations où il les met , seroient des poèmes épiques ; mais l’usage ne permet de donner ce nom qu’à un poëme dont le sujet est grand, instructif, grave, sérieux, qui ne renferme qu’un seul événement principal, auquel tous les autres doivent se rapporter , et cette action principale doit s’être passée dans un certain tems, qui est à-peu-près celui d’une année. V., EPOPEE.
- ÉPISCOPAL, LE, adj. du gr. i'iriav.onroç ( épiscopos) , formé d’s-s-J (epi) t sur, et de (tkottsoi ^sko-péo ) , voir, regarder , surveiller, inspecter : qui appartient à l’évêque.
- ( Religion ) Gouvernement épiscopal 5 celui d’un diocèse , où un seul homme légitimement consacré, préside sur tout un clergé , et sur toute une église, en qualité de pasteur et d’inspecteur, etc.
- Siège épiscopal^ celui qui est élevé à la droite du chœur.
- Fonctions épiscopales ; la principale est de faire souvent des visites dans le diocèse.
- ( Hist. d’Angl. ) Épiscopaux g c’est le nom qu’on donne en Angleterre , depuis Jacques I.er, à ceux qui adhèrent aux rits de l’église anglicane , par opposition aux presbytériens qui condamnent l’ordre épiscopal comme un établissement humain que l’ambition a produit.
- Les épiscopaux ont des évêques, des prêtres, des chanoines,des curés, et une liturgie que le parlement autorisa sous Edouard VI, et confirma sous Elisabeth.
- Les ministres épiscopaux peuvent se marier , et ils le sont presque tous.
- Leur église est dominante en Angleterre et en Irlande ; mais on les regarde comme non conformistes en Ecosse, où les presbytériens et les puritains sont les plus nombreux.
- f Physiol. ) Épiscopales se dit aussi des valvules qui terminent les oreillettes du cœur , parce qu’elles ont la figure d’un ornement épiscopal, appelé mitre : on
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- les appelle aussi mitrales, ou tri-glochines , ou triscupides.
- EPISODE , s. m. du gr. lituo-adioi (épeisodion), composé d’inr) ( épi ), par-dessus, et de umJioç ( éisodios), qui arrive, qui survient, formé d’s« ( eis ) , dans , et d’oJoç (’hodos), chemin , d’où l’on a fait sjîtoJoj ( éisodos ), entrée.
- ( Tragédie anc. ) Les épisodes n’ètoient d’abord que des récits qui se faisoient entre les chants du chœur dans l’ancienne tragédier pour délasser le chœur et désennuyer les spectateurs. Ainsi, c’é-toient des pièces ajoutées à la pièce principale, dont ils ne faisoient point une partie nécessaire ; c’est pourquoi on les appeloit épisodes. Mais ces pièces hors d’œuvre, qui d’ordinaire n’ètoient point liées ensemble , quipouvoient être tirées d’autant de sujets différens, ou être prises d’autant de sujets, ou d’incidens que l’on vouloit mettre d’intervalles pour laisser reposer le choeur, devinrent enfin le principal de la tragédie. Les meilleurs poètes les tir oient d’une seule action , en sorte que ces récits partagés par les chants du chœur, étoient des membres dé-pendans les uns des autres. Il s’en-suit de-là que les épisodes devinrent des membres naturels et nécessaires de la tragédie, et que ce n’ètoient plus des pièces étrangères , et insérées , comme le signifie le terme d’épisode.
- ( Poésie mod. ) 1/épisode est une partie ou une circonstance de l’action étendue, et amplifiée d’une manière vraisemblable.
- Il faut qu’il soit propre , c’est-à-dire , qu’il soit lié tellement avec la fable , qu’on ne puisse l’en retrancher , sans qu’il manque quelque chose ; qu'il convienne tellement aux acteurs, qu’il soit étranger , dès qu’on change leurs noms ; il faut enfin que les épisodes naissent les uns des autres , ou nécessairement , ou vraisemblablement , et qu’ils amènent naturellement la révolution du bonheur au malheur, ou du malheur au bonheur , si l’on veut soutenir et augmenter l’intérêt et le pathétique du poème.
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- ( Peinture ) Le mot épisode a passé du langage de la poésie dans celui des arts. Les peintres entendent par épisodes , des représentations d’objets animés , des ligures ou des groupes qui sont liés au sujet principal, mais qu’on peut en détacher sans détruire ce sujet.
- Il est de l’essence de Vépisode de n’être pas absolument nécessaire à l’action principale ; mais il est défectueux s’il n'y est pas lié ; s’il est d’une expression qui la contrarie , s’il est bas , lorsqu’elle est noble ; s’il est ridicule, lorsqu’elle est grave ; s’il est comique, lorsqu’elle est attendrissante, etc.
- ÉPISPASTIQUE, adj. du grec è'7ri(r'7ra,ç‘iKoç ( épispastihos ) , qui a la force d’attirer ; composé d’èni ( épi ), au-dessus , et de ovraat ( spaô ) , tirer j d’où est venu i'irio-'irka) ( épispaô ) , attirer.
- ( Pharmacie ) On appelle ainsi les médicamens topiques qui attirent fortement les humeurs eu dehors , par leur acrimonie.
- ÉPISPHÉRIE , s. f. du grec iwurticiipicL ( épisphairia ) , formé d’i'nt ( épi ) , sur , au-dessus , et trçcLipat, ( sphaira ), sphère : littéralement au-dessus de la sphère-( Physiologie ) Ce mot signifie les circonvolutions et les sinuosités de la substance extérieure du cerveau.
- ÉPISSURE, s. f. de l’allemand spliessen , dont les Anglais ont fait splice , que Johnson dérive du lat. plico, entrelacer.
- ( Marine ) Les épissures sont des enlacemens pratiqués pour joindre ensemble les bouts de deux cordes, en entrelaçant leurs tours et cordons l’un avec l’autre , sans faire de nœuds , ni de grosseur apparente , et de manière que les deux semblent n’en plus faire qu’une.
- ÉPISTAPHYLIN , adj. du grec i'xiç-mçvxivoç ( épistaphulinos) formé d’ini ( épi ), sur , et de ç-a®"*11 (staphulë), la luette : sur la luette.
- ( Pkysiol. ) Nom que l’on donne à deux muscles de la luette. ÉPISTASE, s. f. du gr. ittiç-a n;
- (épistas;s ),
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- ( épistasis ) , composé d’Wi ( épi ), sur, et d’liç‘np.1 ( histêmi ) , poser, placer, •
- ( Méd. ) Substance qui nage sur la superficie de l’urine , par opposition à l'hypostase ou sédiment. Y. HYPOSTASE.
- ÉPISTATE , s. ni. du grec ’r7riç-ATiiç (épistatês) , dont l’origine est la même que celle d’ÉPlS-TASE. V. ce mot. Celui qui est au-dessus des autres , qui commande.
- ( Hist. d* Athènes ) 1/épistate étoit le sénateur d’Athènes , en jour de présider. On ne pouvoit l’être qu’une fois en sa vie. V. PROEDRE, PRYTANEE.
- EP1STEMONARQUE, s. m. du grec tnriç’d.fjt.a.i { épistamai) , être savant, et d’ap^ii (archê), commandement.
- ( Eglise grecque ) Nom de dignité dans l’église grecque ; c’étoit celui qui étoit préposé pour veiller sur la doctrine de l’église.
- ÉPISTOLAIRE, adj. du grec tTiroAM ( épistolê ), épître , lettre , missive , dérivé d’sTr/vïXXi» ( épis-tellô ), envoyer : qui appartient à l’épître , qui regarde la manière d’écrire les lettres.
- ( Rhétor. ) Il n’est guère d’usage qu’en ces phrases : style épisto-laire, genre épistolaire.
- On l’emploie aussi snbstantive-ment en parlant des auteurs dont les lettres ont été recueillies. On le trouve parmi les épistolaires.
- ÉPISTROPHE , s. f. du grec è'TTfçjxxpM ( épistrophê), conversion, circuit, répétition.
- ( Diction ) Figure de diction nommée aussi COMPLEXION. V.
- Répétition.
- ( Physiol. ) Epistrophê se dit ' aussi de la seconde vertèbre du cou, à cause de son apophyse odontoïde.
- ÉPISTYLE , s. m. du gr. IA ( épi ) , sur , et de ç-uKoç ( stulos ), colonne.
- _ ( Archit. ) C’est ainsi que les Crées nommoient ce qu’on nomme maintenant ARCHITRAVE, V. ce Tn.°t » c’est-à-dire , la pierre ou la Pjèce de bois qui pose sur le chapiteau des colonnes.
- Tome IL
- EPI n3
- EPISTOMIUM, s. m. mot latin formé du grec i'Trtç’ôp.ioy ( épisto— mion), bouchon , bordon , d’où est venu le verbe ( épisto—
- misein ), boucher.
- • ( Hydraul. ) Instrument par l’application duquel l’orifice d’un vaisseau peut être fermé , et rouvert ensuite à volonté ; tels sont les pistons des pompes, des seringues , qui remplissent leur cavité, et qui peuvent à volonté être tirés et repoussés.
- ÉPITAPHE, s. f. du gr. Î4riT&çf&v ( épitaphion ) , formé d’è-jri ( épi ), sur , et de 'ratço; ( taphos ), tombeau.
- ( Cérêmon. funèbres ) On don-noit anciennement le nom d’épitaphe , "aux vers que l’on chan-toit en l’honneur des morts le jour de leurs obsèques, et que l’on répétoit tous les ans à pareil jour. Il s’est pris depuis pour l’inscription qu’on met sur les tombeaux, pour conserver la mémoire des défunts.
- Les Grecs mettoient simplement le nom de celui qui étoit mort, avec l’épithète de bon homme , bonne femme. Les Athéniens mettoient seulement celui du mort, celui de son père , et celui de sa tribu. Les Romains ajoutoient au haut de leurs épitaphes, diisma-nibus. A Lacédémone , on n’accor-doit dé épitaphe qu’à ceux qui étoient morts à la guerre. Une épitaphe est communément parmi nous , un trait de louange, ou de morale, ou de l’un et de l’autre. Les Anglais n’ont mis sur le tombeau de Dryden , que ce mot pour tout éloge , DRYDEN ; et les Italiens , sur le tombeau du Tasse , LES OS DU TASSE ; mais il* n’y a guères que les hommes de génie qu’il soit possible de louer ainsi.
- EPITASE , s. f. du grec Itt/ta.me ( épitasis), accroissement, dérivé d’i'jri'Té'rm ( épitéinô ), étendre, développer.
- ( Art dramat. anc. ) L’Epitase étoit, parmi les Grecs , la seconde partie du poëme dramatique , celle qui suivoit laprotase, et dans laquelle se faisoit le progrès de l’action , avec tous les incidens qui H
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- ni Epi
- faisaient le nœud de la pièce. C’est proprement ce que les modernes appellent nœud et intrigue.
- ( Méd. ) Epitase se dit aussi de l’augmentation et du commencement de l’accès de quelque maladie , particulièrement des fièvres.
- ÉPITHALAME, s. m. du grec l<m%efKky.iov ( épithalamion), chant nuptial, composé d’iiri ( épi ), sur, et Q&XtLfjtoç ( thalamos ) , lit nuptial.
- ( Poésie ) Sorte de poème qui se fait à l’occasion d’un mariage , et à la louange des nouveaux mariés.
- L’origine de cette espèce de poésie est de la plus haute antiquité : les Hébreux l’ont connu dès le tems de David.
- L’épithalame fut aussi en usage chez les Grecs, dans les tems héroïques ; mais il consistoit alors en une acclamation A’Hymen , d’Hy~ menée.
- Dans la suite , cette acclamation ne fut que l’accessoire du poème , ou l’intervalle où l’on fit un refrain qui servoit à exprimer les vœux des chœurs.
- Uépithalame latin a une origine peu différente de Vépithalame grec. Tous deux commencèrent par des acclamations : le grec par l’acclamation à’ Hyménêe, le latin par celle de Talassius.
- Ce Talassius avoit épousé une très-belle femnle d’entre les Sabi-nes enlevées par les Romains, et cette union formée par le hasard avoit été si heureuse qu’il ne se faisoit point à Rome de mariages un peu considérables, sans qu’on souhaitât aux nouveaux époux la destinée de Talassius.
- A cette acclamation dont l’usage duioit encore du tems de Pompée, et n’étoit pas entièrement effacé du tems de Sidonius , se mêloient des pièces de vers très-grossiers, appelés fescenniens.
- Tel fut 1 ’épithalame des Latins , jusqu’à ce que Catulle, marchant sur les pas de Sapho , mit au jour des poèmes charmans en ce genre, et dans lesquels l’acclamation d’jHyménêe fut substituée à celle de Talassius,
- EPI
- Parmi nous, c’est l’Amour, VHymen , Lucine et le Destin qui font leur partie dans les pièces de vers que les poètes composent à l’occasion d’un mariage , et dans lesquelles ijs ne manquent jamais de préconiser les belles qualités des époux , la douceur et les agrémens de leur union.
- JJépithalame n’a pas de forme bien fixée pour le choix et l’arrangement des vers , et l’on peut employer les vers alexandrins, les veis de huit ou dix syllabes , selon que l’on traite le sujet en style sérieux, gracieux ou badin.
- ( Gravure ) Les graveurs de Hollande appellent épithalames, certaines estampes faites en l’honneur de quelques nouveaux mariés, dans lesquelles on les représente avec les attributs allégoriques, convenables à leur état et à leur qualité ; on y joint aussi quelques vers à leur louange. Bernard Picard est le premier qui ait fait de ces sortes d’estampes allégoriques.
- EPITHEME, s. m. du grec ini ( épi ), sur, et de v»9»/.<» ( tithêmi ), appliquer.
- ( Méd. ) Remède topique qu’on applique sur la région du cœur, de l’estomac , du foie, de la rate , pour fortifier ces viscères , ranimer les esprits, résister à la malignité, corriger les intempéries froides , c'est-à-dire , donner du ressort aux fibres, refondre les humeurs ralenties, et faciliter leur circulation. On distingue les épithèmes , en solides et en liquides.
- EPITHETE, s. f. du grec \nvi-Sstoç (épithetos) , ajouté, du verbe îtt/t/9np.i ( épitithêmi ), ajouter , imposer.
- ( Grammaire ) Terme adjectif qui étant joins à un substantif, y désigne, y marque, y fait connoître quelque qualité.
- Quoique le mot épithète signifie nom ajouté, ce qui revient tout-à-fait au mot adjectif, il y a pourtant cette différence entre épithète et adjectif, que celui-ci marque les propriétés physiques et communes des objets, et que l’autre désigne ce qn’il y a de particulier et de
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- distinctif, dans les personnes et clans les choses, soit en bien , soit en mal. Ainsi dans Henri-le-Grand, le Grand est une épithète.
- Par la meme raison , un adjectif devient épithète , lorsqu’étant joint à un nom commun, il le fait devenir nom propre , par la marque de distinction qu’il lui attache. Urbs magna , la grande ville, signifioit chez les Romains, la ville de 'Rome.
- De même, tous les adjectifs qui sont pris dans un sens ligure sont des épithètes : la fièvre ardente a la marche inégale.
- ÉPITOGE, s. f. du grec Ittî ( épi ), sur , dessus , et du. latin ioga, toge : toge de dessus, surtoge.
- ( Costumes ) Espèce de manteau que les Romains mettoient sur la toge, qui étoit leur habillement distinctif.
- Epitoge s’est dit aussi , depuis, d’une espèce de chaperon ou de fourrure que les présidens à mortier , et le greffier en chef du parlement , portoient autrefois sur la tète dans les grandes cérémonies , et qu’ils portèrent ensuite sur l’épaule.
- ÉPITOME, s. m. du gr. sttctnpà {épitomê ) , abrégé, dérivé d ’intt ( épi ), dans, et de > ( temnô ), couper.
- ( Littérat. ) L'abrégé, le précis, le principal d’un livre, et particulièrement d’une histoire.
- On disoit autrefois épitomer, pour dire, faire un abrégé.
- ÉPITRE, s. £ du grec imçoxii (epistolê) , formé d’iiriç-iXhm ( épis-tellà ), envoyer.
- ( Littérature ) Lettre missive. Il ne se dit maintenant que de petites lettres en vers qu’on écrit à ses amis ou des épîtres préliminaires ou dédicatoires, qu’ou met à -la tete des livres. Quand il s’agit des lettres des modernes, on ne se sert point du nom d'épîtres : on dit les ettres du cardinal d’Ossat, les ettres de Voiture; mais quand il s agit des lettres des anciens , et particulièrement des parties de la ainte-Ecriture qui sont èn forme
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- de lettres, on dit épitres ; épitrss de S. Paul, de S. Jean.
- ( Culte cathol.) Epitrer se dit aussi de la leçon tirée de l’Écriture Sainte , et particulièrement des épitres de S. Paul, qui est chantée par le sous-diacre, un peu avant l’évangile.
- Les Juifs faisoient lire dans leurs synagogues, principalement le jour du sabbat, quelques endroits de la loi et des prophètes. Les chrétiens adoptèrent cette coutume, et dans les premiers tems , avant la célébration de l’eucharistie, on lisoif les Saintes-Ecritures. De-là est venu l’ordre des lecteurs, dont les fonctions ont cessé par l’institution, des sous-diacres.
- ( Poésie ) Epitre, en poésie une lettre en vers adressée à un être réel ou imaginaire.
- Comme le style des épitres peut varier à l’infini, selon les sujets , les personnes, et les circonstances, il s’ensuit qu’on peut les mettre en toutes sortes de vers , alexandrins et suivis, pour les sujets élevés ; communs, pour les sujets satiriques ; de huit syllables, pour des sujets gracieux ; enfin, libres, pour différens genres moins nobles.
- Les ouvrages de Boileau, de Rousseau, Chaulieu, Lafontaine, Voltaire, de Remis fournissent des modèles de ces différentes sortes à’épitres.
- ÉPITRITE, s. m. du gr. firirprfos ( épitritos ) , formé d’iirt ( épi ) , sur, au-dessus , et de rpiloç (tritos), la troisième partie ; la troisième partie en sus.
- ( Géom. anc. ) Proportion contenant un uombre et le tiers de ce nombre , comme 5 et 4.
- ( Musique anc. ) Epitrite e'toit aussi le nom d’un rhythme de la musique grecque , duquel les tems étoient en raison sesquitierce, ou de 3 à 4.
- ( Poésie anc. ) Les poètes et les grammairiens appeloient encore épitrites, un pied composé de quatre syllabes, dont les deux premières sont en effet aux deux dernières , dans la raison de 3 à 4. On distinguoit Vépitrite premier , H 2
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- Second, troisième et quatrième. U épitrite premier est composé d’une brève et de trois longues, comme salutantes , Vépitrite second est composé d'une longue, d’une brève et de deux longues, comme concitanti ; le troisième est composé de deux longues, une brève et une longue, comme communicant enfin, Vépitrite quatrième est composé de trois longues et une brève, comme expeciare ; les épitrites sont opposés aux PEONS. V. ce mot.
- ÉPITROCHASME, s. m. du grec l'n-npo^ATfxoç ( épitrochasmos ) , formé d’êvri ( épi ) , qui est ici particule augmenta tive, et de Tpo-ya,<ro/u<x.i ( trochasomai ), marcher , marcher vite : course rapide.
- ( Diction ) Figure de rhétorique, propre aux passions ; elle consiste à parcourir rapidement plusieurs objets, afin d’émouvoir ceux à qui l’on parle ; Virgile : State viri : quœ causa vice ? quive estis in armis? quove tenehs iter?
- EPITROPE , s. f. du grcsw/TpeTr» ( êpitropê ), procuration, tutelle, concession , dérivé d’Ivr/TpsTrce ( épi-îrépô ), permettre, accorder. Voy. CONFESSION.
- ÉPITROPE, s. m. du grec tm-'rponcç ( épitropos ) , tuteur , procurateur.
- ( jffwf. anc. ) Les Grecs appe-loiènt épitropes , ce que les Romains ont appelé procuratores, c’est-à-dire , un commissaire , un intendant commis à quelque fonction. Ainsi , les commissaires des vivres dans les armées des Perses sont appelés épitropes par Hérodote et par Xénophon.
- ( Grecs modernes ) Epitrcpe est une sorte de juge , ou plutôt d’arbitre que les chrétiens grecs , qui vivent sous la domination desTurcs, choisissent dans plusieurs villes , pour. terminer les différends qui s’élèvent entre eux , et pour éviter de plaider devant les magistrats turcs.
- EPIZOOTIE , s. f. mot formé du grec S7ri (épi), sur, et de ÇZov (zoon), animal : sur les animaux, parmi M animaux.
- ( Art vétérin. ) 1/épizootie est
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- une maladie contagieuse qui règne parmi les animaux. Les maladies épizootiques sont de plusieurs espèces : il en est de propres à certains pays, relativement à leur sol, aux pacages, aux pâturages, etc. Il en est d’autres qui sont adventices ou passagères. Les médecins se sont occupés de tout tems à observer les maladies épizootiques ; mais les anciens, excepté Coiumelle , n’ont donné sur ces maladies'que des recettes vagues qui ne sauroient être utiles que dans des cas particuliers. Ramazzini est le premier qui soit entré dans les détails nécessaires. Plusieurs académies en ont fait depuis l’objet de leurs soins , et leur zèle n’a pas été infructueux. L’ouvrage de M. Vitet, sur la médecine vétérinaire , est un ouvrage intéressant , qui fait honneur à son au-> leur.
- ÉPODE , s. f. du grec iTracTo; ( épodos ), formé d’Ivr; ( épi ), au-dessus, après , et d’»<Tâ (ode), chant, dérivé d’ècsicl* ( aéido ), chanter : chant par-dessus ou à la suite.
- ( Poésie lyrique anc. ) L’épode étoit, dans la poésie épique desGrecs, la troisième partie ou la fin de l’ode, c’est-à-dire, du chant divisé en strophe , anti - strophe et épode. Ainsi, cemot signifioit proprement la fin du chant ; et comme dans les odes, ce qu’on appelle épode ren-fermoit tout le chant et le finissoit, on appela épode un petit vers qui, étant mis après un grand, fermoit la période , et renfermoit tout le sens qui étoit suspendu dans le premier vers. C’est de-là que le V.e livre des odes d’Horace est intitulé, Livre des vers Epodes, ou livre où chaque grand vers est suivi d’un petit qui finit le sens.
- On a étendu encore plus loin la signification de ce mot, car on appelle en général épodes toutes sortes de petits vers qui sont après un ou plusieurs grands , de quelque nature qu’ils soient.
- ÉPOMEj, ou EPOMIDE, s. J. du grec ’vxi ( épi) , dessus, et d’à-poç ( ômos ), épaule : au-dessus de l’épaule.
- (Anat.) La partie du corjis située
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- entre 1 'articulation de l’iiuraerus avec l’omoplate et le cou.
- EPONGE , s. f. du grec onroyfia.
- ( spongici ) , dont les Latins ont fait
- spongia.
- ( Hist. nat. ) L’éponge est un polype de l'ordre de ceux que M. Lamarck appelle polypes cnral-ligènes. Leurs masses informes ou leurs tiges branchues , ordinairement fixées par leur base , et l’extension de leurs tentacules , qui leur donne l'apparence de fleurs , les avoient fait autrefois classer parmi les végétaux ; mais on sait aujourd'hui que ce sont de véritables animaux. L’ éponge a une tige fibreuse , flexible , et sa superficie est couverte d'une glaire peu sensible. La plupart des espèces habitent les mers.
- ( Zoologie ) On appelle aussi éponge ce qui forme le talon des animaux.
- ( Maréchallerie ) Eponge se dit encore de l’extrémité de chaque branche d’un fer de cheval, et d’une tumeur située à la tête ou à la pointe du coude du cheval.
- EPONYME , s. m. du grec stt; sur, et de ovo/jut (onoma) nom : surnom.
- [Hist. d’Athènes) Les Athéniens donnoient ce nom au premier des archontes , parce que l’année étoit désignée par son nom.
- ÉPONTILLES, s. f. de l’italien puntello.
- ( Marine ) Epontilles se dit en général de toutes les pièces de bois placées verticalement pour supporter^ quelque chose.
- EPOPEE , s. f. du gr. «Troc (épos), parole , vers , dérivé d’aas-oe ( êpô ) , dire, raconter, et de ttoiîm (poiéô), faire.
- ( Po'èsie ) L’épopée est l’histoire , la fable ou le sujet qu’on traite dans un poëme épique.
- Il se prend aussi quelquefois pour la poësie héroïque , et en ce cas , 1 épopée est une imitation ou récit d’une action intéressante et mémorable.
- EPOQUE, s. f. du gr. tTrogy [épo-ohê) , action d’arrêter, de retenir, du verbe inî^oo [êpécliô ), arrêter, et s’arrêter.
- EPO 117
- ( Chronol. ) Point fixe dans l’histoire, dont on se sert dans la chronologie, ou dont on peut se servir pour commencer à compter les années , et qui ordinairement est marqué par quelque événement considérable. Voici les époques les plus remarquables ;
- Epoque des Olympiades ; le tems de l’institution des jeux olympiques que les Grecs célébroient tous les quatre ans en l’honneur de Jupiter, Cette époque a commencé au mois de juillet de la 3g38.e de la période julienne , 776 ans avant J. C.
- Epoque de la fondation dellome, ou époque Varonnienne ÿ suivant Varron, on en fêta les fondemens au prîntems de la 23.e année , après l’établissement des Olympiades, c’est-à-dire, au mois d’avril de la 3g6i.e année de la période julienne , 767 ans avant J. C.
- Epoque de Nabonassar,- cette époque tire son nom de Nabonassar, roi de Babylone ; on ignore à quelle occasion elle a été établie ; on ne sait pas même le nom de celui qui l'a introduite. Ce qui l’a rendue célèbre , c’est que Ptolémée y a fixé ses observations astronomiques. Elle est datée du mois de février de l’année 3967 de la période julienne, 467 ans avant J. C.
- L’époque deNabonassar porte aussi le nom d’ère des Babyloniens , parce que c'est de cette époque qu'ils com-mençoient à compter leurs années.
- Epoque des Séleuçides ; c?est l’é-poque dont se servoîent les Macédoniens, et qu'on app'eloit en Orient les années des Grecs, dont il est parlé dans le livre des Machabées ; elle est datée de la 34o2,.e année de la période julienne, 5i2 ans avant J. C,
- Epoque julienne ; c’est le tenus de la correction du calendrier romain , sous l'empire de Jules-César. Les Egyptiens n’évaluoient Pannée que 565 jours ; mais comme elle est composée de 365 jours et environ six heures, on reconnut dans la suite que les équinoxes reculoient tous les quatre ans d’un jour , à peu de chose près. Pour remédier à cet inconvénient , on convint d’employer ces six heures exeédentes en faisant
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- 4ous les quatre ans une année composée d’un jour de plus quelesautres; de sorte que cette quatrième année est de 366 jours ; c’est ce qu’on appelle 1 ’année bissextile. Cette correction se fit dans l’année 4668 de la période julienne, 46 ans avant J. C.
- Epoque chrétienne ; lessentimens des chronologistes sont partagés sur le commencement de cette époque. Plusieurs ont composé des traités particuliers, touchant la véritable année de la naissance de J. C. Cependant, après avoir lu tout ce que ces savans ont écrit sur ce sujet, on est obligé de convenir qu’on ne sait point précisément sous quelle année J. C. est né, ou combien d’années se sont écoulées depuis sa naissance jusqu’aujourd’hui. U époque chrétienne suivant laquelle nous comptons , commence dans la 47i4.e année de la période julienne.
- On a commencé à se servir de Cette époque dans les actes publics ; en Italie , vers l’an 590 ; en Hollande , l’an 620 , et en France, l’an 780.
- Epoque dioclétienne, ou du règne de Dioclétien ; ce règne a commencé le 17 septembre de l’année 4997 de la période julienne , c’est-à-dire, 283 ans après Jesus-Christ.
- Cette époque est connue par les chrétiens sous le nom d’ère des martyrs , à cause des grandes persécutions qu’ils ont souffertes sous cet empereur. Elle est d’un usage fréquent dans l’ancienne histoire de l’Eglise.
- C’est de cette époque que les premiers chrétiens commençoient à compter leurs années. Les Maures s’en servent encore aujourd’hui.
- Epoque de Mahomet, ou des 'Arabes ; c’est le tenus de la fuite de Mahomet de la Mecque à Médine. Cette époque tombe à l’année 6335 de la période julienne , c’est-à-dire, 621 ans après J. C. On l’appelle encore 1 ’ère de Véghire. Elle est eu usage parmi les Turcs et les autres peuples de la religion maho-métane.
- Epoque de la correction grégorienne; c’est le tems auquel le calendrier fut corrigé par ordre du
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- pape Grégoire XIII. La eorrectioa qui avoit été faite au calendrier sous l’empire de Jules-César , au-roit suffi pour toujours , si les sis heures dont l’année solaire est composée de plus que 365 jours , et qu’on convint alors d’employer à former un jour tous les quatre ans, étoient complètes ; mais il s’en faut d’environ 11 min. Cette quantité employée de trop tous les ans , quoiqu’elle soit très-petite > étant répétée pendant un grand nombre d’années, devint enfin si considérable , que vers la fin du 16.0 siècle, les équinoxes se trouvcient avancés de dix jours. Cet avancement, qui auroit toujours été en augmentant, auroit pu causer beaucoup de dérangement dans l’office ecclésiastique. C’est ce qui engagea le pape Grégoire XIII à ordonner , par une bulle du 24 février i582 , que ces 10 jours de trop seroient retranchés , et que le 5 octobre suivant seroit compté pour le i5 dn même mois. C’est-ià ce qu’on appelle correction grégorienne. Plusieurs nations adoptèrent cette correction ; d’autres refusèrent de l’admettre ; c’est ce qui a donné lieu à la distinction du vieux et du nouveau style.
- Le pape Grégoire XIII ne se contenta pas de remédier aux erreurs passées ; la même cause subsistant toujours, il voulut prévenir celles que l’avenir devoit infailliblement causer. Pour cela, les astronomes qu’il avoit employés , ayant supputé que les 11 minutes employées de trop chaque année formoient un jour entier , au bout de i33 ans, on convint d’omettre trois bissextes dans le cours de 4oo ans ; ce qui a déjà commencé à être suivi 5 car les années 1700 et 1800 n’ont point été bissextiles ; l’année 1900 ne le sera point encore , mais l’année aooo le sera , et ainsi de suite.
- Epoque de la république française ; c’est l’époque où les Français ont commencé à s’établir en république. Le 22 septembre 1792 > de l’ère chrétienne , jour de l’équinoxe d’automne , est aussi le jour où le convention a décrété que l’Etat seroit désormais république ; et c’est de ce jour-là que les
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- français commencent à compter leur ère.
- On met encore entre les époques les plus remarquables, Je déluge de !Soé, l’an du monde i656. La naissance d’Abraham , l’an 2o3g. La Sortie des Israélites, l’an 2544. La raine de Jérusalem, l’an 70 de J, C. , etc.
- ( Astron. ) On appelle encore époque , ou racine des moyens mouvemens d’une planète, le lieu moyen de cette planète, déterminé pour quelque instant marqué, afin de pouvoir ensuite, en comptant depuis cet instant, trouver le lieu moyen de la planète pour un autre instant quelconque.
- Les époques des tables astronomiques sont pour le midi qui précède le premier jour de l’année; à moins que l’année ne soit bissextile , c’est-à-dire, pour le 3t décembre de l’année précédente ; en sorte qu’à midi du i.er janvier, on compte déjà un jour complet de 24 heures écoulées. Ainsi , quand on trouve dans les tables astronomiques, au méridien de Paris , l’époque de la longitude moyenne du soleil, en 1700, de g signes 10 deg. 7 min. ig sec., cela signifie que le 3i décembre 1699 , à midi moyen à Paris , la longitude moyenne du soleil , c’est-à-dire, sa distance au premier point à’aries, en n’ayant égard qu’à son mouvement moyen , étoit de g signes 10 deg. 7 min. 19 sec., et ainsi des autres.
- EPREINTES, s. f. dulat. expri-mcre , exprimer.
- ( Méd. ) Envies fréquentes , mais inutiles, d’aller à la selle. V. TENESME.
- ÉPREUVE , s. f. de proba, fait d e probare, essai, expérience que l’on fait de quelque chose.
- ( Jurisprud. ) U épreuve étoit un moyen employé , dans les siècles d’ignorance, pour reconnoître la vé-rilé ou la fausseté des accusations eu matière criminelle. 11 y avoit plusieurs espèces d’épreuves , qui pour-roient se rapporter à trois principales : savoir , le serment, le duel, et l’ordalie ou épreuve par les élé-111 eus. Les épreuves par les élémens ®ut été reçues en Francs dans le
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- neuvième , le dixième et le onzième siècles , et plus long-tems dans certains pays. A mesure que les lumières de la raison se sont répandues , les moyens superstitieux de s’assurer de la vérité ont été abolis. Voy. ORDALIE.
- ( Art milit. ) Epreuve des pièces d’artillerie ; les pièces de canon, pour en faire l’épreuve , sont mises appuyées seulement sous la volée , près les tourillons , sur un morceau de bois ou chantier ; elles sont tirées trois fois de suite avec des boulets de leur calibre : la première fois chargées de poudre à la pesanteur du boulet, la seconde aux trois quarts , et la \troisième aux deux tiers. On éprouv e également les mortiers , les fusils , etc.
- ( Imprimerie ) Epreuve se dit aussi de la première feuille qui sort de dessous la presse. Lorsque la première épreuve est corrigée, on passe à une seconde , et à une troisième si le cas l’exige : cette seconde et cette troisième sont lues et corrigées par l’auteur ; ensuite les imprimeurs mettent en train, et la première épreuve tirée après là mise en train , se nomme tierce. C’est sur celle-ci que se fait la dernière correction , et celle à laquelle il faut prêter la plus grande attention.
- (Gravure ) Epreuve est encore un terme employé dans la gravure , mais dans divers sens.
- Un graveur, à mesure qu’il avance sa planche , en fait tirer des essais par l’imprimeur en taille-douce , pour voir l’effet que le travail qu’il en fait sur le cuivre , produit sur le papier. Ce sont ces essais qu’on nomme, en général, épreuves.
- Quand le travail tracé sur le vernis dont on couvre d’abord le cuivre , a été mordu par l’eau forte , on en fait ordinairement tirer quelques essais qu’on nomme épreuves de l’eau forte. Quand ensuite le graveur a entièrement ébauché sa planche , et qu’il y a établi presque tous les travaux qu’il se propose d’y mettre , mais sans leur donuer la vigueur et l’accord qu’ils doivent avoir dans le fini , il faut encore tirer d’autres essais qu’il appelle-premières épreu-1-ç$ j et pour désigner le point cfi il
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- it» EPR
- en est de son travail, il dit qu’il en
- est aux premières épreuves.
- Le nom d’épreuves se donne par extension à toutes les estampes , lorsqu’on les considère comme le produit d’une planche gravée. Dans cette nouvelle acception , le terme de premières épreuves ne signifie plus les premiers essais , mais il désigne les premières estampes qu’on a tirées de la planche terminée : on dit : J*ai une despremières épreuves de la famille de Darius
- Une épreuve est boueuse , quand la planche a été mal essuyée , qu’il y est resté trop de noir , et que les travaux ont été confondus. Elle est nette et brillante , quand la planche a été bien encrée et bien essuyée ; en sorte que tous les travaux sont bien distincts , et que chaque taille est restée suffisamment nourrie de noir. Elle est grise, quand les travaux de la planche , étant en partie usés , ne retiennent plus le noir dans leur continuité ; eu sorte que les tailles sont interrompues par des taches blanchâtres. Ces défauts peuvent aussi provenir de la maladresse de l’imprimeur ou -du travail du graveur.
- Epreuves avant la lettre ; quoique l’airain , ou cuivre rouge , qui forme la planche gravée , n’éprouve que des frottemens très-doux de la main de l’imprimeur , la gravure se fatigue et s’use par ce frottement plus vite qu’on ne le penserait , si on n’en avoit pas l’expérience. Sa durée dépend en partie du travail de l’artiste, en partie de la fermeté du cuivre , et en partie de l’adresse de l’imprimeur.
- Des amateurs se sont donc imaginés que le plus sûr moyeu d’avoir de bonnes épreuves , étoit de se procurer une de celles que l’artiste iaisoit tirer avant de graver l’inscription qui indique le sujet, etc. C’est-là ce qu’on appelle épreuve avant la lettre. Comme le graveur ne faisoit tirer de ces épreuves que pour se bien assurer que son travail étoit absolument terminé , elles étoient en fort petit nombre, et la rareté en augmentoit la valeur idéale ; car d’ailleurs il étoit possible qu’au-«une de ces épreuves ne valût quel-
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- ques-unes de celles qui étoient tirées dans la suite avec la lettre. Il pou-voit très-bien arriver que l’imprimeur , même sans savoir comment, eût mis plus d’adresse à encrer et essuyer sa planche la centième fois que la première , et que la centième épreuve fût la plus belle ; car il y a une sorte de hasard qui préside au tirage des estampes , et quand le cuivre est bon , une planche peut tirer plusieurs centaines à’épreuves d’une égale beauté.
- Mais les amateurs , au lieu de faire cette réflexion , s’obstinèrent à rechercher les épreuves dont la primauté et la rareté sembloient assurées par l’absence de la lettre. Tous voulurent en avoir, et les graveurs , les marchands trouvèrent ùn moyen facile de les contenter : ce fut de faire tirer cent, deux cents, trois cenls épreuves , et même davantage , avant, de faire graver la lettre. Que ces épreuves soient belles ou médiocres, peu importe , elles sont avant la lettre , et l’amateur est content. Le marchand l’est encore davantage, parce qu’il retire promptement de trois cents épreuves avant la lettre , plus que ne lui aurait procuré plus lentement le double avec la lettre. On a aussi l’adresse d’en cacher un certain nombre , et de ne les livrer à l’avidité des amateurs que lorsqu’elles ont acquis une valeur nouvelle par leur prétendue rareté. .
- L’avarice de Rembrandt lui avoit; inspiré une autre charîatanerie : c’étoit de faire quelques changemens à la.planche, après en avoir fait tirer un certain nombre d’épreuves, et même d’y donner un effet différent quand elle étoit presque usée. On vouloit avoir Vépreuve avant le changement , celle avec le changement , celle avec l’effet nouveau. On imite cette charîatanerie à moins de frais ; tantôt en laissant d’abord subsister une faute dans l’inscription, et la faisant ensuite corriger ; tantôt en faisant tirer des épreuves avant que quelque faux trait de la marge soit effacé , et faisant ensuite polir cette marge. Quelquefois ces acci-dens ne sont pas prévus, mais la cupidité mercantile sait en tffer parti.;
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- car c’est un sujet d’émulation entre les amateurs de se procun r une épreuve avec ce qu’ils appellent la remarque.
- ÉPROUVETTE , s. f. diminutif d’ÉPREUVE , instrument avec lequel on éprouve la qualité de certaines choses.
- 1 Technol. ) Les potiers d’étain appellent éprouvette une cnillièr de fer dans laquelle ils fondent leur étain , pour en connoître la qualité, avant que de l’employer. — Eprouvette est encore , en termes d’artillerie , un petit instrument dont on fait usage pour connoître la qualité et la force de la poudre. — Les savonniers apelîent éprouvette une petite cuiller de cuivre ou de fer avec laquelle on prend la pâte de savon dans la chaudière , pour s’as-snrer de son degré de cuisson. —Les-sauniers donnent encore ce nom à un petit vaisseau qu’ils remplissent d’eau, pour savoir si elle estassiez chargée de sel , et juger de la quantité qu’elle en contient.
- EPTACORDE, sub. m. du grec iirra. (epta) , sept, et de ( chordê ), corde : à sept cordes.
- ( Musique ) Lyre ou cythare à sept cordes, qui , au dire de plusieurs , étoit celle de Mercure.
- Les Grecs donnoient aussi le nom d’eptacorde à un système de musique, formé de sept tons, tel qu’est aujourd’hui notre gamme. IL’epta-corde synnéménon , qu’on appeloit autrement lyre de Terpandre , étoit composé des sons exprimés par ces lettres de la gamme : E , F, G , a , h , c, d. L’eptacorde de Philolaüs snbstituoit le bécarre au bémol , et rapportoit chaque corde à une des planètes.
- E PT AG ONE, s. m. du gr. Ivt tt ( epta ), sept, et de ymîa. (gonia), angle : sept angles.
- ( Géom. ) Figure composée de sept angles et de sept côtés. Quand tous ses côtés sont égaux, on l’ap-pelle eptagone régulier.
- ( Arithmét. ) Les nombres epta-gqnes sont des nombres polygones ou la différence de la progression arithmétique est 5.
- Entre plusieurs propriétés, le
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- nombre eptagone en a une assez remarquablec’est que , si on le multiplie par 4o et qu’on ajoute 9 au produit, la somme sera un nombre carré.
- EPTAMÉRIDES, s. f. du grec i-nTo. (epta), sept, et de ptptç ( méris ), dérivé de fjiiipt» (méirô ) , partager , diviser : division en sept parties.
- ( Musique ) Nom donné par M. Sauveur, à l’un des intervalles de son système exposé dans les Mémoires de l’Académie , année 1702.
- Cet auteur divise d’abord l’octave en 43 parties ou mérides; puis chacune de celles-ci en 7 eptamé-rides, de sorte que l’octave entière comprend 5oi eptamérides qu’il subdivise encore.
- EPTAMÉRON ,'s. m. du gr. Jttt* ( epta), sept, et de iglpa. (hêméra), jour : sept journées.
- ( Bibliogr. ) Ouvrage composé de parties, divisées en sept journées.
- EPTANDRIE , s. f. du gr. Itw-r et (epta) sept, et de àvii|> ( anêr), génit. kvS'poç, mari.
- ( Botan. ) C’est le nom que donne Linnée à la septième classe de son système sexuel des plantes, qui comprend celles dont les fleurs ont sept étamines distinctes.
- EPTAPETALEE, adj. du grec l-'cmi ( epta ), sept, et de /e>4t«.Xov ( pétalon ) , feuille , dérivé de ctm (pétaô) , ouvrir, étendre, éclore.
- ( Botan. ) Corolle qui a sept pétales.
- EPTAPHYLLE , s. f. et adj. du grec i<crrsi ( epta ) , sept, et de foxxov ( phullon ), feuille.
- ( Botan. ) A sept folioles.
- ÉPULIE , s. f. du grec l<uri (épi), sur , et de ouXo» ( oulon ), gencive.
- ( Chirurgie) Tubercules ou excroissances de chair , qui se forment aux gencives.
- EPULOTIÇ)UES, adj. et s. m. dn grec im ( epi ), sur , et de oèx» ( oulê ), cicatrice.
- ( Chirurgie) On appelle ainsi les médicamens topiques, qui étant appliqués sur les plaies et les ulcères , eu dessèchent l’humidité
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- superflue, en dissipent les chairs fongueuses, et les disposent à cicatriser.
- ÉPURE, s. f. apparemment du Yêrbe épurer, rendre pur, clair, net, facile à comprendre.
- ( Archit. ) Dessin fait en grand contre une muraille, ou sur des
- Flanches, pour servir de modèle à 'exécution de quelque ouvrage.
- On fait aussi des épurés séparées de chaque partie : dès que l’appa-reilleur a entre ses mains le plan de l’architecte, il trace sur l’endroit qui lui est le plus commode , la ligure et les proportions de chaque pièce qu’il doit faire, ce qu’on nomme Vépure; c’estd’après cette épure, tracée par panneaux ou par équarissement qu’il donne la coupe de chaque pierre, etc.
- EQUANT , s. m. du lat. œquans, partie, à’œquo , égaler.
- ( Astron. anc.) On appelle ainsi, dans l’ancienne astronomie, le cercle qui est placé de manière que le mouvement d’une planète soit uniforme autour du centre de ce cercle. C’est donc un cercle que l’on imagine décrit du point d’égalité , ou du centre des moyens mouvemens, qui, dans l’hypothèse des anciens, étoit au-dessus du centre du déférent, autant que le centre de la terre étoit au-dessous. On n’en fait plus d’usage aujourd’hui , depuis que Kepler a banni les excentriques, et a démontré que les planètes se mouvoient dans des ellipses dont le soleil occupe le foyer.
- , ÉQUARRISSAGE, s. m. Voy. ÉQUERRE.
- ÉQUATEUR, s. m. du latin œquator, formé à’œquo , égaler.
- ( Aslron. géogr.) Grand cercle de la sphère autour duquel se fait le mouvement diurne ; il est également éloigné des deux pôles du monde , et ses pôles sont les mêmes que ceux du monde.
- On le nomme équateur ou équinoxial, parce que , quaud le soleil est dans ce cercle , il y a égalité entre les jours et les nuits; quand il est tracé sur les cartes géographiques , on l’appelle la ligne équinoxiale, ou simplement la
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- Usine. V. TERRESTRE, HAUTEUR, TEMS, MOBILE, HORAIRE , SOLEIL , ROTATION.
- ^ ÉQUATION, s. f. du lat. œquo, égaler.
- (Algèbre) Equation, en termes d’algèbre , signifie une expression de la même quantité présentée sous deux dénominations différentes.
- On peut définir l’équation , un rapport d’égalité entre deux quantités de différentes dénominations ; ainsi mettre des quantités en équation , c’est représenter, par une double expression, des quantités réellement égales et identiques.
- La résolution des problèmes par le moyen de leurs équations est l’objet de l’algèbre.
- Membres d’une équation; ce sont les deux quantités qui sont séparées par le signe = ( est égal à ).
- Termes d’une équation ; ce sont les différentes quantités ou parties dont chaque membre de Véquation est composé , et qui sont jointes entre elles par les signes-j~ (plus), — ( moins ).
- Racine d’une équation ; c’est la valeur de la quantité inconnue de
- V équation.
- Les équations, eu égard à la puissance plus ou moins grande, à quelle l’inconnue y monte , se divisent en équations simples, carrées , cubiques , etc.
- Equation simple, ou du premier degré; c’est celle dans laquelle l’inconnue ne monte qu’à la première puissance, au premier degré.
- Equation carrée, ou du second degrré; c’est celle où la plus haute puissance de l’inconnue est de deux dimensions.
- Equation cubique, ou du troisième degré ; c’est celle où la plus haute puissance de l’inconnue est de trois dimensions.
- Si la quantité inconnue est de quatre dimensions, Y équation est appellée biquadratique, ou plus communément du quatrième degré; si l’inconnue -a cinq dimensions ,
- V équation est nommée surde-solide, ou du cinquième degré, etc. V. PUISSANCE. ^
- On peut considérer les équations
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- sous deux points de vue : ou comme les dernières conclusions auxquelles on arrive dans la solution du problème, ou comme les moyens par lesquels on parvient à la solution finale.
- Les équations de la première espèce ne renferment qu'une quantité inconnue mêlée avec d’autres quantités données ou connues ; celles de la seconde espèce renferment différentes quantités inconnues , qui doivent être comparées et combinées ensemble , jusqu’à ce que l'on arrive à une nouvelle équation qui ne renferme plus qu’une inconnue mêlée avec des connues.
- Pour trouver la valeur de cette inconnue , on prépare et on transforme Véquation de différentes manières , qui servent à l’abaisser au moindre degré , et à la rendre la plus simple qu’il est possible.
- La théorie et la pratique des équations, c’est-à-dire, la solution des questions parles équations, a plusieurs branches ou parties.
- i.° La dénomination qu’on doit donner aux différens quantités, eu les exprimant par les signes ou symboles convenables. 2.° La réduction du problème en équation. 3.° La réduction de Véquation même au degré le plus bas, et à la forme la plus simple. 4,ü0n peut y ajouter la solution de Véquation, ou la représentation de ses racines par des nombres ou des lignes.
- Equations différentielles ; Voy. DIFFERENTIEL.
- Equations exponentielles, Voy. EXPONENTIEL.
- ( Géom. mécan. ) On appelle quelquefois équation, en géométrie et en mécanique, ce qui n’est qu une simple proportionnalité indiquée d’une manière abrégée.
- Constructeur universel d’équa-hons ; c’est le nom d’une machine qui sert à trouver les racines de quelque équation que ce puisse
- Equations linéaires ; Voy, LINEAIRE.
- Equations empiriques ; V. EMPIRIQUE.
- ( Astronomie ) Equation séculaire ,• on appelle ainsi en astro-
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- nomie une équation qui augmente continuellement avec le tems. Toute équation ou rayon vecteur , d’une plante proportionnelle , soit au tems ou à ses puissances, soit à l’angle du mouvement moyen et à ses puissances , est une équation séculaire. Il en est de même de toute équation du moyen mouvement, qui seroit proportionnelle au carré du tems, ou à ses puissances supérieures , ou de toute équation, pour le tems proportionnel au carré, c*u aux puissances de l’angle du moyen mouvement.
- Equation se dit encore , en termes d’astronomie, de la différence, entre le tems ou les degrés supposés uniformes, et ces mêmes quantités réelles et inégales.
- Equation du tems ; c’est la différence entre le tems vrai solaire ou apparent, et le tems moyen ou uniforme , c’est-à-dire, la réduction du tems inégal, indiqué par le soleil , à un tems égal marqué par une pendule bien réglée:
- Le tems ne se mesure que par le mouvement, et le mouvement du soleil est celui dont on s’est toujours servi pour la mesure du tems, parce que c’est celui qu’on observe le plus facilement . cependant le soleil n’a point la principale qualité nécessaire pour mesurer le tems , c’est-à-dire, l’uniformité. En effet, son mouvement apparent n’est pas toujours égal ; tantôt il s’accélère, tantôt il se ralentit ; il faut donc avoir égard à ses inégalités.
- Ainsi, le tems mesuré par le mouvement du soleil, et qu’on appelle le tems vrai ouïe tems apparent, r<it différent du tems moyen et uniforme,suivant lequel on mesure et on calcule tous les mouve-mens des corps célestes.
- Le tems moyen ou égal est celui que marqueroit à chaque instantané horloge absolument parfaite, qui, dans le cours d’une année, auroit continué de marcher, sans aucune irrégularité, en marquant à midi un certain jour de l’année, et le même jour de l’année suivante, au même instant où le soleil est dans le méridien, sauf la différence de
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- six heures qu’il y a entre l’année commune et l’année solaire. Cette horloge n’a pas dû marquer également midi, à tous les autres jours intermédiaires avec le soleil ; car il faudroit pour cela que le soleil eût été tous les jours avec la même vitesse , ce qui n’arrive point.
- Quand le soleil quitte le méridien, et retourne le lendemain , il a décrit 36o degrés eu apparence ; mais véritablement il a parcouru un degré de plus, qui est la quantité dontil s’est avancé vers l’orient parmi les étoiles fixes, dans l’intervalle de son retour au méridien par un mouvement propre, ou mouvement annuel.
- Pour que tous les retours du soleil au méridien fussent égaux , il faudroit que ce mouvement propre du soleil vers l’orient, fût tous les jours de la même quantité, c’est-à-dire , de 5g minutes 8 sec. ; mais à cause des inégalités de ce mouvement ( V. ANOMALIE ), il arrive qu’au commencement de juillet, il ne fait que bj min. i5 sec. par jour vers l’orient, et qu’au commencement de janvier, il fait 6i minutes n sec., c’est-à-dire, 4 min. de plus qu’au mois de juillet, le long de l'écliptique par son mouvement propre. L’on compte toujours 24 h. d’un midi à l’autre; mais ces 24 h. seront plus longues quand le soleil aura fait 6i min. n sec. , que quand il n’aura fait que minutes il sec. vers l’orient, parce qu’il sera obligé de parcourir 4 deg. de plus, et que pour faire 4 minutes de deg.-, il lui faut 16 sec. de tems,
- A cette cause il s’en joint une autre qui dépend de la situation même de l’écliptique. V. ECLIPTIQUE.
- L’équation du tems étoit connue et employée même du tems de Ptolémée ; mais les astronomes varièrent beaucoup sur les moyens de l’employer ; ce n’est qu’en 1672 que fut connue, d’une manière précise et généralement adoptée, Véquation dn tems , telle qu’on l’emploie aujourd’hui.
- La théorie de l’équation des jours naturels est en usage, non-seulement dans les calculs astronomiques, mais aussi pour régler les
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- horloges et les montres. Par-là, on connoit pourquoi une pendule ne s’accorde pas avec le soleil qui mesure le tems vrai , pourquoi elle va quelquefois avant et quelquefois après lui ; c’est pour cela que les cadrans solaires et les horloges ne sont jamais parfaitement d’accord.
- U équation du tems est la plus grande qu’il est possible , ou de 16 minutes i4 secondes , vers le 1er. ou le 2 novembre; la pendule retarde alors de cette quantité. Dès ce moment la pendule retarde de moins en moins, jusqu’au 23 décembre , qu’elle s’accorde à très-peu près avec le soleil. Delà jusqu’au i5 avril, elle avance sur le soleil ; du i5 avril jusqu’au i5 juin, elle retarde ; du i5 juin jusqu’au i5 août, elle avance ; et du 3i août jusqu’au 23 décembre , elle retarde.
- Equation de Vorbite : c’est la différence entre le mouvement inégal d’une planète dans son orbite, et le mouvement moyen égal et uniforme qu’on lui suppose, pour calculer plus facilement son lieu vrai.
- jEquationséculaire : c’estla quantité dont une planète , au bout de quelques siècles , est plus ou moins avancée qu’elle le serait, si ses révolutions avoient été toujours de la même durée.
- EQUATORIAL, s. m. même origine qu’EQUATEUR. ,
- ( Astron. ) Instrument destiné à suivre le mouvement diurne des astres , par le moyen d’un axe parallèle à l’axe du monde, et à mesurer l’ascension droite et la déclinaison , par le moyen de deux cercles qui représentent l’équateur , et le cercle de déclinaison ;mn y ajoute un quart de cercle , dirigé dans le méridien , qui sert à élever l’équateur pour la latitude du lieu. Cet iustrument est semblable, à certains égards , au cadran équinoxial , et même aux astrolabes des anciens.
- EQUERRE, s. f. du latin barbare exquadra, corruption de quadra.
- ( Gé m. ) Instrument de bois ou dé métal, qui sert à tracer et mesurer des angles droits ; l’équerre est composée de deux réglés ou jambes, qui» sont jointes ou. attachées per-
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- peadiculairement, sur l’extrémité l;une de l'autre. Quand les deux branches sont mobiles à un point, on l’appèle biveau ou fausse équerre.
- Equerre d*arpenteur ; c’est un cercle de cuivre d’une bonne consistance , de 4, 5 ou 6 pouces de diamètre. On le divise en quatre parties égales, par deux ligues qui s’entrecoupent à angles droits au centre.
- (Hydraul.) Equerres , en termes d’hydraulique, sont des coudes qu’on est obligé de faire à une conduite , lorsque le dessin d’un jardin assujettit à des angles indispensables.
- Equerre , se dit aussi de grosses plates-bandes de fer, dont on garnit les angles des réservoirs de plomb élevés en l’air, pour soutenir la poussée et l’écartement des côtés.
- ( Astron. ) Equerre, se dit encore d’une constellation méridionale, introduite par la Caille , sous le nom denorrna, et qui est jointe avec la règle et le triangle austral, en forme de niveau.
- ( Gnomonique ) Double équerre ; c’est un instrument composé d’une planche étroite, au bout de laquelle s’emboîte à angle droit une autre planche qui forme avec la première deux anglesdroits ; et triple équerre, une planche un peu large , au milieu de laquelle est fixée, à angles droits, une autre planche de la même hauteur : l’un et l’autre instrument servent à placer le style des cadrans verticaux.
- EQUESTRE , adj. du latin eques-tris , formé d’eques , chevalier.
- ( Chevalerie J Ordre équestre ; c’étoit chez les Romains, l’ordre des chevaliers , nommés équités, et le second ordre de l’Etat ; c’est encore aujourd’hui le titre de la noblesse du second raug en Pologne.
- ( Sculpt. ) Statue équestre ; c’est une statue représentant un homme à cheval.
- Pline attribue aux Grecs l’origine des statues équestres. Elles étoient élevées en l’honneur des cavaliers qui avoient remporté la victoire dans les jeux saprés. Les Romains ne tardèrent pas à adopter ce genre de statues j ils en élevèrent une à
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- Clélie , ou à la fille du consul Va-lérius-Publicola.
- Quoique les anciens aient fait un grand nombre de statues équestres, il ne reste qu’un petit nombre de chevaux antiques en sculpture , et que deux statues équestres-,celle deNon-nius Ralbus, et celle de Marc-Aurèle, qui est d’un teins où l’art commen-çoit à dégénérer. Peut - être cette perte ne doit-elle pas exciter des regrets fort vifs , car il ne semble pas bien prouvé que les anciens sculpteurs aient eu, pour l’imitation des chevaux, et des animaux en général, les mêmes talens que pour celle de la figure humaine.
- Les chevaux du palais des Tuileries, malgré leurs têtes ignobles, le vice de leur encolure , et celui de leur pas qui , au jugement d’un artiste dont on doit admettre la décision dans cette partie de l’art, est faux et impossible, ont été .attribués par les uns àLysippe, et par d’autres à Zénodore ; ceux de Monte-Cavallo, à Phidias et à Praxitèle. Les centaures de la ville de Borghèse , ceux du palais de Fu-rietti , et sur-tout le cheval de la statue équestre de Marc-Aurèle ont réuni l’admiration des amateurs et des artistes , qui long-tems ont négligé l’étude de la nature, pour celle de ces antiques défectueuses.
- Mengs témoigne que les Italiens modernes ont eu peu de succès dans la représentation des chevaux en sculpture , et il en attribue la cause à la préférence qu’ils ont donnée aux chevaux antiques sur la nature.
- Quand les sculpteurs français eurent des chevaux à faire , ils ne purent prendre pourmodèlele cheval de Marc-Aurèle , ni les autres chevaux antiques qu’ils n’avoient pas sous les yeux , et dont ils n’avoient conservé , depuis leur retour de Rome, qu’un confus souvenir ; ils furent donc obligés d’étudier la nature : aussi doit-on dire que c’est à des Français que la sculpture doit les plus beaux chevaux qn’elle ait produits ; ceux des deux P ères Mai'sy aux bains d’Apollon, dans le parc de Versailles ; ceux placés à Rentrée du jardin des Tuileries, par les deux frères Coysevox, etc. Quand
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- la Suède, léDajnemarck, la Russie voulurent cousacver , par des statues équestres, la mémoire de leurs plus grands souverains , ces nations appelèrent MM. Larehevaque, Saly, Falconet.
- ÉQUIANGLE, adj. composé du latin œquus, et d’angulus, angle égal.
- ( Géom. ) Ce mot se dit des figures dont les angles sont égaux.
- Un carré est une figure équian-gle) un triangle équilatéral est aussi équiangle.
- Quand les trois angles d’un triangle sont égaux aux trois angles d’un antre triangle, on appelle ces triangles équiangîes entre eux.
- Le mot équiangle s’emploie dans ce dernier sens relatif, lorsqu’on compare les angles d’une figure à ceux d’une autre, plus souvent qu’il ne s’emploie dans le premier sens, lorsqu’on comparé entre eux les angles d’une seule figure.
- ÉQUIDITFÉRENT , adj. du lut. œquè, également, et de differens , différent , également différent.
- ( Arithmêt. ) Si, dans une suite de trois quantités, il y a la même différence entre la première et la seconde , qu’entre la seconde et la troisième, on dit alors que ces quantités sont continuement équidiffé-rentes,- mais si , dans une suite de quatre quantités , il y a la même différence entre la première et la seconde, qu’entre la troisième et la quatrième, on appelle ces quantités discrètement équidifférentes : ainsi 3,6,7, 10 sont discrètement équidifférentes ; et 3,6 , g , continuement équidifférentes.
- EQUIDISTANT, adj. composé du latin œquè, et de distans, également distant.
- ( Géom. ) Ce terme , en géométrie, exprime la relation de deux cfioses, en tant qu’elles sont à la même ou à une égale distance l’une de l’autre.
- Ainsi on peut dire que les lignes parallèles sont équidistantes, parce que ni l’une ni l’autre ne s’éloigne üi ne s'approche.
- On peut néanmoins remarquer qu’il y a cette différence entre équi-
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- distant et parallèle , que le dernier s’applique à une étendue continue, ou considérée comme telle , et le premier à des parties de celte étendue, isolées et comparées.
- ÉQUILATÉRAL, adj. composé du latin œquus, égal, et de latus , côté : côté égal.
- ( Géom. ) Il se dit de tout ce qui a les côtés égaux : ainsi un triangle équilatéral est celui dont les côtés sont d’une égale longueur. Dans un triangle équilatéral , tous les angles sont aussi égaux.
- Tous les polygones réguliers, et tous les corps réguliers sont équilatéraux,
- ÉQUILIBRE , s. m. dnlat. œquus, égal, et de libra, balance : balance égale.
- ( Mécanique ) Egalité de force entre deux corps qui agissent l’un contre l’autre. Une balance est en équilibre , quand les deux parties se soutiennent si exactement, que ni l’une ni l’autre ne monte ni ne descend, mais qu’elles conservent toutes deux leur position parallèle à l’horizon : c’est de-là que le mot équilibre tire son origine ; c’est pourquoi aussi on se sert souvent du mot balancer , contre - balancer, pour désigner l’équilibre.
- La partie de la mécanique qu’on appelle statique a pour objet les lois de Véquilibre. V. STATIQUE.
- Le.principe de Yéquilibre est un des plus essentiels de la mécanique. La mécanique de Var 'ignon , équilibre des fluides. V. HYDROSTATIQUE.
- {Danse) En termes de danse, le corps est en équilibre, lorsqu’il n’est supporté que sur un seul pied. Dans cette position, il faut étendre le genou , et approcher la jambe gauche ; il faut que les deux jambes soient bien tendues, que le danseur soit élevé sur la pointe du pied, et qu’il laisse poser le talon à terre ; ce qui termine le pas et donne la facilité d’en faire autant de l’autre pied, en observant les mêmes règles.
- ( Méd. ) On se sert, en médecine, du mot équilibre, pour marquer la juste proportion qui doit'régner entre les solides et les fluides du corps, afin que les différentes fonctions
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- soient bien exécutées , et que la machine entière soit dans un état parfait de santé.
- (Peinture) Le mot équilibre s’entend principalement , dans le langage des peintres , des figures qui, par elles - mêmes , ont du mouvement , comme les hommes , les animaux ; mais on se sert aussi de cette expression pour la composition d’un tableau. Voici ce que dit Mengs sur Xéquilibre de composition : « L’é-quilibre , ou pondération , est l’art de distribuer les objets avec discernement , de manière qu’une partie du tableau ne reste pas libre , tandis que l’autre est trop chargée ; mais il faut que cette distribution paroisse naturelle , et ne soit jamais affectée,» Sur P équilibre des corps en particulier, écoutons Léonard de Vinci ;
- « La pondération , dit-il , ou Y équilibre des hommes se divise en deux parties ; elle est simple ou composée. h’équilibre simple est celui qui se remarque dans un homme qui est debout sur ses pieds, sans se mouvoir. Dans cette position , si cet homme étend les bras , en les éloignant diversement de leur milieu , ou s’il se baisse en se tenant sur un dé ses pieds , le centre de gravité tombe par une ligne perpendiculaire sur le milieu du pied qui pose à terre ; et s’il est appuyé également sur ses deux pieds, son estomac aura son centre de gravité sur une ligne qui tombe au point milieu entre l’espace qui se trouve entre les deux pieds.
- L'équilibre composé est celui qu’on voit dans un homme qui soudent , dans diverses attitudes, un poids étranger. Par exemple, dans Hercule étouffant Antée , qu’il suspend en l’air , et qu’il presse contre son estomac. Il faut, dans cet exemple , que la figure d’Hercule ait autant de son poids au-delà de la ligne ventrale de ses pieds , qu’il y a du poids d’Antée en - deçà de cette tuêtne ligne. »
- ÉQÜIMÜLTIPLE, adj. du latin œquus, égal, et de multiplex , de plusieurs sortes : multiples égaux.
- ( Arithmét. géom. ) Il se dit des grandeurs multipliées également,
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- c’est-à-dire , par des quantités ou des multiplicateurs égaux.
- Si on prend A autant de fois que B, c.-à-d., si on les multiplie également, il y aura toujours le même rapport entre les grandeurs ainsi multipliées qu il y avoit entre les grandeurs primitives avant la multiplication. Or ces grandeurs ainsi multipliées sont nommées èquimultiples de leur primitive A et B 5 c’est pourquoi i’oa dit que les èquimultiples sont en raison des quantités simples.
- En arithmétique , on se sert généralement du terme équimultiple pour exprimer des nombres qui contiennent également un égal nombre de fois des sous- multiples. Ainsi 11 et 6 sont èquimultiples de leui’s sous-multiples 4 et 2, parce que chacun d’eux contient son sous multiple trois fois. V. SOLS-MULTIPLE , MULTIPLE.
- EQUINOXE , s. m. formé du lat, œquus, égal, et de nox, nuit ; nuit égale.
- ( Astron. ) Tems auquel le soleil passe par l’équateur, et par un des points équinoxiaux.
- Les équinoxes arrivent quand le soleil est dans l’équateur. Les jours sont pour lors égaux aux nuits par toute la terre , sauf la petite diffé-reuce qui vient des réfractions. Cela arrive deux fois par an. Le 3o ventôse ou le ies. germinal (le 20 ou 21 mars ) , et le itT. vendémiaire ( le 22 ou 23 septembre ). C’est delà que vient le mot équinoxe.
- On trouve , par les observations , que les points des équinoxes et tous les autres points de l’écliptique se meuvent continuellement d’orient en occident contre l’ordre des signes. Ce mouvement rétrograde des Points équinoxiaux est appelé PRECESSION DES ÉQUINOXES. V. ce mot.
- ÉQUINOXIAL v s. m. et adj., même origine qu’ÉQÜINOXE.
- ( Astron. ) C’est la même chose que l’équateur. H y a cependant des auteurs qui entendent par êoxii— noxial le grand cercle immobile de la sphere, sous lequel l’équateur de la terre se meut dans son mouvement journalier. Selon eux, l’équateur est mobile , la ligne équinoxiale ne l’est pas; l’équateur est supposé
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- tracé sur la surface convexe de la sphère: la ligne équinoxiale est imaginée dans la surface convexe de la sphère céleste.
- On conçoit la ligne équinoxiale en supposant un rayon de la sphère prolongé par delà l’équateur, et qui, par la rotation de la sphère sur son axe , décrit un cercle sur la surface immobile et concave du grand orbe.
- Equinoxial s’emploie adjectivement dans les phrases suivantes.
- Ligne équinoxiale pour désigner Véquinoxial sur la terre.
- Points équinoxiaux ou les deux points dans lesquels l’équateur et î’écliptique se coupent l’un l’autre.
- Cadran équinoxial, celui dont le plan est parallèle à l'équateur.
- Orient équinoxial, le point où l’horizon d’un lieu est coupé par l’équateur vers l’orient ; il en est de même de l’occident équinoxial. Ce sont les vrais points d’orient et d’occident. Ces points sont le levant elle couchantau tems des équinoxes.
- France équinoxiale ; c’est le nom que quelques auteurs ont donné aux pays qui appartiennent à la France et qui se trouvent sous Véquinoxial , ou fort près de ce grand cercle. L’île de Cayenne qui est à 4 degrés de l’équateur , fait la plus grande partie de la France équinoxiale.
- ÉQUIPAGE, s. m. de l’italien equipaggio, ou de l’allemand schiff, navire : tout ce qui est nécessaire pour faire uue chose avec facilité, avec succès.
- ( Chasse ) Il se dit de tout ce qui est nécessaire pour la chasse , chevaux , chiens , valets , etc.
- ( Art. milit.) Les équipages , en terme de guerre , comprennent la provision de toutes les choses utiles à la guerre , comme chevaux , har-nois , tentes , et généralement tous les ustensiles que les officiers portent avec eux ; ce qui forme le bagage. Les gros équipages sont les chariots , les charrettes • les petits sont les chevaux , les mulets.
- (Artillerie)Equipages d’artillerie; ce sont les chevaux , les chariots chargés d’affûts, d’avant-train , armes , pièces , boulets , mortiers , bombes , poudre , plomb, grenades,
- EQU
- mèches , fusées, outils, comme hoyaux, pic-hoyaux, bêches, pelles ferrées, haches, serpes, etc.
- ( Marine ) On comprend , en termes de marine , sous la dénomination générale d’équipage, tous les hommes qui sont embarqués pour le service d’un vaisseau , officiers mariniers , canonniers , matelots, soldats , mousses , ouvriers, etc. On a coutume de compter à part les officiers qui forment ce qu’on appelle l’état-major.
- L’équipage des vaisseaux, en tems de guerre, est à-peu-près de dix hommes par canon.
- EQUIPEMENT, s. m. même origine quEQTJlPAGE.
- ( Marine ) Action Rééquiper ou de préparer un vaisseaupour la mer, et de le munir de tous les objets qui lui sont nécessaires. Equipement diffère Réarmement, en ce que celui-là s’emploie plus particulièrementlor$-qu’il est question de vaisseaux marchands et d’expéditions paisibles , et que celui-ci se dit en parlant des vaisseaux de guerre et des corsaires.
- EQUIPOLLENT, adj. composé du lat. œquè, également, et de polleo , valoir, avoir beaucoup de pouvoir , de vertu : qui vaut, qui peut autant l’un que l’autre.
- ( Logique ) Propositions équi-pollentes ; ce sont celles dont le sens est le même.
- ( Pratique ) Actes équipollens , Ceux qui, sans être qualifiés de vente , opèrent néanmoins le même effet.
- ( Physiol. ) Equipollent se' dit substantivement delà force avec laquelle les muscles antagonistes meuvent la même partie selon les directions différentes des muscles dont ils sont les antagonistes.
- ÉQUIPONGÉRANCE , s. f. du lat. œquus , égal, et de pondus , poids : égalité de poids.
- ( Physique ) Egalité ou tendance de deux ou plusieurs corps vers un centre commun.
- Lééquipondérance diffère de l’équilibre en ce que l’équilibre résulte d’une égalité de forces qui agissent en sens contraires, et que Véqui-pondérance vient de l’égalité de la
- gravitation
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- equ
- «ravitation des corps comparés. Un corps est équipondérant avec l’eau , lorsqu’il se soutient dans ce fluide , indifféremment, en tel endroit qu’on le place.
- ÉQUISONNANCE , s. m. du îat. œ quus, égal, et de sonus, son: égalité de son.
- ( Musique ) Les anciens distin-• guoient par ce nom les consonnances de l’octave et de la double octave, les seules qui fassent PARAPHONIE.
- ÉQUITATION, s. £ du latin equitatio , formé d’equitare , pour equo iter facere, voyager à cheval.
- L’art de monter à cheval. Voy. MANEGE.
- ( Méd. ) U équitation est considérée en médecine comme un exercice. Sydenham fait un si grand fond sur la course à cheval, qu’il la croit capable de guérir non-seulement les consomptions les plus légères , mais même les marasmes les plus désespérés, et il ne croit pas que le mercure soit plus efficace dans les maladies vénériennes , ou le quinquina dans les fièvres intermittentes , que l’est l’exercice du cheval dans la phthisie.
- EQUITE , s. f. du latin œquus, égal, juste , raisonnable : justice , droiture.
- ( Jurisprud. ) Equité , en termes de jurisprudence , s’entend de la vertu qui consiste à rendre à chacun ce qui lui appartient, suivant la loi naturelle toujours supérieure à la loi écrite. Il ne faut donc pas confondre 1 ’équité avec la justice. La justice est l’action de rendre à chacun ce que le droit ou la loi lui donne. L’équité est la loi naturelle qui eonnoît moins les règles de convention que le sentiment intime qui nous invite à agir envers les autres comme nous voudrions qu’on en usât , envers nous.
- Cour à’équité ; c’est en Angle-terre un tribunal appelé autrement cour de la chancellerie, dont la jurisprudence consiste à tempérer la sévérité de la lettre de la loi, et a envisager les affaires sons le rapport de l’équité et de la conscience.
- Tom,I£,
- E R A 11g
- EQTJIVALVES , adj. composé du lat. œquus, égal, et de valvus, cosse , coquille.
- ( Conchyliol. ) On appelle ainsi, en terme de conchyliologie, les mollusques acéphales qui ont les valves égales. Les coquilles de ce genre sont garnies d’une soie qui se tisse et se travaille comme celie de la phalène du mûrier : telle est lapinne, appelée vulgairement pinne marina.
- ÉQUIVOQUE , adj. et s. f. du latin œquus , égal, et de vox, mot, voix.
- ( Grammaire ) Ce qui a un double sens , et peut recevoir plusieurs interprétations qui conviennent à différentes choses.
- ( Méd. ) Signes équivoques; on appelle ainsi les signes qui parois-sent dans plusieurs espèces de maladies. V. SÉMÉIOLOGIE.
- ( Peinture ) Il y a plusieurs sor -tes Hé équivoques- en peinture.
- Equivoque sur l’action de la figure ; marche-t-elle , ou est-elle en repos ? Est-ce une figure qui tire ou qui pousse, qui pèse ou qui enlève ?
- Equivoque sur le ton de la couleur ; lorsque le ton d’un objet perce avec le ton du fond ou avec celui d’un autre objet.
- Equivoque sur les formes ; lorsqu’un membre étant couvert en partie , la portion qui paroît peut ressembler à celle d’un autre membre , ou lorsqu’une portion de draperie peut ressembler â quelqu’au-tre chose.
- Equivoque sur l’expression-fiors-que les traits ou l’action d’une figure peuvent convenir à une autre passion que celle dont cette figure doit être affectée.
- Equivoque sur le plan ; lorsque le spectateur ne peut juger du plan qu’occupe un sujet, ect., etc.
- ÉRABLE, s. m. du lat. acéra-bulum , diminutif d’acer , dur.
- ( Botanique ) On distingue plusieurs espèces A’érable ; mais la pins utile est l’érable h sucre, dont le tronc fournit, par incision, une liqueur qui,rapprochée et cristallisée, devient un sucre abondant et absolument semblable à celui de la canne On en distingue au Canada où cet
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- iBo ERE
- arbre est très-multiplié , deux es^-pèces : Vérable de plaine , ou des terreins bas et humides , et Vérable des collines, oui’érable veiné,parce qu’il croît Sur les terreins élevés, ou parce que son bois est remarquable par une infinité de petites veines de différentes couleurs.
- Le premier fournit plus de suc que le second ; mais en revanche, une égale quantité de suc de celui-ci produit une quantité presque double de sucre.
- Un érable de 20 pouces ( 54 centimètres) de diamètre, donne chaque année assez de suc, pour produire cinq livres de sucre , et cela pendant vingt, et quelquefois trente ans.
- Lorsque le sucre SJérable a été -raffiné, il ne le cède ni peur la blancheur , ni pour la force , ni pour le goût, au plus beau sucre des colonies. Mais on a eu, jusqu’à présent, beaucoup de peine à persuader aux Canadiens , que leur sucre étoit susceptible d’ètre raffiné ; et malgré les nombreuses expériences qui ont été faites sous leurs yeux par des chimistes anglais, il n’a été fait de leur part aucun effort pour établir une raffinerie dans ce pays.
- ÉRADICATION, s. £ du latin eradicatio , formé d’eradico, arracher jusqu’à la racine, déraciner : l’action de déraciner.
- Ce terme n’est d’usage qu’en agriculture , dans le jardinage et dans la physique.
- ( Méd. ) Les médecins disent éradical if de certains remèdes vio-lens qui emportent la maladie et toutes ses causes. Ils appellent aussi guérison éradicative, celle qui non seulement remédie au présent, mais qui, en ôtant les racines du mal, et allant à la cause, empêche qu’il ne revienne.
- ÉRAILLEMENT, s. m. dulat. erradiare. V. ECTROPION.
- ÈRE, s. m. On ne commît pas bien l’origine de ce mot ; l'opinion commune est. que les Espagnols sont les premiers qui, à l’occasion de la pièce d’argent , œs , ixris , qu’Auguste imposa par tête suc tous les sujets de l’Empire ,
- E R O
- l’ont employé , pour marquer, en général, le commencement de quelque changement extraordinaire , et en particulier l'ère d’Espagne , de 38 ans plus ancienne que l’ère chrétienne , et abolie en i55o, par Pierre IV , roi d’Arragon , dans ses Etats.
- D’autres veulent que les trois lettres qui composent le mot ère, era , soient les initiales des trois premiers mots que l’on mettoit dans les actes publics : annus erat Augusti , et dont l’ignorance des siècles barbares a fait un seul mot.
- ( Chronol. ) Point fixe d’où l’on commence à compter les années. V. EPOQUE.
- ÉRECTEUE, adj. et s. m. dulat. erector , formé d’erigo , erectum , élever , dresser.
- ( Physiologie ) On appelle ainsi les muscles qui servent à étendre certaines parties. Les mu:cles érec~ teurs de la verge , du clitoris.
- ERETHISME, s. m. du gr. èpsBitrpui ( éréthisma ) , irritation , formé d’èpeô/Çso ( éréikizo), irriter.
- ( Méd. ) Irritation et tension violente des fibres, qui surmontent le mouvement naturel de leurs oscillations.
- ERGOT, s. m. du grec tïpya ( eirgô ), repousser , se défendre, suivant les uns; d’autres le dérivent du lat. erigo , se dresser ; Ménage croit que ce mot est tout simplement une corruption d’articulas.
- ( Hist. nat. ) Espèce de petit ongle pointu qui vient au derrière du pied de quelques animaux. Les ergots d’un coq, d’un chien.
- On appelle aussi ergot, une espèce de corne molle qui se trouve derrière le boulet d’un cheval , et qui est recouverte par le poil du fauon.
- ( JBotan. ) Espèces de cornes plus ou moins alougées, qu’on rencontre sur les épis de plusieurs graminées et plus communément sur ceux du seigle, et qu’on nomme ergots, à cause de leur ressemblance avec les ergots du coq.
- EROSION, s. £ du lat. erosi», fait à’ercdo , ronger : l’action de ronger , manger en rongeant.
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- ERR
- ( 3léd, ) Il se dit de l’action des humeurs âcres ou acides , qui rongent, mangent ou déchirent les chairs et autres substances.
- ( Botan. ) D:érosion les botanistes ont fait par métaphore, ERODEE , pour désigner les feuilles dont le bord est très-légèrement et très-inégalement denticulé, de manière qu’il a quelque ressemblance avec celui qu’une chenille a rongé.
- ÉROTIQUE , adj. dugr. îp<w7<*o? (êrôtïkos ), qui a rapport à l’amour, formé d’Ipœç (éros), génit. d’«pa>-?o; (érôlbs), amour, dérivé d’i'pacc ( éraô ) , aimer.
- ( Poésie ) On appelle chanson érotique, une espèce d’ode ana-créontique dont l’amour et la galanterie fournissent la matière.
- ( Méd. ) Délire érotique ; on appelle ainsi un délire ou une espèce de mélancolie, causée par un amour excessif.
- ÉROTOMANIE , s. f. du grec tpce; ( éros ) , amour, et de y.a.nst ( mania ), délire, folie.
- ( Méd. ) Délire amoureux ; c’est la même chose que délire érotique ; cette maladie se guéri t à-peu-près comme les autres mélancolies.
- ERPÉTOLOGIE, ou mieux HER-PÉTOLOGIE , s. f. du grec sp-mTov ( herpetos ) reptile , et de xoyos (logos) , discours, traité.
- ( Hist. natur. ) Nom donné par quelques auteurs à la partie de l’histoire naturelle, qui a pour objet la connoissance des reptiles.
- ERRATA, s. m. mot emprunté du latin, le plurier A’erratum , participe d’errare, se tromper , errer.
- ( Bibliogr. ) Liste des fautes sur-Tenues dans l’impression d’un ou-Trage. Lorsqu’il ne s’agit que d’une seule faute à relever , on dit erratum.
- ERRATIQUE, adj. du lat. erra , errer , ne tenir aucune route certaine: vague , irrégulier, déréglé.
- ( Méd. ) Ou appelle fièvre erratique
- une fièvre qui ne garde au-eun ordre, aucune règle dans ses types et da-ns le retour de ses accès.
- EllREMENS , s. m. du latin
- ER R i5i
- arrhes, arrhes , aires, erres, aire— mens , erremens.
- ( Pratique) Procédures,productions.
- Les procédures et les productions qui se font dans un procès, peuvent, en effet, être regardées comme des appuis d’arrhes ou de gages, que les parties se donnent mutuellement pour la décision du procès.
- On procède suivant les derniers erremens ,lorsque l’on prend une contestation dans le même état et avec les mêmes qualités dans lesquelles on procédoit auparavant; mais il faut pour cela que l’instance ne soit pas périe.
- ERREUR, s. f. du lat. error, fausse opinion : faute , méprise.
- (Pratique) Méprise dans laquelle nous jette l’ignorance d’un fait ou de la loi. L’ignorance des faits est présumée, lorsqu’il n’y a point de preuves contraires -, l'erreur de droit n’est point excusée à l’égard des majeurs.
- (Méd.) Erreur de lieu; Boërrhaave est le premier qui se soit servi de cette expression ; cet auteur dit qu?il y a dans le corps une suite de vaisseaux qui vont .toujours en diminuant , c’est-à-dire , que les plus gros vaisseaux reçoivent les globules rouges du sang ; les seconds , qui sont plus petits , le sérum ; les troisièmes , la lymphe ; et les plus petits enfin , les fluides les plus subtils. Lors donc que les globules rouges du sang sont poussés dans les vaisseaux qui sont destinés à recevoir le sérum , ou que celui-ci entre dans les vaisseaux qui ne servent qu’à la circulation des fluides les plus subtils , il appelle cela une erreur de lieu.
- ( Astron. ) Erreur se dit aussi, en terme d’astronomie , de la différence entre le calcul et l’observation ; ainsi Verreur des tables de la lune est la quantité dont les tables donnent la longitude calculée , différente de la longitude observée.
- Erreur d'un quart de cercle > c’est la quantité qu’il faut ajouter aux hauteurs qu’il indique.
- Erreur d'une lunette méridienne; c’est la quantité dont elle s’éloigne I 2
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- im Ê R P
- $n diffère ns points du véritable
- méridien.
- ERRHINE , s. f. du grv Iv {en), et de p/ç ( rhis ), génit. fivoç ( rhi-nos ) , nez, narine : dans les narines.
- ( Méd. ) Remèdes qu’on attire ou qu’on introduit dans le nez pour faire éternuer et moucher , pour purger le cerveau , et quelquefois pour arrêter l’hémorragie du nez : les premiers sont appelés ptarmiques ou sternutatoires ; et les autres sont des médicamens astringens. T.PTAR MIQUE, S TER-NÜTAROIRE, ASTRINGENT.
- ÉRUCTATION, s. f. formé du lat. eructo, exhaler , jeter dehors , roter.
- ( Méd. ) Excrétion de rots , ou éruption des vents de l’estomac par la bouche, aveq^un bruit désagréable.
- ÉRUDITION , s, f. du lat. eru-dire , instruire , enseigner : grande étendue de savoir, connoissance fort étendue dans les belles-lettres, et dans toute sorte de littérature.
- ( Hist. littér. ) U érudition n’a
- fias été extrêmement cultivée par es anciens , parce que les Grecs ne faisoient cas que de leur histoire, et de leur langue, et que les Romains n’étoient qu’orateurs et philosophes. Il se trouva néanmoins à Rome , sur la fin de la république , et ensuite du tems des Empereurs , un petit nombre d’érudits , tels que Yarron , Pline le naturaliste , et quelques autres.
- La translation de l’Empire à Constantinople , et ensuite la destruction de l’empire d’Occident, anéantirent bientôt toute espèce de connoissances dans cette partie du monde : elle fut barbare , jusqu’à la fin du quinzième siècle. L’Orient se soutint un peu plus long-tems ; la Grèce eut des hommes savans dans la connoissance des livres et dans l’histoire. A la vérité, ces hommes savans ne lisoient et ne connoissoieut que les ouvrages grecs ; ils avoient hérité du mépris de leurs ancêtres pour tout ce qui n’étoit pas écrit en leur langue ; mais comme sous les empereurs romains et même long-tems aupa-
- E R TT
- ïavant, plusieurs auteurs grecs , tels que PoWbe, Dion , Diodorede Sicile, De :ûs d’Halicarriasse,avoient
- écrit l’Histoire romaine et celle des autres peuples , Y érudition historique et la connoissance des livres , même purement grecs , étoit dès-lors un objet considérable d’étude pour les gens de lettres de l’Orient. Constantinople et Alexandrie avoient deux bibliothèques considérables ; la première fut détruite par ordre d’un empereur insensé , Léon l’Isaurien ; les Sarazins brûlèrent la seconde en 64o.
- Photius qui vivoit sur la fin du neuvième siècle , lorsque l’Occident étoit plongé dans l’ignorance et la barbarie la plus profonde,nous a laissé , dans sa fameuse Bibliothèque , un monument immortel de sa vaste érudition. On voit par le grand nombre d’ouvrages dont il juge , dont il rapporte des frag-mens, et dont une grande partie est aujourd’hui perdue , que la barbarie de Léon et celle d’Omar n’avoient. pas encore tout détruit en Grèce. Ces ouvrages sont au nombre de deux cent quatre-vingt.
- Il y eut encore long-tems après Photius, et jusqu’à la prise de Constantinople par les Turcs , en i453, des savans instruits et versés ( du moins pour le tems ) dans l’histoire et clans les lettres , Psil-lus , Suidas , Eustate , commentateur d’Homère , Tzetzès, Bessa-rion , Gemadius , etc.
- ERUGINEUX, adj. du lat. a?mge, rouille de métal, et particulièrement rouille de cuivre, formé d’ose, œris, airain.
- ( Méd. ) On applique cette épi' thète aux matières verdâtres que l’on rend par le vomissement ; et on appelle bile érugineuse, une bile verte et âcre, de couleur de verd-de-gris.
- ERUPTION, s. f. du lat. eruptio, formé de la particule extractive e, hors , et de rumpo , rompre : sortie prompte et avec effort.
- ( Physique ) Eruption se dit du vomissement qui se fait, en de certains tems , de la fumée, des flammes , des cendres, des pierres et des torreus embrasés de matières
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- ESC
- dues et vitrifiées ; telles sont les éruptions duYésuve, de l’Etna , etc. r/VOLCAN.
- ( Méd. ) Eruption signifie deux choses en médecine : x.° une évacuation subite et abondante de quelque matière liquide > comme de sang, de pus , de sérosité , de vents ; 2°. une sortie de taclies,de pustules , de boutons ou d’autres exanthèmes à la peau. Telle est l’éruption de la rougeole , de la petite vérole, du pourpre , de la gale , etc.
- EPvYSIPELE, s. m. du grec Ipwri-uriKAç (érusipélas) , composé d’ipé® ( êruô ), attirer, et de rtxctç ( pelas), proche : qui attire, qui s’étend de proche en proche; selon d’autres, du grec ipuBpo c { éruthros ) , rouge , et de ranhctç (pelas) , noir, noirâtre, qui est la couleur ordinaire de cette maladie.
- ( Méd. ) Tumeur superficielle inflammatoire , étendue, laquelle se répand en peu de tems sur la peau , avec une chaleur âcre et brûlante, une rougeur éclatante , qui dans la suite tire sur le jaune. Elle est ordinairement parsemée de petites pustules qui se changent bientôt en petites vessies, et en se desséchant, tombent en manière de farine ou de petites écailles furfu racées. Cette maladie est aussi appelée rose, rasa, feu sacré, ignis sacer, feu de Saint-Antoine.
- ÉRYTHROIDE , adj. du grecÿv ( éruthros) , rouge , et de h;Jo; [éidos), forme: apparence rougeâtre.
- ( Physiol. ) On appelle ainsi la tunique intérieure des testicules , parce qu’elle est rougeâtre.
- ESCADRE, s. f. du lat. barbare esquadra , corruption de quadra , dont les Italiens ont fait squadra, les Espagnols esquadra, et les Anglais sqaadron.
- (Marine) Certain nombre de vaisseaux de guerre , réunis sous un même chef. Dix ou douze vaisseaux 3u plus , avec un nombre proportionné de frégates et bâtimens légers, forment uue escadre respectable.
- Escadre se dit aussi de l’une des divisions d’une armée navale qui est partagée en trois escadres , distinguées chacune par une couleur et *in pavillon.
- E b C i55
- Toute l’armée navale d’Angleterre est partagée en trois escadres ; la blanche, la bleue et la rouge, à chacune desquelles sont affectés ses amiraux , vice - amiraux et contre-amiraux.
- Escadre légèrec’est dans une armée navale , un détachement de vaisseaux de guerre et de frégates, choisis parmi les meilleurs marcheurs , pour aller en avant à la découverte , et se porter avec célérité par-tout où le besoin l’exige.
- Escadre d’évolution ; c’est une escadre armée , en tems de paix , dans le dessein d’exercer les officiers aux évolutions navales et à la tactique , pendant un court espace de la belle saison , et au voisinage des ports.
- ESCADRON, s. m. de l’italien squadrone , fait dn lat. squadro , qu’on a dit pour qaadro.
- ( Art milit. ) Froissavt est le premier qui se soit servi de ce terme ,
- fiour désigner une troupe de cava-erie mise en bataille.
- Le mot escadron est affecté à la cavalerie, comme celui de bataillon à l’infanterie. Avant le règne de Henri II, la gendarmerie et même la cavalerie légère française ne se rangeoient pas en escadrons comme aujourd’hui, c’est-à-dire, en plusieurs petits corps qui ont au moins trois rangs dans leur profondeur jmais elles ne formoient que de longs et de simples rangs. L’usage des escadrons passa en France de chez les Espagnols et les Allemands, qui s’en ser-voient avant nous.
- Les premiers escadrons étoient aussi gros et aussi pesa us que ceux des Perses , qui combattoient sur 12 files, et même au-delà ; mais l’expérience apprit dans la suite qu’eu faisant les escadrons moins gros, ou pouvoit rendre leurs évolutions plus aisées, et leurs manœuvres plus sûres.
- ESCALADE , s. f. du lat. scala, dont on a fait scalatare, pour escalader.
- ( Art milit. ) Attaque brusque , contre les formes et les précautions, avec des échelles, pour insulter une muraille ou des remparts.
- Avant qu’ou eût inventé les armes
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- i54 ESC
- à feu, on sé servoitdel’<?,ïmZ«rfedans nesque tons les sièges : c’est ce que es anciens appeloient monter à i’assaut ; mais aujourd’hui, on ne la pratique que lorsqu’on vent surprendre quelque place , dansietems qu’elle s’y attend le moins.
- ESCALE , s. £ de scala, échelle.
- ( Marine') Terme de la Méditerranée qni répond à ECHELLE. V. ce mot.
- ESCALIER, s. m. du lat. esca-larium..
- { Archit. ) Degré , la partie du bâtiment qui sert à monter et à descendre.
- Le célèbre Palladio est le premier qui ait décrit les choses les plus curieuses que nous ayons sur les ouvertures, la situation , la grandeur, les formes et la construction des escaliers.
- ( Hydraul. ) On pratique , dans la construction des cascades , des escaliers de pierre, dont la plupart sont en fer-à-cheval, avec un bassin qui en occupe le milieu ; quelquefois ces escaliers sont de gazon.
- ESCAMOTER, v. a. de l’espagnol escamotar, fait du lat.commu-tare , changer; escamotator, en espagnol , est un joueur de gobelets.
- ( Technol. ) Les brodeurs au métier se servent de ce terme , en parlant de l’action de faire disparoître les bouts d’or, de soie, etc,, en les tirant de dessus l’ouvrage en dessus.
- ESCARBOUCLE , s. f. du latin carbunculus, charbon ardent, qu’on a dit ex carbunculus.
- ( Minéral. ) Pierres précieuses ; gros rubis , dont Pline et plusieurs autres ont dit beaucoup de merveilles. V. GRENAT.
- ESCARMOUCHE, s. f. de l’iial. scaramuccia , fait de l’allemand schirmen , le velitari des Latins.
- ( Art milit. ) Petit choc de quelques soldats détachés de l’un et de l'autre parti , lorsqu’ils se mêlent sans en venir à un combat réglé.
- Quelquefoisles escarmouches s’engagent malgré le général ; quelquefois aussi elles ont des vues considérables. On fait cesser le plus dili—
- ESC
- gemment possible , celles qui s’engagent mal - à - propos. Les escarmouches qu’on engage à dessein, sont pour reconnoître un terrein, pour amuser l’ennemi, pour lui cacher un travail , pour lui ôter la connoissance d’un mouvement, pour l’arrêter dans sa marche , et donner le tems au gros des troupes d’arriver, on simplement pour faire des prisonniers et avoir des nouvelles.
- ESCARPE, s. f. débitai, scarpa, fait de carpere.
- ( ylrchit. ) Partie d’un mur en talus, depuis le bas jusqu’au cordon.
- ( Fortificat.) Le talus ou la pente du fossé qui regarde la campagne, et qui est au-dessus du rempart. 11 est opposé à CONTRESCARPE, V. ce mot.
- ESCARPÉ , adj. de l’allemand scarff, ou de l’anglais sharp , aigu, coupé à plomb , ou avec peu de talus : rocher escarpé, montagne escarpée.
- ESCARPOLETTE , s. f. de l’ital. scarpolletta, diminutif de scarpola, diminutif de scarpa , écharpe.
- ( Jeux champêtres ) Espèce de siège suspendu sur des cordes, sur lequel on est balancé dans l’air. Il est ainsi appelé, parce qu’autrefois on se faisoit balancer sur une é-charpe.
- ESCARRE ou ESCTIARRE, s. f. du grec iç%cip* ( eschara ) , foyer, croûte.
- ( Chirurgie ) Croûte noire qui sè forme sur la peau , sur la chair, sur les plaies et les ulcères, par l’application de quelque caustique. C’est une chair morte , une chair qui a été brûlée par un cautère actuel ou potentiel , et qui se détache au bout de quelques jours d’elle - même , ou par le moyen de quelque onguent peptique.
- ESCHARROTHIQUES , adject. meme origine qn’ESCHARRE. Propres aux escharres.
- ( Chirurgie ) On appelle ainsi des médicamens caustiques qui , étant appliques extérieurement , brûlent la peau ou la chair, et font des croûtes on escharres.
- ESCLAVONS, adj. d’esclavon , ou sciai on, ou s cl a ce nom d’ua
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- ancien peuple de la Scythie européenne , qui ravagea la Grèce sous f’emnereur Justinien, et abolit le royaume de Pologne et celui de Moravie, et s’établit dans l’iliyrie , qui prit de là le nom d'Esclavonie.
- ( Imprimerie ) Caractères escla-vons ; les caractères esclavons ont été été inventés, en 3g8, parMetlio-dius de Thessalonique. Il a traduit la Bible en esclavon, pour les Bulgares. Les Russes se servent de celte Bible.
- ESCOMPTE , s. m. de l’italien sconto.
- ( Commerce, Banque ) C’est, en général, la remise que l’on fait sur une lettre de change , ou sur quel-qu’autre papier que ce soit , pour que le débiteur, ou celui qui accep c l’effet, en avance le paiement.
- 1! y a deux manières d’énoncer l’escompte : on dit qu’il se fait à tant pour cent par Jau , par mois ; ou à tel denier, comme au denier vingt, au denier vingt-cinq , c’est-à-dire , 5 pour cent, 4 pour cent.
- ESCORTE, s. f. de Pi.al. scorta, qui pourrait venir du latin cohors, cohorte.
- ( Art milit. ) Les escortes sont des détachemens pour garantir d’insultes les trésors, équipages, convois, fou rrages, etc.
- ( Marine ) Escorte. Voy. CONVOI.
- ESCRIME , s. f. de l’ital. scher-ma, schermire, escrime ; dérivé de l’allemand schirmer.
- ( Gymnastique) L’escrime est un art qui enseigne à parer avec l’épée les hottes ou les coups que votre adversaire pourroit vous donner, et à vous mettre dans une position si sûre, qu’il ne trouve aucun moyen de vous approcher de la pointe de son épée. Voy. PARADE , TIERCE, QUARTE, etc.
- ESDRAS ou EZPiA , nom d’hom-ree', en hébreu, Ezer; en chaldéen, Ezra, et qtii signifie aide , secours.
- ( Ecriture sainte ) C’est le nom de deux livres canoniques de l’Ancien Testament, dont l’un fut composé par Esclras , et l’autre par Né-heir.ie. Le premier contient l’histoire du retour de la captivité ; le second, cede du rétablissement de Jérusalem,
- ESP i35
- l’amendement du peuple après son retour en Judée, la discipline et la religion ramenées à leur première pureté.
- Esdras fut grand-prêtre des Juif* pendant la captivité de Babylone , particulièrement vers le tems où ils retournèrent en Palestine , sous le règne d'fArtaxerxès, ouLonguernain. Il étoit très-savant : il recueillit les livres secrets , les purgea des fautes qui s’y étoient glissées, et les distingua en autant de livres qu’il y a de lettres hébraïques ; il substitua même aux caractères samaritains dont les Juifs faisoient usage, les chaldéens, avec lesquels ils s’étoient familiarisés, durant la servitude.
- ESPACE, s. m. du latin spa~ tium , étendue de lieu , depuis un certain terme jusqu’à un autre.
- ( Géom. ) Espace, en termes de éométrie, se dit de l’aire d’une gure renfermée ou bornée par les lignes droites ou courbes qui terminent cette figure.
- Espace parabolique; celui qui est renfermé par la parabole.
- Espace elliptique , espace con-cho'idal , espace cissoïdal ; ceux qui sont renfermés par l’ellipse par la conchoïde , par la cissoïde , etc.
- (Mécan.) Espace, en mécanique, est la ligne droite que l’on conçoit qu’un point mobile décrit dans son mouvement.
- ( Physique) Espace se dit aussi du chemin que parcourent les corps qui se meuvent. Quand deux corps parcourent des ligues également longues, on dit qu’ils parcourent des espaces égaux.
- ( Musique ) Espace se dit encore d’nn intervalle blanc , ou .distance qui se trouve dans la portée entre une ligne et celle qui la suit immédiatement au -r dessus ou au-dessous.
- ( Art milit. ) Espace se dit, à la guerre, des intervalles réglés qui sont entre les rangs et les files d» soldats rangés en bataille.
- ( Typographie ) Espaces , en termes d’imprimerie , se dit de petites pièces qui servent à séparer les mots.
- ESPACEMENT, s. m. de spa-
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- tiitm: l’action de régler les espaces.
- ( Archit. ) Distance , intervalle égale qu’on laisse entre un corps et un autre. Les Latins disoient in-iercoltnnnuin, entre-colounement.
- . ( Typographie ) Les imprimeurs se servent, aussi de ce terme , pour l’action d’espacer , c’est-dire , de régler , de placer les espaces.
- ESPADON, s. m. de l’italien spadone, augmentatif de spada , épée.
- ( Escrime ) Grande et large épée,: qu’ontenoit autrefoisà deux mains, de-là le mot espadonner, pour jouer de Vespadon.
- ESPALIER. , s. m. de l’italien sp alliere, dit pour spalliera.
- (Jardin. ) Rangée d’arbres fruitiers, plantés le long d’une muraille, et dont les branches sont assujetties à un treillage oupalissées àlaloque. La direction des espaliers est un des chefs-d’œuvres de ce jardinage.
- ESPECE, s. f. dn lat. species, formé de specio, voir , envisager.
- ( Ilist. nat. ) La multitude des êtres rendraient l’histoire naturelle incertaine et confuse, si l’on n’a-voit un fil pour se conduire dans cet immense labyrinthe. On a donc imaginé les méthodes ; ces distributions , en groupant les êtres qui ont entre eux des rapports cons-tans, servent à les faire connoître avec plus de facilité.On nomme ces dififérens groupes , classes, ordres , genres, espèces; en passant de la classe à l’ordre, et de l’ordre au £>enre , on arrive facilement à l’espèce. V. METHODE.
- ( Botan. ) Les botanistes appellent espèce chaque série d’individus qui se ressemblent tellement par toutes leurs parties, et leurs générations comparées entre elles, que s’il y existe quelque différence , elle consiste seulement dans certaines affections accidentelles que la reproduction par graines peut faire disparaître. Ainsi, cent plantes qui ont entre elles une telle ressemblance , sont cent individus de la même espèce.
- ( Pharmacie ) Oa appelle espèce, en pharmacie, les poudres composées, comme celles de la confection
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- hyacinte, la thériaque, la poudre diamargaritum , diarrhodon abba-tis , etc.
- On nomme encore espèces la réunion de plusieurs substances coupées menu et mêlées ensemble. On fait, avec ces espèces, des infusions en forme de thé , et que l’on prend de la même manière : on en enferme aussi dans de petits sacs de toile pour appliquer sur certaines parties, malades.
- ( Arithmét. ) Il y a, en arithmétique, des grandeurs de même espèce, et, des grandeurs de différente. espèce.
- Les grandeurs de même espèce sont définies par quelques - uns , celles qui ont une même dénomi nation : ainsi, 2 mètres et 8 mètres sont des grandeurs de même espèce. Les grandeurs de différente espèce, selon les mêmes auteurs, ont des dénominations différentes; par exemples, 5 mètres et 5 décimètres sont des grandeurs de différente espèce.
- ( (réom On dit, en term.es de géométrie, qu’un triangle est donné d’espèce, quand chacun de ses angles estdonné; dans ce cas, le rapport des côtés est donné aussi ; car tous les triangles équiangles sont semblables. Pour qu’une autre figure rectiligne quelconque soit donnée d’espèce, il faut non-seulement. que chaque angle soit donné, mais aussi le rapport des côtés.
- On dit qu’une courbe est donnée d’espèce, i.° dans un sens plus étendu, lorsque la nature delà courbe est connue, lorsqu’on sait, par exemple, si c’est un cercle, une parabole , etc. ; i.° dans un sens plus déterminé, lorsque la nature de la courbe est connue , et que cette courbe ayant plusieurs paramètres , on connoît le rapport de ces paramètres ; ainsi une ellipse est donnée d’espèce, quand on con-noxt le rapport de ses axes; il en est de meme (l’une hyperbole.
- ( Pratique) Ce mot, dans la pratique, a plusieurs acceptions. Il désigne le fait et les circonstances qui ont précédé ou accompagné quelque chose. Ainsi, l’on dit l’espèce d’une question ou d’un jugement.
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- Espèce se dit «aussi pour la chose même qui doit être rendue et non pour une autre semblable. L’argent, le grain, le vin, et autres choses fungibles, peuvent être remplacées par d’autres, mais les choses non fungibles, comme un cheval, un bœuf, doivent être rendues en espèce, ce qui signifie qu’il faut rendre le même bœuf, le même cheval prêté.
- Espèces se dit encore de l’argent comptant. On stipule quelquefois qu’un paiement sera fait en espèces sonnantes, c’est-à-dire, en argent et non en billets,
- ( Elocution ) L’espèce est un des lieux: communs delà rhétorique propre à la preuve. V. SGUR.CES DES PREUVES.
- ( Relig. ) Les catholiques appel lent, dans le sacrement de l’eucharistie, espèces, les apparences du pain et du vin , après la transubs-tantiation.
- ( Philosophie scholastique) Espèces se dit des images, des représentations des objets sensibles, les-uelles sont reçues dans le sens, et e-là portées dans l’imagination. Ile-] à, les espèces visuelles , claires , distinctes, confuses, embrouillées , impresses, intentionnelles.
- ESPHLÀSE , s. f. du gr. lo-qxctcric ( esphlasis ) , rupture avec enfoncement , et de <px&a> ( phlaô ) , briser , rompre.
- ( Chirurgie ) Sorte de fracture du crâne , dans laquelle l’os est brisé en plusieurs pièces, et enfoncé.
- ESPLANADE , s. f. de l’italien spianata.
- ( Fortifie.) Ce mot signifioit autrefois le glacis de la contrescarpe; mais il ne se prend plus que pour le terre-plein qui règne entre le glacis d’une, citadelle , et les préférés maisons de la ville, afin de pouvoir découvrir de tous les colés.
- ( Jardin. ) Esplanade se dit aussi d’un lieu élevé et découvert pour jouir de la vue de la campagne.
- ESPRIT, s. m. du lat. spirilus , souffle , vent subtil.
- - ( Grammaire grecque) Esprit, dans la grammaire grecque , est
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- un signe particulier destiné à marquer l’aspiration ; il y en a de deux sortes, le rude qu’on prononce toujours, et le doux qu’on ne prononce jamais. Le premier est marqué par un petit c, tourné de gauche à droite, en cette sorte 0, et le second de droite à gauche.
- ( Grammaire franç. ) Esprit rude se dit aussi , en termes de grammaire françoise , de l’aspiration , ou espèce de rudesse que l’on doit donner à la prononciation de certaines syllabes, comme la première dans héros. Cet esprit se marque par un h , dans les syllabes où il doit se sentir. V. ASPIRATION.
- { Métaphysique ) Esprit, en métaphysique, est un être pensant, et intelligent dans ce sens: l’esprit est incréé, tel que. Dieu seul; ou il est créé, sans être uni à utt corps , comme les anges ; ou créé et uni à un corps comme l’esprit humain.
- ( Théologie ) Saint-Esprit se dit par excellence de la troisième personne de la Sainte-Trinité.
- ( Ecritures ) Esprit, en style d’écriture se dit par opposition à chair ; Vesprit est prompt et la chair est foible ; marchez selon l’esprit ; et non selon la chair.
- Il se dit aussi de la puissance et de la vertu divine , et de la manière dont elle se communique aux hommes. L’esprit de Dieu étoit porté sur les eaux.
- ( Musique ) Les musiciens emploient le mot esprit pour marquer le caractère propre des ins-trumens. Il ne faut pas sortir de l’esprit du jeu de l’instrument.
- ( Beaux Arts ) On pourroit définir l'esprit, dans le langage des arts , le talent d’indiquer savamment ce qu’on n’exprime .pas.
- L’esprit seroit donc une qualité de la main plutôt que de la pensée. Un peintre a de Vesprit dans sa touche, un dessinateur dans son crayon, et un graveur dans sa pointe.
- On loue un peintre en grand , en disant qu’il a une touche mâle , ferme, juste; on loue un peintre en petit, en disant qu’il a une touche spirituelle..
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- On trouve de l’esprit dans la manière d’exprimer, sans le rendre, le feuille des arbres, de faire sentir des formes qu’on se contente d’indiquer.
- Dans le petit, où la proportion trop inférieure à celle de la nature oblige d’indiquer les choses plutôt que de les rendre, l’artiste est obligé d’avoir recours aux moyens quùm appelle de 1 ’esprit.
- Le petit seroit de mauvais goût si l’on y vouloit mettre le rendu à la place de Vesprit.
- Dans une figure de quelques pouces qui doit rappeller à l’idée celle d’un homme de quelques pieds, c’est par des indications abrégées , par des touches spirituelles , qu’on peut représenter, non seulement une partie des formes, mais encore les affections de l’ame , car le petit même est susceptible d’expression.
- L’esprit est tellement consacré dans les arts à donner de simples indications , qu’il est plus particulièrement affecté à des croquis, à des esquisses légères. On dit : Cette esquisse est spirituelle ; ce dessin est spirituellement craqué. On dit de même, en parlant de la maquette d’un sculpteur, qu’elle est pleine d'esprit.
- La peinture colossale doit être lière , exagérée ; la peinture de grandeur naturelle doit être juste et précise : la peinture en petit doit être spirituelle.
- ( Phjysiol. ) Esprits animaux ; l’opinion reçue est qu’il se sépare du sang porté dans la substance corticale du cerveau,et dans la moelle de l’épine , par les artères, un fluide très-subtil et extrêmement mobile, qu’on nomme esprits animaux ou suc nerveux. Ces esprits passent de la substance corticale dans la médullaire, et de-là dans les nerfs qui les portent de la tête dans toutes les parties du corps, et les rapportent de toutes les parties du corps à la tête.
- Il y a néanmoins des philosophes qui nient l’existence des esprits animaux, et. qui pensent que les nerfs sont des cordes tendues à-peu-près comme celles des instrumens. Ceux qui soutiennent les esprits animaux ne sont pas mêpie d’ac-
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- cord sur leur nature : sont-ils d’un® nature saline, aerienne , huileuse, aqueuse ou ignée ? c’est ce qui les embarrasse. La finesse des vaisseaux qui se distribuent au cerveau prouve que la liqueur qui s’y sépare du' sang est fort subtile, et la promptitude avec laquelle nous exécutons nos mouvemens, dès que nous le voulons, démontre , non-seulement son extrême mobilité, mais que c’est du cerveau que vient cette liqueur.
- ( Chimie ) On appeloit esprits, dans l’ancienne chimie, toutes les substances subtiles et volatiles qui s’exhalent d’un corps, au moyen d’un degré de chaleur donné. En ce sens, on disoit que l’on tiroit Vesprit de soufre, et de sel, et de tous les autres corps, quand ou en tiroit l’essence par la distillation ou autrement. De-là,
- Eesprit acide du bois , que les chimistes modernes appellent acide pyroligneux.
- Eesprit alkalin volatil, gaz ammoniaque ou ammoniacal.
- L'esprit ardent, ou esprit de vin, alcohol.
- E esprit de menderus, ou acêtite ammoniacal.
- E esprit de nitre, ou acide nitrique étendu d’eau.
- E esprit de nitre fumant, ou acide nitreux.
- E esprit de nitre dulcifié, ou alcohol nitrique.
- E esprit de sel, ou acide muriatique.
- E esprit de sel ammoniaque, ou ammoniaque.
- E esprit de vitriol, ou acide sulfurique étendu d’eau.
- Eesprit de Venus , ou acide acétique.
- Eesprit recteur . ou arôme.
- L es esprits acides ou acides étendus d’eau.
- Eesprit de sel ammoniaque, ou ammoniaque étendu d’eau. V. tons ces mots à leur place.
- ( Botanique ) Esprit séminal ; c’est la substance contenue dans le pollen des fleurs qui traverse le style, et parvient jusqu’au germe , pour féconder la sentence.^ POL-LETST, STYLE, GERME, ETAMINE, PISTIL, STIGMATE.
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- ( philosophie hermétique ) Esprit universel ; c’est, en termes du grand art, une substance subtile et rare , distinguée de son total premier créé, qui, diversement réunie à son solide, qu’on nomme sel , constitue avec lui toute la variété spécifique et individuelle de la nature , la régit et la vivifie, moyen-nanties accidens qui les font paroi tre àu-dehors.
- Esprit des philosophes ; c’est ainsi que les sages appellent leur magistère. F..MAGISTERE.
- Esprit fugitif ; c’est l’esprit du mercure, les alchimistes l’appellent aussi esprit de vie.
- ESQUIF, s. m. directement de l’italien schiffo , fait du latin sca-pha, dérivé du grec tnte<py>(shaphé), petite barque ; les Allemands disent skiff, les Flamands schip , les Anglais ship , les Islandais skip , les Suédois skepp.
- ( Marine ) On donne ce nom à un très-petit batiment à rames, tel qu’en ont les petits hâtimens marchands pour leur servir de canpt.
- ESQUILLE, s, f. de schidilla, diminut. de schidia , dans le même sens.
- ( Chirurgie ) Petit éclat d’un os où il se fait une fracture.
- ESQUINANCIE, s. f. du grec i (sunagchê), dérivé d’&.y y® (agcho), serrer, suffoquer.
- ) Méd ) L’esquinancie , ou squi-nancie, est une inflammation des parties connues sous le nom général de fauces, le gosier, suivie d’une douleur violente, de l’enflure , de la rougeur, de la difficulté de respirer et d’avaler, et de la fièvre.
- ( Jardin. ) Les jardiniers donnent ce nom à de petits filets et à des parties inégales qui restent toujours aux extrémités des rameaux cassés.
- ESQUISSE, s. f. de l’ital. schizzo.
- ( Peinture) Les Italiens, dont nous avons emprunté le mot esquisse, la définissent comme une espece de dessin sans ombre, et non terminé.
- Chez nous, esquisser veut dire, Jcrrner des traits qui rte sont ni orn-
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- brés ni'dé terminés , établir les premières hachures d’un dessin, les premières tailles d’une estampe, faire la première ébauche d’un tableau. Mais par une singularité dont l’usage peut seul rendre raison, faire une esquisse et esquisser ne veulent pas dire précisément la même chose.
- Faire une esquisse, signifie tracer rapidémeut la pensée d’un sujet de peinture, pour juger ensuite si elle vaudra la peine d’être mise en usage. ï.,’esquisse est donc la première idée d’un sujet de peinture.
- La rapidité d’exécution est le principe du feu qu’on voit briller dans les esquisses des peintres de énie ; et il n’est pas plus possible e donner des principes pour faire de belles esquisses que pour avoir un beau génie.
- Rien ne peut être plus avantageux pour former un artiste que d’étudier les esquisses des grands maîtres ; mais pour tirer de cette étude un avantage solide , il faut, lorsqu’on le peut, comparer ensemble les différentes esquisses que les célèbres artistes ont fait servir de préparation à leurs ouvrages. U est rare qu’un peintre de génie se soit borné à une seule idée pour une composition. Si quelquefois la première a l’avantage d’être plus chaude et plus brillante , elle est sujette aussi à des défauts inséparables de la rapidité avec laquelle elle a été conçue ; Vesquisse qui suivra ce premier dessin offrira les effets d’une imagination déjà modérée : les autres marqueront enfin la route que le jugement de l’artiste a suivie, et que l’élève a intérêt de découvrir.
- Si après ce développement d’idées que fournissent différenteses^«î.9.se# d’un grand maître, on examine les études particulières qu’il a faites sur la nature , pour chaque figure , pour chaque membre, pour le nu de ces figures ; et enfin, pour leurs draperies , on découvrira la marche entière du génie et ce qu’on peut appeler l’esprit de l’art.
- ESSAI, s. m. d ’ essayer , dérivé de l’italien assaggiare, qui signifie goûter légèrement de quoi que ce
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- soit, épreuve qu’on fait de quelque chose.
- ( Littérat. ) Essai se dit, en littérature, des ouvrages d’esprit dans lesquels l’auteur traite légèrement de plusieurs sujets.
- ( Commerce') Essai se dit d’une petite portion de quelque chose , qui sert à juger du reste. Des essais de vin, d’huile, de fromage, etc.
- ( Docimasie ) Essai se dit aussi de l’opération par laquelle on s’assure de la pureté d’un métal.
- L’essai du titre de l’or et de l’argent consiste à déterminer au
- i'uste dans quelle proportion l’or ou 'argent se trouve allié avec les métaux imparfaits. Pour y parvenir on a recours à la coupellation. V. COUPELLATION.
- Avant l’invention de cette méthode , quand on vouloit faire l’essai d’une masse d’argent, on en ti-roit quelques grains par le moyen d’une échoppe ; on mettoit cette petite quantité d’argent sur des charbons ardens,et on jugeoit de son titre par sa couleur plus ou moins blanche. Cette méthode s’ap-peloit faire l’essai à la rature ou a l'échoppe.
- Pour essayer l’or, on se servoit de la pierre de touche , et de petits morceaux d’or à différens titres connus, qu’on appeloit touchaux ; quand on vouloit faire l’essai, on frottoit sur la pierre de touche l’espèce ou autres matières d’or. On y frottoit aussi les touchaux ue l’oncroyoit les plus approchans u titre; et comme le titre de chaque touchau étoit marqué , on jugeoit à-peu-près du titre de l’or essayé , en comparant sa couleur avec celle qu’avoit imprimée les touchaux.
- Ges manières d’essayer à la rature ou aux touchaux, dominant des résultats trop incertains, ont été totalement proscrites par la déclaration du 23 novembre 1721.
- Il y ali en de croire que l’essai à la coupelle a été inventé vers l’an i3oo, sous Philippe-le-Bel , peu de tems après que le titre des ouvrages d’argent eût été amélioré.
- Quant à l’essai de l’or par voie de départ, ou de dissolution ( Voy.
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- DÉPART ), cette méthode n’a été découverte, ou du moins mise en usage, que plus de deux cents ans après la coupelle.
- L’essai du titre de l’or se fait par deux opérations successives; la première est la coupellation, et la seconde est le départ.
- Il y a dans chaque hôtel des monnaies un essayeur.
- Les essayeurs prennent ordinairement quinze grains d’or et un demi-gros d’argent pour chacun des essais qui doivent servir au jugement des monnaies. Quant aux essais qu’ils font pour les particuliers, ils prennent dix-huit grains, pour chaque essai d’or, et un gros pour chaque essai d’argent ; et de ces parties à faire les essais, ils en prennent pour faire leur opération , une portion pesée au poids d’essai , nommé semelle.
- Balance d’essai. V. BALANCE.
- ESSAIM, s. m. du latin examen, troupe , compagnie , multitude : examen apüm , multitude d’abeilles.
- ( Ilist. nat. ) Volées de jeunes abeilles qui se séparent des vieilles pour aller ailleurs.
- D’essaim on a fait essaimer, pour exprimer l’action de sortir de la ruche : Cette ruche n’a pas encore essaimé ; ces abeilles n’ont pas encore essaimé,
- ESSENCE , s. f. dulat. essentia.
- (Philosophie) Ce par quoi la chose est ce qu’elle est, ce qui constitue la chose.
- L’infinité est de l’essence divine , la raison est de l’essence de l’homme. Les choses ne sont différentes que par leurs essences et non par leurs accidens.
- ( Chimie ) Ce mot a passé des philosophes chez les chimistes , qui l’emploient pour désigner la partie distinctive des mixtes, séparée de toutes les autres parties des corps qui la contenoient. C’est la partie la plus pure et la plus exaltée d’un mixte , séparée des principes grossiers par le moyen de la distillation, et à laquelle les chimistes modernes ont donné le nom d’huile volatile , qui remplace celui d’essence.
- Les essences se préparent avec les plantes et les drogues aromati-
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- gués, quelquefois avec des minéraux oucertaines parties d’animaux. Les essences diffèrent des teint ures, en ce que celles-ci se préparent par infusion ou par digestion, au lieu que les véritables essences se font par distillation.
- ( Parfumerie ) On donne encore ce nom aux huiles essentielles, que les chimistes anciens appeloient esprit recteur, et que les chimistes modernes appellent arôme ; telles sont les huiles ou essences distillées d’absynthe , de romarin, de roses.
- Essences de roses ; la fabrication des arômes ou huiles essentielles, quoique assez répandue dans le midi de la France et sur-tout à Montpellier , ne compte pas encore l’huile de roses au nombre des essences qu’on y distille. On ne con-noît en Europe qu’un seul laboratoire en ce genre , celui des moines de Santa-Maria-Novella à Florence. La plus grande partie est tirée de l’Orient et principalement des Indes , où elle est connue sous le nom d’attar.
- Voici le meilleur procédé employé par les Indiens pour la distillation de Vattar : on prend une certaine quantité de roses fraîches (4o livres) ; on les met dans un alambic avec 60 livres d’eau ; on laisse les roses telles qu’on les a cueillies avecleurs calices ; onmêîe bien les roses avec l’eau,et on allume un feu très-doux au-dessous de l’alambic. Quand l ’eau commence à s’échauffer, et que la vapeur s’élève , on ajuste le chapiteau ainsi que le serpentin; on lutte avec du lut gras, et on remplit le réfrigérant d’eau froide. On continue la chauffe avec beaucoup de régularité, en évitant sur-tout de ne pas arriver au point d’ébullition. Quand l’eau imprégnée commence à passer , on abaisse graduellement le feu, jusqu’à ce que la moitié de l’eau ait passé. Cette eau de roses doit être de nouveau versée sur une pareille quantité de fleurs fraîchement cueillies, et distillée par le meme procédé, jusqu’à ce qu’on en mt retiré i5 ou 20 livres. Après ffuoi, on verse cette liqueur sur des plats de terre vernissés qu’oa
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- expose à l’air libre pendant une nuit, h’attar ou essence se trouve , le matin, congelé et nageant sur la surface de l’eau ; on l’enlève avec le plus grand soin, et on le verse dans des fioles de cristal bien bouchées à l’émeri. L’attar alors a une couleur légèrement verdâtre.
- On conserve Vattar pour en parfumer de l’eau, ce qui se fait en en agitant quelques gouttes dans de l’eau pendant quelque tems. L’étonnante facilité avec laquelle cette huile essentielle pénètre dans toutes les parties du fluide, suffit pour la parfumer au plus haut degré , si on l’agite long-tems.
- L’eau qui reste dans les plats peut servir à une nouvelle opération , afin de perdre la moindre portion possible de l’arôme.
- Pour augmenter la quantité, même au dépens de la qualité, les Indiens du Lucknow ajoutent à la masse des roses une petite quantité de bois de santal, et ceux du Cachemire, une espèce de gramen , dont ils font un grand mystère ; mais Vattar, ainsi sophistiqué , n’a pas la propriété de se figer à latem-
- Ïiérature ordinaire des nuits dans es Indes ; autrement, il seroit très-difficile de déceler la fraude.
- La quantité d’huile essentielle ou d’attar qu’on obtient des roses est très-incertaine : elle dépend de la qualité des roses , de l’influence de la saison , et sur-tout de l’habileté du manipulateur.
- Dans les Indes, on obtient un peu moins d’une once de cent livres de roses. Beaumé n’a tiré qu’un gros d’huile essentielle de 80 livres de roses
- ( Technol. ) Essence d’Orient ou essence nacrée ; c’est ainsi qu’on appelle une liqueur colorante dont on se sert pour enduire l’intérieur des perles artificielles. C’est l’ablette qui fournit la matière principale de cet enduit. Il ne faut pas moins de quatre mille ablettes prises au hasard pour donner une livre d’écaille, laquelle ne rend pas quatre onces de teinture nacrée. V\ PERLE.
- ESSERÂ, s. m. mot arabe.
- ( Méd. ) L’essera, ou sora est une espèce de tumeur doqt il n’est
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- parlé ni clans les auteur grecs, ni dans les latins, mais seulement dans les auteurs arabes, sous le nom d’essera, sora ou sare. Cette maladie est fréquente dans plusieurs endroits de l’Europe, et se manifeste par l’éruption soudaine de petits tubercules de couleur rougeâtre sur tout le corps, lesquels sont accompagnés d’une démangeaison aussi extraordinaire que si le malade avoit été piqué par des abeilles, des guêpes, des cousins , ou arec des aiguilles. Ces tubercules disparoi ssent aussitôt aprè*, et ne recelant aucune scorie ni aucune humeur, la peau reprend son premier état. Quelques-uns placent ces tumeurs au rang des épimyctides des Grecs, mais à tort.
- ESSIEU, s. m. du latin barbare axialum , diminut. (Yaxivm , fait d’axis. On a dit anciennement ais-eeul, puis esseau , et enfin essieu.
- ( Technologie ) Pièce de bois ou de fer passant dans le moyeu des roues d’une charrette, d’un ca-rosse , etc.
- ( Géorn. ) Les anciens géomètres français, Descartes, par exemple, donnent le nom d’essieu à l’axe des courbes.
- ( Mécun.) Essieu que les anciens appeloient aussi cacheté, est la même chose qu’axe.
- Essieu dans le tour , signifie la même chose qu’axe dans le tambour.
- ( Anat. ) Essieu se dit encore de la seconde vertèbre du cou. V. VERTEERE.
- EST, s. m. de l’allemand ost, os-ten, dont les Belges ont fait oost, les Suédois oster, les Islandais aus-tre, les Anglais east. De ce mot viennent les noms d’Os ferlings , Ostrogoths , Austrasie, Autriche, Estonie.
- (•Géog. ) La partie du monde qui est à notre soleil levant.
- C’est l’un des quatre points cardinaux qui divisent l’horizon en quatre parties égales ; c’est la même chose que l’Orient.
- C’est le nom d’une des quatre principales plages. E. PLAGE.
- C’est le peint de l’horizon qui est coupé par l’équateur du côté où les sstres se lèvent.
- EST
- C’est le nom du vent qui souffle de ce côté-là.
- Est-nord-est ; c’est le nom de ïa plage qui est située au milieu de l’espace qui sépare l’est du nord-est. Cette plage décline de 22 deg. 3o min. de l’est au nord.
- Est-quart-nord-est-, c’est le nom de la plage qui est située au milieu de l’espace qui sépare Vest de l’est nord-est. Cette plage décline de n'° lâir.ia. de l’est au nord.
- Est-quart-sud-est ; c’est le nom de la plage qui est située au milieu de l’espace qui sépare l’est de Vest-sud-est. Cette plage décline de ix° i5 m. de l’est au sud. Est-sud-est-, c’est le nom de la plage qui est placée au milieu de l’espace qui sépare l’est du sud-est. Cette plage décline de 22" 3o’ de l’est au sud. E. NORD, SUD , ROSE DE S VENTS.
- ESTACADE , s. f. du teuton. stakite , dont les Italiens ont fait steccaia.
- (Forfijication maritime)Bsrric-dde que l’on forme dans l’eau, à l’entrée d’un port, pour le fermer aux vaisseaux ennemis qui pour-roient l’attaquer. On la compose d’un assemblage de pieux et de pilotis, enfoncés dans le sable ou dans la vase du fond , garnis et traversés de mâts et autres pièces de bois , liés fortement avec les pieux , et entr’eux par le moyen de chaînes et de cordages. O11 protège, si on le peut , les extrémités d’une estacade par des batteries de canon et de mortiei's , et l’e^-tacade entière par des vaisseaux embossés en-dedans.
- ESTAFETTE, s. f. de l’espagnol estafeta , emprunté de l’italien stafetta , fait de stajj'a , étrier.
- ( J’oste ) On appelle ainsi en plusieurs pays et sur-tout en Espagne un courrier qui porte les lettres.
- ESTAINS , s. m. mot corrompu de l’anglais stem.
- ( Marine ) On appelle ainsi deux pièces de bois taillées en arc , et qui forment la rondeur de l’arrière du vaisseau.
- ESTAMPE , s. f. de l’italien stampa , ou de l’allemand staf&-psuj eu du suédois stamp.
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- EST
- ( Gravure ) Ce mot désigne , comme le mot épreuve , le produit d’une planche gravée , et cependant ces deux mots ne sont pas synonymes. L’épreuve est relative à la planche d’où elle est tirée , ou à d’autres épreuves auxquelles on la compare. On dit : J’ai une belle épreuve de telle planche. Cette épreuve-ci est plus belle que celle-là. Le mot estampe est ordinairement pris dans un sens absolu : Voilà une belle estampe ; ou il est relatif au tableau d’après lequel Vestampe a été faite : Il y a une belle estampe de la Magdeleine pénitente , de Lebrun. Ou dit : J’ai de belles estampes ; on ne dira pas : J’ai de belles épreuves , à moins qu’on n’ajoute de quelle planche.
- Le mot estampe appartient également aux produits de la gravure à l’eau forte , au burin , à la manière noire, à la manière du crayon, du lavis, etc.
- ESTAMPILLE, s. f. diminutif d’ESTAMPE.
- ( Diplomatique) Marque dont on se sert en plusieurs états, et qui se met au lieu de la signature, ou avec la signature même sur des brevets , des commissions , des lettres , etc.
- On donne aussi ce nom à l’instrument qui sert à faire cette marque.
- ESTER , v. a. du îat. stare.
- ( Pratique ) Ester en jugement, c’est être en cause, instance ou procès avec quelqu’un devant un juge.
- Les mineurs, les femmes en puissance de mari, ceux qui sont morts civilement ne peuvent ester en jugement.
- ES PERRE, s. f. de l’espagnol fstero.
- ( Géogr. mar. ) Terme emprunté de l’espagnol , dont on sert aux isles d’Amérique, et sur-tout à Saint-Domingue , pour désigner , le long de la côte , un petit port Ul)e cale , où l’on peut aborder avec des. barques.
- . ESTHER , s. £ mot hébreu qui Slgnifie secret, caché.
- Ecrit. Sainte) C’étoit le nom
- une juive captive eu Perse ,
- B ST ï45
- dans la Susiane , et que sa beauté rendit digne du lit d’Assuérus et du trône ae Perse. Esther délivra les Juifs, ses compatriotes, de la mort à laquelle Assnérus les avoit condamnés par les conseils d’Aman, son favori.
- {Bibliogr.) Livre d’Esther ; c’est un livre canonique de l’Ecriture Sainte où l’histoire de cette reine est racontée. Quelques-uns attribuent ce livre à Esdras; d’autres à Joachim , grand-prêtre des Juifs; un plus grand nombre à Mar do— chée.
- ESTHÉTIQUE, s. £ du grec ( aisthêsis ) , sentiment , formé du verbe ctia%avousu (aistha— nomai ), sentir : la science du sentiment.
- ( Beaux-Arts ) Terme nouveau, qui désigne la philoso phie des beaux-arts , ou la science qui enseigne à déduire delà nature , du goût, la théorie générale et les règles fondamentales des beaux-arts.
- ESTIMATION , s. £ du latin œstimia ou œstimium, formé de œs, argent monnayé , et du gr. tiu/u ( timé ), prix , parce que tout s’estimoit à prix d’argent.
- {Pratique ) Prisée ou évaluation d’une chose. Il se dit aussi de la somme même qui représente la valeur de la chose.
- ESTIME , s. £ même origine qu’ESTIMATlON : le cas, l’état qu’on fait d’une personne , de son mérite.
- Ç Marine ) Calcul que fait l’officier de vaisseau , de la route et de la quantité du chemin qu’a fait le vaisseau. Ce calcul se répète tous les jours à midi.
- La route d’un vaisseau étant presque toujours oblique au méridien , il se forme un triangle rectangle dont la route du vaisseau est i’hypothénuse , et les deux autres côtés sont la différence qu’on a acquise, dans le .même tems, en latitude et en longitude. On a par la boussole l’angle de la route à l’égard d’uu des côtés du triangle ; on a la quantité de la route on du chemin parcouru, en estimant la vitesse du vaisseau pendant uu tems donné, d’où se tire très-aisément lg quantité de chemin fait
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- onlongitude etenlatitude ; quantité que l’on ajoute ou retranche , suivant les cas, à la longitude et à la latitude de la veille.
- La difficulté consiste dans Ves-time de la vitesse du vaisseau , et de sa juste direction. Pour con-noitre la vitesse , on jette le loc, pièce de bois attachée à une ligne ou ficelle que l’on dévide à mesure que le vaisseau s’éloigne. V. LOC. La mer étant supposée n’avoir point de mouvement vers aucun endroit, le loc y demeure , flottant et immobile , et procure un point fixe , par rapport auquel le vaisseau a plus ou moins de vitesse ; mais cette supposition Cesse si l’on est dans un courant; alors on est exposé à prendre pour vitesse absolue , ce qui n’est que vitesse relative ; car, dans ce cas, la vitesse du vaisseau n’est que l’excès de sa vitesse sur celle du loc.
- La juste direction d’un vaisseau se connoît par la boussole , en ayant égard à la variation et à la dérive. V. DERIVE, VARIATION-
- L’estime de la route d’un vaisseau n’est jamais qu’une approximation plus ou moins grande , selon que le calculateur y apporte plus ou moins d’attention ou d’exactitude. Les erreurs dans Vestime sont quelquefois très dangereuses et funestes au navigateur. Les corrections fréquentes sont essentielles. On corrige chaque jour la route par l’observation de la latitude , et lorsqu’on le peut parcelle de la longitude, par des calculs astronomiques , et quelquefois par l’usage de bonnes montres marines.
- Latitude estimée, longitude estimée; c’est la latitude ou la longitude qui résulte de l’estime par opposition à la latitude ou à la longitude observée qui résulte des observations lorsqu’on peut s’en procurer.
- ESTIOMÈNE, adj. du grec ètrô/o-fycevoc ( esthiomenos ), qui longe , formé du verbe so-9/a (esthiô ), manger , ronger.
- ( Wléd. ) On appelle ainsi certains ulcères corrosifs qui rongent et consument les chairs. Telles sont les dartres rongeantes , les loups , les ulcères véroliques et scorbutiques.
- EST
- ESTIVAL, adj. du latin œsiivus} d’été.
- ( Bolan. ) Qui naît ou qui produit en été. Liante estivale ,/leurs estivales.
- ESTOC , s. m. de l’allemand stock, souche , dont les Italiens ont fait stacco.
- ( Pratique)Tronc , souche commune dont plusieurs personnes sont issues.
- ( Eaux et forêts ) Tronc d’arbre. On dit couper un arbre à blanc estoc pour dire le couper à fleur de terre.
- ESTOMAC , s. m. du grec ç-ôuz-%oç (stomachos).
- (_,4nat. ) L'estomac ouïe ventricule est un viscère cave destiné à recevoir les alimens ; il est situé à la partie supérieure du bas-ventre sous le diaphragme entre le foie et la rate. Il a deux orifices , un supérieur qui reçoit l’extrémité de l’œsophage, l’autre inférieur qu’on nomme pilote , qui le joint au canal intestinal.
- ESTOMPE , s. m. de l’allemand ou du hollandais sto/npe, ce qui reste d’un corps solide après que celui-ci a été coupé.
- ( Dessin ) On appelle ainsi un morceau de peau relevée , cousue et taillée en pointe dont on se sert pour étendre le crayon sur le papier. *
- U estompe étend sur le papier le crayon broyé à-peu-près de la même manière que la brosse étend la couleur sur la toile ; elle établit les masses avec la même piompti-tude; elle procure des touches aussi larges , aussi moelleuses ; enlin le dessin à Vestompe peut être regardé comme une sorte de peinture en couleur sèche , dont la manœuvre a encore plus de rapport à celle de la" peinture à l’huile que la manœuvre de la peinture au pastel.
- ESTRADE , s. f. de Fit. strada , chemin , fait du latin strata, sous-entendu via, route pavée.
- ( Art Tnilit. ) Battre Vestrade; c’est envoyer des cavaliers à la découverte pour avoir des nouvelles des ennemis , et être instruit de leurs dispositions.
- ( Archit. ) Estrade est aussi une élévation
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- ETA
- élévation de plancher qui se fait dans une alcôve ou dans la moitié' d’une chambre avec des ais cloués snr des lambourdes , pour en faire un réduit plus distingué et plus paré, afin d’y recevoir les gens que l’on considère.
- ESTRAPADE, s. f. de l’allemand strajf, peine, supplice, châtiment.
- ( Marine ) C’est le châtiment d’un matelot, qu’on lui fait souffrir en le ouindant à la hauteur d’une vergue , et le laissant ensuite tomber dans la mer , où on le plonge encore plusieurs fois selon que le porte la sentence.
- ÉTABLISSEMENT, s. m. du lat. stabilimentum: action d’établir.
- ( Econom. polit. ) Etat, poste avantageux , institution , premier commencement.
- ( Jurisprud. ) Règlement, ordonnance. Les établissemens de Saint-Louis.
- (Art milit. ) Distribution de quartiers pour les troupes.
- ( Marine ) Etablissement d’un port, ou établissement de lamarée dans un port ; c’est l’heure à laquelle la mer est haute dans les ports de marée les jours de nouvelle et de pleine-lune, et dont la connoissance donnée sur les cartes marines ou dans des tables , sert aux pilotes et aux marins à connoître l’heure de la pleine mer , et la situation de la marée à un jour donné quelconque. V. MARÉE.
- ÉTAGE, s. m. du lat. stega, du grec rlyn ( stegê ) , qui signifie la même chose. On a dit anciennement est âge.
- ( Archit. ) LAspace entre deux planchers dans un bâtiment.
- [Jardin.) Les jardiniers disent qu’il faut monter les arbres par etage*, c’est-à-dire , les laisser monter peu-à-peu chaque année.
- ET AI, s.m. contraction à’estaye, du latin barbare stagius , formé de statare.
- ( Marine ) Les étais sont des cordages qui servent à étayer ou afferent- les mâts dans leur position.
- ET AIN, s. m. du latin stannum , tuétal d’une couleur blanche.
- ( Minéral. ) L’étain est le plus léger de tous les métaux ; il n’est Tom, II,
- ETA i45
- pas si mou que le plomb, mais il l’est plus quer l’or, l’argent, le cuivre , le platine et le fer. Il est celui de tous les métaux qui entre ]e plus aisément en fusion. Lorsqu’il est pur , il ne souffre aucune altération remarquable, ni à l’air, ni dans l’eau 5 mais il se dissout dans l’acide sulfurique et dans l’acide muriatique.
- L’étain s’amalgame avec le mercure , et l’on s’en sert dans cet état pour étamer les glaces.
- Lorsqu’on tient l’étain en fusion, pendant quelque tems exposé à l’action de l’air , sa surface se ride et se couvre d’une pellicule grise qui est un oxide d’étain. C’est cet oxide qu’on appelle potée d’étain , qui sert à polir les pierres dures et le diamant.
- L’étain est employé pour faire les amalgames électriques. V. AMALGAMES ELECTRIQUES.
- Les chaudronniers en revêtent les vases de cuivre ; ce qui s’appelle les étamer.
- Le fer-blanc a été trempé dans uil bain d’étain.
- On se sert de Vétain pour souder le cuivre.
- L’oxide d’étain rend les couleurs rouges plus vives. Il est très - utile dans la teinture écarlate , et pour faire l’émail blanc.
- La pesanteur spécifique de Yétain neuf est à celle de l’eau distillée , comme 73oi3 est à ioooo; et celle de Yétain fin, comme 74780 à 10000.
- L’étain connu sous le nom d’étain de Mélac, est le plus estimé ; il vient des Indes , sous la forme d’un petit chapeau.
- Les potiers tiennent, outre cela , quatre autres espèces d ’étain plus alliées les unes que -les autres ; savoir : Yétain neuf, Yétain fin , Yétain commun, et Yétain dit claire-étoffe.
- Les mines d’étain sont rares. Les plus considérables sont celles de Cornouailles, en Angleterre. On en tire des Indes espagnoles, de Siam, etc.
- ETALE , adj. de l’allemand stallen , disposer, arranger,
- ( Marine ) Marée étale, ou mer K
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- étale ; c’est le moment où la marée est tout-à-fait pleine,ou celui où elle est tout-à-fait basse; lems auquel elle ne monte ni ne descend, et éprouve un intervalle assez considérablede repos.
- Vent étale; c’est un vent médiocrement fort, et soufflant avec régularité, sans risées ni bouffées.
- On dit qu’un vaisseau étale la marée , lorsque la marée étant trop forte et opposée à la route, et le vent étant aussi contraire ,il mouille en attendant une autre marée , pour continuer sa route.
- lin vaisseau en étale un autre, lorsqu’il marche avec la même vitesse et se maintient avec lui, en faisant la même route.
- ETALON , s. m. dans l’acception de cheval entier , vient de l’italien stallone, fait du lat. stallo, stallo-nis, contraction de stabulo, sta-bulonis.
- ( Manège) Cheval entier, qui sert et qu’on emploie à couvrir des cavales.
- ETALON , s. m. dans le sens de modèle de poids , vient du saxon stalone , qui signifie mesure.
- ( Métrologie ) Modèle de poids , de mesure , qui est réglé , autorisé et conservé par le magistrat, et sur lequel les mesures , les poids des marchands doivent être ajustés, rectifiés , égalés,
- ETALON,.s. f. d&asle sens de baliveau , formé de la partie, extract. ex, de talea , coupe d’un bois , ou ces petits sions qu’oit coupe pour faire des tentes, appelés stolones par les Latins.
- ( Eaux et Forêts ) Baliveau , de l’âge qu’avoit le bois lors de la dernière coupe.
- ETAMBOT, s. m. On croit que c’est une corruption de l’anglais stern-post.
- ( Marine ) L’une des principales pièces d’un vaisseau : elle se pose presque verticalement sur l’extrémité le plus en arrière de la quille, et forme le soutien de toute la poupe du vaisseau et de son arcasse. C’est sur Vétambot que se meut le gouvernail.
- ET AMER, v. a. du latin stan-Mtrs.
- , ETA
- ( Technoh ) Enduire dJétain !'intérieur d’un vase de cuivre, le derrière d’une glace. V. ETAIN.
- ETAMINE, s. f.du lat. stamen, fil, filet, filament.
- ( Eotan. ) Organe sexuel mâle des végétaux. Chacun de certains fila-mens ,-terminé comme par une petite tête, le plus souvent jaune, qu’on observe dans une fleur , est une étamine. Le filament retient le nom de filet , et la petite tête porte celui d’anthère.
- Le filet peut manquer; alors l’anthère sessile constitue l’étamine , qui n’est pas moins complète, parce que l’essence de celle-ci réside dans cette espèce de poussière , qu’on appelle pollen. F. POLLEN,PISTIL, ANTHERE.
- Les étamines éprouvent un mouvement convulsif quand on les irrite; elles tombent bientôt après la fécondation.
- ( Technol. ) Etamine est encore un tissu peu serré, fait de crin , de soie ou de fil , pour passer le plus délié de la farine, quelque poudre ou liqueur.
- Il se dit encore d’une petite étoffe mince , et qui n’est pas croisée.
- ETAPE , s. f. de l’allemand sta-pel, d’où l’on a fait stapula.
- ( Commerce ) Lieu dans une ville, .dans un port où l’on décharge les marchandises, les denrées qu’on y apporte de dehors. Ce mot exprime, dans les mers du Nord et de FOcéan, ce qu’on entend par échelle dans la Méditerranée.
- ( Art milit. ) Etape , en termes de guerre , est une fourniture et distribution de vivres et de fourrages à des troupes qui sont en marche. C’est aussi le lieu où Pou distribue l’étape aux soldats. On dit, brûler l’étape, pour ne s’y arrêter pas , passer plus loin.
- L’origine de l’établissement des étapes , en France , date du temps d’Henri II, en i54g. M. de Lou-vois fit dresser, par ordre de Louis XIV, une carte générale i^es lieux destinés au logement des troupes et à la fourniture des étapes, sur toutes les principales routes du royaume.
- ETAT, s. m. du lat. status ; dis»
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- position dans laquelle se trouve une personne, une chose, une affaire.
- ( .'Economie polit. ) Etat se dit aussi d’un Empire, d’un royaume , d’une république , d’une éiendue de pays qui sont sous la même domination.
- Il se dit aussi du gouvernement d’un peuple vivant sous la domination d’un prince ou en république. Etat monarchique, démocratique, aristocratique.
- On appelle états, l’assemblée des députés de citoyens qui composent une nation : Les états de Hollande , etc.
- ( Administration , Commerce ) Etat signifie encore mémoire , liste , registre, inventaire : état de dépense état au vrai; état des pen sions , etc.
- ( Art milit. ) Etat-major ; c’est, dans les armées, un certain nom. bre d’officiers chargés de différons services relatifs à la totalité de l’armée.
- On appelle aussi Etat mdjor, dans une place de guerre, les officiers attachés d’une manière fixe au commandement du service et à l’entretien de la place.
- ( Marine) On appelle état-major, dans un vaisseau , le capitaine et les officiers , l’écrivain , le chirurgien-major et l’instituteur ou l’aumônier.
- L’etat-major d’une armée navale ou d’une escadre est composé de l’officier-général qui la commande, du major de l’escadre , appelé maintenant adju !ant-général, des autres officiers ou employés civils dont les fonctions s’étendent et ont rapport à la totalité de l’escadre ou armée navale.
- ( Méd. ) Les auteurs qui ont écrit sur la médecine, entendent , par état, la situation d’une maladie qui est arrivée au plus haut degré de violence.
- Ce mot est encore synonyme de constitution,
- (Chimie) Etat des corps; c’est, en termes de chimie , l'ordre dans lequel les molécules constituantes des corps sont rangées et soumises a l’attraction d’aprégation. Les corps changent d’etat quand, cet
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- ordre varie. La glace , par exemple' par la seule addition du calorique , devient liquide ; une plus grande chaleur la change en fluide aéri-forme. La solidité, la liquidité , la gazéité , présentent donc le même corps dans trois états uifférens.
- ( Pratique ) Etat, dans la jurisprudence , a plusieurs acceptions.
- Etat d’une personne ; c’est sa filiation, c’est ce q^i l’attache à nus famille ; de-là on appelle questio?i d’état, les demandes qui ont pour-objet de faire révoquer en doute la filiation de quelqu’un, ou son état, ou ses capacités personnelles. On est ‘ troublé dans un état que l’on possède , ou i’on réclame un état dont l’on n’a jamais joui.
- Etat d’un enfan t ; c’est le rang qu’il tient dans la famille et dans la SGciété , selon sa qualité de naturel ou de légitime.
- Etat d’une femme ; c’est la situation d’une femme en puissance de mari.
- Etat, en matière criminelle , est la situation où se trouve l’accusé. Ainsi , se représenter en état d’ajournement personnel, c’est se représenter en justice pour répondre sur l’accusation.
- ETAYER , v. a. du latin s ta— tare.
- ( Architect. ) Appuyer avec des étais.
- ETE , s. m. du lat. restas , formé A’cestus , chaleur.
- ( Physique ) Une des quatre saisons de l’année, qui commence, dans les pays septentrionaux , le jour que le soleil entre dans le signe du cancer, et qui finit quand il sort de la vierge.
- Pour parler plus exactement, Vête commence lorsque la distance méridienne du soleil au zénith, est la plus petite, et finit lorsque sa distance est précisément entre la plus grande et la plus petite.
- Solstice d'été. V. SOLSTICE. ETEINDRE , v. a. du latin ex-tinguere : faire cesser l’action du feu.
- ( Peinture ) AfFoiblir l’éclat, obscurcir , salir. Quand les lumières secondaires disputent d’éclat avec la lumière principale, il faut les etein-K %
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- dre. Pour donner l’accord à un tableau , à nn dessin, à une estampe , il faut éteindre les parties qui le disputeraient à d’autres qtfi doivent être plus apparentes.
- ETENDARD , s. m. de l’allem. Standen , du lut. stare , parce que c’étoit une enseigne placée à demeure. On a prononcé et écrit autrefois standart, dont on a fait es-tendart, puis stendart. Les Anglais disent encore standart.
- [ Art mïlit. ) L’étendard est , pour la cavalerie, ce que le drapeau est pour l’infanterie. Il a succédé , dans cette arme, à la bannière.
- L’oriflamme est le plus ancien de tous nos étendards ; c’étoit celui de toute l’armée. Il parut sous Dagobert. Les étendards étoientdéjàcom-muns en cp.2. Cliar'es-le-Simple en avoit un attaché à sa personne dans la bataille de Soissons , contre Robert , frère du roi Eudes.
- ( Marine ) Etendard est encore le nom qu’on donne sur les galères au pavillon de poupe.
- ( Histoire turque) Etendard céleste-, c’est une enseigne verte que les Turcs disent avoir été l’étendard de Mahomet. Ils prétendent qu’il fut apporté par l’ange Gabriel. On le garde dans le trésor avec un respect extraordinaire ; et lorsqu’on le déploie, tous ceux qui fout profession de la religion de Mahomet, sont obligés de prendre les armes.
- ( Botan. ) Etendard, se élit encore du pétale supérieur des fleurs papil-lonacées.
- ÉTENDUE, s. f. du lat. exten-dere , augmentatif de tendere , tendre.
- ( Géométrie ) Les géomètres entendent par ce mot les trois dimensions ; savoir : longueur, largeur et profondeur, prises ensemble ou séparément. On peut donc distinguer trois sortes A’étendues : Y étendue en longueur seulement, qu’on appelle ligne -, l'étendue en Longueur et largeur seulement, qu’on appelle surface y enfin , l’étendue en longueur, largeur et profondeur, qu’on nomme indifféremment solide, corps ou volume.
- (Musique) Etendue, en musique, est la différence de deux sons donnés
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- qui en ont d’intermédiaires, ou lat somme de tous les intervalles compris entre les deux extrêmes. Ainsi, la plus grande étendue possible , ou celle qui comprend toutes les autres, est celle du plus grave au plus aigu de tous les sous sensibles ou appréciables. Selon les expériences de M. Euler , toute cette étendue forme un intervalle d’environ huit octaves, entre un son qui fait 3o vibrations par seconde , et un autre qui en fait 7552 dans le même tems.
- ÉTERNUAIENT, s. m. du latin sternutatio , sternutamentum, fait de sternuere.
- ( Méd. j Alouvement subit et convulsif des muscles qui serveut à l’expiration, dans lequel l’air, après une inspiration commencée et un peu suspendue ,est chassé tout d’un coup et avec violence par le nez et parla bouche.
- La cause de Yéternument est une irritation faite sur la membrane pituitaire , et communiquée aux diaphragmes et aux autres muscles de la respiration , par le moyen du nerf intercostal. Il devient contre nature, quand il est trop grand et trop fréquent.
- Si l’on en croit quelques auteurs modernes , l’usage si familier de saluer après l’éternument, ne remonte en France qu’au siècle de Brunehaut, et au pontificat de S. Grégoire-le-Grand, pendant lequel une maladie épidémique faisoit expirer sur-le-champ les personnes qui éternuoient ; mais cette coutume a subsisté de toute antiquité et dans toutes les parties du monde connu. Elle dut son origine à la superstition des anciens, qui regar-doient Y éternument comme un présage. G’est pourquoi l’on saluoit et l’on faisoit des souhaits , afin de détourner ce qu’il pouvoit y avoir de fâcheux.
- Chez les Grecs et chez les Romains , les éteruumens du matin , depuis minuit jusqu’àmidi, étoient de mauvaise augure ; ils étoient bons l’après dîner , et encore meilleurs s’ils se faisoient du côté droit. Ulysse , dans Homère, prend un éternument de Télémaque pour un signe de bonheur. Saint-Augustin dit que la cou-
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- .tome étoit de se remettre an lit, s’il arrivoit d’éternuer en se chaussant le matin. Si l’on en croit Catulle , l’amour rendoit toujours les éternu-mens favorables aux amans. Quand le roi dè Monomotopa éternue , il se fait des acclamations de proche en proche dans tous ses Etats.
- Cette superstition n’a plus lieu chez nous, même parmi lë peuple ; mais on a continué de saluer l’éter-nument, et de faire de cet usage un des devoirs de la vie civile.
- ETÉSIENS, s. m. du grec llve-icu ( étêsiai ) , annuels , dérivé d’Îtoç ( étos ) , année.
- ( Physique ) Noms de certains vents qui soufflent régulièrement chaque année , dans la même saison , pendant un certain nombre de jours.
- ÉTHER , s. m. du grec «iSàp ( aithêr), air , formé d’«i'0&) ( aithô ), brûler , enflammer, parce que l’éther s’enflamme très-facilement.
- ( Physique ) Les physiciens donnent ce nom à un fluide extrêmement subtil et élastique qui est répandu dans tout l’univers, qui remplit l’espace dans lequel les planètes se meuvent, qui pénètre et s’insinue avec facilité dans les corps les plus durs et les plus compactes , qui en remplit la plupart des pores, et qui se laisse traverser lui-même sans faire presque aucune résistance.
- Lé éther s’appell e matière éthérèe; et c’est la même chose que la matière subtile ou la matière du premier élément de Descartes.
- L’éther ne tombant pas sur les sens , et étant employé uniquement ou en faveur d’une hypothèse ou pour expliquer des phénomènes réels ou imaginaires , les uns le font de la même nature que les autres corps, desquels il n’est distingué que par sa ténuité , et par les autres propriétés qui en résultent, et c’est là V éther prétendu philosophique. D’autres prétendent qu’il est d’une espèce differente des corps ordinai -tes, et qu’il est comme un cinquième élément, d’une nature plus pure , plus subtile et plus spiritueuse que les substances qui sont autour de la terre : telle est l’idée ancienne et commune qu’on a voit de Y éther.
- Le terme d’éther se trouvant donc
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- embarrassé par une si grande variété d’idées, plusieurs philosophes modernes ont pris le parti de l’abandonner, et de lui en substituer d’autres qui exprimassent quelque chose de plus précis.
- Les cartésiens emploient le terme de matière subtile pour désigner leur éther. Newton emploie quelquefois celui d’esprit subtil, et d’autres fois celui de milieu subtil ou éthéré.
- ( Chimie ) Les chiûiistes nomment ainsi une liqueur très-limpide sans couleur, d’une odeur particulière , très-pénétrante , et que l’on retire de l’esprit-de-vin par l’intermède de l’acide sulfurique ou de l’acide nitrique. C’est de toutes les liqueurs connues la plus tenue, la plus volatile et la plus inflammable.
- ETHIOPS , s. m. du grec utô'io-^ ( aithiops ), noir, dérivé d’eùdce ( aithô ) , brûler, parce que ce qui est brûlé paroît noir.
- { Minéral. ) Terme de l’ancienne chimie qui signifie un mélange de mercure et de soufre, soit par la trituration , soit par le feu , ainsi nommé à cause de sa couleur noire.
- Le mot éthiops. a été remplacé dans la chimie par celut d’OXIDE. V. ce mot.
- Lé éthiops, qu’on appeloit martial , est maintenant l’oxide de fer noir. L’éthiops,minéral est remplacé par l’oxide de mercure sulfuré noir, et 1 ’ éthiops per se est connu sous le nom d’oxide mercuriel noirâtre.
- ÉTHIQUE , s. m. du grec ii0ix.be ( éthikos ), moral, dérivé d’»9oc ( éthos), moeurs.
- ( Didactique ) Morale ou partie de la philosophie qui dirige les mœurs. Ce terme n’est d’usage que dans la didactique.
- ETHMOIDE, s. m. du grec tiQ/mcç ( êthmos) , couloir, crible , et d’iïéoç ( éidos ) , forme : en façon de crible.
- ( jinat. ) Nom que l’on donne à l’os qui est la racine du nez en dedans, parce qu’il ressemble à un crible.
- ETHNARQUE, s. m. du grec iBvÂpyne ( ethnarehês ), gouverneur d’une nation, dérivé d’i'9voç (ethnos), nation , peuple , et d’hpy» ( arche ), pouvoir , puissance.
- ( Econ. polit. ) Nom de dignité , celui qui commande dans une pro~
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- vince. 1lÎeihnarchie étoit la province
- où commandoit Y ethnarque.
- ETHNIQUE . adj. du grec iBvmos {ethnikos), dérivé d ’ïôvo; {ethnos), nation , gentil , païen , idolâtre.
- ( Hist. ecclés. ) Les auteurs ecclésiastiques emploient ce nom pour dire gentil,payen, idolâtre, à limitation de l’Ecriture et des Juifs qui appellent nations tous les peuples differens des Juifs.
- ( Grammaire ) Les grammairiens appellent mot ethnique celui qui désigne l’habitant d’un certain pays. Français , Parisiens sont des mots ethniques
- ETHOCRATIE, s. f. du grec 59 as (éthos ) , mœurs, et de npanoc (kra-tos), force , puissance.
- ( Econ. polit, ) Nom d’un gouvernement imaginaire , qu’on suppose pouvoir être fondé sur la morale.
- ETHOLOGIE , s. £ du grec Woç { éthos ), les mœurs , et de hiyoç {logos ), discours : discours sur les mœurs.
- ETHOPEE, s. f. du gr. ïiùoç{êthos}, les mœurs, et de tto/I® (poiéô), faire , écrire : peinture des mœurs.
- ( Diction ) Figure de rhétorique , qui consiste à peindre le caractère et les mœurs d’une personne. Il faut observer, dans les portraits,qu’ils ne doivent point être comme des tableaux faits d’imagination , mais comme des tableaux faits d’après nature ; que les traits qu’on y fait entrer, quelque naturels qu’ils soient , paroissent néanmoins extraordinaires et apposés les uns aux autres , sans cesser pour cela d’être compatibles.
- ETINCELLE, s. f. du latin scintilla, petite parcelle de feu: bluette.
- ( Phys. Electricité ) On appelle étincelle , en termes d’électricité , des traits de feu brillans qui éclatent entre un corps fortement electrisé et le doigt, ou tout autre corps non électrique , qu’on en approche de fort près.
- ETIOLEMENT , s. m. Ce mot pourroit venir dulat. stylus, pointe aigue et menue.
- ( Botan. ) Maladie des plantes) qui consiste dans un état de maigreur qui les fait communément pé -
- ET I
- rir avant qu’elles aient pn donne* des fruits.
- On appelle branche étiolée , celle qui s’élève à une hauteur extraordinaire , sans prendre de couleur ni de grosseur.
- La privation de la lumière , de l’air , est ordinairement la cause de cette maladie. C’est pourquoi les plautes semées trop dru, c’est-à-dire , trop voisines les unes des autres, et celles qu’on fait croître dans des caves, ou dans d’autres lieux obscurs, s’étiolent.
- ETIOLOGIE , s. f. du grec PnU {aitia ), cause , et de xôyoç { logos ), discours : discours sur les causes.
- ( Méd. ) Partie de la médecine théorique , dans laquelle on expose les causes des maladies et leurs symptômes concomitans. Les auteurs en médecine écrivent AETIOLO-GIE. V. ce mot.
- ETIQUE, adj. corruption d’hectique, du grec imnos ( heitikos), habituel.
- {Méd.) Celui qui est attaqué d’une maladie qui consume et dessèche toute l’habitude du corps.
- Ou appelle aussi fièvre étique, une fièvre lente qui mine et dessèche peu à peu tout le corps. C’est
- Ijourquoi l’on nomme étique un îomme maigre , exténué , qui n’a que la peau et les os.
- ETIQUETTE , s. f. Il y en a qui croient que ce mot vient de ce qu’on écrivoit autrefois les procédures en latin, et qu’on mettoit pour inscription sur le sac : Est Mc questio inter N et N ; et comme on mettoit quelquefois , par abréviation , Est hic quest. , des praticiens ignorar.s ont dit , par corruption , étiquet, ou étiquette.
- { Pratique ) C’est encore , au palais , un morceau de papier ou de parchemin , qui contient les noms des parties et de leurs procureurs, et qui s’attache sur les sacs des causes, instaDces ou procès.
- {Econ. polit. ) Etiquette se dit aussi du cérémonial écrit ou.traditionnel qui règle les devoirs extérieurs des rangs , des places ou des dignités.
- Tous les anciens historiens s’accordent à dire que c’est des Mêdes
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- que la plupart des nations avoient emprunté l'étiquette qui s’observoit à la cour des souverains.
- Il y avoit aussi une'étiquette chez Les empereurs du Bas-Empire 3 mais Y étiquette proprement dite n’est pas fort ancienne dans le système actuel de l’Europe, et c’est à Philippe-le-Bon qu’elle paroît devoir son origine. Ce prince, aussi puissant qu’un roi , soulfroit impatiemment de n’en pas porter le titre ; il forma en conséquence un état de maison qui put effacer celle des rois, par la magnificence et le nombre des officiers et le détail de leurs fonctions. Cette étiquette passa dans la maison d’Autriche par le mariage de Marie avec Maximilien.
- De la cour de Vienne, l’étiquette passa en Espagne , où il y en avoit une pour le roi, une autre pour la reine, etc- ,
- Du tems de la reine Elizabeth,
- Vétiquette étoit portée si loin en Angleterre que le secrétaire Cécil, dans les fonctions de son ministère auprès de son souverain, étoit obligé de parler et d’écrire à genoux. Encore aujourd’hui les Anglais servent à genoux leur roi, et conservent pour lui une étiquette fort cérémonieuse.
- En France, dans les derniers tems de la monarchie , Y étiquette n’é-toit ni sévère , ni régulière. Dans presque toutes les occasions d’éclat, on étoit obligé de rechercher ce qui s’étoit pratiqué à la cour en pareille circonstance , parce qu’on l’avoit oublié, et l’on tâchoit de se le rappeler pour l’oublier encore.
- ÉTITE , s. f. r. (ETITE.
- ETOC, s. m. V. ESTOC, pour l’origine.
- ( Botan. ) Souche morte. Le bolet oblique ne vient jamais que sous les étocs.
- ÉTOFFE, s. f. de l’allemand stoff, dont les Anglais ont fait stuff, ( Manufact. ) Ouvrage de soie , de laine , de fil d’or, d’argent, pour faire des habits, des meubles, etc.
- Ce mot s’étend à la matière de quelques autres ouvrages de manufactures : L'étoffe d’un chapeau.
- ( Technologie ) Les fondeurs donnent le nom A’étoffe au laiton allié
- ETO i5i
- avec d’autres métaux, dont ils se servent pour faire la fonte des statues , des pièces d’artillerie et des cloches.
- Les potiers appellent petite étofje ou basse étoffe une composition faite de plomb ou d’étain.
- Les ouvriers en fer appellent étoffe un mélange de fer et d’acier , avec lequel ils fabriquent les sabres dits de Damas. V. ACIER, ACIER DE DAMAS.
- ÉTOILE, s. f. du lat. Stella.
- ( Astronomie ) On donnoit autrefois ce nom à tous les corps célestes , et l’on distinguoit les étoiles fixes et les étoiles errantes ou planètes ; mais aujourd’hui l’on ne donne plus le nom à'étoiles qu’aux astres qui sont fixes et qui ont une lumière propre et inhérente ainsi que le soleil.
- On divise lès étoiles en plusieurs grandeurs, suivant leur degré de lumière on leur éclat. On en compte 20 à ,i4 de la première grandeur.
- O11 divise aussi les étoiles en cent constellations. V. CONSTELLATION.
- Hipparque fut le premier qui dressa un catalogue d’étoiles 125 ans avant J. C. Ceux de Flamstead et ds la Caille sont les plus étendus que nous ayons actuellement. V. CATALOGUE, PRÉCESSION. MOUVEMENT DIURNE, ABERRATION , SCINTILLATION.
- ( Physique ) Etoile tombante ; c’est un météore enflammé qui paroît ordinairement sous la forme d’un petit globule de feu qui répand une lumière assez vive à-peu-près semblable à celle d’une étoile qu’on voit quelquefois rouler dans l’atmosphère, et qui tombe quelquefois jusqu’à terre.
- Il est très-probable que ce météore est un phénomène produitpar l’électricité de l’atmosphère.
- ( Art rnilit.) Ou appelle étoiles , des fortins et des redoutes construits par angles rentrans et sortans , et qui ont depuis cinq pointes jusqu’à huit.
- (Manège) Etoile se di t aussi d’une espèce d’épi ou de rebroussement de poil blanc qu’un cheval a sur le de-devant de son front.
- ( Jardin. ) Oa appelle encore
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- étoile une saïle où aboutissent plusieurs allées comme à ua centre.
- ETOILE, adjectif, même origine qu’ÉTOlIÆ.
- ( Chirurgie ) On donne ce nom à deux espèces de bandages , l’un double et l’autre simple. Le premier s’applique à la luxation des deux humérus à-la-fois , et à la fracture des deux clavicules ; le second sert pour les fractures des omoplates ou du sternum.
- ( Botan. ) Etoilé se dit de ce qui est plan et à divisions ou parties composantes étalées horizontalement en tous sens.
- Poils étoilés ; ce sont des poils groupés et rayonnans d’un centre commun.
- Feuilles étoilées ; ce sont de petites leuilles verticillées et fort étalées.
- ETOLE , s. f, dn latin stola , fait du grec roxi» (stolê ), habit, ornement.
- ( Culte cathol.) Longue bande d’étoffe , large de trois à quatre pouces, sur laquelle il y a des croix de galons ou de broderies , que les prélats et les prêtres catholiques mettent encore quand ils font certaines fonctions ecclésiastiques, et qui pend des deux côtés par devant jusqu’à mi-jambe.
- ( Hist. anc. ) L’étole des anciens ne ressembloit pas à celle d’aujourd’hui. Les Grecs et les Romains don-noient ce nom à un manteau que portoient même les femmes. C’étoit aussi quelquefois un habit de cérémonie dont les souverains faisoient présent à ceux qu’ils voulaient traiter avec distinction.
- ÉTONNÉ , participe d’étonner , du latin extonatus, corruption d’at-tonnitus, surpris, ébranlé.
- ( Archit. ) Etonné se dit d’une maison, d’une voûte qui a reçu un grand ébranlement, une forte secousse.
- ( Méd. ) Cerveau étonné se dit de quelqu’un qui a éprouvé une chute , et dont le cerveau a été fortement ébranlé.
- ETRENNE, s. f. du latin strena, de Strenna déesse de la force. Fré-
- E T U
- sent qn’on fait le premier jour de l’année. V. AN.
- ETRIER , s. m. de strepa, dont on a fait strepanum.
- ( Manège ) Espèce d’anneau de fer ou d’autre métal, qui pend de part et d’autre par une courroie à une selle de cheval, et qui sert à appuyer les pieds du cavalier. On dit: Courir à franc étrier, pour dire, courir la poste à cheval.
- (Chirurgie) Lee. chirurgiens ont donné, par analogie , 3e nom d’étrier à un bandage dont ils se servent pour la saignée de pied.
- ( Anat. ) Etrier est aussi un petit os qui est dans l’oreille intérieure ; il est ainsi nommé à cause de sa figure triangulaire, semblable à-peu près à celle des anciens étriers.
- ETUDE , s. f. du lat. studium , formé de studeo, étudier : travail, application d’esprit.
- ( Peinture ) Le mot étude , dans l’art de la peinture , signifie premièrement l’exercice raisonné de toutes les parties de l’art, et ensuite le résultat de cet exercice des différentes parties de la peinture.
- Les peintres appellent études , en général, tous les essais qu’ils font pour s’exercer dans leur art; cependant ils distinguent ces essais par d’autres noms. Par exemple, s’ils s’exercent sur la figure entière, ils appellent cela ACADEMIE. (Fi ce mot. ) Ainsi , le mot étude est employé assez ordinairement pour les parties differentes dessinées ou peintes. On dit une étude de tête , de mains, de pieds, de paysage, de draperies ; et l’on nomme ESQUISSE ( F. ce mot), le projet d’un tableau, soit qu’il soit tracé, dessiné ou peint. On appelle EBAUCHE ( F. ce mot ), ce même projet,dont l’exécution n’est que commencée, et généralement tout ouvrage de peinture qui n’est pas achevé.
- Une étude est dessinée ou peinte.
- S’il est nécessaire de manier souvent le crayon, il ne l’est pas moins de se familiariser avec l’emploi des couleurs. Les écoles de Venise et de Flandres ont enrichi les cabinets de Paris, de dessins;
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- leurs maîtres faisoîent le plus souvent leurs études soit au pinceau , soit en grisaille.
- Quand les grands-maîtres avoient conçu un sujet , dit Reynolds , ils en faisoient d'abord plusieurs esquisses , dont ils tiroient ensuite un dessin fini ; ils faisoient ensuite des dessins étudiés et corrects de chaque partie prise séparément. Ces études préliminaires ne les empê-choient pas de prendre le modèle pour peindre le tableau , et de le reprendre encore pour le retoucher.
- ( Pratique ) Etude se dit aussi du lieu dans lequel un notaire ou un avoué travaille ordinairement ; il se dit encore du dépôt des minutes et des papiers qu’ils ont chez eux ; c’est dans ce sens qu’oD dit qu’un tel a vendu son étude.
- ETUVE, s. f. du lat. barb. stu~ biæ, ou de l’allemand stuben, dont les Anglais ont fait stove.
- ( Archit. ) Lieu pavé de pierre et voûté , que Ton échauffe par le feu , pour faire suer.
- ( Technol. ) Etuves se dit dans les arts et métiers de tout ce qui sert à chauffer, faire sécher quelque matière.
- ÉTYMOLOGIE, s. f. du grec Itvpnxoy'itt ( étuinologia ) , formé à’ïrvfAo; ( étumos ) , vrai, véritable, et de yJjyoç ( logos ), discours : véritable origine d’un mot, explication de son véritable sens ; dérivation d’un mot formé d’un seul ou de plusieurs autres.
- Le résultat de la science étymologique, dit Diderot ,est une partie essentielle del’analyse d’unelangue, c’est-à-dire, la connoissance complète du système de cette langue, de ses élémens radicaux, de la combinaison dont ils sont susceptibles. Le fruit de cette analyse est la facilité de comparer les langues entre elles , sous toutes sortes de rapports, grammatical, philosophique , historique , etc.
- Les étymologies ont incontestablement trois sources, qui sont la dérivation , l’onomatopée et la réunion de deux mots , pour n’en former qu’un On juge ordinaire-sment de la dérivation d’un mot
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- par le rapport qu’il a avec son primitif, soit dans la manière dont il s’écrit, - soit dans la manière dont il se prononce, et par le sens qui doit être le même ou à-peu-près le même dans les deux mots ; ainsi i'rvp.a'kùyie. qui se prononce demême engrecet enlatin,est le primitif étymologie ; mais tous les mots modernes , sont bien loin d’avoir une pareille identité avec les mots anciens dont on les fait dériver ; et c’est ce qui a fait donner plusieurs étyrnologistes dans l’arbitraire.
- Les étymologies par ONOMATOPEE (F. ce mot), sont d’autant plus aisées à saisir , qu’elles se trouvent dans la plupart des langues. Le mot trictrac exprime suffisamment son origine, en rendant le bruit que les dés et les dames que l’on remue font à ce jeu.
- L’étymologie est encore plus sensible dans la réunion de deux ou plusieurs mots. Théophile, antro-pophage, font assez sentir leur double étymologie.
- EUCHARISTIE, s. f. du grec tbyypiç-'ia ( eucharistia), formé d’sù (eu), bien, et de ( charis ),
- grâce : action de grâces.
- ( Relig. ) On appelle ainsi le sacrifice et le sacrement du corps et du sang de Jésus-Christ , sous les espèces du pain et du vin : on rend à Dieu l’action de grâces la plus agréable qu’on puisse lui rendre.
- En tant que sacrement, Veucharistie est un sacrement de la nouvelle loi, institué par Jésus-Christ, la veille de sa passion , et qui contient réellement et substantiellement le corps et le sang de notre Seigneur. Le pain et le vin sont la matière de ce sacrement; les paroles de la consécration en sont la forme; le ministre est le prêtre qui consacre.
- EUCLADE, s. f. du grec «S (eu), facile, et de (klaô), ou
- xXclo-où ( klaso ) , briser : facile k briser.
- ( Minéral. ) Pierre d’un vert très-léger , parfaitement diaphane . et susceptible d’un très-beau poli. Cette pierre a été apportée du Pérou par Bombay, et elle a été
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- EUG
- ainsi nommée par Haüy , à cause de la singulière facilité arec laquelle elle se divise en lames.
- EUCOLOGE, ou EUCHOLOGE, s. m. du grec luyti ( euchê ), prière, et de Koyoç ( logos ), discours : discours de prières.
- ( Culte cathol. ) Nom du rituel cLes Grecs. C’est aussi celui d’un livre qui contient l’office des dimanches et des principales fêtes de l’année.
- EUCHRASIE , s. f. du grec îvxpAcria. ( eukrasia), formé d’il [eu), bon, et de upsuriç ( krasis ) , tempérament : bon tempérament.
- ( Méd. ) Température du corps bonne et égale , c’est-à-dire , tempérament qui convient à la nature , à l’âge et au sexe du sujet.
- EUDIOMETRIE, s. f. du grec tvJieç (eudios), serein, et de fxîrpov ( métron ), mesure : mesure de la pureté de l’air.
- ( Physique ) On nomme ainsi î’art d’analyser l’air atmosphérique, >set sur-tout de reconnoitre combien de parties il contient d’air vital pur ou de gaz oxigène dans un lieu quelconque.
- De-là on a appelé eudiomètre l’instrument qui sert à mesurer la pureté de l’air, par son mélange avec le gaz nitreux. Cet instrument est de l’invention de l’abbé Fon-tana.
- EUEXIE, s. f. du gr. il [eu), bien-, et de s|»s ( hexis ), habitude du corps.
- ( Méd. ) Bonne habitude, bonne disposition du corps.
- EUGUBINES , s. f. d’Enguüo, ville de l’Ombrie, appelée anciennement Jguvium.
- ( Bibliogr. ) Tables eugubines ; On appelle ainsi des tables trouvées en i444 à Engubio , dans une petite chambre des voûtes intérieures de l’ancien théâtre : elles sont de bronze et au nombre de sept. On prétend qu’elles ont été écrites deux générations avant la guerre de Troie , lorsque les Pes-lages, habitués en Italie , commencèrent à éprouver la colère des Dieux, et leur adressèrent des prières pour faire cesser la sécheresse qui avoit brûlé leurs
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- blés , leurs fruits et leurs pâturages.
- Les deux plus grandes de ces tables sont écrites en langue pes-lage , et les cinq autres en caractères étrusques. Ces fameuses tables concernent un événement qui in-téressoit les Tarsinates, les Tus-ques, les Naharques et les Sa-busqués , quatre des peuples principaux de l’ancienne Italie , et dont on voit les détails dans Denys d’Halicarnasse.
- EULOGIES, s. f. du grec ivxo-yéa ( eulogeô ), bénir , formé d’il {eu), bien, et de x'iyot ( lêgô ), dire : bien dire.
- ( Culte cathol, ) Choses bénites. D ans l’Eglise grecque , les eulogies étoient des mets, des viandes qu’on envoyoit pour être bénites. L’église latine a eu quelque chose de semblable , dès les premiers tems. Tous ceux qui assistoient à la célébration du saint sacrifice, participoient à la communion ; mais lorsque la pureté des mœurs et la piété eurent diminué parmi les chrétiens , on restreignit la communion sa-cramentale à ceux qui s’y étoient prépares ; et pour conserver la manière de l’ancienne communion qui étoit pour tous, on se contenta de distribuer à tous les assis-tans un pain ordinaire, béni par une prière.
- Quelques savans fixent l’institution du pain béni , au septième siècle , dans le concile de Nantes.
- EUNUQUE, s. m. du grec sùvoy-X°s { eunouchos ) , formé d’sèvi* ( eunê ), lit, et de ( écho ) , garder : gardien du lit ; parce qu’on se sert en Orient de cette espèce de personnes pour garder les femmes.
- ( Chirurgie ) Celui à qui on a coupé les parties nécessaires à la génération.
- L’origine de la castration se perd dans l’antiquité. C’est aux eunuques que les Asiatiques confient encore aujourd’hui la garde des femmes. Tavernier dit qu’au royaume de Boutan, on fait vingt mille eunuques , qu’on envoie vendre en divers pays. Au Tonquin, dit Dam-pière, tous les mandarins civils et militaires sont eunuques, En l’erse
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- et ailleurs , les eunuques riches ne laissent pas que d’avoir des femmes et un sérail.
- Il y avoit un très-grand nombre à’eunuques chez les Romains. En Italie on prive encore de jeunes enfans des organes de la génération pour leur conserver la voix aiguë, V. CASTRAT.
- EUPEFSIE, s. f. du grec «S ( eu), bien , et de <m-vnu (peptô ), cuire, digérer.
- f Méd. ) Bonne digestion.
- EUPHEMISME , s. m. du grec ii<pny.sT[Aç{ euphémismes ), formé d’êv (eu), bien, heureusement , et de tyïïyi (phêmi), dire : discours de bon augure.
- ( Diction) L’euphémisme est une figure par laquelle on déguise des idées désagréables , odieuses ou tristes, sous des expressions qui ne sont pas les noms propres de ses idées , mais qui présentent des idées plus honnêtes, plus agréables, ou moins offensantes , et qui laissent deviner les premières.
- Les anciens ne disoient jamais : Jl est mort ; mais : Il a vécu , il a fini sa carrière. ; le mot de mourir leur paroissoit funeste.
- Cicéron n’a garde de dire aux juges , que les esclaves de Milon ont tué Clodius. Ils firent , dit l’habile orateur, ce que chacun de vous , messieurs , eût voulu que ses esclaves eussent fait en p areille occasion.
- EUPHONIE, s. f. du gr.
- ( euphonia ) , formé d ’iîi (eu ) , bien, et de qm» (phone), voix: son agréable.
- ( Musique ) Son agréable, d’une seule voix ou d'un seul instrument bien touché. Il est opposé s symphonie, qui se dit du mélange de plusieurs voix.
- ( Grammaire ) Euphonie signifie aussi, en termes de grammaire , ce qui rend, la prononciation plus douce et plus coulante.
- Il faudroit dire régulièrement: ma amitié ; Y euphonie fait dire : mon amitié. .
- De-là on appelle lettres euphoniques , les consonnes que l’on insère entre deux voyelles, dont l’un® finit un mot , et l’autre commence le mot suivant, et dont
- EUT i55
- la rencontre produiroit un hiatus• Dans cette phrase : Que dira-t-on de vous , si /’on vous entend 3 Le t et Z sont des lettres euphoniques.
- EUPHORIE, s. f. du gr. Üwm ( euphoria ), formé dhS ( eu ), bien, facilement, et de tpépa> (phérô), porter : ce qui porte facilement,
- ( 3Jéd. ) Facilité avec laquelle on supporte une maladie ou une opération.
- EUROPE, s f. du grec tlp&nrn ( europé ), dont les Latins ont fait Europa.
- ( Géogr. ) L’une des quatre parties du monde , appelée ainsi , suivant les poëtes , d’Europe, fille d’Agénor , enlevée par Jupiter ; et selon Bochart , du phénicien vr appa, c’est-à-dire, blanc de visage, à cause de la blancheur du visage de ceux qui l’habitent, qui ne sont ni basanés comme les Asiatiques méridionaux , ni noirs comme les Africains.
- EURYTHMIE, s. f. du g«ec tZ (eu ), bien, et de fvQyos (rhuthmos), ordre : cadence , justesse , accord.
- ( Beaux-Arts ) C’est dans les beaux-arts , et particulièrement en architecture , un bel ordre, une belle proportion , et comme l’harmonie de toutes les parties d’un tout.
- (Méd. ) Il se dit aussi, en termes de médecine , d’une disposition du pouls proportionnée à l’âge , au tempérament et au naturel des personnes.
- ( Chirurgie ) C’est encore la dextérité avec laquelle un chirurgien manie les instrumens de son art.
- EUSTYLE, s. m. du grec tS (eu), bien , et de rijKqs ( stulos), colonne.
- (Archit.) Edifice orné de colonnes ou pilastres , dont l’espace du milieu est de trois diamètres, et les autres seulement de deux diamètres un quart. Vitruve dit que cette manière d’espacer les colonnes surpasse les autres en commodité , beauté et fermeté.
- EUTHÉSIE , s. f. du grec «5 (eu), bien,et deQ-io-ic (thésis), situation, ordre : bon ordre.
- ( Méd. ) Habitude vigoureuse de corps qfte l’on apporte en naissant.
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- EUTR0FÉT1E, s. f. du grec tû ( eu ), bien , et de xpinra> ( trépô ) , tourner; manière de tourner agréablement les choses.
- ( Diction ) Manière de plaisanter agréablement et avec finesse. En grec il se prend quelquefois en mauvaise part, et signifie scurrilité , di-cacilé; mais en notre langue , on ne lui donne point ce mauvais sens ; il n’est en usage que parmi les savans.
- EUTROPH1E, s. f. du grec (eu) , bien , et de xpscpœ ( tréphô ) , nourrir : bonne nourriture.
- ( Méd.) Nourriture bonne et abondante.
- ÉVACUATION, s. f. formé de la particule extractive é, ex, hors , de vacuum, et de fado : l’action de produire le vide.
- ( Méd. ) Décharge d’humeurs ou d’excrémens qui se fait de tout le corps ou de quelqu’une de ses parties.
- ( Art milit. ) Il se dit aussi d’une place évacuée en conséquence d’un traité ou d’une capitulation.
- ÉVALUATION , s. f. composé de valeur et d’action : l’action d’estimer quelque chose à sa valeur. Appréciation , estimation. Terme de pratique, d’arithmétique et d« commerce.
- On évalue des fractions , des dommages et intérêts , des mar~ chandises, etc.
- ÉVANGILE, s. m. du grec sbay-ydioy ( euaggélion) , formé d’sv (eu), bien , heureusement, et d’sty-yéxxu ( aggellô ), annoncer ; bonne nouvelle.
- ( Relig. ) Les chrétiens ont donné ce nom au livre qui contient la vie et la doctrine de Jésus-Christ, qui a apporté aux hommes l’heureuse nouvelle de leur réconciliation.
- Evangile se prend aussi pour la doctrine de Jésus-Christ.
- Evangile signifie, chez les Grecs, le livre qui contient les évangiles qu’on lit pendant tout le cours de l’année dans la célébration de la liturgie.
- Evangile se dit encore de cette partie des évangiles que le prêtre dit à la messe.
- EVANOUIR ( s’ ) verbe pronom.
- E V A
- du latin evanescere, disparoître , se. dissiper.
- ( Algèbre ) Faire évanouir se dit en algèbre , pour , chasser, faire disparoître une quantité. On dit en ce sens. Faire évanouir une fraction , faire évanouir les radicaux dJune équation, etc.. V. ELIMINATION, FRACTION, RADICAL.
- , ÉVAPORATION, s. f. du latin évaporatio, composé de la particule extractive é , ex, hors , de va-por, vapeur , et de ago , agir : l’action de faire sortir les vapeurs, évaporer.
- ( Physique ) Passage ou élévation dans l’atmosphère, des particules les plus subtiles des corps, ou qui peuvent devenir telles par l’action de la chaleur ou de Pair.
- Presque tous les corps liquides et la plupart des solides exposés à l’air, s’élèvent peu-à-peu dans l’atmosphère , les uns totalement, d’antres seulement en partie. Ce passage ou cette élévation totale ou partielle des corps dans l’atmosphère, les physiciens l’appellent évaporation.
- Les corps élevés dans l’air par Y évaporation s’y soutiennent dans un tel état qu’ils sont absolument invisibles, jusqu’à ce que, par quelque changement arrivé dans l’atmosphère , leurs particules se réunissent en de petites masses qui troublent sensiblement la transparence de l’air.
- Les vapeurs qui s’évaporent le plus vite sont principalement l’eau pure , les vins, l’esprit-de-vin, l’éther, l’ammoniaque, l’acide nitreux fumant, l'acide sulfureux ; ce dernier sur-tout est si subtil qu’il s’évapore vingt fois plus vite qu’une égale quantité d’esprit-de-vin le mieux rectifié.
- Pour le mécanisme de V évapora-tion, consultez S’gravesande, Maison , Leroi, etc.
- ( Technol, ) JJ évaporation est d’un usage très-fréquent dans les arts. Qn a souvent besoin de dessécher les substances salines , ou d’évaporer l’humidité des mélanges qu’on veut concentrer. Ainsi tout ce qui tend à rendre cette opération plus prompte etplus économique, doit être accueilli avec empressement. Tel est unap-pareil fort ingénieux imaginé par M.
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- B VE
- Henri Browne, anglais , et qui, entre plusieurs avantages, présente celùi de vendre l'air qui balaie la surface de la liqueur d’une température presque égale à celle de la liqueur elle-même. On peut en voir la description dans le tome X des Annales des Arts «t Manufactures, de M. O’ Reilly.
- ÉVECTION,s. f. du lat. evectio, composé de la particule extractive é , dehors , de ve/io , porter, et de ago, agir : Faction de porter dehors, transporter.
- ( Astronomie ) On appelle ainsi la seconde inégalité de la lune produite par l’attraction du soleil.
- Pour donner une idée de la manière dont l’attraction solaire produit cette inégalité appelée évection dans le mouvement de la lune , il suffira de faire voir que l’excentricité de l’orbite lunaire doit être plus grande lorsque la ligne des apsides de la lune concourt avec la ligne des sysigies , ou lorsque la lune étant nouvelle ou pleine , la force du soleil dérange la lune , parce que le soleil attire la lune plus ou moins qu’il n’attire la terre , et c’est la différènce des deux attractions qui fait toute l’inégalité.
- Pour le calcul des équations de la lune produites par l’attraction du soleil, consultez d’Alembert, Euler et Clairaut.
- ÉVENT,s. m. du latin evenlilo, composé de la particule extractive é, hors , et de vehtus , vent, impression de l’air ou action de l’air. Ainsi on dit mettre à Véventy pour, mettre à l’air et sécher. t
- ( l'echnologie ) Event se dit d’un trou qu’on laisse en quelques vaisseaux pour donner passage à l’air. Les teinturiers mettent leurs soies et leurs étoffes sur des perches à Vévent, et lorsqu’ils découvrent leur cuve pendant quelque tems , ils appellent cela donner de Vévent.
- Les fondeurs de statues appellent évents des passages destinés à laisser à l’air une sortie libre. Les marchands de draps donnoient autrefois le même nom à ce qui étoit donné au-delà de la mesuré. Uévent étoit ordinairement d’un pouce par aune.
- ( Artillerie ) Event est l’aisance qu’ou donae au boulet pour rouler
- EVE îbf
- dans le canon, ou la différence entre le diamètre du boulet et celui du calibre de la pièce.
- ( Art du mineur ) En termes de fortification, les évents sont des trous que l’on fait dans une galerie majeure de contre-mine poury faire circuler l’air.
- (Ichtyologie ) Les cétacées ont sur la tête des évents au moyen desquels ils rejettent avec force l’eau qu’ils ont'avalée.Mets' sont la ba— leinei, le cachalot, etc.
- . EVENTAIL, s. m. du latin exven-talulum. E.ÛVENT.
- ( Technol. ) Instrument qui sert à agiter l’air. C’est une peau mince, un papier ou talfetas plié en demi-cercle , monté sur de petits bâtons plats qui se replient les uns sur les autres, dont ouse sert pour s’éventer. Ce fut sous le règne d’Henri III qu’On vit paroître en France les éventails. En Orient, on a des éventails de pl urnes pour se garantir du chaud et des mouches.
- On donne aussi le nom d’éventail en Italie et en Espagne à une machine qui est faite de carton et suspendue au plancher, laquelle, par le mouvement qu’on lui donne et qu’elle conserve long-tems, agite Pair et donne du vént et de la fraîcheur , et chasse les mouches.
- (Religion) Chez les Grecs, on donne un éventail aux diacres dans la cérémonie de leur ordination , parce que dans l’Eglise grecque c’est une fonction des diacres que de chasser avec un éventail les mouches qui incommodent le prêtre durant la messe.
- ÉVENTER, y. a. du latin even-tilare.
- {Art du mineur) Eventer une mine; c’est la rendre inutile en la découvrant.
- ( Marine ) Eventer une voile ; c’est manœuvrer une voile de façon à y remettre le vent dedans ou sur sa surface postérieure, lorsqu’elle étoit vent dessus ou coiffée , ou bien à fasier. On évente les voiles pour faire route; c’est le contraire de déventer.
- On dit aussi éventer la quille, pour dire abattre un vaisseau jusqu’à ce que sa quille paroisse hors de l’eau.
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- (Vénerie) Iv enter la voie ; c’est, en parlant d’in chien, rencontrer une voie si faîche, qu’il la sent sans se mette le nez à terre, ou après un lonj défaut, prendre le vent du cerf [ui est sur le ventre dans une enceute.
- ( Jardin. ) hventer la sève; c’est faire de trop gaiïdes plaies aux arbres, ou tirer ses coupes trop en longueur.
- ÉVENTUEL, ad), du lat. even-tus, événemeit qui peut arriver.
- ( Droitpubic ) Terme nouveau, qui n’est guèr: en usage qu’en parlant des traits faits entre souverains et fonds sur quelque événement incerain, qui ne dépend point des partes contractantes. Investiture évertuelle.
- (Pratique)Eventuel se dit aussi de ce qui dépmd d’un événement; ainsi un droitéventuel est un droit qui n’est pas eicore ouv ert.
- ÉVEQUE, >. m. corruption du mot grec sœ/Kovroc ( épiskopos ), formé d’fœ-1 (pi), sur, et de ana> (skopéô) regarder, considérer : surveillait , inspecteur.
- ( Culte catiol. ) Prélat du premier ordre del’Eglise catholique, et chargé de li conduite d'un diocèse. Le titrt S’évêque a subsisté long-tems avint celui d’archevêque. V. ARCI EVEQUE.
- Anciennement on qualifioit les évêques de tr:s-saints et bienheureux ; ce n’estque depuis le cardinal de Richeleu qu’ils ont pris le titre de monsdgneur. On les appelant auparavait révérend père en Dieu , ou mesire N.
- Les évêquet sont les successeurs des apôtres, st le pape, comme successeur de 5. Pierre, est le premier des évêqies.
- Autrefois le évêques étoient élus par le clergé (t le peuple; mais en vertu du coicordat passé entre Léon X et Fraçois I.er , les rois de .France ont lommé aux évêchés. Depuis le nouveau concordat passé entre le Gouvraement de la république françaie et Pie VII, c’est le iremier Consil qui nomme à toutes es dignités eclésiastiques.
- Evêque in jartibus , abréviation de in partibusinfidelium ; c’est un
- E V ï
- évêque: pourvu d un évêché dont le territoire est au pouvoir des infidèles.
- (Hist. anc.) Les Athéniens ap-peloient de ce nom ceux qu’ils en-voyoient dans les provinces qui leur étoient sujettes, pour voir si tout se passoit dans l’ordre.
- Les Latins ont aussi donné ce nom à ceux qui étoient inspecteurs et visiteurs du pain et des vivres. Il paroît, par une épître de Cicéron , qu’il avoit été lui-même revêtu de cette charge, episcopüs ores campantes. Ces mots ont été adoptés par les chrétiens comme une infinité d’autres.
- Arien donne le nom à’episcopüs à des gens qui étoient chargés de parcourir les villes et les campagnes, et de rapporter au roi ou aux magistrats tout ce qui se passoit.
- EVERGEITÉ , s. m. du grec sùs/j— yi'Titç ( evergétês ), formé d’sS(ew), bien , et de tpyov ( ergon }, action .-bienfaiteur.
- ( Hist. anc. ) On a retenu ce nom dans notre langue pour quelques princes ou rois de Syrie ou d’Egypte, successeurs d’Alexandre, auxquels on le donna.
- EVERSION, s. f. du latin eversio, formé de la partie, extract, é, hors, et de vertere, tourner, jeter dehors : action de renverser , de détruire.
- ( Hist. ) On emploie ce mot en parlant du renversement d’une ville, d’un Etat. L’enlèvement d’Hélène a causé Véversion de Troye.
- ÉVICTION , s. f. du lat. evictio, dérivé d’evinco, formé de la particule extract, é , hors, et de vinco, vaincre, chasser : l’action de chasser dehors.
- ( Pratique ) Ce terme n’est d’usage qu’au palais, où il signifie une dépossession juridique d’un héritage ou autre immeuble.
- Domat a défini Véviction, la perte que souffre l’acheteur de la chose vendue, ou d’une partie, par le droit d’un tiers.
- EVITEE, v. a. du lat. vitare, esquiver: fuir quelque chose de nuisible.
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- j {Marine) Eviter, ea parlant d’un vaisseau à l’ancre, signifie tourner sur son cable , et changer de position ; ce qui arrive par deux causes, par le vent, par la marée ou par l’effet d’un courant. La proue d’un vaisseau étant la partie qui présente le moins de surface au fluide et qui lui oppose le moins de résistance, le vaisseau abandonné à lui-même, tend naturellement à présenter cette partie droit au courant, ou au vent, qui lui-même doit être considéré comme un courant.
- Dans les rades où jl y a marée , le vaisseau évite au vent ou à la marée , suivant que l’un ou l’autre a plus de force. Ainsi on voit souvent un vaisseau à l’ancre présenter la poupe ou le travers au vent.
- ( Musique ) Eviter une cadence ; c’est ajouter une dissonance à l’accord final pour changer le mode ou prolonger la phrase.
- ÉVOCATION, s. f. du latin evocatio, formé de la particule extractive é , hors, et de voco, appeler dehors, faire sortir, l’action d’appeler à soi, de faire venir à soi.
- ( Hist. anc. ) Les évocations étoient déjà en usage du tems d’Homère ; il y avoit des temples consacrés aux mânes où l’on consul toit les morts ; d’autres étoient uniquement destinés aux évocations.
- On a donné le nom <5l évocations à l’acte de religion et de politique que faisoient les anciens pour engager les dieux tutélaires d’un pays, d’une ville que Ton attaquoit, à les quitter et à se ranger du côté des vainqueurs , dont la reconnoissance écla-teroit dans la construction de nouveaux autels et dans la pompe des sacrifices.
- (Pratique )Evocation signifie en général l’action de tirer une cause d’uu tribunal à un autre.
- ÉVOLUTION, s. f. du latin evolutio , formé de la particule extractive é , hors , et de volvo , tourner , déplier , Vaction de se déplier, *e développer.
- ( Art milit. ) Les évolutions sont des mouvemens que fait un corps de $ eus de guerre, lorsque, pour
- E V Cf i5g
- se conserver dans un terrein ou pour en gagner un autre, il veut changer de forme ou de disposition, afin d’attaquer avec avantage ou de se défendre de même , soit que l’attaque ou la résistance se fasse de front, sur la queue ou par les ailes.
- Les évolutions anciennes étoient belles et gavantes, et les exercices d’aujourd’hui sont peu de chose en comparaison de ceux des militaires anciens. On conçoit^ difficilement commentun corps aussi gros et aussi pesant que paroissoit être une phalange , étoit capable d’exécuter les évolutions fines et variées qu’eile fai-soit. La légion romaine n’en exécu-toit pas de plus savantes, quoique les divisions bien écartées de celle-ci fussent plus favorables à lui en faire produire qu’à la phalange.
- ( Marine ) Evolution, en parlant d’un seul vaisseau , s’entend du mouvement qu’il fai t dans ses vi remens de bord , lorsqu’il change ses amures, sa manœuvre et sa route.
- Evolutions navales} c’est la science de la tactique navale, la connoissance de l’exécution des dif-férens ordres de marche ou de bataille , et des positions que peuvent prendre les vaisseaux en corps d’armée navale , manœuvrant tous ensemble ou successivement pour parvenir à la combinaison ordonnée par le commandant.
- A chaque évolution que fait une armée navale, elle change de position par rapport au vent qui souffle,
- fiar rapport à l’ennemi, et souvent a situation respective de ses propres divisions change aussi. C’est de la parfaite intelligence de cette partie et à l’exacte et prompte exécution pour profiter des avantages que peuvent offrir les différentes combinaisons , que résulte le gain des combats et le succès des affaires maritimes.
- Le vaisseau commandant indique les évolutions par des signaux qu’il fait répéter au même instant par un vaisseau au moins de chaque division , et par des frégates qui, étant hors la ligne de bataille , sont mieux aperçues de tous.
- EVULSION, s. f. dulat. evulsio , formé de la particule extractive é x
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- de j hors , et de vello , arracher : action d'arracher.
- ( Chirurgie ) On applique ce mot aux cheveux, aux dents , aux frag-mens d’os.
- EXACORDE, s. m. formé du grec «f; ( hex ), six, et de ^opcfit ( chordê ), corde : à six cordes.
- ( Musique ) Instrument à six cordes , ou système composé de six sons , tels que Vexacorde de Gui d’Arezzo.
- EXACTION j s. f. du lat. exactio, dérivé d’exigo , formé de la particule extractive ex , de, hors , et de ago, pousser dehors : l’action de demander , d’exiger plus qu’il n’est
- dû.
- (Prat. ) Prévarication d’un officier public qui exige des émolumens au-delà de ce qui lui est dû.
- EXAÈDRE, s. m. V. HEXAÈDRE.
- EXAGERATION, s. f. du latin exaggeratio , dérivé d’exaggero , formé de la particule extractive ex , de , hors , et de aggero , amasser , entasser , accumuler, mettre en troupeau , fait d'agger , troupeau : l’action d’accumuler , d’exagérer.
- ( Diction ) Hyperbole , discours , qui en dit plus qu’il n’y en a , soit en bien, soit en mal.
- (Beaux-Arts) XJ exagération , en terme de peinture et de sculpture, est une manière de représenter les choses en les chargeant ou en les marquant beaucoup. XJ exagération dans l’expression , dans les effets , dans lesmouvemens , n’est un défaut que lorsqu’elle se fait, remarquer de la place où le tableau , la statue doivent être vus ; car il est une exagération savante et nécessaire , que l’artiste habile sait donner à son ouvrage , pour que, du lieu où sera placé le spectateur, cet ouvrage ressemble à la nature. Si les ligures de la coupole d’un temple élevé n’étoieut pas plus grandes que des figures naturelles, elles sembleroient petites ; si les détails en étoient traités comme dans un tableau de chevalet, l’ouvrage paroîtroit sec et mesquin ; si l’effet n’en étoit pas exagéré, il sembleroit froid.
- EXAGONE, s. m. Voy. HEXAGONE.
- EX A
- EXALTATION, s. f. du lati» exaltatio , dérivé d’exalto , formé de la part, extract, ex , de , hors , et de l’inusité alto, élever : l’action de lever de bas en haut, d’élever , d’exalter.
- ( Culte cathol.) Ce mot, vieux au propre , se dit au figuré de Téléva-tion du souverain pontife, et il est, en quelque façon, consacré à signifier le couronnement du pape , la cérémonie qu’on fait à son couronnement , quand on le met sur l’au-teh
- Exaltation de la Sainte-Croix ; c’est une fête qui se célèbre dans l’Eglise , le i4 septembre , en mémoire de ce qu’Héraclius rapporta la vraie croix sur ses épaules , au lieu du Calvaire, d’où elle avoit été enlevée quatorze ans auparavant par Cosroè's , roi de Perse.
- ( Astrol. ) C’est le signe où une plauète a le plus de vertu; ainsi le belier est Y exaltation du soleil ; la balance est sa déjection.
- ( Algèbre ) Quelques auteurs se sont servi de ce mot pour désigner ce qu’on appelle aujourd’hui l’ELE-YATION des puissances. Voy. ce mot.
- (Chimie) XJ exaltation est l’action, l’opération qui exalte, élève,purifie, subtilise quelque corps naturel en ses principes et ses parties.
- Les chimistes entendent, par exaltation, une opération par laquelle on change les propriétés d’une substance et on lui communique plus de vertu. On définit encore P exaltation une sublimation michro-chronique, parle moyen de laquelle,par une dissolution successive , on rend les parties d’un mixte plus pures , plus subtiles , plus valables et plus efficaces.
- EXANTHEME, s. m. mot grec dérivé d’ê^o.v6«a> ( exanthéô ) , fleurir , s’épanouir, formé d’cbSos ( an-thos ), fleur: efflorescence.
- ( Méd. ) Ce mot signifie toute sorte d’éruption à la peausoit avec solution de continuité, comme les pustules de la petite vérole , de la gale, les tubercules, ulcères et autres semblables ; soit sans solution de continuité, comme les taches cutanées, hépatiques , scorbutiques , vénériennes y
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- tiennes , les rousseurs , les pétéchies, la rougeole , le pourpre.
- Y)’exanthème, on a fai t exanthé-mateux , exanthématique , pour désigner ce qui est de la nature de Y exanthème.
- EXARQUE, s. m. du gr. ï%*p%ot ( exarchos ) , formé d’if [ex), et de kf% m ( arche') , empire , commandement : député par la puissance, vicaire, préfet.
- ( Empire grec ) On donnait autrefois ce titre à celui qui coimaan-doit en Italie pour les empereurs d’Orient, et qui faisoit ordinairement sa résidence à Ravenne.
- ( Culte cathol. ) C’étoit aussi un titre de dignité ecclésiastique dans les premiers siècles de l’Eglise , au-dessous du patriarche , et au-dessus du métropolitain.
- L'exarque aujourd’hui , chez les Grecs, est une espèce de légat à la-tere dû patriarche , qui fait la visite des provinces qui lui sont soumises.
- EXASTYLE ou HEXASTYLF., s. m. du grec ef ( hex ), six, et de réxoç ( stulos ), colonne : qui a six colonnes.
- ( Archit. ) Edifice ou portique qui a six colonnes.
- EXCAVATION , s. f. du latin excavatio , formé de la particule extract, ex , de , hors , et de cavo, creuser : l’action de creuser, ou le creux qui a été fait.
- {Artdu mineur)tyest le trou que la poudre de la mine creuse par l’ébou-lement des terres. Elle a , en quelque façon, la figure d’un cône rectangulaire, mais-renversé ; sa pointe doit être vers le milieu du fourneau, et il faut que le diamètre de la base soit le. double de sa profondeur.
- EXCELLENCE, a. f. du latin txcellentia , formé de la particule extract, ex, de, hors, au-delà, et de c.eilo , avancer : degré de perfection au-dessus des autres,
- ( Econ. polit. ) Excellence est aussi un titre d’honneur que l’on donne en quelques états aux ambassadeurs et aux personnes titrées, qu’on ne qualifie pas de celui d'altesse.
- EXCENTRICITÉ , s. f. formé de
- T mie II
- EXC i(ii
- la part, ex , de , hors, et de ntvrpa»
- ( lcentron ) , centre.
- ( Astron. ) Distance qui est entre les centres de deux cercles où sphères qui n’ont pas le même centre. -
- Dans l’ancienne astronomie, excentricité est la distance qu’il y a entre le centre de l'orbite d’une planète , et la terre autour de laquelle elle tourne.
- Les astronomes modernes qui ont précédé Kepler, à compter depuis Copernic, croyoient que les planètes décrivoient autour du. soleil , non des ellipses, mais des cercles dont le soleil n’occupoit pas le centre. Il ne leur étoit pas venu en pensés d’imaginer d’autres courbes que des cercles ; mais comme ils avoient observé que le soleil étoit sept à huit jours de pins dans les signes septentrionaux que dans les signés méridionaux , ils en concluoient avec raison que le soleil n’occupoit pas 1s centre de l’orbite terrestre , mais un point hors de ce centre , tel que la terre étoit tantôt plus près , tantôt plus loin du soleil. Kepler prouva que les planètes décrivoient sensiblement autour du soleil des ellipses dont cet astre occupoit le foyer. '
- Dans la nouvelle astronomie, excentricité est la distance qui se trouve entre le centre de l’orbite elliptique d’une planète et le centre du soleil, c’est-à-dire, la distance qui est entre le centre de l’ellipse et son foyer. On l’appelle aussi excen-» tricité simple.
- U excentricité double est la distance qu’il y a entre les deux foyers de l’ellipse , qui est égale à deux fois Vexcentricité simple , ou Vexcentricité tout court.
- EXCENTRIQUE, adj, même origine qu’ excentricité.
- {Gécm.) Cercles txcentriqnes ; ce sont des cercles engagés l’un dans l’autre , et qui ont des centres diffé-rens.
- ( Astron. ) Au lieu des cercles excentriques autour de la terre , Kepler introduisit les orbites elliptiques , ce qui explique toutes les irrégularités des mouvemens des planètes , et leurs distances différentes de la terre, etc. d’une manière très-exacte et très-naturelle.
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- l.6a E X C
- Li’anomalie de F excentrique, chez les astronomes modernes, est un arc du cercle circonscrit .à l’orbite compris entre l’aphélie et une ligne droite qui , passant par le centre de la planète , est tirée perpendiculairement à la ligne des apsides.
- EXCEPTION, s. f. dnlat, excep-iio, formé déjà partie, extract, ex, de, hors, et de capio , prendre : i’actiou de mettre à part, d’extraire; limitation.
- ( Pratique ) Ce mot se prend , an palais, dans plusieurs acceptions. Il signifie :
- r°. Réserve. Une condition pure et simple est une condition sans exception.
- 2e. Exception désigne une dérogeance à la règle en faveur de quelques personnes dans certains cas. C’est de-là qu’on dit qu’ils n’y a point de règle sans exception; et que l’exception confirme la règle.
- 3e. Exception signifie moyen et défense. On comprend sous ce terme toutes' sortes de défenses ; mais plus communément les moyens que petit avoir le défendeur pour se dispenser de fournir des défenses. Il y a des exceptions déclinatoires, c’esi-à-dire , un moyren de décliner la juridiction devant laquelle on est assigné; epeepplions dilatoires, ou celles.qui , sans attaquer le fond de la règles tendent seulement à obtenir quelque delai.
- . Exceptions péremptoires ; celles qui détruisent l’action : on les appelle aussi défenses ou moyens an fond.
- Exception de discussion ou de division ; exception par laquelle un obligé réclame en sa favèur le bénéfice de discussion ou celui de division.
- Exception de dol ; celle qu’oppose celui qui prétend avoir été trompé.
- Exception de la chose jugée ; défense que l’on tire de quelque jugement.
- Exception négatoire ; celle qui consiste seulement dans la dénégation de quelque point de droit ou dç fait.
- Exception personnelle ; défense accordée à quelqu’un eu vertu d’un
- EXC
- titre ou de quelque considération qui lui est personnelle.
- Exception réelle ; celle qui est inhérente à la chose.
- EXCÈS , s. m. dn lat. excessus fo rmé de la partie, extract, ex, de, hors , et de cedo, passer au - delà ; dépasser; la partie par laquelle une quautité est plus grande qu’une autre; ce qui excède les bornes de la raison , de la bienséance , ce qui passe la mesure.
- ( Pratique ) Excès se dit des se'-vices et injures graves d’un époux envers l’autre. Les excès sont une cause de divorce.
- ( ylrithmét. ) Excès est la différence en plus d’une quantité à une autre , ou la portion dont une quantité surpasse une autre quantité à laquelle on la compare.
- EXCIPER , v. n. du lat. excipio) formé de ex, de , hors, et de capio, prendre. V. EXCEPTION.
- ( Pratique ) Exciper ; c’est , en termes de palais , fournir des exceptions. '
- Exciper, signifie aussi employer une pièce pour sa défense. C’est, dans ce sens que l’on dit : Exciper d’une quittance, d’un contrat.
- Exciper du droit d’autrui ; c’est se faire uu moyren d’une chose qui n’intéresse qu’un tiers, et non celui qui en excipe.
- EXCIPIENT, ad], et subst. même origine qw’exciper.
- ( Méd. ) On appelle excipient, en termes de médecine, Ce qui reçoit les autres ingrédiens , et leur donne uneforme convenable; comme les électuaires des boutiques, lesconr serves, les confections, les robs ou le miel.
- EXCISE, s. f. mot anglais, dérivé de l’allemand accise, fait du latin excido, excisurn.
- ( jFinances) Iinpét levé eu Angleterre sur la bière, le cidre et autres denrées faites ilaus l'intérieur; c’es{ la même chose qu’ACCISE.
- EXCISION , s. f. du lat. excisio, dérivé A’excido , formé de la partie, extract, ex, tle , hors , et de coedo, coupertl’actionderetrancher, échanr crure , entaille.
- ( Chirurgie ) On emploie ce mot pour signifier le retranchement du
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- piepiK'e aux mâles , et dés nymphes aux femelles, dans l’opération de la tiiconcision. La circoncision , dit Chardin, se pratique en Perse sur ]es deux sexes, principalement vers le golfe Pei-sique ; mais on ne circoncit les femelles que lorsqu’elles ont passé la jeunesse , parce qu’au-paravant il n’y a pas décroissance pour l’incision.
- EXCITATEUR , s. f. du latin excilo , formé de la partie, extract, ex, de , hors, et de cito , appeler, cmouvoir : celui qui anime , qui encourage.
- ( Physique) Instrument d’électricité , imaginé par De Rotnâs , pour exciter, sans aucun risque, des étincelles que Pon tire d’un corps électrisé par les nuages en tems d’orage. C’est un tuyau de fer-blanc ou de laiton , fixé dans un tube de verre garni d’une chaîne de laiton qui pend à terre.
- EXCLAMATION, s. f. da latin exclamatio, formé de la particule ex , de , hors , et de clamo , pousser des cris : le cri que Pon fait par admiration, par joie, par indignation, etc.
- ( Diction) U exclamation est une figure qui , par le moyen de quelques interjections , comme hélas ! ah ! eh ! ô 1 etc. exprime une passion violente , et excite dans le cœur des auditeurs des mouvemens de pitié , de haine , de mépris , d’indignation, de douleur, etc.
- EXCLUSIF, adj. Pour l’origine de ce mot, Voy. plus bas, EXCLUSION : qui a force d’exclure.
- ( Pratique ) Une loi porte une défense exclusive.
- Un droit ou privilège exclusif, est celui qui est accordé à quelqu’un pour faire quelque chose , sans qu’il soit permis à toute autre personne d’user de la même liberté.
- ( Droit public ) Les souverains ont des . voix exclusives dans les élections des'papes ; ces voix tendent a empêcher que quelqu’un ne soit élu.
- EXCLUSION , s. f. du latin ex-clusio, dérivé A’excludo , formé de la partie, extract, ex, dé, hors, et de claudo , fermer : l’action de ^ire pousser dehors, de faire sortir,
- EIC iG3
- d’exclure : déclaration par laquelle on exclut de quelque honneur , charge , dignité , prétention, assemblée , etc.
- ( Pratique ) Exclusion est, ep matière de succession , un droit par lequel un pius proche héritier .exclut un autre plus éloigné.
- On dit aussi causes d’exclusion de la tutelle et du conseil de famillç. Les mineurs , les interdits , les femmes , autres que la mère et les ascendantes ; ceux qui ont un procès qui intéresse les mineurs, les condamnés à des peines afflictives et infamantes, et les gens d’une inconduite notoire, sont exclus de la tutelle et du conseil de famille,
- ( Mathém. ) Méthode des exclu-sions y c’est une manière de résoudre les problèmes en nombres, en rejetant d’abord, et excluant certains nombres, comme n’étant pas propres à la solution de la question. Par cett,e méthode, le problème est souvent résolu avec plus de promptitude et de facilité. M. de Frenicle , habile mathématicien , qui vivqit du tems de Descartes , en est l’inventeur» Quelque instance qu’on lui fît, il ne voulut jamais, pendant sa vie, donner communication de cette méthode; mais après sa mort, elle se trouva dans ses papiers ; et c’est un des traités que l’on a donné dans le recueil intitulé : Divers Ouvrages de Mathématiques et de Physique , par MM. de l’Académie royale destScien-ces ; à Paris 169g. Au reste, depuis que les méthodes de l’algèbre sont devenues familières et ont été perfectionnées , la méthode des exclusions n’est plus d’usage , et ne peqt être que de simple curiosité.
- EXCOMMUNICATION, s. f. du latin excommunicatio , formé de la partie, extract, ex, de, hors, et de communico, pour commune facio , rendre commun ; l’action de retrancher de la communion.
- ( llist. anc. ) L’origine de Vex-communication est de la plus haute antiquité. Les prêtres des Grecs infligèrent cette peine en plusieurs circonstances. Les Grecs en transmirent l’usage aux Romains , et c’étoit ce que ceux-ci appeîoient sacris in-terdicere, exs e cm ri. Les druidesi ne La-"'
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- faisoient point participer àleurs mystères ceux qui n’étoient pas entière--Kient -soumis à leurs jugemens.
- U excommunication était aussi fort en mage parmi les Juifs.
- ( Culte cathol. ) L/exccmmuni-ce.ti.on , parmi ies catholiques , est une peine ou censure ecclésiastique par laquelle l'Eglise sépare de la communion des fidèles ceux contre qui elle est prononcée. Elle est moyenne ou mineure.
- La première prive celui qui en est frappé , de la société des fidèles , et de tsns ies biens communs qui dé-pendentdc l'Eglise.
- La seconde-prive un fidèle de la participation des sacreracus.
- F,xcommunication à jure ; c'est celle qui est portée par le droit canonique.
- Excommunication ab homme >* celle qui est prononcée par le juge ecclésiastique contre quelqu’un.
- Excommunication ipso facto ; celle qui s’encourt.par le fait, c’est-à-dire , en commettant la chose défendue sous peine d’excommunication.
- Excommunication comminatoire5 celle qui n’est qu’une menace A'excommunication , et qui a be-•soin «d’une sentence pour être encourue.
- 11 fut un tems où l’on croyoit que l’excommunication pouvoit effrayer Ses animaux malfaisans , et les obliger àVéloiguer. On en a prononcé contre des chenilles, des rats et d’autres insectes, après une procédure juridique , dans laquelle on dounoit à ces animaux un avocat et -un procureur pour les, défendre.
- EXCORIATION , s. f. du latin •excoria, formé de la part, extract. ex., de , hors , et de corium, cuir , peau; écorchure.
- ( Chirurgie ) Écorchure superfi--eieile qrû n’. Sènse que la peau.
- EXCREATIONs. f. du latin
- excrecitio, ou screatio , formé de ^screo , cracher.
- { Méâ. ) L’action de cracher, pour faire sortir ia matière qui est logée dans la gorge ., ou ia-matière des cra--chats même.
- EXCREMENT, ». ci, du latin
- EIC
- excrementum , formé d’excerne purger, nettoyer.
- ( -Med. ) On appelle ainsi toutes sortes de matières soiid.es ou liquides cha ssées hors du corps par les voies naturelles, comme superflues , inutiles et incapables de le nourrir. Telles sont les matières fécales , les urines, la sueur, la, morve, la cire des oreilles, etc.
- EXCRETION , s. f. du lat. éxere-tio , A’ excerno, purger.
- ( Méd. ) Action par laquelle la nature chasse au-dehors les matières et les humeurs excrémentielles et nuisibles. Ce mot se prend aussi pour les excrémeus même.
- EXCRETOIRE , adj. du lat. <?*-cretorius , d’excerno , purger.
- ( Med. j On appelle vaisseaux , tuyaux , conduits excrétoires , ceux qui donnent issue aux sucs , aux liqueurs , aux humeurs séparés de la masse du sang, dans les glandes et les diffé cens couloirs du corps. Ou les distingue des vaisseaux sécrétoires , en.ee que ceux-ci séparent et filtrent les humeurs de. la masse du sang, au lieu que les excrétoires les reçoivent après qu’elles ont été filtrées , et ensuite les vident et les déchargent.
- {Botan.) Les botanistes appellent aussi excrétoires, les vaisseaux des plantes dont la fonction est de rejeter leurs parties excrémenteuses.
- On sait que les plantes transpirent abondamment, et qu’il se fait , à l’aide des vaisseaux excrétoires, une dissipation de liqueurs superflues à laquelle on donne le nom A’excrétion. Les sen.timens sont encore très-partagés sur la manière dont s’opère celte excrétion et sur sa nécessité.
- EXCROISSANCE, s. f. du latin excrescentia , formé de la particule extractive ex, de , hors, et de cresco , croître : l’action de croître en dehors.
- {MécL ) On appelle ainsi tout es qui est contre nature sur quelque partie du corps que ce soit. Telles sont les loupes , les verrues , le sarcome , les coudil ornes , les fies , les thymus , les carnosités , les chairs qui s’élèvent dans les ulcères au-dessus du niveau de la peau,, etc.
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- ( Botan. ) On donne aussi ce nom aux parties monstrueuses qui se manifestent sur certaines parties des plantes, telles que les lonpes sur certains arbres , les gales de chêne et du lierre terrestre, les vessies de-Tonne, etc. Ces tumeurs proviennent d’un amas de sève arrêtée par une obstruction; ce qui cause un gonflement dans la partie de l’arbre ou du fruit.
- . EXCURSION, s. f. du latin ear-cursio, formé de la particule extractive ex , de , hors , et de curro , courir : course , irruption.
- ( Art milit. ) Irruption sur le pays ennemi.
- ( Astron. ) Cercle A’excursion ; ce sont des cercles parallèles à l’écliptique , et placés à une telle distance de ce grand cercle qu’ils renferment ou terminent l’espace des plus graudes latitudes.
- Les points on une planète est dans sa plus grande excursion, se nomment limites.
- EXCUSAT]ON, s. f. du Int. excu-satio, formé de la particule extractive ex, de , hors, et de cudo , d’où l’on a Fait accusa , recuso.
- ( Jurisprud. ) Raison que quelqu’un allègue pour être déchargé d’une tutelle ou de quclqu’auire charge publique.
- EXCUSSION,s.f. du lat. excufio, formé de la particule extractive ex , de, hors , et de guatio , secouer.
- ( Méd. ) Secousse, ébranlement, agitation. TJexcussion est nne des causes de la palpitation du cœur.
- EXÉCUTEUR , s. f. du lat. exe-quor, exécuter : celui qui exécute.
- ( Pratique) Exécuteur testamentaire ; c’est une personne commise par un testateur pour veiller à l’exécution de son testament, codicille et autres dispositions de dernière volonté.
- EXECUTION , s. f. même origine qu’EXECUTEUU ; action d’exécuter.
- (Art milit.) Exécution militaire ; ce sont les rigueurs qu’on exerce contre un pays , faute d’avoir payé les contributions.
- (Pratique) Exécution est l’ac-complis&emeat d’une chose- On dit
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- exécution cFun acte , d’un contrat , d’un jugement.
- Exécution s’emploie aussi pour saisie, vente des biens d’un débiteur.
- ( Exécution parée ) ( parafa ) ; c’est celle qui est toute prête , et que l’on peut faire en vertu de l’acte , tel qu’il est, sans avoir besoin d’autre formalité , ni d’autre titre.
- Exécution provisoire ; celle faite par provision seulement, en vertu d’un jugement provisoire , et en attendant le jugement définitif.
- ( Musique ) Exécution se dit anssi de Faction d’exécuter urre pièce de musique.
- C’est peu de lire la musique exactement; il faut entrer dans toutes les idées du compositeur, sentir et rendre Je feu de l’expression, avoir sur-tout l’oreille juste , et toujours attentive pour écouter et suivre l’ensemble'.
- On appelle encore exécution la facilité de lire et d’exécuter une partie instrumentale, et l’on dit, par exemple, d’un symphoniste , qu’il a beaucoup Ac exécution, lorsqu’il exécute correctement, sans hésiter et à la première vue les choses les plus difficiles.
- ( Peinture) J J exécution , en peinture , est une partie purement mécanique qui semble ne tenir rien dit génie , mais qui sert infiniment a le produire avec succès.
- Les Ira viles d’r xécufion servent à fixer les yeux du spectateur sur des objets dcstiués à toucher son ame ; et sans les attraits de V exécution, la rapidité avec laquelle il parcourroil certains ouvrages , l’eropêeheroit d’en apercevoir toutes les finesses.
- EXÉCUTOIRE . adj. même origine qu 'EXÉCUTION.
- C/> mot se dit d'un acte, d’un coiitvat, d'un jugement qui peut être nus à exécution.
- Exécutoire nonobstant Vappel ; on Te dit d’un jugement qui peut être mis à exécution sans que l’appel puisse l’empêcher.
- F.XEDRE , s. m. du grecs? (ex ) , et de scfos. (bedra), siège , lieu où l’on s’assied.
- ( Littéral, qnc. ) Les exèdre» étaient chez les anciens des lieux où. disputoient les philosophes.,. les.
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- ihétorichiens , etc. M. Perrault dit que c’étoit de petites académies où les gens de lettres conféroieat ensemble. Il semble que dans Cicéron éxedra se prend pour un cabinet d’étude où il j a un petit lit pour se reposer.
- EXÉGÈSE, s. f. du grec èf»*»-<nç ( exégêsis ) du verbe 'dç^yio/xcu ( exêgêornai), exposer : explication, exposition claire.
- ( Littérat. anc. ) Explication d’un oU plusieurs mots par un autre ou plusieurs autres qui, sans avoir le même son , ont le même sens. On appelle aussi exégèse un discours entier fait pour expliquer quelque chose, un commentaire.
- Delà exegète, celui qui explique. On nommoit ainsi à Athènes les interprètes en matière de religion.
- Exégétique , ce qui sert à expli -qner. La théologie exégétiquet est consacrée à l’explication de l’Ecriture-Sainte.
- ( Algèbre artc. ) Exégèse numérique ou linéaire signifie l’extraction numérique ou linéaire des racines des équations , c’est-à-dire, la solution numérique de ces équations ou . leur construction géométrique. Viette sJest servi de ce mot dans son algèbre, où il appelle exégétique, l’art de trouver les racines des équations d’un problème , soit en nombre, soit en lignes, selon que le problème est numérique ou géométrique.
- EXERCITOIRE , adj. du latin exercitor,celui qui charge un vaisseau.
- ( Prat. ) On appelle action exer-eiioire celle qui est donnée pour rai-sop du contrat fait par le commis on le sous-commis d’un vaisseau contre celui à qui en doit appartenir le produit. Les Romains appelaient exercitor celui qui chargeoit uu vaisseau en marchandises à son profit. C’est de là que cette action a pris son nom.
- EXERESE , s. f. du grec ( exairéô ) , emporter , arracher.
- ( Chirurgie) Opération de chirurgie , par laquelle on retranche du corps tout ce qui lui est étranger, paisible ou inutile.
- EXH
- EXERGUE, s. m. du grec i| (ex), hors, et d’ïpyoy ( ergon ), ouvrage: hors d’œuvre.
- ( Numismatique)Yelit espace qui est pratiqué au bas du type d’une médaille , et qui en est séparé par une ligne. On met d’ordinaire dans Vexergue la date de l’année où elle a été frappée , une inscription ou une devise.
- EXERRHOSE, s. f. du grec s|sp-focri'.t( exerrôsis ), formé d’sf ( ex), de , hors , et pia> ( rhéô ) , couler.
- ( Méd. ) On entend par ce mot l’écoulement qui se fait par la transpiration insensible.
- EXERT, adj. du lat. exerlus , partie. d’exéro , formé de la parti, cule extractive ex , de , hors , et de sero, tirer, tirer dehors, découvrir : saillant.
- ( Botan. ) Terme de botanique qui siguifie saillant au dehors de l’ouverture de fa partie contenante , ou surpassant en longueur ou hauteur les parties environnantes. Ainsi on appelle étamines exertes celles qui saillissent hors du calice ou de la corolle.
- EXFOLIATION , s. f. du latin ex , de , hors , de folium , feuille , et de ago, faire: l’action d’enlever, de séparer les fenilles.
- ( Botan. ) On dit, en parlant des plantes , qu’une partie s’exfolie ou qu’elle tombe en exfoliation, quand elle se détache par feuillets desséchés de dessus une autre partie.
- ( Chirurgie ) Exfoliation se dit aussi de la séparation de la partie cariée d’un os qui se détache par feuilles de la partie saine. De là on appelle exfoliatifs les remèdes qui sont propres à faire exfolier les os cariés. On nomme aussi trépan ex-foliatif une espèce de trépan qui perce l’os en le ratissant et en enlevant plusieurs feuilles les unes après les autres.
- EXHALAISON, s. f. du latin exhalatio , formé de la particule extractive ex, hors, et de halo, jeter, rendre une odeur. Les Grecs apeloient ( halos), cette petite
- couronne de vapeurs que l’on aperçoit autour des étoiles.
- ( Physique ) Les exhalaisons sont de petits corpusculessalinsspirituea^
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- ou huileux j-qui s’exhalent des corps ët se répandent dans l’atmosphère. De toutes les substances qui s’ exhalent des corps et passent dans l’atmosphère , on appelle vapeurs toutes celles qui tiennent de la nature dé l’eau ; toutes les autres sont connues sous le nom â’exkalatsons ; elles contribuent à la formation des météores , et sur - tout des météores enflammés.
- On donne principalement le nom à’exhalaisons aux émanations chargées de gaz hydrogène mêlé avec le gaz azote, tel que l’air inflammable des marais, ou avec d’autres substances, tel que le gaz hydrogène sulfuré*, qui minéralisé la plupart des eaux thermales, et qui répand une odeur iisupportable par-tout où le soufre se trouve combiné avec une terre alcaline comme dans les Marais l’ontins ; le gaz hydrogène phos-phoré qui s’élève des cimetières et des voieries, et qui ,• eu s’enflammant par le contact de l’air, formé iesi feux follets. Ce gaz azote connu sons le nom de mofette, est nue des exhalaisons les plus dangereuses' ; elle remplit assez souvent les souterrains qui n’ont pas été ouverts depuis long-tems. P. AZOTE , MOFETTE , FEUX FOLLETS.
- EXHALATION, s. f. même orfo oine qu’EXHALAÎSON- l’action de faire exhaler.
- ( CAfrofe) Opération par laquelle, an moyeu du feu , on fait éleveè et dissiper les parties volatiles des substances.
- EXHAUSSEMENT , s. m. composé de la particule latine ex, dè, hors , et du mot fiançais haussement : élévation.
- ( Archit. } Élévation d’un plancher , d’une voûte.
- C’est encore une espèce d’attiquè ajouté après coup sur l’entablement d’un édifice pour pratiquer un étage dans le comble.
- EXHAUSTION , s. f. du latin exhaustio, formé de la particule extractive ex, de , hors, et de hau-rio , puiser, puiser hors, épuiser: l’action d’épuiser.
- ( Mathémat. ) La méthode d’ex-haustion est une manière de prouver l’égalité ds deux grandeurs , en fai-
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- saut voir que leur différente èst plus petite qu’aucune grandeur assignable , et en employant, pour le démontrer , la réduction à l’abstmle.
- La méthode à’ exhaustion est fort en usage chez les anciens géomètres-, comme. Euclidè ét. Archimède j etc. Elle est fondée suè ce théorème du deuxième livre d’Eu-clide, que des quantités sont egales lorsque leur différence est plus petite qu’aucune grandeur assignable } car si elles étaient inégales, lé né différence pourrait être assignée' ; Ge qui est contre l’hypothèse.
- C’est d’après ce principe qu’on démontre que si un polygone régulier d’une infinité de côtés est inscrit ou circonscrit à un cercle , l’èspace qui constitue la différence entre le cercle et le polygone s’épuisera et diminuera par degrés, de sorte que.le cercle deviendra égal an polygone.
- Le calcul différentiel, n’est ..auir^ chose que la méthode d’ exhaustion des anciens réduite à une analyse simple et commode. C’est la méthode de déterminer analytiquement les limites des rapports. Voy. DIFFERENTIEL.
- EXHÉRÉDATION , s. f. du latin èxheredatio , formé delà particule extractive ex, de, hors , et iTkœres f héritier : l’action de déshériter, ,
- ( Pratique ) Disposition p u- la-r quelle on exclut de la succession , en toutou en partie , celui auquel t sans cette disposition , les biens au-roient appartenu comme héritier en vertu de la loi.
- EXHIBITION, s. f. du làt. exhi-hitio , formé de la particule extrac -tive ex, de, hors, et de kabeo, avoir, mettre dehors, montrer, iaive voir : t’actibn de faire voir.
- ( Pratique ) Représentation de pièces. \Jexhibition diffère de la communication, en ce que celle-ci laisse voir et examiner une pièce, au lieu que l’exhibition désigne seulement l’action de la montrer.
- EXHUMATION, s. f. du latin exhumatio, formé de la particule extractive ex , de , hors , et de hu • mus, terre : l’action de tirer de terre , déterrer.
- (Pratique) Action par laquelle on tire un cadavre de terre , soit
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- f>our le transférer dans nn autre ieu, soit pour le visiter à l’occasion de quelque procédure ; ce qui ne peut se taire qu’en vertu d’un jugement rendu sur les.conclusions du ministère public.
- EXIGIBLE , adj. du latin exigo , formé de la particule extractive ex , de , hors , et de ago , chasser, pousser dehors : qui peut être exigé.
- (Pratique ) Une somme due n’est pas toujours une somme exigible ; il faut souvent attendre l’échéance."
- EXIL, s. m. du latin exilium, formé d’ex, de, hors, et de solum , sol, d’où l’on a fait exul quasi extra Solum . chassé du sol.
- ( Pratique) Rélégation d’une personne dans un lieu d’où il ne peut sortir sans ordre. L’exil diffère du bannissement, en ce que l’exilé ne perd aucun de ses droits et n’encourt pas même d’infamie , au lieu que le banni à perpétuité est mort Civilement, et le banni pour un tems perd l’honneur et est noté d’infamie.
- On n’acquiert point de domicile par la résidence dans un lieu à’exil.
- EXODE, s. m. du grec i^oJaç ( exodos ), sortie , formé à’i'ç ( ex ), de, hors, et de oJoc ( hodos), chemin : écart du chemin.
- ( Ecriture-Sainte )Le second des cinq livres de Moïse. Ce livre est ainsi appelé, parce qu’il contient la sortie des Israélites hors l’Egypte. L'exode contient outre cela l’histoire de ce qui se passa en Egypte depuis la mort de Joseph jusqu’à la sortie des Israélites hors d’Egypte et dans le désert, sur-tout au mont Sinaï , jusqu’à la construction et l'érection du tabernacle.
- ( Tragédie grecque ) Exode étoit l’une des quatre parties de la tragédie grecque , celle qui renfermoit ce qu’on disoit après que le chœur avoit cessé de chanter pour ne plus reprendre, c’est-à-dire, le dénouement et la catastrophe de la pièce ; ce qui répond à notre dernier et cinquième acte.
- (Tragédie lat. ) Parmi les Latins, exode a été pris dans un autre sens ; c’étoit, parmi eux , à-peu-près ce que la farce est parmi nous.
- Après qu’on avoit joué la tragé-
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- die, on faisoit venir Vexodiaire qui par ses grimaces , ses plaisanteries, ses bons mots, di#ertissoit le peuple , essuyoit les larmes que la tragédie avoit fait verser. Ce fut dans une de ces pièces que Vexodiaire peignit les atrocités de Néron.
- EXOINE, s. f. Les étymologistes ne sont pas d'accord sur l’origine de ce mot. L’étj moîogie la plus naturelle est celle qui le fait venir d’exonerare , décharger , excuser.
- ( Pratique) Excuse proposée par une personne absente qui ne peut comparoîlre en justice, au moyeu de quoi elle est exoinêe.
- EXOMIDE , s. f. du grec eç (ex ) , de,hors et de &juaç(àm&s), épaule: épaule nue.
- ( Hist. anc. ) Sorte d’habillement en usage parmi lés anciens Romains , qu’ils abandonnèrent ensuite aux esclaves et aux comédiens. Il étoit ainsi appelé , parce qn’il étoit taillé de iaçon qu’il laissoit l’épaule nue : il n’avoit qu’une manche.
- EXOMOLOGÈSE, s. m. du grec sfouoXoyia-ic (exomologésis) , dérivé A’t^ogoxiyîoum ( exomologéomai j , confesser : confession.
- (Hist. ecclés. )Ce mot estemplojé quelquefois en parlant des rits anciens delà pénitence dont Y exomolo gèse faisoit une partie ; elle étoit ordonnée pour les péchés publics.
- . EXOMPHALE, s. m. du grec «0 { ex ) , hors , et d’ô^wçstxôr ( ornphalos) , nombril. C’est la même chose qu’GMPHALOCÈLE. V. ce mot.
- ( Chirurgie ) Hernie ombilicale. On la distingue eu vraie , en fausse et en mixte. La vraie est celle qui est produite par les pâmes flottantes dans le bas-ventre. V. pour la fausse, les mots SARCOMPHALE, BY-DKOMPHALE , PNEüMATOM-PHÀLE, VARIOMPHALE. Pour la mixte. V. les mots ENTEROSAR-COMPHALE, KNTEROHYDROM-PHALE , ENTERQPN EU M ATOM-PHALE , ENTERGYAR1 COMPHÂ-LE , etc.
- EXOPHTALMIE , s. f. du grec 1* (ex), hors, et d’bqBarfj.bç ( oph-thalmos ) , œil : sortie de l’œil.
- ( Chirurgie ) Sortie de l’eeil hors de son orbite.
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- EXORCISME, s. m. du grec ’^op-xj|o' ( exorkizô ) , conjurer , dérivé d’op^oî (horkos), jurement, serment.
- ( Hist. ecclés.) Prière ou conjuration dont se sert l’Église pour chasser les démons ou pour préserver de quelque danger. L’usage des exorcismes est aussi ancien que l’Eglise.
- On a Tait aussi autrefois des exorcismes pour tirer la preuve de la vérité des accusés. On exorcisoit tout ce qui servoit aux épreuves , tel que le 1er, l’eau froide et bouillante,, le pain , etc. De là est venucette imprécation : Que ce morceau in étrangle si je rhents car on croyoit qu’un coupable ne pouvoit pas avaler un morceau de pain exorcisé.
- EXORDE, s. m. du iat. exordium, formé de la particulee.r, qui marque le point de départ, et ordior, commencer.
- ( Diction ) On entend en rhétorique , par exorde , la première partie du discours. Elle consiste à préparer doucement l’esprit des auditeurs aux choses qu’on doit leur annoncer par la suite.'
- On distingue deux sortes d’exor-des , l’un modéré où l’orateur prépaie ses auditeurs et les amène insensiblement aux choses qu’il va leur proposer ; l’autre ve'faément, où l’orateur entre brusquement en- matière.- Ce dernier n’a guère lieu que dans les cas d’une joie ou d’une indignation extraordinaires, ou dequel-qn’autre passion extrêmement vive.
- Tel est ce début d’Isaïe imité par Racine dans Atkalie :
- deux, écoutez ,• terre, prête Vo-reilie.
- Les Catilinaires de Cicéron commencent aussi ab abrupto.
- Les anciens , les Grecs comme les Latins ont été très-licencieux dans leurs exordes. Parmi les ouvrages de Démosthènes, nous avons un recueil d’exord.es dont quelques-uns lui ont servi dans les harangues qui nous restent de lui. Cicéron nous a appris qu’il en avoit un volume de réserve ; ensorte qu’ayant envoyé un Traité de la Gloire à Atticus , où il avoit mis le même exorde et la même prélace qu’il avoit déjà employé à la tête du troisième livre ue ses Ques-
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- lions académiques, il le prie nsSez plaisamment de le couper et d’y en coller un autre qu’il lui envoie.
- Le mot latin prologus répond au mot exordium , mais ne s’applique qu’aux pièces de théâtre ; prælu— dium, prélude, à la musique, et proemium , préface , à un ouvrage, à un traité
- EXOSTOSE , s. m. du grec ï%c— ç'xmç (exostoses) , foçmé d’gç ( ex), de , hors , et d’orsov ( osiéon ) , mz dehors les os.
- ( Chirur. ) Tumeur osseuse contre nature, qui s’élève sur la surface de l’os.
- ( Jardin. ) Les jardiniers ont em-pvuntc’ce mot de la chirurgie, pour exprimer ces excroissances qui pa-roissent fréquemment sur le bois cia corps des arbres.
- EX0TER1QUE , adj. du gr. ifâ-rispoç ( exotéros ) , extérieur.
- ( Philos, anc. ) Les anciens philosophes faisoient des ouvrages exo~ tériques , c’est-à-dire, communs, vulgaires , à la portée de tout le monde et faciles à comprendre , par opposition à ceux qu’ils appelaient ézotériques , ou ACB.OAT1QUE3 ( V. ce mot ) , qui étoient si obscurs, qu’on ne pouvoit les comprendre sans qu’ils en donnassent eux-mêmes l’explication.
- EXOTIQUE, adj. du grec i?am-kùç fexôtikos), d’î^ûù (exo), étranger; dehors.
- ( Grammaire ) Ce mot s’emploie daus la didactique , pour exprimer les termes barbares pris des langues étrangères.
- ( Botan. ) Plantés exotiques ; ce sont celles qui sont étrangères an climat qu’elles habitent. On les appelle ainsi par opposition aux plantes INDIGENES ( V. ce mot ), qui sont dans leur climat naturel, ou qui y sont naturalisées depuis long-tems.
- EXPANSIBILITÉ , s. f. du la lia ex , de , hors , et de pando, ouvrir, étendre : disposition à s’étendre.
- (Physique) Propriété qu’ont certains fluides , par laquelle ils tendent sans cesse à occuper un plus grand espace, laquelle tendance auroitlieu, s’ils n’étoient retenus par quelqua obstacle.
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- "Tons les fluides élastiques , tels que le feu , l’air et le gaz , ainsi que tontes les substances qui ont acquis le degré de clialçur nécessaire pour leur vaporisation, jouissent de l’ex-pansibilité; de sorte que, tant qu’ils ont la liberté de s’étendre / ils ne cessent pas de le faire du moins ne connoissons-nous pas le terme au-delà duquel ils cesseroient d’être expansibles. L’air, par exemple, remplit toujours le vase qui ïe contient, en quelque petite quantité qu’il y soit.
- Uexpansibilité es<t. dans certaines substances, capable de vaincre des eflorts prodigieux, comme cela se voit dans l’inflammation de la poudre à canon , dans les vapeurs dilatées , etc. V. POMPE A FEU.
- EXPANSION, s. f. même origine qu’EXPAN 81BILITÉ.
- ( Physique ) Acte par lequel un corps s’étend , se dilate , au point «/occuper un plus grand espace, soit par une cause interne , comme l’élasticité , soit par une cause externe , comme la chaleur. 'Voy. FORCE EXPANSIVE.
- ( Physiologie ) Expansion se dit aussi du prolongement de quelque partie. U expansion membraneuse du genou.
- EXPECTANT - TE, adj. du latl expetto , ou exspecto, formé de la partie, ex , de , hors , et de specto , regarder au-deliors , attendre , espérer : qui attend , qui espère.
- ( Médec. ) On appelle médecine expectante, la théorie des médecins qui ont pour principe d’attendre les opérations successives de" la nature pour se décider.
- EXPECTATIVE , s. f. jnême origine qn’EXPECTANTy7 espérance fondée sur une promesse ou sur de belles apparences.
- ( Econ. polit. ) Il se dit aussi d’une espèce de droit de survivance que l’on donne en certains pays.
- ( Hist. ecclés. ) C’est, en matière bénéficiale , l’espérance on le droit qu’un ecclésiastique a au premier bénéfice vacant, du nombre de ceux oui sont sujets à son expectative.
- EXPECTORATION, s. f. dulat. expectoratio , dérivé d'expectora ,
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- formé de la partie, ex, de, hors, et de pectus, pectoris , poitrine : l’action de vider la poitrine.
- ( Méd. ) L’action de cracher ou de vider la poitrine des phlegmes qui s’y forment , et qui engluent ses poumons. On provoque l’expectoration, on la facilite par des remèdes expectorans.
- EXPÉDIENT , s. f. du lat. expe-dio , formé de ex , de , hors , et de pes, pied; se dépêtrer, dégager ses pieds, débarrasser : qui dégage, qui débarrasse ; moyen de terminer une affaire.
- {Pratique’) Arrangement fait pour l’expédition d’une affaire. On distingue deux sortes d’expédièns : l’un est un accord volontaire signé des parties ; l’autre est un arrangement fait par un ancien jurisconsulte devant lequel les parties se sont retirées , en conséquence de la disposition de l’ordonnance de 1667.
- EXPEDIER , v. a. même origine qu’ EXPEDIENT.
- ( Pratique ) Délivrer une expédition , une grosse ou copie d’un acté public et authentique.
- ( Commerce ) On dit expédier des marchandises .pour, les envoyer; expédier un vaisseau, pour, le charger , l’équiper pour, le laire partir.
- ( Administration ) Expédier un courrier , pour dire , envoyer un homme chargé de dépêches,
- EXPÉDITION, s. f. même origine qu’EXPEDIENT.
- ( Pratique , Administration ) C’est la rédaction d’ur. acte , etc.
- ( Art mi.li-t. ) Expédition se dit aussi de toute entreprise qui se fait avec diligence et vigueur. On dit d’un officier qu’il est un homme d’expé-dition , pour dire, courageux et entreprenant.
- ( Marine ) Il se dit encore d’une campagne de vaisseaux destinés à remplir quelque objet important, ordinairement quelque entreprise militaire , quelquefois pour lercoin-nierce ou pour des découvertes.
- EXPÉRIENCE , s. f. du latin experior, éprouver, essayer.
- ( Physique ) Ou appelle ainsi une épreuve capable de démontrer
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- îa vérité de quelque fait énoncé.
- ( Electricité ) Expérience de Ecyde ; nom que l’abbé Nollet a donné à une expérience d’électricité laite pour la première fois à Leyde, et dans laquelle on reçoit une violente commotion.
- EXPERT , s. m. dulat. èxperlus, participe d’experior, éprouver.
- ( Pratique ) Personne verse'e dans la connaissance d’une science , d’un art, d’une certaine espèce de marchandise.
- Les rapports et les avis des experts sont requis par le juge, lors-qu”il s’agit d’éclaircir un point de fait que l’on ne peut bien entendre sans le secours des connoissances propres aux personnes d’une certaine profession. Les experts sont appelés jurés , ou experts jurés , parce qu’ils sont tenus de prêter serment.
- EXPILATION, s.X du lat. expi-lo , piller , voler.
- ( Pratique ) Soustraction en tout Ou en partie d’une hérédité jacente , on qui n’ait point encore été appréhendée par l’héritier. Cette soustraction , pour être ainsi qualifiée , doit avoir été' faite par quelqu’un qui n’avoit aucun droit à la succession ; ainsi, elle u’a pas lieu entre cohéritiers. C’étoit, chez les Romains, une espèce particulière de larcin , parce qu’il ne peut y avoir de larcin d’une chose héréditaire qui n’é-toit possédée de personne avant l’acceptation d’hérédité. Ainsi, le droit romain a introduit l’action d’expila-tion d’hérédité , pour punir cette espèce particulière de crime.
- EXPIRATION, s. F. dulat. ex, de , hors , et de spiro, souffler : l’action de souffler hors.
- ( Physique ) Acte par lequel la poitrine des hommes et des animaux, chasse une partie de l’air qu’elle avoit reçu dans l’inspiration.
- ( Botan. ) Ce mot se dit aussi, en parlant de l’action par ,laquelle les plantes rendent l’air qu’elles ont aspiré. Éexpiration dans les plantes dépend de l’alternative du froid et du chaud.
- EXPLETIF , adj. du lat. éxpleo, formé de la particule ex, de, hors, et
- EX P
- de l’inusité pleo , remplir; remplir au-delà, combler: ce qui est surabondant. .
- ( Grammaire ) Il se dit de certains mots qui entrent dans une phrase , sans être nécessaires pour i’intelii-gence du sens. Les explétifs sont souvent employés dans le discours familier: Prenez-moz ce flambeau: Il vous traite comme il faut. Moi , vous , sont des mot? explétifs , qui n’ajoutent rien à la valeur de la phrase.
- EXPLICITE, adj. du lat. explicitas , quasi cum omnibus plicis evolutus, dont tous les plis sont développés; d’explico , déployer.
- ( JÛidact. ) Clair, formel, distinct , développé. Il y a ùne volonté explicite , qui est claire et bien expliquée par les paroles. 11 est opposé à IMPLICITE. P. ce mot,
- EXPLOIT-, s. m. du latin ex-pletare, selon les uns , et d’ex— plicare, ou explicilare, suivant les autres.
- ( Art milit. ) Action grande , signalée , mémorable. Alexandre et César ont fait de grands exploits de guerre.
- ( Pratique ) Exploit se dit aussi d’un acte de justice ou de procédure, fait par le ministère d’un huissier.
- Ces sortes d’actes sont ou judiciaires,comme un exploit d’ajournement; ou extrajudiciaires , tels que les sommations, commandemeus, saisies, oppositions, dénonciations, protestations.
- EXPLOITATION, s. f. même origine qu’EXPLOIT.
- ( Agricult. écon. dom. ) L’action d’exploiter ( cultiver) des terres , des bois , des mines , etc.
- EXPLORATEUR, s. m. du latin exploro, examiner, visiter, rechercher.
- ( Econ. polit. ) Ce mot a été mis à la place d’espion , comme étant plus noble , ou pour désigner des fonctions plus distinguées , comme celles de découvrir dans les cours étrangères la manière de penser et les secrets du ministère.
- EXPLORATION, s. f. du latin exploro , examiner.
- ( Méd. ) Action de tâter le pouls ,
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- pour connaître si une personne a de f» fièvre , et à quel degré. Les anciens définissoient la fièvre par i’aug-meutation de la chaleur.
- ( Chirurgie ) C’est au-ssi Faction de sonder une plaie ou uu ulcère. EXPLOSION, s. f. du latin ex-
- ftlosio r dérivé d’exjrlodo, formé de a partie, ex, derhors, et de plaudo, faire fuir, chasser avec éclat,
- ( Physique ) Eclat, bruit, mouvement subit et véhément , très-grande dilatation subite d’une substance quelconque. Si l’on enflamme de la poudre à canon, elle se dissout en vapeurs prodigieusement dilatées par l’inflammation , et fait une explosion d’autant plus grande , que la quantité de la poudre est plus considérable. Que l’on fasse chauffer de l’eau dans un vaisseau exactement fermé , si la chaleur est assez forte pour donner à l’eau une force expansive plus grande que la résistance du vaisseau, elle le fait'crever, se réduit subitement en vapeurs, et fait une explosion ter*ibie , et capable d’efforts prodigieux.
- Le bruit que l’on entend en pareil cas , est produit par Pair frappé par la vapeur dilatée,
- ( Méd. ) C’est par analogie que les médecins ont appliqué ce terme à l’effet et à l’action des esprits animaux dans le mouvement local et animal , tant naturel que contre nature,
- EXPONENTIEL , ad), du latin txpono , exposer.
- ( Géométrie- transcendé. ) Quantité exponentielle c’est une quanti té: élevée à une puissance dont IVxposanf est indéterminé et variable. v. exposant.
- H 'y a des quantités exponentielles de plusieurs degvés ou de plusieurs ordres. Quand Vexposant est une quantité-simple et indéterminée , on l’appelle une quantité exponentielle du premier degré. Quand Vexposant est lui-même une exponentielle du premier degré , alors la quantité est une: exponentielle du second de g''é-
- La théorie des quantités exponentielles est expliquée avec beaucoup de clarté dans un Mémoire contenu
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- clans le t. I.ec du Recueil des (Œuvres de Bernouilii. , Lausanne,
- EXPOSANT , adj.. même origine qu’EXFON ENÏIEL.
- ( Algèbre ) Ce terme a différentes acceptions , selon les diffèrer,s objets, auxquels on le rapporte. On dit, Ycxposarit d’une raison , Yexposant du rang d’un terme dans une suite „ Vexposant d'ime puissance.
- U exposant d’une raison ( géométrique ) est le quotient de la division du conséquent parFantécêdenf. Ainsi , dans la raison de 2 à 8 , Yexposant est 8/2 — 4 ; dans celle de 8 à 2 , Y exposant est 2/8 = r/i. F". PROPORTION.
- U exposant cîu rang est, comme cela s’entend, le nombre qui exprime le' quantième d’un terme dans une suite quelconque. On dira , par exemple , que 7 est Yexposant du rang da terme i3 dans fa suite de» impairs.
- On nomme exposant, par rapport à une puissance , un chiffre O en caractère minuscule o qu’on place à la droite et un peu au-dessus d une quantité soit numérique, soit algébrique , pour désigner le nom de la puissance à laquelle- on veut faire entendre qu’elle est élevée. Dans a* par exemple , 4 est Yexposant quf marque que A est supposé élevé à la quatrième puissance.
- EXPOSITION , s. f. duîa i.expo-no , d’e.v, hors , et de pono , poser , poser hors, exposer : action par laquelle une chose est exposée en vue, ou état de la chose exposée.
- ( Elocution ) Exposition signifie narration , récit. Le premier soin que l’on doit avoir en écrivant , c’est d’exposer le sujet que l’on traite. Ainsi , des parties de quantité d’un poëme , Y exposition est la première. Aristote l’appelle prologue dans le poëme dramatique y et dans l’épopée , c’ést la même chose que le début ou la proposition.
- Le premier acte de la tragédie est fout entier consacré à cela. 11 contient , pour ainsi dire , le germ,e des choses que les suïvans ne servent qu’àdévelopper. L’auteur y fait con-noître les principaux personnages , ou en les faisant paroître sur le
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- thc-âtre , ou eu donnant une idée de leur caractère , en tant qu’il a rapport à l’entreprise. Tout cela doit êlreesëcaté de façon qn’on aperçoive le nœud, et qu’on conjecture le dénouement par le discours et le caractère des acteurs.
- Le poète épique doit, comme le tragique, marquer, dans le premier chant de son poëme , le caractère des principaux personnages , tant réels que fabuleux , qui auront le plus de part à l’action , afin que le lecteur découvre la cause des inci-deiis qui formeront l’intrigue.
- { Peinture ) Exposition a deux sens en peinture. Dans le premier, il signifie la manière dont un tableau est placé. De tableau est dans «ne bonne exposition, quand le peintre connaît d’avance la place qu’occupera son ouvrage ; comme lorsqu’il fait une coupole ou un tableau d’autel , il doit travailler en conséquence de Vexposition qui lui est connue , et il peut même se concerter avec l’architecte pour rendre cette exposition encore plus favorable. Il peut, par exemple , faire pratiquer , dans quelque partie de l’édifice, une ouverture qui, cachée au spectateur, fera tomber sur l’ouvrage une lumière qui en augmentera l’effet. Mais s’il fait un tableau de chevalet, sujet à changer de lieu , il doit tacher que l’effet en soit heureux à toute exposition raisonnable.
- On appelle , dans un autre sens, exposition , l’action d’exposer ses ouvrages au jugement du public. Les peintres de Paris et de Londres exposent leurs ouvrages au public. Les artistes de la Grèce exposoient leurs ouvrages au public. L’ignorance multiplie dans ces occasions, les jugemens absurdes j et c’est du concours des jugeœens dictés par le goût ou par l’ignorance, que se forme celui qui donne aux vrais talens la place qu’ils méritent. Ces expositions ont un autre avantage , celui -d’entretenir Trémulation qui s’affoi-büroit dans le calme des ateliers.
- '{Jardin.) Exposition s’entend encore de la situation d’un lieu par rapport aux divers aspects du soléii.
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- Savoir: le levant, le-midi, le couchant et le nord.
- EXPRESSION , s. f. du latin ex-pressio , dérivé d’exprimo , formé de la partie. ex,àe, hors, et de pre-mo , presser , presser hors , exprimer: l’action d’exprimer ; action par laquelle on exprime le suc , le jus d» quelque chose. Ce mot se .prend, aassi pour la liqueur même qu’on a exprimée: Une expression de citron.
- ( Granimaire ) Expression signifie aussi, par analogie, les termes et la manière dont on se sert pour exprimer ce qu’on veut dire : Belle , noble , élégante , forte expression a-expression vive et hardie ; expression basse et populaire.
- .{Peinture) On entend par expression , en peinture , les signes extérieurs par lesquels s’annoncent, suc le visage et dans toute l’habitude du. corps, les affections et tous les sen— mpns de l’ame.
- Tout ce qui vit, tout ce qui est animé éprouve , presque sans interruption , des sensations, ou ce qu’on appelle passion. Le peintre, pan conséquent, ne peut jamais représenter un être vivant, qu’il ne soit, obligé de le montrer ave.c un sentiment ou «ne passion. 11 y a plus ; tous les corps , tous les objets qui n* sont pas doués de la vie , ont ausssi, indépendamment de leur forme et de leur nature générale, un caractère particulier qu’ils tiennent de l’état actuel, c’est-à-dire, des circonstances propres ou acçidentelles qu’ils é-prouvent. Ainsi, le peintre ne doit représenter aucun être inanimé, sans donner à connoître , avec sa forme générale , son état accidentel. U» arbre est non seulement de telle ou telle espèce , mais il est encore jeune ou vieux , sain ou malade ; il é-prouve les effets de l’hiver , du prin-tems , de l’été ou de l’automne.
- Raphaël est resté jusqu’à présent le plus grand maître dans l’art de Vexpression. Son premier soin , quand il vouloit composer un tableau , étoit de penser à Vexpression , c’est-à-dire, suivant le sujet-quelles passions dévoient animer les personnages en général ; ensuite il calcuioit les degrés de ces passions, et dét-erminoit les personnages aux
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- quels il falloit les donner; quelles espèces défigurés il devoir employer, quel devoir être leur nombre, et à quelle distance de l’objet principal il étoit convenable qu’elles lussent placées , pour mieux concourir à l'effet général.
- Par ce moyen, il concevoit l’étendue de son ouvrage, déterminoit la grandeur du champ qu’il devoit remplir, et les rapports mutuels de l’expression de l’objet principal , et de celle de ses principaux groupes. 11 considéroit si l’action se boruoit au moment actuel, ou si elle devoit s’étendre au-delà; si elle étoit d’une expression forte ou foible , ou tempérée ; si elle avoit été précédée de quelque événement antérieur, ou si quelque événement postérieur devoit la suivre ; si la scène étoit tranquille ou tumultueuse , agréable ou triste, ordinaire on singulière, paisiblement ou tumultueusement lugubre.
- Après avoir réfléchi sur tous ces détails , il choisissoit ce qui étoit le plus nécessaire pour disposer son objet principal , et lui donnoit la plus grande vérité et la plus grande clarté. Les autres idées se suivoient, conformément à leur importance, et il plaçoit toujours les choses les plus nécessaires avant celles qui l’é-toient le moins. De cette manière , ses onvrages , sans manquer d’aucune partie essentielle , n’en avoient aucune d’inutile , et le beau s’y trorevoit toujours, tandis que chez les autres artistes , le nécessaire manque souvent, parce qu’ils ont cherché la beauté dans les choses inutiles.
- ( Musique ) JJ expression est la qualité par laquelle ie musicien sent vivement, et rend avec énergie toutes les idées qu’il doit rendre , et tous les sentimens qu’il doit exprimer. Il y a une expression de composition , et une d’exécution ; et c’est de leur concours que résulte l’effet musical le plus puissant et le plus agréable.
- La mélodie, l’harmonie , le mouvement, le choix des instrumens et des voix , sont les élémens du iam-gage musical ; et la mélodie , par son rapport immédiat avec l’accent grammatical et oratoire , est celui qui donne le caractère à tous les autres. Ainsi, c’est toujours du chant
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- que se doit tirer la principale expression , tarit dans la musique instrumentale que dans la vocale.
- ( Hanse ) JJ expression , dans la danse , est , comme dans la musique , la qualité par laquelle on sent vivement, et on rend avec énergie ce qu’on doit rendre.
- Un maître de ballet doit s’attacher à donner à tous ses acteurs dansans une action , une expression et un caractère différens. Ils doivent tous arriver au même but par des routes opposées , et concourir unauimement et de concert, à peindre , par la vérité de leurs gestes et de leur imitation , l’action que le compositeur a pris soin de leur tracer.
- Au théâtre d’Athènes, la danse des Euménides eut un caractère si expré-sif, qu’elle portoit l’effroi dans l’ame de tous les spectateurs; àüome, dans les beaux jours de l’art, tous les sentimens qu’exprirnoient les danseurs, avoient un caractère si vrai , qu’on vit plus d’une fois la multitude entraînée par l’illusion, suivre machinalement les mouvemens du tableau dont elle étoit frappée , pousser des cris, répandre des pleurs, partager les tendres douleurs d’Hécube , ou les fureurs d’Ajax ; les spectateurs, furieux comme l’acteur qui repré-sentoit le héros, se dépouilloient de leurs habits pour être plus dispos au combat, et en venoient souvent aux mains de la manière la plus terrible.
- ( Algèbre ) On appelle en algèbre, expression d’une quantité , la valeur de cette quantité exprimée ou représentée sous une forme algébrique. Une équation n’est autre chose que la valeur d’nne meme quantité présentée sous deux expressions différentes. V. EQUATION.
- EXPE.OFESSO , adv. terme latin dont on se sert en français ; traiter une matière , une question ex pro -fesco, c’est la traiter exprès , avec tout le détail et toute l’attention qu’on doit à ce qu’on entreprend de faire.
- EXPULSION , s. f. du latin e.r-pellere , formé de la particule ex , de, hors, et de pello, pousser, chasser dehors; action par laquelle on est chassé d’un lieu.
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- ( Pratique ) Il sc dit de l'action par laquelle on est chassé d’un lieu où ou n’a pas droit de rester , d’un bien dont on étoit en possession et où on n’a plus droit de rester.
- (Méd.) On dit, en termes de médecine , qu’uu remède a une grande fpree d’expulsion , pour dire qu’il est propre à faire évacuer.
- EXPULSIF . adj. même origine qu’EXPULSION.
- ( Chirurgie ) On appelle bandage expulsif une espèce de bandage dont on se sert pour chasser au dehors le sang d’une plaie sinueuse ou le pus du fond d’un ulcère fistuleux , et donner occasion à la cavité de se remplir de nouvelles chairs.
- EXPUPiCATION , s. f. du latin expurgatio , formé d’ex, de , hors , et de purgo , purger : l’action de purger.
- ( Astron. ) Sortie de l’ombre dans une éclipse ; c’est la même chose qu’ÉMERSION. V. ce mot.
- EXPURGATOIRE , adj. même origine qu’EXPURGATION.
- ( Chancellerie rom. ) On nomme ainsi à Rome les catalogues des livres qui ne sont défendus que jusqu’à ce qu’ils aient été purgés et corrigés.
- EXSICCATION , s. f. du latin exsiccatio, formé de la particule ex , de , hors, et de sicco , sécher, dessécher : l’action de dessécher.
- ( Chimie) On apj elle ainsi en chimie une opération qui consiste à dessécher dés matières molles, humides , ou à leur enlever l’eau qui les mouille , et qui les altéreroit.
- EXSUCCION, formé de la particule extractive ex, de , hors, et de succus , suc : l’action de tirer le suc hors : action de sucer.
- ( Chimie-physique ) Il y a dans la racine des plantes une sorte d’exsuccion.
- ( Méd. ) On dit aussi en médecine queladigestion se fait par exsuccion.
- EXSUDATION, s. £ du latin exsudo, dégoûter de sueur : action de suer.
- (Ilist. nat. ) Ce mot se dit en parlant de certaines pierres et «le certains bois qui ont leur exsuda-dation‘
- ( Méd. ) On dit aussi en médecine que le sang exsude par les pores.
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- EXTASE , s. m. du.grec ss rj-x ci ;
- ( ekstasis ), dérivé d’i'çiTii/ut ( exis— têmi ) , renverser, frapper d’étonnement: ravissement d’esprit, suspension des sens causée par une forte contemplation d’un objet extraordinaire ou surnaturel.
- ( Méd. ) L’extuse est aussi une maladie semblable à la catalepsie , et qui en diffère en ce que les véritables cataleptiques n’ont aucun sentiment extérieur, et ne se souviennent point de ce qui s’est passé hors du paroxisme, au lieu que les ex fatigues sont toujours occupés d’une idée très-vive , dont iis se ressouviennent hors de l’accident.
- EXTEMPORANÉE, adj. du latin extemporaneus , formé d’ex, de , hors, et de tempus , tems : qui se fait sur-le-champ.
- ( Méd. ) On donne ce nom aux médicamens composés qui s’ordon-nent sur-le-champ par les médecins, à la différence de ceux qui se tiennent dans les boutiques, et qu’on appelle composition officinale. C’est la même chose que MAGISTRAL. V. ce mot.
- EXTENSEUR, s. m. du latin extensor, à’extendo , formé d’ex , de , hors , et de tendo , tendre hors, étendre : ce qui tend.
- ( Physiol.) C’est le nom que l’on donne à différens muscles qui servent à étendre les parties. On les distingue les uns des autres en y ajoutant d’litres épithètes. U extenseur propre ou pouce du pied , la long extenseur des doigts du pied, le court extenseur des doigts du pied,
- 61 EXTENSIBILITÉ , s. f. même origine qu’EXTENSEUR.
- ( Physique ) Propriété qu’ont certains corps de pouvoir être étendus , alongés plus qu’ils ne le sont dans leur état naturel. Les cordes ont cette propriété. Les métaux ont aussi l’extensibilité ; car ils peuvent s’étendre sous le marteau, et cela d’autant plus qu’ils sont plus ductiles. V. DUCTILITÉ.
- EXTENSION , s. f. même origine qu’EXTENSEUR : étendue.
- ( Physique. ) Sorte de mouvement par lequel un corps s’alonge. C’est par le mouvement d’extea-
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- sîon, ainsi que par celui de contraction , que les muscles deviennent îes principaux agens des mouve-rnens des corps ; c’est aussi par le moyen des mou veine ns d'extension et de contraction que la plupart des animaux de la classe des vers et quelques reptiles ont le mouvement progressif.
- ( Chirurgie ) Extension se dit aussi de l’action par laquelle on étend, en tirant fortement à soi, une partie luxée ou fracturée,pour remettre les os dans leur situation naturelle : elle se fait avec les mains, les lacqs ou autres inslru-mens semblables ; elle suppose toujours la contre-extension , par laquelle ou retient le corps pour Vcmpêclier de suivre la partie qu’on tire.
- ( Pratique ) Extension d’une loi, «Tune clause ; c’est leur interprétation dans un sens plus étendu.
- ( Administr. ) Extension d’autorité c’est la même chose qu’augmentation.
- . ( Grammaire ) On dit qu’un mot signifie, par extension , telle ou telle chose , c’est-à-dire , qu’outre sa signification ordinaire, il s’applique encore à telle ou telle chose.
- ( Musique) Extension, est, sel on Aristoxène , une des quatre parties de la mélopée, qui consiste à soutenir long-tems certains sous, et au-delà même de leur quantité grammaticale. Nous appelons aujourd’hui tenues , les sous ainsi soutenus. V. TENUE.
- EXTÉNUATION, s. f. du lat. exxenuatio, à’extenuo, formé d’ex, de, hors, et de tenuo, amoindrir, alibi blir.-
- (Méd. } Amaigrissement, privation de nourriture et consomption. U exténuation, survient ordinairement après les grandes maladies.
- ( Diction ) Exténuation est aussi une figure de rhétorique opposée à l’hyperbole, par laquelle on diminue ou amoindrit les choses. V. LITOTE.
- ( Pratique ) Exténuation d*un erime; c’est l’adoucissement dans l’exposition d’un crime.
- EXTERNE, ad/, du lat. externes, contraction à’exterraneus ,
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- d’ex, de , hors , et de terra , terre: qui est au-dehors, qui vient du dehors : étranger.
- ( histruct. publ. ) On appelle externes-, dans les collèges, dans les académies, ceux qui n’y sont pas en pension, et qui viennent de dehors prendre les exercices ou étudier.
- ( Géom. ) Angles externes ; ce sont les angles de toute figure rectiligne, qui n’entrent point dans sa formation, mais qui sont formés par ses côtés prolongés au-dehors. V. ANGLE, INTERNE.
- Les angles externes d’un polygone quelconque pris ensemble, sont égaux à quatre angles droits. Dans un triangle, l’angle externe est égal à la somme des angles intérieurs opposés.
- EXTINCTION, s. f. du lat. ex-tinctio , d’extinguo , formé d'ex, de, hors , et de stinguo, éteindre : l’action d’éteindre, ou état de ce qui s’éteint.
- ( Physique ) Action d’éteindre le feu ou une lumière, c’est-à-dire, d’arrêter l’action du feu ou de la lumière. L’eau éteint le feu, parce qu’en couvrant la surface du corps embrasé , elle empêche le contact ûe l’air, fluide absolument essentiel <à la combustion.
- ( Pratique ) Extinction de la-chandelle. Sorte de formule dont on se sert dans quelques ventes, quelques adjudications , où l’on est reçu à enchérir jusqu’à ce que la chandelle soit éteiute.
- Extinction d’une rente, d’une charge foncière ; c’est lorsqu’une rente ou une charge imposée sur un fonds est amortie.
- Extinction du douaire ; elle a lieu lorsque la femme et les en-fans qui avoient droit de jouir du douaire sont décédés , ou que l’on a composé avec eux et racheté le douaire.
- (Méd.) Extinction de voix ; c’est une impuissance de produire dos sons articulés , o#u des paroles suivies.
- ( Chimie ) Extinction de mercure ; c’est le premier degré d’oxi-dation qu’on fait éprouver à ce métal. Elle arrive lorsqu’on mêle si bien du mercure dans de la té-rébenthia®'
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- rébentine ou de la graisse, qu’il est rendu imperceptible. Cette opération peut aussi se faire eu tntu-nant le mercure à l’air libre.
- EXTIRPATION, s. f. du lat. ex-tirpatio, formé de la partie, extract. ex, de, hors , et de siirps, souche , racine: l’action d’arracher jusqu’à la racine.
- ( Chirurgie) Opération de chirurgie , par laquelle on retranche quelque partie du corps, en la coupant , eu l’arrachant, comme un polype, un cancer, un skirrhe, une loupe , une excroissance, etc. : ce mot se dit quelquefois pour amputation, mais moins proprement.
- EXTORSION , s. f. du lat. extorsion à’cxtorqueo, formé d’ex, de, hors, et de torqueo , tordre, tourmenter : l’action d’arracher à force de tourmens , d’importunités, de caresses , etc.
- ( Pratique ) Les actes extorqués Sont nuis par le défaut de consentement libre de la part de celui qui les souffre.
- EXTRACTIF, s. m. V. EXTRAIT.
- EXTRACTION, s. f. du lat. e*-iractio , formé d’ex , de , hors, et de traho, tirer : l’action de tirer dehors, extraire.
- ( Chimie ) Opération chimique par laquelle oc tire les principes des co.ps mixtes.
- ( Pharmace ) Extraction se dit de la séparatio ; de la partie la plus pure , la plus essentielle et la plus efficace d’u.i ou de plusieurs médi-camens , par le moyen d’un menstrué convenable, dans lequel on fait digérer, infuser,.ou bouillir les matières.
- ( Minéral.) On dit aussi l’extraction des métaux, des minéraux.
- ( Chirurgie ) Extraction est une opération de chirurgie par laquelle on tire de quelque partie du corps avec les mains ou des insirumens convenables, les corps étrangers qui y sont entrés, ou qui s’y trouvent engagés contre nature, comme les balles dans une plaie , le fœtus dans la matrice, le calcul dans la vessie , etc. ,
- ( strith. et Aïg. ) Extraction est encore une opération qui consiste à trouver une certaine racine d’un Ta tnt II,
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- nombre ou d’une quantité algébri« que. V, PUISSANCE , RACINE.
- EXTRADITION, s. f. formé de la particule extractive ex, de, hors, et de trado, traditurn, livrer : l’action de donner , de livrer.
- (piplom. ) Mot nouvellement créé, pour exprimer l'action de livrer , de remettre de la part d’ua gouvernement, un criminel, un prisonnier, à un autre gouvernement duquel il dépend naturellement.
- EXTRADOS, s. m. du lat. extra, hors, et du français dos, parement extérieur.
- ( Archit. } Curvité extérieur® d’une voûte , dessus d’un voussoir : il est opposé à INTRADOS. V. ce mot.
- EXTRAIT, s. m. même origine qu’EXTR ACTION.
- C Littéral. ) Ce qui est tiré d’un livre : exposition abrégée d’un ouvrage.
- ( Pratique ) Ce qui est tiré d’ua acte , d’un registre ou autre pièce. On entend par ce mot, quelquefois un abrégé, quelquefois une copie entière.
- [Phajrmaciè) Extrait est la partie la plus pure des végétaux qu’on a séparée des parties grossières, V. EXTRACTION.
- { Chimie ) Extrait, et, suivant les chimistes modernes , extractif ; c’est une matière sèche , brune, un. peu déliquescente, dissoluble dans l’eau, obtenue des sucs des végétaux épaissis, des infusions, des décoctions évaporées ; donnant à la distillation un acide , un peu d’am—; moniac et de l’huile ; absorbant l’oxigène atmosphérique , et devenant peu à peu indissoluble par cette absorption; regardée faussement comme un savon naturel composée de carbone, d’hydrogène, d’ zote et d’oxigène , et tendant toujours à absorber plus de ce dernier principe qu’elle n’en contient dans son premier état.
- Les chimistes distinguent trois sortes d’extraits : les extraits muqueux , les extraits savonneux, les extraits résineux.
- On prépare en grand, dans le coniEnsree, dè ces. trois sortes d’ex-t
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- traits. Tels sont le suc d’acacia , celui d’hypociste, l’opium , le cachou, le suc de réglisse , etc.
- ( Lot trie ) On appelle extrait, en termes de loterie, un numéro isolé, et aussi la somme qu’on a gagnée sur ce numéro.
- EXTRA-JUDICIAIRE, adj. formé du latin extra , hors, et de ju-dicarius, judiciaire.
- ( Pratique ) Ce mot se dit d’un acte qtti, non-seulement est fait hors jugement, et hors de la présence du juge assis sur son tribunal, mais encore qui ne fait point partie de la procédure et instruction. Un simple commandement, une sommation, un procès - verbal et autres actes semblables, quoique faits par le ministère d’un huissier , sont des actes extra-judiciaires, lorsqu’ils ne contiennent point d’assignation.
- Extra-judiciaire est opposé à judiciaire.
- EXTRAVAGANTES , adj. et euhst. du lat. extrà, hors, et# de vago ou vagor, aller çà et là, errer.
- ( Droit canon. ) On appelle ainsi les constitutions des papes postérieures aux clémentines : elles ont été ainsi nommées, quasi vagantes extràcorpusjuris, pour dire qu’elles étoient hors du droit canonique, qui ne comprenoit d’abord que le dé-cret de Gratien.
- EXTRAVASATION , s. £ du lat. extravasatio , formé d'extrà, hors, et de vas, vase : l’action de sortir hors du vase.
- ( Méd. ) Action, mouvement par lequel le sang sort de ses vaisseaux et se répand dans les intestins des
- Îiarties molles ; ce qui arrive dans es fortes contusions, dans l’anévrisme faux, etc. ; quelques auteurs ont dit extravasion.
- ( Botan. ) Les botanistes appliquent ce mot à l’épanchement de la sève ou du suc propre, par des plaies, des solutions de continuité , faites aux différentes parties des végétaux. Ces extravasations produisent quelquefois des excroissances monstrueuses, telles que les pommes de Bedéguar, les gcues de Chine , de lierre terrestre, les vessies de l’orme , et les loupes sur la plupart des arbres ; quelquefois aussi ces
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- liqueurs sortent entièrement d -s vaisseaux et se répandent sur le tronc des arbres, sous la forme de gomme ou de résine, comme sur le cerisier, le prunier, le sapin , etc.
- EXTRAVERSION, s. f. du latin extraversio, formé à!extrà, hors , et de verto, tourner.
- { Chimie ) C’est l’action de rendre manifeste ce qu’il y a de salin, d’alcali ou d’acide dans les mixtes. Il est opposé à la CONCENTRATION.
- ( P. ce mot. )
- EXTRAXILLAIRE, adj. formé du latin extrà, hors, et d axïlla, aisselle : hors l’aisselle.
- ( Botan. ) Qui ne naît pas dans l’aisselle même des feuilles, etc. Les pédoncules d’un grand nombre à’apogynes sont extraxillaires.
- EXTRÊME, adj. du lat. extre-mus, dérivé d’exterus : qui est au dernier point, au souverain degré.
- ( Géom.) Quand une ligne est divisée , de manière que la ligne entière est à l’une ae ses parties, comme cette mêmepartie est à l’autre, on dit, en géométrie, que cette ligne est divisée en moyenne et extrême raison.
- ( Arith. ) Extrêmes d'une proportion ; ce sont le premier et le quatrième terme.
- (Culte cathol.) Extrême-onction-, c’est un sacrement de l’Eglise , le cinquième en ordre, qu’on donne à ceux qui sont dangereusement malades, avec des huiles sacrées, et en faisant pour eux plusieurs prières. On le nomme extrême - onction, parce que c’est le dernier des sacre-mens que l’on donne ordinairement aux malades. Au i.5.e siècle, on l’ap-peloit encore Y onction des malades, et non point Y extrême-onction ; car dans les premiers tems on le donnoit avant le viatique. Ce n’est que dans le i5.e siècle que cet usage a changé, parce qu’il s’éleva pour lors plusieurs opinions erronnées ' on se persuada que ceux qui avaient une fois reçu ce sacrement, s’ils re-couvroient la santé, ne dévoient plus avoir commerce avec leurs femmes, ni manger de la viande , etc. Quoique ces idées fussent fausses et ridicules, on aima mieux, pour ae pas gcaadaliser les simples *
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- attendre à l’extrémité pour conférer ce sacrement. Cet usage s’est conservé.
- EXTREMIS, mot latin dont on s’est servi dans la jurisprudence française , pour désigner le terme de la vie.
- Les dispositions de dernière vb-îonté, faites in extremis, peuvent, suivant les circonstances, être regardées comme suspectes de suggestion.
- EXTRÉMITÉ, s.Af. du latin ex-mitas. V. EXTRÊME : le bout d’une chose, la partie qui la termine.
- ( Peinture) On entend par le mot extrémités, dans, le langage de la peinture , les mains et les pieds. L’étude des extrémités est indispensable pour parvenir au complément de l’expression. Cependant, combien de peintres les dessinent, les disposent et les représentent de pratique, et d’après une sorte de routine 1 combien de maîtres se font reconnoître aux formes toujours semblables et toujours fausses, et aux positions imaginaires des bras , des pieds et des mains des personnages qu’ils mettent en scène ! combien , si l’on cachoît les têtes de la plupart de leurs figures , ne seroit-il pas difficile et même impossible de déterminer à la position et aux mou-vemens des extrémités, la position des corps de ces figures, et à plus forte raison les impressions de leur ame ; car les affections déchirantes doivent agir sur les extrémités en raison du nombre de charnières et de cordes qui s’y trouvent dans un espace peu étendu. Que l’on jette lesyeux sur le Laocoon, on verra que chaque doigt éprouve sa portion de la douleur qui agit sur l’origine de tous les muscles, et sur le principe des esprits -, que chaque nerf exprime et crie, si l’on peut parler ainsi ; on reconnoîtra, en un mot, que nos affections portées jusqu’aux extrémités redoublent de violence , parce qu’elles ne peuvent s’étendre plus loin.
- EXTRINSEQUE, adj. du latin extrinsecus , pour secus extemam partem : qui est au - dehors, qui vient de dehors.
- ( Méd. ) Il y a des maladies ex-
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- trinsèques qui viennent de causes extrinsèques.
- ( Monnaie ) Valeur extrinsèque ; la valeur que le souverain donne aux monnaies, indépendamment du poids.
- EXTUMESCENCE, s. f. de la particule extract, ex, de, hors, et de tumesco, enfler.
- ( Méd. ) Commencement d’enflure.
- EXUBERANCE, s. f. du latin ex, hors, et de ubertas, abondance.
- ( Pratique ) Surabondance : Cet avocat n’a produit tel moyen, telle pièce , que par exubérance de droit.
- (Style) Abondance inutile, vice du discours qui consiste à employer plus de paroles qu’il n’est nécessaire.
- EXUBÈRE, adj. du latin ex , hors, et de uber, teton : hors du teton.
- ( Méd. ) On appelle ainsi les en-fans qu’on a sevrés.
- EXULCÉRATION, s. f. du latin ex , hors , et ulcéra ou ulcus : formation d’ulcères.
- (Méd.) Ulcération ou érosion des parties qui forment des ulcères.
- EX-VOTO, mot emprunté du latin. Par un vœu.
- ( Relig. ) On appelle ainsi les offrandes promises par un vœu , et les tableaux qui les représentent.
- Les Romains ornoient leurs temples de ces tableaux, qui étoient souvent des chefs-d’œuvres de leurs plus habiles artistes, et sur lesquels il y avoit une inscription finissant par ces mots : ex-voto, pour marquer que l’auteur s’acquittoit de la promesse qu’il avoit faite à quelque divinité dans un péril imminent.
- ÉZOTÉRIQUE. V. ACROATI-QUE.
- F.
- Ê UT TA, ou simplement F.
- ( Musique ) Quatrième son de la gamme diatonique et naturelle, lequel s’appelle autrement TA. V. GAMME
- C’est aussi le nom de la plus bassa des trois clefs de la musique. V* CLEF. ’
- M ?
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- FABLE , s. f. du latin fabula , formé àefari, parler , dérivé probablement du grec pâe» ( phaô ), ui signifie la même chose : petit iscours. Les Italiens disent favella, et les Espagnols habla, pour parole.
- ( Rhêlor. ) Une fable est une instruction sous l’allégorie d’une action.
- Une des parties essentielles de la fable , c’est la moralité ; cette sentence vive et courte qui exprime avec précision la vérité cachée sous le voile de la fable.
- Quant au style de la fable, la brièveté, la netteté et l’élégance sont les principales qualités du récit} il faut aussi y ajouter la simplicité.
- La versification dans la fable doit avoir, autant que l’on peut, toute la délicatesse de la poésie, et l’heureuse néglgience de la prose familière. Lafontaine possédoit singulièrement ces deux qualités.
- ( Poésie épique et dramat. ) Fable se prend aussi pour le sujet, l’argument d’un poëmeépique, d’un poème dramatique , d’un roman.
- {Antiquité) Fable se prend encore dans un sens collectif pour signifier toutes les fables de l’antiquité layenne, ou l’histoire fabuleuse, 'histoire poétique} c’est la théologie des anciens.
- FABLIAUX , s. m. même origine •que FABLE : petits discours.
- {Jfist. de ta litt.fr, ) Vieux mot qui s’est dit autrefois des compositions et contes faits à plaisir par les anciens poètes provençaux, appelés troubadours ou trouvères, c’est-à-dire, trouveurs ou inventifs. Ces contes envers étoient fort à la mode dans les ia.e et i5.e siècles, les premiers âges de la poésie française.
- FABRIQUE. du latin fabrica , pour fabri ojfcina : la boutique, l’atelier du forgeron.
- ( Commerce ) Etablissement ou atelier destiné à l’exécution de quelque travail industriel.
- ( Peinture) Fabrique signifie, dans le langage de la peinture, tous les bâtiniens, toutes les constructions dont cet art offre la représentation, soit comme objet principal, iinsi qu’on le voit dans le6 tableaux 4’architecture,soit, comjae lieu, de
- FAC
- la scène et ornement du fond d’un tableau d’histoire, soit enfin comme richesse et embellissement des paysages.
- FABRIQUER, v. a. même origine que FABRIQUE.
- ( Technol. ) Faire certains ouvrages de main. Fabriquer des draps, fabriquer des étoffes.
- ( Pratique ) Fabriquer une pièce s’entend, en jurisprudence, de l’action de faire paroitre une pièce qui n’existoit pas, et de lui donner un caractère supposé, ce qui est uu FAUX. ( F. ce mot )
- FAÇADE, s. £ directement de l’italien facciata, formé par métaphore du latin faciès, la face de l’homme.
- ( Archit. ) Extérieur d’un édifice dans toute sa hauteur et largeur, vu du même aspect.
- FACE, s. £ du latin faciès, le visage de l’homme.
- ( Physiol. ) C’est la partie antérieure de la tête.
- Il se dit aussi de la superficie des parties , en y ajoutant les mots interner, ex terne, antérieure, postérieure, etc., eu égard à la situation de ces faces, par rapport au plan que l’on suppose partager le corps en deux parties égales. Ainsi, on dit : La face supérieure du cœur, la face latérale externe du crâne.
- ( Botan. ) Face interne ; c’est celle des parties composantes d’une fleur, qui regarde son centre ou son axe. Celle d’une feuille répond à son aisselle} la détermination de la face interne donne celle de la face externe. On dit que deux parties sont appliquées face à face, lorsque la face interne de l'une est appliquée sur la surface interne de l’autre.
- ( Géom ) Face , en géométrie , désigne, en général, un des plans qui composent la surface d’un polyèdre i ainsi, on dit que l’hexaèdre a six faces.
- L-a face ou le plan sur lequel le corps est appuyé , ou supposé appuyé , est appelée proprement sa base , et les autres plans gardent le nom de face.
- ( Art milit.) Face ou pan de bastion ; c’est la distance comprise entre l’angle de l’épaule et l’anal* üanqué.
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- Face prolongée ; c’est la partie cle la ligne d’une défense rasante, ai est entre l’angle de l’épaule 'an bastion et la courtine.
- Face dhne place, front ou tenaille de place ; c’est ce qui est compris entre les pointes de deux bastions voisins ; savoir : la courtine, les deux flancs qui sont élevés sur la courtine , et les deux pans ou faces des bastions qui se regardent.
- ( Peinture ) Dans les arts du dessin , la tète et la face, c’est-à-dire , la longueur perpendiculaire de l’une et de l’autre estétablie comme mesure commune de toute la figure dont elle fait partie.
- Ce qu’on appelle face est moins grand que la tête d’un quart. La tête est la longueur d’une ligne droite qui s’étendroit du niveau du sommet du ci'âne, sans se courber, jusqu’au bas du menton , et la face se compte du Haut du front jusqu’au b as du menton.
- Cette manière de mesurer, prise d’une portion de l’objet qu’on doit soumettre à des proportions convenables , a un grand avantage sur les mesures étrangères à l’objet qu’on veut mesurer, parce qu’elle est moins sujette à varier.
- Les différentes mesures communes des anciens étant aujourd’hui des objets de recherches , nous ne pourrions nous aider qu’avec incertitude du secoürs qu’elles prêtent aux arts du dessin, si les belles figures antiques étoient toutes détruites r et si leurs proportions ne nous étoient transmises qu’à l’aide de ces anciennes mesures.
- Mais depuis la renaissance des arts, les figures ayant été mesurées surles longueurs delà tête, delàface et sur leurs divisions, ce fil nous restera, parce que si les hommes varient clans leurs usages, la nature jusqu’à présent ne varie point dans scs formes et dans ses proportions.
- La sculpture jouit plus complètement. que la peinture de cette manière d’. ssurer sa marche, parce que la vérification qu’on veut faire de ces mesures n’est pas arbitraire , lorsqu’elle est. appliquée à des objets qui, quant aux formes palpables , sont semblables aux modèles
- PAC 18»
- qu’on a dessein de représenter ; au lieu que dans la peinture , le relief n’est que feint, et qu’il faut par conséquent se contenter d’estimer la plupart de ces mesures, dont lesrac-courcis , désignés par l’effet et l’illusion des couleurs, ne comportent pas de vérifications exactes.
- Cependant, à l’aide des estimes ou appréciations que l’artiste sait employer, il tire encore un grand et habituel secours des mesures consacrées, soit d’après des plus beaux ouvrages de l’antiquité, soit d’après les observations déposées dans les ouvrages classiques de la peinture.
- ( Musique ) Face est encore la combinaison , ou des sons d’un accord , en commençant par un de ces sons , et prenant les autres selon leur suite naturelle, ou des touches du clavier qui forment le même accord. D’où il suit qu’un accord peut avoir autant de faces qu’il y a de sons qui le composent ; car chacun peut être le premier à son tour.
- ( Blason ) Face. V. FASCE.
- FACETTE, s. £ diminutif de FACE: petite face.
- ( Géom. ) €e mot se dit des plans qui composent la surface d’un polyèdre, lorsque ces plans sont petits.
- ( Technoît. ) Les miroirs et verres qui multiplient les objets sont taillés à facettes.
- Les diamans se taillent à facettes on en tables.
- ( Physiol. ) Petite superficie de quelque partie d’un os : La facette articulaire de tel os.
- FACILITÉ, s. £ du latin facere „ faire : moyen , manière facile de faire, de dire, etc.
- ( Fiction) Facilité de style ; c’est une disposition à écrire d’une manière claire et aisée.
- (Peinture) La facilité, dans l’arÊ de la peinture, est de deux espèces : on dit facilité de compost:ion, et le sens de cette façon de s’exprimer rentre dans celui du mot génie car un génie abondant est le principe fécond qui agit dans une composition facile.
- La seconde application du terme facilité, est celle qu’on en fait lors-r
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- qu’on dit, un pinceau facile. C’est l’expression de l’aisance dans la pratique de l’art. Un peintre bon praticien , assuré dans les principes du clair-obscur , dans l’harmonie de la couleur, n’hésite point en peignant ; sa brosse se promène hardiment en donnant à chaque objet sa couleur locale; il unit ensemble les lumières et les demi - teintes ; il joint celle-ci avec les ombres : la trace de ce pinceau dont on suit la route, indique la liberté, la franchise , enfin la facilité.
- FAÇON, s. £ de factio, comme leçon, de lectio : manière dont une chose est faite, la forme qu’elle a.
- ( Agriculture ) Façon se dit du labour qu’on donne à une terre, à la vigne: Une première, une seconde façon; cette vigne a eu toutes ses façons. V. BINAGE.
- ( Marine ) Façon d'un vaisseau ; c’est le rétrécissement du fond d’un vaisseau, tant à l’avant qu’à l’arrière , et la quantité, proportion et tournure de ce rétrécissement.
- FACTEUR, s. m. dulat factor, formé defacio, faire.
- ( Commerce } Agent qui fait les affaires et qui agit pour un marchand par commission. On l’appelle aussi commissionnaire.
- ( Technol. ) On applique ce nom à la profession de plusieurs personnes.
- On appelle ainsi ceux qui sont préposés par la grande poste pour porter et distribuer dans la ville les lettres et paquets arrivés par les courriers.
- On appelle dussi facteurs de clavecins , facteurs d’orgue, ceux qui font ou qui raccommodent des clavecins , des épinettes , des monocordes, et toutes les autres sortes d’instrumens à corde et à clavier. On disoit aussi autrefois facteurs d’instrumens de mathématiques : ces messieurs s’intitulent aujourd’hui ingénieurs , etc.
- ( Arith. et Alg. ) On donne ce nom à chacune des deux quantités qu’on multiplie l’une par l’autre , c’est-à-dire, au multiplicande et au multiplicateur , par la raison qu’ils font et constituent le produit.
- En général, on appelle, en algèbre,
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- facteurs , les quantités qui forment un produit quelconque.
- La difficulté d'intégrer les équations différentielles à deux variables consiste à retrouver le facteur qui a disparu par l’égalité à zéro. M. Fontaine est le premier qui ait fait cette remarque.
- FACTICE, adj. du lat.factitius, employé par Pline pour signifier une chose faite de main, une chose artificielle.
- ( Grammaire ) On appelle terme factice ùn mot qui n’est pas reçu dans une langue , mais que l’on fait selon les règles de l’analogie.
- ( Arts et métiers ) Factice se dit de tout ce qui est contrefait par art, de ce qui est imité. On le dit par opposition à naturel. Les chimistes appellent cinabre factice celui qu’ils font eux-mêmes, pour le distinguer du cinabre naturel. Les joaillers ont des pierres factices; les fleuristes des fleurs factices ; les jardiniers, des terres factices, comme celle des orangers, etc.
- FACTION, s. f. du latin factio : manière d’agir.
- ( Hist. anc. ) Dans l’origine , ce mot étoit pris en bonne part : un factieux , factiosus, signifioit un homme actif, entreprenant. Depuis on l’a appliqué aux troupes de comédiens , d’histrions et de baladins ; aux quadrilles de combattans qui cou-roi ent sur des chars dans les jeux du cirque ; et c’est probablement à cause des animosités , des querelles et des désordres dont ces dernières factions furent la cause, que l’ou doit attribuer le sens défavorable que l’on attache aujourd’hui â ce mot.
- Quoiqu’il en soit, faction signifie, aujourd’hui, petite cabale dans un État, dans une ville, dans un corps , dans une compagnie.
- ( Art milit. ) Faction se dit aussi du service du soldat, et particulièrement du guet que fait un cavalier , un fantassin qui est à son tour en vedette , en sentinelle.
- De faction on a ïnit factionnaire, pour signifier un soldat qui fait tout le détail du service. Le mot factionnaire se donnoit aussi, sous l’ancien régime, au quatrième capitaine de chaque régiment, ou le premier ca-
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- pi tante faisant tout le détail du service, les autres; savoir : le colonel, le lieutenant-colonel et le capitaine des grenadiers, ne montant point les cardes ordinaires
- ° FACTORERIE, s. f. On a dit d’abord factorie, de l’italien facto-ria.
- ( Commerce ) Lieu où réside un facteur, bureau dans lequel un commissionnaire fait commerce pour ses commettans.
- Ce terme est d’usage principalement pour désigner les différens endroits des Indes Orientales ou d’autres contrées de l’Asie où les négo-ciaus d’Europe entretiennent des facteurs , des commis , soit pour l’achat des marchandises d’Asie, soit pour la vente ou l’échange de celles qui y sont portées d’Europe.
- La factorerie tient le milieu entre la loge et le comptoir ; elle est moins importante que celui-ci , et plus considérable que l'autre. Voy. LOGE , COMPTOIR.
- FACTOTON, s. m. corruption du latin factotum , qui se mêle de tout.
- FACTUM, s. m. terme purement latin qui veut fart fait.
- ( Pratique ) Ce mot étoit employé autrefois dans le style judiciaire , lorsque les procédures et jugemens se rédigeoient en latin. On mettoit en tête d’un écrit qui don-noit l’exposé d’une affaire, ce mot factum, à cause qu’il commençoit par l’exposition du fait, qui prouve ordinairement celle des moyens. Depuis que François I.er eût ordonné en i53g de rédiger tous les actes en français, on ne laissa pas de conserver encore au palais quelques termes latins , et les avocats continuèrent long-tems d’intituler leurs mémoires imprimés factum ; mais ce mot est aujourd’hui peu usité. On lui a substitué celui de MÉMOIRE. U. ce mot.
- FACTURE, s. f. directement de l’italien fattura, formé du latin facio.
- ( Commerce ) Mémoire ou compte qu’un commissionnaire envoie à son commettant, ou un négociant à un autre négociant. Les factures con-
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- tiennent la quantité , la qualité , le prix, etc., des marchandises.
- ( Musique ) En termes d'organiste , on dit les jeux de la petite et de la grande facture, pour dire, les jeux dont les tuyaux sont étroits ou larges.
- On dit aussi en parlant d’un morceau de musique où les principes de l’harmonie sont bien observés et savamment combinés, qu’il est d’une belle facture.
- FACULE , s. f. du latin facula, diminutif de fax , flambeau : petit flambeau.
- (.^frore.)Taches lumineuses qu’on aperçoit quelquefois sur le disque du soleil. Les facules sont les endroits plus clairs dans le disque du soleil, dont parloit déjà Galilée , mais que l’on a de la peine à distinguer.
- FACULTÉ , s. f. du latih facul-tas, dérivé de l’inusité facul, pour facile : puissance , vertu naturelle.
- (Pratique ) Pouvoir qu’on a de faire quelque chose. C’est un principe reçu que ce qui est de pure faculté n’est point sujet à la prescription , parce que l’on peut user de cette faculté quand on veut. Mais la faculté qui provient d’un jugement ou d’un contrat se prescrit par trente ans ; à moins qu’elle ne fût tellement essentielle au contrat, que celui-ci ne pût subsister si la faculté accordée par le contrat ne suffisoit aussi.
- Faculté de réméré ou de rachat ; c’est une convention ou clause qui donne au vendeur d'un héritage la liberté dejreprendre la chose vendue, en remboursant le prix à l’acheteur, ou ce qui en a été payé.
- ( Ecole ) Facultése dit aussi pour signifier le corps ou l’assemblée des docteursqui professent ouenseignent certaines sciences dans les universités : Faculté de droit, faculté de médecine, etc. Faculté, dit absolument , s’entend de la faculté de médecine.
- ( Physiologie ) Les physiologistes distinguent trois facultés : la faculté animale, par le moyen de laquelle le corps s’acquitte de toutes les fonctions naturelles ; la faculté vitale, puissance qui s’occupe des actions, sans l’exercice desquelles
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- l’individu ne peut subsister un instant , et la faculté naturelle, qui met les organes en état de taire les actions auxquelles ils sont destinés.
- ( Méd. ) Un dit des médicamens , qu’ils ont la faculté de purger, de faire vomir ou de produire tel autre effet sur le corps.
- FAGOÜE ou F AG ONE du lat .fa~ gonio.
- (Physiol.) Glande conglomérée à la partie supérieure du thorax. Voy. THYMUS.
- FAYÈNCE,s. f. corruption de l’italien Faenza, ville d’Italie , située dans la R'omague*, et célèbre par la vaisselle de terre émaillée qui y fut inventée.
- ( Terhnol. ) Sorte de poterie de terre vernissée, ordinairement à fond blanc. V- yVERNIS, POTERIE , MANGANESE.
- FAILLE , s. f. du latin fallere , faire un faux pas.
- ( Minéral. ) Faille ou saut d’un filon; c’est, en parlant d’une mine . le dérangement d’un filon occasionné par l’affaissement de la montagne qui le contient ; de sorte que la partie du filou qui nJa pas été dérangée , se trouve tout-à coup interrompue et masquée par une roche stérile.
- FAILLITE, s. f. du latin fallire Ou fallere , d'où s’est fait le verbe inusité falloir, manquer.
- ( Commerce ) C'est de la part d’un marchand , négociant , banquier ou trésorier , une impuissance de payer au terme échu. Un négociant fait faillite , lorsqu’il ne paye pas à l’échéance les lettres-de-change qu’il ft acceptées, lorsqu’il ne rend pas l’argent des lettres qui sont revenues à protêt et lui ont été dénoncées , ou lorsqu’il n’a pas payé ses billets au terme convenu : ainsi faire faillite, c’est manquer à ses engage-mens. On a distingué la faillite proprement dite, de celle appelée BANQUEROUTE. V. ce mot.
- FAIM , s f. du lat .famés, formé du grec <paytiv (phagéin), manger.
- ( Fhvsiol.) Espèce de chatouillement dans l’estomac, qui nous fait désirer les aümens solides. Il y a des glandes dans l’estomac, où se sépare une liqueur qu’on nommé
- F Al
- sue gastrique , ou humeur stnma-s chale. Quand cette humeur ne trouve point dans l’estomac de matière sur laquelle elle puisse exercer son action , elle fait sur les membranes de l’estomac cette impression qui cause la faim.
- ( Méd. ) Faim canine. V. BOULIMIE.
- (Uiipiatrique) Fa m-'aile, contraction de finies cah.il a ; maladie particulière aux chevaux, causée par l’interruption du cours des esprits animaux : on l’appelle aussi BOULIMIE.
- FAIRE, v. a. du lat. facere.
- ( Arts du dessin ) Le mol faire s’emploie substantivement dans ces phrases très-usitées dans le langage des arts du dessin : Beau faire ; faire peu agréable.
- C’est à la pratique de la peinture , c’est au mécanisme de la brosse et de la main que tiennent principalement ces expressions.
- La hardiesse du trait est un des plus grands mérites du beau faire. Danslahardiesse, on doit comprendre la facilité à manier le crayon, le pinceau, l’ébauchoir et le ciseau. Cette facilité suppose la connois-sance parfaite des formes , des tons et des effets ; sans cela, on tâtonne , on roule autour du vrai.
- La hardiesse doit être accompagnée de la netteté et de la précision. On est quelquefois ébloui
- fiar un maniement d’outil facile ; a facilité vraiment estimable est celle qui fait passer sur la toile, mais avec précision, ce que le génie instruit a nettement conçu.
- Ce n’est pas que la main d’un habile maître exprime toujours sur sou ouvrage, du premier coup , et d’une manière infaillible, un sentiment vif et sublime. Il est une certaine irrésolution qui caractérise, non son incapacité, mais sa délicatesse. Cette indécision pro-^ duit. une multiplicité de contours habilement jetés les uns sur les autres , un savant désordre de touches, d’où naît ordinairement cette manœuvre ragoûtante qui entre dans le mérite du beau faire. Telles sont les esquisses des grands maîtres, tels sont les cartons de Raphaël, du Homiuiquiu, de Carie marate, etc
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- FAISCEAU, s. m. du lat. fas-cellus , (liminut. de fascis : amas de plusieurs choses liées ensemble.
- (Inst. rom.) Les faisceaux, fastes , étoient, chez les Romains, des huches entourées de verges que Jes licteurs portoieutdévant lesma-gistrats romains
- La plupart des historiens romains disent que l ’usage des faisceaux i st venu des Toscans , et que Tarquin l’ancien l’a introduit à Rome.
- Après l’expulsion des rois, les consuls ajoutèrent cette marque de dignité à leur pouvoir ; cette coutume subsista jusques sous les premiers Empereurs.
- {Art milit.) A l’armée, chaque bataillon campé a devant soi Jes faisceaux, où les soldats, en arrivant au camp, vont déposer leurs fusils.
- ( Optique) Faisceau se dit aussi de l’assemblage d’une infinité de rayons de lumière qui partent de chaque point d’nn objet éclairé, et s’étendent en tous sens. Alors ceux de ces rayons qui tombent sur la portion de la cornée qui répond à la prunelle , feront un cône dont la pointe est dans l’objet , et la base sur la cornée ; ainsi , autant de points dans l’objet éclairé, autant de rayons réfléchis. Or, c’est l’assemblage des &\ï£èxçi\s faisceaux optiques de rayons de lumière , qui peint l’image des objets renversée dans le fond de l’œil. V. RAYON, VISION.
- FAIT, s. m. du lat .factum, dont les Anglais ont fait, fact, et les Italiens fatto.
- { Pra ique ) Ce terme , dans la jurisprudence, est quelquefois opposé à celui de droit. Etre en possession de fait, par exemple , c’est avoir la simple détention de quelque chose, au lieu qu’être en possession de droit, c’est avoir l’esprit de propriété.
- Fait articulé ; c’est un fait qu’une des parties contestantes ou son défenseur énonce spécialement, soit dans son plaidoyer, soit dans ses écritures.
- Fait avéré: c’est celui dont la vérité est prouvée et reconnue.
- Faits confessés et avérés ; ceux
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- reconnus par la partie intéressée à les nier.
- Fait conirouvê ; fait supposé et mis à dessein en avant par ia partie qui veut en tirer avantage.
- Fait inadmissible ; celui dont la preuve ne peut être ordonnée ni reçue.
- Faits justificatifs ; ceux qui peuvent servir à prouver l’innocence d’un accusé.
- Faits pertinens ;“ ceux qui ont rapport à l’affaire , qui pertinent ad rem : on les distingue des faits impertinens , ou qui sont étrangers à la contestation.
- Fait d’autrui ; ce qui est fait, dit ou éçrit par quelqu’un relativement à une antre personne. C’est une maxime reçue , que le fait d’autrui ne préjudicie point à un autre.
- Fait de charge; malversation commise par un officier public dans l’exercice de ses fonctions.
- Fait d'une cause, d’un mémoire, d’un procès ; c’est l'exposition de l’espèce et des circonstances qui donnent lieu à la contestation. Le fait ou récit du fait dans les plaidoyers et mémoires, suit immédiatement l’exorde et précède les moyens.
- Fait et cause ; cette expression est eu usage pour exprimer le droit et intérêt de quelqu’un. On prend fait et cause d’une personne assignée , lorsqu’on intervient en justice pour la mettre à couvert de l’événement d’une contestation, et même la tirer hors de cause.
- Faits et articles ; faits posés par écrit, et dont une partie se soumet à faire preuve ; cas sur lesquels elle entend faire interroger sa partie adverse, pour, par ce moyen, se procurer quelque éclair-cissemens sur les f ait s dont il s’agit.
- Faits des propres; causes pour lesquelles un témoin peut être récusé comme suspect.
- {Peinture, Sculpture) Le mot fiait est aujourd’hui fort en usage dans les écoles de peinture et de sculpture. Sa signification se rapporte au travail de la main, et il a de grands rapports avec les mots exécution , faire, manière , pinceau, facilité, etc.; il est ôrdi-
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- nairement accompagné des adverbes bien ou mal : Bien fait, mal fait.
- Le bien fait consiste en une facilité à manier l’outil, soit pinceau , soit ébaucboir ; à l’employer avec une dextérité qui souvent tient Keu du sentiment, et avec une netteté qu’on prend souvent pour la connoissance profonde et le bon goût des formes.
- Le plus haut dégré du talent qui mérite l’épithète de bien fait, est lorsque la brillante exécution est soutenue dans tout l’ouvrage avec un certain accord.
- Le bien fait et le mal fait occupent exclusivement les iguorans qui étendent sauvent le reproche de mal fait, jusques sur les tableaux et les statues des grands maîtres, parce que ceux-ci, souvent occupés de la nature de l’objet qu’ils traitent, l’expriment avec une chaleur proportionnée à son importance, et que leur manière de rendre devient nulle et indécise sur les points moins essentiels , et presque toujours ennuyeux pour l’habile homme.
- Le connoisseur superficiel, lorsqu’il se trouve dans un Muséum, commence par attacher de près sa vue sur chaque objet qui se présente à lui pour en connoître le bien fait ou le mal fait; le vrai connoisseur, au contraire, celui qui estime l’expression des passions, les beautés des formes, la poésie, les convenances et les autres grandes parties de l’art, s’occupera peu du mérité de la main qui aura produit un beau ou un îoible résultat.
- FAITAGE, s. m. du lat. fasti-giitm.
- ( M relût. ) Comble d’un édifice.
- FAITE, s. m. de fastum.
- (Mrchit.) Pièce de charpente qui passe sur les fermes d’un comble.
- FAKIR, s. m. mot arabe, qui signifie un pauvre ; dérivé du verbe fakara, être pauvre, être dans l’indigence.
- ( Hist. dfOrient ) Fakir et derviche sont des termes synonymes. Les Persaus et les Turcs appellent derviche un pauvre en général. Les Arabes disent fakir dans le même sens.
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- Il y a des fakirs mahométans, et dés fakirs idolâtres. Les premiers conservent quelque reste de pudeur j mais les idolâtres vont tout nus comme les gymnosophistes , et mê^-nent une vie très-débordée. Les uns et les autres vont quelquefois seuls , et quelquefois en troupe. Quand ils vont en troupe, ils ont un supérieur, que l’on distingue
- fiar son habit et une chaîne de fer ongue de plusieurs pieds.
- Il y a dans les Indes une autre espèce de fakir : ce sont des jeunes gens pauvres qui, pour devenir mollas ou docteurs , se retirent dans les mosquées , où ils vivent d’aumônes, et passent le temps à l’étude de leur loi, à lire l’alco-ran, et à acquérir quelque connoissance des choses naturelles.
- M. d’Herbelot rapporte qu’il y a dans les Indes huit cent mille fakirs mahométans, ' et douze cent mille idolâtres.
- FALAISE, s. f. de l’allemand fales, rocher escarpé.
- ( Marine') On appelle ainsi, dans la ci-devant Normandie, les rochers escarpés qui bordent les côtes de la mer. Ce mot paroît avoir été apporté dans le pays par les Normands.
- FALCIFORME, adj. du lat. falci-formis, composé de faix , faix , et de forma, forme : qui a la forme d’une faulx.
- ( Physiologie ) Le sinus falci-forme de la dure-mère, autrement appelé faix.
- FALLOPE. Nom d’un médecin célèbre de Padoue.
- (Fhysiol.) Ce médecin a donné son nom à une partie de la matrice, qu’on appelle la trompe de Fal-lope ; à l’orifice du conduit de la portion dure du nerf auditif, qukm appelle Vaqueduc de Fallope , par rapport à sa ressemblance à une espèce d’aqueduc de son pàys ; enfin au ligament inguinal, appelé autrement le ligament de Fallope.
- FALLÛT, s. m. Les étymolo-gistes ne s’accordent pas sur l’origine de ce mot ; Ménage le fait venir du grec q>*voç ( phanos ) , et Caseneuve, de (phalos ). Il*
- pourroient avoir raison tous les deux, puisque ces deux mots grecs
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- signifient reluisant, resplendissant, (,splendidus. )
- ( Art milit. ) Espèce de grosse lanterne mise au bout d’un bâton , pour éclairer , soit dans un camp , soit dans une ville assiégée.
- FALQUER, v. n. du lat. fal-care , formé de faix, faux : courber , à la manière d’une lame de faux.
- (Manège ) Faire falquer un cheval; c’est le faire couler deux ou trois tems sur les hanches, en formant un arrêt ou demi arrêt. FALQUE, du lat. falcatus.
- ( Botan. ) Ce mot se dit de la partiq d’une plante, d’une feuille
- {ilane, et légèrement courbée par e bord , sur-tout vers le sommet, à la manière d’une lame de faux.
- FALSIFICATION, s. f. du lat. falsificare , pour falsum facere , falsifier : l’action de falsifier.
- ( Pratique ) C’est l’action de retrancher ou d’ajouter quelque chose à une pièce véritable en elle-même , pour en induire autre chose que ce qu’elle contenoit.
- Lafalsification est un faux, ainsi que \-a fabrication. V. FAUX, FABRICATION.
- (Pharmacie) Falsification se dit aussi de l’altération, du mauvais mélange ou frélaterie de médica-mens, par laquelle ceux que l’on fabrique ressemblent aux médica-rnens vrais et naturels, mais n’en ont pas l’efficacité.
- FAMILIERS, s. m. du lat. fa-milia, famille : qui fait partie de la famille.
- ( Inquisition) C’est le nom de certains officiers de l’inquisition en Espagne et en Portugal. Les seigneurs des plus qualifiés se font un honneur d’être du nombre de ces officiers.
- FAMILLE, s. f. du lat.familia, pour famulia formé de famul, domestique, quasifamulorum cœtus : Maison, lignée, parenté , race.
- ( Pratique ) Nom collectif qui désigne plusieurs personnes unies Par les liens du sang ou de l’affinité.
- Les Romains distinguoient deux sortes de famille; l’une qui l’étoit jure proprio , comprenoit les personnes soumises à la puissance d’un tuêrne chef ou père de famille ,
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- soit par la nature, comme les en-fans naturels ou légitimes; soit de droit, comme les enfans adoptifs. L’autre sorte qui l’étoit jure commuai , reufermoit tous les agnats et généralement toute la cognation.
- Famille des esclavesc’étoit chez les Romains le corps général de tous les esclaves , ou quelque corps particulier de certains esclaves destinés à des fonctions qui leur étoient propres.
- On appelle en droit père de famille, toute personne soit majeure, soit mineure, qui jouit de ses droits; et fils de famille, l’enfant mineur ou majeur qui est en la puissance paternelle,
- (Botan. ) Famille des plantes ; Linnæus a divisé tous les végétaux en sept familles : r.° les champignons ; 2.0 les algues ; 3.° les mousses ; 4.° les fougères ; 5.° les graminées; 6.° les palmiers; 7.0 les plantes.
- Bernard de Jussieu est le premier qui ait fondé et mis en pra -tique en 1769, dans le jardin de Trianon , une méthode où les plantes fussent rangées en familles.
- Adanson, imbu des mêmes principes, a publié en 1763, un ouvrage d’une profonde érudition et d’un travail immense, intitulé ; Familles des plantes.
- L’un et l’autre ont entendu par familles , une série de genres, dont l’affinité réside dans l’ensemble des rapports tirés de toutes leurs parties , et particulièrement de celles de la fructification.
- FANAGE, s. m. du lat. fœnum, dont on a fait fœnagium, fenage , et fanage.
- \Agric. ) Action de remuer , de faner les plantes , lorsqu’on les a coupées, pour que le soleil les dessèche.
- FANAL, s. m. du lat. phana-, qui pourroit venir du grec (phainâ) , luire.
- ( Marine ) Synonyme de lanterne chez leà marins. Il y a plusieurs espèces de fanaux :
- Fanal de poupe ; il est porté sur le haut de la poupe , et sert à faire connoxtre dans la nuit la présence du vaisseau à ceux qui sont de conserve. Dans les escadres ou armées
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- navales, les vaisseaux coTnraamlans portent trois fanaux à poupe.
- Fanaux de signaux ; ce sont des ïanternes de grandeur moyenne que l’on hisse en différens endroits du grément du vaissean , en divers nombres, combinaisons et positions, pour indiquer, pendant la nuit, les ordres, et donner les intelligences que l’on veut faire passer dans une armée navale ou ùuè escadre , conformément à l’explication des signaux dont on est convenu.
- On appelle quelquefois fanal , une tour élevée sur un endroit remarquable de la côte ou de l’entrée d’un port, pour éclairer et diriger les vaisseaux pendant la nuit. On dit mienx phare, ou tour à feu.
- FANION, s.m. dulat, brada, fano, étendard. Les Allemands disent fane, et les Italiens gonfanone, dans le même sens. t
- ( Art milit. ) Etendard qu’un valet de chaque brigade de cavalerie et d’infanterie , porte à la tête des menus bagages de la brigade , pendant la marche des bagages de l’armée, pour en régler le rang et l’ordre.
- FANON,s. in. même origine que FANION.
- ( Hist. nat. ) Lesfanons de la baleine sont des lames longues, et d’une substance analogue à celle de la corne dont sa bouche est accompagnée. C’est à l’aide de ses fanons que la baleine engloutit par milliers les insectes du genre de l’écrevisse dont elle se nourrit. Ces fanons ^ coupés par lames, servent à faire des petits bâtons plians pour les corsets et les parapluies, etc.
- On appelle encore ainsi la peau qui pend sous la gorge d’un bœuf, d’un taureau.
- ( Manège ) Fanon se dit d’un gros toupet de poil ou de crin, qui vient au derrière du boulet du pied de plusieurs chevaux.
- ( Blason ) Fanon est un large brasselet pendant du bras droit; c’é-toit autrefois une manche pendante qu'on partoit près du poignet, surtout en Allemagne.
- ( Culte cathol. ) Fanon signifie eu manipule , ornement sacerdotal
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- que les prêtres, les diacres et les sous-diacres mettent, au bras gauche en officiant ; il est fait en forme de petite ctoîe.
- .Fanon se dit encore de deux pen-dans qui sont au derrière de la mitre d’un évêque, et aussi du bonnet ou de la couronne de l’Empereur.
- ( Chirurgie ) Les chirurgiens appellent fanons des attelles qu'on met à la jambe ou à la cuisse fracturée, pour les affermir et ies tenir droites.
- FANTAISIE, s. f. du grec vr«-xin[phantasia),vision, imagination, du verbe ipctv-Tct^og^i ( phaniazo-mai ), paroître , se montrer. I.'imagination , la faculté imaginative de l'homme: esprit, pensée, idée, humeur , envie, désir.
- ( Arts et Métiers ) Fantaisie signifie une chose-inventée à plaisir et dans laquelle on a plutôt suivi le caprice que les règles de l’art.
- [Musique] Fantaisie est une pièce de musique instrumentale qu’on exécute en ia composant.
- ( Peinture ) Fantaisie est, en peinture, le produit d’une imagination abandonnée à elle-même , une composition grotesque et bizarre,
- Une figure à tête humaine , à corps de quadrupède , est une fantaisie ; une figure d’homme terminée par une guaine , est une fantaisie ; des figures d’enfans sortant de la tige d’une plante , sont des fantaisies. Ainsi les arabesques, les grotesques entrent dans la classe des fantaisiès.
- Une fantaisie heureuse est celle d’Huré , graveur en pierres fines. C’est une tête de Momus: la pointe de son bonnet, qui est celui de la folie , se termine par un serpent qui mordoit le front du dieu saty-rique ; Momus conserve le rive de la méchanceté , avec l’expression de la douleur.
- ( Art de préparer la soie ) Fantaisie se. dit encore d’une soie de bourre qu’on file au rouet pour faire de la tapisserie.
- FANTASMAGORIE- V. PHAN-TASMAGORIE.
- FANTASSIN, s. m. de l'italien fantaccina , dimin. de fonte, do-
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- ya es tique , serviteur, jeune homme à pied.
- ( Art milit. ) Soldat qui marche et combat à pied.
- FANTOCCINI , s. m. mot italien , pl. de fantoccino , mario-nette : poupée de bois , et l’un des dimm. Aefanto , jeune garçon.
- ( Jeux scéniques) Sorte de jeu théâtral, dont les acteurs sont des figures en bois, mues par des fils d’archal.
- FANTOME, s. m. ou PHAN-TOME , du grec ipavrctcrpu ( phan-tas7na)de tntfaœ^phainô) paroîtrer spectre vision , vaine image qui se forme dans notre esprit , et qui nous fait supposer la présence de quelque être corporel. V. PH AN-TASIvIAGORIE.
- FARCE , s. m. du latin farcio, farcer , garnir de plusieurs choses, faire un mélange.
- ( Cuisine ) Mélange de diverses viandes , ou seulement d’herbes ou d’ingrédiens , hachés menus et assaisonnés , qu’on met dans le corps de quelques animaux , ou dans quelque autre viande.
- {Jeux scéniques) Farce se dit aussi , par analogie, d’une espèce de petite comédie plaisante et bouffonne , qui se joue ordinairement après une pièce de théâtre plus sérieuse. Elle est appelée farce , parce qu’originairement elle étoit un mélange de diverses choses , comme la satire des Romains.
- Le peuple romain désertait le théâtre de Térence, pour courir aux farceurs et aux bateleurs.
- Nerva accorda aux instances du peuple le rétablissement des farces, que Domitien avoit défendues.
- Les premiers farceurs furent amenés en France par Constauce , fille de Guillaume, comte de Provence , qui épousa , en 998 , le roi Robert. L’arrivée de cette princesse en France , est regardée comme l’époque du goût de la nation pour la poésie en langue vulgaire.
- ÊARC1N, s. m. par corrup. de Jarcimine , en latin farcimen.
- ( Hippiatr. ) maladie des chevaux , chronique et contagieuse , caractérisée par des tumeurs plus ca moins volumineuses , qui sui-
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- vent quelquefois le trajet des gros vaisseaux , en formant une espèce de chapelet, arrivent lentement à suppuration , dégénèrent en ulcère» vermineux , fétides, cancéreux , et jette enfin l’animal qui en est attaqué dans la langueur et l’épuisement.
- FARD , s. m. L’origine de c* mot est incertaine. Case-Neuve prétend néanmoins qu’il vient de l’allemand Farb , qui signifie couleur.
- ( Cosmétique. ) De tous les fards qui out été autrefois en usage, celui dont l’histoire l'ait mention comme du plus ancien , et comme celui qui a été le plus à la mode , c^est le fard d’antimoine. Les femmes orientales frottoienl le tour de leur* jeux avec une aiguille qu’elle» avoient trempée dans le fard d’antimoine , pour qu’en repliant la paupière , il fît paroître l’œil plus grand. Une tille de Job avoit le nom de vase d’antimoine. Le prophète Isaïe met au nombre des parures des tilles de Sion, les aiguilles qu’elles trempèrent dans ce fard , et encore aujourd’hui, les Syriennes, les Babyloniennes , les Arabes se noircissent le tour de l’œil avec le même fard.
- Les dames grecques et romaines crurent devoir imiter les- Asiatiques : mais peu satisfaites Au fard d’antimoine , elles inventèrent le blanc et le rouge , deux fards qui out été transmis d’âge en âge jusqu’aux Italiens modernes , et dont l’usage a été apporté en France par les Italiens qui accompagnèrent Catherine de Médicis.
- Les fards connus dans le commerce sont le besetta , le crépon , ouïe linon très-fin , teint avec de la cochenille , dont on se sert après l’avoir un peu trempé dans l’eau. Le meilleur crépon vient de Constantinople ; celui de Strasbourg n’est pas si beau.
- La laine nacarat du Portugal n’est que du coton coloré avec de la cochenille , et qu’on emploie au même usage.
- Le blanc de fard est composé de bismuth , précipité de l’acide nitrique par une grande quantité d’eau.
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- FARINÉE , adj. V. FARINE.
- ( Botan. ) De la nature de la farine. On appelle ainsi les parties des plantes qui sont réductibles par trituration ou contusion, en vraie farine semblable à celle-ci.
- FARINE , s. f. du latin far , blé , grain : grain moulu , tout en poudre. V. MOUDRE, MOULIN.
- ( Minéral. ) Farine fossile : c’est une terre calcaire pulvérulente , très-blanche et très-légère,qui entre quelquefois dans les filons métalliques et dans les fentes des montagnes calcaires. On lui donne aussi le nom de lait de lune , parce qu’elle est assez souvent délayée par les eaux souterraines , et présente une matière fluide , blanche comme du lait.
- FARINÉ,adj. de FARINE : blanc de farine.
- ( Peinture ) On appelle fariné ou farineux , un ouvrage de peinture où les carnations sont d’une blancheur qui n’est pas dans la nature , où les chairs inanimées ne rappellent pas l’idée du sang qui y circule. Un tableau généralement fade , et dont les clairs sont poussés jusqu’au blanc , est farineux. On dit d’un peintre qui suit cette manière vicieuse , qu’il donne dans la farine.
- ( Sculpture } On appelle figure farineuse, une figure de cire qui n’est pas sortie nette du moule, et qui a aspiré une partie du plâtre , ou dont le plâtre a aspiré la cire.
- ( Botan. ) On appelle farineux en botaniqne , ce qui émane d’une poussière blanche. Le primevère , oreille d’ours , est farineux.
- Farineux se dit aussi des racines, des tiges , des fruits , des graines dont on peut extraire une farine.
- ( Jardin. ) Il se dit encore d’un fruit qui est pâteux, dont la chair est sans goût.
- FASCE , s. f. du lat. fascia , bande , bandelette.
- ( Archit. ) Partie de l’architecture appelée ainsi , parce que les fasces ressemblent à des bandes étendues.
- ( Blason ) On appelle fasce une des pièces honorables de l’écu, qui
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- en occupe le milien d’un coté â l’autre , qui est faite comme une espèce de règle , et qui a de largeur le tiers de celle de l’écu.
- FASCIA-LATA, mot latin qui signifie bande large.
- ( Méd. ) C’est le nom qu’on donne à une anévrose de la cuisse et à un muscle qui sert à la tendre.
- FASCICULÉ, adj. du lat. fasci-culatus , de fasciculus, faisceau, en faisceau.
- ( Botan. ) Feuilles fasciculées, celles qui sont ramasées en petits paquets, par le raccourcissement dut ramoncule qui les porte.
- Fleurs fdsciculées , celles dont les pédicules uuiflores , du moins pour la plupart , partent presque toutes d’un même point , ou d’un rapport commun très-court.
- Poils fascicules , ceux qui sont groupés sur un même point de la surface d’une partie de la plante.
- Racine fasciculée, celle composée de fibres simples , charnues , et de tubercules alongés , qui sont groupées au bas de la tige ou de la plante.
- FASCIES , s. f. de FASCIA , bande.
- (Conchyliologie) On appelle ainsi les cercles on les bandes que l’on aperçoit sur la robe de certaines coquilles.
- ÉASCINE, s. f. du lat fascina, dont on a îsàt fascenina et fascen-nia. C’est un diminutif àefascis, fagot.
- ( Art milit. ) Fagots faits de menus branchages. Les fascines sont plus ou moins grosses selon leurs différens usages.
- FASTES , s. m. du latin fasti , dérivé de fari, parler, parce que les jours fastes étoient, parmi les Romains , ceux auxquels il étoit permis de plaider en justice, comme on appelloit nefasti ceux auxquels ©n ne plaidoit point.
- ( Histoire rom. ) Les fastes dont on rapporte l’origine à Numa , ne furent d’abord à Rome qu’un simple calendrier, où l’on trouvoit, jour par jour, les fêtes , les jeux, les cérémonies , les jours destinés aux affaires et au repos. Mais par la suite, ils devinrent un journal
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- de tons les divers événemens. Une «merre entreprise , une bataille ga-onée ou perdue, un traité de paix , la dédicace d’un temple , l’institution d’une fête , une nouveauté , uDe singularité , tout s’écrivit dans les fastes. Aussi furent-ils regardés comme les meilleurs mémoires qui pouvoient servir à l’histoire de Rome. C’est sur ces fastes qu’à travaillé Ovide.
- { Chronolog. ) On appelle figu-j-ément , et dans le style soutenu , fastes , les registres publics contenant de grandes et mémorables actions. ,
- FASTIGIE, adj. dulat. fastigia-tus, formé de fastigium , faîte.
- ( Bot cm. ) Ce mot se dit des rameaux et des fleurs qui se terminent à la même hauteur , de manière que leurs sommités forment comme un plan horizontal relativement à la tige ou au pédoncule commua.
- FATHIMITES , s. m. de Fat Aima , ou Falhema, fille de Mahomet.
- (Hist. du Mahométisme') C’est un titre qu’ont porté les princes musulmans qui prétendaient descendre en ligne directe d’Ali, et de Fathima son épouse , fille de Mahomet.
- La dynastie des Fathimites commença en Afrique, l’an de l’hégire 296 ( de J. C. 908 , par Abou-Mo-hammed-Obeidsallah , qui se fitsui-vre comme un prophète.
- Les Fathimites conquirentl’Afri-que proprement dite , la Barbarie , la Mauritanie et ensuite l’Égypte , ou ils s’établirent en qualité de califes.
- Les califes Fathimites d’Egypte finirent dans la personne d’Abed , l’an 567 de l’hégire , de J. C. , 1171 , après avoir régné 208 ans.
- FATIGUER , v. a. du lat. fati~ gare , quasi fatim agere , travailler beaucoup au point tle se lasser.
- ( Jardin. ) Fatiguer un arbre ; c’est lui donner trop de charge relativement à sa force ; c’est le tourmenter par un trop grand nombre de plaies qui l’épuisent.
- {Agricult. ) Fatiguer une terre ; C’est la faire rapporter trop long-tems , sans la laisser reposer.
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- ( Peinture} fatiguer un ouvrage, un tableau, une composition5 c’est travailler avec une obstination pénible ; c’est changer, recommencer , tâtonner les dispositions des objets , le trait des figures.
- Fatiguer les objets ; c’est peindre , dépeindre , changer les teintes , les rechanger encore, mettre des clairs où on avoit mis des ombres , et mêler, sans une intention juste et bien préméditée , les tons entr’eux ; leur faire perdre la franchise d’un reflet, leur fraîcheur et leur éclat.
- FAUCHAGE, s. m. du lat. faix, faux.
- ( Agric. L’action de faucher, la peine de faucher.
- FAUCILLE, s. f. du lat. faU cula , diminut. de faix , faux : petite faux.
- ( Agricult. ) Instrument doiit on se sert pour scier les blés , et qui consiste en une lame d’acier , courbée en demi-cercle , qui a de petites dents , et qui est emmanchée dans une poignée de bois.
- (Physiol.) Faucille, est aussi la nom d’un demi - cercle qui paroît dans l’hélix, ou l’oreille externe.
- FAUCILLON , s. m. diminut. do FAUCILLE.
- {Agric.} Petite faucille ; instrument fait eu forme de faucille , dont on se.sert pour couper du menu bois, des broussailles.
- FAUCON , du lat. falco , forma du grec <pâxKoev ( phalion) , oiseau de proie , ou du latin faix , faux , à cause que cet oiseau a des ongles recourbés comme une faux.
- ( Véner. ) Le faucon est le premier des oiseaux de proie appelés nobles , à cause de leur courage et de lenr docilité. L’art d’instruire les accipitres pour l’exercice de la citasse , a pris de lui le nom de fauconnerie.
- FAUCONNEAU,s.m. du lat-fal-cunulus , dimin. de falco : jeune faucon.
- ( Artillerie ) C’est aussi le nom d’une petite pièce de canon depnis une livre jusqu’à un quart de livre de balle.
- ( Architect. } C'ç-st encore celui
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- de la plus haute pièce de bois d’une machine à élever des fardeaux.
- FAUSSAIRE , s. m. du lat fal-sarius.
- ( Pratique ) Celui qui a commis quelques faussetés , soit eu fabriquant une pièce supposée , soit én altérant une pièce qui étoit véritable.
- FAUSSER , v. a. dans le sens de faire plier, faire courber un corps solide , du latin falcare formé de faix, faux : faire prendre la forme d’une faux. Fausser une cuirasse, jausser une serrure.
- ( yîrt milit. ) C’est dans le même sens qu’on dit, en termes de guerre, se fausser, pour dire que les rangs ne forment plus une ligne droite.
- FAUSSET, s. m. du lat.falsus, faux, selon les uns; ou suivant Rousseau, àefaux,faucis, la gorge, et alors il faudroit écrirefaûcet.
- ( Musique ) Espèce de voix par laquelle un homme, sortant à l’aigu du diapason de sa voix naturelle , imite celle de la femme. Un homme fait, à peu-près, quand il chante le fausset, ce que fuit un tuyau d’orgue quand il octavie.
- FAUTE, s. f- du latin fallere , tomber , dont les Espagnols ont fait faltar, et les Anglais falter, dans le même sens: manquement contre le devoir, contre la loi.
- ( Pratique ) Action ou omission faite mal à propos, soit par ignorance, ou par impéritie ou négligence. On a distingué en droit les fautes grossières, légères et très-légères. Lata culpa, levis culpa, levissima culpa. 11 y a des fautes rossières qui approchent beaucoup u dol ; c’est pourquoi, dans les matières civiles, on applique communément à la faute grossière la même peine qu’au dol.
- { Hydraul. ) On appelle fautes les accidens qui arrivent dans les conduites ou tuyaux qui amènent les eaux dans les bassins et pièces d’eau. Quand les tuyaux conduisent des eaux forcées, la faute se découvre d’elle-même par la violence de l’eau ; mais dans les eaux roulantes et de décharge, il faut quelquefois découvrir toute une conduite pour fonnoître la faute. Ee moyen de e.oimoître une faute dans un bassin
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- de glaise, est de mettre sur l’eau une feuille d’arbre, de la paille ou du papier , et de suivre le côté où il se rend.
- FAUTEUIL, s. m. corruption de faudesteuil, en latin faldisterium dérivé du saxon fald , pliant, et de stut, siège : siège plùnt, parce que les anc.ens fauteuils éto.ent des sièges pli ans.
- FAUVE, adj. et subst du latin flavus, dont on a fait fulvus , et iauve : couleur qui tire sur le roux.
- ( Vénerie ) Bêtes fauves ; c’est ainsi qu’on appelle les cerfs, les biches , les daims et les chevreuils. Cha ser à la béte fauve.
- FAUX, s. f. du latin faix.
- ( A g rie. ) Instrument dont on se sert pour couper l’herbe des prés, et qui consiste en une grande lame d’acier , large de trois doigts ou environ , un peu courbée et emmanchée au bout d’un long bâton.
- ( Physiol. ) Faux de la dure-mère ; on appelle ainsi un repli de lame interne qui s’étend depuis le bord de la crête de l’os etlunoïde, le long de la suture sagittale, jusqu’à la partie moyenne de la cloison transversale.
- (Astronomie) Faux, ou faux, est une des phases des planètes, qu’on appelle communément croissant. Les astronomes disent que la lune, ou toute autre planète, est en faux, falcata, quand la partie éclaircie paroi t en forme de faucille ou de faux.
- La lune est en cet état depuis la conjonction jusqu’à la quadrature, ou depuis la nouvelle lune jusqu’à ce qu’on en voie lamoitié, et depuis la quadrature jusqu’à Ja nouvelle lune, avec cette différence que depuis la nouvelle lune jusqu’à la quadrature , le ventre ou le dos de la faux regarde le couchant, étant nécessairement tourné vers le soleil, et que, depuis la quadrature jusqu’à la nouvelle lune « le ventre regarde le levant.
- FAUX , adj. et subst. du latin falsus , de fallo, tromper, qui n’est pas véritable.
- (Pratique) Faux (crime de); supposition frauduleuse faite pour cacher ou altérer la vérité au préjudice d’autrui. Ce crime se commet
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- par paroles, par écritures, ou par actions.
- Par paroles ; en faisant de faux senne ns en justice. V. PARJURE.
- En donnant sciemment de fausses déclarations. V. STELLIONNA-TAIllF.
- En déposant contre la vérité. Fi FAUX TÉMOIN.
- Par écriture; En fabriquant dè faux jugemens, contrats, testamens, obligations, etc., en altérant une pièce véritable.
- Parfait ou action; en vendant ou achetant à faux poids ou à fausse mesure ; en altérant la vâleur dè l’or et de l’argent ; en contrefaisant le sceau du prince ; en prenant le nom d’un autre; en fabriquant de fausses clefs. Fi INSCRiPlTON DE FAUX.
- Faux emploi; somme portée dans la dépense d’un compte pour des choses qui n’ont point été faites. F. EMPLOI.
- Faux énoncé; exposition fausse d’un fait dans un acte, par erreur ou par mauvaise foi.
- Faux frais, dépenses que font les plaideurs sans espérance d’en être remboursés, attendu qu’elles n’entrent point dans la taxe des dépens. F. FRAIS.
- Faux témoin; celui qui dépose ou atteste quelque chose contre la Térité. F. TÉMOIN.
- ( Art milit. ) Fausse braie ; chemin couvert qui règne tout autour de l’escarpe. F. BRAIE.
- Faux feux ; ce sont certains signaux que l’on fait avec des amorces de poudre. F. FEUX.
- Fausse attaque; une attaque faite pour dérober à l’ennemi la connois-sance de la véritable, et pour l’obliger à diviser ses forces. F. ATTAQUE..
- ( Marine ) Faux baux. Voyez EAUX.
- Fausses lances, ou faux canons ; canons postiches de bois, que l’on place à quelques bâtimens marchands, pour leur donner de l’apparence, et en imposer à l’ennemi. F.
- lance.
- Fausse quille ; on donne ce nom a une pièce de bois qui se place quelquefois aux vaisseaux sous la quille, dans toute sa longueur : son Tome II.
- É A V X(j5
- objet est de préserver la quille de la piqûre des vers, ou de soutenir le vaisseau contre la dérive. Voyez QUILLE.
- Faux sabords ; ce sont des ouvertures figurées sur le côté d’un vaisseau marchand, en façon de sabords à canon, pour en imposer à l’ennemi. F. SABORD.
- Fausse route ; on fait fausse route , en tenant pendant quelque tems une route différente de celle du lieu où l’on a dessein d’aller, pour dérober à l’ennemi la connoi;.-sance de son dessein. F. ROUTE.
- (Fhisiol. ) Faux germe ; matière informe qui provient d’une conception défectueuse. C’est une conceo-tion imparfaite d’un' fœtus, qui ne prenant pas autant de nourriture que le placenta, en est enveloppé ét se consomme dans son parenchyme. F. GERME.
- ( Arith, ) Fausse position; il y a en arithmétique une règle que l’on appelle règle de fausse position. Elle çonsiste à partager un nombre en parties proportionnelles à des nombres que l’on détermine relativement à l’état d’une question. Pour faire ce partage , on n’a besoin quelquefois que d’une seule supposition de parties proportionnelles à celle du nombre qu’il faut diviser; quelquefois il faut faire deux supposi-sitions. F. POSITION.
- ( Algèbre ), On appelle quelquefois racines fausses , les racines négatives d’une équation. F. NÉGATIVE , RACINE.
- ( Musique ) Faux ; ce mot est opposé à juste. On chante faux quand on n’entonne point les intervalles dans leur justesse , qu’on forme des sons trop hauts ou trop bas.
- Il V a des voix fausses , des cordes fausses , des instrumens faux.
- Fausse quinte ; intervalle différent , dont les deux termes sont distans de quatre degrés diatoniques, ainsi que ceux de la quinte juste , mais dont l’intetvalle est moindre d’un demi-ton. F. QUINTE, ACCORD.
- FAUSSE RELATION, intervalle diminué ou superflu. F. RELATION.
- Faux accord ; accord discordant,
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- «oit parce qu’il coutieüt des dis-sonnances proprement dites , soit parce que les consonnances n’en «ont pas justes. F. ACCORD, Faux-bourdon ; musique à plusieurs parties , mais simple et sans mesure , dont les notes sont presque toutes égales , et dont l’harmonie est toujours s}rllabique. C’est la psalmodie des catholiques romains , chantée à plusieurs parties.
- ( Peinture ) Faux-jour \ on dit qu’un tableau n’est pas dans son jour, ou qu’il est dans un faux-jour , lorsque , du lieu où on le voit , il paroît dessus un luisant qui empêche de bien distinguer les objets. F. JOUR.
- ( Archil. ) Faux — comble. Le etit comble qui est au-dessus du risé du comble de la mansarde. Faux plancher ; un rang de solives ou chevrons lambrissés de plâtre ou de menuiserie , et destinés à diminuer l’exhaussement d’une pièce d’appartement.
- Fausse coupe ; c’est dans la coupe des pierres, la direction d’un joint de lit oblique à l’arc du cintre, auquel il devoit être perpendiculaire pour être eu bonne forme. F. COURE.
- ( Vénerie ) Faux marcher ; il se dit de la biche qui biaise en marchant , ou du cerf après qu’il a mis bas.
- Faux-rembuchement ; le mouvement d’une bête qui entre dans une forêt , et en sort tout-à-conp après y avoir fait quelques pas pour rem-bucher ailleurs.
- Faux - fuyant -, c’est un sentier dans les bois.
- ( Joaillier ) Faux - rubis ; celui fait avec la fluate île chaux , Ou la chaux carbonatée rouge , comme la fausse amétkisîe , avec là violette ; la fausse émeraude , avec la verte ; le faux saphir , avec la bleue ; la fausse topaze', avec la jaune.
- {Jardin. ) Fausse fleur-, celle qui est dénuée de pistil, et qui n’offre que les paities mâles. F. FLEUR , ÏTSTIL.
- Faux bois -, branche qui a cru dans un endroit où elle ne devoit pas être , et qui devient sur-tout
- FEC
- plus longue et plus grosse que les autres., dont elie s’approprie la nourriture.
- Faux bourgeon ; pousse qui n’est pas née d’un œil , mais qui a percé directement de i’éCorce. Le faux bourgeon devient quelquefois précieux pour garnir un vide ou renouveler un arbre.
- FAVEUR , s. f. du latin favor, grâce , bienfait.
- ( Commerce ) Jours de faveur ; c’est le nombre de jours que le débiteur d’une lettre de change échue a encore pour la payer.
- FÉBRICITANT , adj. du latin febricito , dimin. de flebrio , avoir la fièvre.
- ( Méd.) Qui a la lièvre. Il se dit particulièrement de ceux qui ont des fièvres lentes , ou des fièvres intermittentes , qui laissent au malade quelques bons iutervailes.
- FEBRIFUGE , s. m. adj. composé du lat. flebris , fièvre , et de j’ugare,chasser : qui chasse la fièvre.
- ( Méd.) Epithète que l’on donne aux remèdes propres à guérir les fièvres intermittentes , et même celles qui sont continues avec des redoubiemens. Le quinquina est le plus sûr de tous les fébrifuges.
- FEBRILE , adj. du lat. febrilis, formé de febris : qui a rapport à la fièvre.
- ( Méd. ) On dit qu’il y a dans le pouls un mouvement fébrile , pour dire qu’il y a un mouvement de fièvre.
- On dit encore l’humeur fébrile , pour dire l’humeur de la lièvre.
- FECÀLE, adj. du lat. fex.fecis, lie , excrément.
- ( Méd. ) Ce mot ne se dit jamais qu’en y joignant celui de matière, et ne s’emploie que pour siguifier les excrémens de l’homme.
- . FECES , s. f. du lat. fex , lie.
- ( Chim. ) C’est proprement le sédiment, la liqueurqui a fermenté 5 il signifie aussi le dépôt, que font les liqueurs filtrées et clarifiées.
- FECONDATION, s. f. formé du
- verbe fecundo , fertiliser , l’action de fertiliser, l’action par laquelle une chose est rendue fertile.
- { Pot an. ) ha fécondation , e*
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- FEC
- botanique , est Faction de l’organe sexuel mâie sur l’organe sexuel féminin , par laquelle un ovaire acquiert la faculté de devenir fruit.
- Le phénomène de la génération des plantes , a été l’objet d’une foule d’observations.
- Le calice est la continuation de l’écorce ; la corolle, ceiie du liber-; le pistil , celle de la moelle ; les étamines environnent le pistil ; le filet s’incline et s’approche-du styg-mate ; l’anthère qui s’ouvre , y verse le pollen 'dont elle est remplie ; l’esprit séminal , sortant des globules qui composent le pollen , traverse le pistil , et descend jusque dans le germe : le fruit gonfle , grossit , mûrit , se sèche , s’ouvre , et laisse tomber ses semences.
- La fécondation a pour but la formation de l’embryon. C’est l’acte le plus important de la végétation, dont tous les autres ne sont que le prélude , les accessoires , la conséquence. Sans la fécondation , les fleurs ne seroient pour les plantes qu’une vaine parure. Toutes les parties qui , dans une fleur épanouie , accompagnent ou environnent les sexes , peuvent être considérées comme l’appareil nuptial , par lequel une plante manileste sa nubilité. ;
- L’élégante peinture que Pline fait de la fécondation des palmiers femelles par les mâles , prouve que cette operation des végétaux est fort anciennement connue.
- - FECONDITE , même origine que FECONDATION : qualité par laquelle une chose est féconde.
- La fécondité des animaux , la fécondité de la terre, lu fécondité / de l’esprit.
- PECULE , &. f. du lat. fecula , dimin. de fèces, fex.
- ( Chim, ) La fécule est une matière pulvérulente , sèche , blanche , insipide, combustible , dissoluble dans l’eau bouillante , formant une gelée avec ce liquide. La fécule existe dans toutes les matières blanches et cassantes des végétaux, particulièrement dans les racines tubéreuses et les graines des grarni-Sées, C’est la fécal s qui forme la
- F E M ï 95
- base de la nourriture des animaux $ elle est la qualité nutritive des plantes alimentaires.
- Les naturalistes ont donné à cette substance le nom de fécule amylacée , du latin amylum, AMIDON. V. ce mot.
- Fécule d 'indigo. V. INDIGO.
- FEINTE , s. £ du latin fingere , dissimulation , déguisement.
- ( Musique) Altération d’une note ou d’nn intervalle pàr un dièse, ou par ua bémol. C’est proprement le nom commun du dièse et du bémol accidentels. Ce mot n’est plus en usage, mais on ne lui en a point substitué.
- FELD-SPATH, s. m. mot allemand , qui signifie terre des champs.
- ( Minéral. ) Matière pierreuse qui forme un des principaux ingrédiens du granit et de plusieurs autres roches primitives. Le feldspath joue un grand rôle dans les produits volcaniques; il forme la majeure portion de la plupart des laves granitiques et porphyriques.
- l.e feld spath est moins dur que le quartz ; néanmoins il fait feu sou* le briquet.
- FÉLONIE , s. f du saxon fello, traître, cruel ; on a dit dans la basse latinité felo , dont les Italiens ont fait fellone , les Anglais félon.
- ( Jurisprud. ), C’était anciennement le crime du vassal qui ofFensoit grièvement son seigneur, ou du seigneur qui commettoit contre son vassal quelque forfait ou déloyauté notable. Aujourd’hui ce mot se prend, particulièrement en Angleterre , pour toute espèce de crime capital.
- FELOUQUE , s. f. de l’italien fe-luca, qui pourroit venir de l’arabe folkon , navire.
- ( Marine ) Bâtiment de la Méditerranée qui va à velles et à rames , qui, pour la forme et le gréaient, a quelque rapport avec une galère, avec cette différence qu’il est beaucoup plus petit.
- FEMELLE, s. £ et adj. du latin feraina, femme : animal destiné par la nature à concevoir et à produire son semb-able par sa conjonction avec le mâle.
- (Botan. ) Plante ou fleur Na
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- sgS FÊî!
- nielle ; celle qui dépourvue d’étamines n’a que l’organe sexuel féminin , c’est-à-dire, un ou plusieurs pistils.
- • FÉMUR, s. ni, mot purement latin dérivé, suivant quelques-uns, de fera, porter : parce que cet os supporte tout le corps.
- ( Anat. ) L’os de la cuisse. C’est le plus grand de tous les os du corps humain.
- FENÊTRE, s. f. du ïat. fenestra, formé du grec tpniviiv ( phainéin ), luire, êt,re diaphane.
- ( Archit. ) Ouverture faite dans une muraille pour donner du jour , et le bois et le vitrage dont elle est garnie.
- ( Horlogerie ) Fenêtre est le nom d’une petite ouverture faite dans une platine, au-dessus d’un pignon, pour voir si son engrenure a les conditions requises.
- ( Fhysiol. ) Fenêtres se dit aussi de deux ouvertures du labyrinthe de l'oreille, dont l’une s’appelle fenêtre ovale . et Yautre fenêtre ronde.
- ( Botan. ) De fenêtre, les botanistes ont fait fénestrê, pour désigner les parties des plantes qui sont percées à jour La feuille du cracon-tiam pertusum , la tige applatie de quelques bauhinies, le fruit du pavot au-dessus de son disque stigma-tique, etc., sontfenestrés.
- FENIL, s. m. du lat. fœnile.
- ( Agric. ) Le lieu où l’on serr e le foin dans une ferme.
- FENTE, s. £ du lat. fin do , ou findor, fendre : petite ouverture en long.
- ( Jardin. ) Crevasse qui se fait à l’écorce des arbres dont l’épiderme se déchire par le gonflement du tissu cellulaire , et l’augmentation du volume de la sève.
- Entre les fentes naturelles , il en est d’artificielles que l’industrie met en pratique, comme la saignée, le cautère, la greflè en fente. Voyez GREFFE.
- ( Hydraul. ) Fente se dit, dans une gerbe d’eau , de plusieurs ouvertures circulaires opposées l’une à l’autre, que l’on appelle portions de:, uurouuss; ce sont souvent des ouvertures en long, formant de petits parallélogrammes.
- F.E R
- ( Fhysiol. ) On dit les fentes. sphénoïdes, les fentes orbitaires, les fentes spheno-maxillaires , etc., c’est-à-dire, petites ouvertures longues et étroites.
- ( Minéral. ) Fentes se dit aussi de certaines solutions de continuité qu’on observe dans les montagnes, et dans les couches pierreuses, et que les naturalistes attribuent, les, uns au dessèchement des matières qui les composent, les autres à des affaissemens.
- F'ER, s. m. du lat.ferrum.
- (Minéral.) Lefer est un métal blan# ou d’un gris-clair, très -tenace, très-dur à fondre, très-combustible, seul des métaux attirablejà l’aimant, ayant la propriété de décomposer l’eau, et de s’unir au charbon qui le convertit en acier.
- Le fer est le plus utile de tous les métaux, et celui qui intéresse plus les arts.
- Le fer, ainsi que les autres métaux , se trouve dans la terre, le plus souvent combiné avec dés matières hétérogènes, les unes ferrugineuses et véritablement métalliques^ les autres, ou sulfureuses, ou salines ou terreuses. On met toute cette masse en fusion par le moyen du feu ; et parce que les parties métalliques , plus pesantes que les autres, tombent alors au ,fond de* vaisseaux dans lesquelles elles sont contenues , on sépare aisément ce qui les surnage et n’est pas de leur* natnre. On coule le fer fondu dans un canal ouvert, et il prend cette même figure en se refroidissant. De longues pièces de fer, ainsi conditionnées s’appellent gueuses.
- Comme il s’en faut bien que la, séparation des parties hétérogènes soit parfaite, on affine ce fer en le fondant de nouveau; l’opération s® peut renouveler tant qu’on le jugf à propos.
- Fer fondu, ou fonte de fer ; la fonte est un métal aigre et cassant, résultant de la fusion du minéral réuni à une certaine portion de carbonate calcaire qui sert de fondant, le tout en contact avec du charbon de bois, ou du CO AK. ( V. ce mot.) Les principes constitutifs sont du fe^ du carbone et de l’oxigène.
- Ls combustible employé à la
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- FER
- ehictiott delaminedonnele carbone; l’oxigène est communiqué de deux manières : il se trouve toujours, en certaine quantité, combiné avec la mine, et, à l'état concret , ayant servi à la minéraliser ; il se réunit au fer avant sa réduction. Une autre portion est transmise par la compression de l’air employé pour exciter le degré de chaleur nécessaire à la fonte duminérai.
- Il y a plusieurs espèces de fontes dont les qualités, bonnes ou mauvaises , dépendent de la quantité des mélanges et de leurs proportions relatives.
- Si la fonte est tenue en fusion pendant long-tems, pour qu’elle absorbe du carbone , et si elle est en même teins garantie de l’oxidation, elle recevra ce principe à excès , et formera un véritable carbone de
- fer- . ,
- L’oxigene combiné avec la fonte au plus haut degré possible, donne nue substance métallique grossière, dont la cassure est poreuse , qui ne se fond qu’à une température bien supérieure à celle des usines ordinaires ; qui, chaude, reçoit quelques impressions du marteau ; et qui , froide , est extrêmement fragile. Pour les détails sur l’art de torréfier la mine et décharger les fourneaux, sur la quantité et les qualités du carbonate calcaire qu’il faut y ajouter pour faciliter la réduction , sur la préparation du charbon de bois, du coaks, V. FOURNEAU , HAUT FOURNEAU , MACHINE SOUFFLANTE , CARBONATE CALCAIRE.
- Fer malléable ; malgré les différentes méthodes adoptées en divers Pays pour fabriquer du fer maîléé, le principe de l’opération est toujours le même ; savoir : de priver la fonte du carbone et de l’oxigène qui peuvent s’y trouver. Des fourneaux de plusieurs formes ont été construits à l’effet de perfectionner |a fabrication ; car , dans les usines les mieux conduites, on éprouve une perte considérable de parties métalliques : la quantité de fonte étant toujours proportionnée à son aptitude à devenir malléable, à l’intelligence des ouvriers, à la bonté du procédé qu’on a suivi, et à la
- FER
- quantité du fer malléé qu’on désire obtenir.
- Deux artistes anglais se sont occupés des moyens de diminuer cC3 pertes considérables dans la fabrication du fer, ils ont substitué aux grosses affineries, aux gros marteaux et aux martinets de nos forges , des laminoirs, dont les cylindres en fonte douce sont mus par de l’eau, ou par une machine à vapeur. Ces laminoirs ont l’avantage de donner un er pur d’un tissu plus homogène que celui qui provient du travail des affineries ; de produire une économie considérable dans la dépense de la fabrication : toute la crasse, les scories, et les matières hétérogènes qui ont pu résister aux opérations préliminaires , au lieu d’être enveloppées dans la COUPE ( V. ce mot ) , et comprimées dans la masse par les coups du martinet pendant la façon , se trouvent, au contraire, dégagées du fer, et le métal pur passe seul à travers les cylindres ; ils rendent le fer plus nerveux et plus ductile, et lui donnent un fini et une égalité d’échantillon qu’il est impossible d’obtenir par aucune autre manière. Lorsque le fer est forgé , battu, affiné ou laminé et mis en barres, on le convertit en acier. V. ACIER.
- ( Technologie ) Les ochres ou oxi-des fer, nommés terre d’ombre, hématite, ect., servent à faire des couleurs et des émaux; celle appelée sanguine à faire des crayons.
- Les matières végétales astringentes , telles que la noix de gale , ou Y acide gauique, V écorce de chêne , etc., précipitent le fer en poudre noire ; c’est cette dissolution qui forme la base de l’encre et de la teinture noire. V. ENCRE.
- Lejfer, décomposé par un alkali et combiné avec du sang de bœuf , fournit à la teinture un précipité d’une autre couleur, appelé bleu de prusse. V. BLEU DE PRUSSE.
- L’air et l’eau convertissent le fer en une rouille qui sert à imprimer les toiles. T. ROUILLE, LIQUEUR DE FER.
- Le fer, combiné avec beaucoup de charbon, produit dans la nature, une espèce de métal appelé plombagine ou fer carburé, dont
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- ig» FER
- on fait des crayons, en l’introduisant dans des tubes de bois. Cette substance sert aussi à enduire les rouages des machines, à défendre le fer de la rouille , A noircir les poils, les cheveux des perruques ; elle entre dans la com- ' position que l’on met sur les cuirs à rasoir , et dans la cquverte de quelques poteries ; on la nomme vulgairement mine de plomb.
- U émail ou feroxidé , sert à polir les pierres et à les graver.
- Les acides ont tous sur le fer une action plus ou moins marquée. L’acide sulfurique, étendu d’eau , produit sur le fer une vive effervescence 5 l’eau se décompose , son oxigène oxide le fer, et son hydrogène passe sous forme gazeuse, l’acide dissout alors le fer ainsi oxidé, sans rien perdre et sans changer de nature. C’est par ce procédé qu’on extrait le gaz hydrogène. r. GAZ HYDROGENE.
- lue fer peut s’allier avec plusieurs substances métalliques ; mais son alliage le plus en usage dans les arts, est avec l’étain pour former le fer-blanc.
- Fer-blanc; le fer destiné à être converti enfer-blanc, est sous la forme de petits barreaux, ductile, doux, et capable de se forger bien à froid.
- Après avoir été chauffé , on le chauffe , on l’aplatit un peu , et on le coupe en petits morceaux qu’on appelle semelles.
- La semelle peut fournir deux feuilles de fer blanc.
- Lorsque les feuilles ont été chauffées, battues, au point d’avoir acquis leur dimension, et qu’elles ont été équaries, décapées ( nettoyées ), on les porte à l’étuve pour être étamées.
- L’atelier d’étamage est composé d’une chaudière de fer fondu, placée d.-ms le milieu d’une espèce de table composée de plaques de fer, inclinées légèrement. Dans le massif qui soutient ceci, est pratiqué un four semblable à celui d’un boulanger, et dont la bouche, est opposée au côté de l’étameur.
- I/étameur met son étain à fondre ; il le laisse six heures en fusion , puis il y introduit Varcane,
- FER
- {arcanutn) , ainsi nommé, parce que les ouvriers en font un secret; mais il est à présumer que c’est, du cuivre , et on fonde ce soupçon, sur ce que la matière qu’on ajoute doit servir à souder î’étain avec le fer : or, le cuivre périt avoir cette qualité , puisqu’il est d’une fusibilité moyenne entre le fer et l’étain. Uarcane est mis en très-petite quantité dans l’étain.
- On fait fondre l’étain sous une couche de suif de quatre ou cinq pouces d’épaisseur, parce que l’étain fondu se calcine facilement, lorsqu’il est en fusion et qu’il a communication avec l’air. Ce lit de suif fondu empêche cette communication.
- Lorsque l’étain a le dégré de chaleur convenable , on le trempe dans la chaudière ; d’abord par paquets , qu’on appelle trousseaux ; ensuite par parties, et enfin une à une.
- Cela fait, on les met à égouter; puis on les distribue à des filles qui les frottent avec de la sciure de bois et de la mousse pour les dégraisser; après quoi, il ne s’agit plus , pour les rendre parfaites , que d’emporter une espèce de lisière qui s’est formée à l’un des côtés de la feuille , tandis qu’on les met-toit à égouter.
- On fait des plaques de différentes largeurs, longueurs et épaisseurs , pour les différens usages auxquels elles doivent être employées par le ferblantier qui les met en œuvre.
- Fer corroyé ; c’est le fer qui , après avoir été forgé, est ensuite battu à froid pour le rendre moins susceptible de se casser. Voyez CORROI.
- Fer aéré; terme de l’ancienne chimie, que les chimistes modernes appellent maintenant carbonate de fer. V. CARBONATE
- Fer dJ eau ; c’est encore une autre terme de l’ancienne chimie , auquel on a substitué celui de phosphate de fer. V. PHOSPHATE.
- Fer à cheval ; c’est le demi cercle ou la sole de fer dont on garnit la corné du pied des' cher vaux. La nouvelle manière de fabriquer le fer , au moyen des laminoirs , a donné l’idée à un An-
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- gbfis d’appliquer cet usage à la fabrication des fers à cheval. Un autre a trouvé un moyeu plus expéditif, celui de les frapper sous nn balancier, avec des matières où les deux surfaces et la forme exacte d’un fer sont parfaitement gravées , ainsi que les positions respectives des traits.
- (. Archit.) Fer à cheval se dit d’une terrasse dont la montée en pente douce a deux rampes circulaires , et imitant par ce plan le fer d’un cheval.
- ( Méd. ) Fer chaud, ferrurn ca-lidum ; espèce de maladie qui consiste dans une chaleur insupportable que l’on sent monter à l’estomac, le long de l’œsophage , jusqu’à la gorge ; ceux qui' font un grand usage de bierre y sont principalement sujets. Les yeux d’écrevisse, pris en poudre, appaisent cette douleur sur le champ.
- FÉRIÉS, s. f. du lat. ferice.
- (Hist.rorn.) Les Romains donnèrent ce nom aux jours pendant lesquels ils s’abstenoient de travailler. Les fériés étaient différentes des fêtes. La simple cessation (le travail constituait les premières ; les secondes étoient célébrées par des sacrifices ou par des jeux,
- ( Culte cathol. ) Férié dans l’origine signifioit un jour férié ou fêté. Constantin ayant ordonné de l'èter toute la semaine de Pâques, le dimanche se trouva être la première férié, le lundi la seconde , et ainsi de suite. Ces noms dans la suite furent adaptés aux autres semaines, et leur sens changea; férié, en terme de rubriques, signifie un jour non fêté et non occupé par l’office d’un saint.
- Il y a des fériés majeures , comme le jour des cendres et les trois- derniers jours de la semaine sainte , dont l’office prévaut à tous autres ; des fériés mineures qui n’excluent point l’office d’un saint, 'mais desquelles il faut faire mémoire. Les simples fériés n’excluent rien , tout autre office prévaut à celui de férié.
- FÉRINE, adj. du lat. ferinns, formé de feras , sauvage , brutal.
- {Méd. ) Ce mot signifie en rai-
- F S R ï<>9
- decine, nuisible, malin, et il s’applique aux maladies remarquables par leur malignité, autant qu’elles procèdent de la dépravation extraordinaire des humeurs. On appelle la toux frrine, une toux sèche , si opiniâtre, qu’elle ne cède presque point aux remèdes les mieux indiqués.
- FERLER, v. a. corruption de-l’ancien mot français fréler, qui signifioit plier, détendre. Les Anglais disent furl, dans le même sens.
- ( Marine ) Ferler les voiles ; c’est les serrer, les rouler et replier sur la vergue. U est opposé à déferlerj qui signifie détendre lesvoiles pour les tenir prêtes à servir. V. DEFERLER.
- FERME., s. f- dans le sens de conduciia, est dérivé du lat. firrna.
- ( Pratique) Convention par laquelle le propriétaire d’un héritage , d’une terre, d’une rente-, d’un droit, abandonne la jouissance de son héritage , de sa terre, de ses droits à quelqu’un, pour un certain tems, et pour un certain prix.
- Ferme se dit aussi de la chosa donnée à ferme, et dans ce sens, il se dit des métairies et des autres héritages.
- FERME, adj. dans le sens dé stable , du lat. firmus.
- ( Physique ) Epithète que l’on donne aux corps dont les parties ont entre elles une adhérence telle, qu’elles ne se déplacent pas aisément par le toucher. Les corps de cette espèce sont appelés corps fermes, et plus ordinairement corps solides.
- ( Art milit. ) Faire ferme, attendre son ennemi de -pied ferme, combattre de pied ferme : c’est combattre avec résolution et sans reculer. On dit encore tenir ferme, en parlant des actions et des combats qui se soutiennent avec effort, - ( Archit, ) Ferme se dit aussi substantivement d’un assemblage de pièces de bois , pour soutenir les autres pièces de charpente qui portent le toit. Son diminutif fermette , s’applique à,la petite ferme d’un feux comble , d’une lucarne. Dans les pouls de bois ou de fer-, on appelle fermes la réunion ,, 1s
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- système , ou l’assemblage des pièces (le fer ou de bois sur lesquelles est établi le plancher. F. PONT DE FER.
- FERME, adj. de fermer, du lat. Jermare , qui a d’abord signifié fortifier et ensuite clnrre.
- ( Marine ) Ce mot s’emploie dans la marine, en parlant des gise-mens des objets vus à terre, l’un par rapport à l’autre , qui servent à diriger les vaisseaux à l’arrivée des côtes, ports et mouillages.
- Fermer , en ce cas , signifie amener par le rayon visuel,, l’un sur l’autre , et cacher l’un par l’autre, deux objets qui étoient auparavant séparés et ouverts.
- FERMENTATION, s. f. du lat. fermentatio., formé de ferveo , échauffer, animer,
- ( Physique ) Mouvement intestinal qui s’exécute entre les parties constituantes et intégrantes de certains corps, ou à l’aide d’un degré de chaleur et d’une fluidité convenable, on par le mélange de différentes substances, et d’où il résulte de nouvelles combinaisons des principes de ces mêmes corps.
- Lorsque les végétaux et les animaux sont privés de la vie, ou lorsque leurs produits sont enlevés aux individus (lontils faisoient partie , il s’excite en eux des mou-vemens qui en détruisent le tissu et en altèrent la composition; ces mouvemens constituent les diverses espèces de fermentation Ces espèces sont au nombre de trois : la fermentation vineuse, la fermentation acéteuse et la fermentation jmtride.
- Lu fermentation vineuse est celle que produit le vin ou l’alcohol. La matière sucrée est la seule qui l’éprouve , lorsqu’elle est étendue d’une certaine quantité d’eau. La substance sucrée est si abondante et si généralement répandue dans les matières végétales, même dans les matières animales , qu’il y a lin grand nombre de corps susceptibles de donner du vin, ou de former de l’alcohol.
- La fermentation vineuse s’annonce dans les sucs sucrés par une augmentation de volume, la for--
- FER
- mation d’une écume abondante qui en couvre la Surface, l’élcvaîion de la température , le dégagement de beaucoup de gaz acide carbonique, la conversion d’une liqueur douce, en une liqueur âcre , chauds et piquante.
- La cause de cette fermentation paroît être due à une décomposition de l’eau, dont une grande partie de l’oxigène se portant sur le carbone du sucre , le brûle et le convertit en acide carbonique ; en même temps l’hydrogène de l’eau se porte sur le sucre de carbone, et en s’y combinant donne naissance à l’alcohol.
- La fermentation acide ou acéteuse est le second mouvement naturel qui contribue à réduire les composés végétaux à des états de composition plus simple. Cette fer-menlation qui donne naissance au vinaigre, n’a lieu que dans les liqueurs qui ont d’abord éprouvé la fermentation vineuse. On a remarqué que le contact de l’air étoit nécessaire pour la production du vinaigre ; on a vu même l’air être absorbé par le vin qui tourne à l’aigre , et il paroît qu’une certaine proportion d’oxigène atmosphérique est nécessaire à la formation de l’acide acéteux.
- Enfin , après que les liqueurs végétales ou leurs parties solides humectées ont passé à l’état d’acide , leur décomposition, en se continuant par les circonstances favorables , c’est-à-dire , par une température douce ou chaude , par l’exposition à l’air et par le contact de l’eau, les conduit à une putréfaction qui finit par en volatiliser, sous la forme de gaz, la plupartdesprincipes.il se dégage de l’eau, de l’acide carbonique, du gaz hydrogène carboné et même sulfuré , de l’huile volatile en vapeur, quelquefois même du gsz azote et l’ammouiaque ; il ne reste plus après cela qu’un résidu brun ou noir, connu sous le nom de terreau formé de carbone un peu huileux et gras , dont l’eau extrait encore quelques substances salines et un peu de matière extractive,
- La putréfaction des animaux consiste dans une espèce de fermen-*
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- F E S
- talion, de décomposition lente des substances liquides ou solides : leur ordre de composition plus compliqué que celui des matières végétales, les rend encore plus susceptibles de la décomposition putride. V. leS Traités de Chimie de Lavoisier, de Fourcroy.
- FERMETÉ , s. f. du lat. jirmi-tas , forteresse , fait de Jîrmare : état de ce qui est ferme , solide.
- ( Peinture ) La fermeté, en peinture , est le contraire de lamo-iesse , et est opposée à l’indécision. Le savant artiste sait où il doit poser sa touche ; il a donc une touche feime et décidée. Celui qui n’a pas une connoissance assez profonde de son art et de la nature , fait en tâtonnant ce que l’autre exécute avec sûreté , et sa touche est indécise. Il voudroit dissimuler son ignorance , il craint en quelque sorte de prononcer ce qui rte sera peut-être qu’une erreur, et sa touche est molle. On établit les masses avec fermeté , quand on possède bien la théorie des effets; on hésite sur l’établissement des masses , quand on n’a sur les effets qu’une théorie incertaine.
- FERTILE , adj. du lat. fertilis , formé , de fero , produire fécond , qui produit , qui rapporte beaucoup.
- ( Botan. ) Plante ou fletir fertile-, celle qui est susceptible de fécondation , et pouvant par conséquent perfectionner son fruit. Fertile se dit aussi d’une plante qui se régénère , ou se propage abondamment de toute autre manière.
- FLSCENNIN , adj. de Fescennia, ville de Toscane.
- ( Jjitt. anc. ) Les vers fescennins ëtoicnt une espèce de vers libres et grossiers , qu’on chantoit à Rome dans les fêtes et les divertissemens, principalement dans les noces. Ils «ont ainsi appelés de Fescennia , ville de Toscane , d’où l’usage s’en introduisit à Rome. Ces vers n’a-voient point de mesure juste , et tenoient plus de la prose cadencée que des vers. Ils furent admis sur le théâtre de Rome , et tinrent longtemps lieu de drame aux Romains.
- FESTON , s. m, defastus , cor-
- FF. U
- rnption de farcis, d’où l’on a Fait faslo , fastonis et feston. Les Italiens disent fastellino et fasteF lone.
- ( Hrcîiit. Scuïpt. ) Ornement de sculpture qui représente des fi.eu.r3 et des fruits lies ensemble.
- FÊTE , s. f. festutn , formé de feriari.
- {Hntiq. ) Les fêtes étoient originairement des ]ours de réjouissance établis pour honorer les princes et les héros, ou pour remercier les Dieux de quelque événement favorable. Ces jours-là , on ne ren-doit point la justice ; le négoce et le travail des mains ccssoient ; ou faisoit des festins et on célébroit des jeux.
- ( Culte caihol. ) La première fête que Dieu ait instituée, est celle du sabbat. Les apôtres instituèrent celles de la naissance , la mort , la résurrection et l’ascension de leur divi» maître.
- Aux fêtes de Jésus-Christ , succédèrent celles des martyrs , qui ont été les premiers saints du christianisme , et ensuite celles des autres fidèles , dont la vie péuitente et mortifiée n’avoit été qu’un, long martyre.
- FETFA , s. m. mot turc.
- ( Hist. turque. ) Mandement du mufti, très-respecté, même du grand-seigneur.
- FÉTICKE , s. f. C’est un mot en usage parmi les nègres.
- ( Hist. delà Nigritie) nom qu’on donne aux difFérens objets du cnlie superstitieux des nègres. Ces objets sont un arbre , des pierres , des animaux, etc.
- FEU j s. rn. du 1 &t. j^ocus ? et us l’allemand Feur, dont les anglais ont faitfire.
- ( Ohmi. ) Matière très - subtile , qui , pav son action , produit du moins la chaleur, et souvent 1 embrasement.
- Les anciens chimistes regardent le feu comme une matière simple , inaltérable, et destinée à produire la chaleur et l’embrasement ; les chimistes modernes y distinguent deux objets : le calorique et îa lumière. Un corps peut être lumineux
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- sans être chaud ; il peut émettre de ! a chaleur sans être .lumineux; mais ia réunion du calorique et de la lumière simultanément sensi bles 3 constitue ce qu’on doit appeler feu.
- Les chimistes emploient', pour faire leurs opérations , les feux,: de sable , dé limaille de fer , de cendre, de réverbère , de roue , de fusion ,, de lampe , de bain-marie , de bain de vapeur , le feu de suppression. Ils emploient même plusieurs au-très espèces de chaleurs , qu’on peut mettre au rang des feux, comme l'insolation , le bain de fumier , le bain de mare de raisin , la chaleur de la chaux vive. Foy. tous ces mots.
- ( Méd. ) Il y dans la pathologie un grand nombre de maladies auxquelles on à donné le non» de Jeu. : comme le jeu S. Antoine , ou feu sacré, que le vulgaire appelle érysipèle ; le jeu persîque, autre espèce d'érysipèle ou de dartre qui entoure le corps comme une ceinture. Quelques-uns nomment aussi jeu persique , le charbon ou anthrax. V, ces mots.
- , ( Jardin. ) Jeter son feu , se dit d’un arbre qui pousse d’abord vigoureusement , et qui se ralentît ensuite. On fait jeter son feu lit un arbre , quanti on le charge amplement en bois et en fruits , quand on lui laisse beaucoup de bourgeons surnuméraires à dessein de le rendre sage.
- Lorsqu’il a jeté son feu , on change de méthode , et on le tient •plus découvert. V. AMUSEXl LA SÈVE.
- { Art viilit. ) Faire feu c’est faire des décharges des armes à leu.
- Feu de courine, ou second flanc-, c’est la partie de la courtine comprise entre le prolongement de la face- du bastion , et de l’angle du flanc. H ne s’emploie que dans les fortifications où la ligne de défense est fichante.
- Feu rasant ; c’est celui dont les coups sont tirés parallèlement à la campagne , à la .tîistdilee seulement de trois ou qdatr* pieds de sort nneaa.
- FEU
- On appelle aussi feu rasant, celui qui est fait par des coups tirés parallèlement aux faces des ouvrages de la fortification.
- ( Marine ) Feu , en termes de marine , s’entéud ordinairement de l’action de canonner : Faire feu jeu bâbord, feu tribord, feu vif feu roulant, jeu bien servi.
- Donner le feu à un bâtiment -c’est le chauiler. F. C/iHliiMEE.
- 'Feux ; on se sert de ce terme pour exprimer les fanaux ou lanternes allumés la nuit dans un » aisseau, comme aux hunes , aux bouts de vergue, daus les haubans , à la tête des mâts , pour faire des signaux daus une escadre. V. blGNAL.
- Gn appelle aussi feux' , des phares , des tours et autres éta« biissemens faits le long des cotes , pour y allumer des feux dans la nuit, afin de guider les vaisseaux aux approches des côtes. Il y a des jeux en grand nombre sur les cotes de ia Manche , sur-tout du côté de l’Angleterre.
- ( Art du dessin ) Ce qu’on appelle feu dans les arts , est souveat ce qu’on devroit appeler prestesse de composition, facilité d’exécution, ab- euce de reüexion et de jugement.
- Le feu est toujours vif, mais la vivacité n’est pas toujours du feu ; elle peut n’être qu’une turbulence puérile , une pétulauce insensée.
- Raphaël , qui se représentoit les personnages tels qu’ils dévoient être dans la situation où ii vouloit les peindre , qui se pénétrait de l’affection ultérieure dont ils dévoient être animés , avoit un feu bien pins vrai que tant de peintres dont on a vanté la chaleur , parce qu’ils éprouvoient des mouvemens désordonnés , et, les faisoient passer dans leur composition.
- Les mots jeu, enthousiasme , ont perdu bien des artistes , qui ont cru que le désordre , l’absence, la raison , le mépris des principes et des convenances , étoient de i’en-tkousiasme , du feu.
- ( Peint. sur verre) Feu d7 atteinte- ; c’est un feu vifet âpre que l’on donne au fourneau dès le commencement dejla cuisson du verre peint.
- 1 ^ feux d’artifice ) Ou compremt
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- sous ce terme tous les feux artificiels et composés , où il entre généralement du salpêtre , du sou Ire et du cliarbou , et souvent du pétrole, de la poix résine , du camphre , de la chaux vive, de la colophane , du vif-argeut , etc. Il y en a à la guerre qui servent à incommoder, l’ennemi et à éclairer ses travaux et ses démarches ; d’autres qui ne sont que pour les spectacles.
- Les Chinois donnent aux feux d’artifice toute la variété des formes, des couleurs et des effets dont l’art est susceptible ; niais quant aux combinaisons des figures , des mou-vemens et des contrastes du feu , il n’est point de nation qui l’emporte sur les Moscovites.
- Feu grégeois ; parmi les feux artificiels, le feu grégeois , ou le feu des Grecs , doit tenir le premier rang. Les Grecs s’en servirent les premiers , et ils furent en possession , pendant plusieurs siècles ,
- e brûler toutes les flottes de leurs ennemis, sur-tout celles des Arabes , qui venoieut d’Afrique et de Syrie les attaquer jusqu’à Constantinople.
- Ce feu fut mis au rang des secrets de l’Etat ; cependant les Turcs vinrent à bout de découvrir sa' composition , puisqu’ils s’en servirent an siège de Damiette , en Egypte , l’an i2ig. L’invention s’eu est perdue an moyen de la poudre à canon qui lui a succédé , et qui . par le secours de l’artillerie , fait bien d’autres ravages que ceux que pro-duisoit un feu soufflé dans des tuyaux de cuivre , et lancé avec des machines à ressort.
- ( Physique) Feu central ; c’est le feu que l’on suppose au centre de la terre.
- Quelques physiciens avoient placé au centre de la terre un feu perpétuel nommé central, à cause de sa situation prétendue ; ils le re-gardoient comme la cause efficiente des végétaux , des minéraux et des animaux. Comme la chaleur du soleil ne pénètre jamais plus de dix pieds ( trois quarts de mètre ) en avant en terre, ils attribuoient à ce leu toutes les fermentations et pro-
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- ductions qui sont hors delà portée de l’actiou de cet astre. •
- Le feu central, qu’ils appeloieat le soleil delà nature, concouroit , dans leur système , avec le soleil du ciel , à la formation des végétaux. Gassendi a chassé ce feu du poste qu’on lui avoit assigné , en faisant voir qu’on l’avoit placé , sans raison , dans un lieu où l’air et l’aliment lui manquoient , et que tout es que l’on pouvoit conclure des feux qui se manifestent par diverses irruptions et au très signes,c’est qu’il y a effectivement des leux souterrains renfermés dans diverses cavernes , où des matières grasses , sulfureuses et oléagineuses les entretiennent.
- Feu électrique ; on appelle ainsi tons les phénomènes d’éiectricité qui sont accompagnés de lumière. Telles sont les aigrettes lumineuses qu’on voit souvent brii er aux .angles des corps isolés qu’on électrise , ainsi qu’aux extrémités et aux angles des corps non isolés et éleetrisables par communication , qu’on présente à de s distances convenables des corps actuellement électrisés. F-.AIGRETTE LUMINEUSE , ETINCELLE.
- Feu follet ; c’est un météore enflammé , semblable à une flamme légère qui voltige dans l’air , à peu de distance de la terre , et qu’on aperçoit principalement pendant les nuits d’été , dans les cimetières et les endroits marécageux.
- Ces feux sont dus au gaz hydrogène que fournissent toutes les matières putréfiées , et qui s’enflamment par l’électricité de l’air quand elle a assez d’activité pour cela.
- Feu Saint-.Flme , appelé aussi Castor et Pollux. C’est le nom que l’on a donné ù de petites gerbes de feu que l’on aperçoit en mer, dans les tems d’orage, aux extrémités dès vergues et des mâts des bà-timens, et qui font quelquefois entendre des éclats semblables à des pétards.
- Ce sont des feux électriques , qui ne trouvant que peu d'issue par les différentes parties des vaisseaux qui sont ordinairement imprégnées et même enduites de goudron et d’autres matières
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- sineuses , se dissipent sons la (orme de petites gerbes par les extrémités des vergues et des mâts , qui se trouvent au-dessus d'une nuée orageuse, comme ou en voit sortir des corps non isolés vis-à-vis des globes et des conducteurs
- pptriçpç
- FEUILLADE.s. f. V. FEUILLE.
- { Botan, ) Expansion laminée ou foliacée , ou feuillage particulier des plantes comprises dans la cryptogamie de Linnœus V. CRYPTOGAMIE..
- FEUILLAGE, s. m. de FEUILLE,
- ( Botan. ) Ensemble des feuilles d'une plante. Un feuillage beau par sa disposition et sa netteté ; plante dJun vilain et triste feuillage.
- (Arts dJimitation) Il se dit aussi de certaines représentations capricieuses de feuillages , soit en scup-ture, soit en ouvrages de tapisserie , ou autrement.
- FEUILLAISON , s. f. Voyez FEUILLE.
- ( Botan. ) Tems où une plante vivace ou ligneuse commence à développer de nouvelles feuilles. Les plantes entrent en feuillaison à des époques différentes qu’il est utile d’observer. La feuillaison est un des moyens de comparaison entre divers climats.
- FEUILLES , s. f. du lat. folium.
- ( Botan. ) Les feuilles sont les organes de la respiration ; quelques végétaux n’en ont point, mais la plupart en sont parés.
- Les feuilles sont sessiles ou soutenues par un pétiole nu ou ailé , simple ou commun , selon qu’il porte une ou plusieurs feuilles.
- Les feuilles sont quelquefois apposées sur des écailles sous membraneuses appelées stipules , placées sur les feuilles , sur le pétiole , ou qui les engaînent.
- Les différences qu’on observe dans les formes et dans la position des feuilles , sont innombrables.
- Les feuilles , considérées selon leur insertion , tiennent à la racine , à la tige , aux rameaux ou à la fleur.
- Leur direction varie comme leur
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- insertion; elles sont droites , horizontales , inclinées , rapprochées de la tige , ou formant avec elle un angle plus ou moins ouvert.
- Quant à leur durée , elles tombent tous les ans , ou résistent aux rigueurs de l’hiver et conservent leur verdure.
- Leur structure est sur-tout variée ; elles ont la forme d’une alêne . d’un fer de lance , de hallebarde ou de flèche , d’un cœur, d’un rein, d’un orbe ; elles sont triangulaires ou en losange ; leur bord est entier , denté , crénelé , scié, accompagné de cils ou défendu par des piquans , etc,
- La couleur des feuilles est ordinairement d’un verd différemment nuancé ; mais, quelquefois elle est d’un jaune doré , d’un blanc argenté , ou elle est rougeâtre.
- Leur expansion est plane , convexe , concave , pliée , crépue, ondulée, creusée en gouttière.
- Leur substance est membraneuse, coriace ou charnue , mince ou épaisse, pleine ou creuse. Voilà pour les feuilles simples.
- Les JouiHes coraposées sont formées de plusieurs folioles , fixés sur le même pétiole. Elles sont conjuguées, ternées ou quaternée-s ; selon que ces folioles sont au nombre de deux , de trois ou de quatre.
- L’usage des feuilles est très-utile ; elles servent à la vie du végétal . le vêtisseut, pour ainsi dire. Elles donnent de l’oxigène , et réparent les pertes que l’atmosphère fait de cette substance , par la combustion et la respiration. Plusieurs servent à la nourriture des hommes et de certains animaux. Les fibres de quelques - unes servent à la fabrication du papier. Celles du mûrier , élaborées et digérées par les larves de la phalène bombyx , appelée ver à soie , produisent ceite substance précieuse ; d’autres donnent des fils pour les cordons.
- Lorsque le froid arrête la circulation dans leurs trachées, elles se ferment , tombent , et alors converties en humus , ou terre végétale, elles servent à la végétatîon-
- La surabondance de feuilles est
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- ®ae maladie appelée T'HYLLO-3IA3\1E ( F. ce mot. ) dont ie remède est dans la tonte de Farbre et l’émondatiou de ses branches.
- ( Technologie. ) Feuille est aussi d’un grand usage dans les arts , pour signifier des ornemens , des outils 5 des instrumens ou des parties de leurs travaux.
- Les sculpteurs appellent feuilles d’acanthe les ouvrages qui font l’ornement d’un chapiteau corinthien. En termes d’imprimerie , on appelle feuille d’impression une feuille de papier qui est pliée en deux , en quatre , en huit , selon la grandeur du volume auquel elle doit servir. On met au bas de la première page de chaque feuille, une lettre de l’alphabet appelée signature , pour désigner et indiquer l'ordre qu’elle doit avoir dans le volume. Au bas des feuillets de la première moitié d’une feuille , on répète la même lettre , accompagnée d’un chilfre arabe ou romain , afin de faire connoître l’ordre que les feuillets doivent avoir entr’eux ; et au bas de la dernière page de la feuille , on met le premier mot de la feuille suivante , que l’on appelle RECLAME , pour faire con-noître la liaison de l’une à l’autre. F. FORMAT, SIGNATURE, RECLAME.
- Les imprimeurs disent encore que la feuille est en train , lorsque toutes les corrections sont faites , et qu’ils n’ont plus qu’à rouler, ou à tirer jusqu’au nombre déterminé.
- Paimi les batteurs d’or, feuilles se dit de l’or , de l’argent , du cuivre, lorsqu’il est battu extrêmement mince.
- Les joailliers appellent feuille, la petite lame de métal qu’ils mettent sous les pierres précieuses pour leur donner plus d’éclat.
- En termes de chirurgie, on nomme feuille une petite superficie qui se détache quelquefois d’un os , lorsqu’il a été offensé. On appelle aussi j’euille de myrte un petit instrument qui sert à nettoyer les bords des plaies ulcérées.
- Les étameurs appellent feuilles eouehe d’éUùn qu’on applique
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- derrière une glace , pour qu’elle réfléchisse l’image des objets.
- Feuilles de corne. V. CORNE.
- FEUILLET , s. f. de feuille. Une partie d’une feuille de papier pliée , et qui contient deux pages.
- FEU1LLÉ , adj. de feuille.
- ( Bot an.) Pourvue d'une ou plusieurs feuilles. Il est, opposé à AFHYLE. F. ce mot.
- ( Imprimerie ) Feuillet se dit aussi d’une réglette de bois de l’épaisseur à-peu-près d’un quart d» ligue.
- ( Ilist. nat. ) Feuillet est encore le nom d’un des quatre estomacs des animaux ruminans. Les a! imens , après être entrés de la panse dans \e~~bonnet , reviennent dans la bouche , où ils sont mâchés de nouveau ; de-là ils passent dans le feuillet , et ensuite dans la caillette.
- ( Botan. ) On donne le nom de feuillet à ces espèces de lames qui tapissent la surface interne des chapeaux des agarics de Linaæus.
- FEUILLURE s. f. de. feuille.
- (Architl) Petite ciselure en angle rentrant entre le tableau et l’embrasure d’une porte ou d’une croisée , ou ailleurs , ainsi nommée parce que sa concavité imite une feuille.
- FEUTRE , s. m. du lat. fus-trum ou filtrum. On a dit autrefois feautre ou feaultre.
- ( Manuf, ) Espèce d’étoffe noa tissue , qui se fait en foulant le poil ou la laine dont elle est composée.
- ( Chapelier ) Dresser le feutre ; c’eslle mettre sur une forme de bois, pour lui donner la figure d’un chapeau,
- FÉVRIER , s. m. du lat. fe-bruarius , formé de febria , déesse des purifications.
- ( Chronol. ) Nom du deuxième mois de l’année , v. st. , qui répond au mois de pluviôse.
- FIACRE , s. m. dans le sens de voiture publique, vient de l’image de S.-Fiacre , qui servoit d’enseigne à un hôtel où ces voitures ont pris naissance. C’est le nom des voitures de louage qui sont sur la place eu certains endroits de Taris ,
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- et qu’on loue tant par heure , où pour une course.
- Les xlnglais disent que c’est d’eux que Paris a emprunté l’usage des J.acres-, ce qu’il y a de certain, c’est quÙl n’y en avoit point encore au commencement du règne de Louis XIV.
- FIANÇAILLES , s. f. du lat. fiel en ha ; assurance dans la fidélité de quelqu’un.
- ( Culte catlwl.) Promesse de mariage eu présence d’un prêtre. Ce mot se disoit autrefois de tout ce qu’on promettoit sur sa loi.
- FJARNA X, s. m. ancien mot français , qui, lors des guerres de la Palestine, signiüoit ceu'qui arri-voient d’outre-mer dans la Terre-Sainte.
- ( Ordre de Malte. ) On appelle ainsi, dans l’ordre de Malte, les derniers chevaliers qui ont fait profession dans "l’ordre.
- FIBRE , s. f. du lat. fibra, filament.
- ( Physiol. ) On appelle ainsi certains filamens déliés dont différentes parties dix corps sont composées. On dit : les fibres des muscles, la fibre motrice , la fibre musculaire , la fibre nerveuse.
- Lee fibres sont des corps longs et grêles , qui, par leur arrangement' et leurs différentes connexions, forment toutes les parties du corps, et qui prennent, selon quelques-uns, leur origine dans le berceau.
- Les fibres out un ressort élastique,-c’est-à-dire, qu’aprèsavoir été aiongées par quelque cause, cette cause cessant, elles se remettent dans leur état naturel. La matrice des femmes grosses, le ventre des liy-dropiques, le gonflement des glandes, etc., fournissent des preuves de cçttc élasticité.
- ( Botan. ) Fibre se dit aussi de longs filamens qui entrent dans la composition des plantes.
- FIBREUX % adj. de FIBRE : qui » des libres, qui ressemble à des libres.
- ( Botan. ) Fruit fibreux ; c’est celui dont la chair ou le péricarpe est rempli ou traversé de filamens ou moins tenaces , ou diiiici es ÿ rompre.
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- On dit aussi noix fibreuse, racine fibreuse.
- FIBRILLE, adj. de fiihrilla , di-minutîf de fibra.
- ( Physiol.) Petite fibre , filament.
- FiÜ , s- m. du lat .ficus, figue.
- ( Méd. ) Espèce de condylome ou excroissance charnue- C’est une petite tumeur indolente , ronde , qui pend en manière de figue , d’où elle a pxas son nom, ainsi que de sa substance interne , composée de quantité de petits grains qui la font ressembler à la chair de ce fruit.
- FIER IN !ù s. f. duninut de F1BRE.
- ( Chimie ) Terme mis en usage par les chimistes modernes , pour désigner la dernière des trois substances , dans lesquelles se sépare spontanément le sang, et distinguée des deux autres par sa concrescibi-lité spontanée, et sa dissolubilité dans les alkalis.
- FICHE , s. f. du lat. fixa , formé defigere, planter , ficher.
- ( Technol. ) Petit morceau de fer ou d’autre métal servant à la peu-ture des portes, des fenêtres, des armoires.
- (Jeux) C’est aussi une marque que l’on donne au jeu.
- ( Art milit. ) Il se dit encore des bâtons ou piquets dont on se sert pour marquer les différentes lignes d’un camp,
- FICHÉ, participe de FICHER.
- ( Blason ) Il se dit des croix et des croisettes qui ont le pied aiguisé.
- FICHET , s. m. de FICHE.
- ( Trictrac) Petit morceau d’ivoire ou d’autre matière qu’on met dans les trous d’un trictrac, et qui sert à marquer les parties à mesure qu’on les a gagnées.
- FICTIF, ou FICT1CE, adj. da fictitius , formé de fingo , feindre , dissimuler: qui est faux, qui n’existe que par supposition.
- ( Pratique ) Les rentes ne sont point des immeubles réels , maisfictifs ; un héritage, au contraire , est un immeuble réel. H y a des propres fictifs qui sont des deniers stipulés propres.
- La fiction a été permise par la loi, afin d’attribuer à une personne ou à une chose une qualité qu’elle n’a point par efle-mème, et établi*’
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- en conséquence une disposition. Mais , comme les fictions sortent du droit commun, elles doivent être restreintes dans leur cas particulier.
- FICTION, s. f. du lâtin jictio , formé de fingo, feindre, dissimuler.
- ( Arts d'imitation ) Production des arts qui n’a point de modèle complet dans la nature.
- On distingue quatre genres àefiction : le parfait , T exagéré , ' le monstrueux et le fantastique.
- La fiction qui tend au parf vit est l’assemblage régulier des plus belles parties dont un composé naturel soit susceptible ; et dans ce sens étendu, la fiction est essentielle à tous les arts d’imitation. V. BEAU.
- On a senti, dans tous les arts , combien peu intéressante devoît être l’imitation servile d’une nature défectueuse et commune mais on a trouvé plus facil e de l’exagérer que de l’embellir. De-ià le second genre de fiction , qu’on appelle exagéré.
- La fiction qui produit le monstrueux, semble avoir eu la superstition pour principe , les écarts de la nature pour exemple, et l’allégorie pour objet : considéré comme symbole, ce genre de fiction a sa justesse et sa vraisemblance ; mais il a aussi ses difficultés, et l’imagination n’y a pas été affranchie des règles , des proportions et de l’ensemble toujours prises dans la nature.
- Pour passer du monstrueux au fantastique , le dérèglement de l’imagination, ou si l’on veut, la débauche du génie, n’a eu que la barrière des convenances à franchir. Le premier étoit le mélange des espèces voisines,- le second étoit l’assemblage des genres les pins éloignés et des formes les plus disparates , sans progressions, sans proportions et sans nuances.
- FIDEI-COMMIS , s. in. contraction du lat. fîdei cornmissum : ce qui est commis à la foi d’autrui.
- f Pratique) Disposition particulière par laquelle un testateur prie son héritier , ou quel qu’autre personne , de remettre à quelqu’un l’hérédité entière ou une partie, ou quelque chose en. particulier.
- F?-DE-#U3SEüXl, s. m. du lat.
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- fide -jussor, formé de fide. fi,ibare: cautionner , se rendre garant.
- ( Pratique ) Celui qui .s’oblige pour la dette d’un autre,.et promet de payer pour lux, au cas 'qu’il, ne satisfasse pas à son créancier.
- Il y a cette différence entre I® fidé -jusseur et le co- obligé , que celui-çi entre directement dans l’obligation, principale avec lès- autres obligés, au lieu que le, fi fl 4-jusseur ne s’oblige que subsidiairement au cas que le principal obligé ne satisfasse pas.
- FIDÉLITÉ, s. f. du lat. fuies, foi , loyauté : régularité à remplir ses engagemens. Prêter serment de fidélité.
- fPeinture) La fidélité dans les arts, est une vérité d’imitation.
- La fidélité la plus minutieuse devient un devoir quand on dessine ou peint quelques objets de la nature pour servir à l’étude de l’histoire naturelle ; mais le peintre , lorsqu’il est libre, \:e doit à la nature qu’une fidélité louable, c’est-à-dire, qu’il lui suffit de rappeler , par l’imitation qu’il en fait, les principales sensations qu’il occasionne, les principaux effets qu’elle nous transmet, et par conséquent les formes les plus caractéristiques.
- FIEF, s. f. du lat. fuies, foi, suivant les uns , et selon d’autres, de fædus , traité , alliance.
- Domaine noble, qui relève d’un autre domaine. ( V. Lefebre , de VOrigine des fiefs). Il n’y a plus , de fiefs en France.
- FIEL, s. m. du lat. fiel, fiellis, formé àefiollis , sac.
- ( Physiol.) Humeur jaunâtre et amère, contenue dans un vaisseau rond et un peu loug , qui a la figure d’une petite poire , et tjui est situé à la partie concave du grand lobe du foie. Ce mot signifie aussi la bile, mais plus ordinairement celle des animaux.
- (Peinture) Pierre de fiel -, les peintres appellent ainsi'une substance dure qui se trouve'dans les fiels de bœuf et dont ils font un beau jaune doré. Son plus grand usage est pour la miniature.
- FUSETTE » *• f. du lut. fmeium.
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- ( Hisl. nat.) C’est le nom qu’on donne aux excrémeus de plusieurs animaux. L’ammoniaque d’Egypte est le produit de la suie donnée dans la combustion de la fiente du chameau.
- FIER , adj. du lat. férus, dont les Italiens ont fait fero. Ce mot, dans l’origine , siguifioit féroce , cruel : mais il a été détourné ensuite de sa première acception , pour signifier audacieux , et exprimer l’estime qu’on a de soi-même.
- ( Peinture ) On dit en peinture , une touche fière, fierté de pinceau. Cela signifie un pinceau hardi, une touche expressive, et ces qualités appartiennent au génie de l’artiste, d’où elles se communiquent à sa main , et aux moyens qu’elle emploie pour rester empreinte dans ses ouvrages.
- Ou emploie plus ordinairement ces expressions , en parlant du genre de l’histoire , que des antres ; en parlant de la représentation des êtres vivans , que de ceux qui, étant sans mouvement, sont incapables d’énergie.
- ( Blason ) Fier se dit d’un lion dont le poil est hérissé.
- FIÈVRE, s. f. en lat. fehris , du verbe fervere , bouillir.
- ( Trléd. } Mouvement déréglé de la masse du sang avec fréquence permanente du pouls et lésion des fonctions , accompagnée le plus souvent d’une chaleur excessive.
- Ce n’est point sans raison que les plus célèbres médecins ont appelé la fièvre un assaut , un combat de la nature contre la maladie et contre sa cause. Entre les modernes, personne ne s’est déclaré plus hautement pour ce sentiment que Sydenham , qui a regardé la fièvre comme un effort et un instrument de la nature , institué pour séparer le pur de ce qui ne l’est pas, et pour détruire la cause morbifique et la faire sortir du corps.
- Four les différentes espèces de fièvres, V. les mots qui indiquent les divers caractères qui les distinguent : TIERCE, OUARTE, AIGUE , PUTRIDE , etc.
- FIG U HABILITÉ , s f. du lat.
- FIG
- jigurabilitas , formé de figura , figure.
- ( Physique ) Propriété qu’ont les corps d’être figurés, ou d’avoir une figure quelconque. Il n’y a point de corps qui n’ait une figure, car il n’y en a point dont le volume ne soit terminé par des surfaces qui ont nécessairement un certain arrangement entr’elles; et c’est là ce qu’on appelle figure.
- FIGURANT, s. m. Fi FIGURE.
- ( Jeux scéniques ) Danseur, danseuse : qui figure aux ballets dans les corps d’entrée.
- FIGURATIF, adj. V. FIGURE: qui est la réprésentation , la figure, le symbole de quelque chose.
- ( Pratique ) Le plan figuratif d’une maison , est celui qui en présente le relief en petit; il diffère du plan gcométral qui ne figure que l’emplacement de la maison par des, lignes. Les plans figuratifs sont quelquefois nécessaires pour l’instruction des procès où il est question de connoître le local d’un emplacement.
- FIGURE, s. f. du lat. figura.
- ( Physique) La forme extérieure d’une chose matérielle.
- {Géom.) Figure, en géométrie, se prend dans deux acceptions différentes : dans la première, il signifie un espace terminé de tous les côtés, soit par des surfaces , soit par des lignes.
- Dans la seconde, il signifie une représentation, faite sur le papier de l’objet d’un théorème, d’un problème , pour en rendre la démonstration ou la solution plus facile à concevoir.
- Figure de la terre ; la terre n’a pas une figure sphérique, comme on l’a cru pendant long-tems , mais celle d’un sphéroïde aplati par les pôles , comme l’a prouvé la mesure «les différent, degrés de la terre , prise à différentes latitudes. Les observations faites sur la longueur du pendule , et par les lois de l’hydrostatique , suivant les recherches faites par Huyghens, Newton, etc. F. l’Astronom. de M. Lalande.
- ( peinture ) Peindre la figure, ou faire l’image de l'homme , c’est imiter toutes les formes possibles
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- $e son corps ; c’est le rendre avec toutes les nuanc'es dont il est susceptible , et dans toutes'* les combinaisons que l’effet de la lumière peut opérer sur ces nuances ; c’est pnlin faire naître , à l’occasion de cette représentation corporelle ; l’idée des mouvemens de l’ame. y0y. EXPRESSION , PASSION , HARMONIE, PROPORTION, LUMIÈRE., COULEUR.
- ( Sculpture ) Figure s’emploie quelquefois comme synonyme de statue ; quelquefois aussi ces deux expressions ont uu sens différent. Te mot statue convient aux figures qui sont debout ; mais il ne; convient pas à celles qui sont assises ou couchées. Ainsi l’Antinous est une statue, et le Gladiateur une figure.
- (Rhêtor ) Figure se dit, dans un sens métaphysique et par imitation , de certaines manières de parler fines et. délicates , distinguées des façons ordinaires de s’exprimer , qui font une beauté, un ornement dans le discours.
- Ces tours figurés tombent sur l’expression ou sur la peuséé. Ce qui caractérise chaque^ffure , c’est îe tour paticuliér qu’elle donne, soit à une expression, soit à une pensée.
- Les figures sont un des principaux oruemens du discours; elles sont en quelque sorte, la langue propre de l’imaginatio.n et des passions. La poésie et l’éloquence s’en servent, non seulement pour plaire, mais aussi pour persuader. B’un autre côté, comme il 11’est point de figure qui ne tire son origine et son mérite de la nature, c’est elle qu’il faut consulter sur le choix ; car ' quelque éclat que les figures communiquent au discours , elles! déplairoient placées sans discernement.
- ( Musique ) Les musiciens appellent figure un assemblage de notes qui résultent de la décomposition d’une note longue en plusieurs de moindre valeur , dont les’ uns entrent dans l’harmonie de la note longue, les autres non.
- Figure se dit encore d’un certain nombre de notes , qui forment j pour ainsi dire, un sens musical j 2'om, II.
- FIG 2o§
- mais moins marqué que celui de la phrase, qui est elle même composée de figures.
- ( Danse ) On appelle figures de ballet, les diverses situations ou plusieurs personnes qui dansent une entrée de ballet, se mettent, les unes à l’égard des autres, dans les différens mouvemens qu’elles font.
- Figure se dit aussi de différentes lignes que Ton décrit en dansant.
- FIGURE, participe àe figurer.
- ( Pratique ) Copie figurée ; c’est la copie qu’on a prise d’un écrit, en le copiant trait pour trait, jusqu’aux ratures et jusqu’aux renvois.
- ( Minéral. ) On appelle pierres figurées, les pierres sur lesquelles il y a des figures d’animaux, de plantes , etc. , empreintes naturellement. On donne aussi ce nom à des pierres qui ont la figure de quelque objet.
- (Arithmét. Ml g.) Nombres figu-rés ; ce sont des suites de nombres formés suivant une certaine loi. M. Paschal, M. l’Hôpital et d’autres , ont traité avec beaucoup de détail des propriétés des nombres figurés.
- ( Çéom. prat. ) Figuré se dit , au substantif, de la représentation des différens objets que renferme un terrein dont on lève le plan, ou un pays dont on lève la carte, soit à l’instrument, soit à vue.
- FIGURINES , s. f. diminutif de figure, emprunté de l’itaiien figu— rine.
- ( Art du dessin ) On donne ce nom à de fort petites figures en peinture , en sculpture , en fonte. Il reste plus de figurines antiques que de statues.
- FIGURISME, s. m. de figure.
- ( Théologie) On appelle figures , les mystères qui nous ont été annoncés et représentés obscurément sous certains types ou certains faits de l’Ancien Testament ; et figurisme. , l’opinion de ceux qui regardent les événemens de l’ancien Testament, comme autant de figures de ceux du nouveau.
- FIL , s. m. du lat.filum.
- ( Technol. ) Petit corps long et délié , qu’on fait en tortillant de*
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- aio FIL
- matières molles et douce», comme du chanvre, du lin, du coton, de la laine et de la soie.
- ( Marine ) Fil à voile ; fil rond, égal et uni, fait avec la meilleure espèce de chanvre, qui sert aux voiliers à coudre et à assembler les toiles à voile.
- Fil de carret ; celui qui entre dans la composition des cordages, et qui en forme les élémens.
- ( Fondeur ) Fil se dit du jet d’un métal en fusion.
- ( Tireur d’or ) Fil irait ; celui qui est réduit à la grosseur d’uné épingle , et qui a passé parles vingt-cinq trous du prégaton.
- ( Tisserand ) Fil de chaînette ; le gros fil en petite ficelle , dont ils forment la partie de leur métier qu’ilâ nomment chaînette.
- ( Coutelier ) Fil se dit aussi du tranchant d’un instrument qui coupe : le fil d’un rasoir , le fil de l’épée.
- C Astronomie ) Fil d’un micromètre; ce sont les fils que l’on tend au foyer d’une lunette, pour mesurer les diamètres apparens des astres. Il y a ordinairement un fil fixe, et un fil mobile, ou censeur , qui tient à un châssis mobile par une vis. Ces fils sont faits communément des brins de soie de cocon. Quand on se sert de fils d’argent, on est obligé de calculer avec soin leur épaisseur, et d’en tenir compte dans toutes les mesures.
- ( Horlogerie ) Fil de pignon ; c’est un fil d’acier cannelé en forme de pignon, et qui abrège considérablement l’exécution des pignons.
- ( Ferblantier ) Fil d’archai , ou fil de fer, ainsi appelé en France , parce que Richard Archal inventa la manière de le tirer.
- FILAMENT, s. m. du lat. fila-menta, terme de médecine , d’anatomie , de botanique, de physique, qui se dit des menus filets qui composent le tissu des chairs , des nerfs , des plantes , des racines , etc.
- On l’applique aussi à ces concrétions visqueuses qui paroissent dans l’urine comme des cheveux ou des filets.
- FILASSE, s. m. de fil. {Technol.) Filament que l'on tire
- FIL
- de l’écorce du chanyre, du lin, etc, FILATURE , s. f. de fil.
- ( Technol. ) On appelle ainsi les établissemens où l’on file la laine ou le coton.
- FILE , s. f. du lat. inusité fila , fait de filum , suite ou rangée de choses ou de personnes disposées en long et l’une après l’autre.
- ( Hydraul. j File de pieux ; c’cst un rang de pieux équarris , et couronnés d’un chapeau arrêté à tenons et mortaises, ou attaché avec des chevilles de fer , pour retenir les berges d’une rivière , d’un étang , ou pour conserver les chaussées d’un grand chemin.'
- ( Art milit. ) File se dit aussi de la ligne droite que font les soldats placés l’un devant l’autre , ce qui détermine la hauteur du bataillon.
- FILER, v. a. de file', faire du fil.
- ( Musique ) Filer un son ; c’est, en chantant, ménager sa voix, en sorte qu’on puisse le prolonger sans reprendre haleine. U y a deux manières de filer un son : la première en le soutenant toujours également ; ce qui se fait pour l’ordinaire sur les tenues où l’accompagnement travaille ; la seconde , en le renforçant , ce qui est plus usité dans les passages et roulades : la première demande plus de justesse, la seconde a plus d’éclat.
- (Marine) Filer du cable; c’est lâcher une partie du cable qui tient le vaisseau à l’ancre. On emploie ce moyen dans un gros vent, lorsque le vaisseau ,fatigue beaucoup sur ses ancres ; parce que plus il y a de longueur de cable, et moins le vaisseau fait de force sur l’ancre.
- Filer le cable par le bout, ou bout pour bout ; c’est laisser aller tout le cable par l’écubier , et abandonner son ancre , lorsqu’on est pressé d’appareiller, et qu’on n’a pas le tems de lever l’ancre.
- On file le cable par le bout, au lieu de le couper , lorsqu’on a l’espoir de venir le prendre avec son ancre, par le moyen de la bouée qu’on y laisse , pour la retrouver dans un moment plus favorable.
- Filer des nçeuds ; c’est, en termes de pilotage et de navigation, faire du chemin en milles. Flous filons
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- T IL
- six nœuds ; c’est - à - dire , nous faisons six milles, ou deux lieues de chemin par heure. Fi NŒUDS*
- FILET, s m. de filetum , dimi-nut. de Jilum: petit fil ;fil délié.
- ( Pêche, Chasse ) Filet se dit d’un rets pour prendre du poisson ou des oiseaux.
- ( Jeu de paume ) Il signifie aussi les rets d’un jeu de paume , qui sont au-dessus des murs , pour retenir les balles.
- ( Technol. ) Les tireurs d^or ap-peIlent/2/ef, un trait d’or ou d’argent battu et dévidé sur de la soie. Les orfèvres donnent ce nom à un trait qu’on exécute le Ion" des cuillers et des fourchettes. Les horlogers l’appliquant à une petite partie saillante qui règne ordinairement tout autour d’un corps. — 11 se dit encore du pas d’une vis : vis à double filet.
- En termes d’imprimerie , les filets sont des règles de métal qui servent à séparer les chapitres et les colon» nés dans les tableaux de chiffres ou de lettres.
- Les luthiers appellent filet, une petite élévation qui empêche que les cordes d’un violon n’appuyent sur la touche. — Parmi les b!oridiers,^Zet est une soie mise en quatre , cinq ou six brins.
- ( Marine ) Filets de bastingage, V. BASTINGAGE.
- (Archit.) Filet, estune petite moulure carrée , qui fait partie des chapiteaux des pilastres. C’est aussi une moulure moindre que le listel, dont on se sert pour séparer les grandes moulures des corniches, archivoltes, etc.
- ( Botan. ) Filet commun ; nom improprement donné au tube , à la colonne , etc., qui résulte de la réunion partielle ou totale desfilets des étamines d’une fleur.
- ( Bhysiol. ) Filet est un ligament membraneux qui est sous la langue : il est quelquefois si long aux cnfans nouveaux-nés, qu’il s’étend Presque jusqu’à l’extrémité de la langue, ce qui les empêche de la remuer' avec liberté , et de teter avec facilité. Il faut le couper de bonne heure; et la meilleure macéré est de se servir de ciseaux
- FIL an
- bien pointus et bien trauchans ; aprè® quoi, la nourrice passsera doucement son doigt trempé dans le miel rosat, sous la langue de l’enfant, afin d’empêcher la réunion qui ne man-queroit pas de se faire d’abord.
- On donne encore ce nom à la membrane qui attache le prépuce au gland.
- FILIATION , s. m. du lat, filius.
- ( Pratique ) Descendance de père en fils.
- Filiation se dit aussi des degré» de généalogie. Ces degrés se prouvent en justice par des registres en bonne forme , tels que ceux de baptême, de mariage, etc.
- FILIÈRE, s. f. du lat. filum, fil:
- ( Technol. ) Machine de fer où il y a diflerens trous par lesquels on fait passer les métaux dont on veut prolonger l’étendue. Les serruriers et les arquebusiers appellentfilière9 un instrument qui sert à faire des vis.
- FILIFORME, adj. de Jilum, fil, et de forma , forme.
- ( Botan. ) On désigne ainsi les parties des plantes qui sont déliées , cylindracées , et flexibles comme uu fil.
- FILIGRANE, s. m. de l’italien filigrana , composé de filum, fil , et de granum, grain : filet à grains.
- ( Orfèvrerie) Ouvrage d’orfèvre— rie travaillé à jour , et lait en forme de petits filets.
- F1LIPENDULE, adj. dè filum et de pendens : qui pend comme par un fil.
- ( Botan. ) Racine filipendule ; c’est une racine composée de tubercules charnus , attachés au bas de la tige , ou entr’eux. Filipendule se dit encore d’une graine pendante hors de sa loge, par le cordon ombilical. Telle est celle du genre magnolie.
- FILON , s. m. de l’italien filone, augmentât, àefilo, fil.
- ( Minéral. ) Veine métallique. Quand on ouvre une mine , on aperçoit au premier coup-d’œil le minéral comme dispersé et confondu avee les matières pierreuses et terreuses ; mais en examinant avec plus d’attention , on observe dans cette confusion apparente, un ordre général. Le minéral est presque toujours rangé par lits qui se prolongent à, des
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- 2Ï2, FIL
- distances différentes : c’est ce qu’oïi
- nomme veines ou filons.
- Les filons se présentent dans toutes sortes de situations, depuis la; ligne horizontale jusqu’à la verticale , et leurs différens degrésd’iu-«linaison les font désigner sous diffé-rens noms.
- Filon perpendiculaire -, celui qui fait avec l’horizon, un angle de 75 à go degrés.
- 'Filon incliné ; celui qui fait un f.n ;le de 60 à “jS degrés.
- Filon oblique ; celui qui fait un angle de 45 à 60 degrés.
- FiioH piaf ou couché -, de i5 à 45 degrés.
- Filon horizontal, celui qui ne s’écarte pas plus de i5 degrés de ia ligne horizontale.
- , Direction du filon-, c’est sa si fua-tioh relativement aux quatre points cardinaux de la boussole. Les mineurs désignent cette direction par les heures où le soleil se trouve directement au - dessus du point de l’horizon où aboutit la ligue qui traverse le filon -, suivant sa longueur,. Ainsi , \m filon de douze heures est celui qui se dirige du nord au sud. FJ a filon de neuf heures va du N. O. au S. .E* Celui de trois heures va du K- E. au S, E.
- Les mineurs se servent d’une boussole dont les divisions sont marquées par deux séries de douze heures cba-tcune , placées à rebours , c’est-à-dire , de droit* à gauche 5 et l’aiguille indique la même heure par ses deux extrémités. La manière •dont les mineurs se servent de la boussole , et qui consiste à présenter
- f>arallèlement à .la longueur du filon, e côté marqué nord sur la boite, exige que l’est et l’ouest soient également placés à rebours, et transposés l’uu à la place de l’autre.
- Les filons prenaient encore différens noms , suivant leur degié de bonté.
- Filon nobles, celui qu’on exploite avec avantage.
- Filon ignoble j celui qui ne donne point de profit. :
- Filon-stérile ; celai qui ne contient que des matières pierreuses on sans valeur. F. GANGUE, MINEE AI , b ALLAN DE, NlDORUCNttNÜ.
- .’TIÏT
- Pour l’origine et la théorie des;/?. Ions , consultez l’ouvrage de Werner, intiiùlé Théorie des fiions.
- FILTRATION, s. m. du lai.fel-trumŸ feutre ; parc-e que ceïte opération se faisoit avec tles feutres: de feltrum on a faitfiltnini,filtre.
- ( Chimie ) La filtration est le passage d’une liqueur à travers un corps destiné à la purifier des immondices qu’elle contient. Elle se fait par le papier gris , la chausse ou manche de drap , le blanchet, le linge , les mèches de coton , les languettes de drap blanc , le verre pilé , les pierres poreuses. ( V. ALUAIlRAZZAS ) -, mais la. filtration purge les liqueurs de ce qu’elles contiennent de grossier, et point dç ce qu’elles tiennent eu dissolution.
- ( Physio!. ) Filtration, ou secrétion , est une fonction de la nature , par laquelle les différeutes humeurs du corps, comme la bile, l’urine , la Salive, etc. se séparent de la masse du sang.
- FILTRE , s. m. du lat. filtrum, formé de feltrum . feutre.
- {Chimie) Papier, étoffe, linge, etc., au travers de quoi on passe une liqueur. V. FILTRATION.
- { Physiol. ) Filtre Se dit par analogie des organes du corps qui filtrent et séparent quelque liqueur de la masse du sang.
- FIN, s. f. du lat. finis , corruption de funis , corde, limite, ternie : ce qui termine, ce qui achève.
- (Pratique) Fin > eu termes de palais , signifie but, objet, exception, prétention.
- Fin civile ; c’est ce qui résulté d’une procédure dirigée au civil.
- Fin de nullité; demande tendante à faire déclarer nulle quelque procédure ou autre acte.
- Fins de non payer; moyens par lesquels un débiteur cherche à éluder le paiement de ce qu’il doit.
- Fins de non recevoir ; exceptions péremptoires , qui empêchent d’entrer dans la discussion du fond.
- FIN , FINE , adj. du teuton ,fein, dont les Anglais ont fiait fine, les Allemandsf'eyn; les Flamands fyn’ les Italiens et les Espagnols fino • qui est délié et menu en son genre, qui est excellent, subtil, délicat,-
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- PIN ’
- .{'Orfèvrerie) Pierres fines , se ilit îles pierres précieuses, par opposition aux pierres fausses.
- ; Monnaie ) Deniers de fin, grain dé fin, bouton de fin-, c’est ainsi' qu on désigne une portion d’or ou d’argent, dans laquelie il n’y a point d’alliage ou de substance étrangère au métal fin. V. AFFINEUR, COUPELLE, ESSAI , CARAT, TITRE.
- ( Marine ) Paisseau fin ; c’est un vaisseau dont les extrémités sont pins pincées et plus taillées ,étroites, et d’un contour plus adouci , qui a les façon? plus élevées , moins de longueur1* de varangue et plus d’accu lement. Ainsi , plus un vaisseau est fin, et moins ii a de capacité.
- Fin voilier ; c’est ainsi qu ou appelle un vaisseau qui marche avec vitesse.
- FINALE , s. f. de finis.
- ( Musique ) Principale corde ou mode qu’on appelle aussi tonique , et sur laquelle la pièce doit finir. II se dit aussi du morceau d’ensemble qui termine un acte daiis les pièces italiennes.
- FINANCE, s. F. du lat. finis, dont on a faitfiiner /pour finir, achever , bailler par force ; dont les Anglais ont fait fine , les Allemands fiinden , et les Suédois^/mne.
- ( Mdministr. ) Deniers publics de l’état; tout ce qui compose le trésor national.
- Il signifie encore l’art d’assurer, de régir et de percevoir les impositions , etc.
- FINESSE , s. f. dv l’italien fii-n zza : qualité de ce qui est fin, délié. t - ' "
- ( Peinture ) Finesses de ton , finesses de touche ; ces manières de s'exprimer'; ont-rapport à ce qn’on appelle en peinture le précieux , le terminé ; enfin au soin qcè met l’àr-tiste dans son travail, et à sa propreté dans l’exécution.
- C& finesse des passages et des tons demande qu’on emploie-les couleurs avec précaution, et qu’elles ne soient salies , ni par les objets extérieurs, ni par l’indécision ou par la fatigue du faire.
- La finesse suppose une étude méditée des effets de la couleur , de «eux de la lumière, de la-valeur
- FI O
- juste destons, de leurs mélanges de leürs dégradations , qui Sont les bases de l’harmonie pittoresque.
- Une main légère , unè vue juste , un sentiment délicat, déterminent et opèrent la finesse de la.touche.
- FINI, partie, de finir, finire, terminer , achever, ’i
- ( Peinture ) Ce tableau est bien fini, d’un grand fini , d’un finipré-( deux. Un tableau est fini quand il est parvenu au point d’imiter la nature. Dans la peinture, tout est mensonge jusqu’au fini. Ainsi, un ouvrage Cst- terminé , quand il paroît l’être de la place où;il- doit êtr# vu. Un plafond peint k fresque par grandes masses établies ait prèmPer. ciup, peut être aussi fini, relative— mêntà son nbjet-, qu’un petit tableau de Metzu ou de Jâieris. Il faut dis-r tinguer le fini du léché.-, le léchées^. froid , H est see ;Jeymz n’exclut pas la chaleur, il l’exige même , puisque c’est eti üuŸssant que le peintre établit les touches fortes et mâles qui donnent la vie à un ouvrage de l’ait! ^ • , :
- ( Géométrie ) Grandeur finie , celle qui a des bornes. Nombrefini^ tout nombre dont on peut assigner et exprimer la valeur. Progression finie , celle qui n’a qu’un cei'tàia nombre de termes par opposition à la progression infinie , dont le nombre de termes peut être si grand que l-’om voudra.
- FINITEUR, s. m. de finir. ; •
- ( Mstron. ) Cercle finileur ; c’est le nom que les astronomes donnent à l’horizon ; il est ainsi appelé parce qu’il finit et borne la vue .ou l’aspect. - -
- FIOLE, s. f. du lat, phiala, Tait du grec çjiLit (phiai-ê.• ) ; petite bouteille de verre.
- ( Pharmacie ) Petite bouteille à col long et d’un verre très-mince » dans laquelle les apothicaires envoient leurs médecines.
- ( Chimie ) C’est aussi un petit matras d’un grand usage dans les laboratoires de chimie , par la facilité qu’out ces fioles d’aller au feu sans se casser.
- ( Hydrostatique ) fiole des quatre élémens ; c’est une fiole ou tube cylindrique de verre , rempli jus-
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- qu'à sept ou huit pouces de hauteur de quatre liqueurs différentes; savoir : de mercure , d'huile , de tartre par défaillance , d’alcool et d’huile de pétrole. Si l’on agite la fiole , les liqueurs se mêlent ; mais en les laissant ensuite reposer, elles se séparent et se placent les unes au- dessus des autres , dans l’ordre de leur pesanteur spécifique.
- ( Hydraulique ) Fiole se dit aussi des trois tuyaux de verre que l’on met dans les tuyaux d’un niveau , et que l’on ajuste avec de la cire et du mastic , afin que l’eau colorée renfermée dans le gros tuyau horizontal, puisse monter dans les fioles , et découvrir la ligne de mire,
- FIRMAMENTs. f. du lat.y?r-tnamentum ; le ciel , ainsi appelé parce que ceux qui lui ont donné ce nom l’ont cru d’une matière solide.
- ( Astron. ) Nom que l’on donnoit autrefois au huitième ciel , ou au ciel des étoiles fixes. C’étoit un axiôme de la philosophie ancienne , que les cieux dévoient être solides; cependant comme il falloit que la lumière passât au travers , cela ©bligeoit à faire les cieux de cristal ; et voilà l’origine de tous les cieux de cristal de l’astronomie ancienne.
- Aujourd’hui on ne donne plus le nom de firmament qu’à cette voûte céleste et de couleur bleue , où les étoiles paraissent attachées. Voyez BLEU, ETOILES.
- ( Théol. } Quelques théologiens appellent firmament le ciel étoilé , pour le distinguer du ciel empilée qu’ils imaginent être au - dessus , et dont ils font la demeure des bienheureux.
- FIRMAN , s. m. du latin firmo , confirmer , rendre authentique par sa signatnre.
- ( Econ.polit. ) C’est le nom qu’on donne dans les Indes orientales , et particulièrement dans les Etats du Grand Mogol,aux passe-ports ou permissions de trafiquer que l’on accorde aux marchands étrangers.
- FISC , s. m. du latin fiscus, panier d’osier t formé du grec fîmes
- FIS
- phiskos ) , qui signifie la même chose.
- ( Finances ) Panier dans lequel les anciens mettoient de l’argent. On distinguait chez les Romains le trésor du prince du trésor de l’Etat, œrarium. Le fisc appartenoit au prince , et le trésor, œrarium, au. peuple. De fisc , on a fait CONFISQUER , CONFISCATION, V. ces mots.
- FISS1CULATION, s. f. du lat. fissiculatio , action de couper,formé' de fissiculare , découper, dérivé de findo , ouvrir , fendre , séparer.
- ( Chirurgie ) L’action de découper ; dissection anatomique , et proprement , ouverture faite avec le scalpel.
- FISSIPÈDE , adj. du lot. fi s sus, fendu, et de pes, pedis, pied : pied fendu.
- ( Zoologie ) On appelle ainsi les quadrupèdes qui ont le pied divisé en plusieurs doigts. Tels sont les chiens, les chats , les loups , etc. par opposition à SOLIPÈDE. V. ce mot.
- FISSURE, s. f. du lat. fissura, fente , Aefindere , fendre , séparer : fente, crevasse, ouverture, rupture.
- ( Chirurgie ) C’est , en termes de chirurgie , une espèce de fracture ou de solution de continuité , longue et très-étroite.
- Les fissures ou fentes sont naturelles , ou proviennent de maladies. Les fissures morbifiques arrivent au crâne , ou aux autres os, ou à la peau , et alors ce sont des gerçures.
- FISTULE, s. f. du lat. fistula, formé de fiusula , parce qu’elle coule, ou de fistula , parce qu’elle a une cavité longue.et étroite comme une flûte.
- ( Chirurgie.') Lafistule est un ulcère calleux, profond, sinueux, dont l’entrée est étroite et le fond large. Elle vient indifféremment sur toutes les parties du corps. Son siège est toujours dans la membrane adipeuse , et dans les membranes celluleuses. La fistule qui se forme à l’angle de l’oeil , dans le sac de l’œil, se nomme^sfnZelacrymale. Celle qui vient au fond du fondement se nqmme fistule à l'anus*
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- FL A
- ^(e fistule on a fait FISTULEUX, qui se dit des plaies et des ulcères où il s’est formé des fistules.
- ( Botan.) Fistuleux se dit aussi des parties des plantes qui sont allongées , plus ou moins cylindria-cées et creuses intérieurement > mais' closes par les deux bouts. Le chanvre des graminées est souvent fistuleux.
- L'es feuilles et la tige de quelques espèces d’ail , sontfistuleuses.
- FISTULAIRES , de fistula.
- ( Minéral.) Il se dit des stallac-tites , quand elles ont un canal intérieur. V. STALACTITE.
- FIXATION, s. f. dulat.fixatio, de figere planter, ficher : l’action de ficher.
- ( Chimie ) Opération de chimie par laquelle un corps volatil ou facile à dissiper , est rendu fixe.
- ( Commerce ) Il signifie encore la détermination du prix d’une marchandise qué ce soit.
- FIXE, adj. do fixas , participe àefigere, planter, ficher : qui ne se meut point , qui ne varie poiut.
- (Chimie.) On entend par sub-tances fixes, celles qu’une chaleur considérable ne fait point monter au haut du vaisseau , et s'évaporer, comme le sel fixe.
- (Astron.) On se sert de ce mot en. astronomie, pour distinguer les étoiles qui n’ont aucun mouvement propre , d’avec les planètes appelées étoiles errantes.. '
- FIXITE, s. f. meme origine que FIXE.
- ( Physique ) C’est la propriété qu’ont quelques corps de n’être point dissipés par l’action du feu , tels que For , le platine , l’argent , etc.
- ( Astron. ) Quelques astronomes ont aussi employé ce mot , pour désigner la propriété qu’ont les étoiles fixes de n’avoir aucun mouvement propre.
- FLAGEOLET , s. m. du grec 'n’Xa.y'muKnç ( plagiaulos) , flûte tra-rersière , composé de ‘7r\a.yio?(pla~ gios ) oblique , et d’àvx'oç (aulos), flûte , ou tout simplement de fiaref fatum , souffler , dont on a fait jfiaticicare , fiaticioletum , qui est le mot latin de flageolet.
- FL A *1S
- ( Musique instrum. ) Espèce de petite flûte dont le son est clair et aigu.
- Flageolet organisé ; instrument qut reçoit son vent par des soufflets , et que l’on touche comme f’orgue sur un clavier.
- FLAGRANT, adj. de jlagro, brûler , être allumé.
- ( Pratique.} Flagrantàéliti c’est le moment même où le coupable vient de commettre le crime ou 1* dommage dont on se plaint.
- FLAMBEAU , s. m. du lat. fla-mellum , diminutif de flamma -, flamme : espèce de torche de cire dont on se sert la nuit par lès rues. Il se dit aussi des chandeliers dans lesquels on met des chandelles de suif ou de cire.
- ( Raffinerie de sucre ) Dans la fabrication du sucre , on appelle flambeau , une chaudière dans laquelle on fait bouillir le sucré à un feu si violent , que la masse du fluide semble étinceler ; ce qui a fait donner à cette chaudière le nom de flambeau.
- ( Hist. anc. ) Les flambeaux des anciensn’étoient pas dè cire comme les nôtres ; ils étoient de bois séché au feu, ou autrement. Pline dit que, de son tems, ils étoient de charme et de coudrier ; mais on a employé à cet usage le chêne, l’orme , et plus ordinairement le pin.
- FLAMBER, v. a. du lat .flamma, en changeant l’M en B, passer par le feu, ou par dessus le feu.
- ( Artillerie ) Flamber un canon ; c’est y mettre un peu de poudre dans l’intérieur, pour faire la première épreuve.
- ( Marine ) Flamber un vaisseau ; c’est lui faire un signal, en le désignant par la flamme dont on est convenu dans l’ordre des signaux. Lorsque le vaisseau commandant flambe un vaisseau particulier de l’escadre, dans une évolution , c’est pour lui marquer qu’il n’est pas à son poste, ou qu’il n’exécute pas bien la manœuvre qui lui est ordonnée ; et c’est une espèce de reproche fait au capitaine de ce vaisseau. Voy. t point
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- Si6 ÏLA
- l’origine particulière de ce mot, FLAMME DE VAISSEAU.
- FLAMME, s. f, du la\. flamina.
- (Physique) Fluide subtil et lumineux qui émane de certains corps qui brûlent.
- La ïlarnme est la partie du feu la plus brillante et la plus subtile ; elle parôît n’être autre chose que les vapeurs où les parties volatiles des matières combustibles extrêmement raréfiées , et ensuite enflammées ou échauffées jusqu’à être ardente.
- - La flamme, ne sauroit subsister dans un autre milieu que l’âir; tout autre corps qui l’entoure la suffoque ; tous les corps pulvéru-lens, mous et liquides, et même les plus combustibles , jetés en masse sur un corps enflammé éteignent la flamme , de la même manière qu’un corps solide qui supprime l’abord libre de l’air.
- La flamme ne subsite pas non plus dans un air rare, encore moins dans le vide parfait.
- Les mofettes et toutes les vapeurs qui prennent la place de l’air, éteignent aqssi la flamme.
- (Architecture, Sculpt., Broderie) \Plamme se dît aussi des représentations dè" flammes qui se font sur des ouvragés de broderie, de sculpture etc.; telles sont 1 es flammes des ornemens funéraires, de certains vases d’architecture, etc.
- (3Iarine]“Ciëst endore à cause de sa ressemblance avec la ligure de la flammé , qu’on appelle de èe nom une-banderolle lohguè ét‘ étroite, que l’on’ arboré au haut du grand mât , comme la marque du commandement, ou aux autres mâts, et au- bout- des 'vergues, pour les signaux. C’est dans ce sens qu’on dit flamber un vaisseau , pour lui faire, un signal avec la flamme qui doit le désigner dans l’ordre des signaux. ,
- FLAN, s. m. corruption de flaoni du ^t. flo, fondre.,
- . ( "Monnaie•) Petite pièce, de métal taillée en rond, pour en faire de la monnaie.
- FLANC, s. m de VlisXienflaneo;, formé du lat. la tus, ou peut-être du grec xa-yàv (lagon)-, dans h»
- même sens.
- FL A
- (jlnai.) Parties latérales de la région ombilicale, nommée autrement les îles.'
- ( slrt mi!il.) Flanc se dit, par analogie, du côté d’uri bataillon, d’une armée. Les ennemis nous prirent en flanc. Il faut couvrir le flanc de Vinfanterie par des ailes de cavalerie.
- ( Fortifie. } Flanc, est aussi la partie d’une fortification qui découvre les autres parties de côté ; ainsi, le flan,c du bastion , est la distance comprise depuis l’anglq de la courtine jusqu’à l’angle de l’épaule. .
- ( Marine ) Flanc, du vaisseau ; c’est la partie du vaisseau qui se présente à la vue de l’avant à l’ar*-i’i'ère ,* dans toute sa longueur, ou de la-proue à la poupe. .On prête, on présente .le flanc à ira vaisseau ennemi lorsqu’on v.eut lui lâcher sa bordée ou le cânonner.
- FLANQUER, y..a.' de FLANC.
- ( yîrcîut. rhilit. ) . C’est défendre, faire feu de cpté,,pour prendre l’ennemi en flanc.
- Tout ouvrage de guerre qui n’a que là défense de front est défectueux, et pour lui donner sa perfection , il faut qu’une de ses parties flanque l’autre , et ii;qua réciproquement, il en soit flanqué. La courtine est toujours l’endroit le plus fort d’une enceinte de place, parce qu’elle est fanquee ou vue de côté par les deux fanes qui la terminent.
- FLATTER , v. a dè flatare, formé de lactare, nourrir de lait .-louer excessivemepi dans le dessein de plaire , de séduire.
- ( Peinture ) Flatter se dit des peintres de portraits , quand on suppose qu’ils font le's: représentations plus belles que les originaux.
- - Faire de grands ÿeux sans .expression , de petites bouches sans mouvement, ira sourire sans finesse, des joues arrondies sans être belles; des fronts comme la mode veut qu'on îles râit, abandonner enfin la nature pour des conventions passagères ; tels sont les moyens grossiers qu’femploient bien des peintres dans l’intention de flatter. ^
- Saisir, autant qu’il est possible a l’art, l’expression de la nature *
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- en supprimer les petites formes qui ne marquent que sâ dégradation, en adoucir les défauts , ce n’est pas flatter ; c’est connoltre le devoir de l’artiste , qui sait qu’il y a, même dans l’ait de faire le portrait , quelque choseHl’idéal.
- L’ouvrier en peinture de por-» traits , qui charge toutes les for-nies défectueuses de l’original , et ]é fait reconnoître de loin à ses défauts , est, ce qu’on appelle souvent dans le monde, un peintre qui ne flatte pas, et qui attrappe les ressemblances ; mais, aux yeux des vrais connoisseurs , ses ouvrages ne ressemblent réellement à rien. • .
- FLATUOSITÉ, s. f. du lat./Za-tus, vent. P
- ( Méd. ) Vents qui s’engendrent dans le corps , qu’on rend par le haut oti par le bas, ou qui ‘restent dans les intestins, et qui prb'-' (luisent des borborygmes.
- FLE AU, s. m. du lat« fiagel-lum , dont les Anglais, ont fait fiail, les Allemands jlegel. Nous avons dit anciennement fllael et ensuite fléel.
- ( Agricult. ) Instrument qui est composé.de deux ^bâtons d’inégale longueur , attachés l’un‘au bout de l’autre avec des courroies , et qui sert à battre le blé.
- ( Mécanique ). Fléau se dit d’une sorte dç. levier, qui fait la partie principale d’une balance. Le fléau dans une balance , est le levier tH premier genre partagé par-, l’axe en deux bras égaux et aux extrémités duquel on suspend les bassins.
- C’est encore, dans la balance romaine , le levier du premier genre , partagé par l’axe en deux bras inégaux, sur le plus long desquels glisse le poids, tandis qu’on attache le corps qu’on veut peser à l’extrémité du bras le plus court.
- FLECHE , s. f, de l’allemand flitsch ou fl il z ; trait qui se décoche avec un arbalète.
- (Art m-ilit. ) Les flèches-sont de petits ouvrages qu’on élève quelquefois sur les angles saillans et î^ntrans. Les assiégeons détruisent l’effet de ces flèches , en labou-
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- rant leur intérieur par des batteries à ricochet, ou par (les bombes tirées aussi à ricochet , ou eu incommodant l’ennemi dans ses flèches par des pierriers qui y font ordinairement beaucoup de mal.
- On appelle encore flèches des pièces de bois attl^hees les unes aux autres par des anneaux de fér. A la dernière de ces pièces qui est armée de fer , on jnet le pétard. Ces flèches se mettent sur des roues que l’on pousse comme les ponts volans , dont on se sert pour entrer dans la place quand l’ouverture est faite.
- Flèches de pont ; c’est ainsi qu’on r.omme les pièces de bois assemblées datis la bascule, qui tiennent par les deux bouts dé devant les chaînes de fer qui en-* lèvent le tablier du pont.
- Flèches ( arm.es); l’usage des arcs et des flèches n’est pas aboli partout-Les Turcs s’en servent encore dans leurs armées aussi bien que les Africains , les Américains-, et la plupart des Asiatiques ; mais il n’y en à point de si adroits que les Tar tares'. pouÿ tirer de l’arc en avant et en arrière. '
- Flèches à feu ; Ce sont des flèches, que l’on tire avec des arbalètes, et qui sont faites de la même manière que lés dards à fou. Elles se jettent," pour découvrir les travailleurs des. assiégeans , dans le plus fort de l’obscurité.
- ( Marine ) Flèche sfe dit de la partie de l’avant d’un vaisseau.
- Flèche de mât ; c’est la partie supérieure ou pointe des mâts de perroquets et de la perruche' qu’011 laisse nue au-dessus du càpelàge.
- Dans les ‘vaisseaux de comiherce, cette flèche n’est que de deux ou trois pieds , pour donner un peu de' grâce à la mâture ; mais dans les frégates et vaisseaux de guerre, elles ont douze et jusqu’à vingt pieds , suivant la grandeur du bâtiment. F.lles servent dans les beaux teins à placer les perroquets volans ; et d’ailleurs, elles sont nécessairespoun l’établissement des pavillons et autres marques de commandement , ou pour les signaux.
- [Archit. ) Fléché se dit aussi d une sorte de clocher fort menu et pointu comme une flèche.
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- ( Géom. ) Flèche est encore le nom que quelques géomètres ont donné à ce que l’on nomme autrement le sinus verse d’un arc, parce qu’il ressemble à une flèche qui s’appuie sur la corde d’un arc.
- ( Astron. ) Flèche se dit encore de la constellation boréale située au-dessus de l’aigle, et qui contient a8 étoiles.
- Cette constellation est differente de la flèche d’Antinoiis, qui, avec l’arc, forme une constellation dans Hévélius.
- FLÉCHISSEUR, adj. du latin flexor, formé de flectere , fléchir , courber.
- ( Physiol. ) Nom commun à plusieurs muscles, dont les fonctions sont de fléchir les parties auxquelles ils appartiennent.
- FLEGMAGOGUE, adj. du grec tp\îy[j.a, (phlegma ), flegme , pituite et de a.yin ( ago ) , chasser.
- ( Méd. ) Nom des médicamens qui purgent de la pituite, pris par antiphrase du verbe <??Jyx , brûler ; comme si l’on disoit, humeur non brûlée.
- FLEGME , s. m. du grec ç>\iyg.a. [phlegma ), pituite.
- ( Méd. ) Humeur aqueuse qui existe dans le corps de l’animal.
- ( Chimie ) Flegme se dit aussi de la partie aqueuse et insipide que la distillation dégage des corps.
- FLEGMON,s. m. du grec ®\éy-/UGV» ( phlegmonê ), inflammation , formé de $>âytn (phlégb ) brûler, enflammer.
- ( Méd. ) C’est, en général, une inflammation, c’est-à-dire, une chaleur immodérée et contre nature, universelle ou particulière, avec tumeur ou sans tumeur.
- Le phlegmon, en particulier , est une tumeur inflammatoire, dure, élevée , circonscrite , accompagnée de rougeur j de douleur et de pulsation , et qui s’étend autant en largeur qu’en profondeur , causée par une abondance de sang arrêté et accumulé par fluxion dans une partie , et qui occupe non seulement les tégumens, mais aussi les muscles.
- FLÉTRISSURE, s. f. de flétrir , ©orruptio» de i’aathsa mot flg.tr er,
- FL E
- fleutrer , pour marquer d’un fer chaud.
- (Pratique) Impression d’une marque faite, en conséquence d’un
- {'ugement, par l’exécuteur de la iaute - justice sur la peau du criminel convaincu d’un crime qui mérite cette peine afflictive. Cette marque se faisoit autrefois sur la face' même du criminel. Aujourd’hui, elle se fait sur l’épaule.
- Flétrissure se dit aussi au figuré pour toute condamnation qui emporte infamie de fait ou de droit.
- FLEUR , s. f. du \zt.flos, fait du grec 4X0 ç (phlos), fleur.
- (Botan.) Produit temporaire d’une plante, par le parfait développement duquel celle-ci indique , et le lieu ue ses organes sexuels occupent ou evroient occuper, et le tems de la fécondation, après lequel ce produit tombe , ou bien persiste, en s’altérant ou en changeant de nature.
- Qüatre parties principales peuvent entrer dans la composition d’une fleur, savoir : le CALICE , la COROLLE, l’E’f AMINE , le PISTIL.
- V. ces mots.
- (Archit. P tenture , Sculpt.) Fleur se dit des, ornemens qui imitent les fleurs naturelles.
- ( Chimie ) Fleurs se dit'aussi dés parties les plus; subtiles dés corps, sous une forme sèche,, séparées des plus grossières, qui se subliment parle moyen du feu : telles sont les fleurs ammoniacales cuivreuses , que les chimistes modernes appellent muriate ammoniacal de cuivre sublimé.
- Fleurs ammoniacales martiaies, ou muriate ammoniacal de fer.sublimé.
- Pleurs argentines de régule d'antimoine , ou oxide d’antimoine sublimé. I
- Fleurs d’arsenic y ou oxide d’arsenic sublimé.
- Fleurs de benjoin , ou acide ben-zdique sublimé.
- Fleurs de bismuth, ou oxide de bismuth sublimé.
- Fleurs d’étain , ou oxide d’étain, sublimé.
- Fleurs métalliques, ou oxides métalliques sublimés.
- Fleurs de soufre . ou soufre su-t blirné.
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- Fleurs de zinc , ou oxide de zinc
- sublimé.
- ( Méd. ) Fleurs blanches ; on en-tend par fleurs blanches une maladie cachectique, qui consiste en un écoulement irrégulier d’une humeur impure , mucilagineuse et ordinairement blanchâtre, par les parties naturelles de la femme.
- Fleur, en ce sens , est une corruption de flueurs , fait du latin fluor, dérivé de fluere , couler.
- FLEURAISON , s, f. de fleur.
- ( Botan.) Tems auquel une plante commence à épanouir ses fleurs. Il se dit aussi de l’espace de tems pendant lequel une plante reste en fleur.
- La fleuraison est le second moyen végétal de comparaison entre les divers climats qui nourrissent des plantes semblables.
- FLEURISTE, adj. dejfleur.
- ( Botan, ) Jardinier -fleuriste ; c’est celui qui s’occupe particulièrement de la culture des fleurs, et aussi de celles des arbustes à fleurs et à fruit.
- Les fleuristes, par leurs soins et par leur art, sont parvenus à multi-lier en Europe les fleurs les plus elles et les plus estimées, qui presque toutes, comme les tulipes, les renoncules, les anémones, les tubéreuses , les jacinthes, les narcisses , les lys-, etc., viennent originairement du Levant.
- , Indépendamment de la connois-sance des terres meubles , légères, dont ils ont besoin pour leur végétation, les fleuristes ont encore des secrets pour panacher les fleurs et les chamarrer de diverses couleurs.
- Fleuriste artificiel; c’est celui qui représente la nature dans toutes ses perfections par le moyen dès fleurs, des feuilles et des plantes artilicielles.
- Cet art, très-ancien à la Chine et en Italie, n’est pas encore très-avancé en France.
- On-ignore de quelle manière les Chinois composent leurs fleurs artificielles Nos dames s’en servoient autrefois pour orner leur toilette ; uiais comme elles exigeoient beau coup deprécautions, qui devenoient se rvent inutiles , elles n’en font presque plus d’usage.
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- Les fleurs d’Italie se soutiennent mieux que celles de la Chine, aussi en fait-on une grande consommation. Ces fleurs, qui sont fabriquées de coques de vers à soie, de plumes, et d’une toile teinte, gommée et très-forte, sont supérieures à celles qu’on fait ailleurs, parce qu’elles sont plus solides, et que par la tournure et la couleur qu’on leur donne, elles représentent mieux des fleurs naturelles.
- FLEURON, s. m. diminutif de fleur.
- ( Botan. ) Fleurs à fleuron ; chaque petite fleur dont le limbe de sa corolle s’élève ou s’étale également, ou à-peu-près, en- tout sens, est nommée fleuron : et on appelle de— mi fleuron, celle dont ce même limbe se prolonge d’un seul côté extérieur pour former ce qu’on appelle languette. On appelle fieu radiée celle qui est composée tout à-la-fois de fleurons et de demi-fleurons.
- ( Archit. ) Fleuron se dit aussi d’une espèce de représentation de fleurs, servant d’ornemens d’architecture.
- FLEUVE, s. m. du latin f lumen, formé de fluere , couler.
- ('Géogr.) Amas considérabled’eau, qui , partant de quelque source, coule dans un lit vaste et profond , pour aller se jeter dans la mer.
- FLEXUEUX, adj, de flectere, fléchir.
- ( Botan. Il se dit des parties des lantes qui forment plusieurs conr-ures ou flexions sur un même plan.
- FLEXIBILITÉ, s. f. de flectere, fléchir : qualité de ce qui est flexible.
- ( Physique ) Propriété qu’ont les corps de pouvoir ceder aux puissances qui les compriment. On ne con-noît point de corps qui ne puisse céder à une force finie ; car tous les corps sont compressibles, ce qui suppose nécessairement la flexibilité. Lp diamant, le corps le plus dur que l’on connoisse , est lui-même flexible ; et la preuve qu’il est flexible, c’est que , si on le laisse tomber sur un corps dur, il rejaillit 5 or ce mouvement réfléchi ne lui vient que de son ressort. Les liqueurs elles-mêmes doivent être regardées comme fl exir
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- blés { quoiqu’elles le soient très-peu), puisqu’elles rejaillissent et qu’elles transmettent les sons.
- FLEXIQ1Y, s. f. du lat. flexio, formé de flectere, fléchir: état de ce qui est fléchi.
- { Anat.) Mouvement des parties des corps qui fléchissent, opéré par les muscles fléchisseurs, dans les os dont les extrémités éloignées peuvent se rapprocher en formant un angle.
- ( Astron. ) Flexion se dit aussi des grands instrùmens, dont on attend une grande précision , et dont la flexion occasionne des inconvé-niens considérables.
- FL1BOT, s. m.. corruption de l’anglais fiy-boat, bateau léger : bateau volant.
- ( Marine ) Sorte de bâtiment hollandais à fond plat, à gros ventre , et à cul rond ; c’est une petite flûte ordinairement au-dessous de cent tonneaux de port.
- FLIBUSTIER , s. m. Ce mot paroi t être une corruption de l’anglais free-boolers, frqucs-pilleurs.
- ( Marine'] Un appeioit ainsi autrefois les corsaires ou aventuriers qui s’associoient dans lés -colonies françaises et anglaises de l’Amérique, pour aller piller les Espagnols.
- FLIXT-GLAS<S 5 terme anglais qui signifie rcrre~de cailloux.
- {Optique). On a conserve ce nom dans notre langue , pour exprimer le beau cristal d’Angleterre , ou de beau verre blanc dont on fait des gobelets et des caraffes. Il est devenu remarquable pour les astronomes , depuis que M. Dollond, le père , a découvert, en , la propriété
- qu’il a de disperser beaucoup les layons colorés, et dé produire un spectre prismatique plus grand que le verre ordinaire , dans le rapport de 5 à 2,
- . C’est le minium , ou la partie métallique employéedaus la fabrication du jünt-glass , qui lui donne cette propriété. On s’en sert avec succès pour composer les objectifs des lunettes achromatiques.
- FLORAL, adj. de fleur.
- ( Botan. ) Qui appartient à lafleur ou qui l’accompagne.
- ITjORAUX , adj. de la déesse Flore.
- FL O
- . ( Hist. anc. ) Jeux floraux ; ce* jeux furent institués en l’honneur de Flore , l’an de Rome 5i3.
- Académie des Jeux floraux ; ]t3 Jeux floraux furent fondés à Toulouse, par sept hourgeois de cette ville , amateurs des belles-lettres j qui , vers la Toussaint de l’an i323, invitèrent, par une lettre circulaire , tous les troubadours ou poè'tes de Provence à se' trouver à Toulouse, le i.er mai de l’année suivante , pour y réciter les pièces de vers qu’ils anroient faites, promettant une violette d’or à celui dont la pièce seroit jugée la plus belle. Les capitouls trouvèrent ce dessein si utile et si beau , qu’ils lirent résoudre au conseil de ville , qu’on le continueroit aux dépens, de la ville. Arnaud Vidal, de Castel-naudari, remporta le premier prix, en i524.
- Vers l’an i54o , une dame de condition , nommée Alcmena Isauré^ légua la meilleure partie de son bien à la ville de Toulouse, pour éterniser cet usage , et faire les frais des pvix , qnrsont des fleurs d’or ou d’argent de différentes espèces.
- FLORE , SV f. du lat. flora nom de la déesse dés fleurs.
- ( Botan. y Oh nomme ainsi uif ouvrage qui traite des plantes d’un pays déterminé.
- A des époques fixes et constantes, les plantes germent', les feuilles sortent des bourgeons, se déploient et tombent. Les fleurs montrent leurs belles corolles et produisent des fruits succulens, L’observation de ces époques sert.à calculer le calendrier de Flore.
- L'horloge de Flore est réglée sur l’heure déterminée à laquelle les plantes s’onvr'ent ou s’éveillent, et sé tournent vers le soleil , qui les échauffe, ou bien celle à laquelle elles se ferment et paroissent s'endormir.
- FLORÉAL , s. m. de Flore.
- ( Chronol- ) Le huitième mois de l’aimée de la République française. Ce mois commence le 20 avril , et finit le 19 mai ; on lui a donné le nom de floréal, parce que c’est dan» été mois que la plupart des végétaux fleurissent. . -
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- FLORIN, s. m. de îq ville de Florence , ou de la fleur des lys qui étaient les armes de Florence.
- { Monnaie , Commerce ) Quelque soit l’étymologie de florin , il. est certain que les premiers florins furent fabriqués à Florence , et que tous les florins d’Europe ont pris leur dénomination .des florins de Florence -, car tous les princes de l’Europe ont fait battre de la monnaie sous ce nom. ,
- Aujourd’hui les florins sont quelquefois monnaie de compte seulement , et plus souvent monnaie de compte et réelle. Ils ont différentes valeurs suivans les pays où ils ont cours.
- FLORIPARE, adj. du lat.flos, fleur et àe parère , produire.
- - ( Bot an, ) Il se dit des plantes et des parties des plantes qui ne produisent que des fleurs. Bourgeon floripare.
- FLOT, s. m. de fluctus ; les Anglais disent jlood.
- ( Marine ) C’est ainsi que les marins appellent, l’élévation de la mer dans les marées , ou le flux ; par opposition à ébe , qui signifie Rabaissement des eaux , ou le reflux. (F. FLUX ; REFLUX.) On dit qu’il y a flot, lorsque la marée monte ; demi-flot , lorsque la moitié du teins de la marée est écoulée. On dit également quart de flot, trois quarts de flot ,à flot, être à flot, c’est-ti-dire, assez de profondeur d’eau, pour que le navire ne touche pas le fond, et se soutienne sur l’eau.
- Mettre un vaisseau à flot ; c’est le retirer d’un endroit où il touchoit le fond, et le mener dans un autre où il a suffisamment d’eaü pour flotter.
- FLOTTAISON , s. f. du Ul.fluc-ius , dont on a fait dans la basse latinité, fluctare , fluitere et flie-tere pour flatter.
- ( Marine ) On appelle flottaison d’un vaisseau, la partie qui se trouve à fleur d’eau quand il est chargé.
- La ligne de flottaison, ou ligne de charge, est la ligne que marque-toit , autour du corps du vaisseau , la surface de l’eau supposée parfaitement calme lorsque le vaisseau est chargé.
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- FLOTTE , s. f. de flotta ; mot normand, pris vraisemblablement de l’ancien saxon flota , dont le* Espagnols ont fait flot la, les Anglais fleet.
- ( Marine ) C’est le nom ' qu’on donne à une compagnie assemblage de vaisseaux marchands, qui se réunissent et naviguent ensemble ; il arrive souvent que l’on confond le mot de flotte avec celui d'escadre ou armée navale , ce qui est mal , parce que flotte ne doit point s’entendre d’uu armement en guerre. FLOTILLE , dimin. de flotte.
- ( Marine^, petite flotte, flot tille de galèreff. flottille de chaloupes canonnières.
- FLOU, adj. et adv. ancien mot français dont flouet ou fluet est le 'diminutif : ce mot peut avoir été formé du lat.jF/no, qui signifie quelquefois s’efféminer.
- ( Peinture ) Flou est un terme de peinture, qui n’estguère entendu que des gens de l’art, et qui ne sort pas des ateliers : il signifie la douceur , le goût moelleux , tendre et suave, qu’un peintre met dans son ouvrage. Il n’est pas synonyme du motfondu, quoiqu’il exprime un pinceau qui fond les couleufs et les noie les unes dans les autres. La différence entre ces deux mots est, i.° que le mot flou exprime l’excès du fondu ; a.e qu’il suppose une grande légèreté de couleurs sur-tout dans les ombres. Ainsi plusieurs peintres des différentes écoles dTtalie , les Allemands en général, et en France, le Bourdon, Louis Boullogne, Cari© Vanlo'o fondoient toutes leurs couleurs ; mais ce n’étoit ni avec cet excès ni avec cette légèreté de ton dans les ombres qu’on pouvoit ren^ dre par le mot flou. Carie Vanloo, et chez nous Alexandre Grimou, Laoux, ont vraiment peint/'/on. Les Italiens rendent très-énergiquement ce genre de pinceau par le mot sfumato,
- Ce genre de peindre a beaucoup de partisans dans le public, parce qu’il rend la couleur lisse , sans nulle touche , ni épaisseur de cou-» leurs, et qu’il produit ( comme on dit) une peinture bien douce ; mais ce flou si flatteur à l’oeil n’est ordi-
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- nairement que le fruit de l’habitude, et jamais celui du savoir ni du sentiment. Il décèle souvent, au contraire , l’ignorance qui l’adopte pour se cacher dans l'ombre d’une exécution aimable.
- FLUATE, s. m. àefluere, couler.
- ( Chimie ) Nouveau terme de chimie , qui exprime un sel formé par l’acide fluorique combiné avec différentes bases ; sa terminaison en ate annonce que l’acide qui le constitue n’est connu que dans son état de saturation complète avec l’oxigène.
- FLUCTUATION, s. f. de fluctua, flotter, être flagité par les flots : agitation.
- ( Chirurgie ) Agitation d’humeur épanchée dans quelque cavité du corps, ou dans un abscès.
- FLUENTE, s. rn. Aefluere, couler.
- ( Géom. transe. ) Newton et les Anglais appellent ainsi ce que Leibnitz appelle intégrale. V. INTEGRALE, FLUXION.
- FLUEUR, s. f. du lat.fluor, flux, écoulement.
- ( Méd. ) Nom donné par quelques auteurs aux règles des femmes.
- FLUIDE, s. m. du lat. fluidus , formé Aefluere, couler.
- ( Physique) Substance dont les parties sont mobiles entr’elles , n’ont point ou presque point de cohésion les unes aux autres, et se meuvent indépendamment les unes des autres. Tels sont, par exemple, un tas de blé, du sablon , la fumée, l’air, etc.
- Toutes les liqueurs sont aussi des fluides, mais tous les fluides ne sont pas nécessairement liqueurs. Pour qu’un fluide soit liqueur f il faut que ses molécules puissent se mouvoir, indépendamment les unes des autres, avec assez de liberté pour que celles de la surface supérieure se placent toutes dans un plan parallèle à l’horizon ; tel est le vin ou l’eau , etc. L’ensemble forme un cône plus on moins écrasé , suivant qu’il aproche plus ou moins de la parfaite fluidité.
- Le fluide dont la fluidité égale celle des liqueurs , se comporte comme elles dans leur équilibre.
- La théorie de l’équilibre et du mouvement des fluides çstengéué-
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- ral l’objet de 1 ’ H Y D R O D Y N AM I -QUE. ( V. ce mot. ) La pression et la pesanteur des corps plongés dans les fluides, et l’action des fluides sur les corps qui y sont plongés , sont le sujet de i’HYDROS-TATIQUE. V. ce mot. -
- Le mouvement des fluides, et particulièrement de l’eau , fait la matière de l’HYDRAULlQUE. V. ce mot.
- Sur l’ascension des fluides dans les vaisseaux capillaires, Voyez
- tuyaux: capillaires.
- Fluide électrique. Voyez MATIERE ÉLECTRIQUE.
- Fluide masnétique. Voy. MATIERE MAGNETIQUE.
- Fluide élastique. On donne ce nom à l’air de l’atmosphère et à tous les fluides qui ont sa forme , et qui en ont les apparences.
- On connoît aujourd’hui un grand nombre de fluides élastiques qui diffèrent essentiellement entr’eux , et qui , malgré cela , au premier aperçu , avoient été pris pour de l’air , parce qu’ils lui resssmblent à bien des égards. Il est bien vrai qu’on leur avoit remarqué des propriétés qui n’appartiennent point à l’air ; mais on les attribuoit à quelques substances étrangères , qu’on supposoit s’y être mêlées ; c’est pourquoi on les appeloit air gâté, air vicié ; mais on s’est assuré par des expériences décisives, que ces substances diffèrent essentiellement de l’air et entr’elles , par les principes qui les constituent.
- Parmi les fluides élastiques, les uns sout permanens t et les autres non permanens.
- Les fluides élastiques permanens sont ceux dans lesquels le CALORIQUE ( V. ce mot ) est dans l’état de combinaison. Ceux - ci conservent leur état de fluide élastique à quelque température et à quelque degré de pression qn’ils soient exposés ; c’est pour cela qu’on les appelle permanens : tels sont l’air et les gaz. V. AIR , GAZ , OXI-GENE, HYDROGÈNE.
- Les fluides- élastiqueh non permanens sont ceux dans lesquels une grande quantité de calorique est dans l’état de liberté. Ces der-r
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- jiiets ne peuvent conserver leur •état de fluides élastiques , qu'autant qu’ils sont peu comprimés, ou qu’ils se trouvent à une température élevée , et plus ou moins élevée , suivant leur nature et leur densité. Telles sont toutes les,vapeurs, comme l’éther, l’alcool, l’eau.
- (Physiol.) On entend par fluides, le sang , la lymphe , la sérosité et les autres humeurs du corps.
- La doctrine des fluides est principalement due aux recherches des médecins modernes.
- Si les liqueurs du corps humain n’étoient qu’une eau pure , et ses vaisseaux des tuyaux métalliques résistant à l’infini , les lois hydrostatiques suffiroient pour expliquer les fonctions de l’économie animale ; mais nos fluides sont composés d’huile , de sel, de terre et d’eau , et nos vaisseaux sont faits de fibres solides, mais flexibles, élastiques et susceptibles d’une extension et d’une contraction réciproques. C’est pourquoi les liqueurs humaines ne suivent point exactement les lois hydrostatiques ; elles doivent naturellement s’en écarter à proportion de la diversité qui se trouve entre elles et Ueau.
- FLUIDITÉ , s. f. de fluere, couleur ; qualité de ce qui est fluide.
- ( Physique ) Propriété par laquelle les parties d’un corps sont mobiles entr’elles, et se meuvent indépendamment les unes des autres.
- La principale cause de la fluidité des corps , est l’action du calorique, ou matière de la chaleur : c’est par cette action que les parties des corps s’écartent, se séparent les unes des autres , perdent leur adhérence, et reçoivent enfin cette mobilité respective , en quoi consiste leur fluidité. C’est par le ralentissement de cette action , ou par son absence , que les parties se rapprochent , adhèrent les unes aux autres , se lient, et reprennent enfin la consistance qu’elle leur avoit fait perdre.
- FLUOR, s. m. du lat. fluere , couler , parce que cette substance est très-fusible. P. FLUATE.
- . {Minéral.) Le fluor minéral, ou *path~fluor , se trouve fréquemment dans les pays à mines, et il
- FL U 325
- en indique même la présence. Les couleurs qu’il affecte le plus généralement, sont le blanc,le jaune, le rougeâtre , le vert pâle , le violet, le vert. V. CHAUX FLUATEE.
- FLÜORIQUE , adj. de FLUOR. V. ce mot.
- {Chimie.) Acidejluorique; c’est un acide tout formé dans le fluate de chaux ou spath fluor. C’est à Margraff que l'on doit la première connoissance de cet acide. M. de Liancourt , sous le nom de Boulanger, a beaucoup étendu nos con-noissances sur les propriétés de Vacide fluorique. Enfin , Scheele semble y avoir mis la dernière main. Cet acide a la propriété de ronger le verre , et de dissoudre la terre silicée. ( V. GRAVEUR SUR VERRE. ) Sa terminaison en ique indique le second état des acides , celui où ils sont complètement saturés d’oxigène.
- FLUTE , s. f. du lat. barb. fla-tita , fait de flare , f latum , dont on a fait flater, pour un flûteur.
- ( Musique ) Instrument de musique creusé en forme de tuyau , et percé de quelques trous , desquels on tire différens tons par le souffle de la bouche , et par le remuement des doigts sur les trous.
- Les flûtes traversières se font ordinairement de buis ; on en fait aussi de bois de Rhodes , de bois de violette , et même d’ivoire.
- Les six trous qu’on ouvre et qu’on ferme avec les doigts , ainsi que la clef de re-dièse , doivent être partagés et percés non seulement selon les principes de l’art , mais encore selon la justesse de l’oreille , pour que chaque ton dans le bas , ainsi que dans le haut, se termine dans son vrai point ; mais cela est d’une si grande difficulté, que les plus célèbres joueurs de flûte avouent qu’ils n’ont jamais trouvé un de ces instrumens parfaitement juste dans tous les tons. Ils sont obligés d’y suppléer par le plus on moins de vent.
- FLUTE , s. f. ( terme de marine) du saxon flete , et ensuite fleute.
- ( Marine ) Gros navire de charge. On donne aussi en France le nom de'flûte, ou de vaisseau armé e«
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- flûte, à tons les bâtimens que l’on fait servir de magasin à la suite d’uue armée navale , ou de bâtiment de transport , quoiqu’il soit construit en frégate ou en vaisseau,
- • Lorsqu’on arme en flûte un vaisseau de iigne, on supprime tous les canons de sa batterie basse, et l’on n’y laisse même qu’une partie de ceux de la batterie liante. Les vaisseaux destinés à ce service sont ordinairement c.eux qui sont les moins propres au combat.
- FLUVIATILE, adj. qui croît dans les fleuves.
- ( Conchyliologie ) On appelle ainsi les coquillages qui croissent dans l’eau douce.
- ( Botan. ) Il se dit aussi des plantes qui croissent dans les rivières ou dans les fleuves.
- FLUX , s. m. du lat. f luxas , formé de fluere, couler.
- ( Physique) Mouvement journalier , régulier et périodique , qu’on observe dans les eaux de la mer.
- Dans les mers vastes et profondes , on remarque que l’Océan monte et descend alternativement deux fois par jour. Pour le détail et les causes du flux et reflux. Voyez , MARÉE , SYSIGŒS , QUADRATURES, EBE, FLOT, JUSANT.
- ( Métallurgie ) Flux ou fondant, se dit des matières qui facilitent la fusion des métaux ; c’est surtout la pierre calcaire et l’argile qu’on emploie comme forulans ; la première s’appelle CASTINÉ, l’autre HERBUE.
- ( Docimasie ) Dans les opérations docimastiques, on se sert de plusieurs espèces de flux.
- Flux cru ; c’est un mélange de trois parties de tartre cru et d’une partie de nitre.
- Flux noir; c’est le même mélange, calciné et réduit en charbon dans des vaisseaux clos.
- Flux blanc ; il s’obtient en faisant détonner le nitre au moyen du tartre qu’on jette des-us.
- ( Méd. ) Flux se dit encore d’ùn écoulement d’humeurs, qui prend difî'érens noms, suivant F endroit
- F O É
- par où il se fait, et l’humeur qui ên découle.
- Flux de bouche, la salivation ou ptyalisme. V. ce mot. ' -
- Flux de centre ,- V. DIARRHÉE' LIENTER1E, CGILIAQUE, DYSL S ENTER IE. ; :
- Flux menstruel. L^écoulement qui se fait tous les mois chez les femmes et les filles.
- FLUXION , s. f. du lat. fluxia, de fluere , couler.
- (Méd.) Chute, écoulement ou dépôt d’humeurs qui se fait promptement sur quelque partie du corps. Tels sont lë catarrhe, Vépiphora, le coryza , l’asthme humide,"le rhume, la toux humide, les fluxions sur les joues, les dents, les oreilles, et celles qui engendrent des tumeurs inflammatoires. Toutes ces fluxions sont produites par la lymphe', la sérosité, ou le sang;
- ( Qéom. transe.) Fluxion est encore uu nom dont Newton * s’est servi dans la géométrie de l’infini , pour désigner ce que Leibnitz appelle différence. Voyez DIFFÉRENCE , DIFFERENTIEL. •
- Newton s’est servi de ce mot fluxion , parce qu’il considère lés quantités mathématiques comme engendrées par le mouvement : il cherche le rapport des vitesses vaf riables avec lesquelles ces quantités sont décrites , et ce sont ces vitesses qu’il appelle fluxions des quantités.
- FOC, s. m. de l’ital. focco.
- ( Marine) Voile triangulaire qui s’oriente entre le mât de misaine, et le beaupré, ou, dans les bâtir-mens qui n’ont point de mât de jmsaiue , entre le grand mât et le beaupré. Les vaisseaux de guerre portent ordinairement, quatre focs. le grand foc ; le second foc ou faux foc, le troisième foc, ou contre-: foc, le petit foc ou la trinquetfe, ou le tourmentin, parce qu’il est quelquefois la seule voile qui se déploie dans les tempêtes.
- FŒTUS, s. m. mot latin qui signifie le jeune animal contenu dans la matrice.
- ( Fhysiol. )• Oh.donne ce nom aux petits de tous les vivipares , tant qu’ils sont contenus dans la matrice , et à ceux des ovipares avant
- qu’ils
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- FOI
- qu’ils soient éclos; mais on donne plus particulièrement ce nom à l’enfant qui n’est pas né , ou qui n’est pas à terme. Il le conserve jusqu’à sa naissance.
- FOI, s. £ du lat.fides, consentement de l’esprit.
- (*Melig. ) La première des trois vertus théologales, celle par laquelle on croit fermement les vérités que Dieu a révélées.
- ( Pratique ) Foi pleine et entière ; preuve complète que fait un acte authentique de ce qui y est contenu.
- Foi provisoire ; créance donnée par provision à un acte authentique argué de faux. Cet acte fait foi , jusqu’à ce qu’il soit détruit.
- Foi publique; créance accordée par la loi à certaines personnes pour ce qui est de leur ministère.
- FOIBLE , adj. du latin flebilis , déplorable.
- ( Marine ) Un vaisseau foible F échantillon ; c’est celui qui a les membres et les autres pièces correspondantes qui composent sa carcasse, moins forts et moins épais qu’à l’ordinaire, et qui par là est moins en état de résister au combat et à la grosse mer.
- ( Peinture ) Foible ne se prend , dans un sens absolu, qu’en parlant de l’effet et de la couleur. Ce tableau est foible, c’est-à-dire, que la couleur en est peu piquante, que l’effet n’en est pas vigoureux.
- Si l’on veut parler de quelque autre sorte de foiblesse, il faut la spécifier. Ce tableau est foible de dessin , foible de composition, foible d’expression.
- FOIBLESSE, s. f. même origine hue FOIBLE.
- ( Méd. ) Débilité, abattement : il signifie la même chose qu’ADYNAMIE , F. ce mot.
- {Art milit.) Foiblesse d’une place; c’est lorsqu’une place a de grands dehors, commandés par des lieux circonvoisins et mal flanqués delà place, avec des fossés étroits et à demi-comblés, des remparts éboulés , des parapets ruinés, et des bastions petits et mal terrassés.
- FOIE, s. m. contraction de foyer, parce que, suivant le sentiment des anciens, c’est le foyer où se cui.t et se prépare le sang.
- Tome II.
- FOL
- ( Physiol, ) Viscère du bas-ven-tre, composé de différentes glandes propres à séparer de la masse du sang une liqueur jaunâtre que l’on nomme bile.
- ( Chimie ) Les anciens chimistes donnoient le nom d a foie à certaines combinaisons, qui, par leur aspect, ressemblent au foie des animaux. D’après la nouvelle nomenclature , ces combinaisons ont pris le nom de sulfure; ainsi, le foie d’antimoine, est appelé aujourd’hui oxide d’antimoine sulfuré ; le foie d’arsenic, oxide arsénical de potasse ; les foies de soufre , sulfures alcalins, etc.
- FOIRE , s. f. du latin forum , marché, ou bien à feriis ; parce que de tout tems les foires se sont tenues dans les lieux où l’on célébroit des fêtes.
- ( Commerce ) Grand marché public où l’on vend toutes sortes de marchandises , et qui se tient, en certains tems, une ou plusieurs fois l’année.
- Les foires furent établies en France dans le septième siècle, pour r’ouvrir les canaux du commerce qui étaient engorgés depuis long-tems. Les négocians jouis-soient, dans ces marchés annuels et périodiques, d’un certain nombre d’immunités attachées au tems et au lieu. Cet usage commença à St.-Denis, et s’étendit bientôt dans le reste de la France.
- En considération des privilèges et franchises accordés en France, tant auxnationaux qu’aux étrangers, les autres puissances de l’Europe en créèrent de semblables, et instituèrent des foires, avec des juges pour le maintien des privilèges qu’elles leur avoient accordés.
- FOL, ou FOU, adj. du latin barbare follus, dont on a fait follitia , pour folie : qui a perdu le sens , l’esprit.
- ( Pratiqué) Fol appel ; c’est celui qui est interjeté témérairement et sans cause ni moyens valables.
- Folle enchère ; celle qui est faite par un enchérisseur insolvable.
- Folle intimation ; c’est lorsque l’on prend à partie un juge, en son nom , quoiqu’il n’y ait pas lieu de le faire ; ou qu’on intime un particulier, quoiqu’il n’ait aucun intérêt
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- 2s6 FOL
- dans la contestation , et qu’il ne doive être partie.
- FOLIACE, adj. de folium, feuille.
- ( Botan.) Ce qui est de la nature la plus ordinaire des feuilles, c’est-à-dire, mince , membraneux , veineux ou nerveux, vert.
- Une partie d’une plante est dite foliacée, lorsqu’elle est manifestement d’une nature analogue à celle de ses feuilles.
- FOLIAIRE , adj. de folium , feuille.
- ( Botan. ) Appartenant ou tenant à la feuille.
- Aiguillons foliaires , qui naissent sur la feuille. Les stipules peuvent être considérées comme des appendices foliaires.
- FOLIATION, s. f. du lat.foliatio, de folium, feuille.
- ( Botan. ) On appelle foliation la manière dont les feuilles sont disposées, pliées ou roulées dans le bout, et la manière d’être de leur disque. Linnæus a établi dix sortes de foliation.
- FOLIE, s. f. du latin barh.folli-cia, de follus , fou. \
- { Med. ) Démence , aliénation d’esprit.
- La folie appartient à plusieurs sortes de maladies, comme à un AMOUR DÉSORDONNÉ, à la MELANCOLIE , à la FRENESIE, au DELIRE, à l’IVRESSE , aux VIOLENTES CEPHALALGIES ou MIGRAINES, aux VIOLENTES DOULEURS DE DENTS, etc., qui toutes produisent l’égarement de l’esprit. V. ces mots. F. aussi MANIE.
- FOLIE, adj. de folium , feuille.
- ( Chimie ) Ce qui est réduit ou préparé en petites feuilles.
- Le tartre folié , est le tartre préparé avec du vinaigre distillé.
- La terre foliée de tartre, est l’alcali de ce mixte imprégné d’esprit de vinaigre et d’esprit de vin.
- FOLIIFORME, adj. de folium t feuille , et de forma, forme : qui ressemble à une feuille.
- ( Botan. ) Les stipules de plusieurs plantes légumineuses sont foliiformes.
- FOLIIPARE, adj. du hX. folium ,
- F ON
- feuille , et de parère, produire, engendrer.
- ( Botan. ) Ce mot se dit des bourgeons qui ne produisent que des feuilles.
- FOLIO, s. m. mot emprunté du latin.
- ( Bibliographie. ) Un livre irAfo-lio , ou seulement un in-folio ; c’est un livre dont les feuilles ne sont pliées qu’en deux. U. FORMAT.
- On appelle folio recto la première page du feuillet, et folio verso, le revers.
- ( Imprimerie ) Folio se dit aussi du chiffre qui se met au haut de chaque page.
- FOLfOLE, s. f. de foliolum , diminutif de folium.
- {Botan.) Feuille partielle de la feuille composée. Chaque pièce d’un calice polyphylle est aussi nommé foliole.
- FOLLICULE, s. m. dulat./ü///-culus , diminutif de follis , sac de cuir.
- ( Botan.) Enveloppe dans laquelle sont contenues les graines des plantes. Il se dit" encore d’un fruit géminé.
- ( Anatomie ) Follicule ou follé-cule, est encore upe membrane qui enferme une cavité d’où part un conduit excrétoire.
- FOLIUM, s. m. nom latin qui signifie feuille.
- ( Géométrie ) Folium de JDescar-tes ,- on appelle ainsi une courbe du second genre, ou ligne du troisième ordre , dont une partie ressemble à-peu-près à une feuille, ce qui lui a fait donner le nom de folium .
- FOMENTATION, s. f. du latin fomentatio, fait de fomentum, lé-nitif, dérivé de fovere , caresser j bassiner.
- ( Méd. ) Médicament qu’on applique ordinairement en forme liquide sur quelque partie du corps, pour ramollir , rafraîchir, calmer , résoudre , fortifier , échauffer, resserrer, suivant l’indication.
- FONCIER, adj. de fonds.
- ( Pratique ) On le dit de tout ce qui est inhérent au fonds de terre, à la directe ou propriété.
- Rente foncière ; rente assigné# sur un fonds de terre.
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- FON
- FONCTION, s. f. du \at.fdnctio, dérivé de fungor, s’acquitter : action qu’on fait pour s’acquitter des obligations d’une placé, d’un emploi. Pratique de certaines choses attachées de droit à une place, à un emploi.
- (Physiûl.) Fonction. V. AC-TÏON.
- ( Analyse ) Les anciens géomè-fes ou plutôt les anciens analystes ont appelé fonctions d’une quantité quelconque x , les différentes puissances de cette quantité ; mais aujourd’hui on appelle fonctions de x, ou en général d’une quantité quelconque , une quantité composée de tant de termes qu’on voudra, et dans laquelle x se trouve d’une manière quelconque, mêlée , ou non , avec des constantes.
- Fonction homogène ; c’est une fonction de deux ou plusieurs variables, a: , y, etc., dans laquelle les dimensions de x , y , etc., sont les mêmes.
- Fonctions semblables ; celles dans lesquelles les variables et les constantes entrent de la même m nière.
- FOND, s. m. du latin fundus, ou fundum : l’endroit le plus bas d’une chose creuse.
- ( Manuf.) Fond, en matière d’étoffe , est la première ou plus basse tissure, sur laquelle on fait quelque fleur ou quelque nouvel ouvrage.
- {Marine, Fond, qualité du fond; c’est la matière dont le fond de la mer est composé, de vase, sable , roche , etc. ; fond de sable , fond vaseux , fond d3argile, fond de coquillages , fond mêlé de sable et de coquillages, fond de roches , fond de gravier.
- Bon fond, ou fond de bonne tenue ; c’est un fond bien uni sans roches ni corail, qui n’est ni trop dur ni trop mou, et où l’ancre entre assez aisément et tient bien. Les meilleurs fonds sont les fonds de vase dure et de sable blanc.
- On dit qu’il y a fond , dans un parage de la mer, lorsqu’on peut trouver le fond avec la sonde. V. SONDE.
- On dit qu’il n’y a point de fond, P°ur exprimer que la profondeur *st trop grande pour qu’ou puisse
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- trouver le fond avec une ligne de i5o à 200 brasses.
- Il y a grand fond par-tout, c’est-à-dire , en parlant d’une côte ou d’une rade, qu’il y a par-tout assez d’eau pour toutes sortes da bâtimens.
- Bas-fonds; c’est l’endroit delà mer où le fond est peu considérable, et ou les vaisseaux risquent de s’échouer.
- Hauts-fonds ; c’est un endroit de la mer où il y a un fond peu éloigné de la surface -, mais sur lequel il y a cependant suffisamment d’eau pour le passage des vaisseaux.
- Couler à fond. V. COULER.
- Fond de cale ; c’est la partie la plus basse de l’intérieur du vaisseau, etp oprement, c’est la même chose que la cale.
- Bâtiment à fond plat ; c’est celui qui a le dessous plat.
- ( Peinture ) Fond, en peinture , signifie on les derniers plans d’une composition, ou le champ qui entoure un objet peint.
- Ce dernier sens comprend les préparations sur lesquelles on ébauche un tableau , c’est-à-dire, l’apprêt ou les premières couches de couleurs dont on couvre la toile , le bois , le cuivre ou la muraille suç, laquelle on veut peindre. Foy. IMPRESSION.
- Fond , lorsqu’il signifie les derniers pians d’une composition , reçoit plusieurs modifications :
- On dit d’un tableau de paysage qui représnte un site très-étendu, dans lequel une dégradation de plan, insensible et multipliée, se fait apercevoir, que 1 efond de ce tableau est un fond vague.
- L’artiste qui peint l’étendue des mers , doit par un fond aérien , faire sentir cette immensité de lieu, dont la distance n’est pas désignée par des objets successifs.
- Un fond agréable est celui qui nous offre l’image dJun lieu où nous souhaiterions nous trouver.
- Un fond devient piquant par le choix de la couleur du ciel et de l’instant du jour.
- Un fond est frais, s’il représente le tou de l’air au matin ; il est P a
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- chaud, si le coucher du soleil lui
- donne une couleui; ardente.
- Fond pittoresque ; c’est celui dans lequel un choix ingénieux rassemble des objets favorables au peintre et agréable au spectateur.
- Il faut dans certains sujets d’histoire , des fonds riches. Ce choix convient à une partie des actions tirées de la Fable, à ceux que fournissent les histoires asiatiques , aux triomphes , aux fêtes , etc.
- Cependant toutes ces qualités différentes , que la raison et le goût distinguent, sont renfermées dans «eiles-ci : les fonds doivent être toujours convenables au sujet.
- ( Pratique ) Fond , en tant qu’il est opposé au mot forme , signifie ce qui est de la substance d’un acte , ou ce qui fait le vrai sujet d’une contestation.
- La forme emporte le fond ; cela veut dire que les moyens de forme prévalent souvent sur ceux du fond. Ceci arrive , lorsqu’on a laissé passer le tems de se pourvoir contre un jugement ; alors la fin de non-recevoir prévaut sur les moyens de cassation que l’on auroit pu avoir.
- Conclure au fond ; c’est s’arrêter aux conclusions qui tenoient à faire décider définitivement la contestation , et qui sont differentes de belles qui ont seulement pour objet de faire ordonner quelque interlocutoire.
- FONDAMENTAL, adj. du lat. fundamentum, fondement, dérivé de fundare , fonder , établir : qui sert de base , de fondement à tout le reste.
- ( Anatomie ) On a donné ce nom à l’os sacrum, parce qu'il sert de base à l’épine. On l’a aussi donné à l’os sphénoïde , parce qu’il est situé à la base du crâne.
- ( Musique ) Son fondamental} c’est celui qui sert de fondement à l’accord.
- Basse fondamentale , celle qui sert de fondement à l’harmonie.
- Accord fondamental, celui dont la basse est fondamentale , et dont les sons sont arrangés selon l’ordre de leur génération ; mais comme cet ordre écarte extrêmement les parties, ©» les rapproche par des
- ÊÛ,N
- combinaisons ou renversemens ; et pourvu que la basse reste ia même l’accord ne laisse pas pour cela de porter le nom de fondamental.
- FONDANT , adj. et subst. , de fundo , fusum , fondre,
- ( Mat. médicale ) On appelle fondant tout remède qui divise et atténue les humeurs du corps épaissies , et les rend propres à circuler.
- Fondant deparacelse , fondant de rotrou.
- ( Métallurgie ) Fondant se dit de toutes les substances qui servent à accélérer la fusion des mines. Voj. FLUX.
- ( Emailleur ) Fondant, chez les émailleurs , est un verre tendre, que l’on mêle avec les couleurs que l’on veut appliquer sur les métaux.
- FONDATION, s. f. du latin fundatio, de fundo , fundare fonder, établir.
- ( Archit. ) Creux ou tranchée qu’on prépare pour la construction d’un bâtiment.
- ( Chronol. ) Il s’emploie aussi au figuré , pour désigner le commencement d’une ville , d’un Empire. Les Romains comptoient les années depuis la fondation de Rome.
- FONDEMENT , s. m. du latin fundamentum , de fundo , fundare , fonder, établir.
- ( Archit. ) Masse de pierre enfermée dans la terre , qui porte tout un édifice.
- ( Physiol. ) Fondement se dit aussi de l’orifice de l’intestin rectum , par lequel se déchargent les excrémens hors du corps. Les gens de l’art, disent anus. F. ce mot.
- FONDERIE, s. f. du lat. fundo , fundere, fondre : lieu où l’on fond du métal. V. FONTE DES STATUES.
- Il se dit aussi du lieu où l’ott fond les caractères d’imprimerie. V. FONTE DES CARACTERES D’IMPRIMERIE.
- FONDRE, v. a. du lat. fundo , fundere, liquéfier.
- ( Peinture ) Fondre les couleursf c’est les unir les unes avec les au-" très j de manière que cette union ,
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- agréable à l’œil , s’accomplisse comme insensiblement.
- Cette opération , par laquelle on mêle ensemble les parties de deux couleurs' qui se touchent, se fait en promenant doucement la brosse de l’une à l’autre , jusqu’à ce qu’elles n’offrent aux extrémités où elles s’avoisinent , rien de dur , rien qui blesse la vue , en altérant l’harmonie. La dégradation de la lumière , l’interposition de l’air , et sur-tout les reflets opèrent à nos jeux cette fonte dans la nature colorée.
- FONDS , s. m. du lat. fundus , le sol d’une terre, d’un champ , d’un héritage.
- (Pratique) Biens-fonds ; ce sont les biens réels, comme les fonds de terre et les maisons.
- Fonds perdu ; c’est une somme d’argent employée de telle sorte , que celui auquel elle appartenoit , est dépouillé entièrement de son principal , et ne s’en est réservé qu’un revenu sa vie dorant.
- {Commerce, Finances) Fonds se dit aussi d’une somme considérable d’argent, destinée à quelque usage; de toutes les marchandises d’un marchand ; des effets publics en circulation , etc.
- FONDRIÈRE,, s. f. de fond.
- ( Hist. nat. ) On donne ce nom aux terreins dont la surface paroît ferme et solide , mais dont l’intérieur est tellement imbibé dùtau, que les hommes et les animaux qui marchent dessus , risquent d’être engloutis.
- FONGIBLE , adj. du lat. fungi-bilis , de fungor , s’acquitter. Ce qui peut être remplacé, acquitté , donné , payé par quelque autre chose.
- ( Pratique ) Ce mot se dit d’une chose qui ne formant point un corps certain , mais qui, pouvant être suppléé par une autre de même nature et de même qualité , consiste en quantité , et se règle par poids , nombre ou mesure , comme du blé , du vin , de l’huile.
- FONGUEUX, adj. du lat. fun-gus, ou fongus , champignon : qui est de la nature du champignon.
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- ( Chirurgie ) On appelle chairs fongueuses , des chairs mollasses , baveuses , superflues , qui s’élèvent en manière de champignons, dans les parties ulcérées.
- ( Physiol. ) La langue a aussi des papilles, appelées fongueuses.
- Les corps caverneux de la verge sont également appelés corps fongueux.
- FONTAINE, s. f. du lat. fon-tana , formé de fans.
- ( Physique. ) Eau vive qui sort de terre , et qui est reçue dans un bassin , soit naturel, soit artificiel, ou qui coule par des canaux , qui deviennent l’origine des rivières et des fleuves.
- Ce qu’il y a de plus intéressant à connoître sur cette matière , c’est la cause et l’origine des fontaines ; mais c’est une question sur laquelle les physiciens ne sont point d’accord , et qui fait depuis long-tems l’objet de leurs recherches.
- L’opinion la plus commune est que les pluies, les neiges , les brouillards , et généralement toutes les vapeurs qui s’élèvent tant de la mer que des continens et des îles., sont les principales causes qui font naître, et qui entretiennent les/on~ taines , les puits, les rivières, et, en général , toutes les eaux courantes , et qui se renouvellent continuellement.
- Pour établir cette opinion, il suf-• fit de constater que les vapeurs qui s’élèvent de la mer , et qui se résolvent en pluies , sont suffisantes pour fournir d’eau la superficie des continens , et le lit des fleuves , et que l’eau pluviale peut pénétrer les premières couches de la terre , s’y rassembler et former des réservoirs assez abondans pour entretenir lès fontaines.
- Pour mettre la première proposition dans tout son jour, il nè faut que déterminer par le calcul la quantité d’eau qui peut s’élever de la mer par évaporation , celle qui tombe en pluie , en neige , etc. et enfin celle que les rivières déchargent dans la mer ; et au cas que les deux premières quantités surpassent la dernière, la question est décidée»
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- Fontaines artificielles ; "on appelle ainsi des machines par le moyen desquelles l’eau est verse'e ou lancée. De ces machines , les unes agissent par la pesanteur de l’eau , ms autres, par le ressort de l’air. Du nombre des premières, sont les jets d’eau , qui , tirant l’eau d’un réservoir plus élevé , et la recevant par le moyen des tuyaux pratiques sous terre , élèvent cette eau à une hauteur à-peu-près égale à celle du réservoir.
- Pour les fontaines qui agissent
- fiar le ressort de Pair , consultez e Cours de Physique de M. Mus-chembroè'k.
- FONTANELLE , s. f. du latin fontanella , diminut. de fontana, petite fontaine.
- ( Anat. ) Espace triangulaire et membraneux, situé dans les en-fans, 'à la rencontre des sutures >coronale et sagittale , et qu’on appelle fions
- Îmlsatilis , parce qu’en y mettant a main, on sent le battement des artères de la dure-mère et du cerveau.
- FONTE, s. f. du latin funta, qu’on a dit dans la basse latinité, pouf signiber l’action de fondre.
- Fer fondu, composition de métaux dont le cuivre fait la base.
- ( Statuaire ) Fonte des statues ; Pline , dans le 34e. livre de son Histoire de la Nature , nous a fait connaître les plus beaux bronzes employés par les anciens , et leurs thfférens mélanges. Il anroit été plus à désirer qu’il nous eût transmis les procédés des anciens dans la fonte des statues. Son silence, Ct celui de tous les auteurs grecs et romains,, dont les écrits nous sont, parvenus, a fait perdre un art que, les modernes ont été obligés de créer de nouveau,
- Mais si les procédés des anciens ont été perdus , plusieurs de leurs ouvrages ont, été conservés , et rendent témoignage à leur habileté dans l’art de la fonte.
- La fonte de la statue équestre et colossale de Marc-Aurèle a été si heureuse , que les ciseleurs n’ont eu à réparer que les places des jets et des évents ; le reste est venu aussi pqr que pouvoient l’être les cire?
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- de l’artiste. L’épaisseur de la fonts est par-tout égalé , et ne surpassa pas celle d’un écu.,-
- A une lieue de la Haye , dans un vill âge nommé fFaorbourg, etqui, du teins des Romains , se nommoit Forum Adriani, a été découverte une statue antique , qu’on n’a pas encore fait les frais de déterrer , quoiqu’elle ne soit ensevelie que de huit pieds. Une main de cette statue en éloh détachée; si elle étQÎt étendue , elle auroit un pied de long, ce qui suppose une figure de neuf pieds ; elle n’a qu’une ligne d’épaisseur, et est de la plus belie fonte. Un grand nombre de bronzes anti-, ques témoigne la même intelligence de la part des anciens fondeurs.
- Les fondeurs modernes n’ont donc pas retrouvé toute la perfection de l’art antique , puisqu’ils ne savent fondre que très-épais.
- 11 est nécessaire que l’atelier qui doit servir à la fonte , soit spacieux, puisqu’il doit contenir le fourneau et le moule qui recevra le métal en fusion.
- On ensevelit ordinairement le moule dans une fosse profonde ; cependant on peut construire le fourneau de manière qu’il domine le moule. C’est ainsi qu’a été exécutée la fonte de la statue équestre de Girardon; et le terrain marécageux de Pétersbourg a obligé d’opérer de même pour la statue équestre de Pierre.
- Après la construction du fourneau , on procède à la formation du moule sur le mçdèle de la statue fait en plâtre. Ce moule est construit par pièces détachées , qui peuvent se séparer et se réunir.
- Mais le bronze de la statue ne doit pas être massif, il ne doit avoir qu’une épaisseur déterminée , et il est même bon que cette épaisseur soit aussi légère qu’il est possible ; il faudra donc, avant de procéder à la fonte , établir un noyau qui remplisse la cavité du moule, en laissant seulement, entre lui et ce moule, un vuide égal à l’épaisseur que doit avoir le bronze. C’est par le moyen de cires appliquées au moule de plâtre, qu’on ménage ce vuide. Ces çjres seront fondues, quand le noyau
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- et le second moule qui doit recevoir le métal, et qu’on appelle moule de potée seront faits. Alors , par leur fusion, elles laisseront vuide la place que doit occuper le bronze.
- Il ne reste plus qu’à fondre le métal et à le faire couler dans l’é-chetio , ou bassin. Quand le bronze est refroidi , quand on l’a dégagé de l’enterrage et du moule, il se présente tel que doit rester la statue, si la fonte a eu un succès accompli ; mais il est encore embarrassé d’une forêt de cylindres de bronze, parce que le métal liquide a rempli tous les jets et tous les évents , et s’y est consolidé. Il faut scier ces cylindres, et accorder avec le reste de la fonte les places qu’ils occüpoient.
- Pour les détails de la fonte des statues, Voyez l’ouvrage de M. Fal-conet.
- Fonte des canons ; l’invention de fondre les canons ne monte pas plus haut, selon quelques - uns, qu’en l’année i338, ou selon quelques autres , à i38o. — Quoiqu’il en soit de cette époque , il est certain que nos fonderies françaises ne se sont distinguées , en ce genre, que depuis le milieu du dix-septième siècle. On n’est pas encore d’accord sur la quantité proportionnelle des métaux qui doivent entrer dans la composition destinée à la fonte des canons. On fait aussi des canons de fer qui n’ont pas la même solidité que ceux de fonte ; mais comme ils coûtent beaucoup moins on s’en sert pour les vaisseaux.
- Lorsqu’on met fondre un canon , on commence à former le modèle avec de la terre grasse, détrempée avec de la poudre de brique. On applique ensuite une autre couche de terre grasse détrempée, bien battue avec de la fiente de cheval et de la bourre , pour garnir le modèle.
- Lorsque la dernière terre appliquée est encore toute molle , on approche du moule qui est brut, ce que l’on appelle l’échantillon. C’est ttne planche de douze pieds ou environ , dans laquelle sont entaillées toutes les différentes moulures du canon. Le moule tourné contre cette planche, avec des moulineLs , prend l’urpressioa des moulures , ensuite
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- qu’il ressemble à une pièce de canon finie dans toutes ses parties.
- Lorsque le modèle du canon est formé avec les moulures , on lui pose les anses, les devises , le bassinet et les ornemens ; ce qui se fait avec de la cire et de la térébenthine mêlées ensemble.
- On travaille ensuite à la chappe.
- Cette chappe se commence d’abord par une couche ou chemise de potée : lorsque cette couche est sèche, on en. applique une autre, et ainsi de suite, jusqu’à l’épaisseur de quatre pouces.
- Quand le tout est bien sec , on vuide le moule par dedans , et on le porte dans la fosse où le canon doit être fondu. Comme on a ôté tout l’intérieur du moule , il ne reste plus que la chappe , qui dans son intérieur a conservé l’impression de tous les ornemens faits sur le anoule.
- Autrefois on fondoit les canons avec un noyau ou un vuide dans le milieu ; mais l’invention d’une machine à forer les pièces , après les avoir coulées pleines , a fait abandonner cette méthode.
- Fonte des cloches ; la fonte des cloches est de bien des siècles postérieure à celle des statues; mais elle a été pratiquée onze ou douze èents ans avant celle des canons.
- Les matières nécessaires à la construction du moule d’une cloche sont:
- i.° La terre ; la plus liante est toujours la meilleure.
- 2.0 La brique ; on n’en fait usage que dans le noyau et pour le fourneau.
- 3. ° Lafiente de cheval, la bourre et le chanvre, employés par mélange avec la terre, pour prévenir les crevasses , et pour donner au ciment une plus forte liaison.
- 4. ° La cire ; matière dont on forme les inscriptions et les autres figures.
- 5. ° Le suif, dont on se sert pour rendre la cire plus maniable.
- Ce qui a été dit de la fonte des statues , convient en grande partie à celle des cloches. Voici ce qui est particulier à celles-ci.
- Premièrement , le métal est différent pour les proportions de cuivre, d'étain et de zinc , qui entrent dans sa composition. En second lieu , le noyau et la cire des cloches * du
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- moins si c'est un accord de plusieurs cloches qu’on veuille fondre , ne se font pas au hasard ni au gré de l’ouvrier , mais doivent se mesurer par le fondeur sur la brochette ou échelle campanaire, qui sert à donner aux cloches , la hauteur , l’ouverture et l'épaisseur convenables, suivant la diversité des tons qu’on veut qu’elles aient.
- Fonte des caractères d’imprimerie ; les caractères d’imprimerie sont autant de petits parallélipipè-des , composés d’un mélange métallique particulier j à l’extrémité desquels est, en relief, une lettre ou quelqu’autre figure employée dans l’impression des livres.
- On peut distribuer l’art de l’imprimerie en trois parties , i.° l’art de graver les poinçons ; 1° l’art de fondre*les caractères ; 3.° l’art d’en faire usage. On parlera seulement ici de l’art de graver les poinçons et de celui de fondre les caractères.
- Avant la découverte des caractères mobiles , on gravoit ce que l’on vouloit imprimer sur une planche de bois , dont une seule pièce faisoit une page ou une feuille entière ; mais la difficulté de corriger les fautes qui se glissoient dans les planches gravées , jointe à l’embarras de ces planches qui se multiplioient à l’infini , inspira le dessein de rendre les caractères mobiles, et d’avoir autant de pièces séparées qu’il y a de figures différentes dans l’écriture.
- Cette découverte fut faite en Allemagne , vers l’an i44o , où plusieurs personnes s’étant réunies d’intérêt avec l’inventeur, qu’on dit communément être Jean Guttemberg , s’occupèrent en même tems de perfectionner cette invention.
- Les graveurs en caractères sont incontestablement ceux auxquels on doit les progrès de, l’imprimerie : ils sont peu connus, parce qu’on les confond ordinairement avec les fondeurs en caractères, quoique leur travail soit bien différent.
- La première opération du graveur en caractères est de faire le calibre , qui est un petit morceau de laiton , de tôle ou de fer blanc carré, pas plus épais qu’une carte 3 et sur lequel
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- il taille la hauteur que doivent avoir ses lettres.
- Cette première opération faite il y conforme ses poinçons, après avoir commencé par le contre-poinçon qui est la figure extérieure de la lettre à laquelle il ne donne pas trop de talus , de crainte qu’elle ne devienne trop épaisse par le long usage.
- La gravure des caractères se fait en relief sur un des bouts d’uu morceau d’acier d’environ deux pouces géométriques de long , et de grosseur proportionnée à la grandeur de l’objet qu’on veut y former. On fait les poinçons du meilleur acier qu’on peut choisir. On commence par arrêter le dessin de la lettre : c’est une affaire de goût; et l’on a vu en diffé-rens tems les lettres varier , non dans leur forme essentielle, mais dans les rapports des différentes parties de cette forme entre elles.
- Pour former les parties creuses, on travaille un contre-poinçon d’acier qui a la forme des parties blanches : ce contre-poinçon étant bien formé, trempé dur, et un peu recuit, afin qu’il ne s’égrène pas, sera tout prêt à servir.
- Le contre-poinçon étant fait, il faut faire le poinçon; pour cela , on prend de boii acier, on en dresse un morceau de grandeur convenable , que l’on fait rougir au feu , pour le ramollir; on le coupe par tronçons de la longueur que l’on a dit plus haut ; on arrondit un des bouts qui doit servir de tête , et l’on dresse bien à la lime l’antre bout, ensorte que la face soit bien perpendiculaire à l’axe du poinçon.
- Lorsqu’on prépare le poinçon , on le fait rougir au feu quand il est très-gros ; s’il est petit, il suffit que l’acier soit recuit. Pour recevoir l’empreinte du contre-poinçon , il faut , après l’avoir bien assujetti , présenter le contre-poinçon à la face snpérieure , et l’enfoncer , à eoups de masse, d’une ligne ou environ dans le corps du poinçon , qui reçoit ainsi l’ëm-preinte des parties creuses de la lettre.
- On dégrossit ensuite le poinçon , on le dresse sur la pierre à l’hüile
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- avec Véquerre à dresser, puis on le trempe pour Je durcir.
- Les poinçons étant faits , passent entre les mains du fondeur.
- Les premiers fondeurs étoient wraveurs , fondeurs et imprimeurs, c’est-à-dire , qu’ils travailioientles poinçons , frappoient les matrices, tiroient les empreintes des matrices , les disposoient en formes , et im-primoient ; mais l’art s’est divisé en trois branches , par la difficulté qu’il y avoit de réussir également bien dans toutes.
- Lorsque le fondeur s’est pourvu de bons poinçons , il travaille à former des matrices. Pour cet effet, il prend le meilleur cuivre rosette qu’il peut trouver ; il en forme à la lime de petits parallélipipèdes , long de quinze à dix - huit lignes , et d’une base et largeur proportionnées à la lettre qui doit être formée sur cette largeur.* Ces morceaux dressés et recuits , sont posés l’un après l’autre sur un tas d’enclumes. On applique dessus , à l’endroit qui Convient, l’extrémité gravée du poinçon , et d’un ou plusieurs coups de marteau , on l’y fait entrer à uue profondeur déterminée , depuis une demi-ligne jusqu’à une ligne et demie.
- Par cette opération , le cuivre prend exactement la forme du poinçon , et c’est par cette raison qu’on lui a donné le nom de matrice. Le nom de moule a été réservé pour un assemblage dont la matrice n’est que la partie principale.
- Après avoir justifié ces matrices, et après les avoir parées ; après avoir formé le talus et les crans , le fondeur construit et dispose son moule , puis il prépare la matière dont les caractères doivent être fondus.
- Cette matière est composée de plomb et de régule d’antimoine fondus séparément, et mêlés ensuite dans la proportion de quatre cinquièmes de plomb et d’un cinquième de régule. Quand le métal est fluide , le fondeur prend de la *>ain gauche le moule de la matrice , et de la droite , une petite cuiller de fonte qui doit tenir de métal juste ce qu’il en faut pour tine lettre. Il verse à l’orifice du
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- moule la cuiller pleine de fonte , en baissant et élevant subitement la main gauche , afin que le métal se précipite au fond de la matrice , et en prenne la figure r ce mouvement, qui doit être fait avec vitesse y est d’autant plus nécessaire que le métal se mçiuleroit mal , parce qa’il se fige dès qu’il touche le fer.
- La lettre étant formée , on ap-
- fiuie le pouce de la main droite sur e haut de la matrice , afin qu’en faisant la bascule , elle se détache de la lettre ; ou referme le moule dès que la lettre en est sortie , et on réitère cette opération jusqu’à deux et trois mille fois par jour.
- Les opérations qui suivent ont pour but de séparer du corps de la lettre une éminence de matière , qui est l’excédent de ce qui étoit nécessaire pour formerle caractère , de frotter sur une meule , de créner et de ratisser les caractères , de les ranger sur le composteur , de les couper, etc. ; après quoi ils sont en état d’être livrés- aux imprimeurs- V. pour les diverses sortes de caractères , le mot CARAC-, TÈRE.
- Fonte de petit plomb. Il y a deux manières de fondre le petit plomb , ou à l’eau, ou au moule. Le petit plomb, ou dragée fondue à l’eau , est sujette à être creuse , et par conséquent à perdre la vitesse qui lui est imprimée, beaucoup plus promptement qtte ne la perd la dragée coulée au moule ; mais d’un autre côte , elle est plus belle, plus exactement sphérique,et se fabrique plas facilement et plus vite.
- Pour réduire le plomb en dragées par le moyen de l’eau , on le fait fondre dans une chaudière de fonte. Lorsque le plomb est dans une fusion convenable , et telle qu’une carte jetée dans la malière s’enflamme presque subitement, on y met de l’orpin , environ une livre sur 120 livres de plomb. On reconnoît que le plomb a eu assez d’orpin pour être bien réduit eii drage'es , lorsqu’en le prenant dans une cuiller de fer , et le faisant couler dans de l’eau par le filet le plus menu et le plus lent possible ,
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- il se réduit, eu tombant dans l’eau , en dragées rondes; si, au contraire, il n’y a pas eu assez d’orpin , les gouites s’alongent et prennent une figure de larmes ou d’aiguilles.
- Pour réduire le plomb en dragées, on place au-dessus d’un tonneau rempli dVau , une passoire de fer ou de tôle , mince , percée de trous d’une ligne de diamètre , et écartée les uns des autres d’un demi pouce. On verse dans cette passoire le plomb fondu qui tombe dans le tonneau en dragées de différens échantillons.
- Lorsqu’on veut fabriquer de la dragée moulée , on fait fondre le plomb , comme ci-dessus ; ensuite, on prend un moule , composé de deux parties qui se meuvent à charnière. Lorsque le moule est fermé , ces parties forment, en se réunissant , de petites chambres concaves : c’est-là le lieu où le plomb se moule en dragées. Ces chambres sphériques communiquent à la gouttière pratiquée le long des branches , par des espèces d’entonnoirs, qui sont formés , moitié sur une des chambres , moitié sur l’autre. Ces petits canaux ou entonnoirs , servent de jet au plomb que l’on verse à un des bouts de la gouttière. Ils se répandent sur toute sa longueur , enfilent , chemin faisant , tous les petits jets qu’on lui a ménagés , et va remplir toutes les petites chambres sphériques, et former autant de dragées ou de grains qu’il se trouve de chambres.
- Le plomb étant refroidi, on ouvre le moule , et on en tire une branche de plomb , qui porte sur toute sa longueur les grains ou dragées attachées. Ces branches tirées du moule,passent entre les mains d’une coupeuse , qui , avec une tenaille, sépare toutes les dragées. Les dragées coupées , passent au moulin, où elles se polissent et perdent les inégalités qu’elles avoient conservées de la coupe des jets.
- La fabrique des balles et celle des lingots ne diffère de celle des dragées que par la grandeur des moules dont on se sert pour les fondre.
- Fonte de fer. V. FER,
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- FONTICTJLE, s. f. du lat./ora-licula, dimin. de fontana : petite fontaine.
- ( Chirurgie ) Quelques chirurgiens appellent les cautères des foniicules , à cause qu’il découle toujours quelque chose d’un cautère , comme d’une fontaine. Voy. CAUTERE.
- FONTS ( BAPTISMAUX), s. m. en lat. fontes baptismales.
- (Culte cathol.) Vaisseau de pierre, de marbre ,de bronze , placé dans les églises paroissiales et succursales , dans lequel on conserve l’eau bénite pour baptiser. Autrefois ces fonts étojent placés dans un bâtiment séparé , que l’on nommoit le baptistère ; à présent on les met dans l’intérieur de l’église , près de la porte ou dans une chapelle. Lorsque le baptême étoit administré par immersion , les fonts étoient en. forme de bain -, depuis qu’ils s’administre par infusion, il n’est plus besoin d’un vaisseau de grande capacité.
- FOQUE , s. m. V. FOC.
- FORAIN , adj. du lat. barbare foranus , fait de foras , dehors.
- ( Pratique ) On le dit des personnes et des choses qui viennent du dehors ; mais on entend plus communément par ce nom , ceux qui ne sont pas du lieu où il s’agit , comme les débiteurs forains que le créancier peut faire arrêter dans les villes d’arrêt.
- ( Commerce ) On appelle forain ou marchandybraïVz, un marchand qui n’a point son domicile dans le lieu où il fait son commerce.
- Quelques personnes appellent aussi , mais improprement , forains , les marchands qui ne fréquentent que les foires.
- ( Marine ) Rade foraine ; c’est un mouillage où les vaisseaux sont au large d’une côte, qui a peu d’enfoncement , et où, par conséquent ils n’oat d’abri que d’un côté } l’autre étant entièrement ouvert au vent et à la mer.
- FORBAN , s. m. abréviation de for banni , formé du lat. foras , dehors , et de bannio , bannir.
- ( Pratique ) Ce mot étoit employé par quelques coutumes , pour
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- bannissement ; for-banni étoit celai qui avait été banni d’un certain lieu.
- ( Marine ) On appelle forbans ceux qui courent les mers sans commission d’aucun souverain , et qui pillent indifféremment tous les bà-tiuiens qu'ils rencontrent. Il ne faut pas confondre les corsaires et les forbans : les premiers sont autorises par une commission de leur souverain , et ne couvent que sur les ennemis de l’Etat ; les forbans, au contraire , sont gens désavoués de, toutes les nations , et punis comme voleurs publics , par la nation qu: s’eu saisit. Ils sont appelés forbans , parce que les premiers étoienl des pirates de l’Amérique qjii , pour (a plupart, étoienl des scélérats bannis de leur patrie.
- FORÇAT- , s. m. dë t’italien for-zato. On disoic autrefois forcé dans le même sens.
- ( Marine { Homme qui a été condamné aux galères , et udx travaux publics dans les ports , etc.
- FORCE , s. P. du latin barbare forcia ou fortia , qui se trouve dans les Capitulaires de Charlemagne,
- ( Mécanique ) On donne ce nom, en générai, à tout ce qui est capable de faire un effort. On distingue pl usieurs espèces de forces.
- Force accélératrice j e’est une puissance qui ajoute de la vitesse au mouvement d uu corps. Telle est , par exemple , la pesanteur qui donne à chaque instant une nouvelle impulsion aux corps qui tombent , et ajoute ainsi de la vitesse à leur mouvement.
- Telle e^t encore la poudre, qui s’enflamme dans une fusée , et "qui ajou;e à chaque instant une nouvelle impulsion à la fusée qui moule.
- Force centrifuge ; c’est unz force par laquelle un corps qui circule autour d’un point comme centre , teuri à s’écarter du centre, en tendant à s’en aller par une tangente à la courbe qu'il décrit. La valeur de la R rce centrifuge d’un corps qui circule , est déterminée par le produ t de sa masse , multiplié par Je quiUTé de sa vitesse , divisé par
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- sa distance au centre de la circulation.
- Force centripète ; c’est une force par laquelle un corps qui ciicule autour d’un point comme centre , tend continuellement à se rapprocher : de ce centre. La valeur de la force centripèté d’un corps qui circule , ou la quantité dont ce corps se rapprocheroit,dans un tems donné , du centre de sa révolution, si fa force centripète agissoit seule sur lui , est égaie au quarré de la portion de la courbe qu’il décrit dans le même tems , divisé par le diamètre appareut.
- Force des eaux ; c’est PefFort que fait l’eau par son poids et sa vitesse.
- La force, la dépense et la vitesse des eaux sont souvent confondues chez les auteurs ; c’est l’effort que fait l’eau pour sortir et s’élancer contre la colonne d’air qui résiste et pèse dessus : elle dépend donc de deux choses, de la colonne d’eau et de la colonne d’air.
- Les vitesses sont entre elles comme les racines quarrées des hauteurs, ou en raison sous-dou-blée des hauteurs.
- On évalue la force ou la vitesse d’uu courant, d’une rivière, d’un ruisseau , d’un aqueduc, en déterminant sur son bord une base à discrétion, et parle moyen d’une boule de cire mise sur l’eau, et d’une pendule à secondes, on sait combien de temps la boule entraînée, par le courant, a été à parcourir l’espace de la base , supposée de 4o mètres. Si la boule a été 20 secondes dans sa course , ce seroit deux mètres par seconde : on multipliera cette vitesse de deux mètres par la largeur du ruisseau , qu’on suppose de quatre mètres ; ce qui donnera 8 mètres quarrés par seconde , pour la superficie du canal. Prenez la profondeur de ce canal, qu’on suppose de deux mètres, que l’on multipliera par les 8 mètres quarrés de la superficie ; ce qui donnera î6 mètres cubes pour la solidité de Peau, qui s’écoulera dans l’espace d’une seconde.
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- Il y a une autre méthode que la boule de cire, pour connoître la ritesse d’une rivière. On la trouvera dans les Mémoires de l’Académie des Sciences de l’année 1733, p. 363.
- Force d’inertie ; c’est la force par laquelle tout corps résiste à toute variation d’état, c’est-à-dire, par laquelle, lorsqu’il est en repos , il résiste au mouvement ; lorsqu’il est en mouvement, il résiste au repos , ou à un mouvement plus prompt ou plus lent.
- La force d'inertie, est ainsi que la pesanteur, proportionnelle à la masse ou à la quantité de matière propre de chaque corps.
- Quoique la force d'inertie ait de commun avec la pesanteur d’être proportionnelle à la masse ou à la quantité de matière propre de chaque corps, ces deux forces sont cependant essentiellement distinctes l’une de l’autre. La pesanteur n’exerce son action que dans ira sens, de haut en bas : toutes les fois qu’un corps tombe librement, il tombe perpendiculairement à l’horizon ; mais la force d’inertie résiste dans quelque sens qu’on fasse efFort pour changer l’état d’un corps.
- Force expansive ; c’est l’effort par lequel un corps élastique tend à s’étendre, et s’étend en effet, sitôt que la puissance qui le comprime , cesse d’agir sur lui.
- La force expansive est celle dont jouissent tous les corps à ressort. Un ressort qui est tendu et retenu clans cet état par une force quelconque , fait un continuel efFort I*our ne plus l’être, et c’est en quoi consiste sa force expansive.
- . Force motrice ; c’est celle d’un ou de plusieurs corps, employée pour en mouvoir d’autres. Telle est une impulsion donnée à un corps pour le faire avancer dans une direction quelconque. La force expansive doit être évaluée , comme la quantité de mouvement, par le produit de la masse du moteur multipliée par sa vitesse.
- Force morte ; c’est celle qui agit contre un obstacle invincible , qui consiste par conséquent dans une simple tendance au mouvement,
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- et qui ne produit, aucun effet sur l’obstacle sur lequel elle agit. Telle est la force d’un corps pesant qui tend à descendre , niais qui est posé sur une table, ou suspendu à une corde.
- Force mouvante ; c’est à proprement parler, la même chose que la force motrice -, cependant on ne se sert guère de ce mot que pour désigner des forces qui agissent avec avantage , par le moyen de quelque machine. Ainsi, on appelle parmi nous forces mouvantes, ce que d’autres appellent puissances mécaniques ; ce sont leS machines simples dont on fait mention dans les élemens de statique, et de la combinaison desquelles on compose toutes les autres machines, savoir : le lévier , le treuil, la poulie, le plan incliné, la vis , le coin.
- Force projectile ; c’est celle par laquelle un corps est lancé dans une direction, soit perpendiciir laire , soit parallèle, soit oblique à l’horizon , et avec une vitesse proportionnelle à la force qui le lance, et à la raison inverse de la masse du corps lancé. Tel est l’effort de Ja. poudre à canon, qui chasse une bombe ou un boulet ; tel est encore l’effort du bras qui jette un corps quelconque.
- Force résultante-, c’est ainsi que quelques auteurs ont nommé la force unique qui résulte de l’action d<5 plusieurs autres. Cette force résultante se trouve par le principe de la diagonale du parallélogramme. V. COMPOSITION DE FORCES.
- Force retardatrice ; c’est relié qui. retarde le mouvement d’un corps; telle est la pesafiteur d’un corps qu’on jette de bas en haut, et dont le mouvement est continuellement retardé par l’action que sa pesanteur exerce'sur lui, dans une direction contraire , c’est-à-dire , de haut en bas.
- Force vive ; c’est celle d’un corps naturellement en mouvement , qui agit contre un obstacle qui cède, et qui produit un effet sur lui. Telle est la force d’un corps qui, par sa pesanteur, est tombé d’une certaine hauteur, et
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- choque un obstacle qu’il rencontre. Telle est encore la force d'un ressort qui se débande contre un obstacle qu’il déplace.
- On a toujours pensé, jusqu'à Leibnitz, que la force vive devoit être évaluée , ainsi que la force morte par le produit de la masse multipliée par la simple vitesse; mais Leibnitz a pensé autrement, et a cru qu’il falloit l’estimer par le produit de la masse multipliée par le quarré de la vitesse.
- Quelque opposée que fût cette opinion aux principes éonnus et adoptés de tout tems, elle a cependant trouvé des défenseurs qui l’ont appuyée sur des expériences et par des raisonnemens très-spécieux. Les pièces pour et contre de ce fameux procès littéraire se trouvent consignées en plusieurs ouvrages, et sur-tout dans le21e et dernier chapitre d’un ouvrage intitulé : Institutions de Physique, qui est de la marquise du Châtelet, où elle a rassemblé tout ce qu’on peut dire en faveur des forces vives, et dans un autre ouvrage intitulé : Dissertation sur Vestimation et la mesure des forces motrices des corps, par de Mairan, dans lequel il a fortemeut combattu l’opinion de Leibnitz.
- Force uniforme ; c’est celle qui est capable de produire à chaque instant le même effet, et qui le produiroit réellement sans les obstacles qui s’y opposent , et qui sont inévitables dans l’état naturel des choses. Dans cet état naturel il n’y a donc point de forces uniformes; on peut cependant les regarder comme telles, en faisant abstraction des obstacles dont on vient de parler ; cela rend plus facile le calcul des effets de ces sortes de forces.
- Forces centrales ; ce sont les’ forces par lesquelles un corps, qui circule autour d’ut» point comme centre, tend, d’une part, à s’écarter de ce centre, et d’autre part a se rapprocher de ce même centre. La première de ces deux forces, est celle que l’on appelle force centrifuge; et l’autre est appelée force centripète, et toutes deux prises ensemble, sost commées
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- forces centrales. Lorsque ces deux forces sont égales, le corps continue de circuler, sans jamais ni s’approcher ni s’éloigner du centre.
- Les corps célestes sont en proie aux forces centrales : leur force centrifuge tend à tous les instars à les écarter du centre de leur mouvement, et leur force centripète tend directement à les eu approcher. De ces deux forces opposées naît un mouvement composé en ligne courbe, par lequel chaque planète décrit son orbite qui est une courbe relative à la nature de forces qui l’animent.
- ( Archit. ) Jambe de force ; c’est une pièce d’une forme d’assemblage qui sert de jambe à l’entrait, et le porte ainsi que les autre* pièces d’un comble , d’où elle a pris son nom de jambe de force.
- ( Art milit. ) Force d’une place ; elle consiste dans la bonté de ses dehors, lorsqu’ils sont bien ilan-qués de défenses de la place, et qu’ils ne sont point commandés des lieux circonvoisins; que les fossés sont larges et profonds, les bastions solides, grands et bien défendus , de casemates et des cavaliers , avec des parapets capable* de résister à la violence du canon.
- (Marine) Faire force dévoilés; c’est déployer au vent toute* les voiles que le vaisseau peut porter , pour marcher avec plus de vitesse ; ce qui ne se fait que dans un cas ti'ès-pcessant, lorsqu’il vente grand frais , parce qu’on s’expose quelquefois par là à rompre sa mâture , ses vergues, ou à avarier le gré-ment, même à chavirer ou se renverser, si le bâtiment étoit mauvais ou mal lesté.
- Faire vent arrière forcé ; c’est, dans un fort coup de vent ou une tempête, être obligé, pour la sûreté du vaisseau, de courir vent arrière, quoique cela dérange le vaisseau de sa route; ce qu’on ne doit faire que lorsqu’on ne peut pas tenir à la cape. F. CAPE.
- ( Musique ) Force se dit d’une qualité de son , appelée aussi quelquefois intensité, qui le rend plus sensible et le fait entendre de plus loin. Les vibrations plus fréquentes du corps sgftore, soat ce qui rend
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- le son aigu ou grave ; leur plus grand ou moindre écart de la ligne de repos, est ce qui le rend fort ou foible : quand Cet écart est trop grand, et qu’un force l’instrument ou la voix , le son devient bruit et cesse d’ëtre appréciable.
- ( Peinture ) Force , fort, noble,
- J[rand, fier, une figure dessinée orientent, un tableau fort de couleur , des ombres fortes , une touche forte.
- Toutes ces manières de s’exprimer ont rapport â l’énergie, et l’énergie appartient à l’arae; un ensemble lourd, une figure musclée avec affectation ne suffit pas pour représenter Hercule, il faut que la figure de ce héros fasse penser que sa force consiste plus encore dans son ame que dans sa charpente et dans ses formes.
- La force de la touche ne consiste pas non plus dans son apparence très -prononcée -, mais il faut sur-tout qu’elle soitprononcée dans sa juste place.
- Le coloris à son tour n’est pas fort pour être outré ; mais il a toute la vigueur qui lui convient, lorsqu’il approche de celui que présente la nature, et qu’il est accordé , suivant une juste harmonie.
- Les ombres noires ne sont pas des ombresfortes, ce sont des taches obscures et déplaisantes.'
- La véritable force dans la peinture est donc 1a vérité de l’imitation sentie et exprimée par un artiste qui a une ame vigoureuse; ce n’est donc pas la force qu’un peintre doit représenter, mais la vigueur de la nature, qui a toujours celle qui convient aux circonstances, et qui la lui communique libéralement, lorsqu’il a ce qu’il faut pour la sentir et pour la rendre,
- ( Pratique ) Force majeure ; c’est, celle à laquelle il n’est point en notre pouvoir de résister. Personne en général n’est tenu des cas fortuits et des forces majeures, à moins que cela ne soit expressément stipulé.
- Force de chose jugée ; c’est ce qui a été décidé par un jugement dtmt il n’y a point d’appel, oh,
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- dont l’appel n’est point recevable. L’autorité de la chose jugée est si grande, qu’elle passe pour une vérité constante.
- FORCÉ, adj. de FORCE..
- (Peinture) Ce mot se prend toujours en mauvaise part, et signifie exagéré. Un ouvrage de l’art ne doit être forcé ni dé dessin , ni de mouvement, ni de ton, ni d’expression.
- FORCEPS, s. m. mot latin.
- ( Chirurgie ) Mot latin qu’on a retenu en français, et qui signifie pince ou lancette. C’est un instrument de chirurgie fort connu. Il y en a de différentes sortes pour les différentes sortes d’opérations qu’on a à faire. On s’eu sert pour embrasser quelque chose et le tirer hors du corps, comme , par exemple , la tête d’un enfant mort dans le ventre de sa mère.
- FORCLORRE, v, a. composé du lat. forum barreau , et d’exciudere, exclure : exclure du barreau.
- ( Pratique ) Ce mot n’est plus d’usage qu’au palais , où il signifie exclure de faire quelque acte, quelque production en justice , parce que le tems préfix en est passé. Ceux-là sont dits forclos, qui ont laissé passer le teins de produire ou de contredire ; ils en demeurent forclos , c’est-à-dire déchus. De forclore on a fait forclusion pour signifier déchéance ou exclusion, etc.
- FOLET, s. m. du lat. barbare foresta, formé de l’allemandybnsf , qui nous a été apporté par les Normands: grande éteudue de terre couverte de bois.
- ( Eaux et forêts ) Le ternie de forêt comprenoit anciennement les eaux ainsi que les bois. On trouve dans de vieux titres forêt d’eau , pour vivier où l’on garde le poisson. .C’est pourquoi on n’avoit établi sous l’ancien régime qu’une même juris-diction pour les eaux et forêts.
- FORET , s. m. du lat. forare, percer.
- ( Technol. ) Petit instrument de fer avec lequel on fait des trous. Les forets ont différentes formes, selon les différens usages auxquels on les destine.
- FüRFAÏÏvE, v, n. composé dtj
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- FOR
- lat. facere , faire, et de la particule' barbare, for, fur ou far, qui dans ses composés marque souvent le vice de l’action ; ainsi forfacere, c’est mal faire. Les Anglais font un grand usage du mot for dans le même sens. pare , nourriture ; for fare, mauvaise nourriture; bid, ordonné ,for bid, défendn.
- ( Pratique )Déliriquer , faire quelque chose contraire aux règles ou à la loi.
- FORFAIT , même origine que^eir-faire , mauvais fait, méfait.
- ( Pratique ) Crime énorme qui intéresse la vindicte publique.
- ( Commerce ) Forfait signifie un traité, une vente de plusieurs droits et recouvremens qu’on fait à quelqu’un , moyennant un certain prix, sans entrer dans aucun détail. Dans ce sens, il vient de feur, ou feurre , vieux mot français qui signifioit prix et taxe des denrées.
- FORFAITURE, même origine que for faire.
- (Pratique) Transgression de quelque loi pénale ; mais plus communément on entend par ce mot une prévarication commise par un officier public dans l’exercice de son emploi, de ses fonctions, et pour laquelle prévarication, il encourt la peine d’être destitué.
- FORGE, s. f. du lat. fabricia.
- ( Technol. ) Lieu où l’on fond le fer quand il est tiré hors de la mine.
- Forge se dit aussi du petit fourneau où tous les ouvriers qui travaillent siir les métaux , les font chauffer, pour les mettre en œuvre.
- FORGER, v. a. du latfabricare, dont on a fait fabriciare.
- ( Technol. ) Donner la forme au fer ou au métal, par le moyen du feu et du marteau.
- ( Manège ) Forger se dit aussi d’un cheval qui avance trop les pieds de derrière , et porte leurs pinces contre l’éponge des fers des pieds de devant.
- FORJETTER , v. 11. l’Académie écrit forgeter , du lat. foras, hors , et de facere , jeter en dehors.
- ( Archit. ) Ou dit qu’un mur se forjette, pour dire qu’il est hors 'd’alignement, qu’il surplombe. FORMALITÉS, s, m. déforma,
- FOR 2%
- forme, dont on fait formalis, suivant les formes; et formalitas, manière formelle.
- ( Pratique ) Certaines clauses ou conditions que doivent avoir le» actes pour être valables.
- FORMAT, s. m. du lat. forma , forme.
- ( Bibliographie ) Ce qu’un volume a de hauteur et de largeur ; ce qui se suppute par la quantité de feuillets dont chaque feuille est composée , lorsqu’elle est pliée.
- Il existe différentes sortes de formats dont la plupart se connoissent à la simple vue. Un format dépend de la manière dont une feuille est pliée. Ainsi, la feuille pliée en deux, désigne Y in-folio ; en quatre V in-quarto , en huit, l’in-octavo ; etc. ; mais comme dans les petits formats il y a quelquefois du doute, il faut avoir recours aux rayes qui traversent le papier , qu’on appelle, en terme du métier , pontuseaux , et dont la direction indique le format.
- Leséditions en papiervélinn’ayant pas de pontuseaux, on prend garde aux réclames et aux signatures. F. RÉCLAME, SIGNATURE.
- U in-folio a la feuille pliée en deux , contient quatre pages , et ses pontuseaux; ou rayes sont perpendiculaires.
- JJ in-quarto est plié en quatre ; il a huit pages , et ses pontuseaux sont horizontaux.
- L’in-octavo est plié en huit; il a seize pages, et ses pontuseaux sont perpendiculaires.
- U in-douze est plié en douze ; il a vingt-quatre pages, et ses pontuseaux sont horizontaux.
- YJin-seize est plié en seize ; il a trente-deux pages, et ses pontuseaux sont horizontaux, etc.
- FORME, du lat. forma. Ce qui détermine la matière à être telle ou telle chose.
- ( Arts et Sciences ) Forme se dit aussi de la ligure extérieure d’uu corps. C’est dans ce sens que dans les arts du dessin, on emploie le mot forme, pour signifier l’idée générale des surfaces , des contours. Un vase d'une belle forme , la beauté, Vélégance des formes, les formes antiques.
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- a4o for
- ( Papetier ) Forme se dit d’nn châssis de la grandeur d’une feuille de papier et garni de petits fils de laiton très-serrés.
- ( Imprimerie ) Forme se dit aussi d’un assemblage de la moitié des pages qui composent une leuille d’impression.
- L'ouvrier, après avoir composé une feuille , doit l’imposer ( Voy. IMPOSITION), c’est-à-dire, placer les pages dans l’ordre qui leur convient, les entourer des différentes pièces de bois qui formeront la marche de ces pages, et serrer fortement le tout dans un châssis de fer , qu’on appelle forme ; chaque leuille est composée de deux formes.
- ( Raffinerie ) Forme se dit encore des moules de terre cuite où on coule le sucre.
- ( Marine ) Forme, en termes de marine , est un bassin à construire et à radouber les vaisseaux. C’est un espace ou chantier creusé de plusieurs pieds plus bas que la pleine mer , et entouré de maçonnerie , adapté à la forme des plus grands vaisseaux, avec l’espace nécessaire tout autour pour les travailleurs. Ces espaces ou chantièrs, dont les ports et arsenaux de marine offrent toujours un certain nombre, sont destinés à y construire ou même à y radouber des vaisseaux. *
- Leur sol étant beaucoup plus bas que le niveau de la pleine mer , et même plus bas que la basse mer, ils sont dirigés en longueur, et dans la figure à-peu-près d’une ovale vers la mer où la rivière qui forme le port. Du côté de la mer est une porte à deux battans, fermant bien parfaitement le passage à l’eau lorsqu’elle est close.
- Lorsqu’on veut entrer un vaisseau pour le radouber dans le bassin ( ce qui est beaucoup plus commode pour eu visiter toutes les parties submergées ), on prend le moment de la pleine mer ; les portes du bassin étant ouvertes, et ce bassin étant rempli d’eau au niveau de la pleine mer, on y entre le vaisseau; on l’assure ou accore tout autour; on ferme les portes du bassin à basse mèr , et on pompe par le moyen de machines ou pompes à chapelets
- FOR
- l’eau qui reste encore dans le bassin. Par ce moyen, le vaisseau étant à sec , mis en chantier , bien accoré , on peut avec aisance travailler à toutes ses parties, les démolir, les remplacer, et lorsque le travail du radoub est fait, on ouvre les portes du bassin, et remettant par-là le vaisseau à flot, on le fait sortir.
- ( Pratique ) On comprend sous le nom de forme , les termes, clauses , conditions , formalités , qui servent à constituer l’acte.
- Le mot forme dit plus que formalité-, ta forme embrasse tout ce qui sert à donner l’essence à l’acte ; les formalités, au contraire , ne s’entendent que de certaines conditions nécessaires à remplir pour la validité de l’acte , comme l’enregistrement , le contrôle.
- Forme est quelquefois opposé au mot fond. la forme se prend alors pour la procédure , et le fond est ce qui en fait l’objet.
- Forme authentique ; c’est celle qui fait pleine foi , tant en justice que dehors.
- Forme exécutoire , celle qui donne à l’acte l’exécution parée , c’est-à-dire , le droit de mettre un acte directement à exécution, par voie de contrainte , sans être obligé d’obtenir pour cet effet aucun jugement ni commission.
- Forme judiciaire ; sous cette dénomination j l’on comprend l’ordre et le style qui s’observent dans la
- fu’océdure ou instruction, et dans es jugemens.
- Forme prohantecelle qui procure à l'acte une foi pleine et entière , et le rend authentique ; aussi sépare-t-on rarement ces mots , forme probante et authentique.
- (Elocution) Formes de preuves > on donne différentes formes aux preuves que l’on emploie pour persuader ou dissuader. De là , les différens raisonnemens employés par les orateurs , comme le syllogisme, mais bien différent de celui du logicien ; Venthymême , le di-lemme , le storite , l’induction, les argumens appelés à minori ad majus , à majori ad minus , à pari, l'argument conditionnel et _ l’argument
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- 3F ORa FOR s4t
- f argument personnel. V. tous ces qui étoient données devant le comte mots. ou les juges des lieux.
- FORMIATE , s. m. du latin ( Matière méd.) Formule est formica, fourmi. aussi la manière de dispenser les '
- (Chimie ) Nouveau terme de chi- drogues, tant simples que compo-jnie, qui signifie un sel formé par sées , relativement à leur consiste combinaison de l’acide formique tance, à leur quantité et à leurs avec différentes bases. Sa terminai- qualités.
- sop en ate, indique que c’est un {Algèbre') Formule se dit en-sel du genre de ceux qui appar- cote d’un résultat général tiré d’un tiennent aux acides saturés d’oxi- calcul algébrique, -et renfermant gène , terminés en ique. une infinité de cas ; ensorte qu’on
- Ce genre de sel n’avoit point été n’a plus à substituer que des nom-nommé dans l’ancienne nomencla- bres particuliers aux lettres , pour ture. trouver le résultat particulier -, dans
- Les formiates sont très-peu con- quelque cas proposé que ce soit, nus , et seulement reconnoissabies Une Formule est donc une mé-par leur acide. tliode facile pour opérer ; et si on
- FORMIQUE , adj. du latin for- P,eut tendre absolument générale , mica , fourmi. c e.st *e Pjus gian(* avantage qu;oa
- {Chimie) Acide formique ; terme pnisse lui procurer; c’est souvent de la chimie moderne , qui signifie réduire a une seule ligne toute une un acide tiré des fourmis par la science.
- distillation , ou l’expression avec FORT , te , adj. du lat. fortis , l’eau. Sa terminaison en ique, in- robuste, vigoureux, dique le second’état des acides, celui ( Musique ) Fort, adv. ; ce mot où ils sont complètement saturés s’écrit dans les parties , pour mar-d’oxigène. quer qu’il faut forcer le son aveo
- Cet acide n’a été connu que dans véhémence , mais sans le hausser ; le siècle dernier. Samuël Fisher chanter à pleine voix, ou bien tirer est le premier qui l’ait obtenu , en de l’instrument beaucoup de son ; distillant des fourmis ; IVJargraff a ou bien il s’emploie pour détruire suivi ce travail; Ardwisson etOchen l’effet du mot doux , employé pré-y ont encore ajouté. cédemment. Les Italiens ont le su-
- Jjacide formique se tire d’une perlatif fortissimo. grosse fourmi rousse qui habite les ( Art milit. ) Fort, subsj. ; un bois. fort est distingué d’une citadelle ,
- U a ci de formique se combine avec en, ce que celle-ci, fortifiée de bas-différentes bases salifiables ; et les tions, commande à une ville, et que sels qu’il forme sont appelés FOR- le fort construit aussi avec des bas-MlATES. F. ce mot. ^ lions, est bâti dans des plaines, snr
- FORMULE , s. f. du lat. for- des rivières, ou sur des hauteurs mula , fait de forma, forme. éloignées de la place.
- {Pratique) Termes dans lesquels FORTE-PIANO, s. m. mot italien un acte doit être contÿt, ou un ser- composé des mots doux et fort : ment doit être fait. comme qui diroit tantôt doux, tan-
- Les formules des actions chez les tôt fort.
- Romains, ouïes formules romaines, ( Musique ) Le forte-piano est consistaient dans un style dont les l’art d’adoucir et renforcer les sons termes dévoient être suivis scru- dans la mélodie imitative, comme . puleusement et à la rigueur. on fait dans la parole qu’elle doit
- Formule de Marculfe ; modèles imiter, d’actes et de procédures, recueillis Le forte-piano est une espèce de par le moine Marculfe , qui vivoit clavëFin dont chaque clavier fait vers l’an 660. Ce recueil , qui est lever une espèce de marteau de car-divisé en deux livres, contient les ton enduit de peau , qui frappe formules des lettres qui s’expédioient contre deux cordes uniformes , ou aux palais des rois , et de celles çortlre une seule si l’on veut. Us ont Tome IT, Q
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- a4a ' F OS
- cet avantage que l’appui^ du doigt plus fort ou plus fqible détermine la force ou la foiblesse du son, d’où vient son nom de ferle -piano.
- FORTERESSE, s. f. qu’on croit venir defortalicium.
- ( Art miüt. ) Lieu fort par la nature, ou par l’art, ou par tous les deux.
- FORTIFICATION s. f. du lat. fortificatio , composé de fortis et de facerer l’action de rendre fort.
- ( Art rnilit. ) Ce mot, pris dans sa signification la pins étendue , est
- science de construire , d’attaquer et de défende les places.
- La fortification se di vise en fortification offensive, et en fortification défensive.
- La fortification offensive est l’art de conduire un siège , de sorte que l'on se rende maître de la place qu’on attaque.
- La fortification défensive , qui comprend l’architecture militaire , est l’art de mettre une place à cou-vert, et de la détendre contre toutes les attaques de l’ennemi.
- FORTIN , s. ni. dimin. de fort.
- ( Art mïlit. ) C’est un petit fort Fait en étoile à cinq , six ou sept pointes , pour assurer l’enceinte d’une ligne de circonvallation ou autre travail.
- FORTUNE, s. f. du lat. fortuna, cas fondit, hasard.
- ( Conimerce ) Fortune de mer ; on entend par là tous les accidens et avaries qui peuvent arriver à un vaisseau par la tempête , la grosse mer, le mauvais tems et autres causes semblables.
- ( Marine ) Voile de fortune ; les sloops, les goélettes et autres bâti mens à voiles auriques, ont des voiles quarées appelées ainsi , parce qn’elles servent essentiellement pour aller avec un gros vent, et pour fuir vent arrière devant une tempête.
- Mât de fortune : c’est un mât employé accidentellement et provisoirement,, pour remplacer celui qui a été rompu dans un mauvais tems., ou par fortune de mer.
- FOSSE , s. f. du lat. fossa, creux large et profond dans la terre , fait par la naturë ou par l’art.
- ( Marine ) Fasse aux lions ,
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- corruption de fosse aux liens. Cette fosse sert au maître d’équipage pour y mettre les cordages de rechange et divers menus ustensiles.
- ( Anatomie ) Fosse 'est un creux dans les os , large et plus ou moins profond. On donne à ces fosses différeus noms, par rapport à leur usage. Ainsi l’on àh les fosses orbi< taires, nasales , palatines, temporales , zygomatiques, etc. Le milieu du cervix , ou partie postérieure du col , se nomme la fosse , ou la nuque.
- FOSSETTE , s. f. dimint. de fosse : petite fosse.
- ( Anat. ) En parlant des os, on appelle ainsi toute petite cavité qui a une ouverture un peu large et évasée. Le menton a dans son centre un enfoncement dans quelques personnes , qui porte le nom de fossette du menton.
- On donne le nom de fossette du cœur à la cavité qui se trouve au milieu de la partie intérieure d« la poitrine.
- FOSSILE , s. f. du lat. fossi-lia , formé de fodio , fouiller : ce qui peut être retiré de la terre.
- ( Minéral. ) Substances terreuses, pierreuses et minérales , que l’on trouve ou à la surface de la terre Ôu dans s'nsein.
- On a donné plus particulièrement le nom de fossiles à-toutes les coquilles ou autres corps marins pétrifiés ou non pétrifiés qui se trouvent en terre , ainsi qu’à tous les noyaux de coquilles, c’est-à-dire, à la substance pierreuse ôu minérale qui s’est mouiee dans les coquilles.
- FOUDRE, %. f. defulgure, abîat. de fulgur.
- ( Physique ) Feu très - vif qui éclate contre quelque objet terrestre , qui est capable de suffoquer les animaux et de les faire périr dans un instant ; qui renverse les édifices les plus soiides ; qui brise , qui brûle et qui folid les corps les plus durs.
- La foudre dont on a si long-tems cherché , sans succès , la cause physique , est reconnue aujourd'hui pour un phénomène d’électricité,-
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- Ce n’est autre chose que l’éclair lui-même , qui , semblable, quant au fond , mais très-différent , quant à la violence , a, une étincelle électrique , éclate entre une nuée actuellement électrisée et quelque objet terrestre. V. TONNERRE.
- Chaque coup de tonnerre seroit îa foudre , s’il frappo.it quelque objet terrestre. La foudre et le tonnerre sont la même chose ; mais on nomme foudre le coup de tonnerre qui éclaté contre quelque corps terrestre.
- FOUDROYANT, adj.de FOUDRE. V. COUP FOUDROYANT.
- FUUGADE ou FOUGASSE, du lat. focata.
- ( Mrt milit. ) Petit fourneau fait en forme de puits , large à peu-près de huit ou dix pieds , profond de dix à douze , qu’on charge de barils ou de sacs de poudie , et qu’on prépare sous un poste qu’on veut enlever. Après que le puits est couvert de tene , on y met le feu avec uue saucisse , qui va répondre à que’qu’ature poste.
- La jougade didère du fourneau en ce qu’elle .est beaucoup moins enfoncée en terre.
- FOULON , s. m. du lat. fullo, dont ou a fa\t ensuite j'uliare, pour fouler les draps.
- ( Thecnol. ) Ouvrier qui foule des draps.
- Ou appelle terre à foulon uné sorte de terre qui sert à dégraissev les draps , et moulin à foulon , un mouiin qui sert à fouler les draps.
- Avant que les Romains eussent Fusage du linge , ils jugeoient d’une si grande importance le rhétier'à laver, nettoyer et mettre les draps en état de servir , qu’ils avoient fait des lois pour prescrire la manière dont les foulonniers dévoient exécuter leurs ouvrages.
- FOULURE , s. f. du lat.fullare , fouler.
- ( Chirurgie ) La foulure connue ùes médecins grecs sous le nom d exarthrème , est une luxation qui se lait subitement aux articulations” Pour raison de quelque effort violent.
- FOURNEAU, ç. m.du lat. fu-r
- \ . \
- FO TT 24S
- metlus bu de formilia , vaisseau propre à contenir du feu , et à l’appliquer aux substances sur les- / quelles on veut opérer.
- ( Chimie ) Les chimistes distinguent sept sortes dé fourneaux , selon les différentes operations auxquelles iis sont destines. Ces fourneaux sont connus sous les noms de fourneaux de calcination, de sublimation , de distillation par ascension ou par descension , de fusion, de dissolution et de fixation.
- Les chimistes appellent encore fourneau simple , une espèce de tour creuse , cylindrique ou prismatique , à laquelle^ il y a deux poiles , ou principales ouvertures , l’une en bas , qu’on appelle la porte du cendrier , l’autre au-dessus , qui s’appelle porte du foyer.
- Fourneau de lampe , on fourneau dans lequel la chaleur est produite et entretenue parla flamme u une lampe qu’on introduit dans son intérieur.
- Fourneau de réverbère ; c’est le fourneau simple , dont le foyer est surmonté d’uue troisième cavité qu’on nomme laboratoire , parce qu’elle est destinée à contenir les cornues qui renferment la matière sur laquelle il s’agit d’opérer.
- Fourneau de fusion , ou fourneau à vent ; un fourneau qui produit le plus grand degré de chaleur possible , sans ie secours des soufflets.
- Fourneau polychreste {K. ce mot) ; celui qui est construit de manière qu’il peut servir à plusieurs usages.
- Fourneau d’essai, on de coupelle ; c’est un fourneau de figure prismatique , quadraugulaire , dont on -se sert pour taire les essais ou titres de l’argent. F. ESSAI.
- ( Métallurgie) Fourneau de liquation. On nomme ainsi le fourneau qui sert à fondre les masses dç mélange métallique , composées de plomb, de cuivre , d’or et d’argent , pour les séparer les unes des autres.
- Haut fourneau -, fourneau desti-tmé à la fonte de la mine dsler» Qn
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- a 44 FOU
- Dans l’enfance des fabriques de fer , on a dû fondre le minerai avec des FLUX ( V. ce mot ) , dans des creusets placés dans un fourneau à vent -, mais cette méthode devint insuffisante, quand l’accroitsement des arts demanda un accroissement de matière. On bâtit de grands creusets de brique, où l’on jetoit pêle-mêle le minerai et le fondant , en animant le feu par le Vent d’un ou deux soufflets. Progressivement , on exhaussa les parois , et on obtint une tour creuse très-élevée , à laquelle on donne le nom de haut fourneau. V. SOUFFLET , MACHINE ‘SOUFFLANTE , CAVES A AIR, CAVES A EAU, COAKS , CHARBON DE BOIS , ÉTALAGES , TUYERES.
- Haut fourneau à peut ; c’est un fourneau destiné à réduire le minerai de fersans soufflets , ni machine soufflante. M. de Buffon paroît être le premier qui ait affirmé qu’on pou-voit tirer de l’acier de toute mine de fer sans la faire couler en gueuse. Cet habile naturaliste avoit même fait quelques essais que des circonstances particulières ne lui
- Ïiermirent pas de poursuivre ; mais e comte de.Sternberg , en Suède , est le premier qui ait construit un haut fourneau à vent , dont les avantages consistent à donner une fonte pure et très-douce, à épargner une quantité considérable de charbon de bois , à produire une tonne qualité de métal avec la première fonte , et enfin à fournir des fontes de toute espèce, et du fer en barre de la meilleure qualité.
- Le haut fourneau à vent du comte de Sternberg, est composé d’un haut fourneau et de deux fourneaux à réverbère, adossés an premier. Le feu de ceux-ci est alimenté avec du charbon de terre, et par un volume d’air au moins aussi 'grand que celui que fournissent les soufflets ou les machines soufflantes.
- La grande quantité de calorique dégagée de la houille est portée dans la cave du haut fourneau,
- C>ur agir sur le charbon de bois, minerai et la castine , et opérer la réduction du métal.
- F Q V
- C’est particulièrement à l'effet produit par le feu de ces deux fours à réverbère, qui se trouvent réunis vers la base du haut fourneau , que M. le comte de Sternberg attache le principal mérite de son invention ; et si M. de Buffon a conçu la première idée de cette amélioration dans l’art de fabriquer le fer, on ne peut refuser au métallurgiste suédois la justice d’avoir imaginé les moyens de la mettre à exécution.
- Fourneau d’évaporation; c’est un fourneau à dessécher les substances salines, et à évaporer l’humidité des mélanges qu’on veut concentrer.
- M. Henri Browne, anglais , est l’auteur de ce fourneau.Une longue expérience, les soins multipliés que nécessitent les procédés ordinaires pour l’évaporation , les dangers qui résultent pour la santé du voisinage des ateliers , lui avoient fait sentir la nécessité de Substituer à l’ancienne méthode une invention dont l’avantage le plus important est de rendre l’air qui balaie la surface de la liqueur, d’une température presque égale à celle de la liqueur elle-même, et de s’en servir comme d’une> éponge qui se sature rapidement de la vapeur, et facilite par conséquent la promptitude de l’évaporation. En effet, il suffit pour en être convaincu de considérer la marche de la chaleur. L’air chaud , après avoir traversé la surface du fluide échauffé, descend au-dessous du vase, et après- avoir entretenu la combustion dans le foyer , passe à chaque côté de la chaudière , et une seconde fois au dessus d’un diaphragme qui le sépare de la surface de la liqueur, avant d’enfler la cheminée, de manière que toute la chaleur est employée à l’évaporation. Pour la description de ce fourneau, voyez lp n°. 3i des Annales des Arts et Manufactures du cit. O’reilly/
- FOYER , s. m. du lat .focarium, formé de focus : âtre, lieu où se fait le feu.
- ( Géom. ) Ce mot s’emploie principalement en parlant des sections coniques. On dit : le foyer de l<*
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- parabole, les foyer de l’ellipse , les foyers de Vhyperbole. Voyez CONIQUE.
- On a appelé ces points foyers,
- f»ar la propriété qu’ils ont de réunir es rayons qui viennent frapper la courbe suivant certaines directions. Voyez ELLIPSE, HYPERBOLE, PARABOLE.
- Les points qu’on appelle aujourd’hui foyers , s’appeloient autrefois ombilics ou nombrils , parce qu’on peut les regarder comme les points les plus remarquables qui se rapportent à la courbe, et qu’on peut même déterminer l’équation de la courbe par des rayons tirés à ces points.
- ( Optique ) On appelle foyer le point où se réunissent les rayons de lumière, réllechis par un miroir concave , ou rompus et réfractés par un verre convexe, un objectif de lunette, etc.
- Dans un miroir concave, ce point est éloigné du miroir d’une distance à peu près égale au quart du diamètre de la concavité.
- Le foyer d’un verre convexe de courbures égales de l’un et de l’autre côté , est, à-peu-près, à l’extrémité du rayon de sa convexité. Sur les propriétés des différentes espèces de foyers, Voy la diop-irique de Descartes et celle d’Bui-gbens.
- ( Méd. ) Le foyer d’une maladie, focus morbi, est la partie qui en est le siège principal, et d’où elle répand au loin ses funestes influences.
- FRACTION, s. f. du lat. fractio, formé àefrangere, rompre, briser.
- ( Arith. Alg ) Partie d’un tout. Unité fractionnaire ; c’est une partie de l’unité principale, supposée partagée en plusieurs parties égales ; et nombre fractionnaire , la collection de plusieurs de ces parties.
- Pour exprimer une fraction, on emploie deux nombres : l’un qui marque en combien de parties égales l’unité principale est divisée , et qu’on appelle dénominateur ; l’autre qui marque combien on prend de ces parties, et qu’on appelle numérateur.
- Une fraction est concrète ou
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- abstraite, selon que l’unité principale est concrète ou abstraite. V. CONCRET, ABSTRAIT.
- Fractions de fraction ; de même que les fractions ordinaires se forment de parties de l’unité principale , si l’on conçoit une fraction partagée en plusieurs parties égales, le nombre qui exprimera une ou plusieurs de cespartiesj, sera une fraction de nouvelle espèce, qu’on appelle fraction de fraction. Fractions littérales ou algébri-
- ?'ues ; ces fractions sont comme es fractions numériques, les quo-tiens des numérateurs divisés par les dénominateurs.
- Fractions continues ; c’est au lord Brounker qu’est due l’invention de cette espèce de séries. Il donna par ce moyen une valeur approchée du rapport de la circonférence du cercle au rayon.
- Huyghens a perfectionné cetts théorie, qu’il vouloit appliquer à la mécanique pratiqne. MM. Euler et de la Grange s’en sont occupés depuis avec succès, et le dernier l’a très-heureusement employée, soit aux méthodes d’approximation pour les équations déterminées , soit aux problèmes indéterminés. M. Waring-s’en est aussi servi pour le même objet. V. les Additions à la traduction française des Elé-inens d’Algèbre de M, Euler, par M. de la Grange.
- , Fraction rafionelle ; c’est le nom que l’on donne à des fractions algébriques qui ne renferment point de radicaux. M. Euler , dans son Analyse des Infinis, et dans son Calcul intégral, ne laisse rien à désirer sur tout ce qui est relatif au calcul des fractions ration-
- "^FRACTURE, s. f. du lat. fractura , de frangere, rompre, briser.
- (Chirurgie) Solution-de .continuité ou ciivision faite subitement dans les os , ou les cartilages durs , par la violence de quelque causa externe.
- Les fractures sont transversales, obliques ou longitudinales ; elles sont simples, composées ou compliquées ; complètes ou incomplètes. V. le Manuel du jeum chirurgien.
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- FRAGILITE, 3. f. du latin fragi-htas, fait de frango , rompre, briser : disposition à être facilement cassé.
- ( Physique ) On appelle fragiles les corps cfant les parties se séparent facilement les unes des autres par le choc ; mais ou ne connoît pas plus les causes de la fragilité de certains, corps, qu’on ne connoît celles de la dureté, de la fluidité, de la mollesse et de l’élasticité de certains autres.
- FRAI, s. f. de frayer, du latin frico, frotter : action de frayer. ”
- ( Hist. nat. ) Ce mot se dit de l’action propre aux poissons pour la multiplication de leur espèce. L’opinion la plus commune , touchant la génération des poissons, est qu’à une certaine époque, appelée le tems du frai, les femelles déposent, leurs oeufs dans différens lieux. les mâles Tiennent ensuite répandre sur lés cenls une liqueur appelée laite. La chaleur du soleil fait éclore ces œufs, et les petits poissons eu sortent après avoir rompu leur enveloppe. Ces œufs sont ordinairement très-petits , mais si nombreux, qu’on en a compté 542,144 dans une carpe de quatre décimètres. Cette prodigieuse fécondité, empêche la destruction entière des poissons , qui , dans leurs différens états et dans leurs différens âges, sont exposés à une foule d’accidens.
- ( Monnaie) Frai se dit encore , en parlant de la diminution de poids , que le toucher successif et le tems apportent à la monn-je. Monnaie frayée, moneta fricùta.
- FRAICHEUR , s. f. ou FRAIS, s. m. et adj. du lat. friscum, fait de frigeo3 avoir froid.
- (Marine) Vent frais; c’est un vent réglé et pas trop fort.
- Petit frais; diminutif de vent frais.
- Bon frais exprime un vent un peu plus fort que le vent frais.
- Grand frais ; c’est un vent réglé et trjès-fort.
- ( Peinture ) Fraîcheur^ frais ; ces mois expriment une qual-té toujours relative au ton général d’un ouvrage 3e peinture.
- Le mérite d’un ton frais consiste,
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- dans la peinture à l'huile, a user des tons et des teintes les’plus précis par le rapport et l’opposition qu’il doit y avoir entre eux ; à les composer du ouvris de couleurs possibles ; à les choisir tels qu’il atteignent l’éclat de laplus vire lumière, Sans être ni fades ni blancs , sans rien perdre de la couleur locale ; il consiste enfin à poser ch ique ton avec légèreté, et à le savoir fondre "avec celui qui le touche, sans rien altérer de sa fraîcheur.
- Voici quelques exemples pris dans les grands maîtres : les Bassans. quoique très-grands coloristes, sont rarement frais ; Eottenhamer, Verff, Rubens même sont crus ; Jordaens, Lafosse , sont dorés; les tableaux de Claude Gelée, de Velde, de Backui-son , sont frais: les tableaux du Titien sont purs ; les beaux portraits, de van-Dick et de Rembrandt ont cette qualité au plus sublime degré ; ils sont brillans.
- FRAIS ( de justice ), s. m. du lat. barbare fredurn qui se trouve dans la loi des Lombards et, dans celle des Frisons, pour l’amende qu’on payoit à l'Empereur , au roi, aux comtes et autres seigneurs , lorsqu’on avott rompu, violé la paix , par cette sorte de peti'e guerre, app el é e p races ; de fredum on forma le mot freds, que l’on écrit maintenant frais.
- ( Pratique ) Dépenses que l’on est obligé de faire pour parvenir à quelque chose ; dans la pratique , on le dit de la dépense et du coût d’un procès. Il y a des frais qui entrent en taxe, et d’autres qui n’y entrent pas. Les premiers sont communément appelés dépens.'Les frais qui n’entrent point en taxe, ou les faux-frais , sont certaines dépenses qu’on est obligé de frire , sans cependant qu’elles puissent être portées dans la déclaration de dépens.
- FRAISE , s- f. de l’italien fregio, ornement.
- ( Costume) Fspèoe de collet qui avoit plusieurs doubles et plusieurs plis, et qui lournoit autour du cou.
- ( yîrt milit. ) Fraises se dit aussi de pièces de bois longues de six à sept pieds dont on enlbnce à-peu-près le tiers ou la moitié clans la
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- muraille des places de guerre, uii peu au - dessous du cordon ; elles sont destinées à empêcher l’escalade et les désertions de la garnison.
- Bataillon fraisé , c’est un bataillon qui présente la pique ou la baïonnette.
- FRANC, s. m. du latin francus, nom d’un peuple libre de la Germanie inférieure : libre.
- ( Ihsl, dJOrient ) Nom que les Turcs et les Levantins donnent aux Européens occidentaux , et dont on se sert même parmi nous en parlant des affaires du Levant.
- ( Monnaie ) Franc se disoit aussi d’une monnaie de compte que l’on confondait quelquefois dans le langage avec la livre tournois.
- .Dans le nouveau système monétaire , le franc a une autre accep-tion : il désigne une valeur d’un peu plus de oo grains d’argent fin.
- Il se divise eu 100 centimes, chaque centime valant 2 den. 45 centièmes de-denier tournois.
- Il y a aussi des francs d’argent , monnaie réelle ; des pièces d’or de 20 francs, de io francs.
- ( A gric. ) On appe’le terre franche, celle qui a toutes les qualités requises pouf la végétation des plantes.
- ( Jardin, ) Arbre franc ; c’est celui qui produit du fruit-doux sans avoir été greffé, comme le noisetier franc. Il est opposé à sauvageon.
- Franc sur franc ( greffer ) ; c’est greffer un arbre sur un sauvageon de même espèce ou sur un sauvageon du même genre, mais d’une espèce différente ; par exemple, un poirier sur un poirier sauvage , ou un pommier sur un sauvageon de pommier.
- ( Peinture ) Franc ou franchise ; ces mots expriment communément lui mérite de mécanisme de la peinture, mécanisme qui consiste dans la touche, soit que l’artiste use de ses couleurs ou de ses crayons, :
- La franchise du pinceau suppose toujours la netteté, la légèreté ; mais elle doit être le fruit du savoir de l’artiste, et du vif sentiment de la forme?qu’il exprime.
- La franchise de la touche se confond souvent avec la netteté sans
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- justesse , avec la dureté et souvent même avec la sécheresse, qu’une main conduite par l’ignorance et Pau duce, ose mettre dans sa touche. Cett'e assurance de main, qui A est qu’un métier, peut tromper même l’homme instruit dans le premier moment qu’il regarde Un ouvrage.
- On peut encore appliquer ce mot au coloris et à l’effet , quand le ton a été choisi avec justesse sous ce double rapport, et*posé sans être fondu ni sali. On dit alors , telle partie est d’un ton bien franc, d’une couleur bien franche. Rubens étoit très-fa :ic de teintes, etc.
- FREGATE, s. f. de l’italien [régala , dont les Espagnols ont fait fras a ta, les Anglais fri gâte , et les Turcs fargata.
- ( Marine ) On appeloit ainsi dans la Méditerranée de longs bâti— mens à voile et à rames, dont le bord, beaucoup plus haut que celui des galères, avait des ouvertures comme des sabords pour passer les rames. Mars l’embarras du pont et des œuvres mortes qui rendoient ces frégates pesantes à la voile et à la rame, en a peu à peu fait négliger la construction. Les Anglais ont été les premiers qui ont appelè frégates, sur l’Océan , des bâtiniens longs armés eu guerre , ayant un pont beaucoup plus bas que celui des galions et des navires ordinaires. Ainsi, peu à peu , parmi les autres nations, on a nommé frégate uu vaisseau de guerre peu chargé de bois, et léger à la voile.
- Dans l’état actuel de la marine , une frégate est un navire de guerre gréé de même que les vaisseaux de ligne, qui leur ressemble en tout dans ses manœuvres , et qui ne dif- ’ fère d’eux qu’en ce qu’il est plus. | petit, et qu’il n’a qu’une batterie de long en long.
- I, es frégates ont le plus souvent, depuis 56 jusqu’à 4o canons, dont les calibres sont de 12 et de 18, pour ceux en batterie, et de 6 ou de 8 sur les gaillards.
- On a construit dans ce s derniers teins , en France, à’excellent es frégates portant du a4 en batterie.
- Les bâtimens de guerre à 20 canons et au-dessous, ne sont plus des frégates, mais des CORVETTES
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- { V. ce mot ). Les frégates ne peuvent pas se battre en ligne dans une escadre ; mais elles y sont très-utiles pour aller à la découverte, pour donner la chasse, pour donner des avis, pour donner des secours et protéger les vaisseaux désemparés.
- De frégate on a fait frégate pour désigner un Vaisseau de guerre ou autre dont la construction se rapporte à celle des frégates, par la finesse de ses fonds, la hauteur de ses façons, une plus grande longueur, beaucoup de rentrée, et un accastillage ras, qualités qui peuvent rendre ün vaisseau plus propre à la marche et bon boulinier , mais qui nuisent aux capacités de la cale , aux logemens, à la stabilité et à la durée du bâtiment
- FREIN, s. m. du latin frenum , mors,
- ( Manège ) La partie de la bride qu’on met dans la bouche du cheval pour le gouverner.
- ( Physiologie ) Frein est aussi le nom d’un ligament membraneux qui bride , qui retient une partie : le frein de la langue , 1 e, frein du prépuce , le frein de la verge. Voy. FILET,
- FRÉNÉSIE , s. f. du grec ippivxcrtç {phrénêsis ), délire, fureur violente, de <j>p»v f phrén), génit. sppsvoc esprit.
- ( Méd. ) Inflammation des méninges, qui cause une fièvre aiguë et un trouble dans l'esprit. On entend
- f>ar frénésie tin délire continuel et ùrieux, accompagné de fièvre aiguë, d’insomhie, et d’inflammation du (cerveau et de ses membres.
- FRESQUE, s.f. de Uitalien fresca-, on écrivait anciennement frais que , du mot frais , qui exprime la même idée que l’italien fresca.
- ( Peinture ) La peinture h. fresque est un genre qui s’exécute ordinairement sur un enduit encore frais t!e chaux et de sable combinés.
- De toutes les manières de peindre, la fresque est la plus ancienne, la plus durable, la plus prompte , la plus digne d’orner les grands édifices.
- Les murs du temple des Dios-r ctires ( Castor etPollux ), à Athènes, nvoient été peints à fresque, par Folygnote et par Dioguète, pendant
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- la guerre dn Péloponnèse. Pansanias remarque que ces peiutures s’étoieut bien conservées jusqu’à son tems, c’est-à-dire, près de six cents ans après Polygnote.
- Il paroit que les fragmens de peintures antiques qui nous viennent des Romains sont tous à fresque.
- Les figures colossales peintes dans les palais et dans les temples 'd’Égypte , sur des murs de quatre-vingt pieds de hauteur, paroissent encore avoir été peintes à fresque.
- La peinture à fresque , parmi les modernes, est ün genre inventé par les Italiens. Les murs destinés à être ornés dans ce genre , doivent être secs et préparés à recevoir la peinture h fresque par des opérations préalables. La première est une crê-pissure ou enduit de chaux, de tuiles pilées, et de sable de rivière. Les grains de sable laissent sur cette surface assez d’aspérités pour tenir le second enduit qu’on n’appliqne que quand le premier est assez sec. Voy. ENDUIT.
- Comme tout dépend de la célérité que le peintre mettra dans l’exécution , il faut qu’il fasse d’avance tous ses préparatifs. Ses dessins doivent être tracés sur des'cartops assez épais pour résister à l’humidité et à l’effort d’une pointe avec laquelle on calque assez profondément sur l’enduit. II doit aussi avoir de grands godets où tontes ses teintes se trouvent préparées d’avance et en assez grande quantité.
- Tel est à.-peu-près l’aperçu de l’opération. Il n’est pas aussi facile de décrire la sublimité et la magie de l’effet.
- La peinture à fresque, large et fière dans ses dessins , fraîche et brillante en couleurs , hardie en effets, piquante de tons , paroît avoir été créée pour célébrer l’héroïsme et les vertns, et émouvoir les âmes sensibles.
- Malheur an peintre vulgaire qui entreprend ce genre de travail ! Les grâces de la peinture à l’huile ne s’accordent point avec le sublime, qui règne dans la peinture k fres/jue. Ses teintes fondues et ses touches délicates disparoissent à vue d’œil sur l’enduit avide qui dévore : nul
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- moyen pour revenir ^ il faut qu’à mesure que le génie compose , ses brillantes conceptions soient fixées sur le mur aussi promptement que la pensée ; une fois tracées elles resteront à jamais comme monument de sa gloire ou de son impéritie.
- La peinture à fresque exige un talent supérieur. Raphaël s’est plus immortalisé dans ce genre que par ses tableaux à l’huile. Michel Ange et Jules Romain la préférèrent comme le genre le plus difficile et le plus propre à soutenir leur réputation.
- Quand il fut question de peindre dans la chapelle Sextine , le frère Stbasliano, peintre vénitien, conseilla au pape de forcer Michel Auge à le faire à l’huile ; et le mur fut préparé à cet effet. Le grand homme arrive et fait dégrader cet apprêt, disant fièrement « que la peinture à l’huile n’étoit bonne que pour les dames , les personnes lentes et qui se piquent d’adresse , comme le frère Sebastiano » 5 et l’ouvi’age fut fait à fresque.
- Aussi, est-ce par l’éclat, la fraîcheur et la force que la peinture à fresque a donnés aux ouvrages de ces grands maîtres , qu’ils ont atteint la hauteur du grand art de peindre. Leurs attitudes sont fières , leurs formes savantes, bien senties et propres à chaque caractère ; leurs mains ne s’occupoient qu’à exprimer , le métier ne s’y apercevoit jamais.
- Ce genre exige un caractère vif et une conceptiou prompte. L’éloignement des objets force l’artiste à une exagération savante qui doit paroitre cependant comme renfermée dans les bornes du vrai. Tl faut qu’il étonne le spectateur , et que le sentiment du plaisir soit mêlé à la surprise.
- FRET, s. m, de l’allemand fret-ten, charger , d’où les anglais ont fait freight.
- ( Commerce maritime) Le prix des transports par mer des marchandises d’un lieu à un autre. Ce qu’on appelle fret sur l’Océan se nomme nolis sur la Méditerranée.
- Le marchand qui prend le navire a louage , moyennant un fret de tant, est appelé fréteur ou ajfrê-
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- teur. Lorsqu’on navire est frété en entier, on passe ordinairement une convention authentique qui contient toutes les conditions faites entre les propriétaires du vaisseau et le marchand fréteur-, cet acte ou contrat se nomme charte-partie. Mais lorsqu’un vaisseau n’est frété qu’en partie , on se contente d’une reconnois-sance sous signature privée , appelée C0NN01SSEMENT-. V. ce mot.
- FRIABLE, adj. du lat friabilis , formé de frio , réduire en poudre: qui peut être réduit en poudre.
- ( Physique, Chimie) Epithète que l’on donne aux corps tendres qui se divisent ou qui se réduisent aisément en poudre entre les doigts3 ce qui vient sans doute de ce que la cohésion qu’ont leurs parties entrielles, est si petite , qu’elle ne s’oppose que très-foi b! ement à leur désunion : tel est le sucre , le plâtre , les os calcinés , etc.
- FRICHE , s. f. du lat. friscum.
- ( Agric. ) Terres en friche ; expression adverbiale , pour des terres qu’on a laissées quelque tems sans les cultiver.
- FRICTION , s. f. du lat. frictio , formé de frico, frotter : l’action de frotter le corps ou quelques-unes de ses parties.
- ( Méd. ) Tl y a deux sortes de frictions ; de sèches et d’humides. Les sèches se font avec les mains ou avec des linges ou des morceaux d’étoffe chauds. C’est une partie de la gymnastique , dont les anciens faisoient beaucoup de cas, non - seulement pour la conservation de la santé , mais aussi pour la cure des maladies, pour ouvrir les pores de la peau , faciliter la transpiratio'n , accélérer le mouvement, du sang , et dissiper les humeurs ralenties à l’habitude du corps. Les frictions humides se font avec des huiles, des linimens , des onguents, pour le soulagement ou la guérison de quelque maladie ; telles sont les frictions qu’on fait avec l’onguent mercuriel, pour guérir les maladies vénériennes.
- {Pharmacie galénique, chimique) Friction se dit aussi d’une espèce de coction ou d’assation des médica-mens qu’on fait frire seuls ou avec addition de quelque liqueur que-
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- tueuse, comme huile, graisse , onguent, pour en consumer i'humidité' superflue; quais danscë cas, friction rient du vAb e fri gere , frire, fri-casser.
- FRIGORIFIQUE , adj. du Int.
- fiigus y froid, et de facio , faire : qui cause ie froid*
- (FÂyszçwe) Quelques philosophes, principalement Gassendi nient que le froid soit une simple privation ou absence du feu ; ils soutiennent qu’il y a des parties frigorifiques réelles aussi bien que des parties ignées; et seîou etix, c’est de ces parties que Tiennent le froid et le chaud.
- FRIMAIRE , s. m. de frimais.
- ( (Jhroncl. ) Troisième mois de l’année de la République française» Ce mois qui a 3o jours, comme les onze autres, commence le 2t novembre , et finit le 20 décembre,-mais dans l’année qui suit immédiatement l’année sextile , ce mois frimaire commence le 22 novembre , et huit le 2.1 décembre, parce que l’année sexnle a six jours complémentaires , ce qui retarde d’un jour ie commencement de l’année suivait e. Ce nom lui a été donné à cause des frimats qui ont communément lieu dans ce mois.
- FRISE , s. f. de 1 ’iitalien freggia, fait du laï.fregium.
- ( Jrchit. ) Plate-bande entre la corniche et l’architrave d’un ordre d’architecture : elle représente la maçonnerie qui étoit sur les portraits des anciens édifices.
- Lu frise toscane est toute unie sans aucune moulure.
- La frise dorique se distingue par iés triglyphes et les métopes.
- La jiise ïonique est le plus souvent aussi unie que la toscane ; quelquefois elle est ornée de bas-reliefs.
- La frise composite naît par un
- doucissement du bord du listel qui couronne l’architrave. Sa partie supérieure se termine comme la corinthienne.
- Frise se dit aussi d’une \>eûle fasce qui fait partie des Corniches des piédestaux corinthien et composite-, et des.impostes des mêmes ordres.
- {.Jri milit. ) Frise. V. CHEVAL
- be frise.
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- FRISSON , s. m. du l&i. f régi fi# f formé de fri gus , froid.
- ( Méd. ) Ou définit le frisson ua froid subit et violent ; ou comme dit Galien, un refroidissement douloureux de la chaleur naturelle, accompagné d’une secousse et d’une agitation inégale de tout le corps.
- FRISSONNEMENT ,s.m. dimio. de frisson.
- ( Méd. ) Maladie qui consiste dam un mouvement inégal, ou uue concussion générale de la peau, ainsi que le frisson dans une agitation inégale de iout le corps ; mais ces deux affections sont, distinguées, en ce que le frissonnement est un mouvement léger , et le frisson est un mouvement grand et violent.
- FRITTE, s. f. du \ai. frigere.
- ( Métall. ) On appelle ainsi dans les verreries et dans les manufactures de porcelaine , les substances terreuses mélangées avec îles substances salines, qui sont destinées à former le verre , et auxquelles on a fait éprouver un commencement de fusion , pour les priver des matières étrangères qu’elles contiennent , et pour bien opérer la combinaison.
- FROID , s. m. contraction de froidure, formé du latin barbare fridor, pour frigus : qualité opposée au chaud.
- ( Physique} Les physiciens modernes définissent ie froid , une diminution de chaleur plus ou moins grande, d’où l’on voit qu’ils regardent le froid comme une qualité négative. Le froid n’est en effet qu’une-moindre chaleur ; car il n’y a point de corps qui en soient totalement privés, et les corps ne sout froids que relativement à d’autres corps plus chauds qu’eux , auxquels on 1er, compare. V. le Diction, de Physique de Rrisson.
- Froid artificiel; on appelle froid artificiel, relui’ que les hommes occasionnent par différens moyens» Ces moyens sont de deux espèces: x.° 1/application d’un corps moins chaud à un corps plus chaud , qu’on veut refroidir ; 2.0 le mélange intime de différentes substances, soit solides , soit fluides.
- Le premier de ces moyens est le plus simple et le plus en usage1
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- Puisque la chaleur tend, autant du’eite peut , à se répandre uniformément ; le corps le plus chaud doit se réirpidir , eu communiquant une partie de sa chaleur au corps moi U», chaud. C’est ainsi que pour rafraîchir de l’eau, du vin, ou d’auties liquehrs, on les met dans de l’eau bien froide, ou dans de la glace ou de la neige.
- A l’égard du froid qui résulte des differens mélanges , il est occasionné par la pénétration mutuelle des substances que l’on mêle dans les pores l’une de, l’autre ; laquelle pénétration chasse pour un teins une portion de la matière de feu qui résidoit dans ces pores: d’où résulte une moindre chaleur ou du froid. Par exemple , les chimistes ayant reconnu que tous les sels solubles produisoient du froid en sè dissolvant , ils ont tr: uvé les moyens d’abaisser à volonté la température d’un corps quelconque , en le plongeant dans' un vase où s’opère une dissolution saline , et depuis quelques aimées, ils sont parvenus à produire la congélation des substances qui ré-sistoient au plus grand froid naturel.
- ( Peinture) Un ouvrage de l’art peut être froid de dessin, de couleur, de touche, décomposition, d’expression.
- Le dessin est froid, quand les ligues n’en sont pas variées.
- La couleur est f oiâe, quand elle est foible et peu appelante.
- La touche est froide, quand elle elfe est timide et peu prononcée.
- La composition est froide, quand elle manque de mouvement.
- L’expression est froide, quand les figures ne semblent animées par aucune affection intérieure.
- FRONDE, s. £ du lat. funda ; il n’y a pas plus de deux siècles u’on. disoit encore fonde : . tissu e cordes avec quoi lion jette des pierres.
- .{Art milit.} L’usage delà froni\e n’est pas aussi ancien que celui de l’are et de la fléché. Job est le seul écrivain des terris reculés, où il en soit parlé. Pline croit que l'invention en étoil due aux Phéniciens.
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- Les liphitans des îles Baléares , aujourd’hui Majorque et üliuoique, ont été très-fameux chez les anciens , par leur habileté à se servir de'cette arme-
- Parmi les Grecs , les Acnrna-niens passoient pour d’exceilens frondeurs ; cependant les Athéens les surpassaient, selon Tite-Live.
- I.es Romains, dès le teins de Servius-Tuliius, avoiqut des frondeurs dans leurs armées. Dan,s la suite , ils employèrent beaucoup les hubitaus des îles Baléares.
- Us se servoient de la fronde en trois occasions : aux escarmouches qui précédoient les batailles; pour écarter les ennemis de dessus les murailles, tandis qu’on avançait les travaux, ou qu’on se disposoit à donner l’assaut ; et sur les murailles pour répondre aux frondeurs et aux archers des assiégeais , et pour incommoder les travailleurs.
- Los Français ont aussi fait usage de la fronde dans leurs armées 5 ils ont même continué de s’eu servir long-tems après l’invention de la poudre. Outre les frondes dont on se servoit pour jeter des pierres avec la main , on usoifc sous la seconde' race d’une autre sorte de fronde , attachée au bout d’une espèce de levier, que laisoit jouer une machine avec laquelle on jetoit une grande quantité de pierres , soit du camp sur les murailles , soit des murailles dans le camp.
- Enfin , cette arme qui n’est plus en usage chez les peuples de !’ Europe, a été après l’arc et la flèche une des premières armes dont l’homme se soit servi , et une de celles qui ont été généralement connues de toutes les nations.
- ( Chirurgie ) Fronde est aussi la nom d’un bandage à quatre chefs, ainsi appelé parce qu’il représente une fronde. On l’emploie sur différentes parties du corpL comme à la tète , au nez, aux lèvres , au menton, au genou et ailleurs.
- FRONT, s. m. du lat. fnens.
- (Anat.) La partie antérieure d« la tête , qui est située au-dessus des yeux , qui est nue et sans
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- veux, et qui s’étend jusqu’aux tempes.
- ( Art mîlit. ) Front d’un bataillon ; c’est le premier rang ou chef de file. Ce bataillon est à soixante hoThmes de front, et à six de hauteur; celui qui a le front égal à la hauteur, forme un quarré. Voilà un bataillon qui fait front de tous cotés.
- Front de bandière; c’est la ligne d’un camp sur laquelle sont placés les drapeaux et les étendards des troupes, et qui détermine la longueur de la face ou du front du camp.
- ( Archit. mîlit. ) Front, en terme de fortification, est l’espace com-
- Îiris entre deux bastions voisins ’un de l’autre.
- ( Marine) Aller de front ; c’est en parlant d’une escadre ou armée navale , marcher ,/ tous les vaisseaux étant' en ligne , et par le travers les uns des autres.
- Ligne de front ; c’est l’ordre de marche dans lequel les vaisseaux marchent ensemble en ligne
- i)onr faire route, par le travers es vns des autres. Dans cette situation , ils sont ordinairement vent arrière ou vent largue , et sur la perpendiculaire du vent , les uns par rapport aux autres. Cet ordre n’ëst pas convenable à une armée, parce qu’il occupe trop de terrain ; c’est ce qu’on appelle aussi quelquefois front de bandière.
- FRONTAL , adj. du lat. fron-talis, de frons, front : ce qui a du rapport au front.
- ( Physiol. ) U artère frontale est située aux parties latérales du front. V. TEMPORAL.
- que ou remède extérieur qu’oa applique sur le front.
- FRONTEAU, s. m. de frons, front.
- ( Artillerie ) Fronteau de mire; c’est une espèce de petite planche ou taillé de bois que l’on taille suivant la courbure de la volée de la pièce , en sorte qu’elle puisse se poser au bout, et que sa hauteur réponde à celle de la culasse , c’est-à-dire, que la ligne qui passe par la partie supérieure de 1a culasse , et par celle du fronteau de mire, se trouve parallèle à l’ame de la pièce. Au moyen de cet instrument, on aligne ou l’on pointe le canon de la même manière que si le métal étoit également épais partout.
- ( Archit. ) Fronteau se dit aussi d’un ornement qu’on met quelquefois au-dessus des niches des croisées.
- ( Archit. nav.) Fronteau est aussi Je nom d’une pièce de sculpture, en guise de balustrade, qui termine les extrémités des gaillards d’avant et d’arrière , et de la dunette.
- FRONTIÈRES, s. f. du lat./rora-ta-ia, de frons , front.
- { Topographie ) Les limites, les confins qui séparent les Etats, ap-
- Î'désainsi, parce qu’ils sont comme e front qui fait face à l’ennemi.
- FRONTISPICE, s. m. du latin fiontispicium, pourfrontis.hominis itispeciio , selon Pucange.
- ( Archit. ) Principale face d’un édifice considérable! Il est péu d’usage aujourd’hui..
- ( Bibliogr. ) Il se dit aussi de la
- firemicre page qui est à la tête d’un ivre.
- Les muscles frontaux sont deux plans charnus , situés immédiatement après la peau, et la membrane adipeuse sur les parties extérieures du front.
- Le nerf frontal est le rameau supérieur de la branche ophtalmique de la cinquième paire.
- La -veine frontaley répond à l’artère du même nom.
- ( Anal. ) L’os frontal Fej. C0-RONAL.
- {Mat. méd.) Frontal est aussi le nom qu’on donne h un tupi-
- FRONTON, s. m. de frons, front.
- ( Archit. ) Partie d’architecture en saillie, déformé triangulaire ou circulaire pour terminer un avant corps , un pavillon , etc.
- Les frontons représentent les bouts d’un pignon , d’un toit.
- FROTTEMENT, s. m. du latin fricare , frotter , dont les Italiens ont fait f regare.
- ( Mêcan.) Collision de deux choses qui se frottent, ou passage d’une surlace d’un corps sur celle d’trn autre corps*
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- Il y a deux espèces de frottement : lorsque les corps glissent l'un sur l’autre , le frottement se nomme celui de la première espèce; lorsque l’un roule sur l’autre, le frottement se nomme celui de la seconde espèce.
- Voici ce quel’expérience prouve de certain relativement aux foite-mens :
- i.° Le frottejnent de la première espèce cause une résistance beaucoup plus grande que celle que cause le frottement de la seconde espèce.
- 2.0 La résistance des frottemens augmente par l’augmentation des surfaces frottantes ;
- 5.° La résistance des frottemens augmente par l’augmentation de la pression ;
- 4.° A proportions égales, la résistance des frottemens augmente beaucoup plus par l’augmentation de la pression,que par l’augmentation des surfaces frottantes.
- Il est très-difficile, et peut-être même impossible,de déterminer au juste la valeur des frottemens et d’en connoître les lois,, parce que cette valeur dépend toujours de l’état actuel des surfaces frottantes, lequel n’est jamais assez connu. Le moyen le plus simple , et le moins sujet à équivoque est de se servir du plan incliné, auquel on donne une inclinaison telle quele frottement du plan et la pesanteur du corps soient précisément en équilibre. L’inclinaison du plan fait connoîtrela force qui seroit nécessaire pour retenir ce corps sur un plan parfaitement poli qui n’occasionneroit aucun frottement. De cette façon, le frottement qui tient lieu de cette force, seroit connu sans équivoque. Cette méthode a été suivie par quelques mécaniciens, mais il ne paroit pas qu’on en ait tiré un grand parti.
- FRUCTIDOR , s. m. du latin fructus, fruit.
- ( Chronol. ) Douzième mois de l’année de la République française. Ce mois qui a trente jours, comme les onze autres, commence le 18 août et finit le 16 septembre. On lui a donné le nom de fructidor, parce que, dans ce mois, on recueille beaucoup de fruits.
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- FRUCTIFERE, adj. composé du. latih fructus, fruit, et de fera, porter : qui porte des fruits.
- ( Botan. ) Il se dit de toutes le* plautes qui portent, qui produisent ou qui peuvent produire, des fruits. Les plantes à fleurs mâles ne peuvent être fructifères. FRUCTIFICATION, s. f. du laf.
- fruclijicalio, formé de fructus, lr ui t, et de ago, agir, faire : l’acte de produire des fruits.
- (Botan.) Tems auquel une plante perfectionne son fruit.
- Parties de la fructification ; ce sont les parties constituantes de la fleur et du fruit.
- De la fleur : le calice, la corolle, l’étamine, et le pistil.
- Du fruit : le péricarpe, et la graine.
- FRUCTIFORME, adj. du latin fructus, fruit, et déforma, forme: qui a la forme ou l’apparence d’un fruit.
- ( Botan. ) Le pédoncule de Va-cajou, le disque fructifère du quas-si , l’enveloppe hérissée du châtaignier , le réceptacle commun des graines du. fraisier , etc., sont f/actif or me s.
- FRUGAL, adj. ce mot pourroit venir de frux , frugis, fruit : production de la terre.
- ( Méd. présery. ) Qui se contente de peu pour sa nourriture, qui vit des productions de la terre , qui sont la plus simple, la plus saine, et la plus ancienne nourriture de l’homme.
- FRUGIVORE, adj. du lut.frux , frugis, production de la terre, végétaux , et de voro, dévorer, manger : celui qui se nourrit de végétaux. Les animaux frugivores.
- FRUIT, s. m. du lat, fructus , dérivé de frux , frugis.
- ( Botan. ) Le fruit d’une plante n’est que son ovaire, qui, par la fécondation et son accroissement, a plus ou moins changé de volume , de forme et dénaturé.
- Tout friuL parfait est essentiellement compose de deux parties principales v savoir : le péricarpe et la graine.
- La maturité du fruit est essentiellement indiquée par celle de la
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- graine , et celle de la graine par la
- parfaite formation de l’embryon.
- Limiæus a établi huit espèces de fruits ; mais il y a une infinité de fruits qui ne peuvent être rapportés à aucune des espèeesétablies par cet habile naturaliste. Plusieurs botanistes en ont augmenté le nombre; d’autres se sont occupés de refaire les définitions des différons fruits mais la plupart ont échoué dans ce double travail. Gœrtner lui - même , tout en préparant la voie à d’utiles améliorations, n’a pas été heureux dans l’établissement et les définitions des espèces primaires et secondaires de fruit qu’il a proposées.
- ( Jardin. ) Mettre à fruit ; c’est, en termes de jardinage, seconder la nature , hn taillant l’arbre le moins possible, et évitant cependant la confusion.
- ( Pratique) On appelle fruits, au palais , les émolumeus qui naissent et renaissent du citrps d’une chose, comme les fruits de la terre.
- Cenio-m a encore été donné à certains émolumeus qui ne proviennent pas de la chose meme , mais qui sont dm à cause de la chosê; tels que les loyers des maisons, les arrérages de rente. lie-là la distinction entre les fruits naturels et \es fruits civils.
- FRUMENTACÉ, ÉE, adj. du lat. frumentaceüs, formé de fu-menium , froment.
- ( Botan. ) Quelques botanistes ilounent cette 'épithète aux plantes qui ont quelque analogie avec le froment , par leurs fruits, leurs feuilles , leurs . épis ou autres parties.
- FRTTSTRATOIRE, ad), du latin frush aiorius , dérivé de f ustror : frustrer, tromper, abuser.’
- ( Pratique ) Il se dit d’un acte ou d’une procédure qui tend à surprendre quelqu’un , à lui faire perdre son dû, à éluder un jugement.
- FRUTICULEUX, adj. diminut. de frutiqueux, du latin f ulicosus, fait de fftilex, arbrisseau.
- (Botan.) Qui est petit et ligneux, et forme par conséquent un très-petit arbrisseau.
- FRUfIQUEUX, adj. da lat./ru-ticosus, fait defrulex, arbrisseau.
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- ( Botan. ) Qui est ligneux et assez grand pour mériter le nom d’ari-brisseau ; ainsi1, plante à ige fuli-queuse, est synonyme d arbrisseau.
- FUGACE, adj. du lat. fugax , furacis , passager , qui dure peu.
- FUGUE, s. f. du lat.fu.a, fuite.
- (Musique) Pièce ou morceau de musique où l’on traite , selon certaines règles d’harmonie ou de modulation, un chant appelé sujet, en le faisant passer successivement et alternativement d’une partie à une autre. Elle est ainsi appelée,- parce” que les parties, partant ainsi successivement, semblent se fuir, et se poursuivre l une l’autre.
- U y a plusieurs espèces de fugues , comme les fugues perpétuelles, appelées canons ; les doubles fugues; les contre fugues ou fugues renversées, dont la réponse se fait par mouvement contraire à celui du sujet.
- FUIR, v. n. du lat. fugere , courir pour se sauver d’un péril.
- ( clarine ) Fuir, en termes de marine, exprime une marche forcée des vaisseaux , et une grande vitesse, comme fuir vent arrière, fuir devant le lents , ce qui n’a lieu que dans un coup de vent.
- ( Peinture ) Fuyant d’un corps, les fu-yans àJun tableau ; ces termes de l’art sont consacrés à lâ partie du c air-obscur. Les personnes peu instruites Femployent souvent pour les mots lointains, dégradations de ton , de teinte, etc.
- La partie fuyante d’un corps est celle qui échappe à l’ceil, qu’il ne voit qu’eu raccourci, avec laquelle enfin les rayons visuels forment un angle très-aigu.
- FUITE, s. f. du lat. fusa : action de fuir.
- ( Pratique) Fuite -signifie; en termes de palais , détour employé par une partie , pour éloigner un jugement. ,
- FULGURATION, s. f. du lat. fulgur, brillant éclat , lueur , éclair , foudre : l’action de faire des éclairs.
- ( Chimie ) Les chimistes et les essayeurs appellent fulguration , l’instant où dans l’opération de
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- la coupellation, la surface" du bouton parfaitement nettoyée j devient tout-à coup nette et extraordinairement brillante , et fait l'éclair.
- FULIGINEUX, SE, adj. du lat. fuliginosus, formé de fuligo , suie: qui est de la nature de la suie. _ _ _
- ( Physique ) Payeurs fuligineuses-, ce sont des vapeurs grossières, qui portent avec elles comme une espèce de crasse et de suie.
- FULLO'MANiE , s f. formé du grec «fiuXÀoy ( phullon ), feuille , et de fxa.hu. [mania), folie : abondance excessive de feuilles.
- ( Botau. ) Sorte de maladie des 'plantes qui consiste dans une mul- i tiplication prodigieuse de feuilles qui nuit à la floraison et à lafruc-tiiication. ,
- FULMINATION , s. f. du lat. fulminâtio, fait de fulmen, foudre, et de ago l’aire : l’action de foudroyer , foudroiemeut.
- ( Droit canon) Fulmination, en termes de droit canon , signifie la sentence d’un évêque , ou autre délégué du pape , par laquelle il ordonne que les bulles seront exécutées. On appelle plus particulièrement fulmination j l’exécution ou la dénomination d’une sentence d’anathème, faite publiquement et avec solennité.
- ( Chimie ) Fulmination , en cbi -mie , est une opération par laquelle le feu fait écarter avec bruit les parties d’un corps.
- La fulmination est l’effet du dégagement de l’hydrogène en gaz hydrogéné , qui a lieu toutes les fois que l’eau est décomposée par un corps combustible.
- Or fulminant ; or dissous dans i’aCide nitro-muriatique , et précipité par l’ammoniaque.
- Si sur une dissolution d’or par l’acide nitro-muriatique, on verse de l’ammoniaque en liqueur, il se dégage , au bout de quelque tems , de petits floçons , qui se colorent en jaune de pins en pins, et qui tombent peu-à-peu au fond du vase. Ce précipité desséché à l’ombre , est ce qu’on appelle or fulminant. En effet, une petite portion de ce précipité, exposée
- ,FCM , a55
- -sur la lame d’un couteau, et chaut / fée sur la flamme d'une bougie1, fulmine comme la poiidre à canon ; -maissarts avoir besoin , comme elle, du contact d’un corps embrasé.
- Poudre fulminante ; on donne ce nom à une composition faite de trois parties de salpêtre bièn purifié et séché sur une pelle chaude , de deux parties de carbonate de potasse et d’une partie de soufre, bien broyées et incorporées ensemble.
- Si lion met une petite quantité de cette poudre , par exemple , un gros dans une cuillèr de fer, sur un feu médiocre , pendant 12 à i5 minut. ; ou verra le mélange, à mesure qu’il s’échauffera, se roussir, ensuiio se noircir par les bords, se liquéfier et fumer un peu. On verra ensuite quelques petites flammes s’élever, et un instant après le mélange s’enflammer , se dissiper subi terrent et totalement, en faisant une détonation égale à celle d’un canon, ce qui lui a fait donner le nom de poudre ful-minan'e.
- ( Minéral. ) Exhalaisons fui-minantes ; en travaillant aux mines / les ouvriers rencontrent «sou-; vent^ des feux et des exhalaisons, dont quelques - unes sont appelées fulminantes , parce qu’elles prennent feu dès qu’on en approche un corps enflammé. Il y a de ces exhalaisons qui sont suspendues en forme de ballon , an haut des voû. tes des houillères , et qui , lorsqu’elles s’ouvrent, étouffent tout ee qui respire dans le voisinage. Pour prévenir un accident aussi funeste , les ouvriers crèvent ces ballons de si loin qu’ils le peuvent , avec un bâton, et font, dès qu’ils sont crevés , un grand feu pour purifier; l’air. Ces accidens arrivent particulièrement dans les mines où les travaux ont été suspendus pendant quelques jours.
- FUMEE, s. f. du lat.fumata, fait d efumus.
- ( Physique•) Tapeur plus ou moins sensible , et plus ou moins épaisse , qui s’élève des corps qui brûlent.
- La fumée est composée des parties les plus grossières qui servent à i’alimtot du le a , dans le eorp4
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- combustible ; savoir : des parties terreuses, oléagineuses , aqueuses et salines , par conséquent elle n’est pas fort différente de la flamme , et peut se convertir en flamme dès qu’on y joint un peu de feu : c’est pour cela qu’on peut faire prendre flamme avec très-peu de feu , à du bois qui fume beaucoup. Voyez POELE FUMIVORE ; PHLOS-COPE.
- ( Vénerie ) Fumée se dit aussi des fientes des bêtes fauves ^ elles sont les indices que les chasseurs consultent, pour connoître la nature du gibier.
- FUMIER , s. m. du lat. barb. fmarium , qu’on a dit pour Jime-tum.
- ( A y rie, ) On entend par ce mot la paille qui a servi de litière aux chevaux , aux bestiaux, et qui est mêlée avec leur fiente , et imbibée de leur urine.
- On confond mal à propos le fumier avec l’engrais. Tout fumier est engrais, mais tout engrais n’est pas fumier.
- On dit qu’un fumier est consommé , lorsqu’il est bien pourri ; en sorte qu’on n’y voit plus aucun vestige de paille. Il ne faut l’employer que quand la fermentation est générale.
- "FUMIGATION, s. f. àefumigo, action de parfumer.
- L’objet des fumigations est de remédier à quelque maladie du corps , ou de corriger un au' impur , et de préserver de la contagion.
- ( Méd. ) On fait recevoir a une personne la vapeur du cinabre ou de quelqu’autre préparation mercurielle, pour résoudre et dissiper les tumeurs, etc.
- Les fumigations qui ont pour objet de purifier l’air , sont faites de substances céphaliques et cardiaques* L’usage est de jeter ces substances en poudre sur des charbons ardens , et d’en recevoir la fumée dans la chambre ou sur les habits. V. MURIATIQUE.
- FUNGUS, s. m. mot lat. qui signifie champignon.
- ( Méd.) Les médecins onF conservé ce mot dans la langue , pour
- FUR
- désigner les excroissances qui vien-nent sur les membranes * sur les tendons , et qui s’élèvent en forme de champignons.
- FUNAMBULES , s. #m. du lat. finambuli , composé de finis , corde , et d’ambulare , promener , marcher : danseurs de corde.
- C Danse ancienne ) C’est le nom qu’on donnoit à Rome à ceux qui dansoient sur la corde. Les Grecs les nommoient SCHENOBATES. V. ce mot.
- Les Grecs eurent des funambules dès l’institution de leurs jeux scéniques , que Thésée établit à Athènes. Us furent introduits àRome sous le consulat de Sulpicins-Pétus et de Licinius-Stolon , dans les jeux! scéniques établis dans l’ile du Tibre. Ensuite Messsala er Cassius les firent paroître sur le théâtre. Il parut un funambule à la représentation de l’Hécyre de de Té-rence , et ce poè’te se plaint de ce que ce spectacle empêcha le peuple de faire attention â sa pièce. Suétone rapporte que dans les jeux floraux , du tems de Galba, on vit des éîéphans funambules. Néron en fit paroître de même dans les jeux qu'à! institua en l’honneur de sa mère Agrippine.
- FUNICULAIRE, adj. du bit. finis corde : composé de cordes. •
- ( Mécan. ) On appelle machine funiculaire f un assemblage de cordes, par le moyen desquelles deux ou plusieurs puissances soutiennent ou enlèvent un'ou plusieurs poids. Vhriguon a mis cette machine au nombre des forces mouvantes , et elle est regardée comme la plus simple.
- FUREUR , s. f. du lat. furor.
- ( Méd. ) Fureur utérine ; c’est une espèce de délire mélancolique , qui provient du désir déréglé du coït, dont les filles, les veuves , et même les femmes mariées sont quelquefois atteintes.
- FURONCLE, s. m. du lat. furun-culus, pour fervonculus, fait de fervor , ardeur.
- ( Méd. ) Tumeur ou tubercule inflammatoire , qui se forme dans la graisse sous la peau, et qui se termine par un abseès.
- rUSAROLLE
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- FUS
- FUSAROLLE , s. f. de l’italien
- . ) Astragale taillé en forme de collier où de chapelet, dont les grains oblongs sont couchés et entremêlés de grains ponds.
- La fusarolle se place dans l’ove des chapiteaux dorique , ïonique et composite, et quelquefois aussi sur l’ove de la corniche corinthienne.
- FUSEAU , s. m. du lat. fusus : petit instrument qui sert à hier et à tordre le fil.
- ( Géom. ) Quelques géomètres ont appelé ainsi le solide que forme une courbe en tournant autour de son ordonnée , comme le fuseau parabolique.
- D’autres ont appelé, fuseau le solide que forme une courbe , en tournant autour de sa tangente au sommet ; d’autres le solide indéfini que forme une courbe de longueur infinie, comme la parabole ou l’hyperbole , en tournant autour de son axe.
- ( Astron. ) Fuseau de globe ; c’est un segment de sphère pour être collé sur une boule.
- fasajuola. ( Archit
- FUSÉE, s. f. du lat./b,«os, fait de fundere, fondre.
- ( Pyrotechnie ) Pièce de feu , feu d’artifice.
- ( Vénerie ) Les chasseurs appellent quelquefois ainsi une partie du terrier du renard.
- FUSIBILITÉ, s. f. du lat./twz-dere , fondre.
- ( Physique ) Propriété qu’ont plusieurs corps de se fondre par l’action du feu.
- ( Métallurgie ) Le degré de chaleur nécessaire pour opérer la fusion des substances métalliques qui en exigent un fort degré, a été mesuré par le pyromètre de Wbdg'word à pied d’argile , dont zéro répond à 478 d., 66 au-dessous du zéro du thermomètre de mercure , divisé en 80 degrés , depuis la température de la glace fondante jusqu’à celle de l’eau bouillante ; et dont chaque degré équivaut à 57 d., 778 de ce même thermomètre de mercure. V. PROPRIÉTÉ DES MÉTAUX.
- FUSIL , de l’italien facile ou futile : petite pièce d’acier avec laquelle on bat un caillou pour eu tirer du feu.
- Tome JI.
- . O A B a 5j
- ( Art milit. ) On appelle aussi fusil la pièce d’acier qui couvre* le bassinet de certaines armes à feu.
- Fusil signifie aussi l’arquebuse entière quand elle est à fusil.
- ( Physique } Fusa à vent -, espèce de fusil, au moyen duquel on peut; chasser des balles avec une assez grande violence , sans le secours de la poudre , et en n’employant que le ressort de l’air. V? les Essais de Physique de Mus ch embroë ch.
- FUSION, s. f. de fundere, fondre.
- ( Chimie ) Ecartement des molécules d’uu corps, par le moyen du calorique que l’on introduit entre ces molécules ; laquelle introduction du calorique fait passer le corps , de l’état solide à l’état fluide.
- FUT , s. f. du lat. fustis, bois 3 dont les Italiens ont fait fusto.
- ( Archit. ) Tronc d’une colonne ou d’un pilastre.
- FUTAIE, s. f. d e fustis, bois : forêt composée de grands arbres,
- ( Administr. des forêts) Bois de futaie; celui dontla coupe n’est point réglée, et qu’on laisse croître jusqu’à ce qu’il ne profite plus. Un bois est communément qualifié de haute futaie , lorsqu’il a l’âge de 3o ans. A cet âge il porte le nom de futaie sur taillis; entre 4o et60 ans, c’est demi-futaie : après ce teime, il est haute-futaie ; et quand il a passé noo ans , on l’appelle ordinairement vieille futaie.
- L’État prend un soin particulier de conserver et de perpétuer cette espèce de bois ; c’est pour cela que les propriétaires ne peuvent le faire abattre qu’avec des permissions données en connoissance de cause , et après des visites,
- G.
- GABARE , s. f. du lat. carabus^ petit bateau.
- ( Marine ) Espèce de grosse barque ou bateau de charge, destiné à charger et décharger les vaisseaux dans l’intérieur des ports , ou à de très-petites traversées.
- On appelle aussi gabarre, dans les ports du Ponent, de gros navi-
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- res de charge à trois mâts, ou espèces de flûtes.
- GABARIT , s. m. mot escla-von. Lesltaliens disent garba , dans le meme sens.
- (Marine) Modèle fait avec des planches très - minces , jointes les unes au bout des autres, que l’on taille exactement sur le contour et les dimensions des membres d’an vaisseau , ou d’autres pièces principales de la construction , pour servir aux charpentiers à former ces pièces avec exactitude.
- GABIER , s. m. deTitalien ga-biere , hune , cage.
- ( Marine ) Matelot destiné à se tenir sur les hunes pour veiller aux manoeuvres hautes , examiner le grément et y travailler , faire le guet , et donner avis de ce qu’il découvre en mer.
- GABIONS, s. m. de l’italien ga-bia , cage.
- f Mrt milit. ) Paniers de cinq à six pieds de hauteur sur une largeur de quatre , qui est égale tant a la base qu’au sommet. On les remplit •de terre pour se couvrir contre l’ennemi , tantôt en se servant de merlons pour des batteries , tantôt pour faire des logemens sur quelques postes, ou bien enfin pour servir de parapet à des lignes d’approches , quand on craint de conduire les attaques par un chemin pierreux et semé de rochers , ou / qu’on veut avancer extraordinairement le travail.
- Gabion farci ; gabion de cinq à six pieds de longueur et d’environ quatre à cinq pieds de diamètre , rempli ou farci de branches ou de piquets, servant à recevoir la tête d’une sape , par la facilité que trouve le premier sapeur à faire rouler ce gabion, derrière lequel il est à couvert, lui tenant lieu de mantelet. V. SAPPE.
- GADOLINITE , s. f. de Gadoli, naturaliste suédois.
- ( Minéral. ) Nom d’une pierre découverte par M. Gadoli , à Yt-terby en Suède , et qui a beaucoup de ressemblance avec la lave qu’on appelle pierre obsidienne,
- GAGE , jS. m. du lat. vadium.
- ( Pratiqûe ) Effet que donne l’o-
- G A I
- bligé pour sûreté de son engagement.
- Un immeuble hypothéqué à une dette est regardé comme le gage du créancier hypothécaire ; mais le gage proprement dit , et le contrat ae gages apppelé aussi nantissement , s’entendent d’une chose mo-biliaire dont la possession réelle et actuelle est transférée au créancier , pour assurance de la dette ou autre obligation.
- GAGERIE , s. m. V. GAGE.
- ( Pratique ) Simple saisie et arrêt de meubles , sans déplacement ni transport. V.SAISIE-GAGERIE.
- GAGNER , v. a. de l’italien guadagnare, faire un gain : tirer un profit.
- ( Marine ) Gagner le vent à un vaisseau ou à une escadre , c’est manœuvrer de façon à prendre le dessus, ou l’avantage du vent. V. VENT.
- G agner au vent, ou gagner dans le vent ; c’est , en parlant d’un vaisseau , naviguer au plus près du vent avec avantage : c’est la même chose que s’élever dans le vent.
- Gagner un vaisseau, ou gagner sur un vaisseau ; c’est avoir l’avantage de la marche sur lui , en faisant même route.
- Gagner un port ou un mouillage ; c’est arriver.
- GAILLARD , s. m. de l’italien gagliardo, dans le sens de château-fort.
- ( Marine ) Les gaillards, appelés autrefois château d’avant et château d’arrière , peuvent être regardés comme le pont le plus ‘élevé des vaisseaux,interrompu entre le grand mât et le mât de misaine;ce qui forme deux demi-ponts au niveau l’un de l’autre. Ces gaillards portent un certain nombre de canons d’un plus petit calibre qüe ceux du deuxième pont.
- ( Imprimerie ) Gaillarde ; on nomme ainsi un caractère d’imprimerie qui est entre le petit-romain et le petit-texte.
- GAINE , s. f. de vagina. On a dit gaina dans la basse latinité : étui.
- ( Archit.) Partie d’un terme,ainsi nommée à cause de sa ressent-
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- blâiice à une gains dont le terme semble sorti.
- ( Botan. ) Expansion ordinairement membraneuse de la partie inférieure d’une feuille , par laquelle celle- ci embrasse ou enveloppe plus ou moins la tige. La gaine tient lieu de pétiole dans les graminées , les cyperdides et autres monocoif-lé douées.
- On donne aussi ce nom à certaines parties de plantes embrassantes, engainantes ou faites en gaine , etc.
- ( Physiol. ) Gaine se dit aussi de plusieurs parties du corps qui en embrassent étroitement d’autres. La gaine des tendons fléchisseurs des doigts , etc.
- ( Armurier ) Les fourreaux des e'pées avoient ci-devant le nom de gaine : de-là sont venus les termes dégainer et rengainer.
- GALA , s, m. mot italien et espagnol , qiti signifie un ornement, un habit magnifique.
- Jour de gala , en termes d’étiquette , est un jour de réjouissance , de fête , dans les cours d’Allemagne et d’Italie.
- GALA , s. m. du grec *yk\sL ( gala) , lait. V. LAIT.
- GALACTES , s. f. du grec ykxa ,
- ( gala ) , lait : sels de lait. Poyez LACTATES.
- GALACTITE , du grec yhxa. ( gala ) , dont lé génitif est yk-Xæxtoç [galaktos).
- . ( Lithologie ) Sorte de pierre de couleur cendrée , ainsi nommée parce qu’çtant mise dans l’eau , elle lui donne une couleur laiteuse.
- GALACTODE , adj. du grec yxhax.TâJ'nç [galaktôdes ) , couleur de lait, formé de yétxa. ( gala), lait.
- ( Méd. ) Il se dit des excrémens et de l’urine.
- GALACTOGRAPHIE , s. f. du grec ykx*. ( gala ) , lait, et de ypxtpaù ( graphô ) , décrire.
- ( Anat. ) Partie de l’anatomie qui a pour objet la description des sucs laiteux.
- GALACTOLOGIE , s. f. du grec yk\a, ( gala ) , lait , et de Payas ( logos ) , discours.
- ( Mêd. ) Partie de la médecine
- qui traite de l’usagé des sacs laiteux.
- GALACTOPHAGE , s. m. du gr. ykhcL ( gala) , lait, et de $kyu>
- ( phagô ) , manger : qui se nourrit de lait.
- ( Méd. ) On donne ce nom à ceux qui ne vivent que de lait. On a donné ce nom à des peuples entiers , qui font du Jkiit leur principale nourriture,
- GALACTIPHORE , adj. du grec yh\tL Ç gala) , lait , et de <pipa>
- (pfiéro ) , porter.
- (Physiol. ) Il se dit des vaisseaux ou conduits qu’on suppose porter le lait aux mamelles , ou plutôt à de petits tuyaux , qui partant de la substance glanduleuse des mamelles , vont aboutir au mam-melon.
- Il se dit aussi des médicamens qui engendrent beaucoup de lait ; et le déterminent vers le3 ma-" melles.
- GALACTO-POIÈSE , ou G\-LACTO POÉTIQUE , s. f. du gr. ykha, ( gala ) , lait, et de nroA» ( poiéô ), faire : qui fait du lait.
- ( Physique ) Faculté qu’ont les mamelles de servir à l’élaboration, à la sécrétion du lait.
- GALACTOPOSIE , s. f. du gr. ykxa [ gala } , lait, et de (pino ) , boire , dont ttoovç [posis), boisson.
- ( Méd. ) Méthode de guérir certaines maladies, comme la goutîe , la phthisie , par la diète de lait.
- GALACTOSE , s. f. du grec étXet ( gala ) , lait , gen. yaXcunot galaktos ), qui se change en lait. ( Physiol. ) C’est ainsi qu’on désigne le changement des alimens et dü chyle en lait.
- GALAXIE , s. f. du gr. yctXet^iaç ( galaxias), de la nature du lait.
- ( Astron. ) Voie lactée , trace blanche et lumineuse , qui fait tout le tour du ciel. Les Grecs l’appe— loient yaxet^isti xm\oç ( galaxias kuklos ) , cercle lacté, d’où est venu le molgalaxie : les Latins disent via lactea , dont nous avons fait aussi voie lactée. Cette dernière dénomination est aujourd’hui plus enusage.
- GALBE, s. m. de 1 italien garbo , R a
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- <>01106 grâce ; on a dit anciennement
- garbe dans le même sens.
- ( Archit. ) Membre d’architecture qui s'élargit en adoucissement par en haut, de même que les feuilles d’une tulipe ou autre fleur. On dit qu’i/ se termine en galbe, qu’il a beau galbe.
- GALE, s. f. du lat. ealla ou galla.
- ( Méd. ) Eruption de petites pustules parsemées sur la peau , particulièrement aux poignets, entre les doigts , aux mains , aux b*as, aux jarrets et aux cuisses , et même souvent par tout le corps, excepté au visage. Ces pustules sont précédées et accompagnées d’une grande démangeaison , sans <chaieur ; sans rougeur et sans fièvre.
- ( Jardin. ) La gale est une maladie qui corrompt la peau des arbres sur laquelle elle produit des chanr cres. Son principe est une humeur âcre d’une sève crue et mal digérée , qui ronge la peau,
- GALÉACE , s. f. ouGALEASSE, de l’italien galéassa.
- ( Marine ) Nom d’un gros bâtiment qui n’est plus d’usage à présent. Son nom semble signifier une grosse galère. Il ressembloit en effet, en quelque chose , aux galères.
- Les galbasses avoient trois mâts , un artimon, un mestre et un trinquet , qui étoient fixes , c’est - à-dire, qni ne s’abattoient pas comme ceux des galères. Elles avoient 5a. bancs , et 6 à sept forçats à chacun. L’équipage étoit de mille ou douze cents hommes. Elles avoient liuit rangs de canons sur l’avant ; le premier étoit de deux canons de 36 , le second de deux pièces de 2-4, et le troisième de deux pièces de 18. Elles avoient à poupe deux batteries de trois canons chacune par bande, de 18 livres de balle.
- Les Vénitiens avoient autrefois des galbasses , dont le commandement ne pouvoit être donné qu’à un noble , qui s’obligeoit, par serment , de ne pas refuser le combat contre vingt-cinq galères ennemies.
- GALÉANTROP1E , s. f. du grec ya,M> [gale) , chat, et d’îbÔf «Troc ( anthropos ), homme.
- ( Méd. ) Sorte de délire mélan-
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- colique , dans lequel le malade croit être métamorphosé en chat ,et veut en imiter les actions.
- GALEE , s. f. , terme d’imprimerie ; espèce de planche carrée avec un rebord , où le compositeur met les lignes , à mesure qu’il les compose , avant de les diviser en pages et de les imposer.
- GALENE , s. f. , emprunté de l’allemand.
- ( Minéral.) La galène est la mine de plomb la plus commune.
- H est peu de pays où on n’en trouve. Dans la galène,, le plomb est minéralisé par le soufre ; mais rarement ces deux substances y sont seules.
- Il est peu de galène qui ne contienne une portion plus ou moins considérable d’argent.
- GALÉNISME , s. m. de Galien , célèbre médecin de l’antiquité.
- {Méd.) On se sert de ce terme pour désigner la doctrine de Galien , qui fut le plus célèbre des médecins après Hipocrate , et qui eut encore plus d’autorité que lui dans les écoles. Galien naquit à Pergame, dans l’Asie-Mineure, l’an i3i de J. C.
- Ceux qui suivent les principes de Gaiien , s’appellent galénistes , et sa méthode est agpelée galénique. Dans ces derniers temps , on a divisé la pharmacie en galénique et en chimique V. PHARMACIE.
- GALERE , s. f. autrefois galbe, du latin galea , casque , ou du gr. •)/siAêa!T»f ( galéotês) , tésard, ou du poisson appelé l’empereur , ou de galléon, mot syriaque qui sm gnihe les gens qui vont sur mer.
- ( Marine. ) C’est le premier des bâtimens latins, celui d’où dérivent les autres , qui ont tous quelques rapports avec lui.
- Les galères du premier rang avoient 166 pieds de long , sur une largeur de 32 à 35 pieds ; leurs rames , au nombre de 26 par bandes, s’appuyoient sur un apostis , ou sur une lisse qui étoit établie en saillie au-dessus du pont, et portant sur les têtes d’un nombre de courbes verticale* appelées bacalas, et
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- « oit corps de lattes. En avant , une coulisse dans laquelle on pla-coit un canon de 24 livres de balles, et aux deux côtés de ce canon , il j en avoit deux autres plus petits , le plus souvent du calibre de huit ; de sorte qu’elles tiroient par l’avant et en s’effaçant devant l’ennemi.
- ( Distillation ) Galère est aussi le nom d’un fourneau long et étroit , dont se servent les distillateurs. Son nom lui vient de ce qu’il a une forme alongée , avec des ouvertures latérales les unes à côté des autres , qui lui donnent quelque ressemblance avec les galères.
- GALERIE, s. f. de l’allemand walier , promener , par le changement du w en g.
- ( Archit. ) Pièce plus longue que large , à la suite d’un grand appartement.
- ( Marine ) Long balcon qui» occupe , en saillie , toute la longueur de la poupe du vaisseau.
- ( Art milit. ) Galerie à passer un fossé ; c’est une petite allée de charpente , dont les pièces de bois sont posées dans le fond du fossé, et couvertes de planches chargées de terre pour passer le mineur. Ces corps de galeries ne se font plus actuellement. Le mineur parvient au corps attaqué , ou par une galerie souterraine qu’il pratique sous le fossé , ou à la faveur de l’épau-lement qui couvre le passage du fossé.
- Lorsque le fossé est plein d’eau , et que son passage est fort avancé, le mineur fait en sorte de gagner le pied de la brèche , soit à la nage, soit par le moyen d’un radeau ; dès qu’il y est arrivé , il s’enterre très-promptement sous les décombres de la brèche , et pousse sa besogne.
- Galerie de communication ; ce sout des galeries souterraines qui servent à l’assiégé , pour communiquer du corps de la place , ou de la contrescarpe , dans les ouvrages détachés.
- Galerie se dit encore d’un rameau , d’une branche , d’un canal , d’un retour , araignée ou conduit d’tine mine , ou enfin d’un chemin
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- tous terre qui sort d’un puits, et qui , par une ouverture de trois à quatre pieds , s’avance sous le terrain des ennemis , où l’on veut conduire des mines et des contre-mines.
- { Peinture ) Galerie se dit en peinture , non d’une partie de palais , ou d’appartement, dont la proportion est un parallélogramme très-alongé , mais pour désigner les ornemens dont on la décore.
- Quelquefois aussi , une galerie est destinée à renfermer une collection rassemblée de tous les pays et de toutes les écoles. Ces dernières galeries doivent être éclairées par en haut : les tableaux dont elles sont composées , doivent être assortis de manière qu’ils ne se nuisent pas les uns aux autres par des oppositions de genre , de manière et sur-tout de couleur.
- GALION , s. m. du lat. galeo , au pluriel galeones , augmentatif de galea , galère. V. GALERE.
- ( Marine ) Ce nom n’est plus en usage qu’en parlant des vaisseaux espagnols : les galions sont des vaisseaux ordinairement à deux ponts, appartenant au roi d’Espagne , et qui sont envoyés dans des temps réglés, à Lima , aux îles Philippines , et autres lieux de la domination espagnole dans les Indes orientales et occidentales , pour en rapporter les matières d’or et d’argent, et les marchandises pié-cieuses qne le roi et le commerce r è tirent de ces colonies.
- GAL1GTE , s. m. du latin ga-liota , dimin. de galea , galère : petite galère.
- { Marine ) C’est, dans la Méditerranée , une petite galère propre à aller en course. Les barbaresques sont maintenant les seuls qui lassent usage de ces bâtimens pour faire la course.
- Galiote hollandaise ; c’est un bâtiment fait pour la charge , qui porte depuis 5o jusqu’à 3oo tonneaux. Ces sortes de galiotes ont le côté fort plat, et sont absolument rondes en avant et en arrière ; quelques-unes sont garnies d’ailes ou semelles de cuivre , nécessaires sur- tout à celles des Hollandais ,
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- qui ont le fonds plat et qui tirent peu d’eau , pour pouvoir entrer plus facilement dans leurs ports , où assez généralement le fond est peu considérable , et pour la navigation intérieure.
- Galiote à bombes petit bâtiment de guerre , dont l’usage est de lancer des bombes sur une place ennemie. La construction en est très-matérielle , et renforcée d’un plus grand nombre de pièces de liaison. Un leur donne autant d’échantillon qu’à un vaisseau de 5o canons, pour les mettre à même de résister à l’effet considérable du mortier.
- Les galiotes à bombes françaises n’ont qu’un grand mât, vers le milieu de leur longueur , et un mât d’artimon. Elles portent en outre plusieurs focs en avant, qui s’amarrent sur un bout de beaupré fort long et peu relevé.
- Les deux mortiers sont placés en avant du grand mât, sur un fort établissement de charpente, avec un massif très - épais de vieux cordages, destiné à amortir la pression du mortier lorsqu’il tire. Il y a , outre les mortiers, ordinairement quatre canons par bande , placés en arrière du grand mât.
- Lorsqu’une de ces galiotes à bombes veut lancer des bombes , elle fait tête au vent, et avec le perroquet de fougue sur le mât on dépouille l’avant de ses cordages , et on n’y laisse que le grand étai, qui e3t une chaîne de fer , afin de résister au feu de la pondre. De cette manière , on présente la proue et une face étroite à l’ennemi, au lieu que les galiotes à bombes anglaises , qui sont matées à trois mâts, tirent par le travers , et présentent à l’ennemi toute la longueur du bâtiment, Les Anglais répondent à cette objection que la portée des mortiers étant plus longue que eelle des canons, on n’a rien à craindre desbatteriesqu’on veut détruireavec une galiote à bombes. Cette réponse est juste pour les lieux où il ue se trouve point de mortiers pour riposter des bombes à la gaUote. Mais un avantage bien précieux des galiotes à bombes anglaises , est de pouvoir bombarder en louvoyant:
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- leurs mortiers , à cet effet, sont à pivot, afin de pouvoir présenter la bouche à bâbord et à tribord.
- GALLATE , s. m. de galle ( noix de ) , excroissance qui vient sous les chênes.
- ( Chimie ) Sel formé par l’acide GALLIQUE ( V. ce mot ) avec différentes bases. Sa terminaison en ale indique qu’il appartient aux acides saturés d’oxigèue ; ainsi les gallales sont des sels formés par l’acide gallique.
- GALLICISME , s. m. du latin gallicismus , formé de gallica , sous-entendu lingua , et de mos , propre à la langue française.
- ( Diction ) Construction propre et particulière à la langue française , contraire aux règles ordinaires de la grammaire , mais au torisé par l’usage. Les bonnes gens sont aisés à tromper , se battre aveo quelqu*un ; il va venir ; il vient demain , sont des gallicismes.
- Les gallicismes , dit M. l’abbé d’Olivet, pourroient bien n’être autre chose qu’une ellipse , ou plusieurs ellipses combinées, qui ont fait disparaître peu à peu divers mots , diverses liaisons, qu’un long usage rend faciles à sous-entendre , quoiqu’il ne soit pas toujours facile de les. suppléer, ni même de les deviner.
- On appelle aussi gallicismes les façons de pai’ler de la langue française transportées dans une autre langue. Lorsque , dans un livre écrit en italien , on trouve beaucoup de phrases et d’expres-sious qui ne sont point du tout italiennes , et qui semblent tirées du français , on juge que cet ouvrage a été fait par un Français ; et l’on dit qu’il est plein de gallicismes.
- GALLIQUE , adj. même origine que GALLATE,
- ( Chimie ) Il se dit d’un acide particulier qu’on tire de la noix de galle. Sa terminaison en ique annonce qu’il est dans le second état des acides, c’est-à-dire, qu’il est complètement saturé d’oxigène.
- L’acide gallique se tire de la noix de galle , soit par la simple infusion ou décoction dans l’eau,
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- soit par la distillation à un feu très-doux ; sou radical est absolument inconnu.
- GALOP , s. m. du lat. calupare ? ou calpare, formé peut-être du gr. xîtX'Tmv ( kaïpan ).
- ( Manège ) La plus élevée et la plus diligente des allures du cheval , qui n'est proprement qu'une suite de sauts en avant.
- Grand galop ; galop étendu, ; c’est une course de vitesse à toutes jambes.
- Petit galop ; c’est celui qui est plus lent.
- Galop à Vanglaise ; c’est un galop près de terre , ou qui rase le tapis.
- On dit aussi galop raccourci, ou galop à la main ; grdop écouté ; galop d’école; galop de chasse, etc.
- GALVANISME, s. m. de Galvani , célèbre physicien italien.
- ( Physique ) Propriétés qu’ont des substances animales d’éprouver , dans certaines positions , une irritation qui se manifeste par des tnouvemens très - sensibles. Cette propriété tire son nom de Galvani , professeur de physique à Bologne , qui en a fait la découverte.
- Ce fut en 1792 que Galvani , ayant remarqué que des grenouilles écorchées et placées près d’une machine électrique , e'prouvoieut des convulsions , toutes les fois qu’on soutiroit une étincelle , conçut l’idée d’exciter l’irritation de cesanimaux, en leur appliquant des métaux aux nerfs et aux muscles. Ayant ensuite obtenu des contractions par le contact des métaux, sans employer de machine électrique , il en conclut qu’il existoit une électricité animale différente de celle qu’on obtient par le frottement du verre et de la résine.
- Ces phénomènes furent à peine connus des physiciens , que ceux-ci s’occupèrent d’en déterminer la cause. Les uns , tels que Valli , Piller, Humbolt , crurent y voir , avec Galvani , un phénomène dé-pendant essentiellement du système animai , et supposèrent, pour l’expliquer , l’existence d’un fluide particulier inhérent aux parties animales , auquel ils donnèrent le
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- nom de fluide galvanique , ou à’ëléctricité animale ; les autres , parmi lesquels on trouve Volta , Psaff, van Bîarum , ont considéré l’action galvanique comme un phénomène général de la nature , indépendant de la force vitale , et se manifestant 1,iniquement par l’irritation de la fibre, excitée par le fluide électrique. Volta , pour soutenir son opinion , imagina -plusieurs appareils , avec lesquels il augmenta les effets galvaniques , et particulièrement la fameuse pile qui porte son nom , et avec laquelle il obtint divers phénomènes , dont le plus remarquable est la décomposition de l’eau.
- Tandis que Volta ramenoit ces phénomènes de la pile à celui que présente le développement de l’électricité animale par le simple contact de deux métaux,Wollaston, de l’académie royale de Londres , imitoit les phénomènes de la pile , et même celui de la décomposition de l’eau , avec les appareils ordinaires, etétabiissoit, par des moyens différens de ceux que Volta mettoit en usage , l’identité des fluides qui animent la pile de Volta , et les machines électriques.
- Les physiciens sont aujourd’hui parfaitement d’accord sur l’existence de l’électricité métallique , qui a dévoilé la cause des phénomènes de la pile. Ce qui les divise , c’est que les uns regardent, avec Volta, les phénomènes de la pile comme des phénomènes galvaniques , et rapportent à l’électricité métallique ces deux classes de phénomènes.
- Les autres prétendent que les contractions musculaires sont indépendantes de l’électricité métallique ; qu’il existe une autre sorte d’électricité , qui donne naissance aux phénomènes galvaniques, et qu’ils nomment électricité animale.
- Tel est l’état actuel de la science galvanique. On a construit dernièrement des piles avec des substances sèches , d’autres avec des substances entièrement humides ; mais leur efficacité paroît encore équivoque, et jusqu’à présentées appareils n’ont offeït aucun avantage réel à la
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- Les médecins allemands emploient le galvanisme dans le traitement de plusieurs maladies , et l’on cite déjà des cures merveilleuses’opérées à la faveur du galvanisme ; mais il est bon de se tenir en garde contre l’enthousiasme qui accompagne presque toujours les découvertes naissantes ; il est sur-tout important de se rappeler ce qui arriva à l’époque où l’électricité fut appliquée, pour la première fois , ù l’économie animale. L’Europe savante ne tarda pas à retentir d’un grand nombre de guérisons miraculeuses , dont l’Iialie venoit d’être le théâtre , et tout le monde sait que l’influence de l’électricité, réduite à sa juste valeur , se borne aujourd’hui à offrir quelque soulagement à ceux qui sont affligés de rhumatismes , de paralysies , et en général de maladies qui ont pour cause la stagnation des humeurs et l’engourdissement des parties. V. ÉLECTRICITÉ,
- GALVANOSCOPE , s. m. de GALVANISME , et du gr. chottka> ( slcopeô ), considérer.
- ( Galvanisme ) C’est le nom d’un instrument destiné à faire connoître la force du galvanisme.
- GAMME, s. f. du caractère grec y , appelé gamma.
- ( Musique ) Gamme , gamm’ut, ou gamma-ut , est le nom d’une table ou échelle inventée par Gui Aretin , en 1026 , sur laqueiLe on apprend à nommer et à entonner juste les degrés de l’octave de la musique , ut, re , mi , fa , sol, la , suivant toutes les dispositions qu’on peut leur donner ; ce qui s’appelle solfier. Cette échelle est appelée gamme, parce que Gui Aretin ajouta un y , ou le gamma des Grecs, aux premières lettres de l’alphabet qui lui avoient servi à coter ses tons ou intervalles , pour témoigner que les Grecs étoient les premiers auteurs de la musique , et parce que cette lettre se trouve à la tête de l’échelle , en plaçant dans le haut les tons graves , selon la méthode des anciens. -
- On l’appelle aussi main harmonique , parce que Gui se ser-
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- vit d’abord de la figure d’une main, pour expliquer ce qu’on a réduit en cette table, ou gamme.
- On s’est servi du point et des lettres, pour marquer le degré de gravité ou de hauteur qu’ou devoit donner à chaque son, jusqu’en i33o , qu’un nommé de Mœurs, parisien , inventa les figures ou caractères que l’on a appelés notes.
- Vers i684 , un nommé Lemaire, français d’origine, inventa la note si. Son utilité la fit généralement adopter en France et en Italie.
- GAMOLOGIE , s. f. du grec yk/uos ( gamos ), mariage , et de xoyoç (logos), discours : traité sur le mariage.
- GANGLION, s. m. du grec yx.yy\'iov ( gagglion ), petit nœud.
- (Anat.) Plexus, ou assemblage de plusieurs nerfs qui se rencontrent en différens endroits du corps, se joignent, s’entrelacent, et forment des espèces de pelotons, d’où partent plusieurs branches qui se distribuent de côté et d’autre à plusieurs parties.
- ( Chirurgie ) Tumeur enkystée, dure, indolente , sans changement de couleur à la peau.
- GANGRÈNE, s. f. du grec ykf-ycuvx. ( gaggraina), mortification, formé de ypkon ( graù ), manger , consumer.
- ( Méd. ) Mortification totale de quelque partie du corps , qui est causée par le défaut des esprits animaux , et qui se communique aisément aux autres parties voisines.
- GANGUE, s. f. de l’allemand gangen, dont les Anglais ont fait gang.
- ( Minéral. ) O11 appelle ainsi les matières étrangères dont les mines sont toujours mêlées. Une mine avec sa gangue*
- GARANÇAGE, s. m. de garance, du lat. barbare garantia , corruption de varantia , qui étoit déjà une corruption de verantia, pour ve, us color , couleur véritable : l’art de teindre avec la garance.
- ( Teinture ) Éa garance est une plante rubiacée qui porte des fleurs jaunes , remplacées par dés baies noirâtres. On la cultive à cause de
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- sa racine , qui sert pour la teinture rouge. L'eau et le soleil n'altèrent point sa couleur ; elle procure aussi de la solidité aux autres couleurs. On l'emploie pour Exer celles déjà imprimées sur la toile de coton. Cette racine teint en rouge les os des animaux qu’on en nourrit.
- La garance que l'on vend dans le commerce, pour l’employer à la teinture, s'appelle garance grappe; elle est sous la forme d'une poudre rougeâtre, d’une odeur un peu forte ; elle est, en quelque sorte , grasse et onctueuse, et elle se pelote sous les doigts , lorsqu’on la manie. Tels sont les caractères d’une bonne garance ; car lorsqu’elle est trop vieille, elle perd son onctuosité, et elle est en poudre sèche-La garance grappee se distingue en deux espèces ; savoir : en garance robée et en garance non robée', selon qu’elle n’a plus ou qu’elle conserve encore son épiderme, laquelle ne contient point de parties colorantes. La garance robée est donc la
- Eilus précieuse, parce qu’elle donne a meilleure teinture.
- ( Mat. méd. ) La racine de garance est astringente, résolutive , apéritive , tonique et même vulnéraire; on en recommande l’usage dans le traitement de l’hydropisie , de la jaunisse , de la cachexie, dans les pâles couleurs et la suppression des règles. On l’emploie aussi dans les contusions pour en prévenir les suites , et après les chutes.
- GARANT, s. m. du bas lat. war-rens, tiré de l’allemend waere.
- ( Diplomat. ) Dans le moyen âge, tous les traités que faisoient les rois étoient garantis réciproquement par des chevaliers qui faisoient serment de veiller à leur observation. Les principaux barons de France et ceux de Normandie se rendirent cautions de la paix que Philippe-Auguste conclut en 1200 arec Jean, roi d’xAngleterre. Aujourd’hui, ga-rans politiques, entre les souverains , se dit: de ceux qui garantissent l’exéention d’un traité. Il ne se fait guère de traités de paix qu’il n’in+ervienne quelque garant.
- GAR ANTIE, s. f. du lat. barh. warrantia , de l’allemand war en , Toir } considérer, prendre garde.
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- ( Pratique ) Obligation de /dira jouir quelqu’un d’une chose , ou de l’acquitter et indemniser du trouble ou de l’éviction qu’il souffre par rapport à cette même chose.
- ( Commerce ) Obligation par laquelle on se rend garant de la chose que l’on a vendue ou cédée.
- GARDE, s. f. du lat.barb. warda, de l’allemand waren, guet : action par laquelle on observe ce qui se passe pour n’être point surpris.
- {Art milit. ) Garde se dit de la faction ou le service qui se doit faire avec vigilance , pour s’assurer contre les efforts et les surprises de l’ennemi.
- Grand- garde ; c’est un corps d’infanterie ou de cavalerie qu’on détache hors des lignes, à la portée du canon, pour découvrir de loin , détachant d’autres petites gardes devant elle , avec des vedettes de tous côtés pour l’avertir, et prévenir les surprises.
- ( Pratique ) Garde , défense , conservation. Il s’applique aux personnes et aux choses.
- 11 y a , pour les personnes, lu garde des enfans mineurs, c’est-à-dire , l’adminstration de leurs personnes pendant un certain tems , avec le droit de jouir de leurs biens, ou d’une partie d’iceux, sans en rendre compte.
- ( Escrime ) Garde, manière de tenir le corps et l’épée , telle que l’on soit à couvert de l’épée de son ennemi, et que l’on puisse aisément le frapper ou lui porter une botte.
- ( Administ. ) Garde-champêtre ; officier de police chargé de la garde des fruits des champs.
- (Marine) Garde-côte ( vaisseau), on appelle ainsi un bâtiment de guerre destiné à croiser le long des côtes pour les défendre de toute entreprise hostile , pour empêcher le commerce illicite , saisir les interlopes. Ces vaisseaux sont très-mul-tipliés dans nos colonies et dans les colonies espagnoles.
- ( Commerce ) Gardes du commerce; ce sont des officiers publics chargés de mettre à exécution les contraintes par corps en matière de commerce.
- GARE, s. f. de l’ancien motfran-
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- çais garer, se conserver, prendre garde à soi.
- (.Navigation) Lieu destiné sur les rivières pour y retirer les bateaux , de manière qu’ils soient en sûreté et qu’ils n’embarrassent point la navigation.
- GARENNE, s. f. même origine que gare, et qui pourvoient l’un et Fautre venir de l’allemand waran-de , défense, conservation : lieu à la campagne où il y a des lapins , et où l’on prend soin de les conserver.
- GARGARISME, s. m. du grec yxpyapiÇce ( gargarizô ) , se laver la bouche , dérivé de yapy&pîm , la luette.
- ( Méd. ) Remède liquide dont on se lave la bouche et la gorge, sans rien avaler. On s’en sert pour les maladies de la bouche, des gencives , de la luette , du gosier.
- GARGOUSSE, s. f. corruption de cartouche, de l’italien carteccia.
- { Artillerie ) Poche ou sac de papier , de parchemin, ou de toile, ni contient la charge de poudre ’un canon , suivant son calibre. On les fait actuellement d’une sorte de papier qu’on est parvenu à rendre incombustible.
- GARNISON, s. f. du lat. barb. gamisio, formé de garnir.
- ( Art rnilit. ) Corps de soldats qu’on met dans une place forte ou frontière, pour la défendre contre les ennemis, ou pour tenir le peuple dans le devoir.
- ( Pratique ) Garnison se dit aussi des gens armés que l’on met chez un homme dont les meubles sont saisis , et qui ne veut point donner de gardien.
- ( Administ. ) Il se dit encore des gens armés que l’on met chez les contribuables en retard Ces gens s’appellent pour celagarnisaires.
- GARUM , s. m. du grec ykpov ( garon ), d’im poisson appelé ykpa> (garô), qu’on croit être le maquereau.
- ( Cuisine ) Le garum , chez les Romains , étoit une sauce de très-grand prix, composée avec la saumure du poisson appelé maquereau , ’ et destinée à l’usage des grands ; au lieu que le muria, qui étoit fait avec de la saumure de thon, étoit destiné pour le peuple.
- G A S(
- G ASTER, s. m. mot emprunté du grec yœ.çip (gastêr), ventre.
- ( Physiol. ) L’abdomen. Il se dit aussi de l’estomac et de l’utérus.
- GASTRILOQUE, adj et s. m. du grec yctçitp ( gastêr ), ventre, et du lat. loquor, parler ; qui parle du ventre.
- ( Méd. ) Il se dit de ceux qui parlent en inspirant, de manière qu’il semble que la voix se fasse entendre dans le ventre. V. EN-GASTRIMYT1IE ou VENTRILOQUE , c’est la même chose.
- GASTRIQUE, adj. du grec yttçiip ( gastêr ) , ventre : qui concerne le ventre ou l’estomac.
- ( Physiol. ) C’est un nom qu’on donne à plusieurs parties relatives à l’estomac.
- Les artères gastriques sont des branches de l’hépatique et de la splénique, qui se distribuent à l’estomac.
- Les glandes gastriques sont de petits grains glanduleux qui tapissent l’estomac.
- La veine gastrique droite vient du tronc inférieur de la veine-porte, et souvent d’un rameau qui part d’une branche de la veine rno-séraïque.
- Les deux veines gastriques gauches forment, avec la gastrique supérieure droite , le coronaire stomachique qui entoure le ventricule.
- GASTRITE ou GASTRITIS, s. f. du grec yctç-ap ( gastêr ) , ventre.
- ( Méd. ) Inflammation de l’estomac. Les signes de cette inflammation sont une vive douleur causée par un coup reçu , des plaies faites a ce viscère, des poisons ou des médicamens âcres que l’on a ava-les etc*
- GASTRQCÈLE , s. f. du grec ya.çr»p (gastêr) , estomac, et de x»Â» ( béffe ), hernie.
- ( Méd. ) Hernie de l’estomac.
- GASTROCNEMIENS, s. m. du grec yn.ç-iip ( gastêr ) , estomac , ventre, et de ( knémê ), jambe: ventre de la jambe.
- ( Physiol. ) C’est ainsi qu’on appelle les muscles de la jambe, nommés autrement jumeaux.
- GASTRO - COLIQUE , adj. du grec yn<?'Àp {gastêr), ventre , et de
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- jt&xov ( kàîon ), le colon : qui a rapport à l’estomac et au colon.
- ( Physiol. ) On dit l’épiploon gastro-colique , c’est-à-dire , la partie de l’épiploon qui s’étend de la grande courbure de l’estomac vers l’intestin colon.
- GASTRODYNIE , s. f. du grec 'ya.çhp ( gastêr ), estomac , et de ôJ'vvs ( odunê ), douleur : douleur d’estomac.
- ( Med. ) Colique d’estomac. GASTRO-ÉTIPLOIQUE, adj. du grec yaçip ( gastêr ) , estomac , et de inriirxoov [épiploon), l’épiploon : qui a du rapport à l’estomac et à l'épiploon.
- ( Physiol. ) On appelle ainsi les artères et les veines qui se distribuent dans l’estomac et dans l’épiploon.
- GASTROMANIE, s. f. du grec açitp [gastêr), ventre, et de payia. mania ), manie.
- ( Cuisine ) Friandise, passion pour la bonne chère.
- GASTRORAPHIE , s. £ du grec ar»p ( gastêr ), ventre , et de pa<p>i rhaphê }, suture , couture.
- ( Chirurgie ) Suture que l’on fait pour réunir les plaies du bas-ventre , qui pénètrent dans sa capacité. GASTROTOMIE , s. f. du grec açip ( gastêr ) , ventre, et de rcgi tomé ), incision, formé de tQ-cv» ( temnô ) , couper : incision du ventre.
- ( Chirurgie) Ouverture qu’on fait au bas - ventre par une incision qui pénètre dans sa capacité , soit pour y faire rentrer quelque partie qui en est sortie, soit pour en extraire quelque corps. L’opération césarienne , et la lithotomie par le haut appareil, sont des espèces de gastrotomie.
- GATEAU , s; m. du lat. barb. vastellum, diminutif de vastum , à cause de son étendue, étant plus aplati que les autres pains : espèce de pâtisserie faite ordinairement avec de la farine , du beurre et des œufs.
- ( Chirurgie ) Gâteau se dit d’un petit matelas fait avec de la charpie, pour couvrir la plaie du moignon dans les pansemens , après l’amputation des membres.
- ( Fondeur ) Il se dit aussi des por-
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- tions de métal qui se figent dans le fourneau après avoir été fondues.
- ( Sculpture ) U se dit encore des morceaux de cire ou de terre aplatie dont ils remplissent les creux et les pièces d’un moule où ils veulent mouler les figures.
- ( jErnailleur ) C’est aussi la masse formée par l’émail de la faïence qui est fondue, et qui se trouve au fond du four.
- ( Abeille ) Gâteau de cire ; c’est ce qui dans les ruches à miel contient des deux côtés une quantité d’alvéoles.
- (Peinture) Gâteaux de couleurs ; on counoît les gâteaux de couleurs à l’eau, dont les bâtons d’encre de la chine ont donné l’idée. Il restoit à obtenir le même résultat pour la préparation des couleurs à l’huile. Un artiste anglais, Blackman, a composé des gâteaux de couleurs à V huile, qui ont l’avantage de .pouvoir être travaillés sur la palette aussi aisément que les couleurs conservées dans les vessies, sans avoir l’inconvénient de former une peau en se séchant. Pour la manière de les préparer, V. les Annales des Arts et des Manufac. de M. O’ reilly. N.° ii, p. 115.
- ( Electricité) On appelle gâteau, en termes d’électricité , une assez grosse masse de résine , de poix ou autres matières semblables, dont on se sert pour isoler les corps qu’on veut électriser par communication.
- Il ne faut donc pas que la personne placée sur le gâteau touche à aucun des corps voisins, soit par elle-même, soit par ses habits ; Vélectricité ne manqueroit pas de se dissiper par - là au moins en partie.
- GAUFRER, v. a. de gaufre, en lat. crusiulum, et dans la basse latinité gafrum.
- ( Technol. ) Gaufre étoit un instrument avec lequel les pâtissiers faisoient une sorte de pâtisserie appelée pour cela gaufres.
- De la ressemblance avec cet instrument, les perruquiers ont appelé , aufre une espèce de fer à friser.
- Elt du mot gaufre on a fait le verbe gaufrer, pour friser ; em-
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- preindre, imprimer certaines figures sur des étoiles avec des fers faits exprès.
- GAZ, s. m. mot inventé par Van-Helmont, pour signifier un esprit incapable de coagulation.
- ( Chimie ) Gaz est le nom que l’on donne à des fluides aériformes, compressibles , élastiques , transparais , sans couleur, invisibles, incondensables en liqueur par le froid, miscibles à l’air en toutes proportions , et ayant toutes les apparences de l’air sans en pouvoir faire les fonctions.
- La connoissance générale des gaz est très-ancienne t elle est antérieure à Paracelse. Les chimistes de ces tems-là, sans en distinguer les espèces, les désignoient en général sous le nom de spiritus sylvestre , esprit sauvage. Van-Helmont substitua le nom degaz à celui d’esprit, et conserva l’épithète sylvestre. Boyle , Haies, et plusieurs autres qui l’ont suivi, leur ont donné le nom à’air. La distinction de leurs différentes espèces, et la connoissance de plusieurs de leurs propriétés , sont dues sur-tout àPriest-ley , qui a fait sur ces gaz un très-grand nombre de belles expériences.
- Gaz acide acétetix ; c’est l’acide du vinaigre sous la formé gazeuse et aérienne V. ces trois mots à leur place. On l’obtient de l’acide du vinaigre bien fort et bien concentré par l’action de l’acide sulfurique.
- Comme toutes les autres espèces de gaz, il suffoque les animaux et les fait promptement périr : il éteint les corps embrasés.
- Gaz acide carbonique ; ce gaz est de tous le plus anciennement connu, Paracelse et les anciens le nommèrent esprit sauvage, spiri-tus sylvestris. Van Helmont l’appela ensuite gaz sauvage, gaz sylvestre. Il fut après cela nommé air fixe, par Block , Boyle , Haies , Priestley, Lavoisier, etc.; acide méphitique , par Burley ; gaz méphitique , par Macquer ; acide aérien, par Bergman ; enfin Lavoisier l’a appelé acide crayeux, et en dernier lieu gaz acide carbonique , parce qu’il est composé d’oxigène combiné avec une matière charbonneuse qu’il tient en
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- dissolution, et dans la proportion d’environ 72 parties d’oxigène ( générateur de l’acide ) V. 0X1-GENE , et 28 parties de matière charbonneuse, appelée carbone par les modernes.
- Le gaz acide carbonique se trouve naturellement dans plusieurs souterrains , comme dans la grotte du chien en Italie, dans les galeries des mines; et c’est ce gaz qui rend ces eaux spiritueuses et acidulés : telles sont les eaux de Pyrmont, de, Saint-Mion, de Seltz , de Pou-gues, de Chàteldon, de Bussang, de Spa , etc.
- Ce gaz est fourni par les liqueurs spiritueuses fermentantes , par la combustion des corps.
- Le gaz acide carbonique fait pé -rir les animaux, et en très-peu de tems, ceux qui ont deux ventricules au cœur, comme les hommes , les quadrupèdes, les cétacées et les oiseaux.
- Gaz acide fluorique, ci-devant connu sous le nom de gaz acide sputhique. Ce gaz ne s’obtient que par le secours de Pair, en chauffant dans une cornue de l’acide sulfurique, pendant qu’il agit sur du spath fluor pulvérisé. Alors , l’acide sul-fnrique , en se combinant avec la base du spath fluor , en dégage un autre acide , qui , en se combinant avec le calorique , passe sous la forme d’un fluide élastique, auquel on a donné le nom de gaz acide fluorique.
- Le gaz acide fluorique corrode et perce le verre ; c’est en conséquence de cette propriété que Puymorin a imaginé de graver sur le verre arec V acide fluorique, comme on grave sur le cuivre par le moyen de l’acide nitreux,
- Le gaz acide fluorique éteint les corps embrasés, et suffoque les animaux qu’on y plonge.
- Gaz acide muriatique ( Voy. ces mots à leur place ) ; ce gaz, connu ci - devant sous le nom de gaz acide marin, n’est que le produit de l’art. On l’obtient en chauffant un mélange de sel maria et d’acide sulfurique.
- Le gaz acide muriatique suffoque les animaux qu’on y plonge. Il éteint, la flamme des bougies, mais
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- en l’agrandissant d’abord , et en donnant à son disque une couleur verte ou bleuâtre.
- Gaz muriatique oxigéné ; ce gaz connu ci-devant sous le nom d’acide marin déphlogistiqué , de Scheele , soüs la forme gazeuse, est la même chose que le gaz acide muriatique / V. plus haut ) , mais surchargé d’oxigène et déflegmé. On l’obûent en faisant chauffer et cvaporer l’acide muriatique, pendant qu’il agit sur une substance qui tient l’oxi-gène , comme l’oxide natif de manganèse. Il s’excite alors une vive effervescence, pendant laquelle l’acide muriatique passe en gaz , mais surchargé d’oxigène , qu’il enlève à l’oxide de manganèse, parce qu’il a avec lui une grande affinité.
- Le gaz muriatique oxigéné décolore les étoffes teintes, les fleurs , etc., et réduit tous ces corps au blanc; il est sur-tout très-utile pour désinfecter l’air. V. MURIATI-QUË.
- Le gaz muriatique oxigéné est soluble dans l’eau jusqu’à un certain point, et il forme alors ce qu’on nomme improprement l’acide muriatique oxigéné en liqueur, qui est le vrai dissolvant de l’or , du platine , etc.
- Gaz acide nitreux ; ce gaz est une des parties constituantes de l’acide nitreux, ou l’acide nitreux lui-même, mais privé de la plus grande partie de son oxigène.
- Le gaz nitreux a été découvert par Haies ; mais Priestley a fait connoître la plupart de ses propriétés. On ne peut l’obtenir sans le secours de l’art. On dégage le gaz nitreux de l’acide nitreux que l’on fait agir sur des matières combustibles. On l’extrait encore du même acide nitreux par le moyen de l’esprit-de-vin , des éthers , des huiles, des résines, des gommes, des charbons, du sucre, etc. Mais c’est par le moyen des métaux qu’on en obtient le plus : on emploie pour cela le fer, le cuivre rouge, le cuivre jaune, l’étain, l’argent, le mercure , le bismuth et le nickel.
- Le gaz nitreux éteint les corps jenflammés ; il fait promptement périr les plantes et les animaux qu’on y plonge : on peut aussi, par
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- le moyen du gaz acide nitreux , juger de la salubrité de l’air , en le mêlant dans un tube avec de l’air atmosphérique ; car , comme il ne se combine qu’avec la base de la partie respirable , on jugera que cette partie respirable est d’autant plus abondante dans l’air, qn’il y en a un plus grand volume d’ab-sorbé.
- Gaz acide sulfureux • ce gaz, connu ci-devant sous le nom d'air acide vitriolique, ne se trouve point naturellement ; il n’est que le produit de l’art. O11 l’obtient en chauffant de l’acide sulfurique pendant qu’il agit sur des corps combustibles , tels que de l’huile, du charbon, du mercure, etc.
- Le gaz acide sulfureux éteint le3 corps embrasés , et tue les animaux qu’on y plonge. Il détruit beaucoup de couleurs végétales.
- Gaz ammoniacal ; ce gaz, appelé ci-devant gaz alcalin, air alcalin , gaz alcali volatil, ne peut être produit que par le secours de l’art. Pour obtenir ce gaz, on met dans une cornue garnie d’un tube recourbé , une certaine quantité d’ammoniaque ; on échauffe le fond de la cornue avec de l’esprit-devin ; on laisse sortir d’abord l’air du vaisseau et du tube, et on ne recueille le gaz dans des cloches pleines de mercure , que quand l’ébullition du liquide est bien établie.
- Le gaz ammoniacal a une odeur pénétrante, et une saveur âcre et caustique ; il verdit promptement et fortement les couleurs bleues des végétaux ; il suffoque les animaux ; il est promptemeut absorbé et dissous dans l’eau ; si l’eau est en état de glace , il la fait fondre sur-le-champ en prodnisant du froid ; si, au contraire, l’eau est en état de liqueur, il produit de la chaleur en se dissolvant.
- Gaz azotique ( V. AZOTE ) ; ce gaz connu ci-devant sous les diffé-rens noms d’air vicié, d'air gâté , dé airphlo gisliqué, de gaz phlogis-tique , de- mofète atmosphérique , est composé d’une base appelée azote {privatif de la vie) combinée avec le calorique.
- Le gaz azotique est tout formé
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- clans l’atmosphère dont il forme à peu près les trois quarts; il est le résidu de la respiration des animaux, de la combustion des corps , et de la putréfaction ; parce que datis tous ces cas l’air pur est absorbé ou détruit.
- Le gaz azotique éteint subitement les corps embrasés; il tue avec beaucoup de promptitude et d’énergie les animaux qu’on y plonge ; il se rétablit et devient , respirable par la végétation de la verdure , parce ijue les végétaux fournissent de l’air pur en absorbant l’hydrogène de l’eau qui sert à leur végétation, laissant l’oxigène libre. ,
- Gaz hydrogène ( Fi HYDROGÈNE ); la” base du gaz hydrogène est une des parties constituantes de l’eau, dans les proportions de trois parties contre dix-sept d’oxigène: c’est pourquoi on a donné à cette base Je nom a 'hydrogène-, c’est-à-dire générât eu rde Veau. {V. EAU.) On obtiendra donc du gaz hydrogène de l’eau toutes les fois qu’on 'mettra en contact avec cette eau un corps sur lequel on fera agir un acide, et qui aura avec l’oxigène une plus grande affinité que ce dernier n’en a avec l'hydrogène. Le fer et le zinc, ainsi que le charbon et les huiles sont de cette espèce.
- Si l’on met dans uri flacon garni d’un tube recourbé , du fer ou du zinc en limaille, et si l’on verse pardessus de l’acide sulfurique très^-affaibli avec de l’eau , il s’excitera une fermentation accompagnée de chaleur. Après qu’on aura laissé échapper l’àir du vaisseau', tm'enga-gera le bout du tube recourbé sous une cloché pleine d’eau , placée sue l’appareil pneumato-chimique , et l’on verra passer un fluide élastique,’ qui est du gaz hydrogène pur.
- Le gaz hydrogène pur est le p! us léger de tous les fluidqs élastiques. Sa pesanteur spécifique est à celle de l’air comme 8 est à 100 à peu près. Il suffoque les animaux , mais en leur causant de vives convulsions.
- Le gaz hydrogène est le plus inflammable de tous les êtres.; mais il ne s’enflamme que dans l’endroit
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- où il est en contact avec l’air, et son inflammation est. d’autant plus prompte et plus complète que ses contacts avec l’air sont multipliés. Si dans une bouteille on met une partie de ce gaz et deux parties d’air atmosphérique , et qu’on présente au goulot ne la bouteille une bougie allumée , le gaz s’enflamme dans l’instant avec une rapidité incroyable , en produisant une détonation vive, semblable à celle de la poudre à canon.
- I.o gaz hydrogène pur est devenu un fluide intéressant pour les physiciens et sur-tout pour Jes aéro-nautes , depuis qu’on s’en est servi pour remplir les ballons aérostatiques. Sa légèreté respective est la cause de l’ascension de ces ballons.
- Le gaz hydtogène prend encore différens noms , selon qu’il est mêlé de différentes substances, ou qu’il en tient quelques-unes en dissolution ; tels sont le gaz hydtogène sulfuré , qui tient du soufre en dissolution ; c’est ce gaz qui minéralisé les eaux sulfureuses , telles que les eaux d’Enghien, de Bonne., de Barège , de Cauteretz, etc.
- ' Le gaz hydtogène ca bane, qui tient du ch'arhon en dissolution ; ce gaz brûle avecune flamme bleue, et lance pendant sa combustion de petites étincelles Manches ou rougeâtres.
- Le gaz hydrogène carbonique, qui est simplement mêlé de gaz acide carbonique , mais sans combinaison; il brûle difficilement,
- Le gaz hydrogène des marais ; ce gaz appelé par Volta , air ou gaz ïnjlanmiàhle des marais, est celui qui est simplement mêlé de la mo-fète ou gaz azotique. Il se dégage des eaux bourbeuses (les marais, des ïnares , des étangs , des égoûts , des latrines , et de tous les lieux où des matières animales pourrissent dans l’eau.
- Le gaz hydrogène est donc le produit de la putréfaction de quelques matières végétales, et de presque toutes les substances animalési Les gaz hydrogènes sont la matière des feux follets qu’on voit au-dessus des marais. Avec ces gaz on fait des feux d’artifice fort agréables, sans fumée et sans bruit. On eu remplit
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- <îes vessies garnies de robinets de cuivre , et de-là dans des tubes 03-liudtiques di fl’éreinment contournés et percés d’un grand nombre de petites ouvertures. En pressant ces vessies plus ou moins fort, suivant le besoin, les gaz hydrogènes passent dans les tubes , sorteut par les ouvertures qui y sont pratiquées ; on les enflamme avec une bougie allumée , après quoi , ils continuent de brûler, jusqu’à ce qu’on en interrompe le cours en fermant les robinets.
- Le gaz hydrogène phosphore est celui qui tient du phosphore en dissolution : ce gaz a une odeur très-fétide ; il s’enflamme par le seul contact de l’air, en produisant une explosion qui seroit très-forte et peut-être même dangereuse, si l’on en présentoii à l’air une grande quantité à la fois ; pendant qu’il brûle , il en part une fumée qui , dans l’air calme , forme une espèce de couronne qui augmente de diamètre en s’élevant.
- Gaz oxigène ( Tr. OXIG.ETïE ) ; c’est le nom que les chimistes ont donné à l’air pur , à cette partie de l’atmosphère qui est capable d’en-trenir la vie des animaux, et la combustion des corps. V. AIR PUR.
- GAZE , s. f. du latin barb. gaz-zotum.
- ( Manuf. ) La gaze est un tissu léger très-clair , ou tout fil, ou tout soie , ou fil et soie , travaillé à claires voies , et percé de trous comme un tissu de crin dont on fait les cribles. Il j en a d’unies, de rayées , de brochées ; les unes et les autres servent aux ornemens et habillement des femmes.
- ( Hist. anc. ) Les anciens fai-soient aussi des gazes très - fines : celle qui étoit connue sous le nom de gaze de cos étoit si déliée, si transparente , qu’elle laissoit voir le corps comme à nu ; c’est pourquoi Publius Syrus appeloit ingénieusement les habits qui en étaient faits ventum texlilem ( du vent tissu ). Cette gaze avoit été inventée par une femme nommée Pamphile , au rapport de Pline, qui dit qu’il ne faut pas frustrer cette femjse de la gloire qui lui est due pour avoir
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- trouvé le merveilleux secret de faire que les habits montrent les femmes toutes nues.
- O11 faisoit la gaze de cos d’une soie très-fine qu’on teignoiten pourpre avant de l’employer, parce qu’après que la gaze étoit faite, elle 11’avoit pas assez de corps pour souffrir la teinture.
- Gx4ZETTE , s. f. du mot vénitien gaze'ta , petite monnaie.
- ( Hist. ) Cahier , feuille volante qu’on donne au public à certains jours de la semaine , et même tous les jours , et qui contient des nouvelles de tous les pa3Ts.
- Le mot gazetta signlfloit originairement une sorte de petite monnaie de Venise qui étoit le prix ordinaire de la feuille des nouvelles ; on a transporté ensuite le nom de la monnaie à la feuille même.
- Ce fut au commencement du i7.e siècle que cet usage fut établi à Venise, dans le tems que l’Italie étoit encore le centre des négociations de l’Europe. Cet exemple fut ensuite imité dans toutes les grandes villes de l’Europe.
- La gazette de France, dont le médecin Théophraste Renaudot obtint le premier privilège, parut pour la première fois, à Paris , eu i63i.
- Les gazettes sont établies à la Chine de tems immémorial. On y imprime tous les jours la gazette de l’Empire par ordre de la cour.
- ( Manufactures de porcelaines ) On appelle gazettes ( corruption de cassettes), en termes de manufacture de porcelaines, des étuis de terre cuite , du des espèces de creusets destinés à garantir les pièces, en cuisant, des gouttes de verre et de la flamme du bois qui ternit la blancheur de la porcelaine.
- GAZIFERE, adj. composé du mot gaz, et du grec 9 b® {phero ), porter : porte-gaz.
- ( Chimie) Instrument ou appareil qui sert à faire le gaz inflammable pur et entièrement dégagé de l’air atmosphérique.
- GAZOLITRE , s. m. composé du mot gaz , et du grec htrpn ( litra ) , ancienne mesure grecque pour les liquides.
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- a’ja GEL
- ( Chimie ) Appareil destiné à calculer juste et en peu de tems les parties gazeuses contenues dans un corps quelconque, et à indiquer la pression.
- GAZOMÈTRE, s. m. composé du mot gaz, et du grec {métron)^
- mesure.
- {Chimie) Instrument qui fait connaître la quantité de gaz employée pendant l’opération, et avec lequel on fait passer à volonté une quantité quelconque de gaz, d’un grand réservoir dans un autre vase, afin d’en régler l’afflux.
- GAZON, s* lm. de l’allemand ivasen.
- ( Agric. ) Terre couverte d’herbe courte et menue.
- De gazon on a fait gazonner, pour plaquer du gazon dans un parterre , autour d’un bassin.
- ( Archit. milit. ) Gazonner, en termes d’art militaire, c’est revêtir de gazon les ouvrages de terre pour en soutenir la masse et en empêcher i’éboulernent.
- GAZONNEUX , ou GAZON-NANT, adj. de gazon.
- ( Botan. ) Plante gazonneuse , c'est-à-dire , qui fait gazon , par le grand nombre de tiges j courtes , rapprochées etfeuillées.
- GEANT, s. m. du grec ylyttç (gi-gas ), fait de yw { gê) , terre, et de yha ( gaô ), naître : fils de la terre ; parce que , selon la fable, les géans étoient fils de la terre : celui ou celle qui excède de beaucoup la stature ordinaire des hommes.
- GELATINE, s. f. de gelo , geler, congeler.
- ( Chimie) La gélatine est une des substances qui composent les matières solides des divers organés des animaux ; elle est susceptible d’en être séparée et dissoute facilement par l’eau bouillante, à laquelle elle donne la forme de gelée en refroidissant. Comme la gélatine fait la base ou la plus grande partie de tous les organes blancs en général ; ceux-ci sont susceptibles de se dissoudre plus ou moins complètement dans l’eau bouillante , et de former des gelées transparentes par le refroidissement de ces dissolutions.
- GEL
- GÉLATINEUX, adj. de GÉLATINE : qui a du rapport, qui ressemble à de la gelée.
- ( Phisiol. ) Le suc gélatineux , dans l’homme , estime liqueur visqueuse contenue dans la masse du sang , dont elle fait partie.
- ( Botan. ) Gélatineux se dit aussi de certaines plantes ou parties de plantes , qui ont la consistance d’une gelée : le nostoc , quelques conserves , etc , sont gélatineux,
- GELÉE , s. f. du lat. Gelus,
- ( Phisique ) Acte par lequel l’eau et les liquides passent de l’état de liquidité à celui de glace.
- Lorsque , dans un pays déterminé , l’air est assez refroidi pour enlever à l’eau une portion du calorique qu’elle contient, et qui est la principale cause de sa fluidité , de manière qu’il ne lui en reste plus assez pour entretenir la mobilité respective de ses parties, elle se gèle naturellement , et se convertit en un corps solide qu’on nomme glace : c’est le premier et le moindre degré de gelée. Ce degré est constant, et pour les temps, et pour les lieux.
- Le degré de froid nécessaire pour la gelée , pour la formation naturelle de la glace , est celui auquel s’arrête la liqueur d’un thermomètre dont on a plongé la boule dans de la glace ou de la neige , qui commence à se fondre , ou même qui est au quart ou an tiers fondue : c’est le degré marqué zéro sur le thermomètre de Deluc , sur celui de Réaumur etsur celui de Newton; 51 sur celui Farenheit , et i5o sur celui de Delisle. V. THERMOMETRE , GLACE.
- ( Jardin. ) Jamais une forte gelée ne produit de plus funestes effets -sur les plantes et sur les arbres , que quand elle succède tout-à-coup à un dégel , à de longues pluies , à une fonte de neiges ; car, dans ces circonstances , toutes les parties des végétaux se trouvent imbibées d’eau , qui , venant à se glacer daus les petits tuyaux où elle s’étoit glissée , écarte les fibres et toutes les parties organiques des arbres même dont le bois est le plus dur , y cause une violente détention,
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- GEM
- tension , et le rpriipt. Ce phénomène a donc pour cause la force expansive de la glace ( V. ce mot). Ji en est de même des fruits : ils perdent leur goût , et lorsque le dégel arrive , on les v it le plus souvent tomber en pourriture. Les parties aqueuses que ces fruits contiennent en grande quantité , étant changées en autant de petits glaçons dont le volume augmente , brisent et crèvent les petits tuyaux qui les renferment : ce qui détruit l’organisation.
- Gelée blanche; ou appelle ainsi les petits glaçons fort menus et très-proches les uns des autres , qu’on aperçoit le matin sur la surface de la terre eu certains tems de 1 année. Ces petits glaçons sont produits par les gouttes de rosée qui, tombant sur la terre et sur les corps qui sont à sa surface , les trouvent assez refroidis pour les geler. La gelée blanche n’est doue qu’une rosée gelée.
- La gelée blanche cause quelquefois de très - grands dommages aux plantes et aux fruits. Cela arrive lorsque l’évaporation est la cause du refroidissement , et surtout lorsque cette évaporation et ses effets sont augmentés par la chaleur qui se ranime dans l’air , et la
- ? rentière action du soleil ; car alors 'évaporation étant plus considérable , le refroidissement en devient aussi plus grand.
- G-EME 4.U, s. m. du lat gemellus. ( Astron. ) Les gémeaux ; c’est, en astronomie, un des douze signes du zodiaque, représenté par Castor et Pollux.
- GEMINE. adj. du lat. geminatus, partie . de gemma re, doubler.
- ( Botan. ) il se dit des parties des plantes, comme des feuilles qui naissent deux ensemble du meme beu, sur ie même rapport, ouran-Prochées deux à deux. Les feuilles de p I usi e ur -> mo relie h so n t géminées, ®t dans ce cas une des deux feuilles «st ordinairement plus petite que 1 autre.
- GEMMLTION, s. f. du lat. gem-maGo, formé de gemmare , bourgeonner .- l’action ue bourgeonner, bourgeonnement.
- Tome IZ.
- GEM ayS
- ( Bolan. ) On comprend , sous le titre général de gemmation tout ce qui concerne le bourgeonnément des plantes vivaces et ligneuses. C’est aussi l’époque où leurs bourgeons entrent en action de développement. V BOURGEONS, BULBE, PL OP AGIN E, TL R ION.
- GEMME , s. f. du lat. gemma , pierre précieuse , ou le bouton des fleurs.
- ( Minéral. ) Les gemmes ou pierres précieuses sont des cristaux colorés par des oxides métalliques. Il y a eu une grande confusion, jusque dans ces derniers tems, dans la nomenclature des pierres précieuses. Chaque auteur a suivi une marche différente, et donné differens noms à telle ou telle pierre, ün a distingué particulièrement les pierres d’orient et les pierres d’occident ; cependant cette distinction ne paroît nullement fondée. Un vrai diamant et un vrai saphir,sont toujours les mêmes, n’importe où iis seirouvent; c’est sans do qte ce qui fait queparmi les joailliers eux - mêmes le terme orientale exprime la perfection d’une pierre, plu ôt qu’il n’indique le lieu d’où elle vient.
- D’antres naturalistes, mais surtout les commerçans classent les
- f emmes d’après lenr couleur -, mais es observations récentes ont fait voir que le diamant n’est pas toujours nlanc, le rubis toujours rouge, la topaze toujours jaune, etc., et qu’enfin différentes gemmes ont la même couleur.
- Les naturalistes modernes ont donc cherché d’autres caractères plus sûrs. Ces caractères sont leur câssure, leur pesanteur, leur phosphorescence , leur propriété plus ou moins électrique , leur cristallisation, leur action sur les substances qu’elles attaquent en les rayant, et la forme de leur molécule intégrante.
- Sel gemme; on appelle ainsi 1® sel qui se tire des mines à cause de sa ressemblance avec les cristaux gemmes.
- GEMMIPARE, adjec. du latin gemma , dans la signification de bourgeon et de pario , engendrer , produire : qui porte ou produis des bourgeons.
- S
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- (Bot an. ) Il se dit des plantes ui produisent ou peuvent produire es bourgeons. Les plantes annuelles ne sont pas getnmipares, non plus que la plupart des plantes ligneuses de la zone torride.
- GÉN ALE, adj. du lat. gêna, joue : quj appartient aux joues, ha glande gêna e est une glande con-lomérée , dont le canal s’insère ans celui de la parotide.
- GENCIVE, s. f. du lat. gengiva.
- ( Physiol ) Chair ferme et immobile, qui occupe le dessus des alvéoles , dans lesquelles les dents sont enchâssées,
- GENDARME, s. m. pour homme d’arme,
- ( Art milit. ) C’étoit autrefois un cavalier armé de toutes pièces , c’est-à-dire, qui avoit pour armes défensives le casque, la cuirasse, et toutes les armures nécessaires pour couvrir toutes les parties du corps. I,e cheval du gendarme avoit la tête et les flancs aussi couverts d’armes défensives. Les cavaliers ainsi armés furent d’abord appelés hommes d’armes, et ensuite gendarmes.
- Charles Vïl, se voyanttranquille, réduisit toute la gendarmerie à to compagnies. A l’imitation du roi , les princes et les officiers de la cou-Tcoune formèrent des compagnies , qu’on nomma, à cause de la discipline sévère introduite par le monarque, compagnies d’ordonnance. Ces compagnies subsistèrent jusqu’en 160g, que Louis XIV supprima celles des seigneurs , et resta aeul capitaine de toute la gendarmerie.
- On a depuis donné le nom de gendarmes de lat garde à une compagnie formée par Henri IV, à son avènement à la couronne.
- Aujourd’hui les gendarmes, ou la gendarmerie nationale, est une troupe qui a remplacé la maréchaussée , et qui , comme elle, est établie pour veiller à la sûreté intérieure de la République , et surtout des campagnes.
- \Jouailleriej Gendarmes se dit aussi de certains points qui se trouvent quelquefois dans les diamans , qui ressemblent à la fêlure d’un
- .GEN
- diamant, et qui en diminuent 1# prix.
- GENDRE, s. m. du lat. gener formé de genus , race , parce qu’on prend un gendre pour perpétuer sa race.
- ( Relat. ) Beau-fils, celui qui a épousé la fille de quelqu’un, et à qui on donne ce nom , par rapport au père et à la mère , dont l’un s’appelle beau - père , et l’autre belle-mère.
- GÉNÉALOGIE, s. f. du grec yiyicfhoyiz (généalogia ) , formé de yivoç{ génos ), race , famille, et de xoyo: ( logos } , discours : dénombrement d’aïeux. Histoire sommaire des parentés et alliances d’une personne ou d’une famille , tant en ligne directe qu’en ligne collatérale.
- . Arbre généalogique-, on appelle ainsi une ligne placée au milieu de la table généalogique,qu’elle divise en d’autres petites lignes qu’on nomme branches, et qui marquent tous les descendans d’une famille.
- GÉNÉRATEUR , s. m. du latin generator, formé de generare, engendrer , et d'agere, agir, faire, produire.
- ( Géom. ) Ce qui engendre par son mouvement, soit une ligne, soit une surface , soit un solide. Ainsi, on appelle cerclegénéra'eut de la cycloïde le cercle qui dans son mouvement trace la cycloïde par un des points de la circonférence. On appelle ligne génératrice d'une surface la figue droite ou courbe qui par son mouvement engendre cette surface.
- GÉNÉRATION , s. £ du lat. generare , engendrer , et de agere • l’action d’engendrer.
- ( Physiol. ) Production de son semblable , qui se fait par le secours de la semence de l’homme après la copulation. La génération est précédée de la conception, qui est le premier instant auquel 1* semence est mise en action pour la production du fœtus. F*. CONCEP“ TION.
- La génération est un mystère aussi impénétrable qu’admirable. Les anciens ont cru qu’il y avoit trois espèces de générations, ce qUI
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- leur a fait diviser les animaux en trois classes; savoir , enputripares, c’est-à-dire, formés par la pourriture ; en vivipares , c’est-à-dire , formés seulement du mélange de la semence des deux sexes ; et en'ovi-pares , c’est-à-dire, formés d’un œuf.
- Les modernes conviennent tous que la pourriture ne peut pas former d’animaux , mais qu’elle peut seulement faire éclorre les œufs de certains insectes. Ils reconnoissent tous qu’il n’y a point d’animal qui ne vienne d’un œuf ; mais comme il y en a certains qu’on peut appeier vivipares , parce qu’ils sont vivans en sortant du ventre de la femelle, et d’autres qu’on peut appeler ovipares, parce qu’ils sont encore renfermés dans l’œuf lorsque la femelle les produit, ils ne disputent entr’eux que sur deux questions : la première , si l’animal est contenu dans la semence , ou s’il est contenu en abrégé dans l’œuf avant l’approche du male et de la femelle ; la seconde , qu’elle route tient la semence pour parvenir à l’œuf.
- Quant à la première question, les uns pensent que chaque œuf contient originairement l’animal qui en doit sortir, et que la semence ne sert qu’à le vivifier. Les autres ne regardent les œufs que comme de petits nids destinés à recevoir l’ani mal qui do-t y être porté par la semence.
- Par rapport à la seconde question , les uns soutiennent que la semence reçue par la femelle se mëie avec le sang, et ne parvient a l’œuf que par la circulation. Les autres assurent qu’elle passe de la matrice dans une des deux trompes, ou dans toutes les deux, et de là aux ovaires.
- Tous conviennent que dès que la semence est parvenue aux ovaires, les trompes se contractent, que leurs pavillons s’appliquent à des ovaires ; qu’ils les embrassent pour recevoir l’œufvivifié par la semence, ou dans lequel l’animal est entré, et que l’œuf se gonfle, se détache et descend par une des trompes dans la matrice. Lorsque l’œuf fécondé est dans la matrice, il y augmente de volume et s’y attache; ses partie*
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- se développent, et le fœtus se forme avec ses dépendances.
- "( Géom. ) Génération, en termes de géométrie , est la formation qu’on imagine d’une ligne, d’un plan ou d’un solide , par le mouvement d’nn point, d’une ligne ou d’une surface : par exemple , on peut imaginer qu’une sphère est formée par le mouvement d’un demi-cercle autour de son diamètre ; de même 011 peut regarder un parallélogramme comme engendré par le mouvement d’une ligne droite qui se meut toujours parallèlement à elle-même, et dont tous les points se meuvent en ligne droite.
- GENESE , s. f. du grec yinmt ( génêsis ) , origine , génération , naissance , dérivé de yuyopsu ( gêi-nornai ), naître.
- ( Ecriture-Sainte ) , Premier livre de la Bible, où la création du monde et l’histoire des premiers patriarches sont écrits. Les Hébreux l’appellent Beresith , parce que dans leur langue elle commence par ce mot, qui signifie , àu commencement , inprincipio. Ce sont les Grecs qui lui ont donné le nom de Genèse, parce que ce livre commence par l’histoire de la génération, de la création de tous les êtres. L’auteur de ce livre est Moïse.
- . GENETHLIAQUES , s. f. du grec yiv$\» ( généthlê ) 3 origine , naissance , dérivé de yiiyop.su ( géi-nomai ), naître.
- ( Astrol. ) Espèce d’astrologues qui dressent des horoscopes, et prétendent tirer de l’état du ciel , au moment de la naissance d’un enfant, des prédictions sur les événemens de sa vie, ou sur son sort dans l’avenir.
- (Poésie ) Ce mot s’emploie aussi adjectivement, en parlant despoè'-mes ou des discours composés sur la naissance d’un prince , ou de quelque personnage illustre,auquel on promet de grands avantages, de grandes prospérités. La quatrième églogue de Virgile , adressée à Poliion , est un poème généthlia-que.
- GENETHLIOLOGIE , s. f. du grec ym^hn ( généthlê), naissance, S 3>
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- et de xeytt ( logos ) , discours : discours sur la naissance.
- ( Astrol. ) Art de prédire l’avenir par le moyen des astres, eu les comparant avec la naissance ou la conception des hommes.
- GÉNIE , s. m. dans la signification d’esprit ou démon, vient du Jat. genius, formé de génération, engendrer, produire.
- ( Mythol.) L’esprit ou le démon , soit bon , soit mauvais, qui , selon l’opinion des anciens , accompagne les hommes depuis leur naissance jusqu’à leur mort. lise dit aussi de ces esprits ou démons qui présidaient à de certains lieux, villes , etc.
- GÉNIE, s. m. dans la signification de faculté de l’ame , du latin ingenium , talent , inclination ou disposition naturelle pour quelque chose d’estimable et qui appartient à l’esprit.
- ( Elocution ) Le génie, à l’égard des lettres , est une sorte d'inspiration fréquente,mais passagère ; et son attribut est de créer : le génie diffère du talent, en ce que celui-ci est une disposition particulière «t habituelle à réussir dans une chose , une aptitude à donner aux sujets que l’on traite et aux idées qu’on exprime, une forme que l’art approuve, et dont le goût soit satisfait. Le mérite du talent est dans l’industrie , celui du génie est dans l’invention.
- ( Musique. ) « Le génie du mu-» sicien, dit J. J, Rousseau, soumet » l’univers entier à son art. Il peint » tous les tableaux par des sons ; il » fait parier le silence mèmejil rend » les idées par des sentimens, les » sentimens par des accens ; et les a» passions qu’il exprime , il les » excite au fond des cœurs. La vois lupté, par lui, prend de nouveaux » charmes 5 la douleur qu’il fait » gémir arrache des cris : il brûle s sans cesse et ne se consume ja-» mais. Il exprime avec chaleur les » frimats et les glaces ; même en » peignant les horreurs de la mort, » il porte dans l’ame ce sentiment » de vie qui ne l’abandoune point , b et qu’il communique aux cœurs 3 faits pour i« sentir. Mais, hélas 1
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- » il ne fait rien dire à ceux où son » germe n’est pas, et ses prodiges » sont peu sensibles à qui ne les » peut imiter. »
- ( Peinture. ) La définition du énie , en peinture, va se trouver ans ce que dit Mengs du génie de Raphaël : c<Il étoit(Raphaël ) doué, » sans doute, d’un génie supérieur, » non de celui qu’on croit en gé-» néral propre à la peinture, et » qui n’est qu’une immagination » brillante , mais d’un génie réflé-» chi, vaste et profond. Car , pour » devenir un grand peintre, il n’est » pas tant nécessaire d’avoir une » grande vivacité d’esprit , qu’un » discernement juste, capable de » distinguer le bon du mauvais , » avec une ame tendre et sensible » sur laquelle tous les sentimens » font une prompte impression , » comme sur une cire molle , mais » qui cependant ne change de forme » qu’au gré de l’artiste. Tel doit » être le génie du peintre , tel a été » celui de Raphaël ; car pour donner » cette vivacité que nous remar-» quons dans ses compositions, il » falloit nécessairement qu’il pût «modifier à l’infini ses propres » sensations , puisque , sans avoir b bien conçu le mouvement que b doit faire un homme dans la si-b tuation déterminée où nous 1© b supposons , on ne sauroit le ren-b dre sur la toile. L’esprit préside b à toutes nos actions ; par consé-b quent celui qui ne sait pas se re-b présenter vivement une chose , b saura bien moins encore la pein-b dre ; et si l’on y parvenoit par b quelque moyen artificiel, on ne b leroit aucune impression sur l’es^ b prit du spectateur.- b
- ( Art milit. ) Génie ; c’est l’art de fortifier, d’attaquer , de défendre un camp , une place , un poste. Le maréchal de Vauban et 1® marquis de Louvois ont élevé 1® génie au point où il est, en s’appliquant à avancer les officiers qui ont marqué du goût pour ce service.
- ( Archit. ) Génies , du latin genius , esprit ; enfans ailés de bronze, de marbre ou d’autre matière t qui serrent dans les ornées
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- jnens à représenter des vertus et des passions.
- GÉNIOGLOSSE , s. m. et adj. du grec yivuov ( généion), menton, et de y-hoa-TA ( glossa ) , langue.
- ( Physiol. ) Nom de deux muscles situés immédiatement au dessus des génio-hyoïdiens. ( Voyez ce mot. ) Ils sortent charnus de la partie antérieure interne de la mâchoire inférieure , et vont s’insérer à la racine de la langue : lorsque ces muscles agissent, ils tirent la langue hors de la bouche.
- GÉNIO-HYOIDIEN, s. m. et adj. du grec yîvsiov ( généion ), menton, et de uQitS’is ( huôeides ) , l’os hyoïde.
- ( Physiol. ) Nom de deux muscles épais et charnus , qui sortent de la face interne de l’os de la mâchoire inférieure , un peu au-dessus du menton ; ils s’élargissent ensuite , et se rétrécissent aussitôt après pour aller s’insérer à la partie supérieure antérieure de l’os hyoïde.
- GÉNIOPHARINGIEN , s. m. et adj. du grec yivuov ( gêné.on ) , menton, et de <pctpvyf ( pharynx ) , le pharynx,
- ( Phvsiol. ) Nom de deux muscles qui partent du menton,et vont s’insérer au pharynx.
- GÉNITAL, adj .dulat.g,enz\‘a7z.s,
- du verbe engendrer ; qui appartient ou qui a dû appartenir à la génération. Vertu , faculté génitale esprit génital ; parties génitales.
- GÉNITOIRES , s. f. du latin geno , pour gigno , engendrer.
- { Physiol.) Testicules , parties qui servent à la génération dans les mâles. Il se dit aussi des hommes et des animaux. Couper les géni-toires.
- GÉNITURE, s. f. du latin geno, pour gigno , engendrer.
- ( Physiol. ) C’est la semence ou l’œuf fécondé dans le sein de la mère ,lorsqu’il n’est encore qu’une masse informe , et qu’il ne paroît aucun vestige d’organisation.
- Hippocrate étend ce mot jusqu’au sixième jour , après lequel la gé-niture prend le nom d'embryon , et ensuite celui de fœtus.
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- GENOU , s. m. du grec yow ( gonê ), dont les Latins ont fait gêna.
- ( Anat.)Partie du corps humain, qui joint la cuisse avec la jambe , pardevant.
- ( Mécan. ) Boule de cuivre , ou d’autre matière , emboîtée de telle sorte , qu’elle peut tourner sans peine de tous côtés comme on veut.
- Le genou simple d’un quart de cercle est un axe vertical , portant une ouverture horizontale à sa partie supérieuie.
- L’axe tourne dans une cavité du pied de l’instrument, et l’ouverture supérieure reçoit le cylindre qui est lixé au centre du quart de cercle , et qui y tourne à frottement.
- Le genou double contient une autre pièce semblable qui tourne dans la précédente, et qui sert à incliner ie plan d’un quart de cercle.
- Or: se sert dans les graphomètres, les boussoles et autres iustrumens légers , d’un genou plus simple , qui ne consiste qu’en une boule fixée par une tige à la partie inférieure de l’instrument , et qui est reçue dans une concavité d.i pied ou du support , où elle tourne à frottement • on rend le frottement .plus ou moins dur en serrant avec des vis les deux calottes ou hémisphères qui forment cette concavité.
- GENOULLLÉ , adj. de genou , eu latin genu.
- ( Botan) Articulé et fléchi, ou susceptible de flexion; il est quelquefois synonyme de noueux.
- On dit encore qu’une plante est genouillêe , lorsqu’une de ses parties a une flexion très-notable et qu’elle forme comme un angle.
- GENRE, s. m. du latin genus, generis , de geno , pour gigno, engendrer. Collection d’objets réunis sous un point de vue qui leur est commun et propre.
- ( Logique ) Genre, en logique, désigne ce qui est commun à diverses espèces , et qui a sous, soi. plusieurs espèces différentes. On dit en logique , que la définition est composée du genre et de la différence.
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- ( Grammaire ) La grammaire latine divise les noms en trois genres , le masculin , le féminin et le neutre. La langue française n’a point de genre neutre.
- ( jRhétor. ) Argumenter par le genre, argumenter par l’espèce ; c’est observer dans l’ordre des idées un enchaînement par lequel on descend par degrés de l’idée la plus générale à la plus particulière, et on monte de la plus particulière à la plus générale.
- Ou argumente par le genre lorsque, pour soutenir une proposition particulière, on commencera par établir le principe général qui contient cette proposition particulière , par exemple, Cicéron voulant prouver que Milon a pu sans crime tuer Clodius, remonte à cette proposition générale : Il est permis de tuer un ennemi qui menace nos jours ; et il le prouve p ir des exemples , par la loi naturelle, par la loi écrite, et par l’usage où l’on est de porter des armes d’où il conclut que Milon a pu et même dû tuer Clodius qui en vouloit à sa vie.
- Argumenter par l'espèce ; c’est lorsque voulant établir , par exemple , qu’il n’y a point de vertu à se donner la mort, on commence à prouver qu’il n’y a dans cette action ni courage, ni prudence, ni justice. Courage, prudence et justice sont des espèces comprises sous le terme générique, vertu.
- Les orateurs argumentent par le genre, les philosophes par l’espèce. Le philosophe , qui cherche la vérité, aime mieux partir des idées les plus simples ; il court moins de risque de se tromper : l’orateur , au contraire , gagne souvent, non
- Ïias à se tromper , mais à tromper es autres.
- ( Géom. Alg. ) Les lignes géo-métriquessont distinguées en genres ou ordres , selon le degré de l’équation qui exprime le rapport qu’il y a entre les ordonnées et les abscisses.
- Les lignes du second ordre ou sections coniques sont appelées courbes du premier genre ; lignes du troisième ordre, courbes du second genre , et ainsi des autres.
- Le mot genre s’emploie aussi
- GETÎ
- quelquefois en parlant des équations et des quantités différentielles, ainsi, quelques uns appellent équations dû second, du troisième genre, etc. , ce qu’on appelé aujourd’hui plus ordinairement équations du second, du troisième degré, etc; et on appelle aussi quelquefois différentielles du second , du troisième genre , etc. , ce qu’on appelle plus communément dtjj'érentielles du second , du troisième ordre.
- ( Méd. ) Genre nerveux , musculeux , membraneux, vasculeux; c’est une expression dont les médecins se servent fréquemment pour signifier tous les nerfs , les muscles , les membranes , les vaisseaux du corps en général.
- ( JBotan. ) Genre est, à l’égard des plantes, un assemblage d’espèces connues ou à connoître , qui conviennent entr’elles parles principales affections des parties de la fructification.
- Une seule espèce connue et même existante peut constituer un genre lorsqu’elle ne peut-être justement rapportée à aucun des genres connus; ce qui semble confirmer l’exactitude de la définition ci-dessus.
- Un genre de plante n’existe pour la science que lorsque le caractère en a été convenablement établi et publié, et qu’on lui a imposé un nom.
- Les espèces existent dans la nature , au lieu que les genres ne sont que des abstractions de l’esprit, des points d’appui imaginaires pour secourir la mémoire , et pour rendre les observations plus fondées et moins incertaines.
- ( Musique ) La musique moderne a , comme l’ancienne musique des Grecs , le genre diatonique , le chromatique et Y enharmonique {Voy. ces trois mots ) ; mais nous considérons cesgenressous desidées fort différentes de celles qu’ils en avoient. C’étoient pour eux autant de manières particulières de conduire le chant sur certaines cordes prescrites.Pour nous,ce sont autant de manières de conduire le corps entier de l’harmonie, qui forcent les parties à suivre les intervalles prescrites par ces genres : de sorte que le genre appartient encore plus
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- |Vharmonie qui l’engendre, qu’à la mélodie qui le fait sentir.
- ( Peinture ) On nomme peintres de genre , les artistes qui se sont consacrés particulièrement à représenter plusieurs objets.
- GÉOCENTRIQUB , adj. du grec y» ( gê). terre, et de tron ), centre.
- ( Astron. ) Il se dit du lieu d’une planète, en tant qu’on la considère par rapport à la terre.
- Le mot géocentrique n’est en usage, dans la nouvelle astronomie, que pour signifier la longitude géocent, ique d’une planète, c’est-à-dire , le lieu de l’écliptique auquel répond la planète vue de la terre ; et pour la latitude géocentrique, c’est l’angle que fait une ligne qui joint la planète et la terre avec le plan de L'orbite terrestre, qui est la véritable écliptique ; ou , ce qui est la même chose , c’est l’angle que la ligne qui joint la planète et la terre forme avec une ligne qui aboutiroit à la perpendiculaire abaissée de la planète sur le plan de l’écliptique.
- GÉOCYCLIQUE, s. m. du grec 7-» ( gé ), terre, et de %vx\oç [huklos\ cercle : cercle de la terre.
- ( Astron. ) On nomme ainsi une machine propre à représenter le mouvement de la terre autour du soleil ; et sur-tout l’inégalité des saisons , par le parallélisme constant de l’axe de la terre.
- On trouve une machine de cette espèce décrite par Nicolas Muler , dans l’édition qu’il a donnée en 1617 du livre de Copernic. Il y en a une dans Fergusson ( astronomy explained 1764): il n’est pas difficile d’en imaginer de différentes espèces ; mais il suffit, pour représenter le parallélisme de la terre, que son axe soit placé fixement sur une poulie, et qu’au centre du soleil il y ait une poulie égale à l’autre, avec un cordon sans fin qui passe sur ces deux poulies, et qui serre l’une et l’autre : alors on pourra faire tourner la terre tout autour du soleil, sans que son axe cesse d’être incliné et dirigé vers la même région du ciel, et parallèle à lui- même.
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- GÉODE, s. f. du gree ymüiii (géodes ), terrestre.
- ( Minéral. ) Coques pierreuse» d’une forme ovoïde, et tapissées intérieurement de diverses cristallisations.
- GÉODÉSIE', s. f. du grec y» (ge), terre, et de ocuu> ( aaio ), diviser.
- ( Géom. ) Partie de la géométrie qui enseigne à mesurer et à diviser les terrés et les champs entre plusieurs propriétaires. Pour les méthodes , V. la Géométrie de M. le Clerc, sur le terrain.
- Le mor géodésie s’entend aussi quelquefois des opérations géométriques ou trigonométriques nécessaires pour lever une carte, soit en petit, soit en grand. C’est pour cette raison que quelques auteurs ont appelé opérations géodésiques, celles qu’on fait pour trouver la longueur d’un degré terrestre du méridien , ou, en général, d’une portion quelconque du méridien de la terre. Us les appellent ainsi pour les distinguer des opé a'ions astronomiques que l’on fait pour trouver l’amplitude de ce meme degré.
- GÉOGNOSIE , s. f. du grec ™ (gé ), terre , et de yvœtns (gnôsis J, connoissance.
- ( Minéral. ) Mot adopté par les minéralogistes allemands pour désigner la science qni apprend à éonnoitre la structure , la situation et la nature des gr ndes masses de matières pierreuses,ou d’autres substances minérales qui entrent dans la composition de l’écorce de la terre. Les minéralogistes français se servent du terme GÉOLOGIE V ce mot j mais dans un sens plus étendu.
- GEOGRAPHIE, s. f. du grec-y» ( gê ), terre, et de y?*<poi (g/ap/>o)t décrire : description de la terre.
- Science qui enseigne la position de toutes les régions de la terre, les unes à l’égard des autres et par rapport au ciel, avec la description de ce qu’elles contiennent de principal.
- O11 distingue \<igéographie en universelle et particulière. La première considère toute la terre en général, sans entrer dans le détail particulier des pays ; la seconde décrit la «ituation et la constitution de tifen-
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- ue pays séparément ; et on subdî-ivise cette dernière en chorographie, qui décrit des pays d’une étendue considérable ; et en topographie , qui n’embrasse qu’un lieu ou une petite portion de terrain.
- La géographie, née en Egypte, Comme les autres beaux-arts, occupa successivement l’attent'on des Grecs , des Romains, des Arabes et des peuples occidentaux de l'Europe.
- La première carte géographique dont parlent les auteurs anciens est celle dé Sésostris, le premier et le plus grand conquérant de l’Egypte. Mais quelque ancienne ,que l'on puisse supposer la géographie, elle Fut long-tems à devenir une science fondée sur des principes certains. Les Grecs asiatiques furent les premiers qui, aidés des lumières des astronomes chaldéens et desgéomètres d’Egypte , commencèrent à former différens systèmes sur la nature et la figure de la terre. Les uns la croyoient nager dans la mer comme une balle dans un bassin d’eau ; d’aut.resluidonnoient la figure d’une surface plate entrecoupée d’eau ; mais Thalès le milésien fut le premier qui construisit un globe terrestre, et représenta sur une table d’airain la terre et la mer.
- Le goût de la géographie ne tarda pas à passer, avec les arts , de la Grèce à Rome Scipion - Emilien donna des vaisseaux à Polybe pour reconnoître les côtes d’Afrique, d’Espagne et des Gaules.
- Sous le consulat de Jules-César et de Marc-Antoine , le sénat conçut le dessein de faire dresser des cartes de l’Empire plus exactes que celles qui avoient paru jusqu’alors. Zé-nodore, Théodore et Polyclète furent les trois ingénieurs employés à cette grande entreprise.
- Sous le règne d’Auguste, la description générale du monde , à laquelle les Romains avoient travaillé pendant deux siècles, fut enfin achevée sur les mémoires d’Agrippa, et mise au milieu de Rome sous un grand portique bâti exprès.
- L’amour des sciences et des arts , chassé d’Europe par la barbarie qui suivit la décadence de l’empire roumain, se réfugia en Asie, et trouva
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- chez les Arabes un accès favora-i ble.
- Almamon, calife de Babvlone, fit traduire du grec en arabe le livre de Ptolemée , intitulé la Grande Composition , ou VAlmageste, et mesurer , au travers des plaines de Sennaar , un degré du grand cercle de la terre.
- Cene fut que dans le i6.e siècle que la géographie commença i prendre vigueur en Europe. L’Allemagne, l’Angleterre. l’Italie, l’Espagne, la Suède, la Russie et la France ont procuré un grand nombre de travaux précieux.
- La géographie doit être distinguée principales ent en géographie ancienne , qui est la description de la terre conformément aux connois-sances que les anciens en avoient jusqu’à la décadence de l’empire romain ; en géographie du moyen âge , depuis la décadence de l’empire romain jusqu’au renouvellement des lettres ; et en géographie moderne, qui est l’état actuel de nos connoissances depuis le renouvellement de la géographie.
- GÉOHYDROGRAPHIE , s. f. composé du grec y» \gê)^ terre , d’üJa>p ( hudor), eau, et de ypajnn ( graphô) , décrire: description de la terre et des eaux.
- GÉOLOGIE, s. f. du grec yï (gé). la terre., et de xoyoç ( logos), discours, traité.
- ( Hist. nat. ) Science qui a pour objet là connoissance de l’histoire naturelle du globe terrestre.
- GÉOMÉTRAL, adj. ( V. GÉOMÉTRIE), qui appartient à la géométrie.
- ( Optique) On appelle ainsi la représentation d’un objet, faite de manière que les parties de ces objets aient entre elles le même rapport qu’elles ont réellement dans l’objet tel qu’il est : le plan géométral est opposé à plan perspectif, parce que dans celui-ci les parties de l’objet sont représentées dans le tableau avec les proportions que la perspective leur donne. V. PLAN GÉO-METRAL.
- GÉOMÈTRE , s. m. ( F. plusbas GÉOMÉTRIE.
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- ( Matîiém. ) Il se dit proprement d’une personne versée dans la géométrie; mais on applique en général ce nom à tout mathématicien, puisque la géométrie étant une partie essentielle des mathématiques , et qui a sur presque toutes les autres une influence nécessaire , il est difficile d’être versé profondément dans quelque point des mathématiques que ce soit, sans l’être en même tems dans la géométrie. Ainsi, on dit de Newton qu’il étoit grand géomètre pour dire qu’il étoit grand mathématicien.
- GÉOMÉTRIE, s. f. du grec yn [gé ), terre, et de purpov ' métron), mesure : mesure de la terre.
- La géométrie est la science des propriétés de l’étendue , en tant qu’on la considère comme simplement étendue et figurée.
- Il y a apparence que la géométrie, comme ia plupart des autres sciences , est née en Egypte. Selon Hérodote et Strabon, les Egyptiens ne pouvant reconnoître les bornes de leurs héritages , confondues par les inondations du Nil, inventèrent l’art de mesurer et de diviser les terres, afin de distinguer les leurs par la considération de la figure qu’elles avoient, et de la surface qu’elles pouvoient contenir.
- De l’Egypte, la géométrie passa en Grèce, oùl’onprétendqueThalès la porta, et l’enrichit de plusieurs propositions de son invention.
- Après lui vint Pythagore, à qui on attribue la fameuse proposition du carré de l’hypothénuse.
- Les philosophes qui succédèrent à Pythagore continuèrent à cultiver l’étude de la géométrie. Plutarque nous apprend qu’Anaxagore de Clo-zomène s’occupa du problème de la quadrature du cercle, dans la prison où il avoit été renfermé, et qu’il composa même un ouvrage sur ce sujet.
- Platon, qui donnoit à Anaxagore de grands éloges sur son habileté en géométrie, en méritoit aussi beaucoup lui-même On sait qu’il donna une solution très-simple du problème de la duplication du cube.
- Entre Anaxagore et Platon, on àoit placer Hyppoerate de Chio,
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- l’inventeur de la fameuse quadrature de la lunule.
- Euclide recueillit ce que ses prédécesseurs avoient trouvé sur les élémcns de géométrie, et il en composa un ouvrage que bien des modernes regardent comme le meilleur en ce genre. Dans ses élêmens, Euclide ne considère que les propriétés de la ligne droite et du cercle , et celle des surfaces et des solides rectilignes et circulaires; ce n’esf pas néanmoins que du tems d’Euclide il n’y eût d’autre courbe connue que le cercle ; les géomètres s’étoient déjà aperçus qu’en coupant un cône de différentes manières, on formoit des courbes différentes du cercle, qu’ils nommèrent sections coniques
- Les différentes propriétés de ces courbes , que plusieurs mathématiciens découvroient successivement, furent recueillies en huit livres par Apollonius du Perge, qui vivoit environ ?.5o avant J. C. Ce fut lui, à ce qu’on prétend, qui donna aux trois sections coniques les noms qu’elles portent, de parabole, d’ellipse et dhyperbole.
- A peu près en même tems qu’A-pollonius, fleurissoit Archimède , dont il nous reste de si beaux ouvrages sur la sphère et le cylindre , sur les cono'ides et les sphénoïdes, .sur la quadrature du cercle qu’il trouva par une approximation très-simple et très-ingénieuse, et sur celle de la parabole qu’il détermina exactement.
- Les Grecs continuèrent à cultiver la géométrie même après qu’ils eurent été subjugués par les Romains. La géométrie et les sciences en général ne furent pas fort en honneur chez ce dernier peuple, comme on peut le voir par la légèreté avec laquelle Cicéron parle d’Archimède, et par le nom de mathématiciens donné à tous ceux qui se mêloient de deviner. Les Grecs eurent, depuis l’ère chrétienne, et assez long-tems après la translation de l’empire, des géomètres habiles. Ptolomée vivoit sous Marc-Aurèle : nous avons encore les ouvrages de Pappus d’Alexandrie, qui vivoit du tems .de Théodose-Proclus qui fleurissoitvers le commencement du sixième siècle,
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- qui démontra les théorèmes d’Eu-clide , et se rendit fameux par les miroirs ( vrais ou supposés) dont il «e servit, dit on, pour brûler la flotte de Vitalien qui assiégeoit Constantinople.
- L’ignorance profonde qui couvrit l’Occident depuis la destruction de l’empire romain par les barbares, nuisit à la géométrie comme à toutes les autres connoissances; mais les siècles d’ignorance chez les chrétiens furent les siècles de lumières chez les Arabes : cette nation a produit, depuis le neuvième jusqu’au uatorzieme siècle, des astronomes, es géomètres, des géographes, des chimistes , etc. Il y a apparence qu’on doit aux Arabes les premiers élémens de l’algèbre ; mais leurs ouvrages de géométrie ne sont point parvenus jusqu’à nous, ou sont encore manuscrits.
- A la renaissance des lettres , on se borna presque uniquement à traduire et à commenter les ouvrages de géométrie des ancieus ; et cette science fit d’ailleurs peu de rogiès jusqu’à Descartes. Ce grand omme publia en i637 sa géométrie et la commença par la solution d’un problème où Pappus dit que les anciens mathématiciens étoient restés. Mais ce qui est plus précieux encore que la solution de ce problème , c’est l’instrument dont il se servit pour y parvenir, Yapplication de Valgèbre à la géométrie, C’étoit là le plus grand pas que la géométrie eût fait depuis Archimède, et c’est l’origine des progrès surpre-nans que cette science a faits dans la suite.
- On doit à Descartes non seulement l’application de l’algèbre à la géométrie , mais les premiers essais de l’application de la géométrie à la hysique , qui a été poussée si loin ans ces derniers tems. L’analyse a renversé, depuis , ses hypothèses et ses calculs ; mais ce grand homme n’en a pas moins la gloire d’avoir appliquélepremier avec quelque succès la science de la géométrie à la science de la nature, comme il a le mérited’avoir pensé le premier qu’il y avoit des lois du mouvement , quoiqu’il se soit trompé sur ces lois-.
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- Tandis que Descartes ouvroit dans la géométrie une carrière nouvelle , d’autres mathématiciens s’y frayoient des routes à d’atitres é-gards, et préparoient, quoique foi-blement, cette géométrie de l’infini , qui , à l’aide de l’analyse , devoit faire dans la suite de si grands progrès. Deux ans avant la publication de la géométrie de Descartes, Bon aventure Cavalieri avoit donné sa géométrie des indivisib.es. Grégoire de Saint-Vincent, mais surtout Paschal qui vint après , adoptant l’idée de Cavalieri, la renait plus exacte, en appliquant le calcul à la géométrie de l'infini, qu’il rendit beaucoup plus facile. Fermât imagina le premier la méthode des tangentes par les différences ; Barreau la perfectionna; Wallis, ÜVÎe-naton, Brouncker, Jacques Gvegori, Huyghens, etc., se signalèrent dans la recherche de l’arithmétique des infinis. Leibnitz publia en i684 les règles du calcul différentiel que M. Newton avoit, assure-t-on, trouvé de son côté ; enfin Jean Ber-nouilli y ajouta, quelques années après , la méthode de différencier les quantités exponentielles.
- M. Newton n’a pas moins contribué aux progrès de la géométrie pure par son ouvrage sur la quadrature des courbes , par celui qui a pour titre, Enumération des lignes du troisième ordre; mais ces écrits , quelqu’admirables qu’ils soient , ne sont rien en comparaison de l’immortel ouvrage du même auteur, intitulé .• Philosophiœ naturalis principia mathematica, qu'on peut regarder commel’applicationla plus étendue, la plus admirable, et la plus heureuse qui ait jamais éié faite de la géométrie à la physique.
- L’édifice élevé par Newton à cette hauteur immense, n’étoit pourtant pas encore achevé le calcul intégral a été depuis extrêmement augmenté par Bernomlli, Cotte , Mac-Laurin , et par les mathématiciens qui sont venus après eux. On a fait des applications plus subtiles,
- fdus henreuses, et plus exactes de a géométrie à la physique. On a beaucoup ajouté à ce que Newton avoit commencé sur le système du
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- jy, onde. Consultez Y Histoire des Ma-thématiques de M. de Montucia.
- On divise la géométrie en élémentaire et en transcendante.
- La géométrie élémentaire ne considère que les propriétés des figures rectilignes ou circulaires , et des solides terminés par ces figures.
- La géométrie transcendante est proprement celle qui a pour objet toutes les courbes différentes du cercle , comme les sections coniques et les courbes d’uu genre plus élevé.
- On divise aussi la géométrie en ancienne et en moderne , etc.
- On entend par géométrie ancienne, ou celle qui n’emploie point le calcul analytique, ou celle qui emploie le calcul analytique ordinaire, sans se servir des calculs différentiel et intégral.
- Par géométrie moderne, on entend, ou celle qni emploie l’analyse de Descartes dans la recherche de la propriété des courbes , ou celle qui se sert des nouveaux calculs.
- Géométrie souterraine ; on appelle ainsi l’application des principes de la géométrie ordinaire à des problèmes qui ont pour objet l’exploitation des mines, tels que la recherche des dimensions des filons, de leur inclinaison à l’horizon , de leur direction relativement aux quatre points cardinaux du monde.
- Géométrie du compas. Voyez COMPAS.
- GÉOPONIQUE, adjec. du grec ymnovue»? ( géôponikôs) fait de yt (gê ), terre , et de novae (poneô ), travailler : qui a rapport au travail de la terre.
- ( Agric. ) Il se dit de tout ce qui concerne l’agriculture, en grec ytee-srovist ( géôponia ).
- GÉORGIQUE, s. f. du grec y? { gê ), terre, et d’tpyov ( ergon ) ’ travail.
- ( Agric. ) Il ne se dit que des ouvrages qui traitent de la culture de la terre , comme les Géorgiques de Virgile.
- GEOSCOPIE, s. f. du grec yn (gê), terre , et de srxonrue ( skopéô ), considérer.
- 1 Hist. nat. ) Sorte de eonaois-
- GER 285
- sance que l’on tire de la nature et des qualités de la terre , en lés observant et en les considérant.
- GÉOST ATIQUE , s. f. du grec y» (gê), terre, et de ( histerni ; ,
- être en repos.
- ( Mécan ) C’est la même chose que statique. Ce mot signifie la partie de la mécanique qui traite de l’équilibre des corps solides. Par cette dénomination on la distinguoit de Vhydrostatique, qui traite de ^équilibre des fluides. Ainsi , on représentoit les solides, en général, par la tei re, et les fluides par l’eau. Le mot hydrostatique est resté ^ mais \e mot géosta':que a été changé-en celui de STATIQUE. V. ce mot.
- GERBE, s. f. du lat. barb. garha.
- ( Agric. ) Faisceau de blé coupé.
- ( Hydraul.) Gerbe d’eau ; c’est un assemblage de plusieurs jets d’eau , qui en s’élevant forment une espèce de gerbe.
- ( Pyrotechn. ) Gerbe , ou gerbe de feu ; c’est un assemblage de plusieurs fusées , qui, partant toutes ensemble , représentent une espèce de gerbe.
- GERCER, v. a. de gerce, insecte qui ronge les terres , suivant les uns , et , selon Ménage, de carpis-care, dans la signification de découper.
- .( Chirur. ) Causer une} petite fente ou crevasse aux lèvres, au visage, etc.
- GERÇURE , s. f. ( V. GERCER ). Crevasses, fentes, ou fissures qui arrivent aux lèvres, aux mains, aux mamelles, etc.
- ( Mines de diamant ) Gerçures se dit aussi des glaces ou fêlures qui arrivent aux diamans, lorsque, pour les séparer des rochers auxquels ils sont attachés , les mineurs les frappent et les étonnent avec leurs leviers de fer.
- ( Peinture ) On dit d’un tableau qu’il est plein de gerçures, ou qu’il est gercé , lorsque la couleur s’enlève par écaille.
- GERMAIN, s. et adj. du lat. ger-manus.
- (Pratique) Qualité que l’on donne à certains parens , et qui a deux significations différentes.
- Les frères et sœurs conjoints des
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- deux côtés, c’est-à-dire , qui sont Procrées des mêmes père et mère , sont appelées frères et sœurs germains.
- On a nommé cousins germains les enfans de frères et soeurs.
- Les cousins issus de germain sont les cousins de second degré.
- Lorsqu’un cousin germain et un cousin issu de germain se trouvent ensemble, on dit que le premier a le germain sur l’autre; et c’est ce qu’on appelle oncle à la mode de Bretagne.
- GERME, s. m. du lat. germen.
- {Botan. ) La partie de la semence dont se forme la plante.
- ( Physiol. ) La partie de la semence qui commence à produire l’animal.
- Faux germe ; c’est une conception imparfaite dans laquelle la plante et ses dépendances prennent accroissement sans l’embryon, qui, par quelque cause que ce soit, n’a jamais joui de la vie , ou en a été bientôt privé : en sorte qu’elle ne subsiste que par une sorte de végétation dans les organes qui viennent d’être mentionnés.
- GERMER , participe de germer. V. GERME.
- ( Botan. ) On dit qu’une graine est germée lorsque sa radicule commence à se montrer.
- GERMIN4L, s. m. de germe.
- { Chroncl. ) Septième mois de l’année de la République française. Ce mois qui a trente jours, comme les onze autres , commence le 21 mars, et finit le 19 avril. On lui a donné le nom de germinal, parce que c’est dans ce mois que les germes se développent.
- GERMINATION, s. f. composé du lat. germen , et de agere, agir : l’action de germer ; action par laquelle les semences germent dans la terre.
- ( Botan ) C’est le premier développement des parties contenues dans la graine , le premier signe de l’accroissement d’une plante.
- Le premier degré du développement d’une plante s’annonce par un gonflement sensible de sa graine ; sa tunique propre se déchire,- la radicule s’enfonce dans la terre ; les .lobes s’écartent, livrent passage à
- G E S
- là pfantule, et la jeune tige continue de s’accroître jusqu’au moment où les fluides cessant d’être en juste proportion avec les solides, la plante décroît, pour ainsi dire, au lieu de croître.
- GEROCOMIE , s. f. du grec ( géron ) , vieillard, et de ( koméô ), prendre soin.
- ( Méd. ) Partie de la médecine qui traite du régime que doivent observer les vieillards.
- GESINE , s. £ de jacina , fait de jacire, qu’011 a dit pour jacere : être en couche.
- ( Pratique ) Yieux mot qui n’est plus usité qu’au palais pour signifier l’état d’une femme en couche.
- GESTATION, s. £ du lat. ges-tare, porter.
- ( Méd. ) Exercice en usage chez les Romains pour le rétablissement de la santé. Il consistoit à se faire porter en chaise ou en litière, à se faire traîner rapidement dans un chariot, ou dans nu bateau , afin de donner au corps du mouvement et de la secousse. Cet exercice étoit regardé comme très-salutaire, parce qu’il ne procuroit point de lassitude , et qu'il agitoit le corps de la même manière que les exercices les plus violens.
- Gesta'icn se dit encore de la grossesse d’une femme , et en général du tems qu’une femelle porte son fruit.
- GESTE,s. m. du lat. gestus, fait de gerere , faire , exercer : mouvement du corps , qui consiste particulièrement dans l’action des bras, des .mains.
- ( Blocut. ) Le geste est une des principales parties de l’orateur et de l’acteur. Avoir le geste beau, le geste noble.
- ( Danse ) Les gestes, dans la danse , sont tous les mouvemens du corps qui expriment les sentimens et les passions qui animent un danseur.
- Le geste puise son principe dans la passion qn’il doit rendre ; les règles positives deviennent inutiles : c’est un trait qui part de l’atne ; il doit faire un prompt effet, et toucher au but lorsqu’il est lancé par le sentiment. Les anciens étoient de
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- grands maîtres à cet égard , et c’est dans cette partie sur - tout de la danse qu’ils l’emportoient sur les jnodernes.
- GESTION, s. f. du lat. gerere, dans la signification d’exercer, conduire, gouverner.
- ( Pratique ) Administration. La gestion des affaires d'autrui , sans son ordre , forme un quasi- contrat qui produit une action directe et une action contraire , au profit de celui dont on a géré les affaires , pour obliger celui qui a géré à rendre compte de sa gestion et la seconde au profit de celui qui a géré pour répéter ses impenses.
- GIBBOSITÉ, s. f. du lat gibba, bosse, formé du grec Knpoxiç ( kipho-sis ), courbure.
- ( Méd. ) Bosse, courbure de l’épine du dos, dans laquelle les vertèbres s’inclinent contre nature, et proéminent en dehors.
- GIGANTESQUE, adj. du latin giganteus , fait de gigas , géant : qui tient du géant.
- (Ëlocut. ) Style gigantesque, expressions gigantesques, pour dire , style outré, excessif.
- ( Peinture ) Figure gigantesque, figure d’une grandeur outrée.
- Quoique le colossal soit d’une proportion bien supérieure à la nature, sa destination n’est pas de paroître gigantesque , mais de présenter d’un point de vue éloigné les proportions de la nature.
- Un colosse doit être vu de loin dans une grande place sur un édifice élevé, ou sur un socle qui l’éloigne de l’œil du spectateur. Posé sur le sol dans un lieu étroit, il devien-droit gigantesque et blesseroit la vue.
- GINGLYME , s. m. du grec yiy-yX’j/uoç ( gigglumos ), gond d’une porte, charnière.
- ( Anat. ) Espèce d’articulation avec mouvement, par laquelle deux Os se joignent ensemble par une ou par plusieurs têtes reçues dans autant de cavités ; et le mouvement qui en résulte est borné à deux sens seulement, comme on le voit dans la jonction del’humérus avec l’os du coude, d ms celle du fémur avec le tibia , dans celles des phalanges des doigts entr’elles s ete.
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- GIR AN DR , s. f. de l’italien gi-ranto, fait de gio , tourner.
- ( Artificier ) C’est la principale caisse d’un feu par laquelle on termine ordinairement le spectacle. On nomme ainsi à Rome une caisse de huit à dix mille fusées, qui termine le feu d’artifiede Saint-Pierre,- et c’est d’où en est venu le nom.
- ( Fontainier) Amas de tuyaux où l’eau jaillit.
- GIRANDOLE, s. f. diminutif de girande.
- ( Artificier ) Cercle garni de fusées, et chez les artificiers modernes un soleil tournant horizontalement.
- ( Joaillier) Girandole se dit aussi d’un assemblage de diamans , ou d’autres pierres précieuses, qui sert à la parure des femmes.
- G1RASOL , s. m. corruption du lat. sol gyrans, composé de gyroy tourner, et de sol, soleil, parce que cette pierre, tournée au soleil, représente l’image de cet astre.
- ( Minéral ) Pierre précieuse , transparente , blanche , qui a une légère teinte de rouge , et us e de bleu encore plus légère. Cette pierre est peu connue ; on ignore quelle est la forme de ses cristaux. Sa pesanteur spécifique est très-grande ; elle ressemble à celle des pierres orientales : elle est à celle de Pair distillé , comme 4o,oco est à 10,1000. Elle paroît tenir le milieu entre le rubis etle saphir orientaux ; comme eux , elle ne cause aux rayons de lumière qu’une réfraction simple.
- Ce que les joailliers appellent girasol n’est autre chose qu’un© chalcédoine qui diffère beaucoup du vrai girasol par sa transparence et sur-toutpar sapesanteur : la pesanteur du girasol étant à celle de la chalcédoine comme 8 est à 5.
- GIROUETTE , s. f. du latin gyru'rta , diminutif de gyrus, tour, dérivé de gyrare , tourner.
- ( Archit. ) Pièce de fer-blanc ou d’autres métal fort mince , et taillée en forme de banderolle , mise sur un point en un lieu élevé , en sorte qu’elle tourne au moindre vent, et par le mouvement de laquelle on connoît le sent.
- ( Marine ) Petite bande d’éta-HÛue , placée ordinairement à lu
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- tête d’un mât, pour marquer la direction du vent.
- GISEMENT , s. m. de l’ancien mot gésir, jacere , être couché.
- ( Marine ) On distingue jtar ce mot la manière dont une cote est située , par rapport aux rhuntbs de vent de la boussole. On dit la côte de Portugal git au nord et sud ; ce qui veut dire qu’elle s’étend du nord au sud. Le gisement de ces côtes est inconnu
- ( Minéral ) Gisement , se dit aussi de la position du minerai dans la terre. Le minéralogiste examine le lit, le Ate du métal qu’il rencontre , et les substances dont il est entouré. Ces observations établissent ce qu’ils appellent le gisement.
- GLABELLE, s. f. du latin gla-hellus, formé de glabreo, être sans poil , qui est sans poil.
- ( Physiol. ) Nom que les Latins donnent à l’espace qui est entre les deux sourcils , parce qu’il n’y croît point de poil.
- GL4BRE, adj. du lat. glaberus, formé de glabreo, être sans poil.
- ( Botan. ) 11 se dit des parties des plantes qui ne sont nullement pubescentes , c’est-à-dire, sans duvet, sans poil.
- GLABRINSCULE , adj. diminutif de glabre.
- ( Botan. ) Presque glabre , ou dont la pubescence est peu manifestée.
- GLACE, s. f. du latin glacies.
- ( Physique) Corps solide, formé
- far le passage d’un corps liquide à état de solidité par le refroidissement.
- On voit, par cette définition , que la glace n'est autre chose que ce corps liquide même , devenu concret et solide par le simple refroidissement. Ainsi, lorsque l’eau se refroidit jusqu’à un certain point, elle devient glace. Ce passage d’un état à l’autre s’appele congélation. V. CONGÉLATION.
- Il arrive dans la formation de la glace des phénomènes assez singuliers pour mériter d’être observés ; mais celui de l’augmentation du volume de l’eau est de tous ces phénomènes celui qui est le plus important.
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- Si après avoir mis de l’eau dans un long tuyau , et marqué l’endroit où se trouve sa surface , on expose ensuite le tout à la gelée, on verra d’abord l’eau descendre sensiblement , s’arrêter à l’approche de la congélation, et s’élever ensuite au-dessus de l’endroit où elle étoit d’abord.
- C’est cette augmentation dè volume , causée par un fluide parfaitement élastique , qui donne tant de force à la glace , et qui lui fait casser les vaisseaux qui la contiennent , enlever les pavés , crever les tuyaux de fontaine , etc.
- ( Mat. méd. ) L’on a observé , depuis qu’on fait usage de la glace tant en santé qu’en maladie , que dans les lieux les plus chauds on est moins sujet à tant de périlleuses maladies , et aux fièvres malignes pendant l’été.
- La glace ou les boissons à la glace calment le mouvement intestin trop violent des parties du sang, et de la chaleur qui eu est la suite ; elles resserrent et. rapprochent les fibres des solides , diminuent le calibre des vaisseaux et augmentent le mouvement des liqueurs.
- ( Technol. ) Glace, se dit anssi d’une plaque de cristal, dont on fait des miroirs, des vitrages, etc.
- Une glace est un verre ou cristal dont les deux surfaces étant dressées , parallèlement polies et enfin étamées , servent dans les appartenons à réfléchir la lumière , à re-
- Î>résenter fidèlement et à multiplier es objets. Lorsque cette glace éla-mée est disposée par miroirs ou par panneaux, on en fait des lambris de revêtement.
- Il se fabrique aussi dps glaces sans tain ( non étamées ) qui servent aux carosses , aux pendules , et pour couvrir des estampes, etc.
- On est parvenu à donner aux glaces toutes sortes de courbures , suivant les usages auxquels on les destine.
- Venise a été long-tems seule en possession de fournir des glaces à toutel’Europe. Ce tut Colbert, qui, le premier, conçut le dessein de dérober aux Vénitiens un art qui
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- etoit devenu en quelque sorte leur patrimoine.
- Il se trouvoit beaucoup d’ouvriers français dans la manufacture vénitienne ; on les rappela à force d’argent , et le ministre accorda en i665 un privilège exclusif aux entrepreneurs. On ne co noissoit alors que les glaces soufflées ; les grandes glaces , ou glaces coulées, ne furent imaginées que plusieurs années après, en 1688.
- La matière des glaces et de verre en général est, composée de deux sub tances principales : de sable et d’alcali fixe. Les environs de Creil fournissent le sable , et la soude ou l’alcali nous vient d’Espagne. Cet alcali est sujet à donner une couleur verdâtre ; on corrige ce défaut par une petite quantité d’autres matières , ordinairement de magnésie , que l’on fait entrer dans la composition.
- Les glaces d’un petit diamètre se font par le moyen du soufflage. Un ouvrier prend au bout d’une canne de fer , percée dans sa longueur, une masse de verre qu’il échauffe et souffle à différentes reprises, jusqu’à ce qu’elle soit réduite en un cyl'ndre long et mince. On porte ce cylindre dans un fourneau, où le degré de chaleur convenable l’amollit et l’aplatit sur le plancher du fourneau. Le cylindre devient, par cette opération, une plaque carrée, unie et droite. Tirée de ce fourneau, elle passe à celui de recuisson , où elle reste jusqu’à ce qu’elle soit refroidie.
- L’opération du coulage a lieu pour les glaces d’un grand volume : on les appelle, pour cette raison, glaces coulées. Cette opération est à peu près la même que celle qui s’observe pour le plomb dans la manufacture ue plomb laminé.
- Lorsque, par le jeu des machines, le pot qui contient le verre en fusion a fait couler sur la table préparée à le recevoir ce torrent de feu , on détermine la largeur et l’épaisseur que l’on veut donner à la glace , en faisant avancer plus ou moins deux tringles de.fer qui retiennent par leur bord le flot de verre. A l’instant, deux hommes font rouler sur cette matière enflammée un cylindre d« fonte, qui pose par les exfcré-
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- mités sur les tringles, et amène !• verre en fusion à une épaisseur uniforme.
- Les principaux défauts des g laces sont les mauvaises couleurs, l’obscurité , les bouillons, les filandres, la rouille. Une belle glace doit avoir l’éclat et la couleur de l’eau. Le» bouillons sont de petits points ronds occasionnés par les bulles d’air qui s’introduisent lorsque la matière est fortement agitée par la violence du feu : dans ce cas , on coupe la glace à l’endroit où se trouve le bouillon. Les filandres procèdent du mélange de quelques parties de matières moins disposées que les autres à la vitrification. On doit considérer la rouille comme une espèce de tache ou de nuage grisâtre dans le principe , et qui , avec le tems, se colore des couleurs de l’arc-en-ciel ; elle provient de la trop grande quantité d’alcali dont la glace est chargée , et que l’humidité saisit.
- Un autre défaut auquel les glaces peuvent être sujettes, c’est d’êtro fausses, ou de changer la proportion des objets; ce qui vient d’une surface inégale, qui réfléchit différemment les rayons de lumière.
- Les glaces se vendent en France suivant le prix marqué par un tarif qui est imprimé.
- Poliment des glaces; la glace, au sortir du four à recuire , n’a plus besoin que du poliment, et ensuite d’être mise au tain. V. POLIMENT, TAIN.
- ( Joaillier) Glaces de diamant; ce sont des fêlures qu’on fait aux dia-mans, en les séparant, dans la mine, des rochers auxquels ils sont attachés.
- GLACIÈRE, s. f. de glace.
- ( Technol. ) Grand creux fait ea terre, et ordinairement maçonné et recouvert de paille pour y conserver de la glace ou de la neige.
- GLApiERS , s. m. de glace.
- ( Physique ) Amas de montagnes de glaces qui se trouvent en quelques endroits de la Suisse, de la Savoie et du Dauphiné , au sommet des montagnes.
- GLACIS, s. m. de glace.
- ( Archit. milit. ) Pente douce et unie qui règne depuis le parapet du
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- chemin couvert jusqu'au rez-de-chaussée du côté de la campagne.
- ( Archit. civile) Glacis se dit aussi d’unepente peu sensible pour faire des raccordemens de terrain.
- Glacis de corniche ; c’est une petite pente sur la cymaise d’une corniche pour faciliter l’écoulement des eaux de pluie.
- Les appuis des croisées sont aussi en glacis pour la même raison.
- ( Jardin. ) Pente de terre fort douce, ordinairement revêtue de gazon.
- ( Peinture ) Glaci signifie , en terme de peinture, l’effet que produit une couleur transparente qu’on applique légèrement, et en en frottant une autre qui se trouve déjà placée et sèche. La couleur avec laquelle on glace doit laisser apercevoir celle qur se trouve dessous , et lui donner, pour le choix qu’on en a fait, un ton plus brillant, plus coloré, plus fin q ;e celui qu’elle avoit, et qui contribue par là à la vigueur de l’harmonie.
- On ne glace qu’avec des couleurs qui ont peu de corps, qui ne sont pas propres à empâter, qui sont transparentes , telles que les laques , les stils de grain.
- Mais les effets du glacis ne sont que passagers, et les avantages qu’on eu retire ne balancent pas les dangers que font courir les couleurs q .’on est obligé d’employer : c’est principalement à l’usage fréquent des glacis que beaucoup d’excellens ouvrages doivent la teinture noire qui les gâte.
- Il y a des peintres qui peignent en glaçant, même au premier coup , comme Rubens et son école : alors l’impression du tableau sert à la teinte que prend le glacis, et fait partie de la manière de peindre de l’artiste qui l’emploie. Les glacis placés ainsi sur des fonds bien secs sont durables, légers et puissans de teinte, f
- GL AT)TE, adj. du lat. gladiaius, de gladius.
- ( JBotan. ) Il signifie la même chose qu’ensiforme, qui a la forme d’un glaive. t. ENSIFORME.
- GLAIRE, s. f. de l’allemand glaer.
- ( Médec.) Humeur visqueuse et gluante qui ne'se détacfie et ne se
- GLA
- vide qu’avec peine , et qui est engendrée dans le corps humain par quelque cause morbifique.
- GLAISE, s. f. du lat. glis, glitis.
- ( Agric. ) La glaise est une terre grasse et tenace, dont on fait usage pour engraisser les terres légères. On tire la glaise deux ans avant de la répandre sur les terres légères , afin que les impressions du soleil, des pluies, des gelées commencent à la diviser. On la répand sur les terres avant l’hiver, afin que les gelées ach; vent la division , et lorsqu’elle est bien sèche , elle se pulvérise en partie, et étant ensuite humectée par les pluies , elle donne du corps à la terre trop légère.
- ( Archit. ) La glaise est d’un grand usage pour plusieurs constructions. On en fart de la brique et de la tuile ; on s’en sert dans les batardeaux, pour les puits, pour les bassins. Sa propriété est de contenir l’eau, et d'empêcher qu’elle n’entre et ne s’échappe.
- GLAND, s. m. du lat. glans, glandis.
- ( /, otan. ) Espèce de fruit dont le chêne , le hêtre , le noisetier , etc. offrent des exemples.
- ( Physiol. ) Gland est aussi le nom de la tête de la verge , parce qu’elle ressemble au fruit du chêne.
- GLANDE , s. f. du lat. glandula, diminut. de glans, gland, à cause de sa ressemblance avec ce fruit.
- ( Physiol. ) Les glandes sont des molécules formées par l’entrelacement des vaisseaux de tout genre , recouvertes d’une membrane , et destinées à séparer de la masse du sang quelque liqueur particulière , ou seulement à perfectionner la lymphe. Celles qui séparent du sang quelque liqueur particulière s’appellent conglomérées : ainsi les reins qui séparent l’urine du sang sont des glandes conglomérées. Celles qui servent à perfectionner la lymphe s’ap p ellen t gi a n des o nglobées : t elle s sont les glandes des aines, des aisselles , et celle du mésentère, qui n’ont poîut d’autres fonctions.
- ( Bot an. ) Les glandes, en botanique , sont de petits corps vésicu-leux qu’on rencontre sur différentes parties des- niantes, et pariculiè-rement
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- reffient sur les feuilles , les calices et autres onglets des pétales : ou les regarde comme des organes destinés à quelque sécrétion. On les nomme vésiculées , squammeuses , globulaires, lenticulaires, capsulaires, utriculaires, selon qu’elles ressemblent à des vessies, à des écailles, à des globules , à des godets, à des outres , etc. Quand elles sont portées sur des pieds, on dit qu’elles sont pédiculées ^ et dans le cas contraire , sessiles.
- GLASS, s. m. mot anglais qui signifie cristal, et que l’on a adopté en français pour exprimer une ou deux sortes de cristaux qui se fabriquent en Angleterre, ou dont les Anglais sont les inventeurs, comme le flint-glass, ou cristal de caillou ; cristal blanc, dont on fait à Londres les verres et les caralfes. Ce cristal ayant plus de densité que le verre ordinaire , a aussi un pouvoir réfractif plus grand. On s’en sert avec succès pour composer les objectifs des lunettes acromatiques. Il a de plus la propriété de disperser beaucoup les rayons colorés, et de produire un spectre plus grand que ne le font les autres sortes de verre. C’est le minium, ou la partie métallique employée dans la composition du flint-glass qui lui donne cette propriété.
- Crown-glass , verre - couronne, dénomination qui n’indique rien autre chose, sinon que ce verre est de la plus belle espèce de ceux qui servent à faire des vitres.
- Le crown-glass, combiné avec le flint-glass, fut employé avec succès, eu 1759, par Dollond père, pour les lunettes achromatiques. Il remédie à la dispersion des rayons colorés qui forment des iris aü loyer des lunettes ordinaires , la dispersion de ce verre, ou l’étendue du spectre coloré qu’il produit n’étant que les deux tiers de celle qui a heu dans le flint-glass.
- glaucome , s. m. du grec
- InttifAdi ( glauhôma), forme de y^itvKQS ( glaukos ) , vert de mer.
- (Méd.) Le glaucome est une altération toute particulière du cris-, par laquelle il se dessèche , diminue de volume, change de cou-leur, et perd sa transparence en Tome IL
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- conservant sa figure naturelle et en devenant plus solide qu’il ne doit être naturellement ; et la suite de cette altération est la perte, ou du moins une notable diminution de la vue.
- GLAUQUE, aj. même origine que glaucome.
- (Botan.) Vert et comme chargé d’une vapeur blanchâtre ; ou bien vert blanchâtre, cette dernière couleur n’étant due à aucune espèce de duvet.
- GLEjNTE, s. f. du gr. yxhvn (glênê) , emboiture ou cavité d’un os.
- ( Anat. ) Cavité de moyenne grandeur creusée dans un os, et dans laquelle un autre os s’emboîte. GLF.NOIDALE , adj. de glène,
- ( Anat. ) Nom par lequel on désigne particulièrement la cavité de l’omoplate qui reçoit la tête de l’humérus.
- GLETTE, s. f. mot allemand.
- ( Métall. ) Ce mot, emprunté de l’allemand , sert dans l’affinage pour désigner la chaux de plomb ou la litharge.
- GLEUCOMETRE , s. m. du grec yhiuKoç ( gleukos ), moût, vin doux , suc doux, et de ( métron ),
- mesure : mesure des sucs doux.
- ( Econ. dom. ) C’est le nom d’un instrument (pii sert à mesurer la force du moût de vin dans la cuve. r. OENOMETRE.
- •GLOBE , s. m. du lat. globus , corps sphérique, corps tout rond.
- ( Géom. ) Solide produit par la révolution d’un demi-cercle autour de son diamètre. C’est la même chose qu’une sphère.
- ( Géogiaphie ) Globe terrestre ? si l’on a tracé sur la surface d’un globe les principaux lieux des quatre parties uu monde, ainsi que les mers, suivant la longitude et la latitude qui conviennent à chacun, d’eux, avec les cercles de la sphère , on le nomme globe terrestre.
- ( Astron. ) Globe céleste; quand on a peint sur la surface d’un globe les images des constellations et des étoiles fixes, avec les cercles de la sphère, on l’appelle globe céleste.
- ( Physique ) Globe de feu ; ce sont des météores enflammés qui paroissent tout-à-coup dans les régions les plus élevées de l’utmos-
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- hère, où ils se meuvent en ligne orizontale avec beaucoup de rapidité, et disparaissent. ordinairement sans bruit, et quelquefois, dit-on , avec explosion, en laissant une traînée lumineuse qui subsiste pendant quelques secondes.
- Ces météores paraissent être de la même nature que les ETOILES TOMBANTES ( V. ce mot ), dont •ils ne diffèrent que par leur volume et leur éclat.
- (Électricité) Globe élecliique ; c’est un globe de verre que l’on lait tourner sur son axe, et que l’on frotte en y tenant les mains appliquées. Ce globe ainsi frotté devient électrique, et communique sa vertu à tous les corps qu’on en approche -et qui sont susceptibles de la recevoir par communication.
- Pendant long-tems on n’a employé que le tube pour communiquer l’électricité aux autres corps ; anais la grande fatigue qu’essuie celui qui frotte le tube , ne lui permet pas de soutenir long-tems cet exercice ; c’est pour quoi on a cherché des moyens plus commodes.
- Vers l’année 1740, Boze , professeur de physique à Wittemberg, essaya de substituer au tube des globes de verre, avec lesquels on opère avec plus de facilité , et qui servent A pousser les effets beaucoup au-delà de ce qu’on avoit pu faire avec ce tube.
- ( Art milit. ) Globe de compression ; c’est, en termes de mineurs , une compression ou une meurtrissure sphérique qui arrive à la terre, lorsque la poudre vient à s’enflammer dans un fourneau établi dans une terre homogène. Alors la poudre agit à la ronde, et la terre se trouve pressée et meurtrie jusqu’à une certaine distance.
- GLOBEUX, adj.dq globe.
- ( Botan.) Partie d’une plante arrondie en globe.
- GLOBULE , s. m. diminut. de globe.
- ( Physique ) Nom que donnent les physiciens à tout petit corps rond ; par exemple , les petites particules d’air qui se trouvent renfermées dans la glace, et qui n’ont pu s’échapper, parce que la congéla-
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- tion a commencé par la surface s’appellen t globules d’air.
- GLOBULEUX, adj. do globule diminut. de GLOBEUX. V. ce mot!
- GLOIRE, s. f. du latin glana, honneur, estime, éclat, splendeur orgueil.
- ' ( Peinture ) Gloire est aussi la représentation du ciel ouvert, avec les personnes divines, les anges et les bienheureux.
- Gloire se prend aussi pour AUREOLE. V. ce mot.
- ( Artificier ) Gloire se dit encore d’un soleil fixe , d’une grandeur extraordinaire.
- GLOSE, s £ du grec yxâupra.
- ( glôssa ), langue.
- ( Bibliogiaphie ) Explication de quelques mots obscurs d’ une langue, par d’autres mots plus intelligibles de iamèmelangue. Glose , se prend aussi pour un commentaire, ou pour des notes servant à l’éclaircissemeiit d’un texte. La glose du droit civil, du droit canon.
- GLOSSAIRE, s. m. même origine que GLOSE.
- ( Bibliogr. ) Dictionnaire ou recueil de termes difficiles, obscurs ou barbares d’une langue , accompagnés de leur glose ou explication.
- Les auteurs de ces sortes d’ouvrages se nomment glossa leur s.
- GLOSS ALGIE, s. £ du gr. y's'H-m (glossa), langue, et (al-
- .gos ), douleur , algie.
- ( Méd. ) Douleur de la langue.
- GLOSSOC ATOCHE, s. m. du gr. ykci/?<m .( glossa ) , langue, et de KctTîya) (katechô), arrêter, retenir: qui retient la langue.
- ( Chirurgie) Instrument de chirurgie , espèce de spéculum oris, ou de pincette dont on se sert pour abaisser la langue et la coller, pour ainsi dire, contre les parties inférieures de la bouche et du gosier, afin de découvrir jusque dans son fond les maladies qui peuvent y survenir , y appliquer les remèdes, et y pouvoir opérer.
- GLOSSOCOME, s. m. du grec yXKTo-u. (glossa), langue, et de m-( komizô V, prendre soin.
- ( Chirurgie) Instrument de chirurgie, fait en manière de' coffre dont on se servoit autrefois pour réduire les fractures et les luxations
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- tîes cuisses et des jambes. Il signifie proprement un petit coffre où l’on serroit des languettes, des courroies et autres choses semblables.
- ( Mécan. ) Clossocome est aussi le nom donné par Héron à une machine composée de plusieurs roues dentées, garnies de leurs pignons, et qui servoit à élever de grands fardeaux.
- GLOSSOGRAP1IIE , s. f. du grec «vxœcrj-a. (glôssa) , langue, et de ypâQ'jo g/aphS), décrire : description de la langue.
- ( Physiologie ) Partie de l’anatomie qui a pour objet la description de la langue.
- GLOSSOLOGIE, s. f. du grec y\Snrcr-x { glôssa ) , langue , et de xôyoç ( logos), discours : traité sur la langue.
- GLOSSOPAL ATIN , adj. du grec ykrécra-x ( glôssa ), langue, et du lat. palatum, palais.
- ( Physiol. ) Nom de deux muscles qui ont leur origine au palais, et vont s’insérer à la langue.
- GLOSSO-PETR ES, s. f. du grec yxmra-a. ( glôssa ), langue , et de irzrpo? ( pétros) , pierre : langues pétrifiées.
- ( Hist. naf. ) Les dents du requin se trouvent souvent fossiles ; leur figure triangulaire , qu’on croyoit être celle de la langue des serpens , les a fait nommer glossopètres.
- GLOSSO-PH ARYINGIEN, s. m. du grec yxiïio-rx { glôssa ), langue , et de ( pharugx J, le pha-
- rinx.
- {Physiol.) Nom de deux muscles qui ont leur origine au pharynx, et se terminent à la langue.
- GLOSSOTOMIE, s. f. du grec yxSuTira. ( glôssa ) , langue , et de ( temnô ), couper , disséquer.
- ( Anat. ) Préparation anatomique de la langue, dissection de la langue.
- GLOTTE, s. f. du grec yxwTria-{glottis1, languette, diminutif de yPà<T<7x (glôssa ), langue.
- ( Physiol. ) C’est la fen te ou l’ouverture qui s’observe au milieu du Lrynx, par ou l’air passe dans la trachée artère, laquelle sert à forcer la voix.
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- GLU , s. f. du latin glux.
- ( Chimie ) Sorte de composition visqueuse et tenace avec laquelle on prend les oiseaux.
- GLUANT, adj. de glu.
- (Botan.) Ou désigne ainsi les plantes ou parties des plantes qui sont recouvertes d’une liqueur visqueuse qui s’attache aux doigts.
- GLUCINE,s. f. du grec yxvKvç { gluhas ), doux.
- ( Chimie.) Espèce de terre récemment découverte par M. Vau-quelin, dans l’aigue-marine ou hé— rzï, et dans l’émeraude, et qu’il a ainsi appelée, parce qu’entr’autres propriétés, elle a celle de faire des sels sucrés avec les acides.
- GLUTEN, mot latin qui signifie glu. • .'
- ( Chimie ) Le gluten est défini par les chimistes modernes , un corps élastique , ductile, comme fibreux ou membraneux, indissoluble dans l’eau, légèrement soluble dans l’al-cohol ; donnant beaucoup d’ammoniaque à la distillation putrescible comme une matière animale ; se colorant en jaune comme elle par le contact de l’acide nitreux ; se convertissant en acide oxalique par cet acide faisant la différence de la farine de froment d’avec les autres farines ; lui donnant la propriété de faire une pâte. Sa conformité avec la matière animale l’a fait nommer substance végéto-anirnale.
- ( Minéral. ) On donne aussi- ce nom aux ciments naturels qui lient les parties de certains agrégats précieux ; ainsi l’on dit du gluten de poudingue d’Angleterre , qu’il est quartzeux ; Au gluten du grès de Fontainebleau , qu’il est. calcaire , etc.
- GLUTINATIFS, ou AGGLUTI-N ATIFS, adj. du latin glutinare, coller.
- {Chirurgie) On appelle ainsi les remèdes qui procurent la réunion des parties séparées ou divisées. Ces sortes de remèdes sont composés de parties rameuses, visqueuses , tenaces , balsamiques, propres à'consolider les lèvres des plaies.
- GLYPHE, s. m. du grec t/Xiiçj» {gluphé ), entaille, gravure , dérivé de yxvÿoù ( glupltô ), graver , creuser.
- ( Architecture) Petit canal creusé Ta
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- en anglet. ou demi-rond ; il sert d'ornement dans la frise dorique et sur quelques moulures.
- GLYPTIQUE, s. £ du gr yxvtph { gluphê ), gravure.
- ( Gravure. ) La glyptique est l’art de graver des images sur des pierres dures , à l’aide d’insLumens particuliers.
- Les anciens ne nous ont point laissé de traités sur les procédés de la glyptique ; on en trouve seulement quelques traits épars dans les ouvrages de Pline.
- Comme c’étoit principalement pour faire des anneaux et des cachets que les anciens gravoient les pierres précieuses, leurs graveurs se nommoient indistinctement li-thoglyplies, graveurs eu pierres , ou dactylioglyphes, graveurs d’anneaux.
- 11 paroît que chez les Romains les mots scalptores et cavatores avoient la même/ acception.
- Les instrumens employés par les graveurs sont la pointe du diamant, dont les anciens connoissoient aussi l’usage, et qui entame toutes les pierres, tandis qu’il ne se laisse entamer par aucune ; une espèce de tour appelé touret, également connu des anciens ; la bouterolle, petit rond de cuivre ou de fer émoussé propre à user la pierre et à l’entamer, et que les Romains appeloient fer-rum œiusum; enfin, la tarrière nommée par Pline terebra.
- Les anciens et les modernes ont employé , pour la gravure, les mêmes procédés. On met , à l’aide du touret, la bouterolle ou la tar-rière en mouvement, et on use ainsi les pierres à l’aide de poudres et de liquides différens.
- Les anciens employèrent d’abord le naxium, espèce de poussière de grès du Levant ; ils lui préférèrent ensuite le schiste d’Arménie, et enfin , Yémérïl tel qu’on l’emploie aujourd’hui, et qu’ils appeloient smirris ; il paroît qu’ils ne se servaient point de la poudre de diamant , dont on fait aujourd’hui un grand usage.
- On humecte ces poudres avec de l’huile ou de l’eau.
- La finesse des traits de certaines figures a fait présumer que les an-
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- ciens se servoient de verres grossissais; mais ils n’avoient aucune con-noissance de la dioptrique ; ils se contentoient de se récréer la vue avec l’émeraude ou d’autres pierres vertes ; l’invention de la loupe a été très-utile aux graveurs modernes.
- Avant de graver les pierres, on les taille et on polit leur surface.
- Si cette surface est bombée, la pierre s’appelle cabochon. Les pierres concavesprocurent l’avantage de pouvoir raccourcir les objets avec plus de facilité.
- Les graveurs anciens clioisissoient souvent des pierres qui, par leur couleur , avoient des rapports avec les sujets. Ainsi, ils gravoient Proserpine sur une pierre noire ; Neptune et les Tritons snr l’aigue-marine ; Bacchus sur l’améthyste ; Marsias écorché sur le jaspe rouge , etc.
- Les procédés sont les mêmes pour les gravures en creux et les gravures en relief. Les gravures en creux se nomment intailles ; les gravures en relief carnées, et ce nom a passé aux tableaux monochromes , ou d’une seule couleur , à cause de leur ressemblance avec les pierres gravées en relief. C’est ordinairement la sardoine qu’on emploie pour faire des camées.
- Après avoir fait une gravure, il faut lui donner le poli. Les graxeurs anciens prenoientce soin eux-mêmes, ce qui fait que le poli le plus parfait est un des caractères'des pierres antiques. Les modernes abandonnent souvent ce soin à d’autres mains. Ce poli se donne avec du tripoli et de petits instrumens de bois,, ou avec une brosse mise en mouvement par le touret. V. INTAILLE, CAMÉE , GRAVURES , PIERRES GRAVÉES.
- La glyptique, comme tous les autres arts, se réfugia dans l’Orient après la destruction de l’empire romain par les barbares, et rentra en Italie après la prise de Constant!- / nople. On l’y vit fleurir dans le seizième siècle , décliner dans le dix-septième, et refleurir dans le dix-huitième.
- Ce fut Matheo del Nassaro qui en apporta le goût en France, quand il y vint à la suite de François Ier.
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- Le premier graveur français qui se soit illustré dans la glyptique a été Coldorê, qui a vécu dans le i6.e siècle jusqu’à Louis XIII ; Jacques Guay,qui a fait une suite d’ouvrages pour Louis XV, est le dernier qui ait pratiqué la gravure en pierres fines avec quelque succès. Dans ce moment, la France ne possède qu’un seul graveur en pierres fines , M. Simon dernièrement arrivé d’Espagne , où il a exercé son art avec distinction. Les Allemands le cultivent encore ; l’Angleterre possède quelques artistes qui ont du mérite en ce genre, mais c’est toujours en Italie que l’art de la glyptique est le plus et le mieux cultivé.
- GLYPTOGRAPHIE, s. f. du grec ( gluphé ( gravure , et de ypcKpw ( grapko ), décrire : la con-noissance des gravures en creux et en relief sur des pierres précieuses.
- Les naturalistes classent les pierres précieuses d’après leur nature , les joailliers d’après leur rareté, et le flyptugraphe d’après leur degré de dureté.
- Les anciens ignoroient l’art de tailler et de polir le diamant, ils ne l’ont par conséquent point gravé : en général, ils faisoient un très-grand cas des pierres précieuses; et ils ne gravoient que très-rarement sur les gemmes, parce qu’ils crai-gnoient de leur faire perdre leur prix en diminuant leur volume.
- Les anciens se servoientdes pierres gravées pour en faire des orne-mens et des anneaux. Avant l’usage des cachets on se servoit, pour sceller, de morceaux de bois vermoulus.
- Les pierres gravées nous retracent, une multitude de signes et de symboles intéressans pour l’histoire des mœurs et des usages de l’antiquité. On y voit les images des dieux et des héros ; les caractères alphabétiques les plus anciens : les noms d’un grand nombre d’artistes célèbres, etc.
- Pour juger d’une pierre gravée , relativement à l’art, il faut avoir seulement le goût et le sentiment du beau , et quelques connoissances du dessin.
- La distinction des pierres antiques d'avec les pierres modernes est bien plus difficile. Les plus fins
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- connoisseurs y sont eux - mêmes trompés. On examine d’abord si les pierres dont il s’agit étoient connues des anciens , s’ils les travail-loient, si les bons artistes en faisoient usage.
- Les autres caractères sont un travail bien fini, un fond parfaitement poli ,1e méplat que les modernes imitent si difficilement. Les pierres qui offrent une perspective ne peuvent être antiques, et les camées sont, en général, plus suspectés que les intailles.
- L’âge des pierres gravées qui offrent des tètes inconnues ou mythologiques , ne peut être facilement déterminé : en général, les sujets mythologiques dont l’explication est difficile , sont un indice d’antiquité. Les graveurs ne représen-toient point de sujets pris de l’histoire de leur teins.
- L’idée que la cire s’attache moins facilement aux pierres antiques, est fausse.
- Pour bien expliquer les pierres gravées , il faut connoître la lithologie , afin d’en déterminer la nature; savoir l’histoire de Fart, pour juger du style; la mythologie et l’histoire, pour découvrir le sujet. En un mot, il faut les considérer sous le rapport de l’art et de l’érudition.
- Y. F Introduction à l’étude des pierres gravées de 3VI. Millin.
- GNEISS, s. f. mot saxon.
- {Minéral.) Roche primitive composée des mêmes élémens que le granit.
- GNOME , s. m. du grec yvéy.csv ( gnomon ) , connoissenr , prudent , habile , du verbe ynéme* ( ginoslô ) connoître.
- f Cabale ) Nom donné par les ca-balistes à certains peuples invisibles,qu’ils supposent habiter dans la terre, et la remplir jusqu’au centre.
- GNOMIQUE, adj. du grec yv&p.» ( gnome ), sentence.
- {Poésie) lise dit des poëmes qui contiennent des maximes et des sentences.
- Les quatrains de Guy Dufour, sieur de Pibrac, sont un poëme gnomique.
- GNOMON, s. m. mot purement grec, qui signifie indice , et qui est
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- formé de yivé<mon ( ginôskô ), con-noître.
- {Astron.) Instrument qui 'sert à mesurer les longueurs des ombres et les hauteurs du soleil.
- Le gncmon paro.it avoir été fort en usage chez les Egyptiens, les Chinois et les Péruviens ; il a dû être en elFet le premier instrument astronomique qu’on ait imaginé , parce que la nature l’indiquoit, pour ainsi dire , aux hommes. Les montagnes, les arbres ,j les édifices sont autant de gnomons naturels qui ont fait naître l’idée des gnomons artificiels qu’on a employés presque par-tout.
- Sous l’empire d’Auguste, un mathématicien nommé Manlius, profita d’un obélisque que ce prince avoit fait élever dans le Champ-de-Mars pour en faire un gnomon ; Pline dit qu’il avoit 116 pieds trois-quarts ( iorj pieds trois-quarts de France, ou 513, 5i décimètres. V. MERIDIENNE.
- Gnomon étoit aussi le nom donné parles anciens au style d’un cadran solaire, parce qu’il indique ou fait connoître les heures. V. STYLE, CADRAN.
- GNOMONIQUE , de gnomon : science des cadrans solaires. V. GNOMON.
- (.Astron.) Cette science comprend aussi la manière de tracer les cadrans par la lune et par les étoiles.
- Gnomonique réflexe, ru gnomonique rompue; c’estla gnomoniquc<\\n enseigne à construire des cadrans , par réflexion ou par réfraction.
- Colonne gromonique ; ici gnomo-rriquese prend adjectivement, pour signifier une colonne qui sert de gnomon.
- Polyèdre gncmonique; c’est un polyèdre sur les différentes surfaces duquel on a tracé de? cadrans.
- GNOSTIQUE, s. m- du gr. •yvcssr-( gnôstikos ), savant. éclairé , formé de {ginôskô), con-
- noître : nom générique de plusieurs sectes de chrétiens qui étoient on qui se faisoient passer pourles seuls hommes éclairés dans la véritable connoissance du christianisme. Il y avoit des vrais et des faux gnosti-ques ; les vrais étoient ceux qui avaient viclli dans l’étude de l’Ecri-
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- ture-Sainte ; les autres étoient des hérétiques.
- GOBELINS, de Gilles Gobelin, teinturier en laine.
- ( Manuf ) C’est le nom d’une manufacture fameuse de tapisseries établies à Paris , dans le faubourg S. Marceau. °
- Les frères Gobelins, célèbres teinturiers et possesseurs delà belle teinture en écarlate, firent les premiers frais de cette manufacture. Comme ces dépenses étoient trop considérables pour des particuliers, leur projet échoua, et pendant plusieurs années, cet établissement qui devoit honorer la France, fut appelé la folie des Gobelins.
- Colbert vint au secours de ces nouveaux artistes : il ne se contenta pas d’encourager les inventeurs de la nouvelle écarlate, il voulut encore reconnoître leurs services par des distinctions. En,i667, la qualification odieuse donnée à cet établissement fût abolie, et reçut le nom déhôtel royal des Gobelins. Peu de tems après le roi acheta cet hôtel, en fit une école des arts , et lui accorda le titre de Manufacture royale de la couronne. Beaucoup d’artistes et de dessinateurs des pays voisins y furent appelés. L’un d’eux, fans, fameux tapissier de Bruges, exécuta les premières tapisseries de haute et basse lisse qu’on y ait fabriquées. C’est-là que se font les plus.bel! es tapisseries de l’Europe ; les plus grands peintres de l’école française en composent les cartons.
- GOELETTE, s. £ en anglais scliooner.
- ( Marine) Petit bâtiment de charge et ordinairement léger à la marche, fort usité parmi les Anglais et dans les ports des Etats-Unis de l’Amérique.
- Les goélettes sont, de 5o à 100 tonneaux , et quelquefois plus ; elles portent deux mâts inclinés sur l’arrière , et chacune a une voile en forme de trapèse, et pareille à celle des sloops ou cutters; la voile d’avant ou de misaine est de même forme, mais avec moins de bordure, et sans gui. V. GUI.
- GOITK E, s. m. du lat. gutteria, formé de gu.tlur, gosier.
- ( Méd. J Tumeur fort grosse qui
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- rient à la gorge. V. BEONCHO-CEI'Ë , c’est la même chose.
- GOLFE, s. m. de l’italien goîfo , ou du latin barbare gulphus.
- ( Géogr.) Bras ou étendue de nier qui entre ou qui avance dans les terres.
- ( Pliysiol. ) Golfe de la jugulaire ; c’est une fosse du temporal , où les sinus latéraux se dilatant, forment le commencement des jugulaires internes.
- GOMME, s. f. du latin gunirni, fait du grec x.ôuui ( kommi).
- ( Bo!a:.) Excrétions qui suintent naturellement par des filtres destinés à cet usage, qui se répandent sur les différentes parties des plantes, qui s’y épaississent avec le tems, se durcissent à l’air, et sont plus ou moins transparentes.
- Les gommes diffèrent des résines en ce qu’elles ne sont pas susceptibles de s’enflammer, et qu’on peut les disssoudre dans l’eau simple , comme la gomme de cerisier, de prunier.
- Gommes résines ; celles qui sont composées de parties gommeuses et de'parties résineuses qu’on ne peut dissoudre entièrement dans l’eau, et qui ne sont pas non plus entièrement solubles dans l’esprit-de-vin.
- Gomme du Sénégal ; c’est un suc végétal concret, qui suinte naturellement par les gerçures de l’écorce d’un arbre qui appartient au genre des acacias..Voici de quelle manière les Maures récoltent la gomme.
- Lorsqu’après la saison des pluies, les eaux commencent à s’écouler , alors commence à suinter des troncs et des principales branches des arbres gommiers , un suc gommeux qui d’abord n’a pas beaucoup de consistance , et qui bave le long des arbres ; mais, au bout de quinze jours ce suc s’épaissit, et reste attaché près de la gerçure qui lui a donné passage, quelquefois entortillé sur lui-même, sous une forme vermiculaire , mais bien plus communément en gouttes rondes ou ôblongues , blanches, quand elles découlent des gommiers blancs , ou ver cet, et cl’un jaune orangé quand edes sortent du gommier rouge ou nébueb.
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- Ces écoulemens gommeux sont naturels, et les Maures ne les sollicitent par aucun artifice, par aucune sorte d’incision. Ces précautions seroient superflues, parce que les variations de l’atmosphère , dans la saison qui sait immédiatement celle des pluies , multiplient infiniment les gerçures des gommiers , et ces nombreuses gerçures donnent à la gomme un écoulement naturel et facile.
- Quinze jours après, dans les premiers jours de décembre, les Maures quittent leurs résidences et se mettent en marche vers la forêt des gommiers. Le travail de la récolte dure six semaines , et lorsque la gomme est ramassée et chargée sur des chameaux , dans de grands sacs de cuir , les Maures la transportent sur les bords du Sénégal où les Français les attendent pour l’échanger contre des pièces de toile de coton , dites gui nées, fabriquées dans l’Inde.
- La gomme est employée dans plusieurs arts et métiers; elle est indispensable dans presque toutes les manufactures et les fabriques de toiles peintes ; elle entre dans l’apprêt des gazes, des linons, des rubans, des soieries, des bâtis'es et des chapeaux. On s’en sert dans les préparations de la médecine et dans celles des confiseurs. Les peintres en font usage ainsi que les doreursj elle a l’avantage d’être une nourriture très-saine et très'substancielle; enfin , la gomme du Sénégal a remplacé les gommes de l’Orient et même de l’Arabie dans une infinité d’opérations; et dans quelques arts et métiers aucune autre gomme ne peut la suppléer.
- ( Méd. ) Gomme , ou tumeurs gommeuses ; c’est un nom qu’on donne à des tumeurs vénériennes qui ont la consistance de gomme.
- GOMPHGSE, s. f. du grec 'yop-©tvçTic ( gomphôsis), formé de 7/0/xçoc ( gomphos ), clou. i
- final.) Espèce de synarthrose ou d’articulation immobile , par laquelle les os sont emboîtés l’un dans l’autre comme un clou ou une cheville dans un trou. Telle est la jonction des cents avec la mâchoire,
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- au moyen des cavités nommées alvéoles.
- GONAGRE , s. f- du grec yovu
- ( gonu ), genou, et d’ètyp* (agra), prise, capture.
- ( Méd. ) Goutte qui attaque les genoux.
- GONAR.GUE , s. m. du gr. ym<i*
- ( gônia ), angle.
- ( Qnomonique) Espèce de cadran solaire pratiqué sur les surfaces différentes d’un corps anguleux,
- GONDOLE, s. f. de l’italien gondola.
- {Marine) Petite barque fort plate, longue et étroite, qui se meut avec des rames ; les gondoles moyennes ont 3a pieds de long ( 1 o3 décimètres ), et 4 pieds (12 décimètres à peu pi è ; ) de large; elles finissent insensiblement aux deux bouts par une
- Î'ointe très-aiguë. Ceux qui mènent es gondoles se nomment gondoliers : ils ne sont jamais que deux dans la gondole, même dans celles des ambassadeurs , excepté lorsque Von va à la campagne ; alors ils se mettent quatre.
- On appelle aussi dans nos ports de la Méditerranée, gondole, une espèce de canot ou bateau qui ne ressemble cependant en rien aux gondoles de v enise.
- GONFANON ou GONFALON, s. m. du teutonique gund, guerre, et fane , étendard : étendard de guerre.
- ( Blason ) Bannière d’église , à trois ou quatre fanons, qui sont des pièces pendantes.
- GONFALONIER, de gonfalon. ( Econ. polit. ) Celui qui porte le gonfalon. On appela d’abord con-faloniers , les protecteurs que les papes établirent dans les principales villes du patrimoine de Saint-Pierre, depuis que les Empereurs, en s’élevant contre le chef de l’Eglise , avoient perdu le titre de protecteurs de ces villes. Ce titre est resté aux chefs de plusieurs républiques d’Italie. On dit le Gonfalonier de la République de Lacques.
- GQNGRONE, s. f. du grec yof-ypmn goggrônê , fait de yoyypos ( goggros ) , tubercule rond qui se forme sur le tronc des arbres.
- ( Chirurgie )' Tumeur ronde et dure des parties nerveuses, mais
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- particulièrement le bronchocèle. V BRONCHOCELE.
- GONIOMÉTRIE , s. £ du grec ymict ( gônia ), angle , et de pïrpay ( métron ), mesure.
- ( Mathém. prat. ) L’art de mesurer les angles. Foy. ANGLE
- GONORRHÉE, s. f. du grec yovèp. pont ( gonorrhoia ) formé de yon ( gonê ), semence, et de pc-œ ( rhéô}, couler. ,
- ( Méd. ! Écoulement involontaire de semence ou d’une humeur lymphatique et visqueuse.
- C’est aussi le nom d’une maladie vénérienne.
- GONGALGÏE, s. f. du grec y&w ( gonu ), genou , et de &\yoç ( al-gos ), douleur , etc.
- ( Méd. ) Douleur au genou ; c’est la même chose que GONAGRE. V. ce mot.
- GORGE , 5. f. du lat. gurges, gorge. ...
- ( Physiol. ) Partie antérieure d’un animal, entre la tète et les épaules, dans laquelle est le gosier.
- On comprend sous le mot de gorge , tout le creux ou toute la cavité que l’on peut voir quand une personne ouvre la bouche fort grande.
- On donne quelquefois ce nom aux mamelles ; c’est en ce sens qu’on dit d’une femme qu’elle a une belle gorge.
- ( Botan ) Gorge se dit aussi de l’orifice de la partie tubulée d’un calice, d’une corolle.
- ( Topographie) On appelle gorges de montagnes, un détroit, un passage entre deux montagnes.
- ( yJrcliit. milit. ) Gorge est l’entrée qui conduit dans le corps ou terre-plein d’un ouvrage.
- Il y a différentes sortes de gorges : la gorge d’un bastion qui est formée par deux lignes , tirées de part et d’autre, de l’angle de la figure jusqu’à l’angle de la courtine et du flanc.
- La gorge d’un bastion plat, qui est une ligne droite , qui détermine la distance comprise entre deux flancs.
- La gorge d’unp demi - lune ou d’un ravelin, qui est l’espace compris entre les extrémités de leurs deux faces du côté de la place.
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- La gorge des autres deliors est l’intervalle entre leurs ailes, du côté du grand fossé.
- (Archit. civile) Gorge se dit aussi d’une espèce de moulure dont le profil représente un talon renversé, étant plus large et arrondie vers la partie inférieure. Cette moulure sert aux bases des piédestaux, aux cadres , etc.
- GORGERIN , s. m. diminutif de gorge.
- ( Archit. civile ) Petite frise des chapiteaux toscan et dorique, dont la partie supérieure se termine en adoucissement.
- GOTHIQUE, adj. et s. m. de go-thi, formé de joet, grande taille : qui appartient aux Goths, qui est à la manière des Goths.
- ( Diplomatique ) Ecriture gothique ; écriture ancienne dont on attribue les caractères auxGoths.
- L’écriture gothique ne diffère point au fond de la romaine ; mais elle a beaucoup d’angles et de tortuosités, sur-tout au commencement et à la lin des jambages de chaque lettre.
- Ulpilas , évêque des Goths, passe pour en être l’inventeur.
- (Archit.) Architecture gothique•; on distingue deux sortes d’architecture gothique , l’une ancienne et l’autre moderne. La première, massive, lourde et grossière, est un présent des Goths ; ils l’ont apportée du Nord dans le cinquième siècle. La seconde est plus délicate , plus déliée , moins pesante ; mais elle est chargée d’ornemens qui n’ont ni goût ni justesse. Néanmoins , cette architecture fut en usage , principalement en Italie, depuis le treizième siècle jusqu’au seizième , c’est - à - dire , jusqu’au rétablissement de l’architecture antique.
- ( Peinture, Sculpture ) Sculpture, peinture gothiques ; la roideur,la maigreur des formes constituent le caractère de cette manière dans la sculpture ; il faut pour la peinture ajouter à ces vices celui des tons cruds , des couleurs entières ; et pour les deux genres, l’abandon absolu de la nature.
- , Ou peut voir dans beaucoup d’anciennes villes des exemples de la sculpture gothique. On aperçoit en-
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- core quelques restes du caractère gothique en peinture dans les ouvrages de Léonard de Vinci, dans ceux du Perugin , et même dans les premiers tableaux de Raphaël. Michel Ange est le premier qui l’ait entièrement abandonné dans son dessin ; mais pour s’éloigner de la maigreur gothique, il a chargé les formes ; et ppur vaincre l’inflexibilité gothique, il a outré les mouve « mens.
- GOUACHE, ou GOUASSE , s. f. de l’italien guazzo. Peinture où l’on emploie des couleurs détrempées avec de l’eau et de la gomme.
- (Peint.) La gouache est une des plus anciennes manières dépeindre que l’on connoisse ; l’eau est sans doute le moyen le plus facileetle plus naturel de donner à des matières colorées, mises en poudre,la fluidité nécessaire pour qu’on puisse les étendre sur des surfaces et les y rendre adhérentes. Mais comme l’usage a fait voir que lorsque l’humidité de ces couleurs étoit totalement dissipée, elles n’étoient plus retenues , et quittoient trop aisément les corps sur lesquels on les avoit employées, on a chefché à leur donner plus de consistance par des mélanges de matières visqueuses ; alors les gommes que certains arbres fournissent abondamment, qui se dissolvent aisément dans l’eau , et qui par leur transparence , n’altèrent pas les couleurs, se sont offertes naturellement pour cet usage. La gouache n’est autre chose que cet apprêt simple de couleurs broyées et délayées dans de l’eau , q ue l’on charge plus ou moins d’une dissolution de gomme. F". PEINTURE.
- GOUDRON, s. m. de l’espagnol alquitran , fait de l’arabe hitran.
- ( Marine ) Résine liquide, et de couleur obscure, qui découle des pins et des sapins, soit naturellement , soit par des incisions que l’on fait au pied de l’arbre. Le gou-dron vient principalementduNord; Dantzick en fournit beaucoup ; mais le plus estimé est celui de Finlande r qui se charge ordinairament à Stockholm. On en tire aussi de quelques parties montagneuses des départe-mens méridionaux de la France.
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- Le goudron s’emploie dans la marine , à enduire les bois , pour les
- ? réserver de l’eau et des injures de air , et pour les conserver : à empreindre également les cordages pour les garantir : on l’applique chaud sur les bois , et tiède sur les Cordages.
- Goudron minéral, ou goudron extrait du charbon de terre ; il y a plusieurs années que le lord Dun-donnald, écossais, a inventé une méthode pour extraire du goudron du charbon de terre.
- A en juger par l’apparence et par les principes physiques, on doit croire que ce goudron provenant du minéral, a une qualité plus huileuse, qu’il est plus impénétrable à l’eau que le goudron végétal , qu’il a un grain plus fin , que son enduit est plus tenace et plus durable. GOUSSE, s. f. de l’italien guscio. ( Botan) L’enveloppe qui couvre certaines graines. Toutes les plantes à corolle papillonnacêe, telles que le haricot , le pois, le trèfle , etc. , ont une gousse pour fruit.
- ( Archit. ) Gousses se dit de cer-tainç orneinens du chapiteau ionique antique ; il y en a trois à chaque volute ; elles sortent d’une même tige , qui naît proche les oves , s’étendent de leur hauteur, et en cachent une partie.
- Ces ornemens ont été ainsi nommés , de ce qu’ils imitent la gousse des fèves.
- GOUSTOSE, adj. de l’italien gus-toso , plaisant, divertissant.
- ( Beaux-Arts ) Ce mot indique un faire badin et facile.
- GOUT, s. ra. du lat. gustus.
- ( Anat. ) Le sens par lequel nous apercevons et nous distinguons les saveurs.
- I/organe du goût est , suivant les anatomistes , principalement dans la bouche , sur-tout, dans la langue et le palais. V. le Traité des Sens de Lecat.
- ( Littérature ) Le goût est devenu presque indéfinissable à force d’avoir été défini.
- Le goût est un objet mixte , com-osé d’une qualité de l’esprit et ’uti sentiment du cœur : or tout ce qui tient au sentiment ne peut se âéfinir.
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- Le goût renferme une qualité de l’esprit, la facilité à voir d’un eoup-d’œil, et à saisir dans Tintant le point de beauté qui convient à chaque sujet que l’on traite, ou qui se trouve dans chaque expression qu’on lit ou qu’on entend. Cette qualité est habituelle; par conséquent elle se forme par la lecture , s’épure par la comparaison que l’on fait entre divers ouvrages, se fortifie par les réflexions, s’étend par les exemples, et s’affermit par l’imitation des endroits choisis.
- Le goût, considéré dans le cœur, ne se définit pas , puisque c’est un sentiment ; il ne s’acquiert pas , c’est une qualité que donne la nature ; sentiment du vrai , droiture de raison , voilà ses principes , justesse de pensées , netteté d’expressions, voilà ses règles ; souplesse de l’esprit à la loi des bienséances , sagesse de détail qui adopte le nécessaire et l’utile en rejetant le superflu, économie dans Vordon-fiance , voilà ses qualités.
- ( Musique ) De tous les dons naturels , dit J. 3. Rousseau , le goût est celui qui se sent le mieux et qui s’explique le moins.
- Il y a dans la mélodie des chants plus agréables que d’autres , quoi-qu’égàlement bien modulés ; il y a dans l’harmonie des choses d’effet et des choses sans effet, toutes également régulières ; il y a dans l'entrelacement des morceaux un art exquis de faire valoir les uns par les autres , qui tient à quelque chose de pins fin que la loi des contrastes, Il y a dans l'exécution du même morceau , des manières différentes de le rendre , sans jamais sortir de son caractère : de ces manières les unes plaisent plus que les autres , et loin de les pouvoir soumettre aux règles, on ne peut pas même les déterminer. Lecteur , rende/.-moi raison de ccs différences, et je vous dirai ce que c’est que le goût. »
- Goût du chant ; c’est ainsi qu’on appelle en France l’art de chanter ou de jouer les notes avec les agré-mens qui leur conviennent. Ou trouve à Paris plusieurs maîtres de goût du chant, et ce goût a plusieurs termes qui lui sont propres.
- V. AGRÉMENT.
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- ( Peinture ) Le goût dans les beaux-arts, et par conséquent dans la peinture, est un sentiment délicat et souvent très - prompt des convenances.
- Le dessin sera d’accord avec les convenances générales , s’il est conforme à un beau modèle choisi dans la nature ; mais il peut manquer à la convenance du sujet ; si , par exemple, une ligure d’Hercule est d’un dessin svelte, ou celle d’Apollon d’an dessin musclé , alors le dessin lui-même sera de mauvais goût relativement au sujet.
- La couleur sera de mauvais goût, si elle inspire la gaieté dans un sujet qui ne doit inspirer que de la tristesse , de la pitié , de l’horreur ; ou si elle est triste quand le sujet exige de la gaieté.
- Tout ce qui dans la composition peut offenser les convenances générales, ou les convenances partielles da siijet, constitue une composition de mauvais goût.
- Le bon goût dans les arts peut se trouver dans les genres inférieurs , lorsque les convenances y sont bien observées. La représentation d’une fête champêtre, d’un bouquet de fleurs , d’une corbeille de fruits , peut être de bon goût. Des imitations de scènes ignobles sont de mauvais goût par rapport au choix du sujet; mais elles peuvent être de bon goût, si le sujet une fois admis, le reste s’accorde avec les convenances.
- Le grand goût suppose un grand genre , le goût mesquin s’occupe des petites parties.
- On confond souvent le goût avec la manière. C’est dans ce sens que pour désigner la manière d’une école ou d’un artiste, on dit le goût de telle école, de telle nation, de tel maître.
- H est une partie de la manœuvre de l’art que les artistes appellent ragoût, et qu'on désigne aussi par le nom de goût. Cette partie est une sorte de coquetterie, une recherche de moyen de plaire, par un maniement badin de pinceau, par des laissés, par des touches piquantes , par des agencemens d’accessoires groupés ensemble , plaisent à l®1!, et qu’on appelle quelquefois,
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- en langage d’atelier , un fouillis ragoûtant. Comme ces moyens sont petits, on sent qu’ils ne conviennent pas aux grandes choses. Ils donnent du prix à de petits ouvrages; mais, loin d’être le goût, ils sont, le témoignage d’un mauvais goût , quand ils se trouvent employés dans des sujets où ils ne conviennent pas.
- GOUTTE, s. f. dulat. gutta.
- ( Physique ) Petite portion de fluide séparée du reste. Une goutte de fluide peut être plus ou moins grosse ; suivant l’adhérence ou la cohésion des particules du fluide entr’elles. A proprement parler, on appelle goutte d'un fluide, la portion de ce fluide qui peut demeurer suspendue, par exemple, au. bout du doigt, dont par conséquent l’adhérence des particules fait équilibre à leur poids.
- La forme sphérique que prennent les gouttes des fluides a été attribuée , par quelques physiciens, à la pression égale et uniforme du fluide environnant ou de l’air qui oblige les gouttes à prendre cette figure.
- Les( philosophes newtoniens l’attribuent à l’attraction, laquelle étant mutuelle entre les parties du fluide , les concentre, pour ainsi dire, et les rapproche les unes des autres, aussi près qu’il est possible, ce qui ne Sauroit arriver sans qu’elles prennent une forme sphérique.
- ( Méd. ) Goutte, articuïaris mor-bus, gutta. Le mot latin gutta. signifioit fluxion chez les médecins qui ont vécu en Europe, avant le renouvellement des lettres. La goutte est une douleur violente dans les artères , le plus souvent sans fièvre , ordinairement accompagnée de rougeur et de tumeur, quelquefois sans l’une et l’autre. Cette vgriété d’accidens a donné lieu de distinguer la goutte en chaude et en froide.
- La goutte chaude est celle à laquelle il survient une enflure phleg-moneuse très-douloureuse , avec des éiancemens , des battemens et des picotemens très-vifs.
- La goutte froide est sans chaleur, sans rougeur et sans tumeur , ou s’il provient une enflure , elle est légère, œdémateuse ou emphysé-
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- mateuse, et il n’y a qu’une douleur de tension sans pulsation et sans élancement.
- La goutte prend aussi différens noms suivant les parties qu’elle occupe ; celle des pieds se nomme podagre ; celle des genoux, gonagre ; celle des hanches, sciatique; celle des mains, chiragres, etc.
- On appelle goutte nouée, celle qui est accompagnée de nœuds dans les jointures, remplis d’une matière ^jrpseuse, semblable à de la craie ou sl de l’amidon.
- Goutte remontée ; celle dont l’humeur reflue dans la masse du sang , et se jette sur toute autre partie que sur les articulations, particulièrement sur les parties nobles.
- Goutte sereine ; maladie de l’œil, appelée ainsi, parce que les organes paroissent beaux et sans aucune tache. Elle consiste en ce que la rétine, selon quelques-uns, ou la choroïde, selon d’autres, qui est le principal organe de la vue, est paralysée ; ce qui fait que la lumière qui la frappe n’y produit aucune sensation. L’œil qui a cette maladie, ne paroît nullement altéré, et cependant il ne voit point du tout.
- Goutte-rose ; rougeur au visage , accompagnée de boutons. Cette maladie est ainsi appelée à cause de petites gouttes ou tubercules rougeâtres qui sont dispersés sur tout le visage; c’est de-là qu’on a fait goutte-rose, et par corruption couperose.
- ( Matière méd.) Goutte, eu pharmacie , est la plus petite mesure des liquides évaluée à peu près à un grain. On prescrit par gouttes, les baumes , les huiles , les teintures , etc. C’est pour cela qu’on a donné le nom de gouttes à quelques liqueurs composées qui se prennent ainsi : telles sont les gouttes d’Hoff-man , les gouttes anodynes de Si-denham ; les gouttes céphaliques d’Angleterre, etc.
- ( Mrchit. ) Gouttes se dit aussi de petits ornemens de forme pyramy-dale , ou conique, sur l’architrave de l’ordre dorique , qui pendent d’une petite tringle au nombre de six , sous chaque triglyphh.
- Il y a aussi des gouttes sous le plafond du larmier de la. corniche
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- dorique ; elles répondent aux six des triglyphes. On en met dix-huit ensemble, lorsque l’entablement a des denticules ; mais s’il a deux mu-tules, il doit y avoir trente - six gouttes. On les nomme gouttes, parce qu’elles imitent les gouttes d'eau qui couloient au long de la corniche et des plaques de mastic, ou triglyphes, des anciens édifices.
- ( Monnaie ) Goutte se dit encore d’un petit morceau d’argent qu’on tire du creuset pour en faire l’essai,
- ( Fondeur ) Gouttes de métal ; c’est ce qu’on fond après coup dans un ouvrage, pour réparer les défauts qui arrivent lorsque le métal en fusion n’a pas été bien versé.
- GOUVERNAIL, s. m. de l’italien governale , fait du lat. gubernacu-lum, dérivé de gubernare , gouverner.
- ( Marine ) Pièce de charpente longue et plate, suspendue verticalement sur des gonds à l’arrière de tout bâtiment de mer , pour servir, eu la tournant à droite ou à gauche, à diriger la route du navire, en forçant la proue à se porter d’un côté ou de l’autre, suivant le besoin , ou à le tenir dans la même direction , résistant par l’effet de cette machine , à l’effort du vent et des voiles , ou à celui des eaux agitées qui travaillent continuellement à le déranger de son droit chemin.
- En deux mots, le gouvernail agit d’une manière fort analogue à la qu'eue du poisson, pour régler sa direction; il produiroit également l’effet de le faire marcher, s’il étoit possible qu’il fût agité avec la même vivacité. V. BARRE, ROUE DU GOUVERNAIL, AXIOMÈTRE.
- Ou dit qu’un vaisseau est sensible à son gouvernail, lorsqu’il est facile à gouverner, ou qu’il gouverne facilement.
- GOUVERNER, v. a. du lat. gubernare.
- ( Marine ) Conduire et diriger la route du vaisseau à l’aide du gouvernail.
- Gouverner à la lame ; c’est, dans un gros tems et par une grosse mer, avoir attention d’éviter les grosses lames ou vagues qui pourroient endommager le vaisseau.
- Gouverner sur son ancre ; c’est
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- se servir du gouvernail pour tenir Je cap du vaisseau dans la direction du cable de l’ancre sur laquelle il est mouillé/ ce qu’on doit observer sur-tout dans les rivières où il y a un courant rapide, qui pourroit faire rompre l’amarre , par l'effort que lui feroit essuyer le vaisseau en présentant le travers au courant.
- GRACE , s. f. du lat. gratia , dont les Italiens ont fait grazia.
- {Beaux-Arts ) La grâce est une des branches du goût par laquelle l’art parvient à plaire à Lame , de la manière la plus douce et la plus agréable.
- Le talent de donner de la grâce ne s’acquiert ni par la faveur, ni par la plus grande pratique , ni par les meilleures leçons.
- La seule et la sûre manière d’ex-fliquer la grâce dans l’art , c’est d’indiquer où elle se trouve.
- Le Corrège est présenté comme le maître des grâces , sur-tout dans l’exécution.
- L’Albane passe pour avoir atteint la grâce des attitudes dans le plus haut degré. Il n’y prétend jamais , et tout la respire dans les mouve-mens simples et naïfs de ses figures.
- La Vénus de Médicis, la Vénus accroupie, Y Apollon du Belvédère, Vhermaphrodite, sont de vrais modèles de grâce, que nous avons dans l’antique.
- François Duquesnoi dit le Flam-mand , le Puget, dans quelques-unes de ses statues , sont les sculpteurs modernes qui aient le mieux senti les grâces. Parmi nos peintres français , Sébastien Bourdon les a counues.
- Pour exprimer que la grâce se trouve quelquefois dans diverses parties de l’art, on dit : Ce tableau est peint avec grâce ; ce peintre met beaucoup de grâces dans les foi mes; cette composition est pleine de grâces ; cette statue est exécutée avec grâce ; mais la grâce , proprement dite , ne réside que dans le choix des attitudes et du caractère des formes.
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- vague que le subtantif d’où il dérive.
- On désigne dans la peinture une sorte de grâce par le mot gracieux, et on comprend dans ce genre tous les ouvrages de Part qui sont plus susceptibles d’agrément^ue de force. On dit d’une pastorale où rien n’est simple et vrai , que c’est un ouvrage dans le genre gracieux ; on dit, par opposition- d’une composition où tout est exagéré, qu’elle est du genre terrible ; mais ces distinctions tiennent à nos recherches modernes , et elles sont plus nuisibles aux arts qu’elles ne leur sont avantageuses. Il n’y a que deux genres principaux dans les beaux-arts , le bon et le mauvais.
- L’artiste qui cherche à être gra* deux , tombe souvent dans l’affectation. Dans le portrait , l’air qu’on appelle gracieux est presque toujours une grimace. Le mauvais peintre croit rendre ses têtes gracieuses , en relevant les coins de la bouche. Il pense leur donner du sentiment, en alongeant et rapprochant un peu les paupières , et en soulevant la prunelle. Ces moyens ridicules expliquent la manière dont il conçoit le sens du mot gracieux. Les artistes les plus habiles sont d’autant plus en garde contre ces ridicules , que l’on rencontre trop souvent dans la société de ces physionomies de commande.
- ( Littérature ) Le sens du mot gracieux en littérature,n’est pas plus souvent analogue à celui degrâce , qu’il ne l’est dans les arts. Gracieux signifie ce qui porte à l’esprit , à l’imagination, à l’ame des idées, des peintures, des sentimens doux et agréables. Le gracieux se compose de l’élégant, du riant et du noble. Une scène du Paslor fido , ou de VAminte, est gracieuse ; une scène de Molière est plaisante ; une scène de Corneille est sublime. On trouve dans VArioste , dans le Tasse, dans Télémaque, des peintures gracieuses ; on en voit peu dans Homère , si ce n’est Y allégorie de la ceinture de Vénus.
- GRACIEUX , adj- de GRACE. GRADATION , s. f. de l’italien ( Beaux-Arts ) Cet adj. a , dans gradatione , fait du latin gradatio , les arts , une signification plus formé de gradior, avancer pas-
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- à-pas -, Faction d'avancer pas-a-pas..
- ( Archit. ) Disposition de plusieurs parties d'un édifice , rangées par symétrie et par degrés.
- ( Rhétorique ) La gradation est une figure de rhétorique propre aux passions. Far cette figure , Locateur s’élève de pensée en pensée, comme par degrés , jusqu’à ce qu’il ait atteint le degré d’élévation où il veut parvenir.
- Le second chant du Lutrin de Boileau , finit par nue gradation qui forme un tableau parfait. .... La mollesse oppressée , Dans sa bouche , à ce mot , sent sa langue glacée ;
- Et lasse de parler, succombant sous l’effort,
- Soupire , étend les bras, ferme Fœil et s’endort.
- ( Peinture ) La gradation , dans Fart, est l’expression des diffe'rens degrés qu’il est nécessaire de parcourir , afin d’atteindre au plus haut degré , dans chacune des parties qui le composent. Ainsi , par rapport à la peinture , il faut de la gradation dans la disposition, dans les formes , dans les caractères , dans les expressions, dans les mou-vemens, dans les plis des draperies , dans les teintes , dans les tons, etc.
- En général, la gradation , dans les diverses parties de l’art, sert à faire valoir un point par nu autre point , non pas par un effet qui réponde à des oppositions, mais en conduisant par degré au but d’intérêt que veut produire Fauteur de l’ouvrage ; en cela bien différente de la variété , qui admet tout , pourvu que rien ne se ressemble. La gradation n’a d’effet que par l’accord qui se trouve entre des objets différeus. Elle est mesurée, et ce n’est que par des intervalles proportionnés , qu’elle s’avance à la perfection dans les grandes parties de l’art, qui en sont toutes susceptibles.
- GRADE, s. m. du lat. gradus.
- ( Astron. ) Grade , ou degré décimal du méridien ; c’est le nom donné à la centième partie du quart du méridien , dont la longueur a
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- servi de base à la nouvelle division des poids et mesures.
- Le grade contient 100,000 mètres, ou 4i,524 toises , 1 pied g pouces 7 lignes un neuvième.
- GRADUATION, s. f. de gradus, division en degrés.
- ( Mathém. prat. ) On se sert de ce mot , pour marquer Faction de graduer, ou de diviser une grandeur quelconque en degrés. Le mot degré signifie des parties égales , qui sont marquées ou séparées par de petites lignes , comme les degrés d’un quart de cercle , les degrés d’un thermomètre, les degrés d’une échelle quelconque.
- Lorsqu’il est question d’instru-mens de mathématiques , on se sert plus ordinairement du mot division que du mot graduation, et l’on dit : ce quart de cercle est mal divisé.
- ( Saunier ) Bâtiment de graduation ; c’est le nom d’un hangard prodigieusement long , garni , dans l’intérieur, de beaucoup de, cbar-• pente , sur laquelle on arrange un grand nombre de fagots d’épine , sur lesquels on fait pleuvoir , par des robinets , l’eau des fontaines salées, pour en faire évaporer une partie , tandis que celle qui reste , et qui est la plus chargée de sel , est portée dans les chaudières, polir y être travaillée.
- GRADUEL , s. m. du lat. gradus, degré.
- ( Rubrique ) On appelle graduels certains versets de l’écriture qui se chantent à la messe après l’é-pître. Us ont été nommés de la sorte , à cause des degrés de Fam-bon sur lequel ou les chantoit autrefois.
- On a aussi donné le nom de graduel au livre qui renferme tout ce qui se chante par le chœur à la messe. Enfin , les quinze pseaumes que les Hebreux chantoient sur les degrés du temple , se nomment pseaumes graduels.
- GRAIN, s. m. du lat.granum: petit corps , ou parcelle d’un corps pulvérisé.
- ( Agric. ) Le fruit de la semence du froment , du seigle , de l ’orge , de l'avoine, etç.
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- {Bolan. ) Le fruit de certaines plantes , de certains arbrisseaux.
- ( Technol. ) Grain se dit aussi en parlant de certaines étoffes, de certains cuirs , et même des pierres. Marbre d’un beau grain; de la soie d’un beau grain.
- ( Métrologie ) Grain de'signe aussi la neuf mille deux cent sixième partie de la livre , ou la quatre mille six cent huitième partie du marc , ou la cinquante soixante-sixième partie de Ponce , ou la soixante-douzième partie du gros , ou la vingt - quatrième partie du denier, ou la dix-huit mille huit cent quarantième partie du kilogramme. V. KILOGRAMME.
- ( Essayeur ) Grain désigne encore la vingt-quatrième partie d’un denier de tin , pour estimer le titre de l’argent. Ainsi on dit que les piastres sévillanes sont au titre de 10 den. et 21 grains. V. TITRE , DEN IER , FRANC.
- ( Gravure ) Grain s’entend , en termes de graveur , de l’effet que produisent les tailles différemment croisées entre elles. Ces tailles forment un bon, un mauvais grain,
- ( Phisiol, ) Grain glanduleux : ce sont de petits corps ronds qui ne sont ppint environnés de membranes, et dont les vaisseaux , lorsqu’on les décharné , ont la figure de pinceaux très-déliés.
- ( Marine) On appelle grain, en termes de marine , un nuage qui arrive précipitamment, et qui passe de même , mais qui produit , pendant le peu de teins qu’il dure , un coup de vent très-violent, ordinairement accompagné d’une pluie très-abondante. Ces grains sont sur-tout très-fréquens dans les mers de la zone torride , et particulièrement auprès des côtes ; ils seroient très-dangereux , surprenant un vais-cean avec toutes ses voiles au Yent, si les marins expérimentés ne con-noissoient leur approche , même la nuit, par une noirceur qui paroit à l’horizon , et s’ils ne prenoient des précautions pour déventer tout de suite les voiles et les carguer , lorsque le grain charge le vaisseau.
- On appelle grain blanc , celui qui s’annonce par tut auage blaac}
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- grain pesant, celui qui , accompagné d'un vent très - violent , qui charge et fait incliner le vaisseau; grain sec , celui qui est sans pluie. GRAINE , s. f. du lat. granum.
- (Botan. ) Partie du fruit renfermant , sous un tégument propre, l’embryon d’une nouvelle planta semblable à celle qui l’a produite; c’est pourquoi la graine est regardée comïtie 1 ’œuf végétal.
- La graine est composée de deux parties principales ; le tégument propre et Vamende. Le point par lequel la graine étoit attachée au filet , est appelé hile. Le tégument propre est toujours unique , et toute enveloppe qui est en dehors de celui-ci , appartient au péricarpe. Ce tégument n’a de communication vasculaire avec le péricarpe , que par le hile. L’amende est formée par l’embryon nu ou albuminé. V. EMBRYON.
- GRAISSE, s. f. du lat. barbare crassies , contraction , de cras-seties.
- ( Physiol. ) La graisse est un® hnile animale , contenue dans la membrane adipeuse, ou dans la membrane cellulaire, comme Boër-haave l’appelle. Ce n’est pas une membrane seule ; mais un tissu de plusieurs feuillets membraneux , attachés inégalement les uns aux autres , de distance en distance ; de sorte qu'ils forment quanti té d’interstices plus ou moins étendus , qui communiquent ensemble. On donne à ces interstices le nom de cellules, et à ce qui est composé de telles cellules , tissu cellulaire. Ces interstices cellulaires sont comme autant de petits sacs ou sachets remplis d’uu suc huileux , onctueux et plus ou moins ferme ou coulant , que l’on appelle graisse , et dont le plus ou le moins de fermeté dépend non-seulement de la consistance particulière de ce suc , mais aussi de l’éteudue ou de la petitesse des cellules plus ou moins divisées ou subdivisées.
- GRAMINÉES, s. f. et adj. du. lat. gramen.
- ( Botan: ) Famille très-naturelle des végétaux , qui comprend le blé, le seigle j l’avoine, le riz , et toutes
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- les autres plantes analogues à celles-ci. Ainsi le blé est une graminée , le chiendent est une graminée.
- La floraison des graminées diffère des autres plantes ; leur tige mince et légère , souvent creuse et articulée , se nomme chaume. L'épi qui la termine est formé de plusieurs petites fleurs , ordinairement à trois étamines et à deux styles. Leur corolle et leur calice sont ordinairement composés de deux bat-tans qu’on nomme balles. Les feuilles simples , longues et étroites embrassent la tige à leur base ; aux fleurs succèdent des semences qu’on appelle graines, et dont la forme varie.
- On nomme céréales les graminées qui servent à faire du pain , parce que les poètes les ont regardées comme un présent de Cérès.
- GRAMMAIRE , s. f. du grec ( grammatiké ), formé de y^hag-u, lettre, dérivé de ypâ<po ( graphâ ) j écrire : la science des lettres , l’art qui enseigne à parler et à écrire correctement, et aussi le livre où sont renfermés les préceptes de l’art.
- Epicure passe pour être le premier parmi les Grecs qui ait donné des règles de grammaire , sur lesquelles Platon fit ensuite des réflexions et des découvertes. A Rome ce fut Hatis de Mallante , ambassadeur d’Attale , qui en fit le premier des leçons , entre la seconde et la troisième guerre punique. Avant lui, on ne savoit à Rome ce que c’étoit que grammaire.
- GRAMME , s. m. du gr. ypkg.jxsc (gramma ) , qui étoitla vingt-quatrième partie de Fonce chez les Grecs et le plus petit poids dont ils eussent l’usage. Les Romains le nommoient scrupulum, scriptulum.
- ( Métrol. ) Poids nouveau. Le gramme est l’unité des nouveaux poids. Il est contenu dix fois dans le décagramme , cent fois dans Vhectogramme , mille fois dans le kilogramme , et dix mille fois dans le myriagramme. V. tous ces mots à leur place.
- Le gramme égale un centimètre cube d’eau distillée , et pèse 18 grains -y~- du poids de marc.
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- GRAND , DE , adj. du lat. grandis.
- ( Physique ) Qui est fort étendn en longueur , en largeur ou en profondeur.
- ( Econ. polit. ) Grand est aussi un titre de certains officiers qui en ont d’autres sous eux dans la fonction de leur charge:grand-juge^ grand d’Espagne , Grand - Seigneur , Grand-Kan , Grand-Mo-gol, grand maître de Malte.
- ( Beaux-Arts) Le grand, dans le langage des arts , appartient de bien près au sublime. Le grand est simple , et tend principalement à une unité d’effet comme le sublime.
- Homère est grand dans l’Iliade, par la simplicité de son sujet, de son action , de ses détails, même par son raisonnement qui est juste, ses expressions qui sont nobles sans recherche , et par la propriété des mots.
- Un ouvrage d’architecture vaste , ou d’une dimension bornée , offre un grand caractère, lorsque ses masses sont simples , ou que des détails bien proportionnés , placés à propos et point chargés d’orne-rnens, ne nuisent point à ce premier effet d’unité qui a été l’intention de l’auteur , en disposant ses masses d’une manière grande.
- En peinture on dit un grand caractère de composition , une grande manière , pour dire qu’une simplicité noble et l’unité , ont imprimé à la composition dont on parle , le sceau de la majesté et de la grandeur.
- GRANDESSE , s. f. de l’espagnol grandezza.
- ( Econ. polit.) Qualité d’un grand d’Espagne.
- La grandes se prit naissance dans le commencement de la domination des Goths en Espagne. Elle étoit principalement attribuée à ceux qui avoient. voix délibérative pour élire an trône.
- La grandesse devint par la suite un titre d’autant plus précieux, que peu de familles en étoient honorées. On ne compte , depuis Alphonse X jusqu’à Charles-Quint , que
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- que vingt-neuf maisons décorées de cette dignité.
- GRANDEUR , s. f. du lat. grandit as : étendue de ce qni est grand.
- ( Géom. ) Tout ce qui est susceptible d’augmentation et de diminution. Ainsi , une ligne , une surface, sont des grandeurs , parce qu’elles sont susceptibles d’être augmentées ou diminuées.
- D’autres mathématiciens trouvant cette définition peu exacte , définissent la grandeur , ce qui est composé de parties.
- Il y a deux espèces de grandeurs : la grandeur concrète et la grandeur abstraite.
- La grandeur abstraite est celle dont la notion ne désigne aucun sujet particulier. Elle n’est autre chose que les nombres , qu’on appelle aussi grandeurs numériques. Ainsi le nombre 5 est une grandeur abstraite , parce qu’il ne désigne as plus trois mètres que trois cures.
- La grandeur concrète est celle dont la notion renferme un sujet particulier. Elle peut être composée ou de parties co-existantes, ou de parties successives , et sous cette idée elle renferme deux espèces : Vétendue et 1 eteins. P". ÉTENDUE, TEMS.
- L’étendue est mie grandeur dont les parties existent en même tems ; le tems , une grandeur dont les parties existent l’une après l’autre.
- ( Optique ) Grandeur apparente : la grandeur apparente d'un objet, est celle sous laquelle il paroît à nos yeux.
- La grandeur apparente, ou le diamètre apparent du soleil, de la lune ou d’une planète, est la quantité de l’angle sous lequel un observateur placé sur la surface de la terre , aperçoit ce diamètre.
- Les diamètres apparens des corps célestes , ne sont pas toujours les mêmes. Le diamètre apparent du soleil n’est jamais plas petit , que quand le soleil est dans le cancer, et jamais plus grand que quand il est dans le capricorne.
- Quand les objets sont fort éloignés de l’œil , leurs grandeurs apparentes sont proportionnelles aux Tomx II.
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- angles sous lesquels ils sont vus. Ainsi, quoique le soleil et la lune soient fort différens l’un de l’autre pour la grandeur réelle ; cependant, leur grandeur apparente est à-peu-près la même , parce qu’ou les voit à-peu-près sous le même angle.
- Il y a une différence très - sensible entre les grandeurs apparentes, ou diamètres apparens du soleil et de la lune à l’horizon , et leurs diamètres apparens au méridien. Ce phénomène a beaucoup exercé les physiciens. Le P. MaiiebranChe est celui qui paroît l’avoir expliqué de la manière la plus vraisemblable.
- GRANDIOSE, adj. de l’italien grandiozo.
- ( Beaux- A rts) Ce mot, employé parmi les artistes d’Italie , se dit d’une composition , d’une figure , même d’une seule tête , et désigne l’apparence du grand. On dit: cette esquisse , ou ce tableau , a quelque chose de grandiose ; cette tête, à peine indiquée, paroît grandiose. On dit, dans le paysage , un site grandiose.
- GRAND-OEUVRE , s. m.
- ( Alchimie ) C’est la pierre philosophale : travailler au grand-œuvre.
- GRANIT , ou GRANITE , s. m. de l’itaï. granito.
- ( Minerai. ) Pierre fort dure , composée d’un assemblage d’autres pierres de différentes couleurs. Les substances les plus abondantes dans les granits , sont toujours le quartz, le feld-spaih et le mica. Parmi les granits composés de ces trois substances , est le granit égyptien , dont étoient fabriqués les beaux obélisques , et quelques statues et colonnes antiques.
- Le granit prend un très - beau poli : les édifices qu’on en bâtit sont d’une très-grande solidité.
- GRANITELLE , s. m. de l’ital. granitello, dimin. de granello.
- ( Minéral. ) Le granitelle est un granit à très-petits grains. U est ordinairement blanc ou gris , avec des points noirs de mica.
- GRANULATION , s. f. du îat. V
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- granuïatio, formé de granum : l’action de former les grains.
- ( Chimie ) Opération par laquelle on réduitles métaux en petits grains, que l’on nomme grenaille. Elle consiste à verser un métal londu dans de l’eau froide , soit goutte à goutte, soit en le faisant passer dans un couloir de fer , ou au travers d’un balai de genêt ou de bouleau tout neuf.
- GRAPHIE , s. f. du grec ypâ<pa> (graphô), décrire. Ce mot entre dans la composition de plusieurs mots français , où il signifie description , peintnre , manière d’écrire , comme géographie, hydrographie , tachygraphie , etc., que l’on trouvera à leur place.
- GRAPHIOIDE , adject. du grec yphpoo ( graphô) , écrite, et d’iiooç ( eidos ) , forme , ressemblance: qui ressemble à un stilet.
- ( Anal. ) C’est le nom de l’apophyse styloïde.
- GRAPHIQUE , adject. du grec yphfce ( graphô ), décrire , tracer , dessiner. Il se dit particulièrement des descriptions , des opérations qui, au lieu d’être simplement énoncées par le discours , sont données par une ligure tracée sur le papier.
- ( Astron. ) Opération graphique ; c’est celle qui consiste à résoudre des problèmes d’astronomie sphérique , par le moyen d’une ou de plusieurs figures tracées en grand Sur un papier. Ces opérations ne donnent pas une solution très-exacte; mais elles donnent la solution la plus prompte , et fournissent une première approximation commode. Ainsi on emploie les opérations graphiques , pour avoir d’abord une solution ébauchée du problème des comètes , de celui des éclipses. L’abbé de la Caille a donné une manière commode pour trouver les longitudes en mer , par une opération graphique.
- GRAPHOMÈTRE , s. m. du gr. ypét<pa> ( graphô ) , décrire , et de fti-rpov ( métron ) , mesure.
- ( Géom. prat.) Nom que plusieurs auteurs donnent à un instrument de mathématiques , appelé plus communément demi-cercle. Peut-être
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- lui a-l-on donné ce nom , parce que les divisions de degrés qui sont sur cet instrument, donnent, pour ainsi dire , par écrit , la mesure des angles qu’on observe par son moyen.
- GRAPIN , s. m. on GRÂPFIN , s. m. de l’itaiien grappino , dimin. de grappo , l’action d’accrocher : les Auglais disent grapphng.
- ( Marine) Ancre à quatre parties, à l’usage des galères , des canots , des chaloupes.
- Grapin d'abordage ; c’est un gra-pin dont les petites pattes ou brandies sont faites en crochets. On les étalinguc sur une chaîne de fer suffisamment longue ; on les tient suspendus au bout des basses vergues et du mât de beaupré , lorsqu’on veut aborder un bâtiment , afin de raccrocher à ses manœuvres, etc.
- Quand on est à portée d’ahoidev le vaisseau ennemi , on laisse tom-' ber les grapins , qui s’accrochent au vibord ou aux passe-avants, à quelques manœuvres , ou aux haubans : alors on roi dit les cartba-heux qui tiennent les bouts des chaînes , ot que l’on manœuvre ordinairement de la hune. Quand cette opération est bien faite , il est presque impossible à l’ennemi de se dégager, attendu les chaînes de fer qu’il ne peut pas couper. Ces grapins sont sur-tout fort nécessaires aux brûlots.
- Il y a des grapins plus le'gers , que l’on jette à la main de dessus les haubans , et qu’on appelle pour; cela grapins à main.
- GRAPPE, s. f. de i’itaî. grappo ou du lat. racemus.
- ( Botan. ) Assemblage, ordinairement oblong , de lleurs ou de fruits, disposés en diverses petites grappes ou fascicules, qui sont autant de la-mificalions courtes et composées de leur axe ou support commun.
- Les iinnéistes donnent aussi le nom de grappe à des épis pendons et laxiflores.
- ( Commerce ) Grappe de llbî-lande ; c’est le nom qu’on donne à la poudre de garance de Zélande , qui est très-recherchée dans le commerce.
- (Peinture ) Grappe de raisin ;
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- c’est an célèbre Titien , dit-on, que Fart de la peinture doit les principes cachés qu’on donne à entendre aux artistes , par l’exernpie delà grappe de raisin. Ce savant coloriste avoit observé que la dégradation des nuances , et celle des effets de la lumière et de l’ombre, produisent dans un petit espace , à l’égard des grains qui composent une grappe de raisin, ce qu’ils produisent d’une manière moins démontrée , et plus difficile à apercevoir sur les corps divers, qui , dans un plus grand champ , s’oflrent sans cesse à nos regards. Titien se servit donc de cette comparaison , pour développer ses idées, et pour rendre plus frappantes les instructions qu’il donnoit à ses élèves.
- GRAS, du lat. crassus, qui a beaucoup de graisse.
- ( Marine ) Te ms gras, horizon gras ; ces expressions désignent chez les marins , un teins couvert et brumeux , un air épais et humide , à travers lequel on ne peut aperce-voirles objets éloignés.
- GRAVE, adj. et s. m. du lat. gravis.
- ( Physique ) On apppelle corps graves , ceux qui ont une tendance vers un point, et on dit alors qu’ils gravitent vers ce point.
- Il n’y a point de corps dans la nature qui n’ait cette tendance vers un point quelconque. Tous les corps de la nature sont donc graves. Les corps sublunaires , et la lune elle-même , gravitent vers le centre de la terre. La terre, et les autres pla-'nètes, gravitent vers le centre du soleil ; les satellites de Jupiter gravitent vers le centre du Jupiter, etc.
- Centre des graves c’est le point auquel tendent les corps graves -, et comme la gravité des corps terrestres dirige chacun d’eux dans une ligne perpendiculaire à la surface de la terre, le centre des graves se trouve au point où toutes ces lignes
- Ïirolongées jusque vers le centre de a terre , iraient se réunir. Ce point serait exactement le centre de la terre , si elle était parfaitement sphérique ; mais le point où ces lignes iraient se réunir en étant peu éloigné, on est dans Fusage de re-
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- garder le centre de la terre comme le centre des graves.
- ( Prosodie ) Accent grave ; c’est l’un des trois accens opposé à l’accent aigu. L’e de la dernière syllabe de succès, procès , est marqué d’un accent grave.
- ( Musique ) Grave , ou gravement ; c’est un adverbe qui marque lenteur dans le mouvement , et de plus une certaine gravité dans l’exécution.
- 'Grave , adj. opposé à aigu. Plus les vibrations du corps sonore sont lentes, plus le sou est grave. Un son est plus ou moins grave.selon que les cordes sont plus ou moins longues , plus ou moins tendues ; et en général , selon que les corps sonores ont plus ou moins de volume et de masse.
- GRAVELLE , s. f. diminut. de grave , que l’on a dit pour grève , gravier : menu gravier.
- ( Chirurgie ) Gravier , sable ou petites pierres qui se forment dans la vessie.
- Gravelles , se dit aussi de petites tumeurs dures , pétrifiées, qui viennent sur les bords des paupières. On appelle cette maladie lithiasis. V. ce mot.
- GRAYIMETRE. s. m. du latin gravis, pesant, grave , et do grec pzrpov ( métron), mesure : mesure des graves.
- ( Physique) Instrument propre à mesurer la pesanteur spécifique des solides et des fluides. C’est la même chose que le pèse-liqueur de Ni-cholson. V. PESE-LIQUEUR,
- GRAVITATION, s. f. du latin gravure, charger, rendre pesant ; et de ago , faire : l’action de rendre pesant, de graviter.
- (Mécanique) Terme nouveau, usité'depuis que l’on écrit sur la philosophie de Newton , et qui signifie, en général, l’effet de la gravité, ou la tendance qu’un corps a vers un antre corps par la force de la gravité. Suivant le système de physique établi par Newton, et reçu maintenant par tous les philosophes, chaque particule de matière pèse en gravité v ers chaque autre particule. Les planètes, tant premières que secondaires, aussi bien que les co-> V 2
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- mètes pèsent ou tendent tontes vers le soleil , et pèsent outre cela les unes vers les autres, comme ie soleil pèse et tend vers elles ; et la gravitation d’une planète quelconque vers une autre planète, est en rai* sou directe de la quantité de matière qui se trouve dans la planète vers laquelle l’antre gravite , et en raison îaverse du quatre de la distance d’une p lanèle à 1 'autre.
- GRAVITÉ, s. f. du latin gravitas , formé de gravis , pesant.
- ( Mécan. ) On appelle ainsi parmi les philo >ophes la force , que le Vulgaire appelle pesanteur, et en vertu de laquelle les corps tendent vers la terre.
- Tous les corps de la nature se comportent eatr’eux comme s’ils s’at-tiroient mutuellement, ou comme s’ils cto le rit poussés les uns vers les autres par une puissance extérieure ; et cette force, quelle qu’elle soit, paraît agir en raison directe des masses, et eu raison Inverse du. quarréde la distance. Mais les corps s’atlirent-ils réellement les uns les autres ? ou sont-ils poussés les uus vers les antres?-c’estceque l’on ignore complètement. On a imaginé plusieurs systèmes, pour vendre raison de la cause physique de la gravité , «t il n’en est aucun contre lequel on ne puisse faire des objections auxquelles il est impossible de répondre. Cens qui seront curieux de les connaître , peuvent consulter les GLie-vres de Gassendi, l’Essai de Physique de Musschembroëck,les Principes de Descartes , les Leçons de Physique de DesmoUères , la Physique céleste de Bernouilli, etenün les Principes mathématiques delà philosophie naturelle de Newton.
- Centre de gravité. V. CENTRE.
- Les lois de la gravité des corps qui pèsent dans les fluides, sont Tob-
- iet de Vhydrostatique. V. HY-JROSTATIQUE,
- Dans cette science , ou divise la .gravité en absolue et en spécifique.
- La gravité absolue est la force avec laquelle les corps tendent en
- bas.
- La gravité spécifique est 3e rapport de la gravité d’un corps à V§lk d’un autre de même volume*
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- GRAVURE , s. f. du latin baA,
- graphare ; lait du grec ypâpœ ( gra-pho ) , graver , écrire, comme les anciens , sur de la cire , avec un stylet. La gravure peut être définie un art, qui , par le moyen du dessin, et à t’aide de traits laits et creusés sur des matières dures , imite les formes , les ombres et les lumières des objets visibles , et peut en multiplier les empreintes pur le moyen de l’impression.
- Long-terns avant que la gravure en estampes fat connue , les orfèvres gravoient au burin des figures sur leur argenterie , et les armuriers ornoient leurs armes de travaux au burin. Ce n’est donc pas de la gravure -elle-même qu’il faut chercher l’origine, elle se perd dans la nuit des teins , mais seulement de l’art d’en tirer les épreuves.
- L’Allemagne et l’Italie se disputent la gloire d’avoir inventé l’art de la gravure ; mais connue il y avoit alors très-peu de communication entre ces deux Etats , on peut aisément supposer qu’aucune des estampes gravées dans l’une de ces contrées ne fut d’abord connue de l’autre. Il n’est donc pas contraire à la vraisemblance que la gravure trouvée en Allemagne , en i45o, ait été trouvée de même en Italie 20 ans après..
- Le plus ancien graveur allemand qui ait tiré des épreuves de ses ouvrages est Martin Sc.haen , mort ep i486, et qu’on appelle aussi Beau Martin de Colmar • car il faut attribuer à l’amour du merveilleux , l’histoire peu vraisemblable qui fait honneur de cette invention à un berger des environs de Mous, nommé F. Von B o ch vit.
- C’est à Masso Firigruna , orfèvre de Florence, que les Italiens attribuent l’invention de la gravure en estampes. Il avait coutume de tirer en pâte de terre on de souffre Tem-preinte de ses gravures , et il s’aperçut que le noir , qui étoit resté au tond des tailles s’imprimoit sur ces pâtes. 11 essaya de tirer.de semblables impressions avec du papier humide, en le pressant à l’aide d’un rouleau ou d’un instrument lissé, et il réussit.
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- De tons les arts d'imitation , iî n’en est aucun qui soit d’une utilité plus générale que la gravure.. Dès les commencemeM ou s’en est servi pour étendre les diverses branches de nos conuoissances ; c’est à cet art que nous devons les plus sûrs moyens de communiquer la représentation des objets visibles ; c’est lui qui nous a dispensés devoir recours à ces descriptions embarrassées , et presque toujours fautives , dont on étoit obligé de se servir pour faire connoître ce que l’on peut mettre aujourd’hui sous les yeux , et indiquer clairement , à l’aide d’une estampe accompagnée d’une simple explication.
- Ce que l’imprimerie a fait pour les sciences , la gravure l’a fait pour les arts ; elle a rendu aux anciens peintres d’Italie , en conservant et multipliant leurs ouvrages , le même service que l’imprimerie a rendu aux anciens auteurs.
- Les ouvrages des anciens peintres sont, pou,v la plupart, peints à fresque sur des murs, ou déposés dans des salons ou des galeries inhabitées , ou Thumidité les pénètre et les détruit à la longue. Les peintures de Raphaël ont presque tontes disparu des plafonds humides qui les retenoient ; les estampes de son contemporain, Marc-Antoine Raimond, sont encore d’nne beauté singulière : on y retrouve l’imitation la plus fidèle de ces belles compositions , qui, sans la gravure , seraient entièrement perdues pour nous.
- On distingue plusieurs sortes de gravures,suivantles procédés qu’on emploie dansles différentesmanières de graver.
- Gravure en bois; la gravure en bois a été pratiquée avant la gravure en taille-douce. L’opinion la plus générale est qu’elle tire son origine des cartiers allemands, parce que le mécanisme en est à-peu-près le même.
- Après avoir produit des images des saints , on grava aussi des sujets d’histoire , et on y ajouta , par les mêmes
- Ïrecédés , une explication en bois.
- e sont ces livres, qui, suivant l’opinion de plusieurssavans, ont don-
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- né l’idée à Guttemberg d’invemes l’art typographique.
- Dès que l’imprimerie fut inventée , la gravure en bois fut employée à l’ornement des livres ; cependant, cet art ne fut entièrement perfectionné en Allemagne qu’au commencement du seizième siècle : ce fut à cette époque qu’AIbert Durer, Lu-çay , Cranach , et un grand nombre d’autres donnèrent des gravures en bois , très-recherchées aujourd’hui par les curieux.
- L’âpreté des tailles de cette gravure l’a fait abandonner depuis long* tems par les savans artistes ; elle n’est plus d’usage que pour lés vignettes, ses fleurons, et autres or-nemens de la typographie.
- Pour faire une gravure en bois , on commence par dessiner son sujet à l’encre, sur la planche, puis avec des outils fort tranchans, on enlève le bois. Tout ce qui y reste en creux doit former les lumières sur l’estampe ; on réserve en saillie les traits et les hachures qui doivent former les mouvemens , les formes et les ombres.
- La gravure étant terminée , on la porte sur une presse d’imprimerie en lettres , et les épreuves sont tirées comme on tire le s feuilles d’un livre.
- La gravure en bois a l’avaDtag© de résister à l’impression beaucoup plusquela gravure en cuivre ; celle-ci donne à peine quelques centaines de belles épreuves , tandis que l’autre en donne plusieurs milliers, presque tontes d’une égaie beauté.
- On distingue la gravure en bois en quatre espèces : celle qui est matte et de relief ; la gravure en creux ; celle qu’on emploie pour les estampes , les vignettes et l’impression , et enfin la gravure en clair-obscur , ou gravure en camaïeu.
- De toutes ces espèces de gravures en bois , celle qui demande le plus de connoissances, qui est la plus délicate et la plus parfaite , c’est celle des estampes , les autres n’étant , à proprement parler que des ébauches de celle-ci.
- Les estampes en clair-obscur, ou en camaïeu, sont faites par le moyen de plusieurs planches en bois , im-pvjmées successivement sur la même
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- feuille ; la première ne porte que les contours et les ombres ; ia seconde les demi-teintes ; la troisième est reservée pour les lumières. Les Italiens ont appelé chiaroscuro , ce genre de gravure que nous connois-sons sous le nom de camaïeu.
- Gravure au burin , ou en taille-douce ; pour graver au burin, on commence par tracer sur le cuivre les contours et les formes de son sujet , avec un instrument fort acéré et très-coupant, que l’on nomme pointe-sèche; puisa l’aide du burin , autre instrument d’acier très-Coupant et à quatre faces , on entame le cuivre, et on y trace des sillons plus ou moins larges, et plus ou moins profonds : ces sillons sont appelés tailles.
- Pour graver sur le cuivre au burin , il faut peu d’apprêt et peu d'outils. Une planche de cuivre rouge bien polie , un coussinet de cuir pour la soutenir , une poiute d’acier pour tracer , divers burins bien acérés pour inciser le cuivre , un outil dont l’un des bouts sert de brunissoir, et l’autre de grattoir ; une pierre à l’huile ; un tampon de feutre noirci dont on frotte la planche pour en remplir les traits, et les mieux distinguer à mesure que la gravure avance , sont tout l’équipage d’un graveur au burin. Mais en revanche , il a besoin d’un grand goût de dessin pour la disposition , et d’une main sure et légère pour l’exécution, parce que c’est entièrement de son habileté et de la hardiesse de ses traits , que dépend la beauté de ses ouvrages. V. BURIN.
- Gravure à Veau forte ; la gravure à l’eau forte est ainsi nommée , à cause de l’usage qu’elle fait de cette liqueur corrosive. Après avoir enduit un cuivre bien préparé d’une légère couche de vernis, et l’avoir noirci à la fumée d’une torche, on y trace son sujet avec une pointe plus ou moins fine , qui enlève en même tems le vernis partout où on la promène ; puis on verse sur la planche une quantité suffisante d’eau forte, qui mord et entame le cuivre aux endroits où
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- la pointe l’a mis à découvert. V. EAU FORTE.
- Gravure en manière noire ; cette gravure , désignée , comme l’a dit Cochin, par son défaut capital, n’est guères cultivée avec succès qu’en Angleterre , où on l’appelle mezzo-tinto. Elle fut inventée par un certain Louis de Sieghen ou Sichen , lieutenant - colonel au service du prince de Hesse - Gassel. Cet officier apprit son secret à Robert de Bavière , prince palatin du Rhin , amiral d’Angleterre sous Charles I. Le palatin communiqua la découverte de Sieghen à Walerand Vaillant, peintre flamand , et le secret fut divulgué par l’indiscrétion de quelques ouvriers. Les Anglais ont porté ce genre au plus haut degré de perfection dont il soit susceptible.
- La gravure en manière noire diffère entièrement de celle au burin ou à l’eau forte , par ses procédés et par ses effets. Au lieu que dans ces deux manières on passe delà lumière aux ombres , donnant peu-à-peu de la couleur et de l’effet à sa planche ; dans la manière noire , au contraire , on passe des ombres aux lumières , et peu-à-peu on éclaircit sa planche. Le cuivre d’une manière noire est tellement préparé , que le fond y est totalement noir , et couvert d’un grain velouté , égal et par-tout moelleux. Sur ce fonds ainsi préparé , le graveur trace son sujet , et avec des instrumens propres à ce genre de gravure, il enlève peu-à-peu le fond , suivant les places, et en proportion du plus ou du moins de lumière qu’il veut répandre sur son estampe. Cette manière de graver est presque toujours molle , et ne peut bien rendre que les chairs et les draperies , lût-elle même entre les mains d’un excellent artiste.
- Gravure en plusieurs couleurs ; c’est la gravure en manière noire , qui a donné occasion d’inventer la gravure en plusieurs couleurs. Jacques le Blond , qui est l’auteur de celte découverte, commença ses essais en Angleterre , vers l’année îySo ; il vint ensuite ea France où
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- il grava avec quelque succès des portraits de grandeur naturelle.
- Cette gravure se fait avec plusieurs planches, qui doivent représenter un seul sujet, et qu’ouim-prime chacune avec sa couleur particulière sur le même papier.
- Pour faire un plus grand effet, et pour conserver plus long-tems ces épreuves , et les faire mieux ressembler à la peinture , on passe par dessus un vernis pareil à celui que l’on met sur les tableaux.
- Gravure au maillet ; ou a quelques estampes de J. Lutma , qu’il intituloit du nom dJOpus Mallet. 11 paroît par le titre de ces estampes gravées en point, que l’auteur se servoit d’un petit marteau pour enfoncer dans le cuivre la pointe ayec laquelle il gravoit. C’est sans doute à cette manière que nous devons celle à l’imitation des dessins an crayon , ou à la sanguine , portée à sa perfection par Demar-teau l’aîné et son neveu. Pour accélérer le travail , lui donner plus de liberté et une touche plus large que ne faisoit Lutma avec uue seule pointe , on a imaginé des instru-raens dont la face inférieure est hérissée de pointes saillantes, plus on moins éclatantes, plus ou moins fines. Ces instrumens . qui font Lef-fet d’un faisceau de pointes jointes ensemble, sont de différentes formes ; plusieurs sont disposées en roulettes , de sorte qu’on peut les faire mouvoir et les faire tomber dans tous les sens , en appuyant sur sou enivre • ce qui donne la facilité d’y tracer librement les hachures , et d’imiter parfaitement la grainure et le moelleux d’un dessin à la sanguine. On se sert ordinairement de l’eau forte pour ébaucher , puis on retouche avec les mêmes instrumens , pour donner l’accord et adoucir sbn travail.
- Gravure pointillée ; on appelle ainsi une manière de graver fort ressemblante à celle de J. Lutma et de Demarteau. C’est un composé de points et de tailles, mais dans lequel les points dominent , et sont employés ordinairement pour faire les chairs et les fonds. Cette manière a été portée au plus haut
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- point de perfection , par William Ryland, et par le célèbre Barto-lozzi.
- On s’est avisé , il y a quelques années, de faire imprimer en couleurs des planches gravées dans cette manière. Le succès de ces estampes, faites pour les demi connoisseurs seulement , dépend de la vivacité des couleurs , de leur bon accord , et de i’intelligeuce réunie du graveur et de l’imprimeur, de ce dernier sur-tout.*
- Gravure à limitation des dessins au lavis 5 il y a plusieurs procédés différens pour réussir dans cette manière. Le plus usité est de laver sur le cuivre par un procédé particulier, avec l’eau forte et le pinceau , comme on lave un dessin sur le papier avec du bistre, ou de l’encre de la Chine. Les estampes gravées de cette manière, par un bon peintre ou un bon dessinateur , peuvent être regardées comme autant de dessins originaux ; car elles en ont toute la liberté , tonte la touche , enlin tout le mérite.
- On a quelquefois imité les dessins au lavis , par un travail pointillé infiniment précieux et d’un extrême fini ; mais cette imitation étant en quelque façon servile , n’a été employée avec succès que pour graver de l’architecture.
- Gravure à l’imitation des dessins colorés à l’aquarelle.
- De la gravure à l’imitation du lavis , il n’y avoit qu’un pas à faire pour trouver celle à Limitation des dessins colorés à l’aquarelle : il s’a-gissoit seulement de multiplier les planches pour une même estampe , et de distribuer sur chacune d’elles les couleurs destinées à en recevoir les différentes places. Yoici le procédé dont on se sert : ou a quatre ou cinq planches de cuivre d’égale grandeur , que l’on a grand soin de faire accorder exactement les unes avec les autres , par le moyen de pointes fixées sur les marges , en dehors de la gravure. Sur la première de ces planches, on grave son sujet de manière à trouver les formes principales , et on le termine assez pour qu’il puisse être imprimé dans une couleur foncée,
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- soit de bistre , soit d’encre de la Chine médiocrement noire. L’épreuve de cette planche fait à peu près l’effet d’un dessin lavé , auquel il ne manqueroit que les couleurs. Les autres cuivres sont destinés à recevoir les couleurs , et à les transmettre à l'épreuve de la première planche , par le moyen de l’impression. Ainsi la deuxième planche est destinée à recevoir les travaux qui doivent être imprimés en ronge 5 la troisième planche le sera aux travaux imprimés en bleu ; la quatrième sera pour l’impression de couleur jaune. Le mélange des couches de bleu et de jaune , donnera le vert ; le mélange dn rouge avecle jaune, sera une teinte qui participera des deux , et ainsi des autres. La première planche , celle destinée au fond et au sujet principal , étant imprimée en noir ou en bistre , donnera les teintes grises, noires ou bistrées, et le fond du panier laissé blanc, donnera les lumières pures.
- La grande difficulté de cette sorte de gravure , consiste dans la justesse des rentrées de chaque teinte , et dans la presque impossibilité de les bien imprimer ; car s’il faut que le graveur ait des conuoissances relatives au coloris, il faut aussi qu'il soit aidé par un imprimeur intelligent et homme de goût , réunion qui n’est pas commune.
- La gravure en manière noire , celle à l’imitation du lavis, et celle en couleurs à l’aquarelle , ont toutes trois le même défai t par elles-mêmes : celui d’être de peu de durée, et de s’user promptement à l’impression.
- Gravure sur pierres fines. Voy. GLYPTIQUE.
- Gravure sur métaux • la gravure des monnaies , celle des médailles et des jetons , se font de la même manière , et on se sert des mêmes instmmens ; toute la différence consiste dans le plus ou moins de relief qu’on leur donne.
- L’ouvrage des graveurs en acier se commence ordinairement par les poinçons qui sont en relief, et qui servent à faire les creux des matrices ou carrés. Quelquefois ce-
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- pendant on travaille d'abord eu creux , mais dans les occasions seulement où ce qu’on veut graver a peu de profondeur.
- La première chose que fait le graveur, c’est de dessiner ses figures , et ensuite de les modeler et ébaucher en cire blanche, suivant la grandeur et la profondeur qu’il veut donner à son ouvrage ; c’est d’après cette cire que se grave le poinçon, qui est un morceau de fér bien acéré , sur lequel , avant que de l’avoir trempé, on cisèle en relief la figure que l’on veut graver , et frapper en creux sur la matrice ou carré.
- La figure étant parfaitement finie, on achève de graver le reste de la médaille, comme les moulures de la bordure , les grenettes, les lettres, etc. Quand le carré est entièrement achevé, on le trempe, puis on le découvre, on le frotte avec la pierre, et on le polit à l’huile à l’émeril.
- Le carré , en cet état, peut être porté au balancier pour y frapper des médailles, des espèces et des jetons. V. MONNAYEUR.
- Graveurs en caractères. Voy. GARACTERE, FONDEUR.
- Gravure de la musique ; sur une planche d’étain d’environ une ligne d’épaisseur, planée et polie, le graveur prend avec un compas la mesure des portées, des distances et des lignes.
- S’il y a des paroles dans la musique, c’est par là qu’on doit commencer : c’est l’affaire d’un graveur en taille-douce.
- Les lignes des portées se gravent avec un instrument appelé couteau j ensuite avec un. instrument à trois quarts, appelé grattoir, on ébarbe ces lignes : on les polit avec un autre, instrument d’acier très-poli , appelé brunissoir. Cela fait, on pose la planche sur un morceau de pierre ou de marbre , pour y frapper aux endroits convenables toutes les différentes figures de la musiqne avec des poinçons au bout desquels elles sont gravées en relief.
- Les liaisons, les pauses, les demi-pauses, les accolades se gravent avec l’échoppe. Toutes ces opérations faites , 011 polit la planche j
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- en l’envoie à l’imprimeur pour en tirer une ou deux épreuves, que l’on corrige ; après quoi , ou th*e en dernier ressort ; ce que l’on appelle tirer au vrai. Y. i'OLY -TYPA G-H.
- Gravure sur verre; une des découvertes les plus intéressantes du siècle dernier a été celle d’un - acide capable de pénétrer les substances vitrifiées , qui avoient été regardées jusqu’alors comme inaltérables par les acides. C’est à Scheèle qu’on attribue la gloire d’avoir trouvé combiné dans le spath-fluor ou chaux fluatée, un acide qui entame et détruit complètement la substance du verre.
- M. Puy-Maurln a, l’un des premiers , gravé uu sujet entier sur une feuille de verre ; c’est l’apothéose de Scheèle qui se trouve à l’Institut national. Les Anglais ont ensuûe songé aux moyens d’imprimer, en gravant les planches en verre. Plusieurs personnes, en Europe, ont successivement tâché de graver sur verre. Un artiste français, Boudier, a appliqué cette gravure aux effets de commerce : il fait deux opérations, celle de graver les ornemens et les lettres, et celle de faire un fond qui imite parfaitement l’arqua tinta (demi-teinte). On imprime avec une encre délébile pour éviter les contre - façons. En effet, cette encre une fois eulevée , on ne peut plus imiter le fond qui avoit été imprimé par la glace , à cause de nombreuses nuances qui se trouvent dans les teintes produites par l’inégalité de l’action de l’acide fluo-rique sur le verre, et qu’il est impossible de contrefaire.
- • L’arrêté du gouvernement qui doit transmettre à la postérité la reconnoissance publique pour les généraux Kléber et Desaix , et qui est déposé sous la première pierre du monument consacré à la mémoire de ces deux guerriers , a été gravé sur une plaque de cristal par le moyen de l’acide fluorique. M. Puy-Maurin a publié un Mémoire où il décrit les procédés qu’il faut suivre , et il a proposé de faire tourner cette découverte au profit de la gravure.
- Ce procédé deviendra précieux
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- pour la gravure au trait, en contribuant à la multiplication des copies. Le burin laisse sur le cuivre un trait trop fort, quand le métal n’est pas profondément entamé; et il est difficile, quand on veut avoir un dessin délicat, de tirer un grand nombre d’exemplaires. Le verre fait ressortir les lignes les plus déliées ; et, eomifle ii est incompressible, il produit un effet constant, même après qu’on a tiré des milliers de copies. Il seroit aisé d’enluminer ensuite, et de former des dessins semblables à l’original, à l’imitation des artistes de Rome , qui , après avoir dessiné un monument antique, font gra ver au trait le contour de leurs dessins, et les font ensuite enluminer. Y. VERRE, ACIDE FLUORIQUE, GAZ ACIDE FLUORIQUE.
- G RÉMENT, ou GRÈMENT, s. m. contraction d7agrément, fait du lat. agreamentum. On disoit autrefois agréer pour gréer un vaisseau.
- ( Marine ) Tout ce qui est nécessaire pour gréer un vaisseau. On dit qu’un vaisseau est complètement gréé , lorsqu’il est muni de tous ses cordages, ses poulies , voiles, et autres ustensiles nécessaires à son maniement pour sa navigation.
- GREFFE, s. m. du lat. barb. graphiarius, fait du grec ypâça (graphô ) , écrire.
- ( Pratique ) Dépôt public où l’on conserve les minutes , registres et autres actes d’un tribunal, pour y avoir recours au besoin , et où on délivre des expéditions de ces actes.
- GREFFE, s. f. du lat. graphium,, formé du gr, ypu<p'âov ( grapliemn ), à cause do sa ressemblance avec la stylet.
- ( Jardin. ) La greffe ou ente est une opération par laquelle on unit une portion quelconque de plante à une autre plante , avec laquelle elle doit faire corps, et continuer de végéter.
- Pline dit qu’un laboureur, voulant faire une palissade à sa terre , s’étoit avisé d’enchâsser l'extrémite inférieure de ses pieux dans aes troncs de lierre} que ces pieux
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- s’étant greffes dans ces troncs, devinrent de grands arbres.
- Théophraste rapporte qu’un oiseau ayant avalé un fruit entier, le jeta ensuite dans le tronc d’un arbre creux, où, mêlé avec quelques parties de l’arbre qui étoient pourries et arrosées par les pluies , il germa, et produisit dans cet arbre Un autre arbre d’une espèce différente.
- D’après ces deux auteurs, l’une ou l’autre , ou peut-être l’une et l’autre de ces opérations de la nature , auroient donné l’idée de la reffe ; mais il est plus vraisem-lable que cette idée est venue après des réflexions qu’auront occasionnées la vue et la découverte de deux branches de différens arbres fruitiers réunies ensemble, et incorporées sur un même tronc. On voit assez communément les branches et même les troncs de certains arbres plantés assez proche fés uns des autres , s’attacher et se réunir intimement. Le vent ou quelque hasard aura fait frotter les branches de deux arbres fruitiers assez fortement l’une contre l’autre, pour pouvoir s’écorcher et se réunir ensuite ; l’écorce rompue aura donné lieu à la sève de s’introduire réciproquement dans les pores de ces arbres. Cet accident leur aura fait porter des fruits plus beaux et meilleurs que ceux qu’ils avoient coutume de produire. On aura dès-lors tâché d’imiter cette opération de la nature , et de suivre les indications qu’elle-même avoit données. A force d’essais, de tentatives et de réflexions , on est parvenu à trouver les différentes manières de greffer.
- Pour que les greffes puissent se réunii-, il est essentiel que le sujet ou le sauvageon soit d’une nature un peu analogue à la greffe qu’on y applique : aussi ne voit-on réussir que les greffes de pépin sur pépin , de noyaux sur noyaux ; en vain travail!eroit-on à vouloir greffer les uns sur les autres, des arbres dont la sève se met en mouvement dans des tems différens. L’art est parvenu à découvrir plusieurs espèces de greffe, au moyen desquelles on peut greffer les arbres
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- pendant toutes les saisons d® Tannée.
- Il y a des greffes en fente, en couronne, à emporie-pièce, en flûte, en écusson , etc. T'. le Parfait Jardinier.
- La greffe est ce qu’il y a de plus ingénieux dans le jardinage : c’est le triomphe de l’art sur la nature. Par cette opération , on vient à bout de faire rapporter les fruits les meilleurs à des arbres qui n’eu auroient donné que de revêches. Par son secours, on relève la qualité des fruits, ou en perfectionne le coloris , on leur donne plus dé grosseur, on en avance la maturité, on les rend plus abondans ; mais on ne peut créer d’autres espèces : si la nature se soumet à quelque contrainte,elle ne permet pas qu’on l’imite. Tout se réduit ici à améliorer ses productions , à les embellir et à les multiplier ; ce n’est qu’en semant les graines, en suivant ses procédés, qu’on peut obtenir des variétés dans les espèces qu’elle a produites ; encore faut-il pour cela tout attendre du hasard , et rencontrer des circonstances aussi rares que singulières.
- GREGORIEN, adj. de Grégoire, nom propre.
- [Musique) Il se dit, en parlant du chant d’église ordonné par Grégoire J.er.
- ( Chronol. ) Il se dit aussi de tout ce qui a rapport au calendrier réformé par les ordres de Grégoire XIII, en i582. V. CALENDRIER.
- GRÊLE, adj. du lat. gracilis ; long et menu.
- (jPhysiol.) On donne ce nom à une apophyse du marteau de l’ç-reiile , parce qu’elle est longue et menue ; on le donne aussi au muscle droit antérieur de la jambe ; et enfin aux intestins qui ont un diamètre plus petit.
- ( Botan. ) Grêle se dit encore de toutes les parties des plantes qui paroissent trop longues et trop déliées pour leur grosseur. On dit des filets des étamines qu’ils sont grêles quand ils ont l’air de fils ou de cheveux.
- ( Musique ) On dit d’une voix aiguë et foible qu’elle est grêle.
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- En parlant du son du cor ou d’une trompette, on dit un ion. grele, pour le ton le plus haut: sonner du grêle.
- {.Peinture) Cette figure est grêle, ce membre est grêle ; on entend par-là un vice voisin de la bonne qualité , cpui s’exprime par le mot svelte. Le grêle est ordinairement accompagné de roideur, parce que l’artiste, en voulant parvenir à la légèreté, perd ces lignes ondoyantes qui expriment le mouvement. Ainsi le gothique est roide et grêle.
- GRELE (météore), de grésil, mot celtique, qui signifie la même chose.
- ( Physique ) La grêle est un météore aqueux de l’eau congelée en l’air par le froid, et qui tombe en grains.
- Il arrive quelquefois que la région des nuages est assez froide pour geler les vapeurs dont ils sont composés ; mais si ces vapeurs, étant poussées les unes vers les autres, ou condensées par une cause quel-cenque, ont eu le teins de se réunir en gouttes avant d’être prises par la gelée, le froid, qui les saisit , en forme de petites sphères de glace : c’est-là ce que nous appelons grêle. ,
- G R ELIN, s. m. de grêle, menu, gracilis.
- {Marine) Cordage commis à la façon des cables ; c’est-à-dire, deux fois commis, mais moins gros que le cable. Les grelins servent à amarrer les vaisseaux, à les touer et à les remorquer, à tenir les petites ancres.
- GRENADE, s. m. du lat. gra-natum.
- ( Agric. ) Fruit du grenadier.
- ( Artillerie ) Petit boulet de fer creux en forme de grenade , rempli de poudre fine qui prend feu par une fusée mise à sa lumière.
- La grenade se jette à la main dans des postes où les soldats sont pressés, et particulièrement dans la tranchée, et dans un logement de l’ennemi.
- Les grenades et les pots à feu ont donné lieu à l’invention de la bombe. On fixe au plus tard l’invention des grenades sous François Ier.
- GRENADIERS, s. m» Hcgrenade.
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- ( Art militaire ) Soldât, muai, outre ses armes ordinaires, d’un® gibecière pleine de grenades.
- Autrefois, chaque compagnie d’infanterie avoit quatre ou cinq grenadiers que l’on détachoit pour former une compagnie particulière de cinquante hommes, qui se postoit à la tête du bataillon. Ces premiers grenadier» étaient destinés à esc'ar-mouoher, et jeter 'des grenades parmi les ennemis, au moment d’une action. Leur nom est dérivé de ce .service primitif.
- GRENAILLE, s. m. de graine , granuni.
- ( Essayeur) Mettre de P argent en grenaille; c’est lorqu’après l’avoir fondu, on le jette dans de l’eau froide, en remuant l’eau avec un balai, ou autrement.
- GRENAT, s. m.
- ( Joaillerie ) Pierre précieuse , ainsi appelée, parce qu’elle ressemble de couleur et de forme à un grain de grenade.
- Cette pierre est d’un rouge très-foncé ; sa dureté est un peu supérieure à celle de l’émeraude du Pérou : elle entre en fusion au feu ; mais elle y conserve sa couleur ; elle cause aux rayons de lumière une double réfraction : sa pesanteur spécifique est à celle de l'eau distillée , comme 4i,888 est à 10,000.
- Le grenat syrien est beaucoup plus beau et plus estimé ; il est d’un rouge fort éclatant, tirant quelquefois sur le violet. Sa pesanteur spécifique est moindre que celle du précédent ; elle n’est que de 4o,ooo.
- Les grenats se rencontrent dans différentes espèces de fossiles, tels que les ardoises et pierres feuilletées, la pierre à chaux, le grès, etc.
- Le grenat n’a ni l’éclat ni le brillant des autres pierres précieuses , à moins qu’on ne l’expose à une lumière vive.
- Les grenats syriens, lorsqu’ils pèsent six ou huit karats, et qu’ils sont d’une belle couleur de pourpre , peuvent valoir jusqu’à 4o ou 5o livres le tarai ; mais ils sont très-rares. Les autres sont assez communs pour que le prix en soit très-modique. Ceux de bohème et autres, quand ils sont beaux, taillés
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- à facettes dessus et dessous- et non chevés ( creusés en dessous }, qu’ils sont bien nets, et qu’ils pèsent plus de deux karats, on les estime 2 livres le karat.
- GRENIER, s- m. du lat. gra-narimu.
- ( Archit. } Lieu où l’on garde les grains battus.
- Greniers de conservation ; on appelle ainsi des espèces de grandes caisses de treize pieds ( 4u décimètres ) carrés , sur six pieds ( ig décimètres) de haut, placées sur des chantiers, et qui servent à conserver le blé, en taisant jouer entre les d fférens fonds dont elles sont composées, des ventilateurs , et par conséquent le préserver des jnittes^, teignes, charansons, etc.
- GRES, s. m. du celtique ou breton craigroche.
- {Miner. ) Le grès est composé de petits grains de différentes figures, et le plus souvent arrondies, plus ou moins liées ensemble, par ira ciment siliceux. Sa dureté s’accroît avec le tems par l’évaporation de l’humidité qu’il contient. Le grès dur sert à bâtir : taillé en morceaux cubiques, on l’emploie à paver lés rues. Le grès demi-dur sert à aiguiser les outils ; le grès du Levant, dont .le grain est très-fin , et le tissu serré et égal, sert à repasser les rasoirs 5 on augmente sa dureté en le trempant dans de l’huile. Le grès poreux a le grain assez écarté pour laisser filtrer l’eau, et assez serré pour retenir les impuretés qu’elle renferme, il sert à filtrer.
- GRIEF, s. m. de gravis, grave : dommage, lésion.
- ( Pratique } On appelle griefs , les écritures que l’on fait pour montrer sur quoi on est lèse , par un jugement dont on est appelant.
- GRIGNOTIS, s. m. de grigne , grignon : croûte de pain.
- ( Gravure ) Grignoté ou grignotes ; mots en usage dans Fart de la gravure. Ces travaux sont agréablement grignotés ; le grignotis convient mieux pour rendre de vieilles masures que des travaux plus fermes.
- Des tailles courtes et tremblées, interrompues par des points de
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- toutes les formes, et par tons les travaux capricieux que peut créer nue pointe badine, constituent le grignotis. C’est la pointe qui s’acquitte avec le plus de succès de ce travail libre et ragoûtant, cependant Corneille Wisscher Bols-wert, et même Albert Durer, ont su forcer le burin à grignoter certaines parties de leurs planches avec un goût exquis,
- GRILLAGE , s. m. de grille , dérivé du latin craticula, gril.
- ( Métallurgie ) Grillage des mines -, c’est une opération qu’on fait subir à un minéral pour le priver du soufre ou de l’arsenic qu’il contient , jiarce que ces deux substances étant volatiles à un certain degré de chaleur , elles quittent le métal , et vont se condenser dans la cheminée du fourneau. Par-là , on obtient le métal dans un état plus voisin de la pureté , et plus disposé à la fusion. Cette opération se. nomme aussi rôtissage , calcination , et torréfaction des mines.
- GRIMPANT, participe de grimper , que quelques-uns dérivent du grec r‘T® ( chrimptô), s’approcher, s’appuyer/ d’autres du lat. repere.
- ( Botàn. ) On appelle ainsi la plante dont la tige, incapable de se soutenir par elle-même, grimpe sur les corps voisins, en s’y attachant , soit par des cirrhes , soit pur des racines caulinaires,
- GRIMPEUR , s. m. V. GRIMPANT.
- ( OrnytJioIog'e ) C’est le nom que M. Cuvier a donné au troisième ordre des oiseaux , ceux qui pa-roissent plus particulièrement conformés pour grimper.
- GRIS, SE, adj. et s. m. de l’italien grigio , fait du lat. cinericus, suivant Ménage : qui est de couleur mêlée plus ou moins de blanc et de noir.
- ( Peinture ) Ce tableau est gris ; ce peintre donne dans le gris.
- Quand le gris est la teinte dominante d’un tableau, l’ouvrage manque d’effet 5 c’est un vice capital de couleur. Mais les tons gris peuvent être artistement opposés aux tons chauds, vigoureux, et contribuer
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- ainsi par leur opposition à l’heure us effet du taineau.
- GRISAILLE, s. £ de gris.
- ( Peinture ) Espèce de peinture, et aussi un défaut dans le coloris.
- Lorsqu’un tableau est d’une teinte grise, lourde et si uniforme, que les couleurs locales ne s’y distinguent pas bien; ou dit alors, avec le sentiment du mépris : c’est une grisaille.
- La première acception de ce mot s’applique à deux sortes de peintures.
- i.Q On dit d’une esquisse faite d’une seule coulenr grise, avec du blanc et du noir , que c’est une esquisse en grisaille.
- Le modèle du plafond de Mignard, au Val-de-Grâce , qui se voit à P Académie de peinture , est peint en grisaille ; ce qui désigne que les couleurs locales n’y sont point indiquées, et que le ton est gris.
- 2°. On entend aussi par grisaille, ce que les Italiens entendent par chiaro scuro, méthode employée ordinairement dans les frises et dans les panneaux de soubassement des ordres xl’architectuve. On en voit de cette sorte au Vatican, peints la plupart par Folklore de Cara-vage. Ce sont des tableaux de couleur grise , imitant imparfaitement les bas - reliefs de pierre ou de marbre.
- GROS, SSE, ad;, du lat. barb. grossus , qui pourroit venir du teuton grasse : qui a beaucoup de circonférence et de volume.
- ( Art milit. ) Gros de cavalerie , gros d’infanterie ; petit corps de cavalerie ou d’infanterie.
- Gros d’une armée ; la plus considérable , la plus grande et la plus grosse partie d’une armée.
- ( Marine ) Gros tems ; tems orageux., vent forcé, avec une mer élevée.
- Grosse mer ; une mer très-agitée, èt dont les lames sont élevées.
- Gros vent ; un vent dont la force est au-dessus de l’ordinaire.
- { Commerce ) Grosse aventure; contrat à la grosse aventure ; c’est l’argent qu’on prête sur le corps et quille d’un vaisseau, ou sur les mardiaudiïes de -sa cargaison, pour
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- en retirer un certain profit ou intérêt , si le vaisseau fait heureusement son voyage ; et que l’on perd, si le vaisseau ou les marchandises viennent à périr. C’est ce qu’on nomme aussi BOMERIE V. ce mot.
- GROS, s. m. { monnaie ), corruption du mot allemand cross, parce que cette monnaie étoit marquée d’une croix.
- • ( Monnaie ) Il n’est rien de plus célèbre dans les auteurs anciens que les gros tournois que Saint-Louis fit faire ; ils furent appelés gros , parce qu’ils étoient marqués d’un» croix , quoique d’autres prétendent que ce nom leur est venu de ce qu’ils étoient la plus grosse monnaie du tems ; et tournois , parce qu’ils furent frappés à Tours.
- Le gros est aujourd’hui une mon-noie de Bohême, de Hongrie, de Silésie, etc. Gros est aussi une expression monétaire comme celle de tournois, sterling, etc. , en usage particulièrement en Hollande et dans les Pays-Bas.
- GROSSE, s. f. de-gros, grossus,
- { Commerce ) Une grosse , en termes de commerce, est douze douzaines de certaines marchandises. On a d’abord dit, marchand en-gros , par opposition à marchand en détail; puis on a appelé grosse une certaine quantité de marchandises vendues par un marchand en gros.
- ( Pratique ) Grosse est encore le nom d’une expédition de tout acte public, écrite en caractères plus gros que la minute.
- GROSSIR, v. a. du lat. barbare grassescere.
- (Optique) Grossir, en termes d’optique , signifie faire paroître un objet plus grand qu’il n’est en effet ,* ainsi on dit d’un microscope qu’il grossit les objets.
- Il le faut avouer, on n’a point encore de théorie bien satisfaisante, et qui soit à l’abri de toute difficulté , sur la propriété qu’ont les instrumeus de dioptrique ou de ca-toptrique , de grossir les objets : en, général cela vient de ce que le miroir ou le verre réfléchit ou rompt les rayons, de manière qu’ils entrent dans l’œil sous un plus grand angle que s’ils partoient de l’objet aperçu è la vue simple ; niais cet angle
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- ne suffit pas pour déterminer la grandeur de l’objet -, il faut le combiner avec la distance apparente , et >ar conséquent connaître le lieu de 'image. Or , les opticiens n'ont point encore donné de règles sûres touchant ce dernier point. Voyez, DlOFTltl QUE.
- GROTESQUE, s. m. et adj. de GROTTE. V. ce mot.
- ( Peinture , Sculpture ) On appelle grotesques des ornemens bizarres dont les Romains, dans le tems de leur luxe, ornoientles plafonds , les planchers , les frises , et meme les panneaux de leurs petits appartemens.
- Ce genre de peinture a eu le sort singulier de disparoître entièrement , et de rester pendant une longue suite de siècleS:tdans un si parfait oubli , qu’on n’en conserva pas même l’idée. Il reparut sous le pontificat de Léon X. Ce restaurateur des arts et des sciences ayant accordé une protection particulière à l'étude de l’antique, il y eut nombre de curieux à Rome qui firent faire des recherches dans les souterrains de cette ville. Quelques-uns d'entr’eux-, élèves de Raphaël, dit-on, découvrirent dans des grottes antiques des ornemens de stuc ou de peinture , d’après lesquels leur maître en composa du même genre , qui furent appelés grotesques, du lieu où l’on en avoit trouvé les modèles.
- C’est dans ce tems que mourut Bramante , ce célèbre architecte , auquel la direction des bâtimens du Vatican avoit été confiée. Par cette mort, plusieurs appartemens res-toient imparfaits, et particulièrement les loges que Raphaël, son successeur, eut ordre d’acheter : ces loges étoient composées de quatorze pilastres soutenant treize voûtes, dans l’intervalle desquelles Bramante avoit pratiqué à diverses distances, des fenêtres, pour donner du jour aux appartemens appelés de Léon X. Cette dernière circonstance ayant occasionné quelque irrégularité dans les proportions, et Raphaël ne voulant pas changer l’ordre établi par son ami, il eut recours aux grotesques, comme au moyen le plus propre pour distraire
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- l’œil du spectateur. On dit qu'il eu fit lui-même le dessin, que son disciple françois d’Udîne fut chargé d’exécuter. Telle est l’origine de ce fameux ornement du Vatican, connu sous le nom de loges de Raphaël. L’artiste y a déployé toute la fécondité de son génie d’une manière supérieure. Udine trouva aussi ie secret de faire le stuc , tel qu’il le voyoit dans les restes de l’antiquité.
- CROTTE, s. f. du lat. crypta, fait du grec koé®-ro ( kruptô j , cacher, couvrir: caverne naturelle ou laite de main d’homme.
- ( Rrchit, ) Grotte se dit de petits bâtimens artificiels qu’on fait dans les jardins , et qui imitent les grottes naturelles.
- GROLPE, s. in. de l’ital. groppo.
- ( Peint. , Sculpt. ) Assemblage de plusieurs objets , qui sont tellement rapprochés ou unis , que l’œil les embrasse à-Ia-fois.
- H faut toujours , dit Mengs , composer les groupes d’uu nombre impair.
- Chaque groupe doit former une pyramide , et il faut en même tems que son relief ait autant que possible , une forme ronde. Les principales masses doivent se trodyer au milieu du groupe , en cherchant toujours à mettre ies moindres parties sur les fonds ou extrémités, afin de donner plus de grâce ou de légèreté au groupe.
- On doit avoir soin de donner au groupe une profondeur proportionnée à la place qu’il occupe. ... Il faut pareillement observer que jamais plusieurs extrémités ne for-mentensembîcuHe ligne droite , soit horizontale , soit perpendiculaire , soit oblique ; qu’aucuns tête ne se rencontre horizontalement ou perpendiculairement avec une autre tête; qu’aucune extrémité, soit tête, main ou pied , ne puisse former une figure régulière , comme un triangle , un quarré , etc. ; que jamais il n’y ait une e'gaie distance entre deux membres , ni que les deux bras ou les deux jambes d'une même figure , se trouvent dans le même raccourci ; enfin qu’il n’y ait aucune répétition dans les disposition» des membres,
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- GRUE , s. f. ( machine ) ; d’un «iseau de ce nom , eu iatin , grua , comipiioa de grus.
- ( Mécan. ) Machine composée de plusieurs machines simples, telles que la poulie et le treuil , et qui sert à élever les matériaux employés à la construction des bâtimens , et à charger et décharger les vaisseaux dans les ports, y. POULIE , TREUIL.
- La grue est ainsi nommée de ce que son échelier avance comme le coi de l'oiseau qu’on appelle grue.
- GRUNSTEIN.s. f. mot allemand qui signifie pierre verte.
- ( Minéral.) C’est le nom que les Allemands donnent à une roche primitive , composée de horn - hlend et de feld--spath. Ou l’appelle en français CORNÉENNE. V. ce mot.
- GRIPHE , s. m. du gr. ypïqoç ( griphos ) , filet de pêcheur, et par métaphore , énigme.
- ( Littéral. ) Sorte d’énigme , composition mystérieuse, capable d’embarrasser et de surprendre. On dit aussi LOGOGRIPHE. V.ce mot.
- GITE, s. m. du lat. vadinn. On prononçoit anciennement vé ; on dit encore dans le Cotan tin , le grand vé et le petit vé : Pendroit d’une rivière où l’eau est si basse et le fond si ferme , qu’on y peut passer sans nager et sans s'embourber.
- ( Art milit. ) Rien n’est plus facile , pour celui qui se défend , que de rendre un gué impraticable. Les arbres entiers , les tables clouées et les parapets , sont les moyens les plus dangereux.
- Quant à celui qui attaque , s’il y a plusieurs gués , il doit donner jalousie par - tout , afin d’obliger l’ennemi de disperser ses forces , comme fit Xénophon.
- GUERRE , s. f. de l’ancien mot werre , ou warre, dont on a fait werra dans la basse latinité, dont les Français ont fait guerre , les Espagnols et les Italiens guerra : les Anglais disent war , et les Flamands werre : querelle , différend entre deux princes , entre deux Etats , qui se poursuit par la voie des armes. Guerre offensive, guerre
- GUI 5ig
- défensive ; guerre des montagnes ; petite guerre.
- GUET , s. m. de l’allemand watch , dont les Anglais ont fait watch.
- ( Art milit. ) Garde qu’on fait pour découvrir quelque chose , ou pour empêcher les surprises de l’ennemi , ou pour veiller à la sûreté d’une p’acf , d’une ville.
- GUET-A-PKNS , s. m. contraction de guet apensé, pour délibéré.
- ( Pratique ) Embuscade qu’une personne a faite pour en assassiner une autre , de dessein prémédité , ou pour lui faire quelque outrage.
- GUEUSE ( de fer fondu ) s. f. de l’allemand giessen , et du latin gusa,ïait du grec nv;s« [ckuséis }, frisson.
- ( Métall. ) Longue pièce de fer fondu. Lorsqu’on a mis de la mine de fer dans le fourneau en fusion, avec des matières propres à séparer le métal des substances étrangères auquel il est réuni , et qu'on pousse le feu , les parties métalliques plus pesantes que les autres , tombent au fond du vaisseau : alors on coule le fer fondu dans un canal découvert, et dont la figure approche de celle d’un prisme triangulaire , et il y prend cette même figure en se refroidissant. Ce sont ces longues pièces de fer fondu , qu’on appelle gueuses.
- GUICHET, s. m. dimin. de huis: porte ; en latin, wickettum , petite porte pratiquée dans une grande.
- GUIDE , s. m. de l’allemand weissen , conduire : celui qui conduit , qui montre le chemin.
- ( Art milit, ) Guides, à l’armée , sont des gens du pays choisis pour conduire l’armée et des détachemens dans la marche.
- ( Musique ) Guide se dit de la partie qui entre la première dans une figure , et annonce le sujet. V. FIGURE.
- GUIDON , s. m. de guide.
- ( Art milit. ) Drapeau ou étendard d’une compagnie de cavalerie.
- ( Marine ) Guidon ou cornette ; c’est proprement une espèce de ban-
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- derolle ou flamme , large et com te > faite en forme de triangle isocèle. C’est une marque de commandement affectée à un capitaine de vaisseau , ou autre officier de la marine militaire , qui a plusieurs vaisseaux ou autres bâti mens de guerre sous*ses ordres. Il s’arbore à la tête du grand mât, de la même façon que les flammes ordinaires.
- GUILLEMETS, s. m. de Guillaume , nom de leur inventeur.
- ( Imprimerie ) hes,guillemets sont un signe représentant deux espèces de virgules mises à côté l’une de l’autre , pour distinguer certains morceaux cités d’un ouvrage.
- GUINEE , s. f. de Guinée, pays d’Afrique.
- ( Monnaie ) Monnaie d’or d’Angleterre , ainsi nommée parce que l’or dont elle fut fabriquée dans son origine , avoit été apporté du pays d’Afrique appelé Guinée. Elle vaut 21 sclieliings sterlings. Elle est fabriquée à la taille de 44 et demi à la livre, poids de troye ; elle pèse 12g grains A3 de ce poids au titre de 2gkarats.
- GU1TTARE , s. f. de l’espagnol guittara , de l’arabe kithar , on hitara , fait du gr. x-tBâpci ( kitha-ra ) , dérivé de ziSapaç ( kitharos ), le thorax de l’homme , parce que le corps de la guittare ressemble au thorax de l’homme.
- (Musique ) Instrument à cordes de boyau , que nous tenons des Espagnols, chez qui les Maures l’ont vraisemblablement apporté.
- GUNTER , s. m. 110m d’homme.
- ( Mathémat. ) Echelle de Gunter ; échelle de logarithmes. Voy. ECHELLE.
- GUTTËMBERG , s. m. nom d’homme.
- ( Bibliogr. ) Jean Guttemberg est celui à qui on est redevable de l’invention de l’imprimerie , en i44o. V. IMPRIMERIE , CARACTÈRE, TYPOGRAPHIE.
- GYMNASE , s. m. du grec •yu/uvuçiQV (gumnasion ) , formé de yvfweç ( gumnos ) t nud ; parce qu’on étoit nud ou presque nud , pour se livrer aux exercices du gymnase : lieu où les Grecs s’exer-
- G YN
- çoient à lutter , à jeter le disque et à d’autres exercices du corps.
- GYMNASTIQUE , s. f. même origine que GYMNASE : l’art d’exercer ie corps pour le fortifier.
- ( Hygiène) La gymnastique est la partie de la médecine qui appartient à l’hygiène. Elle conH prend tous les exercices du corps qui ont pour objet le rétablissement et la conservation de la santé.
- GYMNOPÉDIE , s. f. du grec yvfxvlt ( gumnos ) , nud , et de or&7; [pais), jeune homme.
- ( Aniiq. ) Espèce de danse religieuse en usage chez les Lacédémoniens , dans laquelle les jeunes gens dansoient nuds.
- GYMNOSOPHISTES , s. m. du grec yvg'ibî ( gumnos ), nud , et de voç à s ( sophos ) , sage : sages nuds.
- ( Antiq. ) Anciens philosophes indiens , appelés ainsi parce qu’ils aîloient presque nuds.
- GYMNOSPERMIE , s. f, du gr. yvpvbs ( gumnos), nud , et de cra-sp-gn. ( sperrna ) , semence , semence nue.
- ( Bolan. ) C’est le premier ordre qui divise , dans le système sexuel de Linnæus , les plantes de la quatorzième classe, la DIJDYNAMlË. V. ce mot. Elle comprend les plantes dont les graines sont à découvert. r. ANGIOSPERMIE.
- GYNANDRIE , s. f. du grec yvv» ( gunê ), femme , et de àvd'pàç (andros ), homme : homme-femme.
- ( Botan. ) Nom de la vingtième classe du système sexuel de Lin-née. Son caractère consiste dans la connexion des organes des deux sexes.
- GYNANTHROPE, s. m. du gr. yvvii (gunê ), femme , et d,àv8f«'7roç ( anthropos ) , homme : femme-homme.
- ( llist. nat.) Hermaphrodite qui tient plus de la femme que de l’homme ; il est opposé à ANDRO-GYNE. V. ce mot.
- GYNECEE , s. m. du grec yvvditxûoy ( grunaikéion ) , dont les latins ont fait gynceceum , appartement des femmes.
- ( lïist. anc. ) C’est ainsi que les Grecs
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- Grecs appeloient le lieu qui ser-Toit de retraite aux femmes , et où elles s’occupaient à filer , etc.
- GYNÉCOCRATIE , s. f. du grec yvva.iKon.pciTta, ( gunaikokraiia), lait de yen ( guué) , femme , et de »pà.Top ( kratos ) , force ; puissance.
- ( Polit. ) Etat où les femmes peuvent gouverner.
- OYiNlDE, s.m.du gc..yvn[gunê), femme.
- (Hist. nat.) Hermaphrodite , an-drogyne.
- GïRSE , s. m. du grec yifoc , de'rivé , de y» ( gé ) , terre, et à’ï^ce ( epsô ) , cuire : terre cuite.
- ( Minéral. ) Le gypse ou sulfate de chaux , est une substance minérale composée de chaux et d’acide sulfurique, etappelée vulgairement pierre à plâtré. Cette substance est très - abondante à Paris ; la montagne de Mont-Martre en est toute formée.
- H.
- IIABEAS CORPUS, mot emprunté du latin, et Je titre d’une loi d’Angleterre qui accorde à un Anglais accusé d’un délit, et constitué prisonnier, la faculté d’être transféré, à ses frais , de la prison où il est détenu , au tribunal du banc du roi, pour y être jugé , et en attendant son jugement , être mis en liberté sous caution , pourvu que le crime dont il est accusé ne soit ni trahison ni félonie. Cette loi a été
- 1)lus d’une fois suspendue , particu-ièrement dans les tems de trouble.
- HABILE , adj. du latin habilis: capable.
- ( Pratique) Habile à succéder ; c’est celui que la loi appelle pour recueillir une succession , ou qui n’a en sa personne aucune incapacité qui l’empêche d’être héritier. HABILLAGE , s. m. d’habiller ,
- l’action de rendre habile â..
- ( Technol. ) Parmi les chamoi-seurs , habillage est la préparation des peaux ; eu termes de bouchers et de cuisiniers, c’est l’action d’habiller , d’écorcher , de vider Une bête , une volaille, et la rendre habile à être mangée.
- Tome II
- H A G Sa*
- HABITACLE, s. m. du latin ha-bitaculum , diminut. d’habitatio, petite demeure.
- ( Marine') Espèce d’armoire on caisse quarre'e , établie en avant de la roue du gouvernail, dans laquelle sont placées les boussoles ou compas de mer, pour servir aux timon-mers à diriger la route du vaisseau.
- L’habitacle a trois compartimens formés par deux vitres; aux deux côtés sont deux boussoles , et au milieu est une lampe , qu’on allume dans la nuit pour jetter de la clarté sur chaque boussole. On observe de ne mettre ni clou , ni cheville de fer dans l’habitacle,ni àson voisinage, parce que le fer dérangeroit la direction de l’aiguille aimantée des bpussoles.
- HABITATION, s. f. du latin ha-bilatio , demeure.
- ( Pratique ) Droit d’habitation ; c’est le droit de demeurer dans la maison d’autrui, sans payer de loyer.
- HABITUDE, s. f. du latin habi-tudo , coutume, disposition acquise par plusieurs actes réitérés.
- ( Méd. J Les médecins entendent par ce terme , le tempéramment, la complexion, la constitution , tout l’extérieur du corps humain. Ils se servent de ce mot pour siguifier la couleur ou l’état extérieur du corps. Ce malade a toute l’habitude du corps , toute la masse du sang corrompue. On Va mis au lait pendant trois mois, cela a changé toute toute Vhabitute de soncoips.
- HACHE , s. f. du latin ascia, instrument de fer tranchant , qui a un manche , et dont on se sert pour fendre du bois, ou autre chose.
- .( Art milit. ) La hache éloit anciennement une arme dont on se servoit dans les combats. Outre les haches ordinaires, il y a voit des ha~ ches-d’armes, dont le manche étoit beaucoup plus menu ; elles étoieut par en haut ferrées des deux côtés : d’un côté, d’un fer qui avoit ressemblance , pour la figure , à celui des haches communes , mais plus court et quelquefois plus large ; de l’autre côté , étoit une assez large pointe de fer, ou un croissant fort pointu par les deux bouts, ou de quelqu’autre figure. On arme encore aujourd'hui
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- de cette hache quelques soldats , sur-tout dans les sorties, ou pour repousser l’assaut que l’ennenn donne à quelque dehors, ou enfin, pour brisei' des portes de villes.
- ( Marine ) Les haches-larmes sont encore un instrument dont on arme les matelots dans un cas d’abordage. Elles sont armées d’un côté d’une longue pointe de fer , qui a été plus d’une fois utile pour monter à l’abordage d’un vaisseau plus haut de bord , en plantant un certain nombre de ces haches , par leur pointe , dans les bordages du vaisseau ennemi, ce qui forme autant d’échelons pour grimper le long du bord.
- HACHURES , s. f. de hache.
- ( Dessin) Lignes en traits, dont -on se sert pour exprimer les demi-teintes et les ombres dans le dessin. En gravure , ces traits se nomment tailles. Il y a des hachures simples, doubles , triples, etc. Les simples sont formées par des lignes parallèles ; les doubles, les triples, etc., sont formées par des lignes qui se -croisent entre elles.
- ( Technol. ) Les ouvriers qui -dorent ou argentent sur métaux, .donnent le nom de hachures à des aspérités ou tailles , qu’ils font en tout sens avec un couteau à hacher, sur- les métaux qu’ils veulent dorer ou argenter.
- HADLEY , nom propre.
- .( Astron. ) Octant d’Hadley c’est un instrument propre à prendre les hauteurs et les distances des astres. V. OCTANT, QUARTIER DE RÉFLEXION.
- HAGIOLOGIQUE , V. AGIO-LOGIQUE.
- HALE, s. m. du grec kxia.( aléa), l’ardeur des rayons du soleil.
- ( Physique ) Qualité de l’atmosphère , par laquelle elle sèche aisément le linge , les plantes , etc. , .et noircit la peau de ceux qui s’exposent à son action. Le haie paroît être l’effet de trois causes combinées -, savoir: lèvent, la chaleur, et la sécheresse.
- HAIE, s. f. du latin barb. haia, qui, dans l’origine, étoit un terme de guerre, et qui signifiait un retranchement fait de ronces et d’épines , et en général uq lieu fortifié.
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- ( Agric. ) Clôture naturelle ott artificielle des champs , des vignes, des jardins.
- Haie-vive ; celle qui est faite avee des arbres ou des arbustes enracinés , communément épineux.
- Haie-morte ; celle qui est construite avec des planches , des fagots , ou des bois épineux morts.
- HALER , v. a. de l’allemand ha-len , dont les Anglais ont fait haie, ou haul.
- ( N-vigat. intér. ) Remonter ou tirer à la corde un vaisseau , on autre bâtiment quelconque , sur uhe rivière ou sur un canal, soit à bras d’hommes, soitavec des chevaux.
- Le chemin destiné à cette opéra-* tion est appelé chemin de halage ; ces chemins doivent être toujours tenus libres.
- ( Mar. ) Haler signifie aussi, ea termes de marine , tirer un cordage, et faire force dessus.
- H A LIC ATI QUE, s. f. du grec hxnvTix.ù (alieutiké), fait d’hxnùm ( alieuô ) , pêcher .' l’art de pêcher.
- HALLE, s.f. de l’allemand hall ; lieu couvert, maison, portique , que l’ou croit venir du latin aula.
- ( Commune ) Place publique , ordinairement couverte , qui sert à tenir le marché ou la foire.
- HALLUCINATION , s. f. dulat. allucinor, se méprendre.
- ( Méd. ) Méprise , bévue. Boer-rhaave s’est servi de ce terme pour désigner certaines affections de la vue, dans lesquelles les objets ne sont point représentés, tels qu’ils doivent l’être.
- H ALO , s. m. du grec ( halos ) , aire.
- ( Optique) Météore qui paroît en forme d’anneau , ou de cercle lumineux , et de diverses couleurs , autour du soleil, de la lune , et des étoiles. Voyez ARC-EN-CIEL, COURONNE.
- HÀLOTECHNIE , ou ALUR-GIE , s. f. du grec ( hais ) , sel , et de ( technê ), art.
- ( Chimie ) Partie de la chimie qui a pour objet la fabrication des sels en grand.
- HALTE, s.f. de l’allemand halte, impérat. de halten , s’arrêter ou peut-être de l’italien alto, far alto, s’arrêter.
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- {Art. milii. ) Pause que l’onfnit Faire aux gens de guerre dans leur marche , soit pour se délasser, soit pour leur faire prendre le tems nécessaire pour entreprendre quel-qu’action de guerre.
- Il se dit aussi du lieu fixé pour s’arrêter. C’est un terme de commandement militaire, dont les officiers se servent pour faire arrêter leurs soldats.
- HAMAC, s.m. de l’ancien saxon hamaca , ou peut-être de hang-matt, qui dans les langues du Nord signifie natte suspendue.
- ( Marine ) Lit suspendu à l’usage des matelots sur les vaisseaux ; il est composé d’un morceau de grosse toile , en forme de quarré long ; à chaque bout sont des œillets, dans lesquels on passe de petites cordes, nommées filets, que l’on réunit par leur extrémité , pour en former une boucle ; c’est à chacune de ces boucles qu’on attache à chaque bout une corde nommée hauban,parle moyen de laquelle on suspend le hamac à des crochets, ou taquets, placés à cet effet aux bancs du vaisseau dans les entreponts. Ce hamac a beaucoup de ressemblance avec cette espèce de lit dont les Indiens font usage , mais qui sont beaucoup plus recherchés.
- HAMPE , s. f. corruption de hante, fait de haut, qui en langue tioise signifie main. Les Anglais disent hand : Le bois, d’une hallebarde, d’un pieu,d’un pinceau.
- (Botan. ) La hampe, en termes de botanique , est une espèce de tige herbacée qui n’a pas de feuilles, qui part immédiatement de la racine , et qui est destinée à porter les parties de la fructification, comme dans le pissenlit, le colchique d’automne ; c’est un pédoncule radical.
- HAN , s. m. mot turc.
- ( Mêlât, et Voyages ) C’est une «spèce de caravanserai, que l’on trouve dans quelques endroits du Levant, où les voyageurs et les marchands peuvent se retirer avec leurs équipages.
- La différence du han et du caravanserai ne consiste guère que dans ^a grandeur; ce dernier étant un Taste bâtinjeot , et l’autre n'ayant
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- que quelques petits appartenons , qui sont tous rassemblés dans une espèce de grange.
- fin conséquence des capitulations entre la Fiance et la Porte-Ottomane , les Français ont à Seyde , Alep , Alexandrie , et dans plusieurs autres échelles de cette côte , des hans qui leur appartiennent, et où ils sont logés séparément des autres nations.
- HANCHE , s. f. du iat. barbare anca, que l’on croit venir du. grec kynn { agkê ). ,Les Espagnols et les Italiens disent anca.
- ( Anat. ) La partie du corps de l’homme, dans laquelle le haut de la cuisse est emboîté.
- ( Manège ) Hanche se dit du train de derrière du cheval : mettre un cheval sur les hanches, c’est le mettre bien ensemble ; le mettre sous lui, c’est le dresser à plier et baisser les hanches.
- ( Marine ) Les hanches d’un vaisseau sont les flancs du vaisseau, en arrière du milieu, et au voisinage de la poupe. Cancnmr un vaisseau par la hanche, ou dans la hanche ; aborder un vaisseau par la hanche.
- HANSCRIT, ou SAMSKRIT, ou •SAMSKROUTANS , on S HANSCRIT , s. m.
- ( liist. de Vlndostan ) Langui? savante des Indiens, dans laquelle sont écrits les livres de religion.
- HANSE, s. f. mot allemand qui signifie société : société de plusieurs villes d’Allemagne et du Nord, qu’on appelle anséatiques.
- ( Commerce ) Cette société d© vilies unies par un intérêt commun , pour la protection de leur commerce , commença entre Hambourg et Lubeck ; ensuite , les villes voisines , savoir , celles de la Saxe et de la Vandalie y entrèrent. Bientôt cette association s’étendit au loin , et il fut établi, dans difï’érens Etats, des comptoirs, où étaient adressées les marchandises des pays voisins , pour passer plus commodément partout où elles seroieut nécessaires aux intéressés.
- Plusieurs souverains accordèrent des privilèges à la hansedans la vue d’en attirer chez eux le merce.
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- L’invention de la boussole, les •découvertes faites en Afrique, aux Indes orientales et en Amérique , la jalousie des princes voisins, le système militaire qui s’est répandu dans le nord de l’Europe , et d’au-trescirconstances ont réduit la hanse de quatre-vingt villes dont elle étoit composée, au commencement du seizième siècle , aux seules villes de Lubeck, de Hambourg et de Brême.
- HANSGItAVE, s.m. composé de deux mots allemands , hanse, so ciété , et graf, comte , chef.
- ( Econ. polit.) Nom d’emploi, d’office en Allemagne ; c’est le chef d’une compagnie. A Ratisbov.ne on donne ce nom à un magistrat qui juge les différens qui peuvent s’élever entre les marchands.
- HARAÏ, s. m. mot turc.
- ( Hist. turque) C’est ainsi que les Turcs nomment un tribut réglé que doivent payer au grand seigneur tons ceux qui ne sont point maho-métans : cet impôt est fondé sur l’alcoran, qui veut que chaque personne parvenue à l’âge de maturité, paie, chaque année, treize drachmes d’argent pur, si, en demeurant sons la domination mahométane , elle veut conserver sa religion.
- H A RAM ou HAREM , s. m. terme oriental.
- ( Hist. d’Orient ) C’est dans une partie de l’Orient la maison où sont renfermées les femmes et les concubines du sultan , ou de quel-qu’hotnme considérable.
- HARANGUE . s. f. de l’italien aringa , joûte , lutte , dont on a tait arengare pour haranguer : discours fait à une assemblée, à un prince, ou à quel qu’autre personne élevée en dignité.
- ( Elocution) A l’égard des orateurs grecs, le mot harangue s’emploie également pour tous les genres d’éloquence : éloge , invectives , accusation, défense, délibération, plaidoyer , oraison funèbre, tout s’appelle harangue On dit les harangues (Ylsocrate , de Périclès , de Démosthènes, de Démétrius de Phalère , etc. En parlant des Latins, on appelle aussi quelquefois harangues, les discours oratoires, mais plus communément oraisons, •t l’on ne croyoit pas s’exprimer *»sez bien en donnant indifférent-
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- puent le nom de harangues à toutes les oraisons de Cicéron. Par exemple , on appellera plaidoyers les oraisons pour Célius , pour Murena et pour Milon ; et harangues celles pour Marcelius, et pour la loi Ma-nilia.
- Parmi nous, le nom de harangue est devenu propre au genre d’éloquence le plus frivole et le plus oiseux.
- Dans les collèges, et dans les académies , on appelle harangues de vaines déclamations, dont Isocrate a donné le premier le mauvais exemple : une thèse paradoxale, un sujet vague, frivole et vide, a été très-souvent la matière des ces harangues.
- HARAS, s. m. du lat barb. hara-cium , fait de hara , étable.
- ( Equitation ) Lieu destiné à loger des étalons et des juraens pour élever des poulains.
- HARDI, adj. de l’italien ardiîo, fait du saxon kart, dur, courageux, assuré.
- ( Peinture ) Un pinceau hardi ; la hardiesse suppose la science l’homme habile est hardi, parce qu’il a la conscience de ce qu’il peut. L’ignorant est audacieux,- car ce qu’il est incapable d’exécuter , il ne le connoît même pas.
- C’est en travaillant qu’on acquiert la facilité, et c’est la facilité qui donne la hardiesse.
- HARENG,s. m. du teuton haring,
- ( Pêche ) Le hareng est un petit poisson de mer dont la longueur ordinaire est d’environ deux centimètres ; son ventre est blanc, et son dos d’un noir bleuâtre. Le hareng ressemble assez à la petite alose, cë qui l’a fait nommer alosa minor.
- La pêche du hareng se fait ordinairement en deux saisons; l’une au printems , aux environs des îles defSchetland , situées dans les mers d’Ecosse ; et l’autre en automne , sur les côtes d’Angleterre , et au nord de la Tamise.
- C’est une opinion généralement reçue que le hareng vient dn Nord, et qu’une colonne immense de ces poissons , quittant les gouffres abrités par Jes glaces éternelles qui. s’étendent jusqu’à la coupole du pôle arctique, laisse derrière elle les
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- latitudes boréales , et comme une grande île animée, s’avance vers nos mers plus douces, en traversant l’Océan germanique. Mais des observations récentes, fondées sur une multitude de faits incontestables, semblent renverser cette opinion , et établir que chaque espèce d’eau salée a communément des harengs indigènes faciles à distinguer des autres harengs, qui se déplacent en dnférens tems de l’année , quittent les fonds de leurs eaux natales, èt s’approchent des terres pour Irayer plus commodément.
- C’est avec la même légèreté que presque tous les écrivains s’accordent pour attribuer à Wilhelm Beukelz, de Bierulies , dans le Brabant hollandais, l’invention de l’art de saler et de caquer le hareng, tandis que des titres nombreux et authentiques 11e permettent pas de douter que plus de 4oo ans avant Beukelz, les Islandais et les autres peuples du Nord , et même de la Manche , étoient en possession de pêcher le hareng, de le transporter au loin, de le saler, et par conséquent de l’embariller.
- Beukelz ne fut point l’inventeur de l’art de saler le hareng ; il est seulement vrai qu’il a introduit en Hollande celui de le caquer, c’est-à-dire , de le vider des parties intérieures plus susceptibles que les autres de fermentation. Au reste, voici son procédé, qu’il àvoit sans doute appris des Danois ou des Nor-wégiens,
- Dès que les harengs sont pêchés , le caqueur les ouvre , en tire les treuilles ou entrailles , n’y laissant que les laites et les œufs, et les met daus la saumure pendant 12 ou i5 heures ; ensuite il les varande -ou fait égouter. Cette opération faite , on procède au braillage , qui con -siste à liter ou arranger les harengs par lits dans les caques ou barils, avec des couches de sel. La barrique est alors fermée de manière qu’elle ne puisse pi endre l’évent, car les harengs ne s’y conserveroient pas.
- Dès que le bateau pêcheur est de retour au port, les barriques sont débarquées et transportées chez le maître saleur. La mise en vrac ou le saurissage subséquent est l’objet le plus important du procédé hoilan-
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- dais, puisqu’il tend à empêcher la putréfaction de la liqueur chargée de lymphe et de sang. Cette opération dépend d’un procédé par lequel Lhuile contenue dans les sau-ris étant rendue miscible à l’eau ou dans un état savonneux , est préservée de l’action de l’air, et par conséquent moins sujette à se rancir.
- Aussitôt que les harengs ont été suffisamment brailles pour les débarrasser de la lymphe et du sang , on vide les barriques sur de grandes tables ou bancs munis de rebords , vers lesquels la table incline de manière à ce que la liqueur puisse se rendre dans une cuve placée au-dessous de la table ; on verse cette liqueur dans une chaudière de fer ; on la fait bouillir ; on l’écume pendant l’ébullition , ensuite on la soutire dans une cuve de bois où on la laisse refroidir.
- On prend les laites de trente harengs par chaque barrique , on les triture dans un mortier de pierre , en ajoutant un peu de la liqueur à mesure que la trituration' avance , et jusqu’à ce qu’on ait amené le mélange à un état d’émulsion épaisse on d’une liqueur savonneuse, après quoi on le verse dans la cuve, et on mêle tout ensemble.
- Lorsque la liqueur est ainsi préparée , on couche les harengs dans les barriques , on les hte en les pressant à mesure, de manière que chaque barrique en contienne près d’un tiers de plus que dans la première opération.
- Lorsque les barriques sont bien foncées, on verse par le bondon le sauris bouilli , jusqu’à ce que la pièce en soit parfaitement remplie , et les harengs parfaitement saturés j alors on chasse le bondon , et les barriques de harengs sont prêtes à être livrées au commerce.
- La seconde préparation du hareng consiste à le fumer; dans cet état, on l’appelle hareng ?ouge, ou hareng sor , saur, soret, on saur et.
- Le hareng saur subit, les premières préparations du haren blanc , à cela près , qu’on le laiss moitié plus de tems dans la saumure , c’est-à-dire , pendant un mois.
- Dès qu’on il ôté de la saumure 1 «
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- harengs qu’on veut sécher, on les attache par la tête à des broches de bois, et on les accroche dans un four préparé à cet effet, qui en contient ordinairement douze mille ejfc dans lequel on allume du menu bois qui fait plus de fumée que de flamme. On les laisse ainsi exposés pendant 24 heures, ce qui les rend suffisamment secs.
- HARMONICA, s. f. d’HÀRMO-NIE. V. ce mot.
- ( Musique ) Instrument composé de cloches ou tasses de verre de différens timbres, et dont les sons inimitables approchent beaucoup de la voix humaine. Cet ins'ruinent est de l’invention dudocteur Franc-klin, et Mlle.Davies , anglaise , est la première qui l’â fait comroître à Paris en 176.5.
- HARMONIE , s. f. du gr. èipy-ntia. ( hartnonia ), nom propre dans son origine, et celui d’une fille de Mars et de Vénus , mais qui a signifié ensuite, et peut-être à raison de cette allégorie , suite, enchaînement, liaison , accord.
- Harmonie signifie en général et ligurément un accord parfait, une entière correspondance de plusieurs parties qui forment un iout, ou qui concourent à une même fin , de quelque nature qu’elles soient.
- ( Musique) Le sens que les Grecs donuoient à ce mot, dans leur musique , dit J. J. Rousseau, n’est pas facile à déterminer; dans les anciens traités qui nous restent, l’harmonie paroît être la partie qui a pour objet la succession convenable des sons, entant qu’ils sont aigus ou graves, par opposition aux deux autres parties appelées rythmica et metrica.
- L’harmonie , selon les modernes, est une succession d’accords, selon les lois de la modulation : long-tcms cette harmonie n’eut d’autres principes que des règles presque arbitraires, ou fondées uniquement sur l’approbation d’une oreille exercée ; mais le P- Mersenne et M. Sauveur ayant trouvé que tout son, bien que simple eu apparence, étoit toujours accompagné d’autres sons moins sensibles, qui formoient avec lui l’accord parfait majeur ; M. Rameau est parti de cette expé-
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- rience , et en a fait la base de son système harmonique.
- M. Tartini, partant d’une autre expérience plus neuve, pl us délicate et non moins certaine , est parvenu à des conclusions assez semblables par un chemin tout opposé.
- M. Rameau fait engendrer le dessus par la basse; M. Tartini fait engendrer la basse par les dessus ; celui-ci tirel'harmonie de la mélodie, et le premier fait tout le contraire. Pour décider de laquelle des deux écoles doivent sortir les meilleurs ouvrages, il ne faut que savoir lequel doit être fait par l’autre , ou du chant ou de l’accompagnement. V. SYSTEME.
- ( Astron. ) Les anciens avoient considéré les mouvemens célestes comme formant entre eux une espèce à?harmonie. On considéroit d’abord les aspects comme rapport avec les intervalles des tons ; quant . aux proportions des distancés, il est inutile de rapporter ce que Py-tliagore et Archimède en disoient; on n’avoit alors aucune idée des distances des planètes ; mais depuis Copernic cm connoît ces rapports , et Kepler s’efforça de les comparer aux corps réguliers et aux intervalles de la musique. V. Ricoîi Almag.
- ( Archit. ) Harmonie se dit de l’ensemble d’un édifice , lorsqu’il est d’une architecture régulière et majestueuse.
- ( Peinture ) Le mot harmonie s’applique, dans la peinture , à la couleur , au clair-obscur, enfin , à l’ensemble d’une composition.
- U harmonie de la couleur consiste dans la force du coloris , qui , dans chaque objet représenté en fait approcher , autant qu’il est possible , l’imitation au degré des objets imités, et dont la beauté vient du choix de ces objets et du soin que le peintre doit prendre de ne pas salir ses teintes, en les accordant, pour les rendre harmonieuses.
- Le mot harmonie, appliqué au clair-obscur, suppose de même que l’artiste ayant bien étudié les effets innombrables de la 1 umière, a choisi dans une composition ceux qui, produisant les plus grands effets,
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- doivent y répandre un charme qui attache les regards.
- Enfin , dans le tout ensemble , Yharmonie suppose que la disposition de toutes les parties est telle qu’elle concourt à l’énergie que comporte le sujet, par conséquent la sorte de beauté qu’il doit produire.
- Si les diverses parties de l’ordonnance sont convenables au sujet, et s’accordent entre elles à en pénétrer plus profondément l’ame du spectateur, il y aura harmonie de composition.
- Si toutes les parties delà compo-sitiontendentà.rendre plus sensible ce qu’elle doit exprimer, si toutes les parties d’une même figure s’accordent avec le sentiment intérieur dont l’artiste suppose qu’elle est affectée , il y aura harmonie d'expression.
- Si dans les variétés du faire on reconnoit qu’il est le produit d’une seule main, d’une seule intelligence , il y aura harmonie d'exécution.
- Si les formes d’une même figure s’accordent mutuellement entre elles , si toutes indiquent le même âge, le même tempérament, le même embonno'nt, la ineme maigreur , etc., iy ^v ‘brra harmonie do dessin.
- Si l'ombre et la lumière ne contrastent pas durement entre elles , si des demi-teintes bien graduées conduisent artistement du clair à l’obscur, il y aura harmonie de clair-obscur.
- Enfin, si l’artiste n’a soin de n’avoisiner que des couleurs amies , si chacune de ces teintes participe toujours de celle qui la précède ou qui la suit, il y aura harmonie de tons et de couleurs. Le Corrège passe pour un grand maître d'harmonie,
- HARMONOMETRE , s. m. du grec â'jfj-oy'.rj, { harmonia ), harmonie , accord, et de (jnétron ),
- mesure.
- ( Musique ) Instrument propre à mesurer les rapports harmoniques. Si l’on pouvoit observer et suivre s l’oreille et à l’œil les ventres, les nœuds et toutes les divisions d’une corde sonore en vibration, l’on au-
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- roit un harmonomètre naturel très-exact ; mais nos sens trop grossiers ne pouvant suffire à ces observations, on y supplée par'un monocorde que l’on divise à volonté par des chevalets mobiles, et c’est le meilleur monomètre naturel que l’on ait trouvé jusq’iei.
- HARMOTOME, s. f. du gr fyo; harmôs -jointure , et de ni y.y as temnô), couper, diviser.
- ( Minéral. ) C’est le nom donné par M. Haüy à l'hyacinthe blanche cruciforme de la mine d’Andrus-berg au Hartz ; c’est Yandréolithe de Lamétrie, et le kreuzstein des Allemands.
- HARPE , du saxon hearpe.
- ( Musique ) Espèce d’instrument de musique qui a plusieurs cordes de longueur inégale, et qu’on touche des deux côtés avec les deux mains et en même tenis.
- HARPES , s. f. du verbe harper , dérivé du grec oc ( harpazô) ,
- prendre avec force.
- ( Arcliit. ) Pierres qu’on laisse sortir hors d’un mur à distances égales pour faire liaison avec les pierres d’un autre mur qu’on veut joindre par la suite.
- HAP.PON, s. m. du verbe har— per, prendre et serrer fortement V. HARPES.
- {Pêche) Javelot forgé de fer battu, auquel on ente un manche dé bois, de 20 décimètres environ de longueur , sur lequel on attache une corde près de la douille de fer : ce harpon a la. pointe acérée , trais,s chante et triangulaire, oubarbeitsjL-en forme de flèche. On s’en sert poùflf la pêche de la baleine, et de quehv ques autres gros poissons. Au bout du harpon il y a un anneau auquel la corde est attachée, et lorsqu’on a lancé le harj)on, et qu’il est entré dans le corps de la baleine, celle-ci plonge avec vitesse ; alors on file la corde , au moyen de laquelle on retire ensuite le harpon avec la baleine , lorsqu’elle a perdu sa force et son sang.
- HAUBAN, s. m. vieux mot français , formé de haubaner, attacher.
- ( Marine ) Gros cordages servant à soutenir les mâts d’un vaisseau , et qui s’opposent en partie à l’effet du roulis sur les mâts, étant frappés.
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- sur la tète du mât, et ayant leur point d’appui aux deux bords du vaisseau.
- HAUT, adj. du lat. altus, élevé : il est opposé à bas et petit.
- ( Chirurgie } Haut appareil. V. APPAREIL.
- HAUTBOIS , s. m.
- ( Musique ) Instrument à vent et à anche, ainsi nommé, parce qu’il a le ton fort clair.
- HAUT-BOliD, s. m.
- ( Marine ) Vaisseau de l’Etat, ainsi appelé, parce que son bois est élevé hors de Peau. Capitaine de haut-bord , vaisseau de haut-bord. Ces expressions vieillissent.
- HAUTE-CONTRE, s. £ de l’italien contr’ alto.
- ( Musique ) Celle des quatre parties de la musique qui app artient aux voix d'hommes les plus aiguës ou les plus hautes, par opposition à la basse-contre, qui est pour les plus graves ou les plus basses. V. PARTIES.!
- Dans la musique italienne, cette partie qu’ils appellent contr’alto , et qui répoud à la haute-contre est toujours chantée par des bas-dessus , soit femmes , soit castrats. En effet , la hautre~contre en voix d’homme n’est pas naturelle; il faut la forcer pour la porter à ce diapazdn : quoiqu’on fasse, elle a toujours de l’aigreur et rarement de la justesse.
- On appelle hautre-co-tre de violon , la quinte de violon ; et haute— Contre de jlûte à bec, un instrument à vent qui donne la quinte au-dessus de, la’ taille de fhPe , et l’unisson des dessus et par-dessus du clavecin
- Haut dessus -, c’est quand les dessus chantans se subdivisent la partie supérieure. Dans les parties instrumentales, on dit toujours p e-mier dessus , second dt ssus.
- Haute-taille , ou ténor ; c’est cette partie de la musique qu’on appelle simplement taille. truand la taille se subdivise en deux autres parties , l’inferieure prend le nom de basse-taille ou concordant, et la supérieure s’appelle haute-taille.
- II AU TE-LLOIC s. f. composé de HAUT, altus, et de lira. o u li-ciutn , les hls de la trame du tissé-rand.
- ( Manuf.) La haute-lisse est une tapisserie desoie et de laine, quel-
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- quefois rehaussée d’or et d’argent, et qui représente de grands et de petits personnages, ou des paysages ornés de ligures ou d’animaux.
- La haute-lisse est ainsi appelée de la disposition des lisses , ou plutôt de la chaîne qui sert à travailler, qui est tendue perpendiculairement ae haut en bas ; ce qui la distingue de la basse-lisse , dont la chaîne est mise sur un métier placé horizontalement. V. BASSÈ-LïSSE.
- L’invention de la haute-lisse semble venir du Levant ; et le nom de Sarrasiuoisi qu’on don uoit autrefois à ceux qui se mêloient de faire ces tapisseries ou même de les raccommoder, ne laisse guère lieu d’en douter. On croit que ce sont les Anglais et les Flamands qui , au retour des croisades et des guerres contre les Sarrasins, ont apporté en Europe l’art de la haute-lisse; ce qu’il y a de certain, c’est qu’ils sont les premiers qui y ont excellé On fabrique des hautes-lisses dans les manufactures des Gobelins et de Beauvais.
- HAUXESSE, s.f. du lat altitudo'.
- ( Diplomat. ) Titre d’honneur qu’on donne au grand seigneur , à l’emperear des Turcs.
- Ce titre a été porté par quelques rois de ‘France cfe la seconde race ; les chartes l’expriment par le mot altitudo.
- H AUTES - PUISSANCES. Voyez Haut; puissance.
- ( TJtplomat. ) Titre que l’on don-noit aux états-généraux des provinces-unies des Pays-Bas, aujourd’hui la république Batave.
- # HAUTEUR ,s. I. du lat. altitudo, étendue d’un corps en tant qu'il est haut.
- ( Géométrie ) C’est la distance la plus courte du sommet ou du point supérieur d’une ligure ou d’un corps quelconque à la ligne horizontale j et par conséquent c’est une ligue perpendiculaire tirée du sommet d’une ligure ou d’un corps sur la ligue horizontal , ou sur la base de la.fi gure ou du corps.
- Ce même mot s’emploie plus généralement pour désigner la distance d’un point ou d’une ligne à une ligne ou à-un plan. Ainsi, on appelle hauteur d'un triangle , la perpendiculaire menée de l’un de*
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- angles du triangle au côté opposé ; hauteur cl*un parallélogramme, la perpendiculaire menée d’un point quelconque de l’un des côtés du parallélogramme opposé, etc.
- Des triangles qui ont des bases et des hauteurs égales , sont égaux en surface ; les parallélogrammes sont doubles en surface des triangles de même base et de même hauteur.
- ( Asiron. ) Les hauteurs astronomiques ne se mesurent point par des ligues droites, mais par des arcs de cercle ; ainsi, la hauteur ou l’élévation d’un astre est le nombre de degrés, de minutes et de secondes, compris entre l’astre et l’horizon mesuré sur un cercle vertical. La mesure des hauteurs est le fondement de toute l’astronomie. Voy. QUART, CERCLE.
- On distingue les hauteurs des astres en hauteurs a; parentes et en hauteurs vraies. La hauteur vraie d’un astre, est sa distance de l’horizon , vue du centre de la terre ; et sa hauteur appa ente, est sa distance de l’horizon vue de la surface de la terre ; celle-ci diffère de l’autre à raison de la réfraction qui la rend plus grande, et de la parallaxe qui la fait paroître plus petite. V. REFRACTION, PARALLAXE.
- Hauteur méridienne ; c’est celle qui a lieu au moment que lets astres passent par le méridien; c’est l’are du méridien, compris entre l’astre et l’horizon. Cette hauteur, que les astronomes observent principalement, est la plus grande d? toutes; elle sert à trouver la déclinaison de l’astre (V. DECLIN ALSON ) ; on l’observoit autrefois avec un gnomon, actuellement ou se sert ordinairement d’un QUART DE CERCLE MURAL. V. ce mot.
- Hauteur de Véquateur , hauteur du pôle ; ces deux hauteurs font ensemble 90 degrés , en sorte que l’une étant connue, on a nécessairement l’autre.
- Hauteurs correspondantes ; ce sont des hauteurs par le moyen desquelles on commît le moment du midi vrai, ainsi que l’heure du passage d’un astre au méridien.
- L’opération la plus ordinaire de toute l’astronomie, consiste à chercher l’heure du passage d’un astre
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- par le méridien , soit pour trouver l’heure qu’il est, soit pour déterminer les différences d’ascensions droites entre les astres. La méthode la plus exacte pour y parvenir consiste à observer les hauteurs correspondantes.
- On sait que tous les astres décrivent par le mouvement diurne des cercles pjfcaîlèlesà l’équateur , dont les deux parties à droite et à gauche sont semblables; ainsi les astres sont également élevés une heure avant le passage au méridien, et une heure après; donc pour avoir rigoureusement le tems, où un astre a passé au méridien , il suffit d’observer , par le moyen d’une horloge à pendule, le moment où l’astre s’est trouvé à une certaine hauteur vers l’orient en montant; et avant son passage par le méridien , et d’observer ensuite le tems où il se trouve à une hauteur égale en descendant vers le couchant, après le passage au méridien , le milieu entre ces deux instans , sera le tems que l’horloge marquoit quand l’astre étoit dans le méridien.
- Le tems le plus favorable pouf prendre exactement des hauteurs correspondantes, est celui où l’astre s’élève le plus promptement , et pour îes astres qui ont une déclinaison méridionale , c’est le tems de leur lever ; pour ceux qui ont une déclinaison septentrionale, c’est le tems où ils passent par le premier vertical ; pour ceux qui u’y passent pas , c’est le tems où le vertical touche le parallèle diurne , et’où l’angle parallactiqne est de 90 degrés. '
- ( Faysique ) Hauteur des montagnes ; c’est l’élévation du sommet des montagues au-dessus du niveau de la mer,
- Les hauteurs des montagne; se mesurent par le moyen du baromètre. V. BAROMÈTRE, et les Recherches sur les Modifications de l’atmosphère , par M. de Luc.
- Hauteur des nuages, élévation des nuages au-dessus de la sut lace de la terre. 11 est rare qu’on puisse mesurer la hauteur d’un nuage ; il iaudroit que deux observateurs pussent, au même instant, diriger des quarts de cercles vers la même
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- partie du nuage. Cependant , Chéri eux , qui est parvenu à mesurer une hauteur de cette espèce, pense que le terme de la neige constante est entre 4776 mètres de hauteur et 8573 ( entre a4oo toises et 44oo ).
- ( Marine ) Prendre hauteur ; mesurer l’élévation du soleil sur l’horizon, pour en déduire la lati, tude du lieu où l’on se trouve en mer. C’est une observation qui se fait ordinairement à midi. On se sert pour cela de différens instrue-mens. V. QUARTIER ANGLAIS , OCTANT , etc.
- Etre à la hauteur d’une île, etc. c’est être parvenu à la même hauteur ou latitude , que cette ile , etc.
- ( .Art milit. ) Hauteur d’un bataillon , d’un escadron 5 c’est le nombre des hommes de la fde.
- HAUTURIERS , s. m. de HAUTEUR.
- ( Marine ) Pilotes: hauturiers ; on appelle ainsi les pilotes qui dirigent la route du vaisseau eu pleine mer , et dans les voyages de long cours ; qui se conduisent par la connoissance des astres , et qui font usage des instrumens astronomiques. On les appelle ainsi pour les distinguer des pilotes côtiers , qui servent seulement pour donner les connoissances. de certaines côtes , et conduire le vaisseau dans les passages entre les terres, le long des côtes , et aux entrées des ports et rades.
- HAVRE , s. m. de hàber, vieux mot gaulois, qui signifie la décharge d’un fleuve dans la mer ; ou en celtique , hafn, dont les.Allemands ont fait Hafj'en, et les AnglaisAnren.
- ( Géographie) Synonyme déport, qni cependant paroît plus particulièrement affecté aux ports d’une petite étendue , et de peu de profondeur. On dit aussi par abréviation : le Hâvre de Grâce.
- HEBDOMADAIRE , adj. du gr. '£oop.kç ( hebdomas ) , semaine , uUtttù ( hepta ) , sept : ouvrage , journal hebdomadaire. Sarrasin est l’auteur de cette expression.
- HEBREU s. m. et adj. du latin hebrœus , formé du grec iÇpuîoç (hebraios) , dérivé de l’hébreu ibri.
- La langue hébraïque , le peuple hébreu 5 d’hébreu ou a l'ait héà/a'i-
- HEC
- que , pour ce qui appartient aux llébreux ; hébraïque , pour désigner les savons qui s’attachent particulièrement à l’étude de la langue hébràique , et du texte hébreu de l’écriture. Hébraisme , pour signifier une façon de parler propre et particulière à la langue hébraïque.
- HÉCATOMBE, s f. du gr. mctTonOt {hécatombe) ,formé d'bictTov (héca-ton ), cent , et de Qovç {bous ) , bœuf : sacrifice de cent bœufs.
- ( Hist. grecque. ) Strabon dit qu’il y avoit cent villes dans la Laconie, et que chaque ville avoit accoutumé d’immoler un bœuf pour le salut commun du pays , d’où vient l’institution du célèbre sacrifice de cent victimes , appelé hécatombe. Depuis , on a donné le nom d’hécatombe à tous les sacrifices somptueux , quelque fut l’espèce et le nombre des victimes.
- HECTARE , s. ni. contraction d'HECATARE , composé d’IxatTov ( hécaton ) , cent,' et du mot are , en latin area , d’où on a fait aire , surface , et peut - être arpenter : mesure agraire de cent ares.
- ( Métrol. ) Nouvelle mesure de superficie , en langage vulgaire , arpent. Cette mesure contient cent ares , ou dix mille mètres quarrés. V. ARE , METRE QUARRÉ.
- En mesures anciennes , la surface de l’hectare est de <j 485o pieds qnarrés. Elle approche celle de deux grands arpens. L’hectare est destiné a mesurer les terres et les bojs.
- HECTO, contraction d’HECATO, du gr., Ixut'ov (Jiehaton), cent : cent fois.,
- On doit a ceux qui trouveront étrange qu’on ait employé , pour siguifier cent , un mot qui , en grec , veut dire sixième , de leur faire connoître les motifs qui ont déterminé les auteurs de la nouvelle nomenclature à s’écarter de la véritable étymologie.
- te A la vérité ( ce sont eux qui parlent ) c-xtov (hekton ) signifie , en grec , sixième , et par cette raison un eût préféré le mot htahov ( hé-katon ) en son entier ; mais , outre qu’il étoit trop long pour les composés , il sonnoit mal en français, soit qu’on eût dit hecato ou hécaton t et ç’étqit ua grand inconvâ-
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- 'nient pour clés termes qui doivent être d’un usage aussi familier. Les savans sauront donc que hecto est ici une abréviation de iKurov ( hé-Tcaton) ; les autres ne s’en embarrasseront guère.»
- ( Métrol. ) Hecto , annexe ou prénom des mesures nouvelles, qui désigne une unité cent fois plus grande que l’unité génératrice.
- HECTOGRAMME , contraction d’HECATOGRAMME , composé de îktov , pour £K.soxov ( hekaton ) , et de yph.fjLg.tiL (gramma ) , ancien mot grec , d’où le gramme tire son nom.
- ( Métrol. ) Poids nouveau , eu langue vulgaire ONCE , qui contient cent grammes , et le gramme est l’unité du poids. V- GRAMME. En poids de marc, celui de P hectogramme est de 3 onces 2 gros 12, grains. Ce poids est destiné A peser les marchandises qui se vendent en petites quantités , et à faire les appoints de plus grands poids.
- HECTOLITRE , s. m. contraction d’HÉCATOLITRE, du grec ixstr'ov ( heka'on ) , cent, cent fois , et de xirpœ. ( litra ) , ancienne mesure grecque d’où le litre tire son nom. V. LITRE.
- ( Métrol. ) Nouvelle mesure de capacité pour les liquides qni contient 10.0 litj-es, et le litre est l’unité des mesures de capacité. Sa capacité est égale à un dixième du mètre cube. V. METRE CUBE. En mesures anciennes , la capacité de Vhectolitre est de 107 pintes de Paris. Cette mesure est destinée à mesurer des capacités moyennes.
- Uheclolitre , pour les matière^ sèches , est encore une mesure de capacité , appelée vulgairement se-tier. Elle contient 10 décalitres ou boisseaux , et en mesures anciennes 77 boisseaux de Paris.
- HECTOMETRE, s.m. contraction èéhecatomètre, du gr. sx*tov ( héca-ton ), cent, cent fois , et de gt-*rjJov ( métron ) , mesure.
- ( Métrol. ) Nouvelle mesure linéaire égale à cent mètres ; et le mètre est l’unité des mesures linéaires. En mesures anciennes , la longueur de l’hectomètre est de 3o8 pieds environ. Cette mesure est destinée à mesurer des distances moyennes.
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- HECTOSTÈRE , s. m. contraction d’HÉCATOSTERE , du grec ijtst'Tov ( hécaton ) , et de çvptèt ( stéréos ), solide : cent stères.
- ( Métrol. ) Mesure nouvelle égale à cent stères. V. STERE. Pille est destinée à mesurer les bois de charpente..
- HEGIRE, s. m. mot arabe qui signifie. fuite à cause de la persécution. r
- ( Chronol. ) Epoque des Arabes et des Mahométans, de laquelle ils commencent à compter leurs années. Les Mahométans ont par-là désigné leur époque , parce que Mahomet fut obligé de s’enfuir de la Mecque , et s’en fut à Médine ; ce qni arriva la 5335e année de la période julienne , c’est-à-dire , l’an 622 de J. C.
- HÉLER , v. a. de l’ancien saxon hoel, qui signifie santé , dont les Anglais out fait hail.
- ( Marine ) Héler un vaisseau , ou autre bâtiment , c’est lui crier ou parler avec ou sans porte-voix , pour savoir quel il est , où il va , d’où il vient, ou lui faire telle autre question.
- HELIAQUE, adj. du grec 5'x/oc ( hélios) , soleil.
- ( Astron. 1 Le lever d’une étoile ou d’une planète , s’appelle hé-haque , lorsqu’elle sort des rayons on de la lumière du soleil, q.ui nous empêchoit de la Voir, et qu’on commence à l’apercevoir le matin avant le lever du soleil.
- Le coucher héliaque se dit du coucher d’un astre qui entre dans les rayons du soleil , et qui devient invisible par la supériorité de la lumière de cet astre.
- HELICE , s. m. du grec (hélix) , enveloppe, ou ce qui tourne en rond.
- ( Archit. ) Petite volute du chapiteau corinthien.-Elles naissent des caulicoles , et sont placées sous les roses de l’abaque.
- ( Géom. ) C’est la même chose que SPIRALE. V. ce mot.
- ( Anat. ) O11 appelle aussi hélice, le tour extérieur de l’oreille.
- HELICOIDE, adj. dugr. %Xi^ (hélix), tour, hélice , et d’éïJo; (eid^s), forme , ressemblance : qui a la figure d’une hélice on ligne tournante.
- ( Géom. ) Parabobe hélico'ide ,
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- ou spéciale parabolique , est une ligne courbe qui n'est autre chose que la parabole commune apoüo-nienne , dont l'axe est plié et roulé sur la circonférence d’un cercle. T.a parabole hélicoïde est donc la ligue courbe qui passe par les extrémités des ordonnées à la parabole , lesquelles deviennent convergentes vers le centre dn cercle en question.
- HEL1COSOPHIE, s. f. du grec ?X/£ ( hélix ) , tour , hélice , et de «expia, ( sophia ), sagesse.
- { Mathémat. ) Quelques géomètres ont appelé ainsi l’art de tracer des hélices ou des spirales.
- IIELIOCENTRIQUE, adj. du gr. îx/oç ( hélios ) , soleil, et de aêvrpov ( kentron ) „ centre.
- ( Astron. ) Epithète que les astronomes donnent au lieu d’une planète vue du soleil, c'est-à-dire , au lieu où paroîtroit la planète , si notre œil étoit dans le centre du soleil ; ou ce qui revient au même , le lieu héliocentrique est le point de l’écliptique auquel nous rapporterions une planète, si nous étions placés au centre du soleil. Il est opposé à GEOCENTRîQUE,r.ce mot ^ HELIOCOMÈTE , s. f. du grec »ixtoa-(hêlios) , soleil, et de nop.»rus ( komêtês ) , comète.
- ( Astron. phys. ) Comète du soleil ; phénomène qui a été remarqué quelquefois au coucher du soleil. Sturmius, et d’autres qui l’ont vu , lui ont donné le nom eVhélico-mète, parce que le soleil ressemble alors à une comète. C'est une longue queue, ou colonne de lumière, attachée , et comme traînée par cet astre , dans le tems qu’il se couche , à-peu-près de la même manière qu’une comète qui traîne sa queue. V. COMETE.
- II ÉLÎOMÈTRE , s. m. du grec itXfOîr ( hélios ) , soleil, et de /s'irpov ( métron ) , mesure.
- ( Astron. ) Cet instrument d’astronomie , qu’on appelle autrement ASTROMETRE, ou MICROMETRE OBJECTIF ( V. ces mots ), est formé par deux objectifs , ou deux moitiés d’objectifs et un seul oculaire ÿ il est destiné à mesurer plus exactement qu’avec les micromètres ordinaires , les diamètres du soleil et des planètes , et les petites dïs-
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- tances apparentes entre les objets célestes ; on évite , par son moyen , l’inconstance du mouvement diurne des astres , et celai de la petitesse du champ d’une lunette, quand elle grossit beaucoup. Bonguer est le premier qui ait appris la maniéré de faire un héliomètre.
- HELIOSCOPE , s. m. du grec tix/oç ( hélios ), soleil , et de mo«»
- ( skopéô ) . regarder , considérer.
- ( Astron.) Instrument dont on se sert pour regarder le soleil et affot-blir sa lumière , de façon que l’ceil puisse la supporter.
- On a employé pour cela des verres colorés en jaune , en bleu , en vert , ou en noir ; des toiles d’araignées ; mais on préfère des glaces enfumées , très-rainees , et placées sur l'objectif.
- HÉLIOSTATE , s. m. du grec mxioç ( hêlios ), soleil , et de eraToe ( stalos ), qui s’arrête ; formé d'f-(histémi ), s’arrêter, être eu repos.
- ( Astron. ) Instrument propre à observer le soleil et les autres astres , et à les fixer, pour ainsi dire > dans la lunette , de manière que le mouvement continuel de l’astre n’apporte point d’obstacle à l’observation. Four cet effet, il est nécessaire que la lunette soit moulée sur un axe parallèle à l’axe du monde, ainsi que les lunettes parallacti -gués, et de plus, que l’axe soit conduit par un mouvement d’horloge qui lui fasse faire un tour en vingt-quatre heures.
- ( Physique ) Héliostate est encore le nom d’un instrument de physique propre à introduire un jet de lumière dans un lieu obscur, c'est-à-dire , à conduire le miroir et ramener toujours le soleil sur le trou par lequel on introduit le rayon solaire dans le lieu de l’observation. Cet instrument s’appelle encore FORTE-LUMIERE, F. ce mot.
- HÉLIOTROPE, s. m. du grec. mxioî ( hêlios ), soleil, et de rpiircn (trépô ), tourner.
- ( Potan.) On .appelle plantes héliotropes celles qui tournent tou-r jours le disque de leurs Heurs du côté du soleil , de manière que par leur direction elles le suivent dans son cours.
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- ( Joaillerie ) On appelle héliotrope une espèce d’agathe , on de quartz-agathe , parsemée de points rougeâtres , sur un fond vert obscur.
- HELLÉNISME, s. m. du grec ixxnvirp.be ( hellênismos ) , formé d’êxxsv {hellén) , grec, auquel on a jointla terminaison nrpo; ( ïsmos ), qui marque imitation, L. ISME.
- ( Gramm. ) Tour , expression , manière ds parler empruntée du grec , et .qui tient au génie de cette langue.
- ( Rhétor. ) Hellénisme est par extension le nom d’uue figure de construction , qui consiste dans une imitation de quelques façons de parler, tirées soit d’une langue étrangère , soit d’une même langue, où ces façons de parler sont employées dans d’autres circonstances.
- HELLÉNISTE, s. m. du grec îx-xwy (hellén), grec : qui appartient aux Grecs.
- ( Langage ) Les anciens donnèrent ce nom tout à-ia-fois aux Juifs d’Alexandrie , et aux Juifs qui par-loieut un grec mêlé d’hébraisme et de syriacisme , comme est le grec des Septante , qui ont traduit la bible , et des Apôtres qui ont écrit les liv res du Nouveau Testament.
- On ne reconnoit les hellénistes, que depuis Je règne des Grées eu Orient. Comme il y en avoit très-peu qui sussent la langue hébraïque j ils avoient recours à la version des Septante , ce qui dépîai-soit fort aux Juifs hebraïsans, c’est-à-dire , attachés au texte hébreu de l’Écriture.
- HELLÉNISTIQUE, adj. même origine qu’HELLENISTE.
- ( Langage ) C’est le nom de la langue dont se servent les Juifs grecs, dans laquelle les Septante ont écrit leu# version , et les Apôtres les livres du Nouveau Testament.
- HELMINTAGOGUE, s. et adj. du grec Ixptvc (helmins) , ver, et d’â.ya) ( agô), chasser, faire sortir : vermifuge.
- ( Méd. ) Epithète que l’on donne aux remèdes qui chassent les vers.
- HELMINTIQUE, subst. et adj. même origine , et même signification qu’HELMINTAGOGUE.
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- HELM1NTHOLOGIE, a. f. da grec ï/./uivj ( helmins), ver, et de xoyos ( logos ), discours : traité des vers.
- ( Méd. ) Partie delà médecine qui a pour objet de faire connaître la nature des vers ,'et les remèdes qui leur sont applicables.
- BELODE , adj. du grec sxec (hé— los ), marais : humide comme le marais.
- ( Méd.) On appelle ainsi certaines fièvres , accompagnées dans le commencement de sueurs abondantes et coîiquatives, qui nesoulagent point, et dans lesquelles toutes fois la langue est sèche et rude , et la peau dure et pour ainsi dire grillée C’est la même chose que la SUETTE. V. ce mot.
- HÉLOSE , s. f. mot grec , dérivé d ’eixvce ( héiluo ) , retourner, renverser.
- ( Méd. ) Renversement des paupières. Sorte de maladie des yeux.
- HELVÉTIQUE , adj. du latin helvètia , qui appartient à VHel-vétie , à la nation Suisse. La république helvétique.
- HÉM AGOGUE, adj. du grec aîju* (haima ) , sang , et de àyus ( agô J , faire sortir, chasser.
- ( Méd.) Il se dit des remèdes qui provoquent les règles et le flux hémorroïdal.
- HEMADOPIE, s. f. du grec cûp.a, ( hairna ) sang , et d’a^ ( ôps ), œil,
- -( Chirurgie ) Epanchement de sang ,dans le globe de l’œil.
- HEMAFHOBE, s. m. du gvee ctlpet ( hairna) sang, et de <j>o£os (phobos ), crainte : horreur du sang.
- ( Méd. ) Celui que la vue du sang fait tomber en syncope.
- HÉMASTAT1QUE, s. f. du grec aupa. ( hairna) sang , et de rarriç ( statos) qui s’arrête ; dérivé d’îç-xpt ( histêmi), s’arrêter.
- ( Méd. ) Partie de la médecine qui traite de l’équilibre du sang.
- IIÉ MA T E Al E S E , s. f. du gréa eiïpct ( haiina) , sang , et de ip'n» ( èmêo ) , vomir.
- ( Méd. ) Vomissement de sang. HEMATITE , s. f. du grec ciipa. (hairna.), sang? et de xjÔsî (lithos), pierre.
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- ( Mînér. ) Mine de chaux, de fer, appelée ainsi à cause de sa couleur qui approche de celle du sang ; on l’appelle vulgairement sanguine, ou pierre à brunir.
- ^HÉMATOCÈLE , s. f. du grec cufAct. (haima), sang, et de kûxïi (Jcê-lê ), tumeur.
- ( Ckirurg.) Tumeur du scrotum, causée par un sang extravasé.
- HEMATOGRAPHIE, s. f. du grec itlfjLa. ( haima ), sang, et de ypcL<pa> ( gtaphô ) , décrire.
- ( Physiol. ) Partie de la physiologie qui a pour objet la description du sang.
- HEMATOÏDE , adj. du grec tAya.
- haima) , sang , et d’s/cToç ( éidos), orme , ressemblance : qui a l’apparence du sang.
- ( Hist. nat. )Les naturalistes désignent ainsi les substances qui sont couleur de foie.
- HEMATOLOGIE , s. f. du grec euycL ( haima), sang, et de xôyoc (logos) , discours: discours, traité sur le sang.
- ( Physiol. ) Partie de la physiologie qui traite du sang.
- HÉMATOMPHALE , s. f. du gr. tuya. (haima) , sang, et d’oy.<î>a.xèç ( omphalos) , nombril.
- ( Chirurgie ) Hernie du nombril qui contient du sang. FVARI-COMPHALE.
- HÉMATOSE , s. f. du grec ctïy.a. (haima) , génitif ctîjaat/roç ( hai-matos ) , sang.
- ( Physiol. ) Action , ou fonction naturelle, par laquelle le chyle se convertit en sang.
- HÉMATURIE, s. f. du grec euyu ( haima ), sang , et de oup'tw ( ou-réo ), pisser.
- ( Méd. ) Pissement de sang.
- HEMERALOPIE, s. f. du gr. vyipa, (héméra) , jour, et d’o-7rloyat ( op-tomai), voir.
- ( Méd. ) Affection des yeux , qui consiste à n’apercevoir les objets qu’en plein jour seulement, et à ne les plus voir sur le soir. Uhémé-ralopie est le contraire de la NYC-TALOPIE. V. ce mot.
- ÏIEMI, mot gre& qui signée de-
- H E M
- mi, et qui entre dans la composition de quelques termes des sciences et des arts. C’est un abrégé d’-Jiyuni; (hêmisus) , qui signifie la même chose. ïæs Grecs retranchent la dernière sjnlabe dans la composition , et nous l’avons fait à leur exemple dans la composition des mots que nous avons pris d’eux. t HÉMICRANÉE , s. f. du grec yiyorvç ( hémisus ), moitié, et de xpaviov ( kranion ) , crâne.
- (Méd.) Espèce de mal de tête, qui n’affecte qu’un côté de cette partie. C’est la même chose que MIGRAINE. V. ce mot.
- HEMICYCLE , s. m. du grec Ytyt-«rue ( hêmisus) , demi , et de kvkXos (kuklos), cercle: demi-cercle.
- ( Astron. ) Hémicycle de Bê-rose ; c’étoit une espèce de cadran solaire, peut-être un plinthe incliné, coupé en demi-cercle , concave du côté du septentrion. Il y avoit un style sortant du milieu , dont la pointe répondoit au centre de l’hémicycle , représentant le centre de la terre. Son ombre tomboit sur la concavité de l’hémicycle , marquoit non-seulement les déclinaisons du soleil , c’est-à-dire , les jours des mois , mais aussi les heures de chaque jour.
- ( Archit.) Hémicycle se dit aussi du trait d’une voûté, ou d’un arc d’un demi-cercle parfait.
- On entend encore par ce mot tout lieu formé en amphithéâtre , pour une assemblée d’auditeurs et de spectateurs.
- HEMIOLE. s. m. composé du gr. myaruç ( hêmisus ) , demi , et d’cXoc ( olos ) , tout : le tout et la moitié du tout.
- ( Musique ) Ce mot exprime, en musique , le rapport de d^ux quantités dont l’une est à l’autre , comme i5 à 10, ou comme 3 à 2: on l’appelle autrement rapport sesqui altère.
- ( Arithmét. ) Hemiole ou hémio-lée , est aussi le nom d’une proportion arithmétique , qui exprime le rapport de deux quantités, dont l’une est à l’autre comme 3 est à 2.
- C’est de ce rapport que naît l<t coqsonufiuçç appelée diapentç on
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- quinte, et l’ancien rhythme sesqni-altère en naissoit aussi. ,
- HÉMIPLÉGIE, ou IIE11-PLEXIE, s. f. du grec riy.uruç hêmisus) , demi , et de nrKhcrcrc» plêssô) , frapper. •
- (Méd. ) Paralysie de la moitié du corps. Il y a hemiplégie , ou hetni-plexie , lorsqu'il n’y a que la moitié de la tête et du reste du corps frappés de paralysie après une apoplexie.
- HÉMIPTÉRE, s.m. du grec »,«/-cru{.£ hémisus) , demi, et de «arripov {pteron), aile, demi ailé.
- ( Entomologie ) C’est ainsique les naturalistes nomment les insectes dont les étuis ne sont coriaces qu’en partie , et qui sont presque des ailes propres au vol,comme celles qu’elles necouvrent.
- La cigale , la punaise, et le puceron , sont des hémiptères.
- HEMISPHERE, s. m. du grec ny-ie-putfiov ( hémisphairion ), formé à!'iy.t<7vç ( hémisus) , moitié , et cntcûfet ( sphaira), sphère: moitié d’une sphère.
- ( Géom. ) Hémisphère , en géométrie , est la moitié d’un globe on d’une sphère terminée par un plan qui passe par son centre.
- ( Astron. ) En astronomie , hémisphère se dit de la moitié du globe céleste. L’équateur divise la sphère en deux parties égales , dont l’une est appelée hémisphère septentrional , et l’autre hémisphère méridional.
- On distingue aussi Y hémisphère oriental ou ascendant, et l’occidental ou descendant ; ils sont séparés par le méridien , et les astres qu’ils renferment changent continuellement par le mouvement diurne.
- En géographie, l’hémisphère oriental et l’occidental, sont séparés par le premier méridien ; l’un contient l’Europe , l’Asie , l’Afrique , etPau-tre contient l’Amérique , ou le nouveau monde, qui par rapport à nous est à l’occident-, et forme l’hémisphère occidental.
- Hémisphère supérieur et inférieur-, ces hémisphères sont séparés par l’horizon l’un contient la partie du ciel que nous voyons , et l’autre la partie qui est couchée.
- HEM 533
- Hémisphère visible et invisible ; ils sont distingués dans les planètes par celui de leurs grands cercles, dont le plan est perpendiculaire à notre rayon visuel.
- I^es taches du soleil sont pendant i3 jours dans Yhémisphère visible pour nous.
- Hémisphères éclairé et obscur; ils sont distingués dans les planètes par celui de leurs grands cercles, dont le plan est perpendiculaire au rayon mené du centre du soleil au centre de la planète.
- Hémisphère est encore un plan ou projection de la moitié du globe terrestre ou céleste sur une surface plane. ( F. CARTE et PROJECTION.) Cette projection est appelée plus proprement PLANISPHERE. Foy. ce mot.
- ( HEMÏSPHEPvOÏDE, s. m. du grec riy.nruç (hêmisus), demi, de vqciîpcc [sphaira), sphère, et à’uJoç (éidos), forme, ressemblance : qui ressemble à un hémisphère.
- ( Physique ) Hémisphères de Magdebourg-, c’est le nom que donnent les physiciens à deux grandes demi-sphères concaves , de cuivre ou de laiton, dont l’un est garni d’un robinet, par lequel il peut s’ajuster à la machine pneumatique , et l’autre porte un anneau au milieu de sa convexité, pour être facilement suspendu. Si l’on vide l’air qui est entre les deux hémisphères, il faut, pour les séparer , un poids d’autant plus considérable que le diamètre des hémisphères est plus grand.
- Olto-de-Guerike, bourguemestre de Magdebourg , est le premier qui ait fait construire de ces hémisphères.
- Les siens avoient près d’une aune de Magdebourg de diamètre, ce qtû fait environ 6.3 centimètres; et l’effort de la pression de l’air qui agis-soit dessus a été évalué 33g9 livres ( a64i kilogrammes ).
- ( Physiologie ) Les hémisphères du cerveau , ou les quarts de sphère obloague du cerveau sont les deux pdrtions latérales dans lesquelles le cerveau est divisé dans son milieu de devant en arrière. On les nomme ainsi , parce qu’effectivement le cerveau a supérieurement la figure
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- d’une sphère oblongue, et que la fente qui sépare ces deux portions, s’observe dans la partie supérieure.
- HÉMISTICHE , s. m. du grec ÿutavç (hêmisus), demi, et dç rqfcoc ( s-’ichos ) , un vers : demi-vers.
- (Poésie) Les vers français alexandrins ou communs, sont coupés en deux par la césure , et chaque partie fait une hémistiche. V. CESURE.
- « Que toujours dans vos vers le sens coupant les mots,
- « Suspende VIrémis'iche , en marque le repos ! » BOIL.
- HÉMITRITEE , du grec hyirpi-rstioç ( hêmitrilaios ) , composé de ïyiTuc (hêmisus ) , demi, et de t/>/-tæ?oç ( tritaios , tiers : comme qui diroit demi-tierce ou sepii-tierce.
- ( Méd. ) On appelle ainsi une espèce de lièvre qui est composée d’une tierce intermittente, et d’une quartidienne continue , avec un redoublement le premier jour, et deux le second. Il ne faut pas prendre la fièvre hêmilrilee pour la double tierce , celte dernière prend tous les jours ; ses paroxismes sont réglés , et elle se montre parfaitement intermittente ; au lieu que la semi-tierce ne souffre point d’intermission, mais seulement de la rémission.
- Les médecins ne sont pas trop d’accord sur la nature de cette lièvre. Plusieurs 'prc’eiÉlent que c’est une espèce de fièvre continue , avec un redoublement le premier jour , et deux le second. D’autres veulent que ce soit une fièvre intermittente dont l’accès revient deux fois chaque jour. Enfin, il y-en a qui croient qu’elle ne fait point une espèce particulière.
- HÉMITROPE , adj. du grec *yi-avç (hêmisus ), moitié , et de rjtoirii ( trope ) , renversement.
- ( Minéral. ) Epithète donnée par M. Haüy à un cristal composé de deux moitiés d’un même cristal , dont une paroît être renversée ; tel que 1 e feld-spath hérnitrope. Romé-Delisle appelle macles les cristaux ainsi disposés. D’autres les appellent fumeaux.
- HÉMOPTYSIE, s. f. du grec «iïyci ( haima) , sang, et de tarrïaiç
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- (phisis), crachement, dérivé de 'u rvù) ( ptuo ), cracher.
- ( Méd. ) Crachement de sang causé par la rupture ou l’érosion de quelques vaisseaux du poumon , accompagné ordinairement de toux.
- J Y hémoptysie, ou a fait hémo~ ptyque , ou ké/nopthysique , ppür désigner celui qui crache le sang.
- HÉMORRHAGIE, s. f. du grec ( haimorrhagia ) formé de cuyet ( h aima) , sang, et de fü-yvvyt (• régnumi ) , rompre.
- ( Méd. ) Eruption de sang de quelque partie du corps que ce soit, causée par la rupture , l’ouverture ou l’érosion des vaisseaux sanguins.
- HÉMORROÏDES, s. f. du grec âiuopfois ( haimorrhms ), flux de sang, formé àl a.i y a. ( h aima ) sang , et de pi» ( rhéo ), couler.
- ( Méd.) Ecoulement de sang paru les vaisseaux de l’anus et du rectum ; ou seulement une dilatation de ces vaisseaux causée par une abondance de sang. On dit hémorroïdal pour désigner les vaisseaux dont la dilatation cause les hémorroïdes.
- HÉMORROSCOPIE, s. f. du grec euy*. ( haima ), sang , de pooj ( rhoos), écoulement, et de rao<wia ( sçopéô ), examiner , considérer.
- ( Méd. ) Inspection et contemplation dn sang que l’on a tiré par la saignée, à dessein de connaître par son moyen l’état du corps.
- HÉMOSTASIE , s. f. du grec aï y a.
- ( haima), sang, et de ( stasis), repos.
- ( Méd. ) Stagnation universelle du sang, occasionnée par la pléthore. On appelle hémostatiques les remèdes propres à arrêter les hémorragies ou pertes de sang.
- HENDÉCAGONE, s. m. du grec svifiKd ( hendéha ), onze , et de ymia. ( gônia) , angle : onze angles:
- ( Géom. ) Figure composée d’onze côtés, et d’un pareil nombre d’angles.. ( F. POLYGONE. ) L’angle au centre de Vhendécagone régulier; c’est-à-dire, dont tous les actes et tous les côtés sont égaux, est la 11 .e partie de 5ôo degrés , et ne pent se déterminer par la règle et le compas ; on ne peut décrire géométriquement Vhendécagone , qu’en résolvant
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- résolvant une équation du il.® degré.
- HENDECASYLLABE, adj, du grec ïvJ'êKst ( hendeka ) onze, et de <ruXkmitt ( sullahê ), syllabe.
- ( Po'ès. anc. ) Terme de poésie grecque et latine. Vers qui a onze syllab \s : les vers saphiques et les vers plialeuqu.es sont hendecasyl-labes.
- Saph. Jam satis terris nieis atque diroe , etc.
- Thaï. Passer mortuus est mœ puellœ, etc.
- HEPAR, s. m. mot grec ttrrttp ( hêpar } , foie.
- ( Chimie ) Hépar est le nom que les anciens chimisfes donnoient au foie de soufre, et que les chimistes modernes appellent maintenant sulfure. V. SULFURE.
- HÉ PAT ALGIE , s. f. du grec înra.f ( hêpar') ,foie, et d’ivyoç ( algos) . douleur.
- ( Méd. ) Douleur de foie , ou colique hépatique.
- HEPATICO GASTRIQUE , adj. du grec rirrctp [hépar], le foie, et de yaçTip ( gastêr ), l’estomac.
- ( Physiol. ) Qui appartient au foie et à l’estomac.
- HEPATIQUE, adj. du grec rait-'ux.bç [ hêpatikos ) , formé d’av-^p ( hêpar ), le foie.
- ( Physiol. ) On appelle vaisseaux hépatiques, ceux qui se distribuent au foie. Conduit hépathique, veines hépathiques.
- [Méd. ) Flux hépatiques ; c’est un cours de ventre séreux , sangui -noient, semblable à de la lavure de chair, et. qui est sans tranchées. Sou nom vient de ce qu’on en attribue la cause à l’obstruction du foie qui empêche la veine-porte de s’y décharger librement, et qui oblige le sang qu’elle y conduit de regorger dans les vaisseaux des intestins , de les dilater peu à peu , et de les faire ouvrir.
- Ou donne le nom d’hépatiques aux maladies du foie.
- Hépatiques se dit aussi de tous ceux qui ont depuis long-tems une douleur au foie, accompagnée de tumeur, de dureté , et de la perte de la couleur naUu'elle.^
- Tome IL.
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- Hépatiques est encore une épithète que l’on donne aux remèdes qui conviennent aux maladies du foie.
- ( Minéral. ) Hépatique est employé par les naturalistes pour exprimer la couleur brune des minéraux , dont la muance approche de celle du foie des animaux, ou leur odeur de foie de soufre , c’est-àr dire, hydrogène sulfuré.
- HÉPATITE , s. f. du grec frrap ( hêpar ), le foie, dont le génit. est tj'jrctroç ( hêpatos ).
- ( Méd. ) Maladie du foie qui consiste dans une inflammation, comme la pleurésie consiste dans celle de la plèvre.
- ( Minéral. ) Hépatite est aussi le nom d’une pierre dont parlent les anciens naturalistes, et qu’ils disent être de la même nature que la pierre de côme.
- EIÉPATO CYSTIQUE , adj. du grec Wap [hêpar), le foie, et de kvç-ic ( hustis ), la vessie , et aussi la vésicule du fiel.
- ( Physiol. ) Qui appartient au foie et à la vésicule du fiel.
- ^ HÉPATOGRAPHIE, s. . du grec K'jrnp [ hêpar) , le foie, et de ypâçoo ( grapho ), décrire.
- ( Physiol. ) Partie de la Physiologie qui a pour objet la description du foie.
- HÉPATOLOGIE, s. f. du grec wTrstj» [hêpar), le foie, et de xo-yoc [logos), discours.
- ( Physiol ) Partie de la physiologie qui traite des usages du foie.
- ^ HÉPATOMPHALE, s. f. du grec yiiraip [hêpar), le foie, et d’ôp^stxos ( ompnalos ), le nombril.
- ( Chirurgie ) Hernie du foie par l’anneau du nombril.
- ^ HÉPATOTOMIE, s. f. du grec ii'Tntp ( hépar ) , le foie , et de vêp-cy»
- ( temnô ), couper, disséquer.
- [Anat. ) Partie de l’anatomie qui a pour objet la dissection du foie.
- HËPTACORDE, Voyez. EPTA-CORDE.
- HEPTAGONE, F. EPTAGONË. HEPTAGYNIE, s. f. du grec \nrk [ hepta), sept, et de [gunê) femme.
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- ( Botan, ) C’est le nom que Linné a donné à la sous - division des classes des plantes dont la fleur a sept parties femelles ou sept pistils. On dit plus communément poligy-nie, lorsque le nombre des pistils est au-dessus de cinq.
- HEPTAMÉRIDE, V. EPTAMÉ-EIDE.
- HEPTAMÉRON, V. EPTAMÉ-EON.
- HEPTANDRIE, Voy. EPTAN-DRIE.
- HEPTAPÉTALÉE, V. EPTAPÉ' TALEE.
- HEPTAPHYLLE, Voy. EPTA-PH1LLE.
- HEPTARCHIE, s. f. du grec l-irrk ( hepta ), sept, et à’kpyîi ( archê ), empire, puissance : puissance de sept.
- ( Hist. d’Angl. ) Gouvernement de sept royaumes, considérés comme ne faisant qu’un corps et un seul Etat gouverné par le même chef ou -souverain. On a donné ce nom à la partie septentrionale de l’Angleterre , parce que les Saxons y établirent sept petits royaumes diffé-reas. Il ne faut se servir de ce nom qu’en parlant de l’histoire de ces tems-là, c’est-à-dire, depuis l’an Aid jusqu’en 8^5 , que le roi Egbert réunit tous çes petits Etats, et n’en fit qu’un seul de Veptarchie.
- HEPTATEUQUE, s. m. du grec tirrk ( hepta ), sept, et de Tivyoç ( teuchos ), livre : ouvrage en sept livres.
- ( Ecrit. Sainte ) On entend par ce mot les sept premiers livres de l’Ancien Testament ; savoir : les cinq livres de Moïse, qu’on appelle le PENTATEUQUE. V. ce mot, et les livres de Josué et des Juges.
- HÉRACLIDES , s. nv du grec jîpstxxitc ( hêrahlés ) , descendans d’Hercule.
- ( Hist. de la Grèce ) Ce nom se donne particulièrement aux descen-dans d’Hercule qui régnèrent dans le Péloponèse.
- Les Héraclides furent chassés du Péloponèse par Euristhée , roi de Mycène , après la mort d’Hercule, Le retour des Héraclides est une époque célèbre dans l’ânciemie chro-
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- nologie. Cette époque doit être celle, ou après plusieurs tentatives inutiles , ils parvinrent à rentrer dans leur ancienne patrie , c’est-à-dire , 80 ans après la prise de Troye.
- HÉRALDIQUE, adj. du latin barb. heraldus , dérivé de l’allemand fier-ait, noble crieur, dont les Anglais ont fait herald , les Espagnols heraldo , et les Italiens araldo.
- ( Blason ) Science ou art héraldique ; c’est l’art de blasonner les armoiries des maisons nobles, et d’en expliquer toutes les parties dans les termes qui leur conviennent.
- Pour rendre toutes les figures qu’on emploie dans l’arf héraldique , les hérauts d’armes, ou ceux qui composent les armoiries, se servent de deux métaux et de cinq couleurs. Les métaux sont l’or et l’argent; les couleurs sont les gueules , l’azur, le sinople, la carnation et le sable. Ils représentent l’or par la couleur jaune, Y argent par la blanche, les gueules par le rouge , Y azur par la bleue , le sinople par la verte, la carnation par la couleur de pourpre, le sable par la couleur noire. Cet art a ses règles , ses termes et son langage particulier.
- ( Archit. ) Colonne héraldique ; c’est celle qui est chargée d’écussons ou armoiries d’une famille.
- HERBACÉE, adj. du lat. herbacé us , formé A’herba , herbe.
- ( lictan. ) Il se dit d’une tige ou d’une plante qui n’est point ligneuse , et qui périt après avoir fructifié.
- HERBAGE, s, m. du lat. herha , herbe.
- ( Agricult. ) Il se dit de Vherbe des prés où l’on met les bestiaux pour s’engraisser. C’est dans ce sens qu’on dit que les herbages sont meilleurs dans un canton que dans un autre.
- ( Jardin. ) Parmi les jardiniers , herbage est un nom collectif qui comprend toutes les herbes cultivées dans les potagers.
- HERBE , s. f. du lat. herba.
- ( Botan. ) Les herbes sont des plantes qui perdent leurs tiges tous les hivers. Les unes que l’on nomme
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- *nnueTles périssent entièrement tous les ans ; d’autres subsistent par leurs racines pendant deux ans : on les appelle bis-annuelles ; d’autres vivent trois ans ou davantage : on nomme celles-ci trisannuelles ou vivaces-
- On auroit encore pu faire plusieurs sous - divisions , dans lesquelles on auroit rangé un grand nombre de plantes , qui ne sont ni arbres , ni herbes, comme les champignons, les moisissures , etc., dont la plupart vivent moins d’une année , d’autres ne durent que quelques jours ; d’autres que quelques heures ; d’autres qu’un moment ,• mais ces sous - divisions , et les termes qu’il faudroit employer pour en donner l’idée seroient à l'infini,
- HERBIER, s. m. du lat. herba-riuni, fait de herba , herbe.
- ( Botan. ) Collection de plantes ; il y a deux sortes d'herbiers ; les uns qu’on nomme herbiers naturels, parce qu’ils sont composés de plantes desséchées, et les autres que l’on (appelle herbiers artificiels, qtarce qu’ils sont composés de dessins , de peintures ou de gravures coloriées ou non coloriées.
- HERBIVORE, adj. du lat. herba, herbe , et de voro, dévorer, manger.
- ( Hist. nat. ) On donne ce nom aux animaux qui vivent d’herbes, pour les distinguer de ceux qui mangent de la chair, et qu’on nomme carnivores ou carnaciets.
- HERBORISATION, s. f. dTlER-BORISER. V. pl us bas.
- ( Botan. ) action d’herboriser. V. HERBORISER.
- HERBORISER, v. n. du lat. her-bula , dont on a fait herbola , her-boliste, et herboriste , herboliser et herboriser.
- ( Botan. ) Herboriser ; c’est être en course pour la recherche des plantes spontanées dans un pays. On étudie la botanique sur les livres , dans les jardins botaniques, dans les herbiers ; mais il est nécessaire d’aller souvent voir les plantes dans les lieux agrestes et variés où la nature seule prend soin de leur culture ; c’est-la que le,botaniste doit ramasser les matériaux de son herbier, et non pas dans les jardins bota-
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- niques, où la culture rend souvent les plantes monstrueuses et contre-
- HERBORISTE, s. m. même origine qu’HERBORISER.
- ( Botan. ) Celui qui connoît et qui va à la recherche des plantes. 11 se dit aussi de celui qui en fait le commerce.
- HERC0TECHTONIQUE, s. f. du grec %jy-oç (herkos, mur, rem-
- fiart, et de tsktovikm ( teklonïkê), 'art de bâtir, de lUrcev ( teklôn ) , ouvrier en bâtimens.
- ( Artmiht. ) Partie de l’architecture militaire qui enseigne à travaillera la défense et à la munition.
- IIER CUL AIN UM, nom d’une ancienne ville d’Italie.
- ( Géogr. ) Cette ancienne ville d’Italie, dans la Campanie , sur la , côte, vis-à-vis du Vésuve, fut fondée 60 ans avant la guerre de Troie, i54a ans avant J.-C. Les Osques l’habitèrent; ensuite les Cumiens, les Tÿrtheniens et les Samnites l’occupèrent successivement. Les Romains en firent la conquête durant la guerre des alliés , et ie Vésuve l’engloutit la première année de Titus, et la soixante-dix-neuvième de l’ère chrétienne.
- En 1720 , le prince d’Elbceuf, Emmanuel de Lorraine , voulant orner de marbres une jolie maison qu’il avoit fait bâtir à Portici, sur le bord de la mer, un paysan lui en apporta divers morceaux qu’il avoit tirés de son puits. Le prince prit les marbres, et acheta le puits pour le faire travailler. Il trouva non seulement beaucoup de marbres précieux , mais plusieurs statues de sculpture grecqne, et des colonnes d’albâtre fleuri. Ces richesses fixèrent l’attention du gouvernement, qui fit cesser les excavations. L’imagination étoit encore frappée des découvertes qu’elles avoient procurées , lorsque don Carlos, devenu roi de Naples, choisit, en 1766, la riante situation de Portici , pour faire construire un château délicieux. Alors ce monarque poursuivit les travaux du prince d’Elbœuf, et la terre ayant été creusée jusqu’à 80 pieds (259 décim, ) environ de profondeur, on rendit, pour ainsi dire à la lumière ^ une ville entière ,
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- pleine d'- embellissemens, de théâtres, de temples, de peintures,"de statues, de marbres et de bronzes, enfouis dans le sein de la terre depuis plus de 1600 ans.
- HERCULE, s. m. du gr. StpakXshc ( heracléês ) , nom propie d’un demi-dieu de la Table.
- ( JÎstron. ) Hercule est aussi le nom d’une planète découverte par d’Olbers , le 8 décembre ]8o3.
- Les astronomes de l’Europe, les confrères de d’Olbers, n’ont pas accueilli cette dénomination ; iis ont pensé avec justice que la nouvelle planète devoit porter le nom de celui qui l’a découverte.
- HÉRÉDITÉ , s- f du lat. hœre-ditas t fait d’hœres , héritier.
- ( Pratique ) On comprend sous ce nom , la masse des biens , des droits et des charges dont une succession est composée.
- Les actions et pétitions d'hérédité, relativement à un absent, s’éteignent par le laps de tems établi par la prescription.
- ^ HÉRÉSIARQUE, s. m. du grec «Lipfris ( hairesis ) , hérésie , et cî’à/i-( archos ), chef, auteur.
- (Hist. ecclés.) Chef, auteur d’une hérésie, ou chef d’une secte hérétique.
- Hérétique est celui qui professe l'hérésie , ou ( adject.), ce qui appartient à l'hérésie.
- HÉRÉSIOLOGUE, s. m. du grec aipuriç ( hairesis), hérésie, et de Xo-ycç ( logos ), discours.
- ( Hist. ecclés. ) Celui qui a écrit sur les hérésies.
- HÉRÉTICITÉ, s. f. d’HÉRÉSIE.
- ( Dogme ) Mot créé par M. de Fénéloii, pour exprimer la qualité d’une proposition opposée à la foi catholique.
- HÉRISSE , EE , participe d’HÉ-RISSER , du latin ereciare, fait d’ericius, hérisson.
- ( Botan. ) Partie d’une plante recouverte de poils rudes et très-appareils.
- HÉRISSON, s. m. du latin ericius.
- {Hist. nat.) Petit animal dont tout le corps est armé de piquans entremêlés de quelques poils.
- HER
- ( Mécan. ) Il se dit aussi, par analogie , d’une roue dont les rayons sont plantés directement sur la circonférence du cercle, et qui ne peuvent s’engager que dans une lanterne, et ne reçoivent le mouvement que d’e le.
- HÉRISSONNÉ , ÉE , adj. même origine qu’HERISSGN.
- { Botan. ) Il se dit aussi des plantes couvertes d’épines longues , grêles, flexibles, et nombreuses ou rapprochées.
- HERMAPHRODITE, adj. et s. m. du gr. (àemiaphro-
- ditos ), composé d’ip^cïïç ( hernies ), Mercure, et d’à®poJ;T» ( aphrodi-të) , Vénus , parce que la fable don-noit ce nom à un fils de Mercure et de Vénus, lequel on supposoit avoir les deux sexes.
- ( Hist nat. ) On trouve quatre sortes à’he:maphrodites, i.u ceux qui sout véritablement hommes , ayant les parties de l’homme parfaites , et celles de la femme imparfaites ; 2.0 ceux qui, au contraire , sont femmes en effet , et ne» sont hommes qu’imparfaitement ; 3,^
- ceux qui ne sont ni hommes ni femmes, les deux sexes n’étant point dans leur perfection ; 4.° ceux qui sont effectivement hommes et femmes, et qui peuvent se servir également des deux sexes. Bien des auteurs doutent de cette quatrième espèce d’ hermaphrodites.
- { Botan. ) Hermaphrodite se dit des fleurs qui renferment les organes des deux sexes , les étamines et les pistils. La plupart des fleurs sont h erm aphrodites.
- ( Jardin. ) Les jardiniers appellent hermaphrodites les organes dont les fruits forment autant de côtesquede variétés.Les feuilles de ces arbres sont d’un côté festonnée* jusqu’à l’arète du milieu , et leur fleur est violette.
- HERMÉNEUTIQUE , adj. du gr. îp/j.nvivri:i» ( herméneulilcê ) , fait d’êpanvivai {herméneuô J, interpréter: qui a la puissance d’interpréter.
- ( Théol. ) Il se dit des livres qui servent de règle pour expliquer l’Ecriture-Sainte.
- HERMÈS, s. m. du grec tpplis ( herrnès ) Mercure.
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- HER
- ( j4nltq. ) Statue antique de Mercure sans bras et sans pieds. Les Grecs en faisoient des ornemens aux portes , dans les vestibules, ect. Les Romains les plaçaient, sous le nom de thermes, sur les grands chemins, dans les endroits où les routes se croisoient.
- HERMÉTIQUE ; adj. d’HER-MES.
- Philosophie hermétique ; c’est-à-dire, la chimie en laquelle Hermès trisinégiste a excellé , ou ce qu’on appelle, en d’autres termes , le grand art, la recherche de la pierre philosophale, la transmutation des métaux.
- ( ylrchitect. ) Hermétique se dit des colonnes surmontées d’un Hermès ou d’une statue de Mercure ( grec ).
- HERMÉTIQUEMENT, adv. à la manière de Hermès.
- ( Chimie-Physique') Sceller hermétiquement un vase de verre, c’est le fermer, en faisant fondre, à la lampe ou autrement, et couler en une seule surface continue les bords de son orifice, de manière que toute la superficie se trouve alors d’une seule pièce et sans aucune discontinuité ; on dit qu1 Hermès est l’inventeur de cette façon de fermer les vaisseaux.
- HERNIE, s. f. du lat. heriiia. _
- ( Chirurgie) Tumeur externe fai te par la sortie de quelque viscère du bas-ventre , et eaixsée par la rupture ou le relâchement du péritoine.
- Les hernies se distinguent en vraies ou fausses. Les vraies sont celles qu’on vient' de définir ; les fausses sont produites par dès humeurs , des vents, des chairs superflues , des vaisseaux variqueux. V.
- HYDROCELE,PNEUMATOCELE, S A ECO CE LE, VARICOCELE.
- Les vraies hernies prennent aussi dilFérens noms, suivant l’endroit où elles se forment , et le lieu qu’elles tiennent. V. TUBERNOCELË, IN-QUINAI.E , CRURALE, OMBILICALE , EPIPLOCELE, ENTERO-CELE, EPIPLOMPHALE, ENTE-RO - EPIPLOMPHALE> GUTTU-R ALE , BRONCHOCELE.
- Whernie on a fait herniaire pour ce qui appartient aux hernies, ou
- HER 54i
- pour désigner les chirurgiens qui s'appliquent particulièrement à la cure des hernies ou descentes.
- HÉROI-COMIQUE, adj. composé du grec >ipa>ÏK.ès ( héroïkos), héroïque, et de KupitKoç(kômikos), comique.
- ( Poésie ) Qui tient de l’héroïque et du comique. Le lutrin de Boileau est un poème hé roi-comique.
- HEROIDE , s. £ du grec nput ( hérôs ), héros.
- (Poésie) Epître en vers composée sous le nom de quelque héros, ou personnage fameux. Les héroides d’Ovide.
- HEROÏQUE , adj. du gr. «paiVxos (héroïkos), héroïque , qui appartient aux h ros.
- ( Hist.anc.) Tems héroïques; ce sont les tems dans lesquels on suppose qu’ont vécu les héros, ou ceux que iespoëtesont appelés jes enfans des dieux.
- ( Poésie ) Poème héroïque ; c’est un poème où l’on fait la description de quelque action d’éclat, ou entreprise extraordinaire. Homère, Virgile , le Tasse ont fait des poèmes héroïques.
- Vers héroïques, ceux dont les poèmes héroïques sont composés; tels sont les vers hexamètres grecs et latins, parce qu’Homère et Virgile s’en sont servi dans leurs poèmes ; nos vers alexandrins, parce qu’on les croit plus propres pour la poésie héroïque.
- ( Méd. ) Médicamens héroïques , ee sont les remèdes dont les effets produisent des changemens considérables et prompts dans l’économie animale. Paracelse fut le premier à faire usage, vers l’an 1622 , de l’antimoine , du mercure , de l’opium, tandis qu’on n’osoit encore s’écarter dans ce tems de la pratique douce, anodine des Arabes.
- (Peinture) Genre, héroïque ; c’est le genre qui représente les actions des hommes de la très-haute antiquité. Il doit entrer beaucoup d’idéal dans le style héroïque , mais tout est perdu si l’on y admet le style théâtral; car le théâtral n’est qu’une représentation imparfaite de l’homme naturel, et Vhéroïqu e doit
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- être au-dessus de l’homme. La nature des héros doit être au-dessus de l’humanité et approcher de celle des dieux. Dans leur jeunesse, ils ne sont pas tout à-fait des Apollons, mais ils ressemblent à l’Antinoüs ; dans la force de l’âge, iis ne sont pas Jupiter Olympien , niais on re-« connoît qu’ils ne peuvent céder qu’à Jupiter. Leur vieillesse majestueuse n’offre aucun signe de décrépitude ; elle n’a plus la vivacité delà jeunesse , ni la force de l’âge viril , mais elle a l’empire de la sagesse. Dans tous les âges, leurs formes sont grandes, et leur maintien est simple ; car le fort n’a besoin d’aucune afïêctation.
- IIERPE, s. f. du grec ip'wm (herpès ), dartre.
- ( Méd. ) Espèce de dartre qui s’étend sur la peau. F. DARTRE. ,
- ( Marine. ) lier]) es marines ; ce mot, dérivé du gaulois harpir , prendre, signifie les captures faites sur les rivages, par les seigneurs ou souverains des lieux, des objets délaissés par la mer. F. EPAVES.
- IIEIISCHELL, s. m. nom d’homme.
- ( Asiron. ) Planète de Herschell; c’est le nom , du moins en France , d’une nouvelle planète découverte , le i3 mars 1781, par M. Herschell hanovrien, qui étoit établi à Ealli en Angleterre. Ce jour-là Aï Herschell , regardant, avec un télescope de sept pieds, les étoiles qui sont vers les pieds des gémeaux, vit. un petit astre différent des étoiles , de même lumière , qui parois-soit plus large, et qu’il soupçonna être une comète. Il regarda cet astre avec un équipage qui grossissoit cpa fois , et il trouva que son diamètre étoit encore plus grand , tandis que celui des étoiles ne chan-geoit pas.
- M. Herschell en donna bientôt avis à M. Maskelyne , astronome d’Angleterre'; celui-ci, après avoir observé la nouvelle planète , écrivit cette nouvelle à Paris , où la plupart des astronomes s’occupoient a faire des observations
- Cette nouvelle planète ne paroît que comme une étoile de la septième grandeur. Son diamètre apparent a été trouvé de 4 à 5 secou-
- H ET
- des , avec les exeellens télescopes de M. Herschell ; sa grosseur, comparée à celle de 1 a terre, est comme 91 un quart est à 1. Sa densité est à celle de la terre, à-peu-près comme 22 est à 1 00.
- Sa niasse est à celle de la terre, à peu près comme 17 trois-quarts est à 1.
- La plus petite distance à’Herschell au soleil est de igo,342,i3 parties, dont la plus grande distance du soleil à la terre contient 1 016,83o , d’où il suit que lors-qu'Herschell est le plus près qu’il est possible de la terre, il en est éloigné de plus de 18,017,363 de ces mêmes parties , qui , eu supposant que la moyenne distance de la terre au soleil soit de 317,616,80 lieues, valent 626,513,807 lieues, c’est-à-dire , plus de 18 fois autant que la mienne distance de la terre au soleil.
- En Angleterre, la planète à?Herschell est appelée georgiurn sidus; mais les astronomes français ont cru devoir attacher au nouvel astre le nom de celui à qui on en doit la découverte.
- HERSE, s. f. du lat. hcrcia 9 contraction de herpicia.
- ( Agric. ) Instrument de bois, ordinairement de forme triangu-gulaire, armé de longues dents de bois ou de fer, et qui sert à recouvrir les grains nouvellement semés.
- HERSE , s. f. ( fortification ) du latin ericius.
- ( Art milit. ) Porte à treillis ou barreaux qui se met au-dessus d’une porte de ville , et qui est suspendue à une corde qu’on lâche pour se garantir de quelque surprise et des effets du pétard. L’usage de la herse est fort ancien , et étoit connu du teins des Romains.
- HETEROCLITE, adj. du grec îTspé&hiro; ( hétércklitos ), formé d’sTl?asf( hétérôs), autrement, et de (kiino) , incliner : incliné d’une autre manière; irrégulier.
- - ( Grammaire ) Il se dit des noms et des adjectifs qui s’écartent eu quelque chose des règles de la déclinaison à laquelle ils appartien-tient.
- ( Beaux arts ) Il se dit aussi de
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- tout ce qui pèche contre les règles de*l’art, bâtiment hétéroclite.
- HÉTÉRODOXE , adj. du grec ÎTspoc ( hêtéros ), autre, différent, d’où vient ( hétéros ), autre-
- ment, différemment, et de JoÇa.
- ( doxa ), opinion, sentiment : contraire à un sentiment
- ( jDogmat.) Qui est contraire aux sentiment reçus dans la véritable religion. Il est opposé à ORTHODOXE. V. ce mot
- HÉTÉRODROME, adj. du grec 'irtpss (hétéros), autre, et de cpo/waç ( dromos ), course : mouvement different.
- ( Mêcan. ) C’est un levier du premier genre, dont le point d’appui est entre le poids et la puissance ; il est ainsi appelé, parce que la paissance et le poids se meuvent en sens différens.
- HÉTÉROGÈNE, adj. du grec «tipoi ( hétéros ), autre, différent, et de yivoç'l génos ), genre , espèce, nature : d’une nature différente.
- ( Physique ) On appelle ainsi les corps dont les parties sont différentes les unes des autres , soit par leur nature , soit par leur densité , soit par leurs qualités ou propriétés.
- ( Grammaire) Noms hétérogènes; ce sont des noms qui sont d’un genre au singulier , et d’un autre genre auplurier. Le mot délire est masculin au singulier, et féminin au plurier.
- ( Méd. ) Hétérogène exprime une qualité des humeurs du corps humain, différente de celle qu’elles doivent avoir en état de santé.
- HÉTÉROPHYLLE, adj. du grec êTspoc ( hétéros), autre, différent, et de <pôwov (phullon ), feuille : feuille dissemblable.
- ( Bolan. ) On désigne ainsi les plantes qui portent des feuilles notamment dissemblables les unes des autres par leur figure. Les plantes aquatiques sont souvent hétéro-p/iylles.
- HÉTÉROSCIENS, s. m du grec tTtpot ( hétéros), autre , différent, et de frx-ik ( skia ), ombre : ombre di fférente.
- ( As trou, Céog..) Peuples des zô-
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- nés tempérées, qui ont toujours les ombres du même coté, par opposition aux AMPHISCIENS ( H. ce mot ) qui habitent la zone torride * et qui ont les ombres tantôt du côté du nord, tantôt du côté du midi.
- HÉTÉROTOME, adj. du grec S’Tspcç Ç hétéros ), autre, différent, et de T0/X8.Ç ( tomos ), division : division différente.
- ( Botcm ) Il se dit d’an calice ou d’une corolle dont les divisions sont notablement dissemblables.
- HEURE , s. f. du latin hora, formé du grec âpa (hora ), heure.
- (A&tron. ) Parties du jour ; c’est ordinairement la 24.e partie du tems que le soleil met à revenir au méridien, ou du jour solaire vrai.
- Les heures antiques planétaires où judaïques, heures temporaires, heures inégales , usitées autrefois chez les Juifs et les Romains , com-mençoient au lever du soleil , et recevoïent leur nom d’une des sept planètes; cet usage étoit venu des Egyptiens , suivant Hérodote.
- Le dimanche, au lever du soleil, la première heure étoit pour le Soleil ; ensuite venoient Vénus, Mercure , la Lune qui étoient supposés au dessous du Soleil , puis Saturne, Jupiter et Mars qui étoient au-dessus. Par-là , il arrivoit que le lendemain commençoit par la lune, et voilà pourquoi le jour de la lune , c’est-à-dire, le lundi , fut placé à la suite du jour consacré au soleil.
- !Lesheures babyloniques commen-çoient à se compter au lever du soleil; cela se pratique encore à Majorque et à Nuremberg. Celles des Egyptiens et des Romains commen— çoient à minuit; et cet usage est encore celui de la plupart des nations de l’Europe.
- Les heures , dans les Septante , indiquent seulement les quatre saisons, comme dans Homère et dans Hésiode.
- Tousles astronomes commencent à compter les heures depuis midi ,, comme faisoient autrefois les Um-bres, et comme font aussi les Arabes. Les astronomes vont aussi jusqu’à 2i heures; ainsi, lorqu’oïr compte dans la société le 2 janvier
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- huit heures du matin, les astronomes disent, le i.er janvier, à 20 heures ; et c’est ce qu’ils appellent terris astronomique.
- Les Athéniens commençoient à compter les heures depuis le coucher du soleil ; on en tait de meme en Italie. Les Italiens commencent leurs 24 heures une demi-heure après le coucher du soleil.
- Les astronomes distinguent trois sortes à’heures astronomiques.
- Heures solaires vraies ; c’est-à-dire, celles que marque chaque jour le soleil sur nos méridiennes et nos cadrans, mais qui varient tous les jours à cause des inégalités du soleil. V. TEMS VRAI.
- Heures solaires moyennes ; ces heures sont égales et uniformes ; elles sont la 24.e partie du jour moyen , c’est-à-dire , d’un retour moyen du soleil au méridien. Ce sont ces heures égales et ces jours moyens sur lesquels se règlent tous les calculs, ainsi que les pendules astronomiques. V. TEMS MOYEN.
- Heure du-premiermobile; ce sont celles que l’on compte par la révolution des étoiles fixes, qui est la véritable durée de la rotation de la terre et qui est toujours égale , ou h. 56 min. 4 second, de tems mojen. Il y a des astronomes qui règlent les horloges ou pendules sur ces heures du premier mobile ; ils y trouvent cet avantage que les étoiles passent tous les jours à la même heure de la pendule , mais le soleil y passe environ quatre minutes plus tard.
- Heure est quelquefois le nom d’un instrument de gnomonique propre à montrer les heures du jour et la hauteur du soleil.
- ( Liturgie ) Heures canoniales ; on appelle ainsi des prières que l’on fait dans l’église catholique , à certaines heures , soit du jour , soit de la nuit. Elles sont au nombre de sept; savoir, matines et laudes, prime , tierce , sexte, none, vêpres et complies.
- Ce qu’on appelle matines s’appe-loit autrefois l’office de la nuit.
- Prime , tierce, sexte et none sont des dénominations qui rappellent la division du jour artificiel des Juifs et des Romains, Ils distinguoieut
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- dans le jour artificiel, pris du lever au coucher quatre parties printi-pales, prime, tierce, sexte et none.
- Prime commençoit au lever du soleil ; tierce, trois heures après , sexte , à midi, et none trois heures après le coucher du soleil ; mais ces heures étoient plus ou moins grandes , selon que le soleil étoit plus ou moins de tems sur l’horizon.
- Les parties de l’office furent appelées heures, parce qu’elles dévoient se réciter à certaines heures, comme à prime , à tierce , etc. , et heures canoniales, parce qu’elles étoient prescrites par les règles, par les canons.
- HEURTER. ,v. a de l’allemand hurlen , dont les Anglais ont fait liurt dans le même sens: choquer, toucher , ou rencontrer rudement.
- ( Peinture ) Ce peintre affecte de heurter ses tableaux ; cette esquisse West que heurtée. Le heurté est regardé comme une qualité indiffé-rente en soi, et qui peut être bonne ou mauvaise , suivant l’usage qu’on en fait ; il est l’opposé de fondu; regardé comme uu défaut, il est l’opposé du léché.
- Dans ou tableaufondu, les teintes, se succédant les unes aux autres par des nuances insensibles , se noyent les unes dans les autres, et ne peuvent être discernées que par un œil expert. Dans un tableau heurté , les teintes sont posées largement, on pourroit dire brutalement , les unes à côté des autres: non-seulement leur succession brusque est très-sensible , elle est même choquante , si Ton regarde l’ouvrage de fort près ; mais quand on le voit de loin , l’air s’interpose entre le tableau et l’œil du spectateur , fond et noie ces teintes, et change l’ébauche grossière enune peinture terminée. On disoit des fresques de Lanfranc, que l’air les finissoit.
- Les premières pensées des peintres ne sont que des esquisses très-heurtées : ils ne les fout que pour eux , et elles deviennent quelquefois dans la suite très-précieuses aux vrais connoisseurs.
- HEXACORDE , s. m. du grec %%
- ( hex ) , six et de yofih» ( thordê ), corde : à six cordes.
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- ( Musique ) Instrument à six cordes. Il se dit aussi du système composé de six sons , tels que Vexa-corde de Gui d'Àrezzo.
- HEXAÈDRE, s. m. du grec \% ( hex ), six , et de topa. ( hedra ), siège : base à six laces.
- ( Géorn.) Uhexaèdre est un des cinq corps réguliers, qu’on appelle aussi cube ; il est ainsi appelé parce que chaque face peut être prise pour la base du corps régulier: un dé à jouer est un hexaèdre.
- HEXAGONE , s. m. du grec 2f {hex), six, et de ycv/et {gonia) , angle: à six ang-hs.
- ( Géorn. ) Figure composée de six angles et de six côtés. Un hexagone régulier est celui dont les angles et les côtés sont égaux. On décrit donc un hexagone régulier en portant six fois le rayon du cercle sur sa circonférence. Pour décrire un hexagone régulier sur une ligne donnée , il ne tant que former un triangle équilatéral; le sommet sera le centre du cercle circonscriptible à l’hexagone que l’on demande.
- HEXAGYNIE . s. m. du grec
- hex), six, et de yuvn (gunê), emme.
- ( Botan. ) Uhexaginie est le sixième ordre des classes du système sexuel de Linné , celui qui renferme les plantes dont les fleurs ont six pistils , ou six organes femelles.
- HEXAMÉRON, s. m. dn grec sf ( hex ) , six , et de bptpa. ( hê~ mêra ) , jour : de six jours.
- { Ecrit. Sainte. ) C’est le titre de tous les commentaires , tant anciens que modernes , sur les premiers chapitres de la Genèse, et l’histoire de la création et des six premiers jours du xnoude.
- HEXAMÈTRE , adj. et s. du gr. *£ ( hex) , six , et de [ximpov ( mé-tron ), mesure : de six mesures.
- ( Poésie anc+) Il se dit des vers grecs ou latius , composés de six pieds.
- HEXANDRIE, s. f. du grec «f ( hex ) , six , et d’àvàp ( anér), gé-nit. àvjpo; ( andros), mari: à six maris.
- {Botan.) C’est la classe VI du
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- système sexuel de Linné, celle qui renferme îes plantes dont les fleurs hermaphrodites ont six étamines.
- HEXAPET ALLES , adj. du grec sf ( hex ) , six , et de -nrsTaxo') ( pé— talon ) , pétale , formé de 'arircc® ( pétao ) , ouvrir : à six pétales.
- ( Botan. ) On nomme ainsi les corolles qui ont six pétales.
- HEXAPHYLLE , adj. du grec sf ( hex) , et de qÙA'hov {phullon ), feuille : à six feuilles.
- ( Botan. ) Qui a six feuilles ou folioles.
- HEXAPLES , s. m. du grec If ( hex ) , six , et de &ir\oa> ( hap-loô ) , expliquer : à six explications.
- ( Ecrit, sainte) C’est ainsi qu’on appelle un ouvrage publié par Ori-gèue , qui contient en six colonnes , six versions grecques du texte hébreux de la Bible. Cc.s six versions sont celles des Septante d’Acqu^a, de Théodotien , de Symmaque , une version trouvée à Jéricho , et une à Nicopolis.
- HEXAPTÈRE , adj. du grec ?£ ( hex ) , six , et de tttspov (pîéron ) , ailes : à six ailes.
- ( Botan. ) Qui a six ailes. *
- I1EXASTYLE, s. m. du grec 5^ ( hex), six , et de ç-vxos ( stulos j, colonne : à six colonnes.
- ( Archit. ) Edifi.ce qui a six colonnes de front.
- HIATUS , s. m. mot parement latin , qui signifie ouverture de la bouche.
- ( Poésie ) Sorte de bâillement qui fait quelquefois un mauvais effet. Si l’oti place de suite deux mots, dont le premier finisse par une voj'elle autre qu’un e muet , et le second commence par quelque voyelle que ce puisse être , ce concours fait une rencontre de voyelles qu’on ne peut prononcer de suite sans y interposer une sorte de bâillement qui rend la mesure extrêmement languissante. C’est ce concours , cette rencontre, ce bâillement qu’011 appelle hiatus. Dans ce vers de Théophile:
- Il est vrai que mon sort en ceci est mauvais.
- {Art drain. ) Hiatus se dit aussi,
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- eu parlant des pièces de théâtre , lorsqu’il s’y trouve une scène qui n’est point liée avec les autres, et qui interrompt le cours de l’action ; et dans la représentation d’une pièce, lorsque l’acteur n’entre point au moment juste qu’il devoit, ou que le théâtre demeure vide.
- ( Pratique ) Hiatus se - dit encore d’une interruption dans une généalogie, lorsque dans une suite d’aïeux, il en manque un ou plusieurs qu’on ne trouve point ni dans l’histoire , ni dans les titres.
- ( /Jnat. ) Les anatomistes se sont également emparés de ce mot, pour exprimer le bâillement, l’ouverture qui se fait en quelque endroit.
- HIBR1DE , ou HYBRIDE , adj. du grec u£pjj(Aui/Ys),génit. vfyîS'ot ( hubridos ), animal dont te père et ia mère tont de différentes espèces. La racine de te mot est Sgjj/c ( hu-bris ), affront,injure ; comme si ces sortes de naissances étoient un outrage fait à la nature, ou une espèce d’aduitère commis parla nature elle-même.
- ( Grammaire) Les grammairiens l’emploient par analogie , pour désigner les mots tirés de deux langues. Cholera-morbus est un mot làbride , par ce qu’il est tiré du grec et du la'in.
- ( Botan.) Hibride se dit aussi des plantes qui doivent, ou paroissent devoir leur origine à deux plantes d’espèce différente.
- HIDALGO, s. m. mot espagnol , titre d’honneur.
- { JE con. polit.) En Espagne, on tient pour hidalgos , ceux qui peuvent montrer n’ètre descendus des Mores ; et c’est le titre que prennent les nobles qui se prétendent descendus d’anciennes races chrétiennes , sans mélange de sang juif ou more.
- HIDROTIQUE, adj. du grec ?cJ>«-<r«*ôc ( hidrôtikos ), qui fait suer, formé d’iepàç ( hidrôs) , sueur.
- ( Méd. ) C’est ainsi qu’on appelle les remèdes qui procurent la sueur. C’est la même chose que SUDORIFIQUE , V. ce mot.
- Hidrotique , est encore le nota d’une fièvre sudorifique. C’est peut-
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- être la- même chose que SUETTE , V. ce mot.
- HIÉRARCHIE, s, f. du grec hp'et ( hièros ), sacré , et d( arche ) , empire, gouvernement : gouvernement sacré.
- ( Théol. ) Subordination qui est entre les divers choeurs des anges. Selon St.-Denis , il y a neuf choeurs des anges , divisés en trois hiérarchies.
- (Discipline ecclés.) 13 se dit aussi sur la terre , de la subordination entre les prélats et les autres ecclésiastiques
- ( JEcon. polit. ) Ce mot s’applique à tons les établissemens où l’on re-connoît divers degrés d’autorité ou de pouvoir, subordonnés les uns aux autres. I.a hiérarchie des pouvoirs , la hiérarchie militaire, la hiérarchie, admi > istraiive.
- HIÉROGLYPHES, s. m. du grec î«pcç ( hieros) , sacré , et de yxv<t,ce (gluphâ ), graver ; gravure sacrée.
- ( Ecrit. ) Ce sont des espèces de figures que l’on dessinoit, et dont on se servoit pour expliquer sa pensée , avant la découverte de l’écriture alphabétique.
- Les hiéroglyphes ont été d’usage chez toutes tes o a lions , pour conserver les pensées par des figures et leur donner un être qui les transmit à la postérité. On peut donc regarder les hiéroglyphes comme le premier pas fait vers l’écriture al-r phabétique ; les pensées morales se rendoient aussi par hiéroglyphes.
- Les hiéroglyphes qui étoient dans le principe une écriture de nécessité,, devinrent entre les mains des prêtre* Egyptiens , une écriture sacrée, surtout lorsque l’écriture épistoliqne succéda à Vhiéroglyphique. Ce3 prêtres donnèrent une origine divine aux hiéroglyphes ; et le peuple , toujours superstitieux, s’empressa d’ajouter foi à ce qu’on lui débitoit à ce sujet, et il cru! à la vertu de ces figureé symboliques j aussi les faisoit-on graver sur des pierres précieuses , et on les portoit en façon d’amulettes et de charmes.
- Warbimlion , dans son essai sur les hiéroglyphes, pense que les inscriptions sculptées sur les obélisques dans les places publiques, n’éloieui.
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- point du tout' une écriture mystérieuse , et que loin de contenir une doctrine secrète , ces inscriptions ne faisoient qu’exposer aux yeux du peuple les choses dont on vouîoit qu’il conservât le souvenir.
- HIEROGRAMMES, s. m. du gr. hphc ( hiêros ) , sacré, et de yp ( gramma ), lettre, caractère : caractères sacrés.
- ( Ecrit. ) Caractère sacré dont l’écriture sacerdotale étoit composée chez les Egyptiens.
- Plusieurs savans prétendent qu’il ne faut pas confondre les hiéro-grammes avec Ses hiéroglyphes; que ceux-là étoient des hiéroglyphes simplifiés , et assujettis à un petit nombre de traits de convention , tels que ceux qu’on voit autour des bordures delà table d’Isis,
- { actuellement déposée dans le cabinet des médailles de la bibliothèque nationale ). Les caractères qui y régnent, peignent en abrégé les dieux, les instrumens, les vases , etc., représentés en grand dans le corps de la Fable.
- On appeloit hiérogrammatées , les prêtres qui composoientles livres écrits en caractères hiérogramma-ticpies.
- < HIEROGRAPHIE , s. f. du grec îtphc (hieros) , sacré , et da ypâipu (grapho ) , décrire: description des choses sacrées.
- H1EROLOGIE , s. f. du grec îtphc ( hiéros ) , sacré , et de \6yoe { logos ) , discours ; discours sur des choses saintes oa sacrées.
- ( Culte relig. ) 11 se dit plus particulièrement de la bénédiction nuptiale chez les Grecs et chez les Juifs. t HIEROPHANTE , s. m. du grec îtphc ( hiéros) , sacré, et de <px îva> (phaino), déclarer, manifester.
- ( Hist. anc. ) On donnoit ce titre chez les Grecs, an pontife qui pré-sidoit aux fêtes de Gérés et aux mystères. C’étoit lui qui enseignoit les choses sacrées à ceux qu’on initioit dans les mystères, et c’est de-là qu’il prenoit son nom.
- HILARO-TRÀGEDIE, du grec ÎAop'o; {hilaros), gai, et de 'rpx.yqxftct ( tragodia\) , ( p, ce mot) : tragi-comedie.
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- ( Littérat. anc. ) Pièce dramatique grecque, mêlée de tragique et de comique. Rhenton, poète comique de Tarente , fut l’inventeur de ces sortes de pièces.
- HILE, s. m. du latin hilum.
- ( Botan. ) Ombilic de la graine ; point superficiel , ou cicatrice par laquelle une graine étoit attachée dans la cavité du péricarpe.
- HIFPIATRIQUE , s. f. du grec 'twoc ( hippos ), cheval , et tpiK» ( iatrikê ) , médecine , dérivé (Vla.oij.cu ( iaomai ) , guérir : mé -decine des chevaux.
- ( Diclact. ) Art de connoître et de guérir les maladies des animaux, et en particulier celles des chevaux.
- HIPPOLITE, s. f. du grec ÎWoc (hippos ), cheval, et de xiüoç {lithos j, pierre : pierre de cheval.
- {Hippiatr.) Concrétion pierreuse qui se trouve dans quelque partie interne du cheval. V. CALCUL, BEZOARD.
- HIPPOCRENE , s. f. du grée U-nroc { hippos), cheval, et de ( chrênê J, fontaine : fontaine de cheval.
- ( Mytliol. ) Nom d’une fontaine célèbre parmi les poètes; eile sor-toit du mont Iiélicon en Réotie. On feint qu’elle étoit dédiée aux muses, et que le cheval Pégase l’avoit fait sortir du rocher, en le frappant de son pied. On dit : Il a bu des eaux dlhppocrène, pour dire qu’il ale talent de la poésie.
- HIPPOTOMIE, s. f. du grec U-rroc ( hippos ), cheval, et de ( temnô ) , couper , disséquer : dissection du cheval.
- ( Didact. ) Anatomie du cheval.
- IPPÜS , ou HiPPUS, s. m. du gr. Hov,7rcç ( hippos ) , cheval.
- ( Méd. ) Affection des yeux, dans laquelle ils sont perpétuellement cli-gnotans, trembians. C’est Hippocrate qui a donné à cette maladie le nom d’hippus ; elle consiste dans uneaffectiou dumuscle qui soutient l’oeil, et qui embrasse la base de cet organe.
- ( Physiol. ) A la partie antérieur© et moyenne de l’oreille, du côté delà face, on voit une petite éminence, couverte de poils chez les vieillards,
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- ainsi que dans les boucs : ce qui lui a fait donner le nom à’hircus.
- IIIRCOSITE, s , f. du latin hir-cus bouc.
- ( Méd. ) Mauvaise odeur, semblable à celle du bouc. Ce mot est vieux.
- HIRCUS , s. m. mot purement latin , qui signifie bouc.
- HIRSUTE, adj. du lat. hirsulus, velu, formé d ’hircus , bouc: velu comme un bouc.
- ( Botan. ) Garni de poils ïongius-cuies , et d’une roideur ou rudesse sensible , et lion alvéolés.
- IîlSPIDE , du latin hispidus, hérissé , fait d’hipida. e, hérisser de pointes.
- ( Botan. ) Garni de poils longs, roides et alvéolés , ou à base manifestement luberculée.
- HISSER , v. a. de l’italien is-sare.
- ( Marine ) C’est élever, ou hausser un mât, une voile , une vergue, ou toute autre chose , par le moyen des manœuvres on des palans , dans un vaisseau. L’action de hisser se fait le plus souvent en tirant avec force sur un cordage perpendiculaire , au lieu que pour tirer un cordage posé horizontalement, On dit ordinairement HALEE, V. ce mot.
- HISTIODEOMIE , s. f. du grec fçisv ( hisiion ) , voile , et de S'fp.os ( dro/nos ) , course.
- ( Marine ) C’est le titre de plusieurs ouvrages sur l’art de la marine , ou de la navigation, par le moyen des voiles.
- HISTOIRE, s. f, du gr. <VopM ( historia ) , connoissance , recherche , narration ; dérivé d’irœp ( his-tér ), habile , savant : récit de faits et d’événemens mémorables.
- {Histoire naturelle) C’est la description des choses naturelles.
- ( Peinture ) Histoire, dans le langage de la peinture . désigne ce qu’on regarde comme le premier et le principal genre des imitations dont s'occupe cet art.
- On dit un peintre d?histoire , un tableau d’histoire, et l’on comprend sous ces dénominations , non-seu-lement la représentation des faits
- III S
- historiques, mais de tout ce que nous counoissons de la mythologie et des labiés anciennes , sans distinguer ce qu’elles peuvent contenir d’historique ou d’emblématique $ on y comprend même les sujets qu’offrent les poëtes tragiques, épiques, et les romans distingués , tant anciens que modernes
- On dit peintres d’histoire , par opposition aux peintres de GENRE ( H. ce mot ) , c’est-à-dire , aux artistes qui se bornent à un genre particulier de représentation tels que, les paysagistes , les peintres, d’animaux , de fabriques , de fleurs, etc.
- Le peintre d”histoire a la prééminence sur le peintre de genre,. parce que, quelle que soit la perfection avec laquelle celui-ci pourra imiter un objet visible , celui - là aura des sujets plus difficiles à représenter ; et pour le faire avec succès , il lui faudra embrasser à-la-fois toutes les formes de la nature , tous ses effets et toutes les affections que l’homme peut éprouver; parcequela composition de l’un n’est pas poétique ; que dans l’exécution , tout y est fait d’après des objets communs , et que le résultat en est de vendre simplement la nature ; au lieu qxre le peintre d’histoire ne peut exister sans poésie , et que cette qualité seule constitue le vrai caractère.
- Historié , portrait historié ; on emploie cette expression pour signifier la représentation d’une ou plusieurs personnes que le peintre travestit, à l’aide d’un costume emprunté de l’histoire *ou de la fable , on bien qu’il peint» occupées de quelque action qui leur donnent de l’intérêt et du mouvement.
- Une jeune beauté peinte avec les attraits de Flore , d’Hébé , d’une vestale , est un portrait historié. Un père de famille, représenté instruisant ses enfans dont il est entouré , tandis que sa femme paraît , dans ce même tableau, jouir avec délice de ce spectacle doublement intéressant pour son cœur , est de même un assemblage de por~ traits historiés
- ~Lesportraits historiés, soit qa’ils
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- représentent des princes > soit qu’ils représentent des particuliers , deviennent ou des dérisions , ou des critiques amères , lorsqu’ils ne sont pas simples , et que les accessoires ne sont pas appropriés avec la plus grande finesse de goût au caractère qu’ils doivent avoir , et aux lois de la convenance, des bienséances et des conventions utiles.
- II1S T O RIEN , s. m. du gv. ïçwp ( hisîor ) , habile, savant : eelui qui écrit Vliistoire , parce qu’en effet l’histôrien doit réunir un grand nombre de connoissances diverses.
- HISTORIOGRAPHE , s. m. du gr. (Vropiaî ( historia ), histoire et de ypa.<pa> ( graphô) , décrire.
- Si l’on s’attache à l’étymologie , ce mot m’exprime pas plus qu7lis-torien ; mais l’usage veut qu’il désigne un homme qui est payé par le gouvernement pour écrire l’histoire ou des mémoires. De-là ces ph rases qui sont passées en proverbes : Il est rare que Vhistoriographe d’un prince ne soit pas un menteur ; il est rare aussi que l’historiographe d’une république dise toutes Les vérités.
- HISTRION, s. m. du latin his-trio , fait A’hister , nom d’un habile danseur , qui laissa son nom à tous ceux qui , depuis ce tems-là , furent de sa profession. Selon Festus , histrio viendroit d’histria , nom de pays ( la Toscane ), parce que ceux qui se mêlèrent les premiers de ce métier , étoient venus de ces contrées.
- (Jeuxscéniques) Les jeux du cirque furent longtems les seuls amu-semens des Romains. Lorsqu’en 5gi de la fondation de Rome , on voulut inti'oduire les jeux scéniques, ou fit venir d’Etrurie des baladins , qui dansèrent gravement au son de la flûte, sur un échafaud de planches , et qu’on nomma histrions , du nom de leur pays, ou de l’un d’entre eux , qui se nommoit Hister.
- Ces histrions ne tardèrent point à mêler à leurs danses des vers grossiers et faits sur-le-champ. Ensuite ils se formèrent en troupes , et récitèrent des pièces appelées satires , et dont le dialogue étoit
- Il IV 34§
- coupé par des danses. Ces farces subsistèrent jusqu’en 024 , qu’An— dronicus mit sur la scène une pièce qui avoit un sujet suivi : ou y courut ; les danseurs burlesques furent négligés ; mais on n’oublia jamais l’origine des pièces de théâtre de Rome , et le nom d’histrion fut iong-tems celui des acteurs comiques, et particulièrement de ceux qui jouoieut des personnages plai-sans dans les comédies de Térence , de Piaule , etc. Aujourd’hui , c’est un terme de mépris dont on se sert à l’égard de ceux de cette profession , qu’on veut noter d’infamie.
- HIVER, s. m. duîat. hibemum, qu’on a dit pour hiems.
- (Météorol. ) L’une des quatre saisons de l’année. IL commence lorsque le soleil s’éloignant de plus en plus dn zénith , est parvenu à sa plus petite hauteur méridienne , c’est-à-dire , lorsqu’il est arrivé au point de l’écliptique qui coupe la colure des solstices ; et il finit lorsque le soleil se rapprochant ensuite de plus en plus du zénith, a atteint une hauteur méridienne moyenne, entre sa plus grande et sa plus petite, c’est-à-dire , lorsqu’il est arrivé au point de l’écliptique qui coupe l’équateur. Ainsi , pour ceux qui habitent l’hémisphère septentrional , l’hiver commence le 1 ou 2 nivôse (le 21 ou 22 décembre ), et il finit le 32 ventôse , ou le i.er germinal (le 20 ou le 21 mars )<j HIVERNAGE, s. m. .d’HIVER , V. ce mot.
- ( Marine ) Le tems de l’hiver , pendant lequel il convient, autant qu’on peut , de relâcher pour attendre ia saison la plus propice à la navigation. Il se dit également dans les pays chauds , et sur-tout aux An tilles , où on ne connoît pas de froids , ni de gelées , de la saison des pluies et des coups de vent, pendant laquelle il est d’usage que les vaisseaux se placent dans les baies les plus sûres et les plus à l’abri. Aux îles du Vent, cette saison dure depuis la fin de messidor ( le milieu de juillet ), jusqu’à la fin de vendémiaire ( le milieu d’oc-f tobre.
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- HOIR , s. m. du lat. hùsres, héritier.
- ( Pratique) II n’est guère d’usage que dans la pratique, où il signifie héritier , ou descendant en ligne directe.
- On comprend aussi souvent sous le mot hoirs , les héritiers, soit en ligne directe , soit en ligne collatérale , et même les héritiers testamentaires. C’est pourquoi, lorsqu’on stipule quelque chose pour soi , ses hoirs et ses ayant-cause , cette stipulation a lieu en faveur de toutes sortes d’héritiers.
- t HOLOCAUSTE, s. m. du grec ô\ÔKetvrov ( holocauston ), formé d’b'xoc ( holos ), tout , et de ka'ko ( haiâ ) , brûler : entièrement brûlé.
- ( Culte relig. ) Sorte de sacrifice chez les payeur , et chez les Juifs , où la victime'étoit entièrement consumée par le feu.
- Chez les. Juifs , deux agneaux etoient tous les jours offerts en holocauste sur l’autel d’airain : un le matin , avant les autres sacrifices , et l’autre le soir, après tous ceux de la journée.
- Dans les sacrifices que les Grecs avoient coutume de faire aux dieux infernaux, on n’offroit que «les holocaustes. L’hostie étoit réduite en cendres sur l’autel, parce qu’il étoit défendu de manger rien de ce qui avoil été immolé pour les morts.
- HOLOMETRE, s. m. dugr. oxor ( holos ), tout, et de /xsTpov ( mé -tron ) , mesure : qui mesure tout.
- ( Géomét. ) Instrument de mathématiques , dont on se sert pour prendre toutes sortes de hauteurs, tant sur la terre qu’au ciel : il est composé de trois régies mobiles ; leurs ouvertures et leurs positions donnent les trois angles à-la-fois. Son inventeur est Abel-Tulle , qui en a publié un Traité à Venise , en i564.
- HOMELIE , s. f. du grec ( homilia ), entretien , conférence, formé à’ôf/.txm ( homiléô ), parler , haranguer le peuple.
- ( llelig. ) Le mot homélie signifie un discours particulier ; et les chrétiens nommoieût ainsi les discours qui se faisoieat dans l’église ,
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- pour montrer que ce n’étoient pa* des discours d’apparat, coiameceux des orateurs profanes , mais des entretiens comme ceux d’un maître à ses disciples , d’un père à ses en-fans.
- Homélie , dans le sens qu’on lui donne aujourd’hui ,se dit des leçons du bréviaire , qu’on chante à l’église au troisième nocturne des matines , pour l’explication de l’évangile du jour. Ce sont des extraits des homélies des pères ou docteurs de l’église.
- Les plus belles homélies des pères, sont celles de St.-Chrysostôme et de St.-Grégoire.
- HOMEOMERE, adj. dugr. ly.oia-juipitc ( homoiomérès ) , formé d’o-gotsc { homoios ), semblable, et de g-ipaç, partie.
- ( Didact. ) Il se dit de deux substances dont les parties sont semblables.
- (Philos .)D’homéomère,les Grecs avoient fait homéomérie, ou ressemblance , uniformité de parties -, pour désigner le sentiment d’Anaxa-gore sur la formation des êtres. Ce philosophe prétend que chaque tout dans la nature est composé de parties , qui, avant leur union , etoient déjà de même nature que le tout.
- HOMERE , nom d’homme , en grec ofA«poç, dont les latins ont fait Homerus.
- ( Littéral. ) Homère est le plus ancien poëte gree , dont il nous reste quelque ouvrage suivi. Ce poëte , dont le génie a rendu les caractères de la langue grecque ineffaçables, florissoit l’an du monde 3oo4, et mille ans avant J -C. ,
- Les poëmes de l’Iliade et de l’O-dissée , sont la première et la plus ancienne histoire des Grecs, et un tableau fidèle des mœurs antiques. Le premier a pour objet la colère d’Achille , si pernicieuse aux Grecs qui incendièrent Troye; et dans l’autre , Homère chante les voyages et les avantures d’Ulysse , après la reprise de cette ville.
- Sept villes se disputèrent l’honneur de i’avoir vu naître : Smyrne , Rhodes, Co’ophon , Salamis, Chios, Argos , et Athènes. La reconnois— $auce lui éleva deux temples, rut»
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- à Smyme , et l’autre à Alexandrie. En un mot, les anciens faisoipnt tant de cas à!Homère , que pour marquer un liomme accompli, en quelque genre que ce lût, ils disoient un Homère. Ainsi , Cicéron rapporte , dans ses Questions Tus-culanes , que Panœtius nommoit Platon , le divin , le très-sage, Je très-saint, enfin, VHomère des philosophes.
- HOMERIQUE, adj. d’HOMERE, Jr. ce mot ; qui appartient à Homère.
- ( Divinat. ) Sorts homériques ; c’éloient des divinations , par lesquelles on croyoit que le vers qui se rencontroit à l’ouverture des poésies d’ Homère , étoit une réponse-précise à la question qu’on agitoit.
- Les sorts homériques , et virgi-liens, succédèrent aux sorts de Pré-neste ; et à ceux-là les chrétiens ont fait succéder les sorts tirés des Versets de l’Ecriture-Sainte.
- IIOMERISTE , adj d’HOMERE, V. ce mot.
- ( ïÀttêrat. ) Les Grecs appeloient homéristes , ceux qui faisoient métier de chanter les vers d’Homère , dans les maisons et dans les places publiques.
- Pétrone appelle également home-ristes , les comédiens qu’on faisoit venir, de son tems , dans les festins , pour réciter les plus beaux endroits d’Homère.
- Dans la fameuse querelle de M. Perrault et de M, Boileau, sur les anciens , on appela homéristes, les partisans d’Homère.
- HOMICIDE, s. m. du latin hcmi-cidium, composé à’homo, homme, et de cœdere, tuer : comme qui di-roi t hominis cœdes.
- ( Jurisprudence ) Homicide se di t en général de toute action qui cause la mort d’autrui. Celui qui est l’auteur de cette action, est aussi appelé homicide. On distingue plusieurs sortes d’homicide.
- Homicide casuel ; c’est celui qui se commet par accident, et par cas fortuit, sans aucune faute , imprudence ou volonté de nuire , directe ni indirecte.
- Homicide commis par imprudence ; c’est celui qui arrive sans dessein de procurer la mort, lors-
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- que, par exemple , en jetant quelque chose dans la rue , on tue un passant. Ce quasi-délit est punissable suivant l’excès de la négligence.
- Homicide nécessaire ; c’est celui que l’on commet pour la défense de sa vie ou de son honneur.
- Homicide involontaire ; c’estcelui qui se commet volontairement; c’est le meurtre proprement dit ; il est simple , lorsqu’il se commet dans la chaleur d’une rixe ; c’est un guet-à-pens , lorsqu’il se commet de dessein prémédité.
- HOMIOSE , s. f. du grec OfAOtOû'TiÇ ( homoiôsis ), assimililation ; formé d’iS^o/oc ( homoios) , semblable.
- ( Physiol.) On entend par ce mot, la coction dit suc nourricier, qui le met en état de s’assimiler aux parties qu’il doit nourrir.
- HOMOCENTR1QUE , adj. du gr. ôm6«.svt/)oç ( homolcentros ), formé d.’by.bç ( homos ), pareil, semblable, et de jtsvTpov ( kentron ) , centre : qui a un centre commun. C’est la même chose que CONCENTRIQUE. V. ce mot.
- HOMODEOME, adjec. du grec c/aoç ( homos ), semblable , et de cpî/J.où ( drémô ) , courir : qui va du même côté.
- ( Mécan. ) Levier homodrome ; c’est un levier dans lequel le poids et la puissance sont du même côté du point d’appui, et qui par conséquent se meuvent dans le même sens. Il y a deux sortes de leviers homodromes : dans l’un le poids est entre la puissance et l’appui : on appelle ce levier, levier de la deuxième espèce. Dans l’autre , la puissance est entre le poids et l’appui r on l’appelle levier delà troisième espece.
- HOMOGENE, adj. du grec iubç ( homos ), semblable, pareil, et de yhoç ( génos ) , genre , nature, es-? pèce : de même nature.
- ( Physique ) Nom que l’on donne aux corps dont toutes les parties intégrantes sont semblables, sont de même espèce, de même nature , de même densité , et ont les mêmes roprictés ; telles sont les parties e l’eau pure ; telles sont les parties intégrantes des métaux bien purifiés , comme l’or , l’argent, le cuivre t etc. ; telles sont aussi les par-
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- ties d’un rayon de lumière exactement séparé de tous les autres, qui ont toutes le même degré de réfrangibilité , et sont toutes capables de nous faire sentir la même couleur.
- ( Alg. ) On appelle quantités homogènes des quantités qui ont le même nombre de dimensions. On dit que la loi des homogènes est observée dans une équation algébrique, lorsque tous les termes y sont de la même dimension.
- Quantités sourdes homogènes ; ce sont celles qui ont le même signe radical.
- Homogène de comparaison ; on appeioit ainsi autrefois le terme tout connu d’une équation. On dit maintenant le dernier terme de l’équation.
- ( Calcul intégral ) On appelle, en général , équations homogènes , celles où les variables montent au même degré dans tous les termes.
- ( Med. ) Fièvre homogène ; on dit d’une lièvre qu’elle est homogène , lorsqu’elle est continue et uniforme.
- HOMOLOGATION, s. f. du grec ôy.oKoynv (homologéin) . consentir, formé d’oyo; ( homos) , semblable , et de xlya> ( légô ) , dire : dire de même , l’action de dire de même, d’approuver, de consentir.
- ( Pratique ) Ce mot se dit d’un jugement qui ordonne l’exécution d’uu acte souscrit par des parties.
- HOMOLOGUE , adj. du gr. oui; (homos), semblable, et de 'Aoyo; ( logos ), raison , rapport, proportion : raison , quantité , semblable.
- ( Géom. ) 11 se dit des côtés des figures semblables, qui sont opposés à des angles égaux.
- Les triangles équiangles ou semblables , ont leurs côtés homologues proportionnels. Tous les rectangles semblables sont entr’eux comme les quarrés de leurs côtés homologues.
- HOMOMALLE, adj. du gr. ôyo; ( homos ), pareil , semblable , et yk.wov ( mallon ), beaucoup, extrêmement : entièrement semblable.
- ( Botan. ) Il se. dit des plantes , épis, etc. , dont les parties sont toutes dirigées du même côté.
- HOMONYME , adj. du grec hyl; { homos ) , semblable , et d’oyoua v onoma ), nom : même nom.
- H O E.
- ( Grammaire ) Il se dit des choses qui ont un même nom , quoiqu’elles soient dénaturé différente, et prin-, cip.alement des mots pareils , qui expriment des choses différentes. Ainsi les différentes choses exprimées par le mot corne , sont des homonymes.
- HOMOPHAGE, adj. du gr. ocyo;
- ( omos ), cr u , et de <pctya> ( phago ), manger.
- ( Méd. ) Celui qui mange de la chair crue.
- HOMOPHAGIE , s. f. du gr. q>xyiei.( ômophagia), Eusage de la chair crue.
- HOMOPHONIE , s. f du grec lyotbmia. ( homophônia ) , formé d’ôyiç ( homos ), semblable, et de <pwt> (phone), son: son semblable, unisson.
- ( Musique ) C’étoit dans la musique grecque cette espèce de symphonie qui se faisoit à l’unisson ,
- ar opposition à l’ANTIPHONIE.
- F. ce, mot ), qui s’exécutoit à l’octave.
- HOMOTONE , adj. du grec oyl;
- ( homos), semblable, uniforme , et de tovo; ( tonos ), ton : même ton.
- ( Méd. ) On dit qu’une fièvre est homotone, lorsque , ne se relâchant ni ne s’irritant dans son cours , elle garde la même teneur depuis le commencement jusqu’à la fin.
- HOPLOCHISME, s. m. du grec o-jtxgv (hoplon), arme, et de ^ptsyet ( chrisma ), onction.
- ( Chirurgie ) L’action de préparer un instrument de chirurgie , d'y appliquer les médicamens.
- HOQUET , s. m. Ménage fait dériver ce mot de l’anglais hiclcet, ou hickupi, qui est lui-même dérivé du danois hicken.
- ( Méd. ) Mouvement spasmodique, convulsif et incommode du diaphragme, et de quelques-unes des parties qui lui sont adhérentes durant l'inspiration , avec une explosion sonore par la bouche.
- HORAIRE, adj. du lat. horarius, dérivé du grec àpjt ( hora ),-heure : qui a rapport aux heures.
- ( Astron. ) Cercles horaires ou cercles de déclinaison ; ce sont des cercles qui passent par les pôles du monde , et qui par leurs distances au méri:lien, marquent les heures j ainsi,
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- -ainsi, quand le soleil est dans un cercle horaire, éloigné duméiidien de i5 degrés, on dit qu’il est une heure de teras vrai.
- Angle horaire ; c’est l’angle au pôle formé par le cercle horaire et par le méridien du lieu ; cet angle est de i5 degrés à uue heure , de 3o degrés à deux heures.
- Mouvement horaire ; c’est la quantité dont un aâtre varie en une heure, soit en longitude, soit en latitude. Les astronomes ont fait des tables du mouvement horaire de la lune , où sôut renfermées toutes les inégalités dont ce mouvement est susceptible , soit à raison de l’excentricité de l’orbite lunaire, soit à cause de l’attraction du soleil.
- Parallaxe horaire, ou parallaxe d'ascension droite ; c’est celle que l’on observe au moyen du changement qu’elle cause dans l’ascension droite d’une planète , telle que mars ou la lurte.
- JLignes horaires ; ce sent ies lignes qui marquent les heures sur un cadran solaire. Ces ligues sont les communes sections dès cercles horaires et du plan du cadran. Là principale est la ligue méridienne , ou la commune section du plan du méridien.
- Cercles horaires hahyloniques ou italiques; ce sont les cercles qui ' déterminent les heures babyloni-ques et italiques, que l’on commence à compter de l’horizon. On les nomme ainsi, pour les distinguer des premiers, appelés cercles horaires astronomiques.
- HORDE, s. f. mot tartare qui signifie multitude.
- ( Géogr. ) C’est proprement le nom que les Tartaresqui habitent le Wolga, dans les royaumes d’Astra-can et de Bulgarie, donnent à leurs bourgs. Une horde est composée de cinquante ou soixante tentes rangées en rond, et qui laissent une place vide au milieu. Les habitans de chaque horde forment communément une compagnie de gens de uerre , dont le plus ancien est or-inairemeut le capitaine , et dépend du général ou prince de toute la nation.
- HORIZON, s. m. du grec cpi?ov (horizon), formé d(horizô), Tome II.
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- borner, terminer, dont la racine est opoç [horos), borne, limite: qui termine.
- ( Astron. et Géogr. ) Grand cercle de la sphère , qui la divise en deux parties ou hémisphères , dont l’un est supérieur et visible , et l’autre inférieur et invisible.
- On distingue Vhonzon en horizon rationel et horizon sensible : Y horizon rationel, oui’ horizon vrai ou astronomique, ou simplement Vhorizon , est un grand cercle dont le plan passé par le centre de la terre, et'qui a pour pôles le zénith et le nadir , d’où il suit que les divers points de Vhorizon sont éloignés de 90 degrés du zénith et du nadir.
- U horizon sensible, ou Vhorizon visuel, est un cercle qui rase la surface de la terre, et qui sépare la partie visible de la terre et des ci eux, de celle qui est invisible.
- On entend quelque fois par horizon sensible, un cercle qui détermine la portion de la surface de la ferre , que nous pouvons découvrir de nos yeux. C’est dans ce sens qu’on dit un horizon borné, un horizon étendu.
- HORIZONTAL, adj. même origine qu’IIORIZON ; qui appartient à Vhorizon.
- ( Astron. ) On appelle ainsi ce qui est de niveau ou parallèle à Vhorizon , qui n’est point incliné sur Vhorizon, ou qui se rapporte à Vhorizon. '
- Cadran horizontal; c’est celui qui est décrit sur un plan parallèle à Vhorizon, et dont le style est élevé suivant l’élévation'du pôle du lieu où il est construit.
- Diamètre horizontal ; c’est le plu* grand diamètre apparent.
- Parallaxe horizontale; c’est la plus grande de toutes les parallaxes.
- (Arpent.) Plan horizontal ; c’est celui qui est parallèle à Vhorizon du lieu : l’objet du nivellement est de voir si deux points sont dans un plan horizontal.
- ( Perspect. ) Ligne horizontale ; c’est une ligne droite tirée du point de vue , parallèlement à Vhorizon , ou l’intersection du plan du tableau et du plan horizontal.
- Plan horizontal ; c’est, en perspective j un plan qui est parallèle à
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- V horizon, passant par l’oeil, et cou-an t le plan du tableau à angles roits.
- ( Peinturé ) Le mot horizon s’emploie en peinture, sous deux rapports différées : on appelle horizon, ou ligne horizontale, la ligne sur laquelle aboutissent les rayons visuels.
- On nomme encore horizon, l’endroit du tableau où la nature touche au ciel ; mais on exprime plus pro-
- Îirement cette partie du tableau par e mot LOINTAIN. V. ce mot.
- La ligne de l’horizon doit êtré en perspective du niveau le plus exact. Ce n’est pas une chose indifférente pour un peintre que de bien ou mal placer, dans son ouvrage, la ligne horizontale : si elle est placée haut, il faudra voir davantage le dessus des objets ; si cette ligne est basse , ces dessus ou profondeurs deviennent plus raccourcies.
- HORLOGE, s. f. du grec ûpoxâytov ( horologion ), formé d’âp& (hora), teins , heure , et de xiym ( légô ) , dire , annoncer ; qui annonce l’heure.
- £ Mécan. ) Machine qui a le principe de son mouvement en elle-même , qui sert à mesurer le temps , à marquer et à faire donner les heures.
- Toute la connoissance que les anciens pouvoient avoir .pour mesurer le temps, étoit bornée aux cadrans solaires, aux CLEPSYDRES, Buv SABLIERS. On dit bien que Trimaicien , qui vivoit vers l’an bi3 de Rome , avoit eu sa possession Une horloge, à rouage , mais ce lie fut probablement qu’une ébauche , ou il faut que cet art soit tombé pendant les siècles de barbarie .ainsi que tous les autres arts, dans un tel oubli que, Vhorloge à rouages dont le pape Paul fit présent à Pepin-le-Bref, vers l’an 760 , fut regardé comme une chose unique.
- Euviron cinquante ans après , le Caliie Aaron Raschild , en envoya une pareille à Charlemagne.
- Les Italiens imitèrent le? premiers les ho? loges à roue , du pape Paul I , et du Calife des Abas-sides , et la gloire en est due à
- HOR
- Pacificus , archidiacre de Vérone, mort en 846.
- Au commencement du quatorzième siècle , on vit à Londres 1 ’hor~ loge de WaÜngford , bénédictin anglais , et bientôt après parut celle de Jacques Dondis , né à Padoue , laquelle marquoit , outre les heures , le cours annuel du soleil , suivant les douzes signes du zodiaque , avec le cours des planètes.
- L’horloge de Dondis éveilla l’industrie , et on ne vit dans toutes les parties de l’Empire que des hor-loges ^contrepoids et à sonnerie ; et ce fut peu après , en l’an 1370 , que Charles Vfit venir d’Allemagne Henri de Vie, qui fit Vhorloge du palais à Paris.
- Vers l’an i.55o , la mécanique des grosses horloges se perfectionna partout. Après ces grosses horloges parurent les’ horloges d’appartement , et ensuite les montres, pour lesquelles on imagina le ressort spiral , dont l’action entretient le mouvement de la machine , et tient lieu du poids , dont on se sert pour les horloges.
- Tel étoit,en 1647, l’art de l’horlogerie , lor que Huyghens le créa de nouveau , par l’application qu’il fit du pendule aux horloges , pour en régler le mouvement. P. PENDULE.
- L’invention du pendule donna lieu aux sous-divisions du temps, en minutes et en secondes. Dans la suite on imagina les pendules à réveil , celles qui marquent les quantièmes du mois , les jours de la semaine , les années , les phases de la lune , le lever et le coucher dn soleil , etc. ; les pendules à répétition , et enfin les pendules et le* inoutres à équation.
- V. REPETITION , EQUATION.
- Horloges astronomiques , ou pendules astronomiques ; ce sont celles qui marquent les heures et les secondes , et qui battent les secondes par le moyen d’un pendule.
- Pour connoîtrele temps vrai d’une observation , l’on n’avoit autrefois d’autre moyen que d’observer la hauteur du soleil ou d’tme étoile.Depuis i5oo jusqu’en 1669 t Walterus ,
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- HOR
- Tÿchv-Bràhé , Hévélius , employèrent pour vérifier leurs calculs les meilleurs horloges de leur temps $ Galilée apperçut la propriété du pendule , que les Arabes connois-soient avant lui ; mais ce fut Huy-heas qui imagina, en i636, d’appliquer aux horloges , le seul régulateur fixe qu’il y avoit dans la nature.
- ( Marine. ) Horloges marines , montres marines ; on appelle ainsi des horloges ou des montres laites avec une extrême précision , pour l’usage des longitudes en mer. Har-rison , Arnold et Keudal en Angleterre , M. Leroi et M. Berthoud en France, en ont fait et en tont depuis 5o ans. Mais Deverdun , Pingré , de Borda , Kerguelen , de Rosnevet , Çhabert et le fameux capitaine Cook, ont fait usage de celles de MM. Bertlioud et Leroi , les Ont trouvées d’une exactitude surprenante , et en ont tiré des secours infinis. V. le Traité des Horloges de M' Berthoud , publié en 1773 et 1774.
- ( Botan. ) Horoge de flore ; c’est une table qui indique l’heure déterminée à laquelle les plantes s'ouvrent ou s’éveillent , et se tournent vers le soleil , ou bien celles à laquelle elles se ferment et paroissent s’endormir.
- HORODICTIQUE, s. m. du grec &p& ( hôra ) , heure , et du latin dicto , dicter, indiquer.
- ( Astron. ) Instrument qui sert à trouver l’heure.
- HOROLOGIOGRAPHIE, s. f. du grec âipoxôyiov ( horologion ), horloge , et de ypâ<pa> ( graphô) , décrire.
- ( Astron. ) L’art de faire des ca-draus.
- C’est le titre d’un ouvrage publié parle père de la Magdèlene , feuillant , sur la construction des cadrans.
- HOROGRAPHIE , s. f. du grec a>pa. ( hôra ) , heure , et de ypâq>a> ( graphô ), décrire.
- ( Astron. ) LJart de faire les cadrans ; ou l’appelle encore SCIA— TERJQUE , PIIOTOSCEATIRI-
- K O R S5;j
- QUE, et plus communément GNO-MONIQUE. V. ces mots.
- HOROMÈTRIE , s. f. du grec ( hôra ), heure, et de jUirpov ( mê^ tron ), mesure ; mesure des heures.
- ( Astron, ) L’art de mesurer ou de diviser les heures et de tenir compte du temps.
- HOROPTÈRE-, s. f. du grée tpo;
- ( horos ) , borne , limite , et dê ôrtrtip ( opter ) , qui voit ; fait d’Ô7rT0j«at< { oplomai, voir : qui voit la limite.
- ( Optique ) C’est la ligne droite qui est tirée par le point où les deux axes optiques concourent ensemble , et qui est parallèle à celle qui joint les centres des deux yeux ou les deux prunelles.
- On appelle cette ligne horoplère t parce qu’on a cru , d’après quelques expériences, qu’elle étoitla limite de la vision distincte.
- HOROSCOPE, s. m. du grec 2>p*. ( hôra ), heure, et de o-Kanka) ( sko~ péô ) considérer : qui considère l’heure.
- ( Astrologie ) Point de l’écliptique , situé dans l’horizon , au moment d’uue nativité. Le point de Vhoroscûpe est le point ascendant éloigné de <jo d. , de celui que les astronomes appellent nonagésime, et dont on se sert pour calculer les parallaxes et les éclipses. Le point de l’horoscope êtoit regardé par les astrologues comme le point le plus important du thème céleste ; voilà pourquoi l’on disoit tirer P horoscope # pour dire dresser le thème de la nativifé d’une personne , ou l’état du ciel , pour le moment de sa naissance. V. MAISON.
- HORREUR DU VIDE , Voy. VIDE.
- HORRIPILATION1, dulat. HOR-EIPILATIO, formé d’horrere, avoir peur , frissonnuer , de pilas , poil, et de agere , faire : l’action de fan a dresser le poil par la peur.
- ( Med. ) C’est ainsi que les médecins appellent un certain frissonnement qui attaque la peau dans toute son étendue.
- HOUACHE , ou OÜAICHE , corruption de l’anglais way , ou d« l’hollandais weigh.
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- s:s hou
- ( Marine ) Ou entend par ce mot le sillage d’un vaisseau ou la trace, le bouillonnement eu tourbillons , que laisse après lui dans la direction de sa route un vaisseau qui marche. C’est l’effet de l’agitation des eaux qui cherchent à reprendre leur, niveau , et à remplir le vide qu’y a fait le vaisseau en avançant dans l’espace. V. SILLAGE.
- HOUARI ,3. m. corruption, de l’anglais wherry , barque ou bateau de passage.
- ( Marine ) On distingue en France par ce nom une sorte de bâtiment partant deux mâts et deux voiles triangulaires ; cette sorte de voilure rend ces bâtimens très-propres à pincer le vent : mais , malgré cet avantage, ils ne peuventêtre d’usage dans les grandes navigations , ne
- ouvant porter de voiles d’étai , ni
- il ni ers.
- HOUE , s. f. de l’anglais how ou hoe , dans la même signification.
- ( Agric. ) Instrument de 1er large et recourbe , qui à un manche de bois , et avec lequel on remue la terre en la tirant vers soi.
- HOUILLE f s. f- mot flamand , formé du lat. barb. hallœ ou hyllœ.
- ( Minéral. ) La houille ou charbon de terre , est ùn corps fossile qui se fait par la concrétion d’une matière bitumineuse , qui après sa réunion avec diverses substances miné* raies ou végétales, s’est durcie et confondue avec elles.
- La houille brûle avec une odeur bitnmineuse. Ses lits s’étendent alternativement entre des lits cl*argile schisteuse et de gvès ; quelquefois , mais plus rarement , entre des pierres calcaires..
- On peut dépouiller lahotiille d’une partie de son bitume par une première combustion ; c’est ce que les anglais appellent COAKS , V. ce mot ; on en retire aussi du goudron et de l’ammoniaque.
- HOULE , s. f, mot celte fait par onomatopée.
- ( Marine ) Mouvement des eaux de la mer ; ce terme exprime particulièrement l’élévation sourde des vagues , qui subsiste à la suite d’un gros vent, lofs même que ce vent à changé.
- HUI
- HOUPPE, s. f. du lat. upupa, oiseau qui porte sur sa tête une touffe de plumes.
- ( Manuf. ) Il se dit dans les manufactures de laine , de la laine peignée par le houppier.
- ( Physiol. ) Houppes nerveuses ; ce sont de petites pyramides nerveuses , qui tirent leur origine de l’expansion des nerfs répandus dans le tissu de la peau.
- ( Botan. ) On appelle houppe un assemblage de poils qui ne parois-sent avoir tous qu’uu même point d’insertion, et qui s’écartent ensuite.
- HOURCE , ou HOÜRQUE , ou HOUCRË, s. f. de l’espagnol hurca^ dont les Hollandais ont ïixiïhukker, ét les Anglais howkef.
- ( Marine ) Bâtiment très - usité chez les Hollandais ; il est ordinairement à varangues plates, à gros ventre, et à cul rond. Il porte un grand mât à piblè , avec deux, ou uelquefois trois voiles quarréês, e mèmè que les vaisseaux. Plusieurs nations duNùfd én font usage.
- Le roi de Danemarck a des hour-ques construites en frégates ou corvettes , qui portent dix à do uze Canons en batterie, et qui font absolument l’office de corverttes. Cé3 bâtimens sont très-propres à naviguer au plus près du vent.
- IIOURIS, s. f. mot turc ou arabe.
- ( Mahométisme ) Les Musulmans appellent ainsi les femmes dont Mahomet leur a promis la jouissance dans le paradis, en les flattant qu’elleSseront plus belles que celles qu’ils auront connues sur la terre ; que leur tendresse égalera leur vivacité, et que ni les années, ni les plaisirs ne terniront l’éclat de leurs
- HOUSS ARD ou HUSSARD, s. m. terme hongrois.
- ( Art milit. ) Les hussards sont en Hongrie une espèce de milice à cheval que l’on oppose à la cavalerie ottomane. Les hussards sont connus en France depuis 1692 ; ils ont une manière particulière de combattre , et on s’en sert ordinairement pour envoyer en parti, ou à la découverte.
- HUILE, subs. f. du grec ïxaioi ( êlaion ), dont lès Latins ont fait olturn.
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- HUI
- ( Hist. nat. ) Liqueur grasse et onctueuse qui se tire de plusieurs sortes de choses, soit par la simple expression, soit par le moyen du feu.
- Huile minérale ; c’est un bitume liquide qu’on trouve dans le sein de la terre. Les lieux les plus connus pour cette sorte de production minérale , sont les environs de Der-fcent et de Bacou en Perse, et généralement les endroits où il y a eu jadis des volcans. Hhuile minérale, très-fluide , est appelée naphte ; celle qui est plus épaisse est appelée pétrole.
- Huile végétale ; c’est une espèee de suc propre qu’on trouve dans quelques végétaux ; l’onctuosité, la fluidité, l’indissolubilité dans l’eau, la combustion avec la flamme, la volatilité sont ses propriétés principales. La plupart des plantes contiennent plus ou moins de parties huileuses, ou d’alimens propres à les former. Les sels essentiels, les mucilages, les résines en fournissent par la distillation.
- Huile fixe, anciennement appelée huile grasse, huile douce, ou huile par expression ; c’est un suc plus ou moins épais, doux, modéré , peu coloré , composé de carbone , d’hydrogène, et d’un peu d'oxigène. JJhuile fixe s’allume quand on la chauffe jusqu’au point de se volatiliser. De-là toutes les semences des végétaux en contiennent une plus ou moins grande quantité : on la retire par expression.
- Huile volatile, ci-devant huile essentielle, ou essence ; cette huile est âcre , très - odorante ; elle se réduit entièrement en vapeur à quatre-vingts degrés : elle est inflammable par les acides, s’épaissit en résine par l’oxigène , et brûle plus vite que l'huilefixe. Elle est placée dans }a racine, la tige, l'écorce, les feuilles, le calice des fleurs , les enveloppes des fruits, et des semences : on l’extrait par la distillation et par l’expression.
- Les parfumeurs donnent le nom d’essence aux huiles volatiles, e-t ils les cormhine.n.t avec,l’alcool, les pâtes, les pommades pour l’usage de la toilette.
- H U I 557
- Huiles animales ; on retire des huiles des abattis de boeuf, vache mouton, etc., de presque tous les poissons ; mais leur odeur fétide occasionnée par la putréfaction de* humeurs gélatineuses, par la ranci-dite ordinaire des huiles, et enfin par un goût d’empyreume, lorsqu’on a employé une forte chaleur dans l’extraction, n’a pas permis pendant long-tems de les employât» dans les usages domestiques , dans-les arts et dans les manufactu-1 res.
- Plu sieurs savans se sont occupés en France , en Angleterre et en Allemagne , de la purificationdet huiles animales ; les substances qu’on a employées pour prévenir leur putrescence, sont les acides , les alcalis, les oxides métalliques, les sels neutres , les huiles essentielles , l’alcool, l’eau et l’air. Mais, de toutes ces substances , celles qui jusqu’à présent ont. paru les plus économiques pour l’édulcoration des huiies, sont la craie et la chaux employées avee proportion convenable de saumure, ou Solution de sel marin.
- ( Peinture ) Peinture à l'huile ; c’est une espèce de peinture dont les couleurs sont tontes détrempées et broyées avec àeVhuile,
- La peinture à l’huile fut inconnue aux anciens, et parmi les modernes, elle ne fut pratiquée que dgns le quatorzième'siècle. L’auteur de ce secret admirable fut Jean Van-Kick, plus connu sous le nom de Jean de Bruges. Il fut d’abord d’usage de eindre à l’huile sur des planches de ois, ensuite sur des lamés de cuivre, pour de petits tableaux ; enfin T sur des toiles et sur de gros taffetas.
- Huiles siccatives; les huiles, considérées comme servant aux peintres, peuvent être rangées en deux çlasses : la première contient celles qui peuvent, en certaines çîrcons' tgnees, se sécher d’eiles-mêmes, et qui le peuvent toujours moyennant l'addition de quelques substances ; la seconde renferme les huiles qui ne sèchent par aucun moyen.
- On appelle les premières huiles siccatives : il y en a trois d’un usage eoflunun , Y huile de uoix, Y huile de lin-, et Y huile de pavot.
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- Uhuile siccative doit sa propriété à un mucilage ou gomme qui surnage , et qui se solidifie par l’état de repos et par le contact de l’air. U huile de lin est celle qui donne le plus de ce mucilage ; ensuite Y huile de noix ; enfin , V huile de pavot : Y huile d’olive n’en contient pas, de même que les autres huiles, appelées, à cause de cela, huiles non sicra ives.
- Jusqu’à ces derniers teins, on a employé divers ingrédiens pour faire sécher plus vite les huiles ; tels que les oxides de plomb, les substances salines , les terres et les gommes ; mais l’expérience a démontré que ces ingrédiens dépravoient les couleurs et finissoient parles détruire. On a donc cherche un moyen dé préparer Y huile , pour la peinture, de manière que les couleurs y étant mêlées ne pussent pas s’altérer. Les résines et les bitumes paroissoient offrir une substance capable de donner aux couleurs le brillant et la durée dont elles sont susceptibles; mais ce n’a été qu’après des essais multipliés qu’on a reconnu que l’ambre et le copal étoient les plus pro-
- Îirespour remplir cet objet. Et voici es raisons que Sheldrake, l’auteur de cette découverte , donne de leur supériorité sur tous les autres véhicules employés jusqu’à présent pour faire sécher plus promptement les huiles des peintres :
- k Quana ces deux substances sont dissoutes dans Yhuile, elles forment une masse homogène, qui sèche en épaississant, comme cela arrive aux huiles siccatives ordinaires, qui consistent en parties hétérogènes, dont quelques-unes se séparent pour sécher à la surface.
- » L’ambre et le copal n’étant solubles dans aucun des menstrues qui dissolvent la plupart des substances résineuses, les tableaux peints avec leurs concours peuvent etre impunément nettoyés avec ces menstrues ; et comme l’ambre et le c-opal sont extrêmement durs, et les substances les plus durables de leur ordre , ils défendent les couleurs de toute atteinte , mieux que ne le feront. aucun véhicule connu. »
- Un passage du Traité de Léonard de'Vinci sur la Peinturej dans lequel
- KtIM
- il parle de la solution de l’ambre dans Yhuile de noix, feroit croire qu’il n’ignoroit pas le procédé de Sheldrake.
- ( Culte cath. ) Huile d’onction ; c’est un parfum que Moïse avoit composé pour sacrer les rois et les pontifes , et pour en sacrer les vases et les instrumens du culte divin , et que l’église chrétienne a jugé à propos de conserver On s’en sert dans le baptême , la confirmation, l’extrême-onction, l’ordination, et dans plusieurs consécrations de choses inanimées.
- HUISSIER, s. m. du vieux mot huis, qui signifie porte , entrée: et huis vient du latin ostium, dont les Italiens ont fait uscio , pour porte , et usciere, pour huissier.
- ( Pratique ) Officier établi pour assister les juges dans leurs fonctions , pour signifier les actes judiciaires et extra-judiciaires, et les faire mettre à exécution.
- HUMERUS , s. m. mot latin.
- ( Anat. ) Mot latin qu’on a retenu en français pour désigner l’os du bras.
- jyhumérus-, les anatomistes ont fait huméraire, ou huméral pour désigner ce qui a rapport à Yhu-merus ou à l’épaule.
- HUMEUR, s. £ du lat. humor.
- ( Physiol. ) On donne le nom d’ humeur à toute substance liquide produite dans le corps de l’homme , médiatement ou immédiatement par la diges+ion des alimens. U. CHYLE, SANG, EXCREMENS, RECRE-MENS, LYMPHE, BILE, ect.
- ( Oculiste) Humeur de l’œil; ce sont des parties du globe de l’œil plus ou moins fluides,et qui sont renfermées dans les intervalles compris entre les membranes qui composent ce globe. Il y a dans l’œil trois sortes d'humeurs ; savoir : Y humeur a-queuse , Yhumeur cristalline , et l’humeur vitrée. Ces trois humeurs ne sont pas de même densité ; la
- Première qui a à-peu-près celle de eau , est moins dense que les deux autres, et Y humeur cristalline est la plus dense des trois.
- L’usage des humeurs de l’œil est de modifier les rayons de la lumière de façon à les réunir sur la rétine, pour y faire les impressions néces-
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- H Y A
- saires, pour exécuter cette sensation qu’on nomme VISION. V. ce mot.
- HUMIDE, adj. dulat. humidus, qui est d’une substance aqueuse : epithète que l’on donne aux corps imprégnés de substances aqueuses.
- ( Physique ) Le sel marin, le sel de tartre, etc. deviennent humides, quand ils restent quelque tems exposés à l’air, parce qu’ils se chargent des substances aqueuses qui y sont répandues.
- ( Physiol.) Humide radical ; c’est une humeur lymphatique, douce, onctueuse , balsamique, subtile, qui abreuve toutes les fibres du corps, et qui les entretient dans un état de souplesse et d’élasticité propre à leur faire exécuter, pendant le cours de la vie, leurs oscillations sur les liquides , d’où il résulte la principale cause des fonctions, et leur durée.
- HUM1FUSE, adj. composé du lat. humus , terre , et de fusus , répandu : répandu sur la ferre.
- { Botan. ) Il se dit des tiges étalées en tout sens sur la terre sans radication.
- HUMUS, s. m. mot purement latin qui signifie terre.
- ( Hist. nat. ) Terre végétale, ou terreau ; c’est la couche la plus extérieure de la terre, celle qui forme le sol de toutes les contrées du globe. Par-tout où le roc n’est pas, a découvert, son épaisseur varie depuis deux ou trois doigts jusqu’à plusieurs pieds.
- U humus est en grande partie formé des débris des végétaux et autres corps organisés qui se décomposent à sa surface.
- HUNE, s. f. Ménage dérive ce mot de hus , cri , dont on a fait hucher , appeler , et hune, pour le lieu d’où l’on appelle.
- ( Marine ) Espèce de plate-forme placée vers le haut de chaque mât, dont la principale utilité est de procurer un point d’appui, écarté du mât, pour y rider les haubans de hune ; de faciliter et accélérer la manoeuvre des. voiles hautes; d’y poster de la mousqueterie dans un combat, et mêmes des pieraiers à queue.
- HYACINTHE , s. f. du gr. bû.xn-fioç ( huakintiios
- { Myihol. ) Fleur très - célèbre
- H Y D SSg
- dans la fable , par la métamorphose d’un prince de ce nom , aimé d.’ A-pollon et de Zéphire.
- ( Joaillerie) Hyacinthe est aussi le nom d’uue pierre précieuse, appelée ainsi à cause de sa ressemblance avec la fleur nommée hyacinthe. Cette pierre est d’uue couleur orangée, ou d’uu rouge tirant sur le jaune ; sa -dureté est à- peuplés égale à celle du cristal de roche ; elle entre en fusion au fer, et y perd sa couleur; elle cause aux rayons de lumière une double réfraction ; sa pesanteur spécifique est à celle de l’eau distillée, comras 66,873 est à 10,000.
- HYALOIDE , adj. du grec tiaxoc ( hualcs ) verre , et d’û'J'sç ( éidos), forme , ressemblance.
- ( Phisiol. ) Epithète que l’oa donne à l’humeur vitrée de l’œil.
- HYBRIDE, adj. V. HIBR1DE.
- HYDAT1DE , s. f. du grec bém? ( hudôr ), eau , dont le géuit. est t/c/etToç ( hudatos).
- ( Méd. ) Petites vésicules transparentes, ou bouteilles pleines d’eau, qui naissent souvent en différentes parties du corps , tant intérieurement qu’exlérienrement, comme sur la superficie du foie , du placenta , aux ovaires, aux jambes des hy-dropiques. Telles sont aussi celles qui sont causées par les brûlures, les vésicatoires , le sphacèies , les bandages trop serrés.
- HYDATOCELE , s. f. du gre* ûtfstTic ( hudatis j, hydatyde, et de xjix» ( kêlê ) , hernie.
- { Chirurg. ) Espèce de hernie , ou d’hydrocèle, qui contient des hy-datides.
- HYDATOIDE, adj. du gr. WWc hudatis ), hydatide , et d’ité'oc éidos ), forme , ressemblance : qui a la forme des hydatides.
- ( Méd. ) On appelle ainsi le vin trempé, l’urine limpide, l’humeur aqueuse des yeux , et les personnes attaquées d’anftsarque.
- H YDATISME , s. m. même origine qn’HYDATIDE.
- ( Méd. ) Le bruit causé par la fluctuation des humeurs contenues dans quelques abcès extérieurs, ou dans nu vomique.
- Il Y DHÀG O G U E , du grec
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- S6o HYD
- { hudôr ) j eau , et de ’éyw ( ago ) ,
- chasser.
- ( Méd. ) C’est le nom qu’on donne aux remèdes qu’on prescrit aux hydropiques , pour leur faire évacuer les eaux dont ils sont remplis.
- HYDRARGYRE, s. m. du grec vJmp (hudôr), eau, et d’otpyvpoç ( arguros), argent : comme qui dirait eau d’argent, ou aigeut liquide comme l’eau.
- ( Miner. ) Vif argent,
- HYDRARGYROSE , s. f. même origine qu’hydrargire.
- ( Méd.) Friction mercurielle, capable d’exciter la salivation.
- HYDRAULES , s. m, du gr. t'Jœp ( hudôr) , eau, et à’avk'c; (endos ), flûte.
- ( 3Iusique ) Nom de certains joueurs d’instrumens qui savoient former des sons par le moyen, de l’eau. '
- HYDRAULICOPNEUMATIQUE, adj. du grec uJm.p ( hudôr) , eau, d’üèxoç ( aulos ) , tuyau , et de <TrvivfAO, (pneuma ) , air.
- { Hydraul.) Terme composé , dont quelques auteurs se servent pour désigner certaines machines qui élèvent l’eau par le moyen de l’air.
- HYDRAULIQUE, adj, et s. f. du grec ùJ'pa.ukts ( hudraulis ), orgue que l’eau fait jouer , formé de vJacp ( hudôr ), eau , et d’avxès ( aulos ) , flirte.,
- ( Mécan. ) Partie de la mécanique qui considère le mouvement des fluides , et qui enseigne la conduite des eaux , et le moyen de les élever , tant pour les rendre jaillissantes qne pour d’autres usages. La raison de son étymologie est que Vhydraulique , chez les ancieus, n’étoifr autre chose que la science qui enseignoit à construire des jeux d’orgue, et que dans la première origine des orgues, où l’on n’avoit pas encore l’invention des soufflets , on se servoit d’une chute d’eau , pour y faire entrer le vent , et le faire sonner.
- L’hydraulique traite non-seulement de la conduite et de l’élévation des eaux et des machines propres pour cet effet, mais .encore des lois gé-
- HYD
- ïléraîesdu mouvement des corps fluides; cependant, vers le milieu du dernier siècle , les mathématiciens ont donné le nom à’hydrodynamique à la science générale des mouve-mens des fluides , et ont réservé le : nom d’hydraulique, pour ceîlesqui regardeut en particulier le mouvement des eaux , c’est-à-dire , l’art de les conduire . de les élever , et de les ménager pour les différens besoins de la vie. F. HYDRODYNAMIQUE.
- L’hydrostatique considère l’équilibre des fluides qui sont en repos : en détruisant l’équilibre , il en résulte un mouvement, et c’esl-Iù que commence Vhydraulique.
- Héron d’Alexandrie est le premier qui ait traité des machines hydrauliques.
- Les principaux auteurs qui ont' cultivé et perfectionné cette science , sont Mariote , Guglieloni, Newton, les deux Bemouiïli , Van gnon , et d ’ Mlembert.
- HYDRELEON, s. m. du sr. ud'up ( hudôr), eau, etd’Ix*<ov( elaion), huile.
- ( Pharmacie ) Mélange d’eau et d’huile.
- HYDRENTEROCELE , s. f. c’est la même chose qu’HYDROENTE-ROCELE , F. ce mot.
- HYDROCARDIE , s. f. du grec îij&f} ( hudôr ) , eau , et de ( Icardia ), le cœur.
- ( Chirurgie ) Hydropisie du péricarde , ou de la membrane qui enveloppe le cœur.
- HYDROCÈLE, s. f. du grec SJ|«P ( hudôr ) , eau , et de x.»\n ( kêlê ), tumeur ; tumeur acqnause.
- ( Chimie) Espèce dehernie-fausse, appelée aqueuse , ou hydropisie particulière ; c’est une tumeur du scrotum, causée par une èollfction d’eau ou de sérosité.
- HYDROCÉPHALE , s, f- du grec vôosp [hudôr) , eau, etde xsçaxà ( képhalé ) , tête.
- ( Méd. ) Hydropisie de lp tête. Les enfans sont plus, sujets, à Vhydrocéphale que les adultes. ’
- HYDRODYNAMIQUE, s. f. du grec vt/lœp ( hudôr ), eau , et de û'ûvœy.iç ( dunamis ), force , puis-
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- H YD
- Sance : science des forces qui meuvent l’eau.
- ( Mécan. ) L’Hdrodynamique est proprement la dynamique des fluides , c’est-à-dire, la science qui enseigne les lois de leur mouvement.
- On appelle dynamique , la partie de la mécanique qui enseigne à déterminer lesmouvemens d’un système de corps , qui agissent de quelque manière que ce soit, les uns sur les autres. Or, tout fluide est un composé de particules faciles à se mouvoir , et qui sont liées en-tr’elles , de manière qu’elles altèrent , et changent réciproquement leurs mouvemens. Ainsi ,Yhydraulique etl’hydrostatique sontla vraie dynamique des fluides. Le premier qui se soit servi de ce terme , est Daniel Bernouilli , qui a donné ce titre à son Traité des Mouvemens des Fluides, imprimé à Strasbourg, en 1738.
- IIYDROENTEROCELE , s. f. du grec vJa>p {hudor), eau, d’svTspov ( enteron ) , intestin , et de »iSx)>
- ( hêlê ), hernie.
- ( Chirurgie ) Hydropisie du scrotum, compliquée avec une descente d’intestin.
- HYDRQG ALE , s. f. du grec SJ»?
- ( hudor), eau , et de yâxu ( gala ), lait.
- (Pharm. ) Mélange d’eau de lait; eau laiteuse.
- TIYOROGÉ, adj. du grec vJg>?
- ( huddr ) , eau , et de y>î ( gé ) , terre : composé de terre et d’eau.
- .HYDROGÈNE, s. m. du grec tîciûcp { huddr ), eau, et de yvnkx ( gennao ), engendrer : né de l’eau, engendré par l’eau.
- ( Chimie) Terme emprunté du grec par les auteurs de la nouvelle nomenclature chimique, mais détourné par eux de sa signification passive, pour prendre celle de générateur de Vécut, ou principe de l’eatzi La même chose a eu lieu à i égard d’GXIGENE, V, ce mot.
- C’hydrogène est un principe très-répandu daéis la nature ; il entre sur-tout pour beaucoup dans’là composition des corps organisés. C'est une dés parties constituantes de
- l’eau, ce liquide étant compose 3é -
- H Y D 361
- 85 parties d’oxigène, et de i5 parties à’hydrogène.
- Si l’on joint 10 grains d’hydrogène , en état de gaz, à 85 grains de gaz oxigène , et qu’on les embrase par le contact d’un corps enflammé , Vhydrogène et Vcxigène se combinent à l’instant, et l’on obtient cent grains d’eau , c’est-à-dire, le même poids que celui des deux gaz.
- Le gaz hydrogène est le plus léger des fluides pondérables; il l’est treize fois plus que l’air que nous respirons. C’est cette propriété qui le fait employer avec tant de succès dans les ballons aérostatiques. Pour charger ces ballons, on met de l’acide sulphurique dans de grands vases , qui peuvent se fermer avec exactitude , et qui communiquent par des tuyaux avec le ballon vide ; on jette dans ces vases des copeaux de fer ou de zinc , et on les bonebe avec soin. L’affinité de ces métaux avec l’oxigène contenu dans la partie aqueuse de l’acide , est si grande , qu’elle l’emporte sur celle qui l’avoit fait combiner avec Vhydrogène ; les métaux s’emparent donc de cet oxigène , et Vhydrogène dégagé et converti en gaz , s’échappe par les tuyaux, va remplir le ballon, qui,
- . se trouvant alors avoir un volume spécifiquement plus léger qu’un égal volume d’air atmosphérique , doit s’élever par la mèmè raison qu’une vessie remplie d’air s’éléveroit du fond de l’eau où on l’aui oit plongée.
- HYDROGRAPHIE , s. f. du grec uJam> {hudor) eau, et de y?kq>u {gra-phô) décrire : description des eaux.
- ( Géogr. ) C’est la partie de la géographie qui considère la mer , autant qn’elle est navigable.
- hJhydrographie enseigne à construire des cartes marines , et à con-, noître les différentes parties de la mer.
- Quelques auteurs emploient ce mot dans un sens plus étendu , pour ceque l’on appelle l’art de naviguer.
- Dans ce sens , Vhydrographie comprend l’art de faire les cartes marines , la manière de s’en servir , et généralement toutes les connois-sances mathématiques nécessaires pour voyager sur mer, le plus promp-
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- tement et le plus sûrement qu’il est possible. Ou appelle hydrographe une personne versée daus l’hydrographie.
- ( PLysioI. ) Hydrographie , ou hudrographie, s’entend, en anatomie de la description des humeurs du corps: et elle se divise en autant de par ies qu’il y a d’humeurs differentes ; comme 1’ hématographie , la chyligraphie, etc.
- HYDROLOGIE , s. f du grec ZtTœp ( hudôr ) , eau , et de xôyoe ( logos ) , discours.
- ( Ilist. nat. ) Traité des eaux en général, de leur nature et de leurs propriétés.
- HYDROMANTIE, s. f. du grec Sa1 rxj> (hudôr), eau , et de p.&vTi'sa. ( mantéia ) , divination.
- ( Divinat. ) Sorte de divination qui se faisoit par le moyen de l’eau.
- HYDROMANTIQUE , s. f. même origine qu’HYDROMANTiE.
- ( Physique ) Art de produire par le moyeu de l’eau certaines apparences singulières. On trouve dans quelques Traités d’Optique la description de plusieurs machines qui sont d’usage dans l’IIYDROMAN-T1QUE.
- HYDROMEL, s. m. du gr. vJa>p ( hudôr ),e au , et Je gixi (méli) , mie! : eau miellée.
- ( Pharmacie ) Sorte de breuvage fait avec du miel et de l’eau. Si on laisse fermenter cette boisson jusqu’à ce qu’elle ait acquis une odeur vineuse , on l’appelle hydromel vineux.
- ^ HYDROMÈTRE , s. m. du grec vtfa>p ( hudôr ), eau , et de girpov ( métron ), mesure.
- ( Physique ) Nom que l’on donne en général à tous les instrumens qui servent à mesurer , soit la pesanteur, soit la densité , soit la vitesse , ou la force, ou les autres propriétés du fluide. Celui qui sert à mesurer la pesanteur spécifique des fluides , se nomme AREOMETRE. P. ce mot.
- HYDROMÈTRE , s. f. du grec 3cfmp ( hudôr ) , eau , et de gmpa. ( métra ) matrice.
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- ( Méd. ) Hydropisie de la matrice.
- HYDROMETRIE , s. f. du grec î/tTo)p ( hudôr ) , eau , et de girpov ( métron ) , mesure.
- ( Physique. ) Science qui enseigne à mesurer les différentes propriétés du fluide , et qui apprend à se servir des hydromètres.
- HYDROMPHALE, s. f. du grec tiéœp ( hudôr ), eau , et àhbg^tLxbt ( omphalos), nombril : amas d’eau au nombril.
- ( Chir. ) Hydropisie du nombril ; fausse hernie ou hernie acqueuse de l’ombilic. Lorsque l’épiploon y“est renfermé avec les eaux , on l’appelle hidrcépiplomphale ; si c’est l’intestin ; hidroèteromphale , si l’épiploon et l’intestin y sont renfermés ensemble , hyaraennteroepi-plomphale. Yoy. HYDRO , EPIPLOON, et ENTERON ( INTESTIN. )
- HYDROTHANE , s. f. du grec vS'up ( hudôr) , eau , et de <f>*.hce ( phainô j, luire : ce qui luit dans l’eau.
- ( Minéral. ) Pierre’qui a la propriété de devenir transparente , quand on la plonge dans l’eau. C’est une variété de l’épole.
- HYDROPHOBIE , s. F. du gree vé'ocp (hudôr)', eau, et de <po£oe ( phobos), crainte, aversion : crainte de l’eau.
- (Méd.) On entend communément par ce nom , la rage elle-même , quoiqu’il n’en signifie proprement qu’un symptôme , savoir , l’horreur qu’ont les enragés pour la boisson.
- HYDROPHTHALMIE, s. f. du grec v/'etp ( hudôr ) , eau , et de btpBctxpo! ( ophthalamos ) , œil.
- ( Chir.) Hydropisie de l’œil. L’hy-drophthalmie est une maladie de l’œil, dans laquelle cet organe est distendu par de l’eau ou de la sérosité qui , en le gonflant prodigieu* sement, le fait sortir de l’orbite.
- HYDROPHYSOCÈLE, s. f. du grec iiJcep ( hudôr) , eau , de $v<rx (phusa ), air ou vent , et de ( kôlê ) , tumeur : tumeur formée d’eau et d’air.
- (Chir.) Tumeur du scrotum , qui provient d’eau et de vent.
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- HYDROPISIE, s. f. du grec Cda>p ( hudor ) , eau , et d’a>^ ( ôps ) , aspect, apparence.
- ( Méd. ) Maladie causée par un amas d’eau dans quelque partie du corps. Elle prend différens noms , suivant les parties qu’elle occupe.
- HYDRO-PNEUMATIQUE , adj. du grec vJaep ( hudor ), eau , et de '7nivp.it {pneuma ) , air.
- ( Chimie ) Terme nouveau , qui désigne un appareil chimique , qui sert, au moyen de l’eau et du mercure , à se rendre maître des substances aéviformes.
- HYDRO-PNEUMATOCÈLE , s. f. du grec vjup ( hudor ) , eau , de 'mtvpcL [pneuma ) , air, et de KtiXti ( kélê ), hernie.
- ( Chir. ) Tumeur cause'e par des eaux et de l’air. C’est la même chose qn’hydrophysocèle.
- HYDRO-PNEUMOSARQUE , s. f. du grec véwp ( hudor, eau, de ‘jnîvpiL ( pneuma , air , et de «Aof ( sarx ), chair.
- ( Chir. ) Tumeur qui contient de l’eau , de l’air , eu des matières charnues.
- HYDROPOIDE , adj. du grec véocp { hudor y , eau, et de 'tto/Ibi ( poiéô ), faire.
- ( Med. ) Il se dit des excrétions acqueuses , telles qu’elles sont dans l’hydropisie.
- HYDROPOTE, s. des deux genres, du gree vJ'cep ( hudor ) , eau , et de '7rorT7tç ( potês) , buveur j buveur d’eau.
- ( Méd. ) Celui qui ne boit que de l’eau : buveur d’eau.
- HYDROPYRIQUE , adjud. du grec vé'ocp ( hudor ) , eau , et de nrvp ( pur ) feu : eau inflammable.
- ( Hist. nat.) Il se dit d’un volcau dont les eaux ont la propriété de s’enflammer.
- HYDROR ACHITIS, s. f. du grec îîJ'ap {hudor) , eau, et de pix‘s { rhachis ), l’épine du dos. Hydro-pisie de l’épine.
- ( Méd. ) Petite tumeur molle qui vient aux vertèbres des Ïambes qui sont désunies.
- HYDRORRHODIN , s. m. du grec vém ( hudor ) , eau , et de pécToy ( rhodo’i. ), rose.
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- {Méd. ) Vomitif composé d’eau et d huile de roses.
- HYDROSARCOCELE, s.f. du gr. véa>p ( hudor ) , eau , de <rkpÇ {sarx) , chair, et de ( kélê) , tumeur.
- ( Chir. ) Fausse hernie du scrotum ; c’est une hernie formée d’eau et de chair.
- IIYDROSARQUE , s- f. du gree vJeep ( hudor ) , eau , et de <rkp%
- ( sarx ), chair.
- ( Chir. ) Tumenr formée d’eau et de chair.
- HYDROSCOPE , s. m. du grec vJmp {hudor), eau, et de raottso {ska-péo ), voir , considérer.
- {Méean. ) Espèce d’horloge d’eau, composé d’un tuyau en forme de cylindre , au bout duquel il y avoit un cône sur le tuyau , on mesuroit le temps par des marques faites pour cela.
- ( Divin. ) Ou a encore donné ce nom à quelques charlatans qui pré-tendoient avoir la faculté de sentir les émanations des eaux sou-terreines.
- HYDROSTATIQUE , s. m. du grec iïS'cep {hudor), eau , et éé’hctpiti ( histamaC), se tenir, être en repos.
- ( Mécan. ) Partie de la méca-, nique qui considère l’équilibre des corps fluides , aussi bien que des corps qui y sont plongés.
- Hydrostatique signifie proprement la statique de l’eau, la science de l’équilibre des eaux ; mais comme les lois de l’équilibre de l’eau sont les mêmes pour les autres corps fluides , on a donné en général le nom d’hydrostatique à la science de l’équilibre des fluides.
- Archimède est parmi les anciens , celui qui a fait le plus de progrès dans cette science. On lui fait encore honneur aujourd’hui de la manière ingénieuse par laquelle il reconnut qu’une couronne d’or n’é— toit pas au titre auquel elle devoit être , en la pesant hydrostatique-ment.
- Parmi les modernes , c’est à Galilée , Toricelli , Descartes , Paschal , Guglielmini et Ma-liotte , que l’on est redevable des plus belles connaissances dans cette matière'.
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- La science de V hydrostatique peut être divisée en trois parties. La première comprend la manière dont une liqueur , prise séparément et sans comparaison avec d’autres, exerce sa pesanteur sur les obstacles qui la retiennent, et comment elle se met en équilibre. Dans la seconde , on examine comment se mettent en équilibre entr’elles plusieurs liqueurs de différentes densités ; et dans la troisième , on examine comment les solides que l’on plonge dans les liqueurs , se mettent en équilibre avec elles.
- Balança hydrostatique. V. BALANCE.
- HYDROTHORAX, s. m. du gr. vd'æp ( hudôr ) , eau , et de ( thorax ) , poitrine.
- ( Méd. ) Hydropisie de poitrine.
- HYDROTIQUE , adj. du grec î/eTcup ( hudôr ) , eau.
- ( Méd, } Qui évaene les eaux du corps : c’est la même chose qu'HY-DRAGOGUE.
- Hydrotique est encore 1© nom d’une fièvre sudoriGque.
- ^ HYÉTOMÈTRE, s. m. du gr. itroc ( huetos ) , pluie , dérivé d’uw, pleuvoir, et de gtirpor ( métron ) , mesure.
- ( Physique ) Instrument qui sert à déterminer la quantité de pluie qui tombe.
- Cet instrument consiste en un grand vase carré ou cylindrique, qui ne soit point susceptible de se laisser pénétrer par l’eau , que l’on expose à la pluie tombant immédiatement du nuage : toutes les fois qu’il a plu , on a soin de mesurer exactement , aussitôt la pluie cessée, la hauteur de l’eau qui se trouve au fond du vase. Si cette hauteur est , par exemple , de 4 millimètres, on conclut que dans les environs , il est tombé 4 millimètres d’eau, c’est-à.dire, que si toute l’ean qui est tombée étoit demeurée sur la surface de la terre , sans s’y insinuer, et sans qu’il s’en fût rien écoulé ni évaporé , il se trouveroit sur cette surface 4 millimètres d’épaisseur d’eau.
- Si Ton a eu soin de mesurer exactement la quantité d’eau qui peut couvrir le fond du vase de
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- l’épaisseuï’ d’un millimètre , supposons que ce soit un litre , on peut adapter au fond du vase un robinet par lequel on tirera l’eau chaque fois qu’il aura plu , et l’on comptera autant de millimètres qucrn tirera de litres. Presque tous les physiciens qui font ces observations , emploient ce moyen, qui est beaucoup plus commode et moins sujet à erreur. C’est la même chose que CHRONHYOMETRE. V. ce mot.
- HYGIENE , s. f. du grec bynr.iïi ( kugiéinê) , saine , fait de vyîiice,
- (hugiéia ) , santé.
- . ( Méd. ) Partie de la médecine qui prescrit des règles pour la conservation de la santé.
- HYG-lOCÉEAME, s. m. du gr. vyiuvhf { hugieinos ) , salubre , et de nsp<*/uoç (kéramos ) , poterie r poterie salubre.
- ( Technol. } Terme nouveau créé par M Fourmi , pour désigner une poterie commune de son invention , qui réunit le triple avantage de résister aux passages subits du chaud au froid , Ue ne contenir, dans la composition de son vernis , aucun acide nuisible , et d'être à la portée du plus grand nombre.
- L’Institut national avoit proposé au concours, en l’an VIII, la question suivante : indiquer les substances terreuses et les procédés propres à fabriquer une poterie capable de résister aux passages subits du chaud au froid, et qui soit à la portée de tous les citoyens.
- M. Fourmi a remporté !« rix. Son Mémoire , qui excède de eaucoup les limites au problème* offre pour résultat, cette triple solution : i°. , cc si l’on combine * soit les substances terreuses employées à Paris et dans les environs de Beauvais , soit les substances analogues , on obtiendra des biscuits de poteries résistantes aux passages subits du froid au chaud.
- » 2°. Les produits volcaniques , et spécialement les. pierres-ponces , formeront pour ces biscuits un vernis peu coûteux , trèjs-solide et parfaitement salubre.
- 5°. « La fusion de ce vernis étant plus facile que celle des autres
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- vernis terreux entraînera moins de dépense de cuisson que les vernis terreux connus , et cependant la température qu'elle exige suffira pour donner au biscuit la solidité nécessaire , et le purger des substances auxquelles les poteries peu cuites doivent la mauvaise odeur et le mauvais goût qui les font rejeter.
- » Ainsi on pourra , dès qu’on le voudra , exécuter avec des substances entièrement dues au sol français , des poteries au même prix, pour ne pas dire moins chères que celles que l’on fait aujourd'hui ; qui ne donnent ni mauvaise odeur, ni mauvais goût aux aïimens , qui seront solides et salubres , et qui résisteront aux passages subits du chaud au froid.
- HYGROBLEPHARIQÜE , adj. du grec èyp'oc ( hugros ), humide, aqueux, et de C^êfapev ( blepha-ron ), paupière.
- ( Anat.) Épithète que l'on donne a quelques conduits émonctoires que l’on a découverts à l’extrémité de chaque paupière. On les appelle aussi hygrophthalmiques.
- H Y GROCÎRSO CÈLE, s. f. du gr. iyç'os (ugros), aqueux, humide, de Htptr'ov f kirsos ), varice , et de ( kêlê ) , tumeur , hernie.
- ( Chirurg. ) Espèce de hernie composée de deux autres, l’une aqueuse et l’autre variqueuse, dans laquelle il se forme des obstructions variqueuses dans les vaisseaux spermatiques , et en même tems un amas d’eau copieu* dans le scrotum.
- HYGROMÈTRE, s. ni. du grec vypbc ( hugros ) humide, et de y.i-'i-pov ( metron ) , mesure.
- ( Physique ) Instrument destiné à marquer les degrés de sécheresse ou d’humidité de l’air.
- On a imaginé différentes sortes (['hygromètres ; en effet, tout corps qui s’enfle ou qui se raccourcit au moyen de la sécheresse ou de l’humidité , peut servir d'hygromètre. Tels sont la plupart des bois, surtout ceux de frêne , de sapin , de
- euplier , etc. ; comme aussi les
- oyaux de chat, etc. Gn dit aussi
- hygroscope.
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- HYGROPHOBIE, s. f. du grec iypoç ( hugros ) aqueux , et de epoÇoç (phobos), crainte: c’est la même chose qu’HYDROPHORIE.
- HYGROPHTALMIQUE, adj. dû grec vypb; (hugros), humide, et ( ophthalmos ) , œil ; c’est la même chose qn’HYGRO-MÆPHARIQUE..
- HYGROSCOPE, s. m. du grec vypbç (hugros), aqueux, humide, et srxoTTê»' (skopéô), voir, considérer : c’est la meme chose qu’HY-GROMETRE.
- HYMEN, s. m. du grec ifuiïy humên mariage, chant nuptial, et aussi membrane , pellicule.
- ( Physiol.) Ce mot signifie une membrane en général 5 mais on donne pour l’ordinaire ce nom au cercle membraneux qui borde l’extrémité antérieure ou externe du vagin dans les vierges, et qui se trouve ordinairement rompu après le mariage consommé.
- HYMENODE, adj. même origine que le précédent.
- ( Physiol. ) Membraneux , ou plein de membranes ou pellicules.
- HYMÉNOGRAFHlE, s. f. du gr. lg.h ( humên ), membrane, et de ypâtpx (grapho), décrire : description des membranes.
- ( Physiol, ) Partie de l’anatomie qui a pour objet la description des membranes.
- HYMÉNALOGIE, s. f. du grec lprh ( humên ) , membrane, et de xôyoç ( logos) , discours : traité sur les membranes.
- ( Physiol. ) Partie de l’anatomie qui traite des membranes.
- IIYMÉNOPTÈRE, adj. et s. m. du grec v/atii ( humên ', membrane, et de 'TfTipov (ptéron ), aile.
- ( Entomologie ) Nom que l’on donne aux insectes qui ont quatre ailes membraneuses d’inégale grandeur. Les fourmis, les abeilles sont des hyménoptères.
- HYMÉNOTOMIE, s. f. du grec vgiiv (humên), membrane, et de 'Tig-'m (temnô), couper, disséquer.
- ( Anat. ) Dissection des mem-* branes du corps humain.
- HYMNE, s. m. du grec vptyoc ( humnos ), hj'mue.
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- ( Hist. anc. ) Sorte de poëme, chez les anciens, frit pour célébrer leurs d;eux et leurs héros.
- ( Culte cathol. ) Hymne, lorsqu’il s’entend des hymnes que l’on chante à l’église , s’emploie ordinairement au féminin, et signifie un cantique composé à la louange de Dieu ou des saints. Les hymnes sont ordinairement en vers; mais il y en a de fort belles en prose : telles que le Vies irœ, et le Veni, Sancte Spiritus.
- HYMNODES, s. m. du grec vp.va>-J'os(humnôdos), chanteur d’hymnes.
- ( Hist. anc. ) On appeloit ainsi chez les Grecs ceux qui chantoient des hymnes dans les fêtes publiques.
- H Y OEPIGLOTTI QUE, adjectif. Voy. pour l’origine IIYOIDE, EPIGLOTTE.
- ( Physiol. ) C’est le nom que l’on donne à deux muscles externes de l’épiglotte.
- HtOGLOSSE, subst. m. du grec vasiJèç ( huoéides ), l’oshyoïde , et de yy.cisa-a-A ( glôssa ) , langue : qui appartient à l'os hyoïde et à la langue.
- (Physiol.) Nom de deux muscles externes de la langue.
- HYOÏDE, adj., ce mot est dérivé de la voyelle grecque T , et d’siJ'oc, figure, ressemblance , c’est-à-dire, qui a la ligure d’un upsilon.
- ( Physiol. ) C’est le nom d’un os fourchu situé à la racine de la langue. Les anciens Grecs ont comparé cet os à une de leurs voyelles T, upsilon, d’où ils ont pris occasion de le nommer os hyoïde.
- HYOPHARYNG1EN, adj. pour l’origine de ce mot, V. IIVOILE et PHARYNX.
- ( Physiol. ) Nom de deux muscles du pharmx.
- HYÜ-TH YROTDIEN, adj. Voy, pour l’origine HYOÏDE et THYROÏDE.
- ( Physiol. ) Nom d’un muscle du larynx.
- HY PALLAGE, s. f. du gr. \mtaX~ >,uyyi ( hupailagê ), changement.
- ( Elocut. ) Figure par laquelle on paroît attribuer à certains mots d’une phrase, ce qui appartient à d’autres mots de la phrase , sans qu’on puisse se méprendre au sens.
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- II rûavoil point de souliers dans ses pieds, au lieu de dire, il n'a-voit point les pieds dans ses souliers , est une hyp pâli âge.
- HYPER, prépos. gr. vnrlp ( hu-per ), qui entre dans la composition de quelques mots français dérivés du grec, qui veut dire au-dessous, au-delà , et qui marque quelque excès, quelque chose au-delà de la signification du mot simple auquel on le joint.
- HYPERBÀTE, s. f. du grec lv\f huper ), au - delà , et de Çxhu baino ), aller, passer outré.
- ( Elocut. ) Inversion, figure de rhétorique ef (legrammaire qui renverse l’ordre naturel du discours.
- HYPERBOLE, s. f. du grec limp-( huperbolê ), excès , composé d’vTTsp ( huper ), au-delà, et de é’a.xx® ( ballô ) , jeter.
- ( Elocut. ) Figure de rhétorique par laquelle l’orateur augmente les choses beaucoup au - delà de la vérité
- ( Géom. ) Hyperbole est aussi le nom d’une des lignes courbes formées par la section d’un côue.
- On peut définir une hyperbole une ligne courbe dans laquelle le quarré de la demi - ordonnée est au rectangle del’abeisse, par une ligne droite composée de la même ab~ cisse, et d’une ligne droite donnée, qu’on appelle transverse , comme une autre ligne droite donnée , appelée le paramètre de l’axe, est à l’axe transverse.
- HYPERBOLIQUE, adj, V. HY-PE11BOLE. Il se dit de tout ce qui appartient à Vhyperbole.
- HYPER BOLOIDE, s. f. du grec î/TTêpé’oXi) ( huperbolê ) , hyperbole ,
- . et de tiS'os ( eidos), forme , ressemblance : qui a la forme de l’hyber-bole.
- ( Géom ) On donne ce nom aux hyperboles qui se définissent par des équations dans lesquelles les termes de l’équation de l’hyperbole sont élevés à des degrés supérieurs.
- HYPERBORÉE ou HYPERBO-RÉEN , adj. du grec lmp ( huper ) , au-delà , et de fiopéciç ( toréas ) , borée , vent du nord.
- ( Géogr. ) 11 se dit des nations , des pays qui sent du côté du nord.
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- HYPER CATHARSJE, s. f. du gr. v#h> ( kuper ), par-dessus, au-delà , et de Aaâuftriç ( katharsis ), purgation : superpurgation.
- ( Méd. ) Purgation immodérée ou excessive qui estl’effet ordinaire des remèdes colliquatifs , corrosifs etirritans. V. SUPPURATION.
- H YPERCRISE, s. f. du gr. vvtp {huper), et de zpim [ krisis j, crise.
- ( Med. ) Crise violente et excessive dans une maladie, qui se fait lorsque la nature étant opprimée par la quantité de la matière morbifique , fait des efforts extraordinaires pour s’en débarrasser, par des évacuations immodérées, qui mettent la vie du malade dans un très-grand danger.
- HYPERCR1 TIQUE, s. m. du gr. i-7Ttp ( huper ) , au-delà , et de 'nx.'o; ( krttikos ), critique, censeur, dérivé de zplva> [krmô ) , juger, censurer : censeur outré.
- H Y P E H S A II COS E , s. f. du grec ivtp ( huper ), au - dessus, et de «ràpÇ ( sarx ) , chair.
- ( Chirurgie ) , Chair saillante ou •uperflue.
- HYPERTHYRON, s. m. du grec iwip [huper), au-dessus, et de 0ùpet ( thura ), porte : dessus de porte,
- ( Archit. ) Table large d’une
- orte dorique en forme de frise au-
- essus du chambranle.
- HYPERTONIE , s. f. du grec ùtttp [ huper ), au-delà , et de tovoc ( tonos ), ton ou tension.
- ( Méd. ) Tension violente et excessive dans les solides du corps humain.
- HYPETHRE, s. m. du gr. Ws ( hupo ), sous, et d’oiBpo ( aithra ), l’air : sous l’air. ^
- [Archit.) Espèce de temple as anciens qui n’avoit point de toit.
- HYPNORATE, s. m. du grec ut7Tvoç [ hupnos ), sommeil, et de Cstiv® [bainô ), marcher : somnambule.
- ( Méd. ) C’est çeîui qui marche en dormant.
- ^ HYPNOLOGIE, s. f. du grec t"îTToç (hupnos) , sommeil, et de hbyot ( logos ), discours.
- ( Méd. ) Partie de la médecine oui traite du sommejl.
- HYPNOTIQUE , ad;, du grec
- hyp se7
- îi-n-vof ( hupnos sommeil ; somnifère.
- ( Méd. ) Qui endort, qui assou pit , qui a la vertu de faire dormir, et de procurer un doux sommeil. Les hypnotiques sont des espèces d’anodins, qui ne diffèrent des narcotiques ( V. ce mot ), qu’en ce qu’ils ne doivent pas causer de stupeur , ni d’engourdissement ; mais ceux-ci, en petite dose , sont les plus assurés hypnotiques.
- HYPO , pre'p. du gr. v-no ( hupo), dessous ; elle entre dans la composition de plusieurs mots français dérivés du grec ; et marque en général soumission , abaissement, ou diminution : sa signification varie en plusieurs manières.
- ^ HYPOCATH YRSE, s. f. du grec t>7rà ( hupo ), en dessous , et de zk-Ôa-pvic, purgation, dérivé de zas.da.ipw, purger.
- ( Méd. ) Purgatiou trop foible ; c’est l’opposé d’HYPERCATARSE , V. ce mot.
- HYPOCAUSTE , s. m. du grec xinb [ hupo ) , dessous, et de zo.it» [kaio), brûler.
- ( Archit. anc. ) Fourneau placé dans un lieu souterrein, qui servoit à chauffer les bains chez les Grecs et chez les Romains , et dont les .tuyaux circulaient suus le pavé des appartemens,
- HYPOCHQNDRE , s. du grec Wà ( hupo ), sous ,yet de ybvJ'poc ( chon-dros ) , cartilage.
- ( Anat. ) Les hypochondres sont les parties latérales de la région épigastrique , qui s’étendent depuis les fausses côtes jusqu’aux îles , et qui comprennent non seul em eut les muscles , mais aussi les viscères internes. Qu les appelle ainsi, à cause qu’ils sont situés sous les fausses côtes , qui sont presque toutes cartilagineuses.
- Hypochondres se dit aussi de ceux qui sont attaqués de la maladie hypochondriaque , parce que les hypochondres sont le principal siège de celte maladie. On la désigne encore sous le nom de VAPEURS, V. ce mot.
- HYPOCRANE , s. m. du gr. Wl [hupo ) , sous, e; de x/àr/ev [kra~ nion ), crâne.
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- ( Chirurgie )Espèce d’abscès , ou de suppuration, ainsi appelée , à cause qu’elle est située att-dedans du crâne , entre lui et la dure-inère.
- HYPOCRISIE , s. f. dit grec ks-npiwç: ( hupokrisis ) , déguisement.
- ( Morale) Dissimulation de mœurs, fausse apparence de piété ou de probité.
- HYPüGASTRE, s. m. du grec vrrb ( hupo ) , sous, et de ya,<?}tp ( gastér ) , ventre.
- (Physiol.) La région inférieure du bas-ventre, ou la région hypogastrique. ,
- HYPOGASTROCELE, s. f. du grec brio (hupo), sous, de ya-ràp (gastér) , ventre, et de kmXji (kêlê), tumeur.
- ( Chirurgie) Hernie ventrale , ou tumeur générale dn bas-ventre.
- HYPOGÉE, s. m. du grec bmo (, hupo ) sous, et de y» {gê ) , terre: sous terre.
- (Antiq. ) Lieux souterreius oi les Grecs et les Romains déposoient leurs morts , quand ils eurent perdu l’usage de les brûler.
- HYPOGLOSSE , s. m. du grec bnb ( hupo ) , sous et de ykiïurrcL ( glôssa ) , làngue : sous la langue.
- ( Physiol. ) C’est le nom d’un nerf qui se nomme aussi lingual, et qui est un rameau de la branche maxil-laireinférieure de la cinquième pai re.
- HYPOGLOSSES , s. f. même origine qu’HYPPOGLOSSE.
- ( Physiol. ) C’est la partie inférieure de la langue qui tient à la machine.
- HYPOGLOTTIDE, s. f. même origine qu’HYPOGLOSSE.
- ( Antiq. ) Couronne qui Se voit sur quelques médailles anciennes. Elle a été ainsi nommée , parce qu’elle étoit faite de laurier d’Alexandrie , nommé hypoglosse, parce que sotis plusieurs feuilles de cet arbre , il en naît une autre plus grande qui a la forme d’une langue.
- HYPOGYNE , adj. du grec bnb ( hupo ) , sous , et de yvv» ( guriê ), femme.
- ( Botanique ) On donne ce nom à la corolle et aux étamines des fleurs qui sont attachées sous le pistil ou l’organe femelle. Cette es-
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- pèce d’insertion s’appelle hypogî-nique.
- HYPOMOCHLION, s. m. du grec bnb ( hupo ) sous , et de ftoyphs ( mochlos ) , levier.
- ( Mécan. ) C’est le point qui soutient le levier, et sur lequel il fait son effort, soit qu’on le baisse , ou qu’on le lève. On l’appelle plus ordinairement point d’appui.
- HYPOPHASIE, s.f. du grec bnc ( hupo ) , sous , et de ha> )phai-nô ) , montrer.
- { 31éd. ) Sorte de clignotement dans lequel les paupières se joignent de si près, qu’on n’aperçoit qu’une très petite portion de l’œil , et qu’il ne peut y entrer qu’un petit nombre de rayons. C’est aussi un symptôme dans les maladies , et qui est d’un mauvais présage.
- HYPOPIIORE , s. f. du grec im ( hupo ) dessous, et de <pspa> )phé-rô ) , porter.
- ( Chirurgie ) Ulcère ouvert, profond , et listuleux.
- HYFOFHTALMIE, s. f. du gr. bno (hupo), sous, et d’6<^>9«X/aij ( ophthalmos ), œil : sous l’œil.
- ( Méd. ) Douleur dans l’œil sous Iëi cornée.
- HYPOPYON , s. m. du grec brio ( hupo ), sous , et de vvov ( puon ), pus.
- ( Chirurgie ) Abscès de l’œil , situé dans l’épaisseur de la cornée.
- HYPOSTASE, s. f. du grec bnï ( hupo ), sous , et de ekm (staô , ) être , rester.
- ( Méd. ) On appelle ainsi la partie la plus épaisse et la plus grossière qui se précipite ati fond deS liqueurs , mais particulièrement des urines ; c’est la même chose que SÉDIMENT.
- ( Théologie ) Hypostase signifie, en théologie , suppôt , personne. Ainsi, l’on dit qu’il n’y a qu’une nature en Dieu, et trois hypos-tases. Ce mot excita autrefois de grands démêlés entre les Grecs , et puis entre les Grecs et les Latins.
- H YPOSTATIQUE , adj. même origine qn’HYPOSTASE.
- ( Thêol. ) Il se dit dans le mystère de l’incarnation , de l’union de Üt nature humaine avec la nature divine,
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- divine : itnioii hypostatlque du verbe tivec la nature humaine.
- HYPGTHÉNAR, s. m. du grec v-7re (hupo), dessous , et de d-hup [thénar ), la paume de la main, ou la plante du pied.
- ( JPhysiol. ) fîom d’un muscle sous le thénar, qui sert à approcher le pouce de l’index.
- C’est aussi la partie de la main opposée à la paume.
- HYPOTfiÉNUSE, ou HYPOTENUSE, s. 1. du grec iizs-o ( hupo ) , soüs , et de ts/ÿ* ( teiuo ), tehdve ; sous-tendante.
- ( Gêom. ) C’est le plus grand côté d’un triangle rectangle , ou la sous-tfendante de l’angle droit.
- C’est un théorème fameux en géométrie „ que dans tout triangle réeliligüe rectangle , le quàrré de Yhypoihénüse est égal aux quarrés des deux autres cô és. Ou l’appelle le théorème de Pvthagore , à cause qil’il en est l’inventeur.
- HYPOTHÈQUE, s. f. d’bvroÜL» {hupothëkê), gagé, dérivé d’ê-îrs sous et de tSnpu , placer.
- ( Pratique ) Droit acquis par un créancier sur les immeubles que sou débiteur lui a affectés pour ia sûreté dé sa dette.
- HYPOTHÈSE , s. f. du grec évro-8ssr/j ( hupothesis ) , composé d’é-Tro ( huro ), sous, et de Sr'unç ( ihesis ), position, supposition.
- ( Philosophie ) Supposition d’uue chose soit possible , soit impossible , de laquelle on tire une conséquence.
- ( Mathém. ) Hypothèse est eu mathématiques, une supposition que l’on fait pour en tirer une conséquence qui établit la vérité ou la fausseté d’une proposition, ou même qui donne la résolution d’un problème.
- ( jtstron. ) Hypothèse se cfit de la théorie de Kepler , pour le mouvement des planètes dans des ellipses, suivant la loi des aires proportionnelles aux terüs ; mais Y hypothèse de Kepler est trop bien dé-’ montrée , pour qu’on doive se servir de ce nom, Yhypothèse elliptique simple , qu’on lui substitue souvent pour simplifier les calculs , étant moins exacte, mérite seule le nom d’hypothèse.
- Tome II.
- Iï Y S 5%
- Hypothèse de Copernic ; le système du mouvement de la terre autour du soleil, démontré par Copernic , Galilée , etc., attaqué par des théologiens ignorans, fut permis cdmme hypothèse par la cour de Rome, dans des tems plus éclairés.
- Les astronomes font des hypothèses pour lier ensemble des observations, dont la loi n’est pas assez connue ; par exemple , sur les densités de l’atmosphère , pour calculer les réfractions ; sur les densités de la terre , pour calculer lés degrés du méridien. L’ori uè juge dû mérite de ces hypothèses , que par l’accord de leurs résultats avéc les observations.
- HYPOTRÀCHÉLION, s. m. dugr. v'tt'o ( hupo l, sous , et dë rpâ.yçn\as ( trachéiôs ) , cou.
- ( P hysiol. ) La partié inférieure dit cou.
- {Ârchit. )L’endroit de la colonne qui touche au chapiteau.
- HYPOTYPOSË, s.f. du grec èw* ( hupo ) , sous , et de tvi&qm ( tu-~ poô ) , figurer..
- ( Elocut. ) Figure de rhétorique propre aux passions. G’est une description vive et frappante , qui affecte en quelque sorte les yeux plu» que les oreilles.
- | HYSTÈR ALGIE , s. f. du gréa ûçipa (hustérd) , matrice , et d’aX-yoç{algos), douleur.
- ( Méd. ) Douleur de la matrice.
- HYSTÉRIQUE, adj. formé d'uripa ( hustertè) , matrice.- qui a rapport à la matrice.
- ( Méd. ) Terme qui se dit d’une maladie à laquelle les femmes sont? fort sujettes, et qu’on nomme passion, ou affection hystérique, parce' qu’on a cru - qu’elle étoit causée' pat’ le vice de la matrice.
- Hystériques se dit aussi dés mé-dicamens propres à remédier auît maladies de la matrice , et particulièrement à la passion hystêriqué.
- ( HYSTÉROCÈLE , s. f. du grec éç-ipat ( hustéra), matrice, et de xhkii (kélê ), tumeur.
- ( Chirurgie ) Hernie causée par le déplacement de la matrice.
- HYSTÉROLOGIE., s. f. du grec
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- vç-tpoç ( husiéros) postérieur, et de xoyoç ( logos ) , discours.
- ( Elocut. ) Discours où l'on place avant ce qui devroit être après.
- HYSTÉROLOXIE , s. f. du grec î/Cifst (hustéra), matrice, et de Xofoî ( loxos) , oblique.
- ( Méd. ) Obliquité , inclinaison de la matrice,
- HYSTÉROTOMIE , s. f. du grec vçipa, ( hustéra ) , matrice , et de <7-ifjLvce ( temnô ) , couper, inciser.
- ( Chirurgie ) Opération par laquelle ou ouvre la matrice , pour en tirer le fœtus qui ne peut sortir par d’autre voie : c'est l’opération césarienne.
- HYSTÉROTOMOTOCIE , s. f. du grec bç’-Ttpu ( hustéra ), matrice, de nroy.i ( tome ), incision , et de '7«koî ( tokos ) , accouchement.
- ( Chirurgie ) Accouchement procuré par l’incision de la matrice. C’est la même chose hystérotomie , et qu’opération césarienne,
- I.
- ÏAMBE , s. m. et adj. du grec htygoi ( iambos ).
- ( Prosodie ) On appelle ainsi dans la versification latine et dans la grecque , un pied , dont la première syllable est brève et la dernière longue.
- On appelle aussi ïambe , le vers OÙ il y a des ïambes , et particuliè-ment au second, au quatrième et au sixième pied. Les vers ïambes sont exceilens pour la tragédie.
- ÏAMBES , adj. même origine
- 3u”iambe qui concerne le vers ambe.
- IATRALEPTIQUE , s. f. du grec tarpivm ( iatreuo ) , guérir', et à’kht't^oo ( aléiphô ) , oindre , frotter.
- ( Méd. ) On appeloit ainsi cette partie de la médecine qui s’attachoit â guérir les malades par les frictions et l’application des onguens et des linimens. Ce fut comme Pline nous l’apprend , un Prodius , disciple d’Esculape qui le premier mit cette méthode en Hsage.
- IATRIQUE^ adj. du grès iscxpinïi ( iatrîkê ) , médecine.
- ICH
- ( Med. ) Nom que l'on donne à la médecine ou à ce qui lui appartient.
- L’art iatrique , pour dire, la médecine.
- IATROCHIMIE , s. f. du gree ia.'rpiK» ( iatrikê J , guérison , et de , foudre, d’ou l’on a fait chimie.
- ( Méd. ) L’art de guérir les maladies avec les remèdes chimiques.
- IATROCHIMISTE, s. m. du gree ’isLTpoç ( iatros ), médecin , et de %iyiu. ( chemia ), chimie.
- ( Méd. ) Médecin chimiste.
- IATROPHYSIQUE , adj. du grec füTpîva>(iatreuô), guérir, et de <j>istriç ( phusis ) , nature.
- ( Méd. ) On appelle ainsi certains ouvrages qui traitent de la physique relativement à la médecine.
- ^ ICHNOGRAPHIE , s. f. du gree •Xvoç ( ichnos ) , trace , et de ypk<pr* ( graphô ) , décrire : description de l’empreinte ou de la trace d’un ouvrage.
- ( Perspect.) C’est, en perspective, la vue ou la représentation d’un objet quelconque, coupé à sa base , ou à son rez-de-chaussée, par un plan parallèle à l’horizon.
- ( Archit. ) En architecture , c’est une section transverse d’un bâliment qui représente la circonférence de tout l’édifice, des différentes chambres et appartemens , avec l’épaisseur des murailles , les distributions des pièces, les dimensions des portes, des fenêtres , des cheminées , les saillies des colonnes ; en un mot, avec tout ce qui peut être vu dans une pareille section.
- ( Fortijicat. ) En termes d’architecture militaire, ichnographie s’entend du plan , ou de la représentation du dessin , ou du trait fondamental d’un ouvrage de guerre, selon la longueur de ses lignes , selon les angles qu’elle forme, et selon les distances qui sont entr"elles, etc., de sorte que le plan représente un ouvrage tel qu’il paroîtroit au rez-de-chaussée , s’il étoit coupé de niveau sur ses fondemens.
- En général, 1 ’ichnographie est la même chose que plan géométral, ou simplement plan , et elle est opposée à stéréo graphie , qui est la représentation d’un objet sur un plan perpendiculaire à l’horizon , et
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- qu’on appelle autrement élévation géomêtrale. Voyez STÉRÉOGRA-PHIE.
- ICHOR,s. m. dugr. i%à>p (ichôr ), sanie , ou sang aqueux.
- ( Méd. ) Uichor est regarde' par par quelques-uns comme une humidité aqueuse et séreuse, ou du sang, ou de quelqu’autre humeur, surtout quand elle est renfermée dans le corps ; car on l'appelle sanie , lorqu’elle est dehors. On ne doit pas, dit Galien, entendre simplement par ichoreux , un sang clair et aqueux , mais un sang affecté de quelque qualité virulente et maligne.
- ICHOREUX, adj. même origine qu’ICHOR.
- Méd. ) On appelle pus ichoreux, humeur ichoreuse , une espèce de sanie , ou de pus séreux, et de ce qui découle des ulcères , particulièrement de ceux qui attaquent les articles , les ligamens , les membranes , les tendons , les nerfs. On donne aussi cette épithète au sang , lorsqu'il abonde en sérosité salée et âcre.
- ICHOROTDE , adj. du grec tx®P [ichôr ), sanie , et A.’iîJo; ( éidos), forme , ressemblance.
- ( Méd. ) Épithète que l’on donne à une moiteur semblable à la corruption , à la sanie qui sort d’un ulcère.
- ICHTYOCOLLÉ, s. f. du grec lyôvoxowa ( ichthuocolla ), formé d’/^9àf [ichtus), poisson, et de xoxxa ( kolla ), colle.
- ( llist. nat. ) Colle de poisson. C’est aussi le nom du poisson qui fournit cette colle. La matière qui la fournit est déposéele long du dos, aux cartilages. On la rassemble dans Un linge, on la pétrit avec le doigt, jusqu’à ce qu’elle ait de la consistance , et on en forme des pains.
- 1CHTYOLITE, s.f. du grec iyjvç {ichtus ), poisson , et de xi9oc( lithos ) , pierre.
- [Minerai.) , Poisson pétrifié, ou pierre chargée d’empreinte de poisson.
- ICHTIOLOGIE, s. f. du gr. i^9àf
- ichtus ) , poisson , et de Xo'ÿoç
- logos ) , discours.
- [Hist. nat. ) Partie de l’histoire naturelle qui trqite des poissons.
- I C T 5fi
- ICHTYOPHAGE, s. tn. du grec." ( ichthus ), poisson , et de yétym ( phagô ), manger.
- ( Géogr. ) Nom que l’on donne à plusieurs peuples qui ne vivent que de poisson.
- ICONANTIPTIQUE, adj. dugr. ùx.m [éikôn ), image , d’àrr; ( an-ti ) , opposé , contre, et de JIirTir^ac ( diptuchos ), double.
- ( Optique ) Image ppposée, double. C’est le nom qu’on avoit donné à une lunette appelée ensuite DI-PLANTIDIENNE. V. ce mot.
- > ICONOGRAPHIE , s. f. du grec Ê/xœv (eikôn) , image, et de yphqsiv ( graphein), décrire : description des images, des tableaux.
- ( Antiquaire ) Il se dit particulièrement de la connoissance des monumens antiques ; tels que les bustes , les peintures , etc.
- ICONOLOGIE, s. £ du grec sîttàr ( eikôn, image , et de xôyos ( logos), discours.
- (Antiq. ) Interprétation, explication des images, des monumens antiques.
- ( Peinture ) Les peintres se servent aussi de ce mot pour désigner l’art qui consiste à employer des images, ou symboles pour exprimer leurs pensées.
- ICOSAEDRE, s. m. du grec e/xoov ( éikosi ) vingt, et d’té'pet [ hédra) , siège, base : vingt bases.
- ( Géom. ) Corps , ou solide régulier , terminé par vingt triangles équilatéraux et égaux eutr’eux. On peut considérer Vicosaèdre, comme composé de viugt pyramides triangulaires , dont les sommets se rencontrent au centre d'une sphère, et qui ont par conséquent leurs hauteurs et leurs bases égales.
- ICOSANDR.IE, s. f. du gr. uxoa-i ( éikosi ), vingt, et d’àvwp [anêr ) , génit. hvJp'oç [ andros ), mari : vingt maris.
- ( Botan. ) L’icosandrie est la douzième classe du système sexuel de Linuoeus: elle renferme les plantes qui ont une vingtaine d’étamines, ou organes mâles, insérés sur le calice.
- ICTÈRE OU ICTÉRICIE, ou jaunisse , du grec ïimpoç ( ikteros ), jaunisse.
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- ( Méd.) Epanchement de la bile .sur toute l'habitude du corps, qui change sa couleur natureiieen jaune, verte , ou noire : ce qui établit trois .espèces d’ictère.
- ICTÉRIQUE, adj. même origine qu’ICTÈRE.
- ( Méd.) Celui qui est attaqué d’ie-ière.
- IDÉAL, adj. et s. du grec ’iSia {idéa ) , idée : imaginaire, qui n’existe que dans Vidée, dans l’entendement.
- ( Peinture ) Le beau idéal, la beauté idéale. L’idéal est ce que l’artiste ne peut trouver à copier •dans un îÉKèle , et ce dont il est par conséquent obligé de rechercher le modèle dans sa pensée.
- Les anciens, et ceux des modernes qui sont dignes de donner des lois , ont reconnu qu’il existe dans l’art une sublimité qui l’emporte sur la nature elle-même : c’est dans cette sublimité supérieure àlanature, que consiste Vidéal.
- L’artiste ne peut se faire une idée de la plus grande beauté de la nature vivante, que parla contemplation de la nature vivante elle-même. Chaque modèle qu’il choisira aura toujours ses difformités ; maisla plupart auront aussi leurs beautés. C’est à l’inspection réfléchie d’un grand nombre de modèles qu’il devra l’idée d’une beauté que ne possède aucun d’eux. Mais cette étude longue et difficile , semble impossible dans nos mœurs qui ne permettent pas de voir le nu que sur des mercenaires , que l’on engage par argent à se dépouiller; et ces mœurs sont tellement sévères à cet égard, que ces mercenaires sont difficiles à trouver.
- Les Grecs , au contraire , étoient habitués à voir le nu : vivans sous un climat dont la douceur rend les vêtemens incommodes ; avec des mœurs qui permettoient aux hommes de se dépouiller non-seulement pour la gymnastique , mais pour la plupart des exercices de la vie , ils avoient des occasions fréquentes de saisir la beauté des formes; et ces comparaisons habituelles de différentes formes, et de leur jeu dans différentes actions, donnèrent aux
- IDE
- artistes grecs un sentiment exquis du beau , et ils ont fait passer ce sentiment dans leurs ouvrages. C’eet donc en -étudiant ces ouvrages que l’artiste moderne acquerra Vidée du beau , qu’il ne se formeroit jamais par l'inspection du petit nombre de modèles qu’il pourroitse procurer à grands frais dans toute sa vie.
- IDEALISME, s. m. du grec îJU (idéa ), idée.
- ( Métaph’. ) Système de ceux qui pensent que nous ne connoissons les objets que par nos propres idées.
- IDENTITE, s. f. du mot latin idem répété : Idem et idem.
- ( Didact. ) Ce qui fait que deux ou plusieurs choses ne sont qu’une.
- ( Algèbre ) L’identité les mathématiciens ont fait identique , pour désigner une équation dont les deux membres sont les mêmes, ou contiennent les mêmes quantités , sous la même ou sous différentes formes.
- IDEOLOGIE, s. f. du grec Mta. ( idéa ), idée , et de \ôyoç ( logos), discours.
- ( Métaph. ) Traité des idées; discours sur les idées.
- IDES, s. f. du lat. idus, formé de l’ancien mot toscan iduare, qui signifiolt diviser.
- ( Chronoi. ) C’étoit un des nom! par lesquels les Romains distiu-guoient les jours des mois. Dans chaque mois , il y avoit trois sorte? de jours ; savoir : jours des ides., jours des calendes , et jours des noues.
- Dans chaque mois, il y avoit huit jours des ides, qui se comptaient en rétrogradant. Dans le mois de mars, de mai, de juillet et d’octobre , les ides tomboient au quinzième jour du mois: les sept autre* jours, en remontant jusqu’au huit, s’appeloient jours avant les ides-, de sorte que le huitième jour du mois se marquoit ainsi : VIII idus , c’est-à-dire, die octava ante idus. Dans les huit autres mois de l’année , les ides tomboient au treizième jour du mois, et se comp-toient aussi en rétrogradant jusqu’au six; de sorte que c’étoit le sixième jour du mois qui étoit marqué par VIII idus.
- On se (Sert encore de ceti® &£<>«•
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- de compter les jours , en la chancellerie romaine , et dans le calendrier du bréviaire.
- IDIOCRASE, s £ du grec ’iS'io; (idios ) , propre , particulier , et de xpît(Ttç ( krasis ), tempéramment.
- ( Med. ) Disposition ou tempérament propre d’un corps, d’un mixte. V. IDIOSYNCRASIE.
- IDIO-ÉLECTEIQÜE, adj. du «r. }<T( idios ), propre , particulier, et d’SXs^Tpov ( êleldron ).
- ( Physique ) On dorme cette épithète aux corps qui sont susceptibles d’être électrisés par frottement ; tels sont le verre, les résines, la soie, et en général toutes les substances qjii ne contiennent ni eau, ni métaux.
- IDIOGINE, adj, du grec ’/cf/o? (idios), propre, et de yw» (guné), femme : propre , particulier à l’organe femelle.
- ( Botan. ) Ce mot se dît des étamines qui sont séparées du pistil.
- IDIOME, s. ni. du grec {.idiôma), propriété, dérivé d’î-£ioç ( idios ), propre , particulier : propriété d’une langue.
- ( Grammaire ) Langue propre d’une nation , et par extension, du langage d’une partie d’une nation.
- IDIOPATH1E, s. f. du grec }'J,oç ( idios ) , propre, et de ‘ira,Soc {pathos ) , affection, maladie : maladie propre à quelque partie du corps.
- , { Morale), Affection particulière pour une chose.
- ( Médecine) Indisposition ou maladie propre et particulière à une partie , sans la dépendance ni la participation d’aucune autre ; elle est opposée à la sympathie.
- IDIOSYNCRASIE , s. f. composé du grec "iJio? ( idios ), propre, de <r,v (sti/z), avec, et de x?é<nç (krasis), mélange, tempérament : le tempérament propre et spécifique d’une personne.
- ( Médecine) Chaque individu a Un tempérament qui lui est propre ; et comme les corps paroissent d’d V-rer entr’eux, tant à l’égard des solides que des fluides , quoique chacun d’eux en particulier soit dans un état sain, on donne le nom
- idioa asie à cette particularité de
- ILE 373
- tempérament, qui fait qu’il diffère des autres.
- IDIOT , s. m. du grec iJi«tmc ( idiotes ) , particulier , propre : homme particulier, qui vit isolé , qui ne se mêle point du gouvernement de la république : stupide , imbécille.
- IDIOTISME, s. m. du grec t/cmoç ( idiotismos) .
- ( Grammaire ) Construction et terme d’expression contraire aux règles ordinaires de la grammaire , mais propre et particulier à une langue.
- IDOLATRE , s. m. du grec ùS'a— xoXiinp»; ( eidololatrês), formé d’u-«PwXov (éidôlon) , idole, et de xhTftç (latris ) serviteur, adorateur : qui adore les idoles.
- IDOLE, s. £ du grès s/J'æXov ( éidôlon ) , image, figure, statue représentant une fausse divinité , dérivé d’sTJoç ( eidos), forme, figure, représentation.
- IDYLLE , s. f. du grec ùS'vxxiav ( éidullion ) , diminutif d’sTcJo? ( éi-dos ), image , représentation : petite image, image agréable.
- ( Poésie ) Espèce de petit poëme dans lequel on peut traiter toute sorte de matières, mais qui roule plus ordinairement sur quelque sujet pastoral ou amoureux : une simplicité élégante fait le caractère de Vidylle; et c’est par cette élégance ennoblie qu’elle se distingue de l’églogue.
- IGNEE, adj. des deux genres , du latin igneus, de feu, formé d’itçiis, feu.
- ( Chimie ) Qui tient de la nature du feu : matière ignée y particule» ignées.
- 1GN1TI0N, s. £ du lat. ignitioy formé d’ignis, feu, et de agere , agir : l’action de brûler.
- ( Chimie ) Etat d’un métal rougi au feu.
- ILE, s. f de l’italien isola, fait du latin insula.
- ( Géogr. ) Espace de terre entouré d’eau de tous côtés.
- ILÉON, s. m. mot purement grec, dérivé d’iixelv { éïléin), entortiller ,tourner.
- ( Phy siol, ) Nom du troisième des-intestins.grêles, appelé ainsi , paréo
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- qu’il fait plusieurs circonvolutions:
- ILES, s. m. d’iléon ( V. ce mot ).
- ( Physiol. On appelle ainsi les arties latérales de la région om- -ilicale , appelées autrement les flancs. Les îles sont ainsi appelées parce qu’elles contiennent l’intestin iléon.
- ILIADE, s. £ du gr. a.ihç (ilias)3 fait d’A/ov ( llion ), Troie.
- ( Poésie ) Poëme d’Homère sur la guerre de Troie-
- ILIAQUE , adj. d ’iléon. Voy. ce mot.
- ( Physiol. ) Qui a du rapport à l’intestin iléon, ou à la partie de l’hypogastre, qu’on appelle les îles.
- (Méd. ) C’est aussi le nom d’une maladie violente et dangereuse , appelée passion iliaque, parce que Viléon est le plus souvent affecté de cette maladie.
- ILION, s. m. formé du grec tixtlv ( éiléin ) entortiller.
- ( Anat. ) L’iléon , l’ischion , et l’os pubis , n’en font plus qu’un dans les adultes, et forment les deux os qu’on appelle innommés , et qui s’unissant entr’eux antérieurement, et avec l’os sacrum postérieurement, composent le bassin.
- ILLEGAL, adj, formé de la partie, nég. latine in , et de lex , loi : contre la loi.
- ( Pratique') Qui est contre la loi ; convention illégale , formes illégales.
- ILLEGITIME, adj. du lat. illex, illegis, qui vit sans lois.
- ( Pratique ) Qui n’a pas les conditions requises par la loi.
- ( Méd. ) Les médecins appellent illégitimes certaines fièvres irrégulières qu’ils appellent aussi bâtardes.
- ILLICITE, adj. de la particule ïiégat. latine in, et de licet, il est. permis : contre la loi.
- ( Pratique ) Qui est défendu par la loi.
- ILLIMITE , adj. de la particule négat. latine in, et de limen, borné , limite : sans borne.
- ( Didact. ) Qui n’a point de bornes , point de limites.
- ILLITION , s. f. du lat. ïllinio , oindre.
- ( Méd. ) L’action d’oindre un»
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- partie, de la frotter de quelque matière onctueuse.
- ILLUSION, s. f. du lat. illudere, se moquer, se railler, se jouer; apparence trompeuse.
- ( Physique ) Illusions optiques ; on appelle ainsi tout ce que nous apercevons, et qui n’existe pas tel que nous le voyons. Une tour carrée paroît ronde , lorsqu’elle est vue d’un peu loin, parce que l’on n’en aperçoit pas les angles : le soleil et la lune paroissent des plans circulaires, parce que leurs centres ne paroissent pas plus lumineux que leurs bords.
- ( Peinture ) Les personnes qui ne connoissent point l’art placent dans Yillusion la perfection de la peinture ; cette erreur n’est pas nouvelle : les anciens ont célébré les raisins de Zeuxis, que des oiseaux vinrent becqueter , et le rideau de Parrhasius , qui trompa Zeuxis lui-même; mais les connoisseurs sont bien loin de regarder cette imitation plus ou moins parfaite de la nature , comme la seule beauté de l’art ; ce n’est pas même celle qui sert le plus à distinguer l’excellent artiste d’avec le médiocre, et ce n’est point celle enfin qui constitue le sublime de l’art. V. EXPRESSION , GOUT, IDEAL, IMITATION.
- ILLUSOIRE, adj. même origine qu’ILLUSION.
- ( Pratique) On dit d’un acte faux, simulé, qu’il est illusoire; un jugement inutile est un jugement Mu-soi/ e.
- ILLUTATION , s. f. du latin illu-tatio , formé d’illuvies , boue : action de couvrir de boue.
- ( Méd. ) C’est, l’action d’enduire quelque partie du corps, de boue, que l’on a soin de renouveler lorsqu’elle est sèche, à dessein d’échauf-fèr , de dessécher , ect.
- IMAGE, s. f. du latin imago, formé A’imitari, imiter.
- ( Optique ) On appelle ainsi la représentation d’un objet ou son ap-
- fiarence, peinte par les rayons de umière , qui, partant de chacun de ses points visibles , sont ou réfléchi* ou réfractés.
- L’endroit où ce* rayons réfléchis
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- Au réfractés se réunissent est le lieu de l’image.
- C’est un des problèmes des plus difficiles de l’opt que, que de déterminer le lieu apparent de Y image d’un objet que l’on voit dans un miroir ou à travers un verre.
- ( Elocution ) D’après Longin on a compris, sous le nom d’image , tout ce qu’en poésie on appelle description ; mais en parlant du coloris du style, on entend par image cette espèce de métaphore, qui, pour donner de la couleur à la pensée et rendre un objet plus sensible, le peint sous des traits qui ne sont pas les siens, mais ceux d’un objet analogue.
- IMAGINAIRE, adj. du Iat. imago , représentation : qui n’est que dans l’imagination et n’est point réel.
- ( Algèbre ) On appelle ainsi les racines paires de quantités négatives ; la raison de cette dénomination est, que toute puissance paire d’une quantité quelconque, positive ou négative, a nécessairement le signe -j-, parce que -j- par -j-, ou — par — donnent également plus. IM A GIN ATION, s. 1. meme origine qu’IMAGINAIRE ; cette faculté par laquelle l’ame imagine.
- ( Elocut.) JJ imagination est cette faculté de l’ame qui rend les objets ' présens à la pensée ; elle suppose dans l’entendement une appréhension vive et forte, et la facilité la plus prompte à reproduire ce qu’il a reçu. Quand Y imagination ne fait que retracer les objets qui ont frappé les sens, elie ne d ffère de la mémoire que par la vivacité des couleurs. Quand de l’assemblage des traits que la mémoire a recueillis, l’z-maginalion compose elle-même des tableaux dont l’ensemble n’a point de modèle dans la nature, elle devient créatrice, et c est alors qu’elle appartient au génie.
- IM AN , ou plutôt IMAM , mot arabe , dérivé d’amma , qui veut dire précéder , conduire, présider : prélat, chef, conducteur, préposé.
- ( Relig. mahomét.) Les imans sont les ministres de la religion mahométane et répondent aux curés parmi nous. •
- linan se dit par excellence de
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- celui qui est reconnu pour le véritable et légitime successeur de Mahomet, lequel possède, en sa personne, la source de tous les pouvoirs sphûtuels et temporels. Les califes prenoient le titre d’z-man et en faisoient les fonctions. Mahomet est appelé Y iman par ex-cellence
- IMARET, ou IMMARAT, mot turc.
- ( Relig. mahomét.') Dans toute la Turquie, il y a des hôpitaux appelés imarels, où les pauvres, de quelque religion qu’ils soient, sont assistés selon leur néi essité. Les voyageurs y sont indifféremment reçus et peuvent y séjourner trois jours.
- IMBERBE, adj. dulat. imberbis, composé de la particule négat, in, et de barba , barbe : sans barbe.
- ( Bot an. ) Plante imberbe ; plante dépourvue de barbe.
- 1MBIBITION , s. f. du latin imbiba , imbiber , prendre, recevoir : l’action de recevoir.
- ( Chimie ) Espèce de cohobation, par laquelle une substance solide s’y fixe à la fin de telle sorte qu’elle ne peut plus monter.
- ( Botan. ) Il se dit aussi de l’action par laquelle les feuilles des plantes pompent l’humidité de l’air, par le moyen des vaisseaux que l’on nomme suçoirs.
- IMBRICÉE, adj. du latin imbru-caius , fait en forme de gouttière.
- ( Archit. ) Il se dit des tuile* concaves , par opposition aux tuile® plates.
- IMBRIQUÉES , adj. du latin imbricafus.
- (Botan.) Terme de botanique, qui signifie composé ou chargé de parties appliquées en recouvrement les unes sur les autres, à-peu-près à la manière des tuiles d’un toit.
- IMBROGLIO, s. m. mot emprunté de l’italien , qui signifie embrouillement, confusion : il s» dit particulièrement , en parlant d’une pièce de théâtre, d’une intrigue extrêmement compliquée.
- IMITATION, s. f. du lat. imitari, imiter : l’action par laquelle on imite.
- ( Littérature ) Dans les ouvrages
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- «l’esprit, Vimitation est un emprunt des pensées d’un auteur , qu’on s’approprie par l’usage qù’on en fait, par la tournure qu’on leur donne. C’est dans ce sens qu’on dit que les plps beaux endroits de Virgile sont des imitations. d’Homè,re.
- (Peinture) U imitation est la première partie de la-peinture , mais non pas 1a plus belle.
- Deux routes conduisent au bon goût ; l’une , plus difficile , consiste a* faire choix dans la nature même de ce qui est le plus utile et le plus beau ; l’autre , plus aisée , se borne à* étudier les. ouvragés où ce choix a déjà été fait.
- ' IMMERSION, s. f formé du lat. itnmergere , composé de la préposition in , dans , et de mergere, plonger 5 plonger dans : action par laquelle on plonge dans l’eau.
- ( j^st/on.) Commencement d’une éclipse.; quelquefois on se sert pour désigner le teins où un astre est si proche du soleil qu’on ne peut le voir, parce qu’il est comme enveloppé dans ses rayons ; mais il se dit p^us ordinairement du commencement d’une éclipse d’étoile, quand celle-ci est cachée par la lune. On s en sert; aussi pour les éclipses de lune- '
- 1 L'immersion est le moment où la lune commence à être toute obscurcie , ou plongée dans l’ombre de la terre.
- -Immersion se dit aussi en parlant des satellites de Jupiter, dont lesobservationsont été d’une grande Utilité pour la détermination des longitudes.
- ( Chimie ) Immersion est en usage en chimie, pour exprimer une espèce de calcination qui se fait en plongeant un corps dans quelque fluide, afin de le corroder.
- C’est aussi une espèce de lotion qui consiste à faire tremper une substance dans.quelque fluide, pour la corriger bu l’améliorer.
- f'IMMEUBLES , s. m. du latin immphUia, biens en fouds ou qui tiennent lieu de fonds.
- * ( Pratique ) Ôn distingue deux sortes à’immeubles, les, réels et les fhitïfs. Lés immeubles réels.sont la shffacè de la. terré et ce qui est adhérent, à sa surface, Le? immeu-
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- blés fictifs sont les offices vain ans; casuels, et les rentes constituées.
- IMMUNITÉ , s. £ du latin im-munilas , formé, delà particule négative in, et de munus,, charge: exemption de charge.
- ( Pratique ) Exemption de quelque charge , devoir ou imposition : privilège.
- IMPAIR, adj. du latin impur, non par, qui n’est pas pair.
- ( Jhith. ) C’est ainsi qu’on nomme, par opposition h pair, un nombre qui 11e se peut exactement diviser par deux.
- Le nombre impair a été en grande vénération dans l’antiquité payenne. On le croyoit par préférence agréable. à la divinité. C’est en nombre impair que le rituel magique prcs-çrivoit ses plus mystérieuses opérations ; il n’étoit pas non plus indifférent dans l’art de. la. divination ni des augures ; il s’est assujet ti jusqu’à la médecine. L’année climatérique, est, dans la vie humaine, une. année impaire ; entre les jours critiques 4’une maladie ( V. CRISE); les jours, impairs sont les jours do-min ans, soit par leur nombre , soit par leur énergie.
- ( Bo.lan. ) On appelle foliole impaire la terminale solitaire d’une feuille pinnée, etc.
- IMPALPABLE , adj. formé de la particule lat. négat. in, et du verbe palpare, manier, toucher: qui est si fin , si délié qu’il ne fait aucune impression sensible au toucher. V. TOUCHER.
- IMPARTAIT, adj. delà prrtic. latine négat. in, et de perfiçere , achever ; non achevé.
- ( Bo tan.) On dit q u elquefo i s fru il imparfait, poiir dire unfruit d’une, mauvaise venue;, graine imparfaite., pour une graine qui q.’a pas, été fécondée ; fleur imparfaite , pour celle à qui il manque quelque, chose d’esssentiel à. la fructification,
- ( Giamm. ) On appelle prétérit. imparfait, ou, simplement Virnpar-jFait, le prétérit qui marque le.com-commencement, le cours de, l’action sans en. désigner la fin. lai-mais est un imparfait. dans cette acception.
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- ( Musique ) Record imparfait ; c?est par opposition à l’accqrd parfait , celai qui porte raie sixte ; et par opposition à l'accord plein , celui qui n’a pas tous les sons qui lui conviennent et qui doivent le rendre complet.
- IMPART AB LF. , adj. de la particule lat. négat. in, et du verbe. partie»', partiri -, partager : qui ne peut être partagé.
- ( Pratique ) II' faut li citer cet immeuble, il est impayable.
- IMPASSIBILITÉ , s. £. de la. particule lat. nég. in , et de patior, souffrir : qualité de ce qui est impassible , qui ne peut souffrir.
- U impassibilité d'un philosophe, d’un jupe ,! etc.
- IMPASTATION , s. £ du latin barbare impastaiio, formé de la partie, lat. négat. in, et de pasta , pâte.
- ( Archit. ) Composition faite de substances broyées et mises en pâte.
- ( Pharmacie ) Réduction d’une poudre ou de quelque autre substance en forme de pâte, au moyen de quelque fluide convenable.
- IMPÉNÉTRABILITÉ, s. f. formé de, la particule lat. négat. in , et du verbe penetrare, pour penitùs . intiare, entrer dans l’interieur : état de ce qui est impénétrable.
- ( Physique ) L’impénétrabilité en termes de physique , est la pro-
- fjriété qu’ont les corps de ne point aîsser prendre toute la placer qu’ils occupent, par d’autres corps,, que. préalablement ces,autres corps He les aient chassés, de là.
- Cette propriété est, générale à-fous les corps -; ceux qui paroissent se laisser pénétrer par d’autres , comme l’éponge , le sucre , etc. , par l’eau, ne font que cédçr à Peau une partie de la place, qu’ils, occupent ; mais ils. ne la leur cèdent jamais toute entière , parce qu’ils jouissent , comme l’eau, de l'jrnpénéirabilité.
- IMPENSE-, s, f. du lat. impensa,. fprmé à’impendo , dépenser.
- ( Pratique .) Dépenses faites pour lientretieu ou. pour l’amélioration d’un bien.
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- IMPÉRATRICE, s. £ du latin imperatrix, dérivé d’impero , commander.
- ( Econ. polit. ) La femme d’un Empereur, ou la princesse qui de son chef possède un Empire.
- IMPERFORATION, s. £ de la partie, lat. nég in , et de j:e~forare, percer, perforer : défaut d’ouverture.
- ( Chinirgie) C’est un défaut d’ouverture dans quelqu’un des passages naturels
- Imperforation de l’anus , etc. ; on remédie à ce défaut en faisant une incision à la partie.
- IMPÉRI\L, adj du 1. imperare, commander, dont on a fait irnpe-rat or , impe i’um.
- ( Econ. polit ) Qui appartient àt l’Empire, ou à l’Empereur.
- Villes impériales ; on appelle ainsi les villes libres qui composent le troisième collège du corps de l’empire d’Allemagne.
- Chambre impériale ; c’est une justice souveraine établie pour lea affaires des Etats immédiats de PFm.-pire : elle réside maintenant à Weî-zlar
- jDiètes impériales ; c’est l’assemblée des Etats de l’Empire : elle» se tiennent ordinairement a Ratis-bonne.
- ( Numismatique) Les antiquaires appellent médailles impériales, les médailles des emperenrs romains , à commencer depuis Jules-César, par opposition à celles qui ont été frap-pées auparavant, et qu’ils appellent consulaires.
- ( Blason) Aigle impériale,', c’esfe celle qu’on représente avec deux-têtes , et avec des ailes déployées.
- IMPERMÉABILITÉ, s. f. de la partie, lat. négat. in , de per, au travers , et de meo , passer : qualité de ce. qui est imperméable , ou. qui 11e peut passer au travers.
- ( Physique) Propriété qu’ont certaines matières de ne. pas.se laisser^ traverser par d’autres. La matière du feu est la seule substance qui. soit vraiment imperméable. Toutes: les autres 11’ont Vimperméabilité qu’en partie , c’est-à-dire , qu’elles, sont imperméables à certaines matières , et noq pas. à d’autres--.
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- Cuirs imperméables, Voy. TANNAGE.
- _ IMPERTINENT, adj. de la particule lat. négat. in, et de pertinere, appartenir.
- ( Pratique ) Ce mot se dit, au palais , de ce qui n’est point pertinent ; des preuves ou des faits qui n’appartiennent point à la question dont il s’agit.
- EMPETRER, v. a. du lat. impetro, formé d’z'n , dans , et de patrare , faire , obtenir.
- ( Pratique ) Obtenir quelque faveur, quelque privilège, en vertu d’une requête.
- IMPLANTER , v. a. de la préposition lat. in, dans, et de plan tare , plantèr : planter dedans.
- ( Anat. ) Ce terme s’emploie, en anatomie , avec le pronom personnel s’implanter, et signifie avoir son origine et son attache en quelque endroit.
- ( JBotan. ) Il se dit aussi en botanique pour désigner la naissance et l’attache de certaines parties. Les feuilles sont implantées sur les branches , etc.
- IMPLIQUER, v. a. de la prépos. lat. in, dans, et de plicare, plier : plier dedans, envelopper.
- ( Pratique ) Engager dans une affaire , dans une accusation.
- IMPORTATION , s. £ de la préposition lat. in, dans, et du verbe portare , porter: l’action de porter dedans, d’importer.
- ( Commerce ) Transport des marchandises de l’extérieur dans l’inté-rieùt d’un Etat. C’est par la comparaison que l’on fait aes marchandises importées à celles exportées , que s’estime la balance au commerce.
- IMPOSER, v. a. du latin , in, dans , sur, et de ponere , mettre : mettre dedans ou dessus.
- ( Imprimerie ) Imposer , c’est ranger les pages sur un marbre , selon la situation où elles doivent être , pour être mises ensuite sous la presse, après les avoir préalablement entourées de différentes pièces de bois , qui forment la marge , et avoir serré fortement le tout dans dans an ehâssis de fer.
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- ( Finances ) Imposer quelqu’un ; c’est le mettre au rôle des impositions.
- IMPOSTE , s. f. de l’italien im-posto , surchargé.
- ( Archit. ) Espèce de corniche sur laquelle pose une voûte, une arcade , et qui varie selon les divers ordres d’architecture.
- IMPRÉCATION , s. f. du latin imprecotre, pour malè precare, faire des souhaits contre quelqu’un : malédiction.
- ( B.hétor. ) Figure de rhétorique propre aux passions. Quelquefois elle n’est que l’expression de la haine et de la fureur , comme celle d’Hérode contre la Judée, dans la tragédie de Marianne , par Voltaire.
- Quelquefois elle est dictée par l’horreur du crime ; telle est Vimprécation que Racine met dans la bouche du grand prêtre Joad, dans Athalie.
- IMPREGNATION , s. f. du lat. imprœgnatio , dérivé de prosgnans, une femme grosse.
- ( Pharmacie ) Action par laquelle une liqueur s’imbibe et se charge des principes d’un médicament qu’on y-fait macérer , infuser ou bouillir, et dont elle reçoit en même tems la vertu.
- IMPRESCRIPTIBILITÉ , s. f. de la partie, lat. négat. in, et du verbe prescribere, prescrire, ordonner.
- ( Pratique ) Qualité de ce qui est impraticable , qui n’est gas sujet à la PRESCRIPTION. V. ce mot.
- IMPRESSION, s. f. du lat. im~ pressio , formé de in , dans, sur , et de premere , presser, dans, sur : marque qui demeure sur quelque chose pressée par une autre.
- ( Peinture ) On appelle impres~ sion, en termes de peinture, la préparation d’une toile d’un panneau destinée à être recouverte par le travail du peintre.
- On donne le même nom à la peinture à couches plates , qu’on emploie dans les bâtimens.
- ( Gravure ) Chez les graveurs et imprimeurs eu taille douce, impression se dit de l’empreinte que les planches de cuivre ou de bois
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- gravées au burin ou à l’eau forte, laissent sur le papier ou le vélin , après qu’elles ont été frottées d’un noir ou d’un rouge préparés , et et qu’elles ont passé entre les rouleaux d’une presse.
- ( Musique ( Impression de la musique ,• le moyen employé le plus communément pour multiplier les compositions musicales , consiste à les graver sur des planches d’étain , avec lesquelles on imprime de la même manière qu’en taille douce. Ce procédé est coûteux, et la planche d’étain ne sauroit tirer plus de huit à neuf cents exemplaires. Ces considérations , et d’autres non moins importantes , ont fait désirer qu’on pût imprimer, la musique comme on imprime un discours ordinaire.
- Dans le premier âge de l’imprimerie , les antiennes des pseautiers étoient notées à la main. On voit que dès i485 , les notes étoient imprimées ; mais on ignore si elles étoient formées en caractères mobiles , ou si elles étoient gravées en bois.
- Le premier monument incontestable de l’impression des notes musicales avec des types mobiles, est sorti des presses d’Erhard De-glin , imprimeur à Augsbourg, en. i5oj. Depuis cette époque , l’inq-pression de la musique en caractères mobiles , a été appliquée à plusieurs ouvrages , et notamment aux pseaumes de Clément Marot. Dès iô5i, Robert Ballard prit le titre d’imprimeur du roi pour la musique , et ses descendaus en ont conservé le privilège exclusif.
- Depuis environ 60 ans, plusieurs graveurs et fondeurs de caractères ont fait des tentatives nouvelles. Ces artistes sont BreitKopf, de Léip-sick ; Enschede ,'de Harlem ; Sao-sard , de Bruxelles ; Fournier le jeune de Paris , Gando de la même ville. Tous prétendent à l’honneur , ou de découvertes, ou de perfec-tionnemens plus ou moins importuns.
- Le i3 brumaire an g , M. 01-livier présenta à l’Institut une pièce de musique intitulée Romance d’Mirabelle et Vascos, im-
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- primée avec des caractères mobile*. Les types de M. Ollivier portent en même tems note et ligne.
- Le 26 messidor an 9 , M. Du-peyrat , mécanicien , présenta à l’Institut une grande feuille sans titre ni paroles , mais d’une musique fort compliquée , et une romance de Cardonne , musique avec paroles. Ses procédés étoient mêlés de stéréotypes et de caractères mobiles.
- Dans l’an 12 , M. Reinhard qui, dès 1788 , s’occupoit du même objet , présenta des épreuves d’une forme solide, imprimées en trois couleurs, sans changement de forme , et sans que le papier quitte les pointures. Le cadre est noir et rouge ; dans la musique, les portées et les queues des notes sont en bleu.
- Il résulte de ces divers essais, et de ces divers procédés, qu’indépendam-ment des perfectionnemens qu’on peut espérer, on possède en France plusieurs moyens propres à exécuter à un prix modéré de la musique plus belle que celle qui résulte delà gravure sur étain ; que cette musique est incomparablement au-dessus de celle des anciens imprimeurs, et même beaucoup au-dessus de la musique de Breit Kopf, qui a un débit considérable en Allemagne.
- ( Manufactures ) Impression se dit aussi de l’art d’imprimer des satins , des taffetas, des toiles de coton à la manière des Indes.
- ( Bibliologie ) Ce mot signifie l’action par laquelle on met en usage les procédés typographiques ; et dans ce sens on dit : Commencer Vimpression d’un ouvrage ; ou il signifie le résultat de cette action, et alors on dit : Une belle impression.
- (.Hydraul.) Centre d’impression ; quand un fluide s’échappe d’un vase par un orifice horizontal ou vertical très-petit, relativement à la hauteur de son niveau sur cet orifice , sa vitesse est la même sensiblement pour tous les points de l’orifice , et égale à celle qu’un corps pesant ac-querroit en tombant du niveau sur l’orifice. Mais si l’orifice est de grandeur sensible et verticale, il n’en
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- est pas ainsi. Cependant, on peut toujours imaginer une hauteur telle, ue, si toutes les parties du fluide toient animées d’une vitesse due à cette hauteur, il sortirait, dans le même teins, une quantité de fluide égale à celle qui sort avec les vitesses effectives. C'est le point de l’orifice , où répondrait cette hauteur comptée du niveau, que quelques auteurs d’hydraulique ont appelé centre à7impression.
- IMPRIMERIE, s. f. même origine u’IMPRESSlON. V. ce mot: l’art 'imprimer des livres, j U imprimerie fut ignorée des anciens. Les Chinois, long-tems avant qu’on en eût l’idée en Europe , gra-voient, et gravent encore aujourd'hui sur du bois, des caractères en relief, lesquels enduits d’encre , s’appliquent, sans le secours d’aucune presse, sur du papier, mais d’un côté seulement.
- Les meilleurs critiques attribuent l’invention de Y imprimerie à Jean Guttembcrg , natif de Mayence , et la lisent à l’an i44o. Mais cet artiste étoit encore loin de l’art typographique , qui consiste à employer des caractères de métal, mobiles , que l’on peut réunir, composer, séparer et changer à volonté, afin de les faire servir successivement à l’impression de differentes choses ; et la découverte en appartient à Schceffer, qui commença à imprimer, en caractères mobiles , une bible latine, en i45o. V. CARACTÈRES, TYPOGRAPHIE, STÉRÉOT YPIE, POLYTIPAGE.
- Imprimerie se dit aussi des caractères, et de la réunion de tous les objets nécessaires pour exercer l’art typographique.
- IMPRIMEUR, s. m. même origine qiYimpression-, celui qui exerce l’art typographique, ou plutôt la partie de Part typographique qui regarde la réunion des caractères pour en former des pages qiie l’on enduit d’encre, et dont on tire des empreintes , par le moyen de la presse , sur du papier humecté.
- Dans l’origine, un imprimeur étoit en même tems fondeur et graveur ; et Fournier le jeune prétend que Part typographique ne consiste pas seulement dans la composition et
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- dans l’impression , mais encore dans la taille îles poinçons, dans la gravure, et dans la fonte des caractères.
- IMPROMPTU , s. m.‘ corruption impromptu, terme emprunté du latin, qui signifie une chose faite sur-le-champ, facile, aisée, qui est sous la main.
- ( Poésie ) Ce mot ne se dit guère» que d’une épigramme , d’un madrigal , ou d’une autre petite poësia faite sans préméditation.
- IMPROVISATEUR , s. m. de l’italien improvvisaiore.
- (Poës e, Musique, Peinture, rtc ) Celui qui sans avoir besoin de préparation , parle , compose , écrit, chante , dessine et peint, sur une question, ou sur un sujet agité ou proposé. ,
- IMPUBÈRE, s. m. de la parti», lat. négat. in, et de pubes , qui croît avec vigueur , qui commence à être couvert d’un poil follet : littéralement, qui n’a pas encore de poil follet.
- ( Pratique ) On nomme ainsi les enfans qui n’ont point encore acquis l’âge dp puberté, qui est de quatorze ans pour les mâles, et de douze ans pour les fdles.
- IMPUISSANCE , s. f. du latin impotent ia , oomp. de la partie, négat. in, et. de potentielpuissance : manque de pouvoir pour faire quelque chese.
- ( Pratique ) Il se dit plus particulièrement de l’incapacité de consommer le mariage , soit du côté du mari, soit du côté de la femme. V. CONGRÈS.
- IMPULSION, s. f. du lat. impulse o , formé de la prépos. in , dans , et de pulsare, pousser.
- ( Physique) Action par laquelle un corps en pousse un autre , et tend à lui communiquer du mouvement , ou lui en communique en effet. Cette action est relative à la masse et à la vitesse du corps qui pousse. Ainsi , plus ce corps a de niasse et de vitesse, plus son impulsion est grande.
- IMPUTATION , s. f. du lat. irnpu-iatio, formé de in, dans, et de putare , estimer, compter: l’action de compenser.
- ( Pratique , Finances ) Compen-
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- sation d’une somme avec une autre : déduction d’une somme sur une autre.
- ( Matière criminelle ) Il se dit aussi d’une accusation sans preuve.
- INACCESSIBLE, adj. de la particule lat. négat. in, et d’accedere, approcher : dont l’accès est impossible.
- ( Géom.jUne hauteur ou une distance inaccessible, est celle qu’on ne peut mesurer immédiatement, à cause de quelque obstacle, telle -que l’eau ou autre chose semblable.
- ( Artmilit. ) On dit d’une place qu’elle est inaccessible, lorsqu’elle est environnée de marais, de rochers. ,
- INALBUMINE, adj. de la particule latine négat. in, et à’albumen, albumin, substance qui accompagne l’embryon comme la partie farineuse du froment, la substance «ornée du café, etc. ; privé d’al-bumin.
- ( Botan ) Embryon inalbuminé, est un embryon privé A’albumin. V. ALBUMIN.
- INANGULÉ, adj. delà partie, iat. négat. in, et d’angulus, angle : «ans angle.
- ( Botan. ) Il se dit des parties des plantes qui n’ont point d’angles. Il est opposé à angulé.
- INANITION, s. f. du lat. inani-tas , vide : foiblesse causée par défaut de nourriture.
- INAPPÉTENCE, s. f. du latin inappetentia, formé de la partie, négat. in, et A’appetere, désirer.
- ( Med. ) Défaut d’appétit. Voy. ANOREXIE.
- INAUGURATION , s. f. du latin inauguratio , l’action de prendre les augures, par allusion à l’usage établi chez les anciens , de prendre les augnres avant l’installation d’un homme en place.
- ( Econ. polit. ) Cérémonie religieuse qui se pratique au sacre ou couronnement des souverains.
- On dit par extension l’inauguration d’une statue.
- On dit aussi qu’un professeur a fait son discours d’inauguration.
- INOALICÉE, adj. de la partie, lat. négat. in , et de calyx, calice : sans calice.
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- ( Botan. ) Fleur incalicée , qui n’a point de calice.
- INCAMÉRATION, s. f. formé de caméra, chambre, qui s’est pris anciennement pour le domaine d’un prince : l’action de réunir quelque chose à la chambre , au domaine d’un prince.
- ( Chancellerie romaine ) C’est l’union de quelque terre, droit, ou revenu au domaine du pape.
- INCANDESCENCE , s. f. du lat. incandescere , devenir tout en feu.
- ( Chimie ) Terme nouveau qui exprime l’état d’un corps qui est échauffé et pénétré de feu jusqu’à devenir blanc.
- INCANÉ, adj. dn lat. incanesco, devenir blanc.
- ( Botan. ) Blanchâtres par pubescence , c'est-à-dire, en parlant des parties d’un végétal , blanchâtre par l’existence de poils quelconques, ou de parties analogues.
- INCANTATION, s. f. du latin incantaie, enchanter.
- ( Divinat. ) Cérémonie que font les prétendus magiciens, pour évoquer les démons, ou pour tromper la simplicité du peuple.
- INCARNAT, adj. du lat. incar-natum , formé de caro , carnis, chair : couleur de chair.
- ( Manuf. ) Espèce de couleur entre la couleur cerise et la couleur de rose.
- INCARNATIF, adj. formé de caro, carnis, chair , et de facere , faire : qui rétablit les chairs.
- ( Chirurgie ) Ce qui fait revenir les chairs dans les plaies et les ulcères , ce qui les fait croître, ce qui les unit, les rejoint. Il se dit des remèdes, des bandages et des sutures , etc., qui servent à aider la natnre dans la régénération des
- INCAS, ou INC A , ou INGA , mot péruvien , qui signifie roi, seigneur.
- ( Hist. du Pérou ) C’est le nom que les naturels du Pérou donnoient à leurs rois et aux princes de leur sang. Le roi étoit appélé capac-inca, c’est-à-dire , seigneur par excellence , et les princes, incas.
- INCÉRATION, s. f. de la prépos. lat. in j dans , de cero, cire, et de
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- agere, faire : l’action d’incorporer
- delà cire avec quelqu’autre matière.
- ( Pharmacie ) C'est l’action de réduire quelque substance sèche à la consistance de la cire molle , en la mêlant par degrés avec quelque fluide.
- INCESSIBLE, adj. de la partie, lat. négat. in, et de cedere, céder; qui ne peut être cédé.
- ( Pratique ) Il se dit des choses inaliénables, que l’on ne peut céder ni vendre.
- INCIDENCE, s. f. du lat. incido, formé de in, dans , et de cadere , tomber : chute d’un corps sur un plan quelconque,
- ( Mécanique ) Direction suivant laquelle un corps en frappe un autre.
- ( Optique ) Angle d’incidence ; c’est l’angle compris entre un rayon incident sur un plan , et la perpendiculaire tirée sur le plan , au point d’incidence.
- 11 est démontré en optique que l’angle à'incidence est toujours égal à l’angle de réflexion. V. REFLEXION.
- INCINÉRATION, s. £ de la pré-pos. lat. ira, dans, de cinis, cineris, cendre , et de agere, faire ; l’action de convertir, de réduire en cendre.
- ( Chimie ) On ce sert de ce terme en parlant des végétaux qu’on réduit en cendre , pour en tirer des sels fixes alcalis, que l’on appelle sels par incinération. V. CALCINATION.
- INCISE, s. m. du lat. incisum , participe d’incido , formé d’ira, et de cœdere , couper : entrecouper.
- ( Grammaire) C’est un membre extrait et détaché d’une période. L'incise ne diffère du membre dans la période, q u’en ce qu’il n’a pas tant d’étendue, et qu’en ce que le nombre n’en est pas si complet. HJincise n’est composé que de deux ou trois mots, comme furor arma ministrat ; quelquefois il est renfermé dans un seul mot, comme dixit.
- INCISE, adj. même origine qu’ira-sise.
- ( Botan. ) Il se dit d’un bord dé-eoupé par des incisions aiguës et étroites ; les lanières qui eu résultent étant plus longues que larges ,
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- et trop allongées ou trop grandes pour recevoir le nom de dents ou crans.
- INCISIF, adject. même origine qu’incise.
- ( Méd. ) Remèdes incisifs ce sont les remèdes qui ont la faculté de diviser les humeurs concrètes ou épaissies, et de les disposer par-là , à rentrer dans le torrent de la circulation , ou à être chassées du corps par quelque émonctoire.
- ( Anat. ) Incisi f se dit aussi des quatre dents de devant de chaque mâchoire, à cause qu’elles coupent et incisent les alimens, de deux muscles et de deux troues qui en sont proches.
- INCLINAISON, s. m du lat. inclino, fait du gr. ïyith'ivuv (egkli-néin ), pencher.
- ( Géom. ) Situation d’une ligne ou d’un plan par rapport à une autre ligne, ou un autre plan ; de manière qu’ils fassent ensemble un angle aigu ou obtus, c’est-à-dire, moindre ou plus grand que go degrés.
- ( Action. ) L’inclinaison, en termes d’astronomie, est l’angle que forme, avec l’écliptique, l’orbite d’une planète. Si l’on observe les
- fdanètes dans le cours deleurs révo-utions périodiques, en remarquant leurs distances des étoiles fixes auprès desquelles elles passent, ou s’aperçoit qu’elles ne répondent pas tout-à-fait aux mêmes points du ciel, lorsqu’elles passent à la même longitude et proche des mêmes étoiles. Une planète qui, dans une de ses révolutions, aura passé au nord, ou au-dessus d’une étoile, pourra, dans la révolution suivante , passer au sud ou au-dessous de la même étoile, et être plus ou moins éloignée de l’écliptique , c’est-à-dire, avoir-plus ou moins de latitude. On remarque d’ailleurs, que les planètes sont tantôt au nord , tantôt au sud de l’écliptique, ce qui prouve très-clairement que leurs orbites ne sont pas dans le plan de l’écliptiquc ; mais qu’elles lui sont inclinées, et que leurs plans forment avec celui de l’écliptique des angles plus ou moins grands. Ce sont ces angles qu’on appelle inclinaisons des orbites planétaires.
- ( Magnétisme ) Inclinaison de
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- Vaimant ; c’est la propriété qu’a une aiguille aimantée, d’incliner une de ses extrémités vers la terre, c’est à-dire, de faire un angle avec le plan de l’horizon. Cet angle se mesure par l’arc d’un cercle vertical , compris entre la ligne horizontale , et la direction actuellç de l’aiguille.
- Cette inclinaison varie beaucoup dans les différentes régions de notre globe, et cela sans suivre aucune loi connue, si ce n’est qu’elle va toujours en augmentant, à mesure qu’on s’éloigne de l’équateur , et qu’on s’approche de l’un des pôles ; mais le degré d’inclinaison que prend l’aiguille dans les différens endroits, n’est point proportionnel au degré de l’éloignement où l’on est de re-uateur; il dépend même en partie e la différente longueur des aiguilles , et du plus ou moins de force de l’aimant qui leur a communiqué leur vertu.
- Lorsque les navigateurs vont de l’équateur vers l’un des pôles , l’aiguille de leur boussole reçoit quelques degrés de cette inclinaison, ce qui lui ôte une partie de sa mobilité. Pour remédier à cet inconvénient , les pilotes font tomber quelques gouttes de cire sur le bout de l’aiguille, opposé à celui qui s’incline : c’est ce qu’ils appellent rappeler la rosette.
- ( Pharmacie ) Inclinaison , en terme de chimie pharmaceutique , est l’action de renverser un vaisseau , pour que la liqueur claire qu’il contient s’e'coule , et que le marc reste au fond.
- INCLINÉ , adj. même origine qu’INCLINAISON.
- ( Mécanique ) Plan incliné $ c’est an plan qui fait un angle oblique avec l’horizon.
- Il est démontré qu’un corps qui est appuyé sur un plan incliné, perd toujours une partie de sa pesanteur, et que la puissance , ou force nécessaire pour le soutenir dans une direction parallèle au plan, est à la pesanteur de ce corps,comme la hanleur du plan est à sa longueur.
- La force avec laquelle un corps pesant descend le long d’un plan incliné , est à la fwree avec laquelle il
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- descendroit perpendiculairement , comme le sinus de l’angle de l’inclinaison du plan est au rayon.
- Les lois du mouvement des corpa-qui descendent sur des plans inclinés , sont absolument les mêmes que celles du mouvement des corps qui descendent perpendiculairement, avec cette seule différence, que la pesanteur doit être diminuée dans la raison de-la hauteur du plan à sa longueur.
- INCOGNITO, adv. ce terme pris de l’italien , se dit ordinairement des princes qui, en voyageant , ne veulent pas être connus ; qui n’ont pas leurnom ordinaire,ni les autres marques qui les distinguent.
- INCOMBANT , adj. du Iat. in-cumbare : être couché sur , être appuyé contre.
- ( Botan. ) Anthère incombante ; c’est celle qui est attachée au filet par le milieu du dos, ou parun point plus élevé , et dressée de manière que sa partie inférieure est rapprochée du filet.
- On dit aussi des divisions du calice., ou de la corolle, qu’elles sont incombantes, lorsqu’elles se recouvrent latéralement.
- INCOMBUSTIBLE, adj. de la partie. Iat. négat. in, et de cornbus-ium , participe de comburo, brûler.
- ^ Physique ) Qui ne peut être brûlé, qui ne se consume point au feu. La toile que l’on tire de l’as— beste est incombustible.
- INCOMMENSURABLE, de la partie. Iat. négat. in, de cum, avec, et de mensura, mesure : qui ne peut être mesuré.
- ( Alg. et Géom.)Il se dit de deux quantités qui n’ont point de mesure commune.
- Le côté d’un carré est incommensurable avec sa diagonale.
- Il y a cette différence entre le* incommensurables et les IMAGINAIRES ( K. ce mot. ), que les premiers peuvent se représenter par des lignes , comme la diagonale du carré , quoiqu’ils ne puissent s’exprimer exactement par des nombres} au lieu que les imaginaires ne peuvent ni se représenter ni s’exprimer , et qu’on approche des mcom-raenmrables autant qu’on peut par
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- le calcul, ce qu’on ne peut faire dès imaginaires.
- INCOMMODITÉ, s. f. de la part, lat. négat. m, et de commodum , avantage, utilité : état fâcheux.
- ( Marine) Situation d’un vaisseau qui est incommodé , qui est dans un état fâcheux , qui est dégréé , ou désemparé , ou qui a des voies d’eau considérables , qui le mettent dans le cas de ne pouvoir poursuivre sans risques son voyage.
- Signal d’incommodité ou de détresse ; c’est un signal que fait un vaisseau pour marquer qu’il est incommodé , et pour demander du secours, soit â terre, s’il en est aperçu , soit aux vaisseaux qui sont à vue. Ce sigual consiste ordinairement eu uu pavillon en berne à poupe , et des coups de canon de distance en distance.
- INCüMMU TAB1LITÉ , s. f. de la part. lat. négat. in , et de com-mutare, changer.
- ( Pratique ) Il se dit d’une possession dans laquelle on ne peut être légitimement troublé ; de-là , on dit possesseur incommutable, qui ne peut être dépossédé légitimement, ni évincé de quelque manière que ce soit. ,
- INCOMPATIBILITE, s. f. delà partie, lat. négat. m, et de compd-îiri , sympathiser : antipathie.
- ( Econ. polit. ) Il se dit de l’impossibilité qu’il y a , selon les lois, que deux charges , deux dignités , deux fonctions de certaines natures soient possédées par une même personne.
- INCOMPETENCE , s. f. de la partie, lat. négat. in , et de compe-tenlia , pour una petentia, convenance : défaut , manque de compétence.
- ( Pratique ) Ce mot est opposé à compétence , et signifie, à l’égard d’un tribunal, le défaut de pouvoir instruire et juger certaines affaires.
- INCOMPLEXE,adj. delà partie, lat. négat. in, et de complexus, composé : qui n’est pas composé.
- ( Arilhm. ) On appelle ainsi tout nombre concret ou abstrait.qui n’est pascomposé de plusieurs espècesré-ductives à une seule. Ainsi, i8fr., 55 mètres, 42 pieds, sont des nom*
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- bres incomplexes ; au contraire , 18 fr. 5 cent, sont des nombres coTtl~
- Tjlô XCS•
- INCOMPRESSIBILITÉ, s. f. de la partie, lat. négat. in , et de com-pressum , participe de comprimere ,
- resser , serrer, comprimer : état
- ’une chose qui ne peut être comprimée.
- (Physique) Propriété d’un corps qu’aucune force extérieure ne pour-roit réduire à un moindre volume ; d’un corps qui ne pouf roit-être comprimé par aucune force finie. On ne commît aucun corps de cette espèce.
- INCONNUE, adj. de la partie, lat. négat. in , et de cognitus , connu : qui n’est pas connu.
- f Algèbre ) Quantité inconnue, ou simplement i’mconnue -, c’est la quantité qu’on cherche dans la solution d’un problème.
- INCONTINENCE , s. f. de la partie. lat. négat. in, et du verbe con-tmere , retenir.
- ( Méd. ) Inhabileté , dans quelque organe, à retenir ce qui ne devrait s’écouler qu’avec le consentement de la volonté. On emploie particulièrement ce mot, en parlant de l’écoulement d’urine involontaire.
- INCORPORATION, s. f. de la prépos. lat. in, dans , de corporare , ramasser ^ rassembler en un corps ; l’action de rassembler en un corps.
- ( Chimie ) Union , mélange, jonction d’un corps avec un autre. LV;»-corporation consiste à réduire plusieurs choses de différentes consistances , à une consistance commune, par le moyen de la digestion.
- INCORPORELS, adj. du lat. in-corporalis, incorporeus, composé de îa partie, lst. négat. in , et de Corpus , corps : sans corps.
- ( Pratique ) Les choses incorporelles sont en droit, celles qui ne tombent point sous le sens, maÎ3 qué l’on conçoit seulement par l’entendement , telles que les droits et actions , les successions, et autres cho-ses semblables.
- INCORRECTION, s. f. de la partie. lat. négat. in, et de correctio fait de corrigere. corriger,reprendre, remettre en meilleur état : défaut de ceirec tien.
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- ( Arts du dessin ) Ce mot ne se dit que des formes > et se rapporte par conséquent au dessin. On ne dit pas d’un peintre qu’il est incorrect d’effet j de couleur, de clair-obscur, de composition; mais on peut lui reprocher d’être incorrect dans les contours. HJ incorrection ne détruit pas toujours la grâce, le Cort ège l’a prouvé ; elle accompagne ordinairement la grande beauté du coloris, parce que le peintre craindroit de fatiguer sa couleur en revenant sur les premières incorrections qui lui sont échappées ; parce qu’il donne plus de soin à la beauté des tons, qu’à celle des foi'mes ; et quelquefois même parce qu’un vice de dessin lui prouve une beauté d’effet. Un talent supérieur dans quelque partie de l’art fait pardonner Vin-correction. On ne connoît point de maître plus incorrect que Rembrandt , et son incorrection nuit à peine à sa célébrité.
- INCOURBE, adj. du lat. in, dedans , et de curvus ; intùs curvus, courbe en dedans.
- ( Botan. ) Il se dit des parties des plantes courbées en dedans, de manière que la convexité de la courbure est en dehors.
- INCRASSANT, adj. du lat. in-crassare, épaissir.
- ( Méd, ) Épithète que l’on donne aux substances qui épaississent le sang et les humeurs. Les incrassans sont opposés aux incisifs.
- INCRÉMENT , s. m. du lat. in-crementum, accroissement.
- ( Géom. ) Quantité dont une quantité variable augmente ou croît ; si la quantité variable décroît ou diminue, sa diminution ou son décroissement s’appelle encore alors incrément ; mais Yincrément est négatif. M. Taylor a appelé incrêmens les quantités différentielles.
- INCRUSTATION, s. f. du lat. inscrustare, revêtir, enduire.
- ( Archit. ) Application de quelque pièce de marbre, de jaspe , etc., contre une muraille pour l’orner.
- On distingnoit chez les Romains quatre sortes d’incrustations principales , dont les murs, les planchers , les toits, les pavés, les frises et autres parties des temples , des Tome II,
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- palais et des édifices, éloient couverts. La première espèce, en usage du tems de Curtius et de Fabricius , n’étoit qu’un simple enduit de mortier , composé de chaux et de sable , ou de marbre pulvérisé.
- La seconde s’exécutoit avec des feuilles de marbre appliquées sur la surface des murs. Mamurra, sur-intendant des arcliitectes de Jules-César , dans les Gaules, en orna le premier sa maison duMont-Cœüus ; et tous les palais des grands en furent revêtus sur la fin de la république.
- Du tems de Claude, on peignoit ces grandes et fines tables de marbres ; on fit encore plus sous Néron : on les couvrit d’or , et on r représenta des animaux, des plantes et des fleurs.
- La troisième espèce à’incrustation se faisoitpar de simples feuilles d’or -, ou d’argent battu , ou par des James solides de l’un et <ie l’autre métal.
- La quatrième espèce consistoit en ouvrages de marqueterie et de mosaïque si parfaits qu’on les prenoit pour une vraie peinture.
- INCUBATION, s. f. du lat. in-cubatio , formé de in , sur, et de cubare, coucher: coucher sur.
- ( Hist. nat. ) Action des volatiles qui couvënt des œufs.
- INCUBE, s. m. même origine qu INCUBATION.
- ( Méd. ) Incube, autrement co-chemar, autrement asthme nocturne , est une maladie dans laquelle celui qui en est atteint, sent un engourdissement et une pesanteur qui fait craindre une suffocation , et s’imagine que quelqu'un saute sur lui, à dessein de lui ôter la vie et le sentiment, et l’empêche de crier. Cette maladie est le symptôme avant-coureur d’une maladie dangereuse de la tête ; comme un vertige , une apoplexie , une épilepsie,
- GtINCURSION, s. f. du lat. incur-sio, fait de in, dans , et de currere , courir : courir dans, sar.
- ( Art milit. ) Course de gens de guerre eu pays ennemi, pour le piller et le ravager.
- INCURVATION , s. f. du lat. in, B b
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- in tus , dans, et de curvo, courber : l’action de courber en dedans.
- (Méd ) 11 se dit particulièrement de la courbure naturelle des os.
- INCUSE, adj. du lat. in, dans, en creux, et de cudo , frapper : frappé en creux.
- ( Numisrnat. ) On appelle ainsi une médaille dont un des côtés, ou même les deux , sont gravés en creux au lieu de l’être en relief. Cette faute , qui se rencontre quelquefois dans les antiques consulaires, armi les impériales d’argent et de ronze , et qu’on voit assez communément sur les monnaies modernes, depuis Othona et Henri-l’Oiseleur , vient de la précipitation du mon-nayeur, qui, avant de retirer une médaille qu’il venoitde frapper, re-mettoit une noxivelle pièce de métal , laquelle trouvant d’une part le carré, et de l’autre la médaille précédente ,recevoit l’impression de la même tête d’un côté en relief, et de l’autre en creux, mais toujours plus imparfaitement d’un côté que de l’autre, parce que l’effort de la médaille étoit beaucoup plus foible que celui du carré.
- INDE, s. f. (couleur), F! INDIGO.
- INDEFINI, adj. de la partie lat. négat. in, et de dejinio , limiter , définir : dont on ne peut déterminer les bornes.
- ( Géom. )Une ligne indéfinie est une ligne aussi longue que l’on veut, et qui doit être du moins aussi longue qu’il est nécessaire pour l’opération qu’on veut faire, mais qui peut être plus longue.
- INDÉHISCENCE , s. f. de la particule lat. négat. in , et de dehisco, s’ouvrir , s’entr’ouvrir : privation de la faculté de s’ouvrir.
- ( Botan. ) L’indéhiscence est une qualité essentielle de la baie qui n’a pas la faculté de s’ouvrir spontanément.
- INDÉLÉBILE, adj. de la particule lat. nég. in , et de deleo, effacer : qui ne peut être effacé. Encre indélébile. Caractère indélébile.
- INDEMNITÉ, s. f. du latin in-
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- demnilas, dérivé de damlium^evie, dommage.
- ( Pratique ) Dédommagement occasionne dans un traité, dans une stipulation , etc.
- INDENTE, adj de la partie, lat. négat. in, et de dens , dent : qui n’a oint de dents. C’est un terme de otaniqne.
- INDÉTERMINÉ, adj. deîapar=-tic. lat. négat. in, et de determino, borner, limiter, déterminer.
- ( Mathémat. ) Ce texane, dont les mathématiciens font un usage assez fréquent , signifie en général une quantité ou chose qui n’a point de bornes certaines et prescrites.
- - Quantités indéterminées ou variables ; ce sont celles qui peuvent changer de grandeur, par opposition aux quantités données et constantes, dont la grandeur reste toujours la même ; dans une parabole , par exemple, les co-ordonnés x et y sont des indéterminées, et le paramètre est une quantité constante.
- Problème indéterminé; c’est celui dont on peut donner un nombre infini de solutions différentes. On demande, par exemple, un nombre qui soit multiplié de 4 et de 5 ; ce nombre peut être ao, 4o, 6o, etc. à l’infini.
- Fonctions indéterminées ; on appelle quelquefois de ce nom des fonctions, qui cependant ne sont pas toujours indéterminées, mais ui, pour se servir de l’expression e M. Euler , paroissent le devenir dans quelques cas.
- Le premier auteur qui ait donné un ouvrage sur les problèmes indéterminés est Diophante, mathématicien de l’école d’Alexandrie. Cette partie de l’analyse fit peu de progrès jusqu’au commencement du dix-septième siècle , où Bachet de Mezenaç. a donné un commentaire de Diophante. Fermât, Descartes , Frénicle , en France , et VValis en Angleterre, se proposèrent réciproquement plusieurs problèmes de cette espèce ; mais les géomètres parois-soient avoir oublié ces questions, et même les mépriser comme inutiles, lorsque M. Euler a réveillé leur attention par de très-belles recherches et par des démonstrations générales
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- fle théorèmes qu’on n’avoït trouvés que par induction. M. de Lagrange s’est occupé ensuite des mêmes objets *, et non-seulement il a résolu des problèmes plus généraux, plus difficiles, mais il a trouvé des méthodes plus directes , plus analyli-ues. Le second volume de la Tra-uction des Élémens d’Algèbre de M. Euler , renferme un Traité élémentaire, et avec les additions de M. de Lagrange, une théorie presque complète de cette partie de l’algèbre.
- INDEX , mot purement latin, d’où l’on a fait indico.. indiquer , et indication , indicateur, et. qui pourroit venir du grec èvvhxa> ( en-déikô), indiquer, montrer.
- ( Anat. ) On donne ce nom au doigt le plus proche du pouce de la main , parce que c’est de celui-là qü’on se sert pour indiquer , pour montrer quelque chose avec le doigt.
- ( jirithv) Index est la caractéristique ou l’exposant d’un logarithme. Il montre de combien de chiffres le nombre absolu , qui appartient au logarithme , consiste , et de quelle nature il est, soit qu’il soit Cm nombre entier ou une fraction.
- ( Bibliologie ) Index est aussi la table qu’on met à la fin des livres latins.
- Index expurgatoire, ou simplement index ; c’est le catalogue des livres défendus à Rome par les inquisiteurs. Lorsqu’on dit qu’un livre a été mis à Y index , on entend au catalogue des livres dont la lecture et le débit sont défendus , avec cette différence néanmoins que les uns sont défendus purement et simplement, et que les autres le sont seulement jusqu’à ce qu’ils soient Corrigés.
- Congrégation de Vindex ; c’est Une congrégation établie à Rome pour examiner les livres dont la lecture doit être permise ou défendue.
- Philippe II, roi. d’Espagne , fit le premier imprimer un index ou catalogue des libres défendus par l’inquisition d’Espagne. Le pape Paul IV , à son exemple , en fit imprimer un semblable en i55g, par la congrégation du St.-Office.
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- Pie IV envoya l’examen de Vindex au concile de Trente qui en fit un. Depuis, le duc d'Albe en fit imprimer un à Anvers en 1671. Clément VIII, en i5g6,en fit imprimer un fort augmenté , qu’on appelle le Romain. Le plus considérable est celui de Soito-JYTayor, qui a été fait pour tous les États soumis au roi d’Espagne , qai comprend tous1 les autres, et va jusqu’en 1667.
- ( Mathém. ) I dex se dit encore d’une aiguille portée par uu pivot carré , et dont l’extrémité parcourt un limbe divisé.
- INDICATEL'R, s. etadj. du latin* indico , montrer : qui indique.
- ( Anat. ) Muscle indicateur ; ou appelle ainsi le muscle extenseur du doigt index.
- INDICATIF , adj. même origine qu’INDlCATEUR. .
- ( Méd. ) Signe indicatif ou Midi cant ; c’est ce qui fait connoître à un médecin l’état d’une personne saine ou malade. Par exemple , l’intégrité des fonctions, tant naturelles que vitales et animales , est un sigi,e indicàtif de la santé. La couleur livide d’une partie , l’insensibilité , les.pluiygtènes , l’odeur cadavéreuse, sont des signes indicatifs de la gangrène ou du sphacèle. La chose qui indique, bien connue, prend le nom d’indication , et celle qu’on sait qui est à faire , est la chose indiquée , indicata.
- INDICE, s. m. du latin indicium, signe apparent et probable qu’une chose est.
- ( Jurisprudence criminelle ) Les indices sont des signes des marques ou de», vestiges dont l’on peut tirer des conséquences, non pas certaines et nécessaires , mais probables sur un fait que l’on veut connoître.
- ( Art milit. ) Il y a des indices à la guerre , dit M. le maréchal de Saxe , sur lesquels on peut juger avec certitude. La connoissance que Don a de l’ennemi et de ses usuges y contribue beaucoup ; il y eu a de communs à toutes les nations. Par exemple, lorsque dans un siège on voit le soir, à l’horizon, et sur des hauteurs, des gens attroupés ht dé^œuyrés qui regardent vers la B b a
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- ville, on doit être sûr qu’il y aura une attaque considérable , parce que , dans les différons corps, il s’est fait des détachemens ; ce qui est cause que toute l’armée sait qu’il y aura une attaque, et que les désœuvrés chosissseni les endroits éminens vers la fin du jour, pour pouvoir regarder à leur aise.
- INDICTiON, s. f. du latin inet ictio , impôt : subside, ordre , ordonnance.
- ( Chronol. ) U indiction étoit autrefois un tribut que les Romains
- Îiercevoient toutes les années dans es provinces, sous le nom d'zre-dïetio tribut aria, pour la subsistance des sold ts, particulièrement de ceux qui avoient servi pendant quinze années- Lorsque* rEmpire changea de face, sous les derniers Empereurs , on conserva le terme d’indiction , mais l’acception en fut changée : il ne signifia qu’un espace de quinze années.
- I/époque à laquelle on s’est servi de Vindiction dans ce dernier sens,, n’est pas certaine. Plusieurs historiens prétendent que Constantin l’introduisit en 5i2 , après avoir aboli les jeux séculaires ; mais ils n’en rapportent aucune preuve. On n’est pas plus avancé à l’égard de l’origine de Yindiction romaine pontificale'; ce qui est constant, c’est que les papes, après que Char-iema gne les eut rendus souverains , commencèrent à dater leurs actes par l’année de Vindiction : auparavant, ils les datoient par les années des Empereurs ; et enfin ils les ont datés par celles de leur pontificat.
- On appelle indiction première , indiction seconde, et ainsi du reste, la première, la seconde année de chaque indiction.
- ( Hist. ecclés. ) Indiction se dit aussi de la convocation d’un concile, d’un sjnode, etc. , à certain jour , et meme de la convocation des diverses séances de ces sortes d’a ssemblées.
- INDIENNE , s. f. à’Inde, nom d’un pays qui tire lui-même .son nom du fleuve Indus, qui le tra verse en partie.
- (Manuf.) Toile peinte aux Indes, et, par exteasion, toutes les toiles
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- peintes qn’on s’est habitué à fabriquer en Euiope. Voy ez TOILES PEINTES.
- INDIGENE, adj. et s. du latin indu , employé pour in , dans , et de genitus, engendré : engendré là,
- ( Hist. nat. ) Il se dit des peuples établis de tout tems dans un pays. Les peuples indigènes, et quelquefois absolument efsubstantivement; les indigènes de V Amérique,
- ( Botan. ) Plante indigène c’est une plante propre à tel ou tel pays, qui y croît naturellement, qui n’v a pas été introduite d’un autre pays.
- INDIGESTE, adj. de la particule, lat. négat. z», et de digestum , participe de digerere, mettre en ordre , distribuer, dissoudre, digérer : qui n’est pas facile à digérer.
- ( Méd. ) Il se dit de tous les ali-mens qui demeurent dans l’estomac, sans recevoir de coction.
- INDIGESTION, s. f. même origine quTNDIGESTE.
- ( Méd. ) Mauvaise coction des simiens dans T estomac, digestion, difficile ou dépravée, d’où résultent deux sortes de crudités, l’une acide, l’autre ni doreuse. Voy. APEPS1E , DYSPEPSIE.
- INDIGNE , adj. de la partie, lat. négat. in, et de clignas, digne : qui n’est pas digne , qui ne mérite p.'.s.
- ( Pratique ) Celui qui ayant manqué à quelques devoirs essentiels envers son parent, son ami , son bienfaiteur, s’est rendu par sa lâcheté , incapable de profiter des avantages qu’il en pouvoit recevoir.
- INDIGO, s. m. du grec bvJtubf ( indikos) , indien.
- ( Technol. ) IJ indigo est une fécule ou un suc épaissi que l’on tire par artifice de la tige, ou des feuilles de Y ami ou indigo. Les Turcs et les Persans appellent cette plante, nil, dont nous avons fait anil ; au lieu A'alnil, qui est le mot turc , avec l’article arabe al. Anil n’est plus guères eu usage, depuis que cette plante nous vient de l’Amérique.
- Avant que l’on cultivât cette plante en Amérique, et lorsqu’elle n’étoit encore connue qu’anx Indes, les anciens naturalistes ignoroient
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- son origine. Pline croît que c’est une écume de roseaux qui s’attache à une espèce de limon, qui est noir quand ou le broie, et qui fait un beau brun mêlé de pourpre , quaud on le délaye. Dioscoride prétend que c’est une pierre.
- La préparatiou de l'indigo est une des plus grandes richesses des habitans des colonies de l’Amérique.
- Les feuilles et les tiges de l’anil sont d’abord mises dans des sacs , et portées dans l’indigoterie. Au-dessous d’un réservoir toujours rempli d’eau claire , on dispose trois cuves les unes au-dessous des autres. On met dans la première, appeleefrera-poir, la tige et les feuilles de la plante; là, elles se macèrent, et fermentent plus ou moins vite , selon la température de l’air, mais ordinairement dans l’espace de 24 heures. •
- Dès que les parties colorantes se développent, et que l’eau devient bleue, on fait couler cette eau dans la seconde cuve, qu’on nomme batterie, et on l’agite afin de séparer la feuille, de son sel, et d’une huile qui lui est entièrement liée par la fermentation. Cette opération est la plus importante et la plus délicate , l’indigotier observe soigneusement les diS'érens phénomènes qui se passent dans le travail de la batterie, afin de saisir l’instant favorable où il doit faire couler l’eau chargée de fécule colorante dans la troisième cuve , appelée reposoir ou diablotin, pour que cette fécule s’y agglomère, et s’y- ressuye. Lors-la fécule est bien reposée , on la prend avec une cuiller, et on en emplit des chausses de ligure conique , de la longueur de quinze à vingt pouces,.afin que l’eau s’écoulant , et l’humidité s’évaporant, l’indigo acquière une consistance rie pâte ; on vide alors les chausses dans des caissons carrés oblongs , d’environ deux à trois pouces de profondeur, et on y fait sécher Yindigo à i’ombre , sous des hangards aérés, pratiqués exprès; ensuite on le coupe en petits pains carrés pour le distribuer dans le commerce.
- Le bel indigo se recounoît à sa sécheresse, à sa légère té , à son ia-
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- flammabilité, et à sa couleur bleus ou violette.
- On distingue plusieurs sortes d’m-digo, qui tirent leur nom du lieu où on lts recueille. Le Cerquès , la Guatimala, le Jamaïque, le Java, le Laure, le St.-Domingue , sont bien connus ; mais les plus estimés sont le Guatimala, le Laure , et le St.-Domingue.
- Cette marchandise peut être aisément falsifiée , et il est très-difficile de découvrir la fraude.
- M. Pugh, de Rouen, distingue trois genres de fraudes , auxquelles peut etre soumis l’indigo.
- i°. Celle qu’on peut reprocher aux indigotiers eux-mêmes , et qui consiste à précipiter, concurremment avec la fécule, des substances terreuses, qui, artistement enveloppées par les molécules de Vin-digo lui-même, n’altèrent pas sensiblement sa beauté.
- 2°. Celle des fabricateurs européens, qui introduisent dans leurs manipulations , de nouvelles substances étrangères , dont les essais d’usage habituel ne peuvent déceler l’existence,
- 3°. Enfin, celle des marchands d'indigo ,. qui par un assortiment" bizarre, mais par un coup de main assez adroit, mêlent et confondent des indigos de diverses qualités , et leur donnent, par la manipulation du robage et du pierrage , l’aspect flatteur de 1 "indigo le plus recherché.
- Les moyens employés jusqu’ici our connoître toutes ces espèces e fraudes, sont la combustion , et l’application de l’aeide muriatique oxigéné, à une dissolution à’indigo par l’acide sulfurique concentre ; mais les contrefacteurs sont parvenus à faire servir ces méthodes elles-mêmes, d’un nouveau témoignage en faveur de leurs fraudes.
- La méthode employée par monsieur Pugh , pour découvrir toutes les espèces de fraude , consiste à séparer la fécule de la chaux que les indigos peuvent contenir, et par conséquent à désoxigéner Vindigo t ou en d’autres termes, à le faire passer de l’état de fécule bleue insoluble, à celui de fécule
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- verte , soluble clans la chaux et les alcalis.
- M. Pugh de'montre que la partie dissoute par la chaux représentant seule Vindigo , c’est de sa séparation de la chaux qu’on peut juger strictement la quantité de fécule que les indigos peuvent contenir.
- Pour les moyens à employer pour obtenir ce résultat, T'oyez Système des Annales Chimiques de Four-croy , vol. 8, p. 67 ; et le i8‘‘ n". des Annales des Arts et Manufactures d’Oreiily.
- ( Optique ) Indigo est aussi une des sept couleurs primitives dont Ja lumière est composée. C’est la sixième en commençant à compttr par la pins forte , ou , ce qui est la même chose , par la moins réfran-gible.
- Les corps qui nous paroi ssent d’une couleur d’indigo , ne nous paraissent tels., que parce que leur surface réfléchit les rayons indigo , en beaucoup plus grande abondance que les autres.
- INDISSOLUBILITE , s. f. de la partie, lat. nég.in, et de dissoluo , dissoudre : qualité de ce qui est indissoluble.
- ( Chimie ) On dit Vindissolubilité de l’or dans l’eau forte , de l’argent dans l’eau régale.
- INDIVIDU , s. m. du lat. indivi-duurn , chose qui ne peut être divisée.
- ( Didactique ) Il se dit de chaque être organisé , soit animal , soit végétal , par rapport à l’espèce dont il fuit partie. Un arbre, une mousse sont deux individus du règne végétal , comme un éléphant, une souris , sont deux individus du règne animal.
- INDIVIS, adj. du latin individus , qui n’est point divisé.
- - ( Pratique ) Indivis se dit de ce
- qui n’est point encore divisé, partagé par indivis, conjointement, sans division.
- Les co-propriétaires d’unè même chose par indivis, ont un droit qui s’étend sur la totalité , et en même tems sur chaque partie de la chose.
- INDIVISIBILITE, s. f. même origine qa’individu: état de ce qui ne’ peut être divisé.
- (Physique ) Propriété qu’auroit
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- un corps qui serait absolument insécable. On ne connoît point de corps de celte espèce , car ils sont tous composés de parties ; et l’on conçoit aisément ces parties séparées les unes des autres.
- INDIVISIBLE , adj. même origine qu’ indivisibilité.
- ( Géométrie ) On entend par ce mot en géométrie , ces élémens infiniment petits, au ces principes dans lesquels quelques géomètres ont supposé qu’un corps, ou une figure quelconque, pouvoit être décomposé.
- Iis prétendent qu’une ligne est composée de points, une surface de lignes parallèles, et un solide de surfaces parallèles et semblables ; et comme iis supposent que chacun de ces élémens est indivisible, si, dans une figure quelconque , Uon tire une ligne qui traverse ces élé-roens perpendiculairement, le nombre des points de cette ligne sera le même que le nombre des élémens de la figure proposée. Suivant cette idt;e , ils concluent qu’un parallé-lograme , un prisme, un cylindre , peut se résoudre en élémens ou indivisibles , tous égaux entr’eux , et semblables à la base.
- Cette manière de considérer les grandeurs s’appelle la méthode des indivisibles. Cavaileri est le premier qui l’ait introduite dans ses ouvrages, et après lui Toricelii. Elle a encore aujourd’hui un grand nombre de partisans parmi les mathématiciens, parce qu’elle est d’un excellent usage pour abréger les recherches et les démonstrations mathématiques.
- IN-DOUZE, s. m. du latin induo- decirno^ in duodecimâformâ.
- ( Bibliographie ) Format in-douze ; c’est une sorte de livres dont chaque feuille est pliée eu douze.
- On l’appelle in-douze du nom»-' bre des compartimens de caractères dont chacune des deuxformes d’imprimerie est composée.
- Le format d’un livre se recon-noît, en général , à la manière dont la feuille est pliée, à la réclame, à la signature, et à la direction des pontuseaux , c’est-à-dire qu’il faut d’abord voir comment la feuille est pliée, combien elle contient de
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- pages d’une signature , ou d’une réclame à l’autre , et comment sont disposés les pontuseaux. Dans Vin-douze, la feuille est pliée en douze: elle contient 24 pages , et les pontuseaux sont disposés horizontalement. V. FORMAT, FORME, RECLAME , SIGNATURE, PONTUSEAUX , VERGEURE.
- INDUCTION , s. f. du lat. in, dans , et de duco , conduire , conduire dedans ,. introduire : instigation, impulsion.
- (Elocut.} L’induction, oul’exem-pîe , n’est autre chose qu’un raisonnement , où l’on établit un fait particulier par un ou plusieurs autres faits qui se rapportent à la même idée générale. C’est ainsi que Pau-— lin , dans laBérénice de Racine , tâche de détourner Titus de l’envie qu’il a d’épouser la reine Bérénice : Jules , qui le premier, etc.
- ( Pratique) Les inductions, en termes de palais , sont des preuves, des conséquences , des avantages que l’oti tire des pièces , dont une partie s’est servie dans son inventaire de production. Ces conséquences, ou inductions, sont contredites par la partie adverse dans des écritures ou procédures , qui , pour cette raison , sont intitulées contredits.
- ( Chirurgie) Les chirurgiens en- • tendent parce mot l’action d’étendre un emplâtre , pu d’appliquer quelque chose sur telle partie du corps que ce soit.
- JNDULT, s. m.du lat. indultum, participe d’indalgeo, avoir de l’indulgence , épargner, permettre,
- ( Jurisprudence canonique ) L'induit est en général une grâce que le pape accorde à quelque corps , ou à quelques particuliers, pour faire, ou obtenir , quelque chose contre le droit commun ; tel est le droit de nommer à certains bénéfices , ou de les tenir contre la disposition du droit commun.
- ( Commerce ) Induit se dit aussi du droit que le roi d’Espagne lève sur l’argent et sur les marchandises qui arrivent de l’Amérique.
- INDURATION , s. f. du lat. in-du. o , endurcir : rendre dur.
- ( Chirurgie ) Endurcissement 5
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- c’est une des cinq manières dont se terminent les tumeurs humorales.
- INDUSTRIE, s. f. du lat. indus-trius, ab intro struendo ; travailler pour sa famille : diligence , travail assidu.
- (Finances) Eu matières de finances, industrie est opposé à fonds réel, et signifie ,«travail , le commerce, le savoir faire.
- ( Commerce ) l’industrie , en terme de commerce , s’entend en général de tous les travaux qui ont pour objet de produire quelque chose d’utile à la consommation ; elle a pour but de multiplier les moyens de trayail, et de diminuer les frais de transport et de fabrication.
- INÉGALITÉ , s. f. de la partie, lat. négat. in , et tVœqualis , égal : défaut d’égalité.
- ( Astron. ) Les astronomes font un grand usage de ce terme, pour désigner toutes lesirrégalarités qu’on observe dans le mouvement des planètes -.première inégalité, seconde inégalité.
- Inégalité optique; celle qui ne dépend que de la distance, par opposition à l’inégalité réelle.
- ÉQUILATÈRE , adject. de la partie, lat. in, d ’cequits, égal, et de laïus , côté : à côtés inégaux. Terme de Botanique.
- 1NÉQU1 VALVE , adj. de la partie. lat. négat. in , d’œquus , égal, et de valua , valve : dont les valves sont inégales. Terme de Botanique.
- INERME, adj. de la partie, lat. ne'gat. in , et de arma, armes ?sans armes.
- ( Botan. ) 11 se dit des parties des plantes qui sont sans piquans , ou sans épines.
- INERTIE , s. f. du lat. inertia, fait d’iners , composé de la partie, lat. négat. in , et d’ars , art, force : sans art, sans force.
- ( Physique ) Propriété qu’ont les corps de rester d'eux-mêmes dans leur état de repos ou de mouvement, jusqu’à ce qu’une cause étrangère les en. tire. L’inertie est une force qui réside dans tous les corps, et elle
- y est toujours proportionnelle à la
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- masse ou à la quantité de matière propre de chaque corps.
- INFANT, te , s- du lat. infans , enfant.
- ( ÏScon. polit.) Ce titre d’honneur, que l’on donne aux enfans d’Espagne et de Portugal, passe communément pour s’êire introduit dans le premier de ces deux royaumes , à l’occasion du premier mariage d’Eléonore , d’Angleterre avec Ferdinand II, roi de Castille, et avoir été donné pour la première fois au prince Sanche, son fils. Cependant, Pelage , évêque d’Oviédo, qui vivoit en 1110 , dit que , dès le règne de Vérémond II, le titre d’infant et cl’infante étoit déjà usité en Espagne.
- INFANTERIE, s. f. de l’espagnol infanteria, corps de gens de guerre , qui marchent et qui combattent à pied.
- ( Art mi lit. ) Selon quelques anciens auteurs , l’infanterie tire son nom d’une infante d’Espagne , laquelle ayant appris que le roi son père , qui commandoit une grosse armée, avoit été défait dans une bataille contre les Maures , assembla un nombre de gens de pied, dont l’usage pour les combats en plaine étoit alors inconnu.
- Elle marcha à leur tête aux ennemis, et remporta sur eux une victoire complète ; en sorte que, pour conserver la mémoire d’une action si extraordinaire , les piétons Espagnols se formèrent le mot infanterie , du nom de cette illustre princesse. Ce mot a passé depuis dans les troupes de presque toutes les nations. Wachter fait dériver ce mot du teulonique/ezzzhz.
- INFANTICIDE, s. m. du lat.zVz-fanlicidimn , formé dé infans , enfant, et de cœdere, frapper : meurtre d’un enfant. Il se dit aussi du meurtrier d’un enfant.
- INFERE , adj. du lat. infero , faire entrer , fourrer.
- ( Botan. ) Faisant entièrement corps avec le tube du calice , de manière qu’il porte sur son sommet toutes les autres parties de la fleur.
- Demi-infère ; qui ne fait corps avec le tube du calice que par sa moitié inférieure 5 sa partie supé-
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- rienre étant manifestement saillante.
- INFEUILLÉ, adj. du lat. zw/o-liatus ; terme de botanique : non feuille. V. APHYLLE,
- INFIBULATION, s. f. du lat. in-fbulare , pour fibulâ includere , renfermer dans une boucle, boucler.
- ( Chirurgie ) Opération pratiquée autrefois à la verge des jeunes garçons , et qui consistoit à tirer le prépuce en avant, et à le traverser avee un anneau , afin de les empêcher d’avoir commerce avec les femmes.
- Les Romains avoieut un double but dans cette opération : celui de conserver la voix des jeunes gens qu’ils destinaient à êtres chantres , en les empêchant de dissiper leurs forces dans un commerce prématuré avec les femmes , et de les mettre en état, à vingt-cinq ans ( le tems on on ôtoit cet anneau ) , d’engendrer des enfans forts, et capables de servir la république.
- INFILTRATION, s. f. du lat. in-fltratio , de la prépos. in , et de filtrum, filtre : action de passer au-travers d’nn filtre.
- ( Chimie) Terme nouveau, dont on se sert en chimie pour exprimer l’action par laquelle une humeur se glisse , et s’insinue insensiblement dans le tissu cellulaire des parties solides. L’anasarque est une hydro-pisie par infiltration. L’ascite est une hydropisie par épanchement.
- INFINI, s. et adj. de la partie, îat. négat. in, et d e finitus, fini: qui n’a ni commencement ni lin , qui est sans borne et sans limites , innombrable.
- ( Géom. ) Géométrie de Vinfini j c’est proprement la nouvelle géométrie des infiniment petits, contenant les règles du calcul différentiel et intégral. V. DIFFERENTIEL, INTEGRAL , FLUXION. On admet en géométrie des quantités infinies du second , du troisième , du quatrième ordre.
- Arithmétique des infinis ; c’est le nom donné par M. Wallis à la méthode de sommer les suites qui ont un nombre infini de termes. V. SUITE, SERIE.
- INFINIMENT PETIT. On appelle ainsi en géométrie les quan-
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- tités que l’on regarde comme plus petites que toute grandeurassignable. Il y a des infiniment petits de dit— férens ordres ; et l’on dit ordinaire-mant que quand a: est infiniment petit , y est infiniment petit du second ordre, c’est-à-dire , aussi infiniment petit par rapport à x , que x l’est par rapport à a ; ce qui signifie que plus on prendra x petit, plus le rapport de y à x sera petit; en sorte qu’on peut toujours les rendre moindres qu’aucune quantité donnée.
- INFLAMMATION, s. T. du lat. inflammare, enllammer,embraser : l’action qui enflamme une matière combustible.
- ( Méd. ) La maladie à laquelle en donne le nom d’inflammation, ou de phlegmon , est ainsi appelée parce qu’elle produit des effets pareils à ceux du feu. En général, Vinflammation est une chaleur, une ardeur , une âcreté, et une rougeur qui survient aux parties du corps, tant internes qu’externes, même sans tumeur ; les viscères , les ulcères , les plaies sont attaqués de pareilles inflammations. En particulier, on entend par inflammation une tumeur causée par la présence du sang artériel, qui croupit dans les plus petits vaisseaux, augmentée par le mouvement du reste du sang que la fièvre jette dans une agitation plus violente , accompagnée de rougeur, de douleur , de chaleur et de tension de la partie.
- INFLÉCHI, adj. de la prépos. lat. in, dedansj en dedans, et de flexum , partie, de flectere, fléchir, courber.
- ( Botan. ) Fléchi en dedans : c’est l’opposé de réfléchi.
- INFLEXION , s. f. même origine quTNFLECIH : action de ce qui se fléchit.
- ( Eloquence de la voix) Inflexion de voix ; ce sont les cliangemens de la voix , lorsqu’on passe d’un ton à un autre , ou la facilité qu’on a, soit en chantant, soit en pariant, à faire ces cliangemens , et à passer d’un ton à un autre.
- ( Grammaire ) Inflexion se dit aussi de la variation des noms et des verbes, en des tems ou des modes
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- différens ; autrement, la déclinaison , et la conjugaison.
- ( Optique ) Inflexion est la déviation que souffrent les rayons de lumière , lorsqu’ils rasent les bords d’un corps opaque. C’est la même chose que ce que l’on appelle plus communément DISTRACTION, V. ce mot.
- ( Géom.) Point d’inflexiend’une courbe ; c’est le point où une courbe commence à se courber , ou à se replier dans un sens contraire à celui dans lequel elle se courboit d’abord , c’est-à-dire , où , de concave qu’elle étoit vers son axe, elle devient convexe], et réciproquement.
- ( Astron. ) Inflexion est encore le nom que les astronomes donnent à un phénomène , qui paroît constaté depuis quelques années ; savoir ; le changement de direction des rayons de lumière qui rasent le bord de la lune. Les ra3rons se rompent dans l’atmosphère de la terre , et cette réfraction est d’environ 34 minutes; mais si la lune a également une atmosphère , et que les rayons y soient rompus , cette réfraction doit produire un effet sur les éclipses ; elle doit en changer la durée.
- JJ inflexion des rayons qui rasent les bords de la lune , paroît indiquée par les observations de l’éclipse de 1764 , que M. Duséjour à discutées , et il la trouve d’environ trois secondes et demie, et il l’attribue à une petite réfraction de l’atmosphère.
- INFLORESCENCE, s. f. du latin inflorescenlia, formé de la prépos. lat. in, dans, et Aejlorescere.fi eurir.
- ( Botan. ) Linneus a compris sous ce titre les diverses dispositions des fleurs , le lieu où elles naissent, etc.
- INFLUENCE, s. f. du lat. influ-entia, fait de la prépos. lat in, dedans , et de fluere , couder, se décharger , influer.
- ( Astrologie judiciaire ) ISinfluence ou l'influx des astres , est cette vertu mystérieuse , fondement de l’astrologie judiciaire , attribué aux planètes et aux étoiles fixes , de décider et régler le sort , la fortune , les mœurs, et le caractère des hommes , en conséquence d’un aspect particulier , d'un passage au méri-
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- dieu dans un tems marqué , etc. C’est sur cette influence que portent les prédictions , les horoscopes, les divinations qui ont rapport aux choses fortuites,aux événemensvolontaires , ou regardés comme tels, etc.
- On ne croit plus maintenant à l’influence des astres, si ce n'est, tout au plus , à celle de la lune sur les saisons et sur les variations de l'atmosphère.
- INFORMATION , s f. du latin informâtio, fait d’informare, former, façonner , instruire.
- ( Pratique ) Procès-verbal d’audition des témoins, en matière criminelle.
- L’information est la base et le fondement d’un procès criminel.
- INFORME, adj. du lat. forma, forme . et de la particule nég. in , qui n’a pas Informe qu'il doit avoir, imparfait.
- { Hist. nat. ) Les productions naturelles qui n’ont pas la forme qu’exigent leslois delanature, sont informes.
- ( Technologie ) Les productions artificielles qui n’ont pas la forme prescrite par lesrègîes de l’art, sont informes.
- ( Pratique') Informe se dit aussi des actes qui n’ont pas la forme prescrite par les ordonnances et les règlemens.
- ( Astronomie ) Etoiles informes ; c’est le nom que les astronomes ont donné aux étoiles sparsiles, spo-rades ou dispersées, qui n’entrent point dans la forme des grandes constellations , à cause de leur grand éloignement de la masse de ces constellations.
- INFRACTION, s. f. du latin in-fractio du verbe infringo , briser , rompre : transgression, contravention.
- ( Pratiquera pture ou violentent d’une loi.
- ( Droit public ) Rupture ou transgression d’un traité. Le secours qu’on donne aux enneijiis de nos alliés est une infraction au traité de paix.
- INFUNDÏBULÉ ou INFUNDI-RULIFOE.ME, du lat. fundibulum, entonnoir.
- ING
- ( Bolan. ) Qui a la forme d'un entonnoir.
- INFUSION , s. f. du latin in , dans, et d e fundo, verser, l'action de verser dedans, d’infuser.
- ( Pharmacie ) Opération par laquelle on met tremper un médicament dans quelque liqueur chaude, pour en tirer ia vertu , sans le faire bouillir.
- Infusion se dit aussi de la liqueur imprégnée de la vertu des médicamens qu’on y fait infuser.
- ( Chirurgie ) Infusion est encore une opération de chirurgie, par la moyen, de laquelle on injecte une liqueur dans une veine qu’on a ouverte, soit pour gnérirles maladies, en faisant entrer dans le sang des médicamens liquides , attirans ou évacuaos, soit pour faire quelques expériences anatomiques.
- INGENIEUR , s. m. du latin in-genivm, cl’où nos pères avaient fait engin , pour exprimer machine , instrument, invention trouvée avec esprit 5 dans le moyen âge on appelé it ingeniosi le» machinistes et ceux qu’on nomme aujourd’hui in~ genium et ingénia les machines qu’ils montoient.
- ( Génie ) Celui qui invente , qui trace et qui conduit des travaux et des ouvrages , pour attaquer, défendre ou fortifier les places.
- Les ingénieurs sont en France un corps qui doit son établissement à M. le maréchal de Vauban. Avant lui, rien n’étoit plus rare que les hommes de cette profession. Le petit nombre d’ingénieurs obligés d’être toujours sur les travaux, étoient si exposés que presque tous se trou-voient ordinairement hors d’état de servir d>s le commencement ou au milieu d’un siège. Cet inconvénient, joint à plusieurs autres défauts, dit M. le maréchal de Vauban, ne con-tribuoit pas peu à la longueur des sièges.
- ( Marine ) Il ingénieur de lama-nne est établi dans les ports pour diriger et surveiller les ouvrages de maçonnerie, les fortifications maritimes , la construction des bassins et des quais, etc.
- Ingénieurs, constructeurs de la marine, çç sont des ingénieurs ex-
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- perts dans la construction des vaisseaux qui dressent les plans et devis des vaisseaux à construire, et en dirigent le travail.
- Ingénieurs géographes des camps et armées; ce sont ceux qui doivent lever le plan du camp d’assemblée , et successivement tous ceux que l’armée occupe ; ils lèvent aussi le plan des lignes , des retranclie-mens et des postes importans. Dans les sièges , ce sont ceux qui lèvent le plan delà tranchée, et qui envoient tous les jours au générai ou au ministre le détail desprogrèsdela nuit.
- Ingénieurs des ponts et chaussées ; ils sont chargés de conduire les travaux pour la construction et l’entretien des ponts , chaussées , chemins, etc. L’établissement de ces ingénieurs date de Henri IV.
- INGUINAL, adj. dulat. inguen, l’aine , qui appartient à l’aine.
- ( Anat. ) Les glandes inguinales sont celles qui sç trouvent situées à l’aine et qui sont de la grosseur d’une fève.
- INHÉRENCE, s. f. de la préposition latine in , dans, et de tiœro, être attaché : l’union de choses inséparables par le ur nature.
- ( Physique ) L’inhérence est une qualité qui réside ou que l’on croit résider dans les corps, indépendant-* ment d’aucune cause ou action extérieure. Les newtoniens , par exemple, prétendent que l’attraction est une qualité inhérente dans les corps.
- INHIBITION, s. f. du latin inhi-bitio, fait de in, dans, et de habeo , retenir , défendre.
- {Pratique) Défense, prohibition.
- INHUMATION, s. f. du latin inhumâtio, formé de in, dans, et de humare, pour humo mandat e, mettre en terre , inhumer : l’action d’inhumer, enterrement.
- INITIAL, adj. du v. latin, inilio, dérivé d'ineo , initier, introduire.
- ( Imprime! ie ) Lettres initiales ; ce sont les grandes lettres qu’onmet à la tête des chapitres ou articles, des alinéa et des noms propres.
- ( Paléographie) Les initiales, en termes d’antiquaires, sont les premières lettres d’un mot, qui sont mises pour le mot entier, ou dans
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- des inscriptions ou sur des médailles. il ne faut pas confondre les lettres initiales avec les abréviations où l’on joint plusieurs lettres. P. P. pour pater patriœ, sont des initiales : et TR. POT, pour tri-bunitiâ poiestate, sont des abréviations.
- INITIATION, s. f. du lat. inilio, pour z'.’7<?o, introduire, initier : cérémonie par laquelle on est initié à la connoissance de certains mystères.
- ( Sciences et Arts) En matière dè sciences , il se prend pour introduction, premières connoissances.
- Ce petit t: aité est un ckef-d’ceu-> vre, quoiqu’il ne soit qu'une initiation à la science dont il parle.
- INJECTION , s. f. du lat. injec-tio, formé d’injicio , pour jacio in , jeter dedans , injecter : action par laquelle on injecte.
- ( Chirurgie ) Action par laquelle on fait entrer avec une seringue quelque liqueur dans le corps, dans l’anus, les plaies, les ulcères, les fistules, les artères, les veines, etc.
- Il se dit.aussi de la liqueur qu’on injecte. Les lavemens sont des espèces d ’ injections.
- ( Anatomie ) l/art des injections est la méthode de remplir les vaisseaux des animaux avec une liqueur colorée, qui, se durcissant, tient les vaisseaux distendus et fermes , et laisse la liberté d’en observer plus exactement la distribution , la situation et les diamètres; de découvrir le nombre de leurs ramifications et de leurs anastomoses, •qu’il ne seroit pas possible d’aper -cevoir sans ce moyen.
- La decouverte des injections a beaucoup contribué à éclaircir l’économie animale. Malpighy et G-lisson se sont servis de liqueurs colorées ; mais Swmerdam paroît être le premier qui ait employé une préparation de cire, et il apprit lui-même cette méthode, en 1666 , à Van-Horn et à Hade.
- Ce ne fut qu’en 1668 que Graaf fit graver la figure des instrumens dont il falloit se servir, et. qu'il décrivit tout ce merveilleux artifice. Ruysch a poussé cet art plus loin; il a fait une espèce de mystère de sou industrie ; mais à pré-
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- sent les anatomistes sont suffisamment instruits de la manière de remplir les vaisseaux; et M. Lau-monier , de Rouen, est par venu , au moyen du mercure, à faire des injections à froid, qui surpassent les opérations laineuses du cabinet de Florence.
- INNE, ÉE, adj. du lat. inna-scor, naître, ou croître dedans.
- ( JDidact . ) Qui est né avec nous, idées innées, qualités innées.
- INNAVIGABILITÉ, s. f. de la partie, latine négat. m, de navigo, naviguer, et d’habilitas , disposition, capacité : qualité de ce qui n'est pas propre à naviguer.
- (Marine , Commerce) L’idée propre attachée à ce mot emporte la dégradation absolue et irrémédiable de quelques-unes des parties essentielles du vaisseau , sans lesquelles il ne sauroit subsister comme navire , et remplir l’objet de sa destination. On compare l’innavigabilité au naufrage »
- INNOMÉ, ouINNOMINÉ, de h particule latine négat. in , ' et de nomen, nom : sans nom ; qui n’a point de nomination particulière.
- (Anal.) On appelle es innominés les os dc-s hanches qui forment le bassin.
- (Pratique) Contrat innomé^ ou innominé ; c’est une convention réciproque et synallagmatique entre le donateur et le donataire, dans laquelle l’un promet de faire > et l’autre de donner. L’engagement d’un domestique est un contrat innomé.
- INNOVATION , s. f. du latin in, dans, et de novare, renouveler y changer, innover : l’action d’innover.
- ( lîcon. -polit. ) Introduction de quelque nouveauté , dans une coutume , dans un usage, dans les lois d’un peuple, etc.
- INOCULATION , s. £ du latin inoculo , pour oculum unius ar~ boris alteri adhïbere, insérer l’œil d’un arbre dans un autre arbre.
- ( Agriculture ) Sorte de greffe qui se fait en appliquant l’écusson de manière que son œil soit exactement sur la place où il y
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- en avoit un avant l’incision; elle est inusitée.
- ( Méd. ) Inoculation ( on sous entend de la petite vérole) ; c’est une opération par laquelle on communique artificiellement cette maladie ; elle a été ainsi appelée à cause de son analogie avec celle de l’ente ou de la greffe des arbre» dite en écusson.
- L’usage de communiquer artificiellement la petite vérole, dans la vue de prévenir le danger et les ravages de cette maladie contractée naturellement, subsiste, de tems immémorial dans les pays voisins de la mer Caspienne , et parîieulièremennten Circassie. C’est de-là que cette pratique a passé en Grèce et en Dalmatie, où elle a plus de deux cents ans d’ancienneté.
- L'inoculation fut apportée ou renouvelée à Constantinople , sur la fin du dix-septième siècle, par une femme de Thessamnique, qui inocula plusieurs milliers de personnes. lieux docteurs de l’université de Padoue,Emmanuel Tiinoni, et Jacques Pilarini furent témoins de ses succès, adoptèrent leur pratique , et la répandirent dans le reste de l’Europe.
- L'inoculation fut apportée à Londres Fan 1721 , par myladyH Montagne, et en France, en 1756.
- Inoculation de la vaccine. FV VACCINE.
- INODORE , adj. de la particule latine négat. in , et à’odor, odeur: sans odeur.
- ( Ihst. nat. ) Sans odeur : fleurs inodores.
- INONDEES, adj. de la prépos, latine in , dans, et d’unda , onde , eau : couvertes d’eau , submergées.
- ( Botan. ) Il se dit des plantes
- 3ai naissent dans l’eau, et qui ne ottent jamais à sa superficie. INQÜART, s. m. du lat. quarto partager eu quatre, et de la prépos. lat. in , dans.
- ( Chimie) C’est le nom d’une opération dans laquelle on ajoute à une masse d’or alliée d’argent une quantité suffiante de ce dernier métal, lorsqu’on veut en faire le départ par la voie humide. ’Cest
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- la même chose que QUARTATION. V. ce mot.
- INQÏJIÉTATION , s. £ du latin inquielalio, formé de la particule latine négat. in , de quies , repos, et d’agere , faire : l’action de troubler le repos.
- (Pratique ) Trouble, empêchement, qui interrompt la prescription V. INTERRUPTION.
- INQUISITION, s. £ du latin inquisitio, fait d’inquL ere, composé de in, et de quire e , inquêter.
- ( Hist. ecclés. ) Tribunal ou juridiction ecclésiastique établie en certains pays pour rechercher et pour punir ceux qui ont des sen-timens contraires à la foi catholique.
- Cette juridiction ecclésiastique, érigée par le siège de Rome , en Italie, en Espagne, en Portugal, aux Indes même pour extirper les Juifs , les Maures, les infidèles et les hérétiques , fut établie vers l’an 1200, adoptée par le comte de Toulouse en 122g, et confiée aux Dominicains par le pape Grégoire ÏX, en 1253. Innocent IV établit son empire en 12.51 dans toute l’Italie excepté à Naples. L’Espagne s’y vit entièrement soumise en i448; le Portugal l’adopta l’an i557. Douze ans auparavant Paul III avoit formé la congrégation de ce tribunal, sous le nom du Saint-Office , et Sixte V confirma cette congrégation en i558.
- INSCRIPTION, s. £ du latin inscriptio , formé de in, dans, sur, et de scribere, écrire : l’action d’écrire dedans ou sur.
- ( Paléographie ) Inscription est ce qu’on écrit sur du cuivre ou sur du marbre, aux édifices publics, aux ares de triomphe , etc. , pour conserver la mémoire de quelques personnes , de quelque événement considérable.
- L’histoire nous apprend que de toute antiquité les Phéniciens et les Egyptiens gravoient sur des pierres les événemens mémorables de leur nation, et que c’est d’eux que les Grecs en prirent l’usage, etc. Ce sont les inscriptions des Cretois qui nous apprirent quelles étoient les cérémonie- de* sacrifices dès
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- corybantes ; celles trouvées dans le temple de Jupiter Triphylien ont fourni les matériaux nécessaires pour composer l’histoire de Jupiter et celles des autres Dieux. Les briques sur lesquelles les astronomes babyloniens ecrivoient leurs observations n’ont pas été moins utiles. L’on sait que Pytbagore trouva les principes de sa “philosophie dans les inscriptions gravées eu Egypte sur des colonnes de marbre, et que le fils de Pisistrate fit graver sur des colonnes de pierre des préceptes utiles aux laboureurs.
- Chez les- Romains , Numa fit graver sur des tables de chêne toutes les cérémonies de sa religion. Sous les Empereurs , on grava sur des lames de plomb tout ce qui méritoit d’être conservé, et l’on composoit des volumes de ces lames en les roulant. V. EPIGRAPHE.
- ( Pratique ) Inscription de faux ; c’est une déclaration judiciaire par laquelle on soutient qu’une pièce ou un titre est faux, contrefait ou altéré-
- ( Administrai* ) Inscription hypothécaire ,\ on appelle ainsi P inscription faite dans des registres publics ; elle est destinée à fixer le rang des hypothèques et à assurer le privilège sur les immeubles.
- ( Peinture, Sculpture ) Inscription est une phrase courte qu’on emploie quelquefois pour servir d’explication à un ouvrage de l’art. Les ouvrages de sculpture sont ordinairement accompagnés d’ms-criptions, lorsqu’ils représentent des hommes dont on veut conserver la mémoire. Elles se gravent sur les côtés de la base.
- Dans les premiers tems de la. renaissance de l’art , des peintres , tels que Amabué et quelques autres s’avisèrent de faire sortir de la bouche de leurs figures des rouleaux sur lesquels ils écrivoient ce qu’ils avoient prétendu leur faire dire. On raconte que, dans un tableau appartenant à la famille de Levi, on voyoit dans un vieux château nn seigneur de cette maison à genoux devant la Vierge ; de sa bouche sortoit un rouleau, sur lequel on lisoit : Bon jour Marie ;
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- et îa Vierge lui répondoit par un
- rouleau : Bon jour, mon cousin.
- Cet usage étoit trop ridicule pour n’être pas détruit dès que l'art se perfeciionneroit ; mais on louera toujours un artiste , quand par quelques moyens vraisemblables il pourra l'aire connoître ou son sujet , ou son principal personnage , ou quelque chose enfin qui facilite l’intelligence de l’action ou des sen-timens représentés. Il pourra quelquefois y parvenir par une courte inscription sur un portique, sur une base de colonne , sur une pierre , par le titre d’un livre fermé , par quelques mots sur une page d uu livre ouvert, par une phrase commencée sur une lettre , etc.
- Le plus bel exemple d'inscription , comprise dans le tableau même , nous est fourni par le Poussin. La scène est dans la molle et délicieuse Arcadie. Un jeune homme et une jeune fille, deux amans sans doute , venoient dans un lieu favorable au plaisir chercher la volupté ; ils y trouvent un tombeau , et un berger qui leur montre sur la pierre sépuichrale cette inscription : Et in Arcardiâ ego. ( Et moi aussi j’ai vécu dans l’Arcadie. ) Quel passage de l'idée du plaisir à celle de la mort !
- INSCRIT , adject. même origne qu’JNSCHIPTION.
- ( Géom. ) On dit qu’une figure est inscrite dans une autre , quand tous les angles de la figure inscrite touchent la circonférence de l’autre. Une hyperbole inscrite est celle qui est entièrement renfermée dans l’angle de ses asymptotes, comme l’hyperbole ordinaire.
- INSECTE , s. m. du lat. insec-tum , entrecoupé.
- ( Ilist. nat. ) Petit animal dont le corps est coupé comme par anneaux , ou partagé en plusieurs sections : c’est à cette particularité qu’ils doivent leur nom.
- INSECTOLOGIE , s. f. du latin insectum , ennecoupé , fait de seco , couper , et du grec xbyo; (logos), discours: traité des insectes. On dit autrement ENTOMOLOGIE , V. ce mot.
- INSERTION , s. f. du lat. insero, formé d’in dedans, et de
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- mettre, approcher; mettre dedans, insérer : l’action d’insérer.
- ( Anatomie ) L’attache , l’union étroite des vaisseaux , des fibres , des muscles , et des membranes avec d’autres parties.
- ( Botan. ) Insertion se dit aussi de l’union, de l’attache des feuilles, des rameaux, des fleurs, des pétales , des étamines. Il y a autant d’insertions différentes qu’il y a de manières dont les parties qui composent les plantes sont attachées ou insérées sur d’autres parties.
- INSESSION, s.f. dulat. insidere, fait d’in , clans , sur, et de sido ou sedo , s’asseoir, se poser : l’action d’être assis dessus.
- ( Méd. ) L’insession est un nom que l’on donne au demi-bain , parce qu’on le prépare quelquefois avec la décoction de plusieurs herbes sur lesquelles on fait asseoir le malade. Il se dit aussi du bain vaporeux que le malade prend étant assis sur une chaise percée, au-dessous de laquelle on a mis une décoction chaude de quelques herbes, dont on lui fait recevoir la vapeur.
- INSEXE , ÉE , adj. de la partie, lat. négat. in , et de sexus, sexe:
- ( Botan. ) Il se dit des fleurs qui n’ont point de sexe.
- INSINUATION , s. f. du lat. in-smuatio, formé delà prépos. in, dans, de sinus ; et de facio : l’action de faire glisser dedans.
- ( Rhétorique ) On appelle in si- > nuation , en rhétorique , ce qu’on dit dans un discours pour s’insinuer dans la bienveillance des auditeurs.
- ( Pratique ) Insinuation est la transcription en entier ou par extrait de certains actes dans des registres publics.
- INSIPIDE, adj. de la partie, lat. négat. in , et desapire , sentir, avoir du goût : qui n’a aucun goût, aucune saveur.
- ( Physique ) Insipide se dit de tout ce qui n’affecte point l’organe du goût d’une manière distinguée : telle est l’eau parfaitement pure.
- INSOLATION , s. f. du lat. inso-lare, pour in soient mittere, exposer ausoleil :l’action d’exposer au soleil.
- ( Chimie pharmaceut. ) Préparation de remèdes, qui se fait en les
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- ««posant aux rayons les plus arclens du soleil.
- INSOLITE, aclj. de la partie, lat. »ég. in, et de solitum, partie, de solo, avoir coutume : contre l’usage.
- ( Pratique) Ce qui est ïiors d’usage f ce qui n’est pas commun.
- INSOLUBLE , adj. de la partie, lat. négat. in , et de solubilis, soluble , dérivé de solvo , dans la signification de dissoudre.
- ( Chimie ) Il se dit d'une substance qui ne peut se dissoudre.
- INSOMNIE , s. f. du lat. insom-nia , composé de la partie, négat. in , et de somnus , sommeil : privation du sommeil.
- ( Méd. ) Indisposition qui consiste à ne pouvoir dormir.
- INSPECTEUR , s. m. du lat. inspectant , part, d’inspicio , formé d’in , dans, et d’aspicio , regarder : celui qui regarde dedans, qui inspecte, qui a inspection sur quelque chose ; inspecteur des manufactures ,• inspecteur des bâtimens ; inspecteur des fortifications ; inspecteur de la cavalerie, de !infanterie , etc.
- INSPIRATION , s. f. du lat, inspira tio , formé de la prépos. in, dans, dedans, et de spiro, souffler : l’action de faire entrer en soufflant.
- ( Physiologie ) Partie de la respiration , dans laquelle l’air est porté dans les poumons par les narines et la bouche ; ou acte par lequel la poitrine des hommes ou des animaux, en se soulevant ou s’élargissant, reçoit de l’air, dont bientôt après elle expire une partie. P. EXPIRATION , RESPIRATION.
- ( Hist. ecclés. ) Inspiration se dit aussi de l’élection d’un pape , et signifie la manière dont elle s’est faite. Quand tous les vœux , tous les suffrages se sont réunis en faveur d’un même sujet, et au premier scrutin ; on dit alors que l’élection «’est faite par inspiration,
- INSTALLATION, s. f. du latin installatio, dérivé de stallum, siège, chaire , dont on a fait installa, pour in stallum mitto , placer quelqu'un sur le siège qu’il doitoG-
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- cuper. Le latin stallum a pu venir de i’allemand stall, qui signifie la même chose.
- ( Econ. polit. ) Mise en possession 5 ce mot s'est dit originairement des gens d’église, en les faisant asseoir sur le siège où ils dévoient psalmodier ; mais il s'est dit ensuite indifféremment de tous ceux qui sont mis en possession de quelque office , charge , fonction , dignité , etc.
- INSTANCE, s. f. du lat. instan-tia, fait d’insto , presser vivement , poursuivre : poursuite , sollicitation pressante.
- ( Pratique) Demande , poursuite en justice.
- Tribunal de première instance -, c’est, en France, un tribunal établi pour connoître des matières civiles, des matières de police correctionnelle , et qui prononce sur l’appel des jugemens rendus en premier ressort par les juges de paix.
- INSTANT , s. m, du lat. instans, la plus courte durée du teins.
- ( Mat hé mat. ) Partie du lems très-petite , ou d’une très-courte durée , et tellement courte , qu’ell» ne nous paroît pas divisible , quoiqu’elle le soit réellement.
- C’est un axiome en mécanique, qu’aucun effet naturel ne peut être . produit en un instant. On voit par là d’où vient qu’un fardeau paroît plus léger à une personne à proportion qu'elle porte vite, et pourquoi la glace est moins sujette à se rompre, lorsqu'on glisse dessus avec vitesse , que lorsqu'on va plus lentement.
- INSTANTANE , adj. du latin intantaneus, dérivé d’instans, instant.
- ( Physique ) Acte qui ne dure qu’un instant. C’est en ce sens qu’on dit que l’action de la matière électrique est instantanée , et qne la propagation de la lumière ne l’est pas. Cependant, l’acception dé ce terme n’est pas toujours aussi rigoureuse , et on l’applique quelquefois à un phénomène dont la durée , courte à la vérité , a pourtant quelque durée commensurable : alors, il est synonyme à prompt et passager.
- INSTAURATION , s. f. du la Un
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- instar, semblable, dont on a fait instaurare, pour ad instar alterius facere, faire à l’exemple d’un autre, ou rétablir une chose , comme elle étoit auparavant : rétablissement d’un temple , d’une religion, etc.
- INSTILLATION, s. f. dulat. in, dans, et de stilla, goutte, dont on a fait stillare, verser goutte à goutte: l’action de verser goutte à goutte.
- ( Méd. ) L^action de laisser tomber goutte àgoutte quelque liqueur. On guérit les surdités par des remèdes qu’on instille dans l’oreille.
- INSTINCT , s. m. du lat. ins-tinctus , mouvement, dérivé dhlzs-tinguare, qu’on a dit pour stigere, instigare , exciter.
- ( Morale ) Terme par lequel on exprime le principe qui dirige les bétes dans leurs actions ; un certain mouvement, un certain sentiment, quelque chose enfin que leur a donné la nature pour leur faire conuoître et chercher ce qui leur est bon, et éviter ce qui leur est mauvais.
- INSTIPULÉ, ÉE, adj. de la particule lat. négat. in, et de stipula , paille, chaume.
- ( Bot an. ) Plantes sans stipules.
- INSTITUT, s. m. du latin insti-tuturn , dérivé d’insiituere, pour in statuare, poser, établir, dans : chose établie, coutume, manière, façon d’agir, loi, maxime , méthode, manière de vivre selon une certaine règle , dans une société ou communauté.
- ( Sciences et Arts ) Institut de Bologne ; c’est le plus bel établissement de l’Italie. On y trouve une académie pour les sciences, une bibliothèque, un observatoire très-bien monté, un grand cabinet d’histoire naturelle, et un de physique, des salles pour la marine, pour l’art militaire, pour les antiquités, pour la chimie , pour les accouchemens, pour la peinture, et pour la sculpture, avec des professeurs habiles dans chacune de ces parties.
- Institut national des arts et des sciences ; c’est un établissement littéraire fixé à Paris, pour s’y occu-
- Îier à perfectionner les sciences et es arts. Cet établissement, destiné à remplacer les anciennes académies, est divisé en trois classes ,
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- dont chacune est subdivisée en plusieurs sections.
- ( Jurisprudence ) Institut, au féminin et au pluriel, est le nom d’un ouvrage qui contient les principes , les élémeus du droit romain, rédigés sous les ordres de l’empereur Justinien , par les jurisconsultes Tribonien , Théophile , et Dorothée.
- Les institut es doivent être le ma-nuel de ceux qui veulent s’initier dans la science des lois. Cet ouvrage est d’autant plus recommandable , qu’au moyen de l’ordre admirable qui y est observé , il présente, sous un point de vue facile à saisir , tout le système de la jurisprudence des Romains.
- INSTITUTION, s. f. même origine qu’IN STITUT , action par laquelle on institue, on établit ; il se prend aussi pour la chose instituée.
- ( Pratique ) Institution contractuelle ; c’est une convention stipulée dans un contrat, par laquelle on iustitue quelqu’un son héritis:, indépendamment de la loi.
- Institution d’héritier ou testamentaire ; c’est la nomination d’un héritier, successeur universel que l’on fait par son testament.
- INSTRUCTION, s. f. du lat. ins-truere, formé (Vin, et de struere, mettre en ordre, bâtir, construire, l’action d’instruire: éducation, institution.
- ( Praliaue ) Instructions; ce sont les procédures nécessaires pour mettre une affaire en état d’être jugée. Mais on donne spécialement ce nom aux procédures qui se font depuis l’assignation jusqu’à l’appoin-teinent définitif. Il y a aussi des instructions qui se font depuis i’ap-pointement jusqu’au jugement définitif. Telles sont les demandes incidentes, les inscriptions de faux, etc.
- INSTRUMENT , s. m. même origine qu’INSTRUCTION : tout ce qui sert à faire quelque chose.
- ( Technologie ) On appelle , en général, instrumens, tout ce qui sert à l’ouvrier et à l’artisan , pour faire les ouvrages de leur art.
- ( Chimie ) On appelle instrumenti l’attirail chimique, tout ce qui sert aux opérations chimiqnes, les fourneaux, les vaisseaux, etc.
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- ( Chirurgie ) On comprend sous èe nom tout ce qui sert aux opérations chirurgicales.
- ( Mathématiques ) Instrument, par excellence, se dit de ce qui sert a faire des opérations de géométrie ; comme le COMPAS, la REGLE , le NIVEAU, le COMPAS DE PROPORTION, le GRAPHOMÈTRE, le P AN rOMETRE , etc. Voy. ces mots à leur place.
- ( Astron. ) Les Tnstrumens d’astronomie sont les lunettes, cercles, ou machines de toutes espèces, dont les astronomes se servent pour observer les astres et mesurer leurs mouvemens. F. ANNEAU ASTRONOMIQUE , ARBALETE, AR-MILLES , ASTROLABE , EQUATORIAL , GNOMON, HELIOMETRE, LUNETTE, LUNETTE MERIDIENNE ou INSTRUMENT DES PASSAGES, LUNETTE PA-RALLACTIQUE, MERIDIENNE, MICROMETRE, MURAL, PENDULE, PLANETAIRE, QUART DE CERCLE, QUARTIER DE REFLEXION , RETICULE , SECTEUR, SPHERE, TELESCOPE.
- ( Art nu lit. ) lnstrumens militaires ; les instramens militaires des anciens, tant pour la cavalerie que pour l’infanterie , étaient la trompette, le cor et le cornet. La trompette était d’airain, et son- noit la charge et la retraite. Le cor, qui était du même métal, appeloit à l’assemblée. Il sonnoit devant le général, et lorsqu’on punissoit de mort des soldats , pour marquer que cette exécution se faisoit par so i autorité. Pour le cornet, il était de corne de bœuf sauvage, garni et embouché d’argent; il faisoit marcher les enseignes et les arrêtoit. Dans les batailles, les trompettes et les cornets sonnoient ensemble. En France, la trompette et les timbales sont les instrumens militaires de la cavalerie. Le tambour est réservé à l’infanterie.
- ( Musique ) Instrument est un terme générique sous lequel on comprend tous les corps artificiels qui
- Feuvent rendre et varier les sons à imitation de la voix.
- Il y a trois manières de rendre des sons sur des instrumens ; savoir : par les vibrations des cordes, par Tome II.
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- celles de certains corps élastiques , et par la collisiou de l’air enieriné dans des tuyaux.
- Ils se divisent généralement en instrumens à cordes , instrumens à vent, instrumens de percussion.
- INSTRUMENTER , v. n. même origine qu’INSTRUMENT.
- ( Pratique ) Dresser des actes publics qui fassetit foi en justice.
- INSUFFLATION, s. f. du lat. in, dans, et de sufflare, souffler : l’action de souffler dans.
- ( Méd. ) L’action de souffler dans quelque cavité du corps, pour transmettre à quelque partie affectée le remède qui lui convient, et qui peut lui être appliqué de cette manière.
- INSULAIRE, adj. du lat. insula, île : habitant d’une île.
- INSULTER , v. a. du lat. insul-tare , formé à’in, dans, sur, et de sultare, sauter : sauter dessus , insulter, maltraiter quelqu’un de fait ou de paroles.
- ( Art miht. ) Insulter c’est attaquer hautement un poste, y venant à découvert pour se mêler à coups de mains sans vouloir se servir des tranchées, de la sappe , et des droites attaques qui se fout dans les formes, en gagnant le ter rein pied à pied. On insui e ordinairement la contre-escarpe, pour ne pas donner loisir à l’ennemi de faire jouer les fougasses ou fourneaux qu’il peut y avoir préparés.
- INTACTILE, adj. de la partie, lat hêgat in , et de 4(ingéré , toucher : qui ne peut pas être touché. Terme didactique.
- INTÉGRAL, LE, adj. du latin integralis , fait d’integer , entier.
- ( Mathém transcend. ) Le calcul intégral est Tinversç du calcul différentiel. {F. DIFFÉRENTIEL). Il consiste à trouver la quantité infinie, dont une quantité infiniment petite proposée est la différentielle.
- Les géomètres n’ont rien laissé à désirer sur le calcul différentiel ; mais le calcul intégral est eùcor* très-imparfait.
- Newton et Leibnitz sont les inventeurs du calcul intégral.
- Jean Bernouilii ajouta aux découvertes de Newton des méthode Ce
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- particulières pour des cas très-étendus , et des principes généraux sur la nature des fonctions différentielles. 3Y1M. Euber et d’AIsmbert ont été ïes disciples de Jean Bernouilli , et ont donné des méthodes plus générales pour des cas plus difficiles , et perfectionné beaucoup la théorie du calcul. M. Fontaine s'est presque uniquement occupé de cet objet j il a partagé avec M. Euler la première 'découverte des équations de conditions éclairci et développé la théorie des constantes arbitraires , et connu le premier, le nombre d'équations intégrales dechaque ordre que peut avoir une même équation des ordres supérieurs.
- Les applications qu’on a faites du calcul intégral, ont pour objet l’analyse pure , la science du mouve-meut , et la connoissance des phénomènes de la nature.
- C’est par le calcul intégral qu’on a déterminé , avec la plus grande généralité , le centre de gravité d’oscillation , ou de procussion des corps curvilignes.
- Dès l’année 1686 Newton avoit publié sa théorie du mouvement des planètes. Depuis ce temps, et même jusqu’en 1747 , la connoissance du système du monde fit très-peu de progrès ; mais aujourd’hui le flux et reflux de la mer , le mouvement des satllites des planètes principales et des comètes , l’effet de la résistance de l’éther sur tous les corps, la ligure de la terre et des planètes , la précession des équinoxes, la nutation de l’axe de lâ terre , la libration de la lune , les vibrations des cordes , les oscillations de l’air sonore , les causes des vents, sont traités d’après des principes nouveaux et plus certains, par les Laplace,les Lagrange , et autres géomètres qui ont remplacé Newton.
- INTÉGRANT , TE , adj. du lat. integrare , pour intégrant facere : rendre entier.
- ( Physique) Nom que l’on donne aux parties qui entrent dans la composition d’un tout , qui toutes ensemble font que ce tout est entier.
- Elles diffèrent des parties essentielles , en ce que celles-ci sont absolument nécessaires à la compo-
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- sition du tout, en sorte qu’on n’en peut ôter une sans que le tout change de nature ; au lieu que les parties intégrantes ne sont nécessaires que pour la totalité , et sont, pour ainsi dire, le complément du tout. Ainsi , le bras n’est qu’une partie intégrante de l’homme , le corps et l’ame eu sont des parties essentielles.
- INTELLIGENCE, s. f. du lat. in-telligere, pour inter legere., unum ex alio colligere, entendre , concevoir pénétrer : faculté ; intellective capacité d’entendre, on comprendre.
- ( Peinture ) Ce mot s’emploie dans les arts , pour exprimer les choses qui tiennent plus au géni e de l’artiste qu’à l’étude et au travail. La science du dessin , Vintelligence du clair-obscur.
- ( Art militaire ) Il se dit aussi , en matières de négociations ; être d’intelligence avec l’ennemi c’est s’informer de ce qui se passe. On dit d’un général qu’il a des intelligences dans une place qu’il assiège , et que par conséquent il ne tardera pas à s’en rendre maître.
- INTEMPÉRANCE, s. f. de la particule lat. négat. in , et de teni-perare, dérivé de tempus , pour tem-poris rationem habere, faire une chose en ten.s , régler , tempérer: vice opposé à la modération , à la tempérance.
- ( Méd. ) Usage immodéré des ali— mens et des boissons , vice contraire à la sobriété , à la chasteté, à la modération.
- P’intempérance du vin et des femmes ruine la santé.
- INTEMPÉRIE , s. f. de la particule lat. négat. in , et de tem-peries, pour temporis res , comrno-ditas , saison , tems convenable : mauvaise disposition , dérèglement.
- ( Physique ) Il se dit de l’air et des saisons : On souffre beaucoup de l’intempérie de l’air.
- ( Méd.) IIse prend, en médecine, pour défaut de tempérament , et on le dit, non seulement du corps humain en général , mais aussi de ses viscères , de chaque partie en particulier , et même du sang et des autres humeurs.
- INTENSITÉ , *. f. du latin in-
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- tendere , pour admodum tendere , tendre extrêmement avec force : le degré d’existence , de force ou d’activité d’une chose.
- ( Physique ) Ce mot exprime la valeur d'une puissance, ou l’énergie d’une qualité quelconque , comme la chaleur , le froid, l’élasticité , etc. etc. ; car toutes les qualités étant susceptibles d’augmentation ou de diminution, elles peuvent donc avoir plus ou moins d’intensité.
- ( Mécan. ) On s’en sert beaucoup en mécanique , pour désigner la force d’nne action comparée à celle d’une autre* action , dans des circonstances semblables : ainsi , l’on dit la résistance d’un fluide a d’au-,tant plus à’intensité , toutes choses d’ailleurs égales, que ce milieu est plus dense , etc.
- ( Musique ) Les sons intenses sont ceux qui ont le plus de force , qui s’entendent de plus loin ; ce sont aussi ceux qui étant rendus par des cordes fort tendues , vibrent par là même plus fortement. Il est opposé à REMISE. V. ce mot.
- INTENTIONNEL, LE, adj. du lat. intentio , dérivé d:intendere, tendre vers : qui appartient à un dessin , i\ un mouvement de l’ame , par lequel on tend vers quelque fin.
- ( Jurisprudence criminelle ) Question intentionnelle ; c’est une question soumise à la décision du jury de jugement, l'elative à l’intention de l’accusé en commettant le crime qu’on lui impute. Cet accusé a été acquitté par la question intentionnelle.
- INTERARTICULAIRE,radj. de la prépos. lat. inter, entre, au milieu, et ( rarticulus, article , jointure.
- ( Anat. ) Il se dit des parties situées entre deux pièces osseuses articulées.
- INTERCADENCE., s. f. du lat. inter, entre , au milieu , et de ca-dere , tomber : tomber entre, survenir.
- ( Méd. ) Il se dit du pouls lorsqu’il est tantôt fort, tantôt foible ; et l’on appelle pouls intercadent, une espèce de pouls inégal , dans lequel il se fait uuç pulsion au
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- milieu de deux battemens ordinaires.
- INTERCALAIRE, adj. de la prépos. lat. inter, entre , au milieu , et de calare, appeler en haussant la voix; appeler entre , insérer : qui est inséré, intercalé.
- ( Chronol. ) Il se dit proprement du jour que l’on ajoute au mois de février aux années bissextiles. Ce jour est ainsi nommé parce qu’il étoit annoncé à haute voix par les pontifes romains, qui faisoient eux-mêmes la cérémonie de Vintercalation. C’est leur négligence à s’acquitter de ce devoir, qui obligea César à réformer le calendrier.
- On appelle mois intercalaire, celui qu’on ajoute tous les trois ans aux années lunaires. V. CALENDRIER , BISSEXTILE.
- ( Méd. ) On entend , en médecine, par jours intercalaires, ceux qui tombent entre les jours critiques dans les fièvres intermittentes ; les jours qui tombent entre deux accès, s’appellent jours intercalaires.
- ( Poésie) II se dit aussi de certains vers qu’on répète dans quelques poëmes, comme dans les chants royaux, dans les ballades, dans les virelais, etc.
- INTERCEPTER , v. a du lat. inter cipere , formé d’inter , entre, au milieu ,sur, et de capere, prendre : prendre au milieu , surprendre.
- ( Art milit. ) Il se dit des lettres que l’on a surprises , et par où l’on découvre quelque secret ; d’un con-voi de vivres, de munitions, ou d’un détachement de troupes que l’ou a enlevé allant à sa destination.
- ( Physique ) Larrey ale premier employé ce terme dans le sens d’interrompre les rayons du soleil, et en général, le concours direct d’une chose.
- INTERCOSTAL,LE, adj. du lat. inter, entre , au milieu , et de costa, côtes.
- ( Anat.) Il se dit des parties situées entre les côtes.
- INTERCURRENT , TE , aflj. du lat. inter, entre, au milieu, et de curro , courir.
- ( Méd. ) Pouls intercurrent ; c’est la,même, chose.que pçulsàn-tercadejit Kt ce mot. . |V y C e as '
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- Oa appelle fièvres intercurrentes, des fièvres continues qui paroissent indifféremment entre des fièvressta-tionnaires , tantôt plus , tantôt moins , sans dépendre de la constitution particulière de l’année ; telles sont la fièvre pourpreuse ,1a
- Îdeurésie, la fausse péripneumonie, a fièvre érysipélateuse , etc.
- INTERCUTANÉ, adj. du lat. inter, entre, et de cutis, peau.
- ( Physiol.) Qui est entre la chair et la peau..
- INTERDICTION, s. f. de la pré-pos. lat. inter, qui a ici force dénégation , et de dico, ordonner : défense par sentence, ou arrêt.
- ( Pratique ) Acte par lequel on ôte à celui qui est incapable de se conduire, la faculté de contracter et de disposer que la loi lui accorde.
- Les principales causes de Ÿinterdiction , sont la démence , la dissipation , la prodigalité , etc.
- Interdiction d’officier ; c’est un acte par lequel un officier est obligé de Suspendre ses fonctions.
- ( Jurisprud. rom. ) Interdiction du feu et de Veau ; c’étoit une formule de-condamnation chez les Romains : en ordonnant de refuser le fer et l’eau à quelqu’un, c’étoit le mettre dans la nécessité d’en aller chercher ailleurs : c’étoit le bannir.
- INTERDIT, s. m. même origine qu’INTERDICTION.
- { Mist. ecclês. ) Censure ecclésiastique qui suspend les prêtres de leurs fonctions ; c’est encore une excommunication générale, lancée contre une province, un État, une ville, etc. 1/usage des interdictions a commencésous Grégoire VU ; mais on a vu que ces rigueurs nui-«oient à la religion, et les papes n’en usent plus. On dit : Jetter Vinterdit , lever Vinterdit.
- INTÉRÊT, s. m. du lat. inter esse, intervenir, participer.
- ( Commerce ) Il se prend pour ce cpi’on appelle ordinairement action : TJn tel a un intérêt considérable dans cette affaire ; pour dire qu’il y a placé des fonds considérables : Mettre un homme hors d’intérêt \ pour dire, le dédontmager.
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- Il se dit aussi du profit qu’on retire de l’argent qu’on a prêté.
- U y a deux manières d’énoncer V intérêt. »
- On dit tantôt que l’intérêt est à tant pour cent par an, ou tel autre terme : tantôt que l’intérêt est à tel denier. Suivant la première, on entant qu’autant de fois que 100 est contenu dans le capital, autant de fois on tire pour l’intérêt le nombre désigné par tant.
- Suivant la secondé , il faut entendre qu’autant de fois que le nombre qui marque le denier est contenu dans le capital, autant de fois on> tire un d’intérêt ; ainsi le denier étant à 18 , Vintérêt est à 1 pour 18.
- Intérêts lunaires -, c’est le nom que l’on donne dans les échelles du Levant aux intérêts usuraires que les Juifs exigent des nations chrétiennes qui ont besoin de leur argent. On les appelle ainsi, parce que les débiteurs payent tant pour cent par lune.
- INTÉRIM, s. m. mot emprunté du lat., qui signifie entre tcms : eu attendant, cependant.
- ( Econ. polit. ) Gouverneur par intérim, commandant d’une armée par intérim, pour dire celui qui gouverne pendant l’absence , ou après la mort du gouverneur en titre ; celui qui commande l’armée après la mort du général en chef et jusqu’à ce que le prince ait, nommé son successeur.
- ( Hist.ecclês. ) En i548, Charles-Quiut donna le nom d’intérim à un règlement qui avoit pour but de pacifier l’Allemagne , en déterminant les articles de foi que les pro-testans et les catholiques dévoient adopter jusqu’à ce qu’un concile général les eût entièrement décidés. On fit beaucoup d’écrits pour et contre cet intérim-, Melanchthon le défendit, et Robert Cénaîis, évêque d’Avranches, le réfuta.
- INTERJECTION, s. f. du latin interjicio, composé d’inter, entre, .au milieu, et àejacio, jeter entre.
- ( Grammaire ) C’est cette partie d’oraison qui exprime le cri des passions , l’admiration , la joie , etc.
- ( Pratique ) Interjection d’appel j c’est l’action par laquelle on
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- déclare qu’on est appelant d’un jugement.
- INTERLIGNE , s. £ du Jat. inter , entre, au milieu, et de lima , ligne : entre ligne.
- ( Ecrit. ) L’espace Diane qui est entre deux lignes : écrire dans l’interligne.
- ( Imprimerie ) Règles minces de bois ou de métal, que l’on met entre chaque ligne pour leur donner plus de blatic.
- ( Pratique ) Les interlignes sont défendues en matières d’actes publics i s’il y a quelques changemens à faire, les notaires, greffiers, etc., doivent faire des renvois ou des apostilles qui puissent être signés ou paraphés par les parties intéressées.
- INTERLOCUTOIRE , adj. et s. du lat. inter, entre, au milieu, et de loquor, parler , dire.
- ( Pratique ) U se dit d’un jugement qui interloque, ou qui ordonne qu’une chose sera prouvée ou vérifiée , avant qu’il soit prononcé sur le fonds de l’affaire.
- INTERLOPE, s.m. du lat. inter, entre , au milieu, et du hoïlaudais, loopen, entrer : entrerfurtivement, s’immiscer sans en avoir le droit dans une affaire , dans le commerce d’un autre.
- ( Commerce ) Ce mot se dit des vi isseaux marchands qui font un commerce clandestin et illicite ; il est sur-tout en usage , en parlant des colonies de l’Amérique, et particulièrement de celles des Espagnols , dont les ports sont, sans exception, rigoureusement fermés aux étrangers, et dont le commerce lucratif attire beaucoup de vaisseaux marchands étrangers, le long de leurs côtes , pour tâcher de débarquer dans des endroits secrets, dont on est convenu avecîes habitans du pays, les marchandises prohibées; ou de faire de quelque manière le trafic qui leur est défendu par les lois, sans être découvert par les vaisseaux gardes-côtes du roi d’Espagne.
- INTER-LUNIUM, s. m. mot emprunté du latin , composé d’inter, entre , et dé luna , lune : entre Inné.
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- ( Astron. ) Tems où la lune ne paroît pas : deux jours avant et après la conjonction.
- INTERMÈDE, du latin inter-médius , qui est placé au milieu, qui est entre deux.
- ( Jeux scéniques 1 Sorte de représentation et de divertissement : comme danse , ballet, chœur , etc., entre les actes cl’une pièce de théâtre.
- Dans l’ancienne tragédie, le chœur chantoit dans les intermèdes pour marquer les intervalles entre les actes. Les Romains supprimèrent ces chœurs, et introduisirent à leur place des mimes , des danseurs, etc.
- Dans le moyen âge , 1’ intermède, connu alors sous le nom d’ENTRE-METS ( V. ce mot ) , étoit un spectacle muet , accompagné de machines,, où des hommes, des animaux exprimoient ordinairement une action ; et quelquefois des bateleurs faisoîent leurs tours.
- Aujourd’hui c’est une pièce de musique et de danse qu’on insère à l’opéra, et quelquefois à la comédie , entre les actes d’une grande pièce.
- INTERMITTENCE , s. f. du lat. intermitto , mettre entre, interrompre, discontinuer : interruption, discontinuation.
- ( Méd. ) Intermittence du pouls ; c’est lorsque dans un ordre réglé de pulsations le pouls cesse de battre par intervalles ; en sorte qu’entre deux, trois ou quatre battemens il en manque un ou deux. U intermittence du pouls est ordinairement un mauvais présage dans les maladies.
- D’intermittence, on a fait intermittentes , pour désigner les fièvres qiii reviennent par accès souvent périodiques, et qui cessent entièrement dans les intervalles : elles sont opposées aux fièvres continues.
- {Hydraul.) On appelle fontaines, sources intermittentes, celles qui coulent pendant un certain tems, et qui cessent ensuite de couler , pour recommencer quelque tems après à couler de nouveau.
- INTERNE, adj. du lat. internus, pour inter natus, qui est au dèdans.
- ( Physiol. ) II s’entend de ce qui est relatif au dedans, ou au plan.
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- que l’on imagine diviser le corps en deux parties égales et symétriques.
- ( Méd.) Maladies internes ; celles dont le siège est au - dedans du corps; ce sont les plus dangereuses.
- - ( Géom. ) Angles internes ; ce sont les angles formés par les côtés d’une figure rectiligne , et pris au-dedans de cette figure.
- La somme de tous les angles internes d’une figure rectiligne quelconque , est égale à deux fois autant d’angles , moins quatre , que la figure a de côtés.
- On appelle encore angles internes, ceux qui sont formés entre deux parallèles, par l’intersection d’une troisième ligne. Dans ces parallèles, la somme de deux angles internes du même côté , est toujours égale à deux angles droits.
- INTERNONCE, s. m. du latin inter, entre, et de nuntius, nonce.
- ( Diplomat. ) Ministre chargé des affaires de Rome, en une cour étrangère , pendant qu’il n’y a point de nonce exprès et en titre.
- INTEROSSEUX , adj. du latin inter, entre, au milieu, et d’ossum, os : situé entre les os.
- . ( Anat. ) Il y a des artères interosseux, des ligamens interosseux, des muscles intercsseux.
- INTERPELLATION, s f. du lat. interpello, formé d’ inter, entre, et de pellere, interrompre , sommer , interpeller : sommation.
- ( Pratique ) sommation faite à quelqu’un de répondre sur ce dont il est interpellé.
- INTERPINNE , F.E , adj. du lat. inter , entre, et de pinnalus, crénelé , à folioles.
- . ( Botan. ) Feuille interpinnée ; celle qui a de petites folioles interposées à de plus grandes.
- INTERPOLATION, s. f. du lat. interpolo , renouveler , repolir : l’action de renouveler, de repolir.
- ( Littéral. ) Ce terme , emprunté de l’art du foulon , a été employé par les critiques , pour désigner les choses ajoutées postérieurement à un manuscrit. Les copistes ont défiguré plusieurs pièces anciennes , et les ont interpolées, en y ajoutant des choses de leur tems.
- ( Mathématiques et Physique )
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- Il se dit aussi de la méthode d@ trouver une loi qui lie plusieurs faits.
- ( Astron. ) C’est aussi une méthode employée par les astronomes, pour remplir les intervalles d’une suite de nombres, d’observations ou de calculs, dont la marche n’est pas égale ni le progrès uniforme.
- INTERPOSITION, s. f. du latin inter , entre, et de pono, mettre ; mettre entre, interposer : l’état, la situation d’un corps interposé entra deux autres.
- ( Pratique ) Interposition de décret ; c’est proprement le jugement qui ordonne que le bien saisi, sera vendu et adjugé par décret.
- ( Astron. ) Interposition se dit aussi de la situation d’un astre entre deux autres, de manière à former une éclipse.
- L’éclipse de soleil ne se fait que par Vinterposition de la lune entre le soleil et nous; et celle de la lune,
- Ï>ar Vinterposition de la terre entre e soleil et la lune ; celle des satellites de Jupiter, par Y interposition de Jupiter entre ces satellites et le soleil.
- INTERPRÈTE, s. m. du latin interpres , pour inter partes, selon les uns, et pour interprœs, selon d’autres ; celui qui se porte pour caution entre deux parties; celui qui rend les mots d’une langue par les mots d’une autre langue.
- (Littéral. ) C'est, en général, celui qui fait entendre les sentimeus , les paroles, les écrits de quelqu’un.
- INTERRÈGNE, s. m. du latin interregnum , tems pendant lequel un royaume est sans roi.
- INTERREX, s. m. mot purement-latin.
- {Hist. rom.) On appeloit ainsi chez les Romains, un magistrat qui étoit revêtu de l’autorité suprême durant cinq jours, pendant la vacance du trône sous la royauté,- ou, sous la république, pendant la vacance des premières magistratures.
- INTERROGATOIRE, s. m. du latin interrogare , former d’inter, entre, et de rogare, demander ; sous entendu, diversos, plusieurs.
- ( Pratique ) Questions faites par un juge , à une partie, sur la vérité
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- de certains faits, et aux réponses de la partie à ces, questions.
- INTERSECTION, s. f. du latin inter,, entre , et de seco, couper.
- ( Géométrie ) Le point où deux lignes, deux plans, se coupent l’un sur l’autre.
- SJ intersection mutuelle de deux plans, estune ligne droite;le centre d’un cercle est dans Vintersection de deux de ses diamètres ; le point central d’une figure régulière ou irrégulière de quatre côtés, est le point A’intersection da ses deux diagonales.
- INTERSTELLAIRE r adj. du lat. inter, entre , et de Stella , étoile.
- ( Astron. ) Il se dit des espaces qui se trouvent entre les étoiles. On voit bien que ces espaces sont situés au-delà de notre système solaire. C’est là que sont placés sans doute les autres systèmes planétaires , se mouvant chacun autour d’une étoile .fixe , qui est leur soleil et centre de leur mouvement, ainsi que notre soleil est le centre de notre système.
- INTERSTICE, s. m. du lat. in-terstitium , composé d’inter, entre, et de sisto , ou sto , être placé : qui est entre deux intervalles.
- ( Physique ) On appelle ainsi les petits espaces qui se trouvent entre les parties des corps , et qui sont vides de la propre substance de ces corps. Ce sont ces interstices qu’on appelle pores. V. PORES.,
- INTERVALLE, s. m. du latin inter, entre , et de vallum , palissade. Les Romains appeloient inter-vallum, la distance entre deux palissades : distance espace qu’il y a d’un lieu ou d’un tems à un autre.
- ( Art milit. ) Espace entre deux bataillons ; c’est l’espace qui les -sépare , soit qu’ils soient campés ou en bataille. Cet espace est ordinairement l’ouverture nécessaire pour laisser passer un autre bataillon.
- Intervalle du camp à la ligne ; .c’est la distance qu’il y a du camp à la ligne - Cet espace, d’environ deux cents toises ( 389,807 mètres.), afin de pouvoir contenir les bataillons et escadrons nécessaires à la défense , et laisser derrière eux un espace assez- grand pour le passage des
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- troupes qui doivent porter leur secours ailleurs.
- (Musique) Intervalle se dit aussi de la différence d’uu son à un autre, entre le grave et l’aigu; c’est tout l’espace que l’un des deux auroit à parcourir pour arriver à l’unisson de l’autre. La différence qu’il y a de Y intervalle à l’étendue, est que T’intervalle est ^ considéré comme indivisé, et l’étendue comme divisée. Dans Vintervalle on ne considère que les deux termes ; dans l’étendue on en suppose d’intermédiaires. L’étendue forme un système , mais Y intervalle peut être incomposé.
- INTESTAT , du lat. intestatus, composé de la particule lat. nég. in, et de testari , certifier , démontrer.
- ( Pratique ) Celui qui est mort sans avoir fait de testament, ou dont le testament n’a point subsisté.
- INTESTIN, s. m. du lat. intes-tinum , formé d’intus , dedans, intérieurement : qui est interne, qui est dans le corps.
- ( Physique) Ce mot exprime, eu physique , une chose qui existe ou qui se passe au-dèdans. Mouvement intestin. V. MOUVEMENT.
- ( Physiologie ) Intestin est aussi le nom que l’on donne au canal membraneux qui s’étend' de l’estomac à l’anus. On distingue ce canal en deux parties principales : l’une à laquelle on donne le nom d'intestins greles ou de petits intestins , et l’autre qu’on nomme gros intestins. On fait encore trois parties des intestins grêles et des gros. V. DUODENUM, le JEJUNUM et l’ILEON qui sont les trois intestins grêles. Le CŒCUM, le COLON et le RECTUM sont les trois gros intestins. V. ces mots à leur place.
- INTIME, s. m. du latin intimo , faire connaître..
- (Pratique) Le défendeur en cause d’appel ,. ou celui qui soutient vis-à-vis’ l’appelant le bien jugé de la seutencè dont est appel. L’origine de ce mot .vient de ce qu’autrefois les juges subalternes étant responsables de leur jugement, l’appelant ajouruoit le juge pour qu’il soutînt le bien jugé de sa sentence , et intimait la partie qui avait obtenu gsia.
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- de cause, c’est-à-dire, lui dénonçoît l’appel. Présentement l’on n’ajourne plus le jugé, mais seulement la partie qm a obtenu gain de cause, et cependant le nom d’intimé est demeuré à cette partie.
- ISÏONAT1UN, s. f. du lat. in-tono , tonner , faire du bruit : l’action d’entonner.
- ( ï\;usujue) V intonation peut’ être juste ou fausse , trop haute ou trop basse, trop forte ou trop foi bief et alors le mot in 'onation s’entend de la.manière d’entonner.
- INTORSION , s. f du lat. intor-uo , mîorsum, tordre, tourner e travers.
- ( Bolan:) Volubilité ou contorsion d’une partie, ou bien flexion quelconque qui donne à certaines parties des plantes une direction autre que celle qu’elles semble-roient devoir suivre naturellement.
- INTRADOS, s m. composé du lat intrà , au-dessous , et du français dos, parement intérieur.
- ( Archit. ) Intérieur d’une voûte, partie concave d’un voussoir, d’un arc.
- INTRIGUE, s. f. du lat. intricare, «mbarrasser, d’où les Italiens ont fait infrigàre , dans le même sens ; tous les deux dérivés du latin tricœ, cheveux , filets, dans lesquels les poulets s’embarrassent, et qui les empêchent de marcher : pratique secrèfe qu’on emploie pour faire réussir ûné affaire.
- ( Littéral. ) Dans l’action d’un poëme , on entend par Vintrigue, une combinaison de circonstances et d’incidens, d’intérêts et de caractères , d’où résultent, dans l’attente de l’événement, l’incertitude, la curiosité , l’impatience , l’inquié tuile , etc.
- Dans la tragédie ancienne , l’m-trigue étoit peu de chose. La grande ressource des poêles grecs étoit la reconnoissance.
- Dans la tragédie moderne , Y intrigue résulte; non-seulement du choc des incidèns , mais du combat des passions ; et c’est par-là que dans l’attente de l’événement décisif, l’espérance et la crainte se succèdent et se balancent dans l’arae des spectateurs.
- La comédie grecque , dans ses
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- deux premiers âges , n’étoit pas moins intriguée que la tragédie. Dans la comédie du troisième âge , celle de Menandre , Vintrigue étoit encore fort simple , puisque Té-rence , dont les pièces elles-mêmes ne sont pas fort intriguées, étoit obligé, eu l’imitant, de réunir deux de ses fables pour en faire une. Plaute est supérieur à Térence du côté de l’intrigue ; son action est plus vive, plus animée , et plus féconde en incidèns comiques.
- C'est Je genre de Plaute que les Espagnols semblent avoir pris ; et à leur exemple, les Italiens et les Anglais ont chargé d’incidens Y intrigue de, leurs comédies. Comme eux, nous avons été long-tems plus occupés du comique d’incidens que du comique des mœurs ; mais, depuis , Molière s’est attaché sérieusement à la peinture et à la correction des mœurs , subordonnant Yintrigue aux caractères , et n’employant les situations qu’à mettre en évidence le ridicule humiliant qu’il vouloit livrer au mépris. C’est dans cet esprit et avec ce grand art que fut tissue Y intrigue de Y Avare, de YJEcole des femmes , de Y Ecole des maris , de George JD andin et du Tartufe.
- INTROMISSION, s. f. du latin intrà , dedans, et de mitto , mettre : mettre dedans , entrer , introduire.
- ( Physique ) Action par laquelle un corps, soit solide, soit fluide , s’introduit , ou est introduit dans un autre.
- INTRONISATION , s. f. du latin intronisatio, pour in tronum mitto : l’action de placer sur le trône
- ( Liturgie ) Il ne se dit qu’en parlant de la cérémonie qui se fait, quand ou met un évêque dans son siège épiscopal lorsqu’il prend possession de son église.
- INTRUS , SE , participe de l’u-nnsité intrure , du latin intrudere , intrusum , s’introduire par ruse , par force ; se mêler sans être prié ; introduit , établi par force , par ruse , ou contre le droit et sans pire , dans quelque charge.
- INTUMESCENCE , s. f. du latin intumesco , intumo , s’enfler.
- ( Med. ) Etat d’une partie qui
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- s’enfle , se gonfle ou devient gonflée.
- INT US-S USCETTiON , s. f. du 1. intus , dedans , intérieurement, et de susceptio , formé de suscipere, recevoir , commettre.
- ( Physique ) Accroissement d’un corps qui se fait par l’addition ou la réception d’une substance qui se répand dans tout l’iutérieur de la masse. Les animaux et les végétaux croissent par intus susception.
- ( Méd. ) C est, eu tenues de médecine , l’entrée contre nature d’une portion d’intestin dans une autre , comme il arrive quelquefois dans la passion iliaque.
- INVENTAIRE , s. m. du latin inventorium , employé dans le digeste.
- ( Pratique. ) Acte dressé , soit après le décès d’une personne , soit dans le cas de banqueroute ou absence , pour constater d’une manière détaillée les biens, effets , titres et papiers de la succession. Cet acte se fait dans la vue de maintenir les droits des héritiers, légataires, créanciers , et qui peuvent avoir droit à cette succession.
- INVENTION, s. f. dulat. inve-nio, trouver, découvrir , imaginer : qualité , faculté , disposition de l’esprit à inventer. Il se prend aussi pour l’action d’inventer , et pour la chose inventée.
- ( Elocution ) Invention se dit, en termes de rhétorique et de poétique. En rhétorique , Vinvention cousisie à trouver en chaque sujet les moyens les plus propres à persuader. Cicéron avoit fait quatre livres de Vinvention ; il nous en reste deux.
- En poésie , c’est tout ce que le poète ajoute au sujet historique qu’il a choisi , et le tour qu’il y donne.
- ( Peinture ) Dans la langue des arts , invention s’entend du choix que fait l’artiste des objets qui conviennent au sujet qu’il se propose de traiter.
- L’invention est la partie qui donne de la noblesse et de la valeur à l’art , et fait connoître la force du génie du maître. Elle ne consiste pas seulement en un beau concept et en une idée sage et bien dirigée ; mais dans cette unité , dans
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- cette suite d’idées qui remplit et occupe d’abord l’esprit de l’artiste , et ensuite celui du spec-tateur ; unité qu’il doit conserver , depuis la première disposition du personnage jusqu’au dernier coup de pinceau , s'il veut former un seul tout Plusieurs artistes ont confondu l'invention avec la composition r Vinvention est la vraie partie pratique d’un tableau déjà conçu dans 1 'esprit du peintre ; tandis que la composition n’est que l’agrément des objets que l’imagination a conçus.
- Lorsqu’on entend faire le reçit d’un événement , on se forme aussitôt dans l’esprit une idée de l’action et de l’expression des personnages dont il est question : le talent de représenter ce tableau idéal sur la toile , est ce qu’en peinture on appelle invention.
- INVERSE , adj. du lat. inverto inversion , composé à’in , et de verto , tourner; sur, retourner.
- ( Logique ) Lorsqu’il s’agit d’nne proposition , l’inverse est l’attribut de la directe mis à la place du sujet. Tous les fous sont médians , est l’inverse de, tous les médians sont feus.
- ( Ariihm. Algèbre. ) On applique ce mot à une certaine manière de faire la règle de trois ou de proportion , qui semble être renversée , ou contraire à l’ordre de la règle de trois directe.
- U inverse d’une proposition est toujours aussi exactement vraie que la proposition même, quaud celle-ci l’est ; par exemple : 3 étant à 6 , comme 6 à 12 , il *faut nécessairement que 6 soit à 3 , comme 12 à 6.
- ( Physique ) Raison inverse ; on dit que deux choses sont en raison inverse de deux autres , lorsque la première esta la seconde , comme la quatrième est à la troisième ; par exemple : quand on dit que la gravitation est en raison inverse du carré des distances , cela veut dire que la gravitation à la distance A est à la gravitation à la distance B , comme le quarré de la distance B est au carré de la distance A.
- ( Mathémat. transcend. ) Méthode inverse des fluxions; c’est ce qu’on appelle plus communément
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- calcul intégral. Voy. FLUXIONS , INTEGRAL.
- INVERSION , s. f. même origine qu’INVERSE.
- ( Grammaire ) Transposition , changement de l’ordre dans lequel les mots ont accoutumé d’être rangés dans le discours ordinaire.
- INVERTEBRES , adj. de la particule latine négai. , in , et de ver~ tebra, vertèbre : sans vertèbres.
- { Hist. nat. ) C’est ainsi qu’on appelle , dans le système de M. Cuvier , les animaux qui n’ont ni eolonnevertébrale, ni squelette, pour les distinguer des animaux vertébrés, ou ayant des vertèbres,
- INVESTIR , v. a. du lat inves-iire , revêtir.
- ( Féodal. ) Conférer à quelqu’un le titre de quelque fief, dignité ou bénéfice.
- ( Artmilit. ) Investir une place-, c’est se saisir de ses avenues, et distribuer les troupes dans les postes principaux , en attendant, pour que rien n’y entre ni n’en sorte,soit qu’on en veuille faire le siège ou l’obliger à se rendre par famine.
- INVOLUCELLE , s. m. du lat. involucellum , diminutif d’involu-crum , dérivés l’un et l’autre d’in-valvo , envelopper : petite enveloppe.
- ( Bolan. ) Involucre partiel ou secondaire ; celle de chacune des petites ombelles particulières qui composent une ombelle générale.
- INVOLUCRE , s.f. du lat. invo-lucrum. V. INVOLUCELE, enveloppe .
- ( Botan. ) Assemblage de folioles ou feuilles florales à la base commune de plusieurs pédoncules ou fleurs sessiles.
- On donne aussi ce nom à l’enveloppe commune continue , ou comme caliciforme , de plusieurs fleurs ; elle prend aussi quelquefois l’apparence de péricarpe.
- IONIEN, NE, adj. du grec ,àv ( ion), génit. hsvoc (iônos) Ion, petit filsd’Erechthée, qui donna son nom à l’Ionie.
- (Langage ) Il se dit d’un dialecte grec , ou de la langue qu’on parloit -en Ionie ; le dialecte ionien ou simplement Vionien.
- ( Musique ) Mode ionien -, c’étoit,
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- en comptant du grave à l’aigu , le second des cinq modes moyens de la musique des Grecs.
- ( Architecture ) L’ordre ionien , ou ionique , est le troisième des ordres d’architecture.
- Cet ordre inventé parles Ioniens, déprisé par Vitruve , et employé dans la construction d’un magnifique temple de Diane à Ephèse , tient le milieu entre la manière solide et la délicate. Sa colonne , prise en bas , y compris la tête et le chapiteau , 'est de neuf diamètres de hauteur. Son chapiteau est orné de volutes , et sa niche de denticules. Le fût des colonnes est cannelé.
- IOTA, s. m. la neuvième lettre de l’alphabet grec , et dont la figure est la plus simple de toutes ; c’est le nom de la voyelle I. Ce mot s’emploie dans le style familier pour dire , pas la moindre chose , rien.
- IRIS , s. m. ce mot purement grec est dérivé d’épûv ( érein ) , annoncer , parler.
- ( Physique ) C’est le nom pratique de l’arc-en-ciel ;ce météore estainsi appelé , parce qu’il annonce la pluie, V. ARC-EN-CIEL.
- {Anatomie) C’est le nom de cette partie de l’uvée que l’on voit au travers de la cornée transparente , laquelle est composée d’un cercle de différentes couleurs, tantôt noir, tantôt bleu , tantôt vert, et percé d’un trou dans son milieu, qu’on appelle pupille ou prunelle.
- ( Optique) C’est ainsi qu’on appelle ces couleurs changeantes qui paroissent quelquefois dans les glaces des télescopes , et qui imitent les couleurs de l’arc-en-ciel.
- ( Docimastique ) On appelle iris , les petites bluettes qui se croisent rapidement dans un essai qui bout sur la coupelle, et qui font dire qu’il circule bien. El ESSAI, COUPELLE.
- ( Lythologie ) C’est encore le nom d’une pierre précieuse , d’une espèce d’opale, qui, exposée au soleil , fait voir les couleurs de l’arc-en-ciel.
- IRONIE, s. f. du grec ùpasvtin-( éirônéia ) formé d’hpm ( éirôn ) , dissimulé , moqueur.
- {Elocut.) 1/ironie est un trope par
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- lequel on dit tout le contraire de ce qu’on pense, et de ce qu’on veut faire penser aux autres.
- IRRADIATION, s. f. dulat. irradia tio, formé d’ irradiare, pour in, radiare , jeter des rayons sur, éclairer de ses rayons : effusion , émission des rayons d’un corps lumineux.
- ( Astronomie , Optique ) Expansion , ou débordement de lumière , qui environne les astres, en forme de couronne ou de frange, et qui forme l’extension apparente de ces objets lumineux, provenante de l’abondance de lumière. A la vue simple , cette irradiation est si grande , que Tÿcho-Brahé estimoit le diamètre deVénus douze fois plus grand qu’il ne paroît réellement dans les lunettes, et Kepler sept fois trop grand. Après la découverte des lunettes d’approche, ét surtout du micromètre de Huyghens , on a eu sur la grandeur apparente des astres, des idées beaucoup plus exactes ; mais on n’a pas connu pour cela l’effet de Virradiation. A mesure qu’on a employé des lunettes plus longues et plus parfaites, on a trouvé le diamètre du soleil de plus en plus petit ; ce qui semble indiquer que ces lunettes en circonscrivant mieux les objets, diminuent la largeur de la couronne d’aberration, ou la quantité de Virradiation.
- IRRATIONEL , LE, adj. du lat. irrationalis, pour in rationalis, ou non rationalis, qui n’est pas ra-tionel.
- ( Arithm. , Algèbre ) Il se dit des nombres qui n’ont aucune commune mesure avec l’unité ; c’est la même chose que SOURD, INCOMMENSURABLE. V. ces mots.
- IRRÉDUCTIBLE, adj. de la particule lat. négat. in , et de reduco , réduire : qui ne peut être réduit.
- { Analyse ) Cas irréductible; c’est celui où une équation du troisième degré a ses trois racines réelles, inégales et incommensurables. Dans ce cas, si on résout l’équation par la méthode ordinaire , la racine quoique réelle , se présente sous une forme qui confirme des quantités imaginaires ; et l’on n’a pu jusqu’à présent réduire cette ex-
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- pression à une forme réelle, en chassant les imaginaires qu'elle contient.
- ( Chimie ) Irréductible se dit aussi d’nne chaux métallique qu’on ne peut réduire en métal.
- IRREFR AGABLE, adj. de la particule lat. négat. in, et de refragor, résister : ce qu’on ne peut contredire , qu’on ne peut récuser. Autorité irréfragable, témoignage irréfragable.
- IRRÉGULIER, adj. de la particule lat. négat. in, et de régula., règle : qui n’est point selon les règles.
- ( Grammaire ) On donne ce nom à ceux de nos verbes, qui, pour la formation de leurs modes , tems et personnes, ne suivent pas les conjugaisons générales.
- ( Géom. ) Les corps irréguliers sont ceux qui ne sont point terminés par des surfaces égales et semblables.
- ( Botan. ) Un calice ou un pétale irrégulier, est celui dont les parties ne sont pas disposées dans un ordre symétrique.
- IRRIGATION, s. f. du 1. irrigare, pour in rigare, arroser sur : arrosement.
- ( Agric. ) Arrosement des près , des terres , des rigoles ou saignées tirées d’une rivière , d’un ruisseau , et canaux d'irrigation.
- IRRITABILITÉ , s. f. du latin irritare, irriter , et S!habilitas , faculté , disposition ; faculté susceptible d’être irrité,
- ( Physique J Les physiologistes sont convenus d’appeler ainsi la propriété qu’ont quelques organes des animaux ou des plantes , de se contracter lorsque certains corps les touchent. La lumière , la chaleur , les acides , les alkalis caustiques , le galvanisme , etc. ont la faculté d’exciter cette irritabilité ; mais quelle est la cause des phénomènes qui naissent de cette propriété ? c’est ce qu’on ignore. Oo sait que Virritabilité diffère de la sensibilité , de Vélasticité ; mais on n’a pas encore trouvé qu’eile soit l’effet d’un pur mécanisme , comme quelques-uns le croj^ent. IRRORATION , s, f. du 1. irrcro ,
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- Lé isthme, de la gorge ; c’est la séparation étroite qui est entre le larynx et ie pharyngx.
- Isthme de vieussen \ c’est l’éminence que forment les trousseaux de fibres qui se croisent autour du trou ovale dans l’oreillette droite du cœur.
- ITALIQUE , du latin halicus , dérivé d’ltaha , Italie.
- ( Imprimerie ) Le caractère italique tire son origine de l’écriture de kl chancellerie Romaine , désignée par les mots cursivetusseu cancella-rius. Delà vient qu’on a appelé cette sorte d’écriture cursive; c’est encore sous ce nom que cette écriture est connue en divers pays ; il a été aussi connu sous le nom de lettres vénitiennes , parce que les premiers poinçons ont été faits à Venise , ou sous celui de lettres aldines , parce que Aide Manuce s’en est servi le premier ; enfin , le nom d'italique lui a été donné en France, parce qu’il vient d’Italie , et ce nom a prévalu.
- ITINERAIRE, s.m. du lat. itine-rarium,descriptio itineris; mémoire de tons les lieux par où l’on passe pour aller d’un pays à un autre.
- ('Géogra.) Itinéraire d’Antonin ; cet itinéraire marque tous les grands chemins romains dans l’Empire , et "toutes les stations des armées romaines. Il lut lait par ordre d’Antonin-le-Pieux.
- Colonne itinéraire ; on appelle ainsi une colonue ou poteau placé •dans un carrefour , sur un grand chemin, et qui indique les différentes routes par des inscriptions.
- ( Art. milit. ) Itinéraires ; on nomme ainsi l’ordre et la disposition des marches d’un corps de troupes ou d’une armée , <jui indique la route qu’elle doit tenir , pour arriver au nouveau camp ou à quel-qu’autre rendez-vous.
- IVOIRE , s. m. corruption du lat. ebur , dont les Italiens ont fait avorio , et les Anglais ivory.
- ( Ilist. liât. ) C’est nom des défenses de l’éléphant.
- ï/ivoire estformé , comme les os, de phosphate de chaux et de gélatine. Son charbon , broyé très-fin ,
- JA C
- fournit ce qu’on appelle le noir d'ivoire.
- Il se fait un grand commerce d’i -voire sur presque toutes les côtes d’Afrique et dans les Indes. Les défenses d Ivoire brut se nomment morjil ou morphil.
- IZESCHNE , s. m. mot indien , qui signifie une prière dans laquelle on releve la grandeur de celui à qui on l’adresse,
- ( Culte relig. ) C’est le nom d'un ouvrage composé de soixante-douze hâs ou chapitres , dont Zoroastre est l’auteur.
- J
- JABOT, s. m. du lat. capuitus , dimin. de cap us, qui a été dit pour ce qui contient , ou ce qui peut cou-* tenir quelque chose.
- ( Ornithol. ) Sac ou poche qui est près du cou des oiseaux , qui est au bas de l’œsophage , pour garder quelque temps la nourriture qu’ils ont avalée sans mâcher. Le jabot sert aux oiseaux , pour suppléer au défaut de la préparation qui se fait dans la bouche des animaux qui mâchent ou ruminent. Il leur sert aussi à garder quelque temps l’aliment qu’ils portent à leurs petits.
- JACENT, TE, adj. du lat. jacio coucher.
- ( Pratique) On dit qu’une succession e.t jacente , lorsque l’héritier ne se présente point. Il est d’usage dans ce cas de faire créer un curateur à la succession jacente où vacante.
- JACHERE, s. f. du lat. vacariœ, terres vacantes.
- ( Agric. ) État d’une terre labourable qu’on laisse reposer pour être ensuite labourée et ensemencée de nouveau. Ce repos arrive ordinairement de trois ans en trois ans.
- L’état de jachère , en France , est un repos absolu de la terre , tandis qu’en Angleterre ce n’est qu’un changement de culture ; dans ce dernier pays on dit qu’un champ est en jachère, ou qu’il se repose , lorsqu’au lieu de grains on sème de* plantes potagères ou fouira-
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- genses , comme des choux , de la luzerne , du trèfle , etc.
- JACK. , mot anglais que Johnson regarde comme une corruption du français jacquese, est, en général, un terme de mépris , exprimant un diminutif; un instrument , une manivelle , propre à suppléer quelque chose de plus considérable.
- ( Marine ) En termes de marine , c'est le canton supérieur 4du grand pavillon anglais.
- JACULATOIRE , adj. du latin jaculari , lancer , darder.
- ( Culte cathol. ) Oraisons jaculatoires ; ce sont des prières courtes et ferventes adressées à Dieu du fond du cœur , même sans prononcer des paroles : tel est le deus in adjulorium , etc. , que l'Eglise a placé à la tête de toutes les heures canoniales.
- ( Hydraul. ) On appeloit autrefois fontaine jaculatoire, ce qu’on nomme aujourd’hui plus communément JET-D’EAU. E. ce mot.
- JADE, s. m. de l'espagnol hijada, piedrahijada > pierre néphrétique.
- (Minéral ).Qa distingue le jade néphrétique , et le jade tenace. Le premier , qui a reçu son nom de la croyance superstitieuse que,porté au cou, il garantit de la colique néphrétique , est verdâtre , olivâtre, blanchâtre , trauslucide , et prend un poli onctueux. On le trouve en Chine, dans l'Inde , dans l'Amérique , sur les bords de la rivière des Amazones , d'où il a été nommé pierre des Amazones.
- Le jade tenare est blanchâtre ou lilas , opaque ou translucide , seulement sur les bords. Il prend un beau poli , et se brise difficilement. Cette pierre se trouve dans les Alpes , en Corse. Ou la nomme tenace , parce qu’elle résiste plus au marteau que la première.
- JAIS ou JAYET, du fat. gagates, pris du grec yctysorn ç ( gagatès ) , à cause du fleuve gagis, en Lycie , près duquel on trouvoit cette substance.
- ( Minéral. ) Le jayet est noir et opaque , plus dur que la houille. Il est susceptible d'être travaillé au tour et poli ; on en fait des bijoux , principalement pour le deuil.
- J AM 4i5
- JALON , s. m. du lat. jaculum , javelot.
- ( Céom. prat. ) C'est un bâton droit de cinq à six pieds ( 16 ou iq décimètres ), dont un des bouts est terminé en pointe , pour être enfoncé dans la terre , tandis que l’autre est destiné à présenter un morceau de papier blauc étendu , au moyeu d’une fente que l’on y pratique à cet effet.
- ( Art miht. ) Dans les marches des armées, on fait reconuoître d’avance les chemins que doivent suivre les colonnes , et i’on en fait jalonner les directions avec de simples perches, dont le sommet est garni d’une touffe de paille.
- JALOUX, adj.de l’italien geloso, fait du lat. inusité zelvsus, formé de zelus , envie , amour , émulation , qui a de la jalousie.
- ( Art milit. ) On dit qu’une place est jalouse , qu’un poste est jaloux, pour dire que c’est une place fort exposée , que c’est un poste foi t exposé, et où des troupes peuveut être facilement enlevées. On dit dans le même semaju’une place tient tout nn pays en jalousie , pour dire qu’elle le tient, eu sujétion , et dans de continuelles alarmes ; qu’une armée tient plusieurs places en jalousie , quand elle est à portée de les pouvoir attaquer.
- ( Marine ) Jaloux se dit aussi d’un bâtiment qui est fort sensible aux mouvemens des vagues, et qui par cette cause est difficile â gouverner et à tenir dans une diret*; tion fixe.
- JAMBE , s. f. du lat. campa , qu’on a dit dans la basse latinité pour crus , et qu’on a fait du grec Kajinti ( hampe ) dont les Italiens ont fait gamba , et dont nous avons fait gambade.
- ( Anat. ) C’est cette partie de l’extrémité inférieure du corps , qui est depuis le genou jusqu’au pied.
- ( Equitat. )On dit les jambes d’un cheval. La science du cavalier consiste dans Vaccord de la main et des jambes. Ce cheval entend très-bien les jambes , pour dire qu’il est bieu sensible aux aides de ces parties. On dit encore qu’un cheval & bien de la jambe, pour
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- «lire qu’il a les jambes fines ; qu’il n’a point «le jambe , pour dire qu’il bronche fréquemment.
- ( Archit. ) Jambes de force ; ce sont deux, grosses pièces de bois , qui étant posées sur les extrémités de la poutre du dernier étage d’un bâtiment , vont se joindre dans le poinçon pour former le comble.
- JANNISSAIRE , s. m. composé des «leux mots turcs iegni chéri , qui signifie nouvelle milice , parce ciue les janissaires étoient anciennement recrutés par des enfans «le chrétiens , que les ministres du Grand-Seigneur enlevoientde temps en temps par forme de tribut , que l’on instruisait de la loi musulmane , et que l’on dressoi t aux exercices de la guerre.
- ( Hist turque ) Les jannissaires sont des soldats d’infanterie turque, qui servent à la garde du Grand-Seigueur.
- Le corps des jannissaires fut, dit-on , établi en 1072 , par le sultan Amurat II , fils d’Ürcan, après ses conquêtes dans la Thrace et la Macédoine , et formé des enfans de chrétiens qu’il avoit faits prisonniers.
- Le corps des jannissaires s’est extraordinairement augmenté de-
- uis son institution. Leur nombre ,
- ans ces derniers temps , a été porté jusqu’à cinquante-quatre mille.
- JANTE , du lat. canthus , ou cantha.
- ( Charron. } Pièce de bois courbée , qui fait une partie du cercle de la roue d’un carrosse , d’un chariot , d’une charrette.
- JANVIER , s. m. du lat. janua-rius , dérivé de janus , divinité à laquelle les Romains dédièrent ce mois.
- ( Chronol.) Anciennement l’année commençoit à Pâques ; mais depuis i564 , elle commence au premier janvier , conformément à l’ordonnance de Charles IX.
- JARDIN, s. m. de l’allemand garten, dont les Italiens ont fait giardino, les Espagnols jardina , les Anglais garden. Lieu fermé de haies ou de murs , pour l’utilité ou pour le plaisir; contenant, suivant son étèndue un potager, un ver-
- j AS
- ger , un bois, un fleuriste, et un parterre. Sa destination le fait nommer légumier, fruitier,fleuriste, et jardin de propreté.
- Le fameux Lenostre est le premier qui Xt do né sur ’art du jardinage des règles qui ont été adoptées par toute l’i urope. Sa théorie étoit une irrégularité agréablement variée.
- Dufresni crut devoir changer la méthode de Lenostre , et préféra une disposition bizarre et inégde.
- Kent est le premier Anglais qui, ensuivant les principes de Dufres-ni , ait osé en 1720 , s’écarter des règles généralement adoptées dans son pays.
- Les dessins de Kent ayant eu un grand succès en Angle terre, sir Thomas W hately réunit tous les principes de son compatriote dans ses observations sur les jardins anglais.
- ( Botan. ) Jardin Botanique ; c’est un jardin où l’on rassemble avec ordre , avec méthode, des plantes de toute espèce.
- Jardin botanique est encore le titre d’un ouvrage qui traite méthodiquement des plantes cultivées dans un jardin botanique.
- JARGON , s. m. terme de minéralogie , corrompu de zirgone , qui tire son nom de la zircone, terre particulière qui le compose. C’est cette substance qu’on appelle vulgairement diamant brut de Ceylan et jargon. Son caractère essentiel est dans sa cristallisation ; sa couleur est rouge , brunâtre , rougeâtre , jaunâtre , verdâtre , jaune verdâtre , blanchâtre-.
- JARRET , s. m. du lat. barb. ga~ rittum.
- ( Anat ) L’endroit du corps humain qui est derrière le genou.
- JASPE , s.m. du gr. iacnrii ( jas-
- Pis )* . , , .
- ( Minerai. ) La substance du jaspe on du quartz jaspe , est composée de quartz agathe, empâté d’argite ferrugineux se qui lui donne différentes couleurs. Le jaspe fleuri est celui où les différentes couleurs se trouvent réunies sans ordre.
- JASPE , , aiij. même origine
- que JASPÉ.
- { Botan. }
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- JE C
- ( Bot an. ) On dit qu’une fleur est jaspée ou bigarrée, quand ses panaches sont courts , étroits , et très-multipliés.
- JAUGE, s. f. dulat. barb. gagga, suivant M. Ducànge.
- ( Géom. prat. ) Instrument qui sert à faire connoître une étendue proposée , et sur-tout la solidité d’un corps de figure quelconque. Le jaugeage a pour objet la stéréométrie , ou la mesure des corps solides, et par eonséquent une opération qui consiste à réduire à une mesure cubique connue , la capacité inconnue de toutes sortes de vaisseaux ; laquelle mesure est fixée par la loi ou par l’usage.
- ( Hydraul. ) Jauger, en termes d’hydraulique, c’est trouver dans un terns donné, la quantité d’eau que fournit une source ou une pompe à bras , à cheval, à moulin, et en général, la dépense d’eau nécessaire pour le service d’une machine hydraulique quelconque.
- ( Marine ) Jauger un vaisseau ; c’est mesurer et calculer sa capacité , et déterminer par là combien il peut contenir de tonneaux de mer, contenant quatre barriques chacun , dans son fond de cale.
- JAUNE , adj. du lat. galbus ou hyalinus.
- ( Physique ) C’est une des sept couleurs primitives dont la lumière est composée. C’est la troisième en commençant à compter par la plus forte, ou ce qui est la même chose, par la moins réfrangible.
- Les corps qui nous paroissent jaunes , ne nous paroissent tels, que parce que leur surface réfléchit les rayons jaunes en beaucoup plus grande abondance que les autres.
- JAUNISSE, s. f. même origine que JAUNE.
- ( Méd. ) Espèce d’ictère , maladie ainsi appelée , parce que toute la peau est jaune. V. ICTÈRE.
- ( Jardin. ) Les jardiniers emploient aussi ce mot pour désigner une maladie des arbres , dont les feuilles deviennent jaunes avant le tems de leur chute.
- JECORAIRE , du latin jecora-rius , dérivé de jecur} foie.
- Tome IL
- JET 4:1
- ( Physiol. ) Qui appartient au foie.
- JECTIGATION, s. f. du latin jactus, jet, qu’un a prononcé autrefois ject.
- ( Méd. ) Tremblement ou tressaillement qu’on sent au pouls du malade, qui montre quelecerveau, qui est l’origine des nerfs, est attaqué et menacé de.convulsion.
- JEJUNUM, s. m. mot latin quî signifie , qui est à jeun.
- ( Physiol. ) On appelle ainsi la second des intestins grêles , parce qu’on le trouve presque toujours vide dans l’ouverture des cadavres.
- JENNY , s. f. mot purement anglais , adopté en français pour désigner une machine à filer montée d’un grand nombre de fuseaux.
- JET, s. m. du lat. jactus, dérivé de jacere, lancer , jeter. Ce terme a diverses acceptions; dans sa signification la plus naturelle, il désigne le mouvement d’un corps lancé, soit avec la main, soit avec un instrument.
- ( Art milit. ) Armes de jet ; on appelle ainsi des armes propres à lancer des corps avec force, pour oflenser l’ennemi de loin. Chez les anciens, la fronde, l’arc, la ba-liste , la catapulte, etc., étoient des armes de jet. Les canons , les mortiers, les fusils, leur ont été substitués.
- Jet des bombes ; c’est le nom qu’on donne à la partie des mathématiques qui traite du mouvement des bombes, de la ligne qu’elles décrivent dans l’air, de la manière dont il faut disposer le mortier pour qu’elles aillent tomber à un point donné.
- Si l’air étoit sans résistance , si la force delà poudre étoit bien connue , ces questions se résoudroient facilement ; mais il n’en est pas ainsi, et l’air altère le mouvement des bombes à tel point, que la pratique ne s’accorde nullement avec la théorie, sur-tout quand la vitesse de la bombe est^considérabîe. Il faut donc avoir égard a la résistance ; mais la détermination du mouvement devient alors très-difficile , et les calculs sont si compliqués que Robins et Euler, les meilleurs auteurs que l’on puisse con-
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- sulter sur cét objet , regardent ce problème comme insoluble. La raison qu’ils en donnent, c/est que la loi de la résistance des fluides est très-peu connue , quand le choc se fait obliquement ; et que l’air étant un fluide compressible , il se condense devant la bombe ; et cette condensation va tellement en augmentant qu’il y a des exemples d’hommes blessés grièvement par le passage d7un boulet en mouvement, dont ils n’avoient point été frappés.
- Nos bombardiers , après avoir reconnu , autant qu’ils le peuvent, de l’œil, la distance du lieu où ils veulent tirer, se servent des tables, pour connoître les différentes étendues des portées, selon la différence des élévations du mortier, suV tous les degrés de l’équerre depuis un jusqu’à quarante-cinq; mais l’expérience et le continuel exercice l’emportent toujours sur la plus savante théorie.
- ( Hydraul. ) Jet d’eau ; c’est une lance , ou lame d’eau,'qui s’élève en l’air par un seul ajutage ou orifice qui en détermine la grosseur. Ouand l’ajutage est horizontal, le jet monte verticalement ; il s’élé-veroit jusqu’au nivqau de la source qui le produit, si plusieurs causes n’en empèchoient ; ces causes sont : îe frottement contre les bords de l'orifice , la résistance de l’air et la chute de l’eau supérieure gui tombe sur celle qui la suit; aussi on observe qu’en l’inclinant un peu il monte plus bâtit.
- ( Marine ) Jet est un terme de jurisprudence maritime , qui signifie les effets jetés à la mer pour sauver le vaisseau dans un danger pressant, soit pour éviter de faire naufrage , soit pour fuir l’ennemi. On appelle contribution , la répartition qui se fait sur le corps du vaisseau , sur sa cargaison et son fret, du prix et valeur des choses jetées à lg^ner dans un cas pareil.
- . ( Botan. ) Jet se dit aussi de la dernière production d’un arbre ou d’un arbuste ; c’est le bourgeon développé.
- ( Fondeur) Les jets sont des canaux plus larges que les égouts, et qui servent à porter le métal fondu dans toutes les parties du moule.
- JEU
- On dit encore , en terme de fonde « rie, une ligure d’un sexA jet , pour dire une figure qui a été fondue tout à-la-fois.
- ( Peinture, Sculpture ) Le jet des draperies ; le mot jet est employé relativement aux draperies, parce qu’en effet elles doivent être jetées comme par hasard, et ne faire qu’obéir aux mouvemens de la ligure qui en est revêtue.
- Le jet des draperies est porté au plus h ut degré de perfection , quand les étoffes sont disposées de manière qu’elles paroissent jetées par la nature elle-même, et lé naturel se trouve par le principe simple, qu’une étoffe doit être jetée de manière qu’on lise éans peine sa marche sur le corps qu’elle enveloppe, et qu’il semble, qu’en la prenant par un coin , on puisse en dépouiller la figure qu’elle habille.
- ün auroit de la peine à rien citer de plus parfait dans l’art de disposer ou de jeter les draperies que les ouvrages de Raphaël: il est vrai, simple , grand , gracieux , varié selon le caractère et l’expression de chaque, figure. Jr. DRAPER.
- JETÉE, s. f. même origine que JET.
- ( Marine ) Espèce de digue qui s’avance en mer, à l’entrée d’un port, ou à l’embouchure d’une rivière, pour diriger le cours de l’eau, pour rompre la violence des lamés, et mettre le port plus à l’abri.
- JETER , v. a. du latin jacere , jactum.
- ( Marine ) Jeter Vancre ; c’est mouiller.
- Jeter le loc. V. LOC.
- Jeter des mâts à bas ; c’est démâter.
- Jeter un vaisseau sur la côte; c’est échouer un vaisseau sur le rivage.
- JE [T, s. m. du lat. jocus, divertissement , récréation.
- ( Musique ) La manière dont on touche les instrumens. Avoir le jeu beau , brillant.
- Il se dit encore en parlant de l’orgue : un jeu d'orgues ; et en parlant des divers jeux de l’orgue : jeu de flûtes douces, jeu de voix humaine, etc.
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- ( Art dramal. ) Jeu se dit aussi de la manière dont un comédien repiésente : Ce comédien a le jeu' noble.
- ( Marine ) Jeu de voiles ; c’est l’assortiment de toutes les voiles nécessaires pour garnir compléie-ment toutes les vergues , les mâts et étais d’un vaisseau, de leurs voilures usitées. On embarque ordi-nairentent dans les vaisseaux un second jeu de voiles pour rechange.
- Jeux floraux ; V. FLORAUX. JOAILLIER,s. m. du t.eutonique jeweel, dont les Allemands ont lait j eweiien, et les Anglais jeivel, pour joyau.
- ( Technol. ) Ouvrier qui travaille en joyaux, en pierreries.
- JOINTURE , s. f. du lat. junc~ tura , formé de jungere, junctum , joindre.
- ( Anat. ) Joint, assemblage , liaison , l’endroit où se fait un assemblage , et particulièrement celui des os. C'est la même chose qu’AK.-TICÜLATION. V. ce mot.
- JONQUE , s. £ les Anglais disent junclc ; c’est un mot chinois.
- ( Marine ) Sorte de bâtiment des mers de la Chine, et autres pays circonvoisins, qui porte depuis cent jusqu’à trois cents tonneaux.. La construction des jonques est à fond plat, fort défectueuse, et on ne peut pas plus grossière. Leur mâture, leur grémeut et leur voilure sont encore plus grossiers.
- Les jonques marchandes n’ont point de canons ; celles qui appartiennent au Gouvernement sont armées de huit ou dix canons, du calibre de quatre tout au plus. JOUE, s. f. du lat. gêna.
- ( Anat. ) Les joues sont les parties latérales de la face, qui s’étendent depuis les yeux et les tempes jusqu’en bas entre le nés et l’oreille de chaque côté.
- JOUEUR , s. m. du latin jocu-la‘or, dérivé de jocus, jeu.
- ( Courtage ) Joueur à la hausse ; voici ce qu’on entend par cette expression : quelqu’un vend cent actions de 20,000 fr. chacune, à fournir le premier du mois suivant ; ce jour-là elles se trouvent à 21,000 francs ; celui qui a vendu
- JOU 4iq
- donne la différence, qui est' de 1000 francs .• et il reçoit, par conséquent, une pareille somme, si ce jour-là elles sont à 19,000 francs.
- Autrement : quelqu’un vend cent actions à un terme convenu, avec liberté de les prendre ou de ne les point prendre, moyennant une prime de 600 francs ; si, au terme fixé, les actions se trouvent à 20,000 frays, et si l’acheteur ne les prend pas, il ne perd que la prime ; si elles se trouvent à 21,000 francs, il prend le surplus de ce qu’elles valent, au-delà de 20,600 francs.
- JOUR, s. m. du lat. diurnum, durée de la présence du soleil sur l'horizon.
- ( Astron. ) Dans la plupart des endroits de la terre, le soleil nous paroît faire sa révolution diurne en partie sur l’horizon, et en partie dessous. Le tems qu’il demeure sur l’horizon s’appelle jour artificiel, et le tems qu’il demeure âu-dessous , se nomme la nuit.
- Le jour artificiel n’est pas d’une égale durée par-tout, ni dans tous les tems: cette durée varie suivant les différens climats et les différentes saisons. Voy. SPHERE DROITE , SPHERE PARALLELE, SPHERE OBLIQUE.
- Jour astronomique ; c’est le tems pendant lequel le soleil nous paroît faire une révolution entière autour de la terre, d’orient en occident. Ce tems n’est pas tous les jours d’une égale durée ; mais les astronomes les rappellent à l’égalité, en divisant l’année entière, ou, ce qui est la même chose, la somme du tems pendant lequel le soleil nous paroît parcourir tout l’écliptique , en autant de parties égales, appelées heures, qu’il en faut pour assigner vingt-quatre heures à chaque jour. C’est-là ce qu’ils appellent EQUATION DU TEMS. ( Voy. ce mot ). Au moyen de cette équation , on distingue deux sortes d’heures : les unes toujours égales entre elles, et qui sont celles dont ou vient de parler ; les autres, qui sont affectées des inégalités qui se trouvent dans l’apparence du mouvement diurne du soleil. On appelle tems vrai, celui qui est D d 2
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- composé de cés heures inégales, et
- tems moyen, celui qui est composé
- d’heures parfaitement égales entre
- elles. Voy. TEMS VRAI, TEMS
- MOYEN.
- Le jour astronomique commence à midi du tems vrai, et finit au moment où le soleil, après une révolution entière, arrive au même méridien.
- Jour civil ; c’est la durée de vingt-quatre heures, qjû est à peu-près le tems que le soieïï nous paroît employer à faire une révolution entière autour de la terre.
- Toutes les nations n’ont pas placé le commencement de leur jour dans le même instant. Les Babyloniens commençoient à compter le leur, du lever du soleil. Les Juifs et les Athéniens le comptoient, du coucher du soleil; ce qui est encore aujourd’hui en usage, parmi les Italiens. Tous les autres Etats catholiques commencent leur jour à minuit. Les astronomes le commencent à midi, et comptent les heures de suite jusqu’à vingt-quatre.
- Jours caniculaires. V. CANICULAIRE-
- Jours complémentaires. V. COMPLEMENTAIRES.
- ( Commerce ) Jours' de faveur, jours de grâce ; ce sont des jours de délai qui sont accordés à celui sur lequel une lettre de change est tirée pour l’acquitter.
- ( Archit. ) On appelle jour, ou jours, les fenêtres et ouvertures par où vient le jour.
- ( Peinture ) Jour, dans l’art de la peinture, est synonyme de lumière , et s’emploie plus ordinairement au plurier qu’au singulier. On dit .- Les jours sont disposés avec intelligence dans ce tableau. Il faut pour parvenir à l'harmonie que différens jours ne disputent pas avec la lumière principale.
- On dit encore dans un sens relatif à l’art : Choisir un jour favorable pour peindre ; un jour favorable au modèle d'après lequel on peint ; enfin, un jour favorable au tableau qu'on exvose aux yeux. V. CLAIR OBSCUR, ACCORD, HARMONIE.
- JOURNAL , s. et ad]. du lati» diurnalis.
- JO V
- ( Commerce ) Livre ou registre dont les ne'gocians ou banquiers se servent pour écrire toutes les affaires de leur commerce à mesure qu’elles se présentent.
- ( Marine) Journal de navigation ou journal nautique ; cYst un compte détaillé et circonstancié , tenu jour par jour , de tout ce qui concerne la navigation d’un vaisseau , de tous les événemens inté-ressans qui surviennent, et de toutes les .remarques que l’on est dans le cas de faire. Ce journal doit être tenu par le capitaine et par chacun des officiers.
- Un journal doit faire mention du vent qui a soufflé dans les différentes heures , entre chaque midi , de sa force, de ses changemens ; de la qualité du tems ; de la situation de la mer ; des courans observés ; de la quantité du chemin et de la route que le vaisseau a tenue , et des changemens qu’on y a faits ; de la voilure que le vaisseau a portée ; de ses nrouvemens et évolutions ; des rencontres qu’on a faites ; des vaisseaux , terres , brisans ou bas fonds qu’on a apperçus ; des sondes ; des relevés qu’on a faits des points essentiels des côtes , si on en a vu ; de la variation de la boussole ; des observations astronomiques et de leur résultat , pour fixer la longitude et la latitude actuelle du vaisseau , à chaque midi. On y parle des mouillages où le vaisseau s’est arrêté ; de la nature et de la qualité du fond, et des amayes et remarques qui peuvent servir à trouver le bon mouillage ; des marées et des courans , et des vents régnans ou domiuans, ainsi que des erreurs que l’on croit aperçevoir sur les cartes marines des divers lieux où l’on aborde.
- ( Littérature ) On donne encore le nom de journal à des ouvrages périodiques , qui , sous le titre de journal , ou sous d’autres titres , rendent compte des livres nouveaux et des nouvelles publiques.
- he journal desSavans est le père de tous les journauxon en doit l’idée à M. de Salle , conseiller au parlement de Paris.
- JQYILAJBE , s. nu du hi.jovisi
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- JUD
- génit. Ac jupiter f et du grec \eiy.Çà.-vw ( lambanà ) , prendre.
- ( Astron. ) Instrument propre à trouver les configurations ou les situations respectives apparentes des satellites de Jupiter.
- JUBILE , s. m. dérivé du latin jubilare , pousser des cris de joie , faire des acclamations. Le latin jubilare est lui-même formé de l’hébreu jobel ; mais les interprètes ne sont pas d’accord sur la signification de ce mot ; tout ce qu’on y a vu et ce qu’on y exprime par jubilare , est la
- Eroclamation avec éclat , qui se lisoit de l’année heureuse.
- ( Culte cathol. ) C'étoit chez les Juifs la cinquantième année qui suivoit la révolution de sept fois sept années , lors de laquelle la liberté étoit vendue aux esclaves, et les héritages à leurs premiers maîtres.
- Parmi nous , le jubilé ne regarde que la rémission des fautes , et l’indulgence que l’église accorde aux pécheurs. Le pape Boniface VIII introduisit l’usage de cette indulgence l’an i3oo ; mais elle n’a été nommée jubilé qu’en , sous le pontificat tfe Sixte IV. Au commencement , les jubilés ne s’accordoient que tous les cent ans. Clément VI les rapprocha à cinquante , Grégoire XI à trente trois, et Paul II à vingt cinq. C’est le dernier état.
- JUDICIAIRE , adj. du lat. judi-eiarius, formé de judex, juge : qui appartient à un juge , qui est fait en justice.
- ( Pratique ) Il se dit de ce qui est fait en jugement , et fait partie de la procédure et instruction. Les assignations , défenses et autres procédures tendantes à instruire Daffaire et à en poursuivre le jugement, sont aussi des actes judiciaires , c’est-à-dire , formés par la voie judiciaire.
- ( Élocut. ) On appelle , en rhétorique , genre judiciaire , celui des trois genres , qui consiste dans la discussion contradictoire d’une chose ou d’un fait. C’est une accusation ou défense , une demande ou dénégation , et des deux causes débattues , le résultat est un jugement qui doit être prononcé conformément à la loi. Ce genre convient particulièrement aux avocats.
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- ( "Divination ) Astrologie judiciaire ; c’est l’art de pronostiquer les événemens par le mouvement des astres , leurs aspects et leurs situations.
- JUGE , s. m. du lat judex , pour jus dicens.
- ( Pratique ) Celui qui est proposé pour décider les-différends des personnes soumises à sa juridiction , et pour faire rendre à chacun ce qui lui appartient.
- Juge de paix ; on appelle ainsi un officier de justice dont la principale fonction consiste à concilier les parties qu’ils invitent , dans le cas de non conciliation, à se faire juger par des arbitres.
- ( Ecriture ) Juge se dit, dans l’Ecriture, de certains personnages qui gouvernèrent le peuple juif, depuis Josué jusqu’à l’établissement des rois.
- Livre des Juges ; c’est le septième livre de l’Ancien Testament , ui contient l’histoire des Juifs , epuis la mort de Josué jusqu’à la naissance de Samuel.
- JUGULAIRE, adj. du lat. Ju-gularis , formé de jugulum ou ju-gulus , gosier : qui appartient au gosier.
- ( Anat. ) Ce qui est relatif à la gorge. Jugulaire la veine jugulaire.
- JUILLET ; s. m. de julius, nom de Jules-César.
- (Chrohol.) Nom du septième mois de l’année- Il a été nommé juillet par Marc-Antoine, parce que Jules-César est né dans ce mois. On l’ap-peloit auparavant quintilis, parce qu’il étoit le cinquième mois de l’année romaine qui commençoit par le mois de mars.
- JUIN , s. m. du lat. junius, formé de Juno ,Junon , suivant les uns , ou de junioribus , jeunes gens , comme le mois de mai . étoit pour les vieillards. F". MAL
- ( ChronoL ) Nom du sixième mois de l’année. C’est dans ce mois que le printems finit et que l’été commence; savoir le 21 ouïe 22. Le moment où cela arrive s’appelle le solstice d’été. ( V. SOLSTICE). C’est alors que nous avons le plus long jour et la plus courte nuit. JULIENNE, adj. dé Julius- Césa r*
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- ( Chronol. ) Année julienne ; So-sigène, dont César se servit pour la rétormation du calendrier , supposa que tannée solaire moyenne étoit justement de 555 jours , 6 heures , et, sur ce fondement, César ordonna que des quatre ans l’un seroit bissextile , et les trois autres communs.
- Le désordre que la négligence de quelques minutes avoit jeté dans le calendrier Julien , réveilla les astronomes du XYIe siècle , et provoqua la réforme de Grégoire XIII. V. GR EGORIEN.
- PERIODE JULIENNE; c’est une période fort utile, inventée par Jules Scaliger , et appelée ainsi, les uns disent disent de son nom; les autres, parce qu’elle a été accommodée à l’année julienne ; elle est de 7980 ans , par la combinaison des trois cycles , dé l’indiction , qui est de i5 ans. ( V. INDICTION) , du cycle solaire , qui est de 28. ( V. CYCLE SOLAIRE ) , et du cycle lunaire. ( V. CYCLE LUNAIRE ). Son principal avantage consiste eu ce que les mêmes années du cycle solaire , lunaire ou dé l’indiction , qui appartiennent à une année de cette période , ne peuvent se rencontrer ensemble qu’au bout de 7980 ans.
- JUMELLE , s. f. du lat. gemella ; on a dit long-temps gemelles.
- ( Technol. ) C’est le nom de deux pièces de bois ou de métal , semblables et comparées l’une à l’autre. Ainsi Fort dit les deux pièces jumelles d’un pressoir , les jumelles d’une presse , les jumelles d’un tour , etc.
- ( Marine) Les jumelles sont de longues -pièces de bois , concaves d’un côté et convexes de l’autre , dont l’usage est d’être appliquées contre l’avant des mâts majeurs , alin de les fortifier d’un côté et de les mettre en état de mieux rèsister à l’effet de la voile.
- JUNTE , s. m. de l’espagnol jun -ta ou junto , corruption du latin juncta, dérivé àejupgeré,j'unctùm, unir.
- ( Administration, Communes ) Assemblée , conseil.,,société de plusieurs personnes pour, quelque ad iniuistration ; Ü est particulière-
- JÜR
- tuent en usage en parlant des affaires d’Espagne et de Portugal.
- La junte du commerce , la junte des trois états, la junte du tabac.
- JUPITER , s. m. contraction de juvans pater , selon les uns , et suivant d’autres,de Jehu Pater, pour Jehova Pater, dieu de l’antiquité payenne.
- ( Aslron. )C’est aussi le nom d’une des planètes supérieures , remarquable par son éclat, et qui fait le tour du ciel dans l’espace d’environ 12 ans par un mouvement qui lui est propre , et qui tourne autour de son axe en 9 heures 56 minutes.
- Jupiter esila plusgrande de toutes ‘les planètes, son diamètre est de 3iu8 lieues. Il est à celui de Sa terre , comme 1080 est à 100. Galilée découvrit , en 1616 , quatre petites planètes qui tournent autour de Jupiter, et qu’on appelle les satellites de Jupiter. Elles souffrent souvent des éclipses , dont les observations sont fort utiles pour con-noître les longitudes géographiques.
- ( Chimie ) Dans l’ancienne , chimie Jupiter signifie V étain
- ( Alchimie ) En'termes du grand art, Jupiter est l’or philosophal.
- JURE , s, m. du lat. ju’atus, de jurare, jurer , faire serment.
- ( Administ. ) C’étoil èn France un maître choisi par élection préposé dans les arts et me'tiers, pour avoir l'inspection sur les autres maîtres du même état.
- ( Jurisprudence criminelle ) 11 se dit maintenant d’un citoyen connu et domicilié , nommé membre d’une commission chargée de constater l’existence d’un délit dénoncé , et déclarer s’il y lieu à accusation et qu’on nomme alors jury d’accusation ; ou quand le délit est constaté , d’une commission , sous ie 119m de jury de jugement, chargée de prononcer que le prévenu est ou n’est pas coupable du délit dont il a été accusé.
- JURY , s. m. mot emprunté de jurare, jurer, faire serment.
- ( Jurisprudence crimin. ) C’est le nom collectif de la commission ou de l'assemblée des jurés. Ainsi l’on appel le jury d’accusation, l’assemblée des jurés, qui déclare que Tac-
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- eusation doit être admise ou rejetée ; et jury de jugeaient, l’assemblée des jurés qui prononce sur l’existence du délit et sur la part qu’y a eue l’accusé.
- ( Economie politiq. ) Jury se dit encore abusivement de toutes les commissions nommées par le gouvernement ou par des associations particulières, pour juger du mérite de quelques objets d’arts, de sciences, etc., mis au concours.
- JURIDICTION , ou JURISDIC-TION, s. f. du latin jus dicere, rendre la justice.
- ( Pratique ) Autorité nécessaire pour juger.
- On donne aussi ce nom au tribunal revêtu de cette autorité.
- JURISPRUDENCE , du latin ju-rispruâentia, counoissance du droit.
- ( Pratique ) C’est la science du droit ; elle enseigne à rendre à chacun ce qui lui appartient , et c’est par . la connoissance des lois qu’elle ÿ parvient.
- Jurisprudence Se dit aussi des maximes et usages reçus dans un tribunal, ou dans un pays, sur l’interprétation de la loi et sur ses différentes applications. Une suite de jugemens uniformes sur une même question forme une jurisprudence.
- JUSANT , s. m. du vieux mot jus , en bas , en descendant.
- ( Marine ) Reflux de la marée ; il est synonyme d,ébe, de reflux, ou de marée descendante. V.. ces mots.
- JUSTIFICATION, s. m du lat. justiflcatio, formé de justiflcare , pour justum facere , rendre juste : action , procédé pâr lequel on se justifie.
- ( Imprimerie) Lajustification, en ternies d’imprimerie , est la longueur des lignes, déterminée et soutenue dans une même égalité , par le secours du composteur et des espaces de différentes épaisseurs.
- ( Fondeurs en caractères ) C’est encore un petit instrument de cuivre ou de fer qui sert aux fondeurs de caractères d’imprimerie, pour s’assurer si les lettres sont bien en ligne et de hauteur entr’elles.
- JUXTA-POSITION, s. f. formé du \3ï\n pcnere, mettre, et juxtà, proche.
- ( Physique ) Ce terme exprime
- l’accroissement des corps par l’ap-position d’une nouvelle matière sur leurs surfaces extérieures. Les minéraux croissent par juxta-position.
- K.
- KAN , s. m. mot tartare que nos voyageurs écrivent de six ou sept manières différentes : han, Icaam , khan, kagan, kam, chaam, cham ; il signifie haut, éminent et puissant seigneur.
- {Econ. polit.) Titre de grande dignité chez les Tartares; en Perse il répond à celui de gouverneur , en Europe. Les souverains de Perse le mettent à la tête de tous leurs titres.
- KAOLIN, s. m. mot chinois.
- (Minéral) le kaolin est une argile très-blanche, très-liante, dont les Chinois se servent pour faire leurs porcelaines. Depuis qu’on est parvenu à analyser la porcelaine de la Chine et du Japon, et à s’assurer des substances dont elle est composée, on a découvert le kaolin dans plusieurs parties de la France.. On en trouve abondamment à St.-Thiriez , près de Limoges, et c’est avec cette terre qu’on lait les plus belles porcelaines de Sèvres. F. PORCELAINE, POTERIE.
- KARABE, s. m. mot persan qui signifie tire-paille.
- ( Minéral. ) C’est la même chose que Vambre jaune. V. ce mot.
- K A R AT s. m. F. CARAT.
- KAT-CHÉRIF , s. m. mot turc qui signifie sublime lettre.
- ( îlist. turque) Nom que les Turcs donnent aux ordonnances directement émanées du Grand Seigneur.
- Autrefois les sultans se donnoient la pieine d’écrire leurs mandemens de leur propre main , et de les signer en caractères ordinaires -, maintenant ilssont écrits par des secrétaires, et marqués de l’empreinte du nom dumonarque; et quand ils n’ont que ces marques, on les nomme simplement tura ; mais lorsque le grand seigneur veut donner plus de poids à ses ordres, il écrit lui-même de sa propre main, au haut du tara, ou selon d’autres, au bas, ces mots :
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- Que mon commandement soit exécuté seloti sa forme et teneur ; et c’est ce qu’on appelle kat-chenff, c’est-à-dire, ligne noble, ou sublime lettre. Un turc n’oserait l’ouvrir sans le porter d’abord sur son front, et sans le baiser respectueusement, après l’avoir passe sur ses joues pour en essuyer la poussière.
- KEPLER, nom d’homme
- ( Astronomie ) Lois de Képler ; on appelle ainsi les lois du mouvement des planètes autour du soleil, reconnues et démontrées par Kepler.
- i°. Les planètes décrivent des ellipses et non des cercles ;
- 2Ü. Les ellipses sont parcourues de manière que les aires sont proportionnelles aux tems ;
- 5°. Les grandeurs de ces ellipses sont comme les racines cubes des earrés des tems employés à les.dé-crire, ouïes carrés des tems comme les cubes des distances. Ce sont les deux dernières, et sur-tout la troisième , qu’on appelle lois de Képler.
- KERMÈS, s. m. mot arabe.
- ( Hist. nat.) C’est le nom qu’on donne à une petite excroissance de couleur rouge qu’on trouve sur le chêne vert. Cette excroissance est formée par la piqûre d’un insecte qui fait extravaser le suc de cet arbre.
- Le kermès sert pour teindre en écarlate. On l’emploie aussi dans la médecine.
- ( Chimie ) Kermès minéral ; c’est un oxide d’antimoine rouge, granuleux ou en plumes, appelé ainsi par le frère Simon, apothicaire des chartreux, à cause de sa ressemblance avec le Kermès végétal.
- KETCH, s m. mot anglais dérivé de l’italien ciaccho, cuve, cuvier.
- ( Marine ) Sorte de bâtiment usité principalement chez les Anglais, pour servir de bombarde.
- KI ASTRE,s. m. ou plutôt CHI ASTRE , de la lettre grecque x (cûi}.
- ( Chirurgie) Espèce de bandage dont le nom vient de sa forme qui représente la lettre grecque x- Il sert pour la rotule fracturée en travers.
- KILIAIRE ou KILAIfE, s. m. du grecbue; ( chïlioi), mille, et du
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- latin area, dont on a fait aire, surface.
- [Métrol.') Nouvelle mesure de superficie. Cette mesure contient 1,000 ares ou 10,000 mètres carrés ; en mesures anciennes, la surface du kilare est à-peu-près égale à 19 grands arpens. Cette mesure est destinée à mesurer de grands terrains.
- KILO, du grec xiXl0f ( chilioi ), mille.
- (Métrol.) Annexe ou prénom des mesures nouvelles, qui indique une unité mille .fois plus grande que l’unité générative.
- La racine étymologique eût été mieux conservée , si l’on eut dit kilio ou kili , au lieu de kilo ; mais les auteurs de la nouvelle nomenclature ont préféré kilo , afin d’éviter, disent-ils, des syllabes peu consonnantes, et qui auroient pi eté à des jeux de mots ridicules.
- KJLIOGONE, s. m. du gr.^buo* ( chilioi ), mille , et de y mit*. ( gô-nia ), angle : mille angles.
- ( Géom. ) Figure qui a mille côtés et mille angles.
- KILOGRAMME, s. £ dugr.y>(0« ( chilioi ), et par contraction ( chi-loi ) , mille, et de ypà/yua ( gram ma ), GRAMME, V. ce mot: mille grammes.
- ( Métrol. ) Nouveau poids. Le kilogramme, appelé vulgairement la nouvelle livre, est du poids d’un décimètre cube d’eau ; en poids de marc, il est égal à a livres 5 gros et demi. Ce poids et ses différentes parties sont destinés à peser les marchandises qui se vendent en détail.
- KILO LITRE, s. m. du grec xixtot ( kiiioi ), par contraction ( kiloi ) , mille , et de xfrpa. ( litra ), mesure cylindrique , qui, au rapport de Galien , servoit chez les Romains à mesurer les liquides.
- ( Métrol. ) Nouvelle mesure de capacité.Le kilolitre, vulgairement appelé le nouveau mnids., contient îoo décalitres, ou boisseaux nouveaux ; il est égal au mètre cube. Cette mesure est destinée à mesurer les grandes capacités. La capacité du kilolitre est à-peu-près égale à celle du tonneau de vin de Bordeaux, composé de 4 pièces.
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- KILOMÈTRE , s. m. du grec x',-?v/o( ( kilioi ), par contraction kilioi^ mille , et de g.érpov ( métron ), mesure.
- ( Métrol. ) Nouvelle mesure linéaire. Le kilomètre contient mille mètres , et le mètre est l’unité des mesures linéaires. Dans la nomenclature vulgaire il est appelé milieu et il est à-peu-près égal à un quart de la lieue ancienne. Cette mesure est destinée à exprimer les distances itinéraires, et à régler le placement des bornes pour la mesure des chemins.
- KINGS , s. m. mot chinois.
- ( Littérat. chin. ) On appelle de ce nom les principaux ouvrages qui traitent de la morale et de la religion des Chinois. Ils sont au nombre de cinq. En général, on donne le nom de king par excellence , aux plus anciens et aux meilleurs livres. Qui dit king , dit un ouvrage où il n’y a rien que de vrai, de bon et de grand; et qui dit pou-king, dit doctrine fausse , mauvaise, et qui n’est pas king.
- KIO , s. m. ouFOKF.-KIO, s. m. mot japonais, qui signifie livre des fleurs excellentes.
- ( Hist. du Japon ) Livre sacré du lapon , qui renferme les principaux articles de la doctrine de Xaca, tracés de sa propre main sur des feuilles d’arbres, et recueillies avec grand soin par deux de ses disciples les plus zélés ; ce qui valut à ces deux compilateurs les honneurs divins. On les voit dans le temple de Xaca , l’un à la droite, l’autre à la gauche de leur maître.
- KIOSQUE , ouKIOSK, ouKIQ-CIIE , ou KIOCK , s. m.- mot turc.
- ( Architect. du Levant ) Les Kiosques sont chez les peuples du Levant de petits pavillons isolés et ouverts de toutes parts, et que l’on ferme seulement avec des toiles. C’est-là quel’on va prendre le frais, se divertir, ou jouir de quelques belles vues. Les plus riches sont
- fieints , dorés et pavés de porce-aine. Il y en a beaucoup à Constantinople.
- ( Ma,rine turque ) Kiosque est encore une espèce de tour, ou de château élevé sur la dunette des caravelles turques. V. CARAVELLE.
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- KISTE ou KYSTE, s. m. dngr. jcuv/ç ( kustis), vessie, ou de kiç-iç ( kistis ), petit coffre , petite boîte.
- ( Chirurgie ) Capsule membraneuse dans laquelle la matière qui produit certaines tumeurs est renfermée ; telle est l’enveloppe membraneuse de Vathérôme, du siéa-tome, etc.
- KOFF, s. m. mothollandois.
- ( Marine ) Sorte de bâtiment liol-Jandois fait pour porter desmarchandises , et dont le grément consiste en un grrnd mât et un mât de misaine , portant chacun une voile à livarde avec un hunier dessus.
- KORAN, s. m. V. ALCORAN.
- KREUTZER, s. m. mot allemand.
- (Commerce) Monnaie de compte et réelle qui se fabrique et a cours en Allemagne, en Suisse et dans quelques autres endroits.
- KYNANCIE, s. m, V. CYNAN-CIE. v
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- LA , s. m. ( Musique ) La sixième note de la gamme de musique , inventée par Guy aretin.
- LABARUM , mot emprunté par les Romains des nations barbares, et dont on ignore l’origiue.
- ( Hist. anc. ) C’étoit un étendart qu’on portoit devant les empereurs Romains à la guerre. Dans l’origine, il étoit composé d’une longue lance traversée par le haut d’un bâton , duquel pendoit un riche voile de couleur pourpre, orné de pierreries et de frange à l’entour. Jusqu’à Constantin il y avoit une aigle peinte , ou tissue d’or , mais cet empereur y fit mettre une croix, avec un chiffre ou monogramme , qui marquoit le nom de J.-C. , et qui étoit accompagné de deux lettres grecques A et SI, pour signifier que Jésus-Christ est le commencement et la fin de toutes choses.
- LABEUR , s. m, du lat. làbor •> travail.
- ( Agric. ) On dit que des terres sont en labeur , pour dire qu’elles sont cultivées, qu’elles ne sont pas en friche.
- ( Imprimerie ) Labeur se dit aussi
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- des ouvrages considérables et tires à grand nombre ; il est opposé à ouvrage de ville, cpii se dit de? factures et autres ouvrages de peu d’étendue , et qui se tirent ordinairement à petit nombre.
- LABIAL, LE, adj. du lat. labia, lèvre qui appartient aux lèvres.
- ( Grammaire ) Lettres labiales ; ce sontleslettres qui se prononcent avec les lèvres.
- ( Anal. ) Il se dit aussi de tout ce qui a rapport aux lèvres.
- LABIÉ , EE, adj. même origine que labial.
- ( Botan. ) II se dit des parties des plante^, comme le calice , la corolle , dont le timbre a deux incisions latérales qui le partagent en deux lames opposées, inégales, plus ou moins subdi visées , l’une supérieure et l’autre inférieure. Ces deux lames sont ce qu’on appelle les lèvres. La labiaho ; entraîne nécessairement l’irrémiiarité.
- LABORATOIRE, s. m. du latin laborare, travailler. Lieu où un artiste , un savant, fait ses recherches ou compositions.
- ( Chimie ) Il se dit particulièrement du 'lieu où les chimistes ont leurs fourneaux et leurs vaisseaux our travailler. On dit aussi le la-oratoire de l’apothicaire , en ce sens que la pharmacie estime branche de la chimie , et aussi pour distinguer le lieu où se font lesprépa-rations pharmaceutiques , de celui où se vendent les drogues, lequel n’est proprement que la boutique de. l’apothicaire.
- LABOUR, s. m. du lat. labor, travail.
- ( Agric. ) B emuement de la tèrre, fait à dessein de la rendre fertile. Le labour est foncier ,oa léger c’est-à-dire, profond ou superficiel, selon la qualité du sol , les besoins de la graine qu’on veut semer , et d’autres circonstances.
- LABOURER , v. a. du lat. labo-rare.
- ( Agric. ) Remuer br terre avec la charrue, la bêche , la herse r etc.
- ( Marine ) 1,ajourer, en sous-entendant le fond, se dit de l’ancré lorsqu’elle ne tient pas bien au fond, et qu’étant attirée et dérangée par l’effort du vaisseau, sa patte
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- siUonn.e le fond, comme une charrue laboure la terre.
- On dit parlamênxe analogie qu’un vaisseau laboure , lorsqu’en navigant il touche 1 égèrement sur la vase avec sa quille , sans que cela l’arrête ni l’endommage.
- LABYRINTHE, s. m. du grec Xt^Çôpiv&aç ( iaburinthos), lieucoupé de plusieurs chemins , (l’allées, et où il y a beaucoup de détours , en sorte qu’il est très-diffficile d’en trouver l’issue.
- ( Archit. Jardin. ) Eosquet de lusieurs allées entrelacées, borées de p lissades, dont la sortie est difficile à trouver.
- Le premier labyrinthe fut construit ( selon Pline ) en Egypte , au gouvernement d’Héraclépolis. il fut commencé pâr Fetisacus on Tit-knës , et achevé par Psammeticus.
- ( Anal. ) C’est pur analc-gie qu’on a don né ce nom à la seconde partie, et en même tems la plus enfoncée de l’oreille interne.Le labyrinthe est composé de trois parties, dontl’une est appelée colimaçon, l’autre le vestibule , et la troisième , les canaux demi-circulaires. Le limaçon est situé en devant, les canaux demi-circulaires en arrière, et le vestibule' au milieu..
- On a aussi donné le nom de labyrinthe à la partie supérieure de l’os ethmoxdp , parce qu’elle est tellement embrouillée qu’on n’y re-c.oiinôît aucune forme.
- En général, on nomme labyrinthe toute cavité des os où se trouvent plusieurs contours cachés qui cpmnuuiiquent en tr’eux.
- LAC , s. m. du lat. lacus, tiré du grec Xctxiç ( laids ), ou Xctnnoç ( lak-h os j. •
- ( Géogr.) Grand amas, grande étendue d’eaux douces et dormantes , qui ne tarissent jamais, et qui ne se communiquent à la mer que par quelques rivières , ou par quelques canaux souterrains.
- L4CINIÉ, ÈÉ, adj. du lat. la-cirziatus , formé de laciniare , diviser par parcelles.
- ( Botan. ) 11 se dit des feuilles découpées inégalement , en lanières alongées, et plus on moins étroites.
- LACIS , s. m. de laqueus., dont
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- cn.a fait laqueare , laciare, lacer : ouvrage fait en forme de filet.
- ( ylnat. ) C’est par analogie qu’on donne ce nom en anatomie à l’arrangement de quelques vaisseaux , ou de quelq ues libres qui forment une espèce de rets.
- LACK , s. f. mot indien.
- ( Commerce de l’Inde ) Quantité de roupies déterminée , qui fait l’office de monnaie de compte pour les grandes sommes. Une lack de roupies fait i2,5oo livres sterling , environ 280,000 francs.
- LACONIQUE , ad;, du grec xk-x.üjv ( lq,kôn ), laconien ou lacédé-monien.
- , ( Diction) Concis à la manière des Lacédémoniens.
- LACRYMAL , adj. du latin la-cryma , larme.
- ( Phys 10I. ) Ce qui a rapport aux larmes ; comme la caroncule lacrymale , la glande lacrymale , le conduit lacrymal, la gouttière lacrymale , l’humeur lacrymale , le nerf lacrymal, les os lacrymaux, les points lacrymaux.
- L ACR Y MATOIS E, s. m. du lat. lacryniaiorium, dérivé de lacry-ma, larme.
- ( Antiquaires ) Vase ou fiole de terre, ou de verre, que les anciens Romains mettaient dans les sépulc.fires pour y déposerlesiarmes qui avoieiit été versées aux funérailles du mort.
- LACTATE, s.m. du lat. lac , lac-tis , lait.
- ( Chimie ) Sel formé par la com-bai iison de l’acide du petit lait aigri , ou de l’acide lactique avec différentes bases.
- Sa terminaison en aie , indique qu’il appartient à un acide saturé d’oxigène dont la terminaison est çnique. U. LACTIQUE.
- Ces sels n’étoient point connus avant Scheele, et n’avoient point reçu de nom jusqu’au moment où les auteurs de la nouvelle nomenclature chimique lui ont donné celui là.
- LACTE , EE, adj. du latin lac-teus , de lait.
- ( Astron. ) Voie lactée, espèce de bande lumineuse qui fait le tour du ciel, coupe 1’écliptique vers les deux
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- solstices, et s’eu écarte de 6o°. environ. On l’a appelé cercle de Ju-non , chemin de St.-Jacques , fascia, vestigiumsolis, zone , viaperusta, cœli cingulum , orbis lacteus. Les Grecs i’appeloient galaxie, ya.Ka.fia.c x.\nckoç ( galaxias kuklos), cercle de lait.
- Les observations de M. Hersehel, sur la multitude immense dés étoiles qui sont dans la voie lactée, ne permettent plus de douter que ce 11e soit là la véritable cause de sa blancheur.
- ( Physiol. ) Veines lactées ; ce sont de petits conduits qui sont dispersés par-tout le mésentère, et qui portent le chyle des intestins au réservoir de péquët ; ils sont ainsi nommés , parce que le chyle qu’ils contiennent est semblable à du lait.
- LACT1FÈRE, adj. du lat. lac, lactis, lait, et de ferre , porter.
- ( Botan. matière médicale ) Epithète que l’on donne aux plantes qui abondent en sucs laiteux , telles que le titymale, la laitue, etc.
- LACTIFAGE , adj. du lat. lac , lactis, lait, et du grec <paya> ( plia— gô ) , manger ; mangeur de lait.
- ( Médec. diétét.) On appelle ainsi ceux qui ne vivent que de lait ; c’est la même chose que GALAETO-FAGE. V. ce mot.
- LACTIQUE , du lat. lac , lactis , lait.
- (Chim.) Acide lactique; Cet acide est formé avec un peu d’acide acé-teux dans le lait aigri spontanément. L’acide lactique s’unit avec presque toutes les bases salifiables , et forme , avec elles , des sels incristaî— lisables. Ces sels sont appelés LAC— TATES. V. ce mot.
- LACUNE , s. f. du lat. lacuna , diiniuutif de lacus, lac, petit lac , ou ce qui a l'apparence d’un lac.
- ( Bibliogr. ) Défaut de suite , interruption , vide dans un livre. •
- ( ylnat. ) Il se dit aussi de certains petits réservoirs qui dégagent une humeur.
- LAÇUSTRAL, LE, adj. du îat. lacus, lac, qui appartient à un lac.
- ( Botan. i 11 se dit des plantes qui croissent autour ou dans les eatrx même des lacs ou des grands étangs.
- LADY, s. f. mot anglais , dérivé
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- LAI
- du saxon hlœrdig. On prononce aidi.
- ( Ilist. dJAngl. ) Titre que les Anglais donnent anxfemmes de qualité 5 ii appartient de droit aux épouses des chevaliers, et à celles qui sont d’un rang plus élevé ; aux filles des comtes , des marquis et des ducs ; mais aujourd’hui on l’accorde par courtoisie à toutes les femmes.
- LADRE, s. m. corruption de la-zare.
- ( Méd. ) Malade atteint et infecté de lèpre. Autrefois on appeloit les ladres, lazares , comme on le voit dans les anciens statuts des mala— dreries ou hôpitaux pour les ladres. LAGOPHTALMIE , s. f. du grec ( lagos ) , lièvre, et de ô<j>0s>x-ydoç [ opthalmos ) , œil, Comme qui divoit œil de lièvre.
- ( Méd.) Maladie dans laquelle la paupière supérieure est tellement retirée qu’elle ne peut s’abaisser entièrement, et que l’œil reste ouvert en dormant, comme aux lièvres.
- LAGUNE , s. f. de l’italien la-guna , formé de lacus , lac : petit lac , ou flaque d’eau dans des lieux marécageux.
- LAI ou LAÏQUE, s. et adj. dti grec xu'oz ( laos), peuple, dont on a fait xaÏKOî ( laicos ), qui est du peuple.
- ( Hist. ecclés. ) Qui n’est ni ecclésiastique , ni religieux. On appelle aussi frère lai les frères servans qui ne sont point destinés aux ordres sacrés.
- LAI, s. m. vieux mot français que Ménage tire du latin lessus , gémissement.
- ( Poésie ) C’étoit anciennement le nom d’une espèce de poésie plaintive qui consistoit en une certaine quantité de petits vers distribués également en couplets , terminés et distingués par de petits bouts de vers de deux ou trois syllabes, d’où les lais furent aussi nommés arbres fourchus. V. VIRELAI.
- LÀÏNE, s. f. du latin lana , tiré du grec xnvbç ( lénos ) , et en dialecte dorien, x*vo ç ( lanos ).
- ( Technol. ) Poil qui couvre le corps de certains animaux, comme moutons , brebis, agneaux, etc.
- Le commerce des laines est d’une
- utilité si reconnue, et est devenu si important pour la richesse des États qui s’en occupent, que les anciens babitans de la ci-devant province du Berry élevèrent un mouton pour idole, qu’ils l’adoroient comme celui de qui ils tiroient toutes leurs richesses. En effet, le commerce des laines devint si considérable et si avantageux qu’il fournit aux ducs de Berri les moyens de s’ériger e« souverains , et même de donner des rois à tous les peuples de la Gaule celtique.
- L’Espagne, qui jouit aujourd’hui du privilège presque exclusif de fournir au reste de l’Europe des laines superfines, n’a pas toujours été en possession de ce précieux avantage.
- Ce n’est que vers le milieu du quatorzième siècle que don Pèdre, quatrième du nom, informé du profit que les brebis de Barbarie don-noient à leurs propriétaires, résolut d’en établir la race dans ses États , et fit venir un grand nombre de beliers et de brebis de la plus belle espèce. La négligence des Espagnols ayant contribué dans la suite à la dégénération de cette espèce, le cardinal Ximenès renouvella les opérations de don Pèdre ; et afin de prévenir les effets de la négligence des Espagnols, il excita leur émulation par des fêtes et des récompenses ; il accorda beaucoup d’immunités aux bergers, créa même un tribunal sous le titre de conseil du grand troupeau royal, et fit en sorte que le produit annuel des dépouilles de ces animaux fut regardé comme le joyau le plus précieux de la couronne.
- Les avantages considérables que l’Espagne retiroit des laines qui venoient de son cru, engagèrent toutes les nations voisines , excepté la France , à lui enlever une partie de ce commerce. Édouard IV , roi d’Angletere, obtint du roi d’Espagne trois mille brebis ou béliers de la plus belle espèce. Henri VIII s’occupa de surveiller l’éducation des troupeaux, et la reine Elisabeth s’est couronnée de gloire en frayant à la nation anglaise le chemin qui conduit à la richesse dont elle jouit aujourd’hui.
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- LAI
- La matière précieuse des laines avoit fourni aux Espagnols l’idée de l’établissement de la Toison-d’Or ; elle suggéra de même au parlement d’Angleterre celle de composer les bancs des chanceliers et des juges qui siègent dans la chambre des lords, de balles de laine brute , pour faire constamment ressouvenir les premiers magistrats de ce pays, que la principale cause de le prospérité nationale ne provient que des ressources immenses que l’on tire du produit inestimable des troupeaux.
- Les Hollandais et les Suédois crurent aussi devoir profiter des expériences des autres peuples. Les premiers firent venir des brebis et des beliers des Indes orientales ; et les autres transplantèrent chez eux ce qu’ils purent se procurer en Angleterre et en Espagne de meilleure espèce de bêtes à laine.
- Comment est - il arrivé que la France, qui a eu l’avantage, pendant plus de six cents ans, de produire les laines les plus belles et d’en fournir à tous les peuples de l'Europe , se soit trouvée dans le cas d’importer ce qu’elle exportoit autrefois ? Mais déjà le Gouvernement s’occupe de propager la race des moutons espagnols ; de multiplier la race hollandaise et anglaise ; d’importer des beliers de Salonique , qui tiennent le premier rang pour la finesse de la laine, la longueur de son jet et le poids de la toison; d’encourager la culture des fourrages propres à chaque espèce de bêtes à laine ; et enfin , de vaincre des préjugés, de détruire des usages anciens, et sur-tout de faire dis-paroître certaines coutumes, restes de l’ancienne législation féodale, qui défendent d’introduire des bêtes à laine dans les pâturages communs ; tels que les landes, marais et bruyères.
- Blanchiment des laines ; pour employer la laine avec succès, il faut, en la tirant des balles, commencer par la dégraisser. Plusieurs savans ont pensé que le suint étoit une matière grasse ; quelques autres , vêfyant qu’il se dissolvoit dans Veau/*n’opt pu adopter la même
- LAI 4aq
- opinion. D’après l’analyse faite par M. Vauquelin, il paroît que le suint est formé, 1." d’un savon à base de potasse qui en fait la plus grande partie ; 2.0 d’une petite uantité de carbonate de potasse ; •° d’une quantité notable d’acé-tite de potasse ; 4.° de chaux dont M. Vauqueiin n’a pas reconnu l’état de combinaison., 5.° d’un atome de muriate de potasse; 6.° enfin, d’une matière animale à laquelle il attribue l’odeur particulière du suint.
- Les dégraisseurs ont coutume de faire macérer ieurs laines dans l’urine putréfiée ; M. Vauqueliu'pense que l’utilité de l’urine putréfiée est au moins douteuse , et il croit que si , après avoir lavé les laines à l’eau courante, on les laisse macérer pendant quelques heures dans un vingtième seulement de leur poids de savon dissous par une suffisante quantité d’eau tiède, et en les foulant souvent , elles se purgent entièrement de la petite portion de graisse qui y adhéroit encore , et présentent ensuite une douceur et un degré de blanc qu’il n’y auroit pas eu sans cette opé-ratiou.
- Machines propres à peigner, carder et à filer la laine ; de tous les arts qui réclament l’emploi des machines, il n’en est pas de plus important que celui qui a pour objet la manutention et l’emploi des laines.
- Les Anglais sont parvenus depuis long-tems à filer la laine longue sur des mécaniques dont le principe est le même que celui des machines d’Arkwright ; mais ce n’est qu’en 1790 que le même auteur conçut l’idée d’une machine propre au peignage de la laine. Diverses circonstances empêchèrent sa mise en activité jusqu’en îytyij un chef et dix enfans suffisent pour conduire cette mécanique, et un atelier ainsi monté peut peigner facilement a4o livres de laine dans une journée de douze heures de travail.
- L’ancien Gouvernement français avoit , dès 1780 , senfî la nécessité d’encourager l’introduction des machines, et depuis cette époque jusqu’en l’an 4 , plusieurs citoyens
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- 0311 obtenu des privilèges ou des brevets pour des machmes tant à carder qu’à filer.
- Enfin, en l'an g, le ministre de l’intérieur a publié un programme et annoncé des prix pour les améliorations dans les machines à peigner .
- ( Clùime ) Laine 'philosophique ; c’est ce que les auteurs de la nouvelle nomenclature chimique appellent oxide de zinc sublimé. Lorsqu’on fait brûler du zinc dans un creuset rougi à blanc et recouvert d’un autre creuset conique, le métal brûle avec une flamme plus vive et plus brillante que celle des matières inflammables ordinaires, et produit une fumée blanche qui se condense en flocons légers que les alchimistes ont appelé laine philosophique.
- LAISSE, s. f. du Iat. laxare, laisser.
- ( Chasse ) Corde dont on se sert pour mener des lévriers attachés.
- ( Marine ) /misses de là mer ,• ce sont les terres et les vases que la mer jette sur le rivage, et qui, à la longue, forment des bancs qui, s’amoncelant et s’élevant avec le tems , se consolident, et font ensuite de petites digues qui s’opposent aux petits flots de la mer.
- LAIT, s. m. du latin lac, en gr. yûKu ( gala ).
- ( Physiol. ) Liqueur blanche portée dans les rc anime 11 es avec le sang, dont elle est séparée par les glandes de ces parties ; ce n’est propremènt qu’un ch vie qui a été plus trituré lorsqu’il a passé par le cœur et par les vaisseaux.
- ( Chimie ) Lait de chaux ; de la chaux délayée dans de l’eau.
- ( Peinture ) Peinture au lait ; procédé inventé par M. Cadet Devaux pour désinfecter l’air. Ce procédé consiste dans un mélange de lait et de chaux, substitué au blanc d’Espagne , appliqué sur les murs , dont il détruit et prévient la méphi-tisation.
- LAITE , ou LAITANCE, s. £ du lat. lactés.
- ( Ichthyologie) La partie des poissons mâles où est contenue leur semence, et dont on exprime une li-
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- q u eur bl anche qui ressembl e au 1 ai t, d’où vient ce mot.
- LAITIER., s. m. du lat. lac, lac-tis, lait.
- Fonte de fer ; matière Semblable à du verre, ou scories vitreuses, qui nagent au-dessus du métal fondu.
- ( Volcans) On appelle encore laitier de volcan, une lave vitreuse émaillée, grise ou noirâtre , que l’on taille ordinairement pour faire des vases ou des bijoux.
- LAITON , s. m. de l’allemand laleon ; les Anglais disent latten , et les Gallois lativen.
- ( Minéral. ) Métal factice, composé de cuivre et de zinc ; cette der> nière substance lui donne une couleur jaune , approchant de celle de l’or.
- I.ALA , s. m. mot turc, qui signifie tuteur.
- ( Hist. turque ) Titre d’honneur que donnent les sultans aux visirs et à un grand de l’empire, parce qu’ils sont les gardiens et les tuteurs des frères du sultan.
- LAMA, s. m. mot tartare.
- ( Culte relig. ) Les lamas sont les prêtres des Tartares asiatiques, dans la Tartarie chinoise.
- Leur supérieur, ou grand pontife, est appelé dala'i lama ; il tient le premier rang dans le royaume de Tongut.
- Lorsque le grand lama vient à mourir, on est persuadé qu’il reliait dans un autre corps ; et c’est toujours dans le corps d’un jeune lama priv ilégié , qu’on entretient auprès de lui, et qu’il a désigné son successeur secret au moment de sa mort.
- LAMÀNEUR, ou LOCMAN, s. in.»du celtique loman, guide ; les Suédois disent lotsman, pour pilote.
- (Marine ) Pilotes lamaneurs ; on nomme ainsi les pilotes qui connois-sent particulièrement l’entrée d’un port, et qui y résident, pour conduire les vaisseaux à l’entrée et à la sortie. Les pilotes lamaneurs doivent avoir des chaloupes toujours en état d’aller au devant et au secours des navires, au premier ordre ou signal. f>
- LAMEQIDE, adj. mol formé de
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- xisfj’a ( lambda ), qui est ïe nom de la lettre grecque A ( L ), et d’sltTof ( éidos ) , forme, ressemblance : qui a la forme d’un A larnb-da.
- ( Anat. ) Suture du crâne , ap-
- Ïelée ainsi à cause de sa ressem-lance avec la lettré grecque lambda. C’est la même chose que l’OC-CiPlTALE, V. ce mot.
- LAMBRIS, s. m. du lat. am-brices, lattes.
- ( Archit. ) Plafond révêtu de menuiserie. C’est aussi un revêtement de menuiserie, ou de marbre, dont on couvreles murs d’une pièce d’appartement.
- LAME , s. £ du latin lamina ou lamna , table de métal fort plate.
- ( Anat. ) Lame spirale; c’est une cloison qui sépare en deux parties, appelées rampes , la cavité du conduit osseux qui enveloppe le noyau du limaçon.
- On dit aussi la lame interne, et l’externe des os du crâne ; les lames inférieures du nez ; les lames de la dure-mère ; la lame cribleuse de l’os etbinoïde ; la lame transverse du cerveau, etc.
- ( Physique ) Lames magnétiques ; ce sont des lames d’acier , auxquelles on a communiqué une vertu magnétique , et qui sont très-propres elles-mêmes à en communiquer à d’autres lames ’d’acier trempé de tout son dur. V. AIMANT ARTIFICIEL.
- ( Marine ) Lame se dit aussi de l’effet, ou du mouvement régulier ifnprimé aux eaux de la mer , par un vent qui a régné pendant loog-tems, et qui forme comme une suite de collines mouvantes'parallèles les unes aux autres , et perpendiculaires à l’action du vent.
- On dit qu’un vaisseau va debout à. la lame, quand il fait route directement contre sa direction ; c’est ce qui produit le mouvement du TANGAGE , ( V. ce mot), c’est-à-dire, qu’il plonge tantôt par l’avant, tantôt par l’arrière. On dit, au contraire , qu’un vaisseau est en travers de la lame , lorsqu’il fait route parallèlement à la direction de ces lames, et se trouve tantôt dans les sillons ou vallées , et tan lot sur le sommet de ces coiiines mouvantes ;
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- il est alors agité du mouvement de roulis, c’est-à-dire qu’il penche alternativement sur bâbord et sur tribord. V. ROULIS.
- Les lames sont longues , lorsque chacune d’elles occupe un long espace , et lorsqu’elles viennent de plus loin, Elles sont courtes, lorsqu’elles occupent un court espace de terrein, et se succèdent promptement les unes aux autres.
- ( Botan. ) Lame se dit encore en parlant d’une plante , d’une partie supérieure élargie , et ordinairement étalée d’un pétale onguiculé.
- De laine les botanistes ont fait lamelé , pour désigner tout ce qui est aminci en petite lame , et la-meleux, pour exprimer ce qui est garni ou composé de lames en feuillets.
- LAMENTATION , s. f. du latin lamenlari, se lamenter , gémir.
- ( Ecriture ) Lamentations de Jérémie ; c’est un livre poétique, fait par Jérémie, pour déplorer la destruction de Jérusalèm.
- LAMINOIR , s. m. du latin lamina , dont on auroit fait lami-nation : instrument qui réduit en lames.
- ( Mécan. ) Machine composée de deux rouleaux ou cylindres, entre lesquelles on fait passer les lames de métal, auxquelles on donne l’épaisseur qu’on veut, en approchantplus ou moins les cylindres. Cette machine est mue par une manivelle, ou par un manège servi par des chevaux , ou par une pompe à feu ou machine à vapeur.
- LAMPE, s. £ du latin lampas , fait du grec x«(Mira? ( lampas ), dérivé du verbe xk/urntu ( lampo ), briller , éclairer ;• vaisseau propre à faire brûler de l’huile avec mie mèche pouf éclairer.
- ( Mécan. ) La lampe de Cassio-dore et celle de Cardan, qui se four-nissoient elles-mêmes d’huile , ont pu donner naissance aux lampes à double courant d’air, une des inventions du dix-huitième siècle qui honorent le plus l’industrie française.
- Dès l’année 1784, le citoyen Ar-gant annonça ses lampes à courant d?air intérieur; peu après le cit. Lange ? en donnant à la cheminée
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- de verre un peu d’étranglement , parvint à diriger l’air extérieur plus près de la flamme, à déterminer une combustion plus complète de l’huile , et produisit une lumière plus vive. Enfin, MM. Carcel et Carreau ont ajouté à cette lampe un degré de perfection, en lui donnant une plus grande intensité de lumière, et en la rendant d’un service plus commode pour les usages domestiques. f. LYCHNO-MENA.
- Lampe docimastique ; c’est une espèce d’éolypile dont la vapeur anime la flamme qui sert à chauffer Péolypile même. Cette lampe , de l’invention de M. Bertin, sert à la soudure des métaux, à la manipulation du verre , et aux essais minéralogiques, d’où elle tire particulièrement son nom. V. DOCIMASTIQUE.
- LANCE , s. f. du lat. lancea , d’origine celtique.
- ( Art. milit. ) Arme d’hast, ou à long bois, qui a un fer pointu , et qui est fort grosse à la poignée . Cette arme offensive fut inventée, si l’on en croit Pline, par les Etésiens. Les chevaliers et les gendarmes portèrent long-tems des lances dans les combats ; et lorsqu’ils les levoient en ces circonstances , c’étoit le signal d’une prochaine déroute.
- On renonça parmi nous aux lances, très-long-tems avant que les compagnies d’ordonnance fussent réduites en gendarmerie ; et sous Henri IV , il n’étoit déjà plus question des lunc.es.
- Dutems de l’ancienne chevalerie, le combat de la lance à course de cheval étoit fort en vogue. De-là ces expressions si communes dans les livres de chevalerie , faire un coup de lance, rompre des lances, briser la lance , baisser ta lance.
- L’accident qui arriva à Henri II, et qui occasionna sa mort, fit défendre ce dangereux exercice.
- ( Marine ) Fausses lances ; ce sont des canons de bois que l’on met quelquefois aux vaisseaux marchands le long du bord , en tems de guerre , pour tromper l’ennemi, et lui faire croire de loin qu’on est en état de défense.
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- . LANCEOLE, adj. même origine que lance.
- ( Botan. ) lise dit des feuilles , qui, dans leur longueur, ont trois ou quatre fois leur largeur , et qui sont plus larges à leur base qu’à leur extrémité supérieure.
- LANCER, v. a. même origine que lance ; darder, jeter de force et de roideur avec la main.
- ( Vénerie ) Lancer le cerf ; c’est en termes de chasse , le faire sortir du fort pour lui donner les chiens.
- ( Marine ) Lancer un vaisseau ; c’est l’action de faire descendre ou couler à la mer, de dessus son chantier, un vaisseau nouvellement construit. _
- Le chantier étant un plan incliné , cette opération consiste en ros à dégager le vaisseau ’de tous es soutiens et acores qu’on y a mis pendant sa construction, et à le laisser aller à la mer, suivant la pente du chantier par l’effet de sa propre gravitation , en prenant les précautions nécessaires et qui sont considérables.
- LANCETTE, s. f. diminution de lance ; les Latins ont dit de même lanceola.
- ( Chirurgie ) Instrument dont on se sert pour ouvrir les veines, les artères, les abcès, et faire des scarifications.
- LANCINANT , TE , adj. de lance.
- ( Méd. ) Douleur lancinante ; celle qui se fait sentir par des élancemens.
- LANDE , s. f. de l’allemand Land, dérivé de let, terre stérile.
- ( Agric. ) Grande étendue de terre, inculte , qui ne produit que des genêts, des bruyères, etc.
- LANDGRAVE, s. m. de l’allemand Land, qui signifie terre, et de Grave, ou Graff, juge, ou comte.
- ( Econom. polit. ) C’est le titre que portoient autrefois eri Allemagne des officiers qui adminis-troient la justice, au nom de l’Empereur, dans l’intérieur du pays, tandis que les margraves la ren-doient clans les provinces frontières. Insensiblement ces titres sont devenus héréditaires , et ceux qui les possédaient ont usurpé la souveraineté
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- raineté dans les pays dont ils n’é-toient originairement que les juges.
- On donne aujourd'hui le titre de landgrave par' excellence aux princes de Thuringe, de Hesse, etc., qui possèdent des états héréditaires dont ils reçoivent l’investiture de F Empereur. Les autres landgraves d’Allemagne n’ont point le rang de prince , mais seulement celui de comte de l’Empire.
- LANGUE, s. f. du latin li'igua, dérivé de ligure, lier, ou de linge, re , lécher.
- ( Anat. ) Partie charnue et mobile qui est dans la bouche de l’animal, et le principal organe du goût. _
- ( Philologie ) Langue se dit aussi pour l'idiome, les termes et la façon de parler dont se sert une nation.
- Langues anciennes ; ces langues sont : i.° Y hébreu , qui renferme le samaritain et le rabbinique. Le phénicien qui abeaucoup de rapport avec Y hébreu ; a.° V arabe, qui renferme le turc et le persan ; 3.° le syriaque ; 4. - l’éthiopien ; 5.° l’ar-ménien ; 6.° le grec ; 7.0 le romain, qui comprend Yaecadien, \e gothique , V allemamd et le français ; o.° Y islandais, qui comprend l’ara-* glo-saxon, le runique, le mœso-gothique , et Y irlandais; .g A le russe ancien ; 10.0 le ta. tare ;
- 11.0 le géorgien ; 12.0 le malabar.
- Langue chinoise ; la languie écrite des Chinois n’est composée que de signes représentatifs de choses ou d’idées , avec lesquelles Üs n’ont qu’un rapport arbitraire. V. les auteurs sur les langues, tels que Allalis Borricheus, Claude Duret, Henselius, Butiner, Conrad Gesner , J. J. Rousseau, etc.
- ( Ordre de Malte ) Langue est aussi le nom général qu’on donne aux divisions de differens pays ou nations qui composent l’ordre des chevaliers de Malte. 11 y avoit avant la révolution trois langues pour la France : savoir-, la langue de Provence , la langue cl’Auvergne, et la langue de France. Il reste maintenant à cet ordre les largues d’Italie, (F \rragon , d’Allemagne et de Castille. Chaque langue a son chef qu’on nomme Pilier.
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- LANGUETTE, s. f. diminutif de langue , Unguia.
- ( Botan. ) On dit que les demi-fleurons sont de petites fleurs à languettes, parce qu’elles sont terminées par un appendice long et étroit.
- (Technol.) Petite pièce de métal qui se hausse et se baisse, et qui sert à boucher un trou dans les instrumens à vent. — En termes de maçonnerie, languette se dit du mur qui fait la séparation de deux tuyaux de cheminée. — Les orfèvres appellent languette un petit morceau d’argent ou d’or, qu’ils laissent en saillie à chaque pièce qu’ils fondent, et qui sert à faire l’essai avant de la marquer. — Chez les imprimeurs, languette est une etite pièce de fer mince , attachée ors d’œuvre au châssis de la frisquette , pour fixer à l’ouvrier un endroit certain où il puisse la lever et la baisser à mesure qu’il imprime chaque feuille.
- LANS , s. m. corruption à’élan.
- ( Marine ) Mouvemens qui écartent un vaisseau de sa droite route, tantôt à tribord, tantôt à bâbord. L’h ibileté du timonier , sur-tout avec vent arrière , consiste à diminuer ces lans, ou du moins à les égaliser, de façon que la direction totale de la route n’en soit pas dérangée. Les marins disent encore. embardée dans le même sens.
- L ANTERNE, s.f. du latin barb. lanterna , corruption de laterna.
- ( Technol. ) Sorte d’ustensile de verre. de corne, de toile , ou d’aut-tre chose transparente, où l’on eù-ferme une chandelle ou une bougië, de peur que le vent ou la pluie ne l’éteigne.
- ( Archit. ) Lanïeme se dit d’une campanelle au-dessus d’un dôme , et d’une petite tribune placée dans une chapelle ou dans une église.
- ( Mécan. ) Lanterne est, en termes de mécanique, une roue dans laquelle une autre roue engrène 5 elle diffère du pignon , en ce que les dents du pignon sont saillantes, placées au-dessus et tout autour de la circonférence du pignon ; au lieu que les dents de la lanterne, si ou peut les appeler ainsi, sont creusées au dedans ou, corps même, et L e
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- ne sont proprement que des trous , où les dents d’une autre roue doivent entrer.
- ( Physique) Lanterne magique ;. c’est une machine qui a la propriété défaire paroître en grand, sur une muraille blanche ou une toile tendue dans un lieu obscur, des figures peintes en petit sur des morceaux de verre minces, et avec des couleurs bien transparentes.
- LANUGINEUX,adj. du latin la-nuginosus , fait de lanugo , poil follet, dérivé de lana, laine , à cause de sa ressemblance avec la laine.
- ( Botan. ) Il se dit des feuilles, des fruits, des tiges , etc., qui sont couverts de poils et d’une espèce de coton semblable à la laine. Le fruit de l’abricotier est lanugineux.
- LAPIDAIRE, s. m. et adj. du latin lapidarius, formé de lapis , pierre : ouvrier qui taille les pierres précieuses.
- ( Elocut. ) Style lapidaire ; c’est un style propre aux inscriptions, il tient le milieu entre les vers et la prose. Le style lapidaire qui étoit péri avec les vieux monumens, a été renouvelé au commencement du siècle dernier par le comte Emmanuel Thesauro. ,
- LAPIDIFIC ATION, s. f. du lat. lapidifico , pour lapident J'acio , convertir en pierre : formation des pierres.
- ( Chimie ) Action par laquelle on convertit quelque substance en pierre. V. PETRIFICATION.
- LAPIS LAZULI, s. m. composé du latin lapis, pierre, et de l’arabe lazurd, ou azul, bleu.
- ( Minéral. ) Le lapis lazuli, ou la lazuliie, est une pierre précieuse couleur bleue. Sa substance est opaque , sa cassure mate, et son grain serré ; elle vient de la Perse ou de la Natolie ; elle est souvent parsemée de taches d’or, produites par des parcelles pyriteuses ; on en fait des ornemens, des vases et des bijoux , des mosaïques pour les meubles et la décoration des autels. On en extrait la partie colorante, en la réduisant en poussière impalpable, après l’avoir calcinée ; on mêle cette substance à de la cire, de l’huile ds lin ou des matières résineuses j
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- on en sépare, par le lavage, une poudre qui, étant desséchée, donne ce beau bleu appelé à’outre merf parce qu’on l’apportoit du Levant, Ce bleu étoit autrefois très-recherché dans la peinture, parce qu’il est peu susceptible d’altération ; mais il détruit souvent l’harmonie des anciens tableaux, parce qu’il a persisté, tandis que les autres couleurs se sont altérées.
- Les Perses gravoient le lapis lazuli; les artistes grecs et romains l’employoient peu , parce qu’il est trop tendre ; on l’imite grossièrement en jetant de la limaille de cuivre dans de l’émail bleu en fusion.
- LAQUE, s. f.1 du latin lacca , formé du grec hétny^ct ( lakcha ).
- ( Technol. ) La laque est une espèce de cire que les fourmis volantes des Indes recueillent sur des fleurs, et dont elles enduisent de petites branches d’arbres où elles font leur nid.
- On a ignoré long-tems sa véritable origine; on la regar doit comme la sève de certains arbres, qui suin-toit à travers l’écorce.
- La laque artificielle est celle qu’on extrait des fleurs , en les faisant cuire à un feu lent dans une lessive convenable , et en lès faisant distiller plusieurs fois avec de l’esprit de vin.
- On donne aussi le nom de laque au vernis de la Chine. En ce sens, on l’emploie au masculin.
- LARGE, adj. et s. du latin lar-us. Il se dit d’un corps considéré ans l’extension qu’il a d’un de ses côtés à l’autre.
- {Marine) Large, en terme de marine , vient de l’italien largo, et signifie la pleine mer ; ainsi, aller au large, courir au large, c’est aller en pleine mer , et s’éloigner de la cote ; vent du large , c’est un vent qui vient du côté de la pleine mer ; passer au large d’un vaisseau ou de tel autre objet, c’est passer loin de lui.
- ( Musique ) Large ou largo ce mot, écrit à la tête d’un air, indique un mouvement plus lent que Vadagio, et le dernier de tous en lenteur. Il marque qu’il faut filer de
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- longs sons , étendre les tons et la mesure , etc.
- Le diminutif larghetto annonce un mouvement un peu moins lent que le largo , plus que Vendante, et très - approchant de Vandan-tino.
- ( Teinture ) Large, en termes de peinture , signifie, soit dans la composition , soit dans le dessin , soit enfin dans la manière , un certain caractère qui tient au grand , et ui désigne sur-tout le contraire e la maigreur et de la sécheresse. Peindre d’un pinceau large peindre largement c’est peindre comme on observe la nature , en grand , et sans être obligé de la tâtonner dans ses petites parties.
- On dessine largemeut comme on peint largement ; d’abord, en ne se servant point d’un crayon aigu, mais d’un crayon émoussé qui forme des hachures nourries ; ensuite en établisssant largement les masses d’ombres et de lumières, et mettant sur les dernières peu de travaux.
- LARGEUR, s. f. même origine que LARGE.
- ( Géom. ) Une des trois dimensions des corps. Les géomètres disent communément multiplier la base par la hauteur, pour dire , multiplier la longueur par la largeur ; la largeur d’une surface se distingue de la longueur, eu ce que la largeur est la plus petite des deux dimensions de la surface, et que la longueur est la plus grande.
- LARGUE , s. et adj. corruption de large.
- ( Marine ) Vent largue ; c’est un vent qui fait, avec la route du vaisseau , un angle de 90 degrés et plus.
- Lorsqu’un vaisseau est au plus près du vent, sa quille fait, avec la direction du vent, un angle de 67 degrés 3o minutes ; mais s’il s’approche d’un aire de vent, de la perpendiculaire, alors l’angle s’ouvre jusqu’à 78'degrés 45 min., et on dit du vaisseau qu’il porte bon plein ; enfin , si le vent est sur la perpendiculaire de la route, c’est-à-dire, s’il forme avec la route un angle de 90 degrés , alors on dit vraiment qu’il est largue , et le vent est grand largue lorsqu’il dé-
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- passe la perpendiculaire et qu’il approche du vent arrière.
- Le vent grand largue, ou largue de quatre ou cinq aires de vent, est celui qu’on regarde comme le plus favorable à la route ; non qu’il y pousse directement, mais parce que, permettant d’orienter plus de voiles au vent, et le vent donnant dans toutes par sa direction, il fait marcher le vaisseau plus vite qu’un vent arrière, qui ne donne pas bien dans les voiles placées les unes devant les autres, et ne permet pas d’en étaler une aussi grande sur-
- LARGUER , v. a. de l’italien allargare , lâcher.
- ( Marine ) Larguer une manœuvre ; c’est la laisser aller, et la détacher quand elle est trop roide.
- Larguer un ris, larguer une voile.
- LARVE , s. f. du latin larva , masque.
- ( Entomologie ) Les naturalistes désignent par ce mot les insectes à métamorphoses, lorsqu’ils sont dans leur premier état, c’est-à-dire cachés sous une espèce de masque.
- LARYNX, s. m. du grec KâovyP ( larugx ).
- ( Anat. ) C’est cette partie qui fait la tubérosité que l’on sent au haut de la partie antérieure du cou , et que l’on appelle vulgairement le nœud de la gorge ou le morceau d’Ada,m. Les anatomistes le nomment la tête de la trachée-artère ; elle est plus grosse et plus saillante dans les hommes que dans les femmes.
- LASTE , s. m. mot allemand.
- ( Marine ) Mesure ou poids servant aux nations du Nord à déterminer le port des vaisseaux. Ce poids varie, mais on entend le plus souvent par laste, un poids de deux tonneaux , ou quatre milliers.
- LATENT , TE, adj. du lat. lateo se cacher; caché. On dit vice latent, feu latent , pour vice caché , feu caché. r
- LATERAL , adj. du latin latus , côté.
- ( Didactique ) Ce qui appartient au côté de quelque chœe.
- ( Çréom. ) Ce mot ne s’emploie E e 2
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- qu’avec d’autres mots, avec lesquels il forme des composés, quinine équilatéral.
- ( Algèbre. ) On disoit autrefois équation latérale, pour une équation simple et qui n’a qu’une racine • on dit maintenant équation simple, ou linéaire ou du premier degré.
- ( Botan. ) Les feuilles , les fleurs, les stipules sont latérales , quand oiles ont leur point d’insertion sur les côtés de la tige ou des rameaux.
- Le style est latéral, lorsqu’il n’est pas continu à l’axe vertical de l’ovaire, et semble naître d’un prolongement latéral de celui-ci , etc.
- LATIN , NE , adj. du lat. lati-nus, nom d’ùn ancien peuple qui habitoit l’Italie.
- ( Marine ) Bâtiment latin , voile latine ;• on appelle en général de ce nom les galères et les autres bâti-mens qui ont du rapport avec elles , soit pour leur construction ; soit pour leur grément, et dont l’origine vient évidemment des anciens , malgré les cliangemens qu’ont pu produire vingt siècles d’intervaile.
- Les bâtimens latins sont à urf , tîeux ou trois mâts, mais sans beaupré. Chaque mât porje une voile triangulaire , dont le plus-graud côté s’envergue sur une antenne ou longue vergue , qui se bisse et s’amène ie long du rr.ât , par une drisse et ira rucage. La différence de cette vergue à celle des voiles carrées, c’est qu’elle n’est point suspendue par son milieu , mais à peu près au tiers de sa longueur ; la partie la plus courte vers en bas, se croisant en diagonale arec le mât , qu’elle surpasse de beaucoup en hauteur.
- Les voiles latines ont l’avantage de serrer le vent de plus près que les voiles carrées ; un bâtiment Satin pouvant porter à cinq aires de vent. Çette voilure aussi a beaucoup moins de manœuvres , une mâture infiniment plus légère , et s’oriente bien plus aisément.
- Les principaux bâtimens latins sont les galères , les chebecs , les felouques , les demi - galères , les galiotes bÿirbaresques , les galê-assss , les tartanes , les pinques ;
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- ( V. ces mots h, leur place ; ) tous principalement connus dans la Mé-diterannée.
- On appelle impropi'ement voiles latines, dans les vaisseaux , les focs et les voiles d’étai, à cause de leur forme triangulaire.
- LATIROSTRES , adj. du latin rosirum , bec , et dè latus , grand large.
- ( Ornithol) C’est ainsi que quelques naturalistes appellent une espèce d’échassiers , dont le bec est long , foible et applati horizontalement. La spatule est an échassier latirostre.
- LATITUDE, s. f. du lat. latitude.
- ( Géogr. ) Latitude géographique, ou la hauteur du pôle -, c’est la distance d’un lieu à l’équateur terrestre , ou la distance du zénith d’un lieu à l’équateur céleste ; elle se trouve par le moyen de la hauteur méridienne du soleil, ou d’uue étoile, dont on connoît la déclinaison , ou par le moyen des hauteurs du soleil,dans les deuxsolstices d’hiver et d’été. Les anciens la détermjguoieut par la longueur du gnomon.
- ( Marine ) Latitude estimée ; c’est celle qui résulte du calcul combiné des routes , ou de la direction du vaisseau et de sa vitesse , sans observation de la hauteur méridienne , ou sans y avoir égard-
- Latitude observée ; c’est celle qui se déduit d’une observation de la hauteur méridienne du soleil, etc.
- Latitude corrigée : c’est la lati-tu de estimée , corrigée par l’observation,
- Courir en latitude c’est aller du nord au sud , ou du sud au nord , c’est-à-dire , faire une route , dans, laquelle on gagne une grande différence en latitude , peu en longitude,
- ( Astron. ) Latitude en astronomie , est la distance d’une étoile ou d’uue planète à l’écliptique , ou un arc d’un grand cercle perpendiculaire à l’écliptique , passant pai\ le centre de l’étoile \ la latitude» diffère de la déclinaison , qui est la distance de l’étoile à l’équateur.
- v. déclinaison.
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- Latitude géométrique dJune '-planète ; c’est sa distance à l’écliptique , vue de la terre.
- Latitude héliocentrique -, c’est I’àngle sous lequel une planète , vue du soleil, paroïtroit éloignée de l’écliptique.
- Quand les planètes n’ont pas de latitude , on dit qu’elles sont alors dans leurs nœuds, ce qui veut dire dans l’intersection de leur orbite avec celle du soleil ; et c’est dans cette situation qu’elles peuvent souffrir des éclipses. V. nœuds, éclipse ; passages , latitude des étoiles. V. PRÉCÉSSIQN.
- LATRIE , subst. f. de kcurpild ( latréia ) , culte, honneur , servitude , dérivé de xkrpi;, serviteur.
- ( Théol. ) Culte de latrie ; c’est un culte qui n’est dû qu’à Dieu seul -, par opposition au culte de DULIE, qui convient aux saints.
- LAUREAT , adj. du lat. Iciurea-tus, sous-entendu poêla : couronné de lauriers.
- ( Poésie) C’est un poète déclaré tel par la cérémonie du couronnement de laurier; cérémonie qui est pratiquée en Italie , en Allemagne , en Espagne , en Angleterre , etc.
- LAVE , s. f. de l’Italien lava.
- ( Minêr. ) Terme générique dont les naturalistes se servent pour désigner des matières fondues et vitrifiées , qui sortent des volcans , entraînent et brûlent tout ce qu’elles rencontrent.
- Laves lithoïde-s ; ce sont celles qui offrent l’apparence d’une pierre.
- Laves basaltiques , celles qui sont cristallisées en prismes à plusieurs pans. Les minéralogistes sont divisés sur l’origine de ces laves ; les uns l’attribuent à l’eau , et les autres au feu: les premiers sont en conséquence appelles neptuniens , et les autres vulcanieïts , ou vulca-nistes ; ce procès n’est pas encore décidé.
- La lave vitreuse émaillée , est grise ou noirâtre. On la taille pour en faire des vases et des bijoux.
- Lu lave pierreuse est la pierre ponce: elle sert à polir le parchemin , la peau des pieds , les substances tendres.
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- LAVIS , s. m. de lavare, laver.
- ( Peinture ) Dessiner au lavis, ou laver au dessin c’est dessiner au pmçeau avec une substance colorante , telle que le bistre ou l’encre de la Chine, délayée à l’eau,
- L4X1FL0R E , adj. du lat. laxo , lâcher, et de jlos , fleur.
- ( Bojan. ) Liante dont les fleurs sont lâches ou écartées les unes des autres par la distance ôn la divergence genres des pédoncules.
- LAZARET , s. ni. de l’Italien lazareiio , dérivé de * Lazare : l’ordre des chevaliers de St.-Lazare, fut insu tué à Jérusalem , en 1119 , pour avoir soin des lépreux; et leurs hôpitaux étoient appelés lazarets.
- Un Lazaret est une enceinte considérable , à portée d’un port de mer , destinée à recevoir les marchandises pendant la quarantaine à laquelle sont assujettis les vaisseaux venant du Levant, des côtes de Barbarie , et des ports sus* pects de peste. Ces lieux , situés ordinairement dans un local commode, sont bien aérés et suffisamment éloignés de la ville; ils sont munis de beaux logemens , de magasins et de jardins. V. QUARANTAINE.
- LÂZULI , s. m. Voyez LAPIS LAZULI.
- LECHE, s. f. de l’espagnol, esca.
- ( Nonnaye ) On nomme ainsi dans le monnayage de TArnérique Espagnole , particulièrement au Mexique, une espèce de vernis de lie que l’on donne aux piastres qui s’y fabriquent, afin de les rendre d’un plus bel œil. Ce vernis fait qu’on préfère les pi astres colonnes aux Mexicaines, à cause du déchet qu’il y a daus la refonte. Les piastres colonnes sont ainsi nommées , parce qu’elles portent pour revers les colonnes d’tler-cu!evavec la devise , nonplus ultrà.
- LÉCHER , v. a. du lat. leccare , formé du grec (leicho), lécher
- ( Peinture ) Léché , en termes de peinture , est l’excès du fini. L’artiste qui ne sait pas quitter son ouvrage à propos, semble, en quelque sorte , s’amuser à le lécher.
- Le léché est toujours opposé au grand goût, à la grandeur du faire, au pinceau large , à la liberté , la facilité, Sa vivacité de l’exécution,
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- Ii est toujours condamnable dans de grands ouvrages ; et si dans les petits tableaux il usurpe quelquefois le droit dé plaire , il n’échauffera du moins jamais le spectateur , et parlera toujours foiblement à son âme.
- LEGAL , adj. du lat. lex , le gis : selon la loi.
- ( Frai. ) Qui est selon la loi, conforme à la loi.
- LEGALISER, v. a. de légal ^rendre légal.
- ( Pratique ) Ajouter à un acte authentique les certificats nécessaires , afin qu’il puisse faire foi hors du ressort de la juvisdiction où il a été passé*
- LÉGAT, s. m. du lat. legatus, formé du verbe lego, députer, envoyer en ambassade.
- ( Hist. rom. ) Le titre de légat vient du droit romain, suivant lequel on appeloit légats les personnes que l’empereur ou les premiers magistrats envoyoient dans les provinces pour y exécuter en leur nom la juridiction.
- Quand un homme considérable , citoyen romain, avoit affaire dans les provinces, on lui donnoit le titre de légat, c’est-à-dire, d’envoyé par le sénat, afin qu’il fût reçu avec honneur dans lq? provinces ; cela s’appelloit légation libre, parce qn’ils n’étoient chargés de rien, et qu’elle n’étoit que pour l’honneur et la sûreté de leur personne.
- ( Hist. ecclés. ) Légat est , en général, un ecclésiastique , ordinairement cardinal , qui fait les fonctions de vicaire du pape, pour exécuter la juridiction dans les lieux où le pape ne peut se trouver.
- Il y a trois sortes de légats : des légats à latere, des légats de latere, et des légats nés.
- Les légats à latere sont les plus considérables de tous les légats; tels sont ceux à qui le pape donne la commission de tenir sa place dans un concile. Ce nom de légat à latere , emprunté de la cour des empereurs , vient de ce que le pape ne donne cet emploi qu’à des cardinaux qu’il envoie d’auprès de sa personne , c’est-à-dire, qui sont
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- tirés du sacré collège, qui est son conseil ordinaire.
- Les légats de latere sont ceux qui sont honorés dë la légation sans être cardinaux ; tels sont les nonces et internonces.
- Les légats nés sont ceux à qui on ne donne aucune légation , mais qui, en vertu de leur dignité, et non pas à cause de leur personne, sont nés légats ; tels étoientles archevêques de Reims et d’Arles, aux sièges desquels étoit attaché le titre de légat du Saint-Siège.
- LEGATAIRE, s. m. du lat. le-gatarius, formé de lego, léguer, donner par testament.
- ( Pratique ) Celui à qui un legs a été fait.
- LÉGATION, s. f. du lat. legatio , formé de lego , députer, envoyer en ambassade : la charge, l’office , l’emploi du légat.
- ( Diplomatie ) Il se dit aussi de la commission que quelques puissances européennes donnent à une ou plusieurs personnes pour aller négocier auprès d’une puissance étrangère.
- II se dit encore des personnes qui accompagnent un ambassadeur, tek ue les secrétaires et les conseillers e légation ; c’est dans ce sens qu’on dit, la légation de Prusse, la légation de Russie.
- LEGENDE, s. f. du lat. legenda, qui doit être lue.
- ( Hist. ecclés. ) On a donné ce nom au livre qui contient les vies des saints, parce qu’elles dévoient être lues ( legendoe erant ) dans les leçons de matines, et dans les réfectoires des communautés.
- ( Numismat. ) On appelle aussi légendes, les inscriptions qui sont autour des médailles, et qui servent à expliquer les figures qui sont sur le champ. Tr. MEDAILLES.
- LÉGER, RE, adj. du lat. levïa-rius, fait de le vis.
- ( Physique ) Epithète qui con vien-droit à un corps qui n’auroit point de pesanteur ; elle ne convient donc à aucun ; mais on appelle léger un corps moins pesant qu’un autre.
- ( Archit. ) On appelle léger un ouvrage beaucoup percé , dont la
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- beauté consiste dans le peu de matière et dans la délicatesse des parties qui le composent, comme les portiques de colonnes, les pérys-tiles , etc.
- ( Sculpture ) Il se dit aussi des or-nemens délicats qui approchent le plus de la. nature et qui sont fort recherchés, évidés et en l’air comme les feuilles des plus beaux chapiteaux.
- ( Peinture ) Le léger , dans la peinture , lorsqu’il est appliqué à la touche et au trait, est à peu-
- Ïirès le synonyme de spirituel, et orsqu’il a rapport à la couleur , à la lumière, il se rapproche des mots aëriei et céleste.
- Les objets qui demandent particulièrement de la légèreté dans le trait , dans la touche, dans la couleur, sont les ciels, les eaux, les fleurs, les formes de la jeunesse , les draperies de gaze, les cheveux, etc.
- LÉGÈREMENT, adv. Vov. LÉGER.
- ( Musique ) Ce mot indique un mouvement encore plus vif que le gai, un mouvement moyen entre le gai et le vite ; il répond à-peu-jnres à l’italien vivace-
- LEGION, s. f. du latin legio , legionis, formé de legere , choisir : corps de gens de guerre.
- (Art milit. anc. ) Romulus institua les légions et les composa d’infanterie et de cavalerie : leur état a beaucoup varié. La légion, dans son origine , n’étoit que de trois mille hommes. Sous les consuls, elle fut l«ng-tems de quatre mille deux cents fantassins , et de trois cents chevaux. Vers l’an 4ia, elle éloit de cinq mille hommes. Auguste les porta à six mille cent fantassins et sept cent vingt-six chevaux.
- Chaque légion avoit pour enseigne générale une aigle les ailes déployées, tenant un foudre dans ses serres. Outre l’aigle chaque cohorte avoit ses propres enseignes, faites en forme de petites bannières, d’une étoffe de pourpre , où il y avoit des dragons peints.
- On distinguoit chaque légion par l’ordre de leur levée , comme première , seconde , troisième j ou par
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- les noms des empereurs auteurs de leur fondation , comme legio Au-gusta, Claudia, Fausta , Traja-na, etc. ; elles furent eucore distinguées dans fa suite par des épithètes qu’elles avoient méritées par quelque belle action , comme celle qui ht surnommer une légion, la Foudroyante, une autre la Victo-rieuse.
- ( Art'milit. mod. ) François I.er institua des légions qu’il fixa au nombre de sept. Chacune étoit composée de six mille hommes et fai-soient en tout quarante-deux mille hommes. Ces légions ne durèrent qu’un certain teins ; elles firent place à des compagnies, sous le nom de bandes, auxquelles ou substitua les régimens sous Henri IL
- En tems de guerre , on forme encore des légions composées de différentes armées, qu’on licencie ordinairement à la paix.
- LÉGISL ATIF, adj. du lat. lex , legis, et de ferre, latum, porter: lator legis, qui fait la loi.
- ( Econ. polit. ) Corps législatif ; on appelle ainsi, dans la Constitution de l’an 8, un corps politique chargé d’adopter ou de rejeter les lois dont les projets lui sont proposés par le Gouvernement.
- LÉGITIMATION, s. f. formé de légitimas , pour commuais legi , conforme à la loi, légitime, et de facere, rendre, faire : l’action de rendre légitime, conforme à la loi.
- ( Pratique ) Acte par lequel on rend légitimes des enfans naturels.
- ( Diplomatie ) Il signifie aussi reconnoissance authentique et juridique, et il se dit particulièrement en parlant des affaires des diètes d’Allemagne. Ce ministre, après la légitimation de son pouvoir, ou après s’être fait légitimer, a pris place, etc.
- LEGS, s. m. du latin legcitum formé de le gare, assigner, imputer, léguer.
- ( Pratique ) Don ou libéralité faite par testament ou par codicille.
- LÉGUME , s. m. du lat. legumen, formé de lego , cueillir : parce qu’on les cueille , ou qu’on les tire avec la main, et qu’on ne les coupe pas.
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- ( Jardin. ) On donne ce nom anx petits fruits verts qui viennent dans des gousses, comme pois, fèves, etc.
- Il se dit aussi de toutes sortes d’herbes , plantes et racines cultivées dans le potager et bonnes à manger.
- ( Botan. ) En botanique, légume est synonyme de gousse. Voyez GOUSSE.
- LÉGUMINEUSES , âdj. V. LÉGUME.
- {Botan.) Il se dit de toutes les plantes qui ont pour fruit une gousse.
- LEMME , s. m. du grec xü/u/uet ( lérnma ), formé à’ib.nfxfjf.au (eilém-mai ) , prétérit passif de Xa.fxCkvu> ( lambanô ), prendre : ce qu’on prend, ce qu’on admet.
- ( Mathémat.) Proposition préliminaire qu^on démontre pour préparer à une démonstration suivante, et qu’on place avant les théorèmes pour rendre la démonstration moins embarrassée, ou avant les problèmes , afin que la solution en devienne plus courte et plus aisée.
- Par exemple, si, pour démontrer «ne proposition de mécanique , on a besoin d’une proposition de géométrie qui ne soit pas assez connue pour qu’on la suppose, alors on met cette proposition de «géométrie en lemme, au devant du théorème de mécanique qu’on vouloit prouver.
- ( Musique ) Lemme , en terme de musique, est un silence ou pause d’un tems bref dans le rythme ca-talectique.
- LEMNISCATE , s. f. du grec {lemnishos ), nœud de ruban pendant à la couronne des anciens.
- ( Géom. )Nom que les géomètres ont donné à une courbe qui a la forme d’un 8 de chiffre.
- LEN1TIF, adj. du lat. lenire , adoucir.
- {Méd. )Ce qui adoucit, ce qui calme les douleurs , en relâchant et humectant, et ce qui détruit 1''acrimonie des humeurs , en enveloppant ou délayant leurs sels.
- LENTICULAIRE, adj. de lenti-cula, diminutif de lens, lentis, lentille , qui a la forme d’une lentille.
- (Botan. j II se dit des parties des
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- plantes qui ont la forme d’une LENTILLE. V. ce mot.
- (Dioptrique) lise dit aussi d’un verre taillé en forme de LENTILLE. V". ce mot,
- . ( Anat. ) Glandes lenticulaires ; ce sont de petites glandes placées dans les intestins , ainsi appelées de le.ur ressemblance avec une lentille. On donne aussi ce nom à l’os orbi-culaire de l’oreille, et à l’os du carpe appelé autrement l’os pisiforme.
- LENTILLE, s. f. du lat. lenti-cula, diminutif de lens, lentis.
- ( Botan.) Espèce de légume, qui a le grain petit, plat et rond., de couleur roussàtre.
- {Méd.) On appelle ZeraUZZes, les taches de rousseur qui viennent au visage , à la gorge , aux mains , aux bras, à cause de leur figure et de leur couieuv semblables aux lentilles.
- {Dioptrique ) Lentille est un verre taillé en forme de lentille, épais dans le milieu , tranchant sur les bords; il est corivexe des deux côtés, quelquefois d’un seul, et plat de l’autre , ce qui s’appelle plan convexe.
- Le mot de lentille s’entend ordinairement des verres qui servent au microscope à liqueurs , et des objectifs des microscopes à trois verres. Le plus grand diamètre des lentilles est de cinq à six lignes ( environ 12 millimètres) : les verres qui passent ce diamètre s’appellent verres lenticulaires.
- Il y a deux sortes de lentilles , les unes soufflées , les autres travaillées. Les premières sont de petits globules de verre fondus à la flamme d’une lampe ou d’une bougie. Les autres sont travaillées et polies au tour dans de petits bassins de cuivre. On a trouvé le moyen d’enfairedhine telle petitesse qu’il y en a qui n’ont que la troisième ou la sixième partie d’une ligne de diamètre (0,75 ou 0,58 miliimètres environ ) : ce sont celles qui grossissent le plus, et cette augmentation va jusqu’à plusieurs millions de fois que l’objet n’est en lui-même.
- ( Horlogerie ) Lentille est anssi tin corps pesant de métal fait eu
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- forme de lentille; elle termine la verge du pendule qu^on applique aux horloges : on peut la faire monter.
- LÉONIN, NE, adj. de leo, lion : qui appartient au lion.
- ( Commerce') Société léonine; c’est une société où le plus fort tire tout l’avantage de son cô(ë. Celte société a été ainsi appelée par les jurisconsultes romains par allusion à l’apologue de Phèdre, qui commence par ce vers : Nunquàm est fidelis cum potente securitas. Elle est proscrite parles lois.
- ( Poésie ) Ou a appelé anciennement vers léonins certains vers latins limés tant à l'hémistiche qu’à la fin du vers. On ne connoît pas bien l’origine de ce mot pris dans ce sensv
- LÉPIDOIDE , adj. du grec as-tj-Ic ( lépis ), écaille, et d’ê/Jof ( éidos), forme , ressemblance ; qui a la forme d’une écaille. f v
- ( ylnatomie ) Épithète que les anatomistes donnent à la suture écailleuse du crâne.
- LÉPIDOPTÈRE , s. m.
- Astt/ç (lépis) , écaille, et <
- (ptéron ) , aile : qui a des ailes écailleuses.
- ( Mnthomologie) On désigne ainsi un ordre d’insectes qui ont quatre ailes couvertes de petites écailles coloriées. Les papillons sont des lépidoptères.
- LEPRE , s. f. du grec a!ntpa, ( lé-pra) , de rpoç ( lepros), rude, écailleux.
- ( Méd.) La lèpre est une gale très-invétérée, dont les juifs et les orientaux étoient autrefois fort affligés : elle est actuellement peu commune. V. ÉLEPHANTIASIS.
- LEPROSERIE, s. f. même origine que LÈPRE.
- {Santé) Hôpital pour les lépreux.
- LESE , adj. de lœdere, blesser.
- ( Jurisprud.) Ce mot s’emploie avec les mots de nation et de majesté : crime de lèse-majesté, crime de lèse-nation.
- LESION , s. f. même origine que LESE.
- ( Pratique) Préjudice résultant d’ace convention ou autre acte.
- du grec e '0-7îpov
- LE T 44i
- LESSIVE, s. f. du latin lixivia, formé de lix , cendre.
- ( Chimie ) Eau imprégnée des sels des végétaux que l’on a réduits eu ceudres.
- Lessive se dit aussi de l’action par laquelle on fait passer plusieurs Fois de l’eau chaude sur des cendres de végétaux ou la chaux des minéraux , et même des terres qui contiennent quelques sels, par le moyen de quoi ces sels se dissolvent.
- {Lessive des savonniers); terme de l’ancienne chimie , appelée maintenant dissolution de soude.
- LEST, s. m. de l’allemand Last, charge, ou de ba last, sable, gravier.
- ( Marine ) On donne ce nom à des matières pesantes , telles que des pierres , des cailloux, du gravier, du sable, du plomb , du 1er , etc. , qu’on met au iond de cale du vaisseau pour le faire enfoncer dans l’eau, abaisser sou rentre de gravité , et lui procurer la stabilité nécessaire , en faisant équilibre avec l’effort du vent sur les voiles, qui, sans cette précaution, ie feroient renverser.
- La connoissance de la quantité précise du lest nécessaire à un vaisseau , et de sa distribution, est uu article essentiel de Part du marin , qu’on appelle ARRIMAGE ; P. ce mot.
- {Vaisseau sur son lest); c’est un vaisseau qui, n’ayant point de chargement de marchandises , a simplement dans sa cale la quantité de Lest nécessaire pour lui faire porter la voile.
- Bateaux testeurs ; ce sont des bateaux on barques plates destinés uniquement à porter le lest à bord des vaisseaux.
- LÉTHARGIE , s. f. du grec xê9» {léthê ), oubli, et d’kpyîei {argia), engourdissement, paresse : ce qui jette dans l’oubli et l’inaction.
- ( Méd. ) Sommeil profond et continuel, d’où les malades ne sortent presque point. S’ils s’éveillent, et qu’on leur parle , ils répondent, mais sans savoir ce qu’ils disent. Iis oublient ce qu’ils ont dit, et retombent promptement dans leur premier état.,
- LÉTHIFÈRE , adj. du lat. le-
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- thum, la mort, et de fero, latum , porter : qui donne la mort.
- LETTRE , s. f. du lat. littera.
- ( Ecriture ) On appelle ainsi les signes, les caractères de l’alphabet, les caractères représentatifs des élé— mens de la voix. Pour l’origine des lettres , Voy. ÉCRITURE , LANGUE.
- ( Manuscrits ) Voici pour l’intelligence des manuscrits une notice des differentes espèce de lettres dont on a fait usage, et des tems dans lesquels on s’en est servi.
- Lettres armoriées ; celles qui, soit dans leurs solides, soit dans leurs divers membres , reçoivent plusieurs couleurs , de façon qu’on peut les blasonner. Elles appartiennent à l’écriture lombardique , qui n’eut lieu en Italie que depuis à-peu-près le g.® siècle jusqu’au i3.®. suivant Mabillon.
- Lettres bâtardes ; celles dont on se servoit vers la fin du i5.e siècle ; elles speuvent se rapporter à celles de la Civilité Puérille.
- Lettres blanches ou à jour ; celles qui ne sont fermées que par leurs extrémités, et dont le solide n’est pas rempli. On les trouve fréquemment dans les manuscrits des 7.® et 8.e siècles , et dans Tes tems postérieurs.
- Lettres bourgeoises ; ces lettres tassent pour avoir été inventées par es imprimeurs , vers la fin du i5.e siècle : elles tiennent le milieu entre les gothiques cursives et les lettres d'à-présent.
- Lettres en broderie ; elles ont commencé à paraître dans le 6.e siècle ; on les trouve dans les manuscrits mérovingiens.
- Lettre en treillis ou à mailles, ou composées de chaînettes ; ces lettres ont succédé en France aux lettres en broderie ; elles dénotent les 8.® et g.e siècles.
- Cadeaux ; ce sont de grandes lettres que l’on plaçoit en tète des pièces cursives, des livres , des chapitres , où l’écriture courante étoit employée. Plus les cadeaux sont surchargés d’ornemens superflus et singuliers , plus la pièce où ils se trouvent est ancienne et approche des tems gothiques.
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- Lettres enplavées j c’est-à-dire , renfermées dansune autre. Ces lettres désignent les 6.® et 7.® siècles ; mais elles ne se mettoient alors que dans les initiales des livres ou des chapitres, ou des alinéa.
- Lettres de forme-, c’étoit une sorte de caractère qui tenoit lieu de notre romain , lorsque le gothique moderne régnoit encore.
- Lettres grosses ; espèces de majuscules gothiques deux ou trois fois plus hautes que larges , en partie d’une épaisseur outrée, en partie d’un délié sans proportion ; elles datent du commencement du 16.® siècle.
- Lettres grises ; ce sont de grandes lettres initiales que l’on plaçoit à la tête des chapitres et des livres. Sur la fin des 6.® et 7.® siècles, ces lettres commencèrent à recevoir des orne-mens qui leur furent prodigués dans la suite; ainsi, moins ees lettres sont surchargées d’ornemens, et plus on doit juger le manuscrit ancien.
- Lettres historiées ; c’est à-peu-près les lettres grises : on les appelle historiées, parce qu’elles ont quelquefois trait à quelque point d’histoire. Elles ont commencé à avoir cours dans les 7,® et 8.® siècles ; mais c’est dans les i4.® et i5.® siècles qu’elles ont été plus chargées d’ornemens ridicules et superflus.
- Lettres capitales; celles dont on se sert au commencement de chaque phrase, etc., etc. Les anciennes capitales étoient distinguées en capitales carrées, capitales rondes, aiguës, eulatales, élégantes, rustiques et nationales.
- Lettres tréma ; ce sont des lettres surmontées de deux points, comme ë, ï , ü ; on les trouve très-rarement dans les manuscrits.
- Lettrines ; ce sont des lettres placées entre deux parenthèses (a).
- Lettres en marqueterie ; ce sont celles dont les solides paraissent coupés de plusieurs pièces de rapport en façon de mosaïque ; on en voit dans les manuscrits et les inscriptions.
- Lettres perlées; celles qui sont composées de petits ronds à jour ou en blanc, enchâssés dans le massif de leurs principaux traits. Elle»
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- étoient beaucoup en usage chez les Grecs et chez les Latins.
- Lettres ponctuées ; elles appartiennent sur-tout aux Anglo-Saxons.
- Lettres ardues et barbues ; elles avoient lieu vers le commencement du i3.e siècle.
- Lettres tourneures ; ce sont les lettres majuscules gothiques , appe-le'es ainsi à cause de leur bonne grâce. On les a employées dans les i5.e et i6.e siècles.
- Lettres tranchées ; celles qui portent des bases et des sommets horizontaux.
- Lettres d’or ou d’argent; elles appartiennent particulièrement aux manuscrits des8.e, g.eet io.esiècles.
- ( Imprimerie ) Lettres , V. CARACTERE.
- ( Pratique, Administration ) On appeloit autrefois lettres toutes sortes d’actes. Quelques-uns ont encore conservé ce nom , comme lettres-patentes. On appeloit anciennement chartes, ce qu’on appelle présentement lettres-patentes ; et on les appelle patentes parce qu’elles sont toutes ouvertes, n’ayant qu’un simple repli au bas , lequel n’empêche pas de lire ce qu’elles contiennent ; à la différence des lettres closes ou de cachet, que l’on ne peut lire sans les ouvrir.
- ( Commerce ) Lettre de' change ; c’est un mandement que donne un banquier , ou un marchand , pour faire payer à celui qui en sera porteur l’argent exprimé dans la lettre.
- Les lettres de change n’étoient point en usage chez les anciens. Suivant l’opinion la plus suivie, l’époque de leur origine doit être placée vers le milieu du i3.e siècle. Quelques Italiens ayant été contraints de chercher un asile en France , pour se soustraire aux factions des Guelphes et des Gibelins, inventèrent ces sortes dz lettres pour retirer les effets qu’ils avoient laissés entre les mains de leurs amis ; mais on ne s’en est servi généralement que trois cents ans après.
- La lettre de change n’est autre chose qu’un transport d’une somme d’argent fait entre deux personnes ; le. tireur, et celui au profit duquel la lettre est tirée, qui en devient pro-
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- priétaireparla valeurqu’il en donne; et cette lettre n’est réputée lettre de change qu’autant qu’elle est tirée de place en place : sans cela , c’est un simple mandement ; car ce ne sont pas les mots de change et d’ordre qui forment la lettre de change, c’est le transport d’une somme fait dans un lieu,pour être reçue dans un autre liep. V. GRACE, USANCE , PROTÊT.
- Lettres d’avis; c’est une lettre qu’un négociant écrit à un de ses correspondans pour le prévenir de quelque affaire qui concerne l’un ou l’autre , ou bien les deux.
- ( Marine ) Lettres démarqué ; on appelle ainsila commission, les pouvoirs dont doit être pourvu.tout capitaine ou patron d’un navire armé en course , sous peine d’être réputé pirate ou forban.
- L’étymologie de ce mot n’est pas bien connue ; mais il est certain qu"'anciennement, lorsqu’un marchand voyageant dans un pays étranger avoi tété volé,le prince lui donnoit des lettres de marque, ou la permission de franchir les limites (marches ) du pays où il avoit étoit volé,, et de reprendre des effets ou marchandises pour la même somme qui lui avoit été prise. Les Anglais disent letters of marque ou mart, contraction de market, marché ; ce qui sembleroit dire que le prince au-torisoit un marchand à faire une irruption dans un marché dépendant du pays où il avoit été volé , et à s’emparer d’une somme égale à celle qui lui avoit été enlevée.
- Lettres de mer ; ce sont des lettres qui contiennent la spécification de la cargaison et du jaugeage du navire , du lieu d’où il part, du domicile et du nom du capitaine , ainsi que du bâtiment lui-même.
- ( Diplomatie) Lettres de créances; ce sont des lettres qui ne contiennent autre chose , sinon que l’on doit ajouter foi à celui qui en est porteur : l’ambassadeur présenta ses lettres de créance. On appelle lettres de recréance , celles qu’on donne à un ambassadeur, ou autre ministre , lorsqu’il prend congé pour s’en retourner , et qui est en réponse de la
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- lettre de créance qa’il avoit présentée à sa première audience.
- ( Ckranol. ) Lettres dominicales ; Voyez NUNDINALES , DOMINICALES , CALENDRIER, CYCLE SOLAIRE.
- ( Littérat. ) Lettres se dit aussi des sciences, des lumières que procure l’étude. On appelle lettres humaines , ou belles-lettres, la grammaire , l’éloqueuce , la poésie ; et homme de lettres , celui qui possède ces'connaissances : dans ce sens on distingue les gens de lettres de ceux qui s’appliquent aux sciences abstraites. r
- LETTRES , s. m. même origine que LETTRE.
- { llist. de la Chine ) Ceux qui savent lire et écrive leur langue , et parmi lesquels sont choisis les mandarins.
- On appelle aussi lettrés , une secte, composée de gens de lettres, qui s’est élevée l’an i4oo de l’ère chrétienne , lorsque l’empereur , pour ranimer l’amour des sciences, que les dernières guerres civiles avoient presque éteintes,chargea 42 des plus habiles docteurs de composer un corps de doctrine qui ne s’écartât point de celle des anciens , et qui fût désormais la règle du savoir et la marque distinctive des hommes instruits.
- LEUCOMA. s. masc. du grec MvK'cfxst, (leukoma), formé de kî-jzgç ( leukos ) blanc.
- ( Méd. ) Tache blanche et superficielle sur la cornée transparente.
- LEUCOPHLEGMATIE , s. f. du grec Xîuh'oç ( leukos ), blanc, et de çx'ïypet ( phlegma ) , phlegme , pituite : pituite blanche.
- ( Chirurg. ) Espèce d’hydropisie ; c’est la même chose qu’ANASAR-QUE. V. ce mot.
- LEUCORRHÉE , s. f. du grec Xc-wxèf (leukos ), blanc,, et féa> {jhéd), couler.
- ( Méd. ) Maladie des femmes , appelée fleurs blanches. C’est un écoulement d’humeurs séreuses.
- LEURRE, s. m. du lat. lorum.On a dit autrefois lôrni.
- ( Faucon. ) Certain morceau de cuir rouge , façonné en forme d’oiseau , dont les fauconniers se ser-
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- vent pour rappeler les oisêaux de fauconnerie lorsqu’ils ne reviennent pas au réclame.
- LEVAIN , s. m. du lat. barb. le-vanum , de levando , lever , et dont les Italiens ont fait levatura,et les Espagnols levadura.
- ( Physique) Substance capable d’exiter un gonflement, une fermentation interne dans le corps avec lequel on la mêle. On appelle particulièrement levain , un petit morceau de pâte aigrie, qui étant mêlée avec la pâte dont on veut faire du pain , sert à la faire lever, à la faire fermenter.
- ( Méd. ) Levain se dit aussi d’un principe de corruption qui est cause des maladies. Le levain de la petite vérole ; le levain de fièvre, etc.
- LEVANT , s. m. et adj. du latin levare, lever.
- ( Géogr.) C’est le côté de l’horizon ou Je soleil se lève , et proprement l’orient ou l’est , et le vent qui souffle de cette partie dans le langage de la Méditerannée.
- Levant se dit aussi des pays maritimes de Turquie , de Barbarie , d’Egypte , etc. ; et quand on dit échelles du Levant, on entend lès ports de^ ces mêmes contrées. ,
- LEVE, adj. pris substant. du lat. levare , lever.
- ( Musique) C’est le tems de la mesure ou on leve la main ou le pied ; c’est un teins qui suit et précède le frappé ; c’est par conséquent toujours un tems foible. Les tems levés sont à deux tems , le second ; à trois, le troisième ; à quatre, ie second et le quatrième.
- LEVÉE, s. f. du lat. levata » de levare , lever.
- ( Archit. hydraul. ) Levée se dit d’une élévation de terre , de pierres , de files de pieux, ou d’autres matériaux en forme de digue ou de qnai , pour soutenir les berges d’une rivière , et garantir dû débordement des eaux.
- ( Mécan. ) Levée se dit aussi , dans quelques machines, de ce qu’on appelle camme , dans d’autres ; ce sont des éminences pratiquées sur un arbre qui tourne ; il y en a d’antres pratiquées à des pièces debout. Celle de l’arbre venant à rencontrer celle-
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- cj , font relever la pièce , s’échappent et la laissent retomber,: c’est le mécanisme des bocards,
- ( Art. milit. ) Levée d'un siège ; c’est le départ d’une armée , de devant une place, sans l’avoir prise.
- Levée de troupes ; c’est enrôler des hommes pour le service militaire. V. CONSCRIPTION.
- ( Marine ) Levée de matelots ; c’est l’action de commander pour le service de l’Etat et pour les arméniens, un nombre de matelots , dans leurs différens quartiers et dépar-temens de l’inscription maritime.
- Levée, il y a de la levée ; expression dont jm fait usage lorsque la surface de fa mer n’est pas plane et unie , et qq’elie s’élève par un mouvement-lent , qui subsiste ordinairement après de grosses vagues qui l’ont auparavant agitée plus viye-ment.
- ( Géom. prat.) Levée des plans ; c.’est l’art de représenter en petit sur le papier toutes les parties d’un terrein, dans les rapports de leur étendue et de leur position , en exprimant avec clarté la nature des différens objets qui peuvent varier leur surface.
- Les plans , dans l’architecture civile, font connoître tout ce qui appartient à la distribution et à la décoration d’an édifice projeté ou réellement existant. L’architecture militaire les applique à faire juger de la disposition générale , de la force absolue , et de la valeur relative des ouvrages d’uue place de guerre. On en fait usage relativement aux vues de commerce, pour décider de l’emplacement d’une route et des avantages du cours d’une rivière.
- Les plans offrent aux propriétaires des terres la faculté d’évaluer l’étendue de. leurs possessions, d’en établir le partage avec justesse et d’en fixer les limites. '
- Enfin, la guerre, ne fonde la sûreté de ses opérations que sur la description la plus exacte de tout ce ni concerne les points- intéressans e son théâtre. V. PLANCHETTE , BOUSSOLE , GU APHO11 ET RE.
- {Prat.) Levée des scellés, c’est un. acte par lequel celui qui a apposé des scellés, recoanoît s’ils sont.entiers.
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- On procède à leur rupture , afin que l’on, inventorie les effets qui se trouvent dessus.
- LEVER , v. a. du latin levare, ôter.
- {Chirurgie) Lever le premier appareil,• c’est ôter le premier pansement.
- {Marine ) Lever l'ancre ,• c’est la tirer du fond , lorsqu’on vent appareiller d’ûn port et mettre à la voile.
- Lever la chasse ; c’est cesser de chasser ou de poursuivre en mer un bâtiment.
- LEVER, s. m. du latin levare ; l’heure , le tems auquel on se lève.
- (Astron. ) C’est la première apparition d’an astre au-aessus de l’horizon , lorsqu’il passe de l’hémisphère inférieur à l’hémisphère supérieur , par l’effet du mouvement diurne de la sphère.
- L’heure du lever astronomique est celle où l’astre arrive sur l’hori-son raüonel, c’est-à-dire à go°. degrés dn zénith par sa situation apparente , affecté de la réfraction et et de la parallaxe.
- Comme dans la première antiquité la plupart des peuples n’avoiem pas to«t-à-fait réglé la grandeur de l’année , on se servit de la méthode usitée parmi les gens qui vivent à la campagne. Or les laboureurs, les historiens et les poètes employoient le lever et le coucher des astres. Pour cet effet, ils distinguaient trois sortes de lever et de coucher des astres , suivant les divers tems de l’année: le leverhéliaque , le lever cosmique , et le lever acronique : on les appelle aussi levers poétiques.
- Le lever héliaque d’une étoile , lever solaire, lever apparent , est son apparition après sa conjonction au soleil, le premier jour où elle commence à se dégager des rayons du soleil et à être visible le matin. Chaque année , le soleil, par son mouvement propre, d’occident ver» l’orient, rencontre les différentes constellations de l’écliptique , et le» rend invisibles pour nous par l’éclat de sa lumière. Lorsque le soleil, après avoir traversé une constellation , est assez éloigné d’elle pour se lever environ une heure plus
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- tard , la constellation commence à paraître le matin, en se levant un peu avant que la lumière du soleil soit assez considérable pour la faire disparaître. C’est ce qu’on appelle lever héhaque ou solaire des étoiles. Il est sur-tout nécessaire , pour l’intelligence de la chronologie et des poëtes , d’avoir une idée de ce lever héliaque. Celui de, Sirius étoit très-célèbre parmi les Egyptiens. V. HE-LIAQUE, COSMIQUE, ACRO-NIQUE.
- LEVIER , s. m. du lat. levia-rum , de levare, lever.
- ( Mécan. ) Verge inflexible , soutenue par un seul point ou appui, et dont on se sert pour élever des poids ; laquelle est presque dépourvue de pesanteur, ou au moins n'en a qu’une qu’on peut négliger.
- Le levier est la première des machines simples ; on s’en sert principalement pour élever des poids à de petites hauteurs.
- 11 y dans un levier trois choses à considérer ; le poids qu’il faut élever ou soutenir , la puissance parle moyen de laquelle on doit l’élever ou le soutenir , et l’appui.
- Il y a des leviers de trois espèces ; carl’appui estquelquefoisplacé entre le poids et la puissance, et c’est ce qu’on nomme levier de la première espèce. Quelquefois le poids est situé entre l’appui et la puissance , ce qu’on appelle levier de la seconde espèce ; et quelquefois enfin, la puissance est appliquée entre le poids et l’appui, ce qui fait le levier de la troisième espèce.
- La force du levier a pour fondement ce principe , que l’espace où l’arc décrit par chaque point d’un levier, est comme la distance de ce point à l’appui; d’où il s’ensuit que l’action d’une puissance et la résistance du poids, augmentent à proportion de leur distance de l’appui.
- La force et l’action du levier se réduisent aux propositions suivantes :
- iu. La puissance appliquée à un levier, de quelque espèce qu’il soit ( sur-tout un poids ), doit être au poids en raison réciproque de leurs distances de l’appui.
- 2°. Etant donné , le poids attaché à ua levier de la première ou se-;
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- conde espèce , la distance du poids à l’appui et la distance de la puissance au même appui, il est facile de trouver la puissance qui soutiendra le poids.
- 3°. Si une puissance appliquée à un levier, de quelque espèce que ce soit, enlève un poids, l’espace parcouru par la puissance, dans ce mouvement, est à celui que le poids parcourt dans le même tems, comme le poids est à la puissance qui serait capable de le soutenir ; d’où il s’en suit que le gain que l’on fait du côté de la force, est toujours accompagné d’une perte du côté du tems , et réciproquement : car plus la puissance est petite , plus il faut qu’elle parcoure un grand espace pour en faire parcourir un fort petit au poids.
- LÉVIGATION, s. f. du latin le-vigatio , formé de levigo , pour lèvent facio , rendre poli , uni.
- ( Chimie pharmaceutique ) L’action de réduire un médicament solide en poudre impalpable, en le broyant sur le porphyre comme on broie les couleurs.
- LEVIS, adj. V. PONT-LEVIS.
- LEV1TIQUE , s. m. du patriarche Lévi, chef de la tribu de Lévi.
- ( Ecriture ) C’est le troisième des cinq livres de Moïse, ainsi appelé parce qu’il y est traité principalement des cérémonies et de la manière dont Dieu vouloit que son peuple le servît par le ministère des sacrificateur et des lévites.
- LEVRE , s. f. du lat. lahrum.
- ( Anat. ) Le bord , la partie extérieure de la bouche. On dit aussi la lèvre interne et externe des côtes; on appelle lèvres les parties extérieures des parties naturelles de la femme.
- ( Chirurgie) Il se dit encore des bords des plaies et des ulcères.
- ( Archit. } Lèvre est encore le nom du rebord du vase du chapiteau corinthien.
- (Botan. ) Il se dit des fleurs per-sonnées , ou des fleurs en masque , qui imitent un itutie à deux lèvres. On donne aussi le nom de lèvres aux divisions de certaines fleurs, qu’on appelle pour cela fleurs labiées ou fleurs en gueules.
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- LEXICOLOGIE, s. f, dagr.^fic ( léxis ), mot, parole, diction , et de Koyos ( logos ), discours , traité: traité sur les mots , science des mots.
- ( Bibliologie ) Cette science, prise sur un point de vue général, embrasse tout ce qui concerne les langues , soit pour en donner l’intelligence , soit pour en conserver la pureté , soit pour en faire connoître le génie.
- LEXIQUE, ou LEXICON, s.m. même origine que LEXICOLOGIE.
- ( Bibliologie ) Dictionnaire : il se dit particulièrement des dictionnaires grecs.
- LIBELLE , s. m. du latin lïbel-lus, diminutif de liber, livre : petit livre.
- ( Jurisprudence ) Le mot libelle, pour signifier quelque chose, doit être associé à une épithète qui le caractérise. On appeloit autrefois libelle , tout écrit d’un petit volume qui avoit pour objet de demander une grâce, une faveur ; de faire une déclaration quelconque en justice, etc. ; et on appeloit ces libelles :
- Slex libellas, une pétition ; lits memorialis, registre ou rôle j libellus assertorius , passeport; libellus repudii, libelle de divorce , déclaration de divorce ; enfin , famosus libellus , écrit injurieux , diffamatoire. Aujourd’hui, le mot libelle, pris absolument, paroît entièrement consacré à exprimer un écrit injurieux en prose , ou en vers, et même une peinture infamante.
- LIBER, s. m. mot emprunté du latin.
- ( Botan. ) Substance formée de différentes couches , appelées corticales , et placées entre le tissu cellulaire et la surface intérieure de l’épiderme et l’aubier.
- Le libersevt dans quelques espèces à faire des cordes. On a employé le liber du tilleul pour écrire, d’où le le nom de liber a passé aux ouvrages écrits on imprimés , et a formé le mot livre.
- LIBRAIRE, s. dulat.librarius, Formé de liber, écorce intérieure des arbres , dont autrefois ou faisoit les livres : marchand de livres.
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- ( Bibliologie ) Les anciens avoient des écrivains dont la profession con-sistoit à copier des livres, et des libraires qui les vendoient. Ces livres étoient des rouleaux de liber ou de parchemin, et que l’on appeloit à cause de cela volumen , volume , de volvere , rouler.
- Avant l’invention de: l’imprimerie , les libraires-jurés :de l'université de Paris faisoient transcrire les manuscrits, et en àppovtoi- nt les copies aux députés des facultés , pour les revoiijiet les approuver avant que d’en afficher la ven te. Les libraires étoient lettrés, et, por-toient en conséquence le nom de clercs libraires. V. CLERCS.
- Après la découverte de cet art, les clers-libraires ne s’amusèrent plus à transcrire ou - faire tians-crire des manuscrits. Les uns s’occupèrent à perfectionner cette nouvelle découverte, d’autres à se procurer des manuscrits, ou des livres déjà imprimés en planches ou en caractères mobiles ; d’autres, enfin , à empêcher que le tems ne détruisît ces nouvelles productions. Ces différentes occupations formèrent les fondeurs de caractères, les imprimeurs, les libiaires et relieurs, aujourd’hui des professions différentes , mais qui, dans l’origine, étoient presque toujours réunies dans la même personne. V. CARACTERE, IMPRIMERIE, ÉDITION, STEREOTYPAGE, etc.
- LIBRAIRIE , s. f. même origine que LIBRAIRE.
- ( Bibliol. j Ce mot signifioit autrefois la même chose que BIBLIOTHEQUE , {V. ce mot). Il exprime aujourd’hui la profession du libraire.
- LIBRATION , s. f. du lat. libra-tio , formé de libro , balancer : l’action de balancer, balancement.
- ( Astron. ) Petit changement que l’on aperçoit dans la situation du globe de la lune, et dans la position de ses taches.
- Il y a quatre sortes de librations : Ie. la libration diurne, qui est égale à la parallaxe horizontale ; 20. la libration en latitude, qui vient de l’inclinaison de l’axe de la lune sur l’écliptique ; 3.° la libration en latitude, qui vient des inégalités
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- îles mouvemens de la lune dans son orbite; 4°. enfin, la libration qui provient de i'attraction de la terre sur le sphéroïde lunaire
- Les deux premières librations furent reconnues par Galilée; la troisième par Hévéiius et Hiccioü ; la quatrième parNewtonc celle-ci surtout a été discutée dans la pièce de . M. de la Grange qui a remporté le prix de l’académie en 1764.
- LICE, ou LISSE , s. f. du latin licium, trame , dont on a fait li-ciœ, dans la basse latinité.
- ( Manufact. ) Haute lice , basse lice ; termes de manufacture, qui servent à exprimer, non Indifférence de l’ouvrage , qui à proprement parler est le même , mais la différence de la situation des métiers sur lesquels on travaille ; celui de la basse lice étant posé aplat, et parallèle à l’horizon, et celui de la haute lice étant dressé perpendiculairement et tout de bout.
- LICENCE , s. f. du lat. licentia, permission , et parmi les grammairiens , abus , dérèglement
- (Instructionpublique ) Le terme de licence signifie quelquefois le cours d’études, au bout duquel on parvient dans les'universités au dé-gré de licencié , et quelquefois le dégré même de licence. Ceux qui avoient satisfait à l’obligation imposée par Tustinien , de se consacrer pendant quatre ans à l’étude des lois, étoient dits avoir licence et permission de se retirer des études.
- Le dégré de licence est ainsi appelé de cette manière , parce qu’on donne àcelui qui l’obtient,ialiberté de lire etd’enseigner publiquement; ce que n’a pas un simple bachelier.
- ( Rhét. ) Licence est une figure de rhétorique convenable àia preuve. Par cette figure , l’orateur promet de ne point déguiser à des personnes qu’il respecte, certaines vérités qui pourroient leur déplaire, comme dans le discours que Burrhcs, gouverneur de Néron , tient à Agrippine: Sritannicus , ( Racine. )
- ( Poésie ) Licences poétiques ; on appelle ainsi certains mots, ou certaines manières de les construire ou de les écrire, qui ne ser oient
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- pas reçus dans la prose * et qu’il est permis aux poètes d’employer.
- ( Musique ) Licence, en termes de musique, est la liberté que prend le compositeur, et qui est contraire aux règles, quoiqu’elle soit dans le principe des règles ; car voilà ce qui distingue les licences des fautes.
- ( Peinture ) La licence est une peinture, une faute que l’artiste se permet, pour en tirer une beauté. On demandoit à Paul Veronèse la cause d’une ombre qui fonrnissoit une masse à son tableau. C’est , répondit-il, un nuage qui passe. Il supposoit hors de son tableau un nuage qui produisoiteette ombre; il est toujours dangereux de se donner des licences, parce qn’ellessont toujours desfautesqu’un grand succès peut seul excuser.
- LICENCIEMENT, s. m, du latin licentia, dans le sens de permission de se retirer : congé.
- ( Art milit. ) Il ne se dit guère que du congé qu’on donne à des troupes dont on n’a plus besoin.
- LICHEN, s. m. du grec xs/^sv ( leichên ).
- ( Boian. ) Les lichens sont des expansions végétales qui se présentent sous différentes formes de lèpre, de godet de membrane, de rameaux, de filet, etc. ; ils Habitent par-tout, même sur les substances les plus dures et les plus lisses ; c’est principalement en hiver qu’on les trouve ; les arbres en sont alors tapissés; vivans, ils les défendent contre le fro d ; morts, ils hâtent leur des truction ; leurs usages particuliers sont très-nombreux : plusieurs espèces réduites en poudre entrent dans la fabrication d’un pain qui soutient l’existence des habitans du Nord ; on les mange aussi en bouillie avec du lait.
- LICITATION, s. f. du latin licitor, enchérir.
- ( Pratique ) Vente qui se fait à l’enchère pour faire cesser la propriété commune et indivise de biens qui ne peuvent pas être facilement partagés.
- L [ENTEE TE , s. f. du lat. lien-teria , formé du grec xJvoç ( lenos ), poli , glissant , et de farspov ( en— téron ), intestin.
- ( Méd- )
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- ( Méd. ) Flux de ventre, dans lequel on rend les alimens crus ou à demi-digérés, peu de teins après qu’on les a pris ; cette maladie est ainsi nommée, parce que les anciens croyoient que la tunique externe des intestins étoit si glissante qu’elle laissoit échapper les alimens avant qu’ils fussent digérés.
- LIEU, s. m. du latin locus , et locus du grec Fayot ( logos ), raison, ou de xôyoç ( lochos ) , qui a signifié locus : l’espace qu’un corps occupe.
- ( Gréom. ) Lieu géométrique ; c’est une ligne par laquelle se résout un problème géométrique.
- Un lieu, est une ligne dont chaque point peut également résoudre un problème indéterminé. S’il ne faut qu’une droite pour construire l’équation du problème , le lieu s’appelle alors lieu à la ligne droite; s'il ne faut qu’un cercle, lieu au ce~cle; s’il ne faut qu’une parabole, lieu à la parabole ; s’il ne faut qu’une ellipse , lieu à l’ellipse, et ainsi des autres.
- ( Astron. ) Lieu d’une planète ; c’est ordinairement sa longitude.
- ( Optique ) Lieu optique ou simplement lieu ; c’est le point auquel l’œil rapporte un objet.
- Lieu apparent ; c’est le, lieu où un objet est aperçu. Lorsque-nous regardons un objet dans un miroir ou au travers d’un verre convexe ou concave , nous le voyons hors de son vrai lieu , et l’endroit où nous l’apercevons est son lieu apparent. F. REFRACTION.
- Lieu de l’image ; c’est le lieu où l’on aperçoit l’image d’un objet; c’est le même que le lieu apparent.
- LIEUE, s. f. du lat. leuca ou leuga , espace d’une certaine étendue , qui sert à mesurer la distance d’un lieu à un autre ; elle a différentes valeurs.
- La lieue, suivant les nouvelles mesures, est telle, que le degré décimal en contient 20, chacune de 0000 mètres ; et le myriamètre en contient deux. V. MYRIAMETRE.
- LIEUTENANT, s. m. du latin locus , et de teneo , tenir, comme qui diroit locum tenens : officier qui est immédiatement sous un autre Tome IL
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- officier en chef, et qui tient son lieu.
- LIGAMENT, s. m. du latin liga-mentum, de ligo, attacher.
- ( Anat. ) C’est, en général, tout ce qui lié, attache une partie à une autre ; les membranes , la peau, les muscles, les artères, les veines sont des ligamens communs ; mais dans un sens plus étroit, c’est une substance blanche , fibreuse , serrée , compacte, plus souple et pliante que les cartilages, difficile à rompre et à déchirer , et qui ne prête presque point, ou ne prête que très-difficilement quand on la tire.
- LIGATURE, s. f. du lat. ligatura , formé de ligo, attacher,
- ( Chirurgie ) Opération de chirurgie par laquelle on lie avecun ruban de fil ciré , une artère et une veine considérable , pour arrêter ou prévenir une hémorragie.
- Ligature est aussi une bande de drap cousue à droit fil, dont les chirurgiens se servent pour faciliter l’opération de la saignée.
- ( Magie ) On entend aussi par le terme de ligature une espèce d’impuissance , qu’on dit ridiculement être causée par art magique. C’est ce qu’on appelle vulgairement aiguillette nouée.
- ( Imprimerie ) Les imprimeurs appellent ligature les caractères qui ont des doubles lettres, comme as, ffi
- LIGNAGE , s. m. du lat. linea-gium , fait de linea, ligne.
- ( Pratique ) Parenté issue d’une même ligne.
- LIGNAGER , adj. de lignage,
- (Pratique ) Qui est de la meme parenté, du même lignage.
- Retrait lignager ; c’est celui qui ne peut être exercé que par un parent du coté et ligne dont est l’héritage vendu. F. RETRAIT.
- LIGNE, s. f. du latin linea.
- ( G-éom.) Quantité qui n’est étendue qu’en longueur, sans largeur, ni profondeur.
- Dans la nature, il n’y a point réellement de ligne sans largeur ni même sans profondeur, mais c’est par abstraction qn’ori considère , en géométrie, les lignes comme n’ayant qu’une seule dimension , c’est-à-dire , la longueur. On regarde une
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- ligne comme formée par l’écoulement d’un point.
- Il y a deux espèces de lignes, les droites et les courbes.
- Les lignes droites sont toutes de même espèce, mais il y a des lignes courbes d’un nombre infini d’espèces , c’est-à-dire , autant qu’il y a de différens mouvemens composés, ou autant qu’on peut imaginer de différentes lois de rapports entre les ordonnées et les absisses.
- Les lignes courbes se divisent ordinairement en géométriques et en mécaniques
- Les lignes géométriques sont celles dont tous les points peuvent se trouver exactement et sûrement.
- Les lignes mécaniques sont celles dont tous les points se trouvent par tâtonnement, et d’une manière approchée , mais non pas précisément.
- Les lignes géométriques , appelées ainsi par Descartes, sont celles qui peuvent être exprimées par une équation algébrique d’un degré déterminé ; et les lignes mécaniques , celles qui ne peuvent être exprimées par une équation finie, algébrique et d’un degré déterminé.
- Cependant, d’autres pensent que les lignes mécaniques, bien qu’elles ne soient pas désignées par une équation finie, n’en sont cependant pas moins déterminées par leur équation différentielle , et qu’ainsi, elles ne sont pas moins géométriques que les autres ; ils ont donc préféré d’appeler les premières lignes algébriques , et les autres , lignes trascendantes.
- Les lignes droites considérées par rapport à leurs positions respectives, sont parallèles, perpendicu laires ou obliques les unes aux autres. F. ces mots.
- Pour la multiplication et la division des lignes, Fi CIRCULAIRE , CONVERGENTE, GENERATRICE , HYPERBOLIQUE, LOGISTIQUE, NORMALE, ROBERVA-LIENNES , PROPORTIONNELLES, VERTICALE, MESURE.
- ( Géogr. et Nacig.) Ligne ; lorsque l’on se sert de ce terme sans aucune autre addition, il signifie l’équateur ou la ligne équinoxiale. r, EQUATEUR, EQUINOXIAL;
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- (Perspective) Ligne horizontale , celle qui est parallèle à l’horizon.
- Ligne isoch rone. Fi ISOCHRONE.
- Ligne géométrale ; c’est une droite tiree d’une manière quelconque sur le plan géométral.
- Ligne de terre ou fondamentale ; c’est une ligne droite dans laquelle le plan géométral et celui du tableau se rencontrent.
- Ligne de front ; c’est une droite parallèle à la ligne de terre.
- Ligne verticale; c’est la commune section du plan vertical et de celui du tableau.
- Ligne visuelle ; c’est la ligne ou le rayon qu’on imagine passer par l’objet et aboutir à l’œil.
- Ligne de station ; c’est, selon quelques auteurs, la commune section du plan vertical et du plan géométral ; d’autres entendent par ce terme la hauteur perpendiculaire de l’œil, au-dessus du plan géométral ; d’autres une ligne tirée sur ce plan, et perpendiculaire à la ligne qui marque la hauteur de l’œil.
- Ligne de la seciion ; c’est la ligne d’intersection du plan à projeter avec le plan du tableau.
- Ligne objectivec’est une ligne tirée sur le plan géométral, et dont on cherche la représentation sur le tableau.
- ( Gnomonique) Ligne horizontale ; c’est la commune section de l'horizon et du plan du cadran.
- Lignes horaires, ou lignes des heures ; ce sont les intersections des cercles horaires de la sphère, avec le plan du tableau.
- Ligne soustylaire ; c’est la ligne sur laquelle le style ou l’aiguille d’un cadran est élevée, et c’est la représentation d’un cercle horaire perpendiculaire au plan du cadran.
- Ligne équinoxiale ; c’est l’intersection du cercle équinoxial et du plan du cadran.
- ( Mécanique) Ligne de direction; celle dans laquelle un corps se meut actuellement, ou se mouvroit s’il n’en étoit empêché.
- Ce terme s’emploie aussi pour marquer la ligne qui va du centre de gravité d’un corps pesant au centre de la terre , laq uelle doit de plus passer par le point û’ appui ou par
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- le support du corps pesant, sans quoi ce corps tomberoit nécessairement.
- Ligne de gravitation d’un corps pesant ; c’est une ligne tirée de son centre de gravité au centre d’un autre, vers lequel il pèse ou gravite; ou bien c’est une ligne selon laquelle il tend en bas.
- ( Hydraul.) Ligne d’eau ; c’est la cent quarante-quatrième partie d’un pouce circulaire, parce qu’il ne s’agit pas , dans la mesure des eaux, d’un pouce carré : cette mesure se faisant au pouce circulaire, qui a plus de relation avec les tuyaux circulaires par où passent les fontaines.
- ( Astron. ) On distingue spécialement en astronomie, la, ligue des apsides, ligne des syzygies et la ligne des nœuds.
- Ligne des absides, celle qui traverse l’orbite d’une planète dans sa plus grande longueur, de l’apogée au perigée, ou de l’aphélie au périhélie.
- Ligne des syzygies , celle qui passe par le soleil et la terre , et sur laquelle se trouve la lune quand elle est en conjonction ou en opposition : on l’a quelquefois appelée ligne synodique.
- Ligne des nœuds ; c’est la commune section d’une orbite et de l’é-, cliptiqne.
- ( Optique) Ligne d'aspect ; c’est l’axe du côue dont le sommet est à l’œil du spectateur qui observe l’axe au ciel, lequel axe est perpendiculaire au soleil.
- Ligne d’incidence ; c’est une ligne suivant laquelle un corps se dirige vers un autre qu’il va toucher. L’angle d’incidence seroit toujours égal à l’angle de réflexion, s’il n’y avoit pas des causes accidentelles qui s’y opposent.
- Ligne de réflexion ; c’est la ligne que suit un corps en mouvement après le changement de direction qu’il reçoit par la rencontre d’un obstacle qui l’oblige à rebrousser chemin, et le fait rejaillir après le choc.
- {Art milit.) Ligne ou lignes; c'est une fortification de terre derrière laquelle se place une armée pour pouvoir garder un poste ou
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- défendre plus aisément une étendue de terrein plus grande que celle que l’armée pourroit occuper étant campée à l’ordinaire.
- Ligne de communication ; c’est la partie de l’enceinte d’une place de,guerre, qui joint la citadelle.
- Ligne de contre-approche ; c’est une espèce de tranchée qui part du glacis ,-et qui est faite par l’assiégé , pour aller au-devant de l’ennemi et tâcher d’enfiler ses travaux.
- Ligne de défense ; c’est celle qui part de l’extrémité du flanc, j oignant la courtine pour raser la face du bastion opposée au flanc, lorsqu’il y a une partie de la courtine qui découvre la face.
- Ligne magistrale ; c’est celle qu’on imagine passer par le cordon du revêtement de la place, et qui est exprimée par le principal trait dans son plan.
- Ligne de circonvallation • c’est une fortification de terre composée d’un parapet et d’un fossé qu’on fait ordinairement autour des villes, desquelles on fait le siège, hors la' portée du canon de la place, lorsqu’on appréhende que l’ennemi ne s’approche pour en faire lever le siège
- Ligne de contrevallation ; c’est un fossé bordé d’un parapet dont les assiégeans se couvrent, du côté de la place, pour arrêter les sorties de la garnison ; de sorte que les troupes qui font un siège sont postées entre la ligne de circonvallation et celle de contrevallation ; quand la garnison est sortie, l’assiégeant commence à remuer les terres par la contrevallation, et la circonvallation se fait après.
- Ligne , en termes de tactique , est aussi la disposition d’une armée rangée en bataille, et qui fait un front étendu sur la longueur d’une ligne droite; autant que le terrein le peut permettre, afin que par cette sorte de situation, les différeras corps de cavalerie et d’infanterie ne puissent être coupés ni chargés en flanc par l’ennemi.
- Nos armées se mettent pour l’ordinaire sur trois lignes, disposées de telle sorte que leurs ailes ou leurs extrémités sont toujours com-Ff a
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- posées d’escadrons soutenus quelquefois , dans leurs intervalles, par des pelotons d’infanterie ; les bataillons sont au milieu de chaque ligne ; quelquefois ils y sont entremêlés parmi des escadrons, lorsque l’armée est forte en cavalerie.
- Le terrein qui, dans chaque ligne, sépare ces différeas corps l’un de l’autre, est égal au front qui est occupé par chacun de ces mêmes corps, afin de faciliter leurs mou-vemens, et aller à la charge sans confusion. Mais les intervalles qui sont entre chaque bataillon et chaque escadron de la seconde ligne , doivent répondre directement au terrein qui est occupé par les escadrons et les bataillons de la première ligne, afin que si cette première ligne vient à être rompue et à plier , elle ne se renverse pas sur la seconde , et trouve un terrein propre à se rallier.
- ( Marine) Ligne de combat ; c’est l’arrangement des vaisseaux d’une escadre ou d’une armée navale sur une même ligne, pour combattre l’ennemi. Cette ligne est ordinairement celle du plus près, c’est-à-dire , celle qui suit la direction d’une des routes au plus près du vent, parce que dans ce moment, il est essentiel de tenir le vent, soit pour gagner le vent sur l’ennemi, soit pour conserver cet avantage, si on l’a, soit enfin pour pouvoir arriver à son gré si les circonstances l’exigent. Ainsi :
- Se mettre en ligne, c’est se disposer sur une seule ligne, ou, en parlant d’un seul vaisseau, se réunir à une ligne déjà formée.
- Sortir delà ligne se dit d’un vaisseau qui, étant désemparé ou maltraité par l’ennemi, quitte la ligne pour se radouber ou se réparer à l’abri des autres vaisseaux.
- Serrer la ligne ; c’est lorsque les vaisseaux, qui sont rangés en ligne , se rapprochent davantage.
- Couper la ligne de l’ennemi ; c’est traverser la ligne de l’armée ennemie en en séparant une partie d’avec l’autre, de manière qu’elles 11e puissent se soutenir mutuellement.
- Vaisseau de ligne, du mot ligne, qui signifie la manière dont une ar~
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- mée se dispose ordinairement pour combattre; on en a fait le mot vaisseau de ligne, qui signifie un vaisseau à deux et trois batteries, parce que ce n’est que ceux-là que l’on place dans la ligne pour combattre. Autrefois on comprenoit dans la ligne les vaisseaux de 5o canons ; mais depuis long-tems les Français, les Anglais et les Espagnols ne les mettent plus en ligne.
- Ligne du plus près; c’est une ligne qui suit la direction d’une de» routes au plus près du vent, c’est-à-dire, suivant laquelle les vaisseaux sont tous derrière les uns des autres , faisant route au plus près du vent. On distingue la ligne du plus près tribord, qui est celle suivant laquelle les vaisseaux ayant le vent à main droite, sont orientés avec les amures, du même côté, à tribord.
- La ligne du plus près bâbord , est celle suivant laquelle les vaisseaux ont le vent à gauche ou à bâbord , et les amures de même.
- Lignes d’eau ; ce sont des lignes horizontales que l’on imagine sur les plans des vaisseaux, cernant tonte leur carène , à distances égales les unes des autres, et partageant le vaisseau en autant de tranches horizontales , à commencer de la ligne d’eau du vaisseau chargé , qui est la plus haute de ces lignes, et qui renferme une plus grande surface. La ligne d’eau en charge est la même chose que la ligne de flottaison.
- ( Anat. ) Ligie , se dit au figuré de quelques traits de certaines parties du corps. La ligne osseuse de l’os pubis , la ligne âpre du fémur, la ligne osseuse de. l’apophyse montante de l’os maxillaire , les lignes médullaires transversales du corps calleux , la ligne blanche , etc.
- ( Peinture ) Ligne d’Apelles ; Pline rapporte que ce peintre, quelque occupé qu’il pût être d’ailleurs , ne passoit aucun jour sans tirerquel* que ligne. On sait, dit cet auteur, ce qui se passa entre lui (Apelles) et Protogènes : celui-ci demeuroit à Rhodes, Apelles y étant abordé , avide de connoître un homme qu’il ne connoissoit que par sa réputation , alla d’abord à son atelier. Protogènes étoit absent, mais une
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- vieille gardoit seule un fort grand panneau, disposé sur le chevalet, pour être peint. Elle lui dit que Protogènes étoit sorti , et lui demanda son nom. Le voici, dit Apelles, et prenant un pinceau, il conduisit avec de la couleur, sur le champ du tableau, une ligne d’une extrême ténuité. Protogènes de retour, la vieille lui dit ce qui s’étoit passé. On rapporte que l’artiste, ayant remarqué la subtilité du trait, dit que c’étoit Apelles qui étoit venu , que nul autre n’étoit capable de rien faire d’aussi parfait : et que lui-même en conduisit une encore plus déliée avec une autre couleur , et dit à la vieille que si cet homme revenoit, elle lui fit voir cette ligne , en ajoutant que c’étoit-là celui qu’il cherchoit. La chose arriva : Apelles revint, et honteux de se voir surpassé, il refendit les deux lignes avec une troisième couleur, ne laissant plus rien à faire à la subtilité....
- Que doit-on inférer de ce fait? Que du tems d’Apelles et de Pvo-togènes, on faisoit autant de cas de la finesse du pinceau , qu’on en estime aujourd’hui la largeur ; que c’étoit avec le pinceau le plus fin, les traits les plus subtils que les peintres de l’antiquitérendoient certaines parties que , depuis la perfection du métier , ou exprime bien mieux par masses ou par touches.
- Ligne de beauté ; c’est une certaine ligne , qui, si elle existoit, serviroit de démonstration à la beauté. Les anciens ont connu le beau , et nous en ont laissé les plus parfaits modèles. Raphaël et d’autres modernes se sont montrés heureux imitateurs des anciens, mais rien ne nous apprend que les artistes de la Grèce aient cherché cette li-gne.On ne nous dit pas que Raphaël ait trouvé cette ligne , et l’ait démontrée à ses élèves, Enfin , on ne trouve rien de cette ligne dans les écrits de Léonard de Vinci ; Parent semble en avoir parlé le premier , en faisant consister la beauté dans une ligne elliptique. Hogarth , fameux peintre anglais , a voulu prouver que la ligne de beauté étoit ondoyante , et il l’a comparée à la
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- lettre S. Mengs a beaucoup parlé de la ligne serpentine , qui répond à la lettre S. Ce qu’on peut établir de plus vrai, c’est qu’il n'y a point de ligne de beauté, et que la beauté se forme d’un nombre infini de lignes différentes entr’elles ; que la ligne droite tend à la roideur gothique ; que les formes composées de lignes qui se coupent angulaire-ment sont dures , qu’elles peuvent avoir un air de science, mais qu’elles manquent de grâces et de vérité; que de la ligne circulaire résulte un dessin rond et pesant , et qu’en un mot la vraie beauté des formes est produite par un grand nombre de lignes différentes , qui toutes semblent tendre à s’arrondir, et qui ne s’arrondissent jamais.
- ( Pratique ) Ligne de parenté ; c’est le dénombrement ou la suite des parens en divers degrés, tous dêscendans dJune même souche , ou d’un même père commun.
- On a distingué la ligne directe et la ligne collatérale.
- La ligne directe renferme les parens qui descendent les uns des autres.
- La ligne collatérale est composée des collatéraux , ou de ceux qui sont parens de côté, c’est-à-dire, qui descendent d’une même souche , mais non pas les uns des autres.
- Ces lignes ont aussi leurs subdivisions. Tl y a la ligne directe ascendante et la ligne directe descendante , la ligne collatérale ascendante et la ligne collatérale des-cescendante. V. ASCENDANS , DESCENDAIS , COLLATÉRAL.
- ( Imprimerie ) Ligne se dit de toute l’écriture qui doit être sur une ligne directe dans une page. Mettre-un mot à la ligne ; c’est commencer une ligne par ce mot, quoique l’autre ligne ne soit pas remplie.
- ( Commerce ) Mettre en ligne de compte ; c’est employer dans un compte.
- LIGNEUX , adj. du lat. lignum , bois.
- ( Botan. ) Il se dit de ce qui a la consistance et le tissu du bois. La tige d’une plante , ses branches, ses racines sont ligneuses , quand elles
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- sont composées de couches concentriques et solides, comme celles qui composent le tronc des arbres et des arbustes.
- LIGN1TES , adj. de lignum , bois.
- ( Chimie ) Sels lignites ; V. PY-B.O-L1GNITES.
- LIGUE, s. £ du lat. barb. liga , fait de ligare, lier.
- - ( Diplomat. ) Union , confédération , entre des princes, pour attaquer un ennemi commun ou s’en défendre. r r
- LILIACE, EE, adj. du lat. lilia-ceus , fait dt lilium, lis.
- ( Botan. ) Fleur en lys , et tout ce qui a rapport au lys.
- LILIUM, mot latin.
- ( Chimie ancienne ) Lilium de Paracelse , ou teinture des métaux ; c’est ce que les chimistes modernes appellent ALCOHOLDE POTASSE , V. ce mot.
- LIMAÇON, s. m. du lat. Umax, limacis , petit insecte à cornes longues et déliées.
- ( Anat. ) Nom d’une portion du labyrinthe , ainsi nommée parce que l’espèce de canal osseux qu’elle renferme , est figurée comme la coquille d’un limaçon. <
- LIMANCHIE, s. f. mot grec, composé de Xiptic ( limos ), famine, et de ct-yx® ( agchô ), tuer, étrangler. V. LIMOCTONIE.
- ( Mêd. ) Jeûne excessif.
- LIMBE, s. m. du latin limbus, bord.
- ( Astron. ) Bord extérieur et gradué d’un quart de cercle , ou d’un instrument de mathématiques.
- Il signifie encore le bord extérieur du soleil et de la lune.
- Les astronomes observent la hauteur du limbe inférieur, ou du limbe supérieur du soleil, et ils ajoutent ou retranchent le demi-diamètre du soleil, pour avoir la hauteur du centre. On observe souvent des ondulations dans le limbe du soleil, ce qui peut provenir des vapeurs dont l’air est chargé.
- ( Botan.} Le limbe d’un calice ou d’une corolle, etc., est toute la partie laminée qui se prolonge ou s’étale au-delà des plus profondes incisions, ou de l’orifice du tube.
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- LIMITES , s. f. du lat. limes , fait de limus : traverse, bornes , extrémités d’une terre , d’un héritage, ou qui séparent un territoire , une province d’avec une antre.
- ( Jurisprudence ) Les limites des héritages étoient distinguées chez les Grecs par un espace de cinq pieds , qu’on laissoit entre deux pour passer la charrue ; et afin d’éviter toute méprise sur la propriété des territoires , cet espace étoit imprescriptible. Une loi si sagement établie par Solon, ne pouvoit manquer d’être goûtée des Romains; elle fut adoptée par la loi des douze tables , mais dans la suite elle cessa d’être en vigueur. L’espace entre les champs voisins ne fut plus laissé , on marqua seulement les limites par des bornes ou pierres et quelquefois par des termes, et il étoit permis d’agir pour les anticipations qui se iai— soient sur elles, lorsqu’elles avoient été reconnues par des arpenteurs, mensores.
- ( Mathém. transcend. ) On dit qu’une grandeur est la limite d’une autre grandeur, quand la seconde peut approcher de la première plus près que d’une grandeur donnée , si petite qu’on la puisse supposer, sans pourtant que la grandeur qui approche , puisse jamais surpasser la grandeur dont elle approche , en sorte que la différence d’une pareille quantité à sa limite, est absolument inassignable.
- La théorie des limites est la base de la vraie métaphysique du calcul différentiel. Le cercle, par exemple, est la limite des polygones inscrits ' et circonscrits ; car il ne se confond jamais rigoureusement avec eux, quoique ceux-ci puissent en approcher à l’infini.
- [Algèbre ) Les limites, en termes d’algèbre , sont les deux quantités entre lesquelles se trouvent comprises les racines réelles d’une équation. Par exemple, si on trouve que la racine d’une équation se trouve entre 3 et 4, ces nombres 3 et 4 seront des limites.
- Limites d’un problème; ce sont les nombres entre lesquels la solution de ce problème est renfermée. Les problèmes indétermine's ont sou-
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- vent des limites, c’est-à-dire l’inconnue est renfermée entre de certaines valeurs qu’elle ne sauroit passer.
- ( Astron. ) Les limites, en astronomie , sont les points de l’orbite d’une planète où elle s’écarte le plus de l’écliptique , et qui sont par conséquent à 90 degrés des nœuds. On observe la latitude d’une planète , quand elle est dans ces limites , pour connoître l’inclinaison de l’orbite ; cette inclinaison étant toujours égale à la latitude réduite au centre du soleil, lorsque la planète est dans ses limites.
- La latitude de la lune dans ses limites, n’est pas toujours la même, parce que l’inclinaison est sujette à changer de 8 min. 4g sec. en plus et en moins, indépendamment de plusieurs autres petites irrégularités. Cette latitude change encore par l’effet de la parallaxe , qui l’augmente du côté du midi, et la diminue du côté du nord.
- LIMITROPHE, adj. du latin li-mitrophus , contraction de limito-trophus , sous - entendu fundus , fond limitrophe, ou fond destiné à l’entretien des troupes qui gardent les frontières.
- ( Gêogr. ) Contigu. Des pays limitrophes sont des pays qui se touchent par leurs limites.
- On appeloit autrefois colonnes limitrophes , celles qui servoient à marquer les limites entre diffé-rens états.
- Ce mot signifioit autrefois un fonds destiné à nourrir les soldats qui étoient sur la frontière : il y a un titre au code qui porte ce nom.
- Sa signification a été depuis étendue à toutes sortes de confins.
- LIMPIDE , adj. du latin limpi-dus, corruption de limphydus , de lympha, eau : clair, net, transparent comme de l'eau.
- ( Physique) Terme dont on fait usage en parlant des fluides. Lorsqu’un fluide est bien pur, bien clair et très-transparent , on dit qu’il est limpide.
- LIN, s. m. du grec x!vov( linon ).
- ( Botan. ) Plante qui porte plusieurs tiges menues sur un même pied, et dont l’écorce est très-déliée.
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- Le lin se cultive dans les Jardins, à cause de l’agrément de sa fleur, composée de cinq pétales et d’un beau bleu. On la cultive aussi dans les champs, pour en cueillir le fruit qui remplace la fleur , et qui renferme dix semences dans autant de loges.
- ( Manuf. ) Après avoir séparé ce fruit avecjm peigne nommé drige, on rompt la tige comme celle du chanvre, on la file pour en tisser de la toile et de la batiste. Le lin cependant exige des préparations que les Hollandois , très-jaloux de leurs secrets, ont soin de cacher, parce qu’ils croient en être seuls possesseurs, et parce qife cette marchandise est une branche considérable de leur commerce. La d.ffé-rence la plus remarquable entre la culture du lin et celle du chanvre, c’est que les manufacturiers expérimentés ont grand soin de laisser plus longtems sur pied le lin qu’ ils destinent aux ouvrages les plus fins.
- ( Technol. ) La graine de lin est adoucissante ; elle donne par expression une huile employée dans l’imprimerie, dans la peinture et dans les vernis gras. V. VEENIS.
- Lin incombustible. V. AMIAN-THE.
- LINÉAIRE, adj. du lat.linearist de linea, ligne.
- ( Didact. ), qui a rapport aux lignes, qui se fait par des lignes.
- ( Algèb. ) Equations Linéaires, en-termes de calcul intégral, sont celles où l’une des inconnues ne monte qu’au premier degré.
- LINÉAMENT, s. m. du lat. linéament um, de linea, ligne, comme qui diroit linece ductus.
- ( Anat. ) Trait ou ligne délicate qu’on observe sur le visage, qui en compose la délicatesse, qui en fait conserver l’image , qui en cause le rapport ou la ressemblance avec quelque autre.
- LINGOT, s. m. Ménagé dérive ce mot de lingua, de cette façon linga , lingum, lingotum.
- ( Technol. ) Il se dit principalement de l’or et de l’argent en masse, et qui n’est pas mis en œuvre.
- LINIMENT, s. m. du latin li*> nire, oindre doucement,
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- ( Mat. mêd. ) Médicament qui sert à oindre et à frotter quelque partie. Ainsi , les huiles, les baumes , les onguens et les graisses peuvent être regardés comme des lim-mens.
- LINON, s. m. Contraction de LINOM.PLE , peut - être de Uni-pulus, faisceau de lin, d’oti l’on aura fait linumpulus, pour exprimer le lin le plus délié.
- ( Technol. ) Sorte de toile de lin, très-claire et très-déliée, que l’on fait dans la ci-devant province de Picardie.
- LINNE. Nom d’homme.
- ( Botan. ) Charles Linné , né en 1707 , dans la province de Smo-land en Suède, a été le réformateur de toutesles parties de l’histoire naturelle , et l’auteur d’un système de botanique appelé sexuel, parce qu’il est fondé sur le sexe des plantes.
- Dans ce système , toutesles plantes connues sont divisées en vingt-quatre classes, dont les caractères sont établis, d’après le nombre, la situation, et l’arrangement des étamines ou organes males ; les ordres ou sous-divisions de ces classes le sont , autant qu’il est possible , d’après le nombre, la situation et l’arrangement des pistils ou organes femelles. Voyez METHODE.
- LION, s. m. du latin leo, fait du grec xicev ( léôn ), Animal féroce.
- ( Astron. ) Cinquième signe du zodiaque. La constellation qui lui a donné son nom , est celle que le soleil parcouroit autrefois dans le tems des chaleurs brûlantes de l’été. Les poètes disent que c’est le lion de Némée , dompté par Hercule le Thébain, et placé dans le ciel par la puissance de Junon.
- LIPAROCÈLË, s. f. du grec x/ttctpoç (liparos), gras, et de x,»x» (Jcélé), tumeur: tumeur grasse.
- ( Chirurgie) Espèce de hernie du scrotum , causée par la masse d’une substance semblable à de la graisse.
- LIPOORAMMATIQUE, adj. du grec X£/7r* (léipâ) manquer, et de ypét/xy*. (gramma), lettre : qui manque d’une lettre.
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- ( Littéral, anc ) Il se dit de certains ouvrages anciens, dans lesquels les auteurs ont affecté de ne pas faire entrer quelque lettre de l’alphabet. Tryphiodore afaitune Odyssée , dans le premier livre duquel il n’entre point à’A, point de B dans le second, et ainsi de suite. Nestor , poète de Lavanda, a fait une Iliade lipogrammatique.
- Quelques auteurs français et entre autres M. l’abbé de Court, se sont exercés dans ce genre.
- LIPOME , s. m. du grec xî'n-mp.u. (lipoma), loupe graisseuse.
- ( Chirurg. ) Tumeur enkystée, ou espèce de loupe, formée par une graisse épaissie dans quelque cellule de la membrane adipeuse. Il en vient quelquefois de fort grosses entre les épaules.
- LIPOSYCH1E, s. f. du grec xd-'irtù ( lêipo), manquer , laisser , et de xo£« (loche), âme, vie: défaillance.
- LIPOTHYMIE, s. f. du grec Xs;tta> (léipâ) manquer, laisser, et de Sujuoç ( thumos), esprit, courage : manque de courage, découragement.
- ( Med. ) Défaillance , pâmoison, diminution subite et considérable des actions vitales et animales , ou des forces du corps et de l’esprit. V. SYNCOPE.
- LIPPITUDE, s. f. du lat. lip-pitudo, formé de lippa , chassie, corps gras.
- (Chirurgie) Maladie des yeux, qui consiste dans l’écoulement d’une humeur épaisse, visqueuse et âcre,, qui suinte des bords des paupières, les colle l’une à l’autre et les enflamme.
- L1PYRIE, s. f. du grec ’kttiTv-plac (léipurias), formé de xsiires (lêipo), abandonner , et de nup (pur), chaleur, feu.
- ( Med. ) Espèce de fièvre ardente, maligne, accompagnée d’une chaleur interne considérable, ou d’une inflammation érésipélateuse aux viscères, et en même temps d’un grand froid aux parties externes.
- LIQUATION, s. f. de liquo ou eliquo , fondre , liquéfier-
- ( Métall, ) Opération qui consiste à séparer du cuivre la portion
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- d’argent qui y est contenue , par le moyen du plomb qu’on y joint.
- LIQUÉFACTION , s. f. même origine que LIQUATION.
- (Technoh) Ce mot signifie,comme le précédent, résolution opérée par le feu ; mais néanmoins dans l’usage, on entend par liquéfaction la solution ou fonte des substances grosses et épaissies, pour la distinguer de la fusion ou fonte des métaux.
- LIQUEUR, s. f. du latin liquor> fait de liquo, ou liqueo, couler.
- {Physique) Substance donttoutes les molécules sont extrêmement petites , très-mobiles entr’elles , ont très-peu de cohésion les unes aux autres , et se meuvent indépendamment les unes des autres, avec assez de liberté pour que celles de la surface supérieure se placent toutes dans un plan parallèle à l’horizon.
- ( Techn. ) Liqueur se dit par excellence des vins , et particulièrement de ceux qui sont les plus agréables. Il se dit encore des boissons dont la base est l’eau-de-vie ou l’esprit de vin.
- ( Chimie) Liqueur des cailloux terme de l’ancienne chimie , appelée aujourd’hui potasse silicée en liqueur.
- Liqueur fumante de Boy le, aujourd’hui sulfure arnoiiiacal ou d’ammoniaque.
- Liqueur fumante de Libanius, maintenant le muriate d’étain fumant.
- Liqueur de fer, ouacétite de fer.
- ( Technol. ) Espèce de mordant en usage dans la fabrication des toiles peintes.
- Le fer est susceptible de deux: degrés d’oxidation : l’oxide vert absorbe l’oxigène de l’atmosphère avec tant d’activité qu’il change bientôt de couleur et passe rapidement au jaune et au rouge ; c’est ce dernier oxide qu’on emploie de préférence dans la teinture.
- LIQUIDATION, s. f. forme' du lat. liquet : il est clair, il est manifeste.
- ( Finances , Commerce et Pratique) éclaircissement ou supputation de droits incertains , que l’on réduit à une somme fixe et certaine.
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- LISTEL, s.m. de l’italien listello, formé du lat. listellum.
- ( Archit. ) Petit membre carré qui couronne une moulure ; il a ordinairement le double du filet.
- Il se dit encore de l’espace plein qni est entre les moulures d’uue colonne.
- LIT , s. m. du lat. lectus , fait de legô , dans le sens d’amasser ,
- Îiarce "qu’autre Foi s on ramassoit es choses dont il éloit composé , comme la paille , etc. ; meuble dont on se sert pour coucher, pour y reposer , pour y dormir.
- {Archit.) Lit se dit figurément d’n ne assise de pierre.
- ( Marine ) Lit du vent ; c’est la ligne ou le rumb suivant lequel il court. Lit d’un courant ou de la marée ; c’est la ligne ou la direction suivant laquelle court la marée , ou un courant, et l’espace qu’il occupe.
- LITANIES , s. f. du grec Xrra-yiia. { liianeia ), prières ; formé de x'tTOfActî ( litomai ) , prier.
- ( Culte catkol. ) Les litanies sont des prières en l’honneur de Dieu , de la Sainte Vierge et des Saints.
- L1THACOGUE , du grec xiùox { lithos ) , pierre , et d’à-yœ ( ago ), chasser : chasse-pierre.
- ( Méd. ) Épithète que l’on donne aux remèdes qui ont la propriété de chasser la pierre de la vessie.
- LITHARGE, s. f. du grec x/0aî {lithos ) , pierre , et à’&pyvpoç { ar-guros ), argent : pierre d’argent.
- {Chimie) Lalitharge que les chimistes modernes ont nommée oxide de plomb demi-vitreux , se ramasse sur la coupelle, après avoir cou-pelé l’argent, ha,y. C.OUPELLA-TION.
- On peut réduire la litharge en plomb , en y mêlant du charbon eu poussière.
- On fait usage de la litharge pour adoucir des vins trop âcres, ou qui commencent à s’aigrir ; mais cet usage est pernicieux , et par là très-condamnable. O11 reconnoit les vins ainsi falsifiés , par l’eau d’épreuve , qui se prépare avec de la chaux vive et de l’orpiment.
- On se sert encore de lihtarge\>oav faire passer de l’huile de navets pour de l’huile d’olives ; mais cette fraude
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- se découvre de la même manière que les falsifications de vins.
- LITHIASTE, s. f. du grec X/0/aavj (lithiasis) , formé de X/6oc ( lithos ), pierre : formation de la pierre.
- ( Méd. ) Formation de la pierre ou du calcul , dans les reins , dans la vessie, ou dans quelque autre partie du corps.
- C’est aussi une maladie des paupières , qui consiste dans de petites tumeurs dures et pétrifiées, engendrées sur leurs bords.
- LITHIATE , s. m. du grec x/0o? ( lithos ), pierre.
- ( Cihmie ) Sel formé par la combinaison de l’acide LITHIQUE , ( V. et mot ), ou de la pierre de la vessie avec différentes bases. Sa terminaison en ate , indique que l’acide lithique qui le constitue, est dans un état de saturation complète d’oxigène.
- Ces sels n’avoient point été compris dans la nomenclature ancienne, parce qu’ils n’étoient point connus avant Scheele.
- LITHIQUE , adj. même origine que LITHIATE.
- ( Chimie ) Nom d’un acide concret que l’on retire du calcul de la vessie. Sa terminaison eniquf, indique qu’il est complètement saturé d’oxigène.
- LITHOCOLLE , s. f. du grec X/ôos ( lithos ) , pierre , et de x.o\xct { holla ), colle : colle à pierre.
- ( Tehcnol. ) Ciment aveclequel les lapidaires attachent les pierres précieuses , pour les tailler sur la meule.
- LITHOGLYPHITES, s. f. du grec xlôof ( lithos ) , pierre , et de yxvçà gluphê ) , entaille , gravier.
- (Minéral. ) Substances fossiles qui représentent des matériaux moulés ou sculptés.
- LITHOGRAPHIE, s. f. du grec XtBoç ( lithos), pierre , et de ypâqa ( graphâ ), décrire : description des pierres.
- ( Hist. nat. ) Partie de l’histoire naturelle qui a pour objet la description des pierres.
- LITHOLABE.s. m. du'g.xi0o5 (lithos), pierre, et de \ctp.Çâva> ( lam-
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- lanô ), prendre : qui pvend , qui saisit la pierre.
- ( Chirurgie. ) Pincette propre à saisir la pierre dans l’opération de la taille.
- LITHOLOGIE, s. f. du groc xi0o?
- ( lithos), pierre, et de x'ayoç ( logos), discours : traité sur la pierre.
- ( Hist. nat. ) Partie de l’histoire naturelle qui a pour objet les différentes espèces de pierres , leur formation , leurs propriétés , etc. C’est ar le moyen de cette science qu’on éveloppe les caractèresidistinctifs de ces substances , et qu’on les range dans un ordre méthodique.
- LITHONTRIPTIQUE, adj. du > grec X;0of ( lithos ), pierre , et de t fi fi où ( tribô ) , briser , rompre.
- ( Méd. ) Epithète que l’on d«nne aux médicamens qu’on croit propres à briser la pierre dans les reins et dans la vessie.
- LITHOPHYTE, s. m. du gr. x/0oc ( lithos ) pierre, et de <pinov (phu-ton ), plante ; pierre - pîaute.
- ( Hist. nat. ) C’est ainsi que le* naturalistes appellent certaines productions qui tiennent de la pierre et de la plante , ou les substances produites par les insectes de mer , telles que les madrépores , coraux , astéries , etc.
- Les pierres-plantes ont occasionné de grands débats parmi les naturalistes.
- LITHOTOMIE,s. f. du grec xl0oc ( lithos ) , pierre , et de tsacv»
- ( temnô), couper.
- ( Chirurgie) Taille ou opération qu’on fait pour tirer la pierre de la vessie. Il seroitplusà proposdedire cystotomie de x.wrTiir(lcustis ),vessie, parce que c^est la vessie qu’on coupe et non pas la pierre ; mais l’usage l’emporte : on appelle lithotome , l’instrument, le bistouri avec lequel on fait une ouverture à la vessie, et lilhotomiste , le chirurgien qui fait l’opération. V. TAILLE.
- LITIGE, s. m. du latinlitigare, être en procès.
- ( Pratique ) Procès, différend, contestation en justice. Le litige est un moyen pour empêcher la prescription.
- LITISPENDANCE , s. f. du lat.
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- lis, litis , procès , et de pendere , pendre, être en suspens, n’être point encore terminé.
- ( Pratique ) Durée d’un différend dont la justice est saisie , ou engagement d’une affaire , d’un procès dans une cour de justice ou juridiction.
- LITOTE , s. f. du grec1 x/tôtmc ( litolês ) , simplicité , diminution.
- ( Rhétor. ) Figure de rhétorique , qui consiste à se servir par modestie., ou parégard, d’une expression foible, pour reveillér l’idée du plus.
- Quand Horace dit que Pythagore n’est pas un auteur méprisable , il fait sentir que cet auteur mérite d’être estimé.
- LITRE , s. m. du grec Xtrpa ( lilra), ancienne mesure grecque pour les liquides.
- ( Métrol. ) Nouvelle mesure de capacité.
- Le litre , vulgairement la pinte , est l’unité des nouvelles mesures de capacité ; il est égal à un décimètre cube 5 eu mesures anciennes, il est égal à une pinte et demie ou environ.
- Le litre est destiné à mesurer les liqueurs et les grains qui se vendent en détail.
- LITTERAL, adj. du lat. littera, lettre, qui est selon la lettre.
- ( Mathémat. ) Calcul littéral ; les mathématiciens modernes font un grand usage du calcul littéral, qui n’est autre chose que l’algèbre. On lui a donné ce nom , parce qu’on y fait usage des lettres de l’alphabet, pour le distinguer du calcul numérique, où l’on n’emploie que des chiffres. ,
- LITTERATURE, s. f. du latin litteraiura, formé de littera, lettre.
- ( Didact. ) La Littérature est la connoissance des belles-lettres ; elle diffère de l’érudition , en ce que celle-ci est la connoissance des faits, des lieux , des tems , desmonumens antiques et des travaux des érudits pour fixer les époques , pour expliquer les monumens et les écrits des anciens.
- L’homme qui cultive les lettres , jouit des travaux de Pérudit , et lorsqu’aidé de ses lumières, il a acquis la connoissance des grands modèles en poésie , en éloquence, en
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- histoire, en philosophie morale el politique , soit des siècles passés , soit des tems plus modernes , il est profond littérateur : il ne sait pas ce que les schoiastes ont dit d’Homère , mais il sait ce qu’a dit Homère.
- LITURGIE , s. f. du grec \urovp-yia ( leitourgia ), formé de Xtnoç ( lèitoS ), public , et d’tpyov ( ergon ), courage, ministère: ministère public.
- ( Culte divin) Ce mot signifie, en général, toutes les cérémonies qui concernent le service et l’office divin. Il y en a de différentes : la liturgie grecque , latine , arménienne , anglaise, etc.
- Il se dit aussi , parmi les protes-tans, des différentes manières ds célébrer plusieurs choses qui appartiennent au service public. La liturgie du baptême, la liturgie du mariage, etc.
- LIVRE , du latin liber, l’écorce intérieure des arbres ( V. LIBER ) , sur laquelle les anciens écrivoienU Plusieurs feuilles de papier, de vélin , de parchemin ou d’autre choses semblables écrites à la main ou imprimées, et reliées ensemble avec une couverture de parchemin , de veau, de maroquin, etc.
- Livre se dit' aussi d’un ouvrage d’esprit, d’une assez grande étendue pour en faire un volume. ( V, VOLUME ). Il se prend aussi pour une des principales parties en quoi un volume , un ouvrage est divisé.
- Livres sacrés ou livres canoni ques ,- ce sont les livres de l’Ecriture Sainte qui sont reçus de toute l’église.
- Livres apocryphes; ceux que l’église ne reçoit pas.
- ( Commerce. ) Livre mémorial ou journal; celui où l’on éciit par jour toutes les affaires à mesure qu’elles se font.
- Grand livre, livre d’extrait, livre de raison, c’est un livre où l’on forme tous les comptes en débit et en crédit, dont on trouve les sujets sur le journal.
- Livre de caisse et bordereaux ; c’est un livre qui contient en débit et en crédit tout ce qui entre d’argent dans la caisse et tout ce qui eu sort,
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- avec indication des espèces de monnaies qui en sont entrées ou sorties.
- Livre des échéances ; c’est un livre dans lequel on écrit le jour des échéances de toutes les sommes que l’on a à payer ou à recevoir, soit par lettres de change, billets, marchandises ou autrement.
- Teneur de livres ; c’est celui qui tient état de ce qui s’achète et de ce qui se vend dans une maisou de commerce.
- ( Bibliologie ) Matière des livres. Les premiers livres furent gravés sur la pierre comme les tables de Moyse ; ensuite on les traça sur des leuilles de palmier, sur l’écorce intérieure du tilleul, sur le papyrus , sur des tablettes enduites de cire avec un stylet ; sur des peaux de bouc , de mouton ; sur la toile èn-duite, sur la soie, sur la corne et enfin sur le papier.
- ( Forme des livres ) On croit que les premiers livres étoient en forme de bloc et de tables carrées. Lorsqu’on avoit des matières un peu longues à traiter, on se servoit de feuilles ou de peaux cousues les unes au bout des autres, que l’on rouloit autour d’un bâton, et ces rouleaux se nommoient volumina, Cette coutume a été suivie par les anciens Juifs , les Grecs , les Romains, les Perses , et même les Indiens, et on l’a continuée encore long-tems après I’ère vulgaire.
- Autrefois les lettres n’étoient point séparées par mots, mais par lignes, et un ouvrage entier ne faisoit pour ainsi dire qu’un seul mot divisé en lignes. Par la suite, on a séparé les mots , on a introduit la ponctuation pour marquer des repos et séparer les phrases. Chez les Orientaux, les signes vont de droite à gauche, et chez les Occidentaux et les Septentrionaux , elles vont de gauche à droite Quelques Asiatiques, comme les Chinois, écrivent de haut en bas. Leurs lignes sont à côté les unes des autres en commençant par la dioite. Anciennement , toutes les feuilles du/iyre étoient lavéesd’huile de cèdre ou parfumées , d’écorce de citron pour les préserver de la corruption.
- Livres rares. On reconnaît deux
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- sortes de livres rares, ceux dont il existe peu d’exemplaires, et les grands ouvrages dont l’acquisition est très-coûteuse.
- Livres authentiques; ceux qui sont véritablement des auteurs auxquels on les attribue, et qui font au-> torité.
- Livres anonymes ; ceux qui sont sans noms d’auteur.
- I/ivres pseudonymes ; ceux dont les auteurs ont pris un autre nom que Je leur.
- Livres élémentaires ; ceux qui contiennent les principes et les plus simples élémens des sciences.
- Livres classiques ; ceux qui sont anciens, approuvés , et qui font autorité dans une certaine matière.
- (Diplomatique) Livre d’or; c’est ainsi qu’on appeloit un registre dans lequel étoient inscrits les nobles de la ci-devant république de Venise.
- LIVRE, s. f. terme de monnaie et de métallurgie , du latin lïbra.
- ( Métrol.) la livre de marc, livre de France, on livre poids de mare, contient deux marcs ; le marc, 8 onces ; l’once, 8 gros ; le gros, 5 den. ou scrupules, et. le denier 12 grains.
- Livre gauloise ; c’est la livre de ïaonces, instituée par Charlemagne, et qui s’est conservée jusqu’à ces derniers teins sous le nom de livres des médecins.
- Livre avoir du poids ; c’est un poids dont on se sert en Angleterre pour peser les marchandises d’un grand volume ; elle est à l’ancienne livre de France comme 63 est à 72.
- Livre de troy ; c’est encore un poids dont on se sert en Angleterre pour peser l’or, l’argent, les dia-mans, ete. ; elle est ài’ancienne livre de France comme 16 est à 21.
- ( Monnaie) Livre tournois de 24o deniers, monnaie de compte. C’est à Charlemagne qu’est due l’origine de la livre tournois. Ce prince fit frapper des pièces de monnaie d’argent, du poids d’une livre pesant 12 od-ces , et c’est de ce poids d’une livre de 12 onces que ces monnaies furent appelées livres d’argent.
- Il en fit fabriquer d’antres du poids de la vingtième partie des précédentes , qu’on appela solidos, sol d’argent. Enfin il fit battre aussi des
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- deniers d’argent de la valeur du deuxième du sol, que l’on prononce aujourd’hui sou.
- C’est cette livre créée par Charlemagne dont le numéraire s’est conservé dans plusieurs Etats de l’Europe , où elle n’est plus qu’idéale , et qui n’est plus parmi nous qu’une monnaie de compte.
- Livre sterling ; C’est une monnaie de compte anglaise ; elle contient vingt sous sterlings ou schel-lings. Sa valeur est à peu près au «ours actuel de 11 livres tournois.
- LIXIVIATION , s. f. du lat. lixi-via , lessive , formé de lix, lixis : cendre mêlée avec de l’eau.
- ( Chimie ) Opération chimique qui consiste à laver les cendres pour en tirer les sels.
- LOBE, s. m. du grec xogo; ( lo-bas) , le bout de l’oreille.
- ( Anat. ) C’est par analogie, et à cause de leur ressemblance avec le bout de l’oreille , que l’on a donné le nom de lobes à certaines parties du corps , comme les lobés du cerveau, du poumon, du foie.
- ( Botan. ) Lobes ou cotylédons sont deux corps charnus qui accompagnent l’embryon. On les distingue très-facilement dans le haricot. Ces lobes deviennent les feuilles séminales de la plante, dès que la plan-tule est assez forte pour pomper les sucs de la terre.
- LOCAL , adj. du lat. localis, fait de locus , lieu : qui appartient au lieu, qui a rapport au lien.
- ( Mathém. ) Problème local; c’est un problème dont la construction se rapporte à un lieu géométrique. ( V. LIEU ). Il n’est plus guère en usage.
- ( Peinture ) Couleur locale ou couleur propre. On pourroit appeler couleur propre celle qui appartient à l’objet, et couleur locale celle que
- frend l’objet suivant le plan sur equel il est placé. Ainsi le rouge seroit la couleur propre d’un objet rouge ; mais ce rouge dégradé par l’interposition d’une plus ou moins grande quantité d’air , sera la couleur locale de ce même objet placé par exemple sur le troisième ou quatrième plan.
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- LOCH ou LOC, s. m. corruption de l’anglais log, pièce de bois qui , par sa pesanteur et sa forme , reste immobile dans l’eau.
- ( Marine) Instrument servant aux pilotes à mesurer le chemin ou la vitesse du vaisseau.
- On jette le loc toutes les heures ou toutes les deux heures, et plus souvent lorsque le vent varie.
- Il s’en faut de beaucoup qu’on puisse regarder le loc comme une manière exacte de mesurer le sillage ; mais c’est la moins défectueuse que l’on commisse. Les observations de latitude et de longitude peuvent seules corriger les erreurs qu’il occasionne nécessairement.
- LOCHIES, s. f. du grec xoftut {locheia), formé de Ko^àç ( lochos), femme en couche.
- ( Méd. ) Evacuation, flux de sang et d’humeurs qui sortent par la matrice immédiatement après l’accouchement.
- LOCOMOBILITÉ, ou LOCOMOTION s. f. du latin locus , lieu , et de mobilitas, faculté de se mouvoir , fait de motus , mouvement.
- ( Hist. nat. ) Mot créé par quelques naturalistes pour désigner les substances organiques qui out la faculté de se mouvoir, et les disiin-quer de celles qui ne peuvent changer de place. Les végétaux sont des substances organiques non locomo-biles, et tes animaux des substances organiques locomobiles.
- LOCUTION, s. f. du latin lo-quor, parler: façon de parler.
- (Dict. ) Expression, phrase, façon de parler.
- LOF , s. m. d’origine teulonique. Les Anglais disent loof dans la même signification.
- ( Marine ) Ce mot signifie en général le côté du vent, c’est-à-dire , la partie du vaisseau qui se trouve au vent.
- Aller au lof ou tenir le lof; c’est naviguer près du vent.
- Lofpour lof, virer lof pour lof; c’est la même chose que virer vent arrière. V. VIRER.
- LOGARITHME , s. m. du grec xbyeti ( logos), raison, proportion } et d’âpiB/uà; ( arithmos) , nombre* raison de nombre.
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- ( Ariihmét. ) Nombre d’une progression arithmétique, lequel répond à un autre nombre dans une progression géométrique, comme dans l'exemple suivant :
- i. 2. 4. 8. 16. 32. 64. 128. o. 1.2. 3. 4. 5. 6. 7.
- En ce cas, les nombres de la progression inférieure qui est arithmétique , sont ce que l’on appelle les logarithmes des termes de la progression géométrique qui est dessus.
- Les logarithmes ont été inventés pour rendre le calcul plus expéditif.
- La découverte des logarithmes est due au baron Neper, écossois , mort en 1618. La propriété des logarithmes avoit été aperçue ^auparavant par Stiselius, et meme par Juste-Byrg ; mais ni l’un ni l’autre n’en avoient fait usage pour abréger les questions. Grégori , Mercator, Newton , Halley , Cotes , Taylor , ont donné différentes méthodes pour la construction des tabies de logarithmes.
- ( Géom. ) Courbe logarithmique ; cette courbe tire son nom de sa propriété et de ses usages dans la construction des logarithmes , et dans l’explication de leur théorie.
- Spirale logarithmique -, cette courbe , dont Jacques Bernouiiïy est l’inventeur , a plusieurs propriétés singulières. Elle fait une infinité de tours autour de son centre, sans jamais y arriver : 20. les angles des rayons avec la courbe sont partout égaux-, 3°. la développée rie cette courbe , ses caustiques par réflexion et par réfraction sont d’autres logarithmes spirales. C’est pour cette raison que Jacques Bernouiiïy ordonna qu’on mît sur son tombeau un logarithme spirale avec cette inscription ,- Eâdem mutatâ re-surgo. ( V. DEVELOPPEE , CAUSTIQUE ). On peut consulter Vanalyse des infinimens petits , par M. de l’Hôpital.
- Baguettes , échelles , règles logarithmiques ; on a songé , dès la fin du dix-septième siècle , à épargner aux calculateurs jusqu’à l’embarras de chercher les logarithmes dans des tables , et d’en prendre co-
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- pie. J.-Mathieu Biler publia , en 1696 , un instrument sous la forme d’undemi-cercle, dont le limbe mar-quoit, au lieu des logarithmes, les nombres , les sinus et les tangentes.
- Scheffelt porta ensuite une division semblable sur une règle de longueur d’un pied du Rhin ; et un Anglais, nommé Gunther,y appliqua une échelle logarithmique. M. Lambert ayant vu la description de l’instrument de Biler , et ayant remarqué que son exactitude ne pourroit être que très peu considérable, transforma ses demi- cercles en deux règles de quatre pieds de longueur, et trouva qu’on pouvoit, moyennant cela , tenir compte des millièmes d’un nombre donné. Avec le secours de ces baguettes , dont on peut voir la description dars la brochure qu’il a publiée , on peut résoudre ies calculs ordinaires , tri-gonométriques, astronomiques , etc.
- LOGE, s. fi. du lat. barb. logia ou logea , ou lotgia, dont les Italiens ont fait loggia.
- ( Archit. ) Petite hutte faite à la hâte ; petites constructions séparées les unes des autres dans une salle de spectacle ; 1 habitation d’un portier; réduit où l’on enferme les fous dans un hospice, les bêtes féroces dans une ménagerie , et les chiens dans une basse-cour.
- ( Commerce ) Loge se dit aussi d’un bureau général, établi dans quelques villes des Indes pour diverses compagnies de négocians. A Marseille on appelle loge , l’endroit où s’assemblent les négocians.
- ( Botan. ) Loge est encore la cavité d’un fruit ; et l’on dit qu’un fruit est uniloculaire , biloculaire, tirloculaire , etc. , quand il a une , deux , trois , etc. , loges ; et multiloculaires quand elles sont si petites et si multipliées qu’on ne peut les compter.
- LOGEMENT, s. m. de loger, en lat. locare , le lieu où on loge ordinairement.
- ( Art milit. ) Logement d'une attaque ; c’est un travail que l’on fait dans un poste dangereux , pendant les approches d’une place , comme sur un chemin couvert , sur les terres de dehors , sur une brèche,
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- dans le fond d’un fossé, et par-tout où il est besoin de se couvrir contre le feu de l’ennemi, soit par des hauteurs de terre , soit par des sacs à terre , des barriques et des gabions remplis de terre , des palissades , des ballots de laine , des fascines, des mantelets, et généralement par tout ce qui peut assurer et couvrir des soldats dans un terrein qu’ils veulent conserver après l’avoir gagné.
- D’ordinaire, ou arbore le drapeau sur le logement aussitôt qu’il est en défense. Quand un logement est battu du canon , on est obligé de l’abandonner.
- LOGEE, s. f. du grec xôyoç (logos), discours raisonné, traité.
- (Didact. ) Ce mot entre dans la composition de plusieurs mots français , pour désigner un genre de science , de connoissance , comme théologie , chronologie, etc., que l’on trouvera chacun à leur place.
- LOGIQUE , s. f. du grec Xoytx.ii ( logiké ), l’art de raisonner , dérivé de xôyos ( logos ), traité.
- ( Didact. ) Science qui apprend à raisonner juste. Cette science n’é-toit avant Descartes qu’un art de mots, le plus souvent vides de sens. La méthode de ce philosophe a donné naissance à la logique, dite l’art de penser et de raisonner.
- LOGISTIQUE, s. etadj. du grec Xnyi^ojUAi ( logizomai ) , calculer.
- ( Géom. ) Ce mot pris substantivement a d’abord été donné à la logarithmique. Il n’est presque plus en usage.
- On appelle logarithme logistique d’un nombre quelconque donné de secondes, la différence entre le logarithme qu’on trouve dans les tables ordinaires , et celui du nombre de secondes proposé. On a introduit ces logarithmes pour prendre commodément les parties proportionnelles dans les tables astronomiques. On peut consulter les Inst. ÇLstron. de M. Le Monnier.
- Les auteurs latins ont donné le nom de logistica à cette partie de l’arithmétique où l’on considère les fractions sexagésimales, degrés, minutes , secondes.
- LOGOGKAriIlE , s. f. du grec
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- Xoy »e ( logos ), discours , parole , et de ypxtpao ( grapho ), écrire ; l’art d’écrire aussi vite que la parole. JF.
- TACHYGRAPHIE, STÉNOGRAPHIE.
- . LOGOGRIPHE, s. m. du grec Xayo; ( logos ) , discours , parole , mot, et de ypïÿo; ( griphos ) , filet, énigme : énigme de mots.
- ( Poésie ) Sorte de poëme dans lequel on divise les syllabes, et même les lettres du mot principal, pour en former autant d’énigmes que le lecteur patient cherche à deviner , et qui, étant découvertes, font enfin connoître le mot principal d’où elles ont été tirées.
- Ces jeux littéraires étoient en vogue parmi nous dès le tems de Charlemagne , mais à mesure que le goût s’est perfectionné, on s’est occupé d’objets plus utiles ; et l’on a dit avec raison que le meilleur logo-griphe ne vaut pas la peine qu’on prend à le deviner.
- LOGOMACHIE, s. f. du gr. xôyos ( logos), mot, parole , et de px-X0Peli‘ ( machomai ) , combattre , disputer.
- ( Didact. ) Dispute de mois.
- LOI, s. f. du lat. licere, permettre. On disoit autrefois il loist pour le licet des Latins.
- ( Jurisprud. ) Ordonnance ou constitution émanée de l’autorité souveraine, et sur laquelle le sujet doit régler sa conduite.
- Loi divine ; les préceptes positifs que Dieu a donnés aux hommes. Elle se divise en loi ancienne , celle de Moïse , et en loi nouvelle , celle de Jésus-Christ.
- Loi naturelle ; les sentimens et les principes de justice et d’équité, imprimés au cœur de tous les hommes par l’auteur de la nature.
- Loi civile ; celle qui règle les droits des citoyens entr’eux.
- Lois municipales ; celles qui sont particulières à chaque vilie.
- Lois pénales ; celles qui prononcent quelque peine.
- Lois des douze tables ; lois de l’ancienne Piome , composées en partie de celles de Solon , et autres législateurs grecs , et en partie des coutumes non écrites des Romains. Loi Rhodia ; loi maritime , ainsi
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- appelée du nom de la ville de Rhode , dont les liabilans, très-bons marins , étoient aussi très-habiles dans le commerce de mer.
- Loi salique ; loi des Saliens, peuple franc , établi dans la Gaule, sous l’empire de Julien.
- De soixante-onze articles dont la loi salique est composée , il n’y en a qu’un seul qui ail rapport aux successions ; mais cet article est remarquable en ce qu’on y trouve l’origine du principe qui a gouverné la France pendant la monarchie , relativement à la succession au trône.
- Loi agraire ; on a donné ce nom à différeus règlemens concernant les champs ou les terres, appelées en latin agri.
- Loi bursale; celle qui a pour objet de procurer quelque finance pour les besoins de l’état.
- Loi ecclésastique ; c’est en général toute loi qui concerne l’église ou ses ministres , et les matières qui ont rapport à l’église.
- Loi somptuaire ; celle qui a pour objet de réprimer le luxe des habits et des tables.
- Loi du talion ; celle qui veut que l’on inflige au coupable une peine semblable au mal qu’il a fait à un autre. V. TALION.'
- Lois de la guerre -, les maximes que les nations sont convenues d’observer entr’elles, même pendant la guerre.
- Hommes de loi ; ce sont les jurisconsultes qui font profession d’interprêter la loi , et abusivement les officiers des tribunaux.
- ( Monnaie ) Loi se dit aussi du titre auquel les monnaies doivent être fabriquées ; c’est-à-dire , le fin ou la bonté intrinsèque de l’or et de Fargent.
- LOINTAIN, adj. et s. de longin-auusqui est fort loin du lieu où on est ou dont on parle.
- ( Peinture) Le lointain est la partie la plus éloignée dans un tableau. En particulier, lorsque le tableau représente un,fond de ciel, le lointain est ce qui approche le plus de l’horizon, ou l’horizon lui-même. La justesse des tons, et non la rupture des teintes, fait seul fuir les objets.Le paysagiste Hermann, d’I-
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- talie , est celui qui paroît avoir traité plus habilement les lointains.
- LOMBARDS , s. m. dulat. lon-gobardi, à cause de leur longue barbe , suivant Paul Diacre , qui étoit lui-même Lombard.
- ( Géogr. ) Anciens peuples d’Allemagne , que Justinien appela en Italie.
- ( Commerce) On a donné le nom de Lombards aux Gibelins, et à ceux de leur faction qui s’établirent en France , en Allemagne , pour se soustraire aux persécutions des Guel-phes leurs ennemis. Gomme ils y fai-soientle commerce et le change d’argent, on a depuis appelé Lombards ceux qui prêtoient à usure , et enfin lombards les établissemens dans plusieurs villes de Flandres , de Hollande , de France , etc., où l’on prête sur gages de l’argent à un intérêt réglé.
- ( Peinture ) Ecole Lombarde. V. ÉCOLE.
- ( Diplomatique ) Lettres Lombardes ; c’est le nom qu’on donnoit autrefois aux lettres de chancellerie , qui s’expédièrent en faveur desLom-bards , Italiens et autres étrangers , et même à des nationaux qui vou-loient trafiquer en France.
- ( Papetier ) Papier lombard, papier de la moyenne sorte.
- LOMBES , s. m. du lat. lurnbi, fait de libido . selon Isidore.
- ( Anat. ) On entend par lombes une des régions du corps. La région lombaire est la partie postérieure du bas - ventre , et comprend l’espace qui est depuis les dernières côtes de chaque côté , et la dernière vertèbre du dos , jusqu’à Vos sacrum, et les parties voisines de la crête des os des îles. Les parties latérales de cette région , sont appellées lombes , mais la partie moyenne qui les distingue n’a point de nom dans l’homme. On la nomme dans les animaux le vable.
- On appelle lombaire tout ce qui appartient aux lombes , veines lombaires , artères lombaires , etc.
- LOMBRIC AL, LE , adj. du lat-lumbricus, ver ; qui ressemble à un ver. ,
- ( Anat. ) Épithète que l’on donne à certains muscles de la main et dti pied ,
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- pied , parce qu’ils ont la forme d'un ver.
- LONG, GUE , adj. du lat. Ion-gus.
- ( Physique ) Il se dit d’un corps considéré dans l’extension qu’il a d’un bout à l’autre , et par opposition à large.
- ( Diction ) On appelle longues , dans la prononciation , les voyellds ou les syllabes qu’on prononce plus lentement , sur lesquelles on s’arrête plus long-tems , qui ont la plus grande quantité de son.
- ( Musique ) Longue } c’étoit dans l’ancienne musique une note carrée avec une queue à droite. Aujourd’hui ce mot est le corrélatif du mot brève. Ainsi toute note qui précède une brève est une longue.
- LONGANIMITÉ , s. f. du lat. longus , long , et d’animus , courage.
- [ Morale ) Patience qui vient de bonté et de grandeur d’ame , et qui consiste à supporter long-tems les offenses, sans songer à les punir.
- LONGER, v. a. de longus, longa, chose, qui s’étend en long.
- ( Art milit.) Longer une rivière , un bois ; c’est marcher le long d’une rivière , d’un bois.
- LONGÉVITÉ , s. f. du lat. longes vitas , long âge , longue durée de la vie.
- LONGIMETRIE, s. f. du lat. longus , long , et de gipTov ( mé -tron ) , mesure.
- ( Géom. ) L’art de mesurer les longueurs , soit accessibles , comme les routes ; soit inaccessibles, comme les bras de mer.
- La longimétrie est une partie de la trigonométrie,de même que Valtimétrie , la PL ANIMETRIE , la STEREOMETRIE , [V. ces mots , ainsi que PLANCHETTE, CHAINE. )
- LONGIROSTRE , s. m. du lat. longus, long , et de rostrum , bec , long bec.
- ( Ornithologie) C’est le nom qu’on donne au (Quatrième ordre des échassiers , parce qu’ils ont le bec long et foible.
- Le pluvier et le vanneau sont des échâssiers longirostres. LONGITUDE, s. f. du lat. Ion-Tome JL
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- gitudo , qui signifioit originairement longueur , longueur du tems.
- ( Astron. ) La longitude astronomique est un arc de l’écliptique compris entre l’équinoxe ou le premier point à’aries, et l’endroit de l’écliptique auquel l’astre répond perpendiculairement.
- La longitude est par rapport à l’écliptique ce que l’ascension droite est par rapport à l’équateur.
- Longitude des planètes : elle est géocentrique ou héliocentrique.
- La longitude géocentrique est le point de l’écliptique auquel répond perpendiculairement le centre d’une planète vue de la terre.
- La longitude héliocentrique est le point de l’écliptique auquel ré-pondroit perpendiculairement le centre d’une planète si elle étoit vue du soleil.
- Mais , comme c’est autour du soleil que tournent les planètes , ce sont leurs longitudes vues du soleil, que Ton a sur-tout besoin de con-noître , et on les trouve principalement par le moyen des conjonctions et des oppositions.
- Longitude géographique ; c’est la distance d’un lieu de la terre à un méridien qu’on regarde comme le premier méridien , ou un arc de l’équateur , compris entre le méridien du lieu et le premier méridien de la terre.
- Le premier méridien des globes terrestres varie beaucoup , suivant les differens auteurs et les différens pays. Louis XIII fixa le premier méridien à l’île de Fer. Aujourd’hui on compte les longitudes du méridien de Pavis , et les Anglais font la même chose par rapport au méri-rien de Londres : cela est assez indifférent en soi ; il est pourtant vrai que si tous les astronomes conve-noient d’un méridien commun , on ne seroit pas obligé de faire des réductions qui sont nécessaires pour ne pas embrouiller la géographie moderne , et l’on n’auroit pas l’embarras, toutes les fois qu’on voit une carte géographique , de chercher le méridien que l’auteur a choisi.
- Pour trouver .les longitudes géographiques sur terre et sur mer , il s’agit de trouver quelle heure il G S
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- est dans un pays , lorsqu’il est midi dans un autre ; le soleil faisant le tour du globe en a4 heures , ou i5 degrés par heure , il arrive, par exemple , à Vienne en Autriche environ une heure avant que d’arriver au méridien de Paris. Si l’on a donc un moyen de savoir exactement qu’il est une heure à Vienne au moment où il est midi chez nous, on sera sûr que Vienne a i5 degrés de longitude.
- Ou a imaginé plusieurs moyens mécaniques de trouver la longitude ; mais enfin on a compris que c’étoit dans les cieux qu’il fallait chercher les moyens de découvrir les longitudes sur terre : en effet, si l’on commît pour deux différens endroits les tems exacts de quelque apparence céleste , la différence de ces deux tems donnera la différence des longitudes entre ces deux lieux.
- Parmi les phénomènes ou apparences célestes , celles qui sont les plus propres à être observées , sont les différentes phases des éclipses de soleil, de lune , des étoiles et des satellites de Jupiter ; le lieu de la lune daus le zodiaque , sa distance aux étoiles fixes , etc.
- Comme les éclipses de lune sont très-rares, les astronomes se sont attachés aux occultations des étoiles fixes par la lune qui sont, plus fréquentes , et depuis la découverte des satellites de Jupiter, leur observation a fourni des moyens encore plus aisés pour la recherche des longitudes sur terre ; mais ces moyens ne sont pas praticables à la mer, à cause du mouvement du vaisseau qui ne permet pas de conserver l’objet dans le champ des longues lunettes, qui sont pourtant indispensables dans ces sortes d’observations.
- Pendant long-tems les marins ont été réduits à des procédés très-ïmpartaitspourtrouver la longitude eu mer, quoique cette recherche ait incessamment attiré l’attention des puissances aussi bien que des savans. L’Espagne la Hollande, la France et l’Angleterre, ont successivement proposé de grandes récompenses à celui qui découvriroit les longitudes.
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- Deux moyens ont été présentés: le premier est une horloge ou montre capable de mesurer le tems avec une exactitude suffisante; et l’autre une méthode astronomique fondée sur les mouvemehs de la lune,
- Sully en France, et Harrison en Angleterre , construisirent à-peu-rès dans le même tems des penales et des montres marines ; mais le second, plus heureux, obtiut, eu 1765, une somme de dix mille livres sterling, moitié de la récompense promise par l’acte du parlement de 171^, et l’autre moitié huit ans après. Depuis cette époque, lesmon-tres marines ont etc perfectionnées en France par MM. Leroi et Ferdinand Eertlioud , et en Angleterre, par MM. Arnold et Kendal.
- Les objets principaux de ces horloges ou montres marines consis* tent à corriger la dilatation que la chaleur produit dans le ressort spiral ; à éviter, par un remontoir, les inégalités des engrenages; à diminuer les frottemens par des rouleaux ; à arrêter le ressort spiral par un point qtii soit tel , que les oscillations , grandes oupetites, soient toujours isochrones ; à faire un échappement qui n’ait que très-peu de frottement.
- Les horloges ou montres marines fournissent incontestablement la méthode la plus commode et là plus simple pour trouver les longitudes, puisqu’il suffit de mettre sa montre au soleil, au moment du départ, et lorsqu’on veut avoir la longitude d’un lieu, d’examiner au ciell’heure et la minute qu’il est; la différence entre le tems ainsi observé et celui de la montre, donne évidemment la longitude.
- Mais comme ou ne pouvoit de long - tems espérer des montres d’une assez grande perfection , et déplus long-tems encore des montres parfaites, mais assez communes et d’un prix assez modique pour suffire aux besoins de la marine marchande et militaire , on a cherché à perfectionner les méthodes astronomiques, et l’on y est parvenu de manière à pouvoir trouver la longitude par le moyen de la lune, à ua demi- degré près.
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- Appianpasse pour êtrele premier qui ait parlé d’employer ainsi les observations de la lune à trouver les longitudes ; Gemma Frisius en a -dit ensuite quelque chose ; Kepler et Longomontanus ont aussi fortement insisté sur cet avantage de la lune ; mais Jean-Baptiste Morin , médecin , et professeur de mathématiques est véritablement le premier qui ait exécuté ce que Jes autres n’avoient fait qu’indiquer , et qui ait construit des tables lunaires. Les imperfections de ses tables , résultat inévitable des mauvais instrumens dont on se ser-voit alors, ont été relevées avec beaucoup d’affectation par quelques écrivains français, qui n’ont pu pardonner à Morin de s’être occupé d’astrologie , et qui, aujourd’hui ses censeurs , auroient été ses dupes s’ils avoieut vécu dans le même tems ; il étoit donc réservé à des étrangers, à ceux-là même qui ont perfectionné et étendu les premiers essais de cet illustre mathématicien , aux astronomes anglais , qui ont le plus contribué à avancer les progrès de l’astronomie nautique, d’assurer sa gloire, eu avouant franchement qu’ils regar-doient les tables de Morin comme le germe, non-seulement de leurs travaux, mais encore de tout ce qui a été fait depuis dans ce genre.
- Si l’on veut connoitre les divers ouvrages qui ont été publiés sur cette méthode , les règles et les préceptes nécessaires pour la mettre en pratique , on peut consulter le Guide du Navigateur, par M. Levé que, de Nantes.
- LOOCH, s. m. mot arabe qui signifie lécher.
- {Pharmacie ' Remède qu’on fait sucer au bout d’un bâton de réglisse ou au bout d’une cuiller, dans les maladies de la gorge, etc.
- LORD, s. m. mot anglais d’origine saxonne, qui signifie chef, gouverneur.
- ( Hist, d1 Angle.t. ) Titre d’honneur qui appartient à tous les pairs d’Angleterre , et qui s’accorde par courtoisie à tous les fils de ducs et ne marquis, et aux fils aînés des comtes.
- Le titre de lord sedorme aussi' à
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- quelques personnes distinguées par leurs grands emplois, comme le lord grand-juge ( chef-justicier ), le lord maire, le lord, premier baron.
- LORDOSE,s. m. du grec \6pJa>-ciç ( lordôsis ) , fait de xopé h s ( lor-do s ), plié, courbé.
- ( Méd. ) Maladie dans laquelle l’épine dh dos se courbe ou se penche vers les parties antérieures.
- LORGNETTE, s. f. duvieux mot loriner ou lorgner, pour regarder en tournant les yeux de côté.
- ( Dioptrique ) On donne ce nom ou à une lunette à un seul verre qu’on tient à la main, ou à une petite lunette à tuyau, composée de, plusieurs verres -, et qu’on tient aussi à la main. Les lorgnettes à un seul verre doivent etre formées d’un verre concave pour les MYOPES, et d’un verre convexe pour les PRESBYTES ( Voy. ces mots ), parce que l’usage des lorgnettes est de faire voir l’objet plus distinctement.
- LOSANGE, s. m. d’une origine incertaine, formé, selon les uns, du grec xs^oç ( loxos) , oblique , et du. latin angutus, angle, comme qui diroit angle oblique ; selon d’au-tres,ilviendroitde l’espagnollosa , dans la signification de carreau à paver.
- ( Gèom. ) Espèce de paralléio-grame dont les quatre côtés sont égaux, et chacun parallèle à son opposé , et dont les angles ne sont point droits, mais qui en a deux aigus opposés'l’un à l’autre, et deux autres obtus opposés aussi l’un à l’autre : ou l’appelle ordinairement rhombe en géométrie, et rhomboïde quand les côtés contigus sont inégaux.
- LOTERIE, s. £ du latin loteria , formé de l’allemand los, sort.
- ( Ariihmét ) Espèce de jeu de hasard dans lequel différens lots de marchandises ou différentes som-^ mes d’argent sont déposées pour ett former des prix et des bénéfices à ceux à qui les billets favorables échoient. Consultez le Traité de Leclerc sur les loteries, et l’ouvrage dë Grégoire L'ètt.
- Les Romains inventèrent les loteries phin-' embellit iès saturnales.
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- Cette fête commençoit par une distribution de billets qui gagnoient quelque prix, Auguste fit des Loteries qui consistoient en des choses de peu de valeur ; mais Néron en établit en faveur, du peuple de mille billets par jour , dont plusieurs fai-soient la fortune de ceux que le hasard favor'isoit. Iléliogabale en créa d’assez singulières : les lots en étoient très-importans ou très-inutiles : par exemple, il y avoit un lot de six esclaves et un autre de six mouches’, etc.
- LOTION, s. £ du latin lotio r fait de lavo, lavare , lautum et lotum, l’action de laver. ~
- ( Pharmacie ) Opération de pharmacie qui se fait en lavant quelque médicament dans de l’eau ou dans quelque liqueur convenable , soit pour le nettoyer de ses ordures , soit pour l’édulcorer et l’adoucir, «n le dépouillant des sels âcres qui peuvent être restés par la calcination , soit pour lui ôter une mauvaise qualité, et lui en communiquer une meilleure.
- ( Méd. ) C’est encore une liqueur dont on lave les pieds , les mains , la tète, les plaies , les ulcères ; il v en a de rafraîchissantes . d’adoucissantes, de somnifères , de déter-sives, etc., suivant les indications.
- LOUGRÉ , s. m. de l’anglais lug-ger. a
- ( Marine ) Sorte de batiment à deux mâts portant chacun une voile à tiers ou à. bourcet, avec un bout de beaupré fort alongé. Ces sortes de bâtimens servent d’avisos et de mouches aux escadres , étant ordinairement légers , vîtes à la marche , et tenant bien le vent.
- LOTISSAGE, s. m. de l’allemand 2os, sort.
- ( Dociniasie ) Opération qui se pratique dans le travail des mines; elle consiste à prendre des morceaux de minerai dans les diffé rens filons, à les concasser avec leur gangue , à les mêler ; à en prendre ensuite une certaine quantité pour en faire l’essai.
- LOUPE, s. f. du latin barbare luba.
- ( Méd. ) Tumeur enkystée , ordinairement ronde, plus ou moins dure, suivant lg matière .qu'elle
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- renferme, quelquefois grosse, quelquefois petite sans douleur, sans inflammation et sans changement de couleur à la peau. ( V. pour les différentes espèces de loupes, BRONCHOCELE , LIPOME , UTEATO-ME, ATHEROME, MELECERIS.
- ( Dioptrique ) C’est aussi le nom d’une lentilieà deux faces convexes, dont les rayons sont fort petits. Cette lentille a la propriété de grossir les objets, et elle les grossit d’autant plus que son foyer , c’est-à-dire, le rayon de sa convexité e3t plus court. P. LENTILLE.
- On appelle encore loupes ou verres ardens, des verres convexes des deux côtés, sur-tout quand ils sont d’un foyer un peu court. Lorsqu’ils sont exposés au soleil, ils embrasent des matières combustibles à la pointe de leur foyer. Il y a cette différence entre un miroir ardent et un verre ardent ; c’est que le premier brûle par réflexion, et le second par réfraction ; l’un brûle environ au quart de son foyer , et l’aure à la pointe précisément,
- ( Boian. ) Loupes se dit de certaines excroissances ligneuses ou charnues qu’on rencontre sur la tige ou les branches des plantes.
- LOUVOYER , v. n. d’une origine incertaine , mais qui pourvoit etre une corruption de lof voyer, aller au lof. Les Suédois disent lof vera pour tenir le lof.
- ( Marine'} C’est, lorsqu’on a le vent contraire à sa route , naviguer au plus près du vent en zig-zag, tantôt ayant le vent et les amures à bâbord et tantôt à tribord, la route sur chaque bord faisant avec lèvent l'angle plus aigu possible.
- Par cette manière de manoeuvrer, lorsque le vent n’est pas trop violent , et que la mer-est unie et la dérive modérée , sur-tout avec un bâtiment bien construit, après 20 lieues de zig-zag , on peut s’avancer vers la source du vent, ou ce qu’on appelle gagner dans le vent, de trois ou quatre lieues ai1 plus.
- Les bâtimens latins et ceux à voiles auriques sont plus favorables, en ce qu’ils s’orientent plus près du vent que les traits carrés, et portent à cinq aires de vent et quelquefois
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- moins ', tandis que ceux-ci ne naviguent qu’à six aires de vent.
- LOXOCOSME, s. m. du grec xo%bc ( loxos ) , oblique, et de zo c/u.oç ( kosrnos) , le monde : monde oblique.
- ( Astron. ) Instrument propre à démontrer les phénomènes du mouvement de la terre, les sàîson's et l’inégalité des jours , dont M. Fléché ux a publié la description. On a déjà beaucoup de machines destinées au même objet.
- LOXODROMIE , s. f. du gr. xoÇb;
- ( loxos ) , oblique , et de <fpû,uoç ( dromos ) , course : course obli-<Fe- .
- ( Marine ) Ligne qu’un vaisseau décrit sur mer , en faisant toujours voile avec le même rhumb de vent.
- Ainsi , la loxodromie, qu’on appelle aussi ligne loxodromique , coupe tout le méridien sous un même angle , qu’on appelle angle loxodromique.
- La loxodromie est une espèce de spirale logarithmique, tracée sur la surface d’une sphère , et dont les méridiens sont les rayons.
- La loxodromie tourne autour du globe sans jamais y arriver, comme la logarithmique spéciale/tourne autour de son centre.
- LUBRIFIER, v. a. du latin lu-bricqre, rendre glissant, fait de lubricus , glissant : oindre.
- ( Méd. ) La sinuosité des intestins sertà les lubrifier. L’huile d’amande douce lubrifie les intestins. On en donne dans la colique pour amortir l’action des humeurs âcres.
- LUETTE, s. f. du latin uva , grain de raisin. On a d’abord dit Y uva , puis l’uvette, et enfin luette.
- ( Anat. ) Morceau de chair rond et long, qui pend à l’extrémité et au milieu du palais à l’endroit du gosier ; elle ressemble en quelque sorte à un ,grain de raisin alongé , d’où elle a pris son nom.-' LUISANT, TE, adj. de luire, en latin lucere : qui luit, qui jette quelque lumière.
- ( Peinture ) Ce terme, pris substantivement , s’emploie dans la
- Îieinture pour désigner un effet de umière réfléchie sur les tableaux à
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- l’huile qui, vus d’un certain point, ne permet pas de les considérer. Cet inconvénient a toujours lieu lorsque les rayons de lumière forment un angle droit avec la superficie peinte, et qu’en même tems les rayons visuels tombent dessus dans le même degré. Ainsi le luisant disparoît dès-que l’ouvrage est exposé à la lumière cle^façon qu’il la reçoit obliquement 1 tandis que l’œil du regardant est dans une situation parallèle au tableau. Le luisant est aussi moins nuisible à la jouissance du spectateur , lorsqu’il se place de manière que les rayons visuels font un angle obtus avec l’ouvrage peint, taudis que ceux de la lumière éclairent le tableau en face.
- Les peintures en détrempe , aux pastels , à la fresque , à l’encaustique , n’ont pas l’inconvenient de luire , parce que leur surface tendre et poreuse absorbe les rayons de lumière, au lieu que celle à l’huile devenant très-dure lorsqu’elle sèche , prend ce poli presque autant susceptible de luisant que les diverses sortes de'vernis qui se couchent sur les tableaux de ce genre. Ces corps durs réfléchissent les rayons de la lumière-, qui tombent en face du tableau , et produisent le même luisant qui s’observe sur les glaces , les miroirs , et enfin sur tous les corps polis.
- LUMIbiRE , s. £. du lat. lumen contraction de lucimen,fait deluceo.
- ( Physique ) Fluide très-délié , qui en affectant notre œil de cette impression vivequ’on nomme-clarté 7 rend les objets visibles.
- Ce 'fluide réside , comme intermède entre l’objet visible et l’organe qui en reçoit l’impression , et il occupe par lui même et par son action l’intervalle qui les sépare.
- Aristote , Descàrfes , Mallébran-che, Huyghens et Nevvt.on , et beaucoup d’autres philosophes moins célèbres , ont chacun donné des théories plus ou moins ingénieuses sur la nature de la lumière , mais aucune d’elles n’a ce degré d’évidence nécessaire pour satisfaire l’esprit. Ce qu’il y a de plus clair , c’est que le corps lumineux fait passer son action à l’organe par uii fluide
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- qui lui sert de véhicule ; mais quel
- est ce fluide ? 1
- Ou observe que,1a lumière est capable d’embraser les corps ; propriété qui appartient au feu. On observe aussi que le feu est capable d’éclairer, propriété qui appartient à la lumière. Il est donc raisonnable de penser qu’un seul et même fluide produit ces deux effets; que la matière de la lumière est la même que celle du feu , mais différemment modifiée ; et c’est en effet l’opinion de presque tous les physiciens
- . La lumière, soit qu’elle vienne du soleil et des étoiles fixes , soit qu’elle soit répandue dans l’espace , se comporte de quatre manières par rapport aux corps qu’elle touche.
- Ou bien elle est réfléchie toute entière de leur surface vers nos yeux, et elle fait naître la sensation du bianc ;
- Ou bien elle est décomposée et réfléchie seulement dans quelques unes de ses parties, de-là la coloration diverse ;
- Ou elle est plus ou moins complètement absorbée , et donné naissance au noir ;
- Ou enfin elle passe au travers eri éprouvant une déviation plus ou moins forte , en se rapprochant de la perpendiculaire : c’est ce qui constate la transparence.
- ( Optique ) La lumière se propage suivant une ligne droite, et les lignes droites suivant lesquelles elle se propage sont nommées ses rayons. Ce principe est le fondement de l’optique.
- ( Catoptrique) Les rayons de lumière se réfléchissent par un angle égal à l’angle d’incidence ; ce: principe est le fondement de toute; la catoptrique. ' > ' /
- ( 1}ioptrique ) Les rayons de lu* mi-ère qui passent d’un milieu dans Un autre, se rompent de manière que lé sinus d’incidence est au sinus de réfraction en raison constante ; lie principe est le .fondement1 de toute la dioptrique.
- Lumière cendrée ; F. LUNE.-
- { Peinture. ) Les peintres distinguent quatre sortes de lumières:
- i°. La lumièreqm vient d’en haut»
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- qui touche à plomb sur un objet, et qui en éclaire la partie éminenie ; ils l’appellent alors lumière principale ou lumière souveraine.
- 2.°La lumière qui ne faitque couler sur les objets : c’est la lumière glissante.
- 3“, La lumière qui, en s’éloignant du principe qui la produit , perd de son éclatjetse confond avec la masse d’air dans laquelle elle nage et se noie enfin : on la nomme lumière diminuée ou perdue.
- 4°. La lumière empruntée du corps qui l’avoisine , et duquel elle rejaillit : ce qu’on nomme la lumière réfléchie.
- Pour les. autres effets de la lumière, on peut consulter les ouvrages &’André Bar doit, Félicien , Lacrisse et Reynolds. F. aussi les articles CLAIR-OBSCUR , DEGRADATION, TON, COULEUR, etc.
- LUNAIRE, adj. de luna, lune: qui appartient ou qui a rapport à la lune.
- ( Chronol.) Mois lunaires ; c’est le tems que la lune emploie à faire sa révolution.
- Il y a deu* sortes de mois lunaires ; l’une que l’on appelle périodique, qui est le-tems que la lune emploie à parcourir d’occident en orient les douze signes du zodiaque ; et l’autre que l’on appelle synodique , qui est le tems qui s’écoule depuis une nouvelle lune jusqu-à la nouvelle lune suivante.
- Année lunaire ; année composée tantôt de 12 , tantôt de i3 mois lunaires ou lunaisons. L’année lunaire est parconaéquent composée tantôt de 354 jours, tantôt de 384, et quelquefois de 383 seulement ; savoir : lorsque le treizième, mois ajouté n’a que 27 jours.
- Cycle lunaire ; révolution 011 pé-i riode de' 19 années solaires , à lu fin desquelles les nouvelles et pleines Innés reviennent aux mêmes jours auxquelles elles étorent arrivées 19 ans auparavant, mais à des heures différentes. C’est Me ton , célèbre astronome d’Alhèues , qui a inventé cette période. F. CYCLE.
- ( Physique ) Arc-en-ciel lunaire ; bande demi-circulaire , ornée des couleurs primitives, et que
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- l'on aperçoit quelquefois dans les nuées pendant ia nuit. V. ARC-EN-CIEL.
- Atmosphère lunaire ; amas de matière qui entoure la lune de toutes parts, et qui lui forme une espèce d’enveloppe. Voyez ATMOSPHERE , LUNE.
- (Anatomie) Lunaire se dit aussi en anatomie, de certaines parties du corps figurées en cercle ou en croissant comme la lune : tel est Tes lunaire du premier rang du corps.
- LUNAISON , s. f.. du Jat. luna-tio , les astrologues disent lunation.
- ( Chronol. ) Intervalle de teins qu’il y a entre'deux nouvelles lunes qui se suivent immédiatement.
- LUNATIQUE, adj. et s. du lat. lunaticus, fait de luna , lune : qui à rapport à la lune.
- ’ ("Méd. ) Il signifie proprement celui qui est affligé d’une maladie qui augmente oti diminue , qui revient et qui s’en và dans les diffé-rens tems de la lune ; mais on entend en général, par ce mot, un fou qui se ressent des influences de la lune.
- LUNE , s. f. du lat. luna , dérivé selon quelques-uns de luceo , luire.
- ( Astron. ) Planète qui tourne en 27 jours autour de la terre, et qui après le soleil est le plus remarquable de tous les astres.
- Pour la théorie de la lune on peut consulter les ouvrages de Clairaut et de d’Alembert. Voy. d’ailleurs les mots OPPOSITION, CONJONCTION , QUADRATURES, SYSY-GIES , N (IUT),S, ECLYPSE , PARALLAXE , LIBRATION, etc.
- Lumière de la lune ; elle est trois cent mille fois moindre que celle du soleil. Bouguer et le docteur Hook ont fait des expériences et des calculs très-curieux sur cette différence; mais on peut en apporter une raison fort simple , c’est que la surface de la lune absorbe laplus grande partie des rayons du soleilet ne nous en envoie que la plus petite partie.
- Lumière cendrée de la lune ; c’est une lumière toiule qu’on aperçoit au-dedans du croissant, et qui fait entrevoir tonte la rondeur de lalnne, quoique le soleiln’euéclaire
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- qu’une petite partie. Les anciens ont été très- embarrassés sur la cause de cette petite lumière. Mæstinùs fut le premier qui, en 1096, reconnut que c’étoit la lumière de la terre réfléchie sur la lune.
- Comme la lune éclaire la terre d’une lumière qu’elle reçoit du soleil, de même elle est éclairée par la terre , qui lui renvoie aussi de son côté par réflexion des ray Uns du soleil , et cela eu plus- grande abondance qu’elle n’en reçoit elle-même de la lune -, car sa surface e*st environ 15 fois plus grande. Or , dans les nouvelles lunés , lé côté éclairé de la terre est tourné en plein vers la lune, et il éclaire par conséquent alors la partie obscure de ïa lune. Iæs habitans de la lune, s’il y en a, doivent donc avoir' pleine lune, comme dans une position semblable nous avons pleine hme ; d;e-là cette lumière faibî e qu’on appelle lumière cendrée, et qu’on observe dans les nouvelles lunes.
- Athmosphère de la lune ; la lune est entourée, suivant quelques astronomes, d’une athmosphère; et ils se fondent sur ce que dans les éclipses totales du soleil, on voit la lune environnée d’un anneau lumineux, paralfèi’ë à sa circonférence, et ils en ont conclu-qu’il y avoit autour de la lune quoique fluide qui brisoit et réfléchissoit tout-à-lâ-fois les rayons du soleil ; mais cette théorie est contredite par d’autres astronomes, et par M. de Bufion , qui regarde la 'Tune comme un corps refroidi et glacé.
- Influence de la lune ;, on a. attribué autrefois beaucoup de puissance à la lime sur lus corps terrestres, et plusieurs personnes sont encore dans cette opinion.Le doc leur Mead, célèbre médecin anglais, a fait un livre qui a pour titre: De imperia salis et lunœ in corpore humano , de l’empire du soleil et de la lune sur le corps humain.
- ( Chimie) Les anciens chimistes ont donné à l’argent le nom.de lune, et de lune cornée à ce que les chimistes modernes appellent muriate d’argent.
- Les alchimistes âvoieait désigné ce qn’ils appeîoient les sept
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- métaux par les mêmes figures et les mêmes noms dont se servoient les astronomes pour désigner les sept planètes , et ils avoient appelé l’argent, lune ou Diane, à cause de sa blancheur De-làces dénominations: cristaux de lune, pour dire nitrate d’argent ; lune cornée., pour exprimer le muriate d’argent ; arbre de Diane , etc. V. ces mots.
- LUNETTE, s. f. de luna , lune tl a , petite lune : instrument coni' posé d’un ou de plusieurs verres, et <jui a la propriété de faire voir distinctement ce qu’on n’aperce-vroit que foiblement, ou point du tout, à la vue simple.
- ( Dioptrique ) Il y a plusieurs espèces de lunettes : les plus simples sont les lunettes à mettre sur le nez, qu’on appelle autrement besicles , et qui sont composées d’un seul verre pour chaque œil. L’invention de ces lunettes passe pour être de la fin du treizième siècle. V. CONSERVES.
- Lunette d’approche ,* les lunettes d’approche s’appellent quelquefois en latin telescopia ; mais en français on réserve le nom de télescope aux instrumens formés par des miroirs.
- L’invention des lunettes d’ap-
- roche fut faite vers l’an 1609 , par
- azard en Hollande. Galilée , dans le nunciussydereus, publiéen 1610, raconte qu’environ dix mois auparavant , le bruit s’étoit répandu qu’un certain hollandais avoit fait Une lunette, par le moyen de laquelle les objets éloignés parois-soient fort proches. Il en chercha la raison, et méditant sur lesmoyens de faire un pareil instrument par le moyen des lois de la réfraction, il y parvint bientôt. Il mit aux deux extrémités d’un tube de plomb, deux verres plans d’un côté et sphériques de l’autre , mais dont l’un avoit un côté convexe et l’autre un côté concave : alors il vit les objets trois fois plus près qu’à la vue simple. Galilée continua à perfectionner cette invention, et les découvertes les plus curieuses dans le ciel en furent le résultat.
- Les lunettes dont se servent aujourd’hui les astronomes, sont formées de deux verres convexes, dont
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- l’un tourné du côté de l’objet , s’appelle l’objectif, et l’autre vers lequel on place l’œil s’appelle l’oculaire.
- Hans les lunettes composées de deux verres , l’image est renversée ; ce qui est indifférent pour les objets célestes, mais très-incommode pour les objets terrestres ; c’est pourquoi on ajoute au moins deux autres verres convexes , entre lesquels vient se former une seconde image que l’œil aperçoit dans sa situation naturelle.
- Lunette achromatique ; c’est une lunette au travers de laquelle on n’aperçoit point les couleurs de l’iris.
- Dans les lunettes ordinaires, on voit vers les bords dé l’objectif des couleurs très-fortes , qui obligent de rétrécir beaucoup son ouverture , afin d’avoir l’image un peu nette. Depuis quelques années, ori a ima1 giné , pour corriger ce défaut, de composer 'dé différentes substances les objectifs des lunettes. F. ACHROMATIQUE.
- Lunette méridienne , ou instrument des passages. V. TASSAGE.
- Lunette parallactique. V. PA-RALLACTIQUE.
- Lunette double. V. DIPLANTI-DIENNE.
- Lunette d’épreuve ; lunette cintrée qui porte deux carrés aux extrémités de son tube, et qui sert à vérifier divers instrumens. Cette lunette sert particulièrement aux facteurs d’instrumens d’astronomie à rendre la lunette d’un quart de cercle, parallèle au plan.
- LUNI-SOL A.IRE , adj. composé du lat. luna , lune, et de sol, soleil.
- ( yistron. ) Ce mot signifie ce qui a rapport à la révolution du soleil et à celle de lune , considérées en-r semble.
- Le cycle-lunaire de 19 ans est la première de toutes les périodes luni-solaires ; cel le de 18 ans ou 320 lunaisons , ramène les éclipses dans le même ordre , mais dix jours plus tard.
- La période luni-solaire de 600 ans ramène le soleil et la lune au même jour de Tannée , du moins
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- son erreur n’est que la moitié de celle du cycle lunaire.
- La période luni-solaire de Louis-le-Grand , proposée par D. Cassini, est de 11600 ans; elle ramène les nouvelles lunes presqu’à la même heure de l’année grégorienne.
- LUNULE, s. £ du lat.lunula, diminut. de luna, petite lune.
- ( Géom. ) Figure plane , en forme de croissant, terminée par des portions de circonférence de deux cercles qui se coupent à ses extrémités.
- Quoiqu’on ne soit .point encore venu à bout de trouver la quadrature du cercle en entier, cependant les géomètres ont trouvé moyen de carrer plusieurs parties du cercle. La première quadrature partielle qu’on ait trouvée est due à Hippocrate de Chio.
- LUNULE , adj. de lunula , luna latus.
- ( Botan. ) Il se dit des parlies des plantes qui ont la forme d’un croissant.
- LUSTE.E , s. m. du lat. lustrum , dérivé , suivant Strabon , de luo , payer : à cause d’un impôt que les Romains payoient tous les cinq ans.
- ( Chronol. ) Espace de cinq ans. Il n’est guère usité qu’en poésie : Elle a atteint son troisième lustre ; pour dire : elle est âgée de 15 ans..
- LUT, s. m. du lat. lutum, fait de luo , laver.
- ( Chimie) Terre grasse, ou mélange de blanc d’œufs et de chaux dont se servent les chimistes pour joindre et boucher les vases qu’ils mettent au feu.
- LUXATION, s. f. du lat. luxa-tor, fait de luxo, disjoindre, disloquer.
- ( Chirurgie ) Dislocation’, déboîtement , déplacement d’un os de l’endroit qu’il occupe naturellement ; dans ce sens , luxation signifie tout changement qui survient à un os, par rapport à sa situation naturelle ; cependant la .coutume , qui est l’arbitre des mots , a restreint celui-ci au déplacement ou à la sortie des os mobiles , hors de la place qu’ils doivent naturellement occuper.
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- LUXEE NE, s. f. du lat. barbare laucerdum, dont on a fait laucer— neum, et luzerne.
- ( Agricult. ) Plante économique que les anciens appeloient medica , parce qu’elle venoit de Médie.
- Dans le nombre des plantes qui peuvent former des prairies artificielles , la luzerne tient le premier rang. Sa force végétative , le peu de «teins qu’elle met à croître et à se renouveler , la fréquence de ses coupes ,1a source prodigieuse de fourrage qu’elle fournit, la propriété qu’elle a d’améliorer le sol qui l’a portée, de procurer aux bestiaux un aliment abondant et salubre , la font justement regarder comme la première des plantes cultivées pour le même usage.- Les anciens n’en parloient qu’avec vénération. Columelle la met,au-dessus de tous les aùtres alimens qui plaisent le plus aux animaux. Pline ne se lasse point de célébrer ses avantages ; Olivier de Serres l’appelle la merveille du ménage,
- LYCANTROPIE, s. f. du grec Xvnoc ( luhoS') ,loup , et d’âvôpævroc ( anthrôpos ), homme : homme-loup , vulgairement loup-garou.
- ( Med. ) Espèce de délire mélancolique , dans lequel les malades s’imaginent être changés en loups, heur lent comme eux, courent la nuit lçs rues et les champs , marchent à quatre pattes , outragent ceux qu’ils rencontrent, fuyent le jour, la compagnie des hommes.
- LYCEE, s. m, du grec xéxuov (lukeiort), lieu près d’Athènes , orne dë portiques et de jardins, où Aristote enseignoit la philosophie.
- ( Inst met. pübl. ) Ce mot s’est dit par extension de tout lieu où s’assemblent des gens de lettres ; mais dans la nouvelle organisation de l’instruction publique , il est particulièrement consacré à désigner ce qu’on entendoit autrefois par collège'.
- LYCOP.ODE, s. m. du latin lycopodium , formé de lycos , loup et de podium, appui, pied : pied-de-loup.
- ( Botan. ) Nom d’une plante cryptogame, et par extension, celui
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- de la poussière fécondante de cettei même plante, qui, à cause de sa qualité résineuse et inflammable , serf à imiter sur les théâtres les flammes des incendies et des enfers.
- Si on la projette au, travers d’une boug.e allumée, elle produit Une flamme très-vive et très-rapide, et qui, par cette raison-la même, ne peut se communiquer. On l’emploie aussi sous le nom de soufre végétal, dans les pharmacies , pour rouler les bois et lespillules , et les empêcher d’adhérer les unes contre les autres. Ses particules ont une telle affinité que, si on eujette seulement une pincée sur l’eau d’un seau, on peut ensuite enfoncer sa main aussi souvent qu’on veut jusqu’au fond saris, craindre de se mouiller.
- -, LYDIEN, adj. du grec xvJ'ro;
- £Judïos ).
- ( Musique ) Nom d’un des modes de la musique des Grecs , lequel occupoit le milieu entre l’éolien, et IH^pper-dorien.
- Le cai actère du mode lydien étoit animé , piquant, triste cependant, pathétique et propre à la mollesse ; c’est pourquoi Flaton le bannit de sa république ; c’est sur ce mode qu’Orphée apprivoisoit, dit-on, les bêtes même, et qu’Amphion bâtit les murs de Thèbes.
- LYMPHE , s f. du lat. lympha, qui vient, dit-on , de vvjuq» ( num-phê), nymphe : divinité des eaux, et par extension , eau.
- ( Pkysicl. ) Humeur aqueuse , limpide, un peu visqueuse , presque sans couleur, sans odeur et sans saveur , qui s’épaissit par l’évaporation en une espèce de mucilage blanchâtre, et qui se sépare delà masse du sang ( dont elle faisoit la partie blanche ) parles artères lymphatiques, pour être distribuée à diiférens organes, comme la matière de toutes les secrétions, et ensuite être reprise çar les veines lymphatiques, pour etre conduite aux glandes conglobées, et de-là au réservoir du chyle ou aux veines sanguines, où elle se remêle avec lè sang.
- L Y NO ODE, s. f. du grec xù>jS ( lugx ), gen. wyyôr, , hoquet.
- ( Méd. ) Nom d’une fièvre accompagnée de hoquet.
- LY11E., s. f. grec xvfct (lara).
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- instrument de musique à cordes en usage chez les anciens.
- LYRIQUE, adj. de lyre, qui appartient à la lyre.
- ( Musique ) Oette épithète se donnoit autrefois à la poésie faite pour être chantée, et acompagnée delà lyre oucithareparle chanteur ; comme les odes et autres chansons : a la différence de la poésie dramatique ou théâtrale, qui s’accompa-gnoit avec des flûtes par d’autres que le chanteur; mais aujourd’hui elle s'applique au contraire à la fade poésie de nos opéras , et par extension à la musique dramatique et imitative du théâtre.
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- MACARONI, s. m. mot italien, tiré du grec /yiuxap ( makar ) , heureux, comme quidiroit, mets des heureux.
- ( Technol. ) Sorte de mets dont les Italiens sont forts friands. C’est une pâte faite de farine, de fromage et autres îngrédiens.
- MACARON1QÜE , adj. de l’italien macaroni.
- ( Poésie ) C’est ainsi,qu’on désigne une espece de poésie qui consiste en un- mélange de mots de différentes langues , avec des mots d’une langue vulgaire auxquels on donne une terminaison latine ; ainsi nommée, sans doute, parce qu’elle est , comme le macaroni , d’où elle tire son nom, composée de divers ingrédiens. Un Bénédictin nommé Théophile Folargi o , de Mantoue , l’inventa vers i5io, Antonio de Anna, provençales de Bragardis-sima villa de Scleriis , est le premier qui s’y soit exercé en France. Il nous a donné deux poèmes, l’un de Arte dansandi, et l’autre de Guerra neapolitana , roniana et genuensi.
- MACÉRATION, s', f. du latin maceraiio, fait de macero , pour rnacTum reddo , atténuer, amollir, macérer : l’action de macérer.
- ( Chimiephannaceut.) Opération par laquelle on met tremper à froid quelque médicament dans une liqueur convenable, dans de l’huile,
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- de la graisse, etc. pour l’attendrir, le ramollir,-en détacher ou exalter les principes, en extraire les vertus ; elle ne diffère de la digestion yu’en ce que cette dernière opération se fait à chaud.
- MACHABÉE , s. m. en gr. patn-xctgctioç ( rncikkabaios ) ; on a donné plusieurs étymologies de oe mot, aussi incertaines les unes que les autres.
- ( Ecriture-Sainte) Livre desMa-chabées ; on appelle ainsi quatre livres, dont les deux premiers contiennent l’histoire de Judas et de ses frères , et leurs guerres ..avec les rois de Syrie pour la défense de leur religion et de leur liberté.
- Le troisième et le quatrième con-tieSunent l’histoire de ceux qui , pour la même cause , furent exposés à Alexandrie aux éléphans de Pto-lémée Philopator , roi d’Egypte, et le récit du martyre qu’Eléazar et les sept frères Machabées souffrirent à Antioche avec leur mère.
- MACHECuULlS ou MACHICOULIS , corruption (le.; masse-coulis.
- ( Art milit. ) Vieux terme qui se dit encore de certaines galeries saillantes, dans les anciens châteaux et' aux anciennes portes des villes, d’où l’on faisoit couler autrefois des pierres , pour empêcher qu’on n’en approchât.
- MACHER ,v. a. du grec ju.ttççù.çQnt ( massasthai ) broyer : moudre avec les dents.
- MACHIAVÉLISME, s. m. deMiz-chiavel, nom d’un écrivain célèbre qui a écrit sur la politique.
- ( Polit. ) Nicolas Machiavel, né à Florence', en 1479 y est arutenr de plusieurs ouvrages , et particulièrement du Traité du Prince , dans lequel il a répandu des principes et des pratiques d’une politique très-dangereuse ; ce sont ces principes, et ces maximes qu’on appelle machiavélisme. '
- MACHINE, s. £ du grec ( mêchanë ) machine, invention, art, adresse,
- ( Mécan. ) On appelle ainsi ce qui sert à transmettre l’action d’une puissance sur une résistance en général. Uq.e machine sert à aug-
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- menter et à régler les forces mouvantes ; c’est un instrument simple, ou composé, destiné à produire du mouvement de façon à épargner ou du tems dans l’exécution de l’effet , ou de la force dans la cause.
- Les machines se divisent en machines simples et machines composées.
- On compte ordinairement six machines simples auxquelles toutes les autres machines peuvent se réduire ; savoir : le levier , le treuil , la poulie, le plan incliné , le coin et la vis.
- Ou pourroit même réduire ces six machines à deux ; savoir : le levier et le plan incliné ; car le treuil et la poulie agissent comme des leviers, et le coin et la vis agissent comme unplan incliné.
- Les machines composées sont celles qui sont composées de plusieurs machines simples combinées ensemble.
- ( Phy sique ) Machine de compression ; c’est une machine destinée à comprimer l’air , à le condenser ; aussi l’appelle-t-on quelquefois machine de condensation.
- Machine pneumatique ; c’est une machine destinée à raréfieV—4’air contenu dans un vase.
- La fameuse expérience de Toricelli ( V. TUBE DE TORICELLI ) fut l’origine de cette machine. Mais c’est à celle de Guriselle , bour-guemestre de Magdebourg que l’on doit l’iavention des pompes pneumatiques , dont Boyle fit dans le tems un si fréquent et si bon usage , et qu’il a tellement perfectionnées que bien des gens i’en ont cru l’inventeur.
- Cette, machine a eu le sort de toutes celles dont l’utilité est une fois bien reconnue. Chacun a voulu y mettre du sien ; elle a par conséquent pris en divers tems et en divers lieux des formes et des. situations différentes.
- Machine électrique ; c’est une machine de rotation dont on se sert pour faire tourner le globe élec triquesur son axe entre deux pointes.
- ( Archil. ) Machine architectonique ; V. ARCHITECTONIQUE , c’est un assemblage de pièces de
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- bois tellement disposées , qu’au moyen de cordes et de poulies un petit nombre d’hommes peut élever de grands fardeaux et les mettre en place ; telles sont les grues, le crics, etc.
- ( Hydrauî. ) Machine hydraulique ou machine à eau ; c’est ou une machine simple pour servir à conduire et élever l’eau, telle qu’une écluse , une pompe , etc. ou bien un assemblage de plusieurs machines simples qui concourent ensemble à produire quelques effets hydrauliques.
- {Art miiit. ) Machines de guerre des anciens ; on appeloit ainsi, avant l’invention des armes à feu toutes lespièces qui servoient à renverser et à ruiner les défenses des ennemis , et qui facilitoient la surprise de leurs places. Ces pièces étoient la tortue , le belier , la faulx, les vignes , les mantelets, le moscules, les ours , etc.
- Machines infernales : l’idée des machines infernales est attribuée à la France ; mais l’invention n’en est pas nouvelle. Celui qui le premier la mit en usage fut un ingénieur Italien , nommé Frédéric Jambelle , durant le siège qu’Alexandre de Perrone mit devant Anvers. Le prince u’Orange s’est servi d’une machine infernale pour brûler et bombarder le Havre. Les Anglais et les Hollandais eurent le projet de ruiner Saint-Malo avec une machine infernale. Le vaisseau et la grosse bombe préparés pour ruiner le port d’Alger, sous le règne de Louis XIY , est la première de ces machines qui ait été construite en France, et qui parut avoir donné l’idée à ses ennemis de s’en servir contre ses villes maritimes.
- ( Marine) Machine à mater ; établissement fait sur le bord d’un quai, dans un port, pour servir à élever en l’air et à rabaisser les mâts majeurs d’un vaisseau , soit pour les mettre en place dans les étambrais, lorsqu’on veut l’armer; soit pour les ôter , lorsqu’on le désarme.
- • Il y a diverses manières de construire des machines à mater; celle de Erest est ingénieuse en ce que la maçonnerie est inclinée vers la mer ,
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- de façon que les vaisseaux s’appro-chent davantage du pied des bigues ; que moyennant cela il n’est pas besoin d’une si grande inclinaison pour que leur tête réponde sur le milieu du vaisseau. Mais la machine à mater qn’on peut citer entre toutes celles des arsenaux de l’Europe est celle de Copenhague, placée sur une tour. Les bigues en sont très-courtes et l’assemblage peu compliqué. On voit à Rochefort et dans les arsenaux de marine d’Angleterre, des machines à mater flottantes.
- ( Métallurgie ) Machines soufflantes ; ce sont des cylindres de fonte ou soufflets métalliques , dans lesquels l’air étant comprimé beaucoup plus fortement qu’il ne peut l’être dans le soufflet de cuir ou de bo/s , dont on se sert ordinairement et par cela même beaucoup plus propres à entretenir la combustion. Une pompe pneumatique mise en mouvement par une pompe à feu ou machine à vapeur , fournit et condense l’air dans ces cylindres, et trois tuyères placées à des distances égales sur la circonférence du fourneau , distribuent l’air également, et rendent la réduction du minerai plus prompte et plus parfaite.
- A ces cylindres de fonte ou soufflets métalliques , on a imaginé de substituer des caves S air ou voûtes, dans lesquelles le volume d’air qui s’y trouve condensé par la pompe pneumatique, se trouvant beaucoup plus considérable et dans un état d’élasticité bien supérieur à celui qui étoit comprimé dans les cylindres , fournit des moyens d’égaliser le vent et de rendre l’opération du soufflet aussi uniforme que possible. V. CAVES à AIR.
- ( Poésie ) Machine se dit au figuré , en termes de poésie épique ou dramatique , de l’artifice par lequel on a recours à quelque puissance supérieure , ou à une divinité , pour exécuter une chose qui est au-dessus des forces de la nature.
- ( Jeux scéniques ) Machines, en termes de décorations théâtrales, se dit des inventions pour faire changer de décorations , exécuter des vols, faire mourir des animaux, etc.
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- {Automates)Machine se dit aussi de toutes les choses qui se meuvent d’elles-mêmes, c'est-à-dire, qui contiennent au-dedans d’elles-mêmes les principes de leurs mouvernens ; telles que les horloges, les montres , le flûteur de Vaucauson , la tête d’Albert le Grand , etc.
- {Peinture ) Machine se dit encore en termes de peinture , d’une composition dans laquelle le peintre fait entrer un nombre d’objets dont l’heureuse combinaison demande du génie.
- Ce mot est principalement employé à signifier une grande composition , telle qu’est ordinairement un plafond, une coupole. Ouvrages qu’on peut regarder comme les grands poëmes de la peinture ; mais en général, un tableau qui offre un nombre de figures et d’objets considérable , et pour l’heureux assemblage desquels le génie a besoin de toutes les ressources , est appelle par les artistes une machine , une grande machine.
- Cette expression enferme des idées étendues de noblesse , de grandeur, d’intérêt, de dimension même , qui font qu’on ne s’en sert pas pour des productions dans lesquelles toutes ces choses ne se trouvent point assemblées , ne sont pas ne'cessaires.
- MACHOIRE, s. f. même origine que mâcher.
- ( Anat. ) Les deux parties de la bouche qui sont garnies de dents, et servent à mâcher les alimens. On distingue deux mâchoires, l’uue supérieure et l’autre inférieure.
- MACOUBA , s. m. nom d’un canton de la Martinique.
- ( Technol. ) C’est ainsi qu’on appelle une espèce de tabac, cultivé dans le cautou de Macouba , situé dans le Nord de la Martinique. Le goût et Todeur de violette qui distingue ce tabac, provient d’un commencement de fermentation qu’on lui fait subir, en y mêlant du sucre brut ou de la cassonnade commune dissoute dans l’eau.
- MACRÉE, s. f. ou MASCARET , corruption de Saint-Macaire , endroit situé à 9 lieues de l’embouchure de la Dordogne, et où l’on
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- dit Saint-Macary au lieu de Saint-Maicare.
- ( Marine ) Phénomène violent de la marée, qui arrive à l’ouvert de certaines rivières, au commencement du flot ou du flux, et qui consiste en une élévation forte et subite d’une vague , occasionnée par un grand volume d’eau, venant de la pleine mer, à la marée montante, et s’engouffrant dans le passage trop resserré , ou l’embouchure d’une rivière dont le courant s’oppose au mouvement de la mer montante. Cette vague ou lame d’eau, élevée de cinq ou six pieds, brise avec violence sur ces endroits où il y a peu d’eau et le long des bords de la rivière , de manière à fracasser tous les bateaux et barques qui s’y trouvent. On est averti par l’époque connue de la marée et un bruit sourd qui s’entend de loin, et on prend ses précautions à l’avance. Ce phénomène n’arrive d’ailleurs que dans les syzigies et dans certains passages et tournans de certaines rivières , du nombre desquelles sont le Gange , la rivière des Amazones, et autres qui avoisinent son embouchure, la Seine, la Garonne et la Dordogne. C’est d’un bourg de cette dernière rivière , Saint-Macarri , ou dans la langue du pays Saint-Macari ou Macaret, que ce phénomène a pris son nom, parce que c’est dans cet endroit que ce phénomène est dans toute sa force.
- MACROBIE , s. m. du gr. /uetapoc ( makros), long , et de Çioç ( Bios ) , vie , longue vie : c’est le nom qu’on donne à ceux qui ont vécu un nombre d’années extraordinaire, comme les anciens patriarches, etc.
- MÀCROCÉPHALE, s. m. du gr. f/.9-x.foç ( makros ), long, et de Ki^etx» ( képhalê ) , tête : longue tête.
- ( Anat. ) Hippocrate donne ce nom à certains peuples d’Asie, chez lesquels c’étoit une disposition endémique d’avoir la tête longue.
- MACROCOSME, s. m. du grec ptcLKpbç {rnuhros ) , long, et de xoir-p.oç ( kosmos), monde.
- ( Philos. ) Ce mot ne se dit que par opposition à MICROCOSME
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- ( V. ce mot ). Par macrocosme on entend le monde entier , et microcosme signifie l’homme ou petit monde.
- MACROPHYSÉPHALE, s. m. du grec /ut.a.npbç ( mahros ), long , de $vi& (phusa), vent, souffle, et j( céphalê ), tête : longue tête pleine de vent.
- ( Méd. ) Celui à qui quelqu’affec-tion flatueuse a distendu la tête au-delà de sa longueur naturelle.
- MACRQPTÈRE ; s. m. du grec fjitntpôç ( makros ), long , et de '7iTipov(ptéron), aile : longues ailes.
- ( Hist. nat. ) C’est ainsi qu’on désigne certains oiseaux palmipèdes , qui ont les ailes longues, comme le rhincops.
- MACTJLATURE , s.f. du lat. macula , tache.
- ( Imprimerie') Feuille mal imprimée ou mal tirée, et qui ne peut servir qu’à faire des enveloppes. C’est encore du papier blanc qui a été taché par la fraîcheur des feuilles imprimées.
- ( Papeterie ) Il se dit aussi par extension du papier gros et grisâtre, dont on se sert dans les papeteries pour envelopper les rames de pa-pier. ,
- MADÉFACTION , s, £ du latin madefacio ; pour madere facio , fait de madeo, mouiller humecter.
- ( Pharmacie ) L’introduction d’une humidité dans une substance, l’action d’humecter quelques médi-camens.
- MADRÉPORES, s. m. de madré , et de pores : pores marbrés, diversifiés.
- ( Hist. nat.) Le madrépore est une espèce de polipier solide, composé de cavités garnies également de lames radiées. Jusqu’en 1727, on avoit regardé les madrépores commes des plantes. C’est à Fey-sonnel , médecin de Marseille, qu’on doit les premières observations qui ont constaté que le corail, les madrépores , et autres productions marines, étoient de fabrication animale.
- MADRIGAL -, s. m. d’une origine très-obscure, mais qui pourront venir dé Madrigal. Ücuîgir Espagne j
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- comme on a fait vaudeville , de la valée de Vire.
- ( Poésie ) Petite pièce de vers , d’un caractère galant, simple , naturel , coulant, et qui doit exprimer une jolie pensée.
- Le mélange des rimes y dépend de l’auteur, mais toute espèce de licence y est une faute grave.
- ( Musique ) Madrigal est encore le nom d’une sorte de pièce de musique travaillée et savante, qui étoit fort à la mode en Italie au seizième siècle. Les madrigaux se composoient ordinairement, pour la vocale, à cinq ou six parties, toutes obligées , à cause des fugues et desseins dont ces pièces étoient remplies ; mais les organistes composoient et exécutoieht aussi des madrigaux sur l’orgue , et l’on prétend même que ce fut sur cet instrument que le madrigal fut inventé.
- MAESTRAL ou MESTRAL, ou MISTRAL, de l’italien maestrale.
- ( Marine ) Nom qu’on donné au vend du nord-ouest sur la Méditer-rannée. C’est l’opposé du sirocoy qui est le vent de sud-est.
- MAGASIN, s. m. de l'italien magasin, formé de l’arabe machâzin ^ pluriel de machzan , qui signifie le lieu où l’on met ses richesses.
- ( Commerce, Administrât. ) Lieu où l’on serre , où l’on garde un amas de marchandises, de vivres, de munitions.
- ALYGI) ALTON , s. m. du grec p.a.yS'axicL ( magdalia ), cylindre.
- ( Pharmacie) Masses d’emplâtres, ou d’autres compositions pharmaceutiques, mises en formes cylindriques ; c’est pourquoi on les appelle aussi cylindres.
- MAGE , s. m. du grecy.kyoç ( ma-gos ) , sage , savant.
- ( Hist. d’Orient ) La doctrine des mages, presque détruite par les assassins de Cambyse , fut rétablie par Zoroastre , qui la répandit parmi les Perses, les Parthes, les Bactriens, les Mèdes, etc. ; et lorsque Mahomet établit le musulman isme , tous ces peuples adoptèrent sa religion , excepté les prêtres mages qui se retirèrent aux extrémités de la Perse et de Elude, pour n’être point réduits à sacrifier
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- leur ancienne croyance à la secte naissante d’un ennemi redoutable.
- MAGIE, s. f. du grec guyéet ( mageia ) , science qui apprend à faire des choses surprenantes et merveilleuses.
- Anciennement, le mot magie se prenoit en bonne part, et si-gnifioit seulement l’étude de la sagesse; mais parce que les mages s’attachèrent à l’astrologie, aux divinations et aux enchantemens , le terme de magie devint odieux, et ne signifia plus qn’une science odieuse et défendue.
- ( Beaux-Arts ) Magie se dit aussi de l’illusion des arts d’imitation. La magie d'un tableau ; la magie de la couleur ; la magie du clair-obscur.
- ( Littérat.} On dit aussi la magie du style ; la magie de la poësie.
- MAGISTÈRE , s. m. du lat. tna-gisterium, l’art d’un maître, état supérieur.
- ( Chimie ) Les anciens chimistes paroisserit n’avoir voulu signifier par ce terme que des préparations exquises et très-subtiles. 11 y a autant de magistères qu’il y a de dif-férens états et de différentes propriétés ou choses. Il y a magistère de poudre, magistère de volatilité , magistère de couleur , ma-gistère d odeur, etc. Le magistère de poudre est celui dont on entend le plus souvent parler en chimie : c’est une poudre parfaitement fine, précipitée de quelque dissolution saline , ou quelqu'autre fluide qui rompt la force du menstrue , dans lequel on avoit dissous un médicament, et qui l’oblige de la laisser tomber en poudre subtile au fond du vaisseau. Tels sont les magistères de. perles , de corail , d’étain , de bismuth, etc.
- MAGISTRAL, LE^, adj. du lat. magistralis, de maître : qui est fait de main de maître.
- ( Pharmacie ) On appelle ainsi les remèdes qu’on ordonne pour l’usage actuel, et qu’on ne trouve point tout préparés chez les apothicaires , à la différence de ceux qui se tiennent dans les boutiques , et qu’on appelle compositions officinales, Ea un, mot. une composi-
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- tion magistrale est la même chose qu’une composition extemporanée.
- MAGNESIE , s. f. du grec fJLCL-yviiç (magnés ), aimant.
- ( Minéral. ) L’une des huit terres primitives , simples ou élément taires , appelée autrement terre magnésienne ou muriatique. C’est une terre très-fine , très-blanche ,
- Ïiulvérulente , peu soluble dans ’eau , mais très-soluble dans les acides ; elle est très - abondante dans le règne minéral, où elle se trouve mêlée à d’autres terres. On l’obtient par les procédés chimiques.
- Ce n’est guère3 qu’au commencement du dix-huitième siècle que l’on a connu la magnésie. Ce fut un chanoine régulier qui la vendit le premier à Rome, sous le nom de magnésie blanche, o u de poudre du comte de Palme. Il en fit un secret, iusqu’à ce que Valentin publia en 1707 , la manière de se procurer cette poudre de l’eau mère du nitre par la calcination. Deux ans après, Slévogt donna un procédé pins avantageux pour l’obtenir par la précipitation. Enfin , insensiblement, cette poudre est devenue d’un usage très commun.dans la pharmacie ; on l’emploie comme un médicament absorbant, puvga -tif, apéritif et incisif.
- Tous les auteurs , jusqu’au tems de Black et de Margraff, croyoient que la magnésie n’étoit que de la terre calcaire; Hoffman soupçonna bien qu’elle différoit de la terre des yeux d’écrevisse, des coquilles d’œuf; mais enfin , les deux chimistes qu’on vient de citer ont. démontré clairement que c’étoit une terre particulière.
- MAGNÉTIQUE, adj. du gr. gk--yvüç {magnés) j aimant: qui appartient à l’aimant.
- ( Physique ) Epithète que l’on donne à tout ce qui a rapport à l’aimant
- Attraction magnétique ; c’est là propriété qu’a l’aimant d’attirer le 1er et l’acier , et de s’y attacher fortement. V. ATTRACTION, MAGNETIQUE.
- Azimuth magnétique ; c’est l’arc de l’horizon compris entre le méri-
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- dien du lieu et le méridien magnétique. C’est à proprement parler la mesure de la déclinaison de l’aiguille aimantée.
- Matière magnétique ; c’est un fluide subtil et invisible, qui entoure chaque aimant, soitnaturel, soit artificiel , et qui paroît circuler d’un pôle à l’autre , en formant à l’aimant une espèce d’atmosphère. V MATIERE MAGNETIQUE.
- Tourbillon magnétique ; c’est la1 matière magnétique en mouvement autour et au-dedans d’un aimant. ^.TOURBILLON MAGNETIQUE.
- Barres ou barreaux magnéti-ues ; on( appelle ainsi deux barres ’acier trempé auxquelles on a communiqué la vertu magnétique. Fi BARREAUX MAGNETIQUES.
- Lamesmagnétiques ; ce sont des lames d’acier auxquelles on a communiqué une vertu magnétique, et qui sont très-propres à la communiquer à d’autres lames d’acier trempé de tout son dur. V. LAMES MAGNETIQUES.
- Courant magnétique ; c’est la matière magnétique actuellement en mouvement. V. COUR ANT MAGNETIQUE.
- MAGNÉTISME, s m. du grec (Akyvnç (magnés ) aimant.
- ( Physique ) Nom générique qui se dit des propriétés de l’aimant. V. AIMANT.
- ( Méd. ) Magnétisme animal ; fluide particulier dont on a cherché, il y a quelques années , à établir l’existence, sur-tout en agissant sur l’imagination des personnes nerveuses.
- MAHOMET, s.m. nom d’homme, de l’arabe mokhamec , digne de louanges.
- ( Chronol. ) Epoque de Mahomet ; terme de la fuite de Mahomet de la Mecque à Médine, l’an 6-j. 1 ans après J.-C. V. HEGIRE , EPOQUE.
- MAHOMÉTISME , s. m. même origine que Mahomet.
- ( Relig. ) Les sentimens de Mahomet en matière de religion ; la religion de Mahomet.
- MAI, s, m. du latin majus, ancien. \
- { Chronol. ) Nom dp cinquième;
- MAI
- mois de l’année ; il est ainsi appelé parce qu’il étoit dédié anx plus anciens citoyens romains. Ce mois étoit le troisième de. l’année romaine, qui commençoit par le mois de mars.
- MAIGRE, ad], du lat. macer, fait dn grec /uaxfihç ( makros ), long : parce que les gens maigres parois-sent longs.
- ( Physiol. ) Qui a peu ou point de graisse, décharné, qui n’a que la peau et les os.
- ( Littér. ) Style maigre ; style qui n’a point d’agrément ni d’ornement.
- ( Archit. ) Maigre se dit aussi des pierres dont les angles sont plus aigus qu’ils ne devroient l’être , de sorte qu’elles n’occupent pas entièrement la place à laquelle elles étoient destinées.
- ( Peinture ) Pinceau maigre, crayon maigre , trait maigre, couleur maigre , touche maigre ; ces expressions sont l’opposé du moelleux, du large , du nourri.
- Dans l’enfance de l’art, on a été maigre dans toutes les parties, parce que l’on tâtonnoit la nature; parce qu’on n’avoit pas appris à la con-noître , et qu’on ne la voyoit qu’en détail au lieu de la voir dans ses masses. L’inexpérience donnoit de la timidité , et celle-ci conduisoit à la maigreur.
- La maigreur est par-tout un défaut , même dans les ouvrages en petit ; mais c’est une vertu d’y montrer à propos un crayon fin, un pinceau fin, une touche fine , en prenant même la finesse dans le sens physique.
- MAIN , s. f. du lat. manus.
- - ( Anal.) Partie du corps humain , qui comprend depuis l’extrémité inférieure de l’avant bras jusqu’aux extrémités des doigts. La main se divise en CARPE, en METACARPE , et DOIGTS. E. ces mots.
- ( Manège ) Main, est un terme de grand usage en équitation. Il signifie d’abord les pieds de devant du cheval ; ensuite la division du cheval en deux parties, à l’égard de la main du cavalier.
- La main du cavalier doit être légère , douce et ferme , c’est-à-dire, qu’il doit soutenir la bride de manière
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- mère à ne point sentir l’appui du mors sur les barres ; sentir un peu l’appui du mors , est tenir le clieval dans un appui à pleine main.
- Cheval de main ; c’est celui qu’on mène en main sans monter dessus.
- ( Art milit. ) Coups de main ; ce sont les attaques qui se font avec les armes qu’on tient toujours à la main; ainsi, on dit qu’une place est à l’abri d’un coup de main , pour dire qu’elle peut se défendre contre des gens qui n’ont point d’artillerie.
- JEn venir aux mains ; c’est commencer à se battre.
- En être aux mains; c’est se battre actuellement.
- Faire main -basse ; c’est ne donner aucun quartier.
- Main armée ; entrer , à main armée , dans un pays, c’est y entrer par force avec des gens de guerre.
- ( Musique ) On dit , en termes de musique , qu’un homme n’a pas de main, pour dire qu’il n’a pas une bonne exécution sur l’instrument dont il joue.
- On dit aussi d’une pièce de piano qu’on a oubliée , ou qu’on n’a pas apprise parfaitement, qu’on ne l’a pas dans la main.
- ( Pratique) Main, en termes de palais , est pris pour un symbole de force et de puissance; c’est pourquoi on a donné pour attribut à la souveraineté de la justice une main au bout d’un sceptre , que l’on appelle main de justice. Main-bourg, tuteur.
- Main-b ou niée , tutelle. Main-ferme ; bail à cens de quelques héritages, appelés autrement cotteries.
- Main-fortesecours que l’on porte à la justice.
- Main-garnie ; possession ds la chose contestée.
- Main-levée; acte qui donne la délivrance des biens saisis judiciairement.
- Main-mise ; acte qui saisit une chose et la met sous l’autorité de la justice.
- Main-tenue , c’est, en matière de complainte , l’assurance de la possession de la chose contestée. Main-tierce, se dit d’un tiers on Tome II.
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- d’une personne étrangère à l’afîaire dont il s’agit.
- ( Peinture ) Voici les phrases dans lesquelles entre le mot main, eu parlant de peinture, et qui s’entendent assez d’elles-mêmes.
- Ce tableau est de bonne main.
- On reconnoît dans cette touche la main d’un grand maître.
- Il s’en faut bien que l’art consiste tout entiendansle travail de la main.
- C’est l’habitude qui apprend à distinguer la main des maîtres.
- L’adresse de la main n’est pas une partie méprisable du métier.
- Dufrenois avoit une grande théorie , mais la main lui manquoit.
- Les conceptions les plus ingénieuses sont peu de chose sans la pratique de la main.
- ( Technol.) Main-d’œuvre ; le travail de l’ouvrier.
- MAIRE, s. m. du lat. majorf majeur, ou supérieur.
- ( Econ. polit. ) C’étoit autrefois la première dignité du royaume , maire du palais : il a signifié ensuite le premier officier de ville qui présidoit aux échevins dans plusieurs villes.
- C’est aujourd’hui un magistrat chargé de plusieurs fonctions administratives municipales, et de la police dans les villes où il y a plus de cinq mille habitans.
- MAISON , s. f. du lat. mansio t fait de manere, demeurer.
- ( Archit. ) Logis, bâtiment pour y loger , pour y habiter.
- (Electricité) Maison de tonnerre ; petit édifice en carton ou en bois mince, dans lequel on place une cartouche que l’on peut enflammer par l’électricité.
- ( Astrol. ) Maison céleste ; c’est la douzième partie du ciel, comprise entre deux cercles de position. Ces deux cercles passent par les deux intersections du méridien et de l’horizon , et coupent l’équateur en douze parties égales.
- MAITRE, s.m. du lat. ma gis ter, seigneur , propriétaire de quelque chose.
- ( Ilist. rom. ) Les Romains don-noient au dictateur le nom de maître du peuple, magister populi. Ee chef de la cavalerie étoit aussi
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- appelé magister equitum ; sous les empereurs, il y eut. des maîtres d’infanterie, ni agis tri peditum. Auguste établit un maître du cens ; Dioclétien créa un maître de la milice ; dans la suite on en augmenta îe nombre, et sous Théodose il fut porté à cinq ; Constantin donna ïe titre de maître œcuménique au directeur d’un collège qu’il fonda, çt qu’il dota richement.
- ( lastruct. publ. ) On a donné , eu France, îe titre de maître à tous ceux qui enseignoient publiquement les sciences , et ce titre est devenu particulièrement affecté aux docteurs en théologie, dont le degré a été nommé magister gradus.
- ( Art mïlit. } Maître se disoit anciennement d’un homme d’armes, parce qu’il avoit sous lui plusieurs valets, montés comme lui, mais armés différemment. Lorsqu’on di-eoit qu’une compagnie étoit composée de quarante maîtres, on en-tendoit quarante hommes d’armes, sans compter les valets qui étoient au nombre de trois ou quatre, pour chaque homme d’armes.
- ( Marine ) Maître se dit aussi pour patron d’un vaisseau marchand qui fait le cabotage ; et dans les bâtimens de guerre, le maître d’équipage est le premier officier marinier qui commande tout l’équipage et dirige la manœuvre, sous les ordres du capitaine de vaisseau, ou de l’officier de quart ; il est en outre chargé de tout le détail, du grément, des objets renfermés dans la cale, etc.
- ( Beaux-Arts ) Maître se dit encore de quelqu’un qui est expert en quelque art; d’un artiste assez distingué par. ses talens, pour que ses ouvrages puissent servir de modèle aux élèves et même aux professeurs. Quand on emploie ce mot dans cette acception, on y joint souvent l’adjectir grand. On dit : Les ouvrages des grands maîtres; ce tableau est d*ltn grand maître.
- MAJESTÉ, s. f. composé des deux mots latin , major et status , état plus grand : grandeur suprême.
- ( Hist. rom. ) Dans le tems de la république romaine, le titre de
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- majesté fut donné pour la première fois à tout le corps du peuple et au sénat réunis. De-là vient que majes-tatem minuere , blesser la majesté, c’étoit manquer de respect pour l’Etat.
- La puissance étant passée dans la main d’un seul, la flatterie transporta le titre de majesté à ce seul maître et à la famille impériale; enfin, le mot majesté s’emploj'a ligurément dans la langue latine pour peindre la grandeur des choses qui attirent l’admiration.
- Dans la suite des tems, ce titre devint plus rare, et les Empereurs tâchèrent de se le réserver à eux seuls.
- ( Hist. moderne) Ce ne fut que du tems de François I.cr quel’on commença à donner communément le titre de majesté aux rois de l’Europe. Dans le traité de Cambrai, il n’est donné qu’à l’Empereur ; dans le traité de Crépy, Cliarles-Quint y est désigné par sa majesté impériale, et Frauçois I.er par sa majesté royale ; et dans le traité de Cateau-Cambrésis , Henri II, roi de France, est qualifié de sa majesté très-chré-tienne ; et Philippe IJ, roi d’Espagne , de sa majesté catholique. Henri VIII est le premier roi d’Angleterre qui ait aussi pris ce titrei A présent le titre de majesté est commun à tous les rois.
- MAJEUR, RE , adj. du latin major.
- ( Pratique ) Celui qui a atteint . l’âge de majorité fixé par les lois.
- ( Musique ) Les intervalles susceptibles de variation sont appelés majeurs, quand lssont aussi grands qu’ils peuvent l’être sans devenir faux.
- Majeur se dit aussi du mode ; la tierce de la tonique est majeure, et alors souvent le mot mode né lait que se sous-entendre.
- ( Marine ) Mâts majeurs ; on appelle ainsi, dans les gros vaisseaux et navires , le mât inférieur de chaque mâture d’uu bâtiment ; celui qui pose sur* le fond du vaisseau ; comme le grand mât, le mât de misaine, et le mât d’artimon.
- MALACODERME, ou MALO-CODERMS, adj. du grec /zs^.itzsç
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- MAL
- {pialakos), mou, et de ( der-
- ma), peau : peau molle.
- ( Mist. nat. ) Epithète que l’on donne aux animaux qui ont la peau molle , pour les distinguer des os-ira codermes, ou des testacés.
- MALACHITE, s. f. du grec /**-_( malachê ), mauve.
- ÇMinéral.) C’est ce qu’on appelle autrement vert de montagne ou sta-lactique ; c’est un véritable oxide de cuivre. Cette mine est susceptible de recevoir un poli, et l’on en fabrique différens bijoux. Son nom vient de ce que sa couleur a quelque ressemblance arec celle de la mauve.
- MALACIE, s. f. du grec fAa.-keLx.ia. ( malàkia ), mollesse.
- ( Méd. ) Espèce de mollesse ou de maladie de l’estomac , qui consiste dans un appétit déréglé pour certains alimens, quel’on désire avec un empressement extraordinaire et dont on mange avec excès. Cette maladie est ordinaire aux femmes grosses. Cette maladie est ainsi appelée, parce qu’il semble que c’est une espèce de mollesse d’estomac qui fait souhaiter des alimens souvent de haut goût, comme des harengs salés, pour le fortifier.
- MALACTIQÜE , adj. du grec fj.akéiTcrs, ( malasso), amollir.
- ( Méd. ) Epithète que l’on donne aux remèdes émolliens j qui ramollis ent.
- MALADIE, s. f. du lat. barbare malatus, dont les Italiens ont fait ammalato, pour malade.
- ( Méd. ) Affection contre nature , disposition vicieuse dans tout le corps, ou dans quelques-uns des organes,, qui cause lésion dans l’exercice d’nne ou de plusieurs fonctions, ou même qui en fait cesser absolument quelqu’une, toutes même, excepté le mouvement du cœur.
- Maladie aigue. V. AIGUE.
- Maladie chronique. V. CHRONIQUE.
- MALADRERIE, ou LEPROSERIE.
- ( Santé ) Lieu disposé pour retirer et assister les malades , et particulièrement les lépreux.
- MALAGME, s. m. du grec /«a-* kâ.T7x ( malasso ), amollir.
- MAL 485
- ( Med. ) Ce terme se prend ordinairement pour cataplasme , quoiqu’il ne convienne qu’aux cataplasmes émolliens.
- MALANDRE, s. f. du lat. barb. malandria, formé du grec fiak'ot ( malos ), mal.
- . ( Hipjnalr. ) Maladie des chevaux ; c’est une espèce de crevasse ulcéreuse aux jarrets.
- ( Méd. ) il se dit aussi d’une espèce d’éléphantiasis ou lèpre.
- MALATE, s. m. terme de la nouvelle nomenclature chimique, dérivé de malum, pomme.
- ( Chimie ) Sel formé par la combinaison de l’acide malique ou des pommes avec différentes bases. Sa terminaison en ale annonce qu’il appartient à un acide saturé d’oxi-gène , et dont la terminaison est en ique. [V. MALIQUE ). Ce genre de sel n’avoit point reçu de nom dans l’ancienne nomenclature.
- MALAXER , v. a. du grec fia-, kkaaie ( malasso ), amollir.
- ( Pharmacie') Ramollir et pétrir des drogues pour les rendre plus unies, plus molles, plus coulantes , plus ductiles.
- MALE, s. m. du latin masculus, diminutif de mas, pour le sexe viril ou le plus fort : qui est du sexe le plus fort. '
- ( Botan. ) Fleurs mâles ; ce sont les fleurs uni-sexuelles, et qui n’ont que des étamines sans pistils.
- ( Littérature et Beaux - Arts. ) Mâle se prend pour force, expression , énergie : style mâle, poésie mâle, contours mâles, traits mâles, figure mâle, composition mâle.
- MALIQUE , adj. du lat. malum , pomme.
- ( Chimie ) Acide de pommes ; sa terminaison en ique indique qu’il est complètement saturé d’oxi-gène.
- Cet acide se trouve tout formé dans le jus des pommes acides, mûres ou i on mures , et dans le jus de plusieurs autres fruits,
- MALLÉABILITÉ, s. f. formé de maliens , marteau, et d’habilis , propre : qualité de ce qui peut être forgé, fondu ou battu à coups de marteau , sans se déchirer.
- ( Métallurgie ) La tnalléabiliîé Hh 2
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- '«Si M A M
- n’appartient qu’aux métaux, comme l’or , le platine, l’argent, le cuivre, le fer , l’étain et le plomb ; et point du tout ou du moins très-peu aux autres métaux , tels que le zinc, le bismuth , l’antimoine , l’arsenic , etc.; mais cette propriété n’appar-tient pas au même degré à tous les métaux indistinctement. I.es uns , tels que l’or et l’argent, sont beaucoup plus malléables que les autres, c’est-à-dire , qu’ils peuvent se réduire en feuilles beaucoup plus minces.
- MALLÉOLE, s. f. du latin mal-leolus , dimin. de malleus, marteau.
- ( Anat. ) La partie des os de la jambe qui s’élève en bosse un peu au-dessus du pied. La malléole interne , est une apophyse du péroné. On les appelle communément chevilles du pied.
- MALT, s. m. mot anglais, dérivé du teuton , maltz.
- ( Econ. dom. i C’est ainsi que les Anglais appellent le grain germé avec lequel ils brassent les différentes sortes de Lierres qu’ils font.
- MALTE, nom d’une île de la mer Méditerranée. C’est aussi le chef-lieu de l’Ordrè de Malte.
- MAMELLE ou MAMMELLE, s. f. du lat. mamma , la partie charnue et glanduleuse du sein des femmes, où se forme le lait.
- Dans les enfans de l’un et de l’autre sexe , et dans les hommes de toütâge, elles ne sont pour l’ordinaire que des tubercules cutanés , comme des verrues mollasses, plus ou moins rougeâtres, qu’on appelle mamelons.
- MAMELON , s. m. dïminut. de MAMELLE.
- ( Anat. ) Le petit bout des mamelles tant de l’homme que de la femme.
- ( Boian, ) Mameloné se dit de ce qui est recouvert de petites tubercules, ou bien ce qui est remarquable par une protubérance, plus ou moins considérable, que l'on pourroit comparer à un mamelon.
- MAMELUC, s. m. mot arabe formé ddalmamluçh, qui signifie pos-
- M AM
- sédé pour un autre, esclave à la solde.
- ( llist. d’Egypte ) Milice composée d’abord d’étrangers et ensuite de conquérans. C’étoient des hommes ramassés de Circassie et des côtes septentrionales de la mer Noire: on les enrôioit dans la milice du grand Caire, et là on les exerçoit dans les fonctinos militaires. Ce furent les mamelucs qui vainquirent et prirent St. Louis; et qui, irrités du traité que Moadan avoit fait avec leur prisonnier, tuèrent ce sultan, et élurent l’un d’entr’eux à sa place. L’Egypte fut gouvernée par eux pendant 260 ans. Selîm l.eJ , après s’être emparé de la Syrie, soumit l’Egypte , et ce pays devint une province de l’empire turc. La conquête de l’Egypte par Bonaparte a encore une lois occasionné une révolution d. ns le gouvernement de l’Egypte : les Mamelucs et les Turcs se disputent l’empire de ce pays, et la Porte ne devra qu’à ses négociations avec les beys , l’ombre du pouvoir que cette milice a toujours exercé réellement sur les malheureux habitans de l’Egypte.
- MAMMAIRE, adj. du lat. mamma , mamelles.
- (Physiol.) Il se dit de deux artères qui porteùt le sang aux mamelles , et ue deux veines qui l’eu rapportent.
- MAMMALOGIE , s. f. du lat. mamma, main , mammelle , et du grec xbyoç [logos ), discours, traité.
- ( llist. nat. ) Terme nouvellement créé pour designer la science qui a pour objet l’étude des mammifères.
- MAMMIFERES, adj. et s. du lat. mamma , mamelle, et feio, porter : porte-mamelles. Quelques auteurs disent mammaux , de mamnielia , animaux à mamelles ; d’autres mam-melifères , mais le premier est le plus usité.
- ( llist. nai. ) Classe d’animaux qui comprend ceux qui portent des mamelles.
- Les mammifères sont divisés en trois ordres, 1.0 1 es mammifères à ongles ; a.Q 1 es mammifères à sabots j 3,° les mqptmifères à pied
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- MAN
- en nageoires. V. ONGLE, SABOT, NAGEOIRE.
- MANCHE, s. iB. du lat. manie a.
- ( Géogr. marit. ) Manche ou canal se dit d’un espace de mer renfermé entre deux terres, comme le grand canal compris entre les côtes de France et d’Angleterre , que l’on connoît sous le nom de Manche.
- MANCIE, ou MANCE, du grec fMtvail-j. ( mantéia ).
- ( Divination ) Terminaison commune à plusieurs mots français tirés du grec, qui signifie divination. Ce mot termine presque tous les noms qui désignent les différentes pratiques superstitieuses par lesquelles les anciens prétendoient counoître l’avenir et découvrir les choses cachées.
- MANDARIN, s. m. terme emprunté du portugais , et qui vient du lat. manda e, commander.
- ( Hist. de la Chine ) Nom que les Portugais ont donné aux magistrats , ou commandans-gouverneurs de l’empire de la Chine. Ces officiers s’appellent, en langue chinoise, Tcouon, qui signifie homme public, homme chargé du soin public.
- MANDAT, s. m. du lat. man-dare, ordonner.
- ( Pratique) Ordre que l’on envoie à ceux qui ont de l’argent qui nous appartient, de payer pour nous.
- MANDANT, s. m. V. MANDAT.
- ( Pratique) Celui qui donne pouvoir.
- MANDATAIRE , s. m. même origine que MANDAT.
- ( Pratique ) Celui à qui le mandat ou le pouvoir est donné.
- MANDIBULE, s. f. du lat. man-dibula, mâchoire, fait de mandere, manger , mâcher.
- ( Anal. ) Vieux terme d’anatomie qui n’est plus d’usage.
- ( Ornithologie ) U se di t des deux parties du bec d’un oiseau. Les deux mandibules , de formes différentes, selon les diverses espèces d’oiseaux, sont d’une substance osseuse et enduite de corne.
- M ANEGE, s.in. de Fitalien ma-neggio.
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- ( Equitation ) Le manège est l’art de dresser les chevaux et de les monter avec grâce.
- Depuis les Thessaliens , à qui l’histoire fait l’honneur d’avoir été les premiers qui ont eu l’adresse de monter un cheval ,cet art est tombé dans la décadence jusque vers la fui du quinzième siècle , où Jean-Baptiste Pignatelli a tenu, à Naples, une académie où la noblesse de France et d’Allemagne alloit se perfectionner
- L’ouvrage de M. de la Burre ainsi que celui de M. de la Guéri-nière , ne sont que le recueil des principes professés par Pignatelli , et par M. le duc deNeubastle, gouverneur de Charles II, roi d’Angleterre.
- MANGANESE, s. m. du latin magnes, aimant, parce que la manganèse ressemble jusqu’à un certain point à l’aimant.
- [Minéral.) Minéral nouvellement connu et qui passoit, avant 176b,pour une mine de fer ou ds cobalt. On emploie l’oxide de manganèse dans les verreries pour enlever au verre sa teinte verte ou jaunâtre; c’est pour cela qu’on lui a donné le nom de savon des verriers. On l’emploie encore à colorer en violet le verre et les porcelaines. Le manganèse a pour l’oxigène une avidité prodigieuse , mais il l’abandonne aussi facilement qu’il l’absorbe ; en distillant de l’acide muriatique sur l’oxide ds manganèse, on obtient de l’acide muriatique oxigèné, qui a la propriété de blanchir les matières végétales, de rendre aux tableaux leur première fraîcheur, et de désinfecter l’air des prisons, des hôpitaux etc.
- MANIE , s. f. du grec y.ctvia (mania), fureur, folie.
- ( Méd. ) Délire perpétuel et furieux , sans fièvre ; folie avec fureur et perte totale de la raison , sans fièvre. On ne peut qu’envier à l’Angleterre les asiles publics que la philosophie a consacrés aux maniaques , et l’art profond de les diriger de manière à produire les cures les plus inespérées.
- MANIEMENT, s. m. du latin manicafe , pour manu tractare, manier.
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- ( Peinture ) On dit, en termes de peinture , maniement du crayon , du pinceau. On dit encore qu’un
- fieintre sait bien manier ses cou-eurs : expressions figurées , ppis-qu’eu effet on ne manie point des couleurs, mais le pinceau qui en est chargé. On dit encore qu’un peintre a bien manié son sujet, pour faire entendre qu’il s’en est rendu maître , comme d’une substance molle ou flexible qu’on manie à son gré.
- MANIÈRE , s. f. du latin mane-ries, dérivé de manus, main: façon , sorte, usage.
- ( Peinture ) Ce mot, dans le langage de la peinture , se prend en deux sens. Lorsqu’on dit qu’un artiste a de la manière , on entend qu’il s’est fait une pratique qui ne tient qu’aux habitudes qu’il a con-* tractées , et qui l’éloigne delà nature. Quand on dit, la manière d’un maître, on entend le caractère particulier qui, défectueux ou louable , le distingue de tout autre artiste.
- ( Gravure) Manière noire ; c’est une sorte- de gravure sur cuivre. V. GRAVURE.
- MANIÉRÉ, adi. de MANIÈRE, qui est remarquable par une affectation particulière.
- ( Elocut. ) Style maniéré, pour style trop étudié , trop recherché. Ee style de B al sac est maniéré.
- {Peinture ) Maniéré , en peinture, se dit de l’abus de Xamanière ; c’est une suite d’habitudes prises dans la façon d’opérer, une affectation qui s’oppose à la variété.
- MANIFESTE , s. m. dulat. manifestas, composé de manus , clams , et de facio, rendre clair, évident , manifester.
- ( Diplomat. ) Écrit public , déclarations que font les princes des intentions qu’ils ont en commençant la guerre ou autres entreprises, et qui contient les raisons et moyens sur lesquels ilsfondent leur droit et leurs prétentions.
- L’origine des manifestes ne remonte pas plus haut qu’au/piator-xième siècle. Leur norn vient de ce que ces sortes de pièces commen-
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- çoîent par ces mots : Manifesium est.
- ( Commerce rnarit. ) Manifeste, en termes de commerce de mer , signifie l’état de chargement d’un v aisseau.
- MANIPULATION , s. f du latin manipulas, poignée d’herbes.
- ( Technologie ) Le mot manipulas signifioit anciennement, chez les Romains , une poignée d’herbes, une botte de foin, autant qu’on en pouvolt contenir dans la main. Tant que les Romains eurent pour enseigne une botte de foin , le mot manipule servoit à désigner cette enseigne ; mais lorsqu’à la botte de foin ils y substituèrent l’aigle, manipule ne signifia plus que la section, le peloton , la poi-gne'e d’hommes qui étoit distinguée par une enseigne. Depuis, on a étendu la signification de manipule à tout ce qui peut se faire avec la main ; et manipulation signifie aujourd’hui, dans le langage des arts , manière adroite et facile d’opérer. Ce ri est pas assez de savoir les principes, il faut encore savoir manipuler.
- M ANIVELLE , s. f. du lat. manu cea , ou pe ut-être de manuhrio-lum.
- ( Mécan.) On appelle ainsi un bras de levier à manche, destiné à mettre une machine en mouvement.
- On donne aux manivelles différentes formes; les unes sont droites, d’autres sont courbées, d’autres en demi-cercles. Quelque figure qu’on leur donne , elles se réduisent toujours à unbras de levier droit, dont la longueur est déterminée par la distance qu’il y a entre l’œil , qui est le point autour duquel elies tournent, et le manche, qui est celui par lequel on les fait agir ; de sorte qu’ayant cette figure et uniquement cette longueur, elles pro-duiroient le même effet,
- MANNE, s. f. de l’hébreux mon, qui signifie la même chose; mais les écrivains ecclésiastiques et rabbini-ques ne sont pas d’accord avec les savar.s sur l’étymologie du mot hébreux.
- ( Hisî. nat. ) La manne est un
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- suc mielleux concret, qui se dissout facilement dans l’eau.
- On distingue plusieurs espèces de manne, relativement à sa forme, aux arbres dont elle découle , et aux lieux où on la récolte.
- Ce suc qui est produit par deux espèces de fresne , découle de lui-même par une incision, pendant les chaleurs de l’été, sort des branches et des feuilles de ces arbres, se durcit eu grumeaux ou grains par l’ardeur du soleil.
- Les anciens, qui ignoroieut quelle étoitla véritable cause de lamage, la nommoient indifféremment miel de Vair, ou rosée céleste, parce qu’ils croyoient bonnement que
- Ïtendant la nuit elle tomboit sur es feuilles de fresne, de la même manière que Dieu fit pleuvoir dans le désert la manne qu’il destina à la nourriture des Israélites.
- MANNEQUIN, s. m. corruption de l’allemand Manklein, petit homme , dont les Anglais ont fait manniquin , dans le même sens.
- ( Peinture , Sculpture ) Figure d’homme faite de bois ou d’osier, qui sè plie dans toutes les jointures des membres, et que les peintres et les sculpteurs accommodent comme il leur plaît, pour disposer de ces pièces suivant les diverses attitudes des figures qu’ils veulent peindre.
- On dit d’une figure , qu’elle sent le mannequin , pour dire qu’elle n’a pas été étudiée sur la nature.
- On dit, dans le même sens , que des draperies sont mannequinées, pour dire qu’elles sont disposées avec affectation.
- MANŒUVRE , s. f. du latin ma-ncpera pour manûs opéra.
- ( Art milit. ) En termes de guerre, on appelle manœuvres , les évolutions, la marche des troupes contre l’ennemi, leur attaque , leur défense.
- On dit d’une armée, ou d’un corps de troupes, que sa manœuvre a été belle , pour dire qu’on a bien agi. La même chose se dit d’un général ou d’un officier qui a eu la conduite d’une entreprise , petite ou grande. Tel et tel a bien manœuvré à tel passage j mais tçl
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- et tel a mal manœuvré’ à la défense , ou à l’attaque, de tel poste.
- ( Marine ) Le mot manœuvre a plusieurs acceptions différentes dans la marine.
- On entend par manœuvre et manœuvres, tous les cordages quelconques servant au vaisseau, soit pour faire agir les voiles, les vergues , soif, pour tenir les mâts, etc.
- On distingue les manœuvres courantes , et les manœuvres dormantes.
- Les manœuvres courantes sont celles qui agissent , et qu’on fait aller et venir dans des poulies , pour tourner et orienter les voiles, etc., comme les écoutes, les bras , les boulines , etc.
- Les manœuvres dormantes sont celles qui sont fixées à demeure par les deux bouts, comme les haubans , les galhaubans, les étais f etc.
- Manœuvre se dit aussi de l’usage qu’on fai t de tous 1 es cordages du vaisseau pour le faire mouvoir, et pour monter ses voiles de différentes façons. C’est dans ce sens qu’on dit qu’un marin est bon manœuvrier, pour dire qu’il est habile dans l’art et l’exercice de la manœuvre. On. dit encore un grand manœuvrier , pour désigner un officier qui entend parfaitement la manœuvre des vaisseaux : connoissar.ce essentielle à un officier de nier, et qui ne s’acquiert qu’après une longué expérience, et que la théorie, le courage , et toutes les autres qualités,, ne peuvent suppléer.
- ( Peinture ) Manœuvre se dit aussi, en termes de peinture, de la manière defaireles teintes, d’empâter les couleurs, du maniement du pinceau , et du style de la touche. Ces détails constituent l’essen-tiel du métier de la peinture.
- La belle manœuvre du pinceau, consiste à peindre à pleine couleur , portant toujours teinte sur teinte, noyant les tournans dans les fonds , et conduisant le pinceau du sens de l’objet qu’on veut rendre.
- MANOMÈTRE, s. m. ou MA-NOSCOPE, du grec f,my'oç(manos ),. rare , et de fd-rpov (mélron ), nie-
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- sure, et de a-Kovîm ( slcopéô), considérer, examiner.
- (Physique ) Instrument destiné à trouver le rapport des raréfactions de l’air naturel d’un même lieu, en différens tems. Cet instrument n’est plus d’usage.
- MANSARDE, s. £ de Mansard, nom propre.
- ( Archit. ) Toit de maison dont le comble est presque plat, et les côtés presqu’à-plomb. Il est ainsi nommé parce qu’on en attribue l’invention à François Mansard , célèbre architecte du seizième siècle.
- MANTEAU, s. m. du lat. man-tellum , que quelques-uns dérivent du persan manduas , ou mandué, dont les Grecs avoieut fait pctvJvn ( mandué ). On a di t dans la basse latinité manda, mandilla, dontnous avons fait mandille, pour une sorte de casaque que les laquais portoient autrefois.
- ( Costume) Vêtement ample qui se met par-dessus l’habit.
- ( Archit. ) Manteau de cheminée ; c’est la partie de la cheminée qui avance le plus dans la chambre.
- { Art milit. ) Manteau d’armes ; c’est une espèce de manteau de toile de coutil , dont on couvre les faisceaux d’armes pour garantir les fusils de la pluie.
- ( Art dramat. ) Rôles à manteau; ce sont les rôles de certains personnages de comédie , pour lesquels le manteau est un vêtement convenable , à cause de leur âge ou de leur caractère. Cet acteur joue bien les rôles à manteau.
- ( Fauconnerie ) Il se dit aussi dn pennage des oiseaux de vol , considéré sous le rapport de ses couleurs, et l’on dit manteau uni , manteau bigarré.
- MANTELET, s. m. diminution de MANTEAU.
- {Art milit. ) Les mantelets sont des espèces de parapets mobiles qui mettent à l’abri de la mousquete-rie. Les sapeurs ne se servent plus de mantelets pour se couvrir du feu de la place, ils emploient le gabion farci.
- ( Marine ) Mantelets de sabord ; ce sont des espèces de battans qui ferment et bouchent exactement les sabords.
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- MANUBIAIRÙ, adj. du lat. ma~ nubiœ , pour manûs exuviœ , dépouilles : butin fait sur l’ennemi.
- ( Archit. ) Colonne rnanubiaire ; c’est une colonne ornée de bas-reliefs qui représentent des trophées.
- MANUEL, s. et adj. du latin manuales , qu’on peut employer , qu’on peut prendre avec la main.
- ( Bibliol.) Manuel, sous-entendu livre , se dit d’un petit livre qu’on peut porter à la main. 11 sert de titre à plusieurs ouvrages de peu d’étendue, ou à des abrégés dfou-vrages plus considérables. Manuel d’Epiciele , manuel des jüges-de-paix , etc.
- MANUFACTURE, s. £ du lat. manufactus , fait à la main : fabrication de certains ouvrages qui se font à la main. U se dit aussi du lieu destiné pour la fabrication de ces sortes d’ouvrages.
- MANUSCRIT, corruption du lat. manuscriptum , écrit à la main.
- ( Diplomatique ) Les manuscrits sont des ouvrages écrits à la main. Les anciens manuscrits sont les mo-nurneus littéraires les plus précieux, et font la principale richesse des grandes bibliothèques.
- On doit considérer dans les manuscrits leur ancienneté , les différentes écritures nationales qui ont eu lieu pendant plusieurs siècles , et dont la naissance , les progrès et la décadence sont de la plus grande utilité pour déterminer l’âge des anciens manuscrits qui précèdent le treizième siècle. Les langues anciennes et modernes, dans lesquelles ils sont écrits , leurs matières , les liqueurs métalliqueset autres qu’on a employées, la beauté de l’écriture , les miniatures , les vignettes, et les arabesques qui l’accompagnent , et jusqu’à la couverture, qui par la matière et les bas-reliefs, souvent antiques dont elle est ornée , intéressent également l’antiquaire et l’artiste. Pour la connaissance des anciennes écritures , con • sultez le nouveau Traité diplomatique des Bénédictins, la diplomatique de Mabillon, et la Paléographie de Montfaucon.
- Manuscritsd’Herculanum -, pour avoir une juste idée de ces manus-
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- erits, il faut concevoir une bande de papier, plus ou moins longue, large d’environ un pied. On dis-tribuoit sur la longueur de cette bande plusieurs colonnes d’écriture , séparées entr’elles , et allant de droite à gauche. On la rouloit ensuite, mais de façon qu’en ouvrant le manuscrit, on avoit sous les yeux la première colonne , et que la dernière se trouvoit dans 'l'intérieur du rouleau.
- • Ces manuscrits furent trouvés dans la chambre d’un palais ; ils étoient rangés les uns sur les autres, dans une armoire en marqueterie. Lorsqu’on mit la main dessus, tous ceux qui n’àvoient point été saisis par la chalèur des cendres étoient pourris par l’effet de l’humidité, et ils tombèrent comme des toiles d’araignées , aussitôt qu’ils furent frappés de l’air. Ceux , au contraire , qui, par l’impression de la chaleur des cendrés, s’étoient réduits en charbon , étoient les seuls qui se fussent conservés.
- Ces livres ne sont ni en parchemin, ni en papyrus , comme on l’a cru ; ils sont écrits sur des feuilles de cannes de jpnc, collées les unes à côté des autres, et roulées dans le sens opposé à celui où on lisoit. Ils sont écrits d’un côté seulement, et disposés par petites colonnes qui ne sont guères plus hautes que les pages de nos in douze.
- Ces volumes, ou feuilles roulée3, et converties en charbon , ressemblent pour la plupart, à un bâton brûlé , dedeux pouces de diamètre, et d’un pied à-peu-près de longueur. Quand on vent le dérouler , ou enlever les couches de ce charbon ; il se casse et se réduit en poussière ; mais en y mettant beaucoup de tems et de patience, on est parvenu à lever les lettres les unes après les autres.
- On est venu à bout, par des procédés dont le père Antoine Peaggi est l’inventeur , à dérouler quatre manuscrits grecs , dont le premier traite de la philosophie d’Epicure ; le second est un ouvrage de morale ; le troisième un poëme sur ou contre la musique , et le quatrième un livre de rhétorique. Mais ce travail est excessivement
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- long ; et il est à craindre que de long-tems on ne voie paraître les livres précieux qui peuvent se trouver dans ces manuscrits, au nombre de quinze à dix huit cents , et parmi lesquels on ne doit pas désespérer de recouvrer quelques-uns de ceux qu’on croyoit perdus pour la république des lettres.
- Jusqu’à ees derniers tems, le roi de Naples s’étoit refusé à toutes les sollicitations de la part des puissances étrangères, jalouses de partager le soin de dérouler ces manuscrits ; mais enfin, l’empereur des Français, Napoléon , et l’héritier présomptif de la couron,-ne d’Angleterre, en ont obtenu un certain nombre , que des sa-vans sont actuellement occupés à dérouler et à traduire, et dont le public pourra jouir dans quelques aunes.
- MAPPEMONDE, s. f. du latin mappa mundi, nappe du monde , pu description du monde sur une feuille de papier de la grandeur d’une nappe.
- ( Géogr. ) Carte géographique où sont représentés les deux hémisphères ; ordinairement par une projection stéréographique , l’œil éjant supposé dans l’équateur , et à go degré du premier méridien.
- MAQUEREAU , du latin barb. maquerelîus , de macula , tache.
- ( Pêche ) Poisson de mer dont le dos est richement coloré de bleu , de blanc et de vert, d’où lui vient son nom , tacheté , maculatus: il arrive sur nos côtes dans les mois de floréal et prairial.
- L’art de pêcher et de saler le maquereau , qui est un poisson de passage comme le hareng , exige une manoeuvre toute différente de celle de ce dernier. V. HARENG.
- Les bâtimens qu’on emploie àcette pêche n’ont que dix à douze hommes d’équipage. Après avoir choisi uu lieu commode et à l’abri , les pêcheurs jettent à 5o ou 60 brasses de la plus basse mer , une ancre ou une grosse pierre percée , du poids de quelques quintaux , sur laquelle ils attachent un cordage long de plusieurs brasses , qu’ils appellent va et vient. C’est sur cette
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- corde qne le filet est enfilé par la tête , afin que le pêcheur qui est placé sur une pointe de rocher puisse Je retirer plus facilement, en Valant à lui sur cette corde . qftand il le;ugeà propos, et retirer le poisson: avec la même corde , il remet en place les filets, qui sont quelquefois au nombre de 20 , à côté les uns des antres, et qui dans ce cas n’ont que quinze à vingt brasses de longueur j sur une brasse et demie de chute.
- MAQUETTE , s. f. de lTtalien macchie'da , diminut. de macchia, touche, petite touche.
- ( Sculpture ) C’est en sculpture tin îeger modèle , où rien n’est arreté , et qui n’offre que la première pensée de l’artiste ; quelquefois elle est faite en cire , mais plus ordinairement en terre ; les maquettes sont pour le sculpteur ce que sont pour les peintres les esquisses heurtées.
- MARAIS , s. m. du lat. mara on mariscus , petite mer , dont on a lait marescagius , marécage.
- ( Géogr. ) Grand espace de terrein dont le sol est perpétuellement imbibé d’sine eau stagnante.
- ( E conom. rur. ) jkTarais salans ; ce sont des terrains bas qui sont situés le long des côtes de la mer , ou que l’on creuse un peu au-dessous du niveau des grandes marées , et dont le fond est nivelé et battu de glaise , pour retenir l’eau salée , qu’on y introduit par des écluses en assez petite quantité pour qu’elle puisse être toute évaporée par la chaleur du soleil , et déposer le sel dont elle est chargée.
- MARASME, s.m. du grec y.npMu ( marainô ) , flétrir, dessécher.
- ( Méd. } Extrême maigreur , consomption de tout le corps. C’est le dernier degré de l’atrophie ou consomption. Il survient ordinairement aux maladies chroniques , à la phthisie , à la fièvre hectique : il est cependant quelquefois sans fièvre.
- MAR ATRE , s. m. du lat. barh. matrasta , d’où les Espagnols ont fait madrastra, mère dénaturée.
- MARAYEDIS, s. m. corruption
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- de l’arabe almoravides , Maures qui passèrent d’Afrique en Espagne.
- ( Monnaie ) Monnaie réelle et de compte en Espagne , ainsi nommée des Maures almoravides , qui firent la conquête d’Espagne , et imposèrent leur nom à cette monnaie.
- MARBRE, s. m. du lat. marmor, fait du grec /uetp/nnipt/v C marmai-réin ) , reluire.
- ( Minéral ) Sorte Je pierre calcaire extrêmement dure et solide , qui reçoit le poli, dont les sculpteurs se servent , et qne les architectes emploient aux principaux or-nemens des. palais, des églises.
- Depuis quelques années les naturalistes ont reconnu ou croient avoir reconnu que la nature n’a pas formé tous les marbres à la même époque : de-là la distinction entre les marbres primitifs et les marbres secondaires.
- Marbre de Carrare onsaccharoïde, c’est le marbre statuaire , ou pro-» pre à faire des statues , que l’on tire de Carrare , qui est nommé sacchardide , parce qu’il a l’apparence du sucre ordinaire.
- Marbre de Paras ; c’est un marbre blanc , composé de petites lames cristallines , très - renommé chez les anciens par sa blancheur éclatante et sa dureté. Les plus belles statues de l’antiquité ont été faites de ce marbre. C’est du territoire de Gènes que l’on tire présentement le plus beau marbre blanc dont on fait usage pour la sculpture.
- Marbres antiques ; parmi les marbres antiques, on distingue principalement 1 e vert antique , le noir antique fie jaune antique, la griote, appellée ainsi dé son rouge qui approche de célui de la cerise ; le portor, qui est noir , traversé par des veines pyriteuses ; la luma~ cbelle, marbre coquillier , qui reçoit son nom des limas qu’on aperçoit dans sa substance.
- La considération de ces variétés est très-utile aux arts, en ce qu'elle sert à distinguer les monumens grecs des monumens romains , et quelquefois à reconnoître que des figures n’appartenoient pas autrefois^, au même groupe , parce qu’elles’ sqe$ de marbres ditTérens.
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- .Marbre secondaire ; c’est une substance calcaire polissable , dont la cassure est terreuse , et dont les couleurs sont plus ou moins vives après le poli. Tel est le marbre lumaquelie ou lumachelle , ainsi nommé , parce qu’on y remarque des coquilles univalves , et le marbre de Florence , appellé autrement marbre ruiniforme , ou pierre de ruines, parce qu’il paroit offrir des ruines d’édifice. On en emploie beaucoup dans la mosaïque.
- Marbre coloré ; on est parvenu à colorermarbre blanc naturel avec diverses dissolutions. La dissolution d’argent pénétre le marbre blanc très-profondément, et lui donne une couleur rougeâtre et ensuite brune.
- La dissolution d’or pénétre moins et fait une couleur violette. L’une et l’autre font leur effet plus proton* dément si on les expose au soleil.
- La dissolution de cuivre donne nue couleur verte sur la surface du marbre. La gomme gutfc teint le marbre en beau citron , et le sang de dragua frotté snr le marbre le teint en rouge. Pour faire pénétrer ces liqueurs , il faut auparavant dépolir le marbre avec la pierre ponce.
- Gravure sur le marbre-,on a aussi trouvé le moyen de tracer sur le marbre des figures en relief avec beaucoup de facilité. Pour cet effet, ou trace sur le marbre avec de la craie les figures qu’on veut avoir; on les couvre ensuite avec une couche de vernis fait avec de la cire d’Espagne ordinaire , dissoute dans de l’esprit de vin , après quoi on verse sur le marbre un mélange de parties égales d’acide de sel et de vinaigre distillé , qui mangent le fond et laissent subsister les figures , comme si on les eût fait graver avec beaucoup de dépense.
- Marbre factice ; l’art est parvenu à faire un marbre factice , qui imite assez bien le naturel , et qui porte le nom de stuc ( V. ce mot ). Pour faire ce marbre artificiel, on se sert de plâtre très-fin,que l’on gâche avec de l’eau chargée d’une quantité suffisante de celle d’Angleterre. Lorsque le plâtre est sec , la colle dont
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- il est rempli , lui donne- assez de consistance et de ténacité , pour qu’il soit susceptible d’être travaillé comme le marbre , et de recevoir même un assez beau poli. A l’égard de ces nuances variées qui enrichissent certains marbres naturels , on les imite aisément dans le stuc. Il ne s’agit pour cela que de gâcher à part avec. les ingrédiens colo-rans convenables , les différentes portions de plâtre qui doivent entrer dans la composition du marbre artificiel que l’on veut faire ; lorsqu’elles ont acquis un certain degré de consistance, on les pétrit grossièrement ensemble , et il en resuite un mélange fortuit qui imite assez bien les jeux de la nature que l’ou admire dans les marbres naturels.
- ( Chronologie ) Marbres de Paras, d? Arundel ou d’Oxford ; ces marbres renferment la chronique d’Athènes , gravée 2fi4 ans avant Fèrô vulgaire. Elle commence à la fondation d’Athènes j et se termine à l’archonte Diogénète, après avoir parcouru une suite de i5i8 années. Ce précieux monument de chronologie a été trouvé dans llie deFaros, au commencement du dix-septième siècle : elle fut transportée en Angleterre , par les soins du comte Thomas d’Arundel , dont le petit-fils la déposa dans la bibliothèque de l'université d’Oxford.
- Selden la fit imprimer en à Londres en 1628, Prideaux en a donné une nouvelle édition à Oxford, en 1676; et dèî lors on en fit usage dans la chronologie. s
- MARC , s. m. ( pieds ) , du latin marca , de l’allemand Mark.
- ( Métrol. ) Ancien poids qui servoit à peser les chosesprécieuses , ou en petit volume.
- Le poids de marc disünguoit celui des onces , de foutes les autres espèces de poids. Il y a aussi plusieurs sortes de marcs , selon les divers pays.
- ( 3îonnoie ) Marc est aussi une valeur monétaire. Le marc de Brandebourg est une monnoie de compte. Le marc de Livonie est une monnaie réelle, atc.
- ( Commerce et pratique ) 31'arc la livre ; c’est une expression qui ,
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- eu parlant de faillites , désigne la perte que doit supporter chaque créancier chirographaire , au prorata de ce qui lui est dû.
- MARC , s. m. ( lie ) du latin amure a, dont les Italiens ont fait murea et marchia. '
- ( Econ. dom. ) Ce qui reste de plus grossier et de plus terrestre de quelque fruit, de quelque herbe ou-d’une autre chose qu’on a pressée pour en tirer le suc. Marc de raisins.
- MARCASSITE , de l’arabe mar-c assit a.
- ( Minéral ) Certaine pierre minérale, composée de fer ou de cuivre et de soufre, d’une figure anguleuse.
- Marcassites fausses ; ce sont de petits globales de verre étamés de façon à leur donner la couleur et l’apparence des marcassites.
- MARCHAND, s. m. de mercatus - ou mercatum , marché.
- ( Commerce ) Celui qui fait profession d’acheter et de vendre.
- Marchand forain ; celui qui frequente les.foires et les marchés.
- Vaisseau marchand ; celui qui est destiné uniquement au transport des marchandises..
- Marine marchande ; celle qui est composée de vaisseaux appartenant an commerce ; par opposition à la marine militaire, qui est la marine de l’Etat.
- Prix marchand ; celui auquel les marchands vendent entre eux.
- Rivière marchande ; rivière navigable , dont les eaux ne sont ni trop hautes ni trop basses pour le transport des marchandises.
- MARCHE , s. f. ( frontière ) , du lat. marca, marque, limite, province frontière ; d’où est venu le mot marquis , en italien marquese , pour ceux qui oommandoient dans les marches. Marche d’Ancône , de Brandebourg , etc.
- MARCHE , s f. ( mouvement de celui qui marche ) de marcher , faire le marchand, c’est-à-dire, courir le monde. Selon Ménage, ce mot viendroit de varicare , enjamber , passer un pied l’un devant l’antre.
- {Art milit. ) Marche forcée ;
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- celle qui est plus forte que la marche ordinaire.
- Fausse marche ; mouvement d’une armée qui feint de marcher d’un côté et qui tourne d’un autre.
- ( Musique milit. ) Marche se dit aussi d’un air militaire qui se joue par des instrumens de guerre , et marque le mètre et la eadeuce des tambours , laquelle est proprement la marche.
- ( Marine ) Marche d’un vaisseau-, c’est sa vitesse comparative ou absolue ; son mouvement progressif à travers les eaux; delà cés expressions : ce vaisseau a la marche sur nous, pour dire qu’il va plus vote. Vaiss.au construit pour la marche; par opposition à un vaisseau construit pour porter une plus grande quantité de marchandises.
- ( Littcrat:ire } Marche d’un, poème, marene d’un ouvrage \ c’est le progrès de i’action dans ce poëme, et la progression des idées dans cet ouvrage.
- ( Peinture ) La marche du crayon, du pinceau ; la marche du pinceau doit suivre le mouvement des muscles dans le dessin du nud , et le sens des plis dans la peinture des draperies. Une marche savante caractérise le pinceau des grands maîtres. Une marche libertine peut plaire, mais une marche savamment réglée instruit.
- MARCOTTE, s. f. du lat. margus, ( Jardin ) Branche qn’on couche en terre à six pouces de profondeur , sans la détacher de la plante , et qui y prend racine dans le cours de l’année ; elle diffère do ta bouture , en ce que celle-ci est une branche denuée de racines , qu’on sépare d’une plante et qu’on met en terre sans préparation , au lieu que la marcotte tient à l’arbre qui lui donne vie , et qu’on lasévre lorsqu’elle a des racines.
- MARECHAL , s. m. du lat. ma-reschallus , formé de l’allemand Mar , qui signifie chevalet de schalk serviteur , ministre , préfet , commandant de chevaux , d’où l’on a fait maréchal de camp , maréchal de bataille, grand maréchal, maréchaussée j etc.
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- MARÉE, s. f. de mare., maris, met.
- ( Marine ) Mouvement îégulier et périodique des eaux de iO’céan , par lequel la mer .s’élève et s’abaisse alternativement deux lois par jour , et forme deux courans en sens opposés , l’uu en montant vers les côtes , qui se nomme FLUX ou FLOT ( V. ces mots. ) ; et l’autre en descendant , que l’on appelle REFLUX, EBE ou JUSANT. {Voy. ces mots ). Pour les causeset les phénomènes de la marée, consultez l’ouvrage de Daniel Bernouilli , sur le flux et reflux de la mer.
- Marée se dit aussi, dans la navigation , de la durée du flux et du reflux. Ainsi , l’on dit , nous avons remonté la Tamise jusqu’à Londres en une marée , pour dire que l’on a fait ce chemin pendant l’intervalle de la marée montante , ou dans l’espace d’environ six heures. On dit qu’on a employé quatre marées à descendre la rivière de Bordeaux jusqu’à la mer. Un vaisseau qui navigue dans cette position , mouille aussitôt que la marée change et cesse d’être favorable à sa route ; et il appareille pour continuer sa navigation , dès qu’elle a retourné du premier côté.
- Refoulerla marée ; c’est naviguer contre le sens de la marée. Voyez refouler. .
- Etaler la marée ; c’est mouiller lorsque la marée est trop forte pour pouvoir la refouler , et attendre une antre marée pour continuer sa course.
- Grandes marées ; ce sont celles des nouvelles et pleines lunes, qui s’élèvent plus haut et sont plus rapides.On les appelle encore mahnes, du lat. Malina , dans la même signification.
- Mortes marées ; ce sont celles des deuxième et dernier quartiers de la lunç , qui sont basses et lentes.
- Ras dé marée ; c’est un courant rapide des eaux de la mer, dans un passage étroit, entre des terres ou des îles , dans une passe ou dans un canal, ou en pleine mer même , dans certains parages. Ces courans sont occasionnés ordinairement par le mouvement ds la marée ; ils sont plus marqués aux nouvelles etplei-
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- net lunes , et sur-tout à celles des équinoxes.
- On entend souvent par raz-de-marée une élévation et un mouvement subit et extraordinaire qui arrive passagèrement aux eaux de la mer , se prolongeant le long des côtes , et y faisant quelquefois beaucoup de ravages ; ce qui est occasionné par quelque dérangement dans le tems1, par les sysigies et les équinoxes, ou par les trembler mens de terre.
- La marée porte au vent; cette expression signifie que le mouvement ou le sens de la marée est contraire au vent.
- Nous avons vent et marée ; cela veut dire que le vent et la marce sont favorables à la route.
- Etablissement de la marée ; c’est l’heure de la haute mer, au tems des nouvelles et pleines lunes , dafis les différens ports connus. ( Voy. ETABLISSEMENT). On a des tables qui montrent l’établissement de la marée dans les différens ports. Au mojren de ces deux tables on peut savoir , en tout tems , l’heure de la pleine mer , dans un port quelconque , en ajoutant à l’heure de l’établissement, à-peu-près, autant de fois 49 minutes qu’il s’est écoulé de jours depuis la nouvelle ou pleine lune.
- MARGE , s. f. du latin margo.
- ( Bibliogr. ) Le blanc qui est autour d’une page imprimée ou écrite. Tes bibliographes font beaucoup de cas d’une grande marge.
- Notes marginales ; ce sont des annotations que des savons mettent quelquefois à la marge des livres, qui deviennent dans la suite un motif ou un prétexte pour en augmenter le prix.
- MABGRAVE , s. m. de l’allemand Marck-Graaf , composé de Marck., frontière , et de Graaf, juge , gouverneur , commandant : littéralement , gouverneur d’une province frontière.
- ( Econ. polit. ) Ce titre paroît avoir la même origine que celui de marquis. Il se donnoit anciennement aux seigneurs que les empereurs chargoient de commander les troupes , et de rendre la justice en
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- leur nom, dans les provinces frontières de leurs Etals. Il distingue quelques princes souverains d’Allemagne , dont le domaine, nommé margraviat, leur donne séance et voix déiibe'ralive à la diète de l’Empire.
- MALIGUILLIERS, s. m. corruption du lat. matricularii.
- ( Culte cathol. ) Ces administrateurs des biens et des revenus d’une église s’appeloient anciennement matriculi , matriculaire , parce qu’ils étoient dépositaires de la matricule où l’on inscrivoit les noms des pauvres , et parce qu’ils furent préposés dans la suite pour balayer l’église , parer les autels et sonner les cloches.
- MARIN , s. et adj. du lat. mare.
- ( Marine) Homme qui va sur mer et qui est attaché au service de la marine.
- Bon marin , grand marin ; c’est celui qui est expert au métier de la mer.
- ( Jlist. nat. ) Marin se dit aussi de plusieurs choses qui viennent.de la mer ou qui appartiennent à la mer, veau marin , loup marin , conque marine , etc.
- ( Physique ) Arc-en-ciel marin , Y. ARC-EN-CI1L.
- Trombe marine. TP. trombe.
- ( Chimie) Air acide marin. Voy. GAS ACIDE MURIATIQUE.
- Cas acide marin. V. GAS ACIDE MURIATIQUE.
- MARINE , s. f. du lat. mare. On entend par ce mot tout ce qui a rapport au service de la mer , soit pour là navigation , la construction des vaissequx , leur armement et équipement , et le commerce maritime , soit relativement aux corps des officiers civils et militaires, et à tous ceux qui sont employés pour le service des ports et arsenaux des armées navales.
- On entend par marine , l’ensemble de tous les vaisseaux et autres bâ-timens , et des munitions navales , appartenant à un Etat. C’est dans ce sens qu’on dit la marine de France , la marine d’Angleterre ; qu’on distingue la marine militaire , et la marine marchande.
- On exprime également par le terme de marine , le recueil des
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- connoissauces et des arts nécessaires à la construction , à l’armement et équipement des vaisseaux , à leur navigation , etc. Cette science est très - étendue et en embrasse une multilitude d’autres. Toutes les sciences mathématiques , la mécanique , l’hydraulique, l’hydrodynamique , la statique , l’astronomie , la physique, sont de son ressort ; de même que la plupart des arts et métiers les plus recherchés.
- ( Peinture ) Ce mot se dit du spectacle de la mer, comme paysage se dit du spectacle de la campague.
- Les peintres qui s’occupent de représenter des vues de la mer, de ses calmes, de ses bourrasques , de ses tempêtes , des dangers et des naufrages dont elle est le théâtre , se nomment peintres de marine.
- MARITIME, adj. du lat. mari-timus , pour juxta mare.
- ( Géogr. ) Bégions maritimes , villes maritimes , provinces maritimes.
- Les régions , les villes , les provinces situées sur les bords de la mer.
- Puissances maritimes ; les puis-sauces qui, outre qu’elles possèdent des provinces situées sur les bord* de la mer , ont encore un «^marine plus ou moins considérable.
- { Botan. ) Plantes maritimes : ce sont des plantes qui croissent sur les bords ou dans le voisinage de la mer.
- MARMENTEAU , s. m. du lat. barb. materiamen , formé de ma— teria, pour le bois propre à la construction.
- ( Eaux et forêts ) C’est un bois de haute - futaie , mis en réserve , qn’on ne taille point, et qui sert à la décoration d’une terre.
- MARMITE , s. f. du lat.marmor, marbre , parce que ce mot a été dit premièrement d’un pot de marbre de la forme d’un mortier.
- ( Econ, dont. ) Sorte de pot de fer , ou autre matière , où l’on fait bouillir les viandes dont on fait des potages.
- ( Physique ) Marmite de Papin ; vase de métal très-épais et très-fort, et exactement fermé par un cou-
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- verele Je métal, retenu par une forte vis. Cette marmite est de l’invention de Papin , et en la publiant , son inventeur avoit dessein d’introduire un moyen facile et peu coûteux d’extraire les sucs des matières animales et végétales , et de cuire les aiimeiis sans évaporation.
- MARNE , s. f. du latin marna, corrompu du celtique marga.
- ( Minéral„ ) La marne est une combinaison d’alumine de silice et de chaux ; elle est calcaire ou argileuse , selon que la chaux on Ta-lumine y sont plus abondantes. Cette terre est ordinairement déposée entre les bancs d’argile et de sable , rarement à la superficie de la terre, et le plus souvent à six, dix et quelquefois à plus de trente mètres de profondeur. On en distingue plusieurs variétés : la marne d’engrais qui fertilise les terres , par les sels qu’elle contient ; la terre à pipe , privée de particules ferrugineuses.
- MAROQUIN , s. m. du royaume de Maroc , en Afrique.
- ( Technol. ) Cuir de bouc ou de chèvre apprêté dans le royaume de Maroc , ou en Europe, à la manière des Maroquins.
- MAROTIQUE , adj. de marot ( Clément ), nom d’homme.
- ( Poésie ) Style Marotique ; on appelle ainsi dans la poésie française une manière d’écrire , dont Clément Marot, né à Cahors, en i4g5, valet de chambre de François premier, donna le modèle. Des idées simples , sans être communes ; naïves , sans être basses ; des tours nuis , sans négligence ; du feu sans hardiesse, une imitation constante de la nature, et le grand art de déguiser Part même : voilà ce qui fait le fond de ce genre d’écrire , et dont Marot paroît avoir déterminé le point de perfection.
- MARQUETERIE , s. f. de MARQUER, ( V. ce mot ) , ouvrage de
- fiièces de rapport de diverses cou-eurs.
- ( Technol. ) Cet art fut inventé eu Orient, et apporté en Occident par les Romains. Il fit des progrès en Italie vers le quinzième siècle, et a été porté en France} depuis en-
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- viroix cent-soixante ans, à son plus haut point de perfection.
- Le peintre Jean de Verme, contemporain de Raphaël, imagina le premier de teindre les trois avec divers ingrédiens, et des huiles cuites qui les pénétroient, et il parvint à faire des perspectives en marqueterie. Ses successeurs ayant trouvé le moyen de rendre leurs teintures plus parfaites, par l’usage des bois colorés d’Amérique ou de France ,et,eu outie, de faire brûler plus ou moins les bois sans les consumer, pour pouvoir imiter les ombres, sont venus à bout de faire des ouvrages de pièces de rapport qui imitent la peinture , et même sont regardés comme de véritables tableaux. Tels sont ceux de Boule , l’un des plus fameux ébénistes que la France ait produits.
- MARQUIS, s. m. de l’allemand Marck , frontière , marche , limite.
- ( Leon, polit. ) Ce titre , comme celui de margrave, décoroit autrefois les seigneurs à qui le souverain confioit la garde des frontières de ses Etats ; lesquels s’appellent marches, d’où est venu d’abord marchis , et ensuite marquis. Il s’est donné ensuite à celui qui possédoit une terre érigée eu marquisat.
- MARRON, s. m. contraction de si marron, de l’espagnol cimar-ron , fugitif.
- ( Colonies fr. ) On appelle ainsi dans les colonies un nègre qui s’est enfui de l’habitation de son maître, et qui se cache dans les bois, les cavernes, les montagnes , pour échapper aux rigoureux châtimens qu’on lui infligeroit immanquablement s’il étoit repris.
- Marron se dit aussi des animaux sauvages qui sont , ou que Ton croit de la même espèce que ceux que l’on nourrit dans les habitations : chien marron , cochon marron , etc.
- MARS , s. m. mot emprunté du latin , dérivé suivant quelques-uns de rnamers, qui, dans la langue des Osques; signifioit le dieu de la guerre.
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- ( Mythol. ) Le dieu de la guerre , dans la religion des Romains.
- ( Astron. ) Une des cinq planètes principales, et la moins éloignée de nous des trois supérieures. Elle est placée entre la terre et Jupiter. On la distingue par sa couleur rougeâtre.
- Mars a des phases comme la lune, selon ses d ftérentes situations , à l’égard de la terre et du soleil.
- La distance de cette planète au soleil est à celle du soleil à la terre , comme 5 est à 2.
- La période, ou l’année de Mars, est presque deux fois aussi grande que la nôtre, et son jour naturel est presqu’égal au nôtre.
- Pour la théorie de Mars , consultez VAstronomie de Lalande.
- ( Chronol. ) Mars est encore le troisième mois de L’année ancienne. C’est dans ce mois que l’hiver finit, le soleil entrant dans le signe du belier , le 20 ou le 21. Le moment où cela arrive est appelé l’équinoxe du printems. Le nom de mars a été donné à ce mois , parce qu’il fut consacré au dieu Mars par Romains; ce mois étoit le premier de l’année.
- ( Chimie ) Mars , en termes de l’ancienne chimie, signifie le fer. Les différentes préparations du fer ont également le nom de Mars. Ainsi on dit : safran de Mars, sel de'Mars , tartre martial, etc.
- ( Agri ult. ) Mars se dit encore des menus grains qu’on sème au mois de mars, comme les orges, les avoines , les millets,
- MARTEAU, s. m. du latin mar-tellus.
- ( Technol. ) Instrument de fer, ou de bois, qui sert à battre , et qui est nécessaire à presque tous les ouvriers.
- ( Anal. ) Marteau est le nom .d’un des quatre osselets qui se trouvent dans la caisse du tambour de l’oreille.
- MARTIAL, LE, adj. du latin martialis , fait de Mars, Martis.
- ( Econ. polit. ) Cour martiale ; c’est ainsi qu’on appelle en Angleterre , et qu’on a appelé pendant quelque tems en France , un conseil de guerre établi pour juger la
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- conduite des officiers de terre et de mer.
- MARTYR , s. m. du grec pkpavp {martur ) , témoin.
- ( Ilist. ecclés. ) L’église donne ce nom à ceux qui ont souffert la mort pour rendre témoignage à Jésus- Christ et à la vérité de son évangile.
- O11 regardoit, dans les premiers tems , comme martyrs , ceux qui étoient exilés pour la foi , ou qui mouroient dans les guerres de religion. Du tems de St.-Augustin et de St. -Epiphane, les confesseurs qui avoient souffert quelques tour-mens pour Jésus-Christ , avoient aussi le titre de martyrs, quoi qu’on ne leur eût pas ôté la vie.
- MARTYROLOGE , s. m. du gr. f/âpaup ( martur ) , martyr , et de x6yoi ( logos ) y discours : traité , catalogue , histoire , ouvrage sur les martyrs.
- ( Ilist. ecclés. ) L’usage dans lequel étoient les Romains d’inscrire le nom de leurs héros dans leurs fastes , pour perpétuer la mémoire de leurs belles actions , fit naître l’idée de dresser des martyrologes.
- Eusèbe de Césarée en fit un qui fut toujours célèbre dans l’ancienne église. Depuis, il en a été publié un très-grand nombre, particulièrement dans le neuvième siècle ; mais ils ne sont pas tous exacts. L’église romaine a adopté celui que Charles Usuard composa par l’ordre de Charles-îe-Chauve.
- MASCARET , s. ni. Voyez MA-CREE.
- 'MASCAROT'T, s. m. de l’italien mascarone, masque hideux.
- ( Archit. ) Ouvrage de sculpture représentant sur des portes, ou sur des fontaines , des têtes grotesques et ridicules.
- MASQUE , s. m. du latin barb. masca, faux visage.
- MASQUER , v. a. de de masque, mettre un faux visrge , couvrir , cacher une chose.
- ( Art milité) Masquer les portes, ou les avenues d’une ville ; lorsqu’une armée est en marche , pour qu’elle ne soit pas inquiétée dans sa marche, on envoie des grenadiers
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- sur les avenues , et aux portes des villes ennemies auprès desquelles elle passe ; et cela s’appelle masquer.
- Masquer une batterie ,* c’est également mettre des troupes devant une batterie pour que l’ennemi ne l’aperçoive pas.
- Masquer un passage ; c’est placer des troupes près d’un endroit où l’ennemi est obligé de passer, ou d’où l’on suppose qu’il puisse venir.
- ( Marine') Etre masqué par le vent, faire chapelle ou être coiffé ; ces phrasés expriment la situation d’un vaisseau, qui , contre la volonté de celui qui le dirige ou le gouverne, a reçu subitement le vent sur la surface antérieure de • ses voiles ; ce qui le fait culer ou aller par l’arrière, au lieu d’avancer, et l’expose même à démâter. V. COIFFER.
- MASSE, s. f. du latin massa, fait du grec pét^a. ( maza ).
- ( Physique) On appelle ainsi, en physique ', Ta quantité de matière propre que contient un corps.
- Newton.a prouvé par des expériences fort exactes, que le poids des- corps- étoit proportionnel à la quantité de matière qu’ils contiennent.
- ( Peinture ) Ce mot ne s’emploie en peinture que relativement à l’effet du clair-obscur ; et comme le clair-obscur se composé de lumières , de demi-teintes , des ombres et des reflets, il peut y avoir des masses de ces différentes espèces, on dit donc : Une belle masse d’ombre, une belle masse de lumière. Ainsi on dit : Ce dos, cette poitrine fait une belle masse ; c’est par rapport au clair-obscur, et non par rapport à la forme, que l’on considère ces parties.
- Les masses sont au clair-obscur ce que les groupes sont à l’ordonnance des objets ; ou plutôt les masses ne sont que de véritables groupes de clairs, de demi-teintes, de bruns et de reflets.
- Les Vénitiens ont été les plus grands maîtres dans l’art d’épancher les lumières et les ombres, sans pa,-Tome IL
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- roître cependant rechercher les oppositions violentes.
- MASSETER , s. m. du grec put-thopcti ( massaomai ) , manger.
- ( Anat. ) C’est le nom d’un muscle fort et charnu , qui sert à tirer la mâchoire inférieure vers la supérieure , lorsque l’on mange.
- MASSICOT, s. m. d’origine française.
- (Minéral.) Acide jaunedeplomb , que l’on obtient en faisant chauffer plus longtems l’oxide gris de plomb , avec le contact de l’air.
- En raison de sa nuance , on en distingue deux espèces dans le commerce, le massicat jaune et le blanc. On en fait un grand usage dans les arts , surtout dans la peinture.
- MASSORE , s. £, de l’hébreu masorah , tradition.
- ( Thêol. judaïque ) Critique que les anciens docteurs juifs ont inventée pour fixer la lecture du texte hébreu de la Bible , et le garantir de toute altération. On tient que ce sont les docteurs juifs de l’école de Tibériade qui ont fait ou du moins commencé cette massore z c’est pourquoi ils sont appelles mas-sorettes, traditionnaires.
- Les Arabes ont fait la même chose sur l’Alcoran : il y a une grande et petite massore.
- MASTIC , s. m. du grec psumyn ( mastichê ) , espèce de gomme qui vient d’un arbrisseau appellé len-tisque. Ce mastic que les droguistes appellent mastic en larmes , pouc le distinguer du mastic ou ciment qu’on fait avec de la résine et de la brique pulvérisée , vient de l’ile de Cliio ; il est beaucoup plus gras et plus balsamique que celui du levant qui nous vient par la voie de Marseille.
- Les orientaux lui croient une grande vertu contre les maux de dents. Les femmes en mâchent fréquemment.
- MASTICATION, s. f. du latin masticatio, fait de mastico , mâcher.
- ( Econ. animale ) Action de mâcher les alimens.
- ( Masticatoire ) , s. m. de masti-catorium, fait de mastico, déHYé Xi
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- de [/.a.ç-i^ctu ( maslichaô ), mâcher.
- ( Méd. ) Remède qu’on met dans la bouche et qu'on mâche pour faire sortir la salive.
- MASTODYNIE , s. f. du grec ^æç-sç ( maslos ) , mamelle , et de ejvm ( pdunê ), douleur.
- ( Méd. ) Douleur des mamelles. MASTOIDE , s. m. du gr. jua-ç-bç 1 mastos ) , mamelle , et d’sicfoc ( eidos ) , forme, ressemblance , qui a la figure d’une mamelle.
- ( Anat. ) Nom que l’on donne à l’apophyse de l’os temporal, à cause de sa ressemblance à une petite mamelle.
- M ASTIJPRATION , s. f. contraction du latin manustapratio , l’action dfe se polluer avec la main.
- ( Méd. ) Vice qui est suivi de maladies terribles et ordinairement incurables. Elle se dit en parlant de cette coupable habitude : n'an,éan--tissons pas dans la santé des secours dont nous aurons besoin dans la maladie.
- MATTE, ad], de l’allemand mat, qui n’a point d’éclat.
- ( Métall. ) Il ne se dit guères que des métaux qu’on met en œuvre , sans y donner le poli.
- MAT, ( échecs ) , mot persan. ( échecs) Il se dit du coup qui fait gagner la partie , en réduisant le roi contraire, par l’échçc qn’on lui donne , à ne pouvoir sortir de sa place , sans se mettre en nouvel échec.
- MAT , s. m. de l’allemand mast. (. Marine ) Les mâts sont en général de longs arbres ou pièces rondes et droites, ordinairement d’un bois de sapin , ou autre bois résineux , léger et d’un grain fin et haut, pour porter les vergues et les voiles , qui servent par l’impulsion du vent à faire avancer le batiment à travers le fluide.
- L’expérience générale et la pratique de toutes les nations maritimes ont fixé le nombre des mâts des plus gros vaisseaux à quatre : le mât d’artimon , qui est le plus près de la poupe ou de l’arrière ; le grand mât, qni est vers le milieu du vaisseau ; le mât de misaine qui
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- est à une petite distance de l’avant? et enfin , le mât de beaupré , qui est établi tout-à-fait à la proue , et s’élève obliquement, faisant sail lie en avant du vaisseau , et formant avec l’horizon un angle de 35 degrés au plus. Mais l’usage ne permet pas de tenir compte de ce dernier mât ; et les vaisseaux ainsi matés sont nommés VAISSEAUX A TROIS MATS.
- MATELOT , s. m. de mât, selon Nicot et, selon M. Huetde hiorite (massaliotés) , Marseillois , parce que les Marseillois étoient très-intelligens dans la navigation.
- ( Marine ) Homme de mer, fait et instruit à tput ce qui regarde la manœuvre des vaisseaux , et les opérations de marine.
- Vaisseau matelot ; on appelle dans une escadre ou division d’une armée , matelots du commandant , les deux vaisseaux entre lesquels le vaisseau du commandant ou du chef de divisiou doit se poster et combattre dans la ligne ou ordre de bataille ; l’un en avant, l’autre en arrière de lui.
- De même on appelle matelot d’avant on matelot d’arrière , tout vaisseau qui est placé suivant le même ordre de bataille , immédiatement en avant ou en arrière d’un autre vaisseau dont on parle.
- Les vaisseaux matelots doivent soutenir dans l’action le vaisseau dont ils sont matelots.
- On appelle encore quelquefois vaisseau matelot tout vaisseau qui, faisant route avec un ou plusieurs' autres , manœuvre et marche lestement , de manière à les suivre de près.
- MATÉOLOGIÊ , s. f. du grec [Acncttaç ( mataios ) , vain , inutile , et de xLyoç ( logos ) , discours.
- ( Didact. ) Vaine recherche , volonté blâmable d’approfondir des matières abstraites. Ils’emploie particulièrement pour exprimer la téméraire audace de ceux qui veulent approfondir les mystères de la religion.
- MATEREAU, s. f. diminutif de MAT.
- (, Marne ) Longue pièce brute de
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- fcoîs de sapin , qui est trop petite pour faire un mât ordinaire , et qu’on emploie à différens usages , à faire de petits mâts, etc.
- MATÉRIALISME , s. m. du lat-matériel, matière,
- ( Philos. ) Système de ceux qui pensent que l’âme est matérielle ; opinion de ceux qui n’admettent que la matière pour cause et pour effet.
- MATHEMATIQUES . du grec [inathêma], science, dérivé de ^wavS&vo) (' manthand), apprendre, comme qni diroit la science par excelieuce ; c’est la science qui a pour objet les propriétés de la grandeur , en tant qu’elié est calculable ou mesurable.
- Les mathématiques se divisent en deux classes ; la première qu’on appelle mathématiques pures, considère les propriétés de la grandeur, d’une manière abstraite ; or , la grandeur, sous ce poiqt de vue , est calculable ou mesurable : dans le premier cas, elle est représentée par des nombres ; dans le second par l’étendue. Dans le premier cas, les mathématiques pures s’appellent arithmétique ; dans le second) géométrie.
- La seconde classe s’appelle mathématiques mixtes : elle a pour objet les propriétés de la grandeur concrète „ en tant qu’elle est mesurable. V. CONCRET.
- Du nombre des mathématiques mixtes , sont la MÉCANIQUE , L’OPTIQUE, L’ASTRONOMIE , LA GÉOGRAPHIE , LA CHRONOLOGIE , L’ARCHITECTURE MILITAIRE , L’HYDROSTATIQUE , L’HYDRAULIQUE, L’HY-DROGRAPHiE ou NAVIGATION. V. ces mots,
- MATIÈRE , s. f. du lat materîa, formé de mater , mère , la matière étant ce dont toutes choses sont faites.
- ( Physique ) Substance impénétrable , divisible , étendue en longueur , largeur et profondeur.
- A ces propriétés de la matière , connues par les anciens , Newton en a ajouté une nouvelle , celle de l’attraction.
- Nous connoissons ces propriétés ; Jes phénomènes qui se passent sous
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- nos yeux nous l'ont les découvrir tous les jours ; mais quelles en sont les causes ? quelle en est l’essence ? quel’ est le sujet où ces propriétés résident ? c’est ce qui reste encore à découvrir.
- Matière électrique ,* on appelle ainsi un fluide extrêmement subtil , qui sejnet en dedans et en dehors d’un corps électrisé , qui lui forme une espèce d’atmosphère, qui étend son action à une distance plus ou moins grande, et qui est la cause immédiate de tous les phénomènes de l’électricité. V. ÉLECTRICITÉ.
- Matière affluente ; c’est une portion de la matière électrique qui se porte vers un corps actuellement électrisé, et qui lui vient de tous les corps qui l’avoisinent , et même de l’air qui Perivironne. V. AFFLUENTE, ÉLECTRICITÉ.
- Matière ejjluente ; c’est une autre portion de la matière électrique qui sort d’un corps actuellement électrisé , en forme de bouquets ou d’aigrettes composée de rayons divergens. Vovez. EFFLUENTE, ÉLECTRICITÉ.
- Matière, ignée , ou matière du feu ; c’est une matière très-subtile , qui par son action produit au moins la chaleur, et souvent l’embrasement. C’est ce que les chimistes modernes appellent CALORIQUE , V. ce mot.
- Matière magnétique ; on appelle ainsi un fluide subtil et invisible qui entoure chaque aimant , soit naturel , soit artificiel , et qui paroît circuler d’un pôle à l’autre, en formant à l’aimant une espèce d’atmosphère. V. AIMANT.
- Matière subtile ; c’est le nom que l’on donne à un fluide extrêmement délié , prodigieusement élastique , et très-actif, qui est répandu partout , et dont l’action influe considérablement sur le mécanisme de l’univers.
- L’existence de ce fluide est avouée par tous les philosophes. Descartes l’a admis sous le nom de premier élément ; mais il ne lui a point donné d’élasticité, puisqu’il a supposé à ses molécules une dureté parfaite, Newton lui a donné le nom
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- d’éther, et l’a supposé 700,000 fois plus rare, et en même tems 700,000 Ibis plus élastique que l’air que nous respirons. C’est au moyen de ce fluide qu’on peut rendre raison d’un grand nombre de phénomènes qui seroient inexplicables sans lui.
- MATRAS, s. m. du latin barb. matracium , fait de matresco , ressembler à une mère , avoir le ventre gros. -
- ( Chimie ) Espèce de vaisseau de verre , sphérique , ayant un col cylindrique , long et étroit, dont on se sert comme récipient, dans les distillations et autres opérations chimiques et physiques.
- ( Physique ) Matras de Bologne 5 r’est une petite bouteille de verre , en forme de pierre creuse , dont le fond est fort épais , et que l’on casse en plusieurs pièces-, en y laissant tomber un petit gravier anguleux , ou un fragment de pierre à fusil ; ce que ne fait pas une balle de plomb, quoique plus pesante.
- La rupture du matras de Bologne est assez analogue à la LARME B ATAVIQUE ( V. ce mot ) ; comme elle, il a été refroidi comme en
- fplusieurs tems , et sa surface l’a été a première. Eu Conséquence, si un corps anguleux vient à l’entamer, cela donne lieu à ces parties mal jointes et qui sont dans un état de contraction , de se briser en se débandant.
- MATRICE, s. f. du latin matrix.
- ( Physiol. ) La partie de la femme où se fait la conception et où l’enfant se nourrit. C’est un viscère dontla ligure approche assez de celle d’une fiole ; le fond ou la base de la fiole , ou du triangle, est en Faut, >et le col ou la pointe est en bas. Sa grandeur ordinaire , dans une femme qui n’est point grosse, est de trois bons pouces de longueur , ayant à-peu-près la même largeur vers son fond.
- ( Minéral. ) Matrice se dit du lieu ou de la substance où se forment les minéraux.
- ( Monnaie ) Il se dit aussi des carrés des médailles , ou des monnaies gravées avec le poinçon.
- ( Métrai. ) Matrice est aussi l’o-
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- rig'mal ou l’étalon des poids et mesures.
- ( G raveurs et fondeurs en caractères ) Matrice signifie un morceau de cuivre qui a reçu en creux l’empreinte de la lettre gravée sur le poinçon , et qui donne le relief de cette lettre par le moyen de la fonte.
- ( Teintures ) Couleurs-matrices ; ce sont les couleurs qui servent à en composer d’autres.
- MATRICULE , s. f. du lat. ma* tricula , diminutif de matrix : la matricule étoit un registre qui ser-voit à contenir les noms des soldats, comme la matrice contient le corps d’un enfant.
- ( JE con. polit.) Registre, liste, catalogue, dans lequel on inscrit les noms des personnes qui entrent dans quelque corps ou société.
- Matricule de l’Empirec’est le registre sur lequel sont portés les noms des princes et Etats de l’Empire , avec la portion contributoire de chacun d’eux dans les charges publiques et pour l’entretien de la chambre impériale. L’électeur de Mayence erx est dépositaire.
- MAUSOLÉE, s. m. de Mausole, nom propre.
- ( Archit. ) On appelle ainsi les tombeaux des rois , et ceux que la reconnoissance élève à d’illustres personnages qui ont rendu des services importansà la patrie.
- C’est du tombeau qu’Artémise, reine de Carie, fit bâtir à Mausole , son époux, que le nom de mausolée a été donné à tous les monumens de ce genre. On ne nomme point autrement le superbe édifice qu’Auguste construisit, pendant son troisième consulat, entre le chemin de Flaminius et le Tibre, pour y être enterré avec les siens , et les tombeaux des rois d’Egypte, où Cléopâtre s’enferma , et se fit piquer par un aspic, pour éviter la honte d’être emmenée en triomphe à Rome.
- Le premier tombeau qu’on ait vu en France , qui respire le bon .goût de l’antiquité, est celui de Louis XII, par le célèbre Ponce.
- MAXILLAIRE , adj. du latin maxilla, mâchoire : qui appartient à la mâchoire.
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- ( À nerf. ) U artère maxillaire , interne et externe , ou les quatrième et cinquième branches antérieures de la carotide externe.
- La fosse maxillaire ; légère cavité qui se trouve à la capacité moyenne de la face antérieure de Vos maxillaire.
- Glandes maxillaires ; glandes situées sur les parties latérales de la mâchoire.
- Nerf maxillaire, supérieur et inférieur.
- L’os maxillaire, tant inférieur que supérieur.
- Sinus maxillaire ; grande cavité creusée sous l’orbite de l’os maxillaire.
- MAXIME, s. f. du lat. maxima f sous-entendu sententia.
- ( Didact. ) Proposition générale qui sert de principe , de fondement , de règle, en quelques arts ou sciences.
- ( Musique ) Intervalle maxime adj. ) ; celui qui est plus grand que e majeur de la même espèce , et qui ne peut se noter.
- Le semi-ton maxime fait la différence du semi-ton mineur au ton majeur.
- Le dièse maxime est la différence du ton mineur au semi-ton maxime.
- Le comma maxime , ou comma de Pythagore , est la quantité dont diffèrent entr’eux les deux termes les plus voisins d’une progression par quintes , et d’une progression par octaves.
- Maxime (subst. ) est encore une note faite en carré loup horizontal, avec une queue au coté droit, laquelle vaut huit mesures à deux tems , c’est-à-dire , deux longues et quelquefois trois, selon le mode. Cette sorte de note n’est plus d'usage depuis qu’on sépare les mesures par des barres, et qu’on marque avec des liaisons les ténues , ou continuités de sons.
- MAXIMUM, s. m. mot emprunté du latin.
- ( MatTièmat. Analyse ) ce mot désigne l’état le plus grand où une quantité variable peut parvenir, eu égard aux lois qui en déterminent la variation. Consultez 1 e dixième et la onzième chapitre du calcul di>f-
- MEC 5ot
- férentiél de M. Euler , seconde partie.
- MEANDRE, s. m. du lat. M;ean~ der.
- ( Géogr. ) Fleuve de l’Asie mineure , remarquable par la quantité de tours et détours qu’il fait avant que d’arriver à son embouchure.
- ( Poésie-) On a donné par extension le nom de méandres aux détours et sinuosités des rivières , par allusion à celle dont le fleuve Méandre est rempli. C’est ainsi qu’on a dit que la navigation de la Seine étoit longue à cause de ses méandres.
- MÉAT. s. m. contraction du lat. meatus, formé de meo , couler : passer d’un lieu à un autre : conduit , passage.
- ( Physiol. ) Il se dit de tous les canaux du corps qui portent quelque fluide. Le trou auditif s’appelle méat auditif ; l’aquéduo d’Eustache porte aussi le nom de méat. Le méat urinaire est l’orifice de l’urètre.
- MÉCANIQUE , s. f. du grec p»-x«vn ( mêchanê), art, adresse , machine : partie des mathématiques mixtes , qui considère le mouvement et les forces motrices , leur nature , leurs lois , et leurs effets dans les machines.
- La partie des mathématiques qui considère le mouvement des corps y en tant qu’il vient de leur pesanteur , s’appelle quelquefois, statique , par opposition à la partie qui considère les forces mouvantes, et leur application, laquelle est nommée mécanique ; mais on appelle plus proprement statique , la partie de la mécanique qui considère-les corps et les puissances dans un, état d’équilibre, et mécanique la partie qui les considère en mouvement.
- Mécanique, pris adjectivement , se dit aussi de ce qui a rapport à la mécanique, ou qui se règle par la nature et les lois du mouvement. C’est dans ce sens qu’on dit puissances mécaniques, propriétés oit affections mécaniques r principe& mécaniques,
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- 5ü2 M E C
- Affections mécaniques ; ce sont les propriétés de la matière qui résultent de sa figure , de son volvjme et de son mouvement actuel.
- Causes mécaniques-, ce sont celles qui out de telles affections pour fondement.
- {Solutions mécaniques) Ce sont celles qui n’emploient que les mêmes principes.
- FhilosopLie mécanique ; c’est la même qu’on appeloit autrefois corpusculaire , c’est-à-dire , celle qui explique les phénomènes de la nature , et les actions des substances corporelles par les principes mécaniques ; savoir, le mouvement , la pesanteur, la figure, l’arrangement, la disposition , la grandeur ou la
- Ïietitesse des parties qui composent es corps naturels.
- Jouissances mécaniques , ou plus proprement forces mouvantes ; ce sont les six machines simples auxquelles toutes les autres , quelque composées qu’elles soient, peuvent se réduire , ou de l’assemblage desquelles toutes les autres sont composées. Voyez PUISSANCE , MACHINE.
- Mécanique est encore d’usage en mathématiques , pour marquer une construction ou solution de quelque problème qui n’est pas géométrique, c’est-à-dire , dont on ne peut venir à bout par des descriptions de courbes géométriques. Telles sont les constructions qui dépendent de la quadrature du cercle.
- Courbe mécanique-, c’est un terme que Descartes a mis en usage pour marquer une courbe qui ne peut pas être exprimée par une équation algébrique , par opposition aux courbes algébriques ou géométriques.
- M. Leibnitz et quelques autres les appellent transcendantes , an lieu de mécaniques, et ils ne conviennent pas avec Descartes qu’il faille les exclure de la géométrie.
- Le cercle, les sections coniques , etc., sont des courbes géométriques, parce que la relation de leurs ab-eisses et de leurs ordonnées est exprimée en termes finis. Mais la cy-cloïde , la spirale , et une infinité d’autres sont des courbes mécaniques ou transcendantes , parce
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- qu’on ne peut avoir la relation de leurs abcisses à leurs ordonnées , que par des équations différentielles, c’est - a - dire , qui contiennent des quantités infiniment petites. Voyez DIFFERENTIELLE, FLUXION , EXPONENTIELLE , etc.
- Les anciens n’ont cultivé la mécanique que par rapport à la statique , et parmi eux Archimède s’est distingué sur ce sujet par ses deux traités deœquiponderantibus , etc., insidentibus humido.
- H étoit reservéaux modernes,non-seulement d’ajouter aux découvertes des anciens , touchant la statique , mais encore de créer une science nouvelle , sous le titre de mécanique proprement dite, ou de la science des corps en mouvement.
- On doit à Stevin le principe de la composition des forces que M. de Varignon a depuis heureusement appliquée à l’équilibre des machines ; à Galilée , la théorie de l’accélération et descent^à MM. Huygliens, Wren et Wallis , les lois de la percussion et communication du mouvement; à Al. Huygliens, les lois des forces centrales dans le cercle, a M. Newton, l’extension de ces lois aux autres courbes et au système du monde ; enfin, aux géomètres du siècle dernier la théorie de la dynamique.
- ( Astron. ) Mécanique céleste ; c’est le nom d’un ouvrage publié dernièrement par M de Laplaee, qui renferme une nouvelle théorie de la lune , et où l’on trouve entre autres la découverte d’une nouvelle inégalité,dont la pe'riode est de îBans.
- ( Anal. ) Les anatomistes disent la mécanique du nez, de la langue , des valvules, etc., pour dire la configuration , la composition de ces parties , et aussi pour leurs mouve— mens et leurs usages.
- ( Technologie ) Art mécanique. V. ART.
- MECENE, s m. de MÉCENAS , nom propre.
- (Beaux-Arts. ) On appelle ainsi un protecteur des lettres et des arts, du nom d’un chevalier romain -, favori d’Auguste , qui fut l’ami et le protecteur des gens de lettres.
- ' MÉCOMETRE, s. m. du gree
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- ^tïïjcos ( mêkos ) , longueur, et de p.trpov ( mélron ), mesure.
- ( Géom. ) Instrument propre à mesurer les longueurs.
- MÉCANISME , s. f. même origine que MECANIQUE : la structure d’un corps , suivant les lois de la mécanique ; le mécanisme d’une montre.
- MÉCONIUM, s. m. du grec unx-mv ( mêkôn ) , pavot.
- ( Mat. méd. ) Suc tiré du pavot par expression , et desséché.
- ( Médecine ) C’est par analogie de couleur et de consistance que les médecins ont donné ce nom aux excrémens qui s’amassent dans les gros intestins des enfans , pendant la grossesse de leur mère , et qu’ils rendent aussitôt qu’ils sont nés.
- MÉDAILLE , s. f. de metallum , métal.
- ( Numismatique ) On appelle médaille toute pièce d’or , d’argent ou de bronze à deux faces , qui porte une empreinte destinée à conserver la mémoire d’un grand homme , d’un souverain , ou d’un événement remarquable.
- L’art numismatique a, comme les autres arts, ses termes d’usage, dont voici les principaux:
- Buste a’une médaille ; c’est un portrait à mi corps , qui ne présente que la tête, le cou, les épaules , une
- fartie delà poitrine, et quelquefois es deux bras.
- Champ dJune médaille ; c’est le fond de la pièce qui est vide , et sur lequel on n’a rien gravé.
- Coin d'une médaille ; c.’est la même chose que le carré ou la matrice. V. MATRICE.
- Corps d'une médaille ; ce sont toutes les figures qui sont gravées sur la médaille.
- Exergue d'une médaille ; c’est un mot, des chiffres marqués dans les médailles , au-dessous des têtes qui y sont représentées , soit sur le revers , ce qui est plus ordinaire , soit sur la tête.
- Inscription d'une médaille ; ce sont les paroles qui tiennent lieu de revers, et qui chargent le champ de la médaille au lieu de figure. Légende de la médaille -} ce sont
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- les lettres qui sont autour de la médaille , et qui servent à expliquer les figures gravées dans le champ.
- Module d'une médaille ; c’est une grandeur déterminée des médailles , d’après laquelle on compose les différentes suites.
- Monogramme d'une médaille ; ce sont des lettres entrelacées qui dénotent, ou le prix de la monnaie , ou une ‘époque , ou un nom de ville, etc.
- Nimbe d’une médaille ; c’est un cercle rayonnant qu’on remarque principalement sur les médailles du Bas Empire.
- Ordres des médailles ; ce sont des classes générales sous lesquelles on distribue les suites, tes ordres sont ordinairement au nombre de cinq ; le premier contient la suite des rois ; le second la suite des villes j le troisième la suite des consulaires ; le quatrième la suite des impériales ; et le cinquième toutes les divinités , les héros , les hommes célèbres de l’antiquité.
- Panthèes dans les médailles , ce sont des têtes ornées de symboles de plusieurs divinités.
- Parazonium dans une médaille ; c’est une sorte de poignard, de courte épée , de bâton , de sceptre, tantôt attaché à la ceinture , tantôt appuyé par un bout sur le genou, et tantôt placé d’une autre manière.
- ( Médaille quinaire ) C’est une médaille du plus petit volume, en tout métal.
- Relief d'une médaille ; c’est la saillie des figures et des types.
- Revers d'une médaille ; c’est le côté d’une médaille opposé à la tête.
- Suite de médailles ; c’est l’arrangement qu’on donne aux médailles dans un cabinet , soit d’après leur différente grandeur , soit d’après les têtes ou les revers.
- Symbole ou type des médailles ; c’est un terme générique qui désigne l’empreinte de tout ce qui est marqué dans le champ des médailles.
- Tête de médaille ; c’est le côté de la médaille opposé au revers.
- Volume d'une médaille ; c’est l’épaisseur, l’étendue, le relief d’une médaillé, et la grosseur de la tête.
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- Médailles contrefaites ; celles qui sont fausses et imitées.
- Médailles dentélées ou crénelées; celles en argent , dont les bords font une dentelure; elles sont communes parmi les médailles consulaires, jusqu’au tems d’Auguste , depuis lequel il n’y en a peut-être pas une.
- Médailles éclatées ou fendues ; celles dont les bords sont éclatés ou fendus par la force du coin.
- Médailles fausses ; celles qui faites à plaisir , n’ont jamais existe' chez les anciens.
- Médailles fourrées ; celle de bas aloi, avec un faux revers ; celles de l’antiquité qui sont couvertes d’une petite feuille d’argent sur le cuivre ou sur le fer , battues ensemble avec tant d’adresse , qu’on ne les re-connoît qu’à la coupure.
- Médailles non frappées ; pièces de. métal d’un certain poids , qui servoient à faire des échanges contre des marchandises et des denrées , avant qu’on eût trouvé l’art d’y imprimer des figures ou des caractères , par le moyen des coins ou du marteau.
- Médailles frustes ; celles qui sont défectueuses dans la forme et qui pèchent , soit en ce que le métal est rogné , le grenetis effleuré , la le-gendre effacée, les figures biffées , où la tète méconnoissable, etc.
- Médailles inanimées ; celles qui sont sans légende ; la légende étant regardée comme l’ame de la médaille.
- Médailles incertaines ; celles dont on ne peut déterminer ni le tems , ni l’occasion pour laquelle od les a fait frapper.
- Médailles incuses ; celles qui ne sont marquées que d’un côté ; ce défaut qui provient de l’oubli ou de la précipitation du monnayeur , est commun dans les monnayes modernes, depuis Othon jusqu’à Henri l’Oiseleur. On en trouve aussi dans les consulaires et dans lès impé-/ riales de bronze et d’argent.
- Médailles marlélées ; celles dont ©n a fait une médaille rare d’une commune , en se servant du marteau.
- Médailles moulées ; ce sont des
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- médailles antiques qui n’ont point été frappées, mais qui ont été jetées en sable dans des moules , et ensuite réparées.
- Médailles réparées ; ce sont des médailles antiques , qui étoient frustes , endommagées , et qu’on a rendues par artifice, entières, nettes et lisibles.
- Médailles saucées ; celles qui sont battues sur le seul cuivre, et ensuite couvertes d’une feuille d’étain.
- Médailles sans tête ; celles qui n’ont que des légendes et point de tête.
- Médailles contorrnates; celles en bronze , qui ont une certaine en-fonçure tout autour , qui laisse un rond des deux côtés , et avec des figures qui n’ont presque point de relief,en comparaison des vraies mé-dailles.
- Médailles contre-marquées ; ce sont des médailles grecques ou latines , sur lesquelles se trouvent empreintes , par autorité publique , différentes figures, types, symboles, lettres , après qu’elles ont eu cours dans le commerce.
- Médailles rares ; celles qui ne se trouvent que dans les cabinets de quelques curieux. ; par exemple , V Othon est rare dans toutes les suites de bronzes , sur-tout celui de grand bronze, qui n’auroit pas de prix.
- Médailles restituées ; ce sont des médailles , s.oit consulaires , soit impériales , sur lesquelles , outre le type et la légende , qu’elles ont eus dans la première fabrication , on voit de plus le nom de l’Empereur qui les a fait frapper une seconde fois , suivi du mot restiiuit, quelquefois abrégé.
- Médailles uniques ; celles que les antiquaires n’ont jamais vues dans les cabinets de renom, et dont on présume qu’il n’existe qu’une seule de cette forme et de ce métal. Ainsi , l’Othon de véritable grand bronze est unique ; de même que le médaillon grec de Piscennins , en argent. L’anniafausta d’argent est unique.
- Médailles votives ; celles où l’on inscrivoit des voeux publics que l’on,
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- Faisoît pour la santé des Empereurs , de cinq ans en cinq ans , de dix ans en dix ans , et quelquefois de vingt ans en ringt ans.
- Médailles sur les allocutions ; ce sont certaines médailles de plusieurs empereurs romains , sur lesquelles ils sont représentés haranguant des troupes, et la légende de ces sortes de médailles est allo-cutio.
- Médailles de consécration ; ce sont celles frappées en l’honneur des Empereurs après leur mort , lorsqu’on les plaçoit au rang des Dieux.
- Médailles cislophores ; ce sont celles qu’on frappoit par autorité publique , au sujet des orgies ou fêtes de Bacchus.
- Médaillés bractéates ; ce sont des pièces, du plutôt de simples feuilles de métal, chargées d’une empreinte grossière. La Suède a donné naissance auxmonumens de cette espèce, sur la fin du huitième siècle.
- Médailles d’or-, l’or des anciennes médailles grecques est extrêmement pur. Les Romains ne commencèrent à se servir de monnoie d’or que l’au 547 de Rome. L’or de leurs médailles impériales est de même aloi que celui des Grecs.
- Médailles d’argent ; l’usage des médailles d’argent commença chez les Romains , l’an 487 de Rome ; mais l’argent le plus fia de leurs médailles , est d’un sixième plus bas que nos monnaies de France , tandis que leur or est plus pur que le nôtre.
- Médailles de billon ; c’est ainsi qu’on nomme toute médaille d’or ou d’argent , mêlée de beaucoup d’alliage. Depuis le règne de Gallien on ne trouve presque que des médailles de pur billon , dont les unes sont battues sur le seul cuivre , et couvertes d’une feuille d’étain ( saucées ) , et les autres n’ont qu’une feuille d’argent battue fort adroitement sur le cuivre ( fourrées ).
- Médailles de bronze ; on donne ce nom à toute médaille de cuivre que les médaillistes ont cru ennoblir , en leur donnant le nom de br onze. Les médailles en bronze sont si nombreuses qu’on a été obligé
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- de les diviser en trois classes : le grand, le petit, et le moyen bronze. On juge du rang de chaque bronze par son volume , qui comprend en même teins l’étendue et l’épaisseur de la médaille, la grosseur et le relief de la tête; ainsi, telle médaille aura l’épaisseur du grand bronze, et cependant sera classée dans le moyen, si elle n’a qu’une tête du moyen ; et telle autre qui aura peu d’épaisseur sera classée dans le grand bronze , à cause de la grosseur de la tête ; au reste , cela dépend beaucoup de l’arbitraire descurieux.
- Médailles anciennes ; les antiquaires ne sont pas d’accord sur l’époque à laquelle on doit faire descendre les médailles anciennes , les uns s’arrêtent au règne de Posthume ou de Constantin ; les autres font descendre l’âge de l’antique jusqu’à la ruine de l’empire de Constantinople , en i453.
- Médailles égyptiennes ; ou elles ont été trappées en l’honneur des rois d’Egypte , et alors elles sont très-précieuses , pour l’histoire de ces rois ; ou elles l’ont été en l’honneur des empereurs romains, et elles servent à l’éclaircissement de l’histoire des Empereurs.
- Médailles grecques ; les Grecs commencèrent à battre monnaie longtems a vaut la fondation deRome; mais il ne reste aucune monnaie de ce tems là. On croit généralement qu’une des plus anciennes monnaies grecques qui nous reste , est une petite médaille d’or de Cyrène. Les Grecs se perfectionnèrent promptement dans l’art de battre monnaie. On en peut juger par les médailles de Geion , d’Agathocles , de Philippe, d’Alexandre, de Lysimachus, de Cassandre , etc.
- Médailles consulaires ; on n’entend point par ce mot des médailles frappées par ordre des consuls, dans le tems où ils gouvernoient Rome. Il est certain qu’on n’a frappé des médailles à Rome , que sur la fin du cinquième siècle de sa fondation. Ce ne fut que vers le tems de Marius , de Sylla , de Jules-César , et surtout du triumvirat , que les mon-nétaires romains , prennant un peu
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- plus d’essor, commencèrent à rappeler sur les monnaies les actions mémorables de leurs ancêtres. Ces sortes de médailles, qui presque toutes ont été frappées dans le même siècle , portent encore le nom de familles romaines.
- Médailles impériales ; ce sont celles qui représentent les têtes des empereurs romains régnant, ainsi que celles de quelques Impératrices. On divise ordinairement les médailles impériales en deux classes ; celles du Haut-Empire et celles du Bas-Empire. Les curieux estiment davantage les médailles du Haut-Empire , parce qu’elles sont infiniment mieux frappées que les autres.
- Médailles étrusques ; il n’y a pas très-long-tems que l’on s’occupe à recueilli' les médailles étrusques : elles peuvent jeter un grand jour sur cette partie si obscure de l’histoire ancienne ; -mais on désespère d'en pouvoir jamais faire une suite.
- Médailles gothiques ; ces médailles, frappées par quelques rois Gotlis, sont communément en bronze; mais, eu général , on appelle médailles gothiques celles qui , ayant été frappées dans des siècles barbares , sont si mal faites , qu’à peine on peut distinguer les figures.
- Viennent ensuite les médailles hébraïques , phéniciennes ou puniques , samaritaines : celles des villes , telles qu’Athènes , Lacédémone , Crotane , Olba , etc.
- Médailles modernes ; on appelle ainsi les médailles qui ont été frappées depuis environ trois cent cinquante ans , c’est - à - dire , depuis la prise de Constantinople par les Turcs.
- MEDAILLER , s. m. de médaille.
- ( Numismal. ) Espèce de meuble , composé de plusieurs planchettes à tiroir, dans lesquelles il y a de petites enfonçures de forme ronde et de différentes grandeurs , propres à recevoir toutes sortes de médailles , suivant l’ordre, les suites auxquelles elles appartiennent.
- MEDAILLON , s. m. du lat. me-ialliones , dont les Italiens ont fait
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- medaglioni , augmentatif de médaille.
- Les médaillons sont des médailles' d’une grandeur extraordinaire. C’é-toit communément une espèce de médaille dont les princes faisoient présent à ceux qu’ils favorisoient de leur estime : c’est pourquoi les Romains les nommoient missilia.
- ( Archit. ) Médaillon se dit d’un bas-reliefrond , de pierre , de bronze ou autre métal, où est sculptée la tète d’un roi , d’un héros, ou autre personne de distinction.
- MEDECINE , s. f. du grec giïa,
- ( medô ), avoir soin , dérivé de g.*-ooç ( mêdos), soin ; l’art de conserver la santé et de guérir les maladies.
- La médecine se divise en cinqpar-ties. La première comprend toute la doctrine de cette science : elle fait connoitre les parties, la structure du corps humain ; elle fait voir en quoi consiste la vie, ce que c’est que la santé, et les effets qui s’en suivent. Cette première partie s’appelle physiologie.
- La seconde partie traite des maladies du corps humain vivant, de la différence des maladies, de leurs causes, de leurs effets : on la nomme pathologie , en tant qu’elle contient la description des maladies ; œthiologie pathologique,lorsqu’elle traite de leurs causes ; pathologie ou nosologie , quand elle explique leurs différences; synoptomatologie enfin, lorsqu’elle expose les effets ou les accidens des maladies : cette partie a pour objet les choses contraires aux lois de la nature.
- La troisième partie enseigne quels sont les signes des maladies, quel usage on en doit faire, et comment on peut connoitre, par leur moyen dans un corps sain et dans un corps malade les divers degrés et effets de la santé ou de la maladie : on l’appelle serne’iotique : elle a pour objet les choses naturelles et contre nature.
- La quatrième partie traite des remèdes,-de leur usage : c’est l’hygiène.
- Enfin la cinquième partie comprend la matière médicale, la préparation des remèdes, la manière
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- de s’en servir pour rétablir la santé et dissiper les maladies : on la nomme thérapeutique , et elle comprend la diète , la pharmacie , la chirurgie et la méthode curative.
- Médecine se dit aussi d’une purgation en forme liquide , qu’on prend par la bouche.
- MÉDIAIRE, adj. de medium, qui occupe le milieu.
- ( Bclan. ) Nervure médiaire d’une feuille : c’est la nervure qui parcourt le milieu de son disque.
- Cloisons médiai, es ; celles qui répondent au milieu des valves d’un fruit.
- MÉDIANE, adj. du lat. media-nus, fait de medium, milieu: qui est au milieu.
- ( Physiol. ) Le cartilage médian du nez ; c’est celui qui sert de base, d’appui et de sentier à tous les cartilages du nez, et peut être par conséquent appelé basilaire.
- Veine médiaire ; c’est une veine bien connue qui se fait remarquer au milieu du pli du bras, entre la céphalique et la basilique, et qu’on ouvre fréquemment dans la saignée.
- MEDIASTIN, s. m. du lat. me-diasterivm ou medianwn , formé de medium , milieu, et de sto, être situ^î : qui est situé au milieu.
- ( Anal. ) Double membrane formée par la continuation de la plèvre , qui part du sternum et va droit en descendant, aux vertèbres , passant par le milieu de la poitrine , dont elle divise la cavité en deux parties : elle contient, dans sa du-plicature , le cœur; dans le péricarde , la veine cave, l’æsophage et les nerfs stomachiques.
- MÉDICAMENT, s. m. du lat. medicamentum , fait de mederi, ou medicari , guérir.
- ( Méd. ) Les médicamens sont des substances qui , étant prises intérieurement et extérieurement, changent la mauvaise disposition de notre corps en une meilleure.
- Médicamens simples ; ce sont ceux qu’on emploie sans aucune préparation de l’art.
- Médicamens composés ; ceux qui sont formés par l'assemblage de plu-
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- sieurs, et préparés par la chimie on par la pharmacie.
- Médicamens topiques, ou simplement topiques ; ce sont les médicamens qui s’appliquent extérieurement.
- MÉDITERR ANNÉE , adj. dulat. mediterraneus, pour stans in media terra : qui est au milieu des terres.
- ( Géogr. ) Il se dit des villes, des provinces, des mers qui sont situées au milieu des terres ; mais plus particulièrement de cette mer qui communique avec l’Océan par le détroit de Gibraltar.
- MEDIUM, s. m. terme emprunté du latin, pour signifier un moyen d’accommodement.
- ( Musique ) Medium se dit en musique du lieu de la voix également distant de ces deux extrémités au grave et à l’aigu : le haut est plus éclatant, mais il est presque toujours forcé ; le bas est grave et majestueux, mais il est plus sourd. Un beau medium auquel on suppose une certaine latitude , donne les sons les mieux nourris, les plus mélodieux, et remplit plus agréablement l’oreille.
- MÉDULLAIRE, adj. du lat. me-dulla , moelle , qui tient de la moelle , qui appartient à la moelle.
- ( Physiol. ) La substance médullaire du cerveau. V. CERVEAU.
- MÉGAL ANTHROPOGÉNÉSIE, s. f. du grec y.iy*hoi ( mégalos ) , grand , d’Ævôpœirùî ( antrhôpos ) , homme , et de yttuntr ( génésis ) , génération.
- ( Littêr. ) C’est le titre d’un ouvrage qui a pour objet prétendu d’enseigner l’art de procréer des en-fans d’esprit ou des grands hommes.
- MÉGALOGRAPHIE , s. f. du grec /u'îycChoç ( mégalos ), grand , et de ypeonru ( graphô), décrire.
- ( Peinture anc.) C’étoit chez les anciens le nom que l’on donnoit à la partie de la peinture qui traçoit les grands sujets , comme les batailles.
- MEGAMETRE , s. m. du grec juîyvç ( mégus) , grand , et /uiToov ( métron ) , mesure : qui mesure de grandes distances.
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- (Astfon.) Instrument destiné à mesurer les distances de plusieurs degrés entre les astres.
- M’EIONITE, s. f. du grec pnov ( méion ) , moindre , et de x/9aç ( lithos), pierre : pierre moindre , ou pierre inférieure.
- ( Minéral. ) Pierre transparente ue l’on trouve en petits cristaux issétninés parmi les matières rejetées par le Vésuve, et seulement sur le mont Somma, ce qui lui a valu le nom de sommité,qu’elle a porté pendant quelque tems, mais que M. Haüy a changé en celui de méionite, parce que ses caractères sont inférieurs aux caractères analogues des autres substances minérales auxquelles elle ressemble le plus.
- MÉLAN AGOGUE, adj. du grec /usx«.ç (mêlas), noir, et de ayai ( agô ), chasser , faire sortir.
- ( Méd. ) On appelle ainsi les remèdes que l’on croit propres à purger la bile noire ou méla'ncholie.
- MÉLANCOLIE, ou MÉLAN-CHOLIE, s. f. du grec //4xaç ( mêlas ) , noir et de xoy» (choie), bile : bile noire.
- ( Méd. ) C’étoit, suivant les anciens, une humeur excrémentielle, féculente, épaisse , froide , sèche , et comme la lie du sang, qui se filtroit et se ramassoit dans la rate. Comme on sait que ce viscère ne fait point cette fonction, on regarde à présent cette humeur comme imaginaire.
- De cette bile noire supposée est venue la maladie appelée mélancolie , c’est-à-dire, maladie produite par la mélancolie ou la bile noire.
- La mélancolie ( maladie ) est une rêverie, ou un délire sur certains objets particuliers, sans fureur et sans fièvre, ordinairement’accompagnée de crainte et de tristesse, sans occasion apparente.
- Les mélancoliques aiment la solitude , fuient toutes les compagnies , ont le visage pâle , abattu, maigre, la respiration lente, le
- fiouls rare et petit, les extrémités roides ; ils rêvent con tinuellement à l’objet de leur délire, et rai-
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- sonnent assez bien *ur tous les autres.
- MELÂNITE , s. £ du gr. pàxet ( mêlas ), noir, et de X/9oç ( lithos), pierre : pierre noire.
- ( Minéral. ) Substance minérale d’un noir parfait, communément appelée grenat noir. On la trouve à Frascati aux environs de Rome.
- MELAS , s. m. du grec ^tx*c (mêlas ), noir.
- ( Méd. ) Mot grec retenu en français pour signifier une tache de la peau, superhcielle , noirâtre. V. ALPHOS, LEUCE.
- MELASSE, s. f. du latin mel , mollis, miel, à cause de sa substance semblable à celle du miel, ou du grec [/.îxctç ( mêlas ), noir , à cause de sa couleur.
- ( Raffinerie ) C’est le nom de la liqueur qui reste après que l’on a fait subir au suc de la canne à sucre , toutes les opérations propres à en retirer la plus grande partie de sucre possible. Cette liqueur est un véritable syrop , qui contient encore beaucoup de sucre d’une cristallisation trop coûteuse ou même incristallisable. On l’emploie à plusieurs usages, et principalement après l’avoir fait fermenter , à donner, après la distillation, un esprit ardent connu dans le commerce sous le nom de TAFIA. r. ce mot.
- MELICERIS , s. m. du grec u.t-x'iy.Kpov (melikêron), rayon de miel, formé de m«xj ( méli ) > et x-apos ( héros ), cire.
- ( Chirurgie) Espèce d’abseès ou de tumeur enkystée, molle , sans rougeur, sans chaleur et sans douleur , qui contient une humeur jaunâtre , épaisse , semblable à du miel.
- MELLITE , ou MËLLILITE , ou MELILITE , du grec ( méli )y miel, et de xiôor ( lithos ), pierre r pierre de miel , ou couleur de miel.
- ( Minéral. ) Petit cristal volcanique nouvellement découvert dans les fissures de la lave de Capa-di-bove, près de Rome, qu’on emploie au pavé des grands chemins et des rues de cette capitale. Son nom de
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- melîilite lui vient de ce qu’il a une couleur jaunâtre plus ou moins foncée , à*peu-près semblable à celle du miel.
- MÉLODIE , s. £ du gr. fsixoJ'i*
- { méiodia), formé de fs.sxoc ( mélos), harmonie, et A’ceJn ( ode ), chaut : chant harmonieux.
- { Musique ) Succession de sons tellement ordonnés, selon les lois du rhythme et de la modulation, qu’elle forme un sens agréable à l’oreille ; la mélodie vocale s’appelle chant, et l’instrumentale symphonie.
- MÉLOPÉE, s. f. du grec /ui^oç {mélos), mélodie, et de nraum (poiéô), faire, composer.
- ( Musique ) C’étoit, dans l’ancienne musique , l’usage régulier de toutes les parties harmoniques , c’est-à-dire , l’art ou les règles de la composition du chant, desquelles la pratique et l’effet s’appeloit mélodie.
- MEMBRANE , s. £ du lat. mem-hrana, peau déliée qui enveloppe.
- ( Physiol. ) Tissu flexible de fibres rangées ou ourdies les unes avec les autres dans un même plan.
- L’usage des membranes est de tapisser les principales cavités du corps , et de former les artères, les veines, etc.
- MEMBRE, s. m. du lat. mem-brum.
- { Anat.') Parties extérieures qui naissent du tronc ou du corps d’un animal , et qui sont distinguées de toutes les autres par quelque fonction particulière.
- ( Archit. ) Membres se dit de la moulure d’unebase, d'un chapiteau, d’une corniche, etc.
- ( Algèbre ) Membre dJune équation; ce sont les deux parties séparées par le signe = ; ainsi , dans a-\-b~c,a-^pb est un membre, et c l’autre. Les termes d’une équation sont les parties de chaque membre.
- { Marine ) Membres d’un vaisseau ; ce sont les couples ou côtes qui forment la carcasse du vaisseau et sur lesquels se clouent par dehors les bordages, et par dedans
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- les vaigres et autres pièces de liaison.
- MEMBIION , s. m. contraction de membre rond.
- { Archit. ) Petit membre arrondi sous une bande de plomb appelée buvette , au-dessus du bourseau-
- MEMBRURE , s. £ de membre.
- {Marine) La totalité des membres d’an vaisseau, ou la collection de sés couples , ou ses couples et membres, généralement parlant. La membrure de ce vaisseau, est bonne ; sa membrure est pourrie.
- { Jardin. ) Les jardiniers appellent membres, des branches ménagées de distance en distance, suc des branches mères.
- MENAKANITE , s. £ de menaça n , nom d’une vallée, située an comté de Cornouailles en Angleterre , et du grec xêo; { lithos ) , pierre : pierre de menapan.
- ( Minéral. ) Nom d’une substance métallique , trouvée sous la forme de grenaille, et dans laquelle on avoit cru reconnoître un nouveau métal , auquel on avoit donné le nom de rnenack , mais qui n’est autre chose que le TITANE, çg mot.
- MÉNIANE , adj. de Menius, nom propre.
- {Archit.) On appelle colonnes menianes celles qui portent un balcon. Mé-mus , citoyen romain, ayant vendu sa maison qui regar-doit sur la place des spectacles, se réserva une colonne , et le droit d’y faire hâtif un balcon , afin d’y jouir de la vue des combats des gladiateurs. Cette colonne fut appelée méniane, et depuis on a donné ce nom à toutes les saillies qui furent faites à l’imitation de celle-là.
- MENINGE , s. f. du grec { mênigx ), membrane.
- ( Physiol. ) On donne particulièrement le nom de méningés, aux deux membranes qui enveloppent le cerveau, la dure-mère , et la pie-mère, parce qu’oules regarde, sur-tout la dure-mère, comme une des principales membranes du corps.
- MENINGO-GASTRIQUE, adj. du grec juivnyi; ( mênigx ) , membrane , et de yatn>>[> ( gaster ), l’estomac,
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- ( Méd. ) Terme nouveau qui désigne une espèce de fièvre, dont le siège primitif est dans les membranes de l’estomac, du duodénum, etde leurs dépendances.C’est ce qu’orx appelle fièvre bilieuse.
- M ENINGO-riIYLAX, s. m. du grec gîmy^ ( mênigx ), membrane du cerveau, méningé , et de <pv\it% ( phulax ) , gardien : gardien des méninges.
- ( Chirurgie ) Instrument de chirurgie, qui sert à garantir les membranes du cerveau , ldrsqu’on a percé un os du crâne dans l’opération du trépan.
- MENISQUE , s. m.. du grec im-v'ktx-oS ( méniskos), petit croissant, diminutif de jjtbvH ( mené ) , lune.
- ( Optique) Verre ou lentille concave d’un côté , et convexe de l’autre , qu’on appelle lunule.
- ( Géom. ) Quelques géomètres ont donné le nom de ménisques à des figures planes ou solides, composées dôme partie concave et d’une partie convexe , à l’instar des ménisques optiques.
- MENOI.OGE , s. m. du grec p.iy ( mên ), mois, et de xiyo; ( logos), discours , ou livre : livre pouf tous les mois de l’année.
- { Liturgie grecque.) C’est le martyrologe ou le calendrier des Grecs.
- Le ménologe ne contient autre chose que les vies des Saints en abrégé, pour chaque jour de l’année, ou la simple commémoration de ceux dont on n’a point les vies écrites.
- MENOTtltHA.GIE, s. f. du gr. u.vv (mên), mois, etde pm(rhéô), sortir avec violence.
- ( Physiol. ) Perte de sang , flux immodéré des menstrues chez les femmes.
- MENSOLE, s. f. de l’italien men-sol, clef de voûte.
- ( Archit. ) C’est, la pierre qui est au milieu d’une voûte, qui la ferme, qui l’arrête.
- MENSTRUE , s. f. du lat. menais , mois, dont on a fait mens-truum, pour l’ouvrage d’un mois, la durée d’un mois, la solde , la nourriture d’un mois.
- M E N
- ' ( Chimie ) Menstrue , en chimie , signifie un corps qui , appliqué avec art à un autre corps, le divise subtilement, en sorte que les particules du corps dissolvant soient intimement mêlées avec celles du corps qui étoit à dissoudre. Le dissolvant s’appelle menstrue ceque dans son application aucorps à dissoudre , les premiers chimistes se servcient d’un feu modéré de 4o jours , la durée d’un mois philosophique. De-là est venue l’expression dissolvant menstruel, et enfin menstrue. L’eau forte est le menstrue ou le dissolvant du fer ; l’eau régale est le menstrue de l’or; le vinaigre et son esprit sont les menstrues du plomb.
- (Physiol.) Menstrues se dit aussi d’un écoulement de sang par la matrice , ainsi appelé , à cause qu’il flue périodiquement tous les mois , si la femme n’est pas grosse ou nourrice , et qu’elle soit d’âge convenable et en bonne santé.
- Les menstrues commencent d’ordinaire à se manifester au second septennaire, et se terminent vers le septième,
- La cause fin a le ^ des menstrues est de rendre les femmes propres à, la conception , et dè donner au fœtus la nourrituré qui lui convient.
- MENSURABILITÉ , s. f. du lat, meiior , mensus, dont on a fait mensura, mesure.
- ( Géom. ) L’aptitude, ou la propriété qu’a un corps de pouvoir être appliqué à une certaine mesure , c’est-à-dire , de pouvoir être mesuré par quelque grandeur déterminée.
- MENTON , s. m. du latin men-tum.
- ( Anat. ) Protubérance qui détermine la face en devant par bas, et qui se continue ensuite au-dessous jusqu’au cou.
- MENUET , s. m, de menu , en lat. minutus.
- ( Chorégraphie.) Danse venue du Poitou , et ainsi appelée à cause de ses petits pas. Son caractère est une élégante et noble simplicité.
- MÊOTIDES, V. PALUS.
- MÉPHITIQUE, ad;, du lat. me-phiticus ? formé du toscan mephi-
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- MER
- iis, qui signifie proprement.la puanteur , la corruption de la terre. Quelques anciens en av.oient fait un dieu, d’autres une déesse.
- ( Chimie ) Il se dit des exhalais sons et des fluides, que les nouveaux chimistes ont appelés GAS. 1 V. GAS , GAS ACIDE CARBONIQUE.
- MEPLAT, s. m. du latin semi platus, demi-plat, formé de minus et de platus. On a écrit autrefois mesplat.
- ( Tecknol. ) Il se dit des ouvrages qui ont plus d’épaisseur que de largeur,et particulièrement des pièces de bois de sciage.
- ( Peinture ) Méplat, en termes de peinture , s’emploie tant à l’ad-iectif qu’au substantif ; on dit : une ligne méplate , de beaux méplats.
- Il n’est pas facile de donner une idée précise de la ligne méplate , ou à demi -plate , parce qu’elle n’est pas toujours la même, et u’elle varie autant que les formes u corps humain qu’elle décrit.
- Les formes d’un beau corps ne sont pas rondes, elles seroient lourdes ; elles ne sont pas droites, elles seroient roides. Elles tendent plus ou moins , suivant les parties, suivant les âges, suivant les sexes, au rond et au plat, sans être jamais plates ni tondes ; et c’est cette tendance de la ligne droite à la ligne circulaire , et de la circulaire à la ligne droite, qui constitue la ligne méplate. Le méplat est donc un aTC èurbaissé , ou une ligne qui semble tendre à la ligne droite , et qui prend cependant une légère rondeur.
- Dans l’enfance de l’art, on représentait roides les parties qui tendent le plus à s’applatir; et comme ces dernières parties dominent, il résultait de cette méthode une roideur contraire à la nature, qui constitue le caractère gothique.
- Un beau front offre une ligne méplate ; ce qu’on appelle vulgairement le gras de la jambe, présente un grand et beau méplat.
- MER , s. f.mot d’origine celtique, dont les Latins ont fait mare : l’amas des eaux qui environnent la terre, et qui la couvrent en plusieurs endroits.
- MER Sri
- ( Marine ) Outre -sa signification ordinaire, ce mot se prend , par les marins, sous différentes acceptions , dont voici les principales : Grosse mer g mer très-agitée.
- Mer calme; mer tranquille et unie. 1
- Mer belle ; lorsque son agitation est peu considérable.
- La mer est tombée ; pour dire que l’agitatiorf des flots a diminué , ou que la mer est devenue plus calme.
- La mer est courte; c’est-à-dire que les vagues n’occupent pas un grand espace, et se succèdent de près. La mer est plus courte dans les mers méditerranées que dans l’Océan , et entre les îles et les bancs , qu’en pleine mer. Une mer courte fatigue beaucoup les vaisseaux.
- La mer est longue ; c’est au contraire lorsque les vagues viennent de loin, et occupent une grande étendue , de façon que le vaisseau éprouve des mouvemens plus lents et plus doux.
- Nous avons une grosse mer de l'avant; c’est-à-dire, qu’on' est tourmenté par une grosse lame qui vient du coté de l’avant du vaisseau.
- La mer se creuse ; c’est-à-dire que les vagues deviennent plus grosses, et laissent entre elles' des sillons plus profonds.
- La mer blanchit oU moutonne; c’est lorsqueles values,poussées par un vent frais , se brisent les unes contre les autres, et forment, dé distance en distance, une écume blanche qui paroît comme autant de moutons.
- La mer monte ; c’est-à-dire, que la marée recommence à monter.
- La mer est étale ; c’est à-dire que la mer est pleine, et qu’elle ne fait, pendant quelques instans, aucun mouvement, ni pour monter ni pour descendre.
- Molle mer ; c’est le moment de la plus basse mer, pendant lequel elle a fini de descendre , et ne remonte pas encore.
- La mer rapporte; c’est dans l’intervalle qui est entre les quartiers de la lune et les syzigies, lorsque les marées commencent à augmenter de flot et dq jusant,
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- 5ix MER
- jour par jour, depuis les mortes marées jusqu’aux grandes marées.
- Haute mer et basse mer ; ce sont les deux états de la marée, lors -u’elle a tout - à - fait monté ou escendu.
- Mer pleine ; c’est la même chose que haute mer.
- La pleine mer; c’est la partie de la mer qui est loin des côtes, ou hors de la vue des côtes.
- Tenir la mer ; c’est continuer sa navigation ou sa croisière, sans relâcher dans aucun port.
- Homme de mer ; c’est un homme habile au métier de la mer.
- Loup de mer; on entend par cette expression un peu plus vul-aire , un homme rompu au métier e la mer, qui en a une pratique parfaite , qui est très-hardi à la manoeuvre et accoutumé au mauvais tems.
- MERCURE , du latin Mercurius, formé , selon quelques - uns , de merx , mercis , marchandise.
- Ç Mythol. ) Dieu de la Fable qui presidoit à l’éloquence, au commerce.
- f Minéral. ) Le mercure , ainsi appelé du dieu Mercure, à cause de sa volatilité , est une substance métallique qui est toujours fluide et coulante à notre température. Le degré de froid pour rendre le mercure solide , est le a3.e au-dessous de zéro du thermomètre de Réaumur.
- Le mercure est opaque et d’une couleur éclatante, comme celle de l’argent poli ; c’est pourquoi on lui a donné le nom de vif argent.
- Le mercure se volatilise à une chaleur médiocre ; il a la propriété de s’attacher fortement, et même de pénétrer plusieurs métaux et demi-métaux : c’est sur cette propriété du mercure qu’est fondé l’art de dorer d’or moulu, qui ne consiste qu’à amalgamer l’or avec le mercure, à appliquer cet amalgame sur de l’argent ou du cuivre jaune , et ensuite à mettre la pièce au feu. Le feu fait évaporer le mercure, et l’or reste étroitement attaché à l’argent.
- Minéralisé par le soufre, le mercure sert à faire la couleur rouge connue sous le nom de vermillon.
- MER
- On.emploie aussi le mercurepou¥ extraire l’or et l’argent de leurs mines, et on les lui fait abandonner par la sublimation. T. MINES d’Oll et d’ARGENT.
- La combinaison du mercure et de l’étain sert à étamer les glaces ; celle du mercure et du bismuth , à prendre l’empreinte des cachets.
- ( Méd. ) Les anciens médecins ne faisoierit aucun usage du mercure, ils le regardoient comme une espèce de poison. Avant Avioennés , on ne l’employoit qu’à J,’extérieur. Il n’y a guère plus de deux siècles que les médecins ont osé le faire prendre à l’intérieur. Ayant observé que les bergers le donnoient à leurs bestiaux pour faire mourir les vers, sans qu’il produisît aucun mauvais eiFet, ils en ont conclu qu’il étoit possible de le donner aux hommes sans avoir rieu à craindre.
- ( Astron. ) Mercure est encore la plus petite des planètes inférieures , et la plus proche du soleil.
- Là révolution de Mercure autour du soleil , se fait en 87 jours , q.3 heures , i4’ 26 ”, c^est-à-dire,, que son année est environ quatre fois moindre que la nôtre. Sa révolution diurne , ou la longueur de son jour n’est pas connue ; il n’est pas même certain qu’il au un mouvement autour de son axe.
- Le système de Ptoîémée est réfuté par les apparences de Mercure , comme par celles deVenus; car on aperçoit quelquefois Mercure entre la terre et le soleil, et quelquefois au-delà du soleil ; mais jamais on ne voit la terre entre Mercure et le soleil ; ce qui devroit arriver si les orbites de toutes les planètes ren-fermoient la terre dans leur centre , comme le suppose Ptoîémée.
- Selon Newton , la chaleur et la lumière du soleil sur la surface de Mercure, sont sept fois aussi grandes qu’elles le sont au fort de l’été sur la surface de la terre. Un tel degré de chaleur doit donc rendre Mercure inhabitable pour des êtres de notre constitution ; et si les corps qui sont à sa surface ne sont pas tout en feu , il faut qu’ils soient d’un degré de densité plus grand, à proportion, que les corps terrestres.
- ( Pratique )
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- iH E R.
- f Pratique ) Mercuriales ; c’é-’toient des assemblées qui se faisoient dans les cours souveraines, et dans lesquelles le premier président ou gens du toi portoient la parole sur des objets relatifs au bon ordre Ou à l’administration delà justice.
- Ces assemblées étoient appelées mercuriales , parce qu’elles se te-Uoient un mercredi , jour consacré à Mercure.
- ( Commerce ) Mercuriales se dit aussi, en parlant des marchés publics , des prix des grains et autres denrées qui s’y vendent régulièrement. Le registre des mercuriales.
- MÈRE , s. f. du latin mater 5 Femelle d’un animal lorsqu’elle a fait des petits.
- ( Grammaire ) Langue - mère ; celle qui n’est dérivée d’aucune autre, et dont quelques-unes sont dérivées.
- ( Leon, polit. ) Mère patrie ; il Se dit , en parlant du pays qui a fondé une colonie , et qui la gouverne. C’est la traduction du mot METROPOLE. V. ce mot.
- ( Physiol ) FIE-MÈRE, DURE MÈRE. V. ces mots à leur place.
- MERIDIEN , s. m. du lat. meri* dies, pour medi-dies, médius dies , le milieu du jour.
- ( Astron. ) Grand cercle de la phère ,qni passe par le zénith et le nadir , et par les pôles du monde , et qui divise la sphère en deux hémisphères, placés , l’un à l’orient et l’autre à l’occident. Les astronomes observent sans cesse le passage au méridien.
- Méridien universel ; dans le calcul des éclipses , c’est celui où l’on suppose le soleil fixe , les différens pays de la terre y arrivant successivement.
- { Gnomvnique) Méridien est aussi le nom d’une espèce de cadran solaire , composé d’un gnomon et d’une ligne verticale sur laquelle l’image du soleil tombe au moment de midi.
- ( Physique ) Méridien magnétique ; c’est ua grand cercle qui passe par les pôles de l’aimant, et dans le plan duquel se dirige l’aiguille aimantée. Dans les endroits Tomt II.
- MER 5i5
- où l’aiguille n’a point de déclinaison, ce grand cercle se confond arec le méridien ; et dans les endroits où l’aiguille a de la déclinaison, ce grand cercle fait un angle avec le méridien, et cet angle est égal à la déclinaison de l’aiguille.
- MÉRIDIENNE , s. f. ou LIGNE MERIDIENNE , même origine que MERIDIEN.
- ( Astron. gnomon. ) Ligne qui marque le midi ; c’est une partie de la commune section du plan du méridien, et de Uhorizon du lieu. On l’appelle quelquefois ligne nord et sud.
- On appelle aussi, en général, méridienne , la commune section du méridien et d’un plan vertical, horizontal on incliné. V. CADRAN.
- Méridienne du te ms moyen ; c’est celle qui marque le midi moyen, sur une courbe tracée , suivant l’équation du tems. C’est une ligne coûrbe faite à-peu-près comme un huit de chiffre fort alortgé, serpentant autour de la méridienne du tem* vrai. Cette ligne est telle que si l’on a une pendule à secondes, réglée selon le moyen mouvement du so-seil, et qu’on lui fasse marquer midi, lorsque la lumière du trou de la plaque passe par cette courbe , à l’endroit convenable désigné par le jour du mois, la pendule marquera toute l’année midi, lorsque le soleil sera dans cette courbe.
- M. de Grand - Jean de Fouchy est le premier qui ait'parlé de cette méridienne du tems moyen. Il en traça une chez le comte de Clermont : M. Deparcieux en fit deux en 1740 , et depuis ce tems-là on en a fait un grand nombre.
- La ville de Genève en a fait tracer une en 1780 , par M. Mallet, d’après laquelle on donne tous les jours un signal à l’église de Saint-Pierre , pour que tous les horlogers delà ville puissent régler les pendules sur le tems moyen , qui est le seul uniforme. On les règle de même en Angleterre.
- ( Mèd. diétét. ) Méridienne se Ait aussi de l’action de dormir incontinent après le dîner. Ceux qui veulent conserver l’origine de
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- 'ce mot, clise.it méridiane , de mé-ridior, dormir aussitôt après le dîner. Le peuple dit mériane.
- MEROCEL, s. £ du grec yvpaç { mêros ), la cuisse , et de nlixit { kêlè ), hernie , tumeur.
- (Chirurgie ) Hernie crurale. MERVEILLEUX, adj. et s. de merveille , fait du lafin mirai ilia, dont les Italiens ont fait maravi-
- EUa-
- ( Poësie ) Merveilleux , dans le .poëme épique , signifie ce qu’il y a de surprenant, d’admirable. C’est dans l’épopée que brillent ordinairement la pompe et la majesté de la poësie. Le poëte , enflammé d’un feu tout divin , se répand en nobles fiptious, donne de la vie et de l’âme à tout, enfante des merveilles, crée , pour ainsi dire , un nouveau monde, où l’on voit agir u-la-fois les êtres réels et imaginaires.
- MÉSAULE, s.m* du grec yAo-uv-Xoç {mesaulos), formé de y'uroç \mésos ), milieu, et d’&ùxà ( aulê), palais, cour.
- ( Arçlrit. ) Les Grecs et les Romains appeloient ainsi une petite cour qui était entre deux corps de logis.
- MÉSENTÈRE, s. m. du grec yt-o'itTtpiov ( mesentérion ), formé de yîa-o; ( mésos ), moyen , qui est au milieu , et. d’iWsoov ( enteran ), intestin : littéralement, qui est au milieu des intestins.
- ( Physiol. ) Toile membraneuse qui empêche les circonvolutions du canal intestinal de s’embarrasser les unes dans les autres, de s’entortiller , ou de s’étrangler par leurs différentes rencontres',, et qui leur permet un frottement doux, et en même tems borné par ces attaches.
- MÉSENTÉRIQUE , adj-.-de MESENTERE.
- ( Physiol. ) Qui a du rapport au mésentère. Les artères, les glandes , les nerfs., et les veines mésentériques.
- MÉSOCHONDR1AQUE , adj. du grec y'aroç ( mesos ) , moyen, et de %ov<f'poç ( chondros), cartilage.
- .(Physiol.) Epithèté donnée par Beorrhave à deux plans de fibres
- -MES
- musculeuses , situées entre les seg-mens cartilagineux de la trachée-artère.
- MESQCOLON, s.m. du gr, yèms ( mésos ) , qui est au milieu , et de kS>àov ( kôlon ), l’intestin côlon.
- ( Physiol. ) Partie du mésentère qui répond au côlon.
- MÉSOMÉRIE , s. £ du gr. yAmt ( mésos ), milieu, et de y.r,p'o; (mêros ), la cuisse.
- ( Anat. ). La partie du corps située entre les cuisses, en latin , in-terfeminium.
- MESORECTUM , s. m. du grec yi<roç ( mésos ), milieu , et du lat. rectum : l’intestin rectum.
- MÉSOTHENAR , s. m. du grec yio-Qç ( mésos ), moyen, et de fhysip ( thénar ), le thenar : la paume delà main.
- MESQUIN , adj. de l’italien mes-chino, formé de. l’arabe misken, ou du syriaque meskino, l’un et l’autre dans la signification dè pauvre , chétif.
- (Archit.) Mesquin se dit aussi des colonnes , pilastres , et membres d’architecture dont les orne-mecs sont de mauvais goût, et par petites parties.
- ( Peinture ) Dessin mesquin ; cette expression signifie que le peintre s’est arrêté aux petites formes de la nature , à ses pauvretés , à ses mesquineries, au lieu de saisir ses belles et grandes formes.
- Composition mesquine; c’est celle qui n’offre pas la richesse du sujet.
- Exécution mesquine ; c’est une exécution sèche et timide.
- Maniéré mesquine ; c’est une manière froide, petite et léchée.
- Genre mesquin; c’est un genre petit par lui-même , et qui n’est pas relevé par la beauté de l’exécution.
- MESSAGER , s. m. du lat. missa-ticus , employé dans les Capitulaires de Charlemagne. Celui qui fait un message , qui vient annoncer quelque chose , soit de lui-n}ême , soit envoyé par autrui.
- MESSIDOR, s. m. du lat. mes-sis, moisson.
- ( Calendrier) Dixième mois de l’année de la république française. Ce mois qui a 3o jouis, comme les
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- onze autres , commence le ig juin, et finit le 18 juillet. Il est ainsi appelé parce que c’est dans ce mois que se font les moissons.
- MESTRE, s.m. de l’italien maestro.
- ( Marine ) C’est le grand mât d’une galère, ou de tout autre bâtiment latin.
- MESURE , s. £ du lat. mensura, fait dtmetior, mesurer:ce qui sert de règle pour déterminer une quantité.
- ( Géom. ) Certaine quantité qu’on prend pour une unité , et dont on exprime les rapports avec d’autres quantités homogènes.
- Mesure d’un angle ; c’est un arc décrit du sommet, et d’un intervalle quelconque entre les côtés de l’angle.
- Mesure d'une surface plane; c’est une mesure qui a pour carré un pied , une toise, un décimètre , un mètre, ou toute autre longueur déterminée. On se sert des mesures carrées pour évaluer les aires des terreins , parce qu’il n’y a que les surfaces qui puissent mesurer des surfaces, et parce que les mesures carrées ont toute la simplicité dont une mesure soit susceptible , lorsqu’il s’agit de trouver l’aire d’une surface.
- Mesure d'une ligne ; c’est une ligne droite prise à volonté, et qu’on considère comme une unité ; tel est le mètre.
- Mesure de la masse ; ce n’est autre chose que son poids. Voyez POIDS , GRAVITÉ.
- ( Arith. ) Mesure d’un nombre ; c’est un autre nombre qui mesure le premier , sans reste , ou sans laisser de fractions : ainsi, g est mesure de 27.
- Mesure d'un solide ; c’est un cercle dont le côté est un pied , un décimètre , un mètre , ou une autre longueur déterminée.
- ( Algèbre ) Mesure commune ; on appelle ainsi la quantité qui sert d’unité de-comparaison à plusieurs grandeurs de la même espèce.
- ( Astron• ) Mesure du tems ; la mesure du tems, chez tous les peuples , a été assez communément d'inter mi née par la durée de la révolution que la terre fait autour de
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- son axe, et de-là les jours ; par celle que la lune emploie à tourner autour de la terre , d’où l’on a compté par lunes , ou par mois lunaires ; par celle où le soleil pa-roît dans des signes du zodiaque, et ce sont les mois solaires ; et en fin, par le tems qu’emploie la terre à tourner autour du soleil, ce qui fait l’année.
- Mesure du degré ; ou degré de la terre ; c’est l’espace de vingt-cinq lieues , parcouru dans le sens du méridien , pour que la ligne du zénith ou la ligne verticale ait changé d’un degré. V. DEGRÉ,
- C’est à un Français, nommé Fu-nel , qne l’on doit la première connoissance un peu exacte de la grandeur de la terre ; il porte cette mesure , qu'il fit en i55o, en allant à un degré au nord de Paris , et en comptant les tours de roue, à 56,746 toises.
- La première mesure qu’on ait faite avec précision , est la mesure du degré , qui eut lieu en 1669, entre Paris et Amiens. Elle est de 57,074 toises.
- Depuis ce tems on en a fait plusieurs autres ; mais la mesure la plus importante , et celle qui, par son objet et ses résultats, fera une époque mémorable dans l’histoire des sciences modernes, est la mesure du quart du méridien , ou la distance de l’équateur au pôle, prise par les soins du gouvernement de la république française ; et qui a fourni l’élément des nouvelles mesures.
- ( Métrol. ) Nouvelles mesures ; la variété continuelle des mesures entre les différens pays , a fait désirer de tout tems l’introduction d’une nouvelle mesure universelle. La longueur du pendule simple, quantité invariable et facile à retrouver dans tous les tems, sembloit donnée par la nature pour servir de mesure dans tous les pays. Mouton, astronome de Lyon, propo-soit en 1670 , pour mesure universelle , un pied géométrique , vir-guia geometrica , dont un degré de la terre contenoit 600,000 ; et , pour en conserver la longueur à perpétuité , il remarquoit qu’un pendule de cette longueur faisoit ICk 2
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- 3,g5g * vibrations en une demi-heure. Picard, en 1671, proposa une idée semblable. M. Huyghens qui avoit proposé , eniG56, l’application du pendule aux horloges, én parla de même en 1673, et la société royale de Londres se pro-posoit de l’adopter. Amontons èt Bouguer insistèrent là-dessus. M. Dufay aŸoit fait agréer au ministre , M. Orry , un projet de règlement que la mort de l’un et de l’autre a suspendu. M. delà Con-damine aécritsurla même matière, ét formé le même vteu en 1747. M. D’Anville a publié, en 1769, un traité des mesurés itinéraires de tous les tems et de tous les pays.
- Enfin, l’assemblée constituante, par son décret du 8 mai 1790, chargea l’académie des sciences de préparer cettte grande opération. L’académie , après de longues discussions sur le choix du pendule , ou du méridien terrestre , proposa de faire dépendre les poids et mesures de la grandeur de celui-ci , et de fonder sur la distance de l’équateur au pôle, ou sur la mesure du quart du méridien terrestre , un système simple et régulier de mesures uniformes.
- C’est de cette ligne qu’on a tiré le HETRE ( V. ce mot. ), qui est sa dix millionième partie, et qui est devenu le type générateur de toutes les nouvelles mesures.
- Mesures linéaires ; le mètre , dix millionième partie du quart du méridien terrestre , est une ligne de la longueur d’une demi-toise à-peu-près , et qui équivaut à 443 lignes de l’ancien pied de roi Pour former le mètre , on a divisé la distance de l’équateur au pôle , ou ce qui est la même chose, le quart du méridien terrestre . toujours de dix en dix , jusqu’à ce qu’on fut arrivé à une mesure maniable , le METRE , et qui pût devenir l’élément des nouvelles mesures : cette mesure maniable est la dix millionième partie de cette distance, égale, eli mesures anciennes , à trois pieds , o pouces , 11,276 lignes. V. METRE , DECAMETRE, HECTOMETRE, KILOMETRE , MYRIAMETRE, DECIMETRE, CENTIMETRE.
- MES
- Mesures de superficie ; ces mesures sont une émanation naturelle des mesures de longueur, et le mètre leur sert de base. Un carré de métra est un mètre carré, et ainsi de suite.
- Mesures de solidité ; les solides se comparent à des mesures régulières que l’on nomme cubes, dont la longueur et la hauteur sont égales : par conséquent un cube qui a un mètre de côté , s’appelle un mètre-cube.
- Appliquée au mesurage du bois de chauffage , cette mesure prend- le nom de STERE. V. ce mot, ainsi que DECASTERE, DEC1 STERE.
- Mesure de contenance ; ces mesures sont également déduites immédiatement du mètre ^ et voici comment.
- La capacité d’un vase peut être assimilée au solide qui le rempliroit, et se mesure de la même manière. Ainsi, un vase de forme carrée, dont la largeur, la longueur et la profondeur intérieures , sont chacune d’un décimètre , donneroit une capacité d’un décimètre cube. On a appelé cette capacité LITRE ( V. ce mot. ), et on en a fait l’unité générique des mesures de contenance. Le litte est à-peu-près .égal à l’ancienne pinte de Paris. Voyez DECILITRE, CENTILITRE, DECALITRE , HECTOLITRE.
- Mesures - poids ; quoique les poids semblent, au premier abord , n’avoir qu’un rapport fort éloigné avec les mesures de longueur, ils enl ont pourtant été déduits , de même que les autres mesures.
- On a rempli d’eau distilée un vase d’une capacité égale à un décimètre-cube ; et le poids de cette eau a servi de base aux mesures de pesanteur ou poids ; on l’a nommé KILOGRAMME, qui veut dire mille grammes. Voyez KILG , GRAMME , HECTOGRAMME , DECAGRAMME, DECIGRAMME, CENTIGRAMME , MILLIGRAMME.
- ( Arckit. ) Prendre des mesures ; c’est rapporter sur le papier celles que l’on détermine avec quelque instrument.
- Donner des mesures ; c’est régie*-la proportion de ce qu’on désire t
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- MET
- par rapport à l’usage du lieu et à la eonnoissance qu’on en a.
- [Poésie) Mesure se dit de l'arrangement et de la cadence d’un certain nombre de syllabes qui composent un vers.
- ( Musique ) Mesure est encore la division de la durée du tems en plusieurs parties égales , assez longues pour que l’oreille en puisse saisir et subdiviser la quantité , et assez courtes pour que l’idée de l’une ne s’efface pas avant le retour de l'autre , et qu’on sente l’égalité.
- Chacune de ces parties égaies s’appelle aussi mesure ; elles se subdivisent en-d’autres parties aliquotes , qu’on nomme tems , et qui se marquent par des mouvemens égaux de la main ou du pied.
- [Escrime) Mesure se dit encore de la distance convenable pour parer ou porter un coup d’épée.
- Etre hors de mesure ; c’est n’être pas à la distance qu’il faut pour porter ou parer un coup d’épée.
- Rompre la mesure 5 ç’est se mettre hors de portée de recevoir un coup d’épée.
- [Manège) Mesure se prend quelquefois pour la cadence d’un cheval, en parlant de ses allures. Ainsi , l’on dit : Ce cheval fournit son air avec toute la mesureet la préiisiou pos-
- MESURÉ , adj. de MESURE.
- ( Musique ) Ce mot répond à l’italien a tempo, ou a halulo , et s’emploie, sortant d’un récitatif, pour marquer le lieu où l’on doit commencer à chanter en mesure.
- METACARPE, s. m. du gr.
- ( méta), après, et de nap^'oc ( kâr-pos ), le carpe ou le poignet.
- ( Anat. ) C’est la partie de la main , située entre le carpe et les doigts ; sa partie interne est appelée la paume de la main , et l’externe, le dos.
- METACHERESE , s. du grec faiTct^ipntriç [métacherêsis) , dérivé de pLiu (métachôréô), passer
- d’un endroit à un autre.
- [Méd.) Transport d’humeur mor-biriqued’une partie dans une autre, et par conséquent de la maladie qu’elle occasionne.
- MÉTAÇHRONISKE, s. m. du
- MET 5i7
- grec paTot ( méta ), préposition qui marque changement, métamorphose, et de^povoç, tems.
- ( Chronol. ) Espèce d’anachror nisme qui consiste à avancer la date d’un événement.
- MÉTAIRIE, s. £ du lat. barb • medietaria , formé de medietas » medicetarius, métayer.
- ( Agricl ) Ferme exploitée sous la condition de retenir, de la part du métayer, pour ses travaux, la moitié de la récolte.
- MÉTAL ou MÉTAUX,* s. m. du gr. p.i’TaXko'j [métalion ), formé de pîTcL ( méta), après , d’àxx* (alla), autre , après les autres : parce que , dit Pline, une mine eu engendre une autre.
- ( Minéral. ) Les métaux sont des corps combustibles d’une nature
- fiarticulière ; ce sont les corps de a nature les plus pesans.
- Les métaux peuvent être considérés , ou par rapport à leurs propriétés physiques, ou à leurs propriétés chimiques.
- Les propriétés physiques géné-rales des substances métalliques sont l’OPACITE , la PESANTEUR , la DUCTILITE, la TENACITE, 4 facilité de pouvoir se cristalliser, la SAVEUR , et l’ODEUR. V. ces mots-
- Les qualités chimiques deç métaux, sont la FUSIBILITE, la CAL-CINABILITE, la VITRIFICABI-LITE, la VOLATILITE, la tendance à la COMBINAISON. [V. ces mots), avec différentes substances. Tous les métaux sont plus ou moins fusibles et quand ils sont fondus, ils prennent toujours une figure sensiblement convexe, plus élevée vers le centre que vers les bords , ce qui les distingue des autres fluides Quand ils sont en très-petites massés , ils forment des globules ronds et quelquefois cornues ; presque tous brûlent avec amme ; exposés au feu avec le contact de l’air, ils se décomposent et se réduisent en chaux, on eu une espèce de terre métallique. Çe$ chaux poussées à un grand feu se vitrifient et se volatilisent.
- Le minéralogiste considère les substances métalliques sous i@ coup
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- d’œil sous lequel la nature les lui présente.
- Les métaux natifs ou vierges , sont les métaux que la nature présente sous leur forme métallique.
- Les métauxsontplus souvent combinés avec d’autres substances qu’on appelle MINERALISATEURS. {F. ce mot. )
- Ces combinaisons portent le nom de MÂNES ou de MINERAI. ( V. ces mots. )
- Ainsi , les mines d’argent , les mines de cuivre, etc. , sont différentes combinaisons que contractent l’argent, le cuivre, etc. , dans l’intérieur de la terre.
- Depuis peu d’années le nombre dés substances métalliques counues s’est considérablement augmenté ; on compte maintenant 20 métaux : ét tout récemment encore, on prétend en avoir découvèrt deux autres; mais on est jusqu’ici trop peu éclairé sur leur origine et sur leur "nature, pour pouvoir donner cette découverte comme bien certaine.
- La ductilité desmétaux étant une de leurs propriétés les plus marquées, les anciens minéralogistes avoient partagé les substances métalliques en deux classes, dont l’une rontenoit. les métaux les plus ductiles , et l’autre, ceux qui étoient dépourvus de cette propriété « ou qui la possédaient dans un degré peu éminent. De là éioit venu la division en métaux ductiles, et les métaux non-ductiles, qu’on nora-inoit. encore demi-métaux; mais depuis qu’on est parvenu à rendre ductiles des métaux tel que le zinc et le mercure que l’on regardoit auparavant comme peu ou point susceptibles de ductilité , les naturalistes modernes ont rejeté cette division comme complètement inutile, bien convaincus qu’ils sont qu’il 11’y a point, à cet égard, de démarcation naturelle.
- Yoici les substances métalliques connues , suivant l’ordre de leur perfection présumée : l’OR , l’AR-GEN'f , le PLATINE, le MERCURE , le CUIVRE, le FER , PETAIN , le PLOMB , le ZINC , le BISMUTH, l’ANTIMOINE, le COBALT, leNIKEL, le TELLURE, l’ARSENIC, le MOLYBDENE,
- MET
- le MANGANESE , le TUNGSTENE, le CHROME, l’URANE, le' TITANE, le COLOMBIUM, le TANTALE, le PALLADIUM , l’À-NONItME, T', ces mots.
- Les quatre derniers métaux sont connus depuis . trop peu de tems pour qu’on puisse juger de leur degré de perlection.
- METALEPSE ,s. m. du grec //.s-'iAxh-vQç [méialêpsis), transmutation, transposition, formé de la prépos. [AtTit (mêta), qui marque le changement, et de \&p.£àva> ( lam-banô ), prendre.
- ( Elocui. ) Figure par laquelle on prend l’antécédent pour le conséquent , ou le conséquent pour l’antécédent ; quand 011 exprime ce qui suit, pour faire entendre ce qui précède, ou ce qui précède pour faire entendre ce qui suit, c’est une métalepse. Mithridate, dans Racine, a dit :
- C'en est fait, madame, et j’ai
- vécu.
- pour dire : Je vais cesser de vivre, Je renonce à la vie.
- METALLEITE , s. f. du grec jm-TSctwciv {mé talion), métal, et d’ere-sentis, être.
- ( Chimie ) Etat des métaux qui réunissent les propriétés qui les caractérisent, telles que la ductilité , et la fusibilité, ,etc., par opposition à l’état où ils sont, quand ils ne paroissent pas sous la forme métallique , mais dans l’élat de chaux , de mine, etc.
- MÉTALLIQUE , adj. même origine que METAL.
- (Minéral. ) Qui est de métal, qui concerne le métal.
- ( Numismat. ) Il se dit aussi de ce qui concerne les médailles; ainsi, l’on dit : science métallique , histoire métallique, pour la science des médailles, l’histoire des médailles.
- MÉTALLISÉE , v. adj. même origine que METAL.
- ( Minéral. ) Faire prendre à une substance la forme métallique.
- MÉTALLISATION , s. f. àe métal, et du lat. ago, agir, opérer.
- ( Minéral. ) Opération par laquelle la nature fait passer à l’état
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- de métal J es divers flui des qui circulent dans le sein de la terre.
- MÉTALLOGRAPHTE, s. F. du grec /J.ÎTO.XKOV {métallon), métal, et de ypk<pcs { graphô ), décrire : description des métaux.
- {Minéral.') La science, la connois-sance des métaux.
- METALLURGIE , s. f. du grec //st&xxov ( métallon ) , et d’tpyov { ergon ), travail, ouvrage;
- . ,( Met ail. ) L’art de travailler les métaux ; c’est l’art de les tirer de la mine, de les séparer des substances avec lesquelles ils sont mêlés , de les préparer pour les diffé-rens usages de la vie.
- MÉTAMORPHOSE , s. f. du gr. /LUTAyApyxc-iç ( mêlamorphôsis ) , fo rmé de p.i-k { méta ), préposition qui marque changement, et de popcp» { morphê ) , ligure , forme : changement de forme, de ligure ; transformation.
- ( Mythologie ) Il se dit particu--lièrement des changemens que les anciens croyoient avoir été faits par les dieux. On appelle , dans cë sens, les Métamorphoses, un poëme qu’Ovide a composé sur le sujet des métamorphoses.
- '( .Entomologie) Les naturalistes emploient aussi ce mot pour ex-
- Ïirimer les différées états, par esquels passent certains insectes avant de devenir des insectes parfaits comme la chenille, le ver à,soie.. En quittant l’oeuf, ces insectes ne sont encore qu’une larve, espèce de masque sous lequel l’insecte est caché. Parvenu à son dernier accroissement, l’insecte subit une métamorphose et. passe à l’état de chrysalide ou de nymphe, dans lequel il reste immobile jusqu’à sa dernière transformation : alors , il rompt toutes ses enveloppes, et devient insecte parfait, pourvu d’ailes , de pattes , et des organes de la génération ; il remplit le vœu de la nature en peuplant la terre de nouveaux individus.
- MÉTAPHORE , s. £ du grec fXi'TAtpapk (mélaphôra) , transposition, dérivé de y.‘rTA<pîpai {méta— phérô- ), dont la racine est fspe»
- MET bitf
- (phêrô ), porter : littéralement, transport.
- ( Elocut. ) Figure par laquelle on transporte la signification d’un mot à une autre signification, qui n©
- * convient qu’en vertu d’une comparaison qui est dans l’esprit 5 quand on dit : les sciences chassent les ténèbres de Vignorance ; le mot sciences perd ici sa signification-propre , four prendre celle de lumière , et cela par la comparaison qu’on fait entre les sciences , qui éclairent l’esprit, et la lumière du soleil, qui nous fait voir les objets en dissipant les ténèbres de la nuit.
- METAPIIRASÈ, s. f. du grec fA.tTh<ppa<riç { mélaphrasis ), dérivé de /j.i'va.qph^m ( métaphraso), interpréter, formé de //«t*. {meta), propos, qui indique le changement, et de <ppkÇa> { phrasé ) , parler : parler d’une autre manière, dans une autre langue.
- ( Littéral. ) Interprétation , traduction. De-là on a appelé méta-phrastë celui qui interprète, qui traduit un auteur. Ménage, dans sa Requête des Dictionnaires, a appelé Baudoin le Métaphraste, parce que c’étoit un grand traducteur.
- MÉTAPHYSIQUE, s. f. du grec //stk { méta ) , après , et de tpua-wk ( phusica ), physiqué : après la physique ; parce que ç’est le traité d’Aristote qui est placé après celui de la physique. D’autres veulent que //st h { méta'), signifie , ici, au-delà, au-dessus, au-dessus de la physique , parce que les matières’ que traite la métaphysique' sont d’un ordre supérieur à celles que traite la physique;
- ( Didact. ) La science qui traite des premiers principes de nos cou-noissmees , des idées universelles , des êtres spirituels. Chaque science a sa mé taphysique.
- MÉTAPLASME , s. m. du grec p.îTAirxk(rira) {métaplassô ), transformer, changer.
- ( Grammaire ), changement qui se l’ait en retranchant dans un mot, une lettre , une syllabe. Ainsi c’est par mélaplasme que l’on dit, malgré lui, malgré ses dents, poney
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- malgré lui, malgré ses aidans, que l’on a dit d’abord.
- METAPTOSE , s. m. du grec fttr ttn sevrât { metapipto ) , passer , changer en pis ou en mieux, de'rivé de ntiirrm (piptô ) tomber. ’
- ( Méd, ) Changement d’une mala-* die dans une autre , soit lorsque le changement se fait en mieux par le transport de la matière morbifique d’une partie noble dans une autre qni ne l’est point ; ou quand le changement se fait en pis , c’est-à-dire , lorsque la matière morbifique passe dans une partie plus noble que Celle où elle étoit auparavant.
- MÉTASTASE , s. f. du grec pîriçytffi (metistémi), transporter,
- {Méd. ) Changement d’une maladie en une autre qui lui succède immédiatement. Ce changement se fait par le transport de la matière morbifique dans un autre endroit que celui qui étoit le foyer de la maladie.
- MÉTATARSE, s, m. du grec fitroL ( mêla), après , et de retproç ( tarsos) , le tarse, le coup-de-pied.
- ( Anat.) Assemblage de petits os articulés par une _de leurs extrémi-îés avec le tarse, et de l’antre avec la première phalange des orteils.
- MÉTATHÈSE , s. f. du grec 'ra.r'iQvp.i ( melalithêmi), porter d’un lieu à un autre.
- {Méd.) On se sert de ce mot, en médecine , en parlant des causes morbifiques que l’on transporte dans des lieux où elles ne peuvent pas causer beaucoup de dommage , quand on ne peut point les évacuer.
- (Grammaire ) C’est aussi le nom d’une figure grammaticale , qui se fait par une transposition de lettres dans un mot, ou de mots dans un discours. C’est par métalhèse que l’on dit troubler, pour tourbler, de turbare.
- MÉTEMPSYCOSE ou MÉTEMP-SYCHOSE,s, f. du grec^usTk{méia), qui marque changement, d^sv {en), dans, et de {psuché), aine ;
- passage de l’arpe, d’ua çorps dans im autre.
- MET
- ( Philos. ) Passage d’une ame dans un corps autre que celui qu’elle ani-moit. Cette opinion , que Fythagore avoit prise des anciens Brachmanes, dure encore parmi les Banians et les autres idolâtres de l’Inde et de la Chine.
- MÉTEMPTOSE, s. f. du greç fftrk ( méta ) , après , et de \pnsinsrm. (empipto) tomber, survenir: qui survient après.
- (Astron.) Equation solaire des nouvelles lunes, qui arrivent un jour plutôt, quand on a ôté un jour d’une année séculaire. V. PROEM-PTOSE,
- METEORE, s. m, du grec p.trm-r poc {méteôros), haut, élevé; dérivé de ptrk {méta) , au-dessus , et de kiipw [aéirô ), élever: corps qui s’élève dans l’air.
- {Physique) On appelle météores. tous les phénomènes qui se passent dans l’atmosphère.
- On peut distinguer quatre sortes de météores ; savoir :
- Météores aériens ; ce sont les vents qui sont de plusieurs sortes et produits pat’ plusieurs causes. Tr. VENT.
- Météores aqueux ; ce sont tous ceux qui sont produits par les va-* peurs ou les substances qui tiennent de la nature de l’eau , et qui s’élèvent dans l’atmosphère. V- SEREIN, ROSÉE , ROSÉE BLANCHE , BRÔUILLABDS, GIVRE, PRIMATS , NUAGES , BRUME , PLUIE, NEIGE, GRELE.
- Météores lumineux ; ce sont ceux qui résultent des vapeurs et des exhalaisons combinéesavec la lumière. V. ARC-EN-G1EL, COURONNES, FARHELIES , LUMIERE ZODIACALE , AURORE BORÉALE , etc-
- Météores enflammés ; ce sont ceux qui sont vraisemblablement produits par les exhalaisons qui s’enflamment et brûlent dans l’atmosphère. V. FEUX FO LETS, ÉTOILE TOMBANTE, ECLAIR, TONNERRE , FOUDRE.
- METEORISME, s. m. même origine que METEORE.
- {Méd.) Les médecins ont donné , par analogie , le nom de météore à toutes les tumeurs extrêmement éle-
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- vées ; mais ils désignent particulièrement par météorisme, une élévation contre nature , occasionnée par des vents ou des flatuosités.
- MÉTÉOROLOGIE, s. f. du grec fA,iTmpoç (météôros ) , météore , et de x'oyoç (logos ), discours , traité.
- ( Phys.) Partie de la phjrsique qui traite des météores; qui explique leur origine, leur formation, leurs differentes espèces , leurs apparences , etc.
- MÉTÉOROLOGIQUE ,, adject. même origine que MÉTÉOROLOGIE : qui concerne les météores.
- (Phys.) Épithète que l’on donne à ce qui a rapport aux météores, et, en général , à tous les chaugemens et altérations qui arrivent dans l’atmosphère. On appelle, par exemple, observations météorologiques toutes celles que l’on fait sur les diffé--ventes espèces de météores ; tels que la pluie, la neige, la grêle, les brouillards, le tonnerre , l’arc-en-ciel , etc.
- On appelle aussi instrumens météorologiques ceux qui sont destinés à faire connoître l’état ou la dispos sition de l’atmosphère, par rapport à la chaleur ou au froid , au poids , à l’humidité, etc. Dans cette classe d’instrumens sont compris les baromètres , thermomètres , hygromètres , etc.
- MÉTHODE , s. f. du grec /ESo-tîoç ( méthodos ), composé de fxiTa. (méta) par, et d’ô<hor ( hodos) : voie , chemin ; par un chemin, par une voie ; ou la manière d’arriver à un but par la voie la plus convenable.
- (Didact. ) Manière de dire ou de faire quelque chose %vec un certain -Ordre , et suivant certains principes.
- (Elocut. ) Les rhéteurs définissent la méthode, l’art de bien disposer une suite de plusieurs pensées, ou pour découvrir la vérité que i’on cherche , ou pour la démontrer aux autres quand ou l’a trouvée. La première estl’ANALYSE , et l’autre la SYNTHESE. ( Z7*. ces mots). Ainsi, méthode analytique, c’est celle qui passe du plus composé au plus simple.
- Méthode synthétique, celle tqui
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- passe du plus simple au plus composé.
- ( Mathématiques ) On appelle méthode , en mathématiques , la route que l’on suit pour résoudre un problème. On distingue, comme dans les autres sciences, deux sortes de méthodes, Vanalyse et la synthèse ; mais, dans les mathématiques, ces mots ont deux sens, l’un qui est le même que celui qu’ils ont par-tout ailleurs ; l’autre , qui s’est introduit depuis la révolution opérée par Descartes.
- Par Y analyse, on cherche une vérité inconnue. Par la synthèse, on prouve une vérité énoncée. L’objet est diflérent, mais la méthode est la même.
- Toutes les opérations des mathématiques tendent à connoître deux expressions différentes d’une même quantité. Si une des deux expressions est donnée , et qu’on cherche l’antre , en supposant qu’on en conçoit la forme et les quantités dont elle doit être fraction, on a un problème à résoudre : voilà Yanalyse. Si on connoîtles deux expressions , il faut prouver qu’elles conviennent à une même chose, et on a un théorème à démontrer} c’est ce qu’on appelle synthèse.
- Ou donne encore le nom de synthèse à la géométrie des anciens, et celui d’analyse à l’algèbre littérale , employée par les modernes. Quelquefois ces deux méthodes ne different qu’en ce que l’on désigne dans l’une' par deux lettre! , la même ligne , que dans Pauire on désigne par une seule. Mais il y a , en générale , entre ces deux méthodes , des différences essentielles qui rendent celle des modernes fort préférable. Les opérations qu’on emploie dans la méthode des anciens , se fout toutes sur des quantités déterminées, et par conséquent elle convient toujours à des solutions en nombre limité. Ainsi , elles ne peuvent pas renfermer les quantités arbitraires , qui, dans bien des problèmes , doivent rester dans les solutions. L’analyse a encore une autre avantage ; c’est que toutes les solutions pratiques et approchées se font bien plus commodément par des tables
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- arithmétiques que par des constructions ; les erreurs inévitables y sont d’ailleurs plus aisées à apprécier , et en général on a préféré l’analyse , dans les travaux immenses qu’on a faits surle système du monde. Enfin , les opérations de la synthèse sont plus compliquées , sa marche plus difficile à suivre ,ses résultats moins généraux ; elles demandoient pour bien des problèmes un travail impraticable ; aussi a-t-elle été abandonnée de presque tous les géomètres , et elle n’a plus pour elle que le nom de Newton , qui s’en servit, dit-on , ponr cacher la route qu’il avoît suivie , et qui sûr de l’admiration des grands géomètres , «rvoit la faiblesse de vouloir encore étonner les esprits médiocres.
- ( Hist. nat. ) La multitude des êtres rendent l’histoire naturelle incertaine et confuse ; il falloit un fil pour se conduire dans cet immense labyrinthe ; on a imaginé les méthodes. Ces distributions , en groupant les êtres qui ont entr’eux des rapports constans , servent à les faire reconnoître avec plus de facilité. Chaque partie de l’Histoire Naturelle a sa méthode ou ses méthodes particulières.
- ( Minéralogie ) ©n a établi différentes méthodes pour la classification des minéraux. Les unes sont fondées sur des caractères extérieurs* principalement sur la figure des crys-tanx ; d’autres ont ponr base les principes constiluans décomposés par les procédés chimiques. Parmi les méthodes du systèmes minéralogiques, on distingue ceux de Wal-lerius, Bergmann, Werncr , Dau-henton, Jlaui. En ce moment les minéralogistes sont partagés entre la méthode deWenter et celle d’Haiiy : la première qui a pour base les principes constituâtes des minéraux , .est enseignée dans toute l’Europe ; celle d’Haiiy', qui est fondée sur les caractères extérieurs des minéraux, est enseignée à Paris.
- ( Botan. } On appelle méthode , en botanique une espèce d’ordre , d’arrahgement, où les plantes , d’après certains principes , sont divisées par classes , par ordres , par sections ou par familles, par genres ,
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- fiar espèces, dont on distingue encore es variétés.
- Les principes qui servent de base aux divisions et aux subdivisions des méthodes, peuvent varier • mats il est nécessaire qu’ils soient fondés sur les parties constantes et apparentes qui peuvent le mieux caractériser les plantes , afin que l’on puisse , à l’aiue de ces parties caractéristiques , trouver le nom que les botanistes s’accordent à donner à celle que l’on désire connoître , et parvenir ensuite à la connoissance de leurs propriétés et de leurs usages-.
- On distingue en botanique deux méthodes ; la méthode naturelle et fa méthode artificielle. Yoyez. BOTANIQUE.
- Dans le nombre des méthodes qui ont été publiées jusqu’à ce jour , il y en a trois supérieures à tontes les autres , et qui ont immortalisé leurs auteurs : ce sont les méthodes de Tournefort, de Linnœus , et dé Jussieu.Ls. première est abandonnée; mais celle de Linnœus a été adoptée par tous les botanistes ded’Europe , excepté ceux de Paris, qui suivent celle de Jussieu.
- Méthode de Linnœus ; la méthode de ce grand naturaliste a été nommée système sexuel , parce cfU’eiie est fondée en général sur la considération des parties mâles et femelles des plantes , c’est-à-dire , sur les étamines-et sur les pistils.
- Linnœus n’est pas le premier qui ait examiné ces organes. Plusieurs anciens naturalistes avoient soupçonné le sexe des plantes , Pline en parle ; Rai et Camerarius font mention des parties mâles et femelles des plantes ; Cisalpin et Vaillant en ont également paidé : Tournefort les a décrites ; mais Linnœus est le premier qui , les considérant comme les parties essentielles de la reproduction , et dès lors comme les plus constantes dans toutes les espèces , y ait cherché les caractères génériques et classiques d’une méthode. Dans l’acte de la fructification il ne vit plus que celui de la génération qu’il appella les noces du règne végétal ; le calice est le lit conjugal , auquel la corolle sert de dats ; les f iels des étamines sont
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- les vaisseaux spermatiques leurs sommets ou anthères sont les testicules ; la poussière des sommets est la liqueur séminale ; le stigmate du pistil devient la vulve 5 le style est le vagin ou la trompe ; le germe estl'ovaire ; péricarpe est Vovaire fécondé ; la graine est V œuf ; et le concours des mâles et des femelles est nécessaire à la fécondation.
- Plein de ses nouvelles idées, Lin-nœus fonda ses classes sur les étamines ou parties mâles ; ses ordres sur les pistils, ou parties femelles . et ses genres sur toutes les parties de la génération , exclusivement aux autres parties de la plante.
- Le système sexuel de Linnæus comprend six grandes divisions, fondées , la première , sur le nombre des étamines ; la seconde sur leur position ; la troisième sur leur proportion ; la quatrième , sur leur connexion entr’elles ou avec les pistils ; la cinquième , sur la séparation des fleurs mâles et des fleurs femelles , soit sur le même individu , soit sur des individus dîffé-rens ; la sixième enfin, sur l’absence apparente des fleurs ou des fruits.
- Dans la première division se trouvent les onze premières classes distinguées par le nombre des étamines, depuis la MONANDRIE , jusqu’à LA DECANDRIE ; ( V. ces mots); noms qui expriment le nombre des étamines ou organes mâles ;
- La seconde division comprend les plantes remarquables ^iar le nombre et l’insertion des étamines , et qui forment ia douzièmeet la treizième classse. L’ICOS ANDREE et la POLYANDRIE , ( V. ces mots ) ,
- c’est-à-dire , les plantes dont les fleurs ont depuis douze jusqu’à vingt étamines, et celles qui en ont depuis vingt jusqu’à cent, ou un pins grand nombre.
- Dans la troisième division sont comprises les plantes caractérisées par le nombre et la proportion des étamines.
- Elles forment la quatorzième et la quinzième classe , appellée la DI-DYNAMIE et la TETRADYNA-MIE ( V. ces mots ) , c’est-à-dire , à deux ou quatre puissances.
- La quatrième division comprend
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- les plantes distinguées par la réunion ' de quelques parties des étamines , entr’elles ou avec les pistils ; elles forment cinq classes. V. MONA--DELPHIE , DIADELPHIE , P9-LYADELPHIE , SYNGENESIE , CYNANDREE. ( V. ces mots. )
- La cinquième division réunit toutes les plantes qui se distinguent par la séparation des sexes. Voy. MONE-CIE , DIOECIE , POLYGAMIE.
- La sixième , enfin, comprend les plantes remarquables par l’occultation , ou le peu d’appareuce des fleurs. V. CRYPTOGAMIE.
- Chaque classe est ensuite divisée en plusieurs ordres fondés sur le nombre des pistils, sur les semences ou fruits , etc. V. MONOG¥NlE , etc., GYMNOSPERMIE, etc., MO-NADELPHIE, etc., SYNGENESIE , etc.
- Méthode naturelle de Jussieu ; la méthode de Jussieu est appelée naturelle , par opposition à celle de Linnæus, qu’on appelle artificielle ; parce que le premier a suivi la marche de la nature , en rapprochant les plantes qui ont de très-grands rapports fondés sur la considération de l’ensemble; au lieu que l’autre ne les a rapprochées que par des caractères particuliers , comme les étamines , la fleur, le fruit , etc. ; d’où il arrive que deux plantes qui dans la première sont très-voisines, se trouvent aux deux extrémités de la méthode de Linnæus.
- D’après la méthode de Bernard Jussieu , les plantes sont d’abord divisées en ACOTYLEDONES , MONOCOTYLEDONES, et DICOTYLEDONES. ( V. ces mots. )
- La première division comprend les caractères qui sont essentiels , invariables , toujours uniformes , et tirés des organes les plus iin-portans ; tels sont les nombres des lobes ou cotylédons qui accompagnent l’embryon dans la semence, l’insertion des étamines , ou leur situation relativement au pistil, l’insertion delà corolle, lorsqu’elle porte les étamines.
- La seconde division présente les caractères généraux presque um-
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- formes, et variables seulement par exception , tirés des organes non essentiels ; tels sont la présence ou l’absence du périsperme, celle du calice ou de la corolle , quand celle-ci ne porte point les étamines , la structure de cette corolle , considérée comme MONOPETALE, ou POLYP ETALE ( V. ces mots) , la situation respective du calice et du pistil, la nature du périsperme.
- La troisième division offre des caractères que l’auteur appelle à moitié uniformes, c’est-à-dire, tantôt variables, de quelque organe qu’ils soient tirés ; tels sont le calice MONOPHYLLE ( V. ce mot ), le nombre des OVAIRES , le nombre, la proportion mutuelle , et la convexion des étamines, la structure intérieure du péricarpe.
- Toute la méthode de Jussieu est fondée sur ces trois divisions des caractères des plantes.
- ( Médecine ) En termes de médecine , on dit méthode curative , pour dire traitement méthodique des maladies ; et on appelle médecin méthodique, celui qui s’attache exactement à la méthode prescrite par les règjes de la médecine , par opposition à médecin EMPIRIQUE ( V- ce mot. ) , celui qui ne s’attache qù’à Inexpérience.
- MÉTIER, s. m. du lat. minis te-rium, qui s’est dit d’abord des grands officiers de l’Empire, et que l’on a appliqué ensuite aux moindres artisans.
- ( Technol. ) Profession d’un art mécanique. Il se dit aussi d’une espèce de machine qui sert à certaines manufactures. Métier à bas, métier de tisse? and.
- MÉTIS , ISSE , adj. de l’espagnol mestizo , fait du lat. mixtus , mélangé.
- ( Hist. nat. ) C’est le nom que les Espagnols donnent aux enlans qui sont nés d’un Espagnol et d'une Indienne , ou d’un Indien et d’une Espagnole.
- ( Bot an. ) Il se dit aussi des fleurs et des fruits nés du mélange de deux espèces ; oe qui produit des variétés , de même que parmi les substances animales.
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- MÉTONOMASIE, s. f. du grec pintct ( mêta), préposision qui indique le changement, et d,ivo/uiA{ono~ ma ) , nom : changement de nom.
- ( Liltérat. ) Plusieurs savans du dernier siècle ont eu la manie de changer leur nom en un autre ; et cette fantaisie se répandit dans toutes les écoles en si peu de teins , et avec tant d’impétuosité , que la métonomasie mérita de se voir compter parmi les choses les plus communes de la république des lettres.
- MÉTONYMIE, s. f. du grec y.t-'Toùvv/j.'ict ( metônumia ), fait de (juta ( mêla ), préposition qui marque changement, et d’o'vo^ust (onoma)., nom.
- ( Elocut. ) Ce changement est commun à tous les tropes , puis-r que jamais un nom n’y est pris dans le sens propre ; mais la métonymie diffère des autres tropes, en ce qu’elle n’est pas fondée , comme les autres, sur un rapport de ressemblance ou d’opposition, mais sur un rapport de relation , comme de la cause à l’effet , de l'eflet à la c anse, du contenant au contenu, du lieu où la chose se fait à la chose même , du signe à la chose signifiée.
- METOPE , s. f. du grec gîTi ( m.éta ) , entre , et tHàv» ( ope ), trou ; entre trou , dont on a fait entre vous : distance d’un trou à un autre.
- ( Archit. ) Intervalle, carré entre les triglyphes de la frise de l’ordre dorique.
- METOPOSOOPIE . s. f. du grec fjÂ'vmnrov ( métopon ), front, formé de [jLirk ( mêta), au-dessus, d’œ^ ( ops), œil, et de erKtmop.0.1 ( skep-toniai), considérer.
- ( Physiogn, ) Partie de I3 physiognomonie qui enseigne à connoître le tempérament et les mœurs des personnes par la seule inspection des traits du visage.
- MÈTRE , s. m. du grec fAinrfov ( métron ), mesure.
- ( Poésie ) Le mètre , en poésie , s’entend de la forme des pieds qui composent le vers. Le rythme est un espace terminé selon certaines
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- lois , et le mètre est un rythme dont chaque partie est de plus remplie selon certaines lois. Que l’on suppose un rythmé de deux tems ; de quelque façon qu’on le remplisse , et qu’on le détermine, il en résulte toujours deux tems. Le rythme ne considère que le seul espace pris en lui-même ; mais si cet espace est rempli desons, comme il y en a de brefs et de longs, il en faudra plus ou moins pour le remplir , ce qui produira différons mètres sur le même rhytme. Par exemple , un rythme de deux tems peut etre rempli par deux longues, ou par une longue et deux brèves, par deux brèves et une longue, par une longue entre deux brèves, ou par quatre brèves. Voilà cinq espèces de mètres sur un même rhytme. La langue française n’a point de mètres proprement dits, quoiqu’elle ait des longues et des brèves dont ils sont composés. Sa construction n’a pas assez de flexibilité pour assujettir les poètes à tels pieds déterminés dans toute la suite d’un ouvrage. Voy. TEMS, RYTHME , PIEDS , MESURES.
- En style marotique, mètre signifie vers; métrijier, pour faire des vers.
- ( Métrologie ) Mètre est aussi le nom d’une nouvelle mesure linéaire de la république française ; c’est l’élément de toutes les autres mesures , et même des poids. V. MESURES, POIDS.
- Le mètre est une ligne égale à la dix-millionième partie du quart du méridien terrestre, ou, ce qui est la même chose, à la distance de l’équateur au pôle ; distance qui a été évaluée , en mesurant avec le plus grand soin un arc du méridien , passant par Paris , et terminé d’une part à Dunkerque, et de l’autre à Barcelonne en Espagne : ce qui comprend une étendue de plus de dix degrés.
- La distance du pôle de l’équateur une fois évaluée, on la divise de dix en dix parties jusqu’à la dix-millionième partie, qui par un ha-zard heureux s’est trouvée d’une grandeur peu différente de la demi-toise , et de plusieurs autres mesures déjà consacrées par l’usage.
- MET 5a5
- En mesures anciennes, le mètre est égal à 3 pieds o pouces 11,296 ligues.
- Le mètre en longueur est l’élément de toutes les mesures linéaires. Le mètre carré est l’élément de toutes les mesures de superficie. Le mètre cube est l’éiément de toutes les mesures de capacité. Le mètre est encore l’élément de tous les poids ; car, si l’on suppose un mètre cube d’eau distilée, qui, pesé dans le vide et ù la température de la glace fondante, pèse 1,000,000 grammes, la millionième partie du poids de ce mètre cube sera le gramme y lequel est l’élément de tous les poids.
- MÉTRENCHYTE, s. f. du grec fjiïnpct (métra), matrice, d’Iv(en)y dans, et de %vw ( chuô ), verser.
- ( Chirurgie) Espèce de seringue avec laquelle ou fait des injections dans la matrice.
- MÉTRIOPATHIE, s. f. du grec /l/Jrpioç (métrios), modéré, et de nrctÛoç (pathos), passion, affection.
- ( Philos. ) État d’une personne qui modère ses passions et ses douleurs. C’est à cet état qu’aspiroient les stoïciens.
- MÉTRIQUE, adj, de METRE, V. ce mot.
- ( Poésie ) Art métrique ; on appelle ainsi-la partie de l’ancienne poétique qui a pour objet la quantité des syllabes, le nombre et la différence des pieds qui doivent entrer dîms les vers. C’est ce qu’on appelle autrement PROSODIE , V. ce mot.
- On appelle aussi vers métriques, certains vers assujettis à un certain nombre de voyelles, longues ou brèves, tels que les vers grecs et latins.
- MÉTROLOGIE, s. f. du grec pi-Tpov ( métron ), mesure, et de x'ayoç ( logos ), discours , traité : traité des mesures. La métrologie de Paucton.
- MÉTROMANIE , s. f. du grec yttsT/iov ( métron ), mesure ; vers, et de astvia. (tt.ania), manie, folie: la folie , la manie des vers.
- ( Littéral. ) Mot inventé par
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- âaS MEÜ
- M. Piron , pour servir de titre à nue comédie, en vers et en cinq actes , représentée pour la première fois le 10 janvier 1758, et dont le
- Îirincipal personnage est possédé de a manie de faire des vers.
- MÉTRO-MÈTRE , s. m. composé du grec f/Â'Tfov ( métron) , mesure , qui. est ici répété deux fois : mesure ou règle de la mesure.
- ( Musique ) Machine de nouvelle invention, qui sert à déterminer le mouvement d’une pièce de musique.
- MÉTROPOLE, s. f. du grec fjt.it-«TJtp (mêtêr), mère, et de irius {polis) , ville: ville-mère.
- {Econ. polit. et ecclcs. ) Les Grecs entendoient par métropole une ville-mère , c’est-à-dire , le lieu d’où sortoient les colonies qui allaient-habiter d’autres terres, etc. Les villes de ces colonies étoient comme les filles de la ville-mère.
- Dans la suite, les Romaine appelèrent métropole la ville principale ou capitale d’une province , et comme le gouvernement ecclésiastique se régla sur le gouvernement civil , les sièges épiscopaux établis dans ces métropoles , furent appelés métropolitaine , et les églises métropoles.
- MEUBLE , adj.»et subs. du latin mobilis.
- (Pratique ) On entend par meuble, sous-enteudu bien , bona mobilier , tout ce qui peut être transporté d’un lieu à un autre , et n’est-point adhérent au fonds.
- . ( Agric.) Terre meuble; c’est celle
- dont les molécules sont extrêmement divisées , au moyen de divers labours.
- MEULE , s. f. du grec ywéx» ( mule ).
- ( Econ. dom.) Corps solide , rond et plat, qui sert à broyer.
- (Technol.) Meule, se dit aussi d’une roue de grès , dont on se sert pour aiguiser des couteaux et autres ferremens.
- ( Agric.) Il signifie aussi un monceau , une pile de gerbes de blé, de foin, de fumier, etc.
- MEURTRE, s. m. du lat. barb. mordrum, ou murdrum , du saxon morthor, dont les Anglais ont fait jnurther et ensuite munier.
- MEZ
- (Turisprud. crimin.) Homicide* le crime d’une personne qui en tu® une autre par violence, ou injus:e~ ment.
- MEURTRIER ES , s. f. de meurtrir t dans son ancienne acception de tuer. V. MEURTRE.
- (Art milit.) Trous, ou petites ouvertures, par où l’on peut tirer sur l’ennemi. Il y a des meurtrières dans les châteaux, forts, citadelles , etc.
- ( Marine ) Trous oblongs , pratiqués aux retrancliemens que quelques vaisseaux marchands font, en tems de guerre , sous leurs gaillards et dunettes , pour pouvoir encore se défendre , en cas qu’ils soient forcés à l’abordage. L’équipage se réfugie alors derrière les retranchemens, et fait le coup de fusil sur les ponts à travers ces meurtrières.
- Cet usage est principalement connu, des Anglais et de leurs vaisseaux négriers ; il est de peu de ressource pour la guerre , parce que les abor-deurs forcent bientôt ces retranchemens , soit en pointant un canon dessus, soit en jetant des grenades par les ouvertures qui se présentent, et par celles que l’on fait à coups de haches.
- MEUTE , s. f. du lat. motà, fait de moveo , mouvoir. On a dit autrefois EMEUTE.
- ( Vénerie) Nombre de chiens cou-rans , dressés pour la chasse du lièvre, du cerf, du loup , etc.
- Chefs de meute : ce sont les meilleurs chiens , et les mieux dresse’s d’une meute , qui servent à conduire les autres et à les redresser.
- MEZZANINE, s. f. de l’italien mezzani, qui signifie chambres basses, comme des soupentes.
- ( Archit. ) Etage pratiqué au haut d’un bâtiment, comme celui d’un attique, ou autre petit étage au-dessus d’un grand.
- Suivant Daviler , c’est un entresol ou un petit étage, et aussi une petite fenêtre , moins haute que large.
- MEZZO-TERMINE, s. m. terme emprunté de l'italien , et qui signifie parti moyen qu’on prend pour terminer une affaire embarrassante ,
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- MIC
- pour concilier des prétentions opposées.
- MEZZO-TINTO, s. m. terme emprunté de l’italien, qui signifie littéralement demi-teinte.
- ( Gravure) Il se dit de certaines estampes, qu’on appelle ordinairement en français estampes eu manières noires. V. GRAVURE.
- MI, s. m.
- ( Musique) La troisième des six syllabes inventées par Gui Arétin, pour nommer ou solfier les notes, lorsqu’on ne joint pas la parole an chant.
- MIASME, s. m. du grec [Muo-put (miasma), dérivé de puet'im (miai-nô), souiller, corrompre.
- ( Physique ) Nom que l’on donne à tous les fluides aérii'ormes suffo-quaos qui s’exhalent de différens endroits de la terre ; telles sont plusieurs espèces de gaz dans les cimetières et les endroits marécageux ; on rencontre quelquefois des miasmes produits par le gaz hydrogène, qui s’en^xhale.
- MICA s. m. du lat.micare, briller.
- ( Minéral. ) Le mica ainsi appelé' parce qu’il brille dans le sable, est un des élémens les plus abondans de granit. Il se divise jusqu’à une extrême ténuité en lames flexibles et élastiques. Il est verdâtre. rougeâtre , jaunâtre, brun ou noir. On appelle argent de chat, celui qui est d’un blanc argentin, et or de chat, celui qui est d’un jaune doré. On le trouve en masse dans les fiions. 11 sert en Sibérie et en Moscovie au lieu de vitres pour les fenêtres ; principalement pour les vaisseaux , d’où il a eu le nom de verre de Moscovie, parce que la concussion que produit la poudre ne le fait pas éclater ; on le substitue à la conte pour les lanternes , il a l’avantage de ne pas s’enflammer.
- On se sert du mica en poudre pour brillanter quelques ouvrages , et pour faifé ce qu’on appelle la poud/e-d’or.
- MICROCOSME, s. m. du grec p.ixpo; (mikros). petit, et de xb<r— f.toç (kosrnos), monde: petit monde.
- ( Didact. ) Quelques anciens philosophes ont ainsi appelé l’homme, comme étant l’aju'égé de tout ce qu’il
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- ÿ a d’admirable dans le monde , qu’ils nommoient, par opposition, MACROCOSME. V. ce mot.
- MICROCOUSTIQÜE , adj. du grec puxpb; (mikros), petit, et d’àxot/a) ( akouô ), entendre : qui fait entendre , ou qui augmente les petits sons.
- ( Physique ) On appelle ainsi les iustrumens propres à, augmenter le son , comtae le porte-voix.
- MICROGRAPHIE , s. f. du grec fAixpb; (mikros), petit, et de ypiyt*
- ( graphô ) , décrire.
- ( Physique ) Description des objets tellement petits qu’on ne peut les voir qu’à l’aide d’un microscope. Il existe un ouvrage intitulé Micrographie , d’un auteur anglais nommé Hook.
- MICROMÈTRE, s. m. dn grec fAixpb; ( mikros ), petit, et de piirpov ( métron ) , mesure : mesure des petites choses.
- ( Aslron, ) Instrument qui sert à mesurer dans les cieux, avec une \ très-grande précision, de petites distances, ou de petits arcs , comme les diamètres du soleil, des planètes.
- Huyghens est l’inventeur de cet instrument. Sa virgule , placée au foyer du verre oculaire convexe , donna à Malvasia l’idée de son châssis mobile, qui suggéra à Auzout celle d’en détacher quelques fils qui pouvantse mouvoir parallèlement en s’éloignant ou s’approchant des pr&-miers , qui restent immobiles , offrent !e moyen de prendre, avec beaucoup de précision , le diamètre d’un astre ou une très-petite distance.
- Micromètre objectif. ( V. HÉ-LIOMETRE. )
- MICROPHONE, s. m. du grec fA.ix.pb; (mikros) , petit, et de «fiaivà (phoné), son: petit son.
- ( PùysiquejNom que L’on a donné aux instrumens propres à augmenter les petits sons. Tels sont les porte-voix, les trompettes. Ce mot est peu en usage. V. MICROCOUSTIQÜE.
- MICROSCOPE, s. m. du grec fAtxpb; (mikros), petit, et de <rxo-crfû) (skopeô) regarder, considérer.
- (Diopir.) Instrument qui sert à grossir de petits objets.
- Il y a deux espèces de microscopes , le simple et le composé.
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- Microscope simple ; c’est celui qui est formé tl’une seule et unique lentille, ou loupe très convexe.
- Microscopes composés ; ce sont eeux qui sont formés d’un verre objectif d’un foyer très-court, et d’un oculaire d’un foyer plus long. Au lieu d’un oculaire, ou en met quelquefois plusieurs ; et ce sont même les microscopes les plus en usage aujourd’hui.
- Plusieurs physiciens s’attribuent l’honneur d’avoir inventé les télescopes composés; on l’attribue assez généralement à Drebel.
- Microscope solaire; ce n’est autre chose qu’une lanterne magique éclairée par la lumière du soleil, et dans laquelle le porte-objet, au lien d’être peint , n’est qu’un petit morceau de verre blanc sur lequel on met les objets qu’on veut examiner. Il y a encore cette différence, qu’au lieu de deux verres lenticulaires placés au-delà du porte-objet dans la lanterne magique , il n’y en a qu’un dans le microscope solaire. V. LANTERNE MAGIQUE.
- Cet instrument, qui nous est venu de Londres eu 1743, a été inventé par M. Lieberknhn. On place le tuyau du microscope solaire dans le trou d’un volet d’une chambre obscure bien fermée, et on fait tomber la lumière du soleil sur les verres du microscope, par le moyen d’un miroir placé au-debors de la fenêirè. Alors les objets placés sur le poite-objet paroissent prodigieusement grossis sur la muraille de la Chambre obscure.
- Microscope des objets opaques; ce microscope dont on doit i’inven-tion au même docteur Leibrekuhn, est aussi curieux qu’avantageux. Il remédie â l’inconvénient d’avoir le côté obscur d’un objet terminé du côté de l’œil, au moyen d’un miroir concave d’argent extrêmement poli, qui réfléchit sur l’objet une lumière si directe et si forte qu’on peut l’examiner avec toute la facilité et tout le plaisir imaginable. On emploie quatre miroirs concaves de cette espèce, et de différentes profondeurs, destinés à quatre lentilles de différentes forces, pour s’en servir â observer les diffère ns objets.
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- Microscope à réflexion ; cet ins44 trament consiste en un miroir conJ cave de métal ; en un autre plus petit, dont la concavité soit opposée à celle du grand miroir en une ouver-4 ture pratiquée au milieu de ce même miroir, en une lentilleplan-convexe, placée au - dessus de l’ouverture ; enfin , en nne lentille et un verre oculaire.
- Les avantages du microscope à réflexion sont, i.°de pouvoir exposer l’objet à tel degré de lumière qu’il plaît à l’observateur ; i.° de pouvoir observer tous les objets visibles les plus diaphanes , parce qu’étant vus
- λar la lumière réfléchie de leurs suraces, ils seront vus distinctement: les opaques , parce qu’ils recevront et renverront librement la lumière ; les plus fluides, parce que demeurant hors du microscope , elle microscope étant mobile , on pourra les placer de la manière qui leur conviendra le mieux, ou les prendre dans la place où ils se seront arrêtés d’eux-mêmes. 3.°. De n’éftre plus obligé de détacher les parties de leur tout, lorsque le tout est d’une certaine grandeur , et de pouvoir observer la liaison des parties, les considérer dans leur union, et voir exactement dans les animaux les mouvemens du sang, etc.
- Le microscope à réflexion a d’ailleurs le double avantage de pouvoir servir comme télescope grégorien.
- Il suffit pour cela de faire glisser le petit miroir dans sa coulisse, vers l’embouchure du grand tube dans lequel il est situé à l’opposite du grand miroir fixé au fond du même tube; de tourner la vis qui sert à faire avancer ou reculer le petit miroir, jusqu’à ce*que l’alidade coupe tin des nombres ; d’éloigner ensuite de l’objet J'embouchure du grand tube, et l’éloigner d’autant de parties qu’en indiquera le nombre coupé par l’alidade ; puis détacher le petit tube qui contient le verre plan-convexe et la lentille oculaire; moyennant quoi l’on pourra diriger le grand tube vers l’objet, en le cherchant da l’œil à travers l’ouverture pratiquée dans le grand miroir.
- MIDI, s. m. du lat. médius dics, dont
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- dont on a fait medi - dies et ensuite midi.
- ( Astron.) C’est le moment où le soleil est au méridien.
- Le moment de midi divise à-peu-près le jour en deux parties égales; il faut dire à-peu-près , parce que cela n’est vrai exactexnent que dans le tems où le soleil est aux solstices, et où le moment du midi est le même que celui du solstice.
- Midi vrai ; c’est le tems où le soleil est réellement au méridien.
- Midi moyen; c’est le tems où il serait midi, eu égard seulement au mouvement moyen du soleil, combiné avec le mouvement diurne de la terre ; ou pour parler plus clairement, le tems où il serait midi , si le soleil avoit un mouvement uniforme.
- ( V. ÉQATION DU TEMS ). Il y a toujours la même distance du midi moyen d’un jour quelconque au midi moyen du jour suivant; mais la distance du midi vrai d’un jour au midi vrai du suivant, varie continuellement. C’estparlemoyen des hauteurs correspondantes que les astronomes déterminent le moment du midi , pour régler les pendules , et trouver le tems vrai de toutes les autres observations.
- Midi se dit aussi de la région du ciel vers laquelle se trouve le soleil au miiien du. jour. Dans nos régions, septentrionales, il est opposé au nord ou au septentrion.
- On trouve le côté du midi par les méthodes qui servent à tracer une méridienne, ou parla boussole, quand on commît sa déclinaison dans le lieu de l’observation.
- Midi se dit de l’un des quatre points cardinaux qui divisent l’horizon en quatre parties égales.C’est le point de l’horizon , qui est coupé par le méridien , du côté du pôle sud ; c’est pourquoi Ton donne encore à ce point le nom de sud.
- MIGRAINE, s. f. du grec iïjui ( hêmi ) , moitié , et de xpzviov ( kranion ) , le crâne, la tête. Foy. HÉMICRANIE.
- ( Méd.) Douleur aiguë’ qui afflige la moitié de la tête , soit du côté droit, soit du coté gauche. Quelquefois il n’en occupe que le devant, on le derrière , on le sommet.
- Tome IL
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- MIGRATION, s. f. du lat. migrât io , fait de migro , pour mu tare agrum , changer de lieu , de demeure : transport, action de passer d’un pays dans un autre , pour s’y établir. 11 ne se dit qu’en parlant d’une partie considérable de peuple.
- ( Ornythologie ) Migration des oiseaux ; la différence des saisons oblige quelques oiseaux à chercher , à des époques fixes , un ciel plus chaud , des jours plus longs , un a nourriture plus abondante , et tout ce qui peut ajouter aux plaisirs de l’amour.
- MILIÀIRE, adj, du lat. miliaris y fait de milium , millet : qui ressemble à du millet.
- ( Méd. ) Epithète que l’on donne à une lièvre appelée ainsi. Des pustules ou vésicules qui s’élèvent principalement sur les parties supérieures du corps, et qui ressemblent en quelque sorte à des graines de millet.
- ( Physiol. ) Miliaire est aussi le nom que l’on donne à de petites glandes qui sont scius la peau , et qui servent à filtrer l’humeur de la sueur.
- MILICE, s. f. du lat. militia , formé de miles , soldat , et miles , de mille, ou mile , mille; comme à Rome , chaque tribu fournissoit mille hommes , quiconque étoit cfs ce nombre, s’appeloit miles.
- ( Art milit. )Ce terme a plusieurs acceptions : tous militaires composent des milices , ce qui forme la milice générale d’un Etat. Chaque classe militaire forme une milice particulière. Sous l’ancien gouvernement on appeloit miliciens les paysans et les bourgeois à qui Tou îaisoit prendre les armes , en certaines occasions ; alors le mot milice étoit opposé à troupes réglées.
- MILIEU , s. m. du lat. médius locus , d’où les Italiens on fait milita go. Le centre d’un lieu, l’endroit qui est également éloigné de la circonférence ou des extrémités.
- ( Physique ) On donne aussi le nom de milieu aux corps an travers desquels d’autres corps peuvent se mouvoir. L’air, par exemple, est le milieu dans lequel se meuvent les corps terrestres , les hommes et plu-L 1
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- sieurs animaux ; l’eau est le milieu danà lequel se meuvent les poissons et les autres espèces d’animaux aquatiques ; tous les corps transparens, soit solides, soit fluides, tels que le verre , l’eau, etc. , sont des milieux au travers desquels la lumière se meut. Tous les milieux opposent une résistance , plus ou moms grande, au mouvement des corps qui les traversent.
- Milieu éthéré ; c’est un fluide, très-rare et très-subtii, répandu par tout l’univers.
- C’est le sentiment de Newton , qu’entre le milieu aérien particulier dans lequel nous vivons et nous respirons , il y en a un autre plus répandu et plus universel, quTl appelle milieu éthéré. Ce milieu est beaucoup plus rare et plus subtil. que l’a;r , et par ce moyen il passe librement à travers les pores et les autres interstices des autres milieux, et se répand dans tous les corps. Cet auteur pense que c’est par l’intervention de ce milieu que sont produits la plupart des grands phénomènes de la nature : il paroît avoir recours à ce milieu, comme au premier ressort de l’univers, et à la première de toutes les forces. Il imagine que ses vibrations sont la cause qui répand la chaleur des corps lumineux j qui conserve et qui accroît dans les corps chauds l’intensité de ia chaleur, et qui la communique des corps chauds aux corps froids.
- Il le regarde aussi comme la cause de la réflexion , de la réfraction et de la diffraction de la lumière , et il lui donne des accès de facile ré -flexion, et de facile ti'ansmission elfet qu’il attribue à l’attraction. Ce philosophe paroît même insinuer que ce milieu pourrait être la source etla cause de l’attraction elle-mènie.
- Milieu réfritigent -7 V. REFRINGENT. '
- ( Astron. ) Milieu du ciel ; c’est le point de l’équateur qui se trouve dans le méridien ; ainsi , quand le soleil est dans le solstice d’été, le point équinoxial , à 6 heures du matin , est le milieu du ciel ; et à midi , l’ascension droite du milieu du ciel, est de 90 degrés. MILITAIRE, adj. dulat. miles,
- MIL
- militis.( V. MILICE): qui appartient à la milice ; qui concerne les choses de la guerre.
- Art militaire ; c’est la science de la guerre. De tout tems les hommes sont convenus de se dépouiller et de s’égorger les uns les autres , et pour le faire plus ingénieusement , ils ont inventé des règles qu’on appelle Vart militaire.
- Exploit militaire ; ce sont les expéditions ou faits d’armes.
- Exercices ou évolutions militaires; ce sont les différentes manières de ranger , de disposer et de faire agir les soldats.
- Architecture militaire; c’est l’art de fortifier les places, les camps, etc.
- Militaire s’emploie aussi au substantif pour désigner un homme de guerre, officier ou soldat.
- MILLE , adj. numéral, du lat. mille.
- ( Arith. ) Nom de nombre égal à dix centièmes ; il s’écrit par l’unité suivie de trois zéros.
- {Géographie) Mille, s. m. da latin mille, sous-entendu passas, mille pas : mesure dont quelques nations se servent pour exprimer la distance entre deux lieux; il contient environ mille pas géométriques.
- MILLÉNAIRE, adi.ets. du lat. millenarius ; composé de mille mille et de anni, années. Mille ans.
- ( Chronol.) Nombre millénaire , qui contient mille ans. On compte communément quatre millénaires, depuis la création du monde.
- MILLÉSIME, s. m. dulat. mil-lesimus.
- (Numismat. ) Terme dont on se sert en parlant des médailles et des monnaies , et par lequel l’on entend l’année' qui est marquée sur une médaille , sur une pièce de monnaie ; soit qu’elle ait été frappée avant ou après l’an mille.
- MILITAIRE, adj. du lat. mil-lianus, qui contient mille.
- ( Géogr.) Ce mot s’applique aux colonnes ou aux pierres qui marquent les milles. Ainsi les Romains appelaient colonne militaire, la colonne de marbre qu’Auguste fit élever au milieu du marché de Rome,
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- et d’où l’on comptoit par d’autres colonnes milliaires , espacées de mille en mille sür les grands chemins, la distance de chaque ville de l’Empire à l’égard de Rome.
- Depuis 1763 ona placé, enFrance, sur toutes les grandes roules qui partent de Paris , des pierres milliaires à l'instar des colonnes milliaires de l'ancienne Rome et des pierres milliaires qui partent de Londres pour les^ routes d’Angleterre. V. KILOMETRE.
- MILLIARD , s. m. du latin mil-liare , ou mille milliones.
- ( Arith. ) Nombre égal à dix fois cent millions ; c’est celui qui suit les centaines dé millions, dans la numération des chiffres.
- MILLIEME, adj, et s. du latin millesimus.
- ( Arith. ) C’est dans un ordre de chiffres qui se comptent, celui qui occupe le rang qui suit les centaines.
- Il se dit aussi d’une des parties d’un tout composé de mille parties.
- MILLIER, s. m. de milliarius , qui contient mille.
- ( Commerce ) Il se dit dans le commerce , d’un nombre ou d’un poids qui contient mille ou dix fois cent. Un millier de clous , un millier d’épingles, etc.
- MILLIGRAMME, s. m. composé de milli contraction, du français millième « et du gr. ypky.y.a. ( gram-ma). V. GRAMME.
- ( Met roi. ) Nouveau poids , là millième partie du gramme, égal à un millimètre cube d’eau ; la deux centième partie environ du grain ancien. Ce poids , ainsi que le dé-ci gramme et le centigramme, est destiné à remplacer les fractions du gros , le grain et ses fractions, pour les plus petites pesées.
- MILLIMETRE , s. m. composé de milli, contraction du français millième, et du gr. (met/on),
- mesure : millième de mètre.
- ( Métrol. ) Nouvelle mesure linéaire , la plus petite des mesures de longueur , appelée trait en langue vulgaire , et égale à une demi-ligne ancienne. Cette mesure est destinée aux mesurages qui exigent
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- une très-grande précision. Voyez METRE.
- Millimètre carré, vulgairement le trait carré ; c’est la millionième partie dn,piètre carré ; égal en mesures anciennes à un cinquième ds ligne carrée , à peu près.
- Millimètre cube, vulgairement trait cube ; c’est une mesure égale à un millionième de mètre cube , et en mesures anciennes, à 87 millièmes de ligne cube environ.
- MILORD, s. m. mot anglais composé du pronom my , mon , et de lord, seigneur : monseigneur. On dit d’un seigneur anglais, ou même d’un homme riche , que c’est un milord ; manière de parler aussi incorrecte , que si l’on disoit un monseigneur. V. LORD.
- MIME , s. m. du grec piy-oç (mi-mos), imitateur, dérivé de /xi/xioucu ( mimé ornai ), contrefaire, imiter.
- Art dram. ) Les anciens appe-loient ainsi une certaine espèce de poésie dramatique, les auteurs qui la composoient, et les acteurs qui la jouoient.
- Plutarque distingue deux sortes de mimes : les uns, dont le sujet étoit honnête, aussi bien que la manière, approchoient assez delà comédie ; les autres n’étoient que des bouffonneries, et les obscénités en faisoient le caractère Sophion de Syracuse a écrit le premier des mimes , et Platon les lisoit avec plaisir.
- Les Romains eurent aussi des mimes. Les acteurs qui représen-loient ces pièces avoient les pieds nus , la tête rasée ; et au lieu de masque, ils se barbouilloient le visage de lie. Ils se couvroient en outre d’habits grotesques.
- Les Romains non contens d’applaudir aux acteurs mimes dans les spectacles , les attirèrent dans leurs parties de plaisir , dans leurs festins. Ce personnage fut même employé dans les funérailles , et c’est ce qu’on appela archimime ( V. ce mot ). Il devançoit le cercueil t et représentoit par des gestes les actions et les mœurs du défunt. Tr. PANTOMIME.
- MIMEU3E , adj. fém. même ori-rine que MIME.
- (Botan.) Epithète que l’on donne
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- à certaines plantes, qui, quand on les touche , se contractent et imitent les grimaces d’un mime.
- La sensitive est mimeuse dans ses feuilles ; l’épine vinette l’est dans ses étamines.
- MIMOLOGIE , s. f. du gr. y.f.cç (mimos), imitateur , et de xoyos ( logos ), discours : discours imitateur; imitation de la voix , de la prononciation d’une autre personne.
- MIMOLOGISME, s. m. du grec f/.îfAoç (mimos ), imitateur , et. de Xoyi'a-/j.oç ( logismos ), manière de parler.
- (Grammaire) Langage imitateur. V. ONOMATOPEE
- MINARET , s. m. de l’arabe minorait , qui signifie lanterne, phare, tour.
- ( Hist. turque ) Tour ou clocher des mosquées chez les mahométans. Ces tours ont trois ou quatre toises de diamètre dans leur base. Elles sont à plusieurs étages , avec des balcons en saillie , couverts de plomb avec une aiguille surmontée d’un croissant.
- Avant l’heure de la prière , les mueznis ou crieurs des mosquées moment dans des minarets, et de dessus les balcons appellent le peuple à la prière, en se tournant vers les quatre parties du monde , et finissent leur invitation par ces paroles : Venez., peuple , à la place de tranquillité et d’intégrité venez à l’asile du salut.
- MINE , s. f, de l’allemand m’ûne.
- (Minéral.) Lieu où se forment les métaux. (V. MINES).Il se dit aussi des matières brutes qu’on tire des liions métalliques. V. MINERAI.
- ( Art milit. ) Aline se dit encore d’une cavité souterraine , pratiquée sous un bastion, sous un rempart, pour le faire sauter par le moyen de la poudre à canon.
- Le travail des mines consistait anciennement à saper la muraille ou une tour , à l’étançonner avec des bois debout ; et quand l’ouvrage était achevé , on enduisoit les é tançons de poix résine et d’autres matières combustibles.
- Les anciens étaient très-experts dans cette façon de faire la guerre;
- MIN
- mais , grâce à l’invention de la pou * dre , nous avons été beaucoup plus loin qu’eux. L’art (tes mines met un gouverneur intelligent en état de rendre un siège, pour ainsi dire, éternel. Car , si dans nos défenses, dit le chevalier Folard, nous mettions toute notre attention à nous rendre maîtres du dessous, les assiégeons ne le seroient jamais du dessus.
- L’usage de charger les mines avec de la poudre commença en 1487, au siège deSerezanella par les Génois. Ce premier essai n’ayant pas réussi , l’art des mines fut regardé comme une chimère jusqu’à l’ierre de Navarre, qui le renouvela en 1003, et en fit usage contre les Français au siège du château de l’OEuf, espèce de fort ou citadelle de la v ille de Naples. Ce fut par les mines que les Vénitiens se défendirent si longtems dans Candie.
- Les mines ne sont pas toutes de la même espèce ; on les fait différemment , selon l’effet qu’on veut qu’elles produisent.
- Aline directe ; c’est celle qui n’a qu’une seule chambre et une galerie.
- Mine double , ou figurée en T, c’est celle qui au-delà du revêtement se partage en deux branches égales jusqu’à la racine des contreforts voisins, où l’on place les fourneaux
- Mine triple ou tréflée ; c’est celle qui outre deux chambres différentes , en a encore une autre qui du centre passe plus loin derrière les autres forts. Voyez GALERIES , FOURNEAUX, CONTRE-MINE.
- MINERAI , s. m. même origine que MINE.
- ( Minéral. ) On donne ce nom aux substances métalliques mêlées de matières hétérogènes , telles qu’on les tire des mines.
- Dans le minerai, les métaux sont non seulement mêlés avec des matières terreuses , mais pour l’ordinaire ils Sont combinés avec des substances qu’on nomme MINE-RAL1SATÇURS, (V. ce mot); tels que le soufre , l’oxygène, l’acide carbonique , etc.
- MINERAL , AUX , s. m. du lat. minera, mine.
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- MIN
- ( Minéral. ) On entend par minéraux , en général, des substances qui croissent sans paroître avoir de vie , et sans qu’on remarque qu’aucun suc visible circule, ou même soit contenu dans des fibres ou veines.
- Celte définition renferme les propriétés qui distinguent ie règne minéral du règne végétal et du règne animal ; elle n’est cependant pas adoptée par tous les naturalistes.
- Il y en a qui prétendent que les minéraux ont une vie semblable à celle dont jouissent les végétaux , puisqu’ils ont la faculté de croître et de s’augmenter, et qu’il s’eu forme et qu’il s’en produit journellement de nouveaux.
- MIN ER ALI S ATE U II, s. m. du latin minera , mine et de a go , agir, opérer.
- ( Minéral.) On appelle ainsi les substances qui , par leur combinaison avec les matières métalliques, changent beaucoup leurs caractères extérieurs ; et la plupart de leurs propriétés sont les résultats de ces combinaisons , qui sont pour l’ordinaire mélangées de matières terreuses ou pierreuses , qu’on nomme minerai ou mine.
- Les minéralisateurs les plus ordinaires sont, Voxygène, Y acide carbonique et le soufre, qui forment cette immense quantité d’oari-des, de carbonates et de sulfures qu’on trouve dans les mines métalliques. ,
- MINERALISATION, s. f. même origine que MINERALISATEUR.
- {Minéral.) Opération par laquelle la nature combine avec les métaux divers principes qu’on nomme minéralisateurs. On suppose que la nature forme les métaux purs et natifs , et que c’est par une opération postérieure qu’elle les combine avec l’oxygène , l’acide carbonique et le soufre.
- MINERALOGIE, s. f. du latin minera, mine , et du grec xôyos ( logos ), discours, traité.
- ( Minéral. ) Partie de l’histoire naturelle qui s’occupe de la con-noissance des matières minérales, c’est-à-dire, des terres, des pierres, des sels , des substances combusti-
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- blés, et des métaux. Fl METHODE.
- MINES , s. fi V. MINE.
- ( Minéral. ) On donne ce nom aux gîtes souterrains d’où l’on tire , soit des substances métalliques, soit des matières combustibles, telles que la houille , les bitumes , etc. ; soit des matières salines , comme le sel gomme, l’alun , les vitriols , etc., qui sont les minéraux proprement dits.
- Les mines ou gîtes de minerai se présentent dans le sein de la terre, de trois manières différentes : en FILONS, en COUCHES, et en AMAS , Fl ces mots.
- MINEUR , s. m. de MINE.
- {Art milit.) Les mineurs sont des gens destinés au travail des mines. Leur capacité principale est de savoir se conduire pour la construction de la mine , sur la nature du terrein qu’ils trouvent..
- Logement du mineur ; Fl LOGEMENT.
- ( Minéral. ) Mineur se dit aussi de celui qui fouille la mine pour en tirer la matière minérale. Lorsque le mineur a découvert uu^z-lon, il s’applique à eu considérer l'inclinaison et la direction , le lit sur lequel il repose , le toît qui le couvre , enfin , sa gangue. Son art consista à ouvrir les puits et les galeries avec intelligence, pour favoriser l’écoulement des eaux et la circulation de l’air , et à extraire le minerai de la manière la plus économique.
- MINEUR, s. et adj. du îat. mi-nor, moindre.
- ( Pratique ) Celui qui n’a point atteint l’âge prescrit par les lois pour disposer de sa personne ou de son bien.
- ( Musique ) Mineur est aussi le nom de certains intervalles de musique , quand ils sont aussi petits qu’ils peuvent l’être sans devenir faux.
- Il se dît encore du mode , lorsque la tierce de la tonique est mi-
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- MINIATURE , s. f. de minium , oxide de plomb, coloré en rouge par le fer.
- {Peint.) Genre de peinture dans lequel on emploie des couleurs délayées à l’eau gommée. Gette pein?
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- ture est ainsi nommée parce que le minium est la couleur qu’on y emploie le plus ordinairement.
- Le peintre en miniature se contente ordinairement de pointiller les chairs ; il peint à gouache les fonds et les draperies. On connoît cependant des miniatures où tout le travail est pointillé. On peint en miniature sur ivoire et sur vélin. Dans l’un et l’autre genre , le mérite consiste à épargner savamment le travail, et à laisser travailler l’ivoire ou le vélin qui lui sert de fond.
- La miniature ne fut d’abord que l’art de peindre en petit sur une matière quelconque naturellement blanche, tels que le marbre , l’albâtre , l’ivoire, les pierres et les os blanchis au soleil. On n’yemployoit que très-peu de couleurs, parce qu’on ne savoit pas les rendre légères ; mais quand on eut fait quelques progrès dans la peinture, on vit que le seul moyen d’avoir des teintes de dégradation, étoit de faire entrer le blanc dans les couleurs ; et des artistes intelligens en admirent le mélange dans toutes les couleurs de fond, de draperies, etc., qui en ont besoin , à l’exception des chairs et d’autres parties délicates, 'dans lesquelles l’emploi du blanc dans les mélanges feroit perdre à l’objet sa touche caractéristique.
- La miniature se faisoit admirer en Hollande qu’elle n’étoit encore en France qu’une froide enluminure : on n’y voy oit que des portraits entièrement à l’épargne ou à gouache et pointillés ; mais les Caméra, les Harlo et les Macé ayant abandonné la peinture à l’épargne, firent sentir que la miniature étoit susceptible de rendre en petit les plus grandes choses, de briller par la belle composition , par un coloris frais et vigoureux, et par un bon goût de dessin. V. PEINTURE ELUDORIQUE, au mot ELUDORIQUE.
- MINIERE, s. f. de MINE.
- ( Minéral. ) Ce mot est considéré comme à-peu-près synonyme de mine ; mais ce dernier ne se dit proprement que des mines métalliques , et tout au plus des couches
- MIN
- de charbon de terre. Le nom de minières s’étend généralement à tous les gîtes et dépôts de matières minérales ou fossilles qui font un objet d’exploitation, de quelque nature qu’elles soient.
- MINIME , adj. du lat. minimus, très-petit, le plus petit.
- ( Musique) On appelle intervalle minime , celui qui est plus petit que le mineur de même espèce , et qui ne peut se noter.
- . MINIMUM, s. m. terme emprunté du latin , qui signifie la plus petite , la moindre partie.
- ( Géomét. transcend. ) Ce terme marque le plus petit état , ou les plus petits états d’une quantité variable. V. MAXIMUM.
- MINISTERE, s. m. du lat. mi-nisterium.
- ( Econ. polit. ) Mot collectif qui signifie les ministres d’Etat.
- ( Pratique ) Ministère public ; ce sont les officiers chargés, dans chaque tribunal , de poursuivre la
- funition des crimes qui troublent ordre général de la société.
- MINISTRE, s. m. du lat. minis» ter.
- ( Econ. polit. ) Ministre d’Etat ; ce sont ceux dont le prince a fait choix pour les charger des principales affaires de son Etat, et pour eu délibérer avec eux.
- ( Diplomat. ) On appelle encore ministres, les ambassadeurs, les envoyés, les résidens , que les princes envoyant dans les cours étrangères.
- (Liturgie ) Parmi les luthériens et calvinistes on appelle ministres , ceux qui servent les églises , et qui remplissent les fonctions ecclésiastiques.
- MINIUM , s. m. mot emprunté du latin.
- ( Minéral. ) Minium natif ; on donne ce nom à un oxide de plomb qui est coloré en rouge par le fer.
- En brûlant et en calcinant le plomb on le fait aisément passer à l’état d’oxide. Si le feu est très-vif ou obtient le MASSICOT ( V. ce mot ), qui sert à peindre en rouge. Ce sont ces deux oxides qui occasionnent le genre de maladie appelée colique des peintres.
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- MIN
- MINORÀTIF , ad], du lat. mi-norare, amoindrir.
- ( Med. ) Il se dit d’un remède qui purge doucement. V. LAXATIF, ECCOPROTIQUE.
- MINORATION, s. f. du lat. mina rare ^ amoindrir, et de ago, agir, opérer.
- ( Méd. ) Evacuation légère et modérée , qui ne fait que diminuer la quantité des humeurs , sans y exciter de trouble et de mouvement considérable.
- MINORITE , s. f. de minor , moindre.
- {Polit. ) Le petit nombre, par opposition à majorité , qui signifie le grand nombre. La minorité ne doit pas Vemporter sur la majorité.
- ( P atiqve ) Minorité se dit aussi de l’état d’une personne mineure, et du tems pendant lequel on est mineur.
- MINUIT , s. m. du latin media nox.
- { Astron. ) C’est le moment où le centre du soleil se trouve dans la partie du méridien qui est au-dessous de l’horizon. C’est à ce moment où le soleil est de retour au même méridien, après une révolution entière.
- MINUTE , s. f. du lat. minutus, menu , petit.
- ( Pratique ) Minute , en latin minuta , siguifioit dans le principe , une écriture fort menue dans laquelle on écrivoit le brouillon, l'original d’un discours, d’un écrit, d’un acte ; depuis , on l’a appliqué à l’original des actes qui se passent chez les notaires, des jugemens qui s’expédient daus les greffes ; p rce que ces actes sont ordinairement écrits en écriture menue , ou minutée , et dans ce sens la minute est opposée à grosse , en latin grossa , sous-entendu scriptuia ; parce qu’on délivre aux parties intéres-séesune copie, ou expédition,écrite ordinairement en gros caractères.
- ( Astron. ) Minute , en astronomie est la soixantième partie d’un degré.
- Dans les tables astronomiques , les minutes sont marquées par un accent aigu de cette sorte ' , les
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- secondes par deux ", les tierces par
- Minute , dans le calcul du tems, marque la soixantième partie d’un© heure. Le mouvement diurne est de quinze minutes de degré , en une minute de tems.
- Minutes d’incidence ; c’est le mouvement de la lune , depuis le commencement d’une éclipse jusqu’au milieu.
- Minutes d’expurgation ou d’émersion ; c’est le mouvement de la lune, depuis le milieu de l’éclipse jusqu’à la fin.
- ( Géom. prat. ) Minute se dit, dans l’art de lever les plans , du dessin que l’on a tracé géométriquement ou à vue, sur le terrein même dont il est la représentation. La minute d’un plan ou d’une carie est toujours le travail préféré par les connoisseurs, parce que malgré tous les soins possibles , on n’en tire point de copies sans que la vérité s’y trouve un peu. altérée.
- MINUTIEUX , adj. de minutus : qui s’attache aux minuties.
- ( Peinture ) Il se dit d’un artiste qui entre dans les plus petits détails de la nature. Cette expression se prend ordinairement en mauvaise part, et ne se rapporte u’à l’exécution ; et en cela il est ifférent de mesquin, qui s’applique au style. V. MESQUIN.
- MÏQUELET , s. m. terme emprunté de l’espagnol.
- { Art milit. ) On appelle ainsi nnè certaine milice à pied , ou les paysans armés qui vivent dans les Pyrénées , et qui portent des carabines à rouet, des pistolets de ceinture, et des dagues à leur côté, ils figurent dans les armées espagnoles sur le ton des Croates et des Pan-dours dans celles d’Autriche, et des Cosaques et Calmouks dans les armées de R.ussie ; mais ces derniers ne servent qu’à cheval.
- MIRÉ, s. m. du latin mirari, considérer, regarder avec étonnement.
- ( Art milit. ) L’endroit du fusil ou du canon , qui sert à mirer.
- ( Fronteau de mire ) C’est un morceau de bois de quatre pouces d’épaisseur , d’un pied de haut ,
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- de deux pieds et demi de long , que l’on met sur la pièce de canon , quand , on veut la pointer juste.
- Coin de xnire ; ce sont des morceaux de bois, qui servent à hausser ou à baisser la pièce. On s’en sert aussi pour les mortiers.
- MIRE MENT, s. m. même origine que mire.
- ( Marine ) On dit, en termes de marine, qu’une côte ou une terre est en mirement, lorsqu’elle pa-roît au-dessus de l’horizon, quoi-qu’en réalité elle soit au-dessous.
- Ce phénomène est l’effet de la réfraction terrestre , qui , dans certains états de l’atmosphère , et par un tems serein et calme, fait quel-uefois paroître en mer, au-dessus e l’horizon, les terres et autres objets qui sont véritablement au-dessous de l’horizon.
- MIROIR, s. m. de mirari, regarder, considérer.
- ( Catoptr..)/Corps dont la surface représente par réflexion les images des objets qu’on met au-devant.
- Miroir, dans un sens moins étendu, signifie une glace de verre fort unie et étamée par derrière, qui représente les objets qui y sont présentés.
- Miroir, en catoptrique , signifie un corps poli, qui ne donne point passage aux rayons de lumière , et qui par conséquent les réfléchit. Ainsi , l’eau dans un puits profond, ou l’eau d’une rivière , et les métaux dont la surface est polie, sont autant d’espèces de miroirs. Pour la théorie des propriétés des miroirs, V. CATOPTRIQUE.
- Les miroirs se peuvent diviser en plans concaves , convexes , cylindriques, coniques , paraboliques , elliptiques, etc.
- Miroirs plans , ceux qu’on appelle ordinairement miroirs, sans épithète, dont la surface réfléchissante est plane.
- Miroirs convexes , ceux dont la surface est convexe.
- Miroirs concaves, ceux dont la surface est concave.
- Miroirs cylindriques , paraboliques elliptiques , etc., ceux qui sont terminés par des surfaces cjdindriques, paraboliques, ellipti-
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- ques, etc. Consultez l’optique de Barroiv, de Wolf, etc.
- MISAINE , s. m. de Thaïlandais mezaen , dont les Anglais ont fait mizzen.
- ( Marine ) C’est le nom distinctif de celui des mâts d’un vaisseau qui est placé perpendiculairement près de l’avant.
- La principale voile carrée que • porte ce mât dans sa partie inférieure , se nomme aussi misaine.
- Les Anglais ont adopté, comme nous , le mot mizzen , pour signifier l’un des trois mâts de leurs vaisseaux ; mais ils l’ont appliqué à celui qui est placé près de l’arrière , et que nous appelons ARTIMON. V. ce mot.
- MISANTHROPE, s. m. du grec p.i<Aoo ( miseô ), haïr, et d’ctvBpa/'Troç ( antkrôpos ), homme : celui qui hait les hommes. De-là misanthropie pour la haine des hommes.
- MISCELLANEES , s. m. ou mis-cellanea, du lat. miscellanea , mélanges , divers spectacles donnés en un jour.
- ( jLittér. Bibliologie ) Mot en usage parmi les gens de lettres et les bibliographes , pour signifier un mélange de choses disparates. Les catalogues de bibliothèques portent tous une classe de miscellanea, dans laquelle sont rangés les livres qui n’ont pu trouver place dans les autres divisions.
- MISCIELE , adj. du lat. misceo, mêler.
- ( Chimie ) Terme de chimie par lequel on désigne les substances qui ont la propriété de se mêler, de s’allier avec d’autres substances.
- L'huile n'est point miscible avec Veau.
- MISERERE , s. m. du lat. mise-reor: avoir pitié.
- ( Méd. ) Nom de la passion iliaque , espèce de colique dans laquelle on rend les excrémens par la bouche. Elle est ainsi appelée à cause de la douleur insupportable que souffre le malade, qui lui fait implorer la pitié et le secours de ceux qui l’environnent.
- MISOGAME , s. m. du gree picrlx ( miseô ), haïr , et de ykpos
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- MIT
- { gamcs ), mariage : qui a de l’aversion pour le mariage.
- MISSION , s. f. du lat. mitto, envoyer.
- ( Econ. polit, et Jurisprud. ) Envoi , charge , pouvoir qu’on donne à quelqu’un pour foire quelque chose. Il a mal rempli sa mission. Vous êtes sans mission pour cela.
- ( lieligion ) Il se dit aussi de l’emploi de ceux qui sont envoyés quelque part, soit pour convertir les infidèles , soit pour instruire les chrétiens. Il a été envoyé en mission dans les Indes. Il a fait une mission dans telle paroisse.
- MITIGATION, s. m. du latin rrlitigare, adoucir.
- ( Jurisprudence) Adoucissement qu’on porte à un jugement, à une loi , à une peine.
- MITOYEN , NE , adj. On a dit autrefois moitoyen , pour dire à toi et à moi, le tien et le mien.
- ( Jl relût. ) On dit mur mitoyen en parlant d’un mur qui sépare la maison ou l’héritage de deux particuliers.
- MITRAILLE, s. f. de l’italien metraglia.
- ( Artmilit. , marine) Vieux fers, comme têtes de clous , et autres menues ferrailles , dont on charge les canons.
- Charge à mitraille, ou charge à la suédoise ; c’est, en termes de marine, une réunion de plusieurs houlets de fer, ayant pour base un plateau de bois, du même diamètre que le canon, et disposés les uns sur les autres en forme cylindrique , en façon de grappe de raisins.
- MITRAL , LE , adj. de MITRE. (V. ce mot) : qui a la forme d’une mitre.
- ( Physiol. ) On donne cette épithète à deux valvules du cœur , parce qu’elles ressemblent à la mitre d’un évêque.
- MITRE, s. f. du grec p.'n?& ( mitra ), ceinture et bandelette de tête.
- ( Costume ) La mitre étoit originairement une sorte de coiffure particulière aux dames romaines qui l’avoient empruntée des dames grecques. Servius reprochoit aux fhrygiens qu’ils étoient habillés
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- comme les femmes , et qu’ils por -toient des mitres.
- Depuis ,#on a appelé mitre l’ornement de la tête du pape , des cardi-dinaux et des évêques ; car les cardinaux portoient des mitres avant que le concile de Lyon, tenu en 1245 , leur permit de porter des chapeaux. Quant aux évêques, oa ne voit pas qu’ils aient porté la mitre ayant le dixième siècle ; et long-tems après, ilfalloit, pour la porter, avoir une permission particulière du pape.
- ( Inquisition ) Les Espagnols mettent une mitre de papier sur la tête de ceux que l’on exécute pour crime d’hérésie; les Anglais mirent une mitre sur la tète de la pucelle d’Orléans, sur laquelle étoient écrits ces mots : hérétique , relapse , apostate, idolâtre , lorsqu’ils la firent brûler le 3i mai i43ï.
- MIXTE, adj. et s. du lat. misceo, mêler : qui est mélangé, qui est composé de plusieurs choses de différente nature.
- ( Màtkêm.) Raison ou proportion mixte ; c’est la comparaison de la raison de l’antécédent et du conséquent à leur différence.
- ( Chimie ) Réduire un mixte à ses principes ; c’est en analyser toutes ses parties.
- M1XTILIGNE, adj. du lat misceo , mêler , et de linea , ligne : mélange de plusieurs lignes.
- ( Géom. ) Il se dit de ce qui est formé de lignes droites et de lignes courbes : ainsi on dit une figure mixtiligne , pour dire une figure terminée en partie par des lignes droites, et en partie par des lignes courbes. On dit aussi une ligne mixtiligne , pour dire un angle formé par une ligne droite et une ligue courbe.
- MIXTION, s, m. même origine que mixte.
- ( Pharmacie) Mélange artificiel de plusieurs médicamens qui entrent dans les compositions.
- MNEMONIQUE, s. f. du grec petit pt.ovix.ti (’mnêmonikê), fait de yrity.n ( mné.mê ), mémoire , et de ts^v» ( techné ), art : l’art de la mémoire.
- ( Didact. ) C’est ainsi qu’on appelle un art récemment inventé par M. le baron d’Arétin, dont l’auteur
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- et les initiés font encore un secret, mais qui pourroit bien n’être autre chose que l’art de se classer fortement et par ordre, les objets qu’on veut retenir ; art négligé par le plus grand nombre ; mais pratiqué par tous ceux qui passent dans le monde pour avoir une mémoire prodigieuse.
- MOBILE , adj. et s. du lat. m obi-lis , lait de moveo, mouvoir : qui est susceptible de mouvement.
- ( Astron. anc. ) Premier mobile ; les anciens imaginoient au dehors de toutes les sphères des planètes, une sphère plus vaste qui renier -inoit toutes les autres , qui les en-traînoit toutes chaque jour, et qu’i's appeioient le premier mobile de l’univers. Ainsi, dans le système de Ftolémée, c’est la neuvième et la plus grande sphère des cieux , dont le centre est celui du monde, et en comparaison de laquelle la terre n’est qu’un point.
- ( Astron. mod. ) Tems du, premier mobile ; on appelle ainsi dans l’astronomie moderne, le tems qui est mesuré par le retour du soleil au méridien : les i t heures du premier mobile ne font que 23 heures 56 minutes 4 secondes en tems solaire moyen, parce,que quand la sphère a fait un tour entier , le soleil n’est pas encore au méridien , il s’en faut de la quantité de son mouvement propre en un jour.
- ( Liturgie ) Fêtes mobiles ; on appelle ainsi les fêtes qui ne se célèbrent pas le même jour toutes les années , mais qui dépendent de celle de pâques, que l’église a arrêté de célébrer le dimanche d’après la pleine lune de mars, c’est-à-. d;re, après la pleine lune qui suit l’equinoxe du printems, pour ne se point rencontrer avec les Juifs.
- {Imprimerie) Caractères mobiles ; les imprimeurs appellent ainsi les caractères qu’on arrange , qu’on change de place à volonté , par opposition aux planches gravées en bois dont on se servoit dans l’origine de l’art, et aux planches jpo-lytipées , clichées et stéréotipees , dont on se sert depuis quelque tems.
- MOBILIER, subst, et adj. de MEUBLE.
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- ( Pratique ) Ce qui lient de la nature de meuble. On comprend sous ce terme , non-seulement les meubles meubîans , les deniers comptans et tous les effets qui se peuvent transporter d’un lieu à un autre, mais encore les promesses et les actions qui en résultent.
- Action mobiiiaire ; c’est l’action par laquelle on revendique une chose mobiiiaire.
- MODE , s. ni. du lat. modus, manière d’être.
- ( Philos.) Qualité qu’un être peut avoir ou n’avoir pas, sans que pour cela son essence soit changée ou détruite.
- ( Musique) Disposition régulière du chant et de l’accompagnement, relativement à certains sons principaux sur lesquels une pièce de musique est constituée , et qui s’appellent les cordes essentielles du mode.
- Le mode diffère du ton en ce que celui-ci n’indique que la corde ou le lien du système qui doit servir de base au chaut , et le mode détermine la tierce et modifie toute l’échelle sur ce son fondamental. V. pour les modes anciens , les mots DORI EN , PHRYGIEN, LYDIEN , EOLIEN.
- MODELE , s. m. de l’italien , mo-deUo, exemplaire : patron.
- ( Archit.) Original qu’on se propose pour l’imiter, pour le copier ; c’est aussi un patron artificiel qu’on a fait de bois, de pierre, de plâtre, ou toute autre matière, avec toutes ses proportions , afin de faire connaître en petit l’effet du bâtiment réel en grand, non - seulement à ceux qui le commandent, mais encore à ceux qui sont chargés de l’exécuter.
- Marine ) Modèle , en termes de construction maritime , est un vaisseau exécuté en petit, avec toutes ses pièces, ses agrès, ses cordages et ses voiles, pour donner l’idée de sa construction et de ses manœu vres , pour servir dans les écoles de marine à l’instruction des élèves.
- {Sculpture) Modèle, en termes-de sculpture, est l’idée de l’artiste produite en argile ou en cire, dont le travail en marbre n’est
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- MOD
- qu’une copie exacte ou perfectionnée.
- Le modèle en terre se fait avec une argile bien lavée , bien né-toyée, bien pétrie : en l’employant, l’artiste la pétrit encore une fois dans les mains , donne à chaque morceau la forme grossière de ce qu’il doit représenter, et achève de perfectionner cette forme avec les doigts, sur-tout avec le pouce, et avec un instrument qu’on nomme ébau choir.
- Le modèle en cire se fait avec un mélange préparé de cire , d’arcan-son ou de colophane, de térébenthine et d'huile d’olive : ce procédé est le même que pour l’argile , quoique plus difficile, parce que la cire est moins maniable.
- ( Peinture) Indépendamment des modèles en terre et sur-tout en cire , que les peintres devroient tous savoir préparer, et dont les plus grands maîtres ont fait usage , on a donné ce nom à un homme ou une femme que l’on pose mid pour servir d’objet d’étude. V. POSE.
- MODERNE , .s. et ad;, du latin barbare modernus , que l’on croit formé de modo , tout-à-l’heure : nouveau, récent, qui est des derniers tems.
- ( Philosophie ) La philosophie moderne commence à Descartes, par opposition à la philosophie ancienne, ou la philosophie de Platon, d’Aristote, d’Epicure, etc.
- Astronomie moderne ; celle qui a commencé à Copernic.
- Géométrie moderne; on appelle ainsi la géométrie des infiniment petits.
- Physique moderne; c’étoit, dans le siècle avant - dernier , celle de Descartes ; c’est aujourd’hui celle de Newton.
- Architecture moderne; c’est celle où l’on a emprunté de l’antique tout ce qu’il y avoit de beau , et où l’on a corrigé plusieurs défauts considérables.
- ( Numismat. ) Médailles modernes ; celles frappées depuis la destruction de l’empire d’Orient. P. MEDAILLES.
- ( Litiér.) Modernes se dit substantivement en parlant des auteurs qui ont écrit depuis Boéce. On a
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- beaucoup disputé sur la prééminence des anciens sur les modernes.
- MODIFIER , v. a. du latin mo-dus , et de facio, faire, dont on a fait modificare.
- ( Didact. ) Donner un mode , une manière d’être : les diÿ'érens arrangernens modifient la matière.
- MOD1LLON, s. ni. de l’italien modiglione.
- ( A relût. ) Partie de la corniche ionique , corinthienne , composite , qui semble soutenir le larmier , et qui n’y serttoutes fois que d’ornement : il est particulièrement alfecté à l’ordre corinthien où il est taillé de sculptures avec enroulement.
- MODULATION , s. f. du lat. mo-dus, mode, et de ago , opérer.
- (Musique) C’est proprement la manière d’établir et traiter le mode; mais ce mot se prend communément aujourd’hui pour l’art de conduire l’harmonie et le chant successivement dans plusieurs modes, d’une manière agréable à l’oreille et conforme aux règles.
- MODULE , s. m. de l’italien mo-dulo.
- LA relût.) Certaine mesure arbitraire que l’on prend pour mesurer, pour régler les proportions d’un ordre d’architecture. C’est ordinairement le diamètre de la colonne.
- (Numismat.) En parlant de médailles, module est le diamètre, ou une grandeur déterminée des médailles, d’après laquelle on compose les différentes suites.
- ( Alg. et Géom. ) Module se dit aussi de la ligne qu’on prend pour sous-tangente de ta logarithmique, dans le calcul des logarithmes.
- MOELLE , s. f du lat. medulla.
- (Physiol. ) Substance huileuse, onctueuse, qui remplit les cavités des os.
- Ou appelle encore moelle alongée ou moelle épinière , cette continuation du cerveau , qui se prolonge dans la cavi té de toutes les vertèbres , depuis le cervelet jusqu’à Los sacrum.
- (Bot an. ) La moelle , dans les plantes, est une substance vascu-leuss, qui occupe assez ordinairement le centre du corps ligneux.
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- MOELLEUX, adj.de MOELLE.
- ( Eloq.) Discours moelleux ; ou appelle ainsi un discours plein de sens et de bonnes choses.
- ( Manuf. ) Etoffe moelleuse, celle qui a du corps et qui est douce quand on la touche.
- { Vinification ) Vin moelleux , celui qui a beaucoup de corps, et qui flatte agréablement le goût.
- (Arts du dessin) Moelleux, eu peinture, en sculpture et en gravure , signifie ce qui est doux et agréable, quelque soit l’objet auquel on l’attribue. Ainsi, on dit : ce tableau est d’un pinceau moelleux ; ce sculpteur a une touche moelleuse ; dans cette estampe les chairs ' sont moelleuses.
- Ce qu’on nomme en peinture le fondu , n’est pas toujours le moelleux. Le Guide et Annibal Carrache ont bien fondu leurs couleurs; Louis Carrache, le Parmesan, et sur tout le Corrège ont été moelleux.
- En sculpture, le Flamand, le Bernin et le Puget ont exécuté moelleusement.
- Les ouvrages antiques n’offrent pas le moelleux. Les grands maîtres de l’art se sont moins occupés de la façon dans leur exécution que d’exprimer fortement ce qu’ils voy oient, ce qu’ils sentoient.
- Georges Mantouan et Marc-Antoine n’ont pas fait des estampes moelleuses, comme les Pontius, les Nanteurl, les Masson , etc. ; mais ils ont su par leurs connoissauces dans les formes rendre les traits sublimes de Raphaël et même de Michel-Ange.
- MtEURS , s. m. du lat. mores, habitudes naturelles ou acquises: manières de vivre, inclinations, coutumes, façons de faire,
- (Poésie) On dit que les mœurs sont bien observées, dans unpoëme , dans une tragédie , lorsque l’auteur y a bien observé les coutumes du pays et du tems dont il est question, ou la nature des personnages qu’il y a introduits.
- (Peinture) On dit d’nn tableau que les mœurs y sont bien observées, lorsque l’artiste a observé les mœurs et les usages du teins , du pays où
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- s’est passée l’ac.ion qu’il représente ; lorsque les traits et les tnouvemens des personnages s’accordent avec les actions dont ils sont occupés , avec les affections qu’ils éprouvent, lorsque leur habit , leur maintien , répondent. à leur âge , à leur sexe , à leur dignité , à leurs fonctions , et aux circonstances où ils se trouvent.
- ( Ilist. natur. ) Mœurs des animaux ; ce sont leurs inclinations et tout ce qui regarde leur économie. MOFETTE, V. MOUFETTE.
- MOINE, s. m. du grec /uovio;
- (monios), solitaire, formé de ^/.ovoc (monos), seul.
- (Hist. ecclcs. ) C’ctoit dans l’origine un religieux institué pour vivre séparément. On entend aujourd’hui par moines tous les religieux.
- MOINS, adv. de compar., qui marque diminution et qui est opposé à plus. Du lat. minus.
- ( Algèbre ) Moins est un terme fort usité en algèbre , et que l’on désigne par le signe1—; ainsi ,5 — 5, s’exprime par ciuq moins trois, ce qui veut dire que 5 est retranché de 5. Le signe — ou moins, est le signe de la soustraction ; il est opposé à -j- plus , qui est le signe de l’addition. V. NÉGATIF."
- MOIS, s. m. du lat .mensis, lequel auroit été formé , suivant Cicéron , de mensura, ïnesure
- (Astron. et Chronol.) La douzième parjie de l’année.
- On distingue différentes espèces de jna»is.
- Mois solaire ; c’est l’espace de tems que le soleil emploie à parcourir un signe entier à l’écliptique. Ces mois sont fort inégaux , puis-auele soleil est plus long-tems dans les signes d’été que dans ceux d’hiver ; mais comme il parcourt constamment tous les 12 signes en 365 j. 5 h. 48 m. 48 s., on a la quantité du mois moyen en divisant ce nombre par 12 ; et d’après ce principe , on trouve la quantité du mois solaire moyen de 3o j. to h. 29 m. 4 s.
- Mois lunaires ; les mois lunaires sont synodiques ou périodiques.
- Le mois lunaire synodique, qui s’appelle simplement mois lunaire ou lunaison , est l’espace de tems compris entre deux conjonctions de
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- la lune avec le soleil, ou entre deux nouvelles lunes. Il est de ag j. 12 h. 44 m. 5 s.
- Le mois lunaire périodique , est l’espace de teins dans lequel la lune fait sa révolution autour de la terre, c’est-à-dire, le tems qu’elle emploie à revenir au même point du zodiaque d’où elle est partie. Le mois est de 27 j. 7 h. 45 m. 4 s.; mais il n’y a que les astronomes qui en fassent usage.
- Mois dracontique, ou dragoniti-que , ou mois de latilude ; c’est le retour de la lune à son nœud.
- Mois embolismique , ou intercalaire; c’est le mois qu’on ajoute aux 12 mois lunaires, tous les trois ans.
- Mois anomalitique ; c’est le retour de la lune à son apogée.
- Mois caves et mois pleins; ce sont les mois de 29 et 5o jours.
- ( Chancellerie rbmaine) illois du pape , ou mois ecclésiastiques ; ce sont les huit mois pendant lesquels les papes confèrent les bénéfices, dans les pays d’obédience.
- MOITEUR , s. f. du îat. mador, dont on a fait madus et maius pour moite. ,
- (Méd. ) Petite humidité qui rend une chose moite. On peut donner proprement le nom de mqiteur à cette humidité froide ou chaude qui se répand sur le corps, dans la syncope , dans la défaillance, et dans tout état contre nature , à laquelle le terme de sueur ne convient pas proprement.
- MOLAIRE , adj. du lat. molaris, fait de mola, meule : qui broyé.
- ( Anat.) On donne cette épithète aux grosses dents , parce qu’elles servant comme de meules de moulin à broyer les alimens.
- Molaire» se dit aussi de tout ce qui a rapport à ces dents. Les glandes molaires.
- MOLE, >5. f. du lat. mola, fait du grec pû\ti {mule) , masse.
- ( Chirurgie) On entend communément par le mot mole une masse charnue, dure, informe, qui s’engendre dans la matrice des femmes à la place du fœtus.
- ( Marine) Mole est aussi le nom 4’ua ouvrage massif de maçoane-
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- rie , construit de grosses pierres fondées dans le mur, ou en ligne droite, ou en arc, devant un port, pour le fermer et y mettre les vaisseaux à couvert de l’impétuosité des flots ; orl met quelquefois dans la pointe de ce mole, une tour à feu, pour éclairer les vaisseaux dans la nuit, comme à Malaga , à Gênes , etc.
- MOLÉCULE, s. f. du lat. mole-cula, dimin. de mola, masse : petite masse.
- ( Physique ) Nom que l’on donne aux petites particules dont les corps sont composés.
- ( Cristallographie ) Molécules élémentaires j ce sont des atomes sur lesquels sont fondés les systèmes de quelques cristallographes.
- MOLLESSE, s. f. du lat. molli-ties.
- ( Physique ) Propriété des corps dont les molécules ont peu d’adhérence ou de cohésion les unes avec les autres.
- ( Peinture) Mollesse , en parlant d’un tableau , du dessin , de la touche, est une expression toujours prise en mauvaise part.
- Mollesse, en parlant des chairs , du pinceau, des contours, est, au contraire , une expression par laquelle on loue.
- La mollesse des chairs exprime une qualité particulière, une douce flexibilité qui caractérise la chair des enfans et des femmes. Une certaine mollesse dans le pinceau est considérée comme une perfection.
- La mollesse des contours se rapporte à cet ondoyant que l’on souhaite dans le trait des figures des jeunes hommes et des jeunes filles.
- MOLLUSQUES, s. f. du lat. rno-lisca , nom donné par Linnæus à une des divisions de la classe des vers. Les mollusques habitent la terre , la mer et toutes les eaux douces; on les sépare en mollusques céphales et en mollusques acéphales. Les premières ont une tête mobile distincte , et le plus souvent des yeux et des tentacules sur la tête ; iis nagent dans les eaux , ou marchent sur une espèce de pied.
- Les mollusques acéphales n’ont point de têtes distinctes ; ils manquent des organes de l’œil et de
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- la mastication ; leurs corps est revêtu d’un manteau membraneux.
- La plupart ont des coquilles à deux valves. Consultez la Conchyliologie de Brugnières , dans l'Encyclopédie méthodique.
- MOLYËDÀTES, s. m. Pour l’origine , V. MOLYBDENE.
- ( Minéral.) Sels formés par la combinaison de l’acide molybdique. Leur terminaison en aie indique qu’ils appartiennent aux acides com piétement saturés d’oxigène. Ce genre de selsn’avoit point été nommé dans l’ancienne nomenclature.
- MOLYBDÈNE, s. m. du grec fxôxiCéoç (jnolibdos, plomb, paixe qu’on a pris , pendant long-tems , cette substance pour une mine de plomb.
- ( Minéral. ) Substance métallique qui ne s’est jamais présentée dans la nature à l’état de métal pur, qui est combinée avec le soufre dans le minerai connu sous le nom de potelot, ou sulfure de molybdène natif.
- Comme ce minéral a des caractères extérieurs assez semblables à ceux de la plombagine , ou carbure de fer, dont on fait les crayons, on les a long-tems confondus sous le nom de mine-de'-plomb , et on les regardoit comme une simple variété i’un de l’autre; mais Schcele et Haüy ont fait connoîtrc les différens caractères distinctifs de ces deux substances, et ont démontré qu’elles sont composées d’élé-mens différens. Le premier sur tout a fait voir que le molybdène , tel que la nature le présente, est un composé de soufre commun uni à un acide , principe d’un métal particulier. il a donné le détail des propriétés des acides ; mais malgré tous ses efforts, il n’a pu parvenir à le réduire à l’état métallique , ni avec le flux noir, ni avec le borax et le charbon, ni avec l’huile.
- MOLYBDIQUE . adj. même origine que MOLYBDENE.
- ( Chimie ) M eide molybdique ; acide dontle molybdène est la base ; sa terminaison en iqve indique que cet acide est dans un état d’oxi-génation complet.
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- MOMENT, s. m. du lat. moment tum, instant , ou tems fort court : petite partie du tems, poids, force.
- ( Calcul, Infinités. ) Moment, dans les nouveaux calculs de l’infini, marque chez quelques auteurs, des quantités censées infiniment petites; c’est ce qu’on appelle autrement, et plus cominmunément, différences ; ce sont les augmentations ou diminutions momentanées d’une quantité considérée comme dans une fluxion continuelle.
- ( Mécanique ) Moment se dit aussi, en mécanique, de la force d’un corps en mouvement, c’est-à-dire, que le mouvement d’un corps est la quantité de son mouvement, on ce ui est la meme chose , le produit e sa masse multipliée par sa vitesse. Le moment de tout mobile peut aussi être considéré comme la somme des momens de toutes ses parties ; et par conséquent, si les grandeurs des corps et le nombre de leurs parties sont les mêmes, ainsi que leurs vitesses, les corps auront les mêmes momens.
- ( Statique ) Moment s’emploie plus proprement et plus particulièrement dans la statique , pour désigner le produit d’une puissance par le bras du levier auquel elle est attachée, ou ce qui est la même chose , par la distance de sa direction au point d’appui. Une puissance à d’autant plus d’avantage, tontes choses égales d’ailleurs, et son moment est d’autant plus grand, qu’elle agit par un bras de levier plus long.
- MOMIE , ou MUMIE , s. f. de l’arabe mumia , dérivé de mum , cire.
- (Sépultures)hes momies, ou munîtes , sont des cadavres d’hommes ou d’animaux, desséchés et embaumés. Les momies sont ou naturelles ou artificielles.
- Les momies naturelles sont les cadavres d’hommes et d’animaux qui périssent dans les déserts brû-lans de la Lybie, et qui y sont desséchés et conservés par une pluie de sable fin , transporté parle veut, qui pénètre dans tous les pores , et qui durcit la surface du corps.
- U est encore une autre espèce de momies naturelles, dont on trouve
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- de fréquens exemples clans nos climats.
- Les substances animales , telles que la chair, la cervelle, le tissu cellulaire, enfouis dans la terre a une grande profondeur, ou sub-niergés sous les eaux, et privés de tout contact avec l’air, se changent , dans l’espace de quelques mois, en une matière blanche , savonneuse, onctueuse, et de nature grasse , qui n’est plus aussi susceptible de se corrompre , et qui peut ainsi se conserver intacte pendant un grand nombre d’années.
- Les chimistes la commissent sous le nom d’adipocires. Souvent les ministres de la religion ont abusé de ce phénomène naturel , en faisant passer pour un miracle la conservation de quelques cadavres , et ont tiré de nombreux avantages de cette pieuse fraude.
- La figure et même la couleur de ces cadavres sont peu altérées , et la chair, devenue'une sorte de suif, cède sous le doigt qui la comprime.
- Parmi les momies artificielles, celles d’Egypte méritent d’être placées au premier rang. Hérodote nous a transmis très-succinctement les trois moyens qu’on employoit de son teins pour embaumer les morts chez les Egyptiens. P. EMBAUME MENS.
- MONADE , s. f. du grec (menas), dont le génitif est vkS'oç ( monados ), unité , dérivé de (U.ovoç ( monos ), seul.
- ( Philos. ) Les monades, selon Leibnitz , sont des corps simples, immuables, indissolubles, solides, individuels, ayant toujours la même figure et la même masse , dont tous les autres êtres sont composés.
- Zenon , Leucippe , Démocri te , Epicure , ont fourni le germe de eette hypothèse. Leibnitz la réduisit en système , que Wolf perfectionna, et auquel madame Duchâtelet mit la dernière niiin.
- MQNABELPHIE, s. £ du grec fxivoç ( monos ), seul, et d’à/sx^àf ( adelplws ), frère : un seul frère.
- ( Botan. ) Nom d nné par Lin-mæus à la sixième classe de son système sexuel des plantes , qui renferme celles dont les étamines sont réunies àleur base en un seul tube ,
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- au milieu duquel passe le pistil. On appelle monadelphes les étamines ainsi réunies.
- MONANDRIE , s. f. du gr. ydvai (monos),seul, etd’àviip(anér), dont le génit. est kvJflç (andros), mari : un seul mari.
- ( Botan. ) Nom donné par Lin-næus à la première classe de son système sexuelde botanique: à celle qui reriferme les plantes pourvues a’une seule étamine.
- MONARCHIE , s. f. du gr. juôvoç ( monos ), seul, et d’èqvfc» ( arche), puissance, gouvernement: gouvernement d’un seul.
- ( Econ, polit. ) Ce terme désigne un grand Etat gouverné par un seul chef.
- Il se dit aussi de la forme de gouvernement où un seul chef gouverne.
- MONDE , s. m. du lat. mundus.
- ( Physique ) Monde se prend quelquefois pour la terre seule, quelquefois pour l’assemblage du ciel et de la terre. Monde supérieur signifie les cieux ; monde inférieur , c’est le globe terrestre. Ordinairement le monde signifie la terre et tout ce qui en dépend ; on dit assez communément faire le tour du monde, pour dire le tour de la terre ; et dans ce sens, ou demande si les planètes sont des mondes, c’est-à-dire, si elles ressemblent à la terre , et si elles sont habitées comme la terre.
- La pluralité des mondes se trou-voit déjà dans les Orphiques , ces anciennes poésies grecques attribuées à Orphée.
- Les Pythagoriciens, tels que Philolaüs , Nice tas, Iléraclidcs, en-seignoient que ces astres étoient autant de mgndes. Plusieurs anciens philosophes admettoient même une infinité de mondes, hors de la portée de nos yeux. Epicure , Lucrèce, et tous les épicuriens étoient du même sentiment ; Métrodore tronvoit qu’il étoit aussi absurde de ne mettre qu’un seul monde dans le vide infini, que de dire qu’il ne pouvait croître qu’un seul épi de blé dans une vaste campagne.
- Zéuon d’Elée, Anaximènes , Anaximandre , Leucippe , Démo-crite le so.utenoient de même. En-
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- fia, il y avoit aussi des philosophes qui, en admettant que notre monde étoit unique , do'nuoient .des habi-tans à la lune ; tels étoient Anaxa-gore, Xénophoii. Hévélius en pa-roissoit persuadé , lorsqu’en 16^7 , il parloit de la différence des hémisphères de la luné.
- Fonteneile a traité cette question dans ses Entretiens sur la pluralité des mondes.
- Huighens, dans son Cosmotneo-ros, soutient la même opinion , avec cette différence, qu’il esiiine que les liabitans des planètes doivent avoir les mêmes arts et les mêmes connoissances que nous.
- M. Lambert croit que les comètes sont habitées. M. de Buffon calcule les époques où chaque pla-' nète a pu être habitée, et cessera de l’être par le refroidissement.
- Consultez le volume ou le livre des Epoques de la Nature.
- ( Géographie ) On ditfen termes de géographie, Vancien et le nou-•veau monde comme la connois-sance que les anciens avoient du monde se bornoit à l’hémisphère où sont l’Europe , l’Asie et l’Afrique , on s’est accoutumé à donner le nom de monde à un seul hémis-
- idière; et depuis la découverte de .’ Amérique par Christophe Colomb, on a applé ancie?i monde l’hémisphère que l’on cormoissoit anciennement, et nouveau monde, le continent découvert par Christophe Colomb.
- MONDER , v. a. du lat. mundo , nettoyer, purifier.
- ( Pharmacie ) C’est nettoyer , rendre pur et uet quelque chose. I)e~là mondifier , pour nettoyer , dét.erger les plaies et les ulcères.
- MONNOIE, s. f. du latin mo-neta, le lieu où l’on fabriquoit la monnoie.
- ( Commerce ) Signe et moyen d’échange usité chez toutes les nations commerçantes.
- On distingue la monnoie de compte et la monnoie réelle.
- La monnoie de compte est une mesure en quantité idéale de mon-noies, dont on se sert pour estimer les différentes valeurs. Ainsi la livre tournois, la livre sterling sont des monnaies de compte.
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- La monnoie réelle est celle dont il existe plusieurs pièces réelles et matérielles, frappées à un certain titre et à un certain poids , comme les écus, les guinées, les pièces de. 20 francs, etc. Quelquefois une monnoie est tout - à-la-fois une monnoie de compta et une monnoie icelle, comme le centime , le kreutzer , le schelling , ou sol sterling , etc.
- MONOCHROME , s. m. et adj. du grec uôvoç (monos) , seul, et de %ç'à> pu. ( chroma ), couleur: couleur unique.
- ( Peinture ) Ce mot désigne une peinture d’une seule couleur , telle qu’elle fut dans l’origine de l’art.
- La peinture égratignée dont Po-lidore décoroit les édifices de Borne, les camaïeux, les grisailles, les dessins arrêtés, quant à la partie du clair-obscur , les estampes enfin ‘sont des peintures monochromes. Polidore , célè.bre disciple de Raphaël , renonçant à soutenir son art par la variété des couleurs , mérita cependant de tenir un rang illustre entre les plus grands peintres ; en renonçant à l’espérance de charmer les yeux par la magie des teintes. La peinture monochrome contracte l’obligation de parler à l’ame et de satisfaire l’esprit.
- MONOCLE, s. m. du gr. piva ( monos ) , seul, du corps et du lat. oculus, œil.
- ( Dioptr. ) Nom que l’on donne aux limettes composées d’nn seul verre, et qui ne peuvent servir que pour un œil à la fois.
- MONOCORDE , s. m. du grec p&voç {monos), seul, unique, et de %e>pcTi) ( chordê ), corde.
- ( Musique) Instrument inventé par Pythagote pour mesurer par lignes, ou géométriquement, les proporïiotis des sons, il est composé d’une seule règle qui se divise et se subdivise eu plusieurs parties , et d’une corde médiocrement tendue sur deux chevalets, au milieu desquels il y a un autre chevalet mobile, afin de le promener sur les divisions de la ligne , et de trouver par ce moyen les différences et les proportions des sons.
- Monocorde est aussi le nom d’une espèce de clavecin qui se fabrique
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- dans la haute Allemagne, dont le son est extrêmement doux, attendu que ce n’est pas le pincement d’une p] ume , comme au clavecin , qui fait frémir la corde , mais une petite lame de laiton fichée dans la partie postérieure du clavier , qui, en élevant la corde , la fait sonner.
- MONOCOTYLÉDONES, adj. du grec pivot (monos), seul, unique, et de xaTVhnJm ( Icotulêdôn ), cavité, écuelle.
- ( Botan. ) Nom que donne Jussieu aux plantes qui n’ont qu’une feuille séminale , ou un seul lobe , ou cotylédon. Ces plantes sont ainsi appelées, parce que leurs feuilles séminales ont une forme demi-ronde, semblable à une écuelle.
- MONOCULE , s. m. du grec pavot ( monos ) , seul , unique , et du lat. oculus , œil.
- ( Chirurgie ) Les chirurgiens appellent ainsi un bandage pour la fistule lacrymale et les maladies des joues. C’est la même chose que MONOCLE.
- MONODIE, s. f. du grec pivot ( monos), seul , unique , et d’àx/à ( ode ) , chant.
- ( Musique ) Chant, à voix seule, par opposition à ce que les anciens appeloient chorodies, ou musiques exécutées par ie chœur.
- MONOEC1E , s. f. du grec pivot ( monos ) , seul, unique ,' et d’oîx/st ( oilcia ) , maison, habitation : habitation commune.
- ( Bot an.) Nom donné par Inn-nœus à la vingtième classe de son système sexuel des végétaux ; celle où les fleurs mâles sont séparées des fleurs femelles , mais sur le même pied. De-là on appelle mo no'iques lès fleurs dont les mâles sont placés avec les femelles sur un seul et même pied , mais séparées les unes des autres.
- MONOGAME , s. m. du grec pivot ( monos ) , seul , unique , et de ykpot (gamos) , noces, mariage.
- ( Jurisprud. ) Qui n’a été marié qu’une fois.
- MONOGAMIE , s. m. même origine que monogame. L’état et' la condition de celui qui n’a été marié qu’une seule fols.
- ( Botan. ) Monogamie est aussi Tout II.
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- le nom d’une des cinq sections de la syngenésie , 19e classe du système sexuel de Linnoeus ; celle qui renferme les plantes dont les fleurs , sans être composées de fleurons ni de demi-fleurons, ont leurs étamines réunies par leurs anthères.
- MONOGASTRIQUE , adj. du gr. pivot ( monos ) , seul, unique , et de ya.sr»p (gaslér), ventre.
- (Hist. nat.) Qui n’a qu’un ventre.
- MONOGRAMME , s. m. du grec pivot {monos), seul, unique, et de yphppcL (gramma), lettre : une seule lettre.
- ( Diplomatique ) Caractère factice composé clés principales lettres d’un nom , quelquefois de toutes , et qui servoit de signature , de sceau ou d’armoiries.
- Le monogramme étoit déjà connu des Grecs , du temps de Philippe , roi de Macédoine ; il fnt en usage en France daits les septième et huitième siècles. Eginard dit que Charlemagne ne sachant pas écrire se servoit d’un monogramme pour sa signature. La même raison l’avoit fait adopter à une grande partie des évêques et des grands seigneurs de ces tems-là.
- Les monogrammes sont parfaits quand toutes les lettres du mot s’y trouvent, et imparfaits quand il n’y en a qu’une partie.
- ( Numismat. ) En parlant de médailles , les monogrammes sont des lettres entrelacées qui indiquent , ou le prix de la monnaie , ou une époque , ou un nom de ville, etc.
- MONOGYNIE , s. £ du grec pivot ( monos) , seul, unique , et de -j/uva (gunê) , femme ou femelle.
- ( Botan. ) Nom donné par JLin-nceus, dans son système sexuel des végétaux , au premier ordre ou première sous-division des classes des plantes dont la fleur n’a qu’une partie femelle ou qu’un pistil.
- MONOLOGUE . s. f. du greG uovot >( monos ) , seul, unique , et de xiyot ( logos ), discours , formé de xiyoo { légo ), parler.
- ( Art dramat.) Scène d’une pièce de théâtre où un acteur parle seul.
- ( Musique) C’est dans les monologues d’un opéra que se déploient toutes les forces de la musique. Ces récitatifs obligés , qui font un si M m.
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- grand effet dans les opéra Italiens , n’ont lieu que dans les monologues.
- MONOMACHIE, s. £ du grec /j.âyoç [monos,), seul, unique, et de /uétytt { machê ) , combat : combat singulier.
- ( Jurisprud. ) Duel, combat singulier d’homme à homme. La mo-nomaehie étoit autrefois permise et soufferte en justice , pour avoir preuve des crimes.
- MONOME, s. m. du grec movoj {monos ), seul, et de voun (nome ), part ^ division.
- ( Algèbre ) Quantité qui n’est composée que d’une seule partie ou terme , par opposition au POLYNOME. ( V. ce mot. )
- MONOMETRE , s. m. du grec /uôvoç {monos ), seul, unique , et de pirpov ( mélron ), mesure: mesure unique.
- ( Poésie ) Il se dit des vers qui n’ont qu’une mesure, ïambe monomètre. Le vers a do ui que qui termine les strophes des vers saphi-ques est nécessairement monomètre.
- ( Physique ) On a aussi donné ce nom à une boule de verre qui sert à mesurer la densité ou la rareté de l’air. r
- MONOPETALE , adj. du grec piQvoç {monos), seul, et de ninctnoy { pétalon), feuille , ou pétale : à un seul pétale.
- ( Botan. ) On appelle ainsi les fleurs qui n’ont qu’une seule feuille ou un seul pétale.
- MONOPÊtYLLE , adj. du grec fxévet {'monos), seul, unique., et de <pvxxov {phullon ), feuille.
- ( Botan. J C’est le nom que Lin-næus donne au calice des fleurs , quand il est d’une seule pièce ou petite feuille, c’est-à-dire , dont des incisions, s’il y en a , ne sont pas continues jusqu’à sa base.
- MONOPODE , s. m- du grec fx'avos { monos) , seul, unique , et de vrac (pous), pied: à un seul pied.
- ( Antiq. ) Table à manger soutenue sur un seul pied, dont se-ser-voient les anciens.
- MONOPOLE , s. m. du gr. jWovcc ( monos ) , seul, unique , et de vra-x«?v ( pôlein ), vendre : qui vend seul.
- {Commerce) Trafic qui se fait par
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- celui qui se rend seul maître d’une marchandise, afin de la vendre à un prix exorbitant.
- Thaiès se livra au monopole eu arrhant toutes- les olives des envi-* rons de Milet et de Ckio , dont l’astrologie lui avoit fait prévoir l’abondance. Pline dit que des marchands accaparèrent dans une circonstance tous les hérissons de mer.
- La loi la plus ancienne que l’on connoisse sur cette matière , est celle de l’empereur Zenon. L’ordonnance du roi Jean , de i355 , et celle de François P'r, de i53g , sont conformes à cette loi. Suivant l’esprit de ces ordonnances , les personnes d’une même profession qui font entre elles des coîfventions préjudiciables au public , se rendent également coupables du crime de monopole.
- MQNUPTERE, s. m. du grec ^uûvoc ( monos ), seul, unique, et de ‘irlépor, {ptéron ), aile : ce qui n’a qu’une aile.
- {Archit. anc. ) Espèce de temple r»nd , sans murailles , et dont le dôme n’étoit soutenu que par des colonnes.
- (Ichtyolologie) C’est aussi le nom d’un genre de poissons , dont le caractère est de n’avoir pas d’autre nageoire que celle de la queue.
- MONOPTOTE , adj. du gr. /uovo? ( inonos), seul, unique, et de '/ri a<n c ( piôsis ) , chute : qui n’a qu’une seule chute.
- {Gramm. ) Il se dit des noms grecs et latins, qui sont indéclinables , et qui n’ont qu’un seul cas , qu’une seule chute. V. CAS.
- MONOR1ME , s. m. du gr. pôvoç ( monos ) , seul , unique , et de P'j9/xoc ( ruthmos ), rhythme , justesse , cadence ; d’où est dérivé , dit-on , notre mot rime.
- {Poésie ) Ouvrage de poésie dont tous les vers sont sug la même rime. Les monorimes ont été inventés , à ce qu’on prétend , par le poëte Bénin , qui fit des vers latins d’une seule rime, .qu’il adressa au pape Alexandre III.
- Le monorime n’est bon en français que dans les sujets de plaisanterie ; c’est pour cela qu’on ne fait plus de monorimes eu vers alexandrins. Dans tous les cas , l’oreille
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- est nécessairement fatiguée par le retour perpétuel des mêmes rimes.
- MONOSPERME , adj. du grec /uovo5 ( monos ) , seul, unique , et de eirîffAA (speima), semence, graine : qui n’a qu’une graine.
- {Botan.) lise dit d’une plante qui ne porte et ne renferme qu’une seule graine.
- MONOSTIQUE, adj. du grec /uô'ioç [monos ), seul, unique, et de g-iyoc ( slichos), vers : qui n’est composé que d’un seul vers.
- ( Poésie ) Il se dit d’une épi-gramme qui n’a qu’un seul vers.
- MONOSYLLABE , s. m. et adj. du grec povo; ( monos), seul, unique, et de 9Vk\tt£À ( sullabê ), syllabe : qui n’a qü’une seule syllabe.
- ( Gramm. ) Mot d’une seule syllabe , ou composé de plusieurslettres qui se prononcent toutes à-la-fois.
- MONOSYLLABIQUES , adjec,t. même origine que MONOSYLLABE.
- ( Poésie ) Il ne se dit guère que des vers dont tous les mots sont des monosyllabes ; tel est ce vers de Despréau': : Mais moi, qui clans le fond sais bien ce que f en crois.
- MONOTONE, adj. du grec ( monos ), seul, unique, et de totoç ( tenos ), ton : qui n’a qu’un ton , qui est toujours sur le même. ton.
- MONOTONIE, s. f. même origine que MONOTONE.
- ( Elocut. ) Uniformité et une éga- -lité ennuyeuse de ton dans la conversation, ou dans les discours prononcés en public.
- Il se dit aussi d’une trop grande uniformité du discours , soit pour le style , soit pour les figures.
- ( Musique3 ) Il se dit encore d’un chant qui marche toujours sur le même ton , comme la psalmodie.
- (.Peinture)On dit d’un tableau qu’il est monotone , ou qu’il est égal de tons , de couleur ; qu’il est fade , qu’il est gris , qu’il sent le camaïeu ; car toutes ces expressions sont également employées pour exprimer la monotonie. On dit encore dans le même sens, qu’il donne dans le roux , dans le jaune , dans le violâtre , dans le noir, dans la fai'ine . etc.
- La monotonie est un grand dé-
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- faut ; mais le trop grand éclat des couleurs, l’excessive variété des teintes, le luisant exagéré de certaines parties en est un autre.
- MONOTRIGLYPHE, s. m. du grec [xovoç ( monos ), seul, unique , et de rpiywyaç ( trigluphos ) , tri-glyphe.
- ( yl relût. ) L’espace d’un seul tri-glyphe entre deux colonnes ou deux pilastres.*
- MONSEIGNEUR, s. m. composé de mon et de seigneur, en latin senior.
- ( Econ, polit. ) Titre d’honneur que l’on donne à certaines personnes constituées en dignités, soit en leur parlant, soit en leur écrivant.
- MONSTRE, s. m. du lat. mons~ trum, à monstrando.
- ( Hist. nal. ) Animal qui a une conformation contraire à l’ordre ordinaire de la nature.
- {Botan.) Monstre se dit aussi des plantes qui ont éprouvé quelques changemens dans toutes, ou dans quelques-unes de leurs parties.
- MONTAGNES, s. f. du lat. mon-tanus , fait de mons, mont.
- ( Géologie ) Inégalités de la surface du globe terrestre.
- Les montagnes sont divisées en quatre classes difféi entes, suivant l’époque et le mode de leur formation : les montagnes primitives, secondaires , tertiaires et volcaniques.
- Montagnes primitives ; ce sont celles dont l’origine remonte à la formation même du globe, et dont la structure annonce qu’elles en sont une dépendance immédiate , et qu’elles en forment véritablement une partie intégrante.
- Montagnes secondaires ; ce sont celles qui ont été formées par des émanations sous-marines.
- Montagnes tertiaires ; on nomme montagnes , ou térreins tertiaires, les amas de matières transportées d’un lien dans ün autre , soit par la mer, soit par les eaux courantes.
- Montagnes volcaniques , Voy. VOLCAN.
- Montagnes de glaces -, ce sont des amas considérables de glaces, tant en étendue qu’en hauteur , qu’on rencontre dans les mers du Nord, du Groenland, de Spitzberg, d'ans M m 2
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- la baie de Baffin , le détroit de Hudson , et autres mers voisines des pôles.
- [Art milit.) Guerre des monta-nes : ren ne prête plus à la ruse et l’artifice . que les pays de montagnes; rien u’effre à un général d’armée p us de ressources pour réussir élans ses entreprises, quelquefoibîe qu’il puisse être-, mais tout dépend de la connaissance du pays Mum-xnol , qui remit les affaires du roi de Bourgogne contre les Lombards, réussit parfaitement dans la guer e des montagnes. Sertorius, un des grands capitaines qui eut p ru avant César , excelloit particulièrement dans la guerre des montagnes ; et la campagne de 174*, en Piémont, a fait connoitre les talens de 1VI le prince de Conti , dans cette partie de la guerre.
- MONT AIN, adj. du lat. mon-tanus, des montagnes.
- ( Botan. ) Il se dit des plantes qui croissent sur les montagnes.
- MONTGOLFIÈRE, s. f. d e Montgolfière nom propre. V. AÉROSTAT.
- MONTRE , s. f. du lat. monstra, contraction de monstraiio.
- ( Commerce ) 'Echantillon , portion de que que chose que Pon montre , pour faire voir de quelle nature est le reste.
- ( Art. milit. ) Montre se disoit autrefois de la revue qui se faisoit des troupes, pour examiner si elles étoient complètes et en bon état, et pour en ordonner le paiement,
- ( Horlo gerie ) Montre est encore une petite horloge qui se porte ordinairement dans la poche.
- Les premières montres furent fabriquées à Nuremberg, en i5oo, par Pierre Hell , et appelées œufs de Nuremberg, parce qu’ellesavoient «ne forme ovale. La même année, George Purbach . mathématicien à Vienne , s’est servi d’une montre à secondes , pour des observations astronomiques.
- Montres à répétition ; ce sont celles qui, par le moyen d’un poussoir adapté au sommet de \a montre, frappent l'heure qui est indiquée par l’aiguille du cadran. Cette
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- invention est d’un Anglais , nommé Barlow , qui l’imagina en 1676.
- Montres à équation ; ce sont celles qui , par le moyen d’un cadran mobile placé au milieu du cadran ordinaire, marquent le tems vrai et le ,ems moyen. V EQUATION OU TEMS, TEMS MOYEN, TEMS VRAI, GARDE TEMS.
- MONUMENT, s m. du lat. mo-numentum ; pour monens mentent.
- ( Hist. ) Marque publique pour transmettre à la postérité la mémoire de quelque personne illustre, ou de quelque action célèbre.
- MORALITES, s. f. du lat. mo-ralitas, trail de morale.
- ( Hist. drarn.) On a donné ce nom à des espèces de tragédies saintes ou pieuses farces, qu’on jouoit sur le théâtre français.
- Les moralités ne vinrent qu’après les mystères , et elles furent suivies des farces.
- MORATOIRES , adj. du lat. mo-ratorius, dérivé de mora , retardement, délai.
- ( Jurisprud.) Il se rdit en Alle-r mague de certaines lettres qu’on obtient de l’Empereur et des états de l’Empire , en vertu desquelles les créanciers doivent accorder à leurs débiteurs un certain tems marqué par ces lettres , pendant lequel ils ne peuvent point les inquiéter.
- MOBBIDESSE , s. f. de l’italien morbidezza, mollesse.
- ( Peinture ) Les Italiens appellent morbide ce qui est délicat , simple , doux au toucher ; et morbidezza, morbidesse, ce qui semble, dans les arts qui ont pour objet d’imiter la nature , avoir cette délicatesse , cette mollesse aimable qu’offre la nature elle-même. La morbidesse se trouve sur-tout dans le sentiment des chairs , lorsqu’elles ont à l’ceil, clans un tableau, toute la souplesse, toute la douceur qu’elles auroient au toucher dans un beau modèle vivant. Le Corrège a donné le premier des exemples d’une morbidesse que ses successeurs ont difficilement imitée. Elle contribue beaucoup à l’agrément, à la grâce, à la vérité des figures de femmes et d’enfaus. Le défaut contraire au njé-
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- rite de là morbidesse, c’est celui de ces peintres léchés qui donnent à tous les objets une surface lisse et luisante. Le Puget et d'autres habiles sculpteurs ont prouvé que sous une main savante, les matières les plus dures» telles que le marbre, ne se refusent pas à la morbidesse.
- MORDANT, s. m. du lat. mor-dax, fait de mordeo, mordre.
- ( Technoî. ) Composition dont on se sert dans ,a peinture et dans la teinture» pour fixer les couleurs.et leur donner quelquefois plus d’intensité.
- Les principaux mordans sont, le sulfate d’alumine , l’acétite d’alumine , le muriate d’étain , le tannin» la noix de galle , le sulfate de fer.
- MORESQUE, adj. et s. du lat. mourus, more, ou maure : qui a rapport aux coutumes des mores.
- [Peinture) On appelte moresque, ou arabesque, une espèce de peinture qui représente ordinairement des branchages , des feuillages, qui n’ont rien de naturel. P. ARABESQUE;
- MORGUE, s. f. vieux mot français qui signifie visage.
- ( Jurisprud. crnnin.) Endroit à l’entrée d’une prison où l’on tient quelque teins ceux que l’on écroue , afin que les guichetiers puissent les regarder plus fixement, pour les reconnoître ensuite.
- On appelle aussi morgue un endroit où les corps morts dont la justice se saisit, sont exposés à la vue du public pour qu’on puisse les re-conuoître.
- MORNE, s. m. terme en usage dans les Antilles.
- ( Topographie ) On appelle ainsi dans les iles françaises d’Amérique . les montagnes dont plusieurs servent de reconnoissance aux atérages. Les doubles mornes sont tes montagnes intérieures plus élevées, dont les sommets paroisseut au-dessus des premières plus basses qui bordent les côtes de la mer.
- MORT, s. f du lat. mors, la fin, la cessation de la vie.
- ( Pratique ) Mort civile ; c’est l’état d’une personne retranchée de
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- la soeiété civile , et qui ne peut plus contracter avec elle.
- MORTIER , s. m du lat. morta-riurn, dérivé de moretum, sorte de ragoût des anciens, composé d’herbes , de lait, de fromage , de vin , de farine, etc. .dont on a fait more-t'arium, rnortarium et mortier.
- (Mrchit. ) Mélange de terre, de sable on ale ciment, avec de l’eaa ou de la chaux éteinte dans l’eau.
- Wlortier se dit aussi du bassin ou creux fait en terre, où les ouvriers éteignent la chaux.
- ( Chimie) Les chimistes appellent mortier une sorte de vase de métal, de pierre , de bois , etc. , dont on se sert pour piler certaines choses à la manière dont les maçons font leur ciment.
- ( ArùlLerie ) On appelle mortier dans l’artillerie, une certaine pièce de fonte , faite à-peu-près comme un mortier à piler, et dont on se sert pour jeter des bombes , des carcasses, des pierres ou des cailloux.
- L’occupation des batteries de mortiers est de démonter le canon de la place, de bouleverser les ouvrages extérieurs et les batteries des ennemis dans les bastions.
- Un moitier qui jette une bombe de dix-sept pouces dix ligues de diamètre, a l’ame de 27 p uces et demi de long , et de diamètre 18 pouces 4 lignes. La chambre , en forme de poire, a i3 pouces de longueur, et sept pouces et demi de diamètre à son plus large, et contient 12 livres de poudre. La bombe contient 48 livres de poudre et pese 4go livres.
- Cette pièce d’arti-lerie, dont M. Blondel fait remonter l’origine à celle des canons, ne servit d’abord qu’à jeter des pierres et des boulets rouges. L’évêque de Munster est le premier qui ait multiplié l’usage des mortiers, en 1672, au siège de Grol.
- ( Magistrature) Mortier est encore le nom d’une espèce de toque ou bonnet, qui étoit ancienne ment l’habillement commun de iête , qui est devenue ensuite une marque de dignité, et qui est encore aujourd’hui la coiffure des premiers magistrats de l’empire fiançais.
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- MORTIFÈRE , adj. du lat. mors, mortis, mort, et de fero , porter: qui porte , qui cause la mort.
- ( Méd. )Ilse dit d’un poison, d’un suc capable de causer la mort. Le poison est mortifère. Le suc du, pavot, l'opium est souvent mortifère.
- MORTIFICATION, s. f. du lat. mortificatio , composé de mors, mort, et àefacio, opérer ; action par laquelle une chose est mise en état de mort, c’est-à-dire, se corrompt, s’altère.
- ( Chirurgie) La mortification est cet état dans lequel la circulation des humeurs vitales est tout-à-l’ait arrêtée. V. SPFIACELE.
- MORUE , s. f. du lat. morhua.
- ' {Pêche) Espèce de poisson , dont la pêche est, pour plusieurs peuples de l’Europe, de la première importance.
- La longueur ordinaire de la morue est entre deux et trois pieds, et son poids de i4 à 20 livres.
- Ce poisson se tient ordinairement dans les profondeurs de l’Océan , entre le quarantième et le soixantième degré de latitude septentrionale.
- Les lieux où en le trouve en plus grande quantité , sont le banc de Terre-Neuve, le cap Breton, la Nouvelle Ecosse, la Nouvelle Angleterre, les côtes de la Norwége et de l’Islande, le banc de Dogger et les Orcades.
- La morue est tellement vorace qu’elle mange souvent les jeunes poissons de sa propre espèce.
- On prend les mornes au filet et à l’hameçon. On emploie pour appât toutes sortes de petits poissons, des fragmens des gros, même ceux de la morue et de ses intestins. Faute u’appât, on se sert d’un poisson fait en étain ou en drap rouge.
- On pêche la morue pendant presque toute l’année en Norwege, en-Angleterre et en Amérique; mais c’est au commencement du prin-tems qu’on en prend le plus.
- Il y a trois manières de préparer ce poisson pour le conserver :
- La première consiste à le faire sécher à l’air ; c’est ce qu’on appelle .la morue sèche.
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- La seconde consiste à le saler; c’est la morue salée.
- La troisième consiste à le faire à moitié sécher et ensuite à moitié saler ; c’est la morue blanche.
- Les Français, après avoir habillé les morues, c’est-à-dire, après leur avoir coupé la tête, ôté les entrailles , la grosse arête, leur remplissent le ventre de sel, et les empilent dansuucoindel’entre-pont, où elles jettent leur eau et leur sang pendant un ou deux jours ; au bout de ce tems, on les change de place, et on les stratifie avec du nouveau sel.
- La manière des Hollandais diffère de celle des Français, en ce qu’ils couvrent leurs morues dans toute la longueur du corps, écartent les deux côtés, et les applatissent, et qu’ensuite ils les lavent et les salent dans des barils ; au bout de deux jours ils les ôtent, les lavent de nouveau dans leur saumure , les font égoutter et les salent complètement de nouveau dans les mêmes barils où elles sont comprimées autant que possible. A leur arrivée au port , ces mêmes morues sont encore soumises à une troisième façon , c’est-à-dire , qu’on les lave dans leur saumure. ensuite deux à trois fois dans l’eau douce ; on enlève toutes les taches de sang, toutes leslavures , on les fait égoutter en les comprimant sous de grosses poutres, puis on les remet dans des barils avec de nouveau sel.
- La morue d’Hollande coûte un peu plus de peine, mais elle est aussi bien meilleure , bien .plus agréable à la vue , et sur-tout se conserve plus long-tems.
- Les Anglais préparent leurs morues d’une autre manière ; ils ne les salent qu’une fois. Après les avoir laissées deux fois vingt-quatre heures , ils les font sécher quelques jours à l’air sur des perches, et ensuite les mettent en baril avec moitié de la quantité de sel que les Français. Ces morues se conservent aussi long-tems que celles des Hollandais, et coûtent moins de frais, mais elles n’ont point la même blancheur, et par conséquent sont moins recherchées des consommateurs.
- Les Américains préparent leurs
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- montes encore plus mal que les Français ; mais ils ont l’avantage dans les marchés d’Espagne, d’Italie et des colonies à sucre de l’Amérique, parce qu’ils peuvent les donner à meilleur compte que les autres nations , à raison de leur proximité du grand banc de Terre-Neuve , et de la facilité qu’ils ont de sécher la monte presque sur leurs propres côtes.
- MORVE , s. f. ( maladie des chevaux ), du lat. morbus, maladie.
- ( Hippiatr. ) Maladie particulière aux chevaux, dont le siège, suivant les anciens, est dans le cerveau ou bien dans l’épine du dos ; selon quelques modernes , dans le foie , les poumons, la rate ; mais d’après des observations exactes, dans les glandes répandues dans la membrane pituitaire.
- MOSAÏQUE, s. f. du lat. musi-vum, ouvrage fait par comparti-mens, dont on a fait par corruption, musaïcum, et ensuite mosaïcum.
- (Peinture) Ouvrage de rapport, qui est une espèce de peinture qu’on exécute avec de petits morceaux de pierres taillées, ou de prismes d’émail diversement colorés , qu’on place les uns à côté des autres sur un fond solide et uni, enduit d’un mastic.
- On copie par ce moyen, soit divers objets naturels, soit même les tableaux des grands maîtres, qu’on parvient ainsi à rendre en quelque sorte inaltérables.
- Il y a deux espèces de mosaïques: celle de Rome et celle de Florence.
- Dans la mosaïque de Rome, on se sert de petits cubes d’émail , de toutes couleurs , qui n’ont pas plus de deux lignes de diamètre, et que l’artiste divise d’un coup de marteau tranchant, en prismes aussi minces que l’exigent les détails qu’il doit rendre. On peut avec cette mosaïque imiter les tableaux les plus précieux : St. Pierre de Rome offre beaucoup de chef-d’œuvres en ce genre.
- Dans la mosaïque de Florence , on n’emploie que des pierres naturelles qui sont ornées de belles couleurs et qui sont susceptibles d’un beau poli. Ce sont principalement les jaspes et les agathes : oa choisit
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- celles dont la couleur convient à l’objet qu’on veut imiter, et on les taille suivant la forme de cet objet. On voit au musée des arts , à Paris, des tables en ce genre qui sont d’un prix inestimable et d’une beauté que rien n’égaie. Le fond est d’un porphyre rouge, et les objets représentés sont des vases de toutes sortes de fo mes£t de couleurs, des coquillages marins de toute espèce , etc. etc. Le gouvernement français a établi une manufacture de mosaïque de cette espèce , à Paris.
- Pline d;t que les pavés peints et travaillés avec art sont venus des Grecs ; qu’entr’autres celui de Per-gamè, qui étoit un bâtiment appelé asarotus , travaillé par Sosus , étoit le plus curieux. Ce mot à’ascpotus veut dii'e : qui n’a pas été balayé ; et on lui donnoit ce nom parce qu’on voyoit si industrieusement représentées sur ce pavé les miettes et les saletés qui tombent de la table , qu’il sembloit que ces objets fussent réels , et que les valets n’a-voient pas eu le soin de balayer les chambres. Ce pavé étoit fait de petits coquillages, peints de diverses couleurs. L’on y admiroit une colombe qui buvoit, dont la tête por-toit ombre sur l’eau.
- Ensuite, parurent les mosaïques, que les Grecs nommoicnt lithos~ tratata; elles commencèrent àRome sousSylla, qui eu fit faire un pavé à Preneste, dans le temple de la Fortune, environ 170 ans avant notre ère. Ce pavé, qui est une géographie d’Egypte, fait aujourd’hui le principal ornement d’une espèce de niche, dont la voûte soutient les deux rampes par lesquelles on monte au principal appartement du palais que les Barberins ont fait construire dans la ville de Palestrine.
- Dansla suite, on ne se contenta pas d’enïaire pour des cours, et pour des salles basses , mais on s’en servit dans les chambres; et enfin on en lambrissa les murailles des palais et des temples.
- Le goût de la mosaïque se conserva même après la ruine de l’empire romain. Au commencement du i3e siècle, les Vénitiens firent venir plusieurs peintres grecs , entre autres Appollonius, qui enseigna soa
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- art à Taffi , de Florence , et fit avec lui divers ouvrages qui furent placés dans l’église de St. Jean de cette ville. Gaddo-Gaddi ne tarda pas à s’exercer dans ce genre de peinture. Ensuite Glotto , né en 1276 , fit la magnifique barque de St. Pierre, battue par les vents, que l’on voit sur la porte de l’église de cet apôtre à Rome. Environ 200 ans après, Dominique Beccafumi se rendit célèbre par la belle exécution du pavé de l’église de Siennes, qui représente le sacrifice d’Abraham. Joseph d’Arpinas, surnommé le Josepin , et Jean Lanfranc , de Parme , qui vinrent ensuite, l’emportèrent encore sur leurs prédécesseurs.
- Lors de la découverte du Nouveau Monde , les Mexicains et les Péruviens savoient peindre en mo-sàique\ avec les plumes des oiseaux assemblées par filets , ce qui de-mandoit une adresse et une patience peu communes.
- MOSQUÉE , s. f. du turc mes-chit, dérivé de l’arabe masgiad , lieu d’adoration ; de mesch.it les Espagnols ont fait mequita, les Italiens, moscheta, et les Français, mosquée.
- ( Cuit, relig. ) v Temple des Ma-hométans, où ils v ont faire leurs prières.
- Il y a des mosquées royales , bâties par les sultans, et des mosquées qui sont fondées par des particuliers. Les royales sont les plus magnifiques et les plus riches de toutes. Les dômes des mosquées sont surmontés d’aiguilles qui portent des croissans.
- MOT , s. m. du latin muttum , fait de mutire, parler bas, dont les Italiens ont fait motto.
- ( Grammaire ) Parole , terme , diction.
- ( Diplomatique) Dans les manuscrits très-anciens, les mots ne sont point séparés les uns des autres ; eAst une suite de lettres serrées, sans aucune division ni distinction. Dès les 5e , 6e et 7e siècles, on avoit commencé à séparer les mots, mais seulement aux alinea et aux endroits où le sens est fini. Au 8e, les séparations sont plus marquées et plus régulières. Au 9e , les espaçes sont très-bien observés.
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- ( Blason ) Mot ou devise , est une courte sentence ou phrase écrite sur un roulean qu’on place ordinairement au - dessus de l’écusson , qui fait allusion au nom ou à quelques pièces des armes de la personne à qui appartiennent^ les armes , et qui souvent n’ont rapport ni au nom ni au blason.
- Cette coutume d’employer un mot ou symbolique , ou comme cri de guerre pour s’animer , se reconnoî-tre et se rallier dans les combats , est très-ancienne.
- L’histoire sacrée et l’histoire profane nous en fournissent également des exemples. Nos ancêtres faisoient choix du mot le plus propre à exprimer leur passion dominante -, comme la, pitié, Uaraour , la valeur , etc. , ou quelque évènement extraordinaire qui leur étoit arrivé. On trouve plusieurs mots de cette dernière sorte , qui se sont perpétués dans les familles, quoiqu’ils ne convinssent proprement qu’aux personnes qui se les étoient attribués.
- ( Art milit. ) Mot est le nom d’un saint, ou d’un personnage remarquable, ou d’une ville, que donne chaque jour le général. 11 y a encore le mot de ralliement, dont on se sert dans une attaque , patrouille, etc., de nuit, afin que ceux du même parti puissent se distinguer. Il est à la fantaisie de celui qui commande.
- MOTEUR, MOTRICE, s. du lat. motor, de moveo, mouvoir.
- ( Mécan. ) Ce qui meut ou met en mouvement. V. MOUVEMENT, FORCE MOTRICE.
- MOTIF, s. m. Même origine que moteur. Ce qui meut et porte à faire quelque chose.
- ( Musique ) Ce mot , francisé de l’italien motivo, signifie l’idée primitive et principale sur laquelle le compositeur détermine son sujet et arrange son dessein. Dans ce sens, le motif principal doit toujours être présent ù l’esprit du compositeur , et il doit faire ensorte qu’il le soit toujours à l’esprit des auditeurs.
- MOUFETTE ou MOFETTE , s. f. du toscan mopheta , que l’on croit venir d’un verbe syriaque , qui signifie souffler.
- ( Minéral. ) Ou nomme ainsi les
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- exhalaisons pernicieuses qui se manifestent, tantôt habituellement , et tantôt accidentellement, dans la plu-art des mines métalliques et des ouillières. Elles s’accumulent aussi daus les simples souterrains, où depuis long - tems l’air extérieur n’a pas eu d’accès, et même dans les puits où l’on ne prend de l’eau que rarement.
- Les moufettes sont de diverses natures , et produisent des effets très-différens. Les unes éteignent les lumières , et asphyxient subitement les hommes et les animaux , sans leur causer aucune altération extérieure ; elles agissent de la même manière que la vapeur du charbon , ou celle du vin en fermentation ; les autres s’enflamment avec fracas, renversent avec violence tout ce qui se trouve sur leur passage, brûlent grièvement et tuent même les hommes qui s’y trouvent exposés ; elles produisent, en un mot, les mêmes effets que l’explosion de la poudre.
- Les premières sont principalement composées degaz açide carbonique, et les secondes de gaz hydrogène ; mais ces gaz ne sont point seuls, et se trouvent presque toujours combinés avec d’autres substances réduites à l’état de fluides aériformes.
- Les moufettes de la première espèce sont celles qui se trouvent dans les souterrains ordinaires , tels que la fameuse grotte du Chien, voisine du lac d’Agnano , près deNaplès.
- La plupart des mines métalliques sont affectées, de moufettes , qui sont quelquefois de la même nature que celles de cette grotte, et dont on n’est averti que par la diminution de la flamme des chandelles , et leur extinction ttftale ; mais les moufettes les plus terribles , sont celles qui s’enflamment avec explosion ; les mines de charbon de terre des environs de Newcastle y sont sujettes plus que toute autre.
- Lé meilleur moyen de se délivrer de ces funestes vapeurs, est de foire au-dessus des travaux un puits d’airage, à l’ouverture duquel on établit un fourneau qui , par la raréfaction de l’air qu’il occasionne, pompe continuellement le mauvais air du fond des miues, qui vient
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- passer à travers le brasier , où il se dépouille de ses qualités malfaisantes.
- MOUFLE, s. m., de l’allemand mojfel.
- ( Mécan. ) Machine qui consiste en un assemblage de plusieurs poulies dont on se sert pour élever des poids énormes en peu de tems.
- La multiplication des poulies , dans le moufle , est fort bien imaginée ; car l’on démontre en mécanique que la force nécessaire pour soutenir un poids par le moyeu d’un moufle, est au poids lui-même , comme l’unité est au nombre des poulies, en supposant que les cordes soient parallèles entre elles.
- D’où il suit que le nombre des poulies et la puissance étant données , on trouve aisément le poids qu’elles peuvent soutenir , en multipliant la puissance par le nombre des poulies.
- Si un homme ordinaire peut élever avec sa seule force i5o livres , il pourra soutenir avec un moufle à six poulies un poids de 900 liv.
- MOUILLAGE, s. m. de mullaie, pour laxare ( sous-entendu ancho-rcim ), lâcher l’ancre.
- ( Marine ) Endroit de la mer , propre à jeter l’ancre : tous les mouillages ne sont pas également bons et sûrs.. Il faut que la profondeur d’eau ne soit pas trop grande , afin qu’il ne faille pas une trop grande longueur de cable; que le cable étant filé , approche davantage de la direction horizontale , et que rampant sur ls fond , il contribue par son frottement à retenir le vaisseau , et aussi afin qu’il faille moins de tems et moins d’effort pour enlever l’ancre.
- U y a des fonds remplis, de roches , qui coupent , raguent ou rongent les cables ; dans ce cas on met des flottes sur le cable.
- Il y a des endroits de la mer où le fond est si dur que les ancres n’y peuvent mordre ; d’autres enfin où le fond est si mou cpie les ancres n’y tiennent pas. solidement, et dérapent ou labourent au moindre effort de vent. Ces sortes d’endroits sont de mauvais mouillages. 11 en est de même de ceux dont la peute est trop rapide.
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- Mouiller ; c’est jeter l’ancre au fond.
- Mouiller une ancre en créance ; c’est la porter hors du vaisseau avec ses grelins ou son cable , dans la chaloupe , d’où on la laisse tomber au fond.
- Mouiller en croupière ; c’est jeter une ancre par la poupe du vaisseau , de façon que son cable sorte par un des saboi ds de l’arrière.
- Mouiller en pat-e d'oie ; c’est mouiller avec trois ou même quatre ancres, dont les cables sortant des écubiers forment la figure d’une patte d’oie. Cette manière de mouiller n’est pas ordinaire.
- Mouiller en barbe c’est jeter deux ancres en même temps, en avant du vaisseau.
- MOULE , s. m. du latin modulus, d’où les Espagnols ont fait modela.
- ( Sculpture) On appelle généralement de ce nom tout instrument qui sert à donner la forme à quelque ouvrage.
- Le moule , en sculpture , 'sert à multiplier en cire , en bronze , une statue ou un modèle. Pour répéter en cire ou en plâtre un modèle ou une statue , on n’a besoin que d’un moule , et on le fait de plâtre.
- Pour fondre en bronze un ouvrage de sculpture , on a besoin dé deux moules.
- Le premier est de plâtre ; on le fait de plusieurs assises suivant la hauteur de l’ouvrage.
- Le second moule est celui de po -tée, qui est composé de terre, de fiente de cheval, de creuset blanc et de terre rouge. Il s’applique sur la cire, quand elle est bien préparée ; c’est dans ce moule qu’après la lusion des cires on fait couler le bronze. V. FONTE.
- MOULIN, s. m. du lat. moli-num ou molinus , pour m.olina.
- ( Econ. dom. ) Machine à moudre du grain.
- Moulin à eau. Les moulins à eau furent inventés à Home , du tems de Jules-César : on commença à s’en servir sous Auguste , mais ils ne devinrent communs que sur la fin du quatrième siècle.
- Ces moulins étoient hors de l’enceinte de la ville , et tournoient par le moyen des eaux qui proye^
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- îioient des fontaines. Le premier que l’on vit sur une rivière, fut celui que Bélisaire fit construire sur le Tibre, pour fournir à la subsistance de l’armée de Justinien, attaquée par Yitigès, roi des Goths. On essaya dans la suite d’en bâtir sur de simples ruisseaux , et l’effet ayant toujours répondu à l’attente , tous les peuples de l’Europe s’empressèrent d’adopter cet établissement dont Bélisaire avoit étendu l’utilité.;
- Moulin à vent ; Les moulins à vent ignorés des anciens, viennent des contrées de l’Orient, où les rivières sont également rares et foibles. Les Croisés les firent con-noître en France et en Angleterre, vers le milieu du onzième siècle , et le# avantages qu’ils procurent , en ont fait construire depuis, dans tous les pays du monde.
- (Technol.) Moulin se dit aussi de toute machine qui, étant mue par une force extérieure, donne une violente impression sur les choses.
- Moulin a sucre 5 c’est une machine composée de trois cylindres dé bois , mus par des chevaux , par l’eau, ou par la vapeur, et qui sert à froisser les cannes.
- Moulin à huile ; celui qui sert ù casser, broj^er ies noix et les olives, et autres choses dont on exprime le suc pour faire de l’huile.
- Moulin à foulon ; celui qui fait lever et baisser des pilons ou maillets de bois dans des vaisseaux , pour foiîler , piler, dégorger et dégraisser les étoffes dé laine.
- Moulin à papier ; celui qui est destiné à piler , hacher , e'filocher les chiffons.
- Moulin à scie ; celui qui sert, à scier des planches.
- MOULINET , s. m. diminutif de MOULIN.
- ( Mécan. ) La même chose que treuil ou tour ; c’est l’axis in pe-ritrochio , ou axe dans le tambour, l’axe étant horizontal.
- MOUSSE , s. m. de l’espagnol moço , jeune garçon , jeune valet.
- {Marine ) Jeune garçon que l’on embarque sur les vaisseaux, pour s’essayer et s’exercer au métier de la mer. On en met ordinairement un par dix hommes de l’équipage.
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- MOUSSE, s. m. du latin muscus, dont on a fait mussula, dans la basse latinité , et de là mousse.
- (Botan.) Petite herbe fort épaisse et fort menue, qui croit sur les terrains sabloneux, sur les toits, sur les arbres et sur les pierres.
- . MOUSSELINE . s. f. de Mossoul, ville de la Mésopotamie.
- ( Commerce ) Toile de coton fort fine et fort claire.
- MOUSSON, s. f. de Farabe mousson , qui signifie saison.
- ( Marine ) Terme usité dans la navigation des mers de l’Inde, pour désigner les vents périodiques qui régnent dans la plupart des parages de ces mers orientales, six mois d’un côté , et six mois de l’autre.
- jlller à contre-mousson ; c’est naviguer par une mousson contraire à la route qu’on se propose : comme lorsqu’on va à la côte de Coromandel dans les mois de novembre, décembre , janvier , février , mars , on va à contre-mousson , les vents soufflant alors du nord-est. Pourries causes des moussons , Ph ALISES.
- MOUVEMENT, s. m. de mouvoir, dérivé du latin moveo.
- ( Mécan.) Le transport d’un corps d’un lieu dans un autre.
- Les anciens n’ont rien écrit sur le mouvement, si l’on en excepte le peu que l’on trouve dans les livres d’Archimède, de œquiponde-rantibus. On doit en grande partie la science du mouvement à Galilée. C’est lui qui a découvert les règles générales du mouvement, et particulièrement celle de la descente des graves qui tombent verticalement , ou* sur des plans inclinés ; celle du mouvement des projectiles, des vibrations , des pendules, objet dont les anciens n’avoient que fort peu de connoissance.
- Toricelli son disciple a perfectionné et augmenté les découvertes de son maître , et y a ajouté diverses expériences sur la force de percussion et l’équilibre des fluides. M. Huyghens a beaucoup perlèc-tionné de son côté la science des pendules et la théorie de la percussion. Enfin Newton , Leibnitz , Mariotte , etc. , ont de plus en plus aggeandi la science du mouvement.
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- Le mouvement peut être regardé comme uni forme et comme varié , c’est-à-dire, accéléré ou retardé ; de plus , le mouvement uniforme peut être considéré comme simple ou comme composé ; le composé comme rectiligne , ou comme curviligne.
- On peut encore considérer tous ces m'ouvemens , ou en eux-mêmes, ou eu égard à. leur production'et à leur communication par le choc.
- Mouvement uniforme , celui par lequel le corps se meut continuellement avec une vitesse invariable.
- Mouvement accéléré , celui qui reçoit coutinuellemeut de nouveaux accroissemens de vitesse. Il est dit uniformément accéléré, quand ces accroissemens de vitesse sont égaux en tems égaux.
- Mouvement retardé ; celui dont la vitesse diminue continuellement. Il est dit uniformément retardé, lorsque la vitesse décroît proportionnellement aux tems.
- Mouvement simple, celui qui est produit par une seule force ou puissance.
- Mouvement composé , celui qui est produit par plusieurs forces ou puissances qui conspirent à un même effet.
- < Tout mouvement curviligne est composé , comme réciproquement tout mouvement simple est rectiligne.
- Mouvement perpétuel ; ce seroit un mouvement qui, une fois imprimé , persévéreroit toujours le même, sans augmentation ni diminution.
- Trouver le mou vementperpétuel, consiste donc à construire une machine tellement composée , qu’une fois qu’elle a été mise en mouvement elle y persévère pendant l’éternité , en supposant que la matière dont elle est construite ne souffre aucune altération. Pour peu qu’on soit instruit , il est aisé de voir que tous les corps que l’on met en mouvement sont nécessairement plongés dans un fiuide ou milieu, ne fût-ce que l’air qui résiste à leur mouvement ; qu’ils sont pesans , et qu’ils ne peuvent se mouvoir hors de la direction de leur pesanteur, qu’ils ne soient portés sur un plan ,
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- ou un point de suspension , contre lequel ils frottent continuellement ; or la résistance des milieux , et celle des frottemens , sont des causes qui exigent à chaque instant que le corps emploie pour les vaincre une partie de son mouvement -, et comme ce mouvement doit toujours aller en diminuant , il arrivera un instant où il n’eu restera plus.
- ( Physique ) Mouvement intestin ; c’est l’agitation intérieure des parties dont un corps est composé.
- ( Astronomie ) Mouvement, en astronomie, s’entend du cours régulier des corps célestes.
- Le mouvement diurne est le premier qu’on ait observé.
- Le mouvement de la terre d’occident en orient est une chose démontrée. V. SYSTEME DE COPERNIC.
- * Le mouvement propre est celui par lequel une planète avance chaque jour d’occident en orient d’une certaine quantité.
- Le mouvement moyen se distingue du mouvement vrai , en ce que l’un est supposé dégagé de toutes les inégalités , et l’autre affecté de celles qui ont lieu dans le ciel.
- Le mouvement àpparent se dit aussi en opposition au mouveme t vrai, lorsqu’il est affecté par la réfraction et la parallaxe.
- Le mouvement est géocentriquè , ou héliocentrique , suivant qu’il est vu de la terre , où considéré comme s’il étoit vu du soleil.
- Les mouvemens apparens des étoiles.sont : laPRECfesSÏON, l’A-BERRATION , la NUTATION. V. ees mots.
- ( Botan. } Mouvement de la sève-, on a cru long-tems que la sève cir-culoit dans les vaisseaux des plantes, comme le sang circule dans les vaisseaux des animaux ; mais differentes expériences prouvent,au contraire, que la sève ne circule point,, mats qu’elle a une espèce de fluctuation alternative ; qu’elle est portée depuis les plus petites ramifications des racines jusqu’aux extrémités des branches, pendant le jour surtout , où il se fait une forte succion, dont la chaleur est la cause pria-
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- cipale , et lorsque cette cause cesse* la sève cesse aussi de s’élever , et redescend par les mêmes vaisseaux, depuis les plus Hues ramifications des tiges jusqu’aux dernières divisions des racines.
- ( Art milit. ) Mouvement d’une armée ; ce sont les changeinens de postes que fait nue armée , soit pour la commodité du campement , soit pour engager l’ennemi au combat, ou bien pour l’éviter. Les mouvemens qui se fout en présence d une armée ennemie, demandent une prudence consommée et une parlaite connoissance di\terrein. Les lauriers de la victoire ne sont pas toujours teints de sang ; on les moissonne en faisant exécuter aux troupes des mouvemens savans et judicieux. Ce fut par des évolutions de cette espèce , que César , sans eu venir aux mains , vint à bout de réduire Afra-' nius en Espagne ; que Turenne al-loit triompher de Moutecuculli, lorsqu’il fut tué ; et qu’en 1677 , le maréchal de Créqui put empêcher le duc de Lorraine , qui avoit des forces supérieures, de rien entreprendre contre lui.
- ( Musiqiie ) Mouvement, en termes de musique , est le degré de vitesse ou de lenteur que donna à la mesure ie caractère de la pièce qu’on exécute. Chaque espèce de mesure a un mouvement qui lui est le plus propre , et qu’on désigne en italien par ces mots : tempo giusto- -, mais outre celui-là il y a cinq principales modifications de mouvement, qui , dans l’ordre du lent au vite , s’expriment par les mots, LARGO , ADAGIO, ANDANTE, ALLEGRO , PRESTO , V. ces mots.
- Chacun de ces degrés se subdivise et se modifie encore en d’autres , dans lesquels il faut distinguer ceux qui n’indiquent que le degré de vitesse ou de lenteur, comme LARGHETTO , ANDANTJNO , ALLEGRETTO , PRESTISSIMO (V. ces mots), et ceuxquimarqnent de plus le caractère et l’expression de l’air, comme AGITATO , VIVACE, GUSTOSO , CONBRIO , etc. Les premiers peuvent être saisis et rendus par tous les musiciens j ruais il n’y a que ceux qui
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- ®ïlt du sentiment et du goût qui rendent les autres. ,
- ( Mrt oratoire ) On appelle mou-vemeris , dans l’art oratoire ou la poësie, les figures pathétiques et propres à exciter les grandes passions. Il y a de grands mouvemens dans cette, pièce , il a employé tous les mouvemens de l'éloquence»
- MOXA , s. m. mot chinois -on japunois.
- ( Matière méd. ) Espèce d’absinthe très-velue , que les Chiuoisem-ploient dans leur chirurgie pour établir des ventouses ou Faire un cautère actuel. Le nom de moxa s’applique également et à la plante et à l’espèce de remède. L’usage de celui-ci est très-bon dans les douleurs des articulations , causées par fluxions d’humeurs froides ou fia— tueuses. Voici la manière de s’en servir: ori fait un cône avec le duvet du moxa , pareil à ceux dont on se sert dans les fumigations ; on attache ce cône par la base à la partie malade, au moyen delà gomme arabique ou adragante , et l’on y met le feu avec une chandelle Il se consume peu à peu en cautérisant la partie.
- MOYEN, adj. et s. dulat. media-num, fait de medium , dont les italiens ont fait mediano, et mezzano: qui est entre deux extrémités.
- ( Géom. ) Moyenne proportionnelle, arithmétique ; c’est unequan-tité qui est moyenne entre deux autres , de manière qu’elle excède la plus petite , d’autant qu’eiië est surpassée par la plus grande.
- Moyenne proportionnelle géométrique., ou simplement moyenne proportionnelle; c’est encore une quantité moyenne entre deux autres, mais de façon que le rapport géométrique qu’elle a aveç une de ces deux quantités, soit le même que celui que l’autre a avec elle.
- (Physique) Moyenne région de Vair ; c’est la région de l’air qui est entre la haute et la basse.
- ( Mstron. ) Moyen est un terme fort en usage en astronomie. On dit le lieu moyen, le mouvement moyen, la distance moyenne, le diamètre moyen , la parallèle moyenne , le teins moyen,a te., pour exprimer ce
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- qui tient le milieu entre le plus fort et le plus foible.
- Longitude moyenne , ou lieu moyen d’une planète; c’est le point où elle devroit se trouver , si elle alloit uniformément, et qu’elle n’eût point d’inégalités. Les astronomes, pour calculer la longitude vraie d’une planète , commencent toujours par chercher sa longitude moyenne, et ils y appliquent les équations nécessaires, à raison des irrégularités observées.
- Mouvement moyen d’un astre; c’est celui que l’on considère indépendamment desirrégularités ou des équations qui le rendent plus ou moins prompt. Ainsi, la lune, par son mouvement propre, ne fait quelquefois que xi degrés trois quarts en un jour; quelquefois elle en fait i5 et un tiers; mais, quand on rassemble le fort et le foible, on trouve i5 d. 10 m. 55 s. pour son mouvement moyen en vingt quatre heures. Voy. LUNE, EXCENTRICITE' EQUATION.
- Terns moyen; c’est celui que le soleil règle et indique par son mouvement moyen, supposé uniforme, par opposition avec le tems vrai , que le soleil marque réellement sur nos méridiennes et nos cadrans. Jr. EQUATION DU TEMS.
- Il en est de même du midi moyen, par rapport au midi vrai.
- ( Pratique ) Moyen signifie en général, une raison ou preuve qu’on apporte pour appuyer sa demande en justice , ou justifier ce qu’on avance.
- Moyens de. faux ; ce sont ceux que le demandeur en inscription en faux doit mettre au greffe.
- Moyens de nullité : ce sont ceux qui tendent à faire déclarer nuis, les conventions, les contrats , les \ jugemens , parce qu’ils sont contre la disposition des lois , on parce qu’ils ne sont pas revqtus des formes qu’elles prescrivent.
- ( Chronol. ) Moyen âge ; on appelle auteurs du moyen âge, les auteurs qai ont écrit depuis la décadence de l’empire romain, jusqu’à la fin du dixième siècle.
- Moyenne latinité ; les auteurs de la moyenne latinité, sont ctux
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- qui ont écrit depuis environ le terris de Sévère jusqu’à la chute de l’em-pire romain.
- ( Numismatique) moyen bronze ; ce sont des médailles de bronze d’une médiocre grandeur. V. MEDAILLES.
- ( Art oratoire') Moyens, se dit en parlant de déclamation , des facultés naturelles. C et orateur auroit un débit plus heureux , s’il savoit ménager ses moyens. Cet acteur a de foibies moyens.
- MUANCES, s. f. du vieux mot muer, contraction de mutare, changer: changemens.
- ( Musique ) Ou appelle ainsi diverses manières d’appliquer aux notes les syllabes de la gamme , selou les diverses positions de deux semi-tons de l’octave, et selon les différentes routes pour y arriver-
- Comme l’Arétin n’inventa que six de ces syllabes, et qu’il y a sept notes à nommer dans une octave, il falloit nécessairement répéter le nom de quelque note ; cela fit qu’on nomma toujours mi fa ou fa la , les deux notes entre lesquelles se trouvent un des semi-tons. Ces noms déterminoïent en même tems ceux des notes les plus voisines , soit en montant, soit en descendant. Or , comme les deux semi-tons sont sujets à changer de place dans la modulation , et qu’il y a dans la musique une multitude de manières différentes de leur appliquer les six mêmes syllabes, ces manières s’appeîoient nuances, parce que les mêmes notes y chaugeoient incessamment, de noms.
- Dans le siècle avant-dernier , on ajouta en France la syllabe si aux six premières notes de la gamme de UArétin. Par ce moyen la septième note de l’échelle se trouvant nommée, les muances devinrent inutiles, et furent proscrites de la musique française ; mais chez toutes les autres nations, on n’a point adopté le si , et les muances y serviront encore long- tems à la désolation des commençans.
- MUCILAGE , s. m. du îat. mu-cilago , dérivé de mucus , ce qui approche de la nature de la morve.
- ( JBotan. ) Substance végétale de
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- nature visqueuse et nourrissante , très-miscible à l’eau, et qui, en étant privée, se transforme le plus souvent en une substance sèche et concrète appelée grume. Le mucilage , qu’on nomme aussi le muqueux , est répandu daus presque tous les végétaux. Il est commi'-nément plus abondant dans les racines et les semences que dans les autres parties des plantes.
- ( Physiol. ) Mucilage est aussi le nom d’une liqueur filtrée par les glandes mucilagmeuses qui se trouvent dans toutes les articulations mobiles.
- MUCITES , s. m. du Iat. mucus, morve.
- ( Chimie ) Sels formés par l’acide muqueux.
- MUE , s. f. du lat„ mutare, dont on a fait anciennement muer, pour changer.
- ( Hist. nat. ) Changemens de feuilles , de poil , de plumes , de peau , de cornes, ou autres dispositions du corps , qui arrivent aux végétaux, aux animaux, ou tous les ans, ou en certains âges de leur vie.
- Dans les végétaux vivaces, comme les arbres et arbustes, sur-tout dans nos climats , on voit, à la fin de chaque année , tomber les feuilles et les fruits ; cette défoliation est leur mue annuelle.
- La mue est aussi générale dans le règne animal. Les métamorphoses des insectes ne sont que des mues successives. Il en est de même de beaucoup d’autres animaux à sang blanc : leur mue consiste en une simple pellicule muqueuse qui se détache de leur corps.
- Les poissons éprouvent leur mue de la même manière.
- Chez les reptiles , l’épiderme étant plus compacte, leur mue est plus facile à apercevoir.
- . La mue est beaucoup plus reeon-noissable dans les oiseaux; elle se fait., ainsi que dans les quadrupèdes , après le tems de l’amour : les plumes des discaux, les poils des quadrupèdes tombent presque chaque année , sont remplacés successivement par d’autres plumes et poils.
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- Mue se dit aussi des dépouilles d’un animal qui a mué, et du tems où ces changemens arrivent.
- MUET, adj. et s. du latin mutus ou mutetus, qui ne parle pas : qui ne peut parle*; par quelque empêchement naturel, ou par quelque accident.
- Art de faire parler les muets ; c’est l’art' de suppléer au sens de l’ouïe, par le sens de la vue , dans l’usage de la parole.
- La mutité est une suite de la surdité. Le sourd de naissance reste muet, parce que la nature lui a refusé le sens de l’ouïe , qui, dans les autres hommes , sert à dévelop--
- f>er les organes de la parole et à es diriger. Le sourd par accident devient muet, parce que , privé de ce sens régulateur, il est bientôt forcé d’abandonner l’exercice d’un organe qui ne produit plus que des sons vagues, incertains, et enfin inintelligibles pour ceux qui l’écoutent.
- Mais le sens de l’ouïe est-il le seul qui puisse opérer le développement des organes de la parole ? et lorsqu’il manque ou qu’il se perd, ne peut-il être suppléé par le sens de la vue ? Telle est la question que se sont faite ceux qui les premiers ont médité sur l’art de faire parler les muets.
- Il n’ est personn e qui n' ait pu remarquer que , chez les sourds-muets, le sens de la vue estpl us actif et plus pénétrant que dans les autres hommes ; que, plaçant, pour ainsi dire, leurs oreilles dans leurs yeux , ils cherchent et réussissent souvent à démêler le sens d’un discours dans les traits du visage de celui qui
- fiarle , et que la parole qui pouE es autres est un son modifié, est pour eux une écriture dont, avec un peu d’application et d’intelligence, ils aperçoivent les caractères tracés dans la position des organes, l’ouverture de la bouche , la disposition de la langue, des dents et des lèvres, et peut-être plus encore dans les diverses contractions des muscles du visage , occasionnées par le jeu varié de toutes les parties qui concourent à l’articulation des sons. C’est cette observation, iusque-là demeurée stérile, qui est devenue
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- pour ces savans le germe d’une découverte qui a le plus honoré la philosophie et l’humanité.
- Si les sourds-muets, se sont-ils dit, apprennent, sans secours et d’eux-mêmes, à lire la parole, pourquoi, avec le talent d’imitation si naturel à l’homme , ne parvien-droient-ils pas à exécuter ces mêmes mouvemens physiques, qu’ils, savent si bien suivre et distinguer dans les autres ? Pourquoi n’accou-tumeroieut-ils pas leurs organes, tandis qu’ils sout encore flexibles , à former des caractères dont ils commissent si bien la forme et la valeur ? Tel est le problème qu’ils se sont proposé et dont ils ont si heureusement trouvé la solution.
- Il ne paroît pas que les anciens aient même soupçonné qu’on pût, par aucun moyen, soulager l’infortune des sourds-muets de naissance : ils les regardoient, au contraire, comme des victimes marquées par le destin , et ils se hâtoient de les sacrifier dès qu’ils avoient atteint l’âge où ils n’étoitplus possible de douter de leur infirmité. Les premiers chrétiens eux-mêmes , s’attachant plus à la lettré qu’à l’esprit de quelques passages de l’Ecriture, ne se croyoient pas autorisés à les admettre dans leur communion , et leur refusoient jusqu’au ; baptême. Ainsi, depuis un tems dont on ne sauroit déterminer la durée, les sourds-muets de naissance ont constamment été rejetés du sein de la société, et ce n’est que vers la fin du i6.e siècle que l’on commença à apercevoir quelques traces d’un sentiment plus juste et plus humain à leur égard.
- Paul Zacchias , savant médecin italien, parle dans ses questions médico-légales , d’après Vallesius , d’un moine qui enseignoit à parler aux muets ; mais Zacchias se contente de rapporter le fait sans y rien ajouter. Il en est de même du père Ponce, Espagnol, mort en i584 , qui s’étoit également occupé de cet art, mais qui n’a rien publié de sa méthode.
- Le premier ouvrage écrit sur cette matière porte la date de 1606, et est attribué à un Italien nommé j4ffinale ; mais tout le
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- monde connoît le livre de don Juan paolo Bonnet, publié en 1620, et intitulé la Réduction des Lettres, et VArt dé faire parler les muets. Bonnet décrit ,dans son ouvrage, la méthode qu’il a suivie et les principes qui l’ont dirigé dans l’éducation du frère du connétable de Castille, jeune homme devenu sourd à l’âge de quatre ans, et qui est parvenu par les soins de son instituteur , à prononcer distinctement la langue espagnole , à lire la parole sur les traits du visage de ceux qui lui parloient, et à converser facilement avec eux.
- La réputation de don Bonnet se répandit bientôt dans les autres Etats de l’Europe : un ambassadeur d’Angleterre , à la cour de Madrid, qui avoit été témoin de ses succès, se chargea de les publier, à son retour clans sa patrie, et peu d’années après, c’est-à-dire , de i654 à 1663, on vit paroît.re plusieurs ouvrages dans lesquels Wailly, Digby, Wallis et Burnet se montroient les dignes émules de Bonnet,rendoient compte au public de leurs essais et de leurs méthodes, et proclam oient les noms des sourds muets auxquels ils avoient donné ou rendu l’usage de la parole.
- Vers le même tems, un même sentiment d’émulation s’emparoit de quelques savans d’Allemagne , de Hollande et d’Italie. Emmanuel Bamirez, de Cortone, instruisoit à parler , une jeune fille muette, de Yergana, en Biscaye; Pierre de Castro, premier médecin du duc, de Mantoue, opéroit le même prodige sur le fils du prince Thomas de Savoie ; Conrad Amman , médecin Suisse , mais qui pratiquoit à Amsterdam, publiait son Sourd parlant, ou Dissertation sur la parole, ouvrage très-savant, que ses successeurs se sont contentés de copier sans pouvoir y ri en ajouter, et dont il démontra lui-même l’excellence , en produisant une jeune .personne de Harlem, sourde et muette de naissance , qui parloit couramment le latin et l’hollandais , et soùte-noit des thèse,s dans ces deux langues.
- Mais de tous les émules de don Bonnet, celui qui.s’est le plus dis-
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- titigné dans la carrière et qui a fait faire les plus grands pas à la science, c’est un philosophe allemand, appelé en françois Mercure-van-Helmont. L’ouvrage dans lequel ce savant rend compte de ses principes et de sa méthode, a pour titre : Description abrégée de Valphabet vraiment naturel de la langue hébraïque , ou méthode au moyen de laquelle les sourds-muets peuvent, non-seulement comprendre ce que Von dit, mais acquérir eux-mêmes l’usage de la par oie. Sulzbac, 1672, in-12.
- Dans cet ouvrage, l’auteur ne se propose pas seulement de fournir aux sourds-muets les moyens de recouvrer l’usage de la parole , son projet ne tend à rien moins qu’à fixer pour toujours la prononciation d’une langue, et par conséquent son ortographe,ensorte qu’elle pourroit traversertous les siècles , parcourir tous les pays , être pariée par tous les peuples, sans jamais éprouver la moindre, altération dans cette partie.
- Van Helmont pensoit que , pour obtenir quelques succès dans l’art de faire parler les muets, il fal-loit leur figurer la parole, et son ouvrage renferme trente - six gravures, chacune représentant une tête dont les joues découpées mettent à découvert tout l’intérieur de la bouche, et laissent apercevoir le jeu de la glotte , du larynx, de la langue, des dents et des lèvres, dans l’articulation des lettres et des syllabes simples et composée^. C’est avec ces tableaux, exécutés en relief, et un miroir , que ses élèves s’exerçoient eux-mêmes à articuler des sons, en plaçant leurs organes dans la position qu’ils avoient sous les 3reux.
- Mais , pour un essai de ce genre , ( vau Helmont croyoit avoir besoin d’une langue dont la prononciation n’exigeât que des mouvemens faciles à exécuter ; c’est pourquoi il avoit choisi la langue hébraïque, comftie celle qui lui avoit paru la plus naturelle , et la plus propre à expliquer les divers mouvemens des organes de la parole, et comme ayant été formée dans un tems où les hommes ignorant absolument toute espèce de langage, et pressés
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- $af le bèsoin de découvrir lès pensées des autres, et de manifester leurs propres idées, donnèrent à leur voix des inflexions simples , à leurs organes des mouvemens faciles , capables de former des sons distincts, mais susceptibles , quoi-u’en petit nombre, d'une infinité e combinaisons.
- L'idée, de V an-Helmont étoit grande et sublime , et elle auroit mérité qu’on en eût fait l’application aux langues modernes ; mais son exécution auroit exigé la réunion des talens de l'anatomiste , du peintre , du sculpteur, du grammairien, et ce qui est plus rare encore, un zèle soutenu , une patience à toute épreuve, et un amour ardent et désintéressé de l’humanité : voilà
- fiourquoi son ouvrage est resté dans e pins profond oubli.
- Si les Athéniens, qui étoient si délicats et si difficiles sur la prononciation de leur langue, avoient
- Î)u prévoir qu’un jour les plus savans îellénistes de l'Europe se tourmén-teroient et se querelleroient pour un sujet sur lequel la marchande d’herbes de Démosthènes auroit pu les mettre aisément d’accord, et leur donner de plus des leçons de politesse , il n’y a pas de donte qu’il ne se fût trouvé parmi eux dix Van-Helmouts pour un, et que les talens et les lumières des Hypo-crate , des Phidias, des Zeuxis , des Platon, n’eusstnt été mis à contribution pour composer une cptolalie, ou miroir de la prononciation de la langue grecque, qui l’auroit à jamais garantie des insultes des barbares , et l’auroit transmise pure et inaltérable aux nations qui dévoient un jour remplacer ce peuple aimable dans la culture des arts et des sciences.
- Depuis un siècle et demi, l’art de faire parler les muets étoit connu et pratiqué dans presque toute l’Europe, et cependant la France ignorôit encore jusqu’à son nom : ce fut un étranger qui eut l’honneur de le faire connoître dans ce
- Pays- _r t .
- Vers 1705, dom Antonio Parei-rès , portugais de nation , mais qui, dans un voyage qu’il avoit fait en Italie. ayoit eu occasion de Tome II,
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- Voir instruire dès sourds-muets ^ profitant de l’ignorance où l’on étoiî à cet égard, se donna pour l’inventeur de l’art, et afin de donner encore une plus haute idée de son mérite, il fit un mystère de ses procédés. L’académie des sciences -, a laquelle il présenta un de ses élèves j M. Sabouréau de Fontenay , reconnut son titre d’im^en-teur, et approuva une méthode dont elle avoit été contrainte de deviner les élémens.
- Quelques années après parut M. Ernaud, également accompagné d’un de ses élèves, M. le chevalier d’Arcy ; comme il publia ses procédés , il crut qu’on 11e pouvoil lui contester le titre d’inventeur , et l’académie en jugea de même.
- Cependant les deux inventeurs ne purent rester long-tems sur la même ligne, sans se choquer, sans se dire quelques injures, sans exciter l’envie , enfin , qui déterra les noms de Bonnet, de Wallis, ce Conrad - Aman , etc., et les fit retentir à leurs oreilles, ainsi qu’à celles de leurs savans approbateurs.
- Mais, si l’on est obligé de refuser à M. Pareirès et à M. Ernaud le titre d’inventeurs , on ne peut leur disputer la gloire d’avoir-introduit et fait connaître en France l’art de faire parler les muets, d’avoir fait tous leurs efforts pour lui donner une existence solide et durable , d’avoir suggéré l’idée, d'en faire un établissement national ; et ce n’est pas leur faute , si cet établissement qu’ils ont sollicité, a reçu une autre destination ; si le mode d’instruction qu’on y pratique n’est pas celui dés premiers maîtres de l’art 5 si, au lieu de recouvrer l’usage de la parole, les sourds-muets sont réduits à apprendre le langage des signes.
- Il existe à Paris, depuis 25 ou 00 ans , un établissement connu sous le nom à’Institut des Sourds-Muets , fondé par M. l’abbé de l’Fpée, et aujourd’hui dirigé par M. l’abbé Sicard , dans lequel les élèves sont instruits, non pas à parler, mais à faire des signes.
- Cet art, pratiqué dans tous les collèges , que les sourds-muets apprennent d'eux - mêmes ,« et qui uyoit été regardé jusqu’à ces der-TS n
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- niers teins comme un moyen de communication auxiliaire pour les jeunes élèves, et une dernière ressource pour ceux dont les organes ont perdu leur première flexibi lité ; cet art, en un mot, si simple, si facile aux veux du vulgaire, est devenu entre les mains de M. l’abbé de i’ivpce et de M l’abbé Sicard un chef-d’œuvre de métaphysique , une science profonde, une langue universelle , dont les éîémeris, puisés dans la nature , révèlent la substance des choses , en même tems qu’ils indiquent les caractères qui servent à les faire .reconnoître.
- L'art des signes méthodiques ( c’est le nom de la nouvelle science ), a donc été substitué, dans l’instruction des sourds-muets , à la méthode de la parole ; car ce seroit tromper le vœu des nouveaux instituteurs, que de leur tenir compte de quelques foibies essais, pratiqués de loin eq loin sur un ou deux individus, et poussés justement assez loin pour donner de Fart de faire parler les muets une idée défavorable , et faire triompher leur sj'stème chéri. La méthode des signes est donc aujourd’hui la base de l’instruction des sourds-muets, et ce qui étoit l’accessoire est devenu le principal.
- Mais il ne faut pas croire que ce changement se soit opéré sans réclamation, ni même qu’il ait été adopté unanimement par les autres étabîissemens du meme genre qui . existent en Europe. Lorsque M. Fabbé de l’Epée publia, en 1776, son Institution des Sourds-Muetspar Vusage des signes méthodiques , plusieurs instituteurs se présentèrent pour combattre son nouveau système, et relever la méthode de la parole de Fétat .d'abaissement et d’ignominie auquel il s’étoit efforcé de le réduire.
- M. l’abbé Deschamps, chapelain de l’église d’Orléans , qui, sans bruit comme sans prétention , ins-truisoit à parler quelques sourds-muets de son voisinage, fitparoître, en 1780, ouvrage où l’on retrouve la méthode et les connoissaaces profondes de Conrad-Amman, et où il démontre victorieusement que
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- la méthode de la parole, quoique plus difficile et plus longue pour les élèves. quoique moins brillante et plus pénible pour l’instituteur , que la méthode des signes , est pourtant la seule qui puisse atteindre le but que l’on doit se proposer dans l’instruction des sourds-muets : celui de les mettre en état de communiquer facilement et promptement avecîes personnes qui doiventavoir des relations avec eux.
- Tous les journaux ont retenti de la dispute qui s’éleva entre M. Fabbé de l’Epée eiM. Heinecke, directeur de l’établissement des sourds-muets de Leipsick, et dans laquelle les principes de sagesse et de modération ne iurentpas toujoursrespectés.
- Quant à l’opinion que les étrangers ont du système de M. Fabbé de i’Epée, il 11e paroît pas que sa méthode fasse autant de sensation au dehors qu’elle en fait à Paris ; du moins est-il certain que , quelle que soit l’opinion particulière de ceux qui dirigent actuellement les étabîissemens des sourds-muets qui existoient avant, ou qui se sont formés depuis ia création du nouveau système, il n’en est presque aucun qui ne considéré l’usage de la parole comme la base principale de l’instruction des sourds-muets.
- On compte actuellement, en Europe, une vingtaine d’étabîissemens de cette nature; les uns sont encore d’une date trop récente pour qu’on puisse en porter un jugement ; mais l’on en cite cinq ou six dans lesquels l’art de faire parler les muets est poussé à un très-haut degré de perfection.
- L’institut de Vienne, dirigé par M. May, est composé de plus de 60 élèves, qui tous sont instruits à parler, et dont le plus grand nombre parle d’une manière très-distincte.
- L’école de Prague, fondée par M. Slœhr, n’est composée que de i5 ou 16 élèves ; mais ils parlent presque tous.
- L’établissement de Leipsick, l’un des plus anciens de l’Europe, dirigé maintenant par M.me Ueinecke , contient 17 élèves qui parlent assez bien.
- L’institut de Kiel, en Ilolstein,
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- dirigé par le modeste et laborieux M. Fsingsten , ne renferme qu’un petit nombre d’élèves, mais qui parlent tous distinctement, et sa réputation bien méritée lui en attire du fond des Etats-Unis de l’Amérique.
- L’école de Berlin , fondée par M. Esc-hke, contient un assez grand nombre d’élèves , tous instruits à parler, et exercés sous les yeux du maître, par M. Habermass, jeune homme d’un talent extraordinaire, le Massieu de Berlin , mais qui a sur le Massieu de Paris l’avantage de parler très-distinctement.
- Tel est l’état actuel de l’art de faire parler les muets. L’Espagne a été son berceau ; l’Angleterre , la Hollande et l’Italie ont été le théâtre de ses progrès ; la France pa-roissoit destinée à être h- trône de sa perfection ; un déplorable esprit de système Pen a banni. C’est en Allemagne qu’il est maintenant cultivé avec le plus de succès ; les savans et les instituteurs de ce pays s’entendent et réunissent leurs talens et leurs lumières pour avancer ses progrès ; tous les jours les papiers publics renferment d’excellentes observations sur l’instruction des sourds-muets. Déjà M. Kempelé a fait paraître un ouvrage sur le Mécanisme delà voix humaine ; et Fpn annonce eh ce moment un ï'taitl encyclopédique sur l’éducation physique., morale et civile des sourds- muets.
- {Hist, turque. ) On appelle muets dans le sérail de Constantinople , des gens destinés à amuser le sultan , et quelquefois à exécuter ses ordres secrets. Ils ne parlent point, dans la crainte de troubler le repos de leur ihaître ; mais ils ont inventé entr’eux une espèce de langue dont les caractères ne s’expriment que par des signes.
- MUFTI , ou MOUFTI , ou MIJPHTI , mot arabe, dérivé'du verbe afta, qui signifie instruire de la vérité par ses réponses et ses jugemens.
- ( JRelig. mahomêt. ) C’est chez les Turcs , le chef de la religion ma-hoinétane. Il réside à Constantinople. Le mufti est le souverain
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- interprète de l’alcoran , et décide toutes les questions sur la loi.
- ' MUÎD, s. m. du latin modius.
- " [Métrol.f U se disoit de certaines mesures dont on se servoit pour les liquides , les graines et plusieurs autres matières , comme sel, charbon , plâtre , chaux, etc.
- Muid est maintenant le nom vul*' gaire d’une mesure appelée kilo-litre dans le nouveau système des poids et mesures. V. KÎLOL1TRE,
- MULATRE , ou MÏJLATE, s. etadj. de l’espagnol mulato, formé de mulet, animal engendré de deux espèces.
- ( Hist. nat. ) On a coutume d’appliquer ce nom aux individus de l’espèce humaine engendrés d’une race blanche et d’une noire.
- Dans les dilférens mélanges des races et des espèces humaines , on peut établir quatre degrés ou générations. La première est celle de3 mélanges simples : par exemple , un blanc européen avec une négresse produisent un véritable mulâtre, qui tient également des deux espèces, par la couleur , la conformation, la figure, les habitudes, le caractère; si ces mulâtres se marient entre eux , ils engendrent dés individus semblables' à ceux qu’on-nomme casques.
- Les blancs avec les Indiens asiatiques , donnent des individus mixtes , qu’on appelle plus particulièrement métis, ou mests indiens. Le nègre avec l’Américain caraïbe engendre un zambi ou lob os , et ces mélanges simples peuvent tous se perpétuer entre euxou avec d’autres races.
- La seconde génération comprend les produits des métis précédens, mélangés avec une race primitive. Dans ces lignées , une- tige forme les deux tiers, et l’autre tige n’y tient plus que pour un tiers , ce qui fait varier les individus , suivant cette proportion. Ainsi, un blanc, um à un mulâtre , donne des' ter-cerons ou morisques ; si c’est un métis,, l’individu est un castisse indien. Si c’est à un mestice, on obtient un quatralvi ou castisse. Si un nègre engendre avec une mulâtresse , on a des griffes ou cabres. Si un caraïbe se marie à un zornbi, îfn 2
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- le produit est un zambaigl ; à un mestice,an obtient un tiesalve ; à un mulâtre, on a un mulâtre foncé.
- Dans la troisième lignée ou génération , le blanc avec le tercerçm donnent un quarteron ou alvinos ; avec le caçtisse indien , xmpostisse; avec le quairalvi, un oclavon. Dans cç cas , il n’y a plus qu’une partie ÛJun sang , /sur quatre autres sangs ; mais les mélanges se compliquent encore davantage quand les castes mélangées s’unissent entre elles. Ainsi, un terceron avec un mulâtre engendre un salta'.ras ; une mes-lice avec un quarteron, forme un coyote j un gaffe avec un zambi , tjonne un pu e. os ; un mulâtre et qu zambaigi produisent un cam-iupis. Dans cette seconde division de la troisième lignée , tous les produits sont au moins de sept à huit sangs différeus. A mesure que ces complications se multiplient, tontes les grandes différences de chaque sang s’effacent et se modifient les unes par les autres , de telle manière que ces produits n’ont aucun caractère bien marqué.
- Dans la quatrième génération , la race blanche unie au quarteron , forme un quinteron ; avec nu «c-tçivon caraïbe , c'est un puchue-las ; avec un coyote , on a un harnézos ; un mulâtre avec uu Cambujo , donne un hlbarassodas; avec un albarassadcs, on obtient uu barzinos. ün n’a pas décrit tous les mélanges qui peuvent se faire , soit qu’ils n’aient pas été remarqués , soit qu’ils n’aient pas été tentés. Mais on sent bien que ces variétés peuvent se multiplier en progression rithmétique , et former irne multitude de modifications, chacune d’entre elles conservera plus on moins ses traits originaires, en raison des différentes affinités qu’elle aura avec sa tige primitive.
- Tous ceS termes donnés aux divers mélanges des races appartiennent au.* langues espagnole et portugaise , parce qu’on a d’abord observé ces castes dans les colonies de ces nations.
- MULTANGULAIRE, ad), du îat. multus, nombreux, et d’angulusi .augle.
- MUL
- [ Géom, ) Il se dit d’une figuré ou d’un corps qui a plusieurs angles. C’est la même chose que polygone , et celui-ci est plus usité.
- MULTjCAPSüLAlRE , adj. du lut. multus , nombreux , et de capsula , capsule.
- (Botan.) il se dit d’une plante dont le fruit paroît composé de plusieurs capsules partielles.
- MUL! 1CAÙ LE , adj. du latin multus , nombreux , et de caulis , tige.
- ( Bo/an. ) Plante dont la racine produit plusieurs tiges.
- MULTiFiDE , adj. du lat. multus , nombreux, et dejidis , corde , incision.
- [Botan.) II se dit des feuilles, des caiices et des pétales, divisées ju qu’à moitié au moins, par plusieurs incisions aiguës, dont on ne détermine point le nombre.
- MULT1PLORE , adj. du latin 7nultus, nombreux, et de Jlos , fleur.
- ( Botan. ) Plante chargée de plusieurs ou de nombreuses fleurs.
- MULTILATERE , adj. du latin multus , nombreux , et de latus , côté.
- ( Géom.) 11 se dit des figures qui ont plus de quatre côtés ou angles ; c’est 1 e polygone.
- MULTILQBE , adj. du latin multus, nombreux.) et de lobus , lobe.
- ( Botan. ) Il âighifie la même chose que multijide , excepté que les incisions sont des sinus obtus.
- MULTILOCULAIRE,adj du lat. multus , nombreux , et de loculus , loge , cavité.
- ( Botan. ) Il se dit des fruits qui ont plusieurs loges.
- MULT1NOME , adj. du latin multus, nombreux, plusieurs, et du grec vôpos ( numos ), loi , règle.
- [Mathémat ) Il se dit des quantités composées de plusieurs autres , ou des grandeurs exprimées par plusieurs signes, comme les signes -v-piiis, —- moins. V. RAÇINE , BINOME . MONOME.
- MULTIPARE! , adj. du latin multus, nombreux, et partior, diviser.
- ( Botan.) Il se dit des parties
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- des plantes divisées très-profondément en un nombre indélini de lanières obiongues.
- MULTIPLE, s. m. et adj. du latin multiplia), multiplier.
- ( Arithmét. ) Il se dit d’un nombre qui en contient un autre , un certain nombre de fois exactement. Ainsi, 6 est multiple de 3 , puisque n est contenu dans 6, trois fuis ; de même i5 est multiple de 6 , i et 5, puisqu’il contient i fois 6 , 3 fois n , et 4 fois 3.
- Raison multiple ; c’est celle qui se trouve entre des nombres multiples. V. RAISON, RAPPORT.
- Nombre sous - multiple ; c’est celui qui est .contenu dans un nombre muitiplr; ainsi ,1,2 sont , sous-multiple , de 6, et 3 , sous-multiple de 9
- ( Géom. ) Point multiple ; c’est le point commun d’intersection de deux ou plusieurs branches d’une même courbe qui se coupent.
- ( Mécau. ) Poulie multiple ; c’est un assemblage de plusieurs poulies,
- MULTIPLIANT , s. m. du lat. jnuliiphco.
- (üioptrique) Verre taillé de façon à faire voir tout à-la-fois plusieurs images du même objet; de sorte qu’il multiplie les images d’où il a reçu le nom de multipliant.
- MULTIPLICANDE, s. m. du lat. muitiplicandus , à multiplier, de multiplico , multiplier.
- ( Arilh. ) L’un des deux facteurs delà multiplication ; c’est le nombre qu’on donne à multiplier par un autre qu’on nomme multiplicateur.
- MULTIPLIC ATEUR, s. m. même origine que le précèdent.
- ( A rit h.) Le nombre par lequel on doit multiplier le multiplicande.
- MULTIPLICATION , s. f. même ©ugirie que les précédens.
- ( Anth. ) Opération par laquelle ou prend un nombre autant de fois qu'il est marqué par un autre y afin de trouver un résultat qu’on appelle produit
- f Gé.om. ) Multiplicateur géométrique. V SURFACE SOLIDE.
- (Algèbre) Multiplication algébrique ; cette operation est bcau-
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- coup plus simple que la multiplication numérique ; car, pour mal-tiplier une grandeur algébrique par une autre, il ne s’agit que d’écrire ces quantités les unes à Coté des autres , sans auéuA signe ; a multiplié par b produit a b ; C d multiplié parmi, donnée d m; mars pour s’exprimer avec plus de facilité , on observera que le signé X signifie multiplié par, et que Celui-ci — veut diré égale ou vaut : ainsi a X b ~ as b signifient qué à multiplié par b égale a b.
- MULTIVALVB, adj. du latin mul us, nombreux, et de valvuS, cosse gousse, panneau.
- ( Botan. ) Il se dit des capsules qui ont plusieurs vàlvbs on panneaux.
- MULTIVALVES , s. f. même origine que lè précédent.
- ( Couehyliol. ) On appelle ainsi tous les coquillages dont lés coquilles ont plus de deux Valves.
- MUNICIPAL , LE, adj du lat. municeps , qui a le droit et le privilège des citoyens romains , ou de munieipium , le lieu dont les habitons participoient au droit de bourgeoisie romaine.
- [Econ. pold.) On entend par ce mot ce qui a rapport à une communauté d’habitans formant une municipalité.
- MUNITION , s. f. du lat. muni* tio y fait de munie, fortifier, munir une place de vivres, de choses necessaires à sa défense.
- ( Art de la guerre} Provision de choses nécessaires dans une place de guerre.
- Munitions de bouche ; ce sont le pain, le sel, la viande, les légumes , etc.
- Munitions de guerre ; ce sont les canons , mortiers , fusils , mousquets , etc.
- ( Marine ) muni'ions navales ; ce sont les bois de construction et de mâture, les chanvres, cordages, toiles à voiles , goudrons , fers , ancrés êt autres effets servant essentiellement à la construction él équipement de vaisseaui.
- MUQÜËUX, adj. et s. du latin mucôsus , fait de mucus, morve.
- (Chimie) C’est le nom que les
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- chimistes modernes ont substitué au mucilage des anciens. V. MUCILAGE.
- MURAL, LE, adj. du lat. ? nu-rus , mur : qui a rapport au mur.
- (Hist. rom.) Couronne murale ; c’est une couronne d’or crénelée que les Romains donnoient à ceux qui , dans un assaut, avoient monté les premiers sur les murs d’une ville assiégée.
- [jictan. ) Plantes murales ; ce sont celles qui croissent sur les murs.
- ( JstroTi.) Quart de cercle mural ; c’est un quart de cercle fixé solidairement à un mur , dans le piau du méridien.
- Depuis long-temps les astronomes sont convenus de la grande utilité de cet instrument poulies principaux objets de l’astronomie ; car il est clair que la latitude d’un lieu étant une lois déterminée , en observant la hauteur méridienne d’un astre, on aura sa déclinaison; et en observant au même instant avec une bovine pendule l’heure de sou passage par le méridien, on aura son ascension droite ; de sorte qu’avec un tel instrnment bien exécuté, on peut faire un catalogue des lieux des étoiles fixes, en bien moins de tems, et avec beaucoup plus d’exactitude qu’avec tout autre instrument.
- Tycho-Brahé est le premier ,qui se soit servi d’un arc mural, pour prendre les hauteurs méridiennes; mais n’ayant pas d’horloges aussi parfaites que les nôtres , il n’en put retirer de grands avantages. Hévé-lius , Fiamstead , Lahire et plusieurs autres astronomes se sont servi de quarts de cercle muraux, dont on peut voir les descriptions dans leurs ouvrages; mais le premier quion ait fait avec une grande perfection est celui de l’observatoire royal de Greenwich, qui a sèrvi de modèle à la plupart de ceux que l’on a faits depuis.
- MURIATE, s, in. du lat. muria, saumure.
- [Chimie] On appelle muriates , des combinaisons de l’acide muriatique, ou marin , avec une base alcaline , terreuse omnétaliique.
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- Muriate oxigéné : c’est l’acide muriatique , ou marin sursaturé d’oxigène.
- MURIATIQUE, adj. même origine que muriate.
- ( Chimie) C’est le nom d’un acide connu autrefois sous le nom d’acide marin. Sa terminaison en ique, indique qu’il est complètement saturé d’oxigène ; mais comme il a la propriété d’enlever l’oxigène à beaucoup de corps brûlés, et sur-tout aux oxides métalliques, il prend le nom diacide muriatique sur-oxigéné , ou simplement acide muriatique oxigéné ; et alors , il a la propriété de décolorer les substances végétales, de brûler et d’etmam-mer les corps combustibles, et de désinfecter l’air.
- M. Gnyton - Morvaux , inventeur du moyen de désinfecter l’air par P acide muriatique oxigéné , vient de mettre le comble à sa gloire, en publiant un procédé simple et facile dese procurer cet acide.
- Il l’appelle a%ide muriatique oxigéné extemporané , parce qu’il se fait sur-le-champ , sans feu , sans appareil distiilatoire , en un mot, par un simple mélange.
- Dans un flacon d’une capacité de quatre centilitres, ou quarante-ctnq centimètres cubes (environ deux pouces et demi ), renfermé dans un étui de bois dur , fermant à vis , mettez trois grammes d’oxide noir de manganèse pulvérisé , mais non réduit en poudre fine , et passé seulement au tamis de crin. Ajoutez 75 centime ires cubes , ou les trois quarts d’nn centilitre ( environ un tiers de pouce cube) , d’acide nitrique pur, à 1,5o de pesanteur spécifique, environ tretite-nenf degrés de l'aréomètre de Baumé , et pareille quantité , en volume d’acide muriatique, à i,i34 de pesanteur spécifique ( environ 17 degrés de l’aréomètre de Baumé).
- Le bouchon replacé , l’opération est finie. Il restera dans le fiacon\ un vide des deux tirés de sa capacité; mais c’est une condition essentielle, sans laquelle il seroit impossible de contenir le gaz.
- Lorsqu'on voudra s’en servir , et qu’il s’agira de purifier une chambre
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- infectée par des émanations putrides , on posera le flacon sur une table , op l’ouvrira , eu ayant soin de ne pas le porter sous le nez, et de l’en tenir, au contraire, éloigné, et on le laissera débouché pendant quelques minutes.
- M. Boulay, apothicaire , vend de ces flacons tout préparés.
- MUSC, s. m. de l’arabe tnusclc, ou musch.
- ( îrïist. nal.) Parfum qui se trouve daus la poche que l’on trouve sous le ventre d’un animal appelé musc, ou porte -musc. Ce parfum , le plus pénétrant et le plus tixe de tous les parfums connus, nous vient principalement du Boulan et de la Chine ; on le falsifie en y mêlant du sang du même animal.
- MUSCLE, s. m. du lat. muscu-lus, que l’on croit dérivé du grec y.vç ( mus ) rat, parce que l’on a vu que les muscles ressemblent à des rats écovchés.
- ( Physinl. ) Les muscles en général sont des masses fibreuses, différemment figurées et étendues, et pour la plupart distinguées chacune en différentes portions. Tous les mouvemens du corps humain sont imm.édiatement exécutés par les muscles.
- La division du muscle selon les anciens qui le comparaient à un rat écorché , étoit en tête , en ventre et en queue.
- Les modernes ayant trouvé cette comparaison trop grossière et insoutenable , ont abandonné les termes qu’elle avoit fournis, excepté le ventre, étaux deux autres ils ontsubstitué les mots origine etinsertion. Les plus modernes ont cru mieux faire en donnant le nom de point fixe à une des extrémités du muscle , et à l’autre celui de point mobile.’ Il y en a même qui, au lieu de fixe , disent point d’appui.
- Tous ces termes, tant anciens que nouveaux, sont séduisans, et le dernier est mal fondé. La meilleure division et la plus simple, est en corps ou portion charnue , que l’on peut aussi appeller ventre dans quelques muscles , et eu extrémités , soit qu’elles soient tendineuses , aponé-vrotiques, ou même charnues.
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- MUSÉE , ou MUSÉUM , s. m. du grec /u.ovoï7ov (mouseion), eu latin muséum, lieu consacré aux muses.
- { Jnstruct. puhl. ) Lieu destiné soit à l’étude des beaux-arts , des sciences et des lettres, sois à rassembler des mouumens relatifs aux arts, aux sciences et aux lettres.
- Le musée le plus célèbre de l’antiquité , ou , pour mieux dire , la seule académie qui ait porté ce nom , est le musée d’Alexandrie , qui étoit situé dans un vaste bâtiment sur le port de la ville, près du palais , autour duquel régnoient des galeries où se promenoient les philosophes. C’est dans ce musée que les rois d’Alexandrie, et depuis la conquête d’Egypte, les empereurs romains entretenoient avec une magnificence vraiment royale , un grand nombre de savans, dont toute l’occupation étoit de s’adonuer aux lettres. Plutarque en attribue l’établissement à Ptolomée , que l’on croit, être Ptolomée Philadelpïie , amateur des sciences et des lettres , qui s’appliqua pendant tout son règne a en étendre l’empire en Egypte. Les empereurs romains se piquèrent de la même émulation , et l’empereur Claude ajouta un nouveau musée à l’ancieii.
- A Athènes on donnoit le nom de musée à une petite colline , située d^is l’ancienne enceinte , vis-à-vis de la citadelle.
- Elle étoit ainsi appelée parce qu’il y avoit un temple consacré aux muses.
- En France, oh donne le nom de Muséum à un établissement qui se trouve à Paris, et qui est destiné à l’enseignement des diverses branches de l’histoire naturelle. Il est intitulé Muséum nalioual d’histoire naturelle.
- On a eucore établi deux Musées très-curieux à Paris depuis la révolution. L’un qui a commencé en 1791 , sous le nom de Musée national des monumeas français, et qui. est une réunion , par ordre chronologique , de tous les objets précieux d’architecture et de sculpture qui étant à la disposition, du gouverne-*-
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- ment, ont échappé à la fureur destructive du vandalisme.
- L’autre connu ci-devant sous le nom de Musée central des arts, et actuellement sous celui de Musée Napoléon, tire son plus bel éclat du fruit de la valeur des armées françaises en Italie.
- A Londres, on voit le musée britannique; il est situé dans un hôtel spacieux, divisé en trois départe-mens. Le premier contient les manuscrits et les médailles ; le second les antiquités et les objets d’histoire naturelle , et le troisième les livres imprimés.
- MUSIQUE, s. f. du grec /aoua-nc» ( mousikê ) , art de combiner les sons d’une manière agréable à l’oreille. Aristide Quintilien déhnit la musique , l’art du beau et de la décence dans les voix et dans les mouvemens.'
- La musique se divise naturellement en musique théorique et en musique pratique.
- La musique théorique ou spéculative , est la connoissance des dif-férens rapports du grave à l’aigu, du vite au lent, de l’aigre au doux , dn fort au foible, dont les sons sont susceptibles.
- La musique' pratique est l’art d’appliquer et mettre en usage les principes de la spéculative , c’est-à-dire, de conduire et disposer les sons par rapport à la consonnance, à la durée, à la succession , de telle sorte que le tout produise sur l’oreille l’effet qu’on s’est proposé. C’est cet art qu’on appelle compo-si t ion.
- Les anciens divisoient encore la musique spéculative , en musique harmonique , et en musique rith-mique ; et dans la musique pratique, ils distinguoientla mélopée et la rithmopée.
- La musique se divise aujourd’hui élus simplement en mélodie et en farmanie ; car la rhythmique n’est plus rien pour nous , et la métrique est très-peu de chose ; attendu que nos vers, dans le chant, prennent, presque uniquement , leur mesure de la musique , et perdent le peu qu’ils en ont par eux-mêmes.
- Par la mélodie > en dirige la suc-
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- cession des sons , de manière à produire des chants agréables.
- L’harmonie consiste à unir à chacun des sons d’nne succession régulière deux ou plusieurs autres sons, qui frappent l’oreille en même tems, la flattent par leurs concours.
- Caractères de musique, {V. CARACTÈRES). Lasus est, ou paroît être le premier qui ait écrit sur la musique ; mais son ouvrage est perdu , aussi bien que plusieurs autres livres des Grecs et des Romains sur la même matière. Aristoxène, disciple d’Aristote, et chef de secte, en musique, est le plus ancien auteur qui nous reste sur cette science. Après lni vientEuclide d’Alexandrie. Aristide Quintilien écrivoit après Cicéron. Alypius vient ensuite : puis Gaudentius, Nicomaque et Bac-chus,
- Marc Meibomius nous a donné une belle édition des sept auteurs grecs avec la traduction latine et des notes.
- Plutarque a écrit un dialogue sur la musique. Ptolémée , célèbre mathématicien, écrivit en grec les principes de l’harmonie , vers le tems de Ptmperenr Antonin. Long-tems après Manuel Bryennus écrivit aussi sur le même sujet.
- Parmi les latins , Boëce a écrit du tems de Théodore ; non loin du meme tems ,Martianus, Cassiodore et S.-Augustin.
- Les modernes sont en grand nombre. Les plus connus sont : Zarlin , Salinas, Valgulio, Galilée, Mei, Doni , Kircher , Mersenne , Par— ran , Perrault, Wallis, Descartes , Hôlder , Mengoli, Malcolm , Burette, Valloti , Tartini , Rameau, d’Alembert , Burnett, Grétry , etc.
- MUTITÉ , s. f. l’académie dit mutisme , du lat. mut ire, parler entre ses dents, et dont on a fait mu-tesco, devenir muet.
- ( Méd,) Tenue de médecine par lequel on désigne l’état d’une personne muette.
- MUTULE, s. f. du grec p.vtb.ciç ( mutilos ) moule , espèce de coquillage.
- ( jlrchit. ) Espèce de modillon , qui s’applique à la corniche dovi-qne.
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- MYCTÉRISME, s. m. 5a grec /aunarip ( muktêr ) narine , dont on a fait y.vK'Tfi^cs^multtêrisô ), jouer des narines, comme lorsqu’on se moque de quelqu’un.
- ( Rhét. ) Ironie insultante et suivie!
- MYDRIA5E , s. f. du grec pv-i'fis.tns ( mudriasis ) , afïoiblisse-men! de la vue.
- ( Chirurgie ) Nom que les G recs ont donné à une maladie des yeux , qui consiste dans une dilaîation extraordinaire de la prunelle , ce qui rend la vue obscure, parce qu’il entre trop de rayons de lumière dans l’œil.
- MYIOLOGIE , s. f. du grec pvlet ( muia ), mouche , et de Xoyos ( logos ), discours, traité.
- ( Hist. nat. ) Partie de l’histoire naturelle qui traite des mouches.
- MYOCÉPHALES , s. m. du grec levier ( muia ), mouche, et de xs-<pakii ( keplialê ), tête : tête de mouche.
- ( Chirurgie ) Espèce de tumeur , ou de straphylome , ainsi nommé parce qu’il ressemble à la tête d’une mouche.
- MYOLOGIE , s. f. du grec /auç ( mus ), souris , et de xôyoç discours , traité : littéralement, traité sur les souris , dans l’op'nion où étoient les anciens que les muscles ressembloierit à des rats écorchés.
- ( Anat. ) Partie de l’anatomie qui traite des muscles.
- MYOPE, s. du grec pôu> ( muô ), fermer, et d’anf, (ops) , œil: littéralement , celui qui ferme , qui cligne les yeux.
- ( Méd. ) Qui a la vue fort courte, qni ne voit les objets que de fort près , et en clignant les yeux.
- La cause de la myopie ( l’état de ceux qui ont la vue courte ) , est la trop grande convexité du cristallin , qui fait que les rayons visuels sont trop convergens, c’est-à-dire, qu’ils sè réunissent avant que d’être parvenus à la rétine , qui se trouve naturellement plus éloignée du cristallin qu’il ne faut. Ceux qui sont affectés de cette maladie ne peuvent voir bien qn’en approchant l'objet contre leur nez, ou à trois doigts plus loin, ou environ un de-
- M Y R 56q
- mi-pied au-delà; mais ils ne distinguent rien dans une distance plus grande. V. VERRE CONCAVE.
- MYOTOMIE, s.- f. du grec pût (mus, souris, muscle, et de pvta ( témnô ), inciser , couper.
- ( Anal. ) Partie de l’anatomie qui a pour objét la dissection des muscles.
- MYRIADE , s. f. du grec pupias (murïas ) , nombre de dix mille : terme d’antiqmté.
- M YRIAGRAMME, s. m. du grec pépia. (muria) , dix milie, et de ypâppct ( granima ) , ancien poids grec , égal à 21 grains. V. DIX MILLE GRAMMES.
- (Métrol) Nouvelle mesure de pesanteur , égalé à dix mille grammes ou à 10 kilogrammes , et en mesures anciennes à 20 livres 7 onces environ.
- MYPilAMETRE, s. m. du grec pépia. (muria), dix mille, et de f/.î-Tpov ( métron ), mesure ou mètre.
- ( Métrol. ) Le myriamètre , vulgairement la lieue , est une longueur de dix mille mètres , égale en mesures anciennes a deux lieues moyennes.
- MYRIARE , s. m. du grec pépia, muria ) dix mille, et du lai. area, aire , surface , are. V. METRE , ARE.
- ( Métrol. ) Etendue de dix mille ares, ou 100,000 mètres carrés. (V. ARE , METRE CARRE ) ; en mesures anciennes, de 196 grands ar-pens. Cette mesure est propre à désigner une grande étendue de terrein.
- MYRMÉCIE , s. f. du gr. péppu^ ( murméx ), fourmi.
- ( Chirurgie) Espèce de verrue qui vient à la paume de la main et sous la plante des pieds, ainsi nom-'mée, parce que, quand on 1. coupe, on ressent une douleur semblable à celle que cause la morsure d’une fourmi.
- MYRRHE, S; f. du grec, pépptt ( mnrrha ), dérivé de pûpa> (murô)y couler , distiller,
- (Bo!an.) Gomme résine dont il est beaucoup parlé parmi les anciens , mais dont on ne connoit cependant pas encore l’origine.
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- Bjo ïï A B
- MYSTÈRE , s. in. du grec .m/di-piov {mustêrion), secret : chose cachée ou difficile à comprendre.
- ( Hist. anc. ) Les anciens don-noient ce nom par excellence au culte que l’ori rendoit à Gérés dans la ville d’Eleusis.
- Mystère des Romains ; Cicéron appelle ainsi la fête nocturne qui se célébroit à Rome en l’honneur de la mère de Bacchus. Les hommes n’y étoient pas admis.
- Mystères de Samothrace ; Dar-danus les apporta de Samothrace à Trove.
- { Bell g. ehrét. ) On appelle plus particulièrement mystère, dans la religion chrétienne , tout ce qui est proposé pour être l’objet de la foi des fidèles.
- Les saints mystères ; c’est le sacrifice de la messe.
- MYSTIQUE, adj. du gr. y-Qf-K ( rnustês ), celui qui se fait initier dans les mystères.
- ( Biblioï.) On désigne , par_ ce nom, les ouvrages de dévotion contemplative-
- MYTHOLOGIE, s. f. du gr. pZBo?
- ( muthos ) , fable , et de xbyoç ( logos) , discours : littéralement, discours sur la fable ; explication de la fable. »
- MYURE , adj. du gr. pZç {rat), et d’ovpk ( oura), queue : queue de rat.
- ( Méd. ) On a donné ce nom à un espèce de pouls inégal, qui va toujours en diminuant, en sorte que le second battement est plus foi'bîe que le premier, le troisième plus foib'.e que le second , et ainsi de suite, jusqu’à ce qu’il manque; après quoi, il reprend de la même manière. Il est ainsi nommé par allusion à la queue d’un rat, qui diminue insensiblement jusqu’à son extrémité.
- N.
- NABAB, s. m. root indien. {Hist. de VJ.ndostan) C’est ainsi qu’on nomme dans l’Inde des gouverneurs préposés à une ville, ou à un grand district, par l’empereur du Mogol.
- JAI
- Les Anglais donnent ce nom à ceux de leurs compatriotes qui ont acquis une grande fortune dans l’Intle.
- NACARAT , adj. indécl. de l’espagnol nacarado , formé de nacar, nacre de perles.
- (Teinture ) Couleur d’un rouge clair tirant sur l’orangé. Cette étoffe est d’un beau nacarat.
- NACELLE , s. f. contraction du latin navicuia, diminutif de navis, navire : petit navire.'
- ( Marine ) Espèce de petit bateau qui n’a ni mât ni voile.
- NACRE , s. f. de l’espagnol nacar , nacar de perlas , napre de perle.
- ( Conchyliol. ) Matière blanche et brillante qui constitue l’extérieur de beaucoup de coquilles. Mais ce nom appartient particulièrement, à l’avicule perlière dont, à raison de son épaisseur, on peut faire un grand nombre de petits-meubles brilians. Les perles elles-mêmes ne sont qu’une nacre isolée et plus pure.
- NADIR , s. m. mot arabe qui signifie , qui regarde.
- {Astron. ) Point du ciel, qui est directement sous nos pieds , et auquel aboutit la ligne verticale tirée du point que nous habitons , par le centre de la terre. C’est le point opposé au zénith.
- jLe nadir seroit le zénith de nos antipodes , si la terre étoit exactement sphérique-, mais comme elle ne l’est pas , il n’y a proprement que les lieux situés sous l’équateur ou sous les pôles , dont le nadir soit le zénith de leurs antipodes. NAGEOIRES , s. f. du latin na-are , contraction de navigare , otter sur l’eau.
- ( Ichtyologie ) C’est le nom des parties des poissons qui leur servent à nager.
- NAGER , v. n. du latin nagare y contraction de navigare , se soutenir sur l’eau par un certain mouvement du corps.
- ( Marine ) Nager est aussi se servir des avirons , pour faire aller un bâtiment ; il est synonyme de ramer.
- NAÏF, adj, du latin nativus, qui
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- TST A"P
- ne Tait que de naître : naturel, sans fard, sans artifice.
- ( Beaux-A ris ) Dans les arts , comme dans les lettres , il est plus aisé d;êtré grand , noble , élevé , fin , délicat, que d’etre naïf. Dans les jeunes personnes , la crainte, la tendresse , la grâce , la douleur sont d’autant plus touchantes , qu’elles sont plus naïves. Les en-fans du Dominiquin sont naïfs. Le Sueur a tr,ès-bien exprimé la naïveté dans le jeune âge. Un jeune novice, les yeux baissés, plaît par une modestie naïve. Dans la poésie on dit, une beauté naïve, des grâces naïves.
- NAIN , s. m. du latin nanus , ou du grec votvès ( nanos), ou de l’arabe nasnas, qui signifient la même chose.
- ( Hist. nat. ) Qui est d’une taille beaucoup plus petite que la taille ordinaire.
- C’est à une diminution de la faculté nutritive , à une foiblesse du principe vital , qu’on doit rapporter la cause de la petite taille des nations polaires.
- Chez les animaux, la nature semble dépendre sur-tout de l’abondance des alimens. On connoît la petitesse des vaches qui habitent les pays secs, arides et peu riches en pâturages , tandis' que les chevaux , les vaches de la Frise , des Pays-Bas , parviennent quelquefois à une taille énorme.
- ( Jardin. ) On appelle arbre nain , un arbre fruitier qui ne s’élève qu’à une hauteur médiocre, et qu’on dresse en buisson ou en éventail. L’usage , en le plantant, est de le couper à la' hauteur de cinq à six pouces.
- N APHTE , s. m. du grec v«ç8«, ( naphta ) , dérivé du chaîdéen et syriaque naphla , qui signifie la même chose.
- ( Hist. nat. ) Bitume très-léger , très-fluide , limpide , et d’une couleur légèrement ambrée , qu’on trouve dans différentes contrées de la Perse. Ou en faisoit autrefois des feux d’artifice qu’on appeloit feux grégeois , et qu’on ne pouvoit éteindre avec l’eau.
- NAPPE, s. £ du latin mappa , linge dont on couvre la table.
- NAS hji
- (Hydraul. ) C’est aussi une espèce de cascade dont l’eau tombe en forme de nappe mince sur une ligne droite , ou sur une ligne circulaire , comme le bord d’un bassin rond. Les plus belles nappes sont celles qui sont les plus garnies ; lorsqu’on n’a pas assez d’eau, on déchire la nappe , ce qui se fait en pratiquant sur les bords de la coquille oy de la coupe , des ressauts de pierre ou de plomb , de manière que l’eau ne tombe que par lames; et ces laines n’ont guères moins d’agrément qu’une belle nappe , quand elles sont bien ménagées.
- NARCOTIQUE , adj. et s. du grec vitpi£.»>T/K.àç ( narkôtikos ) , assoupissant , dérivé dé vapitoec ( nar-koô ) assoupir.
- ( Méd. ) Un appelle narcotiques , les remèdes somnifères qui produisent la stupeur. Les narcotiques comprennent les somnifères les plus vioïens , comme ceux qui se tirent de toutes les parties du pavot, et notamment de l’opium.
- NARINES, s. f. du latin narina, formé de nar, qui se trouve dans la signification du nez.
- ( Anai. ) Ouvertures extérieures et postérieures du nez , par lesquelles on respire.
- NARRATION, s. f. du latin nar-raiio, formé de narro, raconter.
- .( Eioc. ) La narration est la seconde partie du discours oratoire. On entend par narration , en rhétorique , le récit d’un fait ou vrai ou fabuleux. Cette partie du discours est ennemie des longues 'réflexions, des ornemens trop marqués , de» figures hardies. Elle doi t paroître simple , sans parure etsans fard.
- NASAL, LE, adj. du latin nasalisa de nasus, nez.
- ( Anatomie ) Qui appartient au nez.
- L’apophyse nasale de l’os maxillaire fait la partie latérale du nez, et même la plus grande partie osseuse du nez- extérieur.
- Artère nasale ; celle qui se distribue au nerf.
- Fosse nasale de Vos maxillaire ; c’est une fosse dont la partie interne forme une grande portion des parois de la fosse duriez.
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- ^2 NAT
- Le nerf nasal, celui qui se distribue au nez , etc.
- ( Gramm.) On appelle son nasal, celui qui est mofflié par le uez , comme dans toute syllabe terminée par m et p r n.
- NATIF, VE, adj. du latin na-tivus. Il se dit des personnes , en tant qu’elles ont pris naissance en un certain lieu.
- ( Minéral. ) Métal natif, ou métal vierge ; c’est celui qui se trouve naturellement dans son état parfait. Les métaux qui se rencontrent le plus ordinairement dans cet état, sont l’or , l’argent , le mercure , le platine , le cuivre , le tellure et le bismuth. Il est fort rare de trouver du fer natif, et l’on doute que l’on ait véritablement trouvé du plomb et de l’étain à l’état de métal vierge-
- NATROM , ou N ATRUM , s. m. mot égyptien ou hébreu.
- (Minéral.) Le nat. on, ou comme les chimistes modernes l’appellent, le carbonate de soude natif est une autre matière saline qui se forme journellement à la surface des terreins sablonneux, sur-tout dans les contrées méridionales , telles que l’Egypte , la Perse , le Bengale, la Chine , etc. Mais celle qui en produit le plus , et d’où l'on en tire annuellement une immense quantité , c’est l’Egypte ; à vingt lieues au nord-est du Caire, est la vallée des lacs de natron. Ces lacs occupent dans le milieu de cette vallée un espace de six liCues en longueur, sur une largeur de trois à quatre cents toises. Lavallée elle-même a deux lieues de large.
- NATURE , s. m. du lat. nafura.
- ( Physique ) Toutes les choses créées.
- Lois de la nature ; ce sont des axiomes ou règles générales de mouvement et de repos qu’observent les corps naturels dans l’action qu’ils exercent les uns Sur les autres , et dans tous les cbangemens qui arrivent à leur état naturel.
- Quoique les lois de la nature soient proprement les mêmes que celles du mouvement , on y a cependant mis quelques différences. Quelques auteurs appellent lois du mouvement, quelques règles par-
- k AT
- ticulières du mouvement, et lois de la nature, les lois plus générales et plus étendues , qui sont comme les axiomes d’où les autres sont déduites.
- De ces dernières lois, M. Newton en établit trois :
- i°. Chaque corps persévère de lui -même dans son état de repos , ou de mouvement rectiligne uniforme, à.moins qu’il ne soit forcé de le changer par l’action de quelque cause étrangère.
- 2°. Le changement qui arrive dans le -mouvement est toujours proportionnel à la force qui le produit, et se fait dans la direction suivant laquelle cette force
- agit-
- 3°. La réaction est toujours contraire et égale à l’action , c’est-à-dire , que les actions de deux corps l’un sur l’autre sont mutuellement égales et de directions contraires,
- ( Peinture ) Ce mot, dans le langage de l’art , a plusieurs significations. Use prend quelquefois pour le modèle vivant; ainsi, peindre, dessiner d’après nature , c’est peindre ou dessiner d’après un modèle.
- Nature est quelquefois opposé à copie. On demande si une tête est une copie , ou si elle est faite d’après nature.
- Nature s’oppose encore à ce qu’on appelle pratique , c’est-à-dire , à ce qu’on a fait sans modèle et seulement par habitude. On seul que telle figure , telle draperie est faite d’après nature, et telle autre de pratique. Mais on appelle sur-tout naturey les qualités extérieures et visibles de tout ce qui existe. Ce sont ces qualités que l’art prend pour objet de ses imitations.
- NA TUREL , LE , adj. de NATURE, qui appartient à la nature r qui est conforme à la nature.
- ( Physibl,) Il se dit des choses qui se font naturellement.
- Fonctions naturelles ; ce sont Celles qui né sont pas nécessaires pour la conservation de l'individu dans tous les instans de sa vie , mais, qui cependant lui sont essentielles pour sa conservation en général , son accroissement et la propagation de sqri espèce.
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- NA U
- Nature s’emploie aussi au snbsan-tif pour une disposition de l’esprit uni au corps , par laquelle il est plus porté, il a plus de penchant à une chose qu’à une autre.
- (Arithmet.) Dans les tables des logari hmes , on appelle nombres naturels ceux qui expriment les nombres consécutifs 1 , -i,, 3,4 , etc. à l’infini , pour les distinguer des nombres artificiels qui en sont les logarithmes. V. LOGARITHMES.
- ( Musique 1 Le mo1 naturel a plusieurs sens eu musique.
- Musique naturelle ; c’est celle que forme la voix humaine par opposition à la musique artificielle qui s’exécute avec des instriuneus.
- Chant naturel ; celui qui est aisé, doux , gracieux, facile.
- Harmonie naturelle > celle qui a peu de reuversemens . de dissonnan-ces, qui est produite par les cordes essentielles et naturelles du mode.
- Naturel se dit encore de tout chant qui n’est ni forcé ,ni baroque , qui ne va ni trop haut, ni trop bas, ni trop vite , ni trop lentement.
- Tons, modes naturels, ceux dont les. sons se tirent de la gamme ordinaire , sans aucune altération.'
- ( Physique ) Histoire naturelle ; c’est la déscription des objets physiques , et l’explication des causes et des effets de tout ce qui existe.
- NAUFRAGE, s.ni. du 1. naufra-gium, contraction - de navi fragium, bris de navire , formé de navis, navire , et defrango, rompre , briser.
- ( Marine ) Perte d’un vaisseau qui va se briser contre les rochers ou sur les côtes , et y périr par la violence des vents et de la tempête , ou par l’imprudence et la maladresse de ceux qui le conduisent.
- NAULAGE , s. m. du lat. nau-lum, dérivé du grec v*v\ov (naU-Ion).
- ( Marine) Terme en usage sur la Méditerrannée , et qui signifie le prix que les passagers paient au maître d’un vaisseau.
- ( Mythol.) C’est ainsi qu’on appelle le droit que les anciens croyoient qu’il falioit payer à Carou pour passer dans sa barque.
- NAUMACHIE, s. f. du grec vnv-
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- ju-uyta. (naumachia ) formé de vetvc
- ( naus ), vaisseau , et de fn-kyit ( mâché ), combat : combat naval.
- ( Hist. ane. ) Speciacle d’un combat naval que les empereurs romains donuoieni.au peuplepourle divertir.
- Il se dit aussi du lieu même où se donnoit ce spectacle : il y avoit trois naumaci.ies à Rome ; une d’Auguste, une de Claude , construite par Néron , une autre par Domitien.
- NAUSEE , s. f. du grec wvirtt ( nausia ), dérivé de vafis ( naus ) , vaisseau ; littéralement mal de mer.
- ( Méd. ) C’est proprement le mal de cœur dont sont attaqués ceux qui se trouvent dans un vaisseau pour la première fois; maison en a étendu l’acception à tous les maux de cœur et à tontes les envies de vomir.
- NAUTIQUE, ad}, du grec vavt/-xhç (nautikos), dérivé de vx'vçfaus), vaisseau : qui a rapport à la navigation et à la mer.
- ( Marine) Astronomie nautique; c’est Vastronomie, ou la partie de Vastronomie, qui est propre aux navigateurs
- Almanach nautique ; c’est le titre d’un ouvrage publié chaque année par le bureau des longitudes , en Angleterre , et qui présente tous les calculs des phénomènes célestes et de la position des astres, jour par jour, pour servir aux marins de termes de comparaison dans leurs observations astronomiques. C’est la même chose que ce qu’on appelle en France , la connoissance des tems.
- N AV AL, UE, adj. du lat. navis, vaisseau : nai ire.
- ( Marine ) Ce mot se dit des choses qui concernent les vaisseaux de guerre ou la guerre maritime, comme armée nava e , combat naval, munitions navales.
- NAV1CULAÎRE, adj. du latin navicularis , formé de navicula , diminutif de navis, vaisseau : qui a la forme d’un petit vaisseau.
- ( Anat.) On donne ce nom à plusieurs parties du corps, auxquelles on a cru reconnoître la forme d’un bateau,
- La fosse naviculaire de l’oreille externe. '
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- L’os naviculaire, au i’os sco-phoïde.
- NAVIGATION , s. f. du lut. na-vis, et de ago : l’art, le métier de naviguer.
- ( Marine ) Les marins entendent par ce terme , la science , l’art de diriger et conduire les vaisseaux à travers les- mers , d’un pays à un autre , et dans les divers parages du globe.
- Cet art consiste non-seulement à conduire le navire d’un lieu à uu autre parle moyeu des caries topographiques , mais aussi à le manoeuvrer et le gouverner sûrement pour lui faire faire tous les motivemens qu’il faut , pour le tenir dans les routes et directions convenables. V. PILOTAGE, MANŒUVRE.
- La navigation se divise en navigation hauturière on de long cours, dans laquelle on perd de vue les côtes et les terres pendant de longs espaces de tems , et dans laquelle on règle sa route d’après les observations des astres , ou en prenant la hau eur des astres , d'pù elle est appelée hauturière ; et la navigation côtière ou cabotage , dans laquelle on va d’un port à l’autre à des distances bornées, sans s’éloigner beaucoup des terres, et sans traverser l’Océan dans aucune partie considérable de son étendue.
- Navigation se dit. aussi de l’action de naviguer ou de voyager sur mer. En ce sens, on dit: Une belle ou heureuse navigation ; une navigation dure et périlleuse.
- [Commerce) Acte de navigation; c’est le nom que les nations maritimes et commerçantes donnent à un règlement fondamental sur le commerce maritime et la navigation.
- NAVIRE, s. m. du latin navis , dérivé du grec vavç ( naus ).
- ( Marine ) Ce nom se donne en général à tout vaisseau à trois mâts, gréé et construit dans la forme des vaisseaux de ligne et des frégates ; mais il se dit plus ordinairement en parlant des vaisseaux marchands.
- NEANT, s. m. du latin neens , ou non ens, dont les Italiens ont fait neente, et niente, rien.
- N E C
- (Pratique ) Mettre néant, sur une requête ou sur un article de compte , c’est refuser de l’admettre.
- Article tiré à néant ; c’est celui qui ne contient aucune somme, et qui est tiré simplement pour mémoire.
- Appellation, ou appel au néant; forme usitee par les tribunaux d’appel , pour rejeter uu appel.
- NEBULEUX, SE, adj. du latin nebula , nuage , brouillards : couvert de brouillards , de nuages.
- ( Astron. ) Etoiles nébuleuses ; ce sont des étoilés fixes , d’une lumière pâle et obscure ; elles sont plus petites que celles de la sixième grandeur , et parconséquent difficiles à distinguer à la vue simple. On les voit comme (le petits nuages, ou de petites taches obscures.
- NECHOLüGE, s. m. du gr. vîxpoç ( nékros) , mort, et de a6 ycc ( logos ) discours, ou livre : livre des morts.
- ( Relig. chrét. ) Les premiers chrétiens avoient dans chaque église leur nécrologe , dans lequel étoient écrits les noms des bienfaiteurs,, le, tems de leur mort, et le jour de leur commémoration. On a remarqué ensuite.' les noms des évêques, (les supérieurs, çt des personnes, illustres.
- Ce mot ne signifie plus à présent qu’une notice des morts insérée dans les journaux ét autres feuilles périodiques.
- NÉCROMANCIE ou NECRO-MANCË , s. f. du grec vexpogotvnia.
- (nekromanteia ) composé de vexpc;
- ( r.ekros) , mort , et de gitv'rttct (mardeia} divination.
- ( Devinât. ) L’art prétendu d’évoquer les âmes des morts, pour en savoir quelque chose.
- NECROSE , du grec vèxpuxnç (nè-krâsis), lonné de vixpôm [vekroô ), mortifier, dérivé de vexpor (nekros) mort.
- ( Méd. ) Mortification entière de quelque partie.
- NECTAIRE , s. m. du lat. nec-tarin m , forme de ne cio , lier, attacher. •
- (Botan,) Limite appelé ainsi
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- toute particule accessoire ou -adaée à nn des quatre principaux organes floraux ; niais ce mot s'applique à tant de choses essentiellement différentes , que les botanistes modernes l'ont remplacé par un nom conforme à la chose qu'il représente.
- NECTAR, s. m. du grec ré ht ttp , formé, dit-on, de v» (né) , particule privative, et de xflte (kteo), faire mourir : qui rend immortel.
- ( Mylhol. ) C’est le nom que les anciens dounoient au breuvage des dieux, parce qu’ils les rendoientimmortels.
- ( Botan.) Nectar se dit aujourd’hui d’un suc mielleux que distillé l’intérieur de beaucoup de végétaux, par un organe qu’on appelle nectaire.
- NÉGATIF , VE , adj. du latin nego , nier, désavouer.
- ( Didact. ) On dit argument négatifs preuves négatives, par opposition à argument positif, preuves positives.
- ( Algèbre) Quantités négatives ; ce sont celles qui sont affectées du signe—, et qui sont regardées par plusieurs mathématiciens, comme plus petites que zéro.
- Les quantités négatives sont le contraire des quantités positives.
- NÉGLIGENCE, s-f. du latin negligo , négliger , n’avoir pas le soin qu’on devroit.
- (Elocution) Négligences de style; ce sont -des fautes légères que fait un auteur qui n’apporte pas assez de soin, ni d’exactitude, à châtier son style. Il y a quelquej ois des négligences qui ont de la grâce.
- ( Peinture ) Lorsqu’on dit d’un tableau, qu’il est fait avec négligence, cela veut dire , que l’ensemble , que toutes les parties sont négligées. Mais lorsqu’on dit: Il y a des négligences dans ce tableau, cela signifie que quelques parties ne sont pas assez étudiées ou assez terminées.
- NEGLIGER, v. a. du lat. ne-gligo.
- ( -dlg. ) On emploie ce mot dans certains calculs , pour désigner l’omission de plusieurs termes, qui,
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- étant fort petits, par rapport à ceux dont on tient compte, ne peuvent donner un résultat sensihlementdif-féreut de celui auquel on arrive en omettant, ces terrifes. Cette méthode est principalement d’usage dans les calculs d’approximation.
- NEIGE, s. f. du lat. nix, nivis.
- ( Physique ) Météore aqueux ; vapeurs^ prises par la gelée dans le nuage même qu’elles composent et qui tombent ensuite en flocons très-légers.
- ( Chimie) Neige d’antimoine, ou fleurs argentines de régule dJantimoine ; c’est un oxide blanc d’an-- timoine.
- NEOGRAPHE , s. m. du grec vêoç (néos) , nouveau , et de ypâqm (graphô), écrire.
- ( Êibliol. ) On donne cë nom à ceux qui écrivent et orthographient d'une manière nouvelle et contraire à l’usage ordinaire. Les néographes du seizième siècle sont Sylviüs, Meygret, Peletier, Rambaut, Ou-hert, etc. Ceux du dix-septième sont Leclache , Larigault, etc. Ceux du dix-huitième sont Vandelin, Dangeau , Dumas , i’abbé de St.-Pierre et Voltaire.
- NÉOLOGIE , s. f. du grec vstf (néos ), nouveau , et de Xoyoç ( logos), discours, mot, paroles.
- ( Bibliol. ) Invention , usage, emploi de termes nouveaux.
- NEOLOGISME, s. m. même origine que le précédent.
- (Bibliol.) L’habitude de se servir de termes nouveaux. Ce mot se prend presque toujours en mauvaise part.
- NEOMENIE , s. f. du greG vso/uwict ( neomênia), formé de réoç (néos), nouveau, et de uhvn (mène), lune.
- ( ylstron. ) Nouvelle lune.
- NÉOPHYTE, s. m. du greevsc'-qvTo;(néophutos)} formé de vio? ( néos ), nouveau, et de <j>{,& (phuo ), naître: nouvellement né.
- ( Relig. chrét. ) Il se dit de tous ceux qui ont quitté leur religion pour embrasser la religion chrétienne , et qui ont reçu le baptême ; parce que le baptême est par rapport à celui qui le reçoit’
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- «ne naissance spirituelle qui le fait enfant de Dieu.
- NÉFENTHÈS , s. m. delà particule grecque privative vü (né), et de 'ir'iv&a; (penthos), tristesse: sans tristesse.
- ( Méd. anc. ) Remède fort vanté par les anciens contre la tristesse et la mélancolie. M. Petit a fait une dissertation sur le népenthès.
- NEPER , nom d'homme.
- ( Arith. ) Baguettes ou bâtons de Neper. C'est un instrument par le moyen duquel on peut faire promptement et avec facilité la multiplication et la division des grands membres ; on l’a appelé ainsi du nofti de son inventeur, qui l’est aussi des logarithmes.
- NEPHÉLIQN , s. m. du grec viÿîxïi ( néphélê ), nuage , brouillard.
- ( Chirurgie ) Petite tache blanche sur les yeux.
- NÉPHR ALGIE , s. m. du grec Têçpoç ( néphros ), rein , et d’â^yos ( algvs ), douleur.
- (Méd. ) Douleur de reins. NÉPHRÉTIQUE ou NÉKRITI-QUE, adj. du grec vsç>poc ( néphros ), rein : qui appartient aux reins , qui est dans les reins.
- ( Méd. ) On donne ce nom à une espèce de colique ou douleur considérable qu’on sent dans les reins, et même dans les urètres, causée par quelque pierre , ou du sable , du gravier, des glaires engagés dans ces parties. Ce mot s’emploie aussi au substantif, pour désigner une inflammation des reins.
- NÉPHROTOMIE, s. f. du grec npob; ( néphros ), rein , et de «ri«va> ( tenihô ). couper , inciser.
- ( Chirurgie ) C’est le nom que l’on donne à une opération qui se pratique aux lombes, pour tirer la pierre des reins.
- Il se dit aussi de la partie de l’anatomie qui a pour objet la dissection des reins.
- NÉPOTISME , s. m. de l’italien nepotismo.
- ( Hist. de la cour de Borne ) Terme emprunté.de l’italien pour désigner l’autorité que les neyeux
- N ER
- d*un pape ont eu quelquefois dan< l’administration des affaires peudant le pontificat de leur oncle. Il y a eu plusieurs ouvrages écrits sur les abus du népotisme. Leti a écrit sur il nepotismo.
- NEPTUNE, s. m. du lat. Nep-tunus , dieu de la mer.
- ( Manne ) C’est aussi le nom d’un Atlas ou Collection de cartes marines , auxquelles sont joints des renseignemens et instructions relatifs à la navigation de certaines mers , côtes ou parages. Ainsi le Neptune français est la collection des cartes marines de toutes les côtes de France. Le Neptune oriental , ouvrage très-estimé , de Da-près, est la réunion de toutes les cartes, plans et renseignemens pour la navigation des mers des Indes.
- NEPTUNIEN, adj.de Neptune.
- ( Minéral. ) On donne ce nom à quelques naturalistes qui regardent la plupart des basaltes , et quelques autres espèces de pierres , comme produites uniquement par la voie humide ; comme on appelle volcanistes ceux qui soutiennent que ces mêmes pierres sont des produits volcaniques.
- NERF, s. m. du lat. nervus , dérivé du grec nupov ( neuron ), force , vigueur.
- ( Bhysiol. ) Cordons blanchâtres de différentes grosseurs, qui tirent leur origine de la moelle alon-gée et de la moelle de l’épine, enveloppés de la dure-mère , et qui se distribuent dans toutes les parties du corps. Le mot grec, d’après lequel ils ont été nommés , signifie force , vigueur , parce que le principe du mouvement et des sensations réside d’une manière particulière dans les nerfs.
- NERVEUX, SE, adj. de nerf.
- ( Bhysiol. ) Qui appartient aux nerfs, qui est de la nature des nerfs, qui est rempli de nerfs. L’estomac, les intestins , la vessie , etc., ont des membranes nerveuses. La peau, la langue ont des papilles, des houppes nerveuses.
- ( Méd. ) Genre nerveux ; Ce sont les nerfs du corps pris collectivement. .
- NERVURES, s. f. de nerf. '
- ( Bolan).
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- NËU
- ( Botan. ) Elévations filamenteuses qu’on montre sur les feuilles et sur les pétales.
- NEWTONI AN IS ME , s. m. de Newton,. nom d’homme.
- ( Physique ) Le newtonianfeme, ou la Philosophie newtonienne , est la théorie du mécanisme de Punivers, et particulièrement du mouvement des corps célestes , de leiirs lois , de leurs propriétés , telle qu’elle à été enseignée par Newton.
- Ce terme de philosophie newtonienne â été différemment appliqué ; mais le plus grand nombre entend par cette expression , les nouveaux principes que Newton a portés dans la philosophie, le nouveau système qu’il a fondé sur ces principes , et les nouvelles explications des phénomènes qu’il en a déduites. Les principes de cette philosophie ne furent publiés qu’en 1686 par l’auteur , alors membre du collège de la Trinité à Cambridge , ensuite publiés de nouveau en 171.% avec des augmentations considérables.
- En 1726 , un an avant la mort de i’auteûr , on donna encore une nouvelle édition de l’ouvrage qui les contient , èt qui est intitulé : Philosophiee naturalis principia mathematica.
- Le grand principe sur léqùel est fondée toute eette philosophie , c’est la gravitation universelle. La preuve de ce principe par les observations , jointe avec l’application de ce même principe ans phénomènes de la nature, ou l'usage que fait l’auteur de ce principe pour expliquer ces phénomènes, constitue le système de Newton. V. GRAVITÉ , ATTRACTION.
- NEUTRALISATION , s. f. du latin neutralis , formé de neuter, ni l’un ni l’autre , et de ago, agir, opérer : opération qui consiste à neutraliser , à rendre neutre.
- ( Chimie ) Opération chimique, par laquelle on neutralise, on rend un sel neutre. V. NEUTRE.
- NEUTRALITÉ , s. f. même origine que le précédent.
- ( Diplomatie ) Etat de celui qui Tome IL
- se tient neutre entre deaxoü plusieurs nations qui sont en guerre.
- Neutralité armée ; c’est l’état d’une ou plusieurs nations qui se sont réunies , et qui se mettent en état de soutenir par les armes leur neutralité.
- NEUTRE , adj. et s. du latin neuter , ni l’un ni l’autre : qui ne prend point de parti entre des personnes qui ont des intérêts personnels.
- ( Grammaire) Neutre se dit aussi des noms de certaines langues , qui ne sont ni du genre masculin , ni du genre féminin.
- ( Chimie ) Sel neutre ; on entend par-là un sel qui n’est ni acide* ni alcali. Les sels parfaitement neutres sont ceux qui ne produisent aucune effervescence , lorsqu’on verse dessus quelque liqueur acide ou alcaline.
- {Botan. ) On appelle fleur neutre, une fleur dépourvue de sexe, c’est-à-dire, qui n’a ni étamines ni pistil.,
- NEVRITIQUE, adj. du grec vevpov ( neuron ), nerf, qui appartient aux nerfs.
- ( Méd. ) Il se dit des médîcamèns propres aux maladies des nerfs.
- NEVROGRAPHIE, s. f. du gr. vsap&v ( neuron ) nerf, et de ypxpto ( graphô ), décrire.
- C Anal. ) Partie de l’anatomie qui a pour objet la description des nerfs.
- NEVROTOMIE, s. f. du grec yivpoy (neuron ), nerf, et de Tét'.va? {temno ), couper, inciser.
- ( Anat. ) Eartie de l’anatomie , qui traite de la dissection des nerfs.
- NEVPvOPTÈRE , adj. du grec viZpav (neuron), nerf, et de irTipov (ptéron ), aile ; ailes nerveuses.
- ( Entomologie ) Nom générique des insectes dont les ailes stfàt transparentes , et ofit des nervures croisées en réseau. C’est à ces nef~ vures qu’ils doivent leur nom.
- NEZ , s. m. du latin nasus * dérivé du grec va» (had), couler, ( Anat. ) C’est cette partie éminente du îisagè qui est entre U Os
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- S78 NIL
- front et la bouche, et qui sert à
- l’odorat.
- NICHE, s. 1. de l’italien nic-chia.
- ( Archit. ) Enfoncement pratiqué dans l’épaissear du mur pour y placer une statue.
- NICKEL, s. m. nom d’une mine de Suède.
- ( Minéral. ) Métal d’une couleur blanche , un peu rougeâtre, qui se laisse couper sans se briser. Il est ainsi appelé du nom de la mine d’où on l’a tiré pour la première fois.
- Le Nickel jouit d’une propriété qu’on avoit regardée jusqu’à présent eomme appartenant exclusivement au fer ; c’est le magnétisme ; il est non-seulement attirable à l’aimant, mais il est susceptible de devenir un aimant lui-même.
- Quoique le nickel soit peu ductile , il a la propriété d’augmenter la ductilité du fer avec lequel il se trouve combiné.
- Le nïkel à l’état de métal, n’a été connu que vers le milieu du siècle dernier, "par les travaux de Cronstedt et de Bergmann.
- NIDOREUX, adj. du latin nidor, odeùr d’une chose brûlée, ou des substances putréfiées.
- ( Méd. ) On distingue les crudités qui s’engendrent dans les premières voies , en acides et en nido-reuses ; celles-ci dépendent d’une bile exaltée et corrompue ; et elles sont ainsi appelées , parce qu’elles ont une odeur et un goût de pourri, de brûlé , d’œufs couvés.
- NIELLE , s. f. du latin nebula, nuage, dont on a fait nièble , et ensuite nielle.
- ( Agric. ) Maladie des blés ; et causée par les brouillards , par * la pluie tombée pendant l’ardeur du soleil.
- KILOMÈTRE , s. m. du latin Nilus) le fleuve appelé Nil, et du grec jwivpov ( métron ), mesure: mesure du Nil.
- ( Métrol.) Instrument destiné à mesurer la hauteur des eaux du Nil. Hérodote parle d’une colonne placée à la pointe du Delta pour servir de nilornètre. Il y en a encore
- NIT
- une semblable dans une mosquée qui est au même lieu.
- NIMBE , s. m. du latin nimbus.
- ( Numismat. ) Cercle- rayonnant qu’on remarque sur certaines médailles autour de la tête des Empereurs, et particulièrement de ceux du Bas-Empire.
- ( Relig. cathol. ) C’est aussi le nom d’un cercle de lumière que les peintres et les sculpteurs mettent autour de la tête des Saints.
- NITRATES , s. m. de N1TRE. iF. ce mot.
- ( Chimie)Sels formés par la combinaison de l’acide ni trique avec différentes bases. ( V. NITRIQUE). La terminaison en ate indique dans la nouvelle nomenclature chimique , que l’acide qui en fait la base est complètement saturé d’oxi-gène.
- N1TRE, s. m. du latin nitrum , dérivé du grec virpov ( nitron. )
- ( Minéral. ) Le nitre , ou salpêtre , ou nitrate dé potasse, est un sel nitré formé par la combinaison de l’acide nitrique et de la potasse , jusqu’au point de la saturation.
- Le nitre se présente ordinairement en filets courts , très-fins et serrés comme une moisissure , sur les parois des souterrains où l’air extérieur peut avoir un peu d’accès.
- Dans les contrées les plus chaudes de l’Asœ et du Pérou , ce sel forme des efflorescences à la surface même du sol. On lé recueille en le balayant. C’est ce qu’on nomme salpêtre de houssage.
- On en trouve aussi dans plusieurs contrées de l’Europe ; mais la plus grande partie de celui qui est dans le commerce provient du lessivage des platras des terres nitreuses.
- Il y a des nitrières naturelles r la plus remarquable est celle de ta MolfeUa dans la Touille, sur le golfe de Venise.
- On fait aussi des nitrières artificielles. Ce sont des fosses placées, sons des hangards, dans lesquelles on entasse des matières animales et végétales , et dont on favorise la putréfaction en y entretenant des courans d’air et une humidité çom. venabie.
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- NI T.
- Quand ces matières sont chargées d’un nitre assez riche pour être exploitées , on les lessive, en y joignant de la potasse ,' afin que le vrai salpêtre abandonne sa base terreuse et puisse s’y former. L’eau qui a servi à cette lessive est évaporée dans des chaudières, et placée dans des vaisseaux où le nitre se forme en pain et se cristallise.
- Le nitre purifié par trois cuites est celui qu’on emploie dans les arts. Si on y mêle une substance combustible, telle que le charbon, il produit au feu une flamme noire et un bruit violent ; phénomène qui est dû à la fermentation instantanée, et à l’explosion de différens gaz qui se développent pendant'l’inflamma-tion. Telle est la théorie de la poudre à canon, à laquelle on ajoute du soufre pour l’allumer. V. POUDRE A CANON.
- On retire de la potasse nitratée , distillée avec une terre argileuse, une autre substance intéressante dans les arts : c’est l’acide nitrique , appelé vulgairement eau-forte, dont l’usage est très-répandu pour dissoudre différens métaux, dorer, graver sur cuivre, etc. ; combiné avec l’acide muriatique, celui qu’on retire du sel marin , on en fait Yacide nitro-muriati-que , appelé vulgairement eau régale , qui sert à dissoudre l’or.
- Le nitre brûlé avec différentes doses de tartre , forme cette matière appelée flux , qu’on emploie pour fondre et pour réduire différentes substances métalliques.
- ( Mat. méd. ) Le nitre s’administre aussi comme médicament. Le nitre , dit Hoffmann, est de tous les remèdes connus le plus prompt et le plus énergique, soit pour prévenir, soit pour dissiper les maladies violentes , qui proviennent de la surabondance de la bile , de l’ébullition violente , et de la chaleur contre nature du sang et des humeurs. En un mot, s’il y a quelque remède qui mérite le titre, de remède universel , c’est certainement l’eau commune et le nitre.
- NITREUX, adj. de nitte.
- ( Chimie ) Acide nitreux ; c’est le même que Vacide nitriquemais
- NI N 579
- moins saturé d’oxigéne , comme l’indique sa terminaison en eux.
- NITRIQUE , adj. de NITRE. *
- ( Çhimie ) Acide nitrique ; c’est un acide qu’on tire du nitrate de potasse ou salpêtre. ( V. NITRE, SALPETRE ). Sa terminaison en ique indique qu’il est dans un état de saturation complète d’oxi-gène.
- NITRO-MURIATIQUE, adjectif formé du grec vhpov ( ni trou ) , nitre, et du latin muria., sel marin.
- ( Chimie ) Acide nitro-muriati-que ; cet acide, connu sous le nom a eau régale , est le produit de la combinaison de Yacide nitrique et de Yacide muriatique ; d'où il résulte un dissolvant particulier de l’or et du platine.
- _ NIVEAU, s. m. corruption de livena, du latin livellum , fait de livella, verge bu fléau d’une balance dont on a fait livelare pour niveler.
- ( Arpent. ) Instrument propre à tirer une ligne parallèle à l’horizon , et à la continuer à volonté ; ce qui sert à trouver la différence de hauteur de deux endroits , lorsqu’il s’agit de conduire de l’eau de l’un à l’autre.
- Oh a imaginé divers instrumens pour perfectionner le nivellement ; ils peuvent tous se réduire à ceux qui suivent.
- Niveau d'air; c’est celui que montre la ligne -de niveau, par le moyen d’une bulle d’air, enfermée avec quelque liqueur dans "un tuyau de verre d’une longueur et d’une grosseur indéterminées , et dont les extrémités sont scellées hermétiquement.
- Niveau d'air avecpinnules ; ce n’est autre chose que le niveau d’air perfectionné , auquel on a ajouté quelques pièces, pour le rendre plus commode et plus exact.
- Niveau d'air avec lunettes ; il est semblable au précédent, excepté qu’au lieu de pinnules il est garni d’un télescope.
- ( Hydraul. ) Le niveau dont on se sert dans l’hydraulique est ordinairement un ^jj»veau d*%au à fioles , qui est un grand tuyau d# O o a
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- SHo N 0 G
- fer blanc soutenu dans son milieu ar deux liens de fer et par une ouille.
- NIVELLEMENT, s. m. même origine que NIVEAU.
- ( Géom. prat. ) Le nivellement sert à mesurer les différences de niveau qu'il est essentiel de con-noitre, pour calculer les difficultés et répondre du succès de la conduite des eaux d'un endroit ;à un autre. On dit que deux ou plusieurs points sont de niveau , lors • qu’ils sont également éloignés du centre de la terre.
- Une ligne droite tangente à une ligne de niveau , est nommée ligne de niveau apparent.
- Nivellement simple ; c’est celui qu’on peut faire d'une seule opération.
- Nivellement composé ; c’est celui qui en nécessite plusieurs.
- NIVOSE , s. m. du latin nix, nivis, neige.
- ( Calendrier rêp. ) Quatrième mois de l’année de la république française. Ce mois qui a 5o jours , comme les onze autres, commence le 21 décembre et finit le i p janvier ; mais dans l’année qui suit immédiatement l’année bissextile, ce mois commence le 22 décembre, et finit le 20 janvier; ce qui retarde d’un jour le commencement de l’année suivante. On lui a donné le nom de nivôse, à cause des neiges qui tombent communément dans ce mois.
- NOBLE, adj. et s. du latin no-tiiis , contraction de nosùbilis y connoissable , distingué.
- ( Econ. polit. ) Qui, par sa naissance ou une concession du souverain , est d’un rang au-dessus des autres citoyens, dans les pays o£t cette distinction est admise.
- ( Anat. ) Parties nobles ; ce sont îas parties sans lesquelles l'homme ne peut vivre , comme Je cœur , le cervelet, l’estomac , etc.
- NOCES, s. f. du latin nuptiœ, formé de nubes , voile , parce qu’il ctoi t d’usage chez les Romains que les filles fussent conduites dans la maison de leurs époux couvertes d’un voile. V. Mariage.
- NOCHER, s. va. Corruption de
- NOD
- naucïier t du latin naudents » contraction de navicularius, dont les Espagnols out fait naucleo.
- ( Marine ) Vieux mot français, qui signifioit pilote. 11 n’est,plus d’usage qu’eu poésie. On l’emploie encore dans les départemens maritimes qui bordent la Méditerranée , pour désigner celui qu’on nomme ailleurs maître d’équipage. NOCTAMBULE,, s. m. du latin
- nox , noctis , nuit, et d’arnbulare y se promener , marcher : qui marche la nuit.
- ( Méd. ) Maladie de ceux qui marchent la unit en dormant.
- NOCTiLUQUE , adj, et s. du ïat. nox, noctis, nuit, et de lux, lucis, lumière: qui éclairé la nuit.
- ( Physique) Corps lumineux pendant la nuit. V PHOSPHORE.
- NOCTURLABF., s. m. composé du lat. noctumus , formé de nox, noctis, nuit, et du grec XoipÇka» (lambanô), prendre.
- ( Marine ) Instrument par lequel on a cru pouvoir, à toute heure de nuit, trouver de combien l’étoile du nord est plus haute ou plus basse que le pôle , et quelle heure il est. Cet instrument n’est plus usité.
- NOCTURNE, adj. du lat. noc-turnus , dérivé de nox , noe'.is , nuit : de nuit, ce qui a rapport à la nuit ; il est opposé à diurne.
- ( Astron. ) Arc nocturne ; e’est l’arc de eerele que le soleil décrit pendant la nuit, c’est-à-dire , l’arc qu’il décrit ou paroi t décrire pendant qu’il est sous l’horizon.
- Arc semi-nocturne ; c’est Ja por-tion de cercle comprise entre l’extrémité inférieure de notre méridien et le point de l’horizon où le soleil se lève ou se couche; en effet, l’arc nocturne est divisé en deux partie* égales, ou à-peu près égales, par lé méridien.
- NO-DUS, s. m. mot latin.
- ( Chirurgie ) mot latin que lé* chirurgiens ont conservé en français et qui signifie nceud : c’est une tomeur dure et indolente qui vient aux jointures , aux ligantens , aux tendons , et qui est souvent un symptôme de la grosse vérole ou de la goutte; mais on prend plus com-jafcunéxnent pour nodus de petites
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- NOI
- exostoses on clés tumeurs en forme de petits nœuds qui s’élèvent sur la superficie des os et la rendent inégale, tumeurs assez ordinaires aux véroles et aux gouteux : on donne encore à ees tumeurs les noms de tophus et de caius.
- NdUD, s. m. du lat. nodus ; enlacement lait de quelque chose de pliant , comme fil , corde , etc. , tlont on passe les deux bouts l’un dans l’autre en les serrant.
- (Marine) L’emploi des nœuds est très-varié dans la marine : pour connoître à fond tous les détails du gréement des vaisseaux , il est essentiel de connoître la manière dont se font les noeuds : leur variété est considérable , et chacun est affecté à un usage particulier.
- Nœuds de la ligne de loc ; ce sont les nœuds qu’on fait à la ligne de loc , à distances égales pour marquer les divisions correspondantes aux milles marins, ou tiers de lieges marines, pendant la durée d’une demi-minute , qui représente nne heure quand on mesure avec le loc , la vitesse du vaisseau.
- Ce mol devient synonime dr milLe, ou de minute de degré , ou du tiers d’une lieue marine ; ainsi , quand on dit nous filons six nœuds, c’est-à-dire , que l’on fait six milles , ou deux lieues de chemin par heure.
- ( Astron. ) On appelle nœuds , en astronomie, les deux points où l’orbite d’une planète coupe l’écliptique.
- Quand la lune est dans les nœuds, elle est aussi dans l’écliptique , ce qui arrive deux fois dans chaque mois: quand elle est à sa plus grande distance des nœuds t on dit qu’elle est dans scs limites.
- Quand il y a éclipse, soit de lune, soit de soleil, la lune doit etre dans, un des nœuds , ou au moins en être fort proche. V- PLANETE.
- ( Gêom. ) Courbe de nœud; c’est une courbe composée de branches, qui se courbent ou se croisent elles-mêmes en revenant sur leurs pas. La lemniscate, le folium et plusieurs autres courbes , sont des tourbes à nœuds.
- NOIR, RE, adj. du lat. nigrum.
- ( Physique) C’est ainsi qu’on ap-
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- pelle un corps qui ne transmet aucune ou peu de lumière.
- (Peinture) Noir s’emploie dans la théorie de l’art, pour désigner un défaut dans la peinture : il y a des tableaux qui sortent noirs de /’atelier, il y en a encore davantage qui poussent au noir, avec le tems.
- (Musique) Noire; on appelle ainsi une note‘de musique qui vaut deux croches ou la moitié d’une blanche. Dans l’ancienne musique, on dis-tinguoit plusieurs espèces de noires ; mais aujourd’hui on ne se sert plus que de la noire,à queue.
- NOIX , s. f. du lat. nux.
- (Botan.) Nom du fruit du noyer, mais qu’on donne par analogie à plusieurs autres fruits revêtus , comme la noix, d'une coque dure et ligneuse, noix de coco, noix d’a-cajou , etc.
- NOM , s. m. du lat. nomen f contraction, de nusumen ou de nu-tumen: le terme dont on a coutume de se servir pour désigner chaque personne ou chaque chose.
- NOMADE, adj. du grec vo/uks (nomas ), formé de vojuiî ( nnrnê ), pâturage : qui recherche les pâturages.
- (Géogr. ) C’est le nom que les anciens ont donné à différens peuples dont toute la vie , toute l’occupation étoit défaire paître leurs troupeaux, qui n’avoient point de demeure fixe, mais changeoient sans cesse suivant la commodité des pâturages : tels étoient anciennement les Numides , les Scythes , et aujourd’hui le» Tartares, les Turcomans.
- NOMANCIE, s. f. du grec avoy.it (onoma), en latin nomen, et de (jutYnieL ( manteia ), divination : devination par le nom.
- ( Divinat. ) L’art de deviner la destinée d’un homme par les lettres de son nom.
- NOMBRE, s. m. du lat. numerus.
- ( Arithmét. ) Collection ou assemblage d’unités ou de choses de la même espèce.
- Newton définit le nombre avec plus de précision : le rapport abstrait d’une quantité à une autre de la même espèce , que l’on prend pour l’unité..
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- Sfa NOM
- D’après cette idée ; il divise les nombres en trois espèces :
- t.° Nombres entiers, ceux qui contiennent l’unité, un certain nombre de fois exactement, et sans reste, comme 2,3, 4, etc. ;
- 2.° Nombres rompus, ou fractions. V. FR ACTIONS ;
- 3 ° Nombres sourds ou incommensurables. V. SOURDS, INCOMMENSURABLES.
- ( Mathémat. ) Les mathématiciens considèrent les nombres sous différens rapports, ce qui produit chez eux différentes sortes de nombres.
- Nombre indéterminé ; c’est, celui ui se rapporte à quelque unité onnée, comme le nombre ternaire ou trois; on l’appelle proprement nombre.
- Nombre déterminé ; c’est celui qui se rapporte à une unité en général ; on l’appelle aussi quantité.
- Nombres homogènes ; ce sont ceux qui se rapportent à la même unité. V. HOMOGENES.
- Nombres hétérogènes ; ce sont ceux qui se rapportent à différentes unités. V. HETEROGENES.
- Nombre rationnel ; celui qui a une mesure commune avec l’unité. V. COMMENSUÇ AB LE.
- Nombre rationnel celui dont l’unité est une partie aliquote.
- Nombre rationnel rompu , celui qui représente quelque partie aliquote de l’unité.
- Nombre rationnel mixte, celui qui est composé d’un nombre entier et d’un nombre rompu, ou de l’unité et d’une fraction.
- Nombre irrationnel, ou sourd, celui qui est incommensurable. .
- Nombre pair, celui qui peut être divisé en deux parties égales , exactement, ét sans qu’il reste de fraction , comme 4, 6, 8 , etc.
- Un nombre est impairenient-pair, quand il peut être divisé en deux parties égales et impaires; par exemple , i4.
- On appelle nombre premier, ou primitif, celui qui n’est divisible que par l’unité, comme 3,7, n.
- Les nombres premiers, entr’eux, sont ceux qui n’ont d’autre commune mesure que l’unité, comme i5, 19.
- NOM
- Nombre composé ; c’est celui qui est divisible, non-seulement par l’unité , mais par d’autres nombres encore ; comme 8 , qui est divisible par 4 et par 2.
- Les nombres composés entr’eux, sont ceux qui ont pour commune mesure, non-seulement l’unité, mais encore d’autres nombres, comme 12 et i5.
- Nombre parfait ; c’est celui dont les parties aliquotes étant ajoutées ensemble , rendent précisément le nombre dont elles sont les parties , comme 6 , 28. Les parties aliquotes de 6 , sont 3 , 2 , 1 , qui font 6.
- Celles de 28sont, i4,7, 4, 2 et 1, qui font 28.-
- On distingue les nombres en imparfaits, abondans et défectifs.
- Nombres imparfaits , ceux dont les parties aliquotes, ajoutées ensemble , font plus ou moins que le nombre total, dont elles sont les parties.
- Nombres abondans, ceux dont les parties aliquotes, ajoutées ensemble, fon,t plus que le tout dont elles sont les parties, comme 12, dont les parties 6 , 4 , 3 , 2, 1 , font 16.
- Nombres défectifs, ceux dont les parties aliquotes , ajoutées ensemble , font moins que le nombre total dont elles sont les parties, comme 16 , dont les parties aliquotes 8,4, 2 et 1 , ne font que i5.
- Nombre plan ; c’est celui qui résulte de la multiplication de deux nombres ; par exemple 6 , qui est le produit de 2 par 3.
- Nombre carré ; c’est le produit d’un/mméremultiplié parlui-inême; ainsi 4, qui est le produit de 2 par 2, est un nombre carré.
- Nombre cube , ou cubique ; c’est le produit d’un nombre carré par sa racine : par exemple 8, qui est le produit d’un nombre carré , par sa racine 2.
- Nombres polygones ; ce sont des sommes de progressions arithmétiques qui commencent par l’unité. Celles de progressions, dont la différence est'i , sont appelées triangulaires ,- celles dont la différence est 2 , sont des nombres carrés ; celles dont la différence est 3 , sont
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- NOM
- îles nombres pentagones ; celles dont la différence est 4, sont des nombres hexagones ; celles dont la différence est 5 , des nombres heptagones.
- Nombre cardinal ; c’est celui qui exprime une quantité d’unités, comme 1,2, etc.
- Nombre ordinal ; c’est celui qui exprime leur ordre ou leur rang.
- Nombre absolu ; F. ABSOLU.
- Nombre abstrait. V. ABSTRAIT.
- Nombre amiable. N. AMIABLE.
- Notnbre concret. F. CONCRET.
- Nombres proportionnels, qui sont entr’eux dans une proportion.
- Nombres moyens proportionnels, arithmétiquement; ce sont les nombres qui croissent ou décroissent, selon une différence continuelle, comme 3, 5 7, 9, etc. , pïi la différence entre deux nombres se trouve toujours là mênie, qui est ici, 2.
- Nombres proportionnels continuellement ; ce sont les nombres qui se suivent dans une même raison , de sorte que chacun d’eux , excepté le premier et le dernier , remplit en même tems la place du terme de l’antécédent et du conséquent d!une raison ; tels sont les nombres 2 , 6, 18, 54 ; car 2 est à 6, comme 6 est à 18, et 6 est à 18, comme 18 est à 54.
- Nombre solide ; c’est le produit de la multiplication de trois autres nombres ; ainsi 3o est un nombre solide, parce qu’il est formé par la multiplication de trois nombres , 2, 3 et 5. Ces nombres s’appellent côtés.
- Nombres solides semblables ; ce sont les nombres dont les côtés équi-nornes ont la même proportion. C’est ainsi-que les nombres soli des 48 et 162 sont semblables ; car , comme la longueur du premier 2 est à sa largeur 4, ainsi, la longueur du second 3 est à sa largeur 6 ; de même , comme la longueur du premier 2, est à sa profondeur 6, ainsi, la longueur du seconds est à sa profondeur g. Enfin , comme la largeur du premier 4 est à sa profondeur 6, ainsi, la largeur du second est à sa profondeur g.
- Nombre sur-solide ; c’est le
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- nombre qui se formé , en multipliant le carré par le cube d’une racine , ou le carré par lui-même , et le produit encore par lui-même ; ainsi, nombre carré de 3 étant multiplié par 3 donne 27 , qui, multiplié par g , donne 245 , qui est un. nombre sur-solide.
- ( Elocution ) On distingue les noms de nombre, le nombre dans les mots, et le nombre oratoire.
- Noms de nombre ; ce sont ceux dont on se sert pour exprimer les rapports numériques que l’on conçoit dans les choses.
- Le nombre dans les mots, se distingue en pluriel et en singulier. Le premier sert à exprimer une seule chose, et l’autre sert à en exprimer plusieurs. -
- Le nombre oratoire est ce qui résulte d’un certain arrangement de paroles. V CHUTE, MOUVEMENT, RHYTHME , PIED , MESURE, PHRASE , MEMBRES DU DISCOURS.
- ( Chronol. ) Nombre d'or ; c’est le nombre par lequel on indique l’année du cycle lunaire, ou le cycle lunaire lui-même, qui est une révolution de tg aimées solaires. On a appelé ce nombre nombre d’or, parce qu’on le marquoit à Athènes en lettres d’or , à cause dé la grande utilité dont parut être l’invention du cycle lunaire, imaginé par Méton.
- Le nombre d’or fut introduit, dans le calendrier, du tems du concile de Nicée, l’an 025, pour marquer par là les nouvelles et pleines lunes.; mais comme ce nombre ne les indique pas exactement, on a imaginé les épactes, qui les marquent avec plus de précision. F. CYCLE LUNAIRE , EPACTE.
- ( Ecriture-Sainte ) Livre des Nombres ; c’est le nom du quatrième livre de Moyse. On l’appelle ainsi , parce que les tro;s premiers chapitres contiennent les dénom. -bremens des Hébreux et des Lévites , que Ton fit séparément 'âpres l’érectioti et la consécration du tabernacle.
- NOMBRIL, s. m. du lat. um~ bilicus , formé d’ambo, le bouton ou bosse qui est au milieu d’un, bouclier.
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- fcS4 NOM
- ( Anal. } Nœud placé au milieu du ventre , formé de la réunion pu des vaisseaux ombilicaux , que l’on coupe à l’enfant aussitôt qu’il est né.
- ( Géom. ) Nombril, ou au moins le mot latin umbilicus est employé par Newton pour désigner l’axe dans une ligne courbe , qu’en français on appelle foyer.
- NOME , s. m. du grec v»^tar ( nomos), loi, règle.
- (Musique ancienne ) C?étoit chez les Grecs un chant déterminé par des règles qu’il n’étoit pas permis d’enfreindre.
- Les nomes empruntaient leur dénomination , i.H ou de certains peuples, nome éolien, nome lydien ; 2." ou de la nature du rythme, nome orthien, nome dacty-lique , nome trochaique ; 5.° ou de leurs inventeurs, nome hiéracien , nome pojymnestan ; 4.° ou de leurs sujets , nome pythien, nome comique ; 5.° ou epfin de leur mode , nome hypatoide ou grave, nome nélo'ide ou aigu , etc.
- Il y avoit des nomes bipartites qui se chantoient sur deux modes ; il y avoit même un nome appelé fripartite, duquel Sacadas ou Clo-nas fut l’inventeur, et qui se chan-toit sur trois modes ; savoir : le dorien , le phrygien et le lydien.
- Mode nomique ; c’étoit chez les Grecs le nome d’un genre de style musical, qui étoit consacré à Apollon , dieu des vers et des chansons , et dont on tâchoit de rendre les chants brillans et dignes du dieu auquel ils étoîent consacrés.
- NOMENCLATEUR. Les Romains anpelloient nomenclalor, pour no-minum clumator, un esclave qui ac-compagnoit les gens qui briguoient les magistratures , et'qui leur sug-géroient les noms de tous les citoyens qu’ils rencontroient , afin de les saluer en les appelant par leurs noms, ce qui étoit la manière la plus civile.
- ( Sciences et Arts) Nomenclateur parmi nous est celui qui s’applique à la nomenclature d’un catalogue des termes d’une science ou d’un art.
- NOMENCLATURE , s. F. du latin nomen, nom, et de clami-
- NOI
- taîio , cri, énonciation : catalogue des mots les plus ordinaires 5’une langue, d’une science.
- ( Botan. ) Nomenclature se dit plus particulièrement de cette partie de la botanique, qui a pour objet d’assigner à chaque plante le pom <^ui luj est propre, d’après les principes adoptés par les différentes méthodes botaniques.
- ( Çhimie ) N°menclature chimique ; long- teins avant que les découvertes modernes eussent donné à la chimie une forme, pour ainsi dire, nouvelle, les savans qui la cultivoient avoient reconnu 1 anéce-s site d’en modifier la nomenclature.
- La plupart des expressions dont on se servoit en chimie, il y a vingt ans , y ont été introduites par les alchimistes, dont l’objet n’étoit pa3 toujours de se faire entendre , au moins du vulgaire, ou par des chimistes systématiques , qui ont rayé du langage ce qui ne cadroit pas avec leurs idées, et dénaturé ce qu’ils ont bien voulu conserver.
- M. Marquer et M. Baume s’é-toient déjà occupés de débarrasser la chimie des obstacles qui retar-doient ses progrès, et c’est à eux qu’on doit principalement d’avoir désigné les sels métalliques , par le nom de l’acide, et par celui du métal qui entrent dans leur composition.
- Depuis, M. Bergmann et M. Buc-quet ont étendu plus loin l’application des mêmes principes ; mais aucun chimiste n’avoit conçu un plan d’une aussi vaste étendue que celui dont M. Guyton de Moreaux présenta le tableau à l’académie des sciences en 1782 , et qui a été adopté depuis dans presque toute l’Europe.
- Les rapides progrès que la chimie a faits depuis 20 ans, sont dus en grande partie à son nouveau langage analytique , qui en présentant une substance quelconque, indique par sa dénomination même sa nature et ses principes. C’est le premier exemple d’une langue systématique et analytique, qui n’admet rien d’arbitraire , qui s’adapte non-seulement aux faits connus, mais encore aux découvertes à faire j qui a sur tout l’avantage de n’e^&t-
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- NON
- ployer qu’un très - petit nombre de mots, avec lesquels, et au moyen de quelques variations dans leurs terminaisons , elle indique , à la fois, les diverses substances, les définit, rappelle leurs parties constituantes , les classe dans leur ordre de composition, et assigne jusqu’aux proportions qui font varier leurs propriétés.
- NOMIE, s. m. du grec vo/aoj ( nomos ), loi, règle.
- ( Sciences et Arts ) Ce mot entre dans la composition de plusieurs mots français tirés du grec , tels qu’astronomie , économie, etc, et désigne, en général, l’art de régler certaines choses , les lois selon lesquelles elles se font , l’ordre à suivre dans la distribution et l’arrangement de leurs parties.
- NOMOCANON , s. m. du grec vo.uoc ( nomos ), loi , et de aavàv ( kanôn ), règle , canon.
- ( Bibliologie) Titre déplu sieurs ouvrages ou recueils de lois, canons , etc.
- Nomocanon, ou recueil de canons et des lois impériales qui y ont rapport ; par Jean le Scholastique , par Photius, par Balsamon.
- Monocanon , ou recueil des anciens canons des apôtres , des conciles , des pères , par M. Cutelier.
- Monocanon est encore le titre des livres pénitentiaux des Grecs ; tel est celui de Jean-le-Jeûneur.
- NOMOGRAPHE, s. m. du grec vomoç ( nomos ) , loi, et de ypâ<pee ( graphâ ), écrire : qui écrit sur les lois.
- ( Bibliol. ) Celui qui compose ou qui recueille les traités des lois.
- NQMOLOGIE, s. f. dugr. vifjios ( nomos ), loi, et de koyoç [logos, discours , traité.
- ( Bibliol. ) C’est le titre de la seconde classe de la bibliographie de l’abbé Girard ; par ce mot, il entend tout ce qui regarde la société , dont la conservation est indispensablement attachée à l’observation des lois.
- NONAGÉSI3VIE, adj. et s. dulat. nonagesimus.
- . ( Astron. ) Le point de l’éclip— tiqae éloigné de 90 degrés des sec-
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- tioH3 de l’horizon et de l’éclipti-qpe ; c’est le point qui est le plus élevé au-dessus de l’horizon dans un moment donné , et dont la hauteur mesure l’horizon.
- Les astronomes calculent souvent les éclipses de soleil, et les parallaxes qui influent sur les éclipses , au moyen du nonagésims.
- NONCE,s . m. du latin nuncius , envoyé, ambassadeur.-
- ( Cour de Rome ) Ambassadeur du pape vers un prince ou un état catholique. Ce mot nonce a eu de la peine à s’introduire, et il n’a commencé d’ètre d’un usage général , qu’au milieu du îô1”6 siècle.
- NONES, s. f. du lat. nonœ.
- ( Calendrier romain ) C’étoit un des noms par lesquels les Romains distinguoient les jours des mois.
- Dans chaque mois il y avoit trois sortes de jours ; savoir : jours des noues, jours des ides, et jours des calendes. Tous ces jours se comp-toient en rétrogradant. Dajjs les mois de mars , de mai, de juillet et d’octobre , il y avoit six jours des nones, et dans les huit autres mois de l’année, il n’y en avoit que quatre.
- Dans les mois qui avoient six jours de nones , les nones tora-boient au septième jour du mois ; les cinq autres jours, en remontant jusqu’au deuxième, s’appe-loient jours avant lés nones.
- Dans les mois qui n’aroient que quatre jours des nones, les nones tomboient au cinquième jour du mois ; les trois autrés jours se comp-toient aussi en rétrogadant jusqu’au deuxième ; de sorte que le deuxième jour de ces mois-là étoit marqué par IV nouos. V. IDES , CALENDES.
- NONIUS, s. m. Nom d’homme.
- ( Mathém. ) Nonius est le nom d’une petite pièce employée dans la division des instrumens de mathématiques, ainsi appelée du nom de celui qui en est supposé l’inventeur ; d’autres en font honneur à Vernier. V. ce mot.
- NORD , s. m. du saxon nor'h.
- [ Astronom. ) L’un des quatre points cardinaux qui divisent l’horizon en quatre parties égales.
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- C’est aussi le nom que Eon Jeune à l’un des pôles du monde ; celui qui est situé auprès de la constellation de l’ourse.
- C’est encore le nom d’une des quatre principales plages. C’est un des quatre points cardinaux , c’est* à dire , le point de l’horizon qui est coupé par le méridien du côté du pôle.
- Enfin, c’est le nom du vent qui souffle de ce côté-là.
- NORMAL, adj. du lat. norma, règle.
- ( Géorn. ) Ligne normale ; c’est ce que l’on appelle autrement et plus ordinairement ligne perpendiculaire.
- ( Instr. publ. ) Ce mol s’est dit, dans la révolution de certaines écoles destinées à former des maîtres pour les autres écoles , à l’instar des écoles normales qui existent depuis long-tems en Allemagne.
- NOSOGRAPHIE. s. f. du grec vins (liosos), maladie, et de yfaças (graphô), décrire.
- ( Méd ) Description des mala-di es. \
- NOSOLOGIE, s. f. du grec vins (nosos), maladie, et de xiyos{làgos), discours , traité : disqours; ou traité, sur les maladies.
- {Méd. ) Partie de la pathologie , qui a pour objet la division des maladies en plusieurs espèces, et les .•uiifFér ens noms qu’on leur donne.
- NOSTALGIE , s. f. du grec vitrros (nostos), retour, etd’&vyoç (algos), ennui, tristesse : ennui causé par le désir du retour. .
- ( Méd. ) Maladie du pays , ou désir violent du retour dans sa patrie.
- NOSTOMANIE, s. f. du grec vioras ( nostos ), retour, et de /axvtœ. {mania), folie, manie: la folie du retour.
- ( Méd. ) C’est la même chose que NOSTALGIE.
- NOTAIRE , s. m. du lat. nota-rius, formé de nota, note, marque , caractère d’utie écriture abrégée.
- (Pratique) Officier public établi pour rédiger par écrit et dans les formes prescrites, les actes qui se
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- font volontairement entre les ci-toyens. Leur nom vient de ce que ceux qui, chez les Romains, étoient chargés de recevoir ces actes, les fai-soient d’abord rédiger par des preneurs de notes , en écriture abrégée, que l’on appeüoit notarié.
- NOTE, s. f. du lat. nota, note, marque.
- (Musique ) Notes; ce sont des signes ou caractères dont on se sert pour noter, c’est-à-dire, pour écrire la musique.
- Les Grecs se servoient des lettres de leur alphabet pour noter leur musique.
- Les Latins notoient aussi leur musique avec les lettres de leur alphabet ; mais dans le onzième siècle, un bénédictin d’Arezzo, nommé Gui. substitua à ces lettres des points posés sur différentes lignes parallèles , à chacune desquelles une lettre ser-voit de clef. Dans la suite on grossit ces points, on s’avisa d’en poser aussi d?Ss' les espaces compris entre ces lignes, et l’on multiplia , selon le besoin, ces signes et ces espaces.
- NOTORIETE , s. f. du latin no-torius, notoire, dont on fait noto-rietas, tous, les deux dérivés de nosco , notum.
- ( Pratique ) Evidence ou connois-sance d’un fait que tout le monde aperçoit, ou peut apercevoir.
- Actes de notoriété ; ce sont des actes par lesquels les juges d’un «tribunal consultés sur quelques matières , rendent raison de leurs usages.
- NOUER', v. a. du lat. nodare , lier, en faisant un nœud.
- {Botan. ) Ce mot exprime le moment où la fécondation de l’ovaire a lieu, ou , si l’on veut, le passage de la fleur au fruit. C’est, dans les plantes , le grand œuvre de la génération , après lequel les parties de la fleur qui y ont concouru, et qui désormais demeurent inutiles, se dessèchent , et tombent pour faire place au jeune fruit. On dit alors que le fruit est noué , ce qui signifie que le germe est devenu fruit.
- NOURRI, E , partie, de nourrir, du lat. nutrire, sustenter, servie d’aliment.
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- ( Arts du dessin ) Nourri , dans îe langage de Fart, est l'opposé du sec et du maigre. .Un trait sec est vicieux , il faut qu’il soit nourri. Les dessins doivent être faits d’un crayon nourri. On doit peindre d’un pinceau nourri, et c’est ce qui conduit à un faire gras et moelleux.
- NOVEMBRE, s. m. du lat. no-vernber, neuvième.
- ( Calendrier ancien ) Nom du onzième mois de l’année (vieux style). Le nom de novembre lui vient du nombre neuf, parce qu’il étoit le neuvième mois de l’année romaine , qui commençoit parle mois de mars.
- NOVICE , adj. et s. du lat. novi-tius , qui est nouveau , peu exercé.
- ( Hist. rom. ) Dans les anciennes milices romaines on appelloitnovices les jeunes ouïes nouveaux soldats.
- ( Marine) Ou appelle ainsi , dans la marine de France, les jeunes gens au-dessus de seize ans , qi\vs’emh&r-quent pour la première fois, pour s’instruire et s’exercer dans la profession de matelot, ou qui ayant navigué précédemment comme mousses, acquièrent avec l’âge cette nouvelle dénomination.
- NOYER , v. a. du lat. negare , pour necare. faire mourir dans l’eau ou dans quelque autre liqueur.
- ( Marine ) Noyer un vaisseau , noyer une terre; c’est perdre insensiblement de vue ses parties basses , à mesure que le vaisseau s’en éloigne ; ce qui est l’effet de la con vexité ou rondeur de l’arc de l’horizon , compris entre cet objet et l’œil du spectateur.
- On dit aussi que la batterie basse d’un vaisseau est noyée, lorsqu’il est trop chargé et que les sabords de cette batterie sont trop près de l’eaii.
- (Peinture) Noyer, en termes de peinture , c’est mélanger les couleurs , marier les tons , fondre les teintes, les unir entr’elles par des passages insensibles , imiter enfin la nature qui, par' exemple , sur la peau d’une personne bien saine , ne place point séparément ses couleurs les unes à côté des autres, mais y répand une variété inimitable de tons, dont l’ceil le plus subtil ne
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- peut découvrir ni le commencement ni la fin.
- Cependant, des maîtres que l’on compte avec justice au nombre des grands coloristes , ont négligé de noyer leurs teintes , et se sont contentés de les placer les unes à côté des autres : c’étoit la pratique de Rubens, et quelquefois Rembrandt a poussé si loin ce procédé , que ses ouvrages, vus de près, ne sont que des ébauches grossières. Mais les artistes qui ont adopté cette manière, vouloient que les spectateurs ne regardassent leurs tableaux que d’une distance convenable , parce que l’air interposé entre l’œil du spectateur et l’ouvrage de peinture, en noyé les teintes plus parfaitement encore que ne pourroit faire le pinceau : elies n’ont donc aucun besoin d’être noyées dans les tableaux qui doivent être placés à une certaine hauteur , et demandent à l’être davantage dans les petits tableaux de chevalet.
- Les peintures en miniature ou en pastel sont couvertes d’une glace qui en attendrit les parties qui, sans cela , paroitroient trop sèches.
- Les portraits en émail n’ont pas besoin d’être recouverts , parce que les couleurs ont été fondues au feu , et ont acquis ce poliment que l’on tâche de donner aux autres peintures , soit par le travail, soit par le maniement du pinceau , soit par Je vernis ou par le secours du verre , et encore en l’aidant de l’air qu’on interpose entre l’œil et l’objet par le moyen des différentes distances.
- NU , E , adj. du lat. nudus, qui n’est point vêtu , qui n’est point couvert.
- ( Chimie ) Feu nu ; c’est un feu libre et en plein air.
- ‘ ( Minéral) Métal nu; c’est celui
- qui se rencontre dans le sein de la terre , dégagé de toute substance * étrangère.
- ( Bolan. ) Nu se dit encore des parties des plantes qui ne sont recouvertes ou accompagnées d’aucune autre partie.
- (Peinture ) On dit étud:er, indiquer , prononcer le nu ; on dit encore : Cet artiste ne conhoît pas assez le nu; sous cette draperie
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- on n3 entrevoit pas, on ne sent pas assez le nu.
- Ces dernières manières de s'exprimer ont rapport à la correction du dessin. Les vêtemens recouvrent leurs principales formes de celles des parties du corps qu’ils couvrent , de leurs proportions , des os et des jointures. Voilà ce qui décide les plans, les effets , les plis des étoffes; et le mannequin ne supplée pas à la nature , mais trompe et égare le plus souvent l’artiste.
- L’étude du nu est donc indis-ensable. Le nu dessiné et observé écidera naturellement les masses, les plis et les effets du clair-obscur. Aussi, rien n’est plus facile que de discerner dans un ouvrage une' figure drapée de pratique, et qui n’a pas été dessinée auparavant d’après la nature.
- NUAGES , s. m. de nubes , dont on a fait nebula , pour nuages.
- ( Physique ) Masse de vapeurs d’une grandeur et d’une couleur très-variables, qui nous paraissent ' quelquefois immobiles , mais .qne nous voyons le plus souvent flotter au gré des vents dans le sein de l’atmosphère.
- Les nuages ne different des brouillards que pan la place qu’ils occupent dans l’atmosphère. Ce qui est un nuage pour le spectateur situé dans la plaine ,• devient un brouillard pour celui qui est placé sur le sommet d’une montagne.
- NÜAISON , s. f. de nuée, nuage.
- ( Marine ) On appelle de ce nom le tems que dure un vent fait, qui souffle d’une certaine partie, surtout dans les parages des vents variables ; parce que ces vents cha-rient ordinairement avec eux une certaine quantité de nuages, qui semblent donner ce qn’on appelle de la nourriture au vent.
- Ces nuaisons excèdent rarement la durée de t5 ou 20 jours.
- Nous eûmes, vers les Açores, une nuaison du sud-ouest, qui nous mena jusques dans Brest.
- NUANCE , s. f. du lat.. nuantia, pour nuagium, nuage: diminution , adoucisseineut de couleur.
- ( Peinture ) Ce mot désigne la gradation d’une couleur, depuis
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- son degré le plus clair , jusqu’à son degré le plus sombre.
- On l’emploie aussi pour exprimer la convenance , l’accord , l’amitié des couleurs qui sont placées près les unes des autres. Cependant les peintres se servent plus volontiers du mot PASSAGE , V. ce mot.
- NUIT, s. f. du lat. nox , noctis.
- ( Astron. ) Tems pendant lequel le soleil se tient au-dessous de l’horizon.
- Ce tems n’est pas d’une égale durée par-tout, ni dans tous les tems.
- Sous i’équateur les nuits sont égales aux jours ; sous le pôle , la nuit dure la moitié de l’année. Le jour des équinoxes, les nuits sont égales aux jours dans tous les climats de la terre.
- Dans l’hémispbère septentrional que nous habitons , les nuits sont plus grandes que les jours , depuis l’équinoxe d'automne jusqu'à celui du printems, et les nuits sont plus courtes que les jours, depuis l'équinoxe du printems jusqu’à celui d’automne. Les plus grandes nuits de l'hémisphère arrivent au solstice d’hiver , et les plus courtes au solstice d’été. C’est le contraire dans l’hémisphère méridional.
- ( Chronol. ) Les anciens Gaulois et les anciens Germains divisoient le tems non par jours, mais par nuits , comme il paroit par diffé-reus endroits de Tacite et de César, lies Arabes font encore de même. Les premiers Anglais - Saxons , comme tontes les nations du Nord, étoient dans l’usage de compter par nuits ; de-là sont venus les mots sevennigth ou séannight, et fort— nigth , pour huitaine et quinzaine , dont les Anglais font eucore usage aujourd’hui.
- NUMERAIRE , adj. et s. du lat. numerarius.
- (Hist. rom.) C’étoit, dans les siècles postérieurs de l’empire romain , un officier chargé de porter dans le trésor l’argent que l’on tiroit des levées quel’on faisoitsurle peuple.
- ( Monnaies ) Numéraire s’est dit ensuite de la valeur fictive des espèces. L’écn est de trois livres , valeur numéraire.
- Numéraire a été ensuite enr
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- ployé au substantif pour la quantité d’or ou d’argent moniioyé dans un Etat.
- Enfin , il se dit aujourd’hui par opposition au papier monnoie , billet, etc. , et dans le même sens qu’espèce sonnante. J’avois prêté du numéraire, on m’a rendu du papier.
- NUMÉRATEUR, s. m. du lat. numéro, compter, nontbrer.
- ( Arithmét. ) Nom que l’ori donne au chiffre supérieur d’une fraction. Il indique quel nombre il faut prendre des parties dont la quantité est exprimée par le chiffre inférieur , que l’on nomme dénominateur.
- NUMÉRIQUE , ou NUMÉRAL , ad}, de numerus, nombre.
- ( Arith. ) Ce qui a rapport aux nombres.
- Calcul numérique ; c’est celui qui se sert des nombres au iieu des lettres de l’alphabet.
- Différence numérique ; c’est la différence qui distingue un individu d’avec un autre.
- ( Géom. ) Exégèse numérique ; c’est l’extraciion numérique des racines des équations , ou la solution numérique de ces équations. E. EXÉGÈSE.
- NUMISMATIQUE , s. et adj. du grec 'toiAnr/juL ( nomisma ) , médaille : pièce de monnaie qui a rapport aux médailles ou à la science des médailles.
- NUMISMATOGRAPHIE , s. f.
- du grec voy.nry.ci ( nomisma) médaille , pièce de monnoie , et de ypi<pa> ( graphô) décrive.
- ( Numism.) Description des médailles et des monnoies antiques.
- NUNCUPATIF, adj. du latin nuncupo, déclarer de bouche.
- { Pratique) Testament nuncupa-tif; c’est un testament fait de vive voix.
- NUQUE , s. f. du lat. nuca , formé vraisemblablement de nux , nucis, noix.
- (Anat.) Enfoncement qui se trouve derrière le cou.
- NUTATjON, s. f. du îat. nuta-tiû , formé de nuto , faire signe par nu remuement de tète : balancement.
- {Astron.) Mouvement apparent
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- d’environ dix-huit secondes, qu'on observe dans les étoiles fixes par rapport à l’équation, et qui vient du déplacement de l’équateur terrestre par l’atiraction de la lune.
- Dès que l’on eut une idée de l’attraction universelle , on ne douta pas qu’il n’y eût dans l’axe de la terre , quelque balancement qui pro-duisoit une nutation apparente dans les positions des étoiles fixes. Fiams-tead et Romer l’avoient dit formellement , et c’étoit une idée qui se présentoit naturellement , eu voyant que les cv.cieus astronomes avoieot admis déjà une semblable nutation dans l’obliquité de l’écliptique.
- ( Botan. ) Nutation est aussi un terme employé par les botanistes, pour exprimer la direction des plantes du côté du midi.
- Les fleurs , les feuilles , les tiges des plantes, même de celles qui sont exposées à l’ardeur du soleil , se penchent du côté de cet astre , et ce changement de direction que l’on nomme nutation , est l’effet du dessèchement et du raccourcissement des fibres qui se ressentent le plus vivement de la chaleur.
- NYGTALGPE , s. m. du grec véf ( nux ), nuit ; géuit. de wzroç ( nue-fos), et de œxj> (ops) : œil de nuit-
- ( Médec. ) On appelle ainsi celui qui voit mieux la nuit que le jour.
- ] 1 est opposé à HEMERALOPE. V. ce mot.
- NYMPHES, s. f. du grec vvyqn (numphê), jeune épouSte , nouvelle mariée.
- ( Mythol.) Nom donné par les anciens à certaines divinités , qui, selon eux, habitoient les fleuves , les fontaines , les bois , les montagnes et les prairies.
- {‘Anal.) C’est par comparaison aux nymphes de la fable , qu’on a appelé nymphes deux productions d.es parties de la génération de la femme , qui descendent du clitoris sur les parties latérales de l’orifice du conduit urinaire; et qui, en se contractant, conduisent l’urine, et semblent présider aux eaux de la femme.
- (Entomologie) Nymphe se dit aussi du second état* psr lequel la
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- plupart des insectes passent avant de parvenir à celui d’insecté parfait.
- L’état de nymphe ÿselon Lyonet, est un état d’imperfection , accom-gagné souvent d’inactivité , de jeûne et de foibiesse, par où l’insecte passe après être parvenu à une certaine grandeur, et dans lequel son corps reçoit les préparations nécessaires pour être transformé en son état de perfection.
- NYMPHOMANIE , s. f. du grec vô/ut-t» ( numphê), jeune fille , et de jUîfvia [mania), manie.
- (Méd.) Délire furieux, lascif et sans fièvre , dont les filles et les femmes sont quelquefois atteintes , en conséquence d’une passion amoureuse , excessive et charnelle. C'est
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- la même chose que FUREUR UTÉRINE. V. ce mot,
- NYMPHOTOMIE , s. f. du. grec vvp.(pu ( numphê ), et de t4/xvce ( temnô ) , couper, inciser.
- ( Chirurgie ) Opération de chirurgie ; retranchement ou section des nymphes , lorsqu’elles sont trop grosses ou trop grandes, qu’elles proéminent hors des lèvres des parties naturelles, qu’elles incommodent en marchant, en s’asseyant, et même dans le coït. Les chirurgiens français pratiquent rarement cette opération: mais en Afrique elle est si commune , qu’il y a des hommes qui n’ont d’autre métier, et qui vont dans les rues en criant qui est celle qui veut être coupée.
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- DICTIONNAIRE
- DES
- SCIENCES ET DES ARTS.
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- DICTIONNAIRE
- DES
- SCIENCES ET DES ARTS,
- CONTENANT
- L’Etymologie , la définition et les diverses acceptions des termes techniques usités dans l’Anatomie, la Physiologie, la Médecine, la Chirurgie, la Pharmacie, la Chimie; — la Zoologie, l’Ornithologie, l’Ychtiologie, l’Entomologie, etc. — la Botanique, la Minéralogie; — les Mathématiques, la Métrologie ou le système des nouveaux poids et mesures; — l’Analyse, la Mécanique, l’Hydraulique, la Statique, l'Hydrostatique , la Dynamique , l’Hydrodynamique, la Physique , l'Optique , l’Acoustique, la Pneumatique, l’Electricité, le Galvanisme ; — l’Astronomie, la Gnomonique, la Géographie, l’Hydrographie, la Navigation ; — la Peinture, la Sculpture, la Gravure ou la Glyptique,; l'Imprimerie; l’Architecture; la Marine , l’Art de la guerre; le Blason , la Gymnastique, la Chorégraphie; — la Pêche, la Chasse; — le$ Arts et Métiers ou la Technologie; — l’Economie domestique, l’Agriculture, le Jardinage, le Commerce; —l’Economie politique, les Titres d’honneur et de dignité, la Diplomatie;—la Littérature , la Grammaire, la Rhétorique, la Poésie, l’Art dramatique ; —la Logique, la Morale, la Métaphysique, la Théologie ; — la Jurisprudence, la Pratique ; la Bibliographie, l’Antiquité, la Diplomatique; l’Histoire, la Chronologie, la Numismatique, etc. etc.
- On y a joint le Tableau historique de l’origine et des progrès de chaque branche des connoissances humaines, et une Description abrégée des machines, des instrumens et des procédés anciens et modernes employés dans les Arts.
- PAR M. LUNIER.
- TOMEIIL
- A PARIS,
- CHEZ LE NORMANT, IMPRIMEUR-LIBRAIRE,
- RUE DES PRÊTRES SAINT-GERMAIN-Ii’aUXERROIS, N°.
- Et chez, H. NICOLLE et G®, rue des pktïts-augu stins, w°» 35,
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- DICTIONNAIRE
- DES
- SCIENCES ET DES ARTS.
- Oeclavé, ad), du lat. obcla-
- vatus, composé d’ob, autour, et de clava, massue.
- ( Botan. ) Terme de botanique , employé pour désigner les parties des plantes , qui ont la forme d’une massue renversée.
- OBCONIQUE, adj. du latin ob-conicus.
- ( Botan. ) Qui a la forme d’un cône renversé-,
- OBCORDE, adj. du latin obcor-datus, de cor, cordis, cœur,
- ( Botan. ) Qui a la forme d’un cœur renversé.
- OBÉDIENCE, s. f. du latin obe-dientia, obéissance.
- ( Hisl. ecclés.') Ce mot , dans sa signification primitive, est la même chose qu’obéissance. On l’a employé ensuite pour exprimer la soumission que les religieux dévoient à leur supérieur.
- Dans le tems du grand schisme , on disoit se ranger sous Vobédience (sous l’obéissance ) , d’Urbain VI, ou de Clément Vil ; et on appeloit états d’obédience, les états qui reconnois-soient l’un ou l’autre pape , selon le parti qu’on avoit embrassé.
- On appelle encore aujourd’hui pays d’obédience , les pays où le pape nomme aux bédéfices, ou dans lesquels il exerce une juridiction plus étendue que dans les autres. Dans cette acception on dit que l’Allemagne est,un pays d’obédience.
- / OBELISQUE , s. m. du grec (obeliskos), dérivé d’è&xoÿ iobclos), aiguille : qui a la forme d’une aiguille.
- ( Arcidt. ) Pyramide quadrangu-laire, menue, haute et perpendicu-Uctnc m:
- lairement élevée en pointe pour servir d’ornement à quelque place, et qui est souvent chargée d’inscriptions ou d’hiéroglyphes.
- ( Hyaraul.) On appelle obélisque d’eau , une sorte de pyramide à plusieurs faces, qui sont formées par des nappes,d’eau, à divers étages.
- OBÉSITÉ, s. f. du lat. obesilas, d’obeso, engraisser.
- ( Méd. ) Embonpoint excessif occasionné par une abondance de graisse qui se fige dans le tissu cellulaire, le gorge, le distend et augmente prodigieusement la masse du corps.
- OBJECTIF, adj. et s. dérivé d’ob-jiccre, mettre au-devant.
- {Dioptriquë) verre objectif; c’est celui des verres d’une lunette ou d’un microscope à plusieurs verres. qui est tourné vers l’objet. On l’app- lie ainsi pour le distinguer de l’oculaire, qui est tourné vers l’œil. V. MICROSCOPE , TÉLESCOPE.
- Dans le télescope, Vobjectif doit être d’un plus grand foyer que l’oculaire. C’est le contraire dans un microscope.
- Pour s’assurer de la régularité et de la bonté d’un verre objectif, on décrira sur un papier deux cercles concentriques, tels que le diamètre de l’un soit égal à la largeur du verre objectif, et le diamètre de l’autre égal à la moitié de cette largeur : on divisera la circonférence intérieure en six parties égales, et on y fera six petits trous avec une aiguille. Ensuite on couvrira avec ce papier une des faces du verre, et l’expesant au soleil on recevra les rayons qui passeront par chaque trou, sur un plan qui soit à une j uste distance du verre ; en reçu-
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- tant ou approchant le plan, on doit trouver un endroit où les six rayons qui passent par les six trous se réunissent exactement; s’ils se réunissent en effet ainsi, c’est une marque que le verre objectif est bien fait, et le point de réunion est le foyer de ce verte.
- OBLIGATION , s. f. du latin obligo, lier autour.
- ( Pratique ) Lien de droit naturel ou cîVil, qui nous oblige à faire ou a donner quelque chose.
- OBLIGE, partie, d’obliger, obligo.
- ( Musique') Partie obligée ; celle qui récite,quelquefois la partie qu’on ne sauroit retrancher sans gâter l’harmonie ou le chant.
- Récitatif obligé ; c’est un récitatif avec accompagnement, et coupé par les instrumens.
- OBLIQUANGLE, adj. du latin obliquo, poser de côté, de biais , et tVangulus , angle.
- ( Géotn.) Triangle obliquangle; c'est celui dont tous les angles sont obliques, c’est-à-dire, ou aigus ou obtus.
- Parallélogramme obliquangle ; c’est celui dont aucun angle n’est droit.
- OBLIQÜATION , s. f. du latin obliquo : l’action de placer obliquement.
- ( Catoptrique ) Terme en usage parmi les anciens auteurs de Catop-t ri que.
- Cathete d’obliquation ; c’est une ligne droite perpendiculaire au miroir, dans le point d’incidence,ou de réflexion du rayon. T. CATHETE, MIROIR.
- OBLIQUE, adj. du lat. obliquo , poser de côté.
- ( Géom. ) Il se dit de tout ce qui s’écarte de la situation droite ou perpendiculaire.
- Angle oblique ; celui qui est oir aigu ou obtus , c’est-à-dire , toutes sortes d’angles, excepté l’angle droit.
- Ligne oblique ; celle qui, tombant sur une autre, forme avec elle un angle oblique.
- ( Gnomonique) Plans obliques; ceux qui s’écartent du zénith, et qui s’inclinent vers l’horizon.
- ( Mécan.) Percussion oblique ; pelle dans laquelle la direction du corps choquant n’est point perpendiculaire au corps choqué, où n’est
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- point dans la ligne du centre de gravité de ce dernier, corps.
- Projection oblique ; celle par laquelle un corps est jeté suivant une ligne qui fait , avec l’horizon, un angle oblique.
- ( Géogr.) Sphère oblique ; c’est ' cette situation de la sphère , dans laquelle l’horizon coupe l’équateur obliquement, et dans laquelle l’un des pôles est élevé au dessus de l’horizon , d’un angle moindre que çp d. : mais qui n’est pas zéro. T. SPHERE DROITE.
- ( Astron. ) Ascension oblique ; c’est l’arc de l’équateur , compris entre le premier point (Varies et le point de l’équateur, qui se lève avec une étoile, etc., dans la sphère obli-que.
- Descension oblique; c’est l’arc de l’équateur, compris entre le premier point (Varies et le point de l’équateur, qui se couche avec une étoile, etc. dans la sphère oblique. Cet arc se compte de l’occident vers l’orient.
- OBLIQUITÉ, s. f. même origine qu’OBLIQUE. Inclinaison d’une ligne , d’une surface sur une autre.
- ( Physique) Obliquité des rayons solaires; c’est la direction des rayons solaires qui s’écartent des perpendiculaires aux points de la terre sur lesquels tombent ces rayons. Cette obliquité est, selon la théorie de Mairan , la cause la plus générale du froid en hiver.
- Obliquité d’incidence; c’est l’obliquité de direction d’un corps qui tombe sur un autre. Cette obliquité est absolument essentielle pour qu’un corps soit réfracté, en passant d’un milieu dans un autre.
- ( Astron.) Obliquité de Vécliptique; c’est l’angle de l’écliptique et de l’équateur, ou la plus grande déclinaison de l’écliptique. Elle est de 23 degrés et demi.
- C’a été une grande question parmi les astronomes modernes, de savoir si l’obliquité de l’écliptique est fixe ou variable.
- D’après les observations les plus exactes faites par divers astronomes , en différenstems et en différens lieux, on peut regarder l’obliquité moyenne de 23 deg. 28 m. 18 sec. pour l’année 1750, comme démontrée. Quant à la diminution successive de cette quan-
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- tifé, P on ne trouve qu’un tiers de seconde par an.
- La diminution de Vobliquité de l’écliptique est une suite naturelle du déplacement de l’écliptique, ou du changement que l’orbite de la terre éprouve par l’attraction des planètes.
- OBLITÉRER, v. a. du latin ob-litlero , formé d’o&, autour , et de liltero , effacer : effacer insensiblement.
- ( Diplomatique ) On dit d’un manuscrit, que les caractères sont oblitérés, c’est-à-dire, effacés.
- ( Anatomie) Vaisseau oblitéré ; c’est un vaisseau dont le canal est fermé, et dont les parois sont adhérentes l’une à l’autre, de sorte qu’il ne paroit presque plus.
- OBLONG, adj. du lat. Longus, long, et de la préposition ob, devant : plus long que large.
- ( Géom. ) Parallélogramme oblong ; c’est un parallélogramme rectangle, dont les côtés sont inégaux.
- Sphéroïde oblong; c’est un sphéroïde alongé.
- ( Botan, ) Oblong se dit aussi des parties des plantes qui sont manifestement plus longues que larges, dont les bords sur les côtés sont parallèles. et obtus aux deux bouts.
- OBOLE, s. f. du grec ôgoKÔc ( obolos ).
- (IMétroL) Anciennemonnoie d’Athènes , la sixième paiti? d’une drachme. Auj ourd’hui, èn médecine, un poids de douze grains.
- OBOVAL, adj. du lat. ovum, ceuf : un oval renversé.
- ( Botan. ) Il se dit des parties des plantes qui ont la figure d’un ovale renversé, ou dont l’extrémité la plus étroite est en bas.
- OBOVE ; même origine qu’C-BOVAL.
- ( Botan, ) En forme d’œuf, dont le plus gros bout est en haut.
- OBREPTION,s.f. dalat,.obrepo, se glisser adroitement.
- .( Pratique ) C’est l’exposition ia;te sciemment de faits faux.
- L obreption est opposée à la su-
- ’ppLion, qui est la réticence de faits véritables qui auraient pu faire obs-
- ac e a l’obtention de la grâce demandée. &
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- OBSCUR, RE, adj. du lat. olfccu-tus, sombre, ténébreux.
- ( Physique ) Chambre obscure. Voy. CHAMBRE OBSCURE.
- ( Peinture ) Clair obscur. Voyez CLAIR, OBSCUR. On dit aussi, en peinture, ce tableau eA trop obscur, de teintes obscures y un ton obscur. Un ton obscur convient à une composition. triste. Les teintes obscures donnent de la 'valeur aux tons brillans.
- OBSEQUES, s. f. du lat. obsc-quium, devoir.
- ( Culte cath. } Funérailles accompagnées de pompes et de cérémonies. Elles sont ainsi appelées, parce qu’elles sont les derniers devoirs qu’on rend aux morts illustres.
- OBSERVATEUR, s. m. du lat. observo, garder, être auprès , conserver : considérer avec application , observer; celui, qui accomplît ce qui lui est prescrit par une règle,par une loi; celui qui s’applique à considérer les divers effets , les divers phénomènes de la nature.
- OBSERVATION , s. f. même origine qu’OBSERVATEUR.
- ( Physique ) Observations météorologiques. V. MÉTÉORES.
- ( A s trou. ) Observations astronomiques ; ce sont les observations des phénomènes des corps célestes faites avec les instrumens d’astronomie, afin de déterminer les situations, les distances, les mouvemens, etc. des corps célestes.
- Les observations astronomiques se font avecdifférens instrumens. Les principaux sont les lunettes ou télescopes, le quart de cercle, l’instrument des passages , le secteur, la machine parallartique, les horloges à pendule.
- Les plus anciennes observations sont dans l’almageste de Ptolémée : on y trouve des observations faites à Babylone et à Alexandrie > depuis l’année 720 avant J. C., qui est la date de la plus ancienne éclipse qu’on sache avoir été observée à Babylone, jusques vers l’année 140 de l’ère chrétienne. En 880, le Sarrasin Al-butégni se mit à observer. En 1467, Regiomontanus se livra à la même occupation à Nuremberg. .7. Wer-nérus et Ber, Walthérius, ses élèves, continuèrent depuis x 47a jusqu’en xàoq. Copernic leur succéda et à
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- Copernic, le Landgrave de Hesse, secondé de Rothman et de Biygius. Tycho vint ensuite, et fit des observations immenses , depuis i58a jusqu’en 1601. Peu de tems après, Hé-vélius commença une suite prodigieuse à'observations, avec des ins-trumens mieux imaginés et mieux faits que ceux qu’on avoit eus jusqu’alors.
- Le plus grand recueil d’observations estcekii de Flamstead : il faut y ajouter celles de MM, Lemonnier, Maskelyne, Darquier , Tasino, Lalande, etc.
- Les observations que les astronomes font chaque jour, sont les passages des planètes au méridien, pour déterminer leur longitude en les cdm-
- fiarant aux étoiles, spécialement dans eurs conjonctions et oppositions; les éclipses d’étoilespar la lune,pour perfectionner les tables de cette planète, et pour trouver les longitudesdés diflê-rens pays de la terre où elles ont été observées ; les éclipses des satellites cle Jupiter, qui donnent aussi des occasions fréquentes pour connoitre les longitudes des lieux , et en même teins pour perfectionner la théorie des satellites dont les inégalités ne sont pas encore bien connues, etc.
- ( 'Marine ) Observations se dit, parmi les navigateurs, de l’action de prendre, avec les instrumens à cet usage, les hauteurs et les distances des astres , ou leurs positions à l’égard des principaux points de l’horizon , pour en déduire la latitude, l’heure et la longitude du vaisseau, et la déclinaison de l’aiguille aimantée ou la variation de la boussole.
- Les observations les plus fréquentes sur mer , sont celles de la hauteur méridienne du soleil, pour en déduire la latitude (elle est journalière quand le soleil se montre), et celle de son amplitude ortive ou occase, pour en conclure la déclinaison de l’aiguille.
- Pour les observations qui servent à déterminer la longitude : LON-
- GITUDE, MONTRE, HORLOGE, GARDE-TEMS , TABLES LUNAIRES.
- OBSERVATOIRE, s. m. même origine qiv OBSERVATION.
- ( yistron. ) Lieu destiné pour observer les ruouvemons des astres, et
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- placer les machines ou instrument nécessaires.
- Le plus ancien observatoire dont il soit fait mention , est celui de la Chine. Il y avoit à Pékin, lorsque le P. Verbiest y fut nommé président du tribunal des mathématiques, un observatoire bâti depuis trois siècles, sur les murs de la ville', qu’il surpas-soit de 12 pieds.
- Les premiers observatoires qu’il y ait eu en Europe ont été ceux de Tycho-Brahô , et du landgrave de Hesse-Cassel.
- L ’ observatoire d’Hévélius à Dant-ziek a été l’un des plus importans.
- La tour astronomique de Copenhague est de ii5 pieds du Rhin. Mais le plus bel observatoire qu’il y ait jamais eu, est celui de Paris. Il fut commencé en 1664, et achevé en 1672. Consultez, pour la description de ce bâtiment , Varchitecture française de Bélidor.
- L’observatoire royal de Greenwich , en Angleterre, fut bâti peu de tems après celui de Paris.
- Depuis ce tems-là on a élevé des observatoires dans presque toutes les principales villes de l’Europe.
- OBSIDIONAL, LE , adj. du laf. obsideo , assiéger : qui concerne les sièges.
- (A rt milit.') Monnaie obsidionaîc; c’est celle qui a été frappée dans une place assiégée, où on lui donne cours durant le siège,pour une valeur beaucoup plus forte que sa valeur intrinsèque.
- OBSTACLE , s. f. du lat. obsla-culitm, fermé d’obsto , se mettre au-devant; empêchement, opposition.
- ( Mec-an. ) On appelle obstacle, en mécanique , tout ce qui résiste à une puissance qui le presse ; l’effet d’une puissance qui presse un obstacle , l’impulsion par laquelle cet obstacle passe d’un lieu dans un autre , en cas qu’il puisse être mu par la puissance qui le presse.
- OBSTRUCTION, s. f. du latin obstruo, boucher, fermer.
- ( Med. ) L’obstruction est une obturation des vaisseaux, qui empêche la circulation du fluide vital, sain ou morbifique , et qui a pour cause la disposition qui se trouve entre le volume du liquide et le.dia-metre du vaisseau. Elle vient clone
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- de l’étroite capacité du vaisseau, ou de la grandeur de la masse qui doit vpasser, ou du concours des deux. '/%. EMPHRAXIE.
- OBTEMPÉRER, du lat. obtempéra , obéir.
- (Pratique) Terme de palais, qui signifie obéir.
- OBTURATEUR, s. m. du lat. obturare, fermer, boucher; ce qui bouche, ce qui ferme l’entrée d’un passage.
- ( Anat. ) Muscles obturateurs ;. ce sont, les muscles qui bouchent le trou ovalaire de l’os innominé.
- OBTUS, adi. du lat. obtusus, formé A’obtunao , émousser.
- {Géom.) Angle obtus ; c’est un angle de plus de 90 degrés ; c’est-à-dire qui contient plus d’un quart de cercle, ou qui est plus grand qu’un angle droit.
- OBTUS ANGLE , adj. composé d’obtus et d’angle.
- ( Géom.) Triangle obtusangle ; c’est celui qui a un angle obtus.
- OBTUSANGULE, adj. à’angle et A’obtus.
- (Botan.) Dont les angles sont obtus et émoussés.
- OBUS , s. m. de l’allemand hau-bitz.
- ( Artillerie') Sorte de petite bombé sans anses, qui se jette avec une espèce de mortier qu’on appelle obu-sier.
- OCCASE, du lat. occasus, couchant, formé d’occido , tomber.
- {Aslronom. naut.) Ce terme n’est usité qu’en parlant de l’amplitude.
- Amplitude occase; c’est la même cliose qu’amplitude occidentale. V. AMPLITUDE.
- OCCIDENT, s. m. du lat. occido> tomber, se coucher.
- ÇAstron.) C’est la partie de l’hori-zou où le soleil se couche.
- Occident d’été ; c’est le point de l'horizon où le soleil se couche au solstice d'été , lorsqu’il entre dans le signe de l’Ecrevisse , et que les j ours sont les plus longs.
- Occident d’hiver; c’est le point de l'horizon où le soleil se couche, lorsqu’il entre dans le signe du Capricorne, et que les jours sont les plus courts.
- Occident équinoxal ; c’est le •pc.ntae l'Horizon ou le soleil se cou-
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- che, lorsqu’il entre dans le Bélier ou dans la Balance.
- L ’ Occident équinoxial est proprement ce qu’on appelle couchant , parce que ce point est également éloigné du Midi et du Nord.
- OCCIDENTAL, LE, adj. d’Occident; qui est placé ou tourné vers l’Occident.
- (Géogr.) Pays occidental, Peuples occidentaux , Indes occidentales. .
- OCCIPUT, s. m. ; ce mot purement latin signifie le dernier os de la tête.
- {Anat.) Nom donné par les Latins à la région située entre la partie postérieure du sommet et le ‘cou. Dérivé, occipital. pour ce qui a rapport à l’occiput.
- OCCULTATION, s. f. du lat. occulta, cacher, tenir secret, couvrir: l’action de cacher, couvrir.
- {Astron.) Occultation est, en termes d’astronomie, le tems pendant lequel une étoile ou une planète est cachée à notre vue, par l’interposition du corps de la lune ou de queiqu’autre planète. P. ECLIPSE.
- Cercle d’occultation perpétuelle. C’est dans la sphère oblique, un parallèle aussi éloigné du pôle abaissé , que le pôle élevé est distant de l’horizon. Toutes les étoiles renfermées entre ce cercle et le pôle abaissé, ne se lèvent jamais sur l’horizon , mais demeurent toujours au.dessous ; ainsi dans nos climats, toutes les étoiles qui sont à moins de 48 deg. 5o m. de distance du pôle austral ou méridional, ne peuvent jamais être vues sur notre horizon. C’est ce qui obligea Ilaîley et Laraiile de se transporter dans l’hémisphère méridional, pour donner un catalogue de ecs étoiles.
- OCCULTE , adj. du lat. occultof cacher, tenir secret.
- {Géom.) Ce mot se dit,en géométrie , d’une ligne qui s’aperçoit à peine, et qui a été tirée ou avec la pointe du compas ou au crayon.
- Les lignes occultes sont, fort en usage dans différentes opérations, comme quand on levé des plans, qu’on dessine un bâtiment, un morceau de perspective. On efface ces lignes quand l’ouvrage est fini.
- ( Chirurgie ) Cancers oc cul-
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- tes ; on appelle ainsi les cancers qui
- ne sont, point ulcérés.
- (Philos,') Les anciens attribuèrent à aes causes occultes tous les effets dont ils ne pouvoient trouver la raison, et les qualités occultes étoient pour eux une grande ressource.
- Sciences occultes ; on appeîoit ainsi la cabale, la magie , et toutes les espèces de divinations.
- OCEAN, s. m. du lat. Oceanus , du grec ûùmetvoc (okeanos), 1
- ( Qéogr.) La grande mer qui environne toute la terre.
- On distingue Y Océan Atlantique , ou celui qui baigne ies côtes occidentales de l’Europe ; et Y Océan Pacifique, ou mer du Sud; 1 Océan Indien , ou mer des Indes.
- Ports de l Océan ; cette expression est u’usage en France pour désigner les ports situés sur les côtes de Y Océan , par opposition à ceux de la Méditerranée.
- OCHLOCRATIE , s. f. du grec (ochlos), populace, multitude* et de xpâràç (kratos), pouvoir : gouvernement de la multitude.
- (Econ. polit.) Gouvernement où l’autorité est entre ies mains de la multitude ; c’est l’abus dû gouvernement démocratique.
- OCREouQCHRE, s. f. du grec ùyjor; (pchros), pâle.
- (Minéral.) On donnoit autrefois ce nom aux oxides métalliques, et. sur-tout aux oxides de fer jaune et rouge, à cause de leur couleur pâle. C’est encore le nom sous lequel ces substances sont connues dans le commerce.
- OCTACORDE ou OCTACKOR-
- EE , s. m. du grec exrao (oktô), huit, et de ;/'pcf» (chordé) , corde : à huit cordes.
- (Musique) Instrument ou système de musique , composé de huit tous ou de sept degrés. Telle estl’oc-tacorde ou la lyre de Pytliagore.
- OCTAEDRE, s. m. du grec onn» (octo), huit, et d’s cTpet(hédra), siège, base : à huit bases.
- (Créom.) Nom que l’on donne , en géométrie, à. l’un des cinq corps réguliers , qui cdnsiste en huit triangles égaux, équilatéraux.
- On peut regarder Y octaèdre comme composé de deux pyramides qua-drangulaires qui s’unissent par leurs
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- bases. Ainsi, on peut trouver la solidité de Y octaèdre j en multipliant la base carrée d’une de ces pyramides par le tiers de sahauteur, et en doublant ensuite le produit.
- Le carré du côté de l’octaedre est la moitié du carré du diamètre de la sphère circonscrite.
- OCTAÉTÉRIDE , s. f. du grec usé)où (olito), huit, et d’eroç (étos) , année: hait années.
- ( Chronologie) C’étoit, chez les Grecs, an cycle ou terme de huit ans, au bout desquels on ajoutoittrois mois lunaires. Ce cycle fut en usage jusqu’à l’invention de celui de dix-neuf ans , par Méton.
- OCTAGYNIE ou OCTOGYNIE,
- s. f. du grec ox.açe (oktô) , huit, et yv'jv (gané) , femme : huit femmes.
- (Botan.) C’est le nom que donne Linnæus à la subdivision aes classes des plantes dont la fleura huit parties femelles, ou huit pistils , ou huit styles, ou huit stigmates sessiies.
- OC TAIS DR ]E , s. f. du grec oui u (o'i/o), huit, et (YavJ'poç (andros), génit. d’ctvHp ( anér) , mari : huit maris.
- (Botan.) C’est ainsi que Linnæus appelle, dans son système sexuel, la huitième classe des plantes, qui renferme celle dont la fleura huitparties mâles ou huit étamines.
- OCTANT , s. m. du grec ox.7» (oktô), huit: huitième partie.
- (A sir.) Octant ou octete se dit, en astronomie, d’une espèce d’aspect ou position de deux planètes, dans laquelle elles sont distantes l’une de l’autre de la huitième partie d’un cercle , c’est-à-dire de qS degrés.
- On dit que la lune est dans ses oc-tans , lorsqu’elle est à 45, 135, 225 , 3i5 degrés du lieu du soleil; c’est dans ces octans que l’inégalité découverte par Tyoho est la plus grande qu’il est possible.
- (Marine) Octant se dit aussi d’un instrument d’astronomie, appelé autrement quartier de réflexion , ou octant anglois. Cet instrumentsert en mer pour observer les hauteurs et les distances des astres, en regardant un des astres directement , et l’autre par la réflexion de deux miroirs, en-sorte qu’on voie les deux astres se toucher.
- Cette découverte est une époque
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- mémorable pour la navigation. Elle fut publiée en 1701 , par S. Iladley ,
- vice-président cic Ici société royci^c cte Londres,
- Plusieurs autres Tnafcnernaticiens avoient eu l’idée de cet instrument bien avant Kadley, mais il est le premier qui l’ait l’ait construire et qui en ait fait voir l’extrême utilité.
- On a appelé cet instrument octant, dans l’origine , parce qu’il n’a-voit que la huitième partie d’un cercle ou 45 degrés. Il n’en falloit pas davantage pour prendre des hauteurs jusqu’à ço degrés , et même des distances jusqu’à 180 deg., en observant par derrière, au moyen d’un troisième miroir ; mais depuis qu’on s’en sert pour prendre la distance de la lune aux étoiles, on en fait de 60 degrés et on les a appelés sextants/ on en fait même de toute la circonférence du cercle. On trouvera la description de cet instrument dans le (Juiaedu Navigateur^ deM.Pierre l Evêque , de Nantes.
- OCTAPLES , s. f. du grec OK TW (oktô), huit, et d’A-wÀow (haplou), expliquer.
- (Littéral. sacrée) Les octaples étoient une espèce de bible polygîote à huit colonnes. Origêne çtoit l’auteur des octaples, aussi bien que des tétraples et des hexaples.
- OCTATEUQUE, s. m. du grec ejcrai (okto), huit, et de (teu-
- chos) , livre, ouvrage: huit livres.
- (Littéral. sacrée) On appelle ainsi les huit jyremiers livres de l’ancien Testament, qui sont la Genèse, l’Exode, le Lévitique, les Nombres, le Deutéronome , Josué et les Juges.
- OCTAVE, s. f. du lat. octavus , huitième.
- (Musique) La première des con-sonnances dans l’ordre de leur génération.
- L’octave est la plus parfaite des consounances ; elle est , après l’unisson , celui de tous les accords dont le rapport est le plus simple. L’unisson est en raison d’égalité , comme 1 est a 1 ; 1 octave est en raison double comme 1 est à 2. Les harmoniques des deux sons dans l’un et dans l’autre s’accordent tous sans exception, ce qui n’a lieu dans aucun autre intervalle. Enfin ces deux accords ont
- O C T 7
- tant de conformité , qu’ils se confondent souvent dans la mélodie , et que dans l’harmonie même on les prend presque indifféremment l’un pour l’autre.
- Cet intervalle s’appelle octave, parce que pour marcher diatoniquement d’un de ces termes à l’autre, il faut passer paf sept degrés et faire entendre huit sons différons.
- (Poésie ilal.) Octave se dit des stances de huit vers dans la poésie italienne. Lespoëmes de V AriosLe et du Eusse sont distribués par octaves.
- {Relig. cathol.)'En termes debré-viaire , octave signifie huitaine ou intervalle de huit jours , pendant lesquels l’église fait la fête, le service ou la commémoration d’un saint, ou de quelque fête solennelle.
- On dit aussi d’un prédicateur qu’il a prêché Y octave, gu’ilafait imprimer son octave , pour dire qu’il a prêché pendant Voctave du St. Sacrement , et qu’il a fait imprimer ses sermons.
- Octavier, v. n. d’OCTAVE.
- (Musique) Quand on force Je vent dans un instrument à vent, le son monte aussitôt à Y octave ; c’est ce qu’on appelle octavier.
- OCTAVÔ on IN-OCTAVO , s. m. d’octave.
- (Biblioth,) IY in - octavo est un format ou un livre dont la feuille est pliée en huit et qui contient 16 pages. FORMAT.
- On commit un format in-octavo , 1. à la réclame, dans les li vres où il y en a, ou au premier mot de la dix septième page de chaque feuille, qui se trouve au bas de la seizième page de la feuille qui précède. E. RECLAME.
- 2. A la signature, ou lettres de l’alphabet que l’on met au bas des pages recto , c’est-à-dire qui sont à droite au dessous de la derniere ligne. Quelquefois à la lettre initiale , on trouve des chiffres ajoutés qui na passent pas le milieu du cahier, et qui par leur nombre marquent le format de l’édition. Quelques imprimeurs emploient maintenant des chiffres, au lieu de lettres ; et quant aux chiffres qui indiquent l’ordredes feuillets^ dans chaque cahier , ils les placent
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- près de la marge interne. V. SIGNATURE.
- 3. Aux PONTUSCEAUX et aux VERGEURE3 , raies ti'ansparentes qui traversent le papier , et qui se coupent à angles droits, dont les premières , beaucoup plus apparentes, sont perpendiculaires. Boy. PONTUSCEAUX , VERGEURES.
- OCTIDIjS. m. du lat. octo, huit, et de dies , jour : huitième jour.
- ( Calendr.) C’étoif, avant le dernier concordat, le nom du huitième jour de la décade dans le calendrier républicain.
- OCTIL, adj. V. OCTANT.
- OCTOBRE , s. m. du lat. octo-ber, formé d’octo , huit.
- (iCalendrier) Nom du dixième mois de l’année v. si. Il a 3i jours. Le nom d’octobre lui vient du nombre huit, exprimé par le mot octo-ber, parce qu’il étoit le huitième de l’année romaine , qui commençoit par le mois de mars.
- OCTOGONE, s. m. du grec exra (’ohtô), huit, et de y mut. (go-nia), angle : à huit angles.
- (Créomét.) Figure de huit côtés et de huit angles.
- Quand tous les côtés et les angles de cette figure sont égaux , on l’appelle octogone régulier.
- OCTOPÉTALÉ, EE, adj. du grec ojtTf» (okto), huit, et de <arsTeiÀoy f étalon) , feuille , pétale.
- (Botan.) Il se dit des fleurs à huit pétales. B. PÉTALES.
- OCTOPHYLE , adj. du grec (oktô) , huit , et de <ÿt/AXov (phuïlon) , petite feuille ou foliole.
- (Boian.) Ce qui a huit pièces ou folioles.
- OCTOSTYPLE , s. m. du grec exTœ (octo), huit, et de vuxoç (xtu-los) . colonne , à huit colonnes.
- (À rc hile et.) Face ou ordonnance de huit colonnes.
- OCTROI , s. m. du lat. aucto-riare pour auctorisare , formé ü’auctoritas, autorité.
- (_Adminislr.) Concession, droit, qui se lève à l’entrée de certaines villes sur les denrées.
- OCTROITE , du grec a>x?oç {ôchros) ocre , et c!e AiSo? (’ lithos) , pierre : pierre couleur d’ocre.
- ( Miner. ) No uvelle terre découverte par Klaproth , et qui lui a paru avoir
- ODE
- des caractères particuliers et différeHS dé ceux des autres terres connues,
- OCTUPLE,adj. du lat. octuplus, contraction d’ octuplicatus , redoublé huit fois; formé cl’octo, huit, et de pheo , plier, redoublei’.
- (-Arithmét.) Qui est huit fois plus grand.
- OCULAIRE, s. m. du lat. ocu-larius , fait, d’oculus, œil; quia rapport à l’œil.
- (Dioplr.) C’est, dans une lunette, le verre qui est placé à côté de l’œil. Il est. simple, double ou triple, suivant les différentes espèces de lunettes ; il est monocle ou binocle , suivant que l’on regarde avec un œil seulement, ou avec les deux yeux à la fois. Oculaire se dit par opposition à objectif, qui .est le verre placé du côté de l’objet. B. FOYER, OBJECTIF.
- OCULISTE , s. m. du lat. ocula-rius , formé d’ocùlus, œil.
- (JMéd. chirur.) On donne ce nom aux médecins ou aux chirurgiens qui ne s’attachent qu’à la guérison des maladies des yeux.
- ODALISQUE ou ODALIQUE , s. f. du turc oda, chambre.
- (Hist. des Bures) C’est ainsi qu’on nomme les simples favorites du Grand-Seigneur, renfermées dans le sérail pour servir à ses plaisirs. Elles y sont gardées par des eunuques , et occupent chacune une chambre ou un appartement ( d’où vient leur nom), où elles sont servies par des femmes. Celles qui n’on t eu que des filles ont la liberté de se marier et de se mariera qui il leur plaît; mais celles qui ont donné des fils au Grand-Seigneur , et sont arrivées par-là au titre à'asehis, sont renvoyées dans le vieux sérail, quand le Grand-Seigneur est dégoûté d’elles ; et elles n’en sortent jamais , à moins que leur fils ne monte sur le trône : pour lors on les nomme valide , ou sultane-mère.
- ODE. s. f. du grec «J» ( ôdê ) , chant, chanson , cantique.
- (.Poésie auc. ) L’ode était anciennement une pièce de vers propre à être chantée, et dont léchant était ordinairement accompagné de quelque instrument, comme la lyre.
- ( Poésie fr. ) Dans la poésie.française , l’ode est une pièce de vers,
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- O D O
- en stances régulières, et dont le caractère propre est dans l’élévation et la noblesse, ou dans l’elegance et la naïveté.
- Les figures et les grandes images, sont l’essence de la première espèce.
- Les figures et les images naïves sont l’ame de la seconde espèce, qu’on appelle communément ode anacréon tique.
- ODÉUM, ou ODÉON , ou ODÉfi , s. m. du grec ««Ts/ov ( 6 dé ion ) , dérivé d’axTit ( ode ) , chant.
- (Archit. a ne.) Edifice destiné chez les anciens, à la répétition de la musique, qui devoit être chantée sur le théâtre.
- Odéon se disoit aussi d’autres bâ-timens qui n’avoient.point de rapport au théâtre.
- Périclès bâtit un odéon à Athènes pour y célébrer les combats de musique.
- Hérode fit construire un magnifique odcumyuv le tombeau de sa femme.
- Il y avoit cinq bâtimens à Rome , qui portaient le nom à'Odeum.\ On y iormoit les acteurs et les musiciens qui se destinoient au théâtre.
- {Hist. ecclés. ) Les écrivains ecclésiastiques désignent aussi quelquefois le chœur d’une église, par le mot odeum.
- ODEUR, s. f. du lat. odor. Y. AROME, PARFUM.
- ODIN, s. m., nom propre.
- _ ([Hist, de Danemarck) Principale divinité des anciens Danois c’était le dieu de la guerre.
- ODOMÈTRE, s m. du grec à Poe ( hodos 1, chemin , et de «stoov ( metron ) , mesure.
- ( Al écart. ) Machine avec laquelle on mesure le chemin qu’on fait, soit a pied , soit en voiture. C’est une machine à rouage assez semblable a une montre , et qui sert à compter le nombre des pas qu’on fait en marchant à pied, ou le nombre des tems que lait la roue d’une voiture ODONPALGÏE , s. f. du* grec fhüî (odous), dontiegén. esUéoVToe (odontos), dent, etd’âxyoç( algos),
- douleur: douleur de dent/ Ô
- ' .( t-hirurg. ) Douleur de dents, aigue, insupportable.
- Œ D E y
- ( Odonlalgique ), adj. même origine qu'odontalgie : qui appartient, qui est propre à la douteur de dents.
- ( Méd. ) On donne cette épithète aux remèdes propres à calmer les douleurs de dents.
- ODONTOÏDE adj. du grec IS'qvç ( odous), dent, et d’iAae {éidos), forme, ressemblance : qui a la forme d’une dent.
- ( Anal. ) Nom que l’on donne à l’apophyse de la seconde vertébré du cou, parce qu’elle ressemble à une dent.
- ODONTOPHYE , s. f. du grec o<fooç( odous ), dent , et de <pva> ( phuo ) , croître.
- ( Anat. ) Croissance des dents. /A DENTITION.
- ODONTOTECHNIE, s. f. du grecoifovToç(odontos),genit. d’ovoaç ( odous ) dent, et de (techné)
- art.
- ( Chirurgie ) Partie de la chirurgie qui a pour objet la conservation des dents ; autrement l’art du dentiste, ou encore l’art de faire des dents artificielles.
- ODORAT, s. m. du lat. odor.
- ( Physique ) Organe qui reçoit les odeurs, qui les discerne. C’est dans le nez,où réside cet organe.
- ODYSSÉE, s. m. du grec oéva-tnici ( odusseici), formé d’o JWvaùç (odus-seus) Ulisse : l’histoire d’Ulisse.
- ( Poésie gr. ) Poè'me épique d’Homère , qui contient les aventures d’Ulisse.
- ŒCUMÉNIQUE , adj. du grec oixovy.î'iv (oikoumené), formé d’omsœ (oikeo) , habiter ; tout ce qui est habitable : habitable, universel, général.
- ( Hist. ecclés. ) Concile œcuménique ; c’est un concile général, auquel ont assisté tous les évêques de l’églisecddhoWqae.Patriarches œcuméniques , titres d’honneur qui ont été accordés , ou que se sont arrogés plusieurs patriarches de Constantinople : voulant dire par là qu’ils avoient la primauté sur toute l’église. ,
- ŒDEME, s, m. du grec oïluy.A (oidéina) , tumeur , dérivé dJci Juv ( oïdeïn ) être enflé.
- ( IVléd. ) Les médecins entendent par ce mot, toutes sortes de tumeurs ®n général j mais iis s’eii servent
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- I»
- ŒNO
- particulièrement pour désigner une tumeur flegmatique, molle, froide , qui cède à l’impression du doigt et la retient pendant quelque tems, sans être accompagnée d’aucune douleur,
- ŒDÉMOS ARQUE , adj. du grec mS'ny.a, (nidéma) tumeur, et de crÆp«.&^«, (sarhôma.), excroissance de chair.
- ( Chir. ) Espèce de tumeur d’une nature mitoyenne entre Vœdèiûe et la sarcome.
- ŒIL, s. m. du lat. oculus.
- ( Anat. ) Partie double de la tête qui sert à recevoir les impressions de la lumière, et à produire le sentiment de la vue.
- ( Optique ) OKU artificiel; c’est une machine , en forme de petit globe , à peu près comme celui de l’œil, et traversé dans sa longueur par un tuyau qui est garni d’un verre lenticulaire à son extrémi té. A l’autre extrémité est adapté un papier huilé, qu’on place à peu près au foyer du verve , et sur lequel viennent se peindre dans l’obscurité les images renversées des objets extérieurs. Cet aùl artificiel est une espècp de'chambre obscure , et il représente la manière dont les images des objets extérieurs se peignent au fond de Vœil, qui est lui-meme une chambre obscure naturelle.
- ŒILLETON , s. m. diminutif d’ŒIL.
- ( Astron. mécan. ) Pièce ronde de cuivre qui se met dans les télescopes, à l’extrémité du tuyau des oculaires. Elle est percée d’un trou fort petit, auquel Vœil s’applique immédiatement ; par ce moyen il est contenu toujours clans l’axe optique ou sur le rayon principal de la lunette, à la distance des oculaires , qui est nécessaire pour distinguer à la fois et nettement tout le champ de la lunette.
- ŒNELÉUM , s. m. du grec elvcç ( oinos ) , vin , et d’Usi/ov (étalon) , huile.
- ( Pharmacie ) Mélange de vin et d’huile. On s’en sert pour faire des embrocations sur les parties , dans les fractures , les luxations et les inflammations. ,
- (EKOMETRE,s. m. du grec tlvog (oinos), vin, et de purpov ( metron ), mesure.
- Œ U V
- ( Econ. dont. ) Instrument qui sert à mesurer la force du vin , c’est-à-dire, à déterminer le moment auquel le vi n en fermentation dans la cuve a acquis toute la force et toute la qualité dont il est susceptible.
- ŒSOPHAGE, s. m. du grec oie# ( oio ) , futur oèra ( oisô ) , porter, et de ç>£cyw ( phagô), manger : porte-manger.
- ( Anat, ) Canal membraneux qui porte les alimens , depuis la bouche jusques dans l’estomac.
- (ESTHÉTIQUE , ou ESTÉTI-QUE, s. f. du grec ùitrênTotoç (’aisthê-tikos ) , sensible , fait d’aioècrvoput ( aistnanomai ) , sentir.
- ( Philos. ) OEsthétique transcendantale ; c’est, ainsi qu’on appelle la théorie de Kant sur la sensibilité.
- ŒUVRE, s. f. du latin ope ris, gén. U on us : effet produit par quelque agent et qui subsiste après l’ac tion.
- ( Elocut. ) Dans le style soutenu, oeuvre est quelquefois masculin , au singulier : ce saint-œuvre , l’œuvre de Dieu, l’œuvre du génie.
- ( Littérat. ) œuvre se dit des productions de l’esprit,des pièces,des ouvrages en prose ou en vers. Œuvres mêlées, œuvres posthumes.
- (Beaux arts) Œuvre se disoit autrefois, au masculin et au singulier , des productions des graveurs , des peintres , des musiciens. Ainsi l’on disoit , l’œuvre de Raphaël, l’œuvre de Rubens , pour la collection des œuvres de Raphaël, de Rubens , etc. A l’égard des graveurs , ce mot exprimoit leurs ouvrages d’après leurs propres dpssins , ou d’après dif-férens peintre* ; c’est dans ce sens qu’on disoit l’œuvre de Callot , l’œuvre de Lehas. On disoit aussi l’œuvre premier, l’œuvre second de tel musicien ; mais ces expressions ne sont plus guère d’usage, si ce n’est à l’égard de quelques peintres du premier ordre.
- (Archit. ) Hors d'œuvre, dans œuvre, sous œuvre sont des expressions très-communes dans le langage des architectes : ainsi on dit qa’un petit cabinet , un escalier est bâti dans œuvre , pratiqué dans couvre , pour dire qu’on l’a-ménagé dans le corps du bâtiment, et l’on dit
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- O F F
- trn’ïl est hors d'œuvre, lorsqu’il est pratiqué en saillie hors du batiment.
- Travailler sous œuvre, ou reprendre sous œuvre ; c’est réparer les t’onctemens d’un mur sans 1 abattre , et en ^soutenant.
- ( Æchimie) OEuvre, en termes d'alchimie, signifie la pierre philosophale. Le grand œuvre, travailler au grand œuvre.
- ( Marine) OEuvres vives ; cette . expression signifie, en terme de mer, ( la partie de la carène.depuis la quille jusqu’à la ligne d’eau en charge.
- OEuvres mortes; c’est tout ce qui est au dessus de la ligne de flottaison.
- OEuvres de marée ; ce sont les travaux, de radoub , de calfatage , ou de carène, qui se font pendant le tems de la marée basse , aux. bâti-mens que l’on a échoués, à cet effet, dans certains ports marchands, et ports de marée.
- OFFICE, s. m, du lat. cffiel uni pour effieiuni , d cfjiccre , faire : devoir de la société civile.
- ( Pratique ) Informer d’ofjlcc ; c’est, de la part d’un juge, instruire une affaire sans en être requis.
- Experts nommés d’office ; ce sont des experts nommés par le juge.
- ( Econ. polit. ) Office signifie aussi emploi.
- Orands offices ; on nomme ainsi, en Allemagne, les fonctions que les électeurs remplissent à la cour de 1 empereur : ce s grands officiers ont sous eux des officiers t sub officiales qui remplissexi't ces fonctions en leur nom.
- (Religion calhol. ) Saint office , congrégation du saint-office ; c’est ce qu’on appelle plus simplement tribunal de l'inquisition. V. INQUISITION.
- Office se dit aussi du service de I’égli.-.e , des prières publiques avec les cérémonies qu’on y fait! jjd°ffice dfidn , l'offre de la t ierge, l’office des morts, livre « °ffice.
- ( Econ. dom. ) Office se, dit encore du lieu où l’on prépare, où 1 on conserve tout, ce qu’on sert sur taille , et de l’art de préparer les liuiis, etc.
- O K Y
- OFFICIEL, adj. $ officiant.
- ( JDiplomat. et administr. ) Il se dit de tout ce qui est déclaré, dit, proposé , publié par une autorité reconnue : déclaration officielle , nouvelle officielle.
- OFFICINAL, LE, adj. du kt. officina, boutique.
- (Matière médicale ) Epithète que l’on donne aux médicamens composés , qui se tiennent dans les boutiques , à la différence de ceux qui s’ordonnent sur-le-champ par les médecins, et qu’on appelle compositions e x te m p o r an é os et magistrales.
- ( Botan. ) Plante officinale ; c’est celle qui sc vend dans les boutiques , comme étant d’usage dans les arts.
- OFFRE , s. f. du lat. offero * offrir ; action d’offrir.
- (Pratiqué) Offres se dit des propositions que l’on fait de payer on d’acquitter ce qui est dû , ou ce qui paroît raisonnable ; leur objet est d’éteindre une action , ou de faire cesser des poursuites.
- Les offres sont verbales ou par écrit.
- On appelle offres réelles celles qui sont réalisées, c’est-à-dire, celles qui se font à deniers découverts.
- OÏDE , du grec uéoç (cidos) , forme, ressemblance.
- ( Langue grecque ) Terminaison commune à plusieurs mots françois dérivés du grec, et. qui marque un rapport, une conformité ou une ressemblance avec la chose désignée par la première partie du mot, comm« cycloïdc, élytroïde, etc.
- * OISEAU, s. in. du lat. aueelliis.
- ( Ornithologie ) Animal à deux pieds, ayant des plumes et, des ailes.
- OISELEUR, s. m. du lat. aucel-larius ; celui qui fait métier de prendre des oiseaux , à la pipée, au iifi t ou autrement.
- OKYGRAPHIE , s. f. clu grec kk'jç (ôkus), rapide: et de ypeupst ( gt'aphô ) , écrire: écriture rapide.
- ( Diplomatique) C’estle titre d’un, nouvel ouvrage ou d’nu nouveau sys-i ;me d’écriture rapide, au moyen de trois caractères seulement, dont la valeur change suivant leur position sur quatre lignes parallèles , semblables à celles sur lesquelles on écrit la la mu ri que.
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- OLBERS ( nouvelle planète ). V. HERCULE.
- OLÉAGINEUX , adj. du latin oleum , huile,
- ( Mal. méd. ) Qui est de substance huileuse, semblable à l’huile.
- OLÉCRANE , s. m. du grec w/Jvs ( ôle'né') , coude, et de stpâvov {kra-non ) , tête : tête du coude.
- ( Anat.') Apophyse qui termine l’os du coude. C’est cette éminence que l’on remarque lorsqu’on fléchit le coude.
- OLÉRÂCE , ÉS , adj. du latin oleraceus , formé d'olus , oleris , lierbes potagères.
- ( Botan. ) Il se dit des plantes qui servent à la nourriture, comme les plantes vulgairement appelées potagères.
- OLFACTIF ou OLFALTOIRE, adj. du lat. olfaetus, odorat ; composé n’o/eo , sentir, flairer, et de facto , faire sentir : qui sert à l’odorat.
- {Anût,') Il se dit des nerfs qui servent au sens de l’odorat. La première paire de nerfs qui sort de la moelle allongée, est Volfactoire. On dit plus souvent olfactif'.
- OLIGARCHIE,s. f. du grec U iyns ( oli gos), peu, et d’ctp^H ( arché) , autorité , puissance : gouvernement d’un petit nombre de personnes.
- ( Econ. polit. ) Gouvernement politique où l’autorité souveraine est entre les mains d’un petit nombre de personnes. U aristocratie dégénère quelquefois en olygarchie.
- OLIGOPHILLE , adj. du grec fojyoc { oligos) , peu , et de yuxxov (phullon ) , feuille , foliole.
- {Botan. ) Il se dit des plantes ou des parties des plantes qui ont peu deleuilles, ou fofoies.
- OLIGOSPERME , adj. du grec ixiyoc { oligos ), peu , et de awtipfKa ( spcrma ) , sperme , graine.
- ( Botan. ) Il se dit des plantes qui renferment ou qui portent peu de graines.
- OLIGOTROPHIE, s. f. du grec bxiynç , {oligos), peu , et de rptcpee ( trepho ), nourrir : petite nourriture.
- ( Méd. diet. ) Petite nutrition , ou diminution de nutrition.
- OLIYAIRE , adj. du lat. oïwa , olive.
- O M A
- ( Bo tan. ) Il se dit des parties des plantes qui ont la forme d’une olive»
- {Anat. ) On donne encore ce nom à deux protubérances de la moëlîs allongée, à cause qu’elles ressemblent à une olive.
- OLLAIRE, adj. du lat. alla, pot, marmilte.
- ( Minéral. ) La pierre ollaire est d’une couleur grise , tirant sur le vert ou le noirâtre. Cette pierre , quoique brute et peu cassante, est si tendre sous le couteau qu’on la travaille au tour avec la plus grande facilité , et on en fait des marmittes, ollas, d’où lui vient son nom.
- La pierre ollaire se fire principalement de la montagne qui domi-noit la malheureuse ville de Pleurs, et qu’on avoit excavée avec si peu de précaution qu’elle s’écroula tout à coup, et ensevelit totalement Pleurs sous ses raines , le 25 août 1618.
- OLOGRAPHE, adj. du grec oxo;
- ( holos. ) , entier , et de y payas { graphe), écrire: écrit tout entier.
- ( Pratique ) Il se dit, en général, de ce qui est écrit entièrement de la main de celui qui fait quelque disposition. Mais on l’applique particulièrement à un testament entièrement écrit et signé du testateur. Quelques-uns écrivent hoîogvpfut , conformément à l’étymologie.
- OLYMPIADE , s. f. du grec Ixvpuznas { olumpias ) , dirivé de la ville d’Olympie.
- { Chronol. ) Révolution de quatre ans, qui servoit aux Grecs à compter leurs années. Cette manière de supputer le tems tiroit son origine de l’institution des jeux olympiques que les Grecs célébraient, tous les quatre an S, pendant cinq jours , vers le solstice d’été , sur les bords du fleuve Alphêe , auprès d’Olympie , ville d’Elide , où étoit le fameux temple de Jupi ter Olympien.
- La première Olympiade commença au mois de juillet de l’année 3p38 de la période Julienne, 776 ans avant J. C.
- OMAGRE , s. f. du grec Sspoç { ômos), épaule, et d’ayp a ( agi'a ), prise, capture.
- { Méd. ) On appelle ainsi la goutte qui attaque l’épaule.
- OMASUM ou OMÂSUS , s. m. mot latin qui signale pause.
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- OMB
- ( Zoologie ) Terme emprunté du la f in pour désigner le ven tric ule des animaux qui ruminent.
- OMBELLE , du latin umbeïïa, parasol.
- ( Botan. ) Disposition de fleurs dont les pédoncules partent tous d’un même point , cl’où ils divergent ensuite comme les rayons d’un parasol.
- OMBELLIFÈRES , adj. du latin umbella, ombelle ou parasol, et de Jero , porter : porte-ombelles.
- ( Botan. ) C’est ainsi que Jussieu dési gne une famille de plantes dont les fleurs sont portées sur des pédoncules qui partent d’un même point , et qui s’évasent ensuite comme les rayons d’un parasol.
- OMBILIC , s, m. du latin um-bilicus , nombril,
- ( Anat. ) Nœud placé au milieu du ventre , et formé de la réunion des vaisseaux ombilicaux que l’on coupe à l’enfant aussitôt qu’il est né ,
- Ïiarce qu’ils ne doivent plus servir à ’usage qu’ils avoient dans le fœtus ; et alors ils dégénèrent en des liga-mens dont l’extrémité fait comme un nœud qu’on appelle ombilic ou nombril.
- ( Botan. ) Ombilic se dit aussi de la cicatrice ou petite marquequ’on voit sur les graines des plantes , et qui est placée à l’endroit par où ces graines tenoient au péricarpe ou au placenta.
- L’enfoncement qui se trouve à l’une ou à l’autre extrémité de certains fruits, et quelquefois à toutes les deux, porte aussi le nom d’om-bilic.
- ( Conchyliol. ) Ombilic est encore le nom d’une cavité qui se trouve au centre de la face intérieure de quelques coquilles, et qui repré-sante l'axe vide autour duquel leur Sphère tourne.
- OMBILICAL , LE , ad]. d’OM-BILIC, qui a du rapport à Vombilic.
- (A/ialYj Fié&ion ombilicale, cardon ombilical, vaisseaux ombilicaux , artères ombilicales. V. ABDOMEN , FŒTUS.
- DMBRE , s. f. du latin umbra.
- ( Optique ) Espace privé de lu-ri~VÀ,e \ 011 dans lequel la lumière est aiioibîie par l’interposition d’un corps opaque*
- OMB i3
- U ombre est toujours située derrière le corps, du côté opposé à la lumière.
- Ombre droite ; si le corps opaque , qui jette une ombre, est per-
- fiendiculaire à l’horizon , et que le ieu sur lequel Vombre est jetée soit horizontal , cette ombre s’appelle ombre droite. Telle est Vomira des hommes, des arbres, desbâtimens.
- Ombre verse; si le corps opaque est placé parallèlement à l’horizon , Vombre qu’il jette sur un plan perpendiculaire à l’horifcon se nomme ombre verse.
- ( Arpentage ) Les ombres droites et les ombres verses sont de quel-qu’utilité dans l’arpentage , en ce que par leur moyen on peut assez commodément mesurer les hauteurs, soit accessibles, soit inaccessibles.
- ( Perspective ) On entend par ombre , en perspective , la représentation de Vombre d’un corps sur un plan. Elle diffère de Vombre réelle , comme la représentation ou la perspective du corps ; diffère du corps même.
- ( Aslron. ) L’ombre , en astronomie , est le cône formé par les rayons qui, partant du soleil, touillent le globe lunaire , dans les éclipses du soleil, ou le globe terrestre dans les éclipses de lune.
- ( Peinture ) L’ombre , en peinture , n’est pas l’obscurité des ténèbres , mais seulement la privation de la lumière immédiate , parce que les parties ombrées sont encore éclairées par la lumière éparse dans l’air.
- Les parties obscures d’un tableau , comparées à celles qui sont frappées du soleil, sont si loin d’une obscur.té absolue , que si l’on pouvoit faire abstraction des parties éclairées immédiatement par le soleil, on verrait , dans la partie ombrée , des lumières, des ombres et des reflets. Uombre n’est donc qu’unléger nuage qui couvre les corps et les prive seulement de la lumière la plus brillante , sans empêcher que , par le secours d’une autre lumière moins forte , on n’aperçoive les formes et les couleurs.
- OMBROMETRE, s. m, du grec cpgpaç (ombros), pluie , et de pua-por (rnelron) , mesure.
- (Physique) Machine qui' sert à.
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- 3\ O N C
- mesur er la quantité de pluie qui tombe chaque année.
- Cette machine consiste dans un entonnoir de fer-blanc , dont la surface est d’un pouce carré applatie , avec un tuyau de verre placé dans le milieu. L’élévation de l’eau dans le tube , dont la capacité est marquée par degrés, montre la quantité de pluie cpai tombe en difFerons tems. JCoy. CHRONHYOMETRE, HYÉTO-METRE.
- OMGCOTYLE , s. f. du grec (omos) , épaule, et de kûtvah (ko tu lé) , cavité.
- (sinat.) Cavité de l’omoplate qui reçoit la tête de l’humérus.
- OMOPLATE , s* f. du grec m/uoç (omos), épaule, et<srhit'rvç.(platus), large.
- (alliât.) Os large , menu et triangulaire , qui forme la partie postérieure de l’épaule.
- OMPHACIN, adj. du grec ojuÿxç (omphax) , raisin vert.
- (Écon. dont.) On entend par ce mot tout fruit qui n’est pas encore mûr. Les anciens appeloient huile omphacine, pelle qu’on tiroit des olives vertes. ,
- OMPHALOCELE ,, s. f. du grec 6(uq>*xès (omphcilos) , nombril, et de xîSxji (hélé) , tumeur.
- (C hirurg.) Hernie ombilicale; ic’est la même chose qu’exomphale.
- OMPHALOMANCIE, s. f. du grec ôp.q>cLhcç (omphalos) , nombril, et de p.MTiict (manteia), divination. •
- (Divin.) Espèce de divination pratiquée par quelques sages - femmes crédules , et qui consiste à prédire le nombre d’enfans qu’une femme doit avoir, en comptant le- nombre des nœuds du cordon ombilical de l’enfant qui vient de naître.
- ONCE, s. f. du lat. nncia ; chez les anciens Romains , la douzième partie d’un tout.
- (Métrologie) La huitième partie da poids de marc, et la seizième d’une livre (ancienne mesure).
- Dans les nouvelles mesures de la République lrançoise , once est le terme vulgaire par lequel on désigne 1 HECTOGRAMME. V ce mot. ONCIALE , adj. du lat. uncia.
- ( Diplomatique ) On nommoit ainsi les grandes lettres dont les an-
- ONE
- ciens se servoient pour les "inscriptions et les épitaphes , et on les nommoit onciales, parce qu’elles étoient de la hauteur d’une once , ou la douzième partie du pied romain.
- Les manuscrits où l’on trouve des onciales annoncent une antiquité qui remonte au moins au septième siècle , tems où l’on a cessé d’en faire usage.
- ONCOTOMÎE ou ONKOTO-MIE, s. 1. du grec oyxoç (ogkos), tumeur , et de topn (tome) , incision.
- (Chirurgie) Opération de chirurgie , qui consiste à ouvrir une tumeur , un abscès avec un instrument tranchant.
- ONDECAGONE , s. m. du latin undecim , onze , et du grec yoavtk (gôuia), angle.
- (Ccom.) Figure géométrique qui a onze cotés et onze angles.
- ONDULATION, s. f. du lat. un-dula, dimin. à’unda, onde.
- (Physique) Sorte de mouvement oscilatoire ou de vibration que l’on observe dans un liquide, et qui le fait alternativement hausser et baisser comme les vagues de la mer : c’est ce que Newton et plusieurs autres après lui ont appelé onde.
- Ondulation se dit aussi d’un certain mouvement par lequel les parties de Pair sont agitées de la même manière que les vagues de la mer ; c’est ce que quelques auteurs aiment mieux appeler VIBRATION. H. ce mot.
- (Méd.) On donne aussi ce nom à une espèce de mouvement contre nature, auquel le cœur est sujet. Lorsque le cœur est agité d’ondulations, il fait un bruit sensible à l’extérieur.
- (Chirurg.) Ondulations se Ait encore , en termes de chirurgie , d’un mouvement qui se fait dans la matière contenue dans un abscès quand on le presse.
- On dit qu’une tumeur est en état d’être ouverte lorsqu’on sent l’ondulation de la matière.
- ONEIRODYNIE, s. f. du grec o vupoç (oneiros), songe, et d’ojtyï!» (oduné), douleur.
- (Méd.) Songe douloureux.
- ONE1ROCRITIE , ou ONIRO-CRITIE, ou ONiROCRÀTIE , s.
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- ONG
- f. cia grec ovs/poc (oneiros) , songe,
- et de Kp/vfti (Armo), juger. •
- (Divin.) L’art prétendu d interpréter les songes.
- ONÉIROGYNE , s. m. du grec cvnpoç (oneiros), songe, et de yvn (miné), femme.
- (3îéd.) Songe vénérien.
- ONÉRAIRE , adj. du lat. onera-jius, d’onus, fardeau.
- (Pratiq.) Il se dit de relui gui est chargé des soins d’une administration dont un autre a les honneurs.
- 'Futeur onéraire j c est celui gui, sous un tuteur honoraire, administre les biens d’un mineur.
- ONÉREUX, adj. du lat. onero-sus, d ’onus, fardeau.
- {Prat.) Ce gui est à charge, ce qui n’est point gratuit. Condition onéreuse, tutelle onéreuse, charge onéreuse.
- ONGLE , s. m. du lat. unguis, fait du grec ovef (onux).
- (Anal.) Petits corps blanchâtres , transparens, et d’une substance semblable à de la corne, qui viennent au bout des doigts de l’homme et de plusieurs animaux.
- ONGLET, s. m. d’ONGLE.
- (IVIéd.)Sorte de maladie des yeux, ou excroissance de chair qui s’étend et couvre quelquefois la cornée transparente.
- (Botan.) Onglet est aussi la partie inférieure d’une pétale dans une corolle monopétale. Ce qui fait l’office de Vonglet se nomme tube.
- (Oéom.) Onglet se dit encore d’une tranche de cylindre terminée
- fiar la base, la surface courbe du cy-indre et son plan oblique , qui rencontre la base avant d’avoir coupé la surface entière du cylindre.
- ONGUENT, s. m. du lat. un-guentum, fait d’ungere, oindre.
- (Hist. anc.) Parmi lés anciens, onguent étoit Un parfum liquide, dont on se frottoit par propreté, dont on se parfumoit, et qui servoit à embaumer les morts.
- (3iat. méd.) Aujourd’hui le mot d onguent n’est plus en usage dans le sens que lui donnoient les anciens ; c est un médicament externe, onctueux, de consistance moyenne entre le Uniment et l’emplâtre, composé huile, de graisse, de cire, de njuci-
- O P A i5
- lage, de suif, de moelle, ou d’autres matières semblables auxquelles on ajoute souvent des plantes , des animaux, des minéraux. On a donné aux onguens différens noms , suivant leur vertu , leur base, leur couleur, ou leurs auteurs.
- ONKOTOMIE. F. ONCOTO-MIE.
- ONOMATOPÉE , s. f. du grec éé ovopa. (onoma), nom, et de moiu* (poieô), faire , former : formation d’un nom.
- (Elocut.) Figure de mots formés sur la ressemblance de la chose qu’ils signifient.
- Cliquetis (des armes) , trictrac, sont des mots formés par onomatopée.
- ONTOLOGIE, s. f. du grec ov^o? (ontos), génit. d’ov (on), un être, et de xoyot {logos) , discours : traité de l’être.
- (’ 3'létaph.) C’est la partie de la métaphysique générale, qui a pour objet l’etre en général.
- ONYX, s. m. du grec ovof (onux), ongle.
- (3îinéralog.) Pierre qui ressemble à l’ongle ; espèce d’agathe très-fine , qui offre des bandes parallèles de différentes couleurs , dont les bords sont nettement tranchés ,et dont la bande blanchâtre a quelque' ressemblance avec celle de l’ongle , d’où lui vient son nom. L’onyx sert à faire des vases , des tabatières, des bijoux,
- OOMANTIE , s. f. du grec œo? (àon), œuf, et de pavana. (manteia), divination.
- (Divin.) Divination par le moyen des œufs. Livie, mère d’Auguste, désirant ^savoir si elle deviendroit mère d’un enfant mâle, échauffa elle-même un œuf j usqu’à ce qu’ella eût fait éclore un poulet qui avoit une fort belle crête.
- OPALE, s. f. du lat. opalus,fait du grec »7rat>.o? (ôpalos).
- (Minér.) Pierre rangée parmi les pierres précieuses, d’un blauc de lait un peu léger , ou d’un gris bleuâtre qui a des reflets diversement colorés, suivant le point de vue où elle se présente.
- C opale est rangée parmi les pierres précieuses, et même parmi ce,'lies
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- <7ii pl: 13 grand prix , quand elle a toute la perfection dont elle est susceptible , quoiqu’elle n’ait ni la dureté ni le tissu lamelleux des gemmes ou pierres précieuses proprement dites.
- Les plus belles opales portent le nom d’opales orientales , suivant l’usage des joailliers de donner le nom de pierres orientales, à toutes celles qui sont de la plus grande perfection , quoique toutes celles qui sont dans lé commerce viennent de Saxe et de Hongrie.
- C’est sur-tout aux environs d’E-peries , dans la Haute-Hongrie, près des monts Krapak, que se trouvent les opales de la première qualité , dans une colline voisine du village de Czerniska ou Czervezina.
- OPAQUE , adj. du lat. opacus , fait à’opaco , couvrir , obscurcir.
- (.Physiq.) Corps opaques ; ce sont ceux qui ne transmettent point la lumière. Cette propriété leur vient de ce qu’ils sont composés de parties qui sont entr’elles d’une différente densité, et de ce que ces parties laissent entr’elles des vides et des interstices irréguliers ou tortueux , et remplis d’une matière beaucoup moins dense que les particules qui constituent les corps. Consultez l’optique de New ton.
- OPERA , s. m. terme emprunté de l’italien opéra ou opra , ouvrage, composition.
- (yirt drainat.') Spectacle dramatique et lyrique , où l’on s’efforce de réunir tous les charmes des beaux-arts , dans la représentation d’une action passionnée, pour exciter, à l’aide des sensations agréables , l’intérêt et l’illusion,
- lu’opéra étoit depuis long-tems connu à Venise , lorsque Balthaza-rini , surnommé le Beau - Joyeux, valet de chambre de Catherine de Médicis, donna en France quelques idées des représentations en musique, et dans lesquelles il se fit aider, pc.ur la musique , par Beaulieu et Salomon , pour les paroles , par Lache-naye , aumônier du prince , ei pour les décorations, par le peintre Patin.
- A la naissance de l’opéra, les inventeurs s’avisèrent de transporter la scène aux Gieux et dans les Enfers,
- OPE
- et faute de savoir faire parler les hommes , dit Rousseau , ils aimèrent mieux faire chanter les dieux et les diables. Ce spectacle fit long-tems l’admiration des contemporains; mais dès que la musique eut appris à peindre et à parler , le théâtre fut purgé du jargon de la mythologie, et l’intérêt fut substitué au merveilleux. Apostolo Zeno et Métastasé firent parler les héros ; et Cyrus , César, Caton même, parurent sur la scène avec succès; Vinci, Léo , Pergolèse, se chargèrent d’exprimer en musique les accens de la colère, de la douleur , des menaces , au lieu des cris des Bacchantes , des conspirations des sorciers , et de tout le fracas barbare que faisoient entendre auparavant de mauvais musiciens qui n’a-voient que la mécanique de leur art, et qui étoient privés du feu de l’invention et du don de l’imitation.
- Mais la perfection est un point où il est difficile de se maintenir; lamu-sique , après avoir essayé et senti ses forces , s’est crue en état de marcher seule, et elle a dédaigné la poésie qu’elle devoit accompagner.
- Tel est l’état de l’opéra en Italie. En France, Quinault et Sully s’écartèrent , dès le principe , et du goût et de la forme ordinaire des opéra italiens , et en créèrent un d’un nouveau genre. Quinault , sur-tout, imagina des actions tragiques , liées à des danses, au mouvement des machines et aux changemens de décorations.
- Lamotte enrichit l’opéra du ballet et de la pastorale; et depuis cette époque jusqu’à ce jour , la danse a été la partie la plus brillante de ce spec-
- OPERATEUR, sub. m. du latin operator, fait d’operor, travailler.
- (• Chirurgie) Opérateur se dit en général d’un chirurgien qui se sert de la main et des instrumens pour travailler sur le corps humain , et remédier aux désordres externes qui demandent ses secours.
- Comme la chirurgie renferme un grand nombre d’opérations, il est des chirurgiens qui se bornent, plus particulièrement à quelques - unes d’entr’elles , et on leur donne une dénomination particulière , à raison de l’opération qu’ils pratiquent.
- Opérateur
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- Opérateur liihalomiste ; relui <mi pratique l’opération de la taiiie.
- Opérateur oculiste; celui qui s attache aux maladies chirurgicales de l’œil. .
- Opérateur dentiste ; celui, qui a soin des dents. • ,
- Opérateur herniaire ou banda-eiste ; celui qui se consacre aux opé- • rations des hernies et à appliquer des bandages.
- ( Empirisme) Opérateur se dit aussi d’un empirique, d’un charlatan qui vend ses drogues et ses remèdes en public et sur le théâtre, qui annonce son logis et sa science par des billets qu’il distribue.
- OPES , s. m. du grec o-jri) ( opé') trou.
- (Architi) On appelle ainsi les trous des boulins qui restent dans les murs, et de ceux où sont posés les bouts des solives.
- OPHIASE,s. f. du grec bfieunç ( ophiasis ), formé d’e^xç ( ophis ) , serpent.
- ( Méd. ) Maladie qui fait tomber le poil et les cheveux en quelques endroits du corps , de sorte qu’il pa-roit moucheté comme celui ü’un serpent.
- . OPHIDIENS, s. m. du grec o<plç (ophis), serpent: de la famille, delà nature des serpens.
- ( Erpétologie ) Ce mot, qui est synonyme de celui de serpent, a été donné par Alexandre Brongniavd aux animaux du troisième ordre des reptiles, dans sa méthode d'Erpétologie.
- OPHIOGENES, s. m. du grec ofi; (ophis), serpent, et de yehopoti (géinomai) , naître : issus d’un serpent.
- (Antiquité) Les anciens don-noient ce nom à une race d’hommes qui se disoient issus d’un serpent. Ces hommes , qui habitoient l’ile de Paros, passoient, aussi bien que les Marses et les Psyiies , peuples de l’Alrique, pour avoir la propriété de guérir les piqûres venimeuses des serpens.
- OPHIOLATRÏE, s. f. du grec o<$i; (ophis), serpent, et de Kutpua. (Ia-treia), culte..
- (Culte relig.) Religion de ceux qui adorent des serpens. Tel étoit le ’i ome 111,
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- culte que les Babyloniens rencloient an grand dragon que Daniel tua. L’o-phiolatrie a encore lieu parmi quelques peuples de l’Inde.
- OPBIOLOGIË, s. f. du grec o<pis (ophis), serpent, et de xcyoç (logos), discours.
- (Hist, nat.) Partie de l’histoire naturelle qui a pour objet la description des serpensT
- OPHIOPfiAGES, s. m. du grec cçjs (ophis), serpent, et de <petya>
- (phago), manger: mangeurs de serpens.
- ( Oéogr.) Nom donné par Pline à des peuples d’Etliiopie qui se nour-rissoient de serpens.
- OPHITE, s. 1. du grec oqn; (ophis), serpent, et de Kiboç (lithos), pierre: pierre de serpent, serpentin.
- (Minéral.) Espèce de porphyre connu des artistes sous le nom de vert antique.
- OPHTHALMIE, s. f. du grec o<pbaxjuoç ( ophthalmos ) , œil, qui vient d’ôWrojswtj , voir.
- ( Méd. ) Ce mot signifie toute maladie des yeux ; mais on s’en sert particulièrement pour désigner l’inflammation de cet organe.
- L’Ophthalmie est une inflammation ou rougeur de la conjonctive, quelquefois avec tumeur ardente et écoulement de larmes, quelquefois sans l’un et l’autre.
- Il arrive aussi que cette inflammation s’étend sur toutes les parties du globe et sur celles qui ^environnent. Cette maladie est la plus fréquente de toutes celles dont les yeux se trouvent affligés, puisqu’elle accompagne presque toutes les autres maladies qui les attaquent.
- D’Ophthalmie on a fait Ophlhal-mique, pour désigner ce qui concerne l’œil, ce qui a rapport à la vue, et les remedes qui sont propres aux maladies des yeux.
- OPRTHALMOGRAPHÏE, s. f. du grec (xpbaX/xoç (ophthalmos), œil, et de ypaq-x (graphe), décrire.
- (Anat.) Partie de l’anatomie qui a pour objet la description de l’œil»
- OPHTHALMOLOGIE , s. f. du grec bçbaXjUoç {ophthalmos), œil, et de xoyo; (logos), discours.
- (A nat. ) Partie de l’anatomie qui a pour objet de faire cohnoitre les usagés de i’ceil.
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- OPHTHALMOSCOPIE, s. f. du grec hqibcLAfj.oç ( ophthalnios ), œil, et de trH.o'!na> ( skopéà ), considérer, contempler.
- ( Méd.) L’art de connoitre le tempérament et le caractère d’une personne par l’inspection de ses yeux.
- O PI AT, s. m. du grec ott«ov ( opion), opium , le suc de pavot.
- ( Mat. méd.') Les anciens médecins donnoient. avec raison le nom à’opiat ou opiale , ou opialet, aux tnédicamens dans la composition desquels il entroit de Vopium, ou tel autre ingrédient narcotique ; mais on le donne aujourd’hui aux remèdes préparés sans opium, qui par leur consistance ressemblent aux élec-tuaires mous et aux confections.
- OPILATION, s. f. du latin op-pilare, boucher.
- ( Méd.') Espèce d’obstruction forte et dure causée par des alimens qui ont la qualité de boucher, de remplir les vaisseaux et d’empêcher le passage des humeurs. Les viandes (pu se digèrent difficilement sont opilatwes.
- ÛPISTHOCYPHOSE, s. f. du grec %TïioQcix.v<poçiç(opistohi£phosis), formé tjTJtdjîv *( opisthen ), par derrière, et de kv<p'oç ( kuphos ), bossu : l’état de celui qui est bossu par derrière.
- ( Méd. ) La cambrure de l’épine en arrière, la bosse.
- OPISTHOGRAPHIE , s. f. du grec GTrteôév ( opisthen), par derrière, et de yps.<pee ( grapho ) , écrire.
- ( Diplomatique ) Ce mot signifie écriture des deux côtés. Les anciens îï’écrivoient que d’un côté, et le revers de la page étoit blanc. C’étoit tellement un usage de politesse, que Saint-Augustin , qui s’eu écarte quelquefois, en fait des excuses. Jules-César semble être le premier qui chez les Romains ait introduit Yopistho-graphie, en écrivant aux généraux et aux gouverneurs.
- 'Les chartes qui ont plus de 45o ans d’ancienneté ne sont communément écrites que d’un côté. C’est un usage presqu’invariabîe en France. En Angleterre, les chartes opisthograph.es sont un peu plus communes. On ne parle ici que du texte, et non pas des notices faites dans le tems ou après
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- coup , pour indiquer le précis des actes, leur âge, le nom de leurs auteurs , etc., que l’on voit sur le dos de presque toutes les chartes.
- OPISTHOTONQS, s. m. mot gre« composé d’âVnj-ôêv (opisthen), en arrière , et de tovoç ( tonos), tension.
- (Méd.) Espèce de convulsion dans laquelle le corps est plié comme un arc en arrière , par la contraction des muscles postérieurs de la tète et du dos. Voy. CONVULSION.
- OPIUM, s. m. du grec oiuor ( opion ) , formé d’ôirèç (opos), suc, liqueur ; comme qui diroit suc par excellence.
- ( JBotan. ) Suc concret, retiré par incision de la tête du pavot blanc ou du pavot des jardins. U opium nous vient de la Natolie , de l’Egypte et des Indes. Les Orientaux en font un grand usage , et l’on sait que les Turcs en prennent une forte dose , toutes les fois qu’ils se préparent au combai.
- ( Mat. méd. ) Tu opium est une substance très-singulière, et sur laquelle les médecins ont eu différentes opinions. Uopium augmente la vélocité et la plénitude du pouls , îa chaleur des tégumens , la transpiration insensible , le gonflement des veines ... Il diminue le sentiment, il détruit la douleur, il affoib lit tout es les facultés de l’ame ; il produit un sommeil qui approche d’autant plus de l’apoplexie que l’action de l’opium ést plus vive. Sagement administré , Y opium produit de bons effets dans le plus grand nombre des maladies douloureuses et convulsives , dans un petit nombre de maladies évacua-toi res.
- OPOBALSAMUM, s. m. du grec o-irbç ( opos ), suc , et de Çu.\a-ttpLot ( balsamon ) , baume : suc de baume.
- ( Mat. méd. ) Sorte de résine liquide ou de baume , que l’on retire par «incision d’un arbre du Levant qu’on appelle baumier ; c’est la même chose que le baume de Judée ou d'Egypte.
- OPOPANAX, s. m. du grec btnro ? (opos) , suc , et du latin panax , panacée, dérivé du grec -ttav (pan ) , tout, et (YkKiop.sLt (akéomai), remédier : baume universel.
- ( Mat. méd. ) Suc résineux-go m-
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- ineux qu’on tire d’une plier:te du Levant, nommée grande-berce , ou panacée, à cause de ses propriétés. On l’emploie en médecine comme purgatif.
- OPPOSE , ÉE , participe ô'op-poser, du lat. oppûnere, pour ob-i/iaiu ponere, mettre au-devant.
- ( (réoin. ) Opposé est si fort en usage en géométrie et même en physique qu’il en est deyenu un terme.
- singles opposés; ce sont ceux qui sont formés par deux lignes droites, oui se coupent en un point.
- Cônes opposés; ce sont deux cônes semblables opposés par le sommet , c’est-à-dire, qui ont un même sommet commun , ainsi qu’un même axe.
- Sections opposées ; ce sont deux hyperboles produites par un même plan qui coupe deux cônes opposés.
- OPPOSITION , s. f. même origine qu’OPPOSE : empêchement , obstacle.
- ( Astron, ) Opposition se dit, en astronomie , de l’aspect ou de la situation dè deux étoiles ou planètes lorsqu’elles sont diamétralement opposées l’une à l’autre , c’est-à-dire, éloignées de 180 degrés, ou de l’étendue d’un demi-cercle.
- Quand la lune est diamétralement opposée au soleil, en soite qu’elle nous montre son disqueentier éclairé, elle est en opposition avec le soleil ; ce qu’on exprime communément en disant qu’elle est dans son plein; elle brille alors toute la nuit;
- Les éclipses de lune n’arrivent jamais que quand cette planète est on 'opposition avec le soleil, et qu’elle se trouve outre cela proche des nœuds de l’écliptique. >
- ( Pratique ) Opposition est encore un acte qui se signifie à la requête de celui qui a des droits à conserver, ou des intérêts à discuter; c’est aussi nn moyen ouvert ; en certains cas, Pour se pourvoir contre un jugement rendu par défaut.
- ( Polit, j Parti de Topposition ; c est, dans une assemblée politique , tm certain nombre de membres qui contrarient, par principe , et s’efforcent de balancer l’opinion de la majorité.
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- ( Elocut, ) Opposition , en rhétorique , est une figure par laquelle on réunit deux idées qui paroissent contradictoires, comme unejolie sagesse , un poltron courageux.
- (Peinture) Opposition est d’un fréquent usage en peinture : on dit qu’on ne peut faire valoir une teinte ' ou un ton sans opposition ; cela signifie qu’en plaçant, par exemple , une teinte jaune à côté d’une teinte violette, on fait paroître celle-ci plus violette encore.
- On dit d’un ton qu’il n’est pas absolument clair, et qu’il ne paroît tel que par l’obscurité de celui qui lui est opposé.
- Lesbrasdoivent être enopposition l’un avec l’autre, et ceux-ci avec les jambes, la tête avec le corps , et ainsi du reste, afin de conserver les règles de l’équilibre, et de suivre les principes reçus pour la grâce, la force, l’expression, etc.
- OBSIGONE , adj. du grec ojl ( opsé ) , tard, et de ydivopeu ( géi-nomai) , être produit, : produit dans un tems postérieur.
- ÇAnat. ) On. donne cette épithète aux dents molaires, parce que ce sont les dernières qui sortent, et qu’elles ne - viennent que dans l’adolescence : on les appelle aussi dents de sagesse.
- O P SI M A T îî 1E , s. f. du grec ojl ( opsé ) , tard , et de p.xvSnva> ( man-thanô ), apprendre ; envie tardive de s’instruire
- OPTIMISME, s. m. du lat. opli-mus, très-bon.
- ( Philos. ) C’est le nom qidon donne au système de ceux qui pré-' tendent que tout est bien; de là on appelle optimistes les philosophes tels que Leibnitz et Mallebranche, qui soutiennentque Dieu a fait les choses le mieux qu’il a pu et qu’il a su.
- OPTION , s. f. du latin optio ,
- , d,ovto , choisir.
- (Pratique ) Le pouvoir à^opLar, ou le choix qu’on fait de quelque chose.
- OPTIQUE , s. f. du grec oirlnoeç ( optihos ) , visuel ; qui concerne la Vue, formé dltiélQp.a.1 ( optomai), voir.
- ( Mathémat. ) JJ optique , dans le sens le plus étendu qu’on puisse donner à ce mot, est la science de la
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- •vision en général ; et dans ce sens il renferme la catoptrique , la diop-irique,et même la perspective.
- Dans un sens moins étendu, on appelle aussi optique la partie de la physique qui traite des propriétés de la lumière et des couleurs , sans aucun rapport à la vision. C’est cette science que Newton a traitée dans son optique.
- Optique , dans le sens le plus strict, est proprement la science qui a pour objet res effets de la lumière directe , et par conséquent la science de ia vision directe ; c’est-à-dire , de la vision des objets par des rayons qui viennent directement et immédiatement de ces objets à nos yeux, sans être ni réfléchis ni réfractés par quelque corps réfléchissant ou réfringent.
- Il n’y a point de science sur laquelle les philosophes soient tombés dans un plus grand nombre d’erreurs, et il s’en faut même beaucoup encore aujourd’hui que les principes généraux de V'optique, et ses lois fondamentales , soient démontrées avec cette rigueur et cette clarté qu’on remarque dans les autres parties des mathématiques ; la notice suivante des principaux ouvrages qui traitent de Voptique, servira à mettre au fait des progrès de cette science, et du chemin qui lui reste à faire.
- Il est probable que les Platoniciens ont eu connoissance de la propagation de la lumière en ligne droite , -et de l’égalité des angles d’incidence et de réflexion; car, bientôt après eux, on voit ces vérités admises comme principes.
- Il est certain qu’Euclide a écrit sur 1,optique ; mais on doute que les deux livres publiés sons son nom soient véritablement de lui ; du moins a-t-on raison de croire qu’ils ont été fort altérés dans les siècles suivant
- Ptolémée nous avoit laissé un optique qui n’existe plus; mais , à en juger par l’ouvrage d’Aidhusen , qui paroit être une copie de celui Pto-ièmée, il y a lieu fie croire que celui-ci confenoit beaucoup de mauvaise physique.
- Maurolicus de Messine , en i5y5, commença à dévoiler l’usage du crys-
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- tallin ,'dans son livre de lumine et umbra.
- Porta, dans son livre de la Magie naturelle, donna les principes de la chambre obscure ; et cette découverte conduisit Kepler à la découverte de la manière dont se fait la vision : ce grand homme aperçut et démontra que l’œil étoit une chambre obscure, et expliqua en détail la manière dont les objets venoient s’y peindre.
- Antoine de Dominis donna les premières idées de l’explication de i’arc-en-ciel ; Descartes la perfectionna , et Newton y mit la dernière main.
- Jacques Gregory, dans son Oplica promota , proposa plusieurs vues nouvelles et utiles pour la perfection des optiques, et sur les phénomènes de la vision par les miroirs ou parles verres.
- Barrow , dans ses Lecdones op~ liées, ajouta de nouvelles vérités à celles qui avoient déjà été découvertes ; mais le plus considérable et le plus complet de tous les ouvrages qui ont été faits sur l'optique, est l’ouvrage anglais de M. Smith, inti-tuté : si compleat System ofop-tics, en deux vol. in-40,
- L’optique en général a principalement deux questions à résoudre : celle de la distance apparente de l’objet, ou du lieu auquel on le voit, (/A DISTANCE , APPARENCE), et celle de la grandeur apparente du môme objet. V. APPARENCE, VISION, MIROIR, CATOPTRIQUE , DIüPTRIQUE,
- OPTIQUE, employé adjectivement , se dit de ce qui a rapport à la vision.
- Cône optique ; c’est un faisceau de rayons qu’orr imagine partir d’un point quelconque d’un objet, et venir tomber snr ia prunelle pour entrer dans l’œil.
- Pinceau optique ou pinceau de rayons y c’est un assemblage dé rayons par le moyen desquels on voit un point ou une partie d’un objet.
- Axe optique; c’est un rayon qui passe par le centre de -l’œil", et qui fait le milieu de la pyramide ou du cône optique.
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- Chambre optique. V. CHAMBRE OBSCURE.
- terres optiques ; ce sont des verres convexes ou concaves, qui peuvent réunir ou écarter les rayons, et par le moyen desquels la vue est rendue meilleure, ou conservée si elle est foible. V. VERRE, LENTILLES, LUNETTES, MÉNISQUE.
- Pyramide optique; c’est, en perspective, une pyramide dont la base est l’objet visible, et dont le sommet est dans l’œil. Cette pyramide est formée par les rayons qui viennent à l’œil des différens points de la circonférence de l’objet.
- Triangle optique; c’est un triangle dont la base est une des lignes droites de la surface de l’objet, et dont les côtés sont les rayons.
- PLayon$ optiques; ce sont les rayons qui terminent une pyramide ou un triangle optique.
- ( Astron. ) Inégalité optique ; c’est une irrégularité apparente dans le mouvement des planètes. On l’appelle apparente parce qu’elle n’est point dans le mouvement des corps, et qu’elle ne vient que de la situation de l’œil du spectateur, qui fait qu’un mouvement qui seroit uniforme ne paroît pas tel ; cette illusion a lieu lorsqu’un corps se meut uniformément dans un cercle dont l’œil n’occupe pas le centre , car alors le mouvement de ce corps ne paroît pas uniforme; au lieu que si l’œil étoit au centre du mouvement, il le verroit touj ours uniforme.
- On appelle cette inégalité, inégalité optique, pour la distinguer de Vinégalité réelle ; car les planètes ne décrivent pas un cercle comme on vient de le supposer, mais une ellipse dont elles ne parcourent pas des arcs égaux en tems égaux. Ainsi, leur mouvement n’est donc pas uni-lorme, et il le seroit qu’il ne nous le paroîtroit pas. C’est pourquoi on distingue dans ce mouvement deux inégalités, l’une optique ,et l’autre réelle.
- Lieu optique d’une étoile ; c’est le point où il paroît à nos yeux qu’elle est. Ce lieu est vrai ou apparent : vrai, quand l’œil est supposé au centre de la terre ou de la planète
- OR 2ï
- de laquelle on suppose qu’il regarde ; et apparente, quand l’œil est hors du centre de la terre ou de la planète, La différence du lieu vrai au lieu apparent, forme ce que l’on appelle PARALLAXE. V. ce mot.
- (Physique) Illusions optiques ; ce sont toutes les erreurs où notre vue nous fait tomber sur la distance apparente des corps , sur leur figure , leur grandeur, leur couleur, la quantité et la direction de leur mouvement.
- Machine optique ; c’est une boîte dans laquelle des objets assez éclairés se font voir sous des images amplifiées et dans l’éloignement, par le moyen de miroirs et de verres convexes.
- ( Physiol. ) Optique se dit aussi de ce qui sert à la vue.
- Nerfs optiques ; les nerfs optiques semblent tirer leur origine des éminences appelées Couches de-nerfs optiques, qui, sortant du crâne par les trous nommés optiques , vont se perdre dans l’œil, où ils forment, par leur épanouissement, la rétine.
- Trous optiques ; ces trous sont creusés précisément à la base des apophyses à demeure de l’os sphéroïde, et. donnent passages aux nerfs optiques.
- OPUSCULE, s. m.dulatin opus-culum, dimîn, d,opus.
- ( Liltérat. ) Petit ouvrage de littérature, petit traité : les Opuscules de Plutarque , les Opuscules de Lamothe Levayer.
- OR , s. m. du iat. aurum.
- ’fVIinéré) Le plus parfait et le plus précieux de tousles métaux ; celui qui réunit le plus de propriétés utiles et agréables, sans mélange d’aucune qualité nuisible.
- La ductilité de l’or estprodigieuse. Une once de ce métal peut former un fil de soixante et treize lieues de longueur. Onpourroitavecun seul ducat dorer une statue équestre grande comme nature.
- Sa ténacité surpasse celle de tous les autres métaux : un fil de fer d’un, dixième de pouce de diamètre, supporte un poids de 45o livres ; un fil d’or de la n: c me grosseur eu peut porter Soo.
- Sa densité est également très-con-
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- siiïèr&ble, et surpasse du double celle dç l’argent. Un pouce cube de celui-ci ne pèse que six onces ?, tandis qu’un pouce cube d’or pèse douze on-, ces et demi.
- L’or n’a ni odeur ni saveur; il n’est attaqué ni par l’air, ni par l’eau , ni par aucun des agens ordinaires de la nature ; le feu lui-même ne sauroit l’altérer.
- Il n’en est pas de même quand on soumet l’or à l’action des rayons solaires concentrés : cette action est si prompte qu’elle le volatilise, pour ainsi dire, dès les premiers înstans.
- La plupart dèsméîaux peuvents’al-lier avec l’or/' mais le mercure est celui de tous qui montre le plus d’affinité avec l’or, et leur alliage, qu’on nomme amalgame , se fait avec une si grande facilité, q.u’on l’obtient même par la simple trituration de l’or en feuilles ou en poudre, avec le mercure coulant. C’est avec cette amalgame que s’exécute la dorure en or moulu : on l’étend sur le mé-tal qu’on veut dorer, on expose la pièce au feu, le mercurq s’évapore > et l’or se trouve fixé sur la surface du cuivre ou de l’argent.
- C’est pareillement à Ta faveur de cette grande affinité de l’or avec le mercure , qu’on parvient à le retirer avec profit des minerais les plus pauvres ; on les pulvérise , on les pétrit avec de l’eau salée, et. l’on v mêle une quantité de mercure suffisante. On procède ensuite à des lavages réitérés de ce mélange , pour le débarrasser peu à peu de toutes les matières terreuses , jusqu’à ce qu’enfin il ne reste plus que P amalgame aurifère dont on retire le mercure par la distillation, et. l’on achève de purifier l’or par le moyen ordinaire de la coupelle.
- L’or n’est attaqué par aucun acide simple ; mais il est facilement dissous par l’acide muriatique sur-oxi-géné , et par l’acide nitro.-muriatique , ou eau régale.
- Or fulminant; quand on précipite l’or de sa dissolution par l’ammoniac bu alkali volatil , il acquiert une propriété qu i lui est commune avec l’argent et le mercure ; c’est d’être fulminant. f
- ^Peinture') La propriété quepos-
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- sèdel’orde fournir, dans de certaines circonstances, un oxide couleur de pourpre, le rend très-précieux pour le peintre en émail; il fournit les plus belles nuances de violet, de rose-et de lilas. On appelle cet oxide pourpre de Cassius ; et on l’obtient en versant peu à peu la dissolution d’or dans une dissolution d’êtain par l’eau régale, étendue dans l’eau distillée.
- Dlines d’or ; l’or a , comme les autres métaux , ses mines proprement dites, soit en filons , soit en couches.
- Les mines d’or les plus importantes qu’on exploite aujourd’hui en Europe , sont celles de Hongrie et de Tran-silvanie ; mais la véritable patrie de ce métal est placée entre les tropiques. Lesterreins aurifères en couches-ïiorisontales , qui sont si fréquens dans les contrées de l’Afrique, ne pénètrent jamais à plus de deux toises de profondeur : il en est de même dans les pleines du Brésil et dans les vallées du Pérou , du Mexique , de la nouvelle Grenade et des autres contrées de l’Amérique équatoriale.
- Les filons d’or eux-mêmes plongent rarement au-delà de quelques toises. La très-grande majorité de l’or qui est-dans le commerce provient du lavage des sables aurifères.
- Or natif; c’est celui qu’on découvre facilement à l’œil nu. On le trouve en paillettes , ou en petits grains comme du &ble , en masses pondérables séparément, depuis un grain jusqu’à plusieurs livres , en filets droits ou contournés , en lames, en dendrites, et en cristaux réguliers.
- Or de chatvoy. MICA.
- Or massif ; voy. ÉTAIN.
- Or blanc ; voy. PLATINE.
- Or de départ ; voy. ESSAI.
- Or de JSlanheim; voy. CUIVRE.
- Ord’Ulma ; c’est le nom que les batteurs d’or donnent à l’or battu.
- Orj Visé ; or très-fin , dont les brodeurs se servent pour enrichir les étoffes.
- Or lis ; or moins fin , qu’on emploie au même usage que V or frisé’.
- Or trait; c’estcelui qui. a été fin; à la filière. .
- Titre de l’or ; pour pouvoir apprécier la quantité d’or pur ou fin qu’il y.a dans un poids d’or, dans.
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- O R A O R A 2$
- un marc, par exemple, il a fallu dé- dépendent ; mais la météorologie est signer cette quantité par une exprès- et sera encore long-tems dans son sion générale, et qui rendit le rap- enfance, parce que les météores sont
- port de la quantité du métal fin au produits hors de la sphère de notre
- métal d’alliage. Pour cela , on a activité, par des êtres que nous ne
- supposé le morceau d’or qu’on veut pouvons saisir, pour les soumettre à.
- faire connoître, divisé en vingt-qua- nos épreuves.
- treparties égales, appelées karalj ou Les orages étoient anciennement
- carat, et chacune de ces parties en attribués à une vive fermentation,
- trente-deux autres , qu’on appelle grains , ou seulement trente - deuxièmes.
- Ainsi, lorsque, dans un. morceau d’or, il se trouve vingt parties d’on fin , et quatre parties ou karats d’un métal étranger , on dit que cet or est au titre de vingt karats. S’il y a\ oit vingt-deux karats et dix gravis, eu dix trente - deuxièmes , et par-conséquent un karat et vingt-deux grains , ou vingt-deux trente - deuxièmes d’alliage, on diroitque c’est de l’or à vingt-deux karats, dix trente-deuxièmes.
- On suit maintenant en France une autre division pour déterminer la quantité de fin que contiennent les matières d’or et d’argent.
- An lieu de supposer un poids quel-ronqùe d’or , divisé en vingt-quatre parties, on le suppose divisé en mille parties, et l’on exprime par des millièmes la quantité de fin et d’alliage. Aiqsi, pour exprimer l’or qui contiendrait. un quart d’alliage ou de métal étranger, on dirait qu’il contient sept cent cinquante millièmes en or fin, et. deux cent cinquante millièmes en alliage ; et l’oncliroit, c’est de l’or au titre de sept, cent cinquante millièmes. Ainsi l’or à vingt-deux karats dix trente-deuxièmes , s’exprimerait par de l’or au titre de neuf cent vingt millièmes. De l’or où il n’y aurait point d’alliage du tout, serait de l’or à mille millièmes. Eoy. ARGENT , pour le titre de l’argent. ,
- Or travaillé. Voy. ORFEVRE.
- ORAGE , s. m. du lat. auragium, formé d’aura, vent.
- . (Physique) Violente agitation de l’air, accompagnée de pluie, et quelquefois de grêle, d’éclairs et de tonnerre.
- Plusieurs physiciens ont tenté de rendre raison de la. formation des orages et des phéaosïbïcs qui ca
- produite naturellement dans le sein de l’atmosphère , et à peu près semblable à celle que fait, naître , dans les laboratoires des chimistes , un mélange bien assorti de soufre, de charbon, et de nitrate de potasse, dont la présence d’un corps ignescent augmente la température.
- La plupart des physiciens ont partagé cette opinion , jusqu’à l’époque où Franklin , arrachant le fluide électrique aux nuages orageux, l’a fait servir à imiter , jusqu’à un certain point, les phénomènes qui accompagnent les orages.
- ORAISON , du lat. oralio , fait d’orare, parler, formé d’o^ , oris , bouche.
- ( (J ranima ire') Discours , assemblage de mots qui forment un sens complet, et qui sont construits suivant les règles grammaticales.
- ( Elocut. ) Oraison se dit aussi d’un ouvrage d’éloquence , composé pour être prononcé en public.
- Oraison funebre ; discours prononcé à la louange des morts.
- L’usage des oraisons funèbres a commencé chez les Grecs, après la bataille de Marathon. Thucydide est le plus ancien auteur qui en parle.
- Cette coutume avant passé de la Grèce à Rome, Vaiérius Publicola la pratiqua après la mort de Junius Brutus , son collègue, qui étoit.resté le jour précéclént sur le- champ de bataille , dans un combat contre les Etrusques.
- La plus ancienne oraison funèbre qui ait été prononcée en France , est celle du connétable Bertrand Du-guesclin , mort en i38o^ et enterré à Saint-Denis.
- ORALE , adj. du latin os ; oris^ bouche : qui passe de bouche ta bouche.
- 'Erudition orale. Eoi orale. ORANGÉ, ÉS adj. d’orange,
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- fruit, fait du lat. aurantia , d’ora-turii, aureum.
- ( Physique ) Une des sept couleurs primitives dont la lumière est composée ; c’est la seconde en commençant, à compter par la plus forte, ou, ce qui est la même chose , par la moins rèl’rangible.
- Les corps qui nous paroissent orangés ne nous paroissent tels que parce que leur surface réfléchit les rayons orangés en beaucoup plus grande abondance que les autres.
- ORATEUR, s. m. du lat. orator, fait d’orare, parler , discourir, dérivé d’o.?, ons , bouche.
- ( Elocut.') Celui qui compose , qui prononce des harangues.
- (Hist. d’A ngl.') Orateur est aussi le nom de celui qui, en Angleterre , préside la chambre des communes, qui en est le prolocuteur, qui expose les affaires, et porte la parole au nom de la chambre.
- ORATORIO,s. m. terme emprunté de l’italien.
- ( Art. dramat. ) Pièce de poésie, divisée par scènes , mais qui roule toujours sur des sujets sacrés , que les Italiens mettent en musique , pour être exécutée dans quelque église durant le carême ou en d’autres tems.
- ORBE , s. m. du lat. orbis.
- ( Astron. anc. ) Orbe se disoit anciennement d’un corps ou d’un espace sphérique terminé par deux surfaces, l’une convexe , qui étoit en dehors ; l’autre concave, qui étoit en dedans.
- Les anciens astronomes regardoient les cieux comme composés de différons orbes très - vastes , de couleur d’azur et transparens , qui étoient renfermés les uns dans les autres , ou bien comme un assemblage de grands cercles, au-dedans desquels étoient renfermés les corps des planètes, et dont les rayons s’étendoient, depuis le centre de la terre , qu’ils regardoient comme îe centre du monde , jusqu’à la plus grande distance où la planète pouvoit s’en éloigner.
- ( Astron. mod. ) Dans l’astronomie moderne, Vorbe d’une plante est la même chose que son ORBITE. Eoy. ce mot.
- ( Chirurgie) Orbe se ditadjecti-
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- vement des coups qui font des confusions qui ne viennent pas d’instru-mens tranchans qui entament la peau, maisd’instruraens confondans. On appelle ces coups orbes , parce que la meurtrissure qui en arrive est ordinairement ronde , extensa in orbem.
- ORBICULAIRE , adj., du latin orbicularis , fait (Vorbis , de figure ronde.
- ( Physique ) Epithète que l’on donne à toute figure ronde , et à tout mouvement circulaire,
- ( Physiol. ) Ce terme est d’un grand usage en anatomie ; les éminences orbiculaires du, cerveau ; le ligament orbiculaire du Jémur ; le muscle orbiculaire des lèvres , etc.
- ORBICULÉ, ÉE , du lat. orbi-culatus.
- {^Botanf II se dit de ce qui est plan et applati , et dont la circonscription est circulaire.
- ORBITAIRE, adj. d’ORBITE, orbita. Vov. ce mot.
- ( Anat. ) Orbitaire se dit de toute éminence des os qui concourre à la formation de Vorbite : apophyse orbitaire de l’os maxillaire , ou {'apophyse molaire, à cause de sa connexion avec l’or molaire , ou de la pomette.
- Apophyse orbitaire de Vos palatin ; c’est la partie supérieure de cet os.
- ORBITE , s. f. du lat. orbita, rond, roue , ornière.
- ( Astron.) Chemin d’une planète ou d’une comète , ou la ligne qu’elle décrit dans les cieux par son mouvement propre.
- Orbite du soleil, ou plutôt de la terre ; c’est la courbe que la terre décrit dans sa révolution annuelle. Le plan de cette orbite , ou sa trace dans le ciel, est. ce qu’on appelle ordinairement ECLIPTIQUE. Poy. ce mot.
- L’Orbite de la terre et celles des planètes principales, sont des ellipses dont le soleil occupe le foyer commun. Chaque planète se meut dans son ellipse, de manière que son rayon vecteur , c’est-à-dire, le rayon qu’-on peut tirer continuellement de la pla-ïiète au soleil, décrit des aires o«
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- secteurs proportionnels au tems. Jus-qu’àKepler on avoit. cru que les orbites ou planètes étoient des cercles; niais ce grand astronome a démontré le premier, d’après les observations deTychobrahé , que les mouvemens des planètes n’étoient point exempts d’inégalité réelle. ,V. LOIX DE KEPLER,PLANETE. NŒUD, EXCENTRICITÉ, APSIDE, RÉVOLUTION.
- ( Anat. ) Orbite se dit aussi d’une cavité osseuse de la tête, dont la ligure approche assez de celle d’un cône , et dans laquelle l’œil est situé. Cette orbite sert à garantir l’œil des inj ures extérieures.
- ORCHÉSOGRAPHIE. s. f. du grec (onchésis) , danse , et de
- ypetfai (grapho ) , décrire: description de la danse.
- Danse ; description de la danse, ou l’art d’en noter les pas comme la musique.’Thernet Arbeau a composé en i588 un traité curieux, intitulé Orchésographie. C’est le premier qui a noté et figuré les pas de danse de son teins, de la même manière qu’on note le chant et les airs. Il a été imité depuis par Bauchamp. On a aussi donné à cet art le nom de chorégraphie. /A ce mot. ORCHESTRE,s.m.dugr. op^nç-pa.
- orchestra ) , formé (Vop^sî/rSoptu
- orcheîsthomai ) , danser.
- (Art draina t. anc. ) C’étoit chez les Grecs la par’ ie inf érieure du théâtre. Elle étoit faire en demi-cercle ; il y avoit des sièges tout autour. On l’appeloit orchestre, parce que c’étoit là que s’exécutoient les danses.
- Chez les Romains l’orchestre étoit séparé du théâtre, et rempli de sièges destinés pour les sénateurs, les magistrats, les vestales et les autres personnes de distinction.
- ( Artdramal. mod. ) Aujourd’hui ce mot s’applique plus particulière-nient à la musique, et s’entend, tantôt du lieu où se trouvent ceux qui jouent des instrumens, et tantôt de la réunion de tous les symphonistes ; c est dans ce dernier sens que l’on dit qu’un orchestre est bon ou mauvais, pour dire que les instrumens sont bien ou mal joués.
- ORCHOTOMIE, s. f. du grec
- ORD si
- ( orchis ) , testicule, et de 'Tip.voù ( temnô ), couper.
- ( Chirurgie ) Amputation des testicules, castration.
- ORD A ou ORDE, ou HORDE , mot tartare.
- (Hist. des Tarlares) Ce terme désigne une tribu tartare assemblée pour aller contre les ennemis, ou pour d’autres raisons particulières. Chaque tribu, ou chaque orda, a son chef particulier qu’on nomme IMursa.
- ORDALIE, s. & du saxon ordal, dont les Anglois ont fait ordeal, et dans la basse latinité ordaliurn, purgation.
- ( Jurisprud. ) On appeloit ainsi , dans le moyen âge, les épreuves du feu, du 1er chaud, de l’eau, du duel.
- ORDINAL , LE , adject. du latin ordo , ordinis , qui regarde l’ordre.
- ( Arith. ) Ce mot se dit des nombres qui marquent l’ordre des choses, ou en quel rang elles sontplacées. Le premier , le dixième , le centième , sont des nombres ordinaux.
- ORDONNANCE , s. f. du latin ordinale , dont on a fait d’abord or-’dernier, et ensuite ordonner: disposition , arrangement.
- ( Pratique ) Statut, ou constitution émanée du souverain.
- Ordonnance se dit aussi en parlant d’un juge commis à une audition de témoins.
- ( Finances ) Ordonnance , en termes de finances, est un mandement à un trésorier de payer certaine somme.
- ( Méd. ) Ordonnance se dit aussi de ce que prescrit le médecin, soit pour le régime de vivre, soit pour les remèdes.
- (Art mil.) Ordonnances ; résout des cavaliers ou sergens de chaque brigade, qui montent tout équipés chez le générai, pour porter les ordres , chacun à leur corps. Ce sont aussi des cavaliers ou soldats que l’on, envoie d’un poste au général, pour lui donner avis des mouvemens de l’ennemi , d’attaque, etc.
- (Peinture) L’Ordonnance, dans le langage des peintres, est le résultat de la disposition des objets qui sont représentés dans les ouvrages de l’art.
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- L’ordonnance est confuse quand l’ouvrage est surchargé d’objets qui se nuisent les uns aux autres , par leur disposition ou leur multiplicité. Elle est fiche, non par le grand nombre des objets , mais quand l’artiste a su la disposer de manière que le champ ne semble pas réduit à une sorte de nudité qui annonce dans l’auteur un défaut de génie. Elle est panure , quand elle ne répond pas à la richesse du sujet. Elle est nette , quand tous les objets, sans être isolés ou découpés , se distinguent cependant au premier coup d’œil. Elle est embarrassée y quand elle offre des parties que le spec tateur ne démêle pas aisément.
- La belle ordonnance diffère de l’ordonnance riche , en ce que la première suppose de la simplicité, et la seconde de l’abondance.
- Les ordonna11ces |c!e Paul Véro-nèse ét'oient. ordinairement riches; celles de Raphaël et des grands maîtres de l’école romaine étoient ordinairement belles. Le caractère de celles de Rubens étoit imposant ; le caractère dé celles de Coypel étoit théâtral.
- ( Architecture ) Ordonnance se dit aussi de la disposition des parties d’un bâtiment, et de l’arrangement des parties qui composent les cinq ordres d’architecture. La façade de ce bâtiment , cette disposition de colonnes est d’une belle ordonnance.
- ORDONNÉE , adj. s. f. du latin ordinatim applicatœ (sous entendu Lineœ ).
- ( (j-éoni.) Lignes ordonnées,• c’est le nom qu’on donne aux lignes tirées d’un point de la circonférence d’une Courbe à une ligne droite, prise dans le plan de cette courbe , et qu’on prend pour l’axe ou pour la ligne des abscisses.
- On appelle aussi quelquefois ordonnées des lignes qui partent d’un point donné, et qui se terminent à une courbe.
- Raison ou proportion ordonnée ; c’est une proportion qui résulte de deux ou plusieurs autres proportions , et qui est telle que l’antécédent du premier rapport de la première proportion est au conséquent du premier rapport de la seconde, comme l’antécédent du second rapport de la pre-
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- mière proportion est au conséquent du second rapport de la seconde.
- {Algèbre ) Equation ordonnée/ c’est une équation où l’inconnue monte à plusieurs dimensions , et dont les termes sont arrangés de telle sorte, que le terme où l’inconnue monte à la plus haute puissance soit le premier : qu’ensuite le terme où l’inconnue monte à la puissance immédiatement inférieure soit le second , etc.
- ORDRE, s. m. du latin ordo , arrangement ; disposition des choses mises en leur rang.
- ( Art milit. ) Ordre se dit, en termes de guerre, du mot que l'on donne tous les jours aux différons corps pour distinguer les amis des ennemis , et du moment où il se donne ; de là ces expressions : aller à l’ordre 7 recevoir l’ordre. L’ordre se donne ordinairement sur les trois ou quatre heures après midi.
- Ordre de bataille ; c’est une disposition des bataillons et des escadrons d’une armée rangée sur une ligne , ou sur plusieurs , selon la nature d u terrein.
- Ordre mince; c’est la disposition suivant laquelle une troupe est rangée sur un front très-étendu , avec très-peu de profondeur.
- U ordre mince est opposé à V ordre projond.
- Ordre oblique ; c’est la disposition d’après laquelle une armée ou un corps de troupes engage le combat par une de ses ailes ; et refuse l’autre à l’ennemi.
- Ordre en quinconce ; cet ordre consiste à placer les bataillons de la seconde ligne vis-à-vis les ouvertures ou intervalles laissés par les bataillons de la première ligne. Ces ouvertures sont faites pour que chaque bataillon puisse manœuvrer commodément sans nuire à ceux dont il est flanqué, pour que la seconde ligne puissepasser en avant de la première , s’il en étoit besoin , et pour que les fuyards de cette première ligne puissent passer par les intervalles des bataillons de la seconde ligne , sans la rompre ni l’ébranler.
- {Marine) En termes de tactique navale, ordre est la disposition sRs
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- ORD
- vaisseaux d’une armée navale , les uns par rapport aux autres.
- 'Il' y a différens ordres , suivant les différentes circonstances ; mais tous ont pour objet de procurer à l’armée les moyens de se ranger plus facilement à l’ordre de bataille.
- Ordre de marche ; c’est celui suivant lequel une armée navale marche, ou fait sa route. Chaque général dispose son armée , dans cette circonstance , comme il l’entend ; cependant, l’ordre de marche le plus ordinaire, et celui qui est le plus exempt d’inconvéniens, est celui dans lequel l’armée est partagée en trois colonnes ; l’une formée de l’avant-garde , au vent ; celle du corps de bataille , au milieu ; et celle de l’arrière-garde, sous le vent. De cet ordre , on se range facilement à l’ordre de bataille.
- Ordre de convoi; c’est une disposition de l’armée navale, la plus propre à escorter et protéger un convoi. Cet ordre consiste à placer les vaisseaux en ligne , et dans les eaux les uns des autres , sur deux ou trois colonnes parallèles à la route que fait l’armée.
- Ordre naturel ; c’est celui dans’ lequel le commandant de chaque division est à la tête et en avant des vaisseaux de sa division, l’avant-garde au vent, et l’arrière-garde sous le vent.
- Ordre renversé ; c’est celui où les commandans se trouvent en arrière , ou à la queue de leurs divisions respectives , l’avant-garde sous le vent, et l’arrière-garde au vent.
- ( Architecture ) Ordre se dit aussi de divers ornemens , mesures et proportions des colonnes et pilastres qui soutiennent ou qui parent les grands bâtimens, TOSCAN , DORIQUE , IONIQUE , CORINTHIEN , COMPOSITE , GOTHIQUE.
- ( (J-éom. ) Ordre se dit en parlant des lignes courbes , il est distingué par le différent degré de leur équation.
- Les lignes droites dont l’équation ne monte qu’au premier degré , composent le premier ordre, les sections coniques le second ordre . et sunsi des autres.
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- (Algèbre) Ordre s’emploie aussi en parlant des infinis et des infiniment petits ; ainsi on dit : infini du second ordre , pour dire une quantité infinie par rapport à une autre qui est déjà infiniment petite elle-même ; infiniment petit du second ordre , pour dire une quantité infiniment petite , par rapport à une autre qui est déjà infiniment petite elle-même, et ainsi de suite.
- On dit de même équation différentielle du premier et du second ordre , pour dire une équation où les différentielles sont du premier, du second ordre.
- ( Commerce ) Ordre , sur les lettres de change ou billets à ordre, est un écrit qui se met au dos des lettres de change ou des billets commerça-bîes, et par lequel on transmet à un tiers la propriété de la lettre de change ou du billet de commerce. Voy. LETTRE DE CHANGE , BILLET A ORDRE.
- ( Ordre des créanciers ) C’est l’état qu’on dresse de tous les créanciers1 d’un homme, d’une succession, pour les payer suivant leur hypothèque.
- ( Hist. nat. ) Ordre, se dit d’un groupe ou d’une réunion de genres qui se ressemblent par un nombre déterminé de caractères constans.
- La multitude des êtres rendroit l’histoire naturelle incertaine et confuse ; il fallait un fil pour se conduire dans cet immense labyrinthe ; on a imaginé les méthodes. Ces distributions , en groupant les êtres qui ont entre eux des rapports constans, servent à les faire connoître avec plus de facilité. On nomme ces différens-groupes, CL ASSES, ORDRES . GENRES et ESPÈCES. ( %. ces mots.) En passant de la classe à l’or-dre et de Vordre au genre , on arrive facilement à l’espèce..
- (.Econom. polit.) Ordre du jourp manière de parler empruntée de l’an-g!ois,pour exprimer, en parlant d’une assemblée délibérante , Y ordre de Iravail dont l’assemblée doit s’occuper dans le jour. Ainsi , passer à l'ordre du jour, c’est, déclarer qu’oit ne veut pas s’occuper plus long - tein s de l’objet mis en discussion, et qu’on
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- passe à celui qui est le premier indiqué dans Vordre du travail.
- Ordre signifie aussi une compagnie de certaines personnes qui font vœu ou qui s’obligent par serment de vivre sous de certaines règles , avec quelque marque extérieure qui les distingue, lels que Vordre de Ci-te aux , l’ordre de Malte, 1’ordre d’euto nique, l’Ordre de la d’oison-d’Or, Vordre de la Jarretière.
- ( Culte caillé) Ordre est encore un des sept sacremens de l’église romaine, par lequel celui que l’évêque a ordonné reçoit la puissance d’exercer les fonctions ecclésiastiques.
- OREILLE, s. f, du lat. auricula, diminutif d’auris, fait du grec ovç,
- ( ous ).
- ( Anat, ) L’organe de l’ouïe. Les anatomistes divisent communément l’oreille en interne et en externe.
- Oreille externe ; ils entendent par là tout ce qui se trouve hors du fond du trou , ou conduit auditif externe de l’os des tempes.
- Par Voreille externe, ils comprennent ce qui est renfermé dans les cavités de cet os, et ce qui y a quelque rapp ort.
- ( Musique ) Ce mot s’emploie fi-gurément en termes de musique, et signifie la finesse , la perfection et le jugement du sens de l’ouïe.
- Avoir de l’oreille , c’est avoir l’ouïe sensible , fine et juste ; en sorte que , soit pour l’intonation , soit pour la mesure , on soit choqué du moindre défaut, et qu’aussi l’on soit frappé des beautés de l’art quand on les entend.
- Avoir l’oreille fausse; on a l’o-reille fausse lorsqu’on chante constamment faux , lorsqu’on ne distingue point les intonations justes des intonations fausses, ou lorsqu’on n’est point sensible à la précision de la mesure , qu’on la bat inégale et à confre-tems.
- ( Danse ) A voir de l’oreille , en termes de danse, c’est avoir, comme en musique, l’ouïe sensible et juste ; c’est être en état de sentir la mesure, et de se prêter avec facilité aux moa-vemens des airs les moins sensibles. Ce talent, peu commun parmi les danseurs, don vie de l’esprit, et de la valeur aux pas, et répand sur tous les
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- mouvemens un sel qui les anime et qui les vivifie.
- ORFEVRE , s. in. corruption du latin auri faber, artisan eti or.
- ( Fechnol. ) Ouvrier qui travaille les matières d’or et d’argent.
- Il y a deux titres légaux pour, les matières d’or fabriquées en bijoux , vaisselle, etc. Le premier est de 22 tarât s 2 trente-deuxièmes ; le second de 2o karats 5 trente - deuxièmes. Tout bijou au dessous de ce titre n’est point au titre de l’or de bijou de France , et la loi ne reconnoît point celui que quelques fabricans ont voulu appeler or de breloque. Voy. OR , KÀRAT.
- ORGANE, s. m. du grec opfavov (orgnnotî), dont les Latins ont fait organum, instrument.
- ( Anat. ) Partie du coips servant aux sensations et aux opérations de l’animal. organe de l’ouïe, de la vue , de Vodorat, etc. Foy. ces mots à leur place.
- ORGANIQUE, adjectif d'organe, qui appartient, à Vorgane.
- (Geom.j Créométrie organique ; c’est l’art de décrire les courbes par le moyen d’instrumens , et. en général par un mouvement continu.
- ORGANISATION , s. f. d’OR-GANE : la manière dont un coips est organisé.
- ( Hist. nal.') On le dit proprement de l’homme et des animaux, et, par extension, des plantes.
- ( Botan, ) Organisation des végétaux. Les botanistes entendent par ce mot le jeu des organes, leurs rapports , leurs fonctions , leur naissance ou destruction , etc.
- ORGASME, s. m. du grec opfao-jubt ( orgasmos ), fait (Pàpycton (orgaô), désirer avec ardeur.
- ( Méd. ) Mouvement impétueux des humeurs excrémentielles et superflues dans le corps humain qui cherchent à s’évacuer.Ce mouvement se fait particulièrement remarquer dans certains animaux femelles, dans des te ms marqués de l’année.
- ORGUE , s. m. du grec opyavov ( organon ), instrument , comme qui cliroitl’instrumentpar excellence.
- ( Musique ) , instrument de musique à vent , composé de divers tuyaux de différentes grandeurs ,d’ua
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- «vi rie plusieurs claviers, et de soufflets qui fournissent le vent.
- Cet instrument, le plus grand et le plus harmonieux de tous les ins-trumens de musique , paroît être venu de l’orient, mais on n’en con-noit pas l’inventeur ; ce qu’on sait de plus certain , relativement à 1 'orgue , c’est que dans l’assemblée de Compiè-gne, tenue en y S7, le roi Pépin reçut ries ambassadeurs de l’empereur Constantin Copronyme , qui, entr’autres présens , lui apportèrent des orgues. Tous les hjstorie.us conviennent que ce furent les premières que l’on vit en France. Constantin Michel envoya aussi un orgue à Charlemagne.
- Orgue hydraulique ; c’est une machine qui joue par le moyen de l’eau ; il y en a en Italie dans les grottes de quelques vignes. Ctésibius d’Alexandrie est l’inventeur de ces orgues ; on les fait jouer en comprimant l’air par le moyen de l’eau ; Archimède et Vitruve en ont donné la description.
- Point d’orgue ; c’est un trait de cirant arbitraire et recherché que les musiciens exécutent à la fin d’un air.
- ( Fortification ) Orgues se dit aussi de longues pièces de bois déta-t cirées l’une de l’autre , et suspendues par des cordes au dessus des portes d’une ville, afin qu’en cas de quel-qn’entreprise formée par l’ennemi on les puisse laisser tomber aplomb par le passage et le fermer.
- ( Artillerie ) Orgues se dit encore de plusieurs canons de mousquet disposés de suite et l’un après l’autre , en sorte qüe par une m ême traînée , on met le feu à tous les canons à la fois.
- ORIENT , s. m. du latin oriens , H'oriri , se lever : quasi solis oneniis plaga.
- ( Oéogr. ) Le point, de l’horizon qui répond au levant ou à l’est ; il est ainsi nommé parce que c’est dans ce point que le soleil paroît se lever.
- On ent équinoxial ; c’est le point de l’horizon où le soleil se lève quand il est dans l’équateur , c’est-à-dire, quand il entre dans le bélier ou la balance.
- Orient d’été ; c’est le point où le soleil se lève au commencement de l’été , dans le tems des plus longs jours.
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- Orient d’hiver; c’est le point où le soleil se lève au solstice d’hiver , dans les tems des plus courts jours.
- Orient se prend aussi pour les provinces de l’Asie orientale, par opposition à celles qui sont situées à l’occident.
- (Astron.) Orient apparent; c’est le point ou le tems , où une étoile étant débarrassée des rayons du soleil qui l’environnoient, commence à paroître pendant qu’il fait nuit. On appelle aussi cet orient, orient héliaque. V. RÊLIAQUE.
- Orient vrai ; c’est le leverachro-nique des étoiles. Voy. ACHRO-NIQUE.
- ORIENTAL, LE , adjectif d’O-RIENT : qui appartient à l’orient , qui concerne l’orient.
- ( Géogr. ) Indes orientales ; on appelle ainsi la partie de l’Asie qui est entre la Perse et la Chine; on la nomme ainsi pour la distinguer de l’Amérique , à qui on donne ai s-si souvent le nom dAndes occidentales. C’est dans ce sens qu’on dît encore langues orientales, pour les langues qui se parlent dans l'orient..
- ( Astron. ) On dit qu’une planète est orientale, lorsqu'elle paroît suivre le soleil, ou qu’elle est plus à l’orient que le soleil.
- ( Joailliers) Les joailliers sont dans l’usagè d’appeler orientales , les pierres précieuses qui jouissent de toute la perfection dont elles sont susceptibles, sans avoir égard au pays d’où elles viennent ; ils appellent , par la même raison , occidentales,
- ( elles qui pêchent par la couleur ou le défaut de dureté. V^. GEMMES , PIERRES PRECIEUSES.
- ORIENTER , verbe act. du latin oriens , littéralement , mettre à l’orient ; disposer une chose selon la situation qu’elle doit avoir par rapport aux quatre parties du inonde.
- ( Gnomonique ) Orienter se dit principalement d’un cadran mobile, que l’on place dans la situation où il doit être , par rapport aux points cardinaux , en sorte que la méridienne tracée sur ce cadran tombe dans le plan du méridien.
- ( Astron. ) S’orienter; c’est examiner de quel côté on a l’orient, et par conséquent les trois autres points
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- cardinaux. Mais on appelle aussi s’orienter, s’assurer précisément , soit sur terre , soit sur mer , de l’endroit où l’on est.
- ( Marine ) Orienter ; c’est en parlant des voiles , les disposer d’une certaine façon pour faire route ; ainsi, on dit qu’un vaisseau est bien orienté, pour signifier que ses voiles sont amurées et rangées de la meilleure manière pour recevoir le vent.
- On dit qu’une voile est mal orientée , pour dire qu’elle est mal arrangée, que quelqu’une de ses manœuvres est trop ou trop peu tendue , ou que sa vergue n’a pas le degré d’obliquité nécessaire par rapport à la quille.
- On dit aussi qu’u/r vaisseau est orienté au plus près ; qu’il est orienté vent arrière , ou vent largue , pour exprimer que les voiles sont disposées de façon à recevoir le vent de poupe ou le vent de travers,
- ORIFICE, s. f. du lat. orifLcium, ouverture.
- ( Uydraul. ) Orijîce d’un ajutage, d’une jauge; c’est la surface de son ouverture circulaire, qui est comme le carré de son diamètre : ainsi, lorsqu’on dit qu’un jet a trois lignes , cela signifie trois lignes de diamètre.
- ( Anal, ) Orijîce est l’ouverture qui sert d’entrée ou de sortie à quel-qu’autre partie : les orijîces de Vestomac ; les orifices des veines.
- ORIFLAMME, s. f. dü lat. aurea Jlamma, flammé d’or, ou glaive d’or flamboyant.
- ~ ( Hist. de France') L’oriflamme n’étoit , dans Son origine , qu’une bannière que les religieux de Saint-Denis portoient à leurs processions , et dans les guerres particulières qu’ils avoient à soutenir contre ceux qui vouloient usurper les biens de leur église. Les comtes du Vexin, qu’ils avoient choisis pour leurs protecteurs, vidâmes, ou, selon la manière de parler de ce ttms , leurs avoués , al-loient la prendre sur l’autel des saints martyrs., lorsqu’ils partoient pour quelqu’expédition militaire , et la rapportoient en grande pompe, lorsque la campagne étoit finie. Philippe I ayant réuni ce comté à la
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- couronne, lesrois de France contra tèrenf, par cette réunion, les mêmes engcigemens envers l’abbaye. Louis-le-Gros est le premier qui ait été prendre Voriflamme Sur l’autel de Saint-Denis. Ses successeurs s’accoutumèrent insensiblement à s’en servir , et peu à peu il devint leur principal enseigne.
- On croit que Voriflamme disparut à la bataille d’Azincouf f, sons Charles VI ; du moins, depuis cette époque , il n’en est plus mention dans nos historiens.
- ORIGINAL, LE, adj. du latin originale, faitd’ongo, origine; qui est la source et l’origine de ce qui a été publié , d’après quoi on a copié , emprunté , répété ; qui a servi de modèle , et qui n’en a point eu.
- ( Pratique ) Original s’emploie au substantif, pour signifier la minute ou la grosse d’un acte, Sur laquelle on délivre aux parties intéressées les expéditions nécessaires.
- {Peinture , sculpture ) Pabl.e au original, statue originale ; c’est un. tableau, une statue pour lesquels l’auteur n’a eu d’autre modèle que la nature et son imagination.
- Original se prend aussi substantivement , et alors il est opposé au mot copie. Il est quelquefois très-diffîcile de distinguer une copie de /'ORIGINAL.
- ORIGINE, s. f. du lat. origo , principe ou commencement de quelque chose.
- (Géom.) Origine se dit du point par lequel on commence à décrire une courbe , lorsqu’on la décrit pat un mouvement continu.
- Origine est aussi le nom qu’on donne quelquefois au sommet d’une courbe , c’est-à-dire , au point où l’on suppose que commencent les ordonnées et les abscisses ; mais ce point s’appelle plus souvent Vori-g;ne des coordonnées, sur-tout quand la courbe ne passe pas par cette origine ; ce qui arrive souvent.
- ORNEMENT , s. m. du lat. or-namentum , parure , embellissement ; c’est dans ce sens qu’on dit oriietncrg royaux, ornemens sacerdotaux.
- (Architect.') Les ornemens d’.tr-
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- çbiterfure sont les pilasties-, les colonnes , les moulures et sculptures qui -ornent et qui embellissent un bâtiment.
- ( Elocut. ) Orneniens du discours ; ce sont les figures qui servent à l’embellir. Ce discours est trop chargé d’ornemens.
- ( Peinture ) Omemens se dit particulièrement des peintures d’une galerie qui servent d’accompagnement an sujet principal, au tableau principal, sans en faire cependant partie.
- ORNITHOLITES , ?s. f. du grec epvic ( omis ), génit. opvtBoc ( or-Jtithos ), oiseau , et de â/9sç ( lithos ) , pierre : oiseaux pierres.
- (Mae'r.i) Pétrifications d’oiseaux.
- ORNITHOLOGIE, s. f. du grec *pviç ( omis'), oiseau, et de xcyoç { logos ) , discours , traité.
- (Hist. nat. ) Partie de l’histoire naturelle qui traite des oiseaux, ou la science qui a pour objet de faire eonnoïtre les oiseaux.
- Aristote est le premier des auteurs anciens qui ait donné quelques notions générales sur 1 '‘ornithologie proprement dite. Il a décrit un assez grand nombre d’espèces d’oiseaux , mais il n’a mis aucune méthode dans ses écrits.
- Après lui, Pline multiplia les observations , mais il ne fit pas faire un pas de plus à la science.
- Les naturalistes du ifime. siècle , Gonsard, Gessner et Pierre Bollen, publièrent chacun un ouvrage accompagné de figures gravées en bois, où les oiseaux sont distingués en familles, d’après leurs mœurs ou leur habitation.
- Aldovrande, Jonston et Willougby firent paraître,vers le milieu du i7me. siècle, une ornithologie où les oiseaux sont rapprochés par groupes assez naturels ; mais c’est à Jean Ray qu'on doit la première méthode ornithologique régulière. Ce savant Anglois, qui a été long-tems le guide des naturalistes méthodistes , publia , en 1713 , un ouvrage °ù il range les oiseaux d’après des considérations prises de leurs habitudes , de la forme de leurs pattes pt de celle de leur bec , c’est-à-
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- dire , sur des caractères souvent vagues, mais en général si bien combinés , que tous ses ordres sont naturels , et. que les groupes qu’ils contiennent forment souvent des genres assez précis pour qu’ils'aient traversé sansaltération le tems qui s’est écoulé depuis leur publication jusqu’à présent.
- La science des oiseaux étoit arrivée à ce point lorsque Linnasus parut. Ce puissant génie, destiné à influer d’une manières! marquée sur toutes les parties de l’histoire naturelle, a entièrement réformé Y ornithologie. Chez lui, les caractères des ordres et des genres sont sévèrement exacts, toujours pris des parties les plus essentielles des oiseaux , toujours comparables entr’eux. Aussi pourra-t-on perfectionner son travail, mais non en changer les bases.
- Dès que Linneeus eut donné l’impulsion , Pétude de Y ornithologie fit des progrès rapides ; un grand nombre de naturalistes entrèrent en même tems dans la lice, parmi lesquels*! faut distinguer BufFon , La-tham, CuvieT et Lacépède.
- ^ ORNITHOMANCIE, s. f. du grec opvi; ( omis ). génit. opvtBog (orn;-
- • thos ), oiseau, et de pArrua. ( mante ici) , divination.
- ( Ùivinat. ) - Sorte de divination qui .se faisoit par le moyen du vol des oiseaux., U ornithomancie étoit, chez les Grecs, la meme chose que l’augure chez, les Romains. On tirait des présages du cliant des oiseaux, où
- • de leur vol.
- ORNITHOTROPHIE , s. f. du grec Ôpviç forais), oiseau, et de ‘Tps^ai ( trephé), élever.
- ( Econ. dom.) L’art de faire éclore et d’élever des oiseaux. Cet art est connu depuis long-tems des Egyptiens»
- ORPHELIN, s. m. du grec cp$n-yoç ( orphanos ) : qui a perdu son père et sa mère. On a dit. autrefois orphenin , puis orfènin , puis otj'e-liu , et enfin orphelin.
- ORPHIQUE, adj. du grec opepiy? ( Orphcus ) , Orphée, nom propre.'
- ( Philos, anc. ) Vie orphique ; on appeloit ainsi une vie sage et réglée par l’amour de la vertu , telle qu’on Pattribue au célèbre Orphée.
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- ORPIMENT, s. m, du lat. auri pigmcnLum, couleur d’or.
- i^Jh'iuéral.j U orpiment, ou l’oxide d’arsenic suituré jaune , 6sf une combinaison d’arsenic et (le soufre qui se sublime dans les fissures des cratères volcaniques. L’orpiment est jaune , et ne diffère que par la couleur du réalgar qui est rouge.
- On se sert dé i’orpiment pour former une des encres de sympathie ; on s’en sert aussi pour découvrir les fraudes des marchands de vin, qui sont dans l’abominable usage d’adoucir les vins trop âcres avec de la ii-tharge ou quelque préparation de plomb. Si l’en verse quelques gouttes orpiment dissous dans de l’eau de chaux dans des vins ainsi falsifiés , aussitôt ils se troublent et prennent une couleur de rouille.
- ORRERY , s. m. du lord Orrery.
- ( jislron. ) C’est le nom d’un instrument qui représente le mouvement des planètes.
- Lé docteur Desaguilliers, qui fai-soit construire des planétaires, les nommoit orrery, parce que le lord Orrery étoit le premier, qui en eût fait f lire en Angleterre. On en trouve la description dans les Leçons de Physique de l’âbbé Noiiet, tome VI. Poy. PLANÉTAIRE.
- O RT HODOXE, adj. du grec àpSo? ( orthos ) , droit, et de S'oça (flora), opinion, saine opinion, saine doctrine : qui est conforme à la saine doctrine.
- . ( Relig. cathol. ) Ce terme s’entend particulièrement de ce qui est conforme à la doctrine de l’église. Poules les propositions contenues dans cct auteur sont orthodoxes.
- ( Botan. ) Linnæus appelle botanistes orthodoxes ceux qui ont formé leurs méthodes sur les iondemens de la nature , et ont partagé en conséquence les plantes en genres et en classes, conformément aux parties de la fructification.
- ORTHODROMIE , s. f. du grec hpBbç ( orthos ), dtoit, et de S'poy.oç ( d roi no s ), course, route ; route en ligné droite,
- ( IViarine ), route directe, c’est-à-dire du nord au sua, ou dû sud au nord , ou de l’est à l’ouest , ou de
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- l’ouest à l’est, sans dévier aucunement d’un coté ni de l’autre, ce qui n’est presque jamais le cas.
- Ce terme est opposé à celui de LOXODROMIE P. ce mot.
- ORTHOGONAL, LE, adj. du grec opôac (o/t/iov), droit, et de y a v nt ( gônia ) angle : qui forme des angles droits.
- ( (Jeom. ) Il se dit de ce qui est perpendiculaire ou à angles droits ; ainsi, une combe qui a des données orthogonales, est une courbe dont les abscisses et les ordonnées font entre elles des angles droits.
- Orthogonale signifie aussi la même chose que rectangle , ou qui a des angles droits.
- Quand ce mot se rapporte à une figure plane, il signifie qu’un des côtés de la figure est supposé perpendiculaire à l’autre. Quand on l’applique aux solides, il signifie que leur axe est supposé perpendiculaire. à l’horizon.
- ORTHOGRAPHE , s. f. du grec hpBbç (orthos), droit, et de ypa.ça>
- ( grapho ) , écrire : écriture correcte.
- ( Oramm. ) L’Orthogi'aphe est l’art, d’écrire la parole suivant l’usage; c’est-à-dire , de la peindre par les caractères établis et suivant les lois prescrites.
- ( Diplomatique ) Dès le sixième siècle, la langue latine n’étoit presque plus pariée en Italie , du moins sa prononciation avoit extraordinairement souffert ; et une prononciation vicieuse influe sur ï’orthographe , comme , à son tour , l’orthographe influe sur la prononciation et sur ie style.
- Tous les grammairiens et tous les philologues s’accordent à dire que l’orthographe fut inconstante dans tous les siècles, sur-tout, dans les premiers ; cela vient de ce que le meme mot, prononcé par des hommes de différentes nations et provint es, est susceptible d’une variété étonnante de sons , d’où naissent les différentes manières d’écrire les mêmes noms.
- Depuis le troisième siècle jusqu’au pontificat de Grégoire iil, la barbarie d’orthographe se manifeste sur les marbres et diplômes de France et u’Itaiie. Depuis Pan 55o jusqu’à Charlemagne ,
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- Charlemagne , on remarque beaucoup de fautes d’orthographe. Depuis Charlemagne jusqu’au commencement du oûzieme siècle , les mêmes fautes sont encore communes dans les chartes privées , mais plus rares dans les actes publics, et sur-tout dans les manuscrits du neuvième' siècle qui sont corrects.
- ORTHOGRAPHIE, s.f. même origine qu’ORTHOGRAPHE.
- ( Architecture ) On appelle ainsi, en termes d’architecture, l’art de reorésenter la partie antérieure d’un objet, comme la façade d’un bâtiment , en marquant les hauteurs et les élévations de chaque partie par des lignes perpendiculaires au tableau.
- Orthographie se dit aussi de l’élévation géométrale d’un bâtiment , profil, coupe verticale.
- (Forlificat. ) Orthographie est encore la représentation d’un ouvrage selon ses largeurs, ses épaisseurs , ses hauteurs et ses profondeurs, tel qu’il paroitroit s’il étoir. coupé aplomb depuis la plus haute jusqu’à la plus basse de ses parties.
- ORTHOGRAPHIQUE, adj. même origine qu’ORTHOGRAPHE ( V. ce mot ) ; ce qui a rapport à l’O RTHOGR APHIE.
- ( A s trou. ) Projection orthographique de la sphère ; c’est la représentation dés ditFérens points de la surface de la sphère sur un plan , en supposant l’oeil à une distance infinie, et dans une ligne perpendiculaire au plan; c’est-à-dire, en supposant que chaque point de la surface de ta sphère se projette sur le plan dont il s’agit , par une ligne perpendiculaire à ce plan.
- ORTHOPEDIE , s. f. du grec àpSoç ( orlhos) , droit, et de tarais (pais) , enfant: enfant droit.
- (Méd. ) Tel est le titre d’un mixage publié par M. Andry, médecin de Paris, qui a pour objet de corriger dans les enfans les difformités du corps.
- ORTHOPNÉE , s. f. du grec ( orthos ) , droit, élevé , et de «nda) (pnéâ ), respirer.
- ( Méd. ) Oppression si grande qn on ne peut respirer que sur son séant, et en élevant les épaules : c est lé troisième degré de l’asthme. l’otne IIf.
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- > ORTHOPTÈRES , s. m. du grec opBoç (orthos) , droit, et de crispa y (pteron ) , aile : ailes droites.
- (Entomologie ) C’est le nom que les naturalistes modernes donnent au cinquième ordre de la classe des. insectes , qui compi^nd ceux dont les ailes sont pliées longitudinalement , à peu près comme un éventail.
- ORTIVE , adj. du lat. ortivus , d’o ri ri , se lever.
- (Aslrori.) Amplitude ortive ou orientale d’une étoile ; c’est l’arc de l’horizon compris entre le point où cette étoile s’élève , et le vrai point d’orient, c’est-à-dire, le point où l’horizon coupe l’équateur. V. AMPLITUDE.
- ORVIÉTAN , s. m. de l’italien orvietano , d’Orviète.
- ( Méd. ) Contre-poison devenu fameux à Paris, et ainsi appelé parce qu’ii a été distribué par un charlatan venu d’Orviète.
- ORYCHTOGRAPHIE , s. f. du grec optutTos ( oruhtos ) , enfoui, fossile , et de yp&0a> ( graphô ) , décrire : description des fossiles.
- ( Hist. nul. ) C’est le titre d’un ouvrage publié en i755,par M. d’Ar-génviiliers , qui a pour objet la con-noissance , la icience des fossiles , et de tout ce que la terre renferme dans son sein.
- OS , s. m. du lat. os, ossis.
- ( Anat. ) Parties du corps les plus dures et les plus fermes qui servent d’appui aux parties molles.
- ( Chimie ) L’os est composé de deux substances distinctes,. indépendamment du sang , de la moelle, des membranes, etc. L’une de ces matières est la gelée animale , ou la gélatine qui en fait la base; l’autre est la substance terreuse, qui est une sorte de sel composé d’acide phos-pliorique et de chaux , la terre animale des anciens chimistes.
- La gélatine s’obtient en brisant des os, en les mettant ensuite dans un pot sur le feu , pendant six heures, en faisant évaporer le bouillon jusqu’à siccité ; le résultat est une tablette sèche , .transparente , dont la saveur est douce et légèrement salée.
- On se procure du phosphore avec la seconde substance par le procédé que voici :
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- On calcine les os , on les pulvérise, oii les délaie, on y verse de l’acide concentré ; on ajoute à la matière épaissie un quart de poussière de charbon , on mêle bien le tout, on fait dessécher jusqu’à ce que la matière soit pulvérulente ; on distille le mélange , et le phosphore se réduit en vapeurs , passe dans le récipient, et se condense au, fond.
- OSCHÉQCELE , s. f. du grec i'a-yiov ( oschéou ) , le scrotum, les bourses, et de aiiAit {hélé') ,tumeur, hernie.
- ( Chirurgie ) Hernie complète , qui consiste en ce que l’intestin seul, ou avec l’épiploon , descend j usques dans le scrotum.
- OSCILLATION , s. f. du latin oscillo , dont les latins se sont servi pour exprimer le mouvement de l’escarpolette.
- ( IVIécan. ) Oscillation ou vibration est le mouvement d’un pendule en descendant et en montant, ou , si on peut parler ainsi, sa descente et sa remontée consécutives et prises ensemble.
- Axe d’oscillation ; c’est une ligne droite parallèle à l’horizon, qui passe ou qui est supposée passer par le centre ou point fixe autour duquel le pendule oscille, et qui est perpendiculaire au plan où se fait 1 ''oscillation
- Si on suspend un pendule simple entre deux demi-cycloïdes dont les cercles générateurs aient, leur diamètre égal à la moitié de la longueur du fil, toutes les oscillations de ce pendule, grandes et petites, seront isochrones , c’est-à-dire, qu’elles se feront en teraségal. V. CYCLOÏDE, ISOCHRONE.
- On appelle aussi en général oscillation le mouvement d’un corps qui va et vient alternativement en sens contraire comme un pendule. Ainsi, un corps solide placé sur un fluide peut y faire des oscillations , lorsque ce solide n’est pas en repos parfait.
- ( Anat. ) Oscillation se dit aussi du mouvement de toutes les fibres du corps humain , au moyen duquel elles hroyent , elles atténuent les liquides, et accélèrent leur circulation et leur sécrétion.
- OSCILLATOIRE , adj, même origine qu’OSCILLATION.
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- ( Tiîécan. ) Qui est de la nature de l’oscillation.
- OSCULATEÜR, s. m. du latin osculor, baiser.
- ( Géom. ) Rayon oscillateur d’une courbe ; c’est le rayon de la développée de cette courbe.
- Cercle osculateur ; c’est le cercle qui a pour rayon le rayon de la développée. On l’appelle ainsi, parce qu’il embrasse, pour ainsi dire, la développée en la touchant ; car il la touche et il la coupe tout à la fois , .étant d’un côté à la partie concave de la courbe, et de l’autre à la partie convexe.
- OSCULATION, s.f. même origine qu’OSCULATEUR : baisement.
- ( Analyse ) Terme en usage dans la théorie des développées.
- Point d’osculation , ou point baisant ; c’est le point où un cercle décrit d’un des points de la développée comme centre , et du rayon de la développée, baise la développée.
- La théorie de 1 ‘‘osculation est due’ à M. Leibnitz , qui a le premier enseigné la manière de se servir des développées de M. Huyghens pour mesurer la courbure des courbes.
- ( Géom.') Osculation se dit aussi, en-géométrie, du point d’attouche-mérit de deux branches d’une courbe qui se touchent.
- Le .point d’ osculation diffère du point de rebroussement, en ce que dans celui-ci les deux branches finissent au point de rebroussement, et ne passent point au delà, au lieu que dans le point d’osculation les deux branches existent de part et d’autre de ce point.
- OSSELET , s. m. diminutif d’ox.
- {Anat. ) Petit os : les osselets de l’organe de l’ouïe.
- ( Botan. ) Nom donné par les anciens botanistes à toute enveloppe extrêmement dure, et comme osseuse ou ligneuse, dans laquelle les semences de quelques plantes sont renfermées. L’osselet a beaucouD de rapport avec le noyau ; mais il est plus petit, et il ne peut pas, comme lui, être séparé en valves par l’effort du contenu ; sa substance est moins épaisse et sa surface est. lisse.
- OSSIFICATION , s. f. composé d’ox , ossis, os , et de formatio , formation : formation des os.
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- (Anat.) Changement insensible t]es parties membraneuses et cartilagineuses en os. L’ossification est naturelle, comme dans les enfans , ou contre nature quand certaines parties qui doivent être naturellement molles et flexibles deviennent osseuses.
- OSTENSIBLE, adj. du lat. os-teiido , montrer.
- ( Diplomatie ) Terme en usage parmi les diplomates pour signifier la partie de leurs instructions qui peut être montrée. On lui donna une instruction ostensible , et une instruction secrète.
- OSTENSOIRE , s. m. même origine qu’OSTENSIBLE.
- ( Culte cathol. ) On appelle ainsi •une pièce d’orfèvrerie , dans laquelle les catholiques romains exposent l’hostie ou les reliques qu’on y voit à travers une glace.
- OSTÉOCOPE , s. m. du grec iç'îov ( ostéon ) , os , et de ( koptô ), briser, rompre.
- ( Médecine ) Douleur aiguë' et profonde , avec un sentiment de lassitude , dans laquelle les muscles, qui sont le plus près des os , les tendons et le périoste même souffrent si considérablement , qu’il semble qu’on a les parties douloureuses brisées. C’est une maladie assez ordinaire dans la grosse vérole et le scorbut invétéré.
- QSTÉOGËNESIE , ou OSTEOGENIE, s. f. du grec âçrov (ostéon ), os, et de yîn<ru (génésis), génération.
- ( Aiial. ) Partie de l’anatomie qui traite de la génération ou formation des os,
- OSTËOGRAPHIE , s. f. du grec ô'siov ( ostéon ) , os j et de ypeopce ( grapho ) , décrire : description dés os.
- ( Anat. ) Partie de l’anatomie qui a pour objet la description des ôs.
- ÜSTÉOLOGIE , s. f. du grec erlov ( ostéon ), os , et de xcryoç ( logos' ) , discours, traité : traité des os,
- ( Anal. ) Partie de l’anatomie qui traite des os ; qui enseigne à confie» tre leur nature , leurs nortis, leur nombre , leur figure , leur grandeur , leur situation , leur coniiêxion , leurs «sages.
- OTA
- OSTÉOTOMIE , s. f. du grec oç-îqv ( ostéon ), os, et de mpvm ( lenmô ), couper , disséquer : dissection des os.
- (Anat. )Partie de l’anatomie qui a pour objet la dissection des os,
- OSTRACÉ , ÉS , adj. du grec oç-p«Jtov ( oslrakon ) , écaille : cou-, vert d’écaille.
- ( Hist. nat. ) Il se dit des poissons qui sont couverts de deux ou de plusieurs écailles dures, à la différence des testacés qui.n’en ont qu’une. La moule, Y huître sont du genre des ostracés.
- OSTRACISME , s. m. du grec bç-pcuutrptoç ( oslrakismos ) , dérivé d’orp&xov ( ostrakon ) , coquille.
- ( Hist. d’Athènes ) Sorte de jugement à Athènes, par lequel on bannis-soit pour dix ans les citoyens que leur puissance , leur mérite trop éclatant ou leurs services rendoient suspects à la jolousie républicaine.
- Les suffrages se donnoient par bulletins , et ces bulletins avoient origi-. nairement été des coquilles.
- OSTRACODERME, adj. du grec oç’pac.jcoy ( ostrakon ) , écaille, coquille , et de <Hppt.ec. {demi a ) , peau.
- ( Hist. nat. ) Il se dit des animaux dont la peau est couverte d’écailles. Il est opposé à MALACODERME. Foy. ce mot.
- OSTROGOT , s. m. composé des deux mots suédois ostro , oriental, et de goth , habitant de la (Jothie , province de Suède.
- ( Qéogr, \ Nom de peuple qui signifie Goth oriental.
- OTACOUSTIQUE , du grec S£
- (ous) , génit. àùlo? ( âlos ), oreille , et de ànoùoo (akouo), entendre.
- ( Chirurgie ) Nom que l’on donne aux instrumens qui aident ou. perfectionnent le sens de l’ouïe ; c’est là même chose qu’ACOUSTIQUE.
- OTAGE , s. m. du lat. hostagium, dirivé d"’obses.
- ( Droit des gens } La personne qu’un général, un prince , un gouverneur de place remet à ceux avec, qui il traite, pour la sûreté de l’exé-Cution d’un traité,d’une convention.
- OTALGIE, s. f. du grec s§c ( ous), génit, àarot(ôtos), oreille, et (VâAyoç ( algos ) , douleur : douleur d’oreille.
- ( Méd. ) C’eSt en général une do..-
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- m o u e
- leur d’oreille, et en particulier celle qui se fait sentir dans le fond du méat auditifj delà otalgiques pour les remèdes propres à guérir les dou-leurs d’oreille.
- OTENCHYTE, s. f. du grec ( ous), génit. ùù'toç ( ôlos ) , oreille j et de îy%ùa> ( egchuô ) , injecter.
- ( Chirurgie) Instrument de chirur-gie; espèce de seringue avec laquelle on fait des injections dans l’oreille.
- OTOGRAPHIE, s.f. du grec 5 s ( ous'), génit. (otos), oreille, et. de ypagc» (graphô ) , décrire: description de l’oreille.
- ( Anat. ) Partie de l’anatomie qui apour objet la description de l’oreille.
- OTOLOGIE , s. f. du grec S? ( ous), génit. âvroç ( ôlos), oreille, et de xoyoç( logos), discours, traité.
- ( .Anal. ) Partie de l’anatomie qui traite des usages des oreilles.
- OTOTOMIE , s. f. du grec S s ( ous ), génit. ûotoc ( 6Los ), oreille, et de (leninô ), couper, dis-
- séquer.
- ( Anal, ) Partie de l’anatomie qui a pour objet la dissection de l’oreille.
- OTTOMAN , ou GTHQMAN , s. m. '
- ( Géogr. ) Nom du peuple turc. Tes empereurs des Turcs ont été d’abord nommés Othomnns, d’O-ihonian ou Osman, qui fut premier empereur des Turcs, dont tous les empereurs turcs descendent jusqu’ici.
- OUAICHE , s. f. corruption de Langlois TVake.
- (Marine) La traîne ou sillage du vaisseau ; la trace qu’il laisse sur la ïner.
- OUEST, s. m. du saxon, ou du teuton? Wesif la Partie du monde tfUi est au soleil couchant.
- ( Marine ) C’est Tua des points cardinaux du monde ou de la boussole ; c’est l’occident ou le couchant ; c’est le point de l’horizon qui est coupé oar l’équateur du côte ou les astres.se couchent; c’est aussi le nom du-vent qui souffle de ce côté-là.
- Ouest-noni-ouest ; c’est le noua de la plage qui est placée au milieu de l’espace qui sépare l'ouest du nord-ouest ; c’est aussi le nom du vent qui souffle de cette plage.
- Ouest-quart-nord-ouest ; c’est
- le nom de la plage qui occupe le milieu de l’espace qui sépare Vouest
- OU R
- de 1*oueSl-nord-ouest; c’est aussi le nom du vent qui souffle de cette plage.
- Ouest-quart-sud-ouest; c’est le nom de la plage qui est placée au milieu de l’espace qui sépare Y ouest de Vouest-sud-ouest ; c’c-st aussi le nom du vent qui souffle de ceiie plage.
- OuesL-sud-ouesl; c’est le nom de la plage qui est placée au milieu de l’espace qui sépare Y ouest du sud-ouest ; c’est aussi le nom du vent qui souffle de cette plage.
- OUÏE, s. f. du lat. audilus, de audio, entendre, ouir.
- ( Anal, ) Un des organes des sens par le moyen duquel on apercc.it les sons • c’est une perception du son qui se fait dans rame, par le secours de tout l’organe nommé auditif.
- . ( Ichtyologie ) Ouïes an plurier, se dit aussi de certaines parties de la tête des poissons , des crustacées , des coquillages, et de beaucoup de vers, qui leur servent à séparer de l’eau, l’air nécessaire à la conservation de leur existence.
- OURAGAN, s. m. de l’espagnol huracan, formé du mot indien orancan ou uracan, qui signifie les quatre vents joints ensemble, et soufflans l’un centre l’autre.
- ( Physique ) Tempête violente r coup de vent très-dangereux, ordinairement accompagné de pluie* fortes et continuelles, qui, à certaines époques de l’année , se manifeste dans certains parages, sur-tout dans ceux situés entre les tropiques , et aux environs des tropiques. Ces coups de vent, qui ne sont pas de longue durée , sont extrêmement dangereux pour les vaisseaux.
- OUR AN OG RAPHIE. F. URA-NOGRAPIIXE.
- OURAQUE , s. m. du grec 1 vge-'yo( (ourachos) , formé d’oSpov ( urine), et d’?^ac (écho) contenir:, porte-urine.
- ( Anat, y Ligament dépendant de l'a vessie , et qui est. d’un usage particulier dans le fœtus. C’est un cordon qui s’élève de la partie moyenne et supérieure de la vessie-, pour se rendre à l’ombilic, et se continue dans le cordon ombilical du fœtus*
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- O U V
- OUTIONOLOGÏE , s. f. du grec supov (ouronf, urine, et de xiyos ( logos ) , discours.
- ( Med. ) Partie de la médecine , qui traite des urines.
- OUTRÉ, ÉE , participe d’ou-Irer, du lat. ultra ire, aller au-delà, excéder.
- (.Elocut.) Caractère outré ; c’est-* à-dire , un caractère dans lequel on a passé les bornes de la raison.
- ( Peinture ) On dit, en peinture , le geste , l’action, les proportions de cette figure sont outrés ; le coloris de ce peintre est outré, pour exprimer qu’un peintre a passé les bornes de la vérité et de la raison dans ses imitations.
- OUVERTURE, s. f. du lat. aper-tura , fente, trou , espace vide, dans ce qui d’ailleurs est continu.
- ( Art milit. ) Ouverture de la campagne ; ce sont les premières opérations de la campagne.
- Ouverture de la tranchée ; c’est le commencement du travail d’une approche , et le premier mouvement des terres que fait l’assiégeant pour aller à couvert au corps de la place assiégée.
- ( Pratique ) Ouverture de requête civile ; c’est ce qui donne lieu à se pourvoir, par la voie de la requête civile , contre un jugement.
- Ouverture de testament ; c’est le procès-verbal contenant la des-cripiion d’un testament cacheté.
- (Musique) Ouverture est aussi le nom d’une pièce de symphonie , qui sert de début aux opéra et autres drames lyriques d’une certaine étendue.
- ( Géom. ) Ouverture est encore le nom qu’on donne à l’écartement ou l’inclinaison de deux lignes droites l’une sur l’autre , qui , se rencontrant en un point, forment ensemble un angle.
- ( Dioptrique ) Ouverture est la quantité plus ou moins grande de surface que les verres de lunettes et des télescopes présentent aux rayons de lumière. Plus l’objectif d’une lunette a d’ouverture, plus l’instrument a de clarté ; et plus l’oculaire a d’ouverture , plus l’instru-ïuenta de champ, c’est-à-dire, qu’il
- O V A Zj
- fait voir un plus grand espace à la fois.
- ( Marine ) Ouverture , être à Vouvert, ouvrir, sont des expressions à l’usage des marins , et qui signifient, lorsqu’on navigue près des côtes, qu’on est en vue de Vouverture , ou de l’entrée d’un port ou rade.
- Ouvrir une baie, ou une rade ; c’est en naviguant, à mesure qu’on s’approche et qu’on s’avance plus directement sur l’entfée d’une baie , en apercevoir, et mieux, et plus grandement V ouverture.
- OUVRAGE , s. m. du lat. operor, œuvrer, travailler : oeuvre, ce qui est produit par l’ouvrier.
- ( Fortifie. ) Ouvrage se dit de toutes les pièces de fortification qui défendent une place contre les insultes de l’ennemi.
- Ouvrage écharpé; c’est celui qui est battu par un angle moindre de 20 degrés.
- Ouvrage enflé ; c’est celui dont on peut, d’un seul coup , raser la dedans , depuis un bout jusqu’à l’autre.
- . Ouvrage vu de revers ; c’est celui qui est vu de dedans , sans être enfilé.
- Ouvrage à corne ; c’est un ouvrage composé de deux demi-bastions qui se mettent ordinairement devant la courtine , et quelquefois à la pointe d’un bastion.
- Ouvrage à couronne ; c’est celui qui est composé d’un bastion , entre deux courtines , et deux demi-bastions avec ses ailes.
- Ouvrages détachés ; ce sont les ouvrages qui couvrent le corps de la place , du côté de la campagne, comme les ravelins , clemi-lunes , cornes , tenailles , couronnes , queues d’arondes, enveloppes; etc.
- OVAIRE , s. m. du lat. ova-rium , formé à'ovum , œuf.
- ( Hist. nat. ) On a donné le nom d'ovaires à deux corps glanduleux placés près des reins de la femme , au dessus de la matrice, et qui communiquent avec l’intérieur de ce viscère par deux canaux quon appelle trompes de jallopc.
- On trouve les ovaires dans presque toutes les espèces d’animaux j
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- ils sont plus à découvert chez les oiseaux que dans les quadrupèdes vivipares. Dans les poissons et les reptiles, les ovaires ne sont qu’une grappe d’œufs agglomérés ; il en est de même dans les insectes.
- ( Bolan. ) Ovaire est encore le nom qu’on donne à l’embryon du fruit, ou c’est le fruit même avant la fécondation. Après la fécondation , Y ovaire perd ce nom , et s’appelle simplement fruit, si la plante est ANGIOSPIJRME ( V. ce mot ) ; semence ou graine , si la plante est GYMNOSPERME. K ce mot.
- OVALE , adj. et subst. du latin ovalis , fait d’ovum , œuf ; à cause de sa ressemblance à un œuf.
- (Creom.)^Figure curviligne oblon-gue , dont les deux diamètres sont inégaux , ou une figure renfermée par une seule ligne courbe , d’une rondeur non uniforme, et qui est plus longue que large , à peu près comme un œuf, d’où lui vient son nom.
- U ovale , proprement .dite , vraiment semblable à un œuf . est une figure irrégulière , plus étroite par un bout que par l’autre , en quoi elle différé de l’ellipse , qui est une ovale mathématique, également large à ses extrémités. V. ELLIPSE. Les géomètres appellent Vovale proprement dite, fausse ellipse.
- OVE , s. m. du lat. ovum.
- ( Archilect. ) Ornement taillé en forme d’un œuf.
- OVÉ, ÉE , adj. du lat. ovalus , fait d,ovum, œuf.
- ( Bolan. ) Il se dit de ce qui a plus ou moins exactement la forme d’un œuf.
- OVICULE , s. m. du lat. ovica-tum , diminutif à’ovum,
- ( Architect. ) petit ove. V^. OVE.
- OVIPARE, adj. du lat. ovum, œuf , et de parère , engendrer.
- (Hist. nat.') C’est le nom que les naturalistes donnent aux animaux qui sont produits par des œufs , pour les distinguer des animaux vivipares qui sortent tout vivans du corps de la mère.
- Le nombre des animaux ovipares est très-considérable dans la nature , car il n’y à guère que les animaux à mauxuuelies, tels que l’homme. les
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- quadrupèdes et les cétacés , qui soient vivipares. A parler strictement , les vipères, les salamandres, les chiens de mer, les pucerons, les cloportes , quelques vers, etc. font aussi des petits vivans ; mais ces animaux sont réellement ovipares, chez lesquels les œufs éclosent au dedans du corps , au lieu d’éclore au dehors.
- OVULE, s. m. du lat. ovulum, -diminut. d’ovum, œuf.
- ( Bolan. ) Rudiment de la graine , renfermé dans la cavité ou dans les cavités de Vovaire.
- OXALATE , s. m. du grec b^etx'ic oxalis ) , oseille , dérivé d’b^vs oxus) , aigre, acide.
- ( Chimie ) Sel formé par la combinaison de l’acide oxalique avec différentes bases ; sa terminaison en ale , que lui ont donné les auteurs de la nouvelle nomenclature , indique que l’acide (oxalique), avec lequel il est combiné, est complette-ment saturé d’oxigène.
- OXALIQUE , adj., même origine qu’OXALATE.
- ( Chimie ) C’est le nom d’un acide vulgairement appelé sel d’oseille , et que l’on extrait du suc de cette plante; sa terminaison en ique indique que cet acide est de ceux com-plettement saturés d’oxigène.
- L’acide oxalique sert principalement à enlever les taches d’encre ou de rouille, sur les étoffes de fil et de coton.
- OXIDATION, s. f. du grec (oxus), acide, et du latin ago ,
- agir-
- ( Chimie) L’oxidadon ou Voxi-génalion , est la combinaison de i’oxigène avec queîqu’autre substance. Les chimistes la regardent comme une véritable combustion. C’est en oxigé/iant un corps, c’est-à-dire , en lui fournissant une certaine quantité d’oxigène , qu’on parvient à former les acides ou les oxides.
- OXIDE , ou mieux OXYDE , s. m. du grec b£ùç (oxus), acide,
- ( Chimie ) Nom générique de tous les corps unis à une porrioir d’oxigène , trop foible pour les porter à l’état d’acide. Les substances, métalliques , combinées avec l’oxi-gcne, ou qui ont passé à l’étafa.
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- iPoxide, acquièrent plusieurs propriétés, dont la plus singulière est celle de pouvoir être convertis en verre, comme les matières purement salines ou terreuses. Cette propriété les rend propres à se Combiner avec toutes sortes de matières terreuses et vitrifiables ; et comme elles peuvent leur communiquer les couleurs les plus belles, et en même teins les plus inaltérables, elles deviennent infiniment précieuses dans les arts, et sur-tout dans les manufactures d’émaux , de faïences et de porcelaines, Toutes les couleurs qu’on y emploie , sont, sans exception, tirées des oxides métalliques,
- U Oxide d’or fournit les plus riches nuances purpurines, depuis le violet jusqu’au rose leplustendre.
- L’Oxide de Manganèse donné des teintes à peu près semblables.
- L’Oxide de fer, suivant ses divers degrés dé oxidalion, donne différentes teintes de' jaune et de brun.
- Le plomb fournit les plus belles nuances de jaune ; mais ce qui est plus important encore, c’est que le mélange d"‘oxide de plomb et de silex, donne ce beau verre connu sous le nom de FLINTGLASS ( V. ce mot ), dont la découverte est si importante pour le perfectionnement des instrumens d’optique, et pour divers objets de luxe, tels que ces lustres étincelans de lumière, et qui brillent, de toutes les couleurs des pierres précieuses,
- L’Oxide de cobalt fournit toutes les teintes de bleu, depuis les plus foncées jusqu’aux plus légères.
- dJ Oxide a étain fournit la couverte blanche qui sert de fond à toutes les autres couleurs.
- .OXIGENE , ou. plutôt OXYGENE ,'s. m. du grec àÇùç (oxus) acide, etytivopcu (géinomaif naître , être produit ; ce mot veut dire naturellement, engendré par l’acide ; mais les chimistes modernes lui donnent une signification active , et le traduisent par générateur de l’acide : ils ont fait la même chose à 1 égard d’HYDROGÉNE jx ce mot.
- ( Chimie) L’Oxigène , connu ci-devant sous le nom déoxigine, air pépklogisiicjué j base de V air vi-, principe acidifiant , ernpy-
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- rée , principe sorbile, est un principe universellement répandu dans la nature, et qui joue le plus grand rôle dans les trois règnes. Les deux fluides qui sont de première nécessité, soit pour l’homme , soit pour tous les autres êtres organisés (fait et Veau) , sont essentiellement composés d’oxigène. L’eau est formée de quatre-vingt-einq parties à'oxigène , et de quinze parties d’hydro-gene , le tout en poids.
- Dans l’air que nous respirons, V oxigène est à l’état de gaz, c’est ce qtron nomme proprement l’air vital : il entre pour près d’un tiers dans la composition de l’atmosphère ; le surplus est du gaz azote mêlé d’un peu d’acide carbonique et de quelques autres fluides.
- On regarde Voxigène comme le principe acidifiant, et sa combinaison avec d’autres substances les fait passer à l’état, d’acide ; c’est ainsi que le c arbone , le soufre , le phosphore , etc. combinés avec Voxi-gène, donnent les acides carbonique , sulfurique, pbosphorique, etc.
- OXYCRAT , s. rn. du grec a^vx-pn-tov ( oxuhralon ) , composé d’ogv ? ( oxus ) , aigre , acide, d’où vient ofoç (oxos), vinaigre, et de asp a. m Qiérao), mêler.
- ( Mal. méd. ) Mélange d’eau et de vinaigre. C’est une boisson rafraîchissante , tempérante, dont on se sert en gargarisme dans l’esquinancie et le mal de gorge.
- OXYGONE , adj. du grec ifc ( oxus ), aigu, et de y mm ( gônia ), angle : à angle aigu.
- ( Géom. ) Oxygône est la même chosequ’ACUTANGLE (/G ce mot). On dit qu’une figure est oxygone quand elle n’est composée que d’angles aigus, ou d’angles plus petits que 9o degrés.
- Le mot oxygone se dit principalement des triangles où les trois angles sont tous aigus, c’est-à-dire, moindre chacun que 90 degrés.
- OXYMEL , s. in. du grec oçoç ( oxos ), vinaigre, etde pi/n ( méh ), miel,
- ( Mat. méd. ) Mélange de miel et de vinaigre.
- OXYREGMIE , s. f. du grec ©fis (oxus) y acide , et iVips-iyai (éreugoj, rotor.
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- ( JVlcd.) Indisposition de l’estomac , qui cause des rots et des rapports acides.
- OXYRRHODIN , s. m. du grec Igvç (oxus) , acide, aigre, et de fJ'Jov ( rhoclon ) , rose.
- (IVlal. méd. ) Espèce de Uniment dont on frotte les parties malades pour calmer lesdouleurs et les inflammations.
- OXYSACCHARUM, s. m. du grec cfùc ( oxus ) , acide, aigre , et de ( sakeliaron ) , sucre.
- (Phannac. ) Mélange de sucre et de vinaigre.
- OZÈNE , s. m. du grec oÇmva. ozaina') , ulcère, dérivé d’o£a> ozô ) , sentir mauvais.
- ( JMéd. ) Ulcère putride au nez , qui exhale une odeur très-puante , et qui est causée par une humeur si âcre et si corrosive , qu’elle ronge quelquefois les cartilages des narines.
- P, W *JL lettre .e notre
- alphabet. .
- P étoit une lettre numérale chez les Romains qui signifioit 100 , et qui, avec un tiré au dessus, signi-fioit 400,000.
- PACAGE , s. m. du lat. barb. pascasium , fait de pascor, paître.
- 4giicult.) Endroit où faissent les bestiaux, r. PATURAGE.
- PACHA, s. m. V. BACHA.
- PACHYDERMES , s. m. du grec ^rot^uf (pachns ) , épais, et de é'ippa, (ilerrna) , peau: à peau épaisse.
- ( Hist. nat.') Quadrupèdes formant le septième ordre de la première classe du règne animal. On les appelle ainsi parce que leurs doigts, au lieu d’être armés d’ongles plats ou crochus et tranchans . sont enveloppés à lenr extrémité par un sabot de corne très-épais.
- PACIFIQUE, adj. du latin p ci-ci ficus , fait de pax et de f'acio, faire la paix , établir la paix : qui aime la paix.
- (Pratique)Possesscurpacifique, celui qui n’est point troublé, inquiété dans sa possession.
- ( (J-éogr. ) Océan Pacifique ; on appelle ainsi la mer du Sud, parce
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- qu’il y arrive moins de tempêtes que dans l’Océan Atlantique.
- PACOTILLE, s. f. ou PACQUO-TILLE , diminutif de pacquet, ou paquet, de l’allemand pack , qui signifie la même chose.
- ( Marine') Certaine quantité de marchandises embarquée par un passager ou telle autre personne pour en taire commerce pour son propre compte.
- Les marins se chargent de pacotilles en faveur des conventions de port permis qu’ils font avec leurs armateurs , pour les vendre à moitié de bénéfice, le capital prélevé.
- PACTACONVÊNTA, expression latine.
- (Diplomatie) Cetfe expression, empruntée du latin , est passée en usage pour signifier les conventions entre le souverain et le peuple dans plusieurs états.
- PADOUANE, s. f. de Padouan, nom d’un peintre célèbre.
- (Nantis mat. ) C’est un nom que l’on donne à un nombre de médailles qui ont été parfaitement con-trelaites d’après l’antique par Louis Léon, surnommé le Padouan, parce qu’il étoit de Padoue.
- Il se dit aussi par extension de toutes les médailles modernes qui semblent avmr tous les caractères de l’antiquité. Ce cabinet de médailles est nombreux, mais il y a beaucoup de padouanes.
- PAGODE , s. f. du persan po-ghedag, temple d’idoles.
- ( Culte relig. ) Nom que les Portugais ont donné aux temples des Indiens.
- Pagode se dit aussi de l’idole qui est adorée dans le temple élevé à son honneur.
- ( dion noie ) Pagode est aussi une monnoie réelle et de compte des Indes, qui vaut depuis 10 liv. 2 s. tournois jusqu’à 10 liv. 16 s. Quatre pagodes de ces dernières font la roupie d’or de 43 liv. 4 s. tournois.
- PAIR, adj. du latin par, égal, semblable.
- ( ArUh. ) IVombre pair; c’est celui qui se peut exactement diviser par deux.
- ( Econ. polit. ) Pair est aussi un. titre de dignité. C’étcit l’un des ducs
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- PAL
- ou comtes qui avoient droit de séance ou de suffrage au parlement.
- En Angleterre , les pairs composent. l’ordre de la noblesse ; et quoiqu’il y ait cinq degrés de noblesse ; savoir : les ducs , les comtes, les marquis , les vicomtes et les barons, tous ceux qui en font partie sont appelés pairs ^ e gai t.ï' y , parce que les privilèges dont ils jouissent sont essentiellement les mêmes.
- PAIREMENT, adv. de par, pariter.
- ( Atilh. ) Pairement pair; un nombre pairement pair est celui qu’un nombre pair mesure par un nombre pair; ainsi, iôestun nombre pairement pair, parce que le nombre pair 8 le mesure par le nombre pair 2 : au contraire, un nombre paire-menL impair, ou impairement pair, est celui qu’un nombre pair mesure par un nombre impair ; tel est le nombre 18, que le nombre pair 2 mesure par ie nombre impair ÿ.
- PALAIS , S. m. du latin pala-tium, formé du mont palatin à Rome.
- ( Archit. ) Maison des rois et des princes. Ce mot vient originairement des empereurs romains , parce qu’Auguste faisoit sa demeure dans la maison de Romulus, qu’on ap-peloit proprement palalium à cause du mont Palatin où elle étod bâtie. Depuis, on a appelé palais toutes les demeures des souverains.
- ( Anal. ) Palais se dit aussi de la voûte de la bouche.
- (Botan.') Palais de la corolle ; c’est dans les fleurs monopéfales ou irrégulières , la partie supérieure du tond de la corolle.
- On dit que le palais est velu, ridé , comprimé, etc.
- PALANQUIN , s. m. mot indien.
- ( Hist, de l’Indost. ) Sorte de -eha1 se portative dont les personnes considérables se servent dans les Indes pour aller d’un lieu à un autre, en se taisant porter sur les épaules des hommes.
- PALATIN , s. m. du latin pala-lium.
- ( Rcon. polit. ) En général on donnoit le nom de palatin à tous ceux qui servoient dans le palais et auprès de la personne de l’empereur.
- Dans les vieux titres et coutumes ,
- PAL 41
- c’est un nom générai et commun qu’on donnoit à tous ceux qui avoient quelque charge au palais d’un prince.
- Comte palatin; c’étoit un titre d’honneur qu’on acqueroit par le service qu’on rendoit au prince en quelqu’état et chargé de son palais.
- Depuis , on a donné le nom de palatin à ceux qui étoient délégués par le prince pour rendre la j ustice en quelque province.
- On a appelé aussi comtes palatins des seigneurs qui avoient un palais où l’on rendoit la justice. Tels ont été les palatins de Champagne et de Béarn.
- Aujourd’hui le mt de palation. signifie seulement un piince d’Allemagne , qu’on appelle l’électeur palatin du Rhin.
- En Hongrie, on appelle palatin le vice-roi , ou l’administrateur du royaume. Il est élu par les états du pays.
- ( Anal. ) Palatin se dit aussi, des parties qui ont rapport au palais. Les nerfs palatins, les glandes palatines, etc.
- PALATO-PHARINGIEN , adj. du latin pclalum , palais , et du ‘ grec <pA[iuyt (pharugx') , le pharynx.
- ( Anal. ) Il se dit de deux muscles qui s’attachent au palais et au pharynx.
- ’ PALATO-STAPHYLIN, adj. du latin palalum, palais, et du grec (slaphulê), la luette.
- ( Anat. ) On appelle ainsi deux muscles qui s’attachent au palais et à la luette.
- PALE , s. f. du latin palus.
- ( Architect. hydraul. ) Petite vanne qui sert à ouvrir et fermer la chaussée • d’un moulin ou d’un étangpour le mettre en cours. Quand 011 veut donner l’eau à la roue d’un moulin, on lève une pale qui est di fie rente du déversoir d’un moulin.
- PALÉOGRAPHIE, s. f. du grec 'TrxKetiiç (palaios) , ancien , et de y poupon ( graphô ) , écrire : écriture ancienne.
- (Diplomatique) Science des écritures anciennes. Montfaucon a publié une Paléographie grecque , qui est pour le grec ce que la Diplomatique de Mabillon est pour le latin. L’abbé Barthélémy se pro-
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- posait, lorsque la mort l’enleva aux lettres, de publier une Paléographie numismatique.
- PALESTRIQUE , s. f. du grec ‘Ka.\cLiç}ct ( palaistra ) , lutte ou combat.
- ( JLntiq. ) L’un des principaux genres de la gymnastique ancienne, lequel comprenoit neuf exercices savoir : la lutte, le pugilat, le pancrace , la course , le saut, le disque, et l’oplomachie. On les appeloit pa-leslriques , parce qu’ils avoient tous pour scène cette partie des gymnases appelée palestre, qui tiroit son nom de palestre, lutte, le plus ancien de ces exercices.
- PALETTE, s. f. du latin pa-lela.
- (Peinture ) Planche de bois de pommier ou de noyer sur laquelle le peintre place ses couleurs et fait ses teintes.
- Quand les couleurs ne sont pas fondues dans un ouvrage, quand elles rendent mal la nature, quand elles semblent avoir été placées sur le tableau comme elles l’étoient sur la palette, on dit que te tableau sent la palette.
- ( Chirurgie ) Palette se dit aussi d’un petit plat dans lequel on met le sang de ceux à qui on ouvre la veine.
- ( Pechnol. ) Palette , chez les imprimeurs, est ce qui leur sert à relever l’encre et à la rassembler en un tas sur leur encrier. Les relieurs appellent palettes plusieurs petits fers ou outils qui servent à dorer. Parmi les horlogers , palette est une petite aile que pousse la roue de rencontre , et par laquelle elle entretient les vibrations du régulateur. Les facteurs de piano appellent palettes les touches du clavier autres que les feintes.
- PALIFICATION, s. f. du latin palus, pieul
- ( sire hit. hydraul. ) L’action de fortifier un sol avec des pilotis.
- PALINDROME , s. m. du grec -7tsckiv ( p al in ) , de rechef, et de notice ( trécho ) , cerner , dont on a lait 'TrctxivJ'pcp.ii'j (paléindroméln), retourner, recourir.
- ( Poésie ) Sorte de vers qui se trouve toujours le même, soit qu’on
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- le lise de gauche à droite, ou de droite à gauche.
- PALINDROMIE , s. f. même origine que PALINDROME.
- ( IVIéd. ) Retour contre nature, ou le reflux des humeurs peccantes vers les parties intérieures nobles du corps. ,
- PALINGENÉSÏE, s. f. du grec <arctx«v Opalin') , de rechef, et de yi~ vicnç ( génésis ) , génération : régénération.
- ( Chimie) Ce mot est employé pour exprimer une action que quelques ehimistes prétendent, avoir observée dans les cendres et dans d’autres produits de l’analyse chimique des corps organisés , soit végétaux , soit animaux , par laquelle ces principes reproduisent un corps semblable à celui dont ils ont été retirés, ou du moins le fantôme, l’image, la forme de ce corps.
- ( Minéral. ) Des naturalistes modernes ont essayé d’introduire dans le règne minéral une espèce de pa-lingénésie, en supposant que les laves, qui ont de la ressemblance avec le granit , le trapp et le porphyre, ont été formées par ces roches elles-mêmes qui, après avoir éprouvé dans le sein de la terre une fusion complète , ont repris ensuite une contexture parfaitement semblable à celle qu’elles avoient eue d’abord.
- PALINODIE, s. f. du grec mnixiv Opalin ) , de rechef, de nouveau, et d’ecefii ( 6dé ) , chant ;re-cantation; rétrac tation de ce qu’on a dit. Chanter la palinodié, c’est dite le contraire de ce qu’ou a dit.
- PALINTOCIE, s. f. du gree mntXiv (puliri) , de rechef, et de tokoç Qohos) , production , enfantement : second enfantement, seconde naissance.
- ( Commerce) On appeloit ainsi la seconde naissance de Eacolms, sortant de la cuisse de Jupiter. On l’a ensuite appliqué à l’intérêt d’un argent placé, parce que c’est ce que cet argent produit.
- PALISSADE , s. f. de palis , en latin palicium, pieu , petit pal pointu.
- ( ytrt milit. ) Palis, ou pieux plantés en terre sur les avenues des postes qui peuvent, être emportés d’emblée , pour en assurer le terrejn
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- PAL
- centre les surprises et môme contre les fortes attaques.
- Palissades, de camp ; ce sont plusieurs pièces de bois liées ensemble , avec lesquelles on enferme tout le terrein destiné au campement ê’iine armée.
- Palissades ferrées; ce sont des palissades qu’on plante dans de petites rivières et lieux marécageux, pour empêcher qu’on y passe facilement à pied ou avec des barques.
- PALLADIUM, s. m. de Pallas , déesse, fille de Jupiter.
- ( sîntujuit. ) Statue de Pallas que bon conservoit à Troie, et de laquelle dépendoit le sort de cette ville.
- On disoit autrefois à Rome que l’on y conservoit, dans le temple de Testa, une statue de Pallas, que l’on prétendoit être le Palladium de Troie , apporté en Italie par Enée. Il y avoit aussi dans la citadelle d’A-t lie ne s , un Palladium que Nicias y avoit placé et consacré. Enfin , l’antiquité païenne a désigné sous le nom de Palladium , les divers objets auxquels les villes, les empires attachoient leur durée.
- ( Minéral. ) Le nom de Palladium, ou nouvel argent, a été donné, il y a quelques années, à un prétendu nouveau mêlai noble, lequel n’est autre chose, à ce qu’on assure, qu’une combinaison artificielle , mais très-remarquable du plaline avec le mercure.
- PALLAS, nom d’une nouvelle planète découverte par d’OLBERS.
- PALLIATIF , adj. du latin pal-liare, pallier, fait de pallium, manteau; comme qui dirait couvrir de son manteau : qui pallie.
- ( Méd. ) On entend par remède palliatif ou cure palliative , celle qui n’appaise et, ne calme que les symptômes et les accidens des malades, sans en détruire la cause.
- PALLIUM, s.m.Mot latinquiest passé en fra.nçois, et qui signifie manteau.
- ( Hist. El celés. ) Ornement que les papes, les patriarches, les primats et les métropolitains portent pardessus leurs babils pontificaux , en figue de jurisdicfion.
- "ssge du pallium s’est in-
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- traduit dans l’église grecque au quatrième siècle , et environ deux cents ans plus tard dans l’église latine.
- Anciennement le pallium avoit la forme d’une cbappe , et descendoit jusqu’aux talons ; mais il étoit fermé par devant. Présentement, il consiste en une bande de laine blanche, large de trois doigts , qui entoure les épaules comme de petites bretelles , ayant, des pendans longs d’nne palme, par devant et par derrière, avec de petites lames de plomb couvertes de soie poire, et quatre croix rouges. Ce sont deux agneaux élevés par les sou-tii.acrçs apostoliques, et offerts tous les ans sur l’autel de l’église de Sainte-Agnès à Rome, qui fournissent la laine dont on fait les pallium.
- PALMAIRE , adj. du latin pal-maris. , fait de pahna, paume de la main.
- ( Anal. ) Ce qui a rapport à la paume de la main , l’aponévrose palmaire ; le muscle palmaire cutané; le ligament palmaire ; le muscle palmaire, etc.
- PALME , s. f. du latin pahna , paume , dedans, creux de la main.
- ( Métrol.) Espèce de mesure commune en Italie, et qui est de l’étendue de la main.
- PALMÉ, ÉE , adj. du lat. paima tus , de pahna , paume de la main.
- ( Bolan. ) U se dit des feuilles des plantes divisées profondément en plusieurs lanières allongées , de manière à ressembler à une main ouverte. La feuille palmée a toutes les nervures principales rayonnantes du sommet du pétiole.
- PALMIPÈDE, s. et adj. du lat. palmipes, pied palmé, des pieds larges comme des oiseaux aquatiques en manière de patte d’oie.
- ( Ornithologie ) C’est ainsi que quelques, naturalistes désignent un ordre de la classe des oiseaux , dont un des principaux caractères est d’avoir les doigts garnis dans l’entre-deux , d’une peau ou membrane qui les fait, en quelque sorte , ressembler à une rame. En effet, les oiseaux palmipèdes étant tous aquatiques, se servent de leurs pieds connue d’une rame pour nager. Tels sont les canards , les oies, les cygnes, etc.
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- PALPITATION , s. f. du latin palpitatio , fait de palpito , avoir un mouvement déréglé et fréquent.
- ( 'JMéd. ) Mouvement du cœur, violent, déréglé , fréquent , convulsif , aecompagné d’oppression , de difficulté de respirer, d’abattement de force et. de défaillance. Les grosses artères sont aussi sujettes à la palpitation.
- PALUS, s. m. Mot latin dont le génit. est paludis , marais.
- ( (Jréogr. ) Ce terme n’est plus d’usage que joint avec un nom propre de lieu , comme dans ces mots, le palus méoLide, les palus méo-lides.
- PAMPHLET, subs. m. Mot emprunté de l’anglois; mais que Johnson nous renvoie, en le regardant comme une contraction de ces mots f’rançois , par un Jîlet, dont les an-glois auroient d’abord fait paunjlet, et ensuite pamphlet, c’est-à-dire , un livret attaché par un simple lilet.
- ( Bibliologie ) Petite brochure. Il est ordinairement pris en mauvaise part.
- PAMPINIFORMËS, adj. du lat. pampinus, pampre , et de Jbrina, forme : qui a la forme du pampre.
- ( Physiol. ) On entend par corps, ou vaisseau pampinijbrme , les veines et les artères spermatiques, contenues sous une enveloppe commune , et entortillées comme les tendrons de la vigne.
- PANACÉE , s. f. du grec 7rïv (pan), tout, et dl hx.iop.cu (akéomai) guérir: ce qui guérit tout, remède universel.
- ( JMéd. ) Titre pompeux qu’on a donné à plusieurs remèdes qui conviennent à différentes maladies. Remède universel avec lequel on se vante de guérir toutes les maladies.
- PANACHE , s. m. de l’ital. pan-nachio, fait du lat. penna, penne , plume.
- ( Costume milit. ) Panache est un assemblage de plusieurs plumes d’autruche dont on ombrage un casque ou un chapeau.
- ( Jardin, ) De panache , les jardiniers fleuristes ont fait panaché , pour exprimer les rayons de différentes couleurs qui se mêlent à la couleur principale d’une Jleur, et qui
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- font à peu près l’effet du panacher Cette tulipe a un beau panache.
- PANARIS, s. m. du lat. panaritium ou panaritius , que l’on croit dérivé du grec 'jra.pü'iw^ta. (paronu-chia), formé de aph(para), centre, et d’ôvu? ( onux ), ongle : proche de l’ongle.
- ( Chirurgie ) Tumeur flegmo-neuse qui vient à l’extrémité des doigts , ou à la racine et à coté des ongles.
- PANCARTE , s. f. du grec <<v ( pan), tout, et de %â.ptsk (charlès) papier : papier qui contient ou qui peut contenir toutes sortes de choses.
- ( Mdminislr. ) Placard affiché pour donner quelque avis au public.
- PANCHRESTE , s. m. du grec sjrâtv (pan), tout,’et de ^pnç-oç (chrês-tos ) , bon , utile : bon à tout.
- ( IVIêd. ) Epithète que l’on a donnée à certains médicamens que l’on croyoit propres à toutes sortes de maladies. Ilyavoit des collyres qu’on appeloit panchresles , dont Galien et Paul Eginette font mention.
- PANCHYMAGOGUE , adj. du grec nirhv ( pan ), tout, de yvpbc (chunios), suc, et d’hyai (agô), chasser , expulser : qui expulse tout.
- ( 'JMéd. ) On appelle ainsi certains purgatifs qu’on croit propres à purger toutes les mauvaises humeurs du corps.
- PANCRACE , s. m. du grec Mhv (pan) , tout, et cîe nphros ( kratos) , force : t outes les forces.
- ( (Jymnasl. ) Nom d’un des exercices de l’ancienne PALESTRIQUE ( /A ce mot. ) ; ainsi appelé , parce que pour y réussir il falloit y déployer toutes les forces du corps. On pouvoit se servir des poings, des pieds , des dents et des ongles. On nommoit pancraliasles ceux qui se livroient à ce genre d’exercice, etpancratialeS ceux qui avoient remporté le prix.
- PANCRÉAS , s. m. du grec mrhv (pan), tout, et de npîaç ( kréas), chair : tout de chair.
- (Physiol.) Corps glanduleux long et plat, de l’espèce des glandes qu’on appelle conglomérées , placé dans l’estomac , entre le foie et la rate. Sa ligure est à peu près comme celle d’uns langue de chien. Sou usage
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- est de fournir un suc qu'on appelle pancréatique , _ destiné a penec-tionner la digestion.
- PANDECTES , s. f. du grec -wav ( pan ) tout , et de e( dé~ chomaî), contenir, comprendre : ce qui comprend tout, livre contenant toutes clioses.
- (Bibliol.) Compilation des principales décisions éparses dans les ou-vrao-es des jurisconsultes romains , et auxquelles l’empereur Justinien don-naforce de loi. Ce recueil est ainsi appelé parce qu’il embrasse tout ; il a iussi été appelé DIGESTE ( V. ce mot ) , parce que les matières y sont en quelque sorte digérées.
- PANDÉMIE , s. f. du grec -nrSLv (pan) , tout , et de ( démos ),
- peuple : tout un peuple.
- ( Méd. ) Attaque générale ou populaire de quelque maladie. On entend par maladies pandétniques , celles qui sont répandues dans un pays: on les subdivise en EPIDEMIQUES et en ENDEMIQUES. T. ces mots.
- PANDICULATION , s. f. du lat. pandiculari , s’étendre , dérivé de panclo , courber , plier : faire plier.
- ( Méd. ) L’action de s’étendre, de s’allonger par lassitude ou par envie de dormir.
- PANÉGYRIQUE , s. m. du grec <&x.myvpvi(panêguris) , composé de «srsiv ( pan), tout et d’àèyyp/ç (agu-ris) , assemblée : assemblée générale solennité.
- (Eloc. ) Discours public , fait à la louange de quelqu’un , ainsi appelé, parce que chez les Grecs, ces sortes de discours étoient toujours prononcés dans des assemblées de tout le peuple , avec pompe et solennité.
- PANICULE, s. m. du lat. pani-culüs.
- (Satan.) Espèce d’épi qui contient beaucoup de fleurs et de semences. Lepanicule difïère de l’épi, en ce qu’il forme plusieurs corps séparés. Le millet porte ses Jrui/s en panicule.
- Panicule; ce qui est disposé ou ramifié en panicule.
- PANIFICATION, s. f. du lat. panijéx , boulanger -} Pactisa de
- PAN 45
- faire le pain : conversion des matières farineuses en pain.
- PANIQUE , adj. de Pan, nom d’homme.
- (yîrt milit.) 'Terreur panique ; terreur qui n’a aucun fondement. On en fait remonter l’origine à un capitaine de Racchus, nommé Pan , qui mit en fuite une armée enne-> mie en faisant pousser de grands cris à ses soldats dans une vallée remplie d’échos ; ce qui effraya les autres, et leur fit croire qu’ils avoient en tête des forces supérieures aux leurs.
- PANNE , s. f. de l’italien panna.
- ( Marine ) Mettre en panne, en italien , metler in panna ; c’est avoir la moitié de ses voiles qui
- Ïiortent ou reçoivent le vent, et ’autve moitié coiffée ou sur le mât , de façon que les unes tendant, à faire avancer le bâtiment, et les autres à le faire culer ou aller par l’arrière, il reste à peu près à la même place.
- On met en panne dans tous les cas où on veut rester en place pour attendre un vaisseau, un convoi ; ou dans le voisinage d’une côte , lorsqu’on fait venir un pilote, et dans d’autres circonstances semblables.
- PANNOMIE , s. f. du grec (pan) , tout, et de vo/moc (nomos) , loi ; recueil de toutes les lois.
- ( Jurisprud. ) C’est le titre du décret qu’on attribue à Ives de Chartres.
- PANOPHOBIE, s. f. du grec «rïv (pan) , tout, et de qt>Çoç(phobos), peur, frayeur.
- ( Méd. ) Frayeur nocturne, espèce de maladie qui fait qu’on a peur de tout. Cette maladie ordinaire aux enfans, est accompagnée de sueurs et de convulsions.
- PANORAMA , s. m. du grec ÆS-S.V (pan), tout, et d’opctpx. (ho~ rama ), vue : vue du tout.
- (Perspect.) On appelle ainsi un grand tableau circulaire sans commencement et sans fin apparente , du centre duquel on voit de face et dans sa totalité , l’objet qu’il représente.
- PANSE, s. f. du latin panteæ , nom que Plaute a donné aux vaisseaux grêles. Ventre,
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- (Hist. hàl.) 11 se dit proprement du premier des quatre ventricules des animaux qui ruminent.
- ( Art de Vécriture ) Panse d'A ; c’est l’arrondissement d’un A. La pansé de cét A est mal faite. D’’aujourd’hui il n’a J ait une panse d’A, pour dire que quelqu’un n’a rien fait.
- PANSEMENT , s. ni. même origine que PANSE.
- ( Chirurgie ) Action de panser une plaie , une blessure ; d’y appliquer un appareil propre à contenir les remèdes qui lui sont convenables.
- PANSELENE, s. m. du grec tarav { pan ), tout. et de eiKtivn (sélêné), lune , pleine lune;
- Lstron.) Terme dont les Grecs et quelques anciens astronomes se sont servi pour désigner la pleine lune ; parce que dans la pleine lune on voit toute la partie de cette planète qui est tournée vers la terre.
- PANSOPHIE, s. f. du grec <nr*v (pan) , tout, et de <ro<put (sophia) j sagesse.
- ( Philos. ) Sagesse universelle.
- PANSPERMIE , s. f. du grec {pan), tout, et de' er.-a-~py.ct (sper-ma) . sperme , semence.
- ( Hist nal.) Amas confus de substances hétérogènes.
- PANSTÉRÉONAMA , s. m. du grée .-ra-2v (pan), tout, de çn-psoç {stéréos), solide, et <Vopaty.cc (horama), vue : vuë du fout en relief.
- ( Sculpt. ) Représentation totale d’un objet en relief, dans ses véritables proportions.
- PANTAGOGUE. V. PANCHY-MAGOGUE.
- PANTHÉISME, s. m. du grec «crav {pan) , tout , et de ôeoc {théos), dieu : tous les dieux.
- ( Philos. ) Nom donné au système de Spinosa, qui reconnoissoit pour Dieu tout ce qui est le grand tout.
- PANTHÉON, s. m. du grec «rSy ( pan ) , tout, et de ôeàe ( théos ) , dieu : .tous les dieux.
- 4nliq.) On donnoit ce nom aux temples consacrés à tous les dieux à la fois ; le plus célèbre est celui de Rome, bâti par Agrippa, et qui subsiste encore.
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- ( Rép.fr. ) On u donné en France le nom de panthéon à un édifi e destiné à recevoir les cendres des grands hommes.
- PANTAGONIE , s. f. du grec <®2.v {pan), tout, et de ycevict {gônia), angle.
- {Créom.) Nom donné par M. Ber-nouilli, à une espèce de trajectoire réciproque, qui , pour chaque différente position de son axe, se coupe toujours elle-même sous un angle constant.
- PANTOGRAPHE , s. m. du grec arkv ( pan ) , tout, et de ypeeqm {graphe) , décrire.
- {Dessin ) Instrument avec lequel on peut copier les traits de toutes sortes de dessins ou tableaux , et les réduire à sa volonté, en grand ou en petit.
- PANTOMÈTRE , s. m. du grec <ro-2.v {pan ), tout, et de p-irpov ( métro n ), mesure : qui mesure tout .
- ( Créant. ) Instrument propre à mesurer toutes sortes d’angles , de longueur et de hauteur. /A HOLO-METRE.
- PANTOMIME, s. f. du grec (yuan ) , génit. Hrttwoç ( pantos ), tout, et de p.ip.iopt.ct.1 {miméomai) , imiter , contrefaire : ce qui imite tout.
- ( Art dramat. ) Le langage de l’action, l’art de parler aux yeux , l’expression muette du visage et des gestes.
- Il se dit aussi, au masculin, de l’action ou du personnage qui représente , qui exprime toutes sortes de choses par des gestes , par des attitudes et sans parler.
- Ce ne fut que dans le siècle d’Auguste que l’art de la pantomime fut porté à sa perfection ; ce n’est pas que les danses des Grecs n’eussent des mouvemens expressifs ; mais les Romains furent les premiers qui rendirent , par les seuls gestes, le sens et toute la conduite d’une fable régulière , et d’une certaine étendue.
- Après la mort d’Auguste, l’;ut de la pantomime reçut encore de nouvelles perfections ; mais les débauches scandaleuses des acteurs, leur hardiesse , produisirent un grand nombre d’événemens qui portèrent les empereurs à traiter sévèrement dé
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- plu* en plus, et enfin de bannir de Rome les pantomimes.
- Leur règne se termine à relui de 'Ti ai an. ' Ce n’est pas qu’ils n’aient reparu par intervalles ; mais on n’eut plus, à leur égard, ce respec t religieux qui avoit commencé sous Auguste et Mécène , protecteurs de tons les talens.
- r Danse ) Pantomime est aussi le nom d’un air sur lequel un ou plusieurs danseurs exécutent , en danse, une action qui porte aussi le nom de pantomime•
- Les airs des pantomimes ont. , pour l’ordinaire , un couplet principal qui revient souvent dans le cours de la pièce, et qui doit être simple ; mais ce couplet est entremêlé d’autres plus saillans qui parlent, pour ainsi dire , et font image dans les situations , où le danseur doit mettre une expression détev-terminée. Voy. MIME , ARCHI-MIME.
- PAPA , s. m. du grec <Bttt,<srtara.,
- ( pappa ) , père.
- ( Culte relig.') C’est le nom que dmérens peuples donnent aux principaux ministres de la religion.
- PAPE, s. ni. même origine que PAPA.
- ( Culte calhoL ) Le chef de l’église catholique romaine.
- Anciennement tous les prélats distingués avoient la qualité de pape ; mais depuis le synode tenu à Rome en 1073 , sous Grégoire VII, elle ne se donne plus qu’au chef de l’église.
- Les empereurs , le clergé et tout le peuple firent l’élection des papes , jusqu’au huitième siècle. Etienne X f’ôta aux empereurs, et Innocent. II en exclut le clergé et le peuple de Rome.
- Néanmoins ce changement ne fut entièrement affermi que sousAlexan-dre III ? qui donna aux cardinaux seuls le droit d’élire le vicaire de Jésus-Christ.
- L'origine de la grandeur temporelle du pape doit être rapportée au pontificat de Grégoire IIL « qui ex-eita, en 740 , Charles Martel à se soustraire à la domination de l’empereur , et lui proposa de le déclarer •ousul de Rome.
- PAPIER . s. m. du.-grec srxwpcs.
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- ( papuros ) , papyrus , petit arbrisseau d’Egypte , dont l’écorce intérieure servoit. autrefois à faire le papier.
- ( Diplomatique ) Matière subjective de l’écriture.
- Quoique l’on errtende par ce mot tout ce qui sert à recevoir par écrit les pensées des hommes, cependant on l’applique plus particulièrement au papyrus , ou papier d’Egypte , aux pellicules., à Vécorce , au liber des arbres au parchemin , au papier de coton, au papier de chiffons , etc.
- Le papyrus , le plus ancien de tous les papiers , étoit fait avec uns; espèce de jonc, nommé papyrus , qui croissoit sur les bords du Nil. Gn. ne sait pas quand il a été découvert, mais voici comme on le fabriquoit :
- Après avoir retranché les racines et le sommet du papyrus , il restoifc une tige que l’on coupoit exactement en deux : on séparoit légèrement les enveloppes dont elle étoit vêtue, et qui ne passoient pas le nombre de vingt. Plus ces tuniques approchoient du centre et plus elles avoient de finesse et de blancheur. On étendoit une . enveloppe coupée régulièrement sur cette première feuille ainsi préparée, on en posoit une autre à contre-fibre, et on les couvroit d’eau trouble du Nil, qui, en Egypte , tenoit lieu de la colle qu’on employoit ailleurs. En continuant ainsi d’ouvrir plusieurs feuilles ensemble 3 on en formoit une pièce qu’on mettoit à la presse, qu’on, faisoit sécher, qu’on frappoit avec le marteau, et que l’on polissoit par le moyen de l’ivoire ou de la coquille : lorsqu’on vouloit le transmettre à la postérité , on le frottoit d’huile de cèdre , qui lui communiquoit l’incorruptibilité de ce bois,
- La longueur du papier d’EgvpIe n’avoit rien de fixe , mais elle n’ex-cédoit jamais 2 pieds ( 65 centimètres. )
- Ce qu’on regardoit le plus dans le papier, c’étoit la finesse , le corps , la blancheur et le poli.
- On trouve , en France et en Italie , des diplômes en papier d’Egypte, de toutes les qualités.
- On croit que le papyrus a cessé d’être en usage dans le nme. ou 12me. siècle.
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- Le papier de colon a été découvert , suivant Montfaucon , vers la fin du 9e. siècle , ou au commencement du ioe. On pourroit croire' qu’il a remplacé le papyrus. 11 est infiniment meilleur , plus propre à écrire , et peut se conserver plus long-tems. On l’appelle charla %om bycina, ou papier bombycien.
- Le papier de colon prit naissance chez les Orientaux, et s’y multiplia beaucoup , sur-tout depuis le commencement du i2eme. siècle ; mais l’usage n’en devint général que depuis le commencement du ideme. siècle.
- Le papier d’écorce est très ancien ; mais on n’en connoit pas l’origine. Les bois les plus propres à fournir les pellicules dont on fabriquoit ce papier , étoient Yérable, le plane , le hé Ire , Vomie, et sur-tout le lilleul. Passé le neme, siècle, on ne voit plus d’actes sur papier d’écorce.
- Le papier de la Chine est très-beau , plus doux , plus uni que celui d’Europe , et d’une grandeur à laquelle toute l’industrie européenne n’a encore pu atteindre.
- Chaque province de la Chine a son papier ; celui de Se - Chewen est fait de chanvre ; celui de Fokien est fait de jeune bambou ; celui dont on se sert dans les provinces septentrionales , est fait d’écorce de mûrier; celui de la province de Che-Kiang est de paille de bled ou de riz ; celui de la province de Kian-Nam est d’une peau qu’on trouve dans les coques de vers-à-soie ; enfin , celui de la province de Ifu-Quang est fait de la peau intérieure de l’écorce de l’arbre nommé cha , ou ho-chu , ou chu-chu.
- On fabrique aussi du papier de soie à la Chine ; mais le plus beau panier de soie qui se fabrique dans toute l’Asie , est celui qui se lait à Samarcande, principale ville de la Grande-T aTtarie.
- Le papier du Japon se fait avec l’écorce du morus papyrij'era saliva , ou véritable arbre à papier , que les Japonois appellent kaadsi. La préparation de cette écorce est très-longue pour la réduire en pâte propre à faire le papier.-
- P ailier de linge, V, CHIFFON.
- P A P
- On fait du papier avec différentes matières; mais , jusqu’à présent , ce papier est plutôt un objet de curiosité que d’utilité. On a fait , en Angleterre, du papier avec des orties , des navets , des panais , des feuilles de choux , du lin en herbe , et plusieurs autres végétaux fibreux ; on en a fait avec de la laine blanche, qui n’étoit pas propre à écrire , mais qui pouvoit servir dans le commerce. Le marquis de Salisbury, en Angleterre ; et, en France , feu Anis-son Duperron , ont fabriqué du papier de paille : on en a fait avec de la guimauve, avec des orties, des roseaux , du chiendent, de la mousse , du fusain , du outan, etc.
- On peut rendre une infinité de matières propres à faire du papier ; . mais la difficulté est d’en faire qui coûte moins que le papier fait avec des chiffons.
- ( Chimie ) Papiers réaclifs ; les chimistes appellent ainsi des papiers colorés en. bleu par la teinture de tournesol, ou en jaune, parle cur-cuma. Ces papiers servent à faire reconnoïtre si les liqueurs sont acides ou alcalines. Les acides teignent le papier en bleu ; les alcalines verdissent et jaunissent le papier.
- ( Minéral. ) Papier fossile ; on appelle ainsi le tissu de Vashesle , lorsqu’il est très-mince, et commé papiracé.
- ( Commerce) On appelle papiers de commerce, ou simplement papiers , les lettres de change, les billets de change, les billets au porteur, reconnoissances, mandats et autres effets de cette nature qui représentent l’argent comptant.
- ( Econom. polit. ) Papier-mon-noie; c’est le papier qui a cours de monnoie ; tels sont les assignats ; tels sont, en Angleterre et ailleurs, les billets de banque , etc.
- ( Polit. ) Papiers-nouvelles ; on appelle ainsi quelquefois les gazettes. Cette dénomination nous vient de l’anglois news-papers.
- ( IMarine ) Papiers de bord/ ce sont tous ceux dont le capitaine d’un navire armé en course doit être muni sur son navire même , à commencer depuis le titre de propriété', le serment , etc. jusqu’à ses lettres de marque
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- P A P
- marques et son rôle d’équipage. Ils lui sont nécessaires d’abord pour n’êfre pas traité.'comme pirate par l’ennemi, s’il tombe entre ses mains, et ensuite s’il faisoit quelque prise , et qu’il fût obligé de la conduire en pays étrangers, neutres, ou alliés.
- PAPILLAIRE , adj. du lar. pn-pillciris , fait de papilla, papille , bout de téton : mamelon.
- ( Physiol. ) On appelle procès papillaires les extrémités des nerfs olfactifs en forme de mamelons , insérés dans la membrane muqueuse du nez.
- PAPILLE , s. f. du lat. papilla, mamelon.
- {Anat. ) On a donné ce nom à de petites éminences où aboutissent les nerfs, à cause de leur ressemblance à un petit mamelon.
- PAPILLON ACÉ, ÉE,adj, du lat. papilio , papillon : qui ressemble au papillon.
- ( Bolan. ) Tournefort , et après lui beaucoup de botanistes ont donné ce nom à la famille des plantes qu’on appelle aujourd’hui des légumineuses , paire que leurs fleurs ont une grossière ressemblance avec un papillon qui vole.
- PAPILLOTER , v. n. du latin papilio, papillon: faire comme les pfipillons.
- ( Phys. ) Il se dit des yeux lorsqu’un mouvement incertain et involontaire les empêche de se fixer sur les objets. Les yeux lui papillonnent continuellement.
- ( Peinture ) On dit qu’un tableau
- Jiapillotte , quand les lumières , au ieu d’y être établies par grandes masses, y sont dispersées par petites parties qui fatiguent l’œil en l’appelant de tous les cotés à la fois. Le papillotage est opposé à l’accord , à l’harmonie,
- ( Sculpture) Un ouvrage de sculpture peut aussi papilloter quand il oflre trop de petites parties qui reçoivent des lumières étroites et portant de petites ombres.
- PAPISME s. m. du latin papa, pape.
- ( Religion protestante ) Terme dont les protestans se servent quand ils parlent de la communion de l’église catholique romaine.
- 'dôme Ul,
- PAR 49
- PAPYRACÉE , adj. du latin pa-> pyrus , papier ; qui ressemble à du papier , qui est de la nature, de la forme du papier.
- ( Bolan. ) Il se dit des parties des plantes qui sont membraneuses et sèches comme du papier.
- PAPYRUS , s. m. du grec P oc ( papuros. )
- ( JBotan. ) C’est le nom spécifique du souchet qui croît en Egypte , et qui servoit aux anciens à faire le papier sur lequel ils écrivoient. Lov, PAPIER. J
- PAQUE, s. f. du latin pascha, dérivé de l’hébreu pesakh, saut, passage.
- ( Religion juive ) Fête solennelle célébrée chez les juifs. Les anciens juifs ont appelé cette fete pascha y passage, parce qu’elle avoit pour but de rappeler le passage de l’ange exterminateur, qui mit à mort tous les premiers nés égyptiens , et épargna ceux des israélifes, dans la nuit qui précéda leur sortie d’Egvpte.
- ( Religion cathol. ) Dans la nouvelle loi, la pdque a été instituée en mémoire de la résurrection du Sauveur.
- PAQUET BOT ou PAQUEBOT, s. m. Corruption de l’anglois pachet-boat, bateau-poste.
- ( Marine ) Nom des petits bâti-in en s de mer établis pour le transport des lettres outre mer, et le service de la poste, etc.
- Us servent aussi à transporter des passagers de Douvres à Calais, de la Brille à Harwich , de Falmouth à la Corogne, etc. Les Anglois, qui surtout font usage de ce moyen de correspondance ,' avec beaucoup de régularité et d’activité , en envoient à des époques fixes à toutes leurs colonies.
- Ces bâtimens sont gréés de différentes manières , le plus souvent en sloops et goélettes. Ils doivent être d’une marche supérieure ; leur port n’est guère au-delà de 80 tonneaux.
- PARABOLE , s. f. du grec r&ctpa.-go\>> {parabole) , comparaison , formé du verbe tz?a.pet£k>^a>{pciraballo)t comparer, çt aussi égaler : similitude, allégorie.
- ( Ecriture sainte ) Il n’est guère 4’usage qu’en parlant des similitude
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- employées dans l’écriture sainte. Les paraboles de l’évangile.
- ( Créom. ) La parabole en géométrie , est une figure qui naît de la section du cône , quand il est coupé par un plan parallèle à ses côtés. Elle a été ainsi appelée du grec ( paraballo), dans ie sens d’égaler, parce que dans cette courbe, le carré de l’ordonnée est égal au rectangle du paramètre par l’abscisse, au lieu que dans l’ellipse il est moindre, et plus grand dans l’hyperbole.
- PARABOLIQUE , adj. de PARABOLE.
- ( Créom. ) Il se dit en général de tout ce qui appartient à la parabole.
- Conoïdeparabolique ; c’est une figure solide engendrée pàr la rotation d’une parabole sur son axe. On dit aussi paraboloïde. K. ce mot.
- Pyramide parabolique; c’est une figure solide dont on peut facilement concevoir la génération, en imaginant tous les carrés des ordonnées d’une parabole, placés d’une manière que l’axe passe par tous les angles à angles droits : en ce cas, la somme des carrés formera le pyramidoïde parabolique.
- Espace parabolique ; c’est l’espace ou l’aire contenue entre une ordonnée entière quelconque, et l’arc correspondant de la parabole.
- 3iiroir parabolique ; c’est celui dont les rayons, partant de son foyer et tombant sur sa surface , sont réfléchis parallèlement à l’axe , et réciproquement.
- PARABOLOÏDE , du grec «rap*-CkxKoo (para b allô), égaler, etd’si'J'oc ( éidos ), forme, ressemblance : qui a la forme d’une parabole.
- ( Créom. ) C’est ainsi qu’on appelle quelquefois les paraboles de degrés ou de genres plus élevés que la parabole conique, ou apollonienne. Quelques auteurs appellent aussi paraboloïde , le solide formé par la révolution de la parabole ordinaire autour de son axe. K. PARABOLIQUE.
- ( Paraboloïde demi-cubique. ) C’est le nom que quelques géomètres ont donné à une courbe dans laquelle les cubes des ordonnées sont comme les carrés des diamètres. On l’appeile’plus ordinairement seconde parabole cubique.
- PAR
- PARACENTÈSE , s. f. du gree tarctpk (para ) , à côté , et de xsvtî»,
- ( kenLeo ) , piquer : ponction.
- ( Chirurgie ) Nom d’une opération chirurgicale, qui consiste à faire une ouverture à l’abdomen avec un instrument piquant, dans l’hydro-pisie ascite, pour donner sortie aux eaux.
- PARACENTRIQUE, adj. du grec nsrctpk ( para ) , proche , ou au-delà, et de xhrpov (kentron), centre ; proche ou au-delà du centre.
- ( Créom. Lranscend.) Isochrone paracentrique; c’est le nom que l’on donne , dans la sublime géométrie , à une courbe , telle que si un corps pesant descend librement le long de cette courbe , il s’éloigne ou s’approche également, en tems égaux, d’un centre ou point donné.
- Le problème de Visochrone para-cenlrique est une généralisation de celui de la combe isochrone, ou courbe, aux approches égales, dans laquelle un corps pesant s’approche également , en tems égaux, de l’horizon , ou, ce qui revient au même, d’un point infiniment éloigné. Ces deux problèmes furent proposés par M. Léibnitz , comme une espèce de défi , aux partisans de l’ancienne analyse , qui n’en purent venir à bout. MM. Bernouilli les résolurent l’un et l’autre ; et M. Huyghens, peu de tems avant sa mort, a résolu celui de la courbe isochrone simple.
- PARACHRONISME, s. m. du grec tarctpk (para ) , au-delà , et de Xpovos (chronos) , tems : reculement de tems ou de date.
- ( Chronol. ) Espèce d’anachronisme , qui consiste à rapporter un fait à un tems postérieur à celui où il est réellement arrivé. Il est opposé à PROCHRONISME. K. ce mot.
- PARACLET, s. m. du grec tnra.pkx.'Kit'Tos ( paraklétos ) , consolateur, dérivé de œa.pa.x.ct.\îc# (pa-rakaléô ), consoler.
- ( Hist. ecclés. ) Nom qu’on a donné dans l’église au Saint-Esprit.
- PARACYNOMIE, s. m. du grec ns-ctpk ( para ) , préposition qui indique une comparaison , de npvmt (Jtuôn), chien, et de ’kyyo* (agcho ), suffoquer : suffocation à la manière de (biens.
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- PAR
- Ç Méd. ) Espèce de sqüînancie dans laquelle les muscles externes du larynx sont tuméfiés et enflammés , de telle manière que les malades sont obligés de tenir la bouche ouverte pour respirer , et de tirer la langue comme les chiens.
- PARADE , s. f. du lat. parala , ornement, dont on a fait parada , et parade : montre , étalage.
- ^ i ’ournois ) Parade , dans les tournois , signifïoit la marche que les chevaliers faisoient en bel ordre, dans la lice , avant de commencer le combat.
- (.Arl milit.') Parade, enfermes de guerre, signifie la montre que font sur ia place les troupes qui vont monter la garde.
- ( Jeux scén. ) Parade est encore le nom d’une espèce de farce pré--parée pour amuser le peuple.
- La parade parut pour la première fois , en fi rance , dans le iSme. siècie. Les comédies saintes lui donnèrent naissance, et les confrères de la passion disputèrent à la troupe du prince des sots, davantage de ia former. Eiie subsistait encore sur le théâtre Iran coi s du tems de la minorité de Louis XIV ; mais quand la décence eut épuré la comédie , et que le goût lui eut donné des règles, la parade ne se montra plus que dans les foires et sur les tréteaux des charlatans.
- PARADIASTON, s. m. du grec «r*pàl'iats'ox» (' p aradias Lolê) distinction , séparation , fait de -âra.pa.d'êixa) ( paradeiko ), distinguer, comparer l’un avec l’autre.
- ( Didact.) Distinction précise des idées analogues.
- PARADOXE, s. m. du grec 'E'a.paJ'o|[ov (paraxloxon ) , formé de «vapà ( para) , contre, et de (doxa) , opinion : contre l’opinion.
- ( Diction. ) Proposition contraire à l’opinion commune ; qui choque les opinions reçues : c’est une idée contradictoire , ou fausse en apparence , quoique vraie quelquefois dans le fond.
- PARADYGME, ou paradigme, s. m. du grec iwctpâ-àuyp.*, ( paradéigma), exemplaire, luoaele , formé de n-a.pà ( para ),
- PAR St
- pvépos, qui indique comparaison, et J'ux.vvce ( deiknuà ), montrer.
- ( Uraniniaire ) Ce qui sert de modèle pour se régler : les paradymes des conjugaisons et des déclinaisons.
- PARAFE , ou PARAPHE , s. m. contraction de PARAGRAPHE, U. ce mot.
- ( Diplomatique ) Marque qui est faite d’un ou plusieurs traits de plume mêlés ensemble, et qu’on met ordinairement après son nom , ou en place de son nom.
- Autrefois le signataire d’un acte mettoit après son nom le mot sub-scripsi , que souvent l’on rendoit en abrégé par deux SS liées et entortillées. Il est présumable que le pa-rajë vient de ces SS , et qu’à mesure que l’on s est éloigné de l’origine , on a substitué à ces lettres , des traits de fantaisie adoptés par chaque signataire.
- PARAGE , s. m. du lat. p antre , parer: l’action de parer.
- ( Marine ) Espace ou étendue de mer déterminée , sous quelque latitude que ce puisse être.
- Les parages des pays chauds;ce corsaire est en bonparage pour rencontrer les vaisseaux marchands. Un vaisseau est mouillé en bon parage pour appareiller d’une rade ; pour dire , que de l’endroit où il est mouillé, il pourra appareiller facilement quand il voudra.
- PARAGOGE , s. m. du grec zs-a-fctynoyii (paragogé'), formé de ( para ) , au-delà , et d’asy® ( a go ) , mener: mener au-delà, accroître.
- (jElocut. ) Figure de diction qui consiste dans l’addition d’une lettre ou d’une syllabe à la fin d’un mot, comme egomet pour ego chez les Latins.
- PARAGRAPHE , s. m. du grec «rapacypAÇ» ( paragraphé ) , formé de (nrapà ( para ), proche , et de ypcKpii (graphe ) , écriture : proche l’écriture.
- ( Diplomatique ) Signe posé près de l’écriture. C’étoit autrefois l’usage de distinguer les divisions d’un ouvrage par différentes couleurs ; ce signe est exprimé par le caractère §.
- Ensuite on a appelé paragraphe la division ou la section meme de l’ouvrage, ainsi marquée : ce terme D z
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- h s, PAR
- n’est guère d’usage que dans les
- livres de droit.
- PARALIPOMÈNES , s. m. du grec tts-a.peLXii'Grôy.ivcL ( p arû léipo-rnena ) , formé de <aaL(k (para ) , au-delà , outre , et de Xii^wk (léipo), laisser ; passer outre , omettre : supplément à ce qui a été omis.
- ( Ecrit, sainte ) C’est le titre de deux livres canoniques de l’écriture sainte, qui sont un supplément aux quatre livres des rois, dont les deux premierss’appellent livre de Samuël.
- ( Littérat. ) Quelques auteurs ont employé ce mot pour signifier un supplément. Les parai ipomènes dTIomère , ou la guerre de Troie depuis la mort d’Hector jusqu’à la prise de cette ville, par Quintus de Smyrne.
- PARALIPSE, s. f. du grec (para), de côté , et dexs/Tro) ( léipo ), laisser : laisser de côté, omettre.
- ( Eloc. ) Figure de rhétorique qui consiste à fixer l’attention sur un objet en feignant de le négliger.
- PARALLACTÏQUE , adj. de PARALLAXE ( v. ce mot ) ; ce qui appartient aux parallaxes.
- ( jdstron. ) Angle parallactique ; c’est un angle qui sert à calculer la parallaxe de longitude , de latitude, d’ascension droite et de déclinaison 5 il est formé par le vertical et le cercle de latitude , ou par le vertical et le cercle de déclinaison.
- Triangle parallactique ; c’est celui qui est formé par l’angle de la parallaxe , et par le rayon de la terre.
- Machine parallactique , ou pa-rallatique, on lunette parallatique; c’est un instrument composé d’un axe dirigé vers le pôle du monde, et d’une lunette qui peut s’incliner sur cet axe , et suivre le mouvement diurne d’un astre , ou le parallèle qu’il décrit.
- PARALLAXE, s. f. du grec «wapaix-xa^tç (purallaxis') , dérivé de <nra-pa.xxâ.rl a> (parallattà ) , transposer , transmuer : différence , variation.
- ( xlstron. ) Diversité d’aspect. La parallaxe est la différence entre le lieu où un astre paroit , vu de la surface de la terre, et celui où il nous paraîtrait si nous érious au centre de la terre.
- P A R
- Les mouvemens célestes doivent se rapporter au centre de la terre pour paroitre réguliers ; c’est, au centre qu’il faut se transporter en idée , afin de voir tout à sa véritable place , et de trouver la véritable loi des mouvemens célestes.
- Ainsi , les astronomes sont obligés de calculer sans cesse la parallaxe pour réduire le lieu d’une planète observée à celui que l’on auroit vu , si l’on eût été au centre de la terre.
- Parallaxe annuelle , ou parallaxe du grand orbe ; c’est la différence entre le lieu d’une planète , vu du soleil, et son lieu, vu de la terre. On s’en sert pour calculer sa longitude géocentrique, par le moyen de sa longitude héliocentrique.
- Parallaxe menstruelle ; on a donné quelquefois ce nom à la petite inégalité que produit l’attraction de la lune, sur la terre.
- Parcdlaxe du soleil y la parallaxe du soleil seroit la plus intéressante à connoitre : eile nous appren-droit quelle est la vraie distance du soleil à la terre , et en conséquence quelles sont les distances de toutes les autres planètes au soleil et à la terre ; mais on 11e la connoit pas avec une parfaite exactitude : les astronomes l’ont supposée pendant long-tems de dix secondes , ce qui donnoit la distance du soleil à la terre d’environ 33,000,000 lieues ; mais le dernier passage de Vénus sur le disque du soleil, observé le 3 juin 1769 , donne la parallaxe du soleil, dans ses moyennes distances , de huit secondes et demie ; d’après quoi l’on conclut que la moyenne distance du soleil à la terre est de 34,761,680 lieues , de 25 au degré ehacutie.
- Parallaxe des étoilesJixes ; les étoiles fixes n’ont point de parallaxe sensible, à cause de leur excessive distance, par rapport à laquelle le diamètre de la terre n’est qu’uu point.
- ( xlnat. ) Les anatomistes entendent par parallaxe l’écart, mutuel de deux parties d’un os rompu , dont l’une glisse à coté de l’autre.
- PARALLELE , adj. et s. du grec kxxtixo; ( parallêlos ) ,' également distant.
- ( üéom. ) Il se dit des lignes et
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- PAR
- des surfaces, qui sont par-tout a égalé distance l’une de l’autre , ou qui , prolongées à l’infini , ne deviennent jamais ni plus proches, ni plus éloignées l’une de l’autre.
- Les lignes parallèles sont d’un très-grand usage en géométrie , soit spéculative , soit pratique.
- ( Astron. ) Parallèles , en astronomie, s’entend des cercles parallèles à l’équateur , que l’on conçoit, dans la sphère, comme décrit par les astres , dans leur révolution journalière.
- On les appelle aussi parallèles de déclinaison.
- Parallèles de latitude ; ce sont de petits cercles de la sphère , parallèles à l’écliptique , que l’on imagine passer par chaque degré et minute des colures , et qui indiquent les différentes latitudes des astres.
- Parallèles de hauteur,ou almican-tarats; ce sont des cercles parallèles à l’horizon, que l’on imagine passer par chaque degré et minute du méridien, entre l’horizon et le zénith, et qui ont leur pôle au zénith
- Sphère parallèle ; c’est cette situation de la sphère dans laquelle l’équateur est parallèle à l’horizon, ou se confond avec l’horizon et les pôles, du moins avec le zénith et le nadir. Dans cette sphère , tous les parallèles à l’équateur sont parallèles à l’horizon ; et quand le soleil est dans l’équateur , il tourne autour de l’horizon pendant tout le jour. Après l’équinoxe , cet astre , parvenu au dessus de l’horizon , ne se couche plus pendant six mois; et lorsqu’il est repassé de l’autre côté de la ligne , il est six mois sans se lever.
- La sphère est parallèle pour ceux qui habitent sous les pôles , en cas qu’il y ait quelques habitans. Le soleil ne s’élève jamais au dessus de l’hosizon , que d’une quantité égale a l’obliquité de l’écliptique.
- (Art mil il. ) Lignes parallèles, ou simplement parallèles ; ce sont des lignes que l’on tire d’une tranchée à l’autre pour protéger les assiégeons contre les sorties que pourrait taire l’assiégé. Tel est le but de la première parallèle.
- t-^a seconde parallèle se constant un peu plus ou moins, au des-
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- sus de la première , et la troisième se fait contre le glacis , plus courte et moins circulaire que les précédentes , afin d’approcher du chemin couvert autant qu’on peut, et d'éviter les enfilades, qui sont fort à craindre dans ces endroifs-là. M. de Vau-ban est en quelque façon le premier qui ait bien exécuté ces sortes de travaux , qu’on nomme parallèles ou place d’armes.
- Demi-parallèles p ce sont des places d’armes qui sont des crochets de quarante ou cinquante toises de long , propres à placer des détache-înens qui doivent soutenir les travailleurs.
- ( Marine ) Moyen parallèle ; comme les degrés de longitude sont moindres, à mesure que l’on est par un parallèle ou une latitude plus élevée , c’est-à-dire , plus éloignée de l’équateur; lorsqu’un vaisseau a fait une route oblique qui traverse plusieurs parallèles y si on veut calculer la quantité de chemin qu’il a fait de l’est à l’ouest , ou sa différence en longitude, on prend la latitude moyenne entre celle de départ et celle d’arrivée , ou le moyen parallèle ; et sachant combien , par ce parallèle, vaut le degré de longitude, on réduit les lieues faites dans l’est ou dans l’ouest, en parties de l’équateur , ou degrés et minutes de longitude.
- ( Botan. ) Cloison ]>arallèle ; c’est celle dont les deux faces répondent aux valves d’un fruit bilocu-laire.,
- ( Elocul. ) Parallèle est aussi le nom d’une figure de rhétorique propre à orner ie discours. C’est une comparaison que l’on fait de deux objets, en les rapprochant l’un de l’autre , pour mieux faire sentir leur valeur relative, leurs rapports, leuv3 oppositions, et même leurs contrariétés. ,
- PARALELL1.PIPEDE, ou PARALLELEPIPEDE , s. m. du grec r$r'tpkl.> yl\oç (parallélos'), parallèle , d’i<nri ( épi), sur, et de/miJiov (pé-dion ), plaine , ou surface plane : formé de plans parallèles.
- ( Oeom. ) Corps solides compris sous six parallélogrammes, dont les opposés sont semblables, parallèle* et égaux.
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- 5 4 PAR
- Quelques-uns définissent le parai-lélipipède , un prisme dont la base est un parallélogramme.
- PARALLELISME, s. m. du grec
- c'jj 7 y>h oç ( parallelos ), parallèle.
- ( Oéoni. ) Le parallélisme est la propriété ou l’état de deux lignes, deux surfaces, etc. également distantes l’une de l’autre.
- (Perspective) Parallélisme des rangées d’arbres ; l’œil placé au bout d’une allée bordée de deux rangées d’arbres plantées en lignes parallèles, ne les voit jamais parallèles , mais elles lui paroissent toujours. inclinées l’une vers l’autre , et s’approcher à l’extrémité opposée.
- De là les mathématiciens ont pris occasion de chercher sur quelle ligne il faudroit disposer les arbres , pour corriger cet effet de la perspective, et faire que les rangs paroissent toujours parallèles. Les uns ont pensé ue ces deux lignes dévoient être eux demi-hyperboles opposées. M. Varignon a prétendu que la première rangée devoit être une ligne droite, et la seconde une hyperbole. M. Bo uguer et M. d’Alembert ont pensé depuis , que ces rangées dévoient être deux lignes droites divergentes ; mais la solution de ce problème dépend d’une question physique encore contestée sur la grandeur apparente des objets. Ployez VISION , APPARENT.
- (.Astron. ) Parallélisme de l’axe de la terre; c’est la situation constante de l’axe de la terre , qui produit le changement des saisons.
- Parallélisme de la lunette ; ce parallélisme est une précaution essentielle dans les instrumens d’astronomie. La lunette d’un mural ou d’un grand secîeur, étant appliquée sur le limbe , est éloignée nécessairement de quelques pouces du plan , qui passe par le centre et par les divisions; si cette lunette n’est pas exactement parallèle à ce plan , elle ne sera pas dans le même vertical que ce plan, et le point qu’elle marquera sur le limbe ne sera pas celui de la hauteur de l’astre vers lequel la lunette est dirigée. Pour rendre la lunette parallèle au plan, on se sert de la lunette d’épreuve que l’on place sur le centre et sur le plan du quart de cercle , de ma-
- P A R
- nière qu’on voie le même objet dans la lunette d’épreuve et dans la lunette du quart de cercle, placé horizontalement.
- PARALLÉLOGRAMME, s. m. du grec (parallélos'),
- parallèle, et de ypxppyi (gramme) , ligne.
- ( Géom. ) Figure rectiligne de quatre côtés, dont les côtés opposés sont parallèle^ et égaux. Koyez QUADRILATERE.
- Le parallélogramme est formé, ou peut être censé formé par le mouvement uniforme d’une ligne droite toujours parallèle à elle-même.
- Quand le parallélogramme a tous ses angles droits , et seulement ses côtés opposés égaux , on le nomme rectangle ou carré-long. Ployez RECTANGLE.
- Quand les angles sont tous droits, et les côtés égaux, il s’appelle carré. V. CARRÉ.
- Si tous les côtés sont égaux et les angles inégaux , on l’appelle RHOM-BE ou LOSANGE. T^. ces mots.
- S’il n’y a que les côtés opposés qui soient égaux , et les angles opposés aussi égaux , mais non droits , c’est un RHOMBOÏDE. P", ce mot.
- Tout autre quadrilatère , dont les côtés opposés ne sont ni parallèles ni égaux , s’appelle TRAPEZE. Poy. ce mot.
- PARALLÉLOGRAPILE , s. m. du grec icrapàxxwxoç ( parallélos ) , parallèle, et de ypxtpui (grapho ), décrire.
- ( Géom. prat. ) Instrument propre à tirer des lignes parallèles.
- PARALOGISME , s. m. du jp-ec 'irctpdL.’hoyiTiAoç ( paralogismos ), formé du grec 'irctpk(para), mal, vicieusement, et de Koy'i^o/Axi ( logizomai), raisonner: raisonnement faux.
- ( Didact. ) Raisonnement faux ou erreur commise dans la démonstration , quand la conséquence est tirée de principes qui sont fau$, ou qui ne sont pas prouvés, ou bien quand on glisse sur une proposition qu’on auroit dû prouver.
- Le paralogisme diffère du sophisme , en ce que celui-ci se fait à dessein , et par subtilité, et le paralogisme par erreur et par défaut de lumière suffisante, et d’application.
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- PAR
- PARALYSIE, s. f. du grec tmttpat.-\va%t ( paralusis) , dérivé de -rrse-pstxyce (paraluà), résoudre, relâcher.
- ( JHéd. ) Les anciens définissoient la paralysie un relâchement des nerfs qui prive les parties du corps de mouvement et de sentiment.
- On peut définir plus exactement la paralysie , une privation , ou diminution considérable du sentiment et du mouvement volontaire, ou de l’un des deux, en conséquence du relâchement des parties nerveuses et musculeuses, suivi quelquefois d’atrophie , de débilité du pouls, et d’autres symptômes. V. PARAPLEGIE , PAR APLEXIE.
- PARAMÉTRE , s. m. du grec -rrapà. (para ), à côté , et de p/îTpov ( me trou ) , mesure : mesure de comparaison.
- ( Oe'om.) Ligne droite constante dans chacune des trois sections coniques : on l’appelle en latin laïus rectum.
- On appelle en général paramètre, la constante qui se trouve dans l’équation d’une courbe.
- PARANGON, s. m. du grec rrx-fétyav ( paragein) , mettre à côté l’un de l’autre , en comparaison : modèle, patron.
- ( Joaillerie) Diamant parangon, rubis parangon ; c’est un diamant, un rubis d’une grosseur . d’un prix , et d’une beauté extraordinaire.
- ( Minéral. ) Parangon noir, en italien parangone nigro ; c’est le jaspe noir : on le trouve en Suède, en Saxe , et en Finlande.
- (Imprimerie) Parangon est aussi le nom d’un caractère qui est entre la Pales line et le gros romain. Il y a feg'/'ov parangon et le petit parangon.
- ( Commerce du Levant') Parangon se dit encore des plus belles étoffés de soie qui y sont apportées de Venise.
- PARANOMASIE, s. f. du grec vrapà. (para), proche, et d’ova^a. v onoma ) , nom : proximité , ou ressemblance de nom.
- ( Didactique ) Ressemblance entre des mots de différentes langues, <jui peut marquer une origine commune.
- PAR 55
- PARANYMPHE, s. m. du grec '7rctpk ( para ), proche, et de ( numphè), jeune épouse, nouvelle mariée.
- (Hist. anc.) C’étoit chez lesGrees, et ensuite chez les Romains, celui qui faisoit les honneurs de la noce ,.et qui conduisoit l’épouse dans la maison de son mari.
- ( Hist. du Bas-Empire) Dans les tems postérieurs, ce nom fut particulièrement affecté au seigneur nommé pour conduire une princesse d’une cour à l’autre , et la remettre , au nom de son père, entre les mains du prince son époux. Cet usage avoit passé de la cour de Constantinople à celle des rois de France, sous la première race.
- ( Ecoles publiques ) On appeloîf encore paranymphes , les éloges et les discours d’apparat qui se pronon-çoient à certaines époques, dans les universités. Sixte V défendit qu’on fit son éloge en public, et qu’on le paranymphdt, (qu’on le louât dans un paranymphe), à l’ouverture des thèses qui furent soutenues à un chapitre général de son ordre.
- PARAOS , s. m. Mot chinois.
- ( Marine ) Petits bâtimens des mers de la Chine, et des autres pays circonvoisins. Ils sont assez sem— blahlesaux jonques pour le grément, excepté que leurs voiles sont lacées lâchement au mât, par un de leurs côtés , au lieu d’être suspendues , comme dans les jonques, au quart de la vergue.
- Ces bâtimens sont quelquefois armés de pierriers, et les souverains de quelques contrées s’en servent pour lever les tributs qu’ils exigent des petites îles de leur dépendance.
- PARAPEGMES , s. m. dérivé du grec 'irctpa.'rriiywpi (parapégnumi) , afficher.
- ( Antiq. ) Tables de métal sur lesquelles les anciens inscrivoient les ordonnances et autres proclamations publiques.
- ( Astron. anc.)C’étoit aussi, chez les Syriens et les Phéniciens,une machine astronomique qui servoit à montrer les levers et les couchers des astres.
- ( Astral. ) Les astrologues se servent aussi de ce moi , en parlant des
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- tables sut lesquelles ils tracent leurs
- prétendues régies.
- PARAPET , s. m. de l’italien parapetlo , ce sur quoi on appuie la poitrine.
- ( Art milit. ) Elévation dont la masse est ordinairement destinée à couvrir des soldats contre l’elfet du canon.
- En général, on donne le nom de parapet à tout ce qui borde une ligne , pour se couvrir contre le feu de l’ennemi.
- PARAPHERNAUX , adj. du grec 'rretpct (para ) , au-delà, et de qnpvti ( pheraê), dot : qui ne lait pas partie de la dot.
- ( Pratique ) , Biens parapher-tiaux ce sont des biens qui ne font point partie de la dot d’une femme , et dont elle a non-seulement l’administration , mais encore la pleine et entière disposition.
- PARAPHIMOSIS , s. m. du grec /arctpk (para), trop, ou auprès , et de <pip.aa> ( phinioo ) , serrer avec un cordon* >
- ( 3Iéd.) Les Grecs ont entendu par ce mot, une maladie de la verge dans laquelle le prépuce se ramasse et se replie derrière la couronne du gland, et là serre si fort, qu’on ne peut, en aucune façon , l’amener en devant pour recouvrir le gland. Cet état est contraire au phimosis , et est souvent un symptôme de maladies vénériennes.
- PARAPHRASE , s. f. du grec nsrdtpk4>peattç ( p araphrasis ) , explication , interprétation.
- ( JDidact. ) Explication plus étendue que le texte, ou que la simple traduction littérale du texte.
- ( Ecriture sainte ) Paraphrase chaldaïque ; c’est une ancienne version de la bible, faite en clial-déen.
- PARAPHRÉNESIE , s. f. du grec mrstpk ( para ) , dans le sens de mal, d’une maniéré vicieuse , et de cppéneç (phrénes ) , diaphragme; vice du diaphragme.
- ( Médec. ) Inflammation du diaphragme , ou des parties adjacentes.
- PARAPHROSYNIE , s. f. du grec «petpsKppofvw (paraphrosuné ) j
- PAR
- démence , fait de ittaptt^pd'iim ( pa-« taphronéo ) , être en délire.
- ( Méd. ) Délire passager et fébrile.
- PARAPLÉGIE , ou PARAPLE-XIE , s. f. du grec ‘TB-ctpà. ( para ) , qui marque ici quelque chose de nuisible , et de <œ%ïyrcrw ( pléssô ) , frapper.
- ( iVled. ) Paralysie de toutes les parties situées au-dessous du cou.
- PARAPLEURITIS , s. f. du grec lantph ( para) , mal, vicieusement , et de t&Xivpk ( pleura ) , plèvre vice de la pleure.
- (31 éd. ) Inflammation de la partie de la plèvre qui recouvre la surface supérieure du diaphragme.
- P ARAS ANGE , s. f. du grec -crst.-pdurkyyne (parasaggés).
- ( IrîétroL. ) Mesure itinéraire chez les anciens Perses , mais dont la longueur varie depuis 3o jusqu’à 60 stades.
- PARASELÈNE , s. m. du grec mr&ph (para), proche, et de tnxnv» ( sélênê ) , la lune.
- ( Physique ) Météore représentant une ou plusieurs images de la lune. Ce météore a la forme d’un anneau lumineux ,. dans lequel on aperçoit quelquefois une image apparente de la lune , et quelquefois deux.
- Les parasélenes se forment de la même manière que lesPARIIELIES. Ah ce mot.
- PARASITE , s. et adj. du grec GîritpcKTiToç ( parasitas ) , formé de rBnLpèt ( para ) , proche , et de «rlrot ( silos ) , blé : qui est près du blé.
- ( Antiq. ) C’étoit, dans l’origine , le nom que donnoient les Grecs à ceux qui avoient l’intendance des blés sacrés, c’est-à-dire, des blés qu’on recueilloit dans les terres consacrées à chaque temple.
- Mais , dans la suite , on le donna à ceux qui s’introduisoient dans les maisons opulentes , et qui faisoient métier d’aller manger à la table d’autrui. Dès-lors, ce mot qui n’a-voit auparavant rien d’odieux, fut pris en mauvaise part.
- ( Bolan. ) Plante parasite ; c’est celle qui tire sa nourriture d’une autre plante , et vit à ses dépens.
- (Entomologie) Parasites est en-
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- core le nom que quelques naturalistes ont donné à des insectes qui vivent constamment sur des quadrupèdes , ou sur des oiseaux dont ils sucent le sang, comme les puces , les poux , les mites , etc.
- PARASTATE, s. m. du grec antpk ( para ) , auprès , et de ’tç-ctpeti ( histamai) , être placé.
- ( j4nat. ) Petit corps rond qui est couché sur le dos de chaque testicule ; c’est la même chose qu’EPI-DIDYME. V» ce mot.
- PARASYNANCIE , ou PARAS-QUINANCIE , s. f. du grec «j-atpà (para) , beaucoup , de crùv ( sun ) , avec, et de ’&yxm ( agchô ) , serrer, suffoquer.
- ( Méd. ) Espèce de squïnancie , dans laquelle les muscles externes du pharynx sont enflammés. Ployez
- SQUÏNANCIE-
- PARATITLES, s. f. dugrec«ratpà
- (para), proche , et de t'itKoç (titlos), titre : rapprochement de titres.
- ( Junsprud. ) Explication abrégée de quelques titres ou livres du code ou du digeste ; parce que le but des paratitles est de rapprocher certains objets dispersés sous différens titres, pour en faire connoître la liaison.
- PARATONNERRE, jt. m. de l’italien parare , parer , empêcher , éviter , et du françois tonnerre : qui pare , qui préservé du tonnerre.
- (Physique) Longue verge de métal terminée par une pointe très-déliée , que l’on dresse sur un bâtiment , en le faisant communiquer avec la terre humide ou avec l’eau , et qui est destinée à soutirer le fluide électrique des nuages orageux qui en approchent d’assez près.
- Franklin a remarqué le premier que, si à un conducteur fortement électrisé , on présente , même d’assez loin , une pointe très-fine d’une substance anélectrique , aussitôt les signes d’électricité que donne ce conducteur sont considérablement diminués ; et cette diminution est d’autant plus considérable, et a lieu d’une distance d’autant plus grande , que la pointe est. plus déliée. C’est là ce qu’on appelle le pouvoir des pointes. C’est ce pouvoir des pointes qui a fait imaginer à Francklin de
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- soutirer , par le même moyen , l’électricité d’un nuage orageux. Voilà l’origine des paratonnerres.
- PARC, s. m. du saxon pearroc, ou du flamand peark, clôture.
- ( Econ. rurale ) Grande étendue de terre , entourée le plus souvent de murailles, pour la conservation des bois, pour le plaisir de la chasse , ou pour la liberté de la promenade.
- Parc se dit aussi d’un pâtis entouré de fossés, où l’on met les bœufs pour les engraisser.
- Il signifie aussi une clôture faite de claies, où l’on enferme les moutons, quand ils couchent dans les champs.
- ( rt de la guerre ) Parc d’ar~ tilleric ; c’est un poste qu’on choisit dans un camp , hors de la portée du canon de la place , et qu’on fortifie pour faire le magasin des munitions qui regardent le service des armes à feu, et des feux d’artifice.
- ( Marine) Parc de marine; c’est dans un arsenal de marine, le lieu où les magasins généraux et particuliers sont, renfermés, et où l’on construit les vaisseaux de l’état.
- PARCHEMIN, s. m. du latin pergamenum , dit pour pergamena charta, papier de Pergame , lieu où il a été inyenté.
- ( Diplomatique ) Peau de mouton ou de chèvre, préparée et polie avec la pierre-ponce , pour recevoir l’écriture. On attribue l’invention du parchemin à Cumenës II , roi de Peigame , d’où lui vient son nom.
- Il y avoit trois sortes de parchemins , le blanc, le jaune, et le pourpré. Ou écrit encore des livres entiers, et sur-tout des livres d’église, entièrement pourprés.
- Avant le sixième siècle , le parchemin servoit pour les, livres, et le papier d’Egypte pour les diplômes. En Allemagne et en Angleterre , on ne connoissoit point le papier d’Egypte ; on 11e s’y servoit que de parchemin.
- C’est vers le huitième siècle qu’on prit la funeste habitude de racler du parchemin écrit, pour y écrire de nouveau. Cette méthode qui détruisit sans doute beaucoup de bons ouvrages , dura jusqu’aux quatorzième et. quinzième siècles. On 11’en étoit venu à cette extrémité que par la
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- rareté du parchemin. Depuis l’an 1000 jusqu’en 1400, le parchemin est épais, et d’un blanc sale ; depuis cette époque, l’épaisseur des feuilles est excessive.
- PARÉATIS, s. m. Mot latin, qui signifie, obéissez.
- ( Pratique ) Il se dit de certaines lettres qu’on obtenoit en chancellerie, pour faire exécuter une sentence hors de la jurisdiction du tribunal où elle avoit été rendue.
- PARÉGORIQUE , adj. du grec 'rrcLùvyçpîcio ( parégoréô ) , calmer , adoucir.
- ( Méd. ) Epithète que l’on donne aux remèdes qui calment, qui adoucissent , qui appaisent les douleurs. Ce sont des espèces d’anodins.
- PARÉLIE, ou PARHELIE , s. m. du grec -7rapà (para ) , proche , et d’StX/oç ( hêliosA, le soleil.
- ( Physique) Météore représentant une ou plusieurs images du soleil, et qui est formé , dit-on, par la réflexion de ses rayons , sur un nuage qui lui est opposé d’une certaine manière.
- Les parhélies sont ordinairement accompagnés de couronnes, ou cercles lumineux ; leurs couleurs sont semblables ,à celles de l’arc-en-ciel ; le rouge et le jaune du côté qui regarde le soleil, le bleu et 1& violet de l’autre côté.
- PARENCHYME, s. m. du grec imoLpi'yxypu (j)aregchunui), effusion, du verbe <ma.piyxvœ ( paregchuô ) , verser chemin faisant.
- ( Méd.) Terme introduit par Era-sistrate, pour désigner la propre substance de chaque viscère qui est situé dans les intervalles des vaisseaux, prétendant qu’il n’y a que lasubstance des muscles qui doive être appelée chair.
- Quoique les modernes démontrent que le cœur est un véritable muscle , que le foie est composé de grains glanduleux , on n’a pas laissé de retenir le terme p arènehy me, quand on parle de leur substance. Erasis-trate s’est servi de ce mot, parce qu’il croyoit que c’étoit un sang épanché , ou coagulé qui formoit la masse des viscères.
- ( Botan.)Parenchyme se dit aussi du tissu cellulaire tendre et spongieux, qui remplit, dans les feuilles
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- et dans les jeunes tiges, les intervalles qui se rencontrent entre les plus fines ramifications.
- PARÉNÈSE, s. f. du grec vncrtç (parainésis), avertissement, exhortation.
- ( Didact.)Discours moral, exhortation à la vertu.
- PARÉNETIQUE , adj. même origine que parénèse ; qui a rapport à la p arène se.
- ( Bibliol. ) Ouvrages parénéti-ques y ce sont des ouvrages qui renferment des exhortations à la piété et à la vertu.
- PARENTÉ, s. f. du latin parens, formé de parère, engendrer.
- ( Pratique ) Lien de droit naturel qui unit ceux qui descendent l’un de l’autre , ou d’une même souche.
- Degré de parenté; c’est la distance qui se trouve entre ceux qui sont ainsi unis.
- Ligne de parenté ; c’est la suite des parens en divers degrés.
- PARENTHÈSES, s. f. du grec tarttpévQscnç ( parenthesis ), formé de <anzfik (para ), entre, et de ( enlhesis ) , position : interposition.
- ( Elocut. ) Figure de construction, par laquelle on forme un sens à part, inséré dans un autre , dont il interrompt la suite. Il y a dans l’opéra d’Armide une parenthèse célèbre , en ce que le musicien l’a observée aussi dans le chant.
- Le vainqueur de Benaud ( si quelqu’un le peut être ) sera digne de moi.
- Il faut faire en sorte que les parenthèses ne rendent pas la phrase louche, et pour cela il faut qu’elles ne soient pas trop longues.
- ( Imprimerie ) Il se dit aussi des marques dont on se sert dans l’imprimerie , ou dans l’écriture , pour enfermer les paroles d’une parenthèse. Ces marques sont ( ).
- PARÈRE , s. m. Terme emprunté de l’italien, qui signifie avis, opinion, sentiment.
- ( Commerce) Avis ou conseil d’un ou plusieurs négocians, sur les questions de fait qui sont en usage dans le commerce.
- PARFAIT, adj. du lat. peifèctuSj fait de perficio^ parfaire, achever.
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- ( Gramm. ) Prétérit parfait; c’est le prétérit qui marque une chose faite, une chose arrivée dans un teins, qui n’est ni précis ni déterminé.
- ( Arithmél. ) Nombre parfait ; c’est le nombre dont les parties ali-quotes ajoutées ensemble font le même nombre dont elles sont les parties. Ainsi , 6 ou 28 sont des nombres parfaits , parce que 1,2, et 3, qui sont les parties aliquotes du premier, font 6 ; et que 1 , 2,4,7 , et 14, qui sont celles de 28, font aussi 28.
- ( Musique ) Ce mot , dans la mus:que , a plusieurs sens.
- Accord, parfait ; c’est un accord qui comprend toutes les consonnances sans aucune dissonnance.
- Cadence parfaite; c’est celle qui porte la note sensible , et de la dominante tombe sur la finale.
- Consonnance parfaite; c’est un intervalle juste et déterminé, qui ne peut être ni majeur ni mineur: ainsi l’octave, la quinte et la quarte sont des consonnances parfaites, et ce sont les seules.
- Mode parfait ; c’est celui dont la mesure est à trois tems. Les anciens auteurs divisoient le tems ou le mode en parfait et imparfait, et prétendant que le nombre ternaire étoit plus parfait que lé binaire , ils appelaient tems ou mode parfait celui dont la mesure étoit à trois tems. Le tems ou mode imparfait formoit une mesure à deux tems.
- PARFUM , s. m. du lat. per, au milieu , au travers , et de fumus , lumée : fumée , vapeur répandue.
- ( llisL nat. ) Odeur aromatique, agréable , plus ou moins forte , plus ou moins subtile et suave, qui s’exhale d’une substance quelconque , particulièrement des fleurs 5 le parfum de la rose , le parfum de l’encens.
- Parfum se dit aussi des corps même d’où s’exhalent les différentes odeurs qui excitent en nous une sensation déplaisir. Tels sont les parfums de l’orient. Voy. ESSENCE , HUILE ESSENTIELLE, AROME, esprit RECTEUR, DISTILLATION. ’
- Parfums simples ; ce sont ceux dont la nature nous fait présent dans
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- un état tel qu’on peut les employer et les conserver sans y rien changer ni ajouter , comme l'encens , les baumes, etc.
- Parfums composés ; c’est un mélange de plusieurs parfums simples réunis.
- Parfums secs ; ceux qui sont friables, et peuvent être facilement réduits en poudre comme toutes les rési nés odorantes.
- Parfums liquides ; ce sont les esprits , les essences de plantes très-odorantes.
- Pa peurs de parfums ; en mêlant ensemble les poudres d’iris,de storax, de benjoin , et d’autres aromates, et en les incorporant avec de l’eau de fleur d’orange on forme une pâte qu’on garde dans un petit vaisseau d’argent. Lorsqu’on veut en faire usage on met le vase sur un feu doux ou sur des cendres chaudes ; la pâte s’échauffe et se répand en vapeur d’une odeur très-suave.
- Parfums en pastilles ; on prend une demi-once de benjoin, quatre scrupules de storax calamite, deux gros de baume sec du Pérou , quatre scrupules de cascarille , demi-gros de girofle , une once et demie de charbon préparé, un gros de nitre , un demi-gros d’huile essentielle de fleurs d’orange , autant de teinture d’ambre , et la quantité nécessaire de mucilage de gomme adragant. Ce mélange est mis dans un mortier j on en fait une masse ou pâte qu’on pétrit ensuite en divers rouleaux , chacun de la grosseur d’un tuyau de plume. On divise ces rouleaux en petits cônes , de la longueur à peu près d’un pouce , qu’on fait sécher et qu’on enferme dans une bouteille. Quand on veut se servir d’une de ces pastilles, 011 la pose sur une table de pierre ou de marbre , et on l’allume par la pointe : elle brûle en sautillant, et répand une fumée ou plutôt un parfum agréable.
- PARIADÊ, s. f. du lat. pariare , mettre ensemble des choses semblables , s’apparier.
- (Chasse) On appelle ainsi l’époque à laquelle les perdrix s’apparient. On défend la/liasse devant la pariade.
- PARIÉTAL, adj. du lat. paries, parielis, mur.
- ( Anat. ) Las os pariétaux tirent
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- leur dénomination de leur principal usage, car ils forment les parois et le dessus de la voûte du crâne, On dit aussi le conduit pariétal, les trous pariétaux, pour le' conduit et les trous qui ont.rapportaux pariétaux.
- ( Bolan. ) Pariétal se dit encore de ce qui est situé ou attaché sur la paroi interne d’un fruit ordinairement uniloculaire.
- PARLEMENT , du latin barbare parliamentum , pourparler ; colloque , conférence.
- ( Econ. polit. ) Les assemblées de la nation, auxquelles les historiens ont donné dans la suite le nom de parlemens généraux, furent d’abord composées de tous les francs ou
- Ïiersonnes libres ; mais vers la fin de a seconde race on n’y admit que les principaux seigneurs ou barons du royaume. Les évêques y assistèrent pour la première fois au mois de mai ySi.
- C’étoit-là qu’on traitoit de la paix et de la guerre , des alliances, et de toutes les affaires de l’état. On y faisoit les lois et les réglemens convenables pour remédier aux désordres passés , et prévenir ceux qui pour-roient arriver. On y jugeojt les dif-férens les plus graves entre les sujets, etc.
- Avant que le parlement eut été tendu sédentaire à Paris , le roi en-voyoit presque tous les ans dans les provinces des commissaires appelés mi s si dominici, lesquels rendoient la justice , et rapportoieut au roi les affaires qui leur paroissoient le mériter.
- Ces missi dominici se rassemblaient en certain tems pour les affaires majeures auprès du roi , avec ceux qui étoient demeurés près de sa personne, et cette réunion formoit ce qu’on appeloit alors la cour plénière , ou le plein parlement.
- Lp parlement commença à être sédentaire en 13o5 ; d’autres disent en 1294.
- A l’époque de la révolution , les parlemens étoient, en France, des compagn.es supérieures de juges qui connoissoient en dernier ressort des affaires litigieuses, et'par appel des bailliages , sénéchaussées, etc., qui ressortissoient immédiatement au parlement.
- PAR
- (Angleterre ) On appelle parlement d'Angleterre le grand conseil de la nation , composé des trois états du royaume : le roi , la chambre haute et la chambre des communes.
- Le concours de ces trois pouvoirs est nécessaire pour l’établissement des loix nouvelles, ou la révocation des anciennes.
- Le roi convoque , proroge ou dissout le parlement à son gré.
- Le parlement d’Angleterre a eu à peu près les mêmes commence-mens que les parlemens de France , et les parlemens des autres peuples du nord. Leur michle-gemole, willena-gemote , ou assemblée d’hommes-sages , étoit une espèce de parlement composé des seigneurs et des hommes francs. Lorsque le christianisme se fut introduit en Angleterre , les évêques furent admis au nombre des juges de la nation.
- PARLEMENTAIRE , adj. et s. de parliamentum, colloque , pour-parier.
- ( Marine ) Parlementaire , ou vaisseau parlementaire ; c’est un vaisseau qui est expédié en tems de guerre vers une puissance ennemie , soit pour échange de prisonniers , ou pour quelqu’autre expédition de dépêches , ou propositions utiles aux deux ennemis. Un tel bâtiment est désigné par un pavillon ou signal convenu , qui est ordinairement le pavillon de sa propre nation à poupe, et celui de la nation chez laquelle il est envoyé , à la tête du mât. U ne doit point être armé en guerre ; il ne doit porter aucune espèce de marchandise. En remplissant ces conditions , il est à l’abri d’être saisi , et fait librement son voyage.
- PARLEMENTER , v. n. même origine que parlement.
- (Art milit. ) Parlementer se dit d’un officier commandant qui , étant attaqué dans une place, fait des propositions au commandant des ennemis de lui rendre la place à certaines conditions.
- On n’est admis à parlementer que lorsqu’il reste encore quelques défenses et qu’on peut disputer quelque tems. Les propositions qui se tout ordinairement par écrit, sont portées par un tambour ou trompette ; quel-
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- quefois elles sont laites de -vive voix par un officier intelligent, mais toujours accompagné d’un tambour ou trompette.
- PARNASSE , s. m. du grec <nr*p-(parnessos ).
- ( Poésie ) Célèbi-e montagne de la Phoeide, qui étoit. consacrée à Apollon et aux Muses. Ce mot se
- Îirend figurément pour les poëtes et a poésie ; les nourrissons du Parnasse , pour les poëtes ; le Parnasse J'rançois , pour la poésie françoise.
- PARODIE, s. f. du grec mrapooéîx.
- ( parodia ) , formé de , contre,
- et d’axf'H ( ôdé ) , chant : contre-chant.
- ( Littéral. ) Sorte de poëme burlesque qui consiste à détourner le vrai sens de quelques pièces de vers , pour leur donner un sens malin, bouffon ou railleur.
- Les Grecs paroissent avoir été les inventeurs de la parodie ; du moins on cite parmi les premiers parodistes un certain Henri Etienne qui floris-soit vers la9me. olympiade.
- Les premières parodies modernes sont Ulysse et Circé, et Arlequin Phaélôn , qui parurent en 1691 et 1692.
- ( Musique) Parodie , en termes de musique , s’entend d’un air de symphonie dont on fait un air chantant en y ajustant des paroles. Dans une musique bien faite , le chant est fait sur les paroles, et dans la parodie , les paroles sont faites sur le chant.
- PARODIQUE , adj. du grec «û?a.-poJ'ix.oç (parodihos), qui marche, qui passe régulièrement, de -jr&pk {para) , et de hé oc (hodos) , chemin.
- ( Géom. ) Degrés parodiques ; c’est, en parlant d’une équation , le nom que quelques anciens auteurs d’algèbres donnent aux difïérens termes qui se suivent sans interruption dans une équation ordonnée , du second, du troisième , du quatrième degré, et dont les exposans Croissent et décroissent en progression arithmétique.
- PAROI, s. f. du latin paries , muraille.
- (Hydraul.) Il se dit de tous les côtés intérieurs, ou^ords d’un tuyau ou d’un vase.
- ( ~4.naL. ) Paroi se dit aussi des
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- clôtures et des membranes qui ferment les parties creuses du corps. Les parois de Vestomac, des intestins , de la vessie , etc.
- PAROISSE, s. f. du grec ( patxtikia ) , formé de tza-apk ( para ), proche , et d’o<xoç ( oiltos) , maison ? demeure : demeure voisine , voisi-nage.
- ( Hist. ecclés. ) Eglise desservie par un curé , ou certaine étendue de territoire sur lequel s’étend la juris-diction spirituelle du curé.
- PAROLE , s. f. du latin barbare parola, contraction de parabola , dont les Italiens ont fait parola , et les espagnols palabra.
- ( Elocut. ) Mot prononcé j la faculté naturelle de parler.
- ( Physique ) Les physiciens entendent par parole un son articulé , et qui est rendu tel par le moyen de la langue et des lèvres. 1
- ( Musique ) Paroles est encore le nom qu’011 donne au poëme que le compositeur met en musique. On dit de certains opéra italiens , et même françois , que la musique en est bonne, mais que les paroles en sont détestables.
- • PARONOMASE , s. f. du grec <crapà. (para), proche, et d’svs.u*, ( onoma ), nom : proximité , ressemblance de deux mots.
- ( Elocut. ) Figure de réthorique , par laquelle on renverse le sens d’un mot par un autre dont le son est à peu près le même , mais dont la signification est très-différente.
- PARONYME , s. m. du grec tarapk (para), proche, et d’ovopa (onoma), nom.
- ( Gramm. ) Mot qui a de l’affinité avec un autre par son étymologie.
- PAROTIDE , s. f. du grec Grctpk ( para ) , auprès, et d’oSc ( ous ) , génit. mtos ( otos ) , oreille : proche l’oreille.
- ( sînat. ) On appelle parotides deux grosses glandes salivaires, blanchâtres , inégalement oblongues , et inégalement bosselées, situées chacune entre l’oreille externe et la branche postérieure ou ascendante de la mâchoire inférieure , et un peu avancées sur la portion voisine du masséter,
- ( Chirurgie ) Les chirurgiens en-
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- tendent y ar parotide une tumeur contre nature qui occupe ces glandes, et qu’on appelle vulgairement oreïl-lon, ou orillon.
- PAROXYSME , s. m. du grec <nra,po%vçp.t>ç ( paroxusmos ) , irritation , tormé de ( para ) ,
- beaucoup , et d’ô|ôç ^ oxus ) , aigu : très-aigu.
- ( Méd. ) Accès , invasion, redoublement , tems le plus .violent de la n aiadie , auquel la cause morbifique exerce le plus ses forces par des symptômes plus graves ou plus nombreux.
- Les paroxysmes sont périodiques, lorsqu’ils re lennent par intervalles réglés, comme les accès des fièvres intermittentes , les redoubiemens des fièvres continues, où ils n’observent aucune règle, comme l’invasion de l’épilepsie , de l’apoplexie, de l’asthme , de la passion hystérique , les accès de la rage, de la folie, etc.
- PARQUET , s. m. diminutif de PARC (-voy. ce mot), clôture.
- ( Pratique ) L’enclos destiné pour les avocats dans les salles où se tient l’audience.
- ( Jeux scén. ) Parquet se dit encore de la partie d’une salle de spectacle , plus basse que le théâtre , et où l’on est assis.
- PARRICIDE, s. m. du latin parri-cidium pour palricidium : celui qui tue son père, et par extension celui qui tue sa mère , ou son frère , ou sa sœur , ou ses enfans.
- PART , s. m. du lat. parlus , accouchement , enfantement.
- ( Pratique ) Accouchement. Il se dit aussi de l’enfant dont une femme est accouchée.
- Suppression de part ; c’est le crime de celui ou celle qui met un obstacle à la naissance d’un enfant, ou qui ôte la connoissance de son existence ou de son état.
- Supposition de part ; c’est la supposition d’un enfant à la place d’un autre ; c’est encore le crime d’un homme ou d’une femme qui se disent père et mère d’un enfant qu’ils savent bien ne pas leur appartenir.
- PART , s. f. du lat. pars, partis, dérivé de partiri, séparer : portion de quelque chose qui se divise en plusieurs personnes.
- PAR
- ( Pratique ) Part héréditaire / c’est ce qui revient à quelqu’un dans une succession à titre d’héritier.
- ( Marine ) Etre à la part ; on se sert de cette expression, en parlant des équipages des bâtimens marchands , lorsque le capitaine et les propriétaires sont convenus avec les matelots de leur donner une part dans les profits du \ oyage , pour leur servir de paiement au lieu de tant par mois.
- Les corsaires sont tous à la part, et les parts de prise sont réglées par la ioi.
- PARTANCE , s. f. du verbe par-tir, partiri, se séparer.
- ( Marine ) C’est le tems du départ , ou le départ même.
- Coup de partance ; c’est un coup de canon tiré d’un vaisseau avant le départ, pour avertir ceux de l’équipage , qui sont à terre , de se rendre à bord.
- Signal de partance ; ce signal se fait ordinairement en déferlant le petit hunier , et en tirant en même tems un coup de canon.
- Point de partance ; c’est un point que l’on fixe sur les cartes marines , au moment de perdre la vue des terres du pays d’où l’on part, afin de calculer la route à faire par le vaisseau , depuis ce point bien certain , et bien déterminé par des relèvemens pris de différens points remarquables des côtes voisines.
- PARTI, s. m. du lat. pars, partis, dont on a fait parlicus, pour partisans.
- ( Polit. ) Union de plusieurs personnes contre d’autres, qui ont un intérêt contraire.
- Homme de parti celui qui se montre crédule et passionné pour tout ce qui intéresse son parti.
- Esprit de parti ; c’est la disposition d’esprit, qui porte un homme de parti à altérer tous ses jugemens et ses récits, en faveur du parti qu’il a embrassé.
- ( ylrt milit. ) Parti se dit aussi d’un corps de cavalerie, ou d’infanterie , qui va dans le pays ennemi, à la découverte, et au pillage.
- On envoie des.partis à la guerre, pour faire des prisonniers et avoir des nouvelles de l’ennemi.On commando
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- pa n
- des partis, 011 détache des partis , @11 tombe dans des partis.
- PARTI, IE, adj. du lat. parti tus, de partior, diviser.
- ( Botan. ) II se dit des parties des plantes profondément divisées par des incisions aiguës. Ses composés sont biparti, triparti , quadriparti, etc. selon le nombre des incisions ; et lorsqu’on ne détermine point ce nombre, on dit multiparti.
- PARTIBLE , adj. du lat. parli-bilis , de partior, diviser, séparer.
- ( Botan. ) Il se dit des parties des plantes susceptibles de divisions spontanées. Les valves des capsules minces sont souvent bipartibles ; le fruit des graines est quinquepar-lible.
- PARTIBUS. In parlibus, sous
- entendu, infldelium.
- ( Hist. ecclés. ) Phrase latine adoptée en françois, et qui se dit de celui qui a un titre d’évêclié dans les pays occupés par les infidèles. Un évêque in parübus.
- PARTICULE , subst. f. du latin particulo, diminutif dépars, petite partie.
- ( Granini. ) Petite partie du discours, dont la fonction est d’énoncer une affection existante dans la personne qui parle ; de façon que chaque particule soit une image de quelque mouvement intérieur , et qu’à la peinture de la pensée, elle ajoute celle de la situation, soit de l’âme qui sent , soit de l’esprit qui peint et qui voit. Delà la division en particules interjectives, et les particules discursives.
- ( Physiq. ) Les particules sont les petites parties dont on suppose que les corps naturels sont composés. Un les appelle aussi parties intégrantes d’un corps naturel.
- Les particules sont les élémens des corps ; c’est leur arrangement différent , et leur contexture avec la différence de cohésion , qui constitue les différentes sortes de corps, durs , mous , secs , liquides , pesans , légers , etc.
- PARTIE , s. f. du latin pars, partis, portion d’un tout.
- ( Grammaire) Partie d’oraison; ce sont les mots dont le discours est composé, comme l’article, le nom,
- PAR 63
- le pronom , le verbe, l’interjection , la conjonction.
- ( ^4nat. ) Les anatomistes distinguent les parties qui constituent le corps de l’homme, en parties solides , ou fluides.
- Parties solides ; ce sont les substances qui résistent au toucher, et dont l’usage est non-seulement de former le corps , mais de servir à contenir des fluides.
- Parties fluides ; ce sont les substances contenues dans les dilférens vaisseaux du corps, et composées de petites molécules détachées les unes des autres , susceptibles de mouvement, et qui cèdent facilement au toucher.
- On divise encore les parties organiques du corps, par rapport à leurs usages, en parties nobles, lorsqu’elles exécutent des fonctions nécessaires à la vie, comme le cœur, le cerveau ; et en parties ministrantes ou auxiliaires , lorsqu’elles servent seulement à des usages ordinaires , comme les bras , les jambes , etc.
- On dit encore les parties naturelles , pour les parties de la génération.
- ( Pratique) Partie signifie aussi celui qui plaide.
- Partie civile; c’est en matière criminelle celui qui est accusateur.
- Partie publique; c’est le procureur impérial.
- Prendre son juge à partie ; c’est l’accuser d’avoir prévariqué.
- (Commerce ) Partie se dit encore d’une somme d’argent qui est due ; il avoit à recevoir une partie de mille francs.
- Parties simples,parties doubles; c’est, parmi les négocians et banquiers , différentes manières de tenir les livres de commerce et de dresser les comptes.
- En termes de compte et de finances, on appelle partie prenante celui qui, en vertu de son titre, a reçu ou doit recevoir une somme.
- ( Brith. ) Parties aliquantes ; ce sont celles qui, étant répétées un certain nombre de fois, ne peuvent jamais mesurer exactement le tout ; 5, par exemple, est une partie ali-quante de x2. fr. ALIQUANTES.
- Parties aliquotes; ce sont celles qui, étant répétées un certain nombre
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- de fois, mesurent exactement le tout.
- (Calcul intégral') Différencier par parties ; c’est, lorsqu'ayant une fraction de a , y z, par exemple, on la différencie en regardant x , y comme constant, et z comme variable ; ou y z comme constant et y comme variable.
- ('Musique ) Partie est le nom de chaque voix ou mélodie séparée dont la réunion forme le concert.
- Comme un accord complet est. composé de quatre sons , il y a aussi dans la musique quatre parties principales y dont la plus aigue s’appelle dessus, et se chante par des voix de femmes, d’enfans, ou de musici; les trois autres sont la haute-contre, la taille et la basse, qui toutes appartiennent à des voix d’hommes.
- Il y a aussi des parties instrumentales ; savoir : le dessus, la quinte, la taille et la basse ; mais ordinairement le dessus se sépare en deux , et la quinte s’unit avec la taille sous le nom commun de vocale.
- Il y a des parties qui ne doivent être chantées que par une seule voix , ni jouées que par un seul instrument, et celles - là s’appellent récitantes. D’ autres parties s’exécutent par plusieurs personnes chantant ou jouant à l’unisson , et on les appelle parties concertantes, ou parties de chœur.
- PARTITION , s. f. du latin parti lia, de partior, diviser, séparer: division.
- ( Musique) Collection de toutes les parties d’une pièce de musique, où l’on voit, par la réunion des parties correspondantes , l’harmonie qu’elles forment entr’elles.
- (Facteurd’orgues') Partition est aussi une octave, ou un peu plus , qu’ils accordent d’abord vers le milieu du clavier, et sur laquelle iis accordent ensuite tout le reste.
- ( Météorol. ) Partition du baromètre £ c’est, la division en sept parties , entre le plus haut et le plus bas degr é du mercure , pour marquer les variations de l’atmosphère.
- PARTOLOGIE , s. f. du ktfn parlas, accouchement, enfantement, et du grec Xoyoç (logos), discours, traité. ,
- (IHéd.) Partie de la médecine
- PAS
- qui a pour objet de traiter de l’accouchement.
- PARULIE , s. f. du grec œaptt (para), proche^ et d’oSxav ( ouloii) , gencive.
- ( 1yiéd. ) Inflammation des gencives , qui vient quelquefois à suppuration. S’il y survient une excroissance de chair,on l’appelle EPULIE. Voy. ce mot.
- PAS , s. m. du latin passas.
- ( Géom.) Le mouvement que fait un animal en mettant un pied l’un devant l’autre ; c’est aussi l’espace qui se trouve d’un pied à l’autre quand on marche; dans ce dernier sens, on l’emploie pour signifier une mesure qui varie selon les lieux où elle est en usage. On distingue le pas en pas ordinaire, en pas commun , et en pas double, ou pas géométiique. Le premier est de 4 pieds et demi (812 millimètres ), et le second de 5 pieds (1624 millimètres. )
- ( Blécan. ) Pas de vis ; c’est la distance qui se trouve entre deux cordons ou trois immédiatement consécutifs de la spirale qui forme la circonférence de la vis.
- (xirt milit.) Pas se dit aussi de la diverse manière de marcher des troupes : pas ordinaire, petit pas, pas redoublé, pas de charge.
- ( Equitation ) Pas se dit des allures naturelles d’un cheval : Bon pas, grand pas, pas nide,pas doux.
- ( Danse ) Pas , en termes de danse, s’entend des manières différentes de conduire ses pieds en marchant, en sautant, en pirouettant. Pas droit, pas grave, pas battu, pas tourné, pas tortillé, pas relevé, pas balancé, pas coupé, pas dérobé, pas glissé, pas chassé, pas tombé, pas mignard.
- Pas se dit aussi de plusieurs pas , comme le pas de menuet, le pas de courante, le pas de bourée, etc.
- Pas de deux, pas de trois , etc. ; c’est une entrée dansée par deux ou trois acteurs.
- ( Géogr. ) Pas se dit d’un passage étroit clans une vallée , dans une montagne, dans une mer , ou d’une mer à l’autre : le Pas deSuze , le Pas des 'Phermopyles, le Pas de Calais, pour le Détroit de Cariais , etc,
- ( Chevalerie )
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- PAS
- ( Chevalerie ) Pas d'armes y c’è-toît une place que les anciens chevaliers entreprenoient de défendre, comme un pont, un chemin, etc., par lequel on ne pouvoit passer sans combattre la personne qui le gardoit.
- Les chevaliers qui défendoient le pas, pendoient leurs armes à des arbres , à des poteaux , à des colonnes , etc., élevés pour cet usage 5 et quiconque étoit disposé à disputer le passage, touchoit une de ces armoiries avec son épée , ce qui étoit un cartel que l’autre étoit obligé d’accepter : le vaincu donnoit au vainqueur le prix dont ils étoient convenus avant le combat.
- PASIGRAPHIE, s. f. du grec (pas ), tout, et de ypa<f>a> (graphô), écrire : écriture universelle.
- ( Diplomatique ) C’est le nom d’un système d’écriture nouvellement inventé, au .moyen duquel on peut être lu et entendu parmi toutes les nations, sans traduction.
- PASILÀLIE, s. f. du grec rarkç (pas ), tout, et. \cL\iûù ( laleô ) , parler : l’art de parler à tous.
- ( Diplomatique) C’est l’écriture pasigraphique parlée. Dans cet art, les caractères représentent non-seulement la pensée , mais encore les lettres de l’alphabet, et ils expriment , par leur réunion, des termes nombreux qui n’ont aucun rapport avec ceux des idiomes connus. La pasigraphie et la pasilalie sont de l’invention de M. de Maimieux.
- PASQUINADE , s. f. de Pasqui-nus, nom propre.
- ( Littéral. ) Placard satirique, ainsi appelé, parce qu’à Rome on l’attache à une statue de marbre, placée au coin du palais des Ursins, et qui représente un certain Pas-quin, savetier, d’autres disent barbier , grand railleur , qui se plai-soit à donner des brocards à tous les passans, et dans la boutique duquel tous les rieurs de son tems avoient coutume de s’assembler.
- Pasquinade se dit aussi par extension de toute satire, raillerie, ou bon mot, quoiqu’elles n’aient point été attachées à la statue de Pasquin, ou même quand elles auroient été faites à Paris. Dans les satires qui sont attachées à la statue de Pas-
- 2 orne 111.
- PAS 65
- quin , Celui-ci s’adresse d’ordinaire à Marforio, autre statue de Rome, ou -IMarforio à Pasquin , que l’on fait répliquer.
- La signora Camilla, sœur de Sixte-Quint, et qui avoit autrefois fait la lessive , étant devenue princesse , on vit le lendemain Pasquin avec une chemise sale ; IMarforio lui demandant la raison d’une si grande négligence : c’est, répondit-il, que ma blanchisseuse est devenue princesse.
- PASSAGE, s. m. du mot lat. barb. passare, passer, fait de passas, pas : action de passer.
- ( Art militaire ) Passage d’un défilé, passage d’une rivière ; une armée en marche peut avoir besoin de s’emparer d’un défilé : on le fait avec un corps de dragons , afin de prévenir l’ennemi par la diligence de ta marche, ou avec de petites pièces de canon, et des charrettes d’outils.
- Passage d’une rivière ; il se fait ou de surprise, ou de vive force. Dans le premier cas , on engage, par ces mouvemens, l’ennemi à se porter dans les lieux éloignés de celui où l’on prétend passer, et alors il faut éviter dejui donner de là jalousie sur cet-endroit, soit en lui dérobant ses contre-marches, soit en lui cachant soigneusement le transport de ses bateaux.
- Dans l’autre cas , il faut, par le choix du terrein, se rendre maître de la rive opposée ; pour y réussir, il faut que le terrein commande celui de l’ennemi, et choisir autant que l’on peut, un endroit où les barques et les bateaux puissent être à couvert de quelques îles, etc.
- ( Marine') Passage se dit en termes de navigation, de la somme que paie un passager, sur un vaisseau marchand , pour, le transport de sa personne et de ses effets , d’un port à un autre , sa nourriture ordinairement comprise.
- Il se dit aussi de l’action de passer, et faire la traversée sur un bâtiment pour aller d’un lieu à un autre.
- ( AsLrori. ) Passages sous le soleily les planètes inférieures, Mercure et Vénus, lorsqu’elles passent précisémen t entre le soleil et la terre, ferment un phénomène très-remar-£
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- 66 PAS
- quable et très - important pour l’astronomie. On les voit comme une tache noire qui traverse, dans l’espace de quelques heures , le disque du soleil : c’est ce qu’on appelle passage sur le soleil.
- K épier fut le premier qui en 1627, osa marquer le tems où Vénus et Mercure passèroient devant le soleil ; mais Képler n’avoit pu donner à ses tables un degré de perfection assez grand pour annoncer, d’une manière exacte et infaillible, ces phénomènes qui tiennent à des quantités fort petites , et fort difficiles à bien déterminer.
- Halley calcula, en 1691, plusieurs passages de Mercure et de Vénus sur le soleil ; mais il y en a.plusieurs qui ne pourront avoir lieu, parce que la latitude sera plus grande qu’il n’avoit cru. M. de Lambre a refait les calculs de Halley, aveé un nouveau soin, et il a fait une table qui s’étend jusqu’à la fin du dix-neuvièmesiècle, et contient quarante passages.
- Passage au méridien , ou culmina Lion ; c’est le tems où un astre est le plus élevé, et à distance égale de l’orient et de l’occident.
- Les astronomes observent sans cesse les passages des astres au méridien , pour déterminer leurs ascensions droites , et c’est le fondement de toute l’astronomie.
- Instrument des passages, ou lunette méridienne ; c’est une lunette qui tourne sur un axe , et qui sert à observer les ascensions droites des astres, par le moyen de leur passage au méridien. Elle peut servir aussi pour régler les pendules, en obser-» vant l’instant auquel le soleil passe au méridien.
- Roemer fut le premier qui , en 1689, fit construire à Copenhague un pareil instrument ; mais il y man-quoit dans ce tems-là beaucoup de choses ; l’on peut dire que ce n’est que depuis , que M. Short a
- donné à cet instrument une entière perfection.
- ( Musique ) Passage, en musique , se dit des ornemens dont on charge uji trait de chant, pour l’ordinaire assez court, lequel est composé de plusieurs notes ou diminutions qui se chantent ou se jouent
- PAS
- très-légèrement. C’est ce que les Italiens appellent aussi passo. Mais tout chanteur en Italie est obligé de savoir composer des passi.
- ( Peinture ) Les passages, dans le langage des peintres , sont des nuances dégradées ou des tons mêlés, rompus , qui donnent à la couleur générale et au clair-obscur une harmonie et une vérité dont on est frappé ; c’est la transition d’un ton à un autre , et des lumières aux ombres. For. DEMI-TEINTE, ACCORD, HARMONIE.
- PASSE, s. f. même origine que PASSAGE, PAS , etc.
- ( Marine') Canal ou passage étroit et tortueux entre des bancs et des rochers cachés sous l’eau, à l’entrée d’un port, d’une rade, ou d’une rivière. On balise, on marque avec des BALISES ( voy. ce mot ), les passes au voisinage d’un port.
- PASSE-AVANT, ou PASSAVANT , s. m.
- ( Commerce , ^finances ) Billet portant ordre de laisser passer librement les marchandises, qui ont déjà payé le droit, ou celles qui en sont exemptes.
- ( Marine ) Passe-avant se dit aussi de deux planchers établis , l’un à bâbord , l’autre à tribord, à la hauteur du plat-bord , pour communiquer du gaillard d’arrière à celui d’avant.
- PASSE-DEBOUT, s. m. se dit, en termes de finances , d’une permission de laisser passer des marchandises au travers d’une ville , d’une province , sans payer aucun droit.
- PASSEPORT , s. m. Pasquier dit que ce mot est une corruption de passe-partout.
- ( Econ. polit. ) Ordre écrit donné par le souverain , ou en son nom, pour la liberté et la sûreté du passage des personnes, des hardes, des marchandises, etc.
- ( Marine ) Passeport, ou congé de bâtiment marchand ; c’est une patente ou permission du souverain , qui autorise un bâtiment marchand de sa nation à faire le commerce, et le fait reconnoître par-tout où sa nation n’est pas en guerre. Un bâti-
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- PAS
- ment trouvé à la mer sans passe-port est réputé forban.
- PASSE-VIN, s. ni. composé des mots passe, passer et vin.
- ( Hydrost. ) Instrument qui sert à faire traverser une liqueur plus pesante par une autre moins pesante,, placée sous la première, en les faisant mutuellement changer déplace. Cette expérience se fait ordinairement avec de l’eau et du vin, d’où vient le nom de passe-vin.
- PASSION , s. f. du latin passio , fait de palior, passas, souffrir : souffrance , mouvement de Pâme , affection violente.
- ( Elocut. ) Les passions sont comptées , en rhétorique , pour le troisième moyen de persuader.
- On fait usage des passions, surtout dans la péroraison ; c’est proprement leur place. L’orateur se sert aussi des passions dans les autres parties du discours , mais avec bien plus de ménagement : il les place après chaque récit, ou après la preuve de chaque fait.
- ( Méd. ) Passion se prend aussi pour souffrance, affection ou maladie.
- Passion hystérique ; c’est le nom que l’on donne à une maladie particulière aux femmes , et que l’on désigne encore sous le nom à?affections vaporeuses , ou simplement vapeurs. Voy. HYSTÉRIQUE.
- Passion iliaque ; voy. ILIAQUE.
- Passion cœliaque ; voyez CŒLIAQUE.
- (^Peinture') Les peintres désignent
- Îiar ce mot toutes les affections de ’ame , toutes ses modifications , même la tranquillité : ainsi, chez eux, le mot passion est synonyme de sentiment. Lebrun a composé un Traité des Passions , dans lequel il s’est attaché à décrire les différens effets qu’elles produisent sur les parties extérieures.
- ( Danse ) Les danseurs définissent la passion, un mouvement du corps, accompagné de certains traits sur le visage qui marquent une agitation de l’aine.
- Dans un habile danseur, les bras, des mains , les regards , les tours de tète, tout doit exprimer le caractère ds la passion qu’il vieut de rendre,
- PAS 67
- Cette expression paroit bien mieux dans les visages vus de profil que dans ceux qui sont vus de face.
- PASTEL, s. mrde l’italien pas-tello, fait du lat. paslillus , pastille , petit gâteau.
- ( Peinture ) Sorte de crayon fait de couleurs pulvérisées, mêlées, soit avec du blanc de plomb , soit avec de la céruse ou du talc, et incorporées avec une eau de gomme.
- Dans la peinture au pastel, les crayons font l'office de pinceaux. C’est , de toutes les manières de peindre, celle qui passe pour la plus facile et la plus commode ; mais elle a le désagrément de s’affoiblir aisément et de se dégrader par divers ac-cidens inévitables. Lonot et Terfs-tein, peintres allemands, sont parvenus à donner de la solidité aux crayons , et à fixer d’une manière plus durable toutes les parties d’un tableau.
- ( Botan. ) Pastel est aussi le nom d’une plante que l’on cultive sur les bords de la mer, et particulièrement dans les départemens méridionaux ; ainsi nommée parce qu’on réduit ses feuilles en pâte, et ensuite en petits gâteaux, ou pastilles , qui fournissent une excellente’ teinture bleue très-solide, et dont on peut varier les nuancés.
- PASTICHE , s. m. de l’italien pasticcio , pâté.
- {Peinture) On donne ce nom à, des tableaux qui ne sont ni originaux , ni copies, mais qui sont composés de différentes parties prises dans d’autres tableaux , comme un pâté est ordinairement composé de différentes viandes.
- Pastiche se dit aussi par extension des ouvrages qui sont bien en effet de l’invention de celui qui les a faits, mais dans lesquels il s’est asservi à copier la manière d’ordonner , de dessiner , de colorer , de peindre d’un autre maître auquel il avoit dessein de les faire attribuer.
- David Teniers avoit un talent particulier à contrefaire les bossans.
- Luc Giordano, peintre napolitain, que ses compatriotes appeloient II fa presto ( le dépêche besogne ), étoit, après Teniers, un des plus E 2
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- m pat
- grands faiseurs de pastiches qui ait tendu des embùclies aux curieux.
- {Musique) Pastiche est aussi le jiom d’un opéra composé de morceaux de différens maîtres.
- PASTILLE, s. f. du latin pastillas , petit pâté.
- { Parfumeur ) Pastilles odorantes ; c’est un mélange de poudres d’iris, de storax , de benjoin, et autres aromates, dont on forme une espèce de pâte et qu’on garde dans un petit vaisseau d’argent. Lorsqu’on veut en faire usage , on met le vase sur un feu doux ou sur des cendres chaudes. La pâte s’échauffe et se répand en vapeur d’une odeur très-suav e.
- ( Pharmacie ) Pastilles dît Levant -, on donne ce nom aux terres bolaires qu’on apporte des îles de l’Archipel, sous la forme de pastilles, qui portent l’empreinte d’un cachet ; on les nomme aussi terres sigillées. Elles sont employées comme remèdes astringens et absorbans.
- ( Confiseur) On donne encore le nom de pastilles à une composition de sucre en poudre et d’un peu de mélange de gomme adragant que l’on aromatise avec toutes sortes d’odeurs, et dont on forme une pâte. On coupe ensuite cette pâte avec des emporte-pièces de fer blanc, pour lui donner les différentes formes qu’on désire.
- PASTORALE , s. f. du lat. pas-tor, berger, pasteur.
- ( Art dramat. ) Pastorale est le nom d’un opéra champêtre dont les personnages sont des bergers, et dont * la musique doit être assortie à la sim-
- Ïilicité du goût et des mœurs qu’on eur suppose.
- ( Musique ) Une pastorale est aussi une pièce de musique faite sur des paroles relatives à l’état pastoral, ou un chant qui imite celui des bergers , qui en a la douceur, la tendresse et le naturel. L’air d’une danse composée dans le même caractère s’appelle aussi pastorale.
- PATACHE , s, f. de l’italien pa-tascia.
- { Marine ) Bâtiment que l’on tient dans un port , auprès du lieu de débarquement et où l’on établit un
- corps-de-garde pour reconnoître tout
- PAT
- ce qui s’embarque et se débarque » et veiller à la tranquillité et à la sûreté du port, sur-tout pendant la nuit. Il y a aussi des p a taches pour le service des douanes.
- PATE , s. f. du latin barb. pas ta, dont les Italiens et les Espagnols ont aussi fait pasta, et les Anglois pas te.
- ( Econ. dom.) Farine détrempée et pétrie pour faire du pain, ou quel-qu’autte chose de semblable, bon à manger.
- Pâtes d'Italie ; ce sont des pâtes de farine composées et travaillées de différentes formes pour les potages et les ragoûts.
- ( Papeterie ) Pâte se dit aussi des chiffons réduits en bouillie avec laquelle on fabrique le papier.
- ( Poterie) C’est encore le nom des matières broyées et mêlées dans les proportions convenables pour former des pièces de poterie, de porcelaine , etc.
- ( Peinture ) Peindre dans la pâte; c’est ainsi qu’on exprime la manière des peintres qui chargent leurs tableaux de beaucoup de couleurs, et ont encore l’art de fondre lès tons et de retrouver, au milieu de cette quantité de couleurs , les formes de la nature.
- Un tableau tout d’une pâte ; c’est celui où les couleurs sont couchées abondamment dans toutes les parties , et dont le maniement du pinceau, qui appartient à cette manière , est par-tout soutenu.
- {Sculpture) Bonne pâte; on se sert de ce mot quand on sent que l’artiste a usé , grassement, large-medt et aisément de ses matériaux. Cet éloge s’applique plus particulièrement aux ouvrages que les sculpteurs font en terre , et aux plâtres formés dans les moules qui se fabriquent sur leurs modèles. Quelque moelleux que soit le travail d’un marbre , il n’est pas d’usage de lui appliquer le mot de pâte.
- { ùravure ) Belle pâte / cette expression s’applique à une estampe clans laquelle le graveur a su donner de la souplesse, de la largeur , du
- moelleux et de la couleur à ses tailles. Il faut cependant observer que cette expression est plutôt employée - par
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- PAT
- les amateurs de la gravure , ou par les peintres , que par les graveurs eux-mêmes ; ceux-ci disent plutôt, pour exprimer la même idée , qu’une planche est d’un burin large, d’un travail nourri , d’un grain moelleux.
- PATE, s. m. du latin pasta , pâte ; fait de pâte.
- ( Econ. dom. ) Sorte de mets fait de chair ou de poisson mis en pâte.
- ( Art milit, ) Pâté , en termes de fortification, est' une espèce de fer - à - cheval, c’est - à - dire , Une plate-forme, ou terre-plein, d’une figure irrégulière et le plus souvent arrondie en ovale. Il est bordé d’un parapet, et n’a ordinairement que la simple défense de front sans aucunes parties qui le flanquent. On les construit le plus souvent dans des lieux marécageux pour couvrir la porte d’une place.
- ( Imprimerie ) Pâté se dit aussi d’une quantité de caractères mêlés et confondus sans aucun ordre. Ce qui arrive quand une forme se rompt par quelqu’accident.
- PATENT , TE , adj. du latin patco , être ouvert, être évident j manifeste.
- (Diplomatie ) Articles patents ; on appelle ainsi les articles d’un traité , d’une convention , qui sont rendus publics ; par opposition aux articles secrets qu’on se réserve de publier dans certaines circonstances prévues dans ces articles.
- PATENTE, s. f. même origine que PATENT.
- ( Econ. polit. ) On appelle ainsi un brevet que toute personne qui veut faire un commerce ou exercer une industrie quelconque en France, est tenue d’acheter du gouvernement.
- Patente nationale, ou brevet d’invention ; c’est un brevet accordé aux inventeurs, aux auteurs de nouvelles découvertes , pour leur en assurer la propriété , et l’exercice exclusif, pendant un certain terns.
- PATERE, s. f. du latin patera , formé de pateo , être ouvert.
- ( Antiquités ) Vase dont les Romains se servoient dans les sacrifices. On l’appeloit patère3 patera, parce
- s PAT
- qu’il avoit une grande ouverture, à la différence des autres vases, qui n’avoient qu’un cou , ou dont l’ouverture étoit plus petite que le corps du vase.
- PÂTEUX, SE , adj. de PÂTE : qui ressemble à de la pâte.
- ( Peinture ) Chairs pâteuses ; on se sert de cette expression pour faire entendre que les. chairs sont peintes largement, moelleusement, et dans la pâte.
- 'Fouché pâteuse; c’est l’opposé de la touche sèche. V. TOUCHE.
- PATHÉTIQUE , adj. et s. du grec <7rptâitT*jcoç ( pathêtikos ) , formé de <7tâôoç (pathos ) , passion „ affection : qui affecte, qui émeut les passions.
- ( Anat. ) Epithète que l’on donne a la quatrième paire de nerfs, à caxise qu’ils font mouvoir les yeux d’une manière qui exprime les passions de l’ame.
- ( Elocut. ) Le pathétique, dans l’art oratoire , est une peinture forte, qui émeut, qui touche, qui agite et transporte l’auditeur hors de Jui-même.
- ( Musique ) Le pathétique est encore un genre de musique dramatique efthéâtrale, qui tend à peindre et à émouvoir les grandes passions , et plus particulièrement la douleur et la tristesse.
- Le caractère du pathétique n’est ni dans le mouvement, ni dans le genre , ni dans le mode , ni dans l’harmonie; il est dans l’accent passionné , qui ne se détermine point-par les règles, mais que le génie trouve et que le cœur sent, sans que l’art puisse , en aucune manière, en donner la loi.
- PATHOGNOMONIQUE, adj. du grec 'rrxhoi ( pathos ) , affection , maladie , et de yvoùptoviKoç ( gnômo-nikos ), qui dénote , qui indique : qui indique les maladies.
- ( Méd. ) Epithète que l’on donne aux signes qui sont propres et particuliers à la santé , ou à chaque maladie, et qui en sont inséparables. Par exemple , l’issue de l’urine par une plaie de l’hypogastre, est ua-signe pathognomonique que là vessie est percée.
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- ;o PAT
- PATHOLOGIE , s. f. du grec ‘TfstBo; ( pathos ), affection , maladie , et de xo^oç ( logos ), discours , traité.
- ( Méd.) Partie de la médecine qui traite des maladies , de leurs causes , de leurs signes , de leurs symptômes ou accidens : ce'que les auteurs expriment par ces quatre termes, NOSOLOGIE , (ETIOLOGIE , SEMEIOTIQUE , et SYMPTOMATOLOGIE. V. ces mots.
- PATHOS, s. m. du grec <œ-«8of, qui signifie mouvement, passion, affçxâion.
- (Art orat,) Il ne s’emploie qu’en mauvaise part, et pour exprimer une. chaleur affectée et ridicule, dans un discours , ou dans un ouvrage.
- PATINE, s. f. diminutif de pâte : couverte.
- ( Anliquaires ) Espèce de vernis naturel qui se forme sur la surface des médailles, des statues de bronze d’une haute antiquité.
- Ce vernis , d’une couleur noirâtre,, tirant sur le vert, n’a pas plus* d’un centième de ligne d’épaisseur ; mais il est d’une si grande dureté, qu’il résiste quelquefois à la pointe du burin. Comme il est très-difficile de l’imiter ; les antiquaires en font un très-grand cas, parce qu’ils le regardent comme la meilleure preuve de l’antiquité des monumens qui en sent revêtus. Au reste, cet\e patine n’est que du véritable carbonate de cuivre suroxigéné, fort analpgue au vert de montagne.
- PATOIS, s. m. depater,palren-sis sermo , langage paternel.
- ( Langues ) Langage rustique , grossier.
- PATRIARCHE, s. m. du grec erevrptétpxjn {patriarches), formé de «putpièt {patria), famille, et d’apfioç ( arc ho s ), chef : chef de famille.
- ( Ecriture sainte ) Nom qu’on donne à plusieurs saints personnages de l’ancien testament.
- {Religion chrétienne)ïlse dit aussi des évêques qui .ont occupé les grands sièges indépendaris de l’église romaine ; comme les patriarches de Constantinople, d’Antioche, d’Alexandrie, et de Jérusalem.
- PATRIMOINE, s. m. du latin patrimonium.
- PAU
- ( Pratique) Bien de famille.
- ( Gèogr.) Patrimoine de Saint-Pierre ; c’est une province de l’état de l’église, en Italie.
- PATRON, s. m. du lat. patronus, formé de paler, père : protecteur.
- ( Relig. chrét. ) En parlant des saints, il se dit du saint dont on porte le nom , et de celui sous l’invocation duquel une église est dédiée, etc.
- ( Hist. eccle's.) On appelle patron, dans les pays où il y a des bénéfices, celui qui a fondé un bénéfice, ou qui a droit d’y nommer.
- {Plaiiney On nomme patron, sur la Méditerranée, le capitaine ou maître d’un bâtiment marchand; mais ce nom est affecté sur-tout à ceux qui commande des barques, ou d’autres petits bâtimens.
- Patron de chaloupe ; c’est un officier marinier qui sert sur un vaisseau , et qui est chargé de la conduite de la chaloupe, et d’en commander l’équipage : il se tient au gouvernail.
- Patron de canot; c’est un officier marinier qui a les mêmes fonctions dans le canot.
- PATRONYMIQUE , adj. du grec •nwràp ( patêr), père, et d’avocat ( onoma ) , nom : nom paternel.
- ( Grammaire ) Les grammairiens appellent ainsi, des noms formés sur ceux du père, delà mère, ou de quel-qn’autre d’entre les aïeux de celui qui les porte.
- , PAUCIFLORE, adj. du lat. pau~ ci, pauca , peu, et deJlos, fions, fleur.
- ( Bolan. ) Portant peu de fleurs : plante pauciflore.
- PAUCIRADIÉ, ÉE , adj. du lat. pauci, pauca , peu, et de radius, rayon.
- ( Botan, ) Ayant peu de rayons.
- Ombelle pauciradiée; c’est, une ombelle qui est composée d’un petit nombre de pédoncules.
- PAUME, s. f. du lat. palma.
- ( Anat. ) Le dedans , ou la partie concave de la main.
- Jeu de Paume ; sorte de jeu où jouent deux ou plusieurs personnes qui chassent et qui se renvoient une balle avec une raquette ou avec un battoir , dans un lieu préparé exprès. Il est ainsi appelé,
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- parce qu’autrefois on y jouoit avec îa paume de la main, toute nue, ou avec un gand. Quelques-uns mirent ensuite des cordes â leurs mains, pour renvoyer la balle avec plus de force; apres quoi on imagina les raquettes.
- PAUPIÈRE, s. f. du lat. pal-pebra.
- ( Anat. ) La peau qui sert à couvrir les yeux, et à les défendre d’une trop vive lumière.
- PAUSE, subst. f. du lat. pausa, repos, cessation, intermission.
- ( Musique ) Intervalle de tems qui, dans l’exécution, doit se passer en silence par la partie où la pause est marquée. /''iTACET, SILENCE. Il y a la pause et là demi-pause.
- PAUVRE , adj. et s. du latin pauper, qui possède peu.
- ( Peinture ) Une tête pauvre est une tete ignoble : une draperie pauvre , est celle qui manque de l’apparence d’ampleur.
- Une composition pauvre est celle qui n’offre pas la richesse que pro-mettoit le sujet. Un dessin pauvre, est le même qu’on appelle petit, mesquin, celui qui manque de grandeur dans les formes. Delà, on appelle pauvretés toutes les petites formes que présente la nature, quand on l’examine de fort près, et que l’art doit négliger, parce qu’elles s’évanouissent. dès que l’on se place à une juste distance.
- PAVE, s. m. du lat. pavimentum, fait de pavire, battre, frapper, consolider.
- (Architect. ) Chemin, terrein , lieu couvert de pierres, de cailloux , etc. , que l’on a battu et consolidé , pour le rendre ferme, et capable de porter ce qui doit reposer ou passer par-dessus.
- Il se dit aussi par extension de la pierre dure , du carreau , etc., dont on se sert pour paver.
- Carthage est la première ville qui ait été pavée ; Rome ne le fut que 188 ans après l’expulsion des rois. On ne connoissoit pas le pavé en France avant Charlemagne , et ses successeurs le négligèrent entièrement. Philippe Auguste fit paver Paris en 1211, et dissipa, par ce moyen, les épaisses vapeurs qui, dans
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- toutes les rues , obscurcissoient l’air, et le rendoient infect et dangereux.
- ( Hist. nat. ) Pavé des géans ( v. chaussée aes géans ) ; assemblage prodigieux de colonnes basaltiques qu’on voit "dans le comté d’Ântrim, sur la côte septentrionale de l’Irlande.
- PAVILLON , s. m. du lat. papi-lioj papillon, dont les Italiens ont ’ fait padiglione.
- ( Art milit. ) Pavillon, en termes de guerre , est une tente de toile ou de coutil, qu’on élève sur des mâts pour se loger en campagne et à la guerre. V. TENTE, MARQUISE.
- On désigne encore par ce mot les drapeaux, les enseignes, les étendards , etc.
- ( Archilect. ) Pavillon est aussi un corps de bâtiment, appelé ainsi à cause de sa ressemblance avec les pavillons d’armée.
- ( Blason ) On appelle pavillon, ce qui enveloppe les armoiries des souverains , et dont l’usage est venu des anciens tournois, où l’on ex-posoit les armes des chevaliers sur des tapis précieux , sous des tentes et des pavillons, que les chefs des quadrilles faisoient dresser , pour se-tenir à couvert jusqu’à ce qiVils entrassent en lice.
- ( Manne ) Pavillon , en termes de marine , est une enseigne , ou étendard d’étoffe légère, toile ou étamine , que l’on déploie au vent dans les vaisseaux, et sur laquelle sont les couleurs, le blason , les armoiries , le chiffre, ou les marques distinctives de la nation à laquelle appartient le bâtiment, pour le faire connoître de loin en mer pour ce qu’il est.
- Le pavillon se déploie le long du bâton de pavillon, immédiatement au dessus du milieu de la poupe da vaisseau.
- Les vaisseaux de guerre mettent , outre ce pavillon de poupe , un autre pavillon plus petit, en avant , au dessus duheau-pré, qu’on appelle pavillon de beau-pré. Ce pavillon a les mêmes couleurs et la même-forme que le pavillon de poupe ; quelquefois il n’en a que le canton ou yacht.
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- Les vaisseaux commandans des armées navales , escadres et divisions, portent de plus, à la tête d’un, des mâts, un pavillon qui désigne le grade et le rang du commandant.
- Un amiral porte le pavillon à la tête du grand mât; un vice-amiral le porte à la tête du mât de misaine ; et le contre-amiral à la tète du mât d’artimon.
- Il y a d’autres pavillons de différentes couleurs , bandes et façons, qui servent à faire des signaux, etc. y. SIGNAUX.
- ( Anat. ) On appelle pavillon de la trompe de la matrice , l’extrémité de cette trompe qui se termine par une expansion membraneuse , frangée , et comme découpée.
- On nomme pavillon de l’oreille, sa partie extérieure, disposée en manière de coquille différemment repliée.
- PAVOIS, s. m. de l’italien paves e . paves ata , dont on a fait en françois pavesade ; quelques - uns dérivent ce mot de1 pavo , paon , à cause de ses riches couleurs.
- ( Marine ) Les pavois sont des, bandes de drap ou autre étoffe, servant principalement à orner et à recouvrir les balustrades ou batayoles qui font le tour du vaisseau , de l’avant à l’arrière, soit pour la décoration, soit pour le combat.
- Pavoiser ; c’est ornér le vaisseau de tous ses pavois ; et de plus, garnir les bouts de ses vergues, ses mâts, ses haubans et galhaubans, et toutes les parties qui sont le plus en vue, d’un nombre infini de toutes sortes de pavillons , flammes et banderol-les. On pavoise en signe de réjouissance.
- PAYSAGE, s. m. de pays, et celui-ci du lat. p a gus , village, dont on a fait payen , pour l’habitant d'un village.
- ( Topographie ) Etendue de pays que l’on voit d’un seul aspect.
- ( Peinture ) Paysage , en peinture , est la représentation d’un pays, une imitation de quelque aspect de la campagne, ou autrement de la nature champêtre.
- La représentation qu’en fait la peinture, s’appelle tableau de paysage.
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- Les aspects que l’on imite fidèlement , et tels qu’ils se présentent, s’appellent vues. Ainsi l’on dit de l’artiste qui emploie ainsi son talent , qu’il dessine ou qu’il peint des vues.
- Les aspects champêtres, imités en partie d’après la nature , et en partie imaginés , sont des paysages mixtes, ou des vues composées.
- Les paysages créés sans autre secours que les souvenirs et l’imagination , sont des représentations idéales de la nature champêtre.
- PEAGE , s. m. du latin barbare pedagium , que l’on trouve dans les anciens titres.
- (Finances) Il s’est dit autrefois en général de toutes sortes d’impôts qui se payoient sur les marchandises qu’on transportoit d’un lieu à un autre. Maintenant, il se dit d’un droit qu’on prend sur les marchandises qui passent par certains lieux , par certaines villes, ou par les ports et rivières, pour l’entretien des grands chemins.
- Péage se dit aussi du lieu où l’on paye ce droit.
- PEAU , s. f. du lat. pellis.
- ( Anat. ) Tégument qui enveloppe tout le corps. La peau est unt corps composé de fibres tendineuses,-différemment entrelacées les unes clans les autres. Ces fibres tendineuses sont parsemées de filets nerveux , de vaisseaux sanguins, et de vaisseaux lymphatiques.
- La partie extérieure de la peau est garnie de papilles , appelées houpes nerveuses. Ces mamelons ou papilles constituent l’organe du tact : aussi, sont-elles plus remarquables dans les parties fort sensibles , et où le tact est plus délicat, comme à la plante des pieds , à la aume de la main, et surtout au out des doigts.
- ( 1Méd. ) Maladies de la pêau ; v. LEPRE, GALE,CROUTEL, ERUPTIONS , DARTRES , ERYSIPELE , VEROLE ( petite ) , CHARBON, CANCER, TACHES, TEIGNE, PEDICULAIRE ( maladie), GOUTTE-ROSE, PUSTULES ,BOUTONS,VERRUES, CORS, POIREAUX, HEMORROÏDES , etc.
- (.Peinture ) Faire trop sentir la
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- peau ne pas faire assez sentir la peau , sont des locutions très-communes dans le langage des arts de dessin.
- Faire trop sentir la peau, est le défaut où tombent certains dessinateurs ou sculpteurs , qui , ne sachant pas lire sous la peau la cause des mouvemens , ne sont affectés que des détails que présente cette enveloppe ; d’où il résulte un ouvrage mou,? dont le défaut ne peut jamais etre racheté par la maniéré d’opérer la plus ragoûtante, suivant l’expression consacrée à ce genre d’exécution.
- Ne pas faire assez sentir la peau, est le défaut de ees savans myologistes, qui, trop confians en leurs connoissances , ne copient pas assez la nature , et n’opèrent que d’après le résultat ùie le lu s études anatomiques.
- PECCANT, TE, adj. de pécher, en lat. peccare.
- (fMéal) Humeurs peccantes ; on appelle ainsi les humeurs qui ont de la malignité ou de l’abondance.
- PECHE, s. f. de piscis, poisson ; piscor7 prendre du poisson , pêcher : art, exercice, action de pêcher. ' Pour ce qui concerne la pêche , voy. MORUE , BALEINE , HARENG , CORAIL, -THON , MAQUEREAU , SARDINE , etc.
- PECH-STEIN , s. m. mot allemand, qui signifie pierre de poix.
- (Minéral.) Substance qui ressemble , par sa contexture et sa cassure , à une résine ou à un bitume ; sa couleur ordinairement jaune brunâtre, ajoute encore à cette ressemblance.
- Les parties de l’Europe où le pech-stein est le plus abondant , sont la Hongrie , la Saxe, le département du Puy-dé-Dôme , le Padouan. On trouve dans les couches marneuses des..environs de Paris , et notamment dans la colline de Menil-Mon-tant , de petits rognons détachés d’une substance qui a beaucoup de ressemblance avec le pech-stcin.
- PECHYAGRE , s. f. du grec (pêchus) , coude, et d’âypa ( agra) , prise, capture.
- ( 1)1 éd. ) Espèce de goutte qui occupe le coude.
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- PECTORAL, adj. et s. du lat. pectoralis, fait de pectus, pecto-ris, poitrine.
- ( Histoire juive ) Pièce de broderie que le grand prêtre des Juifs mettoit sur ses habits devant sa poitrine. Le pectoral du grand prêtre étoit riche et magnifique.
- ( Relig. cathol. ) Groix pectorale ; c’est une petite croix d’or que les évêques portent pendue au cou, pour marque de leur dignité.
- ( Hnat. ) Grand pectoral, petit pectoral ; ce sont des muscles qui ont leurs attaches à la poitrine.
- ( JMéd.) Remèdes pectoraux ; ce sont les remèdes propres aux maladies de la poitrine et des poumons,
- ( Ichtiologie ) Poissons pectoraux, ou thoraciques ; c’est ainsi qu’on désigne les poissons qui ont les nageoires ventrales placées sous les nageoires pectorales. F. THORACIQUES.
- PÉCULAT, s. m. du lat. pecu-nia, argent, fait de pecus . troupeau , et d’ablatio 7 enlèvement ; contraction de pecunice ablatio, enlèvement d’argent.
- ( Pratique ) Crime dont se rendent coupables ceux qui s’approprient , détournent , ou font valoir à leur profit personnel, les deniers publics.
- PECULE , s. m. du lat. peculum.
- (Pratique) Bien que peut acquérir celui qui est en la puissance d’autrui.
- PÉDAGOGUE, s. m. du grec 'TÿLtJ'a.yooylç ( paidagôgos ) , formé de ‘wcti; (pais), enfant, et d’&ycù-y 'oç ) ( agogos ) , conducteur.
- ( Didact. ) Les Grecs nommoient pédagogues, les esclaves à qui ils donnoient le soin de leurs enfans , pour les conduire, les garder, et même leur donner les premières instructions.
- Aujourd’hui ce mot ne se prend guère qu’en mauvaise part, et par dérision : cet homme fait le pédagogue.
- PÉDALE, s. f, mot purement italien, dérivé du lat. pes, pedis , pied.
- ( Musique ) Gros tuyau d’orgue , ainsi appelé parce qu’on le fait jouer avec le pied.
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- Pédale se dit aussi des touches de plusieurs instrumens , qui , étant abaissées avec le pied , servent à modifier le son de l’instrument.
- PÉDANT , s. m. de l’italien pédante, qui pourrait avoir la même origine que PÉDAGOGUE, ce mot.
- ( Didact. ) Terme injurieux, et dont on je sert pour parler avec mépris de ceux qui enseignent les enfans dans les collèges. /
- Il se dit aussi de celui qui affecte hors de propos de paraître savant.
- PÉDARTHOCACÉ , s. m. du grec 'Ttctïç ( pais ), génit. irtuéoç ( paidos ) , enfant, jeune personne , d’&pêpov (arthron ) , jointure, et de îcctJtov ( kakon ) , mal : maladie des j ointures aux enfans.
- ( 1Yléd. ) Maladie à laquelle les enfans sont particulièrement sujets ; leurs jointures sont enflées , et ils ont assez communément les os cariés.
- PÉDÉRASTIE , s. f. du grée mnéiç(pais), jeune garçon ^ etd’àjjaw (éraô ), aimer : amour, passion pour les jeunes garçons: amour honteux entre des hommes.
- Pédéraste est celui qui se livre à la pédérastie.
- PÉDESTRE, adj. du lat. pedes-tris, formé de pes , pedis, pied : qui va à pied, qui est a pied.
- ( Sculpture ) U n’est guère d’usage que dans cette phrase : Statue pédestre , par opposition à statue équestre.
- PÉDICELLE , s. m. du lat. pedi-cellus , diminut. de pedunculus, pédoncule, diminut. de pes, pedis , pied.
- ( Botan. ) Petit pédoncule propre de chaque fleur ; division du pédoncule, ou pédoncule partiel.
- PÉDICULAIRE , adj. du latin pediculus, dans la signification de pou : qui concerne les poux.
- ( Méd. ) On désigne ainsi une maladie dans laquelle il s’engendre beaucoup dç poux. K. PITHIASIS.
- PÉDICULE, s. m. du lat. pediculus , diminut. de pes, pedis, pied : petit pied.
- ( Botan. ) Espèce de queue propre à certaines parties des plantes, comme aux aigrettes, aux glandes, aux nec-
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- taire* , etc. Il ne faut pas confondra le pédicule avec le pédoncule, qui désigne la queue des fleurs et des fruits lorsqu’ils sont apparens.
- On nomme pédicule la tige des champignons, et celles de plusieurs plantes dont les parties de la fructification ne sont pas bien apparentes, comme dans les lichens, les moisissures.
- PÉBILURE, s. m. formé du lat. pes, pedis, pied , et de luo, laver.
- ( IVîéd. ) Lavement ou bain des pieds.
- PÉDIMANES, s. m. composé de pes , pedis, pied , et de nianus , main : littéralement les pieds conformés comme des mains.
- (Hist. nat.') On appelle pédimanes les mamnifèxes carnassiers qui ont le pouce des pieds de derrière sans ongle et écartés , comme dans les singes.
- PÉDOMÈTRE, s. m. du latin pes, pedis, pied , et du grec //ÂTpot ( métroti ) , mesure : mesure des pieds, ou du chemin qu’on a fait j compte-pas.
- (^Arpent) Instrument de mécanique fait en forme démontré, composé de plusieurs roues qui engrainent l’une dans l’autre, et qui sont dans un même plan , lesqüelles, par le moyen d’une chaîne ou courroie, attachée au pied d’un homme ou à la roue d’un carrosse, avancent d’un cran à chaque pas ou tour de roue ; de sorte que, par le moyen de cet instrument, on peut savoir combien on a fait de pas , ou mesurer la distance d’un endroit à un autre. V^oy. ODOMÈTRE.
- PÉDONCULE , s. m. du latin pedunculus, diminut. de pes, pedis, petit pied, petite tige.
- ( Botan. ) Support commun de plusieurs fleurs ou d’une fleur solitaire, ou le lien qui attache la fleur oü le fruit à la branche ou à la tige, ou ce qu’on nomme vulgairement la queue d’une fleur ou d’un fruit.
- ( Physiol. ) Les physiologistes ont appelé pédoncules du cerveau, les branches de la moelle allongée ; ils disent encore pédoncules de la glande pinéale, pour désigner deux petits corps médullaires qui partent de la face interne des couches des
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- nerfs optiques dans le cerveau , et vont se porter de chaque côté vers la viande pinéale qu’ils tiennent suspendue.
- PÉDOTROPHIE , s. f. du grec vstiJ'oç (paidos) , génit. de ntciïi (pais), enfant, et de tpé<pa (tréphô) , nourrir : manière de nourrir les enfans.
- (. Bled. ) C’est le titre d’un poëme latin de Scévole de Sainte-Marthe, sur la manière de nourrir les enfans à la mamelle.
- PEINE, s. f. du lat. pœna.
- (Jurispr. ) Châtiment du crime.
- Peine capitale ; celle qui fait perdre la vie naturelle ou civile.
- Peines afflictives ; celles qui affligent le corps du condamné , en le soumettant à quelque flétrissure, ou en le privant de sa liberté.
- Peine corporelle ; châtiment qui s’applique sur le corps du condamné. Toute peine corporelle est afflictive, mais toute peine afflictive n’est pas Corporelle.
- Peine infamante ,* celle qui met le condamné au rang des infâmes.
- Peine pécuniaire celle qui emporte condamnation de dommages et intérêts, réparation civile , aumône et autre peine qu’on peut acquitter avec de l’argent.
- Peine légale ; celle qui est prononcée par la loi.
- Peine arbitraire ,* celle qui est laissée à la prudence du juge.
- Peine comminatoire ( de com-minari ), faire des menaces ) ; c’est une certaine clause pénale apposée dans les contrats, testamens et autres actes, contre ceux qui contre-viendroient à quelque disposition énoncée dans ces actes.
- PEINTURE, s. f. du lat. pic tara y formé de pingo, pictum , peindre.
- Dans l’art de peindre, le mot pein-turepeut êtreenvisagé sous des points de vue différens.
- Prise pour l’art dans toute son étendue, la peinture est une merveilleuse invention qui donne , pour ainsi dire, la vie à la matière, qui trompe la vue en faisant croire de relief des représentations, qui, faite sur une surface plane, n’ont effectivement aucune saillie ; enfin , qui charme les jeux , intéresse l’esprit et
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- affecte le cœur par les impressions lés plus douces et les plus fortes qu’elle y fait passer.
- Peinture devient aussi un terme générique , lorsqu’il "signifie les ouvrages peints, parce qu’il embrasse les coupoles, plafonds, etc. , soit qu’on les désigne par le nom de tableaux ou non.
- Enfin, peinture exprime quelquefois le matériel de la peinture , les différens procédés de peindre , et ceux qui servent, à apprêter les couleurs ; on dit donc, la pèinture à fresque, en détrempe, à la gouache , en miniature , au pastel, à la. cire , en mosaïque , en pierres de rapport ou marqueterie , en tapisserie, qui est une espèce de mosaïque, sur le verre, en émail, et sur la porcelaine , par planches imprimées en enluminant. Voy. ces mots à leur place.
- ( Histoire de la peinture) Les recherches les plus exactes sur l’origine de la peinture n’ont produit que des incertitudes. On ne sait ni les lieux où elle a pris naissance, ni ceux à qui on en est redevable. Les uns disent qu’elle a commencé à Sycione, et d’autres à Corinthe. Les Egyptiens prétendent qu’on s’y est exercé chez eux six mille ans avant qu’on s’en occupât dans la Grèce.
- Avant le siège de Troye, la peinture grecque n’étoit autre chose que l’art de représenter la figure d’un héros sur une surface égale et unie , et comme cette méthode du contour extérieur ne marquoit point les traits du visage , et ne rendoit pas la personne reconnoissable , les peintres écrivaient sur leurs ouvrages le nom de la personne représentée.
- Cléophânte de Corinthe fut le premier qui inventa la peinture proprement dite, la peinture coloriée, en employant , sur un fond de terre cuite et broyée , la couleur rouge , comme la plus approchante de la carnation.
- Bulaschus , contemporain de Can-daule , introduisit l’usage de plusieurs couleurs dans un seul ouvrage de peinture ; ce qui amena bientôt la connoissance des lumières et des ombres. Panœnus peignit la bataille de Marathon avec la figure ressem-
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- blante des principaux chefs des deux armées. Peu après < ftartiste, parut Polygnote de Thasos, qui, le premier , donna des draperies légères à ses figures de femmes, et quitta quelquefois le pinceau pour peindre en encaustique.
- Enfin, à la 94me. olympiade, Ap-pollodore d’Athènes ouvrit une nouvelle carrière, et fit naître le beau siècle de la peinture. Il fut suivi par Zeuxis , Parrhasius , Timanthe et Eupompe, qui tous ont été ses contemporains. On vit paroître ensuite une foule d’excellens peintres qui, dans l’espace d’un* siècle , se sont illustrés à jamais en différens genres d’ouvrages.
- Suivant le témoignage de Pline, les Romains honorèrent de bonne heure la peinture. Une branche de la famille de Fabius en a tiré le surnom de Pictor; et le premier qui le porta, peignit le temple de la déesse Salus , l’an de Rome 45o.
- Auguste orna les temples de Rome et les places publiques de ce que les anciens peintres de la Grèce avoient fait de plus précieux et de plus rare. Lucius , qu’on voit sous cet empereur, rétablit l’usage de la peinture à fresque.
- La mort d’Auguste fut bientôt suivie de la décadence des arts. Celui de la peinture , après avoir été long-tems enseveli en Occident sous les ruines de l’Empire romain , se réfugia , foible et languissant, chez les Orientaux , et renaquit enfin vers l’an 3240 , à Florence , sous le pinceau de Cimabué. ‘ Cependant on ne peignit qu’à fresque et en détrempe jusqu’au quatorzième siècle, que Jean Vaneeik , natif de Maseyk, trouva , à Bruges , le secret de peindre à l’huile. Plusieurs peintres se rendirent célèbres dans les deux siècles suivans; mais aucun n’excella dans son art.
- A la fin du i5me. siècle , la peinture marcha tout à coup à pas de géant ; et cet art commença à orner plusieurs édifices, dont les derniers embellissemens sont les chefs-d’œuvres de Raphaël et de ses contemporains. Le prodige qui arrivoit à Rome , se faisoit remarquer en même tems à Venise , à Florence , et dans d’autres villes d’Italie. On
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- vit paroître presqu’en même tems des hommes à jamais illustres dans leurs professions , des hommes sans précurseurs , et qui étoient les élèves de leur propre génie.
- Le nord reçut quelques rayons de l’heureuse influence qui se répandoit alors sur la peinture. Albert Durer, Holbein etLucas de Leyde,peignirent infiniment mieux qu’on ne l’avoit encore fait dans leur pays.
- Cependant, dans le même climat où la nature avoit produit libéralement les peintres fameux du siècle de Léon X , les eneouragemens, la protection des souverains , ne purent donner une postérité à ces grands artistes, nés sans ancêtres.
- L’école de Venise et celle de Florence dégénérèrent en 60 ou 80 ans ; et si la peinture se maintint à Rome en splendeur durant un plus grand nombre d’années, ce fut à des étrangers , tels que le Poussin et les élèves des Carracnes , qui vinrent faire valoir à Rome les talens de l’école de Boulogne et de Palerme , qu’elle en eut l’obligation.
- La peinture, qui avoit commencé à naître en Flandre sous le pinceau de Jean Vaneeik, y resta dans un état de médiocrité jusqu’au tems de Rubens , qui, sur la fin du seizième siècle, en releva la gloire par sesta-lë'ns et par ses ouvrages. Si Rubens laissa des élèves comme Vandick, Jor-daens, Dispenleeck, Vanhelder, qui font honneur à sa réputation , ces élèves n’ont pas laissé de disciples qui les ait remplacés ; et l’école de Rubens a eu le sort des autres écoles.
- Il sembloit que la peinture , qui a passé en France plus tard qu’ailleurs, vouloit y fixer un empire plus durable. François Ier. n’épargna rien pour la faire fleurir : néanmoins ce n’est proprement que sous Louis XIV qu’elle a commencé à paroître dans ce pays avec le Poussin. La France a eu , pendant ce long règne , des peintres exeellens en tout genre.
- Lesueur n’eut d’autre maître que lui-même ; Lebrun égala les Italiens dans le dessin et la composition ;• Lemoine ne leur est guère inférieur ; vingt autres artistes françois ont laissé des morceaux dignes d’être recherchés de tous les connoisseurs. On attribue la dégradation de la peinture en
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- France à la création d’un certain style national dont le goût ingénieux , et ce que les artistes françois appellent esprit, sont les qualités distinctives.
- « Les François, dit Mengs, ont cessé de faire entrer dans leurs tableaux des personnages égyptiens , grecs , romains ou barbares, ainsi que le grand Poussin leur en avoit donné l’exemple ; et ils se sont bornés à prendre des figures françoises pour représenter l’histoire de quelque peuple que ce fût ».
- Au lieu de chercher à se former sur la belle simplicité de la nature , les peintres françois ont étudié lés gestes et les attitudes des comédiens , les minauderies des femmes de la cour , les airs affectés des courtisans , le faste de Versailles et la magnificence de l’opéra. Mais l’école fran-coise change maintenant de principes , et deviendra , de toutes les écoles, la plus sévère observatrice des convenances et des lois que s’é-toient imposées les artistes de l’ancienne Grèce.
- A l’égard de la peinture des ha-bitans du nord , on n’en peut rien dire , sinon que cet art ne s’est pas approché du pôle plus près que la Hollande.
- Depuis plus de deux siècles, les Anglois aiment la peinture, mais, jusqu’à ces derniers tems, ils ont été réduits à payer très-cher les ouvrages des peintres étrangers, et à récompenser magnifiquement ceux qui se sont établis chez eux ; mais enfin , la Grande-Bretagne peut se vanter aujourd’hui de posséder une école nationale qui mérite d’occuper une place dans l’histoire et dans les époques de l’art.
- L’école angloise, dont Josué Reynolds est le fondateur , paraît s’être formée sur les grands maîtres de l’école italienne et sur les peintres d’Ef-fets que la Flandre a produits, et la mort du général Wolf, le départ de Regulus retournant à Carthage, U arrivée d’si grippinc à jBrindes , et quelques autres sujets, sont des preuves que les peintres de cette nation ont connu la grandeur du style, les fortes expressions et l’art d’ordonner les plus nombreuses compositions, Il ne leur manque, pour sou-
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- tenir des commencemens si beaux, qu’une plus grande sévérité dans les formes, et moins d’ambition pour les effets piquans.
- Procédés de la peinture : il est vraisemblable que le plus ancien des procédés employés pour la peinture étoit le simple mélange des couleurs, qui ne consistoit que dans quelques terres coloriées et imprégnées d’eau. On y a joint ensuite quelques gommes pour les fixer. On trouve des traces de ces peintures sur les plus anciennes momies. C’est cette manière d’employer la couleur qu’on appelle aujourd’hui DÉTREMPE. p. ce mot.
- La FRESQUE, la plus durable, la plus savante , et la plus prompte de toute, aura succédé à la peinture -en détrempe. V". FRESQUE.
- Les anciens peuples ont connu l’art de dissoudre la cire, de la mélanger avec les couleurs , et d’en faire des tableaux ;onprétend avoir retrouvé cette manière dépeindre Rappelée encaustique ; mais il sera permis d’en douter jusqu’à ce que nos savans aient expliqué comblent ce genre de peinture éxcluoit l’usage du pinceau ; car Pline nous apprend que les peintres à encaustique ne se ser-voient pas de pinceau, et il les distingue plusieurs fois des peintres au pinceau. U. ENCAUSTIQUE.
- La peinture àVhuile a précédé de quelque tems la peinture sur verre, et celle en émail, Woy. VERRE , EMAIL.
- Les pastels sont des crayons colorés d’un usage peu durable, mais qui procurent l’avantage de rendre les chairs d’une manière'douce et moël-leuse. Voy. PASTEL. Poy. encore MOSAÏQUE , MARQUETERIE, TAPISSERIE.
- Ustensiles propres à la peinture; on sait que les anciens se sont servi d’éponges / mais on n’a pas une con-noissance assez exacte de la manière dont ils prépâroient et mettoient en usage , pour l’action de peindre , l’éponge qu’ils employoient.
- L’usage du pinceau qui a été substitué àl’éponge, a dû remplir mieux l’intention des peintres ; mais le pinceau favorable aux détails, de-voit paraître moins propre, lorsqu’il
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- s’agissoit d’appliquer la couleur d’une manière plus large, plus prompte, sur des surfaces vastes, ou pour représenter des objets qui n’exigeoient pas de détails ; la brosse, plus grosse et moins pointue que le pinceau , a été employée pour cela.
- Les peintres avec la brosse et le pinceau, ont sans doute cru posséder à. peu près tous les moyens qui conviennent mieux au but qu’ils ont en peignant, et à l’action de peindre, du moins n’ont-ils rien inventé de plus. Depuis quelques siècles , la brosse est ordinairement employée par les artistes qui peignent d’une manière qu’on appelle large; manière qui convient et aux grandes surfaces,et aux grandes compositions. V. BROSSE.
- Le pinceau est plus en usage pour les petits tableaux, et pour les ouvrages dans lesquels on s’étudie à à rendre par' une imitation exacte , fine, et quelquefois minutieuse, les petits détails. K. PINCEAU.
- Peinture au lait; c’est le nom d’un procédé nouvellement publié par M. Cadet de Vaux, pour blanchir les murs. Il distingue la peinture au lait en détrempe, et la peinture au lait résineuse. La première convient aux murs intérieurs, et la seconde aux murs extérieurs : celle-là est un mélange de lait, de chaux éteinte, d’huile d’œillet, ou de lin, ou de noix, et de blanc d’Espagne ; celle-ci ne diffère de la première que par les proportions de chaux et d’iruile qui sont plus fortes, et par l’addition d’une certaine quantité de poix blanche de Bourgogne.
- La peinture au lait a cet avantage, qu’on peut habiter un appartement aussitôt que la peinture est sèche, et qu’elle ne produit pas, comme l’huile, des odeurs et des émanations dangereuses.
- PELADE, s. f. formé du françois peler, faire tomber le poil; en latin pilus.
- ( Médecine ) Espèce d’alopécie , ou chute des cneveux, occasionnée par une maladie, V~. ALOPÉCIE.
- PELAGE , s. f. du latin pelus . poil.
- ( Hist, nat, ) La couleur du poil
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- de certains animaux. L’hermine, la marte , ont le pelage fin et soyeux ; le cerf l’a de couleur fauve ; le tigre l’a marqué de larges bandes noires , __etc,
- PÉLÉCOÏDE, subst. m. du gîec 'jrîxiKvç (péléhus), hache, et d’sT/oc ( éidos ), forme, ressemblance.
- ( Creom.) Figure de géométrie qui a la forme d’une hache.
- Le pélécoïde est un composé de trois arcs, dont l’un est un demi-cercle , et les deux autres égaux ; chacun à la moitié du demi-cercle, sont opposés l’un à l’autre par leur partie convexe, et soutiennent le demi-cercle. En partageant ce demi-cercle en deux arcs égaux, on démontre que le pélécoïde a un carré Fait des cordes de ces quatre arcs.
- On peut encore trouver d’autres circulaires carrables. V. LUNULE.
- PELICAN, s. m. du grec qnxîx.à.i ( pélékan ) , dérivé de ( pé-
- lékus ), hache.
- ( Ornithol. ) Grand oiseau aquatique , dont le bec ressemble à une hache, d’où vient son nom.
- ( Chirurg. ) Instrument de chirurgie , dont on se sert pour arracher les dents, et ainsi appelé , parce que la figure de son crochet est recourbé en manière de bec de pélican.
- PELISSE, s. f. de l’italien pelli-cia , dérivé du latin pelliceum, formé de pellis, peau.
- ( Costume orient. ) Robe, manteau , fourré de peau , fort en usage dans le Nord et dans l’Orient.
- PELLETERIE, s. f. dérivé de pellis, peau : commerce des peaux.
- PELLICULE, s. f. du lat. pelli-cula, diminutif de pellis , peau : petite peau.
- (Physiol.) Membrane fort mince, déliée , délicate.
- PELOUSE , s. f. de pelus, poil, dont l’italien a fait pcluzzo, pour poil court et épais.
- ( Jardin. ) Terrein couvert d’une herbe épaisse et courte.
- PEMPHIGODE, adj. du grec -7rspupit; ( pemphix ) , pustule , et d’iïJ aç ( éidos ) , apparence : qui a l’apparence de pustules.
- ( Méd. ) Epithète qui sert à dési-
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- gner une fièvre distinguée par des flatuosités et des enflures, et qui par la violence de sa chaleur, excite des pustules dans la bouche.
- PENDANT, adj. et s. du latin pendentes , formé de pendeo, pendre.
- ( Prat. ) Un procès pendant à un tribunal, ou dont un tribunal est saisi, et pour lequel il y a instance à ce tribunal.
- ( Diplomatie ) On dit dans quelques traités de paix, ou de partage , le pendant des eaux , pour dire toutes les terres adjacentes aux eaux qui coulent d’un certain côté.
- ( Peinture ) On donne le nom de pendant à un tableau , à une estampe, qui, ayant les mêmes dimensions qu’un autre, peut être pendu , attaché à une place parallèledu même mur, et lui correspondre.
- Outre la conformité des dimensions , il faut encore que les tableaux pendans aient entr’eux quelqué rapport dans la composition, dans la couleur, et dans l’effet : un tableau dont les ombres tendent au brun le plus vigoureux, fera mal pendant avec un tableau clair ; un tableau d’une composition triste, ou même seulement austère, ne fera pas bien pendant avec un tableau gai, ni un paysage avec un sujet d’histoire.
- Pour que deux portraits soient pendans, il faut que les deux têtes soient tournées de deux côtés opposés, afin qu’elles se regardent en quelque sorte l’une l’autre.
- Les véritables amateurs ne recherchent dans les tableaux que leur mérite , et ne s’avisent guère d’exiger que deux tableaux de grands maîtres fassent pendans ; mais ceux qui ne s’occupent que de la décoration , sont peu difficiles sur le mérite des ouvrages , et beaucoup sur leur correspondance : ils veulent ordinairement que deux tableaux pendans soient de la même main, et que la plus parfaite symmétrie règne dans toutes leurs parties, et s’ils n’ont pas le coup d œil assez j uste , un compas décide de leur véritable mérite.
- pendule , s. f. du lat. pendu-
- ius, dérivé de pendeo, pendre : être suspendu , attaché.
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- ( Mécan.') Corps pesant, suspendu de manière k pouvoir faire des vibrations, en allant et venant d’un point fixe par la force de sa pesanteur.
- Les vibrations alter natives du pendule s’appellent aussi oscillations.
- oscillation.
- Le point autour duquel le pendule fait ses vibrations, est appelé centre de suspension ou de mouvement.
- Une ligne droite qui passe par le centre , parallèlement à l’horizon apparent, et perpendiculairement au plan dans lequel le pendule oscille, est appelé axe d’oscillation.
- Galilée fut le premier qui imagina de suspendre un corps grave à un fil, et de mesurer le tems dans les observations astronomiques, et dans les expériences de physique , par ses vibrations, A cet égard , on peut le regarder comme l’inventeur des pendules; mais ce fut Huyghens qui le fit servir le premier à la construction des horloges.
- Les vibrations d’un pendule sont toutes sensiblement isochrones, c’est-à-dire , qu’elles se font toutes dans des espaces de tems sensiblement égaux ; c’est ce qui '*uit que le pendule est le plus exact chronomètre ou l’instrument le plus parfait pour la mesure du tems : c’est pour cela aussi que , lorsqu’il a été question de trouver une mesure invariable et universelle des longueurs , on avoit songé à prendre un pendule dont une vibration seroit précisément égale à une seconde de tems, prise sur le mouvement moyen du soleil, et dont la longueur seroit mesurée avec exactitude. C’est sur ce principe que M. Mouton, chanoine de Lyon, a composé un traité de mensura pos-leris transmittenda ; mais des observations incontestables ont fait connaître que l’action de la pesanteur est différente dans différens climats , et qu’il faut toujours allonger le pendule vers le pôle , et le raccourcir vers l’équateur. C’est ce qui a fait prendre le parti de mesurer le quart du méridien terrestre, dont on a déduit le mètre, qui en est la dix-millième partie et l’étalon des mesures nouvelles.
- On distingue deux sortes de pendules , le simple et le composé. Le pendule simple seroit celui dont le
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- fil de suspension n’auroit aucune pesanteur, et dont le corps lourd ne peseroit que par un seul point ; comme si, par exemple , toute sa pesanteur résidoit au centre.
- Le pendule composé est celui qui pèse par plusieurs points ; et c’est là le cas ordinaire, puisque la verge de suspension èst ordinairement de .métal ; et quand elle seroit de bois , ou de quelqu’autre matière , ce seroit le même cas, car elle ne seroit pas sans pesanteur ; d’où l’on doit conclure que tous les pendules sont composés.
- ( Horlogerie ) Pendule , subst. f. Horloge à poids ou à ressorts à laquelle on joint un pendule , dont les vibrations servent à en régler les mouvemens. Afin de connoître tous les battemens ou vibrations du pendule , on a imaginé un compteur, placé auprès de ce pendule : une roue dentée , portant une aiguille , en opère l’effet en entourant l’axe de cette roue , d’une corde à laquelle on suspend un poids. Cette joue, entraînée par le poids, communique avec une pièce portant deux bras, qui est attachée au pendule ,* de sorte qu’à chaque vibration, la roue, avance d’une dent, et restitue en même tenu au pendule la force que la résistance de Pair et la suspension lui font perdre à chaque vibration ; c’est ce qui forme l’échappement de la machine dont le pendule est le régulateur, le poids, le moteur ou agent, et la roue le compteur, parce que son axe porte une aiguille qui marque les parties du tems sur un cercle gradué.
- Pendule à équation ; voyez ÉQUATION, TEMS MOYEN.
- PENICELLÉ, ÉE, adj. du lat. penicillus, pinceau.
- ( Botan. ) Stigmate penicellé ; c’est celui qui est formé par des glandes déliées , attachées sur un axe allongé , et rapprochées à peu près comme les crins d’un pinceau, ou d’un goupillon.
- PENIS, s. m.
- ( Anat. ) Mot latin qu’on a retenu en françois , pour désigner la verge de l’homme.
- PÉNINSULE, s. f. du latin pene itisula.
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- ( Géogr. ) Portion de terre environnée de la mer de tous côtés, excepté d’un seul. C’est la même chose que PRESQU’ISLE , et CHER-SONNESE. H. ces mots.
- PENNAGE, s. m. du latin penna, plume : plumage.
- ( Omithol. ) Il se dit en général des plumes qui recouvrent tout le corps d’un oiseau ; mais l’on s’en sert plus particulièrement pour désigner le plumage des oiseaux de proie.
- PENNE , s. f. du latin penna.
- ( Omithol. ) Les pennes sont les grandes plumes des ailes et de la queue des oiseaux de proie. BufFon est le premier qui ait employé cette expression dans son Histoire des oiseaux.
- PENNIFORME, adj. du latin penna, plume, et de forma, forme : qui a la forme d’une plume.
- ( Physiol. ) On nomme ainsi les muscles composés , qui sont faits par la réunion de deux muscles simples à un seul tendon, et qui ressemblent par la disposition de leurs fibres aux barbes d’une plume, rangées sur une côte mitoyenne.
- PENNON, ou PENON, ou P A NON, s. m. du lat. pannus.
- ( Art. milit. ) Enseigne , ou étendard qui étoit d’usage en France.
- ( JYlanne ) Sorte de girouette , composée d’un bâton au haut duquel est attaché un fil traversé, à distances égales, de petites tranches d’un bouchon de liège , sur la circonférence desquels sont plantées des plumes ' légères. Cet instrument, qui tourne suivant le vent, sert au timonier , et à l’officier de quart, à voir la situation du vent.
- PÉNOMBRE, s. f. du lat. pene , presque, et d,umbra, ombre.
- ( Astron. ) Ombre joible qu’on observe dans les éclipses avant l’obscurcissement total, et avant la lumière totale.
- La pénombre est principalement sensible dans les éclipses de lune.
- La pénombre vient de la grandeur du disque du soleil.
- Pour la théorie de la pénombre , consultez les mémoires de l’académie des sciences années 1773 et 1777.
- PENTACORDE, s. m. du grec -TTêVTê (penté) , ciÿiq, et de x0?^* ( cliordé), corde : à cinq cordes.
- (Musique}
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- ( Musique ) C’étoit chez les Grecs tantôt un instrument à cinq cordes , et tantôt un ordre ou système formé de cinq sons ; c’est en ce dernier sens que la quinte ou diapente s’appeioit quelquefois pemacorde.
- PENTADACTYLE, adj. du grec wtvTî (penté), cinq , et de S'âinuxos ( dahlulos ) , doigt : à cinq doigts.
- ( Hisl. uat. ) On appelle ainsi les mamniferes à quatre pieds, terminés par cinq doigts.
- PENTADÉCAGONE, s. m. du grec 'irw'ti ( penté') , cinq , de Six-a.
- ( cléha ) , dix., et de ycavia (go il ia ) , angle : à quinze angles.
- ( Ciéoni, ) Figure qui a quinze angles et quinze cotés.
- PENTAÈDRE , s. m. du grec «rér-ri (pente), cinq, et de tJ'pet,
- ( hédra ) , siège , base.
- ( Cdéotn. ) Corps solide terminé par cinq faces.
- ( Minéral. ) Il se dit aussi des cristaux à cinq faces. C’est la forme du carbonate de plomb.
- PENTAGLOTTE , adj. du grec 'jrlvTÉ (pente), cinq, et de y'/,iï?lcl (glàtta ), langue : à cinq langues.
- (Bibïiogr.) Dictionnaire penta-glotte ; dictionnaire en cinq langues.
- Bible pentaglotte; pseautier peri-taglotte.
- PENTAGONE , s. m. du grec «jt4vt£ (pente), cinq, et de ymnt (gonia), angle : à cinq angles.
- ( Créom. ) Figure qui a cinq côtés et cinq angles.
- Si les cinq côtés sont égaux., et que les angles le soient aussi , la figure s’appelle pentagone régulier.
- PENTAGYNIE , s. f. du grec 'TrlvTS ( penté), cinq , et de yvv» (guné), femme, femelle.
- ( Botan. ) C’est le nom que Lin-næus a donné au cinquième ordre de son système sexuel, qui comprend les plantes qui ont cinq pistils , où cinq parties femelles.
- PENTAMETRE, s. m. du grec irivTs (penlé) , cinq, et de p.îrpoy ( métron ) , mesure : à cinq mesures ou cinq pieds.
- (Poésie gr. et lat. ) Sorte de vers en mage chez les Grecs et les Latins, composé de cinq pieds ou mesures , Tome UL
- P E N gr
- ét qui ne se met ordinairement qu’avec les vers hexamètres.
- PENT ANDRIE , s. f. du grec 'TrévTs ( penté ) , cinq , et d'àvépoç (andros), gen. d’kvttp (auér), homme, mâle : à cinq parties mâies.
- ( Botan. ) C’est le nom que donne Linnæus à la cinquième classe de son système sexuel, qui comprend les plantes qui ont cinq étamines , ou cinq parties mâles.
- PENTAPARTE , ou PENTA-P \STE, s. f. du grec nrîyn ( penté ), cinq , et du lat. pars, partis, partie : à cinq parties.
- ( JMécan. ) Nom d’une machine à cinq poulies, dont trois sont à la partie supérieure, et deux à la partie inférieure.
- PENPAPETALE , ÉE , adj. du
- grec •7T5VTS (pente) , cinq , et de vré-Tstxsv (pétalon) , feuiile ou pétale j à cinq pétaies.
- ( Botan. ) Il se dit des fleurs qui ont cinq feuilles , ou pétales.
- ' PENTAPHYLLE, adj. du grec TrsvTe. (penlé), cinq, et de ( phullon ), feuille ou foliole.
- _ ( Botan. ) Plante dont la fleur a cinq folioles.
- PENT APTÈRE , adj. du grec irhrs (penté) , cinq, et dé irrspoy (ptéron) , aile : à cinq ailes.
- ( Botan. ) Qui a cinq ailes. PENT ASP ERME, adj. du grec -7rêVTê ( penté ) cinq-, et de S'nipp.a ( sverma ) , graine ; à cinq graines.
- ( Botan. ) Qui a cinq graines , ou semences.
- PENTASTYLE, s. m. du grec vtvti (penté) , cinq, et de rùxoç ( stulos ) , colonne : à cinq colonnes. ,
- ( drehit. ) Edifice qui a cinq colonnes par devant.
- PENTATEUQUE, s. m. du grec nrim (penté), cinq, et de (teuchos ) , livre : cinq livres.
- ( Ecrit. Sainte ) Nom des cinq livres de Moïse qui sont à la tête de l’Ancien Testament ; savoir : la Genèse , l’Exode, les Nombres, le Lé-vitique et le Deutéronome.
- (Droitcanon) C’est aussi le nom que quelques canonistes ont donné: aux cinq livres de Décrétales , pu-
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- bliées par Grégoire IX , qui font aujourd’hui la seconde partie du Droit canonique.
- PENTECÔTE, s. f. du grec <7rêvTHJioç-of (Penlêkosios), cinquantième.
- ( Relig, chrét.') Fête solennelle célébrée chez les chrétiens, en mémoire de la descente du Saint-Esprit, le cinquantième jour après Pâques.
- PENULTIEME, adj. du latin pene , presque , et d’ultirnus, dernier : l’avant dernier.
- PÉNURIE, s. f. du latin penu-ria, disette..
- PÉPASME, s. m. du grec 'iri'Trst.'rm (pepainô), cuire , mûrir.
- ( Méd. ) Concoction, ou assimilation des crudités non naturelles aux matières cuites, ou à notre substance.
- PÉP ASTIQUE, ou PEPTIQUE, adj. même origine que PEPASME.
- ( Méd. ) U se dit des remèdes qui sont propres à mûrir les hpmeurs , les digérer et les disposer à une bonne supuration.
- On donne aussi ce nom aux mé-dicamens qui facilitent la digestion, ou coction des alimens.
- PÉPÉRINO , s. m. Mot italien formé de pepe , poivre.
- ( Minéral. ) Tuf volcanique de couleur grise, composé de cendres volcaniques et de pouzolane , et tout parsemé de leucites de la grosseur d’un grain de poivre, d’où lui vient son nom. Comme cette pierre est aussi solide que légère , elle est fort employée à Rome dans les constructions ; on la fait entrer aussi dansl’es-pèce de maçonnerie dont on revêt les statues qu’on envoie au loin ; comme un l’a pratiqué pour préserver de la fracture les chefs-d’œuvres de l’antiquité qui ont été transportés d’Italie à Paris.
- PÉPIE , s. f. du latin barb. pi-pila corruption de pituila.
- ( Econ., rur. ) Maladie des volailles et des oiseaux de vol. Le manque d’eau, l’eau sale ou bourbeuse, la chaire corrompue, en sont la cause ordinaire. Cette maladie se ihan ifeste par une petite peau b lanche qui couvre le bout de la langue des oiseaux, et elle se guérit en arra-
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- chant cette peau ; on lave ensuite la langue avec du vin ou avec un peu d’eau et de sel.
- PÉPIN, s. m. du latin pipinus, qu’on a dit d’abord du noyau d’un raisin.
- ( Botan. ) Semence recouverte d’une enveloppe coriace, qui se trouve dans certains fruits , comme la pomme, les poires, le raisin, etc.
- PEPINIERE, s. f. même origine que PEPIN. Terrein dans lequel on élève des arbres fruitiers , forestiers, ou d’agrément, soit de graines, soit de marcottes, soit de boutures, pour, après qu’ils ont acquis une certaine grosseur, et qu’ils ont été greffés, être transplantés à demeure dans un autre endroit.
- PÉPITE, s. f. de l’espagnol pe-pita.
- ( Minéral. ) Morceaux d’or natif, détachés de leur gangue, etrouléspar les eaux. On leur donne ce nom dès qu’ils ont à peu près la grosseur d’une lentille ; au dessous ce sont des paillettes , ou grains d’or. On a souvent trouvé au Mexique et au Pérou, des pépites du poids de plusieurs marcs.
- PEPTIQUE, adj. V. PÉPAS-TIQUE.
- PERCÉE, s. f.,ou PERCÉ, s. m. , participe de percer, du latin pertujicare, faire une ouverture.
- ( ^4rch.it. ) Percé se dit de la distribution des portes et des fenêtres d’un bâtiment. Pour qu’un bâtiment soit bien percé , il faut que les jours soient bien proportionnés aux solides.
- ( Peinture ) On dit d’un paysage, qu’il est bien percé, quand il laisse découvrir des objets éloignés. C’est un mérite, dans ce genre , de laisser apercevoir des lointains à perte de vue, ou de les laisser soupçonner, quand on ne les montre pas.
- PERCHE , s. f. du latin pertica.
- ( virpent. ) Longue mesure dont on se sert dans l’arpentage, ou la mesure des terreins.
- ( Mesures nouvelles ) Perche, est le nom vulgaire qui correspond au décamètre ; elle est égale à dix mètres , et en mesures anciennes , à 3o pieds. K. DECAMETRE.
- PERCUSSION , subst. f. du latin percussio, fait de percutio, frapper.
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- IMécan. ) Impression qu’un corps fait sur un autre qu’il rencontre et qu’il choque ; ou le choc et la collision de deux corps qui se meuvent, et qui en se frappant l’un l’autre, altèrent mutuellement leur mouvement.
- Pour les lois de la percussion , consultez le traité de dynamique de M. d’Alembert.
- PERE, subst. m. du latin pater, parens.
- ( Prat?) Celui qui a un ou plusieurs enlans.
- Père de famille; toute personne, soit majeure, soit mineure , qui jouit de ses droits , c’est-à-dire , qui n’est point en puissance d’autrui.
- (Hist. ecclès. ) Pères de l'église, ou simplement les pères ; ce sont les saints docteurs dont l’église a reçu et approuvé la doctrine et la décision sur les choses de la foi, ou sa morale et la discipline chrétienne.
- PÉREMPTION, s. f. du latin peremptio, fait de perimo, tuer, anéantir, abolir.
- ( Pratique) Sorte de prescription qui éteint et anéantit un procès lorsqu’on a été trois ans sans faire de poursuites.
- La péremption tire son origine de la loi properandum , au code de ju-diciis, suivant laquelle tous les procès criminels doivent être terminés dans deux ans, et les procès civils dans trois ans , à compter du jour de la contestation en cause.
- PÉREMPTOIRE , adj. même origine que PÉREMPTION.
- ( Pratiq. ) Exceptions péremptoires ; on appelle ainsi les défenses qui consistent dans la seule allégation de la péremption.
- ( Langage ) C’est de là que dans le langage ordinaire , on appelle rai-sons péremptoires, réponses péremptoires, celles qui sont décisives, contre lesquelles il n’y a. rien à répliquer.
- PERFOLIÉ, ÉE, adj. du latin Peifoliatum.
- f Botan. ) Feuille peifoliée ; celle dont le disque entoure la tige Par sa base non fendue.
- Plante perfoliée ; celle qui a de ^tnbîables feuilles.
- PER
- PÉRIANTHE , s. du grec '7Tgpi (péri'), autour, et d’â.v0or (anthos), fleur ; nom donné par Linnæus , à une espèce de calice qni entoure la fleur.
- PÉRIBLEPSIE, s. f. du grec '7rzpiÇ\i'7ra> ( péribleptô ), regarder de tous côtés.
- ( Méd. ) La périblepsie est cette espèce de regard effaré et d’instabilité des yeux qu’on remarque dans ceux qui sont dans le délire.
- PËRIBOLE, subst. f. du grec nTzpiÇoX» ( péribolê ), tout ce qui environne : habit , manteau, voile , couverture.
- ( Méd. ) Il signifie aussi, par analogie , le transport des humeurs sur la surface du corps ; comme lorsqu’une maladie est appaisée , an moyen d’une éruption copieuse de pustules, sur toute la surface du corps.
- PÉRICARDE, s. m. du grec œripï (péri) , autour, et de napéia ( kardia ) , le cœur : autour du cœur.
- ( Physique ) Capsule membraneuse qui sert d’enveloppe au cœur et le met à l’abri des épanchemens qui viennent à se faire dans la poitrine , tels que ceux du sang, de la lymphe, etc.
- Delà viennent péricardin , pour ce qui a rapport au péricarde, et péricardines , pour certains vers qui s’engendrent dans le péricarde.
- PÉRICARPE , s, m. du grec nrzpï ( péri) , autour, et de x.ctpnràç (kar-pos ) , fruit ou semence, poignet.
- ( Botan. ) La pellicule ou membrane qui enveloppe et renferme le fruit ou les semences d’une plante, à l’époque de leur maturité. Ainsi , la capsule, la baie , la pomme, le drupe , et le cône, sout autant de péricarpes.
- PÉRICONDRE, s. m. du grec nripi (péri) , autour , et de fové'pac (chondros), cartilage.
- ( Physiol. ) Membrane qui revêt immédiatement certains cartilages,
- PÉRICRÂNE , s. m. du grec vrtpi (péri), autour, et de xpétviov ( kra-nion ), crâne.
- (Physiol.) Membrane épaisse appliquée extérieurement, aux os du crâne; elle est au crâne ce que le
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- périoste est aux autres os. Ployez
- PERIOSTE.
- PÉRIDROME , s. m. du grec *1np) [péri) , autour, et de épopof ( dromos ) , course.
- ( Archit. anc. ) Espace ou galerie qui règne entre les colonnes et le mur , dans un périptère.
- Les péridromes ètoient des promenades chez les Grecs.
- PÉRIGÉE, s. m. du grec 7rep/ (péri), autour, et de yi , (gê) , la terre.
- ( Astron. ) Le point de l’orbite d’un astre, où il se trouve le plus près de la terre , ou , eu général , Je point de la plus petite distance à la terre. PÉRIGÉE est opposé à APOGÉE.
- PÉRIGYNE, adj. du grec Trsp) ( péri), autour, et de yovü ( guné) , femme.
- ( Botan. ) Nom que les botanistes donnent à la corolle et aux étamines des fleurs qui sont attachées autour de l’ovaire ou de l’organe femelle. Cette espèce d’insertion s’appelle véri^y nique. Voy. INSERTION , APOGYNIQUE, HYPOGY-NIQUE.
- PÉRIHÉLIE , s. m. du grec Trspl 4péri), autour, et d’Ji'x/o? (hêlios) , Je soleil.
- [Astron.) Le point de l’orbite d’une planète, dans lequel cette planète est à sa plus petite distance du soleil.
- La terre est dans son périhélie, .et par conséquent le soleil dans son périgée, au commencement de janvier. Le diamètre du soleil nous paroit alors le plus grand.
- PÉRIMER , verbe n. R. PEREMPTION.
- PÉRIMÈTRE , s. m. du grec Trifi [péri), autour, et de pripov ( métron ), mesure : ligne qui mesure tout autour.
- ( Créom. ) Le contenu ou l’étendue qui termine une figure ou un corps.
- Les périmètres des surfaces ou figures sont des lignes ; ceux des corps sont des surfaces.
- Dans les figures circulaires , etc. îe périmètre est appelé périphérie,
- PER
- ou circonférence. Ri PERI, PERL PHERIE..
- PÉRINEE, s. m. du grec 7rsp<-vàtos ( périnaios) , composé de mp} ( péri ) , autour , et de va/», habiter.
- ( Anal. ) L’espace qui est entre l’anus et les parties naturelles.
- PÉRIODE , s. m. du grec ttsp<o-éaç ( périodos ) , formé de Trspi [péri ) , autour, et d’ôéaç [ hodos), chemin : chemin que l’on fait en tournant,
- [Astron.) Tems qu’une planète met à faire sa révolution , ou la durée de son cours, depuis qu’elle part d’un certain point du ciel, jusqu’à ce qu’elle retourne à ce même point.
- La période du soleil, ou plutôt de la terre , est de 365 jours 48 minutes , 45 ~ secondes.
- La période de la lune est de 27 jours, 7 heures, 43 minutes, 5 secondes.
- La période de Mercure est de 87 jours , 2.3 heures , 5p minutes, 14 secondes.
- La période de P'énus est de 224 jours, 16 heures, 3ÿ minutes, 4 secondes.
- La période de Mars est de 686 jours, 22 heures, 18 minutes, 3ç secondes.
- La période de Jupiter est de 4<33o jours, 14 heures, 36 minutes.
- La période deSaturne est de 10747 jours, i5 heures.
- La période d’Herschell est 8® 30445jours, 10heures. R. PIAZZI, OLBERS.
- Périodes des comètes ; elles sont presque toutes inconnues , excepté deux ou trois sur lesquelles on croit avoir des données assez exactes; par exemple, celle qui a reparu en 1759, et dont on estime la période de 76 a 76 ans ; une autre dont on suppose la période de 129 ans ; celle de 1680 dont on croit que la période est de 5v5 ans.
- ( Chroitol. ) Période, en terme3 de chronologie , est une suite d’années après le cours desquelles certaine révolution finit et recommence dans le même ordre. P CYCLE.
- Période Dionysienne ou VlCJ torienne; c’est un intervalle de ans, formé par do produit de 6
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- Je 28, ou chi cycle lunaire par le cycle solaire. On l’a appelée le grand cycle paschal, parce que Victori-ims ou Piclorius l’avoit proposée dans le 5me.-siècle , comme ramenant les nouvelles lunes et la fête de Pâques au même jour de l’année Julienne. Denys le petit s’en est servi l’an 526 ; mais, depuis la ré-formation du calendrier, on n’en fait plus d’usage, P^oy. CYCLE PAS-CHAL.
- Période julienne ; c’est le produit des trois cycles solaire, lunaire, et d’indiction , ou de 28 , 19 , et i5, c’est-à-dire-, un espace de 7,980 ans, dans lequel il ne peut y avoir deux années qui aient les mêmes nombres pour les trois cycles, au bout de ce tems, les trois cycles reviennent ensemble dans le même ordre.
- La période j ulienne a été proposée un 1583, par Joseph Scaliger, comme une mesure universelle en chronologie. Le nom de julienne lui fut donné à cause du calendrier Julien, dont Scaliger faisoit usage.
- Période caldéenne ; elle est de 18 ans , ou 223 lunaisons. Cette période est très-intéressante dans l’astronomie, parce qu’elle ramène la lune à la même position , par rapport au soleil, à l’apogée, et au nœud.
- Il y a plusieurs autres périodes qui ont eu de la célébrité.
- La période caniculaire, cyni-(juc, ou Sothiaque, qui comprend un espace de 1640 ans.
- La période de 8 ans, employée par Cleostrate et Harpalus.
- La période de bq ans, proposée par Philolaus et Œuopides.
- La période C ait pus- C ysenicus, astronome grec qui vivoit 33o ans avant J. C., et qui proposa le premier la période de 76 ans, quadruple du cycle lunaire de Méton, parce qu’en ôtant un j our de 4 cycles, il le ï'endoit plus exact.
- Les anciens parlent encore de la période de 82 ans, proposée par •Oemocrite; de celle de 247 ans, par Lamaliel; de celle de 3c>4 ans, employée par Hipparque , pour les années civiles.
- (Eiocut. ) Période se dit aussi d’un assemblage de plusieurs pensées
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- séparées par des intervalles bien ménagés , et dont le sens est suspendu jusqu’à un dernier repos, où l’esprit et l’oreille sont également satisfaits. Chacune de ces pensées,, prise séparément , se nomme membre de la période ; il peut y en avoir jusqu’à cinq. —
- Période carrée,* c’est proprement celle qui est composée de quatre membres ; mais on ne laisse pas d’appeler période carrée , toute période nombreuse et conçue en termes bien arrangés.
- ( Méd. ) Période se dit encore, en parlant, d’une maladie, du tems compris entre deux paroxismes. La période comprend l’état, le déclin , i’intermission ou remission. Dans quelques maladies, ces périodes sont souvent régulières et constantes , dans les fièvres , par exemple ; mais* dans les maladies chroniques , elles sont plus irrégulières et plus incertaines.
- PÉRIODIQUE , adj. même origine que PERIODE ; qui a ses périodes. Il se dit de toutes les choses qui reviennent dans un certain tems, de tout mouvement , cours ou révolution qui se fait d’une manière régulière , et qui recommence toujours dans le même période ou dans le même espace de tems.
- Mouvement périodique de la terre , de la lune , etc.
- Mois périodique ; voy. MOIS.
- 'Peins périodique ; voy. TEMS.
- Peut s périodiques; voy.VENTS.
- Ouvrage périodique ; celui qui paroît dans des tems fixes et réglés.
- (Qram,) Style, discours périodique ; c’est un style ou un discours composé de périodes nombreuses.
- PÉRIŒCIENS ou PÉRIÉCIENS, s. m. du grec nnfi (péri), autour, et d’oiasœ ( oikéà ) , habiter.
- ( Oéogr. ) Ce sont les habitans du même parallèle terrestre qui sont opposés en longitude, mais qui ont une même latitude ; ils ont les mêmes saisons, la même longueur des jours et des nuits ; mais les uns ont midi quand les autres ont minuit.
- PÉRIOSTE , s. m. du grec 7ripl (péri) , autour , et d’àrLv ( ov» léon) , os.
- (Anat.) Membrane fine et très»
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- sensible, qui couvre presque tous les os.
- PÉRIPATETICIENS, s. m. du grec mpt ( péri ), autour, et de met-tim (patéô) , se promener.
- ( Philos. ) Philosophes de la secte d’Aristote, ainsi appelés parce qu’ils disputoient dans le Lycée , en se promenant.
- Delà est venu péripatétisme , pour la doctrine des péripatéliciens, eu la philosophie d’Aristote.
- PÉRIPÉTIE, s. f. du grec Trepi-'rri'TÛet (péripetéia ) , formé de m-tpi ( péri ) , contre , et de ( pip-
- tà ) , tomber : changement subit, incident, renversement d’état. /
- (yirt dramat. ) Changement imprévu qui forme le dénouement d’une pièce de théâtre.
- PÉRIPHÉRIE, s. f. du grec -moi (péri), autour, et de <±spa> ( pkero ) , porter.
- ( Créom. ) Circonférence, ou ligne qui termine un cercle , une ellipse, une parabole, ou une autre figure curviligne. V^. CIRCONFÉRENCE , CERCLE. Ce mot est maintenant peu usité.
- PÉRIPHRASE , s. f. du grec vrspi ( péri) , autour , et de <ppkÇce (phrasô) , parler, circonlocuter.
- ( Elocut. ) Tour de paroles, qui consiste à exprimer en plusieurs mots v-e qu’on ne veut pas dire en termes propres.
- PÉRIPLE, s. m. du grec mpi ( péri), autour , et de tarXice (pléô ), naviger.
- ( Géogr: anc.) Navigation autour d’une mer, ou autour des côtes d’un pays. Arrien a fait la description de toutes les côtes de la mer Noire , sous le titre de Périple du Pont Euxin.
- PÉRIPNEUMONIE, s. f. du grec 'irtpi ( péri) , autour, et de ‘itviôjuuev ( pneumôn ) , le poumon.
- ( Méd. ) Inflammation du poumon avec fièvre aiguë : oppression et difficulté de respirer, accompagnée souvent d’un crachement de sang.
- PÉRIPTÈRE , subst. m. du grec vrepi (péri), autour, et de tttipov ( ptéron), aile : avec des ailes tout autour.
- ( A relût, ) Edifice qui est envi-
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- ronné de colonnes isolées. Les anciens appeloient ailes, les colonnes qui étoient aux côtés des temples et des autres édifices.
- PÉRISCIENS, s. m. du grec ttsp\ ( péri ), autour, et de mik ( skia ) ombre : ombre tournante.
- ( Créogr. ) On appelle ainsi les habitans des zones glaciales ; pour qui les ombres font tout le tour de l’horizon.
- PÉRISPERME , s. m. du grec 7rspi ( péri ), autour, et de <nttpp.it. ( sperma ), semence. N
- ( Botan. ) Corps épais qui enveloppe la plantule , ou le germe dans les semences. V. EMBRYON.
- PÉRISSOLOGIE, s. f. du grec 'ttepia-eroc ( périssos ) , superflu, et de ~KÛyoc ( logos ) , discours : discours superflu.
- ( Elocut. ) Répétition inutile en d’autres termes, d’une même pensée qu’on vient d’expliquer suffisamment.
- PÉRISTALTIQUE, adj. du grec 'rtiptç-iwui (peristellâ ) , contracter, retirer.
- ( Méd. ) Mouvement propre et naturel aux intestins, par lequel leurs parties sont comprimées de haut en bas , successivement les unes après les autres, semblable à celui des vers qui rampent, d’où vient qu’on l’appelle aussi mouvement vermiculaire.
- PÉRISTYLE, subst. m. du grec 'ttipi ( péri ) , autour, et de ç-ôxoç ( stu/os ), colonne.
- ( slrchit. ) Edifice environné de colonnes isolées en son pourtour intérieur.
- Le péristyle est différent du pé-ryptère , en ce que les colonnes du premier sont en dedans, et celles du second sont en dehors. Cependant, on entend aussi par péristyle, un rang de colonnes , tant au dedans qu’au dehors d’un édifice.
- PÉRISYSTOLE , s. f. du grec '7ttp( ( péri ) , au dessus, au-delà, et de ovç'a'Kn ( sustolé ), contraction.
- ( Méd. ) Intervalle, ou repos qui est entre la systole et la diastole des artères, c’est-à-dire, entre la contraction et la dilatation des artères.
- PÉRITOINE , s. m. du gree irep
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- ( péri) , autour, et de tefva> ( téino) , tendre.
- ( Physiol. ) Enveloppe membraneuse très - considérable , immédiatement adhérente à la surface interne des muscles transverses, et à celle de tout le reste de la cavité du bas ventre, dont elle couvre et enveloppe les viscères, comme une espèce de sac.
- PÉRITROCHON, s. m. du grec wspt (péri), autour, et de tpoyîfe ( trochéô ) , courir, rouler.
- ( Mécan. ) Machine propre à enlever de gros rradeau.
- PERLE , s. f. du latin perula ou sphcerula.
- ( Hist. nat. ) La perle est une matière concrète formée dans plusieurs espèces de coquilles bivalves. On a enfanté des systèmes plus absurdes les uns que les autres pour rendre raison de la formation des perles. On sait aujourd’hui qu’elles ne sont qu’une extravasation contre nature, du suc lapidifique contenu dans les organes de l’animal, et filtré par ses glandes ; que ce sont des globules formés par des couches peu épaisses, qui, au lieu d’etre appla-ties, comme celles de la coquille , sont concentriques , avec plus ou moins de régularité.
- Les perles se trouvent dans toutes les mers, et dans les eaux douces ; mais les plus belles se pêchent dans les parties les plus chaudes de l’Inde et de l’Amérique.
- Pour qu’une perle soit d’une grande valeur, il faut qu’à une grosseur considérable , et une rondeur parfaite , elle joigne un poli fin, une blancheur éclatante , et un luisant qui la fasse paroître transparente sans l’être. Quand elle réunit ces qualités , on dit qu’elle est d'une belle eau.
- I\acre de perle ; on appelle ainsi la portion intérieure de la coquille, dont le tissu fin et poli, olfre à la vue différentes couleurs.
- Perles artificielles ; on fabrique les perles artificielles avec des écailles de poisson. Vable, petit poisson de rivière, fournit , dans ses écailles minces et délicates, la matière colorante des perles. On prend ces poissons au filet, on les frotte les uns contre les autres dans des baquets ; les écailles se détachent, et tombent au
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- fond de l’eau : on les ramasse et on les dessèche légèrement ; on les met ensuite dans de l’ammoniaque liquide un peu étendue, où elles se ramollissent; et on souffle cette liqueur dans des perles de verre , sur les parois desquelles les écailles s’appliquent et se collent. Cette liqueur s’appelle, dans le commerce, essence d’Onent.
- PERMÉABILITÉ, s. f. du latin permeabilitas , fait de permeo, composé de per, au travers, et de meo, passer, passer aü travers: qualité de ce qui est susceptible d’être traversé, de ce qui est perméable.
- ( Physique ) Propriété qu’ont certaines matières de se laisser traverser par d’autres. Toutes les matières, 3i l’on en excepte celle du feu , qui est absolument imperméable à tonte autre substance, mais qui les pénètre toutes, sont perméables à quelqu’autre matière.
- PERMUTATION, s. f. formé du latin per, entre, et 4e muto t changer: échange.
- ( Analyse ) Les mathématiciens entendent par ce mot, la transposition qu’on fait des parties d’un même tout, pour en tirer les divers ar-rangeniens dont elles sont susceptibles entre elles. Comme si l’on cherchoit en combien de façons différentes on peut disposer les lettres d’un mot, les chiffres qui expriment un nombre , les personnes qui composent une assemblée, etc.
- PERNICIT AS, mot latin fait d® pernix, vite , léger.
- ( Physique ) Mot latin dont quelques auteurs se servent pour désigner une vitesse extraordinaire de mouvement ; comme celle d’un boulet qui fend l’air.
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- PERONE , s. m. du grec -jrqisv» ( péroné), agraffe.
- ( Anal. ) Le petit os long placé à la partie externe de la jambe, à l’opposite de l’angle externe du tibia.
- PÉRORAISON, s. f. du latin peroro , achever un discours, conclure.
- Ç Elocul. ) On entend par péroraison en réthorique, la quatrième et dernière partie d’un discours.
- Dans la péroraison, l’orateur reprend d’une manière concise lesprin*
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- eipaux points qui onf été développés dans ie discours. Il les remet sous les yeux des auditeurs, dans un point de vue plus frappant, et leur donne un nouveau tour : il les revêt des plus brillantes figures; enfin, il étale tout ce que l’éloquence a de plus séduisant et de plus pathétique.
- PERPENDICLE, s. m. du latin perpendiculutn, qui signifie le plomb dont, on se sert pour mettre de niveau, ou aplomb.
- ( Oéom. ) C’est le nom qu’on a donné à une espèce de niveau à pendule.
- PERPENDICULAIRE, adj. et b. du latin perpendi.cul aris, fait de perpendo, peser, examiner avec soin.
- ( (iéom. ) Ligne qui tombe directement sur une autre ligne, de façon qu’elle ne penche pas plus d’un coté que de l’autre, et fait par conséquent, de part et d’autre, des angles égaux.
- PERPENDICULE , s. m. du lat. petpendiculum.
- ( (Jéo/n. ) Ligne verticale et perpendiculaire , qui mesure la hauteur d’un objet, comme d’une montagne, d’un clocher, d’une tour.
- PERPETUEL , ELLE , adj. du latin perpetuo, faire durer sans cesse : continuel, qui ne cesse point, qui dure toujours.
- ( Mécan. ) Mouvement perpétuel ; mouvement qui se conserve et se renouvelle continuellement de lui-même, sans le secours d’aucune cause extérieure.
- Trouver le mouvement perpétuel, on construire une machine qui ait un tel mouvement, est un problème fameux , qui exerce les mathématiciens depuis deux mille ans. Il existe une infinité de dessins, de figures, de plans , de machines , de roues, etc. qui sont le fruit des efforts qu’on a laits pour résoudre ce problème. Tous ce s projets ont avorté ; aussi, c’est plutôt une insulte qu’un éloge, de dire de quelqu’un , qu’il cherche le mouvement perpétuel. Consultez la Lettre XXII de M. Maupertuis, dans son ouvrage intitulé : Lettres sur difjérens sujets de philosophie.
- PERROQUET, s. m. diminutif de PERROT, diminutif de pierre. Oiseau de l’Amérique, et de quelques contrées de l’Asie et de l’Afrique,
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- ( Marine ) Le mât le plus élevé d’un vaisseau. Il y a un mât de perroquet , au dessus de chaque mât de hune. F. HUNIER.
- P"oile de perroquet, ou simplement perroquet • c’cst la voile que porte chaque mât de perroquet.
- PERRUCHE . subst. f. diminutif de PERROQUET.
- ( Marine') C’est le nom distinctif de la voile laplusélevée de l’artimon.
- PERSIQUE,adj. du lat.persicus, qui est de Perse.
- ( Mrchil. ) Ordre de colonnes qui a été pratiqué parmi les Grecs, qui, au lieu du fût de la colonne dorique , a des figures esclavespersans, pour porter un entablement.
- On en attribue l’invention aui; Lacédémoniens, qui, apri-s la bataille de Platée , voulant humilier les Persans, érigèrent non - seulement, des trophées avec les armes de leurs ennemis, mais encore les représentèrent eux-mêmes sous la figure d’esclaves qui soutenoient leurs portiques, leurs arches, leurs cloisons, etc.
- PERSISTANT, TE, adj. du lat. persisto, persévérer.
- ( Botan. ) Il se dit de toute partie accessoire ou intégrante d’une fleur, lorsqu’elle subsiste totalement ou partiellement, avec ou sans déformation , après la fécondation de l’oca.re, qu’elle accompagne pendant son accroissement.
- Feuilles persistantes ; ce sont celles qui restent vertes sur la plante jusqu’au développement des nouvelles.
- Parties des fndls persistantes ; lorsqu’elles restent encore fixées au pédoncule , après l’émission des graines.
- PERSONNE, s. f. du latin per-sona, qui d’abord a signifié le masque dont se servoient les acteurs, puis le caractère de celui qui étoit censé parler, et enfin l’homme et la femme.
- PERSONNEL , LEE , adjec. de personne , qui est propre et particu-. lier à chaque personne.
- (Pratique) Motion personnelle ,* c’est celle par laquelle nous agissons contre celui qui est obligé* à nous donner ou à faire quelque chose pour notre utilité. Cette action est appelée personnelle, parce qu’elle est atta-
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- ehée à la personne obligée et la suit ton j ours.
- PERSONNES , adj. du latin per-sono, , masque.
- ( Rotan. ) C’est le nom d’une famille de plantes dont la corolle représente un mufle d’animal. Le mu-jiier, la digitale , sont des plantes personnées.
- PERSPECTIVE , s. f. du latin perspecto , ou pcrspicio, considérer attentivement.
- ( Optique ) La perspective est l’art de représenter sur une surface plane les objets visibles, tels qu’ils paraissent à une distance ou à une hauteur donnée, à travers un plan transparent placé perpendiculairement à l’horizon , entre l’œil et l’objet.
- La' perspective est ou spéculative ou pratique.
- La perspective spéculative est la théorie des différentes apparences ou représentations de certains objets, suivant, les. différentes positions de l’œil qui les regarde.
- La perspective pratique est la méthode de représenter ce qui paraît à nos yeux ou ce que notre imagination conçoit, et de le représenter sous une forme semblable aux objets, que nous voyons.
- La perpective, soit spéculative , soit pratique, a deux parties ; l’ich-nographie , qui est la représentation des surfaces, et la scénographie, qui est celle des solides. Pr. ICHNO-GRAPHIE et SCÉNOGRAPHIE.
- La perspective s’appelle plus particulièrement perspective linéaire, à cause qu’elle considère la position , la grandeur , la forme , etc. des différentes lignes ou des contours des objets.
- Perspective à vup d'oiseau; c’est la représentation que l’on fait d’un objet, en supposant, l’œil fort élevé au dessus du plan où cet objet est représenté, en sorte que l’œil en aperçoive un très-grand nombre de dimensions à la fois ; par exemple, le plan d’une ville avec ses rues et ses maisons, est un plan à vue d’oiseau.
- Perspective aérienne ; c’est celle qui représente les corps diminués et rtans un moindre jour , à'proportion
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- de leur éloigflément. Cette méthode est fondée sûr ce principe^: Plus est longue la colonne d’air à travers laquelle on voit l’objet, plus estfoible le rayon visuel que l’objet envoie à l’œil.
- (Pcinture')l,a perspective linéaire, considérée particulièrement sous le rapport de la peinture, enseigne de quelle manière les lignes qui circonscrivent les objets se présentent à l’œil du spectateur , suivant le point où cet œil est placé , et la distance des objets.
- Cette science étoit connue des anciens , et les peintures trouvées à Herculanum prouvent qu’ils la con-noi^soient, du moins assez, pour l’usage pratique.
- Tant que la perspective a été méconnue, l’art de la peinture est resté dans l’enfance , puisqu’elle seule apprend à rendre avec exactitude les raccourcis, et qu’il se trouve des raccourcis dans les poses les plus simples.
- Rien ne trompe plus aisément que la vue : pour peu qu’il y ait de chan-gemens , ou dans la position de l’œil du peintre, ou dans l’objet à peindre , il se trouvera une différence considérable entre l’original et 1a. copie ; mais la perspective est une règle sûre pour mesurer les ouvrages que l’on veut tracer, et donner la vraie forme des lignes qui doivent indiquer les contours.
- Perspective aérienne ; elle n’est pas soumise, comme la perspective linéaire , à des principes rigoureusement démontrés. Elle pnseigne le degré de lumière que les objets réfléchissent vers le spectateur , à raison de leur éloignement. Elle fait connoître que ces objets se dégradent de ton en proportion de l’air intermédiaire qui les sépare de l’œil qui les regarde; mais comme cet air peut, être plus léger ou plus dense, plus pur ou plus chargé de vapeurs , on sent que cette dégradation ne doit pas toujours être la même. C’est surtout par l’observation que le peintre peut-apprendre les lois de la perspective aérienne : il s’apercevra qu’eu dégradant, les tons, elle rend aussi les contours plus indécis, qu’elle efface les angles et ne respecte que les formes qui terminent les objets, en
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- les rendant cependant vagues et incertaines.
- Perspective est aussi le nom qu’on donne à des peintures que l’on place au fond d’une allée ou d’une galerie pour en prolonger la longueur apparente, ou pour la terminer par des vues qui paraissent éloignées.
- On appelle encore perspectives, des tableaux ou des estampes qui représentent des places, des rues, des temples qui offrent une grande profondeur.
- ( Optique ) Perspectives amusantes ; ce sont des boites que l’on trouve chez les opticiens , dont l’art consiste à placer obliquement un miroir pour rappeler les objets de bas en haut, et de perpendiculaires qu’ils sont les uns aux autres , les faire paraître parallèles et plus éloignés qu’ils ne sont réellement. Pour y parvenir, il faut que les figures dont on veut faire usage soient placées à la renverse , selon les proportions de la perspective , parce que le miroir les redresse. Ce miroir doit être incliné de 45 degrés; à l’horizon. La boîte doit être garnie d’un objectif qui soit dirigé précisément vers le milieu de la glace dans une ouverture faite exprès. Le foyer de cet objectif doit être de la longueur de la boîte. Cette sorte de perspective représente les objets éloignés de deux ou trois pieds, comme s’ils étoient à plusieurs toises.
- PERSPIRATION, s. f. du latin perspiratio, composé de per, au travers , et de spiro , exhaler, transpirer : transpira ion.
- ( Méd. ) Les médecins ont donné ce nom à l’insensible transpiration qui se fait continuellement par les pores de la peau , pour la distinguer de la transpiration visible, telle que la sueur.
- PERTUIS , s. m. du latin per-tusus, fait de pertundo, pertusuni, pertuiser, perforer.
- ( Marine ) Passage étroit entre les écueils, par lequel on arrive à un port, abri ou mouillage , comme le pertuis dMntioche , le perlais bretpn.
- (.Hydr.) Pertuis se dit aussi d’un passage étroit pratiqué dans une ri-
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- vibre, aux endroits où elle est basse , pour augmenter l’eau de quelques pieds.
- Pertuis est encore le nom d’un trou par lequel l’eau passe d’une écluse dans un coursier pour faire mouvoir une roue.
- PERTURBATION, s. f. du latin per , au travers , et de turbo , troubler : trouble , émotion.
- (..dstron.) Perturbations ; ce sont les troubles et les dérangemens que les planètes se causent réciproquement par leur attraction en tous sens.
- Si chaque planète, en tournant autour d’un centre, n’éprouvoit d’autre force que celle qui la porte vers ce centre, elle décrirait un cercle ou une ellipse dont les aires seraient proportionnelles aux tems ; mais chaque planète étant attirée par toutes les autres, dans des directions différentes et avec des forces qui varient sans cesse , il en résulte des inégalités, des perturbations contintielles. C’est le calcul de ces arraugemens qui occupe depuis long-tems les géomètres et les astronomes ; mais les calculs déjà faits ont besoin d’être perfectionnés, et l’on a besoin pour cela de con-noître avec plus de précision les données sur lesquelles le calcul est fondé, et de rendre plus parfaites les méthodes analytiques par lesquelles on parvient au résultat.
- PERTUSE , adj. f. du latin per-lundere, pertusuni, perforer, percer.
- (JSotan.') Feuille pertuse ; c’est celle qui est parsemée de petits points tran sparens qui la font paraître comme percée de mille petits trous.
- PERVERSION, s. f. du latin perversio , fait de perverto , corrompre , changer de bien en mal.
- ( Méd. ) Action par laquelle les liqueurs du corps sont, corrompues , gâtées.
- PESANT, TE, adj. de peser, du latin barb. pesare, fait de pen-sare , examiner attentivement : qui pèse , qui est lourd.
- (Manège) Pesant à la main ; cela se dit d’un cheval qui porte sa tête basse et qui s’appuie sur le mors.
- ( Marine ) Un grain pesant ; c’est un grain de vent très-violent.
- Voy. GRAIN.
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- ( Peinture ) Figure pesante ; c’est celle qui est d’une proportion courte , grosse , ramassée.
- Contour pesant ; c’est le contraire d’un contour fin et léger.
- 1 ons pesans ; ce sont les tons mattes, parce qu’ils semblent à l’œil avoir de la pesanteur.
- Draperie pesante ; on n’entend point par-là une draperie d’une étoffe grossière : Raphaël n’a pas souvent employé les étoffes fines dans ses draperies ; et cependant elles sont loin d’être pesantes ; on entend par une draperie pesante celle qui est trop lourde pour la figurequi la porte, qui l’enveloppe, au lieu de la vêtir , qui cache les formes , qui ne se distribue pas en plis grands à la fois et légers ; en un mot, qui forme plutôt ce qu’on appelle paqueLqpe de belles suites de plis dont on sente la cause , l’origine et la fin.
- Ciel pesant ; un ciel peut être pesant par le ton et par la forme des nuages. Il est pesant par le ton , quand il n’a point cette couleur vague qui peint la légèreté de l’air , et cette clarté qui montre que les vapeurs aériennes sont toutes imbibées de lumière. Il est pesant par la forme, quand il est chargé de nuages qui n’ont pas de mouvement, et qui ressemblent plutôt à des corps solides qu’à des amas de vapeurs, que le vent chasse à son gré.
- Composition pesante ; c’est celle qui est surchargée d’objets, autour desquels on ne peut tourner, autour desquels on ne sent pas l’air circuler.
- Exécution pesante ; une exécution est pesante quand le pinceau est peiné , quand on sent que l’artiste a peint d’une main lourde , quand ses touches manquent de netteté , quand, au lieu de fondre légèrement ses teintes, il les a maladroitement brouillées.
- PESANTEUR, s. f. du lat. pen-sare, examiner attentivement, dont on a fait pesare , pour peser : qualité de ce qui est pesant.
- ( Mécan. ) La pesanteur , en mécanique , est cette force en vertu de laquelle tous les corps que nous connoissons tombent et s’approchent du centre de la terre lorsqu’ils ne sont pas soutenus.
- Pour les causes encore inconnues
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- de la pesanteur, voy. GRAVITE , GRAVITATION.
- Quant aux lois delà pesanteur, voici ce que l’expérience a fait découvrir à cet égard.
- i°. La force qui fait tomber les corps est toujours uniforme, et ag:t également sur eux à chaque instant.
- 2o. Les corps tombent vers la terre d’un mouvement uniformément accéléré.
- 3°. Leurs vitesses sont comme les tems de leur mouvement.
- 4°. Les espaces qu’ils parcourent sont comme les carrés des tems, ou comme les carrés des vitesses ; et par conséquent les vitesses et les tems sont en raison sous-doublée des espaces.
- 5°. L’espace que le corps parcourt en tombant pendant un tems quelconque , est la moitié de celui qu’il parcourroit. pendant le même tems d’un mouvement uniforme avec la vitesse acquise ; et par conséquent cet espace est égal à.œelui que le corps parcourroit d’un mouvement uniforme avec la moitié de cette vitesse.
- 6°. La force qui fait tomber les corps vers la terre est la seule cause de leur poids. Cependant comme la résistance de l’air se mêle toujours ici bas à l’action de la gravité dans la chute des corps, il suit de diverses expériences faites sur la chute des corps , dans le vide et dans l’air, i°. que la force qui fait tomber les corps vers la terre est proportionnelle aux masses ; 2°. que cette force agit également sur tous les corps, quelles que soient leur contexture, leur forme, leur volume, etc. ; 3°. que tous les corps tomberoient également vite ici bas vers la terre, sans la résistance que l’air leur oppose, et que par conséquent la résistance de l’air est la seule cause pour laquelle certains corps tombent plus vite que les autres , cette résistance étant plus sensible sur les corps qui ont plus de volume et moins de masse.
- Pesanteur spécifique ; c’est le poids que pèse un corps sous un volume déterminé. Plus un corps quelconque a de poids sous ce volume' donné , comme un pouce cube, un pied cube, plus sa pesanteur spécifique est grande.
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- La pesanteur spécifique est absolue ou relative.
- La pesanteur spécifique absolue est le poids d’un volume déterminé, d’une matière quelconque pesée dans une balance ordinaire.
- La pesanteur spécifique relative est le rapport qui existe entre la densité ou la pesanteur spécifique absolue de deux corps , dont l’un est pris pour terme de comparaison. C’est l’eau pure que les physiciens ont choisie à cet effet , attendu qu’elle présente un moyen facile de con-noitre le rapport des pesanteurs des autres corps avec la sienne.
- Pour exprimer ce rapport d’une manière facile , on suppose qu’un volume d'eau quelconque pèse i ,000 -ou 10,000.
- Ainsi, quand on dit qu’une telle pierre pèse 3,000 ou 3o,ooo, c’est la même chose que si on disoit qu’un pied cube de cette pierre pèse autant que trois pieds cubes d’eau ; c’est-à-dire , que sa pesanteur absolue est de 210 livres le pied cube.
- Pour trouver la pesanteur spécifique d’un corps, on se sert d’une balance ordinaire et de la balance hydrostatique , c’est-à-dire, qu’on pèse d’abord à l’air libre le corps dont il s’agit, et qu’on le pèse de nouveau étant plongé dans l’eau. La quantité de pesanteur qu’il perd dans cette seconde opération , équivaut au volume d’eau qu’il a déplacé, et fait connoitre le rapport de sa pesanteur spécifique absolue, ou de sa densité avec celle de l’eau ; et c’est ce rapport qu’on désigne simplement sous le nom de pesanteur spécifique.
- Ainsi un corps qui, dans l’air libre, peseroit deux livres, et qui, plongé dans l’eau, peseroit encore une livre, seroit deux fois aussi pesant que l’eau à volume égal ; et sa pesanteur spécifique seroit exprimée par 20,000 , celle de l’eau étant supposée 10,000.
- PESE-LIQUEUR , s. m. composé de peser, pensare , et de liquor. liqueur.
- ( Physique ) Instrument à l’aide duquel on détermine le degré de pesanteur d’un liquide ; il y en a de plusieurs sortes- : les plus en usage sont ceux qufon plonge dans les liqueurs dont on veut connoitre les
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- pesanteurs spécifiques ; alors ils doivent avoir la forme la plus convenable pour diviser facilement le fluide , et se maintenir dans une position verticale. Ils doivent être aussi construits de manière à indiquer en même fems la température de la liqueur. C’est la même chose qu’ARIt)MÈTRE. Voy. ce mot.
- PESON, s. m. du latin barbare pesum, qui a été dit d’abord pour le peson d’un fuseau.
- ( TMétrol. ) Sorte de balance ap-elée autrement statera romana , alance romaine , au moyen de laquelle on trouve la pesanteur des différens corps, en se servant d’un seul et même poids qu’on leur compare. Poy. BALANCE.
- PESSAIRE , s. m. du lat. pessa-rium, formé du grec «ttso-j-o çÇpessos ), petite pierre qui sert à jouer, à laquelle le pessaire ressemble.
- ( Chirurgie') Remède solide qu’on introduit dans les parties naturelles des femmes , pour la guérison de plusieurs maladies auxquelles la matrice est sujette.
- PESTE, s. f. du lat. pestis, maladie, poison, mort.
- ( Méd. ) Maladie exanthéma-teuse , contagieuse et épidémique , qui tire ordinairement son origine d’un miasme vénéneux répandu dans l’air.
- PETALE , s. m. du grec /nrsTatxov (pétalon) , feuille , formé de mrct.'» (pétaô ) , ouvrir, étendre, éclore.
- (Botan.) C’est le nom que l’on donne à chacune des pièces de la corolle. Quand la corolle est d’une seule pièce , il n’y a qu’un pétale ; le pétale et la corolle ne font alors qu’une seule et même chose, et cette sorte de corolle est appelée mono-pétale.
- On dit que la corolle est dipétale, tripétale, Létrapétale , pentapétale, polypétale. quand elle est composée de deux , de trois, de quatre, de cinq ou de plusieurs pétales.
- De pétale on a fait pétalé, pour ce qui est pourvu d’une corolle, et pétaloïde pour désigner une chose semblable à une corolle ou à un pétale.
- ( Méd. ) Les médecins disent pi—
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- laiode, en parlant du sédiment de l’urine, pour signifier qu’il est écailleux , ou'semblable à des feuilles, de fleurs.
- PETALISME , s. m. du grec 'mra.Xnrpoç (pétalismos) , formé de ‘Xtr&xov (pétalon'), feuille.
- ( Hist. a ne. ) Jugement populaire qui s’exerçoit à Syracuse contre ceux dont la trop grande puissance étoit suspecte, ou qui avoient un assez grand crédit chez le peuple pour faire craindre qu’ils attentassent à la liberté publique. Ce jugement étoit ainsi appelé parce que les suffrages se donnoient sur une feuille d’olivier , comme on disoit ostracisme à Athènes , par la raison que les bulletins étoient écrits sur une écaille.
- PETARD, s. m. de peter, pedi-lare en latin.
- ( Artillerie ) Instrument à feu inventé en France : c’est une machine de fer ou de fonte qui a la forme d’un cône tronqué 7 quatre anses par lesquelles elle est fortement attachée à un madrier, lequel a aussi un fort crochet de fer, servant à l’attacher à l’endroit où le pétard doit être placé. L’usage du pétard est de rompre ou d’enfoncer des portes , des barrières , et même des murailles.
- PÉTÉCHIES, s. f. pl. de l’ifal. petechie, taches couleur de pourpre.
- ( JVléd. ) Taches rouges ou pourprées , semblables à des morsures de puces, qui s’élèvent souvent sur la peau dans les fièvres malignes , épidémiques, pestilentielles, et qui sont toujours d’un très-mauvais présage.
- PÉTIOLE, s. m. du latin petio-lus.
- ( Botan.) C’est le nom qu’on donne à cette partie de la plante qui sert de support aux feuilles seulement. Le pétiole est la queue de la feuille, comme le pédoncule est la queue de la fleur ou du fruit.
- Pétiole commun ,• c’est celui qui dans la feuille composée porte toutes les folioles.
- Pétiole partiel ; celui de chaque foliole.
- Pétiole secondaire ; la ramification du pétiole commun delà feuille surcomposée.
- Feuille pétioles ; celle qui est
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- portée par un pétiole ; elle est opposée à SESSILE. F. ce mot.
- PÉTITION , s. f. du lat. petilio , fait de peto, petitum, demander ; demande.
- ( Polit. ) Droit de pétition ; c’est en Angleterre u& droit attribué au peuple de faire des demandes , soit individuellement , soit collectivement , aux autorités constituées.
- ( Logique ) Pétition de principe ; cette expression qui n’^st d’usage qu’en didactique, signifie l’allégation pour preuve de la chose même qui est en question.
- PETITOIRE, adj.ets., même origine que pétition.
- ( Pratique) Action pétitoire ; c’est une demande faite en justice pour obtenir la propriété d’un héritage.
- Le pétitoire ; c’est une instance faite en justice pour être maintenu ou établi dans la propriété d’un héritage. On dit qu’un homme a gagné son procès au pétitoire, pour dire que le jugement l’a déclaré légitime propriétaire de l’héritage en question. L’ordonnance défend de juger conjointement le pétitoire et le posses-
- PETREUX, adj.du grec 'TTêTpOÇ (pélros), pierre : qui tient de la pierre.
- ( Anat.) L’os temporal, se nomme os pétreux, à cause de son apophyse dure, qu’on appelle le rocher.
- On dit aussi les sinus pétreux de la dure-mère, et on les distingue eu supérieur et en inférieur.
- PÉTRIFICATION, s. f. du grec «rsTpo; ( petros ), pierre, et àeji,, devenir.
- ( Minéral. ) Changement d’un corps organisé en matière pierreuse.
- Comment la nature opère-t-elle cette métamorphose qui paroît avoir été faite quelquefois dans un tems fort court? Cette question fait depuis long-temsle sujet des méditations des naturalistes ; mais les solutions qu’ils ont essayé d’en donner, sont encore lo in d’être satisfaisantes.
- L’explication la plus généralement admise, consiste à supposer que la matière pierreuse se substitue à la substance végétale, à mesure que celle-ci se décompose. Dans cette opération , les parties pierreuses, en s’ar-
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- rangeant dans les places restées vides par la retraite des parties ligneuses, et en se moulant dans les mêmes cavités, prennent l’empreintede l’organisation végétale, et en copient exactement les traits.
- PETROLE , du grec 'xnpîxcuov ( Pétrélaion), formé de ttItpo c{pé-tros) , pierre, et d’i'xsuov {élaion ) , en latin oleum, huile : huile de pierre.
- (.Minéral. ) Bitume liquide qui s’infiltre à travers les pierres et les terres dans quelques montagnes de la ci-devant Auvergne, de l’Ecosse , dans plusieurs endroits de l’Italie, dans la Perse, etc.
- On distingue plusieurs variétés de pétrole, mais on ne désigne ordinairement sous ce non?, que deux espèces, l’une blanche et transparente , connue sous la dénomination particulière de naphte; l’autre brune, rouge ou noirâtre, dont l’odeur approche de celle de la térèbentine.
- Au Japon et en Perse , on brûle le
- Îiétrole dans les lampes ; on vient de 'appliquer à Gênes à 1’illuitnnation journalière de la ville.
- Les anciens le faisoient entrer dans la composition de leur ciment. Les médecins s’en servoient dans les maladies des muscles, dans la paralysie. On en frictionne les membres gelés.
- PÉTRO-PHARYNGIEN, adj. et s. du grec nr'irpoç {péit’os ) pierre , et de fxpuyt; {pharugx), le pharynx , l’entrée du gosier.
- ( Anal. ) C’est le nom de deux muscles du pharynx, qui s’attachent à l’apophyse pierreuse de l’os des tempes.
- PÉTRO-SALPINGO-STAPHY-LIN , adj. et s. du grec vrsTpoç (peinas}, pierre, de akxnviy^ {.salpigx), trompe, et de çu<j>vx>t (sLaphnlê ), la luette : qui a rapport à l’apophyse
- fnerveuse , à la trompe et à la uette.
- {Anal.') C’est le nom de deux muscles delà luette.
- PÉTRO-SILEX , s. m. composé des deux mots latins, petra, pierre , et silex , caillou ; substance qui participe de la nature de la pierre et du caillou.
- {Minéral,') Espèce de pierre de
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- nature silicée, d’une contexture simple et uniforme, mais d’un grain moins fin , d’une pâte moins pure , moins homogène , moins translucide que celle du silex, mais moins opaque que celle du jaspe.
- PETTO (IN), terme italien.
- {Chancellerie romaine) Terme emprunté de l’italien , et qui signifie, dans l’intérieur du cœur, en secret. Le pape a créé deux cardinaux , il en a réservé un in petlo.
- PETUN-ZE, s. m. Mot chinois.
- {Minéral.) Feld-spath laminaire blanchâtre, qui entre dans la composition de la porcelaine, y. FELDSPATH.
- PHACOÏDE , adj. du grec <+>«,*» {phahé) ou qmtoç , {phakos), lentille , et d’dJ'oi { éidos ), forme: qui a la forme d’une lentille.
- {Physiol.) Epithète donnée k l’humeur crystalline de l’œil, à cause de sa forme.
- PHAGÉDINIQUE, adj. du grec (pnyifeLiveL {phagédaina), dérivé de <pix.yuv {phagéin), manger.
- ( Méd. ) Ce mot qui dans l’origine servoit à exprimer la faim canine , a été appliqué ensuite aux ulcères malins qui rongent et mangent les chairs voisines, et enfin aux remèdes qui consument les chairs baveuses, comme l’eau de chaux , dans laquelle on a mêlé du sublimé corrosif.
- PHALANGE, s. f. du grec <pét\a.y% {phalagx).
- {Arl milil.) La phalange étoit chez les Grecs toute une armée réunie en un seul corps. Les soldats qui composoient la phalange étoient extrêmement pressés et rangés sur quatre, huit, douze, et jusqu’à seize de hauteur.
- La phalange macédonienne étoit un gros d’hommes serrés dans leurs rangs, qui en présentant leurs saris-ses ou longues piques, formoientune barrière inaccessible, et dont le choc, lorsqu’elle en venoit à la charge, ren-versoit tout ce qui seprésentoit devant elle.
- {Anal.) C’est, par comparaison que les anatomistes ont appelé phalanges les os des doigts, parce qu’ils sont disposés en ordre de bataille, comme la phalange macédonienne<
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- PHALANGOSE , s. f. du grec <çd,\ciyFa><nç (phalaggôsis) , dérivé de (phalagæ), phalange.
- ( Méd. ) Maladie de l’œil dans laquelle les bords de la paupière sont tournés en dedans , et hérissés contre l’œil à la manière d’une phalange.
- PHALEUQUE ou PHALEUCE, adj. de Phaleucus , nom d’homme.
- (Poésie gr. et lat, ) Terme de poésie grecque et latine, qui se dit d’une espèce de vers composé de cinq pieds ; savoir : un spondé, un dactile et trois trochées. Par exemple : JVunquam divilias deo rogavi. Le phaleuque convient à l’épigram-me ; il tire son nom de Phaleucus qui l’inventa.
- PHANTASMAGORIE, s. f. du grec <pkiTcLapt.a. (pliantasma} , fantôme ou phantôme, et d’kryop h (agora ) , assemblée : assemblée de fantômes.
- ( Physique ) Sorte de nouveau spectacle physique , qui consiste à faire apparoitre dans un lieu obscur, des images de corps humains , qui produisent de l’illusion.
- PHANTÔME, s. m. V. FANTOME.
- PHARE. s. m. du grec <pxpos (pharos'), nom d’une lie située près d’Alexandrie en Egypte.
- ( Marine) Tour construite à l’entrée des ports, ou aux environs, laquelle , par le moyen des feux qu’on tient allumés dans sa partie la, plus élevée, qui est à jour en forme de lanterne, sert à guider, pendant la nuit, les vaisseaux, qui approchent des côtes, et qui veulent entrer dans les ports.
- Le plus ancien phare dont l’histoire fasse mention, est celui du promontoire de Sigée. Il y avoit de semblables tours dans lepirée d’Athènes, et dans la plupart des ports de la Grèce ; mais le phare le plus fameux a été celui que Ptolomée Philadel-phe fit élever dans l’île de pharos, près de la rive d’Alexandrie en Egypte, et qui a mérité d’être compté parmi les merveilles de l’univers. Il hit élevé l’an 470 de la fondation *le Rome ; on lui donna le nom de l’ile, et on l’appela le phare, nom qui depuis a été donné à toutes les Autres tours servant au même usage.
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- Les Romains avoientfait construire un phare à Boulogne-sur-mer, qui subsistoit encore en 1643.
- PHARMACEUTIQUE, adj. et s. du grec <potppcucov (phartnakon) , médicament, remède : qui concerne les remèdes, les médicamens.
- ( Méd. ) Partie de la médecine qui donne la description des remèdes, et qui enseigne la manière de les employer à propos.
- Pharmaceutique se dit aussi adjectivement de ce qui concerne la pharmacie.
- PHARMACIE, s. f. du grec <péP-p.Anîut (pharmaheia) , action de préparer lùs remèdes , les médicamens.
- (Méd. ) Ait qui enseigne la préparation et la mixtion des médicamens , et qui donne la manière de les composer.
- On divise la pharmacie en galénique et en chimique.
- La pharmacie galénique, appelée ainsi de Galien qui la cultiva, se contente de faire ses opérations sur les médicamens, sans en faire l’analyse ni la décomposition.
- La pharmacie chimique qui pénètre plus avant, enseigne à résoudre les corps mixtes dans leurs principes , à découvrir les parties intimes dont ils sont composés, à séparer les mauvaises , à assembler les bonnes et en exalter les vertus.
- PHARMACIEN, ou PKARMA-COPE, s. m. du grec <pxppay,ivrr,î (pharmakeulês') , médicamentaire, celui qui prépare les médicamens.
- PHARMACOPÉE, s. f. du grec qx.ppa.x.O'iiroiicL (pharmakopoeia) , formé de qkppa.M't (pharmakou) , remède, et de Trois» (poiéô'), ma-ler, composer.
- ( Méd.') Titre que l’on donne ordinairement aux livres qui enseignent la manière de préparer les remèdes.
- PHARMACOPOSIE , s. f. du
- grec <ÿét,pp.ctx.ov (pharmakon') , remède , et de trôcnç ( posis) , potion , boisson.
- ( Méd. ) On appelle ainsi en géné ral tout remède liquide , et en particulier un cathartique liquide.
- PHARINGÉ, ÉE, adj. V. PHARYNX.
- (Physiol. ) Qui a rapport an pha-rynys ; les artères pharyngées.
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- PHARYNGOGRAPHIE , s.f. du grec <pétpuy% (pharugx), pharynx, et de ypktpte (grapho ), décrire : description du pharynx.
- {Anal.') Partie de l’anatomie qui a pour objet la description du pharynx.
- PHARYNGOLOGIE, s. f. du gr. <pkpvy% {pharugx), le pharynx , et de xôyaç { logos ) , discours.
- {Anal. ) Partie de l’anatomie qui traite des usages du pharynx.
- PHARYNGO-PALATIN , adj. du grec <pApvy% (pharugx ), le pharynx, et du latin palatum, le palais.
- (Anal.) Il se dit de deux muscles qui ont rapport au pharynx et au palais.
- PHARYNGO - STAPHYLIN, adj. du grec <pkpvy% {pharugx ) , le pharynx, et de « ( staphulê ) ,
- la luette.
- ( Anat.) Nom de deux muscles qui ont rapport au pharynx et à la luette.
- PHARYNGOTOME , s. m. du grec <pxpvy% {pharugx) , le pharynx^ et de Têjuvai ( Icmno ), couper , inciser. '
- ( Chirurgie ) Instrument qui sert à ouvrir le pharynx, à scarifier les amygdales lorsqu’elles sont gonflées et enflammées au point de menacer de suffocation, et d’empêcher la déglutition , ou encore à ouvrir les abcçs dans le fond de la gorge. Cet instrument est une lancette cachée dans une canule ou gaine d’argent légèrement courbée, longue et plate.
- PHARYNX, s. m. du grec <pâpuy% ( pharugx ).
- {Anat. ) Intervalle qui s’observe au fond de la bouche ou du gosier. C’est la partie supérieure de l’œsophage qui se trouve dilatée à peu près comme le pavillon d’un entonnoir.
- PHASES, s. f. du grec <pct<nç { phasis), dérivé de <t>atva> {phaino ); paroitre, se montrer.
- ( Aslron. ) On appelle phases , en astronomie, les diverses apparences de la lune, de Vénus, de Mercure et des autres planètes, ou les dillerentes manières dont elles pa-roissent éclairées par le soleil.
- Lés diversités des phases de la
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- lune dépendent de sa différente position par rapport à la terre.
- Cette planète a toujours une de ses moitiés éclairée par le soleil ; ainsi, suivant qu’elle est située par rapport au spectateur, elle doit lui présenter plus ou moins de cette moitié éclairée.
- On peut représenter les différentes phases de la lune en exposant à la lumière d’un flambeau un corps sphérique qu’on place d’abord entre la lumière et l’œil, et ce corps pa-roît dans l’obscurité : voilà la nouvelle lune. Si l’on recule un peu le corps sphérique, de quelque coté que ce soit, en sorte que le flambeau , l’œil et le corps sphérique soient dans le même plan , alors l’œil apercevra une portion de la partie de ce corps , qui est éclairée par le flambeau : voilà le premier quartier. Enfin , la moitié éclairée se présentera toujours de plus en plus à i’œil, jusqu’au point de paroître toute entière : voilà là pleine lune. Alors l’œil se rencontrera entre le flambeau et le corps illuminé.
- A l’égard des phases de Vénus , on n’y découvre aucune diversité à la vue simple , mais on y en remarque avec le télescope. Copernic prédit que, dans les siècles à venir, on découvriroit que Vénus éprouvoit les mêmes changemens que la lune. Galilée fut le premier qui accomplit cette prédiction , en dirigeant son télescope sur Vénus ; et il en conclut la démonstration du mouvement de Vénus autour du soleil.
- Mercure fait voir les mêmes apparences ; mais elles sont difficiles à observ er, à cause de sa petitesse.
- Saturne a embarrassé long- teins les astronomes par son étrange diversité de phases : elles sont expliquées au mot ANNEAU. On observe aussi beaucoup de changemens sur le disque de J upiter. y. BANDES.
- PHÉNIGMES, s. m. du grec <&o7v/f (phoinix ) , rouge.
- (7VîécL) Remède qui excite la rougeur et fait élever des vessies sur les parties du corps où on l’applique.
- PHENOMENE , s. m. du grec yatvoudii, apparoître : apparence.
- ( Philosophie ) Phénomène se dit. dans l’usage ordinaire, de quelque chose
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- chose d’extraordinaire qui paroît dans les cieux , comme l’aurore boréale, les comètes , etc. ; mais les philosophes appellent phénomènes tous les effets qu’on observe dans la nature , ou plutôt tout ce que nous découvrons dans les corps à l’aide des sens.
- PHILANTROPE, s. m. du grec <fûxoç (philos), ami, et d’^vS/xsu-Trof ( anlhrôpos ) , homme.
- ( Philosophie ) Ami de l’humanité. Delà vient aussi PHILANTROPIE , pour le caractère ou la vertu du philantrope.
- PHILARMONIQUE, adj. du gr. q'aos (_ philos ), ami, et d ’ûfpov'ut ( harmonia 1 , harmonie.
- ( Musique ) Ami de l’harmonie , ou amateur de musique.
- ( Société philarmonique ),- c’est le nom que l’on a donné à une société d’amateurs ou d’artistes musiciens qui se réunissent pour faire de la musique , pour leur plaisir ou pour de l’argent.
- PHILAUTIE , s. f. du grec qxXato-T/a (philautia ), formé de <plxoc (pki los), ami, et d’àvroç ( autos ), soi - même : amour de soi - même ; amour-propre.
- PHILIPPIQUE , s. f. du grec qhjmr.woç (Philippos') , nom d’un roi de Macédoine, père d’Alexandre. Ce mot,dans sa décomposition, fournit <ptxo; (philos'), ami, et jVtto?
- ( hippos ), cheval : amateur de chevaux.
- (Artoratoire) Philippique s’est dit d’abord des harangues de Démos-ihènes contre Philippe, roi de Macédoine ; Cicéron l’a ensuite donné aux quatorze oraisons qu’il prononça contre Marc-Antoine. Enfin , on l’a donné à une satire véhémente qui parut contre le duc d’Orléans, régent. On s’en sert aussi dans le latine familier pour signifier un discours violent et satirique.
- philologie , s. f. du grec
- 'K*-05 (philos), ami, et de xôyoç (logos) , discours , raisonnement,
- traité.
- (Bibliogr.) Partie de la bibliographie qui comprend les ouvrages de critique relatifs à la littérature en général. c’ed-à-dire, à la graui-lonie III.
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- maire, à la rhétorique, à la poétique , etc.
- La philologie est, en un mot , l’amour des belles-lettres.
- Les plus savans philologues sont Juste Lipse , Ange Politien , Cæîius Rbodiginus, les Scaligcrs, Saumaise, Casaubon, Huet, Lamônnoye , Mo-réri, Bayle, Montfaucon, Guyet, etc.
- PHILOSOPHIE, s. f. du grec <piXG<ro<pitt (philosophia ), formé de <pixoç (philos) , ami , et de tnxpi» ( sophia), sagesse: amour de la sagesse.
- Ce qu’on appelle aujourd’hui philosophie , d’après Pythagore qui imagina cette dénomination , s'ap-peloit anciennement sophie , ou sagesse , et les premiers philosophes ont été décorés du titre de sages.
- L’ancienne philosophie consis-toit uniquement dans la morale, ensuite on y joignit la logique, et enfin la physique , qui traitait alors , non-seulement de tous les objets qui en dépendent, mais aussi de tous les points de métaphysique , tels que l’existence de Dieu et l’immortalité de l’ame.
- Dans l’origine, les parties de la philosophie étoient divisées et dispersées dans diverses écoles ; Platon, est le premier qui en ait formé un corps entier.
- ( Instruit. publ. ) Aujourd’hui , dans les écoles, on divise la philosophie en quatre parties : logique , morale, physique et métaphysique ; et l’on appelle cours de philosophie ces quatre parties qu’on enseigne dans les maisons consacrées à l’instruction publique.
- (Alchimie ) Les alchimistes, qui se prétendent les vrais philosophes, les vrais sages , décorent aussi leur vaine science du beau nom de philosophie. Delà Vhuile des philosophes , Vor des philosophes, la poudre des philosophes, la pierre philosophale , etc.
- (Phys.) Philos, naturelle, ou les principes de la philosophie naturelle ; tel est le titre que Newton a donné à l’ouvrage immortel dans lequel il expose iee lois de la gravitation universelle.
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- PHILOTECHNIQUE / adj; du grec <piÀ0i {philos), ami, et de Tipvn ( lechné), art : qui aime les arts ; amateurs des arts,
- PHILTRE , s. m. du grec qîx'rpoi ( philtron ), dérivé de q>;x5/y {phi-lein ), aimer.
- {Méd. empyriquè) Espèce de remède par lequel on prétend inspirer de l’amour.
- ( Anat. ) On donne encore ce nom à la cavité ou renfoncement de la lèvre supérieure qui est située immédiatement sous la cloison du nez.
- PHIMOSIS , s. m. du grec yipoe ( phimos ), ligature , ficelle.
- {JMéd. ) Maladie du prépuce , qui consiste dans un resserrement si considérable , qu’il ne peut se renverser pour découvrir le gland. C’est un vice opposé au PARAPKIMOSIS. V. ce mot.
- PHITALlT&E , s. f. du grec <j>utov (phuton ), plante, et de x/8oî ( lithos ) , pierre.
- {Minéral. ) Nom générique donné par les naturalistes à toutes les pierres qui ont la forme ou qui portent l’empreinte de quelque corps du règne végétal. '
- PHLÉBOGRAPHIE , s. f. du grec ( phleps) , génit. <pM£cç
- ( phlebos ) , veine , et de ypâ<pa> { grapho ), décrire : description des veines.
- {Physiol.) Partie de Panatomie qui a pour objet la description des veines.
- PHLÉBOLOGIE , s. f. du grec «pxLt {phleps ), gén. <p\îÇlç ( phlebos ) , veine , et de xo-poc ( logos ) , discours, traité.
- ( Physiol. ) Partie de l’anatomie qui traite de l’usagé des veines.
- PHLEBOTOMIE , s. f. du grec q>xs-d {phleps) , génit. <pxs£oç {phlebos) , veine, et de vop,ï\ {tomé), incision, dérivé de aquvai { temno ), couper, inciser.
- ( Chirurgie ) La saignée, ou l’art de saigner. Ses dérivés sont phlébo-tomiser, pour saigner -,phlébotome, ou phléboLomiste, pour celui qui pratique la saignée.
- Phlébotomie est aussi le nom de la partie de l’anatomie qui a pour objet la dissection des veines.
- P II t
- PHLEGMAGOGUE, K FLEG* MAGOGUE.
- PIILEGME. V. FLEGME. PHLOGISTIQUE , s. m. du grec qxoyiç'èc ( phlogistos ) , brûlé, enflammé , formé de <p\oyiÇa> ( phlo-gizô), brûler, enflammer, dont la racine est qxiyee { phlégo ) , brûler.
- ( Chimie ) Les anciens chimistes avoient adopté, d’après Stahl, un feu fixé dans le corps , qu’ils avoient nommé phlogislique , ou principe inflammable. Toutes les fois qu’une substance combustible brûloit, on disoit qu’elle perd oit son phlogislique.
- Quand les métaux, par exemple, étoient brûlés et réduits en chaux, l’on disoit qu’ils avoient perdu leur principe inflammable; et quand on iesramenoit à l’état métallique avec des matières grasses, ou du charbon, l’on disoit que dans cette opération, on leur avoit. rendu le phlogislique, ou le principe inflammable qu’ils avoient perdu.
- En attribuant aux acides la propriété d’enlever ce principe aux combustibles , les anciens chimistes ex-pliquoient une foule de phénomènes, dont les chimistes, qui ont embrassé la doctrine pneumatique , rendent maintenant compte par l’attraction des corps pour l’oxigène ; mais-par un raisonnement absolument contraire, d’après l’ancienne doctrine, un corps en brûlant perdoit un principe essentiel, le phlogislique: celte perte devoit nécessaiiement diminuer sa pesanteur ; cependant on voit que tous les corps qui brûlent augmentent de pesanteur. LTn métal oxidé est plus lourd qu’il ne l’étoit avant son oxidation , ou sa combustion. Loin d’avoir perdu , il a acquis un principe d’oxigène ; et lorsqu’on réduit cet oxide, par le charbon , ou par un autre combustible, on ne lui rend point un de ses composans, on lui enlève l’oxigène.
- PHLOGOSE, subst. f. du g^c <pxôyaxns ( phlogosis ) , dérivé u® fxiyas ( phlégo ), brûler, enflammer.
- ( Mèd. ) Inflammation interne j ou externe : ardeur , chaleur confie nature, sans tumeur.
- PHLOSCOPE, s. masc. du g«:!!
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- (phlox) . flamme, et de g%0'frioi ( skopéo), voir, regarder, considérer: flamme visible.
- ( Physique ) Nom d’un poêle à flamme visible , de l’invention de Jü. Thilorier.
- C’est un autel portatif, dont le trépied est terminé , dans sa partie inférieure-, par une portion de candélabre , sous lequel est une base qui s’ajuste à un tuyau pratiqué dans le parquet. Un cylindre de verre, d’un demi - mètre de hauteur, servant de communication de l’autel au candélabre , égaie le spectateur par la vue d’une flamme descendante, variable en couleur comme en intensité, et qui quelquefois remplit la capacité entière du cylindre.
- PHLYCTÈNES, subst. f. du grec qkvÇx(phluzô), ou <pKv<rru>Çph}us-to ), bouillir , faire effervescence.
- ( Chirurgie ) Pustules, ou petites vessies qui s’élèvent sur la superficie rie la peau, et qui sont occasionnées par une humeur chaude, ou acrimonieuse.
- PHONASCIE, subsf. f. du grec gravit ( phone ), voix, et d’àsncsîv ( askéin ), exercer : exercice de la voix.
- ( Cymnaslique ) L’art de former la voix, pour le chant, ou pour la déclamation. Cet art étoit une partie de la gymnastique, et ceux qui l’exer-Çoiènt se nommoient phonasques.
- PHONIQUE , subst. f. du grec 0»vit (phone) , voix : la doctrine, ou la science des sons. V. ACOUSTIQUE.
- PHOQUE , s. mas. du grec çauut (phàké. )
- ( llist. nat. ) Genre de quadrupèdes de l’ordre des amphibies. Le phoque habite en général les mers septentrionales. On donne aux pho-ques différons noms, établis d’après h ressemblance qu’on leur suppose O'ec quelque mamnifere terrestre, -iinsi on distingue le lion marin, ours marin , le loup marin, le Veau marin, etc.
- PHORONOMIE , s. f. du grec ( phora ), transport, action do porter, de mouvoir , et de vôy.oç l nomos ) , loi : loi du mouvement.
- ( Mtçan. } C’est le titre d’un ou-
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- virage publié par Herman, et qui traite de la science du mouvement des solides et des fluides; ce qui comprend la statique, l’hydraulique, l’hydrostatique , et l’aérométrie.
- PHOSPHATE, s. m. de PHOSPHORE. r. ce mot. -
- ( Chimie') Sel formé par l’union de l’acide phosphorique avec différentes bases.
- Pour entendre la signification de ce mot, il faut savoir que les auteurs de la nouvelle nomenclature chimique , donnent aux noms des sels deux, terminaisons. La terminaison en ale, indique que le sel dont il est question, appartient à uu acide complètement saturé d’oxigène ; et celle en ite , a un acide foible, et non saturé d’oxigène. Ainsi phosphate indique un set formé par l’union de l’acide PHOSPHORIQUE. ( V. ce mot ) , dont la terminaison en ique annonce qu’il est complètement saturé d’oxigène.
- PHCSPHITE, subsf. m. même origine que PHOSPHATE, t^oy. ce, mot.
- ( Chimie ) Sel formé par la combinaison de l’acide PHOSPHOREUX ( ce mot ), avec différentes bases. Sa terminaison en ite, indique qu’il appartient à l’acide phosphoreux, dont la terminaison en eux, annonce qu’il ne diffère du phosphorique que parce qu’il contient moins d’oxigène,
- PHOSPHORE , s. mas. du grec «sac ( phôs )‘, lumière, et clé <popbç ( phoros ) , qui porte, dérivé de <pq,rjj ( phérô ), porter : porte - lumière.
- ( Physique) On appelle phosphores , les corps qui ont la propriété de luire dans l’obscurité , sans qu’on les allume avec un feu étranger. On distingue les phosphores en naturels, et en artificiels.
- Phosphores naturels ; ce sont ceux qui luisent d’une lumière spontanée , sans préparation , ou au moins par des dispositions qu’ils acquièrent d’eux-mêroes. Telle est la femelle-d’une espèce de cantharide, connue sous le nom de ver-luisant.
- Phosphores artificiels ; ce sont ceux qui ne le deviennent que par 1*> secours de l’art.
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- On rend les matières phospho-rïques, i®. en les chauffant, ouïes desséchant, ou en les faisant cuire
- fiar un degré de feu modéré , ce qui aisse subsister la plupart de leurs qualités sensibles. 2°. Par une loite calcination ; ce qui cause des chan-gemens considérables jusque dans les
- {lartiesjcs plus intimes, sans défigurer a masse. 3°. Par des dissolutions, des mélanges, et ensuite par l’action d’un feu violent.
- Les phosphores sont autant, multipliés aujourd’hui, qu’on les croyoit rares autrefois ; et on pourroit presque regarder comme un phénomène singulier, qu’une matière ne prit être rendue phosphorique, ni par calcination, ni par dissolution.
- Le posphore artijïciel le plus connu, est le phosphore de Jvun-kel ,* substance qui ressemble à de la cire jaune, qui donne de la lumière dans l’obscurité , et qui s’enflamme par un frottement assez léger.
- PHOSPHORESCENCE, subst. f. composé de PHOSPHORE ( A. ce mot ) , et du latin essentiel, nature des choses , essence : ce qui est de la nature, de la nature du phosphore.
- ( Chimie ) Ou entend par ce mot la propriété qu’ont, certains corps de dégager de la lumière dans l’obscurité , sans chaleur ni combustion sensible. Le sucre , le cristal de roche , la pierre de Bologne , frottés dans l’obscurité, le bois pourri, le résidu de la distillation de l’alkali volatil, ou ammoniac, ont cette propriété.
- PHOSPHOREUX , adjectif de PHOSPHORE. F. ce mot.
- ( Chimie) Il se dit d’un acide composé de phosphore et d’oxigène , unis par combustion rapide et com-plette. Il ne différé de l’acide PHOSPHORIQUE ( Foy. ce mot ) , que parce qu’il contient moins d’oxigène, comme l’indique sa terminaison en eux. F. ACIDE , PHOSPHATE.
- PHOSPHORIQUE, adjectif de PHOSPHORE. F. ce mot.
- ( Chimie ) Il se dit d’un acide formé par la combustion lente dix phosphore. Sa terminaison en ique , indique que l’acide qui le compose est complettement saturé d’oxigène.
- F. ACIDE, PHOSPHATE.
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- ( Archil. ) Phosphorique se dit aussi, par extension, d’une colonne creuse à vis, élevée sur-un écueil ou sur le bout d’un môle, pour servir de fanal à un port, et en général de toutes les colonnes qui portent des feux et des lanternes.
- PHOSPHURE, s. m. en la!in phosphoretum, PHOSPHORE. F. ce mot.
- ( Chimie ) Les chimistes modernes appellent ainsi une combinaison du phosphore non oxigéné avec différentes bases. Le phosphure de fer, est ce qu’on appeloit auparavant le syderum de Bergman, ou le syderotète de M. de Morveau.
- PHOTOPHORE, même origine que PHOSPHORE. F. ce mot.
- ( Optique') Espèce de cône tronqué , de fer-blanc , poli en dedans, qui, placé devant une mèche allumée, répand à plusieurs pieds une lumière vive et égale.
- PHRASE , subst. f. du grec ( phrasis ), locution , manière de parler, dérivé de ( phrazà ),
- parler'.
- ( Elocul. ) Assemblage de mots sous certaine construction , ou qui servent à exprimer une idée quelconque.
- ( Musique ) Phrase se dit aussi d’une suite de chant, ou d’harmonie, qui forme sans interruption un sens plus ou moins achevé, et qui se termine sur un repos, par une cadence plus ou moins parfaite.
- C’est dans l’invention des phrases musicales , clans leurs proportions , dans leur entrelacement, que consistent les véritables beautés de 1* musique.
- PHRÉNÉSIE. F. FRENESIE.
- PHRÉNIQUE , adjectif du grec <ppîvss ( phrenes) , diaphragme.
- ( lYJéa. ) Qui a rapport au diaphragme.
- PHTHIRIASIS , s. f. du grec <j>8sq ( phthéir) , porc.
- ( ÏYxéd. ) C’est le nom que. le* médecins donnent à la maladie pédiculaire ( voy. PEDICULAIRE ), à laquelle les vieillards, mais surtout les enfans, sont particulièrement sujets.
- PHTHISIE, s. f. du grec ( phthisis ) , corruption, amaigris-
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- a?Hient, qui vient de <pSlx (phthiô) , séclier, corrompre.
- ( IVléd, ) La phthisie , considérée en général, consiste dans un amaigrissement sensible du corps ou de quelqu’une de ses parties , dans l’appauvrissement de la masse des liquides, et dans le désordre des sécrétions. Elle est occasionnée par quelque vice des poumons ou du genre nerveux , et peut provenir de toutes les maladies qui alï'ectent le corps humain, sur-tout de celles qui intéressent le genre nerveux ou la poitrine , quand elles sont devenues chroniques.
- PHTHISIOLOGIE, s. f. du grec (phlhisis ), phthisie , et de xéyoç ( logos ) , discours, traité.
- ( IVléd. ) Traité sur la phthisie.
- PHTHISIQUE, adi. même origine que PHTHISIE.
- ( Méd. ) Epithète que l’on donne à la maladie appelée phthisie , et aux malades qui en sont attaqués.
- PHYGETHLON , s. m. en grec <fwyéBxov (phugelhlon) , pain.
- ( IVléd. ) Mot grec qu’on a retenu enfrançoispour désigner une tumeur inflammatoire, érysipélateuse, dure , tendue, large , peu élevée, garnie de petites pustules , qui la font ressembler à du pain , d’où lui vient son nom , accompagnée d’une douleur et d’une chaleur brûlante , qui a son siège dans les glandes, particulièrement dans celles qui sont au-dessous de la peau , et qui ne vient presque jamais à suppuration.
- PHYLACTÈRE , s. m. du grec QvXctxTiipiov ( phulaclêrion ) , antidote , préservatif, dérivé de <j5U/\a,va-&> (phulassô ) , garder , conserver.
- (Hist. a ne. ) Ce mot désignoit chez les anciens toutes sortes d’amulettes ou de préservatifs qu’ils por-loient sur eux pour se garantir de quelque mal.
- (Histoire juive) Les philactères ci oient:, chez les Juifs , des morceaux. de peau ou de parchemin bien choisis , sur lesquels ils écrivoient ®-'7ec soin des passages de la loi ; ils les rouloient ensuite et les attachoient S(ùt au bras, soit au front.
- {Hist. ecclés.) Les premiers chré-hens ont aussi appelé philacteres, les châsses dans lesquelles ils enfer-tüoient les reliques des saints.
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- PHYLLITE , s. m. du grec <pvx-Xov (phullon ) , feuille , et de Jwôac ( lit7 LOS ) , pierre.
- {Minéral.) Feuille pétrifiée, ou pierre qui porte des empreintes de feuilles.
- PHYMA, s. m. tlu grec <pZp.>z (phuma) , dérivé de <pvapeti (phuo-mai ) , naître de soi-même.
- ( Chirurgie) Mot grec qu’on a retenu en françois pour signifier toutes sortes de tumeurs ou tubercules qui s’élèvent sur le corps , et sur-tout sur la superficie de la peau , sans cause externe , et qui s’engendrent, augmentent, s’enflamment, et suppurent en peu de tems.
- PHYSCONIE, s. f. du grec <pvtrA.n
- phuskê ) , vessie , dérivé de qjucràw
- phusaà ) , enfler.
- ( Méd. ) Espèce de maladie dans laquelle le ventre est dur et volumineux ; enflure considérable du-ventre.
- PHYSICO-MATHÉMATIQUE, adj. composé de physique et de mathématique. r oy. ces deux mots à leur place.
- ( Physique ) Ou appelle ainsi les parties' de la physique dans lesquelles on réunit l’observation et l’expérience au calcul mathématique , et où l’on applique ce calcul aux phénomènes de la nature.
- Les sciences physico-malhcmastiques sont en aussi grand nombre, qu’il y a de branches dans les mathématiques va\%\es. On peut donc mettre au nombre des sciences phy-sico - mathématiques , la mécanique , la statique, l’hydrostatique , l’optique, la catoptrique, la diop-trique , l’aérométrie , la musique r l’acoustique, etc.
- Mais une des branches les plus brillantes et les plus utiles des sciences physico - mathématiques , est l’astronomie physique ; c’est-à-dire . l’explication des phénomènes astronomiques par- la théorie de la gravitation.
- PHYSIOGNOMONIE , ou PHYSIONOMIE , s. f. du grec qipiz, {phusis ( , nature , ou caractère , et. de •yvwjwwv (gnomon) , indice, dérivé de yivâxrx'j) (ginoshô ) conuoi-_ tre , juger.
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- (Morale) L’art de juger , par l’inspection des traits du visage , quelles sont les inclinations d’une personne.
- PKYSIOGRAPHIE, s. fém. du grec y.o-iç ( phusis) , nature, et de ypétifw (grnpho ) , décrire.
- ( Phys. ) Description des productions de la nature.
- PHYSIOLOGIE , s. f. du grec tjtriç (phusis) nature, efdexôyoç logos), discours, traité.
- La physiologie est définie une science pratique , cpii a pour objet 3a connoissance des choses naturelles qui constituent le corps de l’homme, et qui lui sont nécessaires pour l’exercice de ses fonctions.
- Son sujet est le corps humain ; son objet est la considération de i’état naturel du corps , de la nature des fluides, et de l’exercice des fonctions. Cer objet ne se borne pas à l’anatomie raisonnée, il suppose encore des connoLsances accessoires, fondées sur les connoissances .de toute la nature. On peut sentir par là quelle différence il y a entre la physiologie et l’anatonrie.
- PHYSIONOMIE, s. f. même origine que PHYSIOGNOMONIE.
- On emploie ce mot dans le sens de physiognomonie ; mais il se
- fireruî plus ordinairement pour l’air , es traits du visage.
- PHYSIONOMISTE , s. m. même origine que PHYSIOGNOMONIE ; celui qui se connaît ou prétend se connoit e en physionomie.
- PHYSIÜNOTRACE , s. m. composé des deux mots physionomie ( voy. ce mot ) , et de tracer, du lat. trac tus , dont nous avons fait traciare, t acer ; les Espagnols Lra-zar, et les Italiens tracciare.
- ( 1Mécart, opt. ) Instrument dont on se se*' t pour réduire et graver , avec la plus grande ressemblance , les dessins des portraits.
- PHYSIQUE , s. f. du grec <pv<nnii {phusihe )', dérivé de epùtn; {phusis) , nature.
- Science des choses naturelles ; on la divise en deux parties : la physique expérimentale , et la physique systématique•
- jr'hysiqùç expérimentale ; c’est
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- la science des effets naturels, dé-* veloppés par l’expérience.
- Les ouvrages d’Hypocrate sont les monumens les plus considérables qui nous restent de la. physique des anciens; ceux-ci ne paraissent avoir cultivé la phy sique expérimentale, que par rapport aux arts , et nullement pour satisfaire , comme nous, une curiosité purement philosophique.
- C’est peut-être dans l’histoire des animaux d’Aristote, qu’il faut chercher le vrai goût de physique des anciens, plutôt que dans ses ouvrages de phy sique , où il est moins riche en faits et plus abondant en paroles, plus raisonneur et moins instruit. Il ne faut cependant pas mettre sûr le compte d’Aristote l’abus que les modernes ont fait de ses ouvrages de physique , ni les inepties que ses commentateurs ont voulu faire prendre pour les opinions de cè grand homme.
- Ce fut au sein de la plus profonde ignorance, dans ces tems de ténèbres , où la physique étoit en proie aux commentateurs d’Aristote , que parut le moine Bacon, cet anglois qui doit être mis au nombre des hommes de génie du premier ordre , et sut , par la seule force de son génie, s’élever au dessus de son siècle, et le laisser bien loin derrière lui.
- Le chancelier Bacon qui vint après lui, embrassa un cliamp plus vaste : il entrevit les principes généraux qui doivent servir de fondement à l’étude de la nature ; il proposa de lesrecon-noitreparla voie de l’expéiience, et il annonça un grand nombre de découvertes qui se sont faites depuis.
- Descartes ouvritquelques nouvelles Toutes dans la physique expérimentale ; mais il la recommanda plus qu’il ne la pratiqua.
- Cependant l’esprit de la physique expérimentale, que Bacon et Des-cartesavoient introduit, s’étendit insensiblement. L’académie il ci ci~ menlo à Florence , Bayle et Ma-riotfe , et plusieurs autres après eux , firent avec succès un grand nombre d’expériences. Peu à peu la physique de Descartes succéda dans les écoles à celle d’Aristote.
- jEüiiu. Newton parut, et montra
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- îe premier ce que ses prédécesseurs n’a voient fait qu’entrevoir, l’art d’introduire la géométrie dans la physique , et de former , en réunissant l’expérience au calcul, une science exacte , profonde , lumineuse et nouvelle. L’Angleterre saisit ses vues ; la société royale les regarda comme siennes , dès le moment de leur naissance ; les académies de France s’y prêtèrent plus lentement et avec plus de peine, par la même raison que les universités avoieut eue pour rejeter , durant plusieurs années, la physique de Descartes. Mais enfin, la lumière a prévalu. La génération ennemie de ces grands hommes s’est éteinte dans les académies et les universités.
- Physique systématique ; c’est l’art de former des systèmes fondés sur la connoissance des effets prouvés par l’expérience, par le moyen desquels systèmeson puisse rendre raison de ces effets.
- ( Médec. ) Physique a signifié autrefois la médecine, et dans la plupart des langues modernes, on appelait les médecins physiciens, parce que la médecine consiste principalement-dans l’observation de la nature ; mais plus encore, parce que tous tes genres de littérature étant concentrés dans les universités, et exercés par des ecclésiastiques , la théorie seule de la médecine étoit enseignée sous le nom de physique, tandis que la pratique des remèdes étoit abandonnée aux laïques.
- Les Anglois appellent encore aujourd’hui leurs médecins physiciens ; et physique se dit également, et de Part de guérir, et des remèdes propres à guérir.
- PHYSOCÈLE , s. f. du grec tpu w phusa), air ou vent, et de x»\n hélé), tumeur, hernie.
- ( Méd. ) Hernie venteuse du scrotum. C’est la même chose quePNJEU-MATOCÈLE. P. ce mot.
- PHYSOMÈTRE , s. f. du grec <pvnt {phusa), vent, air, et de fAiirpu, ( métra), matrice.
- ( Physiol. ) Tympanite de la matrice.
- PHYTOLITHE , s. f. du grec ÿVTàv ( phutori ) , plante , et de xîBo; (lithos), pierre: pierre plante.
- { Minéral. ) U se dit des subsfan-
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- ces pétrifiées , ou qui portent l’empreinte de quelque plante.
- PHYTOLOGIE , s. f. du grec <pvrh ( phutou ) , plante , et de xâyas { logos) , discours , -traité.
- (Bolan, ) Discours ou traité sur les plantes,
- PHYTOMORPHÏTE, s. f. du grec <puT3y ( phutori ) , plante, et de fxopqü ( morphé) , forme.
- {Minéral.) On appelle ainsi les pierres figurées représentant des arbres ou des plantes.
- PHYTOTYPOLITHE, s. f. du grec <pvràv {phutori) , plante, de tviras {tupos ), marque , empreinte , et de xtQoc {lithos) , pierre : plante empreinte sur une pierre.
- ( Minéralogie ) Il se dit des plantes dont on trouve l’empreinte sur des pierres ou sur d’autres substances du règne minéral.
- PIAN, Voy. ÉPIAN.
- PIANO, mot italien qui signifie doucement, à voix basse. '
- {Musique) Il se met dans les pièces de musique aux endroits où l’on adoucit le ton.-
- PIANO-FORTÉ , ou FORTE-PIANO.
- {IMusique) Terme italien que l’on a retenu en françois, pour désigner une espèce de clavecin dont la construction est telle qu’on peut renforcer et adoucir le son à. volonté.
- PIASTRE , s. f. de l’italien ou do l’espagnol piastra.
- {Monnoie) Monnoie de compte et réelle , dont on fait usage en Espagne , en Amérique, en Turquie» Les piastres d’Espagne ont différons titres : celles aux deux globes, celles dites mexico, et les sévillanes, sont au titre de io deniers 2i grains; et celles de la fabrication commencés en 1772, ne sont qu’à 10 deniers 17 grains.
- PIAZZI, nom d’homme. {sistron.) Nouvelle planète découverte le Ier janvier 1801 , par Piazzi, astronome de Palerme; son diamètre apparent est, suivant Hers-chell, de 5p lieues , et sa grosseur comme une étoile de la 7e. ou 8e. grandeur.
- Piazzi avoit nommé sa planèto Cérès Ferdinandca, du nom de lu
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- divinité de la Sicile, et de celui du
- roi de Naples.
- M. Bode, astronome de Berlin , am oit -voulu la nommer Junon , à cause de sa proximité de Jupiter; mais M. Belalande, en sa qualité de doyen des astronomes, a voulu qu’elle frit appelée du nom de celui qui en a fait la découverte.
- PIC, s. m. de l’espagnolpîco.
- ( Géogr. ) Nom que l’on a donné à quelques montagnes fort élevées , et qui se terminent en une seule pointe.
- Le Pic rl énénjfe.
- PICA, s. m. du lat. pica, pié.
- ( JVIéd. ) Maladie qui consiste dans an appétit dépravé, qui fait désirer et'manger des choses absurdes et incapables de nourrir , comme de la terre, de la craie, de la chaux, etc.On
- Ïirétend qu’on a donné à cette maladie e nom latin de pica, pie, à cause que les couleurs opposées, le blanc et le noir , qu’on remarque à cet oiseau , répondent à la variété et à l’absurdité des alimens qu’on désire.
- PIECE, s. f. d’une origine incertaine ; mais on a dit, dans la basse latinité, pieca ; les Italiens disent pezza , les Espagnols pieza , et les Àngloispièce : partie, portion, morceau d’un tout.
- ( ^4rt milit. ) On dit qu’un homme est armé de toutes pièces, pour dire qu’il est armé de pied en cap. On dit qu’une armée a été taillée en pièces, pour dire qu’elle a été entièrement défaite.
- Pièce se dit encore du canon, et l’on dit une pièce d'artillerie, une pièce de 24, une pièce de batterie, une pièce de campagne.
- (Forlifîcat. ) Pièces détachées ce sont les ouvrages qui couvrent le corps de la place, du coté de la campagne , comme les ravelins, demi-lunes, cornes, tenailles, couronnes, queues d’arondes, enveloppes, etc.
- (71iusique) Pièce se dit aussi d’un ouvrage de musique d’une certaine étendue, quelquefois d’un seul morceau, et quelquefois de plusieurs, formant un ensemble et un tout parfait pour être exécuté de suite.
- ( Littérat. ) Pièce se dit encore des ouvrages d’esprit, en vers ou en prose , dont chacun fait un tout com-
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- plet. Pièce d'éloquence , pièces fugitives.
- ( ^4rt drainai. ) Pièce de théâtre, ou absolument pièce ; c’est une tragédie ou une comédie. Bans la même acception on appelle petite pièce , une pièce comique d’un acte ou de trois actes, qu’on j oue après une pièce
- f)lus longue, qui pour lors est. appelée a grande pièce.
- (Pratique ) Pièces , s’emploie dans la pratique de tout ce qui est écrit et produit dans un procès, pour le remettre en état d’être j ugé et j usti-fier de son droit. Pièces inventoriées , pièces paraphées et cotées, pièces justificatives, etc.
- PIED, s. m. du lat. pes, pedis. (<^4nat.') La partie du corps de l’animal qui est jointe à l’extrémité de la jambe, et qui sert à marcher.
- ( IMélrol. ) Pied est aussi une mesure de longueur prise sur le pied humain , et qui est différente selon les lieux.
- On appelle aussi pied, un instrument en forme de petite règle , qui a la longueur de cette mesure , et sur laquelle ses parties sont gravées.
- ( Poésie ) Pied , en termes de poésie grecque et latine, est la mesure des vers ; c’est un certain nombre de syllabes qui entrent dans la composition des vers, et qui en font la mesure.
- ( A relut. ) Pied droit ; c’est la partie du trumeau, ou jambage d’une
- ftorte ou d’une croisée, qui comprend e bandeau ou chambranle , le tableau , la feuillure, l’embrasure et l’écoinçon.
- PIEDESTAL, s. m. composé du français pied, et du teuton, sial, base, ou du grec rçxof ( stulos ) , colonne.
- ( PL relût. ) La partie qui soutient une colonne , un vase, une statue.
- PIE-MERE , s. f. du latin pia mater.
- ( Physiol. ) Membrane très-fine et très-déliée, et néanmoins d’un tissu assez serré, qui enveloppe immédiatement le cerveau, le cervelet et la moë'He allongée, aussi bien que celle qui est renfermée dans le canal de l’épine, et fournit en même-tems une gaine particulière à tous les filets qui composent chaque nerf. PIERRE , s. f. du latin petra.
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- ( Minéral. ) Les pierres sont des mélanges , plus ou moins multipliés, de matières terreuses ou alkalines, et quelquefois d’oxides métalliques.
- Les minéralogistes considèrent , dans les pierres , trois espèces de caractères ; savoir ; leurs caractères physiques , fondés sur la pesanteur spécifique , la dureté, la transparence ou l’opacité , la réfraction , l’électricité , le magnétisme, la couleur , la saveur et l’odeur.
- Leurs caractères géométriques ; savoir : la forme extérieure ou cristallisation apparente ; la forme intérieure ou forme du noyau ; la forme des molécules primitives intégrantes, la cassure.
- Leurs, caractères chroniques qui sc manifestent, lorsque par un procédé quelconque on altère la combinaison naturelle des pierres.
- Les pierres sont partagées en quarante-six especes. V. quartz, silex , zircon, télésie, cymophane, rubis, topaze , émeraude , euclase , grenat, leucite, idocrase ,feldspath , pelro silex, corindon, ceylanite , axinite , tourmaline, amphibole, aclinote , pyroxene , staurolide , thallile , smaragdite , oisanile , dioptase, lazulite, zéolite, stilbite, prehnite , chabasie , analcime , sommité , andréolite , péridot , mica , cianite, trémolite , lémolite, dipyre, asbeste , ta/n , chlorile , ruade, argile, yllerby.
- On divise encore les pierres en pierres calcaires, pierres vitnfia-bles, pierres réfractaires et pierres composées ou roches.
- Pierres calcaires ; celles que l’action du feu réduit en poussière , et qui , mêlées ensuite avec de l’eau , ou quelqu’autre liqueur , reprennent Une liaison et une dureté nouvelles.
- Pierres 'vitrijiables ; celles qui entrent en fusion au feu et s’y changent en verre.
- Pierres réfractaires ; celles qui résistent au feu , c’est-à-dire , qui soutiennent l’action d’un feu tres-violent, sans se changer ni en chaux ni en verre.
- Pierres composées , ou roches ; celles qui ne sont qu’un assemblage des différentes pierres dont on vient de parier.
- Pierres tombées du ciel y dès la
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- plus haute antiquité, les historiens ont fait mention de la chute de diverses substances solides sur la surface de la terre. Les écrivains sacrés et profanes ont parlé de pluies de cendres, de soufre , de sable , et l’on a expliqué ces phénomènes, lorsqu’on a connu les éruptions volcaniques.
- Mais les savans ont long-tems douté qu’il tombât des nuages , des masses pierreuses d’un poids considérable ; et les savans modernes, en recueillant les faits cités par Tite-Live , Pline , Gassendi , Muscheu-broè'ek ; en recueillant sur-tout les pierres prétendues tombées du ciel , et les analysant, ont trouvé entr’elles une identité si parfaite, et ont reconnu un mélange si différent de tous les composés minéraux du globe , qu’ils croient maintenant que ces substances sont véritablement tombées de l’atmosphère; mais ils sont partagés d’opinion sur la formation de ces pierres.
- Les uns croient qu’elles ont été lancées dans l’atmosphère par les volcans , soutenues et portées au loin par les ouragans ; d’autres les regardent comme des substances minérales fondues par la foudre , à l’endroit même où elles ont été trouvées. Quelques-uns veulent qu’elles soient des masses étrangères à notre planète , et les font tomber de la lune ; plusieurs pensent qu’elles sont des concrétions formées dans l’atmosphère.
- Ces diverses théories sur la formation des pierres tombées de l atmosphère font assez voir qu’on a besoin , pour asseoir son jugement, d’un plus grand nombre d’observations , et sur-tout d’une plus grande exactitude dans la description des phénomènes météoriques , qui précèdent et accompagnent la chute de ces corps solides.
- Pierres précieuses ; on appelle ainsi toutes les pierres drues, transparentes , cristallines , susceptibles d’être taillées, ou de prendre un beau poli, sur-tout de bien refranger la lumière.
- Autrefois on rangeoit les pierres précieuses dans l’ordre suivant : Le diamant, l’émeraude , la topasc ,
- 1 ’iyuéthyste, le rubis , le grenat,
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- la chrysoprase , le jade , Vaven-lurine , la calcédoine , la chryso-lithe , le saphir, ¥ aigue-marin e y Vhyacinlhe , Vopale, le péridot, le girasol , ¥ agate, le jaspe , le lapis lazuti, la turquoise , le béni , etc. Mais les différences énormes qui existent entre toutes ces pierres , considérées sous leurs caractères physiques , géométriques et chimiques, ont fait abandonner cette classification. F. GEMME.
- Pierres factices ; la base des pierres factices est l’oxide de plomb et le cristal de roche, ou toute autre pierre vitrifïahîe par l’intermède des préparations de plomb. Le sable pur et la pierre à fusil, ainsi que les cailloux de rivières qui sont trans-parens, sont des matières également propres à faire du verre.
- Les couleurs des pierres factices sont dues à des oxides métalliques. C’est de leur préparation que dépend leur vivacité. Consultez les procédés de M. de Fontanicr, pour Vimitation des pierres précieuses.
- (.Alchimie) Pierre philosophale; les alchimistes croyoient que l’or étoit un composé ouun corps susceptible de plus ou de moins de peifection. Quelques-uns d’entr’eux regardoient tous les métaux blancs comme une seule et même substance , à différens degrés de maturité,et les métaux jaunes, comme une matière identique plus ou moins pure. D’autres croyoient à la transmutation des métaux ou à la conversion des terres en substances métalliques. Quelques réductions d.’oxide , quelques propriétés de certains alliages , ont donné naissance à ces rêveries, et les enthousiastes ou les fripons en ont profité pour assurer qu’ils avoient le talent de faire de l’or. Ils ont appelé celte prétendue découverte la pierre philosophale. Consultez, pour les supercheries employées par les alchimistes , pour tromper leurs dupes sur la transmutation des métaux, l’ouvrage publié par Geoffroy l’aîné, en 1722.
- ( Glyptique ) Pierres gravées ; Pour avoir des pierres gravées exquises en travail, il faut remonter j usqu’au tems des Grecs. Ce sont eux qui ont excellé en ce genré, dans la composition, dans la correction du
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- dessin, dans l’expression, dans l’imitation , dans la draperie, en un mot, dans toutes les parties de l’art ; mais la plus belle pierre gravée sortie de leurs mains , et qui nous soit restée , est la cornaline, connue sous le nom de cachet de Michel-Ange. Voy. GLYPTIQUE.
- ( Méd. ) Pierre ( maladie de la ) V. CALCUL , LITHIASIE.
- ( Phannacie ) Pierre infernale ; on appelle ainsi le sel formé par l’union de l’acide nitreux et de l’argent, dépouillé par la fusion, de son eau de cristallisation ; ou, dans le langage de la chimie moderne , c’est un nitrate d’argent que l’on met dans un creuset d’argent ou de platine , qu’on fait entrer en fusion tranquille, et qu’on coule en suite dans une lingo-tière qu’on a eu soin d’huiler légère-ment.On conserve les cylindres qu’on ' obtient dans un flacon au milieu de la graine de lin.
- ( Orfèvrerie ) Pierre de touche, autrement pierre delydie, et chez les Italiens pielra di para go ne-, c’est une espèce de marbre noir, ou roche cornéenne, qui sert à éprouver l’or et l’argent, en les y frottant.
- PIERRIER, s. mas. du françois pierre.
- {Art, mil. ) C'est un canon qui, au lieu de se charger par la bouche, se charge par la culasse , qui est ouverte , pour recevoir les pierres ou cailloux, la balle, ou la cartouche, ou une boîte de fer remplie de poudre fine , pour chasser la charge. Ces canons ont été appelés pierners, parce que le plus souvent on ne les chargeoit que de pierres.
- ( Marine ) Les pierriers en usage dans la marine , sont ordinairement d’une livre de balle, et établis sur des chandeliers posés dans le plat bord des vaisseaux. On en place aussi dans lesclraloup.es, felouques, et autre s petits bâtimens qui ne portent pas ce canons, lorsqu’on veut les aimer en guerre.
- PIGNON, du latin pineum , piuiuni, fait de pinça, pomme de pin.
- ( Mécan. ) On appelle ainsi, en mécanique, la plus petite de deux rouesqui engrènent l’une dans i’autre; cependant on donne ce nom plus par-
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- ficuliêrement à la roue qui est menée.
- ( Architecl. ) Pignon se dit aussi de la partie des murs qui s’élève eu triangle, et sur laquelle porte l’extrémité de la couverture.
- PIGNORATIF , adjectif du latin pignoro, mettre en gage, dérivé de pignus, gage.
- ( Pratique ) Il se dit du contrat par lequel un débiteur vend son héritage à son créancier, pour jouir des fruits et les compenser avec l’intérêt de la dette, jusqu’à l’exercice de la faculté de rachat.
- PILASTRE, subst. m. de l’italien pilastro.
- ( Arc hit. ) Sorte de pilier carré auquel on donne les mêmes proportions et les mêmes ornemens qu’aux colonnes, et qui entre ordinairement dans le mur, et est placé derrière les colonnes.
- PILE, de VOLTA. Voy. GALVANISME.
- PILORE. Voy. PYLORE.
- PILOTE, s. m. de l’italien pilota, ou du flamand piloot, dont les An-glois ont fait pilot, et les Espagnols piloto.
- ( Marine ) Celui qui possède l’art de diriger la route d’un vaisseau, et de le conduire à travers les mers.
- Le grade de pilote , sous l’ancien gouvernement, étoitsubordonné aux officiers de marine; mais ce titre a été supprimé, et ceux des pilotes qui ont été trouvés suffisamment instruits, ont été élevés au grade d’officier, parce qu’on a senti que tout officier de marine doit être pilote ; de sorte qu’on ne connoît plus dans la marine francoise de distinction entre le pilote HAUTURIER ( V. ce mot ) , et le pilote côtier ; ou ne connoît plus que ce dernier.
- Pilote côtier, ou pilote lamaneur; c’est celui qui connoît les côtes, leur aspect, leur gisement, leur relèvement, lebrassiage, et la qualité de fond , les bancs , dangers et écueils , et les divers passages qu’il convient de suivre pour arriver sûrement. La connoissance du pilote côtier est purement locale et pratique. Voy, LAMANEUR.
- Chaque port à des pilotes fixés et domiciliés dans l’endroit , qui se rendent avec des bateaux, qu’ils ont
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- toujours prêts, à bord des vaisseaux qui ont besoin d’eux, pour entrer dans les ports et rades.
- PILOTIS , s. m. de pïloticium , augmentatif de pila, pile.
- ( Hydraul. ) Gros pieux , grosse pièce de bois pointue , et ordinairement ferrée par le bout, qu’on fait entier avec force, pour asseoir les fondemens d’un édifice, ou de queî-qu’autre ouviâge,lorsqu’on veut bâtir dans l’eau, ou dans quelque lieu dont le fond n’est pas solide.
- PILU LE , s. f. du latin pilula , diminutif de pila.
- ( IVlédec. ) Médicament sec , en forme de petite boule, qu’on avale tout entier. Les pilules sont composées de différentes poudres incorporées dans du syrop, du miel, du mucilage, de l’extrait, ou de quelqu’autre corps liquide et visqueux, propre à en faire la liaison.
- PINCEAU, s. m. du lat. peniccl~ lus, dir pour penicillus.
- ( Peinture) Instrument avec lequel le peintre pose sa couleur.
- Le mot pinceau se prend aussi au figuré, pour le résultat du maniement du pinceau. C’est ainsi qn’on dit le pinceau aimable de l’Albape, du Parmesan ; le pinceau fier de Velasques^ de Jouvenet ; le pinceau léger et spirituel de Téniers, parce que la manière de peindre de ces habiles maîtres, étoit aimable, fière, légère, ou spirituelle.
- Avant l’invention de la peinture à l’huile, on né mettoit pas grand mérite dans le maniement du pinceau. S’il y en avoit un reconnu, il se réduisoit à la netteté , à la justesse avec laquelle on devoit en user. Le mouvement du pinceau est presque perdu dans la détrempe, qui ne laisse guère voir que le trait et les touches de brun. Le pinceau est encore plus absorbé dans la fresque.
- Il y a autant de maniemens de pinceau , que de mains qui en font usage; aussi les connoisseurs en tableaux nomment-ils leurs auteurs par l’examen du caractère particulier de chaque pinceau, comme on nomme l’écrivain à l’inspection de son écriture. Cette habitude est d’une grande nécessité pour la distinction des ouvrages de l’art. parce qu’elle empêche
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- de prendre des copies jjour des ouvrages des maîtres. Cette science étonne celui qui ne la possède pas; mais il ne faut pas croire que la con-noissance de la touche et du pinceau entraîne toujours celle de l’art. Le mérite réel s’aperçoit de loin , et saisit l’aine ; celui de la touche ou du pinceau, n’est qu’un amusement de l’esprit, et ne se voir que de près. Le véritable amateur jouit du premier , et le pinceau n’occupe que les âmes froides, et les brocanteurs.
- ( Optique ) Pinceau optique ; on appelle ainsi un assemblage de rayons de lumières, qui partent d’un certain point d’un objet, avec un certain degré de divergence, tombent sur l’œil> ou sur un verre convexe, et sont ensuite, par la réfraction, rassemblés en un point au-delà'du verre, ou sur le fond de l’œil ; ou , pour parler plus généralement, le pinceau optique est un double cône de rayons de lumière, les deux cônes qui le composent étant opposés par leurs bases, l’un d’eux ay'ant son sommet en quelque point de l’objet d’où il part, et sa base appuyée sur un verre convexe, ou sur l’œil, tandis que l’autre a aussi sa base appuyée sur le côté opposé du même verre, et son sommet à un point de convergence , ce qui fait deux cônes dont les bases se touchent dans l’œil ou dans le verre; la pointe de l’un de ces cônes est dans l’objet môme, et celle de l’autre est au fond de l’œil, ou au point où l’objet est peint.
- PINCE , s. m. de pincer, fait du lat. pungere.
- ( Musique ) Sorte d’agrément propre à certains instrumens, et surtout au clavecin ; il se fait en battant alternativement le son de la note écrite avec le son de la note inférieure , et observant de commencer et finir par la note qui porte le pincé.
- PINCER, v. ac. du latin pun-gere.
- £ Musique ) C’e t employer les doigts au lieu de l’archet pour faire sonner les cordes d’un instrument. Il y a des instrumens à cordes qui n’ont point d’archet, et dont ou ne joue qu’en les pinçant ; tels sont le claire, le luth , ia guitare; mais on
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- pince aussi quelquefois ceux où l’on se sert ordinairement de l’archet, comme le violon et le violoncelle ; cette manière de jouer se marque dans la musique italienne par le mot pizzicato.
- ( Marine ) Pincer le -vent ; c’est naviguer au plus près du vent. oy.
- PRES, VENT.
- PINDARIQUE, adj. de pindare, poète lyrique.
- ( Poésie ) Ce qui est dans le goût et à l’imitation de Pindare. Pindare étoit de Thèbes , et florissoit vers la 75e. olympiade. On a de lui quatre livres d’odes, toutes à la louange de ceux qui, de son tenas, remport oient le prix aux jeux olympiques, pythiens, néméens, et isthmiques. Le style de Pindarç est grand, élevé, plein de verve, de feu et de sentiment.
- PINDE, s. mas. du grec -n/vJ'*
- ( pindou ) , montagne consacrée à Apollon et aux Muses.
- ( Poésie ) Les poè'tes emploient souvent le mot Pinde, pour désigner les Muses, la poésie, Apollon , les poètes; delà ces phrases poétiques : Les lauriers du Pinde . les nourrissons du Pinde, les déesses du Pinde , les habitans du Pinde , les maîtres, les héros du Pinde.
- PINË ALE, adj. f. du lat. pinea-lis, fait de pina, pomme de pin : qui ressemble ou qui a du rapport à la pomme de pin.
- ( Anat. ) C.’est le nom que Descartes a donné à une glande du cerveau, parce qu’elle ressemble à ia pomme de pin. C’est dans cette glande qu’il établit le siège de l’ame raisonnable. La glande pinéale est la même chose que la CONOÏDE. P~. ce mot.
- PINNATIFIDE, adj. composé de pinna, aileron , petite feuille, nageoire, et de Jida, corde, lanière.
- ( Botan.) Terme de botanique qui se dit des parties des plantes oblon-gues, dont les côtés sont divisées en plusieurs lanières ou lobes, par des incisions profondes, qui n’atteignent point le milieu longitudinal, ou la nervure médiaire.
- Lorsque les lanières sont elles-mêmes ainsi divisées, la partie observée est alors dite bipinnalijide.
- PINNE MARINE. F. BYSSUS.
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- PINNÉE , adj. f. du lat. pinna, aileron , nageoire , petite feuille.
- ( Botan. ) Feuille piunée ; c’est Celle qui est composée de plusieurs folioles rangées oppositivement ou alternativement, des deux côtés d’un pétiole commun, dont l’extrémité est terminée, soit brusquement par une ou deux folioles latérales, soit par une foliole impaire véritablement terminale.
- PINNULE, s. f. du lat. pinnula, diminutif de pinna, plume , aileron : petite plume.
- ( (3-éoni. ) On appelle ainsi deux petites pièces de cuivre assez minces, et à peu près carrées, élevées perpendiculairement aux deux extrémités de l’alidade, d’un demi-cercle, d’un grapbomètre , d’une équerre d’arpenteur , ou de tout autre instrument semblable , dont chacune est percée dans le milieu, d’une fente qui règne de haut en bas. Quand on prend des distances, que l’on mesure des angles sur le terrein, ou que l’on fait toute autre observation , c’est par ces fentes, qui sont dans un même plan avec la ligne de foi, et qui est tracée sur l’alidade,que passent les rayons visuels qui viennent des objets à l’œil. Foy. ALIDADE ,
- ligne de foi.
- Les pinnules servent à mettre l’alidade dans la direction de l’objet qu’on se propose d’observer, et les fentes servent à en faire discerner quelques parties d’une manière bien déterminée. Quand on veut voir les objets plus facilement, on tend dans le milieu un cheveu, qui, couvrant une partie de l’objet, le détermine plus précisément ; et quand on veut avoir quelque chose de plus exact , on tend un autre cheveu dans une seconde fente qui coupe horizontalement la première, alors l’intersection des deux cheveux détermine sur l’objet le point que cette intersection couvre.
- On met quelquefois des verres aux fentes de ces pinnules, et en ce cas elles font l’office de télescopes.
- Autrefois , les instrumens de mathématique et d’astronomie, qui seraient à prendre des angles ou des hauteurs, étaient garnis de pinnules; ^ais cinquante ans ou environ, après
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- la découverte du télescope, quelques savans ayant pensé à le substituer aux pinnules , la chose réussit si bien, que depuis ce tems - là on ne lait aucun usage de celles - ci, si ce n’est dans le graphomètre, et dans quelques autres instrumens de cette espèce.
- PINQUE , subst. m. de l’italien pinco.
- ( Marine) Bâtiment marchand de la Méditerranée, qui porte deux mâts à calcet, et sur chacun d’eux une antenne ou vergue latine, avec un très-petit artimon tout-à-fait à l’arrière. Ce bâtiment ressemble, par son grément, au chebec à voiles latines; mais sa construction diffère, en ce que le pincpue est beaucoup moins ras, que son avant est plus renflé, et ses fonds moins fins, étant fait pour porter des marchandises. Les Espagnols et les Napolitains, dans leur navigation marchande , ont beaucoup de pinques, dont le port est quelquefois de deux cents, et jusqu’à trois cents tonneaux.
- PINTE , s. f. du latin barbare pinla, que quelques-uns font dériver du grec nr/yêiv ( pinéin ), boire.
- ( Alétrol. ) Sorte de mesure dont on se servoit pour mesurer le vin , et qui étoit de différentes grandeurs , selon les dilférens lieux.
- Dans le système des nouvelles mesures , pinte est la dénomination vulgaire diviilre, qui ne diffère en plus de l’ancienne pinte de Paris, que de
- f. F. LITRE.
- PIONNIERS, s. m. du latin barb. peonarii, fait de peones , corruption de peditones , gens de pied.
- (.Art milit. ) Travailleur dont on se sert dans une armée pour appianir les chemins, creuser des lignes et des tranchées , et faire tous les autres travaux où il est question de remuer la terre,. Anciennement c’étoient les gens de pied qui étoient employés à ces sortes de travaux ; delà vient qu’on appelle aujourd’hui pionniers ceux qu’on emploie seulement à cet usage.
- PIPEE , s. f. du saxon pipe, flûte.
- ( Chasse') Sorte de chasse dans laquelle , contrefaisant un certain chant, on attire les oiseaux dans uu
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- arbre dont les branches sont remplies de gluaux où ils se prennent.
- PIQUE , s. 1'. du latin spica.
- {Art milit. ) Sorte d’arme à long bois , dont le bout est garni d’un 1er plat et pointu.
- L’usage de la pique nous est venu des Suisses. Avant Louis XI . on ne s’en servoit pas en France ; mais si le nom est moderne , l’arme est ancienne. C’étoit la sarisse des Macédoniens. L’usage en étoit le même que celui des piques de notre tems , pour éloigner la cavalerie. Sous Louis XIV, les piques ont été abolies : on y supplée par la baïonnette dont on a trouvé l’usage plus avantageux.
- PIQUET, s. m. diminutif de pique , en latin spica, dont on a lait spicare , pour piquer.
- ( Art milit. ) Sorte de petit pieu qu'on licbe en terre pour tenir une tente.
- Un pieu plus grand et plus fort dont orr se sert à la guerre pour tenir les chevaux à l’attaéhe.
- Delà on a donné le nom de piquet à un détachement de cavalerie commandé pour monter à cheval au premier ordre ; et ensuite à un certain nombre de fantassins toujours prêtsàmarcher aux ordres des officiers commandés.
- ( Jeux ) Piquet est aussi le nom d’un jeu de cartes assez connu.
- ( (Jéom. prat. ) On nomme aussi piquets ou fiches , de petites baguettes de fer longues de deux pieds, qui se terminent en pointe d’ün coté , et de l’autre par un anneau. On s’en sert, en mesurant une ligne droite sur le terrein, pour marquer le point où aboutit une chaîne bien tendue , et. pour indiquer ensuite , par leur nombre, la quantité de fois que cette chaîne a été appliquée sur la direction parcourue.
- PIRATE , s. m. du grec ntiquniu; {peiratés) , dérivé de {j>ei-
- rao ), s’efforcer, tenter , attaquer.
- ( Manne ) Celui qui court les mers, pour piller et enlever les bâtimens de toutes les nations indistinctement, sans autorisation ni commission d’aucun souverain.
- Un des plus fameux pirates dont l’histoire a consacré les noms , est Dionide , qui répondit à Alexandre
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- qui lui reprochoit sa condition de pirate : « Je suis pirate , parce que je n’ai qu’un vaisseau; car si j’avois une armée navale, je serois un conquérant ».
- PIRIFORME , adjectif du latin pirum , poire , et de forma, forme : qui a la forme d’une poire.
- {Anal.') Le muscle pirifonne est le premier des muscles adducteurs de la cuisse.
- PIROGUE , s. f. de l’espagnol pirfgüa.
- (Marine) Canot ou barque fait d’un seul tronc d’arbre creusé , en usage chez les nègres d’Afrique et chez les nations sauvages du continent et des îles de l’Amérique.
- Pirogues doubles ; ce sont des bâtimens usités dans les diverses îles et archipels de la mer du Sud, composés de deux longues pirogues assemblées parallèlement à une certaine distance l’une de l’autre , et portant une. plate - forme qui les lie, pour former, par leur réunion , l’effet d’un seul grand bâtiment capable de porter beaucoup de monde et une charge considérable.
- PIROUETTE, s. f. du latin gyrouetta, diminut. de gyins, par le changement de g en p.
- {Mécan.) Sorte de jouet composé d’un petit morceau de bois plat et rond traversé dans le milieu par un petit pivot sur lequel on le fait tourner avec les doigts.
- ( Danse ) C’est par analogie qu’on a appelé pirouette un ou plusieuis tours entiers du- corps qu’un danseur fait sur la pointe des pieds sans changer de place.
- ( Manège ) Pirouette se dit aussi d’une volte que fait le cheval, sur sa longueur, dans une seule et même’ place.
- ( Horlogerie) Pirouette est encore le nom du pendule circulaire.
- PISCINE , s. f. de piscis , poisson. ,
- (Econom. dom. ), Vivier, réservoir d’eau , réservoir où l’on garde du poisson.
- PISE , s. m. du latin piso , contraction de pinso , piler dans un mortier.
- ( Archit. ) Bâtir en pisé ; c’est faire les murs d’une maison avec un®'
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- qualité particulière de terre que l’on rend dure et compacte eu la pilant comme dans un mortier.
- PISIFORME , adj. du grec nris-or ( pison ), pois , et de forma, forme : qui a la forme d’un pois.
- ( Anat. ) L’os pisiforme est le même que l’os orbiculaire , ou lenticulaire , ou lentiforme du carpe.
- PISOLITHE, s. f. du grec sritror ( pison) ; pois , et de ( lilhos ),
- pierre.
- (Minéral. ) Carbonate de chaux globuliforme disposée par couche et assez semblable à des pois.
- PISSASPHALTE, s. m. du grec iria-a-dt, (pissa) , poix , et. d’âcrçaXTOî ( asphallos ), bitume.
- ( Minéral. ) Bitume glutineux noir , d’une consistance semblable à celle de la poix. On l’appelle aussi malle, poix minérale.
- PISTACHE, s. f. du latin pis-tacenium , dont les Italiens ont fait pistacchio.
- ( Bolan. ) Fruit du pistachier , ayant la forme d’une noisette.
- ( Confiseur') Pistaches en surtout/ ce sont des pistaches mises à ta prâline.
- PISTIL , s. m. du lat. pistillum , pilon.
- ( Botan. ) Organe femelle de la fleur dont l’ovaire fait partie , et par lequel il reçoit l’intromission fécondante de la poussière des anthères.
- Le pistil se divise en trois parties : l’ovaire, qui contient les rudimens de la semence ; Je style , qui est un tuyau qui surmonte l’ovaire ; et le stymate , qui est l’orifice de ce tuyau. L’esprit séminal , traversant le style, parvient jusqu’au germe pour féconder la semence. V. ÉTAMINES , POLLEN.
- PISTOLE , s. I. de Pisloie , ville d’Italie.
- ( Monnaie) La. pis talc d’or d’Espagne, qui cou tient près de 123 grains uu quatrième d’or pur.
- La pisloie d’or de Genève , fabriquée au titre de 22 karats, vaut 10 livres argent courant de Genève.
- PISTOLET , s. m. de Pistoie , 'ùlle d’Italie.
- (Art milit.) Ai me à feu beaucoup plus comte que toutes les autres ,
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- et qu’on porte ordinairement à l’arçon de la selle, et quelquefois à la ceinture; ce s armes furent appelées pistoies, pistoiers et pistoies, et ensuite pistolets , paree que les premiers furent faits à Pistoie en Toscane. Les Allemands s’en servirent en France avant les François"; et ies Réitres , qui le portèrent du tems d’Henri II, étoient appelés pistoliers. Il en est fait mention sous le rcgns de François Ier.
- (Physique) Pisto7ets de volta ; on appelle ainsi un vase ordinairement de métal, garni d’une tige recourbée , aussi de métal , qui enfile un tuyau de verre mastiqué dans le couvercle du vase , afin de l’isoler , et au goulot duquel est adapté un petit canon capable de recevoir une balle.
- On fait passer dans le vasedeux parties d’air atmosphérique et une partie degaz hydrogène. Après avoir placé au goulot le petit canon chargé de sa balle , de manière que le tout soit bien bouché , on présente à un corps actuellement électrisé la petite boule de métal. Il s’excite une étincelle électrique entre cette boule et le corps électrisé ; il s’en excite une seconde entre cette boule et le bord du vase. C’est cette seconde étincelle qui enflamme le gaz. La détonnation estAres-violente , et la balle est chassée avec assez de force pour, à la distance de 2S pas, percer une planrhe de chêne de 27 millimètres d’épaisseur. La détonnation seroit considérablement plus violente si , au lieu d’air atmosphérique, on mettoit dans le vase une partie d’air pur et deux parties de gaz hydrogène.
- PISTON, s. ni. de l’italien pis-tone, canon , cylindre d’ùn gros rail lue , augmentatif de pistillus , pilon.
- ( Hydraul. ) Cylindre de Bois ou de métal qui, étant levé et baissé par les tringles d’une manivelle dans l’intérieur d’un corps de pompe , aspire ou pousse l’eau en l’air , et souvent la comprime et la refoule.
- PITTORESQUE , adj. de l’ita-lim pilloresco , dérivé de piltore , peintre . qui convient à la peinture.
- ( Peinture) O11 entend par ce mot
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- ce qui convient à la peinture , et ce gui fait un bon effet dans les ouvrages ce cet art.
- Quand on dit cette physionomie esi pittoresque , cet habillement est pittoresque, cette vue , ce paysage est pittoresque , on entend que ces choses conviennent à la peinture.
- • Quand on dit que le dominicain a des coiffures pittoresques , que les bizarreries du Bénédette sont pittoresques , cela signifie que ces coiffures et ces bizarreries font un bon effet en peinture.
- Le goût pittoresque de la composition consiste dans l’agencement agréable de tous les objets dont elle est formée, dans la disposition des groupes , dans leur enchaînement , dans les contrastes heureux, dans l’accord et l’opposition des tons, dans la belle entente des masses d’ombre et de lumière.
- Le goût pittoresque , dans les détails, comprend tout ce que Part peut embrasser. Il se trouve dans un arrangement de cheveux , dahs le jet d’une draperie, dans le choix d’un ajustement, d’une parure, dans celui d’un accessoire. Un hasard heureux , la main d’un artiste , rend pittoresque ce qui ne l’étoit pas.
- Le pittoresque d’exécution consiste dans un pinceau facile, badin , ragoûtant, quelquefois brutal ; dans des touches spirituelles et piquantes ; dans des laissés intelligens , des réveillons de lumière , d’autres lumières éteintes à propos, des ombres profondément fouillées, etc.
- PITUITAIRE , adj. du latin pi-Luita, pituite : qui a rapport à la pituite.
- ( Anal. ) La membrane pituitaire est celle qui tapisse l’intérieur du nez.
- Glande pituitaire; K. GLANDE PINÉALE.
- .PITUITE , s, f. du lat. pituila.
- ( Physiologie ) Humeur aqueuse, lymphatique, visqueuse, qui existe dans le corps de l’homme et des animaux , et qui est fournie par les aii-mens- humides. C’est la même chose que PKLEGME. V. ce mot.
- PIVOT, s. m. du lat. pivotus, diminut. d epiva. Les Italien s disent pivolo, pour-un piquet.
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- ( IVIécan. ) Morceau de fer ou d’autre métal, arrondi par le bout, qui soutient un corps solide, et qui sert à le faire tourner.
- PIVOTANT, TE , adj. de pivot.
- ( Botan. ) Racine pivotante ; celle qui a un tronc principal enfoncé perpendiculairement dans la terre.
- PLACARD, s. m. de plaque, et plaque du grec ntxk%, TrXafoç (plaxy plaxos') , petite lame de métal , mince.
- (Administr.) Ecrit ou imprimé qu’on affiche dans les places, dans les carrefours , afin d’informer le public de quelque chose.
- (Prat.) Placard se dit aussi d’un écrit injurieux qu’on publie en l’affichant au coin des rues, ou en le semant parmi le peuple.
- PLACE , s. f. du lat. platea , d’où les Allemands ont fait plalz. Lieu , endroit, espace que peut occuper une personne, une chose.
- (Architect.) Place se dit aussi d’un lieu public découvert et environné debâtimens, soit pour l’embellissement. d’une ville , soit pour la commodité du commerce.
- ( Commerce) Place se dit encore absolument pour le lieu du change, delà banque; le lieu où les négo-cians, les banquiers, s’assemblent dans une ville, pour y traites- des affaires de leur commerce , de leur négoce. Négocier un billet sur la place, avoir du crédit sur la place.
- Place médiate ; c’est une place sur laquelle un banquier ou un négociant , tire, en donnant ordre à son correspondant de tirer , pour se solder de pareille somme, sur uneplace avec laquelle elle a un change ouvert; ce qui suppose que la première place avoit besoin de iirér sur cette dernière, et que n’ayant point de change ouvert avec elle , elle a tiré sur une place médiale.
- Jours de place ,• ce sont les jours où les négooians d’une ville ont coutume de s’assembler.
- (Ait milit. ) Place de guerre ; c'est une place fortifiée.
- Place régulière ; celle qni'a les parties relatives de son enceinte égales entre elles , et. également fortifiée.
- Place irrégulière ; celle qui a 1 les
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- îes parties relatives inégales entre elles. et les angles aussi, de sorte que les lignes du dessin , formant une figure bizarre, ont besoin d’être inégalement fortifiées.
- Place d’armes d’une attaque ou dune tranchée; c’est un poste bordé d’un parapet ou d’un épaulement, pour loger de la cavalerie et de l’infanterie, destinées à soutenir la tranchée contïe les sorties de la garnison.
- Place d’armes d’une ville de guerre ; c’est un grand espace vide où l’on assemble les soldats pour recevoir les ordres, ou pour leur faire faire l’exercice.
- Place d’armés d’un camp ; c’est un grand terrein choisi à la tête ou sur les côtés d’un campement, pour langer les troupes en bataille.
- PLACENTA, s. m. Mot latin qui signifie gâteau.
- ( dnul. ) Masse charnue et spongieuse , semblable en quelque façon à la substance de la rate, tissue et entrelacée d’une infinité de veines et d’artères , qui composent la plus grande partie de son corps, attachée au fond de l’utérus dans les femmes grosses , et faite pour recevoir le sang destiné à la nourriture de l’enfant dans la matrice. Elle est ainsi appelée , parce qu’elle a la forme d’un gâteau.
- (Botan. ) Placenta est aussi le iwm de la partie interne du péricarpe , à laquelle la graine est attachée.
- PLÂCET , s. m. Corruption dü latinplaceat , qxr’iî plaise, plaise à...
- (Pratique) Supplique que l’on, fait au prince, aux ministres ou aux jugés, pour leur demander une grâce, justice ou fkveur. Ce nom vient de l‘e qu’autrefôis les suppliques com-cuençoierit par lé mot placeat , plaise à...
- Plafond, s. m. composé de
- plai et dejbnd. On écrivoit autrefois platjbnd.
- ( Arckil. ) Le dessus d’un plancher , qui est cintré ou plat garni de f’ûtre ou de menuiserie, et souvent 0l'né de peintures.
- ( Peinture ) Plafonner unefigu-^y c’est, dans le langage dé la peiii-l'ô/ne IIL
- ture, donner à une figure le raccourci nécessaire pour qu’elle fasse un bon effet, étant peinte sur le plafond, ét vue de bas en haut. „
- Une figure plafonné ; c’est-à-dire qu’elle est tellement conforme aux règles de la perspective, qu’elle paraît telle qu’on a eu dessein de là représenter.
- Les premiers maîtres ne connais-soient guère' Part de montrer leurs figures dans les plafonds, vues en dessous , ni toutes tes hauteurs tendantes à dés points de vue ; c’est ce' qu’on appelle faire plafonner les figures. Il ne paraît pas non plus que lés Romains, ni par conséquent les Grecs, aient décelé les principes de ces raccourcis dans leurs plafonds , leurs figures y sont placées comme sur un champ qui paraît êtie vertical. Raphaël lui-même n’a pas fait d’autres efforts pour ses plafonds ; on en peut j uger par les tableaux qui se voient aux voûtes des loges du Vatican. Cependant, ce qui a pu n’ètre pas familier à Raphaël et à quelques-uns dé son école, n’a pas tardé à être pratiqué très-peu de tems après. On voit quelques raccourcis de Jules Romain. Rien ne plafonne mieux que la coupole de Parme, ouvrage immortel du Cor-rege, et que les figures de Pellegrino Tibaldi , à l’institut de Bologne., Plusieurs des plafonds de la galerie de Diane à Fontainebleau , sont pleins de ce sentiment de perspective y et prouvent, ainsi que les ouvrages que l’on vient de citer, que ces grands maîtres nousont laissé, dans ce genre savant et animé, des modèles que les modernes n’ont pas encore atteints.
- PLAGE, s. f. du latin plagor, dérivé du grec ni'hkkà ( plaha ) , accusatif de vrxàtf i^plax) , chose platë et unie.
- ( Oéogr. ) Nom que l’on donne à un point quelconque de l’horizon. Il y a autant de plages que de points dans l’horizon ; et comme le nombre de ces points est infini, il y a aussi unè infinité de plages; mais pour en limiter le nombre, on n’en compté que trente-deux , dont quatre sont les quatre principales plages , desquelles toutes les autres prennent leur nom. Ces quatre sont le Septentrion ou \<*
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- iSord; 1 e Midi ou le Sud; l’Orient
- ou i EsL ; P Occident ou P Ouest :
- on les appelle aussi les quatre points
- cardinaux.
- Les ving-fiui t autres plages ont des noms qui tiennent des deux plages entre lesquelles elles sont placées. V. AIR-DE-VENT, et RHUMB-DE-VENT, NORD, SUD , EST, OUEST.
- ( Marine ) Les marins entendent par plage , une partie de la côte qui est plate et basse, et dont le rivage uni et plat s’étend en ligne droite, ou en arc fort allongé, sans aucune rade ni port, ni aucun cap apparent, où les vaisseaux puissent se mettre à l’abri.
- Vaisseau jeté sur la plage ; c’est un vaisseau échoué et perdu sur une plage de sable, sur laquelle ordinairement il y a facilité à l’équipage de se sauver.
- PLAGIAIRE , s. m. du lat. pla-giarius , fait de plaga , plaie, coup. »
- ( Jurisprud. ) Chez les Romains , on appeioit plagiaires, ceux qui vendoient un esclave qui ne leur appartenoit pas, ou qui retenoient, comme esclave, un homme libre, qui l’achetoient ou le vendoient. Us étoient ainsi nommés, parce que par la loi Jlavia, ceux qui s’étoient rendus coupables de ce crime, étoient condamnés au fouet , ad plagas damnabantur. La loi même s’appe-ioit plagiaria, et le crime plagiat?!.
- ( Littéral.') C’est par analogie qu’on a donné le nom de plagiaires aux auteurs qui pillent les ouvrages des autres, pour se les attribuer.
- Le plagiat est une sorte de crime littéraire, pour lequel les envieux n’ont jamais manqué de faire le procès aux écrivains célèbres. Lorsque Corneille , en donnant le Cid, étonna tout son siècle, et consterna tous ses rivaux, ceux-ci lui reprochèrent les larcins qu’il avoit faits au poete espagnol ; mais le public, naïvement sensible et amoureux des belles choses, n’y attacha aucune importance.
- Je prends mon bien où je le trouve, disoit Molière, et il appeioit son bien, tout ce qui appartenoit à
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- la comédie. Dans les découvertes importantes , le vol est sérieusement malhonnête , parce que la découverte apporte de la gloire, quelquefois de l’utilité à son auteur, et que l’un et l’autre est un bien : encore dans cette partie, celui qui profite des conjectures pour arriver à la certitude, a-t-il la gloire de la découverte ; et Fontenelle a très-bien dit qu’une 'vérité n’appartient pas à celui qui la trouve, mais à celui qui la nomme.
- PLAID, s. m. du lat. placitum , formé de placere, parce qu’autrefois lorsque les juges prononçoient leurs jugemens, iis avoient coutume de se servir de cette formule, placet, ou videtur,
- ( Pratique ) Plaid est un vieux mot qui signifie débat, question.
- Jours de plaids ; ce sont les jours où l’on plaide.
- Tenir les plaids ; c’est tenir l’audience.
- PLAIE , s. f. du lat. plaga.
- ( Chirurgie ) La plaie est une solution de continuité , récente et sanglante dans une partie molle, faite par l’action d’un corps dur et aigu, qui vient la heurter, qui la presse ou qui lui résiste. On distingue plusieurs espèces de plaies,
- On appelle piqûres, les plaies faites par des instrumens piquans; incisions, celles faites par les ins-trumens tranchans; plaies contuses, celles faites par les instrumens con-tondans ; plaies d’arquebuse, celles faites par des armes à feu ; plaies l'Cnimeuses , celles faites par la morsure d’animaux venimeux.
- La solution de continuité, faite par le feu, par la poudre à canon, ou par quelque eau forte , se nomme brûlure.
- ( Jardin. ) Les jardiniers appellent aussi plaies , une ouverture dans l’écorce ou dans la partie ligneuse des arbres, causée par quelque accident, ou par la corruption des humeurs.
- PLAIN, NE, adj. du latin pla~ nus, uni, égal : qui n’est point ra-botèux.
- {Art milit. ) Plaine campagne* c’est-à-dire, rase campagne.
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- bataille s'est donnée en plaine campagne.
- (IManufacl.) Etoffe plaine; c’est , line étoffe unie, et où il n’y a nulles figures, nulles laçons. On dit, dans Je même sens, linge plain, satin plain, velours plain.
- ( Musique ) Plain - chant ; c’est Je chant ordinaire de l’église catholique.
- Saint Ambroise, archevêque de Milan , fut, à ce qu’on prétend, l’inventeur du plain-chant; le pape, Saint Grégoire , le perfectionna, et lui donna la forme qu’il conserve encore aujourd’hui à Rome , et dans les autres églises où se pratique le chant romain. L’église gallicane n’admit qu’en partie, avec beaucoup de peine, et presque par force, le chant grégorien. Ce chant, tel qu’il subsiste encore aujourd’hui, est un reste bien défiguré , mais bien précieux , de l’ancienne musique grecque.
- ( Marine ) Plain ou plein, pris au substantif , signifie , dans la langue vulgaire des marins, le rivage, le bord de la mer. Dans ce sens, ils disent qu’un vaisseau est allé au plain, pour dire qu’il est échoué sur le rivage.
- PLAINE , s. f. du latin plana , plana canipomm , la plaine des champs, plate campagne.
- ( Popogr. ) Grande étendue de terre dans un pays uni. Plaine Sainl-fùnis. La Pologne est un pays <lc. plaines. Les troupes éloienl campées dans la plaine.
- PLAINTE, s. f. du lat. planctus, gémissement.
- ( Pratique ) Déclaration qu’un particulier fait en justice, de l’af-hoiit ou du tort qu’il a souffert , afin d’en faire informer et en poursuivre ta réparation par les voies de droit.
- PLAN, s. et adj. du lat. planus, uni, égal.
- . ( O éoin. ) Surface à laquelle une hgne droite se peut appliquer en tout îeas, de rtianifere qu’elle coïncide toujours avec cette surface. Voyez SURFACE.
- T? ,
- geometrie, en astromomie, etc. ou se sert fort souvent de plans, pour *<Ure concevoir des surfaces imagi-
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- flaires, qui sont supposées couper ou passer à travers des corps solides, et c’est de là que dépend toute la doctrine de la sphère, et la formation des courbes appelées sections coniques; quand un plan coupe un cône parallèlement à l’un de ses côtés, la section est une parabole ; s’il la coupe parallèlement à sa basé , c’est un cercle. {V. CONIQUES.) Toute la sphère s’explique par des plans que l’on imagine passer par les corps célestes. V. SPHERE.
- (Mécan.) Plan horizontal; c’est en mécanique, un plan de niveau , ou parallèle à l’horizon. Tout l’art du nivellement consiste à déterminer de combien un plan donné s’éloigne du plan horizontal. V. NIVELLEMENT.
- Plan inclinéj c'est en mécanique un plan qui fait-rm angle oblique avec le plan horizontal. La théorie du mouvement des corps sur des plans inclinés est un «es points principaux de la mécanique.
- Plan de gravité ou de gfavita-tion ; c’est un plan que l’on suppose passer par le centre de gravité d’u». corps , et dans la direction de sa tendance.
- ( JVavigat. inter.) Plan incliné ; c’est un plan sur lequel on fait glisser des bateaux , pour les élever d’un canal à l’autre, et qui est destiné à remplacer les écluses.
- Depuis une vingtaine d’années on s’occupe beaucoup des plans inclinés pour remplacer les écluses. On sait qu’en Chine les transports par eau sont beaucoup plus communs qu’en Europe ; mais ceux qui ont vu ces mécaniques dans le pays même avouent qu’elles sont loin d’être parfaites , et qu’elles exigent un nombre considérable de personnes pour la manœuvre. Plusieurs projets ont été présentés : on a publié sur cette matière des ouvrages pleins d’intérêts ; plusieurs plans inclinés ont été exécutés dans l’Amérique septentrionale ; mais l’ouvrage le plus étonnant en ce genre est celui qui a été achevé par le duc de Éridgewater , en Angleterre , pour établir une communication entre les deux biefs de son canal souterrein.
- {Caloptrique)Plan de réflexion; H a
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- ç’Vd un plan qui passe par le, rayon 4e n'ilexiüo , et qui est perpendiculaire au plan du miroir pu à la surface du corps réfléchissant.
- Plan de réfraction ; c’est un plan qui passe par le rayon incident, et le rayon réfracté et rompu.
- (Perspective') Plan du tableau ; c’est une surface plane qu’on imagine comme transparente , ordinairement perpendiculaire à l’horizon , et placée entre l’œil du spectateur et l’objet qu’il voit. On suppose que les rayons optiques qui viennent des différons points de l’objet jusqu’à l’œil, passent à travers cette surface , et qu’ils laissent dans leur passage des marques qui les représentent sur le plan. »
- Plan géométral ; c’est un plan parallèle à l’horizon j-'sur lequel on suppose placé l’objet que l’on se propose de mettre en perspective. Ce plan coupe -Ordinairement à angles droits le plan du tableau.
- Plan horizontal ; c’est un plan qui- passe par l’œil du spectateur, parallèlement à l’horizon, coupant
- angles droits le plan du tableau , quand celui-ci est perpendiculaire au pian géométral.
- Plan vertical ; c’est un plan qui passe par l’œil du spectateur perpendiculairement au plan géométral , et ordinairement par Jlèie au plan du tableau.
- ( Qéogr. ) Plan de projection ; c’est, dans la projection stéréogra-phique de la spliere, le plan sur lequel on suppose que les points de la sphère sont projetés , et que la sphère est représentée.
- ( slrpentage ) Lever un plan ; c’est l’art de décrire sur le papier les différens angles, et les différentes lignes d’un terrain dont on a pris les mesures avecunGRAPHOMÈTRE. Poy. ce mot.
- Quand on lève un terrein avec la planchette on n’a point besoin d’en taire le plan , il est tout fait. Toy. PLANCHETTE.
- PLAN seprend aussi adjectivement.
- ( (Jréom. ) Figure plane ; c’est une figure décrite sur un plan , ou qu’on peut, supposer avoir été décrite sur un plan , c’est-à-dire, une figure
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- telle que tous les points de sa surface sont dans un même plan.
- vingle plan; c’est l’angle formé par deux plans qui se coupent. Cet angle est le même que l’angle rectiligne formé par deux perpendiculaires à un même point de la section commune , dirigées l’une dans un plan , l’autre dans Pau tre ; on l’appelle ainsi pour le distinguer d’un angle solide, qui est formé par plusieurs plans ; tel est l’angle formé au sommet d’une pyramide par ses faces.
- Triangle plan ; c’est un triangle renfermé entre trois lignes droites ; on l’appelle ainsi par opposition au triangle sphérique, qui e^t renfermé par des arcs de cercle, et dont tous les points ne sont pas dans le même plan.
- ^Trigonométrie plane ; c’est la théorie dçs triangles plans , de leur* mesures, de leurs proportions, etc.
- ( Optique) Terre ou miroir plan; c’est un verre ou un miroir dont la surface est plate ou unie.
- Terre plan-concave } voy. CONCAVE.
- Perre plan-convexe ; voy. CONVEXE.
- ÇArchiL.') Plan , pris substantivement , signifie aussi la délinéation , le dessin d’un bâtiment, ou autre ouvrage d’architecture , tracé sur ’ie papier, selon ses différentes mesures et ses différentes parties.
- Plan relevé , plan en relief ; lorsque la représen fation du trait fondamental d’un édifice est tracée sur une carte , on représente tous les dehors du même édifice en élévation, on appelle cela faire l élévation d’un plan, ou le plan relevé ou le plan en relief.
- (Marine) Carte plane; c’est ur.e carte marine où les méridiens et les. parallèles sout représentés par des lignes droites parallèles, et où par conséquent les degrés de longitude sont les mêmes dans tous les parallèles de latitude.
- Navigation plane} c’est l’art de calculer , par le moyen d’une carie plane, ou bien de représenter sur une pareille carte les différens t as et l?s différentes circonstances uu moine*' ment d’un vaisseau.
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- La navigation plane est. folidêe sur la supposition que la terre est piale , quoique cette supposition soit manifestement fausse. Néanmoins> en plaçant sur une carte les lieux conformément à cette idée , si l’on divise un long voyage en un grand nombre de petits, on pourra, avec une pareille carte, naviguer assez juste.
- (.Arith. ) Nombre plan ; c’est celui qui peut résulter de la ïnul-tiplication de deux nombres l’un par l’autre ; ainsi , 20 est un nombre plan, produit par là multiplication de 5 par 4.
- ( jMalhém,) Problème plan; c’est un problème qui ne peut être résolu géométriquement que par l’intersection d’une ligne droiteet d’un cercle , ou par l’intersection des circonférences de ces cercles.
- ( Botan. ) Plan se dit , en botanique , des parties des plantes qui présentent une surface plate, ou dont l’épaisseur est très-petite , relativement aux deux antres dimensions.
- Plan se dit aussi de ce qui. comparativement , n’a point:de courbure, de rides, de plis, d’ondulations , etc.
- ( Peinture ) Plan a , dans les arts qui dépendent du dessin , deux acceptions , l’une relative à la disposition générale d’une composition, e1 l’autre aux formes particulières d’un objet.
- Sons le premier de ces rapports, le mot plan sert à exprimer le résultat perspectif des divers points sur lesquels les objets qui entrent dans une scène sont placés ; ainsi f on dit le premier, le second, le troisième, le quatrième plan d’un bas-relief ou d’un tableau , pour désigner le plus grand ou le moindre degré d’enfoncement sur lequel s’arrête telle ou telle partie d’une composition.
- De l’avantage de bien connoître les plans d’une composition , naissent jo. la justesse des effets pour la perspective aérienne; 2°. les hauteurs exactes à donner à chaque ob-et y ce qui est relatif à la perspective méale, sans parler de la valeur que cette connoissance donne à i’exécu-hon, qui doit aussi se différencier selon les plans. Dans sa seconde signification , le mot plan s’entend
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- du détàil des formes et leurs différentes surfaces. Ainsi, quand on dit que les plans d’une tête sont bien sentis , on fait, entendre que tous les njouvemens des détails qui la rom • posent sont bien exprimés et bien à leur place.
- PLANCHE , du latin plané à ais , morceau de bois scié en long.
- ( Gravure) Les graveurs eu taille-douce , en manière noire, en manière pointillé®, etc. nomment planche la feuille ou lame de cuivre ronge sur laquelle ils gravent ; ils se servent même du mot planche pour désigner le travail dont ils la couvrent. Ainsi, un graveur dit qué sa planché n’est qu’ébauchée , ou qu’elle est fort avancée. Quand les graveurs disent une belle planche , une bonne planche, ils n’entendent pas une lame d’un bel ou bon cuivre, telle qu’elle est sortie des mains du chaudronnier, mais une planche couverte d’un bon travail de gravure. Quand ils veulent désigner ia planche elle - même , considérée indépendamment de leur travail, ils disent ordinairement un cuivre.
- ( Commerce maritime ) Jours de planche ; on appelle ainsi le séjour que le maître cl’un bâtiment frété est obligé de faire dans le port de son arrivée, sans qu’il lui soit rien dû au-delà du fret. K STARIE.
- ( Jardin ) Planche sé dit encore d’un espace de terre plus long que large , qui ressemble à une plate-bande isolée.
- PLANCHETTE , s. f. diminutif de PLANCHE , en latin plane a.
- ( Qcom. prat. ) Instrument dont 011 se sert dans l’arpentage dès terres, et avec lequel on a , sur le terrein même, le plan que l’on demande , sans être obligé de le construire à part.
- Une planchette est formée en carré partait ou en carré long , suivant i’objet que l’on se propose; ia plus grande longueur de ses côtés ne passe pas ordinairement 24 pouces ; on la couvre le plus souvent d’un papier vert qui s’étend sur toutes les. parties où l’on ne travaille point'.
- La planchette consiste ordinairement en un parallélogramme de bois, entouré d’un châssis de bnisq par
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- le moyen duquel on attache une feuille de papier bien/étendue. Sur chaque coté du châssis , et vers le bord intérieur , il y a des échelles de pouces subdivisés. Outre cela , on projette sur un des côtés les 36o degrés d’un cercle, en partant d’un centre de cuivre qui est au milieu de- la planchette.
- D’un côté est une boussole qui sert à placer l’instrument. Le tout est attaché à un genou , par un bâton à trois branches , pour le soutenir. Enfin , la planchette est accompagnée d’un index, ordinairement garni d’échelles et de deux pinnules placées perpendiculairement sur ses extrémités.
- PLANÉTAIRE , adj. et s. de PLANETE. V. -e mot.
- ( A s Leon. ) Il se dit en général de tout ce qui a rapport aux planètes.
- iSystème planétaire ; c’est le sy s-tême ou l’assemblage des planètes , tant premières que secondaires , qui se meuvent chacune dans leur orbite autour du soleil, comme centre commun.
- Heures planétaires antiques ou judaïques ; ce sont les heures inégales , dont douze étoihnt pour le jour , et douze pour la nuit.
- Jours planétaires ; chez ie£ anciens, les jours étoient partagés entre les sept planètes, et chaque planète avoit un jour. C’est pour cela que , dans plusieurs langues modernes , les jours de la semaine portent encore des noms tirés de ceux des planètes, comme lundi, die s lunœ , mardi , dies marlis , etc.
- -Années planétaires ; ce sont les périodes de tems que les planètes emploient à faire leurs révolutions autour du soleil ou de la terre.
- Carrés planétaires ; ce sont les carrés magiques des sept nombres , depuis trois jusqu’à neuf.
- Planétaire , pris substantivement, Je dit d ’un instrument qui représente les raouvémens des planètes , soit par des cercles , comme dans les sphères mouvantes , soit par des aiguilles et des cadrans.
- On peut encore donner ce nom aux machines destinées à représenter
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- le mouvement de la terre autour du soleil, le parallélisme de son axe, et le changement des saisons qui eu est une suite.
- On peut aussi mettre au nombre des planétaires, les sphères mouvantes , et les pendules où sont représentées les révolutions des planètes. Consultez le Praitêgénéral des horloges du père Alexandre , et celui de M. Lepaule ; on y voit l’indication des auteurs qui ont paris de ces sortes d’ouvrages.
- PLANETE , s. f. du grec -n-X «.vanne ( planètes ) , errant, dérivé de vrXavM (plané ), erreur, égarement : étoile errante.
- ( Astron. ) Corps céleste qui fait sa révolution autour du ciel, et change continuellement de position par rapport, aux autres, étoiles, d’où lui vient le nom d’étoile errante, que lui ont donné les anciens.
- Les planètes se distinguent ordinairement en principales et secondaires.
- Planètes principales y ce sont celles qui tournent autour du soleil : telles sont les planètes de Mercure, Hé nus , Mars , Jupiter, Saturne, Herschell, Cérès ou Piazzi, P ah las ou Olbers , et la'jf'erre, sans compter les comètes.
- Planètes secondaires; ce sont celles qui tournent autour de quelque planète principale , comme centre , de la même manière que les planètes principales tournent autour du soleil : telles sont la lune qui tourne autour de notre terre , et ces autres planètes qui tournent autour de Saturne et de Jupiter , et que l’on appelle satellites.
- PLANÏMÉTRIE , s. f. du latin planus, égal, uni, plan, et du grec p.îTÿov ( met ron ) , mesure : mesure des surlaces planes.
- ( Créom. ) Partie de la géométrie qui considère les lignes et les figures planes.
- La planimétiie est ordinairement bornée à la mesure des plans ou surfaces ; elle est opposée à la STÉRÉOMÉTRIE. H. ce mot.
- La planimétrie, ou l’art de mesurer les surfaces planes, s’exécute par le moyen des carrés plus gu moins
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- grands, comme pieds carrés , mètres carrés, inyriamfetre carré , etc. Ainsi, on connoit la valeur d’une surface proposée , quand on sait combien elle contient de pieds carrés , de mètres carrés , etc.
- PLANISPHERE , s. ra. du latin planus, plan, et du grec trtpuî'pa.
- ( sphaira ) , sphère , globe.
- X^Astronï) Projection de la sphère et de ses difï’éreus cercles sur une surface plane, comme sur du papier , etc.
- Dans ce sens, les cartes célestes et terrestres , où sont représentés les méridiens et. les autres cercles de la sphère , sont appelées planisphères.
- Dans les planisphères , on suppose que l’œil est un point qui voit tous les cercles de la sphère, et qui les rapporte au plan de projection sur lequel la masse de la sphère est , pour ainsi dire, applatie.
- Les cartes célestes où sont représentées les constellations , sont des espèces de planisphères ; mais on appelle aussi planisphères la représentation des cercles on orbites que les planètes décrivent, faite sur un plan , soit en dessin , soit en cartons concentriques ou appliquées les uns sur les autres ; les cartes marines sontaussi appelées planisphères nautiques.
- Planisphère se dit sur-tout des cartes célestes qui représentent les constellations de tout le ciel, projetées sur le plan de l’écliptique , ou sur le plan de l’équateur.
- PLANT , s. m. du lat. planlare, plan ter.
- ( Jardin. ) Scion qu’on tire de certains arbres pour planter.
- Plant se dit aussi des élèves qu’on fait des graines semées , afin de les replanter.
- Plant se prend encore pour le lieu où l’on a planté de jeunes arbres , et même pour la chose plantée. C’est dans ce dernier sens , qu’on dit un plant d’artichauts , de fraisiers , de poiriers, de tilleuls.
- PLANTAIRE , adj. de plante ( des pieds ). Ci ce mot ; qui a rapport à la plante du pied.
- (Anat.) Le muscle plantaire, les hgarnens plantaires , les artères plantaires, etc.
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- PLANTATION, s. f. dulaf.p/an-tatio , dérivé de planta , planter; l’action de planter.
- ( Jardin. ) Plantation signifie en général un terrein d’une certaine étendue , sur lequel on a fait venir des semences , ou transplanté un grand nombre d’individus d’une même espèce d’arbres, d’arbustes ou d’herbes.
- Il se dit aussi d’une réunion d’arbres et d’arbrisseaux de toute espèce , de toute grandeur , et de tout pays, élevés à peu près en même tems dans quelque portion considérable d’un domaine. C’est dans ce dernier sens qu’on dit plantations d’ornement, plantations utiles , riches plantations , etc.
- Colonies de V Amérique ; il se dit encore des établissemens que les colonies envoyées d’Europe , font dans les terres qu’elles défrichent , et où elles plantent des cannes de sucre, du tabac, etc.
- PLANTE , s. f. du lat. planta. {Botan. ) Corps organique, incomplet dans sa naissance , incapable de déplacement, spontané , et se nourrissant particulièrement par sa partie fixante ou pénétrante.
- Sous le nom de plantes , les botanistes comprennent les arbres , et toutes sortes de végétaux.
- Pour l’organisation des plantes , Voy. les mots RACINE , TIGE , FEUILLE, FLEUR, FRUIT , SEMENCE , EMBRYON , PERIS-PERME, COTYLEDONS , PLU-MULE,RADICULE, ANNUELLE, BISANNUELLE , EPIDERME , LIBER , AUBIER , FOLIATION, BOUTON, CALICE, COROLLE, PÉTALE , ÉTAMINE , PISTIL , RÉCEPTACLE , GERME , STYLE , STIGMATE , PÉRICARPE, CAPSULE , SILIQUE , GOUSSE , NOIX, BAIE, POMME, BRIN, FIBRES , UTRICULES , SUCS , MOELLE, BOIS, ECORCE, etc.
- Plantes alimentaires p, on comprend sous ce nom les plantes qui nourrissent habituellement l’homrm? dans chaque pays; peut-être un jour qualifiera-t-on ainsi le plus grand nombre des plantes, puisqu’on suppose que presque toutes contiennent de l’ÂMIDON ( voy. ce mot) , ovr
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- une matière végétale éminçmmçnt nutritive , homogène da^s sa nature , et toute formée , dit-on , dans les végétaux , d’où il ne s’agit que de savoir la retirer.
- Plantes annuelles y ce son Ucelles qui naissent, croissent et meurent entièrement dans l’année ; lorsqu’elles passent l’hiver et durent deux ans , on les nomme bisannuelles.
- Plantes aquatiques y ce sont celles qui naissent dans l’eau.
- Plantes céréales y on appelle ai nsi le froment, le seigle, l’orgé, l’avoine, et quelques autres plantes de là famille des graminées, dont les semences servent à la nourriture de l’homme et des animaux ; elles sont ainsi appelées du nom de Gérés , qui, suivant les poètes, en a fait présent au genre humain.
- Plantes cryptogames ; v. CRYPTOGAME.
- Plantes économiquesy on désigne sous ce nom , les plantes qui sont employées à la nourriture de l’homme et des bestiaux , ou qui fournissent des produits pour les arts.
- Plantes étiolées y voy. ÉTIOLEMENT.
- Plantes indigènes : voy. INDIGÈNE,
- Plantes exotiques y voy. EXOTIQUES.
- Plantes hybrides, ou h ib ri de s ; voy. HÏBRIDE,
- Plantes médicinales y ce sont Celles qu’on regarde comme propres à guérir quelque maladie.
- Plantes odorantes , ou odoriférantes y ce sont celles qui exhalent une odeur. Vjy. AROME , ODORAT , PARFUMS.
- Plantes parasites y voy. PARASITE.
- Plantes vivaces ; on appelle ainsi les plantes qui vivent plusieurs années.
- {Anat. ). Plante se dit aussi, par métaphore, du dessous du pied de l’homme ; la plante du pied.
- PLANTER , verbe act. du latin piapto.
- ( Agric. ) Mettre en terre les racines d’une plante, pour qu’elle s’y fortifie , et qu’elle y croisse.
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- H se dit également de toutes les graines qu’on met en terre l’une après l’autre avec la main , par opposition à semer. On plante des pois, des fleurs, des ognons, des noyaux , un bois , un parterre, des allées.
- - PLANTIGRADE , adj. et s. composé du lat. planta,, plante du pied , et de gradior, marcher : qui marche sur la plaute des pieds.
- ( Piist. nat. ) C’est le nom qu’on a donné aux animaux mamniferes , carnassiers , qui marchent comme nous sur la plante des pieds , c’est-à-dire, qui ont la plante du pied entièrement appuyée. JJ ours , la taupe, le blaireau, sont des plantigrades.
- PLANTULE, s. f. dimiqut. de plante , en latin planta, plantula.
- ( JBotan. ) R udiment de la tige , placé dans la cavité des lobes séminales , et qui se développe et sort de terre au moment de la germination.
- PLAQUE, s. f. du lat. plaça , fait du grec {plax') , lame de
- métal peu épaisse et applatie.
- ( Émailleur ) Les émailieurs appellent plaque, un corps de verre ou d’émail, façonné à la flamme de la lampe.
- ( Orfèvrerie) Faisselle plaquée, bijoux plaqués y c’est de la vaisselle, des bijoux de cuivre ou d’acier, qui sont recouverts d’une lame d’or ou d’argent, qu’on y applique et qu’on y rend adhérent, par un procédé particulier. Dans ce sens , on dit substantivement du plaqué, voilà du beau, plaqué.
- PLASTIQUE, s. f. du grec <ttxaç— T/iut ( plastifiéj, dont les Latins ont iaitplastice, et les Italiens plastico, l’art du potier , du modeleur.
- ( Sculpté) L’art plastique, ou substantivement la plastique, est une partie de la sculpture qui consiste à modeler toutes, sortes de figures en plâtre, en terre, en stuc. C’est ce qu’on appelle plus ordinairement l’art de modeler.
- PLASTRON-, s. m. de l’italien p'iastrone.,
- ( Art milit. ) Demi-cuirasse ou la pièce de devant de la cuirasse que les (cavaliers portent à la guerre,
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- (Escrime) Il se dit aussi d’un cuir rembourré dont les maîtres d’armes se servent pour recevoir les bottes qu’on leur porte.
- (Sculpture) Plastron est encore un ornement de sculpture, en manière d’anse de panier, avec des enroulera ens.
- PLAT , TE, adj. du grec 'irxa.rvt {plalus), large, sans épaisseur, qui a la superficie unie.
- ( Art milit. ) Plat pays ; les gens de guerre désignent par-là la campagne , les villages, les bourgades, par opposition aux villes, aux places fortes.
- ( Marine ) Paisseau plat, 'vaisseau à fond plat, ou. à varangue plate ; c’est un bâtiment dans lequel les varangues, ou la partie inférieure des membres , ont beaucoup de longueur et peu de relèvement, ce qui forme à son fond une partie considérable , large et presque horizontale. De tels vaisseaux ,ont de vastes capacités, ont la faculté de s’échouer avec moins de danger ; mais ils sont, ordi-pairement moins propres à la marche.
- Bateaux plats ; ce sont des bateaux ou barques dont le fond est absolument plat, et qui sont propres pour faire un débarquement de troupes , sur une plage ouverte, où ils peuvent s’échouer et se mettre à terre.
- Plat-bord ; c’est une suite ou file de bornages, qui se mettent à plat ms les tètes de toutes les allonger,, pour terminer le vaisseau dans sa partie supérieure ou œuvre-morte , et sur toute la longueur du bâtiment.
- Calme plat ; c’est l’état de la mer lorsqu’il ne lait pas le moindre vent.
- (Poésie) Pers à rimes plates ; Ce sont des vers dont les rimes.se suivent deux à deux, sans être entre--mêlées.
- PLATEAU, S', m., diminut. de plat, vaisselle ; petit plat.
- {Art milit. ) Il se dit aussi d’un terrera élevé , mais plat et uni , sur lequel on met du canon en batterie,
- ( Physique ) Plateau élechi-(iue > c’est uu plan circulaire de verre, que i on rend actuellement électrique e.u le iaisant tourner entre, des cous-SIES> La meilleure matière pour faire
- P L A ut
- les plateaux électriques est le crisfal d’Angleterre, connu sous fe nom de FLINT-GLASS ( P. ce mot). Viennent ensuite les glaces de Cherbourg et de St. Gobin.
- PLATE-BANDE, s. f. V. pour l’origine PLAT et BANDE.
- (Architect. ) La plaie-bande est la partie qui termine l’architecture de l’ordre dorique : c’est, en général, la même chose que la face.
- C’est aussi une moulure carrée ,
- {dns haute que saillante, comme sont es faces d’un architrave, et la plate-bande des modillons d’une corniche.
- Plate-bande de parquet; c’est un assemblage étroit et long, avec compartiment en losange, qui sert de bordure au parquet d’une pièce d’appartement.
- ( Artillerie) Plate-bande d’affût ; c’est une bande de fer qu’on ap plique sur les tourillons d’un canon, pour le tenir ferme sur son affût quand on le pointe.
- (Jardin.) Plate-bande se dit aussi d’une bande de terre longue et étroite, destinée à élever des fleurs et des arbrisseaux odorans.
- PLATEE , s. f. , même origine que PLAT.
- (.Archit.) Massif de fondation qui comprend toute l’étendue du bâtiment.
- PLATE-FORME, s. f. de l’italien piattaforma.
- (.Art milit. ) Lieu préparé avec des madriers ou des planches de bois , pour recc. oir et placer le canon que l’on veut mettre en batterie , spit sur des remparts, soit à un siège.
- ( Archit.') Plateforme se dit aussi des pièces de bois posées sur l’entablement , qui soutiennent les chevrons et la charpente en toute l’étendue d’un comble, d’une couverture,
- ( Hydraul. ) Il se dit encore d’un plancher fait de plusieurs gros ais ou madriers, qu’on fait sur plusieurs rangs de pilotis, pour asseoir, la maçonnerie,
- ( Jardin, ) Plate-forme est encore le nom d’une espèce de ferrasse pour découvrir une belle vue dans un jardin.
- ( Marine) Plate-forme de l’éperon , ou de la poulaine ; c’est un établissement ou espèce de plancher,
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- foimé en caille botis. en avant du vaisseau , sur l’éperon , entre les deux lisses supérieures des herpes , pour servir aux matelots qui s’y tiennent ou qui y passent pour aller sur le beaupré , à -poser leurs pieds.
- PLATINE, s. f. même origine que plat, plateau : petite plaque.
- (Arquebusier) La platine est la pièce à laquelle sont attachées toutes celles qui servent au ressort d’une arme à feu.
- ( Artillerie) Plaque de plomb en sable , qui sert à couvrir la lumière du canon.
- ( Imprimerie ) Platine est aussi la partie de la presse qui foule sur le timpan, celle qui est au dessous de l’arbre , et qu’on fait hausser ou baisser par le moyen du barreau.
- PLATINE , s. m. de l’espagnol plalina, dimin. de plata, argent : petit argent.
- (Minéral.) Substance métallique, blanche comme de l’argent (d’où lui vient, son nom ) , mais plus sombre , très-fixe au feu, et plus pesante que l’or. Jusqu’ici l’or étoit de tous les corps, le plus dense et le plus pesant ; depuis la découverte du platine, l’or n’a plus, dans ce genre-là, que le second rang. *
- La dureté du platine ne le cède qu’à celle du fer ; et sa ténacité le place au troisième rang, entre le cuivre et l’argent. C’est de tous les métaux le plus difficile à fondre.
- Le platine s’allie à plusieurs métaux ; mais l’alliage le plus utile est celui qui a lieu entre le platine et le cuivre. Très-dur et très-serré, cet alliage prend un beau poli , et sert à faire des miroirs de télescope, dont la surface est inaltérable.
- L’art de travailler le platine est encore trop imparfait pour qu’on puisse prévoir tous les services que ce métal inaltérable pourra rendre aux arts. Déjà les chimistes en ont fait fabriquer des creusets précieux , des évaporatoires , des cornues. On s’en est servi avec avantage pour faire des étalons de mesures, des règles, des types de poids invariables. Son peu de dilatabilité peut le rendre très-utile dans les ouvrages d’horlogerie. Si quelque jour il devient plus commun et plus facile à fondre ; il sera sans
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- doute employé à la fabrication des monnoies, des médailles, etc.
- Le platine vient de l’Amérique méridionale, où on le trouve toujours à l’état natif, sous la forme de petits grains anguleux, de la grosseur de la pondre à tirer.
- PLATONIQUE, adj de Platon , philosophe grec: qui a rapport à Platon , au système de Platon.
- (Morale) Amour platonique ; celui qui ne regarde qu’aux qualités de l’ame , sans aucun égard aux sens.
- ( Chronol. ) Année platonique c’est la révolution à la fin de laquelle on suppose que tous les corps célestes seront dans le même état dù ils étoient à la création. Le monde ases périodes, dit Platon ; à la consommation de ces périodes, il revient à son état, d’origine, et la grande année recommence.
- ( Créom. ) Corps platoniques y ce sont ceux que l’on appelle autrement , et plus communément , corps réguliers. On les appelle ainsi, parce qu’on croit que la première découverte de la propriété de ces corps est due à l’école de Platon.
- PLATRE, s. m. du grec irxitror ( plastos ) , dérivé de nr\â.<r<ra>
- ( plassô ), former , figurer.
- (Minéral) Le plâtre , ou sulfate de chaux, ou plâtre calciné , ou gypse, ou sélénite, est une substance très-répandue dans la nature. Le plâtre se divise en lames, se décrépite sur les charbons, se fond au chalumeau en un émail blanc. Le plâtre 'pur est inaltérable à l’air ; mais il est rarement dans cet état; il est presque toujours mélangé : celui des environs de Paris est toujours mêlé avec une portion considérable de pierre calcaire , ce qui paroit être la cause d.e la supériorité qu’il a sur les plâtres les plus purs.
- (Sculpture) On donne dans les ateliers le nom de plâtres aux stat ues, aux bas-reliefs, aux parties moulées en plâtre, d’après les restes les plus précieux de l’antiquité, et les chefs-d’œuvres des statuaires modernes. On dit, par exemple, que l’on a un beau plâtre delà Vénus de Médicis, de la tête de Laocoon, etc. On dit aussi tirer un plâtre sur quelqu’un, pour dire, prendre la figure de son visage
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- avec du plâtre préparé pour cet effet.
- PLÂTRE-CIMENT, subst. m. compose de plâtre propre à être figuré, façonné , et de CIMENT Ç P. ce mot ) , propre à lier, unir et faire tenir ensemble.
- ( Archit. ) Production artificielle qui réunit les propriétés du plâtre que donne le gypse à celles du meilleur ciment. Les échantillons de la pierre qui peut servir à la fabrication du plâtre-ciment, se trouvent parmi les galets, qui garnissent les cotes de la mer, aux environs de Boulogne. Il suffit, pour la fabrication de cette matière,de calciner les morceaux à un degré de chaleur semblable à celui qui est nécessaire pour la calcination de la chaux, et de les pulvériser ensuite, en gâchant la poudre qui en résulte avec la quantité d’eau suffisante ; il se dégage sensiblement de la chaleur, e! il se tonne une pâte qui ne tarde pas à se durcir, comme le fait le plâtre proprement dit. La pierre qui en provient est inaltérable par l’eau et par l’air , et elle devient assez, compacte pour recevoir Un certain poli. On peut en fabriquer des vases, parce qu’eile est imperméable à l’eau ; on peut la laçonner en aj utages, en robinets, en tuyaux de conduite.
- Le plâtre - ciment peut être employé dans toutes les constructions dans l’eau , pour les fondations des jetées, des dignes, des piles de ponts, des radiers, etc. Dans l’architecture ordinaire, il peut, servir à faire des enduits, et sur-tout dans les lieux humides.
- Le plâtre-ciment peut être taillé comme la pierre , et employé dans tous les cas où l’on fait usage du stuc et du marbre ; il a toutes les conditions nécessaires pour être moulé en statues. On peut faire du plâtre-ciment, un pisé très-solide , et des pierres de toute espèce, pour servir dans les constructions rurales.
- PLEBISCITE, s. m. composé du latin plebs, plebis, peuple , et de scilum, ordonnance ; ordonnance du peuple.
- ( Hisl. romaine ) Décret, ordonnance émanée du peuple romain, séparé des sénateurs et des paîrices, sm- la réquisition d’un tribun.
- Les plébiscites ne différèrent des
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- lois, que par; le nom et la manière dont on les faisoitrecevoir.
- PLEIGE, s. m. du latin'barbare pie plus, dont, les Allemands ont fait p/legen, et les Anglois, pleige.
- ( Pratique ) Caution , d’ou vient pïeger, pour cautionner.
- PLEIN, NE, adj. du lat. plenus.
- ( Physique) Il se dit d’un espace dans lequel on suppose qu’il n’y a aucun vide.
- ( Blason ) Armes pleines; ce sont des armes sans brisures, et qui ne sont point écartelées.
- Peu d’or plein, de gueule plein; cela signifie que dans i’e'cu il n’y a qu’une couleur, qu’un émail.
- ( Marine ) Porter plein ; c’est gouverner de manière à tenir bavant du vaisseau plus éloigné de la direction du vent, que la ligne du plus près , en taisant avec la direction du veut, un angle moins aigu , afin de faire bien enfler les voiles, et défaire du chemin.
- Pleine mer; c’est-à-dire, au large, au loin des côtes.
- Mer pleine ; c’est le plein de l’eau, la haute mer, la marée haute. P. MAREE. _
- ( Astronomie) Pleine lune; c’est cette phase ou état de la lune dans lequel elle nous présente toute une moitié" éclairée. La terre est alors entre le soleil et la lune , et celle-ci est en opposition ; elle est dans le signe du zodiaque , directement opposé à celui qu’occupe le soleil. Les éclipses de lune n’arrivent que dans les pleines lunes, lorsque la lune se trouve précisément en ligne droite entre la terre et le soleil; de sorte que la terre empêche le soleil de l’éclairer.
- ( Jardinage ) Plein vent, arbre en plein vent; c’est un arbre de tige autour de laquelle il étend ses branches horizontalement.
- ( P rat. ) Plein possessioné ; c’est la pleine maintenue et garde qui M’adjuge en justice à celle des parties qui a le droit le plus apparent.
- Plein pouvoir; c’est un pouvoir sans restriction. V. POUVOIR. PLÉNIPOTENTIAIRE , s. m.
- et adj. du lat. plenus, plein, et de potentia, puis.ance : celui qui a une commission, ou un plein pouvoir d’agir.
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- ( Diplomatie ) 11 se dit particulièrement des ambassadeurs que les gouvernemens envoient pour traiter de paix, de mariages et autres aff aires importantes.
- PLÉONASME, s. mas. du grec -rx* sva^uoc ( pléonasmos ), dont la racine est ttXsoc (pléos) plein: abondance, superfluité.
- (" Rio eut. ) Figure de construction opposée à l’eilipse.
- On appelle pléonasmes , les expressions superflues qui se trouvent dans une phrase, et dont la suppression n’empgciieroit pas que le sens tût moins entendu ; et plus particulièrement encore les répétitions qui se trouvent dans les idées, quoique les expressions paroissent différentes.
- /PLÉR0SE , s. m. du grec tta*-pœa-(ç {plérosis), réplétion, plénitude , dérivé de'7rx»ifi3« i^plèroo ) , remplir,
- ( Méd. ) Réplétion , ou rétablissement d’un corps que les maladies ou des évacuationstrop copieuses av oient épuisé.
- PLÉTHORE, s. mas. du grec rrXüÔ®/)* (pléthora), réplétion , plénitude , du verbe «rx«9w , remplir , combler.
- ( Med. ) La pléthore , dit Boër-rhave, est une quantité de sang louable , plus grande qu’il ne faut, pour pouvoir supporter les change-rnens qui sont inévitables dans la vie , nus occasionner des maladies.
- PLÉTHORIQUE , adj. même «rigine que PLETHORE.
- ( Méd. ) On appelle ainsi ceux qui ont beaucoup de sang,ou qui ont une pléthore,
- PLEURÉSIE , subst. f, du grec '7rx«tvp?T<c ( pleuritis ) , de TfXs'jpà, { pleura ), plèvre.
- ( Méd. ) Douleur de côté, piquante et très-violente, causée par l’inflammation de la pleure, et souvent aussi de la partie interne dn poumon, accompagnée de fièvre aiguë", de difficulté de respirer, et ordinairement de toux et de crachats sangninolens, qui deviennent ensuite rouilles-et jaunes.
- Fausse pleurésie; c’est une douleur de coté, sans fièvre, sans soif, et souvent sans toux , causée par une lymphe ou sérosité âcre , engagée
- PLI
- dans la plèvre, ou dans les muscles intercostaux.
- PLEURO-PNEUMONIE , s, f. du grec 'irkevpàt, (pleura'), plèvre, et de 'irnup-mt ( pneurnon ), le poumon.
- ( Méd.') Espèce de pleurésie, composée d’une vraie pleurésie et d’uue péripneumonie , c’est-à-dire , dans laquelle la plèvre et les poumons sont enflammés.
- PLEVRE, s. f. du grec trkivpk ( pleura ) , côte.
- ( Méd» ) C’est le nom de la membrane qui tapisse la parois intérieuie des côtes.
- PLEXUS, s. m. Mot Jalin, participe de plecto , entrelacer,
- ( Mnat. ) Espèce de filet, ou complication de vaisseaux.
- Plexus choroïde ; c’est un amas de vaisseaux dans le cerveau.
- Plexus de nerfs; c’est une union de nœuds , ou plusieurs nerfs qui forment une espèce de filet.
- PLI, s. m. du latin plica, pli, ou plico , -plier: un ou plusieurs doubles que l’on fait à une étoffe , à du linge.
- ( Peinture, sculpture) Plis. P^oy. DRAPERIE
- PLICATILE, adj. du latin pli-calili's, de plica, pii : susceptible de plissement.
- ( Bottine) La corolle du liseron est pliealile par le sommeil : elle s’épanouit pendant le jour, et se ferme avant la nuit,
- PLINTHE , s. m. ou f. du grec «wxivôo'ff ( plinthos') , brique.
- (Architecture) Membre d’arehi-tecuire carré et plat, que l’on met aux bases et aux chapiteaux des colonnes ; il est ainsi Appelé, parce qu’il a la figure d’une brique.
- PLIQÜE, ou PLICA, s. f. du îat. plica, pli.
- ( Méd. ) Maladie endémique, très-commune dans toute la Pologne; elle consiste dans un eutoitillement. ou entrelacement extraordinaire des cheveux , lesquels sont tellement collés ensemble, qu’ils forment un spectacle monstrueux. Lorsqu’on les coupe, ou qu’ils se rompent, ils répandent du sang ; le malade est attaqué de maux de tète horribles, sa
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- vue s’affoibiit. , ef il court souvent risque de la vie. Cette maladie attaque sur-tout, les juifs qui vivent dans ces contrées.
- PLISSÉ , adj. du latin plicalus, Fait de plica, pli : qui a des plis.
- ( Botan, ) Les feuilles de beaucoup de plantes sont plissées avaut leur développement , et leurs plis suivent les nervures.
- PLOMB, subst. m. du latin. plumbu/n.
- ( Minéral. ) Métal gris , bleu ou livide , non aoidifiable , ductile et facilement oxidable ; le cinquième dans Tordre de la pesanteur, et le dernier dans celui de la dureté; le septième dans l’ordre de la ductilité, et le sixième dans celui de la volatilité.
- On n’a point encore trouvé le plomb natif pur et isolé; la nature le présente toujours mêlé avec des substances étrangères.
- Quand on veut essayer une mine de plomb , on commence par la griller pour en dégager le soufre ou l’arsenic , ensuite on la fond ; après uoi on coupelle le culot obtenu, afirt e connoitre la quantité d’argent qu’il contient.
- Le plomb dans son état d’oxide, est le plus vitrifiable de tous les métaux, iî s’unit très-bien à la silice et aux autres terres. Il donne au verre une densité homogène, plus de pesanteur , et une sorte d’onctuosité qui le rend susceptible d’ètre taillé et poli plus aisément. Il augmente sa propriété réfringente , et constitue le FLINT-GLASS. Noy. ce mot.
- LesMifférens oxides de plomb servent dans la peinture, parce qu’ils s’unissent très-bien aux huiles.
- On prépare avec l’oxide de plomb, l’antimoine et le sel marin, un jaune bit beau , connu sous le nom de jaune de Naples.
- Le plomb oxidé par les vapeurs du vinaigre forme ce qu’on appelle le blanc de plomb.
- La litharge, qui est un oxide de plomb, sert Prendre les huiles, siccatives, en leur fournissant del’oxigène.
- Le plomb uni à l’antimoine fournit le métal des caractères d’imprimerie.
- ( Méd. ) Les médecins ont donné
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- le nom de plomb à une maladie dont les vidangeurs sont quelquefois attaqués. Elle consiste dans une sut-focation et une lipothymie que la vapeur maligne des privés leur cause subitement, et qui les. fait périr en peu de tenus, si on ne les lait vomir avec une potion émétisée.
- ( Marine ) Plomb : plomb de sonde. Voy. SONDE.
- ( (Jéom. ) Ligne à plomb , ou simplement plomb ; c’est un instrument qui sert aux maçons et autres ouvriers à élever perpendiculairement leurs ouvrages , et ordinairement composé d’une ficelle, à laquelle est attaché un morceau de plomb.
- PLOMBAGINE , s. f. du latin plunibago, plumbaginis, parce que les anciens prenaient cette substance pour une mine de plomb.
- ( Minéral. ) Substance minérale qui a été long-tems confondue avec le molybdène : cette substance porte différens noms; on l’appelle carbone, de fer, crayon noir, pote lot, mine de plomb. Elle laisse sur le papier des traces noirâtres. Sa surface est grasse et oncxueuse.
- On trouve la plombagine aux Pyrénées, en Espagne, en Allemagne ; mais nulle part elle n’est aussi pure qu’en Angleterre. Aussi les Anglais en ménagent-ils l’exploitation avec art : ils n’en retirent qu’une petite quantité à la fois, et ils ferment ensuite la mine. Monsieur Conté est parvenu à imiter la plombagine d’Angleterre, ou à la préparer artificiellement, de manière à remplacer parfaitement les crayons an-gloi?.
- PLONGER , v. n. du latin plumbiare f faire comme le plomb, enfoncer comme le plomb.
- ( Physique) C’est l’art ou l’action de descendre dans l’eau jusqu’à une profondeur considérable -, et d’y rester assez long-tems.
- On a imaginé différentes méthodes et difi'érens instrumens pour rendre l’art de plonger plus sûr et plus aisé.
- Le grand point est de procurer au plongeur un air frais, sans quoi il n’est pas possible qu’il reste long-tems dans l’eau, car il y périrait.
- La. plus importante de ces inven-
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- lions est la cloche du' plongeur ; mais malgré ies additions et les per-lectionnemens qu’on y a faits , elie n’est plus d’usage , parce qu’elle entraîne avec elle trop d’embarras et trop d’inconvéniens.
- Le plus grand de tous, et qui est inévitable , c’est la grande densité que l’air acquiert dans la cloche, par la grande pression qu’il éprouve de la part de l’eau, à une grande profondeur. Cet air , ainsi comprimé, comprime à son tour toutes les parties du corps du plongeur , soit extérieurement , soit intérieurement, et. par cette pression fait rompre les vaisseaux sanguins , et occasionne des crachemens de sang.
- PLUIE , s. f. du latin pluvia.
- ( Physique ) On appelle pluie l’eau qui se détache des nuages, et qui tombe en forme de gouttes.
- Comme la pluie n’est autre chose que les vapeurs qui se sont élevées dans l’atmosphère , et qui , en se condensant ensuite , se réunissent et tombent en forme de gouttes , elle deit être d’autant plus fréquente qu’il s’élève une plus grande quantité de ces vapeurs, il s’en élève davantage au dessus des mers et des grands lacs qu’au dessus des terres qui fournissent moins à l:évaporhîion. Voilà pourquoi les pluies , toutes choses égales d’ailleurs, sont beaucoup pics fréquentes dans les voisinages des cotes , qu’elles ne le sont dans le milieu des continens et des grandes îles. C’est encore ia raison pour laquelle le veut d’ouest et le vent de sud nous donnent souvent de la pluie ,• car le \ eut d’ouest nous apporte ies nuages formés par l’Océan , et le vent de sud nous amène ceux qui ont été formés sur la Méditerranée. Poy. MÉTÉORES.
- PLUMAGE, s. m. de PLUME, •voy. ce mot.
- ( Ornilhol. ) L’ensemble de toutes les plumes dont le corps des oiseaux est revêtu.
- PLUMASSEAU, s. m. de PLUME. P oy. ce mot. •
- ( Chirur.') Lesplumassecux sont plusieurs brins de charpie, unis les uns aux autres, repliés par leurs extrémités , et appiuüs entre le dos d’une nriuiu et la paume de l’autre.
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- Leur usage est d’arrêter les hémorragies légères ; détenir les plaies et les ulcères ouverts , de peur qu’ils ne se recollent avant que le fond soit détergé ; de les consolider par le moyen des onguents , des digestifs ou du baume dont on les couvre , etc.
- Le mot de plumasseau vient de ce que les anciens , qui n’avoieut point l’usage de la charpie, se ser-voient de plumes cousues entre deux linges.
- PLUME, s. f. du latin pluma.
- ( Omithol. ) Ce qui couvre les oiseaux et sert à les soutenir en l’air.
- (Diplomatie].) Plumes à écrire ; pour tracer des ' caractères sur le bois et sur les métaux , on se servit du burin , ( voy. BURIN ), Le style fut employé quand on voulut écrire sur , des tablettes enduites de cire, Ç voy. STYLE ). Le parchemin et le papier exigeant un ixrstrument plus délicat , on prit un roseau , LvoX- ROSEAU). Les Turcs, les Grecs et les Persans se servent encore du roseau.
- On ne sait pas au juste à quelle date remonte l’usage des plumes d’oiseaux ; on présume qu’il a commencé au cinquième siècle j mais on sait qu’il étoit généralement adopté en Europe , au dixième siècle.
- ( Dessin ) Dessin à la plume ; cette manière de dessiner a été souvent pratiquée par les anciens peintres. Traitée avec facilité , elle n’est guère moins expéditive que celle de dessiner au crayon, et elle est susceptible de beaucoup d’esprit et de goût. On a un grand nombre d’études à ia plume , faites par le Titien.
- Quelques peintres ont dessiuéo’une plume fine et légère ; d’autres se sont servi d’une grosse plume conduite avec feu , et en apparence , sans aucun art ; prodiguant l’encre par taches , l’étendant même quelquefois avec le doigt, ils ont produit, dans cette manière brutale , des ouvrages justement admirés des con-noisscurs.
- La plume est aujourd’hui généralement abandonnée par les peintres ; ils ne l’emploient plus guere qu’à faire le trait de leurs dessins au lavis. Le lavis peint mieux que la plume , mais il ne dessine pas avec tant mes-
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- prit, et rend moins bien le caiactère des différens objets.
- PLUMEAU, ou PLUMASSEAU, s. ni. de PLUME.
- ( Peinture ) Espèce de balai fait avec de fortes plumes de dindons , qui sert aux peintres pour oter la poussière avant d’appliquer la peinture.
- PLUMEUX , adj. de plume.
- ( Botan. ) Barbu comme une plume ; c’est-à-dire , garni longitudinalement de deux rangs opposés de poils longs ; ou bien composé de parties grêles , et ainsi garnies de poils.
- PLUMITIF , s. m. corruption de primitif.
- ( Pratique ) Le papier original et primitif sur lequel le greffier de l’audience écrit sommairement, et en abrégé le jugement, à mesure que le juge le prononce.
- (JreJ/ïerplumitif ou au plumitif; c’est celui qui tient la plume à l’audience.
- PLUMULE, s. f. du latin plu-mula , diminut. de pluma , petite plume.
- ( Botan. ) La plumule est la partie supérieure de l’embryon.
- Dès que l’embryon a. acquis assez de force , l’épiderme de la semence se rompt, ses lobes s’écartent , la plumule s’élève et la radicule descend. La plumule , destinée à devenir tige , sort de terre accompagnée de ses lobes changées en feuilles séminales , qui périssent aussitôt.
- PLURALITÉ , s. f. du lat. plu-ralis y plurier , de plusieurs : qui lenterme plusieurs •, plus grande quantité , plus grand nombre.
- ( Polit. ) Pluralité, avoir la pluralité ; c’est en parlant d’une assemblée délibérante , avoir pour soi le plus grand nombre de suffrages.
- Pluralité absolue; c’est la moitié plus un au moins de la totalité des suffrages.
- Pluralité relative ; c’est celle qui ne se forme que de la supériorité du nombre des voix qu’a un concurrent, relativement aux autres concurrens.
- (Astron.) Pluralité des mondes/ «.ressemblance que l’on trouve entre planètes et la terre nous conduit
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- naturellement à penser qu’elles sont destinées à recevoir et. à nourrir des êtres vivans et intelligens comme nous, et qu’elles sont habitées. Delà naît la pluralité des mondes. Elle a été soutenue par les plus anciens philosophes , et depuis par Huyghens et par Fontenelîe. /A MONDE.
- PLURILOCULAIRE, adj. du lat. plures y plusieurs^, et de loculi , loges.
- [Botan. ) Qui a plusieurs loges. Voy. LOGES.
- PLUS , prépos. du latin plus , davantage.
- ( Algèbre. ) On se sert de ce mot en algèbre pour signifier l’addition. Son caractère est +. Ainsi, l’expression algébrique 4+10314, signifie que quatre plus dix sont égaux à quatorze.
- Toute quantité qui n’a point de signe et qui commence une phrase algébrique, est censée avoir le signe -+. L’opposé du signe + est moins . V. MOINS.
- PLUVIOSE , s. m. du latin plu-viosus y fait de pluvia. pluie ; pluvieux.
- (Calendrierfrançois) Cinquième mois de la république irançoise. Ce mois y qui a 3o jours comme les autres , commence le 20 janvier et finit le 18 février; mais dans l’aimée qui suit immédiatement l’année sextile , ce mois pluviôse commence le 21 janvier et finit le 19 février, parce que l’année sextile a six jours complémentaires , ce qui retarde d’un jour le commencement de l’année suivante. On lui a donné le nom de pluviôse y parce que dans ce mois-là il tombe ordinairement beaucoup de pluie.
- PNEUMATIQUE, s. f. et adj. du grec nrvivp-et (pneutna), air , vent.
- ( Physique ) Science qui a pour objet les propriétés de l’air et les lois que suit ce fluide dans sa gravitation, sa condensation , sa raréfaction , son élasticité, etc.
- (Chimie) Chimie pneumatique; c’est la partie de la chimie qui fraite des gaz. /A AIR, ATMOSPHÈRE.
- IVlachine pneumatique. V. MACHINE.
- PNEUMATOCELE , s. f. du grec nvnZp.a.y air, vent, et de 1 (kelé)y tumeur.
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- 128 PNE
- ( Chirurgie ) Fausse hernie du scrotum , causée par un amas d’air ou de vent qui le gonfle.
- PNEUMATO-CHIMIQUE > adj.
- du grec <mtup.a. (pneu, ru a), air, vent, et de %uy.iîa. (chumeia), chimie.
- ( Chimie) Appareil chimique qui sert, au moyen de l’eau ou du mercure , à se rendre maître des substances aériformes. V. HYDRO-PNEUMATIQUE.
- PNEUMATOLOGIE , s. f. du gr. nmvfA.cL (pneu ma) , air* vent, esprit , et de xîyos ( logos) , discours , traité.
- ( Philos. ) Traité des substances spirituelles.
- PNEUMATODE, adj. du grec irviv/u.*. (pneuma) , air, vent.
- ( 1Med. ) Celui dont la respiration est courte et fréquente, suivant Hy-pocrate. Galien dit qu’on s’en sert quelquefois pour signifier une personne dont le ventre est distendu par des flatuosités.
- PNEUMATOMPHALE, s. f. du grec ‘irviv/Aa. (pneuma), air , veut, et d,op.qsa.Peç(omphalos ) , le nombril.
- ( Chirurgie ) Fausse «hernie du nombril causée par des vents, c’est-à-dire, par un amas d’air qui gonfle cette partie.
- PNEÜMATOSE, s. f. du grec 'iryivp.a. (pneuma') , air , vent.
- (IMéd. ) Enflure de l’estomac causée par des flatuosités. Quelques-uns entendent encore par ce terme l’élaboration des esprits dans le cerveau et dans les nerls.
- PNEUMOGRAPHIE , s. f. du gr. 'irytvp.&v (pneumon), le poumon, et de y ?*<*>* (graphe ) , description,
- (Anat. ) Partie de l’anatomie qui a pour objet la description du poumon.
- PNEUMOLOGIE , s. f. du grec vryraya'v (pneumon') , le poumon, et dexo^/oç (logos), discours, traité.
- (Anat. ) Partie de l’anatomie qui traite des usages du poumon.
- PNEUMONIE , s. f. du grec <irnû-(pneumon) , poumon.
- ( IVléd. ) Maladie du poumon. K PHTHISIE.
- Delà on appelle pnçumoniques
- POE
- les remèdes qui sont propres à la PNEUMONIE.
- PNEUMOTOMIE, s. f. du grec ‘irviùfjLcav (pneumon) , le poumon , et de Têptvw ( temrio ) couper , inciser.
- ( Anat. ) Partie de l’anatomie qui a pour objet la dissection du poumon.
- PODAGRE , s. et adj. du grec irovç (pous), génit. ntl'os (podos) , pied, et d’àypa. (agra) , prise, capture : pris par les pieds.
- ( Jdîéd. ) Goutte qui attaque les pieds.
- Il se dit aussi de celui qui a la goutte aux pieds.
- PODESTAT , s. m. Mot italien.
- ( Econ. polit. ) Titre d’un magistrat, d’un officier de justice et de police dans plusieurs villes d’Italie.
- PODOMÈTRE, s. m. du grec 'rrovç (pous), génit. -s-acf'àî (podos) , pied, et de pérpav (métron) , mesure : conte-pas.
- (Mécan.)Machine à rouage qu’on attache dans une voiture : par sa correspondance avec les roues de la voiture , son aiguille fait Un pas à chaque1 tour de roue, et la route se trouve
- mesurée. V. ODOMÈTRE.
- POÊLE ouPOILE , s. m. du lat. barb. pisale.
- (Econ. dont.) Sorte de fourneau de terre ou de fonte, avec lequel on chauffe une chambre.
- Le meilleur des poêles sèroit celui quiproduiroit, dansunappartement, avec une quantité donnée de combustible, la plus grande chaleur possible.
- Les poêles de métal sont ceux qui produisent la,chaleur la plus prompte et la plus vive; mais du moment que leur température s’élève à un certain degré, ils dépouillent l’air de l’appartement d’une partie de-son oxi-gène. Telle est la cause du malaisé que les poêles de métal occasionnent aux personnes délicates, et qui fait généralement préférer les poêles dé faïence, dont la chaleur est plus douce, plus égale et plus saine. K-PHLOSCOPE, FUMIVORE.
- POEME, s. m. cîu grec voixy-A (poiéma) ouvrage, dérivé de it&iîi*
- ( poiéo ), faire, composer.
- Pocme historique; celui qui n’expose que des actions et des évènemens
- réels
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- POE
- réels* et tels qu’ils sont arrivés dans l’ordre naturel.
- Poënwphilosophique ; celui qui consiste à établir des principes de physique , de métaphysique et de morale, à raisonner, prouver, citer des autorités et des exemples, et à tirer des conséquences.
- Poëme didactique ; celui qui ne contient que des observations relatives à la pratique des préceptes propres à régler chaque opération dont le succès ne peut être bien assuré qu’en suivant certaines méthodes, comme sont les opérations des arts.
- Poëme épique ; voy. EPOPEE. POESIE , s. f. du grec nro'non poiâsis ) , action , de nto/sc# poiéô) faire, composer.
- La'poésie est le tableau de la belle nature peinte dans le discours, selon des règles , soit naturelles, soit arbitraires.
- On distingue trois sortesde poésie : celle des choses, celle des idées et des seutimens , et celle du style.
- La première consiste dans le choix des objets , et de leurs attributs ou convenances.
- La seconde, dans la manière plus parfaite de saisir, combiner, rapprocher ces objets, de se les approprier , d’en faire sortir l’intérêt, l’agrément ou le merveilleux.
- La troisième, dans un style supérieur à celui de la prose, plus limé , plus hardi, plus frappant par les mots, îestours et les constructions.
- On resserre quelquefois le sens du mot poésie; alors il ne signifie que le style poétique, ou bien les régies delà versification , qui n’en sont que les branches. V. STYLE, VERS,
- Versification , harmonie.
- (Peinture , Sculpture ) La poésie de l’art consiste à voir son sujet et a l’exprimer.
- L’artiste est poëte quand il crée ; d n’est que peintre quand il copie °u qu’il imite.
- L’artiste est poëte quand il voit s°n sujet tel qu’il a dù se passer, ‘fiand il s’en représente lespersonna-§esavec une beauté dontils manqué-rent peut-être , avec une expression P^t-être plus vraie, plus vive, plus Pmlaite que celles qu’iis eurent en effet. Il est poëte , quand après avoir Cieê ce tabfeau vivant dans son iroa-
- 2 ome III.
- POE Ï29
- ginatioir, il en conserve assez long-tems, assez fortement l’empreints, pour la porter également vive, également expressive sur la toile ou dans le marbre.
- Raphaël fut un poëte sublime, quand , ayant donné à l’archange Michel, une figure vraiment angélique, il le présenta étouffant le démon, sans avoir besein de le toucher. Il fut un poëte noble et tranquille dans son école d’Athènes : il fut un poëte impétueux danslegrou-pe inférieur de sa transfiguration.
- POÉTIQUE, s. f. du grec nronmxA (poiêtiké) , l’art de faire les vers. Voy. POÉSIE.
- ( Poésie ) Ouvrage élémentaire où l’on trace les règles de la poésie.
- Dans le tems où la poésie étoit dans son enfance, les élémens qu’on en a donnés étoient faits pour des en-fans, A mesure que l’art s’est élevé, l’idée s’est agrandie, et les préceptes n’ont, été que les résultats des bons et des mauvais succès.
- Aristote a fait une poétique que l’on admire. Horace, Castel Vetro , Vossius, Scaliger, ont aussi fait des poétiques en latin et en italien. La Menardière , Hedelin , Despréaux , en ont écrit en françois. Le premier qui a écrit de Vart poétique françois, est un nommé Sibilet, qui a donné les règles de toutes les poésies qui étoient en usage du tems d’Henri II.
- Quoique la poétique d’Aristote ne procède que par induction, de ^exemple au précepte , elle ne laisse pas de remonter aux principes de la nature : c’est le sommaire d’un excellent traité; mais elle se borne à la tragédie et à l’épopée ; et soit qu’Aristote, en jetant ses premières idées , eût négligé de les éclaircir ; soit que l’obscurité du texte vienne de l’erreur des copistes , ses interprètes les plus habiles sont forcés d’avouer qu’il est souvent malaisé de l’entendre.
- Le poëme de Plda contient des détails pleins de justesse et de goût sur les études du poëte, sur son travail , sur les modèles qu’il doit suivre; mais ce poê'me , ainsi que la poétique de Scaliger , est plutôt l’art d’imiter Virgile, que l’art d’imiter la nature.
- La poétique d’Horace est le modèle des poèmes didactiques , et jamais oa
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- *3ô POÎ
- n’a renfermé tant de sens en si peu
- de vers.
- Lafrenaye , imitateur d’Horace , a joint aux. préceptes du poëte latin , quelques règles particulières à la poésie françoise , et son vieux style , dans sa naïveté, n’est pas dénué d’agrément; mais le coloris, l’harmonie , l’élégance des vers de IJ es préaux, l’ont effacé. Cet ouvrage excellent et vraiment classique, l’art poétique francois, est tout ce qu’on peut attendre d’un poeme : il donne une idée précise et lumineuse de tous les genres, mais il n’eu approfondi t aucun.
- POIDS, s. m. du lat. pondus, ou du latin barbare pensum.
- (Mécan.) Un corps sollicité par la pesanteur, est capable de faire équilibre à un certain obstacle qui s’opposeroit à son mouvement. Soit qu’il agisse sur cet obstacle par la percussion, soit qu’il agisse par la simple pression. Le corps, considéré sous ce point de vue, est appelé poids. V. PESANTEUR.
- ( Commerce) Poids se dit aussi des corps réglés et étalonnés, qui servent à mesurer dans quelle proportion un corps est à l’égard d’un autre. Les poids sont différais suivant les lieux et lesteras.
- Poids nouveaux ; ce sont des poids ordonnés par décret de la convention nationale, du 18 germinal de l’an III. Chacun de ces poids est une partie décimale du poids du mètre cube d’eau distillée ; en divisant ce poids toujours de dix en dix, on arrive à un petit poids appelé gramme, et que l’on prend pour l’unité de poids. P. GRAMME , DJÉ-CIGRAMME, CENTIGRAMME , DECAGRAMME, HECTOGRAMME , etc.
- POIGNET, s. m. du latin pugnus. V. CARPE.
- POIL, s. m. de l’ital. pelo , fait du lat. pilus.
- ( sinat, ) Ce qui croît sur la peau de l’animal, en forme de filets déliés. Les poils sont à peu près de la même nature que les cornes ; mais ils ne se dissolvent pas dans l’eau.
- ( Méd. ) Poil est aussi le nom d’une' maladie des mamelles. P. TRICHASIS.
- POI
- i^Botan. ) Poils ; ce sont des fila-mens très-déliés, cylindracés, elle plus souvent flexibles, qui naissent de l’écorce de diverses parties des végétaux.
- POILU, adj. du latin pilosus, fait de pilus, poil.
- ( Botan, ) Garni de poils longs, mous et distincts.
- POINÇON, s. m. du lat. punctio, fait de pungere , poindre, piquer, percer.
- ( Technol. ) Instrument de fer ou d’autre métal, qui sert à percer, à ciseler, à étamper , à imprimer, etc.
- POINDRE , v. ac. et n. du latin pungere, piquer.
- ( lYléd. ) Piquer, causer une douleur aiguë. La goutte ne commence qu’à poindre. Je sens une douleur qui me point dans le côté.
- POINT, s. m. du lat. punctum , fait de pungere , percer, piquer.
- ( Méd. ) Point; c’est un élar cernent de douleur qui prend principalement au coté et au dos. qui fait une douleur poignante.
- ( ^4nat. ) Point se dit de quelques parties du corps , et dans ce sens il signifie une petite marque ronde. On dit le point saillant , pour désigner les premiers éiémens du cœur dans le fœtus. Les points lacriniaux, etc. pour deux ouvertures qui se trouvent dans le grand angle de l’œil, sur le bord des paupières.
- ( (Jréotn. ) Euclide définit le point, une quantité qui n’a point départies, ou qui est indivisible. Wolf dit que le point se termine soi - même , de tous côtés , ou n’a d’autres limites que soi-même. D’A-lemberf paroi t avoir mieux rencontré, en disant que le point, la ligne, là surface, n’existent que par une abstraction de l’esprit, parce qu’il n’y a réellement ni points, ni lignes, ni surfaces, tout ce qui existe ayant trois dimensions. Mais comme cette explication ne fait pas une définition, il vaut mieux dire que le point est l’extrémité de la ligne, comme la ligne est l’extrémité de la surlace, comme la surface est l’extrémité du solide. Ainsi, le point peut être regardé comme le lien où une ligne
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- üroiîe ou courbe cesse d’être continuée.
- { lŸlalhémat. transcend. ) Point simple d’une courbe; c’est un point tel que, quelque direction qu’on donne à. l’ordonnée, elle n’aura jamais en ce point, qu’une seule valeur , à moins qu’elle ne soit tengente, auquel cas , elle aura deux valeurs seulement.
- Point singulier ; c’est un point où l’ordonnée étant supposée touchante , peut avoir plus de deux valeurs. Tels sont les points d’inflexion , de rebroussement, de ser-pentement, etc.
- Point double, triple, quadruple, multiple ; c’est un point commun , où deux , trois , quatre , etc., et en général, plusieurs bi anches d’une courbe se coupent.
- (JMécan.) Point d’appui; c’est, dans une machine, la partie autour de laquelle les autres se meuvent, et sur laquelle elles sont portées. Dans un levier, par exemple, c’est 1 epoint sur lequel le levier se meut 5 dans une balance, c’est le point de la cirasse sur lequel repose l’axe du fléau. Le point d’appui peut être regardé comme une troisième puissance qui fait équilibre à la force motrice et à la résistance , ou qui concourt avec l’une des deux pour porter l’effort de l’antre.
- ( Hydraul. ) Point de partage ; c est le bassin où l’eau s’étant rendue, se distribue par plusieurs conduits, en diflérens endroits, tels que sont les châteaux d’eaux, ou bassins de distribution.
- Point de sujétion; c’est le point déterminé d’où part un nivellement, et celui où il doit finir dans un nivellement en pente douce. Dans un ^uùe nivellement, le point de sujétion est la hauteur déterminée d’où 1 on part, ou la hauteur du lieu où doit se rendre l’eau.
- ( Perspective ) Point, dans la perpective , est un mot dont on fait Usage pour marquer les différentes parties ou les diiférens endroits qui rapport au plan du tableau. Foy.
- PLAN du tableau.
- Point de vue ; c’est un point où J: ptan du tableau est coupé par une hgne droite tirée de l’œil perpendi-
- POI i3i
- culairement au plan. Ce point est dans l’intersection du plan horizontal avec le plan vertical.
- Quelques _ auteurs appellent ce point, le point principal, et ils donnent le nom de point de vue, au point de division, au point où l’œil est actuellement placé, et 0^1 tous les rayons se terminent.
- Point accidentel ; voy. ACCIDENTEL,
- ( Catoptrique, dioptrique) Point de concours ; c’est celui où les rayons convergens se rencontrent. On l’appelle plus ordinairement le foyer. Fi FOYER.
- Point d’incidence ; c’est le point sur la surface d’un miroir, ou d’un autre corps où tombe un rayon. F. INCIDENCE.
- Point de dispersion ; c’est celui où les rayons commencent à être divergens. On l’appelle ordinairement le foyer virtuel.
- Point objectif ; c’est un point géométral dont on demande la représentation sur le plan du tableau.
- Point radieux ; c’est le point qui renvoie, ou duquel partent les rayons.
- Point de réfraction; c’est le point où un rayon se rompt sur la surface d’un verre, ou sur toute autre surface réfringente. F. RÉFRACTION.
- Point de réflexion ; c’est le point d’où un rayon est réfléchi sur la surface d’un miroir, ou de tout autre corps.
- ( Electricité) Point lumineux; c’est le nom que l’on a donné au petit point de lumière que l’on aperçoit à la pointe d’un conducteur, la plus éloignée du globe, lorsque ce conducteur a été électrisé par un globe de soufre, ou de cire d’Espagne, ou de toute matière résineuse. On a aussi donné le même nom au petit point de lumière que l’on aperçoit à l’extrémité d’une pointe , que l’on présente à une distance convenable d’un corps électrisé par un globe, un plateau, ou un tube de verre.
- Points électriques ; on appelle ainsi les extrémités pointues des corps électrisabies par communication , auxquels on attribue la propriété de tirer plus efficacement et I *
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- i3a FOI
- de plus loin le feu électrique d’un corps actuellement électrisé, devant lequel on le présente, quand le feu vient des corps obtus. C’est cette propriété qu’on appelle pouvoir des pointes, et queFrancklin a remarqué ie premier.
- (si s Iran. ) Points cardinaux; t e sont les quatre points de l’horizon , appelés le Nord , le Sud , l’Occident st l’Orient V. CARDINAUX,
- Points collatéraux ; ce sont les quatre points de l’horizon placés entre les points cardinaux , et à égale distance de chacun des deux voisins. Par exemple , celui qui est placé entre le nord et l’est, s’appelle nord-est, etc.
- Points équinoxiaux ; ce sont les deux points de l’écliptique' qui coupent l’équateur. K ÉQUINOXIAL.
- Points solsticiaux ; ce sont les deux points de l’écliptique les plus éloignés de l’équateur. V~, SOLSTICE.
- Point de la plus erande et de la plus petite distance ; voy. APSIDE.
- Point culminant ; c’est le point de l’écliptique situé dans le méridien. »
- ( Marine ) Point se dit aussi du calcul du chemin qu’a fait le vaisseau pendant les vingt-quatre heures ; calcul que les officiers font chaque jour, ordinairement à midi , après avoir fait l’observation de la hauteur du soleil à son passage au méridien. D’après ce travail, ils doivent marquer sur la carte le point ou le lieu précis où ils estiment que se trouve le navire ; c’est ce qu’on appelle faire son point..
- Point de partance; c’est le point que l’on fixe sur les cartes marines au moment de perdre la vue des terres du pays d’où l’on part. V. PARTANCE.
- (Musique} Point, en musique, signifie plusieurs choses différentes.
- Le point, pris comme valeur de note, vaut toujours la moitié de celle qui la précède. Ainsi, après la ronde, le point vaut une blanche , après la blanche une noire , etc.
- Point d’orgue ou point de repos; c’est une espece de C renversé avec
- P O I
- un point dans le milieu , que l’on met sur la note finale d’une partie pour marquer qu’il faut continuer le son de cette note jusqu’à ce que les antres parties arrivent à leur conclusion naturelle.
- Points détachés ; ce sont des points que l’on place immédiatement au dessus ou au dessous de la tête des notes , et qui avertissent que les notes ainsi ponctuées doivent être marquées par des coups de largue on d’archet, égaux, secs et. détachés.
- ( Manufact. ) Point se dit encore des ouvrages de dentelles, faits à l’aiguille ; point d’Alençon , point d’Angleterre , point & Argentan. Voy. DENTELLE.
- POINTE , s. f. même origine que POINT. Bout piquant et aigu de quelque chose que ce soit.
- (Manège) Pointe se dit de la défense d’un cheval qui , pour résister au cavalier , s’élève et se plante sur les pieds de derrière.
- (Chasse) Pointe se dit encore du vol d’un oiseau qui s’élève vera le ciel. *
- (Sculpture) Pointe est aussi un outil bien acéré dont le3 sculpteurs en marbre se servent pour ébaucher leurs ouvrages.
- ( Gravure ) Pointe est encore un instrument dont on se sert pour graver à l’eau-forte. Ainsi , on dit que Callot avoit une pointe ferme et spirituelle ; Rembrandt une pointe savante et pittoresque ; Labelle une pointe fine et badine. On dit dans un autre sens .pointe maigre, pointe tiniide.
- (Pierres précieuses) Les lapidaires appellent pointes naïves certains diamans bruts d’une forme extraordinaire.
- (Marine) Pointe, dans le langage des marins, signifie une langue de terre qui se prolonge dans la mer, moins avancée et moins élevée qu’un cap.
- Pointe se prend aussi pour aire de vent ou ihumb , d’après la forme en pointe des trente-deux divisions de la boussole ou rose des vents. Ainsi, on dit qu’un vaisseau navigue à six pointes pour dire qu’il tient le plus près du vent, sous un ang^6
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- (Je six fois onze degrés quinze minutes.
- Pointe de bouline ; on dit qu’un vaisseau va à pointe de bouline pour dire qu’il tient bien exactement le plus près du vent avec ses boulines bien roidies au vent.
- ( Klocut. ) Pointe ; on appelle figurémenf pointe d’esprit, ou simplementpointe , une pensée qui surprend par quelque subtilité d’imagination, par quelque jeu de mots ; et on appelle pointe d’épigranune, la fin d’une épigramme terminée par quelque pensée fine et brillante..
- POINTER , v. a. du lat. pungere, porter des eoups de la pointe d’une épée , diriger quelque chose vers un. point.
- ('Artillerie) Pointer se dit d’une pièce de canon quand on la met en mire, et que l’on veut tirer à quelque chose.
- (71farine') Pointer la carte ; c’est désigner sur la carte marine le lieu où l’on estime que le navire est arrivé chaque*jour à midi ; ce qui se fait en prenant la latitude et la longitude du point d’arrivée avec deux compas , et marquant le point de leur rencontre ou l’intersection des deux lignes. Voy. POINT.
- {'Musique') Pointer, en termes de musique , c’est, au moyen du point, rendre alternativement longues et brèves des suites de notes naturellement égaies.
- POINTILLER, v. a. dimin. de pointer j faire de petits points.
- ( Peinture et grav.) C’est former un assemblage de traits séparés les uns des autres.
- Daus les ouvrages en miniature , un ne travaille ordinairement qu’en pointillant. Delà pointillé ou pointillage , pour l’action de pointiller.
- { Bolan. ) Pointillé se dit de ce qui est marqué de très-petits points , taiitôt coucaves , tantôt protubérant, quelquefois transparent.
- POISON, s. m. du latin potione, uhlat. de potio, comme empoisonner vient à’inipotionare. Ce mot a été autrefois pris en bonne part.
- (Méd.) Poison se dit en général de tout ce qui, étant avalé ou appliqué au corps , produit sur lui uu
- P O ï i33
- changement. tel qu’on a tout lieu de craindre des maladies cruelles ou la mort, ou des impressions qui subsistent toute la vie.
- Les médicàmens diffèrent du poison en ce que les cliangemens qu’ils opèrent tendént à la santé , au lieu que le poison tend à la maladie ou à la mort.
- POISSON, s. m,«du latin pis-cione, ablat. de piscio , augmentatif de piscis.
- {Ichtiologie ) Animal qui naît et qui vit dans l’eau.
- On connoît environ quinze cents espèces de poissons.On les distribue en six ordres : les CHONDROPTERY-GIENS , les BRANCHIOSTEGES, les APODES , les JUGULAIRES , les THORACIQUES et les ABDOMINAUX^, ces mots À P’’. PÊCHE, BALEINE , HARENG, MAQUEREAU , SARDINE, etc.
- POITRINE, s. m. du lat. pectusy pectoris.
- {Binât. ) La partie du corps qui répond à l’étendue du sternum , des côtes et des vertèbres du dos , tant en dehors qu’en dedans. On la divise en partie antérieure, appelée communément la poitrine ; partie postérieure , qu’on appelle le dos ; et. parties latérales, qu’on appelle les côtés droit et gauche.
- C’est dans la poitrine que se trouvent renfermés les organes vitaux ,
- ni sont le cœur et les poumons. C’est
- elà que partent toutes les artères, et c’est là que viennent aboutir toutes les veines. Le canal de l’œsophage et la trachée-artère y sont aussi contenus.
- POIX , s. f. du lat. pix.
- { Hist. nat. ) Résine molle que l’on retire des pins ou sapins. On en distingue plusieurs espères, quoique venant souvent du même arbre. On la nomme barros, pendant qu’elle distille du bois; galipot, quand ses parties sont fines et claires; et barros marbré, quand elles sont grossières.
- Poix navale ; c’est celle qui est, tirée des vieux pins, et qui ne sert qu’à enduire les vaisseaux.
- Poix grecque; c’est celle qu’on a fait bouillir, jusqu’à ce qu’on lui ait fait perdre son odeur. Fondue à un
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- feu doux , on la nomme poix de la côte d’or; mêlée avec du noir de fumée, elle est appelée poix noire ; elle sert aux cordonniers pour poisser leurs fils. Fondue avec du vinaigre , elle devient sèche et brune, et forme la colophane, dont on se sert pour dégraisser l’archet des instrument à cordes; brûlée dans un lieu fermé , on en obtient cette suie fins, connue sous le nom de noir de fumée. V. GOUDRON, RÉSINE.
- POLACRE, s. f. de l’italien po-lacra.
- ( Marine ) Bâtiment marchand de la Méditerranée , dont le grément consiste en deux mâts à pible, et un artimon qui porte une hune et un hunier , avec un bout de beaupré.
- POLAIRE, adj. de pôle. ( V. ce mot. ) Qui est auprès des pôles, qui appartient aux pôles du monde.
- (xistron. ) Cercles polaires ; ce sont deux petits cercles de la sphère , parallèles à l’équateur, éloignés de 23 degrés 28 m|n. de chaque pôle. On en fait, usage pour marquer le commencement des zones froides.
- Cadrans polaires ; ce sont ceux dont les plans sont parallèles à quelque grand cercle qui passe par les pôles , ou à quelqu’un des cercles lunaires , en sorte que le pôle est dans le plan de ce cadran.
- Étoile polaire ; c’est l’étoile qui est la dernière de la queue de la petite ourse. Elle a été ainsi appelée par ceux qui l’observèrent les premiers , parce qu’étant très-peu éloignée du pôle , ou du point sur lequel tout le ciel paroît tourner, elle décrit, autour du pôle, un cercle si petit, qu’il est presque insensible ; en sorte qu’on la voit toujours vers le même point du ciel.
- POLARITÉ, s. f, de pôle. V. ce mot.
- (.Magnétisme) C’est la propriété qu’a l’aimant ou une aiguille aimantée , de se diriger vers le^ pôles du monde. V. AIMANT, POLES DE L’AIMANT.
- POLE , s. m. du grec woxoç (polos') , dérivé de scoKioi (poléo) , tourner.
- ( jistronô) Il se dit de chacune des extrémités de F axe sur lequelîa sphère
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- du monde est censée faire sa rêv®* lution.
- Ces deux pôles, éloignés de l’équateur de 90 degrés chacun, sont les pôles du monde. Celui des deux qui est visible pour nous, c’est-à-dire, qui est élevé sur notre horizon, s’appelle le pôle arctique ou septentrional; et celui qui lui est opposé , est appelé antarctique ou méridional.
- Pôle, dans les sphériques, est un point également éloigné de toutes les parties de la circonférence d’un grand cercle de la sphère.
- Pôle se dit aussi du zénit et du nadir de l’horizon.
- Pôles de Véquateur ; ce sont les mêmes que ceux de la sphère et du globe.
- Pôles de Vécliptique ; ce sont deux points sur la surface de la sphère, éloignés des pôles du monde de 23 degrés 28 min., et de 90 de tous les points de l’écliptique.
- ( Géom. ) Pôle est aussi le nom que quelques auteurs ont donné au point fixe, d’où parteût les ordonnées d’une courbe, parce qu’on peut la concevoir décrite par le mouvement d’un point qui glisse le long de l’ordonnée , tandis que l’ordonnée tourne autour du pôle.
- (Magnétisme) Pôles de l’aimant; c’est le nom que l’on donne aux côtés de l’aimant qui attirent le fer avec plus de force, et qui, lorsque l’aimant a la liberté de se mouvoir, se dirigent vers les pôles du monde.
- POLÉMIQUE,adj. du grec ttsas-pnt'oç (polémikos), dérivé de -woxe-poc (polémos) , guerre : qui concerne la guerre; belliqueux, guerrier, qui appartient à la dispute.
- ( LiItérât. ) Il se dit des livres ou des ouvrages où l’on entreprendla défense ou la censure de quelque opinion. Ouvrage polémique, traité polémique, style polémique.
- POLÉMOSCOPE , s. m. du grec -a-oXî/xoc ( poléipos ) , guerre ; et de o-Komiu) (skopéô), considérer, examiner, regarder.
- ( Optique ) Instrument par Ie moyen duquel on peut voir des objets cachés à nos regards directs ; il a été inventé par Heveiius , et ainsi nommé parce qu’on peut s’en servir a 1s
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- guerre, clans les sièges, dans les' batailles , pour voir ce qui se passe dans le camp ennemi.
- C’est un instrument à deux réflexions et à deux réfractions.
- POLICE, S. f. du grec ‘E-oX/Tsfat ( poli téia ), dérivé de m-oKic (polis), •ville : ordre , réglement établi dans une ville , pour tout ce qui regarde la sûreté et la commodité des habitans.
- (Écon. polit.) Il se dit aussi de l’administration qui exerce la police.
- ( Jurisprud. ) Police correctionnelle ; c’est celle qui a pour objet la punition des délits connus autrefois sous le ncyn de petit criminel.
- ( Commerce ) Police d’assurance; dans ce sens, police vient de l’espagnol policia, cédule , corruption de l’italien polizza, qui vient probablement du latin pollicitatio , promesse.
- C’est un contrat ou convention, par lequel un particulier, que l’on appelle assureur, se charge des risques qui peuvent arriver à un vaisseau ou à sa cargaison, en tout ou en partie , suivant la convention faite avec l’assuré, et moyennant la prime payée par celui-ci. P. ASSURANCE.
- Autrefois onfaisoit des polices simplement de parole, qu’on appeloit police de confiance ; maintenant ou ne les fait plus que par écrit.
- Police de chargement; c’est un terme de commerce de mer , qui signifie la même chose sur la Méditerranée que connoissement sur l’Océan ; c’est la reconnoissance des marchandises qui sont chargées sur un vaisseau, y. CONNOISSEMENT.
- POLIMENT, s. m. du lat. polio , polir ; l’action de polir.
- (Lapidaire) Poliment du diamant. Louis ihs Berquen, natif de Bruges, est le premier qui ait pratiqué l’art de polir le diamant, il y a un peu plus de trois cents ans. Il avoitéproùvé que deux diamanss’en-tamoient si on les frottoit un peu fortement l’un contre l’autre : c’en fu t assez pour faire naître dans son esprit industrieux des idées plus étendues. Il prit deux diamans, les monta sur du ciment, les égrisa l’un contre l’autre, et, ramassa soigneusement la
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- poudre qui en provint; ensuite, â l’aide de certaines roues qu’il monta , il parvint, par le moyen de cette poudre , à polir parfaitement lesdiamans., et à les tailler de la manière qu’il le jugeoit à propos.
- Au moyen de l’instrument dont Louis de Berquen a donné la première idée, le diamant obéit, malgré sa dureté, aux souhaits du lapidaire. qui suit le travail des yeux , sans y prendre d’autre part que celle de déplacer le diamant, pour mordre sur une face nouvelle, et d’v jeter à propos quelques gouttes d’îiuile et de la poudre de diamant, parce qu’il n’y a que cette poudre qui ait prise sur le diamant.
- POLITIQUE , adj. et s. du grec <7rox<T<x.oç ( politikos ), qui concerne les villes, civil; fait de nroxi; (polis), ville : qui concerne le gouvernement d’un état, d’une république.
- Il se prend aussi au substantif pour l’art de gouverner un état, une république, pour la connoissance du droit public.
- POLLEN, s. m. Mot latin qui signifie fleur de farine.
- (Botan. ) Poussière génitale ou séminale , réunion de corpuscules ordinairement jaunâtres , et souvent lanchâtres, contenus dans la partie e l’étamine appelée anthère.
- Le pollen se montre le plus souvent sous l’apparence d’une poussière , dont les molécules affectent constamment la même forme dans tous les individus d’une même espèce, et assez ordinairement dans toutes les espèces d’un même genre.
- Le pollen est la matière de la cire des abeilles.
- POLLICITATION, s. f. du lat. pollicitatio, promesse.
- ( Pratique ) Simple promesse de faire quelque chose.
- POLLUTION, s. f. du lat. pollua, profaner.
- ( JVléd. ) Profanation de semence , par quelque attouchement impudique.
- POLYACOUSTIQUE adj. et s. du grec woxùç (polus), ffusieurs , et d’auava>( akouo ), entddie : qui fait entendre plusieurs foL
- (Physique, ac^^que) Instru-
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- ment qui sert à multiplier les sons, comme les verres à tacettes multiplient les objets.
- POLYADELPHIE , s. f. du grec 'ttokoç ( polus ) , et d5à.sf'êX<j>àc ( adel-phos ), frère : plusieurs frères.
- ( Botan. ) C’est le nom de la dix-hnitième classe du système sexuel de Linnée, qui renferme les plantes qui ont plusieurs étamines réunies par leurs filets entrois corps , ou en plus de trois corps.
- POLYANDRIE , s. f. du grec ttoxùç (polus), plusieurs, et d’àviT/Aî ( andros ) , génitif d’àvàp ( anér) f mari : plusieurs maris.
- ( Botan. ) La polyandrie est la classe treizième du système sexuel; elle renferme les plantes qui ont depuis vingt jusqu’à cent, ou un nombre indéterminé d’étamines qui ne tiennent point au calice.
- PGLYANTHËA , s. m. du grec 'xoxvç (polus ) , plusieurs, et d’àvQoc ( anthos ) , fleur : amas de fleurs.
- ( Bibhol. ) C’est le titre d’un recueil fameux , par ordre alphabétique , de lieux communs, et de morceaux littéraires, à l’usage des auteurs.
- POLYANTHIE, adj. même origine que le précédent: qui,est à plusieurs fleurs.
- ( Botan. ) Il se dit des plantes qui ont plusieurs fleurs : l’oreille d’ours polyanlhie.
- POLYCAMÉRATIQUE, adj. du grec '7roxyç(polus), plusieurs, et de x-cLuctpa, ( kamara), voûte, dont les Latin s ont fait caméra, chambre.
- ( Horlogerie ) Pendule polyca-jnéralique; c’est le nom d’une pendule de l’invention de M. Lepaute, qui , entr’autres avantages, peut servir tout à la fois, à plusieurs appartenions de divers étages.
- POLYCHRESTE , adj. du grec •7r*xùc ( polus ) , plusieurs, et de Xpnroç.( chréstos ), bon, utile : qui a plusieurs utilités.
- ( Pharmacie) Epithète que l’on donne à plusieurs remèdes, pour dire qu’ils soxt bons et utiles dans plusieurs mandies.
- POLYDïPSIE, s. f. du grec 7roxii; ( polus ) , prt sieurs , et de SUlct ( dipsa ) , soif.
- ( JhJd. VSoif ctcessjyei
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- POLYEDRE, s. m. du grec ttoxcç (polus), plusieurs, et de ( he-ara ), siège, base.
- ( Créant.) Corps solides à plusieurs faces.
- ( Optique) Verre - à plusieurs facettes, lequel est plan d’un côté et convexe de l’autre ; mais dont la convexité est composée de plusieurs plans droits.
- Ce verre multiplie l’image d’un objet que l’on regarde au travers de son épaisseur. Il sert aussi à rassembler les images de plusieurs objets dispersés , ou seulement les images de quelques parties de chacun de ces obj ets, pour en former une image unique.
- POLYGAMIE , s. f. du grec ttoxoc
- palus ), plusieurs , et de ykp.oç
- gamos) , mariage ; multiplicité des mariages.
- ( Jurisprud. ) Etat d’un homme qui est marié à plusieurs femmes, ou d’une femme qui est mariée à plusieurs hommes en même tems.
- ( Botan. ) I.a polygamie est la classe vingt-troisième du système sexuel de Linnée : elle renferme les plantes qui portent sur le même individu des fleurs hermaphrodites, et des fleurs unisexuelles mâles et femelles; ou sur deux individus de lamêmeespèce des fleurs hermaphrodites et des fleurs mâles sur l’un , et des fleurs hermaphrodites avec des fleurs femelles sur l’autre ; ou bien encore , des fleurs mâles sur un individu , des fleurs femelles sur un autre , et des fleurs hermaphrodites sur un troisième individu delà même espèce.
- POLYGARCHIE , s. f. du grec ’n-o'hvç (polus) , plusieurs , et d’ipy» (arche), pouvoir : plusieurs pouvoirs.
- ( Econ. polit. ) Forme de gouvernement où l’autorité publique est entre les mains de plusieurs personnes.
- POLYGLOTTE, adj. et s. du grec 77oxoc (polus ), plusieurs, et de yXft'vo-st (glôssa), ou yxœvla (glâlta), langue : en plusieurs langues.
- ( Littér. sacrée ) Il se dit de toute espèce d’ouvrage écrit en plusieurs langues ; mais plus particulière-
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- ment de certaines bibles imprimées en diverses langues. On en compte quatre principales ; celle de Xiniënes , celle d’Arias-Montanus, celle de Legay, et celle de Walton. Ce sont les Uexaples d’Origène qui ont donné l’idée de composer des bibles polyglottes. Voy. HEXA-PLES.
- POLYGONE , adj. et s. du grec wokvç ( polus ), plusieurs , et de yutia (gônia ) . angle : à plusieurs angles.
- (Créom.) Figure deplusieurs côtés, ou figure dont le périmètre ou contour a plus de quatre cotés et quatre angles.
- Si les côtés et les angles sont égaux, la figure est appelée polygone régulier.
- Euclide démontre les propriétés suivantes des polygones :
- i°. Tout polygone peut être divisé en autant de triangles qu’il a de côtés, P. TRIANGLE.
- 2°. Les angles d’un polygone quelconque pris ensemble, font deux fois autant d’angles droits, moins quatre, que la figure a de côtés.
- 3°. Tout polygone circonscrit à un cercle, est égal à un triangle rectangle , dont un des côtés est le. rayon du cercle, et l’autre est le périmètre , ou la somme de tous les côtés du polygone.
- Ligne des polygones / c’est une ligne sur le compas de proportion, qui contient les cotés des neuf premiers polygones réguliers inscrits au même cercle, c’est-à-dire, depuis le triangle équilatéral, jusqu’au dodécagone.
- ( Algèbre ) Nombre polygone ; c’est la somme d’une rangée de nombres en proportion arithmétique, qui commencent depuis l’unité. On les appelle ainsi, à cause que les unités dont ils sont composés peuvent être disposées de manière à former une %ure de plusieurs côtés , et de plusieurs angles égaux:
- ( Art milit. ) Polygone est aussi le nom du dessin, ou trait principal, *IU11 sous un certain nombre de côtés et d’angles, forme l’enceinte d’une Place de guerre.
- Polygone extérieur ; celui qui aboutit aux pointes des bastions.
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- Polygone intérieur / celui qui aboutit à leur centre.
- POLYGRAPHE, s. m. du gree vo'avç ( polus ), plusieurs, et de ypâ<fte ( graphô ), écrire.
- ( Littérat. ) Titre que l’on donne à un auteur qui a écrit sur plusieurs matières, et sur-tout à ceux qui, dans un même ouvrage, jmt traité différons sujets, et en ont fait un tout qui exigeoit des connoissanceS variées.
- ( Mécanique') C’est aussi le nom d’un instrument au moyen duquel on peut faire à la fois plusieurs copies manuscrites.
- POLYGRAPHIE , s. f. du grec koai)s ( polus ), plusieurs, et de y?ct<pï\ ( graphê ), écriture.
- ( Bibliologie ) Ce terme est employé par quelques b bliographes , pour désigner une sohs-division dans leur système bibliographique, celle qui comprend les ouvrages qui traitent de plusieurs matières.
- (.Diplomatique) Polygraphie se dit encore de l’art d’écrire d’une manière secrète, et de l’art de déchiffrer cette écriture. Trithème , Porta , Vignere et Niceron, ont écrit de la poiygraphie ou des chiffres.
- POLYGYNIE, subst. f. du grec koavs ( polus ), plusieurs , et de yvvi) (guné), femme: à plusieurs femmes.
- ( Botan. ) C’est le nom que Linnée a donné au septième ordre des treize premières classes de son système sexuel, celui qui comprend les plantes dont chaque fleur a plusieurs organes femelles, plusieurs pistils. POLYHEDRE. F. POLYEDRE.
- POLYMATHIE , s. f. du grec nsoAvs ( polus ), plusieurs , et de ( manthanô ), apprendre : science variée, savoir universel.
- ( Littérat. ) Vaste érudition, con-noissance d’un grand nombre de choses que l’on applique à propos, et pour la nécessité seule du sujet que l’on traite. Juste-Lipse, Scali-ger, Saumaise, Petau , Kircher , étoient de grands polymathes.
- POLYNOME, s. m, du grec ttû-Kvs (polus) , plusieurs, et de vo/a» (nome), part, division.
- (Algèbre) Quantité algébrique ,
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- composée de plusieurs termes, distingués par les signes + pins et >-« moins.
- POLYONYME, adj.. du grec nra-xùç (polus), plusieurs, et d ’avo/uet ( onoma ), nom : qui a plusieurs noms.
- POLYOPTRE, s. m. du grec ttoxùc ( polus) , plusieurs, et de o'rrTop.a.t (oplomai) , voir, considérer.
- ( Optique) Verre à travers lequel les objets paroissent multipliés, mais plus petits.
- Le polyoptre , tant dans sa structure, que dans ses phénomènes ", diffère des verres ordinaires qui multiplient les objets, et que l’on appelle POLYHEDRE.
- POLYPASTON , ou POLYS-PASTON , s. m. du grec tto\v; (polus) , plusieurs, et de méice ( spaô ), tirer.
- (Mécan. ) C’est le nom que Vi-truve a donné à une machine composée de plusieurs poulies. On l’appelle aujourd’hui poulie multiple, eu mouffle. V. POULIE, MOUF-FLE.
- On appelle encore ainsi une machine composée de plus de quatre poulies. Celle qui a trois poulies , s’appelle tripaston; celle de quatre, tétropaston.
- POLYPE j s. m. du grec <7raxt>?
- ( polus ), plusieurs, et de rsov;
- (pous ), pied : à plusieurs pieds.
- (Hist. natur.) Animal aquatique.
- Les polypes ont le corps mou, gélatineux ; ils sont dépourvus d’yeux et de tête , sans organes respiratoires apparens , ni système de circulation ; ils multiplient par la scission de leurs corps, et sont tous aquatiques.
- ( Chirurgie) Excroissance charnue , molle , ordinairement rouge , quelquefois livide, ou blanchâtre , à peu près de la figure d’une poire.
- Cette tumeur naît en différentes cavités du corps , comme dans les narines , le gosier, la matrice , le vagin, et autres lieux profonds.
- On a aussi donné le nom de polypes à des concrétions qui se forment dans les ventricules du cœur , dans ses oreillettes, et dans la cavité des gros vaisseaux.
- PüLYPÉTALE , adj. du grec
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- voxb; (polus), plusieurs, et de m-zreehcv (pélalon) , feuille , ou pétale : à plusieurs feuilles ou pétales.
- ( Botan. ) Il se dit des fleurs qui ont plusieurs pétales ; une corolle polypétale , ou polypétalée, est celle qui est composée de plusieurs pièces distinctes jusqu’à leur insertion.
- L’usage a restreint la qualification de pclypétales aux fleurs qui ont plus de six pétales. Les autres sont appelées dip étales, tripe taies, pen-tapétales , hexapétales , selon qu’elles sont composées de deux , trois, quatre, cinq, ou six pétales.
- POLYPHYLLE. adj. du grec 'ttoxùc (polus), plusieurs, et de <f>éxxov (phullon), feuille, foliole.
- (Botan.) Il se dit des parties des plantes composées de plusieurs pièces foliacées , de plusieurs folioles.
- POLYSARCIE , s. fém. du grec aroxi) ( polu ) , beaucoup , et de troipf ( sarx ) , chair 5 excès de chair.
- ( 31éd. ) Gonflement graisseux du corps, ou corpulence excessive.
- POLYSCOPE , s. masc. du grec ttoxDî (polus), plusieurs, et de o-hq-ttzu) (skopéô) , voir, considérer.
- ( Optique ) Verre qui multiplie les objets, c’est-à-dire, qui représente un objet aux yeux, comme s’il y en avoit plusieurs. Il est aussi appelé VERRE A FACETTES, et POLYHEDRE. Voy. ce mot.
- POLYSPERME, adject. du grec -ttoxîiç ( polus ) , plusieurs , et de erTrépjMat (sperma) , semence, graine.
- ( Botan. ) Renfermant ou portant plusieurs graines. Quand on détermine le nombre , on dit dispertne , trispemie , télrasperme , penla-sperme, etc. c’est-à-dire, a deux, trois , quatre , ou cinq graines.
- POLYSYLLABE , adj. du grec nroxt/ç (polus), plusieurs, et oe o-vwaÇyi (sullabé) , syllabe : à plusieurs syllabes.
- ( Grammaire ) Il se dit d’un mot composé de plusieurs syllabes, ou de plus de trois syllabes. On appelle
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- disyllabes et trisyllabes , les mots composés de deux et de trois syllabes.
- POLYSYNODIE , s. fém. du grec mûXvç (polus), plusieurs, et de evvo<Poç (sunoaos ) conseil, assemblée : multiplicité de conseils.
- (Econ. polit. ) Multiplicité de conseils. Les républiques se gouvernent par la polysynodie. Après la mort de Louis XIV, le régent voulut établir la polysynodie en France , et bannir les premiers et demi-ministres; mais cela ne dura pas Ibng-tems. On connoît la polysynodie de l’abbé de Sf.-Pierre.
- POLYTECHNIQUE, adject. du grec ttoXüç ( polus ) , plusieurs , et de ( technê), art : qui em-
- brasse plusieurs arts.
- ( Instruct. publ. ) Ce nom a été donné à une école nouvellement établie en France, où l’on forme des élèves destinés pour l’aTiillerie , le génie, l’architecture militaire, etc.
- POLYTHÉISME, s. masc. du grec ttoxùç (polus), plusieurs, et de Sîbç ( théos ) dieu : plusieurs dieux.
- ( Culte relig.) Système de religion qui admet la pluralité des dieux.
- POLYTFIEISTE , celui qui professe le polythéisme.
- POLYTROPHIE , s. f. du gtec ‘B-oxùs (polus), plusieurs, et de ?pïtpce ( Iréphô ), nourrir. '
- (Médec.) Abondance, excès de nourriture.
- POLYTYPAGE, s. m. du grec 'jriixùç ( polus ) , plusieurs, et de Tviraç ( lupos ) , type , caractère : littéralement , plusieurs types, ou multplication d’une feuille écrite.
- ( Imprimerie ) Ce mot a d’abord été employé pour désigner les premières tentatives qui ont été faites dans l’art, appelé aujourd’hui STÉRÉOTYPAGE ( voy. ce mot ) ; il signifie maintenant, moyen de multiplier une feuille écrite par des procédés qui appartiennent au genre de la gravure en taille-douce.
- Le docteur Franklin et l’abbé Ro-thon paroissent être les premiers qui se soient occupés de cet art. Leur Procédé se boraoit à écrire avec une
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- composition dans laquelle il entre une poudre assez dure pour que le relief , formé par l’écriture, étant appuyé contre une planche de métal, y creuse des lignes qui font l’effet de la gravure.
- Hoffman de Strasbourg trouva , vers l’an 17BS, le moyen de faire des planches qui portoient en creux , comme une gravure , l’écriture ou les dessins faits sur une table de cuivre très - polie. Un métal composé recevoit la moindre épaisseur • qn’avoient laissée les traits qu’il avoit formés avec une couleur terrestre , lorsqu’à l’instant du refroidissement , la planche de cuivre étoit pressée sur cé métal.
- Dans la suite, Gengembre , de société avec Herhan , se servit d’un procédé qui avoit pour objet d’obtenir d'un simple dessin, ou d’après une page d’écriture, une planche gravée que l’on pût employer à la manière des planches gravées en taille-douce. Mais çe fut en 179.8 , et dans les années suivantes , que le polytypage fût porté à sa perfection , par les artistes réunis pour la fabrication des assignats. /A IMPRESSION , STÉRÉOTYPAGE.
- POMMADE , s. fém. de l’italien pomala, dérivé du lat. ponium , pomme.
- ( Mat. méd. ) Espèce d’onguent fait avec des graisses et des pommes, d’où vient son nom. Aujourd’hui on en fait de différens ingrédiens.
- POMPE , s. f. du lat. pompa , fait du grec «Tropwr» (pompé), dérivé de nrip'Wùù ( pempô ) , faire porter , conduire ; appareil magnifique, somptuosité. •
- ( Funérailles) Pompe funèbre ; l’appareil d’un convoi.
- ( Elocul. ) Pompe d’un discours; pompe de style : manière de s’exprimer en termes recherchés , magnifiques, et qui sonnent bien à l’oreille.
- POMPE s. f. de l’allemand pum-pe , dont les Italiens out fait pompa, les Anglois pump, et les Espagnols bomba.
- ( Hydraul. ) Machine qui sert à élever l’eau, et dans laquelle la pression de l’atmosphère est un des principaux agens.
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- Il y en a trois espèces principales :
- La pompe aspirante, la pompe Roulante, et la pompe, qui est tout a la fois aspirante et foulante.
- Les pompes en général sont composées de cylindres creux , intérieurement bien alaisés , et d’un diamètre égal dans toute leur longueur, que l’on appelle corps de pompe ; dans ce cylindre , on fait glisser un piston , que l’on met en jeu par le moyen d’une tige de métal, à l’extrémité de laquelle on adapte le moteur , ou immédiatement, ou bien à l’aide d’un levier du premier genre, feu du second , ou de quelqu'autre machine : à cela ou joint des tuyaux xnontans, pour conduire l’eau à la hauteur qu’on désire.
- Pompe foulante ; c’est celle qui élève l’eau seulement en la foulant, soit que la colonne d’eau qu’on élève repose sur le piston que l’on tire, soit qu’elle résiste au piston que l’on pousse.
- Pompe aspirante ; c’est celle qui élève l’eau seulement en l’aspirant.
- Comme c’est la pression de l’air qui fait monter l’eau dans la pompe aspirante, et que cette pression ne peut soutenir une colonne,d’eau que d’environ io mètres 4 ( 32 pieds ) , il est clair que le tuyau d’aspiration ne doit pas avoir plus de longueur ; et, dans l’usage ordinaire, on ne lui donne pas même plus de 7 \ mètres ( 23 ou 24 pieds) , parce que , pour soutenir l'eau à 10 ~ mètres ( 32 pieds), la pompe aspirante n’est jamais faite avec une exactitude suf-• lisante , parce qu’elle n’est pas toujours placée au niveau de la mer , et parce que la pression de l’air n’est pas toujours la même.
- Si l’on a à élever l’eau à une plus grande hauteur, il faut se servir de la pompe foulante; mais comme son usage est sujet à des inconvé-niens , ce qu’il y a à faire de mieux , c’est de rendre la pompe tout à la lois foulante et aspirante.
- Pompe d'incendie ; c’est une pompe qui est à la iois aspirante et foulante , mais dont le jet est continu , quoiqu’elle n’ait qu’un corps.
- La continuité du jet est nécessaire dans les incendies. On l’obtient cp
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- employant le ressort de l’air dans le moment où l’on soulève le piston. Il faut seulement une force double pour faire jouer la pompe ; savoir : une force capable de pousser la colonne d’eau , et une force pareille pour comprimer l’air.
- Pompe à feu ; c’est une machine à vapeur propre à élever une grande quantité d’eau à une grande hauteur, et mise en jeu par l’action du feu.
- La plus belle découverte des modernes en mécanique, est sans contredit la machine à vapeur. La première idée de cette machine est venue du marquis de Worcester, vers le milieu du 17111e. spec]e ce n’est qu’au commencement du i8mé. que Savary songea à appliquer cette invention à quelqu’objet d’utilité , en proposant son usage pour élever l’eau des mines. Newcomen et Cowley ont imaginé le balancier et le mécanisme , au moyen desquels l’action indirecte de la vapeur , moins forte que l’atmosphère , ou plutôt l’action directe de l’atmosphère agit avec certitude et effet contre la plus grande résistance.
- Watt de Glascow et Bolton de Birmingham ont fait de nombreuses améliorations à la machine de NeWcomen ; les plus remarquables sont d’avoir employé l’élasticité de la vapeur comme puissance active, et de l’avoir condensée hors du cylindre.
- La pompe à feu de Watt n’étoit pas sans défauts, le vide étoit imparfait , le frottement trop grand , le mécanisme trop compliqué. Cart-wriglit a travaillé à corriger ces imperfections , et particulièrement à obtenir un vide aussi parfait qu’il est possible.
- M. Murdock a introduit dans la construction du cylindre une autre amélioration à la machine de Watt, en coulant d’une seule pièce une enveloppe dans laquelle travaille le piston de la pompe à feu.
- Sadler est parvenu , de son côté , à combiner l’action directe de la vapeur et la pression de l’atmosphère , et obtenir des effets plus puissans que ceux qu’on avoit obtenus jusqu’alors. Le plus grand avantage de sa nouvelle machine , est la suppression du
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- balancier, dont il falloit continuellement vaincre l’inertie.
- Il est une infinité d’autres améliorations qui ont été introduites dans les machines à vapeur, et dont on peut voir la description dans la nouvelle architecture hydraulique de M. Prony ; il suffit de dire ici qu’il n’y a point d’instrument dans la mécanique qui ait rendu autant de services.
- C’est avec le secours des machines à vapeur qu’on exploite les mines à d’immenses profondeurs, qu’on fait mouvoir les filatures, les machines à navettes volantes, les machines à carder, à peigner , les moutures économiques, et qu’on est parvenu à établir avec une grande économie une infinité de manufactures et d’usines pour lesquelles on a besoin d’une grande force motrice.
- Les machines à vapeur sont aujourd’hui si communes en Angleterre , qu’on peut, s’en procurer depuis la force d’un cheval, en ne consommant qu’un boisseau de charbon par jour , jusqu’à la force de cent vingt chevaux, et qui brûle onze milliers de charbon en vingt-quatre heures.
- Ce sont ces machines qui ont peuplé de filatures les rochers arides de l’Ecosse ; ce sont elles qui ont donné aux Angîois les moyens d’offrir les productions de leurs fabriques à meilleur marché que les autres nations de l’Europe. Consultez la nouvelle architecture hydraulique de M. Prony.
- POMPHOLIX, s. m. du grec irofx,qoxv% ( pompholux ) , petite vessie qui s’élève sur l’eau.
- ( Chimie) Oxide de zinc sublimé par l’inflammation du métal. Les anciens chimistes lui avoient donné le nom de nihil album, laine philosophique.
- PONANT, s. m. de l’italien po-nenLe, fait de pono , se coucher: le couchant.
- (Marine') C'est, dans le dialecte des ports de la Méditerranée , le côté de l’ouest ou le soleil couchant, le vent d’ouest.
- On entend aussi par le ponant les côtes maritimes et les ports de France N[ui sont situés sur l’Océan, pour les
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- distinguer de ceux de la Méditerranée.
- PONCE , s. f. Pierre-ponce , de l’italien ponza , nom d’une des îles Lipari, d’où se tire presque toutes celles qui se trouvent dans le commerce.
- ( Minéral. ) Pierre spongieuse , poreuse , friable, blanchâtre , qui a été calcinée parades feux souter-reins.. M. Dolomieu croit que c’esf du granit à demi-vitrifié. La pierre-ponce sert à polir le parchemin , la peau des pieds, les substances tendres.
- ( Dessin ) Ponce se dit aussi d’un petit sac rempli de charbon noir, ou de ponce pulvérisée qui sert aux dessinateurs pour copier des dessins, PONCTION , s. m. du lat, punc-tio , fait de pungo , piquer , percer.
- ( Chirurgie) Opération chirurgicale qui consiste dans une ouverture, faite au bas - ventre des hydropiques pour çp vider les eaux, P.
- PARACENTESE.
- PONCTUATION, s. f. du latin punctum , point, et de ago, faire, opérer.
- ( Grammaire) L’art de ponctuer, c’est-à-dire, d’indiquer par certains signes la proportion des pauses qu’on doit faire en parlant, sert à distinguer les périodes et les membres du discours , et à les rendre plus aisés à entendre.
- (Diplomatique) Montfaucon pense qu’Aristophane le grammairien, qui vfvoit dans la olympiade ,
- c’est-à-dire , 200 ans avant J. C., est l’inventeur des signes distinctifs des parties du discours. On se servit d’abord du seul point, qui , placé tantôt au bas, tantôt au haut et tantôt au milieu de l’épaisseur de la ligne , désignoit un repos plus ou moins long.
- Dans les 4 , 5,6 et ’jme. siècles, on se servit du point simple , de la virgule ou de quelqu’autre ornement fort simple.
- Dans le moyen âge , on figura par fois le point par 7 et les deux points par 77 ; on se servit aussi de points en triangle.
- Dans le lO^e. siècle , le discours est terminé par différens signes, tels que la virgule surmontée de dtuyc
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- points, Py avec un point dessus, le 7 , notre point d’admiration , deux guillemets, deux ou trois points l’un sur l’autre , etc.
- Au ume. siècle, au lieu du point, 011 se servit du chiffre arabe 5 et du point avec la virgule.
- La ponctuation du i2me. siècle varia beaucoup; les trois points l’un sur l’autre y furent en usage , ainsi que le trait - à la fin des lignes.
- La ponctuation fut négligée dans le i3me. siècle et les suivans.
- En général, les différentes manières de ponctuer ont de tout tems servi à séparer les mots , ou les syllabes , ou les membres du discours , ou les phrases. Le point a encore marqué les abréviations de mots. Les lettres numérales et les sigles étoient ordinairement distingués par unpoint. Ce sigle mis au dessus, ou au dessous des lettres, servoit à marquer les corrections ; placé à la marge, il servoit à noter des sentences ; au bas d’un acte , à suppléer la signature.
- PONDÉRATION,s. f. de l’italien ponderazione, fait du latin ponde-ratio, dérivé de pondero , peser : l’action de peser, de mettre en équilibre.
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- ( Peinture ) Les peintres enten-dentpar le mot pondération, le j uste équilibre des corps.
- Léon-Baptiste Alberti, qui a savamment écrit de la peinture, dit, en parlant de la pondération des corps , que pour bien représenter la situation des membres et leurs différentes actions , il faut considérer ce que la nature nous apprend elle-même.
- PONT, s. m. du lat. pons , ponds, ouvrage d’architecture, en pierre ou en charpente , qu’on bâtit sur les rivières pour les traverser. Voy. BATARDEAUX , ENCAISSEMENT.
- ( u4rch.it. milit. ) Pont à bascule; c’est un pont qui, étant porté sur un essieu par son milieu, s’élève d’un côté et s’abaisse de l’autre.
- Pont à coulisse ; c’est un petit pont qui se glisse dans œuvre pour traverser un fossé.
- Pont-levis ; celui qui, étant fait en manière de plancher , s’élève et se baisse devant la porte d’une trille, ou d’un château , par le moyen des
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- flèches , des chaînes et d’une bas» cule.
- Pont dormant; il ne différé du pont-levis qu’en ce qu’il est fixé , et qu’au lieu de chaînes pour garde-toux , il a des bras ou contre-vent de bois.
- Pont à fléché ; celui qui n’a qu’une flèche avec une anse de fer , qui porte deux chaînes pour enlever un petit pont au-devant d’un guichet.
- Il différé du pont à bascule, en ce qu’il s’élève tout, entier , au lieu que l’autre , en s’élevant d’un côté s’abaisse de l’autre.
- Pont-tournant ; c’est celui qui tourne sur un pivot pour laisser passer les bateaux.
- Pont-volant ; c’est un assemblage de deux petits ponts, posés l’un sur l’autre, de telle façon , que celui de dessus s’allonge , et s’avance par le moyen de quelques cordages passés à des poulies qui sont le long des bords du pont de dessus, et qui le font couler en avant, jusqu’à ce qu’il porte par le bout, sur l’endroit, où on veut le jeter. On ne se sert du pont-volant que pont surprendre îles dehors ou des postes , qui ont les fossés fort étroits.
- Pont de communication ; c’est un pont qui communique d’un quartier à l’autre de l’armée.
- Aux places qui sont coupées par des rivières , ou par des ruisseaux , il est nécessaire de construire quantité de ponts pour faciliter la communication des quartiers.
- Pont-flottant , ou ponton, ou pont fait en redoute ; c’est une machine à passer un bras d’eau. Elle est composée de deux grands bateaux , qui sont à quelque distance l’un de l’autre, tous deux couverts de planches , aussi bien que l’intervalle qui est entr’eux avec des appuis et des garde-foux sur les cotés ; tout cela d’une construction si solide que le ponton peut transporter de la cavalerie et du canon. P. PONTON.
- ( Jlrchit. civile ) Pont de pierre et de bois ; l’art de construire les ponts a avancé lentement comme les sciences exactes. Les Romains ont construit clés ponts célèbres ; 1?un est
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- le pont Adrien , aujourd’hui le pont d’Ange , et l’autre le pont d’Auguste.
- Parmi les modernes, les François ont droit de revendiquer l’honneur d’avoir construit avec des pierres les ponts les plus hardis qui aient jamais été jetés par la main des hommes ; xiiais on voit encore dans ces beaux jnonutnens un reste de timidité , puisqu’il a fallu plusieurs arches pour traverser les fleuves.
- Les Suisses sont peut-être les premiers qui aient donné dans la construction de leurs ponts en bois, l’idée de traverser d’un coup de très-grandes rivières, Voy. pour l’ancienne et la nouvelle méthode de fonder les ponts, les mots BATARDEAU, ENCAISSEMENT , CAISSON.
- Pont-de-fer ; le siècle dernier , si fertile en inventions , s’est fait remarquer par la construction des ponts en fer. Le premier a été construit en Angleterre, il y a environ 2â ans , à Colbrookedale : il a été fabriqué en fer doux. Depuis cette époque, plusieurs artistes ont travaillé , en divers endroits de l’Europe, à former des projets de pareils ponts. Le fer avoit ses adversaires : sa ductilité n’opposoit pas la résistance nécessaire à la solidité qu’on recherche dans ces sortes de constructions.
- Payne vainquit cette difficulté en faisant couler des blocs de fonte , qui, par leur incompressibilité , of~ froient la résistance convenable ; et il lit, en 1790 , ie premier essai d'une FERME ( voy. ce mot ) de 90 pieds de rayon , exécutée à Rotherham en Angleterre.
- M. Burdon , profitant des idées de Payne , fit construire à Wear-mouth un pont d’une seule arche en fonte de fer , dont la pesanteur étoit quinze fois moindre que celle d’un pont de pierre. L’arche de ce pont est le segÉnent d’un cercle dont l’ouverture est de 236 pieds. La hauteur depuis le niveau des basses eaux est de 60 pieds , et le sinus-verse de 34. L’arc est très-surbaissé, et la hauteur , depuis la clef jusqu’à la rivière, est assez grande pour que des bâti-tnens vie deux à trois cents tonneaux puissent naviguer au-dessous, à cinquante pieds de chaque culée, avec
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- autant de facilité qu’au centre, ou la hauteur est de 94 pieds à marée basse, sous clef, et où il y a toujours assez d’eau pour la navigation.
- Un comité de la chambre des communes du parlement d’Angleterre a adopté, en l’an 9 , le projet de remplacer 1e vieux pont, dit le pont de Londres , par un pont en fer fondu d’une seule arche. “La hauteur de l’arc doit être de 68 pieds au dessus des hautes eaux • l’ouverture du pont aura 600 pieds.
- Depuis deux ans on a construit à Paris deux ponts en fer. L’un do ces ponts se trouve vis-à-vis l’église Notre-Dame , et remplace l’ancien pont Rouge. Il est composé de deux arches , ayant chacune une ouverture de 3i métrés ( 97 pieds) , et un mètre 95 centimètres de flèche.
- L’autre pont , appelé pont des Arts, a été construit vis-à-vis le Louvre. Le système qu’on a adopte dans sa construction a l’avantage d’économiser singulièrement la fonts en comparaison de la méthode dont ou fait usage en Angleterre.
- La longueur de ce pont, entre les culées, est de 167 mètres (616 pieds), et sa largeur, entre les balcons, de 10 mètres ( 3o pieds ). Il est composé de neuf arches ; chaque arche est formée de cinq fermes.
- ( Marine ) Pont, dans les bâti-mens marchands ordinaires, est un fort plancher supporté par des poutres appelés BAUX ( voy. ce mot) , qui recouvrent la totalité du vaisseau par en haut, sauf les ouvertures qu’on y laisse, pour communiquer avec la cale.
- Les vaisseaux de guerre destinés à porter sur plusieurs étages une nombreuse artillerie , ont plusieurs planchers les uns sur les autres , appelés également ponts, qui sont construits et liés avec la solidité nécessaire pour porter ces énormes poids. Les plus gros vaisseaux , de 90 canons et au dessus , onr trois ponts , dont le plus bas et, le plus fort se nomme le premier pont, et porte la grosse artillerie , ordinairement du calibre de 36. A environ 6 pieds au dessus de celui-là est le second pont, qui porte des canons du calibre de 24. A pareille distance
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- au dessus encore , est le troisième pont, qui porte des canons d’un moindre calibre^, le plus souvent de 18.
- Faux pont; c’est, dans les vaisseaux et frégates, un plancher établi dans la cale, à quelques pieds au dessous du premier pont, construit en sapin, et qui n’occupe qu’une partie de l'espace du vaisseau : il sert pour l’établissement de diverses soutes , pour le logement de quelques officiers, des malades, et pour la distribution des vivres.
- Pont coupé ; c’est celui qui n’occupe qu’une partie de la longueur du vaisseau, et qui est interrompu au milieu , dans les vaisseaux marchands, flûtes, etc.
- PONTON,s. m. dulat. ponto,h&c.
- ( Artmil.it. ) On appelle ainsi dans les armées des bateaux de cuivre, qui te portent sur des baquets faits exprès avec les madriers et les poutrelles nécessaires pour la construction de; ponts et le passage des rivières. Les François se sont servi les premiers de ces pontons, mais on ignore le nom de l’inventeur.
- ( Marine) Ponton , en termes de marine, est un grand bateau très-solide , plat par dessous, aÿant tous ses côtés droits, et la forme d’un parallé-lipipède. line sert que dans l’intérieur d’un port, pour transporter et soutenir de gros fardeaux , à l’usage des arraemens et désarmemens des vaisseaux ; les pontons servent quelquefois à relever un vaisseau échoué ou coulé bas; et, en général, à fournir un point d’appui dans un endroit d’un port ou d’une rade, où l’on en a besoin, pour quelque opération qui demande une grande force mécanique. A Rochefort, et dans certains ports d’Angleterre, la machine à mâ-ter est établie sur un gros ponton , fait de la carcasse d’un vaisseau.
- For. MACHINE A MATER.
- il y a de vastes pontons , garnis de roues et de grandes cuillers , pour creuser le fond de la mer, fort usités dans les ports de la Mediterranée et autres, qu’on appelle pontons à creu-ser, machine à creuser.
- PONTUSCEAU, s. m. diminutif de ponti
- {Papeterie) Verge de métal qui
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- traverse les vevgeures dans les forai es sur lesquelles on coule le papier.
- ( Bibliogr.) On appelle aussi pon-tusceaux ou pontusseaux, les laies que ces verges laissent sur le papier, et qui servent aux bibliographes à reconnaître le format d’un livre. F. FORMAT. ,
- POPLITÉ , ÉE; adj. du lat. po-pliteus, fait c(e poples , jarret; qui a rapport au jarret. "
- ÇÀnat. ) Le muscle poplité, l’artère poplitée, etc.
- POPULACE , s. f. de l’italien popolazzo ou popolaccio , péjoratif ce popolo, dérivé du lat. populus, peuple; la populace, le menu peuple.
- POPULAIRE , adj. du lat. populus : qui concerne le peuple, qui appartient au peuple.
- ( Econ. polit. ) Gouvernement populaire, celui où le gouvernement est entre les mains du peuple.
- POPULATION, s. f. terme nouveau, dérivé du lat. populus , l’àc-tion de peupler. Il est opposé à depo-pulatio, et par syncope populatio, ravage, saccagement.
- (Statistique) Ce mot, dans son acception la plus générale, désigne l’action de peupler; mais en statistique , il signifie particulièrement le nombre des hommes considérés relativement au terrein qu’ils occupent.
- Le moyen le plus facile et le plus généralement adopté pour estimer la population d’un pays, est de s’assurer du nombre des mariages, des morts et des naissances , et plus particulièrement de celui des naissanres.
- D’après diverses observations qui ont été faites , on a trouvé que le nombre des naissances est à celui des habitans comme i est à 23 ou 24, dans les lieux contrariés par la nature , ou par des circonstances locales. Ce même rapport, dans la plus grande partie de la France, est, suivant M. Necker et M. Moreau , de 1 à 25 , s5 et demi, et 26. C’est aussi d’après ces bases que M. Necker estimoit la population de la Fiance, en 1784, à 24,229.075 individus.
- PORCELAINE , s. f. de l’italien porceïlana, fait du latin porcel-lanœ, dans la signification de coquilles de Vénus , à cause de leur ressemblance avec les vases de porcelaine.
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- ( 'lechnol.) La porcelaine est nue espèce oe poterie blanclie et demi-transparente. Les Orientaux sont depuis très-long-tem s en possession de cet art ; les Chinois fabriquent le thsky ( c’est le nom qu’ils donnent à la porcelaine) depuis tant de siècles, qu’ils ignorent le nom de l’inventeur et l’époque de l’invention ; les Japonois sont ceux qui paroissent avoir surpassé tous les autres dans cet art.
- Quoiqu’on ait travaillé long-tems en Europe pour imiter la porcelaine des Indes, ce n’a été que dans le siècle dernier que des Saxons en découvrirent par hasard la composition ; peu après on fit à Paris, à Chantilly et à Vüleroi, des essais qui, quoique malheureux, conduisirent à des découvertes qui mettent aujourd’hui la manufacture de Sèvres en étatdefournir à toute l’Europe, de la porcelaine qui surpasse, pour la qualité, l’élégance des formes, l’éclat des couleurs, le goût et le fini des peintures, la sévérité du style da,ns les ornemens, les porcelaines de Saxe, de la Chine et du Japon.
- La bonne porcelaine doit être composée avec peu de matières ; celle qui se fait à la Chine, n’est composée que de deux substances, le KAOLIN et le PETUNTSÉ. V. ces mots.
- On trouve en France comme ailleurs une espèce d’argille qui contient un sable fusible semblable au petuntsé , et qui , employée toute seule , peut faire de très-bonne porcelaine.
- Les qualités de la porcelaine sont intérieures ou extérieures. Les premières ne sont sensibles qu’au vrai connoisseur. La porcelaine dont la cassure présente un grain très-fin, très-serré, très-compact, qui s’éloigne autant du coup d’œil plâtreux et terreux que de l’apparence de l’émail fondu, est la plus estimée.
- Les qualités extérieures de la por-celaine sont une blancheur éclatante agréable , une couverte nette ( .
- COUVERTE) , uniforme et bril-lante, des couleurs vives , fraîches el; bien fondues, des formes nobles , bien proportionnées et agréablement rariées ; enfin , de belles dorures, Sculptures et gravures , et autres or-Smnens de ce genre.
- 'J-Qinç Jll,
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- Toutes les porcelaines de France possèdent actuellement ces qualités extérieures dans un degré supérieur à toutes les porcelaines connues.
- La bonne porcelaine doit avoir une demi-transparence, sans cependant être trop claire ; elle doit soutenir alternativement, sans se casser ni se fêler, la fraîcheur de l’eau prête à se geler, et le degré de chaleur de l’eau bouillante , du lait , du café, etc., bouillant, qu’on y verse brusquement; elle doit rendre, quand on la frappe , un son net et timbré qui approche de celui du métal ; ses fragmens doivent faire feu au briquet; enfin, elle doit soutenir le degré de feu le plus violent, celui de réverbère , sans se fondre , sans se boursoufler, en un mot, sans être altérée d’une manière sensible.
- On fait à la Chine, au Japon et dans les autres parties des Indes, des porcelaines qui possèdent toutes ces bonnes qualités, mais qui, pour l’ordinaire , ne sont pas d’un très-grand blanc , au lieu qu’en Europe , et surtout en France, on fait des porcelaines de la dernière beauté, et qui ont toutes les bonnes qualités de 11 porcelaine des Indes, roy. MICA, COUVERTE , POTERIE FINE, etc.
- ( jyiéd. ) Porcelaines est aussi le nom que les médecins donnent à de petites pustules, écailleuses appelées autrement ESSERES. P. ce mot.
- PORE, s. m. du grec -7ropoc (poros), ouverture, conduit, passage , dérivé de irt'ipu ( peirô ), passer.
- ( Physique/) Interstices qui se trouvent entre les parties solides des corps , et qui sont vides de la propre substance de ces corps. Pour l’existence et la nature des pores , consultez Vessai de physique de JMuss-chenbroëck.
- ( Physiol. ) Petit trou, ouverture presque imperceptible dans la peau de l’animal, par où sort la matière de l’insensible transpiration.
- Pores exhalans/ ce sont ceux qui répondent aux extrémités artérielles très-fines , et en travers desquels sort l’humeur de la transpiration.
- Pores absorbans ; ce sont ceux qui kiiîe.ut eptrer les liqueurs qu’on
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- applique au corps, et qui s’insinuent par les vaisseaux lymphatiques dans les veines.
- Pores se dit aussi des canaux des os, lorsqu’ils sont très-fins, ainsi que des ouvertures de ces canaux.
- PORISME, s. m. du grec m-opos (poros), •passage. Noy. PORE.
- (Geom. anc.') Les anciens géomètres appeloient ainsi une proposition dont on a besoin pour passer à une autre plus importante ; c’est ce qu’on appelle aujourd’hui LEMME. N. ce mot.
- * PORISTIQUE, adj.de PORISME. P", ce mot.
- ( IVIathémat, ) Quelques auteurs appellent méthode poristique , la manière de déterminer par quels movens, et de combien de différentes façons un problème peut être résolu.
- PQROCELE, s. m. du grec ‘Troopoc ( pôros ), calus, durillon , et de xi ( hélé), tumeur, hernie.
- ( Chirurgie ) Espèce de hernie calleuse.
- POROTIQUE, adjectif du grec Qd ( pôroo ) , endurcir.
- ( Médec. ) Il se dit des remèdes qui procurent la formation du calus.
- PORPHYRE, subst. çi. du grec 'Tropfôpot. (porp hura), pourpre, parce que le plus beau porphyre est rouge.
- ( Minéral. ) Roche composée très-dure, et susceptible du plus beau poli. On compte plusieurs variétés de porphyre ; le porphyre rouge, le porphyre noir, vert, etc.; mais dans toutes ces variétés, les taches qui sont du quartz ou du feld- spath, sont toujours blanches.
- Le porphyre sert à faire des vases, des colonnes, des statues : sa dureté le rend encore très- propre à faire des mortiers, ou des tables pour broyer les couleurs, ce qui s’appelle POR-PHYRISER. V. ce mot.
- PORPHYRISER, v. act. même origine que PORPHYRE.
- ( Chimie ) C’est l’action de pulvériser , broyer une substance sur du porphyre , pour la réduire en une poudre très-line.
- PORPHYROïDE,adjec. du grec Æ-ofKpvp*. (porphura) , pourpre, et d’sil'o ç (cidos),forme, ressemblance : qui ressemble au porphyre;. ,
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- ( Minéral, ) On donne ce nom h. des pierres dans lesquelles le feldspath se trouve enveloppé dans d’autres substances que celles connues sous le nom de porphyre ; mais qui en ont l’apparence.
- PORREAU , s. m. du grec 'ntèpaç ( pôros) , durillon , callosité.
- ( Chirurg.) Excroissance de chair, qui vient sur la peau. V. VERRUE.
- PORT, s. m. du latin portas.
- ( Marine ) Port de mer; c’est un lieu, au voisinage des côtes, où la mer s’enfonçant entre les terres, offre un abri aux vaisseaux contre les vents, etc., et leur présente un endroit où ils peuyent mouiller en sûreté.
- Port intérieur; c’est un espace de mer plus étroitement enfermé, où sont les établissemens de cales, chantiers, bassins, magasins, quais, et machines nécessaires à la construction , aux radoubs, carènes, et arméniens des vaisseaux.
- Port marchand; c’est celui où les établissemens sont uniquement destinés au commerce, et que les seuls vaisseaux marchands fréquentent d’habitude.
- Port de marée; c’est un port où l’on ne peut entrer, ni en sortir, qu’avec la pleine mer , et que la marée perdante laisse en partie à sec. Tels sont plusieurs de nos ports sur les côtes de la Manche.
- Port de riviere; c’est celui qui est situé sur les bords d’une rivière, dans un endroit plus ou moins éloigné de la pleine mer, et où les vaisseaux trouvent assez d’eau pour être à flot. Tels sont Londres, Bordeaux, Nantes, Sainl~Pétersbourg.
- Port de barre ; c’est, un port situa sur une rivière à l’embouchure de laquelle , ou à son entrée, il y a une barre , ou passage moins profond, sur lequel on ne peut passer qu’à pleine mer , et avec uu tenus favorable. K. BARRE.
- Port franc; c’est un port où il est libre à tous marchands, de quelque nation qu’ils soient, de décharger leurs marchandises, et de les en retirer lorsqu’ils n’ont pu les vendre, sans payer aucun ckcit d’entrée ni dé sortie.
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- PORT, s. m. du verbe porter, en latin porto.
- ( Commerce et marine ) Port se dit de différentes choses , par rapport à diverses significations du verbe porter.
- Port d’un vaisseau ; c’est la désignation du nombre de tonneaux que le vaisseau peut porter ; ce qui se conüoit par l’opération appelée JAUGEAGE. V. ce mot.
- Port-permis ; c’est la liberté que le propriétaire d’un navire accorde au capitaine, et à un certain nombre d’officiers, de charger une certaine quantité de marchandises avec exemption^ de fî*et, soit pour l’aller seulement, soit pour l’aller et le retour ensemble. V. PACOTILLE.
- Port se dit aussi du droit qu’on paie pour la voiture des effets que portent les rouliers ou les messagers, pour les lettres qu’on reçoit par la voie de la poste.
- ( Botan. ) Port se dit encore du maintien d’une personne et de la manière dont elle porte sa tête et tout son corps ; et c’est dans ce sens que les botanistesi disent le port dune plante, pour exprimer la façon d’être qui lui est particulière, sa forme habituelle, et qui la distingue des autres plantes.
- ( Musique) Port-de-voix; c’est un agrément du chant, lequel se marque par une petite note appelée en italien appoggiatura, et se pratique en montant diatoniquement d’une note à celle qui la suit, par un coup de gosier.
- PORTAGE , s. m. de porter: action de porter.
- ( Commerce ) On appelle ainsi, au Canada, et dans l’Amérique septentrionale , les trajets que les sauvages, et ceux qui font la navigation des fleuves et des rivières, sont obligés défaire à pied, lorsqu’ils trouvent des chutes d’eau, ou d’autres endroits difficiles qui interrompent la navigation. Ainsi, l’on dit que le fleuve Saint-Laurent a tant de portages depuis Québec jusqu’à Montréal.
- Portage se dit aussi des petites distances qui se trouvent entre deux rivières, entre deu* lacs j et dans ce
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- sens on dit, que le portage d’un lac à un autre lac, ou d’un lac à telle rivière, n’est que d’un quart de lieue, d’une demi-lieue.
- PORTAIL, s. m. augmentatif de PORTE, ( voy. ce mot ); porte principale, porte majeure.
- ( Architect. ) La principale porte d’une église. Il "se dit aussi de la façade entière d’une église. On a dit autrefois portaux au plurier.
- PORTANT, ou PORTE-POIDS, s. m. de PORTER. V. ce mot.
- ( Magnét. ) Nom que l’on donne à un morceau de fer que l’on met sous les pieds de l’armure d’un aimant , et auquel on suspend le poids que l’aimant doit soulever, PORTE , s. f. du latin porta, la porte d’une ville : une gorge entre deux montagnes ; ouverture faite pour entrer dans un lieu fermé ou pour en sortir.
- (Art mi lit. ) La porte d’une place de guerre doit être au milieu d’une courtine , afin qu’elle puisse être bien défendue des flancs et des faces.
- Porte de secours ; c’est une porte secrète, par où l’on introduit quelqu’un au besoin.
- ( Hydraul.) Porte d’écluse ; c’est une grande clôture de bois , qui arrête l’eau dans les écluses.
- Portes busquées ; ce sont des portes d’écluses , dont les vents s’arc-boutent réciproquement, l’un , d’amont ou d’en haut/ et l’autre d’aval ou d’en bas,
- ( Marine ) Portes d’un bassin ; ce sont des panneaux de charpente, fortement consolidés, qui servent à fermer l’entrée à l’eau dans un bassin ou forme , et que l’on ouvre pour laisser entrer l’eau , et faire sortir le vaisseau , lorsqu’on a achevé de le construire , ou de le radouber.
- Bateau porte; espèce de bateau de l’invention d’un ingénieur suédois , destiné à faire l’office de porte au bassjn de Carlscrone , et qui a été imité depuis au bassin de Toulon par M. Groignard.
- Ce bateau porte s’adapte aux deux côtés de la maçonnerie de l’entrée du bassin par deux pièces de char-K 3
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- 'pente du bateau , qui font saillie de chaque' côté du haut en bas. Ces pièces entrent à coulisse dans deux rainures de la maçonnerie à mesure que le bateau , chargé de poids de fer et rempli d’eau , s’enfonce jusqu’à toucher le fond ou radier. Deux espèces de quilles qui forment, la charpente du dessous du bateau , entrent également dans des rainures pratiquées à la pierre, sur le fond ou radier du bassin ; au moyen de quoi le passage est exactement fermé à l’eau, tant par les côtés que par le dessous.
- ( Hist. turque) Porte ottomane ; on appelle ainsi, ou simplement la porte, la cour du grand-seigneur , et cet usage nous vient des Turcs mêmes , qui nomment ainsi la cour de leur empereur.
- Cette dénomination tire son origine des califes, successeurs de Mahomet, et particulièrement de Mostadliem , le dernier de la race des Abbassides. Ce calife fit enchâsser sur le seuil de la principale porte de son palais un morceau dé la fameuse pierre noire du temple de la Mecque, pour rendre cette porte plus respectable à 6es sujets ; le seuil en étoit assez élevé, et on n’entroit qu’à genoux ou prosterné, après avoir plusieurs fois appliqué le front et la bouche sur cette pierre prétendue sacrée.
- Une porte si vénérable et si respectée lut bientôt appelée la porte par excellence , et par ce mot on entendit bientôt , dans l’usage ordinaire , le palais, la cour , la demeure du prince. D’autres princes maho-métans , inférieurs en dignité et en puissance , mais aussi ambitieux que les califes, affectèrent la même expression en parlant de leur cour ou de leur palais , et cet usage ne manqua pas d’être suivi par les sultans turcs qui détrônèrent les califes et succédèrent à leur autorité.
- ( Physiol. ) Peine - porte ; tronc de veine assez considérable , formé par deux branches principales , dont i’nne reçoit le sang qui revient de la rate , du pancréas et d’une partie de l’estomac ; l’autre reçoit celui qui revient des intestins et du mésentère. ,
- PORTE-LUMIERE, s. m. du ïat. porto j porter, et de lumen, lumière.
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- ( Physique) Instrument dont on fait usage pour introduire dans une direction commode et convenable, un jet de lumière dans un lieu obscur , afin de faire , par son moyen , différentes expériences sur la lumière , soit en la réfléchissant, soit en la réfractant, soit en en séparant les rayons, de manière à rendre apparentes , les couleurs qui la composent.
- PORTE-VOIX , du latin porto , porter, et de vox , voix.
- (Physique, acoustique) Instrument en forme de trompette , à l’aide duquel on augmente beaucoup l’intensité du son , et on le porte à une grande distance.
- On dit qu’Alexandre-le-Grand se servoit d’un porte - voix pour rassembler ses troupes et rallier son armée , quelque nombreuse et quelque dispersée qu’elle pût être , et qu’il se faisoit entendre de tous ses soldats comme s’il eût parlé à chacun en particulier.
- Le porte - voix est composé d’une substance élastique, tel que du fer-blanc ou du laiton.
- Le chevalier Morland et quelques autres , ont semblé attribuer l’augmentation du son dans le porte-voix à la seule direction des rayons; aussi Hase , professeur à Wirtemberg, veut-il que le porte-voix soit formé de deux parties, l’une elliptique et l’autre parabolique, combinées de façon qu’un des foyers de l’ellipse se trouve à l’embouchure , précisément à l’eudroit où l’on parle , et que l’autre foyer de l’ellipse soit en même tems le foyer de la parabole. Mais il y a une autre cause que la direction des rayons qui augmente le son dans le porte-voix, et cette cause est sans doute que, dans cet instrument, le mouvement est imprimé à une masse d’air appuyée -sur des parois élastiques capables de le transmettre au dehors. C’est pour cette raison qu’on entend mieux un homme qui parle dans une rue que s’il parloit en rase campagne ; on l’entend encore mieux s’il parle dans une chambre fermée de toutes parts , et dont les parois soient dures et élastiques.
- PORTÉE, s. f. du laiiu porto, porter.
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- ( Hist. nat. ) Tous les petits que les femelles des animaux portent, font en une fois.
- ( Archit. ) Portée se dit aussi de l’étendue d’une pièce de bois mise en place, et de la partie des pièces de" charpente qui porte sur le mur ou sur le pilier.
- (Musique') Portée se dit encore des cinq lignes sur lesquelles on pose les notes.
- (Artillerie ) Portée se prend pour le chemin que peut parcourir un boulet. Il y a la portée à toute volée et la portée de but-en-blanc.
- Portée à toute volée ; c’est celle dans laquelle la pièce fait un angle de 4$ degrés avec l’horizon ou le niveau de la campagne. Dans cette position , le boulet va à la plus grande distance qu’il lui est possible.
- Portée de but-en-blanc ; c’est la la ligne sensiblement droite que décrit le boulet en sortant de la pièce.
- Il y a encore une autre manière de tirer le canon , appelée ricochet, dont M. le maréchal de Vauban est l’inventeuT. y. RICOCHET.
- Delà encore les expressions à portée , portée de canons, portée de mortiers , être à portée de canon , à demi-portée , à portée de fusil, à portée de pistolet, à portée de la voix.
- ( Manuf. ) Portée , en termes de fabrique , signifie un certain nombre de fils de chaîne. Portée est employé au compte de l’étoffe.
- ( Arpent. ) Portée est encore une mesure de la longueur de la chaîne de l’arpenteur, et qu’il porte d’un piquet à l’autre.
- PORTER, v. a. et n. du latin porto, soutenir un fardeau , transporter une chose d’un lieu à un autre , pousser , faire aller.
- (Marine') En termes de navigation , porter est synonyme de faire route , gouverner ; ainsi , on dit d’un vaisseau qu’z'Z porte au nord-ouest, pouf dire qu’il fait route au nord-ouest.
- Porter en roule ; c’est avoir le c.aP et gouverner en droiture sur le lieu où l’on veut aller, dans le cas où , par un vent contraire , on avoit oté obligé de courir sur un autre rhtunb que celui de la route.
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- Les voiles portent; c’est-à-dire , que le vent les enfle, pour distinguer cet état de celui dans lequel les voiles fasienl, ou bien de celui où elles sont coiffées. V. FASIER, COIFFER.
- Celle voile ne porte pas ; c’est-à-dire qu’elle ne reçoit pas l’impulsion du vent, soit parce qu’elle est abritée par une autre , soit parce qu’elle est mal orientée.
- Ce vais seau porte bien la voile; on exprime par-là qu’avec beaucoup de ^voiles déployées, et par un fort vent , il plie et incline peu, et n’est point en danger de chavirer ou de-se renverser.
- Ce vaisseau porte mal la voile ; cela signifie qu’avec peu de voiles dehors, il est sujet à incliner beaucoup , quoique par un vent modéré ; ce défaut essentiel résulte le plus souvent d’un vice de construction. Cela arrive aussi pour n’ètre pas suffisamment lesté , ou pour être mal arrimé.
- PORTEREAU, s. m. composé de porter et d’eau.
- ( Hydraul. ) Construction en bois que l’on fait sur certaines rivières pour les rendre plus hautes , en retenant l’eau, afin de faciliter la navigation, de faire tourner les roues d’un moulin , etc.
- PORTEUR. V. LETTRE DE CHANGE.
- PORTIQUE, s. m. du lat. portions , porche, galerie ouverte.
- ( A relût. ) Galerie ouverte dont le comble est soutenu par des colonnes ou par des arcades.
- ( Philos. ) Doctrine du portique, ou le portique ; on appelle ainsi la secte, la doctrine , les disciples de Zénon.
- PORTOR, s. m. corruption de porte or.
- ( Minéral. ) Sorte de marbre noir, qui est traversé par des veines pyriteu-ses, et qui imitent l’or.
- PORTR AIT, suhst. m. du latin prolractus, fait de protrahere, tirer en longueur, prolonger.
- ( Peinture ) Image, ressemblance d’unepersonne,tirée par le moyen du pinceau, du burin , du crayon.
- Peindre le portrait; le talent d’imiter une tête individuelle, et d’en rendre fidèlement la ressemblance carac-
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- téristique , ei sorte qu’elle puisse être aisément «connue pour celle de . la personne doit on s’est proposé de rendre les trais, est ce qui constitue le genre du pirtrait. Les anciens ne connoissoient ioint cette division.Le plus célébré d- leur peintre de portraits lut Applles ; mais il étoit en même tems lt plus célèbre de leurs peintres d’hisnire. Il paroît seulement que dan: le dernier siècle de la république ronaine , une artiste grecque, Lalé de Cysique, se borna au genre du ptrtrait.
- Après -la «naissance des, arts chez les modrnes,.il se passa un tems fort long, sans que le portrait fut regardé comne une classe particulière de Par ; c’étoit les peintres d’histoire qui aisoient aussi le portrait. Les peintes qui se distinguèrent le plus dans cite partie, furent Raphaël, leTitin, Holbéen , Albert Durer, leTintcet,Paul Veronèze,etc. et c’étoit ces nêmes peintres qui se distinguoiént ussi le plus dans la par-1 ie de l’histom Van-dyck lui-même, si célèbre parla beauté de ses portraits, étoit l’in des meilleurs peintres d’histoire le son tems.
- Tant que leportrail fut traité parles peintres d'iistoire, il le fut aussi de la même minière, et Raphaël, le Titien, le Veimèze, ne se doutèrent pas qu’il pût y avoir une manière spécialement .ffectée à cette partie de l’art.
- Aujourd’hu, le'portrait est devenu le partag d’artistes qui se destinent à ce gnrfe, dès leur entrée dans la carrière Persuadés qu’ils n’ont pas besoin de tarte la science qu’exige le genre histoique, ils négligent de se procurer utb savante éducation : tout leur savor consiste à dessiner froidement ure tête , en s’arrêtant principalemen à rendre les différences individielles, et ils croient avoir atteint 1 but, quand, en exprimant ces dfférences, ils sont parvenus à la fair trivialement ressemblante à celle iu modèle.
- Le . genre du portrait n’auroit pas dû être détach> de celui de l’histoire, puisqu’il n’endiffère qu’en ce qu’il exige une atteition plus particulière aux formes indviduelles. Il est soumis d’ailleurs <ux mêmes principes, et ne peut appncher de la perfection,
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- qu’autant qu’il est le résultat des mêmes études.
- Portrait historié ; on appelle ainsi un portrait dans lequel la personne est représentée sous la ligure d’un dieu de la fable, ou d’un héros de l’antiquité. C’est un gen^e bâtard et vicieux ; en effet, si la perfection du portrait consiste à rendre naïvement la personne représentée dans la plus grande vérité de la nature, dans l’état le plus ordinaire à sa physionomie, dans une des attitudes qui lui sont les plus familières, et avec le genre d’habillement qu’elle a coutume de vêtir , on sent combien le portrait historié s’éloigne de cette perfection : il ne représente plus une personne que nous avons coutume de voir, mais un comédien novice, qui, sous des habits empruntés, joue maladroitement le héros.
- ( Elocul. ) Portrait se prend , au figuré, pour la description de la figure ou du caractère d’une personne , quelquefois de l’une et de l’autre.
- PORTULAN, s. m. de l’italien portulano, ou portolano, qui signifie guide, pilote, flambeau de la mer.
- ( Marine ) C’est le titre de plusieurs ouvrages qui contiennent le gisement et ia description des ports de mer, des côtes, et de tout ce qui y est relatif. Alogio da Masso a fait urt portulan en italien, qui a été traduit en françois.par Guillaume Girardin. Henri Michelot a fait le portulan de la Méditerranée.
- PORYDROSTÈRE, s. mas. du grec nropu> ( poro ), fournir, donner, d’uifccp ( hudor), eau, et de rsfsàj (\téréos), solide.
- ( Métrol.) Instrument inventé par M. Paneton, et destiné à marquer la pesanteur spécifique d’un solide, c’est-à-dire, son poids, comparé à celui d’un égal volume d’eau distillée.
- POSE, s. f. du latin pono, posi-tum, placer.
- ( Peinture ) Ce mot exprime , en peinture, l’attitude , la position dans laquelle l’artiste pose le modèle vivant, pour en faire l’étude.
- L’artiste qui cherche la grâce et la beaufé doit toujours faire prendre à son modèle la pose la plus naturelle, relativement à l’action qu’il veut
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- représenter. Si le modèle est gêné’, si même la pose qu’on lui prescrit ne lui est pas familière, il n’aura pas cette naïveté de mouvement qui constitue la grâce. Ce ne sera plus une figure en action, mais une figure qui contrefait une action. Il est certain aussi qu’elle perdra la beauté , puisque la nature elle - même ne la conserve que dans les mouvemens faciles, et qu’elle la perd, dès qu’elle est obligée de faire des efforts.
- (Archit. ) Pose se dit aussi du travail qu’il y a à poser une pierre. On paie tant pour la taille d’une pierre, et tant pour la pose.
- ( Art milit. ) Grande pose ; on appelle ainsi, dans une ville de guerre, les sentinelles d’augmentation , que les caporaux doivent aller poser dès que la retraite est battue, pour la nuit, dans les postes qui leur auront été marqués.
- POSITIF, VE, adj. du latin positivas, fait de lat. pcno, posilum , placer, asseoir , établir : certain , constant, assuré.
- ( Algèbre ) Quantité positive ,* c’est une quantité qui a, ou qui est sensée avoir le signe 4-, plus. Elle est ainsi appelée par opposition à la quantité «négative.
- , (Pratique ) Droit positif ; c’est, celui qui est établi par les lois des hommes ; il est ainsi appelé par opposition au droit naturel.
- POSITION , s. f. du lat. positio , fait de pono , positum , asseoir, établir : point où un lieu est placé , situation.
- ( Géom. ) C’est un mot dont on se sert en géométrie, par une espèce de distinction du mot grandeur ; ainsi on dit qu’üne ligne est donnée de position, quand sa situation ou sa direction est donnée par rapport à quelqu’autre ligne ; on dit, au contraire,qu’une ligne est donnéedegran-deur , quand c’est sa longueur qui est donnée, et non pas sa situation.
- ( Arilhmét. ) Fausse position / c est le nom qu’on donne à une regle qui a pour base une fausse supposition.
- Une règle de fausse position se lait quand on calcule sur des nombres taux et supposés , et lorsque par les différences qui s’y rencontrent ou
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- trouve le vrai nombre inconnu qu’on cherehoit..
- ( Astron. ) Angle de position ,* c’est celui que forment au centre d’un axe le cercle de déclinaison et le cercle de latitude , ou le parallèle à l’équateur avec le parallèle à l’écliptique.
- ( Art milit. ) Position militaire ; c’est un terrein choisi pour y placer un corps de troupes”, dans l’intention de remplir quelqu’objet important. Prendre une position, une bonne ou mauvaise position.
- ( Musique ) Position se dit aussi du lieu de la portée où est placée une note, pour fixer le degré d’élévation qu’elle représente.
- On appelle aussi position, dans la mesure,le tems qui se marqué en frappant , en baissant ou posant la main , et qu’on nomme plus communément le frappé.
- Enfin l’on appelle position, dans le jeu des instrumens à manche , le lieu où la main se pose sur le manche , selon le ton dans lequel on veut j ouer.
- ( Danse ) Position , en termes de danse , est cette juste proportion dans la manière de poser ses pieds, en sorte que le corps soit dans son équilibre, sans se trouver gêné , soit que l’on marche, soit que l’on danse, ou lorsqu’on est arrêté.
- POSSESSION, s. f. du lat. pos-sessio, fait de possideo, posséder ; puissance.
- ( Pratique ) Jouissance ou acte par lequel on possède une chose de droit ou de fait.
- Le droit romain a distingué deux sortes de possession ; la possession naturelle et la possession civile ; la première est une simple détention de la chose, sans aucun dessein de la posséder en qualité de propriétaire ; telle est la possession du fermier, du locataire, de l’usufruitier. La possession civile est la détention accompagnée de l’intention de posséder comme propriétaire.
- POSSESSOIRE, s. et adj. même origine que POSSESSION : qui regarde la possession.
- ( Pratique) Action possessoire; c’est celle qui a lieu quand on agit pour le possessoire , c’est-à-dire ,
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- pour être maintenu en possession. Ainsi, elle ne regarde point la propriété , mais seulement la possession. Voy. PÉTITOIRE.
- POSSIBLE , adj. et s. du latin possibilis, fait de possum , pouvoir : qui peut être, ou qui peut se faire.
- ( Calcul intégral ) Equations possibles ; on appelle ainsi les équations différentielles, qui ont des intégrales finies, ou d’un ordre moindre, par opposition aux équations absurdes , ou qui ne sont pas possibles.
- POSTDATE, s. f. du latin post, après, et de dalum, donné , écrit, daté : date postérieure à la vraie.
- POSTE s. f. du latin positio , disposition , placement , action de placer!
- ( Econ. polit. ) Etablissement de chevaux , placé de distance en distance pour le service des personnes qui veulent voyager diligemment.
- Hérodote nous apprend que les courses publiques, que nous appelons postes , furent inventées par les Perses. Xénophon nous enseigne que ce fut Cyrus qui , pour en rendre l’usage facile , établit des stations sur les grands chemins, assez vastes pour contenir un certain, nombre d’hommes et de chevaux.
- Il n’est pas facile de fixer l’époque de l’établissement des postes chez les Romains. Selon queiques-uns, il y avoit, sous la république, des postes , appelées staliones, et des porteurs de paquets , statores.
- Les empereurs <, dit Procope , avoient établi des postes sur les grands chemins , à raison de cinq et quelquefois huit par journée.
- Les postes de France étoieutbien
- £eu de chose avant le règne de ,ouis XI, ce prince naturellement inquiet et défiant, les établit pour être plutôt et plus sûrement instruit de tout ce qui se passoit dans son royaume et dans les états voisins. Il fixa en divers endroits des gîtes, des stations, stationes positas, d’où est venu le nom de postes, où des chevaux étoient. entretenus. Deux cents trente courriers à ses gages portoient ses ordres incessamment.
- Louis Horniek dit que ce fut le comte de Taxis qui établit le premier
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- les postes en Allemagne , à ses dépens, et que pour récompense , l’empereur Mathias, l’an 1616, lui donna en fief la charge de général des postes, pour lui et pour ses descendans.
- POSTE, s. m. ( terme de guerre ), du lat. positus, fait de pono, asseoir, établir.
- ( Art milil. ) Poste se dit de toute sorte de terreiu , fortifié ou non , et capable de loger des soldats.
- Poste avancé ; c’est un terrein dont on se saisit pour s’assurer des devans, et couvrir les pox/ejqui sont derrière.
- Postes de campagne ; ce sont des églises, maisons, cassines , censés , villages, grosses redoutes , où il y a assez de monde pour tenir bon , et attendre du secours.
- Postes intermédiaires ; ce sont des cotps détachés de troupes , postés de façon entre d’autres corps, pour qu’ils puissent, en cas de besoin , courir au plus pressant, et soutenir l’effort d’un ennemi qui voudroit entamer quelque poste exposé, et se faire jour de ce coté-là.
- ( Marine) Poste , en termes de mer, signifie le logement fixé dans les vaisseaux pour chaque espèce d’hommes logés et vivant ensemble ; comme le poste des charpentiers , le poste des chirurgiens, le poste des malades, etc.
- Poste d’un vaisseau ; c’est, en parlant, d’une escadre, ou armée navale , l’ordre et le rang dans lequel doit se placer un vaisseau dans sa division ou dans son escadre, d’après les dispositions faites par l’amiral ou commandant.
- Delà ces phrases, tel x>aisseau a quilLé son poste ; tel vaisseau a rejoint son poste.
- POSTHUME , adj. du lat. posthumus, composé de post, après, et de humus, terre, dans la signification de mort,enterrement : après la mort.
- ( Pratique ) Enfant posthume ; c’est celui qui est né après la mert de son père. Un enfant posthume rompt par sa naissance le testament de son père, dans lequel il étoit passé sous silence.
- ( Littéral. ) Posthume se dit aussi
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- des ouvrages d’un auteur qu’on ne metau jour qu’après samort .Œuvre posthume.
- POSTICHE , adj. de l’italien pos-ticcio , ajouté après coup.
- ( Archit. ) Omemenspostiches ; ce sont des omemens placés après coup.
- ( Littérat. ) Postiche se dit de tout ce qui est déplacé, de ce qui ne convient point au lien où il est placé. Ainsi, l’on dit qu’un épisode est postiche, lorsqu’il est étranger au sujet.
- POSTLIMINIE, s. f. dulat. post-liminium, composé de posL, après, et de limen, limite, seuil de la porte : l’action de rentrer dans sa maison.
- ( Jurisprud. ) La postliminie est, pour les particuliers, ce qu’est pour les souverains le statu quo ante hélium ; c’est le retour au même état d’où ils ont été violemment tirés par les ennemis. Les habitans des frontières des états sont souvent dans le cas d’user du droit de postliminie.
- POST-SCRIPTUM, s. m. Mot emprunté du latin , et composé de post, après, et de scriptum, écrit : écrit après coup.
- ( Diplomatique ) Il se dit de ce qu’on ajoute à une lettre après la signature, et qu’on marque en abrégé par ces deux lettres P. S.
- POTAGER, s. m. état de potage, en lat. potagium, fait de polatum, boisson.
- ( Jardin ) Jardin potager; portion de jardin où l’on cultive toutes sortes d’herbages, de légumes et de fruits.
- ( Botan. y Plantes potagères ; on appelle ainsi toutes celles que l’on cultive dans les jardins potagers , pour l’usagede la cuisine. On emploie assez indifféremment les mots pota-tagères et léguminaires , comme synonymes.
- POTASSE, s. f. corruption de l’allemand poltash, cendre de pot, parce qu’on a long-tems fait brûler dans un pot lois plantes dont on tire ce sel.
- ( Chimie ) La potasse est un des alkalis fixes ; c’est l’alkali végétal. On peut l’extraire de différentes substances : elle existe abondamment dans la nature , mais n’y est jamais pure : on l’obtient pins généralement par la combustion et l’incinération
- POT i53
- des bois tendres, des herbes molles , et des enveloppes des fruits.
- Pour se procurer la potasse dans son état de pureté, c’est-à-dire, caustique , on lessive des cendres , on rapproche la dissolution dans une chaudière de fonte , et l’on obtient un sel connu sous le nom de salin: c’est la potasse du commerce. Ensuite, on môle parties égales de salin et de chaux, on faitfortement bouillir ce mélange , on filtre, on évapore jusqu’à consistance de sirop, ou même jusqu’à siccité : on prend cette potasse, on la met dans un flacon , et l’on verse par-dessus de l’alcohol, ou bien on évapore dans une bassine d’argent.
- La potasse caustique , fondue dans un creuset, et coulée en plaque sur un marbre, forme ce que les médecins appellent la pierre à cautère ( voyez CAUTERE ) , parce qu’elle a la propriété de ronger la peau et les chairs.
- La potasse fondue avec la silice, forme le verre.
- La potasse se combine aisément avec les substances graisseuses, et les rend solubles dans l’eau : cela forme les savons. Foy. SOUDE , SAVON, ALKALI.
- POTÉE, s. f. du lat. poto, boire ce qui est contenu dans un pot, dans un vase à boire : matière dont on fait les pots.
- ( Chimie) Potée d’étain; oxide gris d’étain , qui se forme à la surface de ce métal, lorsqu’on le fond avec le contact de l’air libre. On s’en sert dans les arts pour polir la verre et d’autres corps durs.
- ( Fondeur) Potée est aussi une composition de terre préparée avec de la fiente de cheval, de l’argile et de la bonne, laquelle s’applique suites moules des pièces, avant que de former ce qu’on appelle la chape du moule, qui est faite de bien plus grosse terre. Cette potée est la terre qui conserve l’impression des traits et des ornemens du moule.
- POTERIE , s. f. du lat. polrim , vase à boire : toute sorte de vaisselle de terre.
- ( 'Pechnol. ) Quatre choses peuvent influer sur la qualité des poteries.
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- i°. La nature ou la composition de la matière ; 2°. la préparation qu’on lui fait subir ; 3°. les dimensions qn’on donne aux vases ; 4°. la cuisson qu’on fait subir à ceux-ci.
- La silice, ou quartz fait toujours les deux tiers ou les trois quarts de la plupart des poteries. L’alumine, depuis un cinquième jusqu’à un tiers; la chaux , depuis jjû jusqu’à ,?0?6 ; et le fer, depuis o j usqu’à
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- / La silice donne de la dureté , de l’infusibilité et de l’inaltérabilité.
- L’alumine communique du liant à la pâte, et donne la facilité de la pétrir, de la mouler, et de la tourner à volonté.
- Jusqu’ici l’expérience n’a pas prouvé que la chaux fût nécessaire à la composition des poteries ; et si on y en rencontre souvent des traces, c’est qu’elle s’y trouve mêlée aux autres terres , dont les lavages et autres préparations ne l’ont, pas séparée.
- L’oxide de fer , outre l’inconvénient de colorer en rouge, ou en brun , suivant le degré de cuisson , les vases dans lequel il entre, a la propriété de les rendre très-fusibles, et même plus que la chaux.
- Poteries communes ; ‘autant on peut concevoir de mixtes terreux , autant on peut inventer d’espèces de poteries de terre.
- Le tissu des poteries communes est. plus ou moins grossier ; ces poteries sont presque toujours trop peu cuites ; elles soutiennent passablement les alternatives du chaud au froid; mais elles ne sont ni propres, ni solides , et elles ont le défaut de donner une mauvaise odeur et un mauvais goût aux alimens qu’on prépare.
- Poterie de grès ; on appelle ainsi une poterie plus ou moins grossière , dont la densité est ordinairement telle qu’elle fait feu avec l’acier.
- Ces poteries sont impénétrables aux graisses et aux acides, mais elles ne peuvent supporter les alternatives du chaud et dulroid. V. FAÏENCE, PORCELAINE , HYGIOCERA-MES.
- Poteries blanches, ou terres anglaises ; ces poteries ne sont qu’une
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- variété un peu recherchée des poteries communes. Le vernis en est composé dans les mêmes principes ; elles sont minces et d’un prix très- modique ; elles manquent do solidité ; elles ne peuvent soutenir une grande chaleur. Leur durée est courte, parce que la prompte décomposition de leur vernis enlève 1 éclat qui en fait le seul mérite.
- Poteries fines à pâtes de couleur ; les.anglois font un commerce assez considérable de différentes espèces de terres cuites en grès , et dont la pâte est colorée en bleu céleste , en noir, en jaune , en vert et en violet ; tous les objets travaillés avec ces pâtes, sont remarquables par un fini précieux, et sont ordinairement décorés avec des bas-reliefs en pâte blanche , qui produisent un grand effet. Depuis long-tems, la 'manufacture de Sèvres avoit réussi à imiter les pâtes bleues angloises ; mais ce n’est qu’en l’an io qu’elle a tenté les premiers essais en terre noire ; et aujourd’hui elle fabrique des vases qui ne le cèdent en rien à la plus belle terre noire d’Angleterre.
- La terre noire de Sèvres , comme celle d’Angleterre , est dure comme du grès , et fait feu au briquet. Sa composition donne lieu d’espérer qu’elle ne peut jamais devenir chère : elle est composée d’argile d’Arcueil, et de fer oxululë, c’est-à-dire, de fer qui n’est pas au dernier degré d’o-xidation, et qui est, encore attirable à l’aimant, d’argile de Montereau , ou autre analogue, d’oxide de manganèse, et de fer oxidé rouge.
- L’opinion des Anglois est que le thé est meilleur dans une théière de terre noire que dans toute autre. Que ce soit un préjngé ou non, il est certain que la terre noire, quoique cuite en grès, supporte bien les passages subits du froid au chaud ; que quoiqu’elle ne soit pas enduite d’un vernis vitreux , elle ne communique point de mauvais goût aux alimens qu’on y conserve , et qu’elle est d’un excellent usage. /A KAOLIN , PÉTUNTSÉ, VERNIS , COUVERTE.
- POTERNE , s. f. du lat. posle-rula, fausse porte.
- (.Fortifie. ) C’est ainsi qu’en ter-
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- mes de fortification , on nomme les' fausses portes, placées ordinairement dans l’angle du flanc et de la courtine , pour faire des sorties secrètes par le fossé.
- POTION, s. f. du lat. potio, fait de polare , boire.
- (Méd.) Médicament liquide , qui se prend en buvant. Les potions sont altérantes ou purgatives ; il y en a de vulnéraires, d’hystériques , d’anodines , de earminatives, de diaphorétiques , d’emménagogues , de cathariiqnes , d’émétiques , etc.
- POUCE , s. m. du lat. pollex , fait de polleo, avoir de la force , de la vertu.
- ( Anat, ) Le plus gros des doigts de la main et du pied ; il est ainsi appelé parce qu’il a plus de force que les autres,
- ( Métrol. ) Mesure qui est la douzième partie d’un pied, et qui a douze lignes.
- (.Hydraul. ) Pouce d’eau j c’est, dans le langage des fontainiers, la quantité d’eau qui sort en une minute de tenus, horizontalement d’une vitesse égale , et par un trou circulaire d’un pouce de diamètre, faite dans une plaque verticale d’une ligne d’épaisseur. La partie supérieure de la circonférence étant couverte d’une ligne seulement de hauteur d’eau , en sorte que l’ouverture ait son centre de sept lignes au dessous de la superficie de l’eau. Il passe , Jen une minute de temps , par cette ouverture , 628 pouces cubes d’eau , fai-sant, en mesures nouvelles, 12 liftes et demi cubes d’eau.
- ? POUDING, s. m. Corruption de fanglois pudding, que les étymologies de ce pays nous renvoient, en k faisant venir du françois bouding boyau, intestin.
- ( Cuisine) Le pouding est un ®ets fort connu des Anglois, composé de divers ingrédiens , et autrefois le premier plat d’un dîner.
- ( Minéral. ) C’est par analogie que les Anglois ont donné le nom de pudding, ou, comme nous di-sons, poudingue , à un mélange de substances pierreuses , arrondies et Agglutinées par un suc lapidifique, dont on fait des vases et des bijoux. ^es pfus beaux puddings se trouvent
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- en Angleterre. On en a découvert dernièrement dans la forêt de Chantilly.
- POUDRE , s. f. du lat. pulvis t pulveris ; poussière , terre desséchée, divisée et réduite en petites molécules.
- ( Chimie ) Poudre impalpable ; c’est une poudre si déliée, qu’on ne la sent presque pas, sous les doigts.
- Poudre d’algaralh, ou mercure de vie; c’est l’exide d’antimoine par l’acide muriatique.
- Poudre du comte de Palme / aujourd’hui le carbonate de magnésie.
- Poudre d’argent ou d'or; c’est le mica. V. ce mot.
- Poudre de fusion ; c’est une composition faite de trois parties de salpêtre, de deux parties de fleur de soufre , et de deux parties de sciures ou rapures fines de quelque bois tendre , que l’on broie et que l’on mêle bien ensemble ; une petite quantité de cette poudre embrasée fait fondre , en bain parfait, une petite pièce mince de métal, en un tems si court, que si pour creuset on se sert d’une coquille de noix, elle n’a pas le tems d’être percée, à moins qu’on n’y laisse reposer le métal en fusion. ~
- ( Pharmacie ) Poudre se dit aussi de diverses compositions servant à la médecine, lesquelles étant desséchées et broyéesressemblent à de la poudre.
- ( Artillerie ) Poudre à canon ; mélange de charbon , de soufre et de nitrate de potasse ( nitre ou salpêtre).
- Quoique l’on dispute beaucoup sur l’origine de la poudre à canon , il est incontestable qu’elle étoit connue dans l’orient, et. sur-tbut en Chine , bien des*siècles avant qu’on ait songé en Europe à l’employer dans l’art d« la guerre.
- L’intToduction de la poudre à canon, en Europe, a été attribuée à Bacon, qui, vers la fin du treizième siècle, a publié quelques idées, au sujet de son emploi à la guerre. Schwartz (le moine) découvrit, en Allemagne , en i32û, la poudre à canon ; en pilant dans un mortier les matières dont on la compose , une étincelle qui tomba paqhasard,
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- produisît une explosion dont le génie inventif de Schwartz sut tirer le plus grand parti.
- Pour la fabrication de la poudre, Consultez la 3nie. édition des Siemens de chimie, par Chaptal.
- L’objet le plus essentiel, dans la fabrication de la poudre à canon , est d’obtenir les matières premières extrêmement pures.
- On raffine le salpêtre par des dissolutions, des filtrations, des évaporations et des cristallisations.
- On purifie le soufre en le faisant fondre et en l’écumant, et quelquefois en le faisant sublimer.
- Autrefois on carbonisoit le bois dans des fosses : mais depuis long-tems on a abandonné cette méthode qui diminuoit la force expansive de la poudre. La méthode actuelle des Anglois et des Suisses consiste à distiller, pour ainsi dire, le bois dans des cylindres de fonte ou des fourneaux construits en plaques de métal , au moyen desquels on le débarrasse de l’acide pyro-ligneux. Le charbon pur est le résidu de la distillation. La différence entre la poudre faite avec des charbons carbonisés dans ces fours, ou avec des charbons carbonisés à l’air, est très-sensible ; delà la supériorité de la poudre an-gloise sur la poudre françoise.
- Il y a plusieurs moyens d’essayer la force et la bonté de la poudre, tels que l’épronnette dé Legnier, le mortier et le globe de cuivre de nos arsenaux, etc.
- Mais en voici un qui donnera une idée assez exacte de la pureté de la poudre , et même de sa force.
- Mettez deux ou trois petits tas de poudre , de 5o grains environ , sur différentes feuilles de papier à lettre très-blanc ; mettez-y le feu avec un morceau de fil d’archal rougi, si la flamme s’élève promptement et avec explosion , laissant le papier sans tache blanche, et sans l’avoir brûlé à petits trous, on doit tirer un augure favorable de la qualité des in-grédiens et de la bonté de la fabrication. Dans le cas contraire , la poudre doit être jugée mal faite, ou les ingrédiens impurs.
- La force expansive de la poudre dépend essentiellement de' la pureté
- POU
- du charbon employé dans sa fabrication.
- La force explosive ne provient pas, comme on l’a cru pendant long-tems de la vaporisation de l’eau par la combustion ; mais elle est totalement l’effet de la quantité de gaz, géuérée pendant la combustion, et plus la combustion est rapide , plus il y a de gaz produit dans un tems donné , et plus par conséquent la force de la poudre est augmentée.
- Poudre blanche; on donnoit autrefois ce nom à l’effet produit parles fusils à vent. Voy. FUSIL , VENT.
- ( Cosmétique ) Poudre pour les cheveux ; c’est de l’amidon réduit en poudre dans des mortiers et passé au tamis de soie.
- Poudre purgée à l’esprit-de-vin ; c’est le même amidon réduit en oudre, mais qui a été auparavant umecté d’esprit-de-vin.
- Il n’y a pas fort long-tems que la poudre pour les cheveux est en usage.
- Les anciens se teignoient les cheveux en blond , et quelquefois ils les couvraient de poudre d’or; c’étoit-là leur coquetterie. Il n’est point parlé de la poudre dans le grand nombre d’auteurs grecs et latins qui nous sont restés. Les pères de l’église, qui reprochent avec tant de force aux femmes chrétiennes tous les moyens qu’elles employoient pour se donner des agrémens qu’elles n’a-voient pas, n’ont point fait mention de la poudre. Il n’en est point parlé dans nos vieux romans , qui marquent dans un si grand détail les ajustemens de l’un et de l’autre sexe. L’Etoile est le premier de nos écrivains qui ait parlé de la poudre ; ce fut, dit-il, vers la fin du seizième siècle que deux jolies religieuses se montrèrent à Paris avec des cheveux poudrés ; on crut qu’elles dévoient à cette nouvelle parure une partie de leurs charmes ; il n’en fallut pas davantage pour déterminer les femmes à l’adopter. Les hommes, jaloux dê leur plaire, ne tardèrent point à se conformer à leur goût ; et insensiblement la mode de se poudrcràeyint générale en France.
- POUDRET1E , s. f. diminut. de poudre.
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- POU
- ( Agricull. ) Nom que l’on donne au terreau que forme au bout de trois ou quatre ans la matière fécale.
- POULAINE , s. f. de l’italien pulena.
- ( Marine ) L’établissement de charpente qui termine l’avant du vaisseau et qui supporte la figure.
- POULIE , s. f. du saxon pullian, tirer à soi.
- ( Mécan. ) Une des principales machines dont on traite dans la statique. Elle consiste en une petite roue , qui est creusée dans sa circonférence , et qui tourne autour d’un clou ou axe placé à son centre ; on s’en sert pour élever des poids parle moyen d’une corde qu’on place et qu’on fait glisser dans la rainure de la circonférence.
- L’axe sur lequel la poulie tourne se nomme goujon , ou boulon j et la pièce fixe de bois ou de fer dans laquelle on le met, Vécharpe ou la chape. Pour la théorie de la poulie, consultez l’ouvrage de V^arignon. POULPE, voy. PULPE. POULS , s. m. du lat. pulsus, fait de pulsare, battre , frapper.
- ( Méd. ) Battement de l’artère ; c’est dans la diastole ou dilatation des artères que consiste le pouls / c’est alors qu’elles font sentir leurs pulsations aux doigts qui les touchent. Ce mouvement est opposé à leur systole ou contraction.
- La cause du battement des artères est l’impulsion du sang qui est chassé avec violence dans l’aorte par le ventricule gauche du cœur, et delà dans toutes les branches qui s’en séparent.
- Le pouls est la mesure de la force que le cœur emploie pour porter le sang à toutes les parties; ainsi, la connoissance de l’état du pouls et de ses variétés est propre à indiquer les changemens que l’action des artères produit sur le sang, et elle peut servir de règle pour juger de l’état du sang, de la disposition du corps, de l’état de santé d’avec l’état de maladie, et de l’état sain actuel d’avec la disposition à des maladies différentes.
- Avant Hvpocrate, le pouls étoit confondu avec les autres mouvemens du cœur et des artères, auxquels on aveit donné le nom de palpitation.
- POU i5 7
- Hérophile, qui vivoit près de deux cents ans après lui, fut le premier qui s’adonna à l’étude du pouls. Galien en réduisit la connoissance en méthode au commencement du 1703e, siècle ; dom Solano , de Lucques , ayant vu dans quelques modifications du pouls , des signes inconnus j usqu’alors , qui annonçoient des crises prochaines , et faisoient connoître d’avance le couloir par lequel devoit se faire l’excrétion critique, recueillit et publia des observations très-intéressantes à ce sujet, et depuis, monsieur Bordeu a confirmé et considérablement étendu la découverte de Solano. C’est à. ces époques que doit être rapporté tout ce qui a été dit sur la doctrine du pouls.
- Les historiens qui ont voyagé à la Chine, assurent que les médecins chinois ont, sur le pouls, des con-noissances particulières, bien éloignées de ce qu’en ont écrit les médecins des autres pays, anciens et modernes.
- POUMON, s. m. du lat. pulmo,
- (Anat.) Viscère de la poitrine, et le principal organe de la respiration.
- Le poumon comprend deux grosses masses spongieuses, répandues dans toute la poitrine, de manière que l’une en coupe la cavité du côté droit, et l’autre celle du côté gauche, séparées l’une de l’autre par le rné-diastin et par le cœur.
- POUPE, s. f. du lat. puppis.
- {Marine') La partie du derrière d’un vaisseau.
- Dans, les vaisseaux de ligne, la poupe est décorée d’une galerie pour les vaisseaux à deux ponts, et de deux galeries pour ceux à trois ponts.
- Poupe se prend aussi pour synonyme d’arrière : ainsi , passer à poupe d’un vaisseau, c’est passer auprès de lui, en se rangeant derrière sa poupe, pour lui parler, pour recevoir ses ordres, ou bien pour le ca-nonner avec avantage, si c’est un ennemi.
- On passe toujours à poupe d’un vaisseau, dans une escadre ou armée navale, pour se ranger sous le veut à lui, et c’est un signe de déférence.
- Penl en poupe; c’est la même chose que vent arrière.
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- iS3 P O IJ
- POURPRE, s. m. et f. du laf. purpura y fait du grec 'n-optpùfict ( por-pfuira ), porphyre.
- ( TechnoL ) Couleur , sorte de rouge foncé qui tire sur le violet.
- Pourpre se dit au féminin, de cette teinture précieuse qui se tiroit autrefois d’un certain petit poisson à coquille , nommé pourpre.
- On ne sait si l’invention de cette teinture si préc ieuse et si renommée chez les anciens, étoit le fruit de l’industrie des hommes, ou si, comme on l’a prétendu , elle étoit due au hasard, qui fit que le chien d’un berger , pressé par la faim , ayant brisé sur le bord de la mer un coquillage
- ftour le manger, le sang qui en sortit ui teignit la gueule d’une couleur si belle , qu’elle ravit d’admiration ceux qui la virent, et qu’après avoir cherché les moyens de se la procurer, on réussit à l’appliquer sur les étoffes.
- On n’est pas mieux instruit sur le nom de celui qui, le premier, mit cette couleur en usage ; les uns en font honneur à Phénix , dixième roi deTyr; d’autres à Minos, premier roi de Crète; d’autres enfin en attribuent la gloire à Hercule le tyrien.
- Les Tyriens excellèrent dans l’art de teindre en pourpre ; mais on ignore quelle étoit leur manière de procéder, pour donner cette couleur à leurs étoffes, et ce que les auteurs anciens nous en apprennent , fï’est pas assez circonstancié pour nous éclairer beaucoup à ce sujet.
- Quelle qu’ait été leurfaçon d’opérer , cette teinture n’est plus en usage depuis plusieuis siècles; mais nous devons étred’autant moinssensibles à cette perte, que cette couleur donnoit une odeur forte et un coup-d’œil qui seroit d’autant moins agréable pour nous, que les anciens n’esrimoient que les couleurs foncées, et que la pourpre dont ils faisoient le plus de cas, étoit celle qui approehoit le plus du sang de- bœuf. Ajoutons à cela qu’elle étoit d’un prix exorbitant, et que notre pourpre moderne, qui se fait à beaucoup moins défiais, au moyen de la cochenille, est d’un éclat bien supérieur à l’ancienne.
- (Econ. polit.) Pourpré se prend aussi pour la dignité royale, dont
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- elle étoit autrefois la marque, potif les premières magistratures de l’ancienne Rome, et pour la dignité des cardinaux.
- ( Méd. ) Pourpre est encore le nom d’une maladie, ainsi appelée h cause de la couleur pourpre de ses pustules. C’est une maladie exanthématique dans laquelle il pousse une grande quantité de pustules très-petites, de la grosseur d’un grain de millet, qui rident la' peau, qui la rendent rude et sèche, et qui répandent une mauvaise odeur tout-à-fait particulière.
- POUSSE, s. f. du lat. pulsus , fait de pulso , battre ; frapper , pousser.
- (Jardin. ) Jet d’un arbre, nouvelle production. La première et la seconde pousse désignent les jets qu’ont produits les arbres à la sève du printems et à celle d’automne.
- (Hippiatrique) Pousse se dit aussi d’une maladie des chevaux qui est caractérisée par un battement de flancs, et par un hâletement continuel ; par une paresse excessive, et une suffocation très-fatigante, surtout quand l’animal est obligé de monter ou de hâter le pas.
- POUSSÉE, s. f. même origine que POUSSE , action de pousser.
- ( Architect. ) Poussée “d’une voûte; c’est l’effort que son poids lui fait faire contre les murs sur lesquels elle est bâtie.
- Poussée se dit aussi de l’effort que fait un arc ouame voûte, pour écarter les pied-droits de l’aplomb où on les a élevés, et qu’on retient par des contreforts.
- Poussée se dit encor e de l’effort que font les terres d’un rempart, d’un quai ou d’une terrasse, contre le revêtement de maçonnerie qui les soutient.
- POUSSER, v. a. dulat. putsare, faire effort contre quelque chose.
- Pousser est aussi verbe neutre.
- (Peinture) Ce tableau poussé au noir; cela signifie, en termes de peinture, que le. tems en noircit les couleurs. Us disent encore, en parlant d’un tableau ou' de quelques-unes de ses parties, qu’il faut pousser à la vigueur, à un ton plus vigoureux? qu’il faut pousser à l’effet.
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- POUSSIERE, s. f. du lat. pulvîs-eulus, terre réduite en poudre fort menue.
- (BoLan.) Poussière séminale; c’est la même chose que le pollen, qui se montre le plus souvent sous l’apparence d’une poussière, le plus ordinairement, jaune , composée de petites vésicules sphériques ou ovales, qui contiennent l’esprit séminal, et se flétrissent après l’avoir répandu.
- POUVOIR, s. m. du lat. polleo , avoir autorité , crédit , faculté de faire.
- Pouvoir paternel ; grand pouvoir, pouvoir absolu.
- ( Pratique ) Pouvoir se dit aussi de l’acte par lequel on donne pouvoir à quelqu’un de nous représenter ou d’agir pour nous, suivant qu’il est porté par l’acte.
- ( Diplomatie') Pouvoirs, au plu-xier , se dit aussi des lettres d’un prince à son ambassadeur, portant qu’on peut ajouter foi à ce qu’il dira. Les ambassadeurs ont communiqué leurs pouvoirs.
- ( Physique ) Pouvoir des pointes ; c'est une propriété que l’on attribue aux corps pointus et électrisa-bles par communication, de tirer et de pousserïeîea électrique, et d’agir en fêla de plus loin et plus efficacement que les corps obtus.
- C’est Franklin qui, le premier, a remarqué ce pouvoir des pointes.
- Pouvoir expansif; c’estla faculté qu’ont certains corps de s’étendre toutes les fois qu’ils en ont la liberté, et qu’ils ne sont pas retenus par des obstacles invincibles. Tels sont les ressorts dans l’état de contraction : sitôt que la force qui les retient cesse d’agir, ils s’étendent et occupent un plus grand espace ; telle est encore la poudre à canon qui s’enflamme, si elle n’eslj retenue par des obstacles moindres que son pouvoir expansif. elle les brise souvent avec une explosion considérable.
- Pouvoir réfringent des liqueurs ; o’est une puissance qu’ont les diffé-îentes espèces de liqueurs , de réfracter les rayons de lumière. En géné-l£d, cette puissance est d’autant plus grande que la liqueur a plus de densiiô.
- pouzzolane , s. f. dentaiiea
- P R A r r.-t)
- pozzolana, fait de pozzuolo, nom d’une ville du royaume de Naples.
- (Minéral.) Substance qu’on trouve dans le territoire de Pouzzole, d’où lui vient son nom.
- Les pouzzolanes sont des pierres que les minéralogistes ont rangées parmi les thermanlides, provenant de matières plus argilleuses que celles qui ont formé les laves, et sur lesquelles le soufre a eu moins de prise ; en sorte qu’elles ont résisté à la scarification. Elles ne sont pas des laves altérées, mais des terres et des pierres argilleuses, calcinées, cuites dans l’intérieur du volcan , et rejetées en fragmens irréguliers. Les pouzzolanes ont la propriété de faire un mortier excellent, et qui se durcit dans l’eau.
- PRAGMATIQUE, adj. et s. du grec (pragmatihos ) ,
- actif, qui concerne les affaires, dérivé de nr[k<rras (prassô ), faire, pratiquer.
- ( Econ. polit. ) Pragmaliqi<e sanction; c’est le nom que l’on donne à certaines ordonnances.
- Dans les trois premiers siècles de la troisième race des rois de France , on ne connoissoit pour véritables ordonnances, que celles qu’on appeloit pragmatiques sanctions ; on enter,-doit par là une constitution faite par le prince , de concert avec les grands de l’état; comme encore en Allemagne , on n’admet pour pragmatique sanction , que les résolutions de la diète générale de l’empire. Ployez SANCTION.
- On appelle absolument pragmatique sanction, l’ordonnance faite à l’assemblée de Bourges, en 1488, par le roi Charles VII, pour recevoir ou modifier quelques décrets du concile de Bâle ; et dâns cette dernière acception , pragmatique se prend aussi substantivement. La pragmatique ordonne.
- ( Mathémat. ) Pragmatiq ne est encore un terme dont quelques anciens auteurs se servent pour exprimer la même chose que pratique? mécanique ou problématique.
- Stevin , dans ses élétnens d’hydrostatique , donne le nom d’exemples pragmatiques à certaines expériences mécaniques ou pratiques.
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- ï6o P R A
- PRAIRIAL, s. m. de PRAIRIE ; en lat. pratura.
- ( Calendrier) Neuvième mois de l’année de la république françoise. Ce mois, qui a trente jours comme les onze autres, commence le 20 mai, et finit le 18 juin. On lui a donné le nom de prairial, parce que c’est dans ce mois que l’on fauche les prés et que l’on récolte les foins.
- Prairial, adj. même origine que le précédent.
- ( Botan, ) Il se dit des plantes qui croissent dans les prairies. Plante prairiale.
- PRAIRIE, s. f. du lat. pralum.
- ( Agric. ) Etendue de terre destinée à produire de l’herbe.
- Prairies artificielles; ce sont des terres labourables où l’on sème différentes sortes d’herbes propres à la nourriture des animaux , comme trefle, sainfoin, luzerne, etc.
- PRAME, s.f. d’originemoscovite.
- (Marine} Bâtiment à fond plat et à trois quilles, tirant peu d’eau , et propre à naviguei' sur les rivières et le long des côtes, aux endroits où la profondeur de l’eau n’est pas considérable.
- On construit en France , sur ce principe, des espèces de bâtimens de guerre, qui portent vingt canons ou plus, du calibre de 24, et même de 36.
- FRASE , s. f. du grec ttpâ<rov ( prason ) , porreau : couleur de porreau.
- ( IWinéral.') Pierre précieuse d’un vert obscur, comme le porreau. C’est une variété du quartz agathe.
- PRATIQUE , s. f. du grec ^rpsta-friKti (praktïkê), exercice du pouvoir d’agir ; exercice habituel de certaines choses.
- ( Didactique ) Ce qui se réduit en acte dans un art, dans une science ; dans cette acception, il est opposé à théorie,
- ( Jurisprud.) Pratique, en termes de palais, est la connoissance de ce qui est prescrit par les ordonnances, pour l’instruction des procès et les formalités de la procédure.
- Le praticien s’occupe delà forme, et le jurisconsulte du fond. Le pre-
- P R E
- mier instruit le fait de la cause , le second en établit le droit.
- ( Marine) Pratique se dit encore d’un pilote ou officier de mer. On dit qu’il est pratique d’un lieu, d’un port, d’une côte , etc. pour exprimer qu’il a fait plusieurs voyages dans l’endroit, port ou parage dont il est question , et qu’il a connoissance des fonds, des mouillages et des vents qui y régnent le plus ordinairement, de manière à être en état de diriger la route d’un vaisseau, pour éviter les dangers.- On embarque quelquefois un de ces marins, sous le titre d1 officier pratique.
- ( Peinture ) Pratique se prend , en peinture, pour cette facilité, cette habitude d’opérer qui s’acquiert par un long usage.
- On dit qu’un artiste a une belle pratique de dessin, de pinceau , de couleur, lorsque, par une grande habitude de bien dessiner, de bien peindre, de bien colorer, il est parvenu à une exécution facile dans ces différentes parties de l’art. Le mot pratique se prend ici en bonne part ; mais, quand on dit qu’un peintre dessine, colore de pratique, alors on entend que, sans consulter la nature, il se livre à une pratique , à une habitude qui ne s’accorde jamais parfaitement avec la nature ; parce qu’on 11e sauroit parvenir à la savoir par cœur ; et , dans cette dernière locution , pratique se prend en mauvaise part,
- PRATIQUER, v. n., même origine que PRATIQUE.
- ( Marine ) Pratiquer, en termes de marine, signifie communiquer, traiter , commercer, en parlant surtout des lieux soupçonnés de la peste. Quand on a pratiqué en quelqu’endroit suspect, ou avec quelque bâtiment qui sort des pays soupçonnés de contagion , on ne doit pas le céler, afin de se soumettre à la quarantaine. V. SANTÉ.
- PRÉALABLE , adj. et s., com-
- Î)osé de la syllabe pré, empruntée du atin prœ, qui, jointe à plusieurs mots de notre langue, leur donne un sens d’antériorité ou de supériorité, et d’allable, du verbe aller, qui précède, qui va devant; en latin prévins , dont les Anglois ont fait grevions , et les Italiens previo, dans le même sens.
- ( Pratique)
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- P R É
- jPratique) Préalable se dit de ce oui doit etre fait auparavant , ou ava nt que de passer outre. Tu instruction àa fait ^ d’une cause, est préa lable à l’établissement du droit de cette même cause.
- Préalable s’emploie aussi substantivement. dans cette phrase : il est un préalable ; dans une collocation d’ordre, c’est d’établir son droit ou son privilège, avant dé pouvoir se faire colloquer.
- ( Diplomat. ) Dans les négociations, ia communication des pouvoirs est une chose préalable.
- ( Polit# Dan s les assemblées délibérantes, la question préalable est une formule exclusive de la délibération. Invoquer la question préalable , c’est demander que la proposition mise aux voix, soit rejettée, pour n’y plus revenir ; et en ceci, la question préalable diffère de l’ordre du jour, qui est aussi une formule exclusive de la délibération, en ce que cette dernière n’empêche pas que la môme proposition ne puisse être reproduite dans un autre moment.
- PRÉ AMBULE , s. m. de la prê-pos, lat. pire , avant, au dessus, et d'ambulare, marcher: eequi marche devant, ce qui précède.
- ( Elocut. ) Espèce de préface , d’exorde, qu’on fait avant une narration , ou avant que d’entrer en matière.
- (.Finances) Préambule se dit aussi du titre qu’on met à la tête d’un compte d’ordre.
- (.Législation ) Préambule est encore la première partie d’un édit, d’une loi, clans laquelle le législateur rend compte des motifs qui l’ont déterminé à faire publier la nouvelle l°i, etc.
- PRÉCAIRE, adj. du lat. preca-rius, fait de precor, prier, supplier.
- ( Pratique ) Il se dit d’une chose qu’on exercé, ou dont on ne jouit que par tolérance , par permission ou par emprunt. La possession précaire est opposée à la possession civile.
- .PRÉCEINTE, s. f. du lat. prœ-eincta, fait de prcecingo , entourer, environner.
- ( Ma line ) Les préceintes sont de longues files de hordages extérieurs, ‘Pu me 1H.
- PRE i6i
- plus forts et plus épais que les autres, qui forment de distance en distance, des bandes ou ceintures, qui entourent le vaisseau de l’avant à l’arrière , au dessus de la flottaison , et aux œuvres mortes.
- PRÉCESSION, s. f. du lat. pree-cedo, prœcessum, précéder, aller devant.
- ( ulstron. ) Terme dont on se sert en astronomie , pour exprimer le mouvement insensible par lequel les équinoxes changent de place continuellement , et se transportent d’orient en occident. Ce mouvement est indiqué par l’augmentation successive des longitudes des étoiles qui croissent d’un degré en 72 ans.
- Newton a reconnu que ce phénomène étoit une suite de l’attraction du soleil et de la lune sur le sphéroïde applati de la terre , qui change la position de l’équateur, et par conséquent celle des points équinoxiaux.
- La précession des équinoxes fait que le tems qui s’écoule depuis un équinoxe de printems et d’automne jusqu’à l’équinoxe suivant de printems ou d’automne, est plus court de 20 min. 22 sec., que le tems que la terre met. à faire sa révolution dans son orbite.
- Pour- la théorie de la précession des équinoxes , consultez l’ouvrage de M.d’Alembert, intitulé : Recherches sur la précession des équinoxes , etc. 1749.
- PRÉCIEUX , SE , adj. du lat. pretiosus, fait de pretium : de prix, de valeur.
- ( Peinture ) Précieux , dans le langage de l’art, signifie quelque . chose faite avec le plus grand soin, avec le fini le plus AMOUREUX,
- ( -voy. ce mot, )
- Un tableau précieux n’estpas toujours un tableau d’un très-grand prix. Un tableau de Gérard Douw, et surtout un tableau de Vanderwerf, est précieux; la couleur, le pinceau , tout en est précieux-; des tableaux de Raphaël, du Covrège , du Titien , etc., sont dü plus grand prix ; mais on donneroit une bien fausse idée de leur mérite en disant qu’ils sont précieux.
- PRÉCIPITÉ, s. m. du lat. vrai-
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- ï6a PRÉ
- ceps , prœcipilis, qui va en pente ,
- qui est escarpé , qui se précipite.
- ( Chimie ) Lorsqu’un corps séparé du milieu d’un liquide, et cessant d’y rester dissous, se dépose sous forme de poussière , on dit qu’il y a précipitation.
- On nomme précipitant la substance employée pour produire cet effet , et précipité le dépôt qui se manifeste.
- Il y a deux sortes de précipités :
- Précipité pur ; c’est le corps séparé dans l’état où il ètoit avant sa solution , tel qu’un métal avec son brillant et sa couleur métallique.
- Précipité impur ; c’est celui qui a des propriétés différentes de celles qu’iL avoit avant sa solution. Il annonce qu’il est dans un état de combinaison nouvelle, de manière que ce n’est point une simple séparation , ce sont plusieurs effets compliqués.
- Précipité blanc; on donnoit ce nom autrefois à une poussière blanche obtenue par la décomposition du nitrate de mercure par le sel marin ; un le prépare aujourd’hui de différentes manières.
- Précipité de Cassius ; si dans une dissolution d’or on plonge une lame d’étain, la surface se colore tout-à-coup en violet ou en pourpre très-foncé, et on voit, nager dans la liqueur une poussière de cette même couleur ; c’est cette poudre qu’on nomme précipité de Cassius ; du nom de son inventeur. On le prépare en grand pour les arts. Il sert à peindre sur la porcelaine ou sur la faïence. On l’obtient en mêlant une •dissolution d’étain dans l’acide nitro-muriatique , ou l’acide muriatique , avec la dissolution d’or.
- Précipité jaune ; c’est un sulfate jaune de mercure , avec un excès d’oxide.
- Précipité per se / c’est un oxide de mercure rouge qui se fait en mettant du mercure dans un matras dont l’extrémité du col est très-rétrécie , de manière à ne laisser qu’un très-petit accès à l’air. On place ce mate sur un fourneau dans un bain de sable ; on l’y laisse pendant plusieurs semaines à une chaleur de 3o deg, ; au bout d’un certain tems on s’aperçoit que le mercure est changé sa une poudre rouge»
- PRÉ
- Précipité rose ; on l’obtient en versant une dissolution de nitrate de mercure dans l’urine. Ce précipité recueilli sur un filtre et séché offre des étincelles phosphorescentes, lorsqu’on le frotte dans robscuvité. Chauffé dans un vaisseau fermé, une partie s’élève en muriate de mercure ; une autre poussée fortement donne des vapeurs lumineuses.
- Précipité rouge ; on l’obtient en faisant dissoudre le mercure par le moyen de l’acide nitrique : on met la dissolution dans des fioles à médecines , et l’on fait évaporer jusqu’à ce qu’oh obtienne une masse rouge et brillante , composée de petites aiguilles.
- PRÉCIPUT , s. m. du lat. præci-puum , sous-entendu jus ; part principale.
- ( Pratique ) Objet déterminé par la loi ou par la convention que l’on prélève sur certains biens à partager. Le préciput est un avantage , une principale part qui revient à quelqu’un.
- Préciput s’entend aussi du droit de faire ce prélèvement.
- Prendre un préciput ; c’est distraire une portion d’un tout à partager.
- PRÉCOCE , adj. du lat. prœcox, composé de prœ , avant , et coquo , cuire , mûrir : cuit, mûr, avant la saison.
- ( Jardin, ) Il se dit des fleurs, des fruits et des légumes qui devancent en maturité les autres de la mêm# espèce.
- PRÉCOMPTER, v. a. composé de pré, qui signifie antériorité; et de compter : compter avant.
- ( Commerce ) Prélever , déduire les sommes qu’on a reçues. U» créancier doit précompter, ou déduire sur sa créance ce qu’il a reçu de son débiteur.
- PRÉCONISER , v. a. du latin præco , prœconis, crieur public , dont on a fait prœconium, pour cri public : proclamer.
- (<Chancellerie romaine) Préconiser, ou faire une préconisation ; c’est l’acte par lequel un cardinal, quelquefois le pape , déclare en plein consistoire ; qu’un tel sujet noro»^
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- PRÉ
- j, un bénéfice par son souverain, a toutes les qualités requises.
- P RECORD! AL, LE, adj. du lat. prœcordia, diaphragme, entrailles.
- ( Anat, ) Qui a rapport au diaphragme.
- PRÉCURSEUR, s. m. du latin prœcursor, composé de prœ, avant, et de curro, courir : avant-coureur.
- ( IVléd. ) Signes précurseurs ; ce sont les signes qui annoncent une maladie prochaine.
- PRÉDIAL, LE, du latin p tædium , fonds, héritage.
- ( Pratique ) Il se dit de ce qui concerne les fonds de terre et les fruits qui en dépendent.
- Rente prédiale y c’est une rente foncière.
- PRÉEMPTION, s. f. formé du lat. prœ, avant, de préférence, et de emptio, achat.
- ( Commerce maritime ) Droit de préemption ; c’est ainsi qu’en Angleterre on appelle le droit d’acheter des marchandises de uréfé-rence à ceux auxquels elles sont destinées.
- Ce prétendu droit, qui avoit été exercé sous le règne d’Edouard VI, puis ensuite abandonné, vient d’être renouvelé par le gouvernement an-glois, à l’égard des marchandises , dites munitions navales chargées suides bâtimens neutres , et destinées pour des ports ennemis ou neutres.
- PRÉFACE, s. f. du latin prœ-falio, fait de prœ, avant, et defari, parler : avant-propos.
- ( Littéral. ) Avant-propos, discours préliminaire que l’on met ordinairement à la tête d’un livre pour ^’ertir le lecteur de ce qui regarde l’ouvrage.
- PRÉFET, s. m. du latin prœfec-; fait de p nef cio, commettre, P'époser.
- , CHist. rom. ) Préfet de Rome ; doit un magistrat qui avoit l’inten-°auce des vivres, de la police, des .atirnens et de la navigation. On Dgeoit devant lui les causes des Relaves, des patrons, des affranchis e des citoyens turbulens.
- I hes fonctions de préfet tombèftent oiscfue la charge de prêteur fut 5 et on ne fit de préfet à Rome
- PRÉ x6Z
- que pour la célébration sur le mont Alban, des fêtes latines , instituées par Tarquin le Superbe , en l’honneur de Jupiter. Mais cette charge reparut sous Auguste , avec de si grandes prérogatives, qu’elle absorba dans la suite l’autorité de toutes les autres magistratures.
- Préfet du prétoire ; cette dignité étoit la plus émineiTte de tout l’Empire romain : ce fut Auguste qui la créa. Séjan la posséda seul sous Tibère , mais l’empereur Commode en partagea le pouvoir entre trois de ses favoris. Constantin institua quatre préfets du prétoire.
- ( Rép. franc. ) On appelle préfet, dans la constitution de l’an 8, celui qui est chargé de l’administration d’un arrondissement départemental , maritime , etc.
- PRÉFIX, IXE, adj. du latin prœfixus, fait de prœfgo, attacher devant : qui est déterminé.
- ( Commerce ) jour préfix, terme préfix ; jours , termes fixés d’avance.
- (Pratique') Douaire préfix ; c’est un douaire qui consiste en une somme marquée et déterminée par les conventions matrimoniales, PRÉFLEURAISON , s. fém. du lat. prœfloratio, fait de prœ, avant, et de floresco , fleurir : avant la floraison.
- ( Botan. ) On comprend sous ce titre, les diverses manières d’être des parties d’une fleur avant son épanouissement.
- PREHN1TE , s. f. de Prehn , nom d’homme : pierre de Prehn.
- (Minéral.) La prehnite , que quelques minéralogistes appellent chrysolithe du Cap , a été apportée du Cap par le colonel Prehn, d’où lui vient son nom. Elle est nn pe.u nacrée, verdâtre ; quelques-uns l’appellent zéolithe verdâtre du Cap de Bonne - Espérance ; mais d’autres
- Ïdétendent qu’elle diffère de la zéo-ithe , parce qu’elle contient beaucoup moins d’eau.
- PRÉJUDICIEL, LE, adj. du lat. prœjudicio, fait de prœjudico, composé de prœ , avant, et de ju-? dico , juger ; porter un jugement par avance.
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- ( Pratique ) Action préjudicielle ; c’est une action dans laquelle il s’agit de l’état de l’une des parties , comme de savoir si quelqu’un est enfant de celui qu’il prétend être son père. Les ac tions préjudicielles sont ainsi nommées, parce qu’elles doivent être discutées les premières , et parce qu’elles sont préjugées à l’égard d’autres actions principales , dans lesquelles le juge doit suivre ce qui se trouvera décidé dans l’action préjudicielle.
- PRÉLAT , s. m. du lat. prccla-tus , formé de pire, avant , au dessus, et de la tus, porté : porté, piac é , mis au dessus.
- ( Hiérarchie ecclés. ) Supérieur ecclésiastique , constitué dans une éminente dignité de l’église. Les patriarches, primats, archevêques , évêques, généraux d’ordres, etc., sont mis au rang des prélats.
- ( Cour de Rome') A la cour de Rome, on donne généralement le nom de prélats à la plupart des ecclésiastiques qui ont droit de porter le violet.
- P RELATION, s. fém. du latin prœlatio , préférence, formé depree, avant, et de fero , latum , porter : porter avant, préféré».
- ( Pratique ) Droit en vertu duquel les enfans sont maintenus , par préférence, dans les charges que leurs pères ont possédées.
- PRÉLEGS, s. in. du lat. prœlc-gare, préléguer.
- ( Pratique') Legs qui doit être prélevé sur la masse des biens d’une succession , avant de procéder au partage.
- PRÉLIMINAIRE , adj. et subst. de l’italien preliminare, formé du latin prœ, avant, et de linien , porte, entrée ; qui précède, qui doit être examiné avant que d’entrer dans la matière principale.
- (Diplomatie ) Il se dit des articles généraux qui doivent être réglés avant que d’entrer dans la discussion des intérêts particuliers , et moins importuns des puissances contractantes.
- PRE LIRE , verbe act. du latin prœlcgo , fait de prœ, avant, et de lego,. lire, parcourir, passer le long.
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- ( Imprimerie ) Ce ferme , qui n’est d’usage que parmi les imprimeurs , se dit de la première épreuve qu’on lit à l’imprimerie , avant que de l’envoyer à l’auteur. Il faut pré-lire cette épreuve ; cellefeuille il a point été prélue.
- PRÉLUDE, s. m. du lat. prcelu-dium, composé de prœ , avant, et de ludo , jouer ; préluder.
- ( Musique) Morceau de sympbo-nie qui sert d’introduction et de préparation à une pièrede musique; ainsi , préluder, c’est, en général , chanter ou jouer quelque trait de fantaisie, irrégulier et assez court , mais passant par les cordes essentielles du ton , soit pour l’établir , soit pour disposer sa voix , ou hien poser sa main sur un instrument avant de commencer une pièce de musique. Mais sur l’orgue et sur le clavecin, l’art de préluder est plus considérable ; c’est composer et jouer impromptu des pièces chargées de tout ce que la composition a de plus savant en dessein , en fugue, eu imitation , en modulation , et en harmonie.
- PRÉMICES , s. f. du lat. primi-tiœ.
- (flisl. sacrée) Les premiers fruits de la terre ou du bétail ; il éloit ordonné par la loi de Moïse d’offrir les prémices aux prêtres , et elles se prenaient depuis la trentième partie jusqu’à la cinquantième.
- ( Hist. ecclés. ) Dans les premiers siècles de l’église, il n’y eut aucun
- {accepte pour les prémices , ni pou? a dime ; les prêtres vivoient d’oblations , et Alexandre II fut le premier qui y ajouta les prémices. Quanta leur quotité , elle fut fixée dans le concile tenu à Bordeaux, en 1226, depuis le trentième jusqu’au quarantième.
- ( Idltérat. ) Prémices s’emploie aussi au figuré, pour signifier le* productions dè l’esprit. Je vous consacre les prémices de mes é lune s, les prémices de mon travail.
- PREMIER, ÈRE, adj. et subs. du lat. prunus, dont on a fait prime, jiremc , primerain , premerain, et preimer : qui précède, par rapport au teins, au lieu, à l’ordre, à b* diguité, à la situation
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- f Arith. ) Nombres premiers ou simples ; ce sont, les nombres qui n’ont point d’autres diviseurs qu’eux-mèmes, ou que l’unité; ainsi , 3 est un nombre premier, parce qu’il n’est divisible exactement que par lui-niéme, ou par i ; le nombre S, est aussi un nombre premier.
- ( Qéomét. ) Figures premières ; ce sont celles qui ne peuvent être divisées en d’autres figures plus simples qu’elles. Telles sont le triangle parmi les figures planes, et la pyramide parmi les solides; car toutes les figures planes sont composées de triangles, et toutes les figures solides sont composées de pyramides.
- ( Astron. ) Premier méridien , ou longitude géographique ; c’est la distance d’un lieu de la terre à un méridien , qu’on est convenu de regarder comme le premier méridien. Le premier méridien a varié beaucoup , suivant les auteurs et les différens pays. Koy. LONGITUDE. Premier mobile y voy. MOBILE. Premier vertical ; voyez VERTICAL.
- ( Commerce ) Matières premières ; ce sont les productions naturelles qui n’ont point encore passé par les mains de l’ouvrier.
- PRÉMISSES, s, f. du latin prœ-missœ, arum, fait de prœ mitlo, envoyer avant.
- £ Logique ) Il se dit des deux premières propositions d’un syllogisme.
- PRÉPARATION , s. f. du lat. preeparatio , fait de prœ, avant, et de paro, arranger, disposer ; disposer d’avance, préparer.
- (Ma thé mal. ) Préparation , en termes de mathématiques, est la partie préliminaire d’une démonstration.
- Lorsqu’on veut démontrer une proposition de géométrie , la préparation consiste à tirer certaines ligues dans la figure. Si on veut démontrer une proposition d’arithmé-bque , la préparation consiste en quelques calculs que l’on fait pour arriver plus aisément à la démonstration.
- (Musique) Préparation se dit aussi de Pacte de préparer la dissonance ; c’est-à-dire , de la traiter dans l’harmonie vie maniéré qu’à la
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- faveur de ce qui précède, elle sôit moins dure à l’oreille qu’elle ne se-roit sans cette précaution.
- ( Chimie pharmaceut. ) Préparation se dit encore d’une opération par laquelle on dispose toutes le* substances à être employées.
- Les préparations principales consistent en LAVAGES, EXSICCATION , PULVÉRISATION , DISTILATION, FILTRATION, SUBLIMATION , SOLUTION , ÉVAPORATION, EXPRESSION, etc. Foy. ce s mots.
- PRÉPATQIRE, adj. même origine que PRÉPARATION : qui prépare.
- ( Pratique ) Il se dit de ce qui sert à préparer la décision d’une affaire. Les enquêtes, visites, procès-verbaux peuvent être regardés comme des actes préparatoires, PRÉPONDÉRANT,TE, adj. du lat. prœpondero , composé de la préposition prœ, qui marque antériorité ou supériorité, et de pondéra , peser : qui pèse davantage , qui a plus de poids qu’un autre.
- ( Mécan. ) On appelle ainsi un poids qui, étant mis dans un bras de balance, l’emporte sur le poids opposé , ce qui arrive quand le moment du poids prépondérant est plus grand que le moment du poids opposé. Foy. MOMENT.
- PRÉPOSITION, s. f. du latin prœpositio, fait de prœ, avant, et de pono , mettre , placer ; placer avant, devant.
- ( Ci-ram.') Une des parties de l’oraison ou du discours, et une particule indéclinable, mais qui régit les noms qui la suivent,
- PRÉPUCE , s. m. du lat. prœ-putium , ainsi nommé, dit le dictionnaire de Trévoux, à pulando , couper, retrancher.
- ( Anat. ) Peau mince et dénuée de graisse qui couvre l’extiémité du membre viril : les Juifs et les Maho-rnétans le coupent à leurs enfaus par un principe de religion.
- PRÉROGATIVE , s. f. du lat. prœrogativa; le nom d’une centurie de Rome, qui avoit le privilège de donner son suffrage la première , composé de prœ , avant, et de rogo ; dans le sens de demander le suffrage.
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- (Econom. polit. ) Avantage attaché à certaines fonctions , à certaines dignités. On appelle en Angleterre prérogative royale, ou sim-
- Jdement prérogative, les droits et es honneurs accordés au roi par la constitut'on, et inséparables de la royauté : prérogative est encore , dans le même pays, le nom d’une jurisdiction attachée à l’archevêque de Cantorbéry, en vertu de ses prérogatives , et qui connoît des tes-tamens et des tutelles.
- PRES, prépos. et adv. du lat. barb. pressant, qu’on a dit pour proximè, proche.
- ( Mâtine') Près du vent, au plus près du vent ; ces phrases expriment la direction de la route d’un vaisseau, relativement à celle du vent, lorsque la ligne suivant laquelle le vent souffle, fait avec la quille du vaisseau , ou avec la ligne suivant laquelle il chemine, un angle aussi aigu que son grément et la position de ces vergues peuvent le permettre, pour recevoir l’impulsion du vent sur la surface de ces voiles , et avancer h travers le fluide. Cet angle, dans les vaisseaux à trait-carré , est réputé être de six rumbs ou aires de vent, ou de 67 degrés 3o minutes; d’autres, mieux construits, et mieux disposés dans leur grément et leur voilure , peuvent naviguer sous un angle de 5 aires de vent et demi, c’est-à-dire , d’environ 62 degrés. Les voiles latines même , et quelques espèces de voiles auriques , naviguent, dit-on, à 4 aires de vent et demi, ou même à 4 de la ligne du vent ; de là les expressions, ligne du plus près, gouverner au plus près, ou faire roule au plus près, être au plus près, tenir le plus près.
- PRÉSAGE , s. m. du lat. prœsa-gium, fait de pra?, avant, d’avance , et de sagio , pénétrer ; pénétrer, discerner d’avance.
- ( Divination ) Augure, signe par lequel on juge de l’avenir. Les pré-j^e^lesplus fameux chezlesanciens, étoient fondés sur le vol deSoiseaux, ou sur les entrailles des victimes.
- PRESBYOPIE, s. f. du grec vcpéo-fus. ( Presbus ) , vieillard , d’â>4 (pps) , œil : œil de vieillard.
- ( Optique) Disposition particu-
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- Hère de l’œil, dans laquelle on ne peut voir que les objets éloignés. Les vieillards , à qui cette vue est particulière , à cause de l’applatissement de leur cristallin , ne peuvent lire qu’en écartant le livre à deux ou trois pieds de distance. La raison de ce défaut de la vue est que quand les objets sont trop proches, les rayons qu’ils envoient après s’être rompus dans l’œil, atteignent la rétine avant de se réunir, ce qui empêche la vue d’ètre distincte. On remédie à ce défaut par des verres convexes ; ces verres font que les rayons entrent dans l’œil moins divergens , d’où il arrive qu’ils se réunissent plutôt , et viennent se rassembler précisément sur la rétine.
- Si dans la jeunesse le cristallin est trop convexe , il arrive quelquefois qu’en s’applatissant dans la vieillesse , il devient de la convexité nécessaire pour recevoir précisément au fond de l’œil les rayons de lumière qu’ils réunissoient trop tôt auparavant ; c’est pour cette raison qu’on dit que les vues courtes sont celles qui se conservent le mieux. On appelle presbytes ceux qui sont attaqués de ce défaut de la vue , parce qu’ordinairement c’est le défaut des vieillards ; presbyte , est opposé à MYOPE , Poy. ce mot.
- PRESBYTÈRE, s. m. du grec nrpur-Cvaripiov. ( P res bu lérion ), de (presbus), vieillard ou prêtre , assemblée des vieillards, le lieu de l’assemblée des prêtres , la demeure des prêtres ou des vieillards.
- ( Plis, ecclés. ) Maison destinée pour loger le curé d’une paroisse. Anciennement , on appeloit presbytère le cœur des églises , parce que les prêtres avoient seuls le droit d’y entrer.
- PRESBYTÉRIANISME, s. m. même origine que PRESBYTÈRE.
- ( Relig. ) Secte au doctrine des presbytériens , ou protestaus calvinistes de la Grande-Bretagne , ainsi nommés , parce qu’ils gouvernent leurs églises par des aneiens, tant ecclésiastiques que laïques. Ils sont opposés aux ÉPISCOPAUX ( K. 00 mot. ) Ceux qui suivent cette doctrine sont appelés presbytéiicns.
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- prescriplio , fait de prœ, avan t, et de scribo , écrire, ordonner, statuer.
- ( Pratique) Exception ou fin de non-recevoir, qui rejette toute action apres un certain terns fixé par la loi.
- PRÉSÉANCE, s. f. du lat. prœ, avant, au dessus, et de sedeo , s’asseoir : le droit de s’asseoir avant ou au dessus de quelqu’un.
- (jEcon. polit.') Droit de prendre place au dessus de quelqu’un, ou de le précéder. On a distingué la préséance d’honneur et la préséance de droit. La première est celle qui appartient à l’âge ; la seconde, celle qui est réglée par l’usage et la possession.
- PRESENTATION , s. f. du lat. prœsento , rendre présent : action de présenter.
- (Pratique) Présentation se dit de l’acte que prend un avoué qui se présente pôur sa partie.
- ( Ecoji. polit. ) Présentation se dit aussi de l’action ou du droit de pi’ésenter un ou plusieurs candidats, à une autorité chargée de nommer à quelque place.
- PRÉSERVATIF, IVE, adj. de l’ilalien preservativo , formé du lat. prœ, avant, en avance, et de servo , garder, défendre, garantir.
- ( Méd. ) Il se dit des remèdes qui servent à se garantir d’un mal qui menace.
- PRÉSOMPTIF , IVE , adj. du lat. prœsumplivus, fait de prœ , devant, et de sunio, prendre ; prendre devant, s’attendre à , présumer.
- (Pratique) Il se dit d’un proche parent que l’on présume devoir, en cette qualité, hériter de quelqu’un.
- PRÉSOMPTION , s. f., même origine que PRESOMPTIF.
- ( Pratique ) Les présomptions, en jurisprudence , sont les conséquences que l’on tire d’un fait connu, pour découvrir la vérité d’un fait incertain dont on cherche la preuve.
- PRESSE, s. f. du lat. presso, presser.
- ( Mécan.) Machine de bois ou de *er qui sert à serrer étroitement
- quelque chose.
- Presse est encore le nom d’une machine par le moyen de laquelle on
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- imprime, soit des estampes, soit des feuilles d’un livre.
- (Imprimerie ) Presse se dit aussi par extension de l’imprimerie en général; c’est dans ce sens que cette phrase, liberté de la presse, signifie la liberté accordée par un gouvernement à chaque individu, de mettre au jour, par la voie de l’impression, ses idées, ses principes, sur toutes sortes de matières, sans être obligé de les soumettre à aucune espèce de censure préalable.
- (Hist. d’Angleterre) En Angleterre , press signifie contraction , déimpress, fait du lat. impressio, violence: l’enrôlement forcé des matelots.
- Lorsqu’il y a ordre d’armer , un lieutenant, avec un détachement (press -gang) composé de quelques officiers mariniers, matelots et soldats de marine, munis de sabres et de pistolets, parcourent tous les lieux où ils espèrent trouver des marins, les emmènent de force, et les enferment dans la cale d’un bâtiment, servant d’entrepôt, d’où on les distribue ensuite à bord des vaisseaux en armement.
- Une espèce de correctif à ce mode arbitraire et violent, est que les matelots-ainsi arrêtés, ont la faculté d^ faire résistance, et de repousser, sui-^ vant le droit naturel, la force par 1& force. Si, en se défendant, ils blessent , ou même tuent le lieutenant* qui commande le détachement, 01% quelques-uns de sa bande, il n’y $ aucune poursuite ; s’ils désertent ^ c’est très-bien fait. Aussi ceux qu’on saisit, sont-ils traités en consq-j* quence. 0j
- Les matelots qni se font inscrire, ont des privilèges sur ceux qui on£ été pressés. On appelle ceux là ma-2 tclots volontaires. n
- PRESSION , s. f. du lat. pressio^ fait de presso, presser.
- ÇPhysique) Action d’un corm qui fart effort pour en mouvoir un' autre. Telle est l’action d’un corps, pesant, sur un support sur lequel ri’ est appuyé : il presse ce support j | et si ce support pouvoit céder, il 1er pousseroit devant lui en descendant. ^ La pression se rapporte également^ au corps qui presse , et à celui qui est
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- pressé , et tous deux éprouvent la même action de la part l’un de l’autre ; c’est pour cela qu’on dit que la réaction est égale à la pression ou à la compression.
- Beaucoup d’effets que les anciens attribuoient à l’horreur du vide. sont aujourd’hui unanimement attribués à la pression et au poids de l’air.
- La pression de l’air sur la surface de la terre, est égale à la pression d’une colonne d’eau de même hase, et d’environ 32 pieds ( io | mètres ) de haut, ou d’une colonne de mercure d’environ 28 ponces (jiyj 75 millimètres. )
- La pression de l’air sur chaque pied carré de la surface dé la terre , est d’envirorn 2^40 livres, parce que le poids d’un pied cube d’eau est d’environ 70 livres.
- PRESSI ROSTRES , s. m. du lat. presso , presser , comprimer , et de rostrum, bec.
- ( Ornythol. ) C’est le nom que plusieurs ornytliologistes donnent à quelques oiseaux de l’ordre des échassiers , qui ont le bec médiocre et comprimé sur les cotés. Le ralle, l’hvilrier, sont des échassiers pressi-roslres.
- PRESTA.NT , s. m. du latin prceslans , fait de prœ , au dessus , et de s lare ) être placé : éminent, accompli.
- ( Musique} Nom d’un des principaux jeux d’orgue , ainsi appelé parce qu’il sert à régler les tons de l’orgue, à cause qu’il est proportionné à la voix de l’homme.
- PRESTATION , s. f. du latin prœsto , dans le sens de donner , fournir.
- (Pratique) Prestation annuelle; c’est une redevance qui se paie en fruits , ou animaux en nature.
- Prestation de serment ; c’est Eaction de prêter serment.
- PRESTESSE , s. f. de l’italien prestezza , agilité , subtilité.
- (Peinture) Ce terme, emprunté de l’italien , signifie, dans la langue de l’art de la peinture, la facilité et la promptitude de la manœuvre.
- La prestesse a l’avantage d’exciter l’admiration qu’inspire une dextérité peu commune ; mais elle en a
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- encore une autre qui la fait rechercher des peintres vénitiens ; c’est celui d’être favorable à la couleur , qui n’est jamais plus belle que quand elle n’est pas tourmentée, que quand l’artiste la pose largement, et avec lacilité, sur la toile ou le panneau, pour n’y plus revenir.
- PRESTO, adv. emprunté dé l’italien , vite , pr'omptement.
- (.Musique) Ce mot, écrit, à la tète d’un morceau de musique , indique le plus prompt et le plus animé des cinq principaux mouvemens établis dans la musique italienne. Quelquefois on marque un mouvement encore plus pressé, par le superlatif prestissimo.
- PRET, s. m. du lat. prœstare, dans la signification dé donner , fournir.
- (.Pratique) Action par laquelle on communique à quelqu’un une chose dont il a besoin , à la charge de la rendre en un certain tems. A
- Prête-nom, s. m. : v. PRÊT et NOM.
- (Pratique) Celui qui prête son nom dans un acte, et le signe à la place du véritable contractant, qui ne veut point paro tre.
- PRÉTÉR1TION , s. f. du latin prceter, outre, et o’eo , aller, passer: l’action de passer outre, omission.
- (Pratique) C’est, en termes de droit écrit, l’omission que fait un père de parier, dans son testament, d’un de ses enfans, ou autre héritier nécessaire.
- Enfant prétérit ; c’est celui dont le père a omis de parler dans son testament.
- Prélermission, ou prétérition, du lat. prceter, outre, et demitto finissant , jeter, lancer.
- (Elocul.ÿ Figure de réthorique convenable a la preuve. Elle consiste dans une feinte.que l’on fait de
- fmsser légèrement sur une chose que ’on veut inculquer avec plus de force.
- PRÉTEUR, s. m. du lat. prœlor, fait de prœ essendo , ou de prœ-eundo , suivant Tite-Live et Vairon.
- (Hist. rom.') Magistrats fameux & Rome. Au commencement tous les magistrats étoient appelés préteurs ;
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- ensuite on appela préteurs tons les <;uefs d’armée. Depuis, le nom de prêteur demeura à un magistrat particulier. Vers l’an 388 , le peuple ayant obtenu que l’un des consuls lut tiré du peuple , les sénateurs n’y consentirent qu’à condition que l’on éli— roit un magistrat, lequel ne pourroit être tiré que de l’ordre des patriciens. Spurius Furius fut le premier préteur.
- PRÉTEXTE, s. f. du lat. prétexta , fait de prœtexo , pretextum , couvrir.
- (Hist. rom. ) Robe longue, bordée de pourpre , que porto ient les enfans de qualité à Rome, jusqu’à Page de dix-sept ans , et dont les prêtres, les magistrats et les sénateurs romains , étoient revêtus lorsqu’ils assistaient aux jeux publics.
- PRETRE,s. m. dulat.presbyLer, fait du grec Tr/uo-^ÙTspoç (près bute-ros), dérivé de irficrQvç (presbus) , ancien.
- (Hist. ancienne) Celui qui fai-soit les sacrifices et les cérémonies sacrées. Les prêtres de Mars, d’J-sis, etc.
- ( IteUg. juive ) Les Juifs ont eu un ordre de prêtres et de lévites, qui servoient au temple , et le grand prêtre qui étoit leur chef.
- (Eglise romaine') Dans l’église romaine , les prêtres sont ceux qui ont reçu l’ordre et le caractère du sacerdoce.
- PRÉVALOIR , v. n. et pronom du lat. prœ , devant, et de valere , avoir l’avantage , tirer avantage.
- ( Commerce ) Se prévaloir • on se sert de ce terme pour exprimer que l’on tire sur quelqu’un pour être remboursé de ce qu’on a payé ou avancé pour son compte, ou nour compte d’autrui.
- PRÉVARICATION, s. f. du lat. prœvaricatio , fait de prœ, au dessus , par-dessus, et de varico , écarter les jambes, enjamber ; passer par dessus son devoir.
- _ ( Pratique ) Abus commis dans 1 exercice d’une charge , d’une fonction , d’une commission ; manquement par mauvaise foi contre le devoir de sa charge.
- PRÉVENTION , s. f. du latin
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- prœventio, fait de prœ, avant, et de venio, venir • venir avant : préoo-cupation.
- ( Pratique) En matière de droit, l’action par laquelle on devance l’exercice du droit d’un autre.
- PREUVE, s. f. du lat. proba, pour probatio : ce qui établit la vérité d’une proposition , d’un fait.
- ( yîrithméL. ) Preuve , en arithmétique, est une opération par laquelle on examine et on s’assure de la vérité et de la justesse d’un calcul.
- (Pratique) Preuve, en jurisprudence , est un moyen déterminé par la loi pour découvrir ou établir la vérité d’un fait contesté.
- Semi-preuve ; c’est une simple présomption.
- Preuve littérale, celle qui se tire des écrits.
- Commencement de preuve par écrit; c’est un écrit qui prouve seulement un fait préparatif, ou ordinairement lié à la convention dont il s’agit.
- Preuve testimoniale; celle que l’on obtient de la confession ou du témoignage de plusieurs personnes dignes de foi.
- Preuve vocale, celle qui se tire de la déposition des témoins, c’est la même chose que la preuve testimoniale.
- Preuve muette ; celle qui 11’est ni littérale , ni testimoniale , mais qui résulte de quelques circonstances d’où l’on a lieu de juger qu’un homme est véritablement coupable.
- ( Elocut. ) Preuve , en rhétorique , est une raison probable qu’on propose pour se faire croire ; c’est ainsi que Cicéron la définit.
- La preuve , autrement l’enthy-même , est composée de deux propositions, dont l’une vraie et certaine, appelée aussi principe, établit l’autre qui paroi ssoit douteuse.
- ( Logique ) Preuve, en logique, est un milieu, qui, par sa connexion avec deux extrêmes, prouve la liaison que ces deux extrêmes ont enlie eux. F. SYLLOGISME.
- ( Science héraldique ) Faire preuve de noblesse ; c’est j us! ilier, par des titres, qu’on est de noble extraction. Dans ce sens, on dit absolument ses preuves.
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- (Histoire) Preuves se dit aussi des titres et des extraits que l’on met il la fin d’une histoire , pour prouver la vérité des faits qui y sont avancés.
- PRIAPISME , subs. masc. du grec rTrpiA7iiçy.oc (priapismos) , dérivé de ‘TrpicL'iToç ( priapos) , dieu des jardins et membre viril.
- ( Médec. ) Erection continuelle et douloureuse de la verge, sans aucun désir amoureux. C’est une con-vulsiod particulière de cette partie , ou une tension convulsive , qui diffère du satyriasis , en ce que celui-ci est accompagné d’un violent aiguillon de volupté. Cette maladie est ainsi appelée du dieu Pridpe, qu’on représente dans cet état..
- PRIMA INTENZIONE , terme italien.
- ( Musique) Il se dit d’un air, d’un morceau de musique qui s’est formé tout d’un coup , tout entier , et avec toutes ses parties dans l’esprit du compositeur.
- Les morceaux di prima intenzione sont de ces rares coups de génie dont toutes les idées sont si étroitement liées , qu’elles n’en font, pour ainsi dire , qu’une seule , et n’ont pu se présenter à l’esprit l’une sans l’autre. Ils sont aussi les seuls c[ui puissent causer ces extases , ces ravissemens , ces élans de l’ame qui transportent les auditeurs hors d’eux-m êmes. Apres un air di prima intenzione, toute autre musique est sans effet.
- PRIMAT, s. m. du lat. prima-lus , premier rang, primauté.
- ( Hist. ecclés. ) Prélat dont la juridiction est au dessus de celle des archevêques. L’origine des primats vient de ce que les grandes provinces ayant été subdivisées par les empereurs , les unes s’appelèrent premières , les autres secondes, les autres troisièmes, etc. et les métropolitains furent appelés primats. L’archevêque de Toîède se dit primat d’Espagne , comme l’archevêque de Cantorbéry se dit primat d’Angleterre.
- PRIME, s. f. du lat. primas, premier.
- ( Commerce maritime) Prime d’assurance ; c’est la somme qu’un marchand, qui fait assurer sa marchandise, paie à l’assureur pour prix
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- de l’assurance. On lanomme prime, parce qu’elle se paie d’abord et par avance.
- ( Finances) Prime se dit aussi, dans le même sens , d’une somme accordée par forme de bénéfice , pour encourager quelqu’opération de finances.
- Le mot de prime est encore d’usage dans le commerce d’agiot et dans les loteries. En général, ce mot est employé pour exprimer un profit qui se perçoit d’abord.
- ( Minéral. ) Primes des pierreries ; on donne en général ce nom aux pierres qu’on regarde comme servant de base ou de matrice aux pierres précieuses ; mais on appelle particulièrement prime d’améthyste , les parties sans couleur, ou légèrement colorées du quartz-hyalin violet , et quelquefois la chaux fluatée violette. Prime d’émeraude, la chaux fluatée verte, et prime de rubis , le quartz-hyalin rose.
- ( Géomét. ) Prime , en géométrie , signifie la soixantième partie d’un degré. V. MINUTE.
- ( H rithm. ) Prime se prend aussi quelquefois pour la dixième partie d’une unité.
- ( Métrol. ) En parlant des poids , prime se dit de la vingt - quatrième partie d’un grain.
- ( ..dstron. ) Prime de la lune ; c’est la nouvelle lune , lorsqu’elle commence à paroître , deux ou trois jours après la conjonction. On dit que la lune est en prime, lorsque l’on aperçoit pour la première fois le croissant, c’est-à-dire, lorsqu’on voit pour la première fois la. lune se lever peu après le coucher du soleil.
- PRIMITIF, VE, adj. du latin primitivus , dérivé de primas : qui vient des premiers.
- {Hist. ecclés.') Primitive église; c’est l’église du tems des apôtres, et des hommes apostoliques qui leur ont succédé.
- ( Gramm. ) Primitif se dit aussi du premier mot, du mot original dont se forment les noms qu’on appelle dérivés ou composés.
- ( Physique) Couleurs primiti-
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- ves ; ce sont celles qui sont produites par la lumière homogène , ou par les rayons qui ont le même degré de réfrangibilité , et qui sont composés départies de même vitesse et masse, telles que le rouge, l’orangé. le jaune, le vert, le bleu , l’indigo , le violet. K. COULEURS.
- ( Peinture ) Couleurs primitives ; elles ne sont, dans l’art de la peintc.re , qu’au nombre de trois , le rouge, le jaune , et le bleu. Le jaune combiné avec le bleu, produit le violet ; le rouge combiné aussi avec le bleu, produit le violet, et avec le jaune , l’orangé. Le blanc et le noir ne sont pas comptés au nombre des couleurs. Le blanc représente la lumière, et le noir sa privation. On a calculé que les diverses combinaisons de ces premières couleurs montent à plus de 800. On ne doit donc pas être surpris que les anciens aient pu peindre avec trois couleurs, en y joignant le noir et le blanc ; il n’est pas même impossible qu’avec des secours si simples, il y ait eu parmi eux de bons coloristes.
- Les couleurs que les peintres emploient aujourd’hui , et qui sont les mêmes dont le Titien , Rubens , et les coloristes les plus célèbres ont fait usage , ne sont pas en fort grand nombre ; elles ne. fournissent que des couleurs sales, mattes, ternes, fades, désagréables à ceux qui savent mal les employer ; mais elles procurent des teintes enchanteresses aux artistes qui possèdent la magie dont elles sont les instrumens ; impuissantes par elles - mêmes , elles doivent tous leurs effets à la science du magicien.
- PRIMOGÉNITURE , s. fém. du lat. primas, premier, et d e geni-tus, participe de gigno , engendré.
- ( Pratique ) Droit d’aînesse.
- PRIMORDIAL , LE , adject. du lat. primas , premier, et d’ordium , commencement, dérivé (Vordiri , ourdir , faire une trame
- ( Pratique ) rPitre primordial ; c’est le titre original.
- PRINCE, s. m. du lat.princeps,
- le chef, le premier.
- {Leon. polit. ) Nom de dignité :
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- personne revêtue du suprême commandement sur un état , sur un pays , roi, souverain.
- Il se dit aussi dé ceux qui sont d’une famille impériale ou royale , ou qui sont issus des princes de cette famille.
- ( Jlisl. romaine') Prince dit Serrât • c’étoit, dans l’origine, un sénateur choisi par le fondateur de Rome , pour présider au sénat, dans son absence. Sous ia République , il passa en usage de conférer le titre do prince du Sénat au plus ancien sénateur.
- Prince de la jeunesse ; Auguste , en renouvelant les jeux troyens , prit, pour les exécuter, les en fa a s des sénateurs qui avoient le rang de chevaliers, choisit un de sa famille qu’il mit à leur tête, le nomma prince de la jeunesse, et le désigna son successeur.
- Princes étoit encore lenom d’une espèce de soldats romains , que l’on choisissoit parmi les plus forts et les plus vigoureux de l’infanterie. Us étoient armés comme les hastaires , excepté qu’au lieu de piques, ils avoient des demi-piques.
- ( Physiol. ) Prince se dit encore de l’intestin rectum.
- PRINCIPAL , LE , adj. et subst. 'le plus considérable , le plus remarquable en son genre.
- (Pratique ) Cause principale y c’est la première instance.
- Production principale ; celle qui a été faite devant les premiers sièges,
- PRINCIPAL, subst. Le capital d’une somme due.
- Il signitie aussi ce qui est le plus important; et, dans ce sens , il est opposé à accessoire.
- il est de règle que Vaccessoire suive le principal.
- ( Céométrie ) L’axe principal d’une ellipse ; c’est son grand axe, ou celui qui la traverse dans sa plus grande longueur.
- L’axe principal d’une hyperbole,• c’est l’axe des foyers.
- ( Peinture ) Objet principal ; c’est, en parlant d’un tableau, le foyer d’où tous les objets partent comme autant de rayons, celui dont ils émanent, celui auquel ils aboutissent et sont subordonnés.
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- PRINCIPE, s, m. du lat. princi-pium , première cause.
- (Physique) Ou appelle principe toute vérité qu’on ne peut révoquer en doute.
- On appelle encore principes, les propositions desquelles part un auteur pour expliquer un système. Ainsi , l’on dit : un tel auteur , pour expliquer son système , part de tels ou tels principes.
- ( Chimie) Les chimistes donnent aussi le nom de principes à tout ce qu’ils imaginent entrer dans la composition des mixtes; et là-dessus, les anciens chimistes sont tombés dans de grandes erreurs. Outre les quatre élémens adoptés par les philosophes , on a vu Paracelse appeler principe mercuriel , tout ce qui étoit volatil ; soufre, tout ce qui étoi't inflammable ; Beccher , imaginer une terre combustible, un principe de fixité ; Staih , inventer son phlogistique ; d’autres chimistes, distinguer des principes primitifs , des principes secondaires, des principes prochains , des principes éloignés , des principes principiés , des principes principiaux.
- Macquer a lui-mème donné la dénomination de principes à des composés plus ou moins multipliés.
- Mais les découvertes modernes ont fait sentir la nécessité de renoncer à la distinction des élémens, pui. que beaucoup de corps indécomposés jusqu’à ce jour , sont manifestement composés , et que le nombre des substances que l’analyse n’a pu réduire à leurs princijtes primitifs, est trop considérable pour qu’on leux-donne le nom d’élémens.
- Principe est cependant employé en chimie pour désigner la cause d’une propriété ; ainsi l’on dit, le principe acide, ou alcalin, ou astringent, etc.
- Principe se dit encore de certains produits indécomposés , quoique dé-composables.
- Principe sorbile ( du lat. sorbeo , absorber) ; c’est le nom que quelques chimistes anglois ont donné à l’oxi-g“ne.
- Principe doux des huiles. Scheel a donné ce nom à l’espèce de mucilage que les huiles laissent précipiter par le repos, ou tiennent en solution.
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- ( Peinture ) Principe , dans le langage de la peinture , est ce qui constitue une chose , ce qui lui est essentiel ; c’est dans ce sens qu’on dit que les difïerens genres de peinture ont des principes différens ; le principe de ia peinture d’histoire est l’expression ; celui du portrait , la ressemblance ; celui du paysage , l’effet ; celui de la nature morte , l’illusion.
- PEINTANNIER , RE , adj. de PRINTEMS (poy. ce mot ), qui est. du printems.
- ( Rolan.) Il se dit des plantes qui naissent , fleurissent ou produisent dans le printems.
- PRINTEMS , s. m. du lat. pri-mum tempus , première saison. On a dit long-tems prim pour premier.
- ( Cosmographie ) L’une des quatre saisons de l’année. Il commence lor-que le soleil , s’approchant de
- ((lus en plus du zénith, a atteint une xauteur méridienne moyenne entre sa plus grande et sa plus petite; c’est-à-dire, lorsqu’il est arrivé au point de l’écliptique qui coupe l’équateur ; et il finit lorsque le soleil, continuant de s’approcher du zénith , a atteint sa plus grande hauteur méridienne ; c’est-à-dire , lorsqu’il est arrivé au point de l’écliptique qui coupe le colure des solstices. Le jour où le printems commence est égal à la nuit ; c’est-à-dire , que le soleil demeure aussi long-tems au dessus qu’au dessous de l’horizon.
- PRIORITÉ, s. f. du lat. prior, premier , qui précède : antériorité , primauté.
- ( Pratique ) Priorité d’hypotheque ; c’est le droit qu’a un créancier hypothécaire , le premier inscrit, d’être payé sur le prix d’un immeuble de son débiteur avant les créanciers inscrits après lui.
- (Assemblées délibérantes) Priorité s’emploie aussi pour désigner l’avantage qu’obtient un projet, un discours, d’ètre entendu ou discidé avant un autie.
- PRISE, s. f. du latin prensus, participe de prendere , cou traction de prehendere , dont on a fait prendre, prias et pris.
- ( Art milil. ) Ce. mot s’appbqn® généralement à tout ce quion prend
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- j la on erre par la voie des armes. î.a prise d’une ville , d’une place, de la contrescarpe , de l’artillerie , des bagages, d’un général, etc.
- Prise d’armes ; ce terme est en usage pour exprimer la rébellion des sujets contre leur souverain.
- ( Marine ) Prise se dit aussi des vaisseaux pris sur l’ennemi , ou trouvés en contravention aux lois de la neutralité»
- Faire une ou plusieurs prises ; c’est prendre un ou plusieurs vaisseaux ennemis.
- si mariner une prise ; c’est prendre possession d’un vaisseau pris.
- Un badinent est ou n’est pas de bonne prise ; cela signifie que le tribunal institué chez Igs différentes nations pour prononcer sur la validité de la prise, a jugé en faveur des capteurs ou des capturés.
- Parts de prise ; c’est la partie du produit de la vente du vaisseau pris et de sa cargaison, qui revient, aux officiers et aux matelots des vaisseaux preneurs, selon leur grade, et d’après les lois relatives aux prises.
- Conseil des prises ; c’est le nom d’un tribunal institué en France pour juger de la validité des prises.
- ( Pratique ) Prise à partie ; c’est un moyen extraordinaire accordé à une partie contre son juge , toutes les fois qu’il agit per fraudent, graciant, inimicitias aut sorties / ainsi que s’expliquent les jurisconsultes.
- Prise d’eaup c’est l’action de détourner une certaine quantité d’eau d’une rivière, d’un ruisseau, d’un étang, etc. par des saignées ou autrement , soit pour arroser des terres , soit pour d’autres usages. Il n’y a que le propriétaire qui puisse faire une prise d’eau , ou un autre , de son consentement.
- ( Pharmacie ) Prise se dit aussi, -en parlant de médieamens -et de drt >gues , de la dose qu’on prend en une fois.
- ( Monnaies ) Prise d’essai ; on appelle ainsi dans le monnoyage le morceau de roonnoie que l’officier des mounoies fait couper de quelques pièces nouvellement fabriquées, et u autres pièces de meme valeur qui °nt cours , pour juger leur titre , et si ehes sonc ue bou uioi»
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- PRISMATIQUE, adj. de PRISME. Foy. ce mot.
- ( Physique ) Il se dit de tout ce qui a la figure d’un prisme, ou de ce qui a quelque rapport au prisme.
- Ferres prismatiques ,• ce sont les solides de verre dont on se sert pour séparer les rayons de lumière, lorsqu’on veut faire des expériences sur les couleurs.
- Couleurs prismatiques ; ce sont les rayons colorés que fait apercevoir un prisme , au travers duquel on fait passer un jet de lumière solaire.
- ( Cristallographie) Cristal prismatique ; c’est celui qui a la forme d’un prisme droit ou oblique , et dont les plans sont inclinés entr’eux de t20 deg. ; le carbonate de chaux prismatique j le feld-spath pn somatique.
- PRISME , s. m. du grec 'irguruct.
- ( prisma ) , dérivé de irPÎ^a> ( prizo ), scier , couper : ce qui est coupé , scié.
- ( Cre'om. ) Solide eugendré par le. mouvement d’une figure rectiligne, qui glisseroit toujours parallèle à elle-même le long d’une ligne droite.
- Si la figure décrivante estnn triangle , le prisme s’appelle alors prisme triangulaire ; si la figure est un carré, le prisme s’appelle prisme qua-drangulaire.
- Par la génération du prisme, il est évident que ce solide a deux bases égales et parallèles, que son contour est composé d’autant de parallélogrammes qu’il y a de côtés dans la figure décrivante ou la base ; qu’enfin toutes les sections du prisme parallèles à sa base , sont égales.
- Tous les prismes sont entr’eux en raison composées de leurs bases et de leurs hauteurs. Les prismes dont les bases sont égales sont par conséquent entr’eux comme leurs hauteurs ; si ceux dont les hauteurs sont égales sont entr’eux comme leurs bases , les prismes semblables sont entr’eux comme les cubes de leurs côtés homologues , et aussi comme les cubes de leurs hauteurs.
- ( Dioplrique') Prisme est aussi le nom d’un solide transparent , qui a la figure d’un prisme triangulaire ; c’est-à-dire . que ses deux extrémités sont deux triangles égaux , parallèles
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- et sc-nihlablement situés, et les trois autres faces , qui en terminent le contour, sont des parallélogrammes très-polis, qui s’étendent d’une extrémité à l’autre.
- Ce solide peut être de verre , d’eau, de glace , etc. , pourvu que la matière dont il est formé soit transparente ; il sera propre aux usages auxquels il est destiné.
- On se sert de prismes pour faire plusieurs expériences très-curieuses sur la lumière et sur les couleurs, et surtout pour démontrer que la lumière est un corps hétérogène , composé de plusieurs rayons colorés, tels que le rouge , l’orangé , le jaune , le vert, le bleu , l’indigo et le violet, avec tou- , tes les couleurs intermédiaires.
- PRIVATIF, IVE , adj. du lat. privalivus, fait de priva , frustrer , dépouiller , priver : qui marque privation.
- ( Cdra/mnaire) La langue fran-coise a plusieurs particules, prépositions et additions qui sont privatives , comme in , ir. dé, é et ex insolvable , incorrigible, impraticable , irrévocable, décoloré, désunion, énerver, ex-jésuiLe.
- L’A fait souvent le niême effet dans la langue grecque, comme dans athée , acéphale , sans dieu, sans tète.
- (AIgebre ) Quantitéprivative est la même chose que quantité négative , par opposition à quantité positive ou affirmative.
- PRIVILÈGE , s. m. du latin privilégiant, formé de privatus, particulier , et de lex, le gis, loi ; loi particulière.
- ( Pratique ) Avantage accordé à quelqu’un à l’exclusion des autres.
- Créanciers privilégiés y ce sont ceux qui ont le droit d’être payés avant d’autres. Ce droit leur est donné par la loi, à cause de la nature de leur créance. D’où il résulte que l’ordre des privilèges ne se règle point
- 5)ar la date de l’obligation , mais par a faveur de la cause. Tels sont les liais d’entenement, le paiement des impôts, les loyers.
- PROBABILITÉ , s. f. du lat. p réhabilitas, fait de proba, preuve, et habilitas. disposition, facilité
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- pour une chose : ce qui peut être prouvé ; vraisemblance, apparence de vérité.
- ( Ma thé mal.) Cm probabilité est définie par Locke, la convenance ou la disconvenance apparente de deux idées , appuyée sur des preuves qui ne sont pas susceptibles de démonstration mathématique, mais qui en ont ordinairement toute la force.
- Les géomètres modernes ont appliqué leur calcul à évaluer les degrés de probabilité, et pour cela ils ont regardé la certitude comme un tout, et les probabilités comme les parties de ce tout. En conséquence , le juste degré de probabilité d’une proposition , leur a été exactement connu , lorsqu’ils ontnm dire et prouver que cette probabilité valoif un demi, un tiers, un quart de la certitude. Dans l’usage ordinaire , on appelle probable , ce qui a plus d’une demi-certitude ; 'vraisemblable, ce qui la surpasse considérablement ; certaine, qui touche à la certitude entière. Au dessous de la demi-certitude ou de l’incertain , se trouvent le soupçon et le doute, qui se terminent à la certitude de la fausseté d’une proposition.
- Les sources de probabilités sont de deux espèces : i°. les probabilités tirées de la considération de la nature même, et du nombre des causes ou des raisons qui peuvent influer sur la vérité de la proposition dont il s’agit ; 2°. les probabilités fondées sur l’expérience du passé , qui peut nous faire tirer avec confiance des conjectures pour l’avenir, lors du moins que nous sommes assurés que les mêmes causes qui ont produit le passé, existent encore , et sont prêtes à produire l’avenir.
- A ces deux principes généraux de probabilité, on en peut joindre de plus particuliers , tels que l’égale possibilité de plusieurs évfenemens, la connoissance des causes, le témoignage , l’analogie et les hypothèses.
- Quand on est assuré qu’une certaine chose ne peut arriver qu’en un certain nombre déterminé de manières, et qu’on sait, ou qu’on suppose que toutes ces manières ont une égale possibilité, on peut dire avec assurance que la probabilité qu’elle
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- arrivera d’une telle façon, vaut tant, ou est égale à autant de parties de la certitude. Lorsqu’on jette un dez au hasard , la possibilité est égale pour chacun des six points dont il est composé ; il y a donc six probabilités égales, qui, toutes ensemble, fout la certitude ; ainsi /chacune est une sixième partie de cette certitude. Ce principe, tout simple qu’il paroit , est infiniment fécond ; c’est sur lui que sont formés tous les calculs que l’on a fait et que l’on peut faire sur les jeux de hasard , sur les loteries , sur les assurances , et en général sur toutes les probabilités susceptibles de calcul. C’est sur ce principe , joint à l’expérience, que l’on détermine les probabilités de la vie humaine , ou du tems qu’une personne d’un certain âge, peut probablement se flatter de vivre, ce qui fait le fondement du calcul des rentes viagères, des tontines, etc. Consultez les essais sur les probabilités de la vie humaine , de M. JJesorniaux ; l’analyse des jeux de hasard, de M. de IMontinord, etc.
- PROBLEME , s. m. du grec Trpo-Çxvpix. (problênia ) , proposition , fait de '7rpo£i\Xoù ( probaltôj , proposer, dérivé de £a.xxa> ( ballâ ) , jeter : proposition dont le pour et le contre se peuvent également soutenir.
- (Philosophie) Problème se dit en philosophie , d’une proposition par laquelle on demande la raison d’une chose qui n’est pas connue. Problème d’Aristote.
- ( Malhémat. ) En mathématique, problème est une proposition par laquelle il est demandé qu’on fasse une certaine opération, suivant les règles des mathématiques, et qu’on démontre qu’elle a été faite.
- Problème des trois corps ; on donne ce nom à un problème fameux , fort agité, dans le siècle der-, par les géomètres, et dont voici 1 énoncé : trois corps étant lancés dans le vide, avec des vitesses et suivant des directions quelconques } et s’altérant en raison du carré de leurs distances, trouver tes courbes décrites par chacun de ess trois corps. On voit que la solu-hou, dç ce problème sert à trouver
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- l’effet de l’attraction des planètes les unes sur les autres. Si on pouvoit le résoudre rigoureusement, on avauce-roit beaucoup par ce moyen /astronomie physique; mais jusqu’à présent, et dans l’état où l’on est aujourd’hui, il ue paroît possible de le résoudre que par approximation, en supposant qu’un des corps attirans soit beaucoup plus gros que les deux autres.
- MM. D’Alembert, Euler et Clai-raut, ont trouvé une solution de ce problème,
- ( Geo/71.) Problème plan ; c’est un problème qui se réduit à une équation du deuxième degré.
- (Astron.) Problème de Kepler ; c’est un problème qui consiste à trouver le lieu d’une planète dans un tems donné. Il est ainsi appelé, parce que Kepler est le premier qui l’ait proposé.
- PROBOSCIDE , s. f. du grec <Trj>o£oa-x.U. ( proboshis ), la trompe d’un éléphant. Terme d’hist. naturelle , et de blason.
- PROC AT ARCTIQUE , adj. du grec m-poy.ec.rctp'Tinoç (prokatartikos), formés de irpo (pro), devant, de x.a.TA (kataj , au dessus, et d’ap-yoput ( arcïiomai) , commencer : primitif, qui précède.
- ( IVIéd. ) On donne cette épithète aux causes manifestes des maladies qui agissent les premières et qui mettent les autres causes en mouvement.
- PROCÉDÉ, s. m. du lat. procéda , aller au ' delà , s’avancer , fait de pro , au delà , et de cedo , passer, venir : manière d’agir.
- ( Arts chimiques ) Procédé se dit de la méthode qu’il faut suivie pour faire quelque opération.
- PROCÉDURE , s. f. même origine que PROCÉDER.
- ( Pratique ) On comprend, sous la dénomination de procédure , tous les actes relatifs à l’instruction et à l’expédition d’un procès : procédure civile, procédure criminelle.
- PROCÈS, s. m. du lat. processus, fait de procedo , aller , se porter en avant.
- ( Pratique ) Différend ou contes-
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- tation que <1 s particuliers ont entre
- eux sur des objets litigieux.
- Procès , dans un sens pdus étroit, se dit au barreau , d’une contestation jugée en première instance , après une instruction par écrit sur appoin-tement. Le procès, suivant cette dernière définition, diffère de l’instance.
- Procès - verbal ; c’est un acte dvessé et attesté par des officiers de justice, et dans lequel ils énoncent les circonstances et dépendances d’un fait, etc.
- ( Anat. ) Procès se dit en anatomie , de ce qui saille, de ce qui avance. Les procès ciliaires , etc.
- PROCÉLEUSMATIQUE, s. m. du grec '7rpox.e\ivtTp.a.<Tixoç (proké-leusmatikos) , formé de nrpo (pro ) , au-devant, et de xz\zv<rp.a. ( kéleus-ma'), génit. x.z’Kîucrpia.Toç (kéleus-matos ) , cri d’encouragement des matelots, dérivé de xsXîûw (kéleuô) , exhorter.
- ( Poésie gr. et lat. ) Pied de vers grec ou latin, composé de quatre brèves. 11 étoit ainsi appelé, parce que le vers procéleusmatique étoit employé , à cause de sa rapidité, à exhorter les matelots.
- PROCHRONISME, s. masc.ffiu grec vr/jo ( pro ) , auparavant, et de ^povoc (chronos), teins: avancement de tems,
- (iChronologie) Erreur de chronologie, qui consiste à avancer la date d’un évènement. Il est opposé à PARACHRONISME. Voy. ce mot.
- PROCLAMATION, s. f. du lat. proclamatio , fait de pro , devant , en présence, eXàeclamo, publier: publication solennelle ; action par laquelle on proclame.
- PROCOMBANT, TE, adj. du lat. procunibo , se coucher.
- (Bolan. ) Pige procombante ; c’est une tige tombante sur terre , comme par débilité , de manière à ne la toucher qu’en partie.
- PROCONSUL ,s. m. du lat. proconsul , fait de pro, pour, au lieu de, et de consul, consul.
- ( Eco n. polit.) Celui qui, chez les Romains, gouvernoit certaines grandes provinces avec l’autorité de consul.
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- PROCTALGIE, s. f. du grec TcpaiKroç (prôcLos) , le fondement, et d’eixyoç (algos) , douleur.
- ( lYJéd. ) Douleur du fondement ou de l’anus.
- PROCURATION, s. f. du lat. pfocuralio , fait de pro, pour , et de euro , veiller , avoir soin.
- (Pratique) Acte par lequel nous chargeons un autre de faire quelque affaire pour nous.
- PRODITOIREMENT, adv. du lat. proditor, traitre , de prodeo , divulguer.
- (Pratique) Proditoirement, ou trahison ; il n’est d’usage qu’en matière criminelle , où il s’agit d’assassinat : il a tué proditoirement,
- PRODROME , s. m. du grec <irg (pro) , devant, et de tS'pèpoc (dro-inos ) , course : avant-coureur.
- (LiUérat.) Les savans donnent le nom de prodrome à un écrit qui en précède un autre qui doit pa-roitre dans la suite ; qui est l’avant-coureur d’un ouvrage , l’essai et l’idée qu’un auteur donne d’avance à son entreprise.
- PRODUCTION, du lat. produc-tio , fait de prodeo, divulguer, faire paroitre : ouvrage , ce qui est produit.
- ( Litlérat. ) Production se dit des ouvrages de l’art et de l’esprit, aussi bien que des ouvrages de la nature.
- (Anat. ) Production , en anatomie , se prend quelquefois pour prolongement.
- Productions ciliaires ; le mésentère est une production du péritoine.
- ( Pratique) Production se dit aussi de tous les titres, papiers ou procédures qu’une partie produit eu justice , pour appuyer sa demande ; mais plus particulièrement des pièces d’un procès qui sont mises au greffe ou entre les mains des rapporteur3 quand les affaires sont appointées.
- PRODUIT , s. m. et adj. du lat. producere , produire , engendrer.
- (Agricult.) Produit d’une ferme, d’une terre ; c’est ce qu’elle rapporte en argent, en denrées, etc.
- Produit territorial ; c’est la valeur de ce que produit un pays , année commune.
- • ( Çhimie)
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- (•Chimie) Produit, en chimie, est le résultat d’une opération. Lorsqu’on est parvenu, par l’analyse, à séparer les composans d’une substance quelconque, ces composans, isolés, s’appellent profits'.
- (.Arithmèl.) Produit est aussi le résultat de deux nombres multipliés l’un par l’autre.
- PROÉGUMENE , adj. du grec mpo»yov[j.i')oç { proêgàumenos), fait de '7rpo»yovfAai ( proégoumai ), devancer , précéder.
- ( Méd. ) On appelle ainsi la cause éloignée des maladies, appliquée au corps, comme le tempérament, la pléthore, la cacochimie. PROÉMINENT, TE, adj. du
- lat. pro, devant, au dessus, et de emineo, sortir, s’élever ; qui est plus en relief que ce qui l’environne.
- {Anal. ) Le front est proéminent dans le visage de l’homme.
- PROËMPTÔSE , s. f. du grec <afo {pro) , devant, et d’s/./.'7rl‘7r'TH>
- ( enipiplô ) , tomber, survenir: ce qui survient trop tôt.
- ( Astronom. chronol. ) On dit qu’il y a proèniptôse en équation lunaire , quand la nouvelle lune arrive un jour plutôt qu’elle ne devroit, suivant le cycle des épactes. On est alors obligé de changer d’un jour la suite des épactes d’un siècle ; comme les nouvelles lunes avancent d’environ un jour en 3x2 ans, par rapport au cycle de 19 ans, ce changement d’épacte se fait de 3oo ans en 3oo ans, sept fois de suite, et après cela au bout de 400 ans seulement. Il est opposé a méfemptôse ou équation solaire , qui fait arriver les nouvelles lunes Un jour plus tard, quand on supprime une bissextile.
- PROFECTICE, adj. du lat. pro-feclitius, fait de projiciscor, venir de : qui vient de , qui tire son origine de.
- {Pratique) Biens profcc lices; ce sont ceux qui viennent de la succession directe du père, de la mère et des autres asceridans. Ils sont opposa aux biens ADVENTICES. / . ce mot.
- PROFIL , s. m. Les latins se sont servi du mot filum à peu près dans la même signification. On a dit âu-Jome ILl,
- PRO ijf
- trefois porfil. Les Italiens disent pro-Jilo , et les Anglois projîle.
- ( Arehiteel. ) Profil se dit de là figure d’un bâtiment, d’une fortification, ou d’une construction où l’on a marqué les hauteurs, largeurs et épaisseurs, c’est-à-dire , les lignes qui paroîtroient, si on avoit coupé à angles droits le bâtiment, depuis le comble jusqu’aux fondemens. Poy. SECTION , ORTHOGRAPHIE , COUPE.
- (Peinture) On appelle généralement profil, l’aspect que présentent les contours d’un objet vu de côté ; mais, dans l’art de la peinture, ce terme est plus particulièrement appliqué à la tête, vue de manière à apercevoir la moitié du visage. Le mot profil emporte même tout seul cette signification , en sorte que lorsqu’on dit : le profil de cet homme a un grand caractère; on entend parler du caractère de son visage ou de sa tète, vue à moitié.
- On peut penser que le profil appartient aux premiers essais de l’art, parce que l’ombre en présente le modèle ; cependant, s’il en faut croire le témoignage de Pline, cette manière de peindre fut inventée par Apelle, pour dérober une difformité d’Antigone, l’un des généraux d’Alexandre qui n’avoit qu’un œil.
- PROFONDEUR, s. f. du lat. Profiundum, gouffre, abîme : ce qui est haut, élevé,
- ( Physique ) L’étendue d’une chose, depuis la surperficie jusqu’au fond.
- La profondeur est la distance la plus courte d’un point de la surface inférieure, à un point de la surface supérieure , ou une ligne droite tirée perpendiculairement de la surface supérieure à la surface inférieure.
- (Ge'om.) Profondeur est encore une des trois dimensions du corps géométrique. On l’appelle autrement HAUTEUR. P. ce mot.
- PROGNOSTIQUE, adj. et s. P. PRONOSTIQUE.
- PROGRAMME , s. m, du grec Trpo {pro), auparavant, et de ypa/apet ( gramrna ) , écrit : ce qui est écrit auparavant.
- {Littéral. Instruction publique) Écrit par lequel on annonce le sujet M
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- d’iln ouvrage, de quelque exercice public, d’un spectacle , d’un ballet , etc. qui en contient à peu près le sujet, ou ce qui est nécessaire pour l’entendre.
- PROGRESSION, s. f. du lat. progressif), fait dé pro , en avant, et de gradior, marcher : mouvement en avant.
- [Malhémat,') Progression, en mathématiques , est une suite de termes en proportion continue, c’est-à-dire , dont chacun est moyen entre celui qui le précède et celui qui le
- suit. v. proportion:
- Progression arithmétique ; c’est celle qui se commît par la soustraction , c’est-à-dire, celle dont chacun des termes surpasse celui qui le précède ,ou en est surpassé d’une quantité constante, qui est la même pour tous, et que l’on appelle différence ; par exemple, cette suite r , 3, 5 , 7,9, où chaque terme est surpassé par la même quantité 2. La marque
- qui précède, est destinée à avertir qu’en énonçant la progression, on doit répéter chaque terme , excepté le premier et le dernier, en cette manière : 1 est à 3, comme 3 est à 5 , comme 5 est à 7 , etc.
- Progression géométrique ; c’est celle qui se commît par la division , c’est-à-dire , celle où chacun des termes contient celui qui le précède , eu est contenu en lui le même nombre de fois, par exemple -~r 1 : 3 : 9 : 27 : 81 : etc. Ce nombre de fois est ce qu’on appelle la raison de la progression. P. RAISON.
- La marque -rr a ici la même signification que dans la progression arithmétique.
- [ Musique) Progression , en termes de musique , est une proportion continue, prolongée au-delà de trois termes. Les suites d’intervalles égaux sont toutes en progressio/is, et c’est en identifiant les termes voisins des différentes progressions, qu’on parvient à completter l’échelle diatonique et chromatique, au moyen du tempérament.
- PROJECTILE , s. m. du lat. pro, en avant, et de jacio, jeter: ce qui est jeté en avant.
- ( Mécan. ) Projectile se dit, en mécanique, d’un corps pesant, qui,
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- ayant reçu un mouvement ou une îm <« pression , suivant une direction quelconque , par quelque force externe qui lui a été imprimée, est abandonné par cette force , et laissé à lui-même pour continuer sa course. Telle est une pierre jetée avec la main ou avec une fronde, une flèche qui part d’un arc , un boulet qui part d’un canon, etc.
- Les philosophes ont été fort embarrassés sur la cause de la continuation du mouvement des projectiles , c’est-à-dire , sur la raison pour laquelle ils continuent à se mouvoir , après que la première cause a cessé d’agir : c’est un principe avoué aujourd’hui qu’un projectile , mis en mouvement , continueroit à se mouvoir éternellement en ligne droite, et avec une vitesse toujours uniforme , si la résistance du milieu où il se meut, et l'action de la gravité , n’altéroient son mouvement primitif.
- La théorie du mouvement des projectiles , est le fondement de cette partie de l’art militaire , qu’on appelle LE JET DES BOMBES et BALISTIQUE. PI ces mots.
- PROJECTION, s. f. même origine que PROJECTILE.
- [Mécan. ) L’action d’imprimer du mouvement à un projectile.
- Projection perpendiculaire; celle où la force met le projectile en mou-vement à une direction perpendiculaire à l’horizon.
- Projection horizontale, celle où la force a une direction horizontale.
- Projection oblique, celle où la direction de la force fait un angle oblique avec l’horizon.
- Angje. d'élévation du projectile; c’est l’angle que fait la ligne de projection avec l’horizon.
- [Perspective) Projection se dit aussi de la représentation ou l’apparence d’un objet sur le plan perspectif ou le tableau.
- Projection d’un point; c’est le point où le plan du tableau est coupé par le rayon visuel qui va du point à l’œil. Par cette définition, on peut entendre aisément ce que c’est que la projection d’une ligne, d’une surface ou d’un solide.
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- ( Géographie) Projection de ta sphère sur un plan ; c’est la représentation des diilérens points de la surface de la sphère, et des cercles qui y sont décrits, telle qu’elle doit paroitre à un œil placé à une certaine distance , et qui verrait la sphère au travers d’un plan transparent , sur lequel il en rapporterait tous les points.
- La projection de la sphère se divise ordinairement en orthographique , et en stéréo graphique.
- Projection orthographique ; c’est celle où la surface de la sphère est représentée sur un plan qui la coupe par le milieu , l’œil étant placé verticalement à une distance infinie des deux hémisphères.
- Projection sté?éographique ; c’est celle où la surface de la sphère est représentée sur le plan d’un de ses grands cercles, l’œil étant supposé au pôle de ce cercle.
- Pmjeclion gnomonique ; c’est celle où l’on suppose l’œil au centre de la sphère. Tous les grands cercles y sont par conséquent des lignes droites, et les petits cercles des lignes courbes.
- PROLÉGOMÈNES , s. m. du grec 'TTfih ( pro ) , auparavant, et de xiyæ ( lego ) , dire : ce qui est dit auparavant, ce qui précède.
- ( Didactique ) Discours ou traités, en forme de préfaces, qui sont placés à la tête d’un livre, et qui contiennent les choses les plus nécessaires à l’intelligence des matières qui y sont traitées.
- PROLEPSE , s. m. du grec ^rpo-x»4jç (prolépsis), anticipation.
- ( Elocut. ) Figure de rhétorique convenable à la preuve , par laquelle on prév ient et on réfute d’avance les objections que l’on pourrait essuyer.
- PROLEPTIQUE , adj. même origine que PROLEPSE.
- ( lVléd. ) Epithète que l’on donne à une lièvre dont les paroxysmes reviennent plus promptement qu’ils ne feraient s’ils étoient réguliers ; c’est-à-dire, dont chaque accès revient plutôt que le précédent.
- PROLÉTAIRES, s. m. du latin prolelarius, fait de proies , race , hgnée : qui n’est propre qu’à faire <k*s enfans.
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- ( Hist. rom. ) On donnoit ce nom à la sixième et dernière classe du peuple romain , laquelle comprenoit les pauvres citoyens de la république. On les nommoit ainsi, comme n’étant utiles à la république que par les enfans qu’ils fournissoient pour la guerre.
- PROLIFÈRE, adj. du lat. pro-lifer, fait de proies , enfant, petit, produit, et de fero, porter : qui porte un fruit.
- ( lioian. ) Pleur prolifère ; c’est une fleur du disque de laquelle naissent une ou plusieurs autres fleurs.
- Lorsque le produit de la fructification, au lieu d’être une fleur est seulement un pédoncule ou rameau feuillu, la fleur prolifère est dite Jrondipare.
- PROLIFIQUE , adj. du lat. pro-lifîcuS , fait de proies , race, enfant , et de facio, faire : qui a la force ou la vertu d’engendrer.
- ( lVléd, ) Il se dit des hommes , des animaux , de leur semence , et des remèdes qui fortifient les parties naturelles , qui augmentent la semence et l’animent.
- PROLIXE , adj. du lat, prolixus, allongé.
- ( Art. orat. ) Il ne se dit proprement que des discours, des harangues et de ceux qui les font. Un discours prolixe est un discours ennuyeux. Cet homme écrit purement, mais il est prolixe dans ses discours.
- PROLOGUE, s. m. du grec vf*
- ( pro ), avant, et de xîyce ( légô ) , dire : discours qui précède.
- ( Art dramat. ) Prologue se dit ordinairement d’un ouvrage qui sert de prélude à une pièce dramatique. Les anciens introduisoient dans leurs prologues, quelquefois un seul acteur, quelquefois plusieurs interlocuteurs.
- L’objetde ces prologues étoitd’ap-prendre aux spectateurs , ou aux lecteurs , le sujet de la pièce, ou de leur en faciliter l’intelligence , on quelquefois de faire l’apologie de l’auteur. Un appeloit même prologue l’acteur qui le récitoit. Le théâtre, comique moderne fournit aussi quelques exemples de prologues , dont le plus ingénieux est le prologue de l’Atnphi-trion de Molière ; mais l’opéra Iran-
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- ç»is s’en est fait sous le règne de Louis XIV , un -vestibule éclatant, dont le sujet est ordinairement élevé, merveilleux, ampoulé, et la musique liaimonieuse et brillante.
- Dans les opéra françois modernes, on a supprimé les prologues, parce qu’on a reconnu qu’ils nuisoient à l’intérêt de la pièce, et qu’ils ne fai-Soient qu’ennuyer et impatienter les spectateurs qui ne les souffroient souvent que parce qu’ils n’osuient murmurer contre les fadeurs dont ils étoient pleins.
- ( Poésie ) L’usage des prologues s’est introduit dans le poème didactique , et dans le poème en récit : Lucrèce en a orné le frontispice de tous ses livres ; l’Arioste en a égayé ses chants ; Lafontaine joint très-souvent de petits prologues à ses contes.
- PROLONGER , v. act. du latin prolongo , étendre : faire durer plus iong-tems.
- ( Gécmélr. ) Prolonger, en termes de géométrie , c’est continuer une ligne , ou la rendre plus longue, jusqu’à ce qu’elle ait une longueur assignée, ou de manière qu’elle s’étende indéfiniment.
- ( Manne ) Prolonger une côte , ou une terre ; c’est faire voile , et s’avancer en mer, en suivant, à une petite distance , rrne route parallèle à une côte, ou à une terre quelconque, qui court dans la même direction.
- Prolongerun vaisseau; prolonger de long en long,• c’est se Tanger à côté de lui, et de très-près , dans un sens parallèle à la longueur de l’un de l’autre ; ce qui a lieu quelquefois pour aborder un ennemi.
- PE O MINE NI1, TE, adj. du lat. promineo, s’élever, être au dessus , s’avancer, être en saillie: qui s’élève.
- (Anal. ) On a ainsi appelé l’apophyse épineuse de la dernière vertèbre du col, parce qu’elle est longue, presque redressée, et fort saillante.
- PROMONTOIRE, s. m. du lat. promonlorium.
- ( Géograph. anc.) Cap , pointe de terre élevée et avancée dans la mer. On dit plus ordinairement cap.
- PROMOTION, s. f. du lat.pro-moyeo, fait de pro, en avaut, et de
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- moveo, pousser : l’action de pousser en avant.
- (Econom. polit. ) Action par laquelle un prince élève, ou un partie eulier est élevé à une dignité. Le pape a fait une promotion de quatre cardinaux. Ces cardinaux, depuis leur promotion....
- PROMULGATION, s. f. du lat. promu!gatio, fait de pro, en avant, à la tète, en face, en présence du peuple, et de mulgo, divulguer, publier.
- (Econotn. polit. ) Publication des lois, faite avec les formalités requises.
- PRONATEUR, s. m. du latin pronus, penchant.
- ( Anat. ) Nom que l’on donne à deux muscles, dont l’action est de faire tourner la paume de la main en bas ; ils sont opposés aux SUPINATEURS. Poy. ce mot.
- PRONONCER, verb. act. du lat pronuntiare , fait de pro , en face , devant, et de nuntiare, proclamer: proférer hautement.
- (Peinture) Prononcer, dans le langage des arts d’imitation , c’est exprimer les apparences de la nature. On prononce le trait, on prononce les formes, quand on rend le trait avec netteté , et les formes avec justesse , et d’une manière assurée. On dit aussi que l’expression , que l’effet sont bien prononcés , quand l’expression est rendue sans équivoque, quand l’efï'et est fermement accusé. On dit encore qu’une touche est prononcée , lorsqu’elle donne aux imitations de l’art, le piquant, la vie, le caractère qu’elles doivent avoir.
- Un plafond, un tableau qui sera placé loin des yeux du spectateur, doit être prononcé avec exagération, dans les formes , dans l’expression , dans l’effet. Un tableau qui doit être vu d’une distance moyenne, sera fièrement, fortement prononcé ; un tableau de cabinet sera prononcé purement et avec précision.
- PRONOSTIC , s. m. du grec nsf * (prof auparavant, d’avance , et de yivauot cm (ginôskô) , juger, connoî-tre : jugement porté d’avance.
- (iViéd. ) Présage, prescience,
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- gement qu’on fait de l’événement d’une maladie, par lés signes qui l’ont précédée , ou qui l’accompagnent. Il s’emploie aussi adjectivement, et l’on appelle signes pronostics, ceux qui déno! eu I et font conjecturer ce qui peut arriver de bon et de mauvais dans une maladie , et même dans la santé.
- PROPAGANDE, s.f. du lat. pro-pago, étendre, augmenter, répandre.
- ( Hist. ecclés. ) On appelle ainsi, en style de conversation, la congrégation de propagandaJide, établie à Rome pour les affaires qui regardent la propagation de la foi.
- ( Hist. d’singleterre ) Société de la propagande ; cette société fut érablie dans la Grande-Bretagne en 1649 , pour la propagation de la religion chrétienne dans les pays du nouveau'monde, qui appartiennent aux Angîois. Charles II la confirma en 1661, et Guillaume III lui donna, en 1701, une forme régulière.
- (Polit.) Propagande se dit aussi par extension de toute espèce de doctrine, en matière de politique , qu’un gouvernement, ou un parti cherche à répandre, à établir.
- PROPAGATION , s. f. du latin propago, étendre, augmenter , répandre.
- ( Physique) Propagation de lumière ; c’est ainsi que les physiciens appellent le moyen par lequel la lumière ou son action se propage , par lequel la lumière s’étend du lieu où elle réside dans le lieu qu’elle éclaire. Soit qu’on pense avec Descartes et Huyghens , que la propagation de la lumière se fait par pression ; soit qu’on croie avec Newton qu’elle se fait par émission , il eu résulte les mêmes phénomènes.
- Les deux opinions , il faut l’avouer , ne sont rien moins'que démontrées ; mais on peut regarder comme vraies les assertions suivantes:
- La lumière se propage suivant une ligne droite , d’une manière qui nous est inconnue , et les lignes droites , suivant lesquelles elle se propage , sont nommées ses rayons. Ce principe est le fondement de l’optique. Hoy. OPTIQUE.
- Les rayons de lumière se réfléchissent par un angle égal à l’angle d’in-cidenee ; ce principe est le fondement
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- de tonte la catoptrique. /^CATOP-TRIQUE.
- Les rayons de lumière, qui passent d’un milieu dans un autre, se rompent , de manière que le sinus d’incidence est, au sinus de réfraction, en raison constante. Ce principe est le fondement de toute la dioptrique. Hoy. DIOPTRIQUE.
- (HLstron.) Propagation successive de la lumièrec’est ainsi que les astronomes désignent le terns que la 1 ornière du soleil met à venir jusqu’à nous. Cet intervalle de tems est de 8 ' 7 \, dans les moyennes
- distances du soleil à la terre.
- Les éclipses des satellites de Jupiter ont fait découvrir la propagation successive de la lumière ; celle-ci a fait découvrir à Bradley la cause de l’aberration , et l’aberration déterminée rigoureusement par les observations , a lait connoître plus exactement l’effet qui devoit en résulter pour les satellites de J upiter.
- (.Physiq. ) Propagation du feu ; c’est le moyen par lequel l’action du feu se propage , par lequel cette action s’étend dans le corps , soit pour les échauffer, soit pour les embrâser. (Hoy. FEU.) Consultez le mémoire d’Euler , intitulé : Dissertatio de igné, 1733.
- Propagation du son : c’est le moyen par lequel le son se propage, par lequel le son s’étend du corps sonore qui le produit dans le lieu où il se fait entendre.
- Le son emploie un tems très-sensible à se propager, à se transmettre du lieu où il naît, dans le lieu où il se fait entendre. L*intervalle de ce tems est d’une seconde de tems pour iy3 toises (337 mètres). Consultez les mémoires de l’Académie des Sciences , année 1788.
- PROPAGINE , s. f. du lat. propago , propaginis, provin de vigne.
- ( Botau. ) Nom donné par quelques botanistes aux corpuscules, par lesquels certaines plantes agames se reproduisent.
- PROPHÈTE , s. masc. du grec wrpo<pÛT»ç (prophètes), composé de ttpb(pro), d’avance, et de yxp} ( phêmi ) , dire : celui qui prédit l’avenir.
- ( Hist. juive ) O11 appeloit proprement prophètes parmi les Hé-
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- breux , ceux qui, par inspiration divine , prédisoient l’avenir, ou révé-loient quelque vérité cachée aux hommes.
- ( Ilist. anc.') On appeloit aussi prophètes, parmi les peuples d’O-rient, certains devins attachés au culte des dieux.
- PROPHYLACTIQUE, subst. f. du grec TrpixpuystKriiioç (prophulak-lihos ) , fait de 7rpo (-pro ) devant, et de <pvxk<prûû (phulassô ) , garder , conserver : qui préserve.
- ( Médec. ) Partie de la médecine qui traite de la manière de conserver la santé.
- Prophylactique est aussi adjec-
- Indication prophylactique; c’est celle qui regarde la préservation de la santé.
- Cure prophylactique ; c’est celle qui préserve de certaines maladies , ou qui en empêche le retour.
- Remèdes prophylactiques ; ce sont ceux qui entretiennent la santé et préviennent les maladies.
- PROPLASTIQUE , adj. du grec 'irp'o (pro ) , qui marque antériorité , et de XttçiKo; (plaslikos) , dérivé de ( plassô ) , former: qui
- détermine, qui prépare les formes.
- ( Technol. ) On appelle art proplastique , l’art de faire les moules dans lesquels on doit jeter quelque chose.
- PROPOLIS, s. f. du grec nrfo ( pro ), devant, et de -a6Tus ( polis ) , ville : devant la ville.
- (Hist. nat. ) Terme emprunté du grec , qui sert â désigner une cire rouge dont les abeilles bouchent les fentes de leurs ruches. II. signifie littéralement , ce qui est avant la ville, parce que les abeilles s’en servent pour fermer l’entrée de leurs alvéoles.
- PROPORTION , s. f. du lat. pro-porlio, convenance et rapport des parties entre elles, et avec leur tout,
- ( Peinture, sculpture ) Les proportions dans la peinture et dans la sculpture, sont établies sur les mesures observées et comparées. Elles sont relatives à un objet considéré seul , et à ce même objet comparé à d’antres. Elles sont encore relatives, dans
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- la peinture, à l’éloignement où le peintre suppose l’objet qu’il imite ; c’est la perspective qui règle cette sorte de proportion.
- Pour faire connoître les proportions de l’homme , et pour leur donner une base fixe , on a choisi certaines parties du corps lui-même pour mesures.
- La tête ou la face, ont été celles que les artistes ont préférées.
- On mesure donc dans la peinture et dans la sculpture, toutes les dimensions de la figure humaine , par longueurs de tête ou par longueurs de face.
- La mesure appelée tête est la longueur d’une ligne tirée perpendiculairement du sommet de la tête au dessous du menton.
- La mesure appelée face, est une ligne perpendiculaire , tirée de la sommité du front seulement, au dessous du menton.
- On partage la tête en cinq divisions , et la face en quatre. Comme ces divisions ne sont pas égales entre elles, on se sert des plus petites pour mesurer les parties du corps et des membres qui forment de plus petites divisions.
- Par exemple, on mesure quelques parties subdivisées du corps humain , par des longueurs de nez.
- La division ou mesure du corps entier, par faces, est plus favorable à l’exactitude géométrale, que la division par têtes ; parce que la face étant une mesure moins grande, se prête davantage aux subdivisions dont on a besoin.
- Les anciens ont, pour l’ordinairè , donné huit têtes à leurs figures, quoique quelques-unes n’en aient que sept ; mais l’on divise ordinairement la figure en dix faces; savoir, depuis le sommet de la tête jusqu’àla plante des pieds.
- La face se divise en trois parties égales : la première contient le front ; la seconde, le nez ; la troisième, la bouche et le menton.
- L’homme étendant les bras, est aussi large qu’il est long.
- Les deux bouts des mamelles et la fossette d’entre les clavicules delà femme, font un triangle équilatéral parfait.
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- ( Archit. ) En architecture , c’est la justesse des membres de chaque partie d’un bâtiment, et la relation des parties an tout.
- ( IVIathémat.) Proportion, en termes de mathématiques, est l’égalité de deux ou de plusieurs rapports. Comme on eompa:e deux grandeurs d’où résulte un rapport ou une raison; aussi l’on peut comparer deux rapports d’où résulte une proportion , lorsque les rapports comparés, ou ce qui est la même chose, leurs expo-sans se trouveut égaux.
- Chaque rapport ayant deux termes, la proportion en a nécessairement quatre. Le premier et le dernier sont nommés extrêmes ; le second et lé troisième, moyens. La proportion, présentée sous cette forme, est dite discrette. Si les deux moyens sont égaux, on peut supprimer l’un ou l’autre, et la proportion n’offre plus que trois termes; mais alors celui du milieu est censé double et appartenir aux deux raisons , à la première comme conséquent, et à la seconde comme antécédent; en ce dernier cas, la proportion prend le nom de continue, etc’est une véritable PROGRESSION, V. ce mot.
- Proportion arithmétique ; c’est celle dans laquelle on compare les termes des rapports, relativement à leur différence. Les quantités 4,7, i3 , 16 , forment une proportion arithmétique , parce que la différence 3 , des deux premières, est la même que celle des deux dernières.
- Proportion géométrique ; c’est celle dans laquelle les rapports ont le même quotient. Les quatre quantités 3,9, 4, 12, forment une proportion géométrique, parce que 3 est contenu dans 9, autant de fois que 4 est contenu dans 12 , c’est-à-dire, 3 fois.
- Proportion harmonique ; c’est une troisième espèce de proportion, qui se forme des deux précédentes en cette sorte : si trois nombres sont tels que le premier soit au troisième, comme la différence du premier et du second est à la différence du second et du troisième , ces trois nombres sont en proportion harmoni-* que. Ainsi, les nombres 1,2 , 3,6- , sont en proportion harmonique , parce que 2 : 6 : : 1 : 3 : de même
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- aussi, quatre nombres sont en proportion harmonique, quand le premier est au quatrième, comme la différence du premier et du second est h, la différence du troisième et du quatrième. Ainsi, 24, 16, 12,9, sont en proportion harmonique, parce que 24 : 9 : : 8 : 3.
- Compas de proportion : voyez COMPAS.
- PROPORTIONALITÉ , s. f. même origine que PROPORTION.
- (.Mathém. ) Terme dont on se sert pour signifier la proportion qui est entre des quantités.
- PROPORTIONNEL , ELLE , adj, même origine que PROPORTION.
- (Mathém. ) Il se dit de ce qui a rapport à une proportion. Ainsi , on dit, des parties proportionnelles , des échelles proportionnelles.
- ( (Jéoni. ) Proportionnelles , ou quantités proportionnelles, en termes de géométrie, sont des quantités*, soit linéaires , soit numériques , qui ont entre elles le même rapport.
- Les géomètres cherchent depuis deux mille ans, une méthode pour trouver géométriquement deux, moyennes proportionnelles entre deux lignes données , c’est-à-dire , en n’employant que la ligne droite et le cercle ; car on résout facilement ce problème en employant un cercle et une parabole.
- PROPOSITION , s. f. du laf. propositio , fait de pro , en avant et de pono ', mettre : mettre en avant.
- ( Logique, grammaire ) Discours qui affirme ou qui nie quelque chose » sur quelque sujet que ce soit.
- ( JMathémat.) En mathématiques^ proposition est un discours par lequel on énonce une vérité à démontrer , ou une question à résoudre. Dans le, premier ras on l’appelle: THEOREME ; les trois angles d’un triangle sont égaux à deux angles droits , voilà un THEOREME. (\Vyy. ce mot). On l’appelle problème , quand la proposition énonce une question à résoudre , comme trouver une proportionnelle à deux quantités données. P. PROBLEME, SOLUTION, DEMONSTRATION.
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- ( Pratique ) Proposition d’erreur : c’est un moyen de droit pour faire retracter un jugement rendu sur une erreur défait. /^REQUÊTE
- CIVILE.
- ( Elocut. ) Proposition, en termes d’éloquence , est. l’exposition simple , courte et naturelle du sujet que l’on va traiter. .
- ( Poésie) Proposition, en poésie , est proprement le début ou la première partie du poëme , dans la-
- ouvrage.
- PROPRE , adj. et s. du lat. pro-prius, propre ; particulier à ce dont on jouit, à l’exclusion de tout autre, et qui ne peut être ôté ; convenable, ce qui convient à, net, bienséant, bien arrangé.
- ( Orammaire) l\ompropre; c’est le nom de famille , le nom qui distingue un homme des autres hommes.
- Propre, à l’égard des mots , se dit de leur signification primitive , et qui leur est particulièrement affectée, et cela par opposition aux expressions figurées et métaphoriques. F. FIGURÉ , MÉTAPHORIQUE.
- (Pratique) Propres, en termes de palais, se dit des immeubles dont la propriété a appartenu "h nos païens , et qui nous sont échus par succession.
- Propres naissons ; ce sont les propres recueillis, pour la première fois, dans la succession de celui qui les avoit acquis.
- Propres anciens ; ce sont ceux qui ont fait souche, c’est-à-dire, qui ont passé par plusieurs degrés dans la famille.
- Propres de reversion, ceux que l’héritier avoit aliénés, et dans lesquels il est rentré.
- Propres de partage ; ce sont les immeubles de succession, échus à l’un des co-héritiers au delà de sa part héréditaire , par le partage ou la licitation faite avec ses co-héritiers.
- Propres réels, les héritages et les fonds de terre.
- Propres fictifs, les biens qui ne sont propres que par fiction. Cette espèce de propre a principalement lieu dans les contrats de mariage.
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- ( Mathémat. ) Fraction propre, ou proprement dite; c’est celle\îont le numérateur est moindre que le dénominateur.
- ( Peinture ) Propre, proprement, propreté, sont des expressions qui supposent , dans la pratique de la peinture, un soin, et même une recherche qui s’étend sur le choix des couleurset sur leur préparation. Cette propreté est recommandable dans un peintre ; mais lorsqu’elle est trop recherchée , et qu’elle devient habituelle , elle ne peut manquer de refroidir ses ouvrages.
- (Musique ) Propre, proprement, propreté, en termes de musique fran-çoise, s’entendent de l’exécution du chant françois avec les ornemens qui lui sont propres , et qu’on appelle agrémens du chant, goût du chant.
- PROPRIÉTÉ, s. f. du lat. pro-p rie las.
- (Pratique ) Le droit de jouir et de disposer d’une chose suivant la liberté accordée par la loi.
- ( Physique ) Propriété se dit aussi de ce que l’on remarque dans les substances matérielles d’uniforme et de constant, et dont on n’aperçoit pas les causes.
- Propriétés générales des corps ; ce sont celles qui appartiennent à tous les corps et sans aucune distinction : telles sont l’ETENDUE , la DIVISIBILITÉ , la FIGURA-BILITÉ,1TMPÉNETRABILITÉ, la POROSITÉ, la RARÉFACTI-BILITÉ , la CONDENSABILITÈ , la COMPRESSIBILITÉ, l’ËLAS-TICITË , la DILATABILITÉ, la MOBILITE, et l’INERTIE. La DUCTILITE , la DURETÉ, la TÉNACITÉ , la CRISTALLI-SABILITÉ , la SOLIDITÉ , la SONORITÉ , l’ÉLECTRlCITÉ , le MAGNÉTISME, la CLARTÉ. Foy. ces mots.
- Propriétés chimiques ,* ce sont l’AFFINITÉ , la CALORICITÉ, la FUSIBILITÉ, la LIQUIDITÉ, la VOLATILITÉ , laGAZÉITÉ, etc. La PYROLICITÉ. la COMBUSTIBILITÉ , la DÉCOMBUSTI-BILITÉ. l’HYGROMËTRICITÉ, la MÉTËQRICITÈ . i’OXTDA- BILITE , l’ACIDITË , l’ALCA-I.IMITE , la SALINITÉ , la LA-
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- PIDICITÉ , la METALLÉITÉ , la VÉGÉTABILITÉ , la FER-MENTESCIBILITE , P ANIMALITÉ , la GALVANICITË , la FOSSILITË. Voy. ces mots.
- PROROGATION, s. f. du latin proro^o . prolonger : délai, remise.
- ( Pratique ) SÎccordcrunc prorogation ,• c’est accorder un délai, soit de payer, soit de faire une enquête ou procédure.
- ( Hist. d’Anglet. ) Prorogation, en parlant du parlement d’Angleterre, se dit de l’interruption de la session du parlement, par l’autorité royale. Le roi seul peut convoquer, proroger ou dissoudre le parlement, mais chaque chambre a le droit de s’ajourner.
- PROS , s. m. Mot indien.
- ( Marine ) Pirogue d’une espèce particulière , usitée aux îles Marian-nes. On appelle ces pirogues, pros volant, à cause de leur vitesse extraordinaire sous voile , qui excède souvent 20 nœuds par heure.
- PROSAÏQUE , adj. de PROSE , (voy. ce mot): qui sent la prose.
- ( Poésie ) P"ers prosaïques : ce sont des vers dénués d’harmonie et de couleur, foibles d’expression, lan-guissans ou timides dans les tours ou dans les figures.
- PROSATEUR, s. m. de l’italien prosalore.
- ( Liltérat, ) Auteur qui écrit principalement en prose.
- PROSCENNIUM , terme latin fait de pro , avant, et de scena , scène : avant-scène.
- ( Art drainai, a ne.') C’étoit, parmi les anciens , un espace libre entre la scène ptoprement dite et l’orchestre. Cet espace représentoit une place publique ou un endroit champêtre, mais toujours un lieu à découvert.
- PROSCRIPTION , s. f. du latin proscriplio , fait de pro, devant, en tace du peuple , et de scribo, écrire : apposition d’affiches, placard.
- ( Hist. rom. ) Publication faite par le gouvernement ou un chef de parti, par laquelle on décernoit une peine contre ceux qui y étoient désignés. Cette peine étoit quelquefois l’exil ou le bannissement; mais le plus souvent, une condamnation à
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- mort, sans aucune forme judiciaire, qui pouvoit être miss à exécution par quelque particulier que ce fût, auquel on donnoit une récompense*
- PROSE , s. f. du lat. prosa.
- ( Elocal. ) Discours qui n’est point assujéti aune certaine mesure, à un certain nombre de pieds et de syllabes.
- ( Culte calhol. j Prose se dit aussi d’un ouvrage latin en rimes , où , sans observer la quantité , on observe le nombre des syllabes. On chante à la messe, immédiatement avant l’évangile , quelques ouvrages de cette nature dans les grandes solennités.
- PROSELYTE , s. m. du grec 'irpoiriiXvToç ( prosclutos) , étranger , fait de l’ancien verbe 'jtçjotcmùQs(pro-selculhô ), accéder, approcher, venir.
- (*Hist. juive ) Les juifs donnoient ce nom à ceux qui avoient quitté le paganisme pour embrasser le judaïsme.
- ( Hist. ecclés. ) Prosélyte se dit aussi de ceux qui ont été convertis à la foi catholique.
- (Langage) Il se dit encore par extension de ceux qu’on détache d’une religion , d’une opinion ou d’un parti pour les attirer dans un autre..
- De prosélyte on a fait prosélytisme , pour exprimer la manie de faire des prosélytes.
- PROSODIE , s. f. du grec ttpo-cronS'ia, ( prosodia ) , accent, formé de irp'oç (pro s), à, selon, et d’a>«Piî ( odé ) , chant : règle du chant.
- ( Grammaire) Prononciation régulière des mots , ou partie de la grammaire qui enseigne à prononcer les mots conformément à l’accent et à la quantité.
- PROSONOMASIE,s.f.du grec -7rpo-<rovopicLçt!t,(prosonomasia),ressemblance de-termes, fait de srpoç (pros), près, et d’ovoput (onoma), nom, proximité ou ressemblance de deux noms.
- ( Rhélor. ) Figure de rhétorique., qui consiste dans une ressemblance de son entre différens mots d’une même phrase. C’est à peu près ce qu’on appelle jeu de mots.
- PROSOPüGRAPHIE , s. f. du
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- grec '7rpoçœ-7Tov ( prosôpon) , face extérieure , physionomie, et de ypâ<pee ( graphô ), décrire : description de la physionomie.
- ( Rhétor. ) Figure de rhétorique , qui consiste dans la description des traits extérieurs de la figure et du maintien d’une personne.
- PROSOPOPÉE, s. f. du grec ttpo-«WTro'Troda ( prosôpopoiia ), fait de 'irpQcroù'Trov (prosôpon), personne, et de 'jraiiœ (poieo), faire, supposer : supposition de personne.
- (Rhétor.') Figure de rhétorique propre aux passions, par laquelle l’orateur introduit dans son discours une personne feinte, ou une chose inanimée qu’il fait parler ou agir : c’est de toutes les figures la plus vive et la plus magnifique ; elle anime , elle personnifie tout; mais on ne doit y avoir recours que pour faire dire aux personnages empruntés des choses que l’on ne pourroit pas dire soi-même avec dignité.
- PROSPECTUS , s. m. mot emprunté du lat., et qui signifie examen , considération , fait de pros-picio, voir, considérer, avoir la vue sur.
- ( Commerce ) Ce mot a d’abord été introduit dans la librairie, pour signifier un programme qui se pu-biie quelquefois avant qu’un ouvrage paroisse, et dans lequel on donne une idée de l’ouvrage , on annonce le format, le caractère , la quantité de volumes , et les conditions de la souscription , s’il y en a. Maintenant, il s’applique à tous les établissemens nouveaux que l’on veut faire connoître au public.
- PROSTAPHÉRESE, s. f. du grec 'Trpoa-Qe ( vrosthe ), devant, et d’à-<pttiptûo ( aphaireô ) , ôter, retrancher : soustraction , retranchement.
- (-dstron. ) Ce mot signifie, parmi les astronomes, la différence entre le mouvement vrai et le mouvement moyen d’une planète , ou entre son lieu vrai et son lieu moyen : on l’appelle aussi équation de l’orbite , ou équation du centre.
- Ives anciens astronomes appeloient aussi prostaphérese l’anomalie de la lune , de la latitude de la lune ; ils disoient encore prostaphérese des équinoxes, en parlant des inégalités
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- et des équations de ces divers mou-vemens.
- PROSTÀSE, s. f. du grec nrpomt-peLi (proistamai), présider, prédominer.
- ( TMéd. ) Hypocrate entend par prostase d’une humeur , sa supériorité sur les autres.
- PROSTATE, s. m. dugrec 'jrpoç'x-(prostates) dérivé de-7rpoiçy/ui ( proisterni ) préposer : qui est placé devant.
- (^inat.) C’est le nom de deux glandes situées vers le col de la vessie. Elles séparent une humeur blanchâtre et glaireuse , qui se décharge dans la cavité de l’urètre par plusieurs petits tuyaux qui s’y vont rendre. L’usage de cette humeur est d’humecter et d’enduire l’urètre , afin qu’il ne soit point offensé par l’acrimonie de l’urine qui y passe continuellement, et servir de véhicule à la semence dans le teins de l’éjaculation.
- PROSTHESE , s. f. du grec 'Trcxr-üttrn (prosthesis), addition, de npo-<rrtâ»pi , opposer , ajouter.
- (Rélhorique) Figure de rhétorique qui consiste dans l’addition d’une lettre au commencement d’un mot, sansen changer le sens, comme quand on dit gnalus , pour natus, fils, gnavus, pour navus.
- ( Chirurgie ) Prosthfese est aussi le nom d’une opération de chirurgie, par laquelle on ajoute au corps quelque instrument qui supplée à des parties qui lui manquent: une jambe de bois , un bras , un œil artificiel, un nez d’argent, et autres choses semblables , dépendent de la prosthèse.
- PROSTYLE, s. m. du grec vrpà ( pro) , devant, et de çû\o;(stulos) t colonne: qui a des colonnes en avant.
- (Archit. ) Ce mot se dit d’un édifice qui n’a des colonnes que par devant.
- PROTASE , s. f. du grec rip'o-TdLTic ( protasis ) , proposition.
- (Littérat. ) C’est lapremière partie d’un poè’me dramatique , qui contient l’exposition du sujet y. PROPOSITION.
- PROTE, s. m. du grec irpôèrot ( prôlos ) , premier.
- ( Imprimerie ) C’est le nom du premier ouvrier d’une imprimerie.
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- de relu’ qui est chargé , sous l’ordre du maître , de la conduite et de la direction de tous les travaux , qui distribue les manuscrits, visite les ouvrages, lit les épreuves, etc.
- PROSPECTEUR, s. m. du lat. pro , devàut, et de Logo , couvrir : celui qui protège : défenseur.
- ( jEcon. polit. ) Cardinal protecteur; on appelle ainsi à Rome , un cardinal qui est particulièrement chargé du soin des affaires consistoriales de quelque puissance, ou de protéger certains ordres religieux.
- Protecteur est aussi le titre que prit Cromwel , lorsqu’après avoir fait, périr Charles Ier. sur un échafaud, il régna sur l’Angleterre.
- PROTESTANT, s. ni. du lat. pro, devant, en face, et de teslor, déclarer : qui déclare publiquement.
- ( Relig. ) Nom sous lequel on désigne les sectateurs de Luther. Ils furent ainsi nommés, parce qu’en effet ils protestèrent, en iS'2q, contre un décret de l’empereur et de la diète de Spire , et déclarèrent qu’ils en appeîoient à un concile général. Dans la suite , les Calvinistes ont adopté ce nom , et il est donné aujourd’hui à tous ceux qui ont embrassé la réforme.
- PROTET, s. m. de l’italien pro-testo, fait du lai. protestor, déclarer publiquement. F. PROTESTANT.
- ( Commerce') Acte de sommation qu’un porteur d’une lettre de change fait signifier à celui sur qui cette lettre est tirée , lorsqu’il refuse de l’accepter ou de la payer dans le délai prescrit.
- PROTOCANONIQUE, adj. du grec Trpâj'roc (prôtos), premier, et de Ketvovmoç (kanoniltos ), dérivé de zstvàv (kanôn), règle : premier canonique.
- ( Hisl. ecclés.') II se dit des livres sacrés qui étoient reconnus pour tels , avant même qu’on eût fait les canons. M. Dupin , dans ses prolégomènes sur la bible, en divise les livres en trois classes : les prolocanoni-ques, les deutérocanoniques et les ttpochryph.es.
- PROTOCOLE , s. m. du grec irpœToç ( prêtes ), premier , et de *a>\oy, (kôlon) , peau, parchemin, tôle, feuille : première feuille.
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- ( Pratique ) Ce root désignoit chez les Romains, la première feuille d’un ligre; il désigne parmi nous le registre des minutes, des actes que les notaires reçoivent : on entend aussi parce mot, un formulaire pour dresser des actes publics.
- PROTONOTAIRE , s. m. du grec crpS-To? (prôtos), premier, et du latin nolarius , qui a ensuite passé dans le grec du bas empire : notaire , écrivain.
- ( Chancell. romaine) Officier de cour de Rome, qui a un degré de prééminence sur tous les autres notaires de la même cour , et qui reçoit, les actes des consistoires publics et les expédie en forme. U y a un college de douze protonotaircs participons , nom d’une prélatine considérable à Rome.
- PROTOPATHIQUE , s. f. du
- grec TTpa'Ter (prêtes), premier, et de Tràôû? ( pathos ) , maladie : ma-ladiepremière, c’est-à-dire, qui n’est précédée ni produite par une autre. Il est opposé à DEUTEROPATHIQUE, F. ce mot.
- PROTOTYPE , s. m. du grec 'ïï-pwTo? (prêtes) , premier , et de nviroc (tupos), modèle: premier modèle.
- (Fondeur de caractères) Prototype est le nom d’un instrument qui règle la force de chaque caractère , et lui donne une précision juste.
- PROTUBÉRANCE , s. f. du lat. pro , devant, avant, et clé tuber, tumeur ; avance, éminence.
- (Anat.) Elévation, éminence , la protubérance annullaire du cerveau.
- ( Conchyliologie) Il se dit aussi de l’allongement d’uue partie testacée.
- PROUE, s. f. de l’espagnol pro a, fait du latin ou de l’italien prora. Les Anglois disent prow.
- ( Marine ) La partie de l’avant du vaisseau, la face antérieure qui se présente au spectateur qui est hors du vaisseau, et en avant de lui : cette partie est , dans les vaisseaux de guerre et autres, décorée de divers ornemens et sculptures , qui font saillie en dehors de l’étrave, et qui forment ce qu’on appelle l’éneron du vaisseau.
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- PROVIGNER, v. a. du lat. pro-vineare , faire des provins, dérivé de pro , en avant, et de vinea , vigne J ( Agric. ) Coucher en terre des sarmens de vigne pour leur faire prendre racine. Ce terme s’est étendu à tous les arbres qu’on multiplie de cette façon. /
- PROVISOIRE , s. m. du lat. provideo , fait de pro , d’avance , et de video , voir , prévoir ; ce qui doit être exécuté ou fait par pi'ovision.
- (Pratique) Action provisoire ; c’est une action par laquelle nous demandons qu’une chose ? en laquelle nous avons droit, nous soit accordée pro v isi onn ellem ent.
- Matières provisoires ; ce sont celles qui doivent être jugées d’abord et avant tout autre objet, parce qu’elles requièrent Célérité.
- PROXÉNÈTE , s. m. du grec '7r/!ofêvsT«? (proxénètes ) , formé de ntpo (pro), pour, et de gfaoe (xe-nos ), hôte, étranger : qui procure quelque chose aux étrangers.
- ( Hist. rom. ) Les proxénètes étoient à Rome , des gens auxquels les pères s’adressoient pour sonder et pressentir l’esprit des jeunes gens auxquels ils destinoient leurs filles.
- ( Commerce) Proxénète s’es! dit ensuite de ceux qui s’enhemettoient de quelque marché ou de quelqu’au-tre alfaire aujourd’hui il ne s’emploie qu’en mauvaise part, et pour des marchés honteux.
- PRUD’HOMME , s. m. du lat. prudens homo , homme sage, expert , vaillant, probe.
- ( Pratique) On appelle ainsi les experts nommés en justice pour visiter et estimer des choses sur lesquelles on est en contestation. Au dire de prud’hommes, ce qui signifie au dire d’experts.
- (Marine) P md’hommes pêcheurs; on appelle ainsi à Marseille, et dan s d’autres pays maritimes, des hommes élus parmi les plus anciens et les plus notables marins ou pêcheurs, qui ont une sorte de jurisdic-tion paternelle et de paix , pour maintenir l’ordre et la concorde parmi les marins, et pour terminer les différens, et décider dans leurs contestationsre-latives à la pêche, ou au métier de la mer.
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- PRUNELLE, s. f. du lat. pm-nella, espèce de prune sauvage.
- (Anal.) Les anatomistes ont donné ce nom à un trou rond , placé au milieu de l’œil , qui donne passage aux rayons delà lumière, pour aller se briser dans le cristallin , et se peindre sur la rétine. Cette ouverture est ainsi appelée, à cause de sa ressemblance à une espèce de prune sauT vage.
- PRURIT , s. m. du lat. pruritus, dérivé de piurire, démanger.
- ( Méd. ) Démangeaison qu’on sent à la peau , ce qui est ordinaire dans la gale , les ébullitions, et les différentes pustules qui s’y élèvent.
- PRUSSIATES, s. m. de prusse , ou plutôt du bleu de Prusse.
- ( Chimie ) Sels formés par la combinaison de l’acide PRUSSI-QUE (voyez ce mot), ou matière colorante du bleu de Prusse, avec différentes bases. Sa terminaison en ate, indique que l’acide dont il est composé, est complettement saturé d’oxigène. P. ACIDE.
- PRUSSIQUE, adj. de Prusse, ou bleu de Prusse.
- (Chimie) Acide prussique; c’est un acide particulier, obtenu par la distillation du sang, et qui, combiné avec le fer, donne le bleu de Prusse. Sa terminaison en ique indique qu’il est complettement saturé d’oxigène. V. ACIDE.
- PRYTANÉE , s. m. du gx-ec -7rpy-Tot-yaTov (prulanéion) , édifice delà ville d’Athènes , où étoient nourris ceux qui avoient bien mérité de la république, dérivé de ‘TrpcTaviç (pru~ tanis), chef, administrateur.
- ( Hist. anc. ) Le prytanée étoit un lieu à Athènes où s’assembloient les prytanes , les magistrats chargés de rendre la justice, de maintenir la police dans l’état, etc. ; c’étoit aussi le lieu où l’on nourrissoit, aux dépens de la république , ceux qui avoient rendu quelques services a l’état ; c’étoit aussi dans le prytanée qu’on pntretenoitle feu sacré.
- (Instruct. publ.) Prytanée est aujourd’hui le nom d’une maison d’éducation publique , où sont élevés, aux frais du gouvernement, les fils de ceux qui ont bien mérité de la patrie.
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- PSAUME , s. ra. du grec -l*Kp.bç psalmos} , cantique, fait de 4<*x?sa> p s allô ), chanter.
- (Ecrit, sainle} Ce mot ne se dit que des canliques sacrés, composés par David , et des pièces de même nature, qu’ont fait les autres prophètes et patriarches.
- PSELLISME, s. m. du grec -^sà-pos (psellos ) , bègue.
- (.Anat. ) Vice de la parole, qui consiste à hésister en parlant, et à s’arrêter un moment sans pouvoir prononcer les mots.
- PSÉPHORIE , s. f. du grec 4^0 ? pséphos ) , petite pierre, et de ÿipce phéro ), porter.
- (Hist. anc.) Manière décompter chez les Grecs avec de petites pierres plates , polies , arrondies , toutes de la même couleur ; c’est ce que les Romains appeloient calculi.
- Ces petites pierres servoient aussi pour donner les suffrages par la voie du scrutin.
- PSEUD AM ANTES , s. f. du grec ’ltvJ'iiç (pseudês) , faux , et d’àef'*-( adamas ) , diamant, faux diamant.
- ( Chimie ) Pierres factices ou fausses, qui ont l’apparence de pierres précieuses naturelles.
- PSEÜDO-MOEPHOSES,adj. du grec -lîuJn; ( pseudês ) , faux , et de poptp» (morphé), forme : forme, apparence trompeuse.
- PSEUDONYME, adject. du grec •'huI'JK (pseudês} , faux, etd'isoy-et (ononia} , nom : faux nom.
- (Littérature} Il se dit des auteurs qui publient des ouvrages sous un faux nom. On le dit aussi de l’ouvrage.
- On qualifie quelquefois les pseudonymes, d'alîonymes , ou d,hélé rony mes , du grec olXsoc ( allos } , ou de tTipo ç ( hétéros }, qui signifient tous deux autre, ou même rie crip-tonymes , du grec stpûivnraç (krup-tos }, caché ; mais toutes ces dé-„ nominations reviennent à peu près au même. Foy. CRYPTONYME.
- PSEUDOREXIE, s. f. 4=^ (pseudês}, faux , et d’opt%tt (ore--xis} , faim, appétit.
- ( Élédec. ) Fausse faim. PSILOTHRE , s. m. du grec 4u->v#9p«y (psilàlhron), dépilatoire.
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- ( ATédec. } Remède propre à faire tomber le poil.
- PSOAS, s.m. dugrecof-oa. (psoa} , lombe.
- (FLnatom.} Nom donné par les Grecs à deux muscles des lombes. Les modernes en distinguent deux paires, lesgrands et lespetitspjoav.
- PSORA, s. m. du grec (psô-
- ra}, gale.
- ( IVIédec.} Nom .que les médecins donnent à une espèce depustules qui viennent sur la peau, et que l’on nomme vulgairement la gale.
- De psora on a fait psorique, pour désigner les remèdes pour la gale.
- PSORQPTHALMIE , s. f. du grec 4*P* (psora}, gale , et de J«j>9axy.bg (ophlhalmos ), œil : gale des yeux.
- ( iVlédec. } Espèce d’ophtalmie, accompagnée de gale et de démangeaison aux paupières.
- PSYCAGOGIQUE, du grec 4^ f psuchê } , ame, vie , et d’ibya) ( agô ), amener, conduire : qui évoque les âmes, qui ramène à la vie les âmes.
- (Méd.} On appeloitpsychagogcs chez les Grecs , ceux qui faisoient métier d’évoquer les âmes ou les ombres des morts, pour les consulter; et c’est par analogie que les m édéc in s app ellent psych > go g que s les remèdes qui rappellent à ra vie, dans la syncope ou l’apoplexie.
- ( Minéral, ) On appelle ainsi des concrétions ordinairement calcaires , quelquefois siliceuses, qui ont une forme imitative , et qui représentent différons corps du règne végétal, ou animal. Tels sont les bois pétrifiés , les coquilles fossiles, les pisoliihes , cunolithes, priapclithes , etc.
- PSYCHOLOGIE, s. f. du grec 4a^ü (psuchê} , ame, et de xôyoç (logos}, discours.
- Philos. ) Partie de l’anthropologie qui traite de l’ame. Foyez ANTHROPOLOGIE.
- PSYCROMÈTRE, s. m. du grec 4'VX?'0S (psuchros}, froid, et de p.èrpov (metron} , mesure : mesure du froid.
- ( Physique } Instrument propre à mesurer le degré de froid. On l’appelle plus ordinairement THER-' MOMÈTRE. Foy. ce mot,
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- PSYCD TIQUE , adjectif du grec «Ivyr» (psuc^o ) , rafraîchir : rafraîchissant. ,
- (Méd.) Épithète que l’on donne aux remèdes rafraîchissans.
- PTARMIQUE , adjectif du grec 'ïïTctpfJtlç (plannos) , éternument.
- ( Médec. ) Médicament qui fait éternuer : sternutatoire.
- PTERYGION, s. masc. du grec wripuyiov (pterugion), diminutif de <nrTêfov ( plemn), aile: petite aile.
- ( Chimrgie') Excroissance membraneuse qui se forme sur la conjonctive ; c’est, aussi, selon Ceise , une excroissance charnue qui vient, aux ongles des pieds et des mains, et. qui les couvre en partie.
- PTERYGOÏDE , adj. du grec ®riovyiov ( pierugion ), petite aile , et à’ûSoç ( éidos ) , forme , ressemblance : qui a la forme d’une petite aile.
- (Anal.) Nom de deux apophyses de l’os sphénoïde , ainsi appelées, parce qu’elles sont, faites comme des ailes de chauve-souris.
- PTERYGOÏDIEN, adj. Même origine que PTERYGOÏDE.
- (^4nat.) Ce qui a rapport, à l’apophyse ptérygoïde : le pleiygoïdien interne, le pterygoïdicn externe , les artères pterygoïdienncs , etc.
- PTERYGOPALATIN , adj. du grec mntpvyitn {pterugion') , petite aile , et du latin palatum , palais.
- ( Anat. ) Ce qui a rapport k l’apophyse ptérygoïde , et k l’os palatin.
- PTERY GO-PHARYNGIEN, adj. Au grec isrqripvyiov (pierugion ) , pe-t te aile , et de <pâp vy% (pharugx ) , le pharynx, qui a rapport k l’apophyse ptérygoïde , et au pharynx.
- ( Anat. ) Il se dit de deux muscles de la gorge qui appartiennent à l’apophyse pterigoïde , et au pharynx.
- ' PTERYGO-SALPINGOÏDIEN, adj. de PTERYGOÏDE ( voy. ce mot), et de ckh.itiyt, ( salpigx') , trompe.
- (Anat.') Ce qui a rapport. k l’apophyse pterigoïde , et à la trompe d’Eustache.
- PTERYGOSTAPHYLIN, adj. de PTEÏtYGOÏDE (voy. ce mot),
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- et de ( staphulc ) , la luetre*
- (Anat.) Nom de deux muscles de la luette , qui appartiennent k l’apophyse ptérygoïde, et a la luette.
- PTILOSE , s. f. du grec AUxutic (plilôsis ) , chute des cils.
- ( Médec. ) Maladie de l’extrémité extérieure des paupières , dans laquelle , outre la chute des cils, il y a-callosité et dureté des bords des paupières.
- PTTSANE. Voy. TISANE.
- PTIALAGOGIE, adj. du grec A) vixov (pluélon ), salive , ou crachat , et à'cLyoù ( ago ) , chasser , faire sortir : qui chasse la salive.
- (Médec.) Il se dit des remèdes qui excitent la salivation.
- PTYALISME, subs. m. du grec Al éixov (ptuélon ) , salive.
- (Médec.) On entend par ce mot la salivation excitée par le mercure.
- PUBERTÉ, s. f. du lat, puber-tas , dérivé de pubes, poil follet.
- ( Pratique ) Age où l’on est réputé capable de contracter mariage. Le droit romain, et notre droit françois, ont fixé cet âge k quatorze ans pour les mâles, et k douze ans pour les filles.
- PUBESCENCE , s. f. Su lat. pu-besco, commencer k avoir du poil,
- (Bolan.) On appelle a4nsi en botanique , l’existence de poils quelconques ou de particules analogues sur les surfaces des parties d’un végétal. Voyez BARBU , CILIÉ , DRAPÉ, HIRTÉ, HIRSUTÉ, HISPI-DË, LAINEUX, LANUGINEUX, POILU, PUBESCENT, RUDE, SOYEUX, STIMULEUX.
- PUBIS, s. m. Mot latin qu’on a retenu en françois.
- (Anat.) C’est le nom d’un des os innommés, et de la partie moyenne de la région hypogastrique. Cet os est ainsi appelé, parce que c’est k l’endroit de cet os que le poil coœ-•mence k pousser dans l’âge de puberté.
- PUBLICISTE, s. m. du latin pu-blicus, qui concerne le général, la société civile.
- (Polit.) On appelle ainsi celui qui écrit ou qui fait des leçons sur le droit public.
- PUGILAT, s. ro. du latin pugi-
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- iatus , dérivé de pugnus, poing : combat à coups de poing.
- ( Gymnast.) Le pugilat étoit le combat où deux athlètes se battoient à coups de poing.
- Les Grecs furent les premiers à cultiver le pugilat, et le perfectionnèrent au point d’en former un art particulier, qui avoit ses règles et ses finesses, dont on s’instruisoit sousdes maîtres. Cet exercice étoit modéré lorsqu’il se faisoit avec le poing nu ; mais quelquefois les athlètes tenoient dans leurs mains, ou une pierre, ou une grosse balle de plomb, et alors l’exercicé devenoit plus dangereux ; il devint bien plus terrible encore, lorsque , chez les Romains, les corn-battans couvrirent leurs poings d’armes offensives, appelées cesLes, et leur tête d’une espèce de calotte destinée à garantir sur-tout les tempes et les oreilles. V. GESTE, LUTTE, PANCRACE.
- PUINE, adj. pour né depuis, traduction du latin barb. post na-tus.
- ( Pratique. ) Terme relatif à celui d’AINE, c’est l’enfant né après lui, ou depuis lui.
- PUISSANCE, s. f. du lat. po-lenlia, pouvoir, autorité.
- ( Mécan. ) Puissance, se dit en mécanique, d’une force, laquelle étant appliquée à une machine , tend à produire du mouvement, soit qu’elle le produise actuellement ou non. Dans le premier cas, elle s’appelle puissance mouvante ou mobile ,• et dans le second, elle est nommée puissance résistante. Si la puissance est un homme, ou un animal, elle est dite puissance animée. Si c’est l’air, l’eau , le feu , la pesanteur, l’élasticité, ou le ressort, on la nomme puissance inanimée.
- Puissance se dit aussi de six machines simples, comme le levier , ta vis , le plan incliné, le tour, le coin et la poulie.
- (.Arilhmét. algèbre') Puissance 86 dit encore du produit d’un nombre ou d’une autre quantité multipliée par elle-même un certain nombre de fois. Ainsi , le produit du nombre,), multiplié par lui-mêmé, c’est-à-dire 9, est la seconde puis-
- P U I ip%
- sance de 3. Le produit de 9 , multiplié par 3, ou 27, est la troisième puissance , et le produit de 27 encore multiplié par 3 , ou 81 , est la quatrième puissance, et ainsi à l’infini.
- ( Géom. y Commensurahle en puissance ; cela signifie que deux quantités ne sont point commensura-bles, mais que leurs carrés, ou quelque autre puissance, le sont : aipsi, la diagonale d’un carré et son coté sont conimensurables en puissance , parce que le carré de l’une est double du carré de l’autre : cependant la diagonale et le coté sont incommensurables.
- Puissance de Vhyperbole ; c’est le quart de la somme des carrés des demi-axes.
- Puissances des lignes ; ce sont leurs carrés , cubes , etc.
- ( Pratique ) Puissance paternelle / c’est le droit que la loi accorde au père sur la personne et sur les biens de ses enfans,
- PUITS , s. m. du lat. puteus.
- ( Arch. ) Trou profond , creusé dans la terre, et fait exprès pour en tirer de l’eau.
- ( Arl milit. ) Dans la guerre des sièges, on donne le nom de puits à des creux très-profonds qu’on fait devant les lignes de circonvallation , ou au-devant de quelqu’autre retranchement , et qu’on couvre ordinairement, de branchages et de terre pour y faire tomber l’ennemi qui voudrait s’en approcher.
- Puits , se dit aussi des creux très-profonds pratiqués dans la terre pour conduire des galeries de mines sous le chemin couvert d’une place , ou des autres ouvrages , soit de la-part des assiégeant , ou de celle des assiégés.
- ( Minéral. ) Dans les travaux des mines on nomme puits ou bures, des ouvertures carrées, creusées perpendiculairement dans la terre, et revêtues de charpente, pour empêcher les éboulemens. Ces puits servent au passage des ouvriers, à extraire les eaux ou le minerai, ou à changer l’air des souterrains, au moyen d’un tuyau qui monte depuis le fond de la mine jusqu’au jour, où un fourneau placé sur l’ouverture, pompe l’air des souterrains.
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- PULLULER , v. n. du lat. pul-luîare, t'ait de pullus , poulet, littéralement l'aire des poulets: multiplier en abondance , et en peu de tems.
- ( Hist. nal. ) Il se dit principalement de la reproduction des animaux , et par extension des plantes, des herbes, etc.
- PULMONIE, s. f. du lat. pultno , poumon.
- (.Méd. ) Maladie du poumon. Pi PHTHISIE.
- (Anat. ) De poumon , les anatomistes ont fait pulmonaire , pour désigner ce qui appartient au poumon : les nerfs pulmonaires, Vartère pulmonaire.
- PULPE , s. f. du lat. pulpa.
- {Botan. ) Substance médullaire ou charnue des fruits. La pulpe est aux fruits ce que le parenchyme est aux feuilles et aux jeunes tiges.
- PULSàTIF, adj. de pulso, battre, frapper.
- ( Méd. ) Il se dit particulièrement d’une douleur qui survient ordinairement aux inflammations, et qui se fait sentir par des battemens qui répondent aux pulsations des artères , d’où vient que l’on l’appelle douleur pulsative.
- PULSILOGE , s. m.'du lat. pul-sus , le pouls , et du grec xîy w (logo) , lire . parler : qui marque le pouls.
- ( Méd. ) C’est le nom qu’on a donné à un instrument propre à mesurer la vitesse du pouls et dont Sanc-torius passe pour être l’inventeur. On l’appelle encore PULSIMETRE, du grec ps-rpov {melron) , mesure, et du lat. pulsus.
- PULSIMANTIE , s. f. du lat. pulsus , ie pouls, et du grec p.rj.x-tuo. ( manleia ) , divination : proprement, divination par le pouls.
- ( Méd. ) Partie de la séméiotique qui tire ses signes des différentes modifications du pouls. V. SÉMÉIOTIQUE.
- PULSION , s. f. du lat. pulso , battre, frapper.
- (Physique) Terme dont Newton s’est servi pour désigner la propagation du mouvement dans un milieu fluide et élastique comme l’air. Principes de lYewton , liv. 11. proposition 47.
- P U N
- PULVÉRISATION, s. f. du lat. pulvis, pulveris, poussière , et d’ago, agir : action de pulvériser.
- ( Chimie) Opération à l’aide de laquelle on parvient à détruiiie l’ag-grégation des molécules des corps , et à réduire ces corps en une poudre très-fine. On distingue plusieurs sortes de pulvérisations : la pulvérisation par CONTUSION , par TRITURATION , par PORPHYRISATION, par FROTTEMENT, par LAVAGE , par ÉROSION et par PRÉCIPITATION. Fby. ees mots.
- PULVÉRULENT , du^ lat. pul-vero , remplir de poussière , dérivé de pulvis, poussière.
- {Botan.) U se dit des parties des plantes chargées d’un duvet d’une telle ténuité , qu’il ressemble à une poussière.
- PULVINÉ , ÉE , adj. du Ft.pul-vinus , carreau, coussin , oreiller.
- ( Botan. ) On dit qu’une partie solide de plante, telle que l’ovaire , le fruit, etc. est bipulvinée , tri-puTvinée, quadiipulvinée, etc., lorsque sa surface est divisée par des sillons longitudinaux , en deux , trois, quatre aires convexes , et d’une largeur notable, relativement au volume de la partie.
- PUNAIS , adj. du lat. inusité pulinasus , fait de puteo , puer , et de ncisus, nez : nez puant.
- ( Méd. ) Qui a la nez puant, qui est attaqué d’un ulcère fétide dans le nez. Voy. OZENE.
- PUNCH , s. m. Mot indien.
- (Econom. dom.) C’est le nom d’une liqueur qui est un mélange de rurn , ou d’eau de vie , d’eau , de sucre et de jus de citron.
- Le voyageur anglois Fryer dit que ce mot signifie dans la langue des naturels du pays ( des Caraïbes ) , le nombre des ingrediens qui composent cette liqueur.
- PUNIQUE , adj. du lat. punicus, de Carthage 5 qui a rapport aux Carthaginois,
- {Hist. anc. ) Guerres puniquès ; les trois gnerres des Romains contre Carthage. •
- Foi punique ; expression ironique , par laquelle les Romains dé-
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- PUR
- sïgnoient la perfidie des Cartlia,-ginois. /
- PUPILLE , s. f. du lat. pupillus, orphelin qui est en minorité.
- ( Pratique ) Impubère , qui est gous l’autorité d’un tuteur.
- PUR, RE, adj. du lat. punis, fait de puro , purifier , nettoyer , purger: qui est sans mélange , sans mixtion.
- ( Physique ) Il se dit en physique , de tout ce qui n’est point altéré par le mélange de quelque matière étrangère et hétérogène. Voy. PURIFICATION.
- (IVJéiaph. ) L’esprit pur ; c’est l’esprit considéré sans égard avec son union avec la matière.
- ( Elocut. ) Style pur , diction pure; ces expressions s’emploient pour marquer la propriété des termes et la régularité de la construction.
- (.Blason) d’argent pur, de gueules pur ; cela se dit des armoiries qui ne consistent qu’au seul émail du champ de l’écu , sans aucune pièce héraldique.
- ( Mathémat. ) Mathématiques pures ; ce sont les mathématiques qui considèrent en général les propriétés de la grandeur 7 sans application à la physique , telles que l’arithmétique, l’algèbre , l’analyse, la géométrie.
- ( Peinture ) Pure ou pureté , dans le langage des arts d’imitation, se rapporte au dessin : c’est une qualité supérieure à la correction. Un dessin correct est un dessin sans faute; mais la pureté suppose l’élégance et la beauté. C’est dans ce sens qu’on dit que Vantique est pur.
- PURGATION , s. f. du latin purgo , purger , nettoyer.
- ( Méa. ) Evacuation , soit natu-^Ue, soit artificielle , de toute humeur peccante, par quelque voie que ee soit.
- On entend aussi par ce mot l’ac-h°n des purgatifs , et souvent le puigitif même.
- PURGER, v. a, du latin purgo , nettoyer . purifier.
- ( Pratique') Ce mot est usité au palais dans plusieurs phrases.
- Purger les hypothèques ; c’est
- es éteindre , les anéantir.
- Tome III.
- PUR ip3
- Purger un décret d’ajournement, on un mandat d’amener; c’est faire-l'a comparution requise.
- Purger une contumace ; c’est se rendre dans les prisons du juge qui a instruit la contumace , à l’effet de faire mettre cette contumace au néant.
- Purger la mémoire d’un défunt ; c’est piouver qu’il n’étoit point coupable du crime dont il a été accusé , ou pour lequel il a été condamné.
- PURIFICATION , s. f. du latin purfico , purger , nettoyer : action, de purifier.
- ( Chimie ) Opération par laquelle on sépare d’une substance les rtiàtières hétérogènes qui y sont mélangées.
- Les opérations de chimie sont? pour la plupart, des purifications.
- La sublimation du soufre et de l’arsenic dans le grillage des mines est un moyen de purification, Voy. SUBLIMATION.
- La rectification des matières spi-ritueuses est encore une purification dont le but est d’enlever à ces liqueurs le principe aqueux qu’elles contiennent. Voy. RECTIFICATION.
- Les différentes cristallisations , dissolutions et filtrations des substances salines sont encore des moyens de purifier ces sels eu les privant des matières étrangères qu’ils contiennent. Voy. CRISTALLISATION, DISSOLUTION , FILTRATION.
- L’opération du départ est de même une purification de l’or ( voy. DÉPART ) ; la coupellation , l’affinage , les différentes fontes des substances métalliques, sont encore autant de moyens des PURIFICATION. Voy. COUPELLATION, AFFINAGE.
- ( Relig. cathol. ) Purification de la Sainte- Vierge ; fete que l'église romaine célèbre le second jour de février , en mémoire de ce -que la Sainte-Vierge , par humilité , se présenta au temple , quannte jours après la naissance de Jésus-Christ , pour satisfaire à ia loi de t Ioisq.
- La fête de la purification paroît avoir été instituée par Justinien , l’an .S42 , à loccasion d’une mortalité qui, cette année-là, dépeupla N
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- presque toute la ville de Constantinople.
- PURISME , s. m. du lat. punis.
- ( (Jratnm. ) Défaut de celui qui affecte la pureté du langage.
- PURITAIN , s. m. du lat. punis.
- ( Relig. ) Nom qui a été donné particulièrement aux presbytériens rigides d’Angleterre , qui font profession de suivre la parole pure de l’évangile.
- PURULENT , TE , adj. du latin •punilentus , fait de pus , puris , pus : qui est mêlé de pus.
- ( Méd. ) Il se dit des matières qui tiennent de la nature du pus , comme les crachats des phthisiques, les sellesdesdyssentériques,lesurines qui sortent de certains abcès ou ulcères , les urines de ceux qui ont des ulcères aux reins, à la vessie.
- PUSTULE, s. f. du lat. pustula, dérivé du grec qvvtt (phusa ), vessie, tumeur , enflure.
- ( l\léd. ) On donne ce nom à toutes sortes de petites tumeurs qui s’élèvent sur la peau , soit qu’elles «oient ulcéi ées ou non.
- Telles sont les pustules de la petite vérole , de la rougeole , de la gale, Je pourpre, les tubercules vénériens , et tous les petits boutons cutanés. C’est la même chose qu’EXANTHEME. Voy. ce mot.
- PUTRÉFACTION , s. f. du latin putrefactio , fait depulreo, pourrir, «t A'a go , faire : action par laquelle un corps se pourrit.
- ( Chimie ) La putréfaction en chimie est définie le dernier degré de la fermentation végétale ou animale ; c’est l’analyse naturelle et spontanée qui s’opère en vertu de l’attraction compliquée existante entre les pi incipes nombreux des matières animales, l’hydrogène, l’azote, le carbone , l’oxigène , le soufre , le phosphore. Ces corps simples , combinés en différentes proportions , forment les gaz, les acides, les sels, l’ammoniaque , l’huile , le savon ammoniacal, enfin tous les composés qui résultent de la putréfaction.
- PUTRIDE , adj. du lat. putridus, Fait de putreo , pourrir.
- ( Méd. ) Pourri, corrompu : il se dit de la corruption des humeurs
- PUT
- et. des chairs : humeurs putrides , fièvres putrides.
- PYCNOSTYLE , s. m. du grec 'Trtotvsç (puknos ) , épais , serré, et de çùxoç ( slulos j, colonne : colonnes pressées.
- ( Archil. ) Edifice où les colonnes sont fort pressées. Dans cette ordonnance , les entre- colonnemens n’ont qu’un diamètre et demie de la colonne.
- PYCNOT1QUE , adj. du grec •7TVKVÔ0Ù ( puknoà ) , épaissir : qui épaissit , qui condense.
- ( Méd. ) On donne cette épithète aux remèdes qui ont la vertu de condenser les humeurs, et de rafraîchir en les épaississant : ils ne diffèrent guère des INCRASSANS. T^oy. ce mot.
- PYGMÉE , s. m. du grec vruypii ( pugmê ), coudée : qui n’a qu’une coudée de haut.
- ( Mithol. ) Les pygmées suivant la fable n’avoient qu’une coudée de hauteur, d’où vient leur nom. C’est dans ce sens qu’on dit d’un homme fort, petit : c’est un pygmée.
- PYLORE , s. m. du grec <7réx« ( pulê ) , porte , et d’ùpîw ( oréô ), garder : garde-porte.
- ( Anal. ) Cercle charnu qui ferme l’orifice inférieur de l’estomac , ainsi appelé parce qu’on le regarde comme le portier de l’estomac.
- PYRAMIDAL , LE , adj. de pyramide. (Voy. ce mot ) qui est en forme de pyramide.
- ((Jéorn. ) Pyramidal se dit d’une pièce de bois, ou d’autre matière , large par un bout, et qui va en diminuant par gradation jusqu’à l’autre extrémité , où elle se termine en pointe , comme les cônes et les pyramides.
- (Arith.) IVombrespyramidaux; ce sont les sommes des nombres pu-»
- lygones formés de la même manière que les nombres polygones eux-mêmes sont formés des progressic/ns arithmétiques. On les appelle particulièrement premiers pyramidauxv Les sommes des premiers pyramidaux se nomment seconds }>yra~ tnidaux ; les sommes de ceux-ci) troisièmes . pyramidaux , ainsi de suite à l’infini.
- (Anal. ) Pyramidal se ditd«
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- pîüsîeurs parties du corps humain :
- Muscles pyramidaux y ce sont deux muscles propres du nez ; ce sont aussi deux muscles du ventre : la cuisse a aussi un muscle pyramidal.
- Vaisseaux pyramidaux ; c’est un faisceau de ramifications, formé par les veines spermatiques, qui descend des ouvertures ou anneaux des muscles du bas-ventre , et qui va en s’élargissant déplus en plus.
- Ôn a aussi donné le nom de pyramidales à des éminences de la moelle allongée ; enfin, on a nommé pyramidal , l’ostrapezoïdedu carpe.
- PYRAMIDE , s. f. du grec-jrwp*-piç (puramis'), dérivéde 7rvp(/?ur), feu, parce que les pyramides se terminent en pointe comme la flamme. ( Créont. ) Solide terminé par un olygone quelconque, qui lui sert de ase, et par des plans triangulaires, qui s’élèvent sur les côtés de ce polygone , et qui vont tous se réunir en un même point, qu’on appelle sommet de la pyramide.
- On dit qu’une pyramide est triangulaire , quadrangulaire , pentagonale 5 etc. , selon que le polygone qui lui sert de base, est un triangle, un quadrilatère, un pentagone, etc. ; en général, on emploie l’expression pyramide polygonale, pour désigner une pyramide dont la base est un polygone quelconque.
- Pyramide régulière ; celle dont la base est un polygone régulier, et du sommet de laquelle on peut abaisser une perpendiculaire qui passe par le centre de ce polygone.
- ( Optique') Pyramide de lumière ; on appelle ainsi un jet de lumière composé de rayons diver-gens , qui partant d’un point d’un objet éclairé ou éclairant, forme une pyramide dont le sommet est à l’objet , et la base sur le plan qui la reçoit ou sur l’œil. C’est par le moyen de ces pyramides de lumière que nous apercevons chaque point d’un objet -, pour cela , il faut que. les rayons qui les composent, arrivent à notre œil avec un certain degré de divergence , ou l’on ne voit point du fout l’objet, ou du moins on ne le yoit que confusément.
- ( Peinture ) Pyramide pittores-(llle i c’est ainsi qu’on appelle la
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- figure à laquelle les règles classiques de la peinture assujétissent la composition des tableaux d’histoire, soit dans son ensemble, soit dans chaque groupe en particulier.
- La célèbre peinture antique de la noce aldobrandine, celles qui ont été découvertes dans les fouilles d’Her-culanum , les écrits de Pausanias et de Pline ne prouvent pas que les Grecs aient connu le principe de la pyramide pittoresque, et depuis la renaissance de la peinture, on trouve de très-beaux tableaux d’histoire , de Raphaè'l et du Poussin , dans lesquels ce principe n’a pas été observé; mais aujourd’hui, la règle de faire pyramider les compositions pittoresques est un des grands principes de l’art, et l’on prononce hardiment que la forme droite ou circulaire fe-roit un effet monstrueux dans un tableau. Antoine Coypel est de tous les peintres modernes , celui qui a le mieux entendu l’art de faire pyramider ms compositions.
- PYRAMIDOÏDE , s. m. du grec dWiipctp.iç: (puramis), pyramide, et «IcToç ( éidos ), forme ,ressemblance ; qui a la forme d’une pyramide.
- ( Oéom. ) Solide iormé par la révolution d’une parabole autour d’une de ses ordonnées. On l’appelle aussi fuseau parabolique.
- PYRÈNE , s. f. du grec irvpfo ( purên ) , noyau , baie.
- ( Botan. ) Nom donné par quelques anciens, et par Goertner à chacune des petites noix d’un péricarpe charnu , qui en contient plusieurs. Ce qu’on appelle vulgairement pépins dans la nèfle, sont despyrênes.
- PYRÉNOÏDE, adj. du grec nvpm (purên) , noyau , et d’t'ÏJ'oç (éidos'), forme , figure , ressemblance : qui a la forme d’un noyau.
- (.Anat. ) On donne cette épithète à l’apophyse odontoïde de la seconde vertèbre du cou, à cause qu’elle ressemble à un noyau.
- PYRÉTIQUE , adj. et s. du gve« nTvperbç ( puretos ) , fièvre.
- ( JVléd. ) Epithète que l’on donne aux remèdes contre la fièvre; c’est un remède py ré tique ; c’est un py-rélique.
- PYRÉTOLOGIE , s. f. du grec nvprU ( purçtos ), fièvre . et d* N a
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- xoyoç ( logos ) , discours : discours ou
- traité sur les fièvres.
- (31 éd. ) Par tie de la pathologie qui traite des fièvres.
- PYREXIE , s. f. du grec niftÇic ( purexis ) , état fiévreux.
- ( Méd. ) Ce mot désigne toute fièvre symptomatique.
- PYRIFORME ; e. PIRIFORME. PYRIQUE , adj. du grec irZ?
- ( pur ), feu : qui concerne le feu.
- ( Techuol. ) Il se dit de certains feux d’artifice qu’on fait jouer dans un lieu clos et couvert.
- Spectacle pyrique.
- PYRITE , s. f. du grec Trop (pur) , feu, et de xiSoc ( lithos), pierre: pierre à feu.
- ( Chimie ) Sulfures métalliques qui ont dans leur cassure le brillant des métaux ; pyrite de cuivre , ou sulfure de cuivre, pyrite-martiale , ou sulfure de fer. On a aussi donné ce nom à quelques mines arsenicales.
- PYROBOLISTE , s. m. du grec '7rvp(pur'), feu , et de Qkxxm ( hallo) , jeter , lancer : qui lance du feu.
- (Art milit. ) On donne ce nom aux artificiersqui composent diverses sortes de feux pour la guerre.
- PYROLÂTRIE , s. f.(du grec (pur) , feu , et dé Xenpîist (lalreia) , culte: culte du feu.
- Pyro-lignites , adj. du grec -ttvo { pur) , feu , etdulat. Itgnum,bois.
- ( Chimie) Sels formés par la combinaison de l’acide pyrolignique, c’est-à-dire de l’acide tiré des bois par distillation, avecdifférentesba-S3S. Ce genre de sels n’étoit point connu des anciens chimistes. Koy. PIRO-TARTRITE.
- PYROMÈTRE , s. f. adj. du grec ‘jrvp ( pur), feu, et de pÎTpov i^méirou ) , mesure.
- ( Physique ) instrument destiné à mesurer l’action du feu sur les corps solides. Il a été imaginé par Musschenbroè’ck , corrigé par Desa-guiiiers et l’abbé Nollet , et perfectionné par Wedgewood.
- Le pyrometre de Wedgewood indique la progression du calorique jusqu’à la fusion des métaux les plus réfractaires, et sert à classer les substances en raison de leur fusibilité.
- P Y R
- PYRO-MUCITES, adj. du gre© nrvp ( pur) , feu , et du lat. mucus, mucosité , humeur acqueuse.
- (.Chimie) Sels forméspar la combinaison de l’acide pyromucique , c’est-à-dire de l’acide formé par la distillation des gourmes' , du sucre-, des fécules , avec différentes bases. V. PYRO-TARTRITE.
- PYRONOMIE, s. f. du grec 'jrûp (pur), feu, et de vo/m ( nonios), loi, règle.
- ( Chimie) L’art de régler le feu dans les opérations de chimie.
- PYROPHANE , adj. du grec nZp (pur) , feu , et de <p*!va> (phaino ) , briller: qui brille au feu.
- (Minéral.) Il se dit d’une pierre qui change de couleur et devient très-transparente , dès qu’èlleressent l’impression d’un corps chaud ; elle reprend sa couleur et son opacité en se refroidissant.
- PYROPHORE , adj. du grec vOp (pur), feu, et de <pipw (phérô) , porter : porte-feu.
- ( Physique) On nomme ainsi une préparation chimique, qui a la propriété de s’emhrâser, lorsqu’elle est exposée à un air humide ou chargé d* vapeurs.
- C’est Homberg qui a découvert 1© pyrophore , en travaillant la matière fécale.
- PYROSCOPIE, s. f. du grec vvf (pur), feu, et de tmoTrim (skopéô), considérer.
- ( Divinal. ) Divination par l’inspection du feu. C’est la même chose que PYROMANCIE , de srvp (pur), feu, et de p.ctvTi'm ( manteia), divination.
- PYRO-TARTRITES , adj. du grec tjvp (pur), feu, et du latin tarlarum, tartre.
- ( Chimie) Sels forméspar la combinaison de l’acide pyro-tartareux, ou modification de l’acide tarrareux, faite par le feu , avec différentes bases.
- Il résulte des dernières recherches de MM. Fourcroi et Vauquelin , que les acides pyro-muqueux, pyro-, ligneux et pyro-tartareux ,ne sont que de l’acide nitreux , tenant en dissolution une huile empyreumatique, d’où il suit que les pyro-lignilés, les pyro-muciles , et les pyro-tUr-
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- tri tes, ou les combinaisons de ces trois acides avec différentes bases, doivent être regardées comme de vrais acétites.
- PYROTECHNIE, s. f. do grec wvo (pur) , feu , et de ( Le dî-
- né') , ait.
- ( Pechnol.) L’art du feu, l’art de se servir du feu. Il s’entend communément de l’art de faire des feux d’artifice.
- ( Chimie) Pyrotechnie des chimistes. r. PYftüNOMIE.
- (Art milil.) Pyrotechnie militaire. y. PYRÜBOLQGIE.
- PYROTIQUE , adj. du grec ttvpse (puros) , gén. de vrvp (pur), feu.
- ( Chirurgie) Il se dit des préparations qui ont la vertu de brûler , de cautériser. P~. CAU'STIQUE.
- PYROXÈNE, adj. et s, du grec /irvp (pur), leu , etde fhoç (xénos), étranger : étranger au feu.
- (Minéral.) Nom donné à une pierre qui n’est point un produit de volcan , quoiqu’elle se trouve souvent parmi des matières volcanisées. Elle est d’un vert plus ou moins foncé.
- PYRRHIQUE , adj. et s. de Pyrrhus , fils d’Achille, ou de Pyrrhique le cydonien.
- (Danse) Dansepyrrhique : c’est une danse militaire , inventée , dit-on , par Pyrrhus, laquelle se faisait avec les armes, en frappant sur les boucliers en cadence, pour exprimer l’action d’un combat. Elle étoit en usage chez les Grecs et chez les Romains , et nous lisons dans Spartien, que l’empereur Adrien donna plusieurs fois au peuple, dans le grand cirque, le spectacle de cette sorte de danse.
- La Pyrrhique est auj ourd’hui dansée par les Turcs et lesThraees, qui, armés de boucliers et d’épées fort courtes , sautent légèrement au son des flûtes , et se portent ou parent des coups avec une vitesse et une agilité . surprenan te.
- ( Poésie ) Pyrrhique se dit aussi d’un pied de vers grec ou latin , composé de deux brèves, et ainsi appelé de la danse pyrrhique , où il dorni-noit particuliérement.
- PYRRHONISME , s. m. dePyr-rhon, philosophe grec.
- (Philos. ) Doctrine et sentiment
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- du philosophe Pyrrhon, et par extension , habitude ou all’ectation de douter de tout.
- PYTHAGORE, subst. m., nom d’homme.
- (Philos.) Système de Pytha-gore ; c’est celui que Copernic a renouvelé parmi nous. On l’appelle Système de Pythagore, parce que ce philosophe le" soutint ; mais il étoit encore plus ancien. V. COPERNIC.
- (Mrilhmét.) l’able de pythagore ; c’est le nom d’une table de multiplication, ou carré formé de cent autres petits carrés, contenant le produit des dillérens chiffres, ou nombres simples, multipliés les uns par les autres.
- PYTHIE , s. f. du grec itùBioç (puthios), surnom donné à Apollon pour avoir tué le serpent python.
- ( jdntiquit. ) Prêtresse de l’oracle d’Apollon à Delphes.
- De là les jeux pythiens qui se célébroient à Delphes, et
- Pythonisse, nom que l’on don-noit à certaines devineresses de l’antiquité.
- PYTHOMÉTRIQUE, ou plutôt PITHOMÉTRIQUE, adj. du grec 7ri0sf (pithos) , tonneau , et de-p.irpov ( métron )mesure.
- (Jaugeage) Echelles pithomé-tiiques ; ce sont celles qui indiquent les segmens des tonneaux dans le jaugeage..
- PYULQUE , s. m. du grec nrvov (puon) , pus, et d’sXxai (helkô), tirer, extraire.
- ( Chirurgie ) Instrument de chirurgie, en forme de seringue , dont on se sert pour tirer les matières purulentes de différentes cavités du corps.
- PYURIE , s. f. du grec ttvov (puon), pus, et de ipéu (ouréô) , pisser.
- ( iVIéd. ) Pissement de pus.
- PYXIDULE, s. f. dugrec.-zrtffoc (puxos), buis, dont les latins ont fait pyxis , pyxidis, boîte, parce que l’on fait beaucoup de boites de buis.
- ( Botan. ) Petite capsule des mousses , à laquelle les Linnéistes donnent le nom erroné d’anthère.
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- Q U A
- Q
- V^UADRANGLE , s. m. du latin quadrinus, quatre, et d’angulus, angle: qui a quatre angles.
- ( Géom.) Terme autrefois usité pour signifier une figure qui a quatre côtés pu quatre angles. V. QUADRILATERE.
- QUADRANGULAIRE, adj. même origine que QU AD RANGEE.
- ( Géom.) Il se dit d’une figure qui a quatre angles,
- QUADRANGULÉ , adj. , même origine que QU ADR AN GLE.
- ( Bolun.) U se dit des parties des plantes qui ont quatre angles.
- QU A BR AT, s. m. du lat. quadrillas , carré.
- (AstroL anc.) Aspect quadrat ; c’est l’aspect de deux planètes distantes l’une de l’autre de la quatrième partie du zodiaque, c’est-à-dire, de ço degrés. TJaspect quadrat se nomme aussi QUADRATURE. V. ce mot.
- ( Imprimerie ) Quadrat se dit aussi d’un petit morceau de fonte plus bas que la lettre, et de la largeur de trois ou quatre chiffres» au moins, qui sert à faire un blanc en imprimant. Il y a des quadralins et des demi-quadratins, c’est-à-dire, des quadrats qui sont de la largeur de deux ou d’un chiffre. On met les premiers au commencement des alinéa , et ou emploie principalement les autres pour les opérations d’arithmétique.
- QUADRATIQUE, adj., même origine que QUADRAT.
- ( Algèbre) Equation quadratique , ou équation du second degré ; c’est l’équation où la quantité inconnue monte à deux dimensions, c’est-à-dire , une équation qui renferme le carré de la racine ou du nombre cherché.
- Les équations quadratiques sont de deux espèces ; les unes sont pures ou simples, et les autres sont affectées.
- Les équations quadratiques simples sont celles où le carré de la racine inconnue se trouve seul, et est égal à un nombre donné ou à une quantité cosnue.
- Q U A
- Les équations quadratiques affectées sont celles qui renferment quelque puissance intermédiaire du nombre inconnu, outre la plus haute puissance de ce nombre, et le nombre absolu donné.
- QUADRATRICE , s. f. du lat. quadro, rendre cari é.
- ( Géom. ) On donne ce nom à une courbe mécanique, par le moyen de laquelle on peut trouver des rectangles ou carrés égaux à des portions de cercles , ou en général à des portions d’espaces curvilignes.
- La plus célèbre des quadratrices est celle de Dinostrate, pour le cercle ; elle sert à trouver la quadrature du cercle, non point géométriquement, mais d’une manière mécanique ; elle est ainsi appelée de Dinos-trate qui en est l’inventeur.
- QUADRATURE , s. f. du latia quadraiura.
- ( Géom. ) Manière de carrer, on de réduire une figure en un carré, ou de trouver un carré égal à une figure proposée.
- Quadrature des figures rectilignes ; cette opération est du ressort de la géométrie élémentaire : il ne s’agit que de trouver l’air ou la superficie de ces figures , et de la transformer en un parallélogramme rectangle.
- Quadrature des courbes ; c’est-à-dire, la manière de mesurer leur surface , ou de trouver un espace rectiligne égal à un espace curviligne. Cette matière, d’une spéculation plus profonde, fait partie de la géométrie sublime. Archimède paroît être le premier qui ait donné la quadrature d’un espace curviligne, en trouvant la quadrature de la parabole.
- Quoique la quadrature des figures , et sur-tout dp celle du cercle , ait été l’objet de l’application des plus fameux mathématiciens de l’antiquité , on peut dire qu’on n’a rien fait de considérable sur cette matière que vers le milieu du 17e* siècle : savoir , en 1657 , que MM. Neil et Brownker, et après eux , M. Christophe Wren , ont trouvé les moyens de démontrer géométriquement l’égalité de quelques espaces curvilignes , avec des espaces
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- tectilignes. Quelque tems après,plusieurs géomètres firent les mêmes tentatives sur d’autres courbes, et réduisirent le problème au calcul analytique. Mercator en publia pour la première fois l’essai en 1688 , dans une démonstration de la quadrature de l’hyperbole , du lord Brownker, dans laquelle il se servit de la méthode de Wallis , pour réduire une fraction en une suite infinie par le moyen de la division.
- MM. Christophe Wren et Huy-ghens se disputèrent la gloire d’avoir découvert la quadrature d’une portion de la cycloïde. M. Leibnitz découvrit celle d’une autre portion; et, en 1699 , Bernouilli découvrit celle d’une infinité de segmens et de secteurs de cycloïde.
- Quadrature du cercle ; c’est la manière de trouver un carré égal à un cercle donné. Ce problème a occupé inutilement les mathématiciens de tous les siècles. Il se réduit à déterminer le rapport du diamètre à la circonférence , ce qu’on n’a pu laire jusqu’ici avec précision.
- Plusieurs géomètres ont approché fort près de ce rapport ; Archimède paroît avoir été un des premiers qui a tenté de le découvrir, et a trouvé par le moyen des polygones réguliers de 96 cotés inscrits et circonscrits au cércle, que ce rapport est comme 7 à 22.
- Quelques-uns des modernes ont approché beaucoup plus près, surtout Ludolphe de Ceulen, qui a trouvé, après des calculs immenses, qu’en supposant que ce diamètre soit 1 , la circonférence est plus petite que 3, 14159265358979323846 264338827950 ; mais plus grande que ce nombre en mettant l’unité pour dernier chiffre. M. de Lagny a étendu ce calcul.
- Les géomètres ont encore eu recours à d’autres moyens , sur-tout à des espèces de courbes particulières qu’on appelle QUADRA-TUREES ; mais comme ces courbes sont toutes mécaniques , ou transcendantes, et non point géométriques , elles ne satisfont point exactement à la solution du profil, me, et ce moyen n’est, dans le lait qu’une pétition de principes.
- On a donc recouru à l’analyse ,
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- et tenté de résourdre .ce problème par plusieurs méthodes différentes, et principalement en employant certaines séries qui donnent la quadrature du cercle par une progression de termes.
- O-n a deux suites infinies qui expriment la raison de la circonférence au diamètre , quoique d’une manière indéfinie. La première a été découverte par Newton , qui a trouvé, en supposant \ pour le rayon , que le quart de la circonférence est 1 —
- Tü — » etr*
- La seconde est de M. Leïbnitz , qui trouve de même que le rayon étant 4, l’arc de 45 degrés est la moitié de x — 7 + j — r 4- 5 , etc.
- Quadrature des lunules ; quoiqu’on n’ait point encore trouvé jusqu’ici la quadrature parfaite du cei-cle entier, on a cependant découvert les moyens de carrer plusieurs de ses portions. Hypocrate, de Cfiio , est le premier qui ait carré une portion du cercle à qui sa figure a fait donner le nom de lunule, Hoy.
- LUNULE.
- Cette quadrature ne dépend point de celle du cercle ; mais aussi ne s’étend-elle que sur la lunule entière ou sa moitié.
- Quelques géomètres modernes ont cependant, trouvé hxquadratus -ed’ u ne portion de la lunule à volonté , indépendamment de celle du cercle ; mais elle est toujours sujette à certaine restriction qui empêche que la quadrature ne soit parfaite, c’est-à-dire, absolue et indéfinie.
- Quadrature de l’ellipse ; l’ellipse est une courbe dont on n’a point encore trouvé la quadrature exacte, ce qui oblige d’avoir recours à une série.
- ( Astrom. ) Quadrature de la lune ; c’est la situation de ia lune lorsque sa distance au soleil est de 90 degrés, ou qu’elle es*' dans un point de son orbite également distant des points de conjonction et d’opposition , ce qui arrive deux lois dans chacune de ces révolutions. On appelle’ces fems-là, premier quartier, dernier quartier. Voyez QUARTIER , SYSIGIES.
- ( Horlogerie ) Quadrature se dit aussi , en parlant a’une montre, de l’assemblage des pièces qui servent
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- '2oo , ' Q U A à faire rnarcher les a'iguilles du cadran, et à faire aller la répétition , quand la montre ou l’horloge est à répétition.
- QYADRIDENTÉ, ES , adj. du lat. quudrinus Quatre , et de de ns, dentis , dent : à quatre dents.
- ( Botan. ) Il se dit des parties des plantes qui ont quatre dents.
- QUADEIENNIAL , LE , adj. du lat. quadrinus, quatre, et (Vannas, an , année : qui dure quatre ans.
- ( Kcon. polit. ) Il se dit de certains offices divisés entre plusieurs titulaires, dont chacun n’exerce que de quatre ans en quatre a.ns.
- QUADRIFIDE , adj. du lat. qua-driiLus, quatre, et dejidis , corde : à quatre cordas.
- ( Botan. ) Il se dit des parties des plantes divisées en quatre par des incisions aiguës , moindres ou à peu près égales à la demi-longueur.
- QUADRIFLORE, adj. du lat. quadrinus , quatre, et deJlos loris , fleur : à quatre fleurs.
- ( Botan. ) 11 se dit des plantes qui portent quatre fleurs , ou qui ont leurs fleurs disposées quatre à quatre.
- QUADRIGE , s. m. du lat, quadrinus , quatre , et de jugiim, joug, pris métaphoriquement pour le cheval attaché au joug.
- ( Antiquité ) Char monté sur deux roues et attelé de quatre chevaux de front.
- ( Bumismat. ) On appelle aussi quadriges . des médailles dont le revers porte une Victoire ou l’empereur dans un quadrige, tenant les rênes des chevaux,
- QUADRIJLGVEES , adj. du lat. quadrinus , quatre , et de jugum , dans la signification de pane.
- ( Botan. ) Il se dit d’une feuille pennée , dont, les folioles opposées entr;elles forment quatre paires,
- QUALRILAr ERE , ad^, et s. du lat. quadrinus, quatre, et de la tus, laleris, coté : qui a quatre cotés.
- ( Déom. ) Figure comprise entre quatre lignes droites , qui forment quatre angles.
- Si les quatre cotés sont égaux , et tous les angles droits, c’est un carré. f'oy. CARRÉ.
- - ; q u a
- Si les quatré côtés'sont égaux et les opposés aussi égaux, mais non droits , c’est un rliomhe ou lozange, Boy. RHOMBE, LUZANGE.
- Si tous les cotés ne sont pas égaux, mais tous les angles droits , c’est un rectangle. Voy. REC 'ANGLE.
- Si les cotés opposés seulement sont égaux, et les angles opposés aussi égaux, mais non droits , c’est un rhomboïde. V, R ROM 1301 DK.
- Tout autre quadrilatère , dont les côtés opposés ne sont ni parallèles ni égaux, s’appelle un trapèze. V. TRAPEZE.
- QUADRILLE , s. m. de l’italien squadriglia , diminutif de squadra, équerre, et par extension, troupe dressée à l’équerre.
- ( 1 ’ournois ) Petite troupe de cavalerie , superbement montée et rangée pour faire des carrousels, des joutes, des tournois.
- ( Danse ) Les martres de ballets donnent le nom de quadrille à un certain nombre de danseurs vêtus uniformément , qui fbrment des troupes particulières , lesquelles se succèdent, et font ainsi succéder le cours de l’action.
- > QUADRILLE ( jeu ) , s. m. de l’espagnol quadrilla, qui exprime le nombre de quatre.
- ( Jeux) Jeu de cartes qui se joue entre quatre personnes ; c’est une imitation du jeu de V hombre.
- QUADRINÔME , s. m. du latin quadrinus , quatre , et du grec vopn ( nome ) . part, division.
- ( Algèbre ) Grandeur composée de quatre termes.
- QUADRIPARTITION , s. f. du lat. quadrinus, quatre, et de patiiri, parlior, diviser , distribuer.
- . ( Mathémat. ) Le partage d’une chose en quatre. Ce mot/est peu usité.
- QUADRÏPHYLLE , adj. du lat. quadrinus , quatre , et du grec <pvXKov ( phullou ), feuille : à quatre feuilles»
- ( Boian. ) Il se dit d’une plante qui a quatre feuilles.
- QUÂDRISYLLABE , s. m. du latin quadrinus, quatre, et du grec avXhtLÇù ( sullabé ) , syllabe.
- ( Lrranitn. ) Mot composé de quatre syllabes.
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- QUADRIVALVE , adj. du latin tjuadrinus , quatre , et( de valvus , cosse , gousse. ^
- ( Botan. ) Qui a quatre valves ou panneaux.
- QUADRIVALVE , adj. même origine que QUADRIVALVE.
- ( Bolan, ) Qui s’ouvre en quatre valves.
- QUADRUMANE , s. m. du latin quadrinus , qmitre , et de inanus , main : à quatre mains.
- ( Hisl. nat. } On appelle quadrumanes les mamniferes qui ont le pouce écarté à chaque extrémité, ce qui les fait paroïtre avoir quatre mains. Le singe est un quadrumane.
- QUADRUPEDE, s. m. du latin quadrinus, quatre , et de pes, pedis, pied : à quatre pieds.
- (Hisl. nat. ) Animal qui a quatre pieds. On distingue les quadrupèdes vivipares, èt les quadrupèdes ovipares. V. VIVIPARE, OVIPARE, REPTILE.
- Quadruplant, fait de quadrinus, quatre , et de plico , plier.
- (UT/A/i.)Le meme nombre compté quatre fois, ou multiplié par quatre.
- ( Monnoie ) Quadruple est aussi le nom d’une monnoie d'Espagne. Le quadruple ou once d’or vaut 320 réaux de veillon ; il y en a 8 et demie au marc de Castille.
- QUAI, s. m. Mot très-ancien dans la langue , que Scaliger dérive du latin caï f cancelli, mais qui pourroit venir du teuton kay, dont les Flamands ont fait kaye , les Anglois kay ou key, les Portugais caes.
- ( Marine ) C’est dans une ville maritime , ou port marchand , un espace au bord de la mer , rendu commode par l’art pour le débarquement et l’embarquement des marchandises.
- Un quai est ordinairement formé et terminé paç une maçonnerie fondée sur pilotis, et qui contient les eaux de la rivière ou les eaux du port , de manière à procurer une certaine profondeur d’eau pour l’approche des vaisseaux.
- Droit de quai, ou quayage ; c’est une certaine rétribution qui revient à un homme chargé de faire la garde,
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- poitr empêcher que rien ne soit détourné ou enlevé des effets mis en dépôt sur le quai.
- QUAICHE; v. KETCH.
- QUAKER , ou QU ACRE , s. m. de l’anglois quaker, dérivé du verbe quake, trembler : proprement trem-bleur.
- ( Belig. ) Nom de secte de religion , dans l’Angleterre ; ces sectaires ont été ainsi appelés , parce qu’ils sont dans une perpétuelle frayeur des jugemens de Dieu , et prennent à la lettre ces paroles de St. Paul : opéré mini salaient cum timoré el Ire more.
- Les quakers s’élevèrent en Angleterre , au milieu des guerres civiles du règne de Charles I. Georges Fox , né dans un village du comté de Leicester, et coidonnier de son état, prêcha, sans étude , la morale, la charité mutuelle , l’amour de dieu , un, culte simple , et la nécessité de l’inspiration du Saint-Esprit, pour mériter le salut. Cromwel le fit arrêter avec sa femme; mais cette persécution multiplia ses disciples et ses sectateurs. On les maltraita , on sévit contr’eux, on les joua sur le théâtre ; ils méprisèrent les mauvais traitemens, les prisons et les satires. La secte fit les progrès les plus rapides. Cromwel fut obligé de la craindre et de la respecter.
- QUALITÉ , s. f. du lat. quali-tas ; ce qui fait qu’une chose est telle ou telle , bonne ou mauvaise ,grande ou petite, chaude, froide , blanche , noire , etc.
- (Physique ) Qualité, en termes de physique , s’entend de la propriété ou affection d’un être quelconque , par laquelle il affecte nos sens ^ et nous démontre son existence.
- Qualités sensibles ; ce sont les objets que nos sens aperçoivent le plus immédiatement : telles sont la solidité, la fluidité , la dureté , la mollesse, la gravité, l’élasticité , etc.
- Qualités occultes ; les anciens appeloient ainsi celles dont ils ne pouvoient rendre raison.
- (Pratique ) Qualité se dit au palais , des titres que les parties prennent pour agir , ou pour établir leur droit en justice.
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- QUANTITE , s. f. du lat. quanti Las. 11 se dit de tout ce qui peut être mesuré ou nombré.
- (Algèbre) Quantités y en termes d’algèbre, sont des nombres indéterminés , ou que l’on rapporte à l’unité en général.
- Les quantités algébriques sont positives ou négati\es.
- Quantité positive; c’est celle qui est au dessus de zéro , et qui est précédée, ou que l’on suppose être précédée du signe +. K. POSITIF.
- Quantités négatives; ce sont celles qui sont regardées comme moindres que rien, et qui sou t précédées du signe —. ÿP". NEGATIF.
- ( (Jirirnoiaire ) Quantité se dit aussi de la niesure du tems qu’on emploie à prononcer une syllabe ; il y a des syllabes longues et des syllabes brèves, c’est-à-dire , qu’il faut aux premières un tems double de celui que prennent les dernières. La mesure de ce tems n’est point absolue, elle n’est point d’une ou de deux secondes , mais elle est relative, et les syllabes ne sont longues qu’en comparaison des brèves , comme celles-ci ne sont brèves que relativement à celles-là..
- (Musique) Quantité, en musique , de même qu’en prosodie, ne signifie pas le nombre des note? ou des syllabes, mais la durée relative qu’elles doivent avoir. La quantité produit lerbythme, comme l’accent prbduit l’intonation ; du rhythme et de l’intonation, résulte la mélodie.
- QUARANTAINE, s. f. de l’italien quaranlana, fait de quaranta, quarante.
- (Marine) Tems d’épreuve et de clôture , cpie l’on fait subir aux personnes, aux marchandises et aux vaisseaux qui viennent des pays du Levant, ou autres, soupçonnés de peste, pour prévenir la communication de cette contagion. Ce tems est, à la rigueur, de quarante jours, mais selon le plus ou le moins de soupçon et de présomption de l’existence de la peste, dans les lieux d’où vient le vaisseau, et d’après la parfaite santé de tout l’équipage. Ce rem s est abrégé souvent de plus de moitié, d’après le rapport des médecins, et la décision
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- du bureau de santé. Voy. LAZARETS.
- QUART , s. m. dn lat. quartus : la quatrième partie d’un tout.
- ( (jrcom. ) Quart de cercle; c’est un arc de cercle de ço degrés, ou la quatrième partie de toute la circonférence.
- (Astron.) Quart de cercle ; c’est un instrument de cuivre , ordinairement de bois pieds de rayon ou plus, portant une lunette ou fixe, on mobile. Cet instrument, le plus nécessaire de tous, et le plus employé , sert à mesurer ia hauteur d’un astre au dessus de l’horizon.
- L’usage du quart de cercle est très-ancien; mais ce ne fut qu’en 1667 , que Picard et Auzout, y appliquèrent des lunettes, quoique Morin y eû( pensé dès 1634. Cette in vention a procuré une nouvelle perfection à toute l’astronomie.
- Quart de cercle mural ; c’est celui qui est fixé solidement à un mur dans le plan du méridien.
- Depuis long-tems les astronomes sont convenus de la grande utilité de cet instrument, pour les principaux objets de l’astronomie ; car il est clair que ia latitude d’un lieu étant une fois déterminée, en observant lahau-teur méridienne d’un astre, on aura sa déclinaison; et en observant au même instant, avec une bonne pendule , l’heure de son passage par le méridien , on aura son ascension droite. De suite qu’avec un tel instrument, bien exécuté, on peut faire un catalogue des lieux des étoiles fixes, et une carte,céleste, en bien moins de tems et avec beaucoup plus d’exactitude, qu’avec tout autre instrument. Tycho-Brahé fut le premier qui se servit d’un arc mural, pour prendre les hauteurs méridiennes; mais n’ayant pas d’horloges aussi parfaites que celles dont on se sert aujourd’hui , il 11’en put retirer de giands avantages. Hévelius, Flams-tead, Lahire, et plusieurs autres astronomes, se sont servi de quarts de cercles muraux, dont on peut voir la description dans leurs ouvrages ; mais le premier qu’on ait fait avec une grande perfection, est celui de l’observatoire royal de Greenwich^ qui a servi de modèle à ceux que l’o»
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- a faits depuis. On trouve des descriptions de ce quart de cercle, dans l’optique de Smith, dans les mémoires de Ferlin pour 1753, dans l’astronomie deM. Delaïatulc, etc.
- Quart de cercle de V arpenteur ; il est plus simple que celui des astronomes; son rayon est ordinairement de 12 à i5 pouces ; sur la surlace inférieure de l’instrumentest un genou, au moyen duquel on peut lui donner les situations dont on a besoin.
- Quart de cercle de (J-unter; c’est une i espèce de cadran , tracé sur un quart de cercle , dont les degrés marquent les hauteurs, au moyen d’un fil à-plomb:
- Quart de cercle horodictique ; c’est un quart de cercle où sont les lignes horaires.
- Quart de cercle de Sotten , ou de Collins ; c’est un quart de cercle sur lequel on peut voir la hauteur d’un astre , et en même tems l’heure du lever du soleil , son amplitude , l’heure qu’il est, l’azimuth , etc., pourvu qu’on ait rectifié, ou mis le grain sur le degré, ou sur. le jour convenable; c’est une projection st.éréographique sur le plan de l’écliptique.
- Quart du méridien terrestre ; c’est la même chose que la distance de l’équateur au pôle ; c’est cette distance qui a fourni l’élément des nouvelles mesures. V. METRE.
- ( Musique ) Quart de soupir ; c’est la valeur du silence qui marque la quatrième partie d’un soupir , c’est-à-dire, l’équivalent d’une double croche.
- Quart de ton; c’est l’intervalle introduit dans le genre enharmonique , par Aristoxène , et duquel la raison est sourde.
- Les musiciens appellent aussi quart de ton l’intervalle qui , de deux notes à un ton de l’autre , se trouve entre le bémol de la supérieure , et le dièse de l’inférieure ; intervalle que le tempérament l’ait évanouir , mais que le calcul peut déterminer.
- ,{,Art milit. ) Quart de conversion ; c’est un mouvement en forme de quart de cercle qu’on fait faire à un bataillon pour en changer la position.
- ( Archit. ) Quart de rond ; os.
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- appelle ainsi une moulure qui a le quart d’un rond.
- ( Marine ) Quart, s’entend parmi les gens de mer, du temps qu’une partie des officiers et de l’équipage emploient à veiller, pour faire ie service et manœuvrer le vaisseau, tandis que le reste dort ou se repose.
- On partage l’équipage en deux parties , dont l^une s’appelle le quart de tribord, et l’autre le quart de bâbord. Chaque quart est commandé par un officier, qu’on appelle officier de quart.
- Quart de vent; c’est l’une des divisions , au nombre de trente-deux, que l’on distingue dans la boussole. V\ BOUSSOLE .ROSE DE VENT.
- Quart de nouante; v. QUARTIER ANGLOIS,
- ( Manège) Quart en quart; c’est une sorte de volte (y. VOLTE); travailler un cheval de quart en quart, c’est le conduire trois fois sur chaque ligne du carré.
- QUART , TE , adject. du latin quartus , quatrième.
- (Médec. ) Fïcvre quarte; on appelle ainsi la fièvre dont les accès prennent tous les quatre jours inclusivement ; c’est-à-dire , qu’après le premier accès , on est deux jours consécutifs sans l’avoir, et le quatrième jour elle revient.
- QUARTATION , s. f. du latin quarto , partager en quatre : l’action de partager en quatre.
- ( Chimie ) Ce mot signifie, dans le langage des chimistes, réduction au quart : c’est une opération qui se pratique lorsqu’on a une masse d’or et d’argent alliés ensemble, et que l’on veut faire le 'départ de l’or; alors, pour favoriser l’action de l’acide nitrique , si cette masse ne contient pas trois quarts d’argent , on en ajoute jusqu’à cette quantité ; on appelle ce procédé quartation , parce que l’argent réduit l’or au quart de la masse.
- QUARTE , s. f. du lat. quartus.
- ( (déom. ) On appelle quarte,, la soixantième partie d’une tierce , on la 21600e partie d’une minute , soit d’une minute de degré, soit d’une minute d’heure.
- ( Astron. ) Quartes se dit aussi des parties de l’hémisphère visible ou supérieur , comprises entre Is
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- méridien et le premier vertical. Quarte septentrionale , quarte orientale , etc.
- ( Musique ) Quarte est la troisième consoïinance dans l’ordre de leur génération. La quarte est une consOnnance parfaite ; son rapport, est de 3 à 4. Elle est composée de 3 degrés diatoniques, formés par quatre sons, d’où lui vient le nom de quarte. Son intervalle est de deux tons et demi, savoir un ton majeur, un ton mineur , et un semi - ton majeur.
- ( Escrime) Quarte se dit aussi de la manière de porter un coup d’épée ou de fleuret, en tournant le poignet en dehors,
- ( Pratique) Quarte filcidée ; c’est le quart des biens d une succession que les lois romaines réservent à l’héritier , sur les legs, nonobstant les dispositions du testateur. Elle est ainsi appelée de/'hr/-cidius , tribun du peuple, qui, chez les Romains, introduisit cette espèce de légitime.
- Quarte trébelliane ; c’est le quart qui doit demeurer à un héritier chargé de rendre l’hérédité à un a.utre.
- QUARTIER, s. m. du lat. quar-tarius : la quatrième partie de certaines choses.
- (•Métrologie) Quartier de terre ; terme d’anciennes mesures , qui signifioit le quart d’un arpent.
- Quartier d'une pension, d'une rente ; c’est ce qui est échu pendant trois mois , ou le quart de l’année.
- ( ^4rt mil. ) Quartier, dans l’art militaire , a plusieurs significations. Quartier se dit du traitement favorable que l’on fait à des troupes vaincues, quand elles mettent les armes bas pour se rendre. Ce terme vient de ce que les Hollan-dois et les Espagnols étoient autrefois convenus que la rançon d’un officier ou d’un soldat se paieroit d’un quartier de sa paye ; de sorte que sc battre sans quartier, nepoint faire de quartier, c’est refuser le quartier des gages de son ennemi ; c’est user de tous les droits de la victoire; c’est le tuer.
- Quartier signifie aussi le campement d’un corps de troupes, et
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- le corps de ces mêmes troupes ; ce quartier est bien retranché ; ce quartier fut enlevé.
- Quartier d’un siège; c’est un campement sur quelqu’une des avenues d’une place.
- On établit des quartiers sur les plus grands passages de la place , pour empêcher les convois et les secours.
- JDisposer les quartiers du siège ; c’est distribuer les troupes dans tous les difî’érens postes où elles doivent camper.
- yijfoiblir des quartiers ; c’est en tirer des détachemens pour l’escorte des convois.
- Quartier des vivres ; c’est celui où est logé l’équipage des munitions de bouche, et où l’on cuit le pain qui se distribue journellement aux soldats.
- Quartier d’hiver ; c’est quelquefois l’intervalle du tems compris entre deux campagnes, et quelquefois le lieu où on loge les troupes pendant l’hiver.
- Quartier général : c’est un lieu choisi, ordinairement au centre du camp, o ù est le logement du général.
- Quartier d’assemblée ; c’est un lieu choisi sur la frontière , ou dans l’intérieur , où les troupes se rendent pour y passer la revue, et pour delà, marcher à l’ennemi.
- ( Mstron.) Quartier de la lune ; c’est la portion de la partie éclairée de la lune. V. QUADRATURE , PHASES.
- Quartier anglois , ou quart dé nouante ; c’es. un instrument pour prendre hauteur en mer, dont se servent encore les navigateurs peu instruits.
- Quartier de réflexion , ou octant, ou instrument de Hadley, ou octant anglois ; c’est un instrument dont on se sert en mer pour observer les hauteurs et. les distances des astres , en regardant un des astres directement, et l’autre par la réflexion de deux miroirs, en sorte qu’on voie les deux astres se toucher. Cette découverte est une époque mémorable pour la navigation : elle fut donnée en i/Si , dans les transactions philosophiques , par J* Hadley, vice-président de la Société
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- royale de Londres. V. OCTANT,
- SEXTANT, réflexion.
- Quartier de réduction ; c’est le nom d’un instrument de pilotage qui sert à résoudre plusieurs problèmes nécessaires à cet art. C’est un carton de forme carrée , sur lequel est collé une carte ordinairement gravée, contenant, dans l’espace d’un quart de cercle, un nombre de lignes droites et parallèles entr’elles, à égales distances , coupées à angles droits par d’autres lignes aussi parallèles entr’elles.
- Cet instrument offre aux marins un moyen mécanique et prompt pour résoudre tous les problèmes de trigonométrie , usités dans le calcul des différentes routes du vaisseau , en une seule ligne ou direction , .qui est l’hypothénuse d’un triangle, et dont les deux autres côtés sont les chemins faits en latitude et en longitude.
- Quartier sphérique ; c’est un instrument fait sur un carton , comme le cjuartier de réduction , mais différemment construit, et représentant le quart d’un astrolabe ou d’un méridien : au lieu des cercles concentriques que l’on voit au quartier de réduction , ce sont des courbes alongées qui vont toutes se réunir au même point, pour figurer les méridiens réunis au pôle.
- L’usage du quartier sphérique est de résoudre mécaniquement quelques problèmes d’astronomie , qui sont nécessaires dans l’art du pilotage , comme trouver le lieu du soleil, son ascension droite , son amplitude, sa déclinaison, l’heure de son lever et de son coucher, son azimuth, mais par des approximations qui ne peuvent satisfaire autant que le calcul exact.
- yent de quartier ; c’est un vent largue, soufflant dans la direction intermédiaire entre la perpendiculaire , ou le travers du vaisseau et l’arrière , ou soufflant par la hanche du vaisseau , qu’on appelle quelquefois le quartier.
- QUART1LË , adj. du lat. quar-tes j quatrième.
- (riistrol.') C’est le nom que les astrologues donnent à l’aspect de asu* planètes éloignées l’une de
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- l’autre de trois signes , ou d’un quart de la circonférence. On l’appelle aussi ASPECT, QUÀDRAT, QUADR ATURE, y. ces mots. QUARTO ; v. IN-QUARTO.
- QUARTZ , s. m. Mot emprunté de l’allemand.
- ( Minéral. ) Le quartz est une pierre dure , scintillante , rayant le verre , infusible au chalumeau , phosphorescente par le frottement. Le quartz est censé faire la basa principale des montagnes dites primitives , et par conséquent de la masse du globe terrestre. C’est l’élément le plus abondant des granits ; on en fait la base des bri- i ques employées à la construction des fours de verrerie.
- QUASI-CONTRAT, s. m. Contraction du lat. quasi contractas.
- ( Pratique ) Les quasi - contrats sont des engagemens qui dérivent de certains faits , et que néanmoins on ne peut nommer contrats , parce que la convention expresse ou Ja-cite, l’essence du contrat, ne s’y rencontre point.
- Si quelqu’un , dans l’intention, d’être utile à un absent, prend soin de ses affaires, sans qu’il en ait été chargé , il contracte l’obligation de rendre compte de sa gestion ; celui pour lequel il a. géré est, de son côté, tenu des dépenses nécessaires. I ou utiles faites pour lui.
- QUASI-DÉLIT , s. m. du lat, quasi delictum.
- ( Pratique) Dommage que l’on cause à quelqu’un sans avoir dessein de nuire ; lorsque , par exemple , on jette sur un chemin public quelque chose qui blesse un passant. s
- Le quasi-délit engendre une action en vertu de laquelle celui qui a occasionné le dommage est obligé de le réparer.
- QUATERNE, s. m. du lat. qua-terni , à quatre : quatre de rang.
- (.Loterie ) Combinaison de quatre numéros pris ensemble à la loterie , et sortis ensemble de la roue de fortune.
- QUATERNES , adj. du lat. qua-terni , à quatr e : par quatre.
- ( Botan. ) On donne ce nom à
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- toutes les parties des plantes qui Sont disposées quatre par quatre sur un même point , ou plan d’insertion.
- QUATRAIN, s. m. de quatre.
- ( Poésie') Petite pièce de poésie , stance , couplets de quatre vers, dont les rimes sont presque toujours croisées.
- Il signifie aussi quelquefois quatre vers qui font partie d’un sonnet.
- Le sonnet est composé de deux quatrains et de deux tercets.
- OUATRIENNIAL, LE , adj. V. QÜADRIENNIAL.
- QUATUOR , s. m. Terme emprunté du lat.
- ( Musique ) C’est le nom qu’on donne aux morceaux de musique vo-'cale ou instrumentale, qui sont à quatre parties récitantes, QUATRINOME, s. m. ;v. QUA-DRINOME.
- QUAYAGE , s. m. de QUAI.
- V~. ce mot.
- ( Commerce niant. ) Droit que paient les marchands pour avoir la liberté de se servir du quai d’un port , et y placer leurs marclian-
- QUERCITRON , s. m. du lat. quercus , chêne, et du françois citron : chêne couleur de êitron.
- ( Chimie , teinture) C’est le nom de l’écorce d’un chêne jaune de la Nouvelle-Angleterre. L’emploi de cette écorce dans la teinture, est dû entièrement au docteur Barncroft ; la belle couleur produite par cette drogue , la fait rechercher généralement, et on la préfère à la gaude , pour l’impression des toiles. On fait infuser l’écorce dans l’eau tiède et on en fixe la couleur sur la laine avec l’alun ou le muriate d’étain, celui-ci lui donne beaucoup d’éclat.
- QUESTEUR , s. m. du lat. ques-tor, dérivé de quœro , questus , rechercher , recueillir.
- ( Hist. rom. ) C’étoit à Rome , un magistrat chargé de la garde du trésor public.
- (Hist. mod.) Ce nom a été donné dans quelques universités , et dans plusieurs autres corps, à un ou plusieurs officiers chargés de recevoir les deniers communs, et de les distribuer à ceux à qui ils étoient dus.
- Q Ü A
- QUESTION , s. f. du lat. 'quæS~ lio f fait de quœro , chercher , demander , s’informer : interrogation , proposition* sur laquelle on dispute.
- ( Polit. ) Question préalable j c’est la question de savoir si une question , déjà proposée, sera débattue dans les débats des corps politiques ; c’est souvent la forme qu’on emploie pour rejet'ter une proppsi-tion.
- (Pratique) Question se dit aussi d’un fait ou d’un point de droit qui donne lieu à une contestation. Il y a par conséquent des questions de fait, et des questions de droit.
- Question d’état; c’est celle qui regarde la naissance ou l’état d’un® personne.
- Question ou torture ; c’est la gêne ou tourment que les juges prononcent contre celui qui est accusé d’un crime grave, pour l’obliger à avouer son crime , ou à déclarer ses com-, plices.
- QUEUE , s. jf. du lat. caucla.
- (Hist. nat.) La partie qui termine le corps de l’animal par derrière.
- (Hist. orientale) Queue de cheval ; c’est chez les Tartares et les Chinois , l’enseigne ou drapeau sous lequel ils vont à la guerre. Chez les Turcs, c’est un signal de bataille, quand il est sur la tente d’un général. C’est aussi l’étendard qu’on porte devant le grand-visir , devant les pachas et les sangiacs.
- De la passion dçs Turcs pour les chevaux , est venu leur usage de prendre une queue de cheval pour leur premier étendard. C’est un ouvrage à la main , qu’ils font de plusieurs queues. j ointes ensemble , et teintes en rouge, qui est surmonté en tète de quelque tissu de crin , et d’une grosse boule de cuivre doré. Les beys font porter une de ces queues , les pachas deux, et quel-fois trois ; les grands beiglierbeis , trois ; le grand-visir cinq , et le grand-seigneur en campagne , sept.
- ( Hsiron. ) Queue de comète ; on appelle ainsi la partie la plus rare d’une comète : elle est toujours tournée du coté opposé au soleil et
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- QUI
- par oit quelquefois s’étendre très-loin.
- Queue de lagrandeourse\ c’est une iVtoiie de la seconde grandeur, placée dans cette constellation , à Kex-trémité de la queue.
- Queue de la petite ourse ; c’est une étoile de la seconde grandeur , qui se trouve placée dans cette constellation , tout près du pôle septentrional , et à laquelle on a donné pour cela le nom d’étoile polaire. Foy. ÉTOILE POLAIRE.
- ( 'Jechnol. ) Queue d’aronde ; corruption de queue d’y ronde ou d’y rondelle ; c’est un ouvrage de menuiserie, qui consiste en un certain tenon d’une certaine pièce de liaison taillée en queue d’hiron-rondelle.
- Çy/rt milit.) Queue d’yronde se dit aussi d’un ouvrage détaché dont les ailes ou cotés s’élargissent v rs la tète du coté de la campagne , et vont, en s’étrécissant vers la gorge.
- Queue du camp ; c’est la ligne qui termine le camp du coté opposé à celui où le soldat fait face , qu’on appelle la tète du camp.
- Queue de la tranchée ; c’est le premier travail que l’assiégeant a fait en ouvrant la tranchée, et qui demeure derrière , à mesure qu’on pousse la tète de l’attaque vers la place.
- QUIÉTISME , s. m. du latin quies, quietïs, repos,
- ( Relig. ) Système de certains mystiques qui font consister toute la perfection chrétienne dans le repos ou l’inaction entière de l’ame , et négligent entièrement les œuvres extérieures.
- QUILLE , s. f, du saxon coel, dont les Anglois ont fait keel, les Allemands AieZ , et les Espagnols quilla. Wachter pense que tous ces mots viennent du grec scoTkoç Qkoi~ los ) , cave , creux.
- ( Marine ) Pièce de charpente longue et droite , qui forme la base et ie fondement de toute la carcasse eu charpente du vaisseau.
- La quille a un peu plus de hauteur que de largeur , afin de Soutenir le vaisseau contre la dérive , fa offrant d’autant plus de résistance au vaisseau à marcher sur le
- QUI 207
- côté , qu’elle oppose plus de surface au fluide.
- Fausse quille ; c’est un bordage épais ou madrier, de la même largeur que la quille, qui recouvre toute sa surface inférieure ; eile est utile aux vaisseaux qui par leur forme et leur construction sont susceptibles de beaucoup dériver; elle est aussi utile pour préserver la quille dans les cas d’échouage 4 et encore pour la garantir de la piqûre des vers. Mais cette pièce est rarement employée dans les vaisseaux de guerre.
- QUINCAILLERIE , ou CL1N-CAILLERIE , s. f. de l’allemand klingen , sonner ; ustenciles sonnants.
- ( (Commerce) Termegénéral sous lequel on désigne une inimité d’espèces différentes de marchandises d’acier , de fer, et. de cuivre ouvré.
- QUINCONCE , s. m. Corruption du lat. quinconx , qui signifie proprement cinq onces , et qui a été pris ensuite pour cinq douzièmes , ou cinq parties d’un tout divisé en douze.
- ( Jardin. ) Ce mot n’est guère employé que pour signifier un plant d’arbres disposés sur une ligne droite retournée d équerre et formant trois allées d’une égale largeur.
- ( ylslrol. ) Quinconce se disoit autrefois de la position ou l’aspect de deux planètes , distantes l’une de 1 autre de i5o degrés, ou cinq douzièmes de 36o.
- QUINDÉCAGONE , s. m. du lat.
- uinque, cinq, du grec S'éna (déka'),
- ix , et de ymia (gônia ) , angle : qui a quinze angles.
- ( (Jéom. ) Figure plane qui a quinze angles et quinze côtés,
- QUINE, s. m, du lat. qui ni, cinq.
- (Loterie) Combinaison de cinq numéros pris ensemble à la loterie , et sortis ensemble de la Toue de fortune.
- QUINÉS , ÉES , adj. même origine que QUINE.
- ( Bolan. ) On donne ce nom à toutes les parties des plantes qui sont disposées par cinq, sur un même point ou plan d’insertion.
- QUINQUAGÉNAIRE , s. m. du lat. quinquagenarius , de cinquante.
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- 2oS QUI
- ( Numération ) Nom que l’on donne à quelqu’un qui est âgé de cinquante ans.
- QLINQL A'NGULE , EE , dulat. quinque , cinq , et d'’angulus , angle : qui a cinq angles.
- ( Botan. ) 11 e dit des parties des plantes qui ont cinq angles. -
- QJ INDEN1É , EE . adj. du lat. quoique ; cinq, et de dons, deutis : qui a cinq dents.
- ( Botan. ) 11 se dit des parties des plantes qui ont cinq dents.
- QUINQUENNAL , LE , adj. du • lat. quinque , cinq, et érannus, année, qui dure cinq ans.
- ( Hist. anc.) 11 se dit, en parlant des anciens, des fêtes et des jeux qui se célébroient tous les cinq ans , ou des magistratures qui duroient cinq ans. Magistrats quinquennaux, fêtes quinquennales, jeux quinquennaux.
- QUINQUE71 ÈME , s. m. du lat. quinque, cinq , et de remus, rame.
- ( Hist. 'cnc. ) Galère qui a cinq rangs de rames.
- QUINQUINA , s. m. Corruption de l’indien quina-quina, ou china-china. ,
- ( Méd.) Écorce d’un» arbre qui croit au Pérou , et à Santa-Fé ; son nom botanique est chinhiua; il est de la famille des rubiacées.
- La vertu fébrifuge de ce remède étoit cornue depuis long-tems des Américains , lorsque les Européens arrivèrent dans leur pays' ; leur manière de s’en servir étoi< de le b' oyer et de le faire infuser dans l’eau < orr-imine pendant un jour. Mais depuis cette époque jusqu’en 1640. les Indiens cor servant une b ai ne implacable contre les Espagnols, avoient pris toutes tes précautions imaginables pour eir.pe her qu’ i s ne pussent prendre ccnnoissairce des propriétés de eette é< orce. Un indien , pénétré de reeonnoissance pour tous les services que lui/avoit rendus un t-spa-gnol, résolut enfin de le lui découvrir.
- La comtesse del Cinebon , vice-reine du Pérou , fut la première qui en lit usage ; elle en lit distribuer aux pauvres, et Ce remède prit le nom de poudre de comtesse.
- Vers l’an 1649 ? Pere pi'ev'iuèial
- Q U I
- des jésuites de l’Amérique , revenant en Italie , pour l’assemblée générale, apporta avec lui unetrès grande quantité de cette écorce , qu’il distribua aux religieux rie son ordre qui composoient l’assemblée.afin d’augmenter leurs richesses, et les rendre nécessaires dans les différentes parties du monde où ils iroient ; en ef-iet , ces pères, de retour dans leur pays , guérissoient comme par enchantement tous les malades attaqués de lièvres intermittentes , et donnèrent ainsi, eri très-peu de tems, une réputation prodigieuse à ce remède , ce qui lui lit donner le nom de poudre des pères, lequel lui est resté depuis, sur-tout en Angleterre , où il est appelé encore aujourd’hui Jesuil s powder , poudre des jésuites.
- Le quinquina sert aussi pour arrêter les effets de la gangrène dans les maladies putrides.
- QUINTAL , s. m. Corruption de cental, fait de centum, rent.
- (.Métrologie) Poids de cent livres.
- QUINTE , s. f. du lat. quinlus, cinquième.
- ( Oéom. ) La soixantième partie d’une quarte , ou la 12960000e partie d’une minute , soit d’une minute de degré , soit d’une minute d’heure.
- ( Musique ) Quinte est aussi la seconde des consonnances , dans l’ordre de leur génération. La quinte est une consonnance parfaite 3 son rapport est de 2 à 3.
- U y a deux accords qui portent le nom de quinte ; l’accord de quinte et sexte , et l'accord de quinte super/lue.
- Ç'uinte-fausse ; c’est une quinte réputée? juste dans l’harmonie , mais qui , par 1^ force de la modulation , se trouve affioiblie d’un semi-ton.
- Hausse-quinte; c’est un intervalle dissonant. H. F A USSE-QUINTE.
- Quinte est aussi le nom qu’on donne en Fiance à cette partie instrumentale de remplissage , qù’en Italie on appelle viola ; le nom de eette partie a passé à l’instrument qui la joue.
- Çyiédi) FiBvrc quinte; c’est le nom d’une lièvic dont xesaccesne reviennent crue tous les c inq jours inclusivement x elle est rare.
- QUINTESSENCE ,
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- QUI
- QUINTESSENCE, s. f. du lat. -(juinla essentia, cinquième essence.
- (Philos, hermétique ) Ce terme , dans la philosophie hermétique, signifient cinquième essence , ou cinquième être d’une chose mixte.
- (Philos, ancienne) Dans la philosophie ancienne , ce mot signifioit îa substance étliérée. Les anciens qui ne connoissoient rien de réel qui ne fût un corps , voulaient néanmoins que l’ame de l’homme fût d’un cinquième élément, ou d’une espèce de quintessence sans nom, inconnue ici bas , individuelle , immuable, toute céleste et toute divine.
- ( Chimie. ) Dans la chimie ancienne , quintessence étoit l’es-prit-de-vin chargé des principes de quelques drogues. Les chimistes modernes appellent quintessence , ce qu’il y a de plus subtil et de plus pur dans les corps naturels ; comme les huiles volatiles.
- Les charlatans vendent sous le nom d'essences et de quintessences des liqueurs auxquelles ils attribuent des propriétés merveilleuses.
- QUINTIL, LE , adj. du latin quinlilis, cinquième.
- ( Astrologie ) Il se' disoit, en astrologie , d’un aspect de deux planètes , distantes l’une de l’autre de 72 degrés , ou de la cinquième partie du zodiaque.
- QUINTUPLE , adj. du lat. quin-tus , cinq, et de plico , plier ; littéralement , plié en cinq.
- ( ArithméL ) Il se dit d’une quantité cinq fois plus grande qu’une autre.
- QUINZAINE , s. f. du lat. quin-lus et decimus.
- ( Aritiimét. ) Nombre collectif qui renferme quinze unités. Pris absolument, il. signifie une quinzaine de jours.
- QUINZE , ad. , contraction du ht. quindecim.
- ( Arith. ) Nombre contenant dix et cinq.
- QUIPOS, s. m. Corruption de l’indien quipou.
- ( Diplomat. ) Les quipos sont des cordons de plusieurs couleurs, qui, multipliés et noués d’une manière différente , servoient d’écriture et Tome HL
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- d’annales mémoratives aux Américains, lors de la découverte de leur pays par les Espagnols.
- QUITTANCE, s. f. du lat. barb. quilantia, fait de quieto, acquieto , mettre en repos.
- ( Pratique, commerce) Déclaration par écrit , que l’on donne, à quelqu’un, et par laquelle on lg tient quitte ( on le laisse en repos) de quelque somme d’argent f d’une dette, ou de ce qu’il étoit obligé de faire.
- QUITUS , s. m., même origine que QUITTANCE.
- (Finance) Arrêté définitif d’un compte, par lequel, après la correction , le comptable est déclaré quitte.
- QUOLIBET , s. m. Corruption du lat. quod libet.
- ( Didact. ) Les quolibets étoient autrefois des questions problématiques (questions quodlibétaires) , que l’on proposoit dans les écoles, parce que le soutenant offroit à soutenir le pour et le contre.
- Aujourd’hui quolibet est une façon de parler basse et triviale, qui renferme ordinairement une mauvaise plaisanterie.
- QUOTE, adj. du lat. quoty combien .-
- ( Prat. , commerce ) Quote-part ; c’est la part que chacun doit payer ou recevoir, dans la répartition d’une somme totale.
- QUOTIDIEN, NE, adj. du lat.-quot, combien , autant que , et de dies , jour : qui arrive chaque jour.
- ( TMéd. ) Fievre quotidienne ; c’est celle dont les accès reviennent tous les jours.
- QUOTIENT , s.jn. du lat. quelles , contraction de quot -vices, combien de fois.
- (Arith. ) Le nombre qui résulte de la division d’un nombre par un autre, et qui montre combien de fois le plus petit est contenu dans le plus grand, ou plutôt combien de fois le diviseur est conienu dans le dividende.
- QUOTITÉ , s. f. du lat. barb. quotitas, fait de quot, combien de fois.
- ( Pratique ) La somme fixe à laquelle monte chaque quote-part.
- Légataire d’une quotité j c’est ce-
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- gio RAS
- lui auquel le défunt a légué un tiers , un quart, un dixième ; en un mot , une partie aliquote de sa succession.
- R
- p
- J-VABAIS, s. m. du François rabattre : diminution de prix et de valeur. *
- ( Pratique ) Offre faite au dessous du prix qu’un autre a offert, par opposition à ENCHERE ( /A ce mot), qui s’offre fort au dessus.
- Les entreprises de travaux publics s’adjugent au rabais.
- ( Monnaie ) Rabais des mon-noies ; c’est la diminution du prix pour lequel la monnoie a cours.
- RABBIN, s. m.del’héhreu rabbi, maître.
- (Hist. juive') Docteur de la loi judaïque.
- RABANS, s. m. Corruption de Langlois rope - bands , tresses de cordes. *
- ( Marine ) On nomme en général, rubans ou garcettes, des tresses minces et longues, faites avec du fil caret , du bitord , du merlin , ou des fils de vieux cables, et qui servent à plusieurs amarrages.
- RABDOLOGIE , ç. f. du grec p étÇS'oç (rhabdosjj baguette, et de x6j/oc (logos), discours, compte, supputation.
- ( Anthmét. ) Manière d’exécuter facilement les deux opérations les plus compliquées de l’arithmétique, la multiplication et la division , parles deux plus simples, l’addition et la soustraction ; et cela, au moyen «.le bâtons, verges ou baguettes, séparés et marqués de nombres.
- La rabdologie est une invention de Neuer, baron écossois.
- RABDÔMANCIE , s. f. du grec pâ£<boç ( rhabdosj , baguette , et de p&vrétt (manteia), divination.
- ( Divinat. ) Divination qui se fait par le moyen de baguettes.
- On peut rapporter à cette espèce de divination , la baguette divinatoire, qui a fait tant de bruit dans les dix-septième et dix-huitieme siècles.
- RABLURE , s. f. de rable , du îat. rulabulum. Les Anglois disent rabbit.
- RAC
- (Marine) Cannelure ou entaille angulaire, qu’on fait aulongde(la quille, de l’étrave et de l’étambot d’un vaisseau , pour y emboîter les gabions et les bouts de cordages et des préceintes , afin qu’ils joignent mieux , et soient établis plus solidement.
- RABOUGRI, IE , adj. Corruption du lat. abortus.
- ( Agricole. ) Il se dit des arbres et des plantes que la mauvaise plantation ou que la nature de la terre empêche de profiter.
- RACÀGE, s. m. du suédois cacha, courir.
- ( Marine ) Espèce de collier ou chapelet dont on entoure le mât, apres l’avoir assujéti sur le milieu de la vergue, afin de la tenir contre son mât, de façon qu’on puisse la monter et la descendre. Ce collier est ainsi appelé, parce qu’il sert à faire courir la vergue le long du mât.
- RACCORDER, v. a. de la particule itérative re, et de l’italien accordare , fait du latin corda , corde ; ce qui signifie proprement mettre en harmonie les cordes d’un instrument ; et par métaphore, ajuster , unir, mettre de niveau, etc.
- ÇA relut.) Raccorder ,.faire un raccordement ; c’est opérer la réunion de deux corps, de deux superficies à un même niveau , ou d’iui vieil ouvrage à un neuf.
- ( Peinture ) Raccorder, en termes de peinture, c’est retoucher, c’est, lorsqu’un peintre est mécontent. de son ouvrage , reprendre la palette, les pinceaux , éteindre quelques lumières trop^brillantes, adoucir quelques tons tranehans , rompre quelques couleurs trop crues, etc.
- Raccorder se dit aussi d’une espèce de mutilation que les raccommodeurs et les brocanteurs de tableaux , font subir aux ehefs-d’ceu-vres.de peinture les plus précieux, en les retouchant, eu les excoriant sans pitié , et en substituant aux couleurs originales de nouvelles teintes , justes pour le moment, mais qui éprouvent le sort inévitable de devenir pius colorées, tandis que le reste de l?ouvrage, qui depuis long-iems a éprouvé cet effet, garde 1® ton qu'il a acquis.
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- RAC
- RACCOURCI, IE , participe de
- raccourcir, de l’italien raccorcio , dérivé du latin curtare , rendre court,
- ( Peinture ) Le Raccourci est l’effet que produit un objet qui se présente à l’œil de face et longitudinalement ; en sorte qu’il y trace une image plus courte que celle qu’il y porterait s’il se présentoit transversalement.
- Les règles de la perspective donnent les moyens de bien rendre les raccourcis, et les peintures de certains plafonds offrent les plus savans raccourcis.
- RACE, s. f. du latin radice, ablat. de radix, lignée.
- ( Ecotj. dom. ) Il se dit aussi des animaux domestiques , comme chiens , chevaux, etc. ; ce chien , ce cheval est de bonne race.
- RACHAT, s. m. composé de la particule itérative re , et du substantif achat, fait de l’italien reac-calo, ou du latin barbare reacca-pilum.
- ( Pratique ) Action par laquelle nous rachetons une chose que nous avons vendue.
- Rachat d’une rente , d'une pension, d’un droit ; c’est le paiement d’une certaine somme , pour l’amortissement , pour l’extinction d’une rente , d’une pension , d’un droit.
- RACHIALGIE , s. f. du grec pà,^K ( rhachis'), l’épine du dos, et d’aÀ^oî ( algosj , douleurs.
- ( Méd. ) C’est la même maladie que la colique des peintres , ou colique de Poitou.
- Astruc lui a donné le nom de rachialgie, parce qu’il pense que le principe de la douleur est dans les nerfs de la moelle épinière. V. COLIQUE DES PEINTRES. t RACHISAGRE , s. f. du grec ( rhachis ) . l’épine du dos, et o'kypz, ( agra ) , prise , capture.
- ( Méd. ) Douleur de goutte qui attaque l’épine du dos ; autrement rhumatisme goutteux de l’épine.
- Rachitis , s. m. du grec psQuc ( rhachis ), l’épine du dos.
- ( Méd. j C’est le nom d’une maladie chronique qui attaque ordinairement les enfans: elle consiste principalement dans la courbure de l’é-
- R A C 2ii
- pine du dos, et de la plupart des os longs, dans des nœuds qui se forment aux articulations, et dans le rétrécissement de la poitrine.
- RACHITISME , s. m. même origine que RACHITIS.
- ÇAgricult.') Maladie du blé , ainsi nommée à cause de sa ressemblance avec le rachitis.
- RACHOS1S , s*, m. du grec pjj<roï*
- ( rhêssô ), rompre.
- ( Méd. ) Relâchement de la peau du scrotum ou des bourses.
- RACINE, s. f. du latin radix , radie is.
- ( JBotaii. ) Partie d’un végétal la plus inférieure , qui , fixée sur , ou prolongée dans un corps , en tire particulièrement sa nourriture , et celle des autres parties, en sens contraire desquelles elle croit.
- ( Agric. ) Racine se dit aussi de certaines plantes dont on ne mange que la partie qui vient en terre ; les raves, les navets, les carottes, les betteraves sont de ce nombre.
- ( Anat. ) Racine se dit encore des parties du corps qui y sont fortement attachées , ou qui ont un accroissement continuel. On dit la racine des dents, des cheveux.
- ( Méd. ) On dit d’un cancer, d’un squirre, d’un cors a.u pied , que ce sont des maux qui prennent racine , qu’on a du mal à les guérir. On dit aussi qu’une saignée , une purgation guérit un mal avant qu’il ait pris racine.
- ( Grammaire ) Racine se dit des mots primitifs qui ont des composés et des dérivés, '
- (Astron. ) Racine signifie aussi la première situation d’une planète, ou sa longitude pour l’instant duquel on commence à compter ses mou-vemens. C’est ordinairement le commencement du siècle : par exemple, le premier janvier 1700, en ajoutant ensuite le mouvement pour un an , pour deux ans , etc., l’on a la longitude pour 1701 , 1702 , ainsi de suite. Cette longitude primitive de laquelle on part, s’appelle aussi époque des moyens mouvemens.
- ( Algèbre) Racine de Véquation ; c’est la valeur de la quantité inconnue de l’équation.
- ( Malhémat,) Racine d’un nom»
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- Zi2 R AD
- hre ; c’est le nombre qui, étant multiplié par lui-même, rend le nombre dont il est la racine ; en général, le mot racine signifie une quantité , considérée comme la base et le fondement d’une puissance plus élevée.
- Racine carrée ; celle dont la puissance est un carré. Ainsi la racine carrée de 4 est 2 ; parce que 2 multipliés par 2 donnent. 4.
- Racine cubique ; celle dont la puissance est un cube. Si un nombre carré comme 4 est multiplié par la racine 2, le produit 8 est appelé le cube , ou la troisième puissance de deux , et le nombre 2 . considéré par rapport au nombre 8 , en jest la racine cubique,
- Racine binôme, trinôme, etc. ; c’est une racine carrée , cubique, ou d’une puissance plus élevée , qui est composée de deux , de trois parties , etc., comme 20 4- 4, ou a + b} 200 + 40+5.
- RACK, s. m. V. ARACK.
- RADE, s. f, du gaulois radis; d’où provient aussi le nom de l’île de Rhé.
- ' (Marine) Espace de mer à l’abri entre les terres et les contours des côtes , où les vaisseaux peuvent jeter l’ancre et demeurer en «ûreté , et où ils mouillent en arrivant, pour attendre le vent ou la marée propre pour entier dans le port, qui est plus à l’abri encore, et plus intérieur que la rade; ou bien, en parlant du port, l’espace où les vaisseaux se mettent en rade pour attendre le vent et les circonstances favorables pour appareiller.
- Grande rade ; on appelle ainsi dans certains endroits , comme à Toulon, la partie de la rade qui est la plus vaste et la plus voisine de la pleine mer ; et on appelle peLite rade, celle qui se présente la première en sortant du port.
- Rade foraine; c’est un mouillage qui n’est, pas renfermé entre des caps, qui n’est pas à l’abri des vents , et où l’on est à l’ancre loin de terre.
- RADEAU, s. m. probablement de ralis.
- ( Marine ) Réunion de plusieurs pièces de bois placées côte à côte , fortement liées ensemble , et flottant sur la surface de l’eau.
- R A D
- Radeau, ras de caréné, ou pont flottant ; c’est une plate-forme de planches, de la forme d’un carré long, flottant sur l’eau , qui sert, dans l’intérieur des ports , à porter des ouvriers ou matelots qui travaillent aux diverses opérations de carène et de radoub en dehors des vaisseaux.
- Radeau se dit encore d’une plateforme flottante que l’on fait, en cas de naufrage, avec les mâts , vergues et autres débris du vaisseau, pour sauver les équipages. On y adapte, si on peut, quelque moyen de gouverner et de faire voile.
- {Art milit. ) Radeau est aussi un assemblage de pièces de bois dont on se sert, au lieu de bateaux, pour passer des fossés; quelquefois pour aller attaquer le mineur au pied d’une muraille.
- Annibal fit passer le Rhône à ses éléphans sur des radeaux ; et, selon Tite-Live, une partie de son infanterie passa le même fleuve à la nage sur des peaux de bouc enflées.
- Alexandre se servit du même moyen au passage de l’Hydaspe et de i’Acesine,
- Charles XII ne passa jamais les ri vicies que sur des radeaux , et ils éfoient construits avec un tel art, que les soldats étoient rangés dessus, en bataille, sur dix de profondeur, et même avec du canon.
- RADIAIRE, adj. du latin radius, rayon. '«
- (Hist. nat. ) C’est ainsi qu’on-appelle les animaux sans vertèbres, dont le corps est libre, sans tête, sans yeux, sans pâtes articulées, et disposées en étoile. L’echinus ou Voursin de mer, Vasterie oui’étoile de mer, sont des invertébrés de l’ordre des radiaires.
- RADIAL, LE, adj. même origine que RADIAIRÉ.
- ( Géom. ) Courbes radiales ; c’est le nom que quelques auteurs donnent aux courbes dont toutes les ordonnées vont se terminer en uo point, et sont comme autant de rayons partant d’un même centre : telle est la spirale, dont les ordonnées partent toutes du centre du cercle qui la renferme ; telle est aussi la quadrature deDinostrate. oyt*
- SPIRALE, QUADRATURE.
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- R A D
- ( Anat. ) Radial se dit aussi de ce qui a rapport au RADIUS {H. ce mot ) : le radial interne, le radial externe, le nerf radial, Vartère radiale.
- RADIANT , TE, adj. du latin radio, envoyer des rayons, fait de radius , rayon.
- ( Physique ) Qui envoie des rayons ide lumière à l’œil. P". RADIATION.
- RADIATION , s. f. du latin ra-dere, rado, rayer, elfacer.
- ( Prat.) Action de rayer. Il se dit de la rature ou de la suppression prononcée en justice.
- RADIATION , s. f. du latin radius , rayon , et du verbe ago , agir : l’action d’envoyer des rayons.
- (Physique) L’émission des rayons qui partent d’un corps lumineux comme centre.
- RADICAL , LE, du latin radixy racine.
- (Dïdact. ) Qui sert de base ou de fondement ; qui contient en soi le principe de quelque faculté , de quelque qualité physique.
- ( Botan. ) Il se dit de ce qui naît de la racine ou de ce qui lui appartient.
- ( Anat. ) Humeur radicale; c’est-à-dire , humeur innée. On dit qu’il y a dans tous les animaux un humide radical qui est le principe de la vie , dont l’épuisement cause la mort.
- ( Algèbre") Quantités radicales y on appelle ainsi les quantités qui sont affectées du signe radical, composé d’un trait perpendiculaire , et d’un trait oblique, qui se joint au premier par son extrémité inférieure.
- RADICANT , TE , adj. du latin radie or j pousser des racines, fait de radix, racine.
- ( Botan. ) Qui jette des racines distinctes de la racine principale, ou qui fait fonction de racine.
- RADICATION, s. f. dulat radi-c°r, pousser des racines, et à’ago ,
- {Botan.') L’action par laquelle les plantes poussent leurs racines. Observation sur la radication des Hantes.
- RADICULE , s. f. du lat. radi-
- . R A D 2x3
- cula , diminut. de radix, racine: petite racine.
- ( Botan. ) L’une des deux extrémités de l’embryon, ainsi appelée parce qu’elle est le principe d’une racine que la germination peut développer,
- RADIÉ , ÉE , adj. du lat. radia-tus , fait de radius, rayon.
- {Botan. ) Qui a des parties rayonnantes oit divergentes d’un centre commun sur le même plan.
- RADIER, s. m. du lat. radius, rayon, construction faite en forme de rayons.
- ( Archil. hydraul. ) Grille propre à porter j°s planches sur lesquelles on commence dans l’eau les fondations des écluses, des batardeaux, etc.
- Radier est aussi le nom d’une plate-forme , soit en charpente, soit en maçonnerie, sur laquelle se fait le mouvement des portes, à l’entrée d’un bassin , pour la construction et le radoub des vaisseaux.
- Radier est encore l’ouverture et l’espace entre les piles et les culées d’un pont, qu’on appelle autrement raies ou bas-radier.
- RADIEUX, SE, adj. du latin radius, rayon, rayonnant.
- ( Optique ) Il se dit du point d’un objet visible, d’où il part des rayons de lumière. V. POINT RADIEUX.
- RADIOMETRE , s. m. du latin radius , rayon, et du grec ftirpov {rnélron) , mesure : mesure des rayons.
- ( IVavigal. ) Instrument astronomique qui sert sur mer à prendre des hauteurs. V. ARBALÈTE.
- RADIUS , s. m. Mot latin qui signifie rayon.
- {Anat. ) Les anatomistes ont conservé ce mot en françois, pour désigner un des deux os de l’avant-bras.
- RADOUBER, s. m. d’origine peu connue, peut-être du lat. barb. ros-tuppare , ou de l’italien ado b arc.
- ( Marine ) Réparer ou raccommoder la carcasse et charpente d’un vaisseau.
- Un radoub complet, où presque toutes les pièces sont à changer , s’appelle REFONTE. H. ce mot.
- On radoube les vaisseaux à flot, ou dans un bassin. La meilleure manière est de radouber dans un bas-
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- 3ï4 RAG
- sin , parce qu’on évite aux vaisseaux les efforts qu’il subit nécessairement en l’abattant. V. ABATTRE.
- RAFALE, s. f. de l’italien refolo.
- (Marine) On appelle raf ales , certaines bouffées subites de vent, avec intermittences de calme ou de petit vent , ce qui est souvent occasionné par le voisinage de terres fort, élevées , où le vent est momentanément retenu , pour souffler ensuite avec violence , sur-tout entre les gorges des montagnes.
- RAFFINAGE , s. m. de la particule itérative re , et du lat. affîngo, façonner, donner le tour. V. AFFINAGE : manière de rendr t plus fin.
- { !Pechnol. ) Donner le raffinage au salpêtre, au sucre, c’est le purifier.
- RAFLE, s. f. du lat. barb. rie-Jlare, enlever de force.
- ( Bolan. ) Rafle , ou , comme quelques-uns disent, rapc , est l’axe ou support commun de plusieurs fleurs disposées en longueur, et particulièrement en épi.
- RAFRAICHISSANT, TE, adjr de rafraîchir , du lat. refrigerare.
- ( lYléd. ) On appelle rafraîchis-sans , les remèdes qui calment l’agitation des humeurs, qt l’éréthisme des fibres.
- ( 1 ’cchnol.) Cruches rafraîchissantes. V. ALCARAZAS.
- RAFRAÎCHISSEMENS , s. m., même origine que RAFRAICHISSANT.
- ( .Art milit. ) Quartiers de ra-fraîchîssemens ; ce sont des garnisons où l’on envoie les troupes pour se refaire des fatigues d’une campagne.
- ( Marine ) A la mer, on entend par rafraîchissemens , les vivres frais que l’on prend dans le port , au moment du départ, ou dans une yelâche.
- RAGE, s. f. du lat. rahies, dont on a fait rabia, rabja, et enfin rage.
- ( Méd.) Délire furieux , souvent sans fièvre , qui revient ordinairement par accès, dans lesquels les malades se jettent sur toutes sortes de personnes , leur crachent au visage , les mordent , etc. Ils sont tristes et. inquiets • ils ont presque
- RAI
- toujours une aversion pour l’eau,
- Îiour tous les liquides ,et même pour e vent, les flots de la mer , le bruit des rivières, les glaces de miroir , les couleurs blanches , et tout re qui peut leur faire naître l’idée de l’eau.
- Cette maladie ne s’engendre point d’elle-même dans l’homme, comme dans les chiens , dans les loups, les renards , les chats , les fouines, les belettes, et autres animaux : elle lui est communiquée par leur morsure ou. leur salive virulente. C’est, la même chose que l’HYDROPHOBIE. T^. ce mot.
- RAGOUT , s. m. du lat. regus-lus , qui remet en goût.
- ( Cuisine') Mets apprêté pour irriter le goût, pour exciter l’appétit,
- ( Peinture) Ragoût^ enpeinture, signifie quelque chose de piquant, qui flatte la vue. Lorsqu’on dit qu’il y a du ragoût dans un tableau, dans un dessin, dans la couleur d’un peintre , on veut faire entendre par-là qu’on y trouve un agrément qui pique, qui réveille l’attention et plaît à la vue.
- Le ragoût s’applique toujours à l’exécution; c’est une qualité delà main : c’estjpourquoi l’on dit un pinceau ragoûtant, un crayon ragoûtant,, une pointe ragoûtante.
- Le ragoût est une sorte de badinage ; il témoigne la facilité de l’artiste , qui est capable de se jouer avec l’outil , de. badiner avec les plus grandes difficultés du métier. Cette partie de la manœuvre ne doit pas être méprisée , mais il ne faut l'estimer que ce qu’elle vaut. Raphaël ne se doutoit pas que l’on peindroit un jour avec ragoût, et il n’en est pas moins estimable ; les Carraches ont peint quelquefois avec ragoût, et ils en sont plus aimables. Le ru-goût est un des moyens de plaire, mais il ne doit être rangé qu’entre les ressources inférieures de l’art.
- RAISON , s. f. du latin ratio , puissance de l’ame , bon sens.
- ( Commerce) Raison est aussi un terme de société générale , et signifie les noms des associés, rangés et énoncés de la manière que la société signe les lettres missives, bih* lets et lettres de change.
- Livre de raison ; c’est un livre de compie. K. LIVRE»
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- RAI
- ( pratique) Raisons s’entend au palais, des titres et prétentions que Pon peut avoir. Ce mot est. principalement employé clans les actes de cession, où l’on stipule que le cessionnaire est subrogé en tous les droits, noms, raisons et actions de son cédant.
- A telle fin que de raison ; façon rie parler , qui signifie qu’on fait une cliose dans la pensée qu’elle pourra être utile, sans dire précisément à quoi.
- {Logique} On appelle être de raison , ce qui n’est point réel, ce qui n’existe que dans l’esprit. Les universaux sont des êtres de raison.
- ( Politique ) Raison d’état • c’est une maxime bonne ou mauvaise , qui est utile à l’état. La raison d’état , dit Saint Evremond . l’emporte non-seulement sur l’intérêt des particuliers, mais bien souvent sur la justice même.
- ( Arilhmét. et géom. ) Raison , en termes d’arithmétique et de géométrie , est le résultat de la comparaison que l’on fait entre deux grandeurs homogènes , soit en déterminant l’excès de l’une sur l’autre, ou combien de fois l’une contient l’autre , ou y est contenue.
- Les quantités homogènes ainsi Comparées , s’appellent les termes de ta raison , ou du rapport ; la chose que l’on compare se nomme antécédent, et celle à laquelle on la compare, le conséquent.
- Raison arithmétique ; c’est la quantité dont deux grandeurs différent entr’elles ; c’est-à-dire , le nombre d’unités dont l’antécédent est plus grand que le conséquent. Ainsi , en comparant 5 et 7 , on trouve que leur raison arithmétique est a.
- Raison géométrique C’est le nombre de fois que l’antécédent contient ou est contenu dans le conséquent. Voy. EXPOSANT , MULTIPLE , RATIONELLE , 1RRA-TIONELLE, DIRECTE, INVERSE , RAPPORT,
- t RAISONNER , v. n. du lat. ra-tiocinari, formé de ratio, raison , et de cano , dire , parler ; discourir , sa servir de raison.
- ( Marine ) Raisonner 53 dit
- R A L Si5
- aussi de l’obligation où sont les capitaines , et maîtres des vaisseaux marchands, lorsqu’ils entrent dans un port, de venir ou d’envoyer montrer leurs papiers ou leur congé, ou cia rendre compte à l’officier qui commande à bord du vaisseau amiral , eu de la patache de garde à l’entréè du port , comme aussi en pleine mer, lorsqu’ils rencontrent un vaisseau de guerre , de se rendre à son. bord , ou de s’approcher pour lui parler , lorsqu’il lui en fait le signal.
- RAJAH , s. m. Mot. indien.
- ( Econ. polit. ) C’est ainsi que l’on nomme, dans l’Indostan, des princes de la race des anciens souverains du pays, avant que les Tar-tares Monguls ou Mogols en eussent fait la conquête.
- RÂLE , ou RÂLEMENT , s. m. C’est une onomatopie , ou un mot qui imite le son naturel de ce qu’il signifie.
- ( M.éd. ) Bruit qu’on entend dans la gorge des moribonds , causé par la collision de l’air, à travers une pituite ou des flegmes , qui se rencontrant dans la trachée-artère et dans les bronches , s’opposent à sou passage , et rendent la respiration difficile.
- RALLIEMENT , s. m. de l’ancien mot françois râler, pojir retourner.
- {Art. milit. ) Il se dit de l’action des troupes qui , après avoir été rompues ou dispersées , se rassemblent.
- Mot de ralliement ; c’est le mot que le général donne aux troupes pour se rallier , en cas de déroute ou de séparation.
- Point de ralliement. c’est l’endroit marqué aux troupes pour se rallier.
- (Marine) Ralliement se dit aussi en pariant des vaisseaux d’une escadre, et de l’action de se réunir les uns aux autres.
- Signal de ralliement ; c’est un signal fait par le commandant d’une escadre, etc. à ses vaisseaux qui se trouvent dispersés et éloignés de se rapprocher et de prendre leurs postes.
- Rallier au vent ; c’est serrer la
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- 2i6 RAM
- vent , et gouverner au plus près , après s’être écarté de cette route , pour quelque cause passagère.
- RAMAGE, s. m. du lat. rama-gium , fait de ramus, rameau.
- (Hist. nat. } Le chant des oiseaux, appelé ainsi à cause des rameaux sur lesquels les oiseaux chantent.
- R AM AIRE , adj. du lat. ramus, rameau.
- {Botan. ) Attaché ôu appartenant aux rameaux.
- RAMAZAN , ou RAMADAN , s. m. Mot turc.
- ( Hist. des Mahomet. } Rama-zan est le nom de la lune ou du mois pendant lequel les Turcs font leur carême : ce jeûne a été ainsi appelé parce que Mahomet disoit que l’alcoran lui avoit été envoyé du ciel pendant ce tems-là.
- RAME , s. f. du lat. ramus.
- (Marine ) Aviron, longue pièce de bois dont on se sert pour faire voguer un bateau , une galère.
- ( Manufacture ) Rame se dit aussi d’un châssis, ou d’une machine qui sert à allonger ou élargir les draps, ou seulement pour les unir ou les dresser carrément.
- ( Hsricul. } Rame est encore une branche sèche que Pon pique en terre , pour soutenir des plantes flexibles : de là est venue l’expression de pois rainés.
- RAME ( de papier}, s. f. de l’allemand rieme, dont les Anglois ont fait ream , liasse.
- ( Librairie ) Vingt mains de papier mises ensemble.
- Mettre un livre à la rame , c’est le vendre en feuilles aux beurrières, faute de débit.
- RAMEAU, s. m. du lat. ramu-lus, diminut. de ramus, petite branche.
- ( Botan. } Division latérale et consubstantielle de la tige.
- ( Jardin. ) Rameau est aussi une branche coupée, en été , pour en tirer des greffes et des écussons.
- ( Anat. } Il se dit encore par analogie des ramifications des vaisseaux dans le corps , à cause qu’ils ressemblent à des branches d’arbres.
- ( Art. milit. ) Rameaux de la mine-; ce sont les retours , conduits, ou galeries de la mine.
- R A N
- RAMEUX, SE, adj. du lat. ra-mosus , fait de ramus, rameau.
- ( Botan. } Ayant un ou plusieurs faine aux , qui jette beaucoup de branches.
- RAMILLES, s. f. du lat. ra-mulus, ramunculus, petit rameau.
- ( Botan. ) Division du rameau.
- {Eaux et forêts} Branches d’arbres qui restent dans les bois, après qu’on en a tiré le bois de corde , et qui ne sont bonnes qu’à mettre dans les fagots.
- RAMPANT, TE , adj. du lat. repens, reptans, participe de repère , ou de reptare , se traîner sur le ventre, aller en pente douce.
- ( Hist. nat. } Il se dit des animaux qui marchent en se traînant sur la terre.
- {Botan.} Il se dit aussi des plantes étendues , et qui s’enracinent çà et là sur la terre.
- {Archit.} Il se dit encore de ce qui est en pente, de ce qui n’est pas do niveau.
- ( Chirurgie} Bandage rampant; c’est un bandage dont les circonvolutions entourent la partie en forme de spirale , et en laissant entr’elles des espaces découvert».
- RAMPE , s. f. même origine que RAMPANT.
- ( Archil. ) La partie d’un escalier à plusieurs noyaux, qui va en montant le long d’un mur.
- ( Arl. milit. ) Rampe est aussi une pente extrêmement douce qu’on fait le long des talus des remparts.
- ( Jardin. ) C’est encore un plan incliné , qui tient lieu d’escalier dans les jardins.
- ( Hydraul. ) On appelle encore rampe, dans une cascade qui descend en pente douce , une Suite de chandeliers qui accompagnent les cercles de la cascade.
- ( Anal. } Rampes est encore le nom qu’on a donné à chacune des moitiés de la cavité du conduit, osseux qui enveloppe le noyau du limaçon , et qui fait autour de lui deux tours et demi de spirale.
- RANCE, adj. du lat. rancens, puant, infecté, qui sentie moisi, le pourri. Il se dit particulièrement des graisses et des substances huileuses qui , à la longue , contractent une
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- R A N
- corruption désagréable que la chaleur leur communique.
- RANÇON, s. f. de l’allemand ranzion, composé de ran , rapine, pillage, et de süne, rachat, rédemption.
- (Art de la guerre ) Il signifie proprement le rachat du pillage , et par extension le prix qu’on donne pour la délivrance d’un captif ou d’un prisonnier de guerre.
- (Marine) Rançon est aussi la composition en argent, moyennant laquelle un corsaire relâche un vaisseau marchand ennemi qu’il a pris ; ces rançons se paient ordinairement en lettres de change sur les armateurs du vaisseau ; et ces engagemens sont fidèlement acquittés.
- Un vaisseau ainsi rançonné obtient de son preneur un passe-port ou certificat, au moyen duquel il peut se rendre à sa destination , sans courir les risques d’être pris une seconde fois.
- RANG , s. m. de l’allemand ring, ordre, disposition de plusieurs choses ou de plusieurs personnes sur une même ligne.
- ( Art milit. ) Rang, en termes de guerre , signifie une suite de soldats placés à côté l’un de l’autre , soit qu’ils marchent ou qu’ils soient en bataille.
- Rang, se dit aussi de l’ordre établi pour la marche et pour le commandement de différens corps de troupes, et des divers officiers qui sont en concurrence les uns avec les autres.
- ( MaRne ) Rang des vaisseaux ; c’est une dénomination par laquelle on classe ensemble et on distingue les uns des autres , les vaisseaux de guerre , suivant leur grandeur , le nombre de leurs canons et de leur calibre. Cette dénomination est quelquefois vague et sujette à variation ; et plusieurs auteurs ont embrouillé la matière en voulant trop subtiliser sur ces distinctions.
- Cependant, on entend généralement par vaisseaux de premier rang, eeux à trois ponts , portant trois batteries complettes de gros canons, et le plus souvent encore des canons de moindre calibre sur les gaillards.
- RAN 217
- Les vaisseaux du second rangsont ceux ayant deux ponts et deux batteries complettes de fort calibre , et aussi quelques canons de moindre calibre sur les gaillards. Us portent depuis 74 jusqu’à 80 et 84 canons.
- Les vaisseaux du troisième rang sont ceux depuis 5o jusqu’à 64 canons. Us portent du canon de moindre calibre que les vaisseaux du second rang ; mais ils ont comme eux deux ponts et deux batteries complettes, et , le plus souvent encore , des canons sur les gaillards. On ne fait plus de cas de ces sortes de vaisseaux , parce qu’ils ne sont pas assez forts pour résister avec succès à ceux des rangs supérieurs.
- Voilà quelle paroît être la distinction la plus généralement reçue en France entre les rangs des vaisseaux de guerre ou de ligne. Chez les An-glois, c’est autre chose ; ils ont six rangs de bâtimens , dans lesquels il y en a quatre de vaisseaux de ligne ; les frégates formant le cinquième rang, et les corvettes et autres bâtimens semblables, le sixième rang.
- RANGER , v. a. même origine que rang : mettre dans un certain ordre.
- ( Marine ) Ranger, en termes de marine, c’est passer auprès de quelque ohose. Ranger la terre , ranger la côte, c’est naviguer très-près de la terre, très - près ,de la côte.
- Ranger le vent ; c’est naviguer au plus près du vent.
- Le vent se range de l’arriéré , de l’avant, au nord ; c’est lorsqu’il devient favorable à la route ; lorsqu’il devient contraire à la route; lorsqu’il change et qu’il se met à souffler du côté du nord.
- RANINE , adj. du lat. ran a, grenouille : qui ressemble à la grenouille.
- ( Anat. ) L’artère ranine est un rameau de la carotide externe qui se distribue à la langue.
- La veine ranine reprend le sang de la langue, et le porte dans la jugulaire externe.
- RANULE , s. f. du lat. ranula , diminutif de ra/za, grenouille.
- ( Çhirurgie ) Tumeur cedéma-
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- 2iS RAP
- teuse, molle, lâche, ronde, située sous la langue, auprès du filet, qui ote la liberté de la parole, et qui fait croasser comme des grenouilles, d’où vient son nom.
- RAPACE, adj. et subst. du latin rapax, formé de rapio , enlever.
- (Ornythol.) Oiseaux rapaces ; c’est le nom d’un ordre des oiseaux qui renferme tous les oiseaux de proie , de jour et de nuit : le vautour , le faucon, l’aigle, sont de l’ordre des rapaces.
- (Métallurgie) On appelle, en métallurgie , substances rapaces , celles qui non-seulement se dissipent elles-mêmes par l’action du feu, mais encore qui contribuent à enlever les autres.
- RAPACE, ËE, adj. du lat. rapa} rave : qui tient de la rave.
- ( Botan. ) Il se dit des racines qui sont de la forme et à peu près de la nature de la rave.
- RAPHÉ , s. m. du grec ( raphê ), couture.
- ( Anal. ) Il se dit de certaines lignes du corps qui ressemblent à une couture. Le raphé du' scrotum, le raphé du corps calleux du cerveau. ,
- RAPIDE, adj. du latin rapidus, violent, impétueux , fait de rapio, enlever avec violence.
- ( Elocut. ) Style rapide; c’est un 1 style qui entraîne les lecteurs , les auditeurs.
- (Navigationi) Rapides s’emploie, aussi au substantif pour signifier certains lieux d’un fleuve, comme du fleuve Saint-Laurent où l’eau descend avec une telle rapidité qu’on est obligé de faire portage, c’est-à-dire , de transporter par terre les marchandises , et souvent les bateaux.
- Les rapides sont ce qu’on appelle autrement sauts et cascades.
- RAPPEL, s. m. Contraction de ré-appel, second appel ( voy. APPEL ) : action par laquelle on rappelle.
- ( sLrt milil. ) Manière de battre le tambourpour faire revenir les soldais aux drapeaux.
- ( Pratique ) Rappel à la succession : c’est uné disposition par la-
- R A P
- quelle ôn rappelle à sa succession celui qui n’auroit pu hériter, parce qu’il se trouve plus éloigné en degré que les autres parens habiles à succéder.
- Rappel de ban ; c’est la révocation que fait le prince de la peine du bannissement.
- Peinture ) Rappel de la lumière : lorsque dans un tableau un peintre s’occupe des effets de la lumière et des ombres, il ne se borne pas à y faire voir une seule masse lumineuse , oppo .ée- à une seule masse ombrée; il use du principe indiqué par la nature, en observant une grande masse lumineuse principale , sous laquelle se placent aussi les figures principales, en rappelant la lumière comme par échos , sur des figures ou objets épisodiques ou accessoires , mais d’une manière moins vive , moins large que sur la principale masse. Dans une vaste composition, ces rappels sont multipliés et toujours placés sur les groupes intéressans.
- ( Jardin, ) Rappel est encore un terme employé par les jardiniers de Montreuil, à l’égard des arbres , qui, après avoir été quelque tems laissés à eux-mêmes, à cause de leur trop de vigueur , sont par la suite tenus un peu plus de court. On les rappelle alors , c’est-à-dire, on les soulage à la taille, en les mettant sur les bons bois inférieurs, les rabattant et les déchargeant.
- RAPPORT, s. m. Ce mot a un grand nombre d’acceptions différentes, mais qui ont toutes pour origine la particule itérative re , et le verbe latin porto , porter , transporter : revenu, produit, récit, témoignage, convenance , conformité , liaison , relation.
- ( Pratique ) Rapport se dit du récit ou détail que fait un juge des pièces et de i’état d’un procès qu’il a été chargé d’examiner.
- Rapport- d’experts ; c’est celui que font des personnes versées dans la connoissance d’un art, ou d’une certaine espèce de marchandises , en conséquence des ordres ou pouvoirs qu’elles ont reçus.
- Rapport en fait de succession ; c’est ce qui est rapporté à la mass®
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- RAP
- d’une succession par les co-héritiers en ligne directe qui ont reçu du défunt des sommes d’argent ou autres effets.
- Rapport se dit aussi du droit en vertu duquel cette remise est faite à la masse.
- Rapport de médecins , chirurgiens , etc. ; c’est le témoignage que rendent, par ordre de justice , les médecins et chirurgiens, de l’état d’un malade , d’un blessé, d’une femme grosse , d’un cadavre, etc.
- ( Méd. ) Rapport se dit aussi des vapeurs ou exhalaisons qui s’élèvent de l’estomac, pendant la digestion , et reviennent à la bouche, à cause de quelque méchante qualité des viandes, ou des choses qu’on a mangées. L’ail et l’ognon font de mauvais rapports à là bouche ; les viandes flatueuses sont sujettes à causer des vents, des rapports.
- ( Chimie ) Rapports. V. AFFINITES.
- ( rilhmét. et géom.') Rapport se dit encore du résultat de la com-
- faraison de deux quantités l’une avec autre , relativement à leur grandeur. On dit plus-communément raison. V. RAISON.
- ( Peinture ) Rapport mutuel des clairs , des demi-teintes et des ombres ,* c’est l’art de donner du brillant aux couleurs de toutes les masses ; et cet art consiste à associer au premier ton de chaque objet une nuance de demi-teinte plus considérable , c’est-à-dire,plus étendue que ce premier ton ne l’est lui-même, et à celle-ci une masse de teintes inférieures en beauté et supérieures en volume.
- (Mosaïque) Ouvrages de rapport; ce sont des ouvrages faits de plusieurs pièces de pierre ou de bois, de différentes couleurs dont on forme des dessins et des représentations d’oiseaux, de feuillages et même de figures humaines. La mosaïque, la marqueterie sont des ouvrages de pièces de rapport.
- RAPPORTEUR , s. m. même origine que RAPPORT.
- ( Pratique ) Juge ou conseiller qui est chargé du rapport d’un procès, ( Créoni. ) Rapporteur est aussi le nom d’un instrument dont les arpenteurs se servent, et par, le moyeu
- R A P 319
- duquel ils rapportent et tracent sur le papier les angles qu’ils ont pris sur' le terrein , avec le demi-cercle gra-phomètre , ou l’équerre d’arpenteur. Cet instrument consiste en un limbe demi-circulaire, de cuivre , d’argent ou de corne, divisé en 180 degrés , et terminé par un diamètre au milieu duquel il y a une petite entaille ou lèvre, appelée le centre du rapporteur.
- RAPSODIE , ou plutôt RHAPSODIE , s. f. du grec pctvrl ce (rhaplo), coudre, et d’œJi) (ode), pièce de vers chantée : chants cousus ensemble.
- ( Littéral. ) Les anciens appeloîeut ainsi des espèces de poèmes composés sur les évènemens remarquables, et que des rapsodes alloient chanter de ville en ville pour gagner de l’argent. On donna ensuite ce nom aux morceaux détachés des poèmes d’Homère , que les rapsodes chantoient en public, sur le théâtre, dans les foires et les places publiques, et que les Grecs prenoient le plus grand plaisir à entendre.
- Parmi nous, le mot de rapsodie ne se prend qu’en mauvaise part et ne se dit que d’un mauvais ramas, soit da prose, soit de vers.
- RAPSODOMANTIE, s. f. du grec ( rhapsôdia ) , assemblage de vers, rapsodie , et de pLAvriiz. ( manteia ), divination : divination par le moyen d’un assemblage de vers.
- ( Divinal. ) Divination qui se faisoit en tirant au sort dans un poète, et prenant l’endroit sur lequel on tomboit pour une prédiction de ce qu’on vouloit savoir, C’étoit ordinairement Homère ou Virgile qu’on choisissoitpour cet effet; d’où l’on a donné à cette sorte de divination , le nom de sortes Pirgilianœ.
- RAPT, s. m. dulat. raptus, participe de rapio, enlever.
- ( Pratique ) Enlèvement. Ce terme se dit principalement des voies de fait, ou des moyens de séduction dont on se sert pour ravir une fille à sesparens. Anisson distingue le rapt de violence du rapt de séduction.
- RARE , adj. du lat. rams , qui n’est pas commun, qui n’est pas ordinaire, qui se trouve difficilement.
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- 230 RAS
- ( Physique ) Il se dit d’un corps qui, pour un volume déterminé , contient moins de matière que n’en contient, sous le même volume, un autre corps auquel on le compare. Ainsi , quand un rayon de lumière passe de l’air dans le verre, on dit que ce rayon passe d’un milieu rare dans un dense, parce qu’en effet, à volume égal, l’air contient moins de matière que le verre.
- RARÉFACTION , s. f. du latin rarus , et de facio, faire : faire rare , étendre davantage, éclaircir , dilater.
- (Physique ) Action par laquelle un corps acquiert un plus grand volume sans augmenter en matière propre.
- La principale cause de la raréfaction des corps, est la chaleur; mais les fluides élastiques se raréfient sans s’échauffer , et cela, toutes les fois qu’on leur permet d’occuper un plus grand espace. V. DILATATION.
- RARIFEUILLÉ , EE , adj. du Jat. rarus, et de folium , feuille.
- ÇBotan.') Portant peu de feuilles, et éloignées les unes des autres.
- RARIFLORE, adj. du lat. rarus, et de flos, Jloris, fleur.
- ÇBotan.') Ayant peu'de fleurs, dispersées.
- RAS , SE, adj. du lat. rasus ; il est de même que rais, le participe de raire, qui a le poil tendu jusqu’à la peau.
- ( yirl niilit. y Rase campagne ; c’est une campagne fort plate, fort unie, et qui n’est coupée ni d’éminences , ni de vallées, ni de bois, ni de rivières. Les deux 'armées se battirent en rase campagne.
- ( Marine ) Vaisseau ras ; c’est celui dont l’encastillage est peu élevé.
- Bas se di t aussi d’une sorte d’écueil ou danger. C’est une sorte de bancs de rochers sous l’eau, à fleur d’eau , ou au ras de l’eau, qui occupe en mer, au voisinage des côtes, une certaine étendue, et qui présente des dangers aux vaisseaux qui naviguent dans cesparages ; tel est le ras des saints, dans la côte du Finistère.
- Bas de courans , ou ras de marée ; c’est un courant rapide des eaux de la mer , dans un passage étroit, entre des terres ou des iles, dans une
- RAT
- passe ou dans un chenal, et en pleine mer même, dans certains parages.
- Bas de marée se dit aussi d’une élévation et d’un mouvement subit et extraordinaire , qui arrive passagèrement aux eaux de la mer , se prolongeant le long des côtes, et y faisant quelquefois beaucoup de ravages , ce qui est occasionné par quelque dérangement dans le tems, par les sysigies et les équinoxes, ou par des tremblemens de terre.
- RASE, adj. du lat. rasus.
- ( Marine) Vaisseau rasé; c’est un vaisseau dont on a retranché la batterie supérieure, et qui n’a plus que sa batterie basse de gros calibre, et des canons de moindre force, sur ce qui étoit ci-devant son second pont, dont on a fait des gaillards. Cette opération ne se fait guère qu’à de vieux vaisseaux qui ne peuvent plus porter toute leur artillerie , et qui deviennent ainsi semblables à des frégates, mais portant du canon de 36 ; ils ont alors plus d’élévation de batterie , sont, plus légers sur l’eau, et meilleurs voiliers.
- RATAFIAT, s. m. Terme indien.
- {Chimie, pharmacie') On donne ce nom à une foule de liqueurs alco-holisées , sucrées , et chargées des principes odorans ou sapides de plusieurs végétaux. Les ratafias se préparent de trois manières, ou par le mélange de sucs avec l’alcohol, ou par l’infusion et la macération des substances dont on veut extraire les principes solubles, ou par la distillation de l’alcohol sur des matières odorantes.
- RATE , s. f. d’une origine difficile; suivant Ménage , de jecus , je-coris, jecorata , et suivant d’autres , de sa ressemblance avec le corps d’un rat.
- {j4nat.} Un des viscères du bas-ventre , dont l’usage n’est pas encore bien connu.
- RATIFICATION, s. f. du latin rat us, approuvé , et d’ago , faire : l’action d’approuver , approbation.
- (Pratique et diplomatie ) Conformation ou approbation de ce qui a été fait, ou de ce cpie l’on a fait en notre nom , ou l’approbation d’un traité. Signer la ratification d’ua contrat, d’ua traité.
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- RATION , s. f. de l’espagnol ration, fait du lat. ratio.
- (.Art milit.') Portion de pain ou de ' fourrage qui se distribue à chaque homme de guerre.
- ('Marine) Ration de mer, ration de bord; c’est la portion réglée de vivres et de boisson qu’on distribue tous les jours à chacun des matelots pour leur subsistance.
- RATIONAL, s. m. du lat. ratio.
- (Hist. juive') Morceau d’étoffe carré, de la grandeur de la main , que le grand prêtre des Juifs portait sur la poitrine. Les Hébreux l’appe-loient hoséhen, et les Grecs xoyioy (logion).
- (Hist. du bas-empire ) Rational est encore un nom d’office, qui se trouve dans les inscriptions anciennes. C’est la même chose que procureur.
- RATIONEL, ELLE, adj. du latin rationalis , fait de ratio.
- ( Mathém. ) Terme fort en usage dans plusieurs parties des mathématiques, et qu’on emploie en plusieurs sens différenSi
- ( Astron. ) Horizon ralionelou vrai; c’est celui dont le plan passe par le centre de la terre , et qui divise par conséquent le globe en deux hémisphères ou portions égales. Il est ainsi appelé, parce qu’on ne le conçoit que par l’entendement, par opposition à l'horizon sensible ou apparent, qui est sensible à la vue.
- ( H ri th met. ) Nombre entier ratio nel; c’est celui dont l’unité est une partie aliquote. N. NOMBRE , ALIQUOTE.
- Nombre mixte rationel ; c’est celui qui est composé d’un entier et d’une fraction, ou d’une unité et d’un nombre rompu.
- Quantité rationelle ; c’est une quantité commensurable avec son unité.
- Rapport rationel; c’est celui dont les termes sont des quantités ratio-nelles.
- RAUCITÉ, s. f. du lat. raucitas y fait de raucus, enroué , rauque.
- ( Méd. ) Rudesse , âpreté de la Voix.
- Noix rauque ; c’est un son de voix altéré et désagréable.
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- RAVALEMENT , s. m. de la particule réduplicative ce, et du latin ad vallare, pour ad vallem ducere; conduire dans la vallée, à val, en bas. V. AVAL.
- {Sirelut.) Ravalement se dit de la dernière façon qu’on fait à un mur , parce qu’on la commence par en haut, et qu’on la finit par en bas.
- Ravalement est encore, dans des pilastres et corps de maçonnerie et menuiserie , un petit renfoncement simple ou bordé d’une baguette ou d’un talon.
- ( Jardin. ) Il se dit aussi d’une opération qui se pratique en recépant tout le vieux bois d’un arbre, dans le dessein de le rajeunir, en lui faisant pousser de nouveaux jets , ce qui les rend plus courts et plus bas.
- ( Hgricult. j II se dit encore d’une opération qui consiste à abaisser le cep de la vigne, et le coucher dans une fosse.
- ( Musique instrument. ) Les facteurs d’orgue et dé clavecin ont adopté le mot de ravalement, pour désigner le clavier ou système, qui , au lieu de se borner à quatre octaves, comme le clavier ordinaire , s’étend à cinq. Ils appellent cela système à ravalement.
- ( Marine ) Ravalement se dit, eu termes de marine, d’une partie dû tillac ou pont supérieur, qui s’abaisse au dessous du niveau de l’autre partie , afin de procurer aux chambres et aux logemens des officiers, une hauteur convenable, sans être obligé de relever autant les œuvres mortes.
- RAVELIN , s. m. de l’italien ri-vellino.
- ( Mrt milit.') Ouvrage compris sous deux faces qui font un angle saillant. Il se met au devant d’une courtine , pour couvrir les flancs opposés des bastions voisins. Le mot de ravelin n’est en usage que parmi les ingénieurs. Les gens de guerre l’appellent demi-lune. Noy. DEMI-LUNE.
- RAVIN, s. m. Corruption de lavina.
- (yîrt milit.') Interruption de terre, faite par la chute d’un torrent.
- RAVINE, s. f, , même origine que RAVIN.
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- (.Art mil il. ) Endroit cave par des débordemens de pluie, moins profonds que ceux que l’on désigne par ravins. V. RAVIN.
- RAVITAILLER, V. a. de la particule itérative re, et d’avi tailler , dérivé du lat. victualia, pour v ictus , necessaria, victuailles, vivres.
- ( Art milit. ) Remettre des vivres et des munitions dans une place.
- RAY-GRASS. Mot anglois qui signifie littéralement, plante radiée.
- ( Agricull. ) C’est le nom que les Anglois donnent à toutes les espèces Je plantes graminées, qui servent à la nourriture des bestiaux, et surtout à celles qui se cultivent pour cet usage.
- Les agriculteurs françois ont restreint l’usage de ce mot à l’avoine élevée et à l’ivraie vivace.
- RAYON , s, m. du lat. radio , radionis , augmentatif de radius.
- ( Optique) Trait de lumière, ou ligne de lumière , qu’on imagine partir d’un corps lumineux.
- Newton définit les rayons, les moindres parties de la lumière , soit qu’elies soient successives dans la même ligne , ou contemporaines dans plusieurs, c’est-à-dire, que, selon ce philosophe , un rayon de lumière est une suite de plusieurs corpuscules en très-grand nombre, qui s’échappent des corps lumineux, et qui se suivent, pour ainsi dire, à la file et en ligne droite.
- Rayon direct; c’est celui dont toutes les parties comprises entre l’œil et l’objet lumineux, sont en ligne droite. Ce sont les propriétés de cette espèce de rayons qui font le sujet de l’optique proprement dite.
- Rayon rompu ; c’est celui qui s’écarte de cette direction, ou qui se détourne de sa route, en passant d’un milieu dans un autre. AC RÉFRACTION.
- Rayon réfléchi ; c’est celui qui, après avoir frappé la surface d’un corps, retourne en arrière. /C REFLEXION.
- Rayon incident, celui qui tombe sur le point de réflexion ou de réfraction. K. INCIDENCE.
- Rayons parallèles, ceux qui partent de divers points de l’objet, cou-
- rt A Y
- servent toujours une égale distancé les uns des autres.
- Rayons convergeas, ceux qui partant de divers points, concourent bu tendent vers un même objet.
- Rayons divergeas , ceux qui , partant d’un point de l’objet, s’écartent et s’éloignent les uns des autres.
- Rayon commun ; c’est une ligne droite, tirée du point de rencontre des deux axes optiques, par le milieu de la ligne droite qui joint le centre des prunelles des deux yeux.
- (.Perspective) Rayon principal; c’est la distance de l’œil au plan vertical.
- ( Géom. ) Rayon se dit aussi du demi-diamètre d’un cercle , ou la ligne tirée du centre à la circonférence. Ce rayon s’appelle en trigonométrie , sinus total. JA. SINUS.
- (iMécan. ) Rayon se dit encore des rais d’une roue, parce qu’ils sortent du moyeu en forme de rayons.
- ( Géom. prat. ) Rayon visuel ; c’est, dans l’art de lever les plans , la ligne droite suivant laquelle l’œil se dirige en visant sur un objet quelconque, au travers des pinnules d’une alidade. La ligne de foi de cet instrument représente la direction du rayon sur une planchette ou sur un demi-cercle.
- ( IX'ivellement) Rayon visuel se dit, dans l’opération d’un nivellement, quand, vous mettant à trois ou quatre pieds de distance du niveau , vous posez l’œil et vous vous alignez sur la surface de la liqueur colorée comprise dans les trois fioles , ce qui dirige votre rayon visuel, et forme une ligne de mire, pour poser un jalon ou une perche à quelque distance.
- (Aslron.) Rayon astronomique; c’est le nom d’un instrurnent ancien , nommé aussi ARBALETE. JA. ce mot.
- Rayon vecteur; c’est la ligne droite qui va du foyer d’une ellipse à un point de la circonférence, ou du centre du soleil au centre de la planète ; on l’appelle vecteur parce qu’on le conçoit comme portant la planète à une de ses extrémités, tandis qu’il tourne sur l’autre extrémité , en décrivant des aires égales, en teins égaux.
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- RE , s. m.
- (Musique ) Syllabe par laquelle on solfie la seconde note de la gamme. Cette note , au naturel, s’exprime par la lettre D.
- REACTIF, adj. composé de la particule itérative re, et. de ago , agir : qui a de la réaction. F. REACTION.
- ( Chimie ) Réactifs se dit des matières que l’on emploie dans l’analyse, pour reconnoitre les principes du corps soumis à cette opération.
- REACTION , s. f. de la particule itérative re, et du lat. ago ^ agir.
- ( Physique) Action d’un corps sur un autre corps, qui le (hoque ou qui le comprime. Cette action consomme toujours une partie de la force du corps qui choque ou qui comprime, et cette partie consommée est égale à la réaction. C’est pour cela nue l’on dit que la réaction est égale à l’action ou à la compression.
- C’étoit un axiome dans les écoles, qu’il n’y a point d’action sans réaction ; mais on ignoroit que la réaction est toujours égale à l’action. C'est Newton qui a fait le premier cette remarque, et qui nous a appris que les actions de deux corps qui se heurtent l’un l’autre , sont exactement égales, mais s’exercent en sens contraire, ou, ce qui est la meme chose, que l’action et la réaction de deux corps l’un sur l’autre, produisent des changemens égaux sur tous les deux, et que ces changemens sont dirigés en sens contraires.
- RÉ AJOURNEMENT , s. m. de la particule itérative re, et d’A-JOURNEMENT. F. ce mot.
- ( Pratique) Second ajournement que l’on d.nne à ceux qui n’ont point comparu sur le premier.
- REAL, LE, adj. et s. emprunté de l’espagnol.
- (ïMarine'} Ce terme étoit d’usage anciennement pour désigner la principale des galères du roi. La galère Cale , ou simplement la réale.
- (Monnoie) Réal ou ré ale se dit: aussi d’une monnoie d’Espagne. Il y a le réalde veill >n ou de cuivre, et le réal de la plala ou d’argent.
- R E B 22§
- RÉALGAR ouRÉALGAL, s. m. Mot arabe.
- • ( Minéral.) Mine sulfureuse d’arsenic. On l’appeloit autrefois or piment. On le nomme maintenant oxide d’arsenic sulfuré rouge.
- Le ré al gare st rouge, quelquefois orangé, translucide , électrique par frottement, volatil au feu, et répan- . dant une odeur d’ail et de soufre. Il sert quelquefois a la teinture.
- RÉALISER, V. a. du lat. barb. realitas, existence effective, chose réelle , par opposition à apparence; rendre réel, effectuer.
- (Pratique} Réaliser des offres en justice y c’est iaire des offres à deniers découverts, et à l audience, partie présente ou dûment appelée , à l’effet de constater le refus du créancier, et.se faire adjuger les conclusions qu’on a prises,
- RÉATTRACTION, s. f. de la particule itérative re, et d’ATTRACTION. F:y. ce mot.
- (Physique) Ré attraction électrique; c’est l’action d’un corps actuellement électrique , par laquelle il attire de nouveau un corps qu’il avoit déjà attiré, mais qu’il avoit ensuite repoussé.
- REATUS. Mot. latin formé de reus, accusé, coupable.
- ( Pratique ) Reatu. in reatu, expression latine qui a passé dans notre langue , dans cette phrase : être in reatu , pour dire être accusé et prévenu d’un crime.
- RÉBELLION, s. f. du latin rebellium, fait de rétro, en arrière , et de bello ou bellor. taire la guerre, se révolter : révobe , soulèvement.
- ( Pratique ) Rébellion à Justicey c’est une opposition faite avec force et violence à l’exécution des mandent en s , jugemens , et autres actes émanés des tribunaux de la justice.
- REBROUSSEMENT, s. m. du latin barbare rebrossare ou rever-sare , corruption de reverlere, retourner.
- ( Géométrie ) Rebroussement des courbes y c’est la même chose que l’on appelle en latin fiexus contrarias , 11 exion contraire. Lan s une ligne courbe , partie concave, partie convexe , le point qui sépare la par-
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- tie concave de la partie convexe, ou qui termine l’une et sert de commencement à l’autre, est appelé le point d’inflexion • et l’on appelle point tie rebroussement celui où la cour-ire retourne en arrière, Hoy. INFLEXION.
- REBUS, s. m., ou rebus de Picardie , de ce qu’anciennement en Picardie, les clercs de la basoche iaisoient tous les ans, au carnaval , certains libelles qu’ils appeloient de REBUS cjuœ gerunlur, libelles de ce qui se passe dans la ville.
- ( Littérature) On entend maintenant par rebus un jeu d’esprit qui consiste en allusions, en équivoques, et qui exprime quelque chose par des mots et par des figures prises en un autre sens que celui qui leur est naturel.
- RÉCAPITULATION, s. f. de la
- Îiarticule itérative re , et de capitu-um , chapitre. Répétition sommaire des principaux points , chapitres , etc., d’un ouvrage.
- RECELER, v. a. du latin rétro, en arrière, et de celo, cacher.
- ( Pratique ) Garder une chose volée, ou la soustraire aux yeux de la j ustice.
- RECENSEMENT, s. m. de la particule itérative re, et de censeo, dans le sens de compter > supputer,
- ( Commerce ) Nouvelle vérification de marchandises, soit de leur qualité , soit de leur quantité , soit de leur poids.
- ( Statistique ) Vérification des individus existans dans un pays , pour en connoître la population.
- RÉCÉPER , v. a. dérivé de cip-pus, cep, pieux.
- ( yîgricull. ) Tailler une vigne jusqu’au pied, en coupant tous les sarmens.
- Récéper se dit aussi des bois taillis qu’on coupe par le pied, afin qu’ils poussent mieux.
- ( Architect. hydraul. ) Récéper les pieux ; c’est les enfoncer dans la terre , et les mettre de niveau avec une scie.
- RÉCÉPISSÉ, s. m. Mot purement latin qui signifie avoir reçu , «t qui est demeuré dans la pratique,
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- parce qu’autrefois toutes les expéditions se faisoient en latin.
- ( Pratique ) Acte sous seing privé par lequel un procureur , un avoué, reconnoît avoir reçu en communication les titres et autres pièces énoncées dans sa reconnoissance.
- Récépissé se dit aussi d’une simple reconnoissance qu’tm trésorier ou caissier donne pour le moment des sommes qu’il reçoit.
- RECEPTACLE , s. m. du latin recep taculum , fait de recepto, retirer, donner asyle : lieu où se rassemblent plusieurs choses de divers endroits.
- ( Hydraul. ) Réceptacle se dit d’un bassin où plusieurs canaux cî’a-queducs ou tuyaux de conduits viennent se' rendre , pour être ensuite distribués en d’autres conduits. On nomme aussi cette espèce de réservoir, conserve.
- ( Botan. ) Réceptacle dans le système de Linné s’entend du fond du calice où est fixé l’ovaire, étamine, corolle insérée au réceptacle.
- RÉCEPTION, s. f. du latin ré-cipio, réceplum , recevoir: l’action de recevoir, et quelquefois la manière de recevoir.
- ( Pratique ) Réception de caution ; admission faite par le juge d’une caution ordonnée en jugement.
- RÉCESSUS , s. m. V. RECEZ.
- RECETTE , s. f. du latin recep-la , fait de recipio , recevoir : ce qui est reçu en argent pu autrement.
- ( Finances ) Recette se dit du recouvrement , de l’action de recevoir, de recouvrer ce qui est dû , soit en deniers , soit en denrée.
- U se dit aussi du lieu, du bureau où l’on reçoit.
- Il se dit encore du chapitre d’un compte qui contient les sommes reçues par le comptable.
- ( lYléd. ) Recette se dit aussi de la composition de certaines drogues, ou de la description d’un remède , avec certaines règles pour les préparer selon l’art.
- RECEZ , s. m. Corruption du latin recessus, fait de recedere , se retirer,
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- ( Hist. de l’empire d’Allem. ) Recueil ou cahier des délibérations d’une diète. A la fin des diètes, et avant que de se retirer, on ramasse toutes les délibérations qu’on y a prises, et on les rédige par écrit. Cet acte qui les contient est ce qui s’appelle recez ou recessus , parce qu’il se fait lorsqu’on est sur le point de se retirer.
- RECHANGE , s. m. de la particule itérative re, et de l’italien cam-bio , troc , mutation.
- ( Commerce ) Rechange est, en termes de commerce, le prix d’un nouveau change dû après le protêt d’une lettre.
- (^Marine') Rechanges se dit de toutes les manœuvres, voiles , vergues, cordages, poulies,, et autres effets et munitions qu’on met en réserve, et qu’on embarque de surplus pour servir à remplacer , en cas d’accident, ceux qui sont en place.
- RECHERCHE , s. f. de la particule itérative re, et du latin circare, aller en tournant. : action de rechercher, perquisition.
- ( Musique ). Espèce de prélude ou de fantaisie sur l’orgue ou sur le clavecin , dans laquelle le musicien affecte de rechercher et de i assembler les principaux traits d’harmonie et de chant qui viennent d’être exécutés ou qui vont l’être dans un concert. Cela se fait ordinairement sur-le-champ , sans préparation , et demande , par conséquent, beaucoup d’habileté.
- Les Italiens appellent encore recherches ou cadences ces points d’orgues que le chanteur se donne la liberté de faire sur certaines notes de sa partie, suspendant la mesure, parcourant les diverses cordes dû ^ode , et même en sortant quelque-lois selon les idées de son génie et les routes de son gosier, tandis que tout l’accompagnement s’arrête, jus-<}u’à ce qu’il lui plaise de finir.
- RECHERCHÉ , part, de recher-CHE* m^me OT*§*ne ffue RECHER-
- ( Peinlure ) Ce mot se prend ordinairement en mauvaise part; et 9uand on dit qu’un artiste a des attitudes , des grâces , une couleur , des recherchés} on entend qu’il i âme 1H.
- REC 22$
- s’est donné beaucoup de peine à trouver de belles attitudes *, de la grâce, une bonne couleur , de beaux' tons, et qu’il n’a que médiocrement réussi.
- RECHUTE, s. f. de la particule itérative re , et de cheoir, en latin cadere , dont on a fait d’abord caer et choir : seconde chute, nouvelle chute.
- ( Méd. ) Il se dit au figuré du retour d’une maladie dont on n’étoit pas bien guéri.
- ( Art. milit. ) Rechute, se dit aussi d’une élévation de rempart plus haute dans les endroits où il se trouve commandé.
- RECIPE , s. m. mot lat. qui signifie prenez.
- ( Méd. ) Ordonnance ou formule qui contient le remède que doit prendre un malade ; on la nomme ainsi,
- Îiarce qu’elle commence par ce mot atin , que les médecins abrègent et marquent par un R tranché ainsi Rf.
- RÉCIPIANGLE, s. m. du latin recipiangulum , formé de recipio , recevoir, retenir , et d’angulus : ce qui retient les angles.
- ( (Jréom. p rat, ) Instrument qui sert, à prendre des angles , et qui est principalement d’usage pour lever des plans.
- Le récipiangle est fait ordinairement en forme d’éqnerre et de beu-veau , et composé de deux branches qui se meuvent autour d’un clou qui les assemble,
- RÉCIPIENT, s. m. du lat. recipio , recevoir.
- ( Chimie ) Les récipiens sont des vases dont on se sert dans les distillations à la cornue pour en recevoir les gaz qui s’échappent, et les liquides qui distillent.
- Ces instrumens sont, ou des ballons , ou des flacons, ordinairement adaptés au col ou au bec des cornues, alambics et autres vaisseaux distil-latoires.
- Les récipiens sont ordinairement de vefre, afin que l’on puisse voir si la distillation va comme elle doit aller , et s’il est besoin d’augmenter ou de diminuer le feu pour accélérer ou retarder l’opération.
- Récipient florentin ; c’est un vase employé dans les distillations de
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- substances qui doivent fournir de l’huile volatil : telles sont les roses , îa menthe , la fleur d’orange, etc. Ce vase est fait comme une poire , du bas duquel part un siphon qui remonte jüsqu’à son ouverture supérieure , et là se courbe comme le cou d’un cygne. Quand ce vase est plein d’eau distillée fournie par l’alambic, l’huile essentielle se rassemble à sa surface , et toute l’eau surabondante coule par le siphon clans un autre récipient sans entraîner l’huile avec elle.
- ( Physique ) On appelle récipient en termes de physique, un vase de verre fait en forme de voûte que l’on met sur la platine d’une machine pneumatique, afin d’en faire sortir l’air qui y est contenu , et de faire par - là ce qu’on appelle le vide. On donne à ces vases la forme de voûte dans leur partie supérieure , et celle de cylindre dans le reste de leur longueur , afin de les mettre à l’abri d’être écrasés par la pression extérieure de l’air , qui vient de son poids.
- RÉCIPROCATION., s. f. du lat. rcciproco, renvoyer, faire retourner sur ses pas.
- ( Physique ) Réciprocation de pendule ; on appelle ainsi un petit mouvement presque insensible de libration ou d’oscillation , que doit avoir, suivant quelques philosophes, un long pendule attaché fixement à un plancher, et qu’on y laisse en repos ; ce mouvement n’a pas lieu suivant M. Bouguer.
- RÉCIPROQUE , adj. même origine que RÉCIPROCATION , (P. ce mot) : MUTUEL.
- ( Grammaire ) Perles réciproques ; ce sont ceux qui signifient l’action de deux ou plusieurs sujets qui agissent l’un sur l’autre , soit directement, comme quand on dit, ils se flattent mutuellement, soit indirectement , comme quand ou dit, ils se donnent réciproquement des éloges peu mérités.
- , ( Logique ) Propositions réci-
- proques f ce sont celles dans lesquelles le sujet, de la première devient l’attribut de la seconde, et ré-cipvpquement. Ces deux proposition s, l’homme est un animal raisonnable , l’animal raisonnable est un honime , sont réciproques.
- ( Géom. ) Figures réciproques • ce sont les figures dont les cotés se peuvent comparer de telle manière que l’antécédent d’une raison et je conséquent de l’autre se trouvent dans la même figure. Par exemple, si la base d’un rectangle est à k base d’un antre rectangle , comme la hauteur du second est à îa hauteur du premier , ces rectangles sont dits réciproques , d’où il suit que les deux rectangles sont égaux.
- ( Arithmét. ) Proportion réciproque ; c’est celle dont le quatrième nombre est moindre que k second, en même raison que le troisième est moindre que le premier, et vice versa. La proportion réciproque s'appelle plus communément raison inverse. P. RAISON, INVERSE. C’est là le fondement de la règle de trois inverse.
- RÉCIT , s. m. du lat. recitare : relation, narration.
- ( Art dramat. ) Récit, se dit en parlant d’une pièce de théâtre, de la narration détaillée d’un évènement important qui vient de se passer. Cet acteur est bon pour les récits.
- ( Musique ) Récit se dit en général de tout ce qui se chante à voix seule. On dit un récit de basse , ur. récit de haute-contre ; ce mot s’applique même en ce sens aux insfru-mèns. On dit un récit de violon, un récit de flûte , de haut-bois; en un mot, réciter, c’est chanter ou jouer s?ul une partie quelconque , par opposition au chœur et à la symphonie en général, où plusieurs chantent et jouent la même partie à l’unisson.
- Récit se dit encore de la partie ou règne le sujet principal, et dont toutes les autres ne sont que l’accom-pagnemen t.
- C’est de là qu’on appelle partie récitante , celle qui se chante par une seule voix ou qui se joue par un seul instrument.
- RÉCITATIF , s. m. même origine que RÉCIT , mais pris immédiatement de l’italien recitativo.
- ( Musique ) Discours récité d’un ton musical et harmonieux ; c’ed une manière de chant qui approcha beaucoup de la parole, mie déclama' tion en musique, dans laquelle ^ musicien doit imiter, autant tp1
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- est possible ; les inflexions dé voix an déclamatéur. Ce chant est appelé récitatif t parce qu’il s’applique à la narration , au récit, et qu’on s’en sert dans le dialogue dramatique.
- Récitatif accompagné ; c’est celui auquel, outre la basse-continue, on ajoute un accompagnement de violons. Cet aecottipagnetnent est ordinairement formé de longues notes soutenues sur des mesures entières.
- Récitatif'mesuré ; cette expression s’applique au récitatif ordinaire, lorsqu’il se change tout-à-coup en chant, et prend de la mesure et de la mélodie ; ce qui se marque eu écrivant sur les parties à tempo ou à baltuta.
- Récitatif obligé ; c’est celui qui, entremêlé de ritournelles et de traits de symphonie, oblige pour ainsi dire le récitant et l’orchestre l’un envers l’autre , eu sorte qu’ils doivent être attentifs et s’attendre mutuellement. Ces passages alternatifs de récitatif fet de mélodie , revêtus de tout J’é-( lat. de l’orchestre, sont ce qu’il y à de plus touchant, déplus ravissant* de plus énergique dans la musique moderne.
- RÉCLAMATION , s. f. du latin rétro, en arrière , à rebours , contre, et de clamo , crier : l’action de crier contre, de remarquer , de s’opposer , de réclamer.
- ( Pratique j) Réclamer contre Un acte ; é’est iaire des protestations contre.
- RÉCLAME . s. f. même origine que RÉCLAMATION. .
- ( Imprimerie ) On appelle ainsi, termes d’imprimerie , le mot qui se trouve au bas de la page verso , et qui est le même que celui qui commence la page suivante.
- La réclame ne se place ordinairement qu’à la fin de chaque cahier, quand la feuille est partagée en plusieurs cahiers ; mais toujours au bas la dernière page de la feuille.
- La réclame facilite le travail du fedeur , et sert à rectifier les erreurs t11 pourraient se trouver par hasard Qatis les SIGNATURES. ( Foy. ce mot. ) v
- La réclame a été en usage en *a‘,e > dès 1468 ; mais tp.s’tu
- R E C sif
- est servi en France que vers l’an
- ïêzo.
- Les réclames dateht du onzième siècle , dans les manuscrits. L’usage en est aujourd’hui assez généralement réformé.
- (jFauconnerie) Réclame est aussi un signe dont on se sert pour faire retenir l’oiseau.
- RECLINAISON , s. m. du latin reclino > pencher,
- ( Gnomon. ) Réclinaison d’un plan ; c’est le nombre de degrés dont, le plan d’un cadran s’éloigne d’un plan exactement vertical, c’est-à-dire du -zénith. La réclinaison, est le complément de l’inclinaison.
- Cadran réclinant; c’est un cadran dont le plan s’éloigne de la ligne verticale perpendiculaire ou du zénith.
- Cadran réclinant et déclinant ; c’est un cadran qui n’est ni vertical, ni opposé directement au midi ou aux points cardinaux , ni dans la direction d’aucun de ces points.
- Quand la réclinaison est égale à la hauteur du pôle, et que le cadran ne décline point, le eadran se nomme équinoxial.
- RÉCLINÉ i EE , adj. même origine que RECLINAISON.
- ( Bot. ) Rameau ou tige réclinée/ c’est un rameau ou tige dressé et réfléchi brusquement et rendement du haut.
- RÉCOLEMENT , s. m. de la particule lat. itérative ré , et de colo , cultiver , examiner ; cultiver, examiner une seconde fois.
- ( Pratique ) Répétition de la déposition d un témoin , faite au témoin même, pour savoir de lui et par sa bouche , si, après avoir entendu la déposition qu’il a faite , il veut y persister , y ajouter ou diminuer.
- Récolement dé inventaire ; c’est la vérification qu’on fait des meubles ou papiers qui sont en nature , sur Éoriginal de l’inventaire , qui en avoit été fait quelque teins auparavant.
- RECOMMANDÀRESSE, s, f. de. la particule itérative re , et du latin commendo, confier, prier d’avoi*' so:& 1 teewarmander.
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- ( Economie polit. ) C’est le nom que l’on a donné , à Paris , à des femmes préposées pour tenir des burëaux d’adresse , où l’on va chercher des nourrices.
- RECOMMANDATION , s. f. même origine que RECOMMAN-DARESSE : action de reeom-rùander.
- ( Commerce ) Recommandation , en termes de jurisprudence du commerce , signifie l’acte par lequel un nouveau créancier fait con-noître qu’un détenu pour dettes est aussi son débiteur. La recommandation est l’image de l’incarcération ; et le créancier recommandataire est obligé d’observer , à l’égard du débiteur recommandé , les mêmes formalités que celui à la requête duquel il a été emprisonné.
- RÉCOMPENSE , s. f. de la particule itérative re, et de compenso, égaler ; mettre dans la balance , compenser , récompenser ; traitement fait en compensation , en proportion du mérite d’une action.
- ( Pratique ) Il se dit du dédommagement ou de l’indemnité qui est due à un des conjoints communs en biens , par celui qui a profité des deniers de la communauté.
- RÉCOMPOSER , v. ac. de la particule itérative re , et de com-pono, composer ; composer une seconde fois.
- ( Chimie ) -Recomposer ; c’est réunir les parties d’un corps qui avoient été séparées par quelques opérations chimiques.
- ( Botan. ) Feuilles recomposées ; on appelle ainsi les feuilles qui sont composées deux fois , c’est-à-dire, qui ont x°. un pétiole commun , 2°. des pétioles immédiats, et 3°. des pétioles propres quand elles ne sont pas rétrécies en pétioles. Les feuilles surcomposées sont encore plus divisées ; elles sont composées plus de deux fois.
- RÉCONDUCTION, s. f. de la particule itérative re, et de conduco, louer ; prendre à louage.
- ( Pratique ) Continuation ou renouvellement d’un ; louage ou d’un bail.
- RECONNOISSANCE , s. f. de la
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- particule itérative re, et de cognosco connoître : connoître une seconde fois, se remettre dans l’esprit ; action par laquelle en se remettant l’idée de quelque personne ou de quelque chose , on la reconnoît pour ce qu’elle est.
- ( Pratique ) Reconnaissance se dit en général d’un acte par lequel on reconnoît que l’on doit quelque chose ou que l’on en est chargé.
- Reconnaissance d’écriture ; c’est la vérification qui se fait d’une écriture privée qui est déniée.
- ( Artmilit. ) Faire la reconnois-sance d’une place, d’un poste, d’un camp , des environs , etc., c’est en faire le tour, et remarquer avec soin les avantages et les défauts,de l’assiette d’une place, d’un camp , et de sa fortification.
- ( Marine ) Reconnaissance, en termes de mer, est l’action de recon-noitre un vaisseau ; c’est-à-dire, de s’en approcher pour l’examiner, et savoir de quelle force il est, de quelle valeur. Dans une escadre ou armée navale , le commandant fait signal k une ou plusieurs frégates d’aller re-connoïtre les vaisseaux inconnus qui se trouvent à vue.
- Faire la reconnaissance d’une terre ; c’est observer sa situation et ses formes, afin de savoir quelle elle ” est lorsqu’on revient de voyage.
- Reconnaissance pris absolument, se dit d’un objet remarquable à terre par le moyen duquel on distingue ou reconnoît facilement le lieu où l’on se trouve sur une côte, lorsqu’on vient de la mer. Par exemple, la tour de l’île d’Ouessant est une belle reconnaissance, lorsqu’on vient à Brest.
- Signaux de reconnaissance ; c’est une suite de signaux réciproques , donnés en tems de guerre à tous les vaisseaux d’une nation pour pouvoir , lorsqu’ils se rencontrent en mer, se reconnortre pour amis , et ne pas se compromettre avec na ennemi de force supérieure.
- (Art dramat.') Reconnaissance dans la poésie dramatique , se dit > lorsque par quelqu’événement 1®" prévu, on vient à reconnoltre un« personne dont on avoit jusques-1 ignoré le nom, ou la fortune, ou 1*
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- REC
- qualité. La plus belle de tontes les feconnoissancès est celle qui se trouve avec la péripétie, c’est-à-dire, qui produit sur-le-champ dans les principaux personnages le changement de fortune qui fait le dénouement et l’achèvement de la pièce. On n’a point mis sur le théâtre de plus belle reconnais s ance que celle d ’Œdipe dans Sophocle.
- ( Commerce ) Reconnaissance est encore, parmi les négocians, une espèce d’inventaire qu’ils font une ou deux fois l’année de toutes leurs affaires en général.
- RÉCONSTITUTION , s. f. de la particule itérative re , et du latin constiluo , établir, rneftre, poser.
- • (Pratique ) Nouvelle consLiLution faite à prix, d’argent avec déclaration d’emploi affecté par le même acte.
- RÉCONVENTION , s. f. de la particule itérative re , et de con-ventio , traité , contrat : nouveau contrat.
- ( Pratique') Nouvelle convention, nouveau marché.
- Réconvention se dit aussi de l’action par laquelle on demande à celui qui demandoit. '
- RE CORDE R , v. a. du latin recorda ri , se souvenir, être témoin.
- ( Pratique ) Exploits recordés y on appelle ainsi les exploits dans lesquels l’huissier doit être assisté de deux témoins. Une saisie doit être précédée d’un commandement recordé.
- De recorder on a fait recors pour désigner ceux qui assistent les ser-gens pour leur servir de témoins, ou pour leur prêter main-forte en cas de besoin.
- RECOURS, s. m. de recourir, formé de la particule itérative re , ft de curro', courir.
- ( Pratique ) Droit de reprise , action qu’on peut avoir en dédommagement contre quelqu’uil.
- R.ECOUSSE , s. f. de recourre , anciennement recourir , pour recouvrer, délivrer : l’action de recouvrer quelque chose , de délivrer, de reprendre des choses enlevées , emmenées de force.
- ( Marine ) Il se dit, en termes de commerce maritime, d’un vaisseau
- REC 229
- repris sur les ennemis. Lorsque la, reprise est faite dans les 24 heures* après le moment de la prise, le vaisseau est restitué au propriétaire, moyennant un certain droit de re-cousse ou de reprise, qui est ordinairement d’un tiers de la valeur. S’il s’est écoulé plus de 24 heures , le bâtiment appartient aux preneurs comme une prise faite sur l’ennemi.
- RÉCRÉANCE , s. f. du latin recredo , formé de la particule itérative re , et de credo, confier , prêter : l’action de confier de nouveau.
- ( Pratique ) diction en récréance y c’est une action possessoire par laquelle on demande que cette jouissance nous soit accordée pro-visionnelîement.
- ( Diplomatie ) Lettres de récréance y ce sont des lettres qu’un prince envoie à son ambassadeur, pour les présenter au prince d’auprès duquel il le rappelle ; ou des lettres que ce prince donne à un ambassadeur , afin qu’il les rende à son retour au prince qui le rappelle; ou encore de nouvelles lettres qu’un prince envoie à son ambassadeur, auprès d’un autre prince , lorsque des circonstances particulières , comme des changemens dans la forme du gouvernement, ont rendu les premières inconvenantes.
- RÉCRÉMENT, s. m. du latin recrementum , proprement les ordures qui sortent du blé , lorsqu’on le nettoie.
- ( Méd. ) Par récréniens oh entend des sucs qui se séparent de la masse du sang pour être employés à quel-qu’usage , comme la hile, la semence , etc., en quoi ils diffèrent des excrémens qui s’en séparent pour être expulsés.
- RECRÉPIR, v. a. de la particule itérative re, et du latin ciïspire, enduire.
- . ( Arch.it. ) Enduire de nouveau une muraille de chaux et de sable.
- RÉCRIMINATION , s. f. du lah rétro , contre , à reh ours, et de cri-minor, accuser.
- ( Pratique ) Accusation intentée postérieurement par l’accusé contre son accusateur , soit sur le mêiue fait j soit sur un autre.
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- RECRUTER, v. a. Terme em,-prunté des Hollandois.
- ( Art milit. ) Faire des levées de soldats pour fortifier des troupes qui sont sur pied.
- RECTANGLE , s. m. et adj. du lat. redits, droit, et d 'angulus , angle : à angle droit.
- ( Créom. ) Un rectangle que l’on appelle encore carré longet oblong, est une figure rectiligne de quatre côtés , dont les côtés opposés sont égaux , et dont tous les angles sont droits;
- Ou bien un rectangle est un parallélogramme dont les cotés sont inégaux, mais qui a tous ses angles droits.
- Rectangle se dit aussi adjectivement.
- 'l’riangle rectangle ; c’est, celui qui a un angle droit ou égal à 90 degrés. Il ne peut y avoir qu’un angle droit dans un triangle rectiligne, ce qui fait qu’un triangle rectangle ne sauroit être équilatéral.
- RECTANGULAIRE, acîj. même origine que RECTANGLE.
- ( Crépni. ) Il se dit des figures et des solides qui ont un ou plusieurs angles droits. Tels sont les carrés , les rectangles, et les triangles rectangles ; parmi les figures planes , les cubes , les parallélipipèdes, etc. parmi les solides.
- Les anciens entendoient par section rectangulaire du cône , ce que nous appelônsaujourd’hui parabole, parce qu’avant Appollonius, on ne considéroit cette section conique que dans un cône , dont la section par l’axe for m oit Un triangle rectangle au sommet du cône. Delà vient qu’Archimède a intitulé son livre de la quadrature de la parabole, de reçtanguli coni sectione.
- RECTEUR , adj. et s. du lat. rector , fait de rego , rectum, régir, gouverner.
- ( Chimie ) Esprit recteur; c’est ainsi que les anciens chimistes ap-peloient l’esprit volatil des plantes ; que les chimistes modernes appellent AROME. U. ce mot.
- RECTIFICATION , s. f. du lat. reclus, droit j et de fiacio, faire, rendre : l’action de rendre droit, de redresser.
- REC
- ( Oéom, ) Rectification d’une Courbe ; c’est l’art de trouver une ligne droite égale en longueur à cette courbe.
- La rectification des courbes est une branche de la géométrie composée , dans laquelle on apperçoit sensiblement l’usage du calcul intégral ou de la méthode inverse des fluxions ; car , puisqu’on peut regarder une ligne courbe comme composée d’une infinité de lignes droites infiniment petites, en trouvant ig valeur d’une de ces lignes par le calcul différentiel, leur somme trouvée par le calcul intégral donnera la longueur de la courbe.
- ( Chimie') Rieclfication, en termes de chimie,est une distillation réitérée , par le moyen de laquelle on purifie les liqueurs spiritueuses, telles que l’eau vulnéraire spiri-tueuse , l’alcohol, etc.
- La Rectification est encore employée dans la fabrication des diffé r rens éthers , et de certaines huiles végétales , pour les obtenir plus pures.
- RECTIFIER , v. a. même origine que RECTIFICATION : redresser.
- {Astronomie ) Rectifier le globe ou la sphère; c’est ajuster et disposer le globe ou la sphère pour lg solution d’un problème.
- La première opération consisté à élever le pôle au dessus de l’horizon de la quantité convenable; par exemple , de 49 degrés à Paris : on cherche ensuite le lieu du soleil dans l’écliptique , parle moyen du cercle des mois et du cercle des signes qui sont sur l’horizon ; ensuite on porte le lieu du sojeil ainsi trouvé sous le méridien immobile du globe ; on place l’index des heures exactement sur midi , on dispose le quart de cercle de hauteur, s’il le faut , de manière qu’une des extrémités de ce quart de cercle soit fixé au zénith, et que l’autre parvienne jusqu’à l’horizon , en sorte qu’on puisse le faire tourner par une de ses extrémités , tandis que l’autre demeure fixé au zénith.
- Toutes ces opérations 6ont comprises dans le mot rectifier le globe ; quand cela est fait, le globe céleste
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- REC
- repré&ente la véritable position des cienx pour le raidi du jour proposé , ou pour toute autre heure ,• si l’on fait tourner le globe jusqu’à ce que l’index soit sur l’heure donnée.
- RECTILIGNE , adj. du lat. reclus , droit, et de ïinea , ligne.
- ( Géom. ) Il se dit des figures dont le périmètre est composé de lignes droites.
- RECTIUSCULE , adj» du lat. moderne reclhisculus, diminutif de reclus , droit.
- ( Botan. ) Presque droit.
- RECTO , s. m. Terme emprunté du latin. »
- ( Imprimerie ) Recto se dit de la première page d’un feuillet , celle qui se présente d’abord à la droite du lecteur : reclo est opposé à verso, qui est la page qu’on trouve après avoir tourné le feuillet. Ces dénominations viennent de ce qu’autre-i'ois chaque feuillet n’avoit qu’un chiffre à la première des deux pages ; aussi disoit-on , après avoir cité un passage de quelqu’ouvrage , qu’il se trouvoit à la page 3e., recto ou verso.
- RECTUM, s. m. Terme em-pruté du lat. qui signifie droit.
- ( Anatomie ) Les anatomistes ont conservé ce mot en françois pour désigner le dernier de tous les intestins, à cause de sa situation , selon laquelle étant vu de front ou directement en devant, il paraît descendre tout droit depuis les vertèbres des lombes, devant la face interne ou antérieure de l’os sacrum , jusques vers l’extrémité du coccyx , où il se termine et forme ce qu’on appelle anus.
- RECUEIL, s. m. de la particule lêduplicative re , et de coïli-go , cueillir.
- ( Lille rat. ) Amas, assemblage de divers ouvrages, compilés ou reliés ensemble. Recueil de poésie, de pièces d’éloquence.
- RECUIRE, v. a. de la particule dérative re , et de coquo , cuire : cuire une seconde fois.
- ( Technol. ) Il se dit dans un grand Nombre d’arts dans lesquels on remet * ouvrage au feu, pour sa perfection sa conservation, pour y donner
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- une plus grande solidité. On recuit le verre soufflé et façonné , pour éviter qu’il ne se fende.
- On recuit les limes , les burins , etc. après les avoir trempés.
- On recuit le fer forgé, pour le convertir en acier.
- RECUL , s. m. de reculer, composé de la particule re, en arrière , àrebours, et de culaj-e, fait de culusy cul : le mouvement d’une chose qui recule.
- ( Artillerie ) Recul du canon ? c’est un mouvement en arrière, causé par l’action de la poudre , qui, eu s’enflammant , agit d’abord également sur toutes les parties intérieures de la chambre, ce qu’elle ne peut faire sans donner un petit mouvement à la pièce, de tout sens.
- RÉCURRENT , TE, adj. du latin recurro , formé de la particule re , et de curro , courir : courir une. seconde fois, revenir stn- ses pas en couran t.
- ( Anat. ) Artères récurrentes ; ce sont des branches de la cubitale et de la radialp, qui se rendent de bas en haut, autour des condyles de l’humérus.
- IVerfs récurrens : la huitième paire, parvenue dans la poitrine, produit de chaque côté un nerf très-remarquable , dont celui qui naît du côté droit, embrasse l’artère souela-vière, en manière d’anse oud’échax-pe, pendant que celui du côté gauche fait la même chuse à la crosse de l’aorte.
- ( Malhémat. ) Pæcurrente ; v. SERIE.
- RÉCUSATION , s. f. du latin recuso , refuser , récuser.
- ( Pratique ) Exception par laquelle on refuse de reconnoïtre, oqt récuse un juge , un expert, un témoin, un juré, etc.
- REDACTION , s. f. du latm rcdisco, reductum , réduire.
- ( RiItérât.') Action par laquelle on rédige un ouvrage, c’est-à-dire, par laquelle on le réduit en otdre, sous une forme plus claire et pins abrégée.
- REDAN, ou REDENT, ». m. contraction du latin recedens, de de recedo, se retirer, rentrer.
- ( Art milit.') Redans ou ouvrages à scie ; ce sont des lignes ou des laces qui fotmcïit des angles reu-
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- trans et sortans, pour se flanquer les unes les autres. D’ordinaire le parapet du chemin couvert est con-.duit par redans; l’on fait aussi des redans'bu côté d’une place, qui regardent le bord d’un marais ou d’une rivière.
- Les lignes.de circonvallation et de contrevallation, sont aussi flanquées de redans.
- ( Archit. ) Redans se dit aussi , en parlant d’un mur ou d’une fondation, de plusieurs ressauts qu’on fait d’espace en espace, lorsque le terrein est en pente, .pour conserver le niveau.
- REDDITION, s. f. du latin red-do, redditum, rendre : l’action de rendre.
- ( Finances) Il se dit en parlant d’un compte qu’on présente pour être arreté. La reddition d’un compte.
- (Art mil il. ) Reddition d’une
- place ; quand l’assiégé n’avoit plus d’apparence de pouvoir résister dans les retranchemens qui lui restent, il fait battre la chamade sur toutes les attaques , pour avertir l’assiégeant qü’il veut se rendre. H. CAPITULATION.
- REDEVANCE, s. f. de la particule re, et de debeode bitu ni, devoir.
- ( Pratique) Dette, rente , eu au-• tre charge que l’on doit annuellement.
- REDHIBITION, s. f. du latin redhibitio , formé de reddo, rendre , et d’habilio , état de possession : l’action de rendre n e qu’on a , restitution.
- (Pratique) Action en redhibi-' lion ou action rédhibitoire / c’est celle par laquelle l’acheteur conclut contre le vendeur , à la résolution et nullité du marché, et qu’en conséquence le prix lui en soit rendu.
- REDINGOTE , s. f. Corruption de l’anglois riding' - coat , habit, casaoue pour monter à cheval.
- ( 7 ’echnol. ) Espèce de casaque dont on se sert dans les tems de gelée , de pluie, et sur-tout à cheval.
- REDONDANCE, s, f. du latin redundo , déborder , fait de rétro , en arriére , à rebours, et d'undo, ippader, déborder ; débordement,
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- (Didactique ) Superfluité de paroles dans un discours. Ilfaut éviter les redondances dans ce qu’on écrit.
- ( Dïéd. ) Il se dit aussi en médecine pour signifier l’excès , la superfluité , la trop grande abondance des humeurs , etc.
- ( Qéom. ) Hyperboles redondantes ; c’est le nom que Newton a donné , dans son enumeratio linea-runi Lertii ordinis , à une epèce de courbes du'" troisième ordre , qui, ayant trois asymptotes droites, * en ont par conséquent une de plus que l’hyperbole conique ou apollonienne.
- RÉDOTATION, s. f. de la particule itérative re, et de dotalio. V. DOT , DOTATION ; nouvelle dot, seconde dot.
- (Pratique) Nouvelle dot qu’un père , en pays de droit écrit , est obligé de donner àsa fille en la remariant, lorsqu’il la lui â, retirée dans une circonstance de veuvage , ou en vertu de quelque cause du contrat de mariage.
- REDOUBLEMENT , s. m. de la particule itérative re, et du latin duplico , doubler : accroissement, augmentation.
- (JYléd. ) Il se dit de l’augmentation d’une fièvre continue , des accès qui reviennent périodiquement dans ces sortes de fièvres.
- REDOUTE , s. f. de l’italien ri-dolto , réduit, retraite , .réunion , assemblée.
- ( Art rnilit. ) Peiit fort d’un très-grand usage dans la fortification , et que l’on destine d’ordinaire à servir de corps-de- garde. Il y en a de plusieurs façons.
- Redoutes de terre, celles qui servent aux tranchées, circonvallations, contrevallations , passages de rivières , hauteurs dont on se rend maître .etc.
- Redoutes de maçonnerie ; elles servent à garder quelques postes dont l’ennemi se pour l'oit prévaloir. On en place de même sur les angles saillans des glacis.
- Redoutes casematces ; ce sont celles qui sont voûtées, à l’épreuve de la bombe.
- Redoutes à mâchicoulis ; ce sont des redoutes de macounerie qui qvX
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- plusieurs étages, et dont l’état supérieur déborde le mur de la redoute d’environ un pied. On pratique dans cette saillie, des ouvertures par lesquelles ou découvre le pied de la redoute , ce qui en facilite la défense.
- (Danse) Redoute est aussi le nom d’un lieu public où l’on s’assemble pour danser , jouer , etc.
- REDRESSER , v. a. de la particule itérative re , et de l’italien driz-zare, fait du latin directuni, droit : rendre droite une chose qui Pavoit été auparavant, ou qui devoit l’être.
- (Rotan, ) Redressé se di t de ce qui déviant d’abord par sa partie inférieure, de son point d’origine , se releve ensuite par Une courbure.
- RÉDUCTION, s. f. du latin re-duco , formé de rétro , en arrière, et de duco , mener, conduire, en arrière, ramener , reconduire , réduire : action de réduire.
- ( Commerce ) Réduction se dit de l’action par laquelle on évalue des pièces de monnoie, les grandes aux petites, ou les petites aux grandes; les espèces du pays aux étrangères , ou les étrangères à celles du
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- ( Chimie ) Réduction s’entend de toutes les opérations par lesquelles on rétablit un corps dans l’état qui ' lui est naturel ; mais il est adopté principalement pour les substances métalliques , qui, de l’état d'oxidé, sont rappelées à l’état métallique. Le charbon , les graisses , et toutes les • substances qui ont beaucoup d’alïinité avec l’oxigène , peuvent être employées à la réduction des métaux. Les fondeurs de cuillers d’étain ne manquent jamais d’enlever l’oxide qui se forme à la surlace de l’étain fondu , et de le mettre de côté comme une chose inutile. Lorsqu’ils en ont une grande quantité , ils le fondent dans un creuset avec du suif, et ils trouvent le métal pur au fond du creuset.
- ( Pratique) Réduction , en termes de palais', se dit du retranchement ou diminution qui se fait d’une cnose, aux termes de la loi , ou de la coutume : réduction d’un testament , d’un legs , oq: autres dispositions de dernière volonté. .
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- ( Chirurgie ) Réduction est parmi les chirurgiens , l’action de réduire , de ramener, de remettre , de faire rentrer dans leur place , les parties qui en étoient sorties; On se sert de ce terme dans les luxations , les fractures, les hernies, les chutes de l’anus, etc.
- ( xlrithmét. ) Réduction se dit des nombres, des poids, mesures , monnoies, lorsqu’on veut savoir le rapport qu’elles ont les unes aux autres.
- Réduction ascendante ; c’est celle par laquelle on réduit une espèce de moindre valeur , en une autre de valeur plus grande.
- Réduction descendante ; celle par laquelle ou réduit une grande quantité en une moindre.
- .( Analyse ) Réduction des expressions analytiques ; c’est une opération dont l’objet est de simplifier ces expressions , soit en effaçant les termes qui se détruisent, soit en supprimant des fac<eurs communs, soif en effectuant des additions numériques.
- ( xirl du dessin ) La réduction d’une figure , d’un dessin , c’est 1 art d’en faire une copie plus petite que l’or iginal, en conservant toujours sa forme et sa proportion.
- (éreo/u.) Le principal usage du compas de proportion, c’est la réduction des ligures : c’est ce qui lui a fait aussi donner le nom de compas de réduction. On se sert aussi pour cela du pantograplxe. f/(yy. PANTO-. GRAPHE.
- Lchelle de réduction ; c’est un morceau de bois large et mince , sur lequel sont marquées différentes lignes ou échelles de parties égales, qui servent à- transformer les longueurs mesurées, en parties plus petites.
- Réduction de l’angle au centre ) c’est l’opération du calcul que l’on emploie , lorsqu’après avoir observé un angle d’un point pris sur la circonférence d’une tour , on veut connoitre quelle auroit été l’ouverture de cet angle, si l’instrument qui a servi à la mesurer eût été placé au centre de la terre.
- ( slstron. ) Réduction à l’éclip-lique ; c’est la différence enUe la
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- longitude d’une planète dans son orbite, et Sa longitude réduite à l’écliptique.
- Réduction à un grand cercle ; c’est une opération qui se fait continuellement* dans l’astronomie , et qui consiste, par exemple , à diviser un petit arc de longitude par le cosinus de la latitude d’un astre, pour avoir l’effet que ce petit arc produit quand il est rapporté sur l’éciiptique par deux cercles qui partent du pôle de l’écliptique, et embrassant ce petit arc, vont marquer la différence de longitude qui en résulte. On fait la même chose pour les ascensions droites , par rapport à l’équateur ; on le fait encore par rapport à l’horizon , quand on veut avoir une différence d’azimut réduit à l’horizon , par le moyen d’une petite distance horizontale , mesurée dans la région de l’étoile, parallèlement à l’horizon.
- RÉDUIT, s. m. Traduction de l’italien de ridotto , fait du latin reduc tuin , retraite.
- ( Archit. ) Petit lieu retranché d’un grand, pour le proportionner, nu pour quelqu’autre commodité.
- Réduit est aussi un lieu où s’assemblent. plusieurs personnes pour se divertir ou converser ensemble.
- ( Art iniht. ) Réduit se dit aussi d’une espèce de bastion fortifié du côté de la villepour en contenir les habitans.
- Réduit se dit encore d’une petite demi-lune formée dans la grande, sur l’angle rentrant de la contrescarpe , et dans Jaquelle la garnison se retire, lorsque la grande a été emportée.
- RËDUPLICATIF , VE , adj. de la particule itérative re, et du lat. duplico , doubler.
- ( Gmtnm. ) Il ne se dit guère que des mots qui marquent la réitération des actions : particule rcduplica-tive ; on dit aussi itérative.
- RÉEL , ELLE , adj. du lat. res, rei, qui est véritablement.
- ( Pratique ) Action réelle ; c’est celle par laquelle on demande la possession d’une chose qui nous appartient, ou la jouissance de quelque droit réel sur un héritage.
- Offres réelles ; celles qui se font
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- en argent comptant , et à deniers découverts.
- Saisie réelle; c’est une saisie faite par justice, d’un fonds, d’un héritage , d’un immeuble.
- ( Algèbre) Quantité réelle ; ce sont les quantités qui ne contiennent point de racines paires de quantités négatives. Elles sont opposées aux quantités imaginaires qui contiennent de pareilles racines, F. IMAGINAIRE.
- REFEND , s. m. de la particule itérative re , et de fendre, de l’itai. fendere, diviser.
- (Arc hit. ) Mur de refend ; c’est un mur qui est dans œuvre, et qui sépare les pièces de dedans d’un bâtiment.
- Rois de refend ; ce sont les bois qui ont été sciés de long.
- RÉFÉRÉ, s. m. du latin refera, rapporter.
- ( Pratique ) Rapport, fait devant un magistrat, de l’incident survenu dans le cours d’un procès ou d’un acte judiciaire , ou des difficultés qu’un officier subalterne a rencontrées dans l’exécution des jugemens.
- REFENDRE, v. a. même origine que REFEND.
- ( 7 écfmol.) Machine à refendre les peaux. Les divisions des peaux par tranches, dans leur épaisseur , sont des opérations qui ont été tentées eu Angleterre et en France, avec plus ou moins de succès. Mais de tous les artistes qui s’en sont occupés, aucun n’a obtenu plus de succès que M. Buscarlet , tanneur à Nantua , département de l’Ain , et M. Choumert de Londres. Ces divisions sont, plus ou moins multipliées, suivant les usages qu’on se propose d’en faire. Les deux premières tranches des peaux de mouton , par exemple , peuvent être employées pour vélin ou pour éventails, et les autres peuvent servir à la garderie.
- RÉFÉRENDAIRE , s. m. même origine que RÉFÉRÉ , en latin re-ferendarius, rapporteur.
- (1Hist. de France) C’est ainsi qu’on appeloit ie chancelier de France sous la première race.
- On a depuis donné ce nom à un officier créé dans les petîtes chance!-
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- leries. pour faire le rapport des lettres à sceller devant le maître des requêtes , qui tenoit le sceau, qui les i'ai.soit sceller ou qui les rebutoit.
- ( Chancellerie romaine ) Il y a des référendaires dans la chancellerie romaine : ce sont les douze plus anciens prélats, qui ont droit de rapporter les suppliques des parties.
- RÉFLÉCHI , IE, adj. du verbe réfléchir, fait du lat. rétro, en arrière , à rebours, contre, et de flecto, replier, rebrousser, renvoyer loin de soi.
- ( Mécanique ) Mouvement réfléchi ; c’est celui d’un corps qui rencontre un obstacle impénétrable pour lui, lequel l’oblige à rebroüsser chemin , et le fait rejaillir après le choc. Tel est le mouvement d’une balle de paume qui, après avoir touché le mur vers lequel on l’a lancée, rejaillit vers celui qui la lance. F. MOUVEMENT.
- ( Optique ) Rayon réfléchi ; c’est un rayon de lumière qui a éprouvé un changement de direction par la rencontre d’un obstacle impénétrable pour lui , lequel l’a obligé à rejaillir suivant une direction différente de selle qu’elle avoit auparavant .
- Pision réfléchie ; c’est celle qui se lait par le moyen des rayons réfléchis de la surface des objets , et qui parviennent à l’œil. La vision réfléchie est l’objet de la catoptri-que.
- ( Botan. ) Réfléchi se dit aussi de ce qui est rabattu en dehors, hou par une arcuation simple et continue, mais par une courbure ou flexion subite, de manière à faire angle avec le support.
- ( ùramm,') Réfléchi se dit encore de certains verbes dont l’action a pour objet ou pour terme la même personne ou la même chose qui en est le sujet : ainsi, je me courtois est un-verbe réfléchi.
- REFLET, s. m, de RÉFLÉCHIR. V. ce mot.
- ( Peinture ) Lumière qui tombe sur un corps , rejaillit sur le corps voisin , privé par lui-mème de lumière , et lui prête une clarté plus sourde que celle qu’il recevroit de lumière directe.
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- La lumière qui vient de frapper un corps , ne rejaillit qu’aprèss’etre chargée de la couleur de ce corps , et elle porte , en réjaillissant, des parties de cette couleur sur le corps voisin. Il se fait alors sur ce dernier corps , un mélange de sa couleur propre , avec la couleur cTe celui dont il reçoit une lumière reflétée. Ainsi une draperie jaune ou rouge porte quelques tons de sa couleur sur les chairs qu’eile avoisine. Les femmes, sans avoir aucune théorie des reflets, n’ignorent pas les avantages qu’elles en peuvent tirer, et elles ont soin de choisir pour leurs parures les couleurs qui peuvent le mieux s’associer à leur teint. Le peintre a la même at-^ tention que les femmes , et il évite de donner aux draperies des couleurs qui peuvent nuire aux carnations.
- C’est par les reflets qu’un objet peut être arrondi , et qu’il prend le plus parfait relief. Les reflets ne contribuent pas moins à la légèreté, à la vaguesse , à l’harmonie du tout ensemble, qu’à l’effet, au saillant de tous les détails.
- RÉFLEXIBILITÉ , s. f. du lat. rétro, en arrière, de flectere, replier, et d’habilitas , capacité , facilité : propriété d’un corps susceptible de réflexion.
- ( Physique ) Propriété ou disposition qu’ont certains corps à rejaillir lorsqu’ils rencontrent un obs-5 tacle impénétrable pour eux , et qui les empêche de passer outre.
- La réflexibilité n’appartient qu’aux corps élastiques : sans élasticité, il n’y a point de réflexiblité ; mais comme l’élasticité n’est pas au même degré dans tous les corps, tous aussinejouis-sent pas également de la réflexibilité.
- Newton a découvert le premier que les rayons de lumière , qui sont de différentes couleurs, ont différent degrés de réflexibililé,
- RÉFLEXION , s. f. même orL gine que RÉFLÉCHI. V. ce mot,
- ( Mécan. ) Retour ou mouvement rétrograde d’un mobile , oc ta-, sionné par la résistance d’un corps qui l’empêche de suivre sa premiers direction.
- Les anciens philosophes ne sont pas d’accord §nr les causes et les lois
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- de la réflexion ; mais les auteurs modernes les plus célèbres regardent la réflexion Comme un mouvement propre aux corps élastiques, par lequel , après en avoir frappé d’autres qu’ils n’ont pu mouvoir de leur place, ils s’en éloignent en retournant en arrière par leur force élastique.
- { Catopirique') Réflexion se dit, en termes de catoptrique , du retour d’un rayon de lumière de la surface polie d’un miroir , d’où il est repoussé. Poy. MIROIR , CATOPTRIQUE.
- Ray on de réflexion , ou réfléchi ; c’est le rayon renvoyé de là surface polie d’un miroir.
- Point de réflexion ; c’e'st le point du miroir où commence le retour du rayon.
- Calhèle de réflexion ; v. CA-THÈTE.
- single de réflexion ; v. ANGLE.
- Lois générales de la réflexion! ; i°. Quand un rayon de lumièrè pst réfléchi par un miroir de telje forme que ce, soit, l’angle d’incidence est toujours égal à l’angle de réflexion.
- 2°. Chaque point d’un miroir réfléchit les rayons qui tombent sur lui de tontes les parties d’un objet. Delà vient que les rayons réfléchis d’un miroir représentent l’image des objets qui sont placés vis-à-vis.
- 3°. Si l’œil et le point lumineux changent mutuellement de place, le rayon se réfléchira vers l’œil, en prenant le même chemin-qu’aupa-ravant, ‘car le rayon qui étoit auparavant le rayon de réflexion, deviendra celui d’incidence , et réciproquement.
- 4°. Le plan de réflexion, c’est-à-dire le plan où se trouvent les rayons incidens et réfléchis, est perpendiculaire à la surface du miroir ; et dans les miroirs sphériques , il passe par le centre. Il suit de là que la catliète d’incidence et de réflexion se trouve dans le plan de réflexion. Voy. MIROIR.
- \Astron. )' Réflexion de la lune; voy. VARIATION.
- REFLUX , s. m, du lat. rétro , en arrière , et de fluo , fluxuni, couler.
- ( Physique ) Mouvement réglé
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- de la mer qui se retire et qui s’éloigne. Il est opposé à FLUX. P. ce mot.
- RÉFONDER , v. a. de la particule itérative re , et de fundo , verser, répandre; verser une seconde fois, rembourser.
- ( Pratique ) Refùnder les dépens ; c’est rembourser les frais d’un défaut, faute de comparoir, afin d’y être reçu opposant.
- . REFONDRE , v. a. même origine que RÉFONDER.
- ( Dionnoie ) Refondre les monnaies. V. REFONTE.
- ( Gravure ) Refondre le trait ; c’est faire réchauffer la planche sur laquelle on a calqué le dessin.
- ( Marine ) Refondre un vaisseau / c’est faire entrer un vieux vaisseau dans un bassin , changer la presque totalité de ses pièces , et le refaire à neuf, de manière à conserver sa forme primitive.
- REFONTE , s. f. même origine que REFONDRE et RËFONDER.
- . ( /donnoie .) Il ne s’emploie
- guère qu’en parlant de l’action de refondre les monnoies, pour en faire de nouvelles espèces.
- RÉFORME , s. f. de la particule itérative re , et du lat. formo , former , figurer, façonner : rétablissement dans l’ordre de l’ancienne forme.
- ( sirt milit. ) Réforme se dit du licenciement d’un corps entier de gens de guerre, ou de quelques-unes dç ses parties. La réforme se fait en hommes comme en chevaux.
- Réforme se dit aussi du rang qu’obtiennent les officiers ou soldats réformés. Ils ont eu, ils ont obtenu ' leur réforme.
- ( Religion ehrét, ) On appelle aussi réforme le changement que les protestans du seizième siècle ont introduit dans la doctrine et dans la discipline de l’église. Une telle ville embrassa la réforme.
- Les catholiques romains disent dans ce cas la prétendue réforme.
- REFOULER , v. a. de la particule itérative re , et du lat. barb. fui lare, fouler , -fait de fullo , iou-ion : fouler de nouveau.
- ( Hydrnul. ) Refouler , se dit des pompes foulantes , qui forcent l’eau
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- à monter dans des tuyaux et à sortir avec impétuosité.
- ( Artillerie4) Refouler, c’est bourrer îe canon , presser la bourre et la poudre avec le refouloir.
- ( Marine ) Refouler la marée ; c’est avancer et faire route contre la direction de la marée ou d’un courant. Le chemin qu’on fait en pareil cas, est égal à la vitesse apparente , moins celle du courant ou de la marée.
- RÉFRACTAIRE , adj. du latin
- refragor , s’opposer , résister : rebelle , désobéissant.
- ( Chimie) lise dit des substances minérales qui ne peuvent point se fondre , ou qui ne se fondent que très-difficilement; mine réfractaire, terre réfractaire, creuset réfractaire.
- RÉFRACTION, s. f. du latin refringo, refractum , briser, rompre , formé de relro , en arrière , à .rebourset de frango , rompre , changer de direction.
- ( Mécanique ) Détour , changement de direction qui arrive à un mobile quand il tombe obliquement d’un milieu dans un autre , qu’il pénètre plus ou moins facilement , ce qui est cause que le mouvement de ce corps devient plus ou moins oblique qu’il n’étoit auparavant , et s’éloigne de sa rectitude.
- ( Optique ) Réfraction de la lumière , en optique , est un détour ou changement de direction qui arrive à un rayon quand il passe d’un milieu dans un autre qui le reçoit plus ou moins facilement, ce qui est Cause qu’il se détourne de sa direction. Pour les lois de la réfraction dans les surfaces planes , convexes ou concaves , consultez les divers ouvrages de physique qui ont traité de cette matière.
- ( Jlstron. ) Réfraction1 astronomique , ou réfraction des astres ; c’est le détour ou le changement de direction qui arrive aux rayons de ces corps lumineux, quand ces rayons passent dans notre atmosphère, ce qui fait que les astres paroissent plus éle vés au dessus de l’horizon qu’ils ne le sont en effet.
- 'Eablcs de réfraction ou tables a-naclastiqu.cs ; ce sont des tables
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- qui contiennent l’effet de la réfraction , suivant l’obliquité du rayon , ou suivant la hauteur de l’astre.
- Variations de la réfraction ; la densité de l’air est la cause immédiate de la réfraction ; il étoit donc naturel de croire que la réfraction. diminuerait lorsque la densité de l’air deviendrait moindre , soit par l’expansion que produit la chaleur , soit, par les causefqui en diminuent le poids. Les astronomes ont en effet reconnu dans les réfractions deux sortes de variétés très-sensibles, dont l’une dépend de la chaleur de l’air , et l’autre de son poids ; elles sont indiquées par le thermomètre et le baromètre.
- Effets des réfractions ; les astre* paraissant plus élevés qu’ils ne sont réellement, et cela dé 337 àl’horizon nous ne voyons jamais le véritable lever ou coucher du soleil, et nous n’en apercevons que le fantôme ou l’image ; cet astre étant encore tout au dessous de l’horizon quand nous le voyons se lever : la dilFérencé est de 47 1677 de tems à Paris dans les solstices. La réfraction aecourcit les distances des astres les uns par rapport aux autres, et l’on est obligé d’en.tenir compte dans l’observation des longitudes. *
- C’est encore la réfraction qui fait que la lune paraît quelquefois éclipsée et aü dessus de l’horizon , le soleil étant aussi au dessus , quoiqu’ils soient réellement opposés dans les éclipses. La réfraction fait paraître le soleil et la lune d’une forme ovale,' parce que le diamètre vertical est accourci par la réfraction , et que le diamètre horizontal ne l’est pas.
- ( Nivellement ) Réfraction , en termes de nivellement, est la brisure du rayon de lumière , lorsqu’il change de milieu. On s’aperçoit en nivelant, de ces effets causés par la réfraction qui dérangent Je rayon visuel, et 011 a fait clés tables pour corriger l’excès du niveau apparent sur le vrai niveau qui est assez considérable dans certains cas pour qu’on doive en tenir compte.
- REFRAIN , s. m. de l’espagnol refran -, fait du lat. referaneus , et qui signifie proverbe , adage, parce que le refrain doit être quelque chosa de sentencieux.
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- ( Poésie , musique ) Ôn appelle refrain , un ou plusieurs mots qui se repètent à chaque couplet d’une chanson , d’une ballade , d’un rondeau, etc.
- RÉFRANGIBILITÉ, s. f dnlat. refrin gere , rebrousser , retourner , et d’habilitas , capacité , facilité : disposition à la réfraction.
- ( Physique ) Propriété ou disposition qu’ont les corps à se détourner de leur première direction, lorsqu’ils passent obliquement d’un milieu dans un autre , d’une résistance difîérente.
- Les corps solides se réfractent ordinairement en s’éloignant de la perpendiculaire au plan qui sépare les deux milieux , lorsqu’ils passent d’un milieu rare dans un plus dense ; et, au contraire , ils se réfractent en s’approchant de cette perpendiculaire, lorsqu’ils passent d’un milieu dense dans un plus rare.
- l.es rayons de lumière font ordinairement le contraire ; ils se rétractent en s’approchant de la perpendiculaire , lorsqu’ils passent d’un milieu rare dans un pins dense ; et en s’éloignant de cette perpendiculaire lorsqu’ils passent d’un milieu dense dans un plus rare.
- L’expérience a appris que les différons rayons de lumière n’ont pas tons le même degré de réfrangibilité ; que les rouges , par exemple , sont moins réfrangibles que les orangés , les jaunes , les verts , etc. ; et que les violets sont de tous les plus réfrangibles.
- Une plus grande ou moindre ré-frangibililé, est une disposition à être pius ou moins rompu en passant sous le même angle d’incidence dans le même milieu. Toute la théorie de Newton sur la lumière et les couleurs, est fondée sur les différentes réfrangibililés des rayons de lumière.
- La différente réfrangibilité des rayons de lumière, est encore, suivant la remarque du même auteur , une des principales causes de l’imperfection des lunettes, car ces rayons étant différemment réfrangibles , Sont d’abord différemment vouions par îa lentille , et étant ensuite rapprochés > ils forment des foyers dif-
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- férenS par leur réunion. C’est eè qui avoit engagé Newton à imaginer son télescope, où il substitua la réflexion à la réfraction , parce que tous les rayons de lumière , réfléchis par un miroir, concourent tous, au moins sensiblement au même foyer ; ce qui n’arrive pas dans les lentilles. K oyez TELESCOPE.
- RÉFRIGÉRANT, TE, adj.du lat. refrigero , rafraîchir : qui à la propriété de rafraîchir.
- ( Chimie ) Le réfrigérant est une des pièces qui composent l’alambic ; c’est ordinairement un vaisseau de cuivre qui entoure le chapiteau , et dans lequel on met de l’eau froide, pour presser la condensation des vapeurs des matières que l’on a mises à distiller dans la cucurbire, et qui s’élèvent dans le chapiteau. Dans la partie inférieure du réfrigérant est placé un robinet, par lequel on fait écouler l’eau qui est devenue trop chaude, pour en remettre de froide.
- Les réfrigéra ns commencent à n’ètre plus guère d’usage , parce qu’on a remarqué que pour que la distillation aille bien , il faut que le chapiteau de l’alambic soit pie?--qu’aus: i chaud que la eucurbite.
- REFRIGÉRATIF, VE, adjec. même orig. que RÉFRIGÉRANT.
- (Ilïédec.') Il se dit des alimens et médicaniens , comme tisannes , lavemens, potions , etc. , qui ont la propriété de rafraîchir les parties intérieures du corps.
- RÉFRINGENT, TE, adjec. du lat. refringo, rebrousser.
- (Physique ) Il se dit des substances qui occasionnent la réfraction des corps. Lorsqu’un coips passe obliquement de l’air dans l’eau , on dit alors que l’eau est le milieu réfringent. ( Koy. MILIEU. ) S’il passe de l’eau dans l’air, on dit alors que l’air est le milieu réfringent. Toutes les substances transparentes sont capables de réfracter les rayons de lumière.
- REFUSER , v. a. dulàt. refutare} rejeter, ne pas accepter.
- ( Ttla ri ne ) Le ijent refuse ; cela signifie, en parlant d’un vaisseau courant an, plus près, que le vent se ranj* davantage de Pavant, ou qu’il
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- souffle dans une direction qui fait un angle plus aigu avec ia proue, et ne permet plus de suivie la même route, mais oblige de s’en écarfei de la même quantité, ou suivant un angle égal à celui dont le vent a refuse ; on dit, dans ce sens, que le vent refuse d’un , de deux quarts, etc.
- Refuser de virer; c’est , eu pariant d’un vaisseau, manquer i’opé-tation de virer de bord vent devant , ou de tourner par le côté du vent,
- Sur changer de route. E. VIRER E BORD.
- Lorsqu’un vaisseau refuse de virer, sa proue, après s’être mise presque dans la direction du vent, revient sur le même bord où elle étoit auparavant. Cela arrive par deux causes, ou par la faute de celui qui commande la manœuvre, ou par l’état de la mer, dont les lames ou vagues élevées repoussent la proue du vaisseau en sens contraire du sens de l’évolution qu’on veut lui faire faire. Les marins préviennent cet effet, en vi-raht de bord vent arrière , c’est-à-dire, en faisant le tour par le côté , sous le vent.
- RÉGALE , adj. et subst. du latin regalis, fait de rex, regis, roi : royal , de roi.
- ( Chimie ) Eau régale ; voyez ACIDE NITRO - MURIATIQUE.
- (Musique) Régale, s. m. ou jeu de régale; c’est un jeu dont les tuyaux sont fermés par le haut, et qui imitent la voix humaine.
- ( Pratique') Résale étoit aussi le nom d’un droit que le- roi avoit de percevoir les fruits des évêchés va-cans, des abbayes vacantes , et de pourvoir , pendant ce tems-là , aux bénéfices qui étoient à la collation de 1’ évêque.
- RÉGALEMENT , s. m. de la particule re, et du verbe égaler, unir, applanir : l’action d’unir , d’ap-planir, de dresser de nouveau.
- ( Finances ) Répartition d’une taxe, d’une somme imposée, laite avec égalité ou avec proportion, sur plusieurs contribuables , afin que chacun en paie la paît qu’il en peut porter.
- ( Architect. } Réduction d’une atre , ou de toute autre superficie à Un même niveau. On se sert de ce
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- mot , lorsqn’après avoir enlevé des terres , on met de niveftu , ou selon une pente réglée, le terrain qu’on veut dresser.
- REGARD, s. ru. de regarder, de l’italien riguardare : action de la vue , action par laquelle on regarde.
- {Arc hit.) Regard se dit, au figuré , de l’endroit fait pour visiter un aqueduc, pour distribuer les jets d’eau, et pour voir s’il n’y a l ieu à faire aux tuyaux.
- {Peinture , gravure) Regard se dit de deux portraits, de deux estampes de même grandeur, ou à peu près, et dans le même goût, qu’on dispose de façon que les deux figures qui y sont représentées , se regardent mutuellement. Le mari et la femme, l’amant et la maîtresse se sont faits peindre en regard.
- (Littérature ) Regard se dit aussi de ia traduction d’un ouvrage imprimé à côté du texte ; et l’on dit d’on pareil ouvrage que le texte est eu regard de la traduction.
- L’on dit la même chose d’un ouvrage polémique, dent les réponses sont imprimées à côté, ou en regard des objections,
- RÉGENCE , s. f. du iaf, rego, gouverner, modérer.
- { Econ. polit, 'l Gouvernement d’un état pendant la minorité ou l’absence du roi.
- Régence se dit aussi en parlant du terns que la régence dure.
- REGIE, s. f. du lat. rego gouverner, modérer.
- ( Finances ) Administration de biens, la charge d’en rendre compte. Il se dit principalement de l’administration de ceux à qui est confite la perception des droits, des impositions.
- REGIME , s. m. du lat. regimen 7 gouvernement , conduite, fait de rego, gouverner , modérer.
- ( IVléA. ) Manière de vivre qui consiste dans l’usage sage et modéré , et dans le choix prudent des choses nécessaires au rétablissement ou à la, conservation de la santé.
- (Pratique) Régime signifie , en termes du palais, gouvernement f administration. Ainsi, on dit que i«
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- commissaire aux saisies réelles, est commis au régime et administration des biens saisis, pour dire qu’il est chargé de gouverner , d’administrer les biens saisis.
- (Chimie) Régime s’entend, parmi les chimistes , de la manière de conduire le feu.
- RÉGIMENT, s. m. Vieux mot Iran cois, qui signifioit gouvernement, dérivé du lat. régimen , gouvernement, administration, dont les Italiens ont fait reggimento.
- ( Art milit. ) Corps de troupes composé de plusieurs Iratailions , si c’est infanterie, et de plusieurs compagnies , si c’est cavalerie, commandé par un colonel.
- L’institution desrégimens fut faite en France, sous le règne de Henri II, versi558; mais ce nom ne commença à devenir commun que sous Charles IX. L’infanterie a été mise en corps de troupes plutôt que la cavalerie, qui ne fut énregimenlée qu’en i635._
- RÉGION, s. f. du lat. regio , contrée, pays , situation.
- (Aslron.) Région , en parlant du ciel , se dit des quatre parties cardinales du monde, qu’on appelle aussi PLAGES (F", ce mot. ) Remous septentrionales , méridionales , orientales, occidentales.
- ( idéographie ) A l’égard de la terre, le mot région signifié une grande étendue de terre, habitée-par plusieurs peuples contigus. Régions brûlantes, régions glacées , hy-perborées.
- (Physique) Région se dit aussi de trois portions de l’atmosphère , placées les unes au dessus des autres , de soffe que l’une s’appelle la basse région ; l’autre la moyenne région ,* et la troisième la région supérieure.
- Basse région • celle où nous respirons : elle se termine à la plus petite hameur où se forment les nuages.et les autres météores.
- Moyenne région ; celle où résident les nuages et où se forment les rné-tc'ores;elle s’étend depuis l’extrémité de la basse jusqu’au sommet des plus hautes montagnes.
- Région supérieure ; celle qui s’étend depuis le sommet des plus hautes montagnes jusqu’aux limites de l’atmosphère même. Dans la région
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- supérieure régnent un calme, une pureté et une sérénité perpétuelles.
- ( Anat. ) C’est par analogie que les anatomistes ont appelé régions certains espaces déterminés de la surface du corps et des os, auxquelles répondent différentes parties; ainsi on dit la région ombilicale , la région des hypochondres , etc., pour dire, le nombril et les parties adjacentes , les hypochondres et les parties adjacentes.
- RÉGISTRE,ou RÉGÏTRE, s. m. du lat. barb. registruni pour regis ta, les livres où l’on écrivoit ce qui se passoit dans les tribunaux.
- ( Pratique, comnierce.Jinances) Livré où l’on inscrit en entier ou par extrait les actes dont on veut garder la mémoire.
- Registre des mariages , baptêmes , sépultures , etc.
- (Marine espagnole') Paisseau, de registre ; c’est le nom qu’on donne en Espagne aux vaisseaux qui ont permission du roi d’Espagne , ou du conseil des Indes , de porter des marchandises clans les ports de l’Amérique espagnole, et d’en rapporter de l’argent et de la cochenille.
- Ces vaisseaux sont ainsi appelés , parce qu’avant de mettre à la voile , la permission qu’ils ont obtenue doit être enregistrée.
- ( Chimie ) Registres, en latin regis tores, sont des ouvertures pratiquées dans les fourneaux des chimistes , à l’aide desquelles ils augmentent leur feu , en les bouchant ou les débouchant , selon le degré de chaleur qu’ils veulent donner.
- ( Musique inslrum. ) Registre est, aussi un barreau que l’organiste fait mouvoir pour fermer ou ouvrir un passage au vent.
- Registre est encore une pièce d’un clavecin qui est garnie de peaux pour empêcher le cliquetis des sautereaux.
- ( Imprimerie ) Registre signifie l’ordre ou la rencontre des lignes et des pages qui doivent être placées et rangées également les unes sur les autres.
- Registre étoit autrefois le nom que l’on donnoit à la série des signatures d’un volume, et on le plaçoit quelquefois au commencement, et plus souvent à la fia du volume '•
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- cela fié se‘voit que dans les anciennes éditions.
- RÈGLE, s. f. du latin régula, fait de régule, dérivé de rego , gouverner , modérer.
- ( IVIaUiémat. ) Instrument fort simple, ordinairement fait de bois fort dur, et qui est mince, étroit et droit. On s’en sert pour tirer des lignes droites.
- ( ArilhméL ) Règle signifie, dans l’arithmétique , une opération que l’on fait sur des nombres donnés pour trouver des sommes ou des nombres inconnus. Chaque règle d’arithméticrue a son nom particulier. Fov- ADDITION , SOUSTRACTION , MULTIPLICATION, DIVISION.
- Règle de trois . ou règle d’or ; c’est une règle par laquelle on cherche un nombre qui soit en proportion avec trois nombres donnés. Foy. PROPORTION.
- ( Sciences et arts ) Règle y en parlant des sciences et des arts, se dit des préceptes qui les enseignent, des principes et des méthodes qui en rendent la conuoissance plus "iaciie et la pratique plus sure.
- ( Méd. ) Règles se dit encore d’un écoulement périodique de sang par les parties de la génération auquel les femmes sont sujettes ordinairement tons les mois. On a donné dif-férens noms à cet écoulement : on l’a appelé MENSTRUES , flux menstruel, flux périodique , les mois, attribut lunaire ; en langage vulgaire, les ordinaires.
- RÉGLEMENT , s. m. de regulo , régler.
- ( Pratique ) Ordre publié par des supérieurs pour servir de règle sur quelque matière.
- Réglement de juges ; demande qui se fait au tribunal de cassation , en cas de conflit de juridiction , à l’effet de faire ordonner que la cause soit renvoyée aux cours ou juges qui en doivent connoître.
- RÈGNE , s. m. du îat. regnuni, dérivé de rego, gouverner, modérer : gouvernement, administration d’un ïoyaume par un roi.
- ( Physique ) Règnes de la nature ; c’est une ancienne division I orne 111.
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- <îes naturalistes , qui partageoient tous les corps sublunaires en trois règnes : le règne animal , le règne végétal et le règne minéral ; cette classification est reconnue défectueuse, parce qu’il est impossible aux naturalistes de tracer une ligne de démarcation entre chaque règne ,* en effet, il y a des corps, tels que les madrépores, les polypes marins, les lythopfiites qui semblent appartenir aux trois règnes. D’ailleurs , aucun naturaliste n’a encore classé l’eau , l’air , la lumière, qui sont des corps comme les autres corps de la nature. La division des corps en substances organiques et inorganiques est plus exacte et plus généralement adoptée par les savans.
- REGNICOLES , s, m. du latin regnum , règne, royaume , et de co/o , dans le sens de demeurer ,. habiter.
- ( Créogr. ) Il se dit des habitons naturels d’un royaume, pour les distinguer des étrangers.
- RÉGULATEUR , s. m. du latin régula, règle, et A'ago, agir.- celui qui conduit , qui modère.
- ( Mécan. ) C’est en mécanique une pièce particulière qui sert à modérer le mouvement d’une machine. Le régulateur d’une montre est le ressort spiral; le régulateur d’une horloge est le pendule.
- Les chimistes appellent régulateur du feu, une machine qui sert à procurer aux objets auxquels on Vapplique un degré de chaleur déterminé ; les pompes à feu ou machines à vapeur ont leur régula teur , etc.
- RÉGULE , s. m. dulat. regulus, diminut. de rex , regis , roi petit roi.
- ( Chimie ) Mot employé par les ancienschimistespoui désigner l’état métallique. Ce nom vient des alchimistes qui croyant toujours trouver de l’or dans le culot métallique qu’ils retiroient de la fonte , l’appeloient régule, petit roi, c’est-à-dire, l’enfant premier né du sang royal métallique , qui n’étoit pas encore vrai métal , mais qui pouvoit le devenir avec le teins et la nourriture convenable ; ce mot n’est plus d’usage.
- RÉGULIER. ÈRE, adj. de regulo}
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- régler, qui est suivant une certaine
- régularité.
- ( Avis et sciences ) Régulier se dit des choses qui sont faites dans une certaine symétrie ; place régulière , bâtiment, régulier.
- ( G-éom.') Figure régulière; c’est celle dont tous les côtés et tous les angles sont égaux enfr’eux. Le triangle équilatéral et le carré sont deux figures régulières.
- Corps régulier ou corps platonique ; c’est un solide terminé de tous côtés par des plans réguliers et égaux, et dont tous les angles solides sont égaux. Il n’y a que cinq corps réguliers :
- i / e:r a è dre ou le cube, qui est composé de six carrés égaux ; le tétraèdre , de quatre triangles équilatéraux ; P octaèdre, de huit ; le dodécaèdre . de douze pentagones ; et l’icosaèdre, de vingt triangles équilatéraux, F. ces mots.
- ( Qramm. ) Ferbes réguliers ; ce sont ceux qui suivent , pour la formation de leurs modes, te ms, nombres et personnes , les conjugaisons générales ; iis sont opposés aux 'verbes irréguliers , qui s’écartent de ces règles communes.
- RÉHABILITATION, s. f. de la particule itérative ce , à’babilis. capable, et à‘‘ago, faire, rendre , rendre capable une seconde fois : rétablissement dans le premier état.
- ( Pratique ) Acte par lequel celui qui a été condamné à quelque peine ou qui a dérogé , est remis dans l’état où il étoit avant la condamnation ou la dérogeance. Jugement qui réhabilite un négociant failli.
- REHAUSSER, v. a. de la particule itérative re , et du lat. altus , haut : hausser une seconde fois, hausser davantage, augmenter de valeur.
- ( Monnaie ) Rehausser les monnaies ; c’est en augmenter la valeur.
- ( Finances ) Rehausser les con-triùutions ; c’est les augmenter.
- ( Peinture ) Rehausser ; c’est frapper sur des parties lumineuses, des parties plus lumineuses encore ; ces dernières se nomment rehauts.
- ( Blanufact. ) Rehausser d'or eL de soie, en parlant des ouvrages
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- de tapisserie ; c’est en relever la beauté en y mêlant de l’or et de la soie.
- RËIMPOSITION , s. f. de la particule itérative re, et d’IMPü-SER. F. ce mot.
- ( Impression ) L’action de réiin-poser, de faire une nouvelle imposition (F. ce mot) ; soit parce que les pages de la feuille ou de la forme étoient mal placées, soit pour changer les bois de garnitures, afin d’obtenir des marges plus grandes ou plus régulières.
- RÉIMPRESSION , s. f. de la particule itérative re , et d’IM-PRESSION. F. ce mot.
- ( Imprimerie ) Nouvelle impression d’un ouvrage.
- REIN , s. m. du lat. ren, renis.
- ( Anal. ) Les reins sont deux viscères , deux corps glanduleux , un peu fermes , placés dans la partie postérieure de la cavité du bas-ventre , leur fonction est de séparer l’urine du sang.
- ( Archit. ) Rein se dit aussi des côtés d’une voûte où la courbure commence.
- RÉINTÉGRER , v. a. de la particule itérai ive re, et du latin intégra, renouveler, réparer, rétablir.
- ( Pratique ) Remettre , rétablir quelqu’un dans la possession d’une chose dont il avoit été dépouillé ; l’action par laquelle le possesseur expulsé conclut à être réintégré, se nomme réintégrande.
- RÉIS-EFFENDI, s. m. de l’arabe reis, qui signifie chef, et du turc effendi, maître : chef des maîtres. F. EFFENDI.
- ( Hist. Turque') Officier de justice de ia cour du grand-seigneur ; c’est le chancelier de l’Empire Ottoman ; il a séance au divan , et est pour l’ordinaire secrétaire d’état.
- REJET , s. m. du lat. rétro , en arrime , dehors, et de jacio , jeter: l’action de jeter dehors, de rejetev.
- ( Pratique ) Il se dit d’une pièce de procès que l’on rebute ou que l’on écarte , lorsque l’on ne doit pas y avoir égard.
- ( Finances') Rejet s’entend aussi du renvoi d’une partie d’un compte, sur une autre pai tie du même compte*
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- REJETON , s. m. meme origine que REJET.
- ( Botan. ) Les rejetons ou rejets sont les nouvelles pousses produites par le tronc ou la tige d’une plante , et non pas par la racine ; c’est par-là qu’elles différent des drageons.
- RELACHE j s. f. du lat. relaxo, étendre, donner du repos . relâcher : interruption , discontinuation de quelque travail , de quelque exercice.
- ( Jeux scéniques ) Relâche au théâtre ; expression employée suites affiches pour signilier que tel jour il n’y aura pas de représentation.
- ( Marine ) Relâche se dit aussi de l’action de relâcher dans un port, lorsqu’on est obligé par le mauvais temps de chercher un abri , ou pour se procurer les choses dont on a besoin ,. ou pour faire quelque réparation au vaisseau.
- On appelle aussi relâche, le tems pendant lequel on séjourne dans un port. Nous avons fait une relâche de qu inze jours dans un tel port.
- 11 se dit aussi du port lui-même , où il est question de relâcher ; le cap de Bonne-Espérance est une bonne relâche.
- RELAIS, s. m. de l’ancien français reléer, fait de lée, chemin, espace pratiqué dans une forêt, et qui signifie poster des chiens dans les lées, et en changer.
- (Bénerie) Chiens de relais, chevaux de relais ; ce sont des chiens, des chevaux , qu’on poste dans des lieux désignés à la chasse du cerf et du sanglier , pour relever ceux qui couru et qui sont fatigués. Relais se dit.aussi du lieu où l’on ®et les relais.
- (Eortijicat. ) Bêlais est encore "n espace de quelques pieds de lar-Seur, que l’on réserve entre le pied du rempart et l’escarpe du fossé , pour recevoir les terres qui s’éboulent.
- Relancer, v. a. de la pæti-
- tule itérative re, - et de lancinare, ait Ré Lança , lance: lancer de nouveau. a
- (Eénerie ) Il se dit des bêtes fau-quand . après avoir été lancées,
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- elles se reposent, et qu’ensnite on les fait partir une seconde fois du. lieu de le,ur repos.
- RELAPS , SE , adjectif de la particule itérative re, et de lapsus, participe de labor, tomber.
- ( Pratique ) Celui qui est retombé dans un crime qui lui avoit été remis.
- (.Hist. ecclés.y On appeloit relaps dans l’ancienne discipline de l'église , les pécheurs qui retomboient dans le même péché pour lequel ils avoient déjà fait pénitence publique.
- RELATION, s. f. du latin re-fèro , relalutli, rapporter : îapport d’une chose à une autre.
- (Philosophie) Rapport qui est entre deux personnes , entre deux choses qui ne peuvent être conçues l’une sans l’autre, et dont l’un» suppose l’autre. La relation du père au fds, et dufils au père.
- ( Oéom. ) Quand on connoît une courbe par l’équation entre ces coordonnées , on dit quelquefois que la relation entre ces co-ordonnées , est donnée. On peut dire encore que l’équation d’une courbe exprime la relation entre ces co-ordonnées.
- ( Corfimerce') Relation signifie encore intelligence, correspondance, commerce qui est entre deux ou plusieurs négocians.
- (.Musique ) Relation se dit aussi du rapport qu’ont entr’eux les deux sons qui forment un intervalle , considéré par le genre de cet intervalle.
- La relation est juste quand l’intervalle est juste, majeur ou mineur. La relation est fausse quand il est superflu ou diminué.
- Relation en harmonique ; c’est , entre deux cordes qui sont à un ton d’intervalle , le rapport qui se trouve entre le dièse de l’inférieure, et le bémol de la supérieure.
- RELAXATION , s. f. même origine que RELACHE ( B. ce mot) j action de relâcher, relâchement.
- (Pratique) Délivrance d’un prisonnier , du consentement de celui qui l’a fait écrouer.
- (Med, ) Relâchement, état dans lequel une partie n'a pas sa tension
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- ordinaire, ce qui arrive lorsqu’il s’est fait une extension de quelque partie du corps, soit par safoiblesse ou par violence.
- RELÉGATION, s. f. du latin rcle.go , exiler , bannir.
- (Pratique) Exil d’une personne dans un lieu , de l’autorité du prince.
- RELEVE , s. m. de relever , fait du latin relevare, alléger, remettre debout.
- (.Finances) Relevé d’un compte ; c’est l’extrait de tous les articles d’un compte qui regardent le même objet.
- ( Vénerie ) Relevé d’une bête fauve ; c’est le tems où la bête sort du lieu où elle a passé le jour pour aller repaître.
- RELEVÉE, s. f. même origine que RELEVÉ.
- (.Pratique ) Terme de palais qui signifie le tems de l’après-dinée. Cette façon de parler vient de la coutume ancienne de se coucher après diné, sur un lit de repos, d’où on se levoit ensuite pour vaquer à ses affaires. Audience de relevée.
- RELEVER , v. a. même origine que RELEVÉ , remettre debout.
- (.Pratique) Relever, en termes de jurisdiction , c’est ressortir , être dans le ressort d’un tribunal.
- Relever son appel ; c’est obtenir un jugement pour faire intimer une partie sur l’appel interjeté d’un autre jugement.
- (Marine) Relever une terre, une côte, un vaisseau, un objet -quelconque; c’est observer à quelle aire de vent* la boussole reste, ou quelle est la direction du rayon visuel qui s’y porte. Lorsqu’il s’agit d’une terre, on y joint quelquefois un dessin ou représentation de son aspect, et des formes de ses montagnes , etc. Relever un vaisseau échoué, c’est le remettre à flot.
- Relever une ancre ; c’est lever une ancre qui étoit mal placée, et la placer en meilleur parage , pour le mouillage du vaisseau. C’est aussi lever et tirer du fond, une ancre qu’on avoit perdue ou abandonnée.
- Relever { se) d’une cote ; c’est se retirer et s’éloigner d’«ne cote sur laquelle on étoit affalé, en se rap-
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- prochant de la source ou origine dit vent. 11 faut pour cela faire force de voiles au plus près du vent. V AFFALÉ.
- ( Peinture) Relever se dit des parties claires et lumineuses d’un dessin ou d’un tableau, parce que ce sont ces parties qui donnent surtout du relief aux objets.
- Ainsi , l’on dit ces jours, ces lumières ont besoin d’être relevés. Il faut relever ces masses de lumière. On dit aussi un dessin relevé de blancs. Relever, dans ce sens, est opposé à éteindre, assourdir, rendre sourd.
- RELEVEUR, s. rn. et adjectif, même origine que RELEVÉ, qui relève, qui tire en haut.
- ( Anat. ) Nom que l’on donne à diff'érens muscles dont l’action consiste à relever ou porter en haut les parties auxquelles ils sont attachés. Le releveur du voile du palais, le releveurde la paupière supérieure, le releveur de Vomoplate, etc.
- RELIEF , s. m. du latin relevare hausser, porter en haut.
- (Féodal. ) C’étoitun droit féodal qui se payoit pour relever le fief, pour le racheter des mains du seigneur. Ce droit avoit été substitué à l’ancienne réversion des fiefs, lorsqu’ils n’étoient possédés qu’à vie.
- (Sculpt. ) Relief, en termes de sculpture , se dit des figures en saillie et en bosse , ou élevées , soit qu’elles soient taillées au ciseau , fondues ou moulées.
- Figure de relief ou de ronde bosse ; c’est celle qui est isolée et terminée en toutes ses vues.
- Haut relief ou plein relief ; c’est la figure taillée d’après nature.
- Ras-relief ; c’est un ouvrage de sculpture qui a peu de saillie, et qui est attaché sur un fond.
- Demi-bosses ; ce sont des bas-reliefs dans lesquels il y a des parties saillantes et détachées.
- Demi-relief ; c'est une représentation sortant à demi-corps du plaB sur lequel elle est posée.
- ( Peinture ) On dit aussi en peaBT ture qu’une figure a bien du relief qu’elle paraît de relief,, quand e ® est si bien ombrée et relevée de cou
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- îe«r, qu’il semble qu’elle sort du tableau.
- RELIEUR, s. m. du verbe relier, formé de la particule itérative re , et Je, lier , du latin ligare.
- ( Bibliologie ) Celui dont le métier est de relier les livres, ou de coudre ensemble les feuillets des livres , et y mettre une couverture. On relie en parchemin , en vélin, en basane , en veau , en maroquin, en cuir de truie , en chagrin , etc.
- Relier à la corde ; c’est se servir de ficelle qu’on met au dos du livre , de distance en distance , pour tenir les cahiers unis , sans pourtant y ajouter de couverture.
- Relier en nerfs ; c’est relier de manière que les nervures paraissent, et forment sur le dos de petites élévations de la grosseur de la ficelle.
- Relier à la grecque; c’est faire en sorte que les nervures ne paraissent point, et que le dos soit tout uni.
- Relier à Vallemande ou à dos brisé ; c’est disposer tellement la partie de la couverture qui est au dos du livre, qu’elle ne sait point collée contre les nervures , de sorte qu’en ouvrant le livre relié on aperçoive un espace vide entre la couverture et le livre , dans toute la longueur du dos.
- L’art du relieur n’est guère connu que depuis l’invention de l’imprimerie : auparavant on ne faisoit que rouler le parchemin et les feuilles ou écorces sur lesquelles les livres étaient écrits. Depuis ce feins , cet art s’est bien perfectionné : on estime sur-tout le travail des Desemble, des Padeloux, desDerome, des Bo-zérian de Paris, etc. Mais tout ce qu’ont fait ces habiles relieurs doit h céder au travail d’un nommé Roger-Paper de Londres, qui a fait payer au lord Spencer quinze guinées pour la reliure d’un Eschyle.
- A la Chine, on couvre les livres ordinaires d'un carton gris assez propre; et quand on veut relier avec *oin , on emploie un satin fin , ou une espèce de petit taffetas à fleurs, 'lUl est de grand prix , et destiné seulement, à cet usage.
- Religion , s. f. du iat. reiigio,
- do religo , lier relier , attacher,
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- Croyance que l’on a dans la divinité, et le culte qu’on lui rend en conséquence.
- Religion réformée ; la croyance des Calvinistes.
- (Econ. polit.) Religion se dit absolument de l’ordre de Malte ; ainsi l’on dit le pavillon de la religion , les galères de la religion , pour le pavillon de Malte, les galères de Malte.
- RELIQUAT , s. m. du latin reli-quiœ, restes.
- ( Pratique, commerce ) Reste de compte ou débet dont le rendant compte ss trouve redevable par la clôture ou l’arrêté de son compte. On appelle reliquataire celui qui doit ce reliquat.
- REMANIEMENT ou REMA-NIMENT , s. m. de la particule itérative re, et du latin manicare , pour marui tractare , manier.
- (.Imprimerie) Il se dit du travail que fait le compositeur, quand les changemeus et les corrections qu’un auteur a faits sur une épreuve obligent de remanier toutes les lignes d’une page ou d’un alinéa ; ce qui se fait en retirant quelques mots d’uue ligne pour les faire entrer dans la suivante, et ainsi de suite , jusqu’à l’alinéa.
- REMEDE , s. m. du latin retne-dior, fait de medicor, guérir, apporter remède.
- ( Méd. ) U se dit de tout ce qui sert à guérir quelque mal, quelque maladie ; à ce qui est capable d’opérer un changement salutaire, et de rétablir une constitution dérangée.
- Remèdes moraux, remèdes physiques, remèdes alimenleux , etc.
- Remède se dit particulièrement d’un lavement.
- Qrand remède ; c’est le mercure qui se donne pour la guérison d."* maux vénériens.
- ( Monnaie ) Remède est aussi un terme de fabrique des monnoies, et il signifie premièrement la quantité de grains d’alliage que les mon-noyeurs peuvent employer dans la fabrication des espèces d’or et d’argent , au-delà de ce que la loi a réglé ; et secondement, la quantité de grains de poids dont les monnoysuvs peuvent faire les espèces plus légères, que la loi ne l’a prescrit : delà deux
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- espèces de remède : le remède d’aloi
- ou de loi, et le remède de poids.
- Le remède de loi sur l’argent est de trois deniers, et de douze trente-deuxièmes sur l’or.
- Le remède de poids est de quinze grains sur l’or, et de trente-six grains sur l’argent, par marc.
- ( Orfèvrerie ) L’or, dans les ouvrages d’orfèvrerie, doit être à vingt-deux karafs, au remède d’un quart de karat; c’est-à-dire, que s’il ne s’y trouve de moins, par chaque marc , qu’un quart de karat de fin, l’ouvrage est censé être au titre prescrit.
- L’or est permis à vingt kàvats dans les ouvrages de bijouterie. Il se fabrique cependant des bijoux à un titre plus haut, sur-tout pour l’Espagne, où les bijoux ne plaisent point, s’ils n’ont l’œil jaune.
- L’argenterie doit se fabriquer à onze deniers douze grains'de fin , au remède de deux grains ; c’est-à-dire qu’elle est censée être au titre , quand il n’y a que deux grains de fin de moins par chaque marc.
- RÉMÉRÉ , s. m. du lat. barb. redimerare, pour redimere, racheter.
- ( Pratique ) Réméré , faculté de réméré, rachat, faculté de racheter l’héritage .qu’on a vendu. Celui qui vend un héritage peut réserver la faculté de le racheter. Par cette clause , l’acheteur contracte l’obligation de rendre au vendeur la chose vendue, lorsqu’il lui plaira de la racheter , et qu’il aura satisfait aux conditions du rachat.
- REMISE, s. f. du lat. remitto , remissum , renvoyer , remettre , pardonner, accorder.
- ( Pratique ) Il se dit de la diminution ou du rabais qu’un créancier fait à son débiteur d’une partie de la dette.
- ( Commerce ) Remise signifie la lettre de change qu’un négociant ou banquier envoie à son correspondant , pour qu’il reçoive la somme portée par la lettre.
- Dans ce sens , remise est opposé à traite , qui est une lettre de change que le banquier fait tenir à son correspondant , pour qu’il ait à la solder. La remise est un mandement
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- de recevoir , et la traite est un mandement de payer. Voy. TRAITE.
- Remise se dit encore de l’argent qu’on fait passer d’une place à un autre , soit en espèces sonnantes , soit en papiers.
- Remise se prend aussi pour le droit qu’on accorde au banquier , ainsi que pour l’escompte d’un billet.
- ( Chasse ) On appelle encore remise l’endroit où une perdrix se remet après avoir fait son vol.
- Remise est encore un taillis de peu d’étendue , planté dans une campagne , pour servir de retraite aux lièvres , aux perdrix , etc.
- (Architecture') Remise est aussi un lieu pratiqué dans une maison , pour y mettre des voitures à couvert.
- ( Marine ) Remise est dans un arsenal de marine , un grand hangar, dont la couverture est supportée par des rangs de piliers, où l’on tient à flot séparément les vaisseaux désarmés , à l’abri des injures du tems. Il y a plusieurs remises de cette espèce à Brest, à Rochefort, etc. On les appelle aussi dans ces ports formes couvertes.
- ( Musique ) Remise -se dit des sons qui ont peu de force , de ceux qui étant fort graves ne peuvent être rendus que par des cordes extrêmement. lâches, ni entendus que de fort près.
- REMISSION , s. f. du lat. remitto , dans le sens de détendre , pardonner, pardon.
- ( Méd. ) Modification , relâchement d’une fièvre continue , qui arrive entre le redoublement. On dit qu’il y a rémission , lorsque la maladie diminue considérablement, mais subsiste toujours ; on dit qu’il y a intermission , lorsqu’elle cesse entièrement.
- ( Pratique ) Rémission se dit aussi de la grâce accordée à un criminel.
- REMONTE , s. f. de REMONTER. f^oy. ce mot,
- ( Art milit. ) Remonte d’un cavalier; c’est le secours qu’on lui donne en lui fournissant un cheval, quand il est démonté. On a acheté
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- tant de chevaux pour la remonte de la cavalerie.
- REMONTER , v. n. et a. de la particule itérative re , et du lat. montare , fait de nions , montis, aller à mont, monter: monter une seconde fois.
- ( Marine ) Remonter une rivière ; •c’est surmonter son cours à l’aide du la marée.
- Remonter au vent ; c’est dans les parages des vents alizés, des moussons et vents réguliers, aller d’un pays à un autre qui est situé au vent. Ainsi , quand on va de Saint-Domingue à la Martinique , on remonte. Cette sorte de navigation qui se fait à la pointe de la bouline exige des bâtimens qui tiennent bien le plus près du vent.
- Regionter une côte ; c’est aller vers le haut de la côte, ou vers le côté qui est le plus au vent , ou vers celui qui est le plus enfoncé dans les terres. Ainsi , on remonte la côte de Coromandel , quand on va de lhle de Ceylan au Bengale.
- REMORQUER, v. a. du lat. re-mulco , remulcare , serrer.
- ( Marine ) Remorquer un vaisseauy c’est le traîner après soi, pour le faire avancer , à l’aide d’un cordage appelé remorque ou cable de remorque.
- Un vaisseau se fait quelquefois remorquer ses chaloupes et. canots, pour avancer en tems de calme , pour se retirer du voisinage d’un danger, ou d’une côte sur laquelle il se trouve porté par les courans , etc. Les frégates remorquent les vaisseaux désemparés dans les combats.
- REMOUS , s. m. d’une origine inconnue , mais qui pourrait venir de remuer, en lat. renie '><?.
- ( Marine ) Tournoie, îeut et agitation partielle des eaux, occasionné par un choc, par le passage d’un vaisseau , ou par quelques dispositions du fond , des rochers ou des courans.
- REMPART , s. m. de l’espagnol amparo , défense, ou de l’italien répara , qui signifie la même chose.
- ( Art milit. ) Rempart est la hauteur des terres qui couvrent le corps . d’une place j on le terre-plein d’uu
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- ouvrage , et qui porte le parapet du côté de la campagne.
- L’usage du rempart est d’empê-Idier l’ennemi d’entrer dans la place, de couvrir la ville et les places d’armes , les magasins et les logemens des gens de guerre , du canon de l’ennemi ; de commander au dehors de la place, et dans les travaux de l’ennemi. Le rempart sert encore à mettre les canons en batterie, à ranger les troupes pour la défense en cas de brèche, à laîre des retranchemens, souterrains ou logemens à l’épreuve de la bombe.
- REMPLOI, s. m. de la particule itérative re, et d’emploi, fait d’employer , du latin implicarc : second emploi, remplacement.
- ( Pratique ) Remploi des biens aliénés de Vun des conjoints par mariage ; c’est un acte par lequel il est donné à celui auquel est dû le remploi, ou à ses héritiers , des biens de la communauté , ou même des propres de l’autre conjoint pour servir de remplacement.
- RÉMUNÉRATOIRE, adj. de la particule itérative re, et de muneror, faire présent : faire un présent ea retour d’un autre présent , récompenser.
- ( Pratique ) Qui tient lieu de récompense y il se dit des contrats , des donations , des legs, qui ont pour objet de récompenser, de reconnortre des services rendus: contrat, doha-lion, legs rémunératoire.
- RENAL, LE, adj. de RE IN ; v. ce mot.
- ( Anat. ) Qui a du rapport' aux reins, qui appartient aux reins : le nerf rénal, les artères rénales.
- RENARD, s. m. de l’allemami rein , fin, rusé : animal à quatre piéds, etc.
- ( Marine ) On ne sait par quelle analogie les marins appellent de ce nom un instrument de pilotage, ou un morceau de planche coupé en rond , avec un petit manche , sur lequel on figure les trente-deux aires-de-veut de la boussole. Sur chaque îirurnb sont percés huit petits trous, pour représenter les huit demi-heures que durent chaque quart ; à chaque demi-heure le timonier met une cheville dans l’un des trous qui sont
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- percés sur lerhumb où il a gouverné.
- Ce renard sert à l’officier de quart à écrire sur le journal la route que le vaisseau a faite ; et ensuite tous y prennent les renseignemens nécessaires pour calculer cette route , ou faire leur point, ayant égard à la dérive, à la variation de la boussole, et autres circonstances.
- RENCONTRE , s. f. pour encontre, vieux motfrançois, fait du lit. contra : hasard, aventure par laquelle on trouve fortuitement une chose.
- ( Art milit. ) On donne ce nom , en termes de guerre, au combat de deux corps de troupes ennemis, lorsque n’ayant pas été prévu il se fait tumultuairement, ou du moins sans qu’on puisse y employer toutes les règles militaires.
- ( Chimie ) Vaisseaux de rencontre ; ce spnt deux vaisseaux ou cucurbites joints de manière que le col de l’un entre dans le col de l’autre ; de sorte que les vapeurs qui montent dans la distillation sont forcées de retomber à l’endroit d’où elles sont parties.
- ( Horlogerie ) Roue de rencontre ; celle dont les dents engrènent dans les palettes d’une montre.
- RENDEZ-VOUS , s. m. du verbe rendre ( se ), dans le, sens de se transporter : lieu où l’on doit se trouver à certain jour et heure assignée.
- ( Grammaire ) Ce mot a été trouvé si commode, que la plupart des nations l’ont adopté en françois, leur langue manquant de cette expression ; les Anglois l’emploient comme substantif et comme verbe : lo rendez-vous , se trouver à un lieu indiqué.
- ( Art milit. ) Rendez-vous , *en termes de guerre, se dit du lieu indiqué pour l’assemblée des troupes destinées pour quelqu’entreprise concertée.
- ( Marine ) On donne un rendez-vous aux vaisseaux d’une flotte , c’est-à-dire , qu’on convient d’un lieu où ils doivent se réunir, en cas qu’ils viennent à être dispersés,
- RENDRE , v. a. du latin reddo , reddere , restituer , représenter , traduire.
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- ( Littéral. ) Rendre se dit en parlant de la traduction d’un auteur ancien ou étranger: Ce traducteur a bien rendu son auteur ; il faut tâcher de rendre le sens plutôt que les paroles.
- (Art du dessin') Rendre se dit quelquefois dans le sens de représenter. Cet objet est bien rendu ;* c’est-à-dire, qu’il est représenté aussi habilement, aussi parfaitement qu’on l’exige.
- (Art dramatique) Cetacteurrend bien son rôle ; cela veut dire qu’il le représente tel que l’auteur l’a conçu.
- ( Manège ) Rendre la bride à un cheval; c’est la tenir moins haute, moins ferme. On dit aussi dans le même cas, rendre la main.
- RENFLEMENT, s. m. de la particule itérative re , de la préposition in , dedans , et de jlo , souffler : souffler dedans une seconde fois , renfler.
- ( Archit. ) Petite augmentation du fût d’une colonne qui diminue insensiblement jusqu’à ses extrémités.
- Le renflement des colonnes est une monstruosité qui n’a point d’exemple dans l’antique. Néanmoins cet usage a tellement prévalu chez les modernes qu’on ne voit presque point de colonnes qui ne soient renflées. C’est pourquoi on a cherché plusieurs manières de rendre ce renflement agréable. Vignole est le premier qui ait donné des règles du trait du renflement des colonnes.
- RÉNIFORME , adj. de REIN et de FORME. Roy. ces mots.
- ( Botan. ) Ayant la forme d’un rein. Ce mot ne s’applique qu’aux solides.
- RENONCIATION , s. f. du latin rétro , en arrière , à rebours, contre, de nuntio, faire savoir, et à’a go, agir : l’action de se dédire de ce qu’on a dit.
- ( Pratique ) Acte par lequel on renonce à un droit acquis. On renonce, à une communauté , à un legs, à une succession échue. On renonce aussi • à des successions à échoir.
- RÉNOVATION, s. f. de la particule itérative rc ? du latin novo ,
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- rendre nouveau , et à'ago , agir : l’action de renouveler.
- ( Chimie ) La restitution d’un corps minéral, d’un état imparfait ou il est, dans un état parfait.
- RENTE , s. f. du latin rendila , qui a été dit pour reddila , redditus, sous-entendu annuus ; revenu annuel.
- Rente foncière ; c’est une redevance imposée à perpétui é sur un héritage , et qui le suit par-tout en quelque main qu’il passe.
- Rente personnelle / c’est celle qui est constituée directement et principalement sur la personne.
- Rente constituée ; c’est la rente personnelle constituée à prix d’argent, et qui peut s’éteindre à la volonté du débiteur , par le remboursement de la somme principale, avec les arrérages échus.
- Rente 'viagère ou à fonds perdu ; c’est celle qui s’éteint par la mort de celui au profit de qui elle a été créée.
- RENTRÉE , s. f. de la particule itérative re , et du latin inlrare, entrer; entrer une seconde fois: action de rentrer.
- ( Commerce) Rentrée de fonds; c’est la même chose que recouvrement.
- (Pratique) Rentrée en possession d’immeubles; c’est le retour de biens immeubles dans la main de celui qui en avoit été dépossédé.
- ( Musique ) Rentrée se dit aussi du retour du sujet , sur-tout après quelques pauses de silence , dans une fugue, une imitation, ou dans quelqu’autre dessein.
- (Marine) Rentrée d’un vaisseau; c’est la courbure rentrante en dedans de la partie supérieure des membres et côtés du vaisseau. On prétend quje la rentrée a été inventée par les’ Anglois , pour éviter les abordages, qui, par l’effet de l’impétuosité françoise, leur étoient souvent défavorables, et que les François ont été assez maladroits pour les imiter , et même' renchérir sur les constructeurs anglois.
- Cette assertion paroit hasardée. Il est bien difficile de se figurer des Vaisseaux à deux et trois batteries ,
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- sans aucune rentrée ; on abprde quelquefois , et on peut abcrcîer malgré la rentrée.
- On sait que la manière d’aborder la plus avantageuse , est d’engager dans les grands haubans, le beaupré du vaisseau ennemi. dont la batterie devient alors inutile , tandis que celle du vaisseau abordant le canon-ne et le balaie de long en long. Les assaillans entrent par le beaupré du vaisseau attaqué, lorsque ses gaillards ont été nettoyés par la mousquet-terie.
- RENVERSANT , adj. de VERSER ( V. ce mot), et de la préposition in, dans : en latin, inverlere. V. RENVERSER.
- ( Algèbre) Renversant, ou plutôt en renversant ; c’est, une expression dont on se sert pour marquer un certain changement que l’on fait dans la disposition des termes d’une proportion, en mettant les antécé-dans à la place des conséquens, et les conséquens à la place des anté-cédens.
- RENVERSE , adj. - V. RENVERSER.
- ( Mathémat. ) Raison renversée; c’est la même chose que RAISON RÉCIPROQUE. V. ce mot.
- ( Musique) Intervalle renversé ; c’est l’opposé d’intervalle direct. C. INTERVALLE. .
- Accord renversé ; c’est l’opposé désaccords fond mentaux. V. FONDAMENTAL.
- ( Marine') Ordre renversé : vov. ORDRE.
- Compas renversé ; voy. COMPAS.
- ( Botan. ) Renversé se dit aussi en botanique , de ce qui est dirigé en sens contraire du corps portant ou renfermant.
- RENVERSEMENT , s. m. K. RENVERSER : action de renverser.
- ( Musique ) Changement d’ordre dans les sons qui composent les accords, et dans les parties qui composent l’harmonie.
- (-Astron. ) Manière de vérifier les quarts de cercle , en mettant en bas la partie supérieure pour observer la hauteur du même objet, dans les deux sens diffère ns.
- RENVOI , s. m. de la particule
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- itérative re, et d'envoi, faitdulatin inviare , pour in viom mittere , envoi d’une chose déjà envoyée à la même personne, au même lieu.
- ( Bibliographie ) Renvoi, dans un livre , se dit d’une certaine marque qui renvoie le lecteur à une
- fiareille marque liors du texte, sous aquelle il doittrouver une citation , une remarque , une explication.
- Renvoi est aussi un avertissement qui enseigne qu’on trouvera à une autre page du même livre, la suite de ce qui estinterrompu.
- ( Pratique') Renvoi se dit, en termes de palais, d’un jugement par lequel une partie est renvoyée devant un autre tribunal que celui où elle a été assignée.
- (Musique ) Renvoi est encore un signe figuré à volonté , placé communément au dessus de la portée , lequel correspondant à un autre signe semblable , marque qu’il faut , d’où est le second, retourner où est le premier, de là suivre jusqu’à ce qu’on trouve le point final.
- REPARTITION, s. f. du latin partior, diviser, distribuer, et de la particule itérative re : nouvelle division , distribution.
- (Finances , pratique') Faire la répartition des impôts dans un département, faire La répartition des effets d’une succession.
- REPENTIR, s. m. de la particule itérative re , et du lat. pœnilco, se repentir , avoir du regret d’avoir fait ou de n’avoir pas fait quelque chose.
- ( Peinture ) L’usage de ce terme dans la peinture , est d’exprimer quelque changement visible, qu’un auteur a fait dans son tableau. Il arrive quelquefois que le premier objet qu’il a peint, et qu’il s’est repenti d’avoir fait, n’étant recouvert que d’une couleur légère, pousse, au bout d’un certain tems, ou, pour parler en d’autres termes, que la première couleur qui exprirnoit cet objet, venant à percer au travers de la seconde couleur dont elle a été couverte, se laisse apercevoir par des yeux exercés : en ce cas-là, on dit, c'est un repentir, -voici un repentir.
- REFERCUSSIF, IVE, adj. du
- REP
- lat. repercutio, pour rétro perculio, frapper , pousser en arrière , répercuter.
- ( lMéd. ) Il se dit des remèdes qui répercutent, qui réfléchissent, qui repoussent les humeurs en les chassant d’une partie, pour les obliger de se porter ailleurs. On doit être très-circonspect dans l’emploi de ces remèdes.
- RÉPERCUSSION , s. f. même origine que RÉPERCUSSIF.
- ( jyjécan. ) C’est la même chose que REFLEXION. V. ce mot.
- ( Musique ) Répercussion se dit aussi de la répétition fréquente des mêmes sons. C’est ce qui arrive dans toute modulation bien déterminée, où les cordes essentielles du mode, celles qui composent la triade harmonique, doivent être rebattues plus souvent qu’aucune des autres. Entre les trois cordes de cette triade, les deux extrêmes, c’est-à-dire, la finale et la dominante, qui sont proprement la répercussion du ton, doivent être plus souvent rebattues que celle du milieu , qui n’est que la répercussion du mode.
- REPÈRE , s. m. du lat. reperire , trouver.
- ( 1 ’echnologie ) Terme commun à beaucoup d’arts et métiers; trait ou marque que l’on fait à diverses pièces d’assemblage, pour les reconnoî-tre. Telles sont iesmarquesdes tuyaux d’une lunette.
- RÉPERTOIRE , s. m. du latin reperio , repertum, trouver : inventaire , table, recueil, où les choses, les matières, sont rangées dans un ordre qui fait qu’on les trouve facilement.
- ( Pratique) Il se dit de l’inventaire sommaire qu’unnotaire est tenu de faire de tous les contrats et actes qu: il reçoit.
- {Art dramatique) Répertoire se dit encore de la liste des pièces restées au théâtre, et de la liste des pièces eue les comédiens de tel théâtre doivent donner chaque semaine.
- .RÉPÉTITEUR, s. m. du latin repeto, fait de la particule itérative re , et de peto, demander, dire , redire , répéter : celui qui répète.
- {Imlruct. publ. ) Celui qui ex-
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- REP
- plique en particulier les leçons du martre.
- ( Marine ) Frégate répétiteur ; c’est une frégate ou un bâtiment qui répète aux autres vaisseaux d’une escadre, les signaux faits par le commandant. •
- RÉPÉTITION , s. f. même origine que RÉPÉTITEUR : redite.
- ( Elocut. ) On appelle ainsi une figure de diction. Les rétheurs lui ont donné rlifférens noms.
- On nomme anaphore, la répétition d’un même mot qui recommence une plirase. V. ANAPHORE.
- On appelle épislrophe , ou com-plexion , la répétition dans laquelle on finit par les mêmes paroles. P~oy. ÉPISTROPHE.
- La conduplication est la répétition d’un mot, soit au commencement , soit à la fin de la phrase.
- La Conjonction est la répétition de la même conjonction qui lie tous les membres ou incises d’une période.
- On égorgé à la fois les enfans , les vieillards,
- Et la sœur et le frère,
- Et la fille et la mère.
- Racine dans Esther.
- La disjonction est la suppression de ces liaisons.
- ( Peinture ) Répétition des mêmes gestes , des mêmes attitudes, etc. ; c’est un défaut en peinture, contre lequel les élèves et les artistes doivent être en garde. Il est cependant des répétitions qui produisent des effets merveilleux, quand elles sont adaptées à des personnages qui ont une même intention , un même intérêt, et qui sont agités de la même passion. C’est ainsi que Raphaël a représenté, dans son Héliodore , un groupe de plusieurs femmes , qui, par des démonstrations uniformes, tendent à l’expression d’un même sentiment.
- ( Horlogerie ) Pendule à répétition, montre a répétition ; c’est une pendule , une montre qui répète l’heure qu’elle marque , ou qu’elle a sonnée, quand on tire une petite corde , ou qu’on pousse un petit ressort.
- ( Pratique ) Répétition se dit d’un acte par lequel on répète, redemande quelque chose. Répétition de dot,
- REP s5i
- REPIT, s. m. corruption de respitt fait du lat. respectas , délai accordé aux créanciers, pour quelque grande considération, ou respect.
- ( Pratique ) Surséance ou délai que le prince accorde aux débiteurs de bonne foi, pour les mettre à couvert des poursuites de leurs créanciers.
- RÉPLIQUE, s. f. du lat. replico, répliquer, renvoyer.
- ( Pratiqué?) Les répliques sont des écritures que le demandeur fait signifier pour servir de réponses aux défenses fournies à sa demande.
- ( Musique ) Réplique , en musique , signifie la même chose qu’oc-tave. Quelquefois , en composition , on appelle aussi réplique l’unisson de la même note, clans deux parties différentes.
- RÉPONDRE, v. a. ( dans le sens de satisfaire à une quest ion), du latin reponere, formé de la particule itérative re, et de ponere , mettre: remettre, répartir à quelqu’un sur ce qu’il a dit, ou demandé.
- RÉPONDRE , v. a. ( dans le sens d’être caution ), du lat. respondere , dérivé de spondere , répondre pour un autre, être caution.
- ( Pratique ) Qui répond paie; c’est-à-dire, que la caution est tenue de l’insolvabilité du cautionné.
- REPOS, s. m. du lat. reponere, poser de nouveau : quitter, laisser, abandonner, privation, cessation du mouvement.
- ( Physique ) L’état d’un corps qui demeure toujours dans la même place, ou son application continuelle, ou sa contiguïté avec les mêmes parties de l’espace qui l’environnent.
- Le repos est. absolu ou relatif, de même que le lieu. On définit encore le repos, l’état d’une chose sans mouvement ; ainsi le repos est absolu, ou relatif, de même que le mouvement.
- ( Mrchit. ) Repos se dit des marches d’un escalier plus grandes que les autres, qui servent comme de repos.
- ( Poésie ) Repos se dit aussi de la césure qui se fait dans les grands vers à la sixième syllabe, et dans les vers de dix à onze, à la quatrième syllabe.
- ( Musique) Repos, en musique, est la terminaison de la phrase, sur
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- laquelle terminaison le chant se repose plus ou moins parfaitement. Le repos ne peut s’établirquepar une cadence pleine : si la cadence est évitée, il ne peut y avoir de vrai repos ,* car il est impossible à l’oreille de se reposer sur une dissonnance.
- Il ne faut pas confondre le repos avec le silence. V. SILENCE.
- (Peinture) Repos, lorsqu’on parle de peinture , désigne certaine partie de la composition d’un tableau , qui semble tranquilliser la vue. Lorsque le peintre dispose, dans sa composition , des parties sur lesquelles les regai-ds et l’attention se trouvent moins occupés , on dit qu’iZ a ménagé des repos. On donne du repos à un ouvrage de peinture, en étendant les masses, en éloignant les lumières trop pétillantes, en salissant des couleurs qui ont trop d’éclat. Quand un tableau est bien d’accord, quand il est harmonieux , il a le repos nécessaire.
- REPOUSSOIR , s. m. du latin repulso , formé de la particule itérative re, et de pulso, pousser de nouveau, rejeter, repousser.
- ( l’echnol.) C’est un nom employé dans un grand nombre d’arts et métiers, pour désigner plusieurs de leurs outils.
- ( Peinture ) Les rèpbussoirs , en peinture, étoient des masses d’ombres obscures que les peintres affectoient de placer sur le premier plan , parce qu’ils les croyoient nécessaires pour repousser les objets des autres plans. Cet usage est passé de mode.
- REPRÉSAILLES, f. de l’italien represaglia, formé, comme l’anglois reprisai, du lat. barbare rcprœsalia, dérivé du lat. reprehendo, reprendre ce qui a été pris.
- ( Droit des gens) On entend par ce mot, employé plus ordinairement au plurier, ces actes d’hostilité que les souverains exercent les uns contre les autres , quand iis ne sont pas en guerre ouverte, en reprenant ce qu’on leur a enlevé, ou des choses équivalentes, pour s’indemniser du dommage qu’ils ont reçu.
- Lettres de représailles ; voyez LETTRES DE MARQUE.
- ( Art milit. ) En termes de guerre, on donne encore ce nom à tout ce
- REP
- qui se fait contre l’ennemi, pour tirer satisfaction de quelqu’injure , ou de quelque violence. Les représailles s’exercent ordinairement dans les choses de même nature. On brûle des villages en représailles , c’est-à-dire, parce que l'ennemi en a brûlé.
- REPRÉSENTATION, s. f. du lat. reprœscntatio, pour rei prœ-sentatio , image, peinture de quelque chose.
- ( Pratiqué) Représentation se dit au palais, de l’exhibition de quelque chose. On fait la représentation d’une pièce arguée de faux. Représentation , en matière de succession se dit du droit en vertu duquel les en-fans ou petits-enfans d’une personne décédée, se présentent à sa place pour recueillir une succession échue, de la même manière, et avec les mêmes privilèges que si la personne représentée étoit encore vivante.
- ( Optique ) On dit, en optique, que la représentation de l’objet se peint sur la rétine, pour dire l’image de l’objet.
- ( Art d’imitation ) C’est dans le même sens qu’on dit qu’une statue, un tableau , une estampe, sont des représentations.
- ( Art dramat. ) Représentation est aussi le récit d’un poëme dramatique sur un théâtre, avec tous ses accompagnemens, la déclamation, le geste , les machines , le chant, les instrumens , etc. ; et l’on dit qu’une tragédie, qu’un opéra, qu’une comédie a eu quinze, vingt représentations.
- REPRISE, s. f. du lat. reprehen-dere , prendre une seconde fois, reprendre.
- ( Pratique ) Reprise d’instance ,* c’est l’acte par lequel on reprend un procès contre une nouvelle partie.
- Reprises delà femme ; c’est tout ce que la femme qui a renoncé à la communauté, a droit de reprendre en vertu de son contrat de mariage, sur les biens communs, ou sur les biens de son mari prédécédé.
- ( Musique ) Reprise se dit de toute partie d’un air , laquelle se répète deux fois, sans être écrite deux fois. Quelquefois aussi l’on n’entend par reprise que la seconde partie d’un air.
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- . Dans la note, on appelle reprise un signe qui marque que l’on doit répéter la partie de l’air qui le précédé , ce qui évite la peine de la noter deux fois.
- ( Mydraul. ) On dit que l’eau va par reprise, lorsqu’élevée dans une machine hydraulique, elle se rend dans un puisard , ou dansunebâche , d’où une autre pompe l'élève encore plus haut. C’est aussi dans le cours d’une conduite, l’eau qui sort d’un regard pour reprendre sa route dans une autre pierrée.
- REPROCHE , subst. m. du latin reprobare.
- {Pratique)Reproches contre des témoins ; ce sont des faits allégués contre des témoins , pour empecher qu’il ne soit ajouté foi à leur déposition»
- REPRODUCTION, s. f. de la particule itérative lat. re , et de produco, conduire, allonger.
- ( Botan. ) On comprend en général, sous cette dénomination, tous les moyens que ia nature et l’art emploient pour perpétuer les especes. Les semences, les raieux, les drageons , les boutures, la greffe, sont autant de moyens de reproduction.
- REPTILE, adj. et subst, du lat. replace , se traîner en rampant.
- ( HisL nat. ) Les naturalistes sont convenus d’imposer ce nom aux animaux pourvus d’un squelette, d’un sang rouge et froid, de deux systèmes nerveux, qui se traînent plutôt qu’ils ne marchent. Ces animaux sont les quadrupèdes ovipares et les serpens. Le nom de reptile a été donné aux premiers, bien qu’ils aient des pieds, parce qu’ils s’en aident moins pour marcher que pour ramper.
- RÉPUBLIQUE , s. f. du latin respublica, littéralement la chose publique.
- ( Polit. ) Etat gouverné par plusieurs. Il se prend aussi quelquefois pour toute sorte d’état, de gouvernement.
- RÉPUDIATION , s. m. du latin repudiare ,.rejeter, répudier : l’action de répudier, de refuser, de rejeter.
- ( Pratique ) En droit, répudiation , est synonyme de renonciation,
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- ( Jurisprudence) La répudiation est l’action par laquelle on congédie uhe femme . on fait divorce avec elle.
- RÉPULSION, s. f. du lat. repuis lu , fait de repuiso, pour rétro pulso , pousser en arrière.
- ( Physique ) Puissance par laquelle les corps se repoussent mutuellement.
- La répulsion , comme fait, ne peut être contestée de personne ; à l’égard de la cause qui peut la pro-'duire , c’est un mystère encore caché pour les philosophes.
- Répulsion de l’aimant ; c’est, la propriété qu’a l’aimant de repousser un autre aimant, lorsqu’on les présente l’un à l’autre par les pôles de même nom.
- Répulsion électrique ; c’est l’action d’un corps actuellement électrisé , ou plutôt du fluide qui sort, de te corps , sur les corps légers qu’on lui. présente à une certaine distance.
- REQUÊTE, s, f. du lat. requi-sila , fait de requiro, chercher, demander.
- ( Pratique ) Demande que l’on forme en justice : il ae dit aussi de l’acte qui contient la demande. Il y a autant de sortes de requêtes que l’on peut former de demandes : requête d’intervention , requête d'apurement , requête civile, etc.
- RÉQUISITION , s. f. du lat. requiro', requisilum , chercher , demander.
- (Pratique, administrai.') Action de requérir , demande faite par autorité publique. Levée d’hommes ; ceux qui la composent.
- RÉQUISITOIRE, s. m. même origine que RÉQUISITION.
- (Pratique ) Il se dit de la réquisition que font les commissaires, procureurs-généraux , etc. près les tribunaux , pour l’intérêt du prince ou pour celui du public.
- RESCISION , s. f. du lat. rescin-do , pour rétro scindo , retrancher , casser, ' annuiler.
- ( Pratique ) Cassation d’nn acte, d’une obligation : rescision de partage; rescision pour lésion.
- Prescription, s. f. du latin
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- rescribo. rescriplum, récrire, donner Une rescription pour recevoir de l’argent.
- ( Pratique ) Mandement qu’on donne à un débiteur, à un correspondant , pour payer une certaine somme au porteur du billet.
- RESCRIT, s. m. même origine que RESCRIPTION.
- ( Junspmd. ) C’est en général une réponse par écrit à une demande aussi par écrit. On donne particulièrement ce nom aux lettres ou ré-, ponses des empereurs Romains, consultés sur quelques difficultés ou questions de droit, pour servir de décision et de loi.
- A l’exemple des empereurs Romains , les empereurs d’Allemagne appellent aussi resciits leurs décisions sur les matières soumises à la diète.
- ( Chancellerie romaine) Gn donne à Rome le nom de rescrits à des sortes de bulles des papes qui commencent par ces mots : signifeavit nobis dileclus Jilius, etc. Les rescrits ont pour objet d’accorder quelque grâce ou dispense.
- RÉSEAU, s. m. du lat. retio-lum , diminutif de rete. On a dit longt-tems réseul , petits rets ; ouvrage de fil d’or ou d’argent, tissu de manière qu’il y a des mailles et des ouvertures en forme de rets,
- ( A n al. ) Il se dit par analogie du lacis de quelques vaisseaux , ou de quelques fibres qui forment une espèce de rets.
- RESECTE , s. f. du lat. reseco , pour rétro seco . retrancher.
- ( Créom. ) Portion de l’axe d’une courbe entre son sommet et une tangente.
- RÉSERVE, s. f. du lat. reservo ,' pour rétro servo, garder , conserver en arrière , à part, pour un autre tems : action de réserver.
- ( Pratique) Exception , restriction au moyen de laquelle une chose n’est pas comprise dans un acte , dans un jugement, etc. Il se dit aussi des choses réservées.
- ( Art milit. ) Corps de réserve ; c’est un corps de troupes destiné ou à se jeter promptement dans le camp et en augmenter la garde , en cas de
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- besoin , ou à empêcher l’ennemi d’approcher ce camp par les derrières.
- Un corps de réserve sert encore à venir charger en flanc l’armée ennemie , en se déployant subitement d’un côté ou d’autre.
- On doit l’invention des corps de réseive, dit Vegece , aux Lacédé-monienb; les Carthaginois les imitèrent, et les Romains ensuite ; mais l’invention en est plus ancienne. Cyrus avoit une réserve composée de chameaux portant chacun des archers , et dont la vue et l’odeur commencèrent à ébranler les cavaliers Lydiens.
- RÉSERVOIR, s. m. même origine que RÉSERVE.
- ( Archit. ) Lieux où l’on réserve les eaux pour les faire couler , ou jaillir en quelque lieu.
- ( Pèche ) Il se dit aussi cPun endroit où l’on met le poisson qu’on a pêché, pour Je prendre quand on en a besoin.
- ( Physiol. ) Il se dit encore d’une vessie où il s’amasse quelque fluide ; le réservoir du chyle, le réservoir de pccquet. Voy. CHYLE , PEC-QÜET.
- RÉSIDENT , s. m. du lat. résida , se rasseoir, demeurer , résider.
- ( Diplomatie ) Ministre public, moins considérable en dignité que les ambassadeurs et les envoyés ; mais au dessus des agens, et, comme les uns et les autres, sous la protection du droit des gens.
- RÉSIDU , s. m. du lat. residuus fait de resido , s’asseoir , déposer sa lie : ce qui reste.
- ( Commerce ) Reste de compte.
- ( Arithmét. ) Le reste d’une division arithmétique.
- ( Pratique ) Il s’entend aussi des pièces inutiles d’une affaire.
- ( Chimie ) On appelle résidu , ce qui reste d’une substance qui a passé par quelqu’opération.
- RÉSILIATION, s. f. du latin resilio , pour rétro salio , sauter en arriéré, se dédire.
- ( Pratique) Acte par lequel , d’un mutuel consentement , on an-nulle un autre acte , pendant que
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- ]?s choses sont encore entières, La résiliation ,n’est pas la même chose que la RESOLUTION, Koy. ce
- mot.
- RESINE , s. m. du lat. résina.
- ( Hist. nat. ) On appelle résine en général, une huile volatile épaissie à l’air. La nature offre uue foule de substances résineuses qu i ont chacune des propriétés particulières.
- V. BAUME , MASTIC , TÉRÉBENTHINE , GALIPGT , POIX , BRAI, GOUDRON.
- RESISTANCE, s. f. du lat. résista , pour rétro sisto , demeurer derrière, résister,.
- (7Mécan. ) Force ou puissance qui agit contre Une autre, de sorte qu’elle détruit ou diminue son effet.
- Il y a deux sortes de résistances , celle des solides et celle des fluides.
- Résistance des solides ; c’est la force avec laquelle les parties des corps solides , qui sont en repos, s’opposent au mouvement des autres parties qui leur sont contiguës.
- Résistance des fluides•; c’est la force par laquelle les corps qui se meuvent dans des milieux fluides sont retardés dans îeursmouvemens. Pour la théorie de la résistance des fluides, consultez le traité des fluides de d’Alembert.
- RÉSOLUTIF , VE , ad], du lat. resolvo , resolutum, délier , déta-r cher , ouvrir.
- ( l\léd. ) On donne ce nom aux médicameus qui divisent etatténlient les fluides épaissis et arrêtés , leur donnent du mouvement , et augmentent le ressort des solides.
- RÉSOLUTION , s. f. même origine que RÉSOLUTIF : cessation totale de consistance, solution , décision , fermeté, courage, parti pris.
- (Pratiqué) Résolution est, en termes de palais , un jugement qui casse et annulîe un acte.
- Il y a aussi des résolutions volontaires ou conventionnelles : ce sont celles qui font cesser à l’avenir , l’effet d’une convention précédente , de la cause résolutoire, pour la cause qui emporte la résolution d’un acte.
- ( Mathémat. ) Résolution ou plus communément solution, se
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- dit de l’exposé et du développement des procédés qu’on emploie pour obtenir ce qu’on demande dans un problème.
- ( Méd. ) Résolution, en médecine signifie plusieurs choses : i°. Il se prend pour un relâchement des nerfs et de muscles, et il répond à la paralysie : 2°. pour la dissolution des mixtes, et leur réduction en principes , ce qui revient à l’analyse totale ou partielle ; 3®. pour l’atténuation et la dissipation des humeurs qui , par leur séjour , forment quelque tumeur , laquelle disparoït. et se trouve guérie , quand sa cause conjointe s’est fondue , qu’elle est dissipée par la transpiration , ou qu’elle est rentrée dans les veines.
- ( Polit. ) Dans certains états , on appelle résolutions , les ordonnances concernant la police , la politique et le commerce.
- (Peinture ) Résolution , en termes de peinture et de dessin, signifie fermeté , parti pris , ce que les Italiens appellent partilo. La résolution s'applique le plus ordinairement aux effets du clair-obscur , à l’expression clés formes , au choix des attitudes , et enfin au mécanisme de l’art.
- RÉSONNANCE , s. f. du latin. resono pour ileruin sono, rendre un son , Tésonner.
- ( Musique ) Prolongement ou réflexion du son , fait par les vibrations continuées des cordes d’un instrument , soit par les parois d’un corps sonore , soit par la collision cle l’air , renfermé dans un instrument à vent.
- RESPIRATION , s. f. du lat. respiro pour iterum spiro , respirer.
- ( Physiol. ) Mouvement de la poitrine par lequel l’air entre dans les poumons et en sort alternativement. V. ASPIRATION, EXPIRATION.
- RESSEMBLANCE , s. f. du lat. barb. simulare , fait de similis , semblable: rapport , conformité.
- ( Peinture ) On dit d’un pcintra qu’il attrape bien la ressemblance c’est ordinairement le talent des peintres médiocres.
- RESSENTI, IE , participe de ressentir, de la particule itérative
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- re , et de seniim , sentir de nouveau , sentir vivement.
- ( Arts cl-imitation ) Oit dit, ce modèle a des formes ressenties ; le dessin d’Annibal Carrache est ressenti, etc. La nature montré partout des formes, mais elles ne sont pas toujours ressenties. Parmi les chefs-d’œuvres de l’antiquité, l’Hercule Farnèse , les lutteurs ont des formes ressenties ; les formes de P Antinous , del’Apollon duBelvédère sontau contraire douces et fines ; enfin , celles de la Vénus deMédiciset de l’hermaphrodite n’offrent que des transitions presque imperceptibles.
- RESSIF ou RECIF , s. m. de l’espagnol arrecifc , mot tiré de l’a-xahe.
- ( Marine') On appelle ainsi un banc de roches dures sous l’eau ou à fleur d’eau . qui se prolonge le long d’une cote , d’une ile , etc., et où la mer brise et écume sans cesse.
- RESSORT , s. m. du vieux mot françois sourdre , fait du latin sur-gere , d’où sont dérivés source et ressource.
- On a dit autrefois resort et resor-dement pqtlr l’action de s’élever % de sortir apres être entré.
- ÇPhysique.) Efforts que font certains corps pour se rétablir dans leur état naturel ,• lorsqu’ils ont été contraints d’en sortir par une puissance qui les a comprimés ou tendus.
- ( Mécan. ) Ressort se dit aussi de tout ce qui est la cause du mouvement dans les machines et surtout dans les automates.
- ( Peinture ) Ressort, est employé métaphoriquement , en peinture , pour exprimer l’action , le mouvement d’une composition pittoresque. Ainsi, l’on dit qu’une composition a du ressort, pour signifier qu’elle a de l’action. Si elle est froide et sans vie , on dit qu’elle manque de ressort.
- On ne pense pas que Michel-Ange, Raphaël , etc. , aient connu le mot de ressort comme terme de leur art, quoique le premier eût dans l’ame un terrible ressort, et que tous aient traité ce qu’on appelle des sujets de grande machine. Ces expressions sont nées avec les machinistes 7 les peintres de machine,
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- les Corfone , les Soiomëne, les Corrai! o , etc.
- ( Pratique ) Ressort est aussi utt terme de palais, qui signifie étendue ou district d’une juridiction , et qui a pour origine l’usage où étoient les Romains de partager aux. soldats , et de diviser par le sort les terres et les champs qu’ils avoient conquis , et d’appeler ces champs sortes.
- RESSUAGE, s, m. du lai. ex~ sudare , pour rétro sudare , rendre ou faire sortir la sueur, l’humidité intérieure.
- ( Métallurgie ) Le ressuage e.ct une opération que l’on fait subir dans la liquation, à la masse résultante du cuivre et de l’argent allié avec le plomb.
- RESSUÎ , s. m. même origine que RESSUAGE.
- ( Péuerie ) On appelle ainsi le lieu où la bète se réfugie pour se reposer et sécher sa sueur ou la rosée.
- RESTAUR, s. m. dulat. restauro rétablir, restituer.
- ( Commerce ) Ressource ou dédommagement que les assureurs ont les uns contre les autres , suivant la date de leurs assurances ; ou contre le maître , si l’avarie provient de son fait.
- RESTAURATION, s. f. du lat. restauro , rétablir.
- ( Méd. ) Il se dit du ^établisse-tnent des forces perdues d’un malade ou d’un homme fatigué.
- (Peinture ) Restauration des tableaux; V. ENLEVAGE.
- ( Bibliogr. ) Restauration des livres imprimés ; voy. BIBLIÜ-GUIANCIE.
- RESTE , s. m. du lat. restare, rester, qu’on a dit pour permanerç, demeurer : ce qui demeure de quelque chose.
- ( Mathémat. ) C’est la différence que l’on trouve entre deux grandeurs , après avoir ôté la plus petite de la plus grande.
- RESTER , v. n. du lat. restars demeurer.
- ( Marine ) On dit qu’une terre ou un vaisseau reste à tel rhumb, à tel aire-de-vent, lorsqu’il se trou s e dans la direction de cet aire-de-vent, par rapport au lieu dont on pâme. 1 11 Ain sj,
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- Ainsi , l’on dit : le cap Finistère nous resloit au sud-ouest du compas.
- RESTITUTION , s. f. du latin restituere , action de restituer * de rétablir.
- ( Pratique ) Restitution en entier ; c’est un moyen de se faire rétablir contre un engageront injuste.
- Restitution de fruits ; c’est celle qui a lieu lorsque le possesseur d’un héritage ou autre imméuble produisant des fruits , est condamné à se désaisir de cet immeuble,
- ( Littéral. ) Restitution d’un texte , d’un passagey c’est le rétablissement d’un texte , d’un passage corrompu.
- ( IVumismat. ) Restitution se dit par les médaillistes , pour médaille restituéey et les médailles restituées sont les médailles , soit consulaires, soit impériales* sur lesquelles, outre le type et la légende qu’elles ont eus dans la première fabrication* on voit de plus , le nom de l’empereur qui les a fait frapper une seconde fois, suivi du mot restituit, en entier, ou en abrégé.
- (.Aslron. ) Restitution se dit quelquefois du retour d’une planète à son apside ; c’est la révolution anoma-listique.
- Restitution se dit aussi de la période qu’on croyoit ramener tous les évènemens dans le même ordre.
- RETARDATION , s. f. du latin retarda , pour rétro tarda , apporter du délai, du ralentissement.
- ( Physique ) Retardation se dit du ralentissement du mouvement d’un corps * en tant que ce ralentissement est l’effet d’uné cause, ou force retardatrice ; il est peu usité. V. RÉSISTANCE, ACCÉLÉRATION * PROJECTION , PESANTEUR, GRAVITÉ.
- RETARDATRICE , adj. même origine que RETARDATION. '
- (Phys.) Force retardatrice / c’est la force qui retarde le mouvement d’un corps. Telle est la pesanteur d’un corps que l’on jette de bas en haut et dont le mouvement est continuellement retardé par l’action que sa pesanteur exerce sur lui dans une direction contraire, c’èst-à-dire, de haut en has.
- RÉTENTION, s. f. du lat, reii-Tonie 1IL
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- rteo , pour rétro teneo, tenir en arrière , retenir : action de retenir , réserve, réservation.
- (.Pratique ) Droit de rétention ; c’est la faculté accordée à la femme par son contrat de mariage , de retenir en cas qu’elle survive, la jouissance des biens de son mari* jusqu’au remboursement effectif de sa dot, et de toutes ses reprises matrimoniales.
- Rétention de cause *• c’est un jugement par lequel les juges extraordinaires ou commis retiennent la cause devant eux.
- Rétention d’usufruit ; c’est la clause par laquelle celui qui cède un héritage s’en réserve l’usufruit.
- (Dléd.) Rétention s’emploie particulièrement en parlant de l’urine arrêtée dans la vessie , et qui n’en peut point sortir.
- Il se dit aussi des excrémens ou mauvaises humeurs qui ne peuvent sortir du corps. v
- RETENTUM* s. m. participe de relineo , retenir.
- ( Pratique ) Terme purement latin , conservé dans le langage du palais , pour signifier une réserve que faisoit une cour souveraine, et qui portoit ordinairement modération de la peine prononcée contre un criminel , ou quelqu’autre intention de juge.
- réticence , s. f. du latin reti~
- ceo, pour rétro Laceo, retenir, céler, tai re quelqu e chose.
- ( Diction ) Figure de rhétorique propre aux passions , par laquelle l’orateur s’interrompt lui-même au milieu de son discours , et passe subitement à d’autres choses ; en sorte que ce qu’il a dit, laisse suffisamment entrevoir ce qu’il affecte de supprimer.
- RÉTICULAIRE,adj. ,pour l’origine , F. RETICULE, qui a la forme d’un rets, d’un réseau.
- ( Anatom. ) Il se dit 3e plusieurs parties qui ont la forme d’un réseau. La membrane réticulaire, le tissu réticulaire. F. RÉSEAU.
- RÉTICULE , s. m. du lat, réticulum , diminutif de rele * rets* petit rets.
- ( Aslron. ) Les astronomes appellent ainsi un instrument composé de plusieurs fils , et qui se place au jR.
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- foyer d’une lunette pour mesurer les diamètres des astres , ou pour observer les différences de leurs passages. Il y en a de deux sortes principales : le réticulé de 45 degrés, et le réticule rhomboïde. Le champ d’une lunette simple est ordinairement garni d’un châssis dans lequel il y a quatre fils tendus ; un de ces fils est destiné à représenter le parallèle à l’équateur ou la direction du mouvement diurne des astres. Le fil horaire qui lui est perpendiculaire , représente un méridien ou cercle de déclinaison, et les fils obliques font des angles de 45 degrés avec les deux premiers.
- Le réticule rhomboïde , aujourd’hui le plus usité parmi les astronomes , est formé d’un rhomboïde dans lequel une des diagonales est double de l’autre.
- On se servoit autrefois pour observer les éclipses d’un réticule composé de i3 fîls de soie très-fins , parallèles , également éloignés les uns des autres, et placés au foyer du verre objectif ; on avoit par ce moyen le diamètre du soleil ou de îa lune, divisé en douze parties égales ou doigts ; de sorte que pour trouver la quantité d’une éclipse , il ne falloit que compter le nombre des parties lumineuses et des parties obscures, par les fils du réticule.
- RÉTICULÉ , ÉE, adj. de RETICULE. V. ce mot.
- ( jBolan. ) Il se dit des parties des plantes qui sont marquées de nervures anastomosées en réseau.
- ( yirchit. anc. ) Réticulé se disoit aussi , dans l’architecture ancienne, d’une espèce de maçonnerie de cailloutage en carrés longs.
- RÉTIFORME , adj. du lat. re/e, rets, et déforma, forme : qui a la forme d’un rets ou d’un réseau , c’est un terme de botanique et d’anatomie , qui signifie la même chose que réticulaire.
- RÉTINE , s. f. du latin retina , formé de re/e, rets.
- ( ehiat. ) Membrane formée par l’expansion dn nerf optique, qui tapisse la surface intérieure de l’œil, et qui est le siège de la vision ; elle est ainsi appelée parce qu’elle ressemble en quelque sorte à un rets.
- RJSTIRATION, ». f. de retirer , è •
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- en latin relrahcre , pour iterurn trahere , tirer une seconde fois ; l’action de tirer une seconde fois,
- ( Imprimerie ) C’est, en termes d’imprimerie, l’action d’imprimer le verso , ou le côté opposé à celui qui vient d’être imprimé.
- RETORTE , s. f. du latin re/or-tum , participe de rctorqueo , pour rétro torqueo, tourner en arrière,
- ( Chimie ) Vaisseau de verre ou de terre , qui a un bec recourbé pour se joindre au récipient ; les François disent CORNUE. V". ce mot.
- RETOUCHER, v. a. de la particule itérative re , et du gothique Lckan, dont les Italiens ont fait loccare ; les Espagnols Locar • et les Anglois touch : toucher une seconde lois, de nouveau.
- ( Peinture) Lorsqu’on dit qu’un maître a retouché son tableau , on veut faire entendre qu’il y a donné des forces, des finesses , qu’il y a mis la dernière main ; mais, en général, on enterfd par tableau retouché, un tableau raccommodé ; c’est-à-dire , qu’un homme dont la profession est de réparer les tableaux endommagés , a placé de la couleur où il en manquoit, et quelquefois même où il n’en manquoit pas.
- ( (j rassure ) On appelle épreuve retouchée une épreuve d’une planche non terminée, et qu’au moyen du crayon et du lavis, on a conduit à l’effet que doit produire la planche finie. Mais on entend toujours par planche retouchée, une planche usée dont on a réveillé les travaup.
- RETOUR, s. m. delà particule itérative re, et de l’hébreu thor ou tour, rang, ordre, série: tour multiplié et contraire.
- ( Pratique ) Droit de retour, ou droit de reversion ; c’est un choit en vertu duquel les immeubles donnés par les père et mère, ou autres aseendans, retournent aux donateurs, lorsque les enfans donataires décèdent sans hoirs.
- Retour de partage ; c’est une somme ou rente que le co-partageant qui a le plus reçu paie à celui qui a, moins reçu , pour l’égaliser.
- ( IMathéni. ) Retour des suites / terme en usage dans V.analyse m*
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- llime, et qui consiste en ceci : on a l’expression d’une quantité comme x, par une suite composée de constantes, et d’une autre quanti lé y ; il l’agit de tirer de cette première suite une autre suite qui exprime la valeur de y en x et en constantes. La méthode pour résoudre ce problème est. expliquée dans le 7e. livre de l’Analyse démontrée du P. Reyneau.
- RETOURNEMENT, s. m. même origine que RETOUR.
- (Aslron. ) Opération par laquelle on vérifie un quart de cercle, en observant. une étoile près du zénith , le limbe tourné vers l’orient et vers l’occident alternativement.
- RETRAIT, s. m. dulatin relraho, pour relro traho, tirer à soi, en arrière , retirer,
- {Pratique} Exercice du droit de retirer ou de retraire un héritage aliéné, en remboursant à l’acquéreur tout ce qu’il a payé, et en le garantissant de toutes les obligations qu’il avoit contractées. P', RACHAT.
- RETR AITE , s. f. même origine que RETRAIT : l’action de se retirer,
- ( Avch.it. ) Retraite se dit de la diminution d’épaisseur qu’on donne 'a un mur , à mesure qu’on l’élève.
- ( Poterie ) Retraite est aussi la diminution de volume dans un corps humide desséché au feu. En modelant la terre, il faut estimer lu retraite quelle fera par la cuisson.
- {Art mililf) Retraite, en termes de guerre, est le mouvement que fait un corps qui plie devant un autre.
- Retraite est aussi le signal qu’on donne dans les villes de guerre et bien policées , pour faire retirer chez eux les soldats et les bourgeois.
- Retraite est encore une pension, llne place, une récompense que l’on accorde à des militaires, après un long service. Il se dit par extension de la pension que l’on accorde, dans les administrations, à celui qui se retire d’un emploi qu’il a occupé Pendant un certain nombre d’années,
- (dlatine) Ordre de retraite ; c’est 1 ordre ou la disposition dans laquelle les vaisseaux d’une armée navale ou Statue se refirent de devant un eu-
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- nr-mi supérieur, ou après un combat.
- Canons de retraite ; ce sont les canons qui sont placés en arrière ou à la poupe d’un vaisseau , et qui servent , lorsqu’on se retire , à se battre en retraite.
- Coup de canon de retraite; c’est le coup de canon que l’on tire tous les soirs , à bord du vaisseau commandant, dans une rade ou mouillage , pour annoncer aux marins le moment de leur retraite à bord.
- RETRANCHEMENT, s. m. du latin truncare, tra ncher : on a dit anciennement tranchés.
- {Art milit. ) Relranchemens. eit termes de fortification, se dit de toute sorte de travail qui fortifie un poste contre l’attaque de l’ennemi. Ainsi, on dit qu’une armée se retranche sous le canon d’une place, quand elle est moins forte que celle de l’ennemi. On se retranche dans son camp , quand on attend du renfort ; on se retranche dans un poste pour s’y défendre, quand on craint d’y être insulté ou attaqué.
- RÉTROACTION , s. f. du latin rétro , en arrière, et de asp, agir: ce qui agir sur le passé. «
- ( Régislat. ) Il ne s’emploie guère qifavec le mot effet, et en parlant des lois. Les lois ne doivent point avoir d’effet rétroactif.
- RÉTROCESSION, s. m. du lat. relro, en arrière, et de cedo, céder , quitter , laisser.
- ( Pratique) Acte par lequel le cessionnaire cede à son cédant ce qu’ijl en avoit reçu.
- RÉTROGRADATION, s. f. du latin rétro, en arrière, et. de gradior, marcher : action par laquelle un corps se meut en arrière.
- ( As trôné) Rétrogradation se dit, en termes d’astronomie, d’un mouvement apparent des planètes , pat lequel elles semblent quelquefois ver culer dans l’écliptique , et se mouvoir dans un sens opposé à l’ordre ou à la succession des signes ; c’est-à-dire , aller vers l’occident. Ce mouvement n’est qu’apparent ; car , si la? planètes étoient vues du centre du système, c’est-à-dire, du soleil, leurs mouvemens paroîtroient toujours yégujiers; c’est-à-dire, dirigés d’occi-IR ^
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- dent en orient. Les inégalités qu’on y observe , en les voyant de la terre, naissent du mouvement et de la position de la terre. V, STATIONNAIRE, DIRECT.
- Rétrogradation des nœuds de la lune ; c’est un mouvement de la ligne des nœuds de l’orbite lunaire, par ie-quel cette ligne change sans cesse, en se mouvant d’orient en occident,contre l’ordre des signes ; elle achève son cours rétrograde en dix-neuf ans , après quoi chacun des nœuds revient au même point d’où il étoit parti. Ce mouvement est commun à toutes les orbites planétaires ; mais il est plus sensible pour la lune.
- RÉTROGRADE , adj. même origine que RÉTROGRADATION.
- ( Art milil. ) Mouvement rétrograde ; c’est une expression qu’on emploie dans certaines circonstances, au lieu de retraite , fuite. L’armée ennemie est en pleine retraite ; noire armée fait, en ce moment, un mouvement rétrograde.
- RETUS, SE /adj. du latin re-tusus, participe de retundo, émousser.
- ( Botan. ) Il se dit des parties des plantes très-obtuses, avec sinus ou dépression plus ou moins sensible.
- REVANCHE, s. f. du latin revin-dir.are, composé de la particule itérative re , et de vindico, venger, se revancher : action par laquelle on se revanche du mal qu’on a reçu.
- ( Jeux) Revanche se dit au jeu de la seconde partie que joue le perdant, •pour se racquitter de la première.'
- REVENDICATION, s. f. même origine que REVANCHE.
- (Pratique ) Action réelle par laquelle nous demandons une chose qui nous appartient, et qui est entre les mains d’autrui.
- RÉVEILLON, s. m. de réveiller, pour tirer quelqu’un d’un assoupissement, dérivé du lat. vigilarCj veiller.
- (Peinture ) On appelle ainsi en peinture des moyens mécaniques de réveiller l’attention. Il y a des réveillons de lumière, des réveillons de couleur, des réveillons de touche.
- Les réveillons de lumière sont des effets ou accidens produits ordinairement par l’éclat qui rejaillit des corps
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- qui ont une certaine dureté, et qui sont polis comme les métaux.
- Les réveillons de couleur sont des effets de couleurs brillantes, pî_ quan tes, qu’autorisent des dispositions bien ménagées dans le clair-obscur.
- Les réveillons de touche sont de légères exagérations qu’on excuse par l’effet qu’elles produisent, en attachant ou excitant l’attention sur des objets intéressais.
- RÉVERBÉRATION, s. f. du lat. reverbero , pour rétro verbero, frapper en arrière , à rebours.
- (Physique) Action d’un corps qui en repousse, ou en réfléchit un autre, après en avoir été frappé. C’est la même chose que RÉFLEXION. Pi ce mot.
- Les lanternes appelées réverbères, consistent dans une mêchè de lampe placée devant un miroir de fer-blanc étamé, qui réfléchit, réverbère au loin la lumière.
- ( Métallurgie) Dans les fourneaux dits à réverbère , la flamme est réfléchie, réverbérée sur elle-même, de façon qu’elle mine toute la matière d’alentour.
- RÉVISION , s. f. de la particule itérative re , et de video , voir, considérer : l’action par laquelle on re* voit, on examine de nouveau.
- (Pratique) Révision de procès ; c’est, en matière criminelle , le nouvel examen qui se fait d’un procès jugé en dernier ressort.
- RÉVOCATION , s. f. du lat. re-voco , pour rétro voco, appeler ea arrière, rappeler : l’action de rap-peller , de révoquer.
- ( Pratique ) Acte par lequel on en révoque un autre.
- Révocation de donation ; c’est un acte par lequel une donation est révoquée.
- Révocation de procureur; c’est l’acte par lequel un procureur est révoqué par la partie qui l’avoit chargé d’occuper pour elle.
- Révocation de testamens ; c’est un acte par lequel un testament est révoqué.
- RÉVOLUTÉ, adj. du lat. revol; vo, revolutuni, formé de la parti' cule itérative re i et de volvo , rouler , tourner.
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- ÇBolan, ) Il se dit des parties des plantes roulées en dehors, ou sur la face extérieure.
- RÉVOLUTION, s. f. même origine que le précédent.
- ( Géoni. ) Révolution , en termes de géométrie , est le mouvement d’une figure plane qui tourne autour d’une axe immobile. Un triangle" rectangle, tournant autour d’un de ses côtés, engendre un cône par sa révolution. Un demi-cercle, qui tourne sur son diamètre, engendre une sphère par sa révolution.
- (.Astron. ) Révolution , en astronomie , se dit'dela durée du tems qu’une planète emploie à faire le tour du ciel ; ainsi , l’on dit que la révolution du soleil est d’un an ; que celle de Saturne est de trente ans.
- Révolution 'vraie d’une planète; c’est son vrai retour à un même point du ciel. Cette révolution est trop inégale pour qu’ôn en fasse des tables. Lm révolution moyenne , la seule que l’on calcule , est celle que l’on a dégagée de l’effet de toutes les inégalités de la planète, en prenant le milieu entreles plus et les moins , par un grand nombre de révolutions fondues en une somme totale.
- Révolution tropique ; c’est celle qui se compte par le r etour d’une planète au point équinoxial.
- Révolution sydérale ; c’est le retour de la planète à une même étoile fixe.
- Révolution anomalistique ; c’est le retour à l’apside , soit apogée, soit aphélie.
- Révolution synodique ; c’est le retour à la conjonction au soleil, rue de la terre*; et s’il s’agit des satellites, c’est le retour à la conjonction , vu de la planète principale. La révolution synodique de la lune est de 29 jours , 12 h. 44 m. 3 s. : elle diffère de la révolution , ou du mois périodique , c’est-à-dire , du tems la lune met à parcourir le zodiaque , ce dernier mois étant de 27 Jours 7 h. 43 m. 4 s. La raison de Cfde différence , est que pendant tore révolution de la lune , le soleil toit environ 27 degrés dans le même 88115 i il faut dotic , pour que la lune 56 retrouve en conjonction avec le ^leil, qu’elle fasse encore tout ce
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- chemin , et 'elle emploie environ 2 jours à parcourir ces 27 degrés.
- La révolution des étoiles , ou des points équinoxiaux , est de 26760 ans.
- ( Méd. ) On appelle révolutions et humeurs, un mouvement extraordinaire dans les humeurs.
- ( Polit.) Révolution , pris dans le sens figuré , désigne un changement considérable dans le gouvernement d’un état; et employé absolument , il désigne la révolution la plus considérable, celle qui a amené un autre ordre de choses. Ainsi, en parlant de l’Angleterre , la révolution désigne celle de 1688 ; en parlant de la Suède, celle de 1772 ; en parlant dé la France, celle de 1789.
- REVUE , s. f. même origine que RÉVISION.
- ( Art milit. ) Revue se dit de l’assemblée d’un corps , ou de plusieurs corps de troupes sous les armes , pour voir si elles sont complettes , ou en bon état.
- RÉVULSION , s. f. du lat. réveil o , pour rétro vello, arracher , faire revenir, détourner.
- ( irîéd. ) Retour d’humeurs, cours qu’on leur fait prendre vers la partie opposée à celle sur laquelle elles se jetoient.
- REZ , préposition du lat. rasum , de rado , tendre , x*aser : rez-terre , rez-de-chaussée.
- RHABDOÏDE, ouRABDOÏDE, adj. dugrec péÇioç (rhabdos) , verge , et d’iiia; ( éidos ) , forme, ressemblance : qui a la forme d’une verge. ,
- ( Anat. ) Épithète que quelques anatomistes ont donné à la suture du crâne , parce qu’elle a la figure d’une verge ; on l’appelle autrement suture sagittale.
- RHÀCHISAGRE , s. f. V. RA-CHISAGRE.
- RH4CHITIS, subst. mase. P". RACHIT1S.
- RKACKOSIS , subst. fém. V. RACHOSIS.
- RH A GODES , s. f. dugrec ixykc ( rhagas ) , rupture.
- ( ïrlédec. ) On appelle ainsi des fentes ou crevasses ulcérées qui se
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- font aux lèvres , aux mains , au fondement, etc., accompagnées souvent d’une rugosité et d’une contraction de la peau , qui les rend fort douloureuses et fort incommodes.
- RHAGOÏDE , adj. du grec pàtif (r/ma?), génit. pctyos (rhagos), grain de raisin, et d’êlJ’oç ( éidos ), forme, ressemblance : "qui a la figure d’un grain de raisin.
- ( Anal. ) C’est le nom d’unè tunique de l’œil, qu’on appelle autrement nvée, dû lat. uva, qui signifie également gtain de raisin , parce qu’elle ressemble à un grain de raisin , dont on a ôté la petite queue.
- RHAPHÉ, s.m. F. RAPHÉ. RHAPSODIE , s. f. F. RAP-SODIE.
- RHÉTORIQUE s. f. du grec pToputii (rhêtorihé), sous-entendu 'liX'i» ( Lechné) , art, dérivé de p4a> ( rhéô ) , parler : l’art de parler.
- La rhétorique est la théorie de l’art de persuader. La rhétorique n’est pas la même chose que l’éloquence. L’une est la théorie, et l’autre est la pratique; l’une trace la méthode , 'et l’autre la suit; l’une indique les sources , et l’autre y va puiser ; l’une ensèigne les moyens, et l’autre les emploie. »
- Pour découvrir l’origine de la rhétorique , il faut remonter jusqu’au tems où les peuples policés commencèrent à cultiver leur langue , et à faire cas des talens de l’esprit. Elle snbsistoit certainement chez les Grecs, dans la guerre de Troye ; car Hésiode assure que, dès-lors , on a,voit établi des règles et une méthode pour bien parler. Ainsi, on ne peut doutçr que du teins d'Homère , qui vivoit apres le siège de Troye, la rhétorique n’eût déjà été réduite en art, et même que cet art n’eût toute son étendue et sa perfection , parce que les rhéteurs ont tiré dé cè poète plus d’exemples pour appuyer leurs préceptes , que de tous les orateurs ensemble , et que l’étude d’Homère a toujours fait la base de l’instruction que lés maîtres don-îioient à leurs disciples.
- , Le talent de la parole fut, dans Athènes, le plus puissant moyen d’acquérir du crédit , de la considération et dos honneurs, A Home,
- on ne connut, pendant quatre dit cinq cents ans, dit Cicéron , d’autrè éloquence que celle qui vient de la nature et d’un génie heureux. Mais L enfin , lorsque les Romains eurent - vaincu les Grecs, ceux-ci y portèrent • les sciences, et y enseignèrent la ' rhétorique , dont Cicéron donna , dans la suite, des préceptes. Lès Romains , de leur côté , allèrent entendre , dans la Grèce , ce qu’il y res-toit d’orateurs , et s'adonnèrent l\ l’étude de l’éloquence avec une ardeur incroyable. Aristote, Quinti-lien , Cicéron ont écrit excellem-mént de la rhétorique. La première rhétorique frauçoise qui ait paru est intitulée : Legrand et -vrai An de pleine rhétorique, par Pierre Fa h ri j natif de Rouen. Année 1S21.
- Figure de rhétorique ; on appelle ainsi ùü certain tour de pensées ei de paroles qui donne de la force ou de la grâce au discours. F. FIGURE.
- Fleurs de rhétorique; ce sont les grâces, les ernemens, les em-bellissemenS du discours.
- RHINGRAVE , s., m. composé du latin barb. Rhenus, Rhin, et de gravius ougraphius , comte, juge: juge du Rhin.
- {Fcon. polit. ) C’étoit ainsi qu’ori appeloit les juges , les gouverneurs dûs villes situées le long du Rhin.
- R H US OPTE , adj. du grec pù
- rhin ), le nez ou les narines, ef
- e o-TT'i-ofAat {optomai) , voir: qui voit par les narines.
- ( Méd. ) Il se dit de celui qui i en conséquence d’une maladie au grand angle de l’œil., qui a ouvert un passage dans le nez, peut voir par les narines.
- On appelle rhinoptie, l’état de celui qui voit par les narines.
- RHÏSAGRE , s. m. du grec ( ri Liza ), racine, et d’â/yp*. ( agra), prise , chasse.
- ( Chirurg. ) Instrument propre a arracher les racines des dents.
- RHIZOPHAGE , s. m. du grec p/Çx. ( rhiza ) , racine, et de qky®
- (i phagô ) , manger. .
- ( Hist. nat. ) On appelle ainsi ceux qui né vivent que de racines;
- RHODITE ; s. f* du grec fit*
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- ’ (fiiodoh) , rose, et de x/9oj (lithos), pierre.
- ( Minéral. ) Pierre qui par sa couleur et sa forme ressemble à une
- rôse.
- RHOGME, fe. f. du gfec p&y/uà ( rhogmé) , fente, fêlure., de pHcnra), briser, rompre.
- ( Chirurgie ) Fracture du crâne , qui consiste dans une fente superficielle , étroite et longue.
- RHOMBE , s. m. du grec portos (rhotnbos), de ps.v.O ( rhembo ), entourer.
- ( Géom. ) Parallélogramme dont les cotés sont égaux , mais dont les angles sont inégaux , deux des angles opposés étant obtus et les deux autres aigus.
- Rhornbe solide ; on appelle ainsi deux cônes égaux et droits , joints ensemble par .leurs bases.
- RHOMBOÏDAL, LE, adj. Voy. RHOMBOÏDE;
- ( Botan. anal. ) A quatre angles ; deux opposés plus aigus.
- RHOMBOÏDE, s. m. du grec fostgoc ( rhombos ), rhombe et à'dJ'c; ( éidos ) , forme , ressemblance.
- , ( Géom. ) Parallélogramme dont les côtés et les angles sont inégaux , mais dont les côtés opposés sont égaux , ainsi que les angles opposés.
- - Autrement le rhomboïde est une figure de quatre côtés , dont les côtés opposés sont égaux ; mais qui n’est m équilatérale, ni équiangle. RHUM, s. m. K. RUM.
- Rhumatisme ,s. m. de pîvpu*.
- ( r/ieuma ) , cours , fluxion. V, RHUME.
- ( Méd. ) Douleur qu’on sent dans Rs muscles, dans les membranes , ot souvent dans le périoste même , accompagné de pesanteur, de difficile de se mouvoir , et quelquefois d’une fièvre irrégulière.
- RHUME . s. m. V. RUMB.
- RHUME , s. m. de psvpa. ( rheu-ma), cours, fluxion, de y où , couler.
- ( Méd. ) Espèce de fluxion sur la gorge et sur la trachée-artère , qui Hit tousser , moucher et cracher.
- RHYAS, s. m. Mot purement gfec puoeç ( rhuas ) , cours , fluxion , feit de p6u> ou de ps» (rheô), couler.
- R II Y £6$
- ( Méd. ) Ecoulement des veux occasionné par la diminution de la chair dans le grand canthus ou lë grand angle de l’oeil.
- RHYPOGRAPHE , s. m. du grec pviroç(rhupos), ordure, chose basse, et de ypkqoù ( graphô ), décrire , tracer.
- ( Peinture ) Quelques écrivains ont ainsi désigné les peintres qui s’occupent de représenter la basse! nature; ceux qu’on appelle autrement peintres de BAMBOCHA-DI'S. P. ce mot.
- RHYPTIQUE , adj. dugr. péirlt» (rhuplô), nettoyer, dérivé de pÔTrec ( rhupos ) , ordure.
- (Méd.) Epithète que l’on donne aux médicamens propres à détacher et à entraîner les humeurs visqueuses et corrompues, adhérentes à quelque partie du corps. On les appelle autrement DÉTERSIFS, r. ce mot.
- RHYTHME, s. m. du gr. pvBpbs' ( rathnios ) , nombre , cadence r mesure.
- ( Beaux arts ) Dans son acception la plus générale , le rhylhme est la proportion qu’ont en té elle s les parties d’un même tout. Aristide Quin-tiiien divise le rhylhme en trois espèces ; savoir : le rhylhme des-corps immobiles, lequel résulte de la juste proportion de leurs parties, comme dans une statue bien faite ; le rhylhme du mouvement local, comme dans la danse , la démarche bien composée, les attitudes des pantomimes ; et le rhylhme des mouvernens de la voix.
- Le rhylhme appliqué à la voix , peut s’entendre de la parole ou du chaut. Dans le premier sens , c’est du rhylhme que naissent le nombre et l’harmonie dans l’éloquence ; la mesure et la cadence dans la poésie ; dans le second , le rhylhme s’applique à la valeur des notes, et s’appelle aujourd’hui MESURE. ce mot.
- Vossius , dans son livre de poë~ maluin cantu, etviribus rhytkmi, relève beaucoup le rhylhme ancien, et il lui attribue toute la force de l’ancienne musique. Il dit qu’un rhylhme détaché comme le nôtre , quï ne représente aucune image des choses , ne peut avoir aucun effet, et que lesanciens nombres poétiques n’avoient été inventés que pour cette
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- fin que nous négligeons. Il ajoute que le langage et la poésie moderne sont peu propres pour la musique , et que nous n’aurons jamais de bonne musique vocale jusqu’à ce que nous fassions des vers favorables pour le cbant ; c’est-à-dire, jusqu’à ce que nous réformions notre langage, et que nous lui donnions, à l’exemple des anciens, la quantité et les pieds mesurés , en proscrivant pour jamais l’invention barbare de la rime.
- ( ÏVléd, ) Les médecins ont emprunté de la langue des beaux arts, le mot rhylhme, pour exprimer la cadence ou l’harmonie du pouls, ou la proportion convenable entre une pulsation et celles qui suivent.
- RHYTHMIQUE , s. f. Voy. RHYTHME,
- ( Musique ) La rhythmique étoit, chez les anciens, la partie de l’art musical qui enseignoit à pratiquer les règles du mouvement et du rhylhme , selon les lois de la RHYTHMOPÉE.
- (Dan.re) Rhythmique est aussi le nom que les auteurs donnent à l’ancienne danse des Grecs, laquelle répond à ce qu’on pratique maintenant dans nos airs de ballet.
- RHYTHMOPÉE, s. f. du grec pvQjUOTvoutt (rhuthmopbii'a).
- ( Musique) Partie de la science musicale qui prescrivoit à Y art rhyLhmique, les lois du rhylhme, et tout ce qui lui appartient.
- RICHESSE, adj. d’origine teu-tonique et celtique. Les Anglo-Saxons on dit ryca , rice, dont les Anglois ont fait rie h, les'Suédois ryk , les Allemands reich, les Italiens ricco, et les Espagnols rico, tous dans la signification d’homme puissant, opulent.
- ( Métallurgle ) Riche, en parlant d'une mine d’or, d’argent, de cuivre, etc., s’entend d’une mine abondante en métal.
- ( Peinture ) Composition riche p c’est une composition dans laquelle on remarque une sage abondance, exempte de profusion.
- Tout ce qui est beau est toujours riche, dans les ouvrages de l’art. Une composition riche n’a souvent rien de ce qu’on entend par ce mot, dans le langage ordinaire. Des vêtemeus,
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- simples, des toits rustiques, un site sauvage, peuvent être aussi riches que des brocards, des édifices somptueux.
- ( Lit-érat. ) Langue riche ; c’est celle qui abonde en mots et en tours.
- Sujet riche , matière riche ; c’est un sujet fécond en idées, en images , etc.
- Rimes riches ; ce sont celles qui sont les plus exactes, et qui satisfont davantage l’oreille.
- Comparaison riche, celle qui est heureusement amenée , et qui apporte une grande clarté dans le sujet.
- RICOCHET , s. m. d’une origine inconnue; mais onappeloitautrefois ricochet, un petit oiseau qui répète continuellement son ramage, d’où l’on a appelé ncochet, la répétition du même discours.
- (Mécanique) Ricochet est une espèce de mouvement par saut, que fait un corps jeté obliquement sur la surface de l’eau, et dont la cause est la résistance de l’eau. On dit qu’un corps fait des ricochets, lors-qu’ayant été jeté obliquement sur la surface de l’eau, il se réfléchit au lieu de la pénétrer, et y retombe ensuite pour se réfléchir de nouveau.
- (.Artillerie) Battre en ricochet ; c’est charger des pièces d’une quantité de poudre suffisante pour porter leurs volées dans les ouvrages qu’elles enfilent. On place ordinairement ces batteries sur la ligne d’une face ou d’un flanc, afin que le boulet enfile et nettoie toute la longueur.
- Les propriétés des batteries à ricochet , sont i°. de démonter promptement les batteries et toutes les autres pièces montées le long des faces des bastions et demi-lunes; 2°. de chasser l’ennemi des défenses de la place, qui sont opposées aux attaques ; 3°. de plonger les fossés , y couper les communications de la place aux demi-lunes ; 4°. de tourmenter l’ennemi dans le chemin couvert, au point de le forcer de l’abandonner ; 5°. de prendre le derrière des flancs et des courtines, et rendre leur communication inutile.
- C’est M. le maréchal de Vauban qui est l’inventeur du ricochet. H commença à en faire usage au siège
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- d’Ath, en 1679. « Ce 11e fut pas sans peine, dit.l’auteur des mémoires sur ce siège, que M. de Vauban parvint à réduire l’artillerie à battre à ricochet , à petites charges, dont l’effet ne paroissoit point aux yeux ; mais enfin, à force de se donner de la peine, il en vint à bout. Le grand éclat , le fracas et la promptitude du service, avoient fait jusqu’alors tout le mérite dans les sièges ; on changea ici de manière , car il ne s’en est jamais fait où il y ait eu si peu de bruit, et où cependant on ait tiré si bon parti du canon que l’on fit dans ce siége-ci. »
- RIDE , s. f. du grec pw-rlç, pvTiS'oç ( rhulis, rhulidos ), plis qui’ se font sur la peau, de pvce, tirer.
- (.Anat. ) Espèce de sillon qui se forme sur la peau des animaux , et particulièrement sur le front et le visage des hommes.
- RIDÉ , ÉE , adj. de RIDE. V. ce mot.
- (Botan.) On appelle ainsi tout ce qui aune surface inégale, et remarquable par des enfoncemens et des élévations alternatifs.
- RIDEAU, s. m. de ride. On a dit ruiellu.rn, dans la basse latinité.
- ( ylrl milit. ) Rideau se dit, en fermés de guerre, d’une petite éminence qui règne en longueur sur une plaine, et qui est quelquefois comme parallèle au front d’une place. On dit se cacher , et caeher l’infanterie derrière un rideau,
- RIGOLE, s. f. du latin rivola, diminutif de rivus, ruisseau, courant, petit fossé pour faire couler les eaux.
- ( Jardin. ) Petite tranchée fouillée en terre , pour conduire l’eau, ou pour planter des bordures, des arbustes ou des palissades.
- .RIME, s. f. du saxon rima, bord, terminaison, ou du teutonique rim, nombre, mètre.
- ( Poésie ) Uniformité de son placé à la fin des mots qui terminent les vers.
- On a beaucoup discuté si la rime est une source de beautés ou de défauts dans les vers; les uns prétendent que c’est une pratique barbare qui entraîne avec elle une monotonie insoutenable ; les autres n’y
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- trouvent qu’iine consotrnanee qui charme l’oreille.
- Voici ce qu’on raconte sur l’origine de la rime : Les orateurs grecs qui cherchoient à chatouiller les oreilles du peuple, alfectcient une certaine cadence de périodes composées, qui finissoient par une même conson-nance et une même terminaison. Us les appeloient otto/oRxswtî*. (opofo-leleula). Les Latins, qui les imitèrent, nommèrent ces phrases ainsi mesurées, similiter desinenlia. Cette affectation augmenta dans fe déclin de la langue latine, et la langue gauloise conserva cette cadence de rimes , qui parut plus douce et plus agréable que les 'vers mesurés des Grecs et des Romains. Il arriva même que les poètes qui composoient en latin , ajoutèrent la rime à la mesure ancienne des vers, qu’ils appelèrent léonins , du nom d’un certain Leonius qui excella dans ces sortes de vers.
- La rime fut d’abord la,seule règle que les poè'tesobservassënt. Us ne songèrent point à l’arrangement des rimes , et bien loin de les diversifier , c’étoit une espèce de beauté que de faire un grand nombre de vers sur les mêmes rimes. Ce ne fut que du tems de St.-Louis , que la versification , devenant plus exacte, l’on mêla régulièrement les rimes masculines et. féminines.
- On distingue la rime masculine et la rime féminine :
- Rime masculine / celle dont la dernière voyelle est autre qu’un e muet.
- Rime féminine ; celle dont la dernière voyelle des moi s qui la composent est un e muer.
- Les rimes, tant masculines que féminines, peuvent être pu riches ou suffisantes.
- Rime riche ou heureuse; celle qui est formée par la plus grande uniformité entre les sons.
- Rime suffisante ; celle qui n’a rien de plus que les sons essentiels.
- Les rimes, soit riches ou,suffisantes, soit masculines ou féminines, prennent quelquefois des noms dit— férens , selon leur arrangement.
- Rimes suivies ou plaies ; celles de deux vers de suite, terminés de:. même; c’est-à-dire, de deux masca-*
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- lins et deux féminins, toujours continués de même. On s’en sert dans la haute poésie.
- Fûmes croisées ; lorsqu’on entrelace les vers des deux espèces, un masculin après un féminin, ou deux masculins de même rime entre deux féminins qui ririientënsemble, telles qu’on en voit dans l’ode, le rondeau , le sonnet, etc.
- Rimes mêlées ; lorsque, dans le mélange des vers, on ne garde d’autre règle que celle de ne pas mettre de suite plus de deux vers masculins ou féminins : comme dans les madrigaux , les chansons, quelques idil-les , opéra , cantates, etc.
- Le bon goût a banni la gêne et l’alfectation puérile des mêmes sons répétés plusieurs fois, sans autre mérite que la difficulté. Telles étoient les vieilles rimes, qui étoient autrefois en usage, et dont les pins connues sont : la kirielle , la bate-lée, la fraternisée , la sénée „ la brisée , Y empêriere , Vannexée , Yenchaînée, Y équivoque, la couronnée. On trouve des exemples de ces rimes dans Marot.
- RINCEAU, s. m. autrefois rain-seau , et plus anciennement min et rains, du latin ramus , rameau , branche d’arbre.
- (xîrchit. ) On nomme ainsi des branches feuillues dont on charge les frises, et dont on fait d’autres ornemens.
- RIPUAIRE, adj. du latin barbare ripuarii , ribuarii, ribuerii , tous mots corrompus du lat. riparii , et qui servoient, dans le moyen âge, à désigner un peuple distingué des Francs , des Bourguignons , des Gaulois, des Allemands , des Frisons, des Saxons, etc., et qui vint s’établir en deçà du Rhin et sur ses bords.
- ( Jurispr. ) Loi ripuaire ; c’étoit le nom d’une fameuse loi donnée par Clovis, et qui ordonne entre autres choses, que le ripuaire sera traité comme le françois. Cette loi a beaucoup de ressemblance avec la loi Sa-lique.
- RIS, s. m; Corruption de l’anglois
- reef‘
- ( Marine ) Les ris des voiles sont Une partie de la surface des voiles Çuieèt destinée à être repliée,* quand
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- lé vent est trop fort. A cet effet, oit y pratique un rang d’œillets en ligné droite, pour former chacun de ces ris. On passe des garcettes ou de petites cordes dans chacun de ces œillets, où elles sont arrêtées par un nœud de chaque côté de l’œillet.
- Les basses voiles n’ont chacune qu’un ris; mais les huniers en ont trois ; delà ces expressions : être ait bas ris , pour avoir tous les ris pris lorsque la violence du vent augmente. Larguer les ris , pour détacher les garcettes qui tiennent cette partie de la voile repliée sur la vergue , lorsque le vent devient plus modéré.
- RIS ou RIRE, s, m. dii lat. risus.
- ( Méd. ) Mouvement irrégulier de la poitrine et du diaphragme , qui se manifeste aux lèvres et aux autres parties du visage.
- Ris sardonique, de sardon, nom d’une herbe venimeuse qui croît en Sardaigne. C’est un mouvement convulsif du diaphragme et des muscles de la face, qui ne diffère du ris simple qu’en ce qu’il est accompagné du délire, de la cardialgie, des nausées^ du vomissement, et des autres symptômes qui sont les suites ordinaires d’un poison qui corrode le ventricule. Le nom de cette maladie est tiré d’une plante que Dioscoride nomme sardon, fort commune en Sardaigne : ceux qui en maugent 'meurent en riant.
- RITOURNELLE , s. f. de l’itaL ritornello , diminutif de ritorno , retour ; petit retour.
- ( Musique) Trait de Symphonie qui s’emploie en manière de prélude à la tète d’un air , dont ordinairement il annonce le chant -, ou à la fin, pour imiter et assurer la fin du même chant; ou dans le milieu, pour reposer la voix, pour renforcer l’expression , ou simplement pour embellir la pièce. Aujourd’hui que la symphonie a pris un caractère presqu’indé-pendant de la vocale, on 11e s’en tient plus guère à de simples répétitions ; aussi le mot ritournelle a-t-il vieilli.
- RIVIÈRE , s. f. du latin barbare riparia ou rivaria, augmentatif de rivas , ruisseau.
- ( Créogr. ) Assemblage d’eaux qui coulent dans un lit d’une largeur et
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- d’une étendue considérable. Les eaux de pluie font les sources, les sources font les fontaines , les fontaines font les ruisseaux , les ruisseaux forment lès rivières , les rivières qui ont un long cours, qui reçoivent beaucoup d’eau dans leùr cours, et qui Se rendent à la mer sans perdre leur nom, s’appellent fleuves. V. ce mot.
- Ç JBolan. ) De rivière les botanistes ont fait riveraines , pour désigner les plantes qui croissent habituellement au bord des rivières ou des fleuves ; et rival aires, pour celles qui habitent les ruisseaux d’eau courante.
- (Pratique) Riverains' est encore lé nom que les règlement concernant les eaux et forêts donnent à ceux tpii habitent ou qui ont. des terres sur la rive d’un fleuve, d’une rivière Ou d’une forêt.
- RIZ, s. m. du grec opvÇct^omsa'), d’où les Italiens ont fait rizo , le premier O s’étant perdu.
- ( AgricuIL. ) Plaute de;la famille des graminées.
- RIZIERE, s. f. de RIZ.
- ( Agricult. ) Campagne semée de riz.
- ROB, s. m. Mot arabe.
- ( Pharmacie ) Mot arabe qu’on a retenu en latin et en françois, et qui signifie proprement le suc de quelque fruit que ce soit, cuit en consistance de miel ou de syrop.
- ROBE , s. f. du lat. barb. raba bu roba, d’où l’on a fait dérober, pour enlever la robe.
- ( Costume ) Vêtement long à manches.
- ( Jardin. ) Enveloppe de certains légumes ou de certains fruits.
- ( Equit. ) Robe, en termes de manège, se dit pour le poil : deux chevaux de même robe, pour deux chevaux de meme poil.
- ROBORATIF , VE , adj. du lat* ioborare, fortifier.
- ( JMéd. ) Epithète que l’on donne aux remèdes qui fortifient le corps , qui augmentent les forces.
- Corroborant est plus en usage.
- ROC , s. ni. du grec pàf ( rhox ) i fente , rocher escarpé , de j
- (rhéssà')} briser , romprè.
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- ( Géologie) Plusieurs naturalistes ont spécialement donné ce nom aux grandes masses pierreuses qui ont un coup-d’oeil vitreux, et qui sont dures, aigres, et vraiment scintillantes sous le choc de l’acier ; telles que les roches quartzeuses, ou à base de pétro-silex.
- ROCAILLE , s. f. diminutif de ROC.
- ( ArchiteCt. ) Assemblage de plusieurs coquillages avec des pierres inégales et mal polies, qui se trouvent autour des rochers, et qui les imitent. C’est une espèce d’architecture rustique qui imite les rochers naturels, et. qui se fait de pierres trouées , de coquillages et de pétrifications de diverses couleurs ,\ comme on en voit aux grottes et bassins de fontaine.
- Colonne de rocaille ; c’est une colonne dont le noyau de tuf , de pierre ou de moellon , est revêtu dd pétrifications et de coquillages,
- ROCHE , s. f. même origine, et même signification que ROC.
- ( Géologie ) Les géologues françois 11’entendent ordinairement sous le nom de roches , que les grandes masses pierreuses primitives , c’est-à-dire , qui sont d’une formation aussi ancienne que la terre elie-mème. *
- ROCHER , s. m. même origine que ROC.
- ( Géologie ) On donne ce nom aux grandes masses pierreuses qui sont saillantes hors du ,sol, quelle que soit leur nature.
- ROCOU , ou ROUCOU , s. m. Corruption de l’indien ourucu, qu’ils prononcent ouroucou.
- ( Peinture ) Matière colorante extraite des graines de Vourucu, arbre qui croit dans l’Amérique méridionale , et dont on fait un grand usagé dans la teinture du petit teint.
- Pour être d’une bonne qualité, le ourucu doit être couleur de feu , plus vif en dedans qu’en dehors , doux au toucher. Celui qüi a été séché au soleil est noir. Celui qui ^ ir’ayant pas été bien desséché , a moisi, est d’un rouge pâle. Celui qui a été ire*laté ne se dissout pas complètement dans l’eau.
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- ROGATOIRE, adj. du lat. rogo , rogulum, demander, prier.
- ( Pratique ) Terme de palais , qui se dit des commissions qu’un juge adresse à un autre juge, son égal. pour faire quelqu’acte de procédure , d’instruction dans l’étendue de son ressort, et éviter aux parties les frais de transport.
- ROI, s. m. du lat. rex , formé de regere, gouverner.
- (Econ. polit. ) Monarque, prince du premier ordre.
- Roi des Romains ; c’est un titre que l’on donne dans l’empire à celui qui est désigné par les électeurs pour succéder à la dignité de l’empereur.
- ( jEcriture sainte') Les livres des rois ; ce sont des livres qui contiennent l’histoire du peuple de Dieu , depuis Samuel jusqu’à la captivité de Babylone.
- ROLE , ou ROLLE , s. m. du lat. rolutum , rouleau ; parce qu’ancien-nement les arrêts du parlement étoient écrits sur des peaux de parchemin que l’on rbuloit ; delà cnro-tulare, dont nous avons fait enrôler, pour inscrire au rôle.
- ( Pratique ) Rôle des causes ; c’est la liste sur laquelle on met les causes susceptibles d’audience pour qu’elles soient plaidées chacune à son ropr.
- ( Diplomatique) Catalogue des rôles gascons, normands et français déposés à la Lourde Londres / ce sont des volumes de charte , qui concernent les parties de la France, autrefois occupées par les Anglois.
- ( sirl drainai. ) Rôle se dit, dans les pièces de théâtre, d’un papier ou cahier roulé, contenant une certaine quantité d’écriture de vers ou de prose que doit réciter un acteur.
- Rôle s’est dit ensuite du personnage même qui est représenté ; delà ces expressions : Le rôle de Cinna, le rôle de Pompée,premiers ou grands rôles • seconds, troisièmes rôles.
- ROMAIN , NE, adj. du latin romanus, fait de Roma, Rome : qui appartient à Rome. Le peuple romain , la république romaine.
- ( Cour de Rome ) On dit pontife romain, cour romaine, pour la pape et sa cour ; la pourpre romaine, pour la dignité de cardinal j la Joudie
- ROM
- romaine , pour les condamnations que fait le pape des erreurs et des hérésies ; Véglise romaine , pour l’église catholique , aposiolique et romaine, par opposition à l’église réformée ou protestante ; bréviaire romain, pour le bréviaire à l’usage de Rome.
- ( Jurisprudence') Droit romain / c’est le droit écrit compilé par l’ordre de Justinien. V. DROIT.
- ( Arilhmét, ) Chiffre romain ; ce sont les lettres majuscules de l’alphabet auxquelles on a donné des valeurs déterminées, soit qu’on les prenne séparément , soit qu’on les considère relativement à la place qu’elles occupent avec d’autres lettres. Le chiffre romain est fort en usage dans les inscriptions, sur les cadrans, etc.
- (Imprimerie') Caractère romain. V'oy. CARACTERE.
- ROMAINE, s. f. V. BALANCE.
- ( Econ. polit. ) Romaine est le nom qu’on donne , dans certaines villes, au bureau qu’on appelle , à Paris, la Douane ; probablement de la balance de ce nom, dont, on s’est servi, daus l’origine, pour peser les marchandises.
- ROSI AN , s. m. ou ROMANE , pu ROMANCE, s. f. du latin romanus.
- ( Bibliologie ) Roman signifioit autrefois le beau langage ; il étoit opposé à wallon, qui étoit le vieux et originaire gaulois. Ce langage étoit composé de la langue des conquérans, qui étoit la romaine, et de celle du peuple conquis. C’étoit une corruption de la langue latine. C’est pourquoi un vieux auteur l’appelle rustique roman.
- Le roman, ou la langue romance , étoit la langue dominante en France, avant, la huitième siècle ; et tous les ouvrages en prose ou en vers , les histoires feintes ou vraies, étoient « écrits en langue romance : c’étoit la langue que l’on parloit à la cour des princes. Les François et les Provençaux ont écrit l’histoire en cette langue,
- Roman , aujourd’hui, signifie les livres qui contiennent des histoires on- des aventures d’amour et de chevalerie , inventées pour amuser et divertir agréablement les lecteurs.
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- Ce fut sous le règne de Charlemagne que les romans de chevalerie prirent naissance. C’est à Turpin, archevêque de Reims , qu’on attribue la vie romanesque de ce prince.
- ( 1Musique) Romance se dit d’un air sur lequel on chante un petit poë'me du même nom , divisé par-couplets, duquel le sujet est pour l’ordinaire quelqu’histoire amoureuse et souvent tragique.
- ROMANTIQUE , adj. de ROMANCE.
- ( Peinture) Terme emprunté de l’anglois ( romantick), pour signifier ce qui convient, ou ce qui a l’air d’appartenir au roman, dans le sens d’histoire feinte ; d’agréables bizarreries dans les ajusfemens, des parures fantasques, d’ingénieuses singularités dans le site , dans la disposition de la scène , ont quelque chose de romantique.
- ROMPRE , v. a. du lat. rumpcre.
- ( Peinture ) Rompre les couleurs; c’est varier les couleurs sur le tableau. Ainsi, des couleurs rompues, ou des teintes rompues , sont un changement de teintes sur un même objet.
- RONDR, s. f. de l’espagnol ronda, pour ro tondu.
- ( Art milit. ) Ronde est chez les Espagnols un espace vide, qui est autour des murailles d’une ville. Nous appelons ronde, un guet de nuit, qu’un officier va faire le long du rempart d’une place de guerre, pour observer si les sentinelles font leur devoir avec vigilance et fidélité.
- (.Musique ) Ronde est aussi une» note blanche et ronde, sans queue, laquelle vaut une mesure entière à quatre tems , c’est-à-dire , deux blanches-, ou quatre noires.
- RONDEAU, s. m. de rond. En lat. rotundus.
- ( Poésie ) Le rondeau , ainsi nommé à cause de sa forme , est une pièce de vers roulant sur deux rimes seulement, et ayant un refrein dont la place est marquée. Le rondeau est né gaulois , et ne s’est pas encore assujéti aux règles exactes de la versification françoise. Villon , qui débrouilla l’art confus de «os vieux romanciers , est le pre-
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- îhïer qui ait imaginé les refreins réglés des rondeaux.
- ( Musique) On a aussi donné le nom de rondeau à une sorte d’air à deux ou plusieurs reprises, et dont la forme est telle, qu’après avoir fini la seconde reprise , on reprend la première, et ainsi de suite , revenant toujours et finissant par cette même première reprise par laquelle on a commencé.
- ROSACE*, s. f. de ROSE. Foy. ce mot.
- ( Archit. ) Ornement d’architecture en forme de rose dont on remplit les corüpartimens des voûtes.
- ROSACÉ, ÉE, adj. de ROSE. F. ce mot.
- ( Rotan. ) Fleurs rosacées; on appelle ainsi les fleurs dont les pétales sont disposés comme ceux de la rose.
- ROSAIRE, s. m. de l’italien, ou de l’espagnol rosario , fait du lat. rosa , rose.
- ( Culte catholique') Ce mot signifie proprement une guirlande de roses, ou un chapeau def roses : on l’a ensuite employé pour signifier un chapelet, ou petit chapeau , à cause de sa ressemblance à un chapeau de roses.
- ROSAT, s. m. de ROSE.
- . ( Pharmacie ) Il se dit de quelques compositions dans lesquelles il entre des roses ; onguent rosal, miel rosat, etc.
- ROSBIF, s. m. Corruption de l’anglois roast beef, bœuf rôti.
- Terme emprunté de l’anglais , et qui signifie originairement bœuf rôti ; mais que les cuisiniers fran-çois appliquent également à la partie de derrière d’un agneau, d’un mouton , d’un chevreuil, etc. qu’on sert rôti.
- ROSE , s. f. du lat. rosa , la plus belle des fleurs, qui croît sur un arbrisseau épineux, etc.
- (Cour de Rome) Rose d’or; c’est une rose artificielle avec des feuilles d’or que le pape a coutume de bénir à la messe du 4e. dimanche de carême, qu’il porte, après la messe, en procession , et qu’il envoie ensuite à quelque prince ou princesse. Cet usage date du J 2 e, siècle.
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- {Hisl- d'Anglet. ) Rose blanche et rose rouge ; c’est ainsi que l’on a désigné les maisons d’Yorclc et de Lancastre, ou plutôt les deux factions qui ont divisé liAngleterre , depuis le règne d’Henri VI , jusqu’à celui d’Henri VII, qui réunit ces deux branches.
- ( Joaillerie ) Rose de diamans; ce sont des joyaux composés de plusieurs diamans ou d’autres pierreries disposées en forme de rose.
- ( Archit. ) Rose de compartiment c’est tout compartiment formé en rayons par des plates-bandes en guillociris, entrelacs, étoiles, etc. et renfermés dans une ligure circulaire.
- ( Marine ) Rose des vents, ou de compas ; c’est un cercle sur lequel on trace trente - deux divisions pour représenter les trente - deux rumbs, ou aires de vents , dans lesquels les marins partagent tout l’horizon. Koy. COMPAS, BOUSSOLE.
- ROSEE , s. f. du lat. ros , roris.
- ( Physique') On appelle ainsi les petites gouttes d’eau qu’on remarque le matin, vers le lever du soleil, sur les plantes, sur les toits des maisons, et sur tous les corps qui sont exposés à l’air, et qui ne sont pas susceptibles de se laisserpénétref par l’eau. Ces petites gouttes sont produites en partie par la chute des vapeurs qui larmoient le serein, et qui se l'amassent en gout tes sur les plantes et autres corps qui sont à l,a surface de la terre. Lorsque la rosée est abondante , et qu’elle passe de nouveau dans l’air en assez grande quantité , elle trouble la transparence de la région basse de l’atmosphère, et y produit ce qu’on appelle BROUILLARD, P. ce mot.
- ROSETTE , s. f. de ROSE.
- ( Métallurgie ) Cuivre de rosette. Vov. CUIVRE.
- ROSTRALE , adj. du lat. ros-Irum , bec d’oiseau, éperon, à cause de sa ressemblance à un bec d’oiseau.
- ( Antiquité ) Epithète que les Romains donnoient à des couronnes relevées de proues et de poupes de navires, dont on honoroit un capitaine ou un soldat qui le pre-
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- mier avoit accroché un vaisseau ennemi, ou sauté dedans. On les appel-loit couronnes ros traies.
- (Architect. ) Colonne ros Iraie; c’est une colonne ornée de poupes et de proues , élevée en mémoire d’une victoire navale.
- ROT, s. m. du lat. ructus,
- ( JMéd. ) Eruption des ventosités de l’estomac , avec un bruit désagréable.
- ROTACÉ , adj. du lat. rotalus , fait de roto, tourner en rond.
- ( Botan. ) Il se dit de ce qui est étalé en rond sur un même plan et sans tube.
- ROTATEUR, s. m. du lat. ro-lator, fait de roto , tourner en rond.
- ( Anat.) Quelques anatomistes ont donné le nom de rotateurs aux muscles obliques de l’œil, qu’on appelle autrement TROCHANTER. V. ce mot.
- ROTATION , s, f. du lat. rota tio, fait de roto , tourner en rond , et d’ago, agir : l’action de tourner en rond .mouvement circulaire.
- ( Créom. ) Révolution d’une surface autour d’une ligne immobile, qu'on appelle l’axe de rotation.
- Les surfaces planes engendrent otj forment des solides par leur rotation.
- ( Mécan. ) Rotation est aussi en usage dans la mécanique pour exprimer le mouvement d’un corps qui roule ou qui tourne.
- ( Astron. ) Rotation se dit du mouvement d’une planète autour de son axe. Les observations ont prouvé ,d’une manière incontestable, que le Soleil, Vénus , la Terre , la Lune , Mars et Jupiter tournent sur leur axe d’Occident en Orient ; mais comme ce sont les taches qu’on a observées sur la surface du soleil et des planètes, qui , en changeant de situation, ont fait connoître ce mouvement de rotation, ainsi que sa durée, il ne s’est rien trouvé qui ait donné lieu de déterminer ce mouvement, ni dan s Mercure, ni dan? Saturne, ni dans Herscheil, parce que le premier est si près du soleil, et si fortement illuminé, et les deux autres , au contraire , à cause de leur grand éloignement du soleil j, sont
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- Sj peu éclairés, que leurs taches , s’ils en ont, échappent aqx observateurs , ou ne se montrent point • assez pour les mettre en état de vérifier leur mouvement de rotation. On peut cependant conclure , par analogie, qu’ils en ont un comme les autres planètes.
- ROT-BE-BIF , s. m. V. ROSBIF.
- ROTE , s. f. du latin rota , roue.
- ( Cour de Rome ) Tribunal de Rome , composé de douze docteurs ecclésiastiques nommés auditeurs de rote , et pris dans les quatre nations d’Italie, France, Espagne et Allemagne. Ce tribunal est ainsi appelé , parce que, suivant Bucange, il est pavé de carreaux dont l’ordre représente des roues , et , suivant Ménage, parce que ses membres servent tour à tour. Le tribunal de la rote fut établi vers le commencement du 14e. siècle, par le pape Jean XXII, pour connoître cle toutes les causes ecclésiastiques et civiles, tant de Rome que des provinces de l’Etat ecclésiastique , en cas d’appel , et de tous les procès des Etats du pape, au dessus de cinq cents écus.
- ROTONDE , subst. f. du latin rplundum , fait de t'otare , tourner en rond,
- ( Archit. ) On donne ce nom à tout bâtiment rond par dedans et par dehors , d’après la fameuse rotonde de Rome, appelée auj ourd’hui Notre-Dame delà Rotonde, autrefois le Panthéon , dédié à Cybèle, et à tous les dieux.
- ROTULE , s. f. du lat. rolula , diminutif de rota, roue : petite roue, roulette.
- {Anat. ) La rotule est un petit os plat et rond, situé à la partie antérieure de l’articulation du genou, ainsi appelé parce» qu’il ressemble à une roulette ou petite roue.
- ROUAGE , s. m. du latin rota, roue : toutes les roues d’une machine, un assemblage de roues.
- ( M-écan. ) Ce mot signifie en général une machine composée de plusieurs roues destinées à produire un effet quelconque, par leur combinaison.
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- ROUBLE, s. m. Mot russe.
- ( Monnoie ) Monnoie cî’argent, qui est frappée et a cours en Russie; sa valeur est de 5 livres 4 sous, argent de France.
- ROüCOU ; v. ROCOU.
- ROUE, s. f. du lat. rota.
- ( IVlécan. ) Machine simple , con-r sistant en une pièce ronde de bois , de métal , ou d’autre matière qui tourne autonr d’un essieu, ou axe.
- La roue est une des principales puissances employées dans la mécanique. On distingue deux espèces de roues : les roues simples et les roues dentées.
- La roue simple, ou la roue proprement dite, est celle dont la circonférence est uniforme, ainsi que celle de' son essieu , ou arbre , et qui n’est point combinée avec d’autres roues. T elles sont les roues de voiture.
- Les roues dentées sont celles dont les circonférences ou les essieux sont partagés en dents, afin qu’elles puissent agir les unes sur les autres, et se combiner. L’usage de ces roues est visible dans les horloges, les tuurne-broches, etc.
- On donne le nom de pignon aux petites roues qui engrènent dans les grandes. On les appelle aussi quelquefois lanternes ; et ces petites roues servent beaucoup à accélérer le mouvement.
- ROUGE, s, et adj. du lat. rubius, robus, ou ruber.
- ( Physique') L’une.des sept couleurs primitives dont la lumière est composée. C’est la première de toutes, c’est-à-dire, la plus forte et la moins réfrangible. C’est pourquoi lorsque l’air est chargé de brouillards, le soleil et la lune nous paroissent rouges; car, de tous les rayons de lumière qui nous viennent dé ces deux astres, il n’y a alors que les plus fortes, savoir , les rouges, et peut-être le$ orangés , qui peuvent arriver jusqu’à nous. Tous les autres sont réfléchis.
- ROUGEOLE, subst. f. du latin jrubiale,
- ( IMéd. ) Eruptions de petits bou-tqns, semblables à des piqûres de puces, rudes au toucher, et qui tombent en écailles farineuses. Cette maladie est ainsi nommée, parce qu’elle'
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- cause des rongeurs au visage,et partout le corps.
- ROUILLE j s. f. du lat. rubigilla, diminutif de rubigo.
- ( Chimie ) Oxide qui se forme à la surface des métaux qui sont susceptibles d’être attaqués par l’humidité de l’air, comme le sont sur- tout le fer et le cuivre. L’oxide qui S3 forme sur le fer conserve le nom de rouille; celui du cuivre prend le nom de verl-de -gris. La rouille de fer n’est nullement contraire à la santé ; elle a même d’excellentes propriétés, médicinales : le vert-de-gris, au contraire , est un poison des plus" funestes.
- (.Eotan.) Rouille est aussi le nom d’une maladie qui attaque les tiges et les feuilles de plusieurs plantes : elle est ainsi appelée à cause des taches rousses et livides de couleur de fer rouillé qui couvrent les feuilles et les tiges. Le froment et les autres plantes graminées, le lin, le lupin y sont sujets. On en attribue la cause aux brouillards et aux passages rapides du chaud au froid, et réciproquement.
- ROUISSAGE, subst. m. du latin barbare rohiare , dérivé de rivas , ruisseau, ou de ros, rosée.
- ( Manuf') L’action de faire rouir le lin, c’est-à-dire , de t’exposer dans un ruisseau, ou à la rosée, pour le faire macérer : c’est une opération que l’on fait subir au chanvre afin de le réduire en filasse, c’est-à-dire , afin de séparer le liber on les filets de la partie ligneuse.
- ROULADE, subst. f. de rouler, contraction du latin rolulare : action de rouler.
- ( Musique ) Roulade se dit, en pariant du chant , du passage de plusieurs notes sur une même syllabe.
- La roulade est une invention de la musique moderne. Il ne paroit pas que les anciens en aient fait usage, ni jamais battu plus de deux notes sur la même syllabe. Cette différence est un effet de celle des deux musiques, dont l’une étoit asservie à la langue, et dont l’autre lui donne la loi.
- C’est un préjugé populaire de penser qu’une roulade soit toujours hors
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- de place dans un chant triste et pathétique,- Au contraire , quand le cœur est le plus vivement ému , ]a voix trouve plus aisément des accens que l’esprit ne peut trouver des paroles, et delà vient l’usage des interjections dans toutes les langues.
- ROULIS,s. m. de ROULER. V. ce mot.
- ' ( Manne ) C’est le balancement du vaisseau dans lé sens de sa largeur, c’est-à-dire, lorsqu’il penche tantôt sur bâbord , tantôt sur tribord, mouvement occasionné par le soulèvement et abaissement alternatif des lames, ou vagues qui le prennent par le côté.
- ROUPIE, s. f. Mot indien que les Ànglois écrivent rupee.
- ( Monnoie ) Monnoie d’argent de l’Inde, qui est en général de la valeur d’environ 48 à 5o sous tournois, U y a dans chaque royaume et établissement de l’Inde, des roupies de différentes valeurs. Une lack de roupies fait 12,5oolouis, ou i2,5oo livres sterlings, à peu près.
- ROUTE , s. f. du îat. rupla. On a dit d’abord ruptarii , pour désigner les gens de guerre levés parmi les agriculteurs, ceux qui rompoient, labouroient la terre. Ensuite, on a donné le nom de rota aux chemins fréquentés par les gens de guerre.
- ( Archit. civile ) Chemin public, connu et fréquenté.
- ( Art milit. ) Chemin ou logement qu’on marque aux gens de guerre qu’on fait marcher par étape.
- ( Marine ) Roule se dit, en termes de marine, de la direction du vais-.,, seau , suivant un certain rumb ; ainsi .faire route, c’est suivre la direction qui doit conduire le vaisseau à sa destination , ou qui est ordonné par le commandant ^ porter en rouie) c’est gouverner au rumb qui mène en droiture au lieu de sa destination.
- Fausse route, fairefausse roule; c’est lorsqu’un vaisseau est aperçu par un vaisseau ennemi supérieur en force, faire, la nuit suivante, une roue différente de celle qu’il faisoit, afin de s’éloigner, autant qu’on le peut, du point de la mer où l’ennemi croit qu’il pourra le trouver.
- Compas de route; c’est une boussole , de celles qu’on met à droite et
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- à gauche dans l’habitacle , pour servir au timonier à diriger et gouverner le vaisseau.
- RQU-TIER, s. rn. de roule.
- ( Marine) On appelle ainsi certains ouvrages de pilotage, qui contiennent des cartes marines, des vues de côtes , des observations sur les heures des marées, sur les routes .à suivre, sur les dangers à éviter, et nombre d’autres renseignemens nécessaires aux marins pour naviguer dans certains parages.
- RüBANNÉ, ÉE , adj. de ruban, en lat. rubeus, parce que les plus beaux rubans étoient couleur de feu.
- ( Botan. ) Il se dit des parties des plaptes marquées de bandes longitudinales de diverses couleurs.
- RUBIACÉES, s. f. du lat. rubia, nom donné par les anciens à la garance , parce qu’elle fournit une teinture rougeâtre : qui a rapport , qui est de la nature de la garance.
- ( Botan. ) C’est dans le système naturel de Jussieu , le nom d’une famille de plantes dont le caractère consiste en un calice simple, mono-phylle , etc., qui ont des propriétés analogues à celles de la garance.
- RUBIS, s. in. du lat. rubius, de couleur rouge.
- ( Minéral. ) Rubis est le nom d’une pierre précieuse, transparente, et d’une couleur plus ou moins rouge. On en distingue de quatre sortes : le rubis oriental, le rubis spinelle, le rubis balais, et le rubis au Brésil,
- ' Le rubis oriental est d’un ronge de cochenille, ou purpurin ; il est d’une dureté à peu près égale à celle du saphir oriental, et assez approchante de celle du diamant. Il paroit inaltérable : ii résiste à la violence du feu sans se fondre ; il y conserve sa couleur , son poli, et tout son poids ; c’est pourquoi les Grecs l’a voient nommé xin/partes ( apuràlos ), qui résiste au feu.
- Le rubis spinelle est d’un rouge <lUl, vu dans un certain sens , pa-roit mêlé d’une légère nuance d’o-rangé. U est bien moins dur que le rubis oriental. \
- Le rubis balais est d’un rouge clair.
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- Le rubis du Brésil est d’un rouge tirant sur le jaune.
- Le rubis oriental, lorsqu’il est gros, est du même prix que le diamant ; il est même plus cher , lorsqu’il est beau et bien taillé.
- Le rubis spinelle , quand il pèse au dessus de 4 karats , et quand il est parfait, vaut la moitié du prix du diamant.
- RUBRIQUE^, s. m. du latin ru-ber, rouge : ce qui est écrit en rouge,
- ( Jurisprudence ) Rubrique ser-voit autrefois à désigner les titres des livres du corps de droit : ainsi, on disoit, cette loi est sous telle rubrique , au lieu de sous tel titre. Ce mot vient de ce que les copistes avoient pris l’habitude d’écrire les titres du code en lettres rouges.
- ( Lithurgie ) C’est par la même raison qu’on a appelé rubriques, l’ordre et les règles contenus dans la préface du bréviaire, pour bien célébrer l’office divin , et certaines petites règles imprimées ordinairement en rouge dans le corps du bréviaire , et qui marquent ce qu’il faut dire dans les divers tems de l’année , à chacune des heures canoniales.
- RUDE, adj. du lat. rudis, âpre au toucher.
- ( Botan. )I1 se dit des parties des plantes dont la surface a sous le tact une aspérité qui, insensible en quelque sorte à la vue , est due à de très-petits poils courts , roides , et ordinairement inclinés ou recourbés. Lorsque cetre recourbure de poils se fait du côté de la base de la partie , celle-ci est dite obrude, obasper.
- RUDENTURE , s. f. du lat. rude ns, rudenlis, cable, cordage.
- ( Archit. ) Espèce de bâton ^ dont la cannelure d’une colonne eu pilastre est remplie par sa partie inférieure.
- RUDERAL , LE $ adj. du latin rudus , ruderis , décombres , plâtras , masures.
- ( Botan. ) Il se dit des plantes qui habitent sur les masures ou autour des masures.
- RUGINE , s. f. du lat, runcinarcf raboter.
- ( Chirurgie ) Instrument propre à ratisser , à enlever la carie des as.
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- RUGOSITÉ , s. f. du lat. mga, ride.
- ( Physique ) Il se dit de l’espèce de rides qu’on voit sur une surface raboteuse.
- RI GISSEMENT , s. m. du lat. rug o , rugir.
- ( Hist. JVa£. ) Cri du lion , du tigre.
- RUINE , s. f. du lat. ruina, fait de ru o , tomber en ruine : dépérissement, destruction d’un bâtiment.
- ( Art milit, ) Battre en ruine ,* c’est en parlant d’une place de guerre, la battre à coups de canon , la détruire.
- ( Minéral. ) Pierre de ruines ; on appelle ainsi une espère de marbre de Florence , parce qu’il paroit offrir des dessins de ruines d’édifices. On en emploie beaucoup dans la mosaïque de Florence.
- ( Peinture ) Ruine se dit de la représentation d’un palais, d’un édifice ruiné. Cette ruine est un des meilleurs tableaux de ce peintre.
- RUM ou RHUM, s. m. d’une origine inconnue.
- ( Chimie ) Nom donné par les Anglois à l’eau de vie qu’ils retirent «lu sucre , et que les liabitans des colonies françoises appellent tajia.
- L’esprit ardent, connu dans le commerce sous le nom de rum , ne diffère du tajia de nos colonies que par les circonstances qui accompagnent la fermentation et la distillation.
- Les tajias ont un goût empyreu-matique qui répugne au goût du consommateur un peu délicat; et l’objet principal des distillateurs anglois est de débarrasser cette liqueur spiri-tueuse des parties huileuses , âcres et désagréables qui déprécient sa valeur.
- RU MB ou RHUME , s. m. du grec pôuÇoç ( rhombos ).
- ( Marine ) On appelle rumbs, les trente-deux pointes ou divisions qui sont marquées sur la rose de la boussole , pour indiquer les difï'é-rens points de l’horizon, et la direction des routes, des vents , etc. V^. BOUSSOLE, ROSE DES VENTS.
- RUMINAN i , adj. et s. du lat. niminare, ruminer, fait de rumen, Mom que les anatomistes donnent au
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- premier estomac des animaux ru. minans.
- (Hist. IVat ') On a donné ce nom à une famille de quadrupèdes vivipares , qui ont un estomac conformé d’une manière particulière , et qui font remonter les alimens qui y sont descendus , pour les mâcher une seconde fois.
- Les chameaux , les dromadaires , les vigognes , les cerfs , les daims, les bœufs, les buffles , etc. sont des animaux ruminans.
- RUNCINÉ, ÉE, adj. du lat» rnn-cinatum , fait de runcçt, arracher, ôter, découper.
- ( Botan. ) Il se dit des feuilles découpées en lobes profonds et larges , comme celles du pissenlit.
- RUNES , s. f. du teutonique run , rune ou runa , qui signifie secret, mystère , et selon d’autres de renna ou rinna , qui, dans tous les idiomes du nord, signifie courir, couler rapidement, abréger.
- ( Philologie ) Les runes, ou caractères runiques , sont des espèces d’hiéroglyphes dont on se servoit dans le Nord , et qui ont précédé l’invention des lettres giecques.
- Quelques-uns prétendent que l’évêque Ülphiîas, qui vivoit vers l’an .^70, de l’ère chrétienne, fut l’inventeur des lett es tuniques ; mais Wormius , Eric, Schroderus, Rudbeck, Verdies, etc., ont démontré fort au long que cette opinion étoit mal fondée , et qu’UIphi-las , ne fit qu’ajouter à l’alphabet runique quelques caractères grecs, pour suppléer à ce qui manquoit à sa langue naturelle, et forma un nouvel alphabet composé de vingt-six lettres qu’il classa dans un nouvel ordre. Verelius attribue l’invention des runes aux scaldes et aux , spekingcs , nom que l’on donnent aux conseillers des rois. Odin, qui vivoit à ce que l’on croit, au commencement de l’ère chrétienne* apprit la magie w.x Scandinaves et lit usage des runes , pour en exprimer les mystères.
- Ce fut vers l’an 1000, qne ces caractères cessèrent d’ètre en usage chez les peuples du Nord : Olairs, roi de Suède attribuant aux runes, la difficulté qu’éprouvoit la rclig»01*
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- ehrétïenîie à s’établir dans ses Etats, leur substitua les lettres romaines, et fit brûler tous les livres relatifs à l’idolâtrie. L’usage des runes se perdit donc insensiblement, et ce ne fut qu’eu x 5ç>8 , que Jean Burèe , célèbre antiquaire suédois , les retrouva dans divers monumens d’astronomie et d’architecture, en Suède, en Danuemark et en Norwëge. Sans «es innombrables recherches, les runes seroient encore une écriture aussi obscure et aussi mystérieuse que les hiéroglyphes d’Egypte. On trouvera l’histoire complète des runes dans les ouvrages de B urée, de Vere-lius , et de l’isîandois Snorro.
- RUPERSTRAL, LE , ou rupes-trat, adj. du latin rupes, rocher, et de sterno , stratum , être couché.
- ( Botan, ) Il S3 dit des plantes qui croissent sur les rochers.
- RUPTILE , adj. du lat. rumpo , ruptwn , rompre , s’ouvrir.
- ( Botan,') Il se dit des parties des plantes qui s’ouvrent par une rupture spontanée, et non par une suture déterminée. La stipule vagi-nante des polygouies est ruptile par la gemmation.
- RUPTOIRE, s.m. dulat. rumpo, ruptum, rompre.
- ( Chirurgie ) Nom donné â un cautère potentiel, parce qu’il corrode , brûle et fait escarre.
- RUPTURE , s. f. du lat. rumpo , ruptum , rompre : fracture , action par laquelle une chose est rompue.
- ( Chirurgie ) Il se dit particulièrement d’une descente ou hernie.
- RURAL , LE , adj. du latin rus , nuis , carûpagne , les champs : qui appartient aux champs , qui concerne les champs.
- ( Pratique ) On dit héritages et biens ruraux, pour les héritages et biens situés à la campagne ; économie rurale, pour la science de l’agriculture ; code rural, pour le recueil des lois qui concernent la culture des champs.
- Rustique, adj. meme origine
- 5Ue RURAL, qui appartient à la canripagne.
- ( Agricull. ) La maison rusti-HXiÿ i c’est le titre d’un livre qui
- SAB â7â
- traite du ménage, de la campagne, ou de l’économie rurale.
- (Arc hit. ) Ouvrages rustiques $ on appelle ainsi, les ouvrages composés de pierres brutes , ou de pierres taillées à l’imitation des pierres brutes.
- Ordre rustique ; c’est un ordre d’architecture le plus simple de tous, et le plus dénué d’ornemens.
- RUT , s. m. du lat. rugitus, fait de rugio , rugir.
- ( Vénerie ) Il sé dit du teins où les cerfs et autres bêtes fauves sont en amour. Ce mot se dit par allusion au cri du lion , lorsqu’il est en chaleur.
- RUTACEES , adj. du lat. ruta , rue : qui ont rapport à la rue.
- (Botan.) C’est le nom d’une famille de plantes qui ont quelque ressemblance avec celle appelée me. Telles sont la herse , la fraxinelle , la mé-liante, etc.
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- SaBAISME ou SABÉISME, s. m. de l’hébreu tzaha, milice , armée , armée des astres.
- (Culte religieux) Nom d’une ancienne secte qui adoroit les astres , et qui étoit répandue en Orient.
- SABBAT , s. m. Mot d’origine hébraïque , qui signifie jour de repos.
- ( Culte judaïque ) Nom que portoit chez les Juifs le dernier jour de la semaine : il étoit consacré au Seigneur , et toute œuvre servile y étoit interdite par la loi.
- (Magie) Les chrétiens qui avoient. en horreur tout ce qui appartenoit aux Juifs, ont donné le nom de sabbat à ces prétendues assemblées nocturnes de sorciers; non-seulement parce qu’ils rroyoient qu’elles avoient lieu le samedi , ou jour du sabbat , mais encore parce qu’ils s’imaginoient qu’elles dévoient être aussi tumultueuses que celles des Juifs, qui, dans leurs synagogues, chantent les psaumes tous ensemble , à voix haute , et sans aucun chant réglé. C’est delà encore qu’on a appelé sabbat, un bruit qui se fait avec désordre, avec confusion.
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- SABBATIQUE, adj. de sabbat.
- ( Chronol. ) On appeloit année sabbatique, chez les juils , chaque septième année , pendant laquelle ils étoient obligés de donner la liberté à leurs esclaves, et de laisser reposer la terre. L’année sabbatique commençoit et fmissoit au mois de septembre.
- SABLE , s. m. du lat. sablant, contraction de sabuluni.
- (Hist. nat.') Les naturalistes donnent ce nom à un amas de molécules pierreuses d’un si petit volume , qu’elles peuvent être facilement transportées par les eaux, et par les vents.
- (Minéral. ) On donne le nom de sable à toute matière minérale, en petites parcelles détachées. Ainsi, l’on nomme sable ferrugineux, la puretle , qui est un amas de petits grains de ferspéculaire, détachés des matières volcaniques balutées par les eaux.
- Sables volcaniques y ce sont les laves scorifiées arénacées, comme les pouzzolanes, la thermantide pulvérulente.
- ( Chimie ) Bain de sable ; voyez BAIN.
- ( .Arelut. ) Le sable quarlzeux ordinaire , mêlé avec la chaux vive , forme le mortier qu’on emploie dans les constructions auxquelles on veut donner une solidité supérieure à celle du mortier de plâtre.
- (Poteiie) Le sable quartzeux entre aussi dans la fabrication des poteries, mêlé avec une certaine quantité d’argile.
- ( Hare rie ) Le sable quarlzeux est encore une des matières premières qu’on emploie dans les verreries ; et quand il est bien pur, il forme la base des plus beaux verres, et notamment de celui qu’on nomme crystal.
- (Fondeur) Sable des fondeurs ; c’est un mélange d’argile et de sable quartzeux, que la nature prend quelquefois plaisir à opérer ; tel est le sable argileux de Fontenay-aux-jRoses, près Paris , appelé sable des fondeurs, parce qu’il a la propriété de former d’excellons moules a jeter en fonte les métaux.
- SABLIER , s. m., ou SABLE.
- ( Manns ) C’est une horloge de
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- verre, composée de deux fioles, où Ig sable, en tombant de l’une dam l’autre , mesure un certain espace de tems.
- Il y a des sabliers qui mesurent le tems depuis une heure jusqu’à une minute , et même une demi-minute. Les plus gros sont placés dans l’habitacle , pour régler les quarts, etc. Les plus petits servent, à mesurer la ligne de loe. V. LOC.
- SABLON , s. m., diminutif de SABLE.
- ( Hist. nat. ) Espère de sable très-menu, qu’on emploie ordinairement pour donner du lustre aux vases de métal , et pour polir le marbre.
- SABRE , s. m. de l’allemand saebel, épée courte.
- ( Art milit.) Longue et pesante épée que les cavaliers , dragons et grenadiers, portent au côté.
- Il y en a de droits et de courbes: ceux des cavaliers et dragons sont droits, ceux des grenadiers d’infanterie sont courbes.
- SABURES, s. f. du latin sabur-ra , augmentatif de sabulum, gros sable,
- ( Méd.) Saburres se dit, par analogie, des ordures renfermées dans les premières voies.
- SABORD , s. m. de l’espagnol sabordo.
- ( IMarine ) Les sabords sont des trous ou embrasures , qu’on pratique dans les côtés d’un vaisseau , pour y faire passer la volée d’un canon.
- SAC, s. m. du lat. saccus, fait de l’hébreu sak , d’où il a passé dans toutes les autres langues : sorte de poche.
- ( Pratique ) Sac se dit d’une poche où i’on met les pièces d’un procès.
- (A nat. ) Sac lacrymalj c’est une poche située du côté du grand angle de l’œil, dans une petite fosse creusée au bord de l’orbite, et dont l’usage est de recevoir la lymphe répandue sur le globe de l’œil par la glande lacrymale, et de la faire passer ensuite de là dans le nez.
- ( Art milit. ) Sac de ville; sac, en ce sens, vient, suivant quelques éiymologistes du teudesque sax, qlU signifie poignard , d où saxtnan
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- I
- SAC
- pour meurtrier, et saxon, pour désigner un peuple habile à se servir dû poignard. Le sac d’une ville a donc lieu lorsqu’elle est prise d’assaut , et que la garnison est passée au fil de l’épée.
- SACCHQLACTIQUE, adj. du 1. sacchaium, sucre, et de lac, lac-lis , lait : sucre de lait.
- ( Chimie ) Acide saccholac-tique ; c’est un acide formé avec le sucre du lait. Sa terminaison en ique, indique le second état des acides , celui où ils sont complètement saturés d’oxigène.
- SACCHOLATES, même origine que Sactholaclique.
- ( Chimie ) Sels formés par la combinaison de l’acide saccholactique avec différentes basés. Leur terminaison en aies indique qu’ils appartiennent à la classe des acides com-
- Elétement saturés d’oxigène , et dont i terminaison est en ique. Ce genre de sel n’avoit point été nommé dans l’ancienne nomenclature : il est très-peu connu.
- SACERDOCE , s. m. du lat. sa-cerdotium, de sacerdos , sacevdo-tis, prêtre.
- y Cul le religieux') Ordre et caractère de prêtrise.
- ( Hist.) Le sacerdoce appartenoit, anciennement aux chefs de famille, d/où il a passé aux chefs des peuples, aux souverains, qui s’en sont déchargés en tout ou en partie sur des ministres inférieurs.
- SACRE, s. m. du lat. sacro, consacrer , dédier, vouer.
- (Culte religieux) Cérémonie religieuse et solennelle qui se pratique à l’égard de quelques souverains. Cet usage en lui-même est très-ancien : Saùl et David furent sacrés par Samuel. Les rois de Juda furent aussi sacrés par des prophètes ou par le grand-pretrc.
- Sous la loi nouvelle, les princes chrétiens ont suivi cet exemple.
- SACRE , EE , adj. même origine •jae SACRE : qui a reçu l’onction sainte, respectable, inviolable, l’opposé de profane.
- (Bibliolog.) Livres sacrés; on appelle ainsi l’Ecriture sainte , l’ancien et le nouveau Testament,
- ( Hist. eccles.) Sacré collège j
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- c’est le collège des Cardinaux. H. CARDINAL, COLLÈGE. ,
- .( Méd. ) Feu sacré: v. ÉRÉSI-PELE.
- Mal sacré ; v. ÉPILEPSIE.
- ( Anat. ) Sacré se dit de ce qui a rapport à l’ox sacrum : les nerfs sacrés , les artères sacrées, etc.
- ( Chorégraphie) Danse sacrée ; on a donné ce nom à toutes les danses qui, dans les différentes religions , faisoient partie du culte reçu , et qu’on exécutoit dans les temples.
- SACRIFICE , s. m. du latin sacrifie tunt , fait de sacrijîco , pour sacrumfacioj faire une chose sainte.
- ( Culte relig.) Action par laquelle on offre quelque chose à Dieu, avec certaines cérémonies, pour rendre hommage à une souveraine puissance.
- (Peinture ) Saciijice signifie aussi abandon , renoncement que l’on fait de quelque chose de considérable , d’agréable , pour l’amour de quelqu’un , ou par d’autres motifs puis-sans. C’est dans ce sens qu’on appelle sacrifice en peinture certaines beautés partielles que l’artiste sacrijie à la beauté , à la perfection du tout ensemble.
- Il y a des sacrifices de composition et des sacrifices d’effet : les premiers consistent à supprimer des figures ou des accessoires qui nui-roient à l’impression que doivent faire les objets capitaux ; les autres consistent à éteindre l’éclat des oh-jets qui doivent céder à d’autres , et ne pas arrêter et distraire la vue.
- SACRILÈGE , s. m. du latin sa-cnlegium, fait de sacrilcgo , pour sacrum logo, dérober une chose sacrée.
- ( Pratique ) Sacrilège signifie proprement vol ou larcin d’une chose sacrée; il se dit néanmoins, par extension , de toute profanation des choses consacrées à Dieu et à son culte.
- SACRUM, s. m. Mot latin qui signifie sacré.
- (Anal, ) Mot latin que les anatomistes ont retenu en trançoispour désigner l’os qui termine l’épine du dos. U est ainsi appelé parce que les anciens l’offraient en sacrifice aux dieux, ou parce, que les parties de la
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- 27S S A ï
- génération de la femme s’appuient
- sur cet os.
- SADDER , s. m. Mot persan.
- ( Bibliologie ) Livre sacré des Pavsis ou Guèbres.
- SAFRE , s. m. de saphir, ce qui est de la couleur du saphir.
- ( Minéral. ) On donne ce nom à l’oxide de cobalt, après que la mine a été grillée dans les fourneaux de reverbère, pour la dépouiller de l’arsenic qu’eile contient. Cet oxide métallique a la propriété de se convertir au feu en un verre bleu, dont la couleur est telle, qu’on s’en est servi à contrefaire les saphirs, d’où lui vient son nom.
- SAGITTAIRE , s. m. du latin SagiUawus, fait de sagiUa, flèche.
- (Astron. ) Nom du neuvième signe du zodiaque, de même que de la neuvième partie de l’écliptique, dans laquelle le soleil nous paroît entrer le 22 novembre (2 frimaire ). Lorsque le soleil nous paroît arriver au dernier point de ce signe, l’automne finit pour les habitans de l’hémisphère septentrional. Les astronomes caractérisent le sagittaire par la figure d’une flèche.
- SAGITTALE, adj. dulàt. s agit la, flèche, qui a du rapport à une flèche.
- ( Anat. ) On désigne ainsi la seconde des sutures vraies du crâne, qui s’étend le long de la tête, et joint les deux pariétaux. Elle est ainsi nommée, parce qu’elle est droite comme une flèche.
- SAGITTÉE, ÉE, adj. du latin sagitta, flèche.
- ( Botan. ) Il se dit des parties des plantes qui ont la figure d’un fer de flèche.
- SAIGNÉE , s. f. du Iat. sangui-nare , saigner , fait de sanguis,
- sang-
- ( Chirurgie ) Saignée se dit de l’opération qui consiste à ouvrir la veine, pour en tirer du sang, et de l’écoulement du sang, qui est la suite de cette opération. Il y a deux sortes de vaisseaux qu’on peut ouvrir : les artères et les veines. L’ouverture des artères s’appelle artériotomie, celle des veines, phlébotomie.
- Pline prétend que nous sommes redevables de la saignée a Finslinct
- S A I
- de l’hyppopotame, ou cheval marin, qui se frotte les jambes contre les joncs du Nil, pour en faire sortir le sang. Le premier exemple que nous ayons de la saignée, remonte à la guerre de Troie. Podalire , frère de Machaon, fut jeté, en revénant, sur les côtes de Carie, où il guérit Svrna, fille du roi Damatlius, tombée du haut d’une maison , en la saignant des deux bras. Le roi, par reconnaissance , lui donna cette princesse en mariage, et la Chersonnèse pour dot.
- Hippocrate, qui vivcitsept siècles après le siège de Troie , en parle comme d’une ancienne pratique, et il la prescrit dans un grand nombre de circonstances. Gallien répétoit souvent la saignée, et il est le premier qui ait déterminé la quantité de sang qu’il avoit tiré.
- Il est peu de remède dont on fasse un plus grand usage que de la saignée; il en est peu sur lesquels les médecins aient autant varié.
- ( Agricult.) Saignée est aussi,une rigolle, un petit fossé qu’on fait dans un pré, pour y amener de l’eau, et y entretenir de ta fraîcheur.
- ( Artmilit. ) Saignée du fossé ; c’est l’écoulement des eaux qui le remplissent.
- SAIN, adj. dulatin sano , guérir: de bonne constitution, salubre.
- ( TMéd. ) Il se dit de celui qui a le corps bien constitué, qui fait bien ses fonctions, de celui dont les humeurs sont dans un juste tempérament. L’homme sain, dit Boë'rrhave, est celui qui peut faire les fonctions propres à l’homme , constamment, avec facilité et plaisir ; l’état où il se trouve alors s’appelle santé.
- Sain se dit aussi de ce qui contribue à la santé. La promenade est saine après le repas. Il y a des pays où l’air est malsain.
- (Marine ) Sain se dit des côtes et endroits de la mer qui sont sûrs.
- Côte saine; c’est celle où les vaisseaux peuvent approcher par-tout sans crainte de dangers, d’écueils , de rochers , ni de bancs de sable.
- SAINT, TE, adj. du lat. sanc-tus : essentiellement pur, souverainement parfait.
- ( Culte cathol. ^baint se dit aussi des choses qui appartiennent à la re-
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- },\r]'on : Vécriture sainte, les saints canons, le saint père, le saint siège,
- SAINT-AUGUSTIN, s. m.
- ( Imprimerie ) Sorte de caractère d’imprimerie , ainsi appelé du livre de saint Augustin , intitulé : de la Cité de Dieu , imprimé à Rome, en ce caractère-là,, sous le pontificat de Paul II, en 1467. V. CARACTÈRE.
- SAINTE BARBE, s. f.
- ( Marine ) Endroit où l’on met la poudre dans les vaisseaux ; elle est ainsi nommée , parce que les canonniers regardent et fêtent sainte Barbe, comme leurpatrone.
- SAINTETÉ, s. f. même origine que SAINT.
- (Econ. polit. ) Titre d’honneur et de respect que l’on donne au pape. Les papes , dans les premiers siècles, l’ont donné à des évêques, ou à des archevêques ; il y a eu même des abbés, jusqu’au tems de saint Bernard , à qui l’on a attribué le titre de sainteté. On a aussi donné ce titre aux rois. L’empereur Louis-le-Débonnaire, et Bêla, roi de Hongrie, furent traités de votre sainteté : le premier, par le prêtre Attola, et le second, par Etienne de Tournai; mais depuis environ quatre siècles , les papes jouissent seuls de ce titre.
- SAÏQUE , s. f. du turc saïca.
- ( Marine) Sorte de bâtiment grec ou turc, dont le corps est fort chargé de bois, qui porte, à peu près , la mâture et le gréement d’un ketch. Les Turcs s’en servent dans leurs navigations , dans l’archipel du Levant, et aux côtes d’Afrique, sur la Médi-terranéè.
- SAISIE , s. f. du latin saccire , -suspendre une enseigne, un brandon ; action de saisir , prendre tout d’un coup et avec effort.
- ( Pratique ) Acte de justice , ou un exploit de sergent, par lequel les meubles , immeubles et autres effets d’un particulier, sont mis sous la main de la justice.
- Saisie-annotation ; c’est celle qui se fait des biens de personnes décrétées de prise-de-corps , lorsque , perquisition faite de leur personne , il n’a pas été possible de les arrêter.
- Saisie-arrêt; c’est un exploit par lequel un créancier fait arrêter entre
- S A L 27^
- les mains de cenx sur qui la saisie est faite , ce qu’ils doivent à son débiteur.
- Saisie-brandon; c’est une saisie de fruits pendans par les racines ; elle est ainsi appelée à cause du flambeau de paille ou brandon que l’on met pour marque de la saisie.
- Saisie-exécution; c’est un exploit par lequel un sergent saisit, à la requête du créancier, les meubles qui se trou vend en la possession de son débiteur, etc.
- Saisie-gagerie ; c’est une saisie et arrêt de meubles sans déplacement ni transport.
- Saisie-réelle ; c’est un exploit de sergent par lequel les biens immeubles d’un débiteur sont, à la requête de son créancier mis, sous la main de la justice pour êtres, vendus , etc.
- SAISINE, s. f. de SAISIR.
- ( Pratique ) Possession actuelle dans laquelle le vendeur d’un héritage met l’acquéreur par une tradition réelle.
- SAISON , s. f. du latin statio , dont les Italiens ont fait stagione , les Latins tempestales an ni, pour lemporis statio nés.
- ( Cosmographie ) On entend communément par saisons , certaines portions de l’année qui sont distinguées par la chaleur et fe froid, et désignées par les signes dans lesquels entre le soleil. Les noms des quatre saisons sont : le prin teins , l’été , l’automne et l’hiver. Pour la différence et l’inégalité des saisons, dans les différens lieux de la terre , consultez la géographie de Varénius.
- SALAIRE, s. m. du latin solarium , dérivé de sei : prix ou récompense d’un travail ou service rendu.
- SALAISONS , s. f. du latin s al, sel.
- ( Marine) On appelle ainsi toutes les viandes et poissons qui sont salés pour pouvoir être gardés et conservés pour la nourriture des marins.
- Les salaisons les, plus estimées sont celles d’Irlande.
- SALIFI AELE , adj. du latin s al, sel, et de Jacere,facio , faire : faire, rendre.
- ( Chimie) U se dit des substances qui peuveut être aisément converties
- en sel.
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- sfio S A L
- SALINES , s. f. du latin sal, sel.
- ( Minéral. ) On donne ce nom aux usines établies près des lon-taines salées , et où l’on retire, par évaporation , le sel marin que contiennent les eaux de ces fontaines.
- Quand ces eaux sont à io ou i5 degrés de l’aréomètre des salines , c’est-à-dire , qu’elles contiennent de 10 à i5 livres de sel par cent livres d’eau , on les fait immédiatement évaporer par le feu dans de grandes chaudières où elles' déposent la sé-îénite qu’elles tiennent en dissolution , et l’on en retire le sel marin , à mesure qu’il se précipite, en se cristallisant par l’effet de l’évapo a-tion. Mais quand les eaux sont au dessous de io degrés ( quelquefois elles ne sont qu’à 2 ou à 3), on a trouvé le moyeu de les concentrer par le seul contact de l’air , multiplié , pour ainsi dire , à l’infini.
- P. GRADUATION, BATIMENT DE GRADUATION.
- SALIQUE , adj. Il y a diversité d’opinions sur l’origine de ce mot ; la plus probable est que cette loi a été ainsi appelée des François nommés S a liens.
- (Jurisprudence ) Op donne cette épithète à une ancienne loi fondamentale de la Francç , qu’on prétend avoir été faite par Pharamond ou par Clovis. Elle ordonnoit, en-tr’autres dispositions, qu’en la terre salique, aucune portion d’héritage revient à la J'en telle, ainsi que le sexe viril acquiert la possession. Ainsi , c’est une erreur de croire que la loi salique fut établie particulièrement pour la succession royale , car elle étoit. faite également ppur tous les particuliers.
- SALIVE , s. f. du lat. saliva , de sal, sel, parce que la salive contient un sel volatil.
- (Médecine) Humeur aqueuse, élaire, limpide, savoneuse , et dé-tersive , qui coule dans la bouche par les conduits salivaires, etc.
- SALPETRE, s. m. Corruption du latin sal pelrœ, sel de pierre.
- ( Chimie') Nitrate e potasse naturel ou artificiel, ainsi appelé , par-<e qu’il se trouve quelquefois en efflorescence sur les pierres calcaires des vieux bâtimensj il détonne avec
- SAL
- un corps combustible. V. NITRE NITR1ÈRE. S
- SALPINGO - PHARYNGIEN , adject. du grec trkxmiy^ ( salpigx ) trompe , et de <pstpuy% ( pharugx ) le pharynx : qui a du rapport à la trompe et au pharynx.
- ( Anat. ) Nom d’un muscle de la luette , dont une des origines est située à la partie osseuse de la trompe. d’Eustache.
- SALPINGO-STAPHYLIN, adj. du grec a-kririy^ ( salpigx ) , trompe , et de çz<pu\r> ( staphulé) , la luette : qui a rapport à la trompe et à la luette.
- (Anat. ) Nom d’un muscle de la luette , dont une des origines est située à la partie osseuse de la trompe d’Eustache.
- SALSE , s. f. ferme italien dérivé du lat. sal , sel.
- ( Hist. J\at. ) Espèce de petit voican qui ne vomit que de la vase et du gaz hydrogène , et ains.i nommé à cause de la quantité de sel marin qu’il confient.
- Les salses ont, comme les grands 'volcans , leurs paroxysmes ; iis occasionnent même des tsemblemens de terre. Spallanzani a décrit les salses du Modénois ; Dolomieu , celles du Macalouba , en Sicile ; et Paiias, celle de la Crimée.
- SALTATION , s. f. du latin sal-* lalio, faitde sallo , danser : l’action de danser , ou l’art de la danse.
- ( Antiquités ) La saltation chez les Romains , comprenoit non-seulement l’art de notre danse , mais elle apprenoit encore à régler les gestes tant des actions de théâtre que des orateurs et" même des pantomimes.
- SALUBRE , adj. du lat. saluher,
- ( 3'léd. ) Saiu , qui contribue à la santé.
- SALURE , s. f, du lat. sal, sel.
- ( Physique ) Qualité que le sel communique. *
- Salure delà mer; les physiciens s’exercent depuis long-tems sur la cause la plus probable de la salure de lOcéan , et sur la manière de désaler l’eau de la mer. Halley croit avoir résolu la première question ; Hook a inventé un instrument pour
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- SAL
- découvrir quelle est la salure de la nier, à quelque profondeur que ce soit ; et fJanton est le premier qui ait trouvé le secret de rendre douce l’eau de la mer.
- SALUT , m. du lat. salus , sa-lutis , santé , saint.
- ( Polit. ) Sàlut s’entend en politique , de la conservation du rétablissement dans un état heureux et convenable. Le salut du peuple y le salut public.
- ( Hist. ecclés. ) Salut signifie, chez les chrétiens , la félicité éternelle.
- ( Usages civils ) Salut est encore l’action de saluer ceux qu’on rencontre.
- ( Art niilU. ) Le salut militaire est un témoignage de soumission et de respect , ou une honneur que les troupes rendent au souverain, aux princes et généraux. On salue du drapeau, de l’épée , de la mousque-terie , du canon , etc.
- ( 1\farine ) Le salut , en termes de marine , est un honneur que l’on rend au pavillon d’une nation , arboré et déployé sur ses vaisseaux ou sur ses forteresses.
- Il y a plusieurs manières de saluer à la mer ; la plus fréquente est celle du canon : elle consiste à tirer un certain nombre de coups de canon , à distances égales , suivant le rang de celui qui donne le salut, et de celui qui le reçoit.
- Salut de la voix y il consiste en Un certain nombre de cris adoptés par chaque nation, et qui se font par une quantité de gens de l’équipage , que l’on fait monter sur les haubans à cet effet, en agitanfleurs chapeaux ou leurs bonnets.
- Salut des voiles y il se fait en amenant les perroquets , s’ils sont, bordés, ou les huniers, s’il n’y a pas de perroquets, jrisques sur le ton du mât, pendant quelques minutes. Ce salut est plus -humble que celui du canon ; il marque une déférence de l’inférieur au supérieur, qui ne rend pas cette espèce de salut.
- Salut du pavillony le salut du paviilon se fait en amenant le pavillon de poupe ; il est de la plus grande humilité, et ne se rend pas non plus par le supérieur.
- SAN 281
- SALVAGE , s. m. ou SAUVE-T AGE , du lat. salvo, sauver.
- ( Jurisprud. marit. ) Action de sauver d’un naufrage les marchandises ou effets quelconques. Ce terme s’entend plus ordinairement de la récompense ou du droit dû à ceux qui ont contribué à sauver quelque effet du naufrage ; on leur accorde ordinairement le dixième de la valeur.
- SALVATELLE , s. m. du lat. salvalella , diminut. de salvator , fait de salvo , sauver.
- ( Anat. A Nom d’une veine située sur le dos de la main , entre le doigt auriculaire et le doigt du milieu. Quelques médecins ont cru qu’il étoif très-salutaire d’ouvrir cette veine dans la mélancolie , ce qui loi a fait donner le nom qu’elle porte.
- SALVATION , s. f. du lat. salvoy sauver.
- ( Pratique ) Ecritures que l’on signifie dans un procès , pour servir de réponse aux contredits et objections de la partie adverse.
- SALVE , s. f. de l’italien salva , contraction du latin salutatio, salut.
- (Art milit. ) On appelle ainsi une décharge de la mousqueterie et de l’artillerie , qui se fait, ou comme un témoignage d’honneur qu’on défère à quelque personne d’une qualité extraordinaire, ou comme une marque de la joie de quelque grande occasion.
- Tirer en salve y c’est tirer en même tems plusieurs pièces de canon.
- SAMEDI , s. m. du lat. sabbati dies.
- ( Chronol.) Nom du septième on dernier jour de la semaine. On l’ay?-peloit chez les juifs , sabbat, et chez les anciens ie jour de Saturne, d’où les Anglois disent encore sa-turday.
- SAN-BENITO , s. m. contraction de sacco benilo , sac béni.
- ( Hist. de V inquisition ) C’est le nom qu’on donne vulgairement en Espagne et en Portugal, à l’habit dont on revêt les hérétiques condamnés par l’inquisition , à l’exem-pie de la primitive église , où l’on revétoit les criminels d’un sac qu’on appeloit bénit.
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- SANCIR , v. n. d’une origine inconnue : couler bas.
- ( Marine ) Un vaisseau sancit, ïorsqu’environné de fortes lames, par un très-mauvais tems, il en est enveloppé, couvert et submergé, jus-qu’à le faire couler au fond. Le vaisseau peut sancirh l’ancre comme sous voiles.
- La différence de sancir à chavirer, sombrer, ou faire capot, est que le vaisseau qui sancit coule au fond l’eau, pour s’etre rempli, sans se renverser , comme dans les autres cas, par la force du vent.
- SANCTION, s. f. du lat. sanc-lio , décret, ordonnance, fait de sancio, sanclium, ou sanctum, décréter, ordonner.
- ( Hist. ecclés. ) Pragmatique sanction. Voy. PRAGMATIQUE.
- SANCTUAIRE, s. m. du lat. sanc-luanum, peut-être une contraction de sancLus , sanctorum.
- ÇH'st. Juive') Le lieu le plus reculé , le plus saint du temple de Jérusalem , où l’on conservoit l’arche d’alliance , et où il n’étoit permis d’entrer qu’au grand prêtre.
- ( Hist. ecclés. ) Sanctuaire se dit aussi du lieu du chœur fermé par le canccl, où est le tabernacle, et où repose le saint sacrement.
- SANDALE, s. f. du lat. sanda-Jium,
- ( Costume ) C’étoit une espèce de pantoufle fort riche, que portoient les dames grecques et romaines, et qui consistoit en une semelle dont l’extrémité postérieure étoit creusée
- Ïour recevoir la cheville du pied, a partie supérieure du pied restant découverte.
- Ou appelle aussi sandales les pantoufles que mettent le pape et les autres prélats, quand ils ofEcient, et qui sont, à ce que l’on croit, semblables à la chaussure de saint Barthélemi.
- SANG , s. m- du lat. sanguis. ( Physiol. ) Humeur alimentaire, rouge', grasse , visqueuse , douce , d’une odeur un peu urineuse, d’une consistance médiocre , renfermée dans les ventricules et les oreillettes du cœur, dans les artères et dans les veines, continuellement agitée pendant lavi et poussée du cceuraux
- SAN
- artères , de celles-ci aux veines , et des veines au cœur , produite et. renouvelée immédiatement par le chyle , qui est la source de toutes les autres humeurs , et le principal instrument de l’économie animale.
- SANG!AC , s. m. Mot turc qui signifie étendard.
- (Hist. turque) Les sangiacs on sangiaks , sont les gouverneurs particuliers sous le begliesbey, qui est. le gouverneur-général de la province. Les sangiacs ne peuvent faire porter devant eux qu’une queue de cheval.
- SANGUIFICATION, s. f. du lat. sanguis , et de jacio , faire : l’action de faire du sang.
- ( Physiol. ) Action ou fonction naturelle par laquelle, le chyle se convertit en sang. Poy. HEMATOSE.
- SANGUIN, NE , adj. de sanguis.
- ( Méd. ) Plein de sang rouge.
- SANGUINE , s. f. du lat. sanguis , couleur de sang.
- ( Minéral. ) On appelle ainsi le fer hématite de couleur rougeâtre. Cette substance sert à polir certains corps , et particulièrement les métaux.
- SANHEDRIN, s. m. Mot hébreu, mais corrompu du grec awiS'ptov (su-nédrion) , formé de cru v (sun ) , ensemble , et de iéptt ( hédra ) siège : conseil, assemblée.
- ( Hist. juive ) Grand conseil des Juifs, dans lequel se décidoient les affaires d’Etat et de religion.
- SANIE , s. f. du lat. sanies, sang corrompu. •
- ( Méd. ) Pus séreux qui sort des ulcères , particulièrement de ceux des jointures , parce qu’elles sont abreuvées d’une synovie qui se convertit facilement en sérosité purulente et âcre.
- SANTAL, s. m. Mot arajbe dont les Lat. ont fait santalum.
- ( Botan. ) Bois de teinture. On en distingue de trois sortes, lebîanc, le citrin et le rouge. On apporte la blanc des îles de Timor et de Solor ; le citrin vient de la Chine, et de Siam, il est d’un goût aromatique , un peu amer, d’une odeur douce , qui se rapproche d’un mélange d«
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- muse, de citron et de rose ; le rouge croît dans les Indes Orientales , en deçà du Gange.
- SANTE, s. f. du lat. sanitas , fait de sano , guérir.
- ( Méd, ) Bonne disposition de toutes les parties du corps qui le met en état de bien faire ses fonctions.' r. SAIN.
- ( Marine ) Santé ou bureaux de santé ; c’est un établissement fait dans les ports , sur-tout de la Méditerranée , pour empêcher le débarquement et la communication , soit des hommes, soit des marchandises , venant par mer, du pays du Levant et autres, sujets à la peste, pour les soumettre à une quarantaine, c’est-à-dire, à un séjour de quarante jours qu’on abrège ou qu’on augmente selon les circonstances , dans un lieu isolé, nommé lazaret, sans pouvoir communiquer avec le pays , qu’avec certaines précautions , et après des fumigations, ou parfums , pourchasser le mauvais air. V. LAZARET , QUARANTAINE.
- SAPE , s. f. du latin sapa , dans le sens de ligo, hoyau.
- ( Art milit. ) Autrefois le mot sape signifioit un trou qu’on faisait sous un édifice pour le démolir ; aujourd’hui, c’est un enfoncement ou descente que l’on fait sous les terres en les taillant par échelles de haut, en Iras, en sorte qu’on y est à couvert de côté.
- On distingue cinq sortes de sapes; la sape entière , la demi-sape , la sape volante , la double sape, et la sape' couverte,
- La sape entière se faisoit autrefois par un seul homme quj, après avoir lait un trou de troispieds de profondeur sur trois de largeur, où il se trou-voit à couvert, continuoit ainsi, sur I alignement qu’on lui preserivoit , en jetant toujours les terres du côté de la place. Ce travail étoit extrêmement long, et quand on voulôit s en servir , on employoit des années entières pour un siège.
- Aujourd’hui, la sape entière se fait par des sapeurs qui posent à cousît les gabions, dont ils forment les entre-deux avec des sacs à terre, faisant une tranchée de trois pieds de
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- profondeur , sur autant de largeur , que les travailleurs viennent ensuite agrandir.
- La demi-sape consiste à poser à découvert une certaine quantité de gabions sur un alignement donné , à former les entre-deux avec des sacs à terre, et à les remplir ensuite.
- La sape -volante se fait en traçant tout l’ouvrage avec des gabions, et en formant la tranchée, sans y avoir mis les sapeurs pour les remplir.
- Cette manière ne peut guère se pratiquer que la nuit, et lorsqu’on est encore loin de la place.
- La double sape est ainsi appelée, parce qu’on est obligé de se couvrir des deux côtés, pour éviter d’être vu des ennemis.
- t La sape couverte est un chemin qu’on fait soirs terre , pour mettre les sapeurs à couvert des grenades, à l’approche des ouvrages qu’on veut attaquer. Cette sape , qu’on ne met. guère en pratique, peut être très-utile dans certaines occasions , où il est nécessaire de cacher son dessein aux ennemis.
- SAPHENE, s. f. du grec 0»q>»VHC ( saphènes ), dérivé de <ra<pi)ç (sa-plies') , manifeste.
- (.Anat. ) Nom d’une veine cutanée de l’extrémité inférieure, qui se p'orte le long.de la malléole interne de la jambe et de la cuisse. Elle est ainsi appelée, parce qu’elle est à nu, et qu’elle se manifeste à la vue et au toucher.
- SAPHIQUE, adj. de Sapho, nom propre.
- ( Poésie ) Pers saphiques ; c’est une espèce de vers, inventée, à Ce qu’on prétend , par Sapho , et dont les Grecs et les Latins ont fait un grand usage. Ces vers sont de onze syllabes ou de cinq pieds, dont le premier, le quatrième et le cinquième , sont trochées, le second un spondée, et le troisième un dactyle. Il y a dans Horace des odes en vers saphiques :
- PUvitur parvo bene cui pater-num, etc.
- SAPHIR , s. m. du grec crk-Tripuf oc ( sapphéiros), dont les Latins ont fait sapphirus, dérivés l’un et l’autre de l’hébreu ou du chaldéen sappir,
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- qui signifie couleur d’azur, ou quelque chose de brillant.
- ( Minéral. ) On entend communément sous le nom de saphir, une pierre précieuse, d’une belle couleur bleue veloutée ; mais les naturalistes reconnoissent des saphirs de toutes les couleurs, et même des saphirs sms couleur.
- Les couleurs les plus ordinaires du saphir, sont le bleu, le rouge ou rubis d’orient, et le jaune ou topaze orientale. On en trouve aussi de verts et de pourpres : ce sont ceux qu’on désigne sous le nom d’émeraude et d’améthyste orientales. Quand les'u-phir est parfaitement blanc et limpide , il a presque autant de feu que le diamant, et on l’a quelquefois fait passer pour tel. On trouve , mais fort rarement, des saphirs qui réunissent deux ou trois couleurs bien distinctes ; on les regarde comme des rhor-ceaux fort précieux.
- La pesanteur spécifique du saphir, est d’environ 4000. Quoique cette pierre soit, après le diamant, le corps te plus dur que l’on commisse, il n’est essentiellement composé qup d’alumine.
- Le saphir se trouve dans le sable des torreus , et 011 ne l’a jamais rencontré dans son gîte même.
- SAPONACÉ , ÉE, »adj. du latin sapo, savon : qui participe de la nature du savon.
- ( Bolan. ) C’est le nom d’une famille de plantes, parmi lesquelles le savonnier, la paulinie, etc.
- SAPONAIRE, adj. même origine que S APONACÉ. .
- fnat. ) Nom d’un genre de plantes <|ui ont la propriété d’enlever les taches comme le savon.
- SAPONIFICATION, s. f. du lat. sapo , savon, et de Jacio, faire.
- ( 1 ’echnol. ) Formation du savon.
- SAPORIFIQUE , adj. du latin sapor, saveur, goût, et de Jacio, faire.
- ( Méd. ) Il se dit des substances qui ont la force d’agir sur la langue, et d’y produire la sensation que nous appelons goût ou saveur.
- SARANGOUSTI, s. m. Mot indien.
- ( Marine) C’est le nom d’une espèce de mastic, pratiqué aux Indes,
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- pour recouvrir les coutures des cordages des vaisseaux ; on regarde ce mastic comme supérieur à tous les autres connus : c’est un composé de chaux vive , nouvellement éteinte , sèche et tamisée, pétrie avec du hrai gras fondu avec un peu d’huile.
- Les vaisseaux de Suratte, et la plupart de ceux que l’on construit aux Indes orientales, sont enduits, savoir: les coutures,‘les têtes de clous, chevilles, etc., de sarangousti, qui se lie tellement avec le bois , qu’il fait presque corps avec lui; aussi ces vaisseaux naviguent presque toujours sans faire d’eau , et durent des tems infinis. On en a connu de plus de roo ans, sans refonte.
- SARCASME, s. m. du grec pupn/te-pos (sarkasmos'), dérivé de mpxâÇi/y (sarkazein ), décharner , et, par extension, montrer les dents, rire au nez de quelqu’un.
- (Diction) Ironie amère et piquante , par laquelle uu orateur raille ou insulte son adversaire. Déni osthène emploie souvent le sarcasme , pour reprocher aux Athéniens leur paresse.
- SARCITE , s. f. du, grec ràp£ (sarx~), chair, et de (’ lithos),
- pierre : pierre couleur de chair.
- ( Minéral. ) Pierre figurée qui imite la chair du bœuf, et dont la couleur tire sur.le noir.
- S ARCOCELE, s. m. du grec trkp% (sarx ), gen. mtfut'os (sarhos') chair, et de KiSxii (kélé), tumeur.
- (Chirurgie) Tumeur charnue, dure , ordinairement indolente, attachée aux testicules ou aux vaisseaux spermatiques , ou'à la surface interne du dartos, et qui croit peu à peu. C’est une fausse hernie.
- SARCOCOLLE, s. f. du grec s-àpf (var.r), gen. a-Apy.à c, chair, et-ne xôkka ( hblla ), colle : colle-chair.
- ( Bolan. ) Sorte de gomme qui transsude des rameaux du sarco collier ; elle ét.oit autrefois cî’un grand usage en médecine , parce qu’elle est astringente , digestive , uétersive , agluiinante et consolidante. On S'en sert aujourd’hui pour consolider et déterger les plaies.
- SÀilCO-ÉPIPLOCÈLE , s. m. du grec crkpÇ (sar$)t chair, et dhvi-
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- -îrxoov ( épiploon), l’épiploon , et de jiâÀM ( kélé), tumeur.
- ( Chirurgie ) Hernie complète , causée par la chute de l’épiploon dans le scrotum, accompagnée d’adhérence et d’excroissance charnue.
- SARCO-ÉPIPLOMPHALE , s. m. du grec ffàpf {sarx) , chair, d’MTTXoov ( épiploon) , l’épiploon , et d'>op.QcL\b; ( omphalos) , le nombril.
- ( Chirurgie) C’est au nombril la même hernie que le sarco-épiplo-cele, au scrotum.
- SARCO-HYDROCÈLE , s. m. du grec u-kpÇ ( snrx) , chair-, d’uJ'wp ( hudor) , eau, et de x»x« ( kélé) , tumeur.
- (Chirurgie ) C’est un sarcocèle accompagné de l'hydrocèle , ce qui arrive souvent par la compression et la rupture des vaisseaux lymphatiques.
- SARCOLOGÏE , s. f. du grec e-àpf (sarx) , chair, et de xéyoç ( logos ) , discours.
- {Anai.) Partie de l’anatomie qui traite des chairs, ou des parties molles.
- SARCOME, s. m. du grec ckp-xcttptt {sarlîoma) , dérivé de snàpf ( sarx ) , chair.
- ( Chirurgie) Tumeur charnue , dure, ronde, indolente, qui a sa base large , et qui se forme au bas de la cavité des narines, quelquefois au fondement , aux parties naturelles des femmes, ou en d’autres parties. Quand le sarcome dévient douloureux et livide , il se change facilement en cancer.
- De sarcome on a fait sarcomateux , pour désigner ce qui est de la nature du sarcome.
- SARCOMPHALE , s. m. du grec vàj)| ( sarx ), chair , et d’o/zqisixàç ( omphalos), le nombril.
- (Chirurg;) Excroissance charnue qui se forme au nombril.
- SARCOPHAGE , s. m, du grec { sarx ) , chair,, et de <pâym (phago), manger, qui mange la chair.
- ( Antiquit. ) On appeloit ainsi chez les anciens un tombeau où l’on mettait les morts qu’on ne vouloit pas brûler , parce que i on y mettoit
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- une sorte de pierre caustique qui avoit la propriété de brûler les corps dans l’espace de quarante jours.
- ( Hist. mod.) On appelle aujourd’hui sarcophage le cercueil, ou sa représentation, dans les grandes cérémonies funèbres.
- ( Méd. ) Ce mot se prend quelquefois en médecine pour calherelique , c’est-à-dire , médicament qui brûle les chairs.
- SARGOTIQUE, adj. du grec o-ctpnôa) { sarjioo ), rendre charnu.
- ( Chirurg. ) Il se dit des médica-mens qui facilitent la régénération des chairs, dans une plaie, un ulcère; c’est la même chose qu’IN-CARNAT1F. LU ce mot.
- SARDINE , s. f. du latin sardi- --na , du syriaque sar, sorte de petit poisson qui a donné son nom à la ville de Sar en Syrie, aujourd’hui Tyr,
- (Pêche ) Poisson plus petit que le hareng, mais qui a les plus grands rapports de forme , de mœurs et de qualités avec lui.
- On ne peut se fefire une idée de l’énorme quantité de sardines que l’on prend sur toutes les côtés des mers de l’Europe , principalement sur celles de France et d’Angleterre, Le mode de cette pêche est le même que celui du HARENG. V. ce mot.
- On prépare les sardines de la même maniéré que le hareng ; mais leur chair est beaucoup plus agiéa.-
- ble,
- SARDOINE , s, f. du grec era.pJ'ô-vof (sardonux) , composé de tràpJ'ioç {sardios ) , sarde , et d’ovuf (onux)y ongle , onyx : onyx de Sardaigne.
- ( Minéral. ) La sardoiue est un caillou demi-transparent, ou espèce d’agathe de couleur orangée, plus ou moins foncée : elle est ondulée éorn-me la calcédoine.
- SARDONIEN, ou SARDONIQUE, adj. du lat. sardonia, nom .d’une plante.
- ( LVléd. ) Ris sardonien ou sardonique ; c’est une espèce de convulsion ou spasme convulsif, causé par une contraction des muscles du visage , qui ai rive à ceux qui ont mangé d’une herbe abondante en Sardaigne , appelée sardon ou sUrdonia : c’est de là que vient l’expression pro-
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- verbiale ris sardonien , pour ris forcé.
- SARRASIN, s. m. du lat. barb. Sarrecenus , nom de peuple.
- ( Botari. ) Le sarrasin est la semence d’une plante originaire d’Asie , transportée en Afrique, et introduite en Europe par les Maures d’Espagne ou Sarrasins, d’où lui vient son nom. On l’appelle autrement blé noir.
- SATELLITE, s. m. du latin sa-télles, satelliiis : garde d’un prince.
- ( Hist. ) Un satellite étoit originairement celui qui en aceompa-gnoit un autre pour sa sûreté, ou pour exécuter ses commandemens.
- Chez les empereurs d’orient, c’é-toit une dignité ou charge d’un capitaine des gardes du corps. Ou a donné ensuite ce nom à des vassaux , et enfin à ceux qui tenoient des fiefs qu’on appeloit. sergenleries. On ne le dit plus qu’en mauvaise part, pour désigner un homme qui est aux gages d’un autre.
- (Astron. ) Satellites , enfermes d’astronomie, sa dit des planètes secondaires qui se meuvent autour d’une planète première , comme la lune fait par rapport à la terre. On les appelle ainsi, parce qu’elles accompagnent toujours, leur planète première, et font avec elle leur révolution autour du soleil.
- Les satellites ont été inconnus jusqu’à ces derniers siècles , parce * u’on avoit besoin du secours des lunettes pour les apercevoir.
- Les satellites de Jupiter, au nombre de quatre , fui'ent découverts par Galilée, le 16 janvier 1610, peu après la découverte des lunettes.
- Les satellites de Saturne sont au nombre de sept ; les cinq premiers sont nommés suivant l’ordre de leur distanceCr Saturne. Le 6e. et le 7e., quoique les deux plus proches, ont été ainsi désignés par les astronomes , pour ne pas déranger leurs tables; ils ont été découverts en 1789, par Herschell, au moyen de son grand télescope ; le quatrième a jeté découvert par Kuyghens, en l’année i655 , et les quatre autres par Cas-sini, savoir : le troisième en 1671 , le cinquième en 1672, et Iss deux premiers en 1C84.
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- Les satellites d’Iîerschell sont au nombre de huit. .
- Eclipses des satellites de Jupiter V. ECLIPSE , JUPITER.
- ( Physiol. ) Satellites brachiales , satellites tibiales; on appelle ainsi les veines du! bras et de la janm be qui accompagnent les artères, qui communiquent entr’elies par de fréquentes anastomoses, et embrassent pour ainsi dire l’artère.
- SATIÉTÉ, s. f. du lat. salietas . fait de salio , rassasier , soûler.
- ( Méd, ) Réplétion d’aliment qui va jusqu’au dégoût.
- SATIRE , s. f. V. SATYRE.
- SATRAPE , s. m. Mot persan.
- ( licon, polit. ) Ce mot, persan d’origine , a d’abord signifié amiral, général d’armée navale ; ensuite, il fut étendu à tous les gouverneurs de province, et même aux principaux ministres des rois de Perse.
- Des Persans, il passa chez les Grecs , qui dirent trstTpâ.'jntç ( satra-pês ) dans la même signification. Les Latins l’employèrent aussi dans le même sens ; il se trouve même des chartes d’Angleterre , sous le roi Ethelrede , où les seigneurs qui signent après les ducs prennent le titre de satrapes du roi.
- SATURATION , s. f. du lat. sa-turo , soûler, rassasier , remplir.
- ( Chimie ) On appelle saturation l’union complète de deux matières , de manière que l’une des deux substances ne domine pas sur l’autre. Ainsi, dans l’union d’un acide avec une base , il faut, pour qu’il y ait saturation, que l’acide ne domine pas sur la base, ni la hase sur l’acide. Alors , ce sel est véritablement neutre , et il n’altère pas la couleur du sirop de violette. Quand un acide refuse de dissoudre une terre ou un métal, on dit qu’il en est saturé.
- SATURNE , s. m. du lat. sator, semeur, planteur, ou du celtique sadoin, vaillant, belliqueux.
- Saturne avoit enseigné le premier l’agriculture aux Européens : il avoit été aussi le plus puissant et le plus belliqueux des Titans. Saturne étoit une des divinités du paganisme.
- ( yîstron. ) Saturne , en astronomie , est le nom d’une des sept
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- planètes prémïeres , qui tourne en 2ç ans \ , et qui est éloignée du soleil de 328 millions de lieues.
- Les phases de Saturne sont fort variées et fort singulières , à cause de son anneau, r. ANNEAU DE SATURNE.
- ( Chimie ) Les alchimistes ont donné le nom de saturne au plomb: ils ont appelé sucre de salurue , l’acétate de plomb ; blanc de salarie , ic carbonate de plomb , etc.
- SATYRE , s. m. ( pièce de poésie ) du grec trxrupoi ( saluroi ), les Satyres , compagnons de Bacchus , lesquels attaquoient par des railleries et des paroles piquantes tous cens qu’ils rencontraient.
- ( Poésie ) La satyre n’a pas tou-jours eu le même fonds ni la même forme dans tous les tems. Chez les Grecs, dans si première origine, la satyre consistoit en des jeux champêtres , des railleries grossières, des postures grotesques , des vers laits à la hâte et récités en dansant.
- Comme ces spectacles étoient consacrés à Bacchus , on mit qu’il étoit convenable d’y introduire des satyres , ses compagnons de débauche , et de leur faire jouer un rôle également comique , par leur équipage , par leurs actions et par leurs discours.
- Si dans les commencemens les pièces salyricju.es n’avoient pour acteurs que des Satyres ou des Silènes , les choses changèrent ensui te. Les Cyclopes d’Eurypide , les titres des anciennes pièces satyriques et plusieurs auteurs nous apprennent que les dieux ou demi-dieux , et des héroïnes, comme Omphale, y Louvoient place , et en faisoient le principal sujet.
- Chez les Rpmains, la satyre, introduite par les Toscans, ne fut d’a-hord qu’une espece de chanson dia-loguée, dont la force et la vivacité des reparties faisoient tout le mérite.
- Livius Andronicus, qui étoit Giec d’origine, ayant donné à Rome des spectacles en îvgie , la satyre changea de forme et de nom, et parut sur le théâtre , soit avant , -oit après la grande pièce , quelquefois meme au milieu. Peu de tems après, elle reprit son nom sous Emu us et Paaxiius»
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- Terenb'us Varron fit une satyre„ qu’il intitula Menippée , à cause de sa ressemblance avec ceile de Me-nippe , cynique grec. Enfin arriva Luciiius, qui fixa l’état, de la satyrer et la présenta telle que nous l’ont donnée Horace, Perse , .Tménai, et telle que. nous la connoissons aujourd’hui.
- Regnier fut le premier en France qui écrivit des satyres. Son caractère est aisé* coulant, vigoureux ; mais il est quelquefois long et diffus; il n’a point attaqué de gens en place.
- Boileau fleurit environ 60 ans après Regnier, et fut plus retenu que lui ; il a plus d’art, plus d’élégance , plus de coloris, îqais moins de verve, de naturel et de mordant.
- Un jeune poë'te moderne, Gilbert , s’est essayé dans le, genre de la satyre. U en a fait une contre le luxe, et il a fait voir de quel style brûlant un liomme profondément blessé des vices de son siècle , sait les peindre et les attaquer ; il a montré qu’on pouvoit avoir la vigueur d’Aristophane, sans impudence et sans noirceur; la véhémence de Juvénal, sans déclamation ; l’agrément , la gaieté d’Horace , avec plus d’éloquence , de force, d’énergie ; et une tournure de vers aussi correcte que Boileau , avec plus de chaleur.
- SATYRÏASIS, s. du grec wtu-pîasis ( saturiasis ), dérivé de crii-rvpoi ( saturoi ) , les satyres qui, selon la fable , étoient fort lubriques.
- ( Méd. ) Erection continuelle de la verge , accompagnée d’un désir insatiable pour les femmes ; il ne diffère du priapisme que par cet aiguillon de volupté.
- SAUCÉE, adj. f. du lat. saïlo, salsum , saler , donner un tour , une couleur agréable, fine , spirituelle.
- ( IVumismat. ) Médailles saucées ; ce sont des médailles battues sur le seul cuivre , et ensuite couvertes d’tme feuille d’étain.
- SAUCISSE , s. f. du lat. salcisio} dit pour salcisium : boyau de porc ou d’autre animal, rempli de viande crue , hachée et assaisonnée.
- ( Art milit. ) La saucisse , en termes de guerre , est une longue
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- charge de poudre mise en rouleau dans de la toile goudronnée , arrondie et cousue en longueur, qui règne depuis le fourneau ou chambre de la mine, jusqu’à l’endroit où se tient l’ingénieur pour y mettre le feu , et faire jouer le fourneau.
- SAUCISSON, s. m. diminut. de SAUCISSE- V
- ( Art milit. ) Les saucissons sont des fagots faits de troncs d’arbrisseaux , ou de grosses branches d’arbres , qui servent à se couvrir, et' à faire des épauiemens.
- SAUF-CONDUIT, s. m. de l’italien salvo condotto.
- ( Pratique ) Espèce d’assurance ou de sauve-garde donnée par le prince ou l’autorité publique à quelqu’un : pour la.sûreté de sa personne, pendant un tems.
- Des créanciers qui ont une contrainte par corps contre leur débiteur , lui accordent quelquefois une surséance ou délai, par un acte qui lui tient lieu de sauj-conduit.
- ( Àrt milit. ) Sauf-conduit se dit aussi de la permission qu’un général accorde à un des ennemis qui, pour affaire , ou pour sa santé , demande à passer sur le terrein qu’il occupe.
- SAUVAGE , adj. et s. du lat. barb. salvaticus, pour 'Silvalicus , fait de silva , forêt ; qui est dans les bois.
- ( Hist. I\at. ) Il se dit des animaux qui ne sont pas apprivoisés , et des végétaux qui croissent naturellement dans les champs , par opposition à ceux que l’on cultive.
- SAUVE-GARDE, s. f. de l’italien salua, gitardia.
- ( Art de la guerre ) Protection que le prince ou le général de l’armée accorde à quelques terres ennemies , qu’il veut garantir des insultes et des logemens de ses troupes. Les sauvegardes appartiennent au général ; s’il est intéressé, il peut les étendre autant qu’il veut.
- SAUVETAGE, s. m. v. de sauver.
- ( 1Marine ) Terme de jurisprudence maritime , synonyme de sal-vage.
- Bouée de sauvetage ; v. ROUEE.
- SAVANNE, s. f. de l’espagnol suvaua, prairies.
- SA U
- ( Agricult. ) On donne ce nom dans les îles françaises et espagnoles de l’Amérique , à de grandes prairies , entretenues avec soin , et entourées de baies , où l’on mène paître les bestiaux.
- SAVEUR , s. f. du lat. sapor.
- ( Physique-Chimie ) Sensation produite sur l’organe du goût , par les différentes substances.
- Les physiciens et les chimistes ont long-tems cru que les corps saiins étaient les seules qui eussent de la sav eur : delà une foule d’erreurs dans lesquelles ils sont tombés ; car, quoiqu’on ne connoisse qu’un petit nombre de sels diff'érens, la variété des saveurs est prodigieuse.
- La saveur sert sux chimistes à distinguer beaucoup de substances ; mais ce caractère n’est jamais suffisant pour prononcer.
- SAVON , s. m. du lat. sapo , saponis.
- ( Chimie ) Combinaison d’une huile grasse avec un alkali caustique.
- M. Pelletier a publié sur la fabrication du savon, un mémoire très-détaillé , imprimé dans les annales de chimie , tome XIX ; et M. Cbaptal a donné un moyen pour préparer en tous tems, par-tout, et à peu des frais , des liqueurs savo-neuses , propres à blanchir. Le voici :
- On prend des cendres provenant de la combustion de bois non flottés. On fait une lessive par les procédés ordinaires , en mêlant aux cendres une ou deux poignées de chaux vive , bien pilée, on récemment éteinte à l’eau ; on laisse reposer ou purifier l’eau de la lessive , pour que tous les corps étrangers se précipitent ou surnagent ; on la verse alors dans un autre vase , et on l’y conserve pour s’en servir au besoin.
- SAXATILE , adj. du lat. saxuni, rocher : qui habite les rochers.
- ( Hist. nat. J On donne généralement ce nom à tous les animaux, et à toutes les plantes qui baliitent de préférence parmi les rochers, dans les lieux pierreux ; mais on l’applique plus particulièrement aux poissons de mer qu’on prend rarement au filet, parce qu’ils se tien-
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- Bent constamment cachés dans les trous des rochers, sur des pierres, etc, SAXIFRAGE , adj. du latin saxutn, pierre , et de frango, frac-luni, rompre : brise-pierre.
- ( Méd. ) Les médecins ont donné "'ce nom aux médicamens qu’ils croient capables de briser la pierre dans les reins et la vessi*e. r. LI-TflONTRIPTIQUE.
- SBIRRE , s. m. de l’italien sbirro, archer, sergent de justice.
- ( Pratique ) C’est le nom qu’on donne aux archers et sergens , en Italie , et principalement à Rome.
- SCABELLON, s. m. du latin scabellutn, banc , escabeau.
- ( Archit. ) Espèce de piédestal ordinairement carré , on à pans , haut et menu , le plus souvent en gaine de therme , ou profilé eu manière de balustre, pour porter un buste , une pendule , etc.
- Qaîne de scabellon / c’est la partie rallongée, qui est entre la base et le chapiteau ou scabellon , qui va ordinairement du haut en bas, et qui a la forme d’une gaine. Les statues n’ont souvent qu’une gaine pour tout piédestal.
- SCABIEUX , SE , adj. du latin scabies, gale : qui ressemble à la gaie.
- ( Méd. ) Eruptions scabieuses ; on appelle ainsi des éruptions qui sont de la nature , ou qui ont l’apparence de lg gale.
- , SCA LE , s. f. ou ESCALE , ou ÉCHELLE, du lat. scala, échelle.
- ( Commerce ) Port ou lieu de trafic. On appelle scales ou échelles du Levant , les villes maritimes de l’Empire ottoman , où les Européens font le commerce , ont des commissaires de commerce ou consuls, des facteurs et des commissionnaires.
- SCALENE, s. m. du grec sntetknvoç. ( skalénos ) , boiteux , dérivé de ***£&> ( shazà boiter.
- ( tréom. ) 'Triangle scalene se dit, en géométrie, d’un triangle dont tous les côtés et les angles sont inégaux.
- Scalene se dit aussi d’un cylindre m d’un cône , dont Taxe est incliné •tyr la base.
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- ( Anat. ) Scalene se dit encore par comparaison de quelques muscles qui concourent à la flexion et à l’extension du cou.
- SCALME , s. m. dmgrec <TH.a.xpbe ( skalmos ) , saut.
- ( Marine ) Scahne , ou , comme on le prononce dans la Méditerranée , escaume , est un terme tiré de la marine des anciens, qui signifie une espèce de cheville qui sert d’appui aux rames, pour se mouvoir sur le plat-bord d’un bâtiment à rames. On l’appelle aussi tollet.
- SCALPEL , s. m. du latin scal-pellum, diminutif de scalper) couteau.
- ( Chirurgie ) Instrument tranchant dont on se sert principalement pour les dissections anatomiques,
- SCANDALE , s. m. du grec 0-Rîtvcfa.xov (skandalon ) , qui signifie piège , chose qu’on rencontre eu son chemin , et qui peut faire tomber , pierre d’achoppement, dérivé de <ntkÇco ( skazô ) , boiter : ce qui est occasion de tomber dans l’erreur.
- ( Commerce ) Pierre de scandale ; c’étoit une pierre élevée devant le portail du Capitole de l’ancienne Rome , sur laquelle étoit gravée la figure d’un lion , et où allouent s’asseoir à nu ceux qui fai-soient banqueroute , et qui eédoient leurs biens à leurs créanciers j ils étoient obligés de crier à haute voix: cedo bona , j’abandonne mes biens , et de frapper ensuite avec leur derrière, trois fois sur la pierre. Cette forme de cession fut , dit-on , substituée par Jules-César > à l’article de la loi des douze tables, qui autorisait les créanciers à tuer; ou à faire esclaves leurs débiteurs.
- SCANDER, v. a. du lat. scando , contraction d,ascendo , monter 7 s’élever.
- ( Poésie gr. et lat. ) Terme de poésie grecque et iatine , qui signifie mesurer un vers , voir s'il a le nombre de syllabe qu’il doit avoir , avec l’observation des iongues et des brèves.
- SCAPHA, s. m. du grec
- ( skaphê ) , esquif , vase obiong.
- { Anal. ) Qa donne ce nom à la - V J T
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- circonférence de l’oreille , opposée â l’hélix ou au bord.
- SCAPHANDRE , s. m. du grec cr.hqü ( shaphê ) , esquif , bateau , et d’à-v/poc ( andros ), génitif d’àvüp (anêr), homme : bateau de l’homme.
- ( Mécan. ) Espèce de vêtement qui sert à se soutenir à la surface de l’eau.
- Depuis long-tems on s’est occupé en France , en Allemagne/et en Angleterre , de trouver un appareil qui pût, non-seulement sauver des naufragés , mais encore faciliter aux soldats lef' passage des rivières les plus larges , sans les exposer au danger de se noyer.
- Le chevalier de Lanquer est Je premier qui paroit avoir imaginé le scavhandre. Le sien étoitcomposé, à ce qu’on présume , d’espèces de vessies remplies d’air, puisqu’il a pu mettre son appareil dans sa poche. Louis XIV récompensa le chevalier de son invention.
- Le docteur Bachstrom , grand-chancelier de Lithuanie, imprima , en 1641 , la description d’une cuirasse en liège, propre à faciliter aux soldats le passage d’une rivière ; ces cuirasses , composées de quatre plaques de liège , appliquées sur le dos et sur la poitrine , ne pesoient que dix livres.
- Après M. Bachstrom . M. Boral de Digne imagina unesoubreveste de liège , dont on fit l’essai vers l’an 1659.
- En 1751 , M. Gelaci proposa une espèce de gilet composé de plusieurs morceaux de liège , placés comme des écaillés de poissons.
- M. Wilkinson , en Angleterre , lit construire des gilets garnis de liège , dont le célèbre navigateur Biron s’est servi dans quelques circonstances , pendant son voyage autour du monde , en 1765.
- M. le comte dePnységur imagina, en 1756 , une ceinture de liège, avec laquelle il fit des expériences dans la rade de Granville , où il se jeta à la mer , et se laissa ramener par les Sots au rivage sans peine et sans fatigue.
- M. Ozanam , professeur de physique ; a décrit* dans ses récréations*
- SCA
- une machine à nager, sans employer de liège ; mais qui est peu commode et d’une exécution difficile.
- M. l’abbé de la Chapelle a renouvelé le premier scaphandre de M, Bachstrom , qu’il a beaucoup perfectionné.
- M. Knight Spencer , de Londres , a imaginé , en 1802 , une espèce de ceinture , composée de 800 bouchons de liège , enfilés , réunis ensemble et recouverts d’une enveloppe de toile cirée. Cette invention , pro-
- Ïire à sauver la vie des naufragés , ui a valu la médaille d’argent de la société philantropique de Londres , pour les secours aux noyés.
- L’été dernier ( ani2 ), M. Mangin a l'ait une expérience sur la Seine avec des scaphandres de liège , et a obtenu un succès très-brillant. 40 scaphandriers ont passé et repassé plusieurs fois, de l’une à l’autre rive , 40 hommes, avec armes et bagages, les entraînant derrière eux. Après avoir déposé ces hommes à terre , les scaphandriers ont exécuté sur l’eau l’exercice à feu , tant du mousqueton que des pistolets , ont fait des évolutions militaires , et sont revenus à bord en bon ordre , sans le moindre accident.
- SCAPHE , s. m. du grec cxâ<pn-( shaphê ) , esquif j bateau , auge.
- ( udstron. ) C’étoit le nom d’un des premiers instrumens dont lesan-ciens se sont servi pour les observations solaires. C’étoit probablement un petit gnomon , dont le sommet atteignoit au centre d’un segment sphérique. Erastotène s’eit servit , dit-on , pour mesurer la grandeur de la. terre , et l’inclinaison de l’écliptique à l’équateur.
- SCAPHOÏDE, adj. du grec (shaphê), esquif, nacelle et d’fiefst ( éidos ) , forme , ressemblance : qui ressemble à une nacelle.
- ( ^4nat. ) L’os scaphoïde du carpe, qu’on appelle aussi navicii-laire , est un os de la première rangée du carpe , qui répond au pouce.
- L’ov scaphoïde du tarse , également appelé naviculaire , est plaot* devant l’astragale.
- SCAPULAIRE , s. m. et adjectif du lat. scapulat épaule : qui cou-cerne l’épaule.
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- Ç Cost. rclig. ) Part ie du vêtement de plusieurs religieux , qui se met par dessus la robe , autrefois sur les épaules , et qui étoit destiné à conserver les habits pendant le travail des mains.
- (Analom. ) Scapulaire se dit de deux artères et de deux veines : la scapulaire interne et la scapulaire externe.
- ( Chirurgie') Scapulaire est aussi le nom d’une espèce de bandage dont on se sert pour soutenir la serviette ou les bandages du bas-ventre.
- SC ARIFICATION , s. f. du grec #x,a.pi<pîvitv ( skaripheuein ) , découper , rayer : l’action de découper.
- ( Chirurg. ) Scarifier signifie proprement rayer , comme faisoient autrefois les anciens , en écrivant sur des tablettes de cire.
- Les chirurgiens l’emploient maintenant pour exprimer l’incision qu’ils font à la peau avêe une lancette ou un bistouri , pour en faire sortir le sang, ou quelqu’autiehumeur.
- ( Jardin. ) Les jardiniers se servent aussi de ce mot, pour désigner une opération par laquelle ils font du haut vers le bas, plusieurs incisions à l’écorce des arbres, jusqu’à leur partie ligneuse , afin d’attirer la sève par ces différentes plaies . et l’empêcher de s’emporter en pure perte par-tout où ehe est lancée impétueusement.
- SCARLATINE , adj. d’ÉCAR-LATE. V. ce mot.
- ( Médec. ) Il se dit d’une fièvre continue , accompagnée de taches rouges comme de V écarlate, d’où lui vient, son nom.
- SC/\ZON , s. m. dn grec (skazô), boiter.
- (Poésie latine') Espèce de vers latin., qui ne différé de l’ïambique qu’en ce que son cinquième pied est un ïambe, et le sixième un spondée , ce qui l’avoit fait nommer ïambe boiteux.
- SCEAU , s. m. du iat. sigellum , pour sigilluin , et. dont on a d’abord lait, scel, par contraction : grand cachet.
- (Econom. polit.) Lame de-métal, qui a une face plate, ordinairement de figure ronde ou ovale } dans la-
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- quelle sont gravées en creux la figure, les armoiries, la devise d’un roi, d’un prince d’un état , d’un corps , d’un seigneur particulier , et dont on fait des empreintes avec de la cire, sur des lettres en papier on en parchemin , pour les rendre authentiques.
- L’usage des sceaux esttrès-ancicn. Il en est fait mention dans la Genèse ; il est dit, en Daniel, chap. 14, que Darius fit Inettre son sceau sur le temple de Bel. Les sceaux des Egyptiens étoient d’ordinaire gravés sur des pierres précieuses. Souvent la figure du prince y étoit représentée, quelquefois des symboles. Pline dit que , de son tems, on n’usoit point de sceaux dans le reste du monde , et hors de l’empire ; cependant il né paroit pas que les Romains eussent des sceaux publics; les empereurs signoient seulement les rescrits avec une encre particulière, dont leurs sujets ne pouvoieut se servir, sans encourir la peine au crime de lëze-majesté , au second chef.
- Les rois de France de la première race, à l’exception de Chiidéric I, et de Chiidéric III, avoient pour sceaux des anneaux orbiculaires ; Charlemagne n’en avoit point d’autres que le pommeau de son épée, où son sceau étoit gravé.
- L e sceau, sous Phi lippe- Auguste , tenoit encore lieu de signature, parce qu’il n’y avoit que les clercs qui sussent écrire.
- On n’a commencé à mettre les armes sur les sceaux, que vers l’an i366. Les empereurs commencèrent au dixième siècle à marquer sur leurs sceaux le nombre qui distingue les princes du même nom. François I est le premier roi de France qui ait suivi cet usage.
- Les empereurs ont scellé d’un sceau d’or les actes d’importance: ainsi, la bulle d’or de Charles IV, pour l’élection de l’empereur, a pris son nom du sceau d’or qui y pend, et qu’on appeloiLBULLE. V. ce mot.
- Le pape a deux sortes de sceaux : le premier dont il se sert pour les brefs apostoliqués , les lettres, secrètes , s’appelle Vanneau du pêcheur $ c’est, un gros anneau où l’on voit la figure de saint Pierre qui tire ses filets pleins de poissons : l’autre, dont
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- il se sert pour les bulles, a la tête de de saint Pierre à droite, et celle de saint Paul à gauche, avec une croix entre deux ; et, de l’autre côté , le nom du pape, quelquefois avec ses armes , mais rarement. Le sceau des brefs s’imprime sur de la cire rouge, et celui des bulles, sur du plomb.
- SCHÉDULE, s. f. du lat. sche-dula , diminut. de scheda ,r feuille : petite feuille , billet, CÉDULE.
- SCELLÉ, s. m. de sceau , en lat. sigillum.
- ( Pratique ) S celle se dit de l’apposition d’un sceau faite d’autorité de justice, sur les armoires et autres lieux où sont renfermés les meubles et elfets d’un défunt, d’un débiteur en faillite, ou d’un homme prévenu d’un crime.
- SCELITE, s..f. du grec <ntî\os ( skélos ) , jambe, et de x/âos ( lithos ) , pierre.
- ( Minéral. ) Nom d’une pierre figurée qui représente la jambe humaine.
- SCÈNE , subst. f. du grec ov.m ( skêné ) , tente, cabane, berceau de feuillage.
- ( Art dramatique ) Scène signi-fioit, dans l’origine , le lieu où l’on représentoit les pièces dramatiques ; et ce lieu étoit ordinairement une tente , un berceau, une ramée, etc.
- Scène se prend plus particulièrement aujourd’hui pour décoration , tout ce qui sert au théâtre.
- Scène se dit aussi de la représentation du lieu où l’on feint que s’est passée l’action qu’on expose sur le théâtre. C’est dans ce sens qu’on dit que la scèjie est à Rome, à Londres, etc.
- Scène se dit encore de chaque partie d’un acte du poëme dramatique , où l’entretien des acteurs n’est interrompu, ni par l’arrivée d’un nouvel acteur, ni par la retraite d’un de ceux qui sont sur le théâtre.
- SCÉNIQUE, q^j. de SCÈNE. ( V. ce mot) : qui appartient à la scène.
- ( Art dramatique ) Jeux scéniques ; on a beaucoup vanté les représentations scéniques des anciens. Les Romains ont passé quatre cents ans sans aucuns jeux scéniques , et
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- ils furent fort peu de chose dans les coramencemens. On fit venir des comédiens d’Etrurie , qui, sans rien réciter , dansoient seulement au son des instrumens; ensuite on y ajouta des récits de vers; peu à peu ils se perfectionnèrent., et la représentation s’en fit avec une dépense et une magnificence extraordinaire. Vov THEATRE.
- SCÉNITE , s. m. de SCÈNE. V. ce mot.
- ( Géographie) Il se dit de certains peuples qui n’ont point de demeures fixes , et qui habitent sous des tentes ; on le dit sur-tout des Arabes de l’Arabie-Pétrée.
- SCÉNOGRAPHIE , s. f. du grec ( skêné ) , scène, et de ypéttpcg ( graphô ) , décrire : description de scène.
- ( Perspective ) Scénographie, en termes de perspective , est la représentation d’un corps en perspective sur un plan ; c’est-à-dire, la représentation de ce-corps dans toutes ses dimensions, tel qu’il paroît à l’œil.
- La scénographie diffère de Vich-nographie et de Vorthographie. S’il est question de la représentation d’un bâtiment, Vichnographie de ce bâtiment est le plan ou sa coupe par en bas ; Vorthographie est la représentation de la façade du bâtiment ou d’une de ses faces ; enfin , la scénographie est la représentation du bâtiment en son entier , c’est-à-dire, de ses faces , de sa hauteur , et de toutes ses dimensions.
- ( Peinture ) Les peintres décorateurs appellent particulièrement scénographie , l’art de peindre les théâtres , et de faire des décorations.
- ( Art. milit. ) Les ingénieurs entendent par ce mot l’aspect d’une place de guerre , ou sa représentation naturelle, telle que la place sé représente à l’œil, quand on regarde par dehors quelqu’une de ses laces, et que l’on considère son assiette, la forme de son enceinte, le nombre et la figure de ses clochers, et le sommet de ses bâtimens.
- SCÉNOPÉGIE, s. f. du grec mitv» ( skêné ) , tente , et de myvîn» ( pêgnuô ) , fixer, établir : l’action de dresser des tentes, des tabernacles.
- ( Hist. juive ) Nom que les Grecs
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- dont! oient à la fête des tabernacles qüe les juifs célébraient tous les ans. Cette fête durait sept jours, pendant lesquels ils habitoient des tentes et des berceaux de feuillage, en mémoire de ce que leurs pères avoient demeuré long-tems sous des tentes , dans le désert.
- SCEPTICISME, s. m. du grec r/J'TTTQ/yuti ( skeptomai ) , considérer , contempler.
- ( Philos, anc. ) On appelle ainsi la doctrine ou le sentiment d’une secte de philosophes anciens , disciples de Pynhon , qui faisoient profession de douter de tout , c’est-à-dire , qui examinoient. tout, sans rien décider. On dit aussi la philosophie sceptique , pour la philosophie qui consiste à douter de tout ; et philosophe sceptique , ou simplement sceptique , pour celui qui fait profession de douter de tout.
- SCEPTRE , s. m. du grec a%yt7r1pov ( skêptroii), bâton , dérivé de nn-n-r'jû ( skêptô ) , s’appuyer : bâton d’appui.
- ( Hist. ) Le sceptre ne fut d’abord qu’une canne ou bâton dont les rois et les généraux se servoient pour marcher ; ou plutôt c’étoit une pique sans fer , ainsi qu’on peut s’en convaincre par d’anciennes médailles représentant des souverains et des dieux , et par le passage de Justin , qui donne le nom de lance ou sceptre , hasta pura , à une pique sans fer, qu’on voit à.la main des divinités et des rois. Dans la suite , Je sceptre devint le symbole du pouvoir. Agamemnon, Uüsse, Achille avoient des sceptres d’or. Rome vit pour la première fois Tarquin l’ancien ajouter cet ornement à la royauté. Le sceptre releva la pourpre des consuls , sous le nom de bâton de commandement. Les empereurs l’ont, conservé jusque dans les derniers teins , et les rois le portent dans les grandes cérémonies.
- Sous la première race des rois de France , le sceptre ou bâton royal, étoit une verge d’or , recourbée par le bout en forme de crosse , et presque touj ours de la hauteur du roi.
- SCHACH ou SCHAH , s. m. Mot persan qui signifie roi, seigneur.
- {Hist. Persane) Les rois de Perse Prennent toujours ce titre, qui est
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- an dessus de celui de kan. Ainsi , dans l’histoire , Schah- Hbbas , signifie le roi Abbas, Schah-Hus~ sein , le roi Hussein.
- SCHEIK ou CHEIK , mot arabe qui signifie vieillard.
- ( Hist. turque ) C’est le nom que les Turcs donnent à leurs prélats , dans la religion mahoméfane. Les scheïks se distinguent des autres musulmans par un turban vert. Le muphti est qualifié de scheik-ulis-mani, ce qui signifie prélat des élus. Il y a des scheiks à qui on donne le titre de sche'rif, c’est-à-dire de saint ; ce titre se donne sur-tout aux prélats des jamis ou grandes mosquées.
- SCHELLING , s. m. du saxon sylling, dont les Anglois ont fait shelling, les allemands schelling.
- ( JVIonnoie ) Monnoie d’argent, qui a cours en Angleterre , en Allemagne , en Hollande , en Flandre , et dont la valeur est différente selon les différens pays.
- SCHÉMA ou SCHÈME , s. m. du grec a-yypa, ( schéma ) , forme , figure.
- ( Oe'om. ) Vieux mot qui signifie la même chose que figure ou plan. C’est la représentation que l’on fait de quelque chose dans l’astronomie et dans la géométrie , par des lignes sensibles à l’œil. En asbonomie , c’est la représentation des planètes chacune en son lieu, pour un instant donné.
- SCHÉNOBA.TE , s. m. du grec 0%o7voî {schoinos ) , corde de jonc, et de Çcthce ( hainô ), marcher : danseur d^ corde.
- {Jeux scén. ) Espèce de danseurs de corde qui voltigeoient autour d’une corde , comme une roue autour de son essieu , et qui se sus-peu do ient par les pieds et par le cou.
- De schénohates , les modernes ont fait schfiiiobatée , pour l’art de danser sur la corde.
- SCHISME , s. m. du grec er^îçpa. ( schisma ) , coupure , dérivé de (jr^/Çœ ( schizo ) couper, diviser : division , séparation. s
- ( Culte relig. ) Ce mot n’est guère d’usage qu’en parlant de la séparai ion qui arrive à cause de la
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- diversité d’opinions entre gens de ïa même religion, d’une même créance. Le schisme des dix tribus d’Israël , d’avec la tribu de Juda et de Benjamin. Le schisme des Persans d’avec les autres mabométans. Le grand schisme d’Gccident, qui arriva entre Clément Vil et Urbain VI; Le schisme des Grecs, commencé par Photius , l’an 868, et consommé dans le onzième siècle par Michel Cérularius ; le schisme d’Angleterre, formé sous Henri VIII, et consommé sous Elisabeth.
- SCHISTE , s. m. du grec aliénai ( schiso ), fendre, diviser, et de X;9oç ( lithos ) , pierre : pierre divisée , pierre feuilletée.
- ( Minéral. ) On donne ce nom aux roches qui se divisent en grands feuillets parallèles entr’eux , et au 'plan des couches principales. Les schistes se trouvent parmi les roches primitives, et on leur donne le nom général de roches feuilletées.
- SCHOLASTIQUE , ou comme l’écrit l’académie SCOLASTIQUE, adj. et s. du grec o%o\ü ( scholé ) , loisir ou école ; l’étude exigeant que pour s’y appliquer on soit libre de tout soin : appartenant à l’école.
- ( Hist. anc. ) Le titre de scholastique a été longHems un titre d’honneur ; dès le siècle d’Auguste, on le donna à ceux qui se distin-guoient par l’éloquence et la déclamation. Sous Néron , on l’appliqua à ceux qui étudioient le droit et se disposoient à la plaidoirie ; de là il passa aux avocats qui plaidoientdans la barreau.
- Dans le moyen âge, lorsque Charlemagne eut conçu le dessein de faire refleurir les études ecclésiastiques , on nomma scholastiques les premiers maîtres des écoles où l’on en-seignoit aux clercs les lettres, la théologie et la philosophie.
- ( Didcict. ) Théologie scholastique , ou simplement scholastique; c’est l’art de traiter les matières de théologie, selon la méthode scholastique.
- C’est dans le douzième siècle que commença cette manière d’enseigner la théologie; c’est-à-dire, à l’époque où la philosophie d’Aristote s’introduisit, dans les écoles, sous la forme
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- sèche et décharnée que lui avoient donnée les Arabes, et que les théologiens adoptèrent. Roscelin et Anselme, auxquels succédèrent Abai-lard et Gilbert de la Pcirée- l’introduisirent dans les écoles de Paris.
- Dans le quinzième siècle, la méthode scholastique commença à perdre de son crédit ; les bons auteurs s’en délirent peu à peu , et aujourd’hui elle e:t entièrement bannie des écoles.
- SCHOLIASTE ou SCOLIASTE, s. m. de SCHOLIE, ( T. ce mot ) : commentateur.
- ( Bibliogr. ) Il se dit particulièrement de ceux qui ont fait des commentaires , des notes ou des observations sur les poètes et auteurs grecs.
- SCHOLIE , s. f. du grec v^oà/oh ( scholioii), note, observation courte sur différons passages d’un auteur, pour en faciliter l’intelligence.
- ((Jramm.) Note grammaticale, ou critique pour servir à l’explication , à l’intelligence des auteurs ciasiques.
- ( Mathématiques ) Ce mot, employé au masculin , est fort en usage dans la géométrie et les autres parties des mathématiques. Souvent , après avoir démontré une proposition , on enseigne dans une sckolie une autre manière de la démontrer; ou bien on donne quelqu’avis nécessaire pour tenir le lecteur en garde contre les méprises; ou enfin, on fait voir quelque usage ou application de la proposition qu’on vient de démontrer. M. Wolf a donné, par forme de scholie, dans ses élémens de mathématiques , beaucoup de méthodes utiles, de discussions historiques, des descriptions d’instrumens, etc.
- SCHORL , s. m. Corruption du suédois scoerl : on prononce cheurl.
- ( Minéral. ) Ce nom a été donné aux cristaux noirs qui se trouvent fréquemment dans les granits et autres roches primitives.
- Divers auteurs ont donné le nom de schorl à plusieurs substances qui portent aujourd’hui des noms dift'é-rens, tels que la ceylaniLe, l’axi-tiite, la tourmaline, l’amphibole, le pyroxbnc , la staurotile, la thaï-lile, l'oisa nite , la sommité, la cya-ni le, la thémolUhe, le titane,
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- SCÎAGRAPHIE ou SCIOGRA-pHIE, s. f. du grec enuk{skid)y ombre, et. de ypâ<pœ (graphà), décrire, tracer.
- ( Astron. ) Quelques auteurs ont fait usage de ce terme pour exprimer J’art de trouver l’heure du jour ou de la nuit, par l’ombre du soleil, de la lune ou des étoiles.
- ( Archit. ) Ce mot sert aussi en architecture à désigner la représentation de l’intérieur ou la coupe d’un bâtiment, et alors il signifie littéralement description avec les ombres.
- ( Peinture) Les Grecs employoient le mot sciagraphie, ou peinture des ombres, dans le même sens que nous donnons au mot clair-obscur, que nous avons emprunté de l’italien schiaro-scuro. Appollodore fut le premier des peintres grecs qui sut rompre les couleurs, et exprimer la privation de toute couleur dans les ombres. Les succès d’Appollodoré lui méritèrent de la part des Grecs le surnom de sciagraphe , peintre des ombres.
- SCIAMOCHIE, s. f. du grec a-mk ( skia) ombre, et de p.kx^^1 (nw-chomai ) , combattre : combat avec son ombre.
- ' ( lYlédec. préservative ) Espèce d’exercice pratiqué par les anciens, et mis au rang des gymnastiques médicinaux , qui consiste à lutter, à se battre contre son ombre, ou à faire les mêmes mouvemens qu’on fait dans mi combat réel. Quelquefois, au lieu dune ombre simple, on s’exerçoit contre un poteau.
- SC1AMANCIE, ou SCIOMAN-CîE , s.f. du grec crtcik (skia), ombre, et de p.zvTinL ( manLeia ), divination : divination par le moyen des ombres.
- ( Divïnat. ) Cette divination con-sistoit à évoquer les âmes des morts pour en apprendre l’avenir. Ce fut par la sciamancie que la Pytho-nisse d’Endor évoqua l’ombre de Samuel, lorsque Sai.il vint la consulter sur l’évènement de la bataille qu’il alloit livrer aux Philistins.
- SCIATÉRIQUE , s. f. du grec «ruk ( skia ), ombre , et de {1èrein ) , observer.
- ( Astron. ) Quelques auteurs ont «baaé ce nom à la science des ca-
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- drans solaires. V. GNOMONIQUE.
- Sciatérique ou sciotèrique , pris adjectivement, est aussi l’épithète que Molineux a donnée à une espèce de télescopq, ou cadran horizontal, garni d’une lunette pour observer le tems vrai , soit pendant le jour, soit pendant la nuit, et pour régler les horloges.
- SCIATIQUE , adj. et s. f. du grec ia-^/ov (ischion) , la hanche , le haut de la cuisse.
- ( IMèd. ) Espèce de goutte qui a principalement son siège dans l’articulation du fémur avec l’os ischion : elle est très-douloureuse. La douleur occupe non-seulement la jointure , mais aussi la hanche, les lombes, l’os sacrum , la cuisse , le jarret, la jambe , et s'étend quelquefois jusqu’à l’extrémité du pied. Quand elle est invétérée, elle rend ordinairement boiteux ceux qui en sont attaqués, parce que la tète du fémur sort de sa cavité, par le relâchement dé son ligament.
- ÇA/iat. ) O11 dit aussi le nerf sciatique , les artères sciatiques, pour le nerf ou les artères qui appartiennent à la hanche.
- SCINTILLATION, s. f. du lat. scintillo , étinceler.
- ( Astron.) Mouvement de lumière qu’on aperçoit dans les étoiles de la première grandeur, comme si elles lançoient à chaque instant des rayons qui fussent remplacés par d’autres , avec une espèce de vibration. Les planètes, quoique souvent plus brillantes , n’ont point ce mouvement de scintillation , excepté peut-être Vénus dans certains tems : cela sert même à distinguer les étoiles des planètes.
- SCION, s. m. du lat. scind , sois-< sum , retranché , coupé , séparé.
- ( Agncalt. ) Petit rejeton d’un arbre ou d’un arbrisseau.
- SCÏOPTIQUE, adj. du grec cnuk ( skia ) , ombre , et d’o'Trrop.a.i ( op-totnai), voir: comme qui diroit, qui fait voir dans l’ombre.
- ( Optique ) Il se dit d’une sphère ou d’un globe de bois, dans lequel il y a un trou circulaire où est passée une lentille. Cet instrument est tel, qu’il peut éUe tourné et placé dans
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- tous les sens, comme l’œil d’un animal. On s’en sert dans les expériences de la chambre obscure.
- SCIOTÉRIQUE; v. SCIATÉ-RIQUE.
- SCISSION , s. f. du lat. scissio, fait descindo , fendre, diviser.
- (Polit.) Séparation, division dans tui Etat, dans une assemblée politique.
- SCISSURE , s. f. même origine que SCISSION.
- ( Anal. ) On nomme ainsi tout enfoncement des os , qui loge des vaisseaux sanguins et des nerfs , comme on l’observe aux côtes.
- ( HisL. nat, ) Scissure se dit aussi, parmi les minéralogistes, de la fente des rochers, des montagnes, occasionnée par des tremblemens de terre ou autres accidens.
- SCLÉRIASIS , s. f. du grec mkn-f'iAçic ( skié ri as is ), dureté, callosité.
- ( Wléd. ) Callosité des cartilages, tarses des paupières.
- SCLÉROME, s. m. du grec entX»-papia, ( sklêrôma ) , dureté.
- ( IVléd. ) T umeur renitente qui se forme dans quelque partie de l’utérus.
- SCLÉROPTHALMIE , s. f. du grec a-Kkttpàç ( skléros ) , dur , et d’cKpôak/uoc ( ophlhalmos ) , œil : dureté de l’œil.
- ( Méd. ) Maladie des yeux accompagnée de dureté et de difficulté de mouvement, de douleur et de rougeur.
- SCLÉROSÀRCOME , s. m. du grec crKkvptç (, skléros ) , dur , et de !7Ùp| ( sarx ) , chair. '
- ( Aléa. ) Tumeur dure et charnue qui affecte tes gencives, et qui ressemble quelquefois à une crête de coq , et quelquefois à la chair d’un animal à coquille.
- SCLÉROTIQUE , adj.. du grec ( skléros ) , dur.
- ( A nat. ) C’est le nom qu’on a donné à l’une des tuniques de l’œil, arce qu’elle est la plus dure. On 'appelle aussi cornée opaque.
- SCQBIFORME , adj. du latin scobs , scobis , limaille , sciure , et de forma , forme : qui ressemble à de la limaille , ou à de la sciure de bois*
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- ( Do tan. ) (Jra ines scob formes? on appelle ainsi les graines qui ressemblent au premier coup-d’œil à de la sciure de bois : telles sont celles de plusieurs orchidées.
- SCOLASTIQUE : v. SCHOLASTIQUE.
- SCOLIASTE : voy. SCHO-LIAS*TE.
- SCOLIE ; voy. SCHOLIE. SCORBUT, s. m. Mot emprunté des Hollandois, qui l’ont eux-mêmes pris du danois crobuth , ventre rompu.
- ( IVléd. ) Maladie familière sur mer et dans les pays septentrionaux. Ses symptômes les plus ordinaires , sont le relâchement, le gonflement, la lividité et le saignement des gencives ; la noirceur , l’ébranlement et la chute des dents ; les ulcères et la puanteur delà bouche; les taches et les vergetures rouges , livides, quelquefois jaunes, sur la peau, etc.
- SCORIE , s. f. du lat. scoria , écume, crasse.
- ( Métallurgie ) On appelle scories , dans les fontes métalliques, les substances salino-terreuses qui viennent nager à la surface du métal , et former une espèce d’écume ou de matière vitreuse. Ces matières varient suivant les différentes mines ou les dilîérens métaux que l’on fait passer à la fonte ; elles sont produites par les pierres qui forment la gangue , le soufre , l’arsenic contenus dans la mine.
- Les scories contiennent souvent une partie du métal ; de là vient le nom de scories pures et scories impures. Lorsque les scories sont bien vitrifiées , elles fournissent un excellent fondant pour le traitement des mines : elles font la fonction du verre, et facilitent la fusion.
- De scorie , on a fait scorification pour Part de séparer des métaux en fusion les substances qui leur sont étrangères. Les matières employées pour cela sont le borax , la litharge, les flux , etc.
- ( Minéral.’) Scories volcaniques; on donne ce nom en général à toutes les matières volcaniques qui sont boursouiïlées t à peu près comme le mâchefer : telles sont les masses isolées lancées par le volcan dans
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- ses explosions , et qu’on voit rouler Sur les flancs des montagnes.
- SCORPION , s. m. du grec crnog mbs (skorpios ).
- ( Hist. nat. ) Insecte venimeux qui a la f gure d’une écrevisse.
- ( Astron. )Scorpionou la grande bête est le nom du huitième signe du zodiaque et d’une constellation. Il est appelé dans Cicéron , nepa ; dans Maniliüs, martis sidus ; dans Aratus , fera magna , parce qu’il occupoit deux signes entiers.
- SCOTIE , s. f. du grec <rnoroi ( skotos ) , ténèbres, obscurité.
- ( Archit. ) Moulure ronde et creuse , qui se place entre les tirets de la base d’une colonne -, elle est ainsi appelée à cause de l’ombre qu’elle reçoit dans son creux.
- SCOTOMIE, s, f. du grec mo-( sïîolôina ) , vertige avec of-fuscation de la vue, dérivé de o-mtos ( skotos ) , obscurité, ténèbres.
- ( Méd. ) C’est le nom d’une maladie qui cause des éblouissemens, qui proviennent de ce que les yeux sont couverts de nuages. On nomme aussi cette maladie vertige ténébreux , parce que c’est un vertige qui procède de l’obscurité de la vue, dans lequel les objets extérieurs pa-roissent tourner comme en rond.
- SCRIBE , s. m. du latin scriba , fait de scribo , écrire : celui qui écrit.
- ( Hist. anc. ) Scribe, dans la loi des juifs , étoit un principal officier qui écrivoit ou qui interprêtoit l’écriture.
- Il est parlé souvent dans la bible des scribes , des pharisiens ; il n’en est point parlé avant Esdras , c’est pourquoi quelques savans conjecturent que le nom et la fonction sont venus de Chaldée et d’Assyrie , et qu’ils s'établirent chez les juifs, au retour de la captivité de Babylone. Us acquirent une grande réputation parmi les juifs ; ils étoient au dessus des sacrificateurs.
- Le titre de scribe étoit également tin nom de magistrature chez les Grecs, qui les appeloient scribes du peuple. Les Romains donnoient aussi le nom de scribes à des officiers subalternes de justice.
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- Aujourd’hui on n’entend plus par le mot de scribe > qu’un homme qui gagne sa vie à écrire ; et dans ce cas, c’est un terme de mépris.
- SCRIPTEUR , s. m. du latin scribo , scriplum, écrire : celui qui écrit.-
- ( Chancellerie rom. ) C’est à Rome , un officier du premier banc , qui écrit les bulles qui s’expédient en original gothique : ils sont au nombre de cent.
- SCROBICULEUX , SE , adj. du lat. scrobicula , diminutif de scro-bis, scrobis , fosse parsemée de petits trous concaves.
- ( Botan.) Il se dit des parties des plantes dont la surface est parsemée de petits trous concaves , creusés dans la substance même du corps. Le réceptacle commun de quelques composées, le placenta de plusieurs anagallidées, etc., sont scrobicu-leux.
- SCROFULES , s. f. du lat. scro-phulœ y écrouelles, formé de scro-pha y truie.
- ( Méd.) Les scrofules, dont on a fait, par corruption , ECROUELLES ( K. ce mot. ) , sont des tumeurs froides qui se forment dans les glandes conglobées du cou , etc. Elles sont ainsi appelées du latin scro-pha, truie, parce que cet animal passe pour être sujet à la même maladie.
- SCROTOCÈLE, s. m. du latin scrotum, le scrotum, les bourses , et du grec ( kélé ) , tumeur,
- hernie : hernie du scrotum.
- (Méd.) Hernie complète qui descend jusqu’au scrotum.
- SCROTUM, s. m. du latin scrotum y ou scorlum, sac de cuir ou de peau.
- ( A nat. ) Enveloppe cutanée qui renferme les testicules, et qu’on appelle vulgairement bourse. Elle a été ainsi nommée par les anciens , parce qu’elle ressemble à un sac ou bourse de cuir, qu’ils appeloient scorlea , bourse de cuir ou de peau.
- SCRUPULE, s. m. du latin scru-pulus , diminut. de scrupus , gravier, petite pierre qui entre dans 1# soulier, quand on marche dessus.
- (Métrai. ) Le plus petit"des poids
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- dont se servoicnt les anciens , et, parmi les médecins modernes, un poids égal à 20 grains.
- (,Aslron. ) Scrupules, en ternies d’astronomie , signifient des parties, des minutes.
- Scrupules éclipsés ; c’est la partie du diamètre de la lune qui entre dans l’ombre.
- Scrupules de la demi-durée ; c’est un arc de l’orbite de la lune , que le centre de cette planète décrit depuis le commencenrentde l’éclipse jusqu’à son milieu.
- SCRUTIN, s. m. du lat. scrutor, rechercher.
- (Polit. ) Manière dont les assemblées politiques, ou les compagnies, procèdent, dans les élections qui se font par suffrages secrets, que l’on donne par billets pliés ou par petites boules, qu’on appelle ballotes ( P". BALLOT AGE). Il y a plusieurs sortes de scrutin :
- Scrutin individuel; c’est celui auquel on procède en faisant, par chaque votant, un bulletin particulier pour chaque sujet à élire, et sur lequel on n’écrit qu’un seul nom.
- Scrutin de liste; c’est celui par lequel on vote à la fois sur tous les sujets à élire, en écrivant dans le même billet autant de noms qu’il y a de nominations à faire.
- Scrutin de liste double ; c’est celui par lequel, non-seulement chaque électeur vote à la fois sur tous les sujets à élire , mais encore désigne un nombre de sujets, double de celui des places à remplir, en écrivant dans le même billet un nombre de noms, double de celui des nominations à faire.
- Au premier tour du scrutin, on obtient la pluralité relative des suf-fr âges, mais il faut quelquefois trois tours pour obtenir la pluralité absolue.
- De scrutin ou scruter, on a fait scrutateurs, pour désigner ceux qui sont appelés à assister à la vérification du scrutin. Dans l’élection des papes , .il y a toujours trois cardinaux scrutateurs.
- SCULPTURE , s. f. du latin s culp o , sculplum f graver j tailler au ciseau.
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- L’art de peindre et de sculpter, est. né par-tout ; chez l’homme encore sauvage, par-tout il a voulu imiter la forme humaine : on n’a donc tardé nulle part à paîtrir de la terre, à tailler du bois , et l’on n’a pas tardé par-tout à vouloir représenter à peu près la même figure humaine par des traits grossiers de couleur. Telle a éié l’origine de la sculpture et de la peinture, et ces deux arts se sont arrêtés à ces premiers rudimens, sur une grande partie de la terre. Moïse nous montre des ouvrages de sculpture dans des siècles bien antérieurs à ceux où il écrivoit.
- Dans la Genèse , lorsque Jacob se disposoit à quitter en secret Laban, et à retourner dans le pays où il avoitprisnaissance, Rachelparvint à dérober les idoles de son beau -père.
- On voit, encore que l’art de jeter en fonte les métaux , et de les faire servir à des imitations de la nature, fut connu des Israélites, dans des te-ms fort reculés , puisqu’ils fondirent un veau d’or dans le désert.
- Les Egyptiens ‘ inventèrent de bonne heure la sculpture ; mais deux obstacles s’opposèrent à ce qu’ils pussent la porter à la perfection ; le premier étoit invincible ; c’est, qu’ils n’étoient pas beaux eux-mêmes; le second, c’est que les lois leur prescrivoient une continuité de principes et de pratique, qui nepermet-toitpasaux artistes de rien ajouter à ce qu’avoient fait leurs prédécesseurs. Les Egyptiens ne pouvoient d’ailleurs connaître l’anatomie, puisque celui même qui ouvrait les corps pour les embaumer , étoit obligé de se soustraire par la fuite, à la fureur du peuple.
- Les grands ouvrages des Phéniciens ont été détruits; mais Homère rend hommage à leur habileté dans les arts, en parlant du cratère de Pelée , qui l’emportoit , dit-il , en beauté , sur tous les ouvrages de la terre entière, car c’étoit les Sido-niens, ces hommes habiles , qui l’avoient travaillé.
- Les conjectures que l’on peut faire sur l’habileté des Perses, dans les arts qui tiennent au dessin, ne sont pas favorables à ce peuple. Comme la décern e ne leur permettoit pas de sa
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- montrer nus, ils ne purent faire de grands progrès dans le dessin de la ficmre , puisqu’ils n’en eonnoissoient pas les formes, et ne durent guère connoître d’autre beauté que celle des têtes , et la hauteur majestueuse de la taille.
- Pline et Winkelman , regardent comme probable , que les Etrusques avoient conduit avant les Grecs , l’art de la sculpture à une certaine perfection; ce qui est certain, c’est nue, long-tems avant le siège de Troie, un artiste, nommé Dédale, fuyant la colère de Minos, se réfugia en Sicile, où il travailla, et d’où il passa en Italie, où il laissa des monumens de son art. Pausa-aias et Diodore de Sicile, assurent que l’on voyoit encore, de leur terns, <!es ouvrages attribués à cet artiste célèbre , et qui étoient imposans par 3a grandeur de leur caractère.
- Si les Grecs entrèrent plus tard que d’autres peuples, dansla carrière des arts. ils surent, en les devançant , faire servir ce désavantage à leur gloire. Dès qu’ils eurent fait les premiers pas, les encouragemens, Ls récompènsss, la gloire , les excitèrent à en faire de nouveaux, et. au moment où ils s’arrêtèrent enfin, s’il leur restoit quelques découvertes à faire, ce n’étoit du moins que dans quelques parties inférieures de l’art, qui nuisent souvent à l’étude des parties capitales. D’ailleurs, jamais les statuaires n’eurent d’aussi fréquentes occasions que dans la Grèce, de développer leurs talens , et d’en recueillir la récompense. Tout homme qui méritoit la reconnoissance de ses concitoyens , tout homme qui parvenoit à se distinguer, avoit les honneurs d’une statue. Quelquefois, dit Winkelman , on s’en érigeoit à soi-même; on avoit la permission (ta placer dans les temples les statues de ses enfans.
- On connoît l’amour des Grecs pour la beauté ; on sait que leurs ouvrages sont remplis des éloges de eette qualité extérieure ; chez un pa-ïed peuple, les artistes dévoient se la proposer pour premier objet de leur '“t: ils dévoient surpasser, en suivant cet objet, tons les peuples qui «•voient cultivé la sculpture, et leurs
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- ouvrages dévoient être les modèles de tous les peuples à venir.
- Comme les honneurs des statues furent principalement accordés aux hommes qui excellèrent dans les jeux publics', les artistes durent avoir de beaux modèles , car des athlètes , vainqueurs à la course, au pugilat,, etc. , dévoient être des hommes bien conformés, et offrir, par le genre de leurs-exercices, différentes espèces de beauté.
- Jusqu’au règne d’Alexandre, les arts s’avancèrent dans la Grèce de plus en pli^, vers la perfection ; mais , après la mort de ce prince , quoique la peinture et la sculpture fussent toujours plus cultivées, elles 11e firent plus de progrès dans les parties capitales. Après la chute des républiques grecques, les beaux arts furent transportés de la Grèce à Rome ; mais ils ne paraissent pas avoir eu beaucoup d’éclat avant le règne de Néron ; il est même probable que les beaux ouvrages faits du teins de ce prince , ainsi que sous les règnes de Trajan et d'Adrien, ont été exécutés par des Grecs.
- Lorsque la Grèce fut tombée sous la domination de Rome , les artistes, privés de l’espérance de s’attirer de la considération de la part d’un gouvernement qui n’estimoit que les-gens de guerre , tombèrent dans le découragement ; dès lors ils renoncèrent à l’étude de l’art, qui devint une sorte de métier, et qui fut enfin plongé dans un abandon total.
- L’art ne faisant plus de progrès, déchut rapidement; s’il se releva quelque terns sous les princes qui l’aimoient, les révolutions de l’empire , les guerres successives, le changement de religion , l’abolition des images , l’invasion des barbares , portèrent les derniers coups au bon goût, en détruisant ce qui restoit encore des chefs d’œuvres des anciens
- C’est dans le quinzième siècle que la sculpture est sortie du néant, soutenue par Michel-Ange. Tandis qu’elle llorissoit en Italie, Jean Goujon lui préparait en France une nouvelle gloire ; mais cette gloire se perdit dans les guerres civiles qui désolèrent le royaume. Le siècle de Louis XIV , si fécond en merveilles , vit naître Puget,, Girardon,
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- Coustou , etc. Ces hommes de génie en ont créé d’autres , parmi lesquels on est obligé de citer Bouchardon , qui a rassemblé toutes les perfections de l’art, et les beautés de l’antique, dans ses nombreux ouvrages.
- Pour l’histoire de la sculpture, la critique des monumens anciens , etc. consultez l’histoire de l’art, de Win-kelmann , les ouvrages de Mengs, Reynolds, Falconnet, etc.
- SCUTIFORME, adj. dulat. scutum, écu , bouclier, et de forma , forme, ressemblance : qui a la forme d’un bouclier..
- ( Anat. ) Il se dit d’un des cartilages du larynx, ainsi appèlé parce qu’il a la forme d’un bouclier.
- SCYTALE , s. f. du grec a-Kvru^n (shutalê) , fouet de cuir.
- (Stéganogi'aphie) Ce terme désigne une invention dont se servoient les Lacédémoniens pour écrire d’une manière secrète. Les deux correspon-dans avoient chacun un rouleau de même dimension et de même longueur; celui qui écrivoit tournoi! autour du rouleau une bande de parchemin , et ensuite il traçoit ses caractères sur ce parchemin ainsi roulé. Cette bande déroulée présentoit des lettres sans suite , et indéchiffrables pour celui qui n’étojt point au fait de cette manière d’écrire. Le correspondant , à qui l’on adressoit la bande de parchemin, la rouloit à son tour sur le rouleau pareil à celui dont s’é-toit servi la personne qui avoit écrit, et le contenu de la missive se présentoit d’une manière facile à lire. Cette invention, assez grossière , est la première dont parle Porta , dans son livre de Ciferis.
- SÉBACÉ , ÊE, adj. du lat. seba-ceus , fait de sébum, suif : qui ressemble à du suif.
- ( Anal. ) Il se dit de certaines glandes qui séparent une humeur semblable à du suif. Ces glandes sont répandues par toute la peau ; elles sont remarquables sur - tout aux environs du nez, aux aines et aux aisselles.
- SEBATES, s. m. même origine que SÉBACÉ.
- (Chimie') Sels formés par la combinaison de l’acide sébacique , ou de la graisse , avec différentes bases.
- SEC
- Leur terminaison en ate , indique qu’ils appartiennent à la classe des acides qui sont complètement saturés d’oxîgène , et dont la terminaison est en ique.
- SEC, SÈCHE , adj. du lat. siccus, l’opposé de l’humide , et au figuré dépourvu d’agrément.
- ('Archilect.) En maçonnerie, on dit un mur de pierres sèches, pour un mm fait de pierres arrangées simplement , sans plâtre ni mortier.
- ( Fortificat. ) On dit un fossé sec, pour un fossé où il n’y a point d’eau.
- ( Métallurgie ) Sec se dit aussi des métaux qui sont cassans et difficiles à mettre en œuvre. On dit plus communément aigre.
- ( Diction ) On dit d’un auteur, d’un orateur , d’un poète, qu’il est sec lorsqu’il n’est ni abondant en pensées, ni riche en expressions.
- Un style sec est un style dépourvu d’agrémens , d’ornemens , etc.
- (Arts' du dessin) Un dessin sec est un dessin fait avec un trait amaigri , qui n’a point de moelleux, dont les contours ne sont point préparés , la touche épargnée.
- Un peintre sec est celui dont les teintes sont sans passages, et mal fondues.
- Un ouvrage sec, en sculpture, est celui dont les contours sont durs , qui n’a pas cette tendresse qui se fait sentir dans le marbre bien travaillé.
- ( Marine ) Courir à sec ; c’est, dans un gros coup de vent, avoir toutes ses voiles serrées, afin de présenter moins de surface au vent.
- Un vaisseau met aussi à sec, dans certains cas, en tems de guerre , lorsqu’on est à portée de quelques vaisseaux ennemis, en force supérieure, pour éviter d’en être apperçu.
- SÉCABLE , adjec. du lat. seco , couper.
- ( Didacl. ) Qui peut être coupé.
- SECANTE, s. f. même origine que SÉCABLE.
- ( Géom.) Ligne qui en coupe une autre , ou qui la divise en deux parties. ;
- ( Trigonométrie ) Sécante , en termes de trigonométrie, signifie une
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- ligne droite , tirée du centre d’un cercle, laquelle coupant la circonférence , est prolongée jusqu’à ce qu’elle se rencontre avec une tangente au même cercle.
- SECHE, ou SEICHE , ou SEP-PÏE, du lat. seppia.
- (Ichtyologie) Genre de vers mollusques nus, ayant le corps charnu , contenu dans un sac également charnu , terminé en haut par deux tentacules et huit bras verruqueux.
- La baleine se nourrit beaucoup dé cette sorte de poisson.
- L’ambre gris ( V. AMBRE ), pa-roît être le résultat de sa digestion.
- ( Peinture ) L’encre delà Chine, dont les dessinateurs font un grand usage , paraît aussi fournie par une espèce de sèche , et les habitans de l’Inde recueillent également d’une autre espèce de sèche , une liqueur brime, dont on se sert à Paris pour la peinture en détrempe , dite à la sépia.
- SECHES, s. f. du lat. siccus , sec.
- ( Marine ) Les marins appellent ainsi des sables que la mer couvre quand elle est haute , et qu’elle laisse à découvert et à sec quand elle est basse ; ils donnent aussi quelquefois le nom de sèches à des bancs de rochers , ou écueils près des côtes, que la mer découvre en tout ou en partie, comme les sèches de Barbarie, etc.
- SECOND , DE , adj. du lat. se-cundus , fait de secondo -, aider , favoriser : deuxième, qui est immédiatement après le premier.
- [Algèbre') Second ternie ; c’est celui où la quantité inconnue ihonte a un degré ou une puissance plus petite d’une unité que celle du terme où elle est élevée au plus haut degré.
- L’art de chasser les seconds termes d’une équation , c’est-à-dire , de former une nouvelle équation , où les seconds termes n’aient pas lieu, est une des inventions les plus ingénieuses , et dont on fait le plus grand usage en algèbre.
- ( Chimie ) Eau seconde ; c’est *eau forte étendue d’eau.
- {Art dramatique) Seconds rô-ce saut ceux qui sont suborden-
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- nés aux rôles principaux : cet acteur ne joue que les seconds rôles.
- SECONDAIRE . adj. même origine que SECOND : accessoire, qui ne vient qu’en second.
- ( Aslron. ) Cercles secondaires de l’écliptique ; ce sont, dans les livres anglois ,les cercles de latitudes, ou les cercles qui, passant par les pôles de l’écliptique, coupent l’écliptique à angles -droits , et servent à marquer la distance des étoiles ou des planètes à l’écliptique , et le point de l’écliptique où elles répondent.
- En général, on peut appeler cercles secondaires, tous les cercles qui coupent à angles droits un des six grands cercles : tels sont les cercles azy mutaux ou verticaux , par rapport à l’horizon, etc. ; les méridiens, par rapport à l’équateur.
- Planètes secondaires ; on appelle ainsi les planètes qui tournent autour d’antres planètes , comme centres de leur mouvement, et avec lesquelles elles sont emportées autour du soleil.
- Cadrans secondaires ou cadrans de la seconde espèce ; ce sont les cadrans irréguliers ou déclinans , c’est-à-dire , qui ne sont ni horizontaux , ni équinoxiaux, ni septentrionaux , ni orientaux , ni occidentaux.
- SECONDE , s. f. même origine que les précédens.
- ( (Jéom. aslron. ) La soixantième partie d’une minute ou d’une" prime , soit dans la division des cercles, soit dans la mesure du tem s.
- Une seconde de tems , dans le mouvement diurne de la terre « équivaut à 15 secondes de degré.
- SECONDINES , s. f. du latin se-cundinœ , fait de secundo , aider.
- ( Anat. ) Il se dit du placenta et des membranes qui enveloppent le fœtus dans le ventre de la mère , parce que ces parties sortent les dernières dans l’accouchement. Les matrones disent l'arrière-faix.
- SECRET adj. et s. du latinsécréta ni , fait de secerno, pour seçüs cerno , distinguer , mettre à. part : lieu à l’écart, lieu secret , chose secrète.
- ( Economie polit. ) Conseil secret , on appelle ainsi dans quoi-
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- SEC -ques états , le conseil où l’on agite les affaires importantes.
- ( Diplomatie ) Articles secrets ; il se t'ait peu de traités où il n’y ait quelques articles secrets , c’est-à-dire, des articles dont là publication est retardée jusqu’au moment de leur exécution ; ils sont ainsi appelés par opposition aux articles païens ou publiés dans le traité.
- ( Technol. ) On appelle secrets , dans quelques arts mécaniques, certains ressorts particuliers qui servent à divers usages.
- SECRÉTAGE , s. m. du lat. se-cerno , secrelum, mettre à part.
- ( 'Pechnol. ) C’est le nom d’une opération par laquelle on rend propres au fedtrage les poils de lievre , de lapin et de castor. Cette opération consiste à frotter ces poils avant le dépouillement , avec une brosse imprégnée d’une dissolution dé mercure dans l’acide nitrique.
- SECRÉTAIRE, s. m. même origine que SECRET : celui qui écrit les lettres, qui rédige les actes pour celui ou ceux dont il dépend.
- ( Econ.polit.) Secrétaire d'état; au commencement de la troisième race des rois de France , le chancelier réunissoit toutes les fonctions des secrétaires et des notaires. Frère Guérin , évêque de Senlis , étant devenu chancelier de France , et ayant infiniment relevé cette charge , le secrétariat fut abandonné aux notaires et secrétaires du roi. Les secrétaires qui approchoierit du poi, s’étant à leur tour rendus plus considérables , il y en eut quelques-uns que le roi distingua des autres , et qui furent nommés clercs du secret ; c’est la première origine des secrétaires d’état ; mais ce n’est que depuis Charles IX que les secrétaires d’état ont signé pour le roi. Ce prince étoit fort vif dans ses passions ; et Villeroi lui ayant présenté plusieurs fois desdépèchesà signer, dans letemsqu’il vouloit aller jouer à la paume : signez , mon père , lui,dit-il , signez pour moi. Eh bien mon maître ! reprit V illeroi, puisque vous me le commandez, je signerai.
- SÉCRÉTEUR , ou SÉCRÉ-
- SEC
- T O IRE, s. m. du lat. secerno ,
- secretum, mettre à part, distinguer , séparer.
- ( Physiol. ) On donne ce nom à de petits vaisseaux qui séparent quelque humeur de la masse du sang , comme la salive , la bile, la semence, l’urine , et plusieurs autres.
- SECRETTÔN, s. f. même origine crue SÉCRÉTEUR.
- ( Physiologie ) La sécrétion est la séparation de quelque liqueur mêlée avec le sang.
- Sécrétion se dit aussi des humeurs même séparées de la masse du sang.
- Il y a diverses opinions sur la manière dont la nature opère les sécrétions. Tous les physiologistes conviennent qu’il y a des filtrat ion s dan s toute l’habitude du corps; tous ont remarqué que la nature en opère beaucoup par les extrémités des vaisseaux seulement ; mais comme il y en a d’autres qu’elle n’exécute qu’avec un appareil plus composé , on a cru de là qu’elle employoit difFérenS moyens; on lui en a même supposés, et c’est ce qui a donné lieu à diverses opinions.
- SECTE , s. f. du lat. secla, fait du verbe sector, employé par Cicéron dans le sens de suivre, accompagner, imiter.
- ( Didactique) Il se dit de plusieurs personnes qui suivent les mêmes opinions, qui font profession d’une même doctrine. De là , sectaire, pour désigner celui qui est d’une secte quelconque , ou qui adopte une opinion condamnée par l’église : sectateur, pour celui qui fait profession de suivre l’opinion de quelque philosophe, de quelque docteur, de quelque chef de secte religieuse. ;
- SECTEUR , s. m. du lat. sector, fait de seco , sectum , couper, trancher.
- , ( (jêom. ) Partie d’un cercle comprise entre deux rayons, et l’arc renfermé entre ces rayons.
- Les Anglois donnent aussi le nom de secteur, à ce qu’on appelle eu France compas de proportion.
- ( Astron. ) Secteur est, en termes d’astronomie, le nom d’un instrument qui sert à mesurer la distant*
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- d’un astre ait zénith, ainsi que le quart de cercle ; mais le secteur a moins de degrés , et. un rayon de plus.
- Secteur astronomique ou équatorial,; c’est le nom qu’a donné le célèbre Graliam, de la société royale de Londres , à un instrument de sa composition, qui sert à prendre avec facilité les différences d’ascension droite et de déclinaison de deux astres , quand elles sont, trop grandes pour être observées par une lunette immobile. Cet instrument est, une perfection de la machine parallac-tique.
- SECTION, s. f. du lat. seco , secluni, couper, trancher, div iser : division.
- ( Bibliol. ) Une des divisions dans lesquelles se partage un ouvrage, un livre, un traité , etc.
- ( Qéom.') L’endroit où des lignés des plans s’entrecoupent.
- On appelle aussi section la ligne ou la surface formée par la rencontre de deux lignes, ou de deux surfaces, ou d’une ligne et d’une surface, ou d’une surface et d’un solide , etc.
- Sections coniques ; on appelle ainsi les différentes figures qui naissent des différentes coupes d’un cône. Elles sont au nombre de cinq : le TRIANGLE , le CERCLE, la PARABOLE , l’ELLIPSE et l’HY-PERBOLE. H. ces mots. /A CONIQUE.
- ( A s Iran. ) Section automnale; c’est le point de l’écliptique où ce cercle est coupé par l’équateur, et où le soleil s-e trouve au commencement de l’automne.
- SÉCULAIRE , adj. du lat. secu-laris, fait de seculuni, siècle: de siècle, séculaire, qui se lait de siècle en siècle.
- ( Hist. anc. ) Jeux séculaires ; c étoient des jeux qui se célébraient One fois en ioo ans ou en no ans: ds duraient trois jours et trois nuits.
- premier qui les célébra à Rome dit Valerius Publicola , le premier Çonsul créé après qu’on eut chassé ms rois, l’an 245 de la fondation de Rome. Quelques auteurs prétendent 'jn un siècle étoit composé de cent oi* ans, d’autres, du cent ans ; mais
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- il est certain que plusieurs empereurs n’ont pas attendu ni la cent dixième, ni la centième année. Auguste avoit fait célébrer les jeux séculaires l’an de Rome 736 ; Caligula en fit représenter 64 ans après, et moins de tems encore après; Domitien en fit faire, auxquels Tacite assista en qualité de quindécemvir. Septime Sévère fut le dernier qui les célébra.
- Poëme séculaire ; c’est une pièce de vers qui srn chantoit ou se réci-toit aux jeux séculaires.
- L’ode sapliique d’Horace, qui est à la fin du livre îles Epodes , est un fort beau poè’me séculaire. Plusieurs éditions donnent encore le titre de poëme séculaire à la vingt-unième ode du premiej. .
- Hnuée séculaire ; c’est l’année qui termine chaque siècle.
- SÉCULIER , ÈRE, adj. du latin secularis, fait de seculum, siècle, pris dans le sens de vie temporelle, vie profane, vie mondaine : profane, qui vit dans le monde, qui appartient au monde.
- ( Hist. ecclés. ) Séculier s’est dit d’abord de tout ce qui est temporel, par opposition à ecclésiastique. De là les puissances séculières comparées aux puissances ecclésiastiques. Ce mot s’est ensuite étendu aux ouvrages profanes, par opposition aux ouvrages sacrés , ou qui avoient rapport à la religion. La Légende sacrée rapporte que saint Jérôme ayant été sévèrement repris pour avoir lu avec trop de plaisir et d’attachement Cicéron et Platon , fut obligé , pour faire cesser les coups qu’il recevoifà ce sujet, de promettre à Dieu qu’il ne lirait plus de livres séculiers.
- SÉDATIF , IVE , adj. du latin sedo , sedatum, appaiser, calmer.
- ( Méd. ) Epithète que l’on donne aux remèdes qui calment les douleurs : c’est la même chose qu’ANODIN. H. ce mot.
- SÉDENTAIRE, adj. du lat. se-deo , s’asseoir : qui demeure ordinairement assis.
- ( Econ. polit. ) Parler,lens sédentaires : cette expression a été mise en usage lorsque le parlement de Paris, à’ambulatoire qu’il étoit, fut rendu sédentaire sous Philippe de Valois, Depuis, ce mot a été ap~
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- pliqué à tous les emplois qui s’exercent dans un même lieu , et par extension , aux personnes qui se tiennent presque toujours chez elles.
- SÉDIMENT , s. m. du latin se-dimen ou sedimcnlum, dépôt d’une liqueur, fait de sedeo , s’asseoir.
- f Chimie) Il se dit du dépôt, de la 1 ie ou des ieces des sucs et des autres liquides qui tombent au fond du vaisseau par leur pesanteur.
- ( Méd.) Sédiment des urines; on appelle ainsi cette matière tantôt blanche , tantôt jaunâtre, rougeâtre ou briquetée , tantôt brune , et que les urines d’un malade déposent au fond du vase dans lequel on les laisse reposer. Ce 0diment, dans les maladies aigoëS, joint aux autres signes propres, fournit aux médecins les moyens de prédire l’évènement de la maladie.
- SÉDUCTION, s. f. dulat. seduco, our secùs duco , conduire à part, ors du chemin.
- ( Pratique ) On qualifie ainsi le crime de celui qui abuse de la simplicité d’une jeune fille, pour usurper ce qu’elle ne doit pas accorder. V RAPT.
- SÉGÉTAL, adj. du lat. seges, segetis , grains sur pied , moisson : qui appartient, qui, a rapport à la moisson.
- ( Botan. ) Il se dit de ce qui croît dans les champs, parmi les plantes cultivées,pour moisson.
- SEGMENT, s. m. du latin seg-meti ou segmentum, retaille , morceau coupé.
- ( Géom. ) Segment d’un cercle ; c’est la partie du cercle comprise entre un arc et sa corde ; ou bien , c’est une partie d’un cercle comprise entre une ligne droite plus petite que le diamètre, et une partie de sa circonférence.
- Segment d’une sphère ; c’est une partie d’une sphère terminée par une portion de sa surface , et un plan qui le coupe par un endroit quelconque.
- Segment se dit aussi par extension des parties de l’ellipse, ou d’autres figures curvilignes.
- SÉGRÉGATION, s. f. du latin se-gregatio, fait de segrego, pour secus grego, dont la racine es! gréa.', g régis, troupeau ; littéralement l’action de
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- désattrouper, de séparer ce qui étoit en troupeau.
- ( Didaçl. ) Action par laquelle on met quelqu’un ou quelque chose à part : séparation.
- SEIGLE , s. m. du lat. secale, dont on a fait d’abord sigele, et ensuite seigle.
- ( Hgricult, ) Genre de plante graminée dont la fleur ressemble à celle du froment.
- Les anciens faisoient peu de cas de ce grain ; car , excepté Pline , aucun auteur n’en a parlé avec quelque détail ; mais il est cultivé aujourd’hui dans toute l’Europe , surtout dans les pays froids et élevés.
- Le seigle est exposé à une maladie particulière appelée ergot, et les personnes qui mangent du pain de seigle ergoté sont attaquées d’une gangrène sèche qui leur fait quelquefois tomber toutes les extrémités, presque sans douleur et sans hémorragie.
- Si les anciens faisoient peu de cas du seigle comme grain , ils em-ployoient beaucoup de terre à le cultiver comme fourrage ; ils l’em-ployoient même à fumer les terres. Pline parle d’une espèce de seigle que l’on enterroit à l’époque de la floraison, pour servir d’engrais. Cette pratique mériteroit d’être adoptée.
- SEIGNEUR, s. m. Corruption du latin senior , ancien , plus ancien.
- ( Hist. rom. ) Chez les Romains, le sénat fut ainsi nommé , parce qu’il étoit composé de vieillards.
- ( Hist. de Fr. ) Grégoire de Tours, et quelques auteurs anciens , appellent seniores, les gentilshommes et les hommes puissans. Pbilippe-le-Bel a porté le premier le titre de seigneur très-redouté.
- ( Hist. d’Angleterre') On appelle en Angleterre la chambre haute , la chambre des seigneurs , lhe ho use of lords.
- ( Hist. Turque ) On donne à l’empereur turc la qualité de grand seigneur.
- SEIN , s. m. du lat. sinus.
- ( Huât. ) Sein, se dit particulièrement à l’égard des femmes,-de leur mamelles.
- ( Géographie') Sein, se dit quel" quefois ü’utte ouverture de la terre
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- qui reçoit la mer dans sa capacité : tels sont le sein arabique ou la mer Ronge ; le sein persiquë, qui s’étend depuis Ormus jusqu’à Bassora.
- SEINE ou SENNE , s. f. du latin sagena , rets à pêcher , fait du grec trayvv» (sagené) , mot lacèdémonien de même signification.
- ( Pêche ) Sorte de filet à petites mailles. On regarde ce filet comme nuisible , parce que pour s’en-servir on le charge de plomb , et qu’on le traîne le long de la côte , ce qui donne lieu à la destruction du frai. SEING , s. m. du lat. signuni.
- ( Diplomatique ) Le seing étoit anciennement un signe, une marque que l’on faisoit au bas d’un acte, et ce signe éfoit ordinairement une croix, symbole du serment qu’on faisoit d’observer ce à quoi l’on s’en-gageoit. Depuis , on a substitué au signe de la croix, des monogrammes qui servoient tout ensemble de signature et de sceau. Aujourd’hui', c’est encore pour ceux qui ne savent pas écrire, une simple croix , et pour les autres , leur nom écrit au bas d’une lettre, d’un acte , d’une promesse , pour le certifier , pour le confirmer, et pour le rendre valable.
- Seing privé ; c’est une signature qui n’a point été faite devant un officier public.
- Blanc seing; c’est un papiersigné que l’on donne à quelqu’un pour le remplir à sa volonté.
- SEJOUR, s. m. du lat. subdiur-nare , dont les Italiens ont fait sog-giomare , pour séjourner : on a dit anciennement sejornum regis, pour le lieu où l’on nourrissojt les chevaux du roi : le tenus pendant lequel on demeure dans un même lieu.
- (Art, milit. ) Séjour est un jour de repos que les troupes ont quand «lies sont en marche.
- (Marine) Séjour, en termes de ®uarine, est le teins qu’un vaisseau reste dans un port, ou dans une rade étrangère. On dit aussi RELACHE. ' • ce mot.
- SEL ? s. m. du lat. sal, salis.
- ( Minerai. ) On entend ordinairement par sel, une substance qui a de la saveur et qui est soluble dans * eau.
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- Les sels sont en général composés d’une base alcaline , terreuse ou métallique , et d’un acide.
- Les minéralogistes , d’après Berg-mann , classent les sels par leurs bases ; ainsi, ils disent : chaux sulfatée, baryte carbonalée. Les chimistes , au contraire , forment les genres de sels par les acides, et disent : sulfate de chaux, carbonate de baryte, nitrate de potasse, etc.
- Sel marin on sel commun , ou sel de cuisine, ou muriate de soude; c’est un sel neutre parfait , qui ne contient ni excès de base, ni excès d’acide. Il est composé d’enviroit moitié de son poids de soude ou alcali minéral, de o,33 d’acide marin ou muriatique , et de 0,17 d’eau de cristallisation.
- La nature offre le sel marin dan? les eaux de la mer ; à la surface du sol dans les climats chauds ; dans des lacs peu profonds ; dans les sources ou fontaines ; dans le sein de la terre* en très- grandes masses et en couches compacteset solides comme des bancs de pferre ; celui-ci s’appelle selfossile.
- ( Chimie ) Les chimistes, comme on l’a dit plus haut, forment les genres de sels par les acides. Les acides dont les noms se terminent en ique , forment des sels dont la terminaison est en aie ; ceux qui se terminent en eux , forment les sels en ite. V. ACIDE , NOMENCLATURE CHIMIQUE.
- On compte environ cent trente-quatre sels connus.
- Pour reconnoître un sel, il faut examiner ses propriétés et déterminer d’abord son acide , ensuite sa base.
- Un chimiste auquel on remettra une substance saline inconnue, observera d’abord sa forme, sa saveur, sa pesanteur; si ces propriétés ne lui donnent pas un caractère assez tranchant , il examinera si le sel est déliquescent , efflorescent ou inaltérable à l’air.
- Si lorsqu’on le chauffe avec du charbon, il donne du soufre, c’est un sulfate ; si au goût il présente la saveur sulfureuse , et qu’en contact avec un acide , il dégage l’odeur du soufre, c’est un sulfite ; si, jeté sut
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- les charbons , il brûle avec une flamme blanche, vive et rapide, en le décomposant, et en mettant à nu sa base, c’est un nitrate ; si, mis en contact avec un acide, il laisse exhaler une vapeur rouge nitreuse , c’est un nitrite ; s’il décrépite sur les charbons , si l’acide sulfurique en dégage une vapeur blanche, suffocante , épaisse, et ayant l’odeur de pomme de reinette, c’est un mü-riate ; s’il allume les corps combustibles à une température moindre que les nitrates , et qu’après la combustion', il reste dans l’état de muriate , c’est un muriate suroxi-géné, etc. V. DÉCRÉPIT ATION, CRISTALLISATION, VOLATILISATION , EFFLORESCENCE, DELIQUESCENCE.
- Sel essentiel des plantes ; parmi ïes matériaux immédiats des plantes , on trouve le sel essentiel : on. l’obtient, en faisant macérer les plantes dans l’eau, et en faisant évaporer et refroidir les sucs qui les tiennent en dissolution.
- Les sels des plantes sont d’un grand usage dans les arts et en médecine.
- {Littéral.') Selaltique; les anciens appeloient sel attique, ce qu’il y a de plus vif et de plus piquant dans un ouvrage , ou un trait de raillerie ingénieux. Le sel aitique étoit le plus estime ; et par sel attique, on entend la finesse, la délicatesse et la manière fine de penser et de s’exprimer des Athéniens.
- SÉLECTION, s. f. du latin seli-qo , trier, séparer.
- ( Didacl. ) Terme nouveau dont on se sert quelquefois pour exprimer vin triage, un choix fait avec examen. .
- SÉLÉNIQUE, adj. du grec o-îxU» { sélênê ), lune : qui concerne la lune.
- ( Astron. ) On donne cette épithète aux discours que fait un physicien ou un astronome , sur les mou-vemens de la lune. M. de Cassini a fait un ouvrage intitulé Instructionx séléniques.
- SÉLÉNITE, s. f. du grec oixüv» {sélênê) , lune, et de X;9o; (lithos), pierre : pierre de lune.
- {Minéral.) La sélénite est Une •variété de la chaux sulfatée ) c’est
- SEL
- autrement le gy pse [cristallisé { GYPSE) : elle est ainsi appelée, parce que les lames brillantes de ses cristaux réfléchissent l’image de la lune.
- Les anciens avoient donné le nom de sélénite, à une sorte de gomme, sur laquelle la superstition avoit peint une image de la lune, qui croissoit et décroissoit, en suivant les phases de cet astre.
- SÉLÉNITEUX, SE, adj. même origine que SÉLÉNITE : qui a rapport à la sélénite.
- ( Chimie ) Les chimistes donnent cette épithète aux matières, aux sels , aux eaux qui ont quelque rapport avec la sélénite , ou qui contiennent de la sélénite.
- SÉLÉNOGR APHIE , s. f. du grec tn\«vh {sélênê) , lune, et de ypâ<pu {graphô), décrire : description de la lune.
- {Astron.) La sélénographie est la description de la lune, et des taches ou points remarquables qu’on y distingue.
- Aussitôt que Galilée eut fait des lunettes d’approche , en 1609, il vit que la lune avoit des montagnes et des cavités, dont l’aspect n’étoit pas toujours le même, par rapport à nous, et qui lui firent apercevoir sa libration. Dès lorslesastronomesont fait une étude particulière de la description des taches de la lune, et He-velius en a fait le sujet d’un grand ouvrage, intitulé Selenographia, imprimé en 1647 , où la lune est représentée dans toutes ses phases, et sous tous les points de vue. Cassini, Lahire, Mayer, Lambert, et plusieurs autres astronomes, ont aussi publié des figures de la lune ; mais la carte de la lune, qui passe pour la plus exacte , est celle publiée à Got-tingue en 1775, dans le premier volume des œuvres de Mayer.
- SÉLÉNOSTATE, s. m. du grec mxfan {sélênê), lune, et de çkirit { stasis), station , l’action de s’arrêter, fait d’/ç-»/M< ( histémi), s’arrêter : qui arrête , qui fixe la lune.
- ( Astron. ) C’est le nom que l’on a donné à un instrument dont se servent les astronomes, pour faire cer-s taines observations sur la lune,
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- SËLEUCIDE, s. ra. de Scleucus, l’un des généraux d’Alexandre.
- ( Chronol. ) IJ ère des Séleuci-àes} c’est une ère ou comprit et calcul chronologique, qui commence à rétablissement des Séleucides, c’est-à-dire, des rois qui ont régné en Syrie après Seleucus IVicator, l’un des principaux généraux d’Alexandre , et qui commença le royaume de Syrie , douze ans après la mort d’Alexandre.
- La première année dé cette ère commence l’an 3ii avant J. C. , au mois de septembre.
- SELLE , s. f. du lat. sella , petit siège.
- (Equitat. ) Sorte de siège qu’on met sur le dos d’un cheval , d’une mule, pour la commodité de la personne qui monte dessus.
- L’invention des selles est assez moderne; les anciens Romains n’en connoissoient point l’usage ; ils se serraient simplement de grands panneaux carrés, comme on en voit à la statue d’Antonin, au Capitole. La première fois qu’il fut parlé de selle dans l’histoire, c’est en l’année 840: il y est dit que Constance, qui combattoit contre son frère Constantin , pour lui ôter l’empire, pénétra jusqu’à l’escadron où il étoit en personne , et le renversa de dessus sa selle.
- Etre bien en selle ; c’est être bien à cheval.
- {Anat,) On appelle selles, les apophyses de l’os sphénoïde , parce qu’elles forment comme une sellé à cheval.
- (Méd.) Selle se dit d’un siège propre à mettre un bassin de cham-h'e, où l’on se décharge le ventre , eL par extension, de la décharge elle-même. Les médecins jugent des Maladies par les selles.
- SEMAILLES,*, f. du lat. semen, *eme nce.
- ( Agncult. ) Ce mot se dit également de l’opération de sqrner les §lauis, et de la saison de les semer;
- 1 aussi les grains semés.
- SEMAINE, s. f. du latin septi-,nana t durée composée de sept j ours.
- \Ehronol.) Sept jours naturels astronomiques composent une
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- Suivant le rapport de Moïse , les semaines doivent leur origine à la création du monde, parce que Dieu Fa achevée en six jours, et s’est reposé le septième.
- Dion Cassius prétend que les Egyptiens ont été les premiers qui aient djvisé letemsen semaines, que les sept planètes leur avoient fourni cette idée , et qu’ils en avoient tiré les nom s des sept j ours de la semaine.
- On ne voit nuire part que les Grecs et les Romains aient fait usage de cette manière de mesurer le teins. Les Grecs comptoient leurs jours par décades > et les Romains par neu-vaines.
- L’usage de diviser le tems en semaines , ne s’est établi en Occident qu’avec le christianisme, à l’imitation des juifs. T. pour les noms des jours de la semaine, LUNDI, MARDI, etc.
- SEMALEouSEMAQUE , s. m. Corruption de l’anglois smack.
- (Marine) Sorte de bâtiment de pêche et de cabotage , des mers d’Ecosse et d’Angleterre, dont le gréement est semblable à celui des sloops, ou bateaux bermudiens, mais dont la construction est plus renforcée.
- SEMBLABLE , adj. du lat. similis , fait du latin barbare simu-lare, ou similare, qu’on a dit pour sembler : de même nature, pareil.
- ( (Jréoin. ) Semblables se dit des figures et des angles entre lesquels il y a similitude.
- Les angles semblables sont des angles égaux. Dans les angles solides , lorsque les plans sous lesquels ils sont contenus sont égaux en nombre et en grandeur, et sont arrangés dans le même ordre, les angles solides sont semblables , et par conséquent égaux.
- Piectangles semblables ; ce sont ceux dont les côtés qui forment des angles égaux sont proportionnels.
- Triangles semblables ; ce sont ceux qui ont trois angles respecté. < -ment égaux , chacun à chacun.
- Polygones semblables ; ce sont ceux dont les angles sont égaux, cL -cun à chacun , et dont les côtés autour des angles égaux sont proportionnels,
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- Il en est de même de toutes les figures rectilignes semblables.
- Arcs semblables ; ce sont ceux qui contiennent des parties sembla-blés , ou égales de leurs circonférences respectives.
- Segmens semblables ; ce sont ceux qui contiennent des angles égaux.
- Sections coniques semblables ; ce sont celles dont les ordonnées à un diamètre , dans l’une , sont proportionnelles aux ordonnées correspondantes à un diamètre semblable dans l’autre, et dont les parties de diamètres semblables, qui sont entre le sommet et les ordonnées dans chaque section, sont semblables.
- Polyèdres semblables ; ce sont ceux qui sont composés d’un même nombre de pyramides semblables et semblablement disposées.
- (Arithmét.)IVombrcs, plans semblables ce sontceux qu’on peut disposer en rectangles semblables; c’est-à-dire , en rectangles dont les côtés sont proportionnels, comme 6 multiplié par 2, et 12 par 4 ; le produit de l’un, qui est 12 , et celui de l’autre, qui est 48 , sont des nombres semblables.
- ( Algèbre ) Quantités semblables ; ce sont celles qui contiennent les mêmes lettre^, et précisément le même nombre de lettres.
- Signes semblables ; on dit, en algèbre , que deux quantités ont des signes semblables, quand elles sont toutes deux affirmatives, ou toutes deux négatives.
- SÉMEÏOLOGIE , s. f. du grec mpiiov (sémeion) , signe , et de xo-yoc ( logos ), discours : discours, traité des signes. Koy. SEMÏÉO-TIQUE.
- SÉMÉIOTIQUE , s. f. du grec CAy.dornioç ( sêmeiotikos ) , fait de eupiiiov ( séméion ) , signe.
- ( JMéd. ) Partie de la médecine qui traite ‘des signes et des indices , tant de la santé que des maladies, de l’usage qu’on en doit faire.
- SEMELLE , s. f. du lat. barbare sapella , diminutif de sapa , cuir: pièce de cuir qui fait le dessous du soulier.
- ( Archit. ) Espèce de tirant fait d’une plate-forme, où sont assemblés
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- les pieds de la forme d’un comble pour en empêcher l’écartement. 1
- ( Mélrol. ) Semelle est une mesure de la grandeur du pied, comme palme , à l’égard de la main.
- ( Monnaie ) Semelle , en termes de monnoyeur, est une portion du lingot d’or ou d’argent, pesée au poids d’essai, et que l’essayeur bat, sur lg sas, plat et mince comme une se-nielle.
- (Artillerie')Semelle est aussi une planche de bois uç peu épaisse qui se place entre les deux flasques d’un affût , et sur laquelle la pièce de canon repose.
- (Marine ) Semelles de dérive, on ailes de dérive; on appelle ainsi un assemblage de planches mises à plat l’une contre l’autre, de la forme d’une ovale renflée par un bout, et dont quelques Mtimens hollandois font usage pour aller à la bouline. Us ont à cet effet une semelle de chaque côté du bâtiment, où elle est mobile au-tour d’une cheville, qui est fixée dans la partie la plus étroite de l’ovale. Ils font enfoncer dans l’eau la semelle de dessous le vent., afin de soutenir par son moyen le bâtiment contre la dérive ,et pour faire porter la voile. Le but de cette pratique est de soutenir contre l’effort de la voile les bâtimens tels que ceux des Hollandois , qui, étant dans le cas d’entrer dans tous leurs ports , et dans les passes où il y a peu d’eau, sont construits avec très-peu de creux, et sont en même tems faits pour porter beaucoup de marchandises , et mal calcu-léspar conséquent,pour seutenirl'effort de la voile.
- SEMENCE , s. f. du lat. barbare sementia, fait de semen, graine.
- ( Agricult. ) Semence , en termes d’agriculture, se dit des grains qu’on répand dans une terre préparée , afin de les faire produire et multiplier.
- (Jardin.) Les jardiniers entendent par ce mot, la graine que la plante contient, et qui n’est autre chose qu’une plantuie que la rencontre d’une matrice convenable fait déve-
- (Physiologie) Semence se dit le cette humeur blanche , destinée P® la nature à la réproduction de 1
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- „bre. Elle est située entre les testicules ; de là, portée par les vaisseaux déi’évens aux vésicules séminales, où elle est réservée, jusqu’à ce qu’elle aille consommer le grand ouvrage de la génération, ou bien, jusqu’à ce (fu’elle soit repompée, et retourne dans la masse du sang. Les femmes 0nt-elles une vraie semence prolifique ? La semence de l’homme entre-t-elle dans la matrice par son orifice , ou bien entre-t-elle simplement, dans le tissu de ce viscère : ces questions, et bien d’autres, occupent de-puis long-tems, et occuperont long-terns encore les physiologistes.
- (Joaillier) Semence de perles; on appelle ainsi de très -petites perles, dont ordinairement quatre ou cinq ne pèsent qu’un grain.
- Semences se dit aussi de très-petites parcelles de diamans dont on orne un bijou pour lui donner de l’éclat.
- ( Pharmacie ) Semences froides; ce sont des graines dépouillées de leur écorce , qu’on emploie pour ap-paisev les coliques, les douleurs de reins, etc. On distingue les semences froides majeures , et les semences froides mineures -les premières sont les graines des melons, des courges, des pastèques et des concombres; les autres sont les graines de laitue , de chicorée , d’endive et de pourpier.
- SEMESTRE, adj. et s. du latin seines Iris, composé de s ex , six , et de mensis, mois: durée de six mois; ou de senti, moitié , et de mensis , fiois : la moitié d’un mois , quinze jours ; on a dit semestris luna, pour h lune au milieu de son cours.
- (Econ. polit. ) Durée de six mois. l'se dit des compagnies qui ne ser-Vent qu’une demi-année , et des officiers qui ne servent que six mois dans une compagnie.
- (•'4rtmilit. ) Semestre se dit aussi d un congé de six mois accordé aux militaires, et par extension, d’un congé de quatre , trois , et même de de«x mois.
- SüMl, mot latin qui signifie de-^ qui n’est en usage que lors-<i'd ’i est joint à un autre mot.
- SEMI - BRÈVE , s. f. du latin
- SEM 3o^
- senti, pour semis, moitié, et de brevis, court : moitié d’une brève.
- (Musique ) Senti-brève est dans nos anciennes musiques, une valeur de note ou une mesure de tems qui comprend l’espace de deux minimes ou blanches. La senti- brève s’appelle maintenant ronde , parce qu’elle a cette figure,; mais autrefois elle étoit eu losange.
- SEMI-CUBIQUE , adj. du latin senti , moitié , et de cubus, carré , solide.
- ( Qéom. ) Parabole semi-cubique , ou seconde parabole ; c’est une courbe du second ordre , dans laquelle les cubes des ordonnées sont comme les carrés des abscisses.
- SEMI-DIURNE, adj. du latin senti , moitié , et de diurnus, d’un jour.
- ( Astron, ) Arc semi-diurne* V. ARC.
- SEMI-PREUVE , s. f. du latin semi, moitié, et de proba, pour probatio, preuve.
- ( Pratique ) Preuve imparfaite , appelée autrement présomption simple. V. PRÉSOMPTION.
- SEMI-QUADRAT, adj. du îat. semi, moitié , et de quadratus, carré : de figure carrée.
- ( Astron. ) Sèmi-quadrat ou se-mi-quartile ; c’est l’aspect des planètes , lorsqu’elles sont distantes l’une de l’autre de la moitié de la quatrième partie où de la huitième partie du zodiaque ; c’est-à-dire, de quarante-cinq degrés.
- Semi-quintile, lorsqu’elles sont distantes de la dixième partie , ou de trente-six degrés ; et semi-sextile lorsqu’elles sont distantes'de la douzième partie , on de trente degrés.
- SEMI-TON , s. m. du lat. senti, moitié, et de tonus, ton.
- ( Musique ) Le moindre de tous les intervalles admis dans la musique moderne ; il équivaut à peu près à la moitié d’un ton.
- On distingue dans la pratique deux espèces de semi-tons , le. semi-ton majeur et le semi-ton mineur.Trois autres sont connus dans lès calculs harmoniques ; savoir ;• le semi-ton maxime, le minime et le moyen. SEMI-TOPOGRAPHIE, s. f. du
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- 3io SEM
- îat. senti, moitié , et du grec tÔgto?
- ( topos ) , lieu , et de yp&ÿoo (gra-pho),décrire: description imparfaite d’un lieu.
- ( Gravure') On appelle ainsi, en termes de graveur, une gravure qui n’offre que quelques détails d’un lieu , d’un pays.
- SÉMINAIRE, s. m. du lat. semi-narium , fait de semen , graine , pépin.
- ( Agricitlt. ) Séminaire est un ancien terme d’agriculture qu’on a dit pour semis, c’est-à-dire un endroit où l’on sème des graines de différens arbres, soit pour les lever, soit pour former des pépinières.
- ( Culte cathol. ) Séminaire s’emploie aussi, au figuré, pour désigner un lieu propre à élever , instruire , former les jeunes gens qui se destinent à l’état ecclésiastique, et où ils se préparent à recevoir les ordres.
- SÉMINAL , LE, adj. du lat. se-men , graine, semence : qui a rapport à la graine , à la semence.
- ( Physiol. ) Séminales se dit de deux vésicules ou réservoirs membraneux et cellulaires, situés derrière la vessie, entre le rectum et la partie intérieure de ce viscère , et dont l’usage est de recevoir la semence que les vaisseaux délérens y déchargent, et de l’y conserver jusqu’au tems du coït.
- ( Botan. ) Réceptacle séminal. F. PLACENTA.
- SEMINATION , s. f. du lat. xe-mino, semer, et de ago, faire : l’action de semer.
- ( Botan.') Dispersion des semences ou des graines des plantes.
- SEMNIFÈRE, adj. du lat. semen, semence, et de fero: porter : porte-semence.
- ( Physiol. ) Il se dit d’un vaisseau qui fait partie des testicules, et qui est destiné à porter la semence, ^ SEMIS, s. m. du latin semen , graine.
- j (Agncult. ) Endroit où l’on seine des graines d’arbre pour les lever et les mettre en pépinière au bout de trois ou quatre ans.
- Les semis sont l’objet le plus important de l’agriculture, parce qu’ils assurent la permanence et l’intégrité des espèces , tandis que les autres
- S E N
- modes de reproduction dégradent et modifient les végétaux. Il importe donc beaucoup de multiplier les végétaux par semences, et sur-tout par celles provenues de plantes et arbres adultes et vigoureux.
- SEMONCE , s. f. du latin barb. suhmonitia, fait de suhmoneo, composé de sub, sous-entendu manu main ,:et de moneo, avertir : avertissement secret.
- ( Pratique ) Ce mot se disoit autrefois de toutes sortes de convocations de personnes et d’assemblées, qui se faisoient à cri public.
- Il se dit maintenant d’un avertissement fait par quelqu’un qui a quelque autorité.
- ( Marine ) Coup de canon de semonce; c’est, en termes de police de mer, un coup de canon qu’un navire armé en guerre tire à poudre à la vue du navire qu’il rencontre, pour lui faire amener ses voiles, et justifier de sa neutralité et de la nature .de son chargement, et de sa destination,
- SÉNAT , s. m. du latin senalus, fait de senex, vieillard : conseil des vieillards , assemblée des plus notables d’une république, qui ont part au gouvernement.
- ( Hist. rom. ) Le sénat romain fut créé par Romulus, et composé de cent sénateurs , dont il laissa l’élection au peuple , à la réserve du président. Ce nombre fut doublé depuis l’alliance faite entre Romulus et Tatius, roi des Sabins. Quand Albe fut démolie sous le règne de Tullius Hostilius , six familles de cette ville furent inscrites dans le sénat, pour y remplir les places vacantes. Tarquin l’ancien crut devoir ajouter au sénat cent nouveaux membres tirés des plébéiens, et cette augmentation fut la dernière du tems des rois.
- Le sénat, sous la république et pendant sa splendeur, ne s’occupoit point d’affaires contentieuses ; 1 nommoit des juges tirés du sénat o}1 d’entre les chevaliers; il ordonnoi des affaires de la guerre , nomme* ceux qui dévoient commander l*s armées , envoyoit des gouverne®5 dans les provinces , manioit les * riances, et disposait des revenus l’Empire.
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- Le sénat, avili par César, tomba, gou.s Tibère , clans «n état de bassesse dont il ne lui fut plus possible de 6e relever.
- ( Hist. mod.~) On a depuis donné le nom de sénat à des assemhlées revêtues d’une autorité à peu près pareille à celle du sénat de Rome , comme le sénat de Venise, le sénat de Gênes, le sénat de Pologne, etc.
- Sénat conservateur. Dans la constitution de l’an 8 de la république françoise , on appelle ainsi un corps politique composé de membres inamovibles et à vie , qui élit dans la liste nationale les législateurs, les tribuns , etc., et qui est aussi chargé d’annuller tous les actes qui lui sont déférés comme inconstitutionnels par le tribunat , etc.
- SENATUS-CONSULTE, s. m. du latin senatus , et de consulta , crutn , ordonnance , arrêt, résolution : décret, résolution du sénat.
- ( Hist. rom. ) Décret par lequel le sénat, romain ordonnoit ou éta-blissoit quelque chose : c’est la définition qu’en donne Justinien.
- { Hist. de Ff\ ) Sénatus-consulte est employé , en France , depuis la constitution de l’an 8, pour signifier une décision du corps politique , appelé sénat conservateur ; c’est par un sénatus-consulte que Napoléon a été déclaré empereur héréditaire de la république Jran-coise.
- SENAU, s. m. Corruption de l’an-glois snow.
- {Marine'} Sorte de bâtiment dont le gréement consiste en un grand mât, ou mât de misaine, et un beaupré , gréés comme ceux des vaisseaux, et en un mâtereau placé un peu arrière du grand mât, qui tient lieu d’artimon , et qui porte uxre v°ile à corne, qu’on appelle la voile ée senau.
- SÉNÉCHAL , s. m. du lat. barb. S(,iiisealcus, pour prœfectus ser-vorum , chef , intendant de la maison.
- {Hist. de France) Sénéchal est officier dont les fonctions ont été différentes selon les teins; il paroit dans l’origine c’étoit le plus aucieu officier d’une maison, li y
- S E N Sri
- en avoit non-seulement chez les rois et les grands, mais même chez les particuliers.
- Sous la première race des rois de France , les sénéchaux étoient du nombre des grands du royaume; ils assistoient aux plaids du roi, et sous-crivoient les chartes qu’il donnoit. Il y en avoit aussi sous la seconde et la troisième race ; ils sont nommés dans les actes après le comte on maire du palais, et avant tous les autres grands officiers.
- La dignité de maire du palais ayant été éteinte , celle de grand sénéchal prit la place ; le dernier qui remplit la place de grand sénéchal , fut Thibaut, dit le Bon, comte de Blois et de Chartres , sous Louis VII. Celle de grand maître de la maison paroit lui avoir succédé.
- L’une des principales fonctions du grand sénéchal étoit celle de rendre la justice ; les souverains qui possédoient les provinces de droit écrit, avoient chacun leur sénéchal, Jet lorsque ces provinces furent réunies à la couronne , leur premier officier de justice a conservé le titre de sénéchal.
- SENESTRE, adj. et s. du latin sinisler, gauche.
- ( Blason ) En termes de blason , on dit sénestre, pour la gauche, par opposition à dextre , qui signifie sa droite.
- On dit d’une pièce de l’écu qu’elle est sénestrée, c’est-à-dire, accompagnée à gauche ou à sénestre , d’une autre pièce.
- SENESTROCHÈRE , s. m. du latin sinister, gauche ; et du grec
- iç> ( cheir ) main : main gauche.
- ( Blason ) Il se dit, en termes de blason, de la figure d’un bras gauche qu’on représente sur l’écu. Il est opposé à DEXTROCHERE , qui signifie le bras droit.
- SENNE, s. f. F. SEINE.
- SENS , s. m. du lat. sensus.
- ( Physiol. ) Faculté de l’animal, par laquelle il reçoit l’impression des objets extérieurs et corporels.
- On distingue communément cinq sortes de sens ; savoir : le Loucher, Toute , le goût, l’odorat et la vue. Chacun de ressens a son siège particulier placé dans quelque partie du
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- corps ,qui, à cet égard , se nomme son organe.
- ( Diction ) Aenx se prend aussi pour la signification d’un discours , d’un écrit. On distingue diverses sortes de sens.
- Sens absolu ; c’est celui qui est achevé , complet ; qui a toutes ses parties. La terre est opaque : cette phrase est dans le sens absolu.
- Sens relatif ou respectif ; c’est relui qui a rapport, relation à quelque chose ; dans cetle phrase : l’esprit est préférable à ia beauté ; le sens <'st relatif ou respectif, parce qu’on considère l’esprit relativement à la beauté.
- Sens abstrait : considérer une chose dans le sens abstrait ; c’est l’examiner sans songer à ses propriétés , sans s’occuper ni de la chose en elle-même ni de ses autres propriétés.
- Sens concret : considérer une chose dans le sens concret, c’est la considérer avec une ou plusieurs de ses qualités.
- Sens adapté ; c’est une application plus ou moins précise d’un texte connu à une circonstance particulière.
- Sens composé ; c’est celui qui résulte de tous les termes d’une proposition , pris selon la liaison qu’ils ont ensemble ; parce qu’alors tous ces termes conservent leur signification propre dans toute l’étendue de la proposition.
- Sens divisé; c’est le sens d’une proposition dont on prend séparément les termes.
- Sens indéterminé ; il a lieu lorsque dans une phrase le subjectif n’est point exprimé nommément ; alors le sens de cette phrase est vague , indéfini, indéterminé ; comme ici : Qui a beaucoup d'ambition goiïte peu la vie tranquille.
- Sens déterminé ; c’est lorsqu’il y a dans la phrase un subjectif dénommé ; comme si l’on dit : La bonne compagnie est une école qui instruit mieux que le collège.
- Sens littéral; c’est celui qui résulte de la force naturelle des termes ; il se divise en sens propre et en sensfguré, ou métaphorique.
- Sens propre ; le sens propre du 333ot est sa première signification.
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- Un feu qid brille, la lumière qui s’obscurcit ; ces expressions sont employées dans le sens propre.
- Sensfguré ; c’est lorsqu’on change la signification d’uu mot, pour luj en donner une qui est empruntée : Une imagination qui brille , l’esprit qui s’obscurcit; ces mots briller, s’obscurcit , sont ici dans le sens figuré, parce qu’on semble donner aux facultés invisibles de Famé, la propriété physique du feu et de la lumière.
- Sens par extension : outre le sens propre et le sens figuré, d’A-lembert, dans des écluireissemens sur les élémens de philosophie , admet un autre sens qu'il appelle sens par extension , et qui tient en quelque sorte le milieu entre ces deux-là. Voici un exemple simple , qui , dans trois différentes phrases , montrera d’une manière bien claire ces trois différens sens i marcher après quelqu’un ; arriver après l’heurefixée ; courir après les bon- , neurs ; voilà après , d'abord dans son sens propre, qui est celui de suivre un corps en mouvement ; ensuite dans son sens par extension, parce que l’on regarde le tems comme marchait et fuyant , pour ainsi dire, devant nous; enfin dans le sens figuré , courir après les honneurs ; parce qu’on regarde aussi les honneurs, qui sont un être abstrait, comme un être physique fuyant devant celui qui le désire, et cherchant à lui échapper.
- Sens spirituel ; c’est celui qui est caché sous l’écorce du sens littéral. Il se divise en sens allégorique, en sens moral, et en sens analogique.
- Le sens allégorique est celui qui résulte des termes qui , pris à la lettre , signifient toute autre chose que ce qu’on veut leur faire signifier. V. ALLÉGORIE.
- Le sens moral est celui qui a pour objet quelque vérité qui intéresse les mœurs et la conduite.
- Le sens anagogique a pour objet les choses célestes et ia vie éternelle. Voy. ANALOGIE,
- SENS ATION , s. f. du lat. sen-satio , fait de sentio , sensiun >
- sentir,
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- (Métaphysique) Impression que j’ame reçoit des objets par les sens.
- SENSIBILITÉ , s. f. du latin barbare sensibilitas , fait de sentio, sensuni.
- { Physique ) Qualité par laquelle un sujet est sensible aux impressions des objets : il est d'une grande sensibilité à toutes les impressions de l’air. La sensibilité d’une balance , d’un thermomètre.
- ( Musique ) Sensibilité se dit en termes de musique , de la disposition de Pâme qui inspire au compositeur les idées vives dont il a besoin , à l’exécutant la vive expression de ces mêmes idées , et à l’auditeur la vive impression des beautés et des défauts de la musique qu’on lui fait entendre.
- SENSI BLE , adj. dulat. sensibi-lis, fait de sentio , sensum, sentir.
- ( Physique ) Sensible se dit dé ce qui se fait sentir, qui fait impression sur les sens. Un objet sensible , l’horizon sensible. P. HORIZON.
- ( Musique ) sîccord sensible ; c’est celui qu’on appelle autrement accord dominant. Voy. ACCORD.
- Il se pratique uniquement sur la dominante du ton ; de là lui vient le nom d'accord dominant , et il porte toujours la note sensible pour tierce de cette dominante, d’où lui vient le nom d'accord sensible.
- SENSORIUM, mot latin.
- ( JDidact. ) Terme emprunté du latin, pour signifier le siège de l’ame, du sentiment. Le sensorium est une partie du corps qui reçoit les impressions des objets Sensibles , que lui apportent les nerfs de chaque organe des sens , et qui est par conséquent la cause immédiate de la perception. Willis attribue cette fonction au corps canelé du cerveau, et Des-eartes à la glande pinéale.
- SENTENCE , s. f. du latin sente ntl a , fait de sentio , penser, juger : avis, sentiment, jugement, dit mémorable, apophthegme, maxi-ïne qui a un grand sens.
- ( Pratique ) Jugement sujet h l’appel, rendu sur les contestations portées en justice.
- SENTIMENT , s. m. du latin sentio , sentir , penser , juger ; fa-
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- culté de sentir, sensation , perception , sensibilité, affection.
- ( Métaphysique) Sentiment, en métaphysique , signifie tantôt la faculté que l’ame a de recevoir l’impression des objets par les sens, tantôt la perception même qu’elle a des objets par le moyen des orgânes des sens.
- Sentiment intime ; c’est la con-noissance que-nous avons de tout ce que nous éprouvons en nous-mêmes, la persuasion que nous sentons intérieurement , sans pouvoir en rendre raison aux autres, ni les en convaincre.
- ( Physique ) Sentiment se dit aussi de la sensibilité physique , c’est-à-dire , de la fonction des esprits animaux qui portent avec eux la chaleur et la vie. Ainsi , l’on dit qu’un homme a perdu la vie et le sentiment, qu’il n’y a plus de sentiment dans une partie du corps , dans un bras , dans une jambe.
- ( Péneiie ) Sentiment, en termes de chasse , est synonyme d’odorat 5 ainsi l’on dit qu’un chien a le sentiment fin , subtil. Un chien a du sentiment, lorsqu’il reçoit le vent de la voie ; il n’a plus de sentiment, lorsqu’il est en défaut.
- ( Diction ) Sentiment, en matière d’éloquence , s’entend des mou-vemens pathétiques, de ces pensées vives et animées, suivies et poussées par une sorte de transport, et prononcées avec un accent plus appuyé, plus vif et plus véhément.
- ( Beaux-^lrts ) Sentiment, dans le langage des artistes , a une signification particulière, et qui s’applique à une partie de l’art, qui tient à l’exécution. On dit; d’un contour, qu’il y a du sentiment, ou de quelque partie d’une figure , qu’elle est faite avec sentiment, etc. pour dire que l’artiste a employé les moyens de son art pour appuyer , en quelque sorte, davantage , pour accuser avec plus de force, pour rendre d’une manière plus frappante , les traits qui caractérisent principalement l’objet de la nature qu'il a voulu imiter. L’indécision , la mollesse , sont le contraire de ce.que dans l’art 011 exprime par le mot sentiment,
- SENTINELLE , s. f. de l’italien
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- seutinella , fait de sentire , sentir , entendre , crièr.
- ( Art milit. ) Terme emprunté de l’italien , et qui signifie un soldat tiré du corps de garde, posé sur quelque terrein , pour rassurer par sa vigilance et par sa fidélité , un corps de troupes ou un poste , contre les surprises de l’ennemi.
- Sentinelle perdue ; on appelle ainsi un soldat placé en sentinelle , daus un lieu fort près de l’ennemi , c’est-à-dire, dans une situation fort hasardée.
- SÉPARATION , s. f. du lat. se-paro , pour secùs paro , disposer , mettre à part, et de a go , agir : l’action de mettre à part, disposer autrement , séparer.
- ( Pratique')Séparation de biens; c’est un jugement qui rompt la communauté de biens , entre mari et femme.
- ( Chimie ) Séparation des métaux ; c’est une opération par laquelle on sépare des métaux qui étoient mêlés ensemble.
- SÉPARATOIRE , s. m. même origine que SÉPARATION.
- ( Chimie ) Sorte de vaisseau inventé pour séparer les liqueurs.
- ( Chimrgie') C’est aussi le nom d’un instrument qui se\'t à séparer le péricrâne.
- SEPTANTE , adj. et s. du latin septuaginla , sept dixaines ou soixante-dix.
- ( Hist. sacrée ) On appelle ainsi les auteurs d’une fameuse version grecque de l’écriture , que Ftolémée Philadelphe, roi d’Egypte, fit faire par soixante-dix juifs que lui avoit envoyés le grand-prêtre Eléazar , 277 ans avant J. C.
- SEPTEMBRE , s. m. du latin september, fait de seplem , sept.
- ( Calendrier) Nom du neuvième mois de l’année, ainsi nommé parce qu’il étoit le septième de l’année romaine , qui commençoit par le mois de mars. C’est dans ce mois que l’été finit et que l’automne commence , le soleil entrant dans le signe de la balance , le 22 ou le 23 ( ie ier. ou 2 vendémiaire ). Le moment où cela arrive s’appelle l’équinoxe d’automne.
- SEPTENAIRE , adj. du latin
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- septenarius, fait de seplem, sept et d’annus , année : de sept années
- SEPTENNAL* adj. même orL gine que SEPTENAIRE, de sept années.
- ( Hist. d’Angleterre ) Les assemblées du parlement d’Angleterre sont maintenant septennales ; elles étoient auparavant tiïennales , et pins anciennement annuelles.
- SEPTENTRION, s. m. du latin septem, sept, et de triones, pour terrain arentes, labourant la terre.
- ( Astron. ) Les anciens laboureurs romains donnèrent, ce nom aux sept étoiles qui composent la grande et la petite Ourse, parce qu’ils regardoient l’une et l’autre de ces constellations, comme sept bœufs attelés à une charrue. C’est l’un des quatre points cardinaux qui divisent l’horizon en quatre parties égales ; ou le point de l’horizon qui est coupé par le méridien du côté du pôle nord ; c’est pourquoi l’on donne encore à ce point le nom de IVord. f^. NORD * BORÉAL.
- SEPTICIDE , adj. du lat. septi-cidum , fait de septum , cloison, et de cœdo , tailler couper.
- ( Botan. ) Il se dit d’un péricarpe qui s’ouvre par des sutures correspondantes aux cloisons.
- SEPTIÈME , adj, et s. du latin septimus , fait de seplem, sept.
- ( Arithmél. ) Nombre ordinal, qui suit immédiatement le sixième.
- ( Musique ) Septième, au substantif , se dit d’un intervalle dissonnant , renversé de la seconde, et appelé par les Grecs heplacordon , parce qu’il est formé de sept sons ou de six degrés diatoniques. Il y en a de quatre sortes. P'i le Dictionnaire de musique de J. J. Rousseau.
- SEPTIER , s. m. V. SETIER.
- SEPTIFÈRE , adj. du lat. septum , cloison , et de Jèro , porter : porte-cloison.
- ( Botan. ) Columelle seplifère ; c’est une columelle à laquelle les cloisons restent attachées, après la déhiscence et l’écartement, ou la chute des valves.
- SEPTIQU'E, adj. du grec nivrixos ( sêptikos'), dérivé de trairai (sépo '), faire pourrir : putréfiant.
- ( Méd. ) Il se dit des remèdes
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- topiques, qui corrodent les chairs , en les fondant et les faisant pourrir , sans causer beaucoup de douleur.
- SEPTON , s. in. même origine que SEPTIQUE.
- ( Chimie ) C’est le nom que quelques chimistes étrangers ont proposé de donner à l’azote, parce qu’il rappelle sa principale propriété, celle de déterminer les premiers phénomènes de la putréfaction.
- SEPTUM, s. m. Mot latin qui signifie cloison , fait de sepio, septum , enclore.
- {Anal. ) Les anatomistes donnent ce nom à quelques parties du corps , qui en séparent d’autres les unes d’avec les autres.
- Le septum lucidum est la membrane qui sépare l’un de l’autre les deux ventricules antérieurs du cerveau , ainsi appelée , parce qu’elle est transparente.
- Le septum medium est la cloison qui sépare les deux ventricules du cœur.
- Le septum naricum est la cloison qui sépare les narines.
- Le septum transversum est le diaphragme, parce qu’il sépare transversalement la capacité de la poitrine d’avec celle du bas-ventre.
- SEQUENCE, s. f. du latin séquentiel , fait de sequor, suivre.
- ( Jeux ) C’est, en termes de certains jeux de cartes, une suite de plusieurs cartes de même couleur, dans le rang que le jeu leur donne.
- SEQUESTRE , s. m. du lat. séquestrant , dépôt.
- ( Pratique ) Séquestre se dit du dépôt d’une chose litigieuse , et de celui qui est commis par autorité de justice, à la régie ou administration de la chose litigieuse.
- SEQUIN, s. m. de l’italien zec-chino, fait de zeccha , le lieu où l’on fait la monnoie.
- ( Monnoie ) Monnoie d’or. Il se fabrique des sequins à Vénise et dans ies Etats du grand-seigneur , a Constantinople, Salonique , Alep et dans toute la Syrie. A Tunis, en Egypte et à Candie, le ssquin est estimé trois piastres et trente-huit paras : on les évalue a la Mecque, à tinq piastres turques.
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- SERAIL, corruption du turc, SERAI ou SERAY, maison , palais.
- ( Hist. 'l'urque ) C’est le nom du palais du grand-seigneur ; les palais des souverains orientaux, des baclias , et des autres grands de la Por te , portent aussi le nom de serai, que nous appelons improprement sérail. Les hôtelleries publiques où vont loger les caravanes, sont appelées caravan-serai ,palais, maison des caravanes.
- SÉRAPHIN , s. m. Mot hébreu , qui signifie ardent, enflammé d'amour.
- ( Hiérarchie céleste ) Ange de la première hiérarchie des chœurs ou des esprits célestes.
- SÉRASQUIER ou SERASKIER, s. m. Mot turc composé fin persan ser, qui signifie chef, et de l’arabe ashier, armée : chef d’armée.
- ( Hist. turque ) C’est le nom que les Turcs donnent à leurs généraux ou à ceux qui commandent en chef leur armée.
- SEREIN, s. m. de l’italien scro-tino , fait du latin serotinus, sous-entendu aer: l’air du soir.
- (.Physique) On appelle ainsi une humidité qui se manifeste dans l’atmosphère pendant les soirées d’été , une heure ou deux après le coucher du soleil. Cette humidité provient des vapeurs qui s’étoient élevées par l’effet de la chaleur, et qui se trouvant condensées par le refroidissement de l’air, retombent sur la terre en goutelettes imperceptibles , mais quelquefois assez abondantes pou»-humecter les vêtemens.
- A Rome, où , pendant les grandes chaleurs , l’atmosphère est remplie des exhalaisons empestées qui s’élèvent des marais Pontins, il est extrêmement dangereux dé s’exposer au serein.
- SEREIN, adj. du latin serenus , beau, clair, doux et calme.
- ( Physique ) Epithète que l’ont donne au ciel, lorsqu’il n’est couvert d’aucun nuage.
- ( Méd. ) (Joulte-sereine ; voy. GOUTTE , AMAUROSE.
- SÉRÉNADE, s. f. de l’italiense-renata, fait du latin sérum, le soir: concert de nuit.'
- ( Musique ) On appelle ainsi, à
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- l'imitation des Italiens , tin concert ui se donne la nuit sous les fenêtres e quelqu’un. Il n’est ordinairement composé que de musique instrumentale; quelquefois cependant on y ajoute des voix. Quand le concert se fait le matin , ou à Vaube du jour , il s’appelle AUBADE. F. ce mot.
- Sérénades se dit aussi des pièces que l’on compose ou que l’on exécute dans ces occasions.
- SÉRENISSIME, adj. du lat. sere-nissimus, superl. de serenus, serein, £ur, sans nuages.
- ( Econ. polit. ) Sérénissirnc , sérénité y c’est un titre d’honneur pris autrefois par les rois même et par les évêques ; mais depuis que le titre de majesté est devenu commun aux tètes couronnées, celui de sérénis-sime est resté aux souverains qui ne sont pas rois.
- Les princes allemands étoient autrefois très-jaloux, de ce titre, et le mettoient au dessus de celui d’altesse y mais l’usage contraire a prévalu, et l’on dit aujourd’hui, surtout aux électeurs, votre altesse électorale.
- SEREUX , adj. du lat. seru,m, lait clair, petit lait aqueux.
- ( Bléd. ) Il se dit du sang , des humeurs, du pus liquide et sanieux.
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- SERF, s. m. du latin servus, esclave.
- ( Féodalité ) On entend par serf, un homme de condition servile, soumis à certaines redevances et à certains droits envers son seigneur. Jusqu’au commencement de la troisième race, tout le bas peuple en France étoit serf. Louis le Gros, aidé des conseils de l’abbé Suger , et dans le dessein d’abaisser les seigneurs, prit le parti d’affranchir les serfs. Louis VIII, suivit les mêmes maximes et signala le commencement de son règne par l’affranchissement des serfs, dont il y avoif encore grand nombre en France. S. Louis et ses successeurs, abolirent aussi le plus qu’ils purent, toutes les servitudes personnelles ; cependant il y avoit encore quelques serfs en France sur la fin du treizième siècle ; mais les seigneurs ayant bientôt suivi l’exem-
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- pie du monarque, la servitude fut enfin abolie. S’il restoit des traces de cette servitude dans la province de Bourgogne , la révolution les a fait entièrement disparoïtre.
- SERGENT, s. m. du lat. serviens, serviteur , par le changement du i> en g y on a dit autrefois sergient.
- ( Pratique ) Officier établi pour faire toutes sortes d’exploits judiciaires' et extrajudiciaires , et pour mettre à exécution les jugenrenset mandemens de justice.
- Le titre de sergent étoit anciennement celui de tous les nobles qui servoient à la guerre sous les chevaliers. Il y avoit aussi des sergens de l'épee et du plaid de l'épée , qui étoient singulièrement établis pour exécuter , par les armes, les mandemens de justice.
- On appelle encore en Angleterre sergent ès-lois , seigeant at law, un jurisconsulte du premier ordre, qui est attaché au principal juge , et qui l’assiste pour le droit commun; comme un docteur ès-lois l’assiste pour le droit civil.
- ( Art. milit. ) Sergent, est un officier d’une compagnie d’infanterie ; il commande souvent de petits détachemens , et, entr’autres fonctions , il fait garder les distances et dresser les files et les rangs.
- Sergenl de bataille y cette charge étoit très-considérable dans les armées de France ; mais dans la suite on a mis au dessus de lui un officier à qui on a donné le ritre de maréchal de bataille. Il y a eu du tems de François 1er, , des sergens généraux de bataille, dont l’emploi étoit le même que celui de major-général d’aujourd’hui.
- SERIE, s. f. du latin sériés, suite , train, continuité.
- ( Algèbre ) Séries se dit d’un ordre ou d’une progression de quantités qui croissent ou décroissent suivant quelque loi.
- La théorie et l’usage des séries ou suites infinies , a été cultivée dans le siècle dernier avec beaucoup de succès ; on en attribue communément l’invention à Mercator de Holstein , qui paroit néanmoins en avoir pris la première idée de l’arithmétique des infinis de Wallis.
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- Les séries ou suites sont d’un grand usage , principalement pour la quadrature des courbes, parce que cette quadrature dépend souvent de l’expression de certaines quantités qui ne peuvent être représentées par aucun nombre précis et déterminé ; tel est le rapport du diamètre d’un cercle à sa circonférence ; et c’est un très-grand avantage de pouvoir expri-arier ces quantités par une suite, laquelle, étant continuée à l’infini, exprime la valeur de la quantité requise.
- SERINGUE , s. f. du grec arvpiy%
- (surigx), flûte, ou corps cylindrique.
- ( Physique ) Petite pompe qui sert à attirer et à repousser l’air et les liqueurs.
- ( Chirurgie , pharmacie) Instrument dont se servent les apothicaires et les chirurgiens pour donner des lavemens, ou pour injecter quelque liqueur dans les plaies, les ulcères , les fistules, l’urètre, la vessie, la poitrine, etc.
- SERINGUER, v. a. même origine que SERINGUE.
- ( Chirurgie') Pousser une liqueur avec une seringue.
- (Marine) Seringuer un vais-' seau ; c’est le battre à coups de canon par son arrière , de manière que les boulets l’enfilent dans toute sa longueur.
- SERMENT , s. m., contraction de sacrament, comme on disoit anciennement , fait du latin sacra-mentum, affirmation d’une chose, en prenant à témoin Dieu, ou ce que l’on regarde comme saint, comme divin.
- ( Hist. ) Les serine ns prirent naissance au tems où les hommes commencèrent à tromper ; c’est dire assez qu’ils sont fort anciens. Abraham jura par le Dieu véritable. Les Perses , les Grecs et les Romains , prenoient à témoin le soleil. Les Scythes juraient par l’air et par leur cimeterre. A Athènes, on jurait le plus souvent par Minerve, déesse tutélaire de cette ville ; à Lacédémone , par les fils de Jupiter, Castor et Pollux , descendus , par leur mère, des rois du pays; en Sicile , far Prose rpine. Les vestales juraient
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- par la déesse à laquelle elles étoient consacrées ; les femmes mariées, par Junon, qui présidoit à la paix et au bonheur des ménages ; les laboureurs, par Cérès; les vendangeurs , par Bacchus ; les chasseurs , par Diane ; les amans , par Vénus et par son fils , etc.
- Les François juraient communément sur l’évangile , sur la croix ou sur les reliques des saints.
- Serment defidélité ; c’estune promesse solennelle que fait le sujet à son prince, d’être toute sa vie son fidèle sujet et serviteur.
- L’établissement des fiefs, sous la seconde race, fit naître les sermens féodaux, dont aucun ordre de l’état ne fut exempt ; mais ce qui multiplia les sermens de fidélité, fut le besoin qu’eurent Clovis et Charlemagne de s’assurer de la fidélité de leurs nouveaux sujets; besoin qui donna lieu à tant de lois, de canons, de tormules, etc., qu’on voit répandus dans les capitulaires de Charlemagne, ou dans les conciles tenus sous son règne.
- ( Pratique ) Serment judiciaire ; c’est celui qui est prêté par autorité de justice. L’on distingue le serment déféré par le juge même, d’avec le serment qu’une des parties exige de l’autre. De ces deux sermens, il n’y a que le dernier qui soit décisif on décisoire, parce que c’est une espèce de transaction entre les parties , qui a plus de force qu’un simple jugement , et qui éteint totalement l’action.
- Serment de calomnie; on adonné ce nom au serinent que lesplaideurs prêtoient chez les Romains, pour attester à la justice qu’ils étoient de bonne foi, et qu’ils croyoieut être bien fondés, l’un dans sa demande, l’autre dans sa défense. Celui qui refusoit de prêter ce serment perdoit sa cause.
- Ce serment a été reçu parle droit canonique ; en conséquence , il a été introduit en France ; mais il y a long-tems que l’usage en a été aboli. Il n’en reste qu’une seule trace ; c’est le serment que les avocats et les avoués prêtent à leur réception, et qu’ils réitèrent chaque année ; on le leur faisoit prêter autrefois au commeiicemeut de chaque cause j
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- mais, (omme cela prenoit trop de teins , on s’est contenté de l’exiger à leur réception, et à chaque rentrée du tribunal.
- SERMONNAIRES, adj. et s. du latin scrmonarius, l’ait de sermo , discours, sermon.
- ( Bibliogr. ) Il se dit d’un recueil de sermons. Il y a des sermonnaires pour l’avent, pour le carême , etc.
- On donne quelquefois ce nom à celui qui a lait imprimer ses sermons. Fléchier, Massillon, Bour-daloue, sont de grands sermonnâmes.
- SÉROSITÉ, s. f. du latin sérum, lait clair.
- ( Physiol. ) La partie la plus aqueuse, la plus claire et la plus transparente de la masse du sang et du lait, dont elle fait la plus grande partie.
- La sérosité se sépare du sang et de la lymphe dans les reins , à la peau et en plusieurs autrtes endroits du corps , pour faire la matière de l’urine, de la sueur, de la transpiration , de la salive , et d’autres humeurs excrémentielles séi euses.
- SERPENT , s. m. dulat. sérpens.
- ( Hist. nat. ) Tout le monde connoit la forme extérieure des ser-pens. Leur squelette est formé d’un très-grand nombre de vertèbres très-mobiles, et de côtes. Leur gueule est grande , et leur mâchoire inférieure est susceptible de soi tir de son articulation , pour donner plus d’ampleur à l’œsophage, lorsqu’il engloutit de gros animaux. Les dents des serpcns sont petites et pointues, mais les espèces venimeuses portent, en outre, de chaque coté de leur mâchoire supérieure, des dents crochues, creuses en dedans, foit pointues , et percées au bout, mobiles à volonté, et posées sur une vésicule pleine de venin. Lorsque l’animal irrité mord sa victime , ces crochets venimeux se redressent , pénètrent dans la chair, et y déposent le poison fatal. L’animal , atteint d’un trait mortel, se débat en vain dans les angoisses de la douleur, il porte d tus sou sein le germe de sa destruction.
- Les serpens à sonnettes ont en particulier un organe assez remar-
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- quable au bout de leur queue ; ce sont des anneaux coniques , emboîtés et adhérens , qui sont formés d’une membrane sèche et dure comme le parchemin , et qui fait du bruit lorsqu’ils rampent. Cette sorte de cliquetis décèle leur approche, que l’homme redoute beaucoup , parce qu’ils sont armés d’un venin extrêmement dangereux.
- (.Musique ) Serpent est aussi le nom d’un instrument de musique à vent, dont on se sert dans les chœurs de musique d’église, pour soutenir les voix, et qui est fait à peu près en forme d’un gros serpent.
- ( Astron. ) Serpent est encore le nom d’une constellation boréale , qui contient soixante-quatre étoiles, suivant le catalogue britannique.
- SERPENTEMENT, s. m. de serpent; l’action de serpenter ou d’imr-ter la forme ou les mouvemens du serpent.
- ( Oéom. ) Partie d’une courbe qui va en serpentant. Le caractère du serpentement est que la courbe peut être coupée en quatre points, par une même ligne droite ; ainsi, les serpentemens ne peuvent se trouver que dans les lignes du quatrième ordre.
- SERPENTIN, s. m. de sérpent, qui a du rapport avec le serpent.
- ( Minéral. ) Serpenlin ou ophite, ou porphyre vert antique; c’est une roche cornéenne dure, noire, verdâtre.
- ( Chimie ) Serpentin est aussi le nom d’un tuyau de cuivre ou d’étain , qui monte en serpentant depuis le bas de l’alambic jusqu’à son chapiteau. V. ALAMBIC.
- (Minéral.') Serpentine est le nom d’une pierre d’une couleur verte , assez obscure, tachetée de differentes nuances , à peu près comme la peau d’un serpent.
- SERRAIL, s. m. V. SERA'].
- SERRE, s. f. du latin serrare, serrer , que les Italiens ont conservé en entier.
- (Jardin.) Lieu couvert où l’on renferme, pendant l’hiver, lesarbres et les plantes élevés dans des caisses, et qui craignent le froid.
- Serre chaude; c’est un édifice destiné à élever desplantes exotiques,
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- tiar le moyen d’une chaleur artificielle. L’invention des serres chaudes est due aux Anglois et aux Hol-landois, à qui la température ingrate de leur climat en a donné l’idée.
- On entretient constamment dans les serres chaudes une chaleur supérieure à celle de dix degrés du thermomètre de Réaumur. Pour la construction et l’économie des serres chaudes, consultez le nouveau la Quintinie.
- SERRES, s, f. du latin barbare serro, qui signifie crochu , ou du lat. serrare, serrer.
- ( Ornytologie ) Ce sont les ongles acérés , ou les griffes des oiseaux de proie, arme puissance et souvent terrible, qui sert également à l’attaque et à la défense.
- SERRE-FILE , s. m. de serrer, et de FILE, Foy. ce mot.
- ( jirt mîlit. ) Dernier rang d’un bataillon qui en tennine la hauteur, et en forme la queue.
- ( Marine ) Serre-Jîle est, en termes d’évolutions navales, le dernier vaisseau de la ligne.
- SERRE, adj. du lat. serrare.
- ( Bolan. ) Serré se dit. de ce qui dans les plantes est rapproché jusqu’à contact.
- SERRER, v. a. du lat. serrare , étreindre, presser.
- (Marine) S errer les voiles j c’est les plier contre les vergues , lorsqu’elles ne doivent pl^s , de quelque tours, être déployées au vent.
- Serrer le vent ; c’est la même -chose que pincer le ventaller au plus près du vent. F. PRES.
- Serrer la lerre ou la côte ; c’est, en navigant, së tenir près de la côte, et ne pas s’en écarter.
- Serrer la ligne ; c’est, dans une escadre,, ou armée navale, formée en ligne, rapprocher les vaisseaux les uns des autres, et les tenir à une distance bornée et réglée , au lieu qu’ils se trouyoient trop écartés. SERRETE, adj. du lat. serratus. ( üotan. )_ Denté en scie. SERRUTÉ, adj. diminutif de SERRETÉ.
- (Bolan. ) Il s’emploie lorsque les dents sont très-petites, relativement a la partie qui les a.
- SERTIR , v. a. du latin inser-ioj'e.
- S E R Srp
- ( Joaillerie ) Enchâsser une pierre précieuse dans un chaton : de là sertie, et sertissure, pour une pierre enchâssée , ou pour l’action d’enchâsser.
- SERTULE, s. f. du lat. sertu-hlm, diminutif de sertum, bouquet, petit bouquet.
- ( Botan. ) Assemblage de plusieurs pédicelles uniflores, naissans tous d'un meme point, à peu près comme dans l*om bel Iule. Les flems de la primevère officinale sont disposées en sertule.
- SF.R.ÜM , s. ni. Mot emprunté du latin , et qui signifie petit lait, hu» meur aqueuse ; c’est la même chose que SÉROSITÉ. /A ce mot.
- SERVAGE, s. m. du lat. servus, esclave,
- ( Econ. polit. ) Etat de celui qui est serf ou esclave.
- SERVICE , s. m. du lat. servio , servir , être esclave.
- ( Culte cathol. ) Service se dit du culte extérieur qu’on rend à Dieu. Il se dit aussi des prières publiques que l’on dit pour un mort.
- Se consacrer au service divin ; c’est embrasser la profession ecclésiastique.
- (Art mîlit.) Service, pris dans un sens absolu, s’entend du service militaire.
- Faire son service , ou être de service ; c’est, dans le langage des gens de guerre, ou monter la garde, ou être commandé d’un détachement, ou pour la tranchée, etc. ; service des places, service de campagne.
- SERVITUDE , s. f. du lat. servio , servir, être esclave.
- ( Féodal. ) Condition de celui qui demeuredans la dépendanced’autrui.
- F. SERF.
- ( Pratique) Servitudes se dit aussi des souffrances ou sujétions imposées sur un héritage pour la commodité et l’utilité d’un autre héritage.
- On distingue les servitudes rurales, les servitudes urbaines, les servitudes contractuelles , et les servitudes légales.
- Servitudes rurales ; ce sont les droits de passage sur l’héritage servant. , d’y puiser de l’eau , d’y faire abreuver les bestiaux, etc.
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- Servitudes urbaines ; ce sont celles établies sur un bâtiment pour la commodité d’un autre bâtiment voisin , comme le droit d’appuyer ses poutres contre le mur du voisin , d’avancer un toit sur son fonds, etc.
- Servitudes contractuelles ; ce sont celles qui dépendent de la convention des parties.
- Servitudes légales; ce sont celles qui ont1 lieu sans titre , et qui sont fondées sur des réglemens.
- SÉSAMOÏDE , adj. du grec o-k/JM ( sésame ), sésame , sorte de plante , et dVifvç ( éidos ) , forme , ressemblance : qui ressemble à la graine de sésame.
- (.Anal. ) On donne ce nom»à des os en général fort petits, qui se trouvent ordinairement aux jointures des orteils et des doigts. On les a ainsi nommés parce qu’ils ont de la ressemblance avec la graine de la sé-
- SESQUI-ALTÊRE ,jadj. du lat. sesqui-alterus , une fois et demi
- ( Géom. ' arith. ) Il se dit d’un rapport entre deux lignes, deux nombres , etc. , dans lequel une de ces grandeurs contient l’autre une fois et une demi-fois ; ainsi, les nombres 9 et 6 , sont entr’eux en raison ses-fjui-altere, car 9 contient 6 , une fois et une demi-fois.
- SESQUI-DOUBLÉ , adj. du lat. sesqui-duplex , deux fois et demi.
- ( Malhémat, ) On dit qu’une raison est sesqui-douhle, quand le plus grand de ses deux termes contient le plus petit deux fois , et une demi-fois. Telle est la raison de i5 à 6, de 60 à 20.
- SESQUI-QUADRAT, du lat. sesqui-qiiadralus , quatre fois et demi.
- ( Astron. ) Aspect sesqui-qua-drat; c’est l’aspect de deux planètes qui sont éloignées l’une de l’autre de quatre signes et demi , ou i35 de-
- ^ SESQUI-TIERCE , adj. du lat.
- sesqui-lertius , une fois et un tiers.
- ( Géom. ) On dit qu’une quantité est en raison s es qui-tierce d’une autre quantité, quand la première contient la deuxième une fois et un tiers de fois ; telle est la raison de 8 à 6, eu de 4 à 3.
- SESSILE, adj. du lat. sessilis ,
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- fait de sedeo , sessum, s’asseoir ; qui est assis , qui n’a pas de pied.
- ( Botan. ) Il se dit des parties des plantes qui sont privées d’un support propre , ou immédiatement assises ou fixées sur la partie donnant naissance. Ainsi, une feuille dénuée de pétioles , une fleur sans pédoncules une anthère sans filet, un stygmate sans style , sont sessiles.
- SESSION, s. f. du lat. sessio, fait de sedeo , sessum , être assis : l’action d’être assis.
- (Econ. polit. ) Tems pendant lequel un corpsdélibérantest assemblé.
- En parlant des conciles, session se dit de chaque séance ou assemblée d’un concile, et même de l’article qui renferme les décisions publiées dans la séance du concile ; quand il s’agit des corps politiques, session s’entend du tems pendant lequel ils sont assemblés : ainsi, la session d’un corps délibérant se compose de toutes les séances qui ont lieu depuis l’instant où il est convoqué et réuni, jusqu’à celui où il est prorogé , ou dissous..
- SESTERCE, s. m. du lat. sfis-tertius, qui signifioit deux as et demi.
- ( Monnaie ) Monnoie de Rome ancienne. Mille petits sesterces va-loient 20c livres de France d’aujourd’hui ; et ces mille petits sesterces faisoient le grand sesterce , qui n’é-toit qu’une monnoie de compte.
- SÉTACÉE , adj. du latin seta-ceus, fait de selum, long poil.
- ( Botan. ) Il se dit des parties des plantes qui sont menues, roides et anguleuses, comme les soies de cochon.
- SÉTEUX , SE, adj. du lat. se-tosus, fait de setum, long poil.
- ( Botan. ) On appelle réceptacle commun séleux, celui qui est garni de petites paillettes sèches et rigi-dules, ou sétacées.
- SETIER ou SEPTIER , s. m. du lat. sextarium , mesure romaine.
- ( Mélrol. ) Mesure de grains, de liqueur, de terre.
- Dans le système des nouvelles me' sures, setier est la traduction vulgaire d’une mesure de continence , pour les matières sèches, appelée HECTOLITRE (F. ce mot), égaie
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- à dix décalitres ou boisseaux, et en fnesures anciennes , 77 boisseaux de Pans.
- SETON, s. m. du lat. setum, long poil ou mêcbe.
- ( Chirurgie ) Espèce de cautère à deux émissaires, qu’on fait à la peau avec une aiguille suivie d’une mèche de coton ou d’une bandelette, qui passe d’une ouverture à l’autre , et qui reste dans l’ulcère, pour servir d’égout aux mauvaises humeurs, et détourner les fluxions. Ce mot se dit aussi de la mèche même.
- SEUIL, s. m. du lat. solium, pour limai, fait de soluni, sol, terre.
- ( Archit. ) Pièce de bois ou de pierre, qui est au bas de l’ouverture de la porte.
- SÈVE , s. f. du lat. sapa.
- ( Botan. ) On comprend assei ordinairement sous cette dénomination toutes les liqueurs nécessaires à l’accroissement et à l’entretien des plantes ; mais on ne doit pas confondre la seve avec le suc propre , ni avec cette liqueur huileuse , gommeuse ou résineuse, qui est filtrée par des glandes destinées à cet usage.
- La seve , dont les fonctions peuvent être comparées à celles que remplit le sang dans les animaux, est une liqueur limpide , sans couleur , sans saveur et sans odeur, qui ne sert uniquement qu’à l’accroissement du végétal, et qui n’influe en rien sur ses qualités.
- SEVICES, s. m. du lat. s ce vide s, cruauté, rigueur.
- Pratique ) Outrages et mauvais traitement dont un supérieur, ou celui qui a autorité sur un autre , use envers lui. x
- SEVRER, v. a. Ru lat. separare. En vieux langage , sevrer signifioit seulement séparer.
- ( Méd. ) ÉmpêcheT un enfant de tetter, lui ôter l’usage du lait, pour le faire passer à une nourriture plus solide.
- ( Jardin. ) Sevrer, en termes de Jardinage , c’est priver une plante d’un rameau qui en émane.
- Sevrer une branche greffée en Approche / c’est, la séparer de l’arbre auquel elle tenoit.
- Sevrer une marcotte ; c’est la séparer de la plante mère, après qu’elle
- Te nw ///,
- est enracinée , pour la replanter ailleurs.
- SEXAGÉNAIRE, adj. et s. du latin sexagenarius, de soixante : celui qui a soixante ans.
- SEXAGÉSIMAL,LE,adj. du lat. sexagesimus , soixantième : qui appartient, qui a rapport au nombre soixante.
- ( Aslron. ) Ce mot n’est guère employé qu’en astronomie, pour exprimer des fractions dont le dénominateur est soixante , ou pour désigner un ouvrage de Tailor, intitulé Sexagésimal table, ou Table sexagésimale.
- SEXE , s. f. du lat. sexus.
- ( Hist. nat. ) Différence physique et constitutive du mâle et de la femelle. V. HERMAPHRODITE.
- ( Botan. ) Comme les animaux , les végétaux ont des organes sexuels, par l’action réciproque desquels ils se reproduisent ; ces organes sont l’étamine et le pistil.
- La plupart des plantes réunissent les deux sexes dans toutes leurs fleurs, et sont, par cette raison, appelées hermaphrodites.
- Celles dont toutes les fleurs n’ont que des étamines sans pistil, sont dites mâles ; et celles qui, au contraire, n’ont que des fleurs à pistil, prennent le nom de femelles. Une plante qui porte tout à la fois des fleurs mâles et des fleurs femelles, est nommée ANDROGYNE ou MONOÏQUE. V. ces mots.
- Une plante qui a toutes fleurs mâles sur un individu, et toutes fleurs femelles sur un autre individu , est appelée DIOÏQUE. T. ce mot.
- Celle qui a des fleurs bisexées et unisexées, soit sur le même individu, soit sur divers individus, est dite POLYGAME. V. ce mot.
- SEXTANT, s. m. du lat. sexlahs, la sixième partie d’un tout.
- ( Aslron. ) Sextant signifie , en général, la sixième partie d’un cercle , ou un arc de soixante degrés ; mais 011 s’en sert plus particulièrement pour signifier un instrument d’astronomie qui ressemble à un quart de cercle, excepté que son étendue ne comprend que 60 degrés. T.
- QUART DE CERCLE.
- ( Marine ) Sextant est aussi le
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- S F U
- nom <la quartier de réflexion , ou de Voctant d’Hadley , quand au lieude contenir 4S degrés, il eu renferme 60.
- SEXTE , s. f. du lat. sexlus , sixième. 1 ,
- ( Lithuigie) Sexte est la troisième des petites heures canoniales.
- On divisoit anciennement le jour artificiel en quatre parties, qu’on appeloit. prime , tierce , sexte et noue. Sexte alloit depuis midi jusqu’à trois heures ; et la partie de l’ot— fice qui se récitoit à l’heure de sexte lut appelée sexte.
- (Droit canon) Sexte , au masculin , est aussi le nom de la collection des décrétales , faites sous les ordres du pape Boniface VIII, pour servir de continuation aux décrétales publiées par Grégoire XI ; et comme les décrétales de Grégoire XI étoient divisées en cinq livres, ce nouveau recueil fut nommé le Sexte, quoiqu’il soit lui-même divisé en cinq.
- SEXTIL , LE, adj. du latin s ext/lis , sixième.
- ( Astron.) Sextile se dit de la position ou l’aspect de deux planètes , lorsqu’elles sont éloignées l’une de l’autre de la sixième partie du zodiaque ; c’est-à-dire, de soixante degrés , ou de la distance de deux signes,
- SEXTUPLE , du lat. scxtuplus , pour sexies duplicatas, qui contient six fois.
- ( Musique ) Nom donné aux mesures à deux temps, composées de six notes égales, trois pour chaque tems.
- SEXUEL , ELLE , adj. du latin scxiLS ; qui caractérise le sexe, qui tient au sexe.
- ( Botan. ) Système sexuel,• c’est le titre d’un ouvrage de Linnée , appelé ainsi parce qu’il est fondé sur le sexe des plantes. V. SYSTEME , LINNÉ S , MÉTHODE.
- SFUMATO, adject. italien pris substantivement, et qui signifie enfumé.
- ( Peinture ) Peindre sfumato ; c’est une manière de peindre extrêmement moelleuse, qui laisse une certaine incertitude sur la terminaison du contour , et sur les détails des formes, quand 011 regarde l’o'u-
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- vrage de près, mais qui n’occasionne aucune indécision , quand on se place à une juste distance.
- Cependant, quoique le mor sfu-malo signifie proprement enfumé , il 11e faut pas croire que , pour atteindre à la qualité agréable de peindre sfumato , il faille représenter les objets comme si on ne les apercevoit qu’au travers d’une fumée; c ’est alors l’excès de cette qualité, et elle devient vicieuse. Le Guerchin a bien saisi le point juste de sfumato ; Grimons a quelquefois approché de l’excès. Le sjumato exclu la qualité exprimée par ce qu’on appelle le SENTIMENT. F. ce mot.
- SGRAFITTO, adj. et s. Terme emprunté de l’italien, et qui signifie égratigné.
- ( Peinture) Peinture al gnflilto • c’est une manière de peindre introduite par le Poli dore , et qui a été abandonnée après lui : le procédé en tenoit plutôt de la gravure que de la peinture. F. ÉGRATIGNÉ.
- SHERIF, s. m. Mot anglois composé de shire, comté, province , et de reeve, gouverneur : gouverneur d’un comté.
- (Hist. d’Angle il) Officier chargé, dans chaque comté , de faire exécuter les ordres du roi. Il y en a deux pour le comté de Middelessex, qui sont nommés par les habitans de Londres: pour les autres comtés, le roi choisit sur trois candidats qui lui sont présentés par les habitans du comté.
- SI, conjonction, du lat. si, qui signifie en cas que.
- ( Musique) Si , s. m. ; c’est une des'-sept syllabes dont 011 se sert en France pour solfier les notes. Guy Aretin , en composant sa gamme , n’inventa que six de ces syllabes, parce qu’il ne fit que changer en liexacordes les tétracordcs des Grecs, quoiqu’au fond sa gain me fût, ainsi que la nôtre, composée de sept notes. Il arriva delà que, pour nommer la septième, il Ealloit. à chaque instant changer les noms des autres et les nommer de diverses manières; embarras que l’on n’a plus depuis l’invention du si.
- Brossard, et ceux qui l’ont suivi t attribuent,l’invention du si, à un
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- îïommé Lemaire , entre îe milieu et la fin du dix-septieme siècle ; d’autres en font honneur à un certain Vander Pullen ; d’autres remontent jusqu’à Jean de Minais, vers l’an i33o ; et le cardinal Bona dit que, dès le onzième siècle, qui ètoit celui de l’Aretin , Ericius Dupais ajouta une note aux six de Guy, pour éviter les difficultés des muances , et faciliter l’étude du chant. Ce qu’il y a de certain, c’est que la plupart des auteurs qui ont écrit sur la musique, comme le père Mer-senne, Banchière, etc., ont reconnu la nécessité de cette septième syllabe, pour éviter les muances; que les uns ont nommé cette syllabe ci , d’autres di, d’autres ni, d’autres si, d’autres za , etc. Du reste , l’usage du si n’est connu qu’en France.
- SIAGONAGRE, s. f. du grec cmtyùùv (siagon), mâchoire, et de aypa. ( agra ) , prise, capture.
- (Médecine) La goutte aux mâchoires.
- SIALAGOGUE , ou SIALCGO-GTJE , adj. du grec <?f&xov ( sialon ), salive, et d’il-y» (ago) , chasser.
- (JlJédec. ) Il se dit des remèdes qui provoquent l’évacuation de la salive.
- S1ALISME, s. m. du grec AæXov ( sialon'), salive.
- ( Médec. ) Evacuation abondante de salive par la bouche. V. SALIVATION , PTYALISME.
- SIALOLOGIE , subst. f. du grec ff’imXov (sialon), salive, et de xo-•yoc (logos), discours, traité.
- (.Anat.) Partie de l’anatomie qui traite de la salive.
- SIEE RITE , s. f. du lat. sibcria ; nom d’un fort grand pays de la Tar-tairie Moscovite, et du grec xlôcj ( lithos) pierre: pierre de Sibérie.
- (Minerai.') Substance appelée autrement schorl rouge de Sibérie , qui se trouve dans les monts Oural, et occupe les fissures d’un sillon , composé de feld-spath rougeâtre, de quai tz , de schorl noir, et de mica, qui coupe les bancs d’une roche granitique.
- Les échantillons de sibénle qu’on voit à Paris, sont d’une belle couleur rose foncée , et quelquefois rouge purpurine, à peu près comme le grenat .syrien. On voit au Muséum
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- national du jardin des plantes de Paris, un magnifique morceau de sibénle, qui est presque de la grosseur du poing. Cette substance est , jusqu’à présent, d’une extrême rareté.
- SIBYLLE, s.f. du grec <riQvWct ( sibulla) , que quelques-uns croient un nom propre, que d’autres prétendent être un composé de <noç ( sios ), employé pour ôsoç ( théos ), dieu, et de.é’ouxi) (boulé), conseil : comme qui dirait conseil divin.
- (Antiquités) Prophètesse. Le nom dp Sibylle fut d’abord donné , à ce qu’on croit , à la prophètesse de Delphes, qui.vivoit très - long-tems avant le siège de Troie ; mais il est devenu commun à toutes les filles qui rendoient des oracles.
- SIBYLLIN , adj, de sibylle : qui appartient aux sibylles. Voy. SIBYLLE.
- (Bibliogr.) Livrés ou ver s sibyllins ; on appelle ainsi les livres qui coutenoient les prédictions des sibylles. Ces livres avoient une grande autorité parmi lesRomains; ils furent brûlés avec la capitale, en i’an 670 de Rome.
- Les livres sibyllins d’aujourd’hui sont au nombre de huit , qui contiennent plusieurs vers grecs prophétiques; mais tous les savans conviennent que c’est un ouvrage supposé , qui fut fabriqué sous l’empire d’Antonio , ou au commencement du rogne de Marc-Aurcle.
- SIC AIRE, s. m. du lat. sicarius, fait de s ica. poignard.
- ( Histoire juive ) Les sicaires éfoient, avant le siège de Jérusalem , des voleurs de Palestine , répandus dans le pays, qui excitoient te peuple à la révolte , et piiioient les maisons de ceux qui restoient dans l’obéissance des Romains. Ces voleurs étaient armés de petits poignards , courbés comme les cimeterres des Perses; et comme les Romains ap-peioient sica un poignard, iis nommèrent ces assassins sicarii.
- SICCITÉ , s. f. du lat. siccitas , fait de sicco , dessécher.
- ( Chimie) Qualité de ce qui est sec : faire évaporer jusqu’à siccilé. SIDÉRAL, LE, adj. du lat. si-X 3
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- dus, sideris , astre : qui a rapport aux astres.
- ( Aslronom. ) On a appelé année sidérale , ou sidériale, le tems de la révolution de la terre, d’un point desDn orbite au mêmepoint ; elleest plus longue de 20 minutes que l’année tropique, ou leretour des saisons, à cause de la précession des équinoxes.
- (Médecine ) Observations sidé-tales ; ce sont les Arabes, dit Guy-Patin , qui ont fourré dans la médecine les scrupuleuses et superstitieuses observations , tant lunaires et sidérales , que d’autre nature.
- SIDÉRATION , s. f. du lat. si-deratio, fait de sidus , astre, et qui , selon Pline, signifie une maladie des arbres, causée par une mauvaise influence.
- ( Chirurgie') Ce terme signifie, ou une apoplexie et paralysie subite, comme si l’on étoit frappé tout à coup de quelque mauvaise influence, ou il dénote une gangrène parfaite, appelée autrement SPHÀCÈLE. r. ce mot.
- SIDERITE, s. f. du grec cîJ'npos (sidcros ), fer.
- ( Minéral. ) On a donné ce nom à une substance qui se trouve combinée avec certaines espèces de fer , et qui rend ce métal aigre et cassant. Meyer areeonnuque c’étoit un phosphate de fer ; c’est-à-dire, du fer combiné avec l’acide phosphorique.
- Pline a donné le nom de sidérite à l’une des six espèces de diamans , connues de son tems , mais que quelques minéralogistes modernes croient mètre autre chose que la marcassite blanche.
- SIBÉROM ANTIE, s. f. du grec et S «psç (sidéras ), fer, et de u&vTint ( mantéia ), divination.
- ( Divinal. ) Divination qui se faisoit avec un fer rouge. On tiroit un bon ou mauvais augure de la manière dont les paillettes brui oient, et dont les étincelles en sortoient.
- SIECLE, s. m. du latin seculum.
- ( Chronol. ) Durée de cent ans.
- Les anciens ont divisé les tems en quatre âges.
- Siècle cfor f c5étoit le règne de Saturne.
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- Siècle d’argent ; c’étoit celui de Jupiter.
- Siècles d’airain et de fer; ce sont les siècles qui ont succédé à ces heureux tems.
- Les modernes ont appelé siècles de fer et de plomb, les ioe. et rie, siècles, parce que c’étoient des siècles d’ignorance et de grossièreté.
- Siècle se dit encore d’un tems célèbre par le règne de quelque grand prince , par les actions, les ouvrages de quelque grand homme, ou par. quelqu’autre chose de très-remarquable. Le siècle d’Auguste , le siècle de Louis-le-Grand, le siècle d’Homère, le siècle de Virgile et d’Horace, etc.
- SIÈGE , s. m. du lat. sedes, dont on a fait sedia , puis sieda.
- ( Econ. dom. ) Meuble fait pour s’asseoir.
- ( Pratique ) La place où le juge s’assied pour rendre la justice , et par extension , le corps et la juridiction des juges et la salle où ils s’assemblent.
- ( Hist. ecclés.) Siège se dit aussi d’un évêché, de sa juridiction ; ainsi oh dit le saint-siège , un siège pa-triarchal, un siège épiscopal.
- ( Géographie ) Siège se dit encore de la ville capitale d’un empire. Rome étoit le siège de VEmpire romain. Paris est le siège de l’Empire francois,
- ( Méd. ) Siège, en termes de médecine , est la partie du coips humain sur laquelle on s’assied , et particulièrement le fondement, l’anus.
- (Art milit. ) Siège est le campement d'une arméeautour d’une place qu’elle veut attaquer;
- Les François sous la première et seconde race, suivoient dans plusieurs choses , soit pour l’attaque , soit pour la défense , l’ancienne manière des Romains.
- On suivit encore la même méthode sous les premiers rois de la troisième race ; mais l’art militaire tomba en décadence , depuis Louis-le-Débonnaire jusqu’à Philippe-Auguste , qui en fut le restaurateur.
- Les premiers François, à l’exemple des Romains, pour emporter brusquement une place , ne faîsoient point de circonvallation, mais par-
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- tageoient leur armée en trois corps qui formoient chacun un cercle tout à l’entour, et investissoient la ville. En se préparant à un assaut, ou se présentant à une escalade , ils étoient soutenus par leurs archers et frondeurs , qui tiraient contre les soldats des remparts , et montant à l’escalade , ils se couvraient de leurs boucliers.
- Il n’est point fait mention dans l’histoire que les François aient avant Philippe-Auguste, mis en usage les lignes de circonvallation. On se servoit de tours de bois, et de forts construits de distance en distance , dans les lignes , et ces redoutes se nommoient bastides ; et sous Charles VU , on disoit assiéger par bastrdes. C’est aussi sous le règne de ce prince que les François ont abandonné l’usage des anciennes machines de guerre!, et que l’on commença à voir distinctement l’usage des tranchées.
- SIÉNITE , adj. de la ville de Sienne , dans la Haute-Egypte.
- ( Minéral. ) Roche primitive composée de feld-spath et de hornblende , dont le premier est ordinairement blanc , et la seconde de couleur noire , ce qui forme une roche grisâtre ; elle a été ainsi appelée par Werner, parce qu’il reste beaucoup de monumens antiques formés de cette pierre, qu’on tirait de Sienne, dans la Haute-Egypte.
- SIGILLAIRE , s. f. ou tene sigillée , du lat. sigillare, sceller.
- ( Méd. ) C’est le nom d’une terre bolaire qu’on employoit autrefois en médecine , et qu’on tirait de l’ile de Lemnosou Stalimène, dans l’Archipel. Cette terre est en pastilles ou petites tablettes, sur laquelle est l’empreinte d’un cachet , qui lui donne des vertus imaginaires, et d’où elle tire son nom. b^oy. ARGILE.
- SIGLE , s. m. du grec my\iti ( si-glai ), chiffre , note abrégée.
- ( Sténographie ) Les sigles sont des lettres uniques , isolées ,. destinées à exprimer un mot, ou du moins une syllabe , sans le secours d’autres lettres. Ainsi N P signifie no-bilissimus puer; quelquefois les sigles sont composés de plusieurs lettres , NAT. ECC. ROM. nalarius ccclesice Romanœ ; d’autres fois les
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- sigles répétés indiquent le nombre des personnes CCESS. AUGG. Cœ-sares , Augusti duo ; AAA. trois Auguste. Les sigles renversés désignent le féminin -jq •[) ‘'j Maria con liberta.
- L’écriture par sigles a été en usage chez les Hébreux , chez les Grecs, qui les tiraient des Phéniciens ; chez les Romains , avant les notes de Tyron, etc. ; mais la confusion que la multiplicité des signes occasionna^ les fit proscrire des actes publics. Ils furent bannis des livres de droit par une loi de Justinien ; l’empereur Basile rendit un pareil édit. Malgré cela, on s’en ser.t encore de nos jours, sur-tout dans les noms propres. Les lettres de l’alphabet grec et latin , qui servent de chiffres, sont des sigles numériques.
- SIGMOÏDE ou SIGMOÏDAL, adj. du grec éïyp.dt, ( sigma ) , nom de la dix-huitième lettre de l’alphabet des Grecs s , et d’uS'oç ( éi-dos ), forme, ressemblance : qui a la forme de la lettre ç.
- ( Anat. ) C’est le nom qu’on donne à certaines parties du corps qui ont la forme de la lettre grecque r, ou la forme semi-lunaire : telles sont les valvules sigmoïdes, Vapophyse sigmoïde.
- SIGNAL, s. m. du lat. signuni, signe que l’on donne pour servir d’avertissement.
- ( Art de la guerre ) Les Grecs , au défaut de couriers, ernployoient les signaux , pour avoir en peu da terns des avis de ce qui se passoit au loin. Ils en avoient de deux sortes, les uns par des feux , et les autres par des flambeaux. On plaçoit sur les hau teins ces signaux, de distance en distance , et à portée d’être v - les uns des autres. Cet art fut poussé très-loin chez les Grecs , et ensuite chez les Romains , puisque Polybe. parle d’une méthode par laquelle on pouvait composer des lettres et des mots, en élevant à droite et à gauche un certain nombre de flambeaux. Un nommé Cleoxène passoit pour être l’inventeur de cette méthode.
- L’art des signaux, par le feu ou les flambeaux, se soutint j usque dans le moyen âge, où l’on fit usage du
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- son ou <j!u bruit, qui fut lui-même abandonné à l’époque de l’invention de la poudre à canon.
- Cependant il manquoit toujours à tes efforts de l’esprit humain , quelque moyen de se faire entendre de proche en proche, avec une promptitude dans l’action , et un mystère dans la méthode. C’est cq qu’on a obtenu par le moyen du TELEGRAPHE. P~. ce mot.
- (Marine) On entend par signaux, en termes de marine, des pavillons, des flammes, ou autres objets remarquables et visibles de loin, que l’on hisse ji la tête d’un mât, au bout d’une vergue, etc., pour être aperçus à une grande distance, et communiquer quelque ordre ou intelligence : ce sont les signaux de jour.
- Les signaux de nuit se font avec des coups de canon, des fusées et des fanaux, hissés à la tête des mâts, en nombre et distance variés, mais qui offrent des combinaisons moins étendues que les signaux de jour.
- Dans les toras de brume ou de brouillard, on n’a-pour ressource que les coups de canon , le bruit du tambour et le son des cloches.
- L’industrie des signaux est d’une grande utilité, sur-tout dans les escadres et armées navales, pour communiquer àtous les vaisseaux , en-même iems , les ordres du général, relatifs aux évolutions, mouvemens et opérations qu’ils doivent exécuter ensemble et de concert.
- On a imaginé et employé diverses méthodes et combinaisons pour obtenir le plus grand nombre possible de signaux, avec un nombre limité de pavillons. La méthode la plus féconde , avec une très grande simplicité dans les moyens, est celle dans laquelle on donne à c haque pavillon le caractère d’un chiffre ; et de la réunion de deux ou de trois pavillons qui figurent, l’un comme unité, un autre comme dixaine, et un troisième comme centaine, on peut comooser tous les nombres possibles, depuis i jusqu’à 999.
- Chacun de ces nombres,ayant une phrase ou une idée qui lui rorres-pond, est inscrit en conséquence sur une table de signaux, au moyen de quoi on a un langage assez étendu , et tout aussi étendu que les besoins du
- SIG
- service des années navales peuvent l’exiger.
- SIGNATURE , s. f. du lat. signa-lura, fai t de signuni, sceau, cachet : apposition du sceau , du cachet.
- ( Pratique) Anciennement on né signoit point les actès ; le sceau ou cachet tenoit lieu de signature ; la forme a changé , mais l’ancien'nom est resté. On entend maintenant par signature, la souscription, l’apposition de son nom au bas d’un acte , mise de sa propre main.
- Il y a deux sortes de signatures , les signatures authentiques, et les signatures privées; celles-ci se font par ies particuliers, au basdesenga-gemens qu’ils prennent ensemble les afitres sont celles que donnent les officiers publics, et ayant caractère à cet effet.
- ( Cour de Rome) On appelle signature en cour de Rome , la minute originale d’un acte par lequel le pape accorde un bénéfice, ou quel-qu’autre grâce.
- On appelle aussi à Rome, signature de justice, signature de grâce, deux tribunaux où l’on décide différentes sortes d’affaires contentieuses.
- (Imprimerie) Signatures, en termes d’imprimerie , se dit des lettres de l’alphabet qu’on met au bas des pages recto , c’est-à-dire, qui sont à droite, au dessous de la dernière ligne . pour faire connoitre l’ordre des cahiers et des pages qui les compo-r sent, et par conséquent faciliter le travail du relieur. S’il y a plus de cahiers que de lettres, on multiplié l’alphabet par minuscules ensuite de la majuscule, autanr de fois qu’il est nécessaire. Pour indiquer l’ordre des feuillets qui composent chaque cahier, on ajoute à la lettre initiale, quelques chiffres qui ne passent pas le milieu de cahier, etqui , par 1 émir ombre, marquent le format de l’édition.
- Quelques imprimeurs emploient maintenant pour signatures, des chiffres au lieu de lettres ; et quant aux chiffres qui indiquent l’ordre des feuillets dans chaque cahier, ils les placent près de la marge interne. Au reste, le mode des signatures varie beaucoup depuis quelques au~ nées.
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- SIGNE, s. m. du latin signurn , indice : ce qui est la marque d’une chose , signal, présage, prodige , enseigne , drapeau , sceau , cachet,etc.
- (Trlédec. séméiotique) Signe se dit, en termes de médecine, de tout effet apparent par le moyeu duquel on parvient à la cuunoissauee d’un effet plus caché, dérobé au témoignage des sens.
- Le signe d’une maladie est ce qui fait distinguer les causes de son approche , sa nature, sa durée et son issue.
- On distingue en général trois espèces de signes : tes commémoralijs, les diagnostics et les proguostics. Voy. ces mots.
- C’est à Hyppocrate que la science des signes a le plus d’obligation, Le premier séméïoticien ( -voy. SE-MÊÏOTIQUE ) a été le plus grand. Aucun médecin , depuis lui, ne l’a surpassé ni même égalé , c’est-à-dire , qu’aucun n’a su mettre en usage tous les signes qu’il avoit établis.
- ( Musique ) Les signes , en musique , sont en général tons les divers caractères dont on se sert pour noter la musique ; mais ce mot s’entend plus particulièrementdesdièses, bémols , béquarres, points, reprises, panses, guidons et autres petits-caractères détachés, qui, sans être de véritables notes , sont des modifications des notes , et de la manière de les exécuter.
- ( Algèbre) Signes, en algèbre, se dit des caractères + et —, plus et moins , qu’on met au devant des quantités algébriques.
- Signes semblables : ce sont ceux qui indiquent des quantités toutes deux négatives ou toutes deux affirmatives.
- Signe radical ; c’est le signe V qu’on met au devant d’une quantité radicale.
- ( Astron. ) Signe, en astronomie, est la douzième partie de l’écliptique ou du zodiaque , ou une portion qui contient 3o degiés de ce cercle. Voy. ZODIAQUE.
- La division des signes commence par le point équinoxial, ou intersection de l’écliptique avec l’équateur. Ces signes furent désignés par les douze constellations qui occu-
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- poient les douze port ions du zodiaque i! y a deux mille ans. Mais, depuis ce tems-ià, ces constellations ont tellement changé de place , par la précession de l’équinoxe, que la constellation du bélier est maintenant dans le signe du taureau , la constellation du taureau dans le sign® des gémeaux. V, PRECESSION.
- Voici les noms de ces àouTA'signcs : Le bélier, le taureau, lesgémeaux, Vécrevisse ou le cancer, te lion . la vierge , la balance, le scorpion , le sagittaire, le verseau, les poissons. V. ZODIAQUE.
- On distingue encore les signes
- Siar rapport à la saison de l’année ou e soleil y séjourne , en signes de printems , d’été , d’automne et d’hiver. Les signes du printems et ceux, d’été sont aussi nommés signes septentrionaux ; et ceux d’automne et d’hiver sont appelés signes méridionaux.
- O11 dit aussi les signes asccndans et descendans ; les premiers sont ceux de l’hiver et du printems , et les autres ceux de l’été et de l’automne.
- ( Astrologie ) Les astrologues commissent des signes chauds et froids , gras et maigres , masculins et féminins, féconds et stériles , des signes vicieux, des signes d’infirmité , de beauté, etc. Consultez Ozanam.
- SIGNIFICATEUR, s. m. du îat. signijïcator, fait de signfico , pour. signum facio , signifier , faire savoir.
- ( Astrol. ) Il se dit de l’un de#-points de l’éclip tique dont se servent les astrologues , pour signifier quelques évbnemenspur rapport au prometteur. par exemple , si la lime est prise pour signijîcateur de quelques évènemeus , par rapport à une autre planète, le point où est cette planète se nomme prometteur ; le point où est la lune se nomme signijîcateur. Le feras qu’il faut pour que le prometteur arrive dans le cercle de position où «e trouve le signifie ateur} est mesuré par l’arc de direction. Les directions sont le principal fondement des prédictions astrologiques.
- SIGNIFICATION , s. f. de s fini* Jico , signifier : Faction de signifier
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- ( Pratique ) /Votijicalion d’une rocédure, d’un exploit ou d’un acte
- une partie adverse, ou à un procureur.
- SILENCE , s. m. du lat. silen-tiurn , fait de sileo , se taire ; état d’une personne qui se tait.
- ( Musique) Silences se dit en musique des signes répondans aux diverses valeurs des notes, lesquels, mis à la place de ces notes, marquent que tout le tems de leur valeur «îoit, être passé en silence.
- (Peinture') On dit en pariant d’un tableau qu’il y a un grand silence, un beau silence , pour exprimer que la composition est sage, ainsi que l’effet ; que le tout ensemble met l’ame du specta'eur dans un état de calme dont il se plaît à jouir. Silence est opposé à tapage : l’on dit qu’il y a du tapage dans un tableau , pour exprimer qu’il y a beaucoup de mouvement.
- SILEX, s. m. Mot purement latin , qui signifie caillou.
- ( Minéral. ) Le silex, ou pierre à fusil, ou pierre à briquet. Cette pierre a la demi-transparence de la corne ; elle en a aussi les différentes teintes; ce qui lui a fait donner,par les allemands, le nom de horn-slein, pierre de corne.
- La France est la contrée de l’Europe qui possède le plus grand nombre de carrières à silex. Quand on tire les pierres à silex de leur gîte , elles sont pénétrées d’une sorte d’humidité à laquellé\on donne le nom d’eau de carrière. Il faut profiter du tems où cette humidité subsiste, pour pouvoir tailler ces silex , et les façonner en pierre à fusil; une fois dissipée, la pierre ne peut plus se casser d’une manière convenable.
- SILICE, s. f. du latin silex, caillou.
- ( Minéral. ) La silice, ou terre silicée, ou siliceuse, ou terre quart-zeuse, est une des neuf terres que l’on connoît aujourd’hui , et que , dans l’état actuel de la science , on considère comme des substances simples.
- La silice est la ferre la plus abondante qu’il y ait dans la nature. Elle entre pour les trois quarts dans la (Composition du granit et de plusieurs
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- autres roches primitives ; elle est 5ns fusible et apyre , indissoluble dans l’eau et dans la plupart des acides ; elle est. soluble pour les alkalis à un grand feu, et elle forme le verre avec ces sels. Elle n’a pu etre ni décomposée, ni imitée parla synthèse.On l’a regardée comme la terre la plug simple , l’élément terreux , l’origine de toutes les autres terres ; mais rien de tout cela n’a été démontré par l’expérience. Elle sert à une foule d’usages, et sur-tout au moulage, à, la verrerie , aux cimens, aux poteries, etc.
- De silice les naturalistes ont fait siliceux, pour désigner ce qui est de la nature du silex.
- SILICULE , s. f. du lat. silicula, diminutif de siliqua , gousse : petite gousse.
- ( Botan. ) La silicule ne diffère pas essentiellement de la silique , dont on la distingue particulièrement par sa forme courte et même raccourcie. Elle a cependant quelquefois des caractères que celle-ci ne présente point; tels que la forte compression en sens contraire de la cloison , l’échancrure du sommet , l’unité de graine, etc.
- SILIQUE, s. f. du lat. siliqua, gousse.
- ( Botan.) Fruit solitaire, simple, sec, alongé, équilatère, marqué de deux sutures longitudinales opposées, plus ou moins exprimées, auxquelles ou vers lesquelles les graines sont attachées.
- SILLAGE, s. m. de SILLON. V. ce mot.
- (Marine ) Trace que le vaisseau laisse derrière lui sur la surface des eaux , à mesure qu’elles se sont séparées à droite et à gauche , pour lui laisser passage , et se rejoignent ensuite en tourbillonnant. Cette trace est ainsi nommée parce qu’elle a quelque analogie avec le sillon que fait dans la terre une charrue.
- Comme le sillage indique la vraie ligne qu’a suivie le vaisseau, on s’en sert utilement pour déterminer la dérive du vaisseau. Pour cela, on établit sur la gaierie du vaisseau, ou sur tel autre endroit de l’arrière , un demi-cercle dont la ligne du milieu représente la direction de la quille
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- Les divisions qui sont pratiquées sur tout le demi-cercle servent à indiquer l’angle que fait la route réelle cîu vaisseau , ou son sillage, avec la quille ; et par conséquent l’angle de la dérive.
- Sillage se dit aussi, mais improprement, de la vitesse du vaisseau. De là, faire un bon sillage , ou grand sillage, pour marcher avec vitesse.
- SILLE, s. m. du grec cixriç ( sillos ).
- (Poésie grecque) Poeme mordant en usage chez les Grecs.
- SILLOMÈTRE, s. m. de sillage, sillon, et du grec y.lTpov ( métro a'), mesure.
- ( Marine ) Instrument propre à mesurer le sillage d’un vaisseau. F. SILLAGE.
- SILLON , s. m. du lat. sulcus , ou peut-être du saxon sylh, qui signifie charrue.
- ( Agricult. ) Longue trace que le soc, le contre de la charrue fait dans la terre qu’on laboure.
- ( Anat. ) Sillon se dit aussi par analogie de différentes traces des os et des parties molles.
- SIMARRE, autrefois CIMARRE, de l’italien zimarra, emprunté de l’espagnol camarra.
- ( Costume ) Habillement long et traînant, dont les femmes se servoient autrefois.
- II se dit présentement d’une robe que les chefs de la magistrature portent. en public ou dans les jours de cérémonie.
- SIMILAIRE, ad], du lat. simi-laris, semblable, de même nature, homogène.
- ( Physique ) Corps similaires ; on appelle ainsi les corps qui , comparés l’un à l’autre, ont ou sont censés avoir des particules de même espèce, de même nature.
- Similaire se dit aussi eu pariant d’un même corps dont les parties sont aussi toutes de la meme nature.
- Lumière similaire ; c’est su i vaut Newton, celle dont les rayons sont également réfrangibles. 11 l’appeiie encore lumière simple et homogène. Telle est, par exempte, la lumière rouge primitive , oui est un
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- faisceau de rayons tous également réfrangibles ; au contraire, la lumière blanche est un composé de rayons de diverses couleurs , dont les réfrangibilités sont différentes.
- ( Arilhmél.) IVombre similaire ; c’est la même chose que le nombre proportionnel.
- 1\ombres plans similaires ; ce sont ceux qui font des rectangles proportionnels. Par exemple, 6 multiplié par 2 , et 12 multiplié par 4 , dont l’un produit 12 et l’autre 48 , sont des nombres similaires.
- JVombres solides similaires ; ce sont ceux qui font des parallélipipèdes rectangles similaires.
- (Anat. ) Les anciens anatomistes regardoient comme parties similaires , c’est-à-dire, homogènes , de même nature , les os , les cartilages, les ligamens , les tendons , les nerfs, les artères, les veines, les vaisseaux, etc., parce; qu’à la vue , elies parois-sent chacune en particulier de même nature ; mais pour parler exactement , il n’y a que la fibre simple qui puisse porter le nom de partie similaire , parce que toutes les autres sont organiques et le résultat d’un tissu de fibres.
- SIMILITUDE , s. f. du lat. simi-litudo , ressemblance, comparaison.
- ( Diction ) La similitude est un des lieux communs de la rhétorique propre à la preuve. On entend par ce terme la convenance que deux ou plusieurs choses ont ensemble.
- SIMILOR, s. m. du fr. or, et du latin similis : semblable à l’or.
- ( Métallurgie ) Alliage du zinc et du cuivre.
- SIMONIE, s. f. de Simon le magicien, qui voulut acheter de S. Pierre, le don de faire des miracles.
- j Hist. ecclés. ) Crime qu’on commet , quand on trafique des choses saintes.
- SIMPLE , adj. et s. du lat. simplex , nom composé , seul, unique, facile à faire, à comprendre.
- ( Botan. ) Simple se dit en botanique , de ce qui ne se ramifie point ou n’est pas formé de diverses pièces distinctes.
- Calice simple ; c’est celui qui n’est point calculé ou environné
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- comme par un second calice extérieur.
- Simple , employé au substantif, est un nom générique sous lequel sont comprises toutes les herbes et toutes les plantes dont on fait usage en médecine; elles sont ainsi nommées, parce qu’elles ont chacune leur vertu particulière pour former un remède simple.
- ( 4rilhmèl. ) Multiplication et division simples ; ce sont des opérations où il îrentre point de différente espèce; on les appelle ainsi , pour les distinguer de la multiplication et de la division composées où il s’agit de calculer des grandeurs de différentes espèces.
- ( Al phare ) Equation simple ; c’est celle où la quantiié inconnue 11’a
- , .. . x~a+b
- qu’une dimension, comme __________
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- (Diction) Simple est encore l’un des trois genres d’éloquence que les rhéteurs ont distingué ; le si/u-ple, le sublime, et le tempéré.
- Le simple désigne une manière de s’exprimer pure, facile, sans ornement, où l’art ne paroit point.
- ( Musique) Simple se dit, dans les doubles et dans les variations, du premier couplet ou air original, tel qu’il est d’abord noté.
- ( Peinture ) Style simple est opposé , en peinture, au style d’apparat ; il exclut ce qui est brillant, riche , et fastueux. Le grand style suppose la simplicité dans toutes les parties, dans le sujet, danslesl’ormes, dans les attitudes, dans les ajustemens , dans la composition, dans l’ordonnance, dans les accessoires, dans les effets, dans la couleur.
- A Rome, dit Mengs , où l’on a conservé le goût antique , on méprise cette variété d’objets qui font, par leurs différentes couleurs, le charme des tableaux du Titien , et l’on cherche au contraire à rendre les compositions aussi simples qu’il est possible.
- SIMULATION, s. f. du lat. simula , pour similenl jacio, rendre semblable ; l’action de rendre semblable , feindre.
- ( Pratique ) Déguisement introduit dans un acte. Il y a de la simulation dans un contrat , dans une
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- vente, etc. lorsqu’on veut frustrer les créanciers légitimes.
- SINAPISME , s. ni. du grec «va.tti ( sinapi ) , sénevé ou moutarde.
- ( Pharmacie ) Cataplasme de graine de moutarde pulvérisée , incorporée avec la pulpe de figues, du levain ou autres choses semblables , appliqué pour exciter la chaleur et de la rougeur à la peau.
- SINCIPUT , s. m. Terme lat. qui siguifie le devant, de la tète.
- ( Anal. ) La partie antérieure de la tète au dessus du front. Do y.
- BREGMA,
- De sinciput, les anatomistes ont fait sincipital, pour désigner ce qui a rapport au sinciput.
- SINDON , s. m. du grec ovvJ'aiv ( sindàn) , drap, linge.
- ( Cultecathol.) On nomme quelquefois siudou le linceul dans lequel Jésus-Christ fut enseveli.
- ( Chirurgie ) Sindon se dit aussi, par analogie , d’un petit morceau de toile, coupé en rond, ou un petit plumasseau de charpie , applati et arrondi, pour mettre dans le trou du trépan quand on le panse.
- SINÉ CURE, s. m. Corruption du latin sine cura , sans soin , sans charge.
- ( Hist. ecclés. ) Il se dit d’un bénéfice , ou d’une dignité qui n’oblige à aucune fonction. C’est ce qu’on appelle autrement un bénéfice simple.
- SINGLER , ou CINGLER , v. n. de l’allemand segeln , naviguer à pleines voiles.
- ( Marine ) Aiiuder vers le nord ; c’est, naviguer, fane route au Nord.
- SINGULIER , ERE, adj. du latin singularis , unique, particulier.
- C Qramm. ) Nombre singulier ; c’est une unité de personnes ou de choses ; il est opposé à nombre pluriel.
- ( Jurisprudence) Ldi singulière ; c’est une loi qui est seule dans un titre , ou en un chapitre à part.
- Combat singulier; c’est un combat d’homme à homme. Anciennement on permettoit les combats singuliers pour découvrir la vérité.
- SINOPLE , s. m. de la ville de Sinope eu Asie.
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- ( Blason ) C’est ainsi qu’on appelle le vert, on la couleur prasine, dans les armoiries.
- Les anciens hérauts l’appeloient ainsi, quoique , suivant Pline et Strabon, la terre apportée de Sinope est d’un rouge brun.
- La couleur verte, ou le sinople , signifie jeunesse, amour, beauté, jouissance , et sur-tout liberté ; d’où vient qu’on scelle en cire verte les lettres de rémission , d’abolition et de légitimation.
- Les villes franches et les universités ont la plupart des sceaux de même couleur. Les' évêques ont pris la couleur verte à leur chapeau pour marque de leur exemption , et l’on fait porter le- bonuet vert aux banqueroutiers cessionnaires , parce u:iis sont libérés de toutes leurs ettes.
- ( Minéral. ) On donne le nom de sinople , dans les mines de Hongrie, à une mine d’or, ordinairement mêlée degalene et de blende, qui a pour gangue un jaspe rouge très-ferrugineux.,
- SINUE, EE, adj. du latin sinus, pli.
- ( Botan. ) Qui a un sinus ou échancrure arrondie , ou bien un nombre déterminé de sinus.
- SINUEUX , SE, du lat. sinus, plis.
- ( Botan. ) Dont le bord a des échancrures et des saillies également arrondies ; par une courbure ou flexuosité continue ; c’est-à-dire , , nun-intenompue par des angles.
- SINUÜLÉ, ÉE, adj. diminutif de sinueuse.
- ( Botan. ) Qui a les bords légèrement. flexueux.
- SINUOSITÉ, s. f. du latin sinus, pli, ca\ ité : qualité d’une chose sinueuse.
- ( Chimrgie ) Il se dit des tours et détours que fait un ulcère clans les chairs.
- ( Anat. ) Sinuosité se dit, en général , des enfoneeniens des os qui donnent passage à des tendons , comme au haut de l’humérus.
- SINUS , s. m. Mot purement latin , qui signifie cavité, pli, golfe , détour.
- (slnat, ) Espèce de cavité dont l’enüée est plus étroi’e et le fond plus
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- évasé. Les sinus maxillaires ; les sinus frontaux, etc.
- Sinus se dit aussi des endroits où plusieurs vaisseaux viennent aboutir. Le sinus dè la veine coronairte ; le sinus de la veine-porte.
- ('Chirurgie) Sinus se dit aussi, en termes de chirurgie, d’un sac, d’un clapier , d’une cavité détournée qui se forme dans le fond d’un ulcère, et où il se ramasse du pus, qu’on a bien de la peine à faire sortir saris incision.
- ( <Séoni.) Sinus d’un arc ou d’un angle; on appelle ainsi une perpendiculaire abaissée de l’extrémité d’un arc sur le rayon ou le diamètre qui passe par l’autre extrémité de cet arc.
- Sinus total ; c’est le sinus d’un arc ou d’un angle de 90 deg’.és. Ce sinus est égal au rayon, ou , pour mieuxcin-e, c’est le rayon lai-même ; il est appelé sinus total, parce qu’il e.->t le plus grand de tous les sinus.
- S inus-verse ,* c’est la partie du rayon interceptée entre le sinus droit et l’extrémité de l’arc.
- SïPHILIS, s. f. Mot latin dont l’origine est incertaine, mais qui sert à désigner la grosse vérole. Suivant le Lexicon medic. cas tell. Brun. Siphilis pourrait venir du grec st/çàoî ( siphlos ) , contraction de trnpxxcs (siphalos ) , vilain , sale, difforme, honteux ; comme qui dirait maladie honteuse. l7oy\ VEROLE (grosse).
- SIPHON, s. m. du grec otçci'v (siphon}, tuyau.
- ( Physique) Tuyau courbé de verve ou de métal, et dont une branche est pins comte que l’autre. On se sert cia siphon pour vider la liqueur d’un vase, sans incliner le vase ; pour cela, on place l’extrémité de la courte branche dans le vase qui contient la liqueur , ou ôte l’air du siphon, en suçant par l’extrémité de la longue branche; alors l’écoulement commence et ne finit que lorsque la courte branche ne plonge plus du tout dans la liqueur.
- Le jeu du siphon dépend de la pression de Pair sur la surface de la liqueur dans. le vase, car tous les points de cette surface sont égalenren t pressés par la colonne d’air; si à quelque endroit de cette surface , on supprime cette pression, la liqueur
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- doit s’ébouler par-là, puisqu’elle y trouve moins de résistance. C’est pourquoi le siphon se remplit en entie* , lorsqu’on suce l’air par l’extrémité de la longue branche. Pour le surplus de la théorie du siphon , consulte?, le dictionnaire de physique de Brisson.
- Siphon double, ou de laboratoire ; c’est un siphon qui ne diffère du précédent, qu’en ce qu’on adapte à sa longue branche, un tube qui sert à sucer les liqueurs qu’il seroit dangereux de faire venir à la bouche. On fait usage de ce siphon dans les laboratoires de chimie, par sûreté , et dans les offices, par propreté.
- Le siphon, dit de Wirtemberg, fut inventé en i683, par Jean Jordan , natif de Stutgard, et présenté au prince Frédéric Charles, duc de Wirtemberg , qui le donna à Salomon Reisel, son médecin , pour en éprouver les effets. Ces effets ayant été rendus publics, le fameux navigateur Jean Davis imagina la machine qui les avoit produits, et en donna la description dans les transactions philosophiques de i685. M. Denis Papin fit aussi la même année, un siphon dont les propriétés ne le cédoient point à celles du siphon de W irtemberg, Reisel reconnut alors que ce seroit en vain qu’il garderait plus long-tems le mystère sur l’invention de Jordan , et il le publia.
- SIPPAGE , s. m. du saxon sip , abreuver , saturer.
- (Tannage des cuirs) C’est le nom que les Danois donnent à un procédé particulier, pour tanner les peaux en deux mois de tems.
- SIRE, s. m. Leséfymologistesne sont pas d’accord sur l’origine de ce mot. Les uns le font venir du latin herus, dont les Allemands ont fait her- les autres, du latin senior, dont on aurait fait par contraction siore , et ensuite sire ; d’autres enfin, le dérivent du grec moderne jtùpoç ( huros ).
- ( Hist. ) Le titre de sire fut donné par les Grecs à leurs empereurs ; dans la suite , ce titre fut usurpé par tous les seigneurs, soit justiciers, soit féodaux. Dans le treizième siècle , il fut donné à Dieu même , et depuis
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- le seizième, il est réservé aux rois seuls, en leur parlant ou en leur écrivant.
- SIRIASE, s. f. du grec aupta-a-if (seiriasis ) , inflammation causée par l’ardeur du soleil.
- (Méd.) Inflammation du cerveau et de ses membranes, occasionnée par une violente ardeur du soleil. C’est une maiadie à laquelle les en-fans sont sujets.
- SIRIUS, s. m. du grec o-àpios ( sei-rios), fait de eniphw (seiroô ) , dessécher.
- ( Aslron. ) C’est le nom d’une étoile de la constellation du grand chien. Les Latins l’appeloient cani-cula.
- SIROC, s. m. de l’italien sirocco, qui vient lui-même de l’arabe scho-rouk, qui signifie le lever du soleil, l’orient : qui vien! de l’orient.
- ( Mêléorol. ) C’est le nom qu’on donne sur la Méditerranée, au vent que l’on nomme sud-est sur l’océan.
- Ce vent est tellement brûlant dans les parties de l’Afrique, voisines de la Méditerranée, qu’il tue quelquefois les animaux dans l’espace d’une demi-heure. Les îles de Malte et de Sicile, sont aussi tourmentées par ce terrible vent, qui, malgré qu’il ait traversé la mer, conserve encore assez de chaleur pour faire monter le thermomètre jusqu’à 40 degrés (de Réaumur). A Naples, et dans plusieurs autres endroits d’Italie , où il est beaucoup moins violent qu’en Sicile, mais où il dure plusieurs jours , et même plusieurs semaines , il produit un abattement total dans la machine, et cause souvent des maladies putrides.
- SIROP , s. m. du latin barbare syruppus, fait de l’arabe schorab, qui signifie potion , breuvage.
- ( Matière méd.') Médicament liquide , doux et agréable, dont la consistance est telle, que si l’on en fait tomber une goutte sur un marbre , elle ne s’étendra point ; fait de sucs , d’infusions, de décoctions, de teintures , ou d’eaux distillées avec du sucre , quelquefois avec du miel.
- I .es sirops n’étoient point en usage du tems d’Hippocrate; ils étaient inconnus aux Grecs. Ce sont les Arabes qui les ont inventés.
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- SIR VENTE, s. m., ou SERVAN-TÈSE , ou SERVANTOISE , s. f. que Ménage fait dériver de silva , qui signifie une sorte de poésie.
- (Poésie) Sorte de poésie ancienne, en langue françoise ou provençale, ordinairement consacrée à la satyre, et quelquefois à l’amour et à la louange. Le sirvenle étoit aussi une sorte de poésie lyrique connue chez les Italiens.
- SISTRE , s. m. du grec m'urrpov ( seistron ) , fait de Jr/iw (seiô ) , frapper, agiter.
- (Musique inslrum, ^ Instrument de musique ancien , de métal, à jour, et à peu n'rs semblable à une de nos raquettes. Ses b r im lies, percées de trous à égales distances , re-cevoiènt trois ou cju- ire petites baguettes mobiios -X m une métal, qui passoient au trav; s . et qui étant agitées, rendoien* un son fort aigu.
- Cet instrument Au inventé en Egypte , et y servent 'ans les cérémonies religieuses. Les Hébreux en fai-soient également usage dans leurs fêtes, et les Grecs l’etçpluyo:*ntpour marquer.la mesure dans l’exécution de divers morceaux de musique.
- SITE , s, m. de l’italien sito, fait du latin silus, assiette , position , situation.
- (Peinture) Site , en termes de peinture, signifie la même chose que situation d’un lieu, dans le langage ordinaire. Ce mot appartient particulièrement à la peinture du paysage. it l’on dit un site pittoresque , piquant, romantique, etc. V^. ces mots.
- SITIOLOGIE, s. f. du grec oitIov (sition ) , aliment, et de Xayoç ( logos ) , discours , traité.
- (Méd, ) Partie de la médecine , qui traite des alimens.
- SITUATION, s. f. du latin si tus, assiette, position.
- (Archil.) Belle situation , situation avantageuse ; cette expression s’applique à un bâtiment élevé sur un espace de terrein, dont le fonds est bon, l’exposition heureuse, et les vues belles.
- ( (J-ramm. ) Situation se dit aussi de l’arrangement des parties d’an discours. Xe premier vice opposé à la
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- netteté du style, c’est la mauvaise situation des mots.
- ( Créom. alg. ) Situation, en termes de géométrie et d’algèbre, signifie la position respective des lignes, surfaces, etc.
- Leibnitz parle, dans les actes de Leipsick, d’une espèce particulière d’analyse, qu’il appelle analyse de situation, sur laquelle on pourvoit établir une sorte de calcul.
- Dans le tome VII des mémoires de l’académie de Pétersbourg. on trouve un mémoire de M, Euler., qui apour titre : Solution d’un problème qui a rapport à la géométrie des situations.
- SIX, adj. du latin sex.
- ( Arithmét. ) Nombre pair , composé de deux .ois bois ; le chiffre 6.
- SIXIEME , auj, de six.
- (Ariikmét. ) La partie d’un tout divisé en six parties égales.
- SIXTE, s, f, de six.
- ( Musique ) La*$econde des deux consounances imparfaites, appelées par les Grecs hexacorde, parce que son intervalle est formé de six sons ou de cinq degrés diatoniques.
- SLOOP , ou SLOUPE , s. m. pris de l’anglois sloop.
- (Marine) Le sloop est un bâtiment fort usité parmi les Anglois et les Américains, et dans les colonies des Antilles.
- Sa construction est fort arrondie, sa largeur considérable, et son avant renflé et sans rentrée. Les sloops portent depuis vingt jusqu’à cent tonneaux. 11 y en a cependant de plus forts, et qui portent quelques canons.
- Le gréement des sloops consiste en un seul mât portant une grande voile à gui, un beaupré fort alongé et peu relevé, sur lequel on amare trois ou quatre focs.
- Cette sorte de voilure très-simple, rend ces bâtimens propres à courir au plus près du vent: aussi portent-ils à quatre aires de vent, et même encore plus près ; ils virent aussi de bord fort lestement.
- VMarine ângloise) Sloops of war, ou sloops de guerre ; c’est le nom que les Anglois donnent aux frégates au dessous de vingt canons , et que dans la marine françoise on
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- appelle corvettes. Ce nom leur vient de ce que clans l’origine on se servoit de sloops, ou bàtimens à un seul mât, pour porter des avis, aller à la découverte. et faire le service que font, aujourd’hui les petites frégates ou corvettes. Les mots oj'war (ne guerre) , servent à les distinguer des sloops de commerce.
- Dans la suite , ces bàtimens ayant paru peu propres aux usages auxquels ils étoieut destinés, on a changé leur construction et leur gréement, mais on a oublié de changer leur nom. r. CORVETTE.
- * SMALT, subst. masc. du teuton schmalte.
- ( Minéral. ) Verre bleu fait avec Voxide de cobalt fondu , jusqu’à parfaite vitrification , avec une fritte de verre ou de cristal. Le smalt, lorsqu’il est broyé, forme ce qu’on appelle azur, ou bleu d’émaii.
- SMARAGDITE , s. f. du grec «ucta-xyéoç (smaragdos), émeraude, fct.de X/9oç (lithos), pierre.
- (Minéral.) Substance pierreuse , ainsi appelée pan e que sa couleur est le plus souvent d’un beau vert d’émeraude.
- La smaragdite paroît être la substance généralement désignée sous le nom de prime d’émeraude; et c’est probablement un morceau de smaragdite qu’on raunübit comme une émeraude prodigieuse du poids de vingt-neuf livres, dans le trésor du couvent de Reichenau , près de Constance.
- SMECTITE , s. f. du grec a-p.n^as ( smccho ) , nettoyer.
- (Minéral.) lerre argileuse qui mousse et se dissout dans l’eau comme le savon ; ainsi appelée parce qu’elle a la propriété de dégraisser les étoffes de laine. C’est la terre à foulon.
- SMOG LEUR, s. m. Corruption de l’anglois srnugglcr, contrebandier.
- ( Commerce ) Il se dit de ceux qui, an mépris des lois, introduisent ou exportent des marchandises sans payer les droits ; on l’applique aussi, par extension , aux petits bàtimens, comme sloops et cutters, qui servent à la contrebande.
- SOC, s. m. du lat. barb. soccus,
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- fait de l’allemand serge, qui signifia couteau.
- ( Agrk ult. ) Grosse pièce de fer pointue, qui fait ia principale partie de la charrue, qui sert à ouvrir et à fendre la terre quand on laboure.
- SOCIÉTÉ , s. f. du lat. socictas > fait de socio , allier, joindre, unir : alliance, confédération, association, union.
- ( Commerce ) Acte, contrat ou-traité par lequel plusieurs personnes conviennent de mettre certaines choses en commun , pour en partager le profit ou la perte.
- Il y a deux sortes de sociétés entre marchands, négociansou banquiers: la société générale et ia société en commandite.
- La société générale est celle que contractent plusieurs-personnesDour agir également, et faire le commerce sous leurs noms collectifs. Souvent celui qui est le principal agent met son nom le premier : les autres sont compris sous le nom de compagnie.
- La société en commandite est celle où l’un des associés ne fait que mettre son avgen t dans la société, sans faire aucune fonction d'associé, ni être nommé dans la raison du commerce ; et l’autre donne quelquefois son.argent, mais fournit tou-jours son industrie et son nom. Le premier est appelé croupier, le second , le complimentaire de la société.
- Le croupier n’étant point dénommé dans la raison ou signature de cette société j n’est engagé solidairement avec les autres intéressés que jusqu’à concurrence de la somme portée dans l’acte. C’est cette restriction qui forme la commandite ; c’est ce qui la distingue de toute autre so-ciéié où il pourroit y avoir également communauté de pertes ou de profits, sans que les noms de tous les co-associés parussent. Cette société a pris le nom de commandite, de l’ancien terme de coutume command, qui désigne celui qui a donné charge à un autre d’acquérir pour lui.
- Société anonyme ; c’est celle ou tous les associés travaillent sous leurs noms particuliers, sans que le public soit informé de leur société. Comme il en peut résulter des monopoles ow
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- d’autres abus pernicieux au commerce , elle est proscrite par les lois.
- Société léonine; c’est celle où l’on convient qu’on fera deux masses séparées, l’une du gain, l’antre des frais ou pertes , et qu’un des associés aura telle part au gain sans eu avoir à la perte. Une pareille société est rejetée par les lois ; elle a été appelée par les jurisconsultes romains societas léonina , par allusion à l’apologue de Phèdre qui commence par ce vers remarquable :
- JSunquam est fidelis , cum potente societas.
- (Littérature ) Société littéraire ; c’est l’association de plusieurs personnes qui se réunissent pour cultiver les arts. F. LYCÉE , ATHÉNÉE.
- Société de gens de lettres. On dit quelquefois d’un ouvrage qu’il a été composé, exécuté par une société de gens de lettres; on entend par-là que plusieurs gens de lettres ont formé entr’eux une association passagère pour l’exécution d’un ouvrage.
- Société royale de Londres ; c’est une association de savans établie à Londres , pour la culture des arts et des sciences. EIIe( doit son origine à quelques philosophes anglois qui , sous la sombre administration de Cromwel, s’assembloient une fois par semaine chez le docteur Wilkins , à Oxford, pour chercher en paix des vérités, tandis que le fanatisme opprimoit toute vérité. Le roi Charles II confirma cet établissement en i663. Le nombre des membres qui composent celte société n’est pas fixé ; il y a Un président qui convoque les assemblées , et propose les questions, un trésorier qui reçoit et débourse l’argent, et deux secrétaires qui tiennent des registres des expériences , des découvertes, et de tout ce qui se passe de plus remarquable. C’est d’ordinaire l’un des deux secrétaires qui a la direction et Je soin des 'Transactions philosophiques qui se publient, tous les mois, par ordre de la société.
- SOCLE , s, m. de l’ital. zoccola.
- ( Arçhit.) Membre carré pins large que haut, et qui sert de base à toutes décorations d’architecture et d’édifice.
- Il se dit aussi d’une sorte de petit
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- piédestal sur lequel on posedesvases, des bustes.
- SODA, s, m. Mot arabe qui signifie douleur de tête.
- ( Méd. ) Ce mot signifie mal de tête ou céphalalgie. Quelques-uns entendent encore par ce terme un sentiment de chaleur et d’érosion dans la gorge , auquel les bilieux et les hypocondriaques sont sujets. Suivant Biancard, soda est une ardeur d’estomac.
- SOFFITE*, s. f. de l’ital. soffito, plafond, lambris.
- - ( Archit. ) Ce mot se dit particulièrement de tout plafond ou lambris de menuiserie, formé par des poutres croisées ou des corniches volâmes , dont les compartimens par renfoncement carrés sont enrichis de sculpture , de peinture et de dorure.
- SOFI ouSOPHI, s. m. Mot persan qui signifie prudent, sage ou philosophe. '
- ( Hist. des Perses') Titre qu’on donnoit anciennement an roi de Perse, mais qu’on ne lui donne plus, SOIE, s. f. du latin sericum, fait, de ser . nom d’une araignée , commune chez les Seres , peuples de Scythie, et dont les anciens eroyoient que la soie étoit l’ouvrage.
- ( Hist. nat. ) La soie est un fil mou, fin, délicat et léger, qui est l’ouvrage d’une espèce de chenille qu’on nomme ver-à-soie, bombyx, 'Les anciens ne connoissoient ni des usages de la soie , ni la manière de la travailler. Pamphilie, habitante de l’iîe de Cos fut la première, suivant Aristote et Pline, qui inventa, l’art de la façonner. Cette découverte passa bientôt chez les Romains, qui n’en retirèrent des avantages certains que bien long-tems après. Les étoffes-de soie furent si rares chez eux pendant plusieurs siècles , qu’on les ven-doit au poids de l’or ; ce qui détermina l’empereur Àuvéîien à refuser à sa femme une robe de Soie qu’elle lui demandoit avec beaucoup d’instance.
- En 555 , deux moines revenant des Indes à Cor.stan inople , apportèrent avec eux des œufs de ver-à-soie, avec les instructions nécessaires pour les faire écicie, élever et nom-
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- ïir les vers , en tirer la soie , la filer
- et la travailler.
- Ces instructions donnèrent naissance à l’établissement de plusieurs manufactures à Athènes, à Thèbes et à Corint he.
- En x 13o, Roger, roi de Sicile, ayant pillé Athènes et Corinthe , transporta à Païenne et en Calabre plusieurs ouvriers en soie, au moyen desquels il établit des manufactures.
- L’Italie et l’Espagne profitèrent bientôt de l’industrie des Calabrois ; mais les François ne commencèrent à les imiter que peu de tems avant le règne de François I ; et ce ne fut crue sous Henri IV que furent établies les premières pépinières de mûriers. Aujourd'hui Part de nourrir, élever les vers-à-soie , de filer, mouliner et apprêter les soies, forme, une des plus riches branches de notre commerce.
- ( Minéral. ) Soie minérale} on a quelquefois donné ce nom à la belle amianfhe de la Tarentaise, qui, par la blancheur, l’éclat, la finesse et la flexibilité de ses fibres, ressemble assez bien à de la soie.
- SOIE , s. f. ( poil ) du latin seta.
- (Hist. naturelle') Il se dit des poils dursetroides qui croissent sur le corps ou sur quelques parties des quadrupèdes. Les cochons et les sangliers sont couverts de soies. Ce sont des soies qui forment les moustaches de plusieurs espèces de quadrupèdes. •
- (^Botan. ) Soie se dit en général d’un filament quelconque , ressemblant à une soie de cochon ; mais c’est particulièrement le nom donné au pédoncule de la capsule ou pyxi-duîe des mousses,
- SOIGNE, participe de soigner, fait de soin, dérivé du lat. senium, 40in, chagrin : traité avec beaucoup de soin.
- (Peinture ) Soigné se dit d’un ouvrage à qui l’on a donné des soins curieux et recherchés. L’idée du soigné emporte avec elle celle de la petitesse de l’ouvrage, et de la médiocrité dans l’esprit de l’ouvrier, et par conséquent, elle exclut celle du grand. ,
- Quand on voit un petit tableau dont le sujet est indifférent par lui-même , tels que sont, en générai ,
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- les sujets traités par les maîtres hol-landois 5 quand on reeonnoît que les soins de l’artiste ont donné du prix à ce sujet trivial, on peut dire que c’est un ouvrage soigné ; tels sont les ouvrages des Gérard - Dow , des Miens, des Vander Werf , etc.
- SOIR, s. m. du lat. sérum, ce qui vient tard.
- ( Chroncl. ) Dernière partie du jour, tems composé de la fin du jour et du commencement de la nuit.
- SOIXANTE, adj. du latin sexa-ginla.
- ( Arithmét. ) Nombre pair composé de six dixaines.
- De soixante on a fait soixantaine, pour un nombre de soixante ou environ ; et soixantième pour la soixantième partie d’un tout.
- SOL, s. m. du latin solum, terre, fonds de terre.
- ( Agricult. et architect. ) L’aire, la superficie de la terre que l’on cultive , sur laquelle on bâtit.
- ( Botan. ) Sol, en termes de botanique , est le terroir considéré suivant sa qualité. Les plantes varient suivant la nature du sol.
- ( Minéral. ) Sol se prend , parmi beaucoup de minéralogistes, pour le terrein relativement à sa nature. Un sol granitique, un sol calcaire, un sol argileux, etc. Ceux qui ont. l’habitude d’observer le règne minéral , peuvent à la seule inspection du sol, jointe à la disposition du local, juger de la nature des substances minérales qu’on peut rencontrer à quelque profondeur.
- [Prat.) Sol se dit du fonds sur lequel un édifice est élevé. Il est de règle quel’édificec ède au fonds dont il'n’est en quelque sorte que l’accessoire.
- ( Blason ) Sol se dit quelquefois du champ de l’écu qui porte les pièces honorables et les meubles.
- SOL (sou) , s. m. Contraction du latin soîidus. Les écus d’or sol s’appelaient autrefois gallici, solidi.
- ( Monnaie ) Pièce de menue mon-noie qui vaut douze deniers.
- O11 s’est servi en France, sous la première race , de sols, de demwo/v et de tiers de sols d’or. Les sols pesaient 85 grains un tiers, poids de marc , et valoient 40 deniers
- Outre ce sol d’or, seuiblable à ceux
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- roux des empereurs romains , il y avoit un soi d’argent valant douze deniers.
- Avant la réforme de tons les sols en France, il s’en trouvoit plusieurs qu’on distinguoit par les vois sous lesquels ils avoient été frappés : comme les douzains de Henri II, les sols de Charles IX, et ceux de Henri IF ; d’autres ^voient les noms des provinces oh ils avoient été fabriqués, comme les sols de Dauphiné.
- Le sol est présentement une mon-noie de compte dans plusieurs Etats. SOL, s. m.
- ( Note de musique') La cinquième des six syllabes inventées par i’Aré-tin pour prononcer les notes de la gamme, et tirées de l’hymne de St. Jean-Baptiste :
- Ut queant Iaxis resonareJibris Mira gestorum', etc.
- SOLAIRE, adj. du lat. Solaris, fait de sol, solis , soleil : qui appartient au soleil.
- ( Astron.) Solaire se dit en astronomie de ce qui a rapport au soleil.
- Système solaire ; c’est l’ordre et la disposition des différens ctirps célestes qui font leurs révolutions autour du soleil» comme centre de leur mouvement.
- Année solaire ; elle est composée de 865 jours 5 heures 49 minutes , et elle se dit par opposition à année lunaire , qui n’est que de 354 jours.
- Cycle solaire ; voy. CYCLE.
- Microscope solaire; v. MICROSCOPE.
- Cadran solaire ; v. CADRAN.
- {Botan.) Fleurs solaires ; Linnée appelle ainsi les fleurs qui s’épanouissent et se ferment pendant que le soleil est sur l’horizon. Il les distingue en équinoxiales , en tropiques et en météoriques. Les premières sont celles qui ont une heure fixe pour s’ouvrir ; les secondes, celles qui s’ouvrent le malin et se ferment le soir ; et les troisièmes, celles dont le moment de l’épanouissement est dérangé par la température de i’at-mosphère , et qui peuvent nous indiquer le teins qu’il fera.
- ( Chirurgie ) Bandage solaire / c’est ainsi qu’011 appelle une sorte de bandage pour la saignée ck l’aitère
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- temporale, parce que ses circonvolu-sions font des rayons sur la tête.
- SOLDAN ou SOUDAN, ou SULTAN, s. m. Mot arabe qui siguilie roi , empereur.
- ( Hist. turque ) C’étoit le nom qu’on donnoit autrefois aux lien te-nans des califes , dans leurs provinces et dans leurs armées ; mais la puissance des califes étant déchue , ces lientenans s’érigèrent en souverains. Saladin , général des troupes de Noradin, prit ce titre, et fut la premier Soudan d’Egypte. Les sou-dans fondèrent plusieurs dynasties dans l’Asie mineure , mais elles furent détruites par les Empereurs Turcs : celle d’Egypte le fut en râyô. K. SULTAN.
- ( Chancellerie rom.) Soldan ou Soudan est aussi le nom d’un officier de la cour de Rome, qu’on appelle autrement juge de la lourde IVove, ou maréchal de Rome à la cour de Sauelles ; c’est une espèce de prévôt qui a la garde des prisons. Pendant la vacance du saint siège, on lui confie quelquefois la garde du conclave» SOLDAT, s. m. de l’italien sol-dalo , fait du lat. solidalus , dériva de solidum , 3olide ( monnoie ) ; comme qui diroit payé avec un SOLIDE ou SOL. ( r. ces mots ).
- ( Art rnilit. ) Ce mot est nouveau dans notre langue ; on disoit autrefois soudar, qui, au reste , avoit la même origine , étant fait de solida-riasdérivé de solidum , solide , sol, sou.
- Soldat signifie généralement un hommede guerre; mais on le donna particulièrement à l’homme de pied.
- SOLDE , s. f. de solidum, solide, ( monnoie ). V. SOL.
- ( Art milit.) La paye qu’on donne à ceux qui portent les armes pour la service d’un prince, d’un Etat.
- ( Financesycommerce) Solde signifie aussi le paiement qui se fait pour demeurer quitte d’un reste de compte. En ce sens. il est masculin ; de là, solder un compte. pour dire clore un compte, en payer le reliquat.
- SOLE, a. f. (terme d’agriculture), du latin soleo , avoir coutume ; coutume , saison,
- XI se dit d’une étendue de terre
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- destinée à une certaine culture.
- V. DESSOLER.
- SOLE , s. f. de solea , semelle.
- ( Hist. nal. ) Le dessous du pied d’un cheval, d’un mulet, d’un âne, d’un cerf.
- ( Arc hit. ) Sole se dit par analogie des pièces de bois qui se couchent à terre , et posées de plat, dans les constructions et dans les machines.
- SOLÉAIRE, adj. du latin solea-ris, fait de solea , semelle : qui concerne les semelles.
- ( Anat. ) Il se dit d’un muscle de la jambe, fort charnu , d’une figure presque ovale , applati , plus épais dans le milieu que vers les bords, et ressemblant à une semelle , d’où lui vient son nom.
- SOLÉCISME , s. m. du grec c'Kor/~itu.o ç ( soloikismos ) , formé de oixoïKoi ( soloikoi ) , nom des habitans de la ville de Soles , et de la terminaison ia-p.bc ( ismos ) , qui marque imitation : littéralement la manière des habitans de Soles.
- ( IS ranimai ré) Les Grecs appeloient solécisme , les fautes que les habitans de Soles faisoient contre la pureté delalangue. Ces habitans étoient des peuples de l’Attique, qui, étant venus s’établir à Soles , ville de Ci-licie,perdirent la pureté delalangue grecque, dans leur commerce avec les anciens habitansde cette ville. Parmi nous, ce mot désigne particulièrement une faute contre la langue, dans les nombres, les conjugaisons, la construction ou la syntaxe.
- Le mot solécisme a aussi une signification plus étendue , il désigne en général une faute quelconque. Un acteur ayant fait un faux geste sur le théâtre, on lui cria qu’il avoit fait un solécisme de la main.
- SOLEIL, s. f. du lat. sol, solis.
- ( Physique ) Le grand astre qui éclaire le monde.
- Il y a eu différentes opinions sur la nature du soleil. Les anciens tels que Platon , Zenon , Pythagore , etc. ont cru que c’étoit un globe de feu. Parmi les modernes , Kepler , Kir-cher, Reita, Scheiner et Riccioli ont été du même sentiment ; mais Descartes et quelques autres après lui , ont pensé qu’il étoit composé d’une
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- matière extrêmement subtile , capable d’exciter en nous la sensation de lumière et de chaleur. Ce dernier sentiment n’a pas été adopté par les physiciens modernes, qui pensent que le soleil est composé de la matière du feu et de la lumière, qu’ils regardent comme la même, mais différemment modifiée.
- Néanmoins , Herscliell a fait un grand nombre d’observations qui semblent se réunir pour disputer à cet astre le privilège de la lucidité. Herschell pense que le soleil est opaque comme les planètes, et qu’il peut être habité ; il y a vu ce qu’il appelle des ouvertures , des bas-fonds , des chaînes , des nodules, des corrugalions , des dentelures et des pores. Mais ces differentes découvertes ne doivent être regardées que comme des conjectures qui méritent d’être appuyées par de nouvelles observations.
- ( Aslron. ) On met ordinairement le soleil au nombre des planètes, mais on devroit plutôt le mettre au nombre des étoiles fixes.
- Suivant le système de Copernic, qui est à présent généralement reçu, et même démontré , le soleil est le centre du système des planètes et des comètes, autour duquel toutes les planètes et les comètes, et entr’autres notre terre, font leurs révolutions, en des terns différens , suivant leurs différentes distances au soleil ; il est au foyer de toutes les orbites elliptiques des planètes et des comètes.
- Le soleil étant l’objet le plus frappant de la nature, son mouvement sei't à mesurer tous les autres ; les années, les jours, les heures , les minutes se comptent par les révolutions annuelles ou diurnes du soleil. Les points équinoxiaux que le soleil marque dans le ciel, en traversant l’équateur, servent à compter les longitudes etlesascensions droites. La trace qu’il nous marque par sa révolution, est l’écliptique , à laquelle on rapporte toutes les autres orbites planétaires.
- Les astronomes observent sans cesse les hauteurs correspondantes du soleil pour avoir l’heure de leurs observations ; ils se servent de son diamètre pour évaluer les parties de leurs micromètres f les éclipses du soleil leur
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- servent à trouver les longitudes géographiques , et les lieux de la lune au tems de ses éclipses. Les passages de Vénus sur le soleil servent à, trouver la parallaxe du soleil ; et de là , toutes les parallaxes des planètes. On rapporte au centre du soleil, toutes les observations faites sur 'les planètes et les comètes. Sa distance sert d’échelle pour mesurer toutes les autres distances , leur rapport étant donné par la loi de Kepler. Pour le surplus de la théorie du soleil, V. les ouvrages d’astronomie de M. Lalande.
- ( alchimie') Soleil est le nom de l’or , dans le langage des alchimistes.
- SOLENNEL, adj. du latin so-lemtiis , composé de solüm , une fois , et d"’annus , année ; comme qui diroit une fois chaque année.
- ( Cuit, relig. et polit. ) Ce mot s’emploie pour signifier tout ce qui est extraordinaire par sa majesté , sa magnificence , ses formalités, etc. , mais plus particulièrement pour ce qui est accompagné de cérémonies publiques et extraordinaires de religion : processions solennelles, fêle solennelle, obsèques solennelles , acte solennel, testament solennel, entrée solennelle.
- SOLFATARE , s. f. de l’italien solfatara , qui signifie soufrière.
- ( Minéral. ) Ce mot veut dire en général une soufrière -, mais on désigne particulièrement sous ce nom un ancien cratère de volcan , voisin de Pouzzole , près de Naples , qui jouit encore d’un reste d’activité , et d’où il s’élève des vapeurs chargées de soufre , qui s’attachent aux laves à travers lesquelles passent ces vapeurs. Pline nous apprend, que déjà de son tems, on faisoit l’extraction du soufre à la solfatare.
- SOLFÈGE 7 s. m. de F italien solfeggi.
- ( Musique ) Assemblage des notes de musique , étude de cet assemblage , composition musicale pour y exercer. Léo a composé un solfège pour l’usage des commençans , qui est très-estimé.
- SOLFIER , v. a. de sol, note de musique, et de facere, faire.
- ( Musique }Solfier, c’est, en entonnant des sons ? prononcer en
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- même tems les syllables de la gamme qui leur correspondent.
- Aristide Quintilien nous apprend que les Grecs avoienf pour solfier, quatre syllables ou dénominations de notes qu’ils répétoient à chaque té-tracorde, comme nous en répétons sept à chaque octave.
- Guy d’Arezzo ayant substitué son héxarorde au tétracorde ancien, substitua aussi pour le solfier, six autres syllables , aux quatre que les Grecs employoient autrefois. Ces syllables sont 4xt,re, mi, fa, sol, la, tirés de l’hymne de saint Jean-Baptiste.
- Il paroît que l’usage des six syllables de Guy l’Aretin ne s’étendit pas bien promptement hors de l’Italie , mais enfmi ses notes l’emportèrent sur celles des autres nations , et elles furent admises généralement en France , comme dans le reste de l’Europe.
- Il y a diverses manières de solfier; savoir : par muances, par transposition , et au naturel. La première méthode est la plus ancienne , la seconde est la meilleure, la troisième est la plus commune en France,
- Plusieurs nations ont gar^é dans les muances , les six syllabes de l’Aretin , d’autres en ont encore retranché , comme les Anglois, qui sol font sur ces quatre syllables seulement , mi, fa , sol, la. Les François, au contraire , ont ajouté une syllabe , pour renfermer sous des noms différens tous les sept tons diatoniques de l’octave.
- SOLIDAIRE, adj. du lat. solido, dans le sens de rendre entier , parfait.
- ( Pratique ) Action solidaire ; c’est celle par laquelle nous agissons contre un seul coobligé pour la totalité de ce qui nous est dû ; elle est appelée en droit actio solidi per-secutoria.
- Obligation solidaire ; c’est celle en vertu de laquelle des coobligés peuvent être poursuivis, un d’eux seuls pour tous.
- SOLIDARITÉ , s. f. même origine que SOLIDAIRE.
- ( Pratique , commerce ) Qualité d’une obligation où plusieurs débiteurs s’engagent de payer une Y 2
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- somme qu’ils empruntent ou qu’ils doivent, en sorte que la somme totale soit exigible contre chacun d’eux , sans que celui au profit duquel l’obligation est faite , soit obligé de discuter les autres, et l’un plutôt que l’autrp.
- SOLIDE, s. m. et adj. du lat. so-lidus.
- ( Physique ) Nom que l’on donne à un corps dont les parties ont en-tr’elles une adhérence telle, qu’elles ne peuvent pas se mouvoir indépendamment les unes des autres. Solide est opposé à fluide , parce que les parties d’un fluide ont une mobilité respective.
- ( Géom. ) Solide se dit d’une portion d’étendue qui a les trois dimensions , c’est-à-dire , longueur , largeur et profondeur.
- Solides réguliers ; ce sont ceux qui sont terminés par des surfaces régulières et égales. Sous cette classe sont compris le tétrahedrc , Yhexa-hèdre on cube, Yoctahedre , le do-décahèdre, et Yicosahèdre.
- Solides irréguliers ; ce sont ceux auxquels on ne peut pas appliquer la définition des solides réguliers ; tels sont le cylindre, le cône , le prisme, la pyramide , le parallélipipe-de, etc.
- Angle solide ; c’est celui qui est composé de trois anglfcs plans ou davantage , qui se rencontrent en un point.
- ( Arithmét, ) Nombres solides ; ce sont ceux qui naissent de la multiplication d’un nombre plan par un autre nombre quelconque ; ainsi 18 est un nombre solide , formé du nombre plan 6, multiplié par 3 , ou de 9 multiplié par 2.
- ( Algèbre ) Problème solide ; c’est un problème où l’équation monte au troisième degré ; il est ainsi appelé , parce que l’inconnue y est élevée à la troisième puissance, laquelle représente-un produit de trois dimensions.
- ( Monnoie ) Solide. Voy. SOL,
- SOU. ;
- „ • ( Auat. tnécL ). Parties solides , ou solides ; ce sont toutes les parties du corps^tant simples qu’organiques qui ont. une certaine consistance , uae figure permanente , et une cir-
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- conscription , comme les fibres , les os, les cartilages, les muscles , les tendons, les nerfs, les vaisseaux ,des membranes, les ligamens, etc.
- SOLIDIFIER , v. a. du lat. so/ri dus, etdef’acio, faire : rendre solide.
- ( Chimie ) Terme créé par Bnf-fon , pour exprimer l’action de rendre solides les matières qui sont dans un état de fluidité, comme l’eau , le mercure, etc.,
- SOLIDITÉ, s. f. du lat.soliditas, qualité de ce qui est solide.
- ( Géom. ) La solidité, en géo-métrie, est la quantité d’espace contenue sous un corps solide.
- On a la solidité d’un cube , d’un prisme , d?un cylindre , ou d’un paradé! ipipède, en multipliant la base par la hauteur.
- La solidité d’une pyramide ou d’un cône, se détermine en multipliant ou la base entière par la troisième partie de la hauteur, ou la hauteur entière par la troisième partie de la base.
- Pour trouver la solidité de tout corps irrégulier, mettez le corps dan» un vase prismatique droit ; versez de l’eau dans le vase, jusqu’à ce que le corps soit entièrement couvert, et observez la hauteur de l’eau dans le vase ; ôtez le corps , et observez de nouveau la hauteur de l’eau, le corps sera égal en solidité à un prisme dont la hauteur seroit la différence de ces hauteurs et la base , celle même du vase.
- ( Physique ) Les physiciens entendent par solidité la quantité de parties matérielles qui sont liées ensemble sous le volume d’un corps ; ainsi, la solidité d’un corps , prise dans ce sens-là, n’est autre chose que la quantité de matière liée ensemble sous le volume de ce corps , laquelle quantité de matière est toujours proportionnelle au poids du corps. Il suif de cette définition , bien différente de celle des ' géomètres, qu’il n’y a point de corps qui ne soit solide , puisqu’il n’y a point de corps qui ne soit composé de parties matérielles ; la solidité est donc une propriété essentielle à tous les corps.
- SOLILOQUE , s. m. du lat. soli-loquium, fait de solus, seul, et de loquor, parler: parler seul.
- ( Diction ) Discours u’un homme
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- qui s'entretient avec lui-même. Les soliloques de S. Augustin. V. MONOLOGUE.
- SOLIPEDE , adj. du lat. solus , seul, et de pes , pedL, pied : doigt, sabot unique,
- ( Hist. uat. ) On appelle ainsi un ordre de mamniferes qui n’ont qu’un seul sabot et un doigt unique. Le cheval , le mulet, sont des soli-p'edes.
- SOLITAIRE, adj. du lat. soli-larius, fait de solus , seul : qui vit seul, qui aime à vivre seul.
- ( Méd. ) Ver solitaire ; on donne ce nom a un ver plat, fort long, blanc, articulé ou annelé , qui s’en-geudre seul de son espèce dans les intestins. On l’appelle en lat. tamia, qui signifie ruban , cordon plat et long, parce qu’il en a la figure.
- ( Anal.') Solitaires est aussi le nom que l’on donne à des glandes des intestins.
- ( Botan. ) Solitaire se dit en botanique , de ce qui n’eSt associé à aucun autre semblable par son point d’origine.
- ( Archit. ) Colonne solitaire ; on appelle ainsi une colonne qui est seule dans quelque place publique , comme la colonne trajanne.
- ( Joaillerie ) Diamant solitaire; c’est, un diamant détaché , monté seul, sans entourage, sans accompagnement d’autres pierres fines ; il a acheté un beau solitaire.
- SOLIVE , s. f. du lat. soliva, fait de solum, sol.
- ( Archit. ) Sorte de charpente qui sert à former et à soutenir le plancher d’une chambre, etc.
- SOLO, s. m. Terme emprunté de l’italien.
- ( Musique ) Ce mot italien s’est francisé dansla musique et s’applique à une pièce ou à un morceau qui se chante à voix seule, ou qui se joue sur un seul instrument avec un simple accompagnement de basse ou de clavecin ; et c’est ce qui distingue le solo du récit, qui peut être accompagné de tout l’orchestre. Dans les pièces appelées concerto, on écrit toujours lemot solo sur la partie principale quand„ellé récite.
- SOLSTICE j s. m* du lat. sohli-
- SOL S4r
- tium, quasi a sole s tante : soleil stationnaire.
- ( Aslron. ) Le tems où le soleil est dans un des points solstitiaux , c’est-à-dire, où il est à la plus grande distance de l’équateur , qui est d’environ vingt-trois degrés et demi ; on l’appelle ainsi, parce que le soleil, quand il est proche du solstice , pa-roît, durant quelques jours , avoir à peu près la même hauteur méridienne ; et que les jours avant et après le solstice , sont sensiblement de la même grandeur , comme si le soleil restoit dans le même parallèle à l’équateur. Cela vient de ce que la portion de l’écliptiqùe que le soleil décrit alors pendant quelques jours , est. presque parallèle à l’équateur.
- Il y a deux solstices chaque année, le solstice d’été, et le solstice d’hiver. Le premier arrive quand le soleil est dans le tropique du cancer, auquel tems les jours sont les plus longs de l’année , dans nos régions septentrionales. Le second arrive quand le soleil entre dans le premier degré du capricorne ; il commence alors à revenir vers nous, et les jours sont les plus courts de l’année.
- SOLUBLE , adj. du lat. solubilis fait de solvo, solutum , dans le sens de dissoudre , fondre, refondre : qui peut être résolu.
- (Chimie) U se dit des substances qui ont la propriété de se joindre et de s’unir à un liquide ; les sels sont solubles dans l’eau.
- (Botan.) Il signifie en botanique ce qui est composé de plusieurs pièces articulées bout à bout et susceptibles de se détacher spontanément. Plusieurs gousses, quelques siliques sont solubles en articles monospermes.
- SOLUTIF , VE , adj. du latin solvo , solutum , dissoudre, fondre.
- ( Méd. ) Epithète que l’on donne aux remèdes qui lâchent le ventre.
- V. LAXATIF.
- SOLUTION, s. f. du lat. solutio, fait de solvo , solutum , délier, résoudre , dissoudre, fondre : dénouement d’une difficulté.
- ( Mathémat. ) Solution en mathématiques , est la réponse à une question , ou la résolution de quelque problème proposé.
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- 343 S O M
- ( Chimie') Les chimistes entendent par solution , une opération en quelque sorte mécanique , dans laquelle un corps solide disparoît dans un fluide et partage sa fluidité. 11 ne faut pas confondre la solution avec la dissolution ; dans celle-ci, les corps sont décomposés, au lieu que dans celle-là , ils sont toujours entiers : du sucre ou du sel fondu dans l’eau, forme une solution , parce qu’en distillant l’eau on retrouve le sel ou le sucre, tel qu’il étoit avant.
- ( J\Iéd. ) Solution, en medécine, signifie la terminaison d’une maladie, par exemple , d’une inflammation par résolution. Il signifie encore relâchement du ventre, i ( Chirurgie ) Solution de continuité ; c’est en chirurgie, Indivision , la désunion , la séparation des parties continues, c’est-à-dire , des parties solides du corps , comme il arrive dans les plaies, les ulcères, les fractures et les fortes contusions.
- SOMATOLOGIE , s. f. du grec <ru[jia. ( soma ) , génit. 3-âip.a.roç ( sômatos ) , corps , et de Xoyoç ( logos ) , discours, traité.
- ( Méd. ) Partie de la médecine qui traite des parties solides du corps.
- SOMBRER , v. n. de l’italien sossopra, ou de l’espagnol zozobrar, tourner sens dessus dessous.
- ( Marine ) On dit qu’un vaisseau a sombré sous voile , lorsqu’il a été renversé par un effort inattendu et très-violent du vent qui l’a fait incliner au point de tourner sens dessus dessous, les mâts sous l’eau, la carcasse et la quille du bâtiment en haut, et d’être par conséquent submergé sans ressource.
- Sombrer, est synonyme de faire capot ; cet accident n’arrive qu’à un mauvais bâtiment qui n’est pas lesté ou dont l’arrimage s’est dérangé , et par une grande inattention.
- SOMMAIRE , s. m. du lat. sum-marium , abrégé , fait de summa , somme: le principal, l’essentiel.
- (Littéral?) Sommaire d’un livre; c’est l’extrait, l’abrégé d’un livre , d’un discours , etc.
- ( Pratique')Sommaire j employé adjectivement, se dit d’une cause , d’uue affaire qui doit être jugée pro-
- S O M
- visoirement et avec peu de formalités.
- SOMMATION, s. f. du latin sub monitio , fait de sub motieo , sommer.
- ( Pratique ) Acte ou commandement par lequel on somme et interpelle quelqu’un de faire quelque chose.
- Les sommations sont souvent nécessaires pour constituer en demeure des personnes obligées, et faire prononcer contr’elles des condamnations.
- SOMMATION , s. f. du latin summa , somme , principal.
- ( Analyse ) Sommation est le nom d’une opération par laquelle on cherche la somme de plusieurs termes dont la loi est donnée.
- SOMME, s. f. du lat. summa.
- ( Ma thé mat. ) La quantité qui résulte de deux ou plusieurs grandeurs , nombres ou quantités jointes ensemble. On l’appelle quelquefois total, et en algèbre , on l’exprime quelquefois par la lettre A , qui signifie somme ; de là sommer, pour prendre la somme de plusieurs termes.
- SOMMEIL , s. m. diminutif de somme, fait du lat. somnus.
- ( Physiol. ) Repos de l’animal, causé par l’assoupissement de tous les sens ; diminution ou suspension des actes de la vie extérieure, dans les corps organisés. Sommeil est opposé à veille.
- Sommeil se dit aussi pour l’envie de dormir, et pour le dormir même. Sommeil tranquille, doux , paisible, sommeil inquiet, fâcheux , interrompu. V. SONGE.
- SOMMET , s. m. du lat. summi-las , le haut, la partie la plus élevée ; le sommet d’une montagne. •
- ( Géométrie) Sommet se dit, en général, en géométrie , du point le plus élevé d’un corps ou d’une figure, comme d’un triangle, d’une pyramide.
- Sommet d’un angle; c’estlepoint où viennent se réunir les deux lignes qui forment cet angle.
- On dit que deux angles sont opposés au sommet, quand l’un est formé par le prolongement des côtés de l’autre.
- Sommet d’une Jigure ; c’est le
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- sommet et l’angle opposé à la base.
- Sommet d’une courbe ; c’est l’extrémité de l’axe d’une courbe qui a deux parties égales et semblables également , et semblablement situées par rapport à son axe. Sommet, en général, est le point où une courbe est coupée par son axe ou son diamètre. Ainsi , une courbe a autant de sommets sur le même axe ou le même diamètre, qu’il y a de points où elle est coupée par cet axe ou ce diamètre.
- ( Aslrol. ) Sommet du ciel; c’est le point culminant de l’écliptique , opposé au fond du ciel, l’un et l’autre étant dans le méridien.
- (.Botan. ) Sommet se dit, en général , de l’extrémité d’une tige , d’une feuille, ou de tout autre organe du végétal ; mais on donne particulièrement ce nom aux anthères.
- ( Minéral. ) On dit aussi le sommet d’un cristal, quand il est terminé en forme de coin.
- ( Anat. ) Sommet est, en termes d’anatomie, la partie la plus élevée de la tète, celle qui est entre le sin-ciput et l’occiput.
- SOMMITE, s. f. du mont Somma , qui fait partie du Vésuve, et du grec xlQoc (.lithos) , pierre.
- ( Minéral. ^ On appelle sinsi un cristal volcanique qui se trouve dans les laves du mont Somma.Ce cristal est d’une couleur blanche grisâtre ; il est éclatant, un peu translucide, et d’une dureté peu considérable.
- SOMMITÉ , s. f. du latin sum-mitas, le petit bout, la pointe.
- (Botan.) Les botanistes désignent par ce mot la pointe des herbes, et plus communément les extrémités des tiges fleuries de quelques plantes, dont les fleurs sont trop petites pour être conservées séparémeut ; ainsi , on dit sommités d’absynthe, de lavande, de centaurée, etc.
- SOMNAMBULE , s. m. et f. du lat. somnus, sommeil, et dé ambu-lare , se promener : qui se promène en dormant.
- ( Méd. ) Les somnambules sont des gens dont les organes ne s’assoupissent pas complètement : leurs sens dorment, mais leurs muscles , leur cerveau, retiennent encore une portion de vitalité. L’ivresse, la bonne
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- chère, les alimens venteux et durs , sont les causes ordinaires du somnambulisme. Un régime de vie sobre et frugal, des alimens de facile digestion , l’abstinence de vin , un exercice modéré* en sont le remède.
- SOMNIFERE, adj. du lat. somnus , sommeil, et de fero , porter : qui provoque le sommeil.
- ( Méd. ) Epithète que l’on donne aux remèdes qui assoupissent, qui font dormir ; tels que l’opium , le laudanum , le sirop de diacode, etc. • SOMPTUAIRE, adj. du latin somptuarius, fait de sumplus , dépense : qui concerne la dépense.
- (Econ. polit. ) Lois somptuaires; ce sont les lois qui réforment le luxe, qui règlent la dépense dans les festins , dans les habits , dans les bâti-mens, etc.
- SON, ( farine ) s. m. du lat. sum-ma, sous-entendu farina, la grosse farine, dont les Espagnols ont fait soma , dans la même signification.
- (jBotara.) On appelle ainsi l’écorce des graines céréales, lorsqu’elle a été brisée et séparée de la farine qu’elle renfermoit, pour la mouture et le blutage.
- SON , (bruit ) s. m. du lât. sonus.
- ( Physique ) Mouvement de vibration imprimé à un corps, communiqué par ce corps au fluide qui l’environne, et transmis par ce fluide jusqu’à l’oreille , qui est l’organe destiné à en recevoir l’impression.
- Pour produire le son, il faut , i°. qu’il y ait nécessairement du mouvement dans le corps sonore ; que ce mouvement se communique à l’air , et de là aux parties qui sont les instrumens propres et immédiats de l’ouie.
- Plusieurs physiciens ont cherché à connoitre la vitesse avec laquelle le son se propage. Les expériences faites avec le plus d’exactitude ont prouvé que le son fort ou foible parcourt 173 toises ( 337 mètres ) par seconde de tems , et que sa vitesse est uniforme.
- Quand le- son rencontre des obstacles . il change de direction et se réfléchit, et son angle de réflexion est parfaitement égal à celui de son incidence. C’est là ce qui forme les échos.
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- Son articulé ; on appelle ainsila Voix humaine , en tant qu’elle produit des paroles.
- ( Musique ) Le son absolu ou l’agitation communiquée à l’air par la collision d’un corps frappé par un autre, et parvenue jusqu’à l’organe auditif, appartient au physicien ; le musicien n’examine que le son relatif , ou le bruit résonnant et appréciable , et il l’examine seulement par ses modifications sensibles.
- Il y a trois objets principaux à considérer dans le son : le ton, la force et le timbre.
- Sur chacun de ces rapports, le son se conçoit comme modifiable : i°. du grave à l’aigu ; 2°. du fort au foible ; 3°. de l’aigre au doux, ou du sourd à l’éclatant, et réciproquement.
- r°. Theon de Smyrne , dit que La .us d’Hermione , de même que le pythagoricien Hyppase , de Méta-
- {)ont, s’étoient son i, pour calculer es rapports des consonnances , de deux vases semblables et résonnans àl’unisson; que laissantvide l’un des deux , et remplissant l’autre jusqu’au quart, la percussion de l’un et de l’autre avoit fait entendre la consonnai! ce de la quarte ; que remplissant ensuite le second jusqu’au tiers, puis jusqu’à la moitié, la percussion des deux avoit produit la consonnance de la quarte , puis de l’oqtave.
- Pythagore, au rapport de Nicomaque et de Censorin, s’y étoi t pri s d’une autre manière pour calculer les mêmesrapports. Il suspendit aux mêmes cordes sonores différens poids , et détermina les rapports des divers sons sur ceux qu’il trouva entre les poids tendans. Mais les calculs de Pythagore sont trop justes pour avoir été faits de cette manière, puisque chacun sait aujourd’hui , sur les ex-
- fiériences de Vincent Galilée, que es sons sont entr’eux, non comme les poids tendans, mais en raison des sous-double de ces mêmes poids.
- Enfin, l’on inventa le monocorde, appelé par les anciens canon harmonicas , parce qu’il donnoit la règle -ips divisions harmoniques. Deux eorc » même métal, égales et éga-lemei i tendues forment un unisson parfait eu tous sens. Si les longueurs sont inégales, la plus courte donnera un son plus aigu , et fera aussi plus
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- de vibrations dans un tems donné d’où l’on conclut que la différence des sons, du grave à l’aigu , ne procède que de celle des vibrations faites dans un même espace de tems par les cordes ou corps sonores qui les font entendre ; ainsi l’on exprime les rapports des sons par le nombre des vibrations qui les donnent.
- On sait encore, par des expériences non moins certaines , que les vibrations des cordes , toutes choses égales d’ailleurs, sont toujours réciproques aux longueurs. Ainsi, une corde double d’une autre ne fera , dans le même tems, que la moitié du nombre des vibrations de celle-ci, et le rapport des sons qu’elles feront entendre s’appelle oclave. C’est sur ces principes qu’est, fondée la construction des instrumens à cordes, tels que le clavecin , le tympanon , et le jeu dés violons et basses , qui, par les différens accroissemens des cordes sous les doigts ou chevalets mobiles, produit la diversité des sons qu’on tiré de ces instrumens.
- 2°. La force du son dépend de celle des vibrations clu corps sonore ; plus ces vibrations sont grandes et fortes, plus le son est fort et vigoureux , et s’entend de loin.
- 3°. Quant à la différence qui se trouve entre les sons par la qualité du timbre , il est évident qu’elle ne tient ni au degré d’élévation, ni même à celui de la force. Un hautbois aura beau se mettre à l’unis :on-d’une flûte, il aura beau radoucir le son au même degré, le son de la flûte aura toujours quelque chose de moelleux et de doux, celui du hautbois , quelque chose de rude et d’aigre qui empêchera que l’oreille ne les confonde ; cependant on est encore à trouver la cause de cette troisième qualité du son et ses différences.
- Sons harmoniques ou sons fiâtes ; ce sont des espèces de sons qu’on tire de certains instrumens, tels que le violon et le violoncelle par un mouvement particulier de l’archet qu’on approche davantage du chevalet , et en posant légèrement le doigt sur certaines divisions de la corde : en glissant légèrement le doigt de l’aigu au grave depuis le milieu d’une corue qu’on touche en même tems de l’archet, eu la manière s*18*
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- tlite, on entend distinctement tine succession de sons harmoniques du grave à l’aigu, qui étonnent fort ceux qui n’en connoissent. pas la théorie. Le principe sur lequel cette théorie est fondée, est qu’une corde étant divisée en deux parties commensu-rabtes entr’elles , et par conséquent avec la corde entière , si l’obstacle qu’on met au point de division n’empêche qu’imparfaitement la communication des vibrations d’une partie à l’autre,toutes les foi s qu’on fera sonner la corde dans cet état, elle rendra non le son de la corde entière, ni celui de sa grande partie, mais celui de sa plus petite partie, si elle mesure exactement l’autre; ou, si elle ne la mesure pas, le son de la plus grande aliquote commune à ces deux parties.
- SONATE , s. f. de l’italien Sonata.
- {Musique )Pièce de musique instrumentale , composée de trois ou quatre morceaux consécutifs de caractères différens.
- La sonate est à peu près , pour les instnynens, ce qu’est la cantate pour les voix.
- SONDE , s. f. Corruption dêfun-da, fait de Jundus, fond.
- ( Marine} Sonde se dit, en termes de marine , de l’action de sonder, et du plomb avec lequel on sonde, appelé plomb de sonde.
- Le plomb de sonde est un gros plomb oblong, en forme de prisme ou de pyramide tronquée , auquel on attache une longue corde appelée ligne de sonde, et que l’on jette dans la mer pour en connoitre la profondeur. La base du plomb est cave, pour recevoir une boulette de suif, afin qu’il s’y attache quelque partie du fond pour en connoitre la couleur et la qualité ; s’il ne s’y attache rien, le suif reste net et pointillé, et alors on connoit que le fond est- de roche ; le nombre des brasses du fond et sa qualité servent pour déterminer le parage où on se trouve.
- Aller à la sonde ; c’est naviguer en sondant de tems en tems, pour connoitre le fond , et se guider par cette connoissance.
- Sondes , au pluriel, se dit des profondeurs du fond de la mer, qui ont été observées, et qui sont xmu-
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- quées Sur les cartes marines, ordinairement par brasses ; et. être sur les sondes, c’est être dans les parages dont les sondes sont connues par les cartes.
- ( Chirurgie ) Sonde est aussi la nom d’un, instrument de chirurgie de plusieurs formes et figures, suivant ses différens usages. On introduit la sonde dans la verge, pour savoir s’il y a une pierre dans la vessie ; on l’introduit dans les plaies pour les examiner et-en connoitre la profondeur.
- ( Art milit. } Sonde du mineur • c’est un instrument propre à enfoncer dans les terres, et découvrir les galeries de l’assiégé.
- SONNA, s. m. Mot arabe qui signifie seconde loi.
- (Culte mahométan) C’est, le nom que les Mahométans donnent à un recueil de traditiofis contenant les faits et les paroles remarquables de Mahomet. C’est, après le koran , le livre qui ale plus d’autorité parmi eux : le sonna est, pour ainsi dire , un supplément à cet ouvrage ; il contient , outre les traditions, les régle-mens et les décisions des premiers califes ou successeurs de Mahomet , ce qui constitue un corps de théologie dont il n’est pointpermis de s’écarter.
- SONNER, v. a. du lat. sono, so-nare , rendre un son, faire rendre ‘ un son.
- (Musique} On dit en composition , qu’une note sonne sur la basse, lorsqu’elle entre dansl’accord, et fait harmonie ; à la différence des notes qui ne sont que de goût, et ne servent qu’à figurer lorsqu’elles ne sonnent point.
- On dit aussi sonner une note, un accord , pour dire, frapper ou faire entendre le son, l’harmonie de cette note ou de cet accord.
- SONNET, s. m. du lat. sonetlus, diminut. de s anus, dans la signification de chanson : chansonette.
- (Poésie}' Le sonnet est un poème de quatorze vers, divisés en deux quatrains qui marchent sur deux rimes , et en deux tercets. Les deux rimes, l’une masculine et l’autre féminine , qui remplissent les deux quatrains, doivent garder, dans le
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- second quatrain , le même ordre que
- dans le premier.
- On demande que l’arrangement des rimes dans le sixain , ne soit pas, s’il est possible, le même que dans les quatrains. Il ne faut pas que dans tout le sonnet un même mot soit répété. *
- Tous les vers d’un sonnet doivent avoir la même étendue; les pensées y doivent être nobles, les expressions vives, et l’on n’y souffre rien qui n’ait un rapport essentiel à ce qui en fait le sujet.
- Le sonnet doit finir par une pensée ingénieuse, et il faut que la chute en soit belle et heureuse.
- Il est probable que cette pièce de poésie a été inventée par les troubadours; ce qu’il y a.de certain, c’est qu’elle étoit connue du teins de saint Louis. Pétrarque la mit en vogue en Italie vers l’an i3s5, et Jean Du Bellay l’a fait revivre parmi nous, au milieu du seizième siecle.
- Les plus beaux sonnels que nous ayons, sont le sonnet de Behserade sur l’incendie de Londres; celui de Desbarreaux ,'
- (J-rand Dieu, les jugernetis, etc. et celui de Hennauit sur l’avorton.
- SONOMÈTRE , s. m. du latin sonus , son, et du grec pArpov ( métro n ), mesure.
- ( Physique ) Instrument, propre à mesurer et à comparer les sons.
- SONORE , adj. du latin sonorus, fait de sonor, son éclatant, retentissant.
- (Physique) Epithète que l’on donne aux corps capables de vendre des sons : corps sonores.
- Les corps ne peuvent être capables de rendre dessous, qu’au tant qu’ils sont élastiques ; car il n’y a qu’un corps élastique qui puisse se prêter au mouvement de vibration qui constitue le son. Il faut donc qu’un corps soit élastique pour être sonore ; et cette propriété est en lui relative à son degré de ressort.
- ( Musique) Sonore, en musique, se dit particulièrement de tout ce qui rend des sons moelleux, forts, nets , justes et bien timbrés : une cloche sonore, une voix sonore.
- SOPHISME , s. m. du grec srô-ç/ctm* ( sophisma), ce qui est fait
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- avec sagesse, fait de <ro<fia. (sophia) sagesse.
- (.Didact. ) Ce mot, dansl’origine,. emportoit une idée honnête : il si-gnifioit un chef-d’œuvre de sagesse ou de science; maintenant il signifie un raisonnement captieux, qui induit en erreur, qui n’a que l’apparence , et point de solidité. Il en est de même de ses dérivés.
- SOPHISTE, s. m. même origine que SOPHISME.
- (Didact.) Ce mot signifioit, du tems même de saint Augustin , un philosophe ou un professeur d’éloquence ; maintenant ce n’est plus qu’un homme captieux , un décla-mateur, qui ne cherche que de vaines subtilités.
- SOPHISTIQUER, v. a. du grec cnqiÇoù (sophizô), rendre sage, et dans la suite , tromper.
- ( Commerce ) Sophisliquer; c’est faire un mélange de différentes drogues simples de mauvaise qualité, que l’on mêle avec des drogues choisies , pour augmenter leur poids et diminuer leur prix.
- (Diction) S ophisliquer signifie aussi subtiliser avec excès.
- SOPOR4TIF, SOPORIFIQUE, SOPORIFERE , du latin sopor, sommeil, et deJero, porter.
- ( Méd. ) II se dit des remèdes as-soupissans, qui endorment, qni causent le sommeil.
- SOPOREUX, SE , adj. du latin sopor, sommeil.
- ( Méd. ) Affection soporeuse ; c’est une maladie léthargique, qui cause un sommeil dangereux.
- SQRA , s. m. V. ESSERE. SORBET, s. m. Mot arabe qui signifie boire.
- (Econ. dom.) Sorte de breuvage fait de citron , de sucre , d’ambre, etc. , très-commun en Turquie.
- SORBONNE , s. f. de Sorbone, confesseur de saint Louis.
- ( 'Phéol. ) Maison ou collège de théologie. Cette célèbre école de théologie fut fondée en 12So, par Robert Sorbone, natif du village de Sorbonne, diocèse de Reims, dont il avoit pris le nom, suivant l’usage des gens de lettres de ce tems-là.
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- SORCIER , s. m. du latin barbare sortiarius, fait de sortior, jeter le sort, tirer au sort: jetteur de sort. P.
- magie.
- SOR1SSAGE, s. m. de l’italien sauro. couleur roussâtve.
- Pêche) Le sorissage ou saurissage, est l’art défaire sécher les harengs à la fumée, P. HARENG.
- SORORIANT, TE, adj. du latin sororio, s’enfler à l’envi.
- ( Physiol. ) On dit des mamelles des filles, qu’elles sont sororian-tes, lorsqu’elles sont à l’âge où on leur voit grossir la gorge.
- SORT , s. m. du latin sors , sortis.
- (.Divinal,) Ce mot, dans le sens des anciens, signifie la destinée. II est maintenant communément employé comme synonyme de hasard , ou la manièie de décider quelque chose par le hasard.
- SORTIE , s. f, du lat, barb. soi-tire , fait de sorelus , pour surrec-tus , levé , droit ; ce mot s’est dit de ceux qui étant assis , se lèvent pour sortir : action de sortir.
- ( Art milit. ) Sortie , en termes de guerre, est la marche de quelques troupes assiégées , qui viennent insulter le travail des assiégans , et quelquefois un quartier du camp , lorsque les lignes de circonvallation ne sont pas en défense. 'Peuter une sortie , repousser une sortie , couper une sortie , en prenant à dos les troupes qui l’ont faite,
- hessorties ont pour objet d’abattre la tranchée en tout ou en partie , de raser quelque bout considérable et mal protégé de ses logemens ; de retarder le progrès des attaques ; d’attirer l’assiégeant sous le feu de la place , pour lors bien préparé ; de reprendre quelque partie du chemin couvert, où l’assiégeant n’est pas encore établi ; de le chasser d’une brèche , où il est mal affermi ; de chicaner le passage du fossé , et enfin de tuer ou de chasser le mineur de son trou.
- ( Hydraul, ) Sortie , en hydraulique, est l’orifice d’un ajustage par-où l’eau s’élance en l’air, et forme un jet d’eau.
- ( Jardin. ) Les jardiniersappeîlent sorties , les boutons à bois ou à fruit, ui émanent du bas de la tige des aires nains.
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- SORTIR , v. n. même origine que SORTIE , passer du dedans au dehors.
- SORTIR, v. a. du lat. sortior, obtenir , avoir par le sort.
- ( Pratique ) Ce terme est employé dans la pratique pour avoir. Les ju-gemens qui en confirment un autre, disent que celui-ci sortira, aura son plein et entier effet.
- En style de notaire, on dit qu’une somme de denier sortira nature de propre, pour- sera réputée propre.
- SOTHIAQUE ou SOTHIA-CALE , adj. de sothis, nom que les Egyptiens donuoient anciennement à la constellation du grand chien , appelé autrement Syrius.
- ( Chronol. ) Sothiaque se dit d’une période de 1460 ans, autrement appelée pétiode caniculaire, qui, suivant les anciens , ramenoit > les saisons aux mêmes jours de l’année civile des Egyptiens, qui étoit de 365 jours.
- SOTIE , s, f. Vieux mot françois qui signifie sottise , bêtise, balourdise.
- ( Art dramatique ) Espèce de drame qui , sur la fin du quinzième siècle , et au commencement du seizième, faisoit chez nous la satyre des mœurs, La sotie, répondoit à la comédie grecque du moyen âge 5 non qu’elle fût une satyre personnelle, ..mais elle attaquoit les états , et plus expressément l’église. La plus ingénieuse de ces pièces est sans contredit celle où Vancien inonde , déjà vieux, s’étant endormi de fatigue , Abus s’avise d’en créer un nouveau, dans lequel il distribue à chaque vice et à chaque passion son domaine , en sorte que la guerre s’allume enté eux , et détruit le monde qu'Abus a créé ; alors le vieux monde se réveille et reprend son train.
- Bans cette satyre , le clergé n’est point épargné ; il l’est encore moins dans la sotie du nouveau monde ; mais la plus célèbre de toutes les soties est celle _ de mère sote composée et représentée par ordre de Louis XII.
- SOTTO-VOGE , adv. Terme
- italien.
- ( Musique ) Ce terme annonce
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- g4s sou
- dans les lieux où il est écrit, qu’il ne faut chanter qu’à demi-voix , ou jouer qu’à demi-jeu. Il signifie la même chose que mezzoforte et inez-t,a-voce.
- SOU , s. m. P. SOL.
- SO,UBAB , s. m. Mot indien.
- ( Econ. polit. ) C’est ainsi qu’on nomme dans l’Indostari les gouverneurs particuliers des provinces comprises dans une nababie , ou soumise à un NABAB. Poy. ce mot.
- SOUBASSEMENT, s. m. de l’italien solto bascnnento.
- ( jïrchit. ) Espèce de piédestal continu , qui sert de base à un édifice.
- SOUCHE , s. f. de l’allemand stoc.
- ( Plgricult. ) La partie d’en bas du tronc d’uu arbre, accompagnée de ses racines, et séparée du reste de l’arbre
- ( Hydraul. ) Souche est aussi le nom (t’un tuyau qui s’élève au milieu d’une bassine , et d’où sort le jet.
- ( Pratique ) Souche se dit encore , au figuré, de celui dont plusieurs descendans ont tiré leur origine.
- SOUDAN, s. m. P. SOUDAN.
- SOUDE , s. f. de l’allemand sude ou de soda , nom d’une plante dont on retire la soude.
- ( Minéral. ) La soude ou alkali minéral est une substance saline, l’unè des plus répandues qu’il y ait dans la nature ; elle est la base^ du sel marin , où elle entre pour environ les trois quarts de son poids ; mais la plus grande partie de la soude qui est dans le commerce , provient de la combustion des plantes qui croissent sur les bords de la mer. On forme des amas de ces plantes salées , on creuse à côté une fosse ronde , qui s’élargit vers le fond , et qui a trois ou quatre pieds de profondeur. C’est dans cette espèce de four qu’on brûle ces végétaux ; la combustion se continue pendant plusieurs jours sans interruption , et lorsque toutes les plantes “sont brûlées , on trouve une masse de sel alkali , qu’on brise en morceaux, pour en faciliter le transport et le débit.
- SOU
- Les divers usages de la soude sont importuns dans les arts , et sur-tout dans les fabriques de verres et de savons ; et dans les pays où les cendres des foyers ne peuvent être employées pour les lessives , telles que les cendres de tombes , de charbon de terre , ou même de bois flotté, on leur substitue la soude , qui est moins caustique , et altère moins le linge que la potasse.
- Indépendamment des usages auxquels la soude est employée dans les arts et dans les manufactures, elle est un des plus puissans instru-mens de la chimie , et la médecine eu retire des remèdes dont l’excellence est prouvée par l’usage habituel qu’elle en fait ; tel que le sulfate de soude ou de sel de Glauber; le tartrite de soude ou sel de seignette ; Varétilç de soude ou terre foliée cristallisée , etc.
- SOUDURE , s. f. dulat.solidare, rendre solide.
- ( Technol.') Alliage métallique au moyen duquel on joint d’une manière solide , des pièces métalliques les unes avec les autres.
- SOUFFLAGE , s. m. du lat. suf-jlo , souffler : l’action de souffler.
- ( Perre rie ) L’action de souffler le verre.
- ( Marine ) Opération que l’on fait à un vaisseau dont la construction est manquée , et qui ne peut porter la voile. Cette opération consiste dans un renflement ou augmentation de largeur et de grosseur , que l’on procure au vaisseau , au moyen, de nouveaux bordages cloués pardessus ceux du franc-bord.
- SOUFFLE, s. m. du latin sufjla-tus : vent que l’on fait en poussant de l’air par la bouche avec force.
- ( Physiol. ) Souffle se dit quelquefois de la simple*haleine ou respiration qui est un vent pressé par les poumons , que les animaux exhalent par le nex et la bouche, pour conserver leur vie.
- SOUFFLET , s, m. du latin sufjla tus.
- ( Pechnol. } Instrument qui sert à souffler , en tirant le vent, et puis en le comprimant pour le faire sortir par un trou avec violence.
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- Soufflet de forges ; voy. MACHINE SOUFFLANTE.
- Strabon attribue l’invention rie cet instrument au Scythe Anarhar-sis , qui se rendit recommandable à Athènes par son savoir , son désintéressement , sa prudence , et par l’austérilé de ses mœurs.
- SOUFFLURE , s. f. même origine que SOUFFLET.
- ( 'Fechnol. ) Cavité qui se trouve dans l’épaisseur d’un ouvrage de fonte.
- ( Diop trique ) On appelle aussi soufflure , dans le verre/et en particulier dans les vitres, certains défauts où la marière du verre a pris dans la fusion une figure courbe au lieu d’une figure plane.
- SOUFFRANCE , s. f. du latin barb. sujferenlia, douleur, peine.
- ( Pratique ) Il se dit de la tolérance qu’on a pour certaines choses que l’on pourroit empêcher.
- Souffrance est aussi une suspension par laquelle on diffère d’allouer ou de rejeter une partie mise en compte, jusqu’à ce qu’on rapporte les pièces justificatives. Cet article est en souffrance.
- SOUFRE , s. m. du lat. sulphur.
- ( Minéral. ) Substance éminemment inflammable qui se trouve en abondance dans ce qu’on appelle les trois règnes de la nature. Le soufre se présente dans diffè'rens états.
- Le soufre natif pur est d’une belle couleur jaune de citron, translucide , et presque diaphane.
- Le soufre est électrique par le frottement ; il acquiert l’élasticité résineuse ou négative.
- Le soufre est un des ingrédiens de la poudre à canon , dans laquelle il entre pour une partie , contre sept parties de nitrê, et une mi-partie de charbon.
- Lorsqu’on brûle le soufre lentement il s’en dégage un gaz acide sulfureux que sa qualité suffocante rend utile pour la destruction des animaux nuisibles etdesinsectesde toute espèce.
- La médecine emploie le soufre comme un remède très-efficace, surtout pour le traitement des maux de poitrine et des affections cutanées.
- La chimie et lés arts trouvent dans
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- l’acide sulfurique et dans ses différentes combinaisons, des matériaux qui leur sontd’uneutilité journalière.
- Les beaux arts emploient le soufra combiné avec le mercure qui lui donne une très-belle couleur rouge, pour lever des empreintes parfaitement fidelles des pierres gravées les plus précieuses, et multiplier ainsi à nos yeux ces cliefs-d’œuvres d’antiquité. V. SULFATE , SULFURE » SULFUREUX, SULFURIQUE.
- SOULIER 5 s, m. du lat. barbare sotolaris. V. CHAUSSURE.
- SOUPAPE , s. f. de la préposition sub , sous, et de l’allemand pappe , ou du latin papilla, mamelle : la soupape faisant l’office d’une mamelle.
- ( Mécan. ) Petit cône tronqué de laiton ou de cuir, qui se loge dans une cavité correspondante à sa figure, et qui est garni d’une petite queue destiné à le retenir dans sa place.
- Les soupapes sont des parties essentielles d’une pompe, et sont destinées , en s’ouvrant, à permettre à l’eau de passer dans un sens, et, en se fermant , à empêcher l’eau de retourner d’où elle vient.
- SOUPENTE , s. f. du latin sus-pendeo , suspendre. .
- ( Mécan. ) Pièce de bois qui , retenue aplomb par le haut , est suspendue pour retenir le treuil et la-roue d’une machine.
- SOUPIR, s. m. du lat. suspiro , exhaler, pousser des vapeurs , désirer ardemment : respiration plus forte et plus longue qu’à l’ordinaire.
- ( Musique ) Soupir se dit d’un silence équivalent à une noire , et qui se marque par un trait courbe approchant de la figure du 7 de chiffre, mais tourné en sens contraire. F. SILENCE.
- SOUPLESSE, s. f. du lat. suppléa: , dont on a fait souple, flexibilité du corps, facilité à mouvoir son corps, à se plier comme on veut, à imiter ia posture d’un suppliant.
- ( Peinture ) Souplesse, dans le langage des peintres, est opposé à la roideur. La souplesse doit se trouver dans les contours, dans les attitudes , dans les ajustemens et dans toute la composition. Les contours doivent être sinueux , coulans :
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- les attitudes faciles, les ajustemens naturels, la composition variée ; si toutes ces lois sont observées dans lin ouvrage , on y trouvera toute la souplesse que l’on est en droit d’exiger.
- SOURCE , s. f. du lat. barbare surgitia, fait de surgere, dont on a fait sourdre et sourcer , pour sortir.
- ( Physique ) On appelle ainsi l’eau vive qui sort de terre en quantité plus ou moins grande , et qui devient l’origine des puits , des fontaines , des rivières, etc.
- L’origine des sources a fait long-tems un grand sujet de dispute entre les savans. L’un des systèmes qui a fait le plus de fortune est celui de Descartes : il supposoit que les eaux de la mer se rendoient par des conduits secrets dans des réservoirs placés sous les montagnes; que là elles étoient réduites en vapeurs par le feu central , et que ces vapeurs , élevées dans l’intérieur des montagnes , se condensoient en eau contre leurs parois, et que cette eau s’écou-loit par les fentes des rochers comme l’eau distillée coule par le bec d’un alembic.
- Voici comme les physiciens modernes représentent l’opération de la nature dans la formation des sources :
- Lorsque l’air est d’une température chaude , il se charge des vapeurs aqueuses qui s’élèvent de la surface des eaux. Ces vapeurs montent dans l’atmosphère où elles s’étendent de tous les côtés, et lorsqu’elles rencontrent le sommet des montagnes elles se condensent aussitôt par le contact de ces corps froids, elles se convertissent en eau , et coulent le long des rochers.
- Lorsque les vapeurs se sont condensées en eau courante contre les rochers, cette eau pénètre dans les feuillets presque verticaux dont ils sont composés ; elle s’y fraie des routes qui s’élargissent avec le tems ; peu à peu les feuillets de la roche se détachent , ils tombent , voilà le commencement d’ün petit ravin qui s’approfondit insensiblement ; les eaux qui découlent des rochers voisins s’y rendent, et pénètrent dans les fissures verticales qui sont au fond
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- du ravin, elles descendent à des profondeurs plus ou moins considérables, et finissent par paroitre au jour sur le flanc ou vers la base de la montagne.
- Quant à la recherche des sources cachées dans le sein de la terre, si l’on est sur un sol primitif composé de roches feuilletées, on est presque assuré de trouver par-tout au moins quelques petits filets d’eau. Si l’on est dans un pays secondaire où le sol est composé de couches horizontales, il faut examiner, soit par l’inspection des ravins les plus profonds , soit par le moyen de la tarrière, s’il n’existe point de couche d’argile ; si l’on en découvre, on est assuré de trouver une nappe d’eau dans toute l’étendue de cette couche.
- Si le terrein étoit graveleux ou sablonneux jusqu’à la profondeur des puits ordinaires, il seroit inutile d’y chercher de l’eau.
- SOURCIL , s. m. du lat. super-cilium, ^e qui est.au dessus des cils.
- ( Anal. ) Les sourcils sont les deux arcades de poils, situées au bas du front, entre le haut du nez et les tempes , dans la même direction que celles des arcades osseuses , qui forment le bord supérieur des orbites. Us sont ainsi appelés à cause qu’ils sont au dessus des cils.
- SOURD, DE, adj. du lat. surdus, qui ne peut ouir, entendre.
- ( Peinture ) On appelle sourd en peinture, les couleurs ou les fonds dont le ton a quelque chose de doux et de vague : les tons sourds font briller les objets peints de couleurs brillantes , comme les accords adoucis font valoir les voix sonores qu’ils accompagnent.
- (' A rilhmél.) IVombre sourd; c’est celui qui ne peut être exprimé ou qui n’a point de mesure commune avec l’unité. C’est ce qu’on appelle autrement nombre irrationnel ou incommensurable.
- SOURDINE , s. f. de sourd , en latin surdus.
- ( Musique ) Petit instrument de cuivre ou d’argent qu’on applique au chevalet du violon ou du violoncelle, pour rendre les sons plus sourds et plus foi b les, en interceptant et gênant les vibrations du corps entier de l’instrument.
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- Il y a des sourdines aussi pour les cors de chasse, pour le clavecin, etc.
- SOUS , prépos. du lat. sub.
- { G-rarnm. ) Préposition qui sert à marquer la situation au dessous, la subordination, le tems, etc.
- SOUS-ARBRISSEAU, s. m. V, ARBRISSEAU.
- ( Botan. ) Plante distinguée des arbrisseaux en ce qu’elle n’a point de bourgeons ; et des herbes, en ce que ses tiges sont ligneuses.
- SOUS- AXILLAIRE , adj. V. AXILLAIRE.
- ( Botan. ) On donne ce nom aux parties des plantes qui ont leur point d’insertion au dessous de celles qui sont axillaires. Une tige qui porte des rameaux au dessous desquels des feuilles ont leur point d’insertion , les rameaux et tout ce qui naît entre les feuilles et la tige sont axillaires -, et les feuilles sont sous-axillaires.
- SOUS-BAIL, s. m. V. BAIL.
- (Pratique ) Bail que le preneur fait à un autre , d’une partie de ce qui lui a été donné à ferme.
- SOUS-CLAVIER, 1ÈRE, ad), du lat. sub clavius, qui est sous la clavicule.
- ( Anat. ) A Hères sous-clavières; celles qui naissent de la convexité de la crosse de l’aorte ; elles sont au nombre de deux , la droite et la gauche.
- Muscle sous-clavier ; celui qui a des attaches fixes antérieurement à la première côte, dans l’endroit où elle se joint à la portion cartilagineuse, et se glissant sous la clavicule, va se terminer le long de sa partie inférieure et externe. Ce muscle sert à abaisser la clavicule.
- Théines sous-clavières ; elles sont produites par la veine-cave supérieure.
- SOUS - CONTRAIRE , adj. ‘ V. CONTRAIRE.
- ( (Jéotn. ) Lorsque deux triangles semblables sont placés de façon qu’ils ont un angle commun au sommet, sans que leurs bases soient parallèles, on dit qu’ils ont une position sous-contraire.
- SOUS-COSTAL, LE, adj. V. COTE : qui est sous les côtes.
- {Anat. ) Muscles sous-costaux; ce sont des muscles qui servent à
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- abaisser les côtes , et par-là à l’expiration.
- SOUSCRIPTION, s. f. delà préposition sub , sous, et de scriplio , signature *. signature qu’on fait au bas d’un acte, pour l’approuver.
- ( Pratique) Souscription s’entend principalement de l’engagement que contracte celui qui souscrit un billet, d’être la caution de celui qui doit, et de payer pour lui les sommes y contenues , dans le cas où il ne les paieroit pas '“lui - même à leur échéance.
- Souscription se dit aussi de l’intérêt que des particuliers ont dans une entreprise , en souscrivant dans un registre pour la somme qu’ils s’engagent de fournir.
- ( Commerce de livres , gravures , etc. ) On appelle de ce nom dans le commerce de la librairie , la consignation qu’on fait d’une certaine somme d’argent que l’on avance pour l’édition d’un livre , d’une estampe , ou d’une collection de gravures , à la charge d’en avoir un ou plusieurs exemplaires.
- Souscription se dit aussi de l’obligation réciproque de la part du libraire ou de l’éditeur de délivrer ces exemplaires dans un certain tems.
- Les souscriptions commencèrent en Angleterre, au milieu du dix-septième siècle, à l’occasion de l’édition dç la Bible polyglotte deWalton. Cet usage passa d’Angleterre en Hollande, et fut introduit en France en 1717 , pour la collection des Antiquités de Montfaucon.
- SOUS-CUTANÉ , ÉE , adj. V. CUTANÉ.
- ( Anat. ) Il se dit de ce qui est sous la peau : les nerfs sous-cutanés, les artères sous-cutanées.
- SOUS - DOMINANTE , adj. K DOMINANTE.
- {Musique) Nom donné par M. Rameau à la quatrième note du ton , laquelle est , par conséquent , au meme intervalle de la tonique en descendant, qu’est la dominante en montant.
- SOUS-DOUBLE , adj. V. DOUBLE.
- ( Malhémat. ) On dit qu’une quantité est sous-double, ou en raison sous-double d’une autre quan-
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- fité , quand la première est contenue deux t'ois dans la seconde : ainsi , 3 est sous-double de 6 , comme 6 est double de 3.
- SOUS-DOUBLÉ, adj. F. DOUBLE.
- ( Mathémat. ) Deux grandeurs sont en raison sous-doublée de deux antres, quand elles sont dans le rapport ou la raison des racines carrées de ces deux autres.
- , SOUS-ÉPINEUX , SE , adj. F. ÉPINE : qui est sous l’épine.
- Ç Anal. ) La cavité ou fosse sous-épineuse de l’omoplate ; le muscle sous-épineux qui occupe toute la cavité ou fosse de l’omoplate.
- SOUS-MÉDIANTE , adj. du lat. medium , milieu.
- (Musique) C’est, dans le vocabulaire de M. Rameau, le nom de la sixième note du ton.
- SOUS - MULTIPLE , adj. F. MULTIPLE.
- (.Mathémat.) Une quantité sous-multiple est celle qui est contenue dans une autre un certain nombre de fois , et qui, par conséquent, étant répétée un certain nombre de fois f lui devient exactement égale 5 ainsi , 3 est un sous-multiple de 2i. Dans ce sens , sous-miiltiple est la même chose que partie aliquote.
- Raison sous-multiple ; c’est celle qui est entre la quantité sous-multiple et la quantité qui la contient : ainsi , la raison de 3 à îi est une raison sous-multiple.
- SOUS-NORMALE, adj. composé de la prépos, sub, sous , et de nortna, règle : c’est la même chose que SOUS-PERPENDICULAIRE. F. ce mot.
- SOUS-OCCIPITAL, LE, adj. /h OCCIPITAL , qui est situé sous V.occiput.
- (Anat.) Les nerfs sous-occipitaux tirent leur origine de la moelle allongée , entre l’os occipital et la première vertèbre du col.
- SOUS-ORBITAIRE, adj. Foy. ORBITAIRE, qui est situé sous l’orbite.
- ( Anat. ) Il se dit des vaisseaux que parcourent le dessous de Y orbite.
- SOUS-ORDRE , s. m. F. ORDRE.
- {Pratique) Ordre ou distribution
- SOU
- de la somme qui a été adjugée à un créancier dans un ordre, laquelle est répartie entre les créanciers de ce créancier, opposans sur lui.
- Opposans en sous-ordre, créait- . ciers en sous-ordre ; ce sont ceux qui sont opposans sur un créancier de la partie saisie.
- SOUS - PERPENDICULAIRE, adj. /h PERPENDICULAIRE.
- ( Gréom. ) C’est une portion de l’axe d’une courbe , interceptée entre l’extrémité de l’ordonnée et le point, où la perpendiculaire à la bfngente coupe, tirée de l’autre extrémité de l’ordonnée coupe l’axe de cette courbe.
- La sous-peipendiculaire est la même chose que la sous-normale.
- SOUS-SCAPULAIRE, adj. Foy. SCAPULAIRE : ce qui est sous l’épaule.
- ( Anat. ) La fosse sous-scapu-laire, le muscle sous-scapulaire,
- SOUS-TANGENTE, s. f. Foy. TANGENTE. .
- ( Géom.) La sous-tangente d’une courbe est une portion de son axe, interceptée entre l’extrémité d’une ordonnée et l’intersection de la tangente avec l’axe ; cette ligne détermine le point où la tangente coupe l’axe prolongé.
- SOUS-TENDANTE , s. f. du lat. sub , sous, et de tendo , tendre.
- ( Géom. ) La sous-tendante est une ligne droite opposée à un angle, et que l’on suppose tirée entre les deux extrémités de l’arc qui mesure cet angle.
- Dans tout triangle rectangle , le carré de la sous-tendante de l’angle droit , est égal aux sous - tendantes des deux autres angles , par la 47e. proposition d’Euclide. Cette merveilleuse propriété du triangle a été découvex'te par Pythagore. Foy. HYPOTHENüSE. '
- SOUSTRACTION, s. f. du latia sub , sous , dessous, et de trah.ei'c, traire , ôter , enlever : l’action de tirer en dessous, de soustraire.
- ( Arithmét. ) La soustraction est la seconde règle, ou pour mieux dire, la seconde opération de l’arithmétique. Elle consiste à ôter un nombre d’un autre nombre plus grand , et à trouver
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- trouver exactement l’excès de celui-ci sur celui-là.
- En un mot, la soustraction est une opération par laquelle on trouve un nombre qui, ajouté au plus petit de deux nombres homogènes , fait avec lui une somme égale au plus grand de ces nombres.
- ( Algèbre ) La soustraction en algèbre, quand il s’agit de monomes, consiste à écrire ces quantités de .suite, en changeant simplement le signe de la grandeur à soustraire , et à faire ensuite la réduction , si ces quantités sont semblables.
- S’il est question de polynômes , on disposera les termes de la grandeur à soustraire, sous ceux de la grandeur dont on soustrait , c’est-à-dire , les termes de l’un, sous les termes semblables de l’autre, en changeant simplement tous les signes ds la grandeur à soustraire, en des signes contraires. Cette préparation faite , on réduira les termes à leur plus simple expression. Quand il n’y a point de termes semblables, on écrit simplement la quantité à soustraire , dont on change les signes à la suite du polynôme, dont on fait la soustraction.
- SOUS-TRIPLE , adj. F. TRIPLE.
- [31a thé mal.) Deux quantités sont en raison sous-triple, quand l’une est contenue dans l’autre trois fois. Ainsi 2 est sous-triple de 6 , ou en raison sous-triple de 6, de même que 6 est triple de 2 , ou en raison triple de 2.
- SQUS-TRIPLÉE, adj. F. TRIPLE.
- ( Malhéniat. ) Raison sous-tri-plée ; c’est, le rapport des racines cubiques, F. RAISON.
- SOUSTYLAIRE, s. et adj. Foy. STYLE.
- ( Chiomonique ) La ligne sou-stylaire , ou la souslylaire en gno-monique, est une ligue droite, sur laquelle le style ou gnomon d’un cadran est très-élevé , et à laquelle il l'épond perpendiculairement.
- Dans les cadrans polaires, équinoxiaux , horizontaux, méridionaux et septentrionaux, la ligne sous-sty» luire est la méridienne, ou ligne de M’orne J JJ.
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- douze heures ou l’intersection du plan sur lequel le cadran est tracé, av ec celui du méridien du lieu,, parce que le méridien du lieu se confond alors avec le méridien du plan ; mais dans dans les autres cas, la méridienne diffère presque toujours de la sou-styluire. F. GNOMON.
- SOUTE , s. f. de l’italiexr solia , fait du latin subtils.
- ( Marine ) Il se dit de comparti-niens formés avec des cloisons, faisant des logemçps ou cabinets qui ferment à clefs placés au dessous du pont, pour enfermer et mettre à l’abri et en particulier, divers effets, vivres et munitions.
- SOUTE, s. f. du latin sclvo , solutuni , souldre , payer,
- ( Pratique ) Somme qui se doit payer par l’un des" co-pavtageans , pour rendre les lots ou partage égaux en valeur.
- Il se dit aussi du paiement fait pour demeurer quitte du reste du compte.
- SOUTENEMENT, s. m. du lat. sustinere , soutenir.
- ( Pratique) Ecritures que fournit un rendant compte pour soutenir les articles de son compte qui ont été débattus.
- SOUTENIR , v. a. du lat. susli-nere , pour sub tenere , tenir en dessous, soutenir.
- (. Musique ) Soutenir, pris en sens neutre, signifie faire exactement durer les sons , toute leur valeur , sans les laisser éteindre avant la fin , comme font très-souvent les musiciens , et sur-tout les symphonistes.
- SOUTENU, UE, adj. de SOUTENIR. F. ce mot.
- ( Diction ) Style soutenu ; c’est un style noble et continuellement soigné.
- SOUS-TERRAIN , NE, adj. du latin subteiraneus, composé de sub} sous , et de terra , terre : qui est pratiqué sous terre.
- ( airchit. ) Il se dit. d’un lieu voûté, pratiqué sous le rez-de-chaussée , pour différens ussges.
- SOUTERRÉ , ÉE , adj. même origine que SOUTERRAIN.
- ( Bolan. ') U se dit du fruit de
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- quelques plantes qui cherche h se cacher, ou se cache plus ou moins dans la terre.
- SOUVERAIN, NE, s. et adj. <lu latin supra ou superior, dont les Italiens ont Tait, sovrano.
- ( Ecom polit. ) On appeloit autrefois souverain , le premier en quelque chose, ou celui qui étoit supérieur aux autres. Sous le roi Jean , et Charles VI, on appeloit souverain maître-d’hôtel, souverain maitre des eaux et forêts, souverain du trésor , ceux qui avoient l’intendance ou la supériorité de ces choses. On trouve même dans les vieilles ordonnances , et encore dans celle de i386 , sous Charles VI, que le titre de souverain est donné aux baillis et sénéchaux , par rapport à leurs supériorités sur les prévôts et châtelains ; et en général à tous juges qui connoissoient des appellations des juges inférieurs.
- Souverain ne se dit maintenant que des rois ou princes qui sont absolus et indé'pendans.
- ( IMonnoic ) Souverain est aussi le nom d’une monnoie frappée dans les Pays-Bas, vers le milieu du dix-septième siècle , par un édit de la reine de Hongrie; elle étoit au titre de vingt-deux karats, et de la taille de quarante - quatre, quatre-vingt neuvièmes au marc, poids de Troy ; elle pèse, cent quatre grains , poids de France, et vaut seize livres huit sous neuf deniers de France, environ.
- SOYEUX, SE , adj. de SOIE , (/C ce mot); tin et doux au toucher comme de la SOIE.
- ( Botan. ) Il se dit des parties des plantes couvertes de poils mous , serrés , couchés et luisans comme de la soie.
- SPAGIRIE, s. f. du grec <rnvaL0ù (spao'), extraire, et à’à.yîipui (ageirà), rassembler ; ce qui sépare et rassemble. *
- ( Chimie ) On a appelé la chimie spagirie , ou Part s politique , parce que « et art enseigne le moyen de séparer les substances les plus pures des mixtes, d’avec les impures et inutiles , et de les rassembler.
- SPAHIS , s. m. Mot turc.
- f Hist. Turque ) Nom des soldats Turcs qui servent à cheval.
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- lies principales forces du grand seigneur sont composées de jani sai-res qui font la meilleure partie des gens de pied , et de spahis qui sont les gens de cheval.
- Les armes des spahis sont un sabre et une lance , et un dard long de quatre à cinq pieds, et ferré par un de sesbouts, qu’ilsdardent avec beaucoup d’adresse. Il y en a aussi qui portent une épée attachée à côté de la selle de leurs chevaux.
- SPARIES, s. f. du grec <nrùpa ( speirà ), disperser.
- ( Marine ) Tout ce que la mer rejette sur ses bords.
- SPARSILE , adj. du lat. spargo , sparsum , répandre.
- ( Astron. ) Les étoiles sparsiles, sporades ou informes, sont celles qui ne sont point comprises dans les grandes constellations auxquelles les astronomes ont donné des noms.
- SPARTERIE , s. f. de sparte, npm d’une plante graminée.
- ( Manufacture ) Sparterie est le nom qu’on donne à une manufacture de tissus de sparte , plante qui croit principalement en Espagne.
- Le sparte est connu et employé depuis un grand nombre de siècles ; la Grèce, Rome, Carthage, l’Europe et l’Afrique en ont fait un usage constant et journalier. Les anciens fa-briquoient avec ce végétal, non-seulement des cordages, mais des nattes, des paniers , des chaussures, etc.
- M. de Gavoty , de Berthe , qui a résidé long-tems en Espagne, avoit établi, il y a plusieurs années, à Paris, une manufacture desparte, dans laquelle on exécutoit presque tous les ouvrages qui se font dans le pays même où cette plante croit.
- Il se fait à Paris, une grande consommation de tapis de sparterie f auxquels on donne différentes couleurs. Iis sont communément verts, et imitent le gazon ; c’est sans doute ce qui a fait imaginer d’en envelopper les pots de fleurs qu’on place dans les appartemeus sur les consoles et les cheminées.
- SPASME , s. m. du grec avrats^-à; ( spasmos ) , contraction , fait de cr7rkm ( spaô ) , contracter , tirer.
- ( Méd. ) Convulsion , contraction
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- violente et involontaire des muscles qui servent au mouvement local.
- SPASMODIQUE , adj. de SPASME.
- ( JYféd. ) U se dit des mouvemens convulsifs, et quelquefois des remèdes contre les spasmes ou les convulsions; alors c’est la même cliose qu’ANTI-SPÂSMODIQUE.
- SPASMOLOGIE , s. f. du grec trirtta-phç (spasnios) , spasme, et de hâyûç ( Logos') , discours, traité.
- ( Iiîéd, ) Partie de la médecine qui traite des spasmes ou convulsions.
- SPATH , s. m. Mot allemand qui signifie pierre lamelieuse.
- ( Minéral.) Spalh est une dénomination sous laquelle on comprend un grand nombre de substances pierreuses qui ont une structure lameî-leuse. Il y a différentes espèces de spath.
- Spath adamantin (Voy. ADAMANTIN) ; c’est une pierre dont la couleur est différente , suivant les localités : à la Chine , elle est brune ; au Bengale et ailleurs, elle est grise ou verdâtre ; sa dureté est très-considérable , elle raie le cristal de roche , et même la topase.
- La poudre de cette pierre est depuis très-long-tems employée par les Chinois pour scier et polir les pierres dures.
- Spath calcaire, ou carbonate de chaux cristallisé ; la couleur la plus ordinaire de cette substance est le blanc ; mais on en trouve accidentellement de plusieurs autres couleurs.
- Nulle substance minérale n’est susceptible d’une division mécanique aussi nette que le spath calcaire : le cli vage est triple, et ses tragmens sont rhomboïdaux. Il est ordinairement translucide et quelquefois diaphane ; alors ses fragmens rhomboïdaux rendent, d’une manière très-sensible , la double image, ainsi qu’on l’observe dans le spath d’Islande.
- Spath fluor , spath fusible , spath vitreux , chaux fluorée , chaux fluatée, fluate de chaux ; test une substance minérale, formée par la combinaison de l'acide fluorique avec la chaux. Cette substance se présente sous les couleurs
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- aussi brillantes que variées des différentes pierres précieuses. On la voit revêtir tour à tour le vert velouté de l’émeraude , ou le vert tendre de la erysolite, le bleu profond du saphir , ou le bleu léger du bé;il , le jaune doré de la topaze , le riche pourpre de l’améthyste , ou la douce couleur de rose de rubis balais, le vert bleuâtre de l’aigue-marine , ou enfin , le blanc limpide du cristal déroché.
- C’est le célèbre chimiste Schéele qui a découvert que l’acide qui entre dans la composition du spath fluor, étoit un acide particulier, qu’on a nommé acide fluorique, le seul jusqu’à présent dans lequel on ait reconnu la propriété de dissoudre la silice.
- ( Oravure) Tout le monde con-noit. aujourd’hui la propriété qu’a Vacide fluorique de corroder le verré. M. Puymorin a^su tirer parti de cette propriété ; il a employé l’acidefluorique, à graver sur le verre , en suivant le même procédé dont on se sert pour graver sur le cuivre avec l’eau forte; mais on a ensuite perfectionné ce procédé : au lieu de verser l’acide sur la glace enduite de vernis, où le dessin est tracé à la pointe, on l’expose à l’action de cet acide , réduit à l’état de gaz, A cet effet, l’on met dans un vase de plomb ou d’é>-tain , du spath fluor en pondre, on y verse de l’acide sulfurique , et l’on, couvre bien exactement le vase avec la glace même qu’on veut graver; le gaz fluorique mord sur le verre plus vivement que n’eût fait l’acide liquide, nécessairement affoibli par l’eau qui s’y trouve mêlée.
- (Sculpture) La Saxe, la Bohème, le Hartz, laSufcde, plusieurspartiesde la France, abondent en spath fluor, mais aucune contrée n’en est aussi richement pourvue que l’Angleterre ; aussi l’industrie angloise a-t-elle su tirer un parti très-avantageux des rognons de spath fluor; on les travaille à Derby , à Mutlock, à Ashfort, où l’on en fait une immense quantité de vases et autres ornemens qu on envoie à Birmingham, où ils sont montés sur métaux.
- SPATHE , s. f. du grec crrraS# ( spathé ) , lance ou pique.
- ( Botan. ) Sorte de calice membraneux qui seit d’enveloppe aux Z 2
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- fleurs avant leur épanouissement, et se déchire pour leur ouvrir passage aux approches de la fécondation ; il est ainsi appelé , parce qu’il se termine en pointe.
- La spalhe est caractéristique dans la famille des palmiers, et dans celle des liliacées. On dit d’une fleur qu’elle est spaLhacée , pour dire qu’elle est en voloppée d’une spalhe.
- SPATHILLE , s. f. diminutif de Spalhe.
- ( Botan, ) Petite spalhe partielle ou propre de,chacune des fleurs enveloppées d’une spathe commune..
- SPATULE , s. f. du grec a-TrâSti ( spathê ) , lance.
- ( Pharmacie ) Instrument en fer, en buis , en bois , en ivoire , en verre , en argent, ou autre métal, de forme plate , allongée, et dont une des extrémités est plus large et arrondie : on s’en sert dans les pharmacies pour prendre les onguens et les éleetuaires dans les pots, et pour agiter sur le feu les mélanges visqueux.
- SPATULÉ , ÉE , adj. de SPATULE.
- ( Botan. ) Il se dit des parties des plantes qui ont la forme d’une spatule.
- ^ SPECIAL, LE 5 adj. du latin spécialis, particulier , fait de species , forme, figure.
- ( Pratique ) Il se dit de ce qui est déterminé à quelque chose de particulier : procuration spéciale, hypotheque spéciale.
- SPÉCIEUX , SE , adj. du latin speciosus, fait de speciositas, augmentatif de species , beau , remarquable, de belle figure , de belle apparence.
- ( Dicliàn ) Il se dit ordinairement de ce qui a l’apparence de vérité et de justice.
- ( Algèbre ) Arilhmélhique spécieuse ; c’est cette espèce d’arithmétique qui enseigne à calculer les quantités expriméespar les lettres de J alphabet , que les premiers algé-bristes appeloient species, espèces, apparemment parce que ces lettres servent à exprimer généralement toutes les quantités , et en marquent ainsi l’espèce générale , pour ainsi
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- dire. On appelle cette arithmétique spécieuse , pour la distinguer de celle où les quantités sont exprimées par des nombres, qu’on appelle arithmétique numéraire.
- L’arithmétique spécieuse est ce qu’on appelle communément ALGÈBRE. Poy. ce mot.
- SPÉCIFIQUE , adj. du kt. spe-cijico, pour speciem fiacio , spécifier : propre spécialement à quelque chose.
- ( Méd. ) Il se dit des médicamens dont la vertu est telle qu’ils sont plus avantageux et plus efficaces contre certaines maladies déterminées. C’est ce qui a fait donner le nom de spécifique au quinquina , parce qu’il arrête les accès des fièvres intermittentes; au mercure, parce qu’il guérit les maladies vénériennes.
- ( Mécati. ) Pesanteur spécifique-voy. PESANTEUR.
- ( Botan. ) Les botanistes entendent par spécifique , ce qui appartient ou est relatif à Vespèce ; ainsi série spécifique est une série composée d’individus de la même espece.
- SPECTACLE , s. m. du latin spectaculum , fait de speclo , voir, considérer , regarder : objet qui attire les regards , qui arrête la vue.
- ( Jeux scéniques ) Spectacle se dit particulièrement d’une représentation théâtrale que l’on donne en public. V. course, lutte , pugilat, disque, ces te , jeux olympiques, isthmiques, phy tiques et néniécus; tragédie , comédie, cirque, amphithéâtre , athlète, gladiateur, satyre , atellane , pantomime , joule , tournois , histrion , troubadour , mystère , folie , moralité, farce, opéra , drame , mélodrame , etc.
- SPECTRE , s. m. du latin spec-
- trum , fantôme, figure surprenante que l’on voit ou que l’on croit voir.
- ( Physique ) Apeclre coloré J c’est le nom que l’on donne à l’image oblongue et colorée du soleil, dont les rayons passent par l’angle d’un prisme dans une chambre obscure.
- SPÉCULAIRE , adj. du lat. spéculum , miroir : qui appartient au miroir. . .
- ( lYlinéral. ) Pierre spéculait*
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- c’estle nom vulgaire ciotmé aux lames transparentes d’une espèce de gypse en fer de lance.
- La pierre spéculaire servoit chez les Romains à garnir les fenêtres , les litières et les ruches. L’usage s’en est introduit au teras de Sénèque , et il étoit si général, qu’il y avoit des ouvriers dont l’unique profession étoit de la travailler et de la poser.
- SPECULUM, s. m. Mot latin qui signifie miroir.
- ( Chirurgie ) On a donné ce nom à plusieurs instrumens servant à dilater les passages ou les cavités naturelles , parce qu’ils font voir ce qui se trouve de contre nature dans les cavités qu’ils dilatent ; tels sont le spéculum uni, ou le dilatateur du fondement ; le spéculum oculi, ou le dilatateur de l’œil, etc.
- SPERMA-CETI, s. m. Mot lat. et grec ( K. SPERME ), qui signifie semence ou blanc de baleine.
- (Hisl. IVat. ) Nom improprement donné à une huile concrète , blanche , demi-opaque, qui se trouve liquide dans le crâne et l’épine dorsale des cachalots ( espèce de cétacés ) , et qui prend de la consistance à l’air ; on s’en sert en médecine et dans la toilette ; aujourd’hui ou en prépare de belles bougies.
- SPERMATIQUE , adj. du grec VTïipp.&'rtubo- ( spermatikos ), fait de erTrîputt ( sperma ), semence: qui concerne le sperme , la semence.
- ( \Anat. ) Epithète qui s’applique aux organes de la génération , et à toutes les parties qui y répondent.
- SPERMATOCÈLE , s. m. du grec msrspuat ( sperma ) , semence , et de j( kélê ) , hernie, tumeur.
- ( Chirurgie ) Espèce de hernie , causée par l’enflure des vaisseaux spermatiques , et qui est souvent la suite d’une hernie humorale , ou d’une enflure des testicules, provenant de causes vénériennes.
- SPERMATOLOGIE , s. f. du grec o-raripp.a. ( sperma ) , semence , et de xâyoç ( logos ) , discours.
- ( Physiol. ) Dissertation ou traité *ur la semence.
- SPERMATOSE , s. f. du grec fr&ipu-at, ( sperma ), semence.
- ( Physiol. ) Producfjup de la se-
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- menre , eoction de la semence dans les testicules et les vésicales séminaires.
- SPERME , s. m. du grec Tsr'ip’JLA ( sperma ), semence.
- ( Physiol. ) Liqueur préparée et séparée du sang , dans les testicules. V. SEMENCE.
- SPHACÈLE, s. m. du grec mxoc ( sphakélos'), mortification.
- ( Chirurgie ) Le sphacele est une mortification complète et entière d’une partie du corps, causée par l’interception de la circulation du sang ou des autres humeurs.
- Le sphacele diffère de la gangrène en ce que celle-ci n’affecte pour l’ordinaire que le pannicule adipeux , au lieu que le sphacele affecte toutes les parties, sans en excepter les os. K NÉCROSE, SIDÉRATON.
- SPHENE, s. m. du grec rrfiv ( sphén ) , coin à fendre du bois.
- ( Dïinéral, j) Nom donné parHaiii à une pierre cristallisée en ferme de coin. Quelques naturalistes l’appellent schorl violet.
- SPHÉNOÏDE , adj. et s. m, du grec ( sphén), coin à fendre
- du bois , et dbnToç ( eidos ) , forme, ressemblance : qui a la forme d’un coin.
- ( Anal. ) Nom que l’on donne à un os situé à la partie inférieure et un peu antérieure du crâne : on l’appelle sphénoïde ou cunéiforme , parce qu’il est engagé et comme enclavé entre les autres os, en forme de coin.
- De sphénoïde on a fait sphénoïdal , pour désigner ce qui a rapport à l’os sphénoïde; la fente sphénoïdale.
- SPHÉNO-MAXILLAIRE , adj. composé du grec r<priv (sphén , coin , et du lat. maxilla , mâchoire.
- final. ) Il se dit de ce qui a du rapport à l’os sphénoïde et à l’os maxillaire : la fente sphénoïdo-maxillaire.
- SPHÉNO-PALATIN , adj. et s. m. du grec <r<p»v ( sphén ) , coin, et du lat. palatus, palais.
- (.Anal. ) Il se dit de ce qui a rapport à l’os sphénoïde et au palais. C’est le nom d’un muscle de la luette,. SPHËNO - PTËRYGO - PALA-
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- TIN, adj. et. s. in. composé du grec ( sphén ), coin , de Trrspyf (p/e-rux ), aile , et du lat. pulatus, palais,
- ( Aaat. ') Qui a du rapport à l’os sphénoïde ,. à l’apophyse ptérigoïde et au palais. Nom d’un muscle du voile du palais ou de la luette.
- SPHÉNO - SALPINGü - STA-PHYLÎN , adj. et s. du grec <r<piiv (rphê/i), coin, de a-âx^iy'^(salpigjj), trompe, et de çttqvxii (slaphulè) , luette.
- ( Anat. ) Qui a du rapport à l’os spnénoïde , à la trompe d’Eustaehe et à la luette : nom d'un muscle de la luette.
- SPHÈH.S , s. f. du grec o-çaupa. ( sphaira ) , globe.
- ( (Jeom. ) Splibre, en termes de géométrie , e.vt un corps solide contenu sous une seuie surface, et qui a dans le milieu un point qu’on appelle centre, d’où toutes les lignes tirées à la surface sont égales,
- On peut supposer que la sphère est engendrée par la révolution d’un demi-cercle autour de son diamètre, qu’oir appelle aussi l’axe de la sphère.
- Projection de la sphère ; voyez PROJECTION.
- ( Physique ) Sphère iVactivité ; la sphère d’activité d’un corps est un espace déterminé et étendu autour de lui, au delà duquel les émanations qui sortent du corps n’ont plus d’aetion sensible.
- Ainsi, l’aimant a de certaines bornes au delà desquelles cette pierre ne peut point attirer une aiguille , mais par-tout où l’aiguille peut être mise en mouvement par l’aimant, on dit qu’elle est dans la sphère d’activité cie l’aimant. V, ACTIVITÉ.
- ( Aslron. ) Sphère , en astronomie , est cet orbe ou étendue ronde et concave du ciel qui entoure notre globe , et auquel les corps célestes , le soleil, les étoiles , les planètes , les comptes, semblent être attachés. On l’appelle aussi la sphère du monde , et elle est l’objet de l’astronomie sp hérique.
- Cicéton attribue l’invention de la sphère à uchimède de Syracuse. Diogene deLaëice en fait honneur à Musée , et Pline dit qu’on en est redevable à Anaximandre.
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- Cercles de la sphère; le diamètre du globe de la terre est si petit, quaud on le compare an diamètre de la sphère du monde , que , quoique l’observateur se place souvent dans les dilïérens points de la terre, le centre de la sphère du monde. ne soulFre point de changement sensible; c’est-à-dire , que les étoiles fixes pa-roisseut occuper le même point dans la surface de la sphère ; afin donc de déterminer mieux les lieux que ces corps occupent dans la sphère ; on a imaginé dilférens cercles sur sa surface , et qu’on appelle, par cette raison , cercles de ta sphère. Il y en a quelques-uns qn’on appelle grands Cercles, comme l’écliptique , le méridien , l’équateur, etc. ; les autres, petits cercles connue les tropiques, les parallèles , etc.
- Ces cercles se rapportent naturellement à la surface de la sphère , où on les conçoit tracés directement sous ceux de la sphère, et dans les mêmes plans ; de manière que si les plans des cercles de la terre étoient continués jusqu’à la sphère, ils coïncide-roient avec les cercles respectifs qui y sont placés.
- Sphère se dit aussi de la disposition de ces cercles, par rapport aux di fier en s pays de la terre.
- Sphère droite ; c’est celle dans laquelle l’équateur est droit sur l’hGri-zon, ou coupe l’horizon du lieu à angles droits. Dans cette situation , tous les cercles parallèles à l’équateur doivent couper directement l’horizon, sans s’incliner d’un coté plus que de l’autre.
- Sous la sphère droite, les jours sont égaux aux nuits, et le soleil descendant directement sous l’horizon, s’en éloigne plus vite que s’il s’y plon-geoit obliquement ; ainsi, le crépuscule est le plus court.
- Sphère parallèle ; c’est celle dans laquelle l’Equateur est parallèle à l’horizon : elle a lieu pour deux points de la terre, qui sont les pôles.
- Soùs la sphère parallèle, le soleil est six mois en-deçà de l’équateur, et six mois au delà.
- Sphère oblique ; c’est celle dans laquelle l’équateur coupe l’horizon obliquement. Dans cette position , l’horizon et l’équateur se coupent obliquement, faisant un angle aigu
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- ffun roté et obtus de l’autre ; de sorte ' que les révolutions de la sphère se font obliquement par rapport à l'horizon; l’un des pôlesdu monde est tou-jours élevé au dessus de l’horizon , et toujours visible ; mais l’autre est perpétuellement au dessous, et invisible.
- Sphère armillaire ou artificielle; c’est un instrument qui représente les difï’érens cercles de la sphère , dans leur ordre naturel, et qui sert à donner une idée de l’usage et de la position de chacun d’eux, et à résoudre différens problèmes qui y ont rapport. On l’appelle ainsi parce qu’elle est composée d’un nombre de bandes ou anneaux de cuivre ou de carton , appelés armillce, â cause de leur ressemblance avec les bracelets ou anneaux, G. ARMILLAIRE.
- Il y a des sphères annillaires de deux sortes , suivant l’endroit où la terre est placée : la sphère de Pto-létnée, la sphère de Copernic.
- Sphère de Ptolémée ; c’est celle dont on se sert communément, et au milieu de laquelle est une boule qui représente la terre.
- Tous les problèmes qui ont rapport aux phénomènes du soleil et de la terre, peuvent se résoudre au moyen de cette sphère.
- Sphère de Copernic ; dans cette sphère, le soleil occupe le centre, et autour de cet astre, sont placées, à différentes distances, les planètes , au nombre desquelles est la terre ; cet instrument est de peu d’usage.
- Sphère se dit quelquefois de l’ancienne disposition des cercles de la sphère, par rapport aux étoiles ; ainsi l’on appelle sphère d’Eudoxe , celle ui avoit lieu 12 ou i3oo ans avant . C., tems- où le point équinoxial répondoitaux étoiles du taureau.
- On dit aussi sphère persique, sphère indienne , pour désigner les noms et les figures de constellations que les anciens Orientaux em-ployoient dans leurs globes.
- Sphère mouvante ; c’est un instrument d’astronomie qui représente les mouvemens des planètes, conformément aux observations : c’est, à proprement parler , la sphère de Copernic, mise en mouvement par un rouage, qui est mené par une pendule.
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- SPHÉRICITÉ, s. f. même ori-* gine que SPHÈRE ; qualité de ce qui est. sphérique.
- (Physique) Les physiciens ne sont pas d’accord sur les causes qui font prendre à des cailloux , à des fruits , à des graines , aux gouttes d’eau, de vif argent, etc., et aux bulles d’air dans l’eau , la figure sphérique. Suivant Hooke, leur sphéricité vient du peu de convenance de leurs parties avec celle du fluide environnant ; ce fluide, selcfn lui, les empêche de se mêler , et les contraint de prendre une forme ronde, en les pressant également de toutes parts.
- Les Newtoniens expliquent cette sphéricité par leur grand principe de l’attraction , suivant lequel les parties de la môme goutte fluide, etc. se rangent naturellement le plus proche du centre de cetle goutte qu’il est possible, ce qui occasionne nécessairement une figure ronde.
- SPHÉRIQUE , adjectif du grec o-ÿsupoLKQç ( sphairakos ) , dérivé de crqzipx. ( sphaira ) , sphère : qui a rapport à la sphère , qui est rond comme une sphère.
- ( Géométrie ) Angle sphérique ; c’est l’inclinaison mutuelle de deux plans qui coupent une sphère.
- Triangle sphérique ; c’est un triangle compris entre trois arcs de grands cercles d’une sphère, qui se coupent l’un l’autre.
- Compas sphérique ; v. COMPAS.
- Géométrie sphérique ; c’est la doctrine de la sphère, et particulièrement des cercles qui sont décrits sur la surface, avec la méthode de les tracer sur un plan , et d’en mesurer les arcs et les angles quand on les a tracés.
- ( Aslronom. ) Astronomie sphérique ; on appelle ainsi la partie dé l’astronomie qui coxrsidère l’univers dans l’éîat où l’œil l’aperçoit.
- Gastronomie sphérique comprend tous les phénomènes et les apparences des cieux et des corps célestes , telles que nous les apercevons , sans en chercher les raisons et la théorie ; en quoi elle est distinguée de l’astronomie théorique, qui considère la structure de l’univers,, et les causes de ses phénomènes.
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- SPHÉRIQUES, s. f. même origine que SPHÉRIQUE.
- ( Géométrie ) Les sphériques de Théodose ; c’est le titre d’un ouvrage de Théodose qui contienr la doctrine des propriétés de la sphère, considérée comme un corps géométrique , et particulièrement.des dit— férens cercles qui sont décrits sur sa surface.
- SPHERISTIQUE, s. f. du grec 'rqx.iptçiyé'icr ( sphaiiisticos ) , le j'eu de la balle.
- ( Gymnastique') Nom générique qui comprenoit, chez les anciens, tous les exercices où l’on se servoit de, balles. On appeloit SPHÉRIS-TÈRE , e-Qcttpiçttpiov (sphairisté-rion ), le lieu destiné à ces exercices.
- La sphéris tique fai soit l’amusement des héros d’Homère ; mais elle étoit fort simple du teins de ce poëfe. Dans les siècles suivans, les Grecs, et sur-tout les Athéniens la portèrent au plus haut degré de perfection.
- SPHÉROÏDAL, adj. du grec CKpzipct. (sphaira), sphère, et de uJ'oç (éiaos), figure, ressemblance : qui a l’apparence , la figure d’une sphère.
- ( Minéralog. ) Nom imposé par Haüi, au diamant à,48 faces bombées.
- SPHÉROÏDE , adj. même origine que SPHÉROÏDAL.
- ( Géomét. ) C’est le nom qu’Archimède a donné à un solide qui approche de la figure d’une sphère , quoiqu’il ne soit pas exactement rond , mais oblong, parce qu’il a un diamètre plus grand que l’autre, et qu’il est engendré par la révolution d’une demi-ellipse sur son axe.
- On appelle aujourd’hui assez généralement sphéroïde , tout solide engendré par la révolution d’uue courbe ovale autour de son axe, soit que cette courbe ovale soit une ellipse ou non.
- {Astronomie) La terre est un sphéroïde. Voy. TERRE.
- SPHÉROMACHIE, s. f. du grec pLïpet ( sphaira ) , sphère, et de puty» { mâché ) , combat.
- ( Gymnasi. ) Jeu, exercice de la
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- balle, de la paume ou du ballon*. On prétend que ce jeu n’étoit pas le même que la sphéris tique, mais oq ne sait trop en quoi il difîéroit.
- SPIIÉROMÈTRE, s. m. du grec <r<pa,7p& { sphaira ), sphère, et de p-irpov ( nielron ) , mesure.
- ( Optique ) Instrument d’optique destiné à mesurer la courbure des verres.
- SPHINCTER , s. m. du grec <rq>tfym ( sphiggô ) , lier, serrer.
- ( Anat. ) Nom que l’on donne à plusieurs muscles qui ferment les passages naturels ; tels sont le sphincter de l’anus, le sphincter de la vessie.
- SPHINX, s. m. du grec 17<pèy|, dérivé de o-<j>ifya> ( sphiggô ), serrer, presser.
- ( Mylhol. ) Monstre fabuleux qui embarrassoit les passans par des énigmes ; il avoit la tète d’une femme, des ailes d’oiseau, les griffes d’un lion, et le reste du corps fait eu forme de chien.
- ( Archit. ) Sphinx est aussi le nom d’un ouvrage de sculpture, représentant les anciens sphinx, dont les architectes ornent les rampes de terrasse dans les jardins.
- SP1CA, s. m. du latin spica , épi.
- ( Chirurg. ) Mot latin conservé en françois pour désigner une espèce de bandage, ainsi appelé parce qu’il représente , par ses tours de bande et de doioires, les rangs d’un épi de blé.
- SPICCATO, adj. Mot italien qui signifie détaché.
- ( Musique ) Ce mot, écrit sur la musique , indique des sons secs et bien détachés.
- SP1C1LEGE, s. m. du latin spi-cilegium , composé de spica, épi, et de iego , choisir, cueillir : l’action de ramasser . de glaner des épis.
- ( Didact. ) Ce mot a été employé, pour la première fois, par le P. d’A-cheri, pour servir de titre à un recueil de pièces , d’actes et de monu-raens qui n’avoient pas été imprimés. Fabricius a aussi donné un spicihge de quelques-uns des Pères.
- SPINAL, LE , adj. du lat. spina, épine : qui appartient à l’épine.
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- ( Anat. ) Le nerf spinal , la rnoëlle spinale, ; le premier est ainsi nommé , parce qu’il tire son origine de la moelle de#!’épine.
- SPINA VENTOSA , s. m. Mots latins qui signifient littéralement épine venteuse.
- ( IVléd. ) C’est le nom d’une maladie dans laquelle il y a carie causée par quelque vice de la moelle. .
- Rhasis, médecin arabe , l’a ainsi nommée, parce que la corrosion et la corruption de l’os sont ordinairement accompagnées d’une douleur vive et piquante , comme si l’on étoit percé par une épine ; et parce que cette maladie n’a pas plutôt corrodé l’os, que lestégumens s’enflent considérablement, et que cette enflure semble remplie d’humeur venteuse ou flatueuse.
- SPINELLE , s. m. V. RUBIS.
- SPINISCENT , TE , adj. du laf. spina, épine : terminé en forme d’épine.
- ( Bolan. ) Il se dit des parties des plantes, dont le sommet s’amincit en pointe grêle, roide et piquante comme une épine.
- SPINOSISME, s. m. de Spinosa, nom d’homme.
- ( Philos. ) Doctrine , secte de Spinosa. Le principe du spinosisme est qu’il n’y a absolument que la matière et la modification de la matière.
- SPINTHERE , s. m. du grec ( spinthér ) , étincelle.
- ( JYlinéral. ) Nom donné à une espèce de minéral peu connu, dont les cristaux ont un tissu lamelieux d’une couleur verdâtre, et jettent des reflets si vifs, qu’ils brillent comme des étincelles , d’où lui vient son nom.
- SPINTKÉROMÈTRE, s. m. du grec <7Œ7vÔho ( spinthèr) , étincelle , et de ( métron ) , mesure :
- mesure-étincelle.
- ( Physique ) Nom donné par M. Leroy , de l’académie des sciences , à un instrument qu’il a imaginé pour mesurer la force des étincelles électriques.
- SPIRALE , s. f. du grec a-.vrsha, (spé/ra ), tour, entortillement.
- ( tréom. ) Une spirale est en
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- général une ligne courbe , qui \a toujours en s’éloignant de son centrent, en faisant autour de ce centre plusieurs révolutions.
- Mais on appelle plus proprement et plus particulièrement spirale , en géométrie , une ligne courbe , dont Archimède est l’inventeur, et qu’on nomme pour cette raison spirale d Archimède.
- SPIRALÉ, ÉE, adj. même origine que SPIRALE.
- ( Bolan. ) -Il se dit de re qui est tors ou roulé en spirale; ou bien tellement tordu, que les bords ou côtés décrivent une spirale. SPIRIQUES, adj. de SPIRALE,
- ( Qéom. ) Lignes spiriques; espèces de courbes inventées par Per-sens, et qu’il ne faut pas confondre avec les spirales. Les lignes spiriques étoient des courbes qui se formoient en coupant un solide fait par la circonvolution d’un cercle autour d’une corde , ou d’une tangente , on d’une ligne extérieure. De là nais-soit un corps en forme d’anneau ouvert ou fermé, ou en forme de bouriet. Ce corps étant coupé pi r un plan, donnoit, suivant les circonstances , des courbes d’une forme singulière ; tantôt allongées en for^te d’ellipses, tantôt applaties et rentrantes dans leur milieu, tantôt se coupant en forme de nœud ou de lacet. Persetis considéra ces courbes, et crut avoir fait une découverte si intéressante qu’il sacrifia à son b; n génie. Consultez IMontucla, Hü . des Malhénial,
- SPLANCHNOGRAPHIE , s. f.
- du grec vvfi.kyx,vov (splagchnon), viscère , et de ypâ<pa> ( grapho), décrire.
- ( Anat. ) Partie de l’anatomie qui à pour objet la description des vis-cères
- SPLANCHNOLOGIE, s. f. du grec trw\kyyj:oy (splagchnon) , viscère, et de xo-yo; ( logos), discours.
- ( Anat. ) Partie de l’anatomie qui traite des viscères.
- SPLANCHNOTOMIE , s. f. du gu c Ts-xkyyjùii ( splagchnon), viscère, et de rtpyoo ( tcnmô), inciser, couper.
- (Anat.') Partie de l’anatomie, qui a pour objet la dissection des viscères,
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- SPLEEN , s. m. Mot arglois , corruption du latin splen , splenis , fait du grec avraxiiv ( splén ) , raie.
- ( Méd. ) Ce mot signifie proprement la rate; mais, comme ce viscère est supposé être le siège de. la colère, de la joie et de la mélancolie, on dit quelquefois qu’un homme a le spleen , qu’il est dévoré de spleen, pour dire qu’il est mélancolique , qu’il est dévoré de consomption. On dit de même en anglois , qu’un homme a eu un accès de spleen, onefit of spleen, pour dire qu’il a eu uu accès de colère.
- SPLÉNALGIE , s. f. du gr.
- (splén') , la rate, et d’&xyot (algos), douleur.
- ( Méd. ) Douleur de la rate. SPLÉNIQUE ou SPLÉNÉTI-QUE , adj. du grec o-.nrXm (splén) , la rate : qui concerne la rate.
- (Anat.) On appelle spléniques, les parties qui ont rapport à la rate. Le nerf splénique, tarière splénique , etc.
- ( Méd. ) Splénique se dit aussi des médieamens apéritifs , propres pour les maladies de la rate. Quelques-uns prétendent que splénique doit s’entendre particulièrement des m&îadies de la rate, et splénétique, des remèdes qui conviennent à leur guérison.
- On dit aussi spléhique ou rate-leux ^ pour celui qui est maiade de la rate.
- SPLÉNITIS ou SPLÉNITIE , s. f. du grec <rmrkh ( splén ), la rate.
- ( Méd. ) Inflammation de la rate.
- SPLENIUS, adj. et s. Mot latin dérivé de splen-, la rate.
- ( Anat. ) Mot latin retenu en françois pour désigner quelques muscles qui ressemblent à une rate : le splenius de la tête, le splenius du cou, etc.
- SPLÉNOCELE, s. f. du grec o-üirXHv ( splén ), la rate , et de x«x« (kélê), hernie.
- ( Méd. ) Hernie de la rate.
- SPLÉNOGRAPHLE, s. f. du grec «nsrxàv ( splén ), la rate , et de ypâfai ( graphô ) , décrire.
- ( Anat. ) Partie de l’anatomie qui a pour objet la description de la rate.
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- SELENOLOGIE , s. f. du grec varxiiv ( splén ) , la rate , et de xiycg ( logos ), discours.
- ( Anat. ) Partie de l’anatomie qui traite des usages de la rate.
- SPLÉNOTOMIE , s. f. du grec c-<nrx>iv ( splén ) , la rate , et de Tqwv»
- ( temnô ) , couper, inciser.
- ( Anat. ) Partie de l’anatomie qui a pour objet la dissectiou de la rate.
- SPODE , s. f. du grec ^aroJ'c;
- ( spodos ) , cendre.
- (Chimie) Les chimistesont donné ce nom à la cendre du zinc calciné , appelée autrement TUTIE. 'fr,' ce mot»
- SPODOMANCIE , s. f. du grec crtB'otfsç ( spodos ), cendre , et de pLÿLvnia, ( mantéia ) , divination.
- ( ùivinat. ) Espèce de divination par la cendre du feu qui avoit consumé les victimes dans les sacrifices. C’est la même chose que TÉPHRA-MANCIE. IA, ce mot.
- SPOLIATION , s. f. du latin spolio , dépouiller : action de dépouiller.
- ( Pratique ) Action par laquelle on dépossédé quelqu’un d’un bien , par violence ou par. fraude.
- Spolier une succession ; c’est la dépouiller de ses effets.
- ( Méd. ) Quesnay emploie le mot de spoliation, pour exprimer la diminution de quelques-unes des hu--meurs , qui à proportion sont enlevées par la saignée, en plus grande quantité que les autres. Ainsi, la saignée spoliative est celle où l’on se propose de diminuer la quantité proportionnelle de la partie rouge du sang. Les saignées fréquentes produisent cet effet, parce que la partie blanche se répare beaucoup plus promptement que la partie rouge.
- SPONDAULES, s. m. du grec trmovJ'ii (spondé) , libation , èt de ûivxoc ( aulos ), flûte.
- ( Hist. anc. ) C’étoit chez les anciens un joueur de flûte , ou autre instrument semblable, qui , pendant qu’on offroit le sacrifice, jouoif à l’oreille du prêtre quelque air convenable , pour l’empêcher de rien écouter qui pût le distraire.
- SPONDÉE, s» m. du gr. pmvJ'Set
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- / spondeios ) , dérivé de f spoadê ) , libation : qui concerne les iiimtions, ce qu’on emploie dans les libations.
- ( Poésie gr. et lal. ) Sorte de mesure ou de pied dans les vers grecs et dans les vers latins, composé de deux syllabes longues ; il est ainsi appelé parce qu’ou l’em-ployoit ordinairement dans les hymnes qui se cliantoieuT pendaut les sacrifices, à cause de sa mesure grave et convenable à la dignité imposante d’un culte majestueux.
- De spondée on a fait spondaïque, pour désigner les vers tout composés de spondées , ou du moins qui ont deux spondées à la fin.
- SPONDILLE , s. m. du grec a-m'j'ià uàsç ( spondulos ) , vertèbre.
- ( Auat. ) C’e'st en général le nom de toute sorte de vertèbres, et en particulier de la seconde vertèbre du cou.
- SPONDYLOÏTES , s. f. du grec trGrivéuxoç ( spondulos') , vertebre , et de x/9oç ( Hlhos ), pierre : vertèbre pétrifiée.
- (Minéral) Pétrifications formées par des moules intérieurs de coquilles.
- SPONGIEUX, SE , adj. du latin spongia , éponge : qui tient de l'éponge. ___
- ( Anal. ) Il se dit des parties du corps qui tiennent de la nature de l’éponge. Le tissu spongieux de l’urètre ; Les lames spongieuses injéneuves du nez. L’os éthmoïde est aussi appelé l’o.s spongieux à raison de sa substance spongieuse.
- ( Botan.) Spongieux se dit aussi des parties des plantes qui ont le tissu lâche et compressible , à peu près comme une éponge.
- SPONGITE, s. f. du lat. spongia, éponge, et du grec x'$oç(Iithos), pierre : pierre qui imite l’éponge.
- (Minéral é)Nom donné par quelques naturalistes à des incrustations formées par les eaux sur des végétaux.
- SPONTANÉ , ÉE , adj. du latin spontaueus, l’ait de sponte , volontairement , librement : volontaire , qui est fait de plein gré.
- ( Méd, ) Il se dit de tous les mon-Vemens naturels du corps qui se
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- font d’eux-mêmes, sans la participation de l’ame, comme le mouvement du cœur , des artères, du cerveau. '
- On appelle aussi lassitude spontanée , celle qui survient sans cause manifeste , et sans qu’elle ait été précédée d’aucune fatigue.
- Evacuation spontanée ; celle qui se fait d’elle-méme , sans avoir été excitée par aucun remède.
- ( Botan. ) Spontané se dit aussi des plantes qui naissent sans le secours de l’art.
- SPORADES, s. f. du gr. o-snipa) ( speiio ) , semer , répandre.
- ( Astron. ) C’est un nom que les anciens donnoient aux étoiles qui ne faisoient partie d’aucune constellation ; c’est la même chose que SPARSILE. V. ce mot.
- ( Oéogr.') On donne aussi le nom de sporades, aux îles éparses dans l’Archipel, pour les distinguer des Cyclades.
- SPORADIQUE , adj. même origine que SPORADES : dispersé , épars.
- ( Méd. ) Epithète qne l’on donne aux maladies qui régnent indifféremment par-tout, en tout tems , et qui attaquent chaque personne séparément par des causes particulières , sans contagion , comme l’érésypèle à l’un , et le phlegmon à l’autre ; â la différence des maladies épidémiques , qui sont communes à toutes sortes de personnes en même tems , et dans un même lieu, et qui dépens dent d’une cause générale.
- SPUMOSITÉ, s. f. du lat. spuma, écume.
- ( JJidaçt. ) Qualité de ce qui est rempli d’écume. Les philosophes se servent de ce terme pour parler de différentes écumes que produisent les corps.
- SPUTATION, s. f. du lat. sputoy cracher.
- ( Méd. ) L’action de cracher.
- SQUADRONISTE, s. m. de l’italien squadronisla , fait de squa-drone , escadron : qui appartient à un escadron.
- ( Cour de Rome ) C’est le non* qu’on donne aux cardinaux qui, dans les conclaves} sont de l’escadron vq-
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- lant, c’est à-dire, qui ne sont d’aucune faction , et qui se jettent dans le parti qu’ils trouvent le plus raisonnable. /
- SQUALE, s. m. du lat. squalus, chien de mer.
- ( lchtyol. ) Genre de poisson dont le caractère consiste à avoir cinq , six ou sept ouvertures branchiales de chaque coté du corps. Ce genre est connu sous la dénomination vulgaire de chiens de mer.
- SQUAMMEUX, SE, adj. du lat. squamma, écaille, écailleux, ou qui a du rapport à l’écaille.
- ( Anat, ) On donne l’épithète de squarnmeuse à une suture du crâne qui est faite en manière d’écaille ; laquelle joint les temporaux avec les pariétaux.
- SQUARREUX, SE , adj. du lat. squarrosus, rude.
- ( Botcm. ) U se dit des plantes qui sont fournies ou garnies de parties rapprochées et roidement recourbées.
- SQUELETTE , s. m. du grec omXiToç ( skeletos ), desséché, fait de trjtéxxm ( skcllo ) , dessécher.
- {slnat. ) On entend par squelette , tous les os d’un animal dépouillés des tégumens, des muscles, des vaisseaux , des glandes et des viscères, et rangés dans leur situation naturelle.
- Les anatomistes distinguent deux sortes de squelettes : le squelette naturel, dans lequel les os tiennent ensemble par leurs ligamens ; le squelette artificiel, où ils sont attachés avec du fil d’archal, ou quel-qu’autre substance, qui ne faisoit point partie de l’animal à qui les os appartiennent.
- ( Hisl. nat. ) Squelette , dans le langage des naturalistes s’entend de cette charpente ou cet assemblage d’os qui s’articulent ensemble , et qui sont recouverts par les muscles et la peau ; mais dans ce sens , tous les animaux n’ont pas de squelette osseux : la matière cutanée des zoophytes n’a pas de véritables articulations ; le fourreau corné qui enveloppe les insectes, et auquel leurs muscles sont attachés, ne forme point un vrai squelette : la coque des écrevisses et des crabes, ressemble au
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- fourreau dés insectes, et les coquilles des testacés sont extérieures et sans articulations.
- Le squelette n’existe que dans les animaux pourvus d’un cœur et d’un sang rouge ; c’est cette différence de conformation qui a fourni aux naturalistes modernes un excellent caractère pour diviser le règne animal en deux portions : la première comprend les an imaux qui ont un squelette , et la seconde , ceux qui n’en ont pas un véritable : de là les expressions d’animaux VERTÉBRÉS et INVERTÉBRÉS {V. ces mots) ; parce que les vertèbres ou l’épine dorsale est un caractère très-constant dans les espèces qui sont pourvues d’un squélette.
- SQUINANCIE, s. f. V. ESQtT-NANCIE.
- SQUIRRE, s. m. du grec o’xippoç. (sîurrhos), tumeur dure, dérivé de imipoi ( skiros ), moellon.
- ( Méd. ) Tumeur dure, indolente, circonscrite , sans douleur, sans chaleur et sans changement de couleur à la peau ; ainsi appelée , parce qu’elle se pétrifie quelquefois ou devient dure comme du moellon , du gravier ou du plâtre.
- Les glandes sont ordinairement, le siège du squirre , et la lymphe trop épaisse, trop visqueuse, arrêtée dans les vaisseaux de ces corps et capable de s’endurcir comme du plâtre , en est la cause prochaine.
- STABILITÉ, s. f. du lat. slabi-litas, fait de stabilio, rendre solide ; qualité de ce qui est stable.
- ( Mecan. ) On dit d’un corps qu’il a de la stabilité, lorsqu’ayanfc été un peu écarté d’un plan horizontal , où il étoit en équilibre , il peut reprendre le même équilibre sur le champ, ou après quelques oscillations.
- S’il se renverse pour prendre un autre équilibre, il est dit n’avoir point de stabilité.
- STADE, s. m. du grec çcïé'ior ( stadics ).
- ( Drlétrol. ) Mesure de chemin , qui a cent vingt-cinq pas géométriques de long.
- ( (dymnasl. ) C’étoit aussi une carrière^ d’à-peu-près la même
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- longueur , où les Grecs s’exerçoieut à la course.
- STAGE , s. m. du lat. barbare , formé de s tare, être sur
- ses pieds.
- ( Hist. ecclés. ) Résidence actuelle et exacte que doit faire un chanoine dans son église quand il a pris possession d’une chanoiuie.
- ( Pratique ) Stage indiquoit autrefois le tems pendant lequel les jeunes avocats étoient obligés de fréquenter le barreau avant d’etre inscrits sur le tableau.
- STAGNATION, s. f. du latin stagnatio, fait de slagtium , étang : état des eaux stagnantes, qui ne coulent point, qui forment une espèce d'étang.
- ( IVIéd. ) Stagnation se dit d’,un épanchement de quelque fluide dans une des cavités du corps. Poy. STASE.
- STALACTITE , s. f. du grec sa.KsiÇoo ( slalazô ) , distiller, et de \ihç ( lithos ) , pierre : pierre distillée , pierre formée par stillation.
- ( Minéral. ) Substances pierreuses, ordinairement de nature calcaire et d’une forme cylindrique qu’on voit pendre à la voûte des grottes, et qui descendent quelquefois jusqu’au sol, do manière à représenter des espèces de colonnes ; ces substances sont aiusi appelées, parce qu’elles se forment par la stillation des eaux chargées de molécules calcaires , etc.
- STALAGMITES , s. f. même origine que ST A.LACTITES.
- ( Minéral.') Plusieurs naturalistes confondent les stalagmites avec les stalactites, mais d’autres prétendent. que ces deux substances different l’une de l’autre , en ce que les stalactites pendent aux voûtes des s )u terrains , au lieu que les stalagmites paroissent être le produit d’un simple dépôt confusément cristallisé, qui s’élève successivement sous la figure d’une borne.
- STALLE , s. m. au sing. et f. au pluriel, de l’allemand slall. siège; l’aliemand stall a été formé du latin barbare stallus ; de là inslallarey pour installer y placer dans le stall.
- ( Hist. ecclés. ) Les stalles sont Jes sièges de bois qui sont autour du
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- chœur, dans une église , dont le fond s’élève et se baisse.
- STALTIQTjE , adj. et s. du grec ç'.xxoù ( stellô) , resserrer, réprimer.
- ( Méd. ) Épithète que l’on donne aux médicamens répulsifs , ou qui rendent les lèvres des plaies égales.
- STAMINAL , LE , adj. du latin s lamina , uni, fiiarr.ens.
- ( Bolan. ) Il se dit de ce qui appartient ou qui est relatif à l’ETA-MINE. V. ce mot.
- STAMINELfX , SE , adj. du lat. slaminosus , dérivé de s lamina, fi la mens.
- ( Botan. ) Il se dit des plantes, dont les étamines sont très-longues.
- STAMINIFÈRE, adj, du latin stamina, filamens, et de fero , porter.
- ( Botan. ) Il se dit. des plantes ou des fleurs qui portent une ou plusieurs étamines.
- STAMPE, s. f. V. ESTAMPE.
- ( 31inéral ) Ce mot sert, à désigner. dans une mine, l’intervalle d’une mine à l'autre.
- STANCE, s. f. de l’italien slanza, fait du latin sto, s’arrêter, demeurer.
- ( Poésie ) Nombre réglé de vers comprenant un sens parfait , et ainsi appelé, parce qu’à Ta fin de chaque stance , il faut qu’il y ait un sens complet et un repos.
- On distingue deux sortes de stances :
- Stances régulières , celles qui sont formées par un même nombre de vers arrangés de la même manière , quant à la disposition des rimes, et au nombre des syllabes.
- Stances irrégulières ; celles qui (lillerent les unes des autres, ou par le nombre des vers, ou par le mélange des rimes , ou par le nombre des syllabes de chaque vers.
- Une certaine suite de vers arrangés d’une manière particulière , et formant un sens complet, n’est point appelée stance , quand elle n’est pas suivie ou précédée de quelques autres ; si elle est seule, on lui donne le nom de QUATRAIN , MADRIGAL , EPIGRAMME, etc. V. ce* mots.
- Les stances n’ont été introduites tfous la poésie française, que sous l«c
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- règne de Henri III, en i58o. Jean de Lingendes, natif de Moulins, est le premier poëte françois qui ait fait des stances ; on y trouve de la douceur et de la facilité,
- STANGUE, s. f. du saxon slueng, dont les Angîois ont fait stang7 et les italiens slanga , barre.
- (.Blason) C’est la tige droite d’une ancre.
- STANTÉ , adj. de l’italien s ténia to , peiné , fait de sientare pâtir.
- ( Peinture ) Ce terme appartient exclusivement à la peinture , et signifie peiné, fatigué. On dit d’un tableau qu’il est s tante, lorsque le travail se fait trop sentir. Quand on a bien travaillé pour finir un tableau, ii reste souvent un travail à faire , pour empêcher qu’il ne paroisse stanté.
- STAPÉDIEN, adj. et s. du latin stapia , étrier ; qui a rapporta l’étrier.
- (uinat.) C’est le nom d’un petit muscle dé l’étrier.
- STAPHYLE, s. f. du grec (staphulé) , la luette, fait de ça.<ph (staphis), raisin , parce qu’elle pend au palais comme une grappe de raisin.
- STAPHYLIN, adj. du grec çxyuxïi (staphulé) , la luette.
- (Anat.) Nom des muscles qui font mouvoir la luette.
- STAPHYLOME , s. m. du grec çrœtpiç (staphis) , raisin.
- ('31 éd.) Maladie de l’œil, qui consiste en une tumeur fornr ée par 1’u-vée qui passe au travers d’une ouverture faite à la cornée par quelque cause que cè soit ; elle est ainsi appelée , parce que cette tumeur a la forme d’un grain de raisin.
- STARIE , s. f. du latin s tare, demeurer.
- (71latine) Terme de commerce de mer, usité particulièrement par les Hollandois , et qui signifie le teins que ceux qui commandent les escortes accordées aux convois qui vont au Levant, ont permission de séjourner à Smyrne , ou dans tel autre port.
- Les capitaines de vaisseaux marchands nomment de même sur-sta-ric, .e ttœs qu’ils ont été retenus dans
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- un port, au delà cîu tems convenu ; et les marchands qui ont frété le vaisseau sont obligés de payer tant par jour de sur-gtarie , suivant le contrat qui a été passé.
- STASE , s. f. du grec çkm (sla-sis) , repos, station.
- (it/eV/.) Séjour du sang ou des humeurs dans quelques partiesdu corps, où elles sont si engagées et si arrêtées , jusque dans les plus petits vaisseaux , qu’elles y perdent leur mouvement progressif ; en quoi le stase différé de la stagnation , dans laquelle il reste un peu de mouvement , quoique très-lent.
- STA1 ÈRE, s. f. du latin staler) eris.
- (Antiqé) Pièce de monnoie ancienne, qui pesoit quatre drachmes attiques, et qui valoit environ vingt-cinq ou trente sous de France.
- STATHOUDER, s. m.del’hol-landois slede , ou de l’allemand stadl, lieu , place , et de l’hollandois houder, ou de l’allemand halier, tenant : lieutenant»
- (Econ. polit.) Titre de l’ancien chef des Provinces-Unies.
- Cette dignité fût créée en 1676 , par la république des Provinces-, Unies des Pays-bas, en faveur de Guillaume de Nassau-Dillembourg, prince d’Orange. En 1674 , elie fut déclarée héréditaire ; 6111794, elîe fut abolie lors de l’invasion des François , et de la révolution qui en fut la suite.
- STATION, s. f. du lat. slatio, fait de sto, statuai, demeurer, s’arrêter : demeure , lieu de repos, séjour.
- ( Hist. ) Les Hébreux donnoient ce nom au rang de ceux qui assistaient aux sacrifices, et les Romains à l’endroit où les avocats se te-noient pour répondre aux consultations ; dans la primitive église, station désignoit’e jour que les chrétiens consacraient àla prière, et dans lequel ils jeûnoient jusqu’à l’heure de nones. Présentement on entend par station., les églises où le clergé et le peuple vont en procession pour y gagner les indulgences. Les anciens Romains en usoient de même dans les occasions de réjouissance ou de deuil j ils alloiejjt faire des stations
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- dans les principaux temples des dieux.
- ( 31 é!roi, ) En orient, on appelle station , stance ou journée, un chemin de trente milles. Les géographes persans font la station de vingt-quatre milles, ou de huit parasangcs, dont chacune contient trois milles.
- ( Créotn. ) Station en géométrie, est un lieu qu’ou choisit pour faire une observation , prendre un angle, ou autre chose semblable.
- On ne peut mesurer une hauteur ou une distance inaccessible , qu’on ne fasse deux stations dans deux endroits dont la distance est connue. Quand on fait des cartes géométriques d’une portion de pays , on fixe ies stations sur plusieurs éminences du pays , et de là on prend les angles aux différentes villes , villages , etc.
- Dans l’arpentage , on mesure la distance qu’il y a d’une station à une autre , et on prend l’angle que l’endroit où on se trouve forme avec la station suivante.
- ( Aslron. ) Station , en astronomie , est la position ou l’apparence d’une planète au même point du zodiaque , lorsque son mouvement par oit nul.
- Comme la terre d’où nous apercevons les mouvemens des planètes, est placée hors du centre de leurs orbites , les planètes, vues de la terre, ont un cours irrégulier: quelquefois on les voit aller en avant, c’est-à-dire , d’occident en orient, c’est ce qu’on appelle être directes ; quelquefois on les voit aller en arrière , c’est-à-dire , d’orient en occident, c’est ce qu’on appelle être rétrogrades , et dans l’intervalle , elles sont stationnaires.Voy. RÉTROGRADATION.
- (Marine ) Station'd.encore parmi les gens de mer , une signification empruntée de l’usage anglois , et suivant laquelle ils entendent par ce mot un parage de mer, ou la partie des possessions lointaines où un certain nombre de vaisseaux ou frégates ont ordre de se tenir , de naviguer , de croiser , et se diviser selon les besoins du service , pour la protection du commerce, l’honneur du pavillon , et la sûreté et défense des possessions de la mère patrie ; c’est
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- dans ce sens qu’on dit, la station des îles du vent, la station de Vile de France, la station du Levant.
- Relever la station ; c’est changer les bâtimens qui la composent , et les remplacer par d’autres.
- STATIONNAIRE, adj. du latin staiionnarius , fait de statio , station : qui semble n’avancer ni ne reculer , qui semble rester dans le même lieu.
- ( Astron.) Planète stationnaire; une planète .est dite stationnaire pendant le tems qui s’écoule entra le moment où elle cesse d’être directe , et celui où elle devient rétrograde. Voy. STATION.
- ( Méd. ) Fièvres stationnaires ; c’est ainsi que Sydenham appelle des espèces particulières de fièvre , apportées par des constitutions de l’atmosphère qui produisent sur les corps des animaux des effets pernicieux.
- STATIQUE , s. f. du latin s tare , slo, s’arrêter , être en repos, du grec çaroç ( stalos ), repos , station.
- ( Mécan, ) La statique est une partie de la mécanique qui a pour objet les lois de l’équilibre des corps ou des puissances qui agissent les unes sur les autres.
- La mécanique en général a pour objet les lois de l’équilibre et du mouvement des corps ; mais on donne particulièrement le nom de mécanique statique ou simplement, statique , à la partie qui traite de l’équilibre , et ce nom lui vient, de ce que l’effet de l’équilibre est de produire le repos.
- La statique se divise en deux parties : l’une, qui est la statique proprement dite , a pour objet l’équilibre des solides ; l’autre partie qu’on appelle hydrostatique , enseigne les lois de l’équilibre des fluides.
- ( Botan. ) Statique des végétaux ;, c’est le titre d’un ouvrage de Haies; il enseigne l’art de faire des expériences par lesquelles on puisse déterminer les mouvemens des fluides qui coulent dans les vaisseaux des plantes.
- STATISTIQUE , s. f. Mot emprunté de l’allemand slatistich, qui pourrait avoir été fait du grec ç cirer (’stasis), dont les latins ont fait status.
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- dans le sens d’état, constitution, gouvernement , et de 'tÎ'içv» ( techné ) , ârt, science ; ce qui voudrait dire l’art, la science du gouvernement, comme on dit arithmétique , diplomatique , pour la science des Horaires, la science des diplômes. Peut-être aussi que l’allemand statistick est tout simplement un emprunt fait à la langue italienne, où l’on trouve les mots statista et statistico : le premier , pour homme d’état, et le second pour ce qui appartient à un homme d’état.
- Shakespear et Milton s’étoient déj à emparés du statista des 11 aliens, pour en faire slatisl, dans la même signification.
- ( Econ. Polit. ) La statistique est la partie de l’économie politique qui à pour objet de faire connoitre fi s richesses et les forces d’un état, en présentant le tableau de son étendue territoriale , de sa population , de ses productions , de ses fabriques et de son commerce.
- Si les Allemands 11e sont pas les créateurs du mot statistique , c’est à eux , du moins, qu’appartient l’honneur d’avoir fourni ies premiers et les meilleuis tableaux statistiques.
- La France, l’Angleterre etles autres grandes puissances de l’Europe n’a-voient que des idées confuses sur l’étendue de leur territoire , et leur population , lorsque les plus petits états de l’Empire d’Allemagne possédoient des tableaux exacts et méthodiques , contenant, outre les bases principales de la statistique , leurs revenus , leurs manufactures, leur commerce, l’état de leur agriculture , et jusqu’aux quantités de terre employées dans les divers genres de culture. Mais enfin une noble émulation s’est 1out-à-coup emparée de l’esprit des gouvernemens des grands états de l’Europe : l’Angleterre a déjà une très-bonne statistique de l’Ecosse , et elle rassemble, en ce moment, les élémens des autres provinces.
- La France , après des travaux longs, pénibles , et souvent interrompus , est enfin parvenue , sinon à avoir une statistique complète , du moins à en connoitre les éiémens, et à composer les cadres et les tableaux , dont il ne s’agit plus que de remplir les colonnes, pour fournir
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- les matériaux complets de l’tm des plus beaux monumens du siècle sur cette matière. Ces travaux commencés sous Louis XIV, et dont le comte de Boulainvilliers a publié l’extrait, sous le titre d'état de la France , furent abandonnés par le gouvernement jusqu’à l’époque du ministère de M. Necker, qui, profitant du zèle des assemblées provinciales et des sociétés d’agriculture, en obtint plusieurs excellens mémoires , dont il composa la notice statistique de la France, qui fait partie de son traité de Vadministration desJinances.
- Depuis ce tems-là, l’assemblée des notables, l’assemblée constituante , l’assemblée législative et la convention se sont successivement occupées de cette grande entreprise.La division départementale fut d’abord un grand pas fait vers son exécution ; le savant Lavoisier fit, pour l’assemblée législative , un travail immense , et qui contient les bases économiques les plus sûres pour parvenir à la con-noissance de la richesse nationale ; la commission du commerce et des arts de la convention nationale, reçut des administrateurs de district quelques matériaux utiles sur la statistique de la France.
- Mais ce ne fut que sous le ministère de M. François-de-Neufcliateau que l’on commença à s’occuper sérieusement et avec succès du projet d’une statistique françoise. Ce projet a été suivi avec zèle et activité par ses successeurs; l’inslitut et les savans en général ont été invités â les seconder ; et déj à les préfets d’un grand nombre de départemens ont répondu au vœu du gouvernement ; le travail se continue, les données positives sur l’état des départemens se multiplient, et bientôt l’on aura une satistique complète de l’Empire françois.
- STATUAIRE , s. m. du lat. sta-tuarius , fait de s tare , sto , être debout.
- ( Sculpture ) Le sculpteur qui fait des statues. Les Latins employoient le mot statuarius , pour signifier l’artiste qui faisait des statues en bronze. C’est dans ce sens que Pline en fait usage;,il appeloit l’artiste qui travaillait en marbre , sculpter vxarrnorum
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- piarmoruni sculplor ; cette distinction avoit beaucoup de justesse , l’artiste qui fait un ouvrage que l’on doit couler en bronze ne sculpte pas, jl modèle.
- Statuaire s’emploie aussi comme substantif féminin , pour désigner l’art de faire des statues, Socrate exerça la statuaire avant de se livrer à la philosophie.
- STATUE , s. f. du lat. stare, être
- debout.
- - ( Sculpture ) Figure fondue en bronze, ou sculptée en marbre , en pierre, en bois.
- Si l’on vouloit avoir égard à l’étymologie , on ne devrait appeler statues que des figures droites, et laisser le nom générique de figures k celles qui sont assises ou couchées ; mais l’usage veut qu’on appelle statue , toute figure sculptée , debout ou assise , d’une proportion approchante de la proportion naturelle, et au dessus, et figure , toute figure sculptée dans la proportion de demi-nature et an dessous.
- Statue pédestre ; c’est une_statue en pied ou debout, f^oy. PEDESTRE.
- Statue équestre ; c’est celle qui représente un homme à cheval. V. EQUESTRE.
- Slatue de fonte ; voy. FONTE.
- Statue cutule ; c’est celle qui représente un homme dans un char, comme on en a vu dans les cirques et dans les hippodromes anciens. CURULE.
- Statue allégorique ; c’est celle qui, sous le symbole de la figure humaine, représente des fleuves, des divinités , etc. V. ALLÉGORIE.
- Statue hydraulique ; c’est celle qui sert d’ornement à une fontaine , et qui fait l’office de jet ou de robinet par quelqu’une *le ses parties.
- Statue colossale ; c’est celle qui est beaucoup plus haute que nature, comme le colosse de Rhodes, et l’ancienne statue de Néron.
- Statue persique; c’est toute figure d’homme qui fait l'office de colon ne sous un entablement. /^. PERSIQUE.
- Statue cariatide ; c’est la statue d’une femme qui fait également l’office d’une colonne. W. CARIATIDE. Statue grecque } cette expression
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- signifie, en termes d’antiquaire, une statue nue et antique, comme les Grecs roprésentoient leurs divinités, leurs héros , leurs athlètes.
- Statue romaine ; les savans donnent ce nom aux statues qui sont vêtues, et qui reçoivent différons noms, suivant le genre de leurs habillera en s.
- Les premières statues furent élevées en Egypte, et elles furent un hommage rendu à la religion. Des sphynx décoraient l’entrée des temples du Soleil et de la Lune , et dans l’intérieur il y avoit aussi des statues de lion , h cause de l’entrée du soleil dan* le signe du lion , au tems des débordemens du Nil, principe de la fertilité des terres que ce fleuve arro-soit. Osiris fut honoré , après sa mort, sous la forme d’une génisse , pour avoir enseigné l’agriculture. Les Israélites élevèrent le serpent d’airain.
- Les Grecs et les Romains eurent de bonne heure le goût des statues , et ils en remplirent les édifices sacrée. Dans les uns étoient placées les images des dieux et des demi-dieux, et dans les autres on voyoit celles des héros , des législateurs et des bienfaiteurs de la patrie; les femmes mêmes qui lui avoient rendu quelques services, en éprouvoient la même reconnoissance.
- Dans la suite, le nombre des statues s’accrut à un degré qui paraîtrait incroyable , s’il n’étoit attesté par tous les historiens de l’antiquité. Sans parler de P Attique et. de la ville même d’Athènes, qui fourmilloient en ce genre d’ouvrages, la seule ville de Millet en Ionie en rassembla line si grande quantité , que , lorsqu’Alexandre s’en rendit maître , il ne put s’empêcher de demander où étoient les bras de ces grands hommes, quand les Perses les subjuguèrent.
- A Rome, la multitude des statues étoit si grande, qu’en l’an 5ç6 de sa fondation , les censeurs P. Cornélius Scipio et M. Pompilius, se crurent obligés de faire ôter des marchés publics les statues des particuliers qui les Templissoient, attendu qu’il en restoit encore assez pour les embellir, en laissant subsister celles des citoyens qui en avoient obtenu le privilège par des decrets du peuple et du sénat.
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- Cette passion pour les statues s’accrut encore sur la fin de la république, ainsique sous le règne d’Auguste et de ses successeurs. L’Empereur Claude fit des lois inutiles pour la modérer. Les statues de prix étoient, si nombreuses qu’il fallut des officiers pour garder nuit et jour ce peuple de statues et ces troupeaux de •chevaux dispersés dans toutes les rues, palais et places publiques de la ville.
- En France, sous les première, seconde et troisième races , jusqu’au règne de Louis XIII, si l’on faisoit ïa statue d’un roi, ce n’étoit que pour la nlacer sur son tombeau, ou au portail de quelque grand édifice, ou dans quelque maison royale. La statue équestre de Henri IV est le premier monument public de cette espèce qu’on ait élevé à la gloire des rois de France.
- STATUT, s. m. dulat. statutum, fait de slatuo , établir, ordonner , statuer.
- ,( Pratique ) Arrêt, ordonnance , réglement, droit particulier suivant lequel sont régis et gouvernés les personnes et les biens d’une même province , les membres d’une même •association.
- STAUROTIDE, s. f. du grec <r«o-p? ( stauros), croix.
- (Minéralogie) Nom donné par tlaüi à la pierre appelée noisette , bu staurolite, et pierre de chaux par d’autres naturalistes. On la trouve clans le département du Morbihan, sur-tout aux environs de Quimper.
- STÉATITE , s. f. du grec s-lstp ( stéar), gènit. çîcltcs (stéatos ) , suif.
- ( HPinéral, ) Sorte de pierre, ainsi nommée parce qu’elle est d’une substance molle et onctueuse, à peu près comme le suif. On la nomme aussi pierre de lard. Elle sert à faire des vases. On en trouve de différentes couleurs.
- STÉATOCÈLE, s. m. du grec ç-fap ( stéar), suif, et de (kélé), tumeurhernie.
- ( Chirurgie ) Espèce de hernie causée par la masse d’une substance semblable à du suif dans le scrotum.
- STÉATÔM£, s. ja» du grec s-fwp
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- stéar) y dont le génitif est rhmj stéatos ), suif.
- ( Chirurgie ) Espèce de tumeur enkystée, indolente , sans changement de couleur à la peau , qui renferme une substance semblable à du suif.
- De stéatôrue on a fait sléatoma-leux, pour désigner ce qui ressemble à du suif.
- STÉGANOGRÀPHIE , s. f. du grec çiyctvoç ( stéganos ) , couvert, caché , et de ygl<pm ( graphô ), écrire : écriture cachée.
- - ( Diplomatique ) L’art d’écrire d’une manière obscure, soit en chiffres, soit en signes, de sorte qu’on ne puisse être entendu que de son correspondant.
- Polybe rapporte qu’un nommé Œnéas le tacticien , avoit inventé vingt manières d’écrire en stégano-graphie. Trithème a travaillé sur ce sujet ; Jean-Baptiste Porta , Vige-nete, le P. Niceron , Gaspard Schot, Wolfand, Ernest Eidel se sont également exercés sur l’art s tégano graphique. S’gravesande a fait un petit traité dans lequel, après avoir donné les règles générales de la méthode analytique, et de la manière de faire usage des hypothèses, il applique avec beaucoup de clarté ces règles à l’art de déchiffrer.
- STEGNOTIQUE, s. m. et adj. du grec ç-iyv'o; (stegnos) , serré, dérivé de çîya> ( slégô ), resserrer.
- ( Méd. ) Il se dit des remèdes que l’on donne pour resserrer les fibres et les orifices des vaisseaux.
- STÉLÉCHITE , s. f. du grec «r^s-( slélechos) , tronc d’arbre,
- ( Minéral. ) Pierre de couleur grise , appelée ainsi parce qu’elle, ressemble à un petit tronc d’arbre dont on a rompu les branches.
- STELLIONAT, s. m. du latin stellionatus, fait de stellio, espèce de lézard dont le corps est marbré,1 fascié, couvert de taches, s telles : symbole des artifices d’un faux vendeur.
- ( Pratique ) On comprend sous ce nom toute fraude qui n’a point de nom, et. qui est employée pour se faire confier de l’drgent. Ainsi, celui qui vend deux fois le même effet à
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- deux différentes personnes , ou qui vend comme sien, ou qui hypothèque ce qui appartient à autrui ; celui qui présente comme libres des biens hypothéqués , ou qui déclare des hypothèques moindres que celles dont ses biens sont chargés ; celui qui donne en gage des elFets qui ne lui appartiennent pas ; celui qui emprunte avec promesse de Faire tel emploi , et qui ne le Fait pas, se rend coupable de slellionat. Le slellionat est, comme on voit, un abus de confiance. La peine du slellionat est la prison , et la contrainte par corps a lieu > eu matière civile, pour le slellionat.
- De slellionat, on a fait stellio-nalaire, pour désigner celui qui se rend coupable de slellionat.
- STËNOCHORIE, s. f. de ( s lé no s) , étroit, serré , et de ^S>po s. [c héros), lieu.
- ( IVIéd. ) Rétrécissement des vaisseaux , à l’occasion de quelque tumeur dans la propre substance de la membrane qui forme la cavité, et intercepte le passage.
- STÉNOGRAPHIE, s, f. du grec smr ( sténos) , étroit, serré , et de ( graphô ), écrire : écriture serrée , réduite.
- (.Diplomatique) L’art d’écrire en abrégé, ou de réduire l’écriture dans un plus petit espace, ou l’art d’écrire en signes ou caractères abrévia-teurs.
- La sténographie étoit pratiquée chez les Grecs , et Plutarque décrit la forme des signes dont Xénophon faisoit usage pour suivre la parole de Socrate. Cet art passa de la Grèce à Rome. Cicéron avoit un affranchi , nommé Tyron , qui y étoit très-habile. Lorsque Caton prononça son discours pour combattre l’avis de Jules-César , au sujet de la conjuration de Catilina, Cicéron , alors consul, posta en divers endroits du sénat, des nolarii, c’est-à-dire, des écrivains en notes, pour copier la harangue. Suétone dit que Tibère écrivoit par Abréviations , aussi vite que l’on pou-Voit parler. Properce et Ausone ont célébré dans leurs vers, les t;;lens plusieurs sténographes de leur teins. ü 1
- Ea sténographierou les notes ti-
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- roniennes, furent d’un usage très-étendu en Occident ; les empereurs s’en servirent, ainsi que les derniers de leurs sujets : On leâ enseignoit dans les écoles publiques ; on s’en servoit dans les interrogatoires des criminels et dans les sentences des juges; c’est en notes tironiennes qu’ont été recueillis les actes sincères des martyres , les homélies de plusieurs pères de l’église; on en usoitgénéralement pour former des diplômes, ou plutôt des protocoles olr formules.
- L’usage des notes de Tyron cessa en France, vers la fin du 9e. siècle, et en Allemagne, vers la fin du 10e. Il n’en reste presqu’aucun vestige dans les monumens, depuis le commencement du 10e. siècle.
- Les notes de Tyron ont donné lieu à la sténographie que l’on pratique aujourd’hui en Angleterre et en France, et à d’autres écritures abrégées connues sous les noms de tachy-graphie , ou écriture rapide ; hra-chygraphie , ou écriture abrégée ; de sêmygraphie , ou écriture par signes ; cryptographie , ou écriture cachée ; radiographie, ou écriture radiée. V^oy. ces mots.
- STENTORÉE , adj. de Stentor, dont parle Homère, au 5e. livre de l’Iliade, qui faisoit entendre sa voix au dessus de celle de cinquante hommes.
- Epithète que l’on donne quelquefois à une voix extraordinairement forte.
- STERCORAIRE , adj. du latin stercorarius, fait de stercus , stcr-coris , fumier , excrément d’animaux.
- ( Hist. ecclés. ) Chaire stercoraire; on appeloit ainsi une chaire sur laquelle on faisoit asseoir le pape le jour de sa consécration , en mémoire de ces paroles tirées du psaume 123 ; suscitans de terra inopein , et de slercore erigens pauperern.
- ( Entrtmol. ) Stercoraire sert à désigner Les insectes qui font leur demeure dans la fiente des animaux.-
- STERCOR AT ION, s. f. du lat. stercus, sterçovis, . et d agir.
- [Agriculture) L’action de fumer les terres avec la fiente des animaux, •-
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- STERE, s. m. du gree çipii; (sté-Nos), solide.
- ( lYïélrol. ) Mesure de solidité : dans le nouveau système métrique , le stère est égal au mètre cube ; en mesures anciennes, sa capacité est de 29 p. c. 202690 , un peu plus grande que la voie de bois, car le stère est à la voie de bois , à peu près comme 12 est à 23, Voyez DÉCASTÈRE , DÉCISTÈRE.
- STÉRÉOBATE, s, m. du grec çiùiàç (stéréos) , solide, et de Cxtvoo ( bainô ), marcher ; comme qui di-roitlieu solide sur lequel on marche. ( Architecture ) Soubassement ,
- Ïartie saillante de la base d’une co-onne.
- STÉRÉOGRÀPHIE, s. f. du grec çips'oc ( stéréos ) , solide, et de ypa®>i ( graphe ) , écriture , description : littéralement, description des solides.
- ( Perspective ) L’art de dessiner 3a forme ou la figure des solides sur un plan.
- La stéréographie est une branche de la perspective, ou plutôt c’est la perspective meme des corps solides. Voy. PERSPECTIVE, SCÉNOGRAPHIE , PROJECTION.
- STÉRÉOGRAPHIQUE , adj. même origine que stéréographie , qui appartient à 'la stéréo graphie.
- ( Aslron. perspect. ) Projection stéréographique de la sphère ; c’est celle dans laquelle on suppose que l’œil est placé sur la surface de la sphère.
- La projection stéréographique est la projection des cercJes de la sphère sur le plan de quelque grand cercle , l’œil étant placé au pôle de ce cercle. Voy. PROJECTION.
- STEREOMETRIE, s. f. du grec ç-ipioc (stéréos), solide , et de juGpov ( métrou) , mesure : mesure des solides.
- ( Géom. ) Partie de la géométrie qui enseigne la manière de mesurer les corps solides; c’est-à-dire, de trouver la solidité ou le contenu des corps, comme des globes, des cylindres , des cubes, de? vases, des vaisseaux , etc. Voy. SOLIDE, SOLIDITÉ.
- STÉRÉOTOMIE, s. f. du grec
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- çeps'oç ( stéréos ) , solide , et de -rlv.y» (temnô), couper, inciser : coupe des solides.
- ( Arc hit. ) L’art de couper les pierres pour les différons usages auxquels elles peuvent être employées dans l’arcliilecture.
- STÉRÉOTYPAGE , s. m. ou STÉRÉOTYPIE , s. f. du grec çepioç (stéréos ) , solide,et de towoj ( tupos ) , type , figure originale , forme , caractère : littéralement , type solide , ou multiplication de l’écriture avec des planches solides.
- (Imprimerie) On parle beaucoup depuis quelques années de poly typage, de stéréotypage, pour désigner divers moyens de répandre des ouvrages par la voie de l’imprimerie. On a d’abord appliqué ces mots, tantôt à des procédés du même genre, tantôt à des procédés cie genre différent ; mais on est aujourd’hui convenu d’entendre par polytypage, la multiplication de l’écriture ou du dessin , par des procédés qui ont plus pu moins d’affinité avec ceux de la gravure en taille-douce ; et par stéréotypage la multiplication d’une feuille écrite ou d’un livre, par des moyens qui ont des rapports avec ceux de l’imprimerie. Voy. POLYTYPAGE.
- Les premiers essais du stéréotypage datent de l’invention de l’imprimerie. On sait que cet art consistait alors dans l’impression de planches d’une seule pièce de bois, sur laquelle ou gravoit en relief le discours dont 011 se proposoit de multiplier les exemplaires. Ce procédé avoit un grand avantage : on n’étoit pas obligé de tirer un grandi nombre d’exemplaires ; les planches subsistant entières , on ne tiroit qu’à proportion du débit ; mais cet. avantage étoit accompagné de grave» inconvéniens : il failoit préparer autant de planches que le livre avoit de pages ; graver autant de lettres qu’il y en avoit dans le discours ; les planches de bois alternativement mouillées et séchées , se tourmen-toient ,se fendoient, et ne pouvoient pas être d’un long service. Aussi, on en abandonna l’usage dès que l’on eut trouvé la manière de coni' poser les pages avec des caractères mobiles, et de parfaire l’édition d us
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- volume de cent feuilles avec une quantité de caractères suffisante pour quatre ou cinq feuilles.
- Dans la suite on regretta la facilité de tirer les exemplaires, seulement à mesure du débit, et c’est le besoin de réunir cet avantage à ceux des caractërés mobiles , qui a donné naissance à l’art renouvelé du s 1ère o typage , tel qu’il existe aujourd’hui.
- Ceux qui les premiers s’occupèrent de ce projet, imaginèrent de composer des pages avec les caractères mobiles en usage dans l’imprimerie, d’enfoncer cette planche dans de l’argile ou du plâtre, et de former ainsi une planche creuse, ou un moule , dans lequel on couloit du métal qui donnoit une planche solide propre à être imprimée.
- Ce procédé avoit l’avantage de conserver les planches d’an livre , pendant tout le tems qu’on voudroit, et sans une grande dépense, parce que les planches coulées n’avoieut pas besoin de l’épaisseur considérable des planches composées de caractères mobiles ; il n’avoit pas l’inconvénient d’occuper une grande quantité de caractères , puisqu’il en fallo.it une moindre provision que pour l’impression ordinaire.
- Le plus ancien essai en ce genre est le jet en moule de planches pouf imprimer les calendriers qu’on place à la tête des livres d’église. Lottin assure que ce procédé fut mis en pratique, en France, dès la fin du dix-septième siècle, et que dans le dix-huitième on se servoit de ces planches chez l’imprimeur Valleyre.
- Vers 1725 , un orfèvre d’Edimbourg, nommé W'illiani Ocd. conçut aussi l’idée d’imprimer des livres avec des planches moulées : après avoir formé sa planche de caractères mobiles, il conloit dessus une composition de plâtre , qui devenoit un1 moule où il versoit de la matière , d’où résultoit une planche solide avec laquelle il imprimoit. Des livres publiés par Ged, on ne connoit que 60n Sallusle , format petit in - 12 , portant la date de 1709.
- D’après le titre d’un ouvrage publié àErfort, en 1740 , par un imprimeur-libraire, nommé Funckter, il paroît que les Allemands sont de-
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- puis ce tems en possession de certains procédés pour cuire le plâtre , préparer des moules de sable pour couler les lettres, vignettes, médaillés, etc.
- Depuis 178). jusqu’en 1789, plusieurs personnes, entre lesquelles on distingue Hoffman de Strasbourg , Carez de Toul, etc., firent plusieurs essais dans le même genre ; mais c’est particulièrement à la création des assignats que l’art du stéréotypage est redevable des progrès et des per-fectionnemens“auxquels il est parvenu depuis. Toutes les tentatives qui avoient eu lieu jusqu’à cette époque vinrent se réunir dans la grande entreprise de la fabrication de ce papier-monnoie : quiconque imaginoit un moyen nouveau étoit entendu, et ses propositions mises à l’essai.
- La fabrication des assignats a done été l’occasion d’un grand nombre d’expériences heureuses sur le mécanisme de l’imprimerie , et notamment sur le poty typage et le stéréo-, typage. Un des procédés dont on atteignit le plutôt la perfection,-fut le polytypage des planches à graver , opération qui fut confiée à M. Herban; mais le slétéotypage des planches oxi formes en caractères saillans, pour imprimer avec les procédés ordinaires de l’imprimerie en lettres, éprouva pins de difficultés. Les procédés suivis jusqu’alors n’étoient pas sans iiiconvéniens. Il étoit rare qu’un moule en sable, terre ou argile, qui avoit reçu des impressions peu profondes, étroites et anguleuses , telles que celles de nos caractères d’imprimerie , n’éprouvât pas , lors de la dessication , tme retraite qui altéroit la forme des caractères; après cela, il étoit extrêmement difficile d’y taire pénétrer la matière en fusion , ce qui rendoit les angles obtus et les carae-tères flou.
- Le moyen qui parut le pins propre ! à vaincre ses difficultés, et vers lequel les artistes dirigèrent toutes leurs recherches , fut de réunir les matrices isolées, de toutes les parties de l’assignat , pour en former un seixl tout, une matrice unique ; ensuite, il fallut trouver une puissance pour porter la matrice sur la matière en fusion , ce qui donna naissance à la machine à clicher.
- , ÇUcher est un tenue nouveau que
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- l’on croit venir de l’allemand hlats-chen , frapper, mais qui signifie , en termes de stéréotypage, faire tomber perpendiculairement, subitement et avec force j une matrice sur du métal en fusion, pour retirer l’empreinte de la matrice. La machine à clicher est composée d’une table sur le derrière de laquelle s’élèvent, à une hauteur convenable , deux pièces de bois qui laissent entr’elles une rainure, et le long desquelles une masse de bois garnie d’une languette , et disposée comme un mouton à enfoncer les pilotis, peut monter et descendre. A la partie inférieure de la masse de bois , perpendiculairement à son axe , est implantée une vis. La boîte qui renferme la matrice porte sur le dos un écrou ; et bientôt, en approchant l’écrou de la vis , la matrice adhère fermement à la masse du bois ou mouton. Le creux de la matrice est tourné vers la table au dessus de laquelle le mouton se meut. On enlève le mouton au moyen d’un cric et (!’*' îe manivelle; on pose sur la table une caisse de papier fort, dans laquelle on a versé du métal fondu. Au moment où le métal commence à se figer, une détente dégage le mouton ; celui-ci glisse dans sa rainure, tombe de toüt son poids sur le métal qui se fige au même instant. Le mouton relevé, ou détaphe le métal, et l’on a une planche, un format qui iporte l’empreinte de la matrice. .
- Le 3 nivôse an 6, M. Herhan, imprimeur et fondeur , dont les talens et les lumières avoient contribué puissamment à la perfection des assignats, obtint un brevet d’invention dont le préambule énonce la description détaillée d’uue nouvelle méthode de fondre des formats solides , inventée et exécutée par lui dans le courant du mois de messidor an 5, et dans lequel il déclare avoir inventé un autre procédé, qui consiste à faire des caractères mobiles gravés en creux, au lieu de l’être en relief ; à composer avec ces caractères des pages qui forment une matrice ; à tirer de cette matrice une empreinte nette et sans défaut.
- Le procédé de M. Herhan réunit le triple avantage, i«. d’éviter deux des trois opérations suivies jusqu’alors, savoir : la composition d’une pla».
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- che avec les caractères mobiles en relief , l’enfoncement de cette planche dans une masse solide, pour former la planche creuse ou matrice ; 2°. d’obtenir des caractères creux ou matrices formés un à un, et plus parfaits que les matrices en argile ou en plomb ; 3°. d’employer un métal plus dur et plus propre à former un cliché net et parfait.
- Depuis cette époque, M. Herhan n’a cessé de suivre ses travaux. Ses machines destinées à frapper les matrices mobiles en cuivre sont regardées comme des productions recherchées , finies et précieuses. Sa table à clicher a été également perfectionnée, et il a pleinement justifié l’éljoge que la commission de l’institut a fait de ses procédés, dans son rapport du 3 vendémiaire an 9, en déclarant: « Que le citoyen Herhan avoit perfectionné l’art et les opérations de la stéréotypie, et que c’étoit par des moyens autant précis qu’ingénieux , qu’il obtenoit les résultats qu’il avoit annoncés. »
- M. Firmin Didot a aussi obtenu, le 6 nivôse an 6 , un brevet d’invention pour la composition des formats stéréotypes et des éditions en résultant. Son premier procédé consistoit à composer une page d’impression , à la renverser sur une table de pierre, à souder les pieds de toutes les lettres en une plaque métallique. Maintenant M. Firmin Didot fait fondre des caractères mobiles d’un métal particulier, fait composer avec ce caractère la page qu’il veut stéréo-typer ; luit enfoncer cette page dans une masse de plomb pur, pour en obtenir une matrice paginaire ; et de cette matrice il obtient une empreinte en relief, par le moyen de la machine à clicher décrite ci-dessus.
- Parmi les avantages qui doivent résulter de l’invention du stéréotypage , avantages qui intéressent également et le public et les imprimeurs-libraires , on remarque principalement ceux qui suivent :
- i°. Les caractères fixés en une planche solide ne peuvent ni couler ni être transportés, et la correction , une fois obtenue, ne peut plus être altérée.
- 2°. La diminution du prix d# 1*
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- vente des auteurs françois et étrangers: prix qui doit être environ un tiers au dessous de celui des autres éditions.
- 3°. La certitude de remplacer un volume perdu , au prix partiel de la valeur totale de l’ouvrage.
- 40. Pour le libraire-imprimeur, l’avantage inappréciable de ne tirer des exemplaires qu’à mesure du débit, et d’éviter par-là des avances immenses de papier et de frais de magasin.
- STÉRILE, ad}, du lat. sterilis; qui ne porte point de fruit.
- ( Bolan. ) Il se dit des plantes qui ne fructifient point, ou des parties des plantes qui sont inaptes à la fécondation.
- (Anal.) Il se dit d’une femme qui ne peut avoir d’enfans, soit par accident, soit par le vice des organes propres à la fécondation.
- STERNO - CLAVICULAIRE , adj. du grec çiavov (sternon), le sternum , et du latin clavicula , la clavicule.
- ( Anat. ) Il se dit des parties qui s’étendent du sternum à la clavicule. C’est le nom d’un ligament qui unit cet os.
- STERNO-CLEÏDO-HY OÏ DIEN, du grec çipvov (sternon), le sternum , de K\t'iç (kléis) , la clavicule, et de voitJ'ùç ( huoeidês, l’os hyoïde.
- ( AnaLom. ) Qui a du rapport au sternum , à la clavicule , et à l’os hyoïde : c’est le nom d’un muscle de l’os hyoïde.
- STERNO-COSTAL, adject. du grec çipvov ( sternon) , le sternum , et du lat. costa, côte.
- ( Anatoni. ) Qui a du rapport au sternum et aux côtes. Nom de plusieurs muscles appelés sterno-costaux , ou triangulaires du sternum.
- STERNO-HYOÏDIEN, adjectif du grec çipvov (sternon'), le sternum , et d’uoî/jSk (huoeidês ) , l’os hyoïde.
- ( Analom. ) Qui a du rapport au sternum et à l’os hyoïde : le muscle sterno hyoïdien.
- STERNO-MASTOÏDIEN, ad}, du grec çipvov (sternon'), le sternum, de /jl&çoç (niastos), mamelle , et d’.ÏJ'jj ( cidos ) , forme , figure.
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- ( Anatom. ) Qui a du rapport au sternum etau mastoïde : c’est le nom d’un muscle situé obliquement entre le derrière de l’oreille et le bas de la gorge, et qui sert à fléchir la tète.
- STERNO-THYROÏDIEN, ad}, du grec çipvov (sternon), le sternum , et de ôvpsos ( thureos) , bouclier , ou pomme d’Adam.
- ( Analom. ) Qui a du rapport au sternum et au cartilage thyroïde ; c’est le nom d’un muscle du larynx.
- STERNUM-, s. m. Mot lat. tiré du grec çipvov (sternon) , qui signifie la partie antérieure de là poitrine# (Anatom.) On appelle sternum , toute la partie osseuse de la poitrine, entre les sept côtes supérieures dp chaque côté , et à laquelle elles vont se joindre par leurs extrémités cartilagineuses dans les enfans. Dans la suite , la plupart de ces cartilages s’ossifient, et alors le sternum ne renferme plus que deux pièces , e| quelquefois qu’une seule.
- STERNUTATOIRE, adj. et s. m. du latin slemuLatorium, fait de slernuo , ou slernuto , éternuer ; qui fait éternuer.
- ( Médec. ) On donne ce nom à tous les médicanrens qui excitent l’éternuement. La membrane pituitaire qui tapisse tout l’intérieur .des narines , est tellement susceptible d’irritation, à cause des ramifications du nerf olfactique et de l’oph-tlialmique , qui rampent sur toute sa surface, qu’aucun corps ne saurait la toucher , sans produire cet effet. Cependant il y a des remèdes qui possèdent spécialement cette vertu.
- STIBIÉ , ÉR, adj. du latin sli-bium , antimoine.
- ( Médec. ) Tartre stibiê ; c’est le nom sous lequel les médecins désignent le tartre émétique , qui n’est qu’une composition de tartre et d’antimoine, pour ne pas choquer ceux qui ont de la répugnance pour l’antimoine.
- STICHOMANCIE, s. f. du grec çi%os (slichos), vers, et de fjatvrûvt ( manléia ) ,. divination.
- ( Divinat. ) L’art de devine par la moyen des vers; c’est-à-dire, en tirant au sort des billets sur lesquels éîoien t écrits des vers.
- Les vers des Sybiiles st les poésie»
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- d’Homère ou de Virgile, servoîent ordinairement à cet usage. Lampri-dius rapporfe, dans la vie d’Alexandre Sèvere, que l’élévation de ce prince avoit été marquée par ce vers de Virgile, qui s’ofïrif à l’ouverture du livre : (_Æüneid. liv. 6, %>. 85i.)
- 'J w regere imperio populos, Romane , mémento.
- « Romain, ta destinée est de ré-» gner sur les peuples , et de les » gouverner ».
- Les chrétiens se servoient du psautier et de la bible , etprenoient pour tigne de la volonté de Dieu,. le premier endroit sur lequel ils tornboknt.
- STICHOMËTRIE , s. f. du grec ç'iXos (slichos) , vers, et de pttrpov ( métron ) , mesure.
- ( Bibliogr. ) Ce mot sert à désigner la division d’un ouvrage par versets, lorsque l’on met chaque phrase, ou chaque demi - phrase à l’alinéa. Ainsi on dit que saint Jérome introduisit la slichomélrie dans les manuscrits de l’éniture sainte, d’où quelques savans infèrent ue l’introduction des stiques , ou ivisions en versets , dans les livres prosaïques de l’ancien testament , étant due à saint Jérôme, les manuscrits latins , ainsi divisés , ne doivent pas être estimés antérieurs à ce docteur. Cependant, il dit lui-même que l’on observoit déjà quelques divisions de versets avant lui. saint Jérôme est mort en 420.
- STIGMATES ou STYGMATES, s. m. du grec çiyp.ctTct (stigmata) , dérivé de s-i£a> ( stizô ) , piquer, marquer par des points : marques de plaies, flétrissure faite avec un fer chaud.
- (-Botara.) Stigmate, en termes de botanique, est le sommet du pistil, qui s’ouvre au moment de la fécondation , pour donner passage à la poussière prolifique. C’est dans une fleur , prête à s’épanouir, que l’on peut plus facilement observer lexfig-mate.
- De stigmate, les botanistes ont fait sligmatique, pour ce qui appartient au stigmate ; et stigmatisé, pour ce qui porte des stigmates.
- STIGMITE ou STIGNITE , s. f. du grec ç-iypn (sligmê), point , tait de çiÇa [sùzo ) , piquer.
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- ( Minéral. ) Nüm donné par quelques na f uraintes , à toutes sortes dé pierres qui présentent de petites taches. Pline appeloit slignile, an granit rouge avec des taches de hornblende noire , qui venoit des environs de Siène en Thébaïde.
- STILBITE , s. f. du grec çixÇa ( stilbô) , luire . êtrerespieudissant; et de kiQos ( lithos ) , pierre : pierre luisante.
- ( Minéral, ) .Nom imposé par Haiii à la substance que les minéralogistes nommeut vulgaire meut zéo-lithe lamelleuse , ou nacrée.
- STILLATION, s. f, du iatin slil~ lalio, fait de stillo , tomber goutte à goutte, et d’ego , taire : l’action de tomber goutte à goutte , de dégoutter.
- (Physique) Filtration de l’eau à travers les terres. On dit aussi slil-laloire, pour ce qtn'Tombe goutte à goutte , ce qui distille, et distilli-cide, en parlant de l’eau qui tombe d’un toit , du latin stillicülium, gouttière.
- STIMULANT, TE, adj. du latin stimulus , aiguillon.
- ( Méd. ) Il se dit des remèdes qui aiguillonnent, qui excitent, qui animent ; on l’appiique aussi à certains médicamens énergiques, conjoints à d’autres qui ont moins de vertu, pour augmenter l’action de ceux-ci.
- STIMULEEX , SE , adj. du latin stimulus, aiguillon.
- ( Bolan. ) Il se dit de ce qui, dans les plantes , est garni de poils roides, dont la piqûre est brûlante.
- STIPENDIA IRE , adj. du latin jtipendiurius, fait de slipendium, solde , paye, appointemens de gens de guerre.
- (y£rt milit. anc. ) Les Romains appeloient ainsi les troupes que les tributaires étoient obligés de fournir et d’entretenir. Il se dit maintenant de tous ceux qui sont à la solde de quelqu’un.
- STIPITÉ , ÉE, adj. du latin sti-pes, slip dis, pieu, souche : quia la forme d’un pieu, d’une souche.
- ( Botan. ) Il se dit de ce qui est subitement rétréci par la base r comme' en une espèce de support plus ou moins prolongé.
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- STIPULE , s. f. du latin stipula , paille, têtu.
- (Bolan.) Appendice membraneux ou,foliacé , qui naît à la b ’se du pétiole , du pédoncule-ou de la branche. ou qui fait corps avec eux.
- STIPULÉ, ÉS , adj. de stipula, paille, fétu.
- ( Dotait. ) Pourvu de stipules.
- STIPULEUX, SE . adj. du lat. stipula, paille , fétu , stipule.
- ( Bolan, ) Ayant dés stipules extrêmement g an des ou longues , relativement aux feuilles ou à celles d’autres plantes congénères ou affines.
- STIPULER , v. a. du latin sti-pulare , fait de stipula , paille , fétu: littéralement,donner, délivrer un fétu , un stipule.
- ( Pratique ) Demander, exiger , faire promettre ; faire convenir des clauses et conditions que chacune des parties veut qu’on insère dans un contrat, et qu’elles s’obligent d’ëxécuter. L’origine de cette expression vient de ce qu’ancienne-ment on avoit coutume, quand on faisoit une vente, de donner un féLu à l’acquéreur , en signe de réelle tradition ; et quand on faisoit quelque obligation, de rompre une paille ou un fétu , dont chacun des cen-tractansemportoit un morceau, qu’ils joignoient après, ppur reconnoître -leur promesse.
- STOCKFISH, s. m. mot anglois, emprunté de l’hollandois stoeke-visch , poisson séché Sur des bâtons.
- ( Pêche ) Ce mot signifie en général toute espèce de poisson salé et séché sur des perches ; mais il s’applique plus particulièrement à la morue sèche.
- STOÉCHOLOGIE , s. f. du grec sroi%iîov ( stoicheion ) , élément , principe , et de x'oyoç ( logos ) , discours : discours ou traité sur les élément '
- ( Physique ) Partie de la physique générale, qui a pour objet la recherche et l’explication de la nature et des propriétés des èlémçns, ou des principes. *
- STOÏCISME , s. m. du grec çok ( stoa ), galerie , portique.
- (Philos. ) Opinion , doctrine des stoïciens. disciples de Zénon, ainsi
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- nommée parce que Zénon rass.-m-filoii ses dis;.iph.-$ s ms un portique, pour s’entretenir a,ec eux.
- Stoïcisme se dit aussi de la fermeté, de l’austérité , de la constance dans les douleurs dans l’adversité , telle qu’étoit celle des stoïciens.
- Le stoïcisme est sorti de l’école cynique. Zénon qui avoit étudié la momie sous Crat: s, en fut le fondateur ; cependant Zénon rendit sa philosophie plus étendue et plus intéressante que celle de Dicgme. Il ne s’èn tint pas à trait r les devoirs de la vie, il composa un syst :me de philosophie universelle, d’après les maîtres qu’il avoit entendus et il donna aux exercices de l’école une face nouvelle.
- La secte des stoïciens s’étendit et s’accrédita dans l’Empire romain , sous le premier Antonin ; des femmes eurent le courage d’embrasser le stoïcisme et de se distinguer par- la pratique de ses vertus austères.
- La philosophie stoïcienne e.ut des restaurateurs dans le quinzième siècle , entr’autres Juste-Lipse, Sciop-pus, Heinsius et Gataker.
- STOLONIFÈRE , adj. du latin stolo r stolonis , rejetton inutile , et de fero , porter.
- ( Botan. ) Il se dit des plantes dont la tige pousse du pied comme de petites tiges latérales , grêles , stériles , susceptibles de radication ou propres à la transplantation.
- STOMAGACE , s. m. du grec çhp.% ( stoma'), bouche, et de kslhh1 ( kakia ) , mal, vice, maladie.
- ( Bled. ) Espèce de scorbut, oU maladie de la bouche, qui rend l’ha-leine et la salive fétides.
- STOMACAL , LE , adj. du grec çbput’xpt ( stomachos ), estomac.
- ( Bléd. ) Epithète que l’on donne aux remèdes qui facilitent la digestion , qui fortifient l’estomac.
- STOMACHIQUE , adj. même origine que STOMACAL, qui appartient à l’estomac.
- ( Anat. ) Artère stomachique coronaire ; artères stomachiques ; glandes stomachiques , suc stoma~ ci tique j vei«e? stomachiques.
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- ( Tried. ) Outre sa signification anatomique , stomachique s’applique encore aux médicamens propres à fortifier le ton de l’estomac , et à faciliter la digestion , et dans ce sens, c’est la même chose que stomacal.
- STOMÂTIQUE , adj. du grec s'ap.ct ( stonia ) , bouche : qui concerne la bouche.
- ( Méd. ) Epithète que l’on donne aux remèdes pour les maux de bouche et de gorge.
- STOMOM ATIQUE, adj. du grec ç-ôpa>p,tt ( stomôma ), acier, qui est fait d’acier.
- { Méd. ) Terme employé par quelques médecins pour désigner une menue écaille d’acier qui a une qualité fort astringente.
- STOMPER , v. a. Voy. ESTOMPER.
- ST ONE, s. m. Mot anglois dérivé du saxon stone, pierre.
- ( Métrol. ) Le mot stone a plusieurs significations dans la langue angloise : il se prend généralement pour pierre , et tout ce qui est composé de pierres ; pour pierre ( gemme ) ; pour pierre ( calcul de la vessie ); pour testicule ; et enfin pour un poids.
- Lorsqu’il est question de laine, de fer , etc., c’est un poids de 14 livres, avoir du poids. S’il s’àgit de foin , il est de 7 livres , avoir du poids ; si l’on parle de viande , il est égal à 7 livres , avoir du poids.
- Lorsqu’en parlant des courses de chevaux , on dit que tel cheval a porté huit, neuf., dix stones , on entend que le jockey qui le montoit pesoit huit , neuf, dix stones, ou huit, neuf, dix fois quatorze livres.
- STORAX ou STYRAX , s. m. du grec s'vpx£ ( sturax ), astringent : nom donné à un arbre de Syrie , d’où découle une sorte de résine astringente.
- ( Botan. ) Espèce de résine qu’on retire du liquidambar oi^ental, ou d’un arbre qui croît en Syrie, et qui a la forme d’un cognassier. r
- ( Chimie ) Le storax a une odeur très-forte ; il donne par l’analyse une huile volatile, un sel acide, concret, et une huile épaisse ; on l’emploie dans différentes prépara-
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- tions. Les parfumeurs préparent ave® sa dissolution alcoholique , un très-beau lait virginal.
- STORE , s. m. du lat. s tore a, dont les Italiens ont fait stoja , ou stuoja , natte de jonc.
- ( l ’echnol. ) Espèce de rideau de jonc, de coutil ou de taffetas, qui s’élève et se baisse par un ressort, et qu’on met devant une fenêtre , ou à une portière de carrosse, pour se garantir du soleil.
- STRABISME, s. m. du grec ç-p*-Cos ( slrabos ) , louche ; du verbe s-f>i<p<iù ( strépho ) , détourner.
- ( Anat. ) Distorsion des yeux , ou défaut de cet organe , qui fait loucher, qui fait regarder de travers , soit en haut, soit en bas, soit sur les côtés, tantôt d’un œil, tantôt des deux.
- Les médecins et les physiciens ne sont pas d’accord sur les causes du strabisme ; ceux-ci prétendent que le strabisme est causé par la contraction de quelques muscles de l’œil, et par le relâchement de leurs antagonistes ; les autres , parmi lesquels Antoine Maître Jean, fameux chirurgien et oculiste, prétendent que le strabisme dépend d’une mauvaise conformation de la cornée transparente , plus tournée d’un côté que de l’autre; que c’est un vice naturel et irréparable, et que tous les moyens proposés pour rendre la vue droite à ceux qui l’avoient de travers, ont été sans effet.
- STRANGULATION, s. f. du lat. strangulare , étrangler , suffoquer.
- ( luéd. ) Etranglement , suffocation; c’est une sensation ordinaire dans les maladies hystériques.
- STRANGÜRIE , s. f. du grec çpàcyl ( slragx ) goutte , d’oÈpa? ( ouron ) , urine ; goutte d’urine , ou l’action d’uriner goutte k goutte.
- ( Méd. ) Evacuation d’urine qui se fait goutte à goutte , avdc ardeur, douleur et de grands efforts. La bière nouvelle , le moût , et plusieurs -autres liqueurs mal fermentées, ont coutume de causer la strangurie.
- STRAPASSER, v. a. de l’italien strapazzare , tourmenter.
- ( Peinture ) Les peintres stra-passent, ou tombent dans le slra-passé} en voulant outrer le grau-
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- ^eur de caractère et de mouvement, et en voulant joindre à ces qualités, Je charme d’une extrême facilité.
- De strapasser on a fait strap as-son , pour désigner l’artiste qui stra-passe dès figures.
- Strapasser est un défaut, mais dans lequel ne peut tomber un peintre médiocre, car il suppose de la facilité et de la grandiosité.
- STRAS , s. m. Nom d’homme.
- ( Lapidaire ) Espère de pierre fausse , ou de composition , ainsi appelée du nom d’un joaillier, qui qui en a été l’inventeur.
- STRATAGÈME, s. m. du grec çfATiytiy.11 ( slralêgêma) , fait de eparnyéos {slratêgéo) , commander nue armée, dérivé de çparbc ( slra-tos), armée , et de byiop.xi {ricgéo-niai), conduire.
- ( Art niilit.) Ce mot signifioit anciennement la conduite , les exploits •d’un général d’armée. lia été étendu depuis à toutes les rusés et adresses dont on se sert pour réussir à la guerre.
- STRATIFICATION , s. f. du latin stratum, lit, et defacio, faire : l’action de mettre lit sur lit ; ce que les Latins appellent stratum superstratum.
- ( Chimie) Manière de disposer par lits , dans un creuset ou dans un fourneau , différentes matières. Il y a
- Îlusieuis opérations en chimie, dans esquelles on sesert de cette manipulation. Lorsqu’on veut, par exemple, convertir le fer en acier fondu, on met alternativement une couche de ciment., qui est du charbon, et une couche de barreaux de fer.
- ( Jardin. ) La stratification se pratique aussi, dit M. Thouîn, à l’égard des semences qui perdent promptement leurs propriétés germinatives : on les place lits par lits, dans du sable ou avec de la terre , et dans des vases , jusqu’au printems où on les retire pour les mettre en terre.
- STRATOCRATIE, s. f. du grec. tptvres {stratos), armée , et de */>«,-Tor ( kratos ), puissance , gouvernement.
- ( E conom. polit. ) Gouvernement • militaire.
- STRATOGRAPHIE, s. f. du grec
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- rpa/m {'stralos), armée, et de ypâ~ <pa> {graphô ) , décrire.
- {Art milit. ) Description de tout ce qui compose une armée, des différentes armes, de la manière de. camper, etc. Vég'ece a donné la stratographie des Romains.
- STRELETZ , s. m., au plurier, strelitz, mot russe qui vient de slre-lai, flèche ou trait.
- ( Hist. russe) C’étoitlenom d’une milice russienne , d’ancienne institution , et entretenue en teins de paix comme entems de guerre. Elle servoit à pied, et ses armes primitives étoient , comme l’indique son nom, des arcs et des flèches.
- Ces strelitz étoient, dans les tems reculés, la seule troupe réglée de la Russie; ils étoient au nombre de vingt à vingt-quatre mille hommes. Us resserobloient assez, quant à leur licence, aux milices prétoriennes de Rome, sous les premiers empereurs, et aux janissaires de Constantinople. Us se mutinoient souvent comme ces derniers, et se msloient quelquefois du gouvernement. Leur dernière révolte , en 1698 , lorsque le czar Pierre êtoit hors du pays, leur fut funeste, et causa leur ruine totale. Le czar, à son retour, en extirpa jusqu’au nom , et mit Ses troupes sur le pied des autres nations de l’Europe.
- STRIBORD, s. m. Contraction de dextrebord, ou le bord à droite.
- ( Marine ) C’est le côté droit du vaisseau , en regardant de la poupe à la proue.
- STRIES, s. f. du latin stria, le plein qui est entre les cavités des cannelures des colonnes cannelées.
- {Arçhil.)Il se dit, en architecture, des cannelures des colonnes. Colon-, nés striées ou cannelées, pilastres striés ou cannelés.
- f Conchyliologie) Il se dit aussi des filets en forme d’aiguilles qu’on voit sur certaines coquilles, partant d’an centre commun.
- ( Minéral. ) Il se dit encore de petits filets snillans et parallèles entre eux, qu’on voitàla surface de presque tous les cristaux.
- {Anat. } On appelle corps striés , on corps cannelés, deux éminences
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- du cerveau, placées sur les branches de la moelle allongée.
- STROBILE , s. m. du latin stro-bilus , pin, pomme d’artichaut.
- ( Botan. ) Assemblage arrondi ou ovoïdal, d’écailles coriaces ouligneu-ses, imbriquées en tout sens autour d’un axe comnnift allongé et caché par elles. Fl CONE.
- STRONGLE, s. m. du grec çrpof-yvxoç ( stroggulos) , cylindrique.
- . ( Méd. ) On donne ce nom aux vers longs et ronds qui s’engendrent dans les intestins grêles, principalement dans le duô'ïtenum. C’est l’espèce de vers la plus fréquente.
- STRONTIANE , s. f./de Stron-lian, nom d’une ville d’Ecosse.
- ( Minéral. ) La slrontiane est une des neuf terres simples qui sont maintenant connues. Elle est ainsi nommée parce qu’elle a,été découverte à Strontian , en Ecosse.
- La slrontiane, de même que la baryte, se trouve beaucoup plus souvent combinée avec l’acide sulfurique , qu’à l’état de carbonate, et ses formes cristallisées se rapprochent si fort de celles de la baryte, que les plus célèbres cristallographes les avoient réunies.
- Suivant l’analyse faite par Kla-proth, d’un sulfate de slrontiane bleuâtre fibreux , trouvé près de Franckston , en Pensllvauie, il contient 58 parties sur ioo de slrontiane, et 42 d’acide sulfurique.
- STROPHE , s. f. du grec çfiocpii (strophe), conversion, retour, dérivé de çp'îÿoi ( stréphô ( , tourner.
- ( Poésie') Couplet ou stance d’une ode. Ce mot vient de ce que, dans la tragédie grecque, les personnages qui composoient le chœur, exécu-toient une espèce de marche, d’abord à droite, et puis à gauche.
- La partie du chant qui répondoit au mouvement du chœur allant à droite , s’appeloit strophe , et la partie du chant qui répondoit à son retour, s’appeloit anti-strophe.
- C’est, de là que la poésie lyrique a pris le nom de strophe , qu’elle a donné à ces couplets de vers, dont l’ode ancienne étoit le plus souvent composée, comme on le voit dans celles de Pindave , et dans les deux qui restent de Sapho,
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- Dans la poésie moderne , strophe se dit d’un certain nombre de vers au bout duquel on finit un sens. On en recommence ensuite une autre qui a même nombre et mesure de vers avec une même disposition de rimes.
- STRUCTURE, s. f, du lat. structura , construction, fait de struo bâtir, construire.
- ( Archit. ) La manière dont un édifice est bâti. Ce bdlimémt est d’une structure solide,lé gère, agréable ou magnifique.
- ( Anat.) Structure du corps humain; cette expression signifie la manière dont le corps humain est composé, dont les parties du corps •humain sont arrangées entr’elles.
- ( Diction ) On dit aussi la structure d’un discours, pour dire l’ordre, la disposition, l’arrangement desparties d’un discours.
- ( Poésie) Structure du vers ; c’est l’observation de toutes les lois imposées aux poë'tes pour le nombre , la qualité et l’arrangément des syllabes qui composent un vers.
- STRUMOSITÉ, s. f. du lat. stru-mositas, lait de strumce, écrouelles.
- ( Méd. ) Enflure du gosier.
- STUC, s. m. de l’italien stucco.
- (.Archit. sculpt. ) Espèce de mortier. qui est fait de marbre blanc pulvérisé et mêlé avec de la chaux, et dout on fait quelquefois des enduits de murailles, des ornemens d’architecture et des figures. De stuc on a fait slucateur, pour désiguer un ouvrier qui travaille en stuc.
- STUPÉFACTION, s. f. du latin slupejacio , étonnerétourdir : étonnement extraordinaire.
- ( Méd. ) Engourdissement d’une partie du corps qui la rend incapable de mouvement et de sentiment. C’est la même chose que stupeur. On dit 'stupéfiant^ stupéfactif, pour exprimer ce qui assoupit, qui endort ^ qui engourdit, qui ôte le sentiment, pour désiguer les remèdes appelés autre-.ment NARCOTIQUES. V. ce mot.
- STUPIDITÉ , s. f. du lat. stupi-ditas , fait de slupeo , être étonné.
- ( Méd. ) Espèce de délire qui consiste dans la perte de raison et de mémoire, sans fièvre et sans fureur. La plupart des gens regardent cetre maladie comme incurable. Cependant r
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- les médecins les plus fameux assurent u’onpeutla guérir parfaitement, ou u moins en partie, au moyen des remèdes convenables.
- STYLE, s. m. du grec o-rôxoç (stu-/o.v\ sorte de poinçon, grosse aiguille.
- ( Diplomatique ) Le style étoit un instrument dont se servaient les anciens pour écrire sur des tablettes dex cuivre , de plomb ou d’ivoire , enduites de cire , en y gravant des lettres. K TABLETTES.
- Les styles avoient à peu près la grandeur de cinq à six pouces ( tx-eize à seize centimètres environ); l’une des extrémités se terminant en pointe , servoit à écrire ; et l’autre étant applatie , servoit à effacer ce que l’on vouloit raturer ; de là, l’expression latine vertere styluni, pour signifier corriger un ouvrage.
- ( Qnomonique ) Style signifie aussi l’aiguille d’un cadran solaire.
- ( Botan. ) Style est la partie du pistil qui tient le stygmate au dessus de l’ovaire. V. PISTIL.
- ( Chirurgie ) Style ou stylet est aussi le nom d’un instrument de chirurgie ; c’est une espèce de sonde très-mince , de la grosseur d’une aiguille à tricoter.
- ( Chronol, ) Style signifie fign-rément, par extension , la manière de compter : l’on appelle nouveau, style toutes les dates , suivant le calendrier corrigé par Grégoire XIII, ou le calendrier Grégorien ; et vieux Style , toutes les dates selon l’ancien calendrier , ou le calendrier de JulesCésar.
- On dit actuellement en France , vieux style, par opposition au style établi par le nouveau calendrier françois.
- ( Pratique ) Style signifie, en termes de pratique , les termes dont on se sert au palais, ou la manière de procéder en justice. Style de pratique , style du palais , style de chancellerie, style de finances , etc.
- ( Diction) SLyle se prend aussi pour la manière de composer , d’écrire.
- Le style en matière de belles-lettrés et d’éloquence, est une façon de s’exprimer , portant un caractère émané, tant de la qualité de l’ouvrage , que du goût personnel de l’auteur. Ce caractère résulte des
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- pensées , des sentimens qui font le détail de l’ouvrage, des expressions qui rendent ces sentimens et ces pensées, et de l’aï-rangement respectif de toutes ces parties.
- On distingue assez ordinairement trois sortes de styles : le sublime , ou élevé , le tempéré et le simple ,
- P", ces mots.
- Le sty le exige la correction, la clarté , la facilité, l’harmonie , la propriété des termes , la précision , l’élégance et liénergie.
- On distingue encore beaucoup d’autres sortes de styles , comme le style atlique ou le style délicat, spirituel.à la manière des Athéniens.
- Le style laconique ou le style concis, comme celui des Lacédémoniens.
- Le style oratoire est celui qui comprend tout ce qu’on a dit plus 1 haut du style en général. -
- Le style prosaïque, le style poétique ; la différence de l’un à l'autre n’est que du plus au moins. La prose admet des inversions comme la poésie : il n’est point de figures que l’on ne puisse employer dans l’un comme dans l’autre de ces deux styles ; seulement tout cela est d’un usage plus fréquent dans la poésie que dans la prose.
- ( Beaux arts ) Le style en peinture est la réunion de toutes les parties qui concourent à la conception , à la composition et à l’exécution d’un ouvrage de l’art. Il y a une infinité de styles, mais Wprincipaux et ceux dont les autres ne sont que des nuances, peuvent être réduits à un nombre déterminé : le sublime, le beau, l’expressif et le naturel.
- Le style sublime est la manière propre à l’exécution des plus grandes idées , de celles qui nous rendent sensibles quantité d’objets qui sont d’une nature supérieure à ceux que nous connoissons par les sens. Tels sont, dans notre religion, Diexx et les anges ; tels sont dans l’antique mythologie, les divinités et lespe,r-sonnages héroïques qui tiennent le milieu entre la nature des dieux et celle de l’homme.
- La magie de ce style est de porter les formes connues jusqu’à une perfection qui ne se trouve que dans la. pensée , et dont la nature n’oiue
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- point de modèles. L’Apollon du Belvédère est le plus grand exemple que nous ayons de ce style.
- Le beau sLyle est celui qui rend sensible l’idée de la perfection dans la nature humaine. Il doit être plus individuel, moins fier, moins austère, plus suave que le style sublime. Tel est le style du Laocoon.
- Le style gracieux consiste à donner aux figures des mouvemens aisés, modérés, délicats, plus modestes que fiers. Apelles, suivant le témoignage des Grecs, avoit porté cette partie à un degré supérieur. Les modèles les plus parfaits que les Grecs nous aient donné de ce style, sont la Vénus de Médicis, l’hermaphrodite, etc.
- Le style expressif est celui d’un artiste qui fait de l’expression le principal but de son travail. On peut proposer Raphaël- comme un parfait modèle de ce style.
- Le style naturel est celui par lequel l’artiste ne cherche qu’à rendre la nature même , sans la corriger et sms l’embellir. Quelques peintres flamands et hollandois, tels que Rembrandt, Gérard Dow , Teniers, etc., ont porté ce style à un haut degré de perfection.
- ( Musique ) Style en musique , est le caractère distinctif de composition ou d’exécution. Ce caractère varie beaucoup selon les pays , le goût des peuples, le génie des auteurs; selon les matières , les lieux, les tems, les sujets, les expressions, etc. On dit en France, le style deLully, de Rameau ; en Allemagne , le style de Gluck, de Hayden , etc. ; eu Italie , le style de Léo , dePer-golèse , de Jomelli, de Piccini, de Sachini, de Paesiello , de Ciinarosa.
- Le style des musiques d’église n’est pas celui des musiques pour le théâtre.
- Le style dramatique ou imitatif est un style propre à imiter oui a peindre les passions.
- Le style d’église est un style sérieux, majestueux, grave.
- Comme chaque instrument a sa touche , son doigter, son caractère particulier , il a aussi son style.
- STYLOBATÈ , s. m. du grec tflvxoÇ&Ta!; ( stulobatês ) , piédestal., appui, soutien d’une colonne, fait de fl vXoc (siules), colonne, et de £« f-im Çbainé), marcher, être appuyé.
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- ( Archit. ) La base, le pied d’un édifice, où fe soubassement de l’avant-corps d’un édifice.
- STYLOCÉRATO-H YOÏDIEN,
- adj. du grec flvxoç ( stulos ) , stylet* de jclpat'f ( kéras ), corne , et d’èoscd'ày ( huoeidés ) , l’os hyoïde.
- { Anat. ) Qui a rapport à l’apophyse styloïde , à la corne et à l’os hyoïde. C’est le nom d’un muscle.
- STYLO-GLOSSE , adj. du grec fl ùxo s (stulos) , stylet, et de yxaiovx ( glossa ), langue.
- £ Anal. ) Il se dit d’un muscle qui appartient à l’apophyse styloïde et à la langue.
- STYLO-HYOÏDIEN, adj. dm grec flùxos ( stulos ) , stylet, et d’èos/JSij ( huoeidés ), l’os hyoïde.
- ( Anat. ) C’est le nom d’un muscle qui appartient à l’apophyse styloïde , et à l’os hyoïde.
- STYLOÏDE, adj. du grec flvxot ( stulos) , stylet, et d’sTiï'oçÇéidos ), forme , figure : qui a la forme d’un stylet.
- ( Anat. ) Nom donné à une apophyse de l’os temporal, parce qu’il ressemble à une sonde ou stylet.
- STYLO-MASTOÏDIEN , adj. Foy. STYLOÏDE, MASTOIDE.
- ÇA nat.) Qui a rapport aux apophyses styloïde et mastoïde.
- Le trou stylo - mastoïdien, ou l’aqueduc de Fallope; l’artère stylo-mastoïdien.
- STYLOMÉTRIE , s. f. du grec tflûxoç ( stulos ), colonne, et de p,iTpov ( métron) , mesure.
- ( Archit. ) L’art de mesurer une colonne dans toutes ses parties pour en connoître les proportions.
- STYLO - PHARYNGIEN , adj. F. STYLOÏDE , PHARYNGIEN.
- ( Anat. ) Qui appartient à Vupo-"hyse styloïde.
- STYPTIQUE, adj. et s. m. du grec cù<pm ( sluphô ) , resserrer, astreindre : qui a la vertu d’astreindre, de resserrer.
- ( iVIéd. ) Epithète que l’on donne aux remèdes qui arrêtent les hémorragies , en crispant les vaisseaux, sans faire d’escarre , et en coagulant le sang qui y est contenu.
- STYRAX, s. m. V. STORAX.
- SUAVE , adj. du latin su a As, doux , charmant , agréable.
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- ( Physique ) Il se dit principalement des odeurs : Une odçur suave . un parfum suave.
- ( Peinture ) Ou dit, en termes de peinture , un ejfet, une couleur, une composition suave. Une composition suave est celle dont toutes les parties et l’effet général inspire-roient un sentiment à la fois doux et agréable. Les mêmes idées s’appliquent à l’effet et à la couleur.
- Si l’on rapproche l'un de l’autre deux extrêmes de couleur ou d’effet, leur choc sera brusque, et aura quelque chose de dur. Si l’on ne parvient d’un extrême à l’autre que par des passages insensibles , l’effet sera suave . parce que l’œil sera conduit doucement de l’un à l’autre extreme.
- SUBALTERNE, adj. et s. du lat. suh, sous, et d’aller, un autre : sous le ressort , sous le commandement d’un autre.
- ( Pratique ) Juge subalterne, juridiction subalterne; c’est un juge, une juridiction qui est au dessous d’une autre.
- ( Art tnilil. ) Officier subalterne ; c’est un officier qui est sous un autre officier, comme un lieutenant, un sous-lieutenant sous un capitaine.
- SUBAUDITTON , s. f. du latin sub , sous, et (Vaudire, entendre.
- ( Oranun. ) Partie d’une expression dont le reste est sous-entendu.
- SUBDÉLÉGATION, s. f. du latin sub, sous, et de delego , dont la racine est lego, envoyer, députer , commettre.
- ( Econ. polit. ) Commission par laquelle un officier supérieur commet un particulier pour agir sous ses ordres et en son absence.
- SUBDIVISION , s. f. du latin sub, sous, et de divido , partager , diviser.
- ( Arithmst. ) Division d’une des parties d’un tout déjà divisé.
- SUBER, s. m. Mot latin qui signifie liège.
- ( Bolan. ) Matière végétale analogue au liège ,'-c’est une membrane sèche, cassante, demi-transparente , insipide , indissoluble dans l’eau. Cette matière recouvre tous les végétaux, et en forme l’épiderme.
- SüBËRfiUi, adjectif de
- suber. ’
- SUB m
- (Botan. ) C’est la mênie chose que LIÉGEl/X. Uoy. ce mot.
- SU8ÉRATES , s. m. du latin subcr, liège.
- ( Chimie) Union de l’acide su-bétiqus avec les bases terreuses a 1-kalines et métalliques.
- SUBÉRIQUE, adj. du lat. suber, liège.
- ( Chim. ) Acide subétique ,- c’est un acide préparé avec ie liège et l’acide nitrique.
- SUBB ASTÂTION, s. f. du latin sub hastatio , formé de sub , sous , et de hasta , pique : sous une pique.
- ( Pratique ) Action de mettre quelque chose à l’encan. Ce nom vient de l’usage où étoient les Romains d’enfoncer uue pique en terre dans l’endroit où ils exposoient un effet à l’encan.
- SUBINTRANTE , adj. f. du lat. sub intrare, entrer un peu.
- ( Méd. ) Il ne se dit que des fièvres intermittentes dans lesquelles l’accès recommence avant que le précédent soit fini, ce qui les rend continues.
- SUBLIMATION, s. f. du lat. su-blimatio, fait de sublimis, haut, élevé , et de fiacio, faire , rendre : l’action d’élever en haut.
- ( Chimie ) Opération à l’aide de laquelle on fait élever au haut d’uu vaisseau mis sur le feu, les parties les plus subtiles et les plus légères d’un corps sec. La sublimation est une espèce de distillation , mais elle en diffère en ce que dans celle-ci, il n’y a que les parties fluides des corps qui s’élèvent, au lien que, dans celle-là , ce sont les parties solides et sèches qui s’élèvent et s’attachent aux parois des vaisseaux dans lesquels on fait l’opération.
- SUBLIME , adj. et s. du latin sublimis , haut, élevé.
- ( Anatom.) Sublime se dit, eu anatomie , pour ce qui est dessus , ce qui est placé au dessus d’un autre. Le muscle sublime, les ligamens sublimes.
- (Elocution) Sublime signifie , en matière d’éloquence , ce qu’il y a de grand, d’extraordinaire , de merveilleux dans les images, dans les sentimens , ou dansje style.
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- Une Image sublime est celle qui frappe l'cspiit d’étonnement, en îui présentant un objet grand et extraordinaire : telle est celle qu’emploie Horace en parlant de la constance du sage , que le choc des délais de l’univers n’ébranlerait pas.
- Si frac tus ïllabatur orlis ,
- Impavidum fcrienL ruinœ.
- Le sublime des sentimcns se fait remarquer dans une tranquillité d’ame, une intrépidité héroïque, au milieu des revers et des événemens qui feroient entrer les âmes vulgaires dans l’emportement et la fureur, ou qui les jeteroient dans l’abattement. C’est ainsi qu’Auguste, après avoir rappelé à Cinna qui conspiroit contre ses jours, les bienfaits dont il l’a comblé ; apres lui avoir fait, avec un air de bonté inconcevable, le récit de ia conspiration , telle qu’elle devoit s’exéruter , lui dit :
- Soyons amis, Cinna, c’est moi qui t’en convie....
- Le style sublime consiste à rendre d’une manière convenable les pensées , les images et les sentimcns qui élèvent l’arae au dessus des idées ordinaires de grandeur. Consultez le traité du sublime de Longin, de Burke.
- ( Peinture} Le sublime, en peinture , est la plusbaufe perfection.
- Dans les arts d’imitation, le sublime est toujours simple. Une seule intention prédominante dans une composition , dans laquelle tout se montre l’effet de cette intention , a quelque chose d’imposant qui appartient au sublime.
- Feu d’objets dans un tableau, nulle complication dans la disposition de ces objets ; une seule lumière , un coloris sans recherche , un accord simple et général. tendant à un effet unique , etc., voilà quels sont, pour tendre au sublime , les movens de l’art. L’heureux choix qu’en fait l’artiste de génie , le conduit au sublime d’imiîation.
- [J\lathém. transcend. } (Géométrie sublime ou transcendan te ; c’est le nom qu’on donne partic ulièrement à la géométrie infinitésimale, ou des iufinimens petits. Ces expressions vieillissent.
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- SUBLIME, adj. du lat. sv.blimo élever. *
- [Mat. méd.) Sublimé corrosif oq fimriale suroxigéné de mercure sublimé; c’est une combinaison d’acide muriatique oxigénéavec le mercure coulant. Il y a plusieurs procédés plus simpies et plus prampts les uns que les autres, pour faire cette combinaison.
- On emploie le sublimé corrosif en médecine, dans les maladies d« peau et les affections syphillitiques. On s’en sert aussi pour conserver des préparations anatomiques.
- Sublimé doux , ou muriate de mercure doux ; c’est une combinaison de l’acide muriatique avec l’oxide de mercure. On l’emploie dans les mêmes cas que le sublimé corrosif; celui-ri comme un puissant escharo-t’ique, et celui-là comme un cathartique fondant.
- SUBLINGUAL, LE, adj. du lat. sub, sous, et de lingua, langue: qui est sous la langue.
- [Anal.} Les glandes sublinguales , les artères sublinguales, ou les glandes : les artères situées sous la langue.
- SUBLUNAIRE , adj. du lat. sub, sous, et de luna, lune : qui est sous la lune.
- ( Physique ) Corps sublunaires; on appelle ainsi tous les corps situés entie ta terre et la lune.
- SUBMERGÉ, adj. du lat. sub , sous, et de mer go, plonger, enfoncer dans l’eau.
- ( Botan. ) Il se dit des plantes entièrement plongées dans l’eau.
- Un très-petit nombre de plantes fructifient dans un état constant de submersion ; mais la plupart des plan-tesaquati ies,d’abord'submergées, élèvent leurs sommités ou leurspédoucu-' les, à la surface ou au de^susde l’eau.
- SUBMERSIBLE, adj. même origine que SI BMERUÉ.
- • ( Botan.} Il se dit de plusieurs plantes aquatiies, qui ont leur fructification submersible, c’est-à-dire, dont les pédoncules, qui élevoient d’abord les fleurs ho; s de l’eau pour la fécondation , replongent ensuite les ovaires fécondés, dont l’émersion aurait empêché? ou gêné l’ac-
- SUBMERSION,
- croissent eut.
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- S Ü B
- SUBMERSION , s. f. meme origine que les précédons.
- ( Physique) Grande et forte inondation qui couvre totalement le ter-rein inondé.
- SUBORDINATION, s. f. du lat. sub ,sous, et d’ordino , ordonner.
- (jEcon. polit. ) Certain ordre établi entre les personnes, et qui fait que les unes dépendent des autres.
- SUBORNATION , s. f. du latin suborno , faire honneur, louer outre mesure.
- (Pratique) Action par laquelle on corrompt quelqu’un par adresse, par crédit, par promesse. Subornation de témoins, subornation d’une fille.
- SUBRECARGUE, s. m. Corruption de l’espagnol sobrecaigo.
- ( Commerce niant. ) On donne ce nom particuliérement en Suède et €n Angleterre, à celui qui est chargé de l’inspection et du soin de la cargaison d’un vaisseau marchand.
- SUBREPTICE, adj. du lat. sub, sous, et de repo , ramper.
- ( Pratique ) Il se dit des lettres ob-' tenues par surprise , d’une manière furtive et illicite (V". OBREPTI-CE) : il y à cette différence entre les lettres obreptices et subreptices, que les premières ont été obtenues sur un exposé faux.
- SUBROGATION, s. f. du latin subrogo, mettre à la place, substituer.
- (Pratique) Substitution d’une chose à une autre, ou d’une personne à une autre.
- SUBSIDE, s. m. du latin subsi-do , pour subsedeo, s’arrêter, secourir.
- (Finances) Impôt, levée de deniers qu’on fait pour le peuple, pour les nécessités de l’Etat. Il se dit aussi de tous les secours d’argent que des sujets donnent à leur souverain.
- (Diplomatie ) Subside se prend encore pour un secours d’argent qu’un prince donne à un autre prince, son allié ,en conséquence des traités faits entr’eux.
- SUBSIDIAIRE, adj. même origine que SUBSIDE.
- ( Pratique) Il se dit de ce qui vient au secours, qui est secondaire.
- '1 ’ome 111.
- S U R* 385
- Moyens subsidiaires ; ce sont des moyens surabondans qu’on allègue pour fortifier une cause ou des conclusions incidentes, qui ont été prises au cas que les premières souffrent quelque difficulté.
- Hypothèque subsidiaire ; e’est une seconde hypothèque qui sert à assurer davantage la première, et qui ne l’est qu’au défaut de l’autre.
- SUBSISTANCE , s. f. du latin subsistantia , fait de subsisto , se soutenir, subsister ; nourriture, entretien.
- (Art milit.) On appelle subsistant ces , au pluriel, tout ce qui est nécessaire à la subsistance d’une armée-
- SUBST ANCE, s. f. du lat. substo, être, exister, avoir de la réalité.
- ( Philos. ) Les philosophes entendent par substance, un être qui subsiste par lui-même, à la différence de l’accident, qui ne subsiste qu’étant adhérent à un sujet.
- ( Physique ) Ce mot, en physique , est synonyme de matière. Il y a des substances gazeuses, salines terreuses, inflammables, métalliques 1 etc.
- SUBSTITUTION, s. f. du latin substiluo, substitutum , pour subsla lu o , mettre à la place,
- ( Pratique) Seconde disposition par laquelle un testaieur, après avoir fait une premièie institution d’héritier ou de légataire, nomme une autre personne ou plusieurs, pour recueillir leshiens au défaut du premier légataire ou héritier , ou après lui. Les substitutions sont prohibées en France.
- ( algèbre ) Substitution, en algèbre, se dit. d’une opération qu consiste à mettre à la place d’une quantité qui est dans une équation , quelqu’autre quantité qui lui est égale , quoiqu’exprimée d’une manière différente.
- ( Calcul intégral ) Méthode des substitutionscette méthode consiste, en général, à substituer dans une équation différentielle proposée à la place des variait les qu i y entrent, d’autres variables égales à des fonctions des premières, et telles qu’après la substitution, la propagée devienne d’uae foïine donnée, et pour laquelle
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- on ait une méthode particulière d’intégrer.
- SUBTERFUGE , s. m. du latin subterfugium , fait Je subter , dessous, en dessous, et defugio, s’échapper , se dérober , éviter.
- ( Pratique ) Fuite et échappatoire en matière dé chicane. Poursuivre T adversaire dans ses subterfuges.
- SUBTIL, LE, adj. du lat. sub-lilis, fin , délié , délicat, pénétrant.
- ( Physique ) Il se dit des corps dont les parties sont extrêmement petites , fines et déliées ; telles sont les émanations des corps colorans ; tel est encore ce fluide que les Cartésiens prennent pour leur premier élément, et qu’ils appellent matière subtile.
- ( Fauconnerie) Mal subtil ; on appelle ainsi une maladie des oiseaux de vol, qui est une espèce de boulimie, et dans laquelle ils sont toujours affamés.
- SUBULÉE , EE, adj. du latin subula, alêne : fait en forme d’a-lène.
- ( Botan. ) Il se dit des parties des plantes qui sont faites en alêne , c’est-à-dire, planes, allongées, étroites et rétrécies de bas en haut, de manière à se terminer insensiblement en pointe.
- SUBURBICAIRE , adj. du latin suburbicarius , composé de sub , sous , et d’urbs , urbis, ville : qui est sous la ville.
- ( Hist. ecclés. ) Nom qu’on don-noit aux provinces d’Italie qui com-pesoient le diocèse de Rome.
- SUBVENTION, s. f. du lat. sub-ventio , fait de sub, et de venio , venir au secours, survenir.
- (Finances ) Secours d’argent, espèce de subside extraordinaire pour les besoins de l’Etat.
- SUBVERSION, s. f. du lat. sub, et de verto , mettre sens dessus dessous, retourner : renversement.
- ( Polit. ) Il ne s’emploie guère qu’au figuré, pour signifier la ruine , le renversement d’un Etat, des lois.
- ( Méd.) Les médecins disent au propre subversion d’estomac , pour bouleversement d’estomac, ou vomissement violent.
- SUC , s. m. du lat. succus.
- ( Physiol. ) On appelle mc$ cer-
- S U c
- taines liqueurs qui se trouvent dans le corps des animaux.
- Suc gastrique ; c’est une humeur lymphatique , un peu visqueuse , presque analogue à la salive. Il se filtre par les glandes ou les tuyaux excrétoires de l’œsophage et du ventricule , pour lubréfier ces parties, et pour aider à la digestion. F. GASTRIQUE.
- Suc nourricier; c’est une humeur lymphatique un peu visqueuse, douce, balsamique , fournie par les artères lymphatiques à toutes les parties du corps, pour les nourrir , et réparer la perte qu’elles font continuellement , tant par la transpiration que par les autres sécrétions.
- Suc pancréatique ; c’est une liqueur qui se filtre dans le PANCREAS ( F. ce mot ) , et qui est portée dans le duodénum par un canal excrétoire. Il est de la nature de la salive, et sert à perfectionner le chyle.
- Suc nerveux; c’est la même chose qu’E S PRIT S ANIMAUX. K ce mot.
- Suc se dit aussi du jus ou liquide qui découle des viandes ou des chairs des animaux, lorsqu’ils sont tués ou cuits.
- ( Botan. ) Suc des plantes. On distingue les sucs propres des plantes , et. les sucs lymphatiques.
- Dans tous les végétaux, les vaisseaux lymphatiques contiennent la même humeur ; les vaisseaux propres, au contraire , charrient dans chaque végétal, ou . au moins dans chaque famiile de plantes, une liqueur particulière.
- Les vaisseaux propres du sapin contiennent de la térébenthine; ceux de la tilhymale renferment un fluide blanc corrosif ; ceux de la chélidoine répandent un suc jaune, etc.
- Sue des végétaux. On appelle ainsi un produit immédiat qu’on retire des végétaux frais, par les moyens mécaniques, tels que la presse, le pilon , etc. Ces sucs , épaissis par le moyen de la chaleur , forment ce qu’on appelle extraits en pharmacie.
- SUCCÉDANÉE, adj. du lat. succédanés , qu’on met à la place , lait de succedo, prendre la place.
- (Méd. ) On donne cette épithète aux ingrécUeos qu’on substitue à la
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- place de ceux qui ont été prescrits > quand ceux-ci manquent.
- SUCCENTURIAUX, adj. du lat* succenturiare, remplacer.
- ( Anat. ) Il se dit de .deux corps glanduleux situés au dessus des reins. Leurs usages ne sont pas encore démontrés ; ils sont dans le fœtus extrêmement gros, et diminuent en volume avec l’âge.
- SUCCESSION, s. f. du lat succès-sio , fait de succedo , prendre la place : hérédité.
- ( Pratique ) Mutation occasionnée par la mort naturelle ou civile d’une personne , et qui fait passer ses biens entre les mains de celui qui est appelée pour lui succéder.
- Succession se dit aussi des biens qu’un défunt a laissés à son héritier.
- Succession directe / celle qui est ouverte en faveur des enfans ou pe-tits-enfans de la personne décédée.
- Succession collatérale,* celle qui, au défautdeshéritiers en ligne directe, passe,aux parens collatéraux.
- ( Econ. polit. ) Succession à la couronne ; l’ordre des successions est fondé , dans les monarchies , sur le bien de l’Etat, qui demande que cet ordre soit fixé , pour éviter les malheurs qui résulteroient d’un ordre incertain et arbitraire.
- Ce n’est pas pour la famille régnante que l’ordre de succession est établi , mais parce qu’il est de l’intérêt de l’Etat qu’il y ait une famille régnante.
- (Astron.) Succession des signes; c’est l’ordre dans lequel ils se suivent, et suivant lequel le soleil y entre successivement. On appelle aussi cette succession ordre des signes , et en latin consequentia. Quand une planète est directe, on dit qu’elle va suivant l’ordre et la succession des signes, ou in consequentia, c’est-à-dire d’aries eu taurus, etc. Quand elle est rétrograde, on dit qu’elle va contre l’ordre et la succession des signes, ou in antecedenlia, c’est-à-dire, de gemini eu taurus, ensuite en a rie s, etc.
- SU CCIN , s. m. du lat. succinum, fait de succus , suc ; comme qui di-roit produit d’un suc.
- ( Hist. nat. ) Substance bitumineuse concrète, que la mer rejette sur certaines côtes, ou qu’on trouve
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- enfouie dans desterreinsd’alluvion, d’une couleur jaune plus ou moins foncée , quelquefois blanche ou tirant sur le rouge ou le vert, tantôt diaphane , tantôt translucide , ou même à peu près opaque.
- Quoique peu dur et facile à casser, le succin est susceptible d’un beau poli, et l’on en fait de la bijouterie estimée en Perse, en Chine, et dans d’autres contrées de l’Asie.
- Quand on frotte le succin, il acquiert comme les corpsrésineux,mais plus énergiquement encore, la propriété d’attirer les corps légers, propriété que les physiciens modernes ont nommée électricité, d’electrum, nom que les Grecs donnoient à cette substance. Les Latins l’ont appelée succinum, parce qu’ils pensoient, suivant Pline, qu’elle étoit formée d’un suc résineux. Les* Arabes l’appellent karabé. L’origine du succin est un problème sur lequel les naturalistes s’exercent depuis long-tems , et qu’ils n’ont pu encore résoudre. Les uns disent que c’est un suc bitumineux qui sort de la terre , et qui se durcit ensuite ; d’autres prétendent que c’est la résine du pin ; d’autres, que c’est une gomme. Les poè'tes nous apprennent que lorsque Phaé-ton fut précipité sur les bords de l’E-ridan, ses sœurs pleurèrent sa mort si amèrement, que les Dieux touchés de pitié les changèrent en peupliers; que ces peupliers toujours sensibles, versent tous les ans de nouvelles larmes, et que ces larmes sont du succin.
- Quand on jette le succin en poudre sur de la braise , il répand une épaisse fumée d’une odeur assez pénétrante , et qu’on a reconnu comme très-propre à purifier le mauvais air. Dans les pays du nord , on en fait de fréquentes fumigations. Ces fumigations sont aussi regardées comme très-salutaires dans les rhumatismes, les paralysies, en les dirigeant d’une manière convenable sur les parties affectées.
- ( Chimie ) Acide succinique ; c’est une substance , un sel concret que la chimie retire du succin , et qu’on emploie en médecine comme un remède incisif, cordial et antiputride.
- Qu retire encore du succin un® Jt> b z
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- huile bitumineuse, qui, combinée avec le soufre, forme un baume qu’on emploie avec succès dans les affections pituiteuses. Cette même huile bien rectifiée et mêlée avec l’alhali volatil caustique, forme une espèce de savon liquide connu sous le nom deaude luce, qui possède éminemment la propriété de rappeler les esprits des personnes évanouies ou asphyxiées.
- SUCCINATES, s. m. de succin.
- ( Chimie ) On appelle ainsi des Sels formés par l’acide succirdque avec différentes bases. Leur terminaison en ale indique qu’ils appartiennent à un acide complètement saturé d’oxigène, et dont la terminaison , en conséquence , est en ique. Voy. ACIDE.
- SUCCION, s. f. du latin sugere , dont les Anglois ont fait suck, les Italiens succhiare.
- ( Physique ) Action de sucer ou attirer un fluide , comme l’air , l’eau, etc., par la bouche et les poumons. On suce l’air par la bouche , par le moyen du thorax et de l’abdomen , qui étendent la capacité des
- fioumons et de l’abdomen. Ainsi, ’air qui , renfermé est raréfié , cesse d’être en équilibre avec l’air extérieur qui, par conséquent pressé par l’atmosphère, est poussé dans la bouche et les narinesl
- SUCCUBE, s. m, du lat. sub, sous, et de cubare, coucher dessous.
- ( Démonographie ) C’est le nom que les démonographes donnent à une espèce de démon qui , selon eux , prend la figure d’une femme pour avoir commerce avec un homme. Succube est l’opposé d’incube , démon qui prend la figure d’un homme, et qui a commerce avèc une femme.
- SUCRE, s. m. dé l’italien zuc-chero , dérivé de l’arabe sucar.
- ( Botan. ) Substance concrète , friable, douce et alimentaire, qu’on retire d’un grand nombre de substances.
- Le sucre est une matière homogène dans les végétaux ; il est regardé comme un de leurs principes immédiats. L’érable, le bouleau , la carotte, lé panais, la bette-rave , le raisin , le maïs, et une foule d’autres plantes, contiennent du sucrey mais
- suc
- parmi toutes les plantes connues , il n’en est pas une qui en contienne une plus grande quantité que le roseau cultivé dans les deux Indessous le nom de canne à sucre.
- La canne à sucre est, dit-on, originaire des Indes orientales. Les chinois ont connu l’art de la cultiver et d’en extraire le sucre , près de deux mille ans avant que cette plante fût connue en Europe. Les anciens Egyptiens, les Phéniciens , les Juifs, les Grecs et les Latins ne l’ont point connue. Elle fut transportée en Arabie à la fin du treizième siècle; delà elle passa en Nubie, en Egypte, en Ethiopie, où l’on fit du sucre eu abondance.
- Fers la fin du XLV”e. siècle , on la porta en Syrie, en Chypre , en Sicile ; le sucre qu’on en tiroit étoit, comme celui d’Arabie, gras et noir. Dom Henri , régent de Portugal , ayant fait la découverte de Madère , en 1420 , y fit transporter des cannes de Sicile, où on les avoit introduites depuis peu. Elles y furent cultivées avec succès, ainsi qu’aux Canaries ; et bientôt le sucre qu’elles y produisirent fut préféré, dans le commerce, à tous les sucres de ce tems-là. Les Portugais portèrent la canne à sucre à l’Üe St. Thomas, aussitôt que cette île leur fut connue ; et en 1S20, il y avoit plus de soixante manufactures à sucre. On essaya de planter ce roseau en Provence, mais il ne put y réussir, à cause de la température de l’hiver. Il prospéra cependant en Espagne , où on le cultive encore dans quelques parties de ce royaume.
- Après la découverte de l’Amérique , cette belle plante fut transportée à St.-Domingue , où elle se reproduit de boutures , et se multiplie ainsi avec une merveilleuse fécondité.
- Sucre brut ; c’est le produit du vin de canne , après qu’il a été lessivé , cuit et cristallisé: c’est de tous les sucres le plus agréable à manger, le plus nourrissant, le plus sain , et celui qui contient le plus de parties balsamiques. Sa saveur est plus douce que sucrée ; il contient encore beaucoup de mucilage.
- Sucre terré ; on donne ce nom au sucre qui , après avoir été purgé , a
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- encore éfé dépouillé de la surabondance de son sirop par le terrage.
- L’objet du terrage est d’enlever , à la faveur de l’eau , la portion de sirop qui reste à la surface des petits cristaux de sucre , réunis et aggrégés dans une masse conique nommée pain. Pour cet effet, on verse dessus une terre argileuse délayée dans l’eau à consistance de bouillie; cette terre fait fonction d’éponge; emportée par son propre poids , l’eau dissout le sirop qui ? devenu plus fluide, est entraîné vers la partie inférieure de la forme , et découle dans un pot sur lequel elle est placée.
- Sucre raffiné ; l’art de raffiner consiste dans l’extraction des parties muqueuses , mucilagineuses , et de l’huile empyreumatique , que contient le sucre brut ; mais il est démontré par l’analyse du sucre , que ses qualités balsamiques et bienfaisantes consistent principalement dans son sel , son huile et sa substance mucilagineuse ; par conséquent, plus le sucre aura été cuit, recuit et épuré , moins il aura de ces qualités , et plus il en faudra pour édulcorer une certaine quantité d’eau.
- ( JEcon. dont. ) Dans quelqu’état qu’on considère le sucre, et quelque purification qu’il ait subi, il conserve toujours une portion de gomme ou de mucilage qui ne peut s’en séparer , et c’est à cette qualité qu’il doit une partie de ses propriétés salutaires et balsamiques ; aussi, de toutes les substances qu’on retire des végétaux , il n’en est point qui soit d’un usage plus étendu que 1 esucre : il entre dans tous nos repas , assaisonne tous les mets agréables ; tantôt fusible ou solide, il prend, dans l’art du confiseur , les formes les plus variées ; il se prête à toutes les combinaisons dans celui du liquo-riste ; il est la base de toutes les boissons préparées par le limonadier ; enfin il est regardé, depuis Rouelles, comme une substance alimentaire; il se digère facilement, il convient h tous les âges , dans toutes les circonstances , au malade comme à l’homme sain, au vieillard comme à l’enfant qui vient de naître. On peut en tirer un grand parti dans l’art de faire fermenter les vins ; il peut être employé dans la confection
- SUE 3S9
- de la bière , et suppléer aux décoctions de houblon.
- ( Méd. ) Le sucre est très-employé en médecine ; il fait la base des sirops , entre dans les pâtes , dans les tablettes et dans la plupart des remèdes adoucissans composés par le pharmacien. Troncliin recommande l’eau sucrée à presque tous les malades. L’usage du sucre est conseillé par tous les médecins dans les maladies de poitrine et de poumons. Les boissons édulcorées par le sucre , purgent et détergent la poitrine et les ulcères des poumons. Enfin le sucre est incisif, apéritif f tonique et stimulant.
- ( Chirurgie ) On peut encore faire un emploi du sucre dans l’art chirurgical : il est préférable aux emplâtres et aux onguens , parce que ne rancissant pas ainsi qu’eux , il ne cause point d’irritation comme les huiles et les graisses. Il peut priver les plaies du contact de l’air , et servir d’excipient aux remèdes actifs. Les Turcs guérissent toutes les plaies récentes en les lavant avec le vin , et les couvrant de sucre en poudre.
- SUD , s. m. du saxon sulh, dont les Anglois ont fait south.
- ( Mstron. géogr. ) L’un desquatre points cardinaux qui divisent l’horizon en quatre parties égales ; c’est la même chose que le midi.
- C’est aussi le nom que l’on donne à l’un des pôles du monde ; savoir , celui qui est situé dans la partie méridionale du ciel, et qui est diamétralement opposé au nord.
- C’est encore le nom d’une des quatre principales plages.
- ( Mjctrine ) Sud est le nom d’un des quatre points cardinaux de l’horizon , et celui du vent qui souffle de ce côté-là.
- Le mot sud se compose avec ceux d’est et d’ouest, pour désigner tous les points ou aires de vent intermédiaires sur la boussole ou rose des vents.
- SUDORIFIQUE ou SUDORI-FE RE, adj. du lat. sudor, sueur , et defacio , faire , provoquer, ou de Jero , porter.
- ( Méd, ) Epithète que l’on donne aux remèdes qui provoquent la sueur.
- SUETTE , s. f. Corruption (la
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- l’anglois svveat, dérivé du Iat. su-
- do r, sueur.
- ( Méd. ) Maladie grave et meurtrière , dont l’Angleterre fut affligée en 1483 , et qui reparut jusqu’à cinq fois dans l’espace de 66 ans. Ceux qui en étoient attaqués périssoient en vingt-quatre heures, et quelquefois en six.
- Cette maladie étoit ainsi appelée à cause des sueurs continuelles qui l’accompagnoient dès le commencement.
- SUEUR , s. f. du lat. sudor.
- ( Physiol. ) Evacuation sensible qui se sépare du sang par les glandes miliaires , qui sort par les petits tuyaux excrétoires de la peau , et qu’on voit l’été, ou après un exercice violent se répandre sur la peau en petites gouttes.
- SUFFETE , s. m. Mot punique qui, comme l’hébreu schofet, signifie juge.
- ( Hist. anc. ) On appeloit ainsi, chez les Carthaginois , les deux principaux magistrats de la République qui étoient élus parmi les sénateurs les plus distingués par la naissance , par la richesse et par les talens. Leur autorité ne duroit qu’un an, comme celle des consuls romains ; leurs fonctions étoient purement civiles , et il ne paroît pas qye les suffeles fussent chargés du commandement des armées , pendant leur magistrature ; cependant Annibal , Himil-con et Magon ont commandé les armées des Carthaginois, dans le tems même qu’ils étoient revêtus de la dignité de suffete.
- SUFFOCATION, s. f. du latin suffocare , fait de su b, et deJbcus, mettre sous le foyer.
- ( Méd. ) Etouffement, oppression , grande difficulté de respirer.
- Suffocation hystérique ; voy. HYSIÉRIQUE.
- SUFFRAGE , s. m. du lat. suffrage , suffraginis , le pli du jarret de derrière, en parlant d’un animal à quatre pieds.
- ( Econ. polit.) Déclaration qu’on fait de son sentiment, de sa volonté, et qu’on donne, soit de vive voix , soit par écrit ou autrement , dans l’occasion d’une élection , d’une délibération.
- S U F
- ( Hist. anc. ) Le peuple à Lacédémone avoit une manière toute particulière de donner ses suffrages. Pour autoriser une proposition , il faisoit de grandes acclamations, et pour la rejeter, il gardoit le silence; mais en même tems, afin de lever tous les doutes en fait d’acclamations ou de silence , la loi ordonnoit à ceux qui étoient d’un avis de se placer d’un côté , et ceux de l’opinion contraire de se ranger de l’autre ; ainsi, le plus grand nombre étant connu , décidoit la pluralité des suffrages sans équivoque et sans erreur. Chez les Athéniens le peuple opinoit de la main dans les affaires d’Etat, et par suffrage secret ou par scrutin dans les affaires criminelles.
- Les Romains donnèrent d’abord leurs suffrages de vive voix dans les affaires de la république, et le suffrage de chacun étoit écrit par un greffier à la porte du clos fait en parc, et qui se nommoit ovile. Cet usage dura jusqu’en l’année 615 de la fondation de Rome. Alors, le peuple jeta dans l’urne son bulletin où étoit écrit le nom de celui qu’il vouloit élire.
- {Hist. moderne) Les Anglois donnent leurs suffrages avec la main dan s les assemblées populaires ; au parlement par oui ou par non, et dans les circonstances équivoques, en faisant sortir de la salle ceux qui sont contre le bdl; deux membres sont chargés de compter ceux qui sortent et ceux qui restent.
- En France , on a généralement opiné dans les assemblées délibérantes par levé et par assis ; aujourd’hui on donne son suffrage par la voie du scrutin secret.
- Les Américains ont une manière particulière de donner leurs suffrages; chaque membre est muni d’un écran, dont une surface est blanche et l’autre noire ; la différence des écrans blancs et des écrans noirs décide la pluralité.
- SUFFUMIGATION, s. f. du lat. suffumigare , fait de su b , sous , et de fumigo, fumer : faire de la fumée par dessous.
- ( Méd. ) Il se dit de tous les remèdes qu’on fait entrer dans le corps par le moyen de la fumée ou en parfum.
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- SUFFUSION, s. f. du Iat. fuffun-dere, fait desub, sous, et de fuado, répandre : répandre sous.
- ( JHéd. ) Epanchement des humeurs qui se remarquent sur la peau. U se dit particuliérement du sang et de la bile ; cette rougeur qui vient de la honte, est une suffusion de sang, qui paroit sur les joues. La jaunisse est une suffusion de bile par-tout le corps. Les anciens avoient donné le nom de suffusion à la cataracte , parce qu’ils n’avoient pas une idée particulière de cette maladie.
- SUGGESTION, s. f. du latin suggéré , suggestum, formé de su b, sous, et de gero , mettre : l’action de mettre sous, à la place , de substituer : instigation, persuasion.
- ( Pratique ) Persuasion artificieuse , fausseté adroitement déguisée, à la faveur de laquelle le séducteur trouve le moyen de substituer sa volonté à la place de celle de la personne séduite.
- La suggestion ainsi que la violence , annulle les actes, parce qu’il n’y a point d’engagement où il n’y a point de liberté.
- SUGILLATION, s. f. du latin suggillo , meurtrir.
- ( IVléd. ) Sugillation est la même chose que meurtrissure. Il se dit aussi des vergetures, des flétrissures, et des taches rouges, livides, purpurines qui surviennent à la peau dans le scorbut, la rougeole, les fièvres rouges et les fièvres malignes.
- SUICIDE, s. m. du latin suici-àium , pour suicœdes, le meurtre de soi-même.
- ( Jurisprud. ) La loi romaine distingue les différentes causes qui portent l’homme à se donner la mort. Elle ne punissoit point cette action lorsqu’elle avoit été faite par ennui de la vie , par foiblesse d’arne, ou par impuissance de souffrir la douleur ; mais celui qui s’étoit tué par désespoir du crime , étoit coupable. Cette distinction de la loi tenoit à la manière de penser des Romains , à leur coutume. Du tems de la république , cette action chez les historiens, est toujours prise en bonne part ; du tems des premiers empe-leuvs , les grandes familles de Rome
- S U I ?>ÿ,t
- furent sans cesse exterminées par des jugemens, et la cout ume s’introduisit de prévenir la condamnation par une mort volontaire. Parmi les causes de cette coutume , on peut remarquer , dit Montesquieu , le progrès de la secte stoïque, qui portoitau suicide ; l’établissement des triomphes et de l’esclavage, qui firent penser à plusieurs grands hommes qu’il ne falloit pas survivre à une défaite; l’avantage que les accusés avoient de se donner la mort plutôt que de subis un jugement, par lequel leur mémoire devoit être flétrie et leurs biens confiqués.
- SUIE , s. f. du latin fuligo.
- ( Histoire nat. ) Matière noirâtre et fuligineuse que la fumée dépose contre les parois des cheminées.
- Comme les principes contenus dans la suie dépendent de la nature des matières qu’on brûle ou qu’oa expose à l’action du feu , il y a dea suies, qui renferment des substances particulières. ,
- La suie de toutes les cheminées des fonderies métalliques , renferme toutes sortes de métaux , même de l’or et de l’argent , qui, malgré leur fixité, sont entraînés avec les matières volatiles.
- Dans les cheminées où l’on brûle beaucoup de matières animales ,, comme en Egypte, la suie contient une prodigieuse quantité de sel ammoniac.
- La suie ordinaire de nos cheminées sert aux teinturiers à faire une couleur brune. Les peintres en tirent aussi la couleur connue sous le nom de bistre, qui est employée dans les dessins des plus grands maîtres.
- SUIF, s. m. du latin barb. sue— hum , corruption de sébum.
- (Hist. nal.) Espèce de graisse dure , et qui est fournie par les seuls quadrupèdes ruminans.
- ( Marine ) On appelle suif un mélange dans lequel le suif entre-pour la plus grande partie , et dont ou enduit la carène ou partie submergée du vaisseau. Cet enduit se nomme plus proprement corroie.
- SUINT, s. m. du latin sudare », dout on a fait succidum , succi-dinum.
- ( Hist. nat. ) Espèce d’huile dou£
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- la laine ,des moutons est imprégnée naturellement, et qui la rend grasse.
- SUJET , s. m. du lat. subjeclus , soumis , qui est dans la dépendance: cause, raison, la matière sur laquelle on compose, on travaille; l’objet d’une scène.
- ( Littéral. ) Sujet se dit de la matière sur laquelle on écrit, sur laquelle on parle. Le sujet d’un livre / un sujet de comédie; sujet stérile.
- ( Anal. ) Sujet se dit. aussi de l’objet d’un art ou d’une science. Le corps humain est le sujet de la médecine et de la chirurgie; et c’est ainsi que les anatomistes appellent sujet, un corps qu’ils dissèquent, et sur lequel ils font des leçons.
- ( Musique ) Sujet est, en termes de composition , la partie principale du dessin , l’idée qui sert de fondement à toutes les autres.
- ( Jardin. ) Sujet se dit encore d’un arbre ou sauvageon, sur lequel on applique une greffe ou une branche d’un antre-arbre que l’on veut multiplier.
- SULFATE , s. m. du latin sul-phur. soufre.
- ( Chimie ) Sel s formés parla combinaison de l’acide sulfurique avec différentes bases. Sa terminaison en ate , indique qu’il appartient à un acide complètement saturé d’oxi-gène , et dont la terminaison est en ique.
- SULFITE, s. m. même origine que SULFATE.
- ( Chimie j Sel formé par la combinaison de l’aeide sulfureux avec différentes bases. Sa terminaison en üe, indique qu’il appartient à un aci.cle foible, et non saturé d’oxigène, et dont la terminaison est en eux.
- SULFURE, s. m. même origine que SULFATE.
- ( Chimie ) Combinaison du soufre en nature, et non porté à l’état d’acide, avec une base métallique , saline ou terreuse. Cette dénomination remplace, dans la nouvelle nomenclature , le joie de soufre, l’Ae-par, le haume de soufre, etc.
- SULFUREUX, adj. même origine que SULFATE.
- ( Chimiej Acide sulfureux ; c’est un acide formé par la combinaison du soufre. Sa terminaison en eux ,
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- indique le premier état des acides, celui ou ils tiennent le moins d’oxigène possible poux être acides.
- SULFURIQUE , adj, même origine que les précédens.
- ( Chimie ) Acide sulfurique • c’est un acide formé par la combinaison rapide et complète du soufre. Sa terminaison en ique , indique le second état des acides , celui où ils sontcomplétement saturés d’oxigène.
- SULTAN, mot arabe, syriaque et chaldéen , qui signifie puissance , domination.
- ( Hist. cV Orient) Ce mot désigne l’emp,ereur des Turcs. /A SOL DAN. SOUDAN.
- On donne aussi le titre de sultan au fils du kan de la Tartane-Crimée.
- Sullan-chérif c’est le titre du prince qui gouverne la Mecque.
- Sultane y c’est la maîtresse du gran d- se i gn eur.
- Sultane favorite ; c’est celle des femmes du sérail que le sultan honore de ses faveurs.
- Sultane régnante; c’est la première de toutes qui donne un enfant mâle au grand-seigneur.
- Sultane validé ; c’est la mère de l’empereur régnant.
- SULTANNIN , s. m. de SULTAN.
- ( Monnoie') Monnoie de Turquie, valant 200 aspres, et ayant cours en Egypte , au Caire, à Alexandrie.
- SUPÉRATION, s. f. du lat. superare, surpasser.
- ( Aslron. ) Différence entre les mouvemeus de deux planètes qu’on appeloit aussi autrefois ELONGATION. F. ce mot.
- SUPERBE , adj. du latin superbus , orgueilleux.
- ( Physiol. j Epithète que l’on donne à un des muscles droits de l’œil. On le nomme aussi le rele-veur.
- SUPERE, adj. du latin superus, d’en haut : qui est en haut.
- (Botan. ) Ovaire supère; c’est celui qui est libre au fond de la fleur, ou distinct de toutes ses autres parties.
- Fleur supère ; c’est celle dont l’ovaire infère porte les autres parties.
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- SUPERFÉTATION, s. f. du lat. super, en sus, et de fœto, concevoir : l’action de concevoir de nouveau.
- ( Anal. ) On entend par ce mot la conception d’un nouveau fœtus , après qu’un autre est déjà conçu, de manière que deux œufs fécondés prennent racine dans la matrice. Les physiologistes ont disputé long-tems sur cette matière.
- SUPERFICIE , s. f. du latin superficies, longueur et largeur.
- ( Géométrie) Superjicie est la même chose que SURFACE. Vce mot.
- SUPERPATIENT, du latin super paliens, qui soufre, qui supporte qu delà.
- ( Arithniét. géom. ) On dit que deux nombres ou deux lignes sont superpatientes, lorsqu’une des deux contient l’autre un certain nombre de fois avec un reste , et que ce reste est une de ses aliquotes.
- SUPERPOSITION, s. f. du latin super, sur, dessus , et de ponoy po-situin , mettre : l’action de poser sur.
- ( Qéom. ) C’est, en géométrie , une manière de démontrer, qui consiste à appliquer une figure sur une autre.
- SÜPERPURGATÏGN, s. f. du laf. super, sur, au dessus, et de purgo, purger.
- ( Méd, ) Purgation immodérée ou ex cessive , qui est l’elfet ordinaire des remèdes colîiquatifs, corrosifs etirri-tans.
- SUPERSÉDER , du latin super sedeo, littéralement s’asseoir dessus.
- (Pratique) Surseoir, différer pour un tems. On supersède aux poursuites , à l’exécution d’un, jugement. Surseoir est plus usité.
- SUPINATEUR, s. m. du latin supino , renverser en arrière.
- (.Anat. ) On donne ce nom à deux muscles, dont l’action est de renverser en dessus la paume de la main.
- SUPPLÉER, v. a. et n. du latin suppleo , pour super impleo , parfaire, fournir de nouveau, mettre à la place de ce qui manque.
- ( Eco nom, polit. ) Suppléant ; c’est celui qui est nommé pour remplacer un fonctionnaire public , en
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- cas d’absence , de mort ou de démission.
- SUPPLÉMENT,, s. m. même origine que SUPPLÉER : ce qu’on donne pour suppléer.
- (Littérat. ) Aupplément d’un auteur ; c’est ce qu’on a ajouté à un livre, pour suppléer à ce qui man-quoit.
- ( (Jramm.) Supplément se dit aussi de ce qu’on ajoute à un ou plu-siemsmots, pour rendre le sens complet. A la saint Martin , pour à la fête de la saint Martin.
- ( Qéom. ) Supplément d’un arc ; c’est le nombre de degrés qui manquent à un arc pour faire le demi-cercle entier, ou 180 degrés. Ainsi, le supplément d’un arc ou angle de 3o degrés, est de x 5o degrés. V. COMPLÉMENT.
- SUPPORT , s. m. du latin sup-porto, pour sub porto, porter, tenir par dessous,soutenir: ce qui soutient quelque chose, sur quoi elle pose.
- ( Physique) On appelle support, en termes d’électricité , tout corps propre à en soutenir un autre, que l’on veut électriser par communication. Ces corps sont le verre , la soie, le crin, le soufre, la résine, la poix, la cire d’Espagne, la cire d’abeilles, etc. V. GATEAU, CONDUCTEUR, ISOLER.
- SUPPOSITION , s. f. du lat. sup-pono , pour sub potio, mettre dessous.
- ( Didact. ) Proposition que l’on suppose comme vraie ou comme possible , afin d’en tirer ensuite quelque induction.
- ( Pratique ) Production ou allégation d’une pièce fausse. La supposition d’un contrat, la supposition d’un testament. On dit dans le même sens supposition d’un enfant, supposition de part, P. SUPPRESSION , PART.
- ( Musique) Moles par supposition. On appelle ainsi des notes étrangères à l’harmonie , et que l’on compte pour rien ; cela arrive lorsque plusieurs notes montent ou descendent diatoniquement dans une partie, sur nue même note d’une autre partie; alors ces notes diatoniques ne saur oient toutes faire harmonie , ni entrer dans le même accord •
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- ce sont ces notes qu’on appelle notes par supposition.
- Accords par supposition ; ce sont ceux où la basse-continue ajoute ou suppose un nouveau son au dessous de la basse fondamentale ; ce qui fait que de tels accords excèdent toujours l’étendue de l’octave.
- SUPPOSITOIRE , s. m. même origine que SUPPOSITION.
- ( Bled. ) Sorte de préparation médicinale, solide, faite en pyramide arrondie, longue et grosse comme le petit doigt, qu’on introduit dans le fondement, pour faire aller à la selle et tenir 1 ieu de lavement.
- SUPPRESSION, s. f. du lat. sup- ' primo , suppressum, pourvwè pre-mo , cacher dessous, supprimer: action de supprimer.
- (Pratique) Suppression d’un contrat ; c’est l’action par laquelle on cèle frauduleusement un contrat.
- ( BJéd. ) Suppression s’entend, en médecine , du défaut d’évacuation de quelque humeur excrémentitielle, qui devroit sortir et être chassée hors du corps. Ce terme se dit des ordinaires des femmes, qui ne coulent pas , ou qui cessent de couler. On distingue la suppression des règles de leur rétention : la première se dit des règles qui coulant actuellement, viennent à s’arrêter tout-à-coup ; et l’autre , des règles qui ne paroissent point, et qui devroient cependant paroitre.
- Suppression s’emploie aussi en parlant de l’urine, et on distingue de même la suppression de la rétention; la première ayant lieu quand un vice de l’organe , ou quelque corps étranger, empêche l’urine de se séparer de la masse du sang, et l’autre , lorsque l’urine filtrée par les reins, s’arrête dans la vessie.
- SUPPURATIF, VE, adj. du lat. suppuro , fait de sub, sous, et de pus, puris, pus : jeter du pus.
- ( lYléd. ) Epithète que l’on donne auxmédicamens qui, étantappliqués sur le corps vivant, changent en pus les humeurs arrêtées.
- SUPPUTATION , s. f. du latin supputa , fait de sub , sous, cà et là, et de puto, couper, retrancher : littéralement l’action de couper, tailler, retrancher cà et là.
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- ( Arilhmét. ) C’est l’actiott de compter, calculer, ou d’examiner par voied’arithmétique, en additionnant, soustrayant, multipliant, on. divisant certaines sommes ou nombres.
- SUPRÉMATIE , s. f. Corruption de l’ariglois supremacy, fait du lat. sup remus, le plus haut: la première autorité.
- ( Hist. d’Anglet. ) Ce mot signifie en général le premier degré de puissance et d’autorité; mais il sert particulièrement à désigner le droit que les rois d’Angleterre, et même les reines qui le sont de leur chef, se sont attribué, d’être chefs de la religion anglicane.
- On appelle serment de suprématie , ou lest, le serment par lequel les anglicans reconnoissent leur roi pour chef de l’égli se.
- La suprématie fut établie par Henri VIII , en i534.
- SUR A LE , s. f. et adj. du latin sura , l’os postérieur de la jambe.
- ( Anal. ) La surale, ou la -veine surale ; P artère surale , le nerf sucrai K. TIBIAL POSTÉRIEUR.
- SURANNÉ , ÉE , adj. du lat. super , au dessus, au delà, et d’an nus, année : qui a plus d’un an de date.
- ( Pratique ) Il s’est dit d’abord de certains actes publics qui n’avoient d’effet que pour une année, et qu’on étoit obligé de faire renouveler , lorsque l’année étoit expirée, pour leur rendre leur force et leur validité.
- Il se dit maintenant de tout acte public, lorsque l’année , au delà de laquelle ils ne peuvent avoir d’effet, est expirée. Ce terme vient de ce qu’autrefois, chez les Romains, toutes les commissions étoient annuelles.
- (.Langage ) Dans le langage ordinaire , il se dit -des personnes et des choses qu’on regarde comme vieilles.
- SURARBITRE , s. m. du latin super, au dessus, etd'arbiler, arbitre : arbitre supérieur.
- (.Pratique) Tierce personne dont on convient, pour juger à l’amiable un différend , quand les deux arbitres qu’on a nommés, sont partagés.
- SURBAISSE, ÉE, adj. du latin suprà, au delà, et de l’ital. basso^ bas.
- ( Arch.it. ) Il se dit d’une voûte}
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- (Time arcade qui s’abaisse par le milieu, et qui n’est pas en plein ceîntre.
- SURCILLIER, ou SOURCIL-LÏER, du latin super ciliaris, au dessus des sourcils.
- ( Anal. ) Le premier des seize trous externes de la tête.
- SURCOMPOSÉ , adj. du latin supra, sur, au delà , et de compono, composer.
- ( Grammaire) U se dit des tems des verbes, dans la conjugaison desquels on redouble l’auxiliaire avoir.
- J’aurais eu fait, vous auriez eu dit, sont des téms surcomposés.
- ( Botan. ) Il se dit de ce qui est composé ou divisé plus de deux fois,
- ( Chimie ) Surcomposé s’emploie substantivement, en chimie, pour désigner un corps qui résulte de la combinaison des corps que l’on appelle composés.
- SURCOSTAUX , adj. dulat. su-prà costales.
- ( Anat. ) Il se dit des muscles placés sur les parties postérieures des côtes.
- SURCULEUX , SE , adj. du lat. surculus, branche.
- (Botan.) Il se dit de ce qui est garni de nouvelles branches.
- SURDENT, s. f. du latin supra., au dessus, et de dens , dent.
- (.Anat. ) C’est une dent qui vient hors de rang, et entre deux autres dents.
- SURDITÉ , s. f. du lat. surditas, fait de surdus , sourd.
- (Méd.) Perte ou diminution considérable du sens de l’ouïe. Il y a des sourds de naissauce, et d’autres qui le deviennent par accident. Les premiers sont muets , les autres le deviennent ordinairement. V~. à l’art. MUET , 1 ’art de faire parler tes muets.
- ( Joaillerie) Surdité, en termes de joaillerie , est un défaut qui se trouve dans quelques pierreries, quand ^les sont obscures ou mal nettes , quand elles ont quelques pailles ou glaces qui diminuent de leur prix.
- SURENCHÈRE, s, f. augmentatif d’ENCHÈRE. V. ce mot.
- SURÉROGATION, s. f. du latin super, sur, au dessus, et Cerogo n donner, distribuer ; largesse exces-
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- sxve, ce qu’on fait de bien au delà de ce qu’on est obligé de faire , ou au delà de ce qu’ou a promis.
- SURFACE , s. f. du latin super, et de faciès : superficie., l’extérieur, le dehors d’un corps.
- ( Gécm.) Surface, en géométrie. est une grandeur qui n’a que deux dimensions, longueur et largeur, sans aucune épaisseur.
- Dans les corps, la surface est tout ce qui se présente à l’œil. On considère la surface comme la limite ou la partie extérieure d’un solide. Quand on parle simplement d’une surface, sans avoir égard au corps on au solide auquel elle appartient, on l’appelle ordinairement figure.
- Su face rectiligne; celle qui est comprise entre des lignes droites.
- Su face curviligne ; celle qui est comprise entre des lignes courbes.
- Su face plane y voy. PLAN.
- SURGEON, s. m. du lat. surculus, fait de surgo , s’élever,
- (Botan. ) Jeune branche qui part du bas delà tige. H. BOURGEON , SCION, REJETON.
- SURNAGER , v. n. du lat. super, sur, et de natare , nager : nager dessus.
- ( Hydrostatique ) Action par laquelle un corps se soutient sur un liquide. Un corps qui pèse moins qu’un volume égal au sien de la liqueur dans laquelle il est plongé, surnage en partie ; mais il s’y enfonce jusqu’à ce qu’il ait déplacé un volume de cette liqueur aussi pesant que lui.
- SURPATIENT ; voy. SUPERPATIENT.
- SURPEAU ; voy. ÉPIDERME.
- SURPLOMB , s. m. pour hors d'aplomb.
- (Archit. ) Défaut de ce qui n’est pas aplomb.
- SURPOSÉ, ÉE, adj. du latin super, sur, et de pono, mettre : mis , placé dessus.
- ( Botan. ) Graines surposées ; ce sont des graines posées l’une sur l’autre , en série longitudinale.
- SURPRISE , s. f. du latin super, sur, et. deprehendere, prendre : l’action de prendre inopinément.
- ( Art milit.) On prend une place par surprise } quand, pour s’en rca-
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- dre maître, on se sert du pétard, de l’escalade , des embûches, de l’introduction par quelque trou du rempart, d’égout ou de rivière , ou par le moyen des fossés glacés , ou par une intelligence secrète, ou enfin par quelque stratagème que ce soit, qui n’oblige pas aux longueurs et aux autres formalités accoutumées des sièges.
- SURSÉANCE, s. f. du lat.super, sur, dessus , et de sedeo, s’asseoir : littéralement l’action de s’asseoir dessus , de surseoir.
- ( Pratique, commerce ) Délai , suspension, tems pendant lequel une affaire est sursise ; grâce, terme qu’on accorde à ceux qui sont obligés de payer quelque dette.
- SURSIS, participe de surseoir, et s. m. même origine que S U R-SEANCE.
- ( Pratique ) Délai. Ordonner un sursis, obtenir un sursis.
- SURSOLIDE , s. m. du latin super solidum.
- ( Arithmétique ) La cinquième puissance d’un nombre, ou la quatrième multiplication d’un nombre considéré comme racine.
- ( (Jéométrie ) Problème sursolide; c’est celui qui ne peut être résolu que par des courbeç plus élevées que les sections coniques.
- SUSCEPTION, s. f. du lat. sus-cipio, susceptum, s’attirer, prendre sur soi : action par laquelle on reçoit. V. INTUS-SUSCEPTION. *
- SUSCRIPTION, s. f. du lat. super, sur, et de scribo , scripluni, écrire : l’action d’écrire sur.
- ( Pratique ) Titre, adresse, ce qui est écrit au dessus d’un acte, d’une lettre, etc.
- SUSPENSION, s. f. du latin sus-pendo , pour super pendo, attacher en haut : suspendre.
- ( JMécan. ) Le point de suspension d’une balance est le point où la balance est arrêtée et suspendue. Les points de suspension des poids de la balance sont les points où sont attachés ces poids.
- ( Rhélor. ) La Suspension est une figure de rhétorique propre aux passions , à réveiller l’attention des auditeurs. Elle se fait lorsqu’on com-
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- mence un discours de telle sorte ciue l’auditeur ne sait pas ce que va dire celui qui parle, et que l’attente de quelque chose de grand le rend attentif.
- ( Musique ) On dit, en musique, qu’il y a suspension dans tout accord sur la base duquel on soutient un ou plusieurs sons de l’accord précédent , avant que de passer à ceux qui lui appartiennent. Il y a des suspensions qui se chiffrent et entrent dans l’harmonie ; d’autres suspensions ne sont que de goût.
- ( Econ. polit. ) Suspension se dit aussi de l’action d’interdire un fonctionnaire public de ses fonctions..
- SUSPENSOIRE, s. in. même origine que SUSPENSION.
- {Anat.') Il se dit de plusieurs li-garriens. Le ligament suspensoire du foie ; le ligament suspensoire de la verge ; le ligament suspensoire de la vessie.
- ( Chirurgie) Suspensoire est aussi le nom d’une espèce de bandage dont on se sert pour soutenir le scrotum, dans les descentes et les autres maladies de cette partie.
- SUTURAL , LE , adj. du latin sutura, couture.
- ( Botan. ) Qui naît ou dépend d’une suture ; les graines ou les placenta , de certains fruits sont sulurales. Le style des légumineuses, de quelques renonculées, etc. est suturai.
- SUTURE , s. f. du lat. sutura.
- (Anal. ) Articulation particulière aux os de la tête , dans laquelle les pièces sont engrénéesde manière que les dents, par lesquelles elles se tiennent , représentent à l’extérieur une grosse couture.
- ( Chirurgie ) Suture , en termes de chirurgie , est la réunion qui se fait des lèvres d’une plaie en les cousant.
- On distingue deux espèces de suture :
- La suture sanglante, celle qui se fait avec une aiguille.
- Suture sèche ou suture fausse , celle qui se fait en appliquant sur la plaie des emplâtres adhésifs.
- ( Botan. ) Suture, en botanique, est une impression longitudinale, plus ou moins marquée, indiquant
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- rom nie la soudure ou la commissure de deux parties.
- SVELTE, adj. de l’italien svelte, délié.
- ( Peinture ) Svelte , dans toute l’étendue que lui donnent lesartistes, répond aux mots élégant , délicat, léger.
- Le svelte s’applique plutôt à l’ensemble , qu’à de moindres parties. On ne dit pas des bras , des jambes sveltes', maison dit une taille svelte, en parlant de celle d’une nymphe ou de celle d’un jeune homme.
- SYBÉRITE , s. f. de Sibérie, nom de pays, et du greex<9oç (lithos), pierre : pierre de Sibérie.
- ( Minéral.') Nom donné par quelques naturalistes au schorl rouge de Sibérie.
- SYCOMANTIE , s. f. du grec rwtov ( sukon ) , figuier , et de putv-rzU ( nianleia ) , divination.
- (Divination ) Sorte de divination en usage chez les anciens par le moyen de feuilles de figuier sur lesquelles on écrivoit les questions dont on vouloit avoir la solution.
- SYCOPHANTE , s. m. du grec «/xo^àïTsiç ( sukop hantés ), formé de OVH.OV (sukon), figuier, et de ?*fva> ( phainô ) , dénoncer ; littéralement, dénonciateur de figuiers.
- ( Hist. anc. ) On appeloit syco-phantes , chez les Athéniens, les dénonciateurs de ceux qui transportaient des figuiers hors de l’Attique j. «t la raison de cette dénomination , Venoit de ce que le territoire d’Athènes , sec et aride, ne produisant guère que des olives et des figues , une loi défendoit l’exportation des %uiers , et autorisoit la dénonciation de ceux qui l’enfreignoient ; nmis comme souvent ces sortes de dénonciations étaient de pures calomnies , le mot de sycophante , devint bientôt synonyme de calomniateur ; et , depuis, on a continué d’appeler de ce nom les délateurs , les faiseurs de faux rapports, sur-tout dans les maisons des princes.
- SYLLABE , s. f. du grec ovxx*Çù ( sullabé ) , dérivé de <nixxttp.Çâ.va> ( sullambanô ) , comprendre ; parce que la syllabe est comprise dans une seule émission de voix.
- ( Grainm. ) Son simple ou com-
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- posé , prononcé avec toutes ses articulations , par une seule émission de voix.
- De Syllabe ou a fait syllabaire , pour désigner un petit livre élémentaire , où les syllabes sont rangées par ordre , pour apprendre à lire ; et syllabique pour ce qui a rapport aux syllabes ; syllaber, pour assembler des lettres , syllabiser, pour ranger par syllabes ; syllabisation pour l’action de former, de prononcer des syllabes.
- SYLLEPSE , s. f. du grec <rùx-(sullêpsis ), prise, acception.
- ( Gramm. ) La syllepse est une figure de grammaire , par laquelle le discoui's répond plutôt à notre pensée qu’aux règles grammaticales. 11 est six heures , au lieu de dire, il est la sixième, heure , est une syllepse.
- ( Diction ) Il y a syllepse quand le même mot est pris au propre et au figuré dans la meme phrase. Quand le berger Coridon, dans une égîogue de Virgile, dit que sa Galathée e.-t pour lui plus douce que le thim du mont Ida ; ce mot douce est pris en même tems au propre et au figuré ; au propre par rapport au thym ,et au figuré, par rapport à l’impression que la bergère fait sur lui.
- SYLLOGISME , s. m. du grec BvhXoytçpibç (sullogismos) , raisonnement, dérivé de <ryv, avec, et de Xzyce, dire.
- ( Logique ) Le syllogisme est un raisonnement composé de trois propo. sitions dépendantes l’une de l’autre : la première contient la seconde ; la seconde fait voir qu’elle est contenue dans la première, et toutes les deux démontrent mutuellement qu’elles contiennent la troisième.
- SYLPHE , IDE, s. du grec <rîx<tn ( silphê) , nom d’une espèce d’insecte qui ne vieillissoit jamais.
- (Cabale) Nom que les cabalistes donnent aux prétendus génies élémentaires de l’air.
- SYLVANE, s. f. de Transylvanie, nom de pays.
- ( Minéral. ) C’est le nom que Weraer et les minéralogistes allemands donnent au nouveau métal, que nous appelons TELLURE. (V. ce mot.) Weraer l’a nommé ainsi
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- parce que c’est en Transylvanie qu’on
- l’a découvert.
- SYLVATIQUE , adj. du latin sy lva ou sïlva , forêt.
- ( Botan. ) Il se dit des plantes qui croissent dans les forêts.
- SYLVESTRE , adj. du lat. suives tris, fait de sylva, forêt: de bois , sauvage.
- ( Bolan. ) Il se dit en général, des plantes qui viennent sans culture ; mais il est particulièrement employé
- Ïav opposition à quelque plante ana-ogue cultivée.
- SYMBOLE, s. m. du gr. o-é^Toxov ( sumholon ) , dérivé de avpQéi'KXce ( sumballô ), comparer , conférer : signe , marque, caractère, image ou figure, qui sert à désigner , à représenter quelque chose.
- ( Relig. cathol. ) En termes de religion catholique, on appelle vp/?!-boles ou symboles sacrés, les signes extérieurs des sacremens.
- Symbole se dit aussi du formulaire qui contient les principaux articles de la foi. Les trois symboles de la foi sont le symbole des apôtres, le symbole de hiicée, et le symbole attribué à saint Athanase.
- (Antiquité) Chez les anciens peuples , le symbole étoit une espèce d’emblème oureprésentation de quelque chose morale , par les images ou propriétés des choses naturelles. Le Lion étoit le symbole de la valeur ; la boule , de l'inconstance ; le pélican , de l’amour paternel. Chez les Egyptiens , les symboles étoient fort estimés et couvroient la plupart des mystères de morale. Les lettres des Chinois sont des symboles significatifs.
- Symbole a produit symbolique, pour exprimer ce qui se t de symbole , et symboliser, pour avoir du rapport, de la conformité.
- Les alchimistes disent dans ce sens , que les planètes symbolisent avec les métaux.
- SYMBOLOGIE , s. f. du grec avp.Caxov (sumholon) , symbole, et de ’k'oyaç ( logos ), discours , traité.
- ( IVIéd. ) hartie de la pathologie qui traite des signes et des symptômes des maladies.
- • SYMÉTRIE , s, 1. du grec cvp.-fiurpiii ( summetria ) , rapport, pro-
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- portion ou régularité des parties nécessaires pour former un beau tout • dérivé de <rùv (suri), avec, ensemble et de y.'cTfov ( métron ) , mesure : mesure commune, proportion d’égalité ou de ressemblance.
- ( Archit. ) Symétrie est en architecture , la disposition régulière de toutes les parties d’un bâtiment le parfait rapport qu’ont entr’elles les parties correspondantes , comme les deux ailes d’un bâtiment.
- SYMPATHIE , s. f. du grec n/Jb. nTküîict ( sumpathéia ), convenance d’affections et d’inclinations , composé de ovv (suri) , avec, et de <»•<*do; ( pathos ) , affection , passion : correspondance des qualités que les anciens imaginoient entre certains corps.
- ( Physiol. ) Sympathie s’entend parmi les physiologistes, du consentement, de la convenance, de la relation , du rapport d’une partie avec une autre. La sympathie qui se trouve entre certaines parties du corps humain , dépend de la communication qu’elles ont ensemble par le moyen des artères, des veines, des vaisseaux lymphatiques , des tuyaux secrétoires et excrétoires, des nerfs, des membranes, des muscles, des tendons ou d’autres parties qui leur sont communes. C’est par quelques-unes de ces voies , qu’une maladie arrive à une partie du corps par le vice d’une autre qui lui a communiqué la cause ; ce qu’on appelle par sympathie ou par consentement.
- (Peinture) Lespeintres emploient le mot sympathie pour désigner l’amitié, l’accord des couleurs en-trelles. Il y a des couleurs dont le voisinage est dur , et d’autres qui s’approchent doucement, qui semblent se complaire à s’avoisiner.
- Il y a des couleurs qui sont naturellement antipathiques ; telles sont deux couleurs qui, belles par elles-mêmes , et capables de s’avoisiner avec douceur, ne produisent, par leur mélange , qu’une troisième couleur désagréable.
- ( IVlêd. empyrique ) Poudre de sympathie c’est une poudre pié-parée que l’on applique sur le sang so-i ti d’une blessure, et que l’on pré-
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- ten<3 qui agit sur la personne blessée, quoiqu’elle soit éloignée.
- SYMPATHIQUE , adj.de SYMPATHIE. ( K. ce mot ) , qui a de la sympathie.
- { Méd. ) On donne cette épithète aux maladies qui ont deux causes, uneéloignée ou primitive, etunepro-cbaine, et qui tirent par conséquent leur causeprimitive d’uneautre partie que de celie qui est affligée. Il est opposé à IDIOPATHIQUE ( Voy. ce mot. ) Il se dit aussi des causes mêmes des maladies.
- ( 'J'echnol. ) Encre sympathique. Voy. ENCRE.
- SYMPÉT \LIQUE , adj. du grec evv ( sun ) . qui marque réunion , et de tarîTet'AOv ( p étalon ) , feuille , pétale ; comme qui diroit réunion de pétales.
- ( Botan. ) Il se dit des étamines qui réunissent les pétales , de manière à donner à une corolle véritablement polypétaiée, l’apparence de monopétaléité ; la plupart des mal-vacées, que .ques guy ai Lacées , etc. ont des étamines symp étatiques.
- SYMPHÎSE ou S YMP.TYSE, s. f. du grec avuqumç ( sumphusis ), .ait de aii'i ( sun ), aec, et ue q>ùoo {phuo j 1 naitre: adhérence, union.
- ( sliiat, ) Union ou liaison naturelle des os. Toutes les pièces qui composent le squelette sont naturellement liées ou unies ensemble ; c’est cette union ou liaison que les anciens ont nommée symphise.
- ( Chirurgie ) Symphise se dit encore, en termes de chirurgie , de la réunion des passages naturels , tels que l’anus , le vagin, les narines , etc.
- SYMPHONIE , s. f. du grec <rup-<J( sumphônia ) , fait de obv ( sun ) , av; , et de q>i»vii {phone), son, voix.
- ( Musique ) Ce mot siguifie dans la musique ancienne, cette union des sons qui forme un concert. Il paraît démontré que les Grecs ne connoissoient pas l’harmonie dans le sens qu’on donne aujourd’hui à ce mot. Ainsi leur symphonie ne for-moit pas des accords , mais elle ré-sultoit du concour., de plusieurs voix mi de plusieurs iastruuaens , on
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- d’iristrumens mêlés aux voix , chantant ou jouant la même partie ; cela se faisoit de deux maniérés : ou tout concertoit à l’unisson , et alors la symphonie s’appeloit plus particulièrement homophonie ; ou la moitié des concertans étoit à l’octave , ou à la double octave de l’autre, et cela se nommoit antiphonie.
- Aujourd’hui le mot symphonie • s’applique à toute musique instrumentale , tant des pièces qui ne sont destinées que pour les instrumens , comme les sonates et les concerto , que de celles où les instrumens se trouvent mêlés avec les voix , comme dans nos opéra, et dans plusieurs autres sortes de musique.
- SYMPTOMATIQUE , adj. du grec o-ùp.tanoùp.1. ( sumptoma ) , symptômes, qui tient du symptôme.
- ( Médec. ) On appelle maladies symptomatiques, celles qui dépendent du vice de quelqu’autre partie que celles où elles se manifestent , et dont elles ne sont que le symptôme : telle es\ l’inflammation de la conjonction à la suite des plaies du cerveau 5 car elle vient de la lésion de la dure-mère.
- Evacuations symptomatiques ; ce-sont celles qui ne se font pas par la eoetion des humeurs , comme les critiques ., mais par leur irritation , ou par la foibiesse des parties , sans terminer les maladies : telles sont les sué-vs et les diarrhées qui viennent dans le commencement des maladies.
- SYMPTOMATOLOGIE , s. f. du grec rû pourra put. ( sumptoma ) , symptôme , et de Koyoç ( logos J , discours , traité.
- ( Méd. ) Partie de la médecine q i trai e des symptômes des maladies.
- SYMPTÔME , s. m. du grec 0-ùprtmop.cL ( sumptoma ) , fait de <rùv ( sun ), avec , et de méi-ts-T s i pip-to ) , tomber, arriver : ce qui tombe, ce qui arrive avec quelqu’autre chose.
- ( Méd. ) Symptôme signifie en généra,! . tout et qui arrive contre nature dans l’animai , la maladie , la cause morbifique , et toutes les sucres : dans un sens plus strict , il ne s’entend que des suites des maladies et de leurs causes , à l’exclu =
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- sion des maladies et des causes mêmes.
- SYMPTOSE , s. f. du grec ovputr-vuxri; ( sumptôsis ) , fait de ovv ( sun ) , avec , et de ( pipto ),
- tomber ensemble.
- ( Méd. ) ün appelle ainsi l’affais-sement et la contraction des vaisseaux , comme il en arrive après des évacuations. Il est opposé à DION-COSE. Poy. ce mot.
- SYNAGÉLASTIQUE , adj. du grec avy ( sun ) , avec , et d’kyixâÇc» ( agélazô ) , assembler : qui se rassemble en troupeau.
- ( Icthiologie ) Epitbète qu’on donne aux poissons qui nagent en bandes.
- SYNAGOGUE, s. f. du grec ovvx-yctyii ( sunagôgé), fait de cruv ( sun ), avec , ensemble , et (V’âya> ( agâ ) , conduire , presser : congrégation , assemblée.
- ( Religion juive ) L’assemblée des fidèles sous l’ancienne loi , et aussi le lieu destiné chez les Juifs au culte public.
- Quelques-uns croient que l’usage des synagogues n’est pas fort ancien parmi les Juifs, et que ce ne fut qu’a-près le retour de la captivité de IJa-bylone qu’on crut que le.service de Dieu n’étoit pas tellement attaché au temple de Jérusalem , qu’il ne pût être célébré ailleurs. D’autres disent qu’il y avoit des synagogues, même du tems de David. Quoi qu’il en soit, les J uifs en érigoient partout. On en comptoit 480 dans la seule ville de Jérusalem.
- SYNALÈPHE , s. vn. du grec ffv\’ct\ei<prjù ( sunaleiphô ) , joindre ensemble , confondre.
- ( Gramm. ) Elision d’une voyelle devant une autre , ou réunion de deux mots en un seul dans la prononciation.
- SYNALLAGMATIQUE , adj. du
- grec trwHt'K'kcLyp.'LTnibç ( sunallag-matikos ), fait de ovv ( sun ) , avec, et (PctAxâTroo (allatto ) , changer , changer avec , échanger : qui concerne les échanges.
- ( Pratique ) Il se dit d’un contrat qui contient des engagemens réciproques entre les contractans , et qui par conséquent est obligatoire de part et d’autre.
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- SYNANCIE ou SYNANCHIE , s. f. du grec ovv ( sun ) , avec, et d’ây^uv ( agchein ) , suffoquer étrangler.
- (Chirurgie) Espèce de squinancie, datas laquelle les muscles internes du pbarinx se trouvent enflammés.
- SYNANTÜÉRIQUE , adj. du grec ovv ( sun ) , qui marque réunion, et d’àvâxpà? ( aiitheros ) , anthère, à anthère : à anthères réunies.
- ( Bôtan. ) Il se dit des étamines dont les anthères sont réunies entre elles.
- SYNAPHE , s. f. du grec ovvitp» ( sunaphé ) , liaison , connexion , adhérence.
- ( Musique ) Conjonction de deux tétracordes, ou , plus précisément, résonnance de quarte ou diatessaron, qui se fait entre les cordes homologues de deux tétracordes conjoints.
- SYNARTHROSE , s. f. du grec ovv ( sun ) , avec , ensemble , et d’&pQpov ( arlhron ) , articulation : co-articulation.
- ( ^4nat. ) Espèce d’articulation par laquelle les os sont arrêtés ensemble , pour demeurer fermes dans leur situation , telle est celle des os du carpe et du métacarpe.
- SYNATROÏSME , s. m. du grec ffvvcLfTka ( sunartaô ) , mettre ensemble.
- (Rhétorique)Figure de rhétorique qui consiste à faire un amas de plusieurs choses ou d’espèce d’une chose, au lieu de nommer la chose même. JVihil ex ista laude centuriq, nihil prcefeclus, nihil cohors, nihil lur-ma decerpit.
- SYNAULÉE, s. f. du grec ovv&v'ki* (sunaulia), fait de <rùv (sun), a ver, ensemble, et de d’stè*») ( aidé), habitation : proprement co-habitation, et par extension concert de flûte.
- ( Musique) Concert de plusieurs musiciens, qui, dans la musique ancienne , jouoient et se répondoienf alternativement sur des flûtes , sans
- aucun mélange de voix.
- SYNAXARION , s. m. du grec tv vaifstpm ( sunaxarion ) , fait de ov~ vatf/ç (sunaxis ) , recueil.
- ( Culte religieux ) Les Grecs appellent ainsi un recueil abrégé de la vie des saints.
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- SYN AXE, s, f. du grec avyct^n (su-naxis ), assemblée, de avyécrym, réunir, _
- (Relig. calliol.) C’était le nom de l’assemblée des premiers ch ré liens , où l’on’chantoit les psaumes, et où l’on faisoit les prières en commun.
- SYNCARPE, s. m. du grec avy (sun), avec,ensemble, et de uctp-nro;
- ( [uu'pos ) , fruit, semence.
- ( Botan. ) Fruit composé de plusieurs petits fruits , comme soudés les uns aux autres, et provenant d’une seule fleur polygynique.
- SYNCHISE, s. f. du grec my (sun), avec , et de yva> ( chuo ) , répandre : désordre, confusion.
- ( G-rainm. ) Transposition de mots qui trouble l’arrangement d’une période.
- SYNCHONDROSE , s. f. du grec ffiv (sun), avec, et de yové'poç (chou-dros), cartilage.
- (Anat. ) Union de deux os , faite par l’interposition d’un carlilage. C’est ainsi que les côtes sont attachées au sternum.
- SYNCHRONE, adj. du grec rôv (sun) , avec, ensemble, et de %p'ovoç (chronos), tems : en même tems.
- (Physique i mécanique ) Ce mot est d’usage en mécanique et en physique, pour marquer les mouvemens ou effets qui se font dans le même tems. Il ne faut pas confondre synchrone avec isochrone ; celui - ci marque des eflets qui se font en tems égaux , et celui-là , des effets qui se font non - seulement dans des tems égaux, mais en môme tems.
- SYNCRHQNISME , s. m. même origine que SYNCHRONE, identité du tems.
- ( Didact. ) Le synchronisme est l’identité du tems, comme Visochronisme en est l’égalité. On dit le synchronisme de deux personnes , de deux choses, pour la co-existence de ces deux"personnes, de ces deux choses dans le même tems.
- De Ikon di t synehroniste pour contemporain , qui a vécu dans le même tems.
- SYNCOPE , s. f. du grec ovÎHQ'wrw ( sugkopto ) , couper , retrancher.
- ( Méd. ) Défaillance subi te et considérable : abattement de toutes les lorces et des fonctions animales et vitales.
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- (Oramm. ) Syncope est aussi une figure cle grammaire, qui consiste dans le retranchement d’une lettre ou d’une syllabe au milieu d’un mot.
- (Musique') Syncope se dit en musique du prolongement sur le tems fort d’une note commencée sur le temsfoible.
- SYNCRÈSE , s. f. du grec ervlupiya» (sugkrino ) , épaissir , cailler , figer.
- ( Chimie ) Concrétion ou coagulation opérée £ar la réduction spontanée ou violente d’une substance liquide en une solide, par le retranchement de l’humide.
- SYNCRÉTISME, s. m. du grec trùv (sun), qui exprime réunion , et de %p»nic-ubç (krétismos), manière des Crétois : réunion à la manière des Crétois.
- ( Didact. ) Quelque division qu’il y eût dans le sein de la république de Crète, on se véunissoit toujours contre l’ennemi commun , et cette vertu politique étoit si bien établie, qu’elle passa en proverbe dans toute la Grèce, et qu’on appela communément syncrétisme toute espèce de réunion , soit en matière de religion, soit en matière civile ou politique , des sectes, des opinions ou des partis les plus opposés et les plus contradictoires. Il s’entend maintenant, en parlant de religion, de la conciliation , du rapprochement de diverses .sectes, de différentes communions.
- SYNCRITIQUE, adj. même ori- . gine que SYNCRÈSE.
- (Méd.) Ep ithète que donnoient les médecins méthodiques aux remèdes qui étaient d’une nature coercitive et astringente.
- S YNDÉRÈSE, s. f, du grec evy-T»?i<riç ( su/Ueresis ) , fait de ci y (sun), ensemble, et de mpiee(léreo),^ observer : observation.
- ( Religion ) Remords de conscience , reproche secret que fait la conscience de quelque crime qu’on a commis, et qui tourmente sans cesse. La conscience a été appelée de la sorte , parce qu’elle esr comme une sentinelle qui observe tout, et qu’elle nous reproche le mal que ncus commettons.
- SYNDESMOGRAPHTE , s. f. du grec ebiS’isp.op (sundesmçs), lien , C «
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- ligament j et de ypâ<pa> ( graphô ),
- décrire.
- (.Anat.) Partie de l’anatomie qui a pour objet la description des liga-mens.
- SYNDESMOLOGIE , s. f. du grec ffûvtTeç^oç (sundesmos ) , lien , ligament , et de xâyoç ( logos ), discours, traité.
- ( Anat. ) Partie de l’anatomie qui traite de l’usage des ligamens.
- SYNDESMOSE, s. f. V. SYNNÉ-VROSE.
- SYNDESMATOMIE, s. f. du grec pvvé'tçp.oç (sundesmos) , lien , ligament , et de rifAvœ ( tcmiiô ), couper, disséquer.
- {Anat.') Partie de l’anatomie qui a pour objet la dissection des liga-mens.
- SYNDIC, s. m. du grec mv (sun), avec , et de J'îxn (diké), cause, justice, procès.
- ( Commerce) "Les anciens appe-loient syndics ceux quiétoient élus pour prendre soin des affaires d’une même communauté, d’un corps dont ils étoient membres.
- SYNECDOQUE ou SYNECDO-CHE , s. f. du grec crjvix<?o%i) ( su-nekdochê ) , fait de avv ( sun ), ensemble, et de J'éyopcti (dé chômai), prendre, recevoir : compréhension , conception.
- (Diction ) On appelle 'ainsi une figure de diction qui fait concevoir à l’esprit plus ou moins que le mot dont on se sert ne signifie dans le sens propre. C’est une espèce de métonymie , avec cette différence pourtant que la métonymie prend simplement un mot pour un autre, au lieu que la synecdoque prend le moins pour le plus ou le plus pour le moins.
- SYNÉRÈSE, s, f. du grec crùv (sun), avec , et d’â/as» ( haireô ), prendre.
- ( ùramm. gr. ou lut. ) Contraction, réunion de deux syllabes en une seule dans un même mot.
- SYNÉVROSE ou SYNNÉVROSÊ, î. f. du grec svt (sun ), avec, et de viiïpov ( neuron), nerf: liaison par les nerfs.
- (Anat.) Union de deux os, faite par l’interposition d’un ligament : elle se trouve particulièrement dans toutes les articulations mobiles, et sert à les affermir.
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- SYNGÉNÉSIE, s. f. du grec ^ ( sun ) , avec , et de yîUofAeti i(géino-j mai), naître: naître ensemble.
- (Botan. ) Linnæus a ainsi appelé la dix-neuvième classe de son système des végétaux , celle qui comprend les plantes dont les anthères des étamines sont réunies en un tube, à travers lequel passe le pistil. Elle renferme les plantes que ri our-nefort avoit appelées composées , parce que leurs fleurs sont réunies en plus ou moins grand nombre, dans un calice commun.
- SYNGRAPHE , s. m. du grec evv (sun), ensemble, et de ypé<pv (grapho ), écrire : écrire ensemble.
- ( Jurisprud. anc. ) Syngraphe étoit le nom qu’on donnoit autrefois à un acte souscrit de la main du débiteur et du créancier, et gardé par tous les deux.
- SYNODE , s. ro. du grec «rjyotêej (sunodos) , fait de cvv (sun ) , avec, ensemble , et d’ô-Toc ( hodos ), voie, chemin : assemblée publique où l’on se rend de tous côtés.
- ( Hist. ecclés. ) C’est, en général , une assemblée de l’église. On a employé quelquefois le mot synode, pour désigner une assemblée générale de tous les évêques , et l’assemblée des évêques d’une nation ou d’une province, Dans ce cas , on dit mieux CONCILE. V'. ce mot.
- Synode se dit aujourd’hui d’une assemblée des curés et autres ecclésiastiques d’un diocèse,convoqués par l’évêque , pour y faire quelques réglemens, quelques corrections . pour conserver la pureté des mœurs dans son diocèse.
- (Relig. réf.) Les églises prétendues réformées , l’église anglicane , etc., ont aussi leurs synodes pour entretenir chez elles la réforme et la discipline.
- SYNODIQUE, adj. de SYNODE. V. ce mot.
- ( Hist. ecclés. ) Qui est émané d» synode. Lettres synodiques.
- ( Astrpn. ) On donne aussi ce nom aux révolutions des planètes , consi-1 dérées relativement à leur conjonction au soleil, que l’on appeloit autrefois synode ; de sorte que le temv qui s’écoule entre une coujohcUü-u
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- ftievenne et la suivante, s’appelle révolution synodique.
- Mois synodique ; c’est la révolution synodique de la lune , ou l’intervalle entre deux conjonctions successives de la lune au soleil.
- SYNONYME , s. m. et adj. du grec ovvcévtjtjioç {sunànumos) , fait de vov (sun) , avec, et d’oviu* (ono-mai) , nom, même nom : qui a même nom ou même signification qu’un autre.
- ( Diction) On appelle synony-mes , les mots qui se ressemblant par une idée commune, sont néanmoins distingués l’un de l’autre, par une idée accessoire et particulière à chacun d’eux', d’où naît, dans beaucoup d’occasions, une nécessité de choix pour les placer à propos, et parler avec justesse.
- La ressemblance queproduit l’idée générale, fait les mots synonymes, et la différence qui vient de l’idée particulière qui accompagne la générale, fait qu’ils ne le sont pas parfaitement , et qu’on les distingue comme les diverses nuances d’une même couleur.
- SYNONYMIE, s, f. même origine que SYNONYME. /A ce mot.
- (Rhét. ) La synonymie est une figure de rhétorique , qui exprime la même ch ose par des mots que l’on regarde comme synonymes, comme par exemple, abiit, excessit, eva-sit, erupil.
- (Hisl. nal.) Synonymie est parmi les naturalistes, l’art 4e rassembler les nomsdilî’érensque les minéraux , les végétaux et les animaux , ont reçu des différer)s auteurs qui les ont décrits , et de les rapprocher de l’individu , de l’espèce , ou du genre auxquels ils appartiennent exclusivement.
- L’histoire naturelle ne peut faire de progrès qu’autant que les divers objets qu’elle embrasse, ont des noms particuliers, qui servent à les faire reconnaître. Mais l’étude et l’observation des productions immenses dé la nature, n’ont pu être l’ouvrage d’un seulhomme. Delà les différens noms donnés à une même chose ou le même nom donné à différentes choses ÿ de là ces nombreuses nomenclatures qui ' embrouillent les
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- sciences naturelles; de là la nécessité des synonymes.
- L’ouvrage le plus parfait que l’on connoisse en ce genre , est le species plantarum de Linnæus, dans lequel l’auteur rapporte tous les noms, toutes les phrases des plus célèbres auteurs qui ont écrit sur la botanique.
- Il ne faut pas confondre la nomenclature avec la synonymie : la première a pour objet d’assigner à chaque individu,«à chaque espèce, à chaque genre, le nom qui lui est propre ; au lieu que l’autre est. l’art de rapporter à un individu, etc., tous les noms que lui ont donné ceux qui l’ont décrit.
- SYNOPTE, s. m. V. SINOPLE. SYNOPTIQUE, adj. du grec oùv ( sun ), ensemble, et d’o.vfl up.a.1 [op-lomai) , voir : que l’on voit dans sou ensemble, dans sa totalité.
- ( Didact. ) l'ableaux synoptiques / ce sont des tableaux qui représentent sous un seul point de vue , des classifications , des principes fondamentaux , des résultats , des faits, etc., qui ont été décrits en détail , dans le cours d’un ouvrage.
- SYNOQUE, adj. du grec m ( sunéchés ), continu , formé de Gvv ( sun ) , ensemble , et d ( écho ), tenir, tenir ensemble, entretenir.
- ( 1)1 éd. ) Epithète que l’on donne à une espèce de fièvre continue , qui persiste jusqu’à la fin, saiA redoublement.
- SYNOSTÉOGRAPHIE, s. fém. du grec <rùv ( sun ), avec, ensemble, d’ôç-îbv (osléon) , os, et de (graphô) , décrire.
- (Anat.) Partie de l’anatomie qui a pour objet la description des jointures , des articulations des os.
- SYNOSTÉOLOGIE, s. f. du grec 0-ùy ( sun ) , avec , d’osdov ( os-léon ) , os , et de Koyoç ( logos ) , discours, traité.
- ( Anat. ) Partie de l’anatomie qui traite de l’usage des articulations des os.
- SYNOSTÉOTOMIE , s. fém in. du grec <rùi ( sun ) , avec , ensemble , d’esdov {ostéon) , os, et de <rs/xy» {temnô), inciser, couper.
- {Anal.) Partie de l’anatomie qui a pour objet la dissection, ou la
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- préparation anatomique des articulations des os.
- SYNOVIE , s. f. du grec avv (suri), avec, ensemble, et d’à>àv (00.7) , oeuf.
- ( Physiol. ) Terme créé par Paracelse , pour désigner une liqueur visqueuse, inucilagineusè, semblable à un blanc d’œuf battu ; elle se trouve dans toutes les articulations mobiles, où elle est renfermée par des capsules ligamenteuses qui l’empê-client de s’écouler. Elle sert à humecter et lubrifier les articulations entre lesquelles elle se répand.
- SYNTAXE, s, f. du grec (rjVT&ïtç ( suntaxis) , formé de avv (sua ) , ensemble , et de TÂcrtri» ( lasso ), construire , arranger.
- (Jramm. ) La syntaxe est cette partie de la grammaire qui règle, d’après l’usage, la forme sous laquelle un mot doit paroîfre dans le discours, en conséquence des liaisons qu’il a avec d’autres mots.
- Syntaxe signifie aussi les règles de la construction des mots et des phrases; il se dit encore du livre qui comprend ces règles.
- SYNTEXIS, s. f. du grec rivr-éçiç ( suntêxis ) , colliquation , formé de irtiv (sun), avec, ensemble, et de riuuiù ( téko ) , fondre , dissoudre.
- ( Med. ) Abattement de forces , épuisement : exténuation ou colli-quation des parties solides d’un corps.
- SYNTHESE , snbst. fémin. du grec ovvQunç (sunthesis), composition , formé de avv f sua ) ensemble , et. de TtBvfM ( titnêmi ) , placer , mettre, mettre ensemble ; l’art de mettre ensemble.
- (Didact. ) On appelle synthèse , dans les sciences , la méthode par laquelle, en partant des premiers principes, des axiomes, des définitions, on parvient, par un enchaînement de propositions démontrées, à la connoissance des vérités les plus éloignées. Dans ce sens, la synthèse est opposée à Vanalyse , qui commence par les propositions générales pour descendre aux premiers principes. L’analyse est la décomposition du tout; la synthèse est sa recomposition. Poy. ANALYSE.
- De synthèse on a fiait synthétique, pour ce qui à rapport à la syn-
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- thèse, et synthétiquement, pour ce qui est fait d’une manière synthétique.
- ( Chimie') La synthèse, en chimie , est synonyme de recomposition. C’est un moyen qu’elle emploiepour connoître l’action intime et réciproque des corps de la nature.
- La synthèse sert, de preuve à l’analyse ; c’est, par elle qu’on parvient à réformer le corps soumis à cette dernière opération , en réunissant tous les principes qu’on avoit séparés.
- ( Chirurgie) Les chirurgiens emploient le mot synthèse clans le sens de liaison , réunion, jonction.
- La synthèse est une des quatre opérations de la rhirurgie ; c’est par elle qu’on réunit et remet ies parties divisées ou déplacées contre l’ordre naturel. On distingue la synthèse de continuité , et la synthèse de contiguïté ; la première réunit ce qui a été divisé ; la seconde remet dans sa situation naturelle ce qui a été déplacé. De là, on appelle synthétisme L’ensemble des opérations de la synthèse , comme l’extension , la coaptation ,1a remise et le bandage d’une fracture.
- ('Mathématiques) On dit, en mathématiques , que l’on procède par synthèse, quand on démontre le résultat d’un problème , de manière à ne pas laisser apercevoir la chaîne des propositions qui ont conduit à ce résultat ; et Ton dit que l’on procède par l’analyse, lorsque l’on développe la suite ou la liaison des propositions qui ont conduit à la solution du problème.
- SYPHON, s. m. Voy. SIPHON.
- SYRINGOTOME, s. m. du grec trônyy ( surigx ) , tuyau , flûte , et par métaphore, une fistule, et de TÎ/uyce (temno ) , couper, tailler.
- ( Chirurgie ) Nom d’un instrument de chirurgie , propre pour l’opération de la fistule ; sytingotonne est le nom de l’opération même.
- SYROP , s. m. Voy. SIROP.
- SYSSARGOSE, s. f. du grecsy» ( suri ) , avec, et de <rkp% ( sarx} ? au génit. 'ra.pzoç (sari;os.) , chah.
- ( Mnat. ) Union de deux os, tait* par l’interposition des chairs ; telle
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- e«t k liaison de l’omoplate aVec les côtes,
- SYSTALTIQUE ? adj. du grec trjç'i>.},a> ( sustellô ) , resserrer, contracter.
- ( Phisiol. ) On donne cette épithète au mouvement du cœur, des artères , des nerfs , et de foutes les fibres nerveuses, qui par leur vertu élastique, se contractent, se resservent continuellement et alternativement, broient les liquident, et en accélèrent le mouvement progressif.
- SYSTEME, s. m. du grec ovçnpot. (susléma), assemblage, formé de çiv ( Sun ) ensemble, et d'îçhp.i ( hislêmi') , placer.
- (Didactique) Système signifie, en général , un arrangement de principes et de conclusions * un enchaînement, un tout de doctrine, dont toutes les parties sont liées ensemble , et suivent ou dépepdent les unes des autres.
- ( Astronomie ) Système, eu termes d’astronomie , est la supposition d’un certain arrangement des-différentes parties qui composent l’univers , d’après lesquelles les astronomes expliquent tous les phénomènes ou apparences des corps célestes.
- Il y a dans l’astronomie trois systèmes principaux , sur lesquels les philosophes ont été partagés.
- Les anciens philosophes qui con-noissoient très-peu les circonstances tlu mouvement des planètes , varièrent beaucoup sur ce sujet.Pythagore et quelques-uns de ses disciples, supposèrent d’abord la terre immobile au centre du monde. Dans la suite , plusieurs disciples de Pythagore s’écartèrent de ce sentiment, firent de la terre une planète, et placèrent le soleil immobile au centre du monde. Platon fit revivre le système de l’immobilité de la terre ; plusieurs philosophes suivirent ce sentiment : c’est ce qui a donné lieu au système de Ptoléjnée.
- Ptolémée, qui écrivoit vers l’au 140 de .1. C.j a donné son nom à ce système , parce que son Almageste est le seul livre détaillé qui nous soit parvenu de l’ancienne astronomie.
- Copernic, vers l’an i3So , commença d’abord par admettre le mouvement diurue de la terre, ou son
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- mouvement de rotation sur son axe , ce qui simplifia beaucoup le système. Ce mouvement une fois admis , il devenoit bien simple d’admettre un second mouvement de la terre dans l’écliptique. Celui-ci explique avec la plus grande facilité, le phénomène des stations et des rétrogradations des planètes.
- Tycho-Brahé, regardant le témoignage de quelques passages de l’Ecriture - Sainte comme un très-grand obstacle» au système de Copernic , proposa, vers la fin du seizième siècle , de placer la terre immobile au centre du monde , et de faire tourner autour d’elle la lune , le soleil et les étoiles fixes ; les cinq autres planètes tournant autour du soleil, dans des orbites qui sont emportées avec lui dans sa révolution autour de la terre. Mais comme ce système exige la même rapidité de mouvement que celui de Ptolémée , il n’est pas plus recevable. Aussi Longomontanus , astronome célèbre, qui vécut dix ans chez Tycho-Brahé, ne put se résoudre à admettre en entier le système de Tycho ; il admit le mouvement diurne de la terre, ou son mouvement de rotation sur son axe, pour éviter de donner à toute la machine céleste, cette vitesse inconcevable du mouvement diurne.
- Quoiqu’il y ait moins de difficultés à proposer à Longomontanus, que contre Tycho-Brahé , il egt aujourd'hui démontré que le mouvement annuel de la terre est aussi évident que son mouvement diurne. Ainsi, le système de Copernic , corrigé par Képler, demeure vrai dans tous ses points.
- ( Anatom.) Système, en anatomie, signifie un assemblage des parties d’un tout ; c’est ainsi qu’en parlant de tous les nerfs, on dit le système des nerfs, ou le système nerveux.
- ( Bibliogr. ) Système bibliographique ; on appelle ainsi l’ordre observé dans une classification quelconque d’ouvrages , soit imprimés , soit manuscrits , pour former une bibliothèque ou un catalogue de livres. Jusqu’à ce moment, on ne con-noît aucun système bibliographique parfait, et peut-être est-il impossible d’atteindre à cetteperfecti oh
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- désirée ; car ce système consiste à diviser et sous-diviser en diverses classes, tout ce qui fait l’objet de nos connoissances ; et la difficulté à surmonter pour établir entre toutes ces parties l’ordre qui leur convient , est i°. de fixer le rang que les classes primitives doivent tenir entr’elles ; 2°. de rapporter à chacune d’elles la quantité immense de branches , de rameaux, et de feuilles qui lui appartiennent. Or , seva-t-on jamais d’accord sur les divisions et sur les sons-divisions.
- Les anciens ne nous ont rien laissé sur l’ordre qu’ils observoient dans leurs bibliothèques. Le premier qui a écrit sur cette matière est un nommé Florian Treffer, qui a donné une méthode de classer les livres imprimés à Augsbourg on i56o. Cette méthode est plus que médiocre. On fut un peu plus satisfait des ouvrages de Cardona, en 1687 , et de Schoit, en 1608 , sur le même objet. En 1627 Naudé publia son sîvis pour dresser une bibliothèque.
- Louis Jacob de Saint-Charles publia un Traité des plus belles bibliothèques publiques et particulières. Ces deux derniers ouvrages firent oublier les précédées. Un des systèmes les plus recommandables est celui où l’on expose l’ordre et la disposition des livres du collège de Clermont, tenu par les jésuites à Paris, 1678. La collection entière est séparée en quatre grandes parties : Théologie, philosophie, histoire, droit.
- Les Allemands ont beaucoup travaillé sur la bibliographie ; et parmi les nombreux traités qu’ils ont publiés , il s’en trouve de scriplis et bihliolhecis anle-diluviunis, Mor-bolf, dans son Polyhislor, a parlé de la disposition des livres dans une bibliothèque. Leibnitz a aussi travaillé sur ce sujet.
- Parmi les auteurs frânçois qui ont écrit sur cette matière, on distingue , outre Naudé et Louis Jacob , dont il a été parlé plus haut, Le Gallois, Baillet, Girard , Martin, Barrois et Debure, Formey , Bruzen de la Martillière , Ameilhon , Camus ,
- ' Grégoire , etc.
- (7Musique') Ce mot a plusieurs acceptions en musique : dans son
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- seins propre et technique, système signifie tout intervalle composé ou conçu comme composé d’autres intervalles plus petits , lesquels, considérés comme les élémens du système , s’appellent diastème.
- Système est encore , ou une méthode de calcul pour déterminer les rapports des sons admis dans la musique, ou un ordre de signes établis pour les exprimer.
- Système , enfin , est l’assemblage des règles de l’harmonie , tirées de quelques principes connus qui les rassemblent, qui forment leur liaison, desquels elles découlent, et par lesquels on en rend raison.
- SYSTILE , s. m. du grec <rîsy ( suri ), avec, ensemble, et de s-ôxoç p stulos ) , colonne.
- ( yirchit. anc. ) Edifices où les colonnes sont éloignées de deux de leurs diamètres. Dans cette ordonnance elles sont moins serrées que dans le PYCNOSTYLE. Toy. ce mot.
- SYSTOLE, s. f. du grec ot/ç-ox» ( sustolê ) , contraction , fait de (Tus’lxxœ ( suslellà ) , contracter , resserrer.
- ( Physiol. ) Mouvement du cœur, des artères, et de toutes les fibres nerveuses, qui se fait par contraction ou resserrement pour chasser en avant les liquides , les broyer, les atténuer et faciliter les sécrétions : ce mouvement est opposé à celui de diastole avec lequel il est alternatif. Toy. DIASTOLE.
- SYZYGIE, s. f. du grec iv Çuyici ( suzugia ) , conjonction , formé de avv ( sun ) , ensemble , et de Çivyvôot ( zeugnuô ) , joindre : joindre ensemble.
- ( Astron. ) Ce terme sert à indiquer la conjouction et l’opposition d’une planète avec le soleil ; il s’emploie sur-tout, en parlant de la lune.
- Les éclipses n’arrivent que dans les syzygies.
- Quand la lune est dans-les syzygies ^ les apsides sont rétrogrades ; les nœuds se meuvent plus vite contre l’ordre des signes , ensuite leur mouvement se ralentit.
- Quand les nœuds arrivent dans la ligue des syzygies , l'inclinaison de l’orbite est la plus petite.
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- Ces différentes inégalités ne sont pas égales à chaque syzygic, mais toutes un peu plus grandes dans la conjonction que dans l’opposition. C’est à Newton que l’on doit l’ex-
- Îilication de toutes ces inégalités que es astronomes avoient observées, sans en pouvoir pénétrer la cause.
- Il a fait voir qu’elles étoient la suite de l’action du soleil.
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- T', s. m. la vingtième lettre , et seizième consonne de l’alphabet françois.
- ( Hist. anc. ) Le T étoit. chez les anciens une lettre numérale qui si-gnifioit 160 ; av4c un trait dessus , dans cette forme t , elle signilioit 160.000.
- ( Mo 11 noie) T est le caractère de la monnoie qui se fabrique àNantes.
- ( Chirurgie ) T est le nom d’un bandage, ainsi appelé à cause de sa forme qui ressemble à celle de cette lettre ; il sert pour soutenir l’appareil de la taille de la fistule à l’anus , des plaies , des ^bcès, et des ulcères aux fesses et au périné.
- ( Art de la guerre ) T se dit d’un arrangement en forme de T, et d’une disposition de fourneaux , chambres et iogemens qui se font sons une pièce de fortification pour la faire sauter.
- ( Musique ) La lettre T s’écrit quelquefois dans les partitions pour désigner la partie de la taille , lorsque cette taille prend la place de la basse , et qu’elle est écrite sur la même portée ; la basse gardant le tacet.
- Quelquefois dans les parties de symphonie le T signifie tout ou tuLli, et est opposé à la lettre S ou au mot seul ou solo.
- TABAC, s. m. de Tobago, ou Tobago, l’une des petites Antilles.
- (Bot.') Plante annuelle originaire de l’Amérique, et qui, depuis deux siècles et demi, s’est répandue dans les quatre parties du monde où on la cultive, non pour les arts ou pour servir d’aliment, mais comme une filante de fantaisie qui se mâche , se tu me , et se prend en poudre par- le nez.
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- 1 abac se dit indifféremment ou de la plante même, ou de sa poudre, ou de ses feuilles entières ou séchées.
- C’est vers l’an i56o que cette plante fut introduite en Europe. Elle y porta d’abord divers noms : On l’appela IVicoliane, herbe du Qrand-Prieur, herbe à la Reine , parce que M. IVicot, ambassadeur de France à la cour de Portugal, l’ayant reçue d’un marchand flamand, la présenta, à son arrivée à Lisbonne . a.u. g-xand-prieur, et ]mis, à son retour en France, à la reine Catherine de Médicis. Elle fut aussi appelée herbe de Sainte - Croix, herbe de Torna-Buoiia , des noms des cardinaux de Sainte-Croix et de Torna-Buona , qui, les premiers, la mirent en réputation dans l’Italie. Aux Indes occidentales, âa B ésil r et dans la Floride . elle portoit le nom de pêlun , qu’elle y conserve encore; mais les Espagnols lui donnèrent le nom de tobacco, dont nous avons fait tabac, parce qu’i ls la connurent premièrement à Ta-bago , l’une des petites Antilles. C’est de cette même île de Tabago , que Sir Francis Drake l’apporta en Angleterre, en i585.
- Les Espagnols et les autres Européens ayant fait usage du tabac., h l’imitation dos Indiens , le portèrent Bientôt par-tout où s’étendoit. leur commerce. Ainsi, cette plante, qui n’étoit qu’uue simple production sau-vage d’une petite île ue l’Amérique , se répandit en peu de tems dans un très-grand nombre de climats diffé-rens. Les lieux les plus renommés où elle croit, et où on la cultive aujourd’hui , sont le Brésil, Bornéo , la Virginie, le Maryland, le Mexique , l’Italie, l’Espagne, la Hollande , l’Angleterre, et quelques cont rées de la France , telie que la ci-devant Bourgogne, la Franche-Comté, l’Alsace, le Dauphiné , le Languedoc, le Béarn.
- ( Commerce) Les Indes orientales et l’Afrique cultivent le tabac pour leur usage ; elles n’en vendent ni n’en achètent.
- Dans le Levant, Salonique est le grand marché du tabac ; la Syrie , la Morée, l’Egypte, y versent tout leur superflu.
- Les tabacs de DaJmatie et de
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- Croatie sorrt de très-bonne qualité , mais si forts, qu’on ne peut les prendre sans les tempérei'par des tabacs plus doux.
- Les tabacs de Hongrie Seroieüt assez bons, s’ils n’avoient généralement une odeur de fumée qui en dégoûte.
- L’Ukraine, là Livonie, laPrusse, la Poméranie, récoltent une assez grande quantité de tabacs , mais il n’a ni saveur, ni consistance.
- Lé tabac du Palatinat est médiocre , mais il a la propriété de s’amalgamer très-bien avec des tabacs de meilleure qualité , et d’en prendre le goût.
- La province d’Utreeht, en Hollande , produit des tabacs d’une excellente qualité, et qui ont le rare avantage de communiquer leur parfum aux tabacs inférieurs.
- Dans l’origine, les îles du Nouveau-Monde s’occupèrent beaucoup de la culture du tabac ; mais le sucre , le café et l’indigo la firent bientôt abandonner , excepté à Cuba, qui fournit de tabac en poudre les possessions espagnoles des deux hémisphères. Son parfum est exquis, mais trop fort.
- Le tabac du Brésil seroit imprenable , à raison de son àcreté, si on ne le tempéroit. par une décoction de tabac et de gomme dé Copal.
- Mais les meilleurs tabacs du globe croissent dans l’Amérique septentrionale , particulièrement dans la Virginie et le Maryland.
- Les Américains ont des lois pour la préparation de leur tabac , des officiers publics pour eu faire l’inspection. Ce sont ces officiers qui en déterminent la qualité. Tout tabac mal préparé , qui a été mouillé en chemin, ou qui a fermenté dans les boucauts , est condamné au feu , et
- Ïierdu pour le propriétaire. C’est par a stricte observation de ces lois que le tabac s’est perfectionné, et que le commerce qu’ils en foiit s’est étendu au point où on le voit.
- ( Médecine ) Le tabac a eu ses détracteurs et ses panégyristes. Amu-rat IV, empereur des Turcs, un czar , et un roi de Perse , en défendirent l’usage à leurs sujets p sous
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- peine de la vie , ou d’avoir le nez coupe.
- Jacques Stuart, roi d’Angleterre,, et Simon Paulli , ont fait un traité sur le1 mauvais usage du îabae. On trouve une bulle d’Urbain VIII, par laquelle il excommunie ceux qui prennent du tabac dans les églises. Le pere Labat dit que le tabac fut comme une pomme de discorde , qui alluma une guerre très-vive entre les sa va u s.
- Cet ie plan te est. en général âcre , irritante , et ceux qui commencent à le prendre en poudré, éternuent, ont des nausées, quelquefois des vertiges ; une humeur ténue s’écoule de leurs narines ; mais l’usage constant ou immodéré de cette poudre diminue la sensibilité de l’odorat , affaiblit la mémoire, dispose à l’apoplexie sanguine. Il est cependant utile d’en user modérément , et comme d’un remède, toutes les fois que la tête se trouve embarrassée d’une abondance d’humeurs séreuses ou pituiteuses.
- Les feuilles sèches mâchées rendent la sécrétion de la salive plus abondante j et en déterminent l’excrétion : elles conviennent sous cette forme dans la paralysie pituiteuse , dans celle de la langue , dans l’impuissance de parler ou la difficulté d’ouïr, causées par des humeurs séreuses ,. dans l’enchifrenement, dans la surdité catarrhale , la douleur rhumatismale des dents , la goutte séreuse produite par la suppression d’unécoulementnatuvel ou habituel ; mais la mastication de ses feuilles, constante ou habituelle fait rejeter une grande quantité de salive utile pour la digestion , rend la bouche sèche et fétide , et diminue la sensibilité des organes du goût. La fumigation des feuilles , reçue dans la bouche, a les mêmes avantages et les mêmes inconvéniens que la mastication.
- L’usage intérieur du tabac purge toujours avec violence par haut et par bas ; cependant manié par des mains adroites, il peut produire des guérisons désespérées.
- L’usage externe du tabac , pour la guérison des dartres , de la gale * des ulcères -, est confirmé chaque jouf par l’expéxieïtce* *
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- L’huile distillée de tabac est ml poisoi' , même très-violent.
- TABELLION, s. m. du latin tabula, table, dont on a l’ait tabularii.
- ( Pratique ) C’étoit^ avant la révolution, le nom d’un officier public créé pour recevoir de£ actes et contrats , ou seulement pour en délivrer des expéditions sur les minutes qui lui étoîent remises par le notaire qui avait fait les actes.
- Ancien nenient. les notaires n’é-toient qiie les clercs des tabellions , et écrivoient sous eux. Chez les Ro-iuains ils s’assembloient tous dans la place publique; c’étoit. même une loi de ne pouvoir instrumenter qu’en public. Il y avoit dans cette place des bancs destinés pour eux. Les parties s’adressoient à l’un de ces bancs, le clerc ou notaire mettoif par écrit les intentions des contractans, ou le projet d’acte, et, c’étoit le tabellion qui lui donnoit la forme authentique ; ceci se pratiquoit également en France. Par la suite, les clercs se séparèrent de leurs maîtres, et les notaires turent érigés en titre d’office. Leurs fonctions demeurèrent cependant long-tems séparées ; les notaires -dressoient les minutes des actes, çt les remèttoient aux tabellions pour en délivrer les expéditions aux parties • mais un édit de H en ilV du mois de mai i5p7 réunit les fonctions des tabellions à celles des notaires royaux.
- TABERNACLE , s. m. du latin tabernacnhini, tente, pavillon, diminutif de taberna, loge.
- ( Hisl. des Juifs ) Lieu où repo-soit l’arche d’alliance chez les Juifs, soit lorsqu’elle étoit sous des tentes, soit lorsqu’elle fut posée dans le temple.
- Fête des tabernacles ; cette fête fut instituée par le peuple d’Isvaël , après qu’il eut pris possession de la terre de Chanaan, en mémoire de ce qu’il avoit habité sous des tentes dans le désert. Elle commençoit le i5 septembre et duroit huit jours. Le dernier étoit le plus solennel : c’est de lui que parle St. Jérôme , quand il dit que J. C. vint à la fête des tabernacles , le dernier et le pins grand jour.
- ( Culte eut,bol. ) Tabernacle sé
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- dit aussi d’un petit temple de bois doré ou de matière précieuse qu’on met sur un autel, pour renfermer le S. Sacrement.
- TABÈS, s. m. Mot latin.
- ( Med. ) Ce mot emprunté du latin signifie une maladie de consomption , langueur qui dessèche , phthisie, atrophie , étisie , marasme, Il signifie encore sanie, sang corrompu, ou humeur claire et putride qui coulejdes ulcères malins ou des parties mortifiées.
- De tabes 011 a fait Labide, pour désigner celui qui est attaqué d’une maladie de consomption , ou une fièvre lente , accompagnée d’une grande maigreur , et tabijique pour exprimer ce qui cause la phthisie ; c’est-à-dire, ce qui fait mourir de langueur et de consomption ; ce qui consume , qui dessèche , qui fait sécher , qui rend sec et languissant, qui fait tomber en langueur.
- TABLATURE, s. f. du lat. tabula, table.
- ( Musique ) Ce mot signifioit autrefois la totalité des signes de la musique. Aujourd’hui il se dit d’une certaine manière dénoter par lettres, qu’on emploie pour les instrumens à cordes qui se touchent avec les doigts.
- Comme les instrumens 'pour lesquels on employoit la tablature sont la plupart hors d’usage, et que pour ceux dont on joue encore on trouve la note ordinaire plus commode, la tablature est presqu’entiërement abandonnée , ou ne sert qu’aux premières leçons des écoliers.
- TABLE , s. f. du lat. tabula, meuble de ménage propre à recevoir et à soutenir ce qu’on veut poser dessus.
- ( Econ. dont. ) Table à manger ; les Grecs se servoient autrefois de tables de bois ordinaire, sans le moindre ornement ; mais quand le luxe asiatique eut altéré la simplicité de leurs mœurs , ils eurent des tables de cèdre , de citronnier , ornées de bandes d’ébène ou de nacre de perles.
- Les Romains, perpétuels imitateurs des Grecs , les surpassèrent bientôt dans la magnificence des
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- tables. Ils ne se contentoient pas d’une seule table , ils en avoient communément deux : l’une pour le servicé de chair et de poisson , et l’autre pour le fruit ; elles éfoient nues et sans nappes; on lesneftoyoit :\ chaque service avec une éponge , et les conviés se lavoient les mains.
- Dans la suite il y eut des nappes de toiles peintes avec des raies de pourpre , et quelquefois de drap d’or.
- Ce n’étoit point l’usage de fournir des serviettes aux convives ; chacun apportoit la sienne : cet usage subsista long-tems après le règne d’Auguste.
- Les hommes éfoient couchés sur des lits , à la manière des Asiatiques, et les femmes étoient placées et assises sur le bord des lits où étoient leurs maris ; c’étoit aussi la place des enfans et des jeunes gens qui n’avoient point encore pris la robe virile. Ce ne fut que vers le tems des derniers empereurs que les dames romaines mangèrent couchées à table , à l’exemple des hommes.
- ( Culte calhol. ) Sainte-table : comme l’eucharistie a été instituée sur le symbole d’un repas , on l’appelle la sainte-table , la table de l’agneau ; c’est dans ce sens qu’on dit : s’approcher delà sainte-table, pour recevoir l’eucharistie.
- ( Blason ) Table d'attente ; on appelle ainsi des écris ou armes qui ne sont composés que du seul émail du champ , sans être chargés d’aucune pièce, ni meuble.
- ( Hist. des Juifs ) Tables de la loi ; ce sont les deux tables des com-mandemens gravés sur la pierre , de la main de Dieu, donnés à Moïse sur la montagne , qu’il enferma depuis dans l’arche.
- Table des pains de proposition; c’étoit une grande table d’or, placée daiis le temple de Jérusalem , sur laquelle on mettoit les douze pains de proposition en face , six à droite , et six à gauche. Il falloit que cette table fût très-précieuse , car elle fut portée à Rome , lors de la prise de Jérusalem , et parut au triomphe de Titus, avec d’autres richesses du terni) le.
- ( Jurisprud. rom. ) Les douze tables .ou la loi des douze tables ;
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- ou appeloitainsi les premières lois romaines , parce qu’elles étoient écrites avec un style , sur une table de bois fort mince, enduite de cire, ou gravées sur des tables de cuivre et exposées dans le lieu le plus éminent de la place publique.
- Après l’expulsion des rois , les Romains n’ayant point'de lois fixes et certaines , ni assez amples pour régler les affaires qui pouvoient naître entre les particuliers , on résolut de choisir les lois les plus sages dos Grecs. Ces lois furent rédigées sur dix tables par les décemvirs , aidés d’un certain Hcrmadorus, et confirmées l’an So3 de Rome , par le sénat e t par l’assemblée du peuple. L’année suivante , on reconnut qu’il mai;-quoit encore quelque chose â cette compilation , et on ysuppléa par quelques lois faites par les rois de Rome , par des coutumes que l’usage avoit autorisées , et on les fit graver sur deux autres tables. C’étoît-là la loi dès douze tables , si fameuses dans la jurisprudence romaine.
- ( Jurisprud.fr. ) Table de marbre ; il y avoit soüs l’ancien régime trois sièges différens , connus sous le titré général de siège de la table de marbre du palais, à Paris ; savoir : Ja connétablie , l’amirauté et lefreaux et forêts. Leur dénomination commune venoit de ce qu’autrefois ces juridictions levaient leurs séances sur la table de marbre , qui étoit en la grande salle du palais, et qui fut détruite lors de l’incendie arrivé en 1618.
- ( Chevalerie') Table ronde; la table ronde n’étoit point le nom d’un ordre , mais bien d’un exerce 9 de chevalerie , une sorte de joute ou combat singulier, ainsi nommé paire que ceux qui y avoient combattu , venoient, au retour , chez celui qui avoit proposé la joûte, où ils étoient assis à une table ronde , pour évitf r les disputes de la préséance. Ou n’est, pas d’accord sur l’ancienneté dé cet usage; mais il paroit qu’il date du sixième siècle.
- ( yinat, ) Ou donne le nom de table à la partie composée des os du crâne ; on la distingue en externe et interne ; celle-ci s’appelle aussi vitrée , parce qu’eile est plus cassante que l’autre.
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- ( Antiquités ) Table isiaque; v. ISIAQÜE.
- ( Arc hit. ) Table se dit d’un membresimple, ordinairement carré long , sans sculpture, sans moulure.
- Table en saillie ; c’est celle qui est détachée du parement nu d’une muraille , d’un piédestal, etc.
- Table fouillée ; c’est celle qui, au lieu d’ètre en saillie , est au contraire enfoncée ; elie est ordinairement bordée d’une moulure.
- Table d’attente ; c’est un bossage qu’on ménage dans une façade au dessus de la porte , des fenêtres , etc. , soit pour y tailler des têtes de sculpture , soit pour y mettre une inscription.
- ( Marine ) Table de loch; c’est un tableau servant à marquer les diverses circonstances nécessaires à connoitre , pour le calcul de la route du vaisseau , et principalement la direction de la route , et la quantité de chemin indiqué par le LOCH. T. ce mot.
- ( Aslron. ) Tables astronomiques ; on appelle ainsi les suites des nombres qui indiquent les situations et les mouvemens des astres , ou qui servent à les calculer.
- Les plus anciennes tables Olont on ait connaissance , sont contenues dans l’almageste de Ptolomée ; on y trouve des tables de sinus, des tables du mouvement du soleil , de la lune et des cinq planètes.
- Alphonse , roi de Castille , fut le premier qui rectifia les tables astronomiques de Ptolomée , vers Pan 12S2 ; les tables alphonsines ont été imprimées à Venise en 1492 , et h Paris en 1545.
- Copernic , le premier restaurateur de l’astronomie, publia de nouvelles tables des mouvemens célestes, en 1543 , fruit de 3o ans d’observations.
- Mais Tycho-Brahé surpassa infiniment tous ceux qui l’a voient précédé,par le nombre prodigieux d’observations qu’il fit dans son île d’Huène , sur la fin du 16e. siècle , et.il fournit la matière d’une nouvelle suite de tables plus parfaite que les anciennes.
- Kepler, qui fit dans l’astronomie de sj belles découvertes, par le se-
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- cours des observations de Tycho , est aussi celui auquel nous devons les fameuses tables rudolphincs , imprimées à Linfz , en 1627.
- La publication de ces tables fut une époque pour le renouvellement de l’astronomie , et elles donnèrent lieu à un grand nombre d’autres tables publiées depuis, dans lesquelles on s’est efforcé d’en rendre la forme plus commode.
- Il n’y a maintenant aucun article de l’astronomie qui ne renferme des tables plus ou moins étendues. On les distingue en tables auxiliaires et en tables ,d’observations. Les premières servent dans les tables des calculs , comme les tables de logarithmes , de parties proportionnelles ; les tables de logarithmes de Caliet publiées en 1783 , sont très-commodes. Pour les parties proportionnelles , on a l’ouvrage intitulé Sex-centenarjr table, Bernouilli, 1779; et un autre ayant pour titre : Sexagésimal table, Taylor , 1780.
- Les tables d’observations sont les plus importantes de toutes pour les astronomes ; mais ce ne sont pas des tables proprement dites , ce sont plutôt des recueils. Les plus considérables sont ceux de Tycho-Brahé, Hévélius, Flanistead, Ralley, 3raù-ley , Maskelyne , Lemonnier , Dar-quier, etc.
- ( Biblïogr. ) Table se dit aussi d’un index fait ordinairement pai ordre alphabétique, pour trouver les matières ou les mots qui sont dans un livre. Table des matières ; table des chapitres.
- TABLEAU, s. m. dulat. tabula, dont on a fait labulellum , sous-entendu pictum.
- ( Peinture ) On donne ce nom à tout ouvrage de peinture qui peut se déplacer, à la différence, des ouvrages peints sur les voûtes et sur les murs. Il y a des tableaux peints sur bois , sur toile , sur cuivre , sur étain , etc.
- ( Musique ) Tableau se dit souvent en musique , pour désigner la réunion de plusieurs objets formant un tout par la musique imitative. Le tableau de cet air est bien dessiné ; cet opéra est plein de tableaux admirables.
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- Enlèvement des tableaux ; vov. ENLEVEMENT.
- Restaura lion des tableaux ; voy. RESTAURATION.
- Tableau votif; chez les Romains, ceux qui s’étoient sauvés du naufrage, faisoient représenter leur aventure en un tableau qu’ils consa-eroient dans le temple du dieu à qui ils croyoient devoir leur salut , ou ils le portoient pendu à leur cou , pour exciter la compassion du public. Les avoegts eroployoient aussi ce moyen pour toucher les juges en exposant aux yeux la misère de leurs parties et la cruauté de leurs ennemis. Enfin , ceux qui relevoient de quelque fâcheuse maladie , consa-croient souvent un tableau au dieu à qui ils attribuoient leur guérison.
- ( Ri lierai. ) Tableaux synoptiques ; ce sont des tables, cartes ou feuilles, sur lesquelles sont digérées et réduites méthodiquement en raccourci, et sous un seul point de vue, des matières dogmatiques , historiques , etc. r. SYNOPTIQUE.
- ( Perspect. ) Tableau , en perspective, est une surface plane , que j’ou suppose perpendiculaire à l’horizon. On y représente l’objet par le moyen des rayons visuels qui viennent de chacun des poiuts de l’objët h un œil, en passant à travers le tableau^ qu’on ima'gine à une certaine distance entre l’œil et l’objet.
- (Architl) Tableau se dit de la base d’une porte ou d’une fenêtre , du pied droit ou d’un jambage d’arcade sans fermeture.
- ( Marine ) On appelle tableau dans les vaisseaux de guerre François, un corps plat de la partie supérieure de la coupe, au dessus du tendelet de la galerie , sur lequel on place des omemens, des attributs, etc., ayant rapport au nom du vaisseau.
- ( Physique ) Tableau magique ; c’est un tableau préparé de façon à pouvoir donner la commotion électrique. Francklin est l’inventeur de ees tableaux.
- Tableaux électriques ,* ce sont des bandes de verre sur lesquelles sont collées de pètites pièces de métal, rangées de manière à repré' senter des dessins qui paroissent tracés par des points de lumière très-
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- vifs , lorsqu’on se sert de ces fa-bleaux pour tirer des étincelles d’un corps électrisé.
- TABLETTES , s. f. du latin tabulettœ, diminutif dë tabules.
- ( Diplomatique ) C’étoit le nom de la matière subjective de l’écriture chez les anciens. Lestablef.teséf oient composées de petites planches enduites de cire sur lesquelles on écri-voit. Ordinairement les bords des tablettes étoient relevés de tous les côtés, de manière à laisser un espace creux dans le milieu pour y placer une cire préparée , laquelle élevant un peu la page, rendoit une face toute unie et de niveau avec les bords : on nommoit ces tablettes , ceratce Labellœ. On écrivoit. , ou , pour mieux dire, on gravoit sur cette cire préparée ce que l’on vouloit, et l’on elfaçoit. ce qu’on avoit écrit, soit en pressant avec la tète du style, quand la cire étoit encore molle , soit en la raclant quand elle étoit sèche.
- On appelle encore table t’es , des feuilles d’ivoire , de parchemin , de papier préparé , qui sont attachées ensemble, et qu’on porte ordinairement dans la poche pour écrire avec un crayon ou avec une aiguille d’or ou d’argent, les choses dont on veut se ressouvenir.
- (Pharmacie) 1 ablette est le nom d’un électuaire solide, composé de poudres, de condits, de confections, de pulpes ou autres semblables, incorporés dans du sucre cuit à la plume ou avec du mucilage de gomme adragant et du sucre en poudre. Cette composition se divise ensuite en petites tables carrées, rondes, en lozange , etc. d’où lui vient son nom.
- On donne aussi ce nom à certaines autres compositions : tablettes de chocolat, tablettes de bouillon.
- TACET, s. m. Mot latin qui signifie il garde le silence.
- (Musique) Mot latin employé dans la musique pour indiquer le silence d’une partie. Quand dans le cours d’un morceau de musique , on veut marquer un sîlenee d’un certain tem.s, ou l’écrit avec un bâton ou des pauses j mais quand quelque
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- partie doit garder le silence, un iuot-ceau entier, on exprime cela par le mot taceL écrit dans cette partie , an dessus du nom de l’air ou des premières notes du chant.
- TACHE, s, f. Yieux mot françois qu’on a prononcé teiche et taiche , et. qui se prenoit indifféremment en bonne comme en mauvaise part, c’est-à-dire , dans le sens de bonne ou de mauvaise qualité; aujourd’hui souillure , marque naturelle. -
- ( Méd. ) Marque , impression ou efflorescence à la peau , qui change la couleur de l’épiderme ; il y a des Lâches ou efflorescences pestilentielles ; des lâches ou efflorescences hépatiques qui proviennent de la sérosité du sang, tendant à la coagulation des taches volantes, ou qui disparaissent promptement , auxquelles les enfans sont sujets ; des lâches originelles imprimées sur le iætus par accident , par nature ou par maladie ; des taches aux yeux , comme la cataracte; des taches blanches qui affectent la cornée.
- ( Peinture) On appelle taches en peinture des parties de couleur qui ne sont ^pas d’accord avec celles qui les avoisinent.
- ( slslron. ) Taches ou maculœ , en astronomie, sont des endroits obscurs qu’on remarque sur les surfaces lumineuses du soleil et de la lune , et même de quelques planètes ; en ce sens, taches est opposé à Jacuîes, qui est le nom qu’on donne aux parties les plus obscures.
- Les taches du soleil sont des endroits obscurs , d’une figure irrégulière et changeante , qu’on observe sur la surface du soleil. Elles furent aperçues en 1611, peu après la découverte des lunettes, et observées en même tems par Galilée, Scheiner et Fabricius.
- Les astronomes ne sont pas d’accord sur la nature de ces taches, et même sur leur mouvement ; on sait seulement que ces taches sont très-variables et pour le nombre et pour la grandeur. On en voit aussi tantôt plus , tantôt moins ; on en voit aussi changer déformé, croître, diminuer, se convertir en ombre , disparaître totalement, et reparaître quelquefois loug-tems après au même cadrait.
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- On prétend que les taches ne sont que des éminences d’une masse solide , opaque, irrégulière, recouverte ordinairement par le fluide igné , et. qui, par le flux et reflux; de ce fluide, se montre quelquefois sur la surface du soleil, et fait voir quelques-unes de ses éminences.
- Pour les taches de la lune, v. SE~ LENOGR APHIE.
- Les satellites mêmes ont des taches, à en j uger par les variations qu’ou aperçoit dans leur lumière, sur-tout dans les satellites de Saturne , dont un disparaît totalement ; mais ces taches ne peuvent s’observer , et les satellites sont trop petits pour qu’on puisse y rien distinguer, non plus que dans Mercure et dans la planète d’Herschell.
- TACHÉ , adj. y. TACHE.
- ( Botan. ) 11 se dit des parties des planètes marquées d’une ou plusieurs taches , dont on détermine le nombre. Ainsi, on dit unilaché, hitaché , tritaché, etc.
- TACHETÉ, adj. de TACHE.
- ( Botan. ) Il se dit des parties des plantes marquées de taches, dont ou rie détermine pas le nombre.
- TACHY&RAPHIE , s. f. du grec ta.%vç (lachus), vite , et de ^*0» ( graphô), écrire : l’art d’écrire*vite..
- ( Diplomatique ) C’est l’art d’écrire aussi vite que l’on parle, en employant certaines figures qui ont des significations particulières. /'. STÉNOGRAPHIE.
- •TACITE , adj. du lat. taçeo , se taire.
- ( Pratique ) Qui n’est point formellement exprimé , mais qui est sous-entendu et qui peut se sous entendre.
- Condition tacite ; convention tacite , consentement tacite.
- Reconduction tacitec’est la continuation d’un bail qui n’a point été renouvelé à son expiration, et en vertu duquel on ne laisse pas de joi^r d’une ferme, d'une maison , etc.
- TACT, du latin lac tus , fait de tango , toucher.
- ( Physiol. ) On appelle tact on toucher, non ce sens universel dont il n’est, presqu’aucune partie du corps qui soit parfaitement dépourvue;.; mais ce sens particulier qui se fait
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- au bout des doigts. /^TOUCHER.
- TACTICIEN, s. m. F. TACTIQUE.
- TACTILE, adj. du lat. Laciilis, fait de tangotoucher : qu’on peut toucher.
- ( Physique ) Epithète que l’on donne a ce qui peut tomber sous le sens du toucher. Tout ce qui est matière est tac île de sa nature ; cependant ii y a des parties du corps qui sont tellement déliées, qu’elles ne sont ni tactiles ni visibles pour nous, soit à cause de leur petitesse, soit à cause du défaut de délicatesse , de sensibilité dans nos organes.
- TACT1QLE, s. f. du grec TitTirm {tassé ) , dont le participe est to-ktos (taktos), ranger , mettre en ordre, et de ( technê ) , art : l’art de
- ranger.
- ( Art milit.) La lactique est la science des ordres dans les différentes occasions de la guerre.
- La tactique générale est une combinaison des premiers ordres , pour en former de plus grands et de plus composés, suivant les genres de combats qu’on doit livrer et soutenir.
- La lactique n’est pas la même chose que l’évolution : la première est l’ordre et la disposition, et la seconde est le momemeiit qui conduit à l’ordre. La grande lactique est absolument nécessaire aux officiers généraux , et tous les officiers et les soldats ne sont obligés que de savoir les évolutions.
- En vain un général aura formé des projets magnifiques, si le terrein lui manque, si dans les mouvem en s généraux les corps particuliers de son armée s’embarrassent, s’ils s’entrechoquent ou se séparent, si la lenteur de la manœuvre donne le tems à l’ennemi d’en faire une plusprompte, c’est à quoi un général doit pourvoir, et c’est ce qui s’appelle posséder la science de la taclique.
- (Mariné) Tactique navale; c’est la* connoissance de l’exécution des diiÉèrens ordres de marche ou de bataille, et des positions que peuvent prendre les vaiss <..ux en corps d’armée navale ou eu escadre , manœuvrant tous en serti.) e eu successivement, pour parvenir à la combinaison ordonnée par le commandant. V.. ÉVOLUTION.
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- TAFIA , s. m. Mot créole. Çffi nomme ainsi à Saint-Domingue et dans les antres îles françoises de l’Amérique, l’eau de vie qu’on retire des écumes et des gros sirops du sucre de canne. l es Anglois don-* nent à cette liqueur le nom de RÜM ou RHUM. F. ce mot.
- TAIE, s. f. du lat. lega, fait de lego, couvrir,
- ( Ckirurgie ) On appelle taie une pellicule ou tache blanchâtre qui s» forme sur la cornée transparente, qui s’obscurcit et fait qu’on voit les objets comme au travers d’un nuaae. F ALBUGO et LEÜCOMA. "
- On donue encore le nom de taie à plusieurs membranes qui sont dans le corps, comme au chorion , à l’am-nios, qui sont les enveloppes du fœtus, etc.
- ( Art vélérin. ) Paie est aussi un mal qui vient, aux yeux des chevaux , des bœufs, des brebis.
- TAILLE, s. f. du latin talio ou lalea, division, coupure, fait de taliare, pour sundere , couper, diviser : la coupe ? ,1a manière dont on coupe certaines choses.
- (Jardin.) Paille est l’art de disposer et de conduire les arbres fruitiers pour en tirer plus d’utilité et d’agrément. Elle consiste dans,, la suppression sage et réfléchie de leurs rameaux superflus , et le raccourcissement de ceux qui sont nécessaires,
- ( Monnaie ) Paille est employé dans les monnoies pour exprimer la quantité d’espèces que produit ou doit produire un marc d’or ou d’argent. On dit que telle pièce d’or est à la taille de 3o au marc , pour faire connoitre qu’il en faut trente pour composer un marc.
- ( Arc hit. ) Paille se dit de la manière dont on coupe les pierres dures pour un bâtiment ; et on appelle pien'es de taille , pierres propres à être taillées pour un bâtiment.
- (Lapidaire) Paille signifié , en termes de lapidaire, les diverses figures et facettes qu’ils donnent aux pierres précieuses en les sciant , en les limant, en les faisant passer sous la roue.
- ( Glyptique ) Paille douce / voy. GRAVURE.
- ^ Chirurgie ) Paille est av.ss; le
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- ytam qü’on donne à l’opération qu’on fait pour tirer la pierre de la vessie.
- Cette opération est une des plus anciennes de la chirurgie ; on voit, par le serment d’Hyppocrate , qu’on la prafiquoit de son tems ; mais on ignore absolument la manière dont elle se faisoit. Aucun auteur n’en a parlé depuis lui jusqu’à Celse, qui l’a décrite exactement. L’usage s’en perdit dans les siècles suivans ; et au commencement du 16e. siècle , il n’y avoit personne qui osât la pratiquer, du moins sur les grands sujets.
- C’est en France qu’on a d’abord essayé d’étendre ce secours surtous les âges. Germain Collot, sous Louis XI, imagina une opération nouvelle , et la pratiqua sur un archer de Bagno-îet, condamné à mort ; le malade fut parfaitement rétabli en quinze jours et eut sa grâce. /
- Cette opération, malgré de si heureux coramenceraens, est restée long-temsdans l’oubli. Jean Desromains rechercha la route qu’on pouvoit ouvrir à la pierre , et enfin par ses travaux , l’art de la tirer dans tous les âges devint un art éclairé. Marianus Sanctus, son disciple , publia cette méthode en 1624. Elle a souffert en différenstemset chez différentes nations des changemens notables , et principalement dans l’usage des ins-trumens. T. LITHOTOMIE , LITHOTOME.
- (Finances) Taille se disoit avant la révolution , d’une certaine imposition de deniers qui se îevoit sur le peuple , et dont quantité de privilégiés étoient exempts ; son no*n venoit d’nn bâton fendu en deux parties, dont l’une restoit à celui qui îe.-'evoit la taille, et l’autre à celui qui la payoit : en rapprochant ce s deux parties, on connoissoit les sommes payées , au moyen des petites coupures qui s’y trouvoient, et qui s’appeloient tailles. Les boulangers, les bouchers, et quelques autres marchands , conservent encore aujourd’hui cet usage.
- . ( Musique ) Taille , anciennement ténor, est la seconde des quatre parties de la musique , en comptant du grava à l’aigu. C’est la partie qui convient le mieux à la voix d’ùwnme la, plus commune : ce qui
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- fait qu’on l’appelle aussi voix par excellence.
- La taille ss divise quelquefois en deux antres parties , l’une plus élevée qu’on appelle première ou haute taille , l’autre plus basse qu’on appelle seconds ou basse taille ; cette dernière est en quelque manière une partie mitoyenne ou commune entre la taille et la basse, et s’appelle aussi, à cause de cela, concordant.
- On n’emploie presque aucun rôle de taille dans” les opéra françois; au contraire, les Italiens préfèrent dans les leurs, le ténor à la basse , comme une voix plus flexible, aussi sonore et beaucoup moins dure.
- TAILLIS , s. m. de TAILLE , propre à être taillé , coupé.
- ( Econ. dora. ) On appelle ainsi une certaine étendue de terrein couvert de bois, que l’on coupe par le pied , ou de tems en tems, ou à des époques fixées au dessous de l’âge de quarante ans.
- Tout bois un peu considérable doit être divisé en certaines portions, et on n’en peut couper chaque année qu’une quantité ; c’est ce qu’011 appelle mettre en coupe réglée.
- Lorsque l’on veut faire une futaie, on laisse croître le bois sans le couper, pendant trente ans, ou du moins vingt-sept ans, et jusqu’alors on l’appelle taillis.
- Suivant l’ordonnance de 1667 , les bois taillis ne peuvent être coupés que de dix en dix ans au moins, avec réserve de seize baliveaux par arpent.
- TAIN, s. m. contraction d’E-TAIN.
- ( Technol. ) Feuille ou lame d’étain fort mince-, que l’on met derrière des glaces , pour en faire des miroirs.
- TALC , s. m. de l’allemand iaik, qui pourvoit venir lui-même de l’arabe telle ou tolk.
- ( Minéral, ) Pierre magnésienne extrêmement onctueuse sous le doigt,
- Les fragmens du talc passés avec frottement sur une étoffe, y laissent souvent des taches blanchâtres : les variétés du talc les plus pures ont lit faculté de communiquer à la cire d’Espagne, l’électricité vitrée par la frottement.
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- TALENT , s. ni. du gr, iAxavi-ov ( lalanLon ), dont les Latins ont fait talenluni.
- ( JSlonnoie ) Monnoie en usage chez les différens peuples de l’anti-quité. _
- Le talent étoit une monnoie de compte , à peu près comme le lack de roupies dans l’Inde.
- Le talent étoit d’or ou d’argent et de différente valeur.
- Le talent d’argent en poids-chez les Hébreux , pesoit trois mille si clés.
- Le talent d’or hébraïque valoit dfcize lalens d’argent.
- Le talent attique valoit cinquante mines attiques.
- Le talent de l’ile d’Egine valoit le double du talent attique.
- Le talent euboïque ou de Pile d’Eubée, qu’on appelle aujourd’hui Négrepont, valoit plus de cinquante mines attiques.
- Le talent babylonien et celui de Perse, valoient soixante-dix mines attiques , et celui de Syrie en valoit vingt-cinq.
- {pirts libéraux) Talent se dit figu-rément des dons de la nature , de la disposition et aptitude naturelle pour certaines choses ; et l’on appelle gens à talenSj ceux qui professent les arts libéraux ou les arts qui demandent du talent. <
- ( Peinture ) On appelle particulièrement peintre à talent, le peiu-tre qui réussit dans plusieurs genres, sauï avoir dans aucun des succès éminens.
- TALION , s. m. du lalin lalio , talionis, lait de talis, tel, pareil, semblable.
- ( Junsprud. ) Punition pareille à l’oifcnse. Cette loi tire son origine des lois des Hébreux ; elle fut prat iquée chez les Grecs, adoptée par les Romains dans le cas seulement où on ne pouvoit appaiser celui qui se plai-gnoit.
- Les meilleurs jurisconsultes la regardent comme contraire au droit naturel; néanmoins, les Etats despotiques , comme le remarque Montesquieu , l’observent rigoureusement ; et elle est même reçue quelquefois , mais avec des tempéramens dans les états modérés.
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- TALISMAN, s. m. Les éfymo-logistes ne sont pas d’accord sur l’origine de ce mot ; mais on croit généralement qu’il peut venir du grec 'T^xtçp.àL. (télesma), ou ( télesmau ) , conservation.
- ( mistral. ) Certaines figures gravées , ou taillées avec plusieurs observations sur les caractères et sur les dispositions du ciel, et auxquelles on attribue des propriétés merveilleuses.
- Les anciens avoient la plus haute confiance en la vertu des talismans. Suivant l’opinion commune , Milon de Crotone, ne devoit ses victoires qu’à ces sortes de pierres.
- Elien dit qu’en Egypte, les gens de guerre portoient des scarabées pour fortifier leur courage. A Rome, la bulle d’or que les généraux ou consuls portoient au cou dans la cérémonie du triomphe , renfermoit des talismans. On pendoit de pareilles bulles au cou des enfans pour les défendre des génies malfaisans et les garantir de tous dangers. Les Arabes répandirent les talismans dans toute l’Europe , après l’invasion des Maures en Espagne : on y croyoit en France , sous les rois de la première race. Il n’y a guère plus de deux cents ans que, sous le nom deJïgures constellées , ils faisoieut encore illusion à la plupart de ceux même , qui auroient rougi d’être confondus avec le peuple, et leur crédit së soutient toujours en Orient.
- TALMUD ou THALMUD, s. m. ISftot hébreu qui signilie ce qui est enseigné ; quelques auteurs le traduisent par le mot docinnule.
- ( Bihliogr. ) C’est ainsi que s’ap-peile le livre qui est le plus en considération parmi les j uifs. Il renferme tout ce qui regarde l’explication de leur loi. Le Lalmuil est composé rie deux parties ; l’une est appelée la mischna , ou seconde loi , qui comprend le texte , et l’autre la gemare, ou complément , perlection, qm renferme le commentaire du texte* Les Juifs distinguent la loi , en loi écrite , ce sont les livres de Moïse , et en loi non écrite 7*. c’est la glose et l’explication de l’ancienne loi par les anciens docteurs. Ainsi le tai-
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- nïud contient la tradition des Juifs , leur police, leur doctrine et leurs cérémonies.
- Ce n’est qu’après la destruction de Jérusalem , que les Juifs mirent par écrit le talmuci. On en compte deux : l’un compilé par le rabbin Johanan à Jérusalem, environ 3ooansap.ès J, C. ; et l’autre , que les Juifs prétendent compilé par le rabbin Juda, surnommé le saint, n’a été terminé à Babylone qu’en l’an 5o6 de J. C. C’est ce dernier que les Juifs regardent comme le meilleur , et celui qu’ils estiment le plus. De lalniud, on a fait lahnudique , pour ce qui appartient au talniud ; et talmu-aisle, pour celui qui est attaché aux opinions du tahnud.
- TALON, s. m. du latin talus.
- ( Anat. ) La partie postérieure du pied.
- (Manège) Talon se ditde l’éperon dont on arme les talons d’un cavalier. On dit qu’un cheval entend les talons , connoit les talons, obéit aux talons, pour dire qu’il est sensible à l’éperon , qu’il y obéit, qu’il le craint. Ôn dit encore, promener un cheval dans la main et dans les talons , pour dire, le gouverner avec la bride et l’éperon.
- ( Vénerie ) Talon est le derrière du pied des animaux. La connois-sance du talon donne celle de l’âge de la bête. D ns le cerf, par exemple , plus le talon est rapproché des os ou des ergots, plus l’animal est vieux; tandis que dans les jeunes cerfs, il y a entre eux un espace de quatre doigts.
- ( Archit.) Talon est aussi le nom d’une espece d’astragale ou de moulure concave par le bas, et convexe par le haut, qui fait l’effet contraire de la doucine.
- TALUS, ou TALUT, ou TA-LUD, s. m. Mot purement latiu , qui signifie talon , ou tout ce qui va en pente comme le talon.
- (Archit.) On nomme ainsi l’inclinaison sensible, ou la pente que l’on donne aux ouvrages ou aux dehors des murailles, pour les faire tenir plus ferme.
- (Jardin.) Talus, en termes de jardinage, est unepente de teneinrevêtue de gazon , qui sert à soutenir Tome 111.
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- une terrasse, les bords d’un boulingrin. Le talus est plus roide que le glacis.
- TAMBOUR , s. m» de l’espagnol tambor, qui vient de l’arabe allatn-bor.
- ( Art milit. ) Instrument militaire qui sert particuliérement dans l’in-lanterie , tant pour assembler les soldats que pour les faire marcher, combattre, et en d’autres occasions de service. Tambour se dit aussi du soldat destiné à battre la caisse.
- Le tambour, dont l’usage est aujourd’hui commun à presque toutes les nations de l’univers, est moins ancien que la trompette ; les Grecs ne l’ont point connu, et l’on ne voit pas non plus que les Romains s’en soient servi à la guerre. Quelques-uns croient qu’il vient originairement des Sarrasins. Le tambour n’a été connu en France que le 3 août 1347 , sous Philippe de Valois , lors-qu’Edonard III entra dans Calais , après onze mois et quelques jours de siège.
- (M •can.) Tambour est le nom d’une machine, composée de deux roues d’égale grandeur, et ayant même arbre, couvertes par des lattes contiguës , clouées à leur circonférence. Le tambour s’applique très-souvent à la grue : un ou plusieurs hommes, introduits dans l’intérieur* la font tourner, et monter le poids qu’on veut élever.
- ( Archit. ) Tambour est une avance de maçonnerie ou de menuiserie , dans un bâtiment où l’on veut faire une double porte, comme l’on, voit aux églises.
- On appelle aussi tambour, une assise de pierre ronde, selon son lit de carrière, ou une hauteur de marbre, dont plusieurs forment le lut d’une colonne, et sont plus bas que son diamètre. On appelle encore tambour, chaque pierre pleine ou percée , dont le noyau d’un escalier à vis est composé. <
- (Arehiiect. milit. ) Tambour est une traverse dont on se sert pour empêcher les communications des chemins couverts aux redoutes et lunettes d’être enfilées.
- (Anat,) Membrane du tambour ; c’est une pellicule mince , D d
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- étendue , qui fait partie de l’organe de l’ouïe ; on l’appelle autrement tympan de l’oreille. V. TYMPAN.
- TAN, s. m. Vieux mot françois qui signifie l’écorce verte de la noix avec laquelle on tanne. Quelques-uns veulent que ce mot soit une contraction du larin castaneus, couleur de châtaigne.
- (BoLan.) On donne ce nom, dans les fabriques de cuir, à l’écorce de chêne, ou l’écorce concassée dont on se sert pour préparer les peaux.
- TANGAGE, s. m. de tanguer, vieux mot françois qui signifie plonger , enfoncer dans l’eau,
- ( Marine ) Balancement ou mouvement alternatif qu’éprouve un vaisseau en mer, lorsque ses extrémités de proue et de pouppe sont tour à tour élevées par l’effet des lames ou vagues de la mer, et retombent tour à tour, lorsque les lames abandonnent ces extrémités du bâtiment à l’action de leur propre pesanteur , augmentée ou accélérée par la réaction de la partie opposée.
- Les mouvemens du tangage sont fatigans, tant pour le corps et la liaison de la charpente et pour la mâture , que pour les hommes.
- TANGENTE , s. f. de tango, toucher.
- (Geom.) C’est le nom d’une ligne droite qui touche la circonférence d’une courbe. Une tangente ne peut rencontrer la circonférence du cercle qu’en un seul point; car, si elle la iencontroit en deux points, elleen-treroit dans le cercle, et seroit alors une sécante, et non pas une tan~ genle.
- C’est par des lignes de cette espèce que s’en vont les corps qui circulent dans le moment où la force centripète cesse d’agir.
- On appelle aussi tangente d’un arc ou d’un angle, la partie de la perpendiculaire à l’extrémité du rayon, interceptée entre ce rayon et le rayon prolongé qui passe par l’au-Ire extrémité de l’arc.
- TANNAGE , s. m. Mot nouveau dérivé de TAN. K. ce mot.
- ( Technol. ) La préparation des peaux et des cuirs, à laquelle on a donné le nom de tannage, n’est a u-
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- tre chose que le moyen de les imprégner , de les saturer avec le principe obtenu du tan, pour leur donner de la force ét du nerf, tout en leur conservant assez de flexibilité pour l’usage habituel et pour les rendre indissolubles et incorruptibles dam l’eau.
- Les opérations préliminaires du tannage sont le lavage , le déchar-nernent et le débonn'ement, c’est-à-dire , que l’on doit commencer par priver la peau , de l’épiderme, des poils, de la lymphe, de la graisse et du sang ; le reste de l’opération, ou le tannage proprement dit, consiste à former de la peau une matière durable , imputrescible et insoluble dans l’eau. Pour cet effet, on a eu recours à des réactifs, et les écorces des arbres , et plusieurs liqueurs styptiques ont été employées; mais l’expérience a démontré que l’écorce du chêne et d’autres plantes, contient un acide réuni à un principe jusqu’à présent inconnu , et qui a le pouvoir de changer une matière animale simple, en une substance vé-géto-animale. C’est l’emploi et l’application de ces principes qui font la base de l’art du tanneur.
- Pour qu’une peau soit suffisamment tannée, elle doit être pénétrée et combinée avec la quantité de tannin nécessaire à sa saturation ; or, qu’elle absorbe cette quantité en 3o jours ou en 18 mois, cela est absolument indifférent pour la qualité des cuirs , mais non pour la bourse des tanneurs , et ceux-ci commencent à s’apercevoir quelepro-cédé grossier qu’ils ont suivi j usqu’ici, et le tems considérable qu’il exige , tenoient uniquement à l’ignorance des principes de l’opération.
- L’objet du procédé nouveau est, i°. de déterminer par un moyen aussi sûr que simple , les substances qui contiennent le principe appelé tannin ; a°. de l’extraire de ces substances, de le séparer de tout autre principe qui pourroit empêcher ou contrarier son effet, et ensuite de donner à ce principe tannant le degré de force nécessaire à l’opération du tannage ,* 3°. de disposer les cuirs et les peaux , de manière à introduire complètement ce principe dans leur tissu ; 40. enfin , de les im-
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- prégner et de les saturer avec ce même principe , dans un tems dix fois plus court que celui qu’on emploie ordinairement. Consultez le travail de MM. le Lièvre et Pelletier, sur les nouveaux moyens de tanner les cuirs, proposés par M. Séguin. TANNÉE , s. f. de TAN.
- ( Jardin. ) On appelle ainsi le tan qui a servi à préparer les cuirs. La tannée placée d’un pied d’épais sur du fumier chaud , sert à faire croître des ananas et autres plantes curieuses , qui ne peuvent supporter la vapeur du fumier de cheval. TANTALE , s. m. Nom d’homme.
- ( Minéral. ) Nouveau métal qui se trouve dans le tantalite et Vys-trio tantale , ainsi nommé parce qu’il ne se combine point avec les acides , et que plongé au milièu d’eux , il ne peut s’en saturer.
- TAPAGE , s. m. de taper, dans le sens de frapper , fait de tape , qu’on croit être une onomatopée : désordre accompagné d’un grand bruit.
- ( Peinture ) Ce mot s’est introduit dans l’idiome des peintres, pour caractériser les figures d’un tableau auxquelles l’artiste a affecté de donner un mouvement désordonné , et qui feroient un grand tapage , si elles pouvoient être animées. Les batailles , les bacchanales sont des sujets à tapage.
- TAPER , v. a. même origine que TAPAGE : frapper , donner un coup.
- ( Peinture ) On appelle un tableau tapé celui qui est. d’une exécution si facile et si prompte, qu’il semble que l’artiste n’ait fait, pour le produire , que laper la toile de quelques coups de brosse. On dit d’un tableau, qui fait son effet à une certaine distance, et qui, de près n’offre que des coups de pinceau donnés librement, qu’il n’est que tapé. Les premières esquisses ne sont ordinairement que tapées. Quand les coups de crayon et de pinceau, que le vulgaire croiroit avoir été donnés pres-qu’au hasard, dévoilent aux con-uoisseurs la science de l’artiste , on dit que l’ouvrage est savamment tapé. Quand l’artiste indique beaucoup avec peu de travail, o» dit
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- que son ouvrage est spirituellement tapé.
- TAPISSERIE, s. f. du lat. tapes ou tapeliüm, dont on a fait tapis.
- ( Technol. ) Ouvrage fait à l’aiguille sur du cannevas, avec de la laine, de la soie , de l’ox , etc.
- L’histoire nous apprend que les Babyloniens ont excellé dans cette sorte d’ouvrage. Les tapis de Turquie et de Perse ont eu autrefois beaucoup de vogue en Europe. Dans le tems que les Sarrasins firent une irruption en France , sous le règne de Charles-Martel, quelques-uns de leurs ouvriers s’y établirent, et y fabriquèrent des tapis à la manière de leur pays.
- Cette fabrique de tapis façon du Levant, se perfectionna sous le règne d’Henri IV.
- Les tapisseries peuvent se faire de toute espèce d’étoffes {F~. LICE ). Cette sorte d’ameublement a une origine très-ancienne. Attale, roi de Pergame , qui institua le peuple romain pour son héritier, avoit son palais meublé de tapisseries magnifiques , brodées d’or. Les Grecs et les Romains en eurent aussi de très-riches. Cet art s’est répandu peu a peu chez divers peuples ; mais lei François sont ceux qui ont fait le plus de progrès par leurs établisse-mens des manufactures des gobelins, V. GOBELIN.
- TARDIGRADE , s. m. du latin lardigradus , fait de tardo , tarder, et de gradior, marcher : ce qui marche lentement.
- ( Hisl. nat. ) Ordre de quadrupèdes dont la marche est extrêmement lente ; on les nomme communément paresseux.
- TAR , s. m. Mot emprunté de l’anglois, qui signifie goudron, ou poix liquide.
- ( Mutine ) Ce mot en usage dans les ports de la Manche , signifie ce qu’on appelle ailleurs goudron. Les Anglois se servent quelquefois de ce mot pour désigner un matelot ou un marin , lorsqu’ils veulent faire entendre qu’il a toute la simplicité et la rudesse de son état.
- TARE , s. f. de l’arabe tharah, qui signifie rejeter, rebuter.
- ( Ce ni mer ce ) Expression de com-D d a
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- jnèrcé en usage dans la pesée des
- marchandises.
- '1 are , dans l’origine, a signifié un défont dans la marchandise , ce que l’on avoit droit, de rejeter , de rebuter : ce n’est, que dans la suite qu’on l’a appliqué à un déchet ou à une diminution sur la quantité.
- Snr une caisse , un tonneau , etc. de marchandises, il y atant de livres de lare , à raison du poids de la caisse , tonneau , etc. qui diminuent d’autant la quantité des marchandises qui y sont contenues,
- TARENTISME , s, m. du latin tarentisrnus , fait de tarenlula, tarentule, nom d’une grosse espèce d’araignée , ainsi appelée de Tarente , ville d’Italie, dans la Pouille , ou elle est plus commune.
- ( Méd. ) C’est le nom d’une maladie vraie ou feinte , que l’on attri-huoit à la piqûre de la tarentule y on est bien revenu aujourd’hui de la frayeur qu’inspiroit la morsure prétendue mortelle de la tarentule. Plusieurs auteurs , et pa acu-lièrement Baglivi, ont beaucoup écrit sur les morsures de la tarentule , et sur-tout de la tarentule uvée , qui orcasionnoient selon eux , des maladies dont les symptômes ef-frayans ne pouvoient se calmer que par le pouvoir merveilleux de la musique. Mais on' sait aujourd’hui que ces maladies étoient simulées , et que la tarentule n’a jamais été venimeuse ; aussi ne craiut-on plus autant d’en être mordu.
- TARIF, s. m. Mot arabe , qui signifie connaissance, série, suite de choses.
- ( Commerce , finances ) Rôle qui marque le prix de certaines denrées , ou les droits d’entrée , de sortie , de passage , etc. que chaque sorte de marchandise doit payer.
- Tarif des glaces ; c’est la table qui marque le prix des glaces proportionnellement à leur grandeur.
- TARSE , s. m. du grec rstpa-lç ( tarsos ), qui signifie une claie sur laquelle on fait sécher quelque chose.
- ( Anal. ) La partie du pied qui tient à la jambe immédiatement. , laquelle s’étend depuis la malléole, jusqu’aux os qui forment le métatarse. Elle est ainsi appelée parce
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- que les huit os dont elle est composée forment une espèce de claie on de grillage.
- C’est pour la même raison qu’on a donné le nom de tarse à un cartilage qui borde les paupières , et qui se trouve percé d’une infinité de Petits pores , dont les uns sont, destinés pour le passage de la chassie , et autres pour la sortie des poils qui sont implantés dans cette partie , et qu’on nomme cils.
- TARTANE , s. f. de l’italien tar-tana . que l’on croit venir du grec vacibsc ( tarides ) , sorte de bâtiment de mer.
- ( ]}latine ) Bâtiment de charge de la Méditerranée , portant un seul mât à calcet, avec une voile latine semblable à celle des galères. Il y a des tartanes qui font des navigations de long cours ; mais le plus grand nombre est employé au commerce de la Méditerranée.
- TARTRE , s. m. du latin barb. tarlarum , dont les Italiens ont fait tartaro , les Anglois tartar.
- ( Minéral. ) Substance saline qui s’attache aux parois des tonneaux , sous la forme d’une croûte. Il y a du tartre blanc et du tartre rouge ,
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- suivant la couleur ont vin ; iis ne diffèrent l’un de l’autre que par la matière colorante , qui est étrangère au tartre.
- ( Méd. ) Pour l’employer en médecine, on le purifie par l'ébullition dans i’ean , la filtration et, la cristallisation : on lui donne alors le nom de crème de tartre Ou de cristaux de tartre ; c’est Y acidulé Lartareux des chimistes.
- TARTRITES, s. m. de TARTRE. V . ce mot.
- ( Chimie ) Sels formés par la combinaison de l’acide tavtareux avec différentes bases. Leur terminaison en ite désigne les acides foibles et non saturés d’oxigène , terminés en eux.
- TÂTER ou TÂTONNER , v. a. du lat. trac tare, pour langere, toucher f manier doucement, essayer, éprouver.
- ( Peinture ) Félibien s’est servi de ce mot pour désigner un astiste qui manque de science et de pratique,
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- qui est incertain de ce qu’il doit mettre sur la toile, qui n’opère qu’à tâtons , comme s’il étoit dans les ténèbres.
- TATOUER, v. a. du mot indien talon.
- (HisL. de V A nier. ) Barioler le corps avec des couleurs imprégnées dans la peau.
- T AUPE , s. f, du lat. talpa.
- ( Chirurgie ) Espèce d’athérôme qui se forme sous le tégument de la tète. C’est une tumeur molle , de figure irrégulière, et qui contient un pus blanc et épais comme de la bouillie , et qui devient quelquefois si âcre, qu’il carie le crâne , et fait des sillons sous le cuir chevelu , comme la luupe en fait dans 1a. terre > d’où vient le nom de cet abcès.
- TAUTOCHRONE, adj. du grec Tstbrb ( tauto), le même, et de ypb-voç ( chronos), tems : en même teins, en tems égaux.
- ( Mec un, ) ïl se dit des effets qui se font dans le même tems, c’est-à-dire qui commencent et qui finissent en tems égaux. Les vibrations d’un pendule, lorsqu’elles n’ont pas beaucoup d’étendue, sont sensiblement taulochrones.
- Courbe tautochrone ; c’est mie courbe dont la propriété est telle , que si ou laisse tomber un corps pe-sr.it le long de la cavité de ce tte courbe. il arrivera toujours dans le même tems au point le plus bas , de quelque point qu’il commence à partir. De laulochrone on a fait lautochronis-me, pour désigner la propriété par laquelle une courbe est tautochrone ; ainsi, ou dit le tautochronisme des vibrations d’un pendule , le tautochronisme de la cyclonie.
- TAUTOGRAMME, s. m. de grec tsÙto (tauto), le même , et de yphp-pa. (gramma ) , lettre.
- ( Poésie j Ou appelle un poème laulogranime , et des vers tauto-granunes , ceux dont tous les mots commencent par une même lettre. Un allemand a composé un poème de près de 1200 vers sur J.-C. crucifié , dont tous les mots commencent Par un C. Il y .'^plusieurs de ceschefs-c’oelivres de patience et de mauvais goût. Stullu.n est difficiles kabere nugas.
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- TAUTOLOGIE , s. i. du grec ntbrb (tauto ),le même , et de xbyoe ( logos ), discours.
- ( (dramni.) Vice du discours qui consiste à répéter deux fois la même chose , ou à dire deux mots qui ont tout-à-tait la même signification.
- TAUTOLOGIQUE, adj. meme origine que TAUTOLOGIE , qui répète plusieurs fois la même chose.
- ( Physüjue , acoustique') Echos tautologiques >on appelle ainsi les échos qui répètent plusieurs fois le même ton, la même syllabe ou les mêmes mots.
- TAUTOMÉTRIE , s. f. du grec 'Tttbrb (tauto) , le même, et de pirpo* ( métron ) , mesure : même mesure.
- ( Didacl. ) Répétition exacte et servile des mêmes mesures. La tau-tométrie est l’excès de la symétrie, et dégénère en vice, en excluant la variété.
- TAUX, s. m. Corruption de taxe, taxer , du lat. Laxare , dont on a fait taxer et taux.
- ( Commerce ) Le prix établi pour la vente des denrées. Le denier auquel les intérêrs de l’argent sont réglés.
- TAXE , s. f. même origine que TAUX. V. ce mot.
- ( Commerce , Jinances ) Réglement fait par autorité publique, pour le prix des denrées ; imposition en deniers snr des personnes en certains cas ; la somme portée par le réglement d’imposition.
- Taxe d'entretien des routes; c’est une imposition établie en l’an 5 , pour réparer et entretenir les grandes routes.
- ( Pratique) Liquidation qui se fait des dépens auxquels une partie adverse a été condamnée.
- (HisL d’Angleterre) Taxe territoriale ou laud-Lax; c’est une imposition établie en Angleterre, en 1692 , sur les fonds territoriaux , ou les revenus que les propriétaires eu retirent.
- La taxe sur les terres a été accordée par le parlement, pendant i35 années de suite, et chaque fois pour une année seulement ; mais elle fut rendue perpétuelle en 1798.
- TAXIDERMIE , s. fém, du grec
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- 'rkfyç (taxis), arrangement » dispori-tion , fait de icl??® ( lasso ) , ranger, mettre en ordre, et de J'ipp.u ( der-roa ), peau.
- (Hist. nat. ) Terme nouvellement créé , pour exprimer l’art de préparer , monter et conserver les animaux.
- Réaumur paroît être le premier qui ait publié quelques principes sur l’art de garantir de la corruption les peaux des oiseaux. Ces moyens consistaient à les mettre dans l’esprit-de-vin , pour les conserver pendant le voyage et la traversée , et à les monter ensuite sur un fil d’archal. Les plus gros animaux étoîent bourrés avec de la paille, d’où est venu le mot empaillé, que les naturalistes modernes ont réformé pour y substituer celui de monter.
- Schœffer qui vint après, se contenta de couper les oiseaux en deux parties, après les avoir dépouillés , et de les remplir de plâtre. C’est cette méthode perfectionnée qu’on suit encore en Allemagne.
- Il parut à Lyon, en 1708, un ouvrage qui avoitpour titre : Mémoire instructif sur la maniéré de rassembler et de préparer les diverses curiosités d’histoire naturelle, dans lequel l’auteur pose quelques principes utiles à la taxidermie. En 1786, l’abbé Manesse publia un 1’rai Lé sur la manière d’empailler et de conserver les animaux et les pelleteries. Cet ouvrage contient des avis fort utiles. Les alkalis sont les moyens qu’ii emploie ; mais cette substance qui attire puissamment l’humidité de l’air, se dissout dans les tems de dégel, et couvre les plumes et les pattes d’une liqueur salée qui fixe la poussière, et ternit les plumes. Il n’en est pas de même des grands quadrupèdes , on ne connoît pas encore de moyens préférables à ceux qu’il indique.
- Mauduyt a donné un mémoire sur la manière de préparer les. oiseaux mbrts , inséré dans la cinquième livraison de l’Encyclopédie méthodique, hist. nat. des oiseaux, v. 1r «. et 2e partie. Mauduyt n’indique aucun moyen de conservation ; et. les fumigations sulfureuses qu’il fit ftclppter à M. Daubeaton, lui paru-
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- rent le nec plus ultrà , pour faire périr les insectes destructeurs.
- Les Hollandois, qui sont grands amateurs d’oiseaux rares, suppléent à tous autres moyens de conservation, en fixant l’animal qu’ils ont monté , dans une boîte proportionnée à son volume, garnie en dedans de papier blanc, et ayant sur le devant un verre assujéti et mastiqué avec. soin.
- Les Ànglois emploient les mêmes moyens pour conserver les animaux; mais cette manière de les enfermer se refuse à un arrangement méthodique , et l’œil et la science y perdent également.
- En l’an X, il parut presque en même tems, deux ouvrages sur la taxidermie; l’un par M. Nicolas, l’autre par M. Henon. Le premier emploie une pommade savonneuse et une liqueur tannante, avec lesquelles il prétend que les animaux montés se conservent très - long-tems. Quant, à M. Henon, l’essence de térébenthine est à peu près le seul préservatif qu’il indique; mais l’essence de térébenthine al’inconvénientd’ab-sorber et de ternir les couleurs, même les plus brillantes.
- Les moyens qu’on emploie maintenant au muséum national de Paris , sont le savon arsenical de Be-cœur, apothicaire de Metz, et le créateur de l’art de la taxidermie, une colle de gomme et du coton gommé.
- Pour la description des procédés, consultez l’article 'JJaxiaerrnie du nouveau dictionnaire d’histoire naturelle, tome xxi , rédigé par M. Dufresne , employé au muséum d’histoire naturelle de Paris»
- TAXIS, s. m. du grec <raf»ç ( taxis ), ordre, arrangement, position, situation, fait de Tâs-xa> ( lasso') , arranger, placer.
- ( Chirurgie ) Terme grec qu’on a retenu en françois pour désigner la réduction de quelque partie du corps, dans sa place naturelle : telle est dans les hernies, la réduction de l’intestin ou de l’épiploon , qu’on fait rentrer dans la capacité clu bas-ventre; telle est aussi la réduction des os dans les luxations ; celle de la matrice , du vagin et de l’anus, lorsque ces parti &3 sont déplacées,
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- TECHNIQUE , adje'rt. du grec <Tî%VJaàç (technilws), dérivé de 'r'iyjn (lechné), art: ce qui appartient à un art.
- ( Technol.) Il se dit principalement des mots affectés aux arts. Mot technique, expression technique , langage technique.
- TECHNOLOGIE, s. f. du grec (techné), art, et de Aoyoc ( logos ) , discours, traité : traité des arts en général.
- TÉGUMENT, s. m. du latin te-gumentum, fait de tego, couvrir : ce qui sert à couvrir, couverture, enveloppe.
- (.Anat. ) On a donné le nom de tégument à la peau ou au derme, à l’épiderme et à la membrane cellulaire , parce que ces parties servent à couvrir et à envelopper tout le corps.
- ( Botan. ) Tégument propre ; c’est le nom que Gcertner a donné à la pellicule ou enveloppe immédiate de l’amande d’une graine.
- TEIGNE , s. f. du lat. tinea.
- ( Entomol.) Genre d’insectes connus par les dégâts qu’ils font en rongeant , détruisant les étoffes de laine el les pelleteries.
- (Méd.) Les médecins appellent teigne, une espèce de dartre corrosive , parce que, comme les teignes qui mangent les étoffes, elle ronge les tégumens delà tête, et les bulbes des cheveux.
- ( Artvélérin.) Teigne est aussi le nom d’une maladie qui attaque les chevaux , et qui consiste dans la pourriture de la fourchette du pied du cheval.
- TEINT, s. m. V. TEINTURE.
- TEINTE , s. f. du latin lingere, tinctum.
- (Peinture) On entend par teintes , en peinture , des couleurs mêlées entr’elles, dans des proportions différentes, suivant les nuances dont on a besoin.
- Ainsi on dit : avant que de peindre , il faut faire ses teintes ;
- Les teintes doivent être posées avec bien de la justesse ;
- Noyez les teintes les unes dans les autres, sans cependant, les salir.
- Tel peintre varioit infiniment ses-
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- teintes, tel autre les employoit d’une manière fort simple.
- Les teintes de Rubens sont vives.
- Les teintes du Guide, sont- fraîches.
- Le Corrège fondoit bien ses teintes.
- TEINTURE , s. f. du latin lingere , tinctum, teindre.
- ( Technol. ) Liqueur préparée pour teindre , et l’impression dé rouleur que cette liqueur laisse sur lea étoffes et sur les autres choses que l’on teint.
- Les couleurs dont on se sert pour teindre, sont, pour la plupart, tirées du règne végétal ou animal. Appliquées sur les étoffes , elles sont fixées par un mordant.
- Les couleurs sont en général tirées desracines, des bois, des fleurs, des fruits ou des fécules.
- Les mordans sont de diverses natures , selon celle de la couleur, car elles en demandent toutes un particulier. Les plus communs sont les sulfates d’alumine et de fer, l’are-tate d’alumine , le muriate d’étain. Le tannin est aussi une espèce d« mordant qui s’unit aux couleurs, et les rend plus solides. Les teintures sont la combinaison d’un mordant avec l’étoffe et une couleur.
- (Chimie) Teinture se dit, en chimie, de la couleur d’un minéral ou d’un végétal, tirée par le moyen de quelque liqueur que ce soit.
- ( Méd. ) Teinture est, en médecine, un extrait liquide des mixtes , chargé de leur couleur et de leur vertu , et séparé de leurs parties grossières , fait par le moyen d’un menstrue convenable.
- TEINTURIEN , NE, adj. du lat. tinclorius, fait de lingere, tinctum , teindre.
- ( Botan. ) Il se dit des part;es des plantes qui sont ou peuvent être en usage dans la teinture.
- TÉLÉGRAPHE , s. m. du grec tÜXî ( télé ) , loin , et de ypâq>a> (gra-phé), écrire : ce qui sert â écrire au loin.
- ( Artdes signaux ) Le télégraphe est destiné à transmettre au loin , et en très-peu de tems, la pensée, et tout ce qui peut intéresser le gouver -nemént , au moyen de différons signaux convenus, variables à l’infini
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- pour la signification , et transmis à des instrainens pareils , placés de distance en distance , sur des .lieux élevés, d’où ils peuvent s’apercevoir avec des télescopes.
- Les anciens ont connu Part des signaux ( voy. SIGNAL); iis ont employé les leux , les phares , les torches , les pavillons , les étendards, etc. pour annoncer promptement et au loin des avis ou des évé-nemens prévus, d’avance. Polybe l'ait particulièrement mention d’un certain Ciéoxène qui avoit inventé une méthode par laquelle on pouvoit faire lire à un observateur ce qu’il étoit intéressant d’apprendre; mais quelques simples que fussent ces procédés, le défaut de lunettes devoit rendre très-courtes les distan ces entre les stations.et la plupart des signaux n’étoient visibles que de nuit.
- Parmi les modernes , les premiers essais télégraphiques connus sont ceux de Kirclier, de Kesler ,d’A montons , de Rob-Hook, de Gauthey , de Guyot et de Pauliau. Mais leurs méthodes , plus ou moins ingénieuses, Tcauroient jamais pu présenter tous les avantages que M. Chappe a su réunir dans le télégraphe de son invention.
- Ce télégraphe est composé d’un long châssis, garni de lames , à la manière des persiennes, tournant autour d’un axe, et fixé sur un mât* qui lui-même roule sur un pivot, et est maintenu, à la hauteur de dix pieds, par des jambes de iorce , de manière à rendre visibles tous les mouvemens de la machine.
- Aux deux extrémités du châssis , sont, deux ailes mouvantes, moitié moins longues, et dont le développement s’eilectue en divers sens, par 5’analyse des différentes inclinaisons de ces trois branches sur l’horizon , ou sur le mât vertical, et des positions où elles se trouvent les unes à l’égard des autres. On a cent signaux parfaitement prononcés , qui représentent des figures ou lettres dont on détermine la valeur. Le mécanisme du télégraphe est tel, que la manœuvre se fait sans peine et avec célérité ; c’est à l’aide de bons télescopes et de pendules à secondes, que se font les observations, et que se communiquent les avis d’une extré-
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- mité à l’autre, souvent sans que les observateurs intermédiaires puissent pénétrer le sens de la missive.
- Cefte découverte date de 1793 : ce fut le 12 juillet, de cette année , qUe le comité d’instruction publique de la convention nationale en fit faire l’expérience. Le succès fut complet; ef il futreconnu qu’en treize minutes quarante secondes , la transmission d’une dépêche pouvoit se faire à la distance de quarante-huit lieues. La première nouvelle importante transmise à Paris par le télégraphe , fut la prise de Condé. On lut à la séance de la convention nationale, du i3 fructidor, an 2 , la dépêche télégraphique ainsi conçue :
- Condé est au pouvoir de la république , et la garnison prisonnière de guerre. La convention répondit par la même voie.
- ' L’invention du télégraphe a passé chez les diilèrciïs peuples de l’Europe ; d’autres ont cherché à étendre et à perfectionner cesétablissemens.
- On trouve dans la bibliothèque britannique, janvier 1796, des détails sur un télégraphe inventé par deux Irlaudois. M. Edelvrantz , suédois , a fait un traité du télégraphe, dans lequel il propose différens procédés aussi simples qu’ingénieux. MM, Breguet et Britancourt ont présenté, en l’an 6, à l’Institut, 1111 télégraphe de leur invention. M. Peytes - Montcabrier a imaginé un télégraphe marin, qu’il appelle vigigraphe , fait de vigie, sentinelle , et du grec ypiqa1 (gbaphô ) , écrire , que l’on peut établir en 24 heures , et avec lequel on peut exécuter grand nombre de signaux avec exactitude et célérité. L’épreuve en a été faite avec succès à Rocliefort.
- TÉLEPÎIIEN , adj. du grec Tttf-<puoç ( télépheios ) , Télephe, nom d’homme.
- ( Chirurgie ) Epithète que l’on donne à un ulcère malin , très-difficile à guérir , ainsi appelé de Télè-phe, qui avoit été blessé par Achille, et dont la plaie dégénéra en un pareil ulcère : on lui donne aussi le nom de CH1RONIEN. V. ce mot.
- TÉLESCOPE , s. m. du gr. thAî ( télé), loin, et de (skopeo),
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- remanier : ce qui sert à regarder de loin.
- ( Optique , astronomie ) Télescope , au commencement du dix-septième siècle, ne signifioit qu’une lunelte d'approche, un instrument formé de différens verres ajustés dans un tube pour voir les objets fort distans. Aujourd’hui, il se dit en France plus spécialement d’un instrument fait avec deux miroirs ; mais les étrangers comprennent sous ce nom, ou ces deux espèces d’instrumens, ou en général tout ce qui sert à voir des objets très-éloignés, soit directement au travers de plusieurs verres, soit par réflexion , au moyen de plusieurs miroirs.
- L’invention du télescope est une des plus belles dont les modernes puissent se vanter.
- Quelques savans ont cru que les anciens avoient eu l’usage des télescopes , et que d’une tour fort élevée de la ville d’Alexandrie , en découvrait les vaisseaux qui en étoient éloignés de six cents milles ; mais cela est impossible , puisque la rondeur de la terre empêche de voir de dessus une tour de cent cinquante pieds , un objet situé sur l’horizon aune plus grande distance que douze ou quatorze milles d’Hollande , et un vaisseau à la distance de vingt milles.
- Jean-Baptiste Porta, noble napolitain , est le premier qui ait fait un télescope , comme il paroit par un passage assez obscur de sa magie naturelle , imprimée en i52p.
- Soixante ans après, on présenta au prince Maurice de Nassau, un télescope de douze pouces de long ;
- ( 3 | décimètres ) * et fait par un lunetier de Middelbourg; mais les auteurs ne sort, point d’accord sur le nom de cet artiste : Jean Sitturus , veut que ce soit Jean Lipperson , lunetier de Middelbourg ; mais Pierre Borel, dans un volume composé exprès sur l’invention du télescopefait voir que Zacharie Jansen, ou Hansen , en est le véritable inventeur. Voici de quelle manière on raooute que se fit cette découverte :
- Des enfans en se jouant dans la boutique de leur père , lui firent remarquer que quand ils tenoient eil-tte leurs doigts deux verres de lunet-
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- tes, et qu’ils mettoient les verres l’un devant l’autre , à quelque distance , ils voyoient le coq de leur clocher , beaucoup plus gros que de coutume , et comme s’il étoit tout près d’eux, mais dans une situation renversée. Le père frappé de cette singularité, s’avisa d’ajuster deux verres sur une planche , en les y tenant debout à l’aide de deux cercles de laiton qu’on pouvoit approcher ou éloigner à volonté : avec ce secours on voyoit mieux et plus loi n. D’autres ouvriers de la même ville firent usage à l’envi de celte même découverte, et par la nouvelle forme qu’iis lui donnèrent , ils s’en approprièrent tout i’honneur.
- En 1620, Jacques Métius, frère d’Adrien Métius, professeur de mathématiques à Franker , se rendit à Middelbourg avec I); eheî, et y acheta des télescopes des enfans de Zacharie ; mais Simon Marins, en Allemagne , et Galilée en Italie , sont les premiers qui aient fait de longs télescopes , propres pour les observations astronomiques.
- Le Rossi raconte que Galilée étant à Venise , apprit que l’on avoit fait en Hollande une espèce de verre optique , propre à rapprocher les objets ; sur quoi s’étant mis à réfléchir sur la manière dont cela poüvoit se faire , il tailla deux morceaux de vetre du mieux qu’il lui fut possible, et les ajusta aux deux bouts d’un tuyau d’orgue , ce qui lui réussit au point qu’immédiatement après , il fit voir à toute la noblesse vénitienne , toutes les merveilles de son invention , au sommet de la tour de Saint-Marc. Le Rossi ajoute que depuis ce tems-là, Galilée se donna tout entier à perfectionner le télescope , et que c’est par-là qu’il se rendit digne de l’honneur qu’011 lui fit de l’en croire l’inventeur, et d’appeler cet instrument le tube de (Jalilée. Ce fut par ce moyen que Galilée ap-perçut des taches sur le soleil ; il vit ensuite cet astre se mouvoir sur son axe, etc.
- Divers savans , tels que Galilée , Kepler, Descartes, Grégory, Huy-ghens , Newton, etc., ont contribué successivement à porter le télescope au point de perfection où il est aujourd’hui.
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- Il y a différentes sortes Je télescopes qui se distinguent par le nombre et par la forme de leurs verres , et. qui reçoivent leurs noms de leurs différens usages.
- Tel est le premier télescope , ou le télescope hollandois ; celui de Galilée qui n’en diffère que par sa longueur ; le télescope céleste ou astronomique ; le télescope terrestre, et le télescope aérien ; il y a encore le télescope composé de miroirs, ou à réflexion , et qu’en France on appelle plus particulièrement télescope.
- Le télescope de Galilée, ou allemand,est composé d’un tuyau, à l’un desbouts duquel est un verre objectif, Convexe , et à l’autre un verre oculaire concave ; c’est la plus ancienne de toutes les formes des télescopes , et la seule qui ait été pratiquée avant Huyghens.
- Le télescope ou lunette astronomique , diffère du télescope de Galilée , en ce que l’oculaire y est convexe, comme l’objectif. On lui a donné ce nom parce qu’on ne s’en sert que pour les observations astronomiques , à cause qu’il renverse les objets : Kepler en donna l’idée, et J. Scheiner l’exécuta.
- Le télescope aérien est une espèce de télescope astronomique, dont les verres ne sont point renfermés dans un long tuyau. Ce n’est, à proprement par 1er,qu’une façon particulière de monter des verres objectifs , dont le foyer est très-long, et leurs oculaires, de façon qu’on puisse les diriger avec facilité pour observer les corps célestes pendant la nuit , et éviter les embarras des tuyaux qui deviennent fort incommodes lorsqu’ils sont très-longs. C’est au célèbre Huygbens que l’on est redevable de cette invention.
- Le télescope terrestre, ou le télés-'-ope de jour, que l’on doit au père llheita, est un télescope composé de quatre verres convexes , ou plans convexes, dont l’un sert d’objectif, et les trois autres d’oculaires. C’est le télescopé astronomique auquel on a ajusté deux oculaires, afin de redresser l’image : au lieu qu’il est indifférent de voir les astres droits ou renversés, à cause de leur figure
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- ronde. V. LUNETTES ASTRONOMIQUES.
- On fait quelquefois des télescopes à trois verres ; on en fait encore à cinq oculaires, et jusqu’ici il avoit paru qu’ils ne dévoient représenter les objets que d’une manière plus foible, à cause des rayons qui doivent être interceptés en passant par chacun de ces verres. Cependant Dolond, célèbre opticien anglois, fit voir, vers 1760, par d’excellentes lunettes à six verres , que l’interception de ces rayons n’étoit point, autant qu’on l’iraaginoit, un obstacle à la perfection des télescopes. Enfin, on a fait voir vers le même tems en Angleterre, des lunettes de nuit qui servent principalement sur mer, pour suivre un vaisseau dans l’obscurité , reconnoître une côte, l’entrée d’un port. Ces lunettes, dont la première idée est dus au docteur Hook, sont composées d’un objectif d’un grand diamètre , afin qu’il puisse recevoir beaucoup de rayons, et d’un ou plusieurs oculaires. S’il n’y en a qu’un, on vol t les objets renversés; mais cet inconvénient est depeu de conséquence , parce qu’il suffit, dans le cas où on s’en sert, de pouvoir distinguer les masses.
- Le télescope, celui qu’en France on appelle proprement télescope, et ailleurs télescope à réflexion, catop-trique , ou cata-dioptrique, est principalement composé de miroirs en place de verres ; et au lieu de représenter les objet s par réfraction comme les autres, il les représente par réflexion.
- On attribue ordinairement l’invention de ce télescope à Newton ; cependant, s’il l’exécuta le premier, il ne fut pas celui qui en conçut la première idée. Il ne songea à ce télescope , comme il le dit lui-même, qu’en 1666 ; et trois ans auparavant, Jacques Grégory , savant géomètre écossois, avoit donné , dans son Op-tica promota, la description d’un télescope de cette espèce. Casse-grain, en France, avoit eu aussi, à peu près dans le même tems , une idée semblable; mais la première invention de ce télescope appartient véritablement au père Mer senne, qui y avoit pensé plus de 20 ans auparavant , et qui l’auroit probable-
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- ment exécuté, si Descartes , dont il avoiî apparemment demandé le sentiment , touchant ces nouveaux Léles-copes, ne l’en avoit détourné.
- Le premier essai de Newton fut un télescope de six pouces de Ion” , avec lequel il pouvoit lire de plus loin qu’avec une bonne lunette de quatre pieds. Cependant, il se passa un long tems avant que personne tenta de l’imiter. Ce ne fut qu’en 1719 que Halley parvint à en faire deux de cinq pieds trois pouces d’Angleterre, avec lesquels il voyoit les satellites de Saturne aussi distinctement qu’avec un télescope ordinaire de ia3 pieds. Depuis ce tems-là, ce-s télescopes sont devenus communs de plus en plus. On en fait non-senle-xuent en Angleterre, mais encore en France et en Hollande.
- Dès 1773 , Pâris et Gonichon, et trois ans après Passement, avoient fait à Paris des télescopes à réflexion.
- Le télescope à réflexion de Grégo-ry est composé d’un tube, dons le fond duquel est un miroir concave , percé à son centre d'une ouverture; à l’autre extrémité est. un autre miroir concave beaucoup plus petit, et dont, la concavité fait partie d’une plus petite sphère que le grand miroir ; il est placé de façon que son foyer se trouve un peu au delà du foyer du grand miroir.
- L’objet y est grossi dans la raison composée de la distance du loyer du grand miroir à celle du foyer du petit, et de la distance du foyer du petit miroir au lieu de l’image , après la seconde réflexion , à la longueur du foyer de l’oculaire.
- Le télescope de Cassegrain ne diffère de celui de Grégory que par la forme du petit miroir qui est convexe au lieu d’être concave. Il résulte de cette forme deux choses: i°. qu’on peut le faire plus court que celui de Grégory ; î°. qu’au lieu de représenter comme celui-ci les objets dans leur situation naturelle , il les renverse.
- Le télescope de Newton différé de celui de Grégory et de Cassegrain en ce que le grand miroir concave n’est point percé ; le petit miroir n’est, ni convexe ni concave, mais simplement plan, elliptique et incliné à l’axe
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- du télescope de 45 degrés. L’ocnlane convexe est placé sur le côté du télescope . dans la perpendiculaire à cet axe, tirée du centre du petit miroir. Ainsi, dans ce télescope, le grand miroir réfléchit les rayons qui viennent de l’objet sur le petit qui les réfléchit à son tour sur l’oculaire d’où ils sortent parallèles.
- Far la position de l’œil dans ce télescope , il est assez difficile de le diriger vers un objet ; c’est pourquoi , pour y parvenir avec plus de facilité, onplace dessusunepetite lunette diop-trique dont l’axe estpavallèle à celui du télescope. Les Angloisl’appellent un trouveur; nous l’appelons chercheur. M. Herschell, qui a surpassé tous les autres dans la construction des télescopes, les fait à la manière de Newton. Consultez V Optique de Smith, pour la théorie, la construction et les usages des divers télescopes.
- TÉLESCOPIQUE, adj, de TÉLESCOPE ( V. ce mot) : qui appartient au télescope.
- ( Astron. ) Les astronomes appellent étoiles télescopiques les étoiles qui sont invisibles à la vue simple , et. qu’on ne peut découvrir que par le secours d’une lunette ou d’un télescope. Toutes les étoiles au dessous de lasixifcmé grandeur sont télescopiques pour des yeux ordinaires , et le nombre de ces étoiles télescopiques est immense.
- TELÉSIE, s. f. du grec nxiinos (téîésios), parfait.
- ( Dlinéral. ) Nom imposé par Hauï à la pierre précieuse vulgairement appelée SAPHIR. V^oy. ce mot.
- TELLURE, s. m. du latin telîus, telluris, la terre.
- {Minéral. ) Nouveau métal trouvé en 1782 dans les mines d’or de Transylvanie , par M. Muller de Reicben-Stein. M. Klaproth, qui en a fait l’analyse, lui a donné le nom de tellurium. en l'honneur de la terre , tel lus, à -l’exemple des anciens, qui donnèrent aux autres métaux les noms des différentes planètes.
- Weraer l’a nommé sylvanc , parce que c’est en Transylvanie qu’on l’a découvert.
- Le tellurien , tellure ou sylvane,
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- est. d’un blanc d’étain ; il est très-fusible, volatil et fragile. Il est le moi us dense de tous les métaux ; sa pesanteur spécifique n’étant que de
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- TÉ?*ÎOIN , s, m. du latin testi-monium, qui se trouve dans la signification de lestis dans les anciens auteurs latins.
- ( Pratique ) Celui qui est appelé eu justice pour déposer ce qu’il sait ds la vérité d’un fait contesté.
- Fénioins nécessaires ; ce sont des témoins qui ne sont reçus que parce que la chose dont il s’agit n’a pu être connue que d’eux.
- Fénioin muet ; c’est une chose qui peut servir d’indice , ou d’une sorte de preuve, ordinairement dans les affaires criminelles,
- 1 ’émoins se dit encore de petits morceaux de tuile, d’ardoise , etc. qd’on enterre sous les bornes d’un champ , d’un héritage, afin de con-noïtre dans la suite si ces bornes n’ont point été dérangées.
- (JVIanufacL.') Fénioins, en termes de fabrique de draps, sont des parties de draps qui restent intondues.
- (.Archit. civile et milit.) Fénioins se dit de certaines hauteurs faites de là même terre qu’on transporte,auxquelles on ne touche point. On les laisse dans les fondemens et lieux qu’on vide, afin de savoir au juste combien on a tiré de .terre, en toises gu en pieds cubiques.
- TEMPE , s. f. du latin te/npora.
- ( jlnat. ) Les tempes sont deux régions de la tête situées sur les côtés de la partie chevelue, et se terminant en bas par les oreilles. On prétend qn’on a appelé cette partie de la tète tempora , parce qu’elle montre le tems ou l’âge de l’homme, à cause que c’est le poil de cet endroit-là qui blanchit le premier.
- TEMPÉRAMENT, s. m. du lat. temperamenlum , fait de tempero , régler, modérer, tempérer.
- ( IVléd. ) Les médecins entendent par tempérament une disposition particulière du corps , qui est produite parla combinaison particulière des principes dont il est composé : c’est une union et accord de ces principesj tant solides que liquides,
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- qui se répriment et tempèrent mutuellement.
- On distingue ordinairement quatre espèces de lempérainens , savoir : i°. le sanguin et. chaud; 2°. le pituiteux, flegmatique et froid; 3<>. le mélancolique et atrabilaire; 40. le bilieux et sec.
- ( Diplomatie ) Fempérament se dit au figuré, en matière de négociation , des expédiens, des adoucisse-mens qu’on propose pour accommoder les affaires, raccorder les différens, Concilier les esprits,
- ( Musique ) Le tempérament, en musique , est une opération par laquelle au moyen d’nne légère altération dans les intervalles , faisant évauouir la différence de deux sons voisins , on les confond en un , qui , sans choquer l’oreille , forme les intervalles respectifs de l’un et de l’autre.
- TEMPÉRANT , TE, adjec. du
- latin tempero , modérer , tempérer.
- ( JMéd. ) Epithète que l’on donne aux remèdes qui ont la vertu de modérer l’érétisme des solides, et calmer l’effervescence des fluides.
- TEMPÉRATURE, s. f. du latin tempcralura, fait de tempero , régler , modérer, tempérer.
- ( Physique ) Nom que l’on donne au degré de chaleur qui règne dans un lieu ou dans un corps. On dit : tel lien ou fel corps est à telle température , en exprimant le degré de chaleur qui y règne.
- O11 s’occupe depuis quelque tems de la connoissance de la température du globe terrestre dans différentes saisons , et à différens degrés d’élévation. Saussure a déjà fait d’excellentes observations eu ce genre , qui engageront sans doute d’autres naturalistes à les continuer dans les sonterreirs les plus profonds des mines, où les circonstances 11e lui ont pas permis de descendre.
- TEMPÉRÉ, ÉS, adj. du latin temperatus, participe de tempero , modérer.
- ( Eiocut. ) Style tempéré; voisin du simple et du sublime , ou pour mieux dire également éloigné des deux, il n’a ni toute la finesse et la naïveté*du premier , ni la véhémence du second ; nuis sa marche douce et
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- coulante a l’heureuse facilité de l’un, et quelquefois la noblesse de l’autre. Il tire son principal mérite des richesses de l’art , c’est-à-dire , que l’agrément des expressions , les tours nombreux et périodiques , et encore plus que tout cela les pensées fines et délicates, ingénieuses , forment son caractère.
- ( Qéogr. ) Zones tempérées ; ce sont celles qui sont placées entre la zone torride et les zones glaciales. V. ZONE.
- TEMPÊTE , s. f. du latin lem-p estas, pour temporis restas, agitation du tems.
- ( Physique ) Orage, violente agitation de l’air causée par l’impétuosité des vents , et souvent mêlée de pluie , de grêle , d’éclairs, de tonnerre , etc.
- TEMPLE, s. m. du lat. templum, dérivé, suivaut quelques-uns, du grec tsp.îvoç ( Léménos ) , qui signifie la même chose.
- ( Culte relig. ) Edifice public Consacré à Dieu , ou à ce qu’on révère comme Dieu.
- Dans ues tems où l’on ne connois-soitni l’architecture, ni la sculpture , on choisit pour le culte religieux des bois plantés sur des hauteurs , et ces bois devinrent sacrés.
- Les temples de pierre et de marbre s'élevèrent quand l’architecture eut fait des progrès.
- C’est en Egypte que l’on a commencé à bâtir des temples. Le goût de cette construction fut porté de là chez les Assyriens , les Phéniciens , les Syriens ; ensuite il passa dans la Grèce avec les colonies, et de la Grèce il vint à Rome. Il n’y eut que quelques peuples , tels que les Perses , les Indiens, les Gètes et les Daces , qui persistèrent dans l’o-r pinion qu’on ne devoit pas enfermer les dieux dans aucun édifice de la main des hommes , quelque magnifique qu’il pût être.
- TEMPORAL , LE , adj. du lat. tempora , tempes, ce qui a rapport aux tempes.
- ( -Anai. ) Tu’artère temporal , la fosse temporale, le muscle temporal, le .nerf temporal, i’ov temporal.
- TEMPOREL , ELLE , adj. du latin temporalis , fait de tempus,
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- tems : qui passe avec le tems, périssable. Il est opposé à étemel, spirituel.
- ( Hist. ecclés. ) Temporel est aussi substantif, et signifie le revenu qu’un ecclésiastique tire de son bénéfice.
- TEMPS ou TEMS , s. m. du lat. tempus : la mesure de la durée des choses.
- ( Astron. ) Le tems se mesure par le mouvement du soleil ; sa révolution d’orient” en occident forme un jour ; sa révolution d’occident en orient forme l’année ; leurs subdivisions forment les mois, les heures , etc.
- Quelques auteurs distinguent le tems en astronomique et en civil.
- Le tems astronomique se compte d’un midi à l’autre, par la révolution diurne du soleil.
- Le tems civil n’est autre chose que le tems astronomique , accpm-modé aux usages de la société civile , et divisé en années, mois et jours, que l’on compte d’un minuit à l’autre.
- On distingue aussi dans l’astronomie , le tems vrai ou apparent, et le tems moyen ou uniforme. Voy. ÉQUATION DU TEMS.
- ( Marine ) Le mot tems signifie , en termes de marine, comme dans le langage ordinaire , l’état actuel de l’atmosphère , de la mer et du vent.
- Beau tems ; c’est un vent frais, favorable à la route.
- (j-rand teins ; c’est un grand vent, favorable à la route , et qui fait faire beaucoup de chemin.
- (J-ros tems ; c’est un mauvais tems , avec gros vent et grosse mer.
- Petit tems ; c’est un teins ou le vent soufflemodérément, et fait faire peu de chemin.
- 'Peins fait ; c’est un vent qui souffle depuis plusieurs jours , qui est favorable à la route , et qui promet de duier; il est opposé h tems incertain.
- 'Peins maniable ; c’est celui par lequel on peut faire faire toutes les évolutions que l’on veut , sans qu’on soit fatigué ni retardé par une grosse mer.
- ( Musique ) Tems se dit en musique , de la mesure du son, quant à la durée.
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- On considère le iems , en musique , ou par rapport, au mouvement général d’un air, et , dans ce sens , on dit qu’il est lent ou vite , ou , selon les parties aliquotes de chaque mesure , et qu’on appelle particulièrement tcms / ou , enfin , selon la valeur propre de chaque note.
- ( Danse , escrime ) Denis se dit dans la danse , dans l’escrime, dans les exercices militaires , de certains inomens , pendant lesquels il faut faire certains mouvemens qui sont distingués et séparés par des pauses.
- ( <Jramm. ) T ’ems se dit aussi en termes de grammaire, des différentes inflexions qui marquent dans les verbes, le te ms où se passent les actions dont on parle.
- ( Vénerie ) Revoir de bon tems ; cétte expression signifie trouver une voie fraîche et de la nuit. Si la voie est d’un jour ou deux , on dit qu’elle est de vieux tems.
- TENABLE , adj. de tenir , en latin leneo.
- ( Art rnilit. ) Celle place n’est pas tenable ; cela signifie , en termes militaires , qu’eliè est trop foi-ble pour être défendue.
- TENACE , adj. du lat. leneo, tenir : qui tient fortement.
- ( Physique ) On désigne par ce mot, ou par ténacité, cette qualité des corps par laquelle ils peuvent soutenir une pression , une force , un tiraillement considérable sans se rompre. La qualité qui lui est opposée est fragilité.
- ( Bolan. ) Il se dit de ce qui , au moyen de petites pointes liameçon-cées , ou de petits poils crochus, s’accroche à ce qui le touche, et s’en délache difficilement. Le calice commun de la bardane , la gousse de beaucoup d’espèces d"’hédysare sont tenaces.
- TENAILLE , s. f. du latin tena-cula, fait de tenax, qui tient fortement , dérivé de leneo, tenir.
- (- lechnol. ) Instrument de fer composé de deux j ieces attachées l’une à l’autre , par une goupille , autour de laquelle elles s’ouvient et se resserrent pour tenir ou pour arracher quelque chose,
- ( Chirurgie} Les chirurgiens ap-
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- pelîent. tenailles un instrument dont iis se servent pour couper des esquilles ou cartilages. Ce sont des espèces de pinces dont l’extrémité de chaque branche est un demi-croissant terminé par un tranchant.
- ( Archit.) En architecture, on appelle tenailles de fer ce que les ouvriers appellent auj ourd’hui louve,
- (Art nrilit.) Tenaille, en termes de fortification , est un ouvrage extérieur placé devant la courtine, entre les deux bastions, construit sur les lignes de défense.
- TENAILLON , s. m. diminutif dé tenaille.
- ( A rl mil il. ) C’est le même ouvrage que celui qu’on appelle grande lunette. Il est composé de deux parties, dont chacune couvre les faces de lademi-lune, devant laquelle il est constririt.
- TENDANCE, s. f. du latin tendo, tendre , se diriger vers.
- (Physique) Effort que fait un corps pour se porter vers un point quelconque. Tous les corps pesans ont une tendance vers le centre des graves. La tendance d’un corps mû circulairement , est de s’échapper par une tangente.
- TENDON, s. m. du latin tendo , tendinis, fait de tendo , tendre.
- ( Anai. ) Le tendon est une partie solide . glacé de bleu, qui termine ordinairement le muscle, et qui est de même composé de filets étroitement unis les uns avec les autres.
- TENDRE, adj. du lat. tener : qui peut être aisément divisé, incisé.
- (Peinture) Couleurs tendres ; ce sont celles qui font sur les yeux le mèmè eflret que des choses délicates opèrent sur le tact. Des couleurs tendres sont opposées à des couleurs dures.
- TENDREMENT, adverb. même origine que tendre : avec tendresse.
- (Peinture) Peindre tendrement, ou avec tendresse ; c’est peindre d’une manière suave et moelleuse. On dit de même en gravure , burin tendre. Le burin de Brevet avoit de la tendresse ; celui de Baiechon en mauquoit.
- (Musique ) Tendrement , écrit à la tête ü'uii air , indique un mouvement ient et, doux , des sons filés
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- gracieusement, et animés d’une expression tendre et touchante. Les Italiens se servent du mot amoroso , dans le même sens; mais le caractère de Vamoroso a plus d’accent ; il est moins fade et plus passionné.
- TENESME , s. m. du grec tmvsç-(a'oç ( tênesmos) , tension , dérivé de Ts/vco ( teinô ) , tendre.
- ( Médec. ) Le ténesme est une envie fréquente, pour ne pas dire continuelle, mais inutile, d’aller à la selle, sans rendre tout au plus qu’une petite quantité de matière visqueuse , mucilagineuse, sanguinolente ou purulente.
- Le ténesme accompagne souvent la dyssenterie, la diarrhée , les-hémorroïdes et la pierre : il est ainsi appelé , parce que, dans cette maladie , on sent une continuelle tension au fondement.
- TENETTE , s. f. du lat. lena-cula , fait de teneo , tenir.
- ( Chirurgie ) Instrument de chirurgie fait en pince , propre à saisir et à fixer en embrassant. On s’en sert
- Îiarticulièrement pour saisir et tirer a pierre de la vessie , dans l’opération de la taille.
- TENEUR, s. f. du latin ténor, suite, continuation.
- ( Pratique ) Il se dit des dispositions contenues dans un acte , dans un contrat, dans un jugement.
- Les arrêts confirmatifs des sentences portent qu’elles seront exécutées selon leur forme et teneur.
- TENOR , s. m. Terme italien qui signifie TAILLE. Toy. ce mot.
- TENSIF , VE , adj. du lat. len-do , tensum, tendre , étendre : accompagné de tension.
- ( Méd. ) .Douleur tensivc ; c’est une douleur accompagnée de tension.
- TENSION , s. f. du lat. tensio , lait de tendo , tensum, tendre : état d’une chose tendue.
- ( Musique ) Les différons tons que peut rendre la même corde, qui demeure toujours de la meme longue.,r, dépendent des différons degrés de tension. V. TON.
- TENTACULE, s. f. diminutif du lat. tenta , tente, fait de tendo, tcnjum ou tenluin, te&dre.
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- ( Hist. nat. ) Les tentacules sont des cornes mobiles , placées à l’extrémité antérieure des mollusques, au nombre de deux ou de quatre, et qui s’allongent et se raccourcissent à volonté.
- TENTE, s. f. du lat. tentorium , fait de tendo , tendre.
- ( Art. milit.) Espèce de pavillon fait ordinairement de toile de coutil, etc. , dont on se sert à la guerre , pour se mettre à couvert.
- ( Chirurgie ) Tente se dit aussi d’un petit morceau de charpie, roulé, figuré comme un clou à tète ronde , qu’on introduit dans les plaies et le» ulcères, pour porter les médicamens dans leur fond, pour donner issue à la matière , et pour les empêcher de se refermer avant que le fond soit rempli.
- TENTIPELLE , s. m. du latin tendo , tensum ou lentum , tendre, et de pellis, peau ; ce qui tend la peau.
- ( Cosmét. ) Remède pour dérider, pour effacer les rides de la peau.
- TENU , UE , adj. du lat. le nuis, fait de tenuo, aménuiser, affoiblir, amoindrir.
- (Didactique) Terme didactique ni signifie menu , mince , mem-rane tenue , particules tenues•
- TENUE , s. f. du latin teneo , tenir : état d’une chose ferme, stable et constante.
- ( Musique ) Tenue, en termes de musique, est un son soutenu par une partie durant deux ou plusieurs mesures , tandis que d’autres parties travaillent.
- ( IMarine ) On dit en termes de marine , que la tenue est bonne , qu’un fond est de bonne tenue, lorsque les ancres mordent bien au fond et ne sont pas sujettes à y chasser par de gros vents ; et l’on dit qu’un fond est de mauvaise tenue, lorsqu’il est mou, que les ancres le labourent facilement , ou bien lorsqu’il est composé de roches dures où l’ancre ne s’accroche pas suffisamment. TÉORBE , s. m. T. TUORBE.
- TEPHRAMANCIE , s. f. du grec -ré?ipa. ( tephra ), cendre, et de p.a.»-rci’ut. (mauléia'), divination.
- ( Divmal. ) Espèce de divination, dans laquelle on se servoit de la ceu-
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- dre du feu qui avoit consumé les
- victimes dans les sacrifices , pour
- tirer des présages , c’est la même
- chose que SPüBOMANCIE. V. ce
- mot.
- TÉRATOSCOPIE , s. f. du grec <T*flatï ( té ras ) , génit, Ts/neroc ( téra-tos), prodige, et de «to®é» (shopéo), voir . considérer.
- ( Uivinat. ) Espèce de divination qui consiste à tirer des augures de l’apparition et la vue des monstres , des prodiges , des fan tontes; comme accouchemens monstrueux , pluies de pierre , de sang , combats d’armées aériennes, etc.
- TÉRÉBENTHINE, s. f. du grec TîfifixSoç ( lérébinlhos ), arbre résineux du Levant,
- ( Botan. ) "Résine liquide qui découle naturelle ment ou par incision des térébinthes.
- Le térébinlhe on pistachier téré-binlhe est originaire de l’île de Chio , et se trouve aussi dans quelques contrées méridionales de la France.
- TÉRÉBRATION , s. f. du latin terebra , tanière , et b'a go , agir , faire : l’action de percer avec une tanière.
- ( Agricull. ) Terme d’agriculture par lequel on exprime Faction de percer un arbre , pour en tirer la gomme, la résine.
- TÉRET , ETE , adj. du latin tercs , tereîis , rond , long et cylindrique.
- ( Botan. ) Il se dit des parties des plantes qui sont, solides, sans angles , soit rentrans , soit sailians.
- TÉRÉTIUSCULE , adj. dimin. de téret.
- ( Botan. ) Presque téret.
- TERGÉMINÉ, ÉE, adj. du latin terge minus, triple, composé de ter, trois fois ? él Je gémi no , accouplé , composé trois fois.
- ( Botan. ) Feuille Leigémiqce ; c’est une feuille composée , dont le pétiole commun se fourche au sommet en deux pétioles secondaires , dont chacun est muni cle trois folioles . l’une à la base externe, et les deux autres terminales,
- TERGIVERSATION , s. f. du latin Lergiversatio, fait de Icrgurn ,
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- le dos, et de versor, être dans l’habitude de faire , de tourner : Faction de faire voir le dos, de montrer le derrière.
- ( Pratique ) L’action de tergiverser , ou faire des fuites , des chicanes , des obstacles , des difficultés pour empêcher la conclusion d’une affaire, ou pour ne pas faire de réponses positives.
- TERME , s. m. du grec réppai ( lertna ), borne , limite, dont les Latins ont fait terminus , dans le même sens.
- ( Archit.) Fermes se dit, en architecture, des statues dont la partie inférieure se termine dans la forme d’un obélisque renversé, ce qui s’appelle gaine. Le terme marin est celui qui se termine en queue de poisson.
- ( Pratique ) Ferme se prend au palais, pour -l'échéance du délai, du jour auquel on doit payer ou faire ce qui est dû.
- ( (Jéom. ) Ferme, en géométrie, se prend quelquefois pour un point , pour une ligne , etc. Un point est !e terme d’une ligne, une ligne est le terme d’une surface, et la surface est le terme d’un solide.
- ( Algèbre ) Fermes d’une équation ; ce sont les différées rnonomes dont elle est composée.
- ( Arithmét. ) Fermes de proportion ; ce sont les nombres ou quantités que l’on veut comparer les unes aux autres. Par exemple, 4 : 8 : : 6 : ï2 ; alors 4,8, 6 , 12 , sont appelés les ternies de la proportion.
- ( Astron, ) Fermes écliptiques ; ce sont les limites des distances de la lune à son nœud , nécessaires pour qu’il y ait éclipse.
- ( (Jramm. ) Ferme signifie aussi mot, diction.
- Ferme propre , ternie Jig-uré , ternie technique. V. PROPRE , FIGURÉ, TECHNIQUE.
- TERMINAL , LE , adj. du lat, lenninalis, fait de terminus, TERME. F. ce mot.
- ( Botan, ) Qui occupe ou forme le sommet même d’une partie quelconque.
- TERMINEES , s. ni. du grec nbprSoc ( terminlhos ) , fruit du térébtnthe.
- ( IVxçd. ) Espèce de pustule ou de tubercule
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- tubercule inflammatoire , rond, noirâtre ou verdâtre, sur lequel il se forme une pustule noire et ronde , qui , en se desséchant, dégénère en bouton écailleux, semblable en quelque manière au fruit du téré-binfhe , en grec lerminlhos, d’où lui vient son nom.
- TERNAIRE , adj. du Iat. terna-rius, nombre de trois.
- ( A rithmét. anc. ) Nombre ternaire ; c’est un nombre parfait , selon Plutarque ; le nombre ternaire étoit fort en estime chez la plupart des peuples anciens.
- TERNE, adj. de ternir, fait, suivant quelques-uns, du latin terrenire rendre semblable à de la terre ; qui n’a point d’éclat, ou qui en a peu,
- TERNES , ÉES, adj. du lat. ter-nus , du nombre de trois.
- ( Botan. ) Il se dit des parties des plantes qui sont au nombre de trois, sur un support commun, ou fixées trois à trois, soit au même point, soit sur le même plan d’un axe ou réceptacle commun.
- TERRAGE, s. m. de TERRE, ( V. ce mot ) , et d’ago , faire , agir : l’action de terrer.
- ( Raffinerie ) Terrage est le nom que les cultivateurs de la canne à sucre ont donné à une opération dont l’objet est d’enlever, à la faveur de l’eau et d’une terre argileuse , la portion de sirop qui reste à la surface des petits cristaux de sucre , réunis et agrégés en une masse conique, appelée pain. Pour cet effet, on verse sur la base du pain, une terre argileuse, délayée dans l’eau, à consistance de bouillie. Cette terre fait fonction d’éponge. Emportée par son propre poids, l’eau dissout le sirop , qui, devenu plus fluide, est entraîné vers la partie inférieure de la forme, et découle dans le pot sur lequel elle est placée. Telle est l’opération qu’on appelle terrage.
- TERRAIN , s. m. du lat. barbare terranium, fait de terra, terre : espace de terre.
- {Art milit. ) On dit, en parlant d’un siège, que les assiégeans ont gagné du terrein peu à peu. On dit d’un fort, qu’il est dans une situation merveilleuse, mais sur un mauvais terrain.
- Tome III,
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- TERRAQUÈ, ÉE, adj. formé du lat. terra, terre, et d’aqua, eau ; composé de terre et d’eau,
- ( Cosmologie ) Il n’est guère d’usage que dans cette phrase : le globe lerraqué.
- TERRASSE, s. f. du lat. barbare terracia, fait de terra, dont les Italiens ont fait terrazo.
- ( Archit. ) Levée de terre dans un jardin , dans un parc , faite de main d’homme , pour la commodité de la promenade, ou pour le plaisir de la vue.
- On dit d’un jardin, qu’il est en terrasse , pour dire qu’il est élevé en forme de terrasse.
- 1 errasse se dit aussi d’un ouvrage de maçonnerie , en forme de balcon et de galerie découverte.
- Terrasse se dit encore du toit d’une maison, lorsqu’il est en plateforme et à découvert.
- (Sculpture) Les sculpteurs appellent terrasse , certains défauts qui se trouvent dans le marbre , et qui empêchent de lui donner un beau poli.
- TERRASSÉ, ÉE, adj. même origine que TERRASSE.
- (Blason) On dit, en termes de blason, qu’un arbre est terrassé, pour dire qu’on voit autour de l’arbre , la motte de terre daiîs. laquelle sont ses racines. Un tel porte d’argent à l’arbre de Sinople , Lenassê de même.
- TERRE, s. f. du latin terra.
- ( Aslron. ) La terre est, suivant le système de Copernic , l’une des planètes qu’on appelle premières.
- Dansl’bypothese de Ptolémée, la terre est le centre du système 6olaire.
- T. SYSTEME.
- La terre est aDplatie vers les pôles. V. FIGURES DE LATERR? ; T. aussi PRÉCESSION , SAISONS , SPHÉ R E, ZONE, GLOBE, AXE, DEGRÉ , POLE , etc.
- ( Créogr. ) Terre se dit des diverses portions de la terre. Terres australes , terres inconnues, terre ferme , ou continent, par opposition aux îles.
- ( Marine ) Le mot terre, accompagné de différens verbes, forme , daus le langage des gens de mer, dit-E e
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- férentes expressions dont voici leS principales :
- Terre! tare! (^interjection) ; c’est un cri qae fait l’homme qui aperçoit le premier la terre , après rue longue traversée, où l’on n’a pas eu la vue de la terre depuis long-tems.
- Être à terre ; c’est être près de terre dans un vaisseau.
- Courir à terre ; c’est gouverner droit sur la te ire.
- Avoir le bord à terre ; c’est, lorsqu’on louvoie le long des côtes, être sur celui des deux bords qui vous mène vers la terre.
- Etrç mangé par la terre; c’est, en parlant d’un bâtiment, lorsqu’é-tant vu de loin, il semble collé contre une terre, et se distingue à peine, parce que ses mâts et ses voiles se confondent avec les diffêrens objets de la côte.
- Noyer la terre ; voy. NOYER.
- Brise de terre ; voy. BRISE.
- (Minéral.) Terres ; on appelle ainsi les substances qui forment la base de toutes les pierres, et dont quelques-unes entrent dans la composition des corps organisés.
- On les regarde comme des substances simples , parce que l’art n’est pas encore parvenu aies composer ni à les décomposer. On en connoit aujourd’hui neuf :
- i°. La silice , qui forme la base des roches primitives, et de toutes les pierres quartzeuses et silicées.
- 20. L’alumine , qui entre pour beaucoup dans la composition des schistes, des ardoises , des argiles , etc.
- 3°. La chaux ou terre calcaire, qui fait la base des marbres.
- 4°. La magnésie , qui entre comme partie essentielle dans la composition des serpentines, des stééttites , des talcs, et autres pierres connues sous le nom de magnésiennes.
- 5°. La zircone, qui fait la base du zircon , appelé par corruption jargon, et de l’hyacinthe.
- 6°. La baryte ou tare pesante, qui est la base du sulfate de baryte ou spath pesant. De très-habiles naturalistes la regardent comme un oxide métallique.
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- 7o. La stronliane , qui est la base de la slrontianile ou la carbonate de stronliane, et de la célestine ou sulfate de stronliane. Il paroît aussi que c’est une terre qui éprouve un commencement de métallisation.
- 8o. La glucine , découverte par Vauquelin dans l’aigue-marine, ou émeraude de Sibérie, et dans l’émeraude du Pérou.
- 9°. Cyttria , découverte dans le minéral nommé gadolinite.
- Les quatre premières de ces terres sont anciennement connues ; les cinq autres sont des découvertes delà chimie moderne.
- Tromsdorff a cru avoir découvert dans le béril de Saxe, une dixième terre, qu’il a nommée AGUSTINE, ( JE. ce mot) ; mais cette découverte n’a pas été confirmée.
- Terre absorbante ; on donnoit autrefois ce nom à une substance qu’on regardoit comme le principe terreux par excellence ; mais la chimie moderne ayant reconnu neuf espèces deterres simples, il ne peut plus y avoir de principe terreux unique.
- (Méd.) On donne , en médecine, le nom de terres absorbantes à différentes sortes de terres auxquelles on attribue la propriété d’absorber les humeurs viciées de l’estomac. Telles sont la magnésie, les yeux d’écrevisse, les coquilles d’œuf, les bols de terres bolaires.
- ( Minéral. ) Terre adamique ; c’est le nom que les anciens naturalistes donnoient à diverses substances terreuses, et même à des oxides métalliques , tels que l’ocre rouge.
- Terre alkaline ; c’est une terre qui possède plusieurs propriétés des alkalis, et notamment celle de se combiner avec tous les acides , comme la chaux , la magnésie, la baryte , la slrontiane.
- Terre alumineuse ; voy. ALUMINE.
- Terre animale ; quand on donne ce nom au résidu de la putréfaction des cadavres, c’est un terreau composé d’un grand nombre de substances différentes. La terre animale obtenue par la combustion, est un phosphate de chaux.
- Terre argileuse ; v. ARGILE,
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- 'Vôtre arsenicale ; c’est l’oxide d’arsenic.
- Verre bleue ; on a donné ce nom, tantôt à du prussiate de fer natif, tantôt à des terres argileuses colorées par le cuivre , tantôt aux cendres bleues natives, qui sont un carbonate de cuivre pulvérulent.
- Terre bitumineuse; v. HOUILLE.
- Terre bolaire, ou bol , ou terre sigillée ; voy. BOL.
- Terre calcaire ; voy. CHAUX.
- 'J’erre forte; on donne ce nom aux terres mélangées où l’argile domine.
- Verre à foulon ; voy. FOULON.
- J’erre jaune ; voy. OCRE.
- Verre métallique ; on donnoit autrefois ce nom aux oxides des métaux.
- J’erre no v ale ; les agriculteurs donnent ce nom à une terre nouvellement défrichée.
- J’erre d’ombre ; c’est une matière terreuse , d’une couleur brune assez obscure, qu’on emploie principalement en peinture. Il y a deux substances trèj-différentes qui portent le même nom .• la terre d’ombre , proprement dite, que l’on a d’abord tirée des environs de la ville de Nocéra, ville d’Ombrie , d’où lui vient son nom, et qu’on tire aujourd’hui de l’île de Chypre. La seconde est la terre d’ombre végétale ; c’est un bois fossile converti en une espèce de tannée, de couleur brune, qui se réduit facilement en poudre. On l’emploie en peinture, soit à l’huile, soit en détrempe.
- J’eire pesante ; voy. BARYTE.
- J’erre à pipe ; c’est une argile blanche et line, qu’on trouve aux environs de Rouen , et qu’on transporte en Hollande , où l’on en fabrique une immense quantité de pipes.
- J’erre à porcelaine ; voy. KAOLIN , PETUN-TSE.
- TERRE A POTIER ; voy. ARGILE.
- TERRE QUARTZEUSE ; voy. SILICE,
- TERRE VEGETALE, ou humus, ou terreau; c’estJa couche superficielle qui presque par-tout, couvre le sol, et qui est communément composée de trois sortes de terre : 1*argile, la terre calcaire et la terre enurizeuse, mêlées du débris des
- TER 43â
- corps oi’ganisés, et sur-tout des végétaux , qui, tous les ans, l’embellissent de leur verdure, et tous les ans y laissent leurs dépouilles.
- J ’erre vierge; on appelle ainsi la terre qui n’a jamais été soumise à la culture.
- TERREAU , s. m. diminutif de TERRE.
- (Agricult., jardiné) On donne ce nom à la terre produite par la décomposition des végétaux et des animaux de toute espèce, mais particulièrement à celle si éminemment noire , légère , substantielle, et, en général si recherchée des cultivateurs et des fleuristes en particulier, qui provient des couches des jardins.
- Les jardiniers s’en servent pour garnir les couches, afin d’avancer la végétation des plantes et des légumes. Afin de le rendre gras et vif, ils ont soin de l’amonceler en brisant les vieilles couches. Toutes sortes d’herbages entassés depuis long-tems , et réduits en terre, forment un excellent terreau.
- TERRE-PLEIN, ou TERRE-PL AIN , s. m. du lat. terra, terre,et de planus, plat, uni.
- ( A relût. ) Verre-plein se dit en architecture, de toute terre rapportée entre deux murs de maçonnerie , pour servir de terrasse ou de chemin pour communiquer d’un lieu à un autre.
- ( b’orlijicat.) Verre-plein est aussi la superficie horizontale du rempart, c’est-à-dire, la partie supérieure du rempart, qui est à peu près parallèle au rez-de-chaussée , et qui , du côté de la campagne, est terminée par un parapet, et du côté de la place par le talus extérieur.
- TERREUR , s. f. du lat. terror} effroi, épouvante.
- (Art niait. ) J’erreur panique; voy. PANIQUE.
- On expli queroit difficilement les terreurs paniques qui arrivent dans les armées , tant la cause en est cachée et inconnue. Elles arrivent ordinairement lorsque les armées sont proches on en présence, ou après quelque échec ou quelque renfort arrivé à l’ennemi. Alors, peu de chose est capable de jeter l’armée dans l’éponvaoteet la terreur, et sur-tout E e **
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- dans le silence et les ténèbres de la nuit. Xénophon , qui est un maître dans la science des armes, dit qu’il est avantageux , lorsqu’il arrive une terreur panique dans une armée, de la tourner en plaisanterie.
- TERRIER, s. m. du latin barb. terrarium.
- ( Chasse) Trou, cavité dans la terre , où certains animaux se retirent. 'Verrier de lapin , terrier de renard.
- Verrier se dit aussi d’un cbien propre à chasser le lapin, le blaireau , etc.
- (Rég. féodal) Papier teirier; c’é-toit, avant la révolution, un registre contenant le dénombrement desparticuliers qui relevoient. d’une seigneurie , et le détail des droits, cens et rentes qui y étoient dus.
- TERRITOIRE , s. f. du Iat. ter-ritorium , dérivé de terra , terre : étendue de terre.
- (Econ. polit. ) Etendue de pays occupée par une puissance ou un état politique.
- Il se dit aussi de l’espace de terre qui dépend d’une juridiction.
- TERROIR, s, m. du lat, tetra.
- ( Agrieult. ) Terre considérée par rapport à l’agriculture. Verroirfertile , terroir aride.
- TERSET ou TERCET , s. m. du grec rgçifos ( Instichos) , qui procède détruis en trois.
- (Poésie) II se dit de trois vers qui sont liés ou qui marchent ensemble.
- Le sonnet est composé de deux quatrains et de deux tercets. En Italie , plusieurs poèmes sont faits par tercets.
- TERTRE , s. m. du celtique tertr, colline.
- ( Vopogr.) Eminence de terre , monticule qui s’élève au milieu d’une plaine , et qui est détachée des côtes voisines. Quelques naturalistes ont remarqué que ces plaines sont les vastes iitsdes anciens fleuves, et que les tertres sont des petites îles que ces fleuves avoient formées par l’accumulation de leurs dépôts.
- TEST ou TÊT, s. m. du latin testa, coquille.
- ( Conchyliologie) Ou appelle
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- ainsi la substance de l’enveloppe des mollusques conquilifères, des tortues, des crustacés et des oursins.
- (JMétalluig.) Veston têt est encore Une espèce de coupelle dont on se sert dans l’affinage ou dans l’opération de la coupelle en grand. Le têt sert ordinairement à rôtir, à griller la mine dans les essais docimastiques.
- (Hist. d’Hnglet.) Serment du lest, ou serment d’épreuve. On donne ce nom , en Angleterre, à l’acte de soumission , ou un formulaire de serment, établi par acte du parlement , au préjudice des catholiques romains , par lequel on reconnoit la suprématie du roi, et l’on renonce à la primauté du pape. Ce serment est ainsi appelé, parce qu’on le regarde comme l’épreuve, la pierre de touche , et la plus grande marque de fidélité pour le gouvernement établi, et l’on ne peut obtenir aucun emploi sans cette condition.
- TESTACÉ, ÉE, adj. du lat. testa , coquille , écaille : garni d’é-cailles.
- ( Hist. nal. ) Ce nom a été appliqué anciennement à tous les animaux qui avoient une enveloppe solide. Aujourd’hui on n’applique plus ce mot qu’aux coquillages.
- ( 'Minéral. ) De teslacés , les minéralogistes ont fait testacites , pouf désigner les coquilles pétrifiées. Vestacite vient du latin testa, coquille, et du grec x;9oc ( lithos )., coquille, pierre , ou coquille pétrifiée.
- TESTAMENT, s. m. du lat. tes-tamenlum , fait de testor, témoigner , assurer, déclarer.
- Le testament est un acte par lequel le testateur dispose, pour le tems où il n’existera plus, de tout ou partie de ses biens, et qu’il peut révoquer.
- Vcstamenl olographe ; c’est celui qui est écrit en entier, daté et signé de la main du testateur. Il n’est assu-jéti à aucune forme.
- Vestament authentique ou* par acte public; c’est, celui qui est reçu par deux notaires , qui leur est dicté par le testateur, et qui est écrit par l’un de ces notaires, tel qu’il est dicté.
- Vestament mystique ; c’est celui qui est caché au notaire ou aux témoins qui le reçoivent. Ce testament
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- est entièrement "écrit, daté et signé de la main du testateur; mais il est tenu de le présenter aux notaires et aux témoins, et d’écrire en leur présence, que le papier qu’il présente est son testament.
- Testament mutuel ; c’est celui qui est fait réciproquement entre conjoints ou autres, au profit du survivant.
- Testament nuncupatif; c’est celui qui est fait de vive voix , et sans écrit. V. NUNCUPATIF.
- TESTICULE , s. m. du lat. testi-culus , diminutif detestis , témoin : petit témoin.
- (Anal.) C’est le nom de deux glandes destinées à sécréter du sang l’humeur séminale. Elles sout ainsi appelées, parce que lçs anatomistes les ont regardées comme deux petits témoins dont la présence est. nécessaire pour constater la virilité.
- Il paroît cependant que le témoignage d’un seul suffit en cette matière, puisqu’on a vu des hommes féconds , qui n’étoient cependant pourvus que d’un seul testicule, comme le dictateur Sylla , et le conquérant tartare Tamerlan.
- ' Il y a des hommes qui paroissent à l’extérieur , n’avoir point de testicules; ; mais c’est parce que ces organes sont demeurés dans la cavité du bas-ventre ; loin que ces individus soient impuissans , on les dit beaucoup plus ardensque les antres, à cause de la chaleur continuelle dont leurs testicules sont pénétrés. C’est pour cela que plusieurs animaux, ayant leurs testicules toujours attachés près des reins , sont d’un tempérament tres-porté à l’amour, témoin parmi les oiseaux, les coqs, les moineaux ; et, parmi les quadru-pèdes , les rats, les lapins, les lièvres , etc.
- TESTUDO, s. Mot latin qui signifie tortue.
- ( 1\Iéd. ) Tumeur enkistée, analogue au meiieeris, large et ronde comme une écaille de tortue , d’où lui vient son nom. Elle se forme à la tête , et cause quelquefois, par sa suppuration , autant d’accidens que le ralpa.
- TÉTANOS, s. m. du grec ( tétainô ), tendre.
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- ( Blé il. ) SorJ/e de spasme , ou convulsion universelle qui saisit tout le corps à la fois. Le tétanos est rare dans les climats tempérés^ : il est beaucoup plus commun dans les pays chauds.
- TETE , s. f. de testa , coquille , écaille.
- ( Anal. ) L’une des trois principales cavités du tronc; c’est cette partie ronde et oblongue située au dessus du tronc , qui renferme non-seulement le "cerveau généralement pris, mais encore les principaux organes des sens.
- ( Ténerie ) Tête se dit des bois ou cornes des bêtes fauves : elles quittent tous les ans leurs têtes, et ou commît leur âge par leur tête.
- Tête bien née ; cette expression sert à désigner la belle venue et la régularité du bois.
- Tête portant brochure ; c’est celle qui a trois ou quatre chevilles, an-douillers ou épois , à la sommité du bois.
- Tête enfourchée ou bien chevillée; c’est celle dont les dards du sommet font la fourche.
- Tête pommée ; c’est celle qui représente à sa sommité une main ouverte.
- Tête couronnée ; c’est celle qui forme avec ses cors une espèce de couronne : c’est la plus rare.
- Tête faux marquée ; c’est celle dont les cors ne sont pas égaux en nombre de chaque côté : par exemple , quand il y en a six d’un côté et cinq de l’autre , le cerf porte alors , dans le langage de la vénerie, qua-torze faux marqués , le plus emportant le moins.
- (Fauconnerie) Taire la tête d’un oiseau de vol ; c’est, l’accoutumer au chaperon.
- ( Arts du dessin ) Tête se dit de la représentation , de l’imitation d’une tète humaine par un peintre , un sculpteur, etc. Tête grecque , tête antique ; c’est une tête du Carrache, c’est une tête du 'Titien.
- (IVumismat.) 1 ’ète , en parlant de médailles , est le côté de l’effigie.
- ( Artmilit.) Tête du camp ; c’est le terrein du campement qui fait face vers la campagne : c’est à la tête du, çamp que l’ou monte le bivouac.
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- Tête de la sape, tête de la tranchée; c’est la partie la plus avancée, la plus proche de l’ennemi.
- Tête d’ouvrage à corne ; ce sont les deux demi-bastions et sa courtine.
- Tête d’un ouvrage à couronne;
- _ . O j , *
- e est un espace (pu conmvend un nas-tion, deux demi-bastions avec leur courtine et leurs flancs.
- ( j4rchit. ) 7 êtc de chevalement; c’est une pièce de bois qui porte sur <leux étais, pour soutenir quelque pan de mur ou queîqu’encoigtiure , pendant qu’on fait une reprise par sous-œuvre.
- Tête de mur; c’est ce qui paroît de l’épaisseur d’un mur dans une ouverture, qui est le plus souvent revêtu d’une chaîne de pierre ou d’une jambe étrifere.
- Tête de -voussoir; c’est la partie du devant ou du derrière d’un voussoir d’arc.
- ( Marine ) Tête est un terme de construction.
- Longueur duvaisseau de tête en tète ; cette phrase, dans laquelle on sous-entend de la tête de l’eslambot à celle de Vétrave, signifie la dimension de la longueur d’un vaisseau.
- Tête se dit quelquefois de la partie ïa plus en avant du vaisseau, et ce qui est le plus en avant dans une escadre, une armée navale on un convoi.
- Tais seau de tête ; c’est celui qui ouvre la marche, et qui se trouve posté le plus en avant de la ligne, ou à la tête de la ligne.
- Faire tête, on sous-entend au vent; c’est faire roidir le cable après avoir mouillé, afin de faire enfoncer les pattes de l’ancre.
- (Manège) On dit qu’un cheval place bien sa tête, pour dire qu’il porte en beau lieu , en parlant de son action et de son encolure. On dit qu’il a la tête dedans , quand il manie sur les voltes de biais, et en pliant un peu la tète.
- Courir les têtes ; on appelle ainsi un exercice de manège où le cavalier perce plusieurs têtes de carton qui sont à terre , avec diverses sortes o’armes , tandis que le cheval galope.
- T E T'
- T É T R A , du grec rîrpt (lé-tra ), contraction de rtrictpx ( tetra-ra), qui signifie quatre. Ce mot entre dans la composition de plusieurs mots grecs et français.
- 1ÉTRACORDE , s. m. du grec rîrpet (létra) , quatre, et de ( chordê ), corde : à quatre cordes,
- ( Musique ancienne ) C’éfoit, dans la musique ancienne , un ordre ou système particulier de sons , dont les cordes extrêmes sonnoientîa quarte. Ce système s’appeloit télraeç-rde, parce que les sons qui le composoienfe étoient ordinairement au nombre de quatre, ce qui pourtant n’étoit pas toujours vrai.
- TÉTRADACTYLE, adj.du grec TÏrpet (léira), quatre, et de ècatrbko; ( daktulos) , doigt : à quatre doigts.
- ( JiisL. nat.) Il se dit des animaux qui ont quatre doigts à chaque pied. Vhyppopotame est de ee nombre.
- TÉTRADYNAMIE, s. f.-nu grec rirpet (tetra) , et de de àùvc/.ptç (du-namis ) , puissance : à quatre puissances génératrices,
- ( Botan.) C’est le nom que Lin-næus a donné à la classe XV de son Système sexuel, celle qui renferme les plantes qui ont quatre grandes étamines et deux plus courtes et opposées, et dont le fruit est ou une si-lique ou une silicule. Les plantes qui la composent ont été appelées crucifères par Tournefort, à raison de la disposition de leurs pétales.
- TÉTRAÈDRE, s. m. du grec Tirpa ( létra ) , quatre, et d’ej'px (hé-dra) , siège , base : à quatre bases.
- ( Créom. ) C’est ainsi que les géomètres appellent l’un des cinq corps réguliers, celui qui est composé de quatre triangles équiiatéraux ; c’est-à-dire , qui ont les faces et les angles’ égaux.
- ( Cristallographie) M. Hauï a aussi donné ee nom à un cristal, lorsqu’il présente la forme du tétraèdre régulier , comme forme secondaire , tel que le sulfure de zinc tétraèdre.
- TÉTRAGONE , adj. du grec rt-rpa, (Létra), quatre, et de ymnau (gQniâ ), angle : à quatre angles.
- (Créom.) Figure de quatre angles. Ainsi, le quarré, le parallélogramme,
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- TET
- le rliombe, le trapèse, sont des figures tétragones.
- TÉTRAGONISME , s. f. même origine que TÉTRAGONE.
- ( Géom. ) C’est un terme dont quelques auteurs font usage pour exprimer la quadrature du cercle.
- TÉTRAGINÎE, s. f. du grec -TÈTp«r ( Létra ) , quatre , et de yuv»
- (guné ) , femme : à quatre parties , femelles.
- ( Botan. ) C’est le nom du quatrième ordre des treize premières classes du Système sexuel de Lin-næus, celui qui comprend les plantes qui ont quatre parties femelles ou quatre pistils.
- TÉTRALOGIE, s. f. du grec tiTpet ( tetra ) , quatre , et de xôyog ( logos ) , discours ; ce qui est composé de quatre discours.
- (Hist. anc.) C’étoit le nom d’une sorte de combat littéraire, qui avoit lieu chez les Grecs, et qui consistoit à disputer le prix par quatre pièces dramatiques.
- TÉTRAMÈTRE , s. m. du grec n-irpn ( létra ) , quatre, et de p,irpov ( métron ), mesure , pied : à quatre mesures, à quatre pieds.
- ( Poésie gr. et lat. ) Sorte de vers grecoulatin composé de quatrepieds. On ne trouve de ces sortes de vers que dans les comiques , comme Té-rence.
- TÉTRANDRIE , s. f. du grec •rîrpet ( tetra ), quatre , et d’kvJ'pbs (andros), génitif d’àvip ( anêr) , homme , mari : à quatre maris,
- ( Botan. ) Nom donné par Lin-næus à la quatrième classe de son Système sexuel, celle qui comprend les plantes qui ont quatre parties mâles ou quatre étamines égales en hauteur.
- TÉTRAPASTE ou TÉTRA-PASTON , s. m. du grec rirpa (téIra), quatre , et de <r<tskm (spaô), tirer : à quatre poulies.
- ( Mécan. ) C’est le nom d’une machine composée de quatre poulies.
- TËTRAPÉTALÉ, adj. du grec TtTpa, ( tétra) , quatre, et de tj-étaXov ( pétalon ) , pétale : feuille à quatre pétales.
- ( Botan. ) Il se dit des fleurs composées de quatre feuilles ou pétales.
- TET 4%
- TÉTRAPHYLLE , adj. du grec. tstpst ( tétra ) , quatre , et de çjaàg*
- ( phullon ) , feuille : à quatre feuilles.
- ( Bolan. ) Qui est composé de quatre folioles.
- TÉTRAPLES, s. m. pl. d u grec Tirpn (létra'), quatre , et d’i^xo» (haploô) , développer : à quatre versions.
- ( Littéral, sacrée ) C’étoit le nom d’une bible rangée par Origène sur quatre colonnes. Dans chaque colonne étoit une version différente : celle d’Aquila , de Symmaque , des Septante et de Théodoston ; cet ouvrage fut composé après les HjEXA-PLES (H. ce mot), pour la commodité de ceux qui ne pouvoient avoir les hexaples.
- TÉTRAPODE , adj. du grec nirpa. ( tétra ) , quatre , et de œroZç (pous) , génit. tsroJ'ac (podos), pied : à quatre pieds.
- ( Hist. nat. ) Animal à quatre pieds : quadrupède.
- TÉTRAPODOLOGÏE , s. f. du grec TïTpcL ( tétra ) , quatre, de ®-oûs ( pous ) , génit. gtoJ'oç ( podos ) , pied,et de \Lyos. ( logos'), discours,, traité.
- (Hist. nat.') Partie de la zoologie qui traite des animaux à quatre pieds ou des quadrupèdes.
- TÉTRAPTÈRE , adj, du grec t4t pet ( tétra ) , quatre , et de <7Trripov ( pléron ) , aile : à quatre ailes.
- ( Botan. ) Qui est composé de quatre ailes,
- TÉTR ARQUE , s. m. du grec tItp*. ( tétra ) , quatre , et d'kpyj>
- ( arche ) , empire , gouvernement.
- (Econ. polit.') Titre par lequel on désignoit des princes du second ordre , subordonnés à une puissance supérieure; et ainsi nommés, parce que leurs Etats étoient censés faire à peu près la quatrième portion d’un royaume démembré.
- On appeloit tétrarchat ou létrar-ehie., la principauté d’un tétrarque.
- TÉTRASPERME , adj. du grec pa. ( létra ) , quatre , et de «nsrsp/x* ( spernia ), semence : à quatre graines.
- (Bolan. ) Portant ou renfermant quatre semences.
- TÉTRASTILE ou TÉTRAS-
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- TYLÉ v s. m. du grec 'tirait {titra) , quatre , et de çûxoç ( slulos ) , colonne : à quatre colonnes.
- ( Archit. ) Bâtiment soutenu par quatre colonnes de front.
- TETRASTIQUE , s. m. du grec <T£-rpa ( tetra ) , quatre, et de ( sticlios ), vers.
- ( Poésie) Quatrain, stance, couplet de quatre vers.
- TÉTRASYLLABE, s. m. du grec Tiapa, ( LéLra ), quatre , et de <roX.K«,£« ( sullabé ) , syllabe.
- ( Gramm. ) Mot composé de quatre syllabes.
- TEUTONIQUE , adj. du latin teutones ou teuloni , theolitci, leu-tisci , leujîsci, nom d’un ancien jüeuple de Germanie : qui appartient aux Teutons.
- ( Chevalerie) Ordre teutonique ; cet ordre prit, naissance l’an 1190 , au camp des Croisés , devant la ville de Saint-Jean-d’Acre. Quelques citoyens de Lubeck et de Brème, touchés de compassion pour le grand nombre de malades et de blessés, qui se trouvoit dans l’armée des Croisés , consacrèrent leurs biens et leurs personnes au soulagement de ces infortunés. Pour cet effet, ils dressèrent une tente avec la voile d’un certain vaisseau Teutonique , nommé Cocka , y reçurent tous les infirmes et les biessSs de leur nation , et les traitèrent avec tout le soin qu’inspire la plus tendre charité. Le roi et le patriarche de Jérusalem engagèrent Frédéric, duc de Souabe, qui commandoit le corps des Croisés allemands , à écrire au roi de Germanie , Henri , son frère , pour demander au pape Célestin III, la confirmation de cet établissement. Henri fit la demande , et obtint une bulle datée du 12 février 1191 , par laquelle Célestin confirmoit l’institut des Frères-Hospitaliers teutoniques, de Notre-Dame deSion; leur ordonnant de porter une croix noire sur un manteau blanc, et de vivre sous la règle de saint. Augustin, avec tous les privilèges accordés aux hospitaliers de Saint-Jean, et. aux chevaliers du Temple. Bientôt les hospitaliers teutoniques devinrent militaires, sur le modèle des deux ordres qui les avoient précédés. Ils possédèrent en toute
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- souveraineté la Prusse, la Livonie, les duchés de Courlande et de Sémigal ; mais la discorde s’étant introduite parmi eux, les princes voisins en profitèrent pour enlever à l’ordre une partie de ses possessions. Le luthéranisme acheva sa ruine. Les chevaliers qui persistèrent dans la religion catholique , furent obligés de quitter la Prusse , où étoitle siège de l’ordre, et de le transférer à Mariendal, en Franconie. Il ne leur reste de leur puissance et de leurs richesses, qu’un petit nombre de commanderies divisées en différentes provinces.
- TEXTE , s. m. du latin texlus , fait de Lexo, Lextuni, faire un tissu , composer un ouvrage : ouvrage composé , ou tissu d’un oûvrage, d’un discours.
- ( Littéral. ) Discours original, ou les propres paroles d’un auteur, considérées par rapport aux notes , aux commentaires , aux gloses qu’on a faites dessus le texte 'de l’écriture sainte, le texte hébreu.
- ( Imprimerie ) Gros texte, petit texte ; ce sont deux caractères d’im-primeri’e.
- TEXTILE, adj. de texo, tex-tum, tisser.
- (Minéral.) Il se dit des substances minérales qui peuvent être employées à faire un tissu. L’amiante est une pierre textile.
- TEXTUEL , LE , adj. même origine que TEXTE.
- ( Pratique ) Qui est dans le texte d’une loi, d’un arrêté , d’un règlement. De là, textuellement, pour, phrases pour phrases , mol pour mot.
- TEXTURE , s. f. du latin texo , textum , faire un tissu : la maniéré dont une chose esttissue.
- ( Physique) On nomme ainsi la disposition particulière des molécules d’un corps, de ses parties constituantes ; c’est cette disposition qui fait que ce corps est de telle ou telle nature, qu’il a telles ou telles propriétés, telles ou telles qualités.
- THALASSARCHIE , ou THA-LASSARQUIE, s. f. du grec erit ( thalassa) , la mer, et d’àp^if (arche), empire, gouvernement: empire de la mer.
- (Histoire) C’est l’empire des
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- mers. M. de Fénélon attribue , dans son Télémaque , la ihalasscirquie , aux Phéniciens. Jusqu’au tems de Justinien, les lois romaines permet-toient d’agir contre ceux qui troublaient la navigation , ou s’oppo-soient à la pêche de la mer. L’empereur Léon est le premier qui ait accordé aux. personnes qui avoient des terres, le privilège de pécher devant leurs domaines respectifs , exclusivement aux autres. Il permit même à plusieurs particuliers de se partager entr’eux le Bosphore de Thrace.
- D’autres puissances ont fait, dans la suite, diverses tentatives pour s’emparer de la mer , et en interdire l’usage public. La république de Venise sembloit publier, quand son doge épousoit la mer , qu’elle étoit maîtresse du golfe Adriatique.
- Aujourd’hui, les Anglois prétendent à l’empire des mers, La thalas-sarquie n’appartient à personne : toutes les puissances ont chacune leur droit sur la mer»
- THALASSOMÈTRE, s. m. du grec 6xKetsr<ret (thalassa) , la mer , et de yÂrpov ( métro n ) , mesure: mesure de la mer.
- ( Marine ) C’est un nom qu’on a donné à la sonde de mer, dont on se sert pour connoître la profondeur de l’eau, et la qualité du fond.
- THARGOUM, s. m. Motchal-déen , qui signifie interprétation.
- (Littérature sacrée) C’est le nom que l’on donne aux paraphrases chaldaïques de la bible. On compte huit thargoums.
- THAUMATURGE , s. masc. du grec Bttvfjut ( thaurna ) , génit. %&{/-[xa.'Toç (lliaumatos ) , merveille, et d’ïpyov ( evgon), ouvrage : faiseur de miracles.
- (Histoire ecclésiastique) On a donné ce nom à quelques saints qui se sont rendus célèbres par le nombre et l’éclat de leurs miracles. Saint (Grégoire thaumaturge, saint Léon thaumaturge. Dans les derniers siècles , saint François de Paule , saint François Xavier ont été de grands thaumaturges.
- THE, s. m. Corruption du chinois iheh.
- (Botan.) C’est le nom d’un ar-
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- brisseau qui oroît spontanément à la Chine et au Japon. Les Chinois le nomment theh, et les Japonois èrz’aa. Il est toujours vert, et se plaît dans les plaines basses, et sur les collines et les revers des montagnes qui jouissent d’une température douce.
- Les différentes sortes de thé qui sont connues dans le commerce , proviennent toutes de la même plante. Les différences que l’on y remarque, résultent des divers sols où croit l’arbrisseau du tiré, de l’âge auquel on récolte les feuilles, et des diverses préparations qu’elles subissent.
- Le thé est naturellement sans odeur ; celle qu’il répand lui est communiquée par plusieurs plantes avec lesquelles on le mêle, sur-tout pari’olivier odorant. Les auteurs des Lettres édifiantes disent que les Chinois gardent pour eux le meilleur thé, et que celui que les Européens exportent, a souvent bouilli plus d’une fois dans les théyères de ce pays.
- De tous les thés consommés en Europe, le plus agréable est celui qui nous vient de . la Chine, par terre, et que la caravaune' apporte à Pétersbourg. .
- On fait, à la Chine et au Japon , deux ou trois récoltes de thé : la première a lieu à la fin de février , ou au commencement de mars. L’arbrisseau ne porte alors que peu de feuilles , à peine développées , et n’ayant guère plus de deux ou trois jours de crue ; elles sont gluantes, petites, tendres , et réputées les meilleures de toutes : aussi les réserve-t-on pour l’empereur et les grands de sa cour; elles portent, par cette raison, le nom de thé impérial. On les appelle aussi quelquefois la fleur du thé.
- La seconde récolte , qui est la première de ceux qui n’en font que deux par an, commence à la fin de mars, ou dans les premiers jours d’avril. Les feuilles alors sont beaucoup plus grandes, et n’ont pas perdu leur saveur. Quelques-unes sont parvenues à leur perfection, d’autres 11e sont qu’à moitié venues; on les cueille indifféremment ; mais , dans la suite, avant de leur donner la préparation ordinaire, on les range daus leurs diverses classes , selon leur
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- grandeur et leurbônfé. Les feuilles de cette récolte , qui n’oirtpas encore toute leur crue , approchent de celles de la première, et on les vend sur le même pied ; c’est par cette raison qu’on les trie avec soin , et qu’on les sépare des plus grandes et des plus grossières.
- Enfin , la troisième récolte , qui est la dernière et la plus abondante, se fait un mois après la seconde, et lorsque les feuilles ont acquis toute leur dimension et leur épaisseur. On en compose trois classes; la troisième comprend les feuilles les plus grossières, et qui composent le thé que le simple peuple boit ordinairement.
- Il y a, à la Chine, plusieurs manières de préparer les feuilles de thé. Voici la préparation qu’elles reçoivent communément.
- Aussitôt qu’elles sont cueillies, on les fait sécher ou rôtir sur le feu , dans une platine de fer , et lorsqu’elles sont chaudes, on les roule avec la paume de la main , sur une natte , jusqu’à ce qu’elles deviennent comme frisées. Le but de cette opération est de les dépouiller de Peau surabondante; aussi la répète-t-on jusqu’à ce qu’elles aient perdu tout leur jus : deux ou trois fois suffisent ordinairement, mais il y a des gens délicats qui la répètent jusqu’à cinq fois, et même jusqu’à sept, si le tems ne leur manque pas.
- Le thé, après avoir été gardé pendant quelque tems, doit être tiré des vases où on le tient, et rôti encore sur un feu très-doux, afin de lui faire perdre toute l’humidité qu’il peut contenir, ou qu’il a attirée de nouveau ; après cela il devient propre pour l’usage, et peut être conservé fort long-tems sans se gâter, en ayant soin de le garantir du contact de l’air, qui, lorsqu’il est chaud, en dissipe les parties volatiles.
- THÉANDRIQUE, adj. du grec ùso; (théos), Dieu, et d’ivüp (aner), génit. âvJ'poç ( andros ), homme.
- ( Théol. ) Terme dogmatique , employé par St. Denis , évêque d’Athènes , pour exprimer les deux opérations divine et humaine de J. C.
- THÉANTROPE, s. m. du grec 6$s£ (théos), Dieu, et d’&vôpaswoj
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- ( anthrôpos ) , homme : homme-dieu.
- (Théol.) On se sert quelquefois de ce mot dans le dogmatique , pour signifier la personne de Jésus-Christ, qui est véritablement homme-dieu.
- THÉÂTRE, g. m. du grec 61*-tptv (théatron) , dérivé de thkopcu ( theaomai) , regarder : lieu d’où l’on regardé. N
- (j4rt dramat.) Le théâtre des anciens, c’est-à-dire , tout le corps de l’édifice où l’on s’assembloit pour voir les représentations tragiques, étoit composé d’un amphithéâtre en demi-cercle, entouré de portiques , et garni de sièges de pierres qui en-vironnoient un espace appelé orchestre.
- Au devant étoit le plancher du théâtre, qu’on nommoit le prose canin ni ou pulpilum, avec la scène qui étoit une grande façade, décorée de trois ordres d’architecture , derrière laquelle étoit le lieu où les acteurs se préparoient. Ce théâtre avoit trois sortes de scènes mobiles de perspectives peintes ; savoir : la tragique, la comique et la satyrique.
- Dans la Grèce, jusqu’àCraterus, les théâtres, ainsi que les amphithéâtres , n’étoient que de charpente; mais un jour que ce poète faisoit jouer une de ses pièces, l’amphithéâtre trop chargé , se rompit et fondit tout à coup. Cet accident engagea les Athéniens à élever des théâtres plus solides, et ils en firent construire qui ne le cédoienten magnificence à aucun édifice public , pas même aux temples des dieux.
- A Rome, les théâtres ne se bâfis-soient anciennement que de bois , et ne servoient que pendant quelques jours. Lucius Mummius fut lé premier qui rendit ces théâtres de bois plus splendides , en enrichissant les jeux qu’on fit à son triomphe, des débris du théâtre de Corinthe. Ensuite Scaurus éleva le sien avec une telle magnificence , que la description du théâtre paroît appartenir à l’histoire des fées. Le théâtre suspendu et. brisé de Scribonius Curion, fit voir une machine merveilleuse , quoique d’un autre genre. Pompée bâtit le premier un magnifique théâtre de pierres et de marbre, à l’imita-
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- tion de celui de Mitylène , dont il rapporta le plan. Marcellusen construisit un autre , dans la neuvième région de Rome, et ce fut Auguste qui le consacra.
- Les théâtres de pierres se multiplièrent bientôt ; on en comptoit jusqu’à quatre dans le seul camp deÉla-minius. Trajan en éleva un des plus superbes, qu’Adrien fit ruiner.
- Caïus Pulcher fut un des premiers qui à la diversité des colonnes et des statues, joignit les peintures pour en orner la scène. Catulus la revêtit, d’ébène ; Antoine alla plus loin , il la fit argenter; et Néron, pour fêter Ti-ridate , fit dorer tout le théâtre.
- Entre les rideaux, tapisseries ou voiles du théâtre des Romains, les uns servoient à orner la scène, d’autres à la spécifier, et d’autres à la commodité des spectateurs. Ceux qui servoient d’ornement , étoient les plus riches, et ceux qui spécifioient la scène , représentoient toujours quelque chose de la pièce qu’on jouoit. La décoration versatile étoit un triangle suspendu, facile à tourner, et portant des rideaux où étoient peintes différentes choses qui se Louvoient avoir du rapport au sujet de la fable, ou du chœur, ou des intermèdes.
- Les voiles tenoient lieu de couverture, et on s’en servoit pour la seule commodité des spectateurs. Catulus imagina le premier cette commodité, car il fit couvrir tout l’espace du théâtre et de l’amphithéâtre , de voiles étendues sur des cordages qui étoient attachés à des mâts de navires ou à des troncs d’arbres enfoncés dans les fnurs. Lentulus Spinther en fit de lin, d’une finesse jusqu’alors inconnue. Néron, non-seulement les fit teindre en pourpre , mais y ajouta encore des étoiles d’or, au milieu desquelles il étoit peint sur un char ; le tout travaillé à l’aiguille, avec tant d’adresse et d’intelligence , qu’il paroissoit comme unPhœbus, qui, modérant ses rayons dans un jour serein , ne laissoit briller que le jour agréable d’unebellenuit.
- Le plus célèbre théâtre qui resté de l’antiquité, est celui de Marcellus à Rome.
- Parmi les modernes, les Espagnols sont 'es premiers qui aient composé
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- des poëmes dramatiques où l’on remarque quelque méthode. Leurs théâtres sont presque carrés, et ont trois étages, avec des loges au premier et. au second rang. On est assis aux deux côtés du parterre, sur des gradins, comme dans les anciens amphithéâtres , entourés d’une balustrade. Il y a encore un autre endroit du théâtre, appelé pacio, qui est de toute la largeur du théâtre, et où il y a des bancs. Cette forme de théâtre , qui diffère tant de celle des autres ihéâtres de l’Europe, est une preuve de l’antiquité du théâtre espagnol.
- Chez les Anglois, tout le parterre est en amphithéâtre. Il n’y a qu’un-rang de loges; et au dessus, deux galeries avec des gradins, où le peuple va se placer.
- En Italie , les théâtres ont communément quatres rangs de loges , outre un autre rang qui fait l’enceinte du parterre. Il y a même à Venise un théâtre à sept rangs de loges. Dans toute l’Italie, on- est assis auparterre ; le théâtre de Parme, comme chez les anciens Romains, n’a point de loges, mais seulement des gradins en amphithéâtre.
- 'Théâtre se prend aussi pour les règles de la poésie dramatique, ou pour la poésie dramatique elle-même. C’est dans ce sens qu’on dit le théâtre grec, le théâtre anglois, le théâtre italien. V’. TRAGÉDIE, COMÉDIE, etc.
- Coup de théâtre; c’est, dans une pièce dramatique , un événement imprévu, quoique préparé, comme les reconnoissances.
- 'Théâtre se dit encore des recueils de toutes les pièces d’un auteur. Le théâtre de Corneille, le théâtre de Molière.
- ( Littérat. ) Théâtre a aussi servi de titre à plusieurs livres. Le théâtre d’agriculture, le théâtre de la vie humaine de Lycosthène.
- ( ylnat. ) Théâtre , en parlant d’une école de médecine et de chirurgie , est le nom d’une salle avec plusieurs rangs de siège, en amphithéâtre circulaire , et une table posée sur un pivot, au milieu, pour la dissection et la démonstration des cadavres.
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- THEIFORME , adj. composé de the, et de forme : qui a la forme du thé, en guise de thé.
- (Méd.) Il se dit des infusions d’herbes, qu’on prépare comme le thé. Infusions ihéifortncs.
- THEISME, s. m. du grec 8tbç ( théos ) , Dieu.
- ( Théologie') Terme dogmatique par lequel on désigne le sentiment de ceux qui adjrnettent l’existence d’un Dieu, d’un Etre-Suprême. C’est l’opposé de Vathéisme. De là , théiste, pour celui qui* reconnoit l’existence d’un Dieu.
- THEME , s. m. du grec Qljuct ( thérna ) , position, dérivé de t«9h/z<
- (tithêmi) ,poser, établir.
- ( Crramm.) On appelle thème cl’un •verbe, le radical primitif d’où il a été tiré par diverses formations; mais, en grec , on appelle ainsi le
- Ïnésent d’un verbe , parce que c’est e premier tems qu’on pose pour former les autres.
- ( Didacl. ) Dans le didactique, on entend par thèmes, la matière d’un discours, le sujet qu’on entreprend de traiter, la proposition qu’on veut établir, éclaircir ou prouver.
- Thème se dit, dans les classes, de ce qu’on donne aux écoliers à traduire de la langue qu’ils savent, dans celle qu’on veut leur apprendre.
- (Astral. ) Thème céleste; c’est, en termes d’astrologie, la position nù se trouvent les astres, par rapport au moment de la naissance de quelqu’un , et au lieu où il est né , et sur lequel les astrologues tirent des conjectures , qu’ils appellent horoscope.
- TllÉNAR , s. m. du grec 8êv«,f> ( thénar') , la paume de la main ou la plante du pied.
- ( A.iat.) Mot grec guel’ou a conservé en françois, qui signifie proprement la paume de la main, ou la plante du pied, mais qui sert, dans notre langue , à désigner un muscle de la main ou du pied.
- THÉOCRATIE , s. f. du grec Bée; ( théos) , Dieu , et de nfétroa-( kratos ), pouvoir, puissance.
- (jEcon. polit.) Espèce de gouvernement où les chefs de la nation ne sont regardés que comme des ministres de Dieu.
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- THÉODICÉE, s. f. du grec 8«a* (théos) , Dieu , et de Mkh (dikè) , justice : justice de Dieu.
- ( Litlérat. ) C’est le titre d’un ouvrage de Leibnitz, qui traite des attributs de Dieu.
- THÉODOLITE, s. m. du grec 0f69 ( théo ) , prendre , et de ( doîichos ) , longueur , étendue , espace : instrument propre à mesurer les espaces.
- ( Arpenlage ) Instrument en usage dans l’arpentage, pour prendre les hauteurs et les distances. Pour la description de cet instrument, consultez l’ouvrage de M. Gardner , intitulé : practical surveying impro-ved, c’est-à-dire, Varpentage perfectionné.
- THÉOGONIE , s. f. du grec 8îàç ( théos ), Dieu , et de yavoç (gonos), race , génération , dérivé deysivopatt (géinomaif naître: naissance des dieux.
- ( Culte relig. ) Ce mot, dans son acception générale et commune, s’applique à tout système religieux , imaginé dans le paganisme. 0,n dit dans ce sens, la théogonie des Egyptiens , la théogonie des Crées, la théogonie des Perses.
- Il se dit aussi, par extension, de quelques ouvrages particuliers sur la même matière. La théogonie d’Hésiode.
- THÉOLOGIE, s. f. du grec Bèo; (théos), Dieu , et de xôyoç ( logos) , discours, traité.
- ( Théol.) Science qui traite de Dieu et des choses divines , ou qui a pour objet Dieu et les choses qu’il a révélées.
- Théologie se dit aussi de la science qui, chez les anciens païens, avoit pour objet les choses de leur reli-gion.
- De théologie, on a fait théologal, pour désigner un chanoine qui enseigne la théologie.
- ’lhéologales, pour distinguer les vertus qui ont principalement Dieu pour objet. Ces vertus sont la foi, l’espérance et la chanté.
- 'Théologien, pour exprimer celui qui écrit sur les matières de la théologie. Le premier à qui i’on a donné le''titre de théologien par excellence,
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- a été St. Jean l’évangéliste ; le second , St. Grégoire de Naziance. On l’a aussi donné à quelques docteurs modernes, comme à un Anglois, nommé Richard , chanoine de St. Victor ; à JeanTaulère, qu’on a surnommé le théologien illuminé.
- On dit aussi des poètes, qu’ils étoient les théologiens du paganisme.
- Théologique , pour désigner ce qui appartient à la théologie. Ce docteur est profond sur les matières théologiques. Cela n’est pas de foi, c’est une opinion théologique. THÉOLOGIUM, s. m. du grec (théos) , Dieu,et de xiyoc (logos ) , discours, fait de xiyosi ( lego), parler.
- ( Art drainat. ) On donnoit ce nom, chez les anciens, au lieu du théâtre d’où parloieut les dieux.
- THÉOMANCIE , s. f. du grec ôsoç ( théos) , Dieu, et de ^ayTslct (mantéia), divination.
- (Divinat. ) Espèce de divination pratiquée par des imposteurs qui se disoient inspirés par quelque divinité.
- THÉOMAQUE , s. m. du grec Bîgç (théos) i Dieu, et de ptct^opcti ( machomai) , combattre : celui qui combat Dieu ou les dieux.
- ( Hist. anc. ) Ou donnoit ce nom aux géants que l’on disoit avoir combattu les dieux; il s’est dit depuis, par extension , de tout ennemi de Dieu.
- THÉOPHANIE, s. f. du grec fjioyc/.vuct ( ihé'ophanéia ), fait de $saç (theos) , Dieu , et de qTiva (phaino) , apparaître.
- ( Culte catlioL ) On a donné autrefois ce nom à. l’Epiphanie ou à la fête des rois.
- (Hist. anc.) Théophanie étoit, chez les païens, le nom d’une fête qui se célébrait à Delphes, en mémoire de la première apparition d’Apollon dans celte ville.
- THÉOPHILANTHROPE, s. m. du grec 8sà? ( théos ), Dieu , de fehoç ( philos ) , ami, et d’tkvQpavsro; (anthropos ) , homme : ami de Dieu et des hommes.
- ( Culte relig. ) Mot nouveau qui désigne certains sectaires qui, dans la dernière révolution, s’atujonçoieat
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- pour n’avoir d’autre culte- que celui qui consiste dans des discours de morale et des hymnes à l’Etre-Su-prême et aux vertus , et dont la croyance se boruoit à l’existence d’unDieu et à l’immortalité de l’ame.
- THÉOPTIE , s. f. du grec 6«àc ( théos ), Dieu , et à’o<zvn;op,iu (op-Lomai ), voir : apparition des dieux.
- ( Hist. anc. ) Ce mot signifie la même chose que théophanie , l’apparition des dieux. Les anciens étoient persuadés que les dieux se manifestoient quelquefois , et appa-roissoient à quelques personnes , et qflfe cela arrivoit ordinairemeirt aux jours où l’on célébrait quelque fête exr leur honneur. Cicéron , Plutarque , Arnobe et Dion Chrysostôme , font mention de ces sortes d’apparition.
- THÉORBE ou TUORBE , de l’italien Tiorba, nom d’homme.
- ( Musique instrum. ) Instrument de musique qui diffère peu du luth ; ainsi appelé du nom de son inventeur , à ce qu’on croit.
- THÉORÈME , s. m. du gréa S(éùp>tp.ct (thé ôréma ), dérivé de Bua-ptet ( théoréû ) , contempler.
- ( Mathémat, ) Théoi'ètne est une proposition qui énonce et qui démontre une vérité. Ainsi, si Ton compare un triangle à un parallé-logramihe appuyé sur la même base , et de même hauteur , en faisant attention à leurs définitions immédiates , aussi bien qu’à quelques-unes de leurs propriétés préalablement déterminées , on en infère que le parallélogrammeestdouble du triangle. Cette .proposition est un théorème,
- Le théorème est différent du problème , eu ce que le premier est de pure spéculation, et que le second a pour objet quelque pratique.
- On distingue plusieurs espèces de théorèmes : le théorème général, le théorème particulier, et le théorème réciproque.
- THÉORIE , s. f. du grec B un pi a. ( théària) , fait de Biwptn ( théoreo), contempler : contemplation.
- ( Didact. ) On donne ce nom à la partie contemplative d’un art ou d’une science , qui s’occupe plutôt
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- t!e îa démons! ration que de la pratique des vérités.
- ( Mathémat. ) Ce mot s’emploie en mathématiques , pour désigner un certain assemblage de propositions , dont la combinaison mène à la découverte d’une nouvelle , ou à la solution de quelque problème.
- ( Méd. ) rl7héorie, en médecine , est la partie qui donne la connois-sance de l’anatomie , des maladies et des moyens de les guérir. Elle explique tous les phénomènes qui se passent dans le corps vivant, soit sain , soit malade ; de là théorique , pour ce qui appartient à la théorig ; théoricien , pour celui qui connoît les principes d’un art, sans le pratiquer ; théorisle, pour l’auteur d’une théorie.
- THÉOSOPHE , s. m. du grec Beh (ihéos ), Dieu , et de eroÿbç ( soft hos ), savant : savantdans les choses divines.
- ( Hist. ecclés. ) On trouve ce mot dans quelques écrivains ecclésiastiques, pour désigner un homme versé dans les matières théologiques. Le roi Robert , second roi de la troisième race , est surnommé 'l’héoso-phe, par Hugues de Flavigni.
- THÉOSOPHISME, s. m.-même origine que théosophe.
- ( Métaphysique ) C’est le nom qu’on donne au système de ceux qui, comme Mallebranche , pensent que nous voyons, nous sentons , nous pensons en Dieu.
- THÉRAPEUTES, s. m. du grec BifÿL^anùûs ( thérapeuô ), servir , être au service de quelqu’un , prendre soin de quelqu’un.
- ( Hist. juive ) On a donné ce nom à une secte de juifs esséniens qui se îivroient à la contemplation et à la prière. Quelques écrivains ecclésiastiques ont prétendu que ces juifs éioient des moines chrétiens.
- THÉRAPEUTIQUE , s. f. du grec Bspsoza-ivai ( thérapeuô ), traiter, prendre soin.
- ( Méd. ) La thérapeutique est proprement la médecine curative , ou la partie de la médecine qui donne ia counoissance des régies générales qu’il faut observer , et des moyens qu’on doit employer daus u, cure des maladies.
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- THÉRIAQUE , s. f. du grec 0^ ( thêr ), bêtp venimeuse , et d’àjcL-* peu ( akéomai ) , guérir : remède contre la morsure des bêtes venimeuses.
- ( Méd. ) Nom que les anciens ont donné à diverses compositions médicinales , qu’ils croyoient propres contre les poisons. On n’estimoit autrefoisque la thériaque de Venise ; mais celle que font les apothicaires de Paris et de Montpellier ne lui est point inférieure.
- Andromaque le père , médecin de Néron , est l’inventeur de ce remède. Gallien prétend que la thériaque est un très-noble et très-ancien remède ; que plusieurs médecins célèbres avoient travaillé à le perfectionner , et qu’Andromaque y mit la dernière main en y ajoutant les vipères.
- THÉRIOTOMIE, s. f. du grec 6«p ( thér) , ou ônp'iov (. thêrion ) , bête , bête venimeuse , et de tîpyi» ( temnô ) , couper , inciser.
- ( Anat. ) On entend par ce mot l’anatomie des brutes.
- THERMAL , LE , adj. du grec Bipp.oç ( thennos ) , chaud.
- ( Minéral, méd. ) Epithète que l’on donne aux eaux minérales qui sont chaudes, et qu’on appelle pour cela eaux thermales ; telles sont en France les eaux de Bourbonne , de Balaï uc, de Barège , de Plombières, de Saint-Amand, etc.
- THERMANTIDES , du grec Q&P/li.&vt'oç ( thermantos ) , qui a été chauflé , ou qui est susceptible de l’être.
- ( Minéral. ) Nom imposé par M. Hauï aux matières qui ont été exposées à l’action des feux souterreins volcaniques et non volcaniques , et qui, suivant lui , n’offrent que des indices de cuisson j il place dans ce nombre les cendres de volcans, la pouzzolane , etc. P^oy. ce mot.
- THERMANTIQUE , adj, du grec ôepjwatVTutàî ( thermantikos ) , qui a la propriété d’échauffer ; dérivé de Bippet'ivix ( thermainô ) , échauffer.
- ( Méd. ) Il se dit des remèdes qui échauffent ou qui ont la vertu d’augmenter la chaleur naturelle.
- THERMES , s. m. de 6sppeti (thermal) , de Bip m , échauffer ; en latio* lhennæ} bains d’eau chaude.
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- ( Hisl. anc. ) Bâtimens qui (liez les anciens étoient destinés à se baigner.
- L’usage des bains est venu des Orientaux auxquels ils étoient nécessaires. Il a passé chez les Grecs , qui y ont trouvé un genre de volupté, et s’est introduit chez les Romains qui en ont fait un objet de luxe et de magnificence. Si l’on en croit Pline, les bains publics ne lurent établis à Rome que du tems de Pompée ; les édiles furent alors chargés d’en multiplier le nombre et les agrémens. Le seul Agrippa en fit construire 170 pour le public , et sous les premiers empereurs , on en comptoit jusqu’à 800 5 il y en avoit douze très-magnifiques , entre lesquels on distinguoit sur-tout celui d’Alexandre Sévère , celui de Titus et celui de Caracalla. On voit à Paris le lieu où étoient les thermes de Julien, à ce qu’on prétend.
- THERMIDOR , s. m. du grec Bipjuos (thermos) , chaud.
- ( Calendrier français ) C’est le nom du onzième mois de l’année de la république françoise. Mois qui a trente jours comme les onze autres, et qui commence le 19 juillet , et finit le 17 août. On lui a donné le nom de thermidor, à cause dç la grande chaleur qui se fait ordinairement sentir dans ce mois. Aussi est-il composé presque en entier des jours caniculaires.
- THERMOLAMPE, s.m. du grec Btpfjibs (thermos') , chaud , et de \<tfjaarhs ( lampas ), lampe : comme qui diroit lumière qui échauffe , ou chaleur qui éclaire.
- ( Technol. ) C’est le nom que M. Lebon, ingénieur, a donné à un poele de son invention qui a pour objet de convertir le bois en charbon , de faire servir le calorique dégagé de la comoustion du bois , qui a opéré la carbonisation , à cuire des mets et à chauffer l’emplacement d’une cuisine, d’employer l’hydrogène dégagé du bois carbonisé , soit à chauffer des poêles dans un nombre de chambres , et à éclairer par la combustion de cet hydrogène, soit dans les poêles, soit dans les lampes , dans lesquels il arrive par des tuyaux.
- Ce poêle a encore la propriété ?
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- après qu’on a chauffé et éclairé les apparlemens , de fournir , en valeur réelle, du goudron et de l’acide pyro-ligneux , pour environ le double de ce qu’a coûté le bois.
- THERMOMÈTRE, s. m. du grec Bipfbç ( thermos ), chaud, et de fy-irpov ( métron ), mesure : mesure du chaud ou de la chaleur.
- ( Physique ) Instrument destiné à indiquer les différens degrés de chaleur ou de froid dans les différentes substances qu’on éprouve par son moyen.
- Le thermomètre fut inventé au commencement du dix-septième siècle , par Corneille-Drebbel, paysan de la Nord-Hollande , qui employa Pair, comme le fluide le plus susceptible de se raréfier ou de se condenser à un foible degré de chaleur ou de froid ; ce thermomètre étoit très-imparfait , parce que ses degrés ne se rapportoient à aucun terme connu; parce que l’ascension et la descente de la liqueur ne dépendoient pas seulement du froid et du chaud , mais encore de la pression de l’air , et qu’il y avoit par conséquent deux causes qui agissoient quelquefois dans le même sens , quelquefois en sens contraires.
- Après Drehbel , l’académie de Florence fit un thermomètre au moyen duquel elle se flattoit de mesurer les degrés de chaleur et de froid de l’air, par la raréfaction et la condensation de l’esprit de vin ; mais, de même que celui de Drehbel, il avoit le défaut de ne se rapporter à aucun terme connu , et de plus le même degré de chaleur le faisoit varier d’un nombre de degrés plus ou moins grand, suivant le rapport de capacité de la boule au tube.
- Amontons , au commencement de ce siècle , conçut enfin l’idée d’un thermomètre comparable , c’est-à-dire , qui fut tel que plusieurs de ces thermomètres faits suivant les mêmes principes, même en différens tems et en différens lieux, marquassent tous le même degré dans la même température, ou dans des températures semblables. Pour remplir cet objet , il fit usage de deux découvertes qu’il venoit de faire : la première que le ressort ou la force éias-
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- tique de l’air , s’augmente d’autant plus par le même degré de clialeur , que ce fluide est chargé d’un plus grand poids ; la seconde , que l’eau qui a une fois acquis assez de chaleur pour bouillir , ne devient pas plus chaude , quoiqu’elle continue de bouillir plus long-tems. Il avoit donc d’une part un terme de chaleur aisé à saisir, et qui renfermoit au dessous de lui tous les degrés de froid et de chaud qu’on pouvoit éprouver dans les diftérens climats ; et d’autre part, il employoit le poids d’une colonne de mercure pour charger et comprimer une masse d’air contenue dans une boule de verre creuse, à laquelle étoit adapté un tube de verre recourbé. Ce thermomètre étoit encore sujet à des inconvéniens dont le plus grave, étoit que pour être sûr què plusieurs instrumens de la même espèce eussent tous la même marche , il falloit que les masses d’air fussent de la même qualité ; ce dont il étoit difficile de s’assurer. C’est pourquoi l’on ne fait plus guère usage du thermomètre d’Ainontons.
- Le thermomètre de Réaumur est celui de tous qui a eu le plus de vogue, parce que ses degrés sont relatifs à des termes connus de froid et de chaud.
- La graduation commence au terme de la congélation de l’eau, marquée par zéro. Le degré de dilatation que reçoit la liqueur par la température des caves profondes est marquée par io \ : celui qu’elle reçoit par la chaleur animale est de 02 h, ’• et celui qu’elle reçoit dans un vaisseau ouvert par la chaleur de l’eau distillée bouillante , est marquée par 80,
- Réaumur a fait usage de l’esprit-de-vin plutôt que du mercure, qui est susceptible d’un plus haut degré de chaleur, parce que l’esprit-de-vin étant beaucoup plus expansible que le mercure , chaque degré occupe un plus grand espace ; et cette liqueur pouvant être coloriée autant qu’on veut, on l’aperçoit plus aisément que le mercure.
- Il faut avouer cependant, que les thermomètres à l’esprit-de-vin ne peuvent être employés à éprouver de grands degrés de chaleur , et que ceux de mercure y sont plus propres. Aussi plusieurs physiciens ? tels que
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- Eareinheit, Delisle, de Luc, ont-ils employé ce dernier fluide. Dans le thermomètre de mercure de de Luc , la graduation commence comme dans celui de Réaumur , à la congélation de l’eau , et est marquée par o : la température des caves profondes, par 9, 6 : la chaleur animale , par 29, 9 : la chaleur de l’eau bouillante par 80.
- Dans le thermomètre de Farein-heit, qui est de mercure , le o de sa graduation répond à r 4 § degrés au dessous de la congélation de l’eau du thermomètre de mercure de de Luc. La congélation de l’eau y est marquée par 32 : la température des caves profondes , par 53,6 : la chaleur animale , par 99,225 : la chaleur de l’eau bouillante, par 212.
- La graduation du thermomètre de Delisle , n°. 5, qui est de mercure , commence au terme de l’eau bouillante , qui est marqué o : la chaleur animale , par 98,937 : la température des caves profondes , par i32 : la congélation de l’eau , par 15o.
- Pour les diverses autres sortes de thermomètres, l’espèce de substance qui convient le mieux au thermomètre , et la manière dont les corps sont affectés par la chaleur , consultez l’ouvrage de de Luc , sur les modifications de Vatmosphère.
- THERMOSCOPE , s. m. du grec Bspp.oç ( thermos ) , chaud, et de (TK.Q<Griûù ( skopeô ), considérer , observer.
- ( Physique') Instrument destiné à faire connoître les changemens qui arrivent dans l’air, par rapport au froid et au chaud. Il y a cette différence entre un thermomètre et un thermoscope , que le premier mesure les changemens du froid et du c haud , et que l’autre ne fait que les indiquer.
- THÉSAURISER, v. n. du grec 6tard,upi<niv ( thêsciurisein), dérivé de Bucrctvpoç^ tries autos ), trésor : amasser des, trésors.
- THESE, s. f. du grec 6é<rcs (thèsis), position , fait de 'riBvipi ( lithêmi) , poser, établir.
- ( Didacl. ) On appelle généralement thèse toute proposition, toute question qui entre dans le discours ordinaire ; mais t>n appelle parti cu-iièremeat^ thèse, une suite de propositions
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- srtions de mathématique , «le droit, de théologie, de philosophie , de médecine , etc. qu’on soutient publiquement dans les écoles.
- 'l’hèse se dit aussi de la féuille imprimée qui contient ces propositions.
- THÉURGIE, ou THÉOURGIE, s. f. du grec ô««c ( théos) , Dieu , et d’ipyov (ergon) , ouvrage : ouvrage divin.
- ( Magie ) Nom que les anciens donnoient. à la partie de la magie que nous appelons magie blanche. Ce nom signifie Part de faire des choses divines , ou que Dieu seul peut faire.
- Aristophane et Pausanias attribuent l’invention de la théurgie à Orphée.
- Les formules théurgiques , selon Jamblique,avoientd’abord été composées en langue égyptienne ou en langue chaldéenne. Les Grecs et les Romains conservèrent beaucoup de mots des langues originales, qui , mêlés avec des mots grecs et latins , formoient un langage barbare , inintelligible aux hommes , mais' que l’on supposoit clair pour les dieux. Au reste, il, falloit prononcer tous ces termes sans en omettre , sans hésiter, sans bégayer ; le plus léger défaut, d’articulation étant çapable de faire manquer toute l’opération théurgique.
- THLiPSIE, s. f. de Qxtyi? ( thlip-sis), fait de , serrer, comprimer.
- ( Méd. ) On entend par ce mot la compression des parois mobiles d’un vaisseau qui se fait, lorsqu’une cause externe, approchant les membranes du vaisseau les unes des autres, diminue sa cavité par degrés, et enfin la détruit totalement.
- THOLUS, s. rh. ôox-oç ( tholos ), Voûte, ou chambré voûtée.
- ( A relut. ) La clef ou la pièce de bois du milieu dans laquelle s’assemblent toutes les courbes d’une voûte de charpente.
- THON, s. m. du latin ihynnus , ou tunnus.
- ( Pèche ) Espèce de poisson du genre scombre, qu’on trouve dans toutes les mers, qui parvient à une grandeur très-considétable} dont la Tome Ul.
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- chair est d’un excellent goût, et qui fait sur quelques rivages l’obj et d’une pêche de première importance.
- La pêche du thon se fait ordinairement à la thonnaire , ou à la madrague.
- La thonnaire est une enceinte de filets qu’on forme rapidement sur la côte pour arrêter une bande de thons, que des sentinelles, placés au sommet d’un rocher ou d’une tour, ont vu s’approcher de la terre.
- L’intérieur- <ïe cette enceinte est successivement rétréci par de nouveaux filets flottés ; et lorsqu’elle est devenue très-petite on amène à terre les thons qui s’y trouvent renfermés avec un autre filet qu’on appelle bouclier , qui porte une grande poche , dans laquelle ils s’accumulent.
- La madrague est un grand parc qui reste construit dans la mer pendant toute la saison de la pêche , et dont l’enceinte est distribuée en plusieurs chambres, dont la grandeur diminue à mesure qu’elles s’éloignent de l’ouverture.
- L’ouverture de la madrague est fort élargie par deux filets divergens ; et un autre filet qui va jusqu’à terre lui est perpendiculaire.
- Les thons qui, pendant leur migration annuelle , suivent prèsque toujours le rivage , trouvant leur chemin barré par ce dernier filet, descendent en le côtoyant dans la première chambre de la madrague , que l’on ferme du coté extérieur dès qu’on s’aperçoit qu’il y en a un certain nombre ; alors, en les épouvantant d’une manière quelconque , oh les fait passer de chambre en chambre,ayant soin d’ouvrir la porte extérieure de chaque chambre -dès qu’ils sont entrés dans la suivante :1e poisse u arrive enfin dans la dernière , qu’on appelle chambre de mort, corpon ou corpou. Là ils sont accumulés dans un espace très-étroit, au dessus d’un filet horizontal, qu’on soulève lorsqu’on veut terminer la pêche t, de manière qu’on les prend très-aisément à la main , lorsqu’ils sont petits, et avec des crochets et des cordes lorsqu’ils sont très-gros.
- La pêche de la chambre de mort, qui ne se fait que de loin en loin , attire souvent, sur-tout dans les com-mencemeos ? un grand nombre de
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- spectateurs autour de la madrague. C’est une véritable fête , souvent animée par de la musique, et toujours suivie de scènes actives et divertissantes qui laissent de longs souvenirs.
- On appelle ihonine la chair de thon mariné.
- THORACHIQUE, adj. de THORAX ( Vc>Y‘ ce mot'), qui a rapport à la poitrine.
- ( lïléd. ) On appelle ainsi les mé-dirainens propres à guérir les maladies de la poitrine et des poumons.
- THORACIQUE, adj. de THORAX , poitrine, pectorale.
- {Ichtyol. ) C’est le nom du cinquième ordre des poissons , qui renferme ceux qui ont des aisselles, et dont les nageoires ventrales sont placées sous les pectorales.
- La limande , le turbot, la sole , sont des thorachiques.
- THORAX, s.m. de Qépct.% ( thorax ), poitrine, dérivé de Bopûv, sauter.
- ( Anat, ) La seconde partie du tronc du corps humain qui forme la capacité de la poitrine où sont enfermés le cœur et le poumon.
- THRUMBUS , ou TROMBUS , ou THROMBE , s. m. du grecôpoyw-£oç ( trombos ),grumau de sang, ou sang caillé. *
- ( Chirurgie ) Tumeur formée par un sang épanché et grumelé aux environs de l’ouverture de la veine dans une saignée. Cet accident arrive quand l’ouverture de la veine ne répond pas à celle de la peau , ou qu’il s’y présente un morceau de graisse , ou que le vaisseau est percé de part en part : alors une petite portion de sang qui ne peut sortir librement, se gli sse dans les cellules du corps graisseux , et fait élever la tumeur dont il s’agit,
- THYMUS, s. m. du grec bvfAOÇ ( thumos ), thym, espèce de fleurs.
- ( Chiiurgie ) Espèce de grosse Verrue rougeâtre ou blanchâtre , ordinairement indolente, qui a des aspérités , des rugosités et des crevasses semblables à la tête du thym , d’où vient son nom.
- (Anat.) Le thymus, en anatomie, est la partie qu’on appelle ris dansles Veaux, les agneaux, et d’autres petits
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- animaux : damlesenfansil est blatte et quelquefois mêlé de rouge ; mais dan s les personnes formées, il est ordinairement brun: la plus grande partie du thymus est située entre la dupli-cature de la portion supérieure et an-' térieure du médiastin et les gros vaisseaux du cœur, d’où il monte un peu au dessus des deux plèvres ; sa structure interne , et les sécrétions auxquelles il est destiné, ne sont pas encore assez connues pour qu’on puisse déterminer ses usages; il semble cependant qu’il sert plus dans les en-fans que dans les adultes.
- THYRO-ARYTÉNOÏDIEN, adjl du grec Btipîbç ( thuréos ) , bouclier , à,kjtû‘TcLivci,(amtaina'), aiguière, et d,ùJ'oç(e'idos'), forme, ressemblance: qui est de la nature , qui appartient aux cartilages thyroïde et aryténoïde.
- ( A nat. ) Les muscles thyro-ary-ténoïdiens.
- THYRO - ÉPIGLOTIQUE , adj. Voy. pour l’origine THYROÏDE , EPIGLOTTE.
- ÇA nat. ) Qui a du rapport air cartilage thyroïde et .à l’épiglotte. Les muscles thyro-épiglotiques.
- THYRO - HYOÏDIEN , adj. / pour l’origine THYROÏDE et HYOÏDE.
- ( Anal. ) Qui a du rapport au cartilage thyroïde et à l’os hyoïde. Les muscles thyroïdiens.
- THYROÏDE , adj. du grec Bvpics {thuréos'),bouclier, et d,d<J'oç{éidos)) figure , forme, ressemblance : qui a la forme d’un bouclier.
- ( Anal. ) C’est le nom d’un cartilage du larynx. Les anciens lui ont donné ce nom , parce qu’ils ont cru trouver dans sa configuration de la ressemblance avec un bouclier.
- 'Thyroïde est aussi le nom de deux glandes lymphatiques , situées à la partie inférieure du larynx.
- THYRO-P AL AT IN , adj. du grec Bvpibç ( thuréos), bouclier, du latin palatum, palais.
- ( Anat. ) C’est le nom d’un petit muscle, qui , du cartilage thyroïde aboutit au palais.
- THYRO - PHARYNGIEN , adj ' du grec âupsàç ( thuréos ), bouclier, et de yâpuyg {pharugx ) , le pharynx.
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- ( Anal, ) Il se dit de deux petits muscles qui s’attachent au cartilage thyroïde et au pharynx.
- THYRO - PHARINGO - STA-PHYLIN , adj. V. pour l’origine, THYROÏDE, PHARYNX et ST A-PHYLIN.
- ( Anal. ) Il se dit de deux muscles qui appartiennent au cartilage thyroïde , au pharynx et à la luette, nommée en grec staphylin.
- THYRO-STAPHYLIN, adj. V. TYRO'ÏDE et STAPHYLIN.
- ( Anal. ) C’est le nom de deux muscles-qui s’attachent au cartilage thyroïde et à la luette.
- THYRSE , s. m. du grec 6ép<roç ( thursos ) , javelot entouré de pampre.
- ( Poésie ) Terme employé par les poêles pour désigner le sceptre de Bacchus. C’étoit un dard ou une lance enveloppée de pampre et de feuilles de vigne. On dit que Bacchus et son armée le portèrent dans leurs guerres des Indes pour tromper les esprits grossiers des Indiens, et peu faits à la guerre , et que c’est de là qu’on s’en servoit pour les sacrifices et les fêtes de ce dieu.
- TIARE, s. f. du grec -rfio* (dard), ornement de tête autrefois en usage chez les Perses.
- (Hist.) La liare étoit un ornement de tête chez les Perses ; elle couvrait le front des rois de Pont et d’Arménie ; lesprêtresjuifsîaportoient aussi en forme de petite couronne faite de bysses ; mais le grand prêtre eu avoit une d’hyacinthe , entourée d’une triple couronne d’or , garnie sùr le devant d’une lame d’or , sur laquelle étoit gravé le nom de Jehova.
- ( Hist eccle's. ) La tiare du pape est une espèce de bonnet rond et assez élevé, environné de trois couronnes d’or, enrichies de pierreries, posées en trois rangs l’une sur l’autre , qui se termine en pointe, et soutient un globe surmonté d’une croix. Le pape Hor mise!as, élu en l’an ûiq , n’avoit sur ce bonnet que la couronne royale d’or, dont l’empereur de Constantinople avoit fait présent à Clovis, roi de France, et que ce monarque avoit envoyée à Saint-Jean de Latran. Le pape Boniface VIII, élu en 1294, y aJoula la seconde 5 et le pape J eau
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- XXII, mort en i334 1 J mit la troisième couronne, pour marquer la juridiction spirituelle du chef de l’Église sur les trois parties du monde qui étoient alors connues.
- Les papes ne portoient au commencement qu’un simple bonnet d’une forme semblable aux mitres phrygiennes dont se servoienl autrefois les sacrificateurs de Cybèle.
- TIBIA, s. m. Mot latin qui signifie flûte ; il est féminin en cette langue, mais les anatomistes l’emploient au masculin, parce qu’ils sous-entendent os.
- (•Anat.) C’est le nom d’un os long, gros , et d’une forme à peu près triangulaire , situé à la partie antérieure interne de la jambe. Il est ainsi appelé parce qu’il ressemble à une flûte.
- De tibia on a fait Libial, pour désigner l’un des muscles extenseurs de la jambe. On dit aussi les artères tibiales.
- TIC, s. m. Onomatopée, ou mot qui est une imitation de la chose qu’il signifie.
- (.Hyppiatrique ) Sorte de maladie qui vient aux chevaux , et qui fait que de tems en tems ils ont un mouvement convulsif, et prennent la mangeoire avec les dents et la rongent. Ce mot vient de ce qu’en frappant de sa tête sur la mangeoire, le cheval représente le son de tic.
- TIERCE , s. f. du lat. Lcrlius.
- ( Géom. ) On appelle tierce la soixantième partie d’une seconde , ou la 36oc>e. partie d’une minute, soit d’une minute de degré, soit d’une minute d’heure.
- Les tierces , dans l’une et l’autre significations , se marquent par trois petits traits placés un peu plus haut que le chiffre qui en exprime le nombre.
- ( Musique ) La tierce, ën musique, est la dernière des consonnances simples et directes dans l’ordre de leur génération , et la première des deux consonnances imparfaites. Elle est appelée tierce parce que son intervalle est toujours composé de deux deg’ és ou de trois sons diatoniques. Il y a deux sortes de tierce , savoir , la tnajeure et la mineure.
- ( Culte cathol. ) Tierce est, chez les catholiques, une des heures cano-F f a
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- males, laquelle, dans son institution, se chantoit à la troisième heure du jour, selon la manière de compter desanciens. V. PRIME, QUARTE, NONE.
- (Imprimerie') Tierce, en termes d’imprimerie, est la dernière épreuve que le proie confère avec la précédente , pour être sûr que toutes les corrections sont exécutées,
- ( Blason ) Tierces, en termes de blason, ou lierches, se dit des fasces ou devises qui se mettent trois à trois.
- ( Escrime') Tierce est un coup d’épée qu’on allonge à l’ennemi , dehors et sur les armes, le poignet tourné en dedans, dans une situation horizontale.
- TIERCER, v. a. du lat. Lerliare.
- (Agricull.) C’est donner aux terres le troisième labour, la troisième façon , comme on dit biner de la seconde.
- TIERS , TIERCE, adj. du latin terlius, troisième.
- (Méd.) Fièvre tierce; c’est une Jievre dont les accès reprennent tous les trois j ours inclusivement. ; c’est-à-dire, qu’il y a un jour d’intervalle entre les deux.
- (Pratique) Tiers opposant, tierce -opposition ; c’est une opposition formée à un jugement, par une personne qui n’y est point dénommée comme partie.
- L’objet du tiers opposant à un jugement , est d’y faire changer une disposition qui peut lui être préjudiciable.
- Tiers-acquéreur ; c’est, vis-à-vis les créanciers hypothécaires d’un vendeur, celui qui a acquis l’immeuble hypothéqué.
- I ’iers détenteur; c’est celui qui le possède.
- ( Perspective ) Tiers-point ; c’est Un point qn’ôn prend à discrétion sur la ligne de vue, où aboutissent toutes le» diagonales qu’on tire pour raccourcir les figures.
- (jirchil. ) Tiers-point^ en architecture , est le point de section qui se fait au sommet d’un triangle équilatéral, ou au dessus ou au dessous. Une voûte en tiers-point est une voûte élevée au dessus duplein-ceintre.
- TIGE, s. f. du saxon t\vig.
- ( Boltiil. ) Corps principal d’une
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- plante, qui s’allongeant en sens contraire de la racine à laquelle il est continu, produit et porte toutes les autres parties.
- ( A relut. ) Tige se dit aussi du fût d’une colonne,
- (Pratiqué) Tige se ditfigurément, en termes de généalogie , de la blanche principale à l’égard des branches cadettes qui en sont sorties. Pour compter les degrés d’une parenté, il faut remonter jusqu’à la tige.
- TILLAC, s. f. du latin tegula , fait, de lego , couvrir.
- ( Marine ) Ancien terme de marine peu usité aujourd’hui, et qui signifie PONT. V. ce mot.
- TIMBALE , s. f. Mot dérivé du persien ou de l’arabe : espèce de tambour à l’usage de la cavalerie, dont la caisse est de cuivre, faite en demi-globe , et couverte d’une peau corroyée sur laquelle on bat dans la marche de la cavalerie.
- (Aii miliL.) Les timbales passent pour avoir été inventéespar lesPerses. Les Sarrasins s’en servirent dès les premières croisades. Les troupes allemandes sont les premières qui en aient eues en Europe, et on ne les eonnoissoit pas encore en France, lorsque Ladislas, roi de Hongrie, envoya des ambassadeurs à Charles VII, pour demander en mariage Magdeleine sa fille,qui épousa Gaston, comte de Foix.
- Sous le règne de Louis XIV, on prit des timbales aux Allemands; depuis ce tems elles sont à l’usage de notre cavalerie : mais au commencement , on ne lui en vit pas d’autres que celles qu’elle avoit su enlever aux ennemis.
- TIMBRE, s. m. du lat. tyrnpa-num, cloche sans battant en dedans, et frappée en dehors avec un marteau.
- (Blason) Timbre s’est dit par analogie de ce qui se met sur l’écu, comme bonnets, mortiers, casques , etc., a cause de leur ressemblance avec les timbres d’une horloge. De là ces expressions des armes timbrées pour des armes dont l’écu porte un timbre, est marqué d’un timbre,
- (Finances) Timbre s’est dit en-suitede toute espèce de marque imprimée qui fixe l’usage du papier sur
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- lequel elle est apposée, et à laquelle sont attachés certains droits.
- TIMON, s. m. du latin tetno , temonis, flèche de char, fait de terieo, tenir, parce qu’il tient et gouverne le char.
- (Marine) Ce mot signifie la barre du gouvernail. Etre au Union , c’est gouverner le vaisseau, ou conduire et diriger la barre du gouvernai!. De là timonerie pour un espace situé sur le gaillard d'arrière , où est placé l’habitacle avec les boussoles , etc. 5 timonier pour désigner une classe d’hommes de mer dont l’emploi, à bord des vaisseaux, est de diriger le timon.
- TINKAL, s. m. Mot indien.
- ( Minéral. ) Nom que les Indiens donnent au borax brut. On 11e sait point encore d’une manière certaine si le tinkal est une production naturelle , ou si l’industrie humaine doit concourir à sa formation. E. BORAX.
- TINTEMENT, s. m. du latin linnitus , le bruit, le son d’une cloche , qui va toujours en diminuant dans l’air , après que le coup a frappé.
- (Méd. ) Dépravation de la sensation de l’ouïe'; elle consiste dans la perception que l’oreille fait de bruits qui n’existent pas réellement, ou du moins qui ne sont pas extérieurs. Cette perception est causée par le battement de quelque artère, qui est dans l’oreille, par l’inflammation et l’abcès de la caisse et du labyrinthe , etc.
- TIR , s. m. du latin, trahere , tirer.
- ( .Art. milit. ) Tir se dit de la ligue suivant laquelle on tire une pièce d’artillerie ou arme à feu ; ce mot vieillit.
- TIRADE, s. m. du latin trahere, tirer.
- ( Musique) On appelle ainsi le passage que fait la voix ou l’instrument dans l’intervalle d’une note à une autre , par les notes diatoniques de cet intervalle distinctement articulées.
- ( Liltérat. ) Tirade se dit aussi de quelques endroits suivis d’un ouvrage en prose on en vers, qui sont
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- sur le même sujet. Il y a de belles tirades dans cet ouvrage.
- TIRAGE , s. m. du latin trahere, tirer : l’action de tirer.
- ( Technol. ) Tirage se dit de l’action de faire passer i’or , l’argent ou d’autres métaux par la filière; de faire passer le fil du cocon de la soie sur le dévidoir.
- (.Imprimerie) Tirage, dans les imprimeries de livres ou de taille-douce, signifie l’impression de chaque forme ou de chaque planche.
- TIRONIEN, NE , adj. de Tiron, nom d’homme.
- (Sténographie ) On nomme ainsi des espèces de signes sténographiques, par le moyen desquels les Latins écrivaient d’une manière très-rapide et très-abrégée.
- Selon saint Isidore , c’est Ennius, qui inventa le premier onze cents notes. Tiron, affranchi de Cicéron, en inventa un plus grand nombre, et régla le premier , comment les écrivains en notes dévoient se partager , et quel ordre ils dévoient observer pour écrire les discours qu’on pro-nonçoit en public. Persannius fut le troisième inventeur des notes, maïs seulement de celles qui exprimoient les prépositions. Philargirus et Aqui-la, affranchi de Mécène, en augmentèrent le nombre; Sénèque en ajouta d’autres, en sorte qu’il en forma un recueil de cinq mille. Saint Cyprien mit en notes les expressions particulières aux chrétiens. Quelques auteurs attribuent l’invention des notes sténographiques aux Egyptiens,d’où elles seroient passées chez les Grecs, et ensuite chez les Romains.
- TISANE , s. f. du grec ys-hvU (plissanê) , fait de iWTiava» (plissé} , piler, écorcer , dont nous avons fait ptisane, et ensuite tisane.
- (Mat. méd. ) Breuvage fait ordinairement d’orge et de racine de réglisse bouillis à l’eau.
- La tisane chez les anciens, étoit faite avec de l’orge pelé ou dépouillé de son enveloppe , bouilli, réduit en pâte que l’on conservoit pour l’usage. Aujourd’hui, l’on entend par tisane, une boisson Lite avec des semences , des racines, des fîenrs , des fruits, des bois, ou quelquefois des
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- médicamens tirés des animaux.et des
- minéraux.
- TISSU , s. f. du latin textus, fait de Lexo ' tresser, faire un tissu.
- ( Manuf, ) Etoffe ou toile formée par l’entrelacement de différens fils, dont les uns étendus en longueur s’appellent la chaîne , et les autres en travers, se nomment la trame de l’ouvrage.
- ( Anal. ) Tissu se dit aussi d’un lacis de quelques parties d’une même nature en forme de toile. Tissu vasculaire , réticulaire , cellulaire , spongieux , etc. F. ce s mots.
- TITANE, s. m. du latin lilanes, lilanum , titans, nom des enfans de la Terre.
- (Minéral. ) Substance métallique appelée par les Anglois et les Allemands menakanile, ou maénak , découverte en 1791 , par Williams Gregor , dans le sable d’un ruisseau qui traverse la vallée de Ménakan en Cornouaille ; ce sable est noir et ressemble à de la poudre à tirer : ce naturaliste a fait sur ce minéral un grand nombre d’expériences , et il a reconnu qu’il contenoit un nouveau métal auquel il a donné le nom de mékanite.
- En 1795 , Klaproth , analysa le minéral connu sous le nom de schorl rouge de Hongrie, et y découvrit une substance métallique qui est la même que celle que contient le sable de IVIénakan , et il crut devoir donner à ce nouveau métal le nom de tila-nium , titane , en l’honneur des Titans, enfans de la Terre, comme il a donné à d’autres métaux les noms d'urane et de tellure , en l’honneur d’Uranus et de Tellus , à l’exemple des fondateurs de la chimie, qui consacrèrent aux divinités des planètes les principaux métaux connus de leurtems.
- Les chimistes françois ont adopté le nom de titane, imposé par le célèbre chimiste de Berlin. Les minéralogistes allemands ont conservé ( au moins à l’égard du sable de Mé-nâkan ) , le nom qui lui avoit été donné par Grégor.
- TITILLATION , s. f. du latin litillo , chatouiller : l’action de chatouiller.
- (Physique) Sensation du ckatouil-
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- lement, sentiment qu’éprouve celui que l’on chatouille.
- ( Œnologie ) Il se dit aussi du mouvement sautillant et doux de certains vins, et particulièrement du vin de Champagne.
- TITRE , s. m. du lat. titulus.
- ( Littéral, ) Inscription qui est au commencement ou à la première page d’un livre, qui contient le nom de l’auteur ou la matière dont il traite.
- ( Econ. polit. ) Titre est aussi un nom de dignité, de distinction qu’on donne aux personnes ; il se dit encore de certaines qualités qu’on donne par honneur à quelques princes.
- (Pratique') Titre est un acte qui constate un'droit, une propriété, une jouissance.
- Titre primordial ; c’est celui qui contient l’époque, l’origine d’un droit qui nous est dû.
- Titre clérical ou sacerdotal ; c’est le titre qui prouve que l’aspirant à l’ordre de prêtrise , jouit d’un certain revenu temporel qui peut lui assurer sa subsistance.
- Titre nouvel; c’est l’acte que passe le débiteur d’une rente en faveur du créancier , portant nouvelle reconnoissance de la rente et des biens qui y sont affectés et hypothéqués.
- ( JMonnoie , orfèvrerie) Titre se dit de la quantité de métal fin , que contient un marc ou toute autre quantité d’or ou d’argent, en comparaison de ce qu’il contient de métal étranger.
- Il y a deux sortes de litres légaux , celui qu’on observe dans la fabrication des monnoies, et celui que sont obligés de suivre les ouvriers qui emploient l’or et l’argent dans leurs ouvrages. T. ESSAI , KARAT.
- Le litre des nouvelles monnoies est: savoir, pour les monnoies d’or, à 900 millièmes, au remède de 3 millièmes , ce qui réduit le titre réel à 897 millièmes ou 21 karats 19 trente-deuzièmes ; celles d’argent, à 900 millièmes, au remède de 7 millièmes , ce qui réduit, le titre réel de de la pièce à 891 millièmes ou IQ deniers 19 grains 1 cinquième.
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- Aujourd’hui il y a trois tiires légaux pour lesouvrages d’or en France; savoir:le premier de 22 karats i trente-deuxièmeetdemi, ou920millièmes.
- Le second de 20 karats 5 trente-deuxièmes, plus 1 huitième de trente-deuxième , ou 840 millièmes.
- Le troisième cle 18 karats , ou j5o millièmes.
- TITUBATION , s. f. du latin litubo, chanceler : l’action de chanceler.
- ( VLstron. anc. ) Balancement ou mouvement que le roi Alphonse, et autres anciens astronomes , ont attribué à des cieux cristallins qu’ils ont inventés pour expliquer certaines inégalités qu’ilsobservoient au mouvement des planètes, V. TREPIDATION , LIBRATION.
- TOGE, s. f. du latin toga.
- ( Hist. rom. ) La toge est le premier habit dont se soient servi les Romains; et il leur étoit tellement propre, que Virgile lui-même les appelle gens togala , par opposition aux Grecs appelés gens palliata.
- Les pièces de théâtre même, dont le sujet étoit romain , étoient appelées togatœ , à la différence de celles des Grecs qui étoient appelées palliatœ.
- Pallium étoit chez les Grecs ce que toga étoit chez les Romains.
- TOILE , s. f. du latin tela.
- ( Jllanufact. ) Tissu de fils entrelacés. Ovide et Ausone disent que c’est à Minerve qu’on est redevable de la toile. Pline assure que les Egyptiens en sont les inventeurs.
- Par toiles on entend tous les tissus unis ou croisés de lin, de chanvre ou de coton, depuis la batiste ou le linon jusqu’à la toile d’emballage.
- Les toiles se distinguent par les matières qui les composent, par les usages qu’on en lait, par les lieux d’où on les tire. 1 ’oiles de lin, toiles de coton, toiles à voiles, toiles des Indes, toiles de Hollande.
- ( Jeux scéniques ) 'Voile se dit d’un grand rideau qui borde nos théâtres, telle des anciens différait de la nôtre , en ce qu’elle étoit attachée par le bas ; de sorte qu’au commencement de la pièce ils la bais-soient, la laissoient tomber sous le théâtre, et quand la pièce étoit linie,
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- et même après chaque acte, 011 la relevoit pour les changemens de décorations , au lieu que nous la bais-sons.Delà vient qu’on disoit en latin tollere aulœa , lever la toile, quand on fermoit la scène, et que les acteurs se retiraient, et préméré aulœa, baisser la toile , quand on découvrait le théâtre pour commencer l’action.
- ( Peinture ) On n’a pas de preuve que les artistes de l’antiquité aient peint sur toile , avant le règne de Néron.Depuis-la renaissance des arts, on a long-tems peint sur le bois ou le cuivre; la toile enfin a été plus généralement adoptée.
- Certains peintres ont préféré les toiles fines ; d’autres des toiles fort grossières ou des èoutils. Le choix , à cet égard, doit être subordonné ait goût de l’artiste et à sa manière d’opérer.
- TOISE , s. f. du latin tes a, fait de lensus , participe de tendo, tendre , étendre.
- ( Métrol. ) Mesure qui varie selon les lieux où elle est en usage , et dont on se sert pour mesurer différentes dimensions. On appelle aussi toise, un instrument, en forme de règle qui a la longueur de cette mesure , et sur laquelle ses parties sont gravées. La toise dont on faisoit. usage à Paris , avant l’établissement du nouveau système métrique, étoit de six pieds de roi. V. METRE.
- TOISON , s. f. du latin tonsio , fait de tondeo , tondre : l’action de tondre, et le résultat de cette actior.,
- ( Econ. dom. ) La laine que l’on tond sur les brebis et sur les moutons.
- TOLÉRANCE , s. f. du latin tolero , supporter, tolérer : condescendance , indulgence pour ce qu’on ne peut empêcher, ou qu’on croit ne devoir pas empêcher.
- ( Monnoie ) Tolérance , en termes de fabrication des monnoies , signifie la quantité de poids en moins que l’on tolère dans un marc d’or ou d’argent fabriqué en espèces. Ainsi, quoique les écus de six livres dussent être à la taille de 8 trois dixièmes au marc, cependant s’il manquoit 36 grains sur le poids des 8 trois dixiè-1 mes d’écus , frappés pour faire un
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- marc , la fabrication est estimée bonne quant au poids.
- On exprime cela en disant que les écus de six francs sont à la taille de 8 trois dixièmes au marc, à la tolérance de 36 grains de poids.
- TOMBAC, s. ni. du persantam-hac.
- (^Métallurgie') On appelle tombac , dans l’Orient, upe espèce de métal, composé d’or, d’argent et de cuivre. La couleur de cét alliage est jaune, tirant sur la couleur d’or : le cuivre en est la base. On en fait des boucles, des boutons, et plusieurs autres ouvrages et ornemens.
- Les métallurgistes françois appellent tombac, un alliage de cuivre et de zinc, formé par la fusion directe et simultanée des deux métaux. Quand cet alliage se fait par la cémentation du- cuivre, avec la calamine ou oxide de zinc, on obtient du laiton qui a l’avantage d’être aussi ductile que le cuivre pur, au lieu que le tombac est cassant; mais la couleur de ce dernier est beaucoup plus agréable, et il est susceptible d’un beau poli. On appelle aussi cet alliage similor, métal de prince, et or de Manheim.
- TOMBE, S. f. du grec rvp.£aç (lumbos), sépulcre, grande table de pierre dont on couvre une sépulture.
- TOMBEAU, s. m.»mème origine que TOMBE.
- ( Hist. ) Le désir de survivre à eux-mêmes , porta les rois d’Egypte à construire des pyramides, pour y être déposés après leur mort.
- Les Grecs eurent d’abord des sé-p ulcres aussi simp les que leursmceurs ; mais à mesure que leurs mœurs s’altérèrent, leurs tombeaux s’embellirent; il fallut même une loi expresse pour en arrêter la magnificence.
- Les Romains avoient trois sortes de tombeaux : le sépulcre, le monument et le cénotaphe.
- Le sépulcre étoit le tombeau ordinaire où l’on avoit mis le corps entier du défunt.
- Le monument olfroit aux yeux quelque chose de plus magnifique : c’étoit l’édifice construitpour conserver la mémoire d’une personne, sans aucune solennité funèbre.
- Lorsqu’après avoir construit un
- TOM
- tombeau, on y célébrait leafunê-railles avec l’appareil ordinaire, sans mettre néanmoins le corps du mort dans ce tombeau, on l’appeloit cénotaphe (V. ce mot; ) L’idée des cénotaphes vint de l’opinion desRo-mains, qui croyoient que les âmes de ceux qui n’étoient point enterrés,erraient pendant un siècle, le long des fleuves de l’eni'er, sans pouvoir passer dans les Champs-Elysées.
- Dans les premiers tems de la monarchie françoise, un champ de bataille devenoit le tombeau des souverains et des guerriers. Sous les deux premières races, il étoit défendu d’enterrer dans les villes ; mais les personnes opulentes avoient leurs tombeaux autour de leur enceinte, et elles y étoient enfermées avec leurs habits, leurs armes, un épervier, et quelques-uns de leurs bijoux les plus précieux.
- A l’égard des monarques, depuis la fin du cinquième siècle, jusqu’au milieu du huitième, ils avoient des tombeaux de pierre , sur lesquels étoit bâtie une voûte, sans ornement ni inscriptions. L’usage des épita-phesne s’introduisit que sous Pépin; et de tous les rois de la troisième race, Louis XI est le seul qui n’ait pas sa sépulture à Saint-Denis.
- TOME , s, m. du grec ropoc (to-mos ), de 'ripvm ( temnô ) , couper , diviser: division, partie d’un tout; division, partie d’un ouvrage imprimé.
- (Bibliogr.) Volume d’un ouvrage qui fait partie d’un plus grand ouvrage.
- T’orne et volume se prennent souvent l’un pour l’autre, qupiqu’à la rigueur ils ne soient pas synonymes. Le -volume peut contenir plusieurs tomes, et le tome peut faire plusieurs volumes ; mais la reliure sépare les volumes, et la division de l’ouvrage distingue les tomes.
- TOMIE, s. f. du grec to^ü ( tome) , action de couper, faitdeTê^Mv® ( temnô ), couper. Ce mot entre dans la composition de plusidtns mots françois, tels qu'anaLomie, lithotomie , phlébotomie.
- TOMOTOCIE, s. f. du grec (tome), incision, et de Toxoc(to-kos) f accouchement ; comme qui di-
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- roit incision que l’on fait pour faciliter un accouchement laborieux.
- ( Chirurgie') Nom que quelques auteurs ont donné à l’opération césarienne.
- TON, s. m. dugrecTovoc (tonos), tension,fait de ts/vs> (léino), tendre.
- ( Musique) Ton a plusieurs sens en musique: il se prend d’abord pour un intervalle qui caractérise le système et le genre diatonique. Dans cette acception, il y a deux sortes de tons : le ton majeur, dont le rapport est de 8 à 9 , et le ton mineur, dont le rapport est de 9 à 10.
- On appelle aussi ton, le degré d’élévation que prennent les voix, ou sur lequel sont montés lesinstrumens pour exécuter la musique. C’est, en ce sens, qu’on dit, dans un concert, que le ton est trop liant ou trop bas.
- Ton se prend encore pour une règle de modulation relative à une note ou corde principale, qu’on appelle tonique.
- Enfin, on donne le nom de ton à un instrument qui sert à donner le Ion de l’accord à tout un orchestre.
- ( Physiol. ) On entend par ton, en physiologie, l’état de tension et de fermeté naturelle de chaque partie du corps. C’est dans la fibre un certain degré de tension ; et le mouvement par lequel cette tension augmente, est. le mouvement tonique.
- (Peinture) Ton a, dans les arts du dessin, un sens général et un sens spécial.
- On dit généralement : cette estampe est d'un beau ton , d’un ton vigoureux, suave, chaud, aigen-tin, sourd, lourd, etc. Ce tableau est d’un ton ferme, clair, brun , rouge, gris, etc., etc. Ou dit : il faut hausser le ton de cet ouvrage, pour exprimer la nécessité d’en rendre les couleurs plus vives, et encore mieux, celle d’en rendre les masses plus décidées , et les objets plus saillans.
- L’emploi spécial du mot ton , est d’exprimer les degrés de clair ou de brun. Couleur du même ton, c’est-à-dire, couleur qui 11’est ni plus claire ni plus brune.
- Dans les teintes d’un objet, il doit donc y en avoir qui soient de diffé-ïens tons, pour les différons degrés de
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- clair ou de brun. C’est la connois-sancè des tons , ou l’art de les ménager, qui fait que l’on peut mettre chaque partie d’un ouvrage à sa vraie place, donner du corps aux objets, et faire avancer ou fuir ceux qui doivent paroitre près ou loin de la vue.
- ( Elocution) Dans le langage, on appelle ton, le caractère de noblesse, de familiarité, de popularité , le degré d’élévation ou d’abaissement qu’on peut donner à l’élocution , depuis le bas jusqu’au sublime. Ainsi, l’on dit que le ton de la tragédie et de l’épopée est majestueux; que celui de l’histoire est noble et simple; que celui de la comédie est familier, quelquefois populaire.
- Ton se ditaussi des autres caractères que l’expression reçoit de la pensée , de l’image , du sentiment. Ee ton triste de P élégie , le ton galant du madrigal, le ton léger de ta plaisanterie , le ton pathétique, te tou sérieux, etc.
- TONDRE, v. a. dulat. tondeo , tondre, raser.
- (Econ. dont.) Tondre se dit des brebis, des barbets et autres animaux dont on peut tirer de la laine , de la bourre, ou cffi poil propre à faire des chapeaux, des camelots, et autres étoffes.
- ( Agricult. ) Tondre, en agriculture et en jardinage , c’est raccourcir les pousses nouvelles des arbres, arbustes et arbrisseaux destinés à figurer dans un jardin , pour leur faire prendre certaines formes particulières.
- TONICITÉ, s. f. de TON. T. ce mot.
- (.Méd,) L’une des quatre forces vives des solides.
- TONIQUE , adj. de TON. V. ce mot.
- (Méd.) Il se dit des remèdes , soit intérieurs, soit extérieurs, qui sont capables de fortifier, c’est-à-dire, d& maintenir, de rétablir, ou d’augmenter le ton ou la tension naturelle, soit du système général des solides, soit de quelque organe en particulier.
- TONNAGE , s. m. de l’allemand tonne.
- ( Commerce marit. ) Tonnage se dit du droit que l’on paie par chaque tonneau de mer que contient un ua-
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- vire. Ce droit concerne le bâtiment
- et non les marchandises; il est perçu
- sur les bâtimens étrangers et françois
- entrant dans un poit de l’empire
- françois.
- 'Tonnage désigne aussi la quantité de tonneaux employés à la navigation d’un pays.
- En Angleterre, tonnage est un droit qui se paie au roi d’Angleterre, pour les marchandises qui entrent ou qui sortent parla navigation.
- TONNEAU, s. rn.de l’allemand TONNE.
- ( Commerce') Mesure de liqueurs, qui a différentes valeurs, et est souvent une mesure de compte. En termes de marine, tonneau est le poids de deux mille livres.
- TONNERRE , s. m. dulat. loni-truum, bruit qui accompagne lafou-dve , et qui est le plus souvent précédé par un éclair.
- (.Electricité) De tout tems les physiciens se sont étudiés à*connoître la cause du tonnerre; mais leurs laborieuses recherches ont été stériles, jusqu’à l’époque où Franklin a fait voir qu’il existe une véritable analogie entre la foudre , le tonnerre, les éclairs et les phénomènes électriques ; dès-lors les physiciens ont publié que le tonnerre n’est autre chose qu’une grande électricité, produite par la nature dans le sein de l’atmosphère. T. ECLAIR , FOUDRE , ÉLECTRICITÉ , PARATONNERRE , POINTE , POUVOIR DES POINTES.
- TONOTECHNIE, s. f. du grec -révo? (fo/zox), ton, et de {techné), art.
- ( Musique) Art de noter les cylindres de certains instrumens de musique.
- TONSILLAIRE , adj. du latin tonsillaris, fait de tonsillœ, amygdales : qui a du rapport aux amygdales.
- { Anal.) Les artères tonsilîaires. On appelle ainsi les artères qui se jettent dans les glandes ou les amygdales.
- TONTE , s. f. du lat. tonsio, fait de tondeo , tondre.
- ( jEcou. dom. ) L’action de tondre
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- la laine de dessus les agneaux ; ht saison où l’on tond.
- ( Manufact. ) Tonte ou tonture , se dit aussi de l’une des dernières opérations de la fabrique des draps. Elle consiste à raser le poil du drap, pour le rendre parfaitement uni , plus doux, et pour qu’il réfléchisse les couleurs le plus vivement possible.
- TONTINE , s. f. de Tond, nom d’homme.
- ( Finances) C’est le nom qu’on a donné à une espèce de rente viagère, qui diffère des autres en ce qu’elle ne s’éteint point par le décès d’un seul, mais seulement par le décès de tous les actionnaires compris dans une même classemu même division .
- Cette rente , appelée tontine, du nom de Laurent Tond, napolitain, son inventeur, fut établie en France, pour la première fois, par édit du mois de novembre i653.
- TOPARCHIE , s. f. du grec ( topos ) , lieu, et d’àp^ii ( arche ) , commandement.
- ( Econ. polit. ) Gouvernement d’un lieu, d’un canton. Delà topar-(jue, pour le chef d’une Loparchie. .
- TOPAZE , s. f. du grec <ro.®,*£is*
- ( topazion ).
- {Minéral.) Pierre précieuse qui se trouve de différentes couleurs, comme toutes les autres gemmes, mais qui , dans le commerce, ne porte ce nom que lorsqu’elle est d’une couleur jaune. Les joailliers donnent même le nom de topaze à des pierres d’une nature différente , par la seule raison qu’elles sont de cette couleur.
- On nomme topaze orientale ,une gemme fort supérieure à la topaze proprement dite , et qui est une simple variété du saphir et du rubis d’Orient. Dans le commerce, sa valeur est à peu près la même.
- La topaze de Bohême, n’est autre chose qu’un cristal de roche , de couleur jaune. Le cristal de couleur brune, est le rouch-Lopas des Allemands , c’est-à-dire, topaze enj'u-mée.
- Quelques autres cristaux pierreux, tels que l’émeraude jaune de Sibérie, et certaines variétés de péridots ont
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- TOP
- aussi porté quelquefois le nom de topaze.
- On distingue trois principales variétés de topazes proprement dites : la topaze du Brésil, la topaze cle Saxe, et la topaze de Sibérie.
- La topa\e du Brésil est la plus dure, la plus brillante et la plus estimée ; sa couleur ordinaire est d’un rouge orangé plus ou moins foncé.
- Parmi les topazes du Brésil, il s’en trouve qui sont parfaitement blanches, et d’une assez belle eau pour jouer à un certain point le diamant ; et l’on soupçonne que le prétendu diamant du poids de douze onces, qu’on voit dans le trésor du roi de Portugal, est une de ces topazes blanches.
- La topaze deSaxe est d’un jaune léger ou jaune de paille. Elle est souvent tout-à-fait incolore, et quelquefois d’une teinte bleuâtre et verdâtre,
- La topaze de Sibérie est incolore et limpide comme le cristal de roche.
- TOPIQUE , s. m. et, adj. du grec jç ( topos), lieu : local.
- ( Med. ) Il se dit particulièrement des remèdes externes qu’on applique sur les parties malades. Tels sont les emplâtres, les onguens, les cataplasmes, etc.
- TOPIQUE , s. f. du grec rounmen ( lopihê') , l’art de trouver les argument.
- ( Rhét. ) Partie de la rhétorique qui enseigne l’art de trouver les ar-gumens. *
- TOPOGRAPHIE , s. f. du grec 'ro-nro? ( topos ) , lieu , et de ypév,pa> f graphô ) , décrire : description d’un lieu.
- ( Arpent.) Description ou plan de quelque lieu particulier , ou d’une petite étendue de terre, comme celle d’une ville, d’une terre, d’une ferme, d’un champ , d’un jardin , etc.
- La topographie diffère de la cho-rographiej comme le moins étendu dilfere du plus étendu ; la chorogra-phie étant la description d’une contrée , d’un diocèse , d’une province , d’un département, ou de quelqu’autre étendue considérable.
- (K locution ) Topographie est une figure de rhétorique propre à orner
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- et embellir le discours ; c’ést la description d’un lieu, comme d’un temple , d’un bois, d’un ruisseau , etc.
- TOQUE , s. f. du celtique ou du bas breton toc , qui signifie chapeau.
- ( Costume ) Habillement de tête en forme de chapeau , plat pg,r dessus , à petits bords plissés tout autour.
- TORE, s. m. du grec topo? (toros), fait de Têplao ( téréô ), tourner autour.
- ( A relût. ) Gros anneau ou grosse moulure ronde des bases des colonnes, ainsi appelé parce que ces anneaux représentent les cercles ou liens qu’on mettoit originairement aux troncs d’arbres qui servoient de colonnes , pour les empêcher ctë's’éclater.
- TOREUMATOGRAPHIE , s. f. du grec rôpîvpm ( Loreuma ) , génif. Toptvua.roç ( toreuniatos ) , tout ce qui est taillé en rond, tout ce qui est sculpté, et de ypk<pu> ( graphô), décrire.
- ( Seulp t. ) If art de décrire, de con-noitre les bas-reliefs antiques. On doit l’invention de la toreumalographie à Phidias.
- TORI ou TORY, s. m. Mot irlàn-dois qui signifie brigand, bandit.
- ( Hist. d’Anglet. ) Fameux nom de parti, en Angleterre, opposé à celui de WHIG (. T. ce mot ). Ce nom fut d’abord donné aux catholiques d’Irlande qui, sous le règne de Charles I, avoient pris un grand ascendant sur les protestans , et en firent un massacre presque général.
- Ensuite il fut appliqué aux partisans de l’autorité royale en Angleterre , que l’on accusoit de favoriser la rébellion d’Irlande. Ceux-ci, pour se venger, donnèrent à ceux de l’opinion contraire le nom de Whigs, qui étoit celui qu’on donnoit en Ecosse à une semblable espèce de bandits ou de fanatiques.
- TORRÉFACTION , s. f. du latin torreo , rôtir , et de Jacio , faire : l’action de rôtir.
- ( Chimie ) Opération que l’on fait subir au minéral, pour le priver du soufre qu’il contient, avant d’en faire l’essai.
- ( Pharmacie ) La torréfaction , en pharmacie , est une combustion lente , ou plutôt un léger grillage que l’on fait éprouver à différentes suie-
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- stances, telles que la rhubarbe , le cacao, le café, etc., afin d’en séparer une portion d’huile ou de résine qu’elles contiennent.
- TORRENT, s. m. du lat. torrens, impétueux, brûlant, précipité.
- ( Hist. nat. ) Courant d’eau très-rapide qui descend des montagnes, et qui provient ordinairement ou d’une pluie d’orage, ou de la fonte des neiges, Ce sont les torrens qui sont une des principales causes de la dégradation des montagnes , et de leur affaissement continuel, occasionné par ces èboulemens journaliers , si souvent observés par les géologues ; et ce sont des affaissemens semblables qui ont donné naissance à presque tous les lacs.
- TORRIDE , adj. du latin torreo, brûler : brûlant.
- ( Géogr. ) Zone torride ; la surface de la sphère est divisée en cinq ZONES ( F. ce mot ). De ces cinq zones, l’une s’étend à 23 degrés et demi de chaque côté de l’équateur ; elle comprend tous les pays situés entre les deux tropiques, et dans lesquels on peut voir le soleil au zénith. C’est pour cela qu’elle est nommée torride.
- TORS, TORSE , adj. de tortum , participe de torqueo , tordre ; qui est tordu, qui en a la figure.
- (Botan. ) Il se dit des parties des plantes dont les bords, ou côtés cor-respondans , tournent ou tendent manifestement à tourner obliquement autour de leur axe.
- TORSE, s. m. de l’italien lorso , trognon.
- (Sculpt,) C’est le nom que les artistes donnent à des statues mutilées dont il ne reste que le tronc. On con-noît le fameux torse antique, déposé au Musée Napoléon , et que l’on regarde comme un précieux fragment de la figure d’un Hercule.
- TORTICOLIS , s. m. Corruption du lat. tortum collum , cou tordu.
- ( lŸIéd. ) Maladie qui fait pencher la tête d’un côté. Elle arrive lorsque le muscle mastoïdien et les muscles de la tête agissent plus fortement d’un tôié que de l’autre.
- TORTILE, adj. du lat. lortilis, fait de torqueo, tordre.
- TOU
- ( Botan. ) Susceptible de torsion spontanée. Plusieurs parties des plantes, qui sont d’abord droites, deviennent ensuite torses, et sont par conséquent lortiles.
- TORTUE , s. f. de l’espagnol tor-tuga , lait, suivant Ménage, du latin tonus.
- ( Hist. nat.) Genre de reptiles dont le corps est renfermé dans une boite osseuse recouverte de cuir ou de plaques écailleuses.
- ( Art de la guerre anc.') Tortue d’hommes ; cette tortue étoit une espèce d’abri que les soldats romains se faisoient de leurs boucliers , en les élevant sur leurs tetes, et en les serrant les uns contre les autres.
- Tortue étoit encore le nom d’une machine de guerre dont se servoient les anciens , quelquefois pour l’escalade , plus souvent pour mettre les travailleurs à couverts des traits , des pierres , etc. , que les assiégés pou-voient jeter d’en haut. On employoit sur-tout la tortue quand on appro-choit des murailles pour la sappe.
- TORTUEUX , SE, adj. du lat. tortuosus , fait de torqueo , tordre : qui fait plusieurs tours et retours.
- ( Botaii. ) 11 se dit des parties des plantes courbées inégalement en divers sens.
- TORULEUX, SE, adj. du lat. torulus , petit cordon.
- ( Botan. ) Oblong, solide, alternativement renflé et contracté sans articulation.
- TORY, s. m. V, TORI.
- TOSCAN , adj. du lat. tuscus ou toscus , de Toscane , nom d’une grande contrée d’Italie.
- ( Archit. ) Ordre toscan ; le plus simple et le plus solide de tous les ordres d’architecture. IL est ainsi appelé parce que d’anciens peuples de Lydie étant venus habiter dans la Toscane, y bâtirent les premiers des temples de cet ordre.
- TOSTE , s. f. Corruption de l’an-glpis toast, santé.
- ( Gastronomie ) Proposition de boire à la santé de quelqu’un, à l’accomplissement d’un voeu , au souvenir d’un événement.
- TOU AGE, s. m. du saxon teon f
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- TOU
- ou de l’allemand toghen , dont les Anglois ont fait low.
- ( Marine ) L’action de Louer un vaisseau , ou de le tirer et le faire avancer par le moyen d’une haussière ou d’un cordage appelé Loué, qui est attaché par un bout à un point fixe, pour le changer de position.
- TOUCHAUX , s. m. de toucher. F. ce mot.
- ( Monnoie ) Petits cylindres composés avec un alliage de cuivre , d’or et d’argent en différentes proportions , afin d’établir des titres ditférens.
- On trace avec ces touchaux quelques lignes sur une pierre de Louche ; on verse sur ces lignes un acide capable de dissoudre le cuivre , sans toucher à l’or ; on compare ensuite les traces ainsi éprouvées avec celles qu’on a faites en se servant du métal qu’on veut essayer : la dégradation des tons indique à peu près le titre du métal. Ce moyen n’est jamais que provisoire et approximatif.
- TOUCHE, s. f. de TOUCHER.
- ( F. ce mot.) Ce qui sert à toucher.
- ( Monnoie ) Touche se dit de l’opération par laquelle on essaie le titre de l’or et de l’argent , sur la pierrequ’on appelle pierre de Louche. Foy. PIERRE , TOUCHAUX, ESSAI.
- ( Musique ) Touche , en termes de musique, se dit des divisions d’un clavier , ou du manche d’un luth , ou autre instrument , sur lesquelles appliquant, les doigts , on en tire des sons différens pour en faire des accords.
- ( Peinture ) Touche se dit aussi d’un coup de pinceau , par lequel le peintre , après avoir fondu suffisamment les couleurs convenables, pour représenter les objets qu’il s’est proposé d’imiter, en applique de nouvelles pour faire sentir davantage le caractère de ces objets ; toucheforte, gracieuse , légère, par opposition à touche, molle , incertaine, timide, faible , mesquine , sans esprit , dure , pesante.
- TOUCHER , s. m. dulat. lactio, tactus , fait de tango , dont les Italiens ont fait toccare.
- ( Physiol. ) Le sens par lequel nous apercevons les objets paipa-
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- blés. Il tient le premier rang para î les sens ; il est le plus grossier , mais aussi le plus sûr de tous. L’ouïe , la vue peuvent nous tromper , mais le loucher est infaillible. Les nerfs sont le véritable organe du toucher , et comme ilss’étendentpar-tout le corps, ce sens en occupe toute l’habitude : l’objet du toucher est toute la matière qui a assez de consistance ou de solidité pour ébranler la surface de notre peau. Le sens du Loucher nous lait conuoître le volume et la figura des corps , leur repos , leur mouvement, leur dureté , leur mollesse , leur liquidité ; le chaud , le froid , le sec , l'humide , etc. ce sont là ses objets propres.
- ( Chirurgie) Le toucher, dans l’art des accouehemeiis , est l’examen de l’état de la matrice , de la situation du fœtus , et de tout ce qui est contenu dans l’utérus.
- ( Marine ) Toucher, v. n., en termes de marine , c’est heurter contre le fond , faute d’avoir assez d’eau sous le vaisseau, pour le tenir à flot,
- TOUR , s. f. du lat. lurris,
- ( Archit, mïlit. ) Sorte de bâti-, ment élevé , rond , carré , dont on fortifioit anciennement les murailles des villes, des châteaux,
- Tours mobiles ; c’étoit un assemblage de poutres et de grosses so-, lives , capables de résister contre l’eff ort des masses lancées par les ba-listes et les catapultes des assiégés. Cet assemblage de montaus et do traverses étoit couvert de forts madriers mis en travers.
- Les tours ont été en usage jusqu’à l’inventi'on de la poudre.
- (Marine ) Tour est aussi le nom d’un édifice ordinairement en forme de tour élevée que l’on établit sur un cap avancé en mer, ou un point remarquable d’une côte. On allume sur son sommet, pendant la nuit , des feux qui servent de renseigne-mens aux vaisseaux qui se trouveut sur les côtes , ou qui cherchent à. aborder un port ou une embouchure J tels sont la tour de Cordouan , à l’entrée de la rivière de Bordeaux , la tour d’Eddystone , au large de Plymouth ; la tour de Schogen , à l’entrée du Categat, pour arrives dans la mer Baltique.
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- TOUR, s. m. ( mouvement en rond ) , du lat. lorno , tourner.
- ( Mécan. y Tour, en mécanique, est uue roue ou cercle concentrique à la base d’un cylindre , avec lequel il peut se mouvoir autour d’un même axe.
- L’axe , la roue et les leviers qui y sont attaché.* pour se mouvoir en même tems , forment la puissance mécanique appelée axis in peritro-chio , axe clans le tambour , ou simplement tour.
- Cette machine s’appelle proprement. tour ou treuil , lorsque l’axe ou arbre est parallèle à l’horizon ; et u indus ou cabestan, lorsque l’arbre est perpendiculaire à l’horizon.
- Ces deux machines sont employées fréquemment aux puits, aux carrières , aux bâtimens , pour élever les pierres et les autres matériaux , sur les vaisseaux et dans les ports pour lever les ancres, etc. Quand on y fait attention , on les retrouve en petit dans une infinité d’autres endroits, où elles ne sont différentes que par la façon ou par la matière dont elles sont faites ; les tambours, les fusées, les bobines, sur lesquelles on enveloppe les cordes , ou les chaînes , pour remonter le poids ou les ressorts des horloges , des pendules , des montres même , doivent être régardés comme autant de petits treuils ou de petits cabestans.
- TOURBE , s. f. du saxon turfe, dont les Anglois ont fait turf, les Allemands zorff ou surb ; ou peut-être de l’arabe torb ou torbah , qui signifie terre.
- ( Minéral. ) Substance végétale , noire , onctueuse , combustible, formée de débris de plantes.
- TOURBILLON, s. m. du lat. turbo , turbinis.
- ( Physique ) Mouvement circulaire etyiolent que prennent l’eau ou le vent en certaines circonstances.
- Un fleuve qui coule rapidement, venant à rencontrer une masse de rochers qui lui fait faire brusquement un coude, éprouve dans cette sinuosité des remous qui impriment à l’eau un mouvement do ..tation qui se manifeste à sa surface.
- Cet effet se manifeste d’une manière bien plus frappante dans cer-
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- tains parages maritimes, notamment dans le fameux passage des côtes de Norwège, le Maelstrom, et le détroit de Messine , connu sous le nom de Carybde et Scylla.
- Les tourbillons de vent sont des mouvemens de fermentation qui s’opèrent dans l’atmosphère par la réaction des fluides gazeux qui s’échappent quelquefois du sein de la terre , et dont le mélange avec les fluides atmosphériques produit en grand les mêmes effets que l’on observe dans les expériences chimiques.
- Système des tourbillons ; c’est le nom que Descartes a donné à un système qu’il a imaginé et qu’il a développé fort au long dans la troisième partie de ses principes.
- Tourbillon magnétique ; c’est un nom que quelques physiciens ont donné à la matière magnétique en mouvement autour etau dedans d’un aimant. Ces physiciens prétendent que la matière magnétique entre dans un aimant par un de ses pôles, et qu’elle en sort par l’autre , et qu’en-suite ne trouvant nulle part un accès aussi libre que dans l’aimant lui-même , elle retourne en glissant le long de sa surface , pour entrer de nouveau dans le pôle de l’aimant par lequel elle étoitentrée d’abord. Si cela est ainsi, cette circulation muette de la matière magnétique doit former autour de l’aimant une espèce d.e tourbillon, et c’est ce qu’on appelle tourbillon magnétique.
- TOURMALINE, s. f. Mot indien.
- ( Minéral,) Nom donné par les habitans de l’île de Ceylan , à une substance pierreuse cristallisée, qui devint célèbre dans le siècle dernier par la propriété qu’on lui reconnut d’être pyro-électrique , c’est-à-dire , de devenir électrique par la chaleur, et d’attirer les cendres et autres corps légers : propriété que Pline avoit remarquée 1600 ans auparavant, et que la tourmaline partage avec beaucoup d’autres minéraux cristallisés.
- La couleur des tourmalines varie suivant les localités : celles de Ceylan sont r ougeâtres ou verdâtres ; on donnoit à ces dernières le nom de péridot : celles du Brésil sont communément d’un vert foncé, quelquefois bleuâtres. Les vertes ont été nommées émeraudes du Brésil.
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- Celles du Tyrol paraissent d’une couleur brune, quand les morceaux sont épais ; celles d’Espagne sont d’une couleur orangée , quelquefois très-foncée. On trouve en Corse une tourmaline blanche.
- TOURMENTER, v. a. du latin tormentum, torture : faire souffrir quelque tourment de corps.
- ( Peinture ) Tourmenter un modèle ; c’est lui faire tenir une pose à laquelle se prêtent difficilement la structure et les efforts du corps humain , et qui par conséquent le met à la gêne.
- Tourmenter unefigure ; c’est lui donner une attitude, un mouvement qui n’est pas dans la nature, et qu’on ne pourroit faire prendre à un modèle vivant.
- Tourmenter la couleur ; c’est l’employer avec incertitude, brouiller les teintes au lieu de les fondre , les fatiguer par des mouvemens de pinceau maladroitement répétés.
- Composition tourmentée; c’est celle à laquelle on affecte de donner beaucoup plus de mouvement que le sujet n’en exige, et même qu’il n’en permet.
- Contours tourmentés ; ce sont ceux auxquels on fait décrire des lignes exagérées que la nature désavoue.
- TOURNIQUET, s. m.* du latin torno, tourner.
- ( Chirurgie ) Instrument de chirurgie qui sert à comprimer les vaisseaux sanguins d’un membre, et à y suspendre quelque tems la circulation du sang, pour faciliter les opérations qu’on doit faire. Cette espèce de-bandage sert particulièrement dans les amputations des membres.
- TOURNOY , ou TOURNOI , mot purement fiançais, qui vient de tourner.
- ( Chevalerie ) Exercice et divertissement de guerre et de galanterie que faisoient les anciens chevaliers pour montrer leur adresse et leur bravoure. Ces exercices étoient ainsi nommés parce qu’ils avoient lieu en tournoyant avec des cannes en guise de lances.
- Les exercices guerriers commencèrent à prendre n iLsance en Italie , *Grs le régné de Théodoric, qui vg-
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- noit de supprimer les combats des gladiateurs. Il y eut ensuite, en Italie, et sur-tout dans le royaume de Lombardie, des jeux militaires, de petits combats qu’on appeloit hu-taillole.
- Cet usage passa bientôt chez les autres nations. En 870, lesenfans de Louis le débonnaire signalèrent 1er r réconciliation par une de ces jouit s solennelles , qu’on appela depuis Tournois ; parce que, dit Nitrard , ex utraque parte aller in allerum veloci cursit ruebant.
- L’empereur Henri l’oiseleur, pour célébrer son couronnement en 920, donna une de ces fêtes militaires ; on y combattit à cheval.
- L’usage s’en perpétua en France, en Angleterre, chez les Espagnols et chez les Maures. Geoffroi de Preuilîi fit quelques lois pour la célébration de ces jeux, qui furent renouvelées dans la suife par Réné d’Anjou , roi de Sicile et de Jérusalem.
- Les tournois donnèrent naissance aux ARMOIRIES. T. ce mot.
- L’empire grec n’adopta que très-tard les tournois ; toutes les coutumes de l’occident étoient méprisées desGrecs ; ils dédàignoient les armoiries , et la science du blason leur parut ridicule; ce ne fut qu’en i326, que quelques jeunes Savoyards donnèrent à Constantinople l‘e spectacled’un tournois y à l’occasion du mariage du jeune empereur Andronic avec une princesse de Savoie.
- L’usage des tournois se conserva dans toute l’Europe. Un des plus solennels fut celui de Boulogne - suriner , en i3c>9 , au mariage d’Isabelle de FranceavecEdouard II , roi d’Angleterre.Edouard III enfit deux beaux à Londres. Le nombre en fut ensuite très-grand jusques vers le tems qui suivit la mort du roi de France , Henri II, tué dans un tournois au palais des Tournelles, en 1559.
- Cet accident sembloit devoir les abolir pour toujours; cependant telle étoit la force de l’habitude , et la vie désoccupée des grands, qu’on enfit un autre , un an après , à Orléans , dont le prince Henri de Bourbon Monf-pensier fut encore la victime ; une chute de cheval le fit périr. Les four-noir cessèrent alors absolument ; il en . resta une image dans les pas-d’armes
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- dont Charles IX et Henri III furent les tenans un an après la Saint-Bar-thelemi. Il n’y eut point de tournois au mariage du duc de Joyeuse, en i58i : le terme de tournois est em-
- idoyé mal à propos à ce sujet dans e journal de l’Étoile. Les seigneurs ne combattirent point ; ce ne fut qu’une espèce de ballet guerrier représenté dans le jardin du Louvre , par des mercenaires. C’étoit un spectacle donné à la cour, mais non pas un spectacle que la cour donnoit elle-même. Les jeux que Ton continua depuis d’appeler tournois ne furent que des carrousels.
- L’abolition des tournois est donc de l’année i56o , et avec eux périt l’ancien esprit de la chevalerie, qui ne parut plus guère que dans les romans.
- TOURNOIS, adj. ( monnoie ) , du latin turonensis, de la ville de Tours.
- (JMonnoic) tournois était le nom d’une petite monnoie bordée de fleurs de lys , et ainsi nommée de la ville de Tours, où on la fabri-quoit.
- Il y avoit des livres tournois , des sols tournois , des petits tournois . des doubles deniers tournois que l’on distinguoit en tournois blancs ou d’argent, et en tournois noirs oubliions. Ce n’estplus aujourd’hui qu’une monnoie de compte qui est opposée à celle qu’on nomme Parisis, et qui étoit plus forte d’un quart que la monnoie tournois.
- TOUSSAINT , s. f. Contraction de tous les saints.
- ( Hist. ecclés. ) La Toussaint, ou la fête de tous les saints , étoit originairement la dédicace de l’ancien Panthéon de Rome , appelé la Rotonde , qui fut converti en église, le i3 mai6i3 , par le pape Boniface IV, et consacré avec la permission de l’empereur Phocas , sous le titre de Sainle-JMarie-aux-Martyrs.
- En 835 , Grégoire IV , étendit cette fête à toute l’église, et la transporta au ier. novembre.
- TOUT , s. adj. et adv. du latin tplus ; chose considérée en son entier , le tout est plus grand que sa partit j SQintM fauté, pour pimmt
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- totale ; tout à vous , pour entièrement à vous.
- ( Peinture ) Tout ensemblece mot se dit de la composition entière; on sacrifie les détails qui seroient capables de nuire au tout ensemble.
- Il ne suffit pas d’étudier chaque partie de son sujet* il faut en embrasser le tout ensemble.
- TOUX, s. f. du lat. lussis.
- ( Med. ) Expiration violente, subite, fréquente, inégale et avec bruit, qui se fait par la bouche pour se délivrer , par l’expectoration , de ce qui irrite la gorge et la trachée-artère, Hans la toux, les muscles dularynx, la trachée-artère , les muscles de la poitrine, destinés à l’expiration et ceux de l’abdomen , entrent dans des mouvemeus spasmodiques.
- TOXIQUE , s. m. du grec aof/xi»
- toxikon ), venin , dérivé de vô|o»
- toxon ) , arc ou carquois.
- ( l\léd. ) Nom générique donné par les Grecs à toute sorte de poisons , d’après l’opinion qu’ils avoient que les Barbares se servoient de flèches empoisonnées.
- TRABE , du lat. trabs , poutre.
- ( Physique ) On donne ce nom à un météore enflammé , qui paroit en forme de poutre ou de cylindre.
- ( Blason) Trabe est aussi la partie de l’ancre qui traverse la stangue par le haut.
- Il se dit encore du bâton qui supporte la bannière ; il porte une bannière semée de franc, à la trabe d’argent.
- TRACHÉE-ARTÈRE , s. f. du grec ( trachus ) , rude , âpre,
- et d’àfTxpfüt ( artêria ) , vaisseau aérien.
- (.A.nat. ) Canal en partie cartilagineux , et en partie membraneux qui s’étend de la bouche dans le poumon, dont l’usage est de conduire l’air dans cette dernière partie. Galien l’appelle ainsi , à cause qu’il est rude et raboteux.
- (Botanique) Trachée des plantes ; ce sont, suivant Malpighi, certains vaisseaux formés par les contours spiraux d’une lame mince, plate et assez large, qui se roulant et contournant ainsi en tire-bourre , formé U» tuyau étranglé, et comme divisé
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- divisé en sa longueur en plusieurs cellules.
- TRACHÉLO - MASTOÏDIEN, NE , adj, du grec tpk%nkog ( Ira-chelos ) , le cou, et de juaçbç ( mas-tos ) , mamelle , et d’sïJ'oç ( éidos ), forme, figure.
- (Unat. ) Nom d’un muscle qui a du rapport au cou et à l’apophyse mastoïde.
- TRACHÉOTOMIE, s. f. du grec ( Lrachus ) , rude, raboteux, et de tiuvce ( Lcmnô ), couper, inciser.
- ( Chirurgie ) Incision faite à la trachée-artère ; c’est la même chose queBRONCHOTOMIE et LARYNGOTOMIE. r. ces mots.
- TRACHOMA ou TRACHOME, s. m. du gœcTpœ%vç (jtrachus'), âpre, rude.
- ( Chirurgie ) Mot grec retenu en françois pour signifier une espèce de' dartre des paupières accompagnée d’âpreté ou de rudesse , sur-tout des parties internes.
- TRACTION , s. f. du lat. traho , tractum, tirer.
- (IVIécan.) Action d’une puissance mouvante , par laquelle un corps mobile est attiré vers celui qui le tire. Ainsi , le mouvement d’un chariot tiré par un cheval est un mouvement de traction.
- Traction diffère d’attraction , en ce que le premier se dit des puissances qui tirent un corps par le moyen d’un fil , d’une corde , d’une verge, etc., et que le second se dit de Faction qu’un corps exerce sur un autre pour l’attirer à lui, sans qu’il paroisse un corps visible intermédiaire, par le moyen duquel cette action s’exerce.
- TRACTOIRE ou TR ACTRICE, s. f. du lat. traho , tractum , tirer.
- (Geo/n.) Nom d’une courbe dont la tangente est égale à une ligne constante ; elle est ainsi nommée , parce qu’on peut l’imaginer comme formée par l’extrémité d’un fil que l’-on tire par son autre-extrémité , le long d’ une ligne droite.
- TRADITION , s. f. du lat. trado, traditum , donner , livrer.
- (Pratique) Délivrance de là chose donnée ou vendue.
- Tradition réelle} c’est celle où.
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- le preneur est mis en possession réelle de la chose.
- Tradition feinte ; lorsque le preneur est réputé s’ètre mis en possession de cette chose, quoiqu’elle reste entre les mains du vendeur.
- Tradition symbolique / on appelle ainsi la tradition qui s’opère par le moyen de quelque symbole ; telle est, par exemple, la remise des clefs d’une maison par le vendeur à l’acheteur. Telleétoit encore anciennement la tradition, per annulant, en mettant un anneau au doigt de celui à qui on remettoit la possession, d’une église , d’un héritage ; la tradition , per baculum , quand on remettoit un bâton entre les mains du nouveau possesseur; la tradition, per cullellutn, quand on lui remettoit un couteau plié ; la tradition, per festucam , quand on lui remettoit un fétu en main.
- ( Hist. ecclés. ) Tradition se dit aussi de la voie par laquelle la con-noissance des choses qui concernent la religion, et qui ne sont point dans Fécriture-sainte, se transmet de main en main , et de siècle en siècle. Il se dit aussi des choses même que l’on connoît par la voie de la tradition.
- ( Hist. ) Tradition se dit encore des faits purement historiques , qui ont passé d’âge en âge, et qu’on ne sait que parce qu’ils se sont transmis de main en main. Il se dit aussi de ces faits mêmes.
- TRADUCTION ,‘s. f. du latin traduco , pour transduco , transmettre.
- (Littérat. ) Version d’un ouvrage dans une langue différente de celle où il a été écrit.
- TRAGÉDIE , s, f. du gr. <rpa.ysg ( Iragos ) , bouc, et d’œÙj ( ode ) , chant ; littéralement le chant du bouc, parce que chez les Grecs, le prix de ce poème fût d’abord un bouc ou un chevreau.
- ( Littérat. ) La tragédie est ainsi que l’épopée , l’imitation d’une action grande, entière et vraisemblable , qui se passe parmi des personnages fameux , dont le merveilleux est exclu , et dont la durée ne peut être que deivingt-quatre heures.-Là tragédie dut sa naissance chez les Grecs aux fêtes de Eacchtis. La
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- partie de ces fêtes qui se célébroit dans les temples , consistant en chœurs, c’est-à-dire, en chants graves et monotomes, étoit nécessaire ment triste. Tliespis essaya d’introduire dans ces chœurs un personnage qui récitât quelqu’un des exploits de Bacchus ; ce qui fit un épisode, c’est-à-dire, un morceau étranger dans le chœur. A ce personnage, Eschyle en ajouta un second qui forma un dialogue avec le premier. Sophocle y en ajouta un troisième ; c’étoit tout ce qu’il en faiioit pour composer une action dramatique.
- L’épisode étoit donc dans l’origine une sorte de dialogue inséré dans les chœurs religieux , pour y jeter quelque variété.
- Eschyle , Sophocle et Euripide , furent chez les Grecs les poètes qui portèrent la tragédie au plus haut point de perfection.
- La tragédie ne fut connue des Romains qu’environ l’an de Rome 614 , c’est-à-dire , 160 ans apres Sophocle et Euripide. Les premiers poètes tragiques se contentèrent de traduire les pièces des Grecs.
- Livius Andronicus, fut le premier qui mit des tragédies sur le îhéâtre, à l’imitation de celles de Sophocle. Acêius et Pacuvius se distinguèrent ensuite à Rome par leurs tragédies.
- Jules-César et Asinius Pollion, en avoient composé qui ètoient fort estimées de leurs tems. Quintilien Tapporte que l’on vantoit la Médée d’Ovide, comme une pièce parfaite ; mais malheureusement il ne nous reste pour j uger du goût des Romains pour la tragédie, que quelques pièces de Sénèque.
- Lespoè’tes qui ont fait en France les premiers pas dans la carrière dramatique , sont Etienne Jodelle, Robert Garnier , et Alexandre Hardi ; mais chez le premier tout est déclamation , sans action, sans règles et sans jeu. Le second met plus d’élévation dans ses pensées et d’énergie clans son style ; néanmoins ses pièces sont languissantes. Le troisième connoissoit mal les règles de la scène, et n’observoit pas ordinairement l’unité de lieu.
- Le-théâtre françois ne prit naissance que sous Pie.re Corneille. Ce génie subiiaae Jiunchit presque tout
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- à coup les espaces immenses qu’il y avoit entre les essais informes de son siècle et, les productions les plus accomplies de l’art.
- Quand Corneille commençant à vieillir cessa de nous transporter d’admiration , Racine vinty qui fit couler des larmes délicieuses ; ensuite , on vit Crébillon , dont le pinceau mâle et sombre nous attendrit et nous épouvante. Enfin parut Voltaire qui a réuni tous les genres, le tendre, le touchant, le terrible, le grand et le sublime.
- L’Angleterre a produit un petit nombre d’auteurs tragiques, parmi lesquels on distingue Shakespeare , qui offre des étincelles de génie , mais brut et inculte ; et Addison qui est plus correct et plus astreint aux règles dramatiques.
- Les Allemands font des efforts pour se mettre au niveau de la scène tragique françoise, mais on ne connoît encore rien qui approche de nos grands maîtres.
- L’Italie se glorifie avec raison de la Mérope du marquis Maffei ; mais les bennes tragédies qu’elle a produites sont encore;, bien rares.
- Autant l’Espagne est féconde en comédies , autant elle est stérile en tragédies, à moins qu’on ne veuille donner ce titre à des pièces qu’ils appellent tragi-comédies, où à travers quelques bouffonneries , ou trouve des situationstrès-toucliantes.
- TRAGI-COMÉDIE , s. f. Voy. pour l’origine TRAGÉDIE et COMÉDIE;
- ( Littéral. ) Pièce de théâtre dans laquelle on représente une action considérable, qui se passe entre des personnes illustres,, qui est mêlée d’incidens cc)miques,et qui ne finit point par un événement tragique.
- On appelle aussi tragi-comédie une pièce de théâtre dont l’action , sans être mêlée de personnages comiques, se passe entre des personnes illustres, et ne finit par aucun événement tragique.
- La tragi-cornédie fut inconnue aux anciens : leur génie et leur goût leur faisoient une loi de ne pas placer dans les drames le sérieux a côté du comique , et^ pduraiusi «Ut*} de le*
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- v confondre ; mais ce monstrueux mélange fut long-tems goûté en Angleterre. Garnier essaya de l’introduire parmi nous ; Corneille travailla aussi dans ce genre ; mais il eut beau le déguiser sous le nom dé comédie héroïque, il ne put réussir à lui donner des partisans.
- TRAGUS , s. m. Mot latin qui signifie une espèce de blé.
- ( Anal. ) Nom donné au petit, bouton antérieur qui est au dessous de l’extrémité antérieure du pli de l’oreille, et qui , avec l’âge, devient couvert de poil. Il est ainsi nommé , à cause de sa ressemblance au grain d’une espèce de blé, appelé tragum ou tragus.
- TRAIT , s. m. du latin trac tus, Iractüs, l’action de tirer, ou la chose tirée.
- ( Peinture)Le irait, en peinture, est la ligne qui termine une figure quelconque ; faire un trait , c’est tracer les lignes que décrit une figure sur ce qui lui sert de fond.
- ( Littéral, ) 'Trait, en matière de littérature, signifie pensée, saillie , beau morceau d’un discours, ce qu’il y a de plus vif, de plus brillant.
- TRAITE, s. f. du latin tracta , formé de tractum , dont les Italiens ont fait traita, et les Anglois trade.
- ( Commerce') Traite signifie proprement distance d’un lieu à un autre, étendue de chemin qu’on fait d’un üeu à un autre sans se reposer; de ià on a appelé traite le commerce des esclaves , des dents d’éléphant., de la poudre d’or, de la gomme que l’on fait en Afrique , et des peaux de castors et pelleteries que l’on fait au Canada et dans le nord de l’Amérique.
- Traite , en termes de banque , signifie une lettre de change qu’un banquier tire sur son correspondant, et que ce dernier a commission d’acquitter.
- TRAITÉ, s. m. du lat. trac talus, fait de tracto , manier, traiter.
- ( Pratique ) Contrat , marché , accord , convention.
- ( Polit.) Négociation et conclusion de paix , de confédération , de mariage, de capitulation.
- ( Littéral. ) Traité se dit aussi d’un.ouvrage, d’un écrit sur quelque
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- art, quelque science, quelqu’objet que ce soit.
- TRAJECTOIRE, s; f. du latin Lrajieio, traverser.
- ( (Jéom. ) On appelle ainsi les courbes qui coupent, sous un angle donné, une famille de courbes du même genre, dont les individus résultent de la variation d’un paramètre.
- Trajectoire réciproque ; c’est le nom q e Jean Beruouilli a donné à une courbe décrite sur un axe, dont la propriété est telle , que si on la place dans une situation opposée, et si on la fait, glisser parallèlement à elle-même , elle coupe toujours sa première position.
- ( Mécan. ) Trajectoire, en mécanique, se dit de la courbe que décrit un corps animé par une pesanteur quelconque, et jeté suivant une direction donnée , soit, dans le vide , soit dans un milieu résistant.
- Galilée a le premier démontré qus dans le vide , et dans la supposition d’une pesanteur uniforme , toujours dirigée suivant les lignes parallèles , la trajectoire des corps pesant étoit une parabole.
- Newton a fait voir dans ses principes , que les trajectoires des planètes , ou ce qui revient au même , leurs orbites, sont des ellipses.
- TRAMONTANE , s. f. de l’italien trantonlana , fait du latin trans-montes , ou Lransmonlanus , au delà des monts,
- ( Manne ) C’est le nom que les navigateurs de la mer Méditerranée donnent au vent du nord, qui , en Italie, vient d’au-delà des montagnes, et par suite ils l’appellent, l’aire-de-veut du nord, et même l’étoile du nord, ou la petite ourse ; d’où est venue l’expression populaire , perdre la tramontane, pour perdre la raison, le jugement, son point de direction , être désorienté , avoir perdu l’étoile du nord.
- TRANCHE, s. f.du lat. Iruncare, couper, dont les Italiens oiit fait trunciare : morceau coupé uu peu mince.
- ( Archit. ) Tranche de marbre ; c’est un morceau de marbre mince , qu’ou incruste dans un. coroparti-G g a
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- nient, ou qui sert de table pour recevoir une inscription.
- ( Librairie ) Tranche se dit aussi de l’exfrémite de tous les feuillets d’un livre , le côté par lequel ils ont été coupés. Un livre doré ou marbré sur tranche.
- ( Monnoie) Tranche signifie, en termes de monnoie, la circoniérence des espèces, autour de laquelle on imprime une légende ou un cordonnet , afin qu’on puisse voir quand ils ont été rognés.
- ( (Jéoin. ) Quand on conçoit qu’un cylindre, un prisme, un cône, etc. sont coupés par des plans parallèles à la base, les sections qui en naissent s’appellent des tranches : on donne même quelquefois ce nom aux portions solides, comprises entre deux coupes.
- TRANCHÉE , s. f. du verbe trancher , en latin Lruncare, dont les Italiens ont fait trïncea.
- ( Archit. ) Ouverture faite en terre , creusée en long et carrément, pour fonder un bâtiment, ou pour poser et réparer des conduits.
- ( Art inilit. ) l'ranchée est, en termes de guerre, une ligne d’approche , ou figue d’attaque, qui se fait par l’assiégeant, pour gagner à couvert le fossé et le corps de la place.
- Il est incontestable que non-seulement les anciens peuples alloient par lignes obliques ou par lignes creusées en terre , mais encore que •nos -sappes couvertes et nos parallèles ou places d’armes, ne sont pas une invention moderne, et que les anciens les ont pratiquées avant nous : -d’abord les peuples de l’Asie, après eux les Grecs, et après ceux-ci les Romains.
- Il y a des tranchées doubles, des branchées à crochet, des tranchées droites, et des tranchées tournantes.
- Il ne doit pas y avoir un point dans une tranchée, qui puisse être vu d’aucun endroit que ce soit de la place attaquée.
- Il faut qu’il n’y ait aucun endroit dans la tranchée, d’où l’on ne puisse commodément sortir par les revers , afin que les troupes ne soient pas cou-traintesde défiler, en cas d’une sortie de la part des assiégés.
- ( Méd. ) Tranchées se dit aussi
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- des douleurs de colique, ou douleurs aigues dans les intestins , occasionnées par des vents, ou dés humeurs âcres et piquantes.
- TRANCHER , v. a. du lat. tmn-care , couper, séparer en coupant.
- ( Peinture ) On dit que des couleurs tranchent les unes sur les antres, quand l’artiste ne conduit pas des unes aux autres par des nuances.
- Les lumières tranchent sur les ombres, et les ombres sur les lumières , quand on néglige de conduire des unes aux autres par des passages doux et imperceptibles.
- TRANSACTION, s. f. du latin transigo , percer d’outre en outre , finir , ac hever.
- (Pratique) Acte par lequel deux ou plusieurs personnes terminent, à l’amiable leurs différends, ou préviennent des contestations prêtes à naître.
- ( Littérat. ) Transactions philosophâmes ; nom d’une espèqe de journal des expériences, des découvertes et des observations faites par les membres de la société royale de Londres, ou qui viennent à leur connoissance. Ce journal a été d’abord publié chaque mois , ensuite tous les deux ou trois mois : il parort maintenant deux fois par an.
- TRANSCENDANT , TE, adj. du lat. transcenda , pour tra/is scando, monter au delà , passer outre en montant : élevé, sublime, qui excelle eu son genre.
- (JMétaphys.) Transcendant s’est dit d’abord de l’objet de la métaphysique qui considère l’être en général : les êtres transcendans , comme Dieu, les anges et les vérités qui ne consistent qu’en pure spéculation.
- (Logique) On l’a appliqué ensuite aux attributs et aux qualités qui conviennent à toutes sortes d’êtres , sans exception , comme un , vrai, bon.
- (IMalhéniat.y (Léomélrie transcendante ; c’est la partie de la géométrie qui a pour objet tontes les eourhesdifférentesdu cercle, comme les sections coniques, et les courbes d’un genre plus élevé.
- Equations transcendantes ; ce sont celles qui ne renferment point, comme leséquations algébriques, des quantités finies, mais des différeu-
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- tielles ou fluxions de quantités finies.
- Courbe transcendante ,* c’est celle que l’on ne sauroit déterminer par aucune équation algébrique , mais seulement, par une équation transcendante. V. GÉOMÉTRIE, COURBE.
- ( Philos.) Philosophie transcendantale ; c’est ainsi que l’on désigne le système philosophique de Kant, autrement appelé étude du sujet , en tant qu’il observe . ou étude dii subjectif, ou TRANSCENDATA-LISME.
- TRANSCOLATION, s. f. dulat. traits , au travers, et de colatus , filtié : l’action de filtrer au travers de....
- ( Chimie) C’est la même chose que FILTRATION. T. ce mot. V. aussi COLATURE.
- TRANSCRIPTION, s. f. du lat. Irans, au delà, et de scribo, scrip-luni, écrire : l’action d’écrire une seconde fois.
- ( Pratique, commerce ) Il se dit de l’action d’écrire une seconde fois, de transporter sur un autre papier, sur un autre livre, un article, mi compte , etc. ; d’insérer dans un acte, un autre acte, un arrêt, un j uge-ment, etc.
- TRANSFERT , s. m. du lat. trans, au delà, et defero, porter : transport.
- (Finances ) Terme nouveau qui signifie le transport de la propriété d’une rente, etc.
- TRANSFIGURATION, s. f. du lat. trans, au delà, et defiguror, figurer : l’action de changer de forme , de prendre une autre figure.
- ( Pithurgie') Il ne se dit que pour désigner une fête qu’on célèbre en l’église, le sixième d’août, en mémoire de l’action et du miracle que fit Jésus-Christ quand il se transfigura devant ses apôtres, saint Pierre, saint Jacques et saint Jean, et qu’il fut vu avec Moïse et Elie.
- La fête de la Transfiguration est ancienne dans l’église , puisqu’au 5rae. siècle , saint Léon a fait un sermon sur ce sujet.
- TRANSFORMATION, s. f. du lat. trans, au delà, de Jbrtua } et
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- d’ago, faire: l’action de changer de forme, métamorphose.
- ( Créant. ) Transformation se dit, en géométrie , du changement ou de la réduction d’une figure ou d’un corps, en un autre de même aire ou de même solidité , mais d’une forme différente. Par exemple, on transforma un triangle en carré , une pyramide en parallélipipède, etc.
- Transformation des axes ÿ c’est l’opération par laquelle on change la position des'axes d’une courbe.
- (.Algèbre ) Transformation se dit encore de l’opération qui consiste à substituer, dans une équation déterminée, au lieu de l’inconnue, une fonction d’une nouvelle inconnue. Le résultat de cette opération s’appelle équation transformée i ou plus simplement la transformée.
- TRANSFUGE , s. m. du latin transjuga, formé de trans , au delà, et de fugio , fuir.
- ( yJrt de la guerre) Celui qui abandonne son parti, pour se retirer chez les ennemis.
- TRANSFUSION, s. f. du latin trans, au delà, au travers , et de fundo, fusunt, couler: action par laquelle on fait couler une liqueur d’un vaisseau dans un autre.
- ( Chirurgie) Ce mot a été particulièrement consacré à désigner une opération qui consiste à faire passer le sang d’une personne ou d’un animal vivant, dans les veines d’un autre.
- Cette opération qui a eu une grande célébrité vers le milieu du 17 e, siècle,, et qui est aujourd’hui tombée dans l’oubli, a été inventée ou renouvelée par un médecin anglais , nommé Richard Lower ; car quelques-uns la font remonter jusqu’aux tems les plus reculés , et prétendent en trouver des descriptions dans des ouvrages très-anciens , et particulièrement daus les métamorphoses d’Ovide, où on la trouve décri te parmi les moyens dont se servit Médée pour rajeunir Œson , et qu’elle promit d’employer pour Pélias.
- TRANSIT, s. m. Contraction du lat. transitus, participe de transeo, aller au delà: passage.
- ( Commerce') Acquit de transit;
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- c’estun acte que les commis des douanes délivrent aux marchands, voituriers ou autres, pour certaines marchandises qui doivent passer sans être visitées , ou sans y payer les droits, à la charge néanmoins par les propriétaires ou voituriers desdites marchandises, de donner caution de rapporter , dans untems marqué dans l’acquit, un certificat, qu’au bureau d’arrivée elles auront été trouvées en nombre, poids, quantité etqualité,etc. conformément à l’acquit. C’est la même chose que PASSAVENT. V. ce mot.
- TRANSITIF, IVE, adj. même origine que TRANSIT.
- ( (J-ranim.') Il se dit des verbes qui signifient une action qui passe du sujet qui lafait, à un sujet, ou sur un sujet qui la reçoit. rVous les verbes actifs sont transitifs.
- T RANSITION , s. f. même origine que TRANSIT rliaison,. passage.
- ( Grammaire ) Les transitions, en termes de grammaire, sont des conjonctions qui servent à lier les différentes parties du discours.
- (.Rhétorique) Transition est aussi une figure de rhétorique , par laquelle un orateur parlant de quelqu’un, se met subitement à sa place, et en joue le personnage.
- ( Musique) Transition, en parlant du chant, est une manière d’adoucir le saut d’un intervalle disjoint, en insérant des sons diatoniques entre ceux qui forment cet'intervalle.
- Transition j dans l’harmonie , est une marche fondamentale, propre à changer de genre ou de ton . d’une manière sensible , régulière , et. quelquefois par des intermédiaires.
- TRANSITOIRE, du lat. transi-tonus, fait de transeo , transitant, passer outre , traverser: passager, qui dure peu.
- ( Didact. ) Ce mot a d’abord été employé pour exprimer les choses de ce monde , par comparaison avec celles de l’éternité ; il-a-été appliqué ensuite à tout ce qui est passager , changeant ; et Montesquieu a dit : Il y a des Etats où les,iois ne sont rien, ou ne sont qu’une volonté capricieuse et transitoire du souverain.
- TRANSLATER , v, a. du latin irans , au delà , et de laïus , pai ti-
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- cipe defero, porter : transporter, traduire.
- (Littéral, ) Fieux mot qui signî-fioit autrefois traduire : les Angiois disent encore to translate , pour traduire , et Lranslator, pour traducteur.
- TRANSLATION , s. f. du latin Irans , au delà, ét. de latus , participe de fero , porter : l’action de porter au delà, de transporter.
- ( Econ. polit. ) Il se dit au lieu de transport, en parlant d’un évêque, ou du siège d’un évêché , d’un siège de justice , etc.
- TRANSLUCIDE, adj. du latin trans , en travers, et de lucidus , lucide , transparent.
- ( Minéral. ) Terme adopté par les minéralogistes , pour désigner les minéraux qui ont une sorte de transparence.
- TRANSMIGRATION, s. f, du latin trans , au delà , et de miffro , changer de séjour.
- ( Polit. ) Transport d’une nation entière en un autre pays par la violence d’un conquérant.
- ( Philos. ) II se dit aussi du passage d’une ame d’un corps dans un autre. Pythagore enseignoit_!a trans-ni f ration des âmes. P. MÉTEMPSYCOSE.
- TRANSMISSION , s. f. du latin trans , au delà, et de rnilto. mis-sum , envoyer : action de transmettre.:
- ( Optique ) Propriété par laquelle un corps transparent laisse passer les rayons de lumière à travers sa substance.
- Transmission sc dit aussi dans lîTmême sens que réfraction, parce que la plupart des corps , en transmettant les rayons de lumière , leur font subir aussi des réfractions. Toy, RÉFRACTION.
- Newton prétend que les rayons de lumière , sont susceptibles de transmission et de réflexion. Il appelle cette vicissitude, àlaquelle les rayons de lumière sont sujets ,'des accès de facile réflexion et de facile transmission ; et il se sert, de cette propriété pour expliquer dans son optique, des phénomènes curieux et singuliers que ce philosophe expose dans un assez, grand détail,
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- TP, ANSMLTATIQN , s. f. du latin lrans , au delàet de mulo , changer : l’action de changer une chose en une autre.
- ( Philos, hennél. ) Ce terme est fort usité dans le grand art pour signifier le changement des métaux imparfaits, en or ou argent, par le moyen de l’élixir ou poudre de projection.
- ( Créant, sublime ) Transmutation se dit du changement d’une courbe en une autre, de môme genre ou de même ordre.
- Newton a donné dans le premier livre de ses principes , une méthode pour la transmutation d’une courbe en une autre , et se sert de celte transmutation pour résoudre différens problèmes qui ont rapport aux sections coniques.
- TRANSPARENCE , s. f. de l’italien trasparenza , fait du lat. lrans, au travers, et d'appareo , paroïtre : qualité cîe ce qui est transparent, au travers de quoi l’on voit les objets.
- ( Physique ) Propriété en vertu de laquelle un corps donne passage aux rayons de lumière.
- Les physiciens ont beaucoup écrit sur la cause de la transparence des corps , mais il paroît que Newton a mieux vu qu’aucun autre , en attribuant cette transparence à l’égalité de densité des parties constituantes du corps transparent.
- TRANSPARENT, TE, adj. même origine que transparence : diaphane , au travers de quoi l’on voit les objets.
- (Peinture) Ce mot, dans la peinture' , s’applique aux couleurs naturelles et aux couleurs artificielles. Par rapport aux premières , il sert à distinguer les couleurs lourdes et terrestres de celles qui sont légères et aériennes. Ainsi , on dit la laque , les stils de grain , sont des couleurs transparentes. Les ocres , les bruns rouges , la terre d’ombre ne sont pas transparens.
- A l’égard des couleurs artificielles, le mot transparent s’applique aux couleurs fines , légères , qui laissent Voir les premières teintes que le peintre a placées sous les glaces. Daus ce sens, il n’exprime que reflet dont l’usage des glaces est le moyen, comme dans cette phrase 5 c’est par des
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- glaces que Rubens rend ses couleurs transparentes. C’est daus les tableaux des écoles vénitienne et flamande , qu’on peut admirer les: charmes de la transparence des teintes daus l’art de colorier.
- TRANSPIRATION, s. f. du lat. Lrans, au travers, et de spiro , exhaler , sortir.
- ( Phys toi. ) La transpiration est: une des plus importantes sécrétions de tout le corps, par laquelle une humeur séreuse est continuellement poussée, hors du corps par le moyen de la peau.
- Il y a deux sortes de transpirations : l’une particulièie à la peau ; l’autre qui se fait par toute la surface intérieure ries vésicules du poumon , des bronches de la trachée-artère, de la bouche et du nez.
- Transpiration insensible ; c’est l’évacuation insensible de cette humeur subtile y déliée, qui s’exhale en forme de vapeur de toute la superficie du corps et de toutes les cavités. Cette évacuation est appelée insensible , parce que les yeux ne peuvent l’apercevoir sensiblement, quoique cependant elle soit- la plus abondante de toutes les évacuations ; car Sanctorius a observé que de huit livres d’alimens il s’en dissipe cinq par la transpiration insensible.
- ( Bolan. ) Transpiration se dit aussi, en botanique , de la perte que font les végétaux, d’une humeur ou suc quelconque qui s’échappe de leur intérieur à travers leur surface, d’une manière sensible ou non apparente.
- ' TRANSPLANTATION, s. f. du latin lrans, au delà, de planlo, planter, et d’ago, faire. L’action de planter, des arbres daus un lieu différent de celui où ils étoient auparavant. •
- ( Agricul. , jardin. ) Pour tiuns-plant.er les grands arbres, on fait avant les gelées des tranchées autour de leurs racines, et on prépare les trous qui doivent les recevoir. Quand la gelée a suffisamment durci la terre , on les lève avec des léviers , sans rompre leur motte , et on les plante. Au dégel, on remplit les trous de non— velle terre et on garnit les racines.
- (jMéd.) Transplantation eu ao.ssï le nom d’une manière de guérir les maladies en les faisant passer d’un, sujet à un autre , soit végétal, soit
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- animal. C’est une rêverie de Paracelse, qui recommande la transplantation dans son traité de la plithisie.
- I RANSPORT , s. m. du latin trans, au delà , et de porto, porter : action de porter au delà, de transporter une chose d’un lieu dans un autre.
- (.Pratique) Cession faite à un tiers, d’un droit, d’une créance , sans l’intervention du débiteur.
- Transport de droits litigieux ; c’est celui par lequel l’événement incertain d’un procès entrepris ou à entreprendre, est cédé pour un prix certain.
- (Med. ) Transport se dit aussi de quelques aceidens qui arrivent au cerveau dans certaines maladies. Ces aceidens consistent dans une violente douleur de tête, dans un délire ou dans.un assoupissement. Ils viennent de ce que la matière morbifique, qui est mêlée avec le sang, ou qui se je-toit sur les parties inférieures , est retenue dans le cerveau.
- ( Marine) Bâtiment de transport; c’est un vaisseau destiné uniquement à porter des vivres, des troupes, munitions , et divers effets, pour le service de l’Etat, ordinairement à la suite d’une escadre ou armée navale ; et, le plus souvent, les vaisseaux de transport sont des vaisseaux frétés, TRANSPOSITION , s. f. du lat. trans, au delà, et dè pono, position , mettre, placer : l’action de mettre quelque chose hors de l’ordre où elle devoit être.
- ( <'J ram ni. ) Transposition se dit, en termes de grammaire , du renversement de l’ordre naturel ou ordinaire des mots : toute transposition qui rend le discours embarrdssé est vicieuse.
- ( Musique ) Transposition est aussi un changement par lequel-on transporte un air, ou une pièce de musique d’un ton à un autre.
- ( Algèbre ) Transposition se dit encore de l’opération qu’on fait en transposant, dans une équation, un terme d’un côté à l’autre. Cette opération ne produit aucun changement dans une équation , pourvu qu’en transposant les termes d’un membre dans l’autre, eu observe de leur donner des signes contraires.
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- TRANSSUBSTANTIATION, s. f. du lat. trans , au delà , de sùbslan-tia, substance, et à' a go j action, faire: l’action de changer une substance en une autre.
- ( Culte cathol. ) Ce mot ne se dit que du changement miraculeux de la substance du pain et du vin , en la substance du sang et du coips de Jésus-Christ.
- TRANSSUDATION , s. f. du lat. trans , au travers , de sudo , suer, et
- a go, faire : l’action de passer au travers, de transsuder.
- ( Physique ) Il se dit de cei'tains vases qui ont la propriété de rafraîchir l’eau, ou les autres liqueurs , c’est-à-dire, dont les pores ouverts facilitent l’évaporation. V. CRUCHES RAFRAICHISSANTES , ALCARRAZAS.
- TRANSVERSAIRE, adj. du lat. trans, au delà , et de verto, versant , tourner : tourné, fixé d’un autre côté.
- ( Anal. ) C’est le nom d’un muscle épineux du cou , et en général de ce qui a rapport aux apophyses trans-veises des vertèbres.
- TRANSVERSAL, LE, adj. même origine que le précédent : qui est situé transversalement.
- (Anat. ) Le muscle transversal de l’urètre, le ligament transversal du troisième os du métatarse, etc.
- (Créoml) Transversal, ou transverse , se dit en général de quelque chose qui passe dessus une autre , c’est-à-dire, qui la croise et la coupe. Ou dit l’axe transverse d’une hyperbole , pour désigner le premier axe de cette courbe.
- (Astrou.) Lignes transversales ; ce sont des lignes que l’on trace sur le timbre d’un quart de cercle entre deux circonférences concentriques , et qui servent à subdiviser les degrés.
- ( Botan. ) Transversal signifie en botanique, dirigé ou fixé , parallèlement à la base , ou dans le sens de l’épaisseur ou largeur du corps auquel on rapporte la direction observée.
- TRAPÈZE , s. m. du grec t/>æ--7TtÇcL ( trapeza ) , contraction de neTpccTTs^tt ( tétrapéza ) , formé de TîTfks ( tétras ) , quatre, et de t&îÇct,
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- ( péza ) , pied : à quatre pieds; table à quatre pieds.
- ( Oéom. ) Trapèze est un quadrilatère , ou figure terminée par quatre côtés , dont les côtés ne sont ni égaux ni parallèles, ou du moins dont deux côtés opposés étant parallèles , ils ne sont, pas égaux , ou dont deux des côtés opposés étant égaux, ils ne sont pas parallèles.
- (Anat. ) C’est par comparaison que les anatomistes appellent trapèze le muscle supérieur de l’omoplate , et le second des quatre os du second rang du corps.
- TRAPÉZOÏDE, du grec tpamrsÇst (trapéza), trapèse , et d’giTo c (éidos), forme , ressemblance : qui a la figure , la forme d’un trapèze.
- ( Créom. ) Il se dit d’un quadrilatère , ou figure terminée par quatre côtés, et dans laquelle il n’y a aucun côté parallèle à l’autre.
- ( Anat. ) Trapazoïde est aussi le nom d’un ligament qui vient de la partie supérieure et moyenne de l’a-
- Îophyse concoïde sur laquelle porte a clavicule.
- C’est aussi le nom du second os de la seconde rangée des os du carpe. TRAPP , s. m. Mot suédois,
- ( Minéral. ) Mot suédois qui a été adopté par les minéralogistes des autres nations , pour désigner une roche'dont la couleur est le plus souvent d’une teinte grise obscure ou bleuâtre , tirant sur le noir.
- Le trapp se rapproche beaucoup de la roche' de corne et du basalte.
- TRAPPE, s. f. du lat. barbare trappa, dont on a fait attraper, et en-traper , pour tromper , faire tomber dans un piège.
- ( Véncne ) Il se dit d’une sorte de piège pour prendre des bêtes dans un trou que l’on fait en terre, et que l’on couvre d’une bascule , ou de branches et de feuillages , afin que la bête venant à passer sur la bascule , ou sur les branchages, tombe dans le trou.
- TRASS , s. m. Corruption de l’hollandois liras , qui signifie ciment.
- ( Minéral. ) Tuf volcanique qu’on trouve aux environs d’Andernach ,
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- sur la l’ive gauche du Rhin, entre Coblentz et Bonn. Il est beaucoup employé en Hollande pour les constructions hydrauliques , et il a la même propriété que la pouzzolane.
- Pour employer le Iras s , on le réduit. en poudre dans des moulins qui sont uniquement destinés à cet usage, et qui portent le nom de moulins-à-trass. C’est en- cet état qu’011 le transporte en Hollande.
- TRAUMATIQUE , adj. du grec 'rp'tup.!*, ( trauma ) , blessure ; propre aux blessures.
- ( Méd. ) Il se dit des remèdes qui sont propres pour les plaies. C’est la même chose que VULNERAIRE. T. ce mot.
- TRAVAIL, s. m. de l’italien tra-vaglio , peine , douleur , labeur , fatigue.
- ( Ténerie ) 1 ’ra va il est l’endroit où le sanglier a tourné et fouillé la terre.
- (Fauconnerie) Oiseau de grand travail ; c’est celui qui a beaucoup de vigueur et de courage dans son vol.
- ( Arts du dessin) 'Travail se prend pour toutes les parties del exécution. E11 peinture, un beau travail est un beau maniement, depinreau,de burin; dans la gravure, un beau maniement de pointe ou de burin ; dans le dessin , un beau maniement de crayon. On dit. que le travail d’un ouvrage est facile , spirituel, peiné , lourd , léger, gracieux, agréable, grand, fier, petit, mesquin.
- Le mot travail s’emploie souvent au plurier quand il est question de gravure. On dit : les travaux de cette estampe sont maigres, nourris, mous , fermes, égratignés, moelleux. Il y a de beaux et savans travaux dans la fameuse tête de l’homme à la grande barbe , par Corneille Wisscher.
- Les travaux de Masson ont souvent de la bizarrerie.
- TRAVAILLER, v. n. même origine que TRAVAIL.
- (Peinture) On dit, en parlant d’un tableau, que les couleurs travaillent; cela signifie qu’avec le tems elles changent de ton , que les bleus noircissent., que les blancs jaunissent, que certaines couleurs s’évaporent. Il arrive encore que le peintre, en
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- changeant souvent d’idéé, recouvre la couleur qu’il a d’abord établie par une couleur différente ; les couleurs de dessous percent avec le tems à travers celles dont il les a couvertes, et détruisent le dernier* effet auquel il s’étoit déterminé. Un peintre qui veut éviter ^ces inconvéniens , doit avoir une pratique sûre et facile, et bien connoître les matériaux qu’il emploie , et l’effet de l’huile et du tems sur les différentes couleurs.
- ( Musique ) On dit qu’une partie travaille quand elle fait beaucoup de notes et de diminutions, tandis que d’autres parties font des tenues , et marchent plus posément.
- TRAVAUX , s. m. plurier de TRAVAIL. K ce mot.
- {Art milité) rl’ravaux militaires; ce sont le remuement des terres, le transport et l’arrangement des gabions , des sacs à terre , des briques , des fascines et de tout ce que l’on F lit pour se loger et se couvrir.
- Si l’on réfléchit sur ce qui s’est passé dans les sièges les plus mémorables que nous offre l’histoire ancienne , tels que ceux de Syracuse , où se trouva Archimède de Lilybée, soutenu par les Carthaginois, de Numance qui dura quatorze ans, de Jérusalem pris par Titus, etd’Amida en Perse, défendu par les Romains, on verra que les travaux militaires anciens étoient admirables, et que ce que l’on appelle aujourd’hui grands travaux a été su et pratiqué dans les tems les plus réculés. En effet, on voyoit des lignes de circonvallation et, de contrevallation, des tranchées, des mines, des sapes ; on construi-soit sous terre des blindes, ou longues galeries de bois, qui conduisoient les soldats en sûreté, jusqu’au pied d’une muraille qu’il falloit saper ou escalader.
- On construisoit encore d’autres galeries souterraines qui alloient du camp des assicgeans, jusque dans la ville assiégée ; et ces secondes galeries étoient assez larges pour que plu si eurs homm es pussent y combattre de front.
- On sapoit une tour ou un mur , et à mesure que l’ouvrage âvançoit, on soutenoit la chose minée avec des fieux, et ensuite , en, ôtant tous ces
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- pieux à la Fois, la tour ou la muraille tomboît toute entière avec un fracas efhoyable.
- On avoit l’art de faire des tours roulantes pour s’approcher du rempart d’une ville assiégée et y entrer de plein pied. Enfin , si on joint à cela l’effet des machines propies à battre les places, telles que le bélier et la catapulte, Thabiletéqu’on avoit à faire former aux soldats des tortues convenables à l’escalade et à l’assaut, lesquelles étoient différentes des tortues de bataille , il faudra bien convenir que les travaux anciens va-loient pour le moins autant que ceux qui sont actuellement en usage. Voy. DEHORS, APPROCHES , OUVRAGES.
- TRAVÉE , s. f. du latin trans-versus , de travers.
- ( Archit. ) Espace qui est entre deux poutres, ou entre une poutre et la muraille qui lui est parallèle , ou entre deux murs.
- rl ’ravée de balustres ; c’est un rang de balustres entre deux colonnes ou piédestaux.
- 1 ’ravée de grille ; c’est un rang de barreaux entre deux pilastres.
- TRAVERS, s. m. du lat. trans-.versus , l’étendue d’un corps considéré selon sa largeur.
- ( Marine ) Travers , en parlant d’un vaisseau , s’entend d’une ligne perpendiculaire à celle de sa longueur , ou à la quille du vaisseau , vers le milieu.
- Etre par le travers d'un vaisseau ; c’est le voir, c’est le relever sur un rayon visuel qui fait un angle droit avec la quille.
- Avoir le vent par le travers ; c’est avoir un vent qui souille perpendiculairement à laquille du vaisseau , ou à sa ligne de longueur.
- Mettre en travers ; c’est gouverner et manœuvrer le vaisseau , de manière à le mettre sur une- ligné perpendiculaire, ou à peu près, à la route qu’il faisoit, et à lui faire présenter le côté au vent et à la route qu’il suivoit , pour suspendre et arrêter momentanément sa marche. V. PANNE.
- Présenter le travers à un vaisseau ; c’est se mettre parallèlement
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- a lui, et. lui montrer le côté prêt à le canonrser.
- TRAVERSE , s. f. du lat. trans-versus , pièce de bois mise en travers pour servir de support.
- ( Art milit. ) Traverses , en termes de fortification , se dit de parapets de terre qui traversent le chemin couvert d’espace en espace.
- On se sert de semblables traverses pour mettre à couvert les ouvrages du dehors, et. ceux même de la place, de quelque commandement ou batterie à ricochet.
- TRAVERSÉE, s. f. du lat. trans-verlo , aller au delà : passage.
- ( Marine ) On appelle ainsi le trajet et le tems que dure le voyage qu’on fait par mer d’un pays à un autre. Ainsi on dit, ce vaisseau a fait une belle traversée, une longue traversée.
- TRAVERSIER, ERE, adj. du latin transversus.
- ( Marine ) Teut traversier d’un port ou d’une côte ; on appelle ainsi un vent fréquent dans ce parage et qui fait angle droit avec la direction qu’il faut, suivre pour y entrer eu pour y naviguer, de manière que ce même vent peut servir pour aller rt venir , pour entrer et sortir.
- TRAVERTIN , s. m. de l’italien iraverlino ou tiburtino.
- { Minéral. ) Pierre calcaire formée par les eaux du Teverone ou Anio , qui descend des Apennins , et passe à Tivoli. Cette pierre d’un blanc jaunâtre et d’une assez grande dureté, étoit fort employée parles anciens, et, est encore aujourd’hui d’un grand usage à Rome dans l’architecture.
- On trouve aussi du travertin en Toscane , et on l’emploie comme pierre de taille à Sienne ? à Lucques et à Pise.
- TRÉBELLIAMIQUE, adj. Voy. QUARTE -T REBELLIANIQUE.
- TRÈFLE , s. m. du latin trifolium , plante à trois feuilles , dérivé du grec tp/<î>yx^ov ( triphullon ).
- (Agricult.) Tous les bous agronomes apprécient lés nombreux avantages de la culture du trèfle. Cette culture n’est, ni pénible ni dispendieuse : elle rapporté • beaucoup et
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- met en valeur des terres qu’on eût laissées en jachères.
- Le trèfle est une plante trisannuelle , qui peut être coupée deux ou trois fois , et dont le bétail est très-friand.
- Le tr'efle purge entièrement de mauvaises herbes le sol où on le cultive , il rend la terre pins meuble , et il l’améliore par les sels végétatifs qu’il y dépose ; mais l’un des plus grands avantages de la culture du trèfle est son accroissement, rapide : quelques mois après qu’il est semé , il offre déjà au cultivateur une coupe qui le dédommage de ses peines et de ses avances. Il vient par-tout, excepté dans les terreins secs.
- ( Blason ) Trèfle , en termes de blason , se dit de la figure du trèfle posée sur un éru , oU aux extrémités d’une croix. Il porte d’argent avec une croise Iréfléedie synople.
- ( Sculpture ) Trèfle est un ornement qui se,taille sur les moulures.
- ( Technologie ) Trèfle est aussi dans pliisieurs arts , le nom d’un instrument qui a plus ou moins la figure d’un trèfle.
- ( Art milit. ) Trèfle est encore un terme de mine : le trèfle simple n’a que deux logemens, le double trèfle quatre , le triple trèfle six.
- TRÈFLE, ÉE, adj.de 1RS-FLE. V. ce mot.
- ( Botan.') Il se dit des plantes ou parties des plantes composées de trois folioles disposées comme celles du trèfle.
- TRÉMA , adj. du grec Tpy.* ( tréma ) , trou.
- ('Gramm,) Il.se dit d’une voyelle accentuée.de deux points qui avertissent que cette voyelle forme seule une syllabe et ne doit pas s’unir avec une autre. On dit un ë tréma , uni’ tréma.
- TREMBLANT , s. m. et adj. du latin Iremulus.
- ( Musique ) U se dit d’une certaine modification des jeux de l’orgue , qui fait qu’ils paroissent trembler.
- TREMBLEMENT , s. m. du latin trenior, agitation dé ce qui tremble.
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- (.Musique) Tremblement ; voy. CADENCE.
- ( IVIécl. ) Mouvement alternatif, involontaire , lâche et désordonné dans un de nos organes particuliers, ou dans plusieurs ensemble. On distingue le tremblement passif et le tremblement actif. Le premier approche des affections demi-paralytiques , et le second arrive dans les violentes passions, comme la colère.
- ( Physique ) Tremblement de terre ; c’est une secousse plus ou moins violente par laquelle des portions considérables de notre globe , sont, ébranlées d’une façon plus ou moins sensible. Pour la théorie et les effets des tremble mens de terre , consultez les ouvrages de physique , et notamment le dictionnaire de physique de Brisson.
- TRÉMIE , s. f. du latin tre-mendo.
- ( E eon, dont. ) Vaisseau de bois lait en forme de pyramide renversée, qui sert au moulin pour faire écouler peu à peu par un auget, le blé sur les meules pour en faire la farine.
- TRÉMOLITE , s. f. de trcmola, nom d’une vallée au mont Saint-Gothard,
- ( dlinéral. ) Nom d’une substance minérale découverte par Pini , au mont Saint-Gothard , dans la vallée de 'T-emola, dont' il lui a donné le nopr.
- La trémolile est d’une couleur blanche ; elle est inattaquable aux acides, .et sa pesanteur spécifique est de 3,200. Exposée au chalumeau, elle se fond en un émail blanc bulleux.
- TREMPE, s. f. du lat. tempero, tempérer.
- (.Métallurgie) Trempe de l’acier; c’est le passage subit du métal d’une température élevée où il a acquis une Couleur rouge, à la température d’un fluide dans lequel on le plonge. De cette opération dérive le nom technique trempe et tremper. Voyez ACIER.
- TREPAN, s. m. de nrpvtzir'tvov ( trupanon ), tarrière , fait de rpi-<arkoù , percer.
- ( Chirurgie') Instrument de chirurgie ; c’est une espèce de vilebrequin , fait en forme de scie ronde ,
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- qu’on tourne pour enlever une pièce d’os , principalement du crâne où cette opération se fait plus particulièrement.
- Trépan se dit aussi de l’opération que l’on fait en perçant le crâne , ou les autres os avec l’instrument appelé trépan , afin d’évacuer le sang , la matière ou les lïag-inens cl’os.
- TRÉPIDATION , s. f. du latin trepido, trembler, et d’ago , actuni, faire : l’action de trembler.
- ( Méd. ) Tremblement, agitation du corps , qui remue doucement , qui frétille.
- ( Astron.) Trépidation, ou titubation ou libration ; c’est un terme de l’ancienne astronomie, qui signifie une espèce de balancement que les anciens astronomes attribuoient aux differens deux qu’ils avoient imaginés , pour expliquer les mou-yetnens célestes. Par cette trépidation, ils expiiquoient quelques mou-vemens et quelques irrégularités qu’on croyoit avoir lieu dans la précession des équinoxes, et dans l’obliquité de l’écliptique ; mais ils ont varié de beaucoup à ce sujet.
- TREUIL , s. m. du latin trusa-tilis, sous-entendu mola, qu’on a dit pour- pressoir : meule qui se tourne à bras.
- ( JMécan. ) Le treuil est ce qu’on -appelle en latin , axis in peritro-chio , dont l’axe est situé parallèlement à l’horizon ; dans cette machine la puissance appliquée à l’extrémité du rayon , est au poids , comme le rayon de l’axe est au rayon de la roue.
- TRÊVE , s. f. du latin barbare treuga, que quelques-uns supposent venir de l’allemand Irew.
- (ytrt. milité) Suspension d’armes, cessation d’hostilités entre deux partis ennemis , en vertu d’une convention verbale ou par écrit.
- Comme l’état de guerre subsiste toujours malgré cette convention, la trêve expirée , il n’est pas nécessaire d’une nouvelle déclaration de guerre.
- (Commerce) Trêve marchande; c’est une trêve durant laquelle le
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- commerce est permis entre deux Etats qui sont en guerre.
- TRIANDRIE , s. f. du grec Tjms ( Lréis ), trois, et d’àvàp , génitif etVîfps? ( andros ) , mari : à trois maris.
- ( Botan. ) C’est le nom que Linnæus a donné à la troisième classe de son Système sexuel, celle qui renferme les plantes à trois étamines.
- TRIANGLE, s. m. du latin trian-gulum, fait de 1res, Lriurn, trois, et (V angulus, angle: composé de trois angles.
- Ç (déom. ) Figure comprise entre trois côtés ou trois lignes , et qui par conséquent a trois angles. On distingue le triangle rectiligne et le triangle sphérique. V. RECTILIGNE , SPHÉRIQUE.
- TRIANGULAIRE, adjectif de TRIANGLE.
- ( Geom. ) Il se dit de tout ce qui a rapport au triangle.
- TRIBADE, s. 1. du grec rpiCkç ( tribas ) , génit, toigâJ'oç ( triba-dos) , trotteuse , dérivé de TpiÇoo ( tribô ) , frotter.
- {slnal.') Une iribade est une femme qui abuse de son sexe. Quoique le clitoris soit ordinairement caché au dedans des lèvres des parties naturelles des femmes , on en trouve néanmoins certaines dans lesquelles il déborde si fort, que les personnes ignorantes croient qu’elles qnt été transformées en liommes ; celles qui abusent de cette conformation avec d’antres femmes , sont appelées par les Grecs tribades , et parles Latins conjcicatrices, f cicatrices , en françois , frotteuses.
- On prétend que cetfe conformation vicieuse est si commune en Orient, qu’il y a des femmes qui font métier d’amputer cette partie aux jeunes filles. Mais indépendamment de dette cause , il n’est que trop vrai que, dans les pays o ù la polygamie est permise, les harems ou sérails sont pour des jeunes femmes destinées à y finir leurs jours, Une vraie école de libertinage et d’impudicité , où ces malheureuses esclaves cherchent, à se dédommager' entr1 elles de la contrainte et de la
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- privation des plaisirs où elles languissent.
- Au reste ce vice n’est ni nouveau ni particulier aux pays où la polygamie est permise: la fameuse S.apho , si connue par ses poésies passionnées , ses amours in-iortunées et sa fin malheureuse, fut une tribade très - renommée. Saint Paul n’a pas craint d’attaquer publiquement ce vice dans son épitreaux Romains , ch. i, vers. 26. Saint Jerômp, avec sa véhémence ordinaire , adresse aux tribades des reproches encore plus amers , de môme que Sénèque le philosophe et le mordant Juvenal.
- TRIBOMÈTRK , s. m. du grec rpi&ti ( tribô ) , frotter , et de ptdpov ( métron ) , mesure : mesure du frottement.
- ( Mécan. ) Machine propre à mesurer les frottemens inventés par M. Muschenbroeck, célèbre physicien liollandois , mort à Leyde , en 1761.
- TRIBORD, s. m. V. STRI-BORD.
- TRIBRAQUE, s. m. du grec Tps?? ( Lréis ) , trois , et de Ê’pst^u?
- ( b radius ), bref.
- ( Poésiegr. et lat. ) Pied de vers composé de trois syllabes brèves.
- TRIBUN , s. m. du latin tri-bunus.
- ( Hist. rom. ) C’est le nom que portoient à Rome certains magistrats chargés de défendre les droits et les intérêts du peuple contre les entreprises des praticiens.
- Tribun militaire ; on appelait ainsi des magistrats qui , durant un tems, ont eu dans Rome route l’autorité des consuls.
- ( Piépubl. fr. ) Tribun , est un membre du tribunat, ou d’un corps politique , chargé, suivant la constitution de l’an 8 , de discuter les lois.
- TRIBUNAL , s. m. du latin tribunal , nom que l’on donnoit à Rome au siège élevé .où le tribun se mettait pour rendre la justice.
- ( Pratique ) Ce mot a d’abord signifié les sièges et les bancs où sont assis les juges • il s’est dit: ensuite du corps des juges qui rendent la justice, et tie la juridiction même.
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- TRIBUT , s. m. du latin iriiitq tribulum , donner.
- ( Finances ) Contribution personnelle que les princes lèvent sur leurs sujets pour les dépenses de l’éîat.
- TRICAPSULAIRE , adj. du lat. 1res, trois, et de capsula , petite cassette, capsule : à trois capsules.
- ( Botan. ) Fruit iricapsulaire ; c’est celui qui est comme composé de trois capsules.
- TRICEPS, s. m. Mot latin qui signifie ce qui a trois tetes.
- ( Anat. ) Il se dit des muscles qui ont trois têtes.
- TRICHIASIS, on TRICHIASE, du grec 6( ihrix ) , génit. Qfi%bt ( thrichos ) , poil ou cheveu.
- ( IVléd. ) Maladie des paupières qui consiste dans un dérangement ces ( ils, de manière qu’ils entrent dans l’œil et le piquent.
- Trichiasis est encore une affection des reins dans laquelle on rend des espèces de poils qui flottent dans les urines.
- TïlICHISME , s. m. du grec t ( tri oc ) , cheveu : ce qui est fin , délié comme un cheveu.
- ( Chirurgie ) Nom par lequel on désigne une iVactine des os piafs, si fine qu’elle est presqu’impercepti-ble. On l’appelle aussi fente capillaire.
- TRICHITES , s. f. clu grec ( Iri.x ), cheveu , et de X;6 o ç (lithos), pierre.
- ( 'Minéral. ) Nom donné au vitriol concret en cristaux capillaires , ou fins et déliés comme des cheveux.
- TRICLINE , s. m. du grec t/Mî ( tréis ), trois, et de xxbn ( kliné) , lit : à trois lits , ou litpourtroisper-sonnes.
- {Antiquités,) TrielinePod le nom du iieu où mangeoient les Romains ; on lui donnoii; ce nom à cause des trois dits qui y étuient. dressés , ou parce que ces lits servoxent pour trois convives.
- On montre encore à Rome le triclinium sur lequel Jésus-Christ éioit couché, dans la cène qu’il fît à ses apôtres.
- TRICTRAC, s. kj. K ot formé
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- par onomatopée, ou imitation du bruit que font les dés quand on les pousse sur le tablier.
- ( Jeux ) Jeu qui se joue avec deux dés , suivant le jet desquels chaque joueur ayant.quinze dames, les dispose artistement sur des pointes marquées dans le tablier, et, selon les rencontres , gagne ou perd plusieurs points, dont douze font gagner une partie ou un trou , et les douze parties , le tout ou le jeu.
- Fric trac se dit aussi du tablier sur lequel on joue.
- TRICUSPIDE , adj. du lat. Iris, pour 1res, trois, et de cuspis, pointe : à trois pointes.
- ( Anat. ) On donne ce nom aux trois valvules placées à l’orifice du ventricule droit du cœur , dans l’endroit où il se joint à l’oreillette. On les nomme ainsi, parce qu’elles sont de figure triangulaire.
- TRIDACTYLE , adj. du grec tpût ( tréis) , trois, et de eTaxTuXoc ( dahtulos ) , doigt •. qui a trois doigts.
- ( Hist. nat. ) Il se dit des animaux qui ont trois doigts à chaque pied.
- TRIDENT, s. m. du lat. Iridens , formé de 1res, et de de ns , à Ixcis dents : fourche à trois dents ou pointes.
- ( Poésie ) Sceptre que les poètes mettent à la main de Neptune, qui est eu forme d’une fourche à trois dents.
- ( Pêche) C’est aussi le nom d’une espèce de fourchette dont les den ts sont barbelées , et avec lesquelles les pécheurs prennent des poissons, en les piquant dans l’eau , lorsqu’ils les voient passer; on donne aussi à cet instrument le nom de foè'ne.
- ( Géom. ) Trident est encore le nom d’une courbe qu’on appelle autrement parabole de Descartes; elle est ainsi nommée , parce qu’elle a à peu près la figure* d’un trident. Elle forme une des quatre divisions générales des lignes du troisième ordre, suivant Newton. '
- TRIDENT É, ÉE , adj. de TRIDENT. ^
- (Botan. ) Il se ait. des feuille? et au très par lies des plantes qui onttiois dents. .. . ..
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- TRIENNAL. LE , adj. du latin 1res, trois , et d’annus, armées : qui dure trois ans.
- ( Econ. polit. ) Il se dit des emplois qu’on exerce tous les trois ans , et des personnes qui les exercent. ,
- En Angleterre , on disoit avant Ï717 , parlement, triennal, parce qu’alors les membres dévoient être élus de nouveau tous les trois ans ; mais depuis cette époque, le parlement est septennal, c’est-à-dire , qu’il se renouvelle tous les sept ans.
- TRIFIDE , adj. du lat. trifdus , formé de 1res, trois, et de Jidus, yowx Jissus, participe deJïndo, fendre : fendu en trois.
- ( Botan. ) Qui est d’une seule pièce , niais divisée ou fendue en trois , à peu près jusqu’à moitié ou moins.
- TRlGLOCHINE , adj. du grec •tpiîç ( tréis ) , trois , et de yxa^ïv (glochin ) , pointe : à trois pointes.
- ( Anat. ) C’est la meme chose que TRICUSP1DE. Toyez ce mot.
- TRIGLOTTISME, s. m. du grec fpeîc ( tréis ) , trois , et de yXomst. (glolia) . langue.
- ( (Jranimaire ) Phrase composée de trois langues , ou mot composé de trois mots tirés de trois différentes langues.
- TRIGLYPHE , s. m. du grec Tpûç ( tréis), trois , et de y'Avyi (glu-plié ) . gravure.
- ( A relût. ) C’est par intervalles égaux , dans la irise dorique , une espece de bossage, qui a deux gravures entières en anglet, appelées glyplies, ou canaux , et séparées par trois cuisses ou cotés d'avec les deux demi-canaux des cotés.
- TRIGONE adj. du grec rpiymov ’Erigonon) triangle, formé de t/jsis tréis) , trois, et de ymvitt (gonia ), angle.
- ( Aslron. ) Trigonc se dit de î’as-peci de deux pianotes., lorsqu’elles sont éloignées l’une de i’autre de la lioisème pariie du zodiaque, c’est-à-dire, de 120 degrés. Un appelle plus communément cet aspect Lrinc.
- Trigone des signés ; c’est un iu, tramant dont on se sert eu gno-
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- monique , pour tracer les arcs des signes.
- ( Botan. ) Trigone se dit encore de ce qui , dans les plantes , a trois angles et trois cotés, ou trois faces distinctes.
- ( Musique anc.) Trigone étoit chez les anciens , le nom d’une lyie qui avoit la forme triangulaire.
- TRIGONOMÉTRIE, s. f. Tfi-yccvov ( tri go non ) , triangle , et de juripov (métron), mesure : art de mesurer les triangles.
- ( Qéom. ) La trigonométrie est. une partie de la géométrie , qui a pour objet de trouver les parties inconnues d’un triangle , par le moyen de celles qu’on connoît.
- On dislingue deux espèces de trigonométrie :
- Trigonométrie rectiligne , ou plane ; c’est celle qui a pour objet les triangles rectilignes.
- Trigonométrie sphérique ; c’est celle qui a pour objet les triangles sphériques formés sur la surface, de la sphère par des arcs de grands cercles.
- TRIGYNIE, s. f. du grec tpz7;
- ( tréis ) , trois , et de yvn (guné), femme : à trois femmes.
- (Botan.)C’est le nom qunLinnée donne au troEirne ordre des classes des plantes dont la Heur a trois parties femelles ou trois pistil;.. Lorsque, par le nombre, la forme, i’insertiou ouiagrandeur respective des étamines, on a déterminé la classe d’une plante, cette même plante est du troisième ordre de sa classe, si elle est pourvue de trois pistils,
- TRIJUGUÉ, ÉE, adj. du latin très , trois, et de j ugo , ju gu lu ni, lier, attacher.
- ( Botan. ) Il se dit d’une feuille conjügée à trois fois.
- TRILATÈRE , s. m. du lat. très, trois , et de laïus, lateris, coté : à trois cotés.
- ( Qéom. ) Figure qui a troi s côtés. O11 dit plus communément TRIANGLE. Toy. ce mot.
- TRILOBÉ, ÉE , adj. du lat. 1res, troi . et de lobus . lobe , loge, cosse.
- (Botan.) Stigmate trilobé,* c'est Un stigmate qui a trois loges»
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- TRILOCüLAlRE , adj. du lat.
- très, trois , et de loculi , réduit.
- (Botan. ) 11 se dit d'une ; apsule à trois loges.
- TRIMESTRE , s. m. du latin très, trois, et de nie u sis, mois.
- ( Chronologie ) Espace de trois mois.
- TRIMÈTRE , adj. du grec rpsiç (tréis), trois, et de p.rrpoy ( iné-Iron) , mesures : h trois mesures.
- ( Poésie lat. ) Vers composé de trois pieds. On a donné ce nom aux versiambiques, quoiqu’ils soient de six pieds , parce qu’en les scandant, on a joint deux pieds ensemble.
- TRINERVÉ , ÉE , adj. du lat. très, trois, et de lierons , nerf.
- (Botan,)I1 se ait de ce quiatrois nervures.
- TRINITÉ , s. f. du lat. trinilas, pour lriu.ni imitas , unité de trois.
- ( Théologie) C’est le nom d’un mystère que la foi nous enseigne : la croyance d’un seul Dieu en trois personnes ; père, lils, et saint esprit.
- (Lilhurgie ) Fêle de la Trinité ; c’est une fête qui se célèbre dans l’église catholique , à l’honneur de la Très - Sainte - Trinité. Le concile d’Arles, tenu en 1260 , ordonne la célébration de l’office de la Sainte-Trinité, le jour de l’octave de 4a Pentecôte.
- TRINOME , s. m. du grec tphç (Ireis), trois, et de vo^uii (nomê) , part, division.
- ( lYlalhémat. ) C’est l’assemblage de trois termes ou monômes, joints les uns avec les autres par les signes q- ou —.
- TRIO , s. m. du latin très, trium, trois.
- ( Musique') Musique à trois parties principales ou récitantes. Cette espèce de composition passe pour la plus excellente , et doit être aussi la plus régulière de toutes.
- TRiŒCIE, s. fém. du grec ( tréis ) , trois , et d’o/x/a ( oikia ) , maison habitation.
- (Botan. ) C’est, dans le Système sexuel de Linnée , le nom du troisième ordre de la vingt-troisième classe, celui qui renferme les plantes qui, sur tïoÎÂ individus de la meme es-
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- pèce, portent sur l’un, des fleurs hermaphrodites; sur le second, des fleurs maies; et sur le troisième, des fleurs femelles.
- TR.IOLET, s. m. Diminutif de trio, trois : trois fois.
- ( Poésie ) Le triolet est une sorte de poésie ancienne , renouvelée pendant le blocus de Paris. Chaque triolet consiste en huit vers; le premier desquels , le quatrième et le septième ne sont qu’un seul et même vers; et c’est de cette triple répétition que vient le mot triolet.
- Le caractère du triolet est essentiellement plaisant et badin : c’est pourquoi on l’emploie ordinairement pour un trait de satyre et de raillerie.
- TRIOMPHE, s. m. du lat. trium-phus.
- (Hist. anc.) Cérémonie pompeuse et solennelle qui se faisoit chez les anciens, lorsqu’un général d’armée , qui avoit remporté quelque grande victoire, rentrait dans la capitale de l’Empire.
- Le sénat de Rome décernoit les honneurs du triomphe à ceux qui avoient conquis une province, ou gagné quelque grande bataille. Le triomphateur, précédé du sénat , paroissoit élevé sur un char , couronné de lauriers ; après lui, mar-choient les captifs.
- TRÏPARTIBLE , adj. du latin très , trois, et de parlior} diviser: diviser en trois parties.
- ( Botan. ) Il se dit de ce qui est susceptible de division en trois parties. Les valves des capsules sont souvent tripartibles.
- TRIPARTITION , s. f. même origine que TRÏPARTIBLE.
- (A rithmét. etgéom. ) Action de diviser une grandeur quelconque en trois parties égales, ou d’en prendre la troisième partie.
- TRIPÉTALE , adj. du grec rpiîç tréis) , trois, et de (péLa-
- on) , feuille ou péta.e.
- ( Botan. ) Fleur composée de trois feuilles ou de trois pétales.
- TRIPHTONGUE , s. f. du grec Tgâi ( tréis ), trois, et de <ç>9qfyo.s ( phthoggos ), son : qui a trois sons.
- ( Cru mm. ) Syllabe composée de trois voyelles, . , ,
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- TRTPITYLLE , adj. du grec aPÀ (Iréis) trois, et de <p6x\ov (phullon), feuille : qui a trois feuilles.
- (Botan. ) Il se dit des plantes composées de trois pièces distinc tes, eu de trois feuilles : calice à trois feuilles.
- TRIPLE, adj. du lat. triplico , plier en trois; qui contient trois fois le simple.
- ( IMathémal. ) Rapport triplé / c’est, ainsi qu’on appelle le rapport que les cubes ont entr’eux. T .es solides semblables sont en raison triplée de leurs côtés homologues, c’est-à-dire , comme les cubes de ces côtés. Il ne faut pasconfondre une raison triplée avec une raison triple. La raison triple est le rapport d’une grandeur à une antregrandeur qu’elle contient, ou dans laquelle elle est contenue trois fois ; or , il est évident que le rapport des cubes, qui est la raison triplée, est fort diffèrent.
- TRIPLINERVÉE, adj. du latin triplico, plier en trois, et de ne/vus, nerf.
- ( Bolan. ) Feuille trïplinervée ; c’est une feuille qui a cinq nervures principales longitudinales, deux naissantes de la base de la nervure médiane , et deux autres au dessus, et à une distance jplus ou moins grande des premières.
- TRIPOLI , s. ni. de Tripoli , ville de Syrie.
- ( Minéralogie ) Substance argileuse , ferrugineuse, calcinée par l'action lente, et iong-tems continuée, des feux souterrains.
- Cette terre tire son nom , dit Buf-fon, de Tripoli en Barbarie; mais d’autres naturalistes prétendent que c’est de Tripoli en Syrie, pays entièrement volcanisé, et d’où elle nous étoit envoyée, avant qu’on l’eût découvert, en Europe.
- Le tripoli sert à polir les glaces , les pierres dures, les métaux , et surtout le cuivre et ses différens alliages.
- TRIPTÈRE , adj. du grec rpuç (iréis') , trois , et de œrrépov (pLé-ron) , aile ; à trois ailes.
- (Bolan.) Il se dit des parties des plantes qui ont trois ailes.
- I onie JIL
- TRI 4SÏ
- TRIQTJETRE, adj. du lat. Iri-queter, triangle.
- (Botan.) Prismatique, à trois aaj gle:> vifs, et trois faces très-planés.
- TRIRÈME , s. f. suivant l’Acadé-. mie, et s. m. suivant l’Encyclopédie et le dictionn. de Trévoux ; du latin triremiscomposé de 1res, trois, et de reraus, rame.
- ( Marine anc. ) Espèce de galère à trois rangs de rames.
- Il y a long-tems que l’on regarde comme une chimère ces trois, quatre* cinq et jusqu’à huit rangs de rames , les uns sur les autres , par lesquels les savans qui n’étoient pas marins ont vouluexpliquerles trirèmes, les qua-drirèmes, etc.
- Il suffit d’avoir la moindre idée de la marine pour sentir l’impossibilité des quatre rangs de rames les uns sur les autres.
- Ceux qui ont cru résoudre la question en supposant que les avirons des galères antiques étoienf disposés en échiquier, et non les uns sur les autres, auroient dû sentir qu’une telle disposition n’est pas possible dans la distribution des étages et des ponts d’un bâtiment, soit pour leur solidité , soit pour la communication de toutes les parties.
- Une troisième solution , quoique plus raisonnable et moins contradictoire à ce que l’on sait de la mer , n’est guère plus satisfaisante. On veut que les biremes aient eu deux hommes pour mener chaque aviron , les trirèmes trois, les quinquerèmes cinq , et ainsi de suite. Cet.texplication séduit d’abord ; mais il n’est pas difficile d’en faire sentir le vide. Les galeasses qn’on voyoit. encore dernièrement à Venise , et qui n’approchent pas de ces galères immenses de l’antiquité , ont neuf rameurs à chaque aviron ; de plus, ces expressions remorum ordines , remigum grades , que l’on trouve dans les descriptions qui nous restent, ne signifient pas le nombre d’hommes qui sont à chaque rame.
- Les auteurs anciens, en petit nombre , qui ont traité de la marine, distinguent dans les grandes galères trois étages les uns sur les autres ; mais jamais davantage ; ils distinguent aussi différentes classes. différens or-Hli
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- ch es de rameurs : ceux qui ram oient à la poupe , à la proue et au milieu du bâtiment; ainsi, quand on parle des galères au dessus des Intimes, il faut entendre par quatrième, cinquième , etc. rang de rames , les rangs de la poupe et de la proue qui étoient doubles dans lesquadrircmes et triples dans les ocliremes.
- A u reste, de quelque manière qu ’on arrange ces rangs de rames ou ces ordres dé rameurs , soit en lignes perpendiculaires, soit en files obliques, soit en forme de rampes, on n’en conçoit guère la possibilité pratique. Les anciens n’ont rien laissé par écrit sur leurs principes dans l’architecture navale. On voit, il est vrai, quelques figures de navires, conservées dans des débris de sculptures antiques, entr’au-tres dans les bas-reliefs de la colonne trajane, et une barque antique posée en relief sur un piédestal qu’on voit encore en son entier à Rome, auprès de la Villa Mattéi, au mont Céiio. Mais on ne peut pas mieux décider par là de la construction des anciens, qu’on ne pourrait juger de la notre à l’inspection des armes de la ville de Paris, représentées en relief sur les édifices de cette capitale.
- TRISANNUEL , ELLE, adj. du latin très , trois, et d'annusannée.
- ( B o tan. ) Use dit des plantes qui durent trois ans. ,
- TRISARCHIE, s. f. du grecTpî7?, (tréis), trois, et d’àp^ü (arche) ^ pouvoir, commandement.
- ( Econ. polit. ) Gouvernement commun à trois diverses personnes ; c’est la même chose que TRIUMVIRAT.
- TRISECTION, s. f. du lat. très, trois, et. de seco,, seclum, couper : division d’une chose en troisparties.
- ( Oéom.) Ce terme est principalement employé en géométrie , pour la division d’un angle en troisparties égales.
- La trisection géométrique des angles , telle que les anciens la deman-doient, c’est-à-dire, en n’employant que la seule règle et ie compas, est un de res problèmes qu’on a cherché, en vain depuis plus de deux mille ans, et qui, à cet égard , ainsi que la duplication du cube, peut être comparée à la quadrature du cercle. La solution
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- de ce problème dépend d’une équation du troisième degré.
- TRISMEGISTE , s. m. du grec rpûç ( tréis), trois , et de pAy&ç ( mégas ), grand : trois fois grand.
- ( Mylhol.) Surnom donné par les anciens à un prince d’Egypte nom mé Hermès . qu’on regarde comme l’inventeur de plusieursarts.
- TRISPASTE, s. f., ou TRIS-PASTON, s. ni. du grec <rptic (tréis), trois, et de oiaricc (spaô) , tirer.
- (Mécan. ) Machine à trois poulies, ou un assemblage de trois poulies pour soulever de grands fardeaux.
- TRISPERME , adj. du grec tprie (tréis), trois, et de avwîpjuut (sper-ma), graine, semence.
- (.Botan. ) Portant ou renfermant trois graines.
- TRI5SYLLABE, adj. du grec r?m
- tréis ) , trois , et de o-eXXa.£à (sulla-
- é ) , syllabe : à troi s syllabes.
- (.Uramm.) Mot. composé de trois syllabes. On l’emploie aussi substantivement : c’est un trissyllabe.
- TRITERNÉ, ÉE , adj. du latin 1res , trois, et de ternus, du nombre de trois.
- (.Botan, ) Feuille tritemée ; c’est une feuille composée, dont le pétiole commun se divise et subdivise trois fois en trois.
- TRITON , s. m.' du grec tbs/c ( tréis ) , trois , et de tovoc ( lonos ) , ton : à trois tons.
- (Musique) Intervalle dissonnant composé de trois tons , deux majoras et un mineur, et qu’on peut appeler quarte superflue.
- TRITURATION, s. f. du latin trilnralio , fait de trituro , broyer , et d’ago , faire : l’action de broyer.
- ( Chimie pharmaceut. ) La trituration est un moyen que l’on emploie pour pulvériser les corps. Dans la trituration on ne frappe point avec le pilon , mais on le promène en roulant sur la matière qu’on veut diviser.
- ( Physiol. ) Trituration se dit aussi de l’action de l’estomac qui broie les alimens pour en faciliter la digestion. On attribue aussi un mouvement de trituration àtous les vaisseaux ariéiieis qui, par leur vertu
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- systaltique , broient et atténuent continuellement les humeurs.
- TRIÜMVIRAT, s. ra. du latin très. Iriurn, trois, et de vir, homme : gouvernement de trois personnes.
- (Hist. rom.') C’est sous ce nom que l’histoire a consacré l’association faite par trois personnes, pour changer le gouvernement de la république et s’en emparer.
- Rome vit naître deux fois cette usurpation. César, Pompée et Crasses s’unirent d’iutéréts, et c’est ce qu’on appelle le premier triumvirat ; Octave, Antoine et Lépide furent les seconds triumvirs. Dans la suite , Auguste vainquit. Lépide et Marc Antoine, et demeura seul le maître de l’Empire.
- TRIVIAL, LE, adj. du lat. trivium , place, carrefour où aboutissent trois chemins ; composé de 1res, trois , et de via, chemin.
- ( Littéral. ) Il se dit, en parlant des expressions, de ce qui est extrêmement commun/usé et rebattu.
- TROCAR, s. m. Contraction clé trois quarts. pour trois angles.
- ( Chirurgie ) Instrument de chirurgie ; poinçon d’acier terminé en pointe triangulaire, et renfermé dans une cannule d’argent dont on se sert pour faire la ponction ou l’opération de la paï en ce lèse et. autres.
- TROCHAÏQUE , adj. du grec (trochaïos), trochée : composé de trochées.
- ( Poésie ) Terme de poésie grecque et latine ; espèce de vers qui oot des trochées aux pieds pairs, comme les vers ïambes ont une jambe.
- TROCHANTER, s. m. du grec rp a prêtre ( trochaô ), tourner : qui fait tourner.
- ( sinat. j) C’est le nom de deux apophyses situées à la partie supérieure de l’os de la cuisse. Elles sont ainsi appelées, parce que les muscles qui s’y attachent sont les principaux ins-trumens qui agissent lorsqu’on court, et font mouvoir la cuisse en rond.
- TROCHISQÙES, s. m. du grec vpoyoç ( trcchos') , roue.
- ( Pharmacie ) On entend par trochisques une forme de médica-mens sec s et solides, composée dé différentes poudres incorporées dans quelques liqueurs Convenables , et
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- réduites en une masse dont on forma de petits pains ronds, plats, triangulaires, etc., et qu’on fait ensuite sécher à l’ombre.
- TROCHITE , sub. masc. du grec -rpoyhc ( Lrochos ), roue , et de ?JS;c ( lilhos ) , pierre : pierre en forme ae roue.
- ( Minéral. ) On donne ce nom aux coquilles fossiles.
- TBOCHLÉATEUR ou TRO-CLÉATEUR ^ s. m. de trochlea , poulie , fait du grec rpoyêtce ( trochaô ) , tourner autour.
- ( vlnat. ) Nom d’un muscle de l’œil, ainsi appelé, parce qu’il passe par un petit anneau cartilagineux, comme autour d’une poulie.
- TROCHO'jDE : uor. CY-CLOÏDE.
- TROGLODYTE , s. m. du grec apiy}.* ( trôglê ) , trou , caverne , et de S'v'iK ( dunô ) , entrer , pénétrer : qui habite les cavernes.
- ( Géogr. ) Nom d’un ancien peuple d’Abyssinie , ainsi nommé , parce qu’il habitait, dit-on , dans les cavernes.
- ( Métallurgie ) C’est par comparaison qu’on donne aujourd’hui le nom de troglodytes à ceux qui vivent sous terre , tels que les mineurs de Suède , de Pologne , etc.
- TROMBE , s. f. de l’allemand drumbon , ou de l’italien Iromba.
- ( Physique ) Météore aqueux , ou amas de vapeurs ressemblant, à une grosse nuée , fort épaisse , qui s’allonge de haut en bas ou de bas eu haut , en forme de colonne cylindrique , ou de cône renversé , qui fait entendre un bruit assez semblable à celui d’une mer fortement agitée , qui jette souventautour d’elle beaucoup de pluie ou de grêle, qui est capable de submerger les vaisseaux , de renverser les arbres et les maisons, et tout ce qui se trouve exposé à son choc.
- Les ironibes sont très -rares sur terre , mais assez fréquentes sur mer : et comme les marins courent, de trèsr-grands risques lorsqu’ils s’y trguyent exposés , ils font tous leurs efforts pour s’en éloigner, et lorsqu’ils ne peuvent pas éviter d’en approcher, ils lâchent de les rompre à çpupg de egnen , avant que d’être Àè&pWt
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- TROMPE , s. f. même origine que TROMBE.
- ( Anat. ) On entend par trompes, en anatomie , certaines parties du corps qui ont quelque rapport à une trompette. La trompe d’'JE us tache , les trompes de Fallopc, etc.
- TROMPETTE , s. f. diminutif de TROMPE , en italien tromba.
- ( Art milit. ) Instrument militaire qui sert dans la cavalerie pour l’avertir du service. Il signifie aussi l’homme qui sonne de l’instrument.
- Cet instrument, aussi ancien que la guerre, fut inventé en Egypte , et connu des Israélites du tems de Moïse. Les Grecs en ignoroient encore l’usage , lors du siège de Troie, mais ils s’en servirent trois cents ans après, comme il paroît par le poëme d’Homère sur le combat des rats et des grenouilles.
- Les Romains avoient trois sortes de trompettes, une pour l’infante-riè , une pour la cavalerie , et une pour la cérémonie des triomphes, et pour la célébration des sacrifices et des jeux.
- On est redevable aux modernes de la perfection des différentes trompettes , non-seulement quant à leur mécanique et à leur forme , mais aussi pour ce qui est de l’alliage qui leur convient, et. de la théorie de leurs sons.
- La forme actuelle de la trompette vient d’un François nommé Maurice , qui vivoit sous Louis XII.
- TRONC, s. m. du lat. truncus.
- ( Botan. ) Corps principal d’une tige branchue eu ramifiée.
- ( Anat. ) Tronc se dit aussi du buste du corps humain , dont on a séparé la tête, les bras et les cuisses.
- ( Archil. ) Tronc se dit encore du fût de la colonne , et aussi de la partie du piédestal, qui est entre la base et la corniche , qu’on appelle aussi le dé.
- ( Pratique ) Tronc se dit au figuré , en généalogie , de la souche dont on est descendu. C’est la ligne directe d’où partent les lignes ou branches collatérales.
- ( Cuit, cathol. ) Tronc est aussi tin coffre de bois , posé dans une «église ? avec une petite ouverture
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- pour recevoir les aumônes. L’usage des troncs fut établi par Joas , roi de Juda , qui en fit placer un dans le temple de Jérusalem , pour y recevoir les aumônes destinées à réparer les outrages que lui avoit faits Atha-lie. Néanmoins , on n’a commencé à en voir en France qu’à la fin du douzième siècle , sous le pontificat d’innocent III.
- TRÔNE ou THRÔNE , s. m.du grec fipovoç ( thronos ) > dérivé de Bp&cs ( thraô ), s’asseoir.
- ( Econ. polit. ) Siège élevé où les rois sont assis dans les fonctions solennelles de la royauté.
- Trône se dit aussi du siège élevé où le pape se met dans certaines cérémonies.
- . ( Hiérarchie céleste ) Trônes , au pluriel, est le nom d’un des neufs chœurs des anges. Angesarchanges , trônes , dominations.
- TRONQUÉ , ÉE , adj. du latin truncalus , fait de truncus , tronc.
- ( Botan. ) Il se dit de ce qui est terminé brusquement , comme si on l’avoit coupé transversalement.
- ( Créom. ) Pyramide tronquée / on appelle ainsi une pyramide dont on a retranché la partie supérieure par un plan, soit parallèle à la base , soit incliné d’une manière quelconque.
- Il en est de même d’un prisme tronqué.
- TROPE , s. m. du grec rrpo/nrot tropos ) , tour , dérivé de* vps-tra Lrépô ) , tourner.
- ( Rhétorique ) Emploi d’une expression dans un sens figuré. Lors-qu’en parlant d’une flotte , on dit une flotte de cent voiles , voile se dit pour vaisseau, quoique voile ne signifie point vaisseau.
- Les grammairiens ont beaucoup disputé entr’eux , pour savoir dans combien de classes on devoit ranger les tropes ; quelles espèces chaque classe renfermerait ; enfin quel ordre on devoit observer entre ces classes et ses espèces.
- Sans s’arrêter à ces discussions ; on peut compter autant de tropes qu’il y a de manières différentes de donner à un mot une signification qui a’est pas sa signification propre.
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- On trouvera les différens Lropes chacun à leur place.
- TROPHÉE , s. m. du lat. tro-pceum , fait du grec -Tpcxcra/ov ( Iro-païon ), déliré de Tpl-ts-œ ( tre'pô ) , mettre en fuite.
- ( Art milit. ) Monument élevé pour avoir mis les ennemis en fuite. Les trophées n’étoient dans l’origine que des troncs d’arbres revctus des dépouilles ondes armes des vaincus. Les Grecs , dans les te ms héroïques , les dressoient sur le champ de bataille , immédiatement après la victoire , et n’y mettoient pour inscription que le nom des vainqueurs et celui des vaincus.
- Les Romains , dont la politique se proposoit d’accoutumer au joug les peuples qu’ils avoient soumis , et d’en faire des sujets fidèles, furent long-tems sans reprocher aux ennemis leur défaite par des trophées. Le premier dont l’histoire romaine fasse mention , est celui que Caïus Fîaminius fit mettre l’an 53o, dans le Capitole , en l’honneur de Jupiter , après avoir défait les Insubriens.
- Les plus célèbres trophées qu’il y ait eu à Rome du tems de la république , sont ceux que plaça Marius, en mémoire de ses deux victoires , l’une remportée sur Jugurtha, et l’autre sur les Cinabres et les Teu- . tons.
- TROPIQUES , s. m. du grec «rpo-ran%ci Ç tropihoi ) , dérivé de Tpl-ts-â ( trépo ), retourner ; comme qui diroit cercles d’où retourne le soleil.
- ( Aslron. ) On appelle ainsi deux petits cercles de la sphère, parallèles à l’équateur, et passant.par lespoints solsticiaux; c’est-à-dire, parles points éloignés de l’équateur de 23 degrés 28 minutes. Ce sont les parallèles que le soleil atteint et décrit , lorsqu’il est dans la plus grande déclinaison , soit septentrionale , soit méridionale.
- Celui des deux cercles qui passe par le premier point du cancer , s’appelle tropique du Cancer; celui qui passe par le solstice d’hiver , ou par le premier point, du capricorne , est le tropique au Capricorne.
- Les tropiques sont ainsi appelés parce que le soleil, après s’être écarté continuellement de l’équateur, sem-
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- ble retourner sur ses pas , pour s’en rapprocher dès qu’il atteint le tropique.
- TROPOLOGIE , s. f. du gr. rpo.-'to-ûç ( tropos ) , trope ou figure , et de Xayoç ( logos ) , discours.
- ( Jrlhétor. ) Le sens Iropologiquc d un emblème ; c’est le sens figuré.
- TROT, s. m. de l’allemand trottai , secouer.
- ( Equilal. ) Allure du cheval entre le pas et le galop.
- TROTTOIR , s. m. de TROT.
- ( Archil. civile) Chemin élevé que l’on pratique quelquefois le long des quais, des ponts et des rues , pour la commodité des gens qui vont à pied.
- TROU , s. m. du latin traugus , dans la signification de foramen : sorte d’ouverture dans quelque chose.
- - {Art. milit.') Trou du mineur / anciennement, on metto-it au pied du mur où l’on voulait faire brèche , de gros madriers sous lesquels le mineur se mettoit à couvert pour faire son trou.
- Aujourd’hui on fait le trou à coups de canon , dans lequel le mineur s’étant glissé , peut facilement éloigner avec une fourche tous les feux qu’on jette d’en liant.
- ( Peinture ) 'Trou s’emploie en peinture , relativement à la composition, et relativement à l’effet. On dit qu’il y a des trous dans la composition , lorsque les objets étant mal groupés , leurs parties laissent voir le fond comme au travers de plusieurs trous. Il y a des trous relativement à l’effet, quand certaines parties d’un objet qui est sur les premiers plans , sont du même ton que des objets qui se trouvent sur des plans reculés. Alors les tons des objets avancés étant les mêmes que ceux des objetsreculés, percent avec eux, comme disent les peintres , et fon t des trous.
- TROUBADOUR , ou TROM-BADOUR, ou TROUVËOUR, ou TRQUVEUR, ou TROUVERE , s. m. de trombe ou trompe , instrument dont ces poètes s’accompa-gnoient, ou du verbe trouver, inventer , parce qu’ils avoient beaucoup d’invention.
- ( Poésie ) C’est le nom que l’on, donnait autrefois, et que l’on donne
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- encore aujourd’hui aux anciens poêles provençaux. Les 'troubadours parurent au commencement du 12e. siècle , et l’on peut les regarder comme les premiers poètes françois.
- Un troubadour éîoit toujours suivi de ses chanteurs et de ses mé-nestriers ; les premiers chantoient des vers composés par leur chef ; et les seconds les aceompagnoient sur leurs in si ru mens.
- Louis Vil, vers l’an 1144, combla de présens les troubadours; tous 1*8 seigneurs de Provence se faisoient gloire d’en avoir auprès d’eux.
- La fin du XIVe. siècle vit s’éclipser la gloire des troubadours. Les jongleurs et les joueurs, connus sous le nom Joculalores leur succédèrent.
- Les poésies des troubadours consi stoient en sonnets, pastorales , chants , satyres , tensons ou disputes d’amour , et en sirventes ou poèmes mêlés de louanges et de satyres.
- TROUBLER, v. a. du lat. barb. lurbulurCy fait de ta rb are, troubler, rendre trouble , inquiéter.
- ( Mathémat. ) Ou dit que des grandeuvs sont en raison troublée , cpiand é ant proportionnelles , elles 11e le sont pas dans le même ordre où elles sont écrites.
- TROUPE , s. f. du latin lurba , dont on a fait truba, par métafhèse, et ensuite tritpa.
- {Art. milit.) Assemblée d’hommes portant les armes pour le service de leur prince et de la patrie.
- Les troupes qui composent présentement les armées, sont l’infanterie , la cavalerie et les dragons.
- Troupes légères; ce’sont des hommes de guerre lestement habillés et armés, mis en corps de régimens composés de fantassins, de dragons et de hussards.
- TROUSSEAU , s. m. de l’allemand tross , bagage , trousse , ce qu’un cavalier porte derrière lui. On a dit anciennement troussel.
- ( Pratique) Trousseau se dit des habits , linges , hardes, qu’une fille reçoit de ses pareils, lorsqu’elle se marie.
- ( Anal. ) Trousseau se dit aussi d’uyi petit faisceau de parties d’une
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- meme espèce unies ensemble. Trousseau musculaire et ligamenteux.
- TROUVEUR. s. ni. de trouver.
- ( Optique ) Nom que l’on donne à une petite lunette dioptrique que l’on ' place sur le corps d’un télescope , et sur-tout d’un télescope newtonien.
- TRUSION , s. f. du lat. trudere, trusum , pousser avec violence.
- ( Physiol. ) Mouvement du sang du cœur à toutes les parties du corps par les artères , et son retour de ces parties au cœur par les veines .
- TUBE , s. m. du latin tubus , tuyau , conduit , canal.
- ( Physique') Cylindre creux ou de verre , ou de métal , ou de quel-qu’autre matière solide.
- Tube de Toricelli ; c’est le baromètre ; on l’appelle ainsi , parce que c’est Toricelli qui le premier a fait l’expérience de mettre une colonne de mercure en équilibre avec une colonne d’air de meme base.
- Tube capillaire ; voy. CAPILLAIRE.
- 'lube électrique ; c’est un tube de verre , qui étant électrisé par frottement, est par là mis en état de communiquer l’électricité à d’autres corps.
- ( Astron. ) Tube se dit quelquefois au lieu d’une lunette d’approche ; mais on appelle ordinairement tube, cette partie de la lunette, dans laquelle on met les verres lenticulaires , et par laquelle on les met en œuvre.
- ( Chimie ) Tube de Weller ; c’est un tube de verre , recourbé en S, garni à sa parîie supérieure d’une espèce d’entonnoir. C’est avec cet instrument qu’on introduit les liquides, et sur-tout les acides dans les cornues : il sert principalement dans la fabrication des acides nitrique , muriatique , etc.
- ( JBotan, ) Tube est aussi le nom de la partie inférieure , indivise et non étalée d’un calice monophylle, ou d’une corolle monopétalée.
- TUBERCULE , s. m. du latin tuberculum, diminutif de tuber, truffe : petite tumeur.
- ( Méd.) Tumeur, bosse, nœud. Il se prend ordinairement pour une
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- tumeur médiocre, plus considérable que la pustule.
- ( Anat.) Il se dit aussi de quelques petites éminences. Les Luber-culcs quadrijumeaux du cerveau ; le tubercule situé dans le concours de ia veine - cave supérieure avec l’inférieure.
- ( Botan. ) Il se dit, en termes de botanique , de toute excroissance en forme de bosse ou de grains de chapelet , que l’on rencontre sur les feuilles, les tiges, les racines , et particulièrement sur les racines tubéreuses.
- De tubercule on a fait tuberculeux , pour exprimer ce qui est garni de tubercules ; et tubéreuses , pour désigner les racines renflées et plus ou moins charnues.
- TUBÉROSITÉ, s. f. du latin luher, truffe ; et par analogie , tumeur , grosseur.
- ( Méd. ) Il se dit d’une bosse ou tumeur qui vient naturellement.
- ( Aiiat. ) Il se dit aussi de certaines éminences des os, où s’attachent les muscles. ,
- TUBULURE , s. f. du lat. tulus tube : vase garni d’un tube , ou tu-bulé.
- ( Chimie ) Une cornue tabulée ; c’est une cornue garnie d’un tube.
- TUF , s. m. du lat. tophus.
- ( Minéral. ) Matière pierreuse , ordinairement de nature calcaire , poreuse, légère, tendre, sans être fragile , facile à tailler , très-propre à la construction des voûtes.
- ( Agriculture } On donne , en agriculture, le nom de fa/, au sol, de quelque nature qu’il soit, que recouvre la terre végétale.
- TUMÉFACTION, s. f. du latin tumeo, être enflé , et A’ago, actum, faire : l’action de s’enfler.
- ( Médecine') Tumeur , enflure , causée extraordinairement en quelque partie du corps.
- TUMEUR, s. f. du latin tumor , fait de tumeo , être enflé.
- ( Méd. ) On entend, en général , par le terme de tumeur, toute partie du corps grossie ou enflée contre nature ; ainsi, ce terme s’étend , non-seulement aux tumeurs produites par des humeurs arrêtées dans quelques parties molles , mais aussi
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- à celles qui sont causées par le déplacement de quelques parties organiques , comme dans les vraies hernies et dans les luxations, à celles qui viennent du gonflement des os , comme dans les exostoses ; enfin à celles qui ne reconnoissent pour cause que la présence de quelque corps étranger.
- En particulier , on entend pat tumeurs , celles qui naissent par le séjour et l’accumulalion de quelque humeur , et qu’011 appelle tumeurs humorales , eu égard à leur cause. Ces espèces de tumeurs sont connues ordinairement sous le muni àiapos-teme.
- TüNG-STËNE , s. m. Mot suédois, qui signifie terre pesante.
- ( Minéral. ) Métal découvert par Schéèle , en 1781.
- Le métal, ou plutôt le minéral qui le renferme , est d’une couleur blanche jaunâtre, demi-transparent, tendre et facile à casser. Sa pesanteur spécifique est de 6,o65.
- TUNIQUE , s. f. du lat. tunica.
- ( Costumes ) Espèce d’habit de dessous que portoiént autrefois les anciens , tant à Rome qu’en Orient.
- Les tuniques ont eu vogue en France au tems des croisades, et la mode en vint des Sarrasins qui en portoiént communément sur leurs armes. Les François, revenus des croisades , se firent honneur au retour , de paraître avec ce qui déno-toit les lieux où ils avoieut été signaler leur valeur; et ils parurent avec des tuniques uniformes, qu’ils nommèrent saladines , à cause du sultan Saladin ; ce qui fit prendre lu nom de salade , non-seulement à l’armure qui se trouva couverte de la tunique ou saladine , mais encore à un casque sans, crête, plus léger que celui qui étoit en usage.
- ( Anat. ) Tunique se dit aussi des peaux ou membranes qui enveloppent les vaisseaux et diverses autres parties du corps moins solides. L’œil est composé de plusieurs tuniques ou membranes.
- ( Botan. ) Tunique se dit encore de toute espèce de productions membraneuses qui servent d’enveloppe aux différentes parties des plantes, et qui sont susceptibles d’étre deta-
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- rliées les unes des autres. Il y a des tiges, des racines , qui ne sont composées que de tuniques appliquées les unes sur les autres, et d’autres qui sont renfermées dans une tunique , comme dans une bourse.
- TUNSTATE , s. m. dérivé de TUNG-STÈNE. V. ce mot.
- ( Chimie ) Sel formé par la combinaison de l’acide tunstique avec différentes bases. Sa terminaison en ate, indique qu’il appartient à un acide complètement saturé d’oxi-gène, et dont par conséquent la terminaison gst en ique.
- TUNSTIQUE, adj. de TUNGSTÈNE. V. ce mot.
- (Chimie) Alcide tunstique ; c’est un acide composé du métal appelé tung-sièneet d’oxigène. Sa terminaison en ique indique le second état des acides , celui où ils sont complètement saturés d’oxigène.
- TUQRBE, s. m. V. TÉGRBE.
- TURBAN , ou DULBAND , ou TULBENT , s. m. de l’arabe, dul, et band ou beat, qui signifie étendre , env ironner ; comme qui diroit écharpe entourée.
- (Costume oriental') Ce turban est l’ancienne coiffure des peuples d’Asie , et celle qui distingue encore aujourd’hui la plupart des orientaux et des musulmans.
- Les Emires qui se'prétendent de la race de Mahomet, portent un turban vert, et eux seuls parmi les Turcs, ont le privilège de l’avoir entièrement de cette couleur , qui est celle du prophète. Ceux des au-\tres Turcs sont ordinairement rouges, avec un bourrelet blanc.
- Les Persans ont des turbans de laine rouge ou de taffetas blanc rayé de rouge ; ce sont les marques distinctives de la religion de ces deux 4 peuples , lesquelles ont été établies vers l’an 1070 , par Sophi, roi de Perse , qui se glojifioit d’être de la secte d’Aii.
- TURBINÉ, adj. du laf. turbi-nalus , fait de tarbo , turbinis , eu forme de toupie.
- ( Bolan. ) Il se dit de ce qui est court et d’une forme conoïdale renversée , ou qui a quelque ressemblance avec une toupie ou une poire,
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- TURC TE , s. f. , ou TÜRGIE ,
- comme on disoit anciennement da latin turgere , enfler , gonfler.
- ( Arc hit. hydraul. ) Levée ou chaussée de pierre , en forme de digue , pour empêcher l’inondation et le gonflement des rivières.
- TURGESCENCE , s. f. du latin turgescere , s’enfler, devenir enflé,
- ( IVléd. ) C’est la même chose qu’ORGASME. V. ce mot.
- TURION, s. m. du lat, turio , tendron , extrémité des branches d’arbres.
- ( Bolan. ) Bourgeon radical des plantes vivaces ; l’asperge que l’cji mange est le Lurion de la plante du même nom.
- TURNEP , s. m. Corruption de l’anglois , Litrnip , composé du saxon tara , rond , et de nœpe , fait du latin napus , navet : le navet rond, pour le distinguer du- navet ordinaire , qui est long et d’une forme conique.
- (.Agricult. ) C’est le nom d’une espèce particulière de gros navet, dont les agronomes modernes con seillent la culture, comme étant très-avantageuse au bétail pour lequel elle est une nourriture aussi saine qu’abondante, et à la terra qu’elle rend meuble, fertile , et propre à donner une abondante récolte de blé.
- TURQUOISE , s. f. de Turquie, nom de pays.
- (Dlinéral, ) Pierre précieuse ainsi appelée de sa couleur bleue , qui est la couleur favorite des Turcs;
- On distingue deux espèces de turquoises : la turquoise orientale , ou de roche , qui se trouve en Turquie et en Perse , dont la couleur tjre sur le bleu ; et la turquoise occidentale , qui est d’une couleur verdâtre. La turquoise orientale est plus dure, et reçoit un plus beau poli.
- On donne encore ce nom à des dents fossiles de dilférens animaux qui ont été colorés en vert où en bleu par des oxides métalliques, et sur-tout par le cuivre.
- Swedenborg a fait graver la figure d’un squelette de quadrupède qui @voit été coloré par ce métal.
- , Ou. voit au muséum d’histoire
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- naturelle une main de femme, dont le bout des dcigls est vert , et dont les muscles desséchés comme ceux d’une momie, sont aussi d’une coupleur verdâtre.'
- Les environs de Simore , dans le Bas-Languedoc ont offert beaucoup d’ossemens colorés par ce métal, parmi lesquels étoient quelques-unes de ces énormes dents qu’on trouve aussi sur les bords de l’Oliio , et qui ont appartenu à un quadrupède de la taille de l’éléphant, dont l’espèce ne subsiste plus.
- TUSCULANE, s. f. de tuscu-lum , nom d’une maison de Cicéron, près Frascati.
- (Littéral.) Questions Lusculanes, on tusculancs ; on appelle ainsi certains ouvrages de Cicéron , pour les distinguer des autres. Les d'uscu-lanes sont au nombre de cinq. On les nomme ainsi , parce que Cicéron les composa à sa* maison de 'l'uscu-lurn , et parce qu’il les a nommées lui-même questions lusculanes.
- TUTELLE , s. f. du lat. lulela , défense, protection, fait de tulor} protéger. •
- (.Pratique) Protection ou défense qu’un tuteur doit à la personne et aux biens des mineurs que la loi a mis sons son autorité.
- 1 ’ulclle se dit aussi de la charge publique imposée à quelqu’un de veiller h la conservation de la personne et. des biens d’un mineur.
- TUTIE , s. f. du chinois tuta-nag, nom que l’on donne dans ce pays au zinc.
- (Minéral.) Oxide métallique dur, chagriné , garni d’un grand nombre d’aspérités qui semblent lui donner un aspect poreux : cet oxide participe du zinc, du cuivre et de l’étain : on le retire en exploitant les mines de plomb dans lesquelles le zinc existe.
- TUYAU, s. m. du latin tuhellus, diminut. de lubus, tube : petit tube: tube ou canal de fer , de plomb , de fer-blanc , de cuivre , de bois , de terre cuite, etc.
- (.Physique) On emploie souvent en physique des tuyaux de verre, prétjfBÉghlement à ceux qui sont faits de qqpjtfti’antre matière , à cause de leur t&nsparence , qui permet au
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- physicien de voir ce qui se passe intérieurement.
- (.IVIécan. hydraul. ) On emploie aussi dans bien des machines , surtout dans les machines hydrauliques, des tuyaux , soit de métal , soit de bois , soit de terre cuite , pour conduire ou élever les eaux.
- TUYAU CAPILLAIRE: voy. CAPILLAIRE.
- TUYÈRE , s. f.* augmentatif de TUYAU. F~.ce mot:
- ( Métallurgie ) On nomme ainsi dans les fonderies une espèce do tuyau conique de cuivre, de 1er fondu ou de tôle , dans lequel on ajuste le bec des soufflets qui doivent animer le feu dans les -fourneaux où l’on traite les mines et les métaux.
- TYMPAN , s. m. du grec <tv,u~ <&ttvov-(tumpanoJi) , qui signifie instrument que l’on frappe avec des' baguettes, dérivé de «rû.-œr» (tupto) , frapper.
- Qlnat.) Membrane sèche, déliée, transparente, qui ferme t’extrémité du canal auditif, et qui est tendue à peu près comme la peau d’un tambour.
- TYMPANITE , s. f. même origine que TYMPAN.
- ( Méd. ) Enflure du bas-ventre, ainsi appelée , parce que la peau du ventre est tendue et résonne comme un tambour , lorsqu’on le frappe.
- TYMPANON , s. m. du grec TUfAtarAVov (lunwanon). F.\ TYMPAN.
- ( Musique ) Instrument de musique monté avec des cordes de laiton, et qu’on touche avec deux petites baguettes.
- TYPE , s. m. du grec Qunos ) , de T-jssT’t), frapper.
- ( Didactique ) Modèle , figure originale , signe ou marque fait en frappai) t.
- TYPHODE , adj. du grec t6<pm ( tuphô ) , allumer , enflammer.
- ( Méd. ) Epithète que l’on donne à une fièvre ardente et continue.
- < TYPHOMANIE , s. f. du grec tlyo; ( tuphos ), fumée , et de y.&éta. , manie , folie.
- ( Med. ) Maladie composée d’une nhrénésie et d’une léthargie, dans laquelle les malades sont dans la rêverie , et affligés d’un COMA-V1G1L. F. ce mot.
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- TYPHON, s. m. du grec tv<p(t>
- ( tupho ) , s’enfler , s’enflammer , exciter de la fumée.
- (Physique) Ouragan d’une violence extrême qui agit en tourbillonnant , et qui cause quelquefois des lavages affreux sur les cotes et sur les mers de l’Imïe.
- TYPOGRAPHIE, s. f. du grec 'lûwoç ( tupos ) ^ modèle , marque frappée, et de ypâfai (graphô) , décrire.
- La typographie ou l’art typographique , comprend tout ce qui est relatif à l’impression des livres. Elle a sui-tout pour objet la gravure ou taille des poinçons, la fonte des caractères et l’impression.
- Trois villes se disputent l’honneur d’avoir donné le jour à l’art typographique ; ce s trois villes sont : .Harlem , Strasbourg et Mayence.
- Voici sur quel fait Harlem fonde scs prétentions: Jean-Laurent Gosier , se promenant un jour dans un bois près de Harlem, détacha des écorces de hêtre, et s’amusa à en former des lettres ; il les imprimoit séparément l’une après l’autre sur du papier , et en l'aisoit des lignes en sens inverse , pour servir d’exemple et de leçon à ses neveux. Il fit avec son gendre Thomas - Pierre , une encre plus tenace et plus glutineuse que l’encre ordinaire ; puis il tira de s épre uves des caractères qu’i 1 avoi t réunis , et comme il n’imprimoit que sur un coté du papier , il colloit deux feuiilets ensemble pour faire disparaître le blanc qui se trouvoit entre les pages imprimées. Ensuite , Laurent changea ses types de hêtre en types de plomb , puis en types d’étain. Il fit de sa découverte une branche de commerce fort lucrative, et prit un domestique qu’il s’associa. Ce domestique, nommé Jean , et qu’on suppose ètreP’ust, étant au fait de l’imprimerie , déroba pendant la nuit de Noël, les types et tous les ustensiles de son martre ; il prit la » fuite, en dirigeant sa marche par Amsterdam et Cologne , et se réfugia à Mayence, où il retira des fruits abondan.s de son vol. C’est là que , vers l’an 1442 , il a imprimé avec les caractères de Jean-Laurent Gosier , sou martre, une graauaa.ire
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- fort en usage , appelée Doctrinale Alexandri (Jalli.
- Tels sont les titres de Harlem. Ce qui fait douter de leur authenticité , c’est qu’ils n’ont été publiés qu’un siècle après la découverte de l’imprimerie. En général, on regarde l’histoire de ce Coster comme une fable.
- Les droits de Strasbourg à l’honneur de la découverte, sont plus fondés. JeanGuttemberg, que l’on croit né à Mayence vers l’an 1400 , vint à Strasbourg dès 1424, et peut-être avant ; en 1435, il forma une société avec André DrizchenniusouDryschn ? Jean Rilf, et André Heilman , bourgeois de Strasbourg , et s’engagea à leur découvrir des secrets imporfans, qui dévoient assurer leur fortune.
- André Drizchennius , chez qui étoit le laboratoire, mourut. Gut-temberg envoya dire au frère de eet André, de ne laisser entrer personne dans le laboratoire , de peur qu’on ne vint à découvrir le secret , et à enlever les pages et les formes qui s’y trouvoient; mais elles étoieut déjà disparues. Cette fraude devint la matière d’un Drocès dont le résultat fut la rupture ae la société. Guttemberg s’en retourna à Mayence eu 144S , et s’y occupa de nouveau d’impression. C’est làqu’il s’associa avec Jean Fust. Parmi les premiers ouviages imprimés par eux , on cite: i°. Valphabet gravé sur une planche, à L’usage des écoles ; 2». Alexandri (Jalli doctrinale , et Pétri Hispani trac-latus logicales ; 3°. un vocabulaire latin intitulé catholicon, c’est-à-dire , universel, ou bien Donatus seu granimatica hrevis in usum scholarum conscripta.
- Plusieurs bibliographes assurent que ces ouvrages ont été imprimés en caractères fixes , gravés sur des tables de bois. On fit succéder à cette impression tabellaire, des essais de caractères détachés , et gravés sur des tiges mobiles de bois ou de cuivre ; c’est avec ces caractères que la plupart des bibliographes pensent qu’a été imprimée la première bible en 1480 jusqu’en 1466. Cette opinion est combattue par d’autres bibliographes , qui ne croient point à l’existence de cette bible. Il de voit être long, très-difficile et très-pén*e de sculpter à la main ces lettres de bois
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- ou de métal ; aussi, après bien des tentatives, Guttemberg et Fust trouvèrent la méthode de fondre dans des matrices, les formes de toutes les lettres de l’alpliabet. latin. Ils virent alors la possibilité d’imprimer la bible, et Fust fournit les premiers fonds nécessaires à cette entreprise, le 22 août. 1460. On peut, dater de •cette époque l’acte de société de Fust et de Guttemberg, et la véritable invention de l’imprimerie.
- A peine ces deux associes étoient-ils parvenus au troisième quaternion de la bible , qu’ils a voient déjà dépensé un capital de quatre mille florins d’or. Mille obstacles, outre l’excessive dépense, entravoient la marche de leurs opérations. L’imperfection des moules, du métal, de l’encre , du papier , de la presse ; l’inégalité et la disproportion des lettres fondues , tout, cqncouroit à les retarder et à les arrêter dans leur entreprise , quand Piene Schœifer , l’un des ouvriers de Fust, homme ingénieux et réfléchi, imagina une méthode plus facile de composer des caractères, et de leur donner une mesure et une forme plus régulière et mieux proportionnée ; il trouva la taille des poinçons; il fi t de nouvelles matrices abécédaires, et d’autres instrumeus.qui êlevèreu t l’art typographique au plus haut degré de perfection. En 1402, Fust, par reçonnoissance et par attachement , lui donna sa fille Christine en mariage, et il l’associa à son entreprise. Guttemberg , Fust et Scliœfier s’engagèrent à garder le secret de leur invention , et ouvrirent leur carrière typographique par l’impression de la bible , en 1462.
- E11 1455, la société fut dissoute par suite d’un procès que Guttemberg perdit, avec Fust, à qui il fut obligé de céder sou attirail d’imprimeiie ; mais il y a apparence qu’il monta une autre imprimerie à part, et que Fust et Schœffer restèrent, toujours unis. Ces derniers donnèrent, en, 1467 , une édition du psautier , qui passe pour le plus beau monument de l’imprimerie naissante, et qui fera, ijans tous les siècles, l’admiration des connaisseurs.
- Depuis 1457 , jusqu’en 1460, Fust et Schœffer imprimèrent plusieurs ouvrages, et notamment les OjJices
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- de Cicéron , qui passent pour un de leurs chtfs-d’œuvres. C’est à cette époque que Fust vint à Paris , sans doute pour y vendre les livres qu’il avoit imprimés. Gabriel Naudé raconte que Fust apporta à Paris un grand nombre d’exemplaires de la bible de 1462 ; qu’il les vendoit d’abord comme manuscrits, 60couronnes l’exemplaire (environ 55o livres); qu’ensuite il les passoit à 40 ronronnes, puis à 2o; qu’enfïn la fraude ayant, été découverte , Fust fut. poursuivi en justice; qu’il s’enfuit de Paris ; qu’il revint à Mayence, et que ne s’y trouvant pas en sûreté , il se retira à Strasbourg pendant quelque terns.
- La prise de la ville de Mayence en octobre 1462 , par Adolphe , comte de Nassau, endommagea l’atelier de l’imprimerie de Fust et de Schœffer ; la plupart de leurs ouvriers et de leurs coopérateurs, se dispersèrent, et se réfugièrent à Rome , à Naples, à Milan , à Paris, et bientôt l’art typographique s’établit dans les principales villes de l’Europe.
- Pour la description des procédés de l’imprimerie, V. CARACTÈRE, GRAVURE,FONTE , COMPOSITION , JUSTIFICATION , IMPOSITION , IMPRESSION , PRESSE , etc.
- TYPOLITHE , s. f. dugreCTacraj £ tujjos), type , image, et de xi9oç çlilhos ) , pierre : pierre figurée.
- ( Minéral, ) Impressions de plantes et d’autres corps organisés dans les couches pierreuses.
- TYRAN, s. m. du grec TÛpavv&c. ( turannos) , qui signifioit dans l’origine roi ou souverain qui a usurpé l’autorité suprême, et aujourd’hui un prince injuste , violent et cruel.
- TYRO-MORPIIITE , s. f. du grec tupos ( turos') , fromage , et de p.oppii ( morphê ), forme, figure,
- (.Minéral. ) Nom douné par quelques naturalistes à des pierres qui leur ont paru ressembler, à un morceau de fromage.
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- Ukase, s. m,, mot russe.
- ( Econ. polit. ) Terme de la lan-
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- gne russe adopté dans la nôtre, pour exprimer un édit, une signification de la volonté du souverain en Russie.
- ULCERE , s. m. du latin ulcus , ulceris.
- ( Chimrgie) Solution de continuité des parties molles, produite ou entretenue par un vice intérieur ou par un vice local, avec perte de substance et écoulement de pus.
- ULIGINAJRE , du latin uligina-rius, fait d’uligo , uliginis , humidité naturelle d’une terre.
- ( Bolan. ) Il se ditdes plantes qui croissent dans les lieux uîigineux , humides ou marécageux.
- ULTIMATUM, s. m. du latin ultinius, dernier.
- ( Diplomatie) Mot latin adopté en françois, pour exprimer les dernières conditions que l’on met à un traité , et auxquelles on tient irrévocablement.
- UNGUIS, s. m. Mot latin qui signifie ongle.-
- ( Anat. ) On donne ce nom à deux os , dont chacun est situé dans l’orbite , au bas de l’angle interne. Us sont ainsi appelés à cause de leur ressemblance à un ongle de doigt.
- ( Chirurgie) Unguis est aussi le nom d’une maladie de l’œil, qu’on appelle autrement PTÉRYGIEN , ONGLE , ou ONGLET. V. ces mots.
- ÜNICAPSULAIRE , adj. du 3at. unus, et de capsula, capsule.
- ( Bolan. ) Il se dit d’un fruit qui n’a qu’une capsule.
- UNIFLORE , adj. du lat. unus , et de flos , Jloris.
- ( Bolan. ) Il se dit des plantes qui ne produisent qu’une seule fleur , ou dont les fleurs sont solitaires.
- UNIFORME , adj. du latin unusy un , et de forma , forme figurée , semblable, égal : qui a la même forme.
- ( Mécan. ) Mouvement uniforme/ c’est celui d’un corps qui parcourt des espaces,, égaux en tems égaux ; telle est, au moins sensiblement , le mouvement d’une aiguille de montre ou de pendule.
- (Artmil.it.) Uniforme se dit absolument et substantivement, d’un
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- habit fait suivant le modèle prescrit, à une compagnie, un régiment,etc.
- Le tems où les gens de guerre ont commencé à porter l’uniforme est assez incertain. Ce n’est pas dans les tems que les Grecs et les Romains combattoicnt, revêtus seulement de corps d’armes de fer ou de cuir bouilli, si juste et si bien pris , qu’ils sembloient être moulés sur la personne , qu’il faut aller chercher des habits uniformes.
- A l’égard des premiers François , le sayon de peau fut leur uniforme , et leur unique armure défensive, jusqu’au cinquième siècle, qu’ils s’armèrent à la romaine. Us conservèrent cette mode jusqu’à Charlemagne, qu’ils reprirent, leur ancien sayon de cuir, auquel on ajouta le liautbert, aiTtre sayon composé de mailles de fer, pour être mis sur le premier,
- Lehautbert, ou l’habit maillé, squammata vestis, fut d’usage jusqu’au tems du roi Charles VI, qu’on le quitta pour reprendre l’armure de fer battu, qui, pour former un armement complet, consistait en un casque et une cuirasse , à laquelle se joi-gnoient des brassards, des cuissards et des grèves.
- Le hautbert céda sa place à la cotte d’armes, qui, sous Charles VII, fut comme un uniforme de guerre, pro7 pre , par sa forme, à la distinction générale de tous les gendarmes , et, par sa couleur, à la distinction particulière de chaque compagnie de ces gendarmes. Un commandant com-muniquoit la couleur de sa cotte à tous les hommes d’armes de son commandement. En sorte que toutes les cottes d’une même compagnie, sé trouvant de la même couleur, cela commença à former ce qui s’appelle aujourd’hui un uniforme.
- A la cotte succéda le boquefon , espèce de mantille , qui bientôt, devenue casaque parce qu’on en ferma les manches et. qu’on l’ouvrit, par devant, fut un habillement, plus léger et plus commode que la cotte.
- L’usage des casaques a été aboli sous le règne de Henri II, ou peu de tems après, et à sa place om choisit, pour servir d’uniforme aux troupes , l’écharpe qui avoit été d’usage dès le tems de St. Louis , où elle se mettait alors sous la cotte d’armes. Il y avoit
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- deux écharpes, l’une pour la livrée de k nation, et l’autre pour l’uniforme des troupes. Celle de ces écliarpes qui ne servoit qu’à ¥ uniforme, étoit de la couleur qu’il plaisoit au commandant actuel d’une troupe de lui donner.
- Les gens de guerre conservèrent l’écharpe d’ordonnance, jusqu’à ce que l’uniformité des habits fut établie, e t même après. L’écharpe d’n ni-forme particulière des troupes a duré jusqu’à la bataille de Steinkerque, après laquelle il n’a plus été question d’écharpe pour le militaire. Après qu’elle fut passée , ce fut dans les aiguillettes ou noeuds d’épaules , que chaque commandant eut occasion de continuer de donner sa livrée à ses soldats.
- JJ uniforme complet dans l’habillement n’a commencé que sous Louis XIII, et il se passa encore bien du tems avant qu’il fût observé avec régularité : c’est sous Louis XIV que les premiers uniformes des officiers et de toutes les troupes du roi , ont commencé à être portés régulièrement. Auparavant, les officiers n’en avoient pas , et les soldats, cavaliers et dragons , portoient des habits de différentes couleurs.
- UNILABIÊ, ÉE, adj. du latin unus , un , et de labium, lèvre.
- ( Bolan. ) Dont le tube se prolonge d’un seul côté, en une seule lèvre : telle est celle de l’acanthe.
- UNILATÉRAL, LE, adj. du latin unus, un, et de laïus, lalerisj côté.
- ( Bolan. ) Dont toutes les fleurs naissent d’un seul côté de la râfle commune.
- Plusieurs parties semblables sont dites unilatérales, lorsqu’elles naissent toutes du même côté, sur le corps qui les porte.
- UNILOCULAIRE, adj. du latin unus , un, et de loculi, orum , loges.
- (,Bolan. ) A une seule loge, c’est-à-dire, dont la cavité intérieure n’est divisée par aucune cloison complète.
- UNION , s. f. du latin unio , jonction de deux ou plusieurs choses.
- ( Pratique ) Contrai d’union ; -c’est un acte par lequel les créan-
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- ciers d’un débiteur insolvable se réunissent pour éviter la contrariété des procédures, et parvenir plus facilement au recouvrement de cç qui leur est dû
- (.Politique) Union se dit des ligues offensives et défensives que font ensemble des princes , des républiques.
- La femeuse ligue qui se forma en France, sous le règne d’Henri III, porta souvent dans l’histoire le nom <¥ union. On appelle union d’U-trecht, la célèbre confédération qui se fit à Utrecht , en 1.S79 , entre les provinces qu’on a appelées depuis les Provinces-Unies, et aujourd’hui la république Batave.
- UNIPÉTALÉ , ÉE, adj. du lat. unus, un , et du grec lariruxov ( pelai on ), pétale.
- ( Bolan. ) Corolle unipétalée ; c’est une corolle à une seule pétale, dont la position latérale, relativement aux organes sexuels , indique cependant la polypétaléïté. Plusieurs genres des légumineuses offrent des exemples de cette sorte de corolle.
- UNISEXÉ, ÉE, adj. du latin unus , un, et de sexus, sexe : d’un seul sexe.
- ( Bolan. ) Fleur unisexée ; c’est celle qui est pourvue d’vyi seul sexe.
- UNISSANT, TE, adj. du latin. uniens.
- ( Chirurgie ) On donne ce nom à un bandange qui procure la réunion des plaies longitudinales, et de la rotule fracturée en long.
- UNISSON , s. m. du latin unus, un , et de sonus , son.
- (Musique ) Union de deux sons qui sont au même degré , dont l’un n’est ni plus grave ni plus aigu que l’autre , et dont l’intervalle étant nul , ne donne qu’un rapport d’égalité.
- UNISSONI, mot italien.
- ( Musique ) -Ce mot écrit dans une partition sur la portée vide du second violon, marque qu’il doit jouer à ¥ unisson sur la partie du premier ; et ce même mot, écrit sur îa partie vide du premier violon , marque qu’il doit jouer à ¥unisson sur la partie du chaut.
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- UNITE, s. f. du latin imitas , principe des nombres , et qui est opposé à pluralité.
- ( Malhémat. ) Unité, est ce qui exprime une*seule chose ou une partie individuelle d’une quantité quelconque.
- Quand un nombre a quatre ou cinq chiffres , celui qui est le plus à la droite , c’est-à-dire, le premier en allant de droite à gauche , exprime ou occupe la place des unités.
- (Littéral. } On dit , en parlant de poëmes dramatiques, qu’il y faut observer les trois unités : Vunité d’action ,l’unité de lieu, et l’unité de teins.
- UNIVALVE , adj. du lat. unus, un , et de vedvee , batfans.
- ( Bolan« ) Péricarpe univalve ; c’est celui qui s’ouvre d’un seul coté ou bord par une suture longitudinale.
- ( Conchyliologie ) On appelle univalve, une classe de testacés dont la coquille n’est composée que d’une seule pièce.
- UNIVERS , s. m. du latin uni-versus , sous-entendu niundus , le monde entier.
- ( Géographie') Univers se prend aussi dans un sens particulier 'pour la terre.
- UNIVERSITÉ , s. f. du lat. uni-ycrsitas, totalité , toute l’étendue.
- ( Instruct. publ. ) Nom collectif qui se dit d’un assemblage de plusieurs colleges établis dans une ville où il y a des professeurs en divers sciences , appointés pour les enseigner. Ces étabiissemens ont été appelés universités , à cause des quatre facultés de théologie, de droit , de médecine et des arts , dont ils sont ordinairement composés, et qui font Vuniversité des études.
- UNIVOQUE , adj. du latin uni-vocus, fait de unus, un, et de vox , mot, nom.
- ( Logique ) U se dit des noms qui s’appliquent dans le même sens a plusieurs choses , soit, de même espèce , soit d’espèce différente.
- ( (j-ramm. ) Univoque se dit aussi des mots qui ont le même son.
- (.Musique ) C o ns on no. ri ces u n i-yoques ; ce sont l’octave et ses rê-
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- pliques, parce que toutes portent le même nom. Ptolémée fût le premier qui les appelp ainsi.
- ( Séméiologie ) Univoque se dit encore des signes des maladies. Les signes univoques sont ceux qui ne se rencontrent que dans une espèce de maladie , et qui par conséquent la caractérisent. Par exemple , si eu portant la sonde dans la vessie , on y rencontre un Corps dur , c’est un signe univoque que le malade est attaqué de la pierre.
- . URANE ou URANITE , s. m. du grep oipxvoc (ouranos), le ciel.
- ('Minéral.) Substance métallique déeouveite en 1789 , par Kiaproih , dans un minéral qiû se frouvoit assez abondamment dans les mines d’Ei-benstock et de Joan-Georgen-Stadt, en Saxe, et de Joachim-Sthal en Bohême; on le désignoit sous le nom de pech-blende, ou de pech-ertz. Klaproth décora ce nouveau métal du nom d’uranium , le ciel, comme il a depuis consacré le tellure à la terre ( tellus ).
- UUrane noir ou pech-ertz est d’une couleur tout-à-fait. noire , pu brune noirâtre , ou noire , mêlée de bleu. Il a l’éclat demi-métallique; il est. opaque, demi dur, aigre et cassant ; sa pesanteur spécifique est de 7,5oo.
- URANIE , s. f. du grec olifCV/Q c ( ouranos ) , le ciel.
- ( JS'lylhol. ) Nom de la Vénus céleste , xille du Ciel et de la Lumière.
- ( Littéral. ) Uranie est aussi le nom d’une des neuf muses. On la représente couronnée d’étoiles , et soutenant un globe des deux mains , ou bien ayant' près d’elle un globe posé sur un trépied.
- URANOGRAPHIE , s. f. du grec ovp&vct ( ouranos ) , le ciel , et de ypciQa) ( graphà ) , décrire : description du ciel.
- ( vitstron. ) Description du ciel ou des constellations ; c’est le titre des cartes célestes de Boyer.
- URATES, s. m. d’URANE. V. ce mot.
- (Chimie) Sels formés par la combinaison de l’acide urique avec différentes bases.
- URCÉOLÉ ÉE ,-adj. du latin
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- urccolus, diminutif d’urceus, outre, vase : petit vase , petite outre.
- (.Bolan.) Renflé comme une petite outre , et rétréci vers l’orifice. La corolle de la seropliulaire , de beaucoup de bruyères, etc. est ur-céolée.
- UREE , s. f. Terme nouveau formé du grec oSpov ( ouron ) , urine.
- ( Chimie) Substance nouvellement découverte dans l’urine, et qui lui donne sa couleur , son odeur et une partie de sa saveur.
- URETÈRE, s. m. du grec ot//>»Q/>* (ourêihra) , dérivé d’oSpov (ouron) urine.
- (yinal.) On donne ce nom à deux canaux qui portent l’urine des reins à la vessie.
- URETRE , s. m. du grec avpnrùp ( ouréter).
- ( Anal. ) Canal de la verge par où sort l’urine.
- URÉTIQUE , adj. du grec _oùp»-Totof ( ourélikos) , fait d’o3pov ( ouron), Urine.
- ( Anal. et méd. ) Urétique se dit quelquefois des passages urinaires, et en ce sens, il signifie les uretères. Quelquefois il se dit des remèdes , et alors il est synonyme à diurétique; d’autres fois des malades mêmes , et signifie alors qu’ils urinent facilement ; il se dit enfin d’une maladie , et particulièrement d’une fièvre symptomatique ; et ainsi fièvre urelique , est une fièvre compliquée avec un diabète.
- URINE , s. f. du grec ovpov ( ouron ).
- ( Physiol. ) Vurine est l’excrément que les glandes de la substance verticale des reins séparent du sang.
- URIQUE, adj. du grec ovpov ( ouron ) , uriue.
- ( Chimie ) A eide urique ; c’est un acide que l’on retire de l’urine humaine et qui forme la pierre de la vessie. On l’avoit nommé auparavant acide lilhique , du grec Dâoç ( lithos ) , pierre. Sa terminaison en ique , indique le second état des acides , celui où. ils sont complètement saturés d’oxigene.
- URNE , s. f. du latin urna.
- ( Antiquité) Les antiquaires désignent principalement sous ce nom
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- les vases cinéraires où l’on consev-voit les cendres des morts. Les Romains enfermoient dans des urnes les cendres des morts qu’ils se faî-soient. un devoir de brûler. Ils se sec-voient aussi de ces vases pour -jeter les bulletins de suffrage dans les ju-gemens, et dans les assemblées des citoyens pour l’élection des magistrats. Ils les ernpîoyoient encore pour la divination. Enfin, on conservoit le vin dans des urnes.
- Les urnes étoient laites de différentes matières. Les urnes cinéraires de Trajan , de Démétrius et de Sévère , étoient d’or, Marcelius , qui prit Syracuse, avoit une urr.e d’argent. Les gens du commun usoient d’urnes de terre ; quelques - unes étoient d’une forme élégante et décorées de divers orcemens.
- UROCRISE , s. f. du grec ovpoy ( ouron) , urine, et de ko'iti; (krisis), jugement.
- ( JMéd. ) Jugement qu’on porte des maladies par l’inspection de l’urine.
- UROMANCIE , s. f. du grec ovpov (ouron), urine, et de y.AvniA (man-léia), divination.
- ( IVléd, ) L’art de prédire et de conuoitre ies maladies par l’inspection de l’urine. De là on a appelé uroinantes ceux qui font profession de deviner les maladies par la seule inspection des urines.
- URTICATION, s. f. du latin ur-tica , ortie , et d’ago , faire, agir.
- ( Chirurgie) Espèce d’opération de chirurgie , employée dans la sciatique , la paralysie, la léthargie, qui consiste à fouetter la partie malade avec des orties, et laver la chair devenue ronge avec du vin chaud, afin d’y rappeler la chaleur naturelle.
- US , s. m. du latin usus, usage , coutume.
- (Pratique) Us se disoit autrefois pour usage coutumier.
- Us et coutumes de la mer; ce sont les maximes, lois ou usages qui servent comme de base à la juridiction maritime. Les us et coutumes de la mer consistent en f ois sortes de régiemens. Les premiers s ’ a ppei i eu t juge nie ils d’Oleron. Us furent faits du tems de la reine Eléonore , duchesse de Guienne , qui en
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- fit faire les premiers projets à son retour de lu Tene-Sainte , sur les mémoires qu’elle rapporta des coutumes du Levant, où le commerce étoit alors fort en vogue. Elle les nomma rôles d’Oleron , parce qu’elle résidoif alors dans cette île. Iis furent augmentés par Richard, roi d' /Vïjg’letene, son fils, vers l’an 1266. Les seconds furent, faits par les mai-chauds de la ville de VVisby, en l'iîede Gothland, qui fut autrefois la ville la plus célèbre par le commerce, où toutes les nations de l’Ei -râpe avoient leurs quartiers , boutiques , fondiques ou magasins. Ces îèglemens furent dressés en langue tentonique ; ils sont encore observés par tout le nord. O11 n’en sait pas la date, mais on les croit postérieurs h Fan 1288.
- Les troisièmes furent faits par les députés des villes anséatiques , vers l’an 1697 , à Lubeck. Ces trois pièces ont servi de modèle pour faire les oïdonnances et règlement pour la marine, tant en France qu’en Espagne , et elles ont été compilées et commentées par Etienne Clérac, avocat de Bordeaux , sous le titre d’Us et coutumes de la mer.
- USANCE, s. f. du lat. usas, coutume : usage reçu.
- ( Pratique) Usance s’entend de l’usage reçu.jLes juges doivent avoir égard a l’usance des lieux,
- ( Commerce maril. ) Usance du négoce , usance de la mer; ce sont les usages reçus et pratiqués dans le négoce et le commerce de mer.'
- (Banque, commerce ) Usance est, en matière de change et de commerce, le tems que P a coutume d’accorder pour le paiement des lettres de change. Ce tems, qui commence à courir ou du jour de l’acceptation des lettres, ou du jour de leuvdate , est plus eu moins long suivant l’usage de la place.
- L’Usance, pour une lettre de change thée de France sur la Hollande, est d’un mo.s courant du jour de la date de la titre de change. Mais l’usance de la Hollande sur la France n’est que d > trente jours,
- USINE , s. f. Vieux motfrançois qui signifie manière de vivre, genre de vie.
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- ( Manufacture ) Usine Se dî? maintenant d’un établissement fait pour une forge , une verrerie, un moulin , et pour l’ensemble de toutes les machines.
- USTENSILE, s, m. du lat. ustensile , lait dhitor, user.
- (lücon. doinf II se dit de toutes sortes de petits meubles servant au ménage, et principalement de ceux qui servent à l’usage de la cuisine.
- t STION, s. f. du latin uro, us-tum , brûler : l’action de brûler.
- ( Chirurgie ) Opération de chirurgie qui consiste à toucher quelque partie avec le cautère actuel , pour détruire la carie des os, ou la malignité et la callosité des plaies et des ulcères.
- (Pharmacie ) Ustion est aussi le nom d’une opération pharmaceutique, qui consiste à calciner certains médicameus , pour les réduire en cendre et en tirer le sel, ou à les dessécher pour ies ré ’uire en poudre. La torréfaction de la rhubarbe , la calcination de la corne de cerf, sont des espèces <¥ us lion.
- ÜSTULLATION, s. f. du latin ustulo , diminutif dWo . faire brûler , faire griller : l’action de faire griller.
- ( Pharmacie ) L’action de faire griller ou rôtir une substance humide , à dessein de la dessécher. Ce mot se dit aussi du vin qu’on a fait chauffer ou brûler-.
- USUCAPIÜN, s. f. du lat usuca-pio, onis, composé d’avwv, usage , et de capio , prendre: l’action d’acquérir par l’usage.
- ( Pratique) Acquisition de la propriété d’une chose , par la possession et une jouissance non interrompue pendant un certain tems. C’est la môme chose que PRESCRIPTION. U. ce mot.
- USUFRUIT, s. m. du lat. ulor, usurn, user, et de f me tus , fruit.
- ( Pratique ) Jouissance pleine et entière d’une chose dont nous ne sommes pas propriétaires, et de tous les fruits, revenus que cette chose peut produire, sans la détériorer ni la diminuer.
- USURE, s. f. du lat. usura.
- [Pratique') Prix d’un argentprêfé. Il s’entend principalement d’un intérêt
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- térèt illicite ou d’un prix exhorhi-iant et non autorisé .par les lois, qu’exige un particulier, pour le loyer dé son argent.
- UTÉRIN, NE,adj. du lat. ulcri-nus , tait éé utérus , matrice.
- ( Pratique } Fr'e res utérins ; on appelle ainsi les frères qui sont nés de même mère, mais de pères difFé-rens.
- ( lVléd. ) Fureur utérine ; c’est une espèce de délire mélancolique qui provient d’un désir déréglé du coït.
- UTOPIE , s. f. du grec « (ou), non, et. de towcç ( topos), lieu : lieu qui n’existe pas.
- (Littérature ) C’est Id titre d’un ouvrage du chancelier Thomas Morris. Il se dit. quelquefois du plan d’un gouvernement imaginaire , à l’exemple de larépubliquedePlaton.
- UTRICULAIRE , s. et adj. du latin utricularius, diminutif d’uter,' utris, outre : petite outre.
- ( Musique ) Il se dit substantivement de celui qui joue de la cornemuse.
- (Botani)Employé adjectivement, il sert à désigner un genre de plante dont le fruit est une capsule globuleuse et uniloculaire.
- UVEE , s. f. du latin grain de raisin.
- ( 'Anat. ) L’une des tuniques de l’œil, ainsi appelée à cause de sa ressemblance à uu grain de raisin noir.
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- V ÀCATION, s. f. du lat. vacatio, dispense , relâche.
- (Pratique) Il se dit du temsqu’un juge ou un officier de justice emploie à remplir certains devoirs de sa charge.
- P'acation désigne aussi, par ex-tension, l’honoraire ou la rétribution qui revient à l’officier pour ce tems , ainsi employé. Il se dit encore des vacances ou cessation des séances d’un tribunal.
- Chambre des vacations ; c’étoit le nom d’une chambre du parlement de Paris , qui ne tenoit que pendant Tome IIf.
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- les vacations ou vacances des autres chambres.
- VACCINE, s. f. du lat. vaccinusf fait de vacca, vache : ce qui concerne la vache.
- ( Méd. ) C’est le nom que l’on donne, depuis quelques années , à une espèce d’inoculation avec le vaccin, ou virus pris des pustules du pis d’une vache ; découverte nouvelle qui a pour objet de préserver de la petite vérole.
- Dans plusieurs provinces de l’Angleterre , renommées par la fertilité de leurs pâturages , les vaches sont sujettes à une éruption de boutons ou pustules irrégulières, qui se manifestent au pis de ces animaux. Onavoit remarqué que ces boutons se cotnmu-niquoient aux filles de basse-cour , chargées de traire les vaches qui en étoient infectées, et l’on avoit observé que les personnes qui les avoient contractés, étoient inaccessibles à la contagion delà petite vérole ; mais cette croyance n’avoit été long-temsqu’unetraditionpopulaire, qui même ne s’étoitpas répandue au loin. Le docteur Jenner, instruit de l’opinion vulgaire sur la vertu pré-servative de cette affection, crut devoir recourir à l’expérience pour eu reconnoître la valeur.
- Un grand nombre d’individus , qui, plus ou moins loug-tems auparavant , avoient pris la vaccine en soignant des vaches, furent soumis par lui à l’inoculation variolique ordinaire, et aucun d’eux ne put en contracter la contagion. La bénignité de la maladie, dans les personnes qui l’avoient reçue ainsi de l’animal même, le détermina à l’inoculer à différens sujets qui ne l’avoient jamais éprouvée ; et ces individus soumis ensuite à l’inoculation variolique ordinaire, n’en éprouvèrent comme les premiers , aucun effet sensible.
- Ces expériences furent répétées à Londres ; de nombreuses inoculations de vaccine furent faites sur des sujets de différens âges, et furent couronnées d’un succès complet.
- A peine ces succès furent-ils connus à Paris, que l’école de médecine nomma des commissaires pour faire, des espéripnces. Du fluide vaccin I i
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- ayant été apporté à Paris, des essais f urent tentés par le docteur Pinel, à la Salpétrière. Un jeune médecin, M. Aubert, passa en Angleterre pour suivre les inoculations de vaccine ciue l’on y pratiquoit; enfin une souscription fut ouverte , et un comité fut chargé de faire des expériences publiques, dans un hospice qui s eçut le nom d’Hospice Central de la vaccine.
- Dans le même tems, des relations étoient établies avec les médecins des départemens et des gouverne-mens étrangers, afin d’y répandre la nouvelle pratique ; et dans l’espace de trois ou quatre ans , c’est-à-dire , depuis 1798 , jusqu’en 1802 , toute l’Europe et une partie de l’Asie avoient été témoins des progrès et de l’efficacité de la vaccine.
- On reeonnoît généralement dans Cette affection singulière, une éruption nouvelle , entièrement distincte de toutes celles qui sont connues; qui paroissant particulière à Pune des espèces les plus utiles et les plus nombreuses de nos animaux domestiques, peut cependant se transmettre à l’homme; qui, lorsqu’elle lui a été inoculée et qu’elle -se développe, offre la marche la qdus bénigne , n’est accompagnée d’aucune autre apparition de pustules, que celles qui surviennent à chacune des piqûres, et se termine sans trouble en un petit nombre de jours.
- Dans cette action si calmé et si douce, on n’a pas moins reconnu un grand pouvoir : celui de modifier l’économie animale, d’anéantir en nous cette disposition si universelle, si constante, qui nous rend susceptibles d’être atteints par la contagion de la petite vérole ; et, ce qui est encore plus important, de bannir cette espèce de contagion , et d’anéantir ce fléau destructeur.
- VADE-MECUM, s. m. terme composé de deux mots latins, qui signifient viens avec moi.
- ( Litlérat. ) Il se dit en parlant des choses que l’on a souvent à la main, et qu’on porte avec soi ; on le dit particulièrement d’un livre qu’on aime. Il y en a qui font leur vade-mecum d’un, Virgile, d’un Hora-
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- cé, etc. C’eif quelquefois aussi le titr# d’u'i livre élémentaire, qu’on nomme autrement manuel.
- VAGIN , s. m. du lat. vasina . e ' . o )
- iourreau, game.
- (Analoin. ) On appelle ainsi le conduit qui aboutit depuis l’orifice externe des parties naturelles de la femme, jusqu’à celui de la matrice.
- VAGINAL, LE, adj. de vagin : qui a du rapport à une gainé, à un fourreau.
- ( Anatom. ) Il se dit de la tunique qui embrasse les testicules ; celle de l’œsophage et celle de la moelle spinale. On donne aussi cette épithète à différens ligamens qui ënveloppent certaines parties eii forme de gaine.
- VAGINANT, TE, adj. de VAGIN. V. ce mot.
- ( Bolan. ) Il se dit des parties des plantes qui font l’office de gaine.
- VAGUE, s. f. du saxon wœge , dont les Allemands ont fait waegk, les Anglois wave.
- ( Marine ) Grandes ondes que forme la mer , quand elle est fortement agitée par les vents. Les marins leur donnent aussi le nom de lames. On remarque que ces lanles sont d’autant plus longues, que la mer a plus d’étendue. La mer du Sud a des lames très-longues ; celles de la merNoire sont brusques et courtes.
- VAGUE , adj. du latin vagus , errant, incertain , peu constant , fait de vagor, être vagabond, errer çà et là.
- ( Anat. ) Prague se dit de la huitième paire de nerfs, parce qu’elle se distribue çà et là, principalement dans la poitrine et dans le bas-ventre.
- (. Agricult. ) Vague se dit pour inculte ; des terres vaines et vagues , c’est-à-dire, qui ne rapportent rien. Il signifie aussi, en parlant d’une forêt, d’un espace dégarni de bois et d’arbres.
- (Peinture) Vague se dit en peinture , de la couleur , et plus particulièrement de celle du ciel. On dit la couleur de ce tableau est vague ; ce ciel est d’un ton d’utle teinte, d’une couleur vague. Vague dan* cette acception signifie indécis.
- VAGUESSE , s. f. Corruption , •ou imitation de l’italien vaghezza.
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- ( Peinture ) On emploie quelquefois ce mot pour exprimer ce ton aérien et une certaine légèreté ou finesse de teintes , qui appartient à d’heureuses ruptures ou mélanges de tons , dont la pratique , l’observation de la nature, et l’étude des maitrès qui sont recoinmandables par cette partie, peuvent seuls instruire l’artiste.
- VAISSEAU, s. m. du latin vas , dont on a fait ensuite vasccllum, pour petit vaisseau.
- ( Econ. dont.) Vase, ustensile destiné à contenir des liqueurs.
- ( sîrchil. ) Vaisseau se dit d’un grand bâtiment, comme une église, un sallon , une bibliothèque , ou antres grandes pièces d’un bâtiment considérées en dedans.
- (Anal.) Les anatomistes donnent le nom de vaisseau à toutes les parties qui contiennent un fluide, aux veines , aux artères et aux conduits lymphatiques.
- (.Marine ) Vaisseau , qu’on a dit autrefois basellus, fait dephasellus, est le nom générique de tous grands bâfimens qui vont sur la mer, mâtés de trois mâts verticaux, et portant sur chacun d’eux plusieurs étages de voiles.
- Vaisseau de ligne ; les vaisseaux de ligne sont distingués les uns des autres , en difï’érens rangs, d’après leur grandeur , le nombre de leurs canons, etc. V. RANG.
- Vaisseau de compagnie ; c’est un vaisseau qui marche assez bien pour se tenir rallié avec les autres , faisant même route , sans les obliger à diminuer de voiles , ou à mettre en panne par intervalles pour l’attendre , comme cela a lieu à l’égard des mauvais marcheurs.
- P aisseau de la compagnie ou de la compagnie des Indes ; c’est un vaisseau appartenant à une compagnie de commerce comme celle des Indes orientales d’Angleterre , ou autre nation.
- Vaisseau de charge ; c’est un vaisseau dont les capacités sont considérables , et qui est construit à fonds larges , et à gros ventre , pour porter beaucoup.
- Vaisseau de transport ; c’est un vaisseau ordinairement frété pour
- VAL
- le compte de l’Etat, pour porter des effets , vivres et munitions , à la suite d’une expédition.
- Vaisseaufin ; c’est un vaisseau taillé pour la marche. V. FIN.
- Vaisseau de haut bord ; on entend communément par cette dénomination , un vaisseau de ligne.
- ( Chimie ) Vaisseau s’applique aux vases qui seivent dans les opérations chimiques , comme les ma-tras , cornues, pélicans, balors, etc.
- Vaisseau db rencontre ; ce sont les vases qui communiquent par leurs ouvertures et qu’on lutte ensemble. C’est ainsi qu’on unit une cornue à une allonge, à un balon ou à un récipient.
- VALÉTUDINAIRE , adj. du lat. valeludinarius , fait de valetudo , état de la santé bonne ou mauvaise.
- ( Méd. ) II se dit d’un homme infirme, sujet aux maladies , qui est d’une foible constitution , qui a une foible santé.
- VALEUR , s. f. du latin valort ce que vaut une chose.
- ( Commerce ) U se dit des lettres et billets de change, de la chose qu’on donne pour la lettre que l’on achète , et qui est faite en notre faveur ou passée à notre ordre.
- Valeur reçue comptant, est une valeur en argent comptant, en banque ou en versemens.
- Valeur en compte ; cette expression est employée dans les lettres qu’un négociant tire ou cède en faveur de ses correspondans, auxquels il les envoie, ou à des négocians de la même ville, avec lesquels il a des comptes ouverts. Dans ce cas , on les débite du montant de ces remises.
- Valeur en marchandises ; celle faite en marchandises.
- Valeur en moi - même ; cette valeur est exprimée dans une lettre lorsque le tireur la fait à son ordre ; ce qui arrive lorsqu’un banquier reçoit ordre de tirer pour le compte de ses correspondans, et qu’il le fait en sa faveur pour céder ensuite sa propre lettre. Alors il fait mention dans son endossement de la valeur qu’il reçoit de celui à qui il cède la letire.
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- ( Musique ) Valeur des notes ; outre la position des notes qui en marque le ton, elles ont toutes quelque figure déterminée qui en marque la durée ou le tenis , c’est-à-dire , qui détermine la valeur de la note.
- C’est à Jean de Mûris qu’on attribue l’invention de ces figures , vers l’an i33o ; car les Grecs n’a-voient point d’autre valeur de note que la quantité des syllabes , ce qui seul prouveroit qu’ils renvoient pas de musique purement instrumentale.
- VALVE , s. f. du latin valvœ, battans de porte ou de fenêtre.
- ( Conchyliologie ) On donne ce nom aux parties dont les coquilles sont composées ; ainsi, il y a des coquilles univalves, bivalves et mul-tivaves.
- ( Botan. ) Salves se dit aussi des pièces de la capsule qui se séparent plus ou moins profondément, et qui se détachent presque toujours entièrement, lorsque ce péricarpe s’ouvre.
- VALVULE, s. f. dulat. valvula, diminutif de valvœ : petite porte.
- {jlnat. ) Espèce de petite porte ou membrane qui se trouve dans plusieurs cavités du corps, qui donne passage à une humeur, ou à quel-qu’autre matière gui y doit passer, et qui empêche qu’elle ne retourne d’où elle est venue. Les veines et les vaisseaux lymphatiques ont des valvules situées d’espace en espace, qui s’ouvrent du côté du cœur et qui ferment du côté des extrémités , c’est-à-dire , qu’elles laissent passer le sang et la lymphe qui vont vers le cœur , et les empêchent de retourner vers les parties d’où ils viennent.
- ( Mécan, ) Valvule est la même chose que SOUPAPE. V. ce mot.
- VANILLE , s. f. de l’espagnol
- ’Vaynïllas.
- ( Botan. ) C’est le nom d’une plante qui croît en Amérique ; son fruit que l’on nomme aussi vanille, ressemble à une espèce de silique de six ou sept pouces de long , renfermant une pulpe roussâtre et remplie d’une infinité de petits grains- noirs luisans 5 c’est ce fruit qu’on nous apporte du Mexique et du Pérou, et qui sert à parfumer le chocolat.
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- Dans le commerce , on distingue trois sortes de vanille. Lu première est appelée par les Espagnols pom-prona ou ho va, c’est-à-dire en fiée ou bouffie; ses siliques sont grosses et courtes. La seconde ou celle du Leq, qui est la légitime ou la marchande , a ses siiiques plus longues et plus déliées. Enfin, les siliques de latroisième, qu’on appelle si/narona ou bâtarde, sont les plus petites en tout sens.
- La seule vanille du Leq est la bonne.Eîîe doit être d’un rouge brun foncé , ni trop noire , ni trop rousse, ni trop gluante, ni trop desséchée; il faut que ses siliques paroissent pleines, et qu’un paquet de cinquante pèse plus de cinq onces. Celle qui en pèse huit est la sobre buena, ou l’excellente ; l’odeur en doit être pénétrante, agréable.
- Certains marchands du Mexique, dit Bomare , connoissant le prix qu’on attache en Europe à la vanille, ouvrent les gousses après les avoir cueillies, en retirent la pulpe aromatique , y substituent de petites pailles ou d’autres corps étrangers , en bouchent les ouvertures avec un peu de colle, et les entre-mêlent. ensuite avec la bonne vanille. D’au-très, lorsque la vanille est trop desséchée , la mettent dans une huile qu’ils tirent des cerneaux de la noix d’acajou, mêlée avec du storax et du baume du Pérou. Cette fabrication qui la rajeunit, et lui donne une bonne odeur, est assez difficile à reconnoître.
- VANNE , s. f. du lat. barbare venna ou benna.
- ( udrehit, hydraul. ) Les vannes sont de gros ventaux de bois de chêne que l’on hausse ou que l’on baisse dans des coulisses, pour lâcher ou retenir les eaux d’une écluse, d’un étang, d’un canal. On appelle encore vannes les deux cloisons d’ais soutenues d’une foule de pieux dans un batardeau.
- (.Fauconn. ) Vannes se dit aussi des pennes des ailes des oiseaux de vol.
- VAPEUR, s. f. du latin vapor, qui a produit vaporo , exhaler, pousser des vapeurs.
- ( Physique) Les physiciens dom-
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- sent le nom de vapeurs aux particules aqueuses les plus déliées, qui abandonnent les masses auxquelles elles appartiennent , passent dans l’atmosphère terrestre sous la forme de fluides élastiques.
- ( Rléd. ) On donne vulgairement le nom de vapeurs aux affections hypochondriaques et hystériques , parce qu’on croyoit qu’elles étoient causées par des vapeurs qui s’éle-voient des entrailles ou de la matrice jusqu’au cerveau, et causoient tous les accidens détaillés dans ces maladies ; mais elles dépendent plutôt des mouvemens spasmodiques des nerfs et de leurs plexus , qui sont irrités dans le bas-ventre et dans la poitrine. L’irritation des fibres nerveuses des viscères contenues dans le bas-ventre, du foie, de la rate, de la matrice, affecte sympathiquement le cerveau, par la communication de la huitième paire de nerfs avec le grand intercostal, et cette communication est la cause unique de ce qu’on appelle vapeurs, et des symptômes étranges qui les accompagnent.
- ( IMtcan. ) Machine à vapeur ou. pompe à jeu ; on peut voir à l’article POMPE A FEU, l’origine et les progrès de cette précieuse découverte ; on se contentera de parier ici d’un perfectionnement remarquable imaginé par un anglois nommé Woulf. Ce perfectionnement est fondé sur la découverte importante qu’il a faite relativement à l’expan-sibilité de la vapeur de l’eau bouillante. Déjà M. YVat avoit trouvé que la vapeur de l’eau bouillante , agissant avec une force expansive de quatre livres par pouce carré, contre une soupape ou valvule exposée à l’air atmosphérique , est capable de se dilater j usqu’à occuper un espace quatre fois aussi grand que celui qu’elle occupoit d’abord , et qu’elle conserve, dans ce nouvel état, assez d’élasticité pour faire équilibre à la pression de l’atmosphère, pourvu toutefois que la température de la vapeur , demeure toujours la même.
- M. 'Woulf a continué ces expériences , et il a trouvé que la vapeur-avant une force expansive de cinq livres par pouce carré , peut occuper cinq fois plus d’espace , et demeurer
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- en équilibre avec l’air atmosphérique ; d’où il a conclu que cette vapeur ainsi dilatée, est encore capable d’exercer une action assez forte contre le piston de l’ancienne machine deNewcomen, ou qu’elle peut être portée dans l’espace vide du cylindre de la machine perfectionnée que MM. Bouffon et Wat ont les premiers exécutée.
- M. Woulf a obtenu pour cette découverte une patente du gouvernement anglois. «
- ( Econ. dom. ) Blanchiment à la vapeur. Depuis que Berthollet a indiqué l’emploi de l’acide muriatique oxigéné pour remplacer dans le blanchiment des fils et des toiles , les longm s expositions sur le pré , Chaptal s’est occupé particulièrement du perfectionnement des lessives, et il est parvenu à tirer de l’obscurité une pratique grossière d’ouvriers ignorans, et à deviner les nombreuses applications dont elle étoit susceptible ; cette pratique e«t ce qu’il appelle le blanchiment à la vapeur. K. BLANCHIMENT.
- Parmi les applications dont le blanchiment à la vapeur est susceptible , la plus importante c’est le blanchissage domestique. Cette opération dont on peut voir les détails dans le traité du blanchissage domestique , publié par M. Cadet-de-Vaux , consiste à échanger le linge à l’eau de rivière ou de fontaine , à le passer à une lessi ve composée de douze livres de sel de soude crystallisé -, sur cent livres ou cent pintes d’eau, et à le placer ensuite dans un cuvier à vapeur.
- Le cuvier rempli, on le couvre , on allume le feu ; la lessive qui égoutte dans la chaudière , ne tarde pas à bouillir , et la vapeur se répand dans le cuvier et parvient à inonder la masse entière.
- Après quelques heures de séjour dans le cuvier, on retire le linge, on le lave à petite eau , et on le dégorge ensuite à grande eau j après quoi on le laisse égoutter.
- Le linge ainsi blanchi, est net clair , bien odorant, et d’une blancheur éclatante de lait ; ce procédé n’exige ni chaux, ni potasse caustique , ni battoirs , ni brosses . et il est, comparativement à la méthode
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- ordinaire, d’une économie dans le rapport de quatre à sept.
- VARIABLE , adj. du îat. vario, varier , diversifier : sujet à varier.
- ( algèbre et géom. ) Quantités variables y on appelle ainsi , en géométrie , les quantités qui varient suivant une loi quelconque. Telles sont les abscisses et les ordonnées des courbes, leurs rayons oscula-teurs , etc. On les appelle ainsi par opposition aux quantités constante?, qui sont celles qui ne changent point, comme le diamètre d’un cercle , le paramètre d’une parabole , etc.
- On exprime communément les variables par les dernières lettres de l’alphabet x, y, z.
- Quelques auteurs, et principalement les auteurs anglois, au lieu de •se servir de l’expression de quantités variables, disent desJlueules. Voy. FLUXION.
- VARIANTES , s. f. même origine que VARIABLE. V. ce mot.
- ( Littéral. ) Vallantes se dit des diverses leçons d’un même texte. Les variantes de la bible, les variantes d’un auteur y on a recueilli les variantes.
- VARIATION , s. f. même origine que VARIABLE. QV.ce mot.) Changement. ,
- ( IVlathémat. transcend. ) Variation , dans le calcul intégral, se dit d’une manière de différencier , imaginée par M. de Lagrange. Voici à quelle occasion :
- Jean Bernouilli proposa, à la fin du siècle avant dernier, de trouver entre toutes les courbes qu’on peut faire passer par deux points donnés , situés dans un même plan vertical, celle, le long de laquelle un corps descendant arriveroit du point le plus haut, au point le plus bas , dans le moins de tems possible. Plusieurs géomètres, et particulièrement monsieur Euler et M. de Lagrange , traitèrent cette question , et c’est la manière de diilérencier, proposée par M. de Lagrange , qu’on est convenu d’appeler variation. Consultez les mémoires de T min , pour les années 1760 et 1761, et le troisième volume du calcul intégral de montreur Euîàr.
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- (Astron. ) Variation est aussi le nom que les astronomes donnent à la troisième inégalité de la lune découverte par Tycho-Brahé, en 1601.
- (Marine) Variation de la boussole y les marins appellent ainsi le changement de direction de l’aiguille aimantée , ce que les physiciens nomment plus proprement DÉCLINAISON DE L’AIMANT. V. ce mot.
- La variation ou la déclinaison de l’aiguille est proprement l’angle que l’aiguille magnétique , suspendue librement, lait avec la ligne méridienne dans le plan de l’horizon ; ou un arc de l’horizon compris entre le vrai méridien et le méridien magnétique.
- Il est infiniment important aux marins de connoitre la déclinaison de l’aiguille , qui varie dans chaque parage, et d’y avoir égard dans le calcul de la route du vaisseau.
- On observe la déclinaison chaque jour, autant qu’on le peut , au lever ou au coucher du soleil , lorsque l’astre montre clairement son disque dégagé de nuages ou de vapeurs à l’horizon.
- On observe encore la déclinaison par les azimuths , et cette méth ode est la plus exacte. Voy. AMPLITUDE , AZIMUTH.
- On a imaginé différentes hypothèses pour expliquer le phénomène extraordinaire de la variation dans la déclinaison de l’aiguille aimantée. Quelques savans ont pensé que les terres attiroient l’aiguille, et ils pré-tendoient. que l’aiguille avoit une déviation plus ou moins grande, suivant qu’elle étoit plus ou moins éloignée de quelque grand continent. D’autres ont eu recours à la contexture de l’intérieur de la terre, qui étant pleine de mines, de rochers,etc. placés en plus grand nombre vers les pôles qu’ailieurs, mais rarement dans la direction du méridien, obligent l’aiguille à tendre, en général, vers les pôles, mais avec de§ variations.
- Plusieurs attribuent la déclinaison aux mines d’aimant et de 1er, qui, ayant plus de vertu magnétique que le reste de la terre , attirent l’aiguille avec plus de force.
- Enfin : il y a des physiciens qui
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- ent imaginé que les tremble mens de terre, ou les grandes marées, ont pu déranger plusieurs parties considérables de la terre, et en changer l’axe magnétique qui étoit originairement le môme que l’axe de la terre.
- Mais toutes ces hypothèses sont détruites par la variation de laVa-nahon , c’est-.à-dire, par le changement continuel de la déclinaison dans le même lieu , phénomène singulier, et cependant démontré par toutes les observations modernes.
- C’est ce qui a engagé Halley à donner un nouveau système, qui est le résultat d’une infinité d’observations et de plusieurs grands voyages ordonnés à ce sujet par la nation anglaise.
- Des observations qu’il a recueillies , Halley a imaginé cette hypothèse , que tout le globe entier de la terre est un grand aimant ayant .quatre pôles magnétiques ou points d’attraction , deux voisins du pôle artique du monde , deux voisins du pôle antarctique , et que l’aiguille , en quelque lieu qu’elle soit, éprouve l’action de chacun de .ces quatre pôles , mais toujours une action plus lorte du pôle dont elle est plus voisine que des autres.
- C’est sur ces principes que Haljey a fait dresser une carte du globe où toutes les déclinaisons de l’aiguille aimantée sur tous les parages du globe , sont marquées par des lignes courbes prolongées sur tous les points de la terre où on a rencontré la même déclinaison ; mais cette carte ne peut être d’aucun usage pour les navigateurs, parce que la déclinaison a changé et varié dans les différens parages.
- ( Musique ) On entend par variations en musique, toutes les manières de broder et doubler un air , soit par des diminutions, soit par des passages ou autres agrémens qui ornent et figurent cet air. A quelque degré qu’ou multiplie et charge les variations , il faut toujours qu’à travers ces broderies on reconnaisse le fond de l’air que l’on appelle le simple, et il faut en même tems que le caractère de chaque variation soit marqué par des .différences qui
- y A R Soï Soutiennent i’atteaiion et préviennent l’ennui.
- VARICE, s. f. du latin varix qui signifie dilatation d’une veine.
- ( Chirurgie ) On donne le nom de varices à ces tumeurs molles , inégales, noùeuses ou tortueuses , indolentes , livides ou noirâtres , causées par la dilatation de quelque veine engorgée d’un sang épais ou gêné qui s’y rallentif.
- VARICOCÈLE, s. m. du latin varix, dilatation de veine ou vein.e dilatée, et du grec ( kélê) , tumeur , hernie.
- ( Chirurgie ) Fausse hernie , ou tumeur du scrotum, causée par des varices qui se forment autour des testicules et des vaisseaux spermatiques. C’est la même chose que CIR-SOCELE. K ce mot.
- VARICOMPHALE, s. m. du lat. varix, veine dilatée, et du grec o/x-<px\cs (omphalos) , nombril.
- ( Chirurgie) Tumeur variqueuse-de quelques vaisseaux du nombril.
- VARIÉTÉ, s. f. du latin varie-las, fait de vario , changer, varier: diversité.
- ( Hist, nat. ) En minéralogie , variétés et espèces sont des ..termes synonymes , ou plutôt les variétés tiennent lieu d’espèces; mais en bo-tique, variété se dit d’une plante qui diffère de l’espèce par certaines notes évanescibles ou variables, soit par une culture continuée, soit par la reproduction par grain,
- ( Littéral. ) Variétés se dit an pluriel pour mélange : variétés morales, variétés littéraires, variétés philosophiques.
- VARIETUR {ne), expression latine usitée principalement au palais^ pour dire, de peur qu’une chose ne soit changée. Quand une partie représente quelque pièce , ou quel-qu’acte dont on veut tirer des inductions , soit par inscription en faux , ou autrement, on ordonne que, paf chacune des parties et par le juge , elle sera paraphée ne varietur, pour prévenir les changemens qu’on pour-roit y faire.
- VARIOLEUX, EUSS , ou VARIOLIQUE , adjectif du latin va-riohe.
- ( Jléd. ) Il se dit de ce qui a rap-
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- port a la petite vérole i la matière varioleuse , l’inoculation variolique.
- VARIOLÉE, s. f. du latin varioles, la petite vérole , et du grec >,1805 ( lithos), pierre : pierre variolée.
- ( Minéral. ) On a donné ce nom à des pierres roulées qui présentent à leur surface de petites protubérances circulaires de deux ou trois lignes de diamètre, d’une couleur plus claire que le fond de la pierre, et auxquelles on a trouvé quelque ressemblance avec les grains de la petite vérole , d’où vient leur nom.
- VARIORUM ( cum no lis ).
- ( JBibliogr. ) Expression latine en usage parmi les littérateurs et les bibliographes, et qui sert à désigner une collection d’auteurs anciens et modernes latins , imprimée avec les notes d’un grand nombre de commentateurs, cum no lis vario-rum , ou cum selectis variomm observationibus. Çette collection monte à 397 volumes. Consultez la bibliographie de Debure , pag. 680 du tome 7.
- VARIQUEUX, SE , adj. du lat. varicosus , qui signifie celui qui a des varices aux jambes.
- ( Chirurgie ) On donne ce nom aux tumeurs causées par des varices, et aux vaisseaux veineux trop dilatés. '
- VASCULEUX, SE, ou VASCULAIRE, adj. du lat. vasculum , diminutif de vas, petit vase: qui est rempli de petits vaisseaux.
- ÇAnat. ) L’œsophage est composé de plusieurs membranes dont il y en a une appelée vasculeuse, parce qu’elle est composée d’üne infinité de vaisseaux.
- VASE (con/>e) , s. m. du' latin vas, vasis.
- (.Architecture, sculpture ) Vaisseau qui est fait pour contenir des liquides, mais qui , d’ordinaire, est plus de parade que d’usage ; c’est quelquefois un ornement de sculpture isolé et creux , qui posé sur un socle, ou sur un piédestal, sert pour décorer les bâtimens et les jardins. En architecture , vase est le corps du chapiteau corinthien et de composite.
- VASE, (bourbe) , du saxon J'acs,
- VAU
- humidité; chose humectée : bourbe qui est au fond de la mer, des fleuves, des étangs, des marais.
- ( H ist. nat.) Vase de mer ; c’est, un limon gras et onctueux que la mer rejette sur ses bords , eu qu’elle accumule dans les anses , les golfes’et autres endroits où ses eaux sont tranquilles.
- Quelques naturalistes prétendent que cette vase est principalement formée des débris d’animaux marins.
- VATICAN, s. m. du dieu Vatican.
- ( 'Topographie') Vatican est le nom d’une des sept collines de la ville de Rome, ainsi appelée à cause des oracles et des prédictions qniavoient coutume de s’y faire par l’inspiration du dieu Vatican , d’où l’on a fait vaticinium , et vaticinalor, pour exprimer les prédictions, et ceux qui les font.
- On voit actuellement sur le Va-tican , le magnifique palais des papes , et l’église de Saint - Pierre , qui passe pour la plus grande et la plus belle du monde ; c’est de là qu’011 dit les foudres du Vatican , pour dire les anathèmes de Rome ; la bibliothèque du C a tic an ; les manusciits du Vatican.
- VAUDEVILLE , s. m. Corruption de vau-de-vire.
- ( Poésie) Sorte de chanson à couplets , qui roule ordinairement sur des sujets badins ousatyriques. Quelques-uns font remonter l’origine du vaudeville jusqu’au règne de Charlemagne , mais selon la plus commune opinion , il fut inventé par Olivier Earselin , foulon de Vire en Normandie ; et comme pour danser sur ces chants on s’assembloit dans Je val de Vire , ils furent appelés vaux-de-vire, puis par corruption, vaudevilles.
- L’air des vaudevilles est communément peu musical ; on n’y sent , pour l’ordinaire , ni goût, ni chant, ni mesure; mais comme on n’y fait attention qu’aux paroles, l’air sert à rendre la récitation plus appuyée.
- Le vaudeville appartient exclusivement aux François, et iis en ont de très-piquant et de très-plaisant.
- JBoiieau, dans son Art poétique .a
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- consacré quelques vers à exprimer le caractère libre, enjoué et badin de ce petit poème. Voici comme il en parle , après avoir peint l’esprit du poème satyrique :
- D'un trait de ee poëme, entions mots si fertile, Le françois né malin créa le Vaudeville ; Agréable, indiscret, qui, conduit parle chant, Passe de bouche en bouche et s’accroît en marchant.
- La liberté françoise en ses vers se déploie ; OAfenfant du plaisir veut naître dans la joie.
- VECTEUR, s. m. du latin veho', vecLum, porter, transporter.
- (Astron.) Rayon vecteur; c’est la distance d’une planète, ou une ligne qu’on suppo e tirée d’une planète qui se meut autour d’un centre ou du foyer d’une ellipse , à ee centre ou à ce foyer. Cette ligne est ainsi appelée, parce que c’est celle par laquelle la planète paroît, pour ainsi dire , être portée, et avec laquelle elle décrit des aires proportionnelles au tems , autour du foyer de son orbite que le soleil occupe.
- VEDETTE, s. f. de l’italien vc-delta.
- (Art mi lit. ) C’est le nom d’une sentinelle de cavalerie ; c’est un cavalier qui fait le guet pour la garde d’un camp , d’une place, etc. Mettre en vedette, être en vedette.
- VÉGÉTAL, VÉGÉTAUX, s. m. du latin vegeto, donner, prendre de la vigueur.
- ( Botan. ) On appelle végétaux ou plantes tout ce qui vient d’une graine , qui se développe et vit sans avoir la faculté de se mouvoir volontairement, et qui perpétue son espèce au moyen de ses graines , ou par quelques moyens équivalens ., comme par les caïeux, les boutures, etc.
- Régné végétal ; c’est une expression par laquelle on désigne l’ensemble des végétaux. Le règne végétal fôrmoit une des trois grandes divisions des corps naturels , divisions que les naturalistes modernes ont réduites à deux, attendu, disent-ils, qu’il n’est pas possible de déterminer d’une manière précise les limites de ces trois prétendus rognesj c’est-à-dire , de déterminer
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- exactement où cesse, l’animal, où commence le végétal, et où finit le minéral. Mais, comme une distance infinie semble séparer le végétal et l’animal de la pierre la plus parfaite et du fossile le plus travaillé , ils ont cru qu’il étoit plus raisonnable vie diviser les corps naturels en deux principaux règnes, savoir : le règne inorganique ou minéral, et le règne organisé , végétal ou animal. Foy. RÈGNE.
- VÉGÉTATION , s. f. du latin vegetalio, fait de vegelo , donner , prendre de la vigueur.
- ( Botan, ) La végétation est le développement successif des parties qui concourent à la perfection du végétal.
- VÉHICULE, s. m. du latin vehi-culuni, fait de velio , porter.
- ( JMéd. ) Il se dit de ce qui sert à conduire, chasser , pousser, à faire passer plus facilement. Les purgations servent de véhicule aux humeurs peccantes, pour les porter hors du corps. Les artères sont les véhicules du sang et des esprits.
- VEILLE , s, f. du latin vigilia , fait de vigilo , veiller: privation du sommeil de la nuit.
- , ( Méd. 'j On appelle veille cet état du corps humain dans lequel les actions des sens internes et externes et des mu scies peuvent se faire facilement, sans trouver aucune résistance , et recevoir avec la môme facilité l’impression des objets.
- ( Botan. ) Veilles des plantes ; c’est la détermination des heures du jour auxquelles les fleurs des plantes s’ouvrent, restent épanouies et se ferment.
- ( Marine) Feille , à la veille ; les marins entendent par cette expression , un objet qui paraît hors de l’eau et surnage, sur-tout en parlant des bouées.
- Bouée à la veille ; c’est celle qui flotte sur l’eau verticalement au dessus de l’ancre mouillée au fond , à laquelle elle est liée par son orin.
- Ancre de veille ou ancre à la veille ; c’est celle qui esl suspendue au bossoir, dégagée de tout ce qui pouvoit la retenir, et prête à cire mouillée.
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- ( Antiquités) Vcille , suivant les anciens, étoit une partie de la nuit qui étoit divisée en quatre 'veilles.
- ( Lilhurgie ) Veille se dit du jour qui précède une te te. Autrefois, on passoit la nuit en oraison pour se
- Séparer à la célébration d’une fête.
- epuis on a donné ce nom aux autres jours remarquables, et l’on dit, dans le langage ordinaire , la veille de l’entrée du roi , la veille de moti départ.
- VEINE, s. f. du îat. venu.
- ( Anal. ) Les veines sont des vaisseaux destinés à recevoir de toutes les parties du corps le sang qui y a été porté par les artères. Leur structure est à peu près la môme, avec cette différence que leurs parois sont plus minces, et que le sang qui y circule y est soutenu par des valvules qui eiitre-eoupent leur cavité d’espace en espace.
- ( Minéral.) JAeines métalliques; voy. FILONS, MINES.
- ( 1 echnol. ) Peines de bois ; on donne ce nom, dans l’art de l’ébé-nisterie , aux bandes ou rayures colorées, droites ou courbes, plus ou moins larges, plus ou moins claires, qu’on aperçoit à la surface d’un bois poli, et qui tranchent avec le fond de sa couieur.
- VEINÉ, ÉE, ou VEINEUX, SE, adj. de ce qui est plein de veines.
- VELIN, s. m. du latin vitellina, en sous-entendant pcllis, peau de veau.
- ( T echnol. ) Peau de veau préparée. On emploie pour le vélin des veaux depuis l’âge de huit jours jusqu’à six semaines. Les veaux qui ont le poil blanc font le plus beau vélin.
- Le vélin le plus beau et le plus recherché est celui qui est fait de la peau d’un fœtus, lorsqu’à la boucherie on a tué une vache qui étoit pleine: on les appelle des velots.
- Saint Jérôme , et après lui la plupart des savaus, font honneur de l’invention du vélin à Cratès le grammairien, contemporain d’Atta-lus, et son ambassadeur à Rome.
- Papier vélin; on appelle ainsi «n papier imitant la blancheur et huai du vélin , où il ne paroit aucune des marques nommées pontuseaux et verge arts.
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- VÉLITES, s. m. du latin vclcs, velitis , soldat armé à la légère.
- ( Art. mïlit. ) Les véliles étoient des soldats romains choisis entre les plus jeunes et les moins riches. Us étoient armés d’une épée , d’un javelot et d’un bouclier assez grand pour mettre son homme à couvert. Leur javelot étoit une espèce de dard dont le bois avoit pour l’ordinaire deux coudées de long et un doigt de grosseur.La pointe étoitlongue d’une grande palme, et si amenuisée qu,&u premier coup elle se faussoit, de sorte que les ennemis ne pouvoieut pas la renvoyer, c’est ce qui la dislim guoit des autres traits.
- Il y a dans l’armée françoise un corps de vélites, composé des conscrits que 1. ur petite taille n'a pu faire admettre dans les autres corps.
- VÉLOCITÉ, s, f. du latin vélocités , fait de velox, vite , qui va vite ; c’est la même chose que VITESSE. F. ce mot,
- VELOURS , s. m. du latin villa-sutn, dont on a fait d’abord velueil, veluyau, puis velous , et eufm velours.
- ( IManuf. ) Le velours est une* étoffe de soie couverte à l’endroit, d’un poil épais, court, serré , très-doux, et dont l’envers est une espèce de tissu extrêmement fort et pressé.
- Le velours fut inventé à Gênes, sous Louis XII ; et en i536 , les sieurs Etienne Turquetti, et Bar-tlielemi Noms, génois, en établirent une manufacture à Lyon.
- Felours de coton ; la fabrique de ce velours a été imaginée en ‘ Angleterre en 1747.
- VELOUTÉ , adj. de VELOURS. V. ce mot,
- (Anat.) On appelle dans l’homme et les animaux , le velouté de l’estomac , des intestins, de la vessie et de la vésicule du fiel, la surface intérieure de ces parties , qui est comme hérissée d’un nombre infini de petits filets , comme du velours , qui sert à défendre ces parties de l’impression trop vive des corps qui les touchent.
- VELTE , s. f, ou VERGE, s. f.
- ( Métrol, ) Mesure de liqueur en usage dans plusieuss pays.
- La vclle de-Paris , que l’on an-
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- peloit aussi septier, dans quelques endroits , contient huit pintes de Paris.
- Dans le système des nouvelles mesurés ,velte est le terme vulgaire employé concurremment avec le nom de DÉCALITRE. V. ce mot.
- VELU, UE, adj. du lat. villosus.
- ( Botaiu ) Il se dit en botanique, de ce qui est garni de poils longs , mous , très-serrés ; et c’est particulièrement par ce dernier caractère que vélu (litière de poilu.
- VENDÉMI 4IRfî , s. m. du lat. vindemia , la vendange.
- ( Chronol. ) Premier mois de l’année de la République françoise. Ce mois qui a trente jours comme les autres , commence le 22 septembre , et finit le 21 octobre ; mais dans l’ahnée qui suit immédiatement l’année sextile , ce mois commence le 23 septembre , et finit le 22 octobre , parce que l’année sextile a six jours complémentaires. Ce mois est ainsi appelé , parce que c’est communément le terns des vendanges,
- VENDREDI, s. ni. composé du latin dies, jour, et de Vénus, Venais , la déesse Vénus.
- ( Chronol. ) Sixième jour de la semaine, consacré autrefois à Vénus, dont il a conservé le nom. il est appelé dans l’église Feria - Sexta ; c’est le jour consacré à Dieu chez les Turcs, comme le dimanche chez les chrétiens.
- VÉNÉNEUX, SE , adj. du latin venenij'er, fai t de venenuin, poison; qui a du venin.
- ( Botan. ) ll.se dit ordinairement des plantes ; c’est la même chose que venimeux ; mais celui-ci se dit plus particulièrement des animaux.
- VÉNERIE, s. f. du latin venari, chasser : l’art de chasser avec des chiens courans à tontes sortes de bêtes, particulièrement aux bêtes fauves.
- L’équipage particulier à la chasse du sanglier se nomme vautrait, et celui qui sert pour le loup, prend la dénomination de louveleric.
- L’art de la chasse fut en honneur dès les tems les plus anciens ; la mythologie le -consacra en lui donnant
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- des dieux pour inventeurs et pouf protecteurs.
- Apollon et Diane l’enseignèrent à Chiron , pour récompenser sa justice ; et Diane fut considérée comme la déesse des chasseurs. C'étoit pour les Grecs une occupation à laquelle ils attachoient beaucoup d’importance ; Persée passoit chez eux pour le plus ancien des chasseurs ; Alexandre , Cyrus , et d’au! res grands hommes de la Grèce , firent de la chasse un exercice favori, et Xéùo-phon, exilé après sa fameuse retraite des dix mille , composa les Cynégétiques ou traité de la chasse, sur les bords de la Sélenonte, non loin du mont Pholoë, dont les forêts nourrissoient une quantité de cerfs et de sangliers. Les Romains s'adonnèrent aussi à la chasse et en firent une affaire importante : c’étoit l’amusement de la jeunesse de Rome. Emilius donna au jeune Sc ipion , un équipage de chasse , semblable à ceux des rois de Macédoine. Jules-César , Pompée, étoient de grands chasseurs. Plusieurs auteurs, tant Grecs que Romains, ont fait l’éloge de la, chasse ; Pline y voit l’origine des Etats monarchiques.
- En France, les rois de la première race se sont réservés de grandes forêts, et ils y passoient des saisons entières pour chasser. Gontran , roi d’Orléans et de Bourgogne, étoit si jaloux de la chasse , qu’il en coûta la vie à trois de ses courtisans pour avoir tué un cerf dans les Vauges, saus sa permission. Charlemagne et ses successeurs n’avoient point de séjour fixe , tant étoit grande leur passion pour la chasse ; ils alloient successivement d’Aix-la-Chapelle,dans l’Aquitaine, et du palais de Casenveil, dans celui d.e Verberie. Toutes les assemblées générales de la nation se terminoient par une chasse. Cet amusement a toujours plu aux François : il doit succéder aux fatigues de la guerre ; il doit même les précéder. Savoir marner les chevaux et les armes sont destalens communs au chasseur et au guerrier. La chasse est l’école agréable d’un art nécessaire. L’habitude au mouvement, à la fatigue ; l'adresse , la légèreté du .corps , ai .nécessaires pour soutenir .et me ma pour secondai" le .courage, se pven-
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- nent à la chasse et se portent à la guerre.
- VENERIEN , NE , adj. du latin vencrcus , fait de Vénus, Venais, Venus : qui concerne Venus.
- {JS'lédl) On appelle mal vénérien ou maladie vénérienne , la grosse vérole et tous les accidens qui re-connoissent pour cause un virus contracté originairement par un commerce impur; cette maladie est ainsi appelée de Vénus, que les anciens regardoient comme la déesse de la beauté et de la volupté.
- VENIMEUX , SE , adj. du latin venenatus , fait de venenuni , venin : qui a du venin.
- . (iliVc/.) Ce mot signifie la mèmé chose que vénéneux ; mais il s’applique particulièrement aux animaux ; au lieu que vénéneux se dit des plantes et des minéraux. Les ser-pens , les vipères, sont des animaux venimeux.
- VENIN , s. m. du lat. venenum.
- ( Méd. ) Qualité maligne qui est en quelques animaux , qui est dangereuse aux autres , qui les tue.
- Venin se dit aussi de certaines qualités qui se trouvent dans quelques maladies malignes. Il y a du venin dans celte fièvre ; le . venin de la peste.
- VENT, s. m. du latin ventus.
- ( Physique ) Météore aérien / mouvement de translation de l’air , par lequel une portion assez considérable de l’atmosphère est. poussée d’un lieu dans un autre, avec une vitesse plus ou moins grande , et dans une direction déterminée.
- Les vents prennent différensnom s relativement à leur direction, relativement aux différens points de l’horizon où ils soufflent. •
- Celui qui souffle du nord vers le sud , s’appelle v ent de nord.
- Celui qui souffle dans une direction contraire , s’appelle vent de sud. 1
- Celui qui souffle du couchant au levants’appelle vent d’ouest.
- Celui qui souffle du levant au couchant, s’appelle v ent d’est.
- Les vents sont divisés en généraux ou consfans , en périodiques ou réglés , et en variables.
- Les vents généraux ou ronstans , soat ceux qui soufflent toujours tu
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- même côté. Tels sont les vents . alizés ( V. ce mot), qu’on remarque entre les deux tropiques , et qui soufflent constamment de l’est à l’ouest , avec seulement quelques variations périodiques , suivant les diiférentes déclinaisons du soleil.
- Les vents réglés ou périodiques sont ceux qui soufflent périodiquement d’un point dans un certain tems , et d’un autre , dans un autre tems. Tels sont. les moussons, qui souillent du sud - est , depuis • le mois d’octobre jusqu’au mois de mai ; et du nord - ouest, depuis le mois de mai jusqu’au mois d’octobre , entre la côte de Zanguebar et l’île de Madagascar. Tels sont encore les vents de terre et de mer qui soufflent de la mer à la terre le matin, et. de la terre à la mer sur le soir.
- Les vents variables sont ceux qui soufflent tantôt d’un côté, tantôt d’un autre , et qui commencent ou cessent sans aucune règle, soit par rapport aux lieux , soit par rapport aux tems, et qui sont par conséquent variables, soit par la direction , soit par la durée, soit par la vitesse. Pour la cause physique des vents , consultez les ouvrages de physique.
- ( Méd. ) Vents se dit aussi d’un air renfermé dans le corps des animaux , quand il sort par haut ou par bas : c’est la même chose que FLATUOSITÉ. V. ce mot.
- ( Marine) Les marins considèrent Tes vents sous différens rapports, relativement à l’usage qu’ils en lont. Le premier de c,es rapports est la direction. Pour désigner et connoître la direction du vent , on se sert des rurnbs ou divisions de la boussole , tracés sur un carton que les marins appellent rose des vents. Voyez RUMB, BOUSSOLE.
- Le second rapport du vent est sa vitesse ou sa force : ils en distinguent les différens degrés ou la rapidité, par les expressions ci-après : petit vent, vent foihle ou vent mou, grand vent, gros vent, frais, petit j rais, grand frais , coup de vent, grain de vent, bon vent.
- Un troisième rapport du vent est celui du plus on moins de faveur qu’il présente à la route..
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- Veut de bout, celui qui souffle vents ont une régularité journalière, du point même de l’horizon où l’on Vent du large, ou brise du large,
- voudroit se diviser. ou vent d'aval ( V. AVAL') : c’est
- Vent maniable, celui qui permet toutes les manœuvres.
- Vent forcé, celui qui ne permettant pas de faire route au plus près , oblige de mettre à la cape.
- Veut étale ou vent fait, celui qui souffle régulièrement et qui paroît devoir durer.
- Va,nt arrière ou vent en poupe.
- Vent laigue , celui qui fait un angle obtus avec la’route du vaisseau.
- Veut de quartier, celui qui est perpendiculaire à la route du vaisseau.
- Vent de bouline, celui dont la direction fait avec la route du vaisseau un angle aigu, et oblige pour faire route, de s’orienter au plus près. Il est ainsi nommé, parce qu’on est obligé de faire usage des boulines.
- Vent au plus près, celui qui fait avec la quille du vaisseau un angle le plus aigu possible.
- Vent devant , c’est lorsque le vent vient droit de l’avant du vaisseau 5 ce qui arrive sous voile en plusieurs cas , ou malgré soi , si le timonier a mal gouverné ; ou si le vent a sauté tout à coup et s’est rangé de l’avant ; ou enfin par la force des courans ; c’est ce qu’on appelle prendre vent devant ou • faire chapelle. Ou bien cela a lieu volontairement lorsqu’on veut virer de bord : dans ce cas on emploie l’expression donner vent devant, pour désigner le moment où par le moyen du gouvernail , on fait présenter la proue du vaisseau droit au veut , pour l’avoir ensuite sur l’autre bord , en continuant, de tourner, et en changeant de côté les armures des voiles. V. Virer de bord vent devant.
- Un quatrième rapport sous lequel les marins considèrent le vent, est celui de sa direction par rapport à la terre ou aux côtes. Ainsi le vent de terre , appelé dans quelques endroits vent d’amont, ( V. AMONT,) est celui qui vient du côté de la terre, ou qui souffle de la côte vers la pleine mer. On l’appelle brise de terre, dans les parages des pays chauds, où-ces
- celui qui souffle du côté de la pleine mer et se dirige sur la terre.
- Vent traversier v. TRAVERSER.
- Si l’on considère le vent quant à la situation des objets, et sur-tout des vaisseaux , comparée à la direction d’où le vent souille , il en résulte un cinquième rapport :
- yîu venL, cette expression indique la situation de l’objet qui est plus près de la source ou de l’origine du vent que l’autre objet, vaisseau , etc. avec lequel on le compare , et qui par rapport au premier se trouve sous le vent, c’est-à-dire, plus éloigné de la source ou origine du vent que l’autre.
- Sous ce rapport, par lequel on considère le vent comme un courant d’air, dont la partie supérieure est vers la source, le dessus du vent on Vavantage du vent, qui se dit quelquefois le vent, veut dire toujours le côté qui est le plus près de l’origine du vent.
- Par exemple, lorsque deux escadres sont en présence , Vescadre du vent est celle qui est le plus près de la source du vent ou vers le haut de ce courant d’air , relativement à l’autre escadre , à laquelle on la compare : la première a le dessus du vent ou l’avantage du vent, et l’autre est Yescadre sous le vent. De là cette distinction employée dans toutes choses : le coté dupent, et le côté sous le vent.
- ^tvoir le vent sur un vaisseau ,• c’est être au vent à lui ; c’est avoir l’avantage du vent sur lui.
- Gagner le vent ; c’est à force de courir des bords et de louvoyer, ordinairement en compétition avec un vaisseau ennemi, parvenir à être plus élevé dans le vent que lui ; ce qui est regardé comme un grand avantage pour combattre avec succès.
- Tomber sous le vent ; c’est lorsqu’étant désemparé, un vaisseau est hors d’état de se maintenir dans sa direction et qu’il a dérivé , ou qu’il est entraîné hors de sa route , loin de la source du vent.
- Vent dessus ; on dit qu’une voile a le vent dessus , ou que le vent est
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- sur la voile, lorsqu’il frappe sur la sinfar-e antérieure de cette voile, ce qui s’appelle une voile coiffée.
- On dit au contraire , qu’une, voile a le -vent dedans, ou que le vent est dans la voile, lorsqu’il i’rappe la surface postérieure de cette voile.
- On dit qu’un vaisseau est vent dessus , vent dedans , lorsqu’un de ses huniers ou les voiles d’un des mâts sont coiffées . et l’autre hunier ou les voiles de l’autre mât sont enflées par le vent comme à i’crdinaire ; ce qui s’appelle plus proprement être en panne.
- VENTE , s. f. du latin vendo, vendre.
- ( Pratique ) Aliénation à prix d’argent.
- Contrat de vente ; c’est un acte par lequel un des contractans qui est Je vendeur , s’oblige envers un autre qui est l’acquéreur de lui livrer la propriété et la jouissance de la chose convenue, moyennant un certain prix.
- yente forcée ; c’est celle qui est faite pour cause d’utilité publique ou par autorité de justice ; c’est aussi une vente faite par celui qui a voit contracté l’obligation de vendre.
- Pente se dit aussi , en parlant d’eaux et forêts , de la partie d’une forêt, d’un bois, qui vient d’être coupé. C’est dans ce sens qu’on dit vider, nettoyer les ventes , pour dire , enlever le bois qui est coupé. C’est de là encore qu’on appelle jeunes ventes, les ventes où le bois coupé commence à revenir.
- VENTILATEUR , s. m. du latin ventilo , faire du vent, exposer au vent : ce qui seit à donner du vent.
- {Phys. ) Macliinepar lemovende laquelle en peut renouveler l’air dans les endroits où ce renonvellementpeut devenir utile ou nécessaire. Tels-sont les vaisseaux , les chambres des malades , les hôpitaux, les salles de spectacle, et en général tous les en-* droits où il s’assembie beaucoup de monde.
- Le premier projet d’une semblable machine fut. lu dans une assemblée de la société royale de Londres, au mois de mai 1741. Au mois de no-
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- vernbre suivant, M. Triewald, m~-génieur du roi de Suède, écrivit à M. Mortimer, secrétaire de la société royale, qu’il avoit inventé une machine propre à renouveler l’air de» entreponts les plus bas des vais: eaux. Lp t éièbre lïaiès a inventé un ven-Ulateur dont on fait maintenant un usage uni versel dans la marine. Consultez la description du ventilateur de j Haies, par Demours, médecin de Paris. In-12,, 1744.
- VENTÔSE, s. m. du laf. ven-tosus , venteux.
- ( Chronol. ) Sixième mois de l’année de la Piépublique Françoise : ce mois qui a trente jours comme les onze autres , commence le ip lévrier, et finit le 20 mars; mais dans l’année qui suit immédiatement l'année sextile , eç mois ventôse commence le 20 février et finit le 20 mars ; parce que l’année sextile a six jours complémentaires ; ce qui retarde d’un jour le commencement de l’année suivante. On a donné à ce nouveau mois le nom de ventôse, h cause des grands vents qui soufflent ordinairement dans ce mois.
- VENTOUSE , s. f. du latin ven-tosus , plein de vent.
- ( Chirurgie ) Instrument de chirurgie, petit vaisseau ordinairement de verre , fait en poire , qu’on applique sur la peau pour attirer avec violence les humeurs du dedans au dehors.
- ( Hydraul. ) yentouse se dit de-l’ouverture d’un petit soupirail qu’011 laisse dans les tuyaux, dans des conduits de fontaine pour faciliter l’échappée des vents, ou pour leur donner de l’air quand il est besoin.
- ( Arc hit. ) yentouse de cheminée y c’est une espèce de soupirail pratiqué sous la tablette , ou aux deux angles de l’âtre d’une cheminée , pour chasser la fumée.
- ( Jardin. ) /rientouse est encore une branche surnuméraire et même défectueuse qu’on laisse à certain» arbres , afin de consumer leur sève , et qu’on supprime peu à peu, quand ils deviennent sages. Sans cette industrie , les arbres fruitiers four-milleroient incessamment de branches gourmandes et de faux bois. VENTRE , s. m. du lat, venter.
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- VER
- ( Anal. ) Ce mot se prend en dif-fèrens sens. Chez les anatomistes modernes, il veut dire , dans sa signification la plus étendue, une cavité remarquable où sont contenus quelques-uns des principaux viscères. A prendre ce terme en ce sens , tout le corps est divisé en trois ventres , dont le plus bas s’appelle communément l’abdomen ; celui du milieu, le thorax ; celui d’en haut, la cavité de la tête. Mais on prend ordinairement le terme de ventre dans un sens plus déterminé , pour l’abdomen et la région d’entre le diaphragme et les parties naturelles.
- VENTRICULE, s. m. du latin ventriculus, diminutif de venter, ventre : petit ventre.
- ( Anat. ) On donne ce nom à l’estomac. Il se dit aussi de différentes cavités :
- Les ventricules du cerveau , les ventricules du cœur, les ventricules du larynx.
- VENTRILOQUE, s. m. et adj. du latin venter, ventre, et de loquor, parler : qui parle du ventre. Foy. GASTRILOQUE , ENGASTRl-MYTHE.
- VENUS , s. f. du latin Fénus , Feneris , nom d’une des divinités des anciens»
- (Astron. ) Fénus est aussi le nom d’une des planètes inférieures qui tourne autour du soleil en 224 jours, à une distance de 25 millions de lieues.
- Fénus est aisée à reconnoître par son éclat et sa blancheur , qui surpassent celles de toutes les autres planètes.
- Les passages de Fénus sur le soleil en 1761, ont fait connoître aux astronomes les véritables distances du soieil , et de toutes les planètes au soleil.
- ( Minéral. ) Fénus , en termes de chimie , signifie le cuivre.
- VAPRE, s. f. du latin vespcr ou hesperus , l’étoile du berger ou l’étoile de Vénus , qui paroît le soir, quand elle est occidentale.
- ( Lithurgie ) Partie de l’office divin , ainsi appelé, parce qu’on le djsoit autrefois sur le soir.
- VERBE , s. m, du latin verhum.
- VER
- ( Qranim. ) Partie de l’oraison dont le principal usage est de sigui-» fier l’affirmation.
- VERBÉRATION, du latin ver-bero , battre , et d‘‘ago , agir : l’action de battre.
- ( Physique ) Les physiciens se servent de ce terme pour expliquer la cause du son , qui ne provient que de la verbération de Pair choqué et frappé en plusieurs manières qui font les sons différens.
- VERGE ,* s. f. du latin virga , sorte de petite baguette longue et flexible.
- ( Mélrol. ) Fcrge est en certains pays, une mesure dont on se sert pour mesurer les terres. On donne aussi ce nom à une mesure pour les étoffes.
- ( Anat. ) Fergeest le nom d’un organe destiné par la nature à l’éjection de la semence et l’émission de l’urine.
- ( Physique ) Fciges au plurier , se dit d’un météore lumineux que l’on appelle autrement columellce et fines lentorii : c’est un assemblage de plusieurs rayons de lumière qui représentent comme des cordes tendues.
- VERGER , s. m. du lat. virula-rium, d’où les Italiens ont fait ver-ziere, et les Espagnols vergel.
- ( Jardin. ) Lieu planté d’arbres fruitiers en plein vent.
- VERGLAS , s. m. du lat. viridis glacies, glace verte.
- ( Physique ) On donne ce norrf à la glace qui s’étend et s’attache sur les pavés , en prenant une face très-lisse ; ce qui rend le marcher très-difficile pour les hommes , les chevaux, etc.
- VERGUE , s. f. anciennement VERGE , du latin virga.
- ( Marine ) Pièce de bois légère , ordinairement de sapin , longue , arrondie , qui sert à supporter les voiles des vaisseaux , en y attachant le côté supérieur de la voile.
- VERMEIL, LE, adj.. du latin vermiculus, espèce de petit ver qui contient une humeur rouge, dont, on teignoit autrefois les draps de soie : couleur vermeille.
- VERMEIL, s, m. même origine que le précédent,
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- Sis VER
- ( Orfèvrerie') Kermedestle nbm qu’on donne à l’argent doré ; c’est de i’or amalgamé avec du mercure.
- VERMEILLE, s. f. même origine que VERMEIL.
- ( Minéral. ) On donne ce nom dans le commerce de la bijouterie, tantôt à un rubis spin elle , d’une couleur rouge écarlate , tantôt à un grenat dont la couleur rouge tire un peu sur l’orangé :
- La première de ces gemmes est appelée vermeille orientale ;
- La seconde, vermeille commune ou occidentale.
- VERMICELLE, s. m. de l’italien vermicello , petit ver , vermisseau.
- ( Econ. dom. ) Nom d’une pâte faite avec du gruau de froment, pâte que l’on pétrit fort dure, que l’on sale légèrement, et à laquelle on -ajoute quelquefois quelques pincées de safran en poudre, et qu’ensuite on transforme en cylindres contournés , plus ou moins gros, ou en rubans , par le moyen d’une presse percée de trous.
- Le macaroni, le hagne, le lasagne et le pâtre, ne sont que des espèces de vermicelle.
- VERMICULAIRE , adj. du latin vermiculus , vermisseau : qui a du rapport aux petits vers.
- ( Anctt. ) On cjit Vappendice vermiculaire du cæcum ; les éminences ventriculaires du cervelet ; le mouvement vermiculaire des intestins.
- VERMICULANT , TE , adj. du lat. vermiculus, petit ver.
- ( Méd. ) Il se dit d’une espèce de pouls semblable au mouvement ondoyant des vers qui rampent.
- VERMIFUGE , adj. et s. m. du lat. vernds , ver, et àerfugo, chasser : qui chasse les vers.
- ( Méd. ) 11 se dit des remèdes qui font mourir les vers et les chassent bois du corps. C’est la môme chose qu’ANTHELMENTIQUE. V. ce mot.
- VERMINEUX , SE , adj. du lat. vermis , ver.
- ( Méd. ) Epitîiète que l’on donne aux substances ou aux corps dans lesquels sa sont engendrés des vers, VERMOULU , UE . adj. du lat.
- VER.-
- vermis, ver , et de malo , moudre , quasi vernribus molutus , moulu par les vers ; qui est rongé par les vois ; qui est plein de vers.
- VERNIER, s. m. nom d’homme.
- (Astron. ) Espèce de division que l’on emploie dans les instrumens , pour subdiviser les degrés et distinguer facilement les minutes et les secondes. Elle est ainsi appelée du nom de son inventeur. Pierre Vernier , châtelain de Dornans, en Franche-Comté qui la publia dans un petit ouvrage imprimé à Bruxelles en i63i , intitulé la construction , l’usage et les propriétés du cadran nouveau. On l’appeloit ci-devant nonius , quoique Nonins , n’en soit pas l’inventeur ; mais il en avoit imaginé une autre qui eut beaucoup de célébrité dans le tems.
- VERNIS, s, m. du latin barbare vernix, la gomme du genièvre.
- ( d’echnol. ) On donne ce nom dans les arts, à toute matière liquide, appliquée par couches à la surface des corps , et qui a la propriété, après sa dessication , de les garantir des influences de l’air et de l’eau , et de les rendre luisans, sans détruire leur poli et sans masquer ni altérer leurs couleurs.
- Les Chinois et les Japonois, ont fait usage du vernis très-long-tems avant nous. Les missionnaires envoyés en Chine , furent les premiers qui, dans le 15e. siècle , donnèrent une connoissance confuse du vernis dont on se servoit en ce pays.
- Dans le dix-septième siècle , les pères Martino, Martini et Kircher , en parlèrent avec plus de détail, et le premier françois qui mit à profit les notions encore vagues de ces missionnaires , fut le père Jamait, h ermite , qui composa un vernis différent, il est vrai de celui de la Chine, mais qui passa pour tel et fut très-recherché. Dès qu’il en eut publié la composition , beaucoup de particuliers cherchèrent à le perfectionner et à en composer de nouveaux , auauoyen des différentes combinaisons des gommes , des résines , des bitumés, etc. Enfin le père d’incar-viile, nous apprit que le vernis employé par les Chinois , à couvrir les lambris, les planchers de leurs maisons,
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- soïjS, et la plupart de leurs meublés, êîoit produit par un arbre qu’ils ap-peioient tsichou ou tsi-chu , ce qui signifie arbre du 'vernis. Les botanistes n’ont pas su d’abord à quel genre de plantes appartenait, cer arbre , mais il est aujourd’hui reconnu que c’est Vaugie ou une espèce de badanier. Le vends du Japon provient d’un sumac.
- Le vernis doit être inattaquable par l’eau, transparent et durable; il doit s’étendre facilement , sécher de même , et ne laisser, lorsqu’il est sec , ni aucun pore , ni écaille. Or , les résines et les bitumes réunissent ces propriétés ; ce sont ces matières aussi qui font la base des vernis / mais il faut les disposer à ces usages en les dissolvant, en les divisant le pins qu’il est possible, et en les combinant de manière que les vires de celles qui sont sujettes à s’écailler , soient corrigés par d’autres.
- On peut, ditChaptal, dissoudre les résines par trois agens : par l’huile fixe, par l’huile volatile, et par l’alcoliol.
- On distingue en général deux sortes de vernis ; les uns qu’on appelle vernis dessicatifs, parce qu’ils se sèchent, promptement ; et les autres qu’on nomme vernis gras.
- Les vernis dessicatifs sont composés de matières résineuses tenues en dissolution par l’alcoliol. Lorsqu’on applique res vernis, l’alcoliol s’évapore promptement, et laisse les substances résineuses sous la forme d’un enduit brillant comme une glace ; mais ces vernis se dessèchent considérablement à l’air , et se fendent ou se gercent , inconvénient auquel ne sont point exposés les vernis gras.
- Les vernis gras se font en dissolvant dans des huiles , à l’aide du feu , les bitumes ou résines sur lesquels l’alcohol n’a point d’action. Ces vernis ne sont pas sujets à être altérés par l’eau , comme le sont les vernis à l’alcohol, mais le plus ordinairement ils sont colorés, et se sèchent plus difficilement.
- VÉROLE , s. f. du latin barbare variola , formé de varias, tacheté, moucheté, marqueté, ou de vari . mot employé par les Latins pour si-'Jbme III.
- VER sa
- gnifier les taches, les boutons qui viennent au visage.
- ( Med. ) Nom qui sert à désigner deux sortes de maladies bien différentes : la petite vérole et la grosse vérole.
- La petite vérole est un genre de maladie inflammatoire , exanthé-mateuse , le plus souvent épidémique , dont l’éruption consiste en pustules phlegmoneuses, qui tendent à la suppuration , et qui acquièrent la grandeur d’un poids.
- On a tout lieu de présumer que la petite vérole a été inconnue aux Grecs et aux Romains, puisqn’au-cun médecin de ce terris - là ne nous en a laissé la description , à mains qu’ils n’aient regardé ces éruptions comme un vice accessoire à la fièvre, et qu’ils ne les aient confondues avec d’autres fièvres éruptives , dont ils nous parlent. Ce qu’il y a de certain , c’est que les Arabes sont les premiers qui nous en aient donné une histoire distincte et détaillée. Rhasès est celui d’entr’eux qui en a le mieux traité. Il ne parle amais que d’après l’observation de a nature : la description qu’il donne de la petite vérole est si fidelle, que depuis le tems de ce fameux médecin jusqu’à ce moment, on n’a presque rien découvert de nouveau à ajouter à la bonne pratique des Arabes.
- On croit que cette maladie a eu son origine en Ethiopie ; qu’elle parut pour la première fois en Arabie , l’année de la naissance de Mahomet; qu’elle fut transportée d’Asie en Europe du tems des croisades , et qu’elle a passé d’Europe en Amérique , lors de la conquête du Pérou par Fernand Cortez. P~ov. INOCULATION, VACCINE.
- Grosse vérole, ou maladie vénérienne , ou mal napolitain, ou mal français ; c’est une maladie contagieuse , transmise par voie de génération , ou qui vient à la suite d’un commerce impur , et dont, la présence se manifeste par des excroissances, des boutons, des excoriations ou des ulcères, aux parties qui ont été exposées au contact immédiat du virus.
- L’origine de la vérole n’est pas fuit connue. C’est une tradition com-K k
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- ïïiune que la maladie vénérienne parut, pour la première fois, dans l’armée françoise qui étoit. campée devant Naples ; de là vient, que les François l’appellent maladie de TVaples, et les Italiens, mal français ; mais l’opinion la plus généralement reçue des plus habiles médecins , est que la maladie vénérienne vient originairement des Indes occidentales , et. que les Espagnols l’apportèrent des îles de l’Amérique , où elle étoit fort commune avant que ces peuples y eussent jamais mis le pied.
- La nature du virus vénérien n’est pas plus connue que son origine ; ce qu’il y a de mieux connu, c’est que ïa vérole est une maladie contagieuse , entretenue et propagée par un virus ou un venin qui gâte la masse des humeurs , et leur fait prendre son même caractère.
- La véritable méthode de guérir la vérole fut long-tems ignorée. Enfin l’analogie de plusieurs sym-tôines de ce mal , avec ceux de eaucoup de maladies de la peau , l’efficacité du mercure dans ces dernières, firent soupçonner aux médecins que ce minéral pourrait bien convenir à la maladie vénérienne. Bérenger de Carpi, fut, à ce qu’on croit , le premier qui l’employa • il eut un grand nombre d’imitateurs. On ne l’administra d’abord qu’exté-rieurement sous la forme de frictions ; mais bientôt les lumières de la chimie firent découvrir de nouvelles routes.
- VERRE , s. m. du lat. vitrum.
- ( 'Fechnol. ) Composition dure , fragile , entrant en fusion au feu, brillante et unie dans la fracture, et préparée par la fusion de sable, de pierres vitrifiables, et de sel aikali ou d’oxides métalliques.
- L’usage du verre est de la plus haute antiqui té ; il en est parlé dans les livres de Moïse et de Job ; mais il avoit différens noms que les traducteurs et les commentateurs ont rendus par les mots de pierre précieuse, pierre transparente, erys-îal, miroir , diamant, verre diaphane et glace , à cause de sa ressemblance avec l’eau congelée.
- Aristote demande pourquoi nous voyons au travers du verre, et pour-
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- quoi le verre ne peut se plier. Ces problèmes sont un des monumens les plus anciens de l’existence du verre. On peut en placer la découverte au tems de l’invention des briques et de la poterie ; car lorsqu’on met le feu à un fourneau à briques ou à poterie , il y a presque toujours quelques endroits qui sont convertis en verre.
- Lucrèce est le premier poète latin qui ait parlé du verre et de sa transparence ; et Pline prétend que Sidon est la première ville qui ait été fameuse par sa verrerie. Suivant le même auteur , ce fut sous Tibère , que l’on commença à faire du verre à Rome. Un des trois ordres qui composoient le théâtre de l’Edile S eau rus , étoit de verre, ainsi que plusieurs colonnes d’un temple situé dans Pile d’Aradus , et le globe céleste inventé par Archimède. Sons Néron , on trouva le secret de faire des vases et des coupes de verre aussi transparent que le crystaî de roche ; enfin , les anciens savoient peindre lp verre, et ils en formèrent les Urnes dans lesquelles ils re-cueilioient les larmes que la douleur leurj'aisoit répandre.
- 0n ne peut révoquer en doute la plupart de ces faits ; mais ils ne prouvent pas que le verre ait atteint dans ces tems reculés, le degré de perfection qu’il a présentement.
- Il n’appartenoit qu’à la chimie de soumettre sa composition et sa fusion à des règles constantes , u’éten-dre son usage, de multiplier ses formes , de doubler sa valeur et d’augmenter son éclat.
- L’art de faire le verre est un des plus beaux présens que la chimie ait fait aux hommes. Il nous fournit les vases les plus propres, les plus commodes et les plus agréables ; il nous procure les moyens de nous mettre à l’abri des injures de l’air , sans nous priver des avantages de la lumière. La conservation d’une infinité de liqueurs lui est due. C’est par son secours que nous remédions aux défauts de notre vue , ou que nous réparons les ravages que le nombre des années y produit. L’astronomie doit au verre ses plus grands progrès ; l’usage des grandes lunettes a perfectionné la connois-
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- *mce du ciel, fait découvrir de nouvelles planètes, de nouvelles étoiles , de nouveaux mondes entièrement inconnus à l’antiquité. Les lunettes sont également utiles pour l-t navigation , pour la guerre , et dans tous les cas où il est bon de découvrir les objets de fort loin.
- La physique expérimentale ne doit pas moins à l’invention du verre. Sans le -verre on ignorerait peut-être encore une infinité de phénomènes.
- ( Optique ) Verre à facettes ; c’est un verre plan d’un côté et composé, de l’autre côté, de plusieurs surfaces planes , inclinées les unes aux autres ; ce verre fait voir l’image d’un objet qu’on regarde au travers , autant de fois qu’il y a de surfaces planes sur son côté taillé à facettes.
- Perre ardent ; c’est un verre convexe des deux côtés et qui a la propriété de rassembler les rayons du soleil en un petit espace, que l’on appelle foyer.
- Tous les verres convexes sont capables de produire cet effet et beaucoup d’autres , en tout ou en partie ; mais strictement parlant, on ne donne ce Boni qu’à ceux qui sont capables de le produire et même en grand.
- Vzrrc concave ; c’est un verre creusé en portion de sphère. Ces sortes de verres sont ou concaves des deux côtés, ou concaves d’un côté et plans de l’autre. Les verres concaves ont la propriété de disperser les rayons de lumière, c’est-à-dire, de rendre divergens, les rayons qui sont parallèles , d’augmenter la divergence des rayons déjà divergens, et de diminuer pour le moins la convergence des rayons convergens; aussi ces verres produisent-ils trois effets remarquables :
- i°, lis font voir les objets plus petits qu’ils ne sont
- 2°. Ils font voir l’objet plus près qu’à la vue simple.
- 3°. Ils font voir l’objet aveemoins de clarté.
- Verre convexe; c’est un verre formé de deux segmens de sphère, appliqués l’un à l’autre par leur plan.
- Les verres convexes ont la propriété de réunir les rayons de lumière oui les traversent, c’est-à-dire, qu’ils
- leadent convergeas les corps paral-
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- lèles, qu’ils augmentent la convergence des rayons déjà convergens, et que pour le moins, ils diminuent la divergence des rayons divergens. Un verre convexe est la même chose qu’une lentille, et produit les même3 effets.
- Pierre lenticulaire ,* c’est un verre qui a la forme, d’une lentille. C’est la même chose qu’un verre convexe ou une lentille. Les verres de lunettes sont de cette-espèce.
- Verre plan concave; c’est un verre creusé en portion de sphère, mais d’un côté seulement, et plan d* l’autre. Les verres plans concaves produisent les mêmes effets que les verres concaves des deux côtés , mais à courbures égales, leurs effets sont moitié moindres que ceux des verres concaves.
- Verres plan-convexes ; c’est un verre formé d’un segment de sphère ; ce verre est donc convexe d’un côté et plan de l’autre , ce qui l’a fait nommer plan-convexe.
- Les verres plan-convexes produisent les mêmes effets que les verres convexes des deux côtés ; mais à courbures égales, leurs effets sont moitié moindres que ceux des verres convexes.
- (Minéral. ) Verre de Moscovie ; on a donné ce nom au mica en grandes lames , qu’on trouve dans quelques montagnes granitiques de la Russie septentrionale et sur-tout en Sibérie. Cette dénomination très-impropre , quant à la nature de cetta substance minérale , vient de ce qu’elle est employée au lieu d« verre pour les carreaux de fenêtres.
- On a beaucoup exagéré leur grandeur ; cetix qu’on emploie n’ont guère plus de neuf pouces sur six ; on eu fait usage pour les fenêtres des vaisseaux de guerre , parce qu’ils ont l’avantage de ne pas se briser par l’explosion du canon.
- Verre de volcan ; c’est une matière complètement vitrifiée que re-jetent plusieurs volcans. C’est communément une espèce d’émail noirâtre ou vert, ou cle différentes couleurs , il est plus dur que l’émail artificiel , et communément il fait feu contre l’acier.
- ( Musique ) Musique de verres / gstte musique qui n’est conuu^ «u
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- France que depuis ij6S , est de l’invention du docteur Franklin ; et l’instrument nommé harmonica, est une boite carrée, dans laquelle sont attachés plusieurs verres ronds de différens diamètres , et dans lesquels on met de l’eau en différentes quantit és. En passant ledoigt mouillé sur les bords c!e ces verres, on en tire des sons mélodieux , et semblables à ceux que les Persans produisent en frappant sur sept coupes de orcelaine remplies d’eau , avec des aguettes d’ivoire ou d’ébène. V^oy. HARMONICA.
- ( Peinture ) Peinture sur veire ; c’est une idée assez généralement répandue que l’art de peindre sur verre , tel qu’on l’exerça dans le moyen âge , est entièrement perdu ; et malgré le traité de Leviel, il y a encore des personnes qui persistent à croire que les procédés employés de nos jours , sont des procédés modernes , et nullement ceux usités, i.i y a quatre ou cinq cents ans.
- Les François prétendent que ce fut d’un peintre de Marseille, cpai tra-vailloit à Rome vers l’an iScp, sous Jules II, que les Italiens apprirent cette peinture. Quoi qu’il en soit de son origine, cet art est fort déchu de l’estime dont il jouissoiten France, vers le onzième siècle , tems où ii étoit au plus haut degré de splendeur. A présent l’Angleterre est la seule partie de l’Europe où la peinture sur verre soit pratiquée avec succès , parce que le goût de l’architecture gothique s’y est conservé au point qu-il y a des particuliers qui sacrifient des sommes énormes pour éri-_ger des fabriques dignes du quatorzième siècle.
- Jatvis a fait de très-beaux vitraux, d’après les dessins de feu le chevalier R eynolds, pour la chapelle de Windsor. Cet habile artiste a suivi les procédés de Leviel ; mais l’expérience lui a suggéré plusieurs changemens et modifications de ses procédés. Les hases de toutes les couleurs employées à peindre sur verre sont des substances métalliques oxidées ; et toutes les modifications, les mélanges, les calcinations, etc. que l’on •conseilla jadis comme indispensables pour le succès des couleurs , ne doivent çtre attribuées qu’à l’état de
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- la science à l’époque où les anciens auteurs ont publié leurs ouvrages ; aujourd’hui, il faut une marche plus claire et moins mystérieuse.
- Les ouvrages déjà publiés, et surtout le traité de Leviel, donnent d’excellens conseils pour le travail du peintre et les précautions qu’il doit prendre. Rien ne ressemble plus à la gravure en manière noire , que l’opération du peintre sur verre. Consultez , pour les détails , le traite de Leviel, et le n°. 3p des jénnales des arts et rnanuf. d’Oreilly.
- VERRUE , s. f. du lat. verruca.
- ( Méd. ) On donne ce nom à une petite excroissance charnue, dure , indolente, élevée sur la peau comme un petit pois.
- VERS , s. m. du latin versus , versus.
- ( Poésie ) Paroles mesurées et cadencées , d’après des règles fixes..
- Par le mot vers , on entend le style poétique astreint aux règles de la versification. Si vous n’avez que la première de ces deux parties, votre discours sera élevé, nombreux, plein d’images, vous serez poete si vous le voulez, mais vous ne ferez pas des vers.
- Si vous soumettez un style prosaïque aux règles de la versification , vous nous donnerez des lignes qui auront tous les compartimens du vers ; mais qui ne seront que de la prose.
- Mais on voit des vers qui ont la rime , l’hémistiche, le nombre de pieds , certaines figures, certains tourspoétiques, de la noblesse mêms et de la douceur , et qui cependant n’ont point cette saveur que l’on goûte dans les lions vers. Quel est donc le principe qui établit le caractère général du vers ? On a cru qu* c’étoit l’inversion , et l’on s’est trompé : l’inversion est un assaisonnement qu’on donne à la prose aussi bien qu’à la poésie. Prenez toutes les qualités qui peuvent rendre une phrase prosaïque plus parfaite dans quelque genre que ee soit, portez-les à un point plus élevé, ajoutez-y quelques traits qui fassent sortir le style du ton ordinaire, même le plus accompli ; joignez-y les mesures, les rimesj des figures éclatantes
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- lumineuses , des inversions préparées et ménagées dans nn juste degré de liberté : en un mot., que la phrase cesse d’être commune dans son genre , et qu elle soit soumise aux règles de la versification , vous aurez des vers. C’est par le goût qu’on juge de la bonté des vers : ce goût quand il est exercé , ne s’y trompe jamais , et il suffit pour quiconque lit ou fait des vers. Voy. POÉSIE , RIME.
- VERSE, adj. du lat. verto , ver-sum, ou de verso , vers aluni, tourner , retourner.
- ( (Jconi. ) Sinus-versc; le sinus-verse d’un arc est la partie du diamètre qui passe par une extrémité de l’arc , comprise entre cette extrémité et la perpendiculaire,qui tombe sur le diamètre de l’autre extrémité de l’arc. Le sinus-verse d’un arc est donc l’excès du rayon sur le co-sinus.
- VERSEAU, s. m. contraction de verseur d’eau , ou verse eau, en latin a/juarius , ou aquarium , aiguière , réservoir d’eau.
- ( A s trou. ) Onzième signe du Zodiaque, ainsi appelé de la saison des pluies qui ont lieu dans l’Europe à l’entrée de l’hiver.
- (Hydraul. ) Le vers eau , dit le poète Manilius , est un signe qui, penché sur son urne, en fait sortir des torrens impétueux , et influe sur les avantages que nous procure la conduite des eaux. C’est à lui que nous devons l’art de conuoître les sources cachées dans le sein de la terre , et c’est lui qui nous apprend à les élever à sa surface, et aies élancer vers les cieux où elles semblent se mêler avec les astres. Ainsi, l’hydraulique étoit connue des anciens, et ce n’est point au siècle de Louis XIV qu’on doit l’art des eaux jaillissantes, comme M. Perrault, l’a imaginé.
- VERSET , s. m. diminutif de vers, en lat. versus , versiculus.
- ( Bibliologie ) Les cinq livres de la loi furent anciennement partagés en cinquante-quatre sections, et chaque section fut divisée en versets, Èsdras passe pour être l’auteur de bette division , qui vraisemblablement fut imaginée pour l’usage des interprètes chaldéens. En. elîet ,
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- quand l’hébreu cessa d’être la langue vulgaire des Juifs, et que le chahléen éut pris sa place , ce qui arriva an retour de la captivité de Babylone , on lisoit d’abord au peuple l’original-hébreux, ensuite un interprète le traduisoit en clialdéen, afin que tout le monde l’entendit parfaitement, et cela se faisoit à chaque période, ou verset.
- VERSIFICATION , du lat. versus , vers, et de facio , faire : l’action de faire des vers, manière de tourner les vers.
- (Poésie) La versification n’a pour objet que le mécanisme des vers ; c’est l’art de les construire , relativement à la qualité et à la place des sons; et la versification francoise est, l’art de la structure et de l’arrangement des vers françois.
- Il semble que les poètes de tous les pays devroient être assujettis â des règles communes , puisqu’ils peignent tous un même objet, qui est la belle nature; que cet objet se ressemble par-tout , et que les couleurs du tableau doivent toujours être conformes à celles de l’original ; mais les différences qui se trouvent entre le génie , la marche, l’ordre de construction et les propriétés des idiomes dont les peuplés se servent, ont dû donner des caractères bien variés aux expressions de nos idées et de nos sentimens. Certains peuples ont dû avoir dans leur langue des beautés dont d’autres langues n’étoient pas susceptibles. Ici , la continuité des sons a quelque chose de plus rapide et de plus coulant ; là , on trouve plus de force et plus de nerf ; ailleurs , plus de noblesse et d’harmonie, ou plus d’aisance et de variété. Les uns auront racheté certains agrémens qui leur raanquoient par d’autres qu’on ne retrouve point chez leurs voju ius. Peut-être même l’habitude nous aura-t-elle fait prendre pour des beautés ce qui ne devroit être considéré que comme des vices- rigueur de certaines règles am'a peut-être donné un air de pri* et d’importance à leur objet. La versification a donc des principes généraux, qui sont communs à foutes les langues, et des règles qui sont particulières à chacune. La peinture vraie de l’objet , l’expression et la furce des termes ,
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- l’application des figures , la clarté , l’aisance , l’harmonie , le nombre , tout cela est de tous les pays et de toutes les langues ; mais ceux-ci y parviennent par une route, et. ceux-là par une autre, parce que les entraves et la gêne auxqirelles on est assujetti par l’idiôme dont on se sert, vaiient autant que ces idiomes eux-mêmes. Les Latins avoient, pour le mécanisme de leurs vers, l’espèce , le nombre et la disposition de leurs pieds. Les François ont ordonné , pour leurs vers, le nombre des syllabes, mais sans rien statuer pour la quantité; seulement ils y ont ajouté larime, que les Latins n’avoient pas ; comme s’ils avoient voulu par là compenser une beauté par une autre.
- Chez les anciens la rime n’étoit connue que dans la prose. Ils avoient fait un ornement du style, de donner quelquefois la même désinence à deux membres de période , et on ap-peloit cette figure de mots, similiter cadens, similiter desinens. Ils se plaisoient aussi quelquefois à faire rimer les deux hémistiches du vers pentamètre et de l’asclépiade.
- Dans la basse latinité , lorsqu’on abandonna le vers métrique, c’est-à-dire, le vers régulièrement mesuré, pour le vers rhythmique , beaucoup plus facile, parce que la prosodie n’y étoit pas observée , et qu’il suffisoit d’en compter les syllabes sans nul égard à leur valeur, les poètes sentirent que des vers privés de nombre avoient besoin d’être relevés par l’agrément des consonnances : de là , l’usage de la rime introduit dans les langues modernes, adopté par les Provençaux, les Italiens, les François, et par-tout le reste de l’Europe. V. RIME , CESURE.
- VERSO, s. m. Terme emprunté du latin, fait de verlere, tourner.
- (Bihliogr.') La seconde page d’un feuillet, relie qu’on trouve après avoir tourna le feuillet. Il est opposé à recto , ^ms-en ten d u folio , qui est la page qui ^ présente d’abord.
- VERT ou VERD, VERTS, ar]j. du latin viridis , qui est delà couleur des herbes et de ta feuille des arbres.
- ( Physique ) L’une des sept ceu-
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- leurs primitives dont la lumière est composée, c’est la quatrième en commençant à compter par la plus forte, ou , ce qui est la même chose par la moins réfrangible. Voyez COULEURS. J
- Les corps qui nous paraissent verts , ne nous paraissent tels que parce que leur surface réfléchit les rayons verts en beaucoup plus grande abondance que les autres.
- ( Minéral. ) Vart de Brunswick ; c’est une couleur dont la préparation est due à M. Kasteleyn. Ce vert dont la consommation est très-considérable, tant pour la peinture à l’huile , que pour l’impression des papiers à meubles , se prépare en arrosant des coupures de cuivre d’une solution de muriate d’ammoniac dans des vases fermés.
- Trois parties de muriate d’ammoniac dissolvent deux parties de cuivre , et il en provient six parties de couleur. Ce beau vert porte en Hollande le nom de vert de Pise. On le falsifie presque toujours avec de la céruse.
- Vert-de-gris ; c’est un oxide de enivre formé par l’acide acéteux. On le préparoit autrefois en très-grande quantité à Montpellier ; mais aujourd’hui on le prépare dans beaucoup de pays vignobles. Pour cela , on dispose des lames de cuivre d’une largeur proportionnée au vase dans lequel on opère ; on les recouvre de marc de raisin ; le tout arrangé couche par couche , on l’arrose avec de la vinasse ou du mauvais vin fait avec le marc de raisin fermenté. Lorsque le cuivre est suffisamment oxidé par la décomposition de l’acide acéteux, on le ratisse et on le met dans des vessies, pour le livrer au commerce.
- Vert de montagne ; c’est du cuivre carbonnaté, vert natif, mélangé de matières terreuses qui lui donnent une couleur pâle.
- Vert antique ou vert d’Egypte ; c’est un marbre brèche , composé de petites masses d’une belle couleur vert d’émeraude. Les quatre superbes colonnes qui décorent le salon du Laocoon , dans le musée Napoléon , sont des colonnes de marbre de vert antique.
- On trouve ua marbre semblable
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- dans les montagnes des environs de Carare , sur la côte de Toscane, près de la côte de Gênes.
- Part d'azur; quelques naturalistes ont donné ce nom au vert de montagne ou carbonate de cuivre vert, lorsqu’il se trouve mêlé avec l’azur de cuivre compacte ou pierre d’Arménie, qui est un carbonate de cuivre bleu.
- Pert camp an ; c’est un marbre primitif qu’on tire de la vallée de Campan , dans les Pyrénées.
- Pert de Corse , en italien verde di Corsica ; c’est une roche primitive formée d’un mélange de sma-ragdite et de jade limanite. Cette rocbe se trouve dans les montagnes de Serpentine , et d’autres pierres magnésiennes de l’île de Corse ; on en fait des tables de la plus grande beauté.
- VERTÈBRE, s. f. du lat. ver-tehra, fait du latin vertere, tourner, à cause que c’est par le moyen des vertèbres que le corps tourne.
- ( Anat. ) Les vertèbres sont les os qui composent la colonne de l’épine dorsale cbez l’homme , les quadrupèdes , les cétacés , les oiseaux , les reptiles les serpens et les poissons. C’est aussi à cause de ce caractère que plusieurs naturalistes les ont nommés animaux vertébrés , pour les distinguer des mollusques , des coquillages , des insectes , des vers et des zoophytes qui, n’ayairt point de colonne vertébrale et de squelette osseux intérieur , sont appelés pour cela animaux invertébrés.
- De vertèbre, les anatomistes ont fait vertébrales , pour désigner tout ce qui appartient aux vertèbres : les artères vertébrales ; les ligamens vertébraux.
- VERTËBR1TES , s. f. du latin verlebra , vertèbre , et du grec xfôos ( lilhos) , pierre : vertèbre pétrifiée.
- ( Minéral. ) On a quelquefois donné ce nom aux vertèbres fossiles.
- Les vertèbres fossiles se trouvent plus fréquemment que les autres parties des animaux , parce que leur forme raccourcie les rend moins sujettes à être brisées. On a trouvé plusieurs fois en Sibérie des vertèbres d’éiéphans. On voit beaucoup
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- de vertèbres de crocodiles dans la montagne de Saint-Pierre de Maës-tricht.
- VERTEX , s. m. Mot latin qui signifie haut, sommet, faite.
- ( Anat. ) Il se dit du sommet de la tête.
- VERTICAL, LE , adj. du latin vciicx , sommet : qui a rapport au sommet.
- ( Créom. ) Inertie al se dit en général de ce qui est perpendiculaire à l’horizon , parce qu’une ligne tirée par le sommet de notre tète et par la plante de nos pieds , est toujours perpendiculaire à l’horizon.
- (.Astron. ) Cercle vertical ; c’est un grand cercle de la sphère passant par le zénith , par le nadir , et par un autre point de la surface de la sphère.
- L’usage des cercles verticaux est de mesurer la hauteur des astres et leur distance au zénith, et de mesurer les azimuths et les amplitudes orti-ves et occases, par la distance de ces cercles au méridien , etc.
- Premier vertical ; c’est celui qui coupe perpendiculairement, le méridien ; il passe par les points d’orient et d’occident.
- Ligne verticale ou ligne aplomb ; c’est celle qui va du zénith au nadir, et qui se dirige vers le centre de la terre ou perpendiculairement à la surface. Elle est marquée par un fil auquel on suspend un poids.
- Cadran vertical ; c’est un cadran solaire fait sur un plan vertical ou perpendiculaire à l’horizon.
- Point vertical ; c’est le zénith.
- Astre vertical; c’est celui qui passe au zénith d’un lieu.
- VERTICALITÉ, s. f. du latin vertex , verticis, sommet, et à’habilitas , habileté , propriété.
- ( IVIécan. ) Situation d’une chose placée verticalement.
- VERTICITË, s. f. du lat. vertex> verticis . sommet.
- {Physique') Faculté qu’a un corps de tmi'ire vers un coté plutôt que vers un autre. La verticilé de l’aiguille aimantée est la faculté qu’elle a de tendre du nord au sud.
- VERTICILLE , s. m. du latin verticillus , espèce d’anneau qui entoure les branches des arbres.
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- ( Botan.') Assemblage de feuilles ou de fleurs disposées autour d’une tige, à la manière des vertèbres , d’où il tire son nom.
- VERTIGE , s. m. dulat. verligo, fait de verlere, tourner.
- ( Bled. ) Maladie du cerveau , dans laquelle il semble que tous les objets tournent, et qu’on tourne soi-même. Il y a deux espèces ou deux degrés de vertige, l’un simple, l’autre ténébreux. Le simple ne consiste que dans un tournoiement apparent des objets externes, sans que la vue en soit obscurcie. Le ténébreux, appelé autrement SCOTOMIE , est celui dans lequel, non-seulement le malade s’imagine que tout ce qu’il voit autour de lui tourne, mais aussi ses yeux s’obscurcissent, comme s’ils étoieut couverts de nuages, et il tombe par terreavec des palpitations de cœur. Ce vertige est ordinairement l’avant-coureur de l’épilepsie PU de l’apoplexie.
- VÉSICATION , s. f. du latin vesica , vessie , et d,ago , faire : l’action de produire des vessies.
- ( Chirurgie ) Naissance des cloches ou vésicules qui se forment après une brûlure de feu ou d’eau chaude.
- Vésication se dit aussi de l’effet des remèdes vésicatoires.
- VÉSICATOIRE , s. m. du latin
- vesicatorium, fait de vesica, vessie.
- ( Chirurgie ) Remède topique qui ulcère la peau et fait élever des vessies pleines de sérosités. On l’appelle ausssi ÉPIPASTIQUE. Les cantharides sont ordinairement la base des vésicatoires.
- VÉSICULE , s. f. du latin vesi-çula , diminut. de vesica , vessie : petite vessie.
- ( Anat. ) Vésicule se dit souvent de la poche qui contient le fiel, qu’on appelle vésicule du fiel.
- Il se dit aussi des vésicules séminales , qui sont des corps mous , blanchâtres , noueux , situés obliquement entre le rectum et la partie inférieure de la vessie.
- (Ichtyologie) Vésicule aérienne; c’est un organe placé sous la colonne vertébrale de la plupart des poissons, et qui contient de l’aie destiné à les
- V E S
- rendre plus ou moins légers, selon qu’ils veulent monter ou descendre.
- VESSIE , s. f. du lat. vesica.
- (Anat. ) Réservoir membraneux dans lequel se dépose l’urine. La vessie est une espèce de poche ou bouteille membraneuse et charnue, capable de dilatation et de resserrement . située au bas de l’abdomen , immédiatement derrière la symphyse des os pubis, vis-à-vis l’intestin rectum.
- VESTALE, s. f. de Vesla, nom d’une divinité des anciens.
- (Hist. rom. ) Les Romains don-noient ce nom à des vierges consacrées à la déesse Vesta.
- Ces prêtresses . dont l’ordre venoit originairement d’Albe, furent établies à Rome par Numa Pompilius. Ce iégi.-dateur n’en avoit d’abord institué que quatre : Servies Tullius , suivant Plutarque , ouTarquin l’ancien , suivant Vaière Maxime, et Denis d’Halicarnasse, en aj outa deux.
- L’occupation la plus importante des vestales, étoit la garde du feu sacré. Ce feu devoit être entretenu jour et nuit; la superstition avoit attaché les conséquences les plus terribles à sou extinction, et la vestale qui l’avoit occasionnée , étoit punie du fouet par le souverain pontife.
- Les vestales qui avoient violé la virginité , recevoient un châtiment bien plus sévère que celles qui avoient laissé éteindre le feu sacré. Numa les condamna à être lapidées. Festus rapporte une autre loi postérieure , qui ordonnoit qu’on leur tranchât la tête. On croit que Tarquin l’ancien est le premier qui établit l’usage de les enterrer tontes vives; du moins c’est sous son règne que ce supplice a eu lieu pour la première fois, et c’a été depuis la punition des vestales infidelles à leurs vœux.
- L’ordre des vestales dura environ onze cents ans. Il se maintint long-tems dans un état de lustre et de splendeur. Du tems des empereurs , il étoit à son pies haut degré d’élévation. Il subsista encore quelque tems sous les princes chrétiens, et paroit n’avoir été aboli qu’en 38p, lorsque Théodose fit fermer tous les temples des faux dieux.
- VESTIAIRE, &, m. du lat, ves-
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- VET
- liarium, dérivé de v es lis , habit.
- (Hist. une. ) C’éfoit, dans l’empire grec , celui qui avoit soin des habits de l’empereur , le maître de la garde-robe. Mais vestiaire, chez les Romains , n’étoit, qu’un marchand d’habits, ou un tailleur.
- Vestiaire se dit aujourd’hui du lieu où sont les habits.
- VESTIBLLE , s, ni. du latin ves-tibulum, composé, suivant Marti-r.ius , devesta et de stabulum , parce que le devant d’une maison étoit dédiée à la déesse Ve s La, et, suivant Daviler, de vestis et d’ambulo,parce que c’étoit dans le vestibule que l’on commencoit à laisser traîner les robes.
- ( Archilecturc ) Entrée dans un bâtiment, espace, lieu couvert qui est au devant des salles, et au bas de l’escalier, pièce qui se présente la première à celui qui entre , et qui sert dé passage pour aller aux autres.
- (Anatomie) Vestibule se dit aussi, par analogie, de l’une des trois parties qui composent la portion la plus enfoncée de l’oreille" interne, laquelle est connue sous le nom de labyrinthe ; c’est celle de ces trois parties (pur est située au milieu.
- VESUVIENNE , s. f. du mont Vésuve.
- ( Minéral. ) Substance minérale, ainsi nommée par Werner, parce qu’elle se trouve fréquemment dans les produi ts du mont Vésuve. La vé-§uvienne est d’une couleur brunâtre, tirant tantôt sur le rouge , et tantôt sur le vert. Elle est quelquefois transparente , mais plus souvent translucide sur les bords, et même tout-à-fait opaque.
- VÉTÉRAN, s. m. du latin vele-ranus , augmentatif de vêtus, ve-leris, ancien : vieux soldat.
- (Hist. romaine) Un vétéran, dans la milice romaine, étoit un soldat qui avoit vieilli dans le service , qui avoit fait un certain nombre de campagnes , et qui avoit obtenu son congé et les récompenses dues à son service. Tous les Romains étant obligés de servir, on appeloit lirones ou novicii ceux qui faisoient leur première campagne ; veleres , ceux qui avoient servi quelques au-
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- nées, et veterani, ceux qui avoient servi vingt ans.
- ( Art niihl. ) Vétéran se dit aujourd’hui des militaires qui , en considération de leurs années.de service , ou pour quelqu’autre cause, out été admis dans des compagnies sédentaires , nommées compagnies de vétérans.
- VÉTÉRINAIRE , adi. et subsf. du latin veterinariiis ; qui a soin des bêtes de somme , qui concerne les bêtes de somme, fait de veterina , veterinorum, bêtes de somme.
- Art vétérinaire ; c’est l’art, de connoitre la structure de tous les animaux utiles , comme chevaux , bœufs, vaches, moutons et brebis , leurs diverses maladies, et les moyens de les guérir.
- Cette occupation , digne autrefois des plus grands hommes, ne fut pas inconnue aux Aristote, aux Varron , aux Columelle , etc. ; mais les auteurs qui sont venus après eux au-roient cru s’avilir , en consignant dans leurs écrits la pratique d’un art aussi intéressant ; ils l’ont abandonné à la tradition , et cette tradition s’est si fort altérée dans le décours , qu’au bout de quelques siècles, elle n’étoitplusreconnoissable ; l’art étoit tombé dans le mépris , et paroissoit entièrement oublié. Pour en faire revivre les préceptes , des magistrats ont obtenu l’établissement de plusieurs écoles vétérinaires ; d’abord à Lyon, en 1762 , et ensuite à, Alfort, près Paris , en 1767. Voy. ÉCOLE VETERINAIRE.
- VIAGER, ÈRE , adj. du vieux terme de coutume viage , qui signifie vie, en latin vit a qui dure pendant la vie ; pension viagère.
- VIBRATION, s. f. du latin vi-bro, lancer , darder , et d’ago , agir : l’action de lancer.
- ( Physique ) Mouvement alternatif d’allée et de venue. Il n’y a que les corps élastiques qui soient susceptibles de vibrations. Il est de la nature de ces vibrations, soit qu’elles soient grandes , soit qu’elles soient petites, d’être achevées toutes dans des te ni s égaux, et elles seroient en effet parfaitement isochrones, si le ressort étoitparfait, et qu’il n’y eût ni frottement;, ni résistance de milieu.
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- Vibration est aussi employé pour expri mer ri i fier en s aut res in ouvemens réguliers et alternatifs. On suppose que les sensation s se font par le moyen du mouvement, de vibration des nerfs, qui part des objets extérieurs, et est continué jusqu’au cerveau. Newton suppose que les différais rayons de lumière font des vibrations de différentes vitesses, qui excitent les sensations des différentes couleurs , à proportion de leurs vitesses. ’
- Suivant le même auteur, la eha-leur n’est qu’un accident de lumière occasionné par les rayons qui excitent un mouvement de vibration dans un milieu subtil et éthéré, dont tous les corps sont pénétrés.
- ( Musique ) Vibration se dit, en musique, des ébranlemens légers, mais sensibles, fréquens et successifs, qu’éprouve un corps sonore, lorsqu’il est en action et qu’il est sorti de son état de repos. Ces vibrations , communiquées à l’air , portent à l’oreille , par ce véhicule , la sensation du son ; et ce son est grave ou aigu, selon que les vibrations sont plus ou moins fréquentes dans le même tems.
- VICAIRE, s. m. du latin vica-rius, qui alterius vices gerit : celui qui fait les fonctions d’un autre.
- ('Hisl. rom.) Vicaire, dans l’em-pire romain, étoit un lieutenant que l’empereur envoyoit dans les provinces où il n’y avoit pas de gouverneur. L’Italie fut gouvernée par deux vicaires. L’un étoit le vicaire d’Italie, qui résidoit à Milan, et l’autre étoit le vicaire de la ville, qui résidoit à Rome.
- ( Empire d’Allem. ) Le comte palatin du Rhin , ou le duc de Bavière et lç duc de Saxe , sont les vicaires de l’Empire ; mais ils ne font leurs fonctions qu’après la mort ou la démission de l’empereur , pendant l’interrègne, et en cas qu’il n’y ait point de roi des Romains.
- ( llist. ecclés.) Le pape a aussi un grand- vicaire dans Rome , qui est un cardinal, depuis Pie IV.
- Vicaire apostolique ; c’est un titre que le pape confère à un ecclésiastique dans des pays infidèles ou hérétiques, pour veiller sur la religion.
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- Vicaire se ditparticuliêrement de ceux qui soulagent les évêques et les curés dans leurs fonctions.
- VICE - VERSA (et) expression latine retenue en françois , et qui signifie réciproquement.
- VICE-AMIRAL, s.m. V. AMIRAL.
- VICOMTE, s. m. du lat. vice comitis, gen. de cornes, qui remplace un comte.
- ( Econom. politiq. ) Le mot vicomte , comme titre d’office, est très-ancien : cette institution remonte jusqu’au tems de la première race. Le titre de vicomte fut d’abord donné aux lieutenans ou vicaires des comtes, qui, chargés en même tems du commandement des armées et de l’administration de la justice , abandonnèrent cette dernière partie aux soins des vicomtes. Dans la suite , les ducs et les comtes s’étant appropriés leurs gouvernenrens , qui n’é-toient auparavant que de simples commissions , les vicomtes ne” tardèrent point à suivre cet exemple , et leurs offices furent interdits de même que ceux desducs et des comtes.
- A l’époque de la révolution , les vicomtes étoient des seigneurs dont les terres étoient érigées en vicora tés, mais sans autorité ni juridiction.
- (Hist. d’Anglet.) Les anciens vicomtes d’Angleterre étoient , comme en France, des officiers; leurs fonctions étoient les mêmes que celles des shérifs, avec cette seule différence que ceux-ci avoient une origine saxorrne, et que ceux-là étoient une institution normande.
- Les vicomtes, tels qu’ils existent auj ourd’liui, datent du tem s d’Henri VI ; ils ont rang dans la chambre des pairs, après les comtes et avant les barons.
- VIDE , s. m. et adj, de l’allemand ode, dont nous avons d’abord fait woide, ensuite vuide, et vide , espace qui n’est pas rempli de ce qui a coutume d’y être.
- (Physique) Les physiciens entendent par vide, un espace dans lequel ils supposent qu’il n’y a aucun corp's , ni solide , ni fluide , ce qui seroit un vide absolu. Il est impossible,qu’il n’y ait pas quelques espaces vides dê cette nature ; les. déplacement nécessaires pour toutes.
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- les espèces rie mouvement semblent l’exiger. Mais ces espaces vides doivent être peu considérables : tous ces grandsespaces que nous voyons, ainsi que tous ceux que des causes physiques nous empêchent de voir, sont en grande partie remplis de la matière de la lumière et de l’éther, ou matière subtile; mais ce s matières sont si prodigieusement rares, qu’elles résistent infiniment peu aux corps qui se meuvent dans leur sein, de sorte que ces corps paroissent se mouvoir avec autant de liberté que s’ils exerçoient leur mouvemeut dans le vide.
- Kide de Boyle; on appelle ainsi l’espèce de vide que l’on produit sous un récipient appliqué à la machine pneumatique , lorsqu’il en pompe Pair. Ce vide a pris le nom de Boyle , parce que ce physicien , aidé par Papin , a beaucoup perfectionné la machine pneumatique, inventée par Otto de Guerike.
- Les principaux phénomènes observés dans le vide , sont que les corps les plus pesans et les plus légers y tombent également vite. Toute espèce de feu et de lumière s’éteint d-ans le vide.
- La collision d’un caillou et de l’acier, ne donne point d’é incelle.
- Le son ne se propage point.
- Une fiole remplie d’air commun se brise.
- Derham a trouvé que les animaux qui avoient deux ventricules et qui n’avoieut point de trou ovale, mou-roient en moins d’une demi-minute, dès la première exhaustion ; une taupe y meurt en une minute ; une chauve-souris en sept ou huit.
- Les insectes comme les guêpes, abeiiles, sauterelles, semblent morts au bout de deux minutes ; mais après avoir été même vingt-quatre heures dans le vide , ils revivent lorsqu’on les remet dans Pair libre.
- La petite bière s’évente et perd son goût dans le vide ; Peau tiède y bout très-violemment.
- VIDIAN, NE. ad}, du lat. vidia-nus, fait de f^idus Vidius, nom d’un médecin de Florence.
- ( Anat. ) Il se dit de ce qui a du rapport au conduit vidius ou ptéry-goïdien.
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- L’artère vidianne est une petite artère qui enfile ce conduit, et le nerf vidian est un rameau de la seconde branche de la cinquième paire.
- VIERGE, s. f. et adj. du latin virgo, virginis , fille qui n’a jamais eu commerce avec un homme.
- ( Asiron. ) Vierge est le nom du sixâème signe du zodiaque , dans lequel le soleil nous paroit entrer le 22 ou le 23 août.
- ( Peinture') Peinte vierge ; lorsque le peintre a empâté une partie de son tableau , il fond ou noie les teintes les unes dans les autres, pour en faire perdre à l’œil les différences, et en rendre les degrés insensibles ; mais ce travail fait, perdre aux teintes de leur fraîcheur ; c’est alors que le peintre qui a la pratique du coloris , place de coté et d’autre des teintes, qu’on nomme vierges, parce qu’il ne les mélange plus sur son tableau. Il atteint à la perfection de cette pratique , si cette teinte, toute fraîche qu’elle est, n’est point dure , crue, tranchante, et si elle est du ton convenable à son plan , et à l’effet de la partie qu’elle enrichit par sa fraîcheur et par si pureté.
- Dans ce sens, les teintes vierges sont opposées aux teintes sales.
- (Agricult. ) Vierge se dit aussi d’une terre neuve et qui n’a point rapporté, comme celle des terrains où l’on fouille profondément.
- VIGIE , s. f. de l’espagnol vigia, qui signifie sentinelle.
- ( Marine ) On appelle vigies ou roches qui veillent, des sommets, des rochers ou des bancs de roches . ou de rocailles , isolés au milieu de la mer , et quelquefois même hors de vue des terres , à des distances considérables des côtes. Ces dangers sont d’autant plus à craindre pour les vaisseaux , que leur peu d’étendue , et leur médiocre élévation , ne permettent pas de les apercevoir de loin.
- Les vigies sont marquées sur les cartes par une on plusieurs croix.
- On appelle vigie ou Vhomme en vigie , un marin qui est monté sur la tête d’un mât ou sur une vergue de perroquet, pour découvrir au loin, en mer, s’il y a des vaisseaux à vue
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- et en Faire le rapport, on pour chercher ia vue de terre.
- Il se dit aussi dans les colonies d’Amérique , des sentinelles établies dans différens postes , sur les hauteurs le long des cotes, pour découvrir les vaisseaux qui passent en mer et en faire les signaux.
- C’est aussi le nom de l’endroit ou sommet de montagne, où est établie une pareille sentinelle.
- VIGILE , s. f. du latin vigilia , veille.
- ( Lithurgie ) Les vigiles sont les jours qui précèdent immédiatement les l'êtes les plus solennelles. Leur origine est attribuée aune coutume de l’ancienne église, suivant laquelle les fidèles s’assembloient la veille de Pâque , pour prier et veiller ensemble , en attendant l’office que l’on faisoit de grand matin, en mémoire de la résurrection de J. C. Par la suite , les Chrétiens firent la même chose à d’autres fetes ; mais comme il s’y étoit glissé des abus, ces vigiles furent défendues par un concile tenu en 1822 ; et à leur place, on institua les jeûnes, qui jusqu’à présent ont retenu le nom de vigiles.
- VIGNETTE , s. f. diminutif de vigne , en latin vinea.
- ( Bibliogr. ) On a d’abord donné ce nom aux ornemensque les miniaturistes peignoient autrefois au haut des pages des manuscrits , parce que souvent ils représentoient des pampres et des raisins. Après l’invention de l’imprimerie , ces miniatures furent remplacées par des gravures en bois, et dans la suite par des gravures en taille-douce qui conservèrent le nom de vignettes , quoique ces ouvrages n’eussent plus rien de commun avec l’ornement nommé vignelte , que d’occuper la même place. Enfin , d’extension en extension , on a appliqué le mot de vignette, aux gravures qui servent île frontispices aux livres , ou qui sont répandues dans le corps de l’ouvrage.
- VIGOGNE , s. f. Corruption de l’espagnol vicuna.
- ( DIanuj'act. ) Nom d’un quadrupède du genre du lama ; il se dit aussi de la laine qui couvre cet animal.
- ynï
- La vigogne est célèbre par 1» beauté et 1a finesse de sa toison. C’est un animal particulier à la partie haute du Pérou,
- La chasse de la vigogne est. lapins pénible de toutes les chasses ; elle ne se fait que sur des cimes glacées , où il n’y a aucune habitation, et dure quelquefois des mois entiers.
- VIGUEUR , s. f. du latin vigor, force pour agir.
- ( Littéral. ) On dit quelquefois vigueur de style, pour dire la force, l’énergie du style. Le meilleur style perd sa vigueur, à mesure qu’on le lime et qu’on le polit. On dit encore, remettre les lettres en, vigueur, pour dire, les faire revivre, les remettre dans un état florissant.
- (Peinture) Vigueur, vigoureux sont des expressions souvent employées en peinture , et qui servent à caractériser les formes et le coloris. On dit le dessin vigoureux de Michel Ange , les formes vigoureuses de l’Hercule Faraèse; on dit aussi , la première manière du Guide, fut mâle et vigoureuse , et la seconde fut douce et aimable ; le Géorgien , est un peintre vigoureux.
- VIN , s. f. du latin vinum.
- ( Agricult. ) Ce nom convient à tous les sucs sucrés des végétaux, qui par l’effet d’un mouvement intestin qu’on nomme fermentation, de doux et opaques qu’ils étoient, sont transformés en une liqueur transparente , agréable , plus ou moins piquante j mais on le donne plus particulièrement au suc exprimé des fruits de la vigne qui a subi cette fermentation , et produit le vin proprement dit, la meilleure de toutes les liqueurs fermentées.
- La vigne ou l’arbrisseau sarmen-teux qui produit le vin, est originaire de Perse.
- Les Phéniciens qui parcouroient souvent les côtes de la Méditerranée, introduisirent sa culture dans la Grèce , dans les îles de l’Archipel , dans la Sicile , enfin en Italie, et dans le territoire de Marseille. Cette culture , une fois parvenue en Provence , s’étendit bientôt sur les coteaux du Rhône , de la Saône , de la Garonne , de la Dordogne , dans les territoires de Dijon, vers les rivesda
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- ïa Marne et même de la Moselle. Son succès ne fut pas égal par-tout , comme en Bourgogne , dont les premiers ducs se fiattoient d’être qualifiés seigneurs des meilleurs vins de la, chrétienté, à cause de leur bon pays de Bourgogne, plus famé que tout aulre en croît de bons vins.
- L’art de faire le vin se perd dans la nuit des terns : les ancfens Egyptiens en connoissoient les procédés ; iis existent encore sculptés sur les murs de leurs temples les plus antiques.
- Les Grecs et les Romains les avoient recueillis , et préparoient une multitude de vins dont les noms et la célébrité sont passés jusqu’à nous. Ils en avoient de légers qu’ils pouvoient boire de suite ; ils en avoient d’autres qui n’étoient potables qu’après un tems très - long ; enfin ils en avoient dont la conservation se prolongeait au delà d’un siècle. Us mettoient aussi en réserve du moût plus ou moins concentré par l’évaporation, et qu’on déiayoit avec de l’eau pour en préparer des boissons. Les habitans de l’Archipel ont continué à faire de ce raisiné , et il est employé aujourd’hui en Egypte, à faire une espèce de sorbet.
- En Grèce on cueilloit le raisin avant sa maturité ; on le séchcit à un soleil ardent, pendant trois jours, et le quatrième on Pexprimoit.
- On suit encore ce procédé dans plusieurs vignobles de l’Espagne, de l’Italie ,et sur-tout de Pile de Chypre. IL ins ce dernier pays, la vendange se fait pendant- les mois d’août et de septembre ; les vignes sont basses , les raisins sont rouges ; le moût se met à fermenter dans de grands vases de terre goudronnés intérieurement. Le vin le plus commun dure huit à dix ans, mais on en fait de bien plus durable , puisqu’à la naissance d’un enfant le père fait placer dans la terre une grande j arre remplie de vin, bouchée hermétiquement, et qu’il conserve jusqu’au jour où il marie cet enfant. Les plus riches destinent sur-tout à cet usage l’excellent vin de commanderie.
- Dans quelques endroits d'Espagne
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- on fait évaporer le suc des raisins blancs sur un feu doux, jusqu’à une consistance convenue , avant de le faire fermenter.
- En Toscane on prépare le vin dit 'vino sanlo, avec un moût si rapproché , qu’il faut là plus forte chaleur d’un soleil ardent pour lui faire subir la fermentation.
- Les anciens connoissoient aussi Part de cuire et rapprocher le moût. Les Lacédémoniens le réduisoient d’un cinquième , et buvoient leur vin après la quatrième année.
- A Rome , pour préparer certains vins, on poussoit l’évaporation du moût jusqu’à le réduire à moitié ou aux deux tiers, et quelquefois même aux trois quarts. Ainsi concentré , il fallcit qu’on y excitât la fermentation par la chaleur du soleil, et qu’on continuât de l’y tenir exposé pendant une longue suite d’années; mais enfin , quand ces vins avoient achevé leur fermentation , ils étoient si généreux , ou plutôt si forts , si spiritueux, qu’on ne pouvoit pas les boire purs.
- Galien parle d’un vin qu’on met-toit. aussi au soleil, sur le toit des maisons.
- Enfin , Pline en annonce un autre qui se préparoit spécialement avec des raisins appiens, dont on difïeroit la récolte, et dont le suc étoit diminué de moitié par la cuisson.
- En Espagne , il est quelques vignerons qui, après avoir évaporé le suc de raisin , y mettent un quart ou cinquième de plâtre nouveau. Ces vignerons savent, on ne sait comment , que le plâtre est avide d’eau ; qulft s’empare de la portion d’humidité qui est encore surabondante dans le moût ; qu’il a la propriété de décomposer le tartre, et qu’il diminue la quantité de celui qui y existe, et qui y nuiroit.
- Les anciens paroissent n’avoir pas ignoré cette double propriété du plâtre , et les Asiatiques avoient aussi reconnu que cette substance saline étoit utile dans la préparation de quelques vins. Nous voyons en elfet qu’en Perse , on prépare Je vin de Sehéras dans des cuves spécialement enduites de plâtre.
- Le vin de 'X oçkai se prépare avec
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- le raisin le plus sucré de la Hongrie ; on le laisse sur le cep , si la saisou est favorable , ou on le sèche dans des fours, si la saison est pluvieuse et le menace de pourriture. Pour les procédés suivis en France, dans la fabrication des vins, consultez le Traité de M. Chaptal. Ce savant a examiné avec le plus grand soin la nature des raisins; il a calculé avec précision l’influence qu’exercent sur eux les variétés du sol, du climat, des saisons et de la culture, celle que produisent sur leurs sucs, sur les différons procédés de la vinification , les degrés de température ; et ensuite , appuyé sur des principes certains , il propose aux fabricans de vins les méthodes les plus appropriées à leurs différens pays.
- VINAIGRE , s. masc. pour vin aigre.
- ( Chimie ) Le vinaigre est le second produit de la fermentation que subit le moût du raisin , et qu’on appelle fermentation acéteuse. Plusieurs conditions sont nécessaires pour obtenir la fermentation acéteuse. La première est le contact de l’air extérieur. Il s’agit, pour la seconde, d’une température supérieure à celle de l'atmosphère; il ne faut pas qu’elle passe 18 à 20 degrés. Latioisième consiste dans l’addition des matières étrangères aux liquides qu’on veut convertir en vinaigre, et qui, dans ces cas , exercent les fonctions de levain. Ce sont les lies de tous les vins acides et des vinaigres , le tartre rouge et blanc , les rejetons des s ignés et les rafles de grappes de raisins , de groseilles , d’épine - vi-nette, le levain du froment et de seigle , la levure, toutes les substances animales et leurs débris. Enfin , la quatrième et principale condition, est que les liqueurs vineuses, destinées à être transformées en vinaigre, soient lesplus abondantes en spiritueux ; car ce sont les vins les plus généreux qui produisent constamment les meilleurs vinaigres. Consultez le 10e. volume du Cours complet d'agriculture de Rozicr.
- ViNDAS, s. m. Corruption de l’anglois windlass , littéralement, corde t ournante.
- ( Mécan. ) Espèce de treuil hori-
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- zontaî, qui fait l’office de cabestan t soit pour lever les ancres, soit pour d’autres fortes manœuvres et opérations , dans la plupart des vaisseaux marchands anglois et antres. On en retire l’avantage de faire la manœuvre avec moins de monde ; mais on perd en tems ce que l’on gagne en force.
- VINOMÈTRE , s. m. du latin vinum , et du grec pÂ-rpov ( métron ), mesure.
- ( Chimie ) Instrument propre à mesurer la force du vin. C’est la même chose que ŒNOMÈTRE. V'. ce mot.
- VIOLE , s. masc. de l’espagnol biola.
- ( Musique ) C’est ainsi qu’on appelle , dans la musique italienne , cette partie de remplissage qu’on appelle , dans la musique françoise , cpiinte, ou taille ; car les François doublent souvent cette partie , c’est-à-dire , en font deux pour une; ce que ne font jamais les Italiens.
- La viole sert à lier les dessus aux basses, et à remplir, d’une manière harmonieuse, le trop grand vide qui resteroit entre deux. C’est pourquoi la viole est toujours nécessaire pour l’accord du tout, même quand elle ne fait que jouer la basse à l’octave , comme il arrive souvent dans la musique italienne.
- VIOLET , TE , adjectif du latin viola, nom d’une fleur appelée en françois violette : qui ressemble à la violette.
- ( Physique ) L’une des sept couleurs primitives ; dont la lumière est composée. C’est la septième et la dernière , en commençant à compter par la plus forte, ou , ce qui esr la même chose , par la moins réfvangi-ble. Les corps qui nous paroissent violets ne nous paroissent tels, que parce que leur surface réfléchit les rayons violets en beaucoup plus grande abondance que les autres.
- VIOLON, snhs. m. de l’espagnol hiolone.
- ( Musique) Instrument de musique à quatre cordes, et dont on joue avec un archet.
- Il se ait aussi d’un symphoniste qui joue du violon dans un orchestre, Les violons t dans ce dernier
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- sens, se divisent ordinairement en premiers , qui jouent le premier dessus, et en seconds, qui jouent le second dessus.
- VIRELAI, s. m. composé de virer, qu’on a dit pour tourner, et de lai, qui vient de l’allemand lied, chanson.
- ( Poésie ) Petite pièce de poésie , pour l’oi dinaire comique et plaisante, dont on attribue l’invention aux Picards.
- Le virelai moderne est un peu dif-férent de l’ancien ; il tourne sur deux rimes seulement, dont la première doit dominer dans toute la pièce ; l’autre ne vient que de tem s en tems, pour faire un peu de variété.
- Le premier , ou même les deux premiers vers du virelai se répètent dans la suite, ou tous deux , ou séparément, par manière de refrain, autant de fois qu’ils tombent à propos ; et ces vers, ainsi repris, doivent encore former le virelai.
- VIREMENT , s. m. de l’ancien verbe virer, pour tourner.
- ( Banque et commerce ) Vire-ment de parties ; c’est une manière de s’acquitter sans rien débourser, ce qui se fait en donnant en paiement un billet, une lettre de change ou autre effet, ou en cédant à un tiers la créance qui est due par un autre. Par cette opération , on change de débiteur et de créancier.
- Cette facilité de s’acquitter sans bourse délier, se pratique dans toutes les banques de commerce, établies dans les principales villes de l’Europe.
- VIRER , du lat. gyrare , tourner en rond. On a dit anciennement gy-
- rer.
- (Marine) Ce mot, d’un grand usage dans la arme, est synonyme de tourner.
- Virer au cabestan ; c’est faire tourner le cabesîan par le moyen de ses barres.
- Virer à pic; c’est virer jusqu’à ce que le cable soit perpendiculaire sur l’ancre qui est au fond. On vire à pic pour se préparer à appareiller.
- Virer un vaisseau en carène ; c’est abattre un vaisseau , ou le coucher sur Je côté', afin de le caréner. V. CARÈNE.
- V I R S2f
- Vaisseau viré en quille ; c’est un vaisseau abattu ou couché sur le côté pour le caréner , jusqu’à avoir découverte la quille entièrement hors de l’eau.
- Virer de bord ; c’est, lorsqu’on a le vent contraire et qu’on louvoie , faire tourner le vaisseau pour changer de route, et lui faire prendre le vent de l’autre côté. Ce mouvement s’exécute de deux façons, ou èn faisant faire le tour à la proue du vaisseau par le côté du vent, ce qui s’appelle virer de bord vent devant; ou en lui faisant faire le tour par le côté sous le vent, ce qu’on appelle virer de bord vent arrière, ou virer lof pour lof. La première façon est la plus commune et la plus avantageuse , parce que le vaisseau ne perd point de chemin pendant cette manœuvre , et gagne au contraire au vent, quand elle est faite vivement.
- VIRGULE, s, f. du lat. virgula, diminutif de virga, verge: petite verge.
- ( Grammaire ) Marque faite en forme de petit c renversé , qui fait partie de la ponctuation , et qui sert à marquer le plus foible repos, et la moindre des séparations qui peuvent se trouver, quant au sens , entre les mots qui concourent à former une même phrase.
- VIRIL, LE , adj. du lat. virilis , fait de vir, homme : qui appartient à l’homme.
- ( Physiologie ) Age viiil ; c’est la force de l’âge de l’homme, depuis 3o ans jusqu’à 46'.
- ( [Anatomie) Membre viril ; c’est la vejige de l’homme.
- ( Pratique ) Portion virile ; c’est la portion en propriété qu’ont les père et mère qui succèdent à l’un de leurs enfans avec ses frères, ou la portion en usufruit qui appartient au père, en récompense de l’émancipation.
- VIRTUEL, LE, adjectif du lat. virlus , dans le sens de force ou pouvoir.
- ( Didactique ) Il se dit des choses qui ont la puissance de produire tel ou tel effet, mais qui ne le produisent pas actuellement, 11 est opposé à actuel.
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- 5s§ Y I S
- VIRTUOSE, s. des «eux genres, de l’italien virtuoso.
- (Beaux arts') Mot emprunté de l’italien , pour signifier un homme ou une femme qui a des talens pour les -beaux-arts. Il,aie s’entend , en Italie, que de ceux qui excellent dans la musique ou la danse.
- VIRUS , s. m. Mot latin qui signifie poison, venin.
- ( Médecine ) On entend par virus une qualité maligne, pernicieuse, venimeuse, ennemie de la nature. Tel est le virus de la vérole, du scorbut, des écrouelles, de la gale, de la lèpre , de la rage, etc.
- De virus , les médecins out fait virulent, pour désigner certaines maladies qui ont un mauvais caractère, leurs causes et leurs symptômes, ainsi que les odeurs et les saveurs fortes et désagréables.
- VIS , s. f. du lat. gyrus, tour , rond.
- (.Mécanique) Une des six machines simples employées en mécanique. C’est un cylindre droit autour duquel s’enveloppe ou s’entortille spiralement un solide qui a, suivant sa grosseur, la forme d’un prisme parallélogrammique , ou triangulaire. L’une des faces par al lélogram-miques de ce solide s’applique sur la surface convexe du cylindre ; et si l’on conçoit que ce même solide est composé , dans ie sens de sa longueur, d’une infinité de filets parallèles entr’eux , tous ce s filets, en s’entortillant autour du cylindre, à différentes distances de l’axe, forment des angles aigus et égaux entr’eux , avec des droites qui les rencontre-roient, et qui seroient parallèles à l’axe.
- Vis d'Archimède, ou pompe spirale ; machine propre à l’élévation des eaux, inventée par Archimède. C’est un tube, ou canal creux qui tourne autour d’un cylindre , de môme que le cordon spiral dans la vis ordinaire. Le cylindre est incliné à l’horizon , sous un angle d’environ 45 degrés. Un orifice du canal est plongé dans l’eau. Si, par le moyen d’une manivelle, on fait tourner la vis , l’eau s’élèvera dans le tube spiral , et se déchargera p Vautre orifice. L’iuveuîion de cotte machine
- vis
- est si simple et si heureuse , que l’eau remonte dans le tube spiral par sa seule pesanteur. En effet, lorsqu’on tourne le cylindre , l’eau descend le long du tuyau , parce qu’elle s’y trouve comme sur un plan incliné.
- Cette machine ést fort propre à élever une grande quantité d’eau avec une très-petite force.
- M. Daniel Bernouilli, dans la section neuvième de son Hydrodynamique , a donné une théorie assez étendue de la vis d’Archimède, et des effets qu’elle peut produire
- Vis sans fin; c’est une vis dont l’action est continue du même sens. C’est principalement en quoi elle diffère des vis ordinaires qui se meuvent dans un écrou , et qui cessent de tourner quand elles ont avancé de toute leur longueur.
- VISAGE , s. m. du latin barbare visagium , fait de visas.
- {Anatomie ) Le visage est l’assemblage des parties qui composent le devant de la tête , le front, les sourcils, les paupières, les yeux , le nez , les oreilles, les lèvres , le menton , et la peau dont ces parties sont recouvertes.
- VISCÈRE , s. m. du lat. viscus , au pluriel viscera , entrailles, fait de vesci, manger.
- ( Anatomie) Viscère se dit du cœur, du foie, des poumons, de l’estonific,, des intestins et autres parties intérieures de l’homme. O11 se sert particulièrement de ce mot, quand on veut parler de quelque partie des entrailles en particulier, parce que le mot d’enîraiiles n’a point de singulier.
- Les anciens ont appelé ces parties , viscères, à cause que.iesali-mens, en latin vesca , y reçoivent diverses préparations.
- VISCOSITÉ , s. m. du lat. viscus , glu : quali fé de ce qui est visqueux , ou gluant.
- (Hist. nal.) Propriété des corps dont les molécules ont entr’elles une certaine adhésion, et adhèrent aisément à d’autres corps. L’huile a une assez grande viscosité. L’huile de térébenthine récente en a très-peu ; elle est presqu’aussi fluide que l’eau ;
- mais j
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- VIT
- .mais, en vieillissant, elle en acquiert beaucoup.
- VISIBILITÉ, s. f. dulat. visas, participe de video, voir, et d’habilitas , disposition, habileté.
- (Physique) Propriété qu’ont les corps de pouvoir être aperçus par le moyen du sens de la vue.
- VISIBLE, adj. même origine que VISIBILITE.
- (.Physique) Épithète que l’on donne à tout ce qui est l’objet de la vue ou de la vision, à tout ce qui transmet, anime ou réfléchit assez de lumière pour affecter l’œil de manière à produire la sensation de la vue.
- VISION , s. f. du latin visio , visionis, lait de video, voir : action de voir.
- ( Physique ) Les physiciens définissent la vision, l’idée que nous concevons des objets, en conséquence des impressions qu’ils font sur l’œil, par le moyen de la lumière.
- Les phénomènes de la vision , ses causes, la manière dont elle s’exécute , sont un des points les plus importuns de la physique.
- Tout ce que Newton et d’autres ont découvert sur la nature de la lumière et des couleurs, les lois de l’inflexion , de la réflexion, et de la réfraction des rayons, la structure de l’œil, particulièrement celle de la rétine et des nerfs, se rapportent à cet te théorie.
- VISIR, s. m. P. VIZIR.
- VISUEL, adj. même origine que les précédens.
- (Physique) Epithète que l’on donne à ce qui appartient à la. vue , ou à la faculté de voir.
- Rayons visuels ; ce sont des lignes de lumière qu’on imagine venir de l’objet jusque dans l’œil.
- (Perspective) Point visuel ; c’est un point sur la ligne horizontale , dans lequel les rayions visuels s’unissent.
- VITAL, LE, adjectif du latin vilalis , fait de vita , vie : qui soutient , qui entretient la vie.
- ( Physiologie ) Pilai se dit de ce qui sert à la conservation de la vie , et sans quoi l’animal ce saui oit vivre.
- 'I ome JH.
- V I T 529
- Les parties vitales sont le cœur , le loie, le poumon , le cerveau.
- Les fonctions vitales sont la respiration et la circulation du sang.
- VITESSE, s. f. Ménage'dérive ce mot du lat. vegetus; selon d’autres , il viendrait de festus, pour feslinus ; célérité, grande promptitude.
- (Mécan.) Affection du mouvement , par lequel un corps est capable de parcourir un certain espace en un certain4ems.
- La vitesse d’un corps est donc le rapport qu’il y a entre l’espace qu’il parcourt, et le tems qu’il emploie à le parcourir.
- Pour connoitre cette vitesse, il ne s’agit que de diviser l’espace par le tems.
- On distingue la vitesse en vitesse uniforme , vitesse accélérée, et vitesse retardée. On la distingue aussi en vitesse absolue, vitesse relativ e , et vitesse respective.
- Pitesse absolue ; c’est celle d’un, corps, considérée en elle-même , et sans aucun rapport avec la vitesse d’un autre corps ; comme lorsqu'on considère la vitesse d’un cheval qui fait dix lieues en cinq heures. Sa vitesse est de deux lieues par heure.
- Pitesseaccélérée; c’est celle d’un corps qui, pendant des tems égaux et successifs , parcourt des espaces qui vont toujours en augmentant de plus en plus ; ou celle d’un corps qui parcourt des espaces tous égaux entre eux, mais dans des tems qui décroissent de plus en plus. Telle est la vitesse d’un corps qui tombe librement, et qui va plus vite vers la fin de sa chute qu’au commencement.
- P’lesse relative ; c’est la vitesse d’un corps, comparée avec celle d’un autre corps, comme lorsqu’on compare la, vitesse de deux chevaux qui parcourent le même nombre de lieues, mais dont l’un met plus de tems que n’en met l’autre à parcourir cet espace. Leurs vitesses sont entr’elles, en raison inverse des tems employés. Si ces deux chevaux mar-clioient pendant le meme tems, mais que l’un des deux fit plus de chemin que l’antre, leurs vitesses seraient alors en raison directe des espaces parcourus.
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- BZo V I T
- Vitesse respective ; c’est la vitesse avec laquelle l’espace qui sépare deux corps est parcourue , ou par l’un des deux entièrement, ou en partie par l’un , et en partie par l’autre.
- On appelle aussi, dans le même sens, vitesse respective , celle avec laquelle deux corps s’éloignent l’un de l’autre d’un certain espace, dans un tems déterminé, quelles que soient leurs vitesses absolues.
- Vitesse retardée ; c’est celle d’un corps qui, dans des tems égaux et successifs, parcourt des espaces qui vont toujours en décroissant de plus en plus; ou celle d’un corps qui parce urt des espaces to'us égaux entr’eux, mais dans des tems qui augmentent de plus en plus. Telle est la vitesse cl’une boule qu’on roule sur le terrain , et qui se ralentit peu à peu , jusqu’à ce que la boule soit réduite au repos.
- Vitesse uniforme; c’est celle d’un corps qui parcourt des espaces égaux en tems égaux. Cette uniformité de vitesse est possible , mais elle est très-rare dans l’état naturel, à cause des obstacles inévitables qui apportent à chaque instant quelque chan-'gement au mouvement des corps.
- Vitesse des corps parcourons des lignes courbes; suivant le système de Galilée sur la chute des corps, système reçu aujourd’hui de tout le monde , la vitesse d’un corps qui tombe verticalement, est à chaque moment de sa chute,proportionnelle à la racine de la hauteur d’où il est tombé. Après que Galilée eut découvert cette pioposition , il reconnut que, si le corps toraboit le long d’un plan incliné, la vitesse sereit la même que s’il étoit tombé par la verticale qui mesure sa hauteur, et il étendit la même conclusion jusqu’à l’assemblage de plusieurs plans inclinés qui feroient entr’eux des angles quelconques , en prétendant toujours que la vitesse, à la fin de la chute faite le long de ces difterens plans, devoit être lamême que s’ilétoit tombé verticalement de la même hauteur.
- Cette dernière conclusion a été admise jusqu’en i6g3, queM.Varignon en démontra la fausseté, en faisant Te marquer que le corps qui vient de parcourir le premier plan incliné, et qui arrive sur le second, le frappe
- V I T
- avec une partie de la vitesse qui sa trouve perdue , et l’empêche par conséquent d’être dans le même cas que s’il étoit tombé par un seul plan incliné , qui n’auroit point eu de pli.
- VITRE , s. f. du lat. vilria, employé par les auteurs de la basse latinité , pour exprimer les fenêtres décorées de vitraux, ou assemblage de plusieurs pièces de verre , pour donner du jour à un bâtiment.
- VITRÉ, ÉE, adj. du lat. vitreus, transparent.
- ÇPhysiol,) Humeur vitrée ; c’est une liqueur gélatineuse très-claire et très-liquide , renfermée dans une capsule membraneuse très - fine et transparente , qu’on appelle tunique vitrée , et avec laquelle elle forme une masse à peu près de la consistance d’œuf. Elle occupe la plus grande partie de la capacité du globe de l’œil ; savoir , presque tout l’espacé qui répond à l’étendue de la rétine, excepté un petit endroit derrière l’uvée, où elle forme une fossette dans laquelle le crystallin est logé.
- VITREUX, SE , adj. du latin vitreus, transparent.
- ( Chimie ) 11 se dit de ce qui a de la ressemblance avec le verre, ou de ce qui est de la nature du verre : JMine d'argent vitreuse, subs Lance vitreuse.
- VITRIFIABLE , ou VITRES-CIBLE , adj. du lat. vitreus , transparent, A’habilis, habile, propre, et ilejacio, faire.
- ( Chimie ) Propre à être changé en verre.
- VITRIFICATION , s. f. du lat. vitrum, verre, et de facio , faire : action de vitrifier.
- ( Chimie ) Opération par laquelle on parvient à faire le verre pour nos usages domestiques, ou par laquelle on réduit en verre des substances terreuses.
- Il y a beaucoup de précautions à prendre dans la fabrication du verre : il faut d’abord faire choix d’excellens creusets , ensuite de terres pures , et de bons fondans , savoir régler la proportion de ces derniers, savoir encore proportionner ou graduer Je degré de chaleur f etc.
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- V I V
- T.es fa» clan s les plus communssont le borax, la potasse, les oxides métalliques , sur tout ceux du plomb.
- VITRIOL, s. m. du lat. vilreo-lum , couleur de verre.
- ( Chimie) Nom vulgaire des sulfates métalliques : ce sont des substances salines, formées par la combinaison d’un métal avec l’acide sulfurique.
- L’art peut opérer cette combinaison avec la plupart des métaux ; mais jusqu’ici l’on n’a trouvé dans la nature que quatre métaux combinés avec cet acide ; savoir : le fer, le cuivre , le zinc et le plomb.
- VITRIOLISATION , s. f. du lat. vitreolum, et d’ago, faire : formation du vitriol.
- ( Chimie) Opération par laquelle les sulfures métalliques passent à l’état de sulfate par la décomposition de la pyrite. On accélère cette décomposition en exposant les pyrites à l’air, et en les arrosant de tems en tems pour les faire effleurir après les avoir concassées.
- VIVACE, adj. du lat. vivax, qui vit long-tems , qui a en soi les principes d’une longue vie.
- ( Botan..) On dit qu’une plante est vivace, quand la durée de sa vie va au delà de trois ans. Parmi les plantes vivaces , il y en a qui perdent leurs tiges tous les hivers, mais dont la racine reproduit, tous les ans, une tige nouvelle , et d’autres qui conservent leurs tiges en hiver.
- VIVIER, s. m. du lat. vivarium, fait de vivo , vivre : parc où l’on nourrit des bêtes,
- ( Econ. domest. ) Anciennement le mot vivier signifioit indifféremment les lieux où toutes sortes d’animaux , tant terrestres qu’aquatiques, étoient réservés en vie ; aujourd’hui ce mot est particulièrement employé pour exprimer un réservoir d’eau , ou un très-petit étang , attenant à 1 habitation, et dans lequel on conserve les poissons pris dans les rivières ou les étangs, afin de les trouver au besoin.
- On fait aussi des viviers sur le bord de la mer.
- Les Romains avoieat des viviers
- V O C 53r
- d’eau douce et d’eau salée , où ils nourrissoient beaucoup d’espèces de poissons de mer dans les uns et dans les autres , pour améliorer leur chair, pratique qui est actuellement totalement négligée, quoiqu’on sache généralement que les poissons de mer qui remontent les rivières acquièrent de la délicatesse pendant leurs voyages.
- VIVIPARE , adj. et s. du latin vivus, vivant, et de pario , engendrer , produire :jjui produit des petits tout vivans.
- ( Hisl. nal. ) On donne ce nom aux animaux qui mettent bas des petits vivans , par opposition à ceux qui pondent des œufs.
- On distingue deux sortes de vivipares , les vrais et les Jlauæ ; les premiers allaitent leurs petits , les derniers n’ont point de mamelles, et prennent peu de soin de leur progéniture.
- On donneaussi ce nom à plusieurs poissons dont les petits éclosent dans le ventre de leur mère, etentr’autres à la blennie ovovipare.
- ( Botan. ) Civipare se dit encore des plantes qui , au lieu de fleurs , produisent de petits rejetons feuillés,
- VIZIR, s. m. Corruption de l’arabe wezir, fait du verbewazara, porter : celui qui porte , qui est chargé.
- ( Hist. turque ) C'est la première charge ou dignité dans l’empire ottoman. On l’appelle vizir-azem, c’est-à-dire , grand vizir. Ce fut Amurat qui, en i370, établit la charge ce grand vizir, pour se décharger des plus importantes affaires : c’est le premier ministre de l’état qui commande l’armée, et préside au divan. Il y a six autres vizirs qui sont au dessous de lui ,et conseillers du divan, dont le grand vizir est le chef. On les appelle vizirs du banc ou du conseil, pachas à trois queues.
- VOCABULAIRE , s. m. du latin vocabulum, vocable , mot, terme, parole.
- ( Oramm. ) U se dit de la collection des mots d’une langue; c’est ce qu’on nomme autrement dictionnaire , mais on lui suppose moins d’éîendue.
- VOCAL, LE, adj. du lat, vocalis. JL1 a
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- irai a la voix bonne , résonnant, bruyant.
- ( Musique ) Musique vocale ; C:’est celle qui est destinée pour les voix , par opposition à musique instrumentale.
- yocale se prend substantivement pour exprimer ia partie de la musique qui s’exécute par des voix; et l’on dit : les symphonies d’un tel opéra sont assez bien faites, mais la vocale est mauvaise.
- VOIE , s. f. du lat. via, chemin , toute par où l’on va d’un lieu à un autre.
- (Ecriture) y oie étroite ; on appelle ainsi, en termes d’écriture; la voie , le chemin du salut, par opposition à voie large, pour le chemin de la perdition.
- yoie signifie aussi lés lois , les commandemens de Dieu : Seigneur; enseignez-moi vos voies.
- ( A rchitect. civile ) Ce mot, considéré comme synonyme de route et chemin , ne se dit plus au propre qu’eu parlant des grands chemins des anciens Romains; c’est ainsi qu’on dit : La voie appienne , la voie Jlaminienne. Hors de là , le mot de voie n’est employé que dans quelques phrases proverbiales ou populaires : Embarrasser la voie publique ; cet homme est toujours par voie et parchemin.
- On dit encore : La voie des carrosses , la voie des charrettes, pour -exprimer l’espace qui est entre les deux roues.
- ( Chasse ) On appelle voie, en termes de vénerie , l’endroit par où le gibier a passé, quand on le suit à la piste, ou par l’odeur ou l’impression qu’il a laissée dans l’air : On a remis 'les chiens sur les voies.
- ( Technol. ) On appelle voie l’ouverture que fait la scie dans le bois qu’on coupe ou qu’on fend avec la scie.
- On appelle une porte à claires voies , celle qui est faite en treillis de barreaux de fer, ou de bois, à à travers laquelle le jour passe.
- yoie se dit aussi de ce qu’on transporte à chaque voyage qu’on fait; une voie de moellons , de carreaux , de pierres de taille, de plâtre, rie charbon, d?eau, etc.
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- ( Manufact. ) Voie de calandre f on dit qu’on a donné une voie de calandre à une étoffe ou à une toile , pour faire entendre qu’elles ont passé huit, fois de suite sous la calandre.
- f Pratique') yoie signifie figuré-ment, moyen dont on se sert, conduite que l’on tient pour arriver à quelque fin. C’est dans ce sens qu’on dit qu’il faut se pourvoir par les voies de droit, pour dire qu’il faut avoir recours à la justice, suivant les formes prescrites par les ordonnances ; et on appelle voies de fait les actes de violence qu’on fait sans avoir recours à la justice.
- ( Méd. ) Premières voies; cette expression s’applique, en médecine, aux premiers vaisseaux ou conduits qui reçoivent les sucs alimenteux , avant qu’ils soient changés en sang, tels que l’estomac , les intestins, etc.
- ( Chimie) yoie humide, voie sèche ; ce sont deux moyens que la chimie emploie pour parvenir à dissoudre les substances terreuses et métalliques. La voie sèche emploie le feu ; la voie humide, les dissolvans.
- On a un exemple de la dissolution par la voie sèche, dans la vitrification et la fusion des métaux ou des terres, soit isolément, soit avec addition de fondans. Si l’on met ces mêmes substances dans un acide ou un autre réactif liquide, et qu’il y ait dissolution , on les traitera par la voie humide. Ces expressions sont principalement d’usageen docimasie.
- ( Marine) yoie d’eau ; c’est une fente, un trou ou ouverture accidentelle qui se trouve dans le bois de la caréné extérieure d’un vaisseau , au dessous ou au niveau à peu près de la flottaison, par où l’eau de fa mer peut s’introduire dans l’intérieure du vaisseau. De là ces expressions : Boucher une voie d’eau, découvrir une voie d’eau , faire une voie d’eau, aveugler une voie d’eau.
- (Aslron.) yoielaclée; c’est une espèce de bande lumineuse qui fait le tour du ciel, coupe l’écliptique vers les deux solstices, et s’en écarte de 60 deg. environ.
- Suivant Ovide , la voie lactée est le chemin qui conduit à l’empire et au palais de Jupiter.
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- D’autres poëtes en rapp ortent l’origine à l’embrâsement que Phaéton avoit causé; au lait de Junon qu’Her-cule avoit laissé tomber de sabouche. 11 y en a qui en l'ont le séjour des amis des héros, comme on le peut voir dans Manilius, qui décrit fort au long la situation et la trace de la voie lactée.
- Aristote regardoit la voie lactée , comme un météore placé clans la moyenne région ; mais Démocrife bien plus ancien , jugea que cette blancheur céléste devoit être produite par une multitude d’étoiles , trop petites pour être apperçues distinctement. C’étoit aussi le sentiment de Maniîius, qui , après avoir raconté les table? des anciens, ajoute plus philosophiquement:
- jin major slellarum turba corona Contexitjlammas el crasso Itaniné candet Etfalgore nilet coîlato clarior orbi.t.
- mais , quoiqu’il soit certain que la voie lactée tire une partie de son éclat et de sa blancheur de ta lumière despetitesétoiiesqui s’y trouventpar millions , on ne distinguent pas un sasez grand nombre de ces étoiles, pour que l’on pût attribuer uniquement à celles qu’on distingue, lablan-cheur de la voie lactée, qui est si sensible à la vue simple ; telle a été pendant plusieurs siècles , etteîie étoit encore l’opinion de la plupart des astronomes sur les causes de la blancheur de la voie lactée , lorsque les observations de M. Hersehell , sont venues dissiper tous les doutes à cet égard. La multitude immense des étoiles qui sont dansla voie lactée ne permet plus de chercher ailleurs la cause de cette blancheur.
- VOIERIE , s. f. du lat. viaria.
- (Econ. polit.') Voierie qui signi-fioir autrelois grand chemin, ou certaines places publiques adjacentes aux chemins , se dit aujourd’hui de la police des chemins et de la juridiction qui exerce cette police.
- Cette partie de la police a été connue des Romains; c’est d’eux que nous avons emprunté le même terme. On distingue la grande et petite voierie.
- VOILE, s. f. du latin vélum.
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- ( Marine ) Assemblage de plusieurs lés ou bandes de toile , ou autre tissu flexible , formant une surface étendue proportionnée au bâtL ment, et que l’on déploie et présente à l’impulsion du vent, peur procurer une vitesse au vaisseau à travers le fluide.
- Il y a des voiles de différentes formes ; les quarrées, les trapésoïdes, et les triangulaires , ou latines. Dans un bâtiment à trois mâts, on distingue :
- La grandi voile , tenue sur la grand’vergue et au grand mât.
- La voile de misaine ou la misaine , tenue sur la vergue de misaine et au mât de ce nom.
- Legrand hunier, le petit hunier, tenus au grand et au petit mât de hune sur leurs vergues.
- Le perroquet de fougue, qu’on pourrait appeler hunier d’artimon.
- Grand perroquet, petit perroquet, tenus sut leurs vergues aux mâts de grand et petit perroquet.
- Grand perroquet volant et petit perroquet volant, appelés aussi par quelques-uns grand et petit cata-couas, tenus aussi sur des vergues au même mât, au dessus du perroquet.
- La civadiere et la contre-civa-dière , enverfçuées l’une sous le mât de beaupré , et l’autre plus haut et en avant de lui.
- Voile d’artimon ; cette voile est de l’espèce des voiles AURIQUES. V. ce mot.
- Il y a outre cela, les voiles d’étai, les BONNETTES et les FOCS. E. ces mots.
- On distingue encore les voiles en hautes et basses.
- Les basses voiles sont la grande voile et la misaine , et aussi quelquefois l’artimon.
- Les voiles hautes sont tes huniers et les perroquets.
- 1 ouïes voiles dehors ; cela se dit d’un vaisseau lorsqu’il a déployé au vent toutes l.es voiles qu’il peut porter.
- Faire force de voiles : c’est déployer toutes les voiles que le vaisseau peut porter, pour marcher avec-plus de vitesse ; ce qui ne se fait que dans un cas très-pressant, et n’ess; pas sans danger.
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- VOILIER , s. m. de VOILE.
- ( Marine ) Ce mot joint à bon eu mauvais, exprime la marche d’un vaisseau sous voile, et indique celui qui marche aveevifesse et porte bien la voile , ou celui qui n’avance pas beaucoup sons voile.
- VOILURE , s. f. de VOILE.
- ( Marine ) Nom collectif qui signifie toutes les voiles d’un vaisseau. C’est tout l’appareil et l’assortiment des voiles d’un vaisseau.
- Voilure se dit aussi de la façon particulière d’orienter les voiles et de les porter pour naviguer , suivant les différens vents , ou suivant la force du vent, ou l’état de la mer , dans différentes circonstances.
- Régler la voilure ; c’est fixer, parmi ordre du commandant ou par des signaux convenus, les voiles que les vaisseaux qui font route ensemble dans une armée navale, escadre ou convoi, doivent porter, pour se maintenir ensemble, et ne pas se séparer. Cet ordre est sur-tout pour la nuit.
- Voilure se dit encore de l’espèce , forme et genre distinctifs des voiles de différens bâtimens. La voilure des galiotes, la voilure des cutters.
- VOITURE, s. f. du latin vectura, fait de veho , porter.
- ( Mécan. ) Ce mot se dit en général de tout ce qui sert à porter les choses ou les personnes qu’on veut iaire passer d’un lieu à un autre.
- Les anciens avaient comme nous des voitures roulantes ; elles étoient à deux ou à quatre roues. Les chars qui servoient à porter les images des dieux dans les pompes et les cérémonies publiques, n’àvoient que deux roues. Le carpentum fut d’abord la voiture des dames de qualité et des vestales : on y atteloit. des chevaux ou des mulets blancs. La eu truque , carnica , et le pilentum étoient des voitures couvertes à quatre roues qui ne servoient qu’aux per-soimes de qualité. Celles que les Ro-m lins appeloient essedæ, véhicula, étoient à peu près les mêmes que le pilentum , et servoient aux memes usoges.
- Outre les voitures roulantes , les anciens avoient des litières et des chaises à porteurs , dont on ne con-noit point la forme. La basterne fut iaveutûe à Rome , sous las consuls.
- V O I
- La litière étoit portée sur les épaules des esclaves , au iieu que la basterne étoit portée par des betes.
- La mode des basternes passa d’Italie dans les Gaules. Grégoire de Tours, dit que Deuterie , femme de Théodebeit 1er, ? roj ^e Metz , voyant sa fille nubile , et craignant que le roi ne l’enlevât, la mit dans une basterne et y fit atteler deux taureaux indomptés , qui la précipitèrent du haut du pont de Verdun. Le P. Daniel , dans son histoire de France , prétend que la basterne étoit une espece de charriot tiré par des bœufs, et que ce fut dans une pareille voiture que Clctikle se mit en route en 490, pour aller célébrer son mariage k Soissons avec Clovis.
- Les derniers vois de la première race se servoient d’une voiture nommée carpenlon attelée de quatre boeufs , et s’y iaisoient traîner d’ordinaire , lorsqu’ils alloient se montrer au peuple et recevoir ses pré-sens.
- Telle étoit la simplicité de nos ancêtres , qu’ils n’àvoient pour leur commodité , ni chars, ni carrosses; ils ne se servoient que de chevaux ou de litières , même dans les cérémonies les plus pompeuses. Les princesses et les dames assisfoient aux jotites, aux tournois et autres fêtes , ou sur un palefroi , mené par deux palefreniers, ou derrière leurs écuyers sur un cheval de croupe.
- Anne de Bretagne, Marie d’Angleterre , la reine Ciande, la reine Eléonore , Catherine de Médicis et Elisabeth d’Autriche, firent leui s entrées dans de riches litières découvertes.
- L’usage d’aller à cheval dans Paris,' et de monter en croupe , a duré jusqu’au règne de Louis XIII.
- Les légats faisoient leurs entrées dans Paris , montés sur une mule ; les présidens et les conseillers aliment aussi au parlement sur des mules ; mais les dames qualifiées usoient quelquefois de charriots et de coches ronds, à deux personnes, fails, dit Favin , de meme que les gondoles , qui ont la poupe et la proue découvertes et le milieu couvert. V. CARROSSE , COCHE , LITIERE.
- VOIX , s. f. du latin vox, son qui sort de la bouché de l’homme.
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- ( Physiol. ) Il y a des voix articulées , comme celles de l’homme ; il y a des voix non articulées, comme l’aboiement des chiens, le sifflement des serpens , le rugissement du lion.
- (Musique) Les musiciens distinguent généralement les voix en deux classes ; savoir, les voix aiguës et les voix graves. La différence commune des unes aux autres, est à peu près d’une octave.
- VOL , s. m. du latin volo} voler, passer vite.
- ( Ornylhologie) L’action par laquelle les oiseaux elles insectes ailés se transportent dans les airs.
- Pour le mécanisme du vol des oiseaux, consultez les observations de M. Hubert, de (J-eneve , sur le vol des oiseaux de proie ; ainsi que le traité de Borelii , de niotu animalium, et l’ouvrage de M. Barthez , sur la statique des animaux.
- ( Fauconnerie ) Chasse du vol ; c’est, la chasse avec les oiseaux de proie.
- Equipage du vol ; c’est la réunion des chiens et des oiseaux propres à cette espèce de chasse.
- Bon vol ; on dit d’un oiseau qu’il fait bon. vol, quand il chasse bien.
- Vol à la toise y il a lieu, lorsque l’oiseau part du poing à tirs d’aiîe , pour poursuivre une perdrix à la course.
- Vol à la course ou à leve-cul; c’est quand le gibier part.
- Vol à la renverse ; celui qui a lieu lorsque la perdrix se renverse à vau-le-vent.
- Vol à la couverte ; c’est lorsqu’on approche du gibier qui est à couvert derrière une haie.
- VOL, (larcin), s. m. du latin vola, paume de la main , dont on a fait involare et volare , pour dérober avec la paume de la main.
- ( Pratique ) On comprend sous ce nom, toutes les manières de prendre , soit en cachette , soit par finesse , soit avec adresse, soit de force et avec violence.
- Vol se dit aussi de la chose volée.
- VOLATIL, E , adj. dulat. vola, passer vite.
- (Chimie) Il se dit des parties des corps , les plus subtiles et les plus
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- légères, que l’action du feu fait élever et dissiper. Il est opposé à Jïxc.. Le mercure , le soufre, Pars nie , sont des substances très-volatiles.
- VOLATILE , s. f. du iat. vota , passer vite.
- ( Qrnylhol. ) Ou appelle ainsi tout animal qui vole. Son usage le plus ordinaire est au pluriel.
- VOLGANISTES ou VOLCA -NIENS, s. m. de VOLCAN. V. plus, bas.
- ( IJist, nat. ) On donne ce nom aux naturalistes qui pensent que les basaltes sont des produits de volcan s ; ils sont ainsi appelés pour les distinguer des neptunisles ou nepiiinicris qui soutiennent que ce sont des produits de la voie humide. V. NEP-TUNIENS , BASALTE.
- VOLCAN , s. m. du latin vùlca-nus , nom d’une divinité du paganisme , que les anciens ont pris pour le dieu du feu, ou pour le feu même.
- ( Hist. nat. ) On appelle ainsi les montagnes qui vomissent , en certains teins, delà fumée, des flammes , des cendres, des pierres et des torrens embrasés de matières fondues et vitrifiées.
- Lès éruptions de ces matières solides ne se font que par intervalles plus ou moins éloignés , et sont précédées de divers phénomènes : on entend des mugiss -mens souterrains ; la terre tremble par secousses redoublées, et l’on voit sortir de la vaste bouche du volcan , une colonne de fumée épais;e et noire , semblable à unè masse solide et qui s’élève jusqu’au dessus des nues.
- Le sable noir , et les cendres dont elle est composée , tombent comme une grêle, et couvrent la terre d’une couche épaisse.
- Après la sortie de ces matières pulvérulentes, commence l’éruption de la lave , qui , comme un fleuve de feu , sort tantôt par le cratère, et tantôt par une ouverture latérale , qn’elle se fraie elle-même dans !e sein de la montagne. Elle coule, elle s’avance, et dans sa marche terrible, elle renversa, brûle et détruit tout ce qui se trouve sur son passage. Des villes entières ont été dévorées par ce torrent destructeur,
- Tel fut ce vaste courant de lave,
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- sorti du sein de l’Etna , qni termina «on cours en couvrant la ville de Cutané , avant de se précipiter dans la mer. Tel fut encore celui qui sortit en 1794 , des flancs du Vésuve , et qui consuma la ville de la Torre.
- C’est un fait connu depuis long-tems, qu’il n’y a de volcans en activité que dans les îles ou sur les bords de la mer. O11 n’en voit pas un seul dans l’intérieur des conti-nens, ou même à quelque distance un peu considérable des cotes.
- Le nombre des volcans actuellement brûlans , s’élève à plusieurs centaines ; mais celui des volcans éteints , surpasse de beaucoup celui des volcans en activité.
- IBuffon disoit qu’on pouvoit compter cent fois plus de volcans éteints que de volcans en activité ; et si on jugeoit d’après l’Italie, cette proposition n’auroit rien d’exagéré.
- Les phénomènes que présentent le's volcans , ont de tout tems fixé l’a: tention des hommes; et en même te ns qu’ils répandoient autour d’eux une épouvante universelle , ils ius-pir dent aux observateurs de la 11a-tur* , le plus vif désir de pénétrer la c use de ces effrayantes convulsions d? la terre; mais toujours un voile épais semble l’avoir dérobée à leurs regards. Pour les diverses théories des volcans, consultez les ouvrages de physique et d’histoire naturelle.
- VOLÉE, s. f. du latin volo , passer vite : le vol d’un oiseau.
- ( Fauconnerie ) Volée se dit de l’espace que parcourt un oiseau sans s'arrêter.
- ( Artillerie ) Volée se dit aussi en parlant d’une pièce de canon , de cette partie qui prend depuis les tourillons jusqu’à la bouche.
- Tir et à toute volée ; c’est élever la pièce et. la tirer en rase campagne s..ns lui donner d’objet ni de but.
- Volée est encore un nombre de coups de canon , tirés à la fois. Ce ternie employé dans ce dernier sens, est particulifeiement. d’usage à la mer.
- VOLEE , v. n. du latin volo , passer vite: se contenir , se mouvoir en l’air par le moyeu des ailes.
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- ( Fauconnerie ) Voler signifie chasser avec les oiseaux de proie.
- Voler de poing ; c’est jeter les oiseaux de poing à la poursuite du gibier.
- Voler d’amour ; c’est laisser voler les oiseaux en liberté.
- VOLTE , s. f. de l’italien voila , tour..
- ( JMancge ) Certain mouvement que le cavalier fait faire au cheval , en le menant en rond.
- On dit, faire les six voiles d’une haleine , manier un cheval sur les quatre coins de la voile , le mettre sur les voiles , embrasser toute la voile, passager sur les voiles, serrer la voile, en parlant des divers exercices qu’on fait au manège.
- (Art. miliL. ) Voile face , faire le voile face à une troupe devant l’ennemi, c’est la faire présenter devant ; c’est tourner le visage à l’ennemi qui poursuit.
- VOLUME , s. m. du latin volvo} volulum , rouler , tourner.
- ( Bibliographie ) Livre relié ou broché ; les livres étoient ainsi appelés chez les anciens , parce qu’ils étoient composés d’une ou plusieurs feuilles attachées les unes aux autres et roulées autour d’un bâton appelé cylindrus , dont les extrémités ou boutons étoient nommés umbi-lici ou cornua. Les deux côtés extérieurs des feuilles ou les tranches s’àppeloient f routes, et les extrémités du bâton étoient ordinairement décorées de petits morceaux d’ivoire , quelquefois enrichis d’or et de pierres précieuses : c’est sur ces extrémités que l’on mettoit le titre de l’ouvrage.
- Les feuillets qui composoient les volumes ou rouleaux , se nom-moient pages , paginez , du mot pangere , lier ensemble. Voyez TOME, LIVRE.
- ( Physicjue) Volume se dit aussi de la grandeur ou l’étendue d’un corps. Cette étendue est toujours limitée par des surfaces ; et c’est le plus ou le moins de surface non interrompue qui détermine le volume. Le volume d’un corps est donc la quantité de matière, considérée c-n tant qu’elle occupe une telle quantité d’espace.
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- Un centimètre cuire d’or et un centimètre cuire de bois, sont égaux en volume , mais non en pesanteur ni en densité ; parce qu’entre les parties des corps, il y a des espaces vides de leur propre substance ; aussi s’eu faut-il de beaucoup que la matière propre ou les parties d’un corps remplissent exactement tout le volume de ce corps.
- ( Musique ) Eolume se dit encore en pariant de la voix, de l’étendue ou l’intervalle qui est entre le son le plus aigu et le son le plus grave qu’elle peut rendre. Le volume des voix les plus ordinaires est d’environ huit à neuf tons : les plus grandes voix ne passent guère les deux octaves en sons bien justes et bien pleins.
- VOLUTE , s. f. du latin voluta, fait de volulo , rouler, tourner en rond.
- ( Mrehit. ) Enterrement en ligne spirale qui fait le principal ornement des chapiteaux de la colonne ionique et de la colonne composite.
- VOLVE, s. f. du latin vol va , fait de valvo , entourer.
- ( Botan. ) C’est le nom qu’on donne à l’enveloppe radicale de toutes les especes de champignons.
- On dit d’un champignon qu’il est volve , quand il est pourvu d’une volve.
- VGLVULUS , s. m. mot latin , fait de volvo , tourner.
- ( Med. ) Mot latin qu’on a conservé en françois pour désigner une espèce de maladie qui ressemble à ta passion iliaque , et qui est ainsi appelée, parce que les intestins de ceux qui en meurent., paroissent en quelque sorte entortillés les uns avec les autres.
- , VOMER , s. m. Mot latin qui signifie soc de charrue.
- Mnat. ) Nom d’un os qui forme la partie postérieure de la cloison du nez ; il est ainsi nommé, parce que sa figure approche d’un carré oblique , et ressemble assez à un soc de charrue , renversé de bas en haut.
- VOMIQUE, s. f. du lat. vomica, abcès, apostume.
- ( Méd. ) Ce terme signifie proprement un abcès enkisté dans le
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- poumon ; c’est-à-dire, un amas de pus enveloppé d’une membrane, dans la substance du poumon. Il peut s’en former aussi dans les au tres viscères, comme dans le mésentère, dans les reins, dans le foie, etc. Quand l’abcès se crève , et que le pus s’évacue par quelque voie naturelle, le malade peut guérir.
- VOMISSEMENT , s. m. du lat. vomiLus ou vomitio , fait de vomo, vomir : l’action de. vomir.
- ( Méd. ^ Contraction spasmodique et. rétrograde des fibres musculaires de l’œsophage, de l’estomac et des intestins, accompagnée de fortes convulsions des muscles de l’abdomen et du diaphragme, dans laquelle contraction les matières contenues dans l’estomac sont expulsées par haut, et sont même quelquefois suivies de celles que contiennent les intestins.
- VOMITIF . VE, adj. du latin vomilivus , fait, de vomo , vomir.
- ( Méd. ) Epithète que l’on donne aux remède s qui font, vomir. C’est la même chose qu’émétique.
- V OMIT OI RE , s, m. du latin voniitorium, fait de vomo , vomir : ce qui vomit.
- ( Jeux scéniques ) On appcloit vomitoires , chez les Romains, les issues par où le peuple sortoit du théâtre , à la fin du spectacle.
- VORACE , adj. du latin vorax . fait de voro , dévorer : qui dévore.
- ('Hist. naté) Il se dit des animaux carnassiers, qui dévorent, qui mangent sans mâcher , avec avidité. Les lions et autres bêtes farouches, sont des animaux voraces ; les brochets dans les rivières sont des poissons voraces.
- VOTE , s. m. du latin volum , fait de voveo , volum , vouer, faire un vœu.
- ( Econ. polit, ) Vœu émis , suffrage donné. En parlant des affaires d’Angleterre, c’est un arrêté, une décision de la chambre des communes du parlement. Le parlement a voté vingt mille livres sterling, pour les dépenses de l’armée courante.
- VOTIF , VE, adj. du latin votions , qui a rapport à un veau.
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- ( Hist. anc. ) Boucliers votifs : les anciens appeloient ainsi les boucliers qu’on appendoit quelquefois dans les temples ou ailleurs , pour des occasions particulières.
- ( Hist. mod. ) Tableau votif ; c’est un tableau qui est offert pour acquitter un vœu.
- Messe votive; c’est une messe que l’on dit à dévotion , pour quel-qu’intention particulière , comme pour les malades, pour les voyageurs , pour les défunts, et qui n’est point de l’office du jour.
- VOÜSSOIR , subs. m, dérivé de VOUTE. V. ce mot.
- ( A relatée l. ) Courbure, élévation d’une voûte, ce qui en forme le cintre. On le dit aussi des portes et des fenêtres en arc. C’est encore le nom d’une pierre propre à former le cintre.
- VOUTE , s. f. du latin barbare voluta , fait de volvo , tourner.
- ( Hrchitect.') Toit rond, bâti en arcade, de telle sorte que les pierres se soutiennent l’une l’autre par la disposition de leur coupe.
- Les anciens ne connoissoient. que trois sortes de voûte : la voûte appelée j'ornix, parce qu’elle étoit faite en forme de berceau ; celle appelée testudo , faite en forme de tortue , et ce que nous appelons cul-de-four ; la voûte nommée couche, laite en forme de coquille.
- Les nredernes ont inventé plusieurs autres voûtes , auxquelles ils ont donné différens noms, suivant leurs figures et leurs usages.
- Il y a des voûtes en plein cintre , en hémi-cycle , ou demi cercle , ou en berceau ; d’autres en anse de panier , qu’on appelle surbaissées ; d’autres dont la hauteur excède le demi - diamètre, qu’on appelle en berceau surhaussé ; d’autres qui sont toutes plates, mais qui sont de petite étendue , et qui sont faites avec des claveaux. Il y a aussi des voûtes à la gothique, à croisettes , et avec des nerfs saillans et des ogi-res , dont les traits ou arêtes sont en diagonales, etc. , etc.
- L’art de construire les voûtes a été' inconnu à tous les peuples delà haute antiquité. Le pont de JBabylone,
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- que les anciens ont mis au nombre des plus merveilleux ouvrages de l’Orient, n’étoit point voûté; il avoit cependant près de cent toises de long, sur à peu près quatre de large. On est redevable à M. de la Hire , de la proportion dans laquelle les pesanteursdes pierres d’une voûte demi - circulaire doivent être augmentées pour être en équilibre, ou tendre en en Iras avec une force égale ; ce qui est la disposition la plus ferme qu’une voûte puisse avoir.
- ( Physique ) Voûte acoustique ; c’est une voûte construite de façon que la voix de quelqu’un qui parie , même fort bas, d’un certain point , est entendue, à un autre point, aussi distinctement que si l’oreille qui écoute étoit placée devant la bouche qui parle.
- Ces sortes de voûtes doivent être elliptiques ou paraboliques.
- Dans le premier cas, si quelqu’un parle, même fort bas, à l’un des foyers de l’ellipse , une autre personne , placée à l’autre foyer , l’entendra très - distinctement, et les autres personnes placées çà et là , n’entendront rien. Si la voûte est parabolique , quelqu’un placé au foyer de la parabole , entendra distinctement tous ceux qui parleront dans une direction parallèle à l’axe de la parabole. La raison de cela est que tous les rayons sonores, parlant d’un des foyers d’une ellipse, sont réfléchis à l’autre foyer par les parois intérieures de l’ellipse ; et, dans la parabole , tous les rayons parallèles à l’axe sont réfléchis au foyer de la parabole.
- VOYAGE , s. m. du latin via , chemin, dont onafaitviagium, pour l’action de cheminer, d’aller d’un lieu à un autre.
- (Littérature) Lesgrandshommçs. de l’antiquité ont jugé qu’il n’y avdit point de meilleure école de la vie que celle des voyages. Les beaux génies de la Grèce et de Rome employèrent plusieurs années à voyager. Diodore de Sicile met à la tête de sa liste des voyageurs illustres, Homère , Licurgue, Solon , Pythagore , Démocrite, Eudoxe et Platon.
- Strabou nous apprend qu’ou montra locg-tema en Egypte la maison.
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- où ces deux derniers demeurèrent ensemble pour profiter de la conversai ion des prêtres de cette contrée, qui possédoient seuls les sciences contemplatives.
- Aristote voyagea avec son disciple À iexandre, «ans toute la Perse, et dans une partie de l’Asie, jusques chez les Brachmânes. Cicéron met Ymoerafe , Crantor , Arcésilas, Carnéade , Panétius , Clitomaque , P-iiion , Fossidonius, etc. au rang des hommes célèbres qui illustrèrent leur patrie par les lumières qu’ils a voient acquises en visitant les pays étrangers.
- Parmi les modernes , Magellan est, le premier qui ait fait un voyage autour du monde , en l’année i5ip, e; dans l’espace de 1124 jours. François Brake fit, le second en 1^77 , et en 1086 jours ; ensuite, en i586, Thomas Cavendish ht ce même voyage en 777 jours. Depuis cette époque , jusqu’au milieu du dix-huitième siècle , le goût des voyages s’sl; un peu ralenti; mais aujourd’hui , il n’est point de puissance un peu considérable qui ne fasse des expéditions lointaines, et qui n’entretienne des voyageurs par terre et par mer, dont l’avancement des connoissances humaines est l’objet principal»
- ( Marine ) Voyages de long cours ; on appelle ainsi, en parlant des campagnes, des vaisseaux, des voyages , qui engagent dans de longues traversées, et hors de la vus des cotes, pour les distinguer des voyages de CABOTAGE. V. ce mot.
- VOYELLES , s. f. du lat. vocales, fait de vox , vocis , voix.
- ( (Jramm. ) On appelle voyelles les caractères destinés à peindre dans l’écriture, ce qu’on appelle eoùrtîaus la parole , c’est-à-dire , les sons qui ne sont point articulés. V. ECRITURE, CARACTERE.
- VUE-, s. f. du latin visus.
- ( Physiol. ) L’un des sens externes , par lequel nous jugeons des couleurs , cte la grandeur, de la figure , rie la distance et de la situation des corps sensibles.
- Les rayons de lumière qui partent de chaque point des objets extérieurs, passent au travers des par-
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- ties transparentes de l’oeil, et souffrent diverses réfractions dans l’iilimeur aqueuse , dans ie cristallin , et dans l’humeur vitrée ; ils se rassemblent sur la rétine , qui est l’organe immédiat de la vue, et forment, l’image de l’objet, qui est transmise à l’ame par le moyeu du neri optique, dont la rétine n’est que l’épanouissement. Quand, par ie moyen de ces réfractions, faites à propos, tous les points de lumière se rassemblent sur Ja rétine , sans confusion , et dans l’ordre dans lequel ils sont partis, l’on voit nettement et distinctement les objeis qui sonten une moyenne distance; quand, au contraire , les rayons ne se rassemblent pas à propos, c’est-à-dire , que le point de ieur réunion ne se fait, pas en deçà du au delà de la rétine, l'on voit les objets confusément et sans distinction. C’est ce qui arrive quand l’œil n’est pas bien conformé. Voy. HÉMÉRALOPIE , NYCTALO-PIE, MYOPIE, et PRESBYO-PIË.
- ( Commerce ) Vue , à vue ; c’est un terme de banque qui’ signifie d’abord, ou dès la présentation. Une lettre de change payable à vue doit être payée aussitôt qu’elle est présentée à celui sur lequel elle est tirée, sans quoi le porteur la fait protester., faute de paiement. Une lettre de change à un mois de vue , ou à 10 à 12 jours de vue , est payable un mois après, ou 10 ou 12 jours après le jour où elle a été acceptée , c’est-à-dire, exclusivement, ou sans le compter.
- ( Peinture ) On appelle vue le portrait d’un site qu’on a fait d’après la nature. On dit dessiner des vues, peindre des vues, saisir une vue,
- Le genre des vues s’étend à une infinité d’objets particuliers ; une marine, une chaumière , un terrain singulier , des roches , tout cela, lorsque l’étude en est faite sur la nature , s’appelle des vues,
- ( Pratique ) Vze, ou droit de vue sur Vhéritage voisin ; la plupart des anciennes coutumes, et le nouveau code civil, assujettissent celui qui a un droit de vue sur l’héritage voisin, à une certaine hauteur de-plancher, et fermée à barreaux de fer et verre dormant,
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- VUIDANGES , ou VIDANGES, s. f. Foy. VIDE.
- ( Chirurgie ) C’est la même chose que LüCfctlES. Foy. ce mot.
- VULGAIRE, adj. du lat. vul-garis, fait de vulgus, peuple, multitude : ce qui est commun, ordinaire , trivial.
- ( LiUérat. ) Langues vulgaires ; on appelle ainsi les différentes langues que les peuples parlent aujourd'hui , et se dit par opposition à langues savantes.
- VLLGATE , s. f. du lat. vulgala, fait de vulgus, peuple , commun.
- ( Hist. ecclés. ) C’est le nom d’une version latine de la Bible , déclarée auihentique par le concile de Trente. L’ancienne vulgate de l’ancien Testament avoit été traduite mot pour mot sur le grec des Septante ; on ne connoît point l’auteur de cette vulgate, qu’on appeloit italique ou vieille version ; elle a été commune ou vulgaire jusqu’à la nouvelle version que publia saint Jérôme , et dans laquelle il corrigea l’ancienne. C’est donc le mélange de l’ancienne version italique , et de quelques corrections de S. Jérôme, que l’on nomme aujourd’hui vulgale , et que le concile de Trente a sanctionnée.
- On ne se sert dans l’église que de cette vulgate, excepté quelques passages de la version italique , qu’on a laissés dans le Missel, ainsi que les psaumes que l’on y chante encore selon la vieille version.
- On dit aussi la vulgate, en parlant de l’ancienne version du nouveau Testament.
- VULNÉRAIRE . adj. et s. du lat. vulnus, vulneris, blessure : qui est propre aux blessures.
- ( Chirurgie ) On donne cette épithète aux médicamens qui sont propres pour la guérison des plaies et des ulcères. C’est la même chose que TRAUTMATIQUE. Foy. ce mot.
- VULVE , s. f. du lat. vulva, qui s’gnifie matrice, dans les écrits des anciens médecins.
- ( Final. ) Porte, ou orifice du vagin, ou parties naturelles de la femme.
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- Wa, .LON, s. et adj. même origine que GAULOIS. Foy. ce mot.
- ( (j-ramm. ) JFal Ion, ou langue w ailo ne ; on prétend que c’est l’ancien langage des Gaulois. Les Romains ayant subjugué quelques provinces de la Gaule, y établirent des préteurs ou proconsuls , qui admi-nistroîent. la justice en latin. Ainsi, les Gaulois s’appliquèrent à apprendre la langue latine , et ils empruntèrent un grand nombre de mois latins , qu’ils mêlèrent avec leur langage; et de ce mélange se forma un nouveau langage que l’on appela roman. Mais le vieux gaulois , qui n’étoit point confondu avec le latin , s’appela wallon.
- Cette distinction s’est transmise jusqu’à nous ; car les liabitans de quelques cantons de l’ancienne Flandre disent qu’en France l’on parle roman, au lieu qu’ils parlent wallon , lequel approche plus de la naïveté du vieux gaulois.
- ( Hisl. d’Espagne ) Gardes-wallones y c’est un corps de troupes dans les armées d’Espagne. Ce corps fait partie de la maison militaire de Sa Majesté catholique. Ce corps est ainsi appelé, parce que, dans son origine, il avoit été levé en Flandre.
- WARRANT , s, m. mot anglois, dérivé du vieux f:ançois warandir, dont nous avonsfait garantir.
- ( Hisl. d’Angleterre ) Ce mot se trouve fréquemment dans les récits des affaires d’Angleterre,où il signifie généralement garantie, sécurité, sûreté , et particulièrement un ordre , un écrit, en vertu duquel le porteur agit par autorité, et, est par-là garanti de toute poursuite qui pourvoit" être faite contre lui , à l’occasion de l’exécution de cet ordre.
- WETZLAR , nom d’une ville d’Allemagne, à dix lieues de Francfort.
- ( Ecoir. polit. ) Chambre de TFetzlar, ou chambre impériale ; c’est une juridiction où l’on juge le.s différens des princes et villes de l’empire d’Allemagne.
- Cette chambre étoit au coromerv-
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- cernent ambulatoire. Elle fut formée Pan 1473 à Augsbourg , par Frédéric IV.
- Après avoir été transportée en divers lieux, comme à Nuremberg , à Ratisbonne , àWorms, à Francfort, à Spire , elle a été enfin transférée dans la ville de Welzlar.
- Cette chambre a le pouvoir de juger en dernier ressort de toutes les altaires civiles de tous les sujets de l’empire, de meme que le conseil auüque qui réside à la cour de l’empereur.
- WHIG , s. m. Nom de parti en Angleterre , dont Burnet rapporte ainsi l’origine :
- Les habitai!s de la partie occidentale de l’Ecosse, dont le terrain est peu fertile en blé , sont dans l’usage d’aller tous les ans à Leith , où ils trouvent dans des magasins toujours approvisionnés par le nord de i’Ë-co. se de quoi fournir à leurs besoins ; e> parce que les voituriers qui font ce commerce se servent ordinairement du mot whiggam, pour animer leurs chevaux , ou les appelle whigga-mors , et par abréviation whigs.
- Or, il arriva qu’à l’époque de la défaite du duc cl’Hamilton , mais avant que la nouvelle en fût répandue dans le pays, les ministres presbytériens excitèrent leurs paroissiens à la révolte, se mirent à leur tète, et marchèrent sur la ville d’Edimbourg sous le commandement du duc d’Ar-gyle, qui se joignit à eux avec son parti. Cette incursion fut appelée l’incursion des whigs , et dans ia suite ce nom fut étendu à tous ceux qui avoient pris les armes contre la cour, ou meme qui entretenoient une opinion contraire aux intérêts de la cour. De l’Ecosse, cette dénomination est passée en Angleterre , où elle sert encore aujourd’hui à désigner le parti contraire à celui de la cour , ou le parti des TORYS. Voy. ce mot.
- WHIST , ou , par corruption , WISK , s. m. interjection angloise, qui sert à commander le silence.
- (Jeux) C’est un jeu de cartes , partie de hasard , partie de science , qui se joue avec to-i‘es les caries, entre quai, personnes, deux contre deux. Ce jeu a été emprunté des
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- Anglois, qui l’ont ainsi nommé , parce qu’il exige de l’attention et du silence.
- WOLFRAM , s. m. Mot suédois qui signifie mine ferrugineuse.
- ( Minéralogie) Substance minérale ferrugineuse, remarquable surtout en ce qu’elle contient le nouveau métal découvert par Schéèle dans le Tungstène, dont il a conservé le noms.
- Le wolfram a la couleur et la pesanteur du 1er; il n’est pas très-commun : on ne le trouve ordinairement que dans les mines d’étain de Saxe, de Bohême, et sur-tout dans celles de Cornouailles.
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- 5C.ÉNÉLASIE , s. f. du grec £|voî (xénos), étranger, et d’Ixâtai (élaô) , éloigner: interdictionfaiteaux étrangers.
- ( Jurisprud. ) C’étoit le nom d’une loi établie à Lacédémone , par Lycurgue , et qui défendoit aux étrangers le séjour d’une ville , et même la libre entrée en Laconie.
- XÉRASIE , s. f. du grec Çyfp&vin (xêrasià), sécheresse , fait de Çnpoç ( xêros ) , sec.
- ( Méd. ) Maladie des cheveux , espèce J alopécie , dans laquelle les cheveux tombent séchés par défaut de nourriture.
- XÉROPHAGIE , s. f. du grec Çnpèc ( xêros ) , sec , et de <pâ.ym ( phago ) , manger : usage des viandes seehes.
- ( Hist. ecclés. ) On donnoit ce nom dans ia primitive église à une sorte d’abstinence des chrétiens qui ajoutaient au jeûne , l’usage des viandes sèches. 'I ertullien, dan. son traité des Jeûnes, marque la xero-phagie, comme recommandée en tems de persécution pour se préparer au combat. Dans la suite, l’église condamna les Montanistes qui vou-1 oient assujettir tout le monde à la xérophagie.
- ( Gymnastique) La xérophagie étoit queiqueiois prat uée par tos athlètes; mais uniqueajentpar pria-
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- ripe (Te santé, et pour entretenir
- leurs forcés.
- XÉROPHTALMIE, s. f. du grec è'Kpèç (xéros), sec, etcFè^Ssix^iic ( ophUiuhnos ) , œil : sécheresse de l’œil.
- ( Med. ) Ophtalmie sèche , qui consiste dans une cuisson , une démangeaison et une rougeur des yeux, sans enflure et sans écoulement de larmes. Cette maladie diffère peu de la SCLÉROPHTALMIE. F. ce mot.
- XÉROTRIBIE , s. f.- du grec Zy.plç ( xéros ) , sec , et. de rp'iQoù ( Iribô ) , frotter : friction sèche.
- ( Chirurgie') Friction sèche faite avec la main , ou autrement, sur une partie malade , pour y rappeler la chaleur et le mouvement.
- XIPHOÏDE , adj. du grec (xip ho s) , épée , et d’d «Toc (éidos) , forme, figure : qui a.la forme d’une épée.
- ( Anat. ) Cartilage xiphoïde ; c’est le nom donné au cartilage qui est au bas du sternum , parce qu’il est aigu et qu’il ressemble un peu à la pointe d’une épée. On l’appelle vulgairement le brechet..
- XYLOBALSAME , s. m. du grec Çùxov (xulon) , bois, et de Qclks-cl-p.ov ( balsanion), baume : bois de baume.
- ( Bolan. ) C’est le boni qu’on donne aux petites branches de l’arbre qoi porte le baume de Judée.
- XYLOGRAPHIE , s. f. du grec £iîxov ( xulon ) , bois , et de ypâ<pt»
- { grapho ) , écrire : imprimé en planches.
- ( Imprimerie ) La xylographie est ie nom que l’on a donné à l’un des premiers procédés dj l’imprimerie , celui qui consistait à imprimer en planches de bois fixes.
- XYSTfî , s. m. du grec jSfuç-àv ( xusLon ), fait de Çîioo ( xuo ) , applanir : lieu applani.
- ( Antiquité j Lieu d’exercice , consacré à divers usages. Chez les Grec s , le xyste était un portique couvert ou à découvrit où les athlètes s’exerçoient à la course ou à la bile. Chez les Romains, les xystes n’étaient autre chose air des allées d’arbres qui servaient à la promenade.
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- ACHT, s. m. Mot d’origine teutonique , adopté par les Kollan-dois , et ensuite par les Anglois : bâtiment léger servant à la promenade.
- ( Marine ) Les yachts sont en général, des bâtimens légers , faits pour la marche , et servant à faire de petites traversées et des prome-nadës. Le gréement distinctif des yachts proprement dits , consiste en un grand mât , un mât d’artimon et un mât de beaupré , avec les mômes voiles que le ketch.
- Le roi et la reine d’Angleterre , ont chacun un y acht ; mais ces bâtimens sont gréés à trois mâts , avec toutes les mêmes voiles qu’un vaisseau , dont ils ne diffèrent que parce que leur mâture et leurs vergues sont plus déliées, que leur gréement est plus léger , et qu’ils sont décorés de sculpture, de dorure, et fournis de logemens très-commodes.
- Les Holîandois et les Anglois qui sont aisés ont des yachts pour le seul plaisir de la promenade. Il y en a aussi en Hollande pour le transport des personnes constituées en autorité.
- YACK , s. m. Corruption de l’an-glois jack.
- ( Marine ) C’est le canton ou quartier d’un pavillon. F. JACK.
- YEOMAN, s. m. Mot anglois , que Junius fait dériver de geman , qui signifie un habitant de la campagne, un fermier propriétaire.
- ( Hist. d’Angleterre ) On rencontre souvent dans les livres anglais , ces expressions : le corps des Feomen , de la garde du roi ; la Ycomanrie ; cela signifie dans le premier cas, un corps particulier de la garde du roi, au nombre de cent , et dont l’habillement ressemble assez à celui des Cent-Suisses de l’ancienne maison des rois de France. Dans le second cas , c’est la partie de la milice irlandaise , composée de propriétaires.
- YAYV S, s. m, Slot en nssge h 1» côte de guinée.
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- ( Méd. ) Maladie endémique dans la Guinée et autres climats chaud s. d’Afrique , qui est caractérisée par des éruptions fougueuses sur les différentes parties du corps.
- YEUX , s. m. pluriel d’ŒIL. V. ce mot.
- ( Mat. méd,') Yeux d’écrevisses ; c’est un nom impropre donné à des concrétions demi-sphériques qui se trouvent au nombre de deux aux côtés de l’estomac des écrevisses d’eau douce. Elles s’y rencontrent à l’époque où ces crustacées changent de tête, et ne s’y trouvent plus quand l’enveloppe extérieure est solide. Les anciens leur attribuoient des vertus cordiales et diurétiques qu’elles n’ont point. On s’en sert en pharmacie et en médecine comme matière absorbante.
- ( Peinture ) On appelle yeux , en parlant de draperies , les points où se cassent les plis.
- C’est dans les yeux des plis des étoffes que les peintres ont occasion d’exprimer la forme la plus sentie de leurs draperies , par la touche, et par l’effet des lumières et des ombres. C’est par- les yeux que les étoffes se caractérisent : ils sont aigus dans le taffetas et le satin ; plus ronds dans la serge ou le drap, plus lins dans les linges et autres étoffes molles et très-légères.
- YOLE , s. f. Corruption de l’an-glois YAWI,
- (Marine) C’est le nom d’un très-petit canot fort léger, ordinairement bordé à clin , et qui sert à passer d’un vaisseau à l’autre.
- YTTRIA, s. f. à’Ylterby nom de lieu en Suède.
- ( Minéral. ) C’est le nom d’une nouvelle terre découverte par le professeur Gadolin , dans le minéral, auquel le chimiste Ekebert a donné le nom de GADOLIN1TE.
- Le nom d’ Yttria vient de celui d’Yilerby , qui est le lieu de la Suède , où la gadolinite a été découverte. U yttria a plusieurs propriétés qui la rapprochent de la giucine ; mais elle en a d’autres qui l’en distinguent essentiellement : c’est la neuvième des terres ^impies.
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- A GAIE , s. f. de l’espagnol aza-gaya.
- {Art de la guerre) Espèce d’arme en forme de grand dard , dont les Maures se servent dans les combats, et qu’ils lancent avec beaucoup d’adresse.
- Z AIN , adj. de l’italien zaino.
- { Manège ) Il se dit d’un cheval qui n’est ni gris ni blanc , et qui n’a aucune marque blanche sur le corps ; qui est tout noir et tout bai , sans aucune marque de blanc. Les chevaux zains sont , dit-on , tout bons ou tout mauvais.
- ZÉLATEUR , TRICE , s. du grec ( zélos ) , zèle , émula-
- tion , ardeur pour quelque chose : celui ou celle qui agit avec zèle pour quelque chose.
- ( Qramm. ) Ce terme n’est venu dans notre langue que parce q'u’on l’a trouvé dans quelques traductions de l’Écriture. Les prédicateurs s’en sont servi dans les chaires ; on l’a ensuite employé dans les livres spirituels, et en lin on l’a étendu par métaphore à divers usages.
- {Hist. juive) On appelle zélateurs une faction qui s’éleva parmi les Juifs contre Titus et Véspasien. Iis furent ainsi appelés à cause du zèle qu’ils avoient pourla liberté de leur patrie ; les Romains les appeloient SICARII , SICAIRES. V. ce mot.
- ZÉNITH , s. m. Corruption de l’arabe senit ou semtarras, qui signifie point vertical.
- {Astron. ) C’est le point du ciel qui répond verticalement au dessus de notre tête.
- Le zénith est appelé le pôle de l’horizon, parce qu’il est distant de 90 degrés de chacun des points de ce grand cercle.
- Le point diamétralement opposé au zénith est le nadir. Le nadir serait le èénith de nos antipodes , si la terre étoit exactement sphérique ; mais il s’en faut un peu qu’elle ne le soit ; ainsi, cette ligne perpendiculaire à la surface de la terre, ne passe par le centre que lorsqu’on est sous l’équateur ou aux pôles j dans
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- tous les autres endroits , elle n’y
- passe pas.
- ZÉNONISME , s. m. du philosophe Zenon.
- ( Philosophie ) Secte de Zenon. Il se dit aussi de la doctrine de Zenon.
- ZÉOLITHE, s. f. du grec £«* ( zéô ) , bouillir , être échauffé, et de xtBoç ( lilhos ) , pierre : pierre échauffée.
- (Minéral. ) Substance minérale qui ne se trouve ordinairement que dans les anciennes matières volcaniques dont elle occupe les souillures, où elle s’est formée après le refroidissement, de la même manière que les agathes et les calcédoines.
- ZEPHIR, s. m. du grec Çs<pvj>oç (zéphuros), composé de (zoé) ,
- vie j et de <pé pa> (pherâ), porter: qui porte la vie.
- ( Physique ) Vent d’occident, vent doux et agréable.
- ZERO, s. m. Corruption de sifra, employé pour chij're et pour nul.
- (.Arilhmét. ) Caractère d’arifhmé-,tique formé comme un o , qui ne vaut rien seul, mais qui augmente la valeur du nombre qui le précède d’autant de dixaines qu’il renfermoit auparavant d’unités.
- ZÉTÉl'IQUE, adj. du grec ^VlTêû) (zéléo ), cherclier. '
- (Itlathématl) Méthode zélé tique; c’est une méthode dont on se sert pour résoudre un problème de mathématiques . pqj'ce qu’on y cherche la nature et la raison d’une chose.
- ( Philosophie ) On a appelé aussi zététiques, d’anciens philosophes , qui , comme les Pyirhoniens, faite lent profession de chercher la vérité, ruais qui ne la trouvoient point, parce qu’ils doutaient de tout.
- ZINC , s. m. Mot allemand.
- ( Minéral. ) Métal blanc , lamel-leux , qu i! est aisé , au premier aspect, de confondre avec le bismuth ou l’antimoine, mais qu’on recon-noît à un reflet bie âtre que n’ont point ces métaux.
- Si l’on en croit B ;igman , les anciens ne. connoissoiein pas le zinc. Favacelse est le pre ni tu auteur qui en ait parlé , et qui lui ait donné Je nom de zinc.
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- Jungius éorivoit, en 1674, que depuis long-tems on savoit, dans les Indes orientales, extraire le zinc de ses mines.
- Les Indiens l’appellent toute-nague.
- Le zinc a, depuis quelques années, acquis une so;te de célébrité , par l’usage qu’on en fait dans les expériences galvaniques, à cause de l’afiinité 'particulière qu’il montre avec le fluide galvanique.
- Les Chinois exploitent les mines de zinc pour en retirer le,métal; mais en France on le retire par sublimation , en exploitant des mines de plomb qui contiennent du sulfure ds zinc.
- Le zinc s’unit au cuivre , et dans différentes proportions, il forme ce qu’on connoît sous le nom de tombac , similor , laiton , cuivre jaune , etc.
- Les artificiers mêlent de la limaille de zinc à leur poudre pour faire des étoiles blanches et brillantes.
- On a proposé le zinc pour étamer les armes.
- Le sulfate de zinc est employé dans la teinture pour fixer les couleurs , et dans le feutrage des chapeliers.
- Les médecins en font usage comme astringent ou comme vomitif.
- ZIRCON, s. m. Voy. JARGON.
- ZIRCONÉ , s. f. de ZIRCON, ou comme nous disons par corruption JARGON.
- ( Minéral. ) Une des neuf terres simples , qui tire son nom du zircon ou jargon, dont elle fait la hase.
- ZIZANIE, s. f. du grec ÇiÇâvtor ( zizanien ), ivraie : mauvaise herbe qui vient parmi le blé.
- ( Morale ) Il se dit figurément, en morale, pour discorde, division,mésintelligence.
- ZODIACAL, adj. F. LUMIÈRE ZODIACALE.
- ZODIAQUE, s. m. du grec £œ-J'ixxoç ( zodiakos ) , fait de Çaon ( zoon ) , animal ; parce que les signes du zodiaque sont tous représentés sous des noms et des figures d’animaux.
- ( Aslron. ) Bande ou zone sphé-riqa d’environ 18 degrés de largeur, partagée en deux parties égales par À’écliptique ,
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- l’ècîiptique , et terminée par deux t ercles, que les planètes ne passent jamais dans leurs plus grandes latitudes.
- Le zodiaque est divisé en douze parties appelées signes ; et ces signes ont les noms de douze constellations qui y répondoient autrefois ; mais le mouvement des étoiles d’occident en orient, fait que les étoiles ne répondent plus aux mêmes parties du zodiaque. H. PRECES-SION DES ÉQUINOXES.
- ZOÏLE , s. m. Nom propre.
- ( Liltérat. ) Zoïle étoit un ancien critique qui entreprit de critiquer Homère, et à qui cette liberté réussit mal. Son nom a passé comme en proverbe parmi les savans, qui appellent un mauvais critique , un envieux , un zoïle.
- ZONE , s. f. du grec {zône), bande, ceinture.
- ( Astron. Géogr. ) Portion du globe terrestre comprise entre deux parallèles et l’équateur.
- La terre est partagée en cinq zones :
- Zône torride/ c’est une bande ou partie de la surface de la terre , terminée par les deux tropiques , et partagée, en deux parties égales par l’équateur.
- Zones tempérées ; ce sont deux bandes de la surface de la terre, terminées chacune par un tropique et par un cercle polaire.
- Zones glaciales ; ce sont les seg-mens de la surface de la terre , terminés , l’un par le cercle polaire arctique, l’autre par le cercle polaire antarctique.
- ZOOGLYPHITES , s. f. du grec £aiov ( zôon ) , animal, et de yhvqxe ( gluphô ) , graver.
- {Minéral. ) Nom donné par quelques naturalistes aux pierres schisteuses qui présentent des empreintes d’animaux.
- ZOOGRAPHIE , s. f. du grec Zfiaav ( zôon ) , animal, et de ypà^co (graphô ) , décrire.
- (Hist. nat.') Description des animaux.
- ZOOLATRIE, s. f. dugr. ££ov ( zôon) , animal, et de xarpéa. (la~ Ireïa ) , culte , adoration.
- (Pagan. ) Culte d'adoration des
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- animaux. La zoolalrie étoit fort en usage chez les anciens Egyptiens.
- ZOOLITHE , s. f. du grec ï'oùqv {zoon), animal, et de x'So({lithos)^ pierre. : animaux pétrifiés.
- ( Minéral. ) On donne ce nom. aux animaux ou à quelques-uns de leurs débris qui ont été enfouis par les eaux , et convertis en pierre.
- Zoologie t s. f. du grec ov
- ( zôon) , animal, et de Aoyoc {logos'), discours, traité.
- {Hist. nat.) Partie de l’histoire naturelle qui traite des animaux.
- ZOOMORPHITES , s. f. du gr, Ç'ùoi {zôon), animal, et de pwpqft { morphé) , forme.
- {Minéral. ) Nom donné par quelques naturalistes à des pierres, qui , sait par leurs couleurs, soit en relief , présentent accidentellement des figures d’animaux , ou de quelques-ünes de leurs parties.
- Les cailloux d’Egypte offrent quelquefois les accidens de la première espèce , et les concrétions pierreuses ceux de la seconde.
- ZOONATES , s. masc. du grec £œov ( zôon ), animal.
- ( Chimie) Sels formés par l’union de l’acide zoonique avec différentes bases.
- ZOONIQUE , adj. du grec £ïïo» {zôon), animal.
- {Chimie) Acide zoonique; acide tiré des matières animales , et particulièrement des muscles.
- ZOOPHAGË , adj. du grec ( zôon ), animal, et de qkym {pha-gô ) , manger.
- ( Hist. nat. ) On donne cette épithète aux races d’animaux qui dévorent d’autres animaux.
- ZOOPHORE , s. masc. du grec £œov {zôon), animal, et de çép» {phérô ) , porter.
- {Architecture) C’est le nom de la irise d’un bâtiment, ainsi nommée , parce qu’on la chargeoit autrefois de figures d’animaux, pour lui servir d’ornement.
- ZOOPHYTES , s. masc. du grec tfiùùv {zôon), animal, et de <pyr«v {phuton ) , plante : animal plante.
- {Hist. naturelle) C’est ainsi que Linnæus a appelé généralement les substances polypeuses, c’est-à-dire ,
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- les madrépores , les coraux , les gorgones, etc.
- ZOOPHYTOLITHES , s. f. du grec Ç(g(i<pvTov (zôophuton) , ZOO-PHYTE (Voy,. ce mot), et dex/ôo? (lithos), pierre»
- ( Minéral. ) On a donné ce nom aux zoophytes fossiles, dont la forme approche de celle des végétaux, tels que le palmier marin et autres semblables.
- ZOOTOMIE , s. f. du grec ÇSjoy (zôon), animal, et de tsy.v« ( lem-no) , couper , disséquer.
- (Anatomie ) Partie de l’anatomie qui a pour objet la dissection des animaux.
- ZOOTYPOLITHE, s. f. du grec £œov (zôon) , animal, de rô^o; (lupos), empreinte, forme } et de X/9oç (lilhos), pierre. .
- ( Minéral.) On appelle ainsi les pierres qui portent l’empreinte de quelques animaux ou portions d’animaux fossiles.
- ZOPISSA, s. fém. du grec {zeô) , bouillir, et de 'irïirva. (pissai), poix.
- (Mat. médic. ) Poix navale , ou
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- goudron que l’on détache des vier-x navires. On lui attribue une vertu astringente, et propre à cicatriser les ulcères.
- ZYGOMA, s. m. Mot grec , dérivé de Qvyvûm (zeugnuc), joindre , assembler.
- ( Anatomie') Nom d’un os appelé par quelques anatomistes, os jugal. Le zygorna n’est point un os particulier , mais une union de deux éminences d’os , dont l’une- vient de l’os temporal, l’autre de la pommette.
- ZYMOLOGIE, s. fém. du grec ( zunie) , levain , ou ferment, et de Xoyof (logos) , discours, traité.
- ( Chimie ) Discours , ou traité sur la fermentation.
- ZYMOSIMÈTRE , s. m. du grec typ* (zumé) , levain, ferment, et de ^uêTpov ( métron ) , mesure.
- (Chimie) Nom d’un instrument propre à-la mesurede la fermentation.
- ZYMOTECHNIE ., s. f. du grec tyy.-n (zumé), levaiin, ferment, et de (Lechné) * art.
- ( Chimie) Partie de la chimie qui traite de la fermentation»
- FIN DU TOME IIIe. ET DERNIER.
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