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L'Architecture pratique qui comprend le detail du toisé, et du devis des ouvrages de massonnerie, charpenterie, menuiserie, serrurerie, plomberie, vitrerie, ardoise, tuile, pavé de grais et impression
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- y JM &&
- L'ARCHITECTURE
- PRATIQUE,
- QUI COMPREND LE DETAIL du Toifé, bc du Devis des Ouvrages de Mafionnerie , Charpenterie , Menuiferie, Serrurerie, Plomberie, Vitrerie, Ardoife, Tuile , Pavé de Grais & Impreffion.
- AVEC UNE EXPLICATION DE LA COUTUME fur le Titre, des Servitudes é* Rapports qui regardent les Batimens.
- OUVRAGE TRFS-NECESSAIRE aux Archite&es, aux Experts, ÔC à tous ceux qui veulent bâtir.
- Par M. JB ü l L l t , Architeüe du Roy, & de IAcademie Royale d'Architecture*
- (gemfrmfcvrêJ
- Chez-
- A PARIS,
- “Ch. J. B. Delespine , lmp. Lib. ord. du Roy , k rue S. Jacques, à la Victoire ôc au Palmier.
- 1 ET
- JJean-Th. Hérissant, Libraire , rue S. Jacques» à S. Paul & à S. Hilaire.
- M. D C C. "X L I.
- ^ V E C PRIVILEGE DV ROT.
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- AVANT-PROPOS.
- j E m’étonne que Y on ait été J, jufqu’àpréfençfans donnerai!. 1 Public un Traité bien ample du Toifé des Bâtimcns ; car non-(eu-lement il eft utile à ceux qui font bâtir^ d’avoir une çonnoiflance de l’ufage du toifé j pour n’être pas trompez fur h dépenfe qu’ils ont à faire -, mais il eft ab -folumentneceflaireaux Entrepreneurs de fçavoir exactement toifer leurs ouvrages. Il y a eu quelques Auteurs qui en ont écrit; du Cerceau dans fpn livre des 50 bâtimens, imprimé en 1611. a donné le toifé de chacun des bâtiment qu’il propofe, pour en faire connaître la dépenfe ; mais outre qu’il ne pari# point de plufieurs ouvrages qui xik* toient pas en ufage de fou tems com* me des planchers çrevns, des liloiC?#*
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- AVANT PROPOS. ercufes 3c autres ; il n’entre pas même dans le détail des moulures, 3c fe contente de dire qu'une corniche doit être comptée pour demi-toife, ce q i ne peut pas fervir de îegle, parce qu’il y a des corniches où il s’y trouve une fois plus d’ouvrage qu’en d’autres, ainfî Ton ne fçauroû s’affurer fur ce qu'il a écrit du toile ; il dit à la fin que le R oi par un nouvel Edit avoir ordonné, que les faces des bâtimens fer oient toi-féeslcur longueur fur leur hauteur feulement, comme fi elles éçoient toutes unies, fans avoir égard aux ornemeiis d’Archite&ure, 3c que quand on en voudroit beaucoup faire,qu’il en fe-roit fait un marché à part, fuivant des deffeins arrêtez. Je crois que ceft ce qui a donné lieu à Pufage du toifé que l’on appelle toifé bout avant, c’cft-à-dire, roîferles faces des maifons 3c autres ouvrages, la longueur fur la hauteur feulement ; il y a plufieurs autres particularitez dans cette manière de toifer qu’il feroit inutile de rapporter,
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- MT-PROPOS
- puis qu’elle n’eft plus en ulage.
- ' De puis cet Auteur, Louis Savot Médecin, a fait un livre intitu’é, l Architecture Françoife , dans lequel il y a un Chapitre du Toifé de la Maçonnere ôc de la Charpenterie; mais ce qu’il en dit eft fi confus , qu’il eft difficile d’en tirer aucune inftrudion , parce qu’il n’a point fuivid’ordre, ni traité aucun ouvrage à fonds ; ce qui fait affez con-noître qu’il n’en parloit pas comme fçavant , auffi bien que de plufieurs autres chofes furTArchitedlure qu’ila traitées dans fon Livre , auquel il a donné un ti tre qui ne fait pas honneur aux Archite&es François ; car fi un Archite&e ne fçavoit que ce qui y eft contenu, il feroit très-ignorant. Mais c’eft la maniéré de plufieurs perfonnes de lettres, lefquels ayant étudié quelque tems rArchit:£ture, s’imaginent en entendre mieux les principes que ceux qui en font profeffion ; ce qui peut leur donner cette préemption eft, qu ils trouvent fi peu de ceux qui
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- 'AVANT- PROPOS..
- fe ciifenc Architectes, qui le firent effectivement , qu’ils croyent aifément être plus habiles & plus éclairez qu*-eux. Il eft vrai qu5ils peuvent acquérir tme notion générale de l'ArchiteCture par la le&ure des bons Auteurs 3 ôc a-près avoir vû quelques ouvrages efti-mez des S^avans ; mais ils ne fçavenf pas pour Cela, comme ils le croyent,la théorie de cet Art, cette partie ne s’acquiert qu’avec beaucoup d etude &£ d’expérience, en forte qu’elle eft infé-parablement attachée à la pratique , &c qü’il faut joindre l’une à l’autre pouf être habile. La théorie de 1* Architecture eft un amas de pluficurs principes qui établirent * par exemple* les réglés de l’analogie, ou la fcience des proportions , pour compofer cette harmonie qui touche fi agréablement la vûe, qui inftrüifent des régies de la bien-féaUce , pour ne rien faire qui ne foit d’un caractère convenable au fujet que fon s’eft propofé ; ce caratftere doit lire exprimé par le choix de certains
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- JP J NT- PROPOS. membres, dont l'ordonnance Bc Par-rangement doivent faire connoître que le tout & les parties ont enfemble lin rapport mutuel à Pefpece de bâtiment dont il s agit. Voilà une legere idée de la theonede l’Àrchitedure, Bc ce qu a peine pûiTedent bien ceux qui ont étudié dès leur jeunefTe,, & qui avec toutes les parties neceflaires , comme le deflein, les Mathématiques, principalement la Geometrie, la ledure des Auteurs, l’étude des ouvrages antiques ôc modernes, cela joint à un heureux genie & à un bon jugement, ont eu des occafions avantageufes pour joindre par une longue expérience, & une grande application la pratique à la théorie ; à peine, dis-je , ceux qui ont toutes ces qualitez , difficiles à trouver dans une même perfonne, peuvent-ils parvenir à ce quon appelle le bon goût qu’il faut avoir pour décider justement fur la compofîtionde plusieurs deflfeins que l’on peut faire fur un même fujet,afin de choifir le plus conve-
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- 'JVJNT- PROPOS. nable cela paroîr cependant fi facile à bien des gens, qu’ils s’imaginent que fans aucune icience il fuffit d’avoir un peu de bon fens pour s’y connoître & pour en décider.
- Pour revenir au toifé des bâtimens* nous n’avons rien eu jufqu’ici de plus ample fur cette matière * qùe ce que Monfîeur de Ferriere Avocat au Parlement a depuis peu donné au public dans fon grand Coûtumier ; mais le .Toifé des plus difficiles ouvrages n’y eft pas expliqué Je ne prétends pas trouver à redire à ce qu’a fait cet Auteur; mais il eft certain neanmoins que quand la chofe fera pouüée plus loin >. Je public en recevra plus d’utilité: c’eft: pourquoi j’ai donné à ce Traité toute l'étendue dont il a befoin pour le rendre intelligible & utile. Je commence par une Geomctrie pratique, afin que ceux qui voudront fçavoir à fonds le toifé des Bâtimens, ne foient pas obligez d’avoir recours à d’autres Livres, Je parle de la çonftruétion de toutes
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- AVANT- PROPOS. les fortesd’ouvragesqui compofenturi bâtiment avant que d’en donner le Toile , nfcn feulement pour le mieux expliquer, mais aulfi pour inftruirc ceux qui font bâtir, & pour empêcher quils ne loient trompez. Je me fuis un peu étendu lur le Toifé des moulures , afin qu’il n’y eût aucune difficulté dans les differens cas qui fe rencontrent par leur alfemblage. J’enfeigne enfuite la maniéré de conftruire & de toifer les murs de rempart & les murs de terraflV, & je donne une réglé fondée lur les mécaniques, par le moyen de laquelle Ton peut allez juftement Içavoir leur épailîeur par rapport à la hauteur des terres qu'ils doivent foûtenir.
- Et comme la Charpenterie fait une des principales parties des bâtimens \ j’ai traité cette matière un peu amplement: je parle de l’origine des combles , des fautes que l’on y commet ; je donne quelques réglés pour fçavoir les grolfeurs des bois par rapport à leur portée, & j’explique la manière de les
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- AVANT ~ PROPOS. tôîfer fuivant Pui âge St autrement.
- Je parle cnfuite de la couverture , de la Plomberie , de la Mentiferie, de la Ferrure, de la Vitrerie, de la Peinture d’impreffion, St du Pavé de grais, St je donne la maniéré de toifer ou de compter ces fortes d’ouvrages. Je ne dis rien des prix-, parce qifils font dif-ferens félon les endroits où Pon -fait travailler , St même que les ouvriers font plus ou moins habiles, St parcon-fequenc plus chers les uns que les au* très. Ainfi j’ai cru que ce feroit une choie inutile. Je me fuis feulement contenté de donner quelque connoif-fànce de la bonne ou mauvaife qualité des matériaux.
- Pour netien omettre .dans ce Traité de tout ce qui concerne les bâtimens, je rapporte Pexpofition du texte de la Coutume fur les fervitudes4 St les rapports des Jurez. J en donne une explication établie par Pufage , afin qu’on puiffe y avoir recours dans le befoin : J® parle aufli de la maniéré dont on
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- AVANTPROPOS
- donne les allignemens pour les murs entre les voilîns.
- Je donne enfin un modèle de devis par lequel je tâche de faire entendre comme l’on doit éviter les équivoques & les conteftations en fpécifiant toutes les circonftances qu’on y doit ob-ferver. Voilà en général ce que contient le Livre que je donne au public. On trouvera au haut de toutes les pages Geometriepratique y pour Architecturepratique , c’eft une faute d’im-prdïion que je riay pu empêcher * parceque je m’en fuis apperçu trop tard ; il y en a encore d’autres que je* prie le Leéteur de vouloir bien ex-cufer.
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- Wi ii h mil -Tri—-r* i*HHBaaannHS
- PF ÎVÏLEGE DV ROT..
- LOUIS, par la grâce de Dieu , Roi de Fiance '& de Navarre : A nos ame? & féaux Conleillers , les Gens tenans nos Cours de Parlement , Maître des Requêtes ordinaires de notre Hôtel , Grand Confeil, Prévôt de Paris, Rad'lifs, Séné'haux , leurs Lieutenans Civils Ôc autres nos Jufticie-rs qu’il appartiendra, Salut > Notre bien-amé 3ïan-Bapt. Delespine pere , l’un de nos Imprimeurs ordinaires & Libraire à Paris , ancien Adjoint de fa Communauté , Nous ayant fair remontrer qu’il 'ouhaiteroit conti* nVer de réimprimer ou faire réimprimer & donner au Public VHiftoire Romaine des Petes Catrou & Rouillé ; l'Hifloire de ' Erœnce /’ Abrégé de cette Hifloire par le: R,.Daniel î les Souf-
- frances de Notre-Seigneur Jefus-Chnfl endant fa Pajflonpar le P. Alleaume ; le Cours de Chimie du fleur Lhemery ; l'Architecture rauque du fleur Bullet ; l’Infraction de la Jeu-, mfje -, Entretiens doux & affectueux pour tous les jours de ïAvent ; le Chrétien enfolitude ; la Méthode d'Oratfon -, Entretiens d dévotion fur le fatnt Sacrement de l’Autel i la Manne d-' Dejert pour les perfennes qut font en retraite ; la Dévotion du Calvaire ; < onfiderations Chrétiennes pour tous les jours de l'année -, Confier ations fur les principales allions du Chrétien ; la douce & Jainte Mort p r le Pere- Crajfet ; *Méthode facile d'oraifon réduite en pratique -, la maniéré de fe préparer à la mort pendant la vie Retraite, fur les Myfteres
- de notre Seigneur Je fus-- hrifi -, Penfées ou Réflexions Chrétiennes pour tous les -jours de l'année ; Retraites jpiriiuell&s pour les perfonnes Religieufes -, Exercices intérieurs pour honorer les Myfteres de notre Seigneur -, Retraite félon l'efprit fly la méthode de S. Ignace ; l'Efprit du Chriflianifme -, l'Amour de El cire Seigneur Jejus-Chnfl par le 1\ Nepveu -, le Livre de-vie par le P, Ronnefons $ les Retraites Chrétiennes <ff> Ecclé-fafliques , avec les Prier es pendant la Mejfe & des Réflexions faintes pour tous les jours du mois , du fleur Abbé Thiberge j les Heures , l'Office tiré de l'Ecriture Sainte , & l’( ffice de la / énitence de feu notre très-cher Coufin le fleur ( ardinal de Eloailles -, les E,xercices de la vie interieu e -u P, Gonne-lieu -, Réflexions chrétiennes fur les plus importantes vérités du falu t -, Pratique pour fe conjerver en la préfence de Dieu - Infractions familières fur l'Oraifon mentale-, les Colloques du Calvaire $ Instructions chrétiennes en forme d'Examen dts
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- Jhur Cmrhon • les Voyages en l'Amérique , Afrique , Italie & E pagne, la Relation de l'Ethiopie Occidentale , & les Mémoires du fieur ûarvieux par le P. Labat, s’il Nous plaifoic lui accoi4er nos lettres de continuation de Privilège fut ee néceffaires , offrant pour cet effet de réimprimer ou faire réimprimer lefdits Livres ci-deffus expliqués en bon papier & beaux caraéferes , fuivant la feuille imprimée Sc attachée pour modèle fous le contre-fcel des Prélentes. A ces caufes, voulant traiter favorablement ledit Expofant , & lui donner des marques de notre reconnoiffance à procurer des Ouvrages auffi utiles pour l’édification du Public , en. lui donnant les moyens de nous les continuer , Nous lui avons permis & permettons par cefditcs Préfentes de réimprimer ou faire réimprimer lefdits Livres ci-deffus expofes en un ou plufîeurs volumes, conjointement ou féparement, & autant de fois que bon lui femblera , & de îes vendre , faire vendre & débiter par tout notre Royaume pendant le tems de quinze années confecutives , à compter du jour de l’expiration des précédais Privilèges. Faifons deffenfes à toutes fortes de perfonnes de quelque qualité & condition qu’elles foient, d’en introduire d’impreffion étrangère dans aucun lieu de notre obéïffance Comme auffi à tous Imprimeurs-Libraires §c autres d'imprimer , faire imprimer , vendre, faire vendre, débiter ni contrefaire lefiits Livres ci-defTus fpecifïés en tout ni en partie , ni d’en faire aucuns extraits fous quelque prétexte que ce foit, d’augmentation , corre&ion , changement de titre ou autrement , fans la permiffion exprelîc & par écrit dudit Expofant ou de ceux qui auront droit de lui , à peine de eonfifeation des Exemplaires contrefaits , de dix mille livres d’amende contre chacun des contrevenans , dont un tiers à Nous , un tiers a l’Hôtel-Dieu de Paris, l’autre tiers audit Expofant , & de tous dépens , dommages & intérêts ; à la charge que ces Prefentes feront enregiftrées tout au long fur le P egiffre de la Communauté des Imprimeurs 5c Libraires de Paris dans trois mois de la datte d’icelles : que l’impreffon de ces Livres fera faite dans notre Royaume & non ailleurs, & que l’impétrant fe conformera en tout aux Réglemens de la Librairie» & notamment à celui du dixiéme Avril mil fept cens vingt-ci nq. Et qu’avant que de les expofer en vente les manuscrits ou imprimés qui auront fervi de copie à l’imprelTioa dcfdîts Livres feront remis dans le même état où les Approbations y auront été données, ès mains de notre très cher Sk féal Chevalier le fieur Daguclfeau , Chancelier de France» Commandeur de nos Ordres * & qu’il en fera cafuite re-
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- ams deux Exemplaires «3e chacun dans notre Bibliothèque publique , un dans celle de notre Château du Louvre , & un dans celle de notre très-cher 8c féal Chevalier le fieur Daguelfeau , Chancelier de France , Commandeur de nos Ordres , le tout à peine de nullité des Préfentes : du contenu defquelles vous mandons 8c enjoignons de faire joiiir i’Expofant , ou fes ayans caufe , p’einement & paifiblemenc fans fouffrir quil leur foit fait aucun trouble ou empêchement. Voulons que la copie defdites Préfentes qui fera imprimée tout au long au commencement ou à la fin def-dits Livres foit tenue pour dûement flgnifiéc , & qu’aux copies collationnées par l’un de nos amez 8c féaux Con-feillers Secrétaires , foi foit ajoutée comme à l'original. Commandons au premier noue Huifîîçr ou Sergent de faire pour l’exécution d’icelles tous a#es requis & necefTaires , fans demander autre permiflion , 8c nonobftant clameur de Haro , Chartre-Mormande 8c Lettres à ce contraires ; car tel eft norre plaifir. Donne’ à Verfailles le vingt-huitième jour du mois de Mars , l’an de graeç mil fepç cens trçnte-huit s 8c de notre Régné le vingt-troifiéme.
- Par le Roi en fon Confcih
- S A I N S O N.
- Ilegiflréfur le Regiflre X. de la Chambre Royale des Libraires & Imprimeurs de Paris , No i$.fol% 11. conformément aux anciens Réglemens confirmés par celui du Février 172.5. A Paris , le 19 Man
- LANGLOIS, Syndic,
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- GEOMETRIE
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- GE OMETRIE
- P R A T 10 UE
- POUR LA MESURE
- DÈS SUPERFICIES PLANES
- ET DES CORPS SOLIDES.
- L faut premièrement fça* voir, que le mot de Mefure9 dont je me fer virai dans la fuite , pour expliquer les figures que je propoferai de mefurer , efl un mot com~ mun pour toute forte de mefures aüfquel-les on le voudra appliquer félon les difFe-rens pais, comme en France 5 la toife qui a fix pieds s dont chaque pied eft di-vifé en douze pouces, 8c chaque pouce divifé en douze lignes j 8c en d'autres pais, comme cannes , verges, palmes, 8ccâ 8C autres qui ont leurs divisons & leurs fub*
- A
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- 2, GEOMETRIE
- divifions. Ainfi en me fervant du mot de me-fure, je l’entends en general pour toutes ces fortes de mefuresdont on fe ferc dans les dif> ferens pais. J’avertis déplus que je ne fuppo-ferai des fra&ions que le moins qu’il me fera poflible , afin de rendre l’intelligence de la mefure des figures que je ptopoferai, plus ai-fée; parce que cela appartient plutôt à l’A-rithmetique , qu’il faut fçavoir avant que d’apprendre cette partie de la Geometrie pratique.
- 11 eft abfolument necelfaire, avant que d’entrer dans la Geometrie pratique, de donner la définition de certains termes, fans lefquels l’on ne peut rien entendre dans cette fcience. C'eft pourquoi j’ai crû être obligé de les mettre ici pour ceux qui n’en ont aucune connoifiance, &qui voudront s’en fervir pour leur utiliré.
- DEFINITIONS.
- LE point eft ce qui n’a aucune partie.
- La ligne qui eft la première grandeur maurabie, eft une longueur fans largeur j les extrémités de la ligne font points. Des lignes il y en a de droites & de courbes,
- La ligne droite eft celle qui eft également étendue entre Tes points.
- Des lignes courbes il y en a de circulaires,
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- P R Â T 1 Q^Ü E.
- d’elliptiques, d’hyperboliques , de paraboliques , de fpitales, d’helices, & autres. Angle eft l’inclination de deux lignes fur un m^me P^an qui fe ren-C contrent en un point non directement, comme fi là ligne A B, dé la ligne B C " fe rencontrent au point B i
- elles feront un angle*
- Dés angles il y en a de droits, d’obtus ôt pointus*
- Quand Une ligne tombe fur une autre ligne à en force qu’elle fait des angles de parc de d’autre égaux i ees angles s’appellent angles droics, de la ligné tombante fur l’autre ligne, s’appelle perpendiculaire : ainfi la ligné B D étant perpendicu^ '"“Claire fur la ligne A C* les angles A D B & B D C feront égaux , de par eonféquenè
- A
- D
- Mais quand une ligue ne tombe pas perpendiculairement fur une autre ligne $ elle fait les angles inégaux, dont le plus grand s’appelle angle obtus, de l’autre s appelle angle aigu: comme fi la ligne BD, tombant fur la ligne A C au point D , fait les angles BDA & B D C inégaux, le plus
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- fi. GEOMETRIE
- grand B D A, s’appelle angle Obtus , &c le moindre BDC, s’appelle angle aigu*
- ___________ Les angles s’ex-
- A ^ * priment par trois let-
- tres , dont celle du milieu eft la rencontre des lignes, & celle qui montre l’angle que l’on veut exprimer , comme l’angle obtus BD A, & l’angle aigu BD G.
- £ Quand deux lignes * -----1 font pofées fur un me-
- <? -h me pjan ^ ^e maniere
- qu’étant prolongées à
- A___________l’infini, elles foient toû-
- v—— ------- jours également diftan-
- c JD tes l’une de l’autre, on
- les appelle lignes parallèles, comme les lignes AB , CD.
- Superficie eft un efpace renfermé de lignes; ou une longueur & largeur fans profondeur ; cette fuperficie par rapport à fes cotez, s’appelle figure plane.
- Le triangle eft la première des figures planes, laquelle peut être confiderée en fix differentes façons, trois par rapport à fes cotez , ÔC trois par rapport à fes an-gles.
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- Pratique. f
- Le triangle par rapport à lès cotez, eft ou Equilatéral , ou lfofcele , ou Scalene.
- Le triangle Equilatéral a trois cotez égaux j comme le triangle A.
- Le triangle lfofcele a deux cotez égaux, comme le triangle B.
- Le triangle Scalene a les trois cotez inégaux , comme le triangle C.
- Le triangle conlideré félon fes angles, eft un Rectangle, ou Amblygone, ou Oxygone.
- Un triangle eft reétangle quand il a un angle droit comme le triangle D.
- Un triangle eft amblygone , quand il a un angle obtus , comme le triangle E.
- Un triangle eft oxygone quand il a les angles aigus , comme le triangle
- F.
- La bafe d’un triangle confiderée par rapport à l’angle qui en eft le fom-met, eft le côté oppofé Aiij
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- A
- GEOMETRIE
- à ce même angle, comme au triangle A B C , fi l’oa confiderc i’angle B pour le q fommet, A C fera la bafe du triangle.
- La fécondé des figures planes reêtilignes eft le quatre, qui a les quatre cotés & les quatre an-* gles égaux, comme la figure I. Parallelograme, quarrélong, ou redangle, ces trois noms font fynonimes, c’efi une figure qui a les quatre angles droics, & les cotez oppofez parallèles &c égaux , comme la figure A.
- Rhombe ou lozange eft une figure qui a les quatre cotez égaux, & les angles oppofés égaux comme la figure B.
- —j Rhomboïde, eftune figure / quia les cotez & les angles oppofez égaux , comme la îgure C.
- Trapeze, efl: une figure qui a les quatre cotez inégaux * comme la figure D.
- Des autres figures reéHli* celles qui ont les angles &c les cotez 3 font appellées ré gu'
- gnes
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- P R A T I Q^U E. 7
- Celles qui n’ont ni les cotez ni les angles égaux, s'appellent figures itréguîieres, Sc font comprifes fous le nom general de Polygones.
- Des régulières celles qui ont cinq cotez &: cinq angles égaux , s’appellent pentagones comme la figure E.
- Celles qui ont fix angles &: fix cotez égaux, s’appel-/ ^ lent hexagones, comme la
- * r. \ figure F.
- > Celles qui ont7cotez, &
- \/ 7 angles égaux j s’appellent —_________/ heptagones, comme la figu-
- re G , & ainfi du refie, comme de l’oétogone, enneago-nedécagone , endecagone y dodécagone, &c.
- Le cercle eft une figure comprife d’une feule ligne, appellée circonférence, laquelle eft décrice d’un point au-dedans, que l’on appelle centre , duquel point toutes les droites menées a la £ circonférence font égales entr’elles , comme la figure A C B F„ dont le centre eft D, A iii j
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- % GEOMETRIE
- ôc AD ouDB, lignes qui s’appellent demi-diamètres ou rayons , les lignes A B ou CF qui paiïent par le centre , & qui touchent la circonférence, s'appellent diamètres du cercle. Toute portion de circonférence du cercle s’appelle arc -, fi une ligne eft menée au-dedans du cercle, &: qu’elle touche en deux points la circonférence fans pafler pat* le centre, cette ligne s’appelle corde de l’arc qu’elle foûtient, comme la ligne CB, qui foûtient l’arc C G B.
- Secteur de cercle eft une figure comprife d’une partie de circonférence, Sc de deux demi-diamètres, comme la figure DCGB.
- Segment de cercle eft une figure comprife d’une partie de la circonférence, 8C d’une ligne droite qui touche les extrêmi-rez d’icelle circonférence, comme la figure
- CGB.
- L’ovale ou l’ellipfe eft une figure oblongue eom-P prife d’une feule ligne courbe ; mais non pas cir« Oculaire.
- Centre de l’ovale eft le point du milieu A.
- Axes ou diamètres de l’ovale , font les lignes payantes par le centre à angles droits, ÔC qui font terminées de part & d autre à h.
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- circonférence de l’ovale, comme font les lignes DE, BC, dont l’une eft le grand axe, qui repréfente la longueur de l’ovale, & l’autre le petit axe qui en repréfente la largeur ; fi d’autres lignes palfent par le centre de i’o-vale , & fe terminent à la circonférence, elles font appellées diamètres, comme la ligne GH.
- L’ovale a fes parties femblables à celles du cercle 5 comme feéteur &: fisgment, &c. Ainfiîa portion de la circonférence DHC,
- les deux lignes AC &: DA comprennent un feéteur d’ovale, &: la même portion DHC avec la ligne D C, comprend un fegment d’ovale: il y auroit d’autres chofes à dire de l’ovale, mais cela appartient à fa defeription.
- Diagonale eft une ligne droite tirée d’un B angle d'une figure reétili-gne , à l’angle oppofé , comme au reétangle AB CD, la ligne BC eft appel-
- lée diagonale.
- Les corps folides font ceux qui ont longueur , largeur ôc profondeur , dont les extrémités font des furfaces.
- Le cube eft un folide re-étangle s compris de fix fur-faces quarrées & égales, comme la figure Ai il eft auifi appelle hexaèdre.
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- La bafe d’un corps folide ou d'un cube, efl la fuperficie que Ton fuppofe être le fondement dudit corps.
- Le cube reétanglc oblong I eft un corps compris de fix furfaces , dont quatre font ohlongues &c égales , 8c deux quarrées, comme la figure B.
- Le prifme eft un folide, qui a pour bafe a chacun de ffS bouts, un triangle ou un tra-A prze, ou un pentagone, 8cc. & dont lçs cotez élevés perpendiculairement au deflus de la bafe, font égaux 8c parallèles, comme la figure C.
- La Pyramide eft un folide qui a pour bafe un quarré , ou une autre figure re&iligne, 8c dont les lignes élevées au-deflus de la bafe tendent toutes à un point, que l’on D appelle fomrnet, comme la figure D.
- Cylindre eft un folide H qui a pour fes deux bafes deux cercles égaux 8c parallèles ,, comme la figure
- E.
- Cône eft un folide qui I a pour bafe un cercle , 8c
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- P*
- JL
- A
- B
- D
- k
- B
- D
- A T I Q^U E. ir
- donc les lignes élevées au-deffus tendent à un point appellé fommet, comme Ja figure F.
- Sphere cft un folide compris d’une feule fuper-ficie circulaire , comme la figure G.
- Spheroideeft un folide compris d’une feule fu-perfîcie ovale, comme la figure H.
- Corps réguliers font des folides dont toutes les lignes ou cotez , &: toutes les fuperficies font égales.
- Angle folide ou materiel , eft l'inclination de pîufîeurs lignes qui font dans divers plans : comme dans la Pyramide triangulaire ABC D , l’angle BCD eft appelle angle folide, ou l’angle B AD, &c.
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- La GEOMETRIE
- PROPOSITION. I,
- Mefurer la fuperficie d'un quant.
- COmme le quarré a Tes quatre côtes égaux, ilfaut multiplier Pun des cotez par lui même, 6c le produit fera te requis *
- Exemple.
- Soit le quarré A B, dont chacun des cotez foie de fix mefures j il faut multiplier fix par fix , le produit donnera 36 pour la fuperficie re-A quife.
- PROPOSITION II.
- T"
- 76
- =
- Mefurer la fuperficie d'un parallélogramme
- L faut multiplier le petit côté par le grand , ou le grand par le petit, 6c le c produit fera le requis. Exemple , au 6 parallélogramme AB u loit le côté AC de
- I
- JL
- ia mefiires , 6c le côté BC de fix mefures, ihfaut multiplier ia par 6 , & l’on aura 7a pour la fuperficie requife.
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- P *. A T I QJJ E. I}
- PROPOSITION. III.
- Mefurer lafuperficie d’un triangle reff angle.
- IL faut premièrement fçavoir, que tous les triangles re&angles font toujours la moitié d’un quarré , ou d’un parallélogramme. C’eft pourquoi il faut mefurer les cotez qui comprennent l’angle droit, les multiplier l’un par l’autre, &: la moitié du produit fera le requis. Exemple, fbit propofé à
- a ___i2t -n mefurer le triangle
- , 1 re&angle ABC, dont
- \ j r c°cé A B foie de
- j___ q i * mefures, &; lecô-
- té B C de 6 mefures : comme ces cotez comprennent l’angle droit ABC, il faut multiplier iz par6, &; Ton aura 7 a , dont la moitié qui eft 36, fera la fuperficie requife. L’on aura la même chofe fi on multiplie l’un de ces cotez par la moitié de l’autre.
- PROPOSITION IV.
- Mefurer la fuperficie de toute forte de trian* gles re$ilignes.
- DE même que les triangles re&angles font la moitié d’un quarré ou d’un parallélogramme, tous les autres triangles font
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- *4 G E O M E t Ü IÈ
- toujours la moitié des mêmes figures, danë lefquelles ces triangles peuvent être inf-crits, comme il fera aifé à connoître en fuppofact le triangle irrégulier ABC , inscrit dans le rectangle EDAC : car fi du fommet B du triangle ABC , l’on fait tomber fur AC la perpendiculaire BF, le même triangle fera diviféen deux autres triangles, qui feront égaux aux deux triangles de complément , qui compofent le re&an-gle ED AC j car le triangle AFB fera égal au triangle AEB , & le triangle CBF fera égal au triangle CDB : ainfi dans tous les triangles redilignes, de quelque efpece qu’ils puilfent être , fi l’on fait tomber une perpendiculaire de l’an des angles , fur le côté oppofé au même angle, S£ que l’on multiplie ce même côté par cette perpendiculaire , la moitié du produit fera la fnperfieie re-quife, ou bien fi l’on veut multiplier l’une de ces deux lignes par la moitié de l'autre , l’on aura la même cbofe. Exemple* Soit le côté A C de 5> mefures, & la perpendiculaire B F de fix mefures, fi l’on multiplie 6 par 5>, on aura 54, dont la moitié efl 17. pour la fuperficie requife: ou bien fil’on multiplie
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- P R. A T I E. sy
- 9 , qui ell le côté AC, par ; moitié de la perpendiculaire BF, Ton aura la même fu-
- AVTRE MANIERE DE MESURER la fuperficie des triangles par la çonnoif-fance de leurs cotez,*
- IL faut ajouter les trois cotezenfemble, 5c de la moitié de leurs Tommes fouftrai-re chaque côté féparément : puis fi Ion multiplie les trois relies, &c ladite moitié l’une par l’autre continuëment, la racine quarrée du produit fera la fuperficie du triangle propofé. Exemple. Suppofons que les trois côcez du triangle ABC (oient 1$* 14, iy, leur fomme fera 42,, dont la moitié ell zi, de laquelle moitié , fi l’on ô:e féparé» ment 13,14,15, il reliera 8,7,6,5c que l’on multiplie enluite 8 par zi, l’on aura 168, qu’il faut multiplier par 7, 5C l’on aura 1175, qu’il faut encore multiplier par 6 , C 5c l’on aura7056,duquel nombre la racine quar-ree ell 84 pour la fuperficie requife du trian-glc.
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- \û Geo m e trîê
- PROPOSITION V.
- Mefurer U fuyerfcïe des Polygones réguliers*
- IL faut prendre le circuit du Polygone régulier propofé , & multiplier ce circuit par la moitié de la perpendiculaire, qui tombera du centre de la figure fur l’un des cotez d’icelle, &: le produit fera la fuperficie re-quife. Exemple. Soit propofé à mefurer l’hexagone régulier ABCDEF, dont chacun côté foit de cinq mefures , les fix cotez A jf -r contiendront 30 mefu-
- res : il faut du centre G , faire tomber fur c ED, la perpendiculaire GH, que je fuppo-fe être de 4 mefures dont la moitié qui eft 2, doit être multipliée par 50 du circuit, &: l’on aura 60 pour la lu-perfide requife.
- PROPOSITION VI.
- Mefurer les Polygones irréguliers»
- SOus le nom de Polygones irréguliers s font comprifes toutes figures rectilignes ou multilateres irrégulières ; ôc pour en
- avoir
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- RA Tl^U Ei
- &Voir la fuperficie, il faut divifef les figu-* res en triangles, qui ayent tous un angle dans un de ceux de la figure que l’on veut mefurer , &; enfuite mefurer féparément chacun de ces triangles par la Prop. 4. puis ajouter tous les triangles contenus dans ladite figure , & l’on aura la fuperficie requi-fe de la figure propofée. Exemple , foit pro-pofë à mefurer le polygone irrégulier A B CDEFG,ilfaut prendre un des angles à volonté, comme ici l’angle C, Amener des lignes aux autres angles, comme CA, CG, CF 5 CE j Ton aura cinq triangles qu’il faut mefurer féparément par la méthode ci-devant expliquée > &: raflembler toutes leurs fuperficies pour avoir celle de la figure propofée. Comme fi le triangle ABC contient 10 me-fures, le triangle ACG 8 , le triangle GCF 7, le triangle FCE 6 , & le triangle AC D 9 3 en ajoutant cous ces nombres, l’on aura 40 mefures pour la fuperficie totale du po« lygone propofé.
- aZ B
- rj
- à ><lxp
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- l8 G E C M E T R î E
- PROPOSITION VIL
- Mejhrer les Rhombes.
- L’On aura la fuperficie des Rhombes en multipliant l’une de leurs diagonales par la moitié de l’autre, Exemple.Soitpropoféà mefurerleRhom-be A B CD, dont la diagonale B D Toit de il mefn-res & la diagonale AC de huit mefures , il faut multiplier 12 par 4quieft la moitié de 8 , &c l’on aura 48 pour la fuperficie requi-fe. 11 en arrivera de même lî Ton multiplie la moitié de si qui eft 6, par 8 i ce qui fait le même nombre 48.
- PROPOSITION VIII.
- Mefurer les Rhomboïdes.
- LEs Rhomboïdes font des figures donc les cotez font parallèles, mais qui n ont pas les angles droits $ pour en avoir la fuperficie, il faut multiplier l’un des cotez par la perpendiculaire qui tombe de l’un des angles fur le côté oppofé. Exemple, foit le Rhomboide AB CD, dont le côté AB foie
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- P R A T I E. ïf.
- A 'to n 10 mefures 3 &
- /["” 7 la perpendiculaire
- / 4 / ^AE de 6 mefures i
- C L—i_______—/d il faut multiplier 6
- par 10 ,& Ton alita 60 pour la fuperficiè requile.
- PROPOSITI ON IX.
- Mefurer les Trapez.es.
- QUoique l’on puilfe mefurer toutes les figures rectilignesrpar la réglé generale de la Prop.4.que j’ai donnée de les réduire en triangles, je nè [aiderai pas d’expliquer la mefure particulière des trapèzes, 8c (premièrement de ceux qu’on appelle réguliers j qui ont deux cotez parallèles entr’eux. Soit propofé à mefurer le rrapeze reélanglè ABCD , il faut ajoûcer enfemble les dewx cotez AC multiplier la moitié
- de leur fomme par le côté CD.
- ^ Exemple. Soit le cô-
- té AC de 7 mefii-* res,&:le côté D B de 9 mefures, leur fomme fera 16, dont la moitié 8 fera multiplié par 10 qui elt le côté CD perpendiculaire fut AC, & DB , i'on aura 80 pour la fuperficie requifé.
- Bij
- $0
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- G E O M E *T R ï È
- Les trapèzes ifolceles qui ont deux cotez parallèles , & les angles fur les mêmes cotez égaux, font mefurezenajoutanten-fembie les deux cotez parallèles, & multipliant la moitié de leur fomme par la perpendiculaire qui tombera de l’un des angles égaux fur le côté oppofé. Exemple,foitpro-pofé à mefurer le trapeze ifofeele ABCD , dont le côté AB eft parallèle à GD, Sc donc l’un eft de 6 & l’autre de i o mefures, la moi-
- tié de leur fomme eft 8 , qu’il faut multiplier par la perpendiculaire AE de 7 mefuresj ce qui donnera me-
- fures pour la fuperficie requife. Les trapèzes irréguliers (ont mefurez étant divifez en triangles, comme le trapeze ABCD, qui n’a aucun de fes cotez parallèles ni é-gaux ; il faut divifer cette figure en deux triangles par la diagonale CB, & des angles
- C
- oppofez A &D, faire tomber fur icelle les perpen-
- ,3 diculaires A E Sc DF , & mefurer en fuite les deux triangles CAB &c
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- Pratique. zi
- CDB , lefqaels.triangles il faut ajouter en-femble pour avoir la (uperficie requife.
- PROPOSITION X.
- Mefurer U fuferjjcie d'un cercle,
- CE x T e. proportion n’a point encore été refoiue geometriquement, parce-qu'eile fuppofe la quadrature du cerclé que ron.n’a point encore trouvée,, ni même la proportion de la circonférence avec la ligne droite -, mais on fe fert de la réglé d’Archimède , qui approche allez pour la pratique. 11 a trouvé queia proportion de la circonférence d’un cerclé L fan diamètre étoit à peu près comme de 7 a ia. C’eft pourquoi fi Ton multiplie toute la circonférence par le quart du dîametre>ouxout le diamètre par le quart de ladrconference,ce quieft le même , l’on aura la fuperficie duxercle propofé. Exemple. Soit propofé à mefurer le cercle AB CD, donc le diamètre ACouBD foie 3 5“ mefures, il faut faire une réglé de proportion en cettemaniere en difant, comme 7 -3 5 foit à un autre nombre ,& l’on trouvera que la circonférence fera 100-. Il faut:
- B iij
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- £2, GEOMETRIE
- cnfuice multiplier 27 { quart de la même circonférence par 35- diamètre du cercle, te Ion aura, 9627 pour la fuperficie requife. Il en arrivera de même fi Ton multiplie le quart du diametrepar toute la cirçonferen~ çe.
- Autre marner? demefurerle cercleb
- CEtte méthode eft encore d’Archime-de, te elle eft plus abrégée que la precedente , quoiqu’elle foit fondée fur le. même principe : après avoir connu le diamètre du cercle propofé , faites un quatre de ce diamètre , la fuperficie de ce quatre fera à la fuperficie du cercle, comme 14 eft à 11. Reprenons le même exemple que ci-devant pour en connoître la preuve. Le diamètre du cercle foit encore 35,1e quarré de 35 eft 1225;, lefquels 1225 il faut mettre autroifiéme terme de la réglé de proportion , en difant, comme 14 eft à 11, ainfi 1225 foit à un autre nombre , que l’on trouvera être £5>2 7 pour la fuperficie , comme en, Fexemple ci-devant propofé.
- PROPOSITION XL
- Mefurer une portion de cercle.
- TOute portion de cercle s’appelle fer éteur eu fegmcnt de cercle 5 fcâteur.
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- P R A T 1 Q_ U E 21
- cft une portion.de cercle qui eft comprife entre deux demi diamètres 8c une portion d’arc, comme ABGC, fegment du cercleeft une portion comprife d’une ligne droite 8c d’une portion de cercle, connue CD Ë, ou comme le demi cercle B ED. Pour mefurer un fedeur de cercle, comme ABGC,il faut fçavoir crue la fuperfîcie d’un fedeur de cercle eft à toute la fuperfîcie du même cercle, comme la portion de la circonférence du même fedeur eft à toute la circonférence du cercle. Pair exemple , foit propofé à mefurer le fedeur ABGC fuppofanc la fuperfîcie du cercle précèdent de ?6z f, 8c la portion de l’arc BGC la cinquième partie de toute la circonférence du cercle,le fedeur fera la cinquié~ me partie de la fuperfîcie du même cercle. Ainfî la fuperfîcie de tout le cercle B CD étant 962,1 ,la fuperfîcie du fedeur ABGQ de ce même cercle fera 191 Pour la fuperfîcie d’un fegment de cercle, il faut premièrement trouver le fedeur par la precedente propofition,& fouftraine de ce fedeur le triangle fait de deux cotez, du fe-&eur ,& de la corde du fegment. Par exemple, pour avoir la fuperfîcie du fegment
- B îiij
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- £4 G E Q M! T RIE
- CDE,il faut mefurer tout lefe<fteurCADE, de en fouftraire le triangle CAD, reftera le fegment CDE, donc or\ aura la fuperficie.
- PROPOSITION XII.
- "Mefuret la fuperfcïe d'une Ellipfe , vulgai* rement appellee ovale,
- LA fuperficie de rElîipfe eft à la fuperfi-cie d’un cercleront le diamètre eftégal au petit axe de la même Ellipfe, comme le grand axe eft au petit >• de par eonféquent le grand axe eft au petit axe, comme la fuperfide de rElîipfe eft à la fuperficie d’un cercle fait du petit axe.Ainfi pour avoir la fuperficie d’uneEllipfe,ii faut premièrement trouver la fuperficie du cercle fait du petit axe, de augmenter cette fuperficie, félon la pro-portion qu’il y a du petit’axeau grand. Exemple* Suppofonsquelepetitaxe AB foie 5y # “ & le grand axe ÇD foie
- 50 , le cercle qui aura 35: pour diamètre contiens i^dra ^^ifen fuperficie, o l'adonnant la réglé de proportion» Ainfi l’on dira, comme 35--àyo--s>6iTfoit à un autre nombre, il vien^ dra 137 pour la fuperficie çequife,
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- P R A T î Q^ÏÏ Ë. If
- Autre maniéré de mefurer r Ellipfe.
- IL faut faire un re&angle du plus grand & du plus petit axe, & la faperficie de ce rectangle, fera à la fuperficie de l’Ellipfe , comme 14 eft à 11. Suppofons encore la même figure, le petit axe AB 35 5 &?legrand axe CD 50, en multipliant 50 par 35 , l’on aura 1750 pour le contenu du re&angle fait de deux axes de l’Ellipfe , puis ordonnant la réglé de proportion, ainfi l’on dira, comme 14-à 11—1750 foit à un autre nombre; il viendra 1375 pour la fuperficie de l’Ellipfe , comme par la méthode ci-devant expliquée.
- PROPOSITION XIII.
- Mefurer les portions d'Ellipfe.
- LES portions d’Ellipfequi ont même raifon aux portions du cercle décrit du petit axe, font entre elles,comme le grand axe eft au petit axe des mêmes Eilipfes.
- Ceci eft un corollaire de la première méthode que j’ai donnée pour mefurer le cercle ; car puifque la fuperficie d’une Ellipfe eft à la fuperficie d’un cercle décrie du petit axe delà même Ellipfe, comme le grand axe eft au'petit,toutes les portions d’Elliples qui répondront aux portions du cercle, fe*
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- %€ Geometrîe ront entr’elles, comme la fuperficie de l’ElL lipfeefta la fuperficie du même cercle; ce quieft connu par la prefente figure , où je fuppofe le cercle ABC D décrit du petit axe del’Ellipfe.Exemple* fuppofons que la fuperficie du cercle AB C D foit encore de 96 h f & que la fuperficie de l’Ellipfe foie 137T > les deux lecteurs IKD3NLHferonten-tr’eux comme 3 5 à 5 o, c’efi: à dire , comme les deux axes , Sc que le feéleur IKD foie, la feptiéme partie du cercle il contiendra ï37 i ÿ fi l’on mene les lignes à plomb, elles répondront aux mêmes parp.es du feêteur LNH derEllipfe -, Ainfi-pour en trouver la fuperficie, l’on dira par une réglé de proportion , comme 35—50—1371 foit à un. autre nombre, qui fera 196 7 , pour la fuperficie du feâeurLNH de l’Ellipfe. Les fegmens d’Ellipfes feront mefürés par la même méthode : car , par exemple, fi l’on veut avoir la fuperficie du fegmenc d’Ellipfè CHM , il faut connoîcre le fegment du cercle DCO qui lui répond , & l’augmenter fuivant la proportion du petit axe au grandi axe de l’Ellipfe, Ôc ainfidemême dans toutes les autres portions d’Ellipfés,
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- Pratique
- %7
- D E
- LA MESURE
- DE LA SUPERFICIE
- DES CORPS SOUDES.
- PROPOSITION I.
- Mefurerla, furface convexe d’un Cylindre.
- LA fuperfiçie convexe d’un cylindre fans baze, eft égale à la fuperfiçie d’un rectangle, dont un côté fera la hauteur du cylindre, 8c l’autre côté la circonférence du cercle de la baze. Ainfi fi l’on nnuitipiie la hauteur du cylindre propofe , p r la circonférence du cercle de (a baze, i’nn au ta la fuperfiçie convexe dudit cylindre. Sv. ppo-
- C
- ^ (oit 26 ; il faut' njuïctpU'-r
- i y par 26, $c Ton aura j$o
- pour la fuperfiçie requxfe.
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- GEOMETRIE
- P RO P-OS IT ION IL
- zt
- Mefurer la fuperficie d'un Cylindre, dont l'un des bouts ejl coupé par un plan oblique à l’axe»
- IL faut mefurer la partie de ta furface du cylindre propofé, depuis fa baze qui eft perpendiculaire à l’axe, jufques à la parcie la plus baffe de la fe&ion oblique, comme li le cylindre n’avoit que cette longueur,Sc enfuite il faut mefurer le reftant de ce qui eft oblique, comme fi c’étoic un morceau féparé, & de ce reftant en prendre la moitié , àc l’ajouter à la partie premièrement xnefurée, l’on aura la fuperficie requife.
- p Exemple. Soit le cylindre ABCD , dont la par-ptie AB eft coupée obliquement à l’axe i. i; il faut mefurer la partie AE CD comme un cylindre pdont les deux bazes font parallèles & perpendiculaires à l’axe, la hauteur de ladite partie étant fup-poféede $ mefures, & la circonférence de la baze de z i mefures, ladite fuperficie contiendra 168 mefures-, il faut enfuite mefurer la partie BE que je fupofe de 4 me-
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- P ÏL A ï I Ç.BÏ; s.9
- fores la multiplier par zi decirconferen-ce;le produit fera 84, dont la moitié eftqi: qü’il faut ajouter avec les 168, l’on aura 210 mefures pour la fuperficie requife.
- Cette propofiticn peut fervir à mefuter les berceaux coupez obliquement.
- PROPOSITION III.
- Mefurer U furface convexe d'an conet
- POur mefurer la furface d’un cône droit, il faut mefureï la circonférence circu laire de fa baze,&: multiplier cette circonférence par la moitié du côté du même cône, ou le côté par la moitié de la circonférence, &c l’on aura la furface requife. Exemple. Soit le cône droit ABC , dont la circonférence de fa baze circulaire AECD foit de 3 y mefures, &: fon côté B A de 18 mefures, il faut multiplier 35 par 9 moicié de 18 , l’on aura 315 pour la furface requife.
- Si le cône propofé à mefurer eft oblique, c’eft-à-dire qu’il ait un côté plus long que l’autre j il faut ajouter enfemble le grand &Ie petit côté , de leur fomme en pren-
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- jô GEOMETRIE
- dre le quart, qu’il faut multiplier par lacif-conferencede fa baze, ÔC l’on aura le requis. Exemple. Soit le cône oblique A B C D y dont la baze ADCE qui eft circulaire 6c obüque à l’axe, ait 25 mefures de circonfe™ £ rence , le côté AB 20 , 1 le côté BC 16 , il faut I ajouter 16 6c 20, qui font 3 6, dont le quait p eft 9 qu’il faut multi-I plier par 25 de la cir-£ conférence de la baze * ôc l’on aura 22 y pourra fnrface requife.
- Cette réglé peut fervir a mefurer les trompes droites ôc obliques*
- PROPOSITION IV.
- Mefurer la fur face convexe d'un cône tronqut\
- IL faut ajouter enfemble la circonférence de la baze du cône & celle de la partie tronquée , & prendre la moitié de leur loaime qu’il faut multiplier par iecôté du même cône, Sc l’on aura la furface requife. Exem* pie. Soit propofé à mefurer le cône tronqué ABCD j il faut ajouter enfemble les circonférences CHDG &c ALBO, que je fup-pofeêtre 56, dont la moitié eft 28, qu’il
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- P S. A ï ï 0,0 H. le
- faut multiplier par un des côcez AD ou BC, que je fuppofe être 16, & l’on 411-ra 448 pour la furface re-qufe.
- • c Si le cône tronqué eft
- oblique, &c que les bazes foient parallèles , il faut mettre enfemblele grand & lepetit côté , & en prendre ia moitié,qu’il faut multiplier .4 par la moitié de la fomme
- //; des deux circonferen-ces, & l’on aura la fiiper-ficie requife. Exemple. Soit le cône oblique |q tronqué ABCD, dont les circonférences des bazes foient enfemble 48 , la moitié fera 14 , le plus grand côté AD foit 18 , & le petit côté AC foit i2,, leur fommeeft 50, dont la moitié eft 15 , qu’il faut multiplier par 14 , Sc l’on aura 360 pour la furface requife.
- PROPOSITION V.
- Mefurer la furface convexe d'une Sphere.
- IL faut multiplier la circonférence du plus grand cercle de la fphere par fon diamètre, &. le produit fera requis. Exemple,Sup-
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- 1% Géométrie pofons que le diamètre AC de la Sphere foie 35, & la circonférence du plus grand cercle ABCD fera de i io , il faut donc multiplier 35 par 110 , & l’on aura 5850 pour la furfa-ce requife î Ton aura encore la même furface , en multipliant le quarré fait du plus grand diamètre delà Sphere par 37 : ainfl le diamètre étant 35 , le quarré de 35 eft: de iAzj , qu’il faut multiplier par37, &: l’on aura 3850 pour la furface requife comme ci-devant.
- PROPOSITIONVI,
- Meftmr lu fuperjîcie convexe d'une portion de Sphere.
- IL faut multiplier tout le grand diamètre de la Sphere, par la plus grande hauteur de la portion propofée, vous aurez un rectangle qu’il faut multiplier par 3 7 pour avoir le requis. Exemple. Soit propofé à mefurer la fuperficte convexe de la portion de Sphere ABC, dont le diamètre entier BC foir de 35 mefures, Sc la plus grande hauteur de la portion à mefurer foit AE de tz, il faut multiplier 12par 35,6c l’on aura 420
- qu’il
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- n
- Pratiqué; qu’il faut multiplier B
- par 3 1 j pour avoir Ï32.0 pour la fuperficie requife. A/--------
- L’on peut encore [ mefurer cette fuperficie par une réglé de proportion, en difant, comme le diamètre de la fphère eft à la fuperficie de la même fphere , la hauteur de la portion eft à la fuperficie de la même portion. Ainfi fuppofant que le diamètre de la fphere (bit 3 5. * & la fuperficie 3850 comme ci-devant, la hauteur delà portion BE étant iz, on trouvera par la réglé de proportion 13 zo pour la fuperficie requife*
- PROPOSITION VII.
- Mefurer lu fuperfeie d'un Sphéroïde ou folidc Elliptique*,
- ÏL faut premièrement fçavoit que la fuper* ficie d’une folide Elliptique eft à la fu* perfide d’une fphere inferite dans le même fpheroïde, comme le grand axe eft au pe* tic. Ainfi ayant trouvé par les proportions precedentes la fuperficie delà fphere inferite dans le fpheroidé propofé , il faut aug-
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- 34 GEOMETRIE
- menter cette (uperficie félon la proportion du petit axe au grand. Exemple. Soit A B diamètre de la iphere infcrite dans le fpheroïde ACBD de 3 y melures , fa fupetfi-cie fera 3850 , ôc le grand axe du fpheroïde de 4 J -, il faut ordonner la réglé de
- I O
- 'J? proportion ainfi .*
- comme 3 y— 45----
- 3850 fou à un autre nombre, Ton trouvera 45>yo pour la fu-perficie requife.
- Cette propofition peut fèrvirpour m efu-rer les voûtes, dont les plans font ovales* car quoique l’on ne mefure ici que la furface convexe , c’efl: le même que & l’on mefuroic une (uperficie concave : l’on peut fiippofer que ces voûtes ne font que la moitié d’un fpheroïde concave : l’on peut même mefu-rer par cette réglé toute autre partie que la moitié d’un fpheroïde ; car puiiqu’il y a me* me proportion de lafuperficie d’une fphere, dont le diamètre foit le petit axe du fpheroïde, à la (uperficie du même fpheroïde , comme le petit axe eft>au grand j l’on peut en gardant la même raifon , trouver toutes les partie^ du même fpheroïde.
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- j? R ATI (^II E*
- »
- DE
- LA STEREOMETRIE
- ou
- DE LA MESURE
- DES CORPS SOLIDES,
- PROPOSITION I.
- Mejurer U folidité d'un cube,
- LE cube eft un folide re&angle dont tou* tes les faces font égales & tous les angles folides droits. Pour mefürer le cube il faut avoir la fuperficie de l’une de fes faces, par les precedentes proportions, & multi^ plier cette fuperficie par l’un des cotez du cube, le produit donnera la folidité. Exemple , foit propofé à mefurer le cube A dont chaque côté foit de 6 mefures, la fuperficie de l’un de fes cotez fera $6 , laquelle il faut multiplier par 6 l’un des cotez du cube, & l’on aura
- pour la folidité requife.
- C ij
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- $6 G -fi O M E T R 1 JB
- PROPOSITION IL
- Mefurer un folide rett angle oblong.
- IL faut multiplier labaze du folide oblong par la hauteur élevée au-defïus de la même baze, de Ton aura la folidité requile.
- Exemple, foie propofé à mefurer le folide B j dont la |d fuperfide de la baze C D Soit de 24 melures , de la hauteur CE decinqmefures, il faut multiplier 24 par 5 , de l’on aura 120 pour la folidité requife.
- PROPOSITION III.
- Mefurer un folide rectangle oblong coupé obliquement en fa hauteur perpendiculaire.
- IL y a dans ce folide , un folide reétangle oblong^ de une partie d’un autre folide aufii rectangle, pour les mefurer Séparément.
- 11 faut multiplier la Superficie de la face oppofée à celle qui eft oblique, par la moia-dre hauteur pour avoir le folide reétangle entier, de enluite rnültijdier la Superficie de la même face par l’excès dont la grande hauteur furpalfe la moindre , de de ce produit en prendre la moitié , puis ajoû-ter cette moitié avec la Sommé du foli-
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- Pratique. 37
- de rectangle entier, &; l’on aura la foiidité requife. Exemple, foie propofé à mefurer le folide AE dont la face ABDC contient 24 mefures en fuperficie, &: la moindre hauteur RF la mefure , en multipliant l’un par l’autre, l’on aura 120 pour lafo-lidité du folide rectangle , compris dans le folide AE : puis en multipliant la même face ABDC de 24 mefures, par 3 qui eft l’excès dont la grande hauteur D E, qui eft de 8 mefures furpaffe la petite BF qui eft de y ,* l’on aura 72 dont la moitié 3 6 fera la foiidité de la moitié d’un folide re&angle : puis il faut ajouter izoôc 3 6 qui font lytf pour toute la foiidité requife.
- PROPOSITION IV.
- Mefurer U foiidité d'un Prifme,
- S Oit propofé à mefurer un prifme droit dont les bazes foient triangulaires, il faut mefurer la fuperficie de l’une des bazes, puis multiplier le produit de la hauteur du pnfme,&; l’on aura la foiidité requife. Exemple , foie propofé à mefurer le prifme AR, ayant les bazes triangulaires parallèles, & les eôtez perpendiculaires aux mêmes bazest-,
- G i%
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- EOMETRIE
- Suppofons que la fuperficie de Tune de Tes bazes foit iS , la hauteur AB foit 15, il faut multiplier iy par ï8 , pour avoir ijô pour la folidité re« quife.
- Tous les autres prifmes dont les bazes auront d’autres figures parallèles &: perpendiculaires aux cotez, feront mefurés de même. Soit le prifme CD, dont les bazes font des pentagones, il faut avoir la fuperficie de lu-* ne dé fes bazes, & la multi^ plier par la hauteur C D , pour avoir la folidité re-quife.
- Il en eÛ de même des prifmes dont les bazes font des trapèzes, comme le priT me EF.
- L’on mefiire aufïi de cette maniéré la folidité des co-lomnes & des cylindres droits , ayant par exemple à mefurer la folidité du cylindre droit HI, dont les bazes font des cercles parallèles, 8c perpendiculaires à l’axe, il faut avoir la luperfieie de l’une de fes bazes, la muL
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- P R A T I Q^U E. $9
- tiplier par la hauteur HI, ôc s l’ou aura la folidité requife, quand les bazes des cylindres feront des Ellipfes y l’on mefu-rera la fuperficie de l’une de fes bazes, que Ton multipliera I par la hauteur comme d-de-vant pour avoir la folidité.
- PROPOSITION V,
- Mefurer U folidité des Prifmes obliques.
- LEs prifmes §bliques font ceux dont les bazes & les cotez font parallèles entre eux ; mais les mêmes bazes font obliques fur les cotez. Pour les mefurer, il faut de l’extrémité del’unedes bazes, faire tomber une perpendiculaire fur l’autre baze, de multiplier la hauteur de ceu te perpendiculaire, par la fuperficie de la baze fur laquelle toatbe la perpendiculaire. Exemple , foit le prifme A dont les bazes ne font point perpendiculaires aux cotez i il faut de l’extrémité B faire tomber BC perpendiculaire fur la baze,DEF , de multiplier la fuperficie de cette baze par BCde l’on aura la folidi-
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- 40 GEOMETRIE
- té. Il en fera de même des cylindres obliques 5 car pour avoir la folidité du cylindre B, dont les ba-zes font obliques avec les côcez, il faut de l’extrêmi-té C faire tomber perpendiculairement fur la baze A la ligne C D , cette ligne étant multipliée par la lu-perdeie de l’une des bazes, doonerala folidité du cylindre oblique»
- PROPOSITION VI.
- Me fur et lafolidité des Pyramide s&desConc s*
- L’On aura la folidité des pyramides 8c des cônes droits , en multipliant leur baze par le tiers de la perpendiculaire qui çombe du fommet fur les mêmes bazes.
- Exemple, foitpro-poféà mefurer la py-ramide ABCDE, il faut du fommet A faire tomber perpendiculairement fur la baze BCDE la ligne PAG, que je fuppofe être de 9 mefures, 8c la fuperficie de la baie de lîi mefures.il faut multiplier le tiers
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- P R A T I Q^U E. 4?
- de 9 par 11. ou le tiers de 12 par 9 , & l’on aura 36 pour la folid.icé requife.
- Il en eft de même de toutes les pyramides dont les bazes ont d’autres figures , comme triangles, pentagones, hexagones, &c.
- Les cônes feront mefu-rés de même ; car ayant multiplié la fuperficie de leurs bazes circulaires par le tiers de la ligne qui tombe perpendiculairement du fommet de la baze, l’on aura lafolidi-té requife. Par exemple i je fuppofe que la baze A E C D foit de 2,5; mefures, &: que la perpendiculaire B F toit de iz, fi Ton multiplie le tiers de u par 2, y, l’on aura 100 pour lafolidité du cône pro-
- Les pyramides les cônes obliques feront auffi inclurez par^ cette méthode. Par exemple , fuppo-fons que le fommet de la pyramide oblique ne tombe point perpendicu 1 airement fur la baze BD CE , il faut prolonger DC ,
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- TRIE
- fommet A faire tomber la perpendiculaire AG , le tiers de cette hauteur multipliée par la baze BDCE, donnera la Solidité requife.
- Il en eft de meme des cônes & de tous les foli-des pyramidaux.
- PROPOSI T ION VIL
- Mefurer la filiditê des Pyramides & des Cônes tronquez, «
- L
- G
- Es pyramides & les cônes droits tronquez p,ar une fecHoh parallèle à la baze font mefurez par (ouftrac-tion , c’eft-à-dire, qu’il faut mefurer le folide comme s’il étoic entier, &: enfuite foultraire du même folide la. partie tronquée. Exemple, foit propofé à mefurer la pyramide droite tronquée ACEF, il faut la prolonger jufqu’à fon fommet G ^mefurer ladite pyramide comme fi elle étoit entière : je fupppfe que lafoïi» dité totale foit 6omefures3ilfaut enfuire mefurer par la même réglé la pyramide Irnagi-
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- P RAT i(^UEi 43
- née de la partie tronquéeEFG,que je fuppo-fe contenir i y mefures, lefquelles il faut ôter de 6o, il reliera 4 y mefures pour la folidité de la pyramide tronquée propoféeà mefurer.
- Les cônes & tous les autres corps pyramidaux droits tronquez feront mefurés par la même méthode.
- PROPOSITION VIII.
- Meftirer les pyramides & les cottes tronquez, obliquement.
- IL faut fçavoirque les corps pyramidaux peuvent être tronquez par des plans obliques à l'axe, &: que la maniéré de les mefurer ne différé pas de la réglé préceden-ç te. Exemple, foit propofé
- à mefurer la pyramide droite CAB , tronquée par un plan DE oblique à l’axe, ou quin’dl pas parallèle à la baze AB, il faut par les réglés ci-devant expliquées , mefurer la pyramide entière CA B, que je fuppofe de 55 mefures , Sc enfuite mefurer la partie CDE par la méthode que j’ai donnée ci-devant pour la mefure des pyramides obliques, laquelle partie je^ fuppofe être de 18 mefures, ÔC enfuite ôtant 18 de yy , il reliera 37 me-
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- 44 GEOMETRIE
- liires pour la folidité de la pyramide tronquée DAEB.
- Les cônes Sc tous les autres corps pyramidaux coupez obliquement feront mefurez par la même méthode.
- PROPOSITION IX.
- Mefurer U folidité dé me Sphere ou Glohe.
- LA folidité d’une fphereeft mefqrée, en multipliant fa fuperficie convexe , par le tiers du demi diamètre, ou toute la fuper-ücie convexe par tout le diamètre, &: du produit en prendre la lixiéme partie, l’on aura par l’une ou l’autre de ces deux pratiques la folidité requife. Exemple, foit propofé à mefurer la folidité de la fphere ABCD , dont le diamètre foit de 3 y mefures, la circonférence fera no,& fa fu- ^ perfide convexe fera par conféquent 3 850, qu’il faut multiplier par 3y, Ton aura J34750, dont il en faut prendre la fixiéme partie zz4)8t pour la lolidité requife.
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- Pratique. 47
- PROPOSITION X.
- Mefurer la foliditè des portions d'une Sphere*
- LEs portions d’une fphere font, ou un fe&eur ou un fegment folide de fphe-rej i’onconnoîtra la mefiire du fegment par celle du (efteur : il faut donc commencer par lamefure du feéteur. 3’appelle fedeur de fphere,un corps folide pyramidal comme H ID K, compofé d’un fegment de fphere IDK d'un cône droit HIK,qui a fcn fom-
- met H au centre de la fphere, ôc dont la baze eft la même que celle du fegment I DK $ ce folide fera à toute la foliditè de la fphere, comme la fuperfide de fa baze IDK eft à toute la fuperficie de la fphere. Exemple. Si la foli-dité totale de la fphere eft 2x4587 fa fuperficie étant de 3850. Si la fuperficie de la baze du fe&eur eft 7 de la fuperficie de la fphere,c’eft-à-dire, de 541 j, il faut prendre 7 de la foli-dité de la fphere -, &; l’on aura 3743 Y& pour la foliditè requife.
- Si la portion propofée eft un fegment de fphere comme IDK, il faut mefurer le fe-éicur entier comme ci-devant, & mefurer
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- 46 G EÔMET JUE
- cnfuite la partie HIK , qui eft un cône droit dont H fera le fommec, & IK la baze, lequel cône il faut fouftraire de tout le fe&eur , 6C l’on aurala folidité du fegment 1DK.
- PROPOSITION XI.
- "Mefurer U folidité des cor fs réguliers.
- LEs corps réguliers font mefurez par py~ ramides, donc le Commet eft le centre i Tune des faces eft la baze de la pyramide. Exemple, foit propofé à mefurer le dodecaë-dreA dont la fu perfide de l’un de fes pentagones B CD EF foie de 15 mefures, 6c la perpendiculaire HA foie de iz mefutes, il faut multiplier izpary,&: l’on aura 5>o, dont le tiers zo eft la folidité d’une des pyramides , lefquels zo il faut multiplier par iz qui eft le nombre des faces du dodécaèdre, 6ù l’on aura Z40 pour la folidité requife.
- Cette réglé fer vira pour mefurer tous les autres corps réguliers, comme l’oétaëdre, &x. &; autres même irréguliers, pourvu que l’on puiffe imaginer un centre commun à tous les fommecs des pyramides, donc les faces feront les cotez ou pans du corps fioli* de propofé à mefurer.
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- HOPOSITIONXII,
- Me fur er la folidité d'une Sphéroïde.
- UN fpheroïde eft un folide fait à peu près comme un œuf i il eft formé de la cnconvalacion d’une demie Eliipfe à l’entour de l’un de fes deux axes,
- La connoiïfance de la mefure des fpheroï-des donne celle de mefurer le folide des voûtes de four, dont les plans font elliptiques. Pour les mefurer, il faut fçavoir que tout fpheroïde eft quadruple d’un cône donc la baze a pour diamètre le petit axe , & pour hauteur la moitié du grand axe de fpheroïde. Exemple, foit propofé à mefurer le fpheroïde ABCD, dont le petit ax£ AB foie iz, Sc le grand axe CD 10, la moitié CE fera 10 j il faut trou-k ver le folide du cqne dont le diamètre de la baze fuit iz, Sc l’axe C E foit i o, l’on trouvera par les réglés precedentes que le cône CA ED contiendra en folidité 377 Tgqu’il faut quadrupler, l’on aura 1 joS f pour la folidité requife du fpheroïde»
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- 4?
- GEOMETRIE
- E~s'y s'ys'y s'y s1'' s'y s1'' s*', s»/, I
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- D E
- LA CONSTRUCTION
- ET DU TOISÉ
- D*ES B AS TI ME N S.
- COmme l’on donnera ici la maniéré de conftruire les differens ouvrages, qui compofent les Bâtimens, avant que d en donner le Toifé, parce qu’il faut fuppofer un ouvrage avant que de le toifcr ; il Terrible qu’il eûr été plus naturel de commencer par les fondemens des édifices, comme par les gros murs, les murs de refFend , &c. fuivant l’ordre de leur conftru&ion : mais comme c’eft l’ufagc* de toifer les Bâtimens dans l’ordre contraire de leur conftru&ion , l’on a crû que l’on pourroit fuivre ce même ordre fans faire de confufion, en expliquant dans chaque efpece d’ouvrage les differentes maniérés de le conftruire , lequel ordre fera expliqué à la fuite par un modèle de devis d’un Bâtiment.
- iUfaut fçavoir que pour le toifé de la maçonnerie des Bâtimens l’on *diftingue ordinairement de deux fortes d’ouvrages, donc les uns s’appellent gros ouvrages, &; les au-
- très
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- P R A TÏi^U Ei 40
- très s’appellent légers ouvrages. Il cfb ne-ceffaire de fçavoir en quoi confifle cetcé différence.
- L’on appelle gros ouvrages cous les mur£ de face, de refend, mitoyens, murs de puits, èc d’aifance, contremurs , murs fous les cloizonsi, murs d’efchiffres, lés voûtes de caves &: autres faites de pierres ou demoi-lon , avec leurs reins ; les grandes 6c petites marches,les voûtes pour les defcentes de caves,les vis pocoyers;les mafïifs fous les marches des perrons, les bouche mens &: perce-mens des portes 5ccroifées à mur plein.
- Les corniches ôc moulures de pierres dd tailles dans les murs de face ou autres quand ©n n’en a point fait de diftin&ion ou de marché à paroles éviers, les lavoirs &c les lucarnes , quand elles font de pierre de taille oti de moilon avec plâtre , les gros ouvrages peuvent être de diftèrens prix, même dans chaque efpece, comme les murs félon leurs qualités &. leurs épaifLurs ; les voûtes de même , & ainfi du refte / mais il faut que les prix foient fpecificz dans les marchez*
- Les légers ouvrages font les cheminées, les planchers, les cloifons, les lambris, les efcaliers de charpenterie, les exhauffemens dans les greniers fous le pied des chevrons,, les lucarnes avec leurs joues , quand elles font faites de charpenterie revêtue, les en-
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- $0 G E O M ET UE
- duits, les crefpis ,les r en formis faits contre les vieux murs, lesfcellemens des bois dans les murs ou cloizons, les moulures des corniches Sc autres ornemens d’archice&ure quand ils font de plâtre, les fours, les potagers , les carrelages, quand il n’y a poinc de prix particulier,les contre cœurs & âtres de cheminées, les aires, les mangeoires, les fcellemens de portes, de croifées, de lambris , de chevilles &: corbeaux de bois ou fer, de grilles de fer, les terres malfives qui font comptées pour le vuide des caves ou autres lieux , à moins que Ton n’en aie fait diftindion de prix ; car l’on ne fait ordinairement qu’un feul prix pour les légers ouvrages, à moins que ce ne foit pour les cheminées de brique ou de pierre de taille, qui font plus cheres que les autres légers ouvrages.
- Ii faut encore fçavoir que pour exprimer la valeur d’une toifed’ouvrage,rufageeft de dire toifeà mur : ce mot doit s’entendre en general ; ainfi pour ôter l’équivoque quand on dit toifeà mur , cela fe doit rapporter à l’efpece d’ouvrage que l’on toife j comme toile à mur de gros ouvrages a rapport à toife à mur des mêmes ouvrages, & toife à mur de légers ouvrages a rapport à toife à mur des mêmes légers ouvrages.
- Dansl’ufage ordinaire detoîfes les ou-
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- P A T I Q^tJ E. Jt
- Vrâges de maçonnerie, quand il Ce trouve au bout de la mefure moins d’un pied j l’on ne compte que les quarts, les demis, de les trois quarts de pieds : Comme par exemple.j il pieds un pouce ne font comptez que pour 31 pieds y il pieds deux pouces pour n pieds r. ii pieds quatre pouces pour il pieds J ; Il pieds y pouces pour 12, pieds 7 > 12 pieds/ pouces pour il pieds il pieds 8 pouces pour il pieds * ; 12 pieds 10 pouces pour 12, pieds^, &c il pied 11 pouces pour 13 pieds , de ainfi des autres, en prenant toujours dans les fra&ions de pied pour partie aliquote iH, de l’entier, Ôcles autres parties qui eu approchent le plus.
- La méthode ordinaire d’afTembler la valeur d’un article , de plufieurs, ou de tout un toiféjefl; de ne compter départie aliquo-te que la demie toife; après les toifes tout ce qui Ce trouve au defTous de la demie toife, efteompté en pieds fimplement»mais quand il y a en pieds plus d’une demie toife , l’on compte après les toifes ladite demi-toife 8C le relie en pieds, comme par exemple, fi on trouve 4tcrifes iy pieds, on compte limple-ment 4 toifes iy pieds. Mais fi on trouve 4 toifes iy pieds , on compte 4 toifes r 7 pieds, parce qu’il y a fept pieds de plus que la demie-toife.
- Comme l’on toife les bâtimens dans l’or-
- Dij
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- J2. GEOMETRIE
- dre contraire de leur conftru&ion , Ton commence par les parties les plus élevées -, comme les fouches de cheminées , les pignons , les lucarnes -, 6c l’on fait le toifé de chaque étage , dans lequel on comprend tout ce qu’il y a de cheminées, de cloi-zons, de murs de faces, de murs de ref-fend, d’efcaliers, &c. jufques au deflous du plancher du même étage : l’on toife ainfi d’étage en étage , 6c l’on finit par le plus bas de l'édifice.
- ConftmBim des cheminées.
- L’On fait ordinairement de trois fortes deconftruétion de cheminées, donc l’une eft de brique, l’autre de plâtre,& l’autre de pierre de taille. La meilleure eft celle qui eft faite de brique bien cuite pofée avec mortier de chaux & fable paffé au panier j lemorcier fe liemieuxavec la brique que le plâtre: l’on doit enduire le dedans delà cheminée le plus uniment 6c avec moins d’épaifleur que faire fe pourra ; car plus l’enduit eft uni, 6c moins le fuie s’y attache ; 6c Comme il n’y a pas de plâtre par tout, l’on peut aufti enduire de mortier de chaux 6C fable, donc le fable foit bien fin.
- Aux bâtimens confidérables l’on fait les cheminées de pierre de taille depuis le bas
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- P R A T I Q^ü È.
- des combles jufqu’à leur fourniture y i! faut que ces pierres ou briques foient bien jointes avec des crampons de fer, 8c maçonnées avec mortier fin ; on leur donne la même épaifleur qu’à la brique qui eft de quatre pouces.
- L’autre conftruéüon dont on fe ferc à Paris 8c aux environs, 8c qui eft la plus commune , eft de plâtre pur pigeonné à la main, enduit déplâtré au panier des deux cotez. L’on donne trois pouces au moins d’épaif-feur aux languettes ; cette conftru&ion eft aflez bonne quand on prend foin de la bien faire 8c que le plâtre eft bon. Lorfque les tuyaux de cheminées font joints contre les murs, il faut y faire des tranchées5& y mettre des fantons de fer de pied en pied, & y mettre aufli des équerres de fer pour lier les tuyaux enfemble.
- Dans les pais où il n’y a ni plâtre ni brique, & que la pierre eft commune, l’on fait les tuyaux de cheminée tout de pierre de tailles, 8c l'on donne au moins quatre pouces d’épaifleur aufdits tuyaux ou languettes. L’on pofe le tout avec mortier de chaux & fable, & les joints doivent être bien faits, le tout retenu avec crampons de fer.
- Les moindres cheminées doivent avoir 55 pouces de largeur du tuyau dans œuvre, 8c les plus grandes un pied j car fl el les étoient:
- D iij
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- 54 G *• P M E TRI E plus larges, elles fumeroicnt. La fermeture des cheminées fe fait en portion de cercle par dedans, de Ton donne à cette fermeture quatre pouces d’ouverture pour le paffage de la fumée : l’on fait la longueur defdits tuyaux à proportion des lieux où ils doivent fervir. Les plus grandes cheminées ne doivent point palier & pieds : les cheminées des grandes chambres 4 pieds ^ celles des cabinets 3 pieds , de moins félon le lieu où elles font.
- Tolféde Cheminées.
- L’On appelle fouche de cheminées pilleurs tuyaux joints enfemble, de pour toilér lefdits tuyaux, il faut en prendre le pourtour extérieur, duquel pourtour ilfaut rabattre 4 épaifleurs de languettes s h les languettes font de p lâtre,elles doivent avoir 3 pouces d epailfeur j ainfi il faut rabattre un pied de pourtour : fi elles font de brique, elles auront 4pouces d’épaiffeur j de il faut rabattre 26 pouces dudit pourtour : puis il faut ajouter a.ce pourtour toutes les lanT guettes qui font au dedans defdices fouches de cheminées. Enfuite la hauteur fe prend du fommet defdices cheminées , jufques aù defifous du plus procheplancher^&nn ajoutera à cette hauteur un demi pied pour la fermeture defdits tuyaux de cheminées ; la
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- P R A T ï E. 55*
- multiplication du pourtour par la hauteur donnera la quantité de toiles que contient la Touche de cheminée.
- L’on ajoute au produit les plintes, larmiers ou corniches que l’an fait ordinairement au haut des cheminées , lefquels on toifera de la maniéré qu’il fera expliqué ci-après dans l’article des moulures.
- On continuera detoifer ainfi lés tuyaux de cheminées ju(qu’en bas, en toifant toujours dans chaque étage jdu delTous du plancher fuperieur, jufqafau deffous de l’inferieur. Si lefdits tuyaux &c Touches deche* minées font dévoyés, c’eft-à-dire , s’ils ne font pas élevez aplomb, l’on en comprendra la hauteur félon la ligne de leur inclination , fur leur contour pris quarrément ou d’équerre fur les cotez.
- Sien conftruifantun mur à neuf, on laifle la place dans fon épailfeur pour le paffage des tuyaux de cheminée, comme l’on fait quand on veut que lefdits tuyaux n’ayenc point de faillie outre l’épaifteur dudit mur , &c qu’on les veut dévoyez les uns à côté des autres ; l’on toifera les languettes defdits tuyaux entre ledit mur, la hauteur fur la largeur prife quarément fur les cotez,& l’on ajoutera l’un des bouts dudit tuyau pour les deux enduits faits aux d"ux boucs d’icelui, &: l’on comptera au furpius toutes les D iiij
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- GEOMETRIE languettes qui feront au dedans de (dits tuyaux ; mais on ne comptera point ledit mur en la largeur defdits tuyaux.
- Si le mur dans lequel le tuyau de cheminée eft pris a plus d’épaifleur que la largeur dudit tuyau & l’épaifleur de ladite languette, 6c qu’il faille faire un petit mur ou parpin au lieu d’une languette , le petit mur fera compté félon fan épaifleur par rapport audit mur entier, comme fi par exemple il n’y a que la moitié de fon épaifleur, il fera compté pour demi-mur 6c quart à caufe de l’enduit, & ainfi des autres épaiffeurs à pro-portion.
- Si dans l’épaifleur d’un mur déjà fait, on veut mettre des tuyaux de cheminées, en forte qu’il faille couper tout ledit mur pour le pafifage defdits tuy aux * l’o n compter a tou* te la languette compris fa liaifon,qui fervi-ra de doflier audit tuyau; 6c outre cette languette, on comptera un pied à chaque bouc dudit tuyau, pour le retabliflement de la rupture faite audit mur , & l’on toifera au furplus les autres languettes comme ci-» deflus.
- Si l’on veut adofler des tuyaux ou manteaux de cheminées contre un mur déjà fait, il faut faire des tranchées dans ledit mur de | pouces d’enfoncement fur la largeur des languettes defdits tuyaux \ il faut outre çcu
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- P R. A T I Q.U E. J7
- te tranchée faire des trous de pied en pied pour y mettre des fantons de fer pour lier lefdites languettes avec ledit mur. Les tranchées & fcellemens des fantons doivent être comptées pour un pied courant, c’eft-à-dire 6 toifes de longueur pour une toife fuperfïcielle.
- Si les murs contre lefquels lefdits tuyaux font adoflez ne font faits qu’à pierre apparente^ qu’il faille les crefpir 6c enduire,ils doivent être comptez à 4 toifes pour une.
- Si les mêmes murs font un peu endommagez 5 &: que l’on foit obligé outre le {impie crefpis & enduit d’y faire des renformis , alors les faces defdits murs doivent être comptées à trois toifes pour une.
- Manteaux de Cheminées,
- DAns les maifons confiderables l’on fait les jambages des manteaux de cheminées avec pierres de taille dans toute l’épaiffeur du mur , principalement aux étages bas, 6c dans ceux d’enhaut quand il n’y a point de tuyaux au derrière. L’on peut faire aufli les mêmes jambages avec brique 6c mortier de chaux 6c fable. Ceux des maifons ordinaires font faits de moi# Ion au plaftras avec plâtre. Au furplus on fait les hottes, ou les gorges 6c les corps
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- j8 Ceo m et rï e quarrefcdes manteaux des cheminées avec plâtre pur , comme les tuyaux ci-devant expliquez. Pour les cheminées de cuifîne* fi l’on y fait des jambages, ils doivent être de pierre de taille, &: les contre-cœurs de grais ou de brique, le tout contre-garde de bonnes bandes de fer.
- Les manteaux de cheminées doivent être proportionnez aux lieux où ils font faits. Aux grandes maifons l’on en peut confia derer de quatre fortes pour les principales pièces , fans parler de ceux des offices , comme les falles , les antichambres , les chambres &: les cabinets. On donne ordinairement à ceux des falles 6 pieds de large fur 4 pieds de haut ÔC z pieds de profondeur,- aux antichambres y pieds de large , 3 pieds 9 pouces de haut , &c zz pouces de profondeur : aux chambres de parade 4 pieds 9 pouces de large, 3 pieds y de haut,&: 2.0 pouces de profondeur ; aux chambres à coucher 4 pieds ou 4 pieds y de large fur $ pieds ou 3 pieds i de haut, &c 18 pouces de profondeur ; aux cabinets un peu grands 4 pieds{de large, 3 pieds \ de haut, &c 18 pouces de profondeur; aux cabinets moyens au plus 4 pieds de large / aux petits 3 pieds
- f pouces ou ; pieds y de large fur ? pieds ou pieds 10 pouces de haut.
- Ces mefures de manteaux de cheminées
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- Pratique. 59 ne font pas abfolument pour toutes fortes de maifons, elles ne font confiderées que comme moyennes encre les grands Palais &c les maifons médiocres. Ainfi il eft de la prudence de T Architede de donner à tous les manteaux de cheminées qu’il ordonne une proportion relative aux bâtimens où ils doivent fervir.
- Pour les manteaux des cheminées des offices , il faut confiderer la maifon où on les doit faire, & leur donner les mefures proportionnées à leur ufage.
- Toifé des Manteaux de Cheminées.
- LEs manteaux de cheminées fe toifenc en prenant leur hauteur depuis ledef-lous du plancher fuperieur jufquau defl’us de l’inferieur j laquelle hauteur doit être multipliée par le pourtour duçlit manteau en fon corps feulement.*, ce pourtour fe Compte de crois pourtours pris eofemble, fçavoir du haut dudit manteau au deffous des corniches, du milieu de la gorge ou hotte,6c de la plâtre-bande du chambranle, Jé tout pris au nud defdits manteaux ; l’on prend le tiers de l’addition de ces trois pourtours pour le multiplier par la hauteur , &: le produit donnera la quantité des toifes requifes. S’il y a des faufifes hottes, 011 les toife à part /mais on doit rabattre un fixié-me pour l’enduit d'un côté.
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- 6 O GEOMETRIE
- Outre le toifé du corps defdits manteaux de cheminées l’on toife à parc toutes les moulures dont ils font ornez , comme corniches , architraves , cadres, & autres. La maniéré de toiler les moulures fera expliquée au long dans l’article des moulures.
- Aux manteaux de cheminées qui font pris dans l’épaifleur du mur, l’on roife le haut jufqu’à la gorge, comme fi c’étoic des languettes ; fi c’eft un vieux rnur, l’on ajoute les deux bouts qui font le parement du mur pour le bout des deux tuyaux que l’on multiplie par la hauteur. L’on toife en-fuite le bras en contournant le milieu de la gorge éc le quarré des jambages jufqués dan*. Renfoncement que l’on ajoute enfemble, dont on prend la moicié que l’on multiplie par la hauteur depuis le defiiis du plancher jufques où finit la gorge.
- Si lefdits manteaux de cheminées font faits a hotte comme on les fait pour les cuifines & offices , l’on en prendra la hauteur avec une ligne à plombfuivant la pente de ladite hotte. Cette hauteur fera multipliée par la moitié des deux pourtours prisquarrément, fçavoir fous le plancher & fur la pièce de bois qui porte ladite hotte. Si ladite piece efl: recouverte de plâtre , l'on ajoutera fa hauteur à celle de la hotte, ou bien on toi» fera cette recouvercure à parc.
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- Pratique» Gi
- Si Poil eft obligé de faire de faulfes hottes ou tuyaux pour le dévoiement defdites cheminées , ces hottes ou cuyaux font comptez à parc à mur, outre lefdits manteaux en ce qui eft dégagé des autres tuyaux ; mais il faut rabattre un fixiéme pour l’enduit d’un des cotez defdites fauflès hottes.
- Si l’on adoife un manteau de cheminée contre un vieux mur, l’on y doit faire des tranchées pour tenir les jambages & l£ tuyau avec des trous de pied en pied pour y mettre des fantons de fer : les tranchées &c fcellemens de fantons doivent être comptez pour pied courant.
- Les enduits faits contre les vieux tuyaux ou manteaux de cheminées font comptez à quatre toifes pour une.
- Les contre-cœurs des manteaux de cheminées faits de briques ou tuileaux après coup, ceux de brique font comptez à mur, & ceux de tuileaux font toifez à mi-mur leur longueur fur leur hauteur.
- Les âtres defdits manteaux de cheminées faits de grand carreau font comptez pour fix pieds de toife, c’eft-à-dire qu’il faut fix âtres pour faire une toife à mur. Mais il faut que les manteaux de cheminées ayent environ 4 pieds : car fi plus ou moins l’on augmente ou diminue, à proportion.
- Les jambages des manteaux de cheminée^
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- ét G EounttLtn fondez, par bas jufqnes fur la terre ferme , doivent être comptez à mur, depuis la fondation jufques lut le rez de chauffée leur hauteur fur leur largeur.
- Les fourneaux & potagers que Ton fait dans les cuifines ou offices , doivent êcre eonftruits de brique avec morrier de chaux & fable pour le mieux ; mais on les fait le plus fouvent de moilon avec plâtre & carrelez par deffus avec les rechaux dont on a befoin ffilon la grandeur des fourneaux. Ces fourneaux font faits par arcades pofées fur de petits murs dé huit à neuf pouces d’é-paiffeur : s’il y a des caves au deffous , ils font pofez fur les voûtes defdites caves, fnon il faut les fonder jufques fur la bonne terre. L’on donne ordinairement deux pieds ou deux pieds Sc demi de largeur aux fourneaux , félon l’endroit où ils font, fur deux pieds neuf pouces de hauteur. L’on ne donne gueres que deux pieds de largeur aux arcades, &: l’on en fait fur cette mefure autant qu’il eft befoin dans la longueur def-dits fourneaux ; l’on met une bande de fer fur le champ recourbée d’équerre & fcellée dans les murs pour tenir le carreau &: les rechaux.
- Pour toifer lefdits fourneaux on prend la hauteur des petits murs qui portent les arr cades depuis leur fondation jufques fous le
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- Pratique* €$
- carreau que l’on multiplie par leur longueur depuis le devant defdics fourneaux jufques au mur contre lequel ils font joints. Si c’eft un vieux mur> dans lequel il ait fallu faire un arrachement, Ton compte trois pouces pour ledit arrachement ; •& après que lef. dits murs font comptez, on toife les arcades à part, leur contour fur leur longueur. Si c’eft un vieux mur, l’on ajoute trois pouces à ladite longueur; ces murs voûtes vont toifes pour toifes d’ouvrages légers. L’on toife en fuite le carreau qui eft par defliis, la longueur fur la largeur, lequel carreau eft compté à toifes, Sc l’on compte le fcellement de rechaux à part à trois pieds pour chacun.
- Il y en a qui pour abréger comptent autant de toifes d’ouvrages légers que lefdits fourneaux ont de fois trois pieds de longueur ; c’eft-à-dire que trois pieds de longueur de fourneau , le tout compris, eft compté pour une toife à mur r mais comme il peut y avoir plus ou moins d’ouvrage, félon que les fourneaux font plus ou moins grands ; je ne trouve pas cette méthode fort bonne.
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- G E O M E T H I ï *
- Des Planchers,
- H
- ’On fait des planchers de différentes
- maniérés: les plus (impies que Ton fait
- ordinairement pour les galetas, font ceux dont les folives font ruinées de tampon* nées, maçonnées de plâtre de plâtras encre lefdites folives, &: de leur épaifleur de enduits par deflus de par deflous à bois apparent ou à fleur de folives. Ces planchers font compcez à demi-toifeàmurjC’eft-à-dire deux toifes pour Une.
- Si un plancher de cette maniéré n’étoit que hourdé ou maçonné entre les folives , fans être enduit ni deflus ni deflous, il ne doit être compté qu’à quart de mur, c’eft-à-dire quatre toifes pour une.
- Il y a encore une autre maniéré de plan* chers fort (impie, que l’on appelle plan^ chers enfoncez ou à entre-vous,dont les folives font vues de trois cotez par deflus. L’on ceintre lefdits* planchers par deflom avec les étrefillons entre les folives, de l’on met des lattes par deflus qui affleurent à un pouce près le deflus defdites folives. L’on fait enfuice une aire continue de plâtre de plaftras par deflus de deux à trois pouces d’épaifleur, l’on enduit ladite aire par def-fus de plâtre paffé au pannier , de l’on
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- Pratique, êf Ike'enfuite les écrefillons te les lattes pat deffous pour tirer les entre-vous que l’on fait ordinairement de plâtre fin. Ces planchers doivent être comptez â deux toifes pour une $ l’on n’en fait plus gueres qu’à la campagne ; lesiolins, c’eft-à-dire, les ef* paces entre les folives qui font pofées fut des poutres ou pans de bois , font compté* chacun pour un quart de pied.
- Si ce même plancher n’eft que hourdé fans être enduit nideffus ni deflous, il ne doit être compté que pour quart de mur, (I enduit par deflus ou par deffous pour quarc te demi.
- Si au lieu de faire un enduit fur le même plancher l’on y veut mettre du petit oïl grand carreau, ce plancher fait ainfi doit être compté à mur , c’eft-à-dire, toifes fu-perficielles pour toifes. Si au lieu du carreau l’on y mec des lambourdes,ce planchet fera aufli compté à mur.
- Si aux mêmes planchers enfoncez au lieu de cintrer par deffous avec des écrefillons te des lattes, on cloue par deffus les foiiveâ des lattes jointives , te que l’on y faflé uno aire de plâtre te plâtras enduite par deffus te par deffous entre les folives, lefdits planchers doivent être comptez à trois quarts de toife à mur.
- Si au lieu d’un enduit par deffus on pofes
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- •<£&' G e ou E ï i i’e
- du carreau fur une fauffeaire, lefdics plan*» chers doivent être comptez à mur 6c un quart.
- Les planchers dont les (olives font ruinées 6c tamponnées, lattez par de flou s de trois ••en trois pouces, maçonnez de plâtre 6C plâtras entre les (olives , enduits par deffus à bois apparent, 6c plafonnez par deflous 5 ces planchers doivent être comptez à trois quarts de mur.
- Les planchers dont les fol i ves font ruinées & tamponnées, lattez de trois en trois pouces par deflous, maçonnez de plâtre & plâtras entre les folives, avec une aire par deffus de deux ou trois pouces, enduits déplâtré 6c plafonnez par deflous , doivent être comptez toife pour toife à mur. Si au lieu dun enduit Ton met du carreau fur une faufle aire faite fur les folives, lefdics planchers doivent être comptez à mur 6c tiers.
- Les planchers dont les folives font ruinées 6c tamponnées, lattez tant plein que vuide par deflous 6c hourdez de plâtre 6c plâtras entre lefdices folives, 6c carrelez de carreau fur une faufle aire, plafonnez par deflous j lefdits planchers doivent être comptez à mur & tiers : l’on ne fait plus gueres de ces forces de planchers, parce qu’ils font trop pefans fur les murs.
- Siau lieu decarxder le deflus defditsplan-
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- ; P i À t I <^u É. %f
- thers l’on pofe des lambourdes fur les folives , & que lefdites lambourdes foienc maçonnées à augecs pour recevoir le parquer i lefdits planchers doivent être comptez à -mur & quart.
- Les planchers creux lattëz par deflus ÔC par ddfous à lattes jointives, carrelez fut une fauffe aire faite fur le lattis d’environ deux pouces d’épaifTeur ⣠plafonnez par deffous à l’ordinaire, lefdits planchers doi« vent être comptez à deux murs & un fïxié-me s c’eft-à-dire, que chaque toife fuperfi-cielle en vaut deux &: unfixiéme j mais fi les lattes ne font point clouées par defïiis les folives, &: que ce ne foit qu’un fimplë •couchis, lefdits planchers ne font comptez que pour deux toifes * là maçonnerie faite fur les poutres Sc pans de bois pour le Scellement des folives doit être eomprife dans le toifé defdlts planchers.
- L’on doit rabattre tous lés pafTagesdes tuyaux des cheminées. qui paffent dans lef dits planchers & le carrelage fous les jambages des cheminées. Et fi les âcres defdites cheminées font faits de grand carreau different de celui du plancher j on doit aug* menter la plus-valeur du grand Carreau au petit. Mais fi c’eft un plancher parqueté ou enduit de plâtre, ledit âtrefait de grand carreau * doit être compté à fîx pieds
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- de toife, comme il a été dit.
- Les enfoncemens des croifées carrelez fur les murs, font comptez à demi-mur, leur longueur fur leur largeur.
- L’on ne compte point dans lefdits planchers l’endroit des portes , quoiqu'il foie carrelé , car le carreau tient lieu de feuil.
- Si au lieu de carreau l’on cloüe des lambourdes fur les folives, &; qu’entre lefdites lambourdes l’on fade un lattis fur lefdites folives à lattes jointives pour faire les augets defdites lambourdes,fuppofant lefdits planchers plafonnez à lattes jointives par def-fous, ils doivent être comptez à mur ôc trois quarts.
- Les lambourdes fcellées dans renfonce-ment des croifées tiennent lieu de carreau, 8c font comptées à deux toifes pour une.
- Lepadage defdites lambourdes au droit des portes tient audi lieu de carreau,& n’eft point compté.
- Le carreau pofé fur un vieux plancher ou une vieille aire eft compté à demi-mur.
- Quand on hache & recharge de plâtre un vieux plancher ou aire, il eft compté pour tiers de mur.
- L’enduit fîmple fur un vieux plancher elt compté à quart de mut.
- Il y a encoreune maniéré de faire des planchers enfoncez i l’on fait deux feuillures
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- F R A T ï E. 69
- dans farête du deflfus de chaque folive, 8C l’on y pofe enfuite des ais bien drefïez, lef* quels on cloue fur lefdites folives pour couvrir chaque entre-vous, l’on faic une faulfeaire fur lefdits ais folives, avec plâtre & plâtras de deux pouces ou environ d:epaifleur, félon qu’il faut mettre déchargé pour convenir à la plus haute folive. Si ladite aire efl: enduite de gros plâtre par defliis,lefdits planchers doivent êtrecomp^ tez à un tiers de toife, c’eft-à^dire , trois toifes pour une..
- A ces fortes de planchers l’on remplie ordinairement les efpaces des folives pofées fur des poutres ou pans de bois avec des lambourdes de bois pouflees d’une moulure rc’eft pourquoi l’on n’y compte point de maçonnerie pour les folins,quoiqu’on fcel-le lefdites folives au derrière defdites lambourdes.
- Si au lieu d’un enduit l’on met du carreau fur ladite faulfe aire faite fur lefdits ais, ledit plancher doit être compté à demi mur & tiers ou les 7, c’eft-à-dire de cinq toifes pour fix toifes à mur.
- Le carreau pofé fur une faufie aire déjà faite ell compté à demi-mur.
- Les lambourdes pofées fur unefaulfe aire déjà faite étant fcellées 6c faites à augetsÿ font comptées.à demi-mur.
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- Si Ion eft obligé de faire une tranche© dans un vieux mur pour pofer les foiives d’un plancher, ladite tranchée 6c fcelle-ment des foiives doivent être comptez à pied courant.
- Si la même chofe arri ve dan s un mur neuf après coup, l’on doit compter ladite tram? chée &c fcellement comme ci-devant.
- Sidans les planchers il y a des poutres ou autres bois qu’il faille recouvrir, lefquels bois foient luttez tant plein que vuide, lef-dits bois recouverts doivent être comptez de trois coifesl’uneà mur.
- Le carreau mis fur un vieux plancher qu’il ait fallu hacher 6c rétablir par endroits , effe compté à deux tiers de mur* fi c’elf du vieux carreau 3 il eü compté à’tiers demur à caufe du décrotage.
- - L’on peut comprendre dans l’article des, planchers les aires que l’on a fait au rezd© chauffée, fuit fur des voûtes ou fur terre.
- Des Aires.
- LEsaires que l’on fait fur des voûtes fon& ou pour être enduites fîmplcment de plâtre, ou pour être pavées ou carrelçeSjOU pour pofer des lambourdes,
- Si les voûtes font faites à neufôrqu® l’onj. ne veuille faire qu’une fimp.le.aife®. de plâtre par defïus , leurs reins doivent être !$k%élèvez& arrafezà niveau,pour n’avoir
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- plus que le gros, plâtre à mettre ôc enduire par delfus , auquel cas ladite aire ne doit être-comptée qu’à demi-mur.
- Si l’on met du carreau fur ladite aire,fup-pofant qu’elle Toit arrafée comme il a été dit ci-devant, & qu’il n’y. ait plus à. faire que la forme fur laquelle doit pofer ledit, carreau , ladite aire ne doit être comptée qu’à deux toifes pour une ; mais s’il y a une faufïe aire fous ledit carreau , le tout doit être compté à mur.
- Suppofant toujours les voûtes arrafées,fL l’on pofedes lambourdes par deffus maçonnées à augets , lefdites lambourdes doivent être comptées à deux toifes pour une.
- Si au lieu de faire lefdites aires fur des voûtes on eft obligé de les faire fur la terre, il faudra faire un corps de maçonnerie de cinq à fix pouces d’épaifïeur, avec des pierrailles garnies bien battues, & maçonnées avec mortier ou gros plâtre, ôc en» duites par delfus fimplement, lefdites aires doivent être comptées à demi-mur.
- Si au lieu de faire un enduit de plâtre, l’on met fur ladite aire du carreau,ladite aireain-& faite doit être comptée pour toife à mur.
- Si au lieu de mettre du carreau fur ladite aire l’on y met des lambourdës engagées, dans le corps de ladite aire,&: enduites àau-gets, le tout eft compté ài trois quarts de toife à mur.. E iiij...
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- Si au lieu de mettre du carreau ou des lambourdes fur lefdices aires, l’on y met du pavé ou du marbre, ladite aire doit être faite avec des moyennes pierres bien bar-tues dans terre , 5Z enfuite maçonnées de mortier ; car le plâtre pourrit dans terre, èc mettre feulement un peu de gros plâtre par defluspour iierlefdites pierres , ladite aire pinf faite doit être comptée à tiers de toife à mur fans comprendre le pavé, car ce doit être un autre marché.
- Des Cloisons ou P ms de b,ois*
- IL y a diverses maniérés de cloizons ; les plus (impies font celles dont les poteaux font ruinez &; tamponnez, maçonnées entre lefdits poteaux déplâtré & plâtras, &c induites de bois apparent, lefdites eloizons font comptées à demi-mur. L’onrabat tourtes les bayes des pprtes Sc des croifées entre les bois, l’on compte la hauteur des poteaux. aufquels l’on ajoute l’épaiffeur d’une fahlierc,,
- Si lefdices cloizons n’étoiont que hour-dées fimplement fans être epduites de côté ni d’autreelles ne font comptées que pour un quart de toife ,- fi enduites d’un coté , pour quart & demi ou f *
- Les çlpiz.ops Jattees dç çrçis ep trois pou*
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- Pratiq^ue; 73
- ces des deux cotez, maçonnées de plâtre 8c plâtras entre les poteaux , que l’on appelle cloizons pleines, 8c enduites des deux cotez. Lefdites cloizons font comptées toife pour toife à mur : l’on n’a point d’égard fi les poteaux ont plus ou moins de trois ou quatre pouces d’épaiffeur.
- De même les pans de bois faits de cette maniéré, pour les faces des maifons, 8c on compte les moulures à part.
- Si les bayes des portes & des croifées qui fe trouvent dans lefdites cloizons , font feüillées, 8c quel’épaiffeurdes bois defdites bayes foie recouverte de plâtre, l'on ne rabat que la moitié des bayes ; mais fi lefdites portes 8c croifées ne font ni feüillées ni recouvertes déplâtré, l’on rabat lefdites bayes entièrement d’on ne rabat rien des fablieres defdites cloizorls, pourvu qu’elles foient recouvertes. Les faillies faites contre lefdites portes 8c croifées, outre le nud des pans de bois ou cloizons, font comptées à part, Si iefdites cloizons ne font que maçonnées entre les poteaux, 8c lattées comme ci-deflus des deux cotez, fans être enduites de coté ni d’autre, elles font comptées à deux toifes pour une j 8c fi l’enduit n’efl fait que d’un côté , elles font comptées à trois quarts de toife.
- Les pans de bois ouclQizôns qui font ma-*
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- 74 GEOMETRIE
- çonnées entre les poteaux, lactées d’un conté de trois en trois pouces, enduites fur ledit lattis, & enduites de l’autre coté à bois apparent, font comptées à deux tiers de toife à mur fans rabattre aucune fabliere : fi les bayes qui font dans lefdites cloizons, ne font ni feüillées ni recouvertes de plâtre , elles font entièrement rabattues.
- Les cloizons appellées creufes, lattéesà Jattes jointives des deux cotez, crefpies &: enduites avec du plâtre par deffus ledit lattis , lefdites cloizons font comptées toife pour toife de chaque côté , c’eft-à-dire qu’une toife en fuperfkie en vaut deux pour toute cloizon , à eaufe que les deux cotez font lattez à lattes jointives. L’on compte auffi toutes les fablieres recouvertes en leurs faces 8c pourtour, comme lefdites cloizons,, pourvu qu’elles foienc lactées à lattes jointives ; linon ledit recouvrement n’eft compté qu’à un tiers de toife à mur.
- Si les bayes qui font dans lefdites cloL zons ne font ni feüillées ni recouvertes dans les tableaux , elles font entièrement rabattues ; fi elles font feüillées & recouvertes dans lefdits rableaux , l’on compte lefdites bayes à toife Ample feulement.
- Les cloizons faites de membrures ou d’ais de batteau pour déchargeâmes planchers , lattées tant plein que vuide, crefpies & en-
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- P R À T I <^ü E. 7S
- duites de plâtre par deffus des dèux côrez * lefdites eloizons doivent êcre comptées à un tiers de coife à mur de chaque côcé,c’efl:-â dire, deux tiers pour toute lacloizon; &c s’il y a quelque diftance entre lefdi,ts ais , l’on doit compter le tout pour trois quarts à mur. L on rabat aufli les bayes , fi les tableaux ne font ni feiiillez ni recouverts.
- Comme il peut arriver que ces forces de eloizons ne foient faites qu’en partie, foit que l’on change d’ouvriers, ou par quelque autrecaufe, il efb neceffaire defeavoir de quelle maniéré elles doivent être comptées.
- Aux eloizons creufes lactées à lattes jointives des deux côtez, &; recouvertes de plâtre i fi elles ne font lattées que d’un coté Amplement fans être recouvertes , l’on ne les compte qu’à demi-mur i fi elles font lactées des deux cotez fans être recouvertes , on les compte à mur j fi elles font enduites d’un coté, on les compte à mur 8c demi, 8c enfin fi elles font enduites des deux cotez à deux murs, comme il a été dit.
- L’on doit eftimer à proportion les eloizons faites de membrures ou d’ais debatteau. '
- Toutes les faillies qui font fur lefdites cloisons ou pans de bois doivent être coi-fées à part outre lefdites eloizons, comme il fera dit au chapitre des Moulures.
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- GEOMETRIE Des Lambris.
- Omme les lambris que Ton fait dans ____ les galetas ou ailleurs, font proprement des demi cloizons. Ces lambris étant lattez à lattes jointives contreles chevrons ou autres bois, font comptez toife pour toife à mur, comme lefdites cloizons. Tous les autres bois recouverts au - dedans defdits combles ou ailleurs, s’ils font lattez à lattes jointives, font auffi toifez comme des lambris, leur pourtour far leur largeur, &: font comptez toife pour toife à mur ;,mais fi lefi» dits bois font lattez tant plein que vuide, ils ne font comptez que pour Un tiers de toife. Quand il y a des lucarnes dans lefdits galetas J’on rabat la place defdites lucarnes ou autres vuides ; mais l’on compte les joues & plafonds defdites lucarnes à part defdites joues font ordinairement lattées de quatre en quatre pouces,maçonnées & recouvertes de plâtre comme les cloizons pleines , c’eft pourquoi elles font comptées à mur.
- Si lefdites joues ne font maçonnées entre les poteaux qu’à bois apparent,elles ne font comptées qu’à deux toiies pour une.
- Des Lucarnes.
- LEs lucarnes font ou de pierre de taille, ou de moilon & plâtre * ou de char-pei.cerie recouverte de plâtre; dans ces trois cas on les toife de la mêmç maniéré: il n’y>
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- Pratique. 77
- a que le prix qui en faic la différence. Pour les toifer l’on prend leur largeur en-dehors d'un jambage au-dehors de l’autre jambage; c’eft-à-dire la largeur de la baye des deux jambages, à laquelle largeur l’on ajoute l’é-paifTeurdel’un defdits jambages enfuite l’on prend leur hauteur de deflus l’entablement , ou de l’endroit où elles font pofées jufqu’au fomrnet de leur fronton, foit angulaire ou circulaire. L’on multiplie cette largeur par cette hauteur. Pour avoir la valeur des toifes defdites lucarnes, ces toifes font comptées félon les prix ; car h les lucarnes font de pierre de taille , elles font comptées comme les murs de pierre de même efpece ; fi elles font de moilon plâtre, elles font comptées comme les murs de même, ainfi du refte, à moins que l’on n ait fait un prix a part : l’on compte les. joues à part, comme il a été dit ci-devant.
- Après que Pon a toifé le corps defdites lucarnes, l’on y ajoute leurs faillies qui font les corniches, ou plintes de leurs frontons ou autres ornemens d’Architecture,comme il fera expliqué dans l’article des Moulures.
- Les exhauffemens ou piédroits que Ton fait dans les galetas, depuis ledeffein du dernier plancher, jufques fous la rampe des chevrons, à la rencontre des lambris, font
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- 7% Geom e trié faitsde moilon ou plâtras & plâtre, endultè d’un côté •, ces exhauflèmens font compte^ à demi-mur, leur longueur fur leur hauteur de légers ouvrages.
- Des Bfcaliers & Perrons,
- IL faut premièrement parler des efcalicrs de charpente ôc plâtre ; il s’en fait de deux maniérés , dont la plus ancienne n’eft plus guère enufage j cette maniéré eft que l’on cintre avee des lattes piftoches fous les rampes ou coquilles, & l’on maçonne de plâtre ou plâtras fur lefdites lattes,* l’on enduit Amplement de plâtre par deflus à fleur des marches j l’on ôte enfuite ieldites lattes par deflous lefdites rampes ou coquilles i & l’on enduit le plâtre fin à leur place/uivant le contour défaites marches ou paliers i les cfcaliers faits de cette maniéré font corn* ptez à trois quarts de toife. Si au lieu d’en-duire'le deflus defdites marches l’on y met du carreau, ils font comptez à mur en les toifant de la maniéré dont il fera expliqué ci-après.
- L’autre maniéré qui eft la meilleure pour les efealiers de charpenterie , eft qu’on latte le deflus des rampes ou coquilles à lattes jointives, &: l’on maçonne enfuite fur lef-dites lattes avec plâtre & plâtras entre les,
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- ï> B. A t 14. ÜE . 7 J
- marches -, Ion enduit de plâtre fin fous lef-dites rampes ou coquilles,&; l’on carrelé de carreau pardefliis à fleur defdites marches. Ces efcaliers font comptez toife pour toife, & l’on toife le carreau à parc, qui va pour demi-toife en ce qui eft compris entre les marches feulement.
- Pour coifer les rampes èc coquilles defdîts efcaliers, faits tant en cette maniéré qu’en la précedepte, il faut faire un trait dans le milieu defdites marches, fuivant les rampes &C tournans en commençant par le haut juf-qu’à l’étage au-deflous; puis il faut avoir Un cordeau avec lequel on contourne le deflus & le devant defdites marchesjdepuis le haut jufqu’en bas de l’étage au-deflbus , dans l’endroit où l’on aura marqué leur milieu , ce cordeau donnera une longueur, laquelle doit être multipliée par une autre longueur commune , compofée 3e celle de toutes les marches qui font dans ladite hauteur ; le produit donnera des toifes fuperfî-cielles qui doivent êcre comptées félon la maniéré que l’efealier eft fait : quand c eft un efcalier tournant dans le quarré, l’on prend d’ordinaire la marche de la demi-angle pour en faire une longueur commune pour toutes les autres marches-, fi c’eft un efcalier en rond où les marches font toutes égaies , il fuffit d’en mefufer une; 5c fi c’eft
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- GEOMETRIE un efcalier ovale dans un quarré , il faut mefurer toutes les marches pour en faire une longueur commune-, ainli qu’il a écé dit. Le carreau fur les marches defdits efca-liers n’eft compté quen fa fuperficie feuler ment à demi-mur , comme aufti les paliers.
- Si les paliers defdits efcaliers font lattez par deflus & par deflbus à lattes jointives % carrelez par delîus &: plafonnez p5ar dèftbus, chaque toife eft comptée pour deux murs, comme les planchers de cette efpece.
- On mefure, comme il a été dit ci-devant, les efcaliers où les marches font de pierre de taille j & s’il y a des moulures au-devant d’icelles , elles font comptées à part , à moins qu’on ne les ait exceptées dans le marché.
- Le fcellement des marches de pierre, ou de boisfaitaprèscoup,eft compté à chaque marche pour demi-pied de mur pour les cloizons , &: pour un pied dans les murs.
- Les marches des perrons font encore contournées ou finglées de même que ci-devant ; ce contour eft multiplié par leur longueur, qui eft prife à la marche du milieu defdits perrons , pour avoir des toifes fuperficielles i s’il y a des moulures, on les toife à part.
- Les maftifs de maçonnerie que l’on fait
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- î» K A T I C^ü è/' t'i
- feus lefdits perrons, font faits de moilort avec mortier dé chaux & fable; jufques fur la terre fermes lefdits maffîfs font toifez à cube , quand on l’a ftipulé dans le marché t & que l'on en a fait un prix à part j mais h l'on n’en a point parlé * on les réduit à mur de deux pieds d’épaifleur , quoi qu’on ert dût rabattre quelque chofe, à caufe qu’il n’y a point d’enduit * mais c’eft i’ufagô.
- Quand les efcaliers font en vis à noyai! tout de pierre de taille^ &c que les marches font dégauchies ou taillées pardeflous, l’on toife lefdits efcaliers comme ei-devant $ mais on ajoute à la longueur des marches la moitié du pourtour du tuyau, & outre cela le dégàuchiflement defdites marches par deftous eft toi Ci le pour cour fur la longueur ; mais on fait ordinairement des prix à paré pour ces forces d'ouvrages* -
- Si au lieu, d'un noyau c’èft ün Vis àqqUr * c’eft-ài-dire un noyau creux ; on compté la moitié de la haureur du contour du vuide * &c le refte fe toife comme èi-devant*
- Si les. appuys des efcaliers font de pierre avec des baiuftres, des entre-las , ou des pi^ laftres avec un appui un focle, ce qui ne fe pratique plus guéres qu’aux gtànds efca-* liers j où on les fait de marbre ,• l’on toifé lefdits appuis leur longueur feulemént fans diftinétion defocles , de baiuftres, ni de pi-*
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- $2, G E © U * ? ÏL I É,
- ladres, mais on fait un prix pour chacune
- des toiles courantes defdices baluftrades.
- S’il n’y avoitpoint de prix, fait pour lefdits appuys,& qu’il fallût les réduire à toife en détail, parce qu’ils pourraient être compris dans un prix de toife commune : alors, on toife lefdits appuis en cette maniéré. On prend la hauteur de l’appui qui eft ordinal-rement i pieds S pouces., à laquelle hauteur, on ajoute la moitié de la largeur du deffus dudit appui , & on multiplie cette me fure par la longueur dois rampes- & paliers pris par le milieu, & le produit vaut toife à mur > on ajoute en fuite toutes les moulures des foeles, appuis rpilarlfres;& baluftres, Lefdits baluftres font contournez, au droit de chaque moulure , comme il fera ci-après expliqué* Les toifes qui en proviennent font comptées toifes pqur coifes.
- Sfauliçu debâiuftteson a fait des entre-las où il y ait deia» feu lptureiÿ l’on Compta^ ce qui peut être toifè en moulures, 2£ Lon eftime ce qui eft de fculpture.,
- Nous parlerons ©nfuitedes voûtes defdits e feaiiers dan s i article des voûtes.
- P es Ghmjfes d* Ai' famés$
- ;; ne
- COmme les chauffes d’aÜùmces :fe font affez fouvent dans les angles; des efca-
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- fi? k'À T I <^tr fe. $ J
- ïîè'rs 3 il èft à propos de s’expliquer ici.
- Ces chauffes d’aifances fe font en deux maniérés *. les unes avec de la poterie appela léeboiffeaux de terre cuite, les autres avec tuyaux de plomb , que l’on enferme dàns dè la pierre de taille.
- Pour les chaudes qui font faites de pôte-rie,les boiffeaux doivent êcre bien verniffeÉ par dedans, fans aucune fente ou càfluré , parce qu’il n’y a rien de fi fubtil que la va® peur qui vient des matières & des urines j elle paffe par là moindre petite ouverture èc mfe&e la maifon ; les boiffeaux doivent donc être bien joints lés uns fur les autres* & enfuite maftiquez dans léfdits joints avec bon maftic 5 &c s’ils ne peuvent êcre ifèlez à e’eft-à dire, dégagez l’entoUr * il les faut maçonner avec mortier de chaux-& fable, parce que le mortier n’ell: pas fi aifé à péné* trer que le plâtre» L’on peut enduire de plâtre par deffus ladite maçonnerie de mortier en ce qui fera vû ; lès chauffes étant ainfi, faites font comptées une toife de long pour toife à mur. 1
- Si lefdites chaudes font contre un mur voifin , il faut les ifbler, c’éft-à-dirb, lâidef une diftance au moins de trois pouces entré lëditmur& lefdites chauffes, afin qué ledit mur nefoit endommagé, Comme il off par-* té par la Coutume Ç mais il faut; quë ëû
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- *4
- GiOMETS.il
- ifolement foie enduit du côté du nuit.
- Quand on fait un paflage dans la pierre de taille pour pafler une chaude de plomb > ce paflage eft compté fur une toife de hau-* teur poùrdemi-toife à mur, fans y comprendre le plomb.
- Si au lieu de plomb l’on met dans le trou de pierre de taille des boifleaux de terre cuite, le tout eft compté toife pour* toife à mur.
- L§s fieges d’aifances avec les fcellemens de la Lunette font comptez pour demi-toife.
- Les tuyaux des vantoufes defdites aifan-ces font comptez à deux toifes de longueur pour une toife à mur.
- Les cabinets d’aifances font comptez comme les cloizons Ôc les planchers, fui-vant ce qui a été dit.
- H E S M U E S.
- 'On fait communément de trois ma-
- niérés de conft ruélions de murs tanta
- legard de la pierre que du mortier ou du plâtre.
- La meilleureconftru&ion eft fans difficulté celle de pierre de taille, avec mortier de chaux & fable.
- La moyenne conftru&ion eft celle qui eft faite en partie de pierre de taille le refte
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- F B. A T ï Q_U E. if
- de moiîon avec mortier de chaux & fable.
- La moindre eft celle qui eft faite fimple-ment de moilon avec.mortier & plâtre. Il y en a encore une que l’on fait avec moilon &: terre graffe pour les murs de clôture.
- Les murs faits tout de pierre de taille font pour les faces des grands bâtimens , Sc l’on doit mettre celle qui eft dure par bas aux premières aftifes a au moins jufqu’à la hauteur de fix pieds.
- L on en métaux appuis, aux chaînes fous poutres, aux jambes boutifles, ôc le refte eft de pierre de faint Leu pour la meilleure. Ceux qui ne peuvent pas en avoir, em-ployent de la pierre de lambourde, qui fe trouve aux environs de Paris y mais cette pierre n’approche ni en beauté ni en bonté celle de faint Leu.
- Ces murs doivent être conftruits avec bon mortier , & point du tout de plâtre, par la raifon qui fera dite ci-après j ce mortier doit être fait d’un tiers de bonnechaux, les deux tiers de fable de riviere ou de fable équivalent ; comme il s’en trouve au Faux-bourg faint Germain, &: en d’autres endroits où il eftprefqtie aufli bon que celui de riviere: après la chaux éteinte ce mortier doit être fait avec le moins d’eau qu’on pourra. L’on fait les joints de la pierre dure
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- $$ GlOM E T1I B
- avee mortier de chaux 8c grais, & ceux de la pierre tendre avec mortier de badijon^ qui eft de la mçme pierre caflée avec un peu de plâtre.
- Les murs de faces des maifons que l’an veut faire folides, doivent avoir au moins deux pieds d’épaifteur par bas, fur la retraite des premières affifes, on leur donne quel» quefois moins d’épaifteur pour épargner la dépenle, mais ils n7en font pas ft bons y il faut qu’un mur ait une épaifleur proportionnée à la portée qu’il a > il eft néceflaire de donner un peu de talus, ou fruit par dehors en élevant les murs ; ce fruit doit être au moins de 3 lignes par toife, Il faut outre ce-* la faire une retraite par dehors fur chaque plinte, d’un pouce pour chaque étage , en forte qu’un mur qui aura deux* pieds par bas fur la retraite, s’il a crois étages qui faflenc enfemble par exemple 7 toifes, il fe trouvera à peu prés %o pouces fous l’entablement r car il faut que les murs de facefoient élevez, à plomb par dedans œuvre, il y en a même qui leur donnent un peu de furplomb, &: qui laiffent des retraites à proportion en de*, dans fur les planchers.
- Les murs de moyenne conftmclion done: on le fert pour les faces des maifons bouc-, geoifes, & pour les murs de refend 8c mi-ïo^çns dçs bitimens conftdérables, ^ font
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- Pu A TIQ^U E». S7
- •faits partie de pierre détaillé , &: partie de moilon ; les meilleurs font conftruits avec mortier de chaux & de fable ; ceux qui font conftruits avec plâtre ne Valent pas grande chofe , parce que le plâtre reçoit l’im-preflion de l’air, &: qu’il s’enfte ou diminue à proportion que l’air eft humide ou fec; ce qui fait corrompre les murs qui en font confiants.
- Aux murs de faces faits de cette maniéré l’on met deux aftifes de pierre de taille dure par bas, &: l’on met de la même pierre aux encognures & piédroits jufqu’à la hauteur de ftx pieds ; l’on en met aufli aux jambes fous poutres en toute leur hauteur , ou au moins Ton met des corbeaux de pierre dure aux étagesfupérieurs, l’on en fait aufli les appuis de croifées, & les feüils des portes &: le refte defdites encognures, piédroits 5, &lesplattes bandes des croifées, font de pierre de taille tendre, comme aulfi les plin-tes &: entablemens, le refte eft de moilon piqué par aftifes ; il faut au moins qu’il foie aflemillée ,e eft-à-dire, équarti, &: que le bouzin en foie ôté 5 l’on crefpic* lefdits murs par dehors entre lés chaînes, piédroits &: encognures , avec mortier de chaux &: fable de riviere, Sc on les enduit par dedans avec plâtre. On donne à ces murs> deux pieds d’épaifleur au deflus de la
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- $$ G E Q M E T ^ r , E
- retraite, ils font élevez avec fruit & re*
- traite comme ci-devant.
- Aux murs de refend de cette conftru&ion Ton met une affife de piçrre dure au rez de chauffée, &: l’on fait les piédroits &ç plattes bandes des portes & autres ouvertures, de pierre de taille, & le refte eft de moilon maçonné de mortier comme cLdevant. L’on enduit iefdits murs des deux cotez avec plâtre, & l’on donne vingt pouces au moins ïTépaipfeur aux murs de refend dans les grand^bâtimens , ôc dix-huit pouces dans Içs moindres. Je fçai bien qu’il s’en fait beaucoup aufquels on ne donne qu’un pied d’épaiffeur : mais ils ne peuvent pas çtreap-prouvez par gens qui fe connoiffenc en foli^ dité , à moins qu’ils ne foient faits de par^-pins de pierre détaillé ; car c’eft une très-mauvaife conffruéUon que de faire ces murs de peu d’épaiffeur avec du plâtre, &: c’eft: çequi caule prefque toujours la ruine des maifons. On éleve ordinairement les murs dé refend à plomb fur chaque étage , mais on peut laîfîer un demLpouce de retraite de chaque côté fur chacun des planchers , cela diminuera un pouce d’épaiffeur à chaque étage, & l’ouvrage en fera meilleur. L’on ne peut point encore approuver ‘pour quelque prétexte que ce foie les linteaux de bois que l’on, met au deffiis des portes & des
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- P R A T I Q^U e; Ss
- çroifées, au lieu des plactes bandes de pierre ; car l’expérience fait allez eonnoître que la perte desraaifons vient de cette erreur, parce que le bois pourrit, & ce qui eft def* fus doit tomber. Si l’on examinoic bien la différence qu’il y a du coût de l’un à l’autre, l’on ne balanceroit pas à prendre le parti le plus fur.
- Les fondemens des mars de faces de refend , &c. doivent être alfis & pofez fur la terre ferme-, il faut prendre garde quelle n’ait point été remuée ; l’aire fur laquelle les murs feront alïis doit être bien dreffée de niveau , & l’on met les premières affifes à fec ; ces affifes feront de libages ou de plus gros moilons pour faire de bon ouvrage5l’on doit mettre une affife de pierre de taille dure au rez de chauffée des caves ; l’on met aulfi des chaines de pierre de taille fous la naiffance des arcs que l’on fait pour les voûtes des caves ; les jambages éc plattes bandes des portes , & les foupiraux doivent aufft être de pierre de taille, &; le refte de moilon piqué, le tout maçonné avec mortier de chaux fable, & point du tout de plâtre , par laraifon qui a été dite. Tous les murs des fondemens doivent avoir plus d’épaif-feur que ceux du rez de chauffée, pour avoir des empatemens convenables, principalement les murs de faces aufquels il faut au
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- $6 G -fi O M E T R I B
- moins quatre pouces d’eitipacement par dehors , Sc deux pouces par dedans, en force qu’un mur de face doit avoir au moins flx pouces de plus dans lefondemenc qu’au rez de chauffée fans compter le talus qui eftdans terre. Pour les murs de refend * il faut feulement qu’ils ayènt deux pouces de retraite de chaque côté , & ainfi quatre pouces plus dans la fondation qu’au rez de chauffée.
- Toifê des murs de faces.
- TOus les murs de face, de quelque maniéré qu’ils foienc faits > font toi fez
- leur longueur fur leur hauteur > fans rabatte aucunes bayes quand elles font garnies d’appuis &r de feuils, à moins que ce ne foie dans des cas dont il fera parlé ci-après. Et quand les murs ont des retours, on compte la moitié de leur épai fleur à chaque retour, on rabat l’épailfeur enriere defdits murs, en toifant les retours. Comme û la longueur
- du mur eft AB, on a-joûte à la longueur AB la moitié de l’épaiffeur BC ; & quand on toi-fe le retour B E, on
- ï>
- C
- B
- rabat l’épailfeur entiè-
- re B D.
- Les fondemens defdits murs font corn-
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- Pratique. $>r
- ptez jufqu’au fond des caves, c’ell-à-dire, jufques fur la terre ou ils font fondez , qui doit être un pied plus bas que l’aire defdites caves, 8c l’on ne rabat rien pour l’endroit de la naillance des voûtes, quoique ces mêmes voûtes foient comptées en toute leur circonférence.
- Les moulurestdes entablemens, plintes , refends & autres font toifezà part, s’il n’eft dit exprès dans les marchez qu’ils ne feront point toifez, 8c que l’on toifera feulement les murs leur longueur fur leur hauteur j dans lefquels murs toutes les moulures y fe* ront comprifes 8c confondues ,& qu’en ce* la l’on déroge à la coûtume.
- Si Ton fait dans lefdits murs de faces de grandes arcades, comme pour des remi* fes 8c autres chofes,. 8c qu’il n’y ait point de feuil par bas, ni de marches l’on rabat la moitié de la baye depuis le defïusde l’impolie jufqu’en bas, fur la largeur qui relie après avoir pris le dévelopement des deux piédroits ou tableaux, avec les feuillures dans l’épailfeur du mur. Comme h l’arcade A a huit pieds de largeur , l’on ôte de ces tiuits pieds le contour des tableaux 8c feuil-leures des deux piédroits B * B , que je lup-pofechacun de deux pieds de contour, qui fera pour les deux, quatre pieds, qu’il faut ôter de huit pieds , il reliera quatre pieds,
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- GEOMETRIE
- qu’il faut multiplîef par la fauteur depuis le deffiis de l’impofle
- 1 \— jufqu’en bas : fi la-
- dite hauteur eft f
- pieds , l’on aura 3 6 pieds pour la diminution de ladite arcade.
- Aux ouvertures de boutiques où il y a un poitrail non recou-
- vert, qu’il n’y a par bas qu’une labiiere ou couliflè de bois polée fur le mur, l’on rabat toute la hauteur de la baye lur la largeur qui reliera après avoir pris le développement des épaifteurs des deux tableaux de ladite baye : fi le poitrail eft recouvert,Ton ne rabat que la moitié de la hauteur de ladi-
- te baye.
- S’il y a un mur d’appui par bas fur lequel il y ait une coulifte , l’on rabat la hauteur du vuide jufques fur ladite coulifte, & l'on compte le mur d’appui à part : fi dans l’ouverture de la même boutique il y a une porte avec un feuil, l’on ne rabat point de hauteur en cet endroit, pourvu que le poitrail Toit recouvert *,mais s’il n’eft pas recouvert, l’on rabat feulemencla moitié de la hauteur, &: le relie fe toife comme ci-devant*
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- P r’a r i\üe.
- Aux bayes des portes 6c croifées ou il y a des linteaux non recouverts, 6c où il n’y a point defeuils, l’on rabat tout le vuideaprès avoir pris le développement des deux tableaux , 6c du contour des feuillures dans l’épaifleur du mur.
- Aux portes 6c croifées cintrées de pierre de taille, ou de libages, où il n’y a point de feuil, ou d’appui, l’on rabat la moitié de la hauteur du vuide , depuis le bas jufques où commence le cintre, fur la largeur qui refte après avoir pris le développement des tableaux & feuillures’: ft ces portes ou croifées font en platte bande de pierre, 6c qu’il n’y ait point de feuil ou d’appui , l’on rabat la moitié du vuide depuis le deffous defdites plattes bandes jufqu’en bas , fur la largeur qui refte après avoir pris le développement des piédroits.
- Aux bayes des portes 6c autres ouvertures^ où il y a un piédroit d’un côté 6c un poteau à bois apparent de l’autre, avec des linteaux à bois apparent, & qu’il n’y a point de feuiL d’appui ou de marche par bas #l’on rabat toute la hauteur de la baye fur lalargeur qui refte après avoir pris le développement du tableau 6c contour de la feuillure, qpi fait l’épaifteur du mur.
- Sil’onfait des avant-corps outre l’épaif-feur des murs, comme quand on veut faire
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- G E O M È î Rl'l'
- unfrontifpice qui marque le milieu dfoiiô face de maifon j ou dés corps avancez pour former des pavillons, comme il s en faic qui non-c qu’un pied , ou un pied Sc demi de faillie, plus ou moins, outre lenud du mur de face ou autre, fuivant le delîein que Ton en a fait. Ces avant-corps doivent être Compte^ outre les murs contre lefquels ils font joints, leur longueur, en y ajoutant Pun des retours, fur leur hauteur * mais ils doivent être réduits for leur épaiffeur ou faih» lie , hors le nud des murs , par rapport à Pépailfeur defdits murs j comme li un avant* corps a la moitié de Pépailïeurdu mur contre lequel il eft joint , cet avant-corps ne doit être compté que pour la moitié dudit mur j h trois quarts pour trois quarts, lî plus ©U moins à proportion.
- Si outre ces avant-corps il y a un ordre cPArchiteâaîre , de Pilaftres ou de Colom-Ues., ees Pilaltres ou Colora ne s doivent êtrè
- comptées à part, comme il fera expliqué dans le toifé des ordres d’Architeéture.
- Les piliÜs ifolez que l’on fait pour porté* les voûtes d’arêtes ou pour port ér quelque autre chofe, Pillage de les toifer, eft de con* tourner deux faces defdits piliers, & de multiplier ce contour par la hauteur jufques même dans la fondation.
- Pour les dolferets que Pon fait oppoféi
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- Pi tricot.
- aufdits piliers ou ailleurs, on prend la moitié de leur contour, que Ton multiplie par leur hauteur ,y comprenant leur fondation.
- Les murs d’efchiffres qui fervent à porter les rampes des efcaliers 6c defcen tesde caves ou vis potoyers font comptez toife pour toi-fe leur longueur fur leur hauteur, quoique ces murs n’ayent pas ordinairement tant d’épaiffeur que les autres; & s’il y a des lail-lies contre lefdits murs, elles doivent être comptées féparément;
- Les murs de par pin de neuf à dix pouces d’épaiffeur que l’on fait ordinairement de pierre de taille au deffus du rez de chauffée pour porter lescloizons, font comptez toi-fe pour toife comme les autres murs , tant en leur fondation qu’au deffus d’icelle; mais l’on-fait des prix à part pour ces» fortes de murs.
- Les murs de refend font toifefc leur longueur entre les* murs de facé fur leur hauteur ; l’on toife le vuide desporces quand il y a des piédroits ou doferets , plattes bandes recouvertes, ou de pierre de taille , 6c des feuils par bas ; mais quand il n’y a point de feuil, l’on rabat k moitié de la hauteur du vuide. •> /
- Tout le r^e defdits murseit toifé jufques fur 1a terre, fans rien rabattre de knaMan-ce des voûtes, qui- font aufft • comptées à
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- >6 GEOMETRIE
- part, quoiqu’elles foient auifiprifes enpàr*
- tie dans lefdits murs.
- Les autres ouvertures qui font dans lefdits murs, comme corridors fans dolferets, où il y a feulement un piédroit d’un côté & une platte bande ou des linteaux recouverts par le haut fans feuils par bas à caufe que faire palTe tout droit, l’on rabat toute il baye après avoir compté la moitié de répaiffeur dudit mur, tant au piédroit que par delfous les linteaux.
- Les ouvertures qui.font faites en arcade dans lefdits murs, foit dans les caves ou aux étages au delfus, s’il y a des feuils * doivent être comptées comme pleines * &c s’il n’y a point de leuil, l’on doit rabattre la moitié du vulde depuis le delfus de l’impofte;
- " Aux murs qui fervent de piliers buttans,» l’on toife leur longueur, à laquelle on ajoute la moitié de leur épailfeur "par le bouc auffi-bien dans le fondement qu’au rez de W/////////////Æ c^au^e V comme fi le pi-WÆfflsYwM. her buttant B a 8 pieds de ^BjfZ l°ng ou de faillie hors le mur* il faut ajoûter à ces 8 pieds la moitié de fon épailfeur, que je fuppofe 2, pieds ; de l’on aura io pieds qu’il faut multiplier par fa hauteur.
- Si l’on pâlie des tuyaux de cheminées dans
- l’épaifieur
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- f R A t 1 CIXJ H
- LépaifFeur des murs de refend, l’ôn rabaê levuide defdits tuyaux, mais l’on compté les languettes de plâtre, de brique & aiitrès qui fervent de doflier aufdites cheminées ^ £omme il a été dit à l’article des cheminées^ Lés pignons qui font élevez fur lés murs de refend ou mitoyens , jufques fous les combles , quand ils font en triant gle , Ton compté leur longueur,entre les murs de face , fur la moitié de leur hauteur i depuis lé defiui de l’entablement jufqü’à leur pointe » comme h la longueur entre les murs de face étoit 6 toifes, & la hauteur depuisledefc fus de l’entablement jufqu’à la pointe 4 toifes , il faut multiplier 6 par z moitié dé 4,6ù l’on aura 1 z toifes pour ledit pignon. ÎVlais h c’eft un pignon d’un comble btifc appelle à la Manfàrde* comme cette figuré le reprefence; Premièrement ,1a partie fuperieüre * comme A , fera toifée comme' lé pignon ci - devant j & pour IsL* G
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- 9% G E O M E T il E
- partie B, il faut ajouter enfemble la longueur EF, d’entre les deux murs de faces,&£ la longueur CD , donc il en faut prendre la moitié qu’il faut multiplier par la hauteur perpendiculaire d’entre CD & EF, comme fi EF eft6 toifes, & CD 4, leur addition fera 10 ; dont la moitié eft y, qu’il faut multiplier par if hauteur perpendiculaire , èc l’on aura 11 toifes f pour la partie B, l’on toife à part les ailes qui font faites pour tenir les fouches de cheminées : fi le deffus de ces ailes eft à découvert, on toife une demie-face à mur.
- Les murs mitoyens entre voifins font toi-fez depuis le devant du mur de face fur la rue ou cour 3 jufqu’où ils fe terminent , fui leur hauteur, fuivanc la coutume, & chaque propriétaire en doit payer la moitié de ce qu’il occupe, qu’on appelle moitié de fon heberge.
- Les contre-murs faits dans les caves qui fervent pour les voûtes ou pour les foffes d’aifance ou puits, font comptez toife pour toife, quoiqu’ils n’ayent qu’un piedd’épaif-feur fuivanc la coutume pour lefdites caves & fofles, & même s’ils ont des retours qui faffent tête par leurs bouts, ils font comptez à demi mur, c’eft-à-dire, que l’on ajoute la moitié d’une épaifleur pour chaque bout que l’on compte fur la hauteur : l’on
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- î3 & A T I Q. ü Eo ^9
- Fait ordinairement: des prix à parc pour ces forces de murs.
- Les contre-murs faits fous les mangeoires des écuries &c contre les cheminées, ou contre les murs mitoyens pour les terres jettifles^ font comptez à murs, comme ci-devant.
- Les dez faits de pierre de caille ou de maçonnerie recouverte d’un enduit, font toi-fez de toute la hauteur par la moitié dé leur pourtour; & s’il y a des alîîfes par bas qui ayent plus de faillie que le corps de ces dçz, l’on toife leur pourtour au droit de ces aflfifes, fur leur hauteur à parc, & l’on compte le réfte féparément.
- Les ouvertures des portes 4 croifées, ou autres bayes Faites après coup , ou dans des vieux murs, font comptées leur largeur fut leur hauteur , jufqu’où îefdits murs ont été rompus pour leldites ouvertures.
- Quand on met des jambes fous poutre de pierre de taille dans un ancien mur de refend ou mitoyen, ou dans un mur neuf après coup , elles font comptées à mur de crois pieds de largeur, à moins qu’il n’en fallût démolir davantage , à caufe que le mur ferait corrompu : cette largeur eft toifée fur la hauteur defdites jambes fous poutre depuis où elles font fondées jufqua un pied au déjTous defdites poutres*
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- G £ OMETHlf
- Des Scellements.
- Es fcellements des poitrails $c poutres dans les vieux murs, ou murs neufs
- après coup, maçonnez de moilon avec mortier de chaux 6c fable, ou plâtre, font comptez à demi-toife, c eft-à-dire, un quart de toife pour chacun bout.
- Les fcellements des folives font comptez à pied courant,quand ils font dans des vieux murs, ou murs neufs, quand on les met après coup , à caufe de la tranchée qu’il faut faire dans lefdits murs.
- Les barreaux en faillie fcellez dans les jambages des croiféesde pierre de taille font comptez pour un pied chacun , étant fceL lez par les deux bouts, 6c dans la maçonnerie pour demi pied feulement.
- Les fcellements des corbeaux de fer, qui doivent porter les fablieres fur lefquelles font pofez les planchers, font comptez à un pied de toife.
- Les fcellements des gonds des portes dans les vieux murs, font comptez pour pied , 6c les gâches pour demi-pied ; l’on ne compte point lefdits fcellements dans les murs neufs, à caufe que l'on a compté les bayes.
- Toutes les pattes dont on arrête les lam-
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- Pratique.1 roi brîs d’appui ôc autres font comptées pour demi pied.
- Le fceliement des croifées-dans des murs faits à neuf n’eft point compté ; mais quand c’eft dans des anciens murs, il eft compté à fïx pieds pour chacune croifée.
- Le fceliement des chambranles des portes fait dans des murs neufs, n’eft point compté j & fi c’eft dans des anciens murs, l’on compte chaque patte pour demi pied*
- Les fcellements des pannes, failles, liens, & autres gros bois dans les vieux murs font comptez pour un pied chaque bout , &: les fcellements des menus bois, comme chevrons font comptez à demi pied.
- Les fcellements des fablieres, des cloi-fons, font comptez pour pied chaque bout, le tout dans les vieux murs ou dans les murs neufs après coup,.
- Les fcellements des groftes chevilles de bois dans les murs, font comptez pour pied chacune, & des petites chevilles pour demi pied.
- Les fcellements des trappes font comptez à u pieds de toife.
- Les murs qui ne font que hourdez, c’eft-à-dire, fans être enduits de coté ni d’autre , font comptez à deux tiers de mur.
- S’ils font enduits feulement d’un côté,ils font comptez à deuxtiers &c un fixiéme.
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- lo2/* Geo meuïe
- Les renformis faits contre de vieux muré où il y a plufieurs trous & moilons de manque , font comptez à trois toifes pour une.
- Les murs d’appui ou parapets, font toi fez leur longueur feulement, c’eft-à-dire,toife courante ou bout avant; mais l’on fait or-* dinairemenc un prix particulier pour ces fortes de murs.
- Les ravallements faits contre les vieux murs de face par dehors, fi Ton eft obligé d y faire deséchaffàux , font comptez à trois toifes pour une, &: fans échaftaux ils font: comptez à quatre toifes pour une : l’on rabat toutes les bayes des croifées dont les tableaux ne font point enduits ; mais quand ils font enduits, on les compte comme pleines.
- Si dans ces ravallements l’on refait à neuf les plintes, entablemens autres moulures,, elles font comptées à part, outre lefdits ravallements ; mais l’on rabat la place defdits entablements, plintes , &c.
- Il eft dit dans la Coutume que les crefpis &: enduits faits contre les vieux murs, font comptez à fix toifes pour une 5 mais comme il y a apparence que i’011 a entendu quec’é* toit de fix toifes Tune des memes murs,c’efL à-dire, de gros ouvrages . par l’ufage l’on a mis ces crefpis Sc enduits à quatre toifes pour une de légers ouvrages»
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- Pratique.’ 103
- Quand on joint un mur neuf contre un autre mur déjà fait, il faut faire des tranchées &: arrachements dans l’ancien mur pour faire liaifon des deux murs , ces tranchées &: arrachements font comptez à deux pieds pour chaque jon&ion fur la hauteur.
- Murs de clôtures.
- CEs murs de clôture pour les parcs & jardins, &c. les plus Amples font faits avec moilon ou cailloux , maçonnez avec mortier de terre grade : ceux que l’on veut faire de meilleure conftruébion, font faits avec chaînes de 11 en u pieds , lefquelles font maçonnées avec moilon & mortier de chaux éc fable *. le chaperon doit être aufli de même mortier, &: le refte avec terre grade, le tout gobté & jointoyé de même mortier que celui de leur conftrudion : lek dites chaînes doivent avoir deux pieds S£ demi à trois pieds de largeur, fur Tépaifleur du mur, qui efl ordinairement de lya t'8 pouces, outre l’empattement des fondations qui doit être de 3 pouces de chaque côté 5 lefdits murs font élevez de $ pieds fous chaperon audeffus du rez de chauffée pouravoir 10 pieds au deffus dudit chaperon , conformement à la coutume,,
- L’on toife lefdits murs leur longueur fur
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- 'i©4 Gep*îçtrï£ leur hauteur depuis la fondation jufques fous le chaperon , ôc l’on ajoute à ladite hauteur %pieds pour ledit chaperon: l’on toile une demie épailîeyr au retour des en-» çpgnures.
- S’il y a des b^yes de portes Sc autres ou-* vertures dans lefdits murs qui foient couvertes de linçeaux de bois, fy qu’il n’y air point de feuil par bas, l’on rabat, la moitié, deldites bayes : mais s’il y a des linceau$ recouverts &' des fenils aufdite.s bayes , on les toife comme pleines.
- Si au lieu des linçeaux l’on fait des cintres de pierre ou libages pour les portes quife-r ront dans lefdits murs, & qu’il y ait un feuil par bas, on les cpmpte comme pleines ; mais s’il n’y a point de feuil , l’on rab^t la moitié de la hauteur depuis le delfus deTimpofte en bas , fur la largeur qui relie après le déve* Joppemept des tableaux &ç feuillures; mais Fpn fait ordinairement des prix particuliers pour les portes 4e pierre, qui fe font dans îefdirs murs.
- L’on crefpit les murs de clôture des jar-> dins, contre lefquels on met des efpaliers, auquel cas l’on fait un larmier de plâtre au chaperon, &: l'on fait ledit chaperon en forme de bahus ; chaque côté du larmier eft çpmpté pour un pied courant, & l’pncoiv; iqurn.e la moitié dudit chaperon ^ que fan
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- F R à t i c^tr e. ïoÿ
- Compte outre ledit larmier : fi Ton compte lefdits crefpis à part, il en fauc fix toifes pour 1 une.
- Les gros crochets que l’on fcelle dans îefdits murs , pour tenir les arbres, font comptez à trois quarts de pied.
- Les petits crochets font comptez à demi pied,
- Des Puits.
- LEs puits font conftruits de pierre de taille , ou de libagcs , ou de motion piqué par alïifes, dans leur face intérieure, & le refte eft de moilon affemillé , le tout doit être maçonné de mortier, de chaux S>C fab'e, on donne l’épaiffeur aux murs de puits, fuivant le diamètre & la profondeur qu’ils ont : Iefdits murs doivent être pofez fur un rouet de charpenterie , que l’on fait defcendre jufqu’au fond de l’eau.
- Quand on roife les puits circulaires, l’u-fage eft que Ton prend trois fois le diamètre pour la circonférence, & que l’on ajoute enfemble les circonférences intérieure Sc extérieure, donton prend la moitié,que l’on multiplie par toute la hauteur, depuisle def-fous du rouet,jufques & compris la mardelle, à laquelle hauteur l’on ajoute la moitié de la facedeladitemardelle,&: l’on a par ce moyen |a quantité des toifes d’un puits circulaire.
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- ioé G • E O MET K ï E1
- Il y a de l’erreur dans cet ufage. Voici comme je le prouve. Je fuppofe que le diamètre intérieur du puits Toit 4 pieds t5 la proportion du dîametre à la circonférence eft comme 7 à 11 ; il faut par une réglé de proportion trouver combien 4 pieds | de diamètre donneront de circonférence, l’on trouvera 14 7. Si le mur du puits a 3 pieds d’épai fleur , il faut ajouter deux fois trois à 4 pieds i j & l’on aura 10 pieds r, pour le diamètre de la circonférence extérieure , en faifant encore une réglé de proportion l’on trouvera 3 3 pour ladite circonférence extérieure, qu’il faut ajouter avec 147 circonférence intérieure, l’on aura 47 7,dont la moitié 23 7j , eft la circonférence moyenne arithmétique qu’il fautmultiplier parlahau* teur du puits, pour avoir les toifes requifes.
- Parrufageon prend trois fois le diamètre pour avoir la circonférence ; ainfi 3 fois 47 donnent 13 7; trois fois iof qui eft lediame-tre extérieur , donnent 317, qui ajoutez enfemble font 43, dont la moitié eft izi9 ainfi l’erreur.eft aiféeà connoitre.
- L’ufage de mefurer les puits en ovale, eft d’ajoûter le grand ÔC le petit axe enfemble, & sde leur fommeen prendre la
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- P R A T ï Q^U EJ ÏOf
- moitié qu’on multiplie par trois, pour avoir la circonférence de l’ovale 5 comme fi le grand axe eft 9, & le petit 7, l’on ajoute 7 &: 9, qui font 16, dont la moitié eft 8 > qu’il faut multiplier par trois, &: l’on a 2,4 pour la circonférence de l’ovale : l’on ajoute 3 comme il a été dit ci-devant, les circonférences intérieures Sc extérieures enfemble , dont on prend la moitié que l’on multiplie par la hauteur prife alnfi que je l’ai expliqué.
- Cet ufage n’approche pas afiez du précis ; Sc quoiqu’il ne foit pas poffible de donner une réglé certaine de la mefure de la circonférence de l’ovale, j’en propofe ici néanmoins une, que l’on a trouvée afiez approchante de là vérité ; cette réglé eft, qu’après avoir connu la moitié du grand 8c du petit axe de l’ovale propofée ; il faut multiplier chaque demi axe par lui-méme, Sc ajouter enfemble la fomme de leur produit. Il faut enfuite en extraire la racine quarrée, qui fera la foûtendànte de l’angle droit , compris des deux demis axes:; la moyenne proportionnelle géométrique^ entre cette fou-tendante, Sc la fbmme des deux demis axes, donnera la circonférence du quart de l’ovale.
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- ïoS Geo m e t r i e
- Par exemple 5 fuppofons que lamoitiécfil grand axefoit 11, la moitié du petit foitp iz multiplié par lui même donnera 144, &c $ multiplié aufli par lui-même donnera 811 ajoutant 8î à 144, l’on aura 12,j, dont la ra* cinequarrée eft 15-, pour la fcûtend?nre do l’angle droit compris des deux, demis axes j il faut enluite trou» J ver la moyenne proportionnelle Géométrique, d’entre 15 &: ur ( qui eft l’addition des deux de** mis axes) cette moyenne proportionnelle fe trouvera être à peu près 17 jf pour le quart de l’ovale: ce fera environ 70 ff pour toute la circonférence de l’ovale pro-pofée.
- Des Voàtes.
- IL faut principalement parler des voûtes de caves, qui font ordinairement en ber» ceau, en plein cintre ou furbaiftees j l’on fait ces voûtes de trois fortes deconftruétion j la meille ure eft celle qui eft toute de pierre de taille, la moyenne eft de pierre de taille aux arcs j aux lunettes des abajours, ou foupi-raux, & le refte du moilon piqué paraftifes, taillé en voufloirs que l’on appelle pendants, le tout doit être maçonné de mortier , de chaux & fable pour le mieux , & les reins defdites voûtes font remplis jufqu’à leur
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- P R A TI^Ü E. 10?
- Couronnement de maçonnerie de moilon , avec mortier de chaux 6c fable. Cette con-ftrudion eft bonne, car le mortier relîfte plus dans les lieux humides en maçonnerie que le plâtre. La troilîéme conftrudion eft de mettre des arcs de pierre de taille ou litages pour les travées, &; le refte du moilon brute ou feulement affemillé, le tout maçonné avec plâtre, crefpi par delfous , 6C les reins remplis de maçonnerie de moilon &c mortier. Cette manière de conftrudion eft fort en ufage, mais je l’eftime de beaucoup inférieure à la moyenne, qui ne coûte que très peu davantage. Lefdites voûtes doivent avoir au moins 18 pouces à leur couronnement & doivent être faites en forte qu’elles s’élargi lient à leur nailfance.
- Toutes les voûtes en general font com-ptéesà mur, en l’étendue de leur fuperficie intérieure , à prendre de leur nailfance, fans avoir égard fi leur épailfeur eft prife dans les murs, à l’endroic defdices nailfances.
- Pour toi fer les voûtes des caves 6c autres faites en berceau, l’ufage eft que l’on prend la largeur ou diamètre du dedans œuvre de la voûte , auquel diamètre on ajoûte la hauteur perpendiculaire, depuis la nailfance de la voûte,jufques fous la clef,ce qu’on prétend pour la circonférence -, laquelle circonférence on multiplie par la longueur de la mémo
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- né rG E O M fe T R I fe
- voûte: & l’on a parce moyen les toifes rè* quifes. Comme fi au berceau ABC , le diamètre AC eft fix toifes, 6c qu’il foit en plein
- y—rr>r.............• cintre, fa hauteur BD
- ï ! fera 3 toifes, ce qui fait
- enfemble 9 toifes pour la circonférence A B C , que l’on multiplie par la longueur de la voûte , que je fuppofe 11 toifes, & Bon aura 108 toifes pour la fuperfîcie de la voûte, à laquelle quantité il faut ajouter le tiers pour les reins, qui eft 36 , en forte que toute la voûte compris les reins, contiendra 144 toifes* Voilà l’ufage ordinaire.
- Quand lefd. voûtes font furbaiflees,ce que l’on appelle ance de pannier ou demi ovale, l’ufage eft encore de les toifer, comme celles
- t .: ^onc en fdc*n c*n-
- ! s tre j c’eft-à-dire , que
- l’on ajoute enfemble ' êf| le diamètre 6c la hau* teur, pour avoir la circonférence, comme fi le diamètre AC eft 6 toifes , 6c la hauteur BD 2, l’on a joûte 6 6c z, qui font 8 toifes pour la circonférence , qu’il faut multiplier par la longueur de la voûte , ÔÇ l’on ajoute les reins comme ci-devant.
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- P R A ï I Ë. îït
- A l’égard des voûtes en plein cintre, il y a erreur dans cet ufage , comme il eft aifé à connoître par la véritable réglé, car le berceau ABC étant en plein cintre, c’eft-à-dire, un demi cercle qui a fix toifes pour diamètre à 9 toifes 7 pour fa circonférence, qui eft demi toife à peu près de plus que Tarage , 6c fur 12 toifes de long ; cela va à y toifes f d’erreur dans la feule fuperficie, fans compter les reins.
- Pour les voûtes en berceau furbaifîees, il n’y a pas tant d’erreur : néanmoins il y en a, Sc fi Ton veut y operer plus précifément, il fe faut fervir de la réglé que j’ai donnée pour la mefure des puits ovales : car un berceau furbaiffé eft ordinairement une demie-ovale.
- Quand l’efpace qui eft voûté n’eft pas d’équerre ou à angles droits, c’eft-à-dirc, que la place voûtée eft biaife; mais que les murs oppofez font parallèles encr’eux, comme le plan de la voûte AB CD ,• il ne faut pas prendre le diamètre ou la largeur de la voûte, fuivant les lignes AB ou CD, mais fur une ligne menée d’équerre fur les murs AC ou BD, comme la ligne AE,
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- ïn GeometrIe &: prendre la hauteur de la voûte poui* être mefurée comme ci-devant.
- Si une voûte en berceau efl; plus large à un bout qu’à l’autre , èc que les deux bouts foient paralleleSjCe qu’on peutappeller voûte en canonnière, comme la voûte contenue entre les murs GI, HK> il faut ajoû-ter eofemble les circonférences des arcs des deux bouts de la voûte , comme GLH &INK, &c de leur fomme en prendre la moitié , qu’il faut multiplier par la ligne du milieu OP , pour avoir la fuperficie de ladite voù« te.
- Quand la place eft irrégulière i que les murs ne font ni égaux en longueur, ni parallèles , voici comme Ton y doit procéder, Suppofons le plan irrégulier EFLO, il faut divifer en deux parties égales, chacun des quatre côtés aux points KjI\H, I,& prendre fur le diamètre HI, la circonférence du cintre de la voûte en cet endroit , puis multiplier cette circonférence par la longueur K P , milieu
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- r R AT I Ei fi J
- frfilieu de la vouce, & Ton aura la fuperfi-cie requife.
- Terrés majftves four le Vuide des caves.
- QrJand on a toifé les voûtes des caves avec leurs reins , Ton toife encore le Vii:de qui eft entre les murs, ôc les voûtes defdites caves, pour les terres maflives,qu’il a fallu couper & enlever. Si les lieux voûtez, ont des piédroits ou quarrez , Ton compte premièrement toute cette hauteur qui elfe depuis l’aire de la cave, jufqu’à la naifïarice-delà voûte, fur toute la fuperfide qui eft entre les murs, &c les piliers ou doiïerets , s’il y en a que l’on réduit à toifes cubes ; & pour le relie de la hauteur, qui eft depuis la naifi» fance delà voûte,jufques fous la clef, l’ufage eft que l’on divife cette hauteur en trois parties égales, dont l’on en prend deux pour la réduction du cintre de la voûte, lefqueis deux tiers l’on multiplie par toute la fu perfide commeei devant-, le tout réduit à toile cube de né pieds , pour toife à mur.
- 11 y a une erreur confidérable dans cet ufa-* ge à l’égard de la hauteur du cintre, ôc pour laconnoître , fuppofons que le diamètre de la voûte foie 24 > fi elle eft en plein cintre, fa hauteur fera u pieds, félon l’ufage il en faut prendre lesf qui font 8 , & les multiplier par 24, l’on aura 15)2 ; niais parla véritable
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- ti4
- G E Ô M ET-RIE
- réglé, il faut multiplier le diamètre par toute la hauteur de la voûte, & l’on aura un reétangle, qui fera à lafuperficie du bout de la voûte, comme 14 eft à 11 j &; ainfi fi l’oa multiplie 12 par 24, l’on aura z8&, qu’ilfauc mettre au troifiéme terme d’une réglé de proportion, pour avoir 119 -I4, qui eft 34 — pieds plus que parl’ufage. La même réglé lervira pour les voûtes furbaiflees ou en demi-ovales.
- Des voûtes d'arête.
- Es voûtes d’arête font toifées comme
- les berceaux, entre les murs, piliers, ou
- doflerets ,quoiqu’elles ayent une autre figure , pour les parties qui font entre les piliers & doflerets, elles font toifêés à part, & c’eft ce qu’on appelle murs d’efchifFres, comme il fera ci-après expliqué.
- Suppofons à mefurer la voûte d’arête ABCD , compofée de deux lunettes, & de deux arcs entre les piliers &: doflerets ; il faut premièrement mefurer les deux lunettes ÊK , FX , comme $ c’étoit un berceau , c’eft-à-dire , multiplier la longueur EF , ou KX , par la circonférence HGI : il'faut enfui te pour les mursd’efchiflr esme-furer la longueur AC, ou BD, comprenant tout le dofleret AJË, & fout le pilier CF, èc la multiplier par la hauteur, depuis Lira-
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- P R A Tï QJJ Ë.
- porte ou la naiflanœ de la voûte , jufques à fon couronnement % comme depuis H juf-qua N. Cette portion fera pour le mur d’efchitfre entre les piliers AE & CF & ert comptée à mur comme la voûte. L’on en doit faire autant du coté des doflerets pour les murs ciüjj' d’efchiffres, depuis B
- jufqu’à D « ce mur d’efl chiffre ne doit être compté que félon la faillie des doflerets, par rapport à la largeur des piliers t comme fl les doflerets ont de faillie la moitié de la largeur des piliers, le mur d’efchifFre ne fera compté que pour la moitié de celui ,de ci- devant fur les piliers entiers j fi plus ou moins à proportion.
- L’ufage donne ces murs d’efchiffres pour les cintres qu’il faut faire, pour les arcs en-* tre les piliers &: doflerets , à caufe de la plus grande difficulté qu'il y a de faire ces fortes de voûtes> que les voûtes en berceau.
- L’on ajoute aux voûtes d’arêtç * un pieel de toife pour chaque diagonale des arêtes, c’eft- à-dir e, que dans les deux lunettes £ K 5 FX , il Faut ajouter quatre fois le contour de
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- II6 GEOMETRIE
- la diagonale EM ou KL, cette diagonale fe contourne avecun cordeau î ou bien l’oii peut fe fervir des réglés que j’ai données pour prendre les circonférences des arcs droits, ou fur baillez, ou par l’ufage ordinaire en prenant la longueur d’une diagonale} comme EM , à la naiflance de la voûte, &C ajoutant OG , hauteur de la voûte, où les diagonales font coupées : cette longueur &: cette hauteur ajoutées enfemble donneront le pourtour d’une des diagonales.
- Les reins des voûtes d’arête font comptez de quatre toifes l'une, au lieu qu’aux berceaux, ils font comptez de 3 toifes l’une.
- Il y a une erreur confiderable dans cette maniéré de toifer les voûtes d’arête , ce qui fe peut connoître par le développement de la voûte ci-devant expliquée , comme fi elle é-toit en berceau, car elle eit comptée de même. Suppofons donc une voûte d’arête contenue entre les piliers AB CD ; pour la mefurer l’on prend le contour du cintre AEB, que l’on multiplie par la longueur AC ou BD , de même que fi c*é-toit un berceau j je dis qu^en cela il y a de l’erreur, &; pour la connoître il faut dé-
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- P R A T i Q^ll È', II7
- veîoppcr le cintre AEB entre deux lignes parallèles de ladiftancc AC ou BD,comme IK & LM , où toutes les divifions du cin-ïatre AEB font étendues, lefquelles divifions font en 7 parties égaies : alors l’on voit le développement ou l’entenfion de la voûte entre les lignes parallèles IL, LM , comme fi elle étoit en berceau droit,donc les lignes AC, BD, fonc prifes pour les murs fur lefquels la voûte efl: pofée *, &£ Ci au lieu d’un berceau, c’efl une voûte d’arête , cette voûte fera divifée en quatre portions égales par les diagonales AD , BC i &: afin de connokre l’extenfion ou le développement de chacune de ces parties, prenons le quart A G B > il faut rapporter tous les aplombs, qui tombent du cintre AEB , fur les diagonales AG, BG, &r les porter fur les lignes parallèles entre IK & LM , chacune à fa correipon-dance, SC l’on aura une figure triangulaire mixte, contenue entre les lignes droites IK ,.LM,les courbes IZP &c PCK: ces" courbes peuvent être de. deux demis hyperboles , dont leur axe tranfverfera fur les li-
- gnes K M ou L I prolongées. L’on peut encore faire la meme figure entre les lignes
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- Geometute
- L M, LP & PM } alors ces deux portions re«* pré Tenteront les deux lunettes AGB&CGD qui font comptées chacune pour le quart de la voûte , puifqu elles font égales aux deux autres lunettes AGC &rBGD, lefquelles lunettes font plus petites que la moitié d’un berceau de pareil le grandeur, que le plan AB CD,de deux fois la figure contenue entre la ligne droite P K, & la courbe P.CK * car le triangle lPK,eft le quart de toute la voûte en berceau , développée 2 l’on peut connoître par ce moyen que cette erreur va prefque au cinquième de plus pour l’Entrepreneur.
- Si l’on fait des lunettes dans les voûtes en berceau, leurs arêtes font comptées pour pied courant de coife, outre lefdits berceaux comme aux voûtes d’arête, & la lunette paffe comme fi la voûte étoit pleine.
- Les voûtes en arc de cloître ou voûtes d’angles font poTées fur quatre murs, foie de figure quarrée ou quarré-long, elles font ou en plein cintre ou furbaifiées ; l’ufage e-ft de les toifer comme fi c’écoit un berceau , c’eft» à-dire, que l’on prend le diamètre, bu la largeur de la voûte à fa naififance, a laquelle largeur l’on ajoute la hauteur depuis ladite naiifance jufques fous la clefde l'a voûte, SC l’on multiplie ces deux nombres joints en-fenible par là longueur de la voûte, pour en, àfQÎr la fuperfiçie intérieure.' Les reins dcC
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- P R ATIQ^U E. nf
- dires voûtes font comptez au tiers comme les berceaux , &: l’on compte un pied courant pour chaque angle rentrant des diagonales , comme aux voûtes d’arête.
- Il y a une erreur conûdérable dans cec ufage a la perte de l’Ouvrier, cette erreur eft la même que ce qui manque aux voûtes d’arête ; &C pour la connoître , fuppofons la voûte en arc de cloître quarrée entre les quatre murs ABCD, que le demi-cercle AGB foit fon cintre divifé en 7 parties égaies dont les aplombs font prolongez pour ©y ^ développer le
- ~~ r r r *• '
- quart repreiente fur le plan par le Tfi* triangle B E D :
- WUIM , O f
- il fauc en fuite é-
- tendrele quart de cercle B G fur la j&%ne îEI, par des lignes parallèles à B D , îefquelles lignes feront terminées par des parallèles à IH, de la rencontre des aplombs fur la diagonale B £, 8c l’on aura une ligne HB , & une autre H D, qui renfermeront une figure BHD , qui fera le quart de la voûte entière ; 8c fi e’éroic un berceau , la moitié de la voûte fer oit comprife entre les lignes BL , DK, qui cft la moitié du berceau développé. Ainfi
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- no GEOMETRIE
- î’on connoîc que la figure BHD eft plus grande que les deux triangles BLH &D H K, de la quantité de deux fois la figure com-prifeentre la ligne droite HD , 8c la courbe HND, ce qui va prefque à un üxiémç du total.
- Les arcs doubleaux qui font faits dans les voûtes en berceau, voûtes d’arête, ou autres, font ordinairement pofez fur des dof-ferets ou pilaftres do fonds , divifez en di-. fiance égale ; Se comme ces dofferets ou pilaftres font comptez à part ? outre les murs qui font au derrière , l’on compte aufli de même les arcs doubleaux pofez fur fes dofierçts ou pilaftres , outre les voûtes qui font au der* riere; l’ufagede les toifer , eft de prendre la face de l’arc doubleau , 8c un des retours que l'on multiplie par le contour intérieur du même arc doubleau.
- S’il y a des moulures dans les arcs dou« bleaux,elles font comptées à part comme dans les autres endroits; toutefois fi ces mouloures excédent 2 pieds courants , l’on ne compte point le corps defdits ^rçs dou* tle.uïx, ' ’
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- P R A T ï Q^ll E.' . lif
- Aux voûtes d’Ogives ou voûtes Gothiques qui font garnies par defïous d’ares doubleaux en diagonale , formerets , &: tiercerets , pour pofer les pendants, qui remplifîent les intervales, Ton ne compte point les arêtes comme aux voûtes en arc de cloître,ou aux voûtes d’arête; mais on compte lefdits arcs doubleaux de diagonale,formerets & tiercerets, pour un pied courant, & outre cela les moulures dont ils font ornez.
- JLes vputes Gothiques font ordinairement faites en triangle équilatéral, dit vulgairement tiers point, de deux portions de cercle pour avoir moins de pouffée: quand c’eft pour
- ; ^ des voûtes d’Eglife, l’on ne
- l z remplit point les reins-, c’eft \ Z pourquoi on ne les compte . t U point, mais le refte fe toife comme aux autres voûtes, lunettes, arcs doubleaux , &c.
- Les voûtes que les ouvriers appellent cul de four , font faites de différentes maniérés, tant à l’égard de leur plan que de leur montée pu cintre * celles; dont le plan eft rond &
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- fl % G E O M E T R î €
- le cintre tfn demi-cercle, font ap'pellées voûtes fpheriques ». parce qu’elles forment la moitié d’une fphere. J’ai donné la réglé de mefurer ces fortes de voûtes dans la géométrie pratique , en donnant la mefure de Jafurface dôane fphere} mais voici une réglé qui fera plus facileSc qui fera générale, non-feulement pour les voûtes fpheriques, mais pour celles qui feront furbaifiees, ou en ance de panier : cette réglé eft qu’il faut multiplier la circonférence ou circuit du plan de la voûte par la perpendiculaire prïfe du deffous de la première retombée, jufques fous le milieu de la clef,* comme fi c’eft une voûte fpherique, & que le diamètre foit 7, lacirconférence fera i a,qu’il faut multiplier par 3 f moitié de 7, & l’on aura 77, pour la fuperficie intérieure de la voûte. Chacune de ces toifes va pour toifes à mur ; & fi les reins font remplis jufqu’au couronnement de la voûte , ils font comp-ptez de 3 toifes l’une ; c’eft-à-dirc, ajouter le tiers de 77 qui eft zfj9 & l’on aura 102, j pour toute la voûte.
- S’il y à des lunettes dans les voûtes en cul de four, Ton compte les arêtes comme aux
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- P R A T I Q^ti E. 11$
- voûtes en berceau, pour pied de toifecou-* rant, donc les 36 font la toifè.
- Les voûtes en cul de four, dont le plan eft rond, & la montée furbaifiée ou demi-ovale, font encore mefurées de la meme maniéré que ci» devant s c’eft-à dire, en mu Ici-pliant la circonférence du plan par la hau-çeur perpendieûkire du milieu de la clef, juL ques fur la naifiance de la voûte y comme fi le diamètre eft 7, la cir-conférencefera 2,2. qu’il faut multiplier par la montée de la voûte que je fuppoiê i\ , & l’on aura 5-5 pour la fuper-
- fîcie de la voûte.
- Les voûtes en cul de four à pans,dont les plans font par exemple hexagones , font toifées leur pourtour à leur naiflance for chacun des pans développez, comme il a été dit des voûtes en- arc de cloîtré , ‘dont celles - ci font une efpece. De même les angles & les reins** Si dans chacun des pans de ces voûtes, il y a des lunettes\ Ton compte l’arête defdites lu-
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- Ï2 4 GEOMETRIE
- nettes pour pied courant de toife, & le reftc eft toile comme ci devant j mais les reins ne doivent être comptez que de trois toifes lune.
- Si fur des plans quarrez,quarrez-longs,ou à pans de différentes maniérés, l’on fait des voûtes en pendentif, ces voûtes font dans J’efpece des voûtes fpheriques tronquées, dont les ferions font les murs fur lefquels elles font pofces : elles ne font entières que dans les angles ou diagonales, c’eft-à-dire, que le plan de la voûte efl infcrit dans un cercle fur lequel efl fait une voûte fpheri-que, laquelle eft coupée par les faces des murs ; comme fi c eft un plan quarré ABCD* on fait paffer un cercle par les angles ÀBCD, les faces du mur AB, AC,-CD &c BD, fonc autant de fegmens dans le cercle, qu’il y a de faces de murs, contre chacune defquelles faces eft un cintre AFB appelle formeret : ces fegmens peuvent être confiderez comme les fegmens d’une fphere. Àinfi pour toi-fer lefdites voûtes , il faut premièrement les compter comme fi elles étaient des voûtes fpheriques entières, &enfukefouftraireles
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- P R A T I U E. il f
- ïegmens de fphere formez par les murs. Par exemple, fuppol'ons la voûte fpherique entière , que le diamètre foie 7, la circonférence fera zz > il faut mefurer cette circonférence par le demi-diametre , qui eft 3 7 pour la hauteur de la voûte, Ôc l’on aura 77 pour la fuperficie entière de ladite voûte, de laquelle fuperficie,il faut fouftraire les quatre fegmens coupez par les quatre murs A B , AC,CD & BD, ce qui fe peut faire par une réglé de proportion en cette manierefil fauc mettre au premier terme le diamètre entier de la voûte qui elt 7, au fécond la fuperficie de ladite voûte qui eft 77, & au troifiéme la fagette ou la hauteur H G , que je fuppofe être z , &. Ton aura zz, dont il faut prendre la moitié pour la fouftraétion de chaque feg-menc de mur, qui eft ii,qu’il faut multiplier par les quatre fegmens des quatre murs, &: l’on aura 44, lefquels 44, il faut fouftraire de 77 fuperficie totale, &: l’on aura 33 pour la fuperficie de la voûte en pendentif propofée.
- Les reins de ces voûtes font comptez au quart ; ainfi le tout reviendra à 41 7.
- Les mêmes efpeces de ces voûtes faites fur des plans hexagones ou autres polygones , (ont toifées de même que fur un quarré,-toute la différence qu’il y a , éft qu’au lieu de diminuer quatre cotez aux fections, comme au quatre, l’on en diminue fix, à caufe des
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- iüé Geo m EU-il
- fix pans, SC ainfi clef ancres félon les figures : le relie eft toile de même que ci - de* vaut*
- Les voûtes en cul de fout fur un plan ovale , étant mefu-rées par les réglés de Géométrie font les
- plus difficiles à toifer: elles peuvent être entendues par la melure de la lurface d’un fpheroïde expliquée dans la Geomecrie pratique. Cependant comme il s’en fait beaucoup de cette forte, non* feulement de pierre dé taillé, mais pour def dômes, des chambres cintrées en ovale, qu’on appelle calottes, il faut expliquer la maniéré de les toifer avec plus de facilité qui fe pourra.
- Suppofons que le grand axe ou diamètre de la voûte ovale foit io, & le petit diamètre 7, fi la montée ou hauteur du cintre de la voûte eft égale à la moitié du petit diamètre, elle fera 37, il faut premièrement avoir la fuperficie d’une voûte {pherique qui aura 7 pour diamètre >* Cette fuperficie fera 77 j il faut en-fuite par une réglé de pro-
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- P R À T I Q^U B. tty
- portion augmenter cette Superficie fol o n la prop^fition du petit diamètre au grand :cecte réglé fe fait en mettant au premier terme 7, au fécond 77, <&: au rroifiémeio ; Ton trouvera 11 o , pour le quatrième terme qui fera la Superficie requife.
- Au lieu que nous fup-yy^'âXX pofons que ladite voûte /y y. eft ovale pour Son plan, fi
- H ^ H elle -etoit circulaire , &c Al yB que fa montée fut ovale
- furmontée comme la fi-c gure R, ou le plan AC B
- eft un cercle, &: la montée AEB eft une ovale furmontée. Suppofons encore que le diamètre du plan foie 7, &c que la montée fait j,la Superficie de'kdi ce voûte fera encore 110^ car il faut trouver comme ei-devasc la Superficie d’une voûte Spherique dont le diamètre Soit 7, ce qui fera 77, qulil faut augmenter fui vaut la propofition de 7 a lo , Zc l’on aura 110 pour ladite Superficie., quoique cette voûte Soit di fférente de la première expliquée ci-deffus, c’eft toujours la moitié d’unSphéroïde,dont la première eft coupée par lamoicié du petit axe , par un plan qui paffe par le grand axe,la Seconde eft coupée par la moicié du grand axe, par un plan qui paffe par le petit axe,ain&ees deux voûtes ayant leurs axes égaux, leurs Superficies
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- 12,$ GEOMETRIE
- font égales. Les reins defdites voûtes font comptez à trois toiles l’une comme aüx ber -ceaux.
- Il y a une autre méthode plus abrégée plus facile pour mefurer les voûtes en cul de four ovales ; &: quoiqu'elle ne foit pas dans la rigueur de la Géométrie, elle approche néanmoins autant de la précifion du toile qu’il eft néceflaire; cette méthode eft qu’il faut prendre la circonférence de la voûte à fa nailfance , & multiplier cette circonférence par fa montée, pour en avoir la fiiper-fîcie, ce qui peut être prouvé par les exemples précedens , pour la première voûte qui a io pour fon grand diamètre, & 7 pour le petit, ladite voûte aura 3ifde circonférence; fi l’on multiplie cette circonférence par 3 qui eft la montée de la voûte, l’on aura 110 pour la fuperfide de la voûte.
- Et pour le fécond exemple, le cercle qui a 7 pour diamètre, aura %% pour fa circonférence , laquelle circonférence étant multipliée par 5 qui eft fa montée , l’on aura ainfi 110 pour la ftiperficie de la voûte jee qui faic connoître la preuve de ces deux réglés.
- Gette réglé peut s’appliquer à toutes fortes de voûtes ovales plus ou moins furbaifi fées ; car fi nous fuppofons une voûte fur un plan ovale, qui ait les mêmes axes, &: par confisquent la même circonférence que ci-
- devanr
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- P r à t ï E. ïiJ
- ^êVânt, 6c qu’au lieu que la montée oiïhau* fceur eft 31 t j elle ne foie que z, il faut multi-plier y par % , 6c l’on aura 6% 6c7 pour la fuperfide re-quife, 6c ainfi de routes les autres voûtes de cette efpè* ce.
- L’on fe peut fervir de cet* te même réglé pour mefurer les voûtes en cul de four ovales ou rondes, tronquées ou déprimées-; c’efl>à-dire, quand il y aune partie coupée par haut, comme il arrive quand on fait des doubles voûtes dans les Eglifesj ou ailleurs dans des appartemeüs, où l’on fait des doubles cintres ou calottes s comme la figure O ï ce qui peut être mefu-ré en cette maniéré. 11 faut premièrement avoir la mefure de la voûte, comme fi elle étoit entière pat* les réglés précédentes , 6c enfuite me» (urer la circonférence de la bafe de ta partie tronquée comme la bafe AB * laquelle circonférence il faut
- multiplier par le refte de la hauteur CD, le nombre qui en proviendra doit êtredimh* nué de la fuperficie totale intérieure delà,
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- € 1 O M E T ifc ï É
- voûte. Par exemple, fuppofant toujours les mêmes axes 8c la même fuperficie que ci-, devant de no ,8c que la circonférence de la bafe tronquée foiti^ , la hauteur CD if, il faut multiplier 16 par i|, l’on aura 24 pour la fuperficie tronquée qu’il faut fouftraire de ïio , 8c il reftera 86 pour la fuperficie du ref-cant de la voûte.
- 11 en arrivera de même quand la voûte feroit circulaire par fon plan, 8c que fa hauteur excederoit le demi-diamètre comme la figure N : ainfi Ton peut mefurer par cette réglé non feulement toutes les youtes circulaires ou ovales de toutes les ef-peces, mais au Ci tous les dômes par dehors foit de pierre ou de couverture de plomb ou d’ardoife.
- Les trompes circulaires ou ovalesque l’on fait dans les angles des dômes des Eglifes ou ail leurs peuvent être encore mefurees par le même principe î ces .trompes font de triangles fpheriques à peu
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- P s. a 11 4,u f; s-j t prés comme la figure A, de le plan du dôu me cft comme la figure B. Ces trompes font Faites pôvir former la voûte des quatre angles, oo. Pour mefurér ces voûtes il faut % avoir la circonfé-
- rence du plan re-
- .... ^ prefenté par le cer*
- cle que je fup-pofe y6 de circoft-férence, qu’il faut multiplier par ij*4 hautéür totale de la voûte Fuppoféei &c l’on aura 1140* pour la fuperficie totale dé la voûte, comme fi elle étoit entière ? dé laquelle fuperfi-de, il faut ôter la partie tronquéeghx) que je fuppofe 306, Il faut encore ôter la fuperfide des quatre arcs, qui font les quatre entrées comme l’arc MLK, en multipliant la moitié de leur circonférence par la hauteur gf pour avoir la fuperficie des quatre arcs, que je füppô-fe 270 > qu’il faut a-jouceravec 300, de l’on aura 570 qu’Ü faut fouftraire de 1140, & l’on aura 570 pour les quatre trom-
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- Q B 0 METRIE
- pes propofées, qui eft pour chacune 142, J en fuperfîcie.
- Les voûtes en trompe peuvent être mesurées par la connoiflance de lamefure de la Surface des cônes, qui eft donnée dans la Géométrie pratique. Je crois néanmoins qu’il eft neceflaire d’en expliquer ici quelques exemples pour en connôitre l'applica-tion. Suppofons premièrement qu’il faille mefurer une trompe droite par devant, ce Sera la moitié d’un cône droit dont la voûte aura le même angle, comme fi le diamètre de la trompe AB eft 7, la circonférence fera 22; il faut multiplier cette circonférence par le tiers d’une ligne qui tombe de l’angle C perpendiculairement Sur AB,que je Suppofe 9,dont le tiers eft 3,qu’il faut multiplier par 2.2 , ôc l’on aura 66, dont il faut prendre la moitié 33, pour la furface intérieure de la trompe. Il faut ajouter à cette furface la moitié de la tête des pierres qui font i’épaif-
- Seur du cintre pour une demi-face, ce
- L
- \ qui fe fait en ajou-tant enfemble le cintre intérieur A
- DB, &: l’exterieur ou extrados g hf>
- dont il en faut prendre la moitié s comme li le cintre intérieur eft n 9 & que l’exterieur
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- P R A T î Q^Ü EÜ 153
- Toit 2,4 , ces deux nombres font 46 , donc la moiciéeft 13, qu’il faut multiplier par la demi épaifTeur des pierres de la tête de la voûte: il faut encore ajouter un pied courant pour l’arête intérieure ADB.
- Les reins de ces voûtes font comptez au
- quart.
- Les trompes fous le coin peuvent être aufïî mefurées par la mêmemethode;maiscomme il y a des difficultés particulières, il eft bon de les expliquer. Il faut premièrement fup-pofer une trompe fous un angle droit ; c’eft-à-dire,quel’angle Taillant ABC, qui reprefente le devant de la trompe, foie droit,Sc que l’angle rentrant AEC, foie encore droit ; il faut de plus fuppofer que le cintre angulaire AFC, foit fait de deux quarts de cercle, car ils peuvent être des demi-paraboles : cela étant ainfî, il faut avoir la circonférence de l’un des quarts du cercle, & multiplier cette circonférence par le tiers de AE perpendiculaire fur AB , de la moitié du produit fera la furface intérieure de la voûte , à laquelle il faut ajouter les demi-faces, les arêtes, de les reins comme ci-devant.
- lüi
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- f 54 GEOMETRIE
- Si la trompepropoféc à mefurer eft faite de deux demi-paraboles en fa face, alors la trompe feraprife dans la moitié d’un cône droit qui aura un demi cercle pour bafe ; cela étant fuppofé, il faut mefurer la trompe en deux parties , ÔC pour cela il en faut faire une maniéré de développement A B C D , puis imaginer * fur A C, le demi-cern
- V* *'^ À cle A GC y ÔC mefurer
- Vm (a la partie A GC D
- comme un demi cône droit, &: l’autre partie ABC, comme un triangle dont la bafe fera la circonférence A.G C, fa hauteur
- GB. Cette derniere parcie n’elt pas fort géométrique, mais elle approche aftez de la précifion pour untoifé j il faut à cette me* fure ajouter les demi-faces de la trompe, avec les arêtes & les reins, comme il a été ci-devant expliqué.
- l'expliquerais encore la mefure d’autres efpeces de trompes plus irregulieres , comme biaifes en tour ronde &c en tour creufe, & d’autres de diverfes maniérés , comme il s’en fait * mais ces explications demande-loienc un grand difcours, qui ne feroit entendu que de crès-peu de perfonnes^de ceux
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- P R A T I <^U E»
- qui mefurent les bâtimens : joint que l’on fait rarement de ces fortes d’ouvrages, &: que quand on en fait, l’on fait des prix particuliers comme des ouvrages extraordinaires : il y a neanmoins de ces fortes de trompes qu’on appelle trompes en niches, qu’il eft bon d’expliquer, parce qu’il s’en fait beaucoup dans les bâtimens, 6c quelles font aifées à entendre.
- Les trompes en niches, dont le plan & le cintre font en demi-cercle , la partie élevée à plomb jufqu’à la naiffance du cintre efl: un demi - cilindre debout , laquelle partie peut être mefurée comme les voûtes en berceau à plein cintre, c’eft-à-dire, multiplier la circonférence A CB par la hauteur A D. Et pour le cintre foit en trompe ou autrement, il faut multiplier la moitié de la circonférence DEF, par DL moitié du diamètre DF , &; l’on aura par ces deux opérations toute la furface concave de la niche.
- Si la même niche efl: comptée feule, fans être comprife dans une face de mur, il faut outre la furface concave de ladite niche compter les faces des piédroits & du cintre.
- I iiij;
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- Geometr.ïï Mais fi ladite niche eft comprife dans une furface de mur , &: qu’il y aie une bande en avant-corps, il faut compter feulement une ^demi-face de piédroits ; &s’ily a des moulures à l’impolie Sc à l'archivolte, elles font comptées féparémenc.
- Les niches dont le plan & le cintre font ovales, la partie aplomb depuis le bas juf-qu’au defiousde l’impolledoit êtremefurée comme les berceaux des caves furbailfées, le cintre foit en niche ou autrement, doit çcre mefuré comme une demi-voûte de four ovale en fon plan & en fon élévation , comme il a été ci-devant expliqué.
- Les voûtes en berceau tournantes dans un plan circulaire ou ovale, appellées voûtes fur noyau, à caufe qu’elles font pofées fur un pilier, ou mur rond ou ovale dans le milieu, que les ouvriers appellent noyau : ces voûtes font mefurées en cette maniéré : il faut avoir la circonférence des murs & celle du noyau , puis les ajouter enfetnble , &: en prendre la moitié, laquelle il faut multiplier par la circonférence du cintre, &: l’on aura la mefure requife. Comme fi la circonférence du mur ABCD eft 90 , & la Circonférence du noyau E eft jo, il faut ajouter 90 & 10 , qui font 100, dont la moitié y.o, fera la circonférence moyenne arithmétique 3 laquelle il faut multiplier par la cit-
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- F r a t i cl.tr e;
- conférencedu berceau EFC, que jefuppofe
- ly,& l’on aura 750 pour ladite voûte3 à laquelle quantité il faut ajouter le tiers zyo, pour les reins comme aux berceaux droits, l’on aura 1000 pour toute ladite voûte compris les reins. Il y a encore des voûtes de cette efpece que l’on appelle vis S. Gilles 3qui font rampantes; ces voûtes font faites pour les efca-Jiers 5 elles peuvent être en rond & en tfva-le : toute la différence qu’il y a dans la me-fure de ces voûtes d’avec la précédente, eft qu’il faut en prendre la circonférence félon
- la ligne courbe rampante au long des murs &: du noyau j ce qui fe peut faire en deux maniérés , q l’une en mefu-rant le long des murs &c du noyau , &: ajoutant ces deux longueurs enfem-
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- G E O M E T R r E t>ie, en prendre la moitié 5 & Fautre en prc& Bant le diamètre entre les murs, fur le niveau de la première voûte comme encre AC% & ayant eu la circonférence fuivant le niveau , il la faut augmenter fuivant la diagonale d’un triangle reéfcangîe, qui aura pour feafe cette circonférence, & pour hauteur celle de la rampe de la voûte; puis il faut prendre la racine de ces deux quarrez, Sc ce ïèra la circonférence requife, comme fi la circonférence des murs droit comme ci-devant 90 & i y , il faut mettre enfemble les quarrez de 90 &: de 15:, qui valent 8 3 23, dont il faut avoir la racine quarrée 91771/ il faut ajouter les reins comme les voûtes en berceau.
- Par la connoiffan-1 ce de la* mefüre de ces voûtes on peut avoir celle de toutes les autres voûtes d’efcaliers, dont les unes font appellées vis S. Gilles quar-féesly d’autres en demi-arc tournant quatre fur un'plan circulaire ovale.
- La vis S. Gilles quarrée eft encore un berceau , pofé d’un côté fur quâtrçmurs , & de Faune fur un noyau quarrée lequel étant de
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- P R À TI ^0 E. tj$
- biveau, peut être^appeilée voûte quarrée fur le noyau, dont il y a quatre angles ou diagonales, qui font moitié en arc de cloître, moitié en voûtes d’arêtes. Pour les mefures il faut mettre enfemble les quatre cotez au pourtour des murs; 6c les quatre cotez au pourtour du noyau , 6c de leur
- addition en prendre la moitié , laquelle il faut multiplier par le contour intérieur du cintre, 6c l’on aura le nombre des toifes. Si ces voûtes font rampant tes, il faut en prendre le pourtour félon lefdites rampes
- ou couflinets, tant au droit des murs que du noyau , & faire le refte comme ci-devant* L’on compte les arêtes & les angles comme aux voûtes d’arêtes , 6c les reins de ces voûtes vont pour le tiers.
- La mefure de toutes les autres voûtes d’ef-caliers peut être entendue par ce qui vient d’être expliqué ; car fi c’eft un efcalier quar-ré ou quarré-long, dont les rampes 6c paliers foient fufpendus pour laiffer le milieu vuide, comme on le fait ordinairement,ces
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- Ï4^ GEOMETRIE
- voûtes font compofées de demi-arcs , oti quarts de cercles ovales -, elles font mefurées comme les voûtes en arc de cloître ; il faut prendre le pourtour félon leurs rampes le long des murs, &c le pourtour à leur têteau droit du vuide fur la face qui porte les balu-ftres, Omettre ces deux pourtours enfem-ble, en prendre la moitié, laquelle moitié iî faut multiplier par le contour intérieur def-dites voûtes , puis ajouter à ce contour un pied courant pour l’arête; &: les angles font comptez pour pied de toife en leur contour comme aux voûtes d’arêtes , &: les reins vont pour les tiers.
- Les efcaliers dont les plans font en rond ou en ovale, &c le milieu à jour, ôc les rampes & paliers des demi arcs fufpendus, font encore toifez par la même méthode, il faut prendre le contour le long des mursà la naîï-fànce delà voûte fuivantla rampe,& le contour de la tête ou face au droit du vuide quarrément; ajouter un pied à ce contour pour l’arête, & mettre ces deux contours &: arête enfemble, en prendre la moitié, multiplier cette moitié pour le contour du cintre, & l’on aura les toifes requifes, auf-quelles il faut ajouter ui* tiers pour les reins*
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- O. u Kl
- T4r
- Des Saillies à* Moulures.
- ’On appelle faillies tous les corps qui Taillent hors le nud des murs ; comme
- quand on fait des ordres d’Architedure, où l’on emploie des colomnes 8c des pilaftres, avec toutes les parties qui les compofent ; ou que Ton ne fait Amplement que des corniches, architraves, chambranles,archivoltes, cadres 8C autres ornemens d’architedure que Ton peut employer fans faire des ordres complets de colomnes ou pilaftres.Les membres qui compofent les faillies s’appellent moulures; ces moulures peuvent être considérées féparément par leurs noms particuliers 8c par leurs figures i 8c pour en bien entendre le toifé il faut en faire une efpece d’a-nalyfe, en forte qu’on puiffe fçavoir ce que peut valoir chaque membre fîmple en particulier , 8c enfuite le même membre couron-> lié de filets , 8c enfin comment ils doivent être comptez dans la compofition entiers des corps qu’ils doivent former.
- Moulures jîmples.
- La moulure A que l’on appelle doucine, çft comptée pour demi-pied.
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- î4i G ro m « r-.». 11
- La moulure B que Bon appelle talon, eft comptée pour demi-pied.
- La moulure C que Ton appelle ove, quart de rond ou efchine, eft comptée pour demi* pied.
- La moulure D que l’on appelle tore ou demi-rond , eft comptée pour demi-pied.
- La moulure E appellée fcotie, trochille , ou rond creux, eft comptée pour demi-pied.
- La moulure F appellée aftragaîe ou ton-din , eft comptée pour demLpied.
- La moulure G appellée filet, qui fert à couronner & féparerles autres moulures * eft comptée pour demi-pied.
- Le même filet H avec une portion d’arc au-défions appelle congé, eft compté pour demi-pied.
- La moulure I appellée gorge, eft com4 ptée pour demi-pied.
- La moulure K appellée; couronne, eft comptée pour demi-pied, fans la mouchet-
- La moulure L appellée biayette^ eft com* ptée pour demi-pied.
- Il faut 72 pieds de longueur de ces moulures fimples/ans filet pour faire une toife a mur.
- Voilà les principales moulures dont on fc fert, mais on,les employé rarement fans être!
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- P R A T I Q^U E. I4ÿ
- couronnées ou féparées d’un filet ou mou-chette. C’eft pourquoi il faut les repréfenter pluscompofées pour en connoîcre la valeur.
- Mçulures couronnées defilets.
- Ladoucine A couronnée d’un filet, eft comptée pour un pied.
- Le talon 3 couronné d’un filet, eft compté pour un pied.
- L’ove ou le quart de rond C avecun filer, eft comptée pour un pied.
- La gorge D couronnée d’un filet, eft comptée pour un pied.
- La couronne E avec un filet, eft comptée pour un pied,quand le foffite^ eft tout quar-ré *, mais quand il y a une mouchette pendante e, l’on compte i piedi.
- Le tore F avec un filet, eft compté pont l pied.
- Le feotie G avec un filet, eft compté pour i pied.
- L’aftragale H avec Ton filet &: congé, eft comptée pour un pied.
- La brayette I avec un filet, eft comptée pour un pied.
- En général tous les membres ou moulures couronnées d’un filet,Font comptéespour I pied, & il enfant $6 de longueur pour faire une toife à mur j mais afin de faire con»
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- *44
- G E O M E T R r E
- .noître comme tous ces membres doivent être comptez,quand ils font raffemblez pour Ja compofition des corniches, bafes , chapi* teaux, cadres, &:c. Il effc neceflaire d’en rap-porter quelques exemples, &c j’ai crû même qu’il feroit bon de donner pour exemple les ^ordres d’Archite&ure, comme le Tofcaii, le Dorique D’Ionique le Corinthien : car .pour le Compoféil eft prefque de même que le Corinthien. Je donnerai encore quelques autres exemples pour des façades de maifons & de cheminées, en forte qu’on puilfe con-noître tout ce qui eft neceflaire pour le toi* fé des moulures.
- De VOrdre Tofcan.
- L’entablement de l'ordreTofcan l’ove
- ou quart de rond a qui fert de cimaife 3
- eft compté pour demi pied, l’aftragale £,avec fon filet au deflous pour un piedfla couronne c avec la mouchette pendante pour un pied* le talon/, avec fon filet un pied : la corniche feule vaut 3 pieds {.
- Lafrife/, eft comprife dans la hauteur du mur.
- L’architrave^ eft comptée pour un pied s3 tout cet entablement Tofcan vaut 4 pieds r, c’eft-à-dire, qu’une toife courante ne fera que | de toile.
- Au
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- Pied Cri' ta l et B aie de l Ordre Toscan
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- jiaq ,1/f.jj ,
- J'eco/lde .
- in ta h!et u eut et Chapiteau de l.Or cire- Dorique ,
- ' 1 J.j site.rijitfr jeC
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- P R A T I <^U £• I4j
- Au chapiteau Tofcan, l'abaque h, avec fbn filet i pied, love i avec le filet au def. fous i pied i la frifè n’eft point comptée, l’aftragale /, avec fon filet de congé i pied » le chapiteau vaut 3 pieds.
- A la baze Tofcan le congé, le filet, avec le tore m, 1 pied ; la plinte n, demi pied, la baze vaut 1 pied!.
- Au piedefiai Tofcan la plinte 0, avec le talon p, un pied ; la focle q, avec le filet de le congé 1 pied. Voilà pour l’ordre Tofcan.
- De l'Ordre Dorique.
- L’entablement de l’ordre Dorique la
- jfj^cimaife^, avec fou filet, efl comptée pour 1 pied ; le talon b, avec fon filet t pied, la couronne c, avec la double mouchette^, 2 pieds-,la petite gorge davec fon filet 1 pied.
- Les (lenticules/, fans être refendues, demi-pied ; de quand elles font refendues, 1 pied ! ; le talon h, avec fon filet 1 pied, toute la corniche vaut 6 pieds!, fuppôfé que les denticules ne foient pas refendue^ mais fi elles font refendues, 7 pieds de demi.
- Le filet /,qui couronne les tfiglypheslpied les canaux angulaires des triglyphes i!pied chacun, les deux demi des deux angles vont: pour un.
- Les goûtes m, ! pied chacune, la face n ;
- K
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- ;ï46 GeomeuiI
- avec fon filet, i pied.
- Si au lieu des denticules Ton met des mouillons couronnez d’un talon comme le mo* dillon 7, vu de profil, ou le modillon a, vu par defiouSjCe modillon avec Ton couronnement, doit être compté pourr pied , outre le corps de la corniche, en le contournant des deux cotez. Dans les entre modifions,qui eft la partie que l’on appelle foflice, l’on y fait des rofaces z ,qui font enfermées d'un petit cadre t, qui doit être contourné & compté, fuivant les moulures qui les compofent,à de* mi-pied pour chaque membre couronné d’un filet, &: la maffe de la rofe doit être comptée pour demi-pied ; la foCe eft faite par un Sculpteur , Sc eft comptée à part.
- Au chapiteau Dorique le talon a, couronné d’un filet eft compté ï pied, l’abaque^ demi-pied, l’ove c demi- pied, l’aftragale davec le filet & congé i pied, l’aftragale e du collarin avec fon filet §c congé i pied , le chapiteau vaut 4 pieds, y compris l’aftragale du colla-rin qui fait partie de la colomne.
- A la baze Dorique la p lin te f eft comptée demi-pied, le tore^ demi-pied, l’aftragale/ avec fon filet congé i pied , la baze vaut i. pieds, le filet Se le congé en efcarpe, fait partie de la colomne.
- A la corniche du piedeftal Dorique, la ei-maife faite du quart de rond a avec fon filet
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- FBiedesta! et baie de Lürdre Dorique
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- P îl ATI t^US. i^f
- êfl; comptée i pied , la couronne b avec fon filet & la mouchette pendante i pied f ; le talon c avec fonfilet i pied j la corniche vaut 3 pieds f.
- A la baze du piedeftai Dorique la gorge d avec fon fileç I pied ; la doucine renverlée e avec fon filet i pied ; ie focle^ demi-pied ; la baze vaut t pieds f.
- De l’Ordre Ionique.
- A La corniche de l’ordre Ionique, la doiicine a avec fon filet, eft comptée pour i pied, le talon b avec fon filet i pied , la couronne ç avec la mouchette pendante Sc le fofite 1 pied, love d avec fon filet i pied , faftragàle e avec fon filet & congé r pied, les denticules^ refendues i pied f i la gorge h avec fon filet i pied 5 la corniche vaut 7 pieds f»
- A l’architrave, le talon/ couronné d?un filet 1 pied, les deux faces //, f pied chacune; la troifiéme n’eft point comptée non plus que la frifc, parce qu’elles reprefentenc le nud du mur ou de lacolomne.
- Les moulures du chapiteau Ionique font à peu près les mêmes que celles du Dorique^ le talon 4couronné d’un filet 1 pied, lafacô. £,qui fait le corps de la volute couronné de fon liftel 1 pied, l’ove e demi-pied, l’aftra-gale d avec Iç filet U le congé 1 pied ; le cha»1
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- >4$ (jîOIÎ ï ï RI E
- piteau vaut 3 pieds 1; les volutes font laififée$ en boftage par le Sculpteur.
- La baze Ionique eft ordinairement Celle que bon appelle Attique -, ellen’eftcomptée que depuis le deflus du tore fuperieur en bas, car le filet au-deiïiis que Ion appelle efcape, appartient à la colomne ouaupilaftre ; ainfi à la baze feule, le tore/avec ion filet au-de£ fous 1 pied, la fcotie g avec fon filet 1 pied, le tore pied, laplinteipiedjla bafevauc 3 pieds.
- A la corniche du piedeftal Ionique, le talon a avec Ion filet 1 pied, la couronne b avec la mouchette pendante 1 pied, l'oye c avec fon filet 1 pied, Taftragale davec fon filet &: congé 1 pied s la corniche vaut 4 pieds.
- A la baze du piedeftal Ionique, Taftraga-le e avec fon filet &: congé 1 pied -y la doucine renverfée/avec fon filet 1 pied, laplinte^ f,piçd > la baze vaut z pieds 7, la table dans le corps du piedeftal étant contournée eft comptée à t pied. ’
- De l'Ordre Corinthien*
- A La corniche de Tordre Corinthien,la doucine avec fon filet, eft comptée 1 pied,le talon b avec fon filet 1 pied,la couronne c avec le petit talon au-deftous 1 pied,la face e avec l ove/au-deftous 1 pied,l’aftragale^
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- T, 'emieve
- Vie dental et La te 3 e l Ordre Vo nique-. .
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- rimiiHuminiUltiïiilHnUiiiin
- piedejral et ba\t de lûvdre Corinth
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- P r a t i e; 149 âvec Ton filet i pied, le quatre des denticu-les h fans être refenduf pied, le talon i avec fon filet ï pied , la corniche vaut 6 pieds !, fans les modillons &; les denticules refendues , les modillons font comptez à part en contournant leurs moulures. Les petitsca-dres fous le foffite pour les rofades font cont-ptez fur leur pourtour chaque membre couronné! pied? les denticules refendues valent I pied!, comme il a étéci-devant expliqué, A l’architrave le talon a avec fon filet i pi ed, l’aftragale h ! pied, la face c avec le talon au deflous i pied, la face d avec l’aftragale au-deftous i pied -, la troîfiéme face n’eft point comptée par la raifon qui a été ci* devant dite.
- Au chapiteau Corinthien l’abaque e eft comptée i pied!en la contournant, &: la campane^ ! pied, l’aftragale h i pied, le chapiteau va pour 3 pieds de moulures, compris l’aftragale qui eft de la colomne ; il faut efti-mer l’ébauche des feuilles, à part, qui peut être comptée 3 pieds.
- A la baze le filet &efcape! pied, il appartient à la colomne v,le tore luperieur a avec fonfilet i pied, lafeotieb avec le filet au-def-fousi pied, le petit tore du milieux avec le filet au-deffous i pied, la fécondé feotie d avec fon filet i pied, le tore inferieur a avec le filet au-deffus i pied, la plinte/’rpied j ia~ baze vaut 6 pieds ^
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- Ijo G E O- M E ? R I E
- A la corniche du piedeftal,le talon^ avecî fon filer i pied, la couronne h avec la mou-chette J pied, la] doucine / couronnée d’un filet i pied , l’aftragale l avec Ton filet &c congé i pied ; le tout vaut 4 pieds.
- Il fera parlé ci-après du corps des piedef-taux & de leurs moulures.
- A la baze du piedeftal l’aftragale a avec fon filet & congé 1 pied, la doucine b avec le filet au-defibusi pied, le tore c avec la p lk> te d eft comptée pour un pied j le tout vaut
- 5 pieds.
- Le corps des colomnes étant toifé à part 9 eft toifé le pourtour fur la hauteur, y compris la baze &: le chapiteau, comme fi la co-îomne a 9 pieds de pourtour à fon premier tier$,&; 27 pieds de hauteur,compris la baze
- 6 le chapiteau, il faut multiplier 2,7 par 9 * l’on aura 6 toifes J pour le corps de lacolom-ne. Il faut ajouter les moulures du chapiteau & de la baze ,• fiiivant le pourtour de la co-lomne, comme il a été ci-devant expliqué.
- Si les colomnes font engagées dans le mur, Ton ne compte que ce qui eft dégagé.
- Si les colomnes font canneléesÿil faut compter leurs cannelures à part*, fi ces cannelures étoient comme aux colomnes Doriques de quelques antiques, qui font des portions de cercle joints les uns contre les autres, ôü il n ya qu’une arête vive entre deux, ainfi
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- H ATI CL U ryï
- que le repréfente la figure K > ces cannelures ne font comptées que pour un quart de pied chacune fur leur hauteur, c’eft-à-dire ,, qu’il faut 2,4 toifes de long de ces cannelures pour faire une toife à mur.
- Si ces cannelures font des demi-cercles , & qu’il y ait dés côtes entre-deux, qui 011c ordinairement le quart des demi-cercles, comme la figure L, chaque cannelure avec la côte efl; comptée pour demi-pied, c'eft-à-dire , que 12, toifes de long valent 1 toife à mur.
- Si ces cannelures font des demi-cercles avec un filet outre les côtes, comme la figure Z, elles font comptées pour 1 pied ; les 6 toifes de long valent une toife à mur. Il y a dncore d’autres fortes de cannelures que l’on peut toifer par le même principe.
- Pourtoiferle corps des piedeftaux , l’on prend toute la hauteur,compris la baze Sc ia corniche, laquelle hauteur on multiplie par deux faces du même piedeftal prifes annuel foit quarré oti oblong, &: le produit donnera des toifes à mur.
- Mais pour les moulures de la corniche delà baze, elles font couronnées à rencour des quatre faces du nuddu piedeftafs’il efi: ifole, &: font comptées comme il a été dit d-devant.
- S’il y a des tables finiples dans le dé oit
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- m Geômeïr.i»
- le nud du piedeftal,elles font contournées èd
- comptées à demi-pied.
- Si au lieu de table l'on y fait des cadres, chaque membre couronné ne doit être compté que pour demi-pied, à caufe qu’ils font pris dans lepaifleur du corps du piedeftal.
- Si le piedeftal n’eft pas ifolé , c’eft-à-dire, qu’il foie engagé dans l’épaiffeur du mur ; l’on ne compte que ce qui eft dégagé fui-vant Ton pourtour.
- Le corps des entablemens portez fur des colomnes ou fur des pilaftres , qui Taillent hors les faces dés murs, doivent être comptez à part outre les moulures. Ces corps d’entablemens font mefurez comme les avant-corps (impies, c’eft-à-dire, que l’on prend toute la longueur de la face avec l’un des retours, que l’on multiplie par la hauteur de l’entablement j Sc les toifes qui en viennent, font comptées fur la proportion que la faillie de l’entablement avec le mur contre lequel il eft joint. Comme fi le corps d’entablement n’a de faillie que la moitié de lepaiiïeur du mur , l’on ne comptera les toifes fuperficielles qu’à demi-mur, fi plus ou moins à proportion.
- L’on compte outre cela les moulures de£ dits entablemens, & l’on en prend leçon-tour au nud de la frife, quoique les faillies excédent ledit nud.
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- P R ATI Q_U E2 ïff
- Quand il y a des frontons au-defliis d’un ordre d’Architedure , ou d’un avant-corps fîmple, l’on compte le corps defdits frontons comme mur , foit triangulaires ou cintres j 6c l’on compte enfuite les moulures à parc , fuivant la pente ou le contour defdits frontons.
- Les acroteres que l’on fait au-de dus des frontons, font comptez comme les piédestaux ci-devant expliquez.
- Quand au lieu des colomnes l’on met des pilaffcres pour faire un avant-corps, l’on contourne lefdits pilaftres, 6c l’on prend la moitié de leur contour, que l’on multiplie par toute leur hauteur, pour en avoir des toifes à mur.
- L’on toife les chapiteaux, les bazes, les cannelures, 6cc. des pilaftres comme les colomnes , 6c l’on en prend le contour au nud defdites colomnes.
- Les tables d’attentes qui faillenc hors le nud des murs , font mefurées comme les pi-îaftres, c’eft-à-dire, que l’on prend la moitié de leur contour, que l’on multiplie par leur hauteur, 6C le produit donne des toifes à mur.
- Il faut ajouter les moulures des corniches 6c cadres dont lefdites tables d’attente font ornées ; le contour defdites corniches eft pris au nud deldites tables ; 6c fi les moulu-
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- $54 G 'e o m é ? R î f tes des cadres defdites tables font prifes dans répaiffeur d’icelles , chaque membre couronné ne doit être compté que pour demi-pied.
- Le corps des boflages qu’on laifîe aux en-cognures, aux chaînes des murs des faces » ne font point comptez à part outre lefdits murs *, mais les joints refspdus que l’on fait dans lefdits boffages, font comptez pour un pied de toife courante, foit que les joints l'oient quarrez à deux angles comme A, ou triangulaires comme B, ou enfin à deux angles arrondis en leurs arêtes comme C > l’on prend tout leur contour, c’eft-à-dire^a face & leurs retours, & chaque pied de long vaut un pied à mur 3 dont les 36 font là toife.
- Les plintes que l’on fait aux faces des" bâtimens pour marquer les étages, font Amples ou compofées -, les fimples n’ont qu’unO feule bande fans moulures , elles ne font comptées que pour demi-pied courant ; celles qui ont un membre fous lefdites bandes, font comptées pour un pied courant, fi plus de moulures à proportion.
- Les plintes des appuis des croifées ou autres endroits, doivent être comptées de même que ci-defïus.
- Quand on fait un bandeau fimple au pourtour du dehors d’une çroifée, ce bandeau
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- V R A T I Q^U fi "ïff doit être compté pour demi-pied de toife. Les croifées qui ont un double bandeau,, font comptées pour un pied fur leur contour.
- Si au lieu d’un bandeau l’on fait un architrave au pourtour du dehors defdites croi-fées, les moulures de cet architrave doivent être comptées chaque membre couronné pour un pied de toile à mur.
- Les croifées & les portes qui font plus compofées, comme celles qui ont un avant-corps couronné d’un fronton, l’on y doit compter toutes les moulures faillantes cou*, tonnées d’un filet pour un pied, ainfi qu’il a été dit, celles qui font enfoncées dans lefdits avant-corps, pour demi-pied ; fit s’il y a des confoles, l’on compte les membres qui les couronnent, & l’on effcimé lcfdites confoles à part.
- L’on doit faire peu de moulures au haut des cheminées quand elles font de plâtre j car quand on y en fait beaucoup, elles tombent en peu de tems les plus fimples font dune plinte& d’un larmier ,avec unamor-tifïement au-deflus, pour égouter Féau -, la plinte fimple avec le larmier Famortiffe-ment au-deffus > eft comptée pour un pied & demi courant ; s’il y a une plinte aü-« défions, elle eft comptée à part fuivanc ce qui a été dit.
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- IJ# G t O U E T R IÜ
- Aux grandes maifons l’on fait ordinaires ment le haut des cheminées de pierre détaillés de S Leu , ou de pierre équivalente, auquel cas l’on peut un peu plus orner le haut defdites cheminées, félon la qualité de la maifon , Ton y fait une corniche de trois ou quatre pieds de moulures, avec un architrave au-ddfous.
- Aux endroits où la pierre n’eft pas commune , l'on fait le haut defdites cheminées <k brique avec mortier de chaux &c fable. Cette conftru&ion eft incomparablement meilleure que le plâtre.
- L’on fait à préfent peu de moulures de plâtre aux manteaux de cheminées des grandes maifons, parce qu’elles font la plupart revêtues de marbre jufqu’à la première corniche-, l’on en fait au moins le chambranle avec la tablette, & le refte de menuiferie, il n’y a ordinairement que la corniche d’en* haut qui foie de plâtre ; mais pour les maifons ordinaires, on les fait toutes de plâtre, excepté le chambranle qui eft fait de menuiferie. Les Entrepreneurs prennent foin d’orner de beaucoup de moulures les manteaux de cheminées, qui font três-fouvent mal ordonnées &: mal exécutées. Il n’y doit avoir au plus que quatre ou cinqtoifes de moulures dans les plus grands manteaux de cheminées.
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- f r À t i £$y
- Quand on fait des corniches fous les pia? fbns ou cintres des appartenons, Ton me-fure la longueur dè chaque coté, de laquelle longueur Ton rabat une faillie de la corniche : car on ne diit compter que du milieu de la faillie d’une corniche à l’autre, comme fi une chambre a 19 pieds en quarré,&: que la. corniche que Ton a faite pour ladite chambre ait un pied de faillie, l’on ne comptera que 18 pieds pour chaque face de mur,ce qui fait 12, toifes de pourtour pour toute la corniche, au lieu que les murs ont 11 toifes quatre pieds de pourtour.
- S’il y a des avant • corps aufdites corniches Ton en doit compter les retours: carie devant tient lieu de celle qui feroit à Malignement qui fait atriere-corps.
- De la manière dont on doit toi fer les Tailleurs de pierre qui travaillent à leur tache.
- QUand les Maîtres Entrepreneurs font pailler les pierres de leurs bâtimens à la tâche des Tailleurs de pierre,fi c’eft des moulures , chaque membre couronné de fon filer’ eil compté pour un pied de toife , dont les fix /font la toife, fioit en pierre dure ou en pierre tendre , c’eft à-dire, de fix membres couronnez fur une toife de long, qui ne font comptez que pour une toife à TEntrepre-
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- tff GÊÔMl’Til! neur, font comptez pour fix toifes au Taiî* leur de pierre qui travaille à fa tâche. Il n’èn eft pas de même des moulures de plâtre que les Maçons font à leur tâche; car il faut fix membres couronnez pour en faire une toile , comme elles font comptez par les Entrepreneurs.
- Quand les Tailleurs de pierre font des ouvrages ordinaires à leur tâche, où il n’y a point de moulures, comme dçs premières affifes , des piédroits, des en cognu res ; des" parpins.&c. l’on toifetous les paremens qui font vûs, quand c’eft de Ja pierre dure elle eft ordinairement comptée fut fa hauteur, c’eft-à-dire , qu’une toife de pourtour , de paremens , d’une affife fur la hauteur de ladite affife, fait une toife pour l’ouvrier ; l’on' en fait le prix à proportion.
- L’ufage n’eft pas de même pour la pierre tendre ; car i'On réduit chaque affilé fur un pied de hauteur, comme fi une pierre a ij pouces de hauteur, elle eft èémpdée popr Ùrè pied Sc un quart ; fi dix-huit pouces * pop# un pied &: demi ; fi 2.1 pouces, pour un pied trois quarts, &c ainfi du refte, en n’augmen-rant neanmoins que de trois en trois pouces, pourvu que les pierres n’ayent pas plus d?un pouce moins que cette progreffion arithmétique s car fi l’affifè n’a que 14 pouces, elle n’eft comptée que pour un pied -9 |î 17 pou-
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- V k A T i <^u i; *$£ ces, que pour i j, & ainû du refte à proportion.
- Les pierres qui ont plu fleurs paremensfont couronnées fuiyant iefdits paremens,foit de pierre dure ou de pierre tendre , &c unetoife en longueur doit faire une pour l’ouvrier, comme il a été dit.
- De U confimBhn des mm s de Rempart & deTenaffe*
- DAns la conftruétion des murs en général , il y a trois chofes à obier ver, la première, eft la qualité des matériaux, leur arrangement ou leur difpoficion ; la fécond® eft la qualité du ter rein pour bien afteoir leurs fondemens * la troifiéme eft lepaiiTeur &; le talus qu’on leur doit donner.
- Pour la conftru&i.on on fe fert ordinairement des matériaux que l’on trouve fur les lieux ; la meilleure eft fans difficulté celle de faire les murs tout de pierre de taille en leurs paremens. Ces pierres doivent être alternativement pofées en carreaux &: en bQutiflesjc’eft-à^dire,que les unes font po-fées en forte que leur longueur fuit félon la face des murs, & les autres que leur longueur foie dans i’épaifleur ou dans le corps defdits murs, & autant qu’on le peut, à lits
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- G E O M E T i I B
- joints quarrez. L’on fe fert de moi Ion 6c def libages pour le refte de leur épaifleur j le tout doit être maçonné de mortier fait d’un tiers de bonne chaux , 6c de deux tiers de fable : cette réglé eft de Vicruve, Sc eft confirmée par l’expérience des plus habiles Architectes. A Tégard du fable, ii eft efïentiel qu’il foie bon, parce que c’eft principalement de la bonté du fable que dépend la bonne compo-lition du mortier, 6c c’eft la bonne qualité du mortier qui fait la bonne liaifon des murs; l’on a toujours remarqué que dans les lieux où le fable n’eft pas bon , la conftru&ion des bâtimens n’y eft pas bonne. Il faut donc fça* voir que le meilleur fable eft celui qui eft net,dégagé de terre, co mme celui de riviere, 6c dont le grain eft de médiocre grofleur 6c fec, afin que les pores n’étant pas remplis d’eau, la chaux s’attache mieux. Quand la chaux eft éteinte, ii faut mettre le moins d’eau qu’il eft poflible pour faire le mortier, parla raifon que l’eau lavant le fable entre dans les pores 6c ôte la chaleur 6c la graiffe deda chaux qui eft toute fa bonté.
- La moyenne conftru&ion eft celle où l’on met la pierre de taille au pied des murs, aux encognures, aux chaînes , aux cordons, 6c le refte eft de moilon piqué par alïifes dans les paremens , 6c ce qui refte de leur épaiifeur eft de moilon feulement aftfemillé;
- c’eft-
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- P k À T I Q^U E.
- t^eft-à-dire, que le bouzin en doit être ôté * ïe mortier doit être fait comme ci-devanr.
- Dans les pais où la brique eft commune , Ton en met en parement encré les pierres de taille au lieu de moiion piqué : l’ouvra* ge en eft fort bon s cés briques doivent êcre aufll pofées alternativement en carreau &; en boutiftes : quand l’on n’a point de pierre de taille, on Fait tous les paremens de brique , ou au moins l’on en met aux endroits où il faudroit de la pierre de taille. On prétend que les murs qui font faits tout de brique, font les meilleurs pour réftfter au canon.
- La moindre conftru&ion eft celle où il n*y à ni pierre de taille ni brique , & où toùt eft de moiion ; à ces fortes de murs il faut que le mortier foit parfaitement bon pour bien lier toutes les petites pierres dont on eft obligé de fe fervir : quand c’eft une pier>* ïe de meuliere, les murs en font meilleurs, le mortier s’y attache bien mieux qu’aux cailloux qui font unis.
- La deuxième chofe à laquelle il faut bien prendre garde , c’eft d’afïeoir les murs fur un bon &; folide fonds t ce fonds peut être de diverfes natures de terres , comme dil tuf, du roc, du fable mêlé de terre, ou de fable un peu mouvant, d’argile, terre graf-fe, noire, &c. Il faut fçavoir fe fervirà pro-
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- t€l .'GEOMETRIE pos de toutes ces fortes deterreins pour fonder , quand on trouve le folide , ou pour y remédier par art, quand le terrein n’eft pas folide.
- Le meilleur fonds pour bâtir eft le tuf, quand il eft d’une terre forte bien ferrée 6C liée avec de gros grains de fable ; le terrein où il n y a point de fable mêlé n’eft pas (I bon, comme la terre rouge que l’on appelle terre à four, & autre approchante de cette nature : les pires terreins pour fonder font le fable doux , fans être mêlé de terre, les palus ou la vaze & Targile -, car ils peuvent îe modifier 8c s’écarter fous le fardeau.
- Pour fonder des murs d’une grande épaif» Leur, ou chargez d’un grand fardeau, il faut prendre bien des précautions pour con-> noître la nature du terrein ; car il arrive quelquefois qu’il paroît bon, 8c que ce n’eft qu’un lit de terre d’un demi-pied d’é-paifTeur, au-deflous duquel il y a de l’argile ou une terre fablonneufe , ou quel-qu’autre terre qui peut être comprimée fous le fardeau ; c’eft pourquoi avant que de commencer à fonder , il faut faire des trous en plufieurs endroits en forme de puits, afin d’être fur des diffétens lits de terre, parce qu’en fouillant trop bas on pourroit trouver un mauvais terrein, 8c qu’il eft bon de s’arrêter à celui qu’on
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- Pu A T I Q.ÜÏ, j6$
- trouve folide, pourvu qu’il ait allez d’é-paiffeur.
- Il y a une autre maniéré de connoître fl îe cerrein fur lequel on veut fonder a affez d epaiffeur , 6c s’il n’y a point de mauvaife terre au delfous i il faut avoir une piece de bois comme une groffe folive de fix ou huit pieds, 6c battre la terre avec le bout ; lî elle réfifte au coup , SC que le fon paroilfe fec 6C un peu clair, on peut s’alfurer que le ter-rein eft ferme ; mais 11 en frappant la terre elle rend un fon fourd 6c fans aucune réft-ftance, on peut conclure que le fonds n’en Vaut rien.
- L’on peut affeoir un bon fondement fur le roc, quand il eft bien difpofé,&; qu’on le peut mettre en niveau î il s’en trouve de cette forte au-deflus des carrières , quoique les pierres ne foient pas précifémenc jointes j mais il y a une efpece de terre blanche, qui eft comme la craye, qui en fait bien la liaifon : ce fondement eft bon , parce qu’ayant la carrière au-deftbtis, il ne fe trouve point de faufte terre. Quand c’eft un roc de pierre pleine, il n’eft pas toujours de niveau à la hauteur que l’on en a befoin, il le faut couper de niveau au moins dans chaque face de mur ; car le roc étant de différentes hauteurs dans une même face ,il arrive que le mur venant à
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- ï-64 GEOMETRIE
- prendre Ton faix par la charge qui eft au-* deiïus, cecce charge comprime la maçonnerie , & il y à moins d’affaifiemenc ou le roc eft plus haut, parce qu’il rélifte plus que la maçonnerie : cela fait des fractions aux murs : c’eft pourquoi dans les endroits où il feroit trop difficile de mettre le roc de niveau, il faut faire la maçonnerie des parties les plus ba(Tes la meilleure qu’on pourra, & la laifTer biep fecher,afin qu’elle prenne une confiftance folide. Dans la longueur d’une face de mur , il faut couper le roc par partie de niveau de par retraites > de faire en forte qu’il foit un peu en pente, fur le derrière dans l’épaifTeur du fondement j afin que le pied du mur qui eft en talus, foit pofé fur un plan qui s’oppofe à fa pouffée.
- Les fondemens les plus difficiles font ceux qu’il faut faire dans les lieux marécageux , parce que le fonds de la terre eft toujours mauvais, de qu’on eft indifpenfa-bîement obligé de piloter pour fonder fondement j auquel cas il faut commencer par détourner les eaux, ou les faire écouler par plufieurs faignées ou rigoles , pour les conduire en des lieux plus bas , s’il sen trouve ; finon il les faut vuider avec des pompes , moulins , de autres inventions, de même faire des batardeaux } s'il en eft
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- P' R A Tl CL U E.
- befbin, enforte qu’on puiflê encrer afTez bas dans la terre pour enterrer le pied des murs r mais comme c’eftune chofede conféquence il eft bon d’expliquer de quelle maniéré les bons pilotis doivent être faits.
- Il faut premièrement que tous les bois qui font employez au pilotis , foient de bois de chêne , comme le meilleur &c celui qui fe conferve mieux dans la terre &: dans l’eau, quand il en eft toujours environné : & pour fçavoir dans chaque endroit combien les pieux doivent avoir de grofteur, il faut en faire battre un qui foit bien ferré , comme il fera dit ci-après, juf-qu’au refus du mouton : enforte qu’on puifle connoître jufqu’à quelle profondeur le fonds du terrein fait une afTez grande réftftance pour ariêter le bout dés pieux, après qu’on fçaura de combien le pieu battu eft entré dans terre , fi on l’aj mefiiré avant que de le battre : puis quand: on eft fur de la longueur que doivent avoir les pieux , il faut fur cette mefure régler: leur-grofleur , enforte qu’ils ayent de diamètre à peu près une douzième partie de leur longueur. Cette réglé eft félon les bons Auteurs: a in fi les pieux qui doivent avoir neuf pieds de long , auront neuf pouces de diamètre, ceux de iz pieds auront i z pouces , &c. Cette proportion me paroît bon-
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- \66 Geo me trie
- ne depuis* fix pieds jufqu’à douze ; mai£ files pieux avoierit feize ou dix huit pieds de long , il fuffira qu'ils ayent treize à quatorze pouces de diamètre, parce qu’il fau-droit un mouton d’un trop grand poids pour les enfoncer, cela dépend de la prudence de l’Architecte qui doit connoître la qualité du terrein où efl: fait le pilotis. Il ne faut pas que les pieux foient appointez de trop court; car ils n’enfoncent pas fi ai-fément , ce qui eft taillé en pointe doit avoir au moins deux fois &c demie , Ôc au plus trois fois le diamètre du pieu ; comme fi le pieu a neuf pouces de diamètre , il faut que la longueur de la pointe ait vingt* fept pouces, & ainfi des autres. Dans les ouvrages qui ne font pas de conféquence , l’on fe contente de brûler la pointe des pieux pour les durcir : il fera bon aufh de brûler le haut , afin qu’il foit plus réfiftable aux coups du mouton ; mais aux ouvrages de conféquence, il faut ferrer le bout des pieux avec un fer au moins à trois branches, & quipèfeà proportion de la grof-feur du pieu: l’ordinaire eft zo à 2 y livres pour les pieux de 12 à ly pieds de long, &: Je refte a proportion. 11 faut aufîi mettre une ceinture de fer par le haut des pieux pour les tenir ferrez contre le coup du mouton, Ces ceintures ou cercles de fer
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- P r A T ï ^tr e; \6y
- s’appellent frétez, &: l’on dit que les pieux font frétez , quand on a mis de ces cercles par le bout d’enhauc.
- Lespieuxdoivent êtredifpofez&: battus5 en forte qu’il y ait autant de vuide entr’eux qu’ils ont de diamètre, afin qu'il y ait allez de terre pour les entretenir : il faut qu’ils foient un peu plus longs que la profondeur des terres, pour les battre plus aifément juf-qu’au refus du mouton ; c’eft-à-direy quand on s’apperçoit que le pieu réfifte,l’oncft fur que cette réfiftance ne fe peut faire que par une terre ferme qui eft fous la pointe du pieu: ainfi l’on peut s’y arrêter après plu-. fieurs reprifes réitérées.
- II y a bien des maniérés de battre des pieux, félon les efpeces de terres où l’on veut les enfoncer • il eft impôffible de donner des réglés certaines fur cela ; il faut que l’Architecte en fçache juger. Quelquefois les pieux s’arrêtent fur une terre qui n’a pas aflez d’épailTeur, qui peut fe rompre dans la fuite > &C fous laquelle il y a une mauvaife terre , ou au contraire, on perce quelquefois une terre fur laquelle les pieux euflent bien pu être arrêtez ; ü y a encore d’autres incidens qu’on ne fçauroit connoî-tre qu’en travaillant.
- Après que les pieux font battus par tout au refus du mouton , il faut les receper *
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- G E O M E TRI ï
- c’cft à-direles recouper tous de niveau pâft lç haut à la hauteur que l’on aura prile pour le bas du fondement : puis quand tous les pieux font recepez , il faut ôter un peu de terre autour d’iceux , pour mettre du moilon dur dans leurs intervalles , il faut jbattre ce moilon jufques un peu au deflus defdits pieux j l’on met enfuite par deflus lefdits pieux des pièces de bois que l’on appelle racinaux, qui font des efpeces de liernes cloüées fur la tête des pieux ; ces pièces de bois font comme, de gros madriers qui peuvent avoir quatre à cinq ou fix pouces depaifleur fur la largeur de neuf, dix ou douze pouces félon le diamètre des pieux : ces racinaux doivent être cloüez avec de bonnes chevilles de fer pouflees à tête perdue fur tous lefdits pieux : car ces pièces de bois doivent avoir des mantonnets par les bouts de deux pouces pour arrêter les couchis ou plates formes que l’on pofe par deflus, ces plates formes ont au moins deux pouces d’épaiA feur , & font cloüées fiir des racinaux avec des chevilles de fer pouflees à tête perdue. î puis quand on veut maçonner fur le A dites plates formes, Fon peut mettre de la moufle dans les joints d’icelles enfoncée e plus qu’il eft poflible, cela fait une efpe-e de liaifon du bois avec la, pierre ; car l’oa
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- î* K A T I Q^U Ë.’ ïëp
- ïiemet point de mortier iur lefdites plates formes, à caufe que la chaux pourrit le bois.
- Ceux qui veulent faire de bons ouvrages font battre des pieux de garde au devant du pilotis fur la face des murs, un peu plus élevez que le deiïus des plates formes , afin de mieux arrêter la maçonnerie.
- Il y a des endroits où au lieu de piloter l’on mec des grilles de charpenterie comme fous les piles de ponts, parce qu’il eft très-mal-aifé de piloter : l’on fait ces grilles de la figure que l’on veut donner aux piles ou autres fnaçonneries , avec des bois au moins d’un pied de grofTeur pour les chafïis 8c de dix pouces au dedans, affemblez tant plein que vuide à tenons 8c à mortaifes avec de bonnes équerres de fer , 8c après que ces grilles font faites , l’on rend la place où elles doivent être pofées bien de niveau, 8c quand elles font pofées l’on met des pieux pour les entretenir.
- Il y auroit beaucoup d’autres chofes à dire fur les obfervations qu’il faut faire pour bien fonder : mais comme|je n’ai pas entrepris d’expliquer toutes les didicultez qui peuvent y arriver, je me fuis contenté d’en, parler en général, 8c l’on peut avec le bon fçns 8c l’expérience apprendre le lefte*
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- €fô GeomïtriI
- La troifiéme chofe qu’il faut obferver pour la conftru&ion des murs de rempart &: de terrafte , eft de fçavoir leur donner une épaifleur convenable & proportionnée a la hauteur des terres qu’ils ont à foutenir» I! eft vrai que la bonne conftru&ion doit faire partie de la réfiftance -, mais outre cela il faut avoir un principe pour en régler répaiffeur. Cette réglé n’a point encore été donnée par aucun de ceux qui ont é-crit de l’Architeéfcure , tant civile que militaire , quoique ce foit une chofe de très-grande conféquence ; l’on a laide cela à la prudence de ceux qui ont la conduite des ouvrages, lefquels règlent fouvent lepaif-feur des murs qu’ils ont à faire, par rapport à ceux qu' ils ont vu faire , ou qu’ils ont faits, & félon les lieux & la qualité des matériaux qu’ils y employent : les plus fages leur donnent toujours plus que moins d’épaiftèur, afin de prévenir les inconve-niens qui en peuvent arriver ; mais l’on n’a point encore 5 que je fçache, décidé leur épaiffeur en voici un effai dont je me fuisavifé, qui eft fondé fur les principes de Méchanique.
- Il eft certain que la terre la plus coulante eft le fable ; parce qu’étant*compofé de petits cailloux ronds tous défunis, ils tendent à defeendre dans les parties baffes>
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- quand il y a la moindre difpofition ,à caufe que leur figure qui eft ronde, efl !a plus dif-pofée au mouvement ; mais comme cette inclinaifon peut être mefurée, Ton peut fça-voir jufqu’à quel angle la terre fablonneufe peut tomber. *
- Si on confédéré les grains de fable comme autant de petits cailloux ronds, arrangez en forte qu’ils fe touchent par les cotez , & qu’étant pofez les uns fur les autres dans une diîpoficion naturelle , c’eft-à-dire , quele milieu des boules dun rang
- fupérieur , foie toujours pofé fur le milieu des deux de l’inférieur. Dans cette difpofition l’on trouvera que l’angle que ces boules formeront par rapport à leurs bafes de niveau, fera les trois quarts d’un angle droit , c’eft-à-dire , de 60 degrez. Il femble que la terre fablonneufe ne devroit point palfer cet angle, mais l’expérience fait connaître que le fable prend une pente plus enclinée ; & pour tenir fur cela le chemin le plus fur , je fuppofe que cet angle foit un demi-droit, c’eft-à-dire , qu’il foit comme la diagonale d'unquarré, en forte que fi une terre étoit coupée à plomb, comme AB, elle feroit arrêtée par un corps
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- 3\ji Geo m e t k ï e
- qui la fourienne , comme un mur ou antre chofe, &: que ce corps puifïe être retiré tout d’un coup, la terre en tombant forme* ra la diagonale d’un quarré comme B C j ce qui étant fuppofé pour la plus grande incli-naifon de 1 écoulement des terres, ilrefteà connoître quel fourien il faut pour arrêter la pouflée du triangle CAB , qui eft une figure de coin, &: l’on peut expliquer cette pouffée par le plan incliné en cette maniéré.
- Il eft démontré dans les principes de la Statique , qu’un plan étant incliné comme C B , qui peut être une table ou un autre corps uni fur lequel on .veut faire tenir une boule comme D : il faut pour tenir cette boule fur le corps incliné , une force ou puiftance qui foit au poids c K A de la boule comme la
- -Vf'-— ”
- ***** ? hauteur B A eft au plan incliné C B , ou com-6 me le côté eft à la dia-^ gonale d’un quarré $ 8c quoique cette propofi-tion foit incommenfurable en nombre, l’on peut neanmoins en approcher , elle eft à peu près comme eft y à 7. Il faut donc que la réfiftance du mur, qui fera fait pour arrêter les terres du coin C B A , foit au même coin 3 comme 5 eft à 7. Pour ré-
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- Pratique. x7î îoudrecettequeftion, il fautmefurer la fu-perfide du triangle ABC , &: pour cela je iuppofe que chacun de fes cotez AB , AC ait fix toifes, le triangle aura 18 toifes en fuperficie; il eft queftion de trouver un nombre à qui 18 foit comme7 à y, qui fera un peu moins que 13 ; il faut donc que Je profil du mur qui doic arrêter les terres, ait x 3 toifes en fuperficie >• ainfi ce mur op-pofera une force égale à la pouflee des terres par fon poids , quand la maçonnerie nepeferoit en pareil volume que lapefan-teur des terres.
- Cela étant fuppofé , dans la figure que l’on doit faire de ee profil, il faut fçavoir combien on veut donner de talus au mur. Si c’eft un mur de rempart , on lui donne ordinairement un fixiéme de fa hauteur ; comme fi le mur AB a fix toifes de hauteur, on lui donne une toife de talus de A en C , cela va à deux pouces tû c ^ par pied. Cette inclinaifon G B fait avec la ligne aplomb \ AB , un angle de neuf degrez ^ vingt - fept minutes quarante-i cinq fécondés, f* Et pour fçavoir par cette If réglé TépaifTeur par le bas d’un Si mur qui a fix toiles de hauteur, il faut réduire en pieds fupcr-»
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- ï74 Ceo metîiîë ficiels tout le triangle des terres, qui a if toifes en fu perfide ,ce que l’on aura en multipliant 18 par 36 *. il viendra 648 pour le profil du triangle fuppofe j il faut enfuite trouver un nombre à qui 648 foie comme 15 efl à 38, ce qui fe peut faire par une réglé de proportion en mettant au premier terme 13 , au deuxieme 18 , au troifiéme 648 , il viendra 46 8 pour la fuperficie du profil du mur : lefquels468 il fautdivifer par 3 6 pieds de la hauteur dudit mur, & l’on aura 13 pieds pour fon épaiffeur, s’il étoit aplomb ; mais comme il a 6 pieds de talus, il les faut di«? vifer en deux, ajouter trois pieds aux 13 pieds, & cela fera 16 pieds pour l’épaif-feur du mur par le bas, &c 10 pieds par le haut , en forte que toute la hauteur du mur qui efl 3 6 pieds , fera à fon épaiffeur par le pied, comme 36 à 16,&: à fon épaiffeur par le haut comme 36 efl à ro , &£ le profil du mur fera au profil du triangle des terres, comme 13 eft à 18 , ainfi qu’il a été fuppofé.
- Comme cette réglé peut fervir pour fça« voir Tépaiflcur que doivent avoir les murs de rempart par rapport à la hauteur des terres qu’ils ont à foutenir, fon peut réduire cette proportion aux moindres termes, en prenant la moitié de trente-fix , qui eft 18, & la moitié de 16 , qui efl 8 , pour le-
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- P R A T 1 Q^Ù Ë* IJf
- paiffeur d'un mur par le bas j & fi l’on fuir le même talus , il faudra donner y par le haut: car 18,8 & 5 font entr’eux, comme 30, i £ 3c roque j'ai fuppofez d’abord j ainfi l’oo. peut par cette réglé donner les épai fleurs de tous les murs de rempart par rapport à leur hauteur.
- S’il arrive du changement dans cette hy-pothefe , ce ne peut être que par les diffé-rens talus que l’on peut donner aux murs de rempart ou de terraffe. J’ai pris le fixiéme pour les murs de rempart, je crois que le cinquième feroit trop , il faut que ce foitk. prudence qui décide de cela.
- Pour les murs de terraffe, quand ils n’ont: pas grande hauteur , comme jufques à iz pieds , on peut leur donner un neuvième de talus ; 3c quand ils n’ont que fix pieds de haut, c’eftaffez d’un douzième, fuppoï© que la conflru&ion foit bonne} mais depuis la jufqu’à 15 ou zo pieds de haut, on leur donne un huitième, &: ainfi du refte à proportion. *
- Il n’eft pas difficile de réduire le profil des autres murs par la même réglé fuivamt les différens talus qu’on voudra leur donner, car à un mur qui n’aura , par exemple 5 que 20 pieds de haut , auquel on ne donnera que j de talus, le huitième de zo efl z pieds t > c’eft-à-dire, que le mur propofé qui aura
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- IJ6 GEOMETRIE
- 20 pieds de haut n’aura que 2 pieds 7 de tâîüsv le triangle de terre au derrière du mur qui a 20 pieds de haut, aura 200 pieds de profil; il faut faire un profil du mur fur le talus , à qui 200 foit comme 18 eft à 13 , &: l’on aura 1447, qu’il faut divifer par 20, il viendra 7 jî, c’cft-à-dire, un peu plus de y-f, aufquels 77 il faut ajouter 1 pied 7, qui eft la moitié du talus, & l’on aura 8 pieds ifj ou à fort peu prés 8 pieds! pour répaifteur du pied du mur, &: 6 pieds pour répaifteur par le haut : par ce moyen l’on aura le profil du mur fuivant la hauteur & le talus propofé, & ainfi des autres talus à proportion.
- Il y aunechofe à obferver pour les fon-demens des murs de talus, c’eft qu’on éleve ces fondcmens prefque toujours aplomb ou peu en talus dans les terres, & l’on fe contente de laifler une retraite au rez de chauffée; mais il arrive fouvenc, quand le fondement eft profond, que la ligne du talus étant prolongée, porte à faux , & c’eft à quoi il faut prendre garde, car cela eft contre la folidité.
- Quand on fait desmurs de talus pour des quais, fur le bord des rivières où l’on eft obligé de piloter, il faut aufli obferver de faire battre des pieux aflèz avant fur le devant pour qu’il fe trouve,du folide fous
- le
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- & K A T Éi îff
- îe prolongement de la ligne du talus ; & ou* treces pilotis j on met un rang de pieux de garde au devant dudit mur, avec une piece de bois par-defllis lefdics pieux, que Ton appelle chapeau j laquelle piece de bois eft entaillée avec mortaifes, pour entrer dans les tenons que l’on fait au haut defdits pieux, & outre cela l’on y met de bonnes chevilles de fer*
- Toifê des Piloris.
- L’Ufage eft de toifer les pilotis au cube comme la maçonnerie fuivant le prix que l’on en fait. C’eft pourquoi l’on a foin de mefurer la longueur des pieux ; & s’ils ne peuvent entrer dans terre que de différentes longueurs , l’on compte toutes les hauteurs des pieux que Ton ajoute enfem* ble, & l’on divife la fournie par le nombre des pieux -, cela donne une hauteur commune pour tout le pilotissou bien fon prend les profondeurs parties à parties que l’on mefure féparément*
- Quand on trouve un fi mauvais fonds de terre pour les fondemens des murs , que la dêpenfe en eft excefiive , l’oil fe contente de faire des piliers de maçonnerie, comme l’enfeigtienc Leon Baptifte Albert * Fhilbert de Lorme ôc Scamozzi, iis don-
- M
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- 'iyt .Geom e n iE nent jufqu’à 7 ou 8 toifes de diftance à ces piliers , &c font des arcades par-deffus. Je trouve quec’eft beaucoup , & quelles font bien larges à 6 toifes, à moins que les murs n’ayent de grandes épaiffeurs , &c que les pierres que Ton employé pour ces arcades ne foient fort grandes de bonne qualité. Je voudrois encore que ces piliers eulfent au moins en largeur la moicié du vuidedes arcades j comme fi elles avoient 6 toifes, les piliersen auroient 3 , j’entends quand c’eifc pour des ouvrages conlidérab les; car pour les Fondemens d’un mur qui n’a pas beaucoup d’épaiffeur, Sc qui n’eft pas d’unegran» de hauteur, l’on peut donner moins de largeur aux piliers, par rapport au vuide des arcades, éc. l’on s’accommode félon que le terrein le permet.
- Quand on eft obligé de faire ces fortes d’ouvrages pour éviter ou les difficultez du terrein , ou la trop grande dépenfe * il faut en faire la conftru-ction de fî bonne maçonnerie,qu’il n’y ait rien à redire : il faut aufli obfërver pour plus grande folidité defairelesarcadesou décharges furhaufïée?
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- P k À T I E'o I f§
- cVft-à-dire, plus haut que le plein cintré ou demi-cercle, & même les faire des deux portions d’arcs, comme l’enfeigne Philbert de Lorme.
- Il feroic bon que les arcades fufTent d’un triangle équilatéral *, c’efi>à~dire, que fup~ pofant la largeur de l’arcade A B, l’on fie de cette largeur &c des points A &: B les deux portions d’arcs AC èc B C. Cette élévation donne une grande force aux arcades pour réfifter au fardeau qu’elles onc à porter; mais une des çhofes qu’il faut lè plus obferver, c’eft de bien lailfer fécher la maçonnerie dans terre , afin qu’elle air îé items de prendre confiftance avant dé là Charger \ autrement la charge défunit toute la maçonnerie , quand lé mortier n’a pas eu le teins de durcir j mais l’on ne prend prefque jamais ces précautions par l’impatience qué l’on a de faire tout en peu de fcems;
- Comme le terrein dans lequel on fonde pour faire des piliers, peut être d’inégalé réfiftance fous les mêmes piliers , Leon Bapcifte Albert a donné l’inventioh dé faire des arcades renverfées * & prétend par ce moyen émpêcher qu’un pilier 11e s’affaific pas plus qu’un autre , quand la terre qui dl deffous ne feroic pas réfiftable 5 ou qu’il feroic plus chargé 1 voici comme il entend
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- iSo G E O M E T R ï i
- que la chofe foie faite. Ayant élevé fes pfë
- liers allez au delïus du fondement, il fait
- fur ces piliers des cintres renverfez comme ABC , dont les joints tendent au centre D0 Par cette conftru&ion il prétend, par exemple , que fi le pilier F eft fondé fur un plus mauvais terrein , ou eft plus chargé que les autres piliers, cette charge fera arrêtée par la réûftance des arcades renverfées ABC de I H K, à caufe que la terre qui eft fous l’extrados de ces cintres, entretiendra les piliers dans une même hauteur *, mais il faudroit aulfi fuppofer que cette terre fût aufli ferme que celle des fondemens. Quoi» qu’on ne s’avife gueres de mettre cette réglé en ufage, elle a neanmoins fon mérité, de l’on s?en peut fervir utilement, quand on craint que le fond du terrein fur lequel on doit fonder, foit d’inégale réfiftance.
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- î> R A T I Q^U E,
- DV TOISE CVBE DES MVRS
- de Rempart & deTerrajJe, appliqué a un baflion & a une courtine > ce qui peut fervir a toutes les parties d'une fortification.
- A manière de toifer les ouvrages, de r fortification eft différente de celle des
- bâtimens ci-devant expliquez, en ce que les bâtimens font mefurez à toife fuperfi-cielle>&: les ouvrages de fortification font mefurez à la toife cube, donc les u6 pieds font la toife.
- Toute la difficulté de la mefure des fortifications ne confifte prefque que dans les angles faillans &; rentrans, qui font formez par la rencontre des flancs hc des faces des bâfrions &: autres ouvrages de cette nature, par la connoiflance des angles folides l’on aura celles de tous les autres ouvrages d’une fortification.
- Soicpropofé à mefurer le mur de rempart ABCDE, qui forme une couronne, un flanc & les deux faces d’un baftion ; fi l’on commence par mefurer la courtine AB, il faut de l'angle B mener fur A B la perpendiculaire BF, &; du point A pris pour l’autre
- M iij
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- G EOM E T R I S
- angle , il faut mener fur A B la perpcndk çulaire AG, &: la ligne HK, fera le talus ^ ç’eft-à* dire , que H G > ou KF, fera 1’çpaifc feur du mur parle haut, Suppofons que le mur par le bas ait 16 pieds d’épaiflfeur entre AG ou BF, qu’il ait par le haut io pieds; entre HG , ou KF , ce fera 6 pieds pour le talus AH ou B K ; il faut ajouter enfemble les,
- deux épaiflfeurs inferieure 16 Sc fuperieur© |o, qui valent z6, dont il en faut prendre la, inoitié, &: l’on aura 15 pieds ou z toifes &5 Un pied. Il faut enfuite mefurerla longueur AB fuppofée de 60 toifes, & multiplier cet? te longueur par deux toifes & un pied , qui eft 1 epaiflTeur moyenne Arithmétique , entre l’épailfeur fuperieure &c inférieure du mur, &; l’on aura cent trente, qu’il faut multiplier par la hauteur perpendiculaire dudit mur a que je fuppofe de fe toifes h
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- P B. A T i CL U t.
- & l’on aura 780 toifes pour la folidité du mur de courcine AGBF.
- Après avoir mefuré cette courtine, il faut en fuite mefurer l’angle folide rentrant exprimé entre les lignes BF,BL, dont la ligne B L eft élevée du point B, perpendiculairement fur B C , comme B F fur A B : puis il faut mener la diagonale B M , ôc entendre en cette partie , comme en tout ce qui fera dit ci-après, que l’épaiffeur, le talus , & la hauteur du mur , font de même qu’au mur de courtine ci-devant expliqué. Il faut enfuite connoître l’angle rentrant ABC, que je fuppofe de ig8 degrez , auquel angle il faut ajouter les deux angles droits ABF & CBL, de 180 degrez y ce qui fait enfem-ble 188 degrez : il reliera du cercle entier de 360 degrez, 7 z degrez par l’angle FBL, dont la moitié cil 36 degrez pour l’angle LBM, &c l’on aura le quadrilatère BFML, qui eft compofé de deux trian« gles re&angles égaux , dont il y a d’un côté BL, Sc deux angles connus , fçavoir l’angle B LM, qui eft droit , &C l’angle LBM qui eft de 36 degrez 1 il refte à connoître l’angle BML, lequel fera connu en ôtant
- M iiij,
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- Geometrié 36 degrez pour l'angle LBM, de 90 degrez , reliera 54 degrez pour l'angle LMB. Puis pour avoir le côté inconnu M L, il faut faire une réglé de proportion par les lînus en cette maniéré. Comme le lînus de l’angle BML 54 degrez eft au côté BL 16 pieds , ainli le lînus de l’angle LBM 36 degrez, fera au côté ML , il fe trouvera iï pieds7 ou environ par le même côté M L , qu’il faut multiplier par 16, qui eft lepailfeur infe«? rieure du mur,*&: l’on aura i%6 \ pour la fuperfîcie dû quadrilatère B F M L ; car les deux triangles B L M , &; B F M font égaux , laquelle fuperfîcie il faut multiplier par 36 pieds 5 qui eft toute la hauteur du piur,&: l’on aura 672,0 pieds cubes, def-quels il faut fouftraire une pyramide ren^ verfée B K I O B, dont la baie eft le qua-* drilatere BKIO, &: fa hauteur perpendi-culaireBB,3^ pieds, c’eft-à^dire, celle du mur. Pour avoir cette bafe ; comme les cotez BQ, fk BK, font chacun de 6 pieds, qui eft le talus du mur, tk que l’O, fk 1K, font parallèles à LM , & M F, Ton dira par une réglé de proportion : Comme B L 16 pieds, eft à LM 11 f pieds, ainliB O 6 pieds fera à un autre nombre , qui fe trouve être 4I pieds pour QI$ fk comme les deux friangles BOI, tk BKl font égaux, il faut multiplier 4f-pieds par fixs ^ Bon aura
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- P R A T I Q^U EÏ l8y
- pour la bafe de cette pyramide BKIO, qu’il faut en fuite multiplier par 12 tiers de 36, de: l’on aura 315- pieds cubes, qu’il faut fouftrai-re de 6720 , il reliera 6405 pieds cubes, qu’il faut divifer par 216 pieds cubes, contenus dans la toife cube , de l’on trouvera 29 toifes {- 33 pieds cubes pour la folidité re-quife.
- Il fautfenfuite mefurer la partie du mur de flanc BSL Y , mais il faut auparavant de l’angle Y tracer la ligne Y S perpendiculaire fur BS , ou fur L Y , & mefurer B S ou L Y fon égal, que je fuppofede iy toifes, qu’il faut multiplier par 13 pieds, qui eft l’épailfeur moyenne du mur, de l’on aura 327, qu’il faut multiplier par 6 toifes qui cil la hauteur perpendiculaire du mur, le produit fera de i^y toifes cubes pour la folidité du mur de flanc BSLY.
- Après avoir mefuré cette partie du mur de flanc , il faut mefurer l’angle folidc fail-lant SCZY, appelle l’angle de l’épaule du baftion , il faut auparavant du point Y mener fur C D la perpendiculaire Y Z & la diagonale YC , ce qui fera deux triangles çeftangles égaux YZC de YCS, defqucls
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- lî£ G EOMETR.IÏ
- il faut avoir la fuperficie en cette maniéré» Il faut fçavoir la valeur de l'angle SCZ que je fuppofe être de 125 degrez , dont la moitié 6z degrez 30 minutes eft pour l’angle SC Y, l’angle S étant droit vaut 90 degrez, Jesdeux angles vaudront cnfemble 152 degrez 30 minutes ; reliera pour l’angle SYC 2,7 degrez 30 minutes : puis par une réglé de proportion l’on dira ; Comme le finus de l’angle SC Y 6 2 degrez 30 minutes ell au côté S Y 16 pieds, ainli le linus de l’angle SYC 27 degrez 30 minutes fera au côté SC, que l’on trouvera de 8 pieds j ou environ , qu’il faut multiplier par 16 , & l’on aura 133 pieds y pour la fuperficie des deux triangles SC Y &c YCZ qui font égaux, &: qui forment enfemble le quadrilatère Y Z C S, laquelle fuperficie fera la bafe d’une pyramide tronquée dont on aura la folidité en cette maniéré.
- Il faut faire un profil du mur, comme il eft exprimé entre ces lignes AB , CD, dont la bafe fera de 16 pieds, le haut de 10 pieds, &la hauteur de 36 pieds, AC eft le talus du mur qu'il faut prolonger jufqu a ce qu’il rencontre la ligne D B , qu’il faut auffi prolonger jufqu’à ce qu’elles fe coupent en E, fommetdela pyramide,ôcpar l’extrémité du talus A, il faut tirer la ligne AG, parallèle à B D ? laquelle fera perpen-
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- P R i T I Ç^U E,
- diculaire à DG ; alors les deux triangles CG A & ABE feront femblables ; puis par une réglé de proportion l’on dira, comme C G 6 pieds eft à AG 36 peds5 ainfi A B io pieds fera a B E, 8c l’on trouvera 6q pieds aufquels il faut ajouter 90, 8c l’on aura 96 pour la hauteur totale de la pyramide, dont il en faut prendre le tiers 33,qu’il faut multiplier par 13 3 f fuper-fîcie de la bafe, &: l’on aura ^ q.z66jpieds cubes pour la fo~ lidité totale de la pyramide CDE , de laquelle folidité il faut ôter la pyramide E G IA B , dont la bafe GI AB peut être mefurée pour la méthode ci-devant expliquée. Cette bafe fe trouvera de 5:1 pieds tt, qu’il faut multiplier par io tiers de 60 , 8c l’on aura 1041 f , qu’il faut ï>fouftrairede 42667 , il reliera donc 3 2 2 5, qu’j 1 faut divi-fer par 21$, 8c l’on aura 14 ^toifes cubes, 8c 39 pieds cubes pour la folidité de pyramide tronquée AGBZ.
- t.Qn. continuera de mefurer le mur de
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- Ï8S
- Geo met rie
- la face du baftion encre les lignes Y Z V Q^, qui feront perpendiculaires fur GD, Ôc qui feront menées des angles Y &: V. Je fuppofe la longueur Z Q, ou Y V de 50 toiles, qu’il faut multiplier pari toifes-f, moitié des deux épaifteurs fuperieure inferieure dudit mur, & l’on aura 65 pour la fuperficie moyenne Arithmétique entre les deux épaifteurs qu’il faut multiplier par 6 coifes hauteur dudit mur , & l’on aura 390
- r toifes cubes pour lafoli-dité requi-
- iVfc.
- Il faut en-
- fuite mefu-
- rer l’angle folide faillanc de la pointe du baftion contenu entre QDP, par la même méthode qui a été ci - devant expliquée , & afin qu’on la puiffe mieux entendre , je l’expliquerai encore. Il faut de l’angle V mener VP perpendiculaire fur DE, & mener la diagonale VD , &; l’on aura les deux triangles re&angles femblables & égaux V QJD Sc VD P. Pour en avoir la fuperficie, il faut connoître l’angle faillant QD P, lequel je fuppofe de 86 degrez, donc la moitié 4 3 fera pour l’angle QD V, l’angle Qétant droit, il reftera 47 degrez pour l’angle QVD j puis par la réglé de proper-
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- ///! grez cft au coté oppofé QV ! 16 pieds , ainfi le finus de
- B l’angle QV D 47 d. fera au
- A ' /^vT^v----P______________
- 1? R A TI Q^U K. IÉ?
- JS cion l’on dira , comme le fi-nus de l’angle QD V 43 de-
- C
- faut mukipîier par 16 , &:
- côté QD que Ton trouvera êcre un peu plus de 17 qu’il
- l’on aura 171 pieds pour faire des deux triangles re&an-gles qui forment le quadri-
- latère QJV PD.
- Il faut enfuite faire un profil du mur comme ci - devant. La précédente figure Y peut fervir, puifque la même épaifl’eur, hauteur & talus régnent par tout • il faut donc multiplier 2.72, fuperficie du quadrilatère Q V P D par le tiers de la hauteur D E qui eft 3 2,, l’on aura 8704 pieds cubes , dont il faut fouftrairc la pyramide EXTRV , & pour en avoir la bafe qui cft exprimée fur le plan par les lignes VX, T R . L’on fera encore une réglé de proportion en difant , comme V Q 16 eft à QJ) 17, ainfi XV 10 fera XT , que l’on trouvera de 10 j qu’il faut multiplier par 10 , & l’on aura 106 f qu’il faut multiplier par le tiers de BF z o, ôc l’on aura z I z5 pieds qu’il faut fouftraire de 8704 pieds , il reliera ®579 pieds cubes, quidivifez par 116 don-
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- ïÿô' ÊeôMètrïI neront 30 toifes 99 pieds cubes.
- Il refte à mefurer la derniere face dti baftion exprimée entre les lignes PV, ENS que je luppofe être de même longueur $ épaifteur &; hauteur que l’autre face V Y Z ci-devant expliquée ; 6c par confé-à quent elle contiendra 390 toifes cubes .• ainfi en ajoutant toutes ces inefures en-femble, on trouvera que le mur de rem^ part ABCDE contient 1830 toifes 9 pieds cubes.
- Comme ces exemples peuvent fer vir à mefurer toutes fortes de murs de rempart en talus j il n’eft pas néceflaire d’en dire davantage fur ce fujet, parce que ce ne feroit qu’une répétition inutile. Je donnerai feulement la maniéré de toifer quelques murs en talus des plus difficiles à mefurer.
- Mefurer un mur de talus & en rampe.
- SOit propofé à mefurer le mur de talu§ ABCDE , je ne parlerai point de la. partie qui eft droite , parce que je l’ai a{Te:z expliquée ci-devant. Il n’eft queftion que de la partie rampante 6c en talus ; la figure montreaflez comment cela fe peut faire :cat elle réduit le mur rampant en deux parties s l’un en un triangle re&angle folide , qui eft un prifme triangulaire qui a les deux
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- Pl a t r c^tr è. î$t
- plans EKD & ALO parallels , & 1 autre partie eft une pyramide dont la bafe eft B C O L, &; fa hauteur L A , il faut toifer en premier lieu le triangle redan-
- gle folide, dont je fuppofe que la bafe L O DK, eft de iy toifes de long, fon épaif. feur L K ou AE io pieds 3 fa hauteur perpendiculaire L A ou E K 6 toifes, en multipliant iy toifes par io pieds, Ton auraay toifes pour la bafe LO DK, qu’il faut multiplier par la moitié de AL qui eft 3 toifes, &c l’on aura 71 toifes pour la folidité du triangle redangle folide ., refte la pyramide dont la bafe BCOL a iy toifes de long fur 6 pieds de large ; ce qui fait 1 y toifes en fuperficie , qu’il faut multiplier par le tiers de LA, qui eft z, & l’on aura 30 toifes pour la folidité de la pyramide ABLOC, qu’il faut ajouter à 7y toifes , & l’on aura 105 toifes cubes pour la folidité du mur rampant A B
- C D E,
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- Mefmer un mur circulaire & en talus«
- Ette propoficionj eft pour mefurer les orillonsdes baftions qui font faits en
- rond &: en talus, comme la partie du mur AB CD G* Il faut mefurer la partie A H LRD comme feparéedu talus HBCR. Je fuppofe que la portion HL R foit de iy toifes de circonférence , &; la portion intérieure AGD de 9 toifes. Il faut ajouter enfemble les deux circonférences qui font 14 toifes, dont il en faut prendre la moitié iz pour la circonférence moyenne Arithmétique , laquelle il faut multiplier par
- l’épaifleur du mur par le haut AH ou DR, s> l. que je fuppofe être 10
- pieds , &: l’on aura 10 toifes pour la fuperficie AHRD, qu’il faut multiplier par DO ou IR
- 5 hauteur perpendiculaire que je fuppofe de 6 toifes, & l’on aura 12,0 toifes cubes pour la fo-lidité de la portion AH CR : il faut en fuite pren-
- Ar
- B
- dre la circonférence BEC dehors du talus, que je fuppofe être de 17 toifes qu’il faut ajouter avec la circonférence HLR de ij
- toifes,
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- P R A T 1 U g. ï$$'
- tôifcs, &: Ton aura 31 toiles, dont la moitié t6 fera la moyenne Arkhmedqüe, qu’il faut multiplier par 6 pieds,qui efl le talus H B ,ou RC, & l’on aura ië toifes en fuperficie p(^jr la bazedu talus HBCR, laquelle fuperficiô il faut multiplier par la moitié de RI, hauteur perpendiculaire du mur,qui eft 3 roifes, & l‘on aura 48 toifés cubes pour la iôliBicé du talus qu’il faut ajouter avec no , &; l’on,' aura 168 toifes cubes pour la folidité totale dumurpropofé#
- Lés murs de parapet font ordinairement: toifes à toifes courantes,c’eft-à-dire,que l’on toife la longueur feulement fans avoir égard à la hauteur ni à l’épailfeur, mais l’on fait un prix particulier pour ces fortes de murs s neanmoins l’on a pris'la méthode depuis quelques années de réduire tous les ouvrages de fortification à la toife cube * même jufqu’atix faillies &: moulûtes * s'il yen a * toutes ccs réductions peuvent être entendues par ce qui vient d’être expliqué pomt les murs des remparts# • , .
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- i?4
- G E omet Kl È
- MEMOIRE POVR TOISER ®les terres cubes de hauteurs inégales far rapport à un plan de niveau ou en pente.
- LA mefure des terres cubes eft ce qu'il y a de plus difficile dans le toifé,fur tout quand le deflus des terres eft fort inégal j Sc quelque habile qu’on foit dans la Géométrie, il eft prefque impoflible d’operer jufte; Ton ne doit s’en rapporter qu’aux perfonnes qui pofledent la théorie de la pratique en perfe&ion.
- Quand on coupe des terres d’inégale hauteur, on fuppofe ordinairement un plan de niveau ou en pente, c’eft-àdire, une aire droite d’un angle à l’autre -, ce plan fait con-noître l’inégalité de la hauteur des terres * de pour voir cette inégalité, on laifle des témoins qui font des endroits qu’on laifle de diftance en diftance , où la hauteur de la terre coupée eft confervée ; puis quand on veut faire le toifé , l’on mefure routes ces différentes hauteurs que l’on ajoute enfem-ble, & que l’on divife enfuite par la quantité des témoins pour en faire une hauteur commune,que l’on multiplie par la fuperfleie de
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- P K A T it^ti Ë. ^ l'aîre Contenue dans les terres coupées pour en avoir le cube.
- Cette méthode feroit bonne i fi Ion obier voit de biffer des témoins en égale difl tance ,& que le deffus de la terrefûtunplaii droit j alors on pourroit s’affurer que l’on a opéré autant jufte qu’il eft poffible s mais le deffus des terres n’eft pas toujours un plan fort droit, il eft fouvent courbe & inégal * &: il arrive que le toifé que l’on en fait , eft plus grand que la quantité des terres coupées , parce qu’on laiffe plus de témoins dans les endroits les plus élevez > que dans les endroits bas.
- Pour opérer autant jufte qu’il fe peut, il faut mefurer les terres partie à partie , c’eft-à-dire, que dans un grand toifé, quand on Voit une partie de terre > dont le deffus eft à peu près d’égale pente ou de niveau, il faut toifer cette partie à part, & en faire autant au refte à peu près en cette maniéré. Je fuppofe qu’en l’efpace AB CD > le deffus de la terre foit félon les courbes diagonales CGHUKO ôc RMN LPSD , &: que AB CD, foit un plan de niveau ou en pente , félon lequel plan la terre doit être coupée, il faut avant de rien couper marquer les témoins en égale diftance fur la pente des terres, félon deux diagonales, ou pat d’autres lignes, en forte qu’il s’en
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- 796 GEOMETRIE
- trouve autant dans les endroits hauts que dans les endroits bas ; puis quand les terres feront coupées, l’onmefurera la hauteur de tous les témoins par rapport au plan ABCD, $ç l'on ajoutera enfemble toutes ces différentes hauteurs , la fomme defquelles l’on divifera par le nombre des témoins , donc le quotient fera la hauteur commune que l’on -multipliera- par la fuperficie ABCD, 6c l’on aura la quantité des terres cubes re-quifes.
- E X E M P LE
- Ayant difpofé les témoins de la manie*
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- Pratique. 197
- re dont je viens de l’expliquer, l’on mefure-ra lafuperficie de l’efpace ABCD , laquelle je fuppofe de io toifes en quarré, ce qui fait 100 toifes en fuperficie : il faut enfuire me-furer la hauteur de tous les témoins, que je fuppofe être au nombre de 2.3 , en comptant les extrêmitez, quoiqu’ils foient à rien > car ils doivent tenir lieu de trois témoins, comme trois termes où je fuppofe qu'aboutit le delfus des terres ; 6c je compte auffi. trois témoins à l’extrémité de la coupe des terres : il faut mettre la quantité des pieds 6c partie des pieds ou pouces de chacun des témoins dans un ordre dont on en puifle faire f addition , & faire abattre ces témoins à mefure que l’on en prendra la hauteur, 6c afin de le mieux diftinguer , je les ai marquez par lettres alphabétiques, 6c je les ai tous chiffrez, comme on le voit par la figure fuivante jOÙ je rapporte les mêmes Jettres 6c hauteurs fur deux colomnes.
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- ï5î8 G E 0 M E T Ri E
- Témoins , . leur hauteur. Témoins , - . leur hauteur.
- R 4pi, £ I y pi. l
- Q. 4 X 4 P 4 i
- d 3 jl_ T K 4 i
- c © y 4
- M 5 i t s 3
- / 4 T 0 4 ,
- G 4 z» 3 *
- N 5 1 * & 3
- H y D ©
- b 4 1 T T
- b 4 ^
- L 6
- a 4 t
- A? O
- y 6 pieds i 3 a pieds.
- L’on trouvera que la fomme de tous les témoins eft 88 pieds i qu’il fautdivifer par 2f, qui eft le nombre des témoins, compris les extrêmitez, comme je l’ai dit, &; l’on aura 3 pieds 10 pouces pour la hauteur commune 3 qu’il faut multiplier par les 100 toifes de fu-perficie de la place propofée ,& l’on aura 63 toifes 782 pieds cubes pour toutes les terres çoupées dans 1’efpace ABC D.
- Quand les terres font coupées fur un plan en pente > il faut mefurçr la hau-
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- P R A T I <^U E. I99
- teur des témoins par une ligne menée d e-querre fur ledit plan, comme fi les terres étoient coupées iuivant le plan en pentere-préfenté par la ligne AB, il faut mefurer le
- témoin C, fuivant la ligne DE , menée d e-querre fur A C , &: non pas fuivant la ligne EF, qui eft plus longue que ED, ôc qui efF à plomb fur un autre plan.
- N iiij;
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- %dq Geo m e t r i e
- DE LA Ç MA R F E NT ER JE.
- COmmc la Charpenterie eft une des principales parties de celles qui font la compofition desbâtimens, il eft neceflai* re de bien fçivoir ce qu’il faut obfèrver pour en faire une bonne conftru&ion, L’on croie même que les bâtimens. des premiers fiçcles n’écoient que de charpenterie, 8c quetoute l’Archit v dure n’a été fotmée que fur ridée de fes premiers modèles, au rapport même de Vhruvej ce qui paroît aflez vrai-fem-biable par les exemples 8c les comparaifons qu’il en donne dans fon premier Livre d’Ar-chiredure.
- Les principales parties de la Charpenterie qui encrent dans la compofition des bâtimens , font les çombles, les planches, les bans de hois , les cloifons , les efcaliers, 8C principalement ceux que l’on appelle de dégagement ou dérobez 5 car aux grandes maifons l’on y fait les principaux efcaliers de pierre de taille: Ton y pourroic aufli comprendre les pilotis pour faire les fondemens des maifons que l’on eft obligé de faire dans les mauvais ter reins -, mais cela n’eft pas fi ordinaire, 8c j’en ai parlé dans la con-ftriidion4çs murs ; je ne parlerai ici que
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- Pratique; zor
- des ouvrages de charpencerie qui regardent feulement les bâti mens.
- Comme les combles font les principaux ouvrages de charpenterie, à caufe qu’ils fervent à couvrir les maifons, &, que l’on eft fi partagé fur les différentes proportions & fur la forme qu’on leur doit donner ; ce qui fe voit afTez par tous ceux que l’on a faits te que l’on fait encore tous les jours ; j’ai cru que je devois m’étendre un peu fur cette matière, quand même je fortirois de mon fujet, te que je devrois donner les remarques que j’y ai faites, afin que chacun ait lieu d’en juger.
- Il eft à préfumer que l’origine des combles eft aufli ancienne que le monde, &: puifque les hommes ont de tout temps eu befoinde fe mettre à couvert des injures du temps , même dans les climats les plus temperez ; Vitruve nous rapporte dans fon deuxième livre d’Archite&ure diverfes maniérés dont les premiers hommes fe mettoient à couvert ; mais il ne nous a laiffé aucune mefure certaine de là hauteur que les anciens don-noient aux combles des maifons qu’ils bâ-tifloient dans les différents climats, par rapporta la largeur de fcs maifons : tout ce que nous en pouvons Juger en générai , eft qu’ils leur donnoient plus de hauteur dans les pays froids à caufe que les vents, les pluies & |e§ neiges y fpnt plus fréquents que dans
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- 202, G E O ME TRI E
- les païs chauds, où les mêmes injures du temps font beaucoup plus rares , comme dans l’fcgypte de dans l’Arabie , où il pleut rarement, de même dans la Grece de dans Fltalie, en comparaifon des Gaules où les injures du temps y font infupportables. Tout ce que nous pouvons juger de la hauteur des combles des Anciens , eft la hauteur des frontons que Vitruve donne dans ion quatrième Livre de l’Archite&ure, qùi font vrai - femblablement la hauteur des combles dont on fe fer voit dans la Grece , où cet Auteur a fait fes études 5 parce que iês frontons doivent repréfenter les pignons ou les bouts des combles ; ce qui peut même être prouvé par les anciens Temples que l’on y voit encore à pré-fent. Il donne ordinairement à la hauteur de fes frontons une neuvième partie de toute la longueur de la platte-bande : mais cette proportion patoît un peu haute. C’eft pourquoi Serlio Architede Italien a donné une autre réglé que l’on ne met plus en ufage , de qui réu/Tit mieux; il donne à toute la hauteur du fronton , compris la corniche, l’excès dont ladiago-nale furpaffe le coté d’un quatre , qui eft fait de la moitié de la longueur de la platte-bande du même fronton. C’eft à peu près dans cette proportion que l’on fait les
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- Pratique, 2,o3
- combles en Italie & dans d’autres païs qui (ont dans un pareil climat. Mais cette proportion ne doit pas en général être mi-fe en ufage dans les païs froids, à caufe, comme j’ai dit, des vents , des pluies ôc des neiges qui y font incomparablement plus fréquents, comme dans la France, où il faut necdïairement élever les com« blçs plus hauts que dans les païs chauds ; mais on les a élevez û exceffivement, qu’ils en font ridicules, fur tout dans les anciens bâtimens , où l’on a vrai-femblahlement retenu l’ancienne hauteur des combles, qui n’éfôienc couverts que de joncs ou de pailles comme du temps que Jules Céfar conquit les Gaules j ainli qu’il l’a remarqué dans fes Commentaires : & il eft certain qu’il faut plus d’égoûr à ces fortes de couvertures qu’il n’en faut à la ruille, ni à l’ardoifedont on s’eft fervi depuis. Et comme les ouvriers n’ont peut-être pas eu cette confidération, cela a pu palfer jufqu’à nous comme par tradition, en fuivant l’exemple de ces anciens combles de pailles de joncs.
- Et quoiqu’il y ait eu en France depuis deux * cens ans de fort habiles gens dans rArchicedure, ils ne fe font: néanmoins pas avifez de corriger entièrement cct abus, La première corredion que nous en pou-
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- 204 Geo ME T RI B
- vons voir ,eft au comble de la partie du Louvre qu’a fait bâtir Henri II. où l’on voir que l’Architede trouvant peut-être que le comble qu’il avoir fait fur fon deflein, lui paroif-foit trop haut par rapport à la hauteur de la façade du bâtiment fur lequel il devoir être pofé , s’avifa d’en tronquer le haut, &: de le couvrir en façon de ter rafle avec du plomb élevé un peu en dos d ane. Et c’eft peut-êcre à certe imitation que feu M. Manfart en a fait de même au Château de Maifons, & ce qui peut lui avoir donné lieu de faire les combles brifèz, que l’on appelle vulgairement les combles à la Manfarde, dont nous parlerons ci-après.
- M. Manfart n’a pas été le lèul qui ait tronqué fes combles, à l’exemple de celui du Louvre : L’on peut remarquer que le comble du Château de Chilly , dont M. Metezeau a été l’Architede, eftauflide cette maniéré, & qu’il a même été fait avant celui de Maifons. Il peut y en avoir en d’autres endroits qui n’ont pas été remarquez ; mais ce que l’on peut croire en cela, eft que les Architedes n’ont tronqué les combles, que parce qu’étant faits par les anciennes réglés dont ils fe fervoient, ils les trouvoient trop hauts, par rapport à la hauteur des ^ bâtimens fur lefquels ils étoient
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- P S. Â Tl ClU %. 2,0$
- Nos anciens Archite&es François ne nous ont point donné d’autres réglés certaines & déterminées de la hauteur donc Ils avoient coutume de faire leurs combles , par rapport à la largeur de leurs bâtimens, que ce que nous voyons par tradition de ce qui refte des anciens bâtimens. Ceux que j’ai remarquez de meilleure Architedure, ont autant de hauteur que tout le bâtiment a de longueur hors œuvre î c’eft-à-dire, que fi le bâtiment a fix toifes de largeur, le comble doit avoir £x toifes de hauteur-, cequieftune élévation exceffive. Il y en a d’autres qui fefont plus modérez; ils n’ont donné de hauteur à leurs combles , que le' triangle équilatéral , dont les cotez font toute la largeur du bâtiment -, c’eft - à - dire, que prenant cette largeur ils en ont fait la longueur penchante du comble. Voilà à peu près les réglés générales dont les meilleurs de nos anciens Archite&es fe font fervis, & même ceux de ce fiécle. Il peut y avoir des combles d’autres proportions ; mais ceux que je viens de marquer , m’ont paru le plus en ufage.
- La trop grande hauteur des combles a caufé encore un grand abus,qui eft qu’étant beaucoup élevez l’on a voulu taire des logemens au-dedans , &: pour cela il a
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- Zoé G É O U E TRI Ë fallu faire des lucarnes pour les éclairer* ces lucarnes font devenues fi ordinaires, que Ton a crû qu’un bâtiment ne pouvoir être beau fans y avoir des lucarnes, 6c même autant qu’il y a de croifées dans chaque étage y 6c aufli grandes que ces croifées. L’on a orné ces lucarnes de pilaftres , de frontons de différentes maniérés, avec beaucoup de dépenfe j on les faifoit ordinairement de pierre de taille aux grands bdcimens j mais à préfent on les fait plus communément de charpenterie recouverte d’ardoife ou de plomb, aux combles qui font couverts d’ar-doife ; mais à ceux qui font couverts de mille , on recouvre la charpenterie des lucarnes de plâtre.
- Il n’y a pas d’aj§parence que ceux qui connoiffent labohftë Archite&ure, puiffent approuver lés lucarnes j car c eft une partie qui eft comme hors d’œuvre, 6c qui ne peut entrer dans la compofition d’un bâtiment fans en gâter l'ordonnance , fur tout quand elles font grandes 6c en nombre ; car outre que cet ouvrage eft au-def-fus de l’entablement , 6c par conféquent hors d’œuvre, il eft contre la raifon qu’il y ait des ouvertures confidérables dans la couverture d’un bâtiment ; 6c puifque cette couverture n’eft faite que pour mettre la maifon à couvert, 6c qu’il femble
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- qu'il n’eft pas raifonnable qu’il y aie des trous dans une couverture, outre ceux qui doivent donner de l’air de du jour dans les greniers , que l’on appelle ceils de bœuf, qui ne gâtent point la figure des toits. Si fon objecte qu’il faut des lucarnes pour monter les foins de autres chofes de cette nature dans les greniers , l’on peut répondre que l’on ne met point de foin dans les greniers des bâtimens confidérâbles; on le met dans les greniers des bâtimens de balles cours.
- Les lucarnes ont encore attiré un autre abus qui eft contre la bonne Architefture $ creft que quand on veut faire des logemens confiderables dans les combles, on le donne là licence de couper les entablemens au droit dëà lucarnes, pour avoir la liberté de voir de haut en bas : cette licence eft une chofe ridicule, &; entièrement contre le bon fens $ car rèntablement doit être le couronnement de tout le bâtiment, auquel on ne doit faire aucune brèche par quelque neceflité que ce puifte être. C’eft pourquoi il ne peut y avoir que des ouvriers les plus grofliers qui puiffent être capables de faire cette faute.
- L’011 pourra objeêter à>.tout ce que je viens de dire, que le dedans des combles donne de grandes commoditez , de que
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- aoS Geo met ni e ceft perdre ces commoditez, que de n’a-^ voir pas la liberté d y faire des lucarnes pour les éclairer. Ileft vrai que fi l’on veut faire des combles aulli hauts comme les anciens, Ion perdra de la place, mais fi on veut modérer cette grande hauteur, &: faire des combles plus plats, Ton pourra retrouver ces logemens dans un étage en Attique , que l’on peut faire au lieu des combles fi élevez. Si on veut bien examiner la chofe , &, fe déprendtede l’accoutumance de voir des combles fi élevez , l’on y trouvera peut-être plus jde beauté moins de dépenfe. À l’égard de la beauté, j’ai déjà fait voir que les bâtimens des anciens Grecs , qui font ceux qui ont perfe&ionné l’Archite&ure, n’a voient des toits que de la hauteur des frontons s ce que l’on pratique encore par toute l’Italie, où font les plus beaux bâtimens. Pour la dépenfe , fi l’on veut examiner ce que cou* te un grand comble plus qu’un comble plat, foi't en charpenterie, en couverture, en lucarnes, en lambris, &c en exhaulfe-ipens fous le pied des chevrons ; je m’af* fîire que l’on trouvera peut-être plus de dépenfe que d’élever un petit étage quar-ré ; ôc outre cette dépenfe l’on aura pour incommodité le rampart des jambes de forces ôc de chevrons, ce qui ote toutes
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- Pu A TI Q,UE. 2,02
- les commodités des logemens en galetas, & par-deffus cela ces mêmes logemens feront fortbrulans en Eté , à caufe que le Soleil échauffe beaucoup l’ardoife &c la tuille , 8c fort froid en hyver par des raifons contrai» res.
- Je ne prétens point par toutes mes raifons combattre ceux qui croyent que les combles font un ornement aux bâtimens 5 car je n’en difeonviens pas abfolument , quoique je pourrois dire que cela peut venir de l’habitude ; &c puifque les bâtimens d’Italie, qui paffent pour beaux,ont des combles qui ne paroident point, ou fort peu. A cela, on peut dire qu’il y a une rai-fon de ne les pas voir en Italie, puifqu’ils n’ont que faire d’être fi élevez, & une autre raifon en France de les voir, puifqu’ils ont befoin d’être plus élevez : ainfi chaque pais peut avoir fa raifon, par conféquenc fa beauté différente.
- Mais afin de n’être pas en France fi différens de l’Italie fur la hauteur des combles i je croi que l’on peut modérer leur trop grande hauteur , à ceux par exemple qui ne font point brifez ; au lieu de leur donner en hauteur toute la largeur du bâtiment , comme ont fait nos Anciens. J’eftime qu’il feroit mieux de ne leur donner que la moitié de cette
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- mo Geo m e t r î e
- hauteur \ Ton fera par ce moyen des combles en équerre , qui feront à peu près en moyenne proportionnelle Arithmétique, entre les combles d’Italie qu’on ne voit point, Sc nos anciens combles, je croi même que dans des occafions où il y a lub-jeélion, qu’on peut ne leur donner en hauteur , que les J de la moitié de toute la largeur du bâtiment ; fi l’on objeéte que cette proportion eft trop plate , 8c que le vent pouffera la neige &: la pluye par-dek fous les tuilles 8c les ardoifes, à cela je réponds deux chofes , l’une qu’il faudroic que le vent vint de bas en haut, au moins d’un Angle égal à celui du comble, ce qui n'arrivera pas , &: l’autre que la partie tronquée des combles à la manfarde dont on fe fert, font beaucoup plus bas, quoique cette partie couvre plus des trois quarts du bâtiment , ainfï donc il n’y a rien à craindre des injures du temps pour rabaiflemenc des combles que je pro-pofe, par les raifons & les exemples quej’en donne.
- Mais afin qu’on püifiTe mieux connoître toutes les différences des combles tant des Anciens que des Modernes, je croi qu’il eft bon d’en faire voir les profils , pour mieux juger des raifons que je viens de dire j le comble A , eft de la plus grande
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- / A
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- P ît A t I E. 2,11
- hauteur de ceux des anciens, l’on prend tou-E te la hauteur du bâti-
- ment, pour la hauteur depuis rentabiement, jufqu’au faille, comme h le bâtiment a 6 toifes hors oeuvre de B en C, l’on met ces mêmes 6 toifes de D en E, pour la hauteur du comble.
- Le comble B, eft la fécondé maniéré de ceux des anciens , qui font un triangle équilatéral, c’eft à-dire , que les deux pans de couverture font chacun égaux à la largeur de tout le bâtiment hors œuvre, comme fi le même bâtiment a G toifes hors œuvre, de E en F, on donne les mêmes 6 toifes de E} ou de F en H, cette hauteur eft plus modérée & plus fupportable que la première j mais elle eft encore trop haute, cette grande hauteur furcharge les murs , & augmente la dépenfe fans neceffîcé.
- Ceux qui ont tronqué cette trop grande hauteur des combles, fe font le plus
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- âU GEOMETRIE
- ordinairement fervis des plus élevez J comme le comble A, à ceux que j’ai remarquez que Ton a voulu donner meilleure grâce, Ton a divifé à peu près en deux parties égales , toute la hauteur du comble pour la hauteur du brifé, &: Ton a fait le deflus fort plat, comme h le comble a 6 toifes de hauteur , l’on met trois toifes de C en F j pour la hauteur du brifé , puis Ton a divifé F G, moitié de G«H en deux parties égales , dont on , en prend une pour la hauteur de F en K. Voilà à peu près la forme de ceux que j’ai remarquez , que l’on a voulu faire d’abord pour les mieux.
- Comme les combles brifêz font venus fort à la mode en France, chacun en a voulu faire à fon goût & à fa maniéré, &: l’on n’a pas toujours fuivi la réglé que je viens de dire > il y en a qui ont donné beaucoup plus de roideur à la première partie de leurs combles , que l’exemple que je Aiens de donner > ils onr à peu près fuivi la même hauteur du brifé, ceft à-dire , qu’ils ont donné autant de hauteur
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- P R A T I Q^U E., Zi$
- âu brifé , que la moitié de tout le bâtiment , puis ils ont divife cette même hauteur en trois parties égales > dont ils en ont donné une pour la pente de lapre* miere partie du comble ,• comme fi, par exemple ,. le bâtiment a 6 toifes de largeur de A en B hors œuvre, Ton en prend la moitié qui eft trois toifes * pour la hauteur du brifé C D , l’on divife cette hauteur en trois parties égales, dont on en prend une pour la pente de la couverture, comme fi le comble a 3 toifes de B en H, l’on en prend une que l’on met de H en D. Et pour la hauteur de la partie tronquée, Ton divife G D en deux parties égales , dont on en prend une que l’on met de G en F. Voilà à peu près comme l’on fait ces fortes de profils de comble, donc la première partie eft fort roide, & l’autre partie eft fort plate , &: cette partie plate couvre les deux tiers de la maifon, ainfi on ne doit pas rebuter les combles plats, & puifqueceux- ci font dans laplus grande partie plus plats que ceux d’Italie*
- Après avoir fait toutes ces remarques fur les combles, il faut tâcher de trouver
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- 2,14 GEOMETRIE
- des réglés par le moyen defquelles on eü puifle fixer la hauteur, autant qu’il eft pof-fible , fur quoi il faut confidérer deux cho-fes principales , dont l’une regarde la ne-celïité d’élever un peu les toits en France, par les raifons que j’en ai données, &: l’autre raifon eft, que Ton doit avoir égard à la hauteur des combles , par rapport à la hauteur quarrée des bâcîmens fur lef. quels ils font pofez ; car je trouve par exemple, qu’il eft ridicule qu’un corps de logis qui auroit fix toifes de largeur hors œuvre, & qui n’auroit que trois toiles de hauteur julqu’à l’entablement , d’y mettre un comble aufli haut que fi le même bâtiment avoit huit ou neuf toifes de hauteur* car fi le corps de logis a fix t ilès , 6c qu’on lui donne la moindre hauteur que l’on donne à préfent qui eft l’équerre, ce comble aura trois toiles de couverture , c’eft-à-dire , autant de hauteur au comble que de hauteur quarrée j au lieu que dans l’autre fuppofition un comble de trois toifes de haut lùr huit ou neuf toifes de quar-ré ne pourra faire qu’un bon effet; il fem-ble que l’Archite&e doit faire cettç réflexion fur tout aux bâcîmens de conlequen-ce, où les combles doivent faire partie de la beauté.
- Mais pour en revenir à une réglé mo«
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- P R A T I Q^Î7 E. 2.IJ
- dérée, j*ai crû que celle de faire les combles d’équerre étoit la meilleure , par toutes lesraifons que j’en ai données, la pratique en eft fore ai fée ; ayant la largeur hors œuvre du bâtiment, il faut prendre la moitié de cette largeur , & la mettre fur la ligne à plomb du milieu , &; tirer les deux pans du comble : comme fi la lar-X> geur AB, eft fix
- toifes, il faut mec* / \ tre trois toifes de G
- J j en ^ » & tirer ^es
- ^^ gnesDAôd DB,pour les pans du comble d’équerre ,car l’Angle D au demi cercle eft droit.
- Il y a des occafions où Ton pourra faire les combles plus bas que l’équerre, comme je l’ai ci-devant dit de J de la moitié de leur largeur , comme Tî C B, moitié de A B eft trois toifes qui valent 18 pieds , il faudra mettre iy pieds de C en E, &: tirer E A de E B pour les deux pans du comble.
- Si Ton veut faire des combles brifez, èc en modérer la grande hauteur, Ton peut les renfermer dans un demi - cercle en cette maniéré , ayant fuppofé la largeur de-tout le bâtiment de 6 toifes com-
- me ci-devant, & mené la ligne à plomb
- O iiij
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- Ge o m e t rie
- C,
- $3-de CBD, & dm-* fer les quarts CB,
- &: B D, en deux parties égales aux points E F, & mener la ligne E F, qui fera la hauteur dubrifé; puis pour la partie fupérieure* il faut mener les lignes B E Ôc BF, &; l’on aura le profil d’un comble brifé fait dans un demi-cercle.
- 3e me fuis beaucoup étendu fur la forme des combles , parce que j’ai cru que la chofe étoic d’une afifez grande confê-quence pour en parler à fonds 5 &: détromper le public de beaucoup d’erreurs que l’on y fait ; mais il eft auffi nécefiairè de fçavoir lajmaniere de les bien conftrui-re. Cette conftru&ion a rapport à deux choies principales, l’une à la quantité & à J a groifeur , 8£ l’autre à l’aifemblage des bois ; pour la quantité & pour la grofifeur, l’on peut bien ici en dire quelque chofe ; mais pour Faifemblage cela demanderoit un traité entier de l’Art de Charpenterie , & ce feroit fortir de mon principal fu-jet, à moins qu’on ne voulût prendre pour l’aflemblage la difpofidon & l’arrangement des bois marquez par les profils que j’en
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- P R A T I Q^Ü E. ’ H J
- donnerai -, pour la grofleur des bois , ils doivent avoir rapport à leur longueur Sc à leur ulage ; Ton peut dire en général que l’on met trop de bois en quantité Sc en grofleur dans les combles , cet excès cau-fe deux chofes dommageables, dont l’une eft qu’il en coûte davantage , l’autre que les murs en font plus chargez; à l’égard de la grofleur des bois, l’on peut fçavoir que ceux que l’on emploie aux combles , n’ont pasbefoin d’être fl gros, par rapport à leur longueur, que ceux qu’on emploie aux planchers, car ceux-ci font pofez de niveau, &: fouffrent beaucoup davantage que ceux des combles qui font inclinez ; 8C on ne doit pas douter, quune piece de bois pofée debout, ne porte fans compa-raifon plus dans une même grofleur SC longueur, que fi elle étoit pofée de niveau , en forte que fuppofant qu’une piece de bois puifle porter , par exemple , 1000 étant pofée de niveau , Sc qu’étant pofée debout, elle porte 3 000. fi on l’incline d’un demi angle droit, elle doit porter zooo. SC ainfi des autres angles plus ou moins inclinez à proportion.
- L’on fait les combles de diflérens af-fèmblages , félon leurs grandeurs différentes, & les obfervations que l’on eft obligé d y faire , je donnerai pour exemple
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- 410 GEOMETRIE on comble en équerre, donc la largeusf dans œuvre fera foppofée de 47 pieds * qui eft une largeur proportionnelle entre $ toifes & 6 toifes , qui font les dans-œuvres les plus en ufage des maifons ordinaires , les combles font faits par travées qui font ordinairement de 9 en 9 , ois de i4 en 14 pieds , à chacune de ces travées l’on y faic des fermes, chaque ferme eft pofée fur une piece de bois que l’on appelle tirant, ce tirant peut aufîi fervirac poutre pour porter un plancher , comme file tirant A porte un plancher, il doic avoir à peu près ij à 19 pouces de gros y pofé fur le champ. Les arbalefliers. BB , doivent être un peu courbez par de (fus, ils auront à peu près 8 à 9 pouces de gros y rentrait C 8 a 9 pouces, les liens ou aiffe-Jiers D D à 8 pouces, le poinçon E 8 pou. ces, les contrefiches F F 6 à 7 pouces, fi la travée a 14 pieds, le faille aura 6 à $ pouces, les liens du poinçon fous le faille y à 7, les pannes 8 pouces , les chevrons font ordinairement de 4 pouces en quar-ré , & font pofez de quatre à la latte ; l’on met des plâtres-formes for l'entablement pour pofer le pied des chevrons, ces plates-formes doivent avoir 4 à S pouces 9 on les met par fois doubles avec des en-tre-toifes & avec des blochets, & quand
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- P R ATïQ^U Ë,
- ^entablement a beaucoup de faillie l’on met des coyaux N N > pour former l’égoùt du comble, ces coyaux font des bouts deche* vsons coupez par le bout en bezeau.
- L’on peut faire le même comble avec des jambes de force, jufques fous l’entrait au lieu d’arbaleftiers tout d’une piece, cela dépend défaire de bons affemblages, comme il eft marqué par cette figure B 5 il faut que les jambes de force C , foient courbées par-defliis &: ayent 9 à 10 pouces de gros pofées fur le champ, l’entrait E, 8 à 9 pouces , les liens ou aiffeliers DD , 8 pouces, le poinçon F, 8 pouces en quarré, lès arbaîeftiersGG, 6 à 8 pouces, les contrefiches HH» j à 7 pouces , & tout le refte peut être comme dans l’exemple ci-devant.
- Si les dans-oeuvres font plus ou moins grands que ceux que j’ai fuppofez , il faut
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- %1Q
- G E O M E T RIE1
- que les bois des combles foienc plus ovt moins gros à proportion.
- La conftrudion des combles brifez ;n’efë pas beaucoup différente de celle des combles droits, l’on ne peut mettre que des \ mbes de forces au premier pan, comme AA, ainfi qur’il eft marqué par le profil
- de cette ferme *, ces jambes de forces doi? vent avotr 8 à 9 pouces de gros, & doivent être pofêes hc afïemblées fur le tirant
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- P R A T i Q. U Bi lit'
- B,lequelaura 15 à 19 pouces, parce qu’il porte un plancher,je fuppofe toujours un dans* œuvres de 27 pieds, rentrait D doit avoir $ à 9 pouces, pofé fur le champ, les aiffêliers E £ 7 à 8 pouces , le poinçon 8 pouces, les arbaleftiers GG 7 a 8 pouces,fi la travée a il pieds , la panne du brifc aura 7 à8 pouces, les autres pannes & failles auront les mêmes grofleurs qu’aux combles ci devant.
- 11 y auroit beaucoup de chofesà dire fur la grofleur que les bois doivent avoir par rapport à leur longueur & à leur ufage, quand même on les fuppoferoit généralement tous de même qualité , ce qui arrive rarement. Cette qucftion ne peut pas être relolue par les réglés de la Geometri'e , parce que la connoilfance de la bonne ou mauvailè qualité des bois appartient à la Phyfique, ainfi il faut fe contenter de l’expérience, avec laquelle on peut donner quelques réglés pour les différentes grofleurs des poutres, par rapport àjleur longueur, fup-pofant néanmoins que la charge n’en foit pas excejÜve, comme quand l’on fait porter plufieurs cloizons & planchers l’un fur l’autre à une même poutre, ce que j’ai vfy en plufieurs endroits , ce qu’il faut abfo-lument éviter. Voici une Table pour avoir la groffeur des poutres , fuivanc leur longueur ^donnée de crois pieds en trois pieds,
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- %%i G E O M ETRIÊ
- depuis ii jufqu a 42 pieds, laquelle Table a cté faite par une réglé fondée fur l'expérience, dont chacun fe pourra fervir comme il le jugera à propos pour fon utilité.
- Longueur des poutres» leur largeur leur hauteur.
- Une poutre de 1 z pieds aura x 0 pouces fur 1 z pouces.
- i y pieds. II *3
- 18 p. II U
- 11 p. 13 16
- 14 p. 1%
- 2,7 p. 1 s 19
- 3® P* 16 it
- 33 P* 17 12,
- 36p. 18 *3
- 35>P« 19 24
- 42, p. 10
- L’on connoît par cette réglé qu’il faut Çüe les poutres ayent toujours plus de hauteur que de largeur à peu près du y au 6, parce qu’il y a plus de parties qui refiftenc au fardeau.
- DES FLANC HE R S.
- T\E tous les Bois que l’on employé 1 J aux Bâtimens, celui des planchers fouftre le plus, parce qu’il eft pofé de »i«
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- P R À TI E# i2LJ
- Ireau , c’eft pourquoi il faut avoir foin de le choifir de bonne qualité, & même à cau-fe que les planchers font la plupart larges &: recouverts de plâtre par - aefliis U. par - deflous, l’on ne prend pas aftez garde à y mettre des foiives qui foient de bois bien fec 5 car quand on y met du bois nouvellement coupé ; 6c qu’il y a encore de l’humidité foit de la fève ou autrement » êc qu’on recouvre les bois aufli-tôt qu’ils font pofez , comme il arrive prefque toujours , il eft certain que l’eau qui eft dans le bois n’ayant pas été exhalée pourrit le bois en peu de temps ; l’expérience ne l’a pas trop fait connoîire en plufieurs endroits , il faut donc que le bois que l’on employé aux planchers , fur tout à ceux qui doivent être plafonnez , fok coupé en bonne faifon. Le temps de couper les bois, félon les bons Auteurs, eft dans le décours de la Lune » &: quand la féve ne monte pas beaucoup , comme dans les mois de Novembre, Décembre, &: janvier. Il eft fur que dans ce temps le bois a beaucoup moins d’humide & plus de confiftance que quand la fève monte en abondance: parce que la végétation eft comme aflbupæ en cette faî-fon. Philbert de Lorme donne un moyen que je trouve fort bon pour faire forcir
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- 2.2,4 GEOMETRIE
- l’eau qui eft dans le bois , il veut quë Ton coupe les arbres tout à l’entour , 6C qu’on y laiffe un pivot affez gros pour que l'arbre puifle demeurer debout quelque temps ; étant ainfi coupié, il eft confiant qu’il tombera quantité d’eau roufle qui eft la matière des vers 6c de la pourriture du bois : Si l’on examinoit bien l’avantage que l’on tireroic de cette méthode , je fuis certain que l’on ne l’obmet-troit pas. Mais l’on ne fait prefque rien en France d’auflï-bien qu’on le pourroic faire parla précipitation que l’on a, 6c le peu de précaution que l’on prend. Si donc l’on ne fe fert pas de cette Méthode, il faut qu’il y ait du temps que le bois foit coupé, 6c qu’il ait été mis à l’air auparavant de l’employer; il faut encore prendre garde que le bois foit droit de fil, Sc qu’il n’y ait point de ces nœuds qui féparent ce droit fil, ii faut aufli qu’il ne foit point roulé, qu’il foit fans Aubier, car les vers fe mettent dans l’Aubier 6c entrent dans le corps du bois ; il faut enfin qu’il foit d’une confiftance ferme 6c ferrée , 6c qu’il ne (oit point gras ; car le bois gras ne vaut rien. Je lailïe le refte à l’expérience de ceux qui en employent ordinairement.
- Quand on fçait donc faire le choix du meilleur bois pour les planchers , il faut
- encore
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- P jR. A T I <^U E» Izf
- Encore fçavôir quelle doit être la grofleur des folives, par rapport à leur portée où longueur \ la moindre des groflfeurs que l’où débite eft de y à 7 pouces -, les autres grofc feùrs àu-deflus, font ordinairement de bois de brin.
- A ux travées depüis 9 pieds jufqu^à iy pieds , l’on y met des (olives de y à 7 pouces^ il faut feulement obferver de mettre des fo-lives d’encheveftrure plus fortes , fur-tout aux travéesdeiy pieds, & que ces folives d’encheveftrure ayent 6 à 8 pouces, le tout pofé fur le champ.
- Il faut que lès eîpacéS qui font entre les folives , n’ayent que fix pouces de di* ftanec.
- Aux travées depuis 1 y pieds jüfqu’à 2 y où 27 pieds , les folives doivent être de bois dè brin , celles de 18 pieds auront S fur 8 pouces de gros poféès fur le champ.
- Celles de ii pieds auront 8 fur 9 pouces 5 celles de 24 à 2y pieds auront au moins 9 fur 10 pouces i celles de 27 pieds auront au moins 10 à 11 pouces. L’on peut fut cette proportion donner les gtolîeurs des folives entre moyennes , il faut obfervet de mettre toujours les plus fortes folives pour les encheveftrures. Quand les bois font bien {conditionnez , ces grofleurs
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- Zl6 GEOMETRIE
- doivent faffire. Il faut , autant qu’il eft poftible , que les lolives foient d’égale groflêur par les deux bouts > car s’il manque quelque chofe par un bouc, il faut que l’autre bout foit plus fort à proportion ; c’eft-à dire , qu’elles ayent au moins ces grolïeurspar le milieu, & que les efpaces ne foient pas de plus de 8 pouces pour les plus grofles folives.
- Quand les folives ont une grande portée , elles plient beaucoup dans le milieu &: les unes plus que les autres ^ c’eft pourquoi il faut faire en forte de les lier les unes aux autres , afin quelles ne faftenc toutes, s’il fe peut, qu’un même corps, &: ne plient pas plus pn un endroit qu’en un autre. Il y a deux maniérés de les lierenfem-fcle, dont l’une eft avec des bernes qui font des pièces de bois de j à 7 pouces pofées en travers par deflus, & entaillées dé la moitié dans leur épaifteur au droit de chaque folive, &: enfui* e mettre de bonnes chevilles de bois qui partent au travers de la berne &: des deux tiers de la folive , ou bien des boulons de fer partant au travers de la folive, avec un bouton par-deflous &; une clavette par-deflus ; la chofe en eft plus fure, mais la folive en eft plus endommagée.
- L’autre maniéré eft de mettre entre les
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- P k A ï I ^0 JS..
- folives dés boucs de bois qu’on appelle é-trefillons ; il faut pour cela au bout de chaque étrefillon faire une petite entaille dans. chacune des folives, en force quelle facili^ te la place de l’étrefillon, 8c l’arrêter dé maniéré que les bois venant à diminuer il ne tombe point : c’eft-à-dire , qu’il faut faire comme une ruinure s &c pouffer l’étrefillon à grands coups avec un maillet de fer. Ceu te méthode étant bien éxecutée eft meilleure que la première , parce qu’elle n’endommage point les (olives, 8c que les être* filions étant bien ferrez > le plancher ne fait qu’un corps , outre que cela ne paffe point le deffus des folives comme les liernes.
- Il faut toujours autant qu’il eft poffibîe* pofer les folives fur les murs de reffend; car quand elles portent fur les murs dé faces * elles en diminuent la folidité s parce que lé bois enfermé pourrit avec le tems , 8c endommage lefdits murs de faces > qui doivent faire toute la folidité d’une maifon. Il n’y a pas tant d’incon-veniens à les faire porter dans les murs de reffend , parce qu’ils font comme arrêtez entre les murs de faces > 8c font plus propres pour porter les planchers. Comme l’on fait à préfent des cintres 8c des corniches fous les planchers , j’eftime qu’il
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- EO M E T R ï fe
- fêroit mieux de mettre des fâblieres ÏC long des murs, qui portent fur des corbeaux de fer, comme on le fait en beaucoup d’endroits, fur-tout quand les folives ne font pas d’une grande longueur : l’on peut au moins pour ne point gâter les murs , y mettre les principales folives, comme celles d’encheveftrure &: quelqu’aurres , ôC entre deux y mettre des linçoirs portez fur des corbeaux de fer , comme il a été
- dit,
- DES PANS DE BOIS & Cloifons.
- Es pans de bois font pour les faces des maifons , & les cloifons font
- pour les féparations que l’on fait au dedans des mêmes maifons, quand on veut ménager la place , ou que l’on n’a pas be-foin de faire des murs. Les pans de bois font fort en ufage aux anciens bâcimens des Villes où la pierre de taille eft rare^ mais à Paris où la pierre eft commune, je trouve que c’eft un abus conftdérable que d’en faire fur les faces des rues ; car pour dans les cours cela eft plus tolerable. Le prétexte que l’on a de faire des pans de bois fur les rués eft le ménage de la place, ôc celui de la dépenfe : pour le ménage
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- 3e la place, c*eft une erreur ; car un pan de bois recouvert des deux cotez , doit avoir au moins 8 pouces d’épailTeur, &; un mur bâti de pierre de taille peur fuffire à 18 pouces ,c eftdonc 10 pouces de place que l’on ménage qui ne font pas grand chofe dans la profondeur. A l’égard de la dépeafe , 6 l’on examinoit bien la comparaifon qu’il y a de l’un à l’autre pour la folidicé & pour la beauté , je m’aiïure qu’on ne balanceroit pas.
- Les poteaux que l’on employé aux pans de bois, doivent être plus forts que ceux que l’on mec aux cloizons^ qui ne fervent que de réparation ; les principaux que l’on appelle poteaux corniers , qui font pofez fur un angle faillant, comme à l encognu-re d’une rue, doivent être plus forts que les autres ; ces poteaux portent ordinairement depuis le delïus du premier plancher,: juf-qu’à l’entablement , s’il fe peut , &: doivent avoir au moins 5 à 10 pouces de gros, parce qu’il faut que les fablieres foient af-femblées dedans à chaque étage. Les poteaux d’huifferie pour les croifées doivent avoirs à 8 pouces; quand l’on eft obligé de mettre des guettes ou des croix de faine André fur des vuides de boutiques ou au-, très , il faut que ces guettés ayent au moins € à 8 pouces, §c il faut que tous les poteaux
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- des pans de bois foient affemblez à tenons à mortaifes par le haut 8c par le bas dans des fablieres, ces fablieres doivent être po-fées à la hauteur de chaque étage j il faut qu’elles ayent au moins 7 à 9 pouces de gros pofées fur le plat -, 8c (i elles faiiienr un peu les poteaux en dehors , c’eft pour faire la faillie des plintes que l’on fait ordinaire-ment au droit de chaque plancher.
- Quand on pofe un pan de bois d’une hauteur conlidérable fur un poitrail pour de grandes ouvertures de boutiques, il faut premièrement que ce poitrail foie .porté fur de bonnes jambes boutilfes 8c étrieres : c’eft à quoi Ton doit bien prendre garde j car prefque toutes les faces des mailbns à pans de bois manquent parla : les poitrails doivent être d’un bois de bonne qualité &: de grofleur convenable ; il ne faut pas leur donner trop déportée , c’eft à-dire, que le vuide de délions ne foitpoint trop grand ; il faut outre cela les bien affeoir fur la tablette de pierre dure qui les doit porter, 8c ne point mettre de calles deHous, comme font la plupart des Charpentiers. Quand les deux portées d’un poitrail font un peu gauches, par rapport au-ddfus des tablettes, qui doit être de niveau j il faut avant que de pofer le poitrail, tailler & en difpoferles portées.
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- Pratique, 231
- en forte qu’elles joignent précifément fur les tablettes, & que le poitrail foit pofé un peu en talus par dehors : cela eft d’une plus grande conléquence qu’on ne fe l’imagine; car pour peu que le poitrail qui porte un pan de bois,nefoit pas bien poîe,comme je viens de le dire, il deverfe en dehors où eft toute la charge -, & quand il deverfe d’un quart de pouce,cela fait furplomber le pan de bois quelquefois de plus de fix pouces.
- Pour arrêter les pans de bois avec le ref-te de la maifon, en forte qu’ils ne pouffent point , comme on dit , au vuide, l’on met ordinairement des tirans & des ancres de fer à chaque étage de la face de devant à celle de derrière ; l’on fait paf-fer ces ances dans de bonnes clavettes de Fer par dehors les pans de bois ou murs , de maniéré que les faces de devant & celles de derrière foient liées enfemble, &: que l’une ne puifle pas fort ir de fa pofitionfans que. l’autre ne la fuive. Cette précaution eft bonne pour les maifons ordinaires, dont les murs n’ont pas de groffes épaifleurs : car aux grands ouvrages l’épaifteur la bonne conftruélion des murs doit fufïîre fans y mettre de fer. Mais dans cette précaution il y a une choie à remarquer , c’eft qu’il faut que les tirans foient précifé-
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- G E O M E T U E
- nient d’équerre fur les faces de murs ou pans de bois qu’ils doivent arrêter : car fans cela ils fervent très-peu. Les pans de bois s’é-, carrent meme avant que la maifon foit achevée : ce que j’ai vu fouvent arriver à la honte & au dommage de l’Entrepreneur , pour n’en fçavoir pas laraifon, laquelle je croi qu’il eft bon d’expliquer , afin que l’on y prenne garde,
- Suppofonspourcet effet une maifon donc les murs mitoyens &: de reffend ne font pas a angles droits ou d’équerre fur les murs de fâces^ comme le rep ré fente la figure A B CD;
- l’on pofè ordinairement ^ les tirans le long des ”2murs mitoyens ou de refïend , comme AC: fuppofonsque lemurçfe face pu pan de bois CD, foit pouffé en dehors par le poids de la coq-yerture ou des planchers, qui font au dedans, d’u-qe maifon , comme il arrive fouvent ; le tirant qui fera pofé fur le mur AC, au lieu d’entretenir le mur ou pan de bois en fa, place, il le fuivra jufqu’à ce qu’il foit arrivé à l’angle droit fur le mur de faces, comme en E ; car la ligne A C, eft plus longue çjuç }a ljgoe d’équerre AF t il eft donc vifiblç
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- P K À T I Q^U E. 23$
- que eela fe doit faire. A cette obfervation l'on pourram’objeéter que les tirans font fou-vent clouez fur des folives, & que cela peut entretenir cet alongement. Je conviens que parce moyen il n arrive pas tout ce que je viens de dire j mais il fe fait toujours quelque chofe qui tend à un mauvais edet, 8C. Ton y doit prendre des précautions.
- Quand les pans de bois font d’une grande hauteur, il eft necedaire que les bois en foient bien choifîs & bien adoubiez, que le tout foit lié enfemble avec des équerres 8c des bandes de fer, en forte que tout ne fade, s’il fe peut, qu’un même corps.
- £> E S CLOISONS.
- LEs cloifons font faites pour différens ufages ; les unes font pour porter des planchers, & les autres ne fervent fimple-ment que de féparation ; celles qui doivent porter les planchers ou autre chofe, doivent être pofées fur un mur de parpin de pierre de taille fondé fur un folide fondement. L’on donne ordinairement à ces murs de parpin i o pouces d epaideur, il faut que le fondement au-dedous ait adez d epaideur pour faire un empâtement de chaque coté. Les poteaux que l’on employé à cès fortes de cloifons font ordinairement de 4 à 6
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- 234 Geome trie
- pouces,quand les étages n’ont que io à pieds de hauteur , mais quand ils ont 14 à 15 pieds, il faut du bois de 3 à 7 pouces .• fi plus hauts , comme 18 à zo, l’on en met de 6 à 8, fur-tout quand les planchers que l’on doit pofer deflus (ont bien pefans. Il faut que les fabiieres ayent une largeur proportionnée à l’épaifieur des poteaux , qui doivent toujouts être pofez de plat. Aux cloi-fons dont les poteaux ont 4 à 6 pouces, il faut que les fabiieres ayent 527 pouces .* à celles dont les poteaux ont 5 à 7 pouces , les fabiieres auront 6 à 8 pouces , ainfidu reftç. Il faut que le tout foit bien afiemblé à tenons fc a. mortaife s par le haut&. par le bas, & ne point mettre de dents de loup pour arrêter les poteaux aux fabiieres, car c’çft un mauvais ouvrage.
- Quand les cloifons font recouvertes des deux côtés, 6c que l’on veut que les poteaux d’huiflerie (oient apparens, comme l’on fait dans les dortoirs des Maifons Re^ ligieufes, il faut que les poteaux foient de meilleur bois, & qu’ils ayent au moins % pouees plus que les autres, pour la charge de la latte 6c du plâtre de chaque côté ; il faut déplus faire une maniéré de feuillure d’un pouce un quart le long defdits poteaux pour y attacher le lattis , afin que l’enduit de la cloifon affleure le devant defdits poteaux 5
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- P R A T I Q^UE.
- il y en a 'qui pour donner plus de grâce aux portes des cloifons ,y mettent des poceaux d’huifferie , qui ont affez depaifleur pour faire une petite faillie hors l’enduit, de y former une maniéré de chambranle : quand cela eft proprement fait, l’ouvrage en eft plus agréable.
- Quand les cloifons doivent être maçonnées à bois apparent, il faut que les poteaux foient ruinez de tamponnez,de que les tampons foient pofèz de pied en pied, de qu’ils l'oient mis en forte que ceux d’un des poteaux qui forme Tentre-voux , répondent au milieu de là diftance de ceux de l’autre poteau.
- Les cloifons qui ne fervent Amplement que pour faire des feparations , de qui fqnt pofées le plus fouvent fur des poutres ou des foljvesjc’eft-à-dire, pofées à faux, il faut que les poteaux foient beaucoup moins forts que ceux dont nous venons de parler, afin que les cloifons pefent moins ; l’on fe fert pour cela de tiers poteaux qui ont 3 à y pouces de gros pofez fur le plat. Quand les planchers font fort hauts, l’on metdesliernes par le milieu, pour empêcher que les poteaux ne plient,dans lesquellesliernes les poceaux font affèmblez comme dans les fa-blieres; lefdites fablieres ne doivenr avoir que 4 à y pouces s l’on fait ces fortes de
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- 2# GEOMETRIE
- cloifons creu fes, afin qu’elles foicnt plu?
- legeres.
- Si les cloifons ne font paspofées fur des poutres , qu’il faille par quelque obligation les pofer fur les folives d’un plancher, il faut faire en forte quelles foientmifes en travers plufieurs folives, afin que chaque foliveèn potce fa part i ou fi l’on eft contraint de les mettre dans un autre feras fur une feule (olive, il faut les faire les plus legeres qu’on peut& y faire des décharges : il fauc aulfi obferverque la folive fur laquelle on pofe la cloifon , foie plus forte & meilleure que les autres. On pourroit même faire ppfer la cloifon fur trois foli-ves, en mettant des bouts debarredèfer portant fur les deux folives les plus proches de celles qui portent la cloifon, &: faire en force que la iabliere porte fur ces barres de fer.
- L’on fe fert encore d’une autre forte de cloifon plus legere pour foulager les planchers, l’on prend des ais de batteau que l’on met entre des coulifiës faites dans des fablie-res par le haur, &; par le bas de 3 pouces d’é-paifl'eur : l’on fait des languettes dans cesais pour les p a fier dans les couliffes , &”l’on cloue le tout contre les fablieres ; quand il y atrop de hauteur , & que lésais peuvent plier ^ l’on met des liernes dans le milieu*
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- P R A T I 0^11 e;
- B^fon fait bien entretenir le cous dans les murs : 6c quand on efi: obligé défaire des portes dans ces fortes de cloifons, on le faic de tiers poteaux fur le plat avec un linteau de même ; cela fert à lier la cloifon : on doit laiffer un peu de diftance entre les ais , afin qu’étant lattez 6c recouverts, le plâtre s’y engage mieux.
- JDES ESCALIERS.
- LEs principaux bois que l’on employé aux efcahetSjfont les patins fur lelquels ils font pofez , les limons dans lefquels on aflemble les marches , les poteaux pour po-fer les limons, les pièces de paiilier, les noyaux , les pièces d’appui, les baluftres 6C les marches. L’on ne fe fert plus gueres de noyaux pofez de fond, à moins que l’on n’y foit contraint par le peu de place , parce qu’un vuide dans le milieu d’un efcalier a bien plus d’agrçment •. l’on fait porter le tout en l’air de pièces paiilier en pièces depail-lier -, il ne s’agit que d’en fçavoir bien faire l’aflemblage, & faire tenir le tout par de bonnes décharges avec des boulons de fer. Comme la commodité 6c la beauté d’un efcalier font d’un grand ornement dans une maifon, c’eft une partie qu’il faut bien étudier & faire bien exécuter} le plus difficile
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- 13 B GEOMËTftîfc
- dans l’exécution ce font les courbes rampât!® tes pour les limons , quand il faut les faire tournantes ; & c’eft ce que peu de Charpentiers entendent bien i fi e’étoit ici le lieu j’en donnerois la defcription& la pratique, mais je fortirois .de mon fujet s il me fuffit feulement d’avertir qu’on prenne pour cela les meilleurs ouvriers.
- Quand on veut faire Un efcalier , il faut qu’il foit pofé folidement fur un mur d’ef. chiffres, lequel mur doit être fondé fur un bon fonds, l’on met au rez de chauffée une affife de pierre de taille, fur laquelle on po-fe les patins où doivent être afTembJez les poteaux qui portent les limons oü les noyaux pofez de fonds.
- Les patins font de bois de S à $ pouces, les poteaux de 4 à 6 pouces : aux efcaliers un peu grands on fait les limons à proportion de leur longueur de 6 à 8 pouces pofez fur le champ , &c on fait une entaille dedans d’un bon pouce pour porter les marches : outre la mortaife qui ferc pour l’affemblage defdites marches, l’on fait une moulure aux arêtes des limons par - defTus des deux cotez, fi l’on y met des baluftres de bois avec un appui. Ces baluftres ont 5 à 4 pouces, & les pièces d’appui au - defTus de 4 a 6, fur lefquels appuis I on fait encore une moulure fur chaque arête. Aux
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- P R A t ï Q^U S.
- efcaliers un peu propres, l’on ne met point de baluftrade de bois, l’on y en met de fer s cela gagne de la place , & donne beaucoup d’agrément: les marches que l’on employé aux efcaliers doivent avoir 5 à 7 pouces, pofées fur le champ. L’on ne prend du bois que de 4 à 6 pouces pour les petits efcaliers-- l’on doit faire une moulure au devant de chaque marche d’un demi-rond & d’un filet, cela donne plus de giron aux marches 61 plus d’agrément aux efcaliers. L’on fait les pièces de paillier de groffeur proportionnée à leur longueur: l’on en fait de y à 7 , de 6 à 8 , de 8 à 9 pouces j 5c. même de plus s’il eft befoin : comme les pièces de paillier portent prefque toutes les fécondés rampes des efcaliers, il faut les choifir de bois de bonne qualité.
- 11 y auroit beaucoup de chofes à dire fur la conftru&ion des efcaliers, car la matière eft bien ample & de conféquence ; mais ce n’eft pas ici le lieu d’en parler à fonds : ce que j’en puis dire en général, eft qu’ils doivent être faits detnaniere qu’ils adouci fient par leur commodité & leur beauté la peine que l’on a de monter & defeen-dre , c’eft-à-dire , qu’ils ayent une entrée agréable , un tour avenant , qu’ils foienc bien éclairez, que les marches' en foienc
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- rk'4'6 Geo iïE tr tl douces ; 8c pour cela il faut qu’elles n’ayeni que y ou 6 pouces 8c f de hauteur , car à 6 pouces elles font trop rudes. Aux moyens efcaliers les marches doivent avoir un pied de giron fans moulure ; on peut donnée quelques polices de moins aux petits efcaliers. Quand l’on a une place affez ample pour faire un bel efcalier , on doit donner ij pouces de giron fans la moulure fur y pouces de haut. Cette proportion convient fort au pas : il y a de grands efcaliers où l’on donne jufqu’à 18 pouces de giron aux marches , mais ils n’en font pas plus commodes i car l’on a de la peine à taire de chaque marche un pas. Enfin c’efl aux efcaliers où l’on connoîc le genie, l'expérience 8c le bon fens de celui qui conduit le bâtiment.
- & TJ T 0 I S £’ DES BOIS de charpenterie.
- L’Ufage eft de réduire tous les bols de charpenterie à une foîive ou piece de bois qui ait n pieids de long fur 6 pouces en quarré ; dont les cent pièces ou fo-lives font ce <^ue l’on appelle un cent de bois, ou bien a une autre folive qui ait 6 pieds de long fur 8 à 9 pouces de gros, ce qui revient au même ; en forte qu’il
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- PrATIQ^ÜS. A41
- faut que la pièce de bois qui fert de commune mefureau cent, contienne 5184 pouces cubes, qui valent 3 pieds cubes de bois, comme celle qui a 12 pieds de long fur 6 pouces en quatre. Car fi l’on multiplie 6 pouces par 6 pouces, l'on aura \6 pouces pour la fuper-ficie du bout d’icelle , lefquels 36 pouces é-tant multipliez par 144 pouces , quieft la valeur de deux toifes en longueur de la folive, l'on aura les 51S4 pouces cubes.
- Il arrivera la même chofe pour l’autre folive de 6 pieds ; car fi on multiplie 8 par 9 , l’on aura 71 pouces pour la fuperfîcie du bout de la folive, lefquels 72 pouces feront multipliez par 172, qui eft la quantité des pouces contenus dans la longueur d’une toile , &: l’on aura les 5184 pouces cubes comme ci-devant.
- Sur ce principe tous les bois, dont les cotez étant multipliez Tun par l’autre, produiront le nombre 36 , 2 toifes en longueur feront une piece de bois , &: tous ceux qui étant multipliez l’un par l’autre, produiront 72 , 1 toife en longueur fera aulfi une piece de bois ; ce qui peut être connu par les parties aliquotes de chacun de ces deux nombres ,3 6 èc 72 : par exemple, le nombre %€ a pour parties aliquotes 2, 3, 4, 12,18. Ces nombres
- font tous dans une difpofition. Que fi 011
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- i4i G E O M E T R I E .
- multiplie les extrêmes lun par l’autre je £ en 2 également diftans du 6 , ils produiront le nombre de 36, comme 2 par 18 , 3 par 12,4 par 9, ôc 6 par lui-même : en force qu’ayant des bois de cés gtofTeurs, & de 2 toifes en longueur,ils vaudront une piece de bois au cenr.
- Le nombre de 72 a pour parties aliquotes les nombres 2. 3.4. 6. 8. 9. 12. 18. 24. 36, Ces nombres font encore dans ünedifpofi-tioh, que multipliant les ext rêmes de deux en deux , ils produiront le nombre 72, comme 2 par 3 6,3 par 2 4, &c. en forte qu’ayant à compter une piece de bois de cés grofl'eurs , une toife de longueur vaudra une piece de cent.
- L’on peut encore par d’autres combinai-fons de ces parties aliquotes, fçavoir la valeur des parties d une piece de bois par rapport à la toife * comme fi une pièce de bois a ± fur 3 pouces de grbs, elle vaudra U de pièces au cent i ce que l’on peut voir de fuite} comme 2 fur 4 vaut?
- 2 lut 6 \
- 2 fur 9 l
- 2 fur 12 y
- 2 fur 18 I
- Une piece de bëis de 3 fur 4 vaut
- 3 for 6 |
- 3 fur 8 J
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- % fur 18 3 4
- 3 fur 24 72 ou rentier.
- fur 6 vaut r T
- 4 fur 9 T
- 4 fur 12 z T
- l8 72 ou l’entier.
- 4^ur 24 une piece & y.
- 6 fur 6 vaut I z
- 6 fur 8 z Y
- 6 for 9 3 4
- 6 fur iz 72 ou l'entier.
- £ fur 18 ipi. T
- 6 fur 24 2 pi.
- 8 fur 8 vaut Y
- 8 for 9 7a» ou rentier.
- 8 fur 12, i pi, y
- 8 fur 18 vaut z pièces.
- 8 fur 24 z pièces f.
- 9 fur 9 vaut i pièce -f.
- ? fur iz t piecef.
- 6 fur 18 I pièce J.
- 9 fur z4 3 pièces.
- Voilà à peu près les différentes combinai-fons que peuvent produire les parties ali-quotes de 72 par rapport à la toife. Lon peut faire des tables de tous les nombres, dont les bois peuvent être équarris j ceux dont les groffeurs multipliées l’une par fau-
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- 144 Geo met r 1 fi tre j qui feront au-deffbus de 71 ou d’une toife de longueur, feront toujours moindre qu’une pièce de bois au cent : s’ils tombent dans les parties aliquotes , ils feront toujours le-n^7i7,& pour ceux qui tomberont dans d’autres nombres , il faudra compter la plus prochaine partie aliquote de 72,, qui fera au-deffous,&: mettre le refte en pouces,dont les 71 font la piece : comme, par exemple, fi c’eft une pièce de bois qui ait 6 fur 7 , la multiplication fera 42 , dont la plus prochaine partie aliquote au-deffous eft 3 6 , qui vaut une demi piece, & il refte 6 pouces ou 2 toifes en longueur de cette mêmegrofleur^vaudront 1 piece & 11 pouces ou 7,3 toifes vaudront 1 piece & 5 4pouces ou ï &r ainfi du refte.
- La réglé à mon fens la meilleure pour réduire les bois à lapiece, eft de multiplier les cotez l’un par l'autre, &: d’en divifer le produit par 72 , puis multiplier cette di-Vifion par les toifes ou parties de toifes, que chaque piece de bois contient en longueur : comme fi une piece de bois a 12 fur iç, cela produira 180 , qui divifez par 72, l’on aura 2 pièces f pour chaque toile en longueur : fi la même piece de bois a 6 toifes en longueur, il faut multiplier 27 par 6, & l’on aura quinze pièces, & ainfi du refte.
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- P RA T’: (^U E,
- ïe ne donnerai point ici de tarif* entier pour le toifé des bots de charpenterie parce qu’il y a plufieurs livres, &. même de nouvellement imprimez qui en traitent allez amplement : mais rl'eft bon de fçavoir que quand on fait marché des bois de charpenterie mis en œuvre, me-furez aux Us &: Coutumes de Paris , que l’on mefure félon les longueurs que l’on coupe les bois dans les forêts, qui font toujours dans une progreflion arithmétique de trois en trois pieds j c’ëft-à-dire, que quand les bois employez ne fe trouvent pas précifément de ces longueurs, comme 6,9, 12, 18,11, 24 , 27 , 30, 33, 3 6, 39 , 41 j l’on prend toujours le nombre au delfus, parce qu’on fuppofe que l’on a coupé le furplns, à moins que les langueurs ne foient de Tune de ces longueurs coupées en deux ou en plufieurs parties, égales. Ainfi commençant par la, moindre longueur, une piece de bois d’un pied fera comptée pour j pied 7, parce qu’il eft le quart d’une toife.
- 3 pieds pour 5 pieds.
- 3 pi. t&c 4- pu pour 4 pi. 7.
- y pi. pi. 7pour 6 pi.
- 6 pi. pour 6 pi.
- * pi. 7. pi. pour 7 pi.f.
- Épi, {pour 7 pi, 7*
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- 3 4 6 Geo MET ’ R il
- 8 pi. &: 8 pi. i pour 9 pieds,
- 9 pi. pour 9 pi.
- 9 pi. t & io pi. pour 10 pi.fo
- IO pu T pour 10 pi*
- II pi. & il pi. t pour 12, pu
- 13 pi. pour 13 pu
- *4 & 14 pi. t pour i) pu
- 15 pi. pour 15 pu
- pi. &: i6pi. . pour 16 pur.
- pi. & 17 pi. r pour iS pi.
- î8 pi. pour 18 pi.
- 18 pi. tôc 19 pu pour 19 pui
- z o pi. & 2,0 pu t pour z 1 p.
- zz pi. 23 pi. pour 24 P*
- M pi. pour 24 P*
- iï &26 pour 27 P«
- %7 & 2, 5? pour *7 P*
- 28 pour 30 P-
- 3* & 3 2. pour 33 P-
- 33 & 3î pour 33 P*
- 34 pour 36 p.
- 36 & 38 pour 3 6 P-
- 37 pour 39 P-
- 39 &41 pour 39 p.
- 40 pour 42 P-
- Ainfi Ton connoîtra comme toutes les longueurs des bois doivent êcremefurées; Ton comprend dans ces longueurs celles des tenons qui fervent pour les affemblages.
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- P R A T I <^Ü fl 24?
- Pour éviter l’embarras de mefurer les bois de charpenterie luivant cet ufage où iî peut y avoir de l’abus , l’on a trouvé une autre maniéré de les toifer, que Ton appel-* le, Toifer les grojfcurs & longueurs mifes en œuvre. Par cette maniéré Ton ne compte précifément que les longueurs mifes en œuvre , fans avoir égard fi les bois coupez dans les forêts font plus ou moins longs ; c’eft à T Entrepreneur à prendre fes mefu-res là-defïiis : mais aufïi le cent de bois en doit être plus cher à peu près d’un neuvième ou d’un dixiéme, il n’y a après cela plus de contcftation j car les grofïèurs des bois ne changent point dans l’une & l’autre méthode , ainfi qu'il a été ci-deflus expliqué.
- Au refte , l’on peut connoître par touc ce que je viens de dite, à peu près lama? niere dont les bois de charpenterie mis en œuvre doivent écre mefîirez, U n’y a que quelques petits ufages à obferver ; comme; quand une pièce de bois eft eon-(idérablement moins groffe à un bout qu’à l’autre , il faut prendre la moitié des deux groffeurs prifes enfemble par les deux bouts , ou prendre fa groffeur par le milieu. L’on doit aufïi avoir mefu-ré les courbes , tant pour les cintre- que pour les efcaliers de la grofïèur qu’elles
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- *4$ GEOMETRIE
- étoient avant que de les avoir travaillées* afin que l’Entrepreneur ne perde point une partie du bois qu’il a fallu ôter pour former ces courbes. A l’égard des efcaliers* quand on y fait des baluftres quarrez pouffez à la main , deux baluftres doivent valoir une pièces &: quand les baluftres font tournez, il en faut quatre pour faire une piecei&; pour les moulures que l’on fait aux appuis 8c limons, on les eftime en particulier.
- Quand on fait un devis pour la charpenterie, il faut marquer toutes les groffeurs que les bois doivent avoir dans chaque ef-pece d’ouvrage, 8c même dans chaque pièce du bâtiment , quand ils doivent être de différentes groffeurs, afin que l’Entrepreneur n’y en mette point de plus gros qu’il faut; car ç’eft fon avantage, 8c l’ouvrage n’en eft pas meilleur : au contraire cela ne fert qu’à charger les murs, 8caugmenter la dépenfe. C’cft pourquoi l’on met dans les marchez que fi les bois paffent les groffeurs marquées dans le devis, qu’ils ne feront point comptez.
- DES C O U F E R TU R E S.
- L’On fait plufieurs fortes de couvertures , la plus commune eft celle de
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- PRATI^D B‘:
- mille, & la plus belle eft celle d'ardoifejii y a crois forces de milles, donc l’une s’appelle grandmoulle,l’autremoullebâtard, & lau-cre petit moulle ,* l’on n’employe ordinairement à Paris que celle du grand moulle, peu celle du petit moulle , & rarement celle du moulle bâtard.
- La tuille du grand moulle vient de Paffÿ & de Bourgogne: celle- de Pafly paffé pour la meilleure : la tuille du grand moulle a 13 pouces de long fur 8 pcuces \ de large , le millier fait environ 7 toifes en fuper-ficie.
- La mille du petit moulle vient des environs de Paris, on la fait de différentes grandeurs } la plus forte a environ 10 pouces de long fur 6 pouces de large j on lui donne 3 pouces d’épureau, il en faut environ 28S pour la toife; c’eft à peu. près 3 toifes \ par millier.
- La meilleure tuille eft celle qui eft faite d’une argile bien grande, qui n’eû ni trop fouge ni trop blanche , qui foie fi bien fichée Sc fi bien cuite qu’elle rende un fon clair ; car celle qui n’eft pas affèz cuite feüillette & tombe par morceaux « l’expérience en doit décider : c’eft pourquoi la vieille tuille eft ordinairement la meilleure,
- La latte dont on fe fert pour la couver-
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- 2>$0 G E O M E T R I g
- tpre de tuiile s’appelle lacté quarrée, elle doit toujours être de bois de chêne de fa meilleure qualité, de bois dedroicfil fans noeuds ni aubier : chaque lacté doit être clouée fur 4 chevrons qui font 3 efpaces,, dans chacundefquels on mec une contrelat-te,clouée de deux en deux contre les lattes ? la diftance du deflus d’une latte au-defiusde l’autre , qui eft çe qu’on appelle épureau , doit être du tiers de la hauteur de la tuiile , I prendre au-defiou s du crochet ; l’on employé au fur plu s des faicicres, pour les faites des combles, fcellées en plâtre en formé décrétés, dans chaque joint , de tous les égouts, filets, fplins, arêtiers font aulïi faits avec plâtre,
- I! y a deux fortes d’ardoife , dont Tune Tient d’Angers, de l’autre vient de Mezieres êc de ÇharleviUe > la meilleure eft fans dif-“'ficulté celle d’Angers, &: l’on n’emploÿe à Parts gueres de l’autre.
- Il y a à Angers de 4 échantillons d’ardoï*. £cr donc la première s’appelle la grande quarrée forte : le millier fait environ 5; toifes. H
- La fécondé , s’appelle la grande quarrée finie, le millier fait environ y toifesT.
- La troifîéme s’appelle petite fine, le millier fait environ 3 toifes.
- La quatrième , s’appelle la quar telle, cl-
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- le eft faire pour les dômes, le millier faic environ z coifes 1.
- En général la meilleure ardoife eft celle qui eft la plus noire, la plus luifante &; la plus ferme.
- , La latte dont on fe fert pour la couverture d’ardoife , s’appelle latte volice ,• elle doit être de chêne de bonne qualité, comme il a été dit de la latte quarrée : chaque latte doit être clouée fur quatre chevrons; la con-trelattedoit être de bois de feiage 8c allez longue.
- L’épureau.de l’ardoife doit être comme celui de la quille .* le tiers de la hauteur de l’ardoife*, ainft les lattes qui font plus larges que la quarrée, fe touchent prefque l’une 8c l’autre ; il faut au moins $ clouds pour attacher chaque ardoife.
- L’on fe fert ordinairement de tuille pour faire les égouts de la couverture d’ardoife , parce qu’elle eft plus forte que l’ardoife; l’on met ces tuilles en couleur d’ardoife à huille , afin qu’elles tiennent mieux à la pluie.
- Les enfaîtemens des couvertures d’ardoife doivent être de plomb : au furplus lesœils de bœuf, les noquets des noues, le devant des lucarnes damoifelles , les goutieres 8c chêneaux , bavettes, mem-brons 8c les amortiftemens 8c autres orne-
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- £f£r GEOMETRIE
- mens que l’on fait aux couvertures d*àr-doife, font auffi de plomb ; on lui donne telle largeur de épaifïeur que l’ouvrage le requiert.
- TOÎSE* DES COUVE RTU RES.
- POur toifer les couvertures de tuille* fon prend le pourtour depuis l’un des bords de î égout jufqu’à l’autre égoûc , en pafFant pardeflus le faîte, auquel pourtour on doit ajouter un pied pour le faîte, &£ un pied pour chaque égout * s’ils font {impies, c*eft-à-dire, s’ils font de *leux milles; mais s’ils font doubles, compofez cha* cun dr y ru» îles, l’on ajoutera z pieds pour chaque égout ,* ce pourtour fera multiplié par toute la longueur de la couverture, à laquelle longueur on ajoutera deux pieds pour les ruellées des deux bouts, de le pro~ doit donnera la quantité de toiles de la couverture; l’on ne rabat rien pour la place des lucarnes de œils de bœuf que l’on compte à part , comme il fera dit ci-après.
- Quand on veut mefurer la couverture d’un pavillon quarré à un feul épi ou poinçon,!5 faut prendre le pourtour au droit du bord de l’égoût, de ajouter à ce pourtour quatre pieds pour les quatre areftier^
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- P K A T 1 E, Zfy
- quand ils font entièrement faits ; puis il faut multiplier ce pourtour par la hauteur prife quarrément fur l'égout, lelon la pente de la couverture , depuis l’extrémité du faîte jufqu’au bord de l’égoût , à laquelle hauteur il faut ajouter ledit égout, félon comme il eft fait : cette multiplication donnera un nombre, dont il en faut pren-drela moitié pour la fuperficiede la couverture.
- L’on peut encore avoir la même chofè, en prenant le contour par le milieu de toute la haureur de la couverture, y ajoutant les 4 arefliers, Sc multiplier ce contour par le pourtour de toute la couverture , pris du bord d’un égout paffanr par - deffus le faîte jufqu’au bouc de l'amre égout , y ajoutant lefdits égouts , l’on aura une fuperfïcie 9 dont il en faut prendre la moitié pour celle de la couverture.
- Aux pavillons qui ont deux épis 011 poinçons, ôc qui font dégagez, Ton peut encore en avoir la fuperfîcie par la même méthode.
- , Quand on veut mefurer la couverture d’un comble brifé à la Manfarde, fi c’eft entre deux pignons , on prend tonte la longueur de la couverture , à laquelle longueur Ton ajoute les deux ruellées ; l’oa multiplie le tout par le contour de toute
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- Geometrie
- la couverture pris d’un bord de legoutl l’àutre, auquel contour il faut ajouter le faîte,les deux égouts, 6c un demi- pied pour régoût au droic du brifé , 6c le produit donnera la fuperficie requife.
- Lacouvertured’ardoifefetoife de même que celle de tuille, excepté que Ion ne compte point les enfaîtemens qui font faits de plomb , 6c que les égouts qui font d’ar-doife ne font comptez que pour demi-pied; l’on compte au furplus les arêtiers pour un pied , ôc les folins &: filets aulfi pour un pied.
- Quand on veut toiferundôme d’une figure ronde couvert d’ardoife , il faut en prendre le contour au bord de l’égoût, ÔC multiplier ce contour par la hauteur perpendiculaire prife au point milieu du dôme^de-puis le defiiis de l’entablement, jufques au plus haut du dôme ; le produit donnera les toiles en fuperficie que contiendra le dôme.
- S'il y a un égout, il le faut ajouter, s’il eft d’ardoife , c’eft un demi-pied fur tout le contour ; ôc s’il eft de tuille , il faut l’augmenter à proportion de ce qu’il doit être compté : fi au haut du dôme il y a une lanterne , il en faut rabattre la place qui n’eft ordinairement gueres plus que la fuperficie d’un cercle.
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- V R A T t <^U B* X||
- Pour mefurer les couvertures des dômes quarrez, Ton doit prendre la longueur de l’un des cotez d’un bord de l'égout a Fan-tre, &: multiplier cette longueur par le contour pris d’un bord de Fégoûtj pafîant par delfus la couverture jufqu’à l’autre bouc de l’égout, & multiplier l’un par l’autre 9 pour en avoir les toifes requifes \ Ton y doit ajouter les quatre arêtiers, & la faillie des égouts que Ton doit mefurer, comme il a été dit.
- Cette méthode de mefurer les dômes quarrez n’eftpas fort précife, comme je l'ai démontré dans la melùre des voûtes en arc de cloître, mais c’eft l’ûfage.
- Si le dôme eft fait fur un quatre long, il faut multiplier le côté le plus long par le pourtour de la couverture , &c compter le relie comme ci-delfus.
- ^ Quand on veut toifer la couverture d une tour couverte en cône , ou d’un colombier il faut prendre le pourtour de la tour ou dm colombier par dehors au bord extérieur de l’égout, & multiplier ce contour par la hauteur penchante de la couverture, depuis le bord de 1 egôût jufqu’au poinçon qui eft le faîte de la couverture : & la moitié dm produit donnera les toifes de ladite couverture : il faut y ajouter la faillie de iegoût, félon qu’il eft fait.
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- 2, J G G E O M E T R 1 Ê
- S’il y a une lanterne fur le haut de la tout ou du colombier , îffauten rabattre la place , 6c pour cela il faut prendre le pourtour du bord de l’égout où commence la lanterne , c*eft-à-dire, où la couverture eft tronquée, 6c le contour au bord extérieur de l’égoût , 6c de ces deux contours en prendre la moitié, laquelle moitié il faut multiplier par la longueur penchante de la couverture, depuis le bord de l’égout, juf» qu’où commence la lanterne, 6c le produit fera le requis.
- Dans toutes ces fortes de couvertures l’on ne rabat rien pour la place des lucarnes , de quelle maniéré qu’elles foient, ni des œils de bœuf, ni de la place des cheminées.
- Aux couvertures droites qui font entre deux murs, ou il faut faire des folins au lieu des ruellées , ces folins fe comptent pour un pied courant.
- Les battelemens faits pour les gouttières ou chêneaux vont pour un pied courant.
- Un égout (impie de trois milles pour un pied courant.
- Un égout compofé de y milles pour deux pieds courans.
- Un filet, c’eft-à-dire, quand une couverture aboutit par le haut contre un mur, comme quand c’eft un appentis , ce filet
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- ^ R A T I Q^U Ëo i.ÿï
- îct eft compté pour un pied courant.
- Le pofemenc d’une gouttière va pour un pied courant, &: fi ion y fait une pente par defiouSjCette pente eft encore comptée pour un pied courant.
- Un œil de bœuf commun pour demi-toife.
- Une vûe de faîciere pour fix pieds de toife.
- Une lucarne damoilèlle pour demi-toife.
- Une lucarne Flamande fans fronton , eft comptée pour une toife \ & s’il y a un fronton , elle eft comptée pour i toHèi.
- Aux couvertures d’ardoiics les enfaîce-mens qui doivent être faits de plomb , ne fe comptent point : quand les égouts font d’ardoife, ils ne font comptez que pour demi~pted courant-
- Les arêtiers pour i pied.
- Les foiins pour i pied.
- Les filets pour i pied.
- Les pentes des chêneaux de plomb pour un pied courant.
- Les couvertures le reparent en deux maniérés, dont l’une s’appelle remanier à bout, &: l’autre s’appelle recherche»
- Remanier à bout, c’eft prendre toute la taille d'un côté , & la remettre de l’autre , refaire le lattis où il eft rompu, fournir
- R
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- 2,5$ Geo m e trie
- toute la tuille qui manque, après que Ton a pofé toute la vieille d’un côté, refaire entièrement tous les plâtres comme des enfaîte-mens, desruellées, des foins , àc autres» Quandlegoût n’eft pas bon, on le refait auffi à neuf, en forte que toute la couverture doit être prefque aufïi bonne que fi elle étoit toute neuve. Cette réparation fe toi-fe comme la couverture faite àneuf, mais le prix en eft différent,
- R echerche efl une réparation legere,comme quand il ne manque de tuilles que par endroits, refaire les plâtres où ils font rom* pus, nettoyer la couverture ,enforte qu elle foie en bon état ; l’on toife encore cette réparation comme ci-devant, & l’on ne compte point les plâtres. *
- Ce qui eft dit de la tuille fe doit entendre pour l’ardoife.
- DE LA MENUISERIE.
- E bois que l’on employé pour lame* ' nui fer ie doit être ordinairement du
- chêne de la meilleure qualité , fec au moins de y ans, de droit fil y c’eft-à-dire, fans nœuds ni aubier, ni aucune pourriture i le plus beau bois vient dans les terres fraîches, quand elles font un peu fa-blonneufes.
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- Les principaux ouvrages de menuiferie dont on fe fert pour les bâtimens , font les portes, lescroifées, les lambris, les cloisons , le parquet, & les bas de cheminées.
- Dans un bâcimenc confidérable l’on fait des porres de diverfes maniérés , fans parler des portes cocheres j il y en a de grandes, de moyennes &: de petites.
- Les petites portes font pour les paffages, dégagemens , lieux communs , &: autres où l’on n’a pas befoin de grande force, ni d’ornement. L’on fait ces portes de i pieds £ de large, ou z pieds f au plus, far 6 pieds ou 6 pieds 1 de haut; elles doivent avoir au moins un pouce d’épaiffeur , même 14 ou iy lignes arrafées, collées &; emboîtées par haut &: par bas.
- Les portes moyennes font pour des chambres que l’on fait dans un Attiquej on ne leur donne gueres que depuis z pieds tjufqu’à 3 pieds dé large,fur6 pieds! ou 7 pieds de haut 5 quand on les veut un peu orner , on les fait d’alfemblage : on donne aux battans un pouce ! d’épaiffeur, dans iefqüels on fait une moulure en forme de cadre des deux cotez , &: une autre moulure au bord extérieur du coté, qu’elles ouvrent : les panneaux doivent avoir Un pouce d’épaiffeur, & font aafîi ravaliez. L’on fait à ces fortes de portes des
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- zëo Ceometu i chambranles de y à 6 pouces de large foi 2 pouces d’épaiffeur ornez de moulure, ôc l’on fait des embraffemens, avec des ba-fbls , avec bouëmens ôc panneaux dans le-paiffeur du mur. L’on mec auffi au-deflus de ces portes des gorges, des corniches ôc des cadres, quand il fe trouve de la hauteur.
- L'on peut dans cette grandeur comprendre les portes d’office, de cuifine, ÔC celles des caves que l’on fait toutes unies , mais bien fortes, comme de 2 ôc 2 pouces 7 d’é** paiffeur collées de emboicées comme ci-devant.
- Les grandes portes font celles dont on fe fert pour les principaux appartenons* comme des falles , antichambres , chambres ÔC cabinets; on les fait ordinairement à deux venteaux , ôc d’une même grandeur, quand elles font dans une enfilade, ou quelles fe répondent l’une à l’autre dans une même piece ; on fait ces fortes de portes de différentes grandeurs , depuis $ pieds 8 ou 9 pouces , jufqu’à 6 pieds de large pour.les grands Palais, c’eft-à-dire, qu’il faut fçavoir proportionner la grandeur des portes aux appartenons où elles doivent être mifes j on leur doit donner en hauteur au moins le double de leur largeur 5 ôc pour avoir /meilleure grâce on
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- P R A T I Q^tf Ë.
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- f>eut leur donner environ — de plus ; il y a de ces forces de portes quel’onfaic {impies , quoiqu’à deux vencaux, quand c’eft pour des appartenions médiocres.
- Aux appartenons qui font encre les Palais Sc les maifons ordinaires , on donne 4 pieds, 4 piedst, &C 4 pieds 1 aux principales portes à deux venteaux j à celles qui ont 4 pieds, on leur donne 8 pieds ~ de haut, à 4 pieds t 9 pieds t&c 9 pieds 9 pouces de haut, on donne au moins z pouces d’épaif-feur aux battans & aux traverfes ; l’on y fait des compartimens de cadres des deux cotez, & Ton donne aux panneaux 1 pouce ? d’é-
- Quandles portes ont y à 6 pieds , Ton ne donne gueres plus d’épaiffeur aux battans &; aux autres bois ; mais on leur donne plus de largeur à proportion.
- Les portes cocheres de grandeur ordinaire ont 8 pieds, 8 pieds 7 &: 9 pieds de largeur entre deux tableaux, quand il n’y a point de fujettion , on leur donne en hauteur le double de leur largeur, &c quelquefois plus félon l’ordre d’archite&ure^ dont elles font ornées ; mais comme il y a prefque toujours des fujections à Paris ou ailleurs, à caufe de la hauteur des planchers ou de là
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- vue des cours; on fè contente de leur don-; ner en hauteur i fois 5c \ de leur largeur -, 5c quelquefois moins, en forte que ii elles ont 8 pieds de large , on ne leur donne que n pieds de haut ; mais pour empêi her qu’eiles ne paroiffent trop écrafées, on les fait en plâtres bandes bombees ; cela les fait pa-roître moins balles par rapport à leur largeur.
- On donne aux battans des portes coche-res 4 pouces d’épailïeur fur 8 à 9 pouces de large, 5c aux baftis qui font au-dedans 3 pouces d’épailleur , aux cadres 4 pouces , aux panneaux 1 pouce I ; ces bois ont plus ou moins d’épailîeur félon la grandeur des portes.
- L’on ne mefure point les portes à la toife; mais quand elles font de conféquence, Ton en fait un delîein &:un devis fur lefquels on en fait marché à la piece ; pour les portes communes, ceft un prix ordinaire dont on convient aifément.
- DES CROISSES.
- L’On fait encore des croifées de différentes grandeurs, félon que les maifons font plus ou moins grandes où elles doivent fervir, les plus communes font 4 pieds de large 3 les autres 4 pieds 13 cinq pieds SC
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- Pratique. 163
- f pieds f jufqu’à fix pieds pour les Palais 5 mais elles ne paflfent gueres cette largeur.
- On donne de hauteur aux croifées au moins le double de leur largeur *, on leur donne même jufqu’à deux fois demie leur largeur: cette proportion leur convient allez, parce qu’on les baille à préfeni j îfqu’à* un focle de 4 ou 6 pouces près du plancher, cela donne beaucoup d’agrément aux appar-temens.
- Il y a de deux fortes de croifées, les unes font à panneaux : les autres font à carreaux de verre i l’on ne fait plus gueres de celles à panneaux qu’aux maifons très-communes ou aux bâtimens des balles cours.
- Aux croifées ordinaires de 4 pieds de large , oiï donne 1 pouce 4 fur deux pouces £ aux challis dormans, quand 011 y fait entrer les challis à verre , on leur donne 3 pouces ; aux meneaux 3 pouces en quarré , 1 pouce f fur z pouces f aux battans des chalïîs à verre ; aux petits bois, quand c’ell des carreaux à verre, on leur donne 14 lignes ; ou au moins 1 pouce, &: l’on y fait un rond entre deux carrez avec des plin-tes; aux volets 1 pouce , aufquels on fait un boue ment , & les panneaux font de merrein*, fi l’on veut que les volets foienc attachez lur les challis dormans, il faut
- R iiij
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- 1^4 GeometriE.
- que le chaffis à verre entre dans les dor^
- luans, &c fouvrage en eft meilleur.
- Aux grandes croifées de j pieds, les chaf-fis dormans doivent avoir 3 pouces fur 4 ou 5 pouces, les manteaux de même groffeur, les battans de chafïis à verre z pouces d e-paifleurfur3 &: 4 pouces de large, les petits bois de carreaux z pouces £ au moins i ou deux pouces s on les affemble avec des plintes ou à pointes de diamans, &; 011 les orne de demi ronds , de baguettes des deux cotez 3 félon qu’on le defire ; les volets doivent avoir 1 pouce £, avec des petits cadres des deux cotez élegis dans les battans} & les panneaux d’un pouce d’épais ; quand les croifées vont jufqu’à 6 pieds, Ton fortifie ïe bois à proportion j mais c eft peu de chofe plus que ce que je viens de dire.
- Pour empêcher que Peau ne palTe au droit de l’appui &, du meneau de la croifée , l'on fait la traverfe d’en bas du chafïis à verre affez épaiffe pour y faire des reverfeaux. Cette pièce efl: faite par - deffus en quart de rond , & a par-deflfous une mouchette pendante pour rejetter Peau affez loin fur l’appui , afin qu’elle n’entre point dans les ap« partemens.
- Comme on veut préfentement avoir la vûc libre , quand une croifée efl: ouver-
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- P R A T 1 U Ë
- te, Ton fait porter le meneau? au chaflïs à verre depuis le bas jufqu à la traverfe , cela fe fait par un angle recouvert en biais.
- L’on met ordinairement la traverfe du meneau plus haute que la moitié de la hauteur de lacroifée d’environ un fixiéme, & même plus, afin de n’être point barré par cette traverfe, & que la croifée en ait plus de grâce ; &: quand les croifées vont jufqu’en bas, on fait la partie d’en bas encore plus longue à proportion du haut, à caufe que l’appui y eft compris : il fau t que les carreaux à verre ayent en hauteur au moins un fixié-me plus que leur largeur pour être bien proportionnez.
- Pour les volets, les uns les font depuis le bas jufqu’en haut , cela a fa commodité ; mais ils fe déjettent plus facilement :fion les fait en deux parties, on les fépare au droit de la traverfe du meneau, & ils font toujours mieux quand ils font attachez fur le chaffis dormant, ainfi qu’il a été dit; 8C comme on les fait ordinairement brifez en deux, il faut bien prendre garde qu’il y ait allez de place pour les coucher dans l em-brafement des croifées.
- Les croifées font mefurées au pied, félon leur hauteur , fans avoir égard à la largeur , c’eft le prix du pied qui en fait la,
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- ±éé Geo metui
- différence, félon qu’elles font plus ou moins fortes, grandes ou ornées. Comme fi une croifée an pieds de hauteur; on la compte pour u pieds , à tant le pied, fans avoir é-gard fi elle a y ou 6 pieds de large ; c eft l’u* fage.
- DSS LAMBRIS.
- IL y a de deux fortes de lambris , l’un qu'on appelle lambri d’appui, del’autre lambri en hauteur.
- Les lambris d’appui font pour les lieux que l’on veut tapiffer ; on les fait ordinairement dei piedst, ou i pieds 8 pouces de haut, qui eft à peu près la hauteur des ap-» puis de croifées.
- L’on donne i pouce d’épaiffeur aux baftis des lambris d'appui, les plus (impies, dans lefquels on élegit un bouëment, ou petite moulure, les panneaux font de merrein, de l’on met un focle par bas &: une plinte par haut ornée dune petite moulure.
- Le plus beau lambri d’appui eft fait à cadres & à pilaftres en façon de compartiment, fuivant le deflein que l’on en fait ,on donne un pouce 7 aux baftis, il faut faire les cadres de les pilaftres fort doux , afin que la trop grande faillie n’incommode point dans les appartenions.
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- P R A TI Q^ü E. iSf
- Aux lambris en hauteur les plus fimples que l’on fait pour la place des miroirs 8c autres endroits où l’on ne met point do rapilferie , on donne un pouce £ d’épaif* feur aux baftis dans lefquels on y fait un bouëment, 8c l’on fait les panneaux de mer-rein.
- Aux lambris ornez de cadres en compara m'ns , on donne un pouce i d'épailfeur aux balbs, & fur tout quand il y a une grande hauteur 8c largeur, 8c l’on fait les bois des cadres & des panneaux forts à proportion.
- Aux grands bâtimens l’on y fait fouvent les cabinets de menuiferie, 8c quelquefois même d’autres pièces > on doit faire des def-feins pour ces fortes d’ouvrages. Je ne décide point ici de l’épailfeur que les bois doivent avoir, parce que cela dépend du def-fein 8c du lieu.
- L’ufage eft de mefurer les lambris d’appui à la toile courante, en les contournant par tout fans avoir égard à la hauteur, 8c on mefure les lambris e® hauteur à la toife quar-rée de 36 pieds pour toife, en multipliant le contour par la hauteur.
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- G ï. 6 Me t R i 1
- i6$
- «1 ’X'i
- x x x .4 x x r.
- L’On fait ordinairement de trois différentes épaifleurs de parquet -, le plus fnnple eft d'un pouce ou de 14 lignes, le moyen d’un pouce {, 8c le plus épais de & pouces.
- On n’employe le plus Ample qu’aux appartenons hauts ou dans les maifons qui ne font pas de grande conléquence. Car quand on veut que le parquet foit bon, il lui faut donner un poucej, &. on fait les panneaux de nierrein & les frifes d’un pouce.
- Le parquet d’un pouce i eft fort bon , mais il ne faut pas qu’il y ait de rftumidi-té par deflous ,* auffi dans les grandes maifons on l’employe aux étages fupérieurs, les frifes ont 1 y lignes, Sc les panneaux ont un pouce d’épaiflfeur.
- Le parquet de z pouces doit être em* ployé aux appartenons bas , où il faut de la force pour réfifter àr l’humidité, il faut même que les panneaux foient à peu près de même épaiffeur que les baftis, ou qu’ils ayent au moins un pouce \ : car quand le bois de panneau ri’a pas aflez d’épaifleur , l’humide entrant par-deflous dans les pores du bois j il le fait enfler & creuferpar
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- Pu A TI e; 46>
- ;<3effii$*, quand le parquée a a pouces Ion donne i pouce r aux frifes , le tour doic êcre affcmblé à languettes , cloüé avec clouds à tête perdue, &: les trous remplis avec des petits quarrez de bois proprement joints de rabottez.
- Les lambourdes que l’on employé pour pofer le parquet furies planchers ne doivent pas avoir tant d’épaiffeur que fur les aires des étages bas, car cela donne trop d’épaif-feur au-deffus des planchers *. l’on regarde les plus hautes folives,&: l’on donne quelque pouce ! d’épaiffeur,afin qu'aux folives baffes les lambourdes Payent pas plus de z pouces y, de c’cft ordinairement du bois dc4a6pou-ces refendu en deux.
- Pour le parquet pofé fur les aires des étages bas, il faut que les lambourdes ayenc au moins 3 pouces d’épaiffeur -, elles font ordinairement de bois de 3 à 4 pouces de gros.
- L’on fait de deux fortes de parquet à l’égard de fon affemblage , donc l’un a les panneaux à lequerre iiir les baftis , que l’on appelle parquet quarré , de l’autre a les panneaux en diagonale fur les mêmes baftis, c’eft-à-dire, qu’ils font mis en lozan-ge. De cette maniéré de parquet , il y en a à feize panneaux de à vingt panneaux a celui de vingt panneaux eft toujours
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- &70 GëomêtuiI le plus beau &; le meilleur.
- L’on pôle aufli le parquée de différentes maniérés , dont l’une efl parallèle aux murs, c eft-à-dire, pofée en quarré, & l’autre eft pofée en lozange , c’eft-à-dire , qu’il eft pofé en diagonale à l’égard des murs » l’on trouve cette derniere maniéré plus a-gréable, ôc l’on s’en fert à préfent plus que de l’autre.
- Quand on met du parquet dans des appartenons où il y a des enfilades, il faut obferver s’il eft pofé en lozange, que le milieu ou la pointe d’un rang de parquet réponde précifément au milieu des portes de l’enfilade î fi l’on en peut faire autant au droit des manteaux de cheminées &: an droit des croifées , cela donne beaucoup d’agrément aux appartenons ; mais il eft difficile que cela fe puiffe toujours faire, parce qu’il fe trouve dans un bâtiment des ïùjettions préférables au parquet. Pour les enfilades, cela doit être abfolument comme je viens de le dire, & l’on doit même y pen-fer en faifant les plans.
- If faut aufli faire répondre au milieu des enfilades le parquet pofé en quarré , il y a plus de facilité en celui-ci pour les fujettions des cheminées &: des croifées , qu’en celui qui eft pofé en lozange, mais l’ouvrage n’en eft pas fi beau.
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- P R A T I Q^U E. lyi
- L’on fait ordinairement au-devant des cheminées un chaflis de frife de quinze à feize pièces de diftance du devant des jambages fur toute la longueur de la cheminée , compris les jambages, pour contenir le foyer qui doit être de marbre ou de carreau.
- Au refte le parquet eft un ouvrage auquel les Menuifiers doivent prendre beaucoup de foin, car Ton y eft fort délicat.
- L’on mefure le parquet à la toife quarrée à 3 6 pieds par toifes à f ordinaire, l’on rabat les places des cheminées &c autres avances contre les murs-, mais l’on compte les en-foncemens au droit des croifées SC des portes : dans le toifé du parquet, Ton y comprend les lambourdes qui font fournies par le Menuifier, le tout ne doit faire qu’un même prix.
- Aux endroits où l’on ne veut pas faire la dépenfe de parquet, l’on y fait des plan** chersd’ais, fur tout aux étages bas; mais afin que ces planchers foient bons, il faut que lésais ayent au moins un pouce 7, & qu’ils n’ayent pas plus de huit ou neuf pouces de largeur, à caufe qu’ils fe cour-beroient, par la raifon qui a été dite; le tout doit être aflemblé à languettes, ÔC cloué lur des lambourdes comme le parquet. Si l’on fait de ces forces de planchers
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- Geometuê
- aux étages hauts, Ion peut y mettre du bois d’un bon pouce ou de i y lignes ,* mais les ais ne doivent pas avoir plus de huit pouces de large. A ces fortes de planchers l’on pofe les ais de différentes façons ou quarrément ou à épi, ainfi qu’on le juge à propos. Il n’eft pas neceffaire que je parle ici des planchers que l’on fait pour des entrefols, cela eft aflcz connu. L’on toife au fiirplus les planchers d*ais comme le parquet, c’eft-à-dire , à la toife fuperficielle.
- DES CLOISONS] de Menuiferie,
- L’On ne fait gueres de cloizons de me* nuiferie que pour des féparations légères , quand on veut faire des corridors, ou qu’on veut divifer une grande piece en z ou 3 parties ; les cloizons font ordinairement de bois de fapin d’un ou d’un pouce ?, affemr blé à languettes l’un contre l’autre 8c par les deux bouts, dans les couliffes faites de bois de chêne , dans lefquelles l’on fait une rainure pour pafïer le bout des ais.
- L’on mefureces fortes de cloizons à la toife quarrée.
- DE
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- Pratique: *7|
- De la Ferrure,
- L Es principaux ouvrages de ferrure que Ton employé dans lesbâtimens, font le gros fer, la ferrure des portes, & celle des croifées, les rampes & autres ouvrages de fer travaillé, qui ne font point compris dans le gros fer.
- Les ouvrages de gros fer, font les ancres, les tirans, les équerres, les harpons, les boulons , les bandes de trémies, les étriers, les barreaux, les chevilles & chevillettes, les dents de louples fantons pour les cheminas , &c. L’on ne détermine point ici les longueurs & les grofléurs que doivent avoir toutes ce$ pièces de fer ; car cela dépend des Gccalîons du befoin que l’on a, qu’il foit plus ou moins fort ; toutes ces fortes d’ouvrages font ordinairement comptez au poids, à tant la livre ou le cent de livres.
- Il y a d’autres gros ouvrages de fer que l’on compte encore à la livre ; comme les grilles &: les portes de fer ; mais quand ils font ouvragez, l’on en fait un prix à part. Pour les rampes d^efcalier &; les balcons, on les compte à la toife courante fur la hauteur de l’appujdes prix en font différcns,felon les
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- 174 GEOMETRIE
- diflerens defleins que l’on choifit ; mais il faut prendre garde que les plus chargés d’ouvrages ne font pas toujours les plus beaux , parce que la confufion ne fait pas plaifir à voir. Un deflein dont l’ordonnance eft fans confufion, c’eft- à-dire, unebelle (implicite, eft plus agréable , & l’ouvrage en coûte moins : il faut pour faire ces defleins une perfonne plus habile qu’un ouvrier ordinaire, ôc pour le mieux ils doivent être faits par un Archite&e. L’on employé ordinairement pour les rampes du fer applati pour les appuis &: les focles , les barres montantes font de fer de carillon. Pour les grilles de fer , l’on employé du fer quarré d’un pouce, èc les traverfbs doivent avoir 13 à 14 lignes.
- Ferrure des Croifees.
- POur les croifees fimples l’on fe fert de ferrures étamées en blanc : l’on employé des fiches de brizure, quand les volets font briiez.
- Pour les chaflis à verre , l’on y met des fiches à bouton & à doubles nœuds pour démonter lefdits chaflis ; les volets font auflî attachez avec des fiches à bouton , pour avoir aufli la facilité de les démonter ; l’on fair des targettes dont les plaques font ovales; les unes font en faillie, & les autres
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- P R A T r Q^U E. 275
- font entaillées dans l’épaifleur du bois, afin que les volets recouvrent par - defliis ; Ton mec deux targecces à chaque volet : l’on mec à préfent des loquetaux au lieu de targecces aux volets d’enhauc , 8c les croifées doivent être attachées aux mûrs avec fix pactes.
- Aux croifées moyennes , où l’on met des ferrures polies, l’on fait des fiches à vafe 8C à gonds de y à 6 pouces de haut pour les volets 8c les chaflis à verre, 8c les crochets fe démontent pour nettoyer les croifées ; l'on fait les targettes à pannache de 6 à 7 pouces de haut, 8c les loquetaux d’enhaut à proportion avec un reflbrt à boudin pour ouvrir les chaflis à verre ; lefdices targettes feront entaillées dans les battans pour être couverts de volets ; les fiches de brifure de£ dits volets font toujours les mêmes que ci-devant.
- Aux grandes croifées, les fiches des chafi fis à verre 8c des volets font de 10 à 12 pouces de haut ; elles doivent être g. doubles nœuds 8c à vafes , pour les démonter quand on voudra : l’on y fait des targettes à panna-ches de huit à neuf pouces de haut, 8c fortes à proportion y Ton mec des loquetaux aux chaflis à verre, 8c aux volets d’enhauc ? avec un reflbrt à boudin par bas, 8c une lame de fer pour faireouvrir lefdits chaflis à verre 8c volets : l’on y fait aufli des bafcules par bas
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- ijZ G’E'OMETR.iS
- pour la même fin ; lefdirs loquetaux doivent être proportionnez aux targettes &: enfoncez dans lepaifleur des bois, s’il eft befoin.
- Les portes les plus fimples font ferrées de pantures &r de gonds attachés dans les murs, l’on y met deux verroîiils fimples avec deux crampons, une gâche à chaque verroüil,une ferrure fimple à tour & demi, ou à pefne dormant : le tout noirci au feu avec la corne. Aux portes des caves l’on y mec des ferrures à boflè ou des ferrures à pefnes dor-mans & à deux tours garnies de vis, gâches & entrées, avec une boucle pour tirer la porte.
- Les autres portes où il y a des cliaflis de bois, feront ferrées avec des fiches à gonds & à vafe de i © pouces de haut, avec une ferrure comme d’un tour 6c demi limée en blanc , garnie de vis , gâches & entrées, Ton y mecaufli deux targettes avec leur piton.
- Pour les portes à placard fimples,qui font ferrées de ferrure polie , l’on met à chacune trois fiches à gonds & à vafe de 9 pouces de haut, deux targettes à pannaches montées fur platine de fept pouces de haut, une ferrure à refiort d’un tour & demi, garnie de fes vis & entrées,avec une gâche encloizon-née, un bouton &; unerofetce pour cirer ladite porte.
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- Pratique. 177
- Les grandes portes à placards à deux venteaux,feront ferrées de trois fiches à chaque venteau , lefqueîles fiches feront à vafes 6c à gonds, d’un pied ou de 14 pouces de haut,félon la grandeur des portes &grofies à proportion , ferrées avec des pointes à têie ronde, deux grands vertotiils à refiort, dont l’un aura 3 piedsf, &; l’autre 18 pouces, attachez fur des platines à pannaches; deux verroiüls montez aufli fur platines à pannaches de 9 pouces de haut, &r, larges à proportion, avec leurs gâches, une ferrure à tout àc demi garnie de fes vis à tête perdue, &c de fes entrées avec unegache encloizonnée, un bouton ,. avec des rofectes des deux cotez.
- Les portes cocheres feront ferrées de fix grofies fiches à gonds 6c à repos , de 3 à 6 pouces de haut, 6c de 2 pouces de gros, fix gros gonds de fer bâtard , d’un pouce ~ de gros, douze équerres, dont il y en a 8 gran-. des pour les grandes portes, de chacune 18 à 20 pouces de branche , & 4 pour le guichet de 15à 16 pouces de branche,unegrofieferrure pour le guichet 5d’un pied o.u 13 pouces de long à deux tours , avec fa gâche encloizonnée i attachée avec des vis à tête quar-rée , garnie de fes entrées. Une petite ferrure au'defibus de ladite grande ferrure de & à 7 pouces de long, à refiort & à un tour 6c demi, garnie de (és vis, gâches 6c entrées
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- %y% Gèomët&ië comme ci-devant. C/n fléau pour tenir leâ deux cotez de ladite porte,garni de Ton boulon &: de deux demi-crampons qui feront ri-vezau travers delà porte;un moraillonavec une ferrure ovale pour attacher ledit fléau, unegrofle boucle ou marteau,avec une gran-de rofette par dehors , & une petite par dedans ; l’on peut mettre un gros verroiiil derrière la porte, quand on ne veut pas fe fer-vir d’un fléau.
- Je ne parlerai point ici d’autres menus ou« vrages de ferrure que l’on employé dans les bâtimens, comme de pattes, de crampons, de réchaux pour les fourneaux 8£ potagers,
- autres, parce qu’ils font de- très peu de conféquence & aflez connus.
- Pour les prix des ouvrages de ferrure, on les fait ou à la piece, comme d’une ferrure, d’une fiche , d’une targette , ôcc, ou bien d’une croifée entière, ou d’une porte entiers , &: ainfi de chaque nature d’ouvrage en particulier.
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- De la Plomberie.
- LEs ouvrages de plomberie que Ton employé pour les bâcimens, font principalement pour les combles couv rts d’ardoife*. on en fait les enfaîtemens , les noues & no-quets , les lucarnes damoifelles 5c œils de bœuf, les chêneaux 5c goutieres, les defcen-tes 5c cuvettes, les amortifTemens ou vafes , 5cc. On donne différentes épaiflcurs au plomb, fuivant l’ouvrage où l’on veut l’employer.
- Le plomb des enfaîtemens des combles doit avoir une ligne, ou au plus une ligne SC * d’épaiffeur fur 18 à 10 pouces de large : pour tenir le plomb des enfaîtemens, il faut mettre des crochets de pied { en piedf, c’eft-à-dire, quatre à la toife.
- Le plomb des enfaîtemens des lucarnes doit avoir iy pouces de large fur une ligne d’épaiffeur, les noquets pour les noues def-dites lucarnes, une ligne d épaiffeur.
- Le plomb que l’on employé pour le revêtement des lucarnes damoifelles, doit être fort mince pour être plus flexible à former les contours de quelques moulures que l’on
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- zîô G'e o m e t r i E
- y fait ; mais il ne peut y avoir guercs moins qu’une ligne d’epaifleur.
- Le plomb des œils de boeuf doit avoir une ligne f d’épaîlTeur, pour fe foutenirdans la figure que l’on donne à cet ouvrage.
- Le plomb des noues doit avoir 15 pouces de large & 1 ligne f d’épaifleur.
- Le plomb pour les chêneaux que l’on mec fur les entablemens , doit avoir 18 pouces de large, & une ligne f d’épaifc feur.
- Le plomb des bavettes par - deflus lefdics chêneaux & entablemens , doit avoir \ de ligne d’epaififeur , les chêneaux doivent avoir au moins un pouce de pence par toifes, l’on y met des crochets de 18 *en 18 pouces»
- Le plomb des defeentes doit avoir z lignes d’epaififeur, & 3 pouces de diamètre; les an-ton noirs ou hottes doivent pefer au moins y o livres; l’on met aufii des crochets pour tenir lefdites defeentes &: antonnoirs ; Ton blanchit ordinairement le plomb des chêneaux & defeentes avec l’étain.
- Les canons ou goutieres que Ton met pour jetter feau hors le pied des murs 1 quand on ne fait point de defeentes, ont à peu près cinq pieds hors de 1 egoût ; on les fait de différentes figures, félon qu’on les veut orner, il raut toujours mettre une
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- P r a t i 1: igr'
- Valide de fer pour les loutenir.
- Le plomb des arêtiers doit avoir i ligue d’épaifiTeur.
- Le plomb que Ton employé pour les mena-brons 6c autres ornemens de plomb que l’on fait aux couvertures d’ardoife , doit avoir J de ligne d’épaiflêur.
- Pour les amortiflemens ou vafes ou autres ornemens, que l’on met fur les èplcs au haut des couvertures, on les fait de d’déren-res figures ; mais pour être bien , il faut que ce foit un Sculpteur qui en faffe les modèles : on les comprend dans le prix de la livre de plomb.
- Quand on fait des terraffes de plomb -, il faut qu’il ait au moins i ligne x d epaif-fèur , celui de deux lignes fera encore meilleur j mais il faut bien prendre garde que l’aire ou le plancher qui doit porter le plomb, foit fol ide, 6c que la pente foit uniforme.
- Comme l’onvendtout leplombà la livre, il eft bon de fçavoir ce que peut pefer celui qu’on employé dans chaque efpece d’ouvrage, par rapport à fon épaifleur fur un pied en quatre.
- Un pied de plomb en quarré d’une ligne d’épailfeur, doit pefer à peu près y livres io onces. L’on peut fur ce principe coru noître qu’une toife de plomb en longueur
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- %tz GeOM ETRïE
- fort g pouces de largeur & d une ligne d'ê*
- paifïeur , doit pefer 50 livres 10 onces.
- Une toifede 1 lignes d epailTeur fur même longueur, doit pefer 101 liv. 4 onces.
- Ainfî lTon peut par ce moyen fçavoir la pe« lanceur du plomb,enfçachant fon épaiffeur, pourvu quelle foit par tout égale.
- Quand on donne du vieux plomb an Plombier , il n’en rend que deux livres mis en œuvre p >ur trois de celui qu’on lui donne , c’eft-à-dire, qu’il a une livre pour la façon.
- La foudure que l’on employé pour fonder le p!omb,doit être de fin étain: on le compte a part jle prix eftbien différent de celui du
- De U Vitrerie.
- IL y a de deux fortes de verre , Lun que l’on appelle verre blanc Fautre verre commun.
- Le verre blanc fe fait dans les Forêts de Leonce, près de Cherbourg en Normandie.
- Du verre commun,qu’on appelle verre de France,il y en a de fin,de moyen &c de rebut-; le verre fin eft d’une matière différence du
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- P R A T I Q^xr E. iSÿ
- Verre moyen ; cependant dans le verre fin il fe trouve du moyen , pour n’être pas fi blanc & fi clair que celui qu'on appelle fin,& celui de rebut eft ce qui eft au centre des écuelles qu’on appelleboudines; on l’employeen des offices èc autres lieux de peu de conféquen-ce.
- L’on fait de deux fortes de vitrerie pour les croifées , dont l’une eft à panneaux , èc l’autre à carreaux.
- L’on ne fe fervoit autrefois que de celle à panneaux que l’on faifoit à compartimeris de différentes figures aufquelles on prenoit beaucoup de foin ; le tout étoit en plomb arrêté avec des targettes de fer j mais l’on ne s’en fert plus gueres à préfent que pour des maifons médiocres ou pour des baffes-cours à caufe qu’il en coûte moins pour la façon & l’entretien.
- L’on fait à préfent les croifées à carreaux de verre de difiérentes grandeurs, que I on met les uns en plomb, les autres en papier, le tout attaché avec des pointes de fer : ceux que l’on met en plomb durent plus long-tems ; mais ils ne font pas fi clos que ceux qui font en papier.
- L’on mefure le vitrageau pied de Roy, à tant le pied en fuperficie , foit à panneaux ou à carreaux, ou bien à l’égard des carreaux , comme ils font plus ou moins
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- GEOMETRIE? grands, ce qui fait une différence pour lé prix ; l’on en fait marché à la piec.e félon leur grandeur.
- m'TTTvrî
- De la Peint are d’ImpreJJton.
- LEs principales couleurs que Ton cm-» ployé pour les impreffions , font le blanc de ceruze, le blanc de Rouen ou blanc de craye, l’ocre rouge, l’ocre jaune,1enoie de fumée ou d’A ngleterre , le vert de montagne , le vert de gris pour les treillages des jardins.
- Pour faire une bonne peinture d’impref-, il faut mettre deux couches , & fi l’on veut faire, par exemple, une couleur de gris perle, l’on faic la première couche de blanc de ceruze , & à la fécondé couche l’on y mêle de l’émail plus ou moins jufqu’à ce que la couleur agrée *y. le tout doit être à bulle de noix.
- Le blanc de Rouen s’émploye ordinairement pour les impreffions à détrempe : cette compofition eft faite avec de la colle de peaux de rognures de gands;l’on en met auffi deux couches, & fi l’on veut que la couleur foie de gris de perle, il faut y mêler de l'indo dans U fécondé couche*
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- P R A T ï Q^Ü E."
- Ha-couleur de bois eft faite avec du blanc de ceruze mêlé d’ocre jaune ou d’ocre rouge &un peu de terre d’ombre, félon les differentes couleurs que l’on veut faire j Ton en fait â huile & à détrempes de plusieurs fortes de couleurs , & même de bois vené.
- Aux impreffions que l’on fait pour les treillages des jardins, l’on y met trois couches , dont les deux premières doivent être de blanc de ceruze, de pour l’autre l'on fait un compofé de moitié vert de gris de moitié vert de montagne,& pour faire un beau vert l’on mêle une livre de cette compofition avec une livre de blanc de ceruze; c’eff la proportion qu’il faut obferver : le tout doit être à huile.
- Pour la peinture d’impreflion que l’on fait pour les ouvrages de fer, l’on fe ferc d’huile graffe, ou bien l’on fait une com-poficion de blanc de ceruze broyé avec de l’huile de noix , dans laquelle on y mêle du noir de fumée ou noir d’Angleterre : l’on fe fert de cette couleur pour les portes, les tampes, les balcons, de autres ouvrages de fer,pour empêcher la roütlle , de pour avoir une belle de bonne couleur de fer.
- Je ne parlerai point de la dorure que l’on employé pour ces mêmes ouvrages de fer ; cela ne convient point ici.
- L’on compte tous les ouvrages d’im-
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- ±%6 GEOMETRIE
- preflion à la travée , dont chaque travée doit contenir n6 pieds ou {Ix toifes en fuperficie : quand il y a des moulures & des ornemens defculpture, on les évalue à la fuperficie pour être comptez au pied ou à la toife.
- Du Pave de Grais.
- ’On employé ordinairement deux for-
- 1 j tes de pavé , dont l’un s’appelle gros pavé, &: l’autre pavé d’échantillon.
- Le gros pavé s’employe pour les rues les chemins publics, il a environ 7 à 8 pouces en quarré j on le pofe toujours a fec avec du fable , &c il eft battu &: dreffé à la damoi-felle. A l’égard des grands chemins l’on y met ujie bordure des deux cotez pour l’arrêter. Cette bordure eft de pierre dure, pofée de champ , 8>c affez avant dans terre pour tenir la chauffée en bon état.
- Le pavé d’échantillon eft de différentes grandeurs , le plus grand eft celui qui eft de gros pavez fendus en deux ; l’on s’en fert à paver les cours des maifons : on l’employe avec chaux & fable ; mais il vaut mieux avec chaux U ciment ; on donne au moins un pouce de pence par toife au payé des
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- *87
- I5 R ATI E.
- fcours pour l'écoulement des eaux.
- Le pavé d’échantillon plus petit fert pour les offices ,cuilines, 8c autres lieux où il y ordinairement de l’eau jon l’employeaufta chaux ciment.
- L’on meffire le pavé àlatoife quarrée perficielle , fans aucun retour, c’eft l’ulàge, 8c le prix à tant la toife eft différent félon l’ouvrage.
- De la Pierre en general.
- COmme la pierre eft la principale matière qui fait le folide des bâtimens,je crois qu’il eft néceffaire d’en dire ici quelque chofe.
- Il y a deux efpeces de pierre, l’une que l’on appelle pierre dure , 8c l’antre pierre tendre : la pierre dure eft fans difficulté celle qui réfifte le plus au fardeau 8c aux injures du tems : ce n’eft pas que l’on a vu des pierres tendres réfifterplus à la gelée que les pierres dures, mais cela n’eft pas ordinaire; il eft tomours bien fur que les parties qui com-pofent la pierre dure étant plus condenfées 8c plus ferrées que celles de la pierre cendre font plus réfULables au fardeau.
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- aSS Geo U e t r i e
- Laraifon pour laquelle la pierre dure &. Î&1 pierre tendre fe fendent quelquefois à la gelée,c’eft que la pierre n’eft pas tou jours fi ferrée } qu’il n’y relie de l’humidité , &; qu’il ne s'en inlinuë par de petites veines imperceptibles qui fe trouvent dedans , & cette humidité n’ayant précifément que fa place, l’eau venant à s’enfler dans la gelée, cette eau qui eft contenue dans un fl petit efpace, en s’enflant fait un effort qui fend la pierre, quelque dure qu'elle foit ; ainfl plus la pierre eft compofée de parties argileufes ou grattes, plus elle eft fujette à la gelée.
- Il y a dans chaque pays une efpece de pierre particulière , dont on peut connoître la qualité par les anciens bâtimens,ou fi l'on veut fe fervir de la pierre d'une nouvelle carrière de laquelle on n’ait point encore ufé, il faut en expofer quelques quartiers à la gelée fur une terre humide ; fl elle y réfî-lle dans cette fituation , Ton peut s’affurer qu’elle eft bonne.
- Il y a de la pierre tendre fort pleine, laquelle ayant été expofée quelque tems à l’air & au Soleil pendant l’été, l’humide qui eft dedans , étant entièrement évaporé , de gélifié quelle eft en fortant de la carrière, devient parfaitement bonne , & réfifte au fardeau & à la gelée : la raifon en eft aflez évidente.
- La
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- t)Ê LA Pierre. 289 L'a pierre poreufe &. coquilleufe ne gèle pas fi ordinairement que la pierre pleine* parce que l’humidité qui peut y étire enfermée en fort plus aifémeiit par le moyen de la fubtilité de l’ait Sc par la force des rayons du Soleil qui emportent cette hu-.mi dite.
- 11 y a une efpece de terre que l’on croit que la Lune gâte5 ce qui pèüt être vrai, parce que cette pierre h’étant pas par tout d’une confillance également ferme, quoique l’humide en. foit forti , les rayons de la Lune donnant defliis f peuvent dif-foudre les parties les moins compares où ferrées ; ces rayons étant froids Sc humides entrent dans les pores de la pierre, Sc par la fuite des tems la font tomber pâr parcelles , comme nous le voyons en des anciens bâtimens, SE l’on peut ctoire c|ue c’eft ce qui a donné lieu à quelques Architectes d’imiter cet effet de la nature, en Fai-faht ce qui s’appelle des rüfties polir là dé coration des bâtimens -, ce qui a eu un fuc-cès fort heureux à il y en à en Frânce eh plufieurse ndroits, comme au Louvre, .&CJ Ces exemples m’ont donné l’idée d’en faire à la pôrte faine Martin * qui ont Oualle#
- d’approbadoni .
- Je ne parle point ici des raifohs phyfi-
- T
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- zpo De la.Pierre. ques touchant la nature de la pierre , & ce qui fait qu’il y en a de plus dure l’une que l’autre, Il d’un grain plus ou moins fin, ni II la pierre a été de tout tems formée d'une confiftance aufïi ferme que nous la voyons à préfent, ou fi elle acquiert cette fermeté par la fuite des tems ; toutes ces queftions. font fort curieufes, mais ce n’eft pas ici le lieu de les expliquer ; il fuffic feulement d’avoir dit ce qui peut être utile pour la connoiftance de la bonne ou mauvaife qualité de la pierre, & d’avertir de la pofer toujours comme la nature nous le montre,c’eft-à-dire, fur les lits, comme elle eft dans les carrières»
- DE LA PIERRE DE TAILLE CT du Motion que l’on employé a Paris cr aux environs.
- ON tire aux environs de Paris de diffé* rentes efpeces de pierre dure ; la meilleure & celle qui refifte le plus aux injures du tems , eft la pierre d’Arcueil ; la plus ferme & celle qui eft de meilleur banc, nepor-te que depuis i z jufqu’à iy pouces de haut ou d’appareil ; elle eft prefque aufti ferme dans fes lits, que dans le milieu du pare-
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- De i a P i e r r é; z'9ï ment qui eft le cœur de la pierre.
- La pierre au-deftous eft celle que Ton tire au Fauxbourg faint Jacques, à Bagneux &; aux environs, que l’on fait palier pour pierre d^rcueil ; elle porte depuis iy pouces jufqu’à 18 ou 20 pouces de haut, mais elle n’eft pas fi ferme ni de fi bonne qualité que la première, elle eft fort fujette aux moyes èc aux fils, & elle a beaucoup de butizin dans fes lits , qui eft une pierre tendre qu il faut ôter jufqu’au vif de la pierre.
- L’on trouve encore proche du Fauxbourg faint Jacques vers les Chartreux une efpe-ce de pierre dure, que l’on appelle pierre de liais : cette pierre eft fort belle, on l’employé ordinairement aux ouvrages confi-dérables où il faut de la fermeté, comme pour des bafes de colomnes, de cimaifes d’entablement, des marches, des focies &: appuis d’efcaliers , pour des pavez &: autres ouvrages de cette efpece , où il fauc que la piei^e foin dure & fine. Il y a de deux fortes dé liais, Tune que l’on appelle liais ferraulc, qui eft dur j Sc l’autre que l’on appelle liais doux, parce qu’il eft plus tendre; on l’employe pour des ouvrages d’Archi-tedurei
- Dans les memes carrières du Faüxboürg
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- &5>2, De la Pierre. faint Jacques & de Bagneux , l’on trouvé un banc de pierre fort dure, que l’on appelle pierre de cliquant il y en a de deux fortes, donc l’une eft plus dure que l'aucre : cette pierre eft bien pleine & propre pour faire des aflifes au rez de chauffée, des fo-eles fous des colôrftnes, &c.
- Il fe trouve encore de la pierre dure près de Vaugirard qui n’eft pas fi franche que celle du Fauxbourg faint Jacques. L’on trouve aufti dans ces mêmes carrières une efpece de pierre qü’on appelle pierre de bonbanc, laquelle hé peut pas êtremifeau rang de la pierre dure, parce quelle n’eft pas d’une confiftance affe2 ferme poiir refi-fter aux injures du tems, mais elle eft pleine &très~fine , & fe peut employer à des ouvrages confidérables, pourvu que ce (oit à couvert; on l’a quelquefois employées découvert, ôc elle h’a point gelé , mais cela eft douteux ; elle porte iS , 20 & zz pouces de haut qu d’appareil.
- L’on tire encore de la pierr# aü Faux-bourg faint Marceau , mais elle n’eft pas fi bonne que celle des carrières de Vaugirard.
- L’Ort tiroir autrefois beaucoup de pierres dans la vallée de Fefcamp , mais il faut que le banc de k meilleure pierre foie
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- Delà Pierre. i93 fini, parce que celle que l’on y dre a pré-fcnt eft fore fujetee à la gelée , on la laifle fécher fur la carrière, &: on ne remployé que depuis le mois de Mars jufqu’au mois de Septembre , autrement elle feuillette a la gelée, à caufe quelle eft formée d'une terre argileufe qui n’eft pas aflfez évapo^ rée.
- il y a encore des carrières près de faint Maur où l'on a tiré autrefois beaucoup de pierre, &c de laquelle le Château du même lieu a çté bâti •. cette pierre eft dure , £>c de fort bonne qualité pour refi-fter au fardeau & aux injures du teins, mais le banc n’eft pas bien régulier, c’efb-^ à-dire, qu’il eft inégal , Çc l’on n’y trouve pas de grands quartiers comme à celle d’Ar-cueil.
- Il y a encore de la pierre de Vitry qui eft de cette efpece.
- L’on a tiré autrefois delà pierre dure aux carrières de Faffy, mais cette pierre eft fort inégale en qualité &C en hauteur de banc : ces carrières font plus propres à faire des libages ôc du moilon que de la pierrç de taille.
- Il y a encore des carriers d’une très-belle pierre dure à fàint Cloud, & à Meu-clon , que l’on employé ordinairement
- T iij
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- De LA Pierre. pour les grands bâtimens •. celle de fainç Cloud eft d’un banc fort haut & unifor-. me : l’on en tire de grands quartiers, comme pour faire des colomnes. Cette pierre eft d’une aftez belle couleur &: un peu co-quiHeufe; mais elle eft fujetteà être gâtée par la Lune.
- La pierre de Meudon n’eft pas fi franche & eft plus coquilleufe , l’on s’en ferç neanmoins pour des ouvrages confidéra-blés.
- La meilleure pierre tendre que Ion employé à Paris , eft celle de faint Leu fur Qife : il y en a de trois efpeces, l’une que l’on appelle fimplement faint Leu, la fécondé s’appelle pierre de Troffy , parce qu’on la tire au village de Troffy près de faint Leu. Cette pierre eft très-fine 8c très-belle : on l’employe ordinairement aux plus beaux ouvrages d’Archice&ure &C de Sculpture. La troifiéme s’appelle pierre de vergelée : cette pierre eft plus ferme que le faint Leu &; le Troffy, elle eft même d’un plus gros grain ; on l’employe aux ponts, quàys, Sc autres ouvrages de cette efpe-çe expofez à l’eau &: aux injures du tems , où elle eft fort bonne. On tire le vergelé d’un banc des carrières de faint Leu., mais îe meilleur eft celui que l’on tire des cai>
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- De la Pierre. 2.9 f tieres du Village de Villiers près de faint Leu.
- Quand on ne peut pas avoir aifément de la pierre de faîne Leu, on employé une efpece de pierre tendre, que l’on appelle de la lambourde. Cette pierre vient des carrières des environs de Paris , comme d'Ar-cueil, du Fauxbourg faint Jacques, de Ba-gneux, &:c. Elle retient la même proportion des qualitcz de la pierre dure, c’eft-à-dire, que celle d’Arcüéil eft la meilleure , &: ainfi du refte, fuivant ce qui a été dit : la pierre de lambourde a le grain un peu plus gros , & eft de couleur jaune ; il faut la laifter fécher fur là carrière avant de l’employer, car elle eft fujette à la gelée , & n’eft pas d’une conliftance bien ferme pour refifter au fardeau. Pour la pierre que l’on appelle du fouchet, elle ne mérité pas d’être mife au rang de la pierre de taille *, on ne doit l’employer qu’aux moindres ouvrages , ou en libages & moilon.
- Pour le moilen que l’on employé à Pa« ris, celui que l’on tire aux carrières d’Ar-cueil, eft le meilleur ; celui des carrières du Fauxbourg faint Jacques, de Vaugirard, du Fauxbourg faint Marceau , &c. eft d'une qualité proportionnée à la pierre détaillé qui en eft tirée *. le moilon eft fait des mor-
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- Z9é D ç la Pierre: çeaux de. la pierre de taille, &; du^banu qui n’a pas allez de hauteur, duquel on faiç uuiïi le libage.
- il y en a qui employeur de la pierre de plâtre pour moilon , de prétendent que pourvu qu’elle foie enfermée dans les terres, elle eft allez bonne, je ne voudrois pas m’en fervir, car il femblé que la nature n’ait deftiné cette pierre que pour être employée à l’ufage qu’on en fait quand elle eft cuite i car pour peu qu’elle foit expo-fée à l’air, même dans des caves, elle fe gâte incontinent,
- |1 y a une autre efpece de moilon que l’on employé aux environs de Paris , comme à Verfailles, de à d’autres lieux; c’eft une pierre grife appellée pierre de meuliere , -parce qu’elle eft à peu près de même efpece que celle dont on fait des meules de moulin. Cette pierre eft fort dure de poreufe ; c’eft pourquoi lç mortier s’y attache beaucoup mieux qu’au rrioïlon de pierre pleine. Quand cetté pierre eft d’une grandeur raifonnable * de que le mortier eft bon, c’eft la meilr leure maçonnerie que l’on puifle faire pour des murs ordinaires -, mais comme il y entre beaucoup plus de mortier que dans la pierre pleine, il faut aufti bien
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- De la P i e Rk e, 197
- plus de terris pour fécher la maçonnerie qui en eft faite, afin qu’elle puifle prendre une confiftance allez ferme pour résilier au fardeau.
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- EXPLICATION
- DES ARTICLES
- DE LA COUTUME
- QUI REGARDENT
- LES B A S T I M ENS*
- Article 184.
- Quand & comment fefont mjîtations.
- EN toutes matières fujettes à vi-fîtations les parties doivent convenir en jugement de f Jurez Experts & gens à ce connoiflans, qui feront leur ferment pardevant le Juge 5 & doit être le rapport apporté en Jullice, pour en jugeant le procès y avoir tel égard que de rai-fon , (ans qu on puilfe demander
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- Explication.de laCoûtume. 2
- amendement. Peut neanmoins le Juge ordonner autre ou plus ample vifitation être faite , s’il y échet ; ôc où les parties ne conviennent de per-fonne, le Juge en nomme d’Office,
- EXPLICATION.
- *)• Jurez, Experts & gens à ce connotjj'ans. Les Jurez Experts ont été créez par le Roy Henri III. en l’année iy74. le nombre n’en fut point alors déterminé, mais il fat levé aux Parties Cafuelles quinze Offices de Jurez de Maçonnerie 5 neuf de Charpenterie , quatre Greffiers de TEcritoire pour la Ville &: Fauxbourgs de Paris, &: comme ladite Ville eft depuis fort aggrandie, &; que lefdits Jurez ne pouvoient pas fournir à faire cous les rapports , il fut donné un Arrêt du Parlement le 13 Août 162,2. par lequel Arrêt il fut permis à tous les Maîtres Maçons &: Maîtres Charpentiers de ladite Ville de Paris, de faire les mêmes fonctions que les Jurez en titre d’Office : comme lefdits Jurez fe plaignirent de cet Arrêt , il fut encore créé en deux fois dix-fept Jurez-Maçons, onze Char-
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- 500 Explication pentiers, &c cinq Greffiers de rEcritoire* en forte qu’il y eut trente-deux Charges de Jurez pour la Maçonnerie , vingt pour la Charpenterie, &: neuf Greffiers .* ce nombre fut limité par un Arrêt du Confeil d’Etat du Roy en 1639. &: par un Edit du mois de Mai dernier le Roy a révoqué toutes lefdi-tes 'Charges ; a créé 50 Jurez, dont il y en a vingt-cinq Bourgeois &: vingt-cinq Entrepreneurs, & fei^e Greffiers de l’Ecritoi-re ; lefdites Charges font à préfent remplies,.
- Gens a ce connoijfans. Le nombre de ceux qui prétendent être gens à ce connoiffans cft grand •, car il y en a bien qui pour avoir faic ou vu bâtir quelque maîfon , avoir lu des livres d’Archicedure, fç croyent fort habiles, & fe donnent pour tels au public , jugent & décident hardiment de la bonne ou mauvaife conftrudion d’un ouvrage, prononcent en maîtres fur ce qu’ils veulent applaudir ou blâmer , font trè$-fouvent écoutez &: fuivis préférablement à ceux qu’une longue expérience fondée fur des bons principes a rendus fçavans dans l’art dont ils font profeffion. Mais la plupart font bien plus } car ils fe mêlent ae donner des delfeins qu’ils font fou vent faire par des jeunes gens qui commencent
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- De la C bû f ü M e. 5di à copier , ils préfentent ces deffeins comme d’eux & les font valoir auprès de ceux qui Font bâtir, qui n’y connoi fient ordinairement rien ; cependant dn fait des devis êc des marchez fur ces deffeins, Sc dans l’é* xécution Ton connoît, mais trop tard, que l’on eft trompé *3 car de-là vient la confufion dans l’ouvrage dans les marchez, &: la dépenfe montant beaucoup plus qu’on ne fe i’étoit propofé , cela caufe des procès des chagrins qu’on éviteroit en s’addreffant à un Archite&e connu par fes ouvrages &: la probité , lequel doit faire non-feq|ement les deffeins, les devis & les marchez, aufli prendre foin de l’ouvrag® &: s’en faire hon^ neur*
- .A R T I C L É l8y*(
- Comment doit êtrefait,fîççnê & delivre le rapport.
- ET font tenus lefdits Jurez ou Experts &: gensconnoiflans^fai-re 8c rédiger par écrit, t & figner la minute du rapport fur le lieu , 8c au paravant qu’en partir , 8c mettre i’inftant ladite minute ès mains du
- t /-<?j
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- 3o a Explication
- Clerc qui les aflifte ; lequel eft tenu dans vingt-quatre heures après , de livrer ledit rapport aux parties qui l’en requerrait*
- EXPLICATION,
- -J- Et Jigncr la minute fur le lieu avant que d'en partir. Il y a bien des cas où l’on ne peut pas finir un rapport fur les lieux , on peut bien ligner les moyens de le Faire , mais i^faut quelquefois faire des obferva-dons qui demandent du tems fuivant les difficultez qui f% trouvent, de forte qu’on eft obligé de revenir fur les lieux plusieurs fois , afin d’examiner toutes lescirconftàn-ces avant que de ligner le rapport.
- Et mettre ladite minute es mains du Clcre qui les afjifte, lequel eft tenu dans vingt-quatre heures apres de livrer ledit rapport,
- Il femble que l’on ait voulu empêcher que les Experts ne fulfenc follicitez des parties * en leur donnant du tems, ou que les Greffiers ne donnaient avis de ce qui s’eft fait, mais il eft impollible, comme il a été dit^ de finir en bien des cas un rapport par une feule vacation ; ainli on ne peut pas obfer-ver ledit article a la lettre*
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- DS LA C OUTUME,
- Article i8tr.
- $°3
- Comme fervitude&libertê s'acquièrent.
- DRoit de fervitude ne s'acquiert par longue joiiiffance, quelle qu elle (oitfans titre , encore que Ton ait joüi par cent ans : mais la liberté fe peut reacquerir contre le titre de fervitude par trente ans entre âgez 8c non privilégiez.
- Cet article n’eft point du fait des Experts.
- Article
- Qui a le fol a le dejfus & le de fous4 s'il ny a titre au contraire,
- OUiconque * a le fol appelle-l’étage du rez de chauffée d aucun héritage , il peut 8c doit avoir le deffus 8c le deffous de fon fol, 8c peut édifier pardeffus 8c pardeffous 9 8c y faire puits, aifémenc, 8c autres
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- 304 Explication
- chofes licites, s’il n’y a titre au coii~
- traijre.
- EXPLICATION.
- * Quiconque a le fol appelle l’étage du rez de chauffée, &c. L’on voie par cet Article, que le fol & rez de chauffée ne font qu’une même chofe 5 ce qui doit être entendu en général pour la îürface de la terre : cependant dans la pratique des bâcimens cela eft différent : car le mot de fol peut être pris pour le fond de la terre fur lequel l'on aflied Je fondement d’un mur ; il peut auffi être pris pour l’aire des caves , d’une fal-Ie5ou d’un plancher, &c. C’eft pourquoi l’on dit entrefol, quand 011 parle d’un étage entre deux planchers 5 mais le rez de chauffée dans fon véritable fens, eft la hauteur où les terres rafent.une mai fon , ou la fépàration de ce qui eft dans terre d’avec ce qui eft hors de terre. Ordinairement la hauteur des rues décide le rez de chauffée ; ce n’eft pas qu’il y ait des maifons où lès cours font plus hautes ou plus baffes que les rues. Mais pour bien expliquer cet article , comme c’eft à la hauteur du rez de chauffée qu’on donne des alignement, Ü faut toujours prendre le rez de chauffée ou le mur fort des terres ^ que ce foie plus haut
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- ri> e la Coutume, 'jof plus bas que la rue, il n’importe : car ©n fuppofeque la maçonnerie qui eft enfer-* mée dans terre n’a pu être deverfée ni corrompue ; &c c’eft en cet endroic qu’on cherche des marques certaines des anciens murs.'
- Article i 88.
- Quel contre-mur èfl rèquis en Etahle*
- QUi fait étable contre un muï mitoyen 5 a il doit faire un contre-mur de huit pouces d epai{Teurÿ dé hauteur b jufqu’au rez de la man~ geoire.
- EXPLICATION,
- a Contre-mur de huit pouces dy épaijfeur* dre* lin contre-mur ne doit point être lié avec le vrai mur, parce qu’il n’ellfait que pour empêcher que lè vrai mur ne Toit endommagé , comme étant mitoyen y le contre-mur ne doit donc être que joint au vrai mur; car autrement il y auroit liaifon, & cette liaifoti feroit continuité ,ce qui eh contre Tintent Éioh* de ce'c article®
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- !xUIC ATlôN
- b Jufqu'au rez> de la mangeoire, érc. Je crois qu’il faut entendre jufqu’au defl’uS de la mangeoire , afin que ladite mangeoire foie toute prife fur celui qui la fait taire , fans que le mur mitoyen puifle en être endommagé.
- Article 185?.
- Idem des cheminées & des à,trtîv
- QUi veut faire cheminées & &-très contre le mur mitoyen , doit taire a contre- mur h detuillots ou autre chafefuffafante de demi-pied d'épaifleur.
- EXPLICATION»
- a Contre^mur de tmllots ou autre chofefufr f faute de demi-piedd'êpaijftur3&c. La Coutume marque oien Fcpaiffeur des contre-murs de cheminées, mais elle n’en marque pas la hauteur. Je crois qu’il faut entendre que certe haureur fou au moins de cinq pieds 5. car c’efi: jufqu’où le feu peut endommager un mur , principalement aux •grandes cheminées de cuifine, aiuddlus duquel contre-mur on fait un talus ou glacis pour gagner le vrai mur»
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- r© i la Coutume. 307 h De tuUlotsoH autre chofeJujffante, L’on n employé ordinairement outre les tuillots que de la brique ou du grais aux cheminées de cuifine, pour être plus ré fi fiables au feu j l’on mec par-defFus le tout de bonnes bandes de fer à plomb, pour conferver le eontre-mur. L’on mec aufïi des contre-cœurs de fonce, & bien fouvent l’on s’en contente fans faire de contre-mur, fur-tout aux cheminées de chambre Ôc de cabinet.
- Article i5>o.
- Pour forge, four ou fourneau > ce cation doit oljerver.
- QUi veut faire forge * four ou fourneau, contre le mur mitoyen , a doit laifier demi - pied de vuide, &: intervalle entre deux du mur du four ou forge ; & doit être ledit mur d’un pied d’épaiffeur.
- EXPLICATION.
- a Doit laijftr demi-pied de vuide entre* deux du mur du four y &c. Vuide ou entredeux s’appelle ifalement» c’efl aufïi ce qu’on appelle à l’égard des fours le tour du chat ^
- Vij
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- 30B E xpIî c'a t i 0 n ' afin que par cette diftance Ion empêche 1& .continuité de la chaleur du four d’endorïi* mager le mur mitoyen : il faut que le mur du four ait un pied d’épailfeur au plus foible , c’eft-à-dire , aux reins de la voûte du four , &: que ce mur (oit enduit de plâtre ou mortier du côté du vuide ou ifolement.
- Article 3:57t.
- Contre-mur oh épaijfeur de Maçonnerie pour privez^ ou puits.
- QUi veut faire aifanee de prive# ou puits contre un murmitoyen a il doit faire contre-mur d’un pied a épaiffeur 5 ôc où il y a de chacun côté puits , ou bien b puits d’un côté <k aifance de l’autre, fuffit qu’il y ait quatre pieds de maçonnerie d e-paifleur entre-deux , comprenant les cpaifleurs des murs d’une part & d’autre ,• mais entre deux puits fuffifent trois pieds pour le moins.
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- t> e la Coutume. 30^ E X P L IC AT 10 N.
- d II doit faire contre-mur d’un piedd’é-faijfeurx &c. A l’égard des aifances il faut entendre que l’on doit faire un contre-mur d’un pied d’épaifl'eur au droit des fodes d’icelles , ]ufqu’au deflus de la voûte feulement car pour la conduite des chaulTes defdites aifances, depuis le délias de ladite voûte en amont, on laide unediftance ou ifolement au moins, de quatre pouces , encre le mur mitoyen de ladite chaulfe, pour empêcher la continuité de la vapeur dans le murvoidn. . .. . -
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- b Puits d’un côte & aifances de Vautre 3 fttfft qtiily ait 'quatrepieds de maçonnerie tntre-deux, comprenant les épaâfjlurs des murs dx me part & d’autrex&c, La Coûcume a voulu par cette épaifTeur empêcher que les matietes des aifances ne gâtent les puits ; mais cette précaution ed bien inutile; car les matières pénétrent non - feulement un mur de quatre pieds , mais un de fix : ee que Lexperience fait affez connoître, &jt;cla fe fait par la continuité de la maçonnerie def* dits murs. C’eft pourquoi il Teroit mieux de laifTer un pied de didance encre les deux murs du puits & de laifance, adn d’inter-
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- 3io Explication rompre le cours des matières du coté des puits ; cette diftance ou ifolement peut être pris dans cinq pieds, en donnant moins d’é» pailïeur aux murs de chaque côté: mais afin d’empêcher cette communication de matière, il faut conftmire les foffes d’aiTances avec un corroy de glaife d’un pied d’é-pailTeur entre deux murs, &c faire un maïïif dans le fonds de la folle d'aifance , mettre de la glaife pardelfus, qui foit continue avec celle des murs,&: paver dans le fond de ladites folles de pavé de grais, avec mortier de chaux ôc ciment : l’on peut parce moyen ôter la communication des matières des al» Tances avec les puits.
- »
- Article
- Pour terres labourées ou fumées,&pour terres jettijjes,
- CElui qui a place, jardin ou autre lieu vuide, qui joint immédiatement au mur d*autrui, ou a mur mitoyen, & y veut faire labourer & fumer* il eft tenu de faire contre-mur de demi pied d’épaif-feur ; & s'il y a terres jettifles , il cft
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- de la Coutume, $ i t
- tenu de faire coûiiomur d’un pied d'epaifleur.
- B X P LIC AT 10 K.
- A il e/l tenu de faire contre-mur de demi-pied d'êpaiffatr s'il y a terres jettijfes ,il
- efl tenu de faire contre-mur d’u.f pied d'épaif feur y &c. Pour expliquer les deux cas de «et article , il faut entendre que le contre-trmr de demi pied d’épaifieur eft pour empêcher qu’en labourant les terres au pied d’un mur , qui peut être un mur mitoyen, dont un côté eft un jardin , & l'autre un bâtiment , ce labour n’endommage le pied dudit mur ; c’eft pourquoi la Coutume y a pourvu : mais pour les terres jeccifles où la Coutume ordonne un pied jd’épailTeur ,\il faut -entendre qu’un mur étant réputé mitoyen 4 & que l’on des vol-lins voulant haufler de fon côté les terrés plus hautes ,que celles de fôo voifin , ces terres font appellées jetriiîes : mais il y a tjbi^n descasoù un pied depaifléur pe^peuc pas fuffire, meme deux ou trois pieds, félon la hauteur des terrés jetrifîes. A cela il faut entendre que celui qui a befyin^de • plus grande épaifleuf , qu un mur miroym n’a d’ordinaire pour porter les terres de fqn
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- 312, ï XmCATÏ 6K coté j il doit prendre non feulement fur foii licntagela plusépaiffeur du mur,mais il doip aufïï payer la plus valeur dudit mur, en forte que le voifin qui n’a befoin que pour mur de clôture ou mur ordinaire pbur porter urç bâtiment, ne doit payer que h part & por? tipn m cette qualité de ce qu’il occupe.
- Article 1^3.
- En la Ville & Fauxbourgs de Paris $ faut avoir privez^.
- T Gus Proprietaires de iraifons en la Ville & Fauxbourgs de Paris font tenus avoir latrines de privez fuffifans en leurs maifons.
- Cet Article regarde la Police , & n?ef| pqint du fait des Experts.
- Article 15)4;
- mt contre un mur mitoyen> çe qui doit payer , 0* quand.
- SI aucun veut bâtir contre un mur non mitoyen ? faire le peut 9
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- i> E !> A Coutume.
- CT payant la moitié tant dudit mur que fondation d'icelui, jufqua fon Jieb<erge , ce qui eft tenu de payer paravant que rien démolir ni bâtir, .en feftimation duquel mur eft compris la valeur de la terre fur laquelle ledit mur eft fondé & a ffis, au cas que celui qui a fait le mur l'ait tout pris fur fon héritage.
- JE X P l ICATIO N.
- Par cet article la Coutume donne la fa^ culte à un particulier de fe fervir d’un mur que fon voifin aura fait bâtira fes frais Sç dépens, Sc de la place dudit mur prife fur |on héritage , en le rembourfant fuivant î’ôftimationquien fera faite par Experts, de la moitié qu’il occupera s ce qn on appello iieberge.
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- |Î4 ÎXHlC ATI0»
- Article ipj.
- Si l'on peut haujfer un mur mitoyen ± & comment.
- IL eft loifible à un voifin hauflfer à fes dépens le mur mitoyen d’tn-tre lui & Ton voifin 4 fi haut quebon lui femble , fans le confentement de fondit voifin j s’il n’y a titres au contraire, en payant les charges \ pourvu toutefois que le mur foit luftifant pour porter le furhautfement 5 s’il n’eft fuffifant, faut que celui qui veut re-Jhaufler le faffe fortifier , & fe doit prendre l’épaiiTeur de fon côté.
- EXPLICATION.
- d Si haut que bon lui femble fans le ton-lentement de fondit voifln 3 &c. Dans i’àrci* de précédent il eft permis de bâtir contre le mur de Ton voifin , en tembourfant comme il a été dit 5 & en celui-ci il eft permis de haufter fur ledit mur, en payant les charges : & il eft ajouté ; Si haut que bon lui femble s cette hauteur devrait êtremo-
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- de la Coutume- 5fy «dcrle , car on pourroit élever un îror £ liauc, qu*il ofiufqueroit entièrement b mai-ion du voifin ; mais celui qui veut élever on mur à une hauteur qui lui eft néceilairo, ii le mur n’eft pas bon ni d’épaiflêur ih& fan te , & qu’il foie bon pour fon voifin. il dl obligé de le refaire à fes dépens, & de prendre la plus épaiffeur de fon côté. 11 y a des Arrêts fur ce fujet aufquels on peur avoir recours.
- Article 15^
- Pour bâtir fur un mur de clôture
- SI le mur eft bon pour clôture, BC de durée 5 celui qui veut bâtir deffus, & démolir ledit mur ancien pour n’être fuffifant pour porter fou bâtiment, eft tenu de payer entièrement les frais ; en ce fai Tant, ne payera aucunes charges, mais s’il s’aide du mur ancien, il payera les charges,
- EXPLICATION.
- Cet article explique aflez bien que per-forme n’a droit d’obliger fon voifin de fai-
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- Explication
- re an mur mitoyen ni plus épais , ni de meilleure qualité qu’il n’a befoin,* j’en ex* pliquerai plufieurs cas dans la maniéré de donner les alignemens.
- Article i91.
- Les charges qui fe payent au njoijtn.
- LEs charges font de payer & rem-bourfer par celui qui fe loge ôc heberge fur & contre le mur mitoyen* deiîx roifes fane a de ce qui fera bâti au deflus de dix pieds.
- EXPLICATION
- a De ce quifer a bâti au-dejffis de dix pieds,*. ^Cette hauteur eft marquée pour selle des murs de clôture, y compris le chaperon. Il efl: fuppofé parcec article que le mur de clôture élevé à la hauteur de dix pieds, peut être bon pour porter un bâtiment; ce qui n’arrive que rarement \ à moins qu’on ne l’eût fait exprès ; mais l’on ne s’avife gueres de faire la dépenfe d’un mur pour porter un bâtiment,quand il ne doit fervir que de clôture. Ainü cela fuppofc, il faut que celui
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- © i t a Coutume. qui n’a befoin que d’un mur de clôture,contribue pour Ta part 5c portion, pour la plus épaiffeur , 5c meilleure qualité du mur, depuis la fondation jufqu’à dix pieds au deffus du rez de chauffée , s’il veut avoir les charges de ce que Ion voiûn élevera au-deffus de lui, ou il faut qu’il abandonne fon mur à fon voifin fans efperer avoif de charges, afin que celui qui veut élever prenne fur lui la plus épaiffeur, & faffe la dépenfe de la plus valeur qu’un mur doit avoir pour porter un bâtiment plus que pour un mur de clôture, conformément à l’article ï$6 : mais fi à la fuite celui qui a abandonné fon mur, veut bâtir contre lui 5c furicelui,il doitrembour-fet celui qui a bâti pour la plus-valeur de la terre prife fur lui, &c pour la plus épaiffeur, 5c la meilleure qualité dudit mur, en dédui-fant neanmoins ce que peut valoir fa part 5c portion de l’ancien mur, en l’état qu’il étoic avant que d’être abattu : la Coûtume n’ordonne de payer les charges, que parce que celui qui éleve une plus grande hauteur que fon voifin fur un mur mitoyen , furcharge ledit mur & l’endommage, ce qui càufe des frais pour le rétabliffement dudit mur , lefquels frais font communs moyennant les charges jufqu’à la hauteur d’hsberge de celui qui a le moins élevé.
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- Ex PLI CATION1
- Article 15*8.
- Pour fe loger & e'Jiper au mur mitoyen „
- ILeft loifible à un voifîn fe loger ou édifier au mur commun & mitoyen d’entre lui & Ton voifin,fihauc que bon lui femblera , en payant la moitié dudit mur mitoyen, s’il n’y a titre au contraire.
- EXPLICATION»
- Cet article eft comme une répétition des articles précédais : il fuppofe qu’un mur foie fait aux frais de l’un des voiûns, & il donne la faculté à l’autre voifin de s’en fervir, en rembounant celui qui l’a fait de la moitié de la valeur d’icelui dans toute l’étendue de ce qu’il occupera ; auquel cas celui qui a bâti le premier, s’il eft plus élevé que celui qui bâtir contre lui, doit payer les charges de fix toifes l’une, ce qui eft une dédudlion à faire fur la valeur dudit mur.
- v/w'v'
- iWi
- . &
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- »S U CoÛTUMi. JtJ
- Article 199.
- fflulles fenêtres ou trous pour 'vues au mur mitoyen.
- EN mur mitoyen ne peut Pun des voifîns fans Paccord & le con-lentement de l’autre , faire faire fenêtres ou trous pour vues, en quelque manière que ce foit, à verre dormant ni autrement.
- £ X P L IC AT 7 0 N.
- Cet article donneexclufîon défaire des fenêtres ou vues dans un mur mitoyen j mais par les articles fuivans il eft pern is d'en faite aux conditions qui y font contenues.
- Article jloo.
- Fenêtres ou 'vues en mur particulier 5 C3r comment.
- Toutefois, fi aucun mur à lui leul appartenant , joigranc fans moyen à Phcritagc d’autrui 9
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- ftQ ExpLi'cAri o m : il peut en iceluy mur avoir fenêtres } lumières ou vues aux Us 8c Coutumes de Paris; c’eft à fçàvoir de neuf pieds de haut au - de (Tus du rez de chauffée 8c terre, quant au premier étage , 8c quant aux autres étages de fept: pieds au-deffus du rez de chauffée : le tout à fer maillé 8c ver dormant.
- EXPLICATÎOM
- Il eft fuppofé par cet article que le mur en queftiqji appartient à un feul particulier , & quil joint fans moyen à l’héritage d’autrui, c’eft-à-dire, qu’il eft entic-mént pris für fori héritage', 8c que la face du côté du voifinen fait la réparation-* auquel cas il eft permis par cet article de faire dés vues a neuf pieds de haut, au deflus du rez de chauffée du premier étagé , & de fept pieds des autres étages : lé mot du rez de chauffép eft pris ici pour le deffus des aires & planchers de chaque étage; ce qui eft appeîlé premier étage, on l’appelle à "préfent l’étagé du rezr de chauffée ainü la véritable- fignificatioa
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- de la Coutume. 3%i
- derez de chauflée ne doit s’entendre que du deflus de la terre : comme il a été ci-devant dit.
- Le droit permis par cet article peut être détruit par l’article 198, qui permet à un voifin de Ce loger 8c édifier un mur d’entre* lüi 8c Ton voifin, fi haut que bon lui femble-ra j en rembourfaüt la moitié d’icelui mür ; ainfi celui qui aura fait des vues dans un mur qui lui appartient, &c qui peut devenir mitoyen, peut les per dre quand fon Voifin voudra } c’eft pourquoi il faut fe précautionner quand on bâtit, 8c tirer ces, vues d'ailleurs*
- Arïicli 201*
- Fer maille & verre dormant, & et que c'efl.
- FEr a maillé eft treillis * dont les trous ne peuvent être que dé quatre pouces en tous fens : & b verre dormant eft verre attaché & feellé en plâtre , qu’on ne peut ouvrir.
- EXPLICATION,
- d Fer maillé efl treillis dont tès mus ni doivent etre que de quatrepouces en tous fins%
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- Explication e^.c’eft-à- dire, un treillis de fer dont les bareaux pofez fur le bout ou à plomb & en travers ne doivent avoir que quatre pouces en tout fens, en forte que ces barreaux doivent fbrmcr par leur difpofition des quarrez de quatre pouces.
- b Verre dormant attaché & fcellê enplatrey &c. C’eft-à-dire,qu’il faut outre les bareaux ci-devant décrits, mettre au dedans de celui qui prend les jours,un panneau de verre contre lefdics bareaux , lequel verre doit être fcellé en plâtre contre le mur tout autour, afin qu’on ne puifle l’ouvrir,& qu’on ne puif fe jetter ni voir aucune chofe fur le voifin.
- Iieft bien dit dans l’article 200 à quelle hauteur les vues de coutume doivent être faites fui vaut les étages où on les veut faire; mais il n’eft pas fait mention de quelle gran-deur elles dévoient être ; cela pourroit faire de la difficulté fi un voifin en vouloir mal ufer, mais je crois que cela pourroit être réglé par la grandeur des panneaux de vitres, dont on n en met ordinairement que deux joints l’une contre l’autre, ce qui ne peut aller à plus de trois pieds r, ou 4 pieds de large.
- WW
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- 3*5
- de tA Coutume. Article 3oz. Dijlances pour vûës droites & bayes de
- A /
- cote.
- AUcun ne peut faire vues droites fur fon voifin ni fur places à lui appartenantes.; a s’il n’y a fix pieds de diftance entre ladite vûë & 1 hérirage du voifin j de ne peut avoir bayes de côté, s’il n’y a deux pieds de diftance.
- EXPLICATION.
- a Sfll n'y aJix pieds de dijlâme entre ladite *vhe & Ihéritage du voifin > &c. Lés termes de cette diftance ne font pas bien expliquez % l’on en peut prendre un du devant du mur de celui qui veut faire une vûë droite s mais l’autre mur étant mitoyen, il y a équivoque, î'ufage a décidé là-deflfus. L’explication eft que cette diftance doit être prife du devant du mur de celui qui fait la vue, jufqu’aU point milieu oucentredu rilur mitoyen. Ain-h le point milieu du mur décidé la queftion* & je croi que c’eft le meilleur fens que l’on puiftfe donner à cet Article. Pour les vues de côté, il faut aufli que la diftance de i pieds
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- 324 Explication foie prife de l’arête du jambage de la croi-fée la plus proche du voifin, jufqu’au milieu du mur mitoyen.
- Article 203;
- Signifier avant que de démolir ou percer mur mitoyen y a peine , çyc.
- LEs Maçons ne peuvent toucher ni faire toucher à un mur mitoyen pour le démolir, percer & rétablir, fans yappellerles voifins qui y ont intérêt, par une fimple fignifi-cation feulement, & ce à peine de tous dépens, dommages ôc intérêts, & ré-tabliffement dudit mur.
- EXPLICATION.
- Cet Article regarde les Entrepreneurs 6c Maçons, 6c les avertir de ne rien faire de coniîderable dans un mur mitoyen fans ap-peller les voifîns ; & il s’en faut prendre à eux quand ils contreviennent à cet Article,
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- @£ la Coutume. $1 y
- Article 204.
- On le peut percer y démolir & rétablir y & comment.
- IL eft loifïble à un voifin percer ou faire percer & démolir le mur commun & mitoyen d’entre lui & fon voifin , pour fe loger 6c édifier en le réta-bliflant dûement à fes dépens ^ s’il n’y a titre au contraire 3 en le dénonçant toutefois au préalable à fon voifin ; 8c eft tenu de faire incontinent 8c fans difcontinuation ledit rétabliflement.
- EXPLICATION.
- Cet Article eft une fuite de l’Article précédent : il explique plus au long ce qu’il faut obferver pour le récabliflfement d’un naur mitoyen.
- X iij
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- Explication Article 205,
- Contribution à refaire le mur commun pendant & corrompu.
- IL eft loifible à un voifin contraindre ou faire contraindre par Jufti-ce fon autre voifin à faire ou faire refaire le mur ou édifice commun pendant 3c corrompu entre lui & fondit voifin 3 & d’en payer fa part chacun félon fon heberge & pour telle part & portion que lefdites parties ont &: peuvent avoir audit mur > & édifice mitoyen.
- EXPLICATION.
- Voici un Article auquel on peut bien donner des explications félon les différentes oc-cafionsicaril peut arriver qu’un mur mitoïen foit bon pour l’un des voifins , quoiqu’un peu corrompu , &; que l’autre voifin le voudra faire rétablir , parce qu’il aura befoin d’une plus grande hauteur -, il eft vrai qu’on nomme des Experts pour en juger : mais comme il s’agit de folidité , pour peu qu’il
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- t) e la Coutume. 317 paroifle qu’il n’y en a pas allez, on condamne le mur à être abattu, & à en relever un autre plus folide, à caufe qu’il faut porter une plus grande charge :de plus le mur peut être bon dans les fondemens pour celui des voifinsqui n’cft pas fi élevé : cependant il eft obligé de payer fa moitié. En cette occafion les Experts doivent avoir quelqu’égard pour celui qui fouffre, &qui auroit pu fepafler du mur tel qu’il eft », cela eft jufte : car la Coutume ne donne point de réglé pour fça-voir jufqu’oij, ou combien un mur pendant & corrompu doit être condamné à être abattu > mais par l’ufage quand il panche du quart de fon épaifleur, il doit être abattu, c’eft-à-dire, qu’un mur qui a, par exemple, lèize pouces d’épaifleur , ôc qui furplombe de quatre pouces, il doit être abattu ; cette réglé n’eft pas jufte : car il faut marquer fur quelle hauteur ce quart doit être pris i cela ne le peut régler que par un angle, par rapport à une ligne de niveau : car fi un mur furplombe du quart de fon épaifleur fur la hauteur de douze pieds, il furplombera de la moitié 9$ la même épaifleur fur vingt-quatre pieds, & en 48 pieds, il feroit entièrement hors de fon afliette, il faut donner cette réglé par la hauteur ; & comme les murs mitoyens ordinaires ne font gueres plus élevez que de huit toifes,fi l’on prend fur cette X iiij
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- 32,8 Explication hauteur le quart de Ton épaifleur ; ce fera un demi-pouce par toife à 16 pouces d’épaifleur: comme un mur mitoyen eft arrêté de deux cotez , cela peut être tolerable % mais quand il n’eft arrêté que d’un côté, on ne peut pas le laifler en cet état,il peut y avoir encore d’autres caufes,comme de mauvaife conftru&ion, qui peut l’obliger à le condamner à être abattu.
- Les murs mitoyens caufent beaucoup d’affaires & de procès entre les voiflns, & c'eft la matière de la plus grande partie des rapports : car l’on conftruit fi mal ces murs, &C on leur donne fi peu d’épaifleur à propos tion de la charge qu’on leur fait porter,qu’ils ne peuvent pas fubfifter longtems. Il vau-droit bien mieux leur donner uneépaifleur convenable , & les faire conftruire de moi-Ion piqué, maçonné de mortier, de chaux & fable, avec des chaînes & jambes boutifc fes de pierre de taille , que d’avoir la peine de les rebâtir plufieurs fois, comme il arrive fort fouvent quand ils font mal conflruits*
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- delà Coutume. Article xôg.
- Poutres & folive s ne fe mettent dans les murs mitoy ns.
- N’Efl loifîble à un voifin de mettre ou faire metrre & loger les poutres & (olives de fa maifon, dans le mur d'entre (on voifin & lui, fi ledit mur neft mitoyen.
- explication.
- Il eft aflez expliqué par cet Article qu’il faut qu’un mur foie mitoyen pour s’en fer-vir à édifier contre. Cette matière n’a pas befoin d’une plus ample explication.
- Article Z07.
- Pour ajfeoir poutres au mm mitoyen y ce qu'il faut faire y meme aux champs.
- IL n’eft loifible à un voifin mettre ou faire mettre & afleoir les poutres de fa maifon dans le mur mitoyen d'entre lui &fon voifin, a fans y faire
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- 5|o Explication faire & mettre jambes parpaignes, ou chaines de corbeaux fuffifans depfer-re de taille, pour porter lefdites pou-très b en rétabliffant ledit mur : c toutefois poixr les murs des champs il fuffit y mettre matière fu&fante.
- explication.
- a S ans y faire faire & mettre jamhes par* paieries ou chaînes & corbeaux fuffifans de pierre détaillé, &c. Jambes & chaînes ne font qu'une même chofe,mais parpaignes ou parpin l'on doit entendre l’épaifleur d’icelles jambes ou chaînes,qui doit être toute l’é-paiffeur du mur. Pour les corbeaux font les pierres fur lefquelles les poutres font pofées on leur donne un peu de faillie en forme de confole, afin d avoir plijs de portée pour la poutre.
- b En rétabliffant le mur, &c. Il femble que par la Coutume on ne doit entendre que les chaînes & jambes fous poutres dans un mur mitoyen déjà fait; mais il faut obferver la même chofe pour tous les murs mitoyens faits à neuf, c*eft-à-dire , que bâtiffant un mur mitoyen, on doit déterminer où doi-
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- &E la Coutume. 551 vent être pofées les poutres, &: y faire des chaînes ou jambes de pierre de caille.
- c Toutefois pour le s murs des champs fufjit d'y mettre matierefhjfifante. Ce précepte eft bien indéfini ; car il peut y avoir des lieux où il n*y a point de pierre de taille. Ainfi il faut par neceffité y employer du moilon ou libage qu’on trouve fur les lieux } mais il faut que ce foie la meilleure maçonnerie qu’il eft pofïible dans cette cfpece.
- Article 208.
- Poutre fur la moitié à'un mur commun , & à quelle charge.
- A Ucun ne peut percer le mur ‘entre lui & fon voifin pour y mettre & loger les poutres de fa mai-fon, a que jufqu à l’épaifTeur de la moitié dudit mur, 6cau point du milieu en rétabliffant ledit mur,en mettant ou faifant mettre jambes 9 chaînes 6c corbeaux comme deflus.
- E X P L IC AT 10 N.
- 4 ^ l'épaijfeur de la moitié dudit
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- 332, Explication nmr ,&c. Il eft impolTible qu’une poutre puiffe avoir aflez de portée de la moitié da l’épaiffeur d’un mur mitoyen, quand même Il auroit dix-huit pouces d’épaiffeur, ce que l’on ne donne gueres aux murs mitoyens j même en y mettant des corbeaux ; cela ne fuffiroit pas pour la portée d’une poutre ; ainfi cet article n’eft pas pratiquable. Ilfaut donc qu’il foit permis de faire porter les poutres plus avant fur les murs mitoyens ; l'ufage permet de les faire paffer jufqu’à un pouce près de la face du mur voifin pour la charge de l’enduit : cette faculté eft réciproque entre voifins. Les poutres en font mieux portées, &c les murs n’en fouirent pas tant. L’on peut par ce moyen éviter de mettre des corbeaux faillans qui font un très-mauvais effet en dedans,à moins que les pou* très des voifins ne fe rencontraient bout à bout y ce qu’il faut faire en forte d’éviter. Il eft encore réitéré dans cet article de mettre des jambes fous poutres dans les murs mitoyens vieux ou nfeufs : ainfi H n’y faut pa§ contrevenir,
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- de ia Coutume. 53J Article zo?:
- Es Villes &Fauxbôurgs on contribue a mur de clôture jufqu’a dix pieds.
- Hacun peut contraindre fon
- voifin es Villes de Fauxbourgs, Prévôté de Vicomté de ParisJi contribuer pour faire faire clôture , faifant réparation de leurs maifons ,, cours de jardins efdites Villes & Faüxbourgs, jufqu’à la hauteur de dix pieds de haut du rez de chauffée 9 compris le chaperon#
- JÊXPLIC ÀTION.
- Cet Article explique affez par lui-même, il faut feulement remarquer qu’il prend le deffus de la terre pour le rez de chauffée, comme je l’ai ci-devant explique.
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- m Explication Article zio.
- Comment hors lefdites Villes & Fauxbourgs.
- H Ors lefdites Villes 8c Faux-bourgs on peut contraindre voifins à faire mur nouvel, féparant les cours & jardins 5 mais bien les peut-on contraindre à l’entretennement 8c refeétion neceflaire des murs anciens felonl’ancienne hauteur defdits murs, fi mieux Je voifin n’aime quitter le droit de mur 8c la terre fur laquelle il eft affis.
- Cec article eft aflez entendu par lukmê-me.
- A R T I C L B Z II.
- Si murs de Réparation font mitoyens, ^ des bdtimens & refetfton d'iceux,
- TOus murs féparans cours 8c jardins font réputez mitoyens, s’il n’y a titre au contraire $ 8c celui qui
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- DE tA C O Û T U M E»
- veut bâtir nouvel mur, ou refaire l’ancien corrompu , peut faire appel-lcr fon voifin pour contribuer au bâtiment ou refeétion dudit mur, ou bien lui accorder lettre que ledit mur (oit tout lien.
- EXPLICATION.
- Cet Article eft contenu dans les Articles 194 19 &c. Ce qu’il y a de particulier eft
- qu’il établit le droit de rebâtir un mur mitoyen , au cas qu’il foit corrompu , quand même le voifin ne feroitpas confentant d’en payer fa part Ôc portion, faute de quoi il le rend en propre à celui qui l’a fait rebâtir.
- A R t I C L E lit.
- Comment on peut rentrer au droit du mur.
- ET néanmoins es cas des deux préccdens Articles eft ledit voifin reçu quand bon lui femble à demander moitié dudit mur bâti & fonds d’icelui % ou à rentrer dans fon premier
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- 25 6 Explication
- droit, en remboursant moitié dudit
- mur & fonds d’icelui.
- Cet article eft contenu dans rarticlei^S#
- Article zî$:
- Des anciens foJfe% communs, idemquè des murs de fépuration.
- LE femblable eft gardé pour la refe&ion ^ vuidanges & entre-tennement des anciens foflez communs & mitoyens. ‘ -
- e x flic at ion
- Si les réparations des héritages font ave<3 foflez revêtus ou non revêtus , le nettoyer ment de redreflcment d’iceux doit être fait à frais communs, & aux conditions de l’Ar» ticlezu.
- A R »T I C t B 2,14;
- [Marques du mur mitoyen en particulier;
- Filets doivent être faits accompagnez de pierre pour connoî*
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- la Coutume. 337 tre que le mur eft mitoyen ou à un feul.
- EXPLICATION:
- Filets doivent être accompagnez de pierre, &c. Par le mot de filet il faut entendre de petites poutres \ car c’eft le nom que les Charpentiers leur donnent,àcaufe qu’elles font faites de filets de bois, c’efl>à dire, de jeunes arbres»
- Accompagnez de pierre, é*c. Il faut entendre des corbeaux fur lefquels les filets font pofez, pour fçavoir fi le mur appartient à un feul : cette marque n’ eft pas certaine *. il y a apparence que cet article eft fort ancien & fait dans un tems où l’on s’expliquoic mal fur le fait des bâtimens.
- Article iiy.
- De* fernjitudes retenues & conflituees par pere de famille.
- OUand un pere de famille met hors fes mains partie de fa mai-ion , il doit fpecialement déclarer quelles fervitudes il retient fur l’he-
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- 33* Explication tirage qu’d met hors fes mains y oit quelles iï conftituë fur le fîen, les faut nommément & fpécialement déclarer tant pour fendroit,grandeur, mefure., qu’efpéce de fervitude , autrement toutes conflitutions générales de fer-vitudes fans les déclarer comme deffus ne valent.
- EXPLICATION.
- Par cet article le pere de famille ou celui à qui une maifon appartient fait une loi dans la diftriburion des parties de fa maifon qu’il divine à plufieurs s c’eft ce qu’on appelle fervitude. Quand cette diftribution n’eft pas bien expliquée dans toutes fes circonftan-ces, & dans tous les cas qui peuvent arriver aux coheritiers, c’eft une fource de procès : c’eft pourquoi dans ces fortçs de divifions ôc de fervitudes, il faut prendre d'habiles Experts & des Avocats pour bien fpecifier &c prévenir toutes les diftkultez qui peu» vent arriver.
- WW
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- IDE la Coutume* 339
- Article ne.
- Deflinations de pere de famille par écrit.
- DEftination de pere de famille vaut titre , quand elle eft ou a été par écrit & non autrement.
- explication.
- Cet article eft une addition à l’article précédent, & n’eft que pour ordonner de marquer par écrit les divifions des parties de la maifon , que le pere de famille deftine à fes enfans ; Sc je croi qu’il feroit bon de Lire un plan fur lequel on marquât les parcs &: portions de chacun des heritiers,& attacher ledit plan à la minute de partage pour y avoir recours en cas de beLin.
- Article 117.
- Pour fojfe^ à eau ou cloaques , dijlance du mur d'autrui, ou mitoyen.
- NUI ne peut faire foffez à eau, ou cloaques, a s’il n’y a fix pieds de diftance en tous fens des
- Yij
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- 'g Explication
- imirs appartenans au voifîn ou mitoyen.
- EXPLICATION*
- a S'il n'y afixpieds de difiance, &c. Six pieds de diftance de terre plein ne font pas fuflifans pout tenir les fondemens d’un mur en un fofte qui peut être plus profond que les fondemens dudit mur s l’eau minera, s’il y en a, peu à peu la terre, & fera tomber les murs. Dans cette occafion il faudroit qu’il y eût au moins douze pieds de diftance pour faire leidits foflez éc cloaques, ou revêtir d’un mur de maçonnerie lefoffé du côté dudit mur de la maifon.
- r Article zi8.
- Porter hors la Fille ‘vuidanges de pri've^
- NUI ne peut mettre vuidange de privez dans la Ville.
- Cet Article regarde la Police.
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- © E la Coutume. 342
- Article 119,
- Enduits & crefpis en vieux murs, & comment.
- LEs a enduits & crefpis de maçonnerie faits à vieux murs fe toifent à raifon de fix toifes pour une toife de gros mura
- explication.
- a Enduits & crefpis faits a vieux murs ÿ &c. Il faudrait que ces vieux murs fufient fi bien conftmics, qu’il n’y eut que le fim-plecrefpi& enduit à y faire; mais cela eit fort rare, pour peu qu’il y ait quelques trous ou renformis à faire, on compte cet ouvrage à quatre toife l’une ; & même quand il y a plufieurs trous à boucher,on compte trois toifes pour une *. cela a pafle en ufage.
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- 542/ ÀLLIGNEMENS
- Maniéré de donner les allïgnemens des murs mitoyens entre partïcul ers propriétaires des maifons fuivantl’ufa-ge; comment chacun y doit contri-
- buer pour fa part & portion.
- LEs murs mitoyens font ceux qui partagent ies héritages entre particuliers : ces murs font la matière de la plus grande partie des rapports des Experts, &: fouvent la fource des procès entre les voifîns : c’eft pourquoi il eft à propos d’expliquer autant qu’il eft poliible les moyens d'éviter les con-teftations qui en nailTent. Il faut premièrement donner une idée jufte de la pofîtion de ces murs,& pour cela il faut imaginer une ligne droite ou un plan , pafler dans le milieu defdits murs, que l’on peut appeller leur centre : cette ligne droite doit repondre en toutes fes parties à celle qui fépare immédiatement lefdits herirageSjC’eft-à-dire,qu’il faut que répaiffeur defdits murs foir prife également de chaque côté fur chacun def» dits héritages, à moins qu’il n’y aitnecdfîté de leur donner plus d epaifTeur d’un côté que d’autre, comme quand les terres font plus
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- des Murs mitoyens. 343 hautes d’un côté que de l’autre , ou quand il y a plus de charge à porter d’un coté par la plus grande charge ou élévation d’un bâtiment. Dans tous ces cas il faut que celui qui a befoin de plus d’épaifieur que l’ordinaire, prenne cette épaifieur fur fon héritage. L’épaiffeur ordinaire des murs mitoyens devroitêtrede 18 pouces au rez de chauffée ou au moins de iy pouces; mais l’on fe contente à Paris de les faire de 12, à 13 pouces; Sc c’eft trop peu, comme je l’ai déjà die ; il faut que la ligne du milieu de ces murs foit exactement aplomb , afin qu’ils ne foient pas plus inclinez d’un coté que de l’autre; &: que fi l’on veut faire quelque diminution de leur épaifieur aux étages fupérieurs, cette diminution foit prife également de chaque ebeé.
- Quand on veut conftruire un mur mitoyen à neuf, ou en rétablir un ancien , il faut que chacun des voifins à qui appartient le mur, nomment chacun un Expert d’office , félon l’ufage, pour en donner l’alligne-menc, afin d’éviter les conteftationsqui en pourroienc arriver par la fuite , s’il n’écoit pas fait dans les formes. Il faut pour cela que chaque voifin donne un pouvoir à fon Expert pardevant le Greffier de l’Ecritoire qui aura été choifi par le plus ancien ou le plus qualifié defdits Experts : enfuite on procédé audit allignement par une déclara-
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- 544 À LL I G NEM E N S
- tion & un état des héritages (us lefquels îef-dics murs font aiïis &: pofez. Comme , par exemple , h c’eft un mur à conftruire à neuf fur des héritages qui n’ont point eu d’autre féparation qu’une haye ou un fofle, &c. il faut demeurer d’accord de la ligne qui doit faire la réparation defdits héritages, &c puis en faire une figure fur une feuille particulière pour joindre à la minute, ou la faire fur la minute du Greffier , & marquer fur cette figure toutes les chofes qui font proches & at« tenantes ledit alignement, afin de faire con-noître par l’aéte que l’on a obfervé tout ce qui étoit néceftaire. Il faut enfuite faire tendre une ligne d’un bout à l’autre au rez de chauflée où doit être donné l’allignernent, pour connoître fi la ligne de féparation def. dits héritages eft une ligne droite -, ce qu’il faut faire autant qu’il eft poffible : mais s’il y a des plis & des coudes confidérables , il Jçs faut obfer?er&: les marquer fur la figure pour en faire mention dans le rapport. Ces plis Ôc ccs coudes font fouvent des concefta-rions entre les voifins, fur tout à Paris j ils font quelquefois formez par l’ignorance ou la malice de ceux qui rétablirent les anciens murs : c’eft pourquoi cela mérité d’être bien examiné. Après avoir bien reconnu la ligne de féparation des héritages foit d’une ou de pliifieurs lignes droites formans des angles
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- des Murs mitoyens. 34^ qu’on appelle plis & coudes , il faut donner l’allignemenc en queftion de l’un des particuliers ou voifins, fuppofantque la ligne de féparation Toit droite d’un bout à l’autre, ô£ que Ton foie convenu de l’épaiffeur que doic avoir le mur mitoyen. Après avoir fait le procès verbal &c la defeription des lieux, il faut s’expliquer en ces termes : Et après avoir fait tendre une ligne d’un bout a l'autre du coté d'un tel voifin, nous avons reconnu que lefdits héritages êtoient feparez> d'un droit allignementfans plis ni coudes, & pour donner icelui allignement â tel bout, Nous avons fait une marque en forme de croix fur telle pierre oumoilon, ou autre chofe prochaine qui ne puifte pas être remuée : lequel mur fera pofé à tant de pieds & pouces d'intervalle & de diftance d'icelle croix,&pour-chaffera ( c efl le mot ancien ) fon èpaijfeur du coté de l'autre voifln.
- Il faut remarquer ladite épaiiïeur, puis il en faut faire autant à l’autre bout dudit mur à peu près à même diftance : car il eft mieux que les repaires foient parallèles au mur,ou le mur parallèle aux repaires ; cela n’eft pourtant pasabfolument néceflaire. L’on prend ces diftances pour vérifier fi le mur a été bien pofé fuivant lç rapport *. ce que les Experts doivent revenir vérifier fur les lieux quand le mur eft fait, pour voir fi l’on n’a rien changé aux repaires.
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- ÂLLIGNE M ENS
- Aux anciens murs que l’on veut en root ou en partie, il y a beaucoup de précautions à prendre pour les reconftruire?Ô£ pour voiries cermes lurlefquelson doit donner l’allignement: car fouventces murs font corrompus par tout; mais il faut toujours s’attacher aux marques que l’on peut avoir au rez de chauffée, ou un peu au-deffous, car c’cfi: l’endroit qui doit toutregler, étant fup-pofié ne pouvoir pas changer; &; fi l’on ne trou voit pas encore fon compte, il faut prendre le deffus de^ retraites du pied du mur. Ces termes fie peuvent connoître par quelques pierres ou moilons, dont lesparemens ne fieront pas deverfez,& en cas qu’il n’y eût pas une de ces marques qui ne fût douteufe, il faut avoir recours aux fondemens pour en tirer les conféquences les plus juftes qu’on pourra; ce qui fie peur faire en découvrant plufieurs endroirs qui n'auront pas été remuez , y faire tendre des lignes, y faire tomber des aplonbs pour trouver la vérité. Ces indices font fort fouvent équivoques & dans ces rencontres l* Expert qui a le plus d'adreffeen fait quelquefois accroire à l’autre ï car chacun prend l’intérêt de fa partie, & le porte plus loin qu’il peut,cela ne fe de-vroit pourtant pas ,puifqu’il ne s’agit que de rendre juftice.
- Quand on n’abbat pas entièrement les
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- ù s Murs mitoyen^. 347 imirs mitoyens à caufe qu’ils ne font endommagez qu’en certains endroits, comme par bas ^ufqu’à une certaine hauteur , on les refait par reprifes,OLice qu’on appelle par èpau-letées j ce qui fe fait par le moyen des che-vallemens & étaimens fur chaque plancher. L’on abat enfuite tout ce quife trouve de deverfé & corrompu jufqu’aufli bas qu’il eftbefoin ; l’on en donne l’allignemenc comme il a été dit, en marquant l’ancienne épaifleur du mur qu’il faut prendre au rez de chauffée pour en faire mention dans le rapport , afin de rétablir le mur fur la même cpaiffeur.
- Et pour parvenir à la connoi(Tance de ce qui peut être bon ou mauvais dans ces murs, pour en conferver ou en abaccre ce qui efl néceffaire, il faut fure percer les planchers de fond en comble en plufieurs endroits pour y faire paffer le plomb le long defdits murs, & voir fi en les relevant fur l’alligne-ment que l’on aura donné, le haut fe pourra conferver, ce qu’on appelle recueillir, c’eft-à-dire^ que ce haut foit dans fa première fi-tuacion ; ce qui eft bien rare : car il y a toujours quelque chofe à dire ; mais on ne îaiffe pas de conferver ce qui peut être confervé. C’eff pourquoi les Experts difenten pareil cas dans leurs rapports, que ledit mur fera élevé jufqu’où l’ancien pourra être recueilli >
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- âlugnemehs ïirecueillir fe peur : cela n’eft exprimé qu’eh ternies indéfinis., afin de ne répondre pas d’une hauteur fixe,fi-Tou eft obigé démonter plus haut.
- Il faut bien expliquer dans le rapport combien chacun des particuliers voifins fera tenu de payer pour (a parc & portion du mur mitoyen , {invar t la coutume .* car il y a bien des ctoofes à obferver, &: voici à peu près les cas qui peuvent arriver, qui ne font que tacitement expliquez dans la coutume.
- Premièrement, à l’égard des fondemens des murs, pet forme ne fe peut difpenferpour quelque prétexte que ce foit, de les fonder fur une terre ferme &: (olide qui n’ait point encore été remuée, ce qu’on appelle terre neuve reconnue pour folidej car il y en a qui n’ayant affaire que d’un mur de clôture, ÔC d’autres en ayant affaire pour porter un bâtiment , l’un ne voudra pas fonder fi bas que l’autre,parce qu’il n’a pas une fi grande charge à élever ; mais il faut abfolument fonder fur terre ferme quelque mur que ce foit : il eft vrai que fi celui qui veut faire un bâtiment ne fe contente pas du folide qu’il faut pour un mur ordinaire,&: qu’il veui lie fouiller plus bas pour des caves ou autres chofes , il doit faire ce furplus à fes frais : tout cela doit être réglé par la prudence & la juftice des Experts.
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- des Murs mitoyens. 349 À l’égard de laplus-épailTeur & de la qualité defdits murs, celui qui n’a befoin que d’un mur de clôture, n’y eft point obligé quand il ne veut pas fe faire payer des charges, mais s’il s’en veut faire payerai eft obligé de contribuer pour fa moitié à toute la dépenfe, depuis la bonne terre jufqu a hauteur de clôture, ou de celle qu’il hebergera.
- Si celui qui n’a eu d’abord befoin que d’un mur de clôture fimplement, & n’a point entré dans la dépenfe de la plus-valeur &: delà plus épaiff. ur dudit mur, veut enfuite bâtir & s’héberger contre ledit mur, il faut qu’il rembourfe celui qui l’a fait bâtir pour porter un bâtiment non. feulement pour la plus-valeur de la meilleure qualité & de la plus-épaiffeur , mais même pour la terre qu’il aura prife de fon côté,fuivant l’eftirnation des Experts.
- Si le même qui n’a eu befoin d’abord que d’un mur de clôture a contribué pour fa part & portion de la plus-valeur & de la plus épaifleür , &c qui a donné fa part de la terre pour la plus-épaiftêur , il doit avoir les charges de fix toifes l’une de ce qui fera bâti au-deflus de lui ; mais s’il veut à la luite bâtir & s’héberger contre ledit mur, il doit rendre la fomme qu’il a reçue des charges de ce qu’il occupera feulement ; &: s’il vouloir élever plus haut que fon voiün , non-feule-
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- 3JO Aliignemens ment il doit rendre toute la Tomme des char* ges qu’il aura reçues , mais il doit payer celles de la hauteur qu'il aura élevée plus que fon voifin : &c fi le premier a bâti des caves au deflous des fondations d’un mur ordinaire , celui qui bâtit à la fuite , & qui veut fe fervir dudit mur defdites caves , il doit payer fa part &c portion dudit mur en ce qu’il occupera au deflous de ladite fondation.
- On peut fur ces principes connoître dans tous les cas la juftice qu’il faut rendre aux particuliers fur le fait des murs mitoyens ; car il eft prefqu’impoflible de rapporter toutes les circonftances qui peuvent arriver s c eft pourquoi il faut laifler le refteàla prudence des Experts-
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- DE LJ MANIERE DONT on doit faire les Devis des Batimens.
- LEs devis font en particulier pour chaque efpece d’ouvrage qui doit faire paiae de la conftru&ion d’un bâtiment, comme de la maçonnerie , de la charpenterie , de la couverture , &:c. ou ils font généraux, c’eft-à-dire , qu’ils comprennent toutes les fortes d’ouvrages qui font la perfection d’un bâtiment, comme quand l’Entrepreneur faic marché de rendre tout le bâtiment fait, la clef à la main ; ainfi un devis général doit être compofé de tous les devis particuliers de chaque efpece d'ouvrage. Dans l’un & l’autre cas , il faut bien expliquer toutes les circonftances qui doivent faire la bonne qualité & la façon de chaque ouvrage; car fi l’on obmec quelque chofe d’effentiel, ou que l’on ne s’explique pas af-fez nettement , cela fait des équivoques qui font naître des difEcultez qui attirent fouvent des procès.
- Quand on veut faire un devis dans la
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- Devis
- meilleure forme, on y doit expliquer toute! les conditions requifes , mais il faut auparavant que tous les defleins du bâtiment que l’on déliré faire , {oient arrêtez 3 afin de n’y rien changer, & pour cela il faut avoir les plans de tous les étages, & même ceux des caves , les élévations des faces de tous les cotez des bâcimens, les profils ou coupes de tous les corps de logis, où les hauteurs des planchers & des combles y foient marquées , il faut que les principales mefures & dimenfions de tous les defleins foient cottées , afin que le devis y ayant rapport, l’on ne fafle point de faute ; c’eft pourquoi ce ne peut être que PArchitede qui a fait le defTem qui puifle bien faire le devis, car il doit lui-même donner la folidicé êc la perfection à fon ouvrage , c'eft le fentiment des meilleurs Auteurs qui ont écrit de l’Architecture, &: les réglés du bon fens. Car qui peut mieux s’expliquer fur une choie que celui qui en eft l’Auteur , cela fait connoître que pour être ArchiceCte, il faut non-feulement avoir tout le genie &: l’étendue de la fcience pour en fçavoir parfaitement la Théorie, mais qu’il faut encore pofféder la pratique jufqu’aux moindres chofes , afin de ne rien obmettre qui puifle donner lieu aux ouvriers de faire des fautes, foit par ignorance
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- b ES BaStimens. j fahcè ou par malice,comme il arrive fous vent, ainfi ceux qui Font faire des bâtimens confidérables doivent prendre garde à fàirê choix d’un habile homme.
- Gommé dans le modèle de devis que jé donne ici ]è n’ai point d’objec pour un deflein particulier, je donnerai feulement Une idée générale de la manière dont les devis doivent être faits , pour rendre un bâtiment parfait la clef à la maifr , afin que tous les devis des ouvragés qui le corn-pofent ÿ foiént compris , je fuppoferai même qu’on y employé de diflérens matériaux , afin que Ton cohaoiffe les différentes maniérés de les mettre en œuvre * ceux qüi auront bien entendu ce qui a été dît ci-devant fur la conftruéfion de chaque efpe-*-Ce d ouvrage, fçàuront plus aifément com^ me l’on doit faire lés devisi
- Quand on fait un devis pour la maÿôru nerie, il faiit y marquer l’ordre dans lequel l’ouvragé doit ette conftruit s ainfi il faut commencer par les ibndémens , tant des murs de face que de reifend, &c. en* fuite par les voûtes des caves , ô£ chauffes d’aifancés, défeentes de câves, &: autres ouvrages qui doivent être faits jüfqu aii refc de chauffée , 6c continuer dans cé blême ordre jufquaü plus haut de l’édifice s on peut néanmoins expliquée de fuii$
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- 3^4 Devis
- par exemple tout un mur de face ou de rdj fend, en toute fa longueur fur fa hauteur» depuis le rez de chauffée jufqu a l’entablement ou pignon, en expliquant bien les différentes efpeces de pierre qu’on y doit employer,les épaiffeurs & les retraites qu’on doit faire à chaque étage 5 l’on explique en-fuite les ouvrages de plâtre , comme les planchers, les cloizons , les cheminées, les efcaliers, &c. il faut enfin que le devis con-duife pour ainfi dire l’entrepreneur par la main, dans chaque ouvrage qu’il doit faire.
- Forme du Devis.
- DEvis des ouvrages de maçonnerie» charpenterie, couverture, menuiférié , ferrure, 6c gros fer, vitrerie , pavé de grais 6c peinture d’impreffion , qu’il convient faire pour la conftru&ion d’un bâtiment que Monfieur *** defire faire con-ftruire fur une place à lui appartenante, fei-zeà Paris rue*** fuivant les plans, profils 6c élévations qui en ont été faits 6C agréez dudic fleur ... lefquels plans, profils 6c élévations feront lignez 6c executez comme il enfuit.
- Si le devis étoit particulier pour une efpece d ouvrage comme la maçonnerie > on ne doit intituler que lamaconnerieï& ainjldçs autres.
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- des Bastimens. 3^
- Von peut après l*intitule au devis marquer les dimenfions generales du batiment fians entrer dans le détail de la difiribution des plans commeplufieursfont, ce qui nefipas necejfiai^ re y parce que les plans ,profils, & élévations étant cotiez, & fignez, des parties, ils défi-gnent mieux les dfiributions que tout ce quort en pourvoit dire par les devis, il fujfit donc de marquer les dimenfions générales à peu près en ces termes.
- Le corps de logis entre-cour & jardin aura tant de longueur fur tant de largeur hors œuvre , & fera élevé de deux étages &: un antique au dellus, le tout faifant cane de hauteur, depuis lerezde chauffée jufquau deffus de l’entablement, au-deffous duquel corps de logis, feront les caves en toute leur étendue, lesquelles caves auront tant de hauteur fous voûce, & feront aulïifaites les folles d’aifan-ces au-detJousdefditescaves. Les deux corps de logis en aille auront chacun tant de Ion* gueur fur tant de largeur;le tout hors œuvre, & feront élevez de deux étages avec un attaque au-delFus dé pareille hauteur,que ledit corps de logis, leiont aulîi faites les caves fouslefdics corps de logis en aille, le petit corps de logis fur la rue aura tant de longueur fur tant de largeur hors œuvre, & fera élevé de tant de hauteur : au milieu duquel corps de logis, fera la porte cochere pour entrer
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- Devis
- dans la cour dudit bâtiment , laquelle cour aura tant de longueur fur tantàc largeunLes corps de logis de la baffe-cour pour les écuries 8c remifes & offices, 8cc. auront tant de longueur fur tant de largeur j 8c feront élevez de tant de hauteur depuis le rez de chauffée jufqu'au deffus de l’en table ment, & feront faites les caves au-deflous, &: lesfoffes d’aifances en tel 8c tel endroit de tant de longueur fur tant de largeur à tant de hauteur fous voûte; feront faites au furplus les diftri-butions de tous les étages & hauteurs des planchers , ainfi qu’ils (ont marquez & Cotiez fur lefdits plans, profils 8c élévations. Le tout fera fait fous la conduite & dire&ion du fieur ... Archite&e qui a fait les deffeins dudit bâtiment, 8c qui donnera à rEntrepre-neurles profils particuliers pour toutes les parties d’architeéture qu’il conviendra.
- Si la place ou l'on doit bâtir n efl pas y aine & vague, & quily ait d'anciens bâti« mens, il en faut fpécifler d'abord la démolition , &fi l’on y referve quelque chofe3 comme des murs de fondation, il faut les marquer par dim enflons & diflancess l’Entrepreneur fait ordinairement les démolitions pour les vieux matériaux , l'on ftipule dans le marché la maniéré dont on efl convenu, é* l'on s'explique âpeuprés en ces termes.
- Sera premièrement faite la démolition de
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- DES BaSTiMENS. 3J7 fond en comble des anciens bâtimens qui font fur ladite place, à la referve de telle ÔC telle chofe qu’on veut faire refervir. Les meilleurs matériaux defdites démolitions feront mis à part, pour être employez audit bâtiment en cas qu’ils foient trouvez de bonne qualité -, les gravoits Ôc immondices feront envoyez aux champs, pour rendre la place nette.Lefdites démolitions ÔC nettoye-mens de ladite place feront faits aux dépens de l’Entrepreneur a moyennant quoi il aura les anciens matériaux qui en proviendronr.
- Seraenfuite fait la fouille ôc vuidange des terres maffives , tant pour les rigoles des fondations de tous les murs de face , de ref-fend, mitoyens ÔC autres, que pour le vub* de defdites; caves ôc fortes d’aifances, qui feront au-deffus d’icelles caves, le tout des profondeurs neceffaires pour avoir les hauteurs marquées fous les voûtes defdites caves & fortes d’aifance, ÔC des largeurs convenables pour avoir les épaiffeurs ôc empâ-temens neceffaires defdics murs, qui feront ci-après; marquez, lefquels murs feront fon* dez d’un pied plus bas que faire defdites caves ÔC foffes d’aifânce, ôc en cas que la terre ferme ne fe trouve pas à cette profondeur, 1 dits murs feront fondez auflibas qu'il fera befôin pour titodver le folide , tout le fol ou fond defdites rigolles feramis de niveau en
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- la longueur &: épaifleur defdits murs; fera pareillement faite la fouille & vuidangedes terres maflives pour les puits marquez fur les plans des diamettes ci-après expliquez , laquelle fouille fera faite aufïi bas que befoin fera pour avoir de l’eau vive. Les terres provenantes defdites foüilles feront envoyées aux champs, &: s’il fe trouve du fable de bonne qua ité danslefdites foüilles, il fera permis audit Entrepreneur d’en employer aufdits ouvrages après qu’il aura été jugé bon.
- Qualitez des matériaux qui feront employez audit bâtiment fuppofant qu’il foil fait à Paris & aux environs.
- Toute la pierre dé taillé dure fera des carrières d’Arcueil de la meilleure qualité, faine & entière, fans fils ni moyes, ni bouzin, atteinte taillée jufqu’au vif ou dure dans fes lits.
- Toute la pierre de taille tendre fera des carrières de Saint Leu, ou de TrofTy de la meilleure qualité & fans fils ou bien de U Lambourde d*Arcueil.
- ’ Tout le moilon &: libage fera des carrières d’Arcueil de la meilleure qualité y ôc dont le bouzin en fera entièrement ôté.
- Tout le mortier fera fait & çompofé d’un tiers de bonne chaux de Melun, & les deux
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- DES B A S T I M E N S. 359 autres tiers de fable de riviere , ou fable équivalent, pris aux environs de Paris te même fur les lieux en cas quil foit trouvé bon.
- Tout le petit te le grand carreau de terre cuite fera de Paris de la meilleure qualité.
- Tous lesboiffeaux des chauffes d’aifance feront bien fains te entiers te verniffez par dedans.
- Tout le plâtre fera des plâcrieres de Montmartre pour le meilleur.
- Toute la latte fera de bois de chêne de droit fil te fans aubié.
- fl ie
- S/Wn/tpW1/WTinr^/W^/TWI/TVWr»TV7J Wj
- M AS SO NNE RIE DES MURS de Fondations & de Voûtes jufqu'au rez* de chauffée,
- SEront faits les murs de fondation des murs de faces , depuis le fol jufqu’à trois pouces près du rez de chauffée, dont la première afïifefera de bons libages de pierre dure, équarris ; pofez fur terre (ans mortier, te au-aeffus fera mis du moilon jufqu’à trois pouces prez du rez de l’air des caves, à
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- 3#q Devis
- laquelle hauteur il fera mis une affife de pierre de caille dure,faifant toute l’épailTeur deA dits murs piquée du coté des terres,ÔC en purement du côté defdites caves, le tout à lits de à joints quarrez. Au-deffus defdites affifes il fera encore mis de la pierre de taille dure aux chaînes de retombées, qui porteront les arcs dts voûtes defdites çaves,aux piédroits de appuys des hajours, aux dofferets de jambages des portes,qui joindront lefdits murs, dec. de tout le refte fera de moilon, dont la partie qui fera face , du côté defdites caves, ]ufques fous la retombée defdit-es voûtes fera de moilon piqué par affifes, le tout fera maçonné de mortier fait comme il a été dit ci-devant, lefdits murs auront tant- d’épaif-feur par bas dans la fondation de viendront à font d’épaiffeur par haut, pour avoir tant d’empâtement' pour pofer les premières aflA fes du rez de chauffée.
- Seront au® faits tous les murs de fondation des murs de reffend % mitoyens, dec. depuis le fol de la fondation jufqu’à 3 pouces près du rez de chauffée, dontrlapremiere, affife fera des, plus gros libages, po/ée à fcc, fur le fol, de fera mis au-deffus du moilon jufqu’à troispouces près de faire des caves, à laquelle hauteur il fera mis un cours d’a,A fffes de pierre de taille'dure 9 faifant toutes par pi ns à lits (ç à joiffts quatre^ 3 de au* de A,
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- DES BASTIMENS. 361 fùs de ladite aflife, il fera encore mis de la pierrede taille dure, aux chaînes qui porteront les arcs defdites voûtes, s il y en a, aux piédroits & plattes bandes de toutes les portes,qui feront dans lefdits murs, lefquels piédroits & plattes bandes feront toute ré-* paiffeur defdits murs, & feront pofées alternativement en carreaux boucifles au moins de fîx pouces les unes des autres, dont les moindres auront 15 à 18 pouces de tête quarrçment i &c tout le refte defdits murs ferademoilon , dont les parties qui feront vues du côté defdites caves feront de moi-ion piqué par aflifes, le tout fera maçonné de mortier fait comme ci - devant, lefdits murs auront tant d’épaifleur par le bas, tant d’épaiffeur par le haut.
- Seront faites toutes les voûtes defdites caves en berceau à lunettes ou autrement > aufquelles voûtes il fera mis des arcs de pierre de taille de telle qualité , portans fur les chaînes ci-devant dites , lefdites pierres feront pofées alternativement en carreaux S£ en bouriffes, celles qui feront pofées en carreaux auront tant de largeur ou de face fur tant de lit, celles qui feront pofées ea boutiftes, auront tant de face fur tant de lit, le tout quarrément i fera auflimis de la pierre de taille aux lunettes des abajours, &c. &tçutle refte defdites voûtes fera de moi-
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- $6t Devis
- Ion piqué 6c pofé par aflifes , en forme de pendant ou petits vouffoirs, le tout fera maçonné de mortier fait comme ci - devant, lefdites voûtes auront tant d’épaiffeur à leurs reins, venant à tant d’épaiffeur à leur fommet, les reins defdites voûtes feront remplies jufqu’au plus haut d’icelles avec moilon bloqué 6c maçonné de mortier comme ci-devant.
- Aux endroits où il fera fait des foffes d’aifance, fi elles joignent les murs de face ou de reffend, lefdits murs feront fondez un pied plus bas que le fond defdites foffes, des qualitez 6c épaiffeur ci-devant déclarées, 6c les murs qui ne feront que pour lefdites foffes, feront de moilon piqué aux paremens, maçonnez de mortier fait comme ci-devant, 6c auront tant d’é-paiffeuriferont aufli faites les voûtes defdites ibflès de moilon piqué, maçonné de mortier comme ci-devant, dans lesquelles voûtes il fera laiffé un trou de18 pouces en quar-ré,fur lequel il fera mis un chaflis,& un couvercle de pierre de taille dure pour faire les vuidanges defdites foffes, le fond defquelles foffes fera pavé dépavé de grais, à chaux 6C ciment, pofé fur un maflif d’un rang de moilon , maçonné de mortier de chaux 6c fable.
- Seront faites les defeentes de cave, tant fous les grands efcaliers, que les vis po-
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- des Bastimens. toyers fous les petits efcaliers, pour faire lefdices defcentes, il fera fait des murs d’ef-chifFre1' ,dont les têtes feront de pierre dure, «Si le refte de moilon piqué, le tout ma-çonn de mortier fait"comme ci-devant, SC auront tant d épaiffeur jufques fous lefdites marches , & tant au^ddfus d’icelles, toutes lefquelles marches feront de pierre de taille dure d’une feule piece, chamfrinées par devant pour gagner du giron, ôi feront faites au furplus les voûtes neceffairespour porter lefdites marches, lefquelles voûtes feront comme celles des caves ci - devant expliquées.
- Sera faite la fouille Si vuidange des terres pour les puicsauflibas qu’il fera befoin pour avoir de l’eau vive,au fond duquel puits il fera mis un rouet de charpenterie pouraf-feoir la maçonnerie du mur dudit puits, lequel mur fera conftruit avec moilon ou Mage , piquez aux paremens, 6i le refte demoi-ïon ordinaire, le tout maçonné de mortier fait comme ci-devant ; ledit mur aura tant d’épaifleur par bas, & tant d’épaiffeur par haut au rez de chauffée, à laquelle hauteur il fera fait un mur d’appui de pierre de taille dure de tant d’épaifleur ,au-deffus duquel il fera mis une mardelle de pierre dure d’une feule piece,ledit puits fera circulaitc ouova* (fi 8c aura tmt de diamètre dans a u vre.
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- Devis
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- AU RE Z DE ChAUSSE’e.
- SEront faits les murs de faces, depuis le rez de chauffée jufqu’à l'entabiement, donc les trois premières affifes feront de pierre dure à lies 8c à joinrs quarrez, au def. fus defquelles il fera laiffé une retraite de tant àz pouces, &: rout le refte defdits murs fera fait de pierre de taille tendre, excepté les appuis de croifées, &c. qui feront de pierre dure; Ton obfervera dans lefdics murs les portes, les croifées, lesentablemens, plintes 8c autres ornemens d’archite&ure , ainfî qu'ils font marquez fur les plans, 8C élévations, toutes les pierres qui feront employées aufdits murs, feront toutes parpin à lits & à joints quarrez, pofées par affifes en bonne liaifon, les unes fur les autres, le tout fera maçonné de mortier comme ci-devant, les joints de la pierre dure feront faits avec chaux 8c grais, 8c ceux de la pierre tendre feront faits avec badijon à l'ordinaire ; le tout fera taillé, pofé, 8c ragréé, le plus proprement que faire fe pourra ; lefdits murs auront tant d’épaiffeur au droit des trois premières affifes, ÔC depuis le deffus def dites affifes jufqu’au deffus du premier plancher , lefdits murs auront^/ a épaif-feur, Ôc depuis le deffus dudit premier plan*
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- b E S B A S T I ME N S. cher où il fera laiflé une retraite de tant de pouces, lefdits murs auront/4^/d’épaiffeur, Je coût élevé par dehors à leur fr uit ordinaire, &c.
- Si lefdits murs defat es font faits partie de pierre détaillé & partie de moi Ion,ilfaut en fpecifier leurs longueurs,par pins .& liaifons> tant des piédroits,plate-bandes ,plintes , en-tablemens , çfrc. foit qu elles foientpofées en carreaux ou en boutiffes. Si on crefpit lefdits murs par dehors entre les pierres détaillé , ce doit être avec du mortier de chaux & fable de riviere , & les faces du de dam feront enduites avec plâtre fn ; tout le refle foit pour la conflrutUon ou èpaiffeur doit être marqué comme ci-dejfus.
- Seront faits tous les murs de reffend 5c mitoyens au dedans defdits bâti mens, où il fera mis par bas un cours d’affifes de pierre dure, faifant toutes parpin à lits 5c à joints quarrez, il fera mis de la même pierre de taille dure, aux chaînes fous poutres,&: jambes boutiffes, faifanc toutes parpin alternativement, & pofées enliaifon les unes fur les autres, & dont les plus courtes auront tant de long 5c tant de large, afin d’avoir tant de Jiaifon de chaque côté, à toutes les portes & autres ouvertures qui feront faites dans lefdits murs, il fera mis des piédroits, 5c. plattes bandes de pierre de taille tendrez autre ^ faifant toutel’épaiffeur defdits murs,
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- 3<stf D i r i s (
- pof e en bonne & fuffifante liaifon , & auront au moins tant de largeur. Leldics murs auront tant d’épaifleur depuis le rez de chauffée julqu au i. étage , tant du x. au 3. &c. & les pignons feront élev. s fuivant le profil des combles, & feront faits les dof-fiers & ailes necelÉures pour entretenir les cheminées.
- Seront faits les murs de parpin fous les cloizons> fondez de fonds comme les autres murs^oupofez, fur les voûtes des caves ; lefÀ dits murs feront maçonn z de moi Ion avec mortier de chaux & fable , jufqua ttois pouces prés du rez de chauffée, au-deffus de laquelle hauteur il fera mis une affife de pierre de taille dure,Iefdits murs auront/^/ aépaifleur dans la fondation , & tant d’é-paifleur ou parpin à ladite aflife.
- Sera faite la maçonnerie des planchers*/* tel étage, il faut expliquer l'ejpèce de flan* cher que l'on veutfaire, fi défi -un flanchet creux , carrelé par-dejfus, don dira, fur lequel il fera fait un couchis de lattes jointives , clouées fur des folives, & fur ce même couchis il ferafàitf une faufî'e aire de gros plâtre Sc plâtras ouwenues pierres $ un pouce d’épaifleur fur la plus haine folive, fur laquelle aire il fera? carrelé de petit ou grand carreau de terre cuite ; Siaudieu de carreau Vent veut du parquet fur lefdits plancher i, il
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- t> e s Bastimens, 367 faut mettre des lambourdes fur les lattes ou /olives au lieu d'une faujfc aire, & fcellet lefdites lambourdes à augets avec plâtre & plâtras » il faut ajouter qu’entre les encheve-Jlrures quifont pour la place des cheminées, il fera mis des bandes de trémies recourbées fut lefquelles il fer a fait une maçonnerie depierre & plâtre en maniéré deplatte-bande 5 fi l'on plafonne lefdits planchers l’on dira, lefdits planchers feront plafonnez , dont les lattes feront pofées en liaifon les unes contre les autres, le tout recouvert & enduit de plâtre fin à l'ordinaire.
- Si l’on fait des planchers d’autre efpece, il le s faut expliquer, par exemple , fie efi des planchers dont lesjolives font a bois apparent en trois fens par défions, que l’on appelle en-trevouts, l’on dira, fera mis un couchis de lattes clouées fur les folives, en bonne liai* fon,& fur ledit couchis il fera fait une fauflfe aire de gros plâtre & plâtras, & carrelée par delfus de petit ou grand carreau de terre cuite,ou il fera fait une aire de plâtre,lesen-tre vouts defdits planchers feront tirez avec plâtre fin à l'ordinaire.
- Il y a encore des planchers fort fimples, comme ceux qu’on appelle enfoncez, , c’eft-à-dïre, maçonnez, entre les folives & de leur cpaijfeur à bois apparent des deux cotez, avec des tampons entre lefdites folives.
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- $6% D e t i à
- Vonfaifoit autrefois des planchers plein* c efl-â-dire, luttez, de trois en trois pouces par dejfous maçonnez, de plâtre & plâtras ou pierre entre les folives, carrelez, par deffus* & plafonnez, par dejfous, mais l'on a trouvé que ces planchers étoient troç pefans g7- fai-foient plier lesfolives, f L’on veut en faire d'autre maniéré on les verra expliquez, dans lapage 64. ou je parle de*planchers.
- Si l'on fait des cotniches darchitéBure (ou s les planchers, il faut marquer lés endroits ou l’on veut qutly en ait.
- Seront faites toutes les corniches d’at-chite&ure, de plâtre, au pourtour des murs fous lefdits planchers, de telle & telle pie-ce j dont les profils feront donnez par l’Ar* chite&e.
- A letage du rez de chauffée feront faites lés fauffes aires fur les voûtés des caves,avec petites pierres & plâtre, au deffus defquelles il fera mis du petit ou grand carreau de terré cuite ,oufi l’on y met du parquet l'on y fceU lera des lambourdes à augets. Il peut y avoir1 des aires d'autres maniérés, il les faut éxpli~ quer comme elles doivent être.
- Sera faite la maçonnerie de toutes les cloifons, il faut expliquer de quelle maniéré, Jt ce font des cloifons creufés yl'on dira, dont les poteaux feront lattez à lattes jointives des deux cotez, clouées en liai(on les unes
- contre
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- î> Ë S B À î T I Si E N S, contre les autres, erefpies par deflus dè plâtre au panniér , 8c cndukès de plâtre fin.
- Si cefont des cloisons pleines on dira , feront maçonnées entre les poteaux , de pierre ou plâtras & plâtré, lactées par deflus des deux côcez , tant plein que vuide, erefpies 8c enduites de plâtre fin par-deflus.
- Si cefini dés cloisons fimples, on dira ,* feront maçonnées entre les poteaux de pierre ou plâtras avec plâtre, enduites à bois apparent des deux cotez.
- Seront faits les tuyaux de toutes les fou-ches de cheminées, fi cefl avec briques , l'on dira , avec de bonnes briques de terrée cuite pofées en liaifon lés unes fur les autres , arrêtées avec crampons & équerres de fer , le tout maçonné de mortier de. chaux 8c fable fin , enduit par dedans dé me* me mortier le plus uniment que faire fe pourra : il y a des endroits ou l'onfi coût ente de tirer les joints par dehors avec lè même mortier , & d'antres ou l'on enduit lefdits tuyaux de plâtre par dehors yfur tout quand ils pnfi fem dans les chambres , ou quand on craint le feu , cejl pourquoi il le faut expliquer dans le devis y &Jî l'on monte les cheminées fins pierre de taille hors la couverture, on dira, lefdi-tes cheminées feront elevées au deflus du faîte de la couverture aufli haut qu’il fera be-foin, dâns laquelle hauteur feront faites les
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- .plintes& larmiers à l’ordinaire; & fi P ort «veut que la partie defdits tuyaux de cheminées qui ejl hors la couverture Joit mife d'une belle couleur de brique comme on le fait or du nairement, l'on dira , à la partie defdites eheminées qui fera au deffus des combles , il fera mis deux couches d’ocre rouge à huile les. joints tant de niveau que montans ,
- feront cirez avec du laie de chaux à l’ordinaire.
- Etfi l'on veut faire le haut defdites cheminées de pierre de taille * au lieu de brique fi'on dira, lefdites cheminées feront élevées juf-qu’à la couverture , au deffus de laquelle hauteur , lefdics tuyaux feront de pierre de taille de S r Leu ,elevez au deffus du faîte de ladite couverture auffi haut qu’il fera befoin, maçonnez avec mortier, comme ci-devant, le tout entretenu de bonnes équerres & crampons de fer, à laquelle hauteur feront faites les fermetures, plintes, corniches, fuivant les profils qui en feront donnez par l’Ar-ehire&e , H faut remarquer que quand les tuyaux font de pierre détaillé, qu'on ne les enduit point par dedans > mais il faut faire les joints bien proprement.
- Et fi le [dits tuyaux de cheminées font fait s déplâtré comme on fait pour les maifons communes , on dira , feront faits les tuyaux de toutes les fouches de cheminées av*ec plâtre
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- DES BASTIMENS. $71 pur pigeonné à la main , de non plaqué , le tout lié dans les murs avec des fantons de équerres de fer, enduit par dedans lefdits tuyaux de plâtre fin le plus uniment que fai* re fe pourra , les languettes defdits tuyaux auront trois pouces d’épaiffeur , de feront élevées au defïus du faîte de ladite couver* ture , aulfi haut qu’il fera befoin, avec leurs fermetures , plintes de larmiers , à l’ordi* naire, le tout proprement ravallé par de* hors.
- Seront faits la quantité détant de man* teaux de cheminées au dedans defdits bâti* mens, dont les jambages feront hourdez de pierre & plâtre, les gorges feront auffi hour-dées avec plâtre de plâtras, de tous les corps quarrez ou dévoyez defdits manteaux, fe* ront de plâtre pur pigeonné à la main,le tout enduit de plâtre au pannier par dedans , de par dehors de plâtre au fas ; feront faites au furplus toutes les moulures de plâtre , des corniches cadrez , dec. pour orner lefdits manteaux de cheminées, fuivant les pr.ofils qui en feront donnez par f Architecte 5 feront aufli faits les âtres de contre-cœurs defdits manteaux de cheminées,fçavoir les âtres avec du grand carreau de terre cuite > de les contre-cœurs avec tuilleaux , ou brique au défir delà Coutume.
- Sera faite la maçonnerie des efcaliers de Aa;ij
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- charpente de tels & tels endroits, dont îe£ marches &: paliers feront latrez par deflous à lattes jointives, & en bonne liailon, & fera maçonné entre lefdits lattis <k leldites marches avec plâtre & plâtras, jufqu’à unpou-ce près du deflus defdites marches pour po-fer le carreau de terre cuite , lequel carreau fera aufli pofé avec p^crc : &: à l’égard des paliers,il feramisun couchis delattesclouées fur les foîiveaux defdits paliers, avec une faufleaire par deflus, au deflus de laquelle aire il fera mis du carreau comme aufdites marches,* le deflous des rampes , coquilles & paliers defdits efcaliers fera crefpi &: enduit de plâtre fin à l’ordinaire ,Jt l'on mettes deux ou trois premières marches de pierre de taille dure, comme cela Je fait ordinairement pour le mieux, tlfaut l'expliquer dans le meme article.
- Si l'on fait le grand efcalicr de pierre de taille, il fam l’expliquer ert ces termes.
- Sera fait le grand & principal efcaKer comme il eft marqué fur le plan , dont le mur d’efchifFres aura deux cours d’aflifes de pierre de raille dure, au rez dechaullée en forme de focJe , au deflus defquelles afli-fes, il fera encore mis de la pierre dure ou pierre de bon hanc , &e. jufques fous les rampes &; la naiflance des voûtes dudit efcalicr, dans laquelle hauteur feront obfervées les
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- DES BaSTIMENS. 272
- bafes, cadres & piiaftres comme il cfl marque fur le dcffein, le tour taillé 6c poli au grais 6c maçonné avec mortier comme ci-devant , 6c les joints ragréez avec mortier de chaux & grais , ledit mur aura tant d’épaif-feur à tel & tel endrait, & au deffus de ladite pierre de caille dure, feront faites les voûtes pour porter les rampes 6c paliers, au reliant dudit efca ier , lefquelles voûtes feront de pierre de faine Leu ou autre , maçonnées de mortier comme ci-devant, 6C ragréées avec badijon, 6c feront obfervées dans lefdites voûtes les lunettes & moulures, comme il efl marqué fur le deffein.
- Les marches dudit efcalier feront de pierre de Liais ou £Arcueil d’une feule piece, bien faines, dont les premières feront aron-dies comme il eft marqué fur le plan ; toutes lefdites marches feront poulfées par devant d’un demi rond 6c d’un filet, 6c les paliers dudit efcalier feront pavés de carreau blanc 6c noir de pierre de Liais on de Caën ou autre , le tout poli au gtais 6c maçonné comme ci-devant.
- Sera mis une plinte portant un focle au deffus des murs d'efehiffres & voûtes dudit efcalier, pour pofer la baluftrade de fer, laquelle plinte 6C focle feront de pierre de Liais ou d'Arcueil ; 6c feront pouffées les moulures tant de la plinte que du focle ,
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- 174 D e v - i, s
- fui v aut le profil qui en fera donné , le roue poli augrais 5c maçonné comme ci-devaiir» Si l’on fait Lu balufirade des: rampes & paliers deÇdits efcaliers de pierre de taille, il le faut expliquer, ér obferver que les appuis é* focles fuient de pierre dure, & les balufires de pierre tendre.
- Seront faites tes chauffes d’aifances dudit bâtiment dans teltel endroit, depuis le deffus des voûtes des foffes defdites aifances jufqu’au fiege d’icelles, lefquelles chauffes, feront de boiffeaux dç terre cuite bien ver-nifTée, joints avec maftic les uns fur les autres , §c maçonnez par deffus avec mortier de chaux èc fable, enduit de plâtre par deffus, celles qui feront contre les murs voir fins feront ifolées fuivant la coutume , & au i^mt defdites chauffes feront faits les fie-ges defdites. aifances avec plâtre à lordi-naire*
- Si'don fait des chauffes dxaifances dans ta pierre, de taille, elles doivent êtrefaites avec une defeente de plomb pafêe dans laditepierre de taille.
- Si don fait des lucarnes il faut*-expliquer la[ quantité & la maniéré dont elles doivent être faites, fi on les veut faire par. exemple de pierre dé taillé > on dira y feront faites la quantité de tant de lucarnes comme elles font-marquées fur les deffeins , lefquelles lucarnes
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- DES B A S T I M E N S. 37 J*-
- feront de pierre detaiiîe de faine Leu, 6c auront tant de largeur fur tant de hauceur dans cftuvre, les jambages d’icelles auront tant de largeur fur ^/z/d’épaifleuravecun fronton par deflus, le tout fera tnaçonné de mortier de chaux 6c fable , 6c feront faites les joués defdites lucarnes en maniéré des cloizons pleines lattées 6c recouvertes de plâtre des deux cotez.
- Si ce font des lucarnes d'une autre confira-Bion comme de motion & plâtre ou de charpenterie recouverte de plâtre, il les faut expliquer avec leurs dimenfions & ornemens dsArchitecture 5 le tout par rapport à un def-fein arreté.
- Seront faits les lambris rampans 6c autres de telle & telle chambre en galetas ott ^utre lieu , lattez à lattes jointives en bonne liai-fon les unes avec les autres, crefpis de plâtre au'pannier , enduites dé plâtre fin à l’ordinaire.
- Seront aufïi recouverts lés bois de charpenterie où il fera befoin , fur lefquels bois il fera latte tant plein que vuide , crefpt 6C enduit par déflùs comme ci-devant.
- Seront faits les exhauffemens fous le-pied des chevrons jufques 6c joignans le lambri dans telle & telle chambre ou galetas, lefdits exhauffemens feront faits de motion 6c mortier ou plâtre , le tout crefpi & en-
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- duit de plâtre comme les murs»
- Si dans le bâtiment quon doit faire il y a d'autres ouvrages de maçonnerie que ceux que je viens de marquer, il les faut expliquer dans toutes leurs cir confiances, & fi le devis ni toit fimplement que pour la maçonnerie x on en ftM ié Gomlufion a peu près en ces termes.
- Tous lefquels ouvrages de maçonnerie, feront bjen &: dûëment faits U parfaits, con-fprrnémeqç au prêtent devis, U- au dire de gens experts \ gç çonnoiflans, & pour cela l’entrepreneur fournira dp tous les rnate-rlauxgénéralement quelconques, des çon-ditions & qualitez requifes par ledit devis % fournira de toutes les peines èô façons d’ou-vrfers, pour mettre lefdits ouvrages en feur perfection, fuivant fart de maçonnerie, fournira auffi de tous les échaffaux, équipages , & éçayetnens neceffaires pour la conftruc-tiond’iceux, envoyera toutes les terres &: aucres immondices aux champs, pour rendre la place nette, & les lieux prêts à habiter dans le tcms de *** à peine de tous dépens * dommages èc interets, &c. Si le marché efl fqit en bloc y on dira, le tout fait & parfait moyennant le prix & fommç de ***.
- OU fi le marché efifait à la toife onfpê-cifie (esi prix de chaque effece d'ouvrage, commet
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- des Bastimens. 377
- Les murs de fondation des murs de face à tant la toife.
- Les murs de fondation des murs de reflfend ou mitoyens à tant 1^ toife.
- Les murs de fondation des murs d’efchif-fres de tel & telsicalier à tant la toife.
- Les voûtes des caves ou autres à tant la toife.
- Les marches des defcentes de cave à tant Ja toife.
- Les murs de puits à tant la toife.
- Les.murs de face à tant la toife, y? l'on y comprend les faillies & moutures il le faut expliquer, on dira, y compris toutes lçs faillies & moulures dudit mur de fece, ou $ lefi dites faillies & moulures font toi fée s * l'on en dijlingue de deux fortes, l'une de pierre dure & l'autre de pierre tendre.
- Les faillies ôc moulures de pierre dure à tant la toife.
- Les faillies & moulures de pierre tendre a tant la toife.
- Les murs de reffend & mi.toyeus à tant la toife.
- Les murs fpus les cloisons à tant la toife.
- Les maÆfs fous les peçrqns à tant la toife cube au réduite.
- Les marches defdits perrons à tant la toife fuperüciellc.
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- 27 & Devis
- Les voûtes d’efcaliers a, tant la toife fuperi» ficielle.
- Les marches des efcaliers' de pierre de taille à tant la toife fuperficielle.
- Les paliers defdits efcaliers à tant la toife,. Tous les légers ouvrages à tant la toife.
- jiprés avoir mis tous les prix des différent*, ouvrages y il faut faire reeonnoître h devis & marché par devant Notaire...
- Devis de l a C h a rp en t e ri e>.
- QXJand on fait un devis pour la charpenterie y on doit y marquer d'abord l'efpe-ce O" ia qualité du bois que l'on doit employer, puis commencer par la charpente des combles} & tout ce qui doit y avoirrapport, enfuite les planchers , les cloifons, les efcaliers , &c. à peu près dans le même ordre que l'on fait la charpenterie d'unhatiment, çf fairç tout rapporter aux plans & profils du même batiment ; ilfaut aufji marquer dans chaque efpece d'ouvrage la groffeur des bois qu'on y doit cm* ployer çfi ceux qm doivent être de brin ou de feiage : l'on n employé gueres de bois de brin que pour les combles & les planchers l'égard des combles 3 on en fait ordinairement les titans y les entrait s y les arbalejliers , les jambes de force & leurs aiffeliers, les arejîiers *
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- DES BaSTIMENS. 37£ les faunes quand elles pajfent 9 pieds de por-iée , & tout le re/te ejl de bois* de ficiage. Vour les planchers quand lesfoliques pafient 1 y pieds de portée, on les met de bois de brindlfaut me* me depuis iz pieds de portée mettre lesjolive s dé enchevêtrure de lois de brin ; pour les cloi-fins & les efialiersfi moins que ce ne fiit pour des ouvrages extraordinaires , l'on n'y employé que du bois de filage, il faut dire enfui-te que tous lefdit s bois feront folidement & proprement ajfemMez,, fuivant l'art de char-penterie fans chevilles ni chevillettes defer> apres avoir donc marque les pièces & la qualité des bois, il faut commencer le devis par la charpente des combles dpeu près en cette maniéré.
- Sera faite la charpenterie de tel comble, fuivant le profil qui eneftfaic, donc les ti-rans auront tant de groffeur &: tant de longueur, pour avoir tant de portée fur les murs, les jambes de force ou les arbalefliers,auuonc tantfur tant de groffeur, les entraits tant fat tant, & ainjï du refte d peu prés fur la proportion de ce qui efl marqué en la page z 18 ou fai parlé de la conftruffiion des combles il faut marquer quçtpus les chevrons feront pofez de quatre à la latte, il faut faire autant dé articles quily a de dijferens combles dans le batiment chacun dans fin ordre,
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- Devis
- 3 go
- Pour les Planchers,
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- Comme les pièces d'un batiment peuvent?
- être de différentes grandeurs, ouïes travées d'icelles , il faut marquer dans chaque„ piece la groffeur des folives & des poutres qui doivent y être mifes fil faut au/Ji marquer la défiance des folives} afin que l'Entrepre•* neur s’y conforme.
- Sera fait le plancher de telle pieee dont les folives auront tant de longueur èc tant de groffeur, efpacées de telle diftance. Les folives d’enchevêtrure auront tant de largeur fur tant de hauteur, les chevêtres auront tant de large fur tant de haut, les folives doivent être pofées fur le champ, é* Jî l'on y met des poutres il faut aujfi en marquer la groffeur & la longueur pour la portée & toutes les autres chofes qu on y doit obferver, l'on peut voir la groffeur des folives & des poutres par rapport à leur longueur dans la pags 111.
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- DES B A S T I M E NS. 3 5i
- Pour les Cloisons et Pans de Bois.
- Comme les bois des cloisons doivent être de différentes groffeur s ^fuivant la h au* teur oit la charge qu'ils ont a porter, il les faut fpécïjier dans le devis,fuivant le lieu ou elles doivent être mifes, & marquer Ugnffèur des poteaux } la plus ordinaire ejl telle de 4 i 6 pouces i le tiers poteau de 3 à y & les plus forts excepté les poteaux cor nier s de y À 7, il faut aujji marquer leur dijlance ou interva* le, on les met ordinairement de quatre a la latte.
- On dira donc, fera faite la cloizon de tel endroit,dont les poteaux auront tant fur tant, les poteaux d’hmlferie tant fartant, les poteaux corniers tant fur tant degrof-feur ; lefdits poteaux feront pofez à tant de diftance les uns des autres} les fablieres auront tant fur tant, tous lefdits poteaux feront affemblez & chevillez à tenons & mor-caifes par le haut & pair le bas (ans aucunes dents de loup.
- Pour les efcaliers il faut auffî marquer les différentes groffeuts de tous les bois qui dou vent y être employez, comme les pattins , les limons, pottelets , noyaux , pteces de palier, courbes rampantes , marches, marquer Ji elles doivent être pouffé es* Si la balujlrade pour les
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- appuis des rampes & paliers ejl de bois , eh marquer lesgrojfeurs^ ce qui doit êtrepoujfé de moulures, la diftance des balujlres^ dre. Il faut enfin expliquer tout ce qui regarde la charpen~ terie du bâtiment, le plus dijlinélement qu’il ejlpojfible î & les marchez, de la charpenterie s y font ordinairement au cent 9foit aux Us & Coutumes de Paris, ou bien des grojfeurs & longueurs mifes en œuvre, ainf que je l’ai déjà dits f le devis ejl particulier l’on en peut faire la conclufion en cette maniéré.
- Pour Faire la conclufion de tous lefdits ouvrages de charpenterie , l’Entrepreneur fournira de tous les bois nécefïairesdes qualités &: conditions marquées par le prêtent devis j fournira aufïi de toutes les peines SC façons d ouvriers 5 6c dt toutes les chofes généralement quelconques , pour fendre lefdits-ouvrages dans leur perfection, fui-vant fart de charpenterie ; &: à condition que l’Entrepreneur ne pourra employer aux-dits ouvrages des bois d’autres groffeurs que celles qui font marquées dans ledit devis, pour chaque efpece d’ouvrage , fans leçon-fentement par écrit dudit fieur *** le tout fera fait & parfait dans le cems de *** moyennant le prix 6c fomme de *** pour chacun cent defdits bois toifez &: mefurez aux Us 6c Coutumes de Paris, ou fie ejl l'autre maniéré, on dira,iQÏfez 6c mefurez fur
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- DES BaSTI MENS. 383
- tes longueurs &c groffeurs mifes en cêuvre, dérogeans exprès en cela aux Us & Coutumes de Paris , fait &c arrêté 1 o.tel jour &c tel an, r on fait pour plus grandefureté reconnaître ley§parchê pardevant les Notaires.
- Devis de la Couvertur*e.
- POur faire le devis de la couverture des combles , foit £ardoife ou de tuile , il ny a (pu à bien entendre ce qui a été dit ci-devant des couvertures ; les principales chofes qnily faut obferver, eft de bien expliquer & fpecifer les qualités & les grandeurs de /’ar-doife, ou de la tuile & de la latte, bienmar-quer la maniéré dont on„ doit faire les lucarnes, les égouts, les battellemens, &c. le devis doit être fait a peu prés en cette maniéré, Jî la couverture eft d'ar doife, on dira, toute l’ardoife qui fera employéeaufdites couvertures , fera d’Angers de telle qualité.
- Toute la latte volifie &: la contre-latte, feront de bois de chêne de droit fil fans aubier ni aucune pourriture, lefdites lattes feront cloiiées fur chaque chevron &: fur la contre datte.
- L’ardoife fera cloüée avec trois clouds, SC répureau fera tiercé à l’ordinaire.
- Les égouts pofez fur les entablemens fur les goûtieres ou chêneaux , feront d®
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- tuile de la meilleure qualité, lesquelles tüilefi feront mifes en couleur d’ardoife avec du noir de fumée.
- Si la couverture efi de tuile, on dira, toute la tuile qui fera employée aufdites couver* turcs, fera de tel endroit, de telle grandeur, ou moulure.
- Toute la latte fera de bois de chêne de droit fil, fansaubier ni aucune pourriture, lefdites lattes feront cloüées fur chaque chevron, & fur les contre lattes qui feront entre deux chevrons, Ton obfervera de mettre lefdites lattes d’une diftançe , en forte que la tuile ait pour épureau le tiers dé fa hauteur à prendre du defïbus du crocher.
- Four la couverture d'ardoifè, on dira, fera faite la couverture de /^/corpsde logis , ou pavillon, laquelle couverture fera d’ardoife, lactée ôc cloüée, comme il ëft marqué ci-devant : l’on y obfervera lés areftiers, noues, égote de tant de faillies, &c. il faut aujji marquer la quantité dès lucarnes qui y doivent être , & de la manière qu'on veut quelles frient faites.
- L'on expliquera ainf toutes lès couvertures d'un batiment, Joit cCardoife où de tuile.
- D E V is
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- D ï S B A S T I M EN S.
- Devis de Plomberie.
- POur la, plomberie des couvertures il s'agit que de marquer les endroits oh ton doit mettre du plomb, Ça largeur é* -fort épaiffcur l'ainfi que je l'ai dit au chapitre de la plomb etrïe. Il faut s'expliquer à peu près crt cette maniéré.
- Sera faite la plomberie de tel comble % dont le jplomb de l’enfaîtement aura tant de largeur furtant d’épaiffeur , arrêcé avec des crochets de quatre à la toife, les amordffe-» mens pèleront tant de livres , le plomb dès noues aura tant de largeur fur tant d’épaïf-leur, les arcftiers tant de largeur fur tant d’épaiffeur, l’enfaîtement des lucarnes tant de largeur fur tant d’épaiffeur ; les œils dé bœuf peferont tant j les chêneaux auront; tant de largeur & tant d’épaiffeur , iefquels chêneaux feront àrrêtez avec des crochets de tantà la toife; les goûtierés peferont tant% les defccntes auront tant de diamètre, les entonnoirs ou hottes peferont tant, &cc. &S ainfi du reffe, le tout fera bien fondé aveë étain \\'ordinaire.
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- $t£ Devis
- De la Menuiserie.
- IL faut bien fpecifîer dans les devis de U menuiferie toutes les chofes que l'on y doit obferver : les principales font, la qualité des boisjeur épaïjfeurdans chaque efpece d'ouvrage y les grandeurs des portes & des ëroiféesja façon dont elles doivent êtrefaite s, ce qtii doit être réglé par undejfeWy aufji bien que pour les cheminées, les lambris d'appui & en hauteur & même pour le parquet, quand cvejl pour des appartemens conjiderables : car l'on efl plus délicat préfentement qu’on ne l'a été fur lef-dits ouvrages de menuiferie i le devis doit être compris a peu prés en cette maniéré.
- Tous les bois en général feront de bois de chêne, vif, fain, fans aubier ni pourriture , fans nœuds, fec au moins de cinq ans, fans futée, tampons ni maftic, bien proprement dreflfez, corroyez Le rabottez jufqifau vif, en forte qu’il n’y refte aucun veftige des traits de feiage, le tout proprement a Semblé à tenons Le à mortaifes, languettes, rainures , eflegies dans les bois félon que l’arc le requiert dans l’efpece de chacun «defdits ouvrages.
- Seront faits la quantité de tant de croi-fées de telle grandeur , fuivant le dc/Tein dont les chaffis dormans auront tant de
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- h % s BastiMens, jg/ largeur , fur tant d’épaifleur j les meneaux; tant de grofteur ; les reverfeaux faits de telle maniéré *, les baccans des chaflis à verre auront tant d’épailïeur fur tant de largeur , Jl c efl des chaffis à carreaux , les petirs bois auront tant fur tant^ 8c feront elegis dune aftragale 8c d’un demi rond entre deux quar-tez. Les baftis des volets auront tant d’é-paifteur fur tant de largeur, les panneaux tant depaifleur, le tout bienaflembié, &c.
- Sera fait tant de portes à placards à deux Venteaux 8c à doubles paremens, fuivant le defteîn\ dont les battans 8c les traverfes auront?*#/ d’épaiffeur flirtant de largeur, les cadres tant fur tant, s9 ils font êlegis dans les battant, il faut l'expliquer > les panneaux auront tant d’épaifléul*.
- Les chambranles defdites poutres auront tant d epaifteur fur tant de largeur, avec les gorges , cadres 8c corniches au deflus aux embrazemens ou revêtemens des murs defdites portes *les baftis auront tant de largeur fuïtant d’épaifteur, dans lefquels baftis feront élegies les moulures pour les cadres en compartiment j les panneaux auront tant d’épaifteur.
- Si f on fait des portes a placardfimples, il faut les expliquer par leurs dïmenjions comme ci-defuant ; &Ji lonfait des portes d carreaux de verre ? il les faut aujfi marquer.
- B bij
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- Devis
- Sera fait la quantité de tant de fortes ïïm* pl.es unies qui auront tant de largeur fur tant de hauteur de tant d’épaifleur, dont les ais feront aflembîez avec goujons, de proprement collez les uns aux autres, emboitez par haut de par bas à languettes avec des traver-fes qui auront 6 pouces de largeur*
- S’il y a d'autres fortes, comme celles des offices, des caves & autres lieux , il les faut expliquer comme ci-dejfus par leur quantité5 leur grandeur & leur épatffeur^&c>
- Sera fait le lambris d’appui de telle chambre ou autre lieu fuivant le deflein, dont les baftis auront tant d’épaifleur fur tant de lar-geur ces lambrisfont fmples on élegit les cadres & les ccmpartimens dans ledit bâtis , mais s'ils font ccmpofez,, on dira, les cadres auront tant de largeur de tant d’épaifleur, le focleavec fa moulure aura tant d’épaifleur de lacimaife faite fuivant le deflein.
- P lus feront faits les lambris en hauteur en tel endroit fuivant le deflein , dont les baftis auront tant d’épaifleur de de largeur, les cadres tant d’épaifleur de tant de largeur, dec. #
- Sera fait le parquet de telle chambre, ou autre lieu y dont les lambourdes auront tant fur tant de largeur, ledit parquet fera à 10 panneaux fait de pofé en lozange , Ppn en fait de plus fmples â 16 panneaux, les baftis
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- ©ES B A S T I M E N S. auront tant de largeur fur tant d’épaifleur* les panneaux tant d’épaiïïeur , les frifes tant de largeur &c tant d’épaiïïeur , le tout fera bien alfemble, cloué 6c rabotté le plus proprement que faire fe pourra.
- Plus, feront faites les cheminées de telle chambre ou autre lieu ,, fuivant les deffeins.
- Seront faites les cloifons d’ais de fapin ou autre bois de tant d’épaiïïeur avec rainure 6C coulilfe par haut 6c par bas dans des frifes de tant d’épaiïïeur.
- Sera faite la porte cochere fuivant le deflein , dont les battans auront tant de largeur fur tant d’épaiïïeur, les cadres, 6cc* Ton peut voir dans ce qui eft écrit de la menu i fer ie tout ce qu’on doit obferver, ainfi il a’eft pas nécelfaire d’en dire ici davantage».
- De l a Fer rür e».
- DAns le devis de la Ferrure d'un bâti ment il faut y marquer la-quantité des çroifées , des portes , &c. fpécifier les gr an•*. dturs & façons de chaque pieceen particulier^ & convenir d'un modèle, il faut aujji\mar-querfi la ferrure fera polie ou étamée ,* fai expliqué tout ce quon doit obferver dans la* ferrure â l'endroit «où j'en ai parlé s ainjl if éjl;inutile que je 1e répété ici.
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- P £ V I S
- Du Gros Fer,
- ÎL faut marquer la quantité de chaque efpe»\ ce d'ouvrage de gros fer qu on veut em'* y loyer, ou déterminer la groffeur ou la pcfauteurJur chaque pied de long à peu près en ces termes.
- Sera fait la quantité de tant detirans, &: ancres de fer , lefdits tirans auront tant de groffeur , ou peferont tant fur chaque pied de long , les ancres auront tant de long SC tant de gros , ou peferont tant, & ainfi du refte comme les bandes des tremies, les bar-* reaux , les étriers , Iss échapes , les boulons y &c. pour les rampes de fer des efcalïers, l'on en fait un marché à la toife furie dejfein ar-? tété.
- De la Vitrerie.
- POur la vitrerie il faut marquer la qualité du verre , la quantité de croijees, celles qui doivent être à panneaux you à car« reaux les carreaux feront mis en plomb ou en papiers.% le refte fe trouvera expliqué dans larçiçle où j’ai parlé de la vitrerie.
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- DES Bastimens.
- De la Peinture d1mpres.sion.
- IL faut marquer la quantité des croifées des portes, le lambris x dre. convenir de la cou-' leur if oit à huile ou a détrempe.
- Du Pave’ de Grais.
- LE pavé que l'on employ é pour les cours y les écuries, les offices t les cuifnes, dre, s'appelle pavé d'échantillon y ou pavé fendu % fai expliqué la maniéré dont on le doit mettre en œuvre dans ce que f en ai ci-dejfusparlé à Varticle du pavéde grais.
- Apres avoir bien fpécifie tous les différens ouvrages du batiment que Von s'eflpropofè, Jt le marché efl général, ce qu on appelle rendre un batiment la clef à la main , il faut faire la conclufion du devis d peu prés decettema-niere.
- Pour faire & parfaire tous lefd'its ouvrages de maçonnerie , charpenterie, couverture , &c. conformément au préfent devis % F Entrepreneur fournira de tous les matériaux nécelTaires , généralement quelconques , pour chaque efpece d’ouvrage des qua-lirez ic conditions marquées audit devis s fournira de toutes les peines &; façons d’ouvriers généralement quelconques pour l’en-B b iiij;
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- $$1 D Ê VIS des Bastimens. tiere perfection defdits ouvrages , au d’Êxperts^ gensà ce connoiifans, rendra les lieux nets Ô£ prêts à habiter dans le teins de**** à peine de cous dépens , dommages & interets , le tout fait & parfait , ainli qu’il eft dit ci-deifus , moyennant le prix; la femme de. ».,
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- i| \.ùJkâdhJLA&/kâLftJuAJülJbAJUi&AJbJLÀA&JtëJL3ü$i£JïJ&,
- TABLE
- DES PRINCIPALES MATIERES contenues dans ce Livre»,
- JOe la mefure des fhperfide s planes & des corps folides,
- CE que Ton entend par le mot de me-' fure, ^ . page i
- Définitions des figures de Géométrie, z Définitions des corps folides. 9
- Des Jufefides planes,
- I. Mefurer un quarré, • 12,
- z. Mefurer un parallelograme , 1 z
- 3. Mefurer un triangle reétangle , 13
- 4. Mefurer toute forte de triangles rectilignes, . iy
- Autre' maniéré de mefurer les triangles par la connoilfance de leurs cotez ,
- |. îvlefurer les polygones réguliers. 16
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- TABLE.
- 6. Mefurer les polygones irréguliers > i &
- 7. Mefurer les rhombcs, 1S
- S. Mefurer les rhomboïdes 2; 18
- 5. Mefurer les trapèzes, 19
- 10. Mefurer un cercle , 21
- Autre maniéré de mefurer le cercle, 22
- 11. Mefurer une portion de cercle , 2 2
- j 2. Mefurer une eilipfe ou ovale , 24
- Autre maniéré de mefurer Tellipfe, 2 $
- ï 5. Mefurer des portions d’ellipfe, 2$
- De la fuperjicie des corps félidés.
- ï. Mefurer la furface convexe d’un cylin-. dre, 2,7
- z. Mefurer la flipcrficie d’une portion d’un cylindre, 28
- 3. Mefurer la furface convexe d’un cône,
- 4. Mefurer la furface convexe d’tin cône
- tronqué, . 30.
- J. Mefurer la furface convexe d’une fphere ,
- 3i
- 6. Mefurer la fùperfide convexe dîme por-,
- tion de fphere, 3 2
- 7. Mefurer la fuperfîcie dïm fpheroide ,
- M
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- T A B L E.
- De la mefure des corps folïdes.
- I. Mefurer la folidité d’un cube , 3 f
- %. Mefurer un folide re&angle oblong , 3 6
- 3. Mefurer un folide reétangle oblong coupé
- obliquement en (a hauteur perpendiculaire , 3 6
- 4. Mefurer la folidité d’un prifme, 37
- 5. Mefurer la folidité des prifmes obliques ,
- 39
- 6. Mefurer la folidité des pyramides &: des
- cônes, 40
- 7. Mefurer la folidité des pyramides & des
- cônes tronquez, 42,
- 8. Mefurer les pyramides &; les cônes tronquez obliquement, 43
- 9. Mefurer la folidité d’une fphere, 44
- 10. Mefurer la folidité des portions d’une
- fphere, 45
- II. Mefurer la folidité des corps réguliers, 46
- 11. Mefurer la folidité d’une fpheroide ’’, 47
- De la conJlruSHon & dutoifè des hatimens^%
- Ce que l’on appelle gros ouvrages, 49
- Ce que l’on appelle légers ouvrages, 49
- Ce que l’on appelle toife à mur, 5 d
- Toifer les ouvrages de maçonnerie quand il fe trouve au bout de la mefure moins d’un
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- Méthode ordinaire pour affembler l'a valeur-dun article, de plulieurs ,. ou de tout un toile, fi
- Les bâtimens font toifez dans l’ordre con-.
- traire de leur conftruéfion , j i
- Conftru£bion des cheminées, f%
- Les cheminées fe font de brique , de plâtre, ou de pierre de taille, &c. 52?
- Les cheminées font de pierre de taille aux bâtimens confidérables , fz
- Lorfqu’il n’y a ni plâtre ni brique, &: que lâ pierre eft commune, les tuyaux de che-minées font de pierre de taille , f 3
- La largeur d’un tuyau dans œuvre que les cheminées doivent avoir , la fermeture-, &c la longueur defdits tuyaux, f 3
- Toifédes cheminées, 54
- Ce qu’on appelle fouclie de cheminées, 54 Mettre des tuyaux de cheminées dans l’épaif-feur d’un mur, f4
- AdoiTer des manteaux de cheminées contre un mur,
- Manteaux de cheminées, 57
- Leur matière , leur mefure , &r leur proportion , avec ce que l’on doit obferver pour leur conftruétion, j8
- *Foifé des manteaux de cheminées ,
- Manteaux de cheminées pris dans l’épaif-feur d’un mur ^ 60 .
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- T A B L Ev
- 'Manteaux de cheminées à hotte pour les cuifines 8c offices, 60
- Fauffes hottes pour le dévoyement des cheminées , 61
- Manteau de cheminée adoffé contre un
- vieux mur, les enduits, les contre-cœurs 9 les âtres 5 les jambages, 8cc. 6t
- Des fourneaux 8c potagers que l’on fait dans les cuifines ou offices, 6 z
- Toifer lefdits fourneaux > 6z
- Méthode abrégée pour toifer lefdits fourneaux , 6$
- Des planchers, 64
- Ce que Ton doit obferver pour faire 8c pour toifer les planchers enfoncez ou à entre-* vous 8c cintrez par deffious, &:c. 64
- Plancher hourdé fans être enduit, 6 y
- Planchers enfoncez qui ne font point cintra* % > 6s
- Planchers dont les folives font ruinées, 8c ç.
- 66
- Planchers creux lattez par deffiis 8c par def, fous, avec toutes les différentes maniérés de les conduire , 6j
- Des aires, 70
- Des aires Amples faites de plâtre par deffiis,
- ' 70
- Des aires où l’on met du carreau par deffiis ,
- 71
- Des aires que Ton fait fur des voûtes ou
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- TABLÉ.
- fur îa terre , vf
- Des aires où l’on met du carreau 6c du marbre, 72*
- Des cloifons ou pans de bois, 72,
- Les différentes maniérés de les conftruire, avec celles de les toifer * 72»
- Des bayes des portes 6c des croifées qui font dans les cloifons ^ 7 3
- Cloifons maçonnées entre les poteaux , 73
- Cloifons appellées creufes * 74
- Cloifons faites de membrures ^ 74
- Des lambris, 76
- Leur conftru&ion 6c leur mefure à 76
- Des lucarnes ,
- Leur matière ou de pierre de taille, ôü de moilon 6c plâtre , ou de charpenterie recouverte de plâtre j on les toife de la même maniéré, 7 6
- Des efcaliers 6c perrons * 78
- Leur matière eft de pierre * de charpente, 6c de plâtre , 6c la maniéré de les toifer, 78 Des rampes 6c coquilles des efcaliers, 79
- Des efcaliers en vis à noyau i 8 i
- D’un noyau creux, 81
- Des chauffes d’aifance* 8i
- Deux maniérés de les faire avec celles de les toifer, 8 2»
- Des chauffes contre un mur voifin, 8 3
- Des murs, 84
- Trois maniérés de les conftruire, tant à l é*
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- TABLE.
- gard de la pierre, que du mortier, oü du plâtre, / 84
- Toife des murs de face, ^ 90
- Toifer des murs de face quand il y a de grandes arcades ou des remifes, &:c. 9 £
- Ce que l’on obferve pour les ouvertures des boutiques, 9&
- Pour les bayes des portes &: des crôifees , &c.
- 93
- Toifer les piliers ifolez qui portent les voûtes d’arête, &c. 94
- Toifer les murs d’efchiffres, les murs de par-pin , &; les murs de reffend ,*&;c. 9 y
- Toifer les ouvertures faites en arcades,&c.96 Toifer les murs qui fervent de pilliers but-tans , 9 6
- Toifer les murs de reffend quand il y a des tuyaux de cheminée, 97
- Toifer les pignonsjrriangulaires, &c. les pignons a la manfarde, 97
- Toifer les murs mitoyens entre voifins & les contre-murs faits dans les caves, Scc. 98 Toifer les contre-murs faits fous les mangeoires des écuries, 8cc. les dez faits de pierre de taille , 8cc. les ouvertures des portes, croifées, &c. ' 99
- Des fceîlemens de poitrails, poutres, foli-ves,barreaux, corbeaux, gonds , pattes, &;c. IOQ
- Des renforçais, des murs d'appuy, des ra-
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- i°j
- ioy
- lo6
- 106
- 107
- TABLE.
- vallemens, dcc. toi
- Murs de clôture pour les parcs de jardins i dec.
- Des puits 5
- Ufage de mefurer les puits circulaires i Erreur de cet ufage.
- Ufage de mefurer lespuits en ovale,
- Cet ufage n’elt pas allez précis Méthode pour les puits en ovale qui approche allez de la vérité ? 107
- Des voûtes des caves en berceau , en pleiii ceintre ou furbailfées, dec. 108
- Ufage de toifer les voûtes de caves s ôc autres , faites en be'rceau , 109
- Les voûtes furbailfées i ou à arice de panniers
- 110
- Toifer les voûtes biaifes, 111
- Celles qui font plus larges à uri bout qu’à l’autre , de d’autres qui font encore plus irrégulières , 11 z
- Terres malfives pour le vuide des caves,
- J1!
- Toifer le Vuide entre les murs dé les voûtes des caves, dec. 113
- Erreur confidérabîe dans cet ufage à l’égard de la hauteur du cintré, 115
- Des voûtes d’arête de de leur mefure, 114
- Erreur conhdérable dans le toifé des voûtes d’arête, 116
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- TABLE,
- tîlage de toifer les voûtes en arc de cloitre >
- &c. n$
- Erreur conûdérable dans cet ulage à la perte de 1*011 vrier * 119
- Des arcs doubleaux dans les voûtes en ber-ceau, &c. no
- Des voûtes d’ogives ou voûtes gothiques* des culs de four 5 122.
- Des lunettes dônt les voûtes en cul de four 5
- 112,
- Des voûtes en cul de four dont les plans font ronds * ou à plufieurs pans* 6cc* 123
- Des voûtes en pendentif* 12.4
- Des voûtes en cul de four fur un plan ovale * • .116
- Méthode abrégée Sc facile pour mefurer les voûtes en cul de four ovales * 128
- Application de cette Méthode à toutes fortes de voûtes ovales , 128
- Des voûtes en cul de four, ovales * ou rondes * tronquées ou déprimées, &:c. 129
- Des trompes circulaires ou oyales , &:c. 130 Mefurer les voûtes en trompe> 132
- Les trompes fous le coin * 1-3 3
- Les trompes faites de deux demi-paraboles ?
- 134
- Les trompesën niches i . î$ï
- Mefurer les voûtes en berceau tournantes dans un plan circulaire bu ovale, Sec, 13 6 Des voûtes rampantes, ou vis S. Gilles en rond j & en ovale , &c. 13 7
- Vis S. Gilles quarrée * &c. i
- Ce
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- TABLE.
- Des efcaliers dont les plans font eh rond ou en ovale, &: le milieu à jour, &c. 140
- Des faillies &: moulures, 141
- Moulures fimples, 141
- Moulures couronnées de filets , 143
- De l’ordre Tofcan, 144
- De Tordre Dorique, 145-
- De Tordre Ionique, 147
- De Tordre Corinthien, * 14g
- Toifer les colomnes, les engagées dans le mur , les cannelées, ï 5 o
- Des cannelures, 1 y 1
- Toifer le corps des piedeftaux, &; les moulures de la corniche de la bafe, iyx
- Le corps des entablemens, &; leurs moulures , ' 15 z
- Les frontons, &;c. les acroteres, les pilaftresf les chapitaux > les tables d’attentes, &c. 155 Les corps des bolfages,&:c. les plintes, &:c. 134 Toifer les Tailleurs de pierre qui travaillent à leur tâche, 157
- De-la cQnftruébion des murs de rempart Sc deterralfe, 139
- Des principales chofes que l’on obferve pour bien conftruire &; pour bien fonder les murs, „ 139
- Affeoir les murs fur un folide fonds, 161
- Du meilleur fonds pour bâtir, 162,
- Fonderies murs d’une grande épailfeur, 16z Connoître 11 le terrein fur lequel on veut fonder a afTezd’épailïeur, 165
- Alfeoir un bon fondement fur le roc, 163
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- TAB L E*
- Des fondemens les plus difficiles , r S4
- Du bois que i’on emploie aux pilotis, Sec. ôc pour fçavoir dans chaque endroit combien les pieux doivent avoir de groffieur, 165
- De quelle maniéré les pieux doivent être dif-pofez abattus , 167
- Maniéré de battre les pieux félon les efpeces de terres où Ton veut les enfoncer, 167
- Les pieux battus par tout au. refus du mouton , doivent être recepez^ 167
- Aux bons ouvrages Ton bat les pieux de garde 169
- Endroits où l’on pilote au lieu de grilles de Charpenterie, 16$
- Réglé pour donner une êpaiffieur convenable & proportionnée à la hauteur des terres que les murs de rempart ou de ter rafle ont àfoutenir, 170
- La terre la plus coulante eft le fable y 170 Réglé pour fçavoir l’épaifleur du bas d’un mur, fa hauteur étant donnée aufli - bien que fon épaifleur fuperieure , 173
- Obfervations pour les, fondemens des murs de talus , 176
- Toifé des pilotis., 177
- Faire des piliers de maçonnerie quand le fonds de terre effi mauvais, Sec. Se des arcades au. defliis, 177
- Invention de Leon -, Baptifte Albert pour faire des arcades renverfées, lorfque le terrein dans lequel on fonde * fe trouve d’inégale réfiftance ? 17$
- Ccij
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- TABLE.
- Toifô cubed un baltion&d’une courtine, ï$f M durer un mur de cakis & en rampe, 190
- Mefure'r un mur circulaire &c en talus, 19 %
- Des murs de parapets, 193
- Toifer les terres cubes des hauteurs inégales par rapport à un plan de niveau ou en pente, , 194
- Des terres coupées fur un plan en pente, 198 De la charpenterie & de fes parties, 20a
- De l’origine des combles , 201
- On juge de la hauteur des combles des an-* ciens par celle des frontons de Vitruye, 202 Réglé de Serlio pour les frontons , 202
- Combles tronquez à la Manfarde , 204
- Abus de la trop grande hauteur des combles pour faire des lucarnes, 205:
- On n’aprouve pasfaçilement les lucarnes, 20& Autre abus des lucarnes, 207
- Connoître toutes les différences des combles des anciens èc des modernes, 210,
- En France les combles brifez font venus à la mode, 212
- Trouver les réglés pour la hauteur des combles , 21 £
- La meilleure réglé eft de faire les combles d’équerre, 215
- Des différens affemblages des combles, éc des parties des combles en équerre, 217
- Les combles brifez ne font pas beaucoup dif* férens des combles droits, 220
- Table pour avoir la groffeur des poutres fui-vant leur longueur donnée de trois en
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- TABLE*
- trois pieds 5 air
- Des planchers, 22$,
- Sçavoir en quel teins le bois doit être cou-» pé , avec les circonftances que l’on y doit obferver, 225
- Ççavoir la ^rofieur des folives par rapport à leur portée ou longueur 3 22 y
- Les folives plient dans le milieu quand elles ont une grande portée, 226
- Des pans de bois cloifons, 228
- Des cloifons, 235
- Des efcaliers, 237
- Du toifé des bois de charpenterie , 24a
- Sçavoir la valeur des parties d’une piece de bois par rapport à la toifé, 242
- Reg. pour réduire le bois à la piece, &;c. 244 Connoître la maniéré dont les bois de charpenterie mis en œuvre, doivent être me-furez, 247
- Ce que l’on obferve pour un devis de charpenterie , 248
- Des couvertures de tuile &c d’ardoife, 248 Toifé des couvertures , ' 2 y 2
- Mefurer la couverture d’un pavillon quatre à un feul cfpi, 2 j 2
- AdeuxefpiSj 25" 3
- Mefurer la couverture d’un comble à la Man-farde, 2 5 3
- Toiferundôme d’une figure ronde couvert d’ardoife, 254
- |viefiirer les couvertures des dômes quarrez & des colombiers• 255
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- T A R L E.
- Deux maniérés pour réparer les couvertures^
- Ce que Ton appelle remanier à bout ? 2
- Ce que l’on appelle recherchez y 8 De la menuiferie, 2 y 8
- Du bois que Ton emploie dans lamenuiié-.
- ne
- 2.58
- H9
- 26 z 261 266 26% %7Z 2-75. 2-73 2-74 279
- De Tes principaux ouvrages Des croifées,
- De la proportion des croifées Des lambris,
- Le parquet,
- Des cloifons de menuiferie v De la ferrure,
- De fes principaux ouvrages >
- Ferrure des croifées,
- De la plomberie,
- 'Ce qu’un pied de plomb en quatre d’une ligne d’épaifleur pèfe,afin de fçavoir tout le poids d’une couverture de plomb de la me* me épailfeur , 281
- De la vitrerie * 282
- De deux fortes de verre , du blanc & du commun ^ 282,
- De 2 fortes de vitrerie pour les croifées, 28 3 De la mefure du vitrage, 283
- De la peinture d’impreflion, 284
- Des principales couleurs qu’on y emploie,
- 2,84
- Des impreffions que l’on fait pour les treilla-lages des jardins, 28 \
- De la’"peinture d’impreflion que l’on fait
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- TABLE.
- pôut les ouvrages de fer , 28 y
- Les ouvrages d’impreffton fe comptent à la travée, 286
- Du pavé de grais, z%6
- De deux fortes de pavé, dont Y un efl le gros pavé, de l’autre Te pavé d’échantillon, z%6 De la mefure du pavé* 287
- De la pierre en général, 287
- Deux efpeces de pierre, dont l’une efl; dure9 &: l’autre tendre, 287
- Raifon pour laquelle la pierre dure &: la tendre fe fendent quelquefois à la gelée, 288? Dans chaque pays il y a une efpece de pierre particulière, 288
- Pierre tendre fort pleine, 2 8 S
- Pierre poreufe de coquilleufe , 289
- Une efpecç de pierre que la lune gâte, 289 De la pierre de taille de du moilon que l’on employé à Paris & aux environs, z$q De différentes efpeces de pierre dure , la meilleure efl: la pierre d’Arcueil, 293
- La pierre au deffous efl: celle du Faubourg S. Jacques, de Bagneux de des environs, que l’on fait paffer pour pierre d’Arcueil, 290 Proche du Faubourg S. Jacques , vers les Chartreux, dec. l’on trouve une efpece de pierre dure qui s’appelle pierre de Liais, de d’autre pierre fort dure que l’onappelle pierre de cliquart, 291
- Pierre dure près de Vaugirard, 29 2
- Pierre dure à S. Cloud de à Meudon, 29 5
- La meilleure pierre dure efl: celle de S. Leu,
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- t A B L Ë.
- trois efpeces de pierre tendre de S. Leu $ de Trofty de Vergelé, 294
- De la pierre tendre que l’on appelle de la lambourde i . 29 y
- Le moilon des carrières d’Arcueil eft le meilleur y 295"
- Pierre de plâtre que l’on employé pour moi-ion, 296
- Autre efpece de moilon, qui eft une pierre grife appellée pierre meuliere, 296
- Explication des Articles de la Coutume qui regardent les Bâtimens.
- ARticle 1S4. J^uànd & comment fe font vif-tâtions y 298
- Art. 18 5. Comment doit être fait ,fgné & delivre là rapport, 301
- Art. 186. Comme fervitude & libertés'acquièrent. 303 Art. 18.7. ffU a le fol a le dejfus & le deffous^sil ri y à titre du contraire. 3 03
- Art. 188. ffuelcontre-mur efi requis en étable. 305 Art. 189. Item des cheminées & des dires. 306
- Art. 190. Pour forgé, four du fourneau, ce qu on doit obfer ver, 307
- Art. 191. Contre - mur ou épaiffeur de maçonnerie * pour privez, ou puits. 308
- Art. 192. Pour terres labourées ou fumées, & pour ' terres jettijfes. 316
- Art. 193. En la Fille & Fauxbourgs de Paris faut avoir privez,. 3 12
- Art. 194. Bat ffant contre un mur non mitoyen, ce qui doit payer, & quand. 3 1 2
- Art. 195. Si Ion veut hauffer un mur mitoyen , & comment. 3* 4
- Art. 196.
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- # TABLE.
- Art. 197. Les charges qmfepayent au veifn »
- Art. 198. Pour fe loger & édifier un mur mitoyen, 3 1$ Art. *19 9. Nulle s fenêtres ou trous four vues au mi* toyen. 319
- Art. zoo. Fenêtres on vues en mur particulier, & corn* ment. 3 ley
- A r t. 2 o 1. Fer maillé & ver dormant,& ce que é efl 3 1% A.zoz.Diflances pour vues droites & bayes de coté,$ 29 Art. 20 3. Signifier avant que démolir ou percer mut* mitoyen, à peine , &c. 3 24
- Art. 204. On le peut percer „ démolir & rétablir , é* comment.
- Art. 205. Contribution à refaire le mur pendant S* corrompu. 3 zé>
- Arc. 20 6. Poutres &foüves nefe mettent dans les mmst mitoyens. 3 29
- Art. 207 . Pour affeoirpoutres au mur mitoyenne qu'il faut faire même aux champs. 329
- Art. 208. Poutre fur la moitié d'un mur commun à quelle charge. ,*•«,. 35$
- Art. 209. Es failles & Fauxbourgs on contribue a mm de clôture jufqu à dix pieds. 333
- Arc. 210. Comment hors lefd.Fille s ç*r Faubourgs, 334 Art. 5 ii. «SV murs de féparation font mitoyens , & dess batimens , & refechon d'iceux. 334,
- A. 212. Comment on peut rentrer au droit du mur.333J Art. 213. Des anciens foffex, communs , idem que des murs de féparation. .33$
- Art. 214 .^Marques du mur mitoyen en particulier, 3 $0 Art. 215. Des jcrvmdes reconnues & conftituéespar pere de famille, 337
- Art. 2 ï 6. .Deflinations de pere de famille par écrit. 3 39 Art. -217. Pour foffe-z. À eaux ou cloaques, difance du mur d'autrui eu mitoyen. 3 34
- Art. 2 ï 8. Porter hors la ville vuidanges de priver, 34® A.iiÿ.Enduits&crefpis en vieux murs&comment, 341 jîiïigrmnms des murs mitoyens entre particuliers, 34?
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- table.
- Delà maniéré dont on doit faire les devis des bâtitft.çfi JP o faire un devis dans la meilleure forme. 353
- Idée générale des devis pour un batiment parfait,&c.é~ que tous les devis qui le compofenty foient compris. 355. Ce quil faut ebfèrver quand on fait un devis pour l& majfonnerie. 353
- Forme du devis dè tous les ouvrages que Von fait pour la cenfiruélion d'un batiment. 354
- Devis particulier pour une efpece d'ouvrage. 354
- Les dimenjions générales d'un batiment que Von marque fur les plans, profils & élévations. 353
- Ce que Von fait lorfque Von bâtit une place environnés.
- d'anciens batimens. 3 j £
- Démolition de fond en comble des anciens batimens de ladite place. 3 5<J
- Fouille & vuidange des terres maffives pour les rigoles des fondations de tous les murs de face,de réfend» férc. & vuidedes caves &fofifez,d'aifances. 337 Qualité des matériaux pour un bâtiment fait à Farts ou amc environs. 3 $ g
- De la pierre de taille dure & tendre , du moilon & li- ' bage , du mortier. 3 5 g
- Du petit & grand carreau de terre cuite,des boiffeaux9 des chauffes d'aifances , du plâtre & de la latte. 359 JMaJfonnerie des murs de fondations, & des voûtes juf*
- qu'au rez, de chauffée.
- Au rez, de chauffée.
- Devis de la Charpenterie.
- Pour les planchers.
- Pour les cloifons & pans de bois*
- Devis de la couverture.
- De la Plomberie.
- De la menuiferie.
- De la ferrure.
- Du gros fer ,& de la vitrerie.
- De la peinture d'impreffion, & du pavédegrais. Fin de la Table.
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