Mémoire sur les foyers économiques et salubres
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- MEMOIRE
- SUR LES FOYERS
- ÉCONOMIQUES ET SALUBRES
- DE M. LE DOCTEUR FRANKLIN,
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- BU S\ DESARNOD, Archîtede à Lyon 5
- Ouvrage ai compagne de planches 3 dans lequel on. démontre les propriétés & les avantages de ces deux fortes de Foyers qui fe trouvoità Paris 3 che% VAuteur, rue de Caumartin , n°. 18.
- Par M. Desarnod.
- Prix 3 6 fols.
- A LYON,« Et fe trouve à P a r r
- 7 Dessenne & Gattey, au Palais-Royal ; Chez Royer, Libraire, quai des Auguftins 3
- C Bailli , rue Saint-Honoré, barrière de's Sergens.
- M. D C C. L X X X I X.
- Avec Approbation , & Privilège du Roi,
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- MÉMOIRE
- SUR LES NOUVEAUX FOYERS
- ÉCONOMIQUES ET SALUBRES.
- L’xntentio.n de M. Desarnod, en donnant cet Ecrit au Public, efl: de lui faire connoître les propriétés & les avantages de deux fortes de Foyers nouveaux ; l’un inventé par le célèbre M.. Franklin , & déjà connu fous le nom de Cheminée à la Penfil-vanienne, à laquelle le fleur Defarnod a fait des changemens 8c des additions utiles ; l’autre du fleur Defarnod lui-même, fondé fur quelques-uns des principes de M. Franklin. Comme le premier ne cherche à perfuader fes Lefteurs que par des faits, il fe contentera de citer, en faveur de la bonté de fon entreprise 2 ceux qu’une foule d’expériences ont
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- confirmés ? fans recourir à des ornemens entièrement étrangers à un fujet dont la précifion & la clarté doivent faire tout le mérite : ainfi, pour mettre dans ce Mémoire celles' dont le fujet eft fufceptible, nous le diviferons en deux Parties.
- Nous tracerons dans la première, l’hiftorique des deux Foyers.
- La fécondé Partie de ce Mémoire fera entièrement confacrée à la démonftration de leurs propriétés & de leurs avantages.
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- PREMIÈRE PARTIE.
- L A difette du bois, caufée par l’épuifement des forêts qui avoifinent les villes du premier ordre 8c même la Capitale, fe manifefte de la manière la plus fenlible depuis plufieurs années j auffi le Gouvernement, qui veille avec attention fur tous les objets qui intéreffent le bien-être des Citoyens, dirige-t-il aujourd’hui fes vues vers l’économie du chauffage ôc des combuftibles ; on n’ignore pas combien ce point effentiel d’adminiftration l’occupe en ce moment, & les encouragemens qu’il fe propofe d’accorder à ceux qui féconderont fes recherche? fur cet article.
- C’eft fans doute pour parvenir à un but auffi louable qu’impbrtant, que nous avons vu fe former des Compagnies qui, pour fuppléer au manque des bois de chauffage, ont entrepris des exploitations de mines de charbon de terre ôc de tourbe»
- Des Sociétés littéraires 8c politiques, animées du défir du bien public, ont excité l’émulation des perfonnes inftrultes, des Savans & des Artiftes, 8c lës ont encouragés à chercher à découvrir les moyens d’obtenir la plus grande chaleur d'une moindre quantité de combuftibles. De ce nombre efl la Société d’Agriculture de Lyon 3 qui a propofé fur ce prQ«?
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- gramme un prix qui doit être adjugé au mois de Janvier prochain.
- Plufîeurs Phyficiens, trcs-avantageufement connus du Public par des talens diftingués , ont également cherché à concourir aux vûes fages & paternelles du Gouvernement.
- Le célèbre Do&eur Franklin a propofé, de nos Jours,, fa cheminée à la Penfilvanienne.
- M.. Fojfé, Chevalier de Saint-Louis , Officier au Bégiment du Roi, Infanterie, & réfident à Nanci,, a publié, vers la fin de 1786, un Ecrit, dans lequel il donne la defcription d'une Cheminée économique, à. laquelle on. a adapté la mécanique de M. Franklin„ Dans ce même Ouvrage, M. Folie, après avoir parlé des avantages qui doivent réfulter de cette nouvelle cheminée qu’il propofe, annonce, d’une part, les difficultés que l’on rencontre pour en faifir les jüftes dimensions ; & de l’autre, les obftacles infur-montables qui fe préfentent pour en faire couler les pièces en fonte, feul métal qui cependant convienne à fa compofition. Auffi cet eftimable Phyft-cien finit-il par propofer de l’exécuter fimplement en tôle , jufqu’à ce que quelque habile Artijle parvienney dit-il, à la faire exécuter en fer fondu (j).
- (1) Voici comment s’explique M. le Chevalier Fojfé fur ce Sujet ; m Le Traducteur de M. Franklin nous apprend que quelques » Curieux avoient tenté l’exécution du Foyer de Penfilvanie. Les ’» uns fe font fervîs de mauvais matériaux a les autres ont elfayé quelques changemens j tous ont jufqu’à préfent manquél’efFet,
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- Tout bon Citoyen doit fans doute des éloges aux nouveaux procédés économiques de chauffage imaginés par M. Franklin, 6c aux tentatives faites par M. Fojje , pour mettre à exécution la cheminée de ce Savant fi refpedabie , de ce Sage dont le nom fera à jamais illuftre dans l’Hiftoire des Peuples modernes.
- Mais on ne peut fe difhmuler que la cheminée ou le Foyer inventé par ce grand Phyficien, que ce même Foyer exécuté en tôle par M. Fojfé^ 6c dont tous deux nous donnent une ample defcrip-tion dans leurs Ouvrages, ne foit fujet à des in-convéniens qui en rendent Pufage prefque nul, foit à caufe du prix de l’acquifition, 6c du peu de durée qu’il aura fi on ne l’exécute qu’en tôle, foit à caufe des dangers réfultans de l’emploi de tout autre métal que le fer.
- D’abord un Foyer à la Penfilvanienne, fabriqué en tôle , efl un objet de dépenfe confidérable ; il ne pourroit fervir que quelques années , parce que l’humidité rouille la tôle, 6c que le feu la calcine ; 6c quand ces obftacles n’exifteroient pas, il feroit
- « Un Fondeur de Ville-Dieu en Normandie, d’après notre efïai en » tôle j avoit jeté des plaques en fonte pour l’ufage de ce Foyer j m mais par une mauvaife économie, il n’avoit employé que du bois » au lieu de cuivre pour les moules : le bois s’eft dé jeté , malgré m l’épaiïïèur. qu’il lui a donnée , les plaques en font fortics cour-j> bées j difficiles à joindre , & leur épaiffcur n’a plus été qu’une n dépenfe tout-à-fait inutile «.
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- prefque impoffible de conftruire des Foyers en affez grand nombre pour fatisfaire aux demandes du Public.
- Un pareil Foyer, confirait en cuivre, revien-droit, i°. à un prix exorbitant ; 2°. il auroit le défaut très-grave de nuire à la fanté; 3°. le cuivre, qui, par fa nature, reçoit prodigieufement de chaleur, a l’inconvénient de n’en rendre que très-peu, feul défagrément qui fuffiroit pour en faire profcrire l’emploi dans la compofition des nouveaux Foyers, quand fa cherté & fes qualités nuifîbles ne le fe-roient pas d’abord rejeter.
- Ce n’efl: qu’après en avoir fait exécuter de ces divers métaux, que le fleur Defarnod, entièrement livré, depuis 1783 , àlaperfedion du premier Foyer âc à l’exécution du fien , a reconnu, par des expériences multipliées, que les moyens de chauffer à meilleur compte, inhérens aux nouveaux Foyers, ne feraient véritablement utiles au Public , à qui il les offre, qu’autant qu’ils feraient coulés en fer fondu ; c’efl: ce qui l’a déterminé à donner tous fes foins pour furmonter les difficultés qui jufqu’à ce moment avoient empêché qu’on ne parvînt à les exécuter en fonte.
- Cet Artifle, après un travail opiniâtre de plus d’une année, réuffit à faire faire des modèles qui ont la plus grande précifion. Il fe rend , en 1784, dans des forges fituées près de Bedford en Alface, où il obtient l’efquiffe d’un Foyer en fonte, dont les pièces, quoique trçsdnformes & d’environ un
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- pôuce d’épaifleur, peuvent être réunies & fervir à faire des expériences.
- Encouragé par ce premier fuccès, il étudie pfos particulièrement les procédés du coulage en fonte ; le fruit de cette étude eft de les améliorer. Le point elfentiel étoit que toutes les pièces du Foyer euflent la plus grande précifion : une ligne de plus deve-noit, comme il eft aifé de le fentir , un obftacîe à leur réunion ; une ligne de moins laifïoit fubfifter un moyen de communication entre Pair & la fumée, & occafionnoit l’expenfion de cette dernière dans l’appartement où l’on fe feroit fervi d’un Foyer ?çfi imparfait.
- Les années fuivantes, le fleur Defamcd parcourt fucceiïivement plufieuts autres forges, pour faire fes eflais, Il vient, dans le cours de l’année 178fl, les répéter en cette Capitale, où il rencontre les difficultés les plus décourageantes pour la fonte. Cependant, après avoir combiné de nouveaux moyens de couler en fonte, & les avoir fait adopter dans de^ forges fituées au milieu d’une Province voifine, où il a éprouvé, de la part du Maître de ces forges, des procédés de tous les genres, dont le fouvenir fera toujours cher à fon coeur, il parvient à faire exécuter complètement toutes les pièces d’un Foyer à la Penfilvanienne, qui n’ont, les unes, que deux lignes d’épaifleur, malgré leur étendue y les autres, deux, trois, quatre , &c.
- E11 donnant tous fes foins à l’exécution du Foyer de M. Franklin, le fleur Defarnod s’apper-
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- çoit que, pour perfectionner cette heureufe découverte, il y a des changemens & des additions importantes à y faire ; il ofe les tenter, en vient à bout, 8c fait fondre avec fuccès, fuivant fes nouveaux procédés, le Foyer à la Penfilvanienne.
- C’eft en approfondiflant chaque jour les moyens qu’il étoit poflible d’employer pour fe procurer line chaleur plus confidérable encore que celle donnée par le Foyer de M. Franklin, fans augmenter néanmoins la confommation des combuftibles, que le fleur Defamod eft également parvenu à inventer lin nouveau Foyer, qui réunit toutes les propriétés que l’on peut délirer dans un objet de ce genre.
- L’Auteur croit pouvoir fe difpenfer de rendre compte ici des études auxquelles il s’eft livré, de toutes les traverfes, de tous les embarras qu’il a elfuyés, foit pour donner à fon travail le degré de perfection auquel il vouioit atteindre, foit pour en alfurer auffi l’exécution en fonte. Il lui a fallu, pour ainfi dire, créer 8c les moyens 8c les Ouvriers qu’il avoit à employer. L’entreprife étoit pénible, & il a été plulieurs fois au moment de céder aux obflacles qui fembloient de tous les côtés fe multiplier. Malgré fon zèle à prévenir ou à combattre ces difficultés, il y auroit fuccombé , fi un illullre Mécène , qui favorifoit fes elfais, n’eût ranimé, par l’accueil le plus flatteur 8c le plus obligeant, fon courage 8c fa perfévérance. Que ne lui eft-il permis .de nommer ce digne 8c refpeCtable Repréfentant
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- d’un des plus puiffans Souverains de notre lîècle l Miniftre-Citoyen, 8c Citoyen Philofophe, l’Empire le chérit, l’Europe entière le révère, & la France eft glorieufe de le compter au nombre de Tes pre- . miers enfans. Protedeur non moins éclairé que judicieux des Sciences & des Arts, ce font les plus utiles qu’il fe plaît à encourager. C’eft à lui feul, c’ed à fon unique appui que l’Auteur confeffe devoir fes efpérances & fes fuccès.
- Le fiieur Defarnod, comblé des bontés de ce généreux & modefte Miniflre, a mis la dernière main à fes travaux, 8c en fait aujourd’hui hommage à d’Etat j au moment où ils viennent d’être couronnés par le fuffrage de l’Académie des Sciences 8c celui de la Société Royale de Médecine de Paris, dont les Rapports feront, l’un 8c l’autre, imprimés à la fuite de ce Mémoire.
- Ces foyers font exécutés de trois grandeurs différentes.
- La première, deftinée pour de vafles falles, telles que celles d’hôpitaux, de fpe&acles, &c. 8cc. &c.
- La fécondé, propre à des appartemens moyens.
- L’Auteur joindra à chacun de fes Foyers, ainli que pour ceux de M. Franklin, un Imprimé contenant la maniéré de les pofer, de les dépofer, 8c d’en faire ufage, avec des planches.
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- SECONDE PARTIE.
- Le Foyer de M. Franklin ôc celui du fieur Defarnod ont plufieurs avantages qui Irur font communs. Celui de l’Archite&e de Lyon en a qui lui font particuliers. Cette fécondé Partie fe divife donc naturellement en deux paragraphes : dans le premier, nous traiterons des propriétés communes aux deux Foyers ; noiis détaillerons dans le fécond les avantages qui font particuliers au Foyer du fieur Defarnod 5 ôc qui le rendent plus utile.
- §. Ier.
- Des propriétés & avantages communs aux deux Foyers.
- On verra par les Rapports de l’Académie des Sciences & de la Société Royale de Médecine de Paris, l’opinion avantageufe que ces deux Compagnies favantes ont conçue de ces nouveaux Foyers.
- Entre les qualités qui font communes aux Foyers de M. Françktin ôc à ceux du fieur Defarnod, on en diftingue trois principales, également intéref* fantes.
- i°. Ils procurent une chaleur beaucoup plus confidérable que celle des cheminées ordinaires, & ils confirment beaucoup moins de combuftibles,
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- £°4 Leurs dimenfions 5c leurs éffets procurent fâ plus grande falubrité.
- 3 °* Ils préfervent des dangers du feu , des incon-véniens de la fumée, 5c contribuent ainfi à la propreté des appartenons : vérités certaines que nous allons démontrer de la manière la plus fenfible 5c la plus fuccin&e qu’il nous fera poffible*
- Nous difons en premier lieu, que ces Foyers con* fument beaucoup moins de bois que nos cheminées ordinaires, 5c qu’ils donnent une chaleur bien plus confidérable. En effet, il ne s’agit ici que d’étudier la conflruftion de ces Foyers, que de fuivre la marche du feu 5c de la fumée dans leur intérieur , d’examiner attentivement leurs différentes circonvolutions , pour fe convaincre fans peine qu’ils doivent, en brûlant moins de combuftibles, chauffer confidérablement.
- Premièrement, l’ouverture de la cheminée étant fermée, l’appartement n’eft plus refroidi par l’air que le feu des cheminées ordinaires attire fans ceffe des portes 5c des croifées : par conféquent la chaleur du Foyer fe concentre dans l’appartement.
- Secondement, l’air extérieur fe rend dans le ré-fervoir qui forme le contre-cœur du Foyer; il circule en divers fens dans ce réfervoir ; ainfi échauffé 5c dilaté, il fe répand dans l’appartement par des émiffoires pratiquées de chaque côté.
- Troifièmement, la fumée, après s’être élevée juf* qu’au comble du Foyer, eft obligée de redefcendre plus bas que la pièce de l’âtre, fous le. carrelage
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- ou parquet, pour aller s’échapper derrière le faux contre-cœur dans la cheminée. Nouveau moyen de chaleur pour l’appartement, vu les parties ignées que cette fumée dépofe dans fon circuit.
- Quatrièmement, le feu étant à découvert dans ce Foyer, comme dans les cheminées ordinaires, il renvoie dans l’appartement, par fon ouverture, une très-grande chaleur.
- Cinquièmement, le Foyer étant ifolé de toutes parts, il rend toute la chaleur qui pénètre les pièces dont il eft compofé, & cette chaleur n’eft point abforbée en grande partie, comme dans nos cheminées, par les matériaux dont elles font conftruites.
- D’après ces fimples obfervations fur la nature 8c les effets des nouveaux Foyers, il eft aifé de concevoir qu’avec la moitié moins de combuftibles on doit obtenir plus du double de chaleur , puifque , d’une part, la fumée étant forcée de s’élever juf-qu’au comble du Foyer, de planer fur le réfervoir à air, 8c de redefcendre derrière plus bas que la pièce de l’âtre, elle tranfmet nécellairement à toutes les plaques 8c autres pièces du Foyer la plus grande partie du feu dont elle eft imprégnée, 8c que ces pièces 8c plaques répandent de tous les côtés dans l’appartement ; 8c que , d’autre part, cette chaleur eft beaucoup augmentée par celle que donne l’air échauffé dans le réfervoir , lequel air eft aufli fans ceffe répandu dans l’appartement par les émiffoires du Foyer.
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- Pour donner un nouvel appui à cette démonf-tration, il fuffit de rappeler les expreffions de M. Franklin , page 103 du fécond volume de fes Œuvres, traduction de M. Barbeu du Bourg, édition de Paris, 1773.
- » Dans les cheminées ordinaires, la plus forte a» chaleur du feu qui eft à la partie fupérieure ,
- monte directement dans le tuyau de la cheminée , « & fe diffipe en pure perte : le courant d’air qui >> fe forme dans la cheminée efl: fi fort, qu’il n’em-» porte pas feulement la chaleur d’en haut, mais » celle des côtés, du derrière & d’en bas ; enfin » celle môme que le feu pouffe en devant, dont les w rayons fe portent dans la chambre, efl; contins nuellement renvoyée dans la cheminée & chaffce » vers le tuyau par Ge même courant d’air} mais » dans le Foyer, la chaleur d’en haut frappe & :» échauffe la plaque du comble, qui communique » fa chaleur à l’air d’au deffus qui entre dans la » chambre* 11 en efl: à peu près de même de la » chaleur que le feu excite dans les plaques des » flancs, du dos, du front, & de la caiffe d’air qui » fe répand toute entière dans la chambre, car on « obferve un courant continuel d’air chaud, qui » part du coin de la cheminée pour s’étendre dans a» la chambre «.
- Ainfi, comme il fe perd très-peu de chaleur, on doit confommer beaucoup moins de bois, car 011 n’en brûle une grande quantité qu’en raifon du peu de chaleur qu’on obtient de nos cheminées
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- ordinaires. Ce font les obfervations qu'ajoute M. Francklin au pajfage cï-deffus.
- Cet illuflre Ecrivain indique une autre propriété bien effentielle. » Toutes les parties d’un appar-» tement, dit-il, dans lequel il y a un Foyer, font » également échauffées; on n’efl pas obligé de s’en-» taffer auprès du feu ; on peut fe tenir auprès » de la fenêtre, où on jouit de la lumière pour » lire , écrire, &c. ; on fe trouve également bien » dans toutes les places de la chambre, ce qui » effc un avantage confidérable pour une famille 33 nombreufe, où l’on efl fouvent obligé d’entre-» tenir plusieurs feux, faute de pouvoir tenir corn-» modément enfemble Ibid, page 102.
- Nous avons avancé, en fécond lieu, que les dimenflons & les effets de ces Foyers font falubres, & nous ajouterons que la fonte dont ils font com-pofés n’efl: aucunement nuifible. C’efl encore M. Franklin qui va nous fournir la preuve de cette affertion. Voici ce qu’il nous dit à cet égard , page 107 de fes (Muv. fécondé Part. » Le fer chaud #» ne donne point d’odeur : c’efl: ce dont peuvent « répondre tous ceux qui ont vu des fourneaux » de forges, où les Forgerons verfent ce métal en » fonte, fans que l’on y fente la moindre odeur. *» Il ne s’exhale du fer chaud aucune vapeur maligne, » comme il s’en exhale du cuivre , du plomb & de »» quelques autres métaux. C’efl une chofe bien » conflatée par la bonne fanté & la vigueur dont t» jouiffent généralement ceux qui travaillent en
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- * fer, comme les Forgerons, les Serruriers, êcc. ÎJ fa fer elt même * par Ta nature, un métal très-falutaire fa au corps humain. C’eft une vérité reconnue par fa l’ufage médicinal des eaux minérales, par les bons »» effets de la limaille d'acier en plufieurs maladies * » & par l’expérience que Ton a que beau même où fa les Serruriers éteignent leurs fers chauds, eft avan-fa tageufe à la fanté du corps
- M. Franklin cite enfuite une expérience faite par le fameux Do&eur Defaguliers^ pour vérifier fi le fer chaud exhaloit quelques Vapeurs mal-faines* fa II prit, nous dit M* Franklin , un cube de fer* fa percé de part en part d’un feul trou, & après » l’avoir pouffé à un degré de chaleur très-fort, il » y adapta tellement un récipient épuifé d’air par s» la machine pneumatique , que tout l’air qui ren* >) troit pour remplir le récipient, étoit obligé d’en-» filer le trou qui traverfoit le fer chaud 5 il mit « alors dans le récipient un petit ôifeau , qui refpîra » cet air fans aucun inconvénient êc fans donner fa le moindre ligne de maladie ; mais ayant fait la » même expérience avec un cube de cuivre chaud, » l’oifeau qui refpira cet air, mourut en peu de « minutes : en effet > le cuivre fent mauvais * lors fa même qu’il efi: froid , Ôc à plus forte raifon lorfe »> qu’il eft chaud «. Page 108.
- Après une autorité auffi impofante, bous fommêâ difpenfés d’ajouter les autres preuves qu’on pour* roit extraire des Ouvrages de plufieurs Ëhÿfi» cîens*
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- Les poêles, dira-t>on, donnent fouvent une odeur fort défagréable. Il eft vrai ; mais cette odeur ne provient pas du métal : elle eft caufée ou par les combuftibles qu’on y brûle, & dont il s’exhale des vapeurs qui fe répandent dans l’appartement, ou par la mal-propreté des poêles fur lefquels on répand des parties graifteufes ou huileufes, ou enfin par l’air, qui fouvent n’étant point renouvelé, s’y corrompt bientôt.
- Les Foyers que nous annonçons font ouverts; on a l’avantage d’y voir le feu comme dans nos cheminées. L’air extérieur qui eft afpiré, échauffé 8c dilaté dans le réfervoir , après s’être répandu dans les appàrtemens par les émifloires, fe précipite dans le Foyer pour alimenter le feu ; un air nouveau prend fa place, & emporte dans fon courant, fans eefife renouvelé, toutes les vapeurs 8c les odeurs défagréables 8c nuifibles qui pourroient pénétrer d’ailleurs dans l’appartement.
- Cet air fans cefte renouvelé, comme nous venons de le dire, 8c point trop échauffé, entretient conf-tamment une température douce, falubre, 8c fur-tout exempte des vices 8c des dangers de la chaleur ftagnante & fuffoquante que donnent les poêles.
- A la faveur de la chaleur qui pénètre toutes les parties d’un appartement où fe trouve un Foyer, » on ne craint pas, dit encore M. Franklin, dans 55 les grands froids, d’être défolé auprès du feu par le courant d’air qui gèle le dos 8c les talons,
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- » comme cela arrive dans les cheminées ordinaires, 3» où beaucoup de perfonnes gagnent des rhumes, » parce qu’elles font grillées par-devant, tandis » qu’elles font gelées par-derrière ce.
- Il ne fera plus néceffaire d’avoir des paravents pour fe garantir le dos du froid , & des écrans pour fe préferver le vifage de l’ardeur d’un feu brûlant. Si on eft placé vis-à-vis quelque fente , on n’eft pas pour cela expofé à être alfailli de ces traits aigus d’air glacial qui occafionnent des fluxions, & c. &c.
- » Si on eft incommodé, on fe fait avec ce Foyer « une excellente chambre de malade, parce qu’il » fournit à chaque inftant une quantité d’air nou-wveau, & cependant échauffé à un degré où il » ne fçauroit être ni incommode ni dangereux. » Il eft des maladies où une certaine température » d’air & une chaleur toujours égale font regardées » comme extrêmement eiTentielles ; on les obtiendra » avec un de ces Foyers «. (Euv. de M. Franklin, page 103.
- On ne fçauroit délirer de plus grands moyens de falubrité.
- Nous avons annoncé, en troifième lieu, que ces Foyers mettoient à l’abri des dangers du feu, étoient exempts de fumée, 8c contribuoient ainfi à la plus grande propreté des meubles , des appartenons, 8c à leur confervation. G’eft encore le témoignage de M. Franklnfi que nous allons invoquer. Page 105 de fes (Muvres.
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- s» La forme des Foyers les rend moins fujets à fe » remplir de fuie, parce que la plus grande partie » de la pouffière Sc autres corps étrangers qui con-» tribuent à falir une cheminée, font obligés, par » le peu d’élévation du cintre, de palfer au travers » de la flamme, où ils font entièrement confirmés, » D’ailleurs, comme on brûle moins de combufti-» blés, il fe fait moins de fumée Sc conféquemmenc » moins de fuie «.
- Ajoutons ici le témoignage de M. Fojje. » Une » des propriétés vraiment importantes, qui doit 5» rendre le Foyer préférable, dit ce Phyficien » éclairé , c’efl: de pouvoir être facilement placé » par-tout, Sc fixé à demeure avec une entière « fécurîté contre les accidens du feu, parce que, » dans fon trajet, la flamme réverbérée d’abord par !» la paroi.fupérieureinterne du Foyer, étant forcée » de defcendre enfuite avec la fumée pour cher-» cher fon ifliie inférieure, atténue Sc confume .•u néceffairement toutes les parties huileufes Sc bitu-» mineufes des combufîibles, de manière à n’en s» laiffer prefque aucun réfidu fuligineux inflamma* » ble. L’air que le feu afpire dans le Foyer, fuit la » fumée dans fon paffage étroit Sc tortueux ; les » plaques qui forment le Foyer font bientôt allez » échauffées pour contribuer avec la flamme à » eonfumer la fumée : au furplus, en fe repliant » fur elle-même au fond de fon canal fouterrain ,
- elle étoqffe toutes les étincelles, de façon à n’en » point élever dans fon iffue verticale
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- Plus bas il ajoute : » Après avoir fait ufage pen-» dant deux ans des Foyers que j’avois fait faire » en tôle, j’ai trouvé le tuyau de la cheminée » verni feulement d’une couleur brunâtre par le » gaz de la fumée : ce vernis n’offroit pas d’épaif-» feur à l’oeil, & conféquemment nepouvoit point » s’enflammer «.
- Il n’y a donc pas à craindre que le feu prenne au tuyau de la cheminée en faifant ufage de ces Foyers; mais cet accident arrivât-t-il, il fuffiroit de bailler la coulifle & de fermer le regiftre ; toute communication d’air feroit interceptée, & le feu , dès-lors privé de fon aliment, loin de pouvoir faire aucun progrès, feroit éteint dans l’inftant.
- Ces Foyers font cefler l’inconvénient fi défa-gréable de la fumée dans les cheminées qui y font les plus fujettes. M. Franklin, page 105, dit :
- » Il eft lenfible que l’air extérieur qui eft échauffé » dans le Foyer, fe rend conftamment dans l’appar-
- tement pour l’échauffer, & fournir un aliment per-» pétuel au feu, dont il maintient l’adivité, & » aide la fumée à s’exhaler dans le tuyau de la » cheminée
- Il ne fume ordinairement que lorfque l’appartement efl: privé d’un courant d’air extérieur fuffifant pour élever la fumée dans le tuyau. Pour y fup-plçer, on eft fouvent obligé de laiffer une porte ou une fenêtre ouverte : mais le Foyer fournit luF-même cet air qui eft fi eflentiel ; en l’échauffant dans fa caiffe & en le dilatant, il lui communique
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- lin plus grand degré de vîteffe pour fe répandre dans Pappartement, & fe rendre enfuite dans le Foyer. C’effc ainii qu’il obvie à l’inconvénient de la fumée.
- Il eft inutile d’ajouter que ces Foyers, exempts d’une fl grande incommodité, 8c renfermant tous les combuflibles dans leurs parois, doivent néceffaire-ment contribuer à la plus grande propreté d’un appartement & à la confervation des meubles; effet rare 8c précieux, qui tend à rétablir l’économie dans les dépenfes toujours trop confidérables d’une maifôn.
- Nous avons dit au commencement de ce Mémoire, que nous avions fait des changemens 8c des additions au Foyer de M. Franklin. C’eft ici le lieu de les indiquer. Nous avons premièrement fupprimé le foufflet de Pâtre, parce qu’il augmen-toit la confommation des combuflibles, 8c parce qu’en ne fouillant que dans un point de l’ouverture de ce Foyer , il devenoit un moyen infufl&fant pour empêcher la fumée, qui, repouffée feulement vers le centre, fe rabattoit fur les côtés de l’ouverture du Foyer, &c.
- Deuxièmement, les dimensions que nous avons données au réfervoir à air , remplacent avanta-geufement le foufilet. L’air étant échauffé dans ce réfervoir, fe répand dans l’appartement, 8c obligé d’obéir à la force attraftive du feu , il fe rend d’une manière uniforme dans le Foyer par toute l’étendue de fon ouverture, 8c repouffe la fumée, fur-tout
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- avec le fecours de la couliffe, dans les momens où la violence du vent détruit l’effet de tous les moyens inventés jufqu’alors pour empêcher nos cheminées de fumer.
- §. il
- Des propriétés & avantages particuliers au Foyer du Jîeur Defarnod.
- Indépendamment de la chaleur que tranfmettent tous les côtés de ce Foyer, 8c de celle qu’il renvoie par fon ouverture dans l’appartement, comme celui de M. Franklin, le Foyer du fieur Defarnod en procure une bien plus grande par les différens moyens & autres dimensions qu’il a employés.
- i°. Le feu, après avoir circulé dans ce Foyer de bas en haut 8c de haut en bas, dirige fa fumée par une ouverture pratiquée de chaque côté fur le derrière des flancs dans des tuyaux qui communiquent à des dés ou focles, furmontés de deux colonnes tronquées placées de chaque côté duEoyer, 8c qui conduifent la fumée dans la cheminée.
- Le feu, obligé de parcourir ainfi le Foyer &fuc-ceiïivement les tuyaux 8c leurs bafes, projette de toutes parts fes parties de feu dans l’appartement.
- 2°. La chaleur s’augmente 8c devient bien plus aftive par l'effet des quatre émiffoires d’air qui s’échauffe non feulement derrière le contrecœur 3
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- comme au Foyer de Penfilvanie , mais encore fous Pâtre, où le fieur Defarnod a placé un fécond ré-fervoir d’air, dans lequel cet air eft obligé, comme dans le réfervoir du contre-cœur, de féjourner, en parcourant les divifions qui s’y trouvent.
- Le degré de chaleur que l’on obtient par l’effet de ces procédés, eft en proportion au moins de quatre contre un, & l’on peut même affurer qu’elle peut être portée jufqu’à fix & fept, comparée à celle que donnent certaines cheminées ordinaires.
- Nous l’avons déjà obfervé : dans ces dernières, on profite feulement de la chaleur que le feu renvoie par-devant \ le furplus eft abforbé par Pâtre, le contre-cœur, les jambages, &c. en forte que les Phyficiens eftiment les cinq fixièmes de la chaleur perdus.
- Il eft donc aifé de concevoir que le Foyer du fieur Defarnod, i°. tranfmettant toute la chaleur qui le pénètre intérieurement par les côtés , le derrière & fon comble , les dés ou focles & les colonnes qui les furmontentj 2°. que communiquant en grande partie celle dont la fumée eft chargée, & qu’enfin les quatre émiffoires projetant une quantité d’air échauffé dans les refervoirs pratiqués derrière le contre-cœur & fous Pâtre, il doit procurer une chaleur prodigieufe, fans aucune augmentation de combuftibles (i).
- (i) L’Auteur croit pouvoir garantir avec d’autant plus de fécu-
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- En étendant ou en diminuant le volume de fes dimenfions, ainfi que l’Auteur Ta fait, il peut fervir à échauffer le plus vafte fallon comme la plus petite pièce.
- Diverfes expériences ont affuré que la tourbe & le charbon de terre brûlés dans ce Foyer, ne répandent aucune odeur. Or, comme ces deux combuf* tibles font d’un prix très-modique, ce Foyer offre au Peuple de nouvelles reffources pour économifer fur le chauffage.
- La coulijfe en deux parties que le fieur Defarnod a imaginée, & qui fe meut par un mécanifme auffi limple que folide, ouvre & ferme fon Foyer à volonté; defcendue à deux pouces près de l’âtre, elle donne l’aftivité du feu de réverbère.
- Ce Foyer ell garni d’un regiflre, dont la main fe dirige fur un régulateur. Quand la confomma-tion des combuffbles eft trop ardente 8c trop prompte, on peut la diminuer en fermant en partie çe regiflre.
- Si l’on baiffe entièrement la coulijfe, 8c fi l’on ferme le regiflre à trois quarts , on concentre par ce
- rite cet avantage de fon Foyer, que M. Franklin, en parlant des bons effets du lien, dit : « Je fuis bien fur que ma chambre ejl *> échauffée au double de ce quelle avoit coutume de l’être, avec » le quart du bois qui s'y confumo.it précédemment çc. Note, page 104 de fes Œuvres.
- Le Foyer du lîeur Defarnod ayant beaucoup plus de moyens de chauffer, ce n’ell pas trop avancer que de dire qu'il donnera ce tn^me réfultat de fept contre un.
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- moyen le feu, & on arrête la confommation des combuftibles.
- On peut donc graduer la chaleur à tel degré du thermomètre que Ton juge à propos.
- Les chambres de malades , & principalement les falles de nos hôpitaux, les corps-de - garde 8c autres bâtimens vafles jouiront de l’avantage de ce renouvellement d’air, en plaçant les émiiloires dans les diverfes parties de ces falles avec intelligence. Cet air ainfi renouvelé, difïipera le méphitifme qui s’exhale des corps fiévreux, bleffés, &c. & qui s’imprégne dans tout ce qui fert à leur ufage, 8c fur-tout dans les vêtemens 8c effets en laine ; méphitifme qui altère l’air de ces falles au point de le rendre pernicieux aux perfonnes en fanté qui les vifitent. Avec le Foyer du fieur Defarnod, on fe procurera dans ces falles le degré de chaleur que prefcrira le Médecin.
- Les falles d’affemblées, celles de fpeCta'des, quelque vafles qu’elles foient, pourront auffi jouir de l’avantage d’un air fans ceffe renouvelé dans l’intérieur, en prenant également le foin de placer avec art les émiffoires dans les diverfes parties de ces falles.
- Des Foyers de la grande dimenfion , placés dans les ferres chaudes , procureront aux plantes & aux fleurs tous les avantages qui contribuent à leur accroiffement 8c à leur perfection au retour de la belle faifon.
- On dirigera fous terre des canaux qui porteront
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- Pair échauffé à l’extrémité la plus éloignée de la ferre ; la terre & l’air atmofphérique recevront par ce moyen une chaleur pénétrante, active & féconde.
- On pratiquera fur le comble du Foyer un baffm pour faire évaporer de l’eau qui fe répandra dans la ferre, & qui, joint à l’air renouvelé , obviera à la trop grande féchereffe de nos ferres actuelles, 8c fe changera pour ces plantes en une douce 8c falutaire rofée.
- L’ufage du Foyer mettra également à l’abri des atteintes de l’air extérieur, lorfqu’on ouvrira momentanément les portes 8c les fenêtres ; l’air qui eft introduit par les quatre émiffoires eft en affez grande quantité 8c fuftifamment dilaté, pour tenir en partie en équilibre l’air extérieur qui entrera dans la chambre.
- Si des perfonnes pouvoient craindre que ce Foyer, en leur faifant éprouver une chaleur trop confidérable , ne les rendît trop fenfibles au froid , 8c ne les mît dans le cas de s’enrhumer, nous emprunterons encore du célèbre Phyficien de Philadelphie la réponfe que nous allons faire à leur objedion.
- » Si, pour avoir paffé, dit-il, quelque temps » dans une chambre chaude, on étoit expofé à » s’enrhumer au fortir de là, on devroit éprouver » la même chofe, 8c parla même raifon, en fe levant sj le matin d’un lit très-chaud dans une faifon » très-froide, 8c pareillement en quittant des habits
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- 5>bien échauffés pour fe coucher en un lit froid ; » cependant on peut le faire fans courir aucun » rifque : en veut-on favoir la raifon ? C’eft que » dans ces ckconftances les pores fe refferrent tous *» à la fois , le froid eft repouffé, & la chaleur interne » augmente , 6c on la fent bientôt qui fe répand » du centre à la circonférence <«. Ibid. Tome II, p. 109.
- » Ainfi on n’a jamais eu d’exemple d’un rhume
- » gagné par l’ufage d’un bain froid... 6c chaque
- » fois que l’on paffe d’une chambre chaude à un a» air froid 6c glacial, c’eft comme fi on fe pion* » geoit dans un bain froid : vous êtes d’abord »> faifi de quelques petits friffonnemens ; mais vous » éprouvez bientôt que votre corps eft endurci 6c » fortifié, que votre fang eft fouetté par une cir-» culation plus vive, 6c qu’une chaleur intérieure , » douce, durable, univêrfelle, fuccède à cette 99 chaleur extérieure 6c non pénétrante que vous « aviez éprouvée en entrant dans la chambre «.
- L’illuftre Auteur cite enfuite l’exemple des Suédois , des Danois 6c des Ruffes, qui paffent leur vie dans des chambres aufli chaudes que des fours, 8c qui cependant n’éprouvent aucun inconvénient de l’air froid 6c glacé qu’ils refpirent dès qu’ils fortent de leurs appartemens. Enfin il affine que durant quatre hivers confécutifs, lui, fa famille 6c fes amis ont éprouvé que l’air fans ceffe renouvelé dans fon Foyer, les avoit rendus moins fenfibles 6c les avoit même endurcis au froid. Il eft donc
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- inutile de répéter que le Foyer ne peut être nuifibîe à la fanté, vu l’avantage important d’un air fans cefle renouvelé au degré de chaleur que l’on peut délirer.
- Cependant le fleur Defarnod a ajouté au Foyer de fon invention, des tuyaux qui élèvent l’air chaud à la portée de la main, de chaque côté , & qui font furmontés d’un couvercle : on peut en fermer d’abord deux, & enfuite les deux autres, li l’on veut diminuer la chaleur, & les rouvrir, li on veut l’augmenter. Cette chaleur peut de plus être tempérée graduellement, en ouvrant les couvercles des tuyaux qui forment les émilfoires d’air froid , & qui en procurent à peu près la même quantité qu’on obtenoit auparavant d’air chaud, l’air froid étant plus condenfé. On peut placer fur le Foyer un vafe d’eau, qui, par fon évaporation , donneroit à l’air la fluidité néceflaire aux perfonnes d’une com-plexion délicate.
- Outre ces avantages, le Foyer du fleur Defarnod en offre d’autres pour la propreté & la décoration des appartemens.
- On fait combien il eft rare de pouvoir faire du feu en même temps dans les cheminées de deux pièces contiguës, fans être incommodé d’une fumée infupportable dans l’une des deux cheminées : cet inconvénient n’aùra pas lieu avec ces Foyers ; on peut même en placer deux dans la même pièce, fans rifque de fumée.
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- S’il arrive, dans des temps d’orage, que la fumée vienne à refluer par légères bouffées hors du Foyer, il fuffit alors, pour y remédier , de baiffer la couliffe d’environ trois quarts, afin que le feu afpire -avec plus de force , & foudain les bouffées de fumée ceffent. Cette couliffe ainfi baiffée, forme un foufflet dont la force multipliée par l’adivité du feu , repouffe avec fuccès le vent le plus violent.
- On peut faire placer à l’ouverture de ce Foyer un cadre fur lequel eft une toile en laiton , pour garantir les parquets & les tapis des étincelles qui peuvent s’échapper par l’ouverture.
- Une confidération non moins avantageufe , c’efl: qu’on peut tranfmettre la chaleur qu’il répand à des appartëmens voifins, en faifant communiquer la partie inférieure des émiffoires à des tuyaux de chaleur pratiqués à cet effet fous le carrelage, & en ufant des moyens qu’indiquera l’Auteur pour y parvenir. On peut aufli tranfmettre la chaleur dans un appartement fupérieur 8c latéral.
- Le Foyer du fieur Defamod offre encore un moyen d’économie, comme l’a indiqué M. Foffé. En effet, ce Foyer n’exigeant pas des tuyaux de cheminée aufli maflïfs que ceux qu’on a coutume d’élever pour nos cheminées ordinaires, on peut leur donner deux fois moins de largeur : ainfi on allégera les bâtimens de cette mafife de tuyaux adoffés les uns contre les autres, 8c on préviendra
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- les malheurs fouvent irréparables qu’fis caillent par •leur chute. Au lieu de les élever de quinze à vingt pieds, il fuffira qu’ils aient un pied au defïus des toits, avec la feule précaution de mettre fur cha-f ^que tuyau un petit chapiteau, qui fervira à parer les coups de vent violent qui pourroit faire refouler la fumée dans le tuyau, fur-tout s’il fe trouvoft appuyé contre un mur.
- Nous ne pouvons oublier de dire que ces Foyers font iufceptibles d’être décorés de toutes les manières ; mais le fieur Defamod croit devoir prévenir que ne s’étant occupé jufqu’à ce moment que de leur compofition & de leur perfedion, rela^ tivement à leurs propriétés & à Leur bonne exécution en fonte, il n’a pas pu donner des foins fort étendus à leur décoration. 11 fe flatte que MM. les Architedes & tous les autres Artiftes eu ce genre vaudront bien y confacrer leurs talens ; 11 recevra d’ailleurs avec autant d’empreffement que de reconnoiffance, les obfervations & les avis qu’ils voudront bien lui communiquer fur tout ce •qui concerne ces Foyers.
- Il croit devoir encore obferver que ces foyers, faciles à monter & à démonrçr , peuvent être tranfportés d’un lieu à un autre 9 fans qu’aucun Propriétaire puiffe s’y oppofer , parce qti’ils ne font point partie du local, 8c qu’ils font réputés meubles. Quant à leur durée, l’Auteur croit pou* voir garantir qu’elle s’étend du pere aux pe$jç§
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- enfans, fauf les accidens qui feraient occafionnés par la faute de ceux à qui les Maîtres en confient la diredion 3 & en pareil cas on trouvera toujours des pièces de rechange dans les magafins de l’Auteur.
- fin du Mémoire fur les Foyers économiques & falubres.
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- EXTRAIT DES REGISTRES
- PE i*Académie Royale des Scje^çes,
- pu i£ Août 1788.
- L’Académie nous a chargés, MM. Tiliæt, pg Fourcroy» Broussonnet, 8c moi, de l’examen d§ deux fortes de Foyers économiques en fer fondu, qui lui ont été préfentés par M. Desarnod, Ârçhitedq de îa ville de Pyon; l’un de M, Franklin, auquel M. Defarnod a fait des changemens & des addir tions; l’autre de M. Defarnod lui-même^ dan§ lequel il a fu tirer un parti beaucoup plus avan* tageux des principes fur lefquels ceux du Phyficien de Philadelphie font fondés. Nous allons en r.endr$ compte à la Compagnie.
- Mais pour faire mieux eonnoître ce que e£§ Foyers ont d^s particulier, & les avantages qui leur font propres, il eft à propos de parler auparavant des tentatives qui ont été faites en ce genre, tant pour éeonomifer le chauffage, que pour fe procurer Je plus de chaleur poffible.
- Parmi les différens moyens qu’on a tentés pour obtenir la plus grande chaleur de la confommatio# d’une quantité de bois donnée, nous en remarquons trois qui ont été le plus généralement employés, Le premier eft celui des Allemands, des Suédois, ’êç 4?s Buffes. 11 çonfifte à établir dans les appam*
- G ij
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- mens une efpèce de tuyau de cheminée, qui monte de pied, & dont l’ouverture ou l’endroit où on fait le feu, efl en dehors, dans une cour ou dans une autre chambre. Il y a dans ce tuyau ou ce poêle, des efpèces de compartimens que la flamme & la fumée font obligées de parcourir avant d’arriver à l’ouverture par laquelle elles doivent s’échapper. On fait dans ce poêle du feu avec du bois qui fe réduit promptement en braife ; 6c quand il eft dans cet état, on ferme exa&ement toute communication avec l’air extérieur ; de cette manière la chaleur s’y conferve fi long-temps, qu’on n’a befoin d’allumer ces poêles qu’une fois en vingt-quatre heures, même dans les grands froids, pour entretenir dans les appartemens où ils font fitués, une température très-douce ; mais ils privent du plaifir de voir le feu, & , plus encore, d’un avantage pré-> cieux qu’ont les cheminées, celui de renouveler l’air dans les appartemens où elles font établies.
- Le fécond, qui eft propre à nos cheminées , 8c qui en conferve tous les avantages, confihe à profiter du feu de la cheminée pour échauffer de l’air, lequel paffant enfuite dans l’appartement, produit une chaleur qui augmente celle du feu de cette cheminée. On doit ce fécond moyen à M. Gauger ( Auteur du Traité de la mécanique du feu ), qui préfenta à l’Académie, en 1720, des cheminées conftruites fur ce principe, 6c qui méritèrent fon approbation. Enfin, dans le troifième, qu’on a cherché à employer en beaucoup d’occafïons, on fait faire à la fumée
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- dé longs circuits avant qu’elle püiffe s’échapper * afin de dépofer dans fon paiïage, autant qu’il eft poffible, toutes les parties de feu dont elle eft chargée. C’eft ce dernier moyen que M. le Marquis de Montalembekt a employé avec fuccès dans les cheminées & dans les poêles décrits dans fon Mémoire de 1763.
- M* Franklin a tenté dé réunir enfémble tous les avantages de ces deux derniers moyens, c’eft-à-dire, de faire paiTer dans la chambre un air échauffé par le feu de la cheminée, 8c d’obtenir une partie de la chaleur que la fumée peut dépofer dans fon pafiage. Il a imaginé en conféquence les cheminées ou les Foyers qu’on a appelés depuis Foyers de Penfilvanîe, 8c dont il a donné la defcription dans un Ecrit imprimé à Philadelphie en 174$. Cet Écrit a été inféré depuis dans le Recueil de fes Œuvres, comme on peut le voir dans la Tradu&ion que nous en a donnée M. Barbeu du Bourg*
- Ces Foyers, qui font ingénieufement confiants, pour remplir leur objet, comme on le Verra dans un moment, doivent être faits en fer fondu, ainfi que l’indique M. Franklin ; mais, foit la difficulté de couler avec la précifion néceffaire les différentes parties dont ils font compofés, foit par quelque autre caufe, perfonne en France jufqu’ici n’avoit pu parvenir à en faire en fonte.
- On n’en avoit fait qu’en tôle , qui ne pouvoient avoir ni la, durée ni la folidité néceffaires.
- . Cependant, perfuadé de tous les avantages qu’on
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- fètiretoit de des Foyers faits en fer fondu, M. Defâr* hod crut qu’il ne falloit rien négliger pour trouver les moyens de les couler avec la perfection néceffaire* •Èt enfin -, après nombre de tentatives^ & avoir parcouru les forges de différentes provinces de France* il eft parvenu à faire fondre les Foyers de M. Franklin avec un plein fuccès, en fàlfaht adopter dé nouveaux châffiS , & des moyens de couler en fonte $ qui jufque-là n’avoient pas été mis en pratique dans les forges.
- Il n’a pas moins réuffi à faire fondre les pièces de fon Foyer $ quoiqu’elles foient 6c bien plus nom-* fereûfes , & beaucoup plus difficiles à faire en fonte, què celles du Foyer de M. Franklin*
- Ce font des Foyers de cès deux efpèces que M. Défarnod a préfentés à l’Académie* 6c qu’il a fait exécuter de trois différentes grandeurs*
- Nous allons d’abord parler dés Foyers de Philadelphie , en faifant remarquer en même tefris ce que M. Défarnod y a changé & ajouté. Nous décrirons enfuite ceux dont la conftruétion lui appartient plus particulièrement.
- Gomme les Foyers de M. Franklin font ample-foënt décrits dans les (ËuvreS de cet illuffre Phy* iïeien , nous nous contenterons de rappeler ici fom* mairement eh quoi ils confident.
- Pour parvenir à s’en former Une jufte idée , il îife faut pas perdre de Vue! qoè M* Franklin avoit deüx objets à remplir; Pün, de faire paffer dans la chambré ou fe trouvent ces Foyers, de Pair échauffé
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- pâr îe feu ; l’autre, de faire dépofer par la'fumée $ dans fon paffage, le plus grand nombre de parties de feu pofïible* Voici de quelle manière il a conftruit fon Foyer, pour obtenir ces deux avantages*
- Une efpèce de caiffe ou de coffré, dont on a oté îe devant, conftitue effentiellement ce Foyer. Cette caille , qu’on peut encore comparer, quant à l’exté-rieur, à une petite cheminée à la Pruffienne, a affeZ de profondeur pour contenir le feu & les chenets, 6c affez de hauteur pour que la partie fupérieure f© trouve fuffifamment élevée au deffus de l’âtre.
- Dans l’intérieur de cette caiffe, fe trouve le contrecœur, qui forme le devant d’une efpèce de réfervoir ou de magafin d’air, qui a environ deux pouceS d’épaiffeur, pour pouvoir fournir dans la chambre une quantité fuflifante d’air échauffé* Ce réfervoir ne monte pas jufqu’à la hauteur de la plaqué fttpé* rieure de la caille, il s’en faut de deux pouces & demi : on en verra la raifon dans un moment* Sa partie poflérieure ne fait pas nofi plus le fond de la Cheminée; elle fe trouve à une cjiftanCe de ce fond de trois à quatre pouces , 6c il y a dans la plaque de l’âtre, à la partie qui fe trouve entre le réfervoir & la plaque du fond, une ouverture qui f©rt au paffage de la fumée. Enfin le réfervoir à air dont nous venons de parler, communique par en haut à dés ouvertures pratiquées fur les flancs, pour laiffer échapper dans l’appartement, l’air échauffé dans ce réfervoir par le feu du Foyer. Afin d’augmenter même la chaleur, il y a dans l’intérieur du
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- ( 4Ô )
- réservoir à air, différentes circonvolutions qtfîl éft obligé de parcourir avant d’en fortir.
- Cette difpofition intérieure de la caille bien en-* tendue, il faut la fuppofer actuellement placée dans la cheminée ou- elle doit être employée. L’abord' de l’air extérieur étant néceffaire pour remplir incèffamment le réfervoif à air , on pratique un canal pour le tirer de la cour, de la rue, ou d’un jardin. On place enfuite dans le plancher une pièce de fonte d’une forme particulière $ de la grandeur de là cailfe ou à peu près. Cette pièce j imaginée par M. Defarnod, & qu’il appelle la double Fojfette , fert à diriger tellement par fes compartimens, le cotirs de l’air qui vient par le canal, & celui de la fumée, que ni l’un ni l’autre ne peuvent jamais fe mêler enfemble. Elle eft partagée en outre par ces compartiment, de manière qu’ôn peut amener fous la caille à droite ou à gauche, à Volonté , l’air que l’on tire du Canal, & que la fumée a également la liberté de paffer d’un côté ou de l’autre, ou derrière le Foyer, félon là difpofition des lieu*. Cette doublé fdffette$ comme on le comprendra facilement, doit être enfoncée & fcellée dans le plancher, en forte que fâ face fupérieure fe trouve précifément au iiîveau du carreau de l’appartement. Tout cela étant établi, on place la pièce de l’âtre bien exactement àti deffus de cette double follette. On élève fur Pâtre la caiffe à air, 3c enfin toutes les autres parties qüi composent le Foyer* l'iéft prefqué inutile d’ajouter que cette caiffe doit
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- ( 4i )
- être fceltée de toutes parts, pour que îa fumée né puiffe pas y entrer, en laiffant toujours par-derrière, comme on l’a dit, un paffage pour cette fumée. Or voici actuellement reflet du feu dans ce Foyer.
- Ayant été allumé, 8c la fumée rencontrant le1 Faut de la caiffe, elle eft obligée de fe détourner & d’enfiler le deffus du réfervoir à air : 8c là, étant obligée de continuer fa route , elle eft forcée de defcendre entre le réfervoir & la plaque de derrière, '& d’échauffer d’autant le réfervoir de cette plaque. Defcendue en bas, elle paffe par l’ouverture delà plaque de l’âtre , paffe de même à travers les com-partimens de la double follette, & de là va remonter par-derrière un faux côntre^coeur en brique ou en plâtre, qui a été préalablement fait à cinq pouces en avant du vrai contre-cœur de la cheminée,, pour aller enfuite s’échapper par cette cheminée.
- Or il eft clair, par cette marche de la fumée , qu’échauffant dans fa route le réfervoir à air des deux côtés , l’air qu’il renferme le fera auffi ; 8c que devenant par-là plus léger il montera & fortira parles deux ouvertures pratiquées fur les flancs, pour fe rendre dans l’appartement, 8c en échauffer l’air, comme nous l’avons dit, par une chaleur additionnelle. Il eft également évident que, par cette même marche, la fumée circulant de bas en haut 8c de haut en bas, échauffera beaucoup toutes les parties de lâ câiffe ; d’où il réfultera une chaleur confî-dérable, qui fera portée dans tout l’appartement. On voit par cet expofé, comment M. Franldin a
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- < 4* )
- fli dàhs fés Foyers tirer parti du feü & du pafîage de lâ fumée t, non feulement pour échauffer Pair du référé Voir , mais encore pour communiquer par cette fumée beaucoup de chaleur à la plaque de derrière, & aux portions des flancs & du comble qui l’avoifinent* Ce Foyer de M, Franklin, que nous venons de décrire, n’eft pas tout-à-fait le lien. Il y a plufieurs additions & changemens d.e M. Defarnod , que nous nous fommes engagés à faire remarquer.
- Il a imaginé , comme nous l’avons dit, la double fojfem, dont l’objet eiïentiel eft de bien diriger l’air Sc la fumée, de manière qu’ils ne fe mêlent pas enfemble ; avantage important, qu’on n’obte-,noit pas toujours dans les Foyers de Penfilvanie* Cette double foffette a encore celui de fervir de fupport au faux contre - cœur, & d’être un vrai guide pour la pofe de ces Foyers. M. Franklin, qui n’étoit pas content des emboîtemens des différentes plaques de fon Foyer, en a propofé d'autres* C’efi: d’après ces emboîtemens que M. Defarnod a fait faire les fiens, qui rendent les joints irm-pénétrables, en quelque façon, à la fumée*
- Au moyen de ces changemens, l’aflemblagé de -toutes les pièces qu’on avoir bien de la peine à faire auparavant, fe fait aujourd’hui avec beaucoup de facilité. Les rebords qui étoient fur la plaque de derrière, comme l’avoit pratiqué d’abord M* Fran* klin, apportoient une telle difficulté à la pofe de ces Foyers, que plufieurs Ouvriers l’avoîent abandonnée* Après avoir fait connoître les Foyers de Fenfil-
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- fanï-e, avec les additions & les ehangemens qüê M. Defarnod y a faits , il faut en venir à la deferip* tion des liens*
- Le fond de leur conftruétion tient aux mêmes principes , & ils préfentent en général au dehors la même forme ; cependant ils en diffèrent en deux points importans : le premier, en ce qu’il y a dans ces Foyers > outre le réfervoir à air vertical, un autre réfervoir à air horizontal placé fous l’âtre, afin d’augmenter encore , par ce fécond réfervoir ^ la chaleur de l’appartement : le fécond , en ce que M. Defarnod a tiré dans ces Foyers un parti beaucoup plus confidérable de la fumée, que M, Frankkn ne l’avok fait dans les Gens. Voici en conféquence les changemens qu’on y obferve.
- Il n’y a point dans ces nouveaux Foyers de doubles follettes, & la pièce de l’âtre porte au deffous, à fà place $ le réfervoir à air qui communique avec le canal par lequel ori tire l’air extérieur. Ce réfervoir communique par en bas avee deux émiffoires qui s’élèvent de chaque côté des flancs de là caiffe , comme ceux qui communiquent avec le réfervoir à air vertical.
- Il n’y a point d’ouverture derrière Sc ail bas du réfervoir à air vertical, pour donner paffage à la fumée , parce qu’elle efl détournée de chaque côté pour ferendre dans des tuyaux horizontaux, dans de grandes Caiffes cubiques, qui font refpe&ive-ment furmontées de colonnes par lefquelles la fumée pafle encore, pour aller fe rendre dans la
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- Cheminée. On voit que par cette difpofîtîon, la fumée eft obligée de dépofer dans ce long circuit le plus grand nombre de parties de feu dont elle étoit chargée, & qu’on augmente par-là conlidéra-bîement la chaleur produite par ce Foyer. On concevra fans peine que félon la difpofition des lieux & l’idée des perfonnes, on pourra donner à ces colonnes plus ou moins de hauteur, & même les rendre un objet de décoration dans l’appartement* Comme la chaleur que fournira ce Foyer pour-roit être trop grande, M. Defarnod a établi de chaque côté dé la caillé des émilToires à air frais, qui fe tirent du même canal qui le fournit au réfervoir à air j & il y a, fur le côté droit du Foyer, un regijîre avec fon régulateur, pour les fermer à volonté, au quart, à moitié, aux trois quarts, ou en totalité.
- Enfin l’Auteur a placé derrière le front de fon Foyer, des plaques qui s’abailfent & fe relèvent à volonté, par une mécanique très-fimple, afin de pouvoir par-là en fermer l’ouverture, comme on le défire, en tout ou en partie.
- Comme nous avons fuffifamment expliqué les effets du Foyer de Penülvanie, ce feroit une répétition fuperflue que de s’étendre fur ceux de M. Defar-» nod, puifqu’ils font établis fur les mêmes principes* Nous nous bornerons à dire que* félon les expériences qu’il a faites, il a obfervé qu’avec la moitié moins de combuflibles, fon Foyer procure une- chaleur au rpoins double de celle qu’on peut
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- obtenir de nos cheminées : d’où P Auteur eftime qu’avec ce Foyer on ne brûlera que le quart du bois qu’on brûleroit dans une cheminée ordinaire, pour échauffer l’appartement au même degré. Nous n’avons pu faire des expériences affez fuivies & affez exactes, pour pouvoir nous affurer avec précifion de la vérité de ce réfultat ; mais par celles que nous avons faites, nous ne pouvons nous empêcher de croire que la chaleur produite par ce Foyer, fera dans une proportion très-confidérable, & qui approchera de celle que M. Defarnod a établie.
- Outre cet avantage, qui eft le premier, dans toute efpèce de Foyers, qu’on propofe, ceux de M. Defarnod en ont encore plufieurs autres ; comme de pouvoir y brûler toutes fortes de corn-buffibles, tels que du bois, du charbon, de la tourbe ; d’obvier, autant qu’il eft poiïible, par leurs dimenfions, aux inconvéniens du feu & de la fumée, &c. Ils peuvent échauffer l’air d’un appartement à un haut degré, fans qu’il en réfulte cependant aucun mauvais effet, puifqtie l’air avec lequel ils l’échauffent, eft conftamment renouvelé, & qu’on peut même y en faire entrer de frais , 8c qui n’a point été échauffé par le Foyer. '
- Mais nous alongerions ce Rapport au delà de fes juftes bornes , fi nous nous étendions davantage fur. les propriétés que comportent ces Foyers.
- Nous n’avons traité jufqu’ici que de leur conf-truction ; il faut parler actuellement de leur exécution. Nous avons obfervé dans le commence-
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- ment de ce Rapport, que cette partie étoit fi difficile , que tous ceux qui l’avoient tentée avant M. Defarnod, y avoient échoué. Nous lui devons la juftice de dire qu’il y a complètement réuffi. Toutes les plaques & les parties qui compofenc fes Foyers étant parfaitement bien moulées, 6c s’ajuftant fi exactement les unes avec les autres, que non feulement on peut les réunir 6c les féparer fans la moindre difficulté, mais encore que, quand les Foyers font montés, on peut prefque fe paffer de lut pour empêcher que la fumée ne s’échappe par les joints. Cela étoit d’autant plus difficile, qu’une partie des plaques qui compofenc ces Foyers, n’ont que deux à trois lignes d’épaiffeur,
- Il réfulte de tout ce que nous venons d’expofer, que M. Defarnod mérite des éloges pour les foins 8c les peines qu’il a pris pour faire couler en fonte, dans ce pays-çi, le Foyer de Penfilvanie, avec les additions avantageufes qu’il y a faites , 8c que fon Foyer mérite l’approbation de l’Acar démie , comme offrant encore des avantages plus multipliés pour le chauffage 8c la falubrité.
- Fait dans l’Académie des Sciences le 16 Août 1788. Signé9 Tillet, Le Roy, de Fovrçroy, Broussonnbt,
- Je certifie lepréfent extrait conforme à l’original 8c au jugement de l’Académie. A Paris, le 24 Août 1788. Signé9 le Marquis de Condorcet,
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- EXTRAIT DES REGISTRES
- de la Société Royale; de Médecinef
- Du 4 Novembre 1788.
- No U s avons été charges, MM. Vicq-d’Azyr, Delaporte, & moi, d’examiner des Foyers éco^-nomiques propofés par M. Desarnob , Architecte à Lyon , & qui ont déjà mérité l’approbation de l’Académie Royale des Sciences.
- On connoît les Foyers dits de Philadelphie, imaginés par M. Franklin. M. Defarnod s?eft pro-pofé d’en rendre l’exéçution plus facile, d’y faire des corrections, & de les perfectionner par des additions importantes.
- L’objet des Foyers imaginés par M. Franklin, & de ceux que préfente aujourd’hui M. Defarnod, effc d’augmenter la chaleur en diminuant la con-fomm^tion des combuftibles. Dans les Foyers or^ dinaires, la fumée & le courant d’air qui traverfe le Foyer , emportent une grande quantité de chaleur iqui fe perd dans le tuyau de la cheminée. 11 s*agit donc de faire en forte que toute la chaleur produite dans le Foyer, foit rendue à l’appartement, & que l’air qui fert à la combuftion, ainfi que la fumée qui s’échappe des matières embrafées, dé-pofent la chaleur dont ils font chargés, & qui -fe dhhpe inutilement dans les Foyers ordinaires.
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- Pour parvenir à ce but, M. Franklin avoit imaginé une efpèce de coffre, formant une cheminée, fait de plufieurs pièces de fonte ou de tôle, exactement rapportées & maintenues enfemble par un mécanifme ingénieux. Sur i’âtre de ce Foyer, I élevoit perpendiculairement une efpèce de caiffe plate, creufe., 8c qui fert de contre cœur à fon Foyer. Cette caiffe joignant les côtés du Foyer, réparée de fon . fond par un intervalle de quelques pouces, ne s’élevant pas tout-à-fait jufqu’au comble , laide par-là à la fumée un libre paffage pour monter, au devant, redefcendre par-derrière elle, 8c fe rendre enfin dans le tuyau de la cheminée, avec lequel I’âtre communique par des ouvertures pratiquées à fa partie poflérieure & inférieure, entre la caiffe 8c le fond. L’intérieur de cette caiffe, partagé en divers compartimens , reçoit l’air de dehors par un canal pratiqué dans i’épaiffeur du plancher, au deffcus de I’âtre, 8c le rend dans la chambre par des ouvertures placées à la partie fu-périeure des deux côtés du coffre. Ainfi cet air tiré de dehors, fans paffer par le feu, fans communiquer avec le Foyer, reçoit la chaleur que le feu donne au contre-cœur, reçoit auffi celle dont la fumée fe décharge en paffant devant 8c derrière la caiffe dans laquelle il circule, & fe répand dans la chambre fans autre altération que celle du degré de chaleur qu’il a contra&é dans fon paffage.
- M. Franklin avoir foin, dans l’excavation pratiquée
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- tiquée fous l’âtre, tant pour l’admiflion de Pair extérieur dans la caille à air, que pour le paffage de la fumée dans le tuyau de la cheminée, de faire pratiquer une féparation qui empêchât qu’aucune portion de fumée ne fe mêlât à Pair, & ne pût fe répandre avec lui dans la chambre.
- Au lidu de cela, M. Defarnod a fait conflruire une pièce de fonte exactement proportionnée à fon âtre, 8c au moyen de laquelle cette féparation de l’air 8c de la fumée fe fait parfaitement 8c avec beaucoup plus de facilité ; c’eft ce qu’il nomme la double fojjme. 11 a aulfi fupprimé une ventoufe que M. Franklin mettoit au devant de fon âtre, qu’il a reconnue inutile, 8c plutôt propre à occafionner la fumée qu’à la prévenir. Il a encore changé les proportions de la pièce qui forme le front de la cheminée de M. Franklin, 8c chacun de ces chan* gemens paroît véritablement avantageux à la conf* tru&ion générale de fes Foyers.
- Jufque-là les Foyers conftruits par M. Defarnod ne font autre chofe que le Foyer de M. Franklin , 8c n’auroient que le mérite d’une exécution plus parfaite; mais il a été plus loin, 5c les additions qu’il a faites à cette machine ingénieufe, méritent une attention particulière, non feulement fous le point de vue d’utilité économique, mais encore fous celui de la faiubrité.
- Dans fes nouveaux Foyers, M. Defarnod fupprimé fa double follette. Le canal placé fous l’âtre ne
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- communique qu’avec la caille à air; mais cette caifte eft double ; l’une eft verticale comme celle de M. Franklin; l’autre eft horizontale, & eft pratiquée dans l’épaifleur même de l’âtre. Elle eft divifée en cornpartimens, ainft que la caifte verticale ; en forte que l’air circule également dans les deux cailfes, dans celle qui forme le contre-coeur, 8c dans celle qui forme le fol fur lequel porte le Foyer. Les ouvertures par lefquelles ces deux cailfes répandent l’air chaud dans la chambre, font encore -difpofées autrement que dans le Foyer de M. Franklin. Elles s’ouvrent l’une 8c l’autre près du fol, 8c verfent l’air chaud dans des émiffoires en forme de petites colonnes d’un diamètre proportionné , qui s’élèvent des deux côtés 8c en dehors du Foyer; l’une en avant, qui reçoit l’air de la caiffe horizontale; l’autre en arrière, qui reçoit l’air du contrecœur ou de la caillé verticale. Entre ces deux émiffoires d’air chaud, s’en élève un troifième, qui communique immédiatement avec le canal par lequel parvient l’air extérieur, & qui, par ce moyen, verfe de l’air frais, ou de l’air qui, n’ayant point circulé dans les caillés verticales 8c horizontales, n’a qu’un foible degré de chaleur, inférieur à celui de l’air de la chambre; ainft cette difpofitiôn eft propre à fournir trois fois plus d’air renouvelé , 8c deux fois plus d’air chaud que celle qui conftitue les Foyers de Penfilvanie. Ces émilfoires font terminés par des couvercles à charnières, qui donnent la facilité de fermer ceux qu’on veut, 8c de les
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- ouvrir, félon qu’on défire échauffer plus ou moins ou rafraîchir l’air de fon appartement.
- L’émiffion de la fumée fe fait auffi dans les Foyers de M. Defarnod, autrement que dans ceux de M, Franklin; 8c c’eff-là ce qui difpenfe M. Defarnod de fe fervir de la double follette. La fumée qui a monté devant le contre-cœur ou la cailfe verticale, 8c qui eft defcendue par-derrière, ne pénètre point au deffous de l’âtre, pour remonter 8c fe perdre dans la cheminée. Elle fort par les cotés, 8c fe rend dans deux coffres ou dés de tôle, funnontés de gros tuyaux, qui, li l’on veut, forment les mon tans du manteau de la cheminée , en foutiennent la pièce de traverfe 8c la table, 8c s’ouvrant dans l’épaiffeur de cette traverfe, répandent la fumée dans le tuyau de la cheminée, après s’être chargés du peu de chaleur qu’elle a pu conferver en fortant de l’âtre économique. On peut d’ailleurs donner à ces colonnes la forme 8c l’étendue qu’on veut. Ainli cette dernière difpofition a encore, fur celle de M. Franklin , l’avantage de perdre moins de chaleur.
- Le devant du Foyer économique eft fermé par une pièce de front qui laiffe libre les deux tiers de fon ouverture antérieure, 8c c’eff-là la mefure habituelle. Derrière cette pièce, font deux plaques qui griffent dans des couliffês, 8c par le moyen desquelles on ferme cette ouverture aux deux tiers ou en totalité. Quand on la ferme aux deux tiers, alors le courant d’air étant accéléré, le feu s’allume
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- plus promptement & fans le moyen du foufflet. Quand on la ferme en totalité, le courant eft totalement intercepté, Ôc fi Ton ferme e'n même temps la foupape qui, dans ces Foyers, comme dans ceux de M. Franklin, intercepte à volonté le paffage de la fumée, le feu eft étouffé fubitement. t)ans le Foyer de M Defarnod, la poignée qui fert à tourner Cette foupape, repofe fur différens crans, par le moyens defquels on ferme le paffage de la fumée, au quart, à la moitié, aux trois quarts, ou totalement, fuivant le befoin ; & ces différens degrés fervent à modérer l’aélivité du courant, félon qu7oti trouve le feu plus ou moins vif, & à l’intercepter totalement, fi Ton veut l’éteindre tout-à-fait.
- Telle efi la ftmâure de ces Foyers, dont l’avantage économique eft de ménager Les combuftibles, en mettant à profit toute la chaleur qif on en peut tirer ; de faciliter la clôture des appartemens en verfant dans là chambre afîez d’air nouveau, foit frais, foit chaud, pour entretenir un courant qui alimente fuffifamment le feu; d’é:oigner les défa-grémens de la fumée , qui rend certains appartemens inhabitables ; de prévenir le danger des incendies que caufent, foit les tifons qui peuvent rouler en l’abfence des Maîtres, foit l’inflammation de la fuie dans les cheminées trop fales ou mal ramonées.
- Leur avantage,relativement à la falubrité,dépend de îa quantité d’air nouveau Ôc pur ^ chaud ou frais
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- h Volonté, qtf on veife continuellement dans la chambre; de la rapidité du courant qui s’établit par cette conftruclion; du degré de chaleur qu’on modère aifément & avec une grande précifion, d’où il réfulte l’avantage de faire difparoître i’infaiubrité des appartemens très-clos , & d’en conferver la commodité, en alliant une chaleur douce, égale & uniforme, au renouvellement continuel de l’air, qui Te fait fans interruption , 6c fans qu’on foit à la fois frappé de froid & de chaud, inconvénient trop ordinaire , & auquel on peut attribuer une partie des rhumes qu’on contrarie dans les appartemens trè's-échauffés. La ftruélure des Foyers de M. Defarnod pourroit même quelque jour fe.prêter aux moyens qu’on pourra trouver d’augmenter dans les appartemens la vitalité & la falubrité de l’air, ou de varier les proportions de fes parties , félon le befoin des perfonnes qui le refpirent.
- H refte une obfervation à faire, elle eft relative à l’infalubrité qu’on attribue à la fonte & à la tôle. On a remarqué quelquefois, dans les lieux où étoient placés des poêles de fonte, une odeur qui porte à l’affoupilfement & occafionne des maux de tête. Le célèbre Phyficien de Philadelphie nie que cette odeur vienne du fer. 11 s’appuie fur des expériences qui parodient concluantes ; il prétend que cette odeur ne fe fent point dans les ateliers des forges, & qu’un morceau de fer rouge, au travers duquel on fait paifer un courant d’air, fuivant l’obferva-
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- tion du Docteur Defaguliers, n’altère en aucune façon les qualités de cet air. Néanmoins il eft im-poffible de fe diffimuler que cette odeur exifte dans tous les endroits très-clos où l’on établit des poêles de fonte qu’on chauffe fortement. Fft-ce aux malpropretés qui couvrent cette fonte, qu’on doit attribuer cette odeur? Il eft certain cependant que les poêles de faïence, fans être moins expofés aux mêmes mal-propretés, ne, répandent pas la même odeur. Cette odeur dépend-elle de da fonte elle-même ? Les travaux des Chimiftes modernes nous ont appris que la fonte eft compofée de fer pur, d’oxide ou de chaux de ce métal, & de charbon. On ne peut donc pas comparer la fonte au fer forgé; & la réaftion de l’oxide fur le charbon, dans la fonte chauffée 8c prefque rougie, pourroit peut-être contribuer à cette émanation , qui, pour l’im-prelîion qu’elle fait fur notre odorat, a beaucoup d’analogie avec celle du charbon embrafé, fi ce n’eft que l’émanation de la fonte n’afphyxie pas de même , parce que fans doute le gas qui peut s’en dégager eft en trop petite quantité.
- Ces reproches , dont il paroît que la fonte en général n’eft pas exempte, doivent-ils tomber fur les Foyers économiques de M. Defarnod ? Ces Foyers font placés en avant de la cheminée, fermée par un faux contre-coeur. Far oonféquent ils font faillie dans la chambre qu’ils échauffent, 8c cela ne peut être -autrement, parce qu’ils perdroient la moitié
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- de leurs avantages. Néanmoins nouspouvons affiner avec vérité, que dans les chambres où nous avons vu ces Foyers en expérience , quoiqu’on eût fermé toutes les ouvertures, nous n’avons fenti aucune émanation qu’on pût attribuer à la fonte. Bien plus, quoique dans l’un de ces âtres on brûlât du charbon de terre non épuré 8c absolument chargé de tout fon bitume , nous n’avons nullement fenti l’odeur de ce charbon.
- Plufieurs chofesnous paroiffent pouvoir concourir à cet effet. i°. Le courant &la circulation d’air qui s’établit néceffairement tout autour du Foyer, des émiffoires à fon ouverture. 2°. Le Foyer de M. Defarnod repréfente une cheminée 8c non un poêle. Les poêles, en concentrant le feu à caufe de la proportion de leurs ouvertures, s’échauffent Souvent à rougir, 8c ce n’eft que lorfqu’ils font fortement échauffés qu’ils répandent l’odeur qu’o.n leur reproche. Le Foyer de M. Defarnod n’a point les proportions des poêles, & ne s’échauffe jamais au même degré. 30. La fonte la plus groffière 8c la plus poreufe eft celle qui doit donner le plus d’ilfues à ces émanations. Mais les pièces de M. Defarnod, coulées avec un foin extrême 8c par des procédés particuliers, offrent un grain très-ferré 8c une Surface fort unie. M. Defarnod fe propofe même de faire polir le dehors de ces pièces, en Supprimant le vernis dont il les a revêtues jufqu’à préfent, parce que ee vernis, qui réfifle au feu, a un inconvénient
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- dont nous ne nous fommes pas apperçus , maïs dont M. Defarnod nous a avertis , celui de fe faire fentir durant les trois ou quatre premiers jours pendant lefquels on échauffe le Foyer.
- Toutes ces obfervations peuvent rendre raifon du fait dont nous avons été témoins , c’eft-à-dire , de Pabfence de toute odeur & de toute émanation fenfible dans les pièces où l’on a allumé, devant nous, ces Foyers économiques.
- D’après ces confédérations, nous ne pouvons nous empêcher de joindre notre fuffrage à l’approbation des Cbmpagnies Pavantes auxquelles M. Defarnod a préfenté fes ouvrages, & de certifier l’utilité & la falubrité de fes Foyers.
- Au Louvre , ce 4 Novembre 178S. Signé, .Vicq-d’Azyr, Delaporte, Halle.
- Pour copie, que je certifie conforme à l’original contenu dans les Regiftres de la Société Royale de Médecine, qui a entièrement adopté le Rapport ci-deffus, & a jugé les Foyers de M. Defarnod dignes de fon approbation. Signé Vicq-d’Azyr, Secrétaire perpétuel.
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- APPROBATION.
- X’AI lu, par ordre de Monfeigneur le Garde des Sceaux ; un Mémoire fur les Foyers économiques & falubres, inventés par M. le Dofteur Francklin & par M. Defarnod, Architecte de Lyon , & je crois que i’ufage de ces Foyers ne peut être que très-avantageux pour le Public. A Paris, ce h Ôétobre '1788.
- B R A L L E.
- PRIVILEGE DU R 01.
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- LOUISj PAR IA GRACE DE DïEU , Roi DE FRANCE ET DE Navarre j à nos timés & féaux Confeillers, les Gens tenans nos Cours de Parlement, Maîtres des Requêtes ordinaires de notre Hôtel, Grand Confeil, Prévôt de Paris, Baillifs, Sénéchaux, leurs Lieutenant Civils, & autres nos Jufliciers qu’il appartiendra : Salut. Notre amé le fîeur Desarnod, Architecte de Lyon , &c. Nous a fait expofer qu’il défireroit faireimprimer & donner au Public un Ouvrage de fa coin-polît ion , intitulé : Mémoires fur les Foyers économiques 6* falubres de M. le Doéîeur Franklin & du fieur Defarnod, s’il Nous plaifoit lui accorder nos Lettres de Permiffion pour ce néceflaires. A ces Causes, voulant favorablement traiter l’Expofant, nous lui avons permis & permettons par ces Préfentes, de faire imprimer ledit Ouvrage autant de fois que bon lui femblera, &: de le faire vendre & débiter par tout notre Royaume, pendant le temps de cinq années confécutives, à compter du jour de la date des Préfentes. Faisons défenfes a tous Imprimeurs, Libraires & autres perfonnes de quelque oualité & condition qu’elles foient, d’en introduire d’impref-hon étrangère dans aucun lieu de notre obéiflance, A la charge que ces Préfentes feront enregiftrées tout au long fur le Re-giftre de la Communauté des Imprimeurs & Libraires de Paris, dans trois mois de la date d’icelles ; que l’impreflion dudit Ouvrage fera faite dans notre Royaume & non ailleurs, en bon papier & beaux caractères ; que l’Impétrant fe conformera en tout aux Réglemens de la Librairie , & notamment
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- à celui du io Avril iyzf, & à l'Arrêt de notre Confeil, du jo Août 1777, à peine de decheance de là préfente Permiflion j qu'avant de l'expofer en vente, le manufcrit qui aura fervi de copie à Timprefïion dudit Ouvrage fera remis dans le même état où l'approbation y aura été donnée, ès mains de notre très-cher & féal Chevalier, Garde des Sceaux de France, le Sieur Barentin j qu'il en fera enfuite rémis deux exemplaires dans notre Bibliothèque publique , un dans celle de notre Château du Louvre, un dans celle de notre très-cher & féal Chevalier, Chancelier de France, le Sieur de Maupeou , & un dans celle dudit Sieur Barentin. Le tout à peine de nullité des Préfentes : du contenu defquelles vous mandons & enjoignons de faire jouir ledit Expofant & fes ayans caufe pleinement & paifiblement, fans fouffrir qu'il leur foit fait aucun trouble ou empêchement. Voulons qu'à la copie des Préfentes, qui fera imprimée tout au long au commencement ou à la fin dudit Ouvrage, foi foit ajoutée comme à l’original. Commandons au premier notre Huiffier ou Sergent fur ce requis , de faire, pour l'exécution d'icelles, tous A&es requis & néceffaires , fans demander autre permiflion , & nonobftant clameur de Haro , Charte Normande', & Lettres à ce contraires : car tel eft notre plaifîr. Donné à Paris, le dix-neuvième jour du mois de Novembre, l'an de grâce mil fept cent quatre-vingt-huit* & de notre Régné le quinzième.
- ' Par le Roi , en fou Confeil.
- LE BEGUE.
- Regifiré fur le Regijlre XXIV de la Chambre Royale & Syndicale des Libraires & Imprimeurs de Paris , N°. 18$7, fol. 78, conformément aux difpoftions énoncées dans la préfente Permijfion & à la charge de remettre a ladite Chambre les neuf Exemplaires prefcritsparl'Arrêt du Confeil d'Etat, du 16 Avril 178 j.A Paris, le vingt-cinq Novembre 1788.
- N ï 6 n l’aîné , Adjoint»
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- DtVsiru ec Orme parJf.RansimmUt û.r erd, de Monfieur
- PETIT FOYER DU SIEUR DESARNOP
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- PL, 3 f
- Foyer du Sieur Desarnod de ea grande dimension .
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- Loyers du Docteur Franklin .
- Deviné er Gravé par N. Ran^mmtte G’é ord. de Monfietir
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